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- Ce sujet contient 501 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
James, le il y a 2 jours et 10 heures.
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thierry
InvitéLe covid m’ayant dispensé de tout scrupule de ne pas taffer, je viens de lire l’amour. Félicitation !
Merci François pour ce texte. J’ai pleuré quelques fois et beaucoup souri. Peu ri. Mais souri c’était mieux pour ce texte.
J’ai pensé que ça aurait aussi pu s’appeler éloge de la vie normale puis éloge de la vie puis finalement juste vie. Puis je me suis dit que l’amour était bien le meilleur titre.
C’est court et direct mais ça prend son temps. Quelques trouvailles formelles géniales ponctuent pratiquement chacune des pages. En vrac et de tête, j’ai aimé « la mère de l’un, la femme de l’autre », « chacun à part soi… « , ….
J’ai aimé boule, l’abnégation de Jeanne, la gentillesse des deux, » les cockers, on leur donnerait le bon Dieu sans confessions ».
J’ai été jaloux de ne pas avoir écrit la phrase suivante : »Quand Daniel daigne rester manger avec eux, Jeanne fait un clafoutis aux cerises. L’hôte affirme que c’est le meilleur d’Europe. Il ne le pense pas mais pense sincèrement ce qui lui fait le dire » .
J’aurais beaucoup de choses à en dire mais j’ouvre le sujet pour avoir d’autres avis. Le mien, même si j’attendrai un jour ou deux avant de l’affirmer avec certitude, c’est que c’est sans doute mon roman préféré de FB. -
thierry
InvitéPeut-être me trompe-je, mais je ne serais pas étonné qu’il ait été écrit peu après le visionnage d’Unrueh.
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Sarah G
InvitéViens de le commander, ne l’aurais que au plus tard le 29 août, donc pas encore lu, mais ton avis et ce que tu en as retenu, me donne encore plus hâte de le lire, et je pense donnera des discussions passionnantes entre lecteurs du roman.
Merci thierry d’avoir ouvert cette entrée-
thierry
InvitéAvec plaisir
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François Bégaudeau
Maître des clésAh ben non, la publication fonctionne sur des temps plus longs. Au moment où j’ai vu Unrueh, j’en étais aux dernières corrections. Tu trouveras des éléments de genèse dans le petit texte que je viens de publier.
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thierry
InvitéAh ben oui, je suis candide.
Merci pour le texte sur la genèse. La partie sur la genèse passive est particulièrement intéressante.
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Alain m.
InvitéÉmotion partagée sur la discrétion de ces personnes.
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Alain m.
InvitéY’a eu un bin’s!!
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Alain m.
Invitéémotion partagée sur la discrétion de ces personnes
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K. comme mon Code
InvitéAujourd’hui, l’amour m’a posé un lapin. La deuxième fois du mois mais cette fois-ci ça devrait se corriger plutôt rapidement.
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Cyril
InvitéSi ce livre n’était pas écrit par François Bégaudeau, et à écouter sa présentation (je lirai le livre), on croirait que l’auteur est un peu réac, à vouloir peindre un amour « à l’ancienne », traditionnel, cherchant à conserver quelque chose en voie de disparition, comme le musicien classique conserve Bach. Le geste de conservation, de préservation d’une mémoire, n’est certes pas fondamentalement de droite. Est-ce la cinquantaine qui te fait désirer le calme ? Ou cherches-tu à aller contre un monde qui va trop vite ?
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François Bégaudeau
Maître des clésEt lire le livre avant d’en dire des conneries, t’en penses quoi?
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Demi Habile
InvitéC’est une perte de temps.
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François Bégaudeau
Maître des clésMais alors on ne devrait même pas perdre son temps à regarder une video dessus
Le problème avec votre hostilité, c’est qu’elle est incomplète. Une hostilité de demi-habile, en effet. Une hostilité sociale-démocrate, de centre-droit.
On vous aimerait puissamment hostiles – ce qui vous débarrasserait de moi et nous débarrasserait de vous.-
Graindorge
Invitétout doux monsieur Bégaudeau: sincèrement, je ne crois pas qu’ici il y a de l’hostilité à votre égard. Pas d’hostilité centre-droit ni rien de tout ça. C’est vrai que pour ne parler qu’en mon nom, j’ai certainement écrit beaucoup de bêtises – parfois pour le simple et bête plaisir d’écrire le soir au 6ème étage, quelques soirs d’été. La chanson de Wampas Puta je la mérite peut-être même si en espagnol on peut dire aussi » de puta madre. Un très bon film c’est un film » de puta madre » par exemple. Mais, je ne suis pas sûre d’être un très bon film 😎
Je sais être une sale gosse indisciplinée et chahuteuse. Mais sachez… sachez quoi? zut… j’ai perdu le fil! …Ah le voilà: sachez qu’ici, dans ce forum, je crois que tous les 67 ou plus de participants vous estiment. Vous êtes un grand parmi les grands. J’ai l’air comme ça mais j’ai du nez pour repérer les grands de ce monde. À Nice, 2 de mes 4 soeurs ont acheté un livre de vous pourtant je n’ai pas poussé à la consommation. J’ai même pas dit du bien. J’ai dit du juste. Mes soeurs me connaissent: si elle aime cet écrivain, c’est qu’il a quelque chose. Et ben oui. Vous avez quelque chose. Mais quoi? Je rigole. Le 18ème roman est sorti. Il s’appelle l’amour. Fêtons-le.
Un morceau de tarte au citron maison et/ou gâteau chocolat- marron de Charles ( pour moi ET fera l’affaire) accompagné d’un verre de champ’s bio, que demande le peuple? Pardon, hein?
Allez. On va allé défendre l’amour con dientes y uñas, becs et ongles. Oui, oui, on va le lire…Oh la la. Tranquille. Vous avez bien travaillé. Et ça, c’est encore pas rien.
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Cyril
InvitéCe que je dis est basé sur tes propos mais peut-être qu’ils ne sont pas prononcés par la même personne qui écrit le livre haha. Après c’est mon intuition, peut-être qu’elle tombe à côté.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu ne comprendras donc jamais que 3 minutes d’oral ne peuvent en rien rendre compte de 100 pages de livre, et, sur le fond, que le texte littéraire est précisément un espace où se redistribuent les cartes affectives – et par extension politiques.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu ne comprendras donc jamais que 3 minutes d’oral ne peuvent en rien rendre compte de 100 pages de livre, et, sur le fond, que le texte littéraire est précisément un espace où se redistribuent les cartes affectives – et par extension politiques.
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Cyril
InvitéSi on ne peut plus réagir à ce que tu dis, il faut arrêt sur le champs de parler et ne plus communiquer avec nous qu’à travers des écrits.
Je me demande si tu ne fétichises pas l’écrit étant écrivain.
La question de l’oral et de l’écrit et intéressante mais persiste à n’y voir qu’une différente quantitative. Tu me dis que l’écrit prend plus de temps, une quantité de temps donc. Par exemple ce que tu écris ici sur ce forum serait un état intermédiaire entre le peu de temps de l’oral et le beaucoup de temps de l’écrit de livre. Et même à l’oral, je peux parler en prenant plus ou moins de précautions, en ayant réfléchi au préalable à ce que j’allais dire, et quand je m’exprime souvent sur un sujet je peux corriger mes propos pour les prochaines fois.
Cette tendance à voir de la différence qualitative me paraît être une prétention d’écrivain comme le musicien classique voit une différence essentielle entre musique savante et musique populaire.
Si tu peux me convaincre de ton point de vue j’en serai ravi.-
Claire N
InvitéL’oral a certainement son intérêt, mais pourquoi
Tout niveler sur lui ? Une différence qualitative c’est une différence d’essence, pas un baromètre à mépris ?-
Claire N
InvitéPreuve en ai mon regret immédiat d’avoir utilise le mot « essence « ; ça ne se passe pas dans les livres….
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Claire N
InvitéSinon j’ai tout de même une question
En musique : il y a quand même une différence
Entre la forme d’une symphonie et c’elle d’une chanson, je présuppose tout de même que mettre son intelligence aussi longtemps au service d’une œuvre à une signification ?-
Claire N
InvitéEt puis aussi , c’est très désagréable de te voir
Être ce qui me semble jaloux de François
On dirait un petit garçon qui arrache un jouet des mains d’un camarade parce qu’il le voit vivant ent ; puis déçu d’avoir une chose qui ne prend puissance qu’à certaine condition, paraître inerte dans les siennes , le jette au sol en rougnant-
Cyril
InvitéJaloux ? On me dit ça aussi quand je critique le système capitaliste et les milliardaires. À chaque fois les bras m’en tombent.
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Cyril
InvitéIl y a des formes à refrain dans la musique classique, dans les lieder par exemple.
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Claire N
InvitéJe ne sais pas si j’aime bien, tu me conseilles quoi pour découvrir cette forme ?
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François Bégaudeau
Maître des clésCette question tu l’as déjà posée, ce doute tu l’as déjà émis. Le problème c’est que cette question tu ne fais rien pour l’explorer véritablement. Puisque tu la poses et y réponds déjà. Puisque tu la poses dans l’abstraction, sans jamais une référence à un morceau d’écrit littéraire. Or c’est cela qu’il faudrait faire, que j’essaie de faire dans la Gene littéraire, que j’essaie de faire dans mon travail critique depuis vingt ans, ou dans l’antimanuel, eté évidemment dans les écrits, à savoir montrer, TEXTE À L’APPUI, qu’il y a des choses que seul peut la littérature, que seul fait la littérature ; des opérations de captation, de saisie, de rendu, mais aussi des opérations de pensée, et même des opérations morales.
Tu persistes à ne pas vouloir aller dans le texte, libre à toi. Mais cesse alors de trancher une question que tu ne te donnes en aucun cas les moyens d’examiner.
Ce qui t’importe ce n’est pas la question, mais de la trancher avec cette mauvaiseté dont tu ne te décrottes jamais ici, disant par exemple en l’occurrence que c’est parce que je suis écrivain que je revendique la spécificité de l’écrit. Un plaidoyer pro domo, en somme. Une auto-défense corpo.
Si ton aversion te laissait un répit de deux minutes, peut-être aurais-tu la placidité d’envisager que ça se passe dan l’autre sens : comme déjà dit, et ici même il y a peu, je suis devenu écrivain pour sans doute 56 raisons mais d’abord et surtout parce que quelque chose, dans des lectures d’adolescence, m’est tombé dessus, qui était le sentiment que se jouait dans la littérature quelque chose qui ne pouvait pas s’y jouer ailleurs – et aussi que la littérature était un lieu où étaient possibles des opérations qui n’étaient pas possibles ailleurs. Voilà l’expérience première, que je n’ai cessé d’affiner par la suite, en lisant, puis en écrivant.
On peut aussi, au passage, se passer des phrases comme « Si on ne peut plus réagir à ce que tu dis, il faut arrêt sur le champs de parler ». Tu as déjà tenu ici ce genre de propos de CM2 et j’y ai déjà répondu. On peut évidemment réagir à ce que je dis publiquement, j’en accepte très bien le principe sans quoi effectivement il faudrait se taire. IL n’en reste pas moins que
-le fait que je préfère toujours qu’on s’arrête sur le matériau écrit est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’une matière orale qui parle d’un livre.
-en ce qui te concerne tu ne parles ici jamais de textes, et toujours de videos, et en plus toujours des plus nazes. Par exemple celle que tu commentes ici, brève et donc perdue pour l’intelligence, est une vidéo promotionnelle enregistrée chez Gallimard à la suite de 25 autres auteurs de la rentrée, à la chaine. Avec des questions mécaniques de deux jeunes petites mains qui n’avaient lu aucun livre (le tout étant enregistrée en plein « buffet dinatoire » de Gallimard, entre pâté en croute et dessert (on vient nous chercher à la queue leu-leu).
Tu persistes à agir ainsi dans cet espace, ok. Mais compte sur ma constance dans le mépris pour ton attitude de blaireau.-
Cyril
InvitéCe que seule la littérature pourrait, ce serait à la limite de faire précisement de la littérature, de produire des effets littéraires… Mais la dernière fois que nous avons eu cette discussion il était question de faire passer une idée. Dans ce cas, bien que l’écrit soit plus performant puisqu’il donne plus de temps, il ne me paraît pas essentiellement différent de l’oral.
Après, une improvisation théâtrale peut être littéraire, l’acteur peut former ses phrases avec style.
Tu ne comprends pas que je ne suis pas fixé sur cette question, tu prétends que je ne bougerai pas, je présente seulement l’état de ma réflexion. Seulement, tu n’as pas encore réussi à me convaincre et ça te rend nerveux.
Je suis certainement abstrait et obtu, j’aimerais avoir ta subtilité mais je ne te comprends pas à l’écrit. Bizarrement tu me convainc plus à l’oral. Comme quoi ! (j’ai écouté les gênes littéraires et lu les livres avec assiduité)
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Frezat
Invité9h13 réveil à 16h
Le choix du temps. -
Nox
InvitéBonsoir François,
Ton ambition de représenter l’ordinaire de l’amour me ramène un peu à un truc qui taraude mes parents et ceux de ma copine : l’ambition de plus en plus « suspecte » de vouloir « faire sa vie ensemble » par les temps qui courent (et je ne te parle même pas de certains commentaires que je dois essuyer de la part de la gauche sur le fait de vouloir, dans un avenir plus ou moins éloigné, élever des enfants).
Ce mode d’amour assez « long-termiste » est effectivement voué à se minorer de plus en plus. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai pas d’avis sur l’objectif de vivre ainsi, ni sur celui d’avoir des enfants ou pas. J’ai voulu raconter des gens qui ont vécu l’amour ainsi sans le préméditer. Parce que la vie va comme ça.
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Nox
InvitéEt je suis bien d’accord.
C’est un peu triste mais la courte longueur du roman me motive plus à le lire à que d’autres bouquins que « je dois » à la fac de philo.
Curieux de le découvrir en tout cas !-
Claire N
InvitéPuisqu’on évoque l’aspect court du roman ;
J’aimerais lancer un « appel à témoin «
Est ce que parmi vous , l’envie immédiate de le relire s’est faite sentir ?
Je suis en effet très étonné de cet effet produit sur moi; d’habitude à la fin d’un livre que j’aime j’ai cet espèce de « deuil nostalgique « ou parfois une espèce de satisfaction comme après une randonnée un peu dure
Merci
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François Bégaudeau
Maître des clésComme dit ma mère : ça s’est passé comme ça s’est passé.
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Charles
InvitéCe qui me fait un point commun avec elle, sans doute le seul.
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François Bégaudeau
Maître des cléset l’excellence en tarte au citron aussi non?
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Charles
InvitéPlutôt gâteau choco-marron perso.
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PE
InvitéJe me plais à imaginer que le gâteau choco-marron en question a été baptisé ainsi par toi non parce que sa recette impliquerait des marrons, mais à cause de sa couleur. Gâteau choco-marron.
Mais ma foi les deux options sont réjouissantes.-
Charles
InvitéJe suis hélas un garçon beaucoup moins poétique, option 1 donc.
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PE
InvitéDans ce cas je te demanderais volontiers ta recette, si ça ne devenait pas un peu indécent de transformer le canal dédié à L’amour en marmiton.
Très très hâte de te lire François.
(Et hâte aussi de lire ta recette, envers et contre tout, Charles)
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François Bégaudeau
Maître des clésles deux seront assurément l’événement culinaire de la rentrée
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Nox
InvitéJ’ai commencé à lire le livre et j’avais une question en tête : est-ce que cette manie de Jeanne à s’imaginer des scénarios à l’eau de rose à chaque fois qu’elle croise Pietro t’est un peu venue de Flaubert ? Jeanne me rappelle pas mal la fameuse Emma… en beaucoup plus attendrissante, cela dit.
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François Bégaudeau
Maître des clésil faut avancer dans le livre pour bien peser ce qui se joue là
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K. comme mon Code
InvitéScène ordinaire. Récupérant L’Amour ce matin à la librairie, le caissier me confie qu’on a les mêmes lectures. J’enchaîne comme je peux : Ça se lira vite. Il acquiesce. Il dit que les critiques sont très bonnes, et j’imagine, vous lisant, que les critiques sont surtout celles du Masque et la Plume dont je n’ai jamais entendu une seconde de ma vie. Je dis que j »aime bien, en général. Il répond qu’Entre les Murs c’était très bien à part si on est prof, peut-être. Je sors en pariant sur un petit succès commercial.
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Tony
InvitéJe parie aussi sur un succès,pour ce qui est des librairies ça dépend,moi je l’ai récupéré à Decitre et il était bien rangé(caché?)dans le rayon à la lettre B,la libraire paraissait étonnée que je le demande,elle me dit qu’elle l’a rangé en rayon car c’est un petit livre et elle en a pas reçu beaucoup,elle m’a aussi demandé si ils en avaient parlé dans la presse…
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Charles
InvitéMoi j’ai vécu une scène similaire à celle décrite par K. Les premières recensions sont positives (Telerama, l’Humanité, le Masque), je pense que le livre sera un succès – je l’ai vu dans ma boule de cristal.
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Graindorge
InvitéC’est pas des boules de cristal qu’il faut. Juste lire le livre et si vous l’avez aimé en parler autour de vous. Ça m’ énerve de lire en ouvrant le portable » les 10 incontournables de la rentrée littéraire » ou » les 25 livres de la rentrée littéraire à ne pas manquer » et gnagnagna et qu’il n’y est pas ce petit bijou. Pardon… je ne sais pas que c’est un petit bijou. Je vais me le commander à la Fnac. Je ne sais pas si Verticales envoie en Espagne comme les éditions Amsterdam.
Demi Habile aime charrier mais il va le lire aussi je pense. -
Toni Erdmann
InvitéJ’ai lu L’Amour.
Sans aucun doute le livre de François qui m’a le plus bouleversé. J’assume le superlatif suivant : les 20-30 dernières pages sont parmi les plus belles de la littérature contemporaine.(Spoiler)
Ce qui m’a touché, c’est ce que j’appellerais les détours narratifs. A chaque fois qu’une étape obligée du couple est racontée, celle-ci devient un complément de la phrase et non son sujet.
Le premier baiser sera subrepticement évoqué par sa fin « Jacques décolle ses lèvres de celles de Jeanne », la première mention du mariage ne servira que de repère temporel « La semaine qui précède le mariage, Jacques multiplie les boulettes au travail » le prénom du premier enfant sera dévoilé par une boutade sur la mère. Cela permet de présenter tous ces événements non pas comme des tournants mais comme la belle évidence logique et naturelle de leur amour.
Ce procédé permet bien évidemment d’éviter les phrases purement descriptives (Ils s’embrassent, ils se marient, ils appellent leur fils Daniel) mais procure également une profonde mélancolie dans les derniers instants du livre lorsque le déclin physique de Jeanne devient malheureusement lui aussi une évidence.
Ainsi, le passage qui m’a réellement achevé est celui où Jeanne, écoutant au loin la conversation téléphonique avec son fils après qu’elle a demandé à mettre le portable sur haut parleur (comment ne pas voir là mes parents toujours à deux au téléphone avec moi), s’écroule. Sa chute n’est pas contée, seule cette phrase suffira : « Le saladier de petit pois y est mais Jeanne n’y est plus ».Je pense que le passage qui plaira le plus est la liste des petits agacements que l’un provoque à l’autre. Grande hilarité durant ce passage avec l’assiette à fromage, la télécommande introuvable, les cheveux que Jeanne fait attention à ne pas mouiller en nageant.
Et ça me permet d’enchaîner sur une question pour François. Toutes ces petites fossilisations de l’esprit – ces réflexes et habitudes qui énervent son partenaire – provoquent ici l’hilarité, la beauté voire la mélancolie. Mais dans un autre livre, comme L’enlèvement , ou chez Flaubert, par exemple, les mêmes descriptions (la bedaine qui dépasse du t-shirt, se moucher dans du sopalin, prendre un médicament au moindre rhume) seraient davantage satyrique et documenteraient la bêtise bourgeoise.
Comment naviguer entre ces deux registres ?-
François Bégaudeau
Maître des clés« A chaque fois qu’une étape obligée du couple est racontée, celle-ci devient un complément de la phrase et non son sujet. »
5 jours de présence en librairie et le secret stylistique du livre est déjà dévoilé.
Heureusement ce presque laisse une marge pour préciser la chose.Ta question finale est vraiment centrale. Je crois que je ne peux répondre que bêtement : tout dépend comment c’est tourné, et dans quel contexte narratif ça intervient. A cette page de L’amour, je crois qu’il est bien clair que ces deux là s’aiment – s’aiment dans ce sens là (mais quel autre sens existe?), et alors les petits agacements mutuels sont mis sur le compte de l’amour, là où dans Un enlèvement ils seraient versés au dossier du petit drame bourgeois-conjugal qui se joue entre Brune et Emmanuel.
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Céline
InvitéJ’ai eu un rencard avec l’amour hier. L’amour les pieds dans l’eau. A toute vitesse pour moi, en une traite et hop c’est fini. Le récit est ininterrompu. Comme la vie. La normalité de chaque vie en témoignage de toutes les autres.
Je partage les sourires de Thierry, des perles d’expression…. « Comme les violons l’indiquent » .
A travers de menus détails, ça réveille mes propres souvenirs, ravive des images oubliées, redonne vie aux odeurs…On rentre dans la réalité. J’ai retrouvé la mémoire des détails du passé et l’odeur de la cuisine chez papi.
Moi aussi j’ai pleuré, soudainement, un truc qui remonte de loin. J’ai pleuré qu’on me raconte l’histoire de gens dont on ne parle jamais.
Il faut le lire et l’offrir parce qu’il se garde celui-là.-
Graindorge
InvitéMerci à tous pour vos généreux partages.
Merci Cyril pour tes questions et tes critiques: aspérités qui permettent de grimper. De s’élever. Il en faut sinon ça ressemblerait trop à un club de groupi.es inconditionnel.les.
Si je ne finis pas sur le bûcher, je donnerai aussi mon humble avis quand je l’aurai lu Lulu. Allez, un petit sourire: pour la photo
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Hématome
InvitéCe livre a-t-il quelque chose de pérecien ? Les Choses.
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Ludovic Bourgeois
InvitéT’as cité une réf trop smart. T’es trop Hype Man.
Vous y’en a être tellement intelligent.
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Sinon, c’est juste Béber et Monique. Le Béber il a perdu la télécommande, Ah bha faute technique de Béber.
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La Monique lé pas méchante, lé pas contente, mais putain, qu’est-ce qu’elle est chiante : « Où qu’elle est la télécommande !!!??? »
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Nan après ‘j’impertine’ : ❤ Vive la simplicité, Vive l’Amour long ❤.
Ca me rappelle mes parents, et ça, ça fait plaisir -
François Bégaudeau
Maître des clésOn n’est certes pas loin de Perec. Mais je crois qu’il y a dans Les Choses un élément de critique, et plus surement encore de désarroi, d’inquiétude, qu’il n’y a pas dans l’Amour.
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K. comme mon Code
InvitéJe dirais même qu’on trouve dans L’Amour tout l’inverse de l’inquiétude. Des indices de « crises et événements » ponctuent le récit, mais ne sont pas le moteur du texte comme ils pourraient l’être ailleurs. Ça s’incorpore à l’ordinaire pourtant extraordinaire de cet amour d’une vie qui passe dans des torsions de phrases souvent drôles et une trivialité qui fait, ici, tout l’histoire. Le temps qui passe dans ces pages n’a rien d’angoissant. « On connaît la fin de l’histoire. » En fait, je me suis retrouvé à lire plus attentivement que d’habitude — je refusais de laisser un bout de phrase ou de paragraphe sans l’imprégner tout à fait. Mais je crois qu’il faut lâcher prise. Ce temps on le voit autant qu’il est invisible. C’est pas nos affaires. Les objets sont des marqueurs de temps mais surtout présents parce qu’ils marquent la vie des Moreau. À la fin, j’avoue que je ne sais toujours pas ce qu’est l’amour, mais je suis d’accord : « Elle est sa compagne et lui son compagnon. » Le livre s’appliquant à retracer ce compagnonnage est une réussite, d’autant plus que je m’inquiétais, page 40, que cela soit possible. J’ai pleuré à la fin, je ne sais pas de quoi. De plus d’une chose, je suppose.
