Accueil › Forums › Forum général › J’ai manifesté à la ZAD A69 : c’était vachement bien foutu
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Ourson
InvitéÉvidemment, il y avait de bons gros camions blindés de gendarme et de policiers tous droits sortis d’un film dystrophique, en totale contradiction avec l’ambiance de la ZAD. Tout le monde a été contrôlé à l’aller
Des vieillards, des agriculteurs, des hommes à la cool, des jeunes femmes quelques enfants et quelques dizaines de Black Bloc bieeen moins intimidants et équipés que le convoi de forces de l’ordre qui nous entourait, sans parler de l’hélicoptère qui faisait des rondes non-stop
Il y avait de belles installations de chapiteaux, une scène de concert, des toilettes sèches, une espèce de salle de réunion et de ce que j’ai compris, une salle de non-mixité choisie
Ce qui m’a frappé le plus en arrivant c’est l’organisation aux petits oignons, et parfaitement décentralisée : les intervenants qui voulaient s’adresser au public le faisaient à tour de rôle, n’importe qui pouvait prendre la parole s’il le voulait, et la manière dont la manifestation allait se dérouler a été décidée collectivement
Concernant la manifestation en elle-même, pareil : pas de « leaders » clairement identifiables, juste des voix un peu plus audibles que d’autres pour transmettre les infos et proposer des changements de stratégie
On a marché à peu près 5 heures à travers les champs et les bois, plusieurs cortèges ont été mis en place : les premières lignes / black bloc, les fanfares, les filles qui veulent rester en non-mixité choisies, etc…
La dernière heure a été le théâtre d’affrontements assez conséquents, on a été nombreux à se « massifier » derrière les premières lignes.
Les policiers ont frappé les premiers alors que la manif était parfaitement pacifique
Ils ont balancé pas mal de grenades, n’ont pas hésité à tirer vers les « secondes lignes » qui étaient plus en retrait, ce qui a d’ailleurs provoqué une fracture ouverte sur une dame de 60 ansÀ partir de là on s’est vite retirés, et je suis parti à ce moment-là mais je suis a peu près sûr que le soir-même les zadistes ont vécu leur meilleur vie à coup de concrets et barbecues
Pour ceux que ça intéresse, « Partager c’est sympa » va publier son reportage vidéo si ce n’est déjà fait.
Et pour les Toulousains qui me lisent et qui veulent participer (très) activement à ce genre d’initiatives, je crois comprendre que « La Base » était l’association à contacter -
Ourson
InvitéPour info c’est la première fois que j’ai foutu les pieds dans une ZAD d’où ce post : j’avais aucune idée de comment c’était foutu avant, j’imaginais un truc un peu plus sauvage, ça me paraissait intéressant d’ouvrir une discussion là-dessus
Un reproche personnel : j’y aurais jamais foutu les pieds si j’avais pas été « co-opté » par une personne que j’ai rencontré par pur hasard.
Je pense que ça gagnerait à être plus « accueillant » pour ceux qui aimeraient agir sans trop savoir où ils mettent les pieds-
Malice
InvitéJe suis pour un sujet reportage en zad, merci pour ton témoignage fils de l’ours
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Carpentier
Invitémerci, petit d’ours.
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baptiste
Invitécomment se comportent les flics en pleine nature ? habitué aux nasses et aux rues enfumées de lacrymo je me demande si la campagne est un meilleur terrain pour les balader
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Seldoon
Invité -
lison
InvitéCa dépend de la campagne…
Notre dame des landes, c’était vaste, des forêts , des recoins, des buissons, pleins de chemins, des habitations, là la police pouvait être paumé et les manifestants pouvaient les balader et se planquer, à Sainte Soline où il n’y a plus une haie, on est en plein champs, les manifestants sont complètement à découvert, et là on peut envoyer les quads, fastoche. -
Carpentier
InvitéNe serait-ce pas poser d’emblée que le recrutement, des flics, comme tu dis, ne s’effectue qu’auprès d’un public urbain?
On comprend d’emblée la méprise, jouer au chat et à la souris avec les Robocop est, une fois les premiers moments de griserie passés implacablement et tristement rageant tant ça reste inégal.
En campagne, comme vous dites, c’est quand même les préfectures qui quadrillent, non?
Alors oui, un peu comme dans une cour de récré, on peut toujours jouer à confronter l’autorité, â s’amuser en fonction du territoire, mais quand celle-ci fait bloc elle aussi, outillée de pas mal de pouvoirs particuliers, gaffe à jamais sortir du groupe.
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Delphine
InvitéL’événement ayant eu lieu à la campagne, il est intéressant d’apprendre que les black blocs étaient considérés comme un groupe à peu près pacifique, intégrés au mouvement. Quand des manifestations ont lieu en ville (Paris ou autre grande ville de province), on en entend parler uniquement en mal, seuls responsables des débordements, même avant que les manifestations commencent.
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Carpentier
InvitéBonjour,
Partager cette précieuse page des mardis soirs du lundimatin me semble pas inapproprié, le podcast le plus récent parle de bétonnite et les autres sont à niveau,bonne écoute
https://lundi.am/Fissurer-l-empire-du-beton-
Carpentier
Invitéon y pense l’aménagement de l’espace sous l’angle de la production de rapports sociaux, les infrastructures comme symboles de pouvoir, l’espace organisé pour tracer les rapports sociaux,
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