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Accueil Forums Forum général La guerre et la morale de l’esclave

  • Ce sujet contient 64 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par BIOGRAPHIE, le il y a 1 année et 1 mois.
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    Messages
    • #101117 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Il semblerait que la bourgeoisie soit excitée par la guerre. En écoutant leurs discours actuels, je me suis demandé quel était l’affect principal qui déterminait leur propos. Il y aurait beaucoup de choses, sans doute, mais je n’ai pu m’empêcher de penser à ce texte de Spinoza et à la lecture qu’en fait Deleuze :

      « Et il n’est rien certes, sinon une farouche et triste superstition, qui interdit de prendre du plaisir. Car, en quoi convient-il mieux d’apaiser la faim et la soif que de chasser la mélancolie ? Voici ma raison et ce dont je me suis persuadé. Aucune puissance divine, ni aucun autre qu’un envieux ne prend plaisir à mon impuissance et à mon désagrément et ne nous tient pour vertu les larmes, les sanglots, la crainte et autres manifestations de ce genre, qui sont des signes d’une âme impuissante. Mais au contraire, d’autant nous sommes affectés d’une plus grande joie, d’autant nous passons à une perfection plus grande, c’est-à-dire qu’il est d’autant plus nécessaire que nous participions de la nature divine. C’est pourquoi, user des choses et y prendre plaisir autant qu’il peut se faire (mais non certes jusqu’au dégoût, car ce n’est pas alors y prendre plaisir), c’est d’un homme sage. C’est d’un homme sage, dis-je, de se refaire et de se ranimer au moyen d’une nourriture et de boisons agréables prises avec modération, comme aussi au moyen des parfums, du charme des plantes verdoyantes, de la parure, de la musique, des jeux de manège, des spectacles, et autres choses de même genre, dont chacun peut user sans aucun dommage pour autrui. Le corps humain, en effet, est composé d’un très grand nombre de parties de nature différente, qui ont continuellement besoin d’une alimentation nouvelle et variée, afin que le corps tout entier soit également apte à tout ce qui peut suivre de sa nature, et conséquemment que l’esprit soit aussi également apte à comprendre plusieurs choses à la fois. C’est pourquoi cette organisation de la vie convient très bien et avec nos principes et avec la pratique commune ».

      Il est interdit de prendre plaisir, dit la bourgeoisie : vous êtes coupable de jouir et de passer du bon temps. C’est fini, le cocon de sécurité déconnecté de la réalité.
      Des larmes et du sang !!, crient-ils en cœur en citant Churchill. Des larmes et du sang pour éviter notre destruction imminente ! On voit le traditionnel éloge de la souffrance pour la souffrance, l’apologie de la peur et de la crainte visant à réduire le corps social à l’impuissance. Ils semblent même prendre plaisir à ces larmes et à ce sang qu’ils appellent de leurs vœux pour qu’on leur obéisse. Le temps n’est plus à la culture, à la pensée, aux spectacles, au jardinage tranquille, aux petits projets individuels, aux luttes pour le commun, à la discussion, à la contemplation, à l’innocence, au temps libre : il faut maintenant payer votre mode de vie, sacrifier votre plaisir pour vos enfants, obéir à nos ordres. « Il faut inquiéter les français pour les préparer à des sacrifices« , disait l’autre jour un prêtre médiatique dont j’ai oublié le nom mais qu’une vidéo d’acrimed a sélectionné dans son florilège de discours belliqueux.

      Vous êtres coupables du plaisir de vivre que vous éprouvez en ce moment, et ça fait trop longtemps que ça dure : la guerre est l’occasion de vous le dire une bonne fois pour toute. On veut vous voir en deuil, triste, la mine grave, prêts à mourir demain pour nous. Il faut travailler, maintenant, travailler beaucoup, jusqu’à 70 ans, voire plus – retraite par capitalisation, vous travaillerez autant qu’il faudra pour vous payer votre steak, 75 ans s’il le faut. Il en va de notre « puissance » contre la Russie et le monde dangereux, etc.

      Le tout au nom de superstitions et de croyances irrationnelles : « nos valeurs », « notre puissance », notre « démocratie », notre « rayonnement » dans le monde (c’est quoi, ça, le « rayonnement »?).

      Voilà le discours de l’envieux. Pourquoi seraient-ils envieux ? Je ne sais pas.

      Hypothèse : la bourgeoisie est tellement angoissée par sa propre destitution et par l’absence de consentement qu’elle pressent dans le corps social qu’elle ne supporte pas qu’on puisse prendre du plaisir sans elle. Elle ne supporte pas qu’on puisse même prendre du plaisir à nous émanciper d’elle. Lé sécu, à l’origine, c’était aussi ça : une autogestion par les travailleurs d’une partie de la richesse produite pour s’aménager un peu de tranquillité et pouvoir libérer l’esprit de la précarité – la précarité qui menace souvent le plaisir et la joie. Alors la bourgeoisie veut détruire la sécu.

      La bourgeoisie loue l’impuissance (notre impuissance) pour réaffirmer son existence. La guerre est son prétexte pour dire le cœur de sa pensée. C’est une morale d’esclave et un discours tyrannique. Ce dont il est question, dans le discours bourgeois actuel, c’est peut-être la haine de la vie et du plaisir, la haine de la joie : les bellicistes sont des contempteurs du plaisir et de la joie. Des réactionnaires en ce sens là. Au nom de leurs intérêts médiocres et bassement matériels : capter la richesse produite.

