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C, le il y a 1 année et 4 mois.
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nicolas
Invité– Nico, Il me faut un article sur le discours prolétarien pour boucler ce numéro.
– OK, un 5 000 avec recherches sourcées et interviews d’experts ?
Le rédacteur en chef me regarde comme si je lui avais demandé si je pouvais enculer sa mère (qui est décédée, pour la précision)
– Ben, non, t’es con. Un 500 avec interview d’un prolétaire
– D’ac, un enseignant ou un uber pour montrer les nouveaux prolétaires ?
– Tu le fais exprès ? Va me trouver un bon vieil ouvrier raciste. Allez, casse-toi.Elle est belle cette barre d’immeuble, un joli gris zemmourien, avec vue imprenable sur une autre barre. Mon homme se trouve là.
Les noms qui sont présents sur l’interphone ne sont pas tous français mais un retient mon attention : Robert Bidochon. Il a été écrit à la main maladroitement. J’aime les gens maladroits, ce sont souvent de grands sensibles. Je devine aussi l’écriture d’un homme. J’appuie.
– C’est qui ?
La voix est lourde, abîmée. Bingo.
– Nicolas, je suis journaliste et je voulais vous interviewer.
L’hésitation de sa main remonte à son esprit
– Pourquoi ?
– Pour que vous me parliez de vous, de vos problèmes, de vos rêves. Il est important que la parole soit donnée à ceux à qui on ne la propose jamais.
– C’est pas pour un journal woke, hein ?
– Pas du tout, c’est le Ratio, vous connaissez ?
– C’est pas une discothèque ?
– Aussi, mais le mien c’est un journal qui milite pour limiter la présence étrangère sur le sol français (pieux mensonge : nécessité fait loi, n’est-ce pas ?)
– Connais pas, j’ai cinq minutes pas plus.Monsieur Bidochon m’ouvre la porte de son appartement. Il n’a pas de béret, même pas de casquette. Décevant. Je lui donne une bonne cinquantaine. Pas très grand, enrobé, le visage dur et des yeux éteints. Il est en chaussons et survêt. Ça fera l’affaire.
Son appartement est un deux pièces, Madame regarde la télé sur un canapé plus tout jeune. Je remarque les meubles en formica, le buffet avec les jolies assiettes et la table en bois recouverte d’une nappe cirée. Robert m’invite à m’y assoir.
– Alors tu voulais parler de quoi ?
– De vous, j’aimerai restituer le témoignage d’un travailleur à nos lecteurs. Vous travaillez ?
– Oui, depuis trente-cinq ans comme manu. En 3×8. Faut le faire pour comprendre
– J’ai travaillé en 3×8 dans une usine de gâteaux comme intérimaire, pendant 4 ans, afin de financer mes études. J’avais toujours minuit-huit heures comme horaire. J’appuyais sur un bouton pour laisser couler du chocolat.
– Ouais, c’est pas drôle mais faut manger.
– Je me rappelle d’une fois où un superviseur avait engueulé une fille parce qu’elle remuait pas assez la pâte. C’était des monceaux de pâte qui arrivaient en brouette et qui devaient être remués à la pelle. Il lui avait pris la pelle des mains et lui avait montré comment faire. Je lui avais demandé devant les autres s’il pouvait faire ça pendant huit heures. Il m’avait répondu de pas jouer au con si je voulais garder ma place. J’avais bien gentiment fermé ma gueule.
Les yeux de Robert s’allument. Une bouteille de pastis est posée sur la table avec deux verres.
– C’est quoi tes problèmes dans la vie, Robert ?
– Comme les collègues, d’avoir peur de perdre son boulot, de pas assez avoir d’argent pour vivre
– Et tu rêves de quoi ?
– De déménager, mon pote. C’est plus comme avant ici. J’ai l’impression d’avoir été abandonné dans un ghetto. C’est pas que je suis raciste, mais j’aimerai bien les voir les bobos à ma place. Je ne me sens plus chez moi, enfin comme quand c’était avant. Y avait pas toute cette délinquance et pis y avait pas tout ce bruit. Mes impôts payent leurs alloc et ils font trop de gamins, ils savent pas quoi faire ces jeunes, alors ils font des conneries. Moi, je peux pas en avoir avec Raymonde mais il aurait tourné droit avec moi, je peux t’le dire.
– Tu votes pour qui, Robert ?
– La Marine, elle, elle se préoccupe de nos problèmes.
– Et Ruffin, Poutou ?
Le rouge monte à la tête de Robert. A cause du petit jaune ou…
– Ils nous font chier avec leurs conneries woke. La Palestine, là, et pis les homos mais putain j’en ai rien à branler. Mon père votait communiste. Mais avant, c’était la lutte des classes, la répartition des richesses. Aujourd’hui, tu sens que c’est plus un prétexte alors que Le Pen, c’est vraiment pour nous qu’elle est là.L’interview a duré une bonne heure finalement. On a parlé de tout et de rien, je le remercie et réfléchit déjà à l’angle que je vais utiliser pour montrer que l’immigré n’est pas le problème, d’ailleurs ce serait la cause à la limite, qu’un raciste est un homme qui se trompe de colère avec mon Robert souligné au marqueur.
Il me demande si je peux repasser lui donner un exemplaire du journal et me pose une dernière question qui le gène.
– Euh, je voulais te demander. Tu me trouves beauf ?
Cueilli à froid.
– Je sais pas, Robert, ce que je trouve d’une beaufitude sans nom ; c’est le désir que l’on nous sert
Les yeux de Robert s’illuminent cette fois
– Comme quoi ?
– Macron en jet-ski
J’ai payé Robert avec un rire franc. Ça sera ma B.A. de la journée. Il me dit que je suis un bon. Non, je ne crois pas, juste un petit malin qui a eu de la chance et qui se demande à quel moment ça a foiré. -
François Bégaudeau
Maître des clésje ne comprends pas bien ce texte
Si ce n’est peut-être encore une démonstration de rationalismeExtrait d’un livre à venir :
« Une poignante question turlupine le peuple de gauche : pourquoi un nombre significatif de prolétaires sont de droite? Pourquoi ces gens qui ont tout pour être de gauche sont de droite? Votent à droite quand ils votent, parlent à droite quand ils parlent.
Contrariée par ce constat, vexée comme une prétendante refoulée, la gauche perd ses moyens et se jette sur les réponses faciles. Pourquoi les classes populaires boudent le camp qui veut leur bien? Parce qu’elles méconnaissent leur bien. Elles votent contre leurs intérêts. Elles se font bêtement du mal. Nul n’est méchant volontairement, dit Socrate ; nul prolo n’est de droite volontairement, dit le gauchiste, qui dans la foulée se porte volontaire pour aider le prolo égaré à accoucher de sa vérité politique. »-
..Graindorge
Invité« Une poignante question turlupine le peuple de gauche : pourquoi un nombre significatif de prolétaires sont de droite? Pourquoi ces gens qui ont tout pour être de gauche sont de droite?… »
Tu veux des réponses pas faciles à cette poignante question?-
Carpentier
Invité🙂
non non non graindorge, essaye même pas d’avoir plus de lignes de son futur ouvrage en exclusivité 😅-
Carpentier
InvitéMoi, je peux pas en* avoir avec Raymonde mais il aurait tourné droit avec moi, je peux t’le dire.
* des gosses
bon, je voulais pas intervenir
pas masquer ce new thread : D
avant que, là c’est bon, au moins 3 sitistes l’ont depucelé
voulais pas chier sur le forum
et puis zut: puisqu’on parle bidochonnais ce matin ici, ou plutôt qu’on joue à dire avec/sur les bidochons, je peux pas résister et précise que, du coup ils ont pris un chien, nicolas, les bidochons.
Kador, enfin, tu as oublié le Kador de Robert et Raymonde Bidochon..
Quand on cite, on cite bien.
PS: j’aime bien ton ‘ il aurait tourné droit avec moi’ . -
..Graindorge
InvitéCarpentina
personne ici ne demande plus de lignes de son futur ouvrage. Lis mon post #80004
La question
Une poignante question turlupine le peuple de gauche : pourquoi un nombre significatif de prolétaires sont de droite? Pourquoi ces gens qui ont tout pour être de gauche sont de droite?… »
C’est un travail collectif. Beaucoup de cerveaux vont participé. Si tu as des idées de réponse/s, ça enrichira-
Carpentier
Invitébenh, c’était pas un extrait les trucs en les » « ?
de‘ une poignante … à … vérité politique ‘
je croyais
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Carpentier
Invité* entre * les » guillemets?
du coup la question posée, en citation, déroule, précise et pense dans les lignes suivantes, j’imagine donc ça m’a fait marrer d’imaginer qu’en réagissant comme tu l’as fait, ce que tu proposais/attendais était dans la suite des lignes postées
donc dans un potentiel autre extrait partagé…
pas grave,
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Carpentier
Invitéparce qu’ils ont l’impression de trimer pour pas grand chose?
de pu trop pouvoir devenir propriétaires (gros doss ça, ça pourrit beaucoup ça) de pu trop pouvoir avoir une voiture, partir en vacances, nourrir la famille et qu’ils ressentent qu’ils bossent comme un chien pour des clopinettes?
Face à cela, l’inaltérable sentiment que si tu bosses pas dans ce pays tu gagnes pas moins, grâce aux ’ aides ’ toutes mises, dans la tête des gens de droite, dans le même panier de désigné.es profiteurs.ses.
Voilà les representations lourdes des prolétaires de droite, de la droite en général en France qui, du coup, disent que le fric qui part dans les ’ aides en tout genre ’ – dont profiteraient surtout les fainéants, principalement pas français d’origine, ou alors les mauvais français fainéants, ’cas soce’ et autres créatures peu amicales – ce fric devrait plutôt leur revenir.
Mélangeant tous les budgets/revenus tant qu’on y est – les capitaux des entrepreneurs privés, les aides sociales de l’état créditées par tous les contribuables (salaires par ex., CSG, pensions, indemnités hors salaires …) – en véhiculant des racourcis sur des vases communiquants entre les capitaux d’entreprises, les bénéfices, les ressources privées, le ’ fric en général et indéterminé ’ dont les attributions et répartitions respectives ont souvent peu à voir entre elles.
En résumé, les familles nombreuses des pas français d’origine piqueraient le fric des bons français.
Sarah Saldmaaaaaann ? Saraaaaaah ? T’es làaaaa?-
Carpentier
Invitéles lignes postées à l’instant dans le topic dédié à Friedrich Nietzsche et à son gai savoir me paraissent bien aller avec mon petit laïus que j’aurais bien du mal à entendre ou à dire sans m’étouffer dans ma bière au comptoir
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Carpentier
InvitéCe que je disais hier soir comme menant à une étoquade fatale qui te fait, oui, au mieux tousser dans la bière au pire, la renverser plein partout, c’est pourtant ce que j’entends très très souvent, y compris quand c’est juste repris et analysépar ceux/celles qui pensent, ou les analystes chroniqueurs par exemple.
On a aussi beaucoup entendu tout ça durant ’ la crise des gilets jaunes ’ .
La crise des G.J. , benh voyons, et on attendait donc qu’ils aient fini de ’ piquer leur crise’ ?
Jeudi, la ’ fonction publique ’ , celle des écoles notamment, fera greve: si seulement on pouvait converger avec le ’ non ’ dec ’ la France des tracteurs ’ .
On se connait en plus, ’ en principe ’, humainement, ça devrait être possible.
