Accueil › Forums › Forum général › Le meilleur 1er livre de fb pour un apprenant de français ?
- Ce sujet contient 35 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
..Graindorge, le il y a 1 semaine et 5 jours.
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Lane
Invitébonjour à tous, je me sens un peu bête de poser cette question, mais : 1. c’est l’occasion de poster enfin sur ce forum et 2. ses livres ne sont malheureusement disponibles dans aucune bibliothèque ni librairie ici à Portland, dans l’Oregon (lieu de tournage de nombreux films de Kelly Reichardt, au cas où vous l’ignoreriez) ; je ne peux donc pas les feuilleter aisément. Je suis obligé d’en acheter un et de m’engager à l’aveugle !
(Veuillez excuser mon français maladroit et robotique.)
J’ai vu *Entre les murs* vers l’âge de 16 ou 17 ans — aux alentours de 2014 — ; j’ai adoré ce film et j’ai voulu suivre exactement la même trajectoire de vie que F.B. Bien entendu, cela ne s’est pas produit, mais j’ai tout de même commencé à apprendre le français il y a environ un an. C’est ainsi que j’ai découvert votre podcast par moi-même, sans toutefois reconnaître la voix de l’interlocuteur ni me souvenir de son nom avec certitude. J’ai été stupéfait lorsque j’ai fait le lien.
Au fait, mes auteurs préférés sont Don DeLillo, Donald Barthelme, Vladimir Nabokov, Lydia Davis, Elfriede Jelinek, Cormac McCarthy, David Foster Wallace, et William Faulkner. (J’aimerais lire Derrida, [davantage de] Bataille, Queneau, etc)
Quoi qu’il en soit, je tiens absolument à lire F.B. en français, quitte à devoir avancer péniblement, à pas de tortue. J’ai la curiosité nécessaire pour maintenir mon intérêt.
[D’après ce que j’en ai entendu, c’est « L’Amour » qui m’intéresse le plus ; y a-t-il une raison de ne pas faire confiance à cet instinct ?]
Merci beaucoup d’avance, mes amis <3 🤲
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François Bégaudeau
Maître des clésPourtant je sais que Kelly Reichardt a lu tous mes livres
Oui tu peux commencer par L’amour, qui par ailleurs doit etre traduit en anglais (à vérifier)-
2cz
InvitéThe Love alors
Et pour répondre à la question initiale, pourquoi ne pas commencer par les articles critiques de François ? ça serait l’occasion de se frotter à sa langue sur des choses déjà connues de toi (sur des films vus). Sinon, je déconseille ses essais pour un apprenant. Pour ses romans, mon préféré de lui c’est La Recherche du temps perdu, mais je te conseillerai plutôt l’Amour ou Ma cruauté que j’aime beaucoup. Bonnes lectures.
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François Bégaudeau
Maître des clésLa recherche du temps perdu me parait de toute façon un peu ardue pour commencer mon oeuvre.
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..Graindorge
InvitéPourtant je sais que Kelly Reichardt a lu tous mes livres
Tous?-
François Bégaudeau
Maître des cléstous les romans
tu fais bien de me demander de préciser
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..Graindorge
InvitéCher Lane
la librairie Mollat de Bordeaux envoie les livres dans le monde entier. Tu trouveras tout sur leur site. Les frais d’envoi sont raisonnables et fixes : que tu en commandes un ou 7 c’est le même prix.
Dans ce forum on trouve des extraits des romans de Bégaudeau et sur internet aussi
Moi je recommande
Désertion
L’amour
En guerre
Entre les murs
Et en dernier un livre qui n’est pas un roman mais un échange « épistolaire » entre François Bégaudeau et Soan Rose sur la foi-
Jules de bxl
InvitéLe moindre mal, j’avais beaucoup aimé aussi ! Il se lit assez facilement.
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Ostros
InvitéMolécules !