    • #101120 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      PS: Et je me pose donc une question : oui, la bourgeoisie est déterminée par ses intérêts matériels, mais j’ai l’impression qu’on entend assez peu l’idée que la bourgeoisie serait une classe envieuse . Une classe qui ne supporte pas que le corps social puisse vivre en dehors de sa tutelle, s’organiser sans elle, prendre plaisir sans elle. Je veux dire par là que son discours n’est peut-être pas simplement le résultat d’un discours froidement calculé au nom de ses intérêts matériels et de ses stratégies du moment, mais qu’il est le produit d’un nœud affectif très morbide qui aurait quelque chose à voir avec l’envie décrite par Spinoza. C’est parfois le sentiment que j’ai en les écoutant parler en ce moment sur la guerre.

    • #101123 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Aaaah! Revoilà notre Émile Novis! Grande joie!

    • #101124 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
      • #101125 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Coucou Graindorge. J’ai entendu parler de ce manuel en effet. J’espère qu’ils nous expliqueront comment se boucher le nez quand on pète. « La patrie a besoin de vous » (Macron) – notons qu’il ne dit pas « besoin de nous« , mais besoin de « vous« …

        • #101130 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Nous? Rire

        • #101132 Répondre
          pifou
          Invité

          Pas la peine pour moi, j’ai déjà le guide de survie en territoire zombie de Max Brooks.

          • #101135 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Ce n’est pas moi qui vais refuser de psychologiser la bourgeoisie, mais rappelons quand meme que l’oisiveté ou l’autonomie lui sont avant tout insupportables en tant qu’elles induisent des individus improductifs, des individus dont on ne peut pas extorquer la valeur
            Je ne sens pas un immense bellicisme de la part de la classe dominante actuellement. Mais je sens qu’elle voit déjà quelles marrons tirer de la guerre – à commencer par des sacrifices demandés aux gens, c’est à dire une aubaine pour les faire bosser plus (« l’économie de guerre »comme argument imparable pour obtenir des gaulois les sacrifices qu’ils rechignent à faire.)

            • #101169 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              @FB
              Je pense que le bellicisme de la bourgeoisie s’arrête à l’a rhétorique en effet : un langage guerrier qui ne l’a jamais quitté, mais qui s’intensifie à l’occasion des évènements.

              • #101170 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                * la rhétorique.

                • #101186 Répondre
                  une bance de putes
                  Invité

                  a quelle heure on se masturbe ?

                  • #101251 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    à la 5e mi-temps m’enfin
                    comme tout bon rugby man qui sait déconner: prépare les biscottes

    • #101126 Répondre
      Ludovic
      Invité

      C’est juste que la peur
      est le meilleur moyen de maintenir
      les gens comme vous
      Le bétail humain
      Donc ils ont raison

      • #101128 Répondre
        Ludovic
        Invité

        Ils vous mènent où ils veulent
        Au depart des graines
        ‘pi quand y’a plu trop de graines
        Le bâton

    • #101127 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Je le disais ici à Je sais plus qui  » aucune joie à partager une joie alors détruisons la joie »
      Leur joie c’est le Nananèreu et quand ils constatent que on s’en fiche ça les ennuie. Beaucoup.

      Quant à la propagande de guerre, c’est propagande de peur surtout pour ensuite faire gober leur Agenda: la retraite à 70 ou 75 ans.
      Et à propos du manuel: ils osent appeler ça un manuel de survie! Il est où le manuel de survie de nos hôpitaux? de nos écoles? de nos handicapés? De nos étudiants ? De nos anciens? De nos agriculteurs? De tous les durs métiers dits « essentiels »?
      Un ouvrier l’a dit: « ils nous ont tout enlevé! Même la peur! » De quoi avoir peur? Les gens n’ont plus peur! Et ils survivent depuis longtemps! Sans manuel. Et sans Manus militaris…

      • #101178 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Tandis que, toute emprunte de bonté, la Miss Charity de Marie-Aude Murail, adaptée en bd par le couple Clément/Montel, se livre ainsi:

        Je faisais cette expérience étrange qu’une joie qu’on ne peut partager devient presque un chagrin.

        • #101217 Répondre
          Graindorge
          Invité

          tellement vrai! Je ne sais absolument pas aller au cinéma, à un spectacle de danse, au théâtre ou même exceptionnellement au restau ou prendre un pot toute seule. Sauf dans un aéroport ou dans une gare, attendant un avion ou un train
          Je suis allée jeter un oeil à cette B.D. J’aime bien

    • #101137 Répondre
      essaisfragiles
      Invité

      @ Emile Novis
      Une manière de poursuivre une partie de ton propos, guerre mise à part.
      Cela résonne avec La Zone d’intérêt que j’ai vu ce week-end. Dans ce film, les corps sont presque toujours montrés en mouvement, déambulant dans l’espace ou s’activant au travail. Sauf que ce ne sont pas les mêmes corps. Il y a d’un côté les corps bourgeois, faisant le tour de leur propriété, discutant des bourgeons, prenant le temps de flâner, de se reposer (autour d’un thé, près d’une piscine, lors d’un pique-nique), de profiter des plaisirs de la vie, de jouir. Et de l’autre, les corps des servants et servantes, dont le travail est esclavagisé, à qui on ne laisse aucun répit, qui doivent toujours s’activer : jusqu’au corps de la petite servante qui profite de la nuit pour aller cacher dans la terre des pommes pour venir en aide aux déportés que l’on fait travailler autour du camp en journée, jusqu’au corps de la prostituée qui monnaye par ce service sa survie. C’est un choix de mise en scène extrêmement fort. On ne voit par exemple jamais Rudolf Höss au travail, alors qu’il dispose dans son pavillon de fonction d’un bureau (relativement dégarni dans mon souvenir) : les seuls moment où, c’est lorsqu’il est au téléphone pour donner des ordres, et encore ses lettres, il ne les écrit même pas, il les dicte. Les rapports avec ses subordonnés sont pris dans un décorum mondain parfaitement vidé de tout travail. Pour lui, le reste du temps, c’est tous les jours dimanche. Il manage, supervise la production mais ne fait rien lui-même. Et prend du plaisir. Plaisir et jouissance dont sont évidemment privés les « travailleurs » dont le destin semble se réduire à travailler ou mourir, travailler et mourir.