Mais comment marcher/ rouler et dire non, main dans la main quand les uns meurent et bossent parfois 20 heures/24, au grand air certes et que les autres, ’ ne veulent juste pas ’ qu’on s’aligne’sur le régime de cotisations santé du privé? ( les 3 jours de carence au départ d’un arrêt maladie et 90 au lieu de 100% le 4e jour)?
En prétendant que l’argent que rêve de récupérer l’état va à des profiteurs.ses au lieu de ne pas me le ponctionner si je suis malade?
Foutaises, comme on sait, alors?
C’est de la faute des assisté.es? des étrangers? de toutes les aides aux fainéants?
Et comme lez,fonctionnaires sont des fainéants, hop: bien fait pour leurs gueules, t’es malade benh tu bosses!
Comme nous dans les champs et toute l’année, on a pas 2 mois de vacances, nous.
Ça se mord la queue, comme avec le con, on est tous l’assisté fainéant de quelqu’un.e, le prolétaire des uns des autres.
Quoi? Carpentier dit que les agriculteurs.rices sont racistes? Que c’est des prolos?
Benh euh … qu’on est tous les prolos du grand capital, yep.-
Carpentier
InvitéJe prenais la température de leurs opinions et elles dissemblaient des miennes. Non que ces types accueillants (café, madeleines) aient été fachos, homophobes, antisémites, et autres maladies dont la propagande s’évertuait déjà à les dire porteurs.
Simplement ils n’étaient pas de gauche – ni d’ailleurs de droite.
Il n’étaient pas tombés dedans avec Obélix et moi. Nous n’avions pas les mêmes affects politiques, les mêmes mots, les mêmes cibles, les mêmes réflexes, les mêmes découpes analytiques, les mêmes fixettes. Sur les ronds-points ou a la télé, les gilets ne disaient pas les classes populaires ils disaient peuple. Ils promouvaient la valeur du travail. Ils disaient vouloir vivre de leur travail et parlaient peu des chômeurs. Ils s’en prenaient à l’état comme à un papa qui aurait manqué à sa responsabilité, qui aurait fauté et qu’il fallait punir – l’un d’entre eux parlait de ‘ pédocriminalite impunie. ‘ Ils s’en prenaient à l’état et jamais au patronat. Ils s’en prenaient aux députés oligarques et pas au capital qui leur force la main. Parfois ils parlaient d’oligarchie financière mais ça restait flou voire un peu douteux, on espérait presque qu’ils ne précisent pas.– Gilets jaunes, pour un nouvel horizon social, De l’amitié, François Bégaudeau, p.61-62, au diable Vauvert 2019 –
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Carpentier
Invitéou *à* la télé
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Alain m
InvitéMerci Carpentier pour ces lignes de François qui décrivent avec justesse mon sentiment de ces moments.
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Carpentier
InvitéYou’re welcome.
J’y aime aussi beaucoup les lignes où François Bégaudeau dit comment ce mouvement l’a comme pris au dépourvu, ravit et ravi, alors qu’il ‘ les attendaient au tournant, les G.J. ‘ en quelque sorte ( veule devant les infos comme les chroniqueurs de bfm quasi’ – truc comme ça.)
De retour à la maison, je les partagerai aussi.
Sauf si qqn.e d’autre en a l’occasion avant moi.
Bonne journée, -
Carpentier
Invité*attendait
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Mao
Invité« Une poignante question turlupine le peuple de gauche : pourquoi un nombre significatif de prolétaires sont de droite? Pourquoi ces gens qui ont tout pour être de gauche sont de droite? Votent à droite quand ils votent, parlent à droite quand ils parlent.
Pour ceux qui s’intéressent sérieusement à cette question fondamentale je me permets de renvoyer à :
« les affects de la politique » Lordon
» les émotions contre la démocratie » Eva Ilouz
« Ceux qui restent » Benoit Coquard
« Des électeurs ordinaires » Félicien Faury
» L’illusion du bloc bourgeois » Stéfano Palombarini-
François Bégaudeau
Maître des clésEva Illouz dans cette liste?
Bon
Rien que le titre m’agresse
Et pourrait agresser Arlette Farge.-
Mao
InvitéMême réaction que toi sur le titre mais le texte n’en est pas moins très éclairant.
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François Bégaudeau
Maître des cléshum
elle dit quoi?-
Mao
InvitéElle montre comment Israel n’a cessé « malgré elle », depuis sa fondation, de forger des affects racistes / autoritaires qui l’ont entrainé dans un devenir fasciste.
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Mao
InvitéPour le dire vite, elle revient sur la naissance de l’Etat moderne Israélien, sur le contexte conflictuel qui a présidé à sa fondation, sur les textes, les discours de ses pères fondateurs et sur le glissement fascisant irrépressible qui s’est emparé d’elle depuis son origine.
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Mao
InvitéEt donc comment la peur, le dégout et la haine structurent puissamment la vie politique israélienne.
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Dr Xavier
Invité@Mao – Perplexité similaire sur Illiouz, mais je n’ai pas lu son livre qui date de 2022.
– En novembre 2023 elle tance Didier Fassin en ces termes : « Soyons clair : ce qui se passe à Gaza est une catastrophe humanitaire sans précèdent dans l’histoire du conflit. Fassin a raison de le rappeler. Le spectacle des Gazaouis face à leurs maisons détruites, des milliers de blessés et de morts est insoutenable. Ces images vont hanter les Palestiniens et les Israéliens pendant longtemps. Mais ce désastre humanitaire est un effet catastrophique de la guerre et non un génocide. » (Voir Philosophie Magazine, Génocide à Gaza ? Eva Illouz répond à Didier Fassin. Fassin lui répondra vertement quelques jours plus tard. Je me fous du terme génocide, je m’attarde sur la formule « effet catastrophique de la guerre »).
– En mai 2024, elle donne un entretien au Monde fort peu convaincant. « Je reste profondément choquée par l’indifférence ou la joie avec laquelle une partie de la gauche a accueilli les crimes contre l’humanité que constituent les attaques du Hamas. » « Depuis le 7 octobre, je prends davantage au sérieux l’antisémitisme viscéral et les intentions génocidaires du Hamas. […] Mais je pense également que l’Etat hébreu est aujourd’hui dirigé par le pire gouvernement de son histoire. Sans constituer un génocide, cette guerre a entraîné la mort d’un nombre disproportionné de civils, sans parler de la catastrophe humanitaire en cours. » On pourra se référer à Yazid Ben Hounet sur Contretemps (Gaza : du déni à l’occultation. Retour sur un entretien du Monde avec Eva Illouz et Derek Penslar.)
– Son dernier livre « Le 8-Octobre, généalogie d’une haine vertueuse » n’est pas plus encourageant : par « antisémitisme vertueux » la critique de gauche du sionisme transforme ledit sionisme en « un signifiant flottant sur lequel sont projetés les crimes du racisme, du colonialisme, du réchauffement climatique et du capitalisme ».
Sur l’idée qu’Israel n’a cessé depuis sa fondation, de forger des affects racistes / autoritaires qui l’ont entrainé dans un devenir fasciste, je conseillerais plus volontiers le très très long et passionnant entretien de Bertov : https://lundi.am/Chronique-d-une-radicalisation-
Tchitchikov
InvitéOuais le nom d’Illouz m’a fait mal aux yeux aussi. Elle fait effectivement partie des nouveaux négationnistes. Mais je n’ai pas lu son livre non plus. On peut en tout cas retourner son titre contre elle-même, malgré le fait qu’il soit en effet peu convaincant.
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Mao
InvitéIndépendamment de ce qu’elle a pu dire ou écrire par ailleurs, je maintiens que ce texte est une analyse précieuse de la manière dont un Etat libéral moderne (je veux bien qu’on arrête de parler dans ce cas de démocratie) est travaillé en profondeur par des affects fascistes. Israel bien q’unique par sa situation géographique et historique n’en est pas moins le laboratoire central de production de ces affects, paradigme dont s’inspirent allègrement les dirigeants de la plupart des régimes occidentaux. Le soutien indéfectible dont jouit actuellement le régime israélien, et l’impunité qu’on entend accorder à ses dirigeants envers et contre tout, trouvent dans ces pages une explication très pertinente. Libre à vous de vous en passer.
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Dr Xavier
InvitéMerci, je compte au contraire le lire. Ne serait-ce que par curiosité de savoir ce qu’Illiouz pré- 7 octobre trouverait à redire à Illiouz post-
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Mao
InvitéMais pour revenir sur le sujet dont on s’éloigne quelque peu, je veux redire que le texte qui me semble le plus important pour comprendre la popularité de l’extreme droite est « ceux qui restent » de Benoit Coquard qui a enquêté dans des territoires très proches de ma région d’origine auprès de gens que je continue de côtoyer. Je crois qu’il a parfaitement cerné le fond de cette sombre affaire.
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Dr Xavier
InvitéÇa je confirme, entretien passionnant sur Élucid et il est sur ma pile (et je t’ai répondu plus haut)
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Mao
InvitéLes entretiens c’est bien mais le texte c’est encore mieux. Le bouquin de Faury aussi est formidable. Les deux se complètent parfaitement.
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I.G.Y.
Invité(Benoît Coquard est passionnant. Récemment découvert un de ses entretiens passé sous mes radars, intéressant puisqu’il concerne la comparaison banlieues des grandes villes et quartiers populaires de la « ruralité », en discussion avec Y. Brakni : c’est ici)
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François Bégaudeau
Maître des clésJe précise que ma perplexité sur Eva Illouz date de bien avant ses positions hautement douteux sur les agissements « disproportionnés » (!) d’Israël depuis le 7 octobre.
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Anna H
InvitéMerci, ça valait le coup d’écouter.
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..Graindorge
Invité@Mao
« Une poignante question turlupine le peuple de gauche : pourquoi un nombre significatif de prolétaires sont de droite? Pourquoi ces gens qui ont tout pour être de gauche sont de droite? Votent à droite quand ils votent, parlent à droite quand ils parlent.
Dans les livres que tu cites, on trouve des réponses « éclairantes » aux questions ci-dessus?
Et je pose la question : qu’est- ce qui fait que la tambouille de la gauche paraît plus fadasse que celle de la droite?-
Mao
InvitéPour aller vite, je dirais parce que nos affects sont structurés autant socialement (structuration économique et sociale) que symboliquement (structuration esthétique au sens large) par une vision du monde libérale / autoritaire qui a achevé pour beaucoup de délégitimer toutes les formes de vies, d’êtres et de pensées alternatives et progressistes. Nous sommes embourbés dans un sillon que nous n’avons plus d’autres choix que de creuser. Pour échapper à cela, redécouvrir la source profonde de « Notre joie », rompre avec le temps de la servitude et voir que peut être si l’on ose le déraillement (autrement dit la lutte des classes) se trouve « au loin la liberté »,
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Mao
Invité« qu’est- ce qui fait que la tambouille de la gauche paraît plus fadasse que celle de la droite? »
Autre réponse.
La tambouille de droite a le mérite d’être là déclinée sous toutes ses formes, à tous les menus, sur place ou à emporter.
La tambouille de gauche faut l’inventer. La faire soi-même. Se battre pour la faire exister. -
..Graindorge
Invité« La tambouille de gauche faut l’inventer. La faire soi-même. Se battre pour la
faire exister. »
Est-ce que essayer d’avoir un gouvernement de gauche même si c’est le micmac NFP, ne donnerait pas une base pour les combats? Une base comme passer à la 6ème république? Ce qui permettrait de redonner du pouvoir aux gens. Instaurer le R.I.C etc?
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Mao
InvitéJ’aurais pu ajouter « Notre joie » à cette liste. Va sans dire.