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François Bégaudeau
Maître des clésPleurer on ne sait pas de quoi
S’émouvoir on ne sait pas trop de quoi – émotion esthétique?
Je dirais : de la vie. De la vie en tant que telle. Et je ne dis pas grand chose en disant cela. Et je ne sais pas bien ce que je dis en disant cela, mais je le dis quand même. Et dans la béance entre ce dire et sa compréhension se tient par exemple l’art.-
lison
InvitéOui on a bien pleuré parfois d un detail ( ces chaussons apportés qui ne serviront pas) parfois d une suite de scénes , à la fin du livre .
J ‘ai trouvé épatant les passages d une époque a une autre par saut ou glissement , à la fois pas spectaculaires et surprenants quand meme ( completement d accord avec ce qu en dit Toni Erdman plus haut ). Tu arrives a faire quelque chose d etonnant : ecrire court une longue vie a deux et faire sentir a la fois le temps qui passe et la brieveté de tout cela.
J ai beaucoup aimé le debut et trouvé bien ce faux depart, cet amour révé avant l’amour réel. Lui accorder tant de pages dans le récit alors qu on n en reparlera plus c est bien et ça situe l ‘amour dans d autres histoires , ca le relativise ( ce n est pas exactement cela mais je ne trouve pas mieux) en meme temps que ca l amplifie.
C est vraiment bien et ca met dans un drôle d etat.
Désolée pour le manque ou erreurs d’ accents, ou d apostrophes.-
Tony
InvitéMoi aussi j’ai bien aimé la fausse piste avec Pietro, d’ailleurs je me suis fait avoir j’ai vraiment cru qu’il allait s’agir du couple qu’on allait suivre jusqu’à ce qu’on quitte Jeanne pour suivre Jacques,et là j’ai réalisé, très fort !(j’avais quand même repéré le côté cendrillon de Jeanne et Pietro vu comme un prince inaccessible et ce rêve qu’elle fait avec cette coupe qu’il soulève et qu’elle n’arrive pas à atteindre).Ce qui est marrant avec ce faux départ en forme de conte c’est de se rendre compte de la fable que l’on se raconte tous sur l’amour,le coup de foudre,alors qu’en réalité l’amour c’est tout autre chose, ça arrive sans prévenir,presqu’à notre insu.
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est bien l’idée
Et c’est pourquoi je grogne dans ma barbe que les prénoms Jeanne et Jacques aient circulé avant la sortie du livre.Lison, tu dis, relativise, il y a de ça.
Ce premier mouvement prétend solder l’amour coup de foudre, l’amour Bovary, mais il arrivera qu’on puisse penser aussi, par certains éléments de la suite, que le vrai amour était là. Ce n’est pas ce que je pense. Je veux juste dire que le livre laisse ouverte cette possibilité. La possibilité, fort discutable, qu’il y aurait un « vrai amour ».-
Graindorge
InvitéJe ne sais pas si c’est une bonne idée de partager un long extrait d’un livre quelques mois avant sa sortie. Juste dire le 17 août tel livre sortira avec votre petit résumé » j’ai voulu raconter une histoire sur le temps long etc ». Mais les professionnels de l’édition savent bien sûr ce qu’il faut faire.
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lison
InvitéOui on n en reparlera plus ( de ce Pietro) ce qui n empeche pas d y penser , notamment dans la scene ou Jeanne plus agé evoque le fait qu elle a fait le menage dans le gymnase.
Jeanne pense t elle a Pietro a ce moment la, je ne sais pas , mais moi oui.
Me suis aussi dit qu a ce moment là pensant a lui mais ne voulant / pouvant pas parler de lui, elle disait gymnase ce qui dans ma tete amenait gymnase = Pietro. Une façon délicate de le faire ré-apparaître.-
Tony
InvitéMoi je me souviens que Nicolas Mathieu a envisagé cette option du ‘vrai amour’ dans Connemara.
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Claire N
InvitéMoi aussi Lison j’aime ces chaussons
Parce ce que c’est tellement bien observé, tellement vrai. Tous cet amour mis dans une petite paire pour accueillir ceux qu’on aime à la sortie de leur parcours endormi
On retrouve cela tant à l’étage maternité qu’à celui de la chirurgie
Ces petites affaires confiées comme un trésor par les proches-
Claire N
InvitéEt pour faire le lien avec la coupe, brillante et voyante ; je trouve que le graal a plus une gueule de chausson
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amour
Invité« Il fait mine de ne pas la reconnaître. Ou bien il ne l’a pas reconnue. Le visage de jeanne ne lui dit rien et ce n’est pas réciproque. »
François, tu m’offres ton livre stp ? Merci-
Cyril
InvitéC’est marrant j’ai montré cette phrase à mon frère, lui disant : ça c’est bien une vanne de Bégaudeau !
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Cyril
Invité« On croirait l’entendre quand on le lit. »
Oups !-
François Bégaudeau
Maître des clésIl apparait donc que ton incompréhension de la littérature est de famille
Car dans cette ligne il peut s’agir de tout, tomate, concombre, poireau, sauf d’une « vanne ».-
amour
InvitéBis répétita « Il fait mine de ne pas la reconnaître. Ou bien il ne l’a pas reconnue. Le visage de jeanne ne lui dit rien et ce n’est pas réciproque. »
François, tu m’offres ton livre stp ? Merci-
François Bégaudeau
Maître des clésSeulement si tu me dis pourquoi je devrais te l’offrir à toi plutot qu’aux dizaines de désargentés qui sont obligés d’attendre sa vie en médiathèque.
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amour
InvitéDigne d’un entretien d’embauche cette demande.
J’aurais pu faire un salto arrière, mais la flemme. Donc, je dirais car je suis la seule à le demander. Voilà
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Cyril
InvitéIl semblerait que l’écrivain lui-même mécomprenne la littérature pour ne pas voir un effet comique dans le « ce n’est pas réciproque » ce qui est encore plus étonnant !
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François Bégaudeau
Maître des clésIl semblerait que les mots aient vraiment peu d’importance pour toi, et que t’échappe la différence immense entre « vanne » et « effet comique ».
Il semblerait aussi que tu sois décidé à t’enfoncer jusqu’à trépas.-
Cyril
InvitéIl semblerait que tu manques de dérision si tu ne comprends pas qu’on peut exagérer « effet comique » en « vanne » pour piquer ta vanité.
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Cyril
Invitéqu’on puisse*
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Graindorge
InvitéAllumant le portable: Ouest-France. L’amour fait partie de leurs coups de cœur
Je m’entends dire Ah quand même. Pas trop tôt.
Je suis dans En guerre. Dans mon élément. 1er rire: le thé anti- Occident. Larmes… de rire. Ça remonte le moral. -
Mao
InvitéMoi aussi très emballé par ce texte magnifique. Il est beau, tragique, cruel et terriblement court, comme la vie. Si je peux me permettre une question à François. A plusieurs reprises, on a pu t’entendre ici ou là parler des « grands existants ». Or, « L’amour » raconte l’histoire d’un couple tout à fait ordinaire. Est-ce que tu dirais que Jeanne et Jacques sont malgré l’apparente banalité de leurs vies de « grands existants » ? Merci.
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François Bégaudeau
Maître des clésSi je le disais, l’expression perdrait de son sens.
Disons que Jaques et Jeanne sont des existants, et que cela suffit largement à leur peine. -
Ostros
InvitéJe partage les doux mot de Dalie Farah sur l’amour : https://www.daliefarah.com/lamour-de-francois-begaudeau-un-roman-calme-et-simple-comme-lamour-a-paraitre-le-17-aout-2023/?fbclid=IwAR1XDyCeKlyGssl6W8kjZSY733akjlLB-oX7eOGnqiue4Z29fZiU3A5I1Rw
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tristan
InvitéL’amour, ma définition tellement je suis un poète..
https://nsm09.casimages.com/img/2023/08/22//23082205425423694418233233.jpg -
tristan
InvitéFrançois, tu m’offres ton livre stp ? Merci
salaud dpauvre !
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tristan
InvitéEn référence au post de cette saloperie bavante de Graindorge (sur le fil de l’indifférence à l’art) qui pense que sa misérable existence a un je ne sais quoi qui touche à la sainteté sous prétexte qu’elle se rapproche de Dieu en passant ses vacances sur la côte d’azur sous les toits.
Y’en a toujours pour qui la misère est pénible au soleil comme disait l’autre.
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Tony
InvitéJe partage cette très belle critique
https://www.avoir-alire.com/l-amour-francois-begaudeau-critique-
Graindorge
InvitéMerci beaucoup Tony
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François Bégaudeau
Maître des clésTexte qui d’ores et déjà m’apparait comme indépassable
Mais sait-on jamais.
Merci au camarade Jérémy, qui un temps nous gratifia de sa douceur dans le forum begaudeau.info-
lison
InvitéTres beau texte.
Dans la precision de la langue, j ai été heureuse de croiser fournir. Je peux pas fournir partout est une phrase que j ai beaucoup entendue prononcer par ma mere, qui faisait aussi une tres bonne tarte au citron meringuée.-
François Bégaudeau
Maître des cléscelle de ma mère n’est pas meringuée
dans la famille on aime le sobre
on frime pas avec la meringue-
lison
InvitéOh l ‘ attaque ! Dans MA famille on essaie parfois des trucs nouveaux, on reste pas sur ses acquis.
Bref on sort de sa zone de confort.-
François Bégaudeau
Maître des clésje m’incline devant cette famille productive, je dirais même efficiente
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Juliette B
Invité« … pour raconter le parcours d’une servante et lui prodiguer la plus belle des politesses : celle d’une forme à son service », elle va me faire longtemps cette phrase. Merci à Jérémy de s’arrimer toujours si fermement au texte et à Tony d’avoir partagé.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui j’aime cette phrase
Je pourrais préciser : une forme arrimée à elle. Formée par elle. La forme littéraire c’est la matière textuelle informée par la vie.-
Graindorge
Invité« la forme littéraire c’est la matière textuelle informée par la vie » C’est de qui? De ce gamin là-bas qui mange une tarte au citron NON meringuée de sa maman. Nooon! Si vous dis-je!
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Graindorge
InvitéRectificatif: attention Graindorge, sois PRÉ-CISE: une tarte au citron non meringuée d’une maman ça ne se MANGE pas. Ça se SAVOURE.
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Le visiteur
InvitéQu’est-ce qu’on s’marre…
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Dr Xavier
InvitéLu avec bonheur, et lu avec plaisir ce topic. Léger décalage avec vos ressentis, je n’ai peut-être pas tant été ému (transport de l’âme) que bercé (quiétude de l’âme). Bercé, comme berce un long voyage en train Corail, qui laisse un temps bref mais suffisant pour voir chaque paysage sur lequel on va s’arrêter sur un détail, les paysages passent de manière fluide, continu et néanmoins séquencé, on ne voit pas le temps qui passe, et pourtant vient le moment où l’on se dit que beaucoup de temps a passé, où donc est-il passé ?
(j’aurais bien vu comme sous-titre Une quiétude certaine, en clin d’œil à Une certaine inquiétude, aussi lu cet été avec grand plaisir)-
Graindorge
InvitéÇa fait plaisir aussi ce que vous écrivez Dr Xavier.
Un jour l’Ami Marc m’a dit » ce n’est pas le temps qui passe, c’est NOUS qui passons »
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tristan
InvitéHier après-midi, je me suis forcé à rester en terrasse en plein soleil parce que juste à côté de moi, 2 personnes Tinder venaient de se rencontrer et j’ai pris des notes pour jamais faire comme eux.
C’était ma critique littéraire sur « l’Amour ».-
tristan
InvitéÇa me fait penser que « L’amour l’après-midi » est mon Rohmer préféré parce que c’est le film qui parvient le mieux à déplacer la religion extrême (ici le protestantisme et l’Amour-qui en est une aussi) jusqu’à l’intime-sans que ça nique.
C’était ma critique ciné
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amour
InvitéIls se disaient quoi ? Vraiment intéressée.
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Tony
InvitéL’amour est 5eme dans le top 10 des meilleures ventes de livres cette semaine,ça fait plaisir!!!
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Graindorge
InvitéRrrrroulez tambourrrr!!! Youpiiiiii!!!
3ème joie de ma matinée!!! Grand merci Tony pour cette GRRRANDE NOUVELLE/JOIE!!!-
tristan
InvitéC’était quoi les deux premières Grrrrraindorrrge ? T’as liké deux photos de chats sur Insta ?
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amour
Invitéau bas mot;)
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Amourgloireetbeaute
InvitéTu t’es fait une amie, la jumelle de Bfs ou elle-même…t’as une sacrée chance
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Pope
InvitéTu as vu ça où Tony ? Parce que je ne trouve pas l’info, c’est pas que ça m’intéresse spécialement, mais ça m’étonne parce que le bouquin était en rupture à peu près partout en deux jours, mais il semblerait que cette situation s’explique davantage par un trop faible approvisionnement plutôt que par un raz de marée de la demande improbable vu le peu de promo.
@François, tu nous en dirais plus ?-
Tony
InvitéClassement Datalib des meilleures ventes de livres,semaine du 18 au 24 août,publié dans Libération aujourd’hui,que le livre soit en rupture ne me paraît pas étonnant si il est 5ème des ventes,sur le premier tirage seul François peut nous donner des chiffres,d’ailleurs question à François est-ce qu’on lui communique ces chiffres de ventes,de quelle façon et à quelle fréquence?
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Dr Xavier
InvitéQuestion élargie : pourquoi on connaît relativement bien le nombre d’entrées pour un film, et pas du tout le nombre de vente d’un livre ? On pourrait dire que c’est un secret d’affaires des maisons d’édition, mais alors pourquoi ça ne s’applique pas au ciné ? Ou alors c’est peut-être un tabou culturel, le livre est pur, il n’est pas tributaire des logiques commerciales.
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Tony
InvitéJe crois que pour un livre c’est plus compliqué puisque ce sont les libraires qui passent commande et que les retours(ou invendus) se font plusieurs semaines(mois?)après alors qu’un ticket de cinéma est tout de suite comptabilisé.
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Dr Xavier
InvitéJe pensais à cette réponse mais on pourrait avoir les chiffres avec retard (par ex. 6 mois plus tard), or sauf erreur on ne les a pas du tout.
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Tony
InvitéLe classement Datalib doit bien se baser sur des chiffres mais je ne sais pas si ce sont des chiffres de commande libraires qui permettent une estimation des ventes, François doit le savoir.
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amour
InvitéET ça change quoi ? Vraiment.
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Tony
InvitéÇa change rien mais moi j’aime bien les chiffres, l’économie m’intéresse.
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amour
InvitéÇa marche, bien venu au club alors. Sacré Tony.
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amour
InvitéEn même temps, c’est pas ton économie. Mais si celle des autres t’intéresse. ok.
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Charles
InvitéJe pense que c’est aussi parce que les ordres de grandeur ne sont pas du tout les mêmes et que le nombre d’entrées est un puissant outil de communication des producteurs et distributeurs pour attirer les gens en salles. Au cinéma, les entrées attirent les entrées alors que c’est beaucoup moins le cas pour le nombre d’exemplaires vendus. Ainsi, on sait que le Triet est la Palme qui a le mieux demarré depuis dix ans, ce qui est intégré dans sa promo actuelle.
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François Bégaudeau
Maître des clésLa différence n’est pas si nette entre les deux domaines d’activité. Il arrive assez fréquenmment qu’on ait des bandeaux du genre : « déjà 100 000 lecteurs! » ou « 500000 exemplaires vendus en Italie »
Il est en revanche assez vrai qu’un relatif secret règne autour des ventes de livres. Relatif car des documents de comptabilité existent, qu’on peut consulter. Mais en effet il est rare que l’éditeur communique les chiffres à l’auteur dans le temps même de la vie du livre. La seule fois où ça m’est arrivé c’était avec HDTB, où l’éditrice me donnait le nombre de ventes quotidiennes – je crois que cette libérale le faisait aussi pour éprouver ce qu’elle croyait être mon indifférence gauchiste aux chiffres et à l’argent.
Un éditeur aura le plus souvent des formules non chiffrées : « ça part très bien ». « on a des très bons retours des libraires » etc.
Tout cela se termine par le couperet des chiffres de ventes qui tombent en fin d’année , parfois 12 mois après la sortie du livre, avec le relevé annuel des droits d’auteurs détaillés. Qui est parfois bien maigre
La possible pudeur du milieu littéraire quant aux chiffres tient donc surtout à un fait : dans 90% des cas, annoncer les ventes consiste à annoncer une absence de ventes.-
Claire N
InvitéPardonnes mon ignorance vis à vis du sujet ;
Mais aucun auteur n’a jamais réussi, après des ventes « à succès « à faire requalifier son statut auprès de l’éditeur en salariat ?
Un peu comme un auteur « pigiste « qui se ferrait engager par un journal ?
Il s’agit tout de même d’un travail pour lequel il est rémunéré, si c’est régulièrement c’est un « salaire caché « ?-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a des formes indirectes de salarialisation
Il arrive ainsi qu’un éditeur propose à un auteur à succès, pour être sûr de le garder dans son écurie, une « avance » sur le prochain roman. Ce qui est une façon de salarier l’écriture. Je te file 25000 pour écrire un roman, ça revient à un salaire de 2000 euros mensuels si on considère que tu vas mettre un an à l’écrire.-
Claire N
InvitéOui
Mais si il te « vire « ou que tu tombes
enceinte ; la présomption de salariat n’est pas opposable si je suis bien ?-
François Bégaudeau
Maître des clésTout ça est contractualisé, j’imagine.
Oublié de donner un autre élément : une façon de parler des ventes sans en parler, c’est d’informer des réimpressions. Par exemple la semaine dernière je suis à Gallimard pour une itw, et le directeur commercial de la boite m’alpague dans le hall, pour me dire la bonne nouvelle : « on a réimprimé à 4000″.
(la première impression devait être de 4000 aussi je pense)
Encore une fois il se vérifie que l’argent et les ventes on n’en parle que lorsque ça vend. Si ça n’avait pas été le cas, cet honorable dir »com » m’aurait plutot évité dans le hall (ce qui est une information aussi)-
Claire N
InvitéMerci , je vois bien la scène
C’est amusant-
Claire N
InvitéMais en fait, je pensais à un équivalent de la « loi Cressard « utilisé dans la presse pour limiter la précarité des pigistes dans l’édition
Un de mes amis dessinateurs l’avait invoqué sans succès ( mais c’était une bonne idée) lorsqu’il c’était fait virer du quotidien pour qui il travaillait
En croisant avec les discutions de Nox et Ourson sur le statut des artistes ; je m’étais demandé si une bataille juridique était possible pour que certaines contreparties statutaires soit obtenues ; lorsque ce qu’on ne voit pas à côté des ventes : l’engagement répété dans le temps puisse servir d’assise à définir un salariat-
Tony
InvitéOn a l’impression en te lisant que le salariat est une conquête sociale alors que c’est principalement un lien de subordination.
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Charles
InvitéPour les chauffeurs Uber ça serait indubitablement une conquête sociale.
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Tony
InvitéLa plupart des chauffeurs Uber ne veulent pas être salariés alors qu’ils en auraient le droit.
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Charles
InvitéOui et certains salariés sont tout à fait pour travailler le dimanche.
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Tony
InvitéMerci pour ta condescendance légendaire et ton ironie,je maintiens que le salariat n’est qu’un lien de subordination et que la gauche est beaucoup plus dubitative que toi sur cette supposée conquête sociale
Cf1/ Dans un entretien avec @noamcho88608764 , au sujet du projet de salaire à vie, j'ai dit que je préférais ma précarité actuelle (du freelance et un statut d'auto-entrepreneur) à un système bureaucratique type fonction publique. C'était un propos parfaitement abusif.
Par contre— Nicolas Framont (@NicolasFramont) March 20, 2023
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Charles
InvitéTu expliqueras ça à la LFI : https://d-fi.lafranceinsoumise.fr/2021/09/16/victoire-pour-les-droits-des-travailleurs-des-plateformes-numeriques/
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François Bégaudeau
Maître des clésLe gros débat à gauche sur ce point correspond à l’ambiguité structurelle du salariat. Le salariat est en effet un progrès et une régression dans l’histoire sociale. Progrès parce qu’il permet de stabiliser la situation du travailleur, régression parce que ce contrat salarial le LIE. Disons pour résumer qu’il lie à la fois l’employeur (et limite sa sauvagerie) et l’employé.
Il n’y a donc pas de quoi s’étriper, mes enfants. Surtout dans un fil nommé l’amour. -
Charles
InvitéJe suis évidemment d’accord. Mon point était simplement de dire qu’on n’allait pas se priver de demander, par exemple, à Uber and co la présomption de salariat sous prétexte que le lien de subordination ne permet pas l’émancipation des travailleurs.
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Charles
Invitéet par demander je veux dire imposer, évidemment.
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Claire N
InvitéHum , non ce n’est pas mon intention
Plus un truc comme « regarder dans le frigo ce qu’il y a et tenter de cuisiner un bidule avec «
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Le ventilateur Bégueule
InvitéPour ceux qui veulent creuser le sujet, l’épisode avec Hadrieb Bels avait été recommandé ici, je remets le lien, ça doit être dispo sur d’autres plateformes de podcasts
https://podcasts.apple.com/fr/podcast/thune/id1538572182?i=1000597658803
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Sarah G
InvitéL’amour se fait attendre, il annonce sa venue pour le 29 août.
Wait and see.-
tristan
InvitéJ’arrive !
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Graindorge
InvitéMoi j’ai terminé En guerre.
Après avoir lu 2 singes ou ma vie politique et Boniments
+ achetés dans un quioske à Nice le Socialter hors série à 19€ + le Socialter août-septembre, 7,50€ .On va s’abonner, c’est trop bien. + le Monde Diplomatique + un livre sur la Bretagne pour mon ami breton
Rappel: j’ai lu aussi Une certaine inquiétude, HDTB et Entre les murs.
C’est ma joyeuse et gagnante contribution à la gauche radicale et Bégaudienne, non bigotienne. L’amour attendra un peu. Car même sans payer de logement, la vie de tous les jours était très chère à Nice.
Dans En guerre j’ai ri. J’ai souri. J’ai demi-souri. J’ai mis les mains sur les yeux, sur la bouche « oooh non! » Nœud dans la gorge.
Je me suis arrêtée pour tout raconter à Christian.
J’étais fière de F.B. De son travail
Et puis est arrivée la fin du livre. « Oh nooon, dommage! Eh m…..! Pas ça. Pas après 273 pages! Cette histoire d’étourneau. De milliardaire sur qui la révélation tombe. Se pose… Daï, ma daaaï! Va bene.
C’est les éditeurs qui ont dû exigé un happyEnd ou une End un peu plus happy ou le BonDieu en personne qui a tapé à la porte ou sur l’ordi.Mais ce n’est qu’un livre, comme on dit « ce n’était qu’un film » Les lumières se rallument. Allez, on va manger un bout. Boire un coup.