      • #101171 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Je n’ai pas vu ce film mais la description que tu en fais est très intéressante. C’est une bonne manière de prendre l’ordre social que de la regarder à partir du plaisir : qui se fait plaisir, qui sert le plaisir de l’autre, qui peut s’autoriser à prendre du plaisir et qui ne le peut pas. Puis étudier les discours de la bourgeoisie sur cette question : ils sont quasiment tous une condamnation du plaisir au nom de l’effort, du « dépassement de soi », du « tragique de l’histoire », de la performance, de la compétition mondiale, du « réalisme », du combat contre la paresse, etc. Tout le discours bourgeois repose sur une répression du désir.

        • #101174 Répondre
          essaisfragiles
          Invité

          « Tout le discours bourgeois repose sur une répression du désir. »
          Sauf de son propre désir : celui de s’enrichir et de jouir de ses biens, au détriment des autres…

          • #101175 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @essaisfragiles
            Oui. Et encore, pas tous à mon avis. Je pense qu’une partie conséquente de la bourgeoisie est tellement affairée dans es intrigues, ses calculs, ses dossiers, ses manœuvres privées, qu’il n’est pas certain qu’elle puisse elle-même se procurer tant de plaisirs que cela. Il y a d’ailleurs la description de l’oligarque chez Platon (selon mon souvenir) : un homme double, rongé par la contradiction intérieure entre la nécessité d’entretenir une certaine discipline pour mener à bien ses affaires et le furieux désir de jouir de ses biens accumulés. Si on ne peut pas vraiment dire qu’il travaille à proprement parler, il est clair néanmoins qu’il s’occupe, se préoccupe, s’agite, manœuvre pour ses intérêts, reste aux aguets en surveillant les actualités à la seconde près. Pour ce qui est du petit personnel politique qui appuie les intérêts de la bourgeoisie, je crois vraiment qu’une partie de ses ministres sont très occupés, que ça doit s’emmerder sévère à brasser de l’air et à serrer des pinces pour faire figuration. En ce sens, c’est peut-être assez différent, pour une partie de la bourgeoisie, de la description du film que tu viens de donner.

            • #101187 Répondre
              BIOGRAPHIE
              Invité

              Et sinon ça vous dérangerait de distinguer la négation du désir qui fait la jouissance du désir lui même?

              • #101188 Répondre
                une bance de putes
                Invité

                a quelle heure on se masturbe ??

                • #101189 Répondre
                  BIOGRAPHIE
                  Invité

                  une bance de putes: On ne se masturbe, ça rend sourd.

                  • #101190 Répondre
                    une bance de putes
                    Invité

                    ça frise les poils, avant de rendre sourd.

              • #101191 Répondre
                essaisfragiles
                Invité

                Merci Hegel !

    • #101181 Répondre
      Clément
      Invité

      Emile, le texte cité est merveilleux. Merci de l’avoir partagé.
      (Puis-je te demander de me préciser où dans ta citation est la lecture de Deleuze, ou si elle est présente indirectement dans ton commentaire à toi ? Je pensais que le texte cité venait entièrement de l’Ethique. Je serais reconnaissant si tu pouvais me guider vers la lecture que Deleuze en fait.)
      « Aucune puissance divine, ni aucun autre qu’un envieux ne prend plaisir à mon impuissance et à mon désagrément : » voilà une phrase lumineuse et pleine de joie. Y s’efface toute tentation de penser que ma souffrance participerait à quelque chose de sanctifié plus-haut. Elle ouvre un champ moral dans lequel le ciel devient vide pendant qu’on souffre, où le déplaisir existe sans juge divin pour le sanctionner positivement. Le retour à la simple connaissance tautologique par l’expérience que le mal est mal (dans le sens de bad au lieu d’evil)
      (« user des choses et y prendre plaisir autant qu’il peut se faire (mais non certes jusqu’au dégoût, car ce n’est pas alors y prendre plaisir) » : cela me rappelle le style de Guillaume Dustan, dont je te conseille, Emile, de lire les écrits si ce n’est déjà fait. Il y a dans ses textes autofictionnels tout une attention à la modération dans l’usage de la drogue, de l’activité sexuelle, toute une techne du plaisir qui ne confond pas quantité avec qualité, la marque de quelqu’un qui s’y connaît et qui prend ça au sérieux comme Spinoza qui pense que prendre plaisir dans les choses participe d’une plus grande perfection, qui l’érige au rang d’art.)