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Nicolas
Invité@ François : j’essayais de faire une réponse marrante aux remarques que tu m’as faites sur le fil Edgar Morin. Je me suis amusé à prendre un cas de figure pour livrer ma vision sur la question (pourquoi cet électeur vote RN et pas gauche radicale ?)
Je savais pas que ton prochain ouvrage parlait de ce que tu as évoqué.
@Carpentier : ouais et j’adoooore Kador alors j’allais pas l’insulter en le faisant parler. Son maître, c’est plus simple-
François Bégaudeau
Maître des clésMon « prochain ouvrage » a bien d’autres sujets
Mais celui ci pas plus que les autres n’emprunte les voies célestes de la rationalité pour juger de la vie, et encore moins des affects collectifs.-
Nicolas
InvitéBen tant mieux. Je cherche autre chose que les voix célestes de la raison pour élargir ma pensée.
Par contre 3 semaines d’attente pour Boniments (les livres viennent par bateau), heureusement qu’il y a le forum
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Carpentier
InvitéKador lit à voix haute son Kant:
… Mais si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve va qu’elle dérive toute de l’expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fut un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles et de ce que notre propre pouvoir de connaître (simplement excité par des impressions sensibles) produit de lui-même/ .. –
– oeil noir de Robert –
– J’aurais dû me souvenir que Robert, il est pas très porté sur la nourriture de l’esprit, marmonne Kador en se frottant la croupe endolorie par le jet de son bouquin qu’il s’est pris sur le dos, dans la foulée de l’oeil noir de Robert
–Nourriture de l’esprit, mon cul, ouais! ajoute Robert
@nicolas
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Carpentier
Invitécela ne prouve *pas*
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Emile Novis
Invité@FB
Merci pour cet avant-goût de ton prochain livre.Elles se font bêtement du mal. Nul n’est méchant volontairement, dit Socrate ; nul prolo n’est de droite volontairement, dit le gauchiste, qui dans la foulée se porte volontaire pour aider le prolo égaré à accoucher de sa vérité politique
Oui, c’est bien cela qu’on trouve derrière une partie de la déception devant le vote droitier de certains prolétaires. Et je vois un lien direct entre cette position et la maxime de Ruffin selon laquelle il faudrait « gouverner avec tendresse« , expression qui, à mes yeux, relève plus du sadisme politique que d’une inspiration chrétienne authentique – inspiration dont il se réclame discrètement, et dont l’équivalent de la maxime socratique serait, ici, le fameux « ils ne savent pas ce qu’ils font », qu’on ne peut pas appliquer en politique sans tomber dans des travers très dangereux. De là à faire un autre lien entre le « gouverner avec tendresse » et la forme des films de Ruffin, il n’y a qu’un pas, et je me demande s’il ne faudrait pas le franchir.
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Claire N
Invité« relève plus du sadisme politique que d’une inspiration chrétienne authentique «
Oui il y a quelque chose de force , de pas authentique
Le terme volontaire ressort d’ailleurs dans toute son incongruité dans ce court extrait en le grossissant il devient grotesque
Me reviens en tête pourtant bout de prière
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel «
Il y est saillant la tournure passive et par contraste
L’utilisation active que la rationalisation lui plaque-
Emile Novis
Invité@Claire N
Oui, c’est très juste ce que tu dis. Et on pourrait ajouter les versets du Notre Père qui précèdent celui que tu cites. Par exemple, « que ton règne vienne ». Ce n’est pas franchement un programme volontariste de gouvernement, mais une demande. On a beaucoup souligné le christianisme de Ruffin, on a moins relevé le sens plus que douteux qu’il en donne, où il semble vouloir jouer l’agneau porteur d’un amour une peu guimauve dans un monde où il n’y aurait pas d’ennemis, de conflits, de contradiction, comme si les bons sentiments humanistes suffisaient.
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Et puis « gouverner avec tendresse », quand même… Un appareil d’Etat n’est pas tendre : c’est une mécanique froide, peut-être nécessaire mais froide, dure, surarmée, administrative, plutôt autoritaire par survie. L’Etat est la croisée des intérêts contradictoires, c’est un lieu de tension extrême dans la vie sociale. L’appareil d’Etat romain contribue à mettre à mort Jésus – la fameuse raison d’Etat qui collabore avec les institutions religieuses du temps. Il n’y a pas de « tendre gouvernement », c’est absurde : le gouvernement n’a aucune tendresse pour ce qui est, il fixe une norme et veut se faire obéir, il conduit les conduites humaines en les massant au corps afin d’extraire le maximum de rendement. C’est un pouvoir. D’autant plus que nos Etats sont intégralement colonisés de l’intérieur par le capital, qui n’est pas franchement incliné vers la tendresse.-
Claire N
InvitéEt puis « gouverner avec tendresse », quand même…Rire -oui c’est de l’oxymore de compet
Pas très loin derrière violer tendrement
So Ps : on peut tout faire mais tendrement, on est des gens biens-
Emile Novis
Invité@Claire
Oui : « violer tendrement ». J’y avais pensé en entendant Ruffin parler de « gouverner avec tendresse ».-
Claire N
InvitéOn a donc un câblage commun – rires
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Carpentier
InvitéEst-ce à dire que, dans le prochain ouvrage de François Begaudeau, le.s politi.wo.men vont prendre gros?
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Alain m
InvitéTu disais lors d’un entretien que le vote droitier des prolos blancs s’effectuaient en tant que dominants, que l’occasion leurs étaient donnée par ce vote de grimper dans l’échelle sociale et de se trouver par là supérieurs par rapport aux prolos racisés.
(Ce ne sont pas tes mots je me remémore).
Je trouvais cela très juste et ça rejoignait un entretien de Gunther Anders que j’avais posté et qui décrivait « l’anoblissement de l’aryen » par rapport au juif. -
..Graindorge
InvitéAaaah! tu pratiques la sagesse de Lucien Sève:
» il est bien bête celui qui croit qu’on peut être intelligent tout seul. » Et ici plein de gens vont participer, beaucoup de cerveaux! Excellent! Travail collectif! Ça me plaît! Question importante! Ici, 6 cerveaux! J’apporterai le résultat des courses-
François Bégaudeau
Maître des clésEt Graindorge, sempiternellement, ne comprend rien mais s’en mêle quand meme
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..Graindorge
InvitéEncore!!!
HEY CAMARADE FRANÇOIS!
les rabaissements, les humiliations, les insultes, les dénigrements. STOP. BASTA!!! ÇA SUFFIT! JE SUIS TOUJOURS ALLÉE AU CHARBON POUR DÉFENDRE UN SERVITEUR PENDANT QUE D’AUTRES QUE TU NE T’ES JAMAIS PERMIS D’INSULTER RESTAIENT TAPIS ALORS TU ARRÊTES STP. TU ARRÊTES!
OU ALORS, PAR SOUCI D’ÉQUITÉ, DE JUSTESSE ( UN DE TES MOTS FÉTICHES) INSULTE AUSSI MAO QUI A REPRIS LA MÊME QUESTION QUE MOI ET QUI Y RÉPOND!
JE VIENS DE VOIR EN MÊME TEMPS QUE JE T’ÉCRIS UN MESSAGE DE MARIE : » LE LIVRE VIENT DE PARTIR » ET JE N’EN ÉPROUVE AUCUNE JOIE-
Carpentier
Invitépo popo po popo pooooooo
Jeudi suis gréviste, graindorge; et oui, mon frérot, oui: ris.
Toi qui as fini, comme moi, par rejoindre le gros de la famille qui bosse dans la ’ fonction publique ’ au sens large.
Même si ça fait bien 20 ans maintenant que les us et coutumes et autres maltraitances du privé y forcent les fainéants de fonctionnaires à apprendre à bosser.
Et il était temps.
On y arrive trop tard, tous les 2, chez les fainéants: merde alors.
Fini l’age d’or des fonctionnaires et c’est bien fait.
Je sais tout ça, j’entends tout ça.
Et, comme dirait l’autre, oui, on marche sur la tête.
Je m’ignorais complet cette faculté.
L’expérience, plus longue ’dans le privé’ , me permet-il d’y supporter mieux les violences?
Oh que non, c’est même l’inverse, car je fantasmais ne plus vivre ni voir un tel merdier, une telle casse humaine de bonne humeur et bonne volonté comme vécu ’ dans le privé. ’
They got me, damned.
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Tchitchikov
InvitéJ’vais faire du name dropping, encore, désolé mais c’est par flemme et manque de temps. En vrac donc. Mao l’a déjà dit : voir l’interview de Félicien Faury sur lundiam. Il prend au sérieux le ressort raciste dans le vote RN. Pourquoi « les pauvres » votent à droite ? (ce qui n’est pas entièrement vrai, souvent ils ne votent pas) est une question que se pose l’anarchiste américain Thomas Frank, dans des articles du diplo notamment. Un PS qui depuis quarante ans se fait passer pour un parti de gauche avec promesse de vie meilleure trahie, moralisation permanente, organiquement homogène à la droite (bloc bourgeois oblige) ça fabrique aussi des affects-opinions. Sans compter la criminalisation systémique de la FI grâce au saint vocable « antisémite ». On aura remarqué que c’est pas Poutou qui détient la majorité des médias. Plus de PC, plus de journal-organe, plus de Bourse du travail, plus de cours du soir pour les ouvriers d’usine, plus d’usines etc. etc. J’suis d’accord avec les amis qui ne veulent pas rationaliser à outrance. Néanmoins là-haut ça fabrique de la micro-politique pour soigneusement atomiser les luttes. Et sans syndicalisme de confrontation ça coince. On oublie aussi l’incitation à l’accès à la propriété pour tout un pan des classes populaires à une époque. On l’a vu au plus fort des grèves : t’as un crédit, une salle de bain à refaire, des mioches à emmener au parc Astérix, tu ne t’impliques pas de la même manière. Contradictoires conquis sociaux disaient les marxistes avec Nicos Poulantzas . Que fait le confort à l’engagement ? Et puis si ça crie trop fort on éborgne deux ou trois tondus comme on sait ; sinon plus (Allende et consorts). Le livre de Grégoire Chamayou La société ingouvernable, généalogie du libéralisme autoritaire étudie de près tout ça. Il fait un travail fastidieux que peu font : lire les adversaires.
Mais il y a plus. Comment se fait-il que le camp qui en 36, « grève joie pure », mettait « un peu de chair sur tout ce métal », qui en 68 expérimentait d’autres vies, était du côté du corps et du plaisir, soit désormais perçu comme moralisateur et restrictif ? Par un étrange retournement les fachos passent dorénavant pour des hédonistes : « nous on mange de la bonne viande, et on continue à dire « baiser », et j’prends l’avion pour aller en Thaïlande si j’veux (mais j’suis patriote) ». Bonne journée, j’vous lirai ce soir.-
Ema
InvitéMais je n’ai pas l’impression dans le fond que ce soit la criminalisation de la FI prétendue antisémite ni les trahisons successives du camps qui se réclame de la gauche qui rendent la droite identitaire si désirable à certains. Un dé-goût ne génère pas mécaniquement un goût pour le camps « adverse », un dégoût seul produit surtout des abstentionnistes ( qu’on oublie décidément beaucoup). D’ailleurs j’en connais un paquet qui trouveraient Melenchon tout a fait désirable si son discours n’était pas, je cite, pro immigration ( je crois qu’ils ne lui pardonneront jamais l’épisode « créolisation »), donc ce n’est pas tant la filiation historique de la FI, dont les prolo vingtenaires se foutent éperdument, qui les rebute, mais bien spécifiquement le refus catégorique d’afficher la moindre préoccupation identitaire. Ce goût est en partie fabriqué socialement par l’absence de pratique démocratique certes, l’atomisation dont parle Stiegler, mais sur le rôle médiatique et politicien j’y crois de moins en moins. D’ailleurs je remarque une chose : les chaînes d’info de droite ont un audimat plutôt vieillot et probablement en grande partie macroniste. On néglige trop souvent à gauche le renouveau générationnel de l’extrême droite, et donc la relative obsolescence des vieilles théories sur le rôle de la télé et des trahisons de la gauche historique. Pour le reste je suis d’accord avec toi, la stabilisation financière d’une partie du prolétariat, accédant à un ersatz de confort bourgeois par la propriété, génère pour le coup assez mécaniquement de la fixation sécuritaire, et son pendant xénophobe n’est jamais loin.