Et pour terminer sur une note positive comme ça dit dans ce monde, dans En guerre y’a 273 pages CAPOLAVORO camarada! Grazie -
lison
InvitéJe crois qu il en a déja été question ailleurs mais je me suis demandé si dans la lecture de L ‘ amour j avais apprécié ou non :
-La mention de la naissance a Luçon
-Le clin d oeil à ou l ‘ évocation , par deux prénoms de médecins ( Omar er Ramo) et celui de l infirmiere ( Isabelle) d ‘ autres livres de François.
Je suis ambivalente, ça me fait sourire ou plaisir mais en meme temps j ai la sensation en lisant que ça m entraîne ailleurs, dans une forme de complicité avec l auteur ( qui mettrait un peu à l ecart les personnages Jeanne et Jacques, et qui nous rappelerait qu ils ne sont eux aussi que des créatures littéraires).
Ces trois » références » sont de niveau et d intensité assez differentes et il faudrait peut etre les traiter une par une pour être plus précis.
Bref mon avis n est pas fait et ce qui précéde encore confus mais je veux bien savoir ce que ça fait à d’ autres lecteurs et comment François tu vois ça .
J ajoute juste que dans ce livre là qui joue sur la concentration / rapidité du temps / enchainement des situations pour moi d un coup cela provoque une sorte d interruption , de » déviation ».-
Tony
InvitéMoi j’ai repensé à Jeanne qui était déjà dans Vers la douceur(et peut-être dans Jouer juste mais je n’en suis pas sûr je ne suis pas allé vérifier)et je trouve ça très beau car ça nous rappelle que nous ne sommes que des créatures sociales,que la Jeanne de Vers la douceur aurait pu être aussi la Jeanne de L’amour.
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Jeanne
InvitéDans Jouer juste c’est une autre J:
Julie-
François Bégaudeau
Maître des clésLison : Oui effectivement ça se discute
Mais en fait tu n’es pas la bonne personne pour en juger, car tu as un gros défaut : tu me lis. Tu m’as beaucoup lu
Quand je fais ce genre d’effets, je postule qu’ils ne seront pas vus, je postule un lecteur qui m’a peu lu voire pas.Un petit commentaire quand même
-Isabelle, je vois bien comment ça marche. Je dois la prénommer, je me demande comment, et je me dis que le plus simple, pour marquer l’arbitraire de tout prénom en fiction est de puiser dans un livre dejà écrit. Au passage ça établit un pont entre fiction et documentaire qui ne me déplait pas.
-Omar/Ramo, c’est encore autre chose. Je voyais déjà, écrivant L’amour, qu’on le dirait atypique dans mon travail etc. Ici je tends un pont entre des choses qui censément s’opposeraient : Ma cruauté et L’amour. Par là je rappelle (je me rappelle à moi même) par quel mot se termine Ma cruauté, en écho phonique à son titre.Je ne mets pas sur le même plan l’immixtion du je. J’ai été mal transcrit dans L’obs : cette incise je l’ai toujours approuvée (la journaliste a confondu avec une autre incise autobio que je lui confiais avoir virée) et elle a pour moi une charge supérieure à celle d’un clin d’oeil.
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Isd
InvitéBientôt le FBBU ? Le François Bégaudeau Books Universe ?
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François Bégaudeau
Maître des clésIl y aussi une Jeanne dans Fin de l’histoire.
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Jeanne
Invité« Tout cela provoque une sorte d’interruption, de déviation « . Lisons je me demande ce que tu veux dire. Tu précises ta pensée ?
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lison
InvitéJe ne sais pas si ce sera plus clair : le fait qu’il y ait des références à d’autres personnages ( et donc d’autres livres ) m’entraînent vers ces autres personnages et souvenirs de livres, et donc me font dévier de ma lecture / route principale. Je peux aimer cela , les bifurcations , les digressions ( qui se jouent dans le récit et dans ma tête) mais peut être que là , avec cette histoire et cette façon de la raconter , j’aurais préféré rester là où j’étais plutôt qu’aller penser à autre chose.
Disant cela, je vois bien le problème : on ne cesse pas de penser quand on lit et on peut penser des trucs idiots comme « Ah moi je disais la Coop et pas le Coop » ( et penser au couple qui tenait l’épicerie dans le village), on peut penser à La maison des bois, on peut penser à ses parents, à ces chaussons qu’on avait apportés et qui n’ont pas servi , on peut penser mais comment a t-il fait pour passer de cette situation à celle là et revenir en arrière pour comprendre, et on peut terminer le livre, se dire Whaouh et le relire …et alors pourquoi pas penser à d’autres livres du même auteur , Le moindre mal ou Ma cruauté puisqu’il nous a « orienté » vers cette pensée là.-
Jeanne
InvitéOui Lison, c’est plus clair.
Comme réponse à ton questionnement, je ne ferais pas mieux qu’Ostros. La valse des existences.
En même temps, et comme le dit François, c’est un questionnement de très bons lecteurs de Bégaudeau. J’aime aussi qu’Olivia de Lamberterie non seulement ignore ces questions mais n’entre véritablement dans le roman qu’à la page 65, avec le dévoilement de l’adultère et la manière dont Jeanne y réagit, n’y réagit pas. Qu’une lectrice comme elle soit finalement attrapée, comme ça, au loin, non pas tellement par l’écriture mais par un élément de l’intrigue, démontre que le texte offre plusieurs entrées.
Tu aimes les histoires d’amour? Bienvenue.
Tu aimes les écritures précises, méticuleuses, fonctionnant à l’économie? Bienvenue.
Tu aimes les sentiments et pas du tout le pathos? Bienvenue.
Tu aimes les livres faciles à lire? Bienvenue.
Tu aimes les livres qui rendent justice à la complexité des relations humaines, et de la vie? Bienvenue.
C’est fédérateur et sans lâcher aucune exigence. Cela fait trêve dans la guerre intestine que représente nécessairement, et en temps normal, le champ littéraire (je crois). Moi j’aime bien aussi ça, cette trève.-
Graindorge
InvitéMerci Jeanne de souhaiter autant de fois la bienvenue à ceux, dont je suis, qui n’ont pas lu beaucoup beaucoup beaucoup de livres de F.B. et qui n’est même pas une intello. Ça fait plaisir
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Jeanne
InvitéBonjour Graindorge, à la base c’était plutôt le texte de FB qui souhaitait la bienvenue, mais je veux bien dire bienvenue aussi. Tu n’es pas une intello ? Mais si tu te retrouves ici c’est que tu t’intéresses à la littérature et à la pensée.
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Graindorge
InvitéOui
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François Bégaudeau
Maître des clésOui effectivement ça se discute
Mais en fait tu n’es pas la bonne personne pour en juger, car tu as un gros défaut : tu me lis. Tu m’as beaucoup lu
Quand je fais ce genre d’effets, je postule qu’ils ne seront pas vus, je postule un lecteur qui m’a peu lu voire pas.Un petit commentaire quand même
-Isabelle, je vois bien comment ça marche. Je dois la prénommer, je me demande comment, et je me dis que le plus simple, pour marquer l’arbitraire de tout prénom en fiction est de puiser dans un livre dejà écrit. Au passage ça établit un pont entre fiction et documentaire qui ne me déplait pas.
-Omar/Ramo, c’est encore autre chose. Je voyais déjà, écrivant L’amour, qu’on le dirait atypique dans mon travail etc. Ici je tends un pont entre des choses qui censément s’opposeraient : Ma cruauté et L’amour. Par là je rappelle (je me rappelle à moi même) par quel mot se termine Ma cruauté, en écho phonique à son titre.Je ne mets pas sur le même plan l’immixtion du je. J’ai été mal transcrit dans L’obs : cette incise je l’ai toujours approuvée (la journaliste a confondu avec une autre incise autobio que je lui confiais avoir virée) et elle a pour moi une charge supérieure à celle d’un clin d’oeil.
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lison
InvitéMerci François pour tes précisions.
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Jeanne
InvitéFrançois, tu nous dis en quoi la mention de la naissance à Luçon est plus qu’un clin d’oeil?
(Je ne sais pas si tu l’as déjà dit ailleurs, et si alors j’ai raté un épisode).-
François Bégaudeau
Maître des clésCe n’est pas la mention de la naissance à Luçon qui m’intéresse ici au premier chef, c’est le surgissement du « je » en soi. Ce je furtif et unique dans un livre qui l’absente. Ce qui m’intéresse c’est de manifester cette absence paradoxalement, en la rompant.
(les modes de présence du narrateur dans un récit est un sujet central chez moi, et qui a pris bien des formes dans mon travail romanesque, et même aussi d’essayiste)
Ensuite oui, en deuxième main, il y a la mention de la naissance à Luçon. Manière de signifier que cette région m’est familière. Que la matière que malaxe là m’est familière. Tout en signifiant, en troisième main, qu’elle n’est pas familière au point d’être autobiographique, parce que Luçon c’est à 100 bornes de l’épicentre de la fiction. Luçon c’est non seulement la Vendée mais le sud Vendée, donc assez éloigné en kilomètres et en style du pays choletais.
J’ai en fait assez peu de relations avec ce pays choletais. La seule vraie relation apparaissait dans la phrase d’incision du je à laquelle j’ai renoncée, et que je vous dirai si vous êtes sages.-
Ostros
InvitéÇa m’intéresse beaucoup de connaître cette phrase d’incision du je.
Ça fait 4h qu’on est très sages en plus.-
Tony
InvitéEt moi,en bon chrétien,je veux bien laver les pieds de Charles.
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Charles
InvitéCe que j’accepterai de façon non condescendante.
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Sarah G
InvitéPromis, promis, on va être très sage François.
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Mélanie
InvitéParle, écrivain.
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Claire N
InvitéOn peut deviner ?
Peut-être que ça a rapport avec avant que tu atterrisses à Luçon du coup ?-
Claire N
InvitéQuelque chose qui lit la conception à la naissance ?
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Claire N
InvitéRapport à cette image assez vertigineuse du je qui sort de l’oeuvre
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François Bégaudeau
Maître des clésL’incise intervenait après la mention de Saint-Macaire en Mauges
Saint-Macaire en Mauges, où les Zabriskie point ont joué en 1995
Ce qui est vrai
Mon rapport aux « Mauges » c’était ça : les quelques concerts qu’on a pu y faire à nos débuts, dans des cafés de village reconfigurés pour un soir en café-concert.
On adorait jouer là, devant les jeunes du coin, qu’on appelait pas encore jeunes de la France périphérique. C’était bondé, joyeux, burlesque, enragé. On était tous chauds sales et humides.-
Ostros
InvitéMiam.
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Claire N
InvitéCette insiste est pourtant pleine de vie
Ça fait réfléchir ; le fait de la retirer pour construire le livre
Je n’avais qu’imaginé fugacement cette partie du travail dans l’écriture
La c’est plus tangible
Merci -
François Bégaudeau
Maître des clésRetiré parce que pour le coup c’était très codé – et puis assez lourd phrastiquement.
« où je suis né » est plus furtif.
pourrait même passer inaperçu -
Claire N
InvitéOui
Comme l’émergence d’une source
Qui ne nous donne pas l’origine de l’eau
Mais nous rapproche le miracle
Comme on disait avec Arthur « je est un autre « -
Claire N
InvitéEt pis ça tombe bien j’aime pas l’eau en bouteille
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Ben Howard
InvitéMeuf, je préfère encore la métaphore du canasson à celle de la bouteille en plastique.
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Claire N
InvitéC’est de l’agacement ?
Si c’est le cas ce n’était pas mon souhait
Désolé
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Juliette B
InvitéPour Luçon moi jai ressenti deux choses. D’abord la même joie belle et bête que celle de retrouver William Will dans d’autres ouvrages de l’auteur. Et ensuite, y réfléchissant, j’ai pensé que c’était une humilité fondamentale qui me plaisait là : comme Jacques et Jeanne je suis né un jour quelque part, précisément là, et comme eux un jour je vais mourir quelque part. Alors tout auteur que je sois de leur vie racontée là, on est assez égaux dans cette histoire .
Ca ne m’a pas détournée du récit.
J’avais beaucoup aimé aussi l’irruption du narrateur dans Fin de l’histoire. -
lison
InvitéEtre sage ça veut peut dire ne rien demander. Alors silence pendant 4 heures !
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lison
Invitépeut etre.
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Dr Xavier
InvitéUn cadeau nous attend ? La Comtesse, d’humeur littéraire et très polie, nous dit : « Ce beau gain nous invite à penser au sage qui est en nous. »
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Mélanie
InvitéNous voulons lire la phrase !
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Jeanne
InvitéMoi j’ai été sage aussi, par contre je ne lave les pieds de personne.
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Julien Barthe
InvitéOn s’en branle un peu, mais je ne suis pas fan de ce surgissement du narrateur. J’ai lu ce récit parfait d’une seule traite mais je me souviens m’être arrêté et avoir été troublé par ce procédé de distanciation.
Il m’a semblé que tu n’assumais pas la radicalité de la proposition du récit autonome (pour quelques mots seulement donc j’ai conscience du caractère hyperbolique de ma formulation), du texte qui se narre lui-même, que tu te comportais comme un prestidigitateur qui expliquerait un tour en l’exécutant, pas pour montrer sa virtuosité, mais plutôt pour cesser d’abuser le spectateur un moment. Comme si tu disais : « Vous voyez là, ben en fait il y a un narrateur et c’est moi. »
Le problème, pour être tout à fait honnête, c’est que je ne suis pas sûr que cette interruption ne joue pas un rôle dans la conscience que j’aie de l’absentement du narrateur et de l’impression d’auto-engendrement de la narration. Elle est peut-être devenue plus vive après ce dont je me souviens comme d’un coup de cymbale dans un adagio.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe comprends, même si je pense que j’aurais assumé sans problème un texte sans cette incise.
Mais je retiendrai surtout tes trois dernières lignes, qui m’arrangent. -
Claire N
InvitéJe suis très contente de ton mot « auto engendrement «
l’irruption est comme le dit Juliette très humble
Comme si je se retrouvait planté là avec nous , surprenant et surpris?
Cela me fait penser au vertige devant le tableau de Courbet quand je pense au peintre
Une perspective en plus m’est donnée le tableau ET le peintre
C’est très généreux -
Mélanie
Invité« L’écran 2 témoignait de la cuisine où François faisait le poirier. »
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Ostros
InvitéPour répondre à Lison, moi ça m’a amusée de dénicher ses références aux travaux antérieurs de François. Ca a amenée dans ma mémoire les livres références de ces échos. Mais je n’ai pas senti que je sortais de l’histoire de Jeanne et Jacques, au contraire. J’ai senti comme Tony qu’il est possible que ces personnages dont on a suivi la route dans d’autres romans apparaissent dans ces circonstances. Ça crée un liant entre les histoires (documentaires et fictionnelles) passées et ce dernier roman l’amour. Et ça participe à nous faire ressentir le grand tout de la vie. Cette valse des existences qui se croisent. On peut zoomer sur chacune et en extraire un roman. Le roman l’amour contient ensemble Isabelle, Omar et le narrateur François de Luçon. Le narrateur nous invite une seconde à ses côtés, nous offre un point de vue subitement plus éloigné, englobant. Un dézoom aussi brusque qu’éphémère. Une interruption / déviation qui est un don d’omniscience furtive (on connaît déjà ce personnage qui apparaît en arrière plan, sa vie, comment il / elle pense). On ressent qu’on participe à cette valse et que le narrateur bien qu’ayant ce don d’omniscience lorsqu’il raconte y participe avec nous. Ça le rend très humain / mortel de dire je suis né à Luçon. Il n’est pas un narrateur omniscient hors de la vie racontée comme souvent les narrateur, il a comme nous son histoire. Il est pris aussi dans le temps. Cette sensation d’être dans le grand tout de la vie – avec un narrateur à notre niveau qui est celui des personnages – s’ajoute au travail formel autour de la sensation du temps, de ces êtres qui sont emmenés (cf : discussion entre François et Julien sous la publication dédiée au livre).
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lison
InvitéMerci Ostros d’avoir expliqué ce qu’elles te faisaient à toi ces références dans L’amour, j’aime bien comment tu l’expliques et je le comprends.
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Mélanie
InvitéLison pour te répondre, ces intrusions de je, Ramo et Isabelle me font sourire aussi, je les trouve joueuses.
Dans ma lecture elles ne viennent pas mettre à l’écart les autres personnages, je trouve au contraire que ces ponts, discrets et royaux comme des coups de cymbales, donnent plus chair encore aux personnages fictifs. Par exemple, que l’infirmière soit l’infirmière-Isabelle me rend plus tangible la maladie de Jeanne.
Comme ça de mémoire, je dirais que c’est aussi l’effet que ça me faisait dans Au début.
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Le pont particulier du docteur Ramo me fait une sacrée re-piqûre de Ma cruauté.
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Quand j’avais lu Un enlèvement, je m’étais un peu demandé ce que venait faire là l’étrange François. Mon cerveau a longtemps baigné dans des choses plus académiques, ça lui faisait tout drôle.
J’avais eu plus de plaisir à ma deuxième lecture.
Mais Un enlèvement c’est encore autre chose non, le je n’y est-il pas un travail-jeu filé tout au long du livre?
–
François, sur ces effets dont tu postules qu’ils ne soient pas vus, est-ce que tu veux dire qu’un lecteur qui te lirait moins que nous sent quelque chose de ces immixtions et ponts, mais ne les relève pas, ne les retient pas?-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pense que le plus gros du lectorat, surtout celui de L’amour, ne chope pas les refs, comme on dit chez Dany et Raz
Mais l’immixtion du je, ça tout le monde peut en éprouver l’effet – qui est un effet que j’aime bien, car il fait rupture
Cette rupture pouvant de fait casser quelque chose – comme le disait Lison-
Mélanie
InvitéJe crois que même sans la réf, quelque chose doit passer quand on lit l’infirmière-Isabelle plutôt que l’infirmière.
Pour le docteur Ramo, je pense que si j’avais pas eu la réf ce nom m’aurait intriguée.
Pour ma part passer de l’histoire de L’amour, à Ramo, puis à Ramo qui dit ce n’est pas une option et revenir alors tout net avec Jeanne et Jacques m’a beaucoup plu. C’était aussi, pour moi qui avais la réf, un pic de légèreté dans ce moment du roman. -
Billy
InvitéIl y a que « Luçon où je suis né » que j’entends nettement. Sinon le narrateur est hyper discret mais je l’entends aussi d’autres fois, plus discrètement, ça met une petite distance au récit que j’aime bien :
– dans les incises comiques parfois en fin de phrases :
« Que l’action se déroule à Marseille le rebutait, il n’aime pas cette ville, la preuve il n’y a jamais mis les pieds. »
« Il fera forcément le lien avec l’enveloppe dans sa boite. Six mois ont passé depuis mais une lettre pareille ça ne s’oublie pas. Elle par exemple elle n’a pas oublié. »
la longue description du film avec robert redford
La répétition des victoires de Lewis Hamilton qui réussit à me raconter le vieillissement de Jacques devant la télé et à me faire marrer.– dans l’arbitraire du récit assumé comme tel
genre le dessert chic et improbable au resto, non mais n’importe quoi.
les noms des personnages (Félicie / Félicité d’une cœur simple, L’infirmière isabelle, Retour des Mercier (rire mercier ?), Docteur Omar Ramo, le conteur chelou (Je le perçois comme un homologue du cinéaste de La Blessure la vraie, parce que je ne sais pas où il va amener le récit et que son métier m’amène à me questionner sur le récit. Tu as pensé le conteur comme ça ?)
Clémence à la fois prénom de la sage-femme et le mot que Jeanne voudra écrire pendant la scène de la chute de chaise. Le doublement de la scène de chute me fait entendre le narrateur qui reprend le récit en main, qui entame le dernier mouvement (comme on dirait en musique), mais ça ne casse pas l’émotion. Ça me fait entendre la fin du récit qui arrive, et avec clémence en mot compte triple, je me dis que la vie va gagner, comme toujours
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Graindorge
Invité-
zerojanvier
InvitéUn peu exagéré le titre de l’article de France Inter par rapport à ce qu’on dit les critiques. Nelly Kaprièlian n’a pas apprécié le livre. C’est surprenant…..
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zerojanvier
InvitéJ’aime bien le Masque et la plume littéraire parce qu’ils ont du répondant et de l’humour. Après je trouve ça toujours étonnant la manière dont ils parlent de la littérature, en employant souvent le mot scène. On peut parfois penser qu’ils parlent d’un film et non d’un livre. Ce qui me gène aussi, c’est leur propension à multiplier les comparaisons avec d’autres œuvres, à destination du spectateur averti et qui se fait au détriment de l’analyse du roman ou de l’essai en question.
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Graindorge
Invité« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. » Fernando Pessoa
lettre de Marguerite Yourcenar à une lectrice :
» j’ai comme tout le monde traversé trop de crises intérieures, extérieures aussi, pour ne pas avoir gardé une profonde gratitude envers les grands écrivains du passé ou du présent qui m’ont secourue, en me montrant qu’ils avaient connu des soucis ou des angoisses analogues, ou au contraire en me soutenant de leur propre équilibre. Que je sois devenue aussi, pour certains, dont vous êtes, l’auteur de livres qui aident, est une grâce ou un bonheur auquel je ne m’habitue pas.
Vous avez raison de mettre très longtemps à lire/relire un livre: il faut s’imprégner des livres qu’on aime comme un musicien s’imprègne d’une musique « qu’il travaille. » »
Ce fil « l’amour » est un joli fil.
Ces personnes,nous les connaissons. Nous les avons connu. Un long fleuve tranquille, les p’tits bonheurs, les p’tits malheurs qui jalonnent une vie tranquille de personnes tranquilles. Oui, c’est beau. Et l’enfant que je suis aussi l’a « trompetté » tout de suite: « ça va être un carton. » Je vous le souhaite vraiment.
Comme dans la vidéo partagée dans ce fil vous les opposez à ceux, je vous cite, « qui font chier le monde », je crois que c’est une erreur car parmi ces « emmerdeurs » il y a aussi ceux qui renversent les tables . Et qui ont besoin de la littérature. Bien au-delà de ce que vous pourriez imaginer. Merci pour votre gentillesse. -
Nox
InvitéJ’ai terminé le roman et j’ai adoré. Ça m’a bouleversé même, au risque de faire doublon avec les autres réactions positives déjà émises sur ce topic.
Je crois que c’est parce que la question de la finitude en tant que telle me terrifie – conjointement avec celle de la vieillesse.
Merci François. -
Pierre
InvitéJe transmet ici mes premières impressions de lecture écrites juste après avoir terminé et sans vous lire. Justement pour pouvoir vous lire .
Fait beaucoup pensée a Flaubert. Bovary mais plus encore un cœur simple bien sûr.saisi de l’ordinaire. Deux cœurs simples.
Précis sociologique. Sauf que chez Flaubert lyrisme sec.
Ici autre chose à l’œuvre. Quelque chose qui se voudrait enjouè je crois. Ludicité de l’écriture de François, jeu sur les renvoies des pronoms etc. Mais peut être pas alacrité habituelle. Sur la réserve un peu mais attendons de finir.Assez aimé l’écriture en fin de compte. Quelque chose de simple. Faussement simple bien sûr, mais c’est beau cette impression de simplicité. De limpidité pourrait-on dire. Ça se lit très bien a haute voix.
Et comme dans un cœur simple émotion qui monte en cours de recit. Sans effet pourtant. Simplement devant la vie ainsi raconte. Tel qu’elle va.