On va finir par tous les citer
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Shiva
Invité» Comment s’occuper un dimanche d’élection. » – Editions Divergences – 136 pages – 14€
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» La question de voter ou non ne porte aucun enjeu. Je suis un abstentionniste non-prosélyte. Je ne fustigerai pas un votant, pas plus que je ne tiendrai un non-votant pour un camarade. Le vote ne devient un sujet que si les votants en font un sujet. C’est souvent le cas. Nombre de votants aspergent de sermons les non-votants, taxés d’incivisme, d’irresponsabilité, d’immaturité, d’individualisme. Les non-votants manquent à leur devoir de citoyens. Ils galvaudent la souveraineté politique qui leur a été gracieusement offerte par la démocratie. C’est ici qu’on est soudain tenté d’entrer dans le débat. De montrer aux électeurs ce qu’ils font quand ils élisent. D’observer qu’alors ils font tout sauf de la politique. »
https://www.editionsdivergences.com/livre/comment-soccuper-un-dimanche-delection -
Astrim
InvitéJ’ai commencé avec La Blessure, la vraie (C’est mon préféré des 3 que j’ai lu de lui) et je le trouve très accessible tant au niveau de la langue en elle même que du style (ça se lis comme on boit de l’eau quoi).
D’ailleurs j’ai découvert la semaine dernière en allumant la télé que Roland-Garros était un vrai tournoi et non un évènement fictif crée pour l’histoire du roman -
Stéphanie
InvitéTu peux commencer par Au début
Pas mieux -
..Graindorge
Invité« Comment s’occuper un dimanche d’élections n’est pas un roman Shiva
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Shiva
InvitéEt alors Graindsel ?
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« … Quoi qu’il en soit, je tiens absolument à lire F.B. en français, quitte à devoir avancer péniblement, à pas de tortue. J’ai la curiosité nécessaire pour maintenir mon intérêt. »
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» (J’aimerais lire Derrida, [davantage de] Bataille, Queneau, etc) »
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» (Veuillez excuser mon français maladroit et robotique.) »
Fausse modestie cher Lane, votre français est d’excellente facture, rien à redire : continuez sur votre lancée, bravo !
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..Graindorge
InvitéC’est vrai, tu as raison: la fatigue m’a fait me mélanger les pinceaux : Kelly Reichardt a lu tous les romans de FB et j’ai extrapoler à Lane qui effectivement lit de tout
Par contre mon pseudo c’est Graindorge -
Sylvain
Invité@Lane : oui « l’amour » c’est un bon conseil. Mais je l’ai toujours trouvé aussi un peu « à part » dans sa bibliographie. Le livre joue d’autres tonalités. Il n’est pas étonnant qu’il se soit bien vendu, et surtout que ma mère en parle encore aujourd’hui avec émotion. Idéalement, il vous faudrait en lire deux d’affilée : « l’amour » donc, mais aussi peut-être « un enlèvement » pour bien mesurer l’amplitude du style Begaudeau. « Un enlèvement » est aussi très drôle – et c’est quand même un truc à prendre en compte dans ses ouvrages.. Peut-être que ça ne parlera pas jusqu’à l’Oregon ceci dit.
Mais sinon il y en a effectivement plein d’autres – et sans doute encore meilleurs – comme dit plus haut : on va finir par tous les citer. Oui, « ma cruauté » c’est très bon aussi, mais là encore très « situé » dans le sens même de « documenté » (le milieu universitaire). « Entre les murs » à cause du film on a l’impression qu’il fait de l’ombre au reste, c’est pourtant indéniablement puissant dans le style, voir assez novateur. Très bon souvenirs de « en guerre » aussi – celui-ci aussi je pense que ça peut vous parler… ce que le livre raconte peut arriver jusqu’à l’Oregon.
Quant aux essais, et pour rester sur l’humour, c’est encore plus drôle mais comment le dire correctement ? Peut-être sont-ils traversés par tout un tas de références culturelles, certes actuelles, certes parfois – souvent – populaires mais qui ne seront pas forcément bien identifiables par une lecture anglo-saxonne. Je formule cette hypothèse à voix haute et me rend compte que je n’en sais, au fond, rien.