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François Bégaudeau
Maître des clésMême sentiment que EMa
Tchtchikov : la première partie de ton analyse causale me parait bien légère au regard des paramètres convoqués dans la seconde, qui me semblent éminemment plus pertinents. Nous avons affaire à un mouvement de fond, de masse. A un phénomène sociogéologique. Donc les petites contingences comme le verbiage des médias me paraissent bien dérisoires.
Quant à la fin de ton post, eh bien je n’irai pas contre – mais je crois que c’est secondaire aussi. Disons que c’est un surcroit : non seulement ils sont à droite mais en plus ils détestent nos gueules de sermonnards. -
..Graindorge
InvitéLe programme de la FI, accepté par les autres groupes du NFP était plus que désirable et on a failli le voir se réaliser. Ce sera pour 2027.
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Mao
Invité« Un dé-goût ne génère pas mécaniquement un goût pour le camps « adverse », ».
Mon goût est le dégoût du goût des autres. Le dégoût est un catalyseur d’affects très puissant dont la qualité principale est qu’il se propage, se dissémine, infecte, empoisonne, corrompt tout ce qu’il touche par effet de contamination. Pour une raison ou une autre j’éprouve du dégoût pour telle chose, voyant mon ami toucher cette chose, la caresser voire la manger, ce n’est plus uniquement la chose seule qui demeure objet de mon dégoût mais lui-même qui me dégoûte. Ainsi les arabes me dégoûtent parce qu’il me paraît évident qu’ils prolifèrent comme le chiendent ou la vermine, comme tous les nuisibles, ils menacent de corrompre notre pureté et notre intégrité. Aussi quand je vois qu’un tel semble prendre leur défense, il finit aussitôt par me dégoûter et je n’ai aucun scrupule à le mettre dans le même sac. Si le juif est l’objet premier de mon dégoût je qualifie sans peine par effet de contagion ceux que ces derniers ne dégoûtent pas, de judéo-bolcheviques. Si ce sont les arabes qui me dégoûtent, j’appelle alors celles et ceux qui ne partagent pas mon dégoût des islamo-gauchistes.
Les arabes me dégoutent par ce qu’ils travaillent, et volent ce faisant, le pain des français ou parce qu’ils ne travaillent pas et abusent de notre si généreux système social. Ou parce qu’ils puent des pieds. On ne sait plus trop. Ah si, on se souvient, les arabes nous dégoutent parce qu’ils sont musulmans, parce qu’ils menacent notre civilisation et qu’ils sont, c’est bien connu, des terroristes islamistes. On imagine donc à quel point les terroristes arabes du Hamas me dégoûtent. Je n’ai alors aucun mal à qualifier ceux qui oseraient discuter cet affect plein de bon sens, de complices du terrorisme islamiste. Que les critiques parviennent d’un parti comme la LFI ou des juges de la Cour Pénale Internationale jusqu’aux instances de l’ONU n’y change rien.
Tout ça pour dire que le dégoût est un affect terriblement puissant qui imprègne puissamment la pensée dominante et se propage tel un feu de forêt à l’ensemble de la société.
Pour ce qui est de l’abstentionnisme, il s’agit d’un autre dégoût qui se porte cette fois sur la classe politique et le système médiatique. Les médias et les hommes politiques me dégoûtent tellement que je n’ai aucun mal à les voir remplacés par des médias de milliardaires qui ont au moins le mérite de me permettre de jouir de mes dégoûts et ressentiments, et de voir triompher des partis politiques voyous n’ayant aucun respect pour les premiers rudiments de nos institutions sociales, libérales, pseudo démocratiques (cf Trump, Milei, Ciotti).-
Ema
Invité« Mon goût est le dégoût du goût des autres. »
Je ne sais pas s’il s’agit d’une nuance ou d’une contradiction, dans tous les cas je me permets de repondre. Depuis des années un mantra s’est installé à gauche de la gauche, encore réitéré récemment par ce bon vieux Bernie Sanders suite à l’élection de Trump : la gauche institutionnelle a abandonné la classe ouvrière, il n’est donc pas étonnant que la classe ouvrière abandonne à son tour la gauche institutionnelle . Ce mantra part donc du principe que le vote d’extrême-droite n’est qu’un vote par la négative, un vote de dégoût donc, un vote anti système, anti républicain. Or nous savons bien que le vote anti système n’existe pas, voter constituant en soi une certaine obéissance à l’injonction de citoyenneté très largement relayée par les médias et les institutions politiques. Voter c’est déjà adhérer un minimum au « système ». Ce n’est pas non plus un vote social-solidaire, qui s’orienterait plutôt vers une option NFP, dont les propositions sont tout de même assez désirables du point de vue d’un électorat prolo. C’est donc bien un vote qui traduit un goût pour les questions identitaires et sécuritaires, prioritairement et non incidemment. La gauche actuelle dégoûte une certaine partie de l’électorat prolétaires parce qu’elle neglige ces questions. Je réitère donc qu’un simple dégoût de la gauche institutionnelle ne suffit pas à fabriquer de l’affect identitaire, c’est l’affect identitaire qui induit à détester cette gauche là et la gauche radicale avec (puisque précisément sur le plan du xénophobie les deux se distinguent peu)-
Mao
Invité@ema
J’aime bien Bernie Sanders. Quand il dit : « la gauche institutionnelle a abandonné la classe ouvrière, il n’est donc pas étonnant que la classe ouvrière abandonne à son tour la gauche institutionnelle ». Je suis assez d’accord avec lui. Ce qui m’étonne davantage c’est que ce dépit amoureux vis à vis de la gauche institutionnelle se traduise par un ralliement massif à l’extrême droite. Entre parenthèses, ces derniers jours les médias US, CNN en tête, sont en boucle sur la future nomination par Trump du prochain directeur du FBI qui leur a promis l’apocalypse. Rarement vu une telle panique. Je vous invite à y jeter un coup d’oeil. C’est effrayant.
Pour revenir à ce que tu dis, je pense qu’il n’y a pas lieu de distinguer. L’adhésion au trumpisme se nourrit de la haine de la gauche libérale et vice et versa. C’est un vote qui comme tous les votes est à la fois pour et contre. -
..Graindorge
Invité@Ema
« Voter c’est déjà adhérer
un minimum au « système ». Ce n’est pas
non plus un vote social-solidaire,
qui s’orienterait plutôt vers une option NFP,
dont les propositions sont tout de même assez désirables du point de vue d’un
électorat prolo. »
Nous avons été nombreux à aller voter aux dernières élections. De toutes façons, nul besoin de mouchoir noir ou rouge ou rouge et noir sur les nez sensibles. Nous sommes DANS le système. Ce sont nos choix du quotidien – si et seulement si ces choix sont possibles – qui minimisent « l’installation » dans le « système » plutôt que l’adhésion. Ce sont des milliers de micro actions parfois invisibles à l’oeil nu et dans le monde entier qui créent les fissures, les brèches.
Oui, tu as raison Ema, les propositions du NFP sont désirables et bien plus que « assez » et pas que par l’électorat prolo. Toutes ces actions auraient un meilleur terreau pour se développer de manière exponentielle alors qu’actuellement les bâtons dans les roues sont légions et tout ce qui peut être empêché l’est et continue de l’être. Quand tu lis qu’un Bolloré veut les librairies…
Il ne s’agit pas de « tu as raison j’ai tort » ou vice-versa On tâtonne. On réfléchit.
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Tchitchikov
InvitéComme annoncé tout ça était lancé en vrac. Je me fais mal comprendre par conséquent. J’crois qu’on est d’accord Ema et François. Pour autant je ne mets pas toutes ces raisons sur le même plan comme vous le suggérez. J’ai une vision matérialiste de ces questions. Aussi je voyais plus la partie sur les médias comme le signe d’une conscience de classe disparue. Comme une conséquence qui crée une atmosphère peu propice à la percée non pas tant des idées mais des pratiques « de gauche ». La propagande, si on entend par là des canaux de diffusion des discours, n’est tout de même pas une affaire d’idéaliste. Alors certes, on ne retourne pas des opinions qui se construisent en vingt ans avec deux émissions TV et trois podcasts. Un discours politique est adossé à des conquêtes concrètes : congés payés, salaires indexés sur l’inflation, évolution du point d’indice, 35h etc. Mais la lame de fond dont tu parles François, si elle constitue la base réflexive et affective des comportements politiques, est travaillée par une pensée-minute. Qu’un « pacte racial » implicite ou inconscient dans un contexte d’insécurité sociale en soit au fondement est indéniable. Quant ce que j’entendais par médias. Non pas la télé comme tu dis Ema. Ou du moins autant la télé que le medef local, les chambres de commerce et d’agriculture, le p’tit patron qui a de l’influence sur un village parce qu’il est perçu comme exemplaire (de ce côté-là Coquard est très pertinent), les sociabilités de corporation, et bien sûr les réseaux. D’ailleurs le passage de la gauche communiste au FN dans les endroits étudiés par le sociologue est une sociodicée. Néanmoins à une époque le travail de fond des syndicats, des militants, étaient disponibles sur le lieu de travail dans les campagnes en déclin pour faire contre-offensive au discours du FN. Augmenté par des acquis matériels réels C’est vrai que la FI est un parti de combat pour les présidentielles mais décidément pas un parti de conversion au sens léniniste du terme. Quand j’aurai le temps de développer j’prendrai deux exemples pour développer sur les réflexes racistes dont vous parlez et la puissance du discours ambiant qui selon moi les renforce. En tout cas, le stigmate d’antisémites pour la FI a une influence considérable parmi les profs (qui ne sont plus de gauche depuis longtemps pour des causes matérielles là encore micro-politiques avant tout : échelon, différences de grade, pacte, jeux de prestige, racisme de classe, croyance en l’intelligence, idéologie du mérite). Premier exemple que je développerai.
Concernant les affects François si on apparaît systématiquement comme des « empêcheurs de jouir » il me semble quand même que ça ne contribue pas à restructurer la gauche comme étant désirable. Étant entendu qu’on a des définitions concurrentes voire opposées de ce qu’est la jouissance. Et effectivement si on reprend l’aphorisme de Bourdieu pour résumer son La Distinction, « le goût c’est le dégoût du goût des autres », comme le fait Mao, il me semble qu’il ne faut pas sous-estimer la réaction affective sur le marché politique. Analogiquement le stigmate d’intello/d’écolo/d’artiste/de citadin/de cosmopolite pour les votants RN fonctionne comme pour celui d’antisémite pour les profs (les deux se cumulant parfois), je crois. Comme on dit, c’est épidermique. En témoigne des discussions avec des agriculteurs RN/FNSEA du Morvan depuis plusieurs étés. Deuxième exemple que je développerai. Si c’est un surcroît il me paraît moteur dans les comportements et les sociabilités. Bien sûr, il étaient déjà de droite et en plus nos gueules ne leur reviennent pas. Mais j’me perds, j’crois que le début de votre discussion concernait la place des affects en politique. Des affects racistes plus particulièrement. Si c’est le cas l’anecdote du pays Vauban vous intéressera. Qui rejoint ce que vous dites sur le désir de sécession raciste. À plus-
Tchitchikov
InvitéCeci dit il y a encore beaucoup de profs de gauche. Encore faut-il savoir ce qu’on entend par gauche.