Cours de la vie ou les évènements ne font presque pas virage, simplement courbe. Récit anti sensationnalisme.figure du fils a peine démêlé
Plusieurs topiques esquissé, celui de l’arrivé de la modernité. Et peut-être aussi celui du genre. A mots feutré mais tout de même. Jack ne fout pas grand chose et trompera sa femme. Pas de dénonciation ici, juste l’enregistrement d’un ordinaire.
Topiques chrétien aussi, bien sûr. L’amour. Comme force d’innocence. Et de tendresse. L’épître au corinthiens citre presque littéralement. Je resiste un peu a que ça ne soit que ça, mais touche je suis, sans dénégation possible.
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tristan
InvitéReprends ton souffle, camarade ! Ou mets des STOP pour ponctuer tes phrases, leur lecture sera moins haletante.
Signé : Le service TSF du Chantier Autonome -
Graindorge
InvitéMerci beaucoup Pierre. Je n’ai pas encore lu le livre. Ici, dans cette entrée, tout le monde l’a aimé. Tu viens de me donner envie à ton tour. Merci
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GaelleS
InvitéCe matin sur FranceQ spéciale rentrée littéraire qui a débuté par L’amour https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-matins/special-rentree-litteraire-avec-l-obs-5105644
Ils en ont parlé avec enthousiasme et tendresse avec quand même Guillaume Erner (qui ne l’a pas lu) qui s’est inquiété de savoir s’il contenait des propos politiques et Arnaud Laporte qui n’a pas pu s’empêcher de sortir une vacherie.-
Graindorge
InvitéY’en a comme ça: ils ouvrent un œil, sortent une vacherie et se rendorment. Mais on peut pas juger, son hamster est peut-être mort dans la nuit
Je ne garde que l’enthousiasme et la tendresse.
3ème bonheur du jour -
Nox
Invité« Y a-t-il de la politique dedans ? » is the new « c’est sans gluten ? »
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Juliette B
Invitérires
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François Bégaudeau
Maître des clésErner aurait pu dire : « mais est ce que ce livre condamne les violences? »
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Nox
InvitéJ’ai mieux : « Son livre est-il compatible avec les valeurs de la République ? »
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zerojanvier
Invitéhttps://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/rentree-litteraire-quoi-lire-ou-pas-6198943 Il y aussi cette émission qui a le mérite de citer des passages des livres dont il est question.
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Nox
InvitéJ’ai écrit un nouvel édito sur le roman qui nous intéresse sur ce topic, avec quelques allers-retours autobiographiques, histoire de me mieux éclairer mes impressions quant au livre. J’espère que ça vous plaira.
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Désir décaléJ’ai tout récemment terminé L’amour, le dernier roman de François Bégaudeau, et j’en suis ressorti bouleversé ; bouleversé par la banalité touchante de ce couple que l’on suit de ses débuts à la mort, bouleversé par la simplicité des morceaux de vie qui nous sont proposés et d’avoir en quelque sorte été spectateur de la vie quotidienne de ce couple, tel un invité silencieux, discret, mais pleinement impliqué dans ce qu’il observe et ce qu’il en retire. Au fond, je crois que ce qui m’a le plus touché, dans ce livre, c’est sa justesse à relever que les couples les plus tenaces ne sont pas nécessairement les plus romanesques au sens caricatural du terme mais plutôt ceux où les deux partenaires de vie s’habituent l’un à l’autre sans même s’en rendre compte et cheminent ensemble sans avoir tracé de grands plans sur la comète toute leur vie. Ça m’a rappelé à quel point la fiction nous mentait sur sa manière de dépeindre les vies de couple, réduites souvent à des drames, voire des tragédies résumables uniquement à des événements horribles comme une grande trahison adultérine, un crime passionnel ou encore le suicide par profond chagrin. Dans L’amour, rien de tout ça… et c’est tant mieux. Mais comme je ne me sens pas l’âme d’un vrai critique littéraire, je vais en venir aux raisons qui m’ont poussé à écrire le texte du jour : L’amour m’a amené à voir mes coups de foudre passés sous un autre angle ; je m’explique : ayant été très tôt influencé par une vision plus ou moins « fleur bleue » des relations amoureuses, j’ai longtemps pensé que celles-ci se devaient d’être assez démonstratives pour « entretenir la flamme » ; les bisous, les câlins, les cadeaux, les sorties au resto, les voyages et autres lunes de miel… la liste est connue. Et puis, j’ai eu deux relations différentes : la première permise par un site de rencontres, la deuxième, dans le contexte universitaire dans lequel je me trouve toujours actuellement. Sans trop aller dans les détails, je crois que dans les nombreuses défaillances de ma première relation, il y avait un élément central que je trouve au quotidien dans ma relation actuelle et qui manquait à l’appel, auparavant : la dilatation du temps ; ou plutôt, une façon de vivre le temps à deux non pas de manière purement comptable mais plutôt de manière fluviale, c’est-à-dire passer pas mal de temps ensemble sans réellement s’en apercevoir et laisser les choses se prolonger dans la durée par elles-mêmes, au lieu de tout vouloir maîtriser ou tout contrôler en permanence. Paniqué par la mort, j’ai toujours eu le sentiment que je « n’avais pas le temps » pour quoi que ce soit et qu’il fallait soit tout vivre intensément – comme dans un roman épique –, soit ne pas vivre du tout. J’ai toujours cru que je désirais obtenir un type d’amour en particulier, un type de sensualité, un type de corps, un type de tempérament… tandis qu’au moment de me mettre en couple avec ma copine actuelle, j’ai fini par me rendre compte que rien ne correspondait à mes fantasmes dans cette histoire : pas de vie érotique en perpétuelle ébullition, pas de grands projets pour l’avenir – juste des moments banals à passer ensemble comme faire les courses, se promener, manger ensemble et regarder des trucs ensemble. Je pourrais aussi ajouter qu’elle est noire et que j’ai passé toute ma jeunesse à fantasmer sur des caucasiennes et que de la même manière, elle a passé toute sa jeunesse à fantasmer sur des caucasiens, pour terminer finalement avec un rebeu. Rien de tout ça n’était prévu ou bien préparé ; on n’a fait qu’accumuler des petits instants de la vie quotidienne ensemble et ça a donné ce couple qui est le nôtre et ayant presque déjà trois ans d’existence et dont j’oublie souvent que j’en fais partie, tant la fluidité et la simplicité de tout ce qui le compose en fait un élément indissociable du reste de mon paysage mental. En dernière instance, L’amour m’a ému parce qu’il dit quelque chose de fort sur ces couples qui cheminent ensemble sans trop y faire attention : ils ne voient pas le temps passer.
…-
François Bégaudeau
Maître des clés« elle a passé toute sa jeunesse à fantasmer sur des caucasiens, pour terminer finalement avec un rebeu »
L’échec total quoi
Plaisanterie mise à part, ta frontalité est vraiment précieuse.-
Nox
InvitéÉchec absolu même !
Merci beaucoup ! Je ne m’attendais pas au mot « frontalité », je garde.
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Nox
InvitéEn complément de mon texte, voici une petite reprise au piano de Septembre, de Barbara, qui est un peu dans la thématique, je trouve :
https://voca.ro/15JPGv9aPwfb -
Claire N
InvitéMerci vraiment à vous
; je viens de passer par le texte de Billy sur l’amour et puis j’arrive ici
Je remarque le bouillonnement au cœur qui jaillit a l’œil ; j’avais déjà senti sa présence grâce à vos publication antérieure
Mais les mots n’avaient pas afflué, affleuré
Pour rendre limpide ce que la « critique « pouvait contenir d’amour ; je l’entendais sèche et cassante avant vous
J’apprends et j’aime et cela m’arrive de vous -
Graindorge
InvitéÇa se précise: l’amour arrivera vers la fin de ce joli mois de septembre. Très contente! Avec en prime l’enthousiasme de la factrice qui klaxonne » ¡HAY UN PAQUETE PA’ TI! » » ¡YAAA VOOY! J’ARIIIIIVE!
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Aquaporine
InvitéJe viens de le terminer, lu d’une traite sur les bords de la Loire. Contente d’avoir enfin un récit dédié à Jeanne donc l’amour après l’avoir croisé ça et là dans les romans de François, même dans l’antimanuel il me semble. En ce qui me concerne l’irruption de ce « je » p34 m’a fait sourire, d’ailleurs une lecture peu attentive pourra laisser croire que c’est une phrase prononcée par le conteur, ce qui n’est pas tout à fait faux
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François Bégaudeau
Maître des clésen effet
Jeanne était bien dans l’antimanuel
Ses interventions les plus remarquables étant celles de Fin de l’histoire. -
tristan
InvitéTouit-Touit d’une fille aux jambes superbes que je suivrais au bout du monde:
l’amour est beau, l’amour est (très) drôle, l’amour est tellement bien écrit, ses ellipses si finement amenée, l’amour se dévore dans un train de banlieue, seul l’amour avec un petit a dure à vie, le reste est supercherie.
Je parle du livre bien sûr, le meilleur de la rentrée. pic.twitter.com/X6hf48Qi5W
— Mélanie Klein©️ (@cineMoiJe) September 2, 2023
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Tony
InvitéMoi aussi je vois souvent passer ses tweets,soit elle montre ses jambes,soit elle montre son décolleté et dans les commentaires tous les chiens tirent la langue,elle est très fan de Houellebecq aussi.
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Graindorge
InvitéVos jambes aussi sont superbes pour qu’elle vous suive jusqu’au bout du monde? Ou au moins jusqu’au bout de la rue? Non, non pas d’image. Je vous croirai sur parole
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tristan
InvitéSérieux, l’amour c’est compliqué car c’est quand même un sentiment qui repose sur bien des malentendus qu’il faut entretenir pour qu’il dure longtemps.
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Sarah G
InvitéJ’ai lu d’une traite l’amour, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, de passer un moment avec Jeanne et Jacques.
On passe du rire aux larmes, on sourit beaucoup.
Malgré les disputes, les agacements de l’un, de l’autre, les goûts différents, la tromperie de Jacques, ils se sont aimés jusqu’au bout, jusqu’à la mort et même au delà, quand Jeanne n’est plus, Jacques perd le goût de la vie, il se laisse partir, il part pour rejoindre Jeanne pour être de nouveau réunis, ensemble car c’est la femme de sa vie.
Jacques qui fait une surprise à Jeanne pour ses 40 ans, concert de Richard Cocciante.
Ce qui m’a le plus ému et fait pleurer, c’est quand Jeanne est tombée plusieurs fois, qu’il a fallu l’opérer de sa tumeur, Jacques est resté jusqu’au bout, dans la chambre d’hôpital avec Jeanne.
Le couple Jeanne et Jacques m’ont fait beaucoup pensé à mes parents, à mes grands parents.
Petite Anne docteur au passage.
Mon grand père qui avait la maladie d’Alzheimer, quand cela a été le moment pour lui de partir, il a demandé à ma grand-mère de s’approcher, il lui a dit quelque chose à l’oreille, « Je t’aime », et il est parti, en paix.-
Sarah G
Invité* Petite anecdote au passage.
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Claire N
InvitéOui, même dans le monde d’à côté qui n’existera plus jamais de ceux que la mémoire ne renseigne plus ; l’amour passe
Merci Sarah
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Graindorge
InvitéMême avec l’alzeihmer, il n’a pas oublié qu’il l’aimait et ce « je t’aime » à l’oreille. Comme un secret. Complicité. Je ne te le dis pas. Je te le chuchote. « et il est parti, en paix »
Merci pour les larmes, Sarah
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Titouan R
InvitéMerci à toi François pour ton livre, fini en début d’après-midi.
Les autres contributeur-rices de ce topic ont déjà dit beaucoup, aussi ne puis-je que témoigner de ma gratitude à l’égard de ton très beau texte de captation. Ce qui est là, c’est de la saisie documentaire. Il a été dit ailleurs sur ce site que se trouvait là un geste de peintre et cela me paraît tout à fait juste. Un geste de documentariste qui saisit ce qu’un film documentaire ne pourra jamais saisir.
Des gestes et des paroles sont exposés. Ils n’ont rien d’extraordinaire ; pas d’effet de rupture. Ton récit échappe à l’ordre narratif. L’emphase des « étapes-clés » est gommée, les violons d’Out of Africa n’en ponctueront pas les drames. Une vie aura passé. Deux êtres auront fait amour ensemble. Quelque chose comme une tresse (slave ?), avec de nouveaux nouages à mesure que le cheveu pousse.
La métaphore éculée du diamant s’applique en partie à ton oeuvre : laissons de côté l’idée de polissage, qui fait advenir le relief saillant, l’éclat. Conservons l’idée de la taille d’une roche : tu sélectionnes, parmi une collection innombrables de faits, de paroles, de regards, de silences, ce qui rend tangible la durée de ce couple. Tu aurais pu en choisir d’autres. En lecteur, on les invente, on se les invente. On se les rappelle.Livre fini, comme beaucoup de tes lecteur-rices, j’ai essayé de convoquer un couple similaire à tes Moreau. Je suis tombé sur les miens, mes arrières grands-parents. Des Moreau, aussi (de la Roche sur Yon). 72 ans de compagnonnage jusqu’à la mort. Je suis prudent avec mon souvenir (je les ai connus tout jeune, jusqu’à mes 7-8 ans), ne les connaissant qu’à travers le récit que m’en donnent ma mère et mon frère. Mais je les vois : Benjamin arrosant en costume cravate son potager, Germaine mangeant ses Gom’s dont les paquets remplissaient le tiroir d’une commode du salon tout en finissant ses mots croisés. Benjamin faisant une omelette pour tout le monde, Germaine récitant de son bon sourire les comptines de maternelle que sa prodigieuse mémoire exhumait et moquant la pière mémoire de Benjamin. Des adultères de Benjamin qui ne trompaient pas Germaine.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl faut préciser, si ce n’est pas clair, que ce livre est entièrement fictionnel
Il n’y a donc pas exactement « tri » sur une trame pré-existante qui serait celle de la vie de vraies gens
Le texte se développe selon sa logique propre, interne ; c’est ce que j’aime dans la fiction , entre autres : elle invente son propre monde (même si ce monde est tout entier découpé dans un matériau qui est… le donné matériel.)-
Titouan R
InvitéRassure-toi, je ne m’aveuglais pas sur le caractère fictionnel de ton récit. Qu’il y ait découpe dans le réel saisi par tes yeux pour agencer une fiction, je le vois bien. Je voulais simplement relever que cette sélection consistait en partie à conserver des épisodes ordinaires, quotidiens.
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Graindorge
Invité« Deux êtres auront fait amour ensemble. Quelque chose comme une tresse (slave ?), avec de nouveaux nouages à mesure que le cheveu pousse. »
Benjamin arrosant en costume cravate son potager, Germaine mangeant ses Gom’s dont les paquets remplissaient le tiroir d’une commode du salon tout en finissant ses mots croisés. Benjamin faisant une omelette pour tout le monde, Germaine récitant de son bon sourire les comptines de maternelle que sa prodigieuse mémoire exhumait et moquant la piètre mémoire de Benjamin. Des adultères de Benjamin qui ne trompaient pas Germaine. »
« Deux êtres auront fait amour ensemble »
« Des adultères de Benjamin qui ne trompaient pas Germaine. »
Très beau Titouan R. Merci beaucoup
J’aimerais vraiment lire les Inrocks Frezat
Heureusement que je serai la dernière à en dire quelque chose car non seulement le livre devrait arrivé fin septembre mais j’ai retardé l’arrivée en proposant à l’une de mes soeurs qui me fait la gentillesse de me l’envoyer et de me l’offrir de le lire avant.
DONC, lorsque je l’aurai lu, vous serez tous déjà très loin, sur un autre sujet et j’aurai plus qu’à écrire comme commentaire de haut niveau: » trop chouette ». « Eh Dieu, si j’eusse étudié au temps de ma jeunesse folle, mais quoi, je fuyais l’école… »-
amour
InvitéFERME TG conasse
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Graindorge
InvitéChampagne ou vin ou bière, la coupe est pleine madame. Et je vous la jette au visage pour vous réveiller! Basta! Ça suffit! Vous devriez vous excuser. Me Traiter de « connasse » dire à Nox de » fermer sa grande gueule » et à d’autres camarades de ce forum des horreurs du même acabit. Vous vous humiliez en croyant humilier. Toutes et chacune de vous insultes se retournent contre vous. Vous vous insultez vous-même et à la puissance 1000. Et vous devriez le savoir. Ou vous le saurez.
Vous attaquez aussi l’hôte de ces lieux qui PAYE ce site. Permettant ainsi le partage de la richesse humaine dans ses diversités dans les chantiers de la Culture, du social, de l’économique, de l’écologique, de l’agriculture, de l’Art, de la Musique, de l’Histoire, du Cinéma, de la Poésie, de la Littérature, la Spiritualité etc.etc.etc. Cet hôte est bon et aimable. Son site EST une des contributions pour ajouter de la beauté à la Beauté du monde dont VOUS êtes. Quant à moi, je n’ai pas beaucoup de SAVOIR mais mes CONNAISSANCES me suffisent pour vivre avec Joie. Et Une Joie que je reçois et que je partage. Je me laisse marcher un peu sur les pieds et même insulter parce que ce n’est pas important et je pouvais garder encore le silence devant cette ènième et virulente insulte mais c’est POUR VOUS que je mets le hola parceque sinon l’ardoise c’est vous qui devrez la payer et elle pourrait arriver à dépasser largement vos capacités et rendre votre vie vraiment infernale.
J’avais même pensé qu’on se cotise pour vous offrir le livre. Juste avec 15 sitistes ça ne nous faisait qu’1€ chacun.e Oui. Je l’ai pensé. Dans la vie réelle, en ayant les gens en face, vous auriez sûrement un autre comportement. Cet outil virtuel est un outil de liberté mais aussi de chaînes. Nous devons être très vigilants à ne pas laisser le capitalisme nous entraîner là où le meilleur de nous-mêmes ne veut pas aller. Retrouvons la dignité humaine que le capitalisme n’a jamais eu. Et n’aura jamais. Combattons -le avec les armes de la vraie Culture, du Savoir, de la Connaissance, de l’humour aussi et de l’Amour. Et de l’amour. Pour ne pas perdre le fil.
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Frezat
InvitéJe viens de lire la critique des Inrocks.
Ça m a décidé à le lire-
Graindorge
InvitéPersonne ici ne t’avait donné envie de le lire? Ooooh! Si tu peux partager ici l’article des Inrocks, j’aimerais bien le lire
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François Bégaudeau
Maître des clésdécidément les voies du désir sont impénétrables
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Graindorge
Invitécomme celles du Seigneur. Un Vrai, Authentique Casse-bonbon. Sauf Ton Respect, Seigneur 🙄
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Graindorge
InvitéLa nuit porte Conseil. Rectificatif: Casse-pieds est plus juste. Pour casser les pieds d’argile du Colosse
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Frezat
InvitéJe passe rarement ici en fait.
J ai vraiment du mal avec la visibilité de ce forum et c est compliqué de suivre les discussions avec les trolls les.pseudos toussa
Y a eu deux articles sur fb.
Pour dire qu ils aiment vraiment pas.
Apparemment c est une critique qui règle des comptes avec begaudeau. -
Frezat
InvitéJe passe rarement ici en fait.
J ai vraiment du mal avec la visibilité de ce forum et c est compliqué de suivre les discussions avec les trolls les.pseudos toussa
Y a eu deux articles sur fb.
Pour dire qu ils aiment vraiment pas.
Apparemment c est une critique qui règle des comptes avec begaudeau.-
Graindorge
InvitéTu as raison Frezat. En plus c’est pas toujours dans l’ordre chronologique des jours et puis même si on clique sur « répondre » à droite sous un message, ça ne marche pas à tous les coups. Prend le comme une ballade. Moi, je rentre dans un sujet, je lis. je fais un effort. Si c’est trop intello et que pour moi ça frise de l’algèbre en chinois je passe.
Tu as vu sûrement que tu as pour ce livre, juste en rentrant une genèse active et une genèse passive ( bien aimé lire comment travaille F.B) suivies de commentaires. I
Sers- toi: tout est gratuit.
Ce sont donc des critiques négatives qui t’ont décidé à le lire après t’être balladé dans cette entrée.J’adore! Ça me fait rire!
J’espère que tu en diras quelque chose quand tu l’auras lu.
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Graindorge
InvitéNe te froisse pas cher Frezat. J’ai bien compris que tu as lu les commentaires de cette entrée qui ont commencé à te donner envie de lire mais que c’est l’article des Inrocks qui a fini de te convaincre et donc te décider à le lire. Simple. PUB: S’il t’en reste, envoie- nous des grêlons pour éteindre l’incendie qui ravage 15000 hectares de notre île. Il paraît que ça va durer encore 2 mois vu le peu de moyens et de solidarité
Bonne lecture-
amour
InvitéQui se ressemble s’assemble
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Graindorge
InvitéJe parlais Frézat du manque de solidarité du gouvernement espagnol pour accélérer l’extinction de cet incendie en envoyant beaucoup plus de canadairs.Tu vois, nous aussi on est dépités mais ça va
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Titouan R
InvitéEn complément de ce qu’a pu écrire Toni sur les passages obligés du couple qui, sans être ellipsés, ne sont pas des sujets en soi, m’a beaucoup plu dans le roman cette manière de glissements par quoi le récit se tisse. On pourrait croire que les sauts temporels sont abrupts (par des entames telles que « Un vendredi de novembre » p.12, ou toutes les mentions des pages de l’agenda la Redoute au début, …), mais en réalité ils sont fondus à tout ce qui précède et suit. Pas de rupture, mais un glissement : pas de saut de lignes, usage de pronoms indéfinis (« un vendredi de novembre »), référence à des marqueurs réguliers (typiquement, des mentions comme « En mars » p.21 soulignant à la fois la progression et la permanence : le cycle des saisons qui toujours se renouvelle, se marie avec le vieillissement serein de nos deux compagnons de vie, qui eux fonctionnent en spirale comme un escargot, ou à la manière d’un arbre se ridant chaque année davantage). Pour le dire grossièrement, tu t’évertues, à rebours d’une tradition romanesque (aujourd’hui, reprise par la trope scénaristique majeure), à arrondir les angles. Même l’échange entre Jeanne et la dame en tailleur, susceptible de créer une vague scénaristique, finira par se muer en une écume impuissante à faire bouger le couple.
J’y vois comme le geste d’une pâtissière rabattant sa pâte feuilletée pour la feuilleter : cela se sédimente à la manière d’un sol. Au bout d’un moment, des strates nombreuses sont là qui composent une vie commune. Ces strates se seront accumulées sans que l’on y réfléchisse trop. A ce titre, j’aime beaucoup ton usage, suite à la naissance de Daniel, du pronom « on » : « on s’organise » : ce « on se débrouille » qui caractérise nos vies, les accommodements d’emplois de temps trouvés par un couple pour que les choses fonctionnent (qui garde l’enfant, va le déposer à l’école, le chercher, l’emmener au sport…).
Ta soustraction à l’ordre narratif (en tout cas, à celui – majoritaire – que tu pointes régulièrement dans la Gêne) passe aussi, de manière a priori paradoxale, par l’usage de ce qu’on peut prendre pour des fusils de Tchekov, ces tartes à la crème scénaristiques qui donnent trop souvent à voir l’artiste en ingénieur.e de récit (misère de l’artiste…). La pendulette, les chutes de Clémence puis de Jeanne, le chien appelé Boule par erreur, l’agenda de la Redoute, les maquettes…. tous ces éléments reviennent dans le texte, mais pas pour « produire » un effet de retournement ou de changement de signification ; ils n’ont pas été disposés ex ante pour opérer un retournement narratif ex post ou un effet d’écho (comme, dans les mauvais films, ces fameuses répliques qu’un personnage dit et que son interlocuteur emploie ensuite pour produire un effet de sens harmonieux – trope typique des films de super-héros où l’élève finir par endosser la veste du mentor). Ils sont au contraire là pour montrer l’invariance, la permanence (ou la longue durée, comme lorsque Jeanne finit par ne plus recevoir le catalogue La Redoute), la matière qui environne les personnages.