Bref, revenez nous faire un retour ici après lecture ? Votre message inattendu intrigue beaucoup…-
Lane
Invitéwow, thank you to everyone, i’m delighted by the response already! and i want to make a lot of specific replies, but I have to bike to work in a moment.
In the meantime, I want to also ask for any recommendations of french media, especially podcasts or youtube videos. I can only relisten to the same gêne episodes so many times. (i will probably never stop, but i’d like to have a longer « refractory period » in between listens.)
i quite like the « Les idées larges » series on Arte, Et j’aime écouter des femmes parler dès que j’en ai l’occasion. Ça m’aide à surmonter mes lacunes de compréhension. Je pourrais écouter n’importe qui parler en bien de Breillat ou de Desplechin. D’ailleurs, tous mes musiciens préférés sont des femmes : Kate Bush, Cat Power, Joanna Newsom, Ichiko Aoba, Liz Phair, etc.
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Lane
Invité**Waouh, merci à tout le monde, je suis déjà ravie de toutes ces réactions ! J’aimerais bien répondre en détail à chacun, mais je dois partir au travail à vélo d’ici peu.
En attendant, j’aimerais aussi vous demander de me recommander des médias français, en particulier des podcasts ou des vidéos YouTube. Je ne peux pas réécouter les mêmes épisodes de « Gène » indéfiniment. (Je n’arrêterai probablement jamais, mais j’aimerais avoir une « période réfractaire » plus longue entre deux écoutes.)
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poissonvache
InvitéPour un prise politique:
– Parole d’Honneur (Youtube): Emission politique à majorité sur les questions coloniales.
– Zawa Prod, Wissam Xelka, Cass Andre (Youtube et twitch): Emissions sur les sujets politiques et culturel de gauche, avec certaines émissions divertissantes et d’autres plus sérieuses qui te permettra d’en apprendre plus sur l’actualité française, si tu apprends le français ça te permettra d’apprendre aussi certains argot ce qui donne toute la richesse au language.
– Paduteam, Revue Positions, On ne veut plus (Youtube): Emissions de revue d’actualité, et d’analyse marxistes sur les questions nationales et internationales, Interview de travailleurs, interview d’intellectuels, militants politiques et syndicaux.
-Canard Réfractaire (Youtube): Emissions d’analyse d’actualité politique.
– Le Média, Blast, Elucid: Médias indépendants d’internet qui propose des émissions avec un format d’avantage TV et invitent beaucoup d’intervenants.
-Pure Politique: très bon média mais uniquement focus sur l’actualité parlementaire française.
-lundimatin: Média sur le champ politique et culturel, avec un prisme anarchiste, autonome, insurrectionnel.Pour un prisme culturel:
-Jean Mineraud (Les dessous du visible): Chaine Youtube qui dans des très courtes vidéos fait découvrir un auteur, une thématique, un courant, un sujet dans la peinture.
– Atelier Oncléo: Atelier de lectures et créations radiophoniques autour de la littérature et la poésie.
– Microciné Revue de cinéma et de télévision (Youtube, et spotify): média qui parle de cinéma sur lequel François Begaudeau intervient mais où tu trouveras pleins d’autres émissions.
– ALT236 (Youtube): Se définit comme un « Explorateur d’univers fictifs, je cherche une entrée dans le labyrinthe de l’imaginaire. »
– Eclair Brut, Le Sémaphore, Artesquieu, Rien ne veut rien dire: 4 chaines Youtube avec des lignes éditoriales un peu différentes mais ayant toutes pour but la retransmission d’archives radio/TV d’émissions et documentaires, sur l’art en général.-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne trouve pas Le sémaphore, quelqu’un m’aide?
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2cz
Invitéla chaîne a malheureusement été supprimée par YT pour des questions de droit d’auteur
pour Lane, je me permets de rajouter à la liste de poissonvache :
Drapeau rouge (podcast ciné)
L’ex-podcast d’E. Burdeau, Spéculations
Noé Jacomet
la chaîne YT de François Bonmais n’allons pas te surcharger inutilement
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MA
InvitéAu poste mentionné ici par FB.