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..Graindorge
InvitéEncore!!!
HEY CAMARADE FRANÇOIS!
les rabaissements, les humiliations, les insultes, les dénigrements. STOP. BASTA!!! ÇA SUFFIT! JE SUIS TOUJOURS ALLÉE AU CHARBON POUR DÉFENDRE UN SERVITEUR PENDANT QUE D’AUTRES QUE TU NE T’ES JAMAIS PERMIS D’INSULTER RESTAIENT TAPIS ALORS TU ARRÊTES STP. TU ARRÊTES!
OU ALORS, PAR SOUCI D’ÉQUITÉ, DE JUSTESSE ( UN DE TES MOTS FÉTICHES) INSULTE AUSSI MAO QUI A REPRIS LA MÊME QUESTION QUE MOI ET QUI Y RÉPOND!
JE VIENS DE VOIR EN MÊME TEMPS QUE JE T’ÉCRIS UN MESSAGE DE MARIE : » LE LIVRE VIENT DE PARTIR » ET JE N’EN ÉPROUVE AUCUNE JOIE -
Frezat
InvitéUn peu caricatural amha
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..Graindorge
InvitéAlors Frezat, tu vas lui amener quels fromages à François à Genève? Sache qu’il préfère le chèvre.
Et comme tu disais qu’il te plaisait, pour avoir une chance prévoit 2kgs!-
Frezat
InvitéJe l ai raté c était le week-end dernier qu il était en haute Savoie il me semble ! J ai eu un empêchement et j ai pas pu le rencontrer à mon grand regret.
Il a d excellents goûts si il préfère la chèvre !
Je préfère aussi le fromage caprin ou ovin qu on oublie dans le coin en préférant les sempiternels beaufort, reblochon et autres attrapes touristes/citadins.
Tu vas bien sinon ?-
..Graindorge
InvitéAh tu dis « la » chèvre, nous on dit « le »
Aux Canaries, il y a vraiment d’excellents fromages de chèvre et de brebis. Au lait cru. Très important! Tellement excellents que les amerloques se sont battus pendant des années pour tenter d’ acheter et avoir l’exclusivité sur tous les fromages des 7 îles
pour leurs restaurants de luxe et nous laisser ici avec les merdes Babibel, gouda et autres Mais nous les consommateurs aux côtés des éleveurs, on s’est pas laissés faire. No Way! Si tu veux le manger, tu viens ici. Avec plaisir! cheeeese!😁 On a gagné!
Sinon, oui ça va bien! Ma meilleure amie va venir bientôt! Je suis contente
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SHB
InvitéL’impuissance politique a gauche me paraît pourtant assez simple a expliquer.
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Celui contre qui tu te bats est a la fois ton adversaire politique, ton adversaire de classe mais aussi celui qui régie presque exclusivement tous les aspects de ta vie. -
Maximus
InvitéCette vidéo résume pourquoi la gauche perd
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Frezat
InvitéLaule
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Kenyle
InvitéPour en revenir au titre : pensez vous qu’il serait intéressent de faire une série d’entretiens avec des électeurs RN prit au hasard sur une chaine youtube par exemple ? Il y a une petite habitude qui s’est mise en place sur youtube d’inviter des intellectuels sur de long entretien format thinkerview ou au final on y croise les à peu prêt les mêmes personnes. Il pourrait être intéressent d’écouter des électeurs.
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Kenyle
InvitéJ’ai aussi ressenti une certaine passion / frustration a cause de la forme du dernier docu de Ruffin. Vous pourriez pas faire ce genre de docu chez QG ? Ça coute trop cher ?
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PeggySlam
InvitéÇa serait pas mal comme idée mais peut être que François on a un peu marre qu’on l’affiche à côté de ces gens là (même si ça aurait été super intéressant surtout au niveau cinéma)
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Maximus
InvitéTu as Marsault 10 ans d’usine et maintenant dessinateur/sculpteur
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Leo Landru
InvitéMarsault est devenu un droitard parce que Fluide Glacial l’a refoulé. C’est en ouvrant un rayon réac de sa boutique imaginaire qu’il a su capter un public en manque d’une plume au service d’idées ringardes, d’idées haineuses. Il s’est mis au service de sa clientèle en lui servant ce qu’elle voulait et il est devenu le killer que sa clientèle désirait.
S’il avait été mentoré par Lindingre ou Lefred, on verrait ses dessins dans des canards de gauche (ses dessins étaient repris dans des tracts CGT au début de sa notoriété, quand il oscillait entre divers bords, et il ne s’en plaignait pas). Surtout, il dessinerait mieux que ses insupportables recopiages de Gotlib avec ses encrages improbables, ses perspectives ratées, son gag indigeste du coup de poing final dans la gueule qui clôture les trois quarts de son œuvre.
Au final Marsault est avant tout un commerçant, un boutiquier, un influenceur, comme le dinosaure protéiné, le dérangé des armes ou la bimbo des incels qui remplissent la fachosphère. C’est une histoire de blé avant tout.
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Nicolas
InvitéJe trouve l’idée intéressante en particulier si on s’intéresse à des électeurs RN non stéréotypés.
Je veux dire pas le raciste de base, plutôt les déçus des autres bords politiques.
J’aimerai savoir pourquoi ils votent RN plutôt que s’abstenir de voter -
Leo Landru
InvitéFormellement impossible. Tu n’aurais pas d’interviews d’électeurs mais uniquement de militants qui s’assument, donc des interviews de politiciens ou de tracts ambulants – soit une combinaison d’anciens skinheads/phénomènes de foire/cravatés à raie sur le côté. On les connaît déjà.
La plupart des électeurs RN n’ont rien à raconter aux journalistes et se contentent de voter en attendant que ça tombe. Le livre Comment s’occuper un dimanche d’élections en parle très bien. Le personnage raconté dans le texte qui ouvre ce sujet n’existe pas car il aurait mieux à faire que de parler de son vote RN, ou il ne l’assumerait pas, ou il l’assumerait sans convictions, mais plus certainement : le sociotype de l’électeur RN n’est déjà plus Robert Bidochon. Il n’y a pas 11 millions de Bidochon en France.-
Nicolas
InvitéOk, je t’avoue que je ne connais pas bien les électeurs RN. Mais si le parti fait plus de voix aujourd’hui, c’est qu’il joue moins à fond sur le racisme et qu’il a réussi à prendre des électeurs de droite et de l’extrême gauche en ayant un discours plus orienté pouvoir d’achat, non ?
Mon Bidochon m’a servi a montrer ce que je crois quant à ce transfert de voix-
François Bégaudeau
Maître des clésFaury montre que la condition nécessaire et suffisante pour un vote RN est le racisme.
Le pouvoir d’achat c’est un petit plus.-
Claire N
InvitéOui tu as raison – insister sur le « en plus «
Ça me paraît le plus intéressant -
Maximus
InvitéEtre contre l’immigration ce n’est pas du « racisme » Mr Bégaudeau c’est un droit souverain dont tout les pays ont droit, y compris dans les pays arabe chez vos amis indigéniste
Tout ces beaux discours pour au final finir dans la trivialité « contre l’immigration = racisme » et supprimer un droit en plus aux Français, à croire que votre but est uniquement de mettre le chaos-
François Bégaudeau
Maître des clésMon but est de mettre le chaos et d’épouser Miley Cirus.
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Tchitchikov
InvitéVoilà on y vient. Tous ces livres écrits pour révéler enfin ton vrai dessein. Par ces mots je t’absous. « Ta mocheté est belle » comme dirait Bobby Bob, un lointain cousin de William Will.
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TDM
InvitéC’est très convaincant et ça explique de façon très économique le vote RN au détriment du vote de gauche dans une partie des classes populaires.
Cela dit, comme me le faisait remarquer une amie récemment, l’enquête de Faury porte sur une partie bien spécifique de l’électorat RN : la sociologie du sud-est de la France n’est pas exactement la même que celle des bassins miniers désaffectés du nord ou de l’est. Peut-être que la même enquête en Lorraine aurait donné des résultats légèrement différents (mais peut-être pas puisque ces différences sociologiques n’invalident pas par elles-mêmes la démonstration qui est faite). En tout cas elle aurait peut-être pu mettre en évidence le surgissement d’affects racistes assez puissants pour orienter significativement le vote (alors que le phénomène paraît plus installé dans le sud-est).-
François Bégaudeau
Maître des clésOui l’intensité raciste est sans doute supérieure dans le sud, notamment du fait du passif algérien – beaucoup de pieds noirs dans le Sud, qui furent d’ailleurs la première base de l’électorat FN, qui dans les années 90 était un électorat petit-bourgeois (commerçants, artisans, petits propriétaires)
Il n’empêche : si le pouvoir d’achat était le problème, les électeurs RN du Nord comme du Sud n’auraient aucune raison de ne pas voter Insoumis.-
Maximus
InvitéPourquoi ne pas voter insoumis ?
1) Ce sont des beaux parleurs et des social traitres qui se coucheront comme Tsípras
2) Ce sont des racistes anti blanc et pro violeur (contre les executions des oqtf et la prison)
3) Ils se compromettent avec l’islam radical par clientélisme et cynismeça fait de bonnes raisons de ne pas voter pour eux
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..Graindorge
InvitéMaximus… c’est Jean Monnaie?
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Tristan
InvitéOui, du racisme. Ce qui me frappe, dans le bouquin de Faury, c’est à quel point le « camp de la gauche » est haï, honni. Parce que (vu comme) généreux dans une période où l’égoïsme est nécessaire et parce que lançant des leçons de morale à la terre entière. La haine de la gauche me semble être le prolongement d’une expérience scolaire douloureuse : on hait, dans la gauche, la posture du prof.
D’ailleurs : la propriété sociale la plus prédictive du vote RN, c’est la faiblesse du capital scolaire (= niveau de diplôme). Le vote RN, il se construit à l’école – comme institution totale.-
François Bégaudeau
Maître des clésParfaitement d’accord
Et j’aime beaucoup cette notion d’institution totale. Elle est de toi?-
anne-laure
InvitéNon, de moi.
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Dr Xavier
Invité« Le vote RN, il se construit à l’école. »
Ça me rappelle La Cravate. Une hypothèse que les réalisateurs se sont empressés de fuir. -
Ema
InvitéLe rôle de l’humiliation (ou sentiment de) en général a sûrement un grand rôle dans cette affaire. Surtout si on considère l’acte de vote pour ce qu’il est matériellement : une décision prise secrètement et en solitaire, non soumise à aucune forme de scrutin extérieur. Procédé absolument idéal pour les petites revanches mesquines, un peu comme le post it anonyme dans la cage d’escalier à l’attention des fêtards du 5e. Je ne dis pas bien sûr que ce n’est que cela, mais ca l’est en partie ( d’ailleurs les coming out RN se font souvent en comité restreint et choisi, au cas par cas)
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Maximus
InvitéYa sûrement des sales type au RN comme à LFI ou au NPA, on vote pour un programme
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..Graindorge
InvitéMerci Maximus. « On vote pour un programme »
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Maximus
Invitéc’est pour répondre à vos arguments de merde « ah gneu gneu y’a des racistes au RN »
Oui et y’a aussi des racistes chez les decoloniaux et des antisémites chez LFI, des homophobes opportuniste qui votent LFI
à partir de là en faire un argument est pathétique-
Leo Landru
InvitéAh gneu gneu y’a des racistes dans un parti dont le fer de lance est la xénophobie.