      A propos du reste de ton post :
      Je crois qu’il y a une jubilation morbide pour les bourgeois et ses intellectuels organiques de se comporter en pères de famille envers tout un corps social. Une énième façon de manger les autres. Emettre des avis sur le danger que constitue le plaisir des autres pour eux-mêmes s’est se constituer performativement une position où on est légitime de juger le plaisir d’autrui comme celui d’un parent envers un enfant. C’est un énoncé qui réactualise une relation asymétrique que la bourgeoisie est anxieuse de maintenir et de requinquer. Sa légitimité se confirme dans ses propres implications : je suis un sachant de ce qui est bien pour toi donc mes ordres sont bons pour toi qui est un ignorant.
      Par exemple la une de cet article du Monde : « François Bayrou dit « non » à un retour de l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans » (16/03/2025). D’une part il y a le premier ministre qui répond à la question d’une réduction de l’âge du départ à la retraite par un « non, » ce qui n’est pas un choix de mot anodin puisqu’elle transforme un objectif politique adverse en une question à laquelle répondre avec un oui ou un non (ce qui convient parfaitement à des gens de gauche qui iraient revendiquer) . En faisant ça il se transforme en père de la famille France qui lui a gentiment demandé le bonbon de la retraite à 62 ans, et c’est pour son bien qu’il dit non, ça donne des caries. Le titre de l’article est lunaire lui aussi : le Monde vient nous annoncer la décision du Père à nous les enfants, on ressent dans ce titre un acquiescement à la position que le PM se construit, le truchement d’un accord de classe déguisé en énoncé journalistique objectif.

      Tout cet imaginaire de guerre imminente qu’on nous force à gober comme une cuillère d’Advil permet aux bourgeois de maintenir leur légitimité, et puisque seulement eux en parlent, alors on nous fait croire qu’en effet seulement eux seraient capables de voir cette machinerie bizarre arriver. Une fois que c’est établi, il est dans notre intérêt de ne pas trop moufter, car l’urgence est ailleurs que dans la satisfaction de nos petits désirs immatures et égoïstes, et c’est sans hésitation pour notre bien qu’on leur délègue sa prise en charge.
      C’est quand même chiant d’avoir une horde de mecs lambda venir vers nous et essayer de nous faire croire qu’ils sont nos pères insoupçonnés. A qui on devrait rétorquer : mais vous êtes qui ? Bayrou qui dit « non, » mais t’es qui mec, je te connais pas ?

      • #101185 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @Clément
        Merci pour ton très beau retour. Je n’ai pas grand chose à ajouter en ce qui me concerne, puisque tu as tout dit. Oui, le ton paternaliste est étouffant. Ce papa Bayrou qui dit non, c’est insupportable.
        _
        J’ajouterais que la question du plaisir et de la douleur est essentielle à penser en politique : si un individu accepte directement qu’un autre soit maître de son plaisir et de sa douleur, si un individu accepte de se laisser dicter des règles dans le domaine du plaisir, alors il est disponible pour se soumettre à tout ce qu’on lui dira. Attaquer le plaisir, réprimer le désir, c’est bien le cœur du réacteur, puisque si ce geste réussit, alors le pouvoir prend en partie possession de l’intimité des individus et de leur manière d’être.
        _
        Il est vrai que mes sources ne sont pas claires dans mon message de présentation. Le texte cité vient de Ethique IV, proposition 45, scolie du corollaire 2. Deleuze n’est pas cité directement, mais mon propos y fait allusion (notamment les notions de prêtre, de tyran, d’esclave, avec lesquelles Deleuze lit ces passages de Spinoza). On trouve cette lecture dans les cours de Vincennes. Par exemple, on en trouve un aperçu dans cette vidéo sur You Tube : L’Éthique de Spinoza 5 – Le tyran, le prêtre et l’esclave, sur la chaîne Deleuze media (à partir de la 11ème minute environ).
        _
        Merci pour la référence (Guillaume Dustan). Je ne connaissais pas.

        • #101194 Répondre
          essaisfragiles
          Invité

          @ Emile Novis
          « Oui, le ton paternaliste est étouffant. Ce papa Bayrou qui dit non, c’est insupportable. »
          .
          Ne pas oublier que pour tous ces gens il y a un naturalisme du pouvoir.
          Bossuet (théoricien du droit divin et précepteur du dauphin, fils de Louis XIV) : « Les hommes naissent tous sujets [i.e. pour être sujets du roi, assujettis, soumis, dominés] et l’empire paternel qui les accoutume à obéir les accoutume en même temps à n’avoir qu’un chef » (Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte).
          Et nous voici revenus en plein Ancien régime.