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propater
InvitéHistony (aussi disponible en podcast sous le nom Veni Vidi Sensi): il a une chouette série sur la révolution française et il enchaine avec le XIXeme siècle
Paroles d’histoire (youtube/podcast)
Un podcast à soi: « radio-reportages » féministes
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oreillette
InvitéCaring troll : D
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Mathieu
InvitéPour un début facile et plaisant en français, le trop souvent oublié « L’invention du jeu et autres inventions », recueil de nouvelles illustrées où des animaux inventent le foot, entre autres. Du temps où Télérama prêtait attention aux livres de François, la critique avait comparé ce livre à du Jean de Lafontaine, excusez du peu. C’est ce qui m’avait motivé à l’acheter et j’avais adoré évidemment. Surtout la nouvelle « l’invention de la carotte » où une bourrique d’âne ne veut plus avancer, comme par hasard.
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Cynthia Lennon
InvitéMoi c’est le chocolat fondu
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François Bégaudeau
Maître des clésMon avis importe peu mais je pourrais sans rire dire que c’est, parmi mes livres, un de mes préférés
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Mathieu
InvitéRah je m’en souviens plus de celle-là. Faudrait que je relise.
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..Graindorge
InvitéExtrait de L’invention du jeu et autres inventions
« « Chaque fois le ballon se retrouvait plus loin, si bien que Jean-Luc courait maintenant continûment après lui, le frappant dans l’élan de sa patte avant gauche dont il avait rentré les griffes car il aspirait à la force du tigre mais était doux comme un chat doux. À cette vitesse inédite, Gilles ne sentait plus le poids de sa coquille. Il n’avait plus de coquille. Perché sur le chat qui courait au rythme du ballon, il était un chat à son tour, et les chats n’ont pas de coquille, ils n’en ont pas besoin, le grand air leur est une maison. »
Si tu aimes le sport, trouvé aussi un livre collectif
» Femmes et Sport »-
Mathieu
InvitéCe qui m’avait aussi motivé à l’acheter et le lire à l’époque, c’est que François en avait fait une lecture enregistrée des premières pages pour le site internet de l’Obs – audio malheureusement supprimé depuis – et j’avais particulièrement aimé la musicalité du style, que je retrouve dans l’extrait que tu cites. Encore aujourd’hui, je me souviens de phrase comme: « Immobile au milieu du pré, le ballon s’ennuyait, tout mouvement lui serait bon ». « Il choisit de préférer quelque-chose à rien. » « La sphère sous lui sentait la vache, mais ce n’était pas une vache car il n’avait pas entendu meugler ni une queue battre dans le vide ». Et la chute de l’invention de la carotte: « Pastille de couleur dans le blanc général, elle se voyait comme le nez au milieu de la figure. »
C’est vraiment avec ce livre et le Jagger que j’ai accroché au style de François alors que les deux premiers m’avaient laissé sur le côté: trop expérimentaux, trop formels (ou plutôt formalistes?), trop littéraires pour moi sans doute aussi, qui ne suis pas un grand lecteur. J’ai retrouvé cette difficulté plus tard avec Un Enlèvement et Ma Cruauté, très exigeants, alors que En Guerre, L’Amour ou Désertion m’ont semblé faciles à lire.-
..Graindorge
InvitéJe compte bien trouver des livres » faciles à lire » et de qualité
L’enlèvement et MA cruauté, trouvés à la bibliothèque, j’ai vite compris qu’ils n’étaient pas pour moi. Pas difficiles à lire mais juste pas pour moi.
Nota bene : » pas pour moi » ne veut pas dire dans ma bouche » très peu pour moi ». Je dis » pas pour moi »
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime bien ce genre de témoignage
Suis juste surpris qu’Un enlèvement t’ait paru difficile (surpris mais sans aucun argument pour objecter, le lecteur est roi)-
Mathieu
InvitéJ’ai d’abord été induit en erreur par le titre, au sens où je m’attendais vraiment à un fait divers: un enlèvement avec une enquête policière, un genre de Molécules bis. Je m’étais projeté là-dedans et quand j’ai compris que ce ne serait pas ça, je pense que j’en ai été inconsciemment un peu déçu.