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François Bégaudeau
Maître des clésMaximum est un idéaliste d’extreme droite, et donc un sous-genre de politimane. Il postule alors que tout propos est un argument, ou un jugement. Il ne peut pas imaginer une seconde que le racisme des électeurs RN soit simplement un fait, qui ne vaut ni jugement ni argument, mais matière à penser.
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Leo Landru
InvitéJe me demande, quand il dit « ce sont des racistes anti-blanc et pro-violeurs » s’il se rend compte de la drôlerie de cette énormité. « Effectivement à la FI nous sommes pro-viols, enfin pas ouvertement mais c’est dans les petites lignes du programme, on soutient les violeurs étrangers car la vie n’est pas facile pour eux. Vous trouverez également quelques propositions de racisme anti-flic et de xénophobie anti-patrons après notre projet de transition de genre obligatoire. » La bêtise comique de tout cela. Les œillères.
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Maximus
InvitéQuand on voit que sur le mur des cons il y avait le père d’une fille violée et assassiné on peut se poser des questions, il y a l’air d’y avoir de sacré cas à gauche
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Maximus
InvitéJe postule qu’il existe des racistes au RN mais que la définition du racisme s’est énormément élargi, à la base c’est la classification et la hierarchisation des races
Aujourd’hui le simple fait de ne pas vouloir que des millions d’Afghan, de Maghrébins ou d’extra européen viennent en France équivaut à être considéré comme raciste par la gauche
C’est forcément un jugement puisque le racisme est illégal et que donc ça placerait toute personne contre l’immigration comme hors la loi… tout comme vous n’appréciez pas qu’on vous traite d’antisémite car pro Palestine et à juste titre -
Leo Landru
InvitéDes milliards d’Afghans. Des dizaines de milliards de Syriens. Des centaines de milliards de transgenres comoriens.
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Demi Habile
InvitéFrançois: Mon dernier réveillon du 31 je l’avais passé avec un pote d’extrême droite, du genre négationniste, fan de Soral et Dieudonné, qui trouve Marine un peu molle et tout et tout, et lors de ce réveillon j’ai vu plus de noirélézarabes en une seule soirée qu’en une année complète avec mes potes gauchistes de ton genre.
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Est ce que c’était une exception? Non, même à l’époque où je vivais dans le trou du cul de l’alsace on avait des gens qui vantaient ouvertement le nom de Le Pen dans la cours de récréation et j’en revois deux en particuliers, un qui était très copain avec le noir de la classe, parce qu’il était un peu de seul de mémoire, puis un autre qui était très copain avec un turc. En fait je ne vois qu’un ou deux sympathisants du Front National qui aurait pu se vanter d’être raciste sans passer pour un puit de prétentions sans fond et sur le total ça pèse pas grand chose, ça pèse l’exception quoi.
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« Il ne peut pas imaginer une seconde que le racisme des électeurs RN soit simplement un fait, qui ne vaut ni jugement ni argument, mais matière à penser. »
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Je sais bien que le ridicule ne tue pas mais très franchement tu devrais te méfier, ça pique un peu quand même.
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I.G.Y
Invité@TDM cette objection légitime, Faury l’a bien en tête et en parle régulièrement. Il en dit justement que cette opposition nord/est vs sud dans l’étude de l’électorat RN est assez surestimée aujourd’hui. Je pense qu’il détaille cela dans son livre, que je n’ai pas eu le temps de lire.
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Tony
InvitéSur l’absence de vote LFI on peut aussi prendre les choses par un autre bout et admettre que les gens qui travaillent tiennent à garder leur travail, qu’ils veulent échapper au chômage de masse,que cette menace soit imaginaire ou réelle,tant que la gauche bourgeoise dénigrera le travail je ne vois pas comment elle pourrait se rendre désirable pour les travailleurs.
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Nicolas
InvitéDes votes NFP vers le RN pourrait s’expliquer par le côté conservateur du RN ? Dans un monde qui nous dépasse, ce serait rassurant ? En particulier, ils ont toujours joué à fond sur l’insécurité (délinquance et perte d’emploi) en la liant à l’immigration justement
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Tony
InvitéEn lisant Coquard on comprend que le vote RN est un vote de classe,que la gauche est vue comme le camp des oisifs,celui des cassos et des bobos,et vote conservateur évidemment.
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François Bégaudeau
Maître des clésQuelle charmante vision du vote RN. Un vote de classe. Un vote de classe, sans aucune considération raciale. Un vote communiste en somme.
RN is the new PC
Je cours adhérer -
Tony
InvitéContinuité du pacte racial de feu le parti communiste.
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propater
InvitéCoquard parle vraiment de vote de classe pour le vote RN? Et si oui, de quelle classe? Parce que dans mon souvenir il parle surtout de la peur du déclassement et de l’aspect très concurentiel du marché du travail local (et très restreint, d’où des enjeux de réputation) où il faut être vu comme un ‘bosseur’, réputation de bosseur que viendrait entacher une politisation à gauche.
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Tony
InvitéVote de classe dans la mesure où il est très mal vu de ne pas voter RN et s’il y a peur du déclassement c’est bien parce qu’on a conscience d’appartenir à une classe.
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propater
InvitéFausse conscience, plutôt? Il s’agit de prolétaires essayant de se démarquer d’autres prolétaires pour plaire a l’institution bourgeoise du marché du travail. Dans le jeu de la concurence, ils ne se considèrent pas comme membres d’une classe mais commes des individus lutant pour leur propre survie.
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Charles
InvitéCe qui est assez fascinant dans ce que raconte Coquard et Faury c’est que non seulement la gauche est haïe par ces électeurs du RN mais elle est même ignorée, c’est comme si elle n’existait pas pour eux et d’ailleurs ils seraient bien en peine de critiquer précisément ses idées. Autre chose intéressante, c’est qu’ils considèrent que le RN est un parti de centre-droit, pas d’extrême-droite. On atteint là un niveau de dépolitisation en tant qu’ignorance profonde de la politique qui est frappant même si je me demande si c’est tout à fait nouveau ou pas. Je me rappelle d’ailleurs de ce pauvre Zemmour venir pleurnicher sur après sa défaite électorale en disant qu’en réalité ces électeurs-là (ruraux et diagonale du vide) ne le connaissaient pas, connaissaient à peine le nom de Marine Lepen, qu’ils identifiaient surtout la flamme du logo. Bon, c’était sans doute un peu excessif mais on comprend à la lecture de ces deux sociologues que ce vote populaire d’extrême-droite ne se pense même pas comme révolutionnaire.
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Mao
InvitéLe vote RN est un vote ultra conformiste.
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François Bégaudeau
Maître des clésIL m’arrive assez souvent, bien que bobo-bourgeois-dandy-nanti, de me retrouver dans des périmètres de France où il n’y a pas un seul gauchiste dans un rayon de trente kilomètres
Les seuls gens que les habitants d »ici identifient comme de gauche c’est les cultureux bien-pensants de la télé. C’est les comédiens-nes qui viennent dire de faire barrage entre les deux tours. Tu m’étonnes qu’ils détestent ça. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Vote de classe dans la mesure où il est très mal vu de ne pas voter RN’
Je ne comprends pas ce « dans le mesure où », ne voyant aucun lien entre un pan de la phrase et l’autre.
D’autre part, si « je vote RN parce que tout le monde RN », reste à savoir ce qui motive ce tout le monde
Ce qui motive ce tout le monde n’est pas l’appartenance de classe, c’est au contraire la secondarisation de l’appartenance de classe par rapport à l’appartenance de race.
Le RN n’est donc en aucun cas un vote de classe – il contribue en tout cas objectivement à la dissolution de la détermination de classe. -
Tony
InvitéC’est la thèse de Zemmour,bon puisque tu l’affirmes inutile d’en discuter,je préfère m’appuyer sur le travail d’un sociologue.
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est en effet la thèse de pas mal de droitards que de dire que le RN est un vote de classe.
C’est pour le RN une victoire majeure dans le débat que d’avoir convaincu tout le monde qu’il proposait une défense de classe.
C’est le premier argument de la droite bourgeoise pour dédiaboliser le RN, et ainsi légitimer une alliance avec lui, que de dire qu’il n’est pas un vote raciste mais un vote de classe. -
Kenyle
InvitéJe n’ai pas le souvenir d’entendre coquard parler d’un vote de classe concernant le vote RN (pas encore lu le livre) mais bien d’un entre soi de petit groupe d’amis/famille où la politique est un liant. Il dit bien qu’ils font le tris dans ce groupe, et que pour continuer à appartenir à un groupe ils pensent qu’il faut en exclure d’autres. Il dit enquêter sur des lieux où les ouvriers ont toujours voté à droite car, avant, les prolétaires du coin accédaient souvent à la propriété.
Il peut y avoir une grande solidarité au sein des bandes de pote/clan car ils ne peuvent pas se permettre l’individualisme, c’est une manière de trouver du travail par exemple. A condition de faire partie de ce groupe évidemment.
Le vote RN est un vote de respectabilité / consolider un groupe. C’est à dire comment par le vote RN on devient respectable lorsqu’on vit dans un milieux restreins ou ta réussite sociale dépend de ta réputation. Réputation que se limite à quelques dizaines de personnes qu’ils croisent sans cesse. A travers le vote RN ils se positionnent en opposition à certains comportement (assistanat/cassos/imigré) et se désigne eux même donc comme quelqu’un de respectable / fiable, c’est a dire qui ne menace pas l’ordre établie. Il précise qu’un blanc du coin qui galère sur le marché de l’emploi peut tres bien rentrer dans la case des cassos/assisté. -
I.G.Y
InvitéKenyle et Charles ont bien résumé plusieurs des arguments de Faury. Vote communautaire davantage que vote de classe. On définit un nous et comme toujours, c’est le contenu du nous qui dit tout.
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« ce vote populaire d’extrême-droite ne se pense même pas comme révolutionnaire » : d’accord avec ça (même si les franges « révolutionnaires » existent). C’est l’une des différences majeures du RN avec le fascisme historique. -
François Bégaudeau
Maître des clésTrès bonnes clarifications
Je crois que l’hypothèse du vote de classe peut être rangé dans un tiroir. En tout cas la gauche doit continuer à ne pas laisser se diffuser cette fake news tout à fait mortifère pour elle. -
netflou
InvitéLors des législatives, par proximité géographique ou familiale, je me suis retrouvé à échanger avec des électeurs de Bardella.
Ils se sont échappés loin des catégories par lesquelles les sciences politiques les pensent. Aucun désir de se constituer en sujet émancipée de gauche, aucune envie d’être l’acteur/individu de la fable libérale.
Ils ne veulent pas être performés par ces vieux récits.
Leur souhait est de rester calé dans la masse, d’être des éléments conducteurs (comme le cuivre). Il leur importe de bien conduire tous les conformismes, de bien conduire les opinions et les affects balancés sur les réseaux.
Le slogan qui ramasserait le mieux leurs attentes serait » Nous ne négocierons pas notre mode vie » de G.W Bush.