          • #101237 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @essaisfragiles
            Oui, mais en sommes-nous totalement sorti un jour, de ce paternalisme? J’adhère à la thèse de Barbara Stiegler : la révolution française n’est pas terminée. C’est un événement qui ouvre un champ de problèmes et de pratiques nouveau, mais la révolution crée structurellement sa contre-révolution, et cette dernière n’est pas morte à la fin du XVIIIème siècle, bien au contraire. Tout le XIXème siècle en est la preuve. Le XXème siècle aussi – il y a un fond contre-révolutionnaire dans le Gaullisme. La bourgeoisie a toujours voulu recouvrir la radicalité de ce qui l’a en partie amené au pouvoir. Car la république au sens des révolutionnaires et de ses reprises insurrectionnelles par la suite est très radicale, fondamentalement anti-paternaliste – la république en ce sens là n’est pas obsolète à mes yeux, comme le pense une large partie de la gauche aujourd’hui. Le premier adversaire de Rousseau dans le Contrat social, et tu le sais, c’est le paternalisme politique, celui de Bossuet que tu cites ici. La famille autoritaire est le dispositif élémentaire qui façonne des sujets, et si on le prend comme modèle naturaliste de la politique, alors on nie la politique, l’émancipation et, partant, la République au sens des révolutionnaires. Et la famille autoritaire est un lieu dans lequel on veut dicter la vie du plaisir. Comme on le sait, le papa autoritaire, c’est d’abord celui qui dit non au plaisir, parce que le plaisir est toujours perçu comme un caprice fantaisiste qui nuit aux vrais « valeurs » – réprimer la sexualité, le bon temps, l’oisiveté, l’indépendance, etc.. La figure du leader charismatique des partis politiques est la réplique, dans le domaine politique, de ce papa autoritaire dans la famille. D’ailleurs, les partis politiques se nomment eux-mêmes « familles politiques », comme les grandes entreprises. Un acte manqué qui en dit long sur leur paysage politique profond. Il faut donc supprimer les partis politiques, car c’est une machine à fabriquer des pères autoritaires et des enfants-militants assujettis aux valeurs du padre.
            _
            Macron est un contre-révolutionnaire parmi d’autres. Son objectif est évidemment de liquider la République sociale et démocratique pour les besoins du capital : liquider la sécurité sociale, les services publics, la souveraineté populaire, etc. En ce sens, une alliance avec l’extrême droite, l’antre de la contre-révolution depuis toujours, est non seulement nécessaire pour lui, mais elle est en plus totalement logique.

            • #101260 Répondre
              BIOGRAPHIE
              Invité

              Emile Novis: C’est de la faute des partis politiques si tu passes ton temps à te référer à Simone comme d’autres passent leur temps à se référer à leur chef de partie?

              • #101288 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                Mon allusion a Simone Weil ne concernait qu’une infime partie du message, mais le problème est plus profond avec toi : je ne t’ai jamais vu, en un an, éprouver une quelconque admiration pour quoi que ce soit. L’admiration, c’est cette capacité à être attentif devant quelque chose de nouveau et qui nous incline à considérer la chose, à se mettre à son écoute, apprendre de cette chose, comprendre, etc. Elle ne vaut pas adhésion ou soumission, mais elle suscite l’attention devant quelque chose d’important qui donne à penser, à voir, à sentir, etc. Cela vaut pour un texte, un tableau, une action, un parcours de vie (que la personne soit anonyme ou pas), etc.
                _
                Les chefs, à l’inverse, ne sont généralement pas source d’admiration, mais de crainte.
                _
                L’idéologie du self made man ne comprend pas cela. Elle assimile l’admiration à de la soumission, a de la perte d’autonomie (sa sacro-sainte « liberté de penser », qui n’est jamais rien d’autre que le droit de dire n’importe quoi tant qu’on croit que ça vient de soi). Le self made man n’étant pas capable d’admirer, il croit généralement qu’un petit tour sur wikipedia suffit pour comprendre une chose, sans parler de Chat GPT.
                _
                Alors tu insultes, tu exiges des autres qu’ils « ferment leur gueule » (de nombreux message de toi se concluent ainsi, tu ne t’en rends pas compte), tu cherches par tous les moyens à les rabaisser (ça ne marche pas, ça irrite tout au plus, mais je suppose que c’est déjà une satisfaction pour toi). Du coup, tu passes généralement complètement à côté du sens du message auquel tu réponds, trop occupé à faire autre chose.

                • #101365 Répondre
                  BIOGRAPHIE
                  Invité

                  Emile Novis: “Il faut donc supprimer les partis politiques, car c’est une machine à fabriquer des pères autoritaires et des enfants-militants assujettis aux valeurs du padre.”
                  .
                  Moi à la base je me contente de faire remarquer que dans le genre enfant militant assujetti aux valeurs de la madre tu te poses là et je ne le fais pas pour te dire de fermer ta gueule de façon subtile et polie, je le fais parce que je me dis que t’es peut être capable de prendre un peu de recul, de constater que ça se défend comme histoire puis d’en tirer quelques conclusions pour affiner ta réflexion. Je le fais parce que je te surestime quoi.
                  .
                  “Le self made man n’étant pas capable d’admirer, il croit généralement qu’un petit tour sur wikipedia suffit pour comprendre une chose, sans parler de Chat GPT.”
                  .
                  Je te rappelle que t’es du genre à croire que c’est une idée de nous tartiner ton ignorance sur le thème de l’IA en prenant l’air d’avoir tout compris et je te le rappelle car tu gagnerais à constater que celui qui va faire un petit tour sur wikipedia ou qui va donner sa langue au chat mérite tout ton respect car il fait les efforts que tu refuses de faire. Et c’est ça que je vous reproche hein, c’est de passer beaucoup trop de temps à nous tartiner votre ignorance en prenant l’air d’avoir tout compris, c’est de prendre trop de plaisir à nous débiter des banalités en prenant l’air d’intellectuels, c’est de croire croire que vous la secouer en publique ça peut s’appeler penser. Je ne vous reproche pas de l’ouvrir, je vous reproche de le faire sans jamais prendre la peine de tourner vos langues 7 fois dans vos bouches avant de le faire.
                  .
                  “mais le problème est plus profond avec toi : je ne t’ai jamais vu, en un an, éprouver une quelconque admiration pour quoi que ce soit.”
                  .
                  Et du coup c’est de votre faute si je n’ai rien à admirer dans le coin. C’est parce que vous n’avez rien d’admirable même si les grands airs que vous vous donnez pourraient faire douter du contraire.