On éprouve très bien la vie qui passe à la manière dont vieillissent, se remplacement et se modifient les objets qui nous entourent.
En tout cas, tu me sembles désamorcer ce set up/pay off dans la plupart des occurrences et je trouve cela très reposant. Je commence à avoir une sainte horreur de ces procédés dans les oeuvres, ayant le sentiment que l’ingénieur.e – scénariste – bâtisseur.se de récit me prend pour un con.
SPOILER pour la suite :
Cependant, il y a un vrai set up/pay off dans ton livre (la découverte des adultères réciproques), en ce sens qu’il y a bien un effet de révélation, mais celui-ci est à contre-emploi, puisqu’il permet de comprendre pourquoi le couple n’en a pas été trop bousculé (ou n’a pas explosé lorsque Jeanne a appris la tromperie de Jacques). Mais je trouve là qu’il y aurait peut-être ici retour à une convention narrative plus classique : l’adultère étant réciproque, la tromperie de l’un neutralise celle de l’autre (« Désormais ils sont à égalité » p.70). Or, ne m’aurait pas surpris, une fois le livre fini, d’apprendre que seul Jacques avait trompé. Précision : cela ne signifierait pas que Jeanne n’aurait pas trompé non plus, mais que cela ne nous aurait pas été dit. Pourquoi donc ce choix d’inclure cette « révélation » sur l’assureur ? J’aurais un début de piste : la scène de la dame en tailleur ne met pas en présence Jeanne et Jacques, mais seulement Jacques et cette dame. La révélation de l’adultère de Jeanne est, en revanche, une scène de couple (sans tiers présent, sauf le chien). Les quelques paragraphes (une page en tout) de cette scène rend tangible le fait que, sans être anodin (Jacques manifeste de l’énervement à l’égard du chien, et non de Jeanne), l’aveu n’est pas destructeur. Il y a leur maison, leur fils, les maquettes, les tartes de Jeanne…. face à cela, la relation adultérine n’est pas grand chose (rien de bien important ne s’est constitué entre Jeanne et l’assureur que leurs coucheries). L’adultère est mis sur le même plan que la télé et Stade 2, dont le son recouvre bientôt cet épisode. On imagine que Jacques et Jeanne ne passeront pas (ensemble comme chacun dans leur tête) la plus tranquille des soirées, mais tous deux mangeront ce soir comme tous les autres soirs, avant de se brosser les dents puis d’aller dormir. Un dimanche presque comme tous les autres.-
Titouan R
InvitéDe nombreux topics pirates du week-end ayant visiblement noyé celui-ci, un petit message pour le réindexer.
Et pour reposer à François une question dans un post moins touffu que le précédent : pourquoi as-tu inclus dans ton livre la scène de l’aveu de Jeanne à Jacques ?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe trouvais intéressant qu’il y ait un épisode adultère, d’abord parce que je ne voulais pas qu’on croie que l’amour durable impliqué la « fidélité’, ensuite et surtout parce que c’était un très bon événement, traité comme tel par ailleurs, à ne pas traiter comme un événement. L’infidélité, c’est vraiment le coeur du récit drama-bourgeois. L’idée était donc de le dédramatiser (je ne m’étends pas, tu as tout dit)
La confidence de Jeanne m’intéresse en tant que subtilité psychologique. Toute Jeanne qu’elle est, Jeanne est vexée, et évoque cette relation avec l’assureur pour refiler à Jacques la patate chaude de la vexation.
J’aime assez l’effet de surprise induit : lorsque Jacques rentre l’enjeu est : lui parlera-t-elle ou pas de la visite de la femme en tailleur? Or ni l’un ni l’autre ne se passe. Une troisième option a lieu, à laquelle je crois le lecteur ne peut s’attendre. Je n’aime pas l’ordre narratif, mais j’aime les découpes scénaristiques subtiles. On peut faire de grandes choses rien qu’avec des agencements scénaristiques. Mon gout pour Echenoz vient aussi de là – et au cinéma pour M.Franco. Je suis assez navré que cet artisanat particulier disparaisse de la littérature contemporaine (à part chez Minuit : on trouverait des subtilités de ce genre chez Viel, Deck, Ravey). Je suis en train de lire le Binet, c’est écrit avec les pieds mais au moins transpire de ces lignes une joie de raconter.M’intéressait aussi, bien sûr, qu’on ne sache pas si c’était vrai ou non – et que cela importe peu.
Partant, j’ai hésité à ce que Jacques revienne au sujet lorsque Jeanne le visite post-mortem. Et hésité à faire que Jeanne dise alors la vérité. Encore aujourd’hui je trouve cette option discutable (on pourrait la juger contradictoire avec l’option générale du récit). Pas sur que je le maintiendrais si j’avais la possibilité de réécrire le livre.-
Titouan R
InvitéMerci de ta réponse.
Mais où vois-tu la contradiction entre ton récit et l’aveu final de Jeanne ? Pour moi, la contradiction aurait résidé dans la question de Jacques, mais de toute manière, ça se finit en « ça ne change rien ».
Tu évoques Franco, le seul film que j’ai vu de lui est Chronic. Aurais-tu sous le coude un texte écrit sur ce film ? Il me semble une fois t’avoir entendu parler de Tim Roth (excellent, et mettant en sourdine sa très grande facilité à cabotiner) et de sa « bonté » (Ma Cruauté traîne encore là…), mais as-tu développé cette intuition dans un long texte ?
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François Bégaudeau
Maître des clésTout le roman tache de faire plutot que dire. Beaucoup d’opérations de sens passent dans le récit, dans les choses, en somme dans les phrases. La non événementialité de l’adultère elle passe dans la scène tarte aux pommes, puis dans celle qui suit, puis dans la non-mention de cet épisode par la suite.
Il peut donc sembler superflu ou contradictoire d’y revenir in fine, comme si c’était important, et même en disant que ça ne l’est pas.
Peut-être ai-je cédé à la volonté d’expliciter la subtilité du mensonge de Jeanne. Peut-etre est ce méconfiance dans le lecteur.La critique sur Chronic – qui, tu l’as entrevu, a tout d’un manifeste, et qui n’est pas sans rapport avec notre discussion du jour.
Froid comme la bonté
Nul n’est tenu de considérer Michel Franco comme un cinéaste important, et Despues de Lucia comme un des meilleurs films du siècle en cours. Ce qui ne saurait faire débat, sauf mauvaise foi et on sait que la critique en est exempte, c’est son talent à dessiner une situation en laissant l’impression qu’elle se pose là, sans son intercession. Les détracteurs déjà nombreux de Franco -pas donné à tout le monde- pensent que c’est une feinte. Oubliant qu’au cinéma feindre et faire sont une seule chose, qu’en somme il n’y a pas de feinte, ils en tirent la conclusion morale que le cinéaste mexicain est un manipulateur tendance sadique option fasciste, comme son patronyme l’indique. Ici au moins sera dit qu’ils voient à l’envers. Qu’il leur manque au moins un oeil. Ou un coeur.
C’est donc scène par scène, c’est-à-dire plan par plan puisque presque toutes les scènes sont pensées en un plan, que nous croyons comprendre que Dave (Tim Roth) est infirmier à domicile, et que Sarah dont il soutient le corps décharné par la maladie est une patiente. Croyons comprendre seulement, parce qu’aucune de ces informations n’est livrée sans l’escorte d’un doute. Au comptoir où il cuve sa peine après l’enterrement, Dave confie à un couple qu’il vient de perdre sa femme Sarah atteinte du sida, réactivant une hypothèse qu’une discussion avec une proche de la défunte avait semblé dissiper. Rétif à la marche linéaire vers la clarté qu’accompagnent les trompettes de tant de scénarios, Franco trouble la lumière qu’il diffuse, en sorte que l’ambivalence toujours demeure. Au quart d’heure de Chronic, Dave est et n’est pas le veuf de Sarah. Etait à la fois son infirmier et son époux. Comme un pas en avant est aussitôt rétracté, nous ne sommes guère avancés.
Si tuer l’art l’enchante, le spectateur épris d’univocité peut alors, reporter le trouble général du récit sur le personnage. Peut décider que c’est Dave qui est trouble. Un type pas clair. Un doux dingue qui s’attache à ses patients au point de se prendre pour un proche. Un mytho inquiétant, un schizo capable du pire, promettant une belle boucherie de thriller. Et maintenant que la famille du paralysé post-AVC dont il s’occupe l’accuse de harcèlement sexuel, nous nous remémorons le pré-générique qui le voyait filer une jeune femme en voiture, puis cliquer sur des photos d’elle. Les fils se recoupent, l’étau du sens se resserre, profilant une indigne perversité ou une poignante blessure. Dans tous les cas, tant de dévouement cache quelque chose, et nous découvrirons bientôt le secret qui lui fait tenir la main de ce John pourtant acariâtre en regardant la télé avec lui, ou prendre une garde de nuit sans être payé.
De fait nous découvrons un sacré truc. Celle que Dave épiait est sa fille, perdue de vue depuis la séparation d’avec sa femme dont s’entrevoit la possible cause. Nous tenons notre rosebud pathologique. L’eau trouble s’éclaircit en eau de roche : aidant autrui à mourir, Dave éponge le douloureux remords d’avoir abrégé les souffrances de son fils atteint d’une maladie incurable. Les repères sont rétablis : l’inquiétante bizarrerie de Dave ne désarçonne plus puisqu’elle est justifiée. Le personnage réintègre le rang de l’espèce humaine, et le cinéaste celui, très fourni, des fabricants de fictions de deuil.
Hélas pour les trop humains, le film ne s’arrête pas là. Nous n’en sommes qu’à sa moitié. La révélation n’est pas un climax ; d’ailleurs elle ne fait des manières de révélation, l’information supposée décisive se glissant, comme tout le reste, dans le fil des plans, sans musique ni grimace dramatisante. Surtout, elle ne modifie en rien le cours du film et de l’existence de Dave. Il y a juste que désormais l’infirmier visite son ex-femme, discute avec leur fille de ses études de médecine (effleurant sans bruit la transmission d’un tropisme soignant), les deux scènes ainsi produites ne dissemblant en rien, à quelques sanglots près quand s’évoque l’enfant mort, de celles qui se jouent avec Martha, sexagénaire en phase terminale de cancer. Dave offre une égale qualité de présence à ses proches et à ses malades.
Le spectateur doit donc trouver d’autres os à ronger. Emprunter pour une fois d’autres voies que celle de l’approfondissement d’une plaie. Et c’est bien ce que veut Franco : non pas manipuler son spectateur avec sa caméra sardonique, mais, par un jeu de confusions admirablement orchestrées, de savantes fausses pistes, déprogrammer sa perception pour la faire changer de nature. On te mène en bateau, mais c’est pour te mener ailleurs. C’est pour te déplacer. Le montage entre le fil « espionnage » et le fil « harcèlement » t’a fait croire un temps que Dave était un tordu? Tu sais maintenant qu’il ne s’agit pas de ça. Tu vas réviser ton jugement ; ravaler tout jugement. Tu vas regarder autrement.
Tu vas regarder en surface. Tu vas voir ce que tu vois. Renoncer à la profondeur et commencer par prendre les gestes et les dires de Dave pour ce qu’ils sont : des gestes, des dires. Quand il essuie le vomi de Martha, il essuie le vomi de Martha. Quand il prétend qu’il est le mari de Sarah, c’est vrai. Le frère de John? Vrai aussi. Son ami? Idem. Un architecte comme lui? Bien sûr. Cet homme est le père et l’épouse et l’amant et l’ami et la pute et le prêtre de tous ses patients car ils sont tous ses frères. Dave n’est pas un homme compatissant, il est la compassion incarnée. Ton incrédulité laïque t’a habitué à subodorer un calcul derrière la bonté. Il faut quitter cette maladive suspicion, cela prend du temps, tu a mis du temps, presque une heure, mais maintenant tu sais, tu vois. Tu vois qu’Il est revenu parmi nous, tel qu’on Le connut jadis : sa miséricorde si vaste qu’embarrassante, insupportable, scandaleuse.
Ce Christ là n’est pas exactement un Sauveur. Ceux qui sont voués à mourir mourront, et sans garantie d’éternité. Il est douteux que Dave se sauve lui-même : si son refus d’accéder à la demande de Martha qu’il mette fin à son calvaire amorce un récit rédempteur, cette esquive rachetant l’euthanasie de son fils comme l’alcoolique rachète les verres antérieurs en refusant un whisky, Dave finit par accepter. Il pique Martha comme il piqua son fils -et quel geste plus inextricablement bon et glaçant qu’un geste pareil. L’histoire se répète, l’histoire ne s’amende pas, la tristesse dure.
On aura pourtant encore tort de taxer de complaisante noirceur le cinéma de Franco, certes arrimé au plus accablant de notre condition. Le soin palliatif ne guérit de rien, mais sa fin en soi est en soi une grâce. Une grâce immanente, si l’on veut, dont le choix inspiré d’avoir commencé par une malade que parler épuise met à nu la sobre tautologie en réduisant l’assistance à une somme de gestes : je te porte, je te nourris, je te lave. Et quand je passe mes bras sous les tiens, ça ressemble à une étreinte. C’en est une.
Cette grâce suffisante, si l’on ose dire, se passe de mots. Elle ne se commente pas : elle est ce qu’elle est. Emouvante, la précaution de Martha de signaler à Dave qu’« on n’est pas obligés de se parler » est superflue. Avec tous, Dave parle peu. Et décline l’invitation à évoquer la défunte avec sa nièce : à ce sort il n’y a rien à ajouter, et rien à dire sur les liens noués entre eux. Il a fait ce qu’il a fait.
La scène intervient au début du film, au moment où tu n’as pas encore mué. Pas encore jeté ta lampe de spéléologue. Dans ce refus de parler, tu vois un symptôme, un empêchement névrotique. Tu serais au bord de diagnostic un déficit de communication. Au mieux tu trouves l’attitude un peu froide, et pour le coup tu n’as pas tort. Dave ne brille pas par sa chaleur. Ses gestes pour injecter le produit létal à Martha seront redoutablement techniques, ses mains sans états d’âme. La bonté n’est pas sentimentale. La vraie bonté se moque du théâtre de la bonté. On a vu des films trop humains où un soignant était gagné par une affinité élective pour un patient qui, d’abord sauvage et odieux, révélait un coeur d’agneau. Et que vaut donc cette compassion progressive, dramatisée, sous condition? Celle de Dave est inconditionnelle : immédiate, définitive, sans histoire. Elle ne connait de dramaturgie que le temps. Ce film épouse le relief plat d’une chronique, et non les pentes du scénario, quoi qu’ait induit l’aléatoire distribution des prix cannois. Dès lors, il ne peut prendre fin que par une décision ostensiblement arbitraire, comme tu as pu le voir ou comme tu le verras bientôt si les huées de la critique ne t’ont pas dissuadé de jeter un oeil à ce beau film.
Une courte vue laisserait croire que si la fille de John pleure après la crise d’angoisse de son père, alors que les yeux de Dave sont restés secs, c’est parce qu’elle est plus émue, car plus proche. C’est le contraire. Elle pleure parce que sa compassion est partielle ; humaine. On ne saurait lui en tenir grief : elle n’a pas le temps. Elle a sa vie. Elle a une vie. Le cut suivant, raccordant la chambre dépouillée du malade et le salon bruissant d’invités autour d’une table de déjeuner, fait éprouver qu’elle pas plus que les autres membres de la famille n’ont le temps de réellement compatir. Ils ont leur vie. C’est ce défaut structurel, irrémédiable, pardonnable, que pallie l’infirmier palliatif, pour autant qu’il n’ait pas de vie.
Le point ultime de la compassion n’est pas la larme, mais la comprésence. Souvent Dave ne fait rien, il est juste là, aux cotés du patient, inutile, comme dans la scène où Martha s’entretient avec son médecin qui ne semble pas le voir. Un ange gardien n’est vu que de ceux qu’il garde. Et pas un cillement à l’annonce de la dégradation fatale du cancer. Ce serait trop ; renversant les valeurs, on dira que faire davantage qu’être présent serait trop ; que montrer de la commisération serait déplacé, immoral.
L’image a priori anodine de Dave courant sur un tapis de salle de gym à une cadence strictement identique à celle de sa voisine suggère que l’horizon ultime de ce sec compagnonnage est le mimétisme. Dave n’adapte pas son emploi du temps à celui du malade ; son temps est celui du malade. Compatir c’est faire corps avec, comme il apparait d’évidence avec Sarah : la hissant, il se hisse, au même rythme, doublant son propre poids. Comme il apparait aussi lorsque Dave se prétend le concepteur d’une maison que John a conçue pendant sa carrière d’architecte. Ou lorsqu’il est assis dans le même sens que son jeune patient en fauteuil, au milieu d’un parc. Ou lorsque, sur le canapé, sa tête s’incline à l’unisson de celle de Marion, pendant qu’elle dit aller très bien à son interlocuteur de téléphone — et là encore aucune réaction, ni d’approbation ni de désapprobation, à ce mensonge.
La poétique de Franco tient tout entière dans ce voeu de présence, comme il en est de chasteté. Avançant par plans-séquences dont par définition la durée coïncide avec celle de la scène, sa facture muette vise à se tenir auprès des personnages, et des moments terribles qu’ils traversent – inceste dans Daniel y Ana, harcèlement dans Despues, ici détresse humiliante des mourants. Accompagner ça, sans arrière-pensée, sans orgueil, comme un Wang Bing accompagnait ses aliénés d’A la folie : courant derrière l’un s’il court, marchant s’il marche, cadrant cinq minutes tel fou assis sur son lit, même s’il ne fait rien, surtout s’il ne fait rien.
Pareil rapprochement fera hurler ceux des fans de Bing que Franco débecte. Ils se récrieront que ça n’a rien à voir. En s’armant de sagesse on viendra à comprendre ces égarés, et ce qui les fait distinguer radicalement deux cinéma si proches. C’est le plan fixe. Cumulée à l’évidente influence hanekienne du travail de Franco, le plan fixe, impassible comme un bourreau, le fait basculer dans le camp des salauds de voyeur à la Seidl. Tout mexicain qu’il est, le voici autrichien. On s’imagine que ça l’affecte peu. Il sait trop bien la filiation entre la sécheresse d’Haneke et celle de Bresson qu’il admire. Il sait qu’un film fameux du premier ne s’appelle pas Amour par antiphrase. D’ailleurs qui oserait imaginer qu’un cinéaste de cette trempe distille des titres au deuxième degré? Qui ne voit, qui persiste à ne pas voir que la tenace froideur du cinéma de Franco procède d’une tendresse supérieure, accomplie.-
Titouan R
InvitéMerci
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Graindorge
InvitéQuel plaisir de relire « Froid comme la bonté ».
¡Muchas gracias compañero!💐
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Jeanne
InvitéFrancois, je n’ai pas vu de manque de confiance envers le lecteur.
Moi, durant la lecture, j’avais bien imaginé que Jeanne pouvait mentir, et que son adultère n’avait peut-être
pas existé. Par contre, j’avais supposé que Jacques était dupe. Quand finalement il dit à la morte « L’assureur c’était pas vrai? », j’ai été surprise: tu avais ellipsé sa prise de conscience (ou en tout cas son hypothèse) à ce sujet.
Ça m’a émue. Et cette ellipse et cette mise au point post mortem, les deux. -
François Bégaudeau
Maître des clésPeut-être Jacques n’a-t-il pigé qu’après coup
Sur le moment je le vois bien y croire.-
Jeanne
InvitéOui la lectrice que je suis l’a vu comme ça : sur le moment il y croit.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, assurément
(maintenant ça m’apparait clair) -
Titouan R
InvitéUne rencontre est-elle prévue à Clermont ? La librairie Les Volcans indique « bientôt en dédicace » sur la pile de tes livres, sans donner de date.
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Zyrma
InvitéLe 28 octobre et spoil : ça va être très bien
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Titouan R
InvitéMerci !
Tu as l’heure ?
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François Bégaudeau
Maître des clés27 octobre
Et ce sera soirée de luxe parce que c’est Dalie Farah qui me questionnera
C’est un peu comme si Nathalie Sarraute interrogeait Novak Djokovic. Enfin personnellement je trouve.-
Titouan R
InvitéMerci de la précision !
Mais si Nathalie interroge Novak, y aura-t-il bien un point de rencontre sur le sujet abordé ? Je ne sache pas que Novak ait un grand amour de la plume. La tarte au citron pourrait servir de terrain d’entente.
Pour flagorner tous azimuts, il faut que je lise le dernier livre de Dalie (me souvenant que dans l’avant-dernier était cité en exergue d’un chapitre une phrase – « Tiens bon » – de « François, écrivain vendéen »).-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est un excellent roman, d’une grande honnêteté
Dalie a de la littérature plein les mains-
Titouan R
InvitéMerci du conseil.
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Plume C
InvitéOh les sitistes chanceux chanceuses, lecteurs et lectrices de Clermont!! Dalie Farah et François Begaudeau à la librairie les volcans , à vous deux vous allez réveiller nos fibres toniques, gourmandes et littéraires !! Desserts sucrés et croquants à l’esprit , à partager en ce lieu pour ceux qui pourront se déplacer. On oublie pas la tarte aux fraises même si ce fruit n’est plus de saison en automne, la tartelette cassis pailletée d’un glacis d’orignal, tarte aux pommes, le clafoutis, hum la tarte au citron qu’elle soit meringuée ou non.
Si j’avais pu voler le 27 octobre jusqu’en Auvergne, j’aurai eu un vif plaisir à vous écouter. Je fais le vœu qu’un ou une des personnes présentes ce jour-là puisse (si cela est possible)nous restituer ou filmer cet événement? De vos échanges à venir nous pourrions sur le site en recueillir une grande richesse , le luxe François quoi.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pense que ce sera filmé oui.
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Plume C
InvitéSuper, merci François.
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amour
InvitéLa comparer à Sarraute, est une ineptie. Même si elle écrit bien, elle n’est pas aussi fine, pas aussi grande.
Son féminisme d’ailleurs est un peu questionnant, ou alors tout simplement ses intérêts personnels priment sur tout.-
François Bégaudeau
Maître des clésC’est le triste destin du troll : gorgé de fiel il ne perçoit plus l’humour
On parle d’une rencontre Djokovic-Sarraute et le troll se lance dans une diatribe sur Farah qui n’est pas Sarraute.
Sauvons les trolls. Ils ne savent pas ce qu’ils font.-
amour
InvitéQue tu es lourd. Voire très lourd. Dans ton humour, que j’ai saisi même si celui-ci est un peu prévisible, tu penses un peu ce que tu dis. C’est ton problème, tu extrapoles. Tu exagères toujours. Tu confonds radicalité et exagération. Je constate que tu n’as toujours pas enregistré la définition de Troll. Heureusement que tu écris des romans, sinon ta vie serait encore plus triste qu’elle ne l’est.
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Graindorge
InvitéÉvitons les fraises camarades:les producteurs de fraises sont obligés de les bombarder chaque semaine de fongicides et d’insecticides et ne peuvent pas attendre le délai de sécurité pour les vendre
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Zyrma
Invité23h12 là
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Jeanne
InvitéFrançois, me revient une question que je me suis posée à la lecture de L’amour:
Pourquoi J et J n’ont-ils qu’un enfant? Je ne crois pas que ce soit la sociologie qui t’ait soufflé ça, puisque cet aspect de l’intrigue n’évoque pas de réalité sociologique.-
Sarah G
InvitéTu m’as devancé Jeanne.