Mais plus fondamentalement, je pense qu’il a été difficile pour moi car c’est un livre très littéraire, qui ne tient pas en priorité par le scénario – même si je vois bien qu’in fine, il y a du récit. On touche là à la dichotomie impression/expression dont on a pu déjà parlé sur le forum. Avec Un Enlèvement, on est vraiment du côté de l’impression. Or il me semble qu’en début de carrière, ou sur d’autres livres, tu es beaucoup plus du côté de l’expression. Dans les essais exemplairement, mais aussi dans les romans. Et je trouve que ça se ressent particulièrement sur le plan du comique. Dans certains de tes livres où le comique est explicite, je ris souvent aux éclats, je pense par exemple au livre sur Marguerite Yourcenar, entièrement et explicitement ironique, et qui est à mon goût ton plus drôle à ce jour. Des phrases comme: « sous la coupole, quelques rires finirent en toux », » « on parlait de littérature et au sein de l’académie ce n’était pas le sujet », » « on ne voyait pas l’intérêt d’accueillir une femme à l’Académie, la cuisine y étant déjà correcte et les nappes assez propres. », ça me fait la journée.
Dans Un enlèvement, le comique est sans doute, au diapason du style général du livre, plus discret.
Je précise cependant que je l’ai beaucoup réévalué à la relecture, où j’ai mieux saisi les subtilités de construction. C’est clairement un livre qui gagne à être relu.
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Delphine
Invité@Mathieu et @Graindorge : C’est marrant (dans le sens un peu étonnant) de faire un parallèle entre « Un enlèvement » et « Ma cruauté », dont je trouve la facture différente (mais, comme dit, François, le lecteur est roi, et chaque lecteur a sa vision personnelle). Il me semble que « Un enlèvement » présente une sorte de facilité de lecture à rapprocher peut-être de « Entre les murs », par exemple plus de dialogues directs que dans d’autres romans de François, les joutes verbales entre le prof et les élèves (dans « Entre les murs ») et entre le père et sa fille (dans « Un Enlèvement ») créant peut-être une sorte de dynamique. « Ma cruauté », qui pense la littérature, m’a effectivement paru un peu plus ardu, mais je me suis dit qu’il faudrait que je le relise pour voir si la deuxième lecture me paraît plus fluide ou m’éclaire davantage. Quant à « Désertion », je le trouve globalement accessible, le roman relatant pour une grande part le réel de la vie quotidienne (l’école au début du livre, puis le quotidien de l’armée ensuite). Comme souvent dans les romans de François, « Désertion » se situe au plus près du réel, ce qui rend l’ensemble plus concret. Par exemple, concernant le quotidien des soldats à l’armée, je me suis dit que, quasiment jamais dans le roman, le lecteur était plongé dans la boucherie de la guerre, comme on peut le voir, par exemple, dans des livres ou films sur la première ou seconde guerre mondiale. Il me semble que « Désertion » se situe plutôt dans « comment fonctionne le quotidien des soldats ». Il est vrai que la partie sur « comment fonctionne le Rojava et le YPG », un peu géopolitique, m’a semblé plus théorique. Je parle du passage lorsque Steve arrive à l’académie de l’armée, et où François explique les tenants et les aboutissements du système, partie néanmoins intéressante culturellement (on apprend le fonctionnement du Rojava et du YPG dont, personnellement, je n’avais jamais entendu parlé avant « Désertion »).
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François Bégaudeau
Maître des clés« la partie », c’est une page, hein
je ne voulais précisément pas plomber le récit avec un exposé
sachant que cet exposé a aussi un grain littéraire – quelque chose de souterrainement ironique
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..Graindorge
Invité@ Lane
es-tu déjà venu en France?
Tu dois savoir que Begaudeau fait partie d’un collectif composé de personnes de talent. Ils ont écrit
À Brest
À Arles
À Valenciennes
J’ai lu À Brest : ce livre m’a impressionée
Si je trouve un petit extrait je partage ici
C’est le collectif Othon
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