                  • #101426 Répondre
                    Emile Novis
                    Invité

                    @demi-habile
                    => Il n’a jamais été question d’admirer un membre de ce forum.
                    => J’ai toujours affirmé, avant de parler de l’IA, que je parlais en tant que profane, ce qui n’est pas interdit par la loi – et ce n’est pas un tyran sans pouvoir qui va me l’interdire.
                    => Weil, comme bien d’autres, est source d’admiration, et ceci n’implique aucune soumission – mais le fait que tu confondes admiration et soumission n’est pas surprenant venant de toi. Si tu ne fais pas la différence entre admirer une œuvre qui donne à penser et se soumettre à un chef, c’est qu’il y a un problème qui explique beaucoup de choses.
                    => Tu sauras au passage que les textes de Weil sur la subordination de la parole de l’écrivain à la morale me sont antipathiques, que bien des passages de l’Enracinement posent problème, que certains propos de sa pensée sont d’une rigidité parfois difficiles à supporter, etc. Mais puisque tu envisages toutes les relations humaines comme des combats et des rapports de pouvoir (dominant/dominé), tu sembles incapable d’imaginer la possibilité d’une autre forme de relation. Et puisque de toute façon il est clair que tu ne la liras pas, étant donné que tu es persuadé de posséder la Science, tu n’en sauras jamais rien.
                    _
                    etc… La quasi-totalité de ton message est faux. Cela confirme ce que je pensais avant d’écrire : il est inutile de te répondre.

                    • #101432 Répondre
                      BIOGRAPHIE
                      Invité

                      Emile Novis: « Aujourd’hui, il faut remplacer « Dieu » par « bourgeoisie », dont on comprend un peu mieux le goût qu’elle manifeste pour cette petite machine qu’elle assimile au progrès… »

                      Intelligence artificielle


                      .
                      T’as vraiment l’impression que c’est le propos d’un type qui tient compte du fait que le sujet qu’il aborde le dépasse drôlement? Parce que ouais, t’as fait remarquer que ça te dépassait, je ne le conteste pas, moi je me borne à constater que ça ne t’empêches pas de nous tartiner ton ignorance en prenant l’air d’avoir tout compris. Et t’aimes bien ça à priori. Je veux dire que tu ne me connais pas, tu ne sais rien de moi, tu n’as que le peu que je donne à voir dans le coin, mais t’inquiètes, le petit Emile il m’a parfaitement cerné et je suis du genre à me croire la Science, à manquer de modestie contrairement au type qui se prend pour Dieu le père. Parce qu’il faut au moins que tu t’imagines être omniscient pour jouer un numéro de ce genre et c’est franchement rigolo de te voir me tacler sur ma supposé mégalomanie avec des cheville aussi gonflées. Moins rigolo par contre, le constat que tu fais encore ouin ouin sur l’air de “TU NE ME FERAS JAMAIS TAIRE”. Sans rire, je t’ai écrit noir sur blanc que je n’avais jamais eu une telle ambition donc tu peux sécher tes larmes et te rassurer sur le devenir ton droit à tartiner ton ignorance en prenant l’air d’avoir tout compris, tout va bien mec, pète un coup et respire un grand coup, tout va s’arranger.
                      .
                      Sans rire. Il n’y a que dans ta tête hein que le grand méchant taré existe. Je veux dire que moi quand je te vois raconter à deleatur que tu refuses de t’ouvrir à cause des grands méchants trolls qui sévissent sur le forum je pense à François qui me présente comme le plus grand troll de tous les temps et je le prends pour moi. Puis là dessus je me marre. Parce que t’as peur de quoi concrètement? De voir un méchant troll se comporter avec toi comme deleatur a pu se comporter avec moi. Je me marre car ce qui t’angoisses c’est de faire l’objet de la fils de puterie que tu cautionnais hier. Je me marre parce que je suis Clothilde. Enfin Clothilde c’était ChatGPT mais comme je lui faisais la dictée et que je lui avais demandé de me mettre un joli noeud rose pour emballer mes conneries, c’est beaucoup moi quand même. Parce que je ne suis pas deleatur en fait, malgré le mépris que tu m’inspires ça ne me viendrait jamais à l’idée de profiter de l’occasion pour me venger. Moi je suis plus du genre à enfiler une paire de seins et à prétendre que t’en as une plus grosse que la mienne pour voir si ça me donne l’air sympa puis à conclure que j’ai bien raison de penser que ce n’est pas le fond de mon propos qui te dérange, c’est juste que t’es un passionné de soumission, t’es du genre à ma cracher à la gueule pour témoigner de ta veulerie. Et ça ne me dérange pas. Je veux dire que t’as tout la philo contrairement à moi mais regarde toi, à part me prêter tes tares pour te donner l’air d’être plus blanc que blanc, à part m’inventer des conneries pour te poser en victime, t’es bon à quoi? T’es bon à rien.
                      .
                      Sur ce je te dirais bien que c’est une bonne idée de fermer ta gueule mais c’est pas dit que tu comprennes “on est d’accord sur le fait que c’est une perte de temps”, c’est même raisonnable de croire que tu vas t’emballer sur l’air de “JE VOUS L’AVAIS BIEN DIT!” donc autant feindre la tristesse et déplorer le fait que demain soir j’aurais plus de temps libre pour faire avancer ma partie de GTA.

                      .
                      « Il n’a jamais été question d’admirer un membre de ce forum. »
                      .