Moi aussi je me suis posé la question.-
Sarah G
Invité*posée
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lison
InvitéMoi je me suis dit qu’ un seul enfant ça servait l’aspect resserré du récit, sinon il aurait fallu écrire la naissance ou l’existence du 2°,du 3° , du 4°, et ajouter des prénoms, des parcours, des relations différentes, d’autres petits enfants. Ca aurait peut être pris trop de place.
Pour moi l’enfant là, il représente les enfants, la notion enfant, même s’ il est unique.
Et puis le désir du deuxième arrive pour Jacques, et ça permet à Jeanne de dire qu’elle a bientôt 40 ans, et ça fait avancer le temps et le récit.-
Jeanne
InvitéOn n’a pas encore de réponse de l’interessé mais ce que tu dis, Lison, rejoint ma propre hypothèse.
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Frezat
Invité3 ème publication que je vois sur fb pour dire que ce bouquin est nul ?
Qu est ce que tu as fais aux Inrocks pour qu ils détestent à ce point ?-
K. comme mon Code
InvitéC’est une seule personne en particulier. Et c’est vrai que c’est extrêmement gênant d’aller jusqu’à forcer le community manager à redoubler les posts.
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Graindorge
InvitéToi tu n’es pas nul et tu sais lire, alors.
Des bruits de couloir: c’est parcequ’il devait amener une tarte au 🍋 🍋 🍋 et qu’il l’a « oubliée » chez lui. Ça tient des fois à pas grand chose la haine éternelle
Bonne lecture Frezat
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Nox
InvitéUn nouvel éloge du roman sur Sud Ouest :
https://www.sudouest.fr/culture/litterature/amours-de-francois-begaudeau-le-roman-de-la-rentree-dont-tout-le-monde-parle-16661174.php-
Graindorge
InvitéEh ben voilà! Elle est pas belle la vie?
« Oui mé toi tu l’as pas encore lu gnagnagna… »
Sauf si le généreux extrait partagé n’est que le meilleur du livre et tout le reste, de la soupe à la sauce cailloux, je répète que…🤫
Bon, c’est pas tout. Maintenant JE veux un Prix pour ce livre. Celui des Écrivains du Sud?
C’est joli « écrivains du Sud. C’est « du soleil comme s’il en pleuvait. » Un prix por favor. ✊🏼💃
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K. comme mon Code
InvitéÀ la Maison de la Poésie.
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Malice
Invité« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour »
Réplique du film » Les dames du bois de Boulogne »-
Malice
InvitéAu sujet du débat sur les sortes d’amour, je recommande le bouquin de Stendhal » De l’amour », où il propose son classement des types d’amour :
Amour passion ( » celui d’Héloise et Abélard »)
Amour goût ( ou amour de Crébillon, Laclos…)
Amour physique
Amour de vanité ou amour par pique
Amour à querelles ( « Toujours un petit doute à calmer, voilà ce qui fait la soif de tous les instants de l’amour-passion…Comme la crainte la plus vive ne l’abandonne jamais, ses plaisirs ne peuvent jamais ennuyer. Chez les gens bourrus ou mal élevés, ou d’un naturel extrêmement violent, ce petit doute à calmer, cette crainte légère se manifestent par une querelle »)Qu’on adhère ou non à ses définitions, c’est très amusant à lire, d’autant plus qu’il utilise son expérience personnelle et celle de connaissances ou d’amis pour définir ses croyances
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François Bégaudeau
Maître des clésj’y ai pensé après : ce n’est pas dans un entretien avec Bresson mais dans un film de Bresson
et l’hypothèse inverse me vient d’une analyse du film qui montrait que le film disait le contraire
je me demande si ce n’est pas dans la monographie sur Bresson dans la collection Cahiers -
Graindorge
InvitéA toutes fins utiles, ne confondons pas les querelles avec les chamailleries de l’amour fraternel que notre Stendhal n’a pas dû connaître
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Malice
InvitéEffectivement l’amour à querelles correspond à ce qu’on nomme aujourd’hui « violence psychologique dans le couple »…
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Graindorge
InvitéMama mía! J’ai bien fait de dire que, en plus de ne pas être » un couple » mais des collègues, on ne se querelle jamais. On se chamaille. La différence est de taille.
Nous c’est: – où t’as mis mon stylo avec les points roses? J’ai pas touché ton stylo! Il était LÀ il y est plus! T’as qu’à bien rangé tes affaires! Je range bien mes affaires! La preuve! Ah je l’ai trouvé! Il était où? Tombé! Tu m’accuses avant de chercher. C’est vrai, pardon, pardon, pardon! Corvée de vaisselle! D’aaaccord!
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Delphine
InvitéAu cours de son intervention à la Maison de la poésie, François parle de « synonymie entre amour et tendresse ». Effectivement, je trouve que de la tendresse irrigue tout le roman. Sentiment que l’on ne perçoit d’ailleurs peut-être pas avec précision à la première lecture du livre. Tendresse au sens d’attention que Jeanne et Jacques se portent l’un envers l’autre. Mais également les tendres attentions de leur fils, par exemple lorsqu’il dépose un Smartphone sous le sapin. Comme ça, ils sont à la page des nouvelle technologies, et chacun des époux aura son propre téléphone.
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françois bégaudeau
InvitéLa tendresse dont je parle n’a peut-être pas de gestes. Elle est une modalité constante entre deux êtres.
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Mathieu
InvitéSalut François,
Une question sur la réception critique et commercial de L’Amour:
Tu dis souvent à propos d’Entre les murs que ce n’est pas un pur succès littéraire et que c’est aussi le sujet – l’école, et en particulier l’école avec des noirs et des arabes dedans – qui a fait parler et qui a participé au succès du livre.
D’une certaine manière, en dirais-tu autant de L’Amour? Dirais-tu que la critique de droite, Le Figaro, Le Masque, Beigbeder etc, a aimé non pas seulement pour le pur style, mais pour le côté passéiste qu’elle pouvait y trouver? Le côté France des années 70, couple hétéro, petit bourg de province, Jeanne et Jacques, la femme un peu rêveuse et l’homme un peu bourru… Je vois autour de moi que ce livre plait au vieux bourgeois qui évidemment n’ont pas pu voulu entendre parler d’HDB, et je pense que c’est justement aussi le côté France d’antan qui leur plait. Et si je ne me trompe, le livre est en train de devenir un succès commercial. A quel point penses-tu que cela joue dans la donne?
Non pas que je dise ça pour critiquer hein: pour narrer 50 ans d’amour, il fallait bien commencer dans le passé, et donc en 70. Mais disons que, à style égal, si tu avais narré 5 ans d’amour d’un couple queer des années 2018-2023, qui se rencontre sur Tinder et fait du Netflix and Chill devant la saison 4 de Sex Education, je ne sais pas si Le Figaro et Frédo Beigbeder auraient autant aimé.-
Mélanie
InvitéJ’ajoute à la question : pour ce que j’ai entraperçu des critiques, il me semble y avoir souvent vu l’allusion à Flaubert. Où certains trouveraient un côté chic, ou je ne sais pas comment dire?
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est certain
De toute façon il n’y a pas de succès littéraire. Un succès n’est jamais littéraire. Un succès est un fait social explicable socialement.
L’adhésion à ce livre passe sans doute entre autres pas l’identification – aux gens, à l’époque, voire à la région.
Tout juste peut-on faire le pari que le texture de ce texte, c’est à dire sa littérature, opère aussi sur son lecteur. Mais ce ne peut etre qu’un pari, car de ceci il n’y a pas de traces. En tout cas pas dans les cent articles produits à ce jour sur le livre, où il n’est à peu près jamais, voire jamais, question de littérature. Je les lis en diagonale dans le seul but de le vérifier.-
François Bégaudeau
Maître des clésmais ne sommes nous pas encore ici en train de parler de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu le texte?
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Mélanie
InvitéOui
Si j’étais documentariste je filmerais les lecteurs de L’amour, tiens-
Nox
InvitéJ’adorerais que – comme Mélanie le dit explicitement -, de nouvelles critiques positives de L’amour balancent frontalement « c’est ça la France qu’on aime, des gens simples, sans chichis et pas obsédés par les manifs et les grèves ».
Quand j’écoute Beigbeder en parler, j’ai l’impression que ça lui brûle les lèvres.
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Ostros
InvitéUn entretien avec François autour de l’amour.
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ADDAD
InvitéChef-d’oeuvre
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François Bégaudeau
Maître des cléscelui ci est meilleur – le son, la densité
https://www.rts.ch/info/culture/livres/14343220-le-romancier-francois-begaudeau-touche-en-plein-cur-dans-lamour.html-
Graindorge
InvitéPour le son, la densité et pour ce merveilleux journaliste: Francesco Biamonte. Oui. sa simplicité, son naturel, son intelligence, son vrai rire MÉRITENT l’adjectif de « merveilleux » À ce jour, l’entretien que j’ai préféré. Merci à lui.
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Pope
InvitéSalut François,
Refus du drame, évitement du lyrisme, matérialisme plutôt qu’idéalisme, absence de la grande Histoire, dirais-tu qu’avec l’amour, tu règles son compte au romantisme ? -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne crois pas qu’on écrive des romans pour « régler des comptes ». Je dirai plutot que je me situe radicalement hors du romantisme, et plus précisément d’un traitement idéaliste, c’est à dire désincarné et livresque, de l’amour.
Sachant qu’à mes yeux c’est tout le roman, tout le grand roman en tout cas, de Flaubert à Manchette, de Melville à Faulkner qui est une révocation du romantisme
Je dirais même que le roman conjure le romanesque.-
Titouan R
InvitéJe viens de découvrir Manchette par la lecture du Petit bleu de la côte Ouest et Fatale. Aurais-tu écrit sur ce brave JP ?
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François Bégaudeau
Maître des clésNon, jamais. Et je le regrette bien.
Ca viendra peut-être.-
Titouan R
InvitéMerci. On lira avec plaisir si cela vient
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Cat
InvitéC’est drôle que tu parles de Manchette, justement il m’a tapé sur l’épaule pendant Le gang des bois du temple.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, il y a de ça.
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Pope
Invité« régler son compte » se voulait un peu trivial. Mais tu as compris l’idée, et tu confirmes ce que je sens dans L’amour et ce en quoi je crois concernant le roman, et sûrement au-delà.
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François Bégaudeau
Maître des cléset surement au-delà?
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Pope
InvitéAu delà du roman, il y a la vie. Une approche matérialiste plutôt qu’idéaliste de la vie.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui
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François Bégaudeau
Maître des clésNon, jamais. Et je le regrette bien.
Ca viendra peut-être. -
Tony
InvitéFrançois est non seulement dans le top des ventes mais en plus il est aussi dans la course pour le prix Renaudot,quel succès!
https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20231005.OBS79103/prix-renaudot-2023-la-deuxieme-selection-est-tombee.html-
K. comme mon Code
InvitéC’est plutôt marrant de figurer au deuxième tour sans être au premier.
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Tony
InvitéFrançois est aussi finaliste du prix de Flore,présidé par Beigbeder,qui’vise à honorer un jeune écrivain prometteur’!
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Ostros
InvitéAnnonce le 7 novembre.
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Graindorge
Invitéje croise tous les doigts et même ceux des pieds.
Pouaf, pouaf dit le Maître des clefs, Graindorge est capable de décerner un prix pour un livre qu’elle n’a pas ENCORE lu!
Oui Maître, l’amour est aveugle. Pouafer donc à votre aise. C’est bon pour la santé -
Aude
InvitéDédicacé hier, lu aujourd’hui , la revanche de la routine ça fait un bien fou ! Même pas la revanche , il ne se passe rien et c’est magnifique . Une petite larme sur la dernière page.
Je n’ai pas lu tous les romans de François loin de là, préférant ses essais mais celui là pourrait bien me faire revoir mon opinion , il est en tout cas au dessus de ceux que j’ai lu jusque là , le style notamment , de vrais fulgurances au fil des pages .
Aucun intérêt à mon commentaire ni prétention critique mais juste, pour paraphraser un monument de la littérature française « merci pour ce moment » . -
François Bégaudeau
Maître des clésEt d’ailleurs que devient l’écrivaine Valérie Trierweiler?
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François Bégaudeau
Maître des clésSera-t-elle le Rimbaud du 21ème siècle, passée en littérature comme comète?
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Aude
InvitéPlutôt de celles qui considèrent que » la littérature est une petite affaire privée » encore faudrait il voir si elle a un brin de plume et pour cela ouvrir un de ses livres évidemment .
Je ne vous ferai pas l’offense de donner l’auteur de la citation.-
riviere
InvitéParlant de lui, je suis en train de lire Proust et les signes. C’est délicieux, c’est un vrai bonheur de lire cela.
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François Bégaudeau
Maître des clésles sales petits secrets
comme on dit ici aussi :
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Aude
InvitéJe ne connaissais pas, merci pour cette découverte . Par contre j’ai vu Festen .
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Tony
InvitéFrançois chez Qg demain soir
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lison
InvitéJe viens d’écouter le Book club consacré à l’amour, c’est très bien ! Décidément cette nouvelle émission et Marie Richeux sont très chouettes.
Dans l’extrait lu me frappe ce que François a bien expliqué, le fait que la déclaration d’amour de Jacques à Jeanne est indirecte, et passe par la voix de celle avec laquelle il a eu une « aventure » ( mes parents disaient comme ça ), et me frappe aussi que l’évocation de la sexualité du couple et son arrêt sont aussi amenés par cette femme. Ça aussi c’est bien, ça donne en peu de mots une information : l’arrêt d’une vie sexuelle, qui ne sera jamais discuté dans le couple, jamais interrogé, jamais dramatisé, et qui rejoint peut être le vécu majoritaire de certains couples durables, et permet de se questionner tranquillement sur le lien entre amour et sexualité.
So a mis le lien ailleurs, le revoilà :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/bienvenue-au-book-club-part-2Il y a quelques jours dans une librairie un homme entre et s’adresse à la libraire, aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon père, je cherche un livre pour lui, il a 96 ans ce n’est pas lui qui le lira, il ne peut plus mais ma mère lui lira…Vous pensez à quelque chose ? La libraire n’a pas eu le temps de réagir, j’ai dit L’amour !
Oui bonne idée dit-elle, c’est un beau texte ; je m’excuse un peu d’avoir répondu à sa place. L’homme prend le livre, l’achète, nous remercie, je dis j’espère que ça leur plaira.
Je repars et je me dis voilà qui pourrait faire un beau film, la lecture par une femme de ce livre à son mari, avec c’est sûr quelques remarques, anecdotes, gestes, de la part de ce couple là qui réagirait au texte.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui ce serait beau
Deux mois de vie de L’amour et décidément on ne veut pas me parler de cette extinction de la sexualité entre J et J. Même quand on lit l’extrait où c’est – presque directement- dit.
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Juliette B
InvitéJacques ronfle, depuis toujours mais de plus en plus fort, ou alors elle le supporte de moins en moins, c’est le motif officiel du chambre à part qui finit par s’installer. Et s’il vient dormir avec elle, il ne se collent pas l’un à l’autre. Il veille gentiment à ne pas la coller. Ils en sont à 28 ans de mariage, c’est écrit, ça peut accessoirement correspondre aussi à la survenue de sa ménopause à elle, on a vu qu’elle était plus irritable les pages précédentes, ça peut faire ça parfois, c’est renseigné, montée de l’irritabilité et baisse de la libido. Lui aussi est plus irritable, peut-être par transitivité, peut-être que leur sexualité lui manque, peut-être qu’il a ses raisons, peut-être qu’il n’y en a pas.
Tu as bien fait lison. Une amie me disait ne pas oser faire lire le livre à sa vieille mère, grande lectrice avec qui elle aime partager ses coups de coeur, parce qu’elle avait peur que la fin la chagrine. Je lui ai dit mais non, vas-y, la toute fin n’est pas vraiment triste, elle est belle aussi, joyeuse même, et puis ta mère, à son âge, je suis sûre que sa propre fin elle l’a un peu en tête de toute façon…
Elle a adoré le livre la mère finalement, ma copine était ravie de sa joie.-
Juliette B
InvitéL’éloignement physique de Jeanne et Jacques étant bien sûr rendu possible par le départ de Daniel, qui a libéré une chambre dans laquelle Jeanne va d’abord parfois dormir, puis tout le temps. L’auteur enfonce le clou – tout petit, car c’est très légèrement suggéré – quand il écrit que les rares fois où ils sont à nouveau obligés de partager leur couche, Jacques veille à ne pas trop se rapprocher de Jeanne pour ne pas la déranger. Donc le rapprochement la dérange, note le lecteur.
François, as-tu voulu suggérer en sourdine que bien des épouses ne coucheraient plus avec leur mari, ou moins, si elles avaient la possibilité matérielle d’une chambre à elle ?
Et aussi, j’imagine, que la sexualité n’est pas centrale dans l’amour, en tout cas pas aussi centrale que la littérature, au sens large, le laisse très généralement supposer ?
Il me semble que le livre dit ça en passant.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas s’il « dit » ça, même en passant, mais disons qu’il accueille ce fait là : que des couples durables n’ont plus de sexualité au bout de 20, 10, peut-être 5 ans, parfois avant, parfois plus tard. Ce qui ne les empêche pas de durer, preuve, en effet, preuve factuelle que la sexualité n’est pas si centrale dans cette affaire là – dans cette affaire de l’amour tel qu’entendu ici.
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Juliette B
InvitéOui, merci pour ta réponse
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Seldoon
InvitéLe clou prend un autre coup dans le dialogue entre Jeanne et la maîtresse. Mais pour moi toute la question de l’intimité entre les deux époux est dite juste après, dans le lit. Surtout cette phrase : « Elle allume une Dunhill qu’ils fumeront à deux, cherchant leurs doigts pour se la passer dans le noir. »
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Juliette B
InvitéBeau moment oui
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lison
InvitéEt pourquoi donc ne veut on pas t’en parler de ce sujet là?
parce qu’on ne l’a pas remarqué en lisant le livre ?
parce qu’on n’ose pas trop parlé de sexualité, on serait pudique ?
parce qu’on a acté la scission amour / sexe ?
parce que Jeanne et Jacques n’en parlant pas (dans le livre) on n’en parle pas en interview, on ne veut pas parler à leur place ?
…et pourtant en général ça les intéresse les gens , et par exemple quand deux personnes se séparent on se questionne beaucoup sur l’évolution de leur vie sexuelle ( sa réduction ou son absence).
parce que ça les perturbe ou les conforte dans une idée qu’ils n’ont pas trop envie d’évoquer ?
C’est quand même étonnant .-
Ostros
InvitéIl m’intéresse de le savoir également…
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Tony
InvitéChez les bourgeois sexe et vie de couple peuvent être séparés, l’adultère palliant le manque de sexe et le couple tient pour protéger ses intérêts,chez les prolo moins de sexe et le couple tient car il n’a pas les moyens de se séparer(mais violences conjugales plus fréquentes),donc que les commentaires bourgeois n’en parlent pas n’est pas étonnant,c’était mon moment Jean Monnaie.
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t
Invité🤣🫶 A ceci près que les prolos, n’ont pas le fric pour prendre maitresse ou maitre.
Violences conjugales plus fréquentes chez les prolos, tu t’avancent un peu.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pense que la première hypothèse de Lison est le plus plausible – sans être exclusive des autres.
Pas vu.-
t
Invité😂
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t
InvitéJe savais que toi et la sexualité, c’est compliqué😂 Mais tes copains, c’est quoi? Envie de viol🤪
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François Bégaudeau
Maître des clésLes horaires coincident bien, Amour, Louizz, à ceux où tu as trollé ma page facebook hier soir.
En revanche pas de message vocal. Presque déçu.
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Claire N
InvitéNon , je pense que ça se remarque
Mais ce qui se remarque également c’est que ça ne fait pas un deuil
Un peu comme quand enfant on regarde les adultes moins jouer sans pour autant qu’ils n’en souffrent ou même souhaitent le retour des joujoux dans leur vie
Le deuil du jeu m’angoissais beaucoup petite, j’anticipais une vie vide et morne , c’était aussi la base de mes relations amicales
Mon corps ne réclame plus de manipuler des joujoux, peut-être que pour le sexe ça se passe pareil ?-
François Bégaudeau
Maître des clésPeut-etre oui.
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Ostros
InvitéOn a d’autres jeux en grandissant. C’est toujours pour moi une base de mes relations amicales. Pour moi comme pour beaucoup l’amusement est très important au quotidien. On invente des jeux au travail avec ses collègues pour faire passer la journée interminable, on joue avec son copain avec qui on a notre langage, nos petits délires, nos blagues. Avec les amis aussi. Des jeux objets, de société, des jeux dessins, des jeux idées. Les joujoux ont changé mais pas le fait de jouer, de chercher l’amusement. Après peut-être qu’en vieillissant on joue moins ? Quand j’y réfléchis je constate le contraire. Ou plutôt un déplacement du jeu, des plaisirs. Des petits vieux et des petites vieilles qui se lâchent carrément, libéré.e.s du poids de leur apparence. Ma grand-mère exemplairement était une mamie rigolote. Elle avait cessé tout rapport sexuel après son divorce mais s’était vachement épanouie dans les danses, les attitudes loufoques pour amuser la galerie, les repas où on se marre, etc.
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François Bégaudeau
Maître des clésL’essentiel étant donc que bien des couples sont dans cette situation et s’en accommodent parfaitement.
Je crois même que ça en soulage beaucoup d’être débarrassés de cette affaire de sexe qui, quand elle ne va plus de soi, alourdit tout. -
Nox
InvitéÇa vient tendanciellement avec l’âge, cette indifférence au cul dans le couple, j’ai l’impression. A contrario, quand on est très stimulé à ce niveau-là, c’est plus difficile, à mon sens.
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t
InvitéSources : Sudocul🤣
Je continue mon 🧐🤪 -
Ostros
InvitéUne indifférence au cul qui vient avec l’âge et qui se vit autant dans le couple que célibataire, non ? Le fait de vieillir notre libido baisse, le désir en général, on est plus calme, on a moins de vitalité.
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Nox
InvitéJe pense aussi que s’habituer à l’autre, ça aide. On est moins distrait, proche de l’essentiel.
__
« Source : Sudocul », non, ma vraie source, c’est Jacquie et Michel. Donc merci à eux. -
Claire N
Invité« Ou plutôt un déplacement du jeu«
Oui c’est plus précisément cela -
Claire N
InvitéMais ta grand mère ne semble pas en manquer de vitalité, c’est rassurant
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Claire N
InvitéL’amour ne passe pas
Le sexe passe -
Ostros
InvitéElle est morte.
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Claire N
InvitéOui, j’ai pas mis le bon temps
C’est le genre de gaffe que je fais régulièrement -
Claire N
InvitéEn même temps, quand tu la racontes ça m’aveugle le temps, c’est très vivant
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Ostros
InvitéAhahah
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Claire N
InvitéJe ne suis pas certains que cela te face rire
Je suis désolée de t’avoir attristée
J’aurais être plus attentive -
Jeanne
InvitéJ’aime bien toute cette affaire de jeu, Ostros. Et j’aime bien ta grand-mère, paix à son âme.
Concernant la question de savoir pourquoi personne n’a pointé ce moment du livre, sans vouloir être pessimiste il me semble que vous avez omis une hypothèse : peut-être que plein de lecteurs n’ont juste pas vu, pas lu ça, ou l’ont oublié.