Ils ne veulent pas aller plus loin : La FI est antisémite, il y a trop d’impôts, de normes et d’immigrés. Ils ne veulent même pas examiner la factualité de ces propositions.
Ils ne veulent pas essayer d’argumenter.
Ils aimerait surtout que les types comme moi ferme leur gueule. -
Tristan
Invité« Ils aimerait surtout que les types comme moi ferme leur gueule. » That’s the point. Les gens comme toi et moi, oui. Ce qui fait que j’ai surtout envie de bien fermer ma gueule, en vrai – ma gueule de prof.
Fermer ma gueule et bouger le reste de mon corps : parler de la politique médiatique, de la compétition électorale, c’est dead. Les mots sont piégés, on peut plus rien en faire. Par contre, y a encore moyen de faire des choses ensemble – faire des choses = faire vivre des assos, cultiver des solidarités, s’opposer ponctuellement à des trucs qui nous rejoignent, etc. Là, il peut, parfois, y avoir encore un peu de politique possible (je crois). -
netflou
InvitéOui, fermer sa gueule de prof et trouver des pratiques qui produisent de l’émancipation, c’est un bon début.
Ce que tu dis plus haut est parfait :
« La haine de la gauche me semble être le prolongement d’une expérience scolaire douloureuse : on hait, dans la gauche, la posture du prof. »
Curieusement, il y a presque un réflexe décolonial dans cette posture.
Je suis sur une boucle WattApps d’un groupe d’action local du NFP. Leur lubie actuelle est de se réunir pour trouver les arguments qui feraient basculer des électeurs RN dans notre camp.
De loin, on dirait des prêtres jésuites cherchant à expliquer les principes de la sainte trinité à des Dogons -
Emile Novis
Invité@Kenyle
Je crois que ce que tu dis là est très juste. En tout cas, ça ressemble un peu à ce que je peux voir autour de moi.
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TDM
InvitéMerci I.G.Y., j’avoue ne pas l’avoir lu non plus (ni beaucoup écouté d’ailleurs) et j’aurais dû me douter que ce n’était pas un point aveugle. J’irai y voir justement !
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Kenyle
InvitéLeo : « On les connaît déjà. »
Les intellectuelles et politicien de gauche aussi on les connait deja. On propose pratiquement que ça sur les médias de gauche. Pourquoi Vincent Lapierre il arrive à faire des vidéos à Mayotte ? (inutile de me faire un paragraphe pour m’expliquer l’orientation politique de Lapierre, ce n’est pas le propos)
Actuellement il y a des fermetures d’usines en Bretagne avec une mobilisation sur place.
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« La plupart des électeurs RN n’ont rien à raconter aux journalistes et se contentent de voter en attendant que ça tombe. »
Biensur que si ils ont des choses à raconter.-
Kenyle
InvitéBon après blast a fait une vidéo il y a peu de temps sur une fermeture d’usine. C’est la video la moins visionné du mois (à l’exception d’une autre sur gaza). Par contre la 1000 ème video sur la menace fachiste de trump / RN posté quelques jours plus tard a fait 10x plus de vues.
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Leo Landru
InvitéLes gauchistes bobos des beaux quartiers effrayés par Trump et Le Pen oui oui. Les RN prolétaires contestataires d’une France laissée à l’abandon oui oui. Clichés.
11 millions de personnes ne sont pas concernées par des fermetures d’usine. Mais 11 millions de personnes sont quotidiennement sous le joug médiatique de Bolloré, Arnaud, Saadé, pour ne citer qu’eux. C’est une piste que je trouve plus intéressante que l’opposition de classe. À titre personnel (et donc exceptionnel ou nul) j’ai rencontré davantage de votants RN assumés quand je travaillais en banque parmi mes collègues que lorsque je travaillais sur des centres d’appels ou dans la restauration. Les pauvres ne sont pas si cons. Quant aux ouvriers qui votent RN, j’aimerais connaître leurs salaires. -
Leo Landru
InvitéIl fallait lire Arnault et pas Arnaud, les plus vifs auront déjà corrigé dans leur tête.
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Kenyle
Invité« Les gauchistes bobos des beaux quartiers effrayés par Trump et Le Pen oui oui »
Personnellement je ne dirais pas bobo et la frayeur ne se limite pas aux beaux quartiers.
« Les RN prolétaires contestataires d’une France laissée à l’abandon oui oui. Clichés. »
Je n’ai absolument pas dit ça.
« 11 millions de personnes ne sont pas concernées par des fermetures d’usine. Mais 11 millions de personnes sont quotidiennement sous le joug médiatique de Bolloré, Arnaud, Saadé, pour ne citer qu’eux. C’est une piste que je trouve plus intéressante que l’opposition de classe. »
Pas moi. Même si je ne pense pas que l’empire médiatique boloré ext ne cause aucun effet donc on peut faire une 1001 ème vidéo sur le sujet. -
Tristan
Invité(joie de me compter parmi les plus vifs)
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Oscar
InvitéAnecdote. J’ai dégagé définitivement quelqu’un (de pourtant cher) de ma vie le jour où il m’a annoncé avoir voté pour Le Pen de Zemmour.
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J’ai moins cherché à comprendre pourquoi ce vote (je m’en doutais et en tant qu’implicite entre nous ça pouvait passer je crois) que pourquoi le ‘confesser’ chez moi (où on blague quand même beaucoup sur les fachos, les misogynes, et tous les genres de frustrés de la vie).
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C’est pour moi physiquement rédhibitoire… et lorsque je lui ai demandé de partir (vite), il m’a répondu « le problème avec les ‘personnes comme vous’ c’est qu’on ne peut pas débattre. » J’ai dit « débattre de quoi ? De votre racisme ? Non effectivement ça ne m’intéresse pas du tout. Rien à dire ou à échanger avec ‘quelqu’un comme toi’. » À fortiori car csp+ propriétaire, pas d’enfants, vie rurale. (Lui, moi c’est le tableau inverse…)-
Claire N
InvitéBonjour, juste pour comprendre
C’était quel type de relation ?-
Oscar
InvitéHaha, un type de relation compliquée…
Ce que je veux dire c’est je ne comprends pas du tout la volonté de sonder les motivations racistes (ou protectionnistes) ou de les voir s’étendre ou s’exprimer sur youtube… En ce sens, le texte d’entrée de ce sujet me paraît aberrant de bêtise.-
PeggySlam
InvitéJe suis comme toi Oscar les personnes qui ont un fond raciste et qui soutien ce genre d’individus ou/et de mouvement d’extrême droite je commence à les rejeter car de toute façons eux même ne veulent pas débattre. Le plus dure c’est lorsque des membres de ta famille qui se prétendent être de gauche c’est dur de ne pas pouvoir les éviter dans la vie quotidienne. Comme par exemple les plus jeunes de ma famille qui ont ce discours que les fait passé historique ne font pas partie de l’héritage historique de l’extrême droite car les époques changent ce qui me terrifie d’entendre ça… Et comment leur dire qu’ils ont tord de dire cela… J’ai beau hé bien cité Johann Chapoutot dans les débats ils n’entendent rien….
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Kenyle
Invité« Comme par exemple les plus jeunes de ma famille qui ont ce discours que les fait passé historique ne font pas partie de l’héritage historique de l’extrême droite car les époques changent ce qui me terrifie d’entendre ça… »
Moi quand j’étais jeune et que je disais des trucs limites à des adultes de ma famille : plus je voyais que la réaction outré de mon interlocuteur plus j’étais satisfait.-
PeggySlam
InvitéSi la politique n’avait pas pris une tel importance et que si j’étais plus jeune je pense que je réagirais ainsi mais le problème là c’est que je suis trop dans une certaine conscience que je n’y arrive pas s’en sourir. Surtout que depuis que j’ai pris conscience à quel point l’éducation de nos parents peuvent avoir de l’influence sur nous. Mais on s’en rend compte bien trop tard malheureusement le plus souvent. Et eux étant parents et que je vois leurs mômes je me dis déjà une génération de perdue sauf s’ils décident de se rebeller un jour mais à quel prix…
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Kenyle
Invité« Et eux étant parents et que je vois leurs mômes je me dis déjà une génération de perdue sauf s’ils décident de se rebeller un jour mais à quel prix… »
Je ne suis pas sur de comprendre cette phrase. Pourquoi une génération perdue ?-
PeggySlam
InvitéParce que chaque enfant d’une même époque représente avec elle une même génération et si elle n’évolue pas c’est comme ça que les choses peuvent se répéter et ne pas évoluer. Je ne sais pas si c’est mieux dit
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Carpentier
Invitésalut PeggySlam,
bien pensé à toi dimanche, en voyant l’espèce de biopic sur Leni Riefenstahl: l’as-tu vu toi aussi ou en as-tu un peu entendu parler?
Pensé à toi car
– il y avait une place pour toi à ma gauche
– la question de l’art et la politique innerve ce docu-fiction à la limite du biopic tout du long.-
PeggySlam
InvitéCoucou Carpentier, non je ne l’ai pas vu mais je note. Tu as attiré mon attention pour ce côté docu-fiction même si je crois que j’ai dû mal avec ce genre de film comme avec le film Rendez-vous avec Pol Polt mais peut-être que c’est lui qui s’est planté dans sa manière d’avoir voulu aconter l’histoire de ce dictateur. Du coup je me note vraiment. Merci de m’en avoir parlé
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Ema
InvitéChacun compose comme il peut avec sa vie affective et politique, c’est sûr que c’est pas simple et il ne faut pas se « forcer ». Après, comprenant ce que je comprends des affects racistes, misogynes ou homophobes, j’arrive assez bien à les dissocier de la personne, ou disons à ne pas la réduire à ceux-ci, et j’essaie de me rappeler qu’en d’autres circonstances de vie j’aurais peut-être développé les mêmes. Sans ça je trouve tout simplement les interactions sociales trop penibles, intenables en fait. Le tempérament joue énormément aussi, ton ex ami avait-il un tempérament autoritaire ?
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Oscar
InvitéUn tempérament inquiet je dirais.
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Kenyle
InvitéJe pense que c’était précisément la réaction qu’il attendait de quelqu’un de gauche et je pense que ça lui a fait plaisir de le constater.
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Kenyle
InvitéRéponse à oscar
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Ludovic
InvitéQuestion de taux de T / Litre de sang
A + le taux de T /L
Baissera
A + le gauchisme triomphera
Je ne plaisante pas-
Ludovic
InvitéMettre de l’oestradiol
Bêta-bloquant de T
Dans l’alimentation ou l’eau pourrait vous aider
Sinon vous ne gagnerez pas-
Ludovic
InvitéPutain j’viens de faire un Bad Trip au cana
Avec mon pote ukrainien
Y’avait une peluche j’ai cru que c’était un monstre qui
S’approchait de moi
J’lui fait mais ta foutu quoi dedans, il me dit il sait pas
Mais que oui c’est hard
30 min que je ris puis hallucine comme un con.