    • #101198 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci pour ce texte Emile
      «  vous êtes coupable de jouir et de passer du bon temps »
      Il me semble oui qu’il y a aussi : vous êtes coupable de braconner la jouissance , sur laquelle notre règne s’étend ; et de la prendre sans nous la payer

      • #101199 Répondre
        Claire N
        Invité

        C’est une façon d’inventer un prix à payer pour quelque chose de gratuit

      • #101216 Répondre
        Graindorge
        Invité

         » braconner la jouissance » J’adore! Braconnons, braconnons!

      • #101238 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @Claire
        Oui. Les deux vont ensemble, me semble-t-il.

        • #101280 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui- mais il y a aussi -lorsqu’ils valident comme vertu les larmes et le sang -et cela de si longue date , possiblement leur plus grand impense de bien nourris
          Quelle honte les couvrirait si nous étions en fait ni feignant ni rustres ni vil
          C’est en me promenant dans cette nouvelle de Tchekov « un cauchemar « 
          Qui approche un bourgeois pas très loin de comprendre et qui échoue de honte
          Que cela m’est apparu nettement

          • #101286 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @Claire
            Oui, la honte est un affect dont la bourgeoisie semble totalement dépourvue. Elle se regarde elle-même mais elle ne semble pas pouvoir se regarder à travers le regard d’un autre. Je lirai cette nouvelle de Tcheckhov, car la honte est un sentiment qui m’intéresse beaucoup, et je ne crois pas qu’on puisse le ravaler à une passion triste. Dans La Honte de Bergman, par exemple, c’est lorsque les personnages n’ont plus honte qu’ils finissent par se déshumaniser.

            • #101287 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui dans la nouvelle il y a 3 temps
              – celui de l’absence de honte et du bon droit du jugement
              – celui de le descillation ou l’acte d’élan du cœur est entrevue
              – celui de la renonciation tant la honte est grande
              D’avoir agit de « bon droit « 
              L’échec de la vie nouvelle et le retour à la niche
              Mais pas au point de départ

              • #101289 Répondre
                Claire N
                Invité

                Très proche de la parabole du jeune riche qui ne parvient à suivre le Christ
                Une histoire d’âme damnés / de pêcheurs
                Et d’amour tout de même
                Après il parait que Tchekov n’est pas chrétien…

              • #101292 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                @Claire
                Oui. La honte n’est pas libératrice en tant que telle, elle n’émancipe pas, car elle peut, comme tu le dis, provoquer un « retour à la niche » et provoquer plus de rigidité encore qu’avant. La honte serait bien plutôt ce qui rend possible un « moment », pour reprendre l’expression de Rancière, sans préjuger de la réponse donnée à ce moment en question.

                • #101298 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui
                  Seulement elle «  tambourine au seuil de la bonté « 
                  Question ensuite : «  sommes nous la sécheresse, sommes nous la noblesse « 
                  Sommes nous

                  • #101302 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Au passage
                    Cette chanson à quelque chose d’inouï
                    Le «  sommes nous « 
                    – pas question
                    – pas ordre
                    Mais qui sonne comme une façon nouvelle de prière de charité
                    Mais peu être est ce juste mon ouïe

                    • #101304 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Enfin pour être plus précise dans certains «  sommes nous «  il fait sonner la question
                      Et par les variations d’intonation dans d’autres non , il se «  débarrasse de l’adresse « ?
                      Mais celle même contenue dans l’interrogation
                      Je ne suis pas très claire mais il y a un truc

                      • #101386 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Claire, tu sais dans quel recueil on peut trouver la nouvelle Cauchemar ?

                      • #101389 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je l’ai dans une édition livre de poche un peu «  luxe «  des nouvelles ( y’a un emballage carton autour du livre)
                        Mais en parcourant les nouvelles en pdf je ne le trouve pas –

                      • #101395 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Je chercherai

                      • #101406 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Envoyé

    • #101200 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      « accoutumés à obéir »? Sujets? Heu…je ne crois pas
      Au vu des armes déployées ET utilisées pendant les manifs des gilets jaunes par exemple. Et malgré les risques, les gens y retournaient à la prochaine. Elle est de quelle côté la trouille la plus forte? Elle est de quelle côté la vraie force?
      Il est de quel côté le rire? L’humour dévastateur?
       » …et c’est pour son bien qu’il dit non, ça donne des caries. » Et la baffe légendaire de Bayrou à un gamin  » tu ne me fais pas les poches! » Index pointé!
      Ben c’est plutôt toi, Bayrouledanslafarine qui nous les fait les poches, roublard! C’est quel doigt déjà à côté de l’index?

      https://factuel.afp.com/doc.afp.com.342E49E

      • #101239 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Je crois que nous sommes accoutumés à obéir. La norme, c’est notre obéissance. De la Boétie et Simone Weil l’ont bien vu. Et puis il y a des fièvres de désobéissance, qui retombent souvent, hélas.

        • #101240 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Moi j’aime bien la nuance que met Graindorge.
          Et il y a bien des manières cachées de désobéir. De désobéir quand-même. Un peu. De faire un petit pas de côté.

        • #101245 Répondre
          Carpentier
          Invité

          cette idée de .. fièvres de désobéissance … m’intéresse bien, j’y vois une éruption, un truc chaotique spontané qui nous échappe, nous fragilise et nous fait comme jaillir à la fois, hors de soi: ça nous déborde.
          Quant au désobéir un peu, en petit pas de côté, comme l’impression que, s’il ne s’associe pas à plein d’autres petit peu et pas de coté, cette désobéissance de petit peu reste au stade des débuts de fièvres partielles de désobéissance.
          Le petits pas de désobéissance c’est autre chose, c’est prendre soin de soi, sortir d’un empêchement conscientisé, c’est chercher à mieux vivre son passage sur terre, c’est être bon avec/pour soi puis, si on a en soi assez de bonté, en vivre avec/pour les autres.
          La désobéissance en grand, ça s’organise, c’est du travail, faut être en forme pour ça.