Le point final à la vie sexuelle entre Jeanne et Jacques n’est que, à l’image de beaucoup de choses dans le livre, pudiquement suggéré.
Un lecteur, quand il lit, prend des trucs, en laisse d’autres, en ajoute même, parfois, qui n’y sont pas. Francois d’ailleurs disait quelque chose comme ça récemment (et quelque part). -
Jeanne
InvitéEt j’aime qu’un lecteur lise comme ça. Il vient dans le livre avec sa vie, ses pensées, sa liste de course à faire, ses certitudes de toujours (et dont 2% seulement seront bousculés), c’est bien, c’est normal, on n’est pas des soldats de la bonne lecture d’un texte, on n’est pas des soldats.
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François Bégaudeau
Maître des clés« peut-être que plein de lecteurs n’ont juste pas vu, pas lu ça, ou l’ont oublié. »
Cette hypothèse a été formulée par Lison plus haut, et je l’ai avalisée. -
Jeanne
Invitéau temps pour moi
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Ostros
InvitéClaire N, je riais sincèrement à « Oui, j’ai pas mis le bon temps
C’est le genre de gaffe que je fais régulièrement »
Mais mon commentaire s’est mis plus bas… -
Claire N
InvitéJe me dis aussi
Que ce n’est pas la première fois que , par amour, François dispense ses personnages de « passer à la casserole «
Me viens en mémoire dans molécule, Léna actant trop l’assurance pour qu’elle ne masque la peur, qui en douceur est dispensée de paraître -
François Bégaudeau
Maître des clésJe n’avais pas remarqué mais oui peut-être.
D’ailleurs une revue dirigée par Y. Haenel demande à des auteurs de dire comment ils se situent par rapport aux scènes de sexe. Je vais répondre.
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Juju
InvitéMercredi 1er novembre dans la Grande librairie
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Zyrma
Invitéqui sont les autres invités ?
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Ostros
InvitéLe mercredi 01 novembre 2023 à 21h05 Augustin Trapenard reçoit Sophie Galabru, pour « Faire famille », paru chez Allary Editions, Panayotis Pascot, pour « La prochaine fois que tu mordras la poussière », publié chez Stock, Richard Morgiève, pour « La Fête des mères », paru chez Joëlle Losfeld Editions, François Bégaudeau, pour « L’Amour », édité chez Gallimard, et Elisa Shua Dusapin, pour « Le Vieil Incendie », paru aux Editions Zoé.
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Carpentier
InvitéV’là les vieux titres
ils filent presque envie de partir pour Gaza.-
t
Invité🤪🤣🥳🫶
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François Bégaudeau
Maître des clésCette émission est tout à fait dispensable.
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François Bégaudeau
Maître des cléscontrairement aux indispensables posts de t
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Carpentier
InvitéPour le titre du roman du maître des clefs, il en parle ci-dessous, en début d’échange
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Graindorge
InvitéComment faire pour voir La Grande Librairie d’hier?
Si quelqu’un sait ici-
amour
Invité🤣
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Graindorge
InvitéMa question ne vous était pas adressée madame.
Mais je ne doute pas que vous savez rendre service aux gens qui vous aggréent. Je n’en suis pas et Dieu m’en préserve
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Carpentier
InvitéSi tu ouvres volontiers des comptes en ligne, France TV diffuse des replays en podcasts
PS: regarde quand même s’il n’y a pas une rediff -
Carpentier
InvitéOublié de filer le lien 😉
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Graindorge
InvitéMerci ma chère Carpentierina!
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Graindorge
InvitéBen voilà Sonnez trompettes! Le colis de ma sœur vient d’arriver! La factrice toujours joyeuse T’es où? Donde estaaas? Ya salí! Je suis déjà sortie! Aaah! Alors attends moi devant la Poste, j’arrive!!!
Quel beau sourire elle a notre factrice!!
Pas encore ouvert le colis! Je le décolise ce soir. En plus du livre de Mr François Bégaudeau, il y a d’autres surprises.
J’adore les surprises!
Je suis très joyeuse aussi malgré un reste de fièvre.
Aaah « novembre récalcitrant! » tu n’es pas mon mois préféré. Je t’appréhende mais l’amour me donnera du courage pour te traverser j’espère sans encombre! Prions-
Carpentier
InvitéT patraque aussi, toi? Sérieux? On se l’ai refilé en se répondant chu sure, notre patraquie 😉
Pas trop avancé dans le dernier Bégaudeau, on dirait que je t’attendais.-
Graindorge
Inviténotre patraquie hahahaha… Là je vais mieux. Ce matin romarin + citron. A midi croquer 2 pommes et là une soupe maison et je vais pas tarder à aller au lit sans Don Bégaudeau , juste un peu de poésie en anglais pour la musique, Katherine Mansfield et puis boum le loir! J’ai même pas encore pu ouvrir le colis. Attend moi alors, je le commence dimanche matin
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Julie
InvitéTransmettez-vous vos mails et ayez cette discussion en privé. On subit déjà suffisamment de pénibles. Voilà. De rien.
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amour
InvitéVoulez-vous le mien ?
Signée : la brouteuse pathologique-
une_héroïne
Invitéça pour brouter tu broutes
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Graindorge
InvitéFaux Rome! Vrai Paris! On est une centaine ici madame. On passe au vote? Il y en a eu des choses pénibles, vous ne vous êtes pas manifestée madame. Et vous êtes libre de lire. Ou pas
Et puis ça servira peut être à quelqu’un de savoir que le romarin + citron etc… Pas à vous, Alors pour votre santé, zappez zappez avec humour et légèreté. » la vie est trop courte pour s’habiller triste.
De rien Bonne fin de semaine madame-
Julie
InvitéEn gros, « j’y suis, j’y reste, je m’en fous d’emmerder le monde ».
Puisque tu n’as pas de dignité, que tu ne te remettras pas en question, je m’arrête là.
Pas bon week-end.
Pas merci.
Adieu.-
Graindorge
InvitéVous n’êtes pas « le monde » madame
Avalez vos insultes avec une bonne verveine! Biologique.
C’est vous qui êtes indigne, grossière, et triste.
Très triste. Comment vous en vouloir? vous n’êtes responsable qu’en partie.
Certains des comportements actuels sont dûs à tout ce que fait subir à nos corps ( donc à nos cerveaux aussi) un système capitaliste extrêmement violent, extrêmement agressif qui n’est intéressé ni par notre santé physique et mentale ni par notre unité. Bien au contraire!
Puisqu’ici nous parlons aussi d’amour, je vous souhaite d’aimer et d’être aimée.
Fraternel et révolutionnaire salut!-
Le Monde
InvitéPuisque l’on me convoque dans cette passe d’arme et après lecture attentive du dissensus, je donne le point à Julie en ce que ses remarques reflètent l’opinion de 99% des sitistes (étant omniscient, je n’ai même pas eu besoin de calculer et chacun connaît le 1% ou plutôt la 1% qui vous apporte son soutien).
En conclusion, et étant donné votre incapacité à la remise en question du fait d’une bêtise infinie (pléonasme, en ce qui vous concerne), je vous ordonne dès lecture de ce verdict une fermeture de clapet définitive à respecter sous peine d’incendies dévastateurs jouxtant votre domicile et d’une ampleur comparable à ceux que votre imbécilité avait déjà déclenchés voici quelques semaines.-
Le public
InvitéLe public approuve l’intervention du Monde mais doute de la capacité de la susnommée à entendre à quel point elle est conne et à en tirer les conclusions que nous attendons d’elle c’est-à-dire se casser avec son 1% et ce définitivement. Nous espérons évidemment nous tromper.
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Graindorge
InvitéDésobéissance Ô monde
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Le public
InvitéI told you…
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Jeanne
InvitéGraindorge, tu fiches deux baffes au Monde et au Public et si tu veux tu viens dans mon topic.
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Graindorge
InvitéHahahahaha!!! Je prends mon 4h et j’arrive Jeanne
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Carpentier
InvitéBonjour Graindorge,
Je termine à l’instant son l’amour.
Je t’en souhaite bonne lecture et, comme il me l’avait énoncé début août, je laisse donc définitivement tranquille Jeanne et Jacques. -
François Bégaudeau
Maître des clésIl fallait que ce soit dit.
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Graindorge
Invitédans le livre, dans » livres du même auteur » ils ont écrit Histoire de LA bêtise au lieu d’Histoire de TA bêtise. Volonté d’imposer le LA avec le temps? De guerre lasse, l’auteur laissant courir?
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Graindorge
Invitéj’espère que tu vas mieux, c’est l’essentiel.
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Anthony
InvitéIntervention à la librairie Dialogues à Brest : invité à parler de l’Amour, François aborde aussi dans le podcast les éclaireurs de Dialogues ses autres livres, son travail d’écriture, la vie
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Anthony
Invité-
Graindorge
InvitéMerci Anthony pour le partage
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Graindorge
Invitéle 28 septembre, j’avais écrit que l’entretien que j’avais préféré était celui où F.B était interrogé par le journaliste Francesco Biamonte
« Pour le son, la densité et pour ce merveilleux journaliste: Francesco Biamonte. Oui. sa simplicité, son naturel, son intelligence, son vrai rire MÉRITENT l’adjectif de “merveilleux” À ce jour, l’entretien que j’ai préféré. Merci à lui. »
Et dans la vidéo que je partage aujourd’hui il y a cette femme extraordinaire aussi. Malheureusement, je ne vois pas son nom. À un moment, il y a un bref gros plan d’elle: magnifique, éblouissante! C’est la Foire du livre de Brives. J’y sens une ambiance de fiesta, presque de Fête Foraine, on entendrait presque le bruit des manèges, on sentirait presque la barbe à papa, les cacahuètes grillées et les cornets de frites!
Cette intervieweuse me réjouit par sa pêche, son enthousiasme. Elle est « pícara », espiègle. Et on apprend que FB soudoie ses lecteurs: un livre acheté, un chocolat offert! J’invente, on ne sait pas combien de chocolats sont offerts par livre, hé,hé… La dame promet d’aller vérifier. J’espère qu’il lui a offert aussi des chocolats. Bien MÉRITÉS. Ce furent 6 minutes toutes rondes de bonheur[youtube https://www.youtube.com/watch?v=9LJ-xbRFyao?si=zj4Xw9LfyTuYwM8H&w=560&h=315%5D
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Le ventilateur Bégueule
InvitéEpanorthose à la page 1 : « Elle songe qu’elle n’est pas de taille. Elle n’y songe même pas »
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François Bégaudeau
Maître des clésSi l’éparnothose est une rectification d’un énoncé, sur le mode un pas en arrière, alors ceci n’estgpas le bon exemple. Car ici le deuxième énoncé, avec un léger jeu sur « songe », et le recours à une expression tout faite (n’y songe même pas, don’t even think about it), corrobore le premier.
Elle songe qu’elle n’est pas de taille. Elle n’est pas du niveau.-
Juliette B
InvitéEn fait, si on lit la définition de l’éparnothose, la rectification peut indifféremment être un pas en avant ou en arrière. Et là, comme tu l’expliques, c’est bien un pas en avant au sens d’une accentuation (sur pas de taille), et aussi, me dis-je, un pas en arrière (sur le songe qu’elle ne s’autorise même pas à avoir).
1. Elle songe qu’elle n’est pas de taille.
2. Elle n’y songe d’ailleurs pas tant elle a incorporé bien en amont l’idée qu’elle n’était pas de taille.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui c’est bien ça. Le deuxième énoncé radicalise le premier.
Et oui incidemment c’est bien d’auto-censure qu’il s’agit. -
Juliette B
InvitéEpanorthose dont j’écorchais le nom, que dis-je, assassinais !
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Le ventilateur Bégueule
InvitéJ’étais en effet dans l’interprétation 2., d’autant plus que le songe marquant une pensée sur un temps long, la deuxième phrase plutôt courte heurte le rythme et éloigne le lecteur d’une idée de songe
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..Graindorge
InvitéMais pourquoi tu traduis » n’y songe même pas en anglais?🤔
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..Graindorge
InvitéSi j’ai posé la question Pourquoi tu as traduis » n’y songe même pas en anglais « don’t even think about it’ ce n’est pas dû qu’à ma fatigue du franglais. Je me suis surprise moi-même à traduire en espagnol après avoir dit quelque chose à mon collègue en français. Il s’exaspère » je t’ai pas dit de traduire mais de m’expliquer/ répéter ce que tu viens de dire »
Nous sommes tout le temps entrain de parler 2 langues. Tous les jours. Même 3, l’anglais , voire 4, l’allemand. Je me demande comment c’est dans le cerveau et pourquoi je répète en espagnol quelque chose dit en français à un interlocuteur qui parle cette langue. tu as peut-être une explication ou toi-même ça t’arrive à l’écrit ou à l’oral de façon « naturel »
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Mélanie
InvitéEst-ce que, par exemple : « Tu n’es pas de taille. N’y songe même pas. » ferait une épachose ?
Auquel cas on aurait ici épa + jeu ?-
Mélanie
Invité(Je pense que vous avez dit entre temps ci-dessus que oui)
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Juliette B
InvitéPas certaine Mélanie, parce qu’on passe d’un constat affirmé à une menace impérative sur une possible action dans ta phrase. Y a un changement de registre qui noie une possible épachose je dirais. Mais je ne suis pas spécialiste, alors on va attendre que Ventilateur bégueule nous éclaire. Nous illumine même.
Quelqu’un se souvient à propos de quelle scène du film de KR ce mot a été employé par la spectatrice de l’Arlequin ? Je ne retrouve plus dans ma mémoire.-
Le ventilateur Bégueule
InvitéPas le souvenir d’une scène précise, elle parlait « d’épanorthose féministe » d’ailleurs, et utilisait cela plus comme un concept décrivant le sentiment de non légitimé qui peut réduire la tendance affirmative des paroles de certaines femmes qui font des « des pas en arrière » dans leurs discours. Dans le film, je vois l’empreinte de d’une non légitimité sentie par certaines femmes, mais pas le souvenir d’une épanorthose en bonne et due forme
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Juliette B
InvitéOui, merci. Il y a assurément ce que tu décris – le sentiment d’indignité, de non légitimité à affirmer -, et puis aussi peut-être une recherche de la justesse qui laisse plus volontiers chez elles un temps au doute et, et aux tâtonnements de leur pensée en mouvement.
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Jeanne
InvitéSi je puis me permettre, il me semble que plutôt qu’ « épanorthose féministe » il aurait fallu dire « épanorthose féminine « , par exemple. Ou un autre qualificatif.
Car ces petits pas en arrière me semblent globalement plus anti-feministes que féministes… Non?-
..Graindorge
InvitéPourquoi Jeanne?
L’épanorthose se comprend aussi comme redresser une situation, la corriger, rectifier le tir.-
Jeanne
InvitéC’est pour ça que j’ai dit globalement.
Au départ il s’agissait surtout d’un sentiment de non-légitimité.-
Jeanne
InvitéAutrement dit, Graindorge, il y a peut-être des filles qui font de l’épanorthose pour s’adonner au plaisir de nuancer un propos, de le dire puis de le redire en mieux. Et d’autres filles qui s’abandonnent à cette figure parce qu’elles ne se sentent pas légitimes. Auquel cas ce ne sont pas les mêmes et les deuxièmes ne me font pas l’effet, dans ce cas d’école, d’être animée par un souffle très féministe.
(Moi j’aime bien quand sur Bégaudeau chantier autonome on s’adonne au plaisir de couper les cheveux en quatre).-
..Graindorge
InvitéOh moi tu sais, au début les pâtes Ornoz je croyais que c’était une marque de spaghettis puis j’ai fait un pas en arrière.
Là, mon grand souci c’est qu’une cliente arrivée d’Allemagne vient de m’offrir une énorme boîte de chocolats et c’est pas une blague: j’ai peur de tomber dans la tentation. Je pouvais pas refuser. Je vais les fourguer à un ennemi
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Juliette B
InvitéLe féministe employé ce soir là par une spectatrice, et repris de mémoire par VB, renvoyait tel que je l’ai compris au geste de la réalisatrice elle-même.
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Jeanne
InvitéOk Juliette.
Alors il faut que je relise vos échanges parce que là je m’y perds un peu…-
François Bégaudeau
Maître des clésOui tu t’y perds parce que tu interviens dans une discussion sur un film, et donc sur une figure de cinéma, que tu as prise hors film, dans l’absolu.
Dans l’absolu le fait de ne pas se sentir légitime n’est pas en soi féministe en effet
Mais dans un film le fait de montrer ce sentiment d’illégitimité est féministe.-
Jeanne
InvitéLà je suis d’accord.
Là j’ai compris. -
..Graindorge
InvitéMais pourquoi ne pas être allé dans le fil « Cinéma » au lieu d’être ici, dans le fil « l’amour »?
Begueule parle bien au début d’une page 1 » elle n’est pas de taille etc et puis ça passe à parler d’un film… D’une spectatrice etc…
Ce n’est pas Jeanne qui s’y est perdue
Quant à moi, j’ai appris un mot nouveau. Par contre pourquoi tu as utilisé l’anglais pour traduire du français
? -
Mélanie
InvitéCe qu’on est dissipés alors.
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Mélanie
Invité« Epanorthose féministe » – il s’en dit des choses à la ville. « Sentiment de non légitimé qui peut réduire la tendance affirmative des paroles de certaines femmes qui font des « des pas en arrière » dans leurs discours », voilà encore une chose qui me donne envie de regarder ce film, s’il fait penser à ça.
Merci pour cet exercice sur l’épan’, c’est plus stimulant que mes mots fléchés. Tiens ça me rappelle Nabokov, qui concevait pour sa femme des mots croisés et divers jeux de lettres, pour les lui poster quand elle était en maison de repos – une chose de leur amour à eux. Je vous en mets un exemple :
« Mots magiques
Avec les sept jours de la semaine et les mots : Iono, evrei, Sinaï, parodia, il faut faire 13 mots ayant le sens suivant :
1) ne se divise pas en deux 2) buisson 3) moteur 4) domination 5) ce que la religion emprunte à l’entomologie 6) détrône! 7) il y en a sur le soleil 8) lutteur 9) occupation 10) aide 11) centre 12) partie du monde 13) partie d’un navire »
(Il est dit dans le livre de ces correspondances que les éditeurs des courriers auraient eu plus de mal que Véra Nabokov à résoudre ces jeux-énigmes). -
Emile Novis
InvitéJ’ai lu l’amour. Beau livre.
=>J’ai lu également quelques commentaires ici, notamment celui sur la manière formelle de mentionner les « passages obligés » du couple. Excellent (et merci à ce contributeur d’avoir révélé ce secret de fabrication). Je sentais bien, à la lecture, qu’il y avait un renversement, car pour le sens commun, c’est bien le mariage qui constitue le sujet central du moment pour les futurs mariés, et pas les « boulettes au travail ». Mais je n’avais pas repéré à quel point c’était formalisé. Cela donne en effet cette impression de nécessité dans le déroulement d’une vie : nécessité immanente à la relation, nécessité sociale aussi, à travers les coutumes et les structures amenant les personnages au mariage. On parlerait presque de « destin ». Cette alliance de la nécessité et du style produit de la beauté, en un sens. Mais une beauté un peu amère, parfois.
Cette pointe stylistique et le sentiment de nécessité qu’elle fait sentir concrètement permettent de mettre en perspective certaines scènes par ailleurs très touchantes : l’angoisse de Jacques devant la danse inaugurale lors du mariage. On sent que la nécessité, ici, est subie : c’est un passage aussi obligé que la mort, en un sens, et Jacques ne la remet pas une seule seconde en cause, mais il cherche au contraire un moyen de le vivre pas trop mal, avec le moins de dégâts possibles. Je partage d’ailleurs totalement l’angoisse de Jacques dans une telle situation.
=> Un autre point m’a marqué, mais je suis moins certain :j’ai cru remarquer certaines incises du langage oral dans l’écrit, avec des expressions communes. Cela se repère, me semble-t-il, par une ponctuation étrange, contre intuitive à l’écrit, mais très agréable à la lecture, car le lecteur rythme la phrase selon la prononciation orale commune, de manière autonome. Souvent, c’est une virgule qui « manque », je veux dire que j’aurais bien mis une virgule pour ponctuer la phrase et son rythme, mais il n’y en a pas (malheureusement, j’ai déjà prêté/donner le livre, je ne peux donc pas prendre une illustration précise). Cela donne un caractère vivant à la lecture, grâce à cette intégration par l’écrit des habitudes orales et collectives du parler populaire.
Sur ce point, et à supposer que je ne m’égare pas, je m’interrogeais d’ailleurs sur le destin du livre qui utilise ce procédé stylistique : dans 300 ans, quand ces tournures orales auront (peut-être) disparues de l’usage collectif, comment se passera la lecture? Peut-on intégrer cette oralité commune dans le texte sans enfermer certains passages dans leur temps? Ou y aura-t-il une forme de nouvelle naissance du texte? Je ne sais pas.
=> Il n’y a pas (ou très peu) de description de visages, quasiment rien sur les visages de Jacques et Jeanne (à part quelques éléments sur les cheveux, qui aident à dessiner un peu le visage tout de même). On peut projeter des formes en fonction des sensibilités, et je trouve ça pas mal.
=> J’ai lu quelques critiques, et elles sont globalement bonnes, semble-t-il. Mais je ne comprends pas la critique négative sur le « mépris de classe » qui revient souvent : je trouve au contraire, comme le disait un jour un moine, qu’il y a une grande tendresse pour ce qui est (il utilisait cette expression pour définir la miséricorde). Je dirais donc (comme je l’ai déjà souligné dans la rubrique Littérature), que ce livre est miséricordieux en ce sens là.-
françois bégaudeau
InvitéMiséricordieux oui je crois. C’est le fond de l’affaire. C’est un livre chrétien.
Je ne crois pas qu’il y ait eu tant d’accusations de mépris de classe. En fait je n’en vois qu’une : Nelly Kapriélian, aux Inrocks. J’y ai répondu (entretien à la Maison de la poésie). Je reviendrai bientot sur cette affaire de mépris de classe, qui relève désormais de la bêtise collective.
Sur la péremption de l’oralité :
1 Ne jamais oublier que la question ne se pose pas de la lisibilité d’expressions orales dans 50 ans, mais de la lisibilité du livre tout court. Ce livre ne sera plus lu dans 20 ans – au mieux (et encore, parce que son succès et ses adaptations lui seront une perfusion)
2 L’interrogation ne vaudrait pas que pour l’oralité. Il y a des formules académiques, des tournures légitimes, qui vieillissent aussi vite que l’oral. Qui sont tout aussi datées.
3 De la lisibilité ou non des formules orales, nous avons des exemples célèbres : Zola, Céline. Je pense aussi à des romanciers américains portés sur l’oral-trivial, qu’on lit sans réticence. Donc décidément le problème est plutot en 1.-
Emile Novis
InvitéMerci pour la réponse.
En effet, la critique du « mépris de classe » est assez localisée. Il m’avait semblé la voir aussi dans un « avis de lecteur » sur internet, mais peu importe.
Toujours est-il que je n’ai pas compris l’objet de cette critique. La vie de Jeanne et de Jacques, c’est un morceau de la vie de mes parents, et je n’ai vu aucun mépris dans ces pages, au contraire.-
Nuelle
InvitéJe n’ai pas compris non plus.
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françois bégaudeau
InvitéJe crois donc que la réponse est à la Maison de la poésie : il y a une accusation de mépris de classe qui trahit un rapport embarrassé aux classes populaires – une sorte de prudence toute bourgeoise à l’égard du peuple, qui confine au mépris
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GaelleS
InvitéDes exemples pour l’illustrer il y en a plein. Je me souviens d’Arnaud Laporte qui justifiait son irritation devant Merci patron ! par le mépris de classe qu’il attribuait à Ruffin. Je mets dans le même spectre certains collègues csp+ qui disent Bonjour Madame/Bonjour Monsieur aux femmes/hommes de ménage au boulot alors qu’ils usent du Salut ou simple Bonjour avec les autres collègues, même avec leurs N+1 ou N+2.
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françois bégaudeau
InvitéAh si : une historienne de gauche assez connue, et que j’apprécie, m’a gratifié d’une lettre pour me dire que j’avais réduit ces personnages populaires. Elle les eut voulu plus créatifs, plus intelligents, moins passifs politiquement. Elle les eût voulu de gauche.
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Alain m.
InvitéEt qu’as tu répondu ? Ou que répondrais-tu?
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françois bégaudeau
InvitéJ’aurais répondu qu’en bon racinien je ne peins pas les gens tes qu’ils devraient être mais tels qu’ils sont. Je les prends là où ils sont (et j’aurais pu faire bien pire en exposant les vues politiques de Jacques), je les accompagne envers et contre tout. Je n’essaie pas de les sauver. Je ne connais de rédemption que celle de l’écriture même : par l’écriture même Jeanne et Jacques sont sanctifiés. Mais j’imagine que ce n’est pas cela qu’attendait cette correspondante de gauche. Le prochain ne lui plaira pas non plus.
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Tristan
Invité« je ne peins pas les gens tels qu’ils devraient être mais tels qu’ils sont »
Je crois pas que cela réponde à la question de l’historienne de gauche (on peut faire des paris pour deviner qui c’est ?).
S’il est vrai qu’on peint (que tu peins) les gens tels qu’ils sont, on choisit malgré tout les gens qu’on peint, on choisit les fragments de réel qu’on veut signifier. On aurait pu imaginer des situations où J&J (ou leur fils, ou leur voisin) croisent une grève, un syndicat, une campagne municipale. De tels gens sont, on en trouve.
La question, alors, est ce sur quoi s’opère le choix. Sur la réalité statistique ? (mouais, bof) Ou plutôt : en prenant le contre pied de la figure du romancier de gauche qui peint des pauvres de gauche ? Voire même : en constatant une dissonance entre la représentativité statistique des pauvres politisés à gauche et leur représentation dans la littérature produite par des gens de gauche ; et en s’attachant à rétablir une sorte d’équilibre ? Ou, en fait : sur tout à fait d’autres motifs, nébuleux et variés, qui font que la question ne se pose pas ? (Pourtant elle se pose, sinon à l’auteur du moins au lecteur : je suis en train de relire L’Aménagement du territoire, de Bellanger, et je suis frappé du choix de ne faire apparaitre à aucun moment le moindre ouvrier, lui qui ne cesse de parler de chantiers, à aucun moment le moindre habitant d’une zone dévastée par le béton…)
J’entends chez l’historienne de gauche une double déception : 1) que J&J ne soient pas vraiment des bons pauvres, disponibles à l’insurrection prolétaire qu’elle appelle de ses voeux (ce qui réactive tout un tas de discussions sans fin à chaque petit soulèvement d’ampleur, quand les pauvres parlent et qu’on se rend compte qu’ils ne sont pas tels qu’on le voudrait) 2) que, dès lors, le roman ne puisse pas être pleinement édifiant. Elle questionne, je crois, les effets possibles produits par la lecture. Et ta réponse congédie cette question (non ?).-
françois bégaudeau
InvitéIl est bien vrai que ma réponse, et en général toute ma pensée de l’art, congédie la question de l’effet, en tant que question spéculative. Si cette historienne s’inquiète du mauvais effet politique du roman, elle rejoint la cohorte de gens, dont se moque Rancière qu’elle connait, toujours prompts à s’inquiéter qu’une oeuvre immisce de mauvaises idées dans des cerveaux vulnérables (voir Le spectateur émancipé).
Mais je crois que le débat se situait plutot sur l’idée qu’en privant ces gens d’une sorte de profondeur politique ou esthétique, je les restreignais. Et là dessus je ne peux que réitérer ma réponse en deux plans : 1 s’ils sont restreints, je les peins restreints ; 2 je ne les restreins pas puisque je les inclus dans la grâce. Sanctification par le roman.
Bonus : dans sa lettre cette lectrice disait etre une lectrice assidue de mes romans. Mais alors pourquoi ne pas s’etre réjoui de Louisa, qui, aussi peu politisée ait-elle été, finissait en warrior social? Pourquoi ne pas me parler de l’échappée de la fin d’Un enlèvement, entièrement arrimée à la capacité mentale de Louis d’excéder sa situation.? Et tant d’autres exemples dans mon travail.
En réalité je n’ai pas d’option a priori sur ça. Je peins des personnages qui m’intéressent, certains sont des résistants, d’autres plutot des dociles. Mon problème de romancier n’est jamais celui là.-
Charles
InvitéSacrée Ludivine.
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françois bégaudeau
Invitérire
c’était une historienne beaucoup plus recommandable-
Charles
InvitéSophie W, alors.
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françois bégaudeau
Inviténon
une historienne que j’ai pas mal lue
une compagne de route de Rancière-
Titouan R
InvitéMichelle P, tente-t-on
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Tristan
InvitéOu Arlette F., ajoute-t-on circonspect.
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Titouan R
InvitéPas bête…. je me range à ta proposition
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françois bégaudeau
Invitéoui
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Kenyle
InvitéSi des gens comme les Moreaux ont existé ou ont pu existé pourquoi ne pourrait on pas les raconter ?
Il n’a réduit personne. Très beaux personnages.
Je lu le livre l’été dernier à sa sorti, je lis très peu de contemporain. Il faisait très chaud quand il est sorti, j’étais dans un parc à l’ombre d’un arbre, allongé sur l’herbe sur plusieurs après midi. J’ai une capacité d’attention assez courte, j’atteins rarement plus d’une heure de lecture en continu, c’est peut être internet qui m’a bousillé tout ça… Ou pas. En tout cas ça n’a pas aidé.
Cette lecture m’a plongé dans quelques rêveries et j’ai des bons souvenirs de ces instants là. C’était un beau livre, merci françois.-
françois bégaudeau
InvitéSouvenit d’un intervieweur me disant: ce qui est bienn c’est que ces personnages, vous les respectez, car ils ont une vie intérieure. Par exemple Jacques et les étoiles. Cet intervieweur était affable et enthousiaste sur le livre, mais dans ce propos j’entendais de la condescendance. Genre : ces personnages auraient été bien pauvres s’ils n’avaient pas eu une vie spirituelle, Jeanne par les mots, Jacques par les étoiles. Or précisément la grâce n’a pas besoin de ça. La grâce sauve tout, à n’importe quel prix. Elle sauve l’huitre. Je n’ai pas de donner une « profondeur » à ces gens pour les trouver puissants. Tout est puissant. Une huitre est puissante.
Je compare ces gens à des huitres? Oui mais pour moi c’est flatteur. Grandeur de l’huitre.-
Mais moi c’est léo
InvitéTeam francis ponge ici
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françois bégaudeau
InvitéUne team de champions league
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Juliette B
InvitéOn joue ? Je tente une réponse imaginataire :
Qu’exiger de la littérature qu’elle soit édifiante, c’est signer sa mort et celle de la justesse de toute écriture
On peut d’ailleurs ici remplacer « littérature » par tout autre pratique artistique.
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Claire N
InvitéOui ! Pour moi – qu’elle se rassure l’adaptation cinématographique prévoit Charlotte Gainsbourg dans le rôle de Jeanne dans l’optique explicite de combler cette horrible faute de goût
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Alain m.
InvitéCela m’amène à une autre question. Un auteur a-t-il le pouvoir d’empêcher une adaptation ?
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françois bégaudeau
InvitéNormalement une adaptation ne se fait qu’avec son accord
Mais ensuite l’auteur n’a pas la main sur le contenu meme. Et surtout pas sur le choix des acteurs. Il est donc possible qu’on se retrouve avec François Civil en Jacques.-
Alain m.
InvitéFrançois, merci pour tes réponses.
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Juliette B
Invité… et Guillaume Canet dans le rôle de Jacques (Lindon qui voulait le rôle en fera une jaunisse)
(Dans la bonne tradition bourgeoise du champ, la production veillera par ailleurs à ce que la fille de Charlotte joue Jeanne jeune, et le neveu de Guillaume tiendra le rôle du jeune Jacques.)
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Claire N
InvitéMais non ! On a crée un monstre !
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Juliette B
InvitéPour ceux qui chercheraient, le lien Maison de la poésie donc
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cedric
InvitéOn veut des inconnus pour Jeanne et Jacques. Et si on insiste, Civil il chantera le générique.
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françois bégaudeau
InvitéOn rigole mais le cinéma en est bien capable
Il a fait tellement pire.-
françois bégaudeau
Invitéle passage dont je parlais commence à 16’00
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Emile Novis
InvitéJ’ai vu le passage, et cette explication me semble cohérente. Pour compléter, l’accusation de mépris de classe semble provenir, ici, d’une mauvaise conscience de la personne devant ses propres réactions face au milieu populaire (peut-être un dégoût devant la vie de Jeanne et Jacques; ou le sentiment qu’ils doivent terriblement s’ennuyer; que la vie populaire, ça ne peut pas être ça, ça ne doit pas être ça, etc.).
Et la mauvaise conscience n’est pas toujours bonne conseillère : on accuse autrui de ce qu’on sent en soi-même pour se décharger du problème.
Toujours est-il qu’à la fin, l’accusation de mépris de classe ne parle pas du livre, mais de la personne qui a lu le livre.-
françois bégaudeau
Invitéla personne en question étant une critique des Inrocks qui écrit des romans chez Grasset, dont un sur la garde-robe de Garbot
appelons ça une prolétaire-
Titouan R
InvitéLadite NK t’ayant par ailleurs dans le nez depuis fort longtemps….
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françois bégaudeau
Invitédepuis 2005
reconnaissons lui une belle constance
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Titouan R
InvitéPar contre, Garbot, c’est une synthèse Bardot-Garbo ?
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Nuelle
InvitéC’est éclairant et très juste effectivement, merci. J’avais raté cette interview.
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Joe
InvitéJ’ai lu Amour il y a quelques temps en pensant à mes parents (45 ans de mariage), puis je l’ai prêté à ma mère qui a bien aimé mais n’y a pas trouvé d’amour là où j’en voyais beaucoup.
Avec le recul, ce qui me frappe le plus c’est qu’ils sont l’essentiel l’un pour l’autre, dans la durée de la relation, et dans la relative exclusivité du quotidien. Le monde extérieur à leur relation est assez restreint, même si quand même fait de petites choses qui comptent (la scène du mari dans son garage en train de bricoler des figurines me plaît beaucoup)-
françois bégaudeau
InvitéIl y a peut-être un moment, oui, où deux êtres se suffisent – et c’est cette auto-suffisance à deux qu’on appellerait l’amour. A voir.
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PeggySlam
InvitéN’empêche François si votre roman est réalisé en film vous n’avez pas peur que le réalisateur s’approprie trop votre histoire et change tout pour plaire au public populaire ? C’est arrivé tellement de fois de voir des réalisateurs changer la fin d’un livre pour ne pas laissé une mauvaise expérience cinématographique.
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Carpentier
Invité… Jeanne et Jacques ont cet espèce de courage de continuer, de persister dans la vie / …
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..Graindorge
InvitéContente de te retrouver Carpentier! Merci pour le partage
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Carpentier
Invitésalut Graindorge,
as-tu écouté l’auteur de l’amour qui inaugurait la série des présentations de leur bouquin par les lauréats du prix inter juste avant verdict?
– j’ai encore aussi en tête l’intervieweuse qui extrait la matérialité de la première enroulade de J&J, les serviettes éponge qui préserveront un peu la propreté du matelas de la chambre d’hôtel où travaille Jeanne; et François Bégaudeau qui précise que c’est sans doute un moment plein de lyrisme dans les têtes aussi, pour J&J mais que oui, ce moment matérialiste mérite qu’on en rendre compte en honneur au réel des personnages (truc comme ça. je nappe sans doute le propos de mémoire).
Sinon, je lis le dernier Sorman. J’y prends mon temps, les chapîtres le permettent, je trouve.-
..Graindorge
InvitéSalut Carpentier:
donc c’est bien toi! Ça me fait très plaisir d’avoir de tes nouvelles. Avec tous ces pseudos de pseudos, et les usurpations, j’étais pas sûre!
Oui, j’ai écouté. Dommage FB est interrompu ou ces 17mn d’entretien sont juste un extrait car il était en train de parler d’entre les murs et bloup! Musique… puis rien.
Cette manière de parler de la journaliste d’inter, ça me gave un peu mais je m’en fiche aussi. C’est sans surprise.
Et lorsqu’elle dit que la 1ère scène d’amour c’est comme tu dis Carpentina « la matérialité de la 1ère enroulade etc » Demi sourire de ma part. L’amour commence avec Pietro. Pour ne parler que de J et J, la 1ère scène d’amour c’est à la page 31. Ils jouent avec Boule. Jacques qui lui envoie la balle « jusqu’en Chine ce serait parfait » et ils ont chacun un bras dans une manche d’anorak. Et puis aussi, sur le trajet retour de la balade » le vent a fraîchi mais même en T.shirt Jacques ne sent rien » et aussi » Jeanne court à petit pas vers le portillon et ce n’est pas parcequ’elle est en retard »
« À sa place Jacques courrait aussi. Ou bien se retiendrait de courir car il est un homme. »
Voilà la première scène d’amour. Et je suis sûre que Jeanne et Jacques seraient/auraient été d’accord.
Maintenant si les parisiens disent que c’est la scène de l’hôtel. Soit.
La justice devrait donner le prix inter à « l’amour ».
Même l’Amour devrait le lui donner
Alors, on croise les doigts Carpentina. Tous les doigts. Oui, même ceux des pieds. Et bien sûr on prie
Bonne Fête, en passant, à toutes les mamans! ( « affect de Droite »? M’en fiche. Demi sourire)
Bisous-
Carpentier
Invitéon saura dimanche à priori, le 2 juin, on saura si l’amour:
https://actualitte.com/article/116524/prix-litteraires/eric-reinhardt-francois-begaudeau-les-10-finalistes-du-prix-inter-2024+ Fête des mères? t’es bonne pour un titre de M, là, c’est sûr (dans #guitare2 ?) allez,
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..Graindorge
InvitéZut! J’ai oublié de prier pour « l’amour »
Mais bon Ça économise à son auteur une visite obligée à Demorand et Salamé -
Renaud Bigorre
InvitéJ’ai découvert que L’amour est sorti en italien sous le titre « allongé » L’amore è una cosa semplice.
Je serais curieux de savoir si François a été consulté au sujet de cette « rallonge » et du pourquoi de l’ajout de cette légère explicitation du titre original.
C’est aux éditions Salani, traduction de Francesco Bruno et photo de couverture La méthode de Christer Strömholm.
https://i0.wp.com/dasapere.it/wp-content/uploads/2024/09/Lamore-e-una-cosa-semplice-scaled.jpg-
Claire N
InvitéÇa sonne ; avec le coda semple pas très loin du cœur simple
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lamartine
InvitéT’es toujours dans les bons plans de pensées. Bien vu
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François Bégaudeau
Maître des clésLes éditeurs qui traduisent informent l’auteur sans vraiment lui demander son avis.
Ce titre est évidemment anti-littéraire au possible, anti-mulesque, mais je n’ai pas le temps d’en faire un fromage.-
Ragon
InvitéLes Italiens comprendraient pourtant sans doute très bien que tu en fasses un fromage.
Si le titre de l’Amour est médiocrement traduit en suisse allemand, je compte sur toi pour nous en chier une pendule.-
François Bégaudeau
Maître des clésOu une pendulette
Promis j’essaierai-
Seldoon
InvitéA propos de traduttore traditore, c’est l’occasion de rappeler qu’il était une fois la révolution est connu sous le titre de planque-toi connard aux Etats-Unis, une poignée de dynamite en Angleterre et baisse la tête en Italie. Il était une fois dans l’ouest varie tout autant, entre simplicité (Japon : western) et tentative poétique (Allemagne : joue moi la mélodie de la mort). Je veux dire que les italiens se vengent sur François.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn même temps un film comme Planque-toi connard, j’y cours
Depuis le temps qu’on attendait le biopic de Vincent Lindon.-
Seldoon
InvitéJames Coburn avait un avis différent. Il racontait que son ami Henry Fonda lui avait venté les tournages de Leone, surtout n’hésite pas si tu as l’occasion. « Alors je suis allé tourner avec lui en Espagne mais le film s’est appelé planque-toi connard et personne ne l’a vu ». Pourtant, Coburn dans le rôle de Lindon, je cours le voir.
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Seldoon
InvitéVanté.
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Nola
InvitéAvant de s’inquiéter de la perte dans la traduction, on devrait acter la perte dans la lecture.
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François Bégaudeau
Maître des clés….. bien lu
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Nola
InvitéNola, avec un a.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe note
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..Graindorge
Invité@Renaud Bigorre: juste « l’amore » pour des italiens, ça peut prêter à confusion. Donc, cette rallonge
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Mao
InvitéVoyant cela je me suis tout de suite dit que la version italienne devait faire 378 pages. Mais vérifiant l’info je m’aperçois que j’ai été mauvaise langue. Il ne fait que 128 pages.
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Carpentier
Invitéoh? un nouveau roman?
comment dîtes-vous? l’amour?
FB écrivant l’amour? mon petit coeur ne tiendra pas, je le lirai donc pas.-
..Graindorge
InvitéComment ça va Carpentina? Tu dors mieux?
Es-tu allée voir Le lien avec ta maman?
Si tu veux me donner des nouvelles sans déranger ici, j’ai toujours la même adresse électronique-
Carpentier
Invitébah?
tu cédes à cette connerie?
qui dérange qui ici? es-tu sérieuse?
comme déjà dit, je ne ‘ communique ‘ plus par mail filé dans un forum.
Un principe? on dirait, oui, presque : )
Dorénavant, si on me demande ou questionne sur mes ‘ valeurs ‘ si on veut savoir si j’ai ‘des principes ‘ je pourrai dire:
oui, un seul: ne jamais communiquer par mail avec qqn.e croisé.e sur un forum public.
Dirais-je que j’ai été traumatisée par le contact mail sur le forum fb précédent?
mmmm, s’il faut à tout prix identifier et dire un trauma pour être dans son époque, ok, je dirai ça alors.-
Carpentier
Invitédu coup, j’en profite pour te dire – au cas où – que je ne t’ai encore jamais contactée par mail, hein.
Des fois que certain.es se feraient passer pour,-
..Graindorge
InvitéNon , Carpentina ne m’as jamais contacté
par mail votre honneur.
J’ai écrit » j’ai TOUJOURS la même adresse électronique » car j’ai donné plus d’une fois mon adresse électronique sur ce forum.
Musique!-
Carpentier
InvitéPour le lien, pas encore emmené daronne & daron, non 🥹
Ma mère est en cours de nouveau protocole pour la maladie chronique qui a suivi sa remission d’un cancer du sein.
Avec elle, on espère.-
Carpentier
Invitéet pour l’amour, mon petit coeur ne tiendra pas, je le lirai donc pas.
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..Graindorge
InvitéCourage et baisers
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toto
InvitéLa photo est sympa
toche-
toto
InvitéJe parlais de la couverture de L’amore è una cosa semplice.
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François Bégaudeau
Maître des cléssociologiquement approximative, mais passons
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aa
Invité(François tu es beau. On a le droit de le dire ?)
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Ragon
InvitéCette parenthèse nous ferait presque croire que c’est Grégoire Bouillier.
Ah non, la parenthèse est fermée,
je retire ce que je viens d’écrire. Zou. À la poubelle. Que l’on n’en tienne pas compte. Désolé pour le dérangement.
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François Bégaudeau
Maître des clésRire
Cela dit le point de droit soulevé est important. Et je le tranche avec une autorité toute judiciaire : oui on a le droit.
D’aucuns considèrent même que ce devrait être un devoir.
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Renaud Bigorre
InvitéAnecdote « François Hollande ». En quête de Fin de l’histoire (François y fait allusion dans Comme une mule et en parle dans plusieurs entretiens qui ont accompagné la sortie du livre), je découvre avec surprise et joie la sortie d’un nouvel ouvrage de FB en mars prochain intitulé De Liefde. Ce titre m’est énigmatique, je le googlise et tombe sur la page Wikipedia d’un dénommé Johan de Liefde, officier de marine hollandais du XVIIe siècle, vice-admiraal des provinces de Hollande et Frise occidentale au sein de l’Amirauté de Rotterdam. Je sais bien que François aime surprendre, se rendre en des territoires où on ne l’attend pas, mais là ça dépasse tout ce que j’ai pu imaginer. A moins que ce ne soit un nom codé convenu avec l’éditeur pour ne pas le dévoiler le véritable titre. J’étais juste *Lost in translation* et la résolution fut plus simple que je ne l’eus Cruyff !
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PeggySlam
InvitéIl me semble qu’il a parlé d’un livre philosophique une fois dans un entretien de Comme Une Mule (mais je sais plus lequel) pour le printemps prochain. Peut être celui-ci. Suspens
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essaisfragiles
InvitéDédé le Fieleux était un célèbre marchand de glace qui officiait au début des années 80 dans les bas quartiers de Luçon. Fransceco Pirlo, enfant perdu d’un couple pas très net, était son rabatteur. L’affaire a fait grand bruit au moment de l’arrestation de Pirlo, alors âgé d’une douzaine d’années, qui partit dans une maison de correction pour le restant de ses jours. On n’en entendit plus jamais parler. Telle est la véritable histoire.
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PeggySlam
InvitéMerci pour l’info !
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Renaud Bigorre
InvitéVivement la série Netflix !
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essaisfragiles
InvitéJeu : écrire une petite histoire de 4-5 lignes maximum sur ce livre dégoté par Renaud.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe livre est en fait une monograhie de Luka Dragic.
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Carpentier
InvitéTu m’étonnes qu’
il a plutôt plu
– j’avais pensé ne rien dire de ‘l’autour de mon achat de Désertion dans ma librairie ‘ que chacun.e connait ici, depuis le temps
mais
quand même:
– Faisant semblant (quelle coquetterie ridicule) après avoir dit
‘ bonjour, j’ai reçu votre mail pour une commande pour un livre au nom de Carpentier ‘, truc comme ça, j’ai ajouté:
‘ et, j’en profiterais bien pour vous prendre le dernier livre de François Begaudeau si vous / coupé net
(par la moue de mouiii sûr de lui du vendeur ou patron ou, qui me dit):
– l’amour? oui bien sûr et il quitte la caisse pour se diriger vers une des étagères
– ah non, l’amour c’est son avant-dernier, le dernier c’est Désertion, je crois (quelle coquetterie ridicule)
– ah, oui, l’autre c’est parce qu’on la reçu récemment pour sa sortie en poche
– ……
– mais le Désertion il me semble que (retour caisse/ordi/consultation références) oui – il repart vers un présentoir cette fois, placé devant la porte d’entrée en plus : il m’en reste, tenez
– …. (ridicule et aveugle de coquetterie, Carpentier)Bientôt, j’aurai fini le Thomas Mairé
et j’ouvrirai Désertion.-
Carpentier
Invitél’amour, on l’a reçu récemment pour sa sortie en poche
un autre succès littéraire pour l’auteur Maître des Clefs d’ici, quoi
Et oui, nous Z’autres, c’est qu’on suce pas les boules de n’importe qui
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