          • #101246 Répondre
            Jeanne
            Invité

            @Carpentier
            M’est avis que tu as bien résumé.

            • #101256 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Toujours dans les lignes de Jade Lindgaard de son
              Paris 2024, une ville face à la violence olympique,
              je sors à peine de sa relaxe, et de celles de six autres personnes (p.48) des charges contre elles pour blocage d’une bétonnière dans les J.ardins à D.éfendre du quartier du Fort d’Aubervilliers en septembre 2021: la construction d’un solarium attenant à une nouvelle piscine olympique sur 4000 m2 de jardins ouvriers ayant été déclarée illégale en septembre 2022 par la cour administrative d’appel de Paris.
              Même si les pelleteuses y avaient causé des ravages et que la zone prévue pour le solarium était devenue un vaste trou en lieu et place des parcelles vivrières cultivées par les habitants depuis le début du siècle par les habitant.es d’Aubervilliers et des communes proches, leur mobilisation/désobéissance (?) associée à l’installation d’un petit campement dans les jardins ouvriers des Vertus ont eu raison du passage en force tenté par l’État.

              • #101272 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Je copie/colle illico dans le fil
                Bonnes nouvelles. Merci Carpentina !

    • #101254 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Il y a aussi les gouttes d’eau qui font déborder les vases des gens dits normaux au sens bien litteral du terme. Longue vie à eux!
      Parmi les gilets jaunes, au départ l’idée n’était pas une refonte de fond en combles de la société mais du basique: arrêtez de nous prendre pour des vaches à lait. Arrêtez de nous étrangler économiquement . Des gens qui pour beaucoup n’aspiraient qu’à « bien vivre » : pouvoir payer toutes les factures, payer des Noëls décents aux gamins, partir en vacances, se soigner correctement etc. M’avait marqué dans un reportage, une femme qui pleurait, oui, pleurait parcequ’elle ne pouvait pas se permettre de s’offrir un nouveau canapé, le sien étant trop usé.
      Des gens normaux donc qui ont dit stop avec la goutte d’eau de l’augmentation du carburant.
      À force de rencontres aux ronds points, aux manifs où ça échangeait et prenait des coups, ils ont fait d’une pierre 2 coups: monter d’un cran ou 2 la conscience collective en développant la conscience individuelle  » sur le tas » et permit de montrer au monde l’extrême violence de ceux qui se la jouent « cool » lorsque tout va bien. POUR EUX ( HDTB) Tu as raison cher Émile: il y a des fièvres de désobéissance qui retombent mais « n’ oublions jamais » comme dirait l’autre comment le capitalisme les a faites retomber.
      Elles ne sont pas retombées toutes seules.
      Mais ce capitalisme ne pourra rien faire contre les acquis de ces fièvres de désobéissance. Les gens continuent hors caméras à discuter entre eux. Les gens s’organisent ni vus ni connus. Les gens constatent qu’ ils n’ont reçu – encore – aucune compensation pour les mains et les yeux perdus etc. Pendant la période confinement, beaucoup de souffrances aussi.
      Oui Carpentina « la désobéissance en grand ça s’organise, c est du travail, faut être en forme pour ça »
      Le capitalisme fait donc en sorte de les fatiguer, de nous fatiguer en entretenant le trouillomètre et tutti cuanti mais la masse, les masses, les peuples sont infiltrées par le Rire, par la Pêche. Obéir n’est pas un problème

      • #101285 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Oui Graindorge. Mais il faudrait que la conscience collective se hisse à un niveau qu’elle n’affirme pas encore explicitement à mon sens : une critique frontale du capital. C’est sans doute ce que les Gilets jaunes n’ont pas totalement fait à ce jour, même s’ils n’étaient pas loin par moments. Par exemple : pourquoi le RIC a été refusé? Non pas parce que Macron serait méchant, mais parce que le capital ne veut pas d’institutions politiques qui partagent le pouvoir.
        _
        La fixation sur Macron était à la fois le point fort et le point faible du mouvement. Le point fort : en visant Macron, ils visaient bien un individu qui concentre à lui tout seul les désirs du capital à l’heure actuelle. Le point faible : derrière Macron, il y a toute une oligarchie et une structure qui soutient cette oligarchie, et cela est passé au second plan à mon sens.

        • #101379 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Ce mouvement Émile a été interrompu.
          Ces personnes au départ n’avaient pas mis leur gilet jaune pour critiquer frontalement le capital mais pour alerter de leur paupérisation à la vitesse grand V.
          La fixation sur Macron ben oui, non? Si certains ont l’index pointé, nous celui d’à côté Macron a le pouce romain du capital. Partager?Bientôt un projet de loi pour supprimer ce mot des dictionnaires.
          C’est le « de fil en aiguille » les échanges sur les ronds points et ailleurs qui ont contribué à augmenter la conscience collective. L’extrême violence de la répression nous a donné un No pasaran inversé: c’est le capitalisme qui dit On vous laissera pas passé. Rappel aussi de tous les PAPIEREN! en période covid. Papieren? OK. Papieren… l’eau qui dort
          ne dort pas

    • #101255 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
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