Je note pour mettre à l’endroit la teté
J’vous montre pas les yeux mais wow c’est red flag
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Martin
InvitéSi on décentre un peu du contexte français, la massification du vote RN n’est pas étranger à la vague d’extrême droite que l’on constate dans la plupart des sociétés capitalistes occidentales. Cette vague est sans doute un des symptômes de la crise organique que traverse ces sociétés dans lesquelles la classe dominante n’est plus dirigeante, c’est-à-dire qu’elle n’a plus de force d’attraction, qu’elle n’est plus en mesure de créer du consentement auprès des masses sauf à utiliser la force pour se faire obéir (Gramsci). Dans ce contexte, l’offre politique d’extrême droite actuelle devient désirable car elle propose de renouveler le lien entre les classes dirigeantes et les classes inférieures en exacerbant les rapports de domination existants, et principalement le racisme. Les électeurs de partis d’extrême droite ne sont pas dupes, ils votent pour des dominants qui leur promettent une part de leur puissance. Les électeurs trumpistes ne sont pas débiles, ils savent qu’ils votent pour un milliardaire. Les électeurs du RN savent que le RN n’est pas un parti révolutionnaire qui souhaite renverser l’ordre capitaliste, etc. Et ils espèrent bien tirer profit de la rente des rapports de domination, qui, une fois raffermis, leur offriraient des miettes plus conséquentes dans la compétition entre dominés. Ainsi, par exemple, le racisme articulé à des considérations matérielles peut devenir un projet désirable s’il offre aux prolétaires blancs des avantages financiers suite à l’éviction des populations racisées de la protection sociale. On pourrait résumer cette position dans une formule: quitte à être les perdants du capitalisme soyons les gagnants du racisme. Cela va de paire avec l’impérialisme sur les pays du Sud, dont la poursuite est un gage de la survie des classes moyennes (cf la rente impériale dénoncée par Bouteldja).
D’autre part, ce volet matériel du racisme peut tout à fait accompagner un volet plus idéaliste, qui flirte pour le coup avec le fascisme, à savoir que la mise au ban économique et sociale des racisés pourrait être la première étape avant la régénération d’une communauté nationale imaginaire qui implique d’annihiler tout ce qui fait division (les minorités ethniques) ou conflit (les syndicats ou les associations militantes de gauche par exemple).
Dans cette perspective, l’égalité et l’émancipation des minorités doivent être perçues comme un projet faible qui tend à diviser et appauvrir cette communauté nationale imaginaire qu’il faudrait retrouver pour faire front dans la crise. La gauche (même la vraie) est donc un adversaire à combattre. Selon moi, la gauche électorale ne peut pas reconquérir la plupart des électeurs du RN dont le vote est désormais enraciné socialement et devenu un gage de respectabilité. Ces électeurs ont choisi la domination et un déplacement idéologique vers la position précaire de celui qui souhaite la combattre serait immense et me paraît peu crédible.
Mais je peux me tromper. Ce n’est qu’une analyse qui n’épuise pas tous les aspects du phénomène.-
SHB
InvitéLes électeurs de partis d’extrême droite ne sont pas dupes, ils votent pour des dominants qui leur promettent une part de leur puissance. Les électeurs trumpistes ne sont pas débiles, ils savent qu’ils votent pour un milliardaire. Les électeurs du RN savent que le RN n’est pas un parti révolutionnaire qui souhaite renverser l’ordre capitaliste, etc. Et ils espèrent bien tirer profit de la rente des rapports de domination, qui, une fois raffermis, leur offriraient des miettes plus conséquentes dans la compétition entre dominés.
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Je pense que cette analyse est fausse et elle rejoint mes critiques des thèses sur le contrat racial. Croire que les électeurs du RN adhérent au pacte racial c’est présupposer qu’ils conscientisent l’existence des rapports de domination entre races au sein de la société capitaliste (tu parlais des aides sociales). Pardon mais j’ai l’impression que ce genre de propos c’est vraiment la symptômes de gens qui ne côtoient pas de classes populaires blanches qui votent RN. Je peux t’assurer que la réflexion politique qui motive ce vote va bien moins loin que ce que tu sembles dire.
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On a simplement des gens qui pensent que les politiques sont tous pourris mais qui dans le même temps ont complètement interiorisé la doctrine libérale qui tend a dire que les gauchistes sont des doux rêveurs donc ils pensent leur projet irréalisable. On a pu voir des gens voter LFI au premier tour et RN au deuxième en 2022.
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Finalement, faire des analyses a partir du vote des gens ça voudrait dire que le vote en soit dit quelque chose sur ce que pense les gens. Et bien non ça il y a autant de trou du cul que de raisons de voter Lepen puisque dans le système représentatif, bien que certains veuillent nous faire croire le contraire, on vote avant tout pour des personnes (factuellement) et non pour des idées (je renvoie tout le monde a toutes les critiques de François sur le vote depuis 5-10 ans)-
SHB
InvitéL’exemple du double vote LFI Lepen de 2022 était pour montrer l’absence de régularité et de tendances logiques dans le vote.
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Martin
InvitéAvoir conscience des rapports de domination et augmenter sa conscience grâce à des outils critiques sur ces mêmes rapports ce n’est pas la même chose. Une personne n’a pas besoin de maîtriser les concepts critique du mouvement décolonial pour voter en conscience pour un parti ouvertement raciste. Le concept de pacte racial est un outil qui permet de comprendre le réel, on peut le critiquer et penser qu’il le décrit très mal, mais le fait que les électeurs du RN ne le maîtrisent pas n’invalide pas sa pertinence. Les cadres du RN eux même ne maîtrisent certainement aucun concept de l’antiracisme politique, il n’empêche que lorsqu’il élaborent un discours anti-immigration ils savent très bien quelles sont les structures sociales conscientes qu’ils convoquent. Et les électeurs les connaissent très bien. Évidemment, le discours politique est recouvert de plusieurs couches de mystification pour rendre le discours entendable dans la société policée bourgeoise, mais personne n’est dupe. Les électeurs savent lire entre les lignes et savent très bien qu’un discours anti-migrant ne vise pas l’ingénieur hongrois qui vient bosser chez Total. On ne vote par en faveur de la préférence nationale sans savoir qu’il s’agit bien d’une politique visant à rendre plus puissante la communauté nationale en affaiblissant et en dominant une partie de la population.
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SHB
InvitéUne personne n’a pas besoin de maîtriser les concepts critique du mouvement décolonial pour voter en conscience pour un parti ouvertement raciste.
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il n’empêche que lorsqu’il élaborent un discours anti-immigration ils savent très bien quelles sont les structures sociales conscientes qu’ils convoquent. Et les électeurs les connaissent très bien.
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On ne vote par en faveur de la préférence nationale sans savoir qu’il s’agit bien d’une politique visant à rendre plus puissante la communauté nationale en affaiblissant et en dominant une partie de la population
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Tu te base sur quoi pour affirmer avec tant d’assurance toutes ses choses. En fait là tu élabore ta pensée autour de préceptes de base qui s’articulent principalement autour de « je pense que c’est comme ça » mais ça se base sur quel élément concret de la réalité en fait ? Moi ce que j’observe c’est que les gilets jaunes dont une certaine partie votait RN ce sont fait prendre dans une lutte sociale dépassant très largement le cadre des élections et …surprise..les revendications identitaires et racistes étaient presque inexistantes. Pourquoi? Parce que il n’y avait que des gauchos dans les Gilets Jaunes? C’est mal connaître ce mouvement. Si on pense que les électeurs RN votent RN en connaissance de cause c’est une manière de rationalisé l’avis purement moral qui consiste a dire qu’ils sont simplement racistes et du côté des méchants pas beau. On ne comprend rien au vote populaire pour le front national si on l’envisage comme ça. Si on suit ce raisonnement, il n’est plus nécessaire de discuter avec les électeurs RN mais simplement de les combattre que ce sont, de manière tout a fait consciente, des alliés objectifs de la montée du racisme en France qu’ils désirent eux-mêmes.-
SHB
InvitéJe réitère ce que j’ai dis tout a l’heure. Quand tu parles deux seconde avec des gens qui votent front national tu te rend compte que :
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1) ils sont loins d’être aussi purement racistes que tu le dis.
2) ils sont en souffrance sociale et c’est ce dont il te parle principalement quand tu parles avec eux.
3) Face aux étrangers, ils sont en état de confusion puisque la plupart ne diront jamais qu’il n’aiment pas les arabes ou les noirs, ils diront qu’ils en ont marre que on leur donne de l’argent quand eux en ont si peu. Que traduit ce raisonnement, qu’ils ont compris les enjeux de la décroissance généralisée et de la crise du capitalisme qui amène une politique d’austérité et du coup ils se disent on va choisir notre camp au sein du pacte racial pour sauvegarder nos avoirs encore un peu? C’est complètement con puisqu’ils s’ils étaient capable de conscientiser ça ils seraient aussi capable de se rendre compte que malgré les aides enlevés aux migrants, leur retraite n’augmente pas d’un sous. En fait ils sont cons quand ça nous arrange dans notre discours.
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Moi j’aimerais que tu me donne des exemple concret de la conscientisation supposée du pacte racial chez les électeurs RN-
Claire N
InvitéSHB
J’ai l’impression que tu ne lis pas bien Martin
– a aucun moment il ne parle de « méchant racistes «
– pour moi il propose de déplier un calcul d’intérêt qui , sous le régime de la domination, éluciderait l’inclinaison pour des affects racistes
– ta réf au gilet jaune peu être reprise mais avec un autre angle : n’était ce pas pas une trouée sensible pour les corps d’éprouver une autre organisation qui le régime de la domination ?-
François Bégaudeau
Maître des clésLire bien ses interlocuteurs, c’est en demander trop à SHB
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SHB
InvitéToi de toute façon tant qu’on a pas gobé ton chibre jusqu’au fond de notre gorge on est pas admis dans ta secte. Excuse nous de pas être d’accord avec toi Oh Saint François
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SHB
Invitéa aucun moment il ne parle de « méchant racistes «.
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Effectivement il n’emploie pas ces termes, néanmoins, malgré l’édifice faussement complexe qu’il essaie d’édifier, c’est exactement le fond de son raisonnement. Encore une fois on arrête pas de dire que les électeurs RN votent RN justement parce qu’ils sont soumis a brouhaha de paroles qu’ils n’ont pas choisis. Vous croyez que Bolloré achète des médias parce qu’il adore perdre de l’argent? Donc les électeurs RN ne sont pas capable de se rendre compte de l’embrouillage médiatique mais conscientise le pacte racial en pleine connaissance de cause. C’est juste complètement contradictoire.-
Claire N
Invité« Donc les électeurs RN ne sont pas capable de se rendre compte de l’embrouillage médiatique mais conscientise le pacte racial en pleine connaissance de cause »
Je ne comprends pas très bien pourquoi tu accoles ces deux propositions
Et surtout pourquoi cela semble pour toi le pivot d’un raisonnement moral permettant ou pas un jugement – jugement que tu prête encore une fois à tes interlocuteurs ?
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Emile Novis
Invité@SHB
Tu dis (et tu ne me répondras sans doute pas, comme à ton habitude):
« s’ils étaient capable de conscientiser »
Pourquoi les prendre pour des incapables?
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Je viens d’un milieu qui vote RN de manière assez importante, et j’ai eu beaucoup de discussions sur cette question, parfois un peu tendues, parfois assez calmes. Qu’il y ait une tendance xénophobe, voire raciste, dans l’adhésion de certains au RN est un fait (envers les « arabes » et les « noirs » principalement, envers les « juifs » beaucoup plus rarement : par exemple, un membre de ma famille, un jour, avait dit à propos de potins sur des gens venant d’Afrique noire : « ça mange quoi ça« , le « ça » recouvrant une haine évidente dans sa bouche). Que tous soient dans cette tendance me paraît tout aussi faux, mais on ne peut pas nier que même ceux qui qui ne montrent aucune adhésion à des thèses xénophobes ou racistes ne sont pas pour autant rebuté par ces thèses au point de s’interdire de voter RN, et ils savent très bien que lorsqu’ils mettent un bulletin Le Pen dans l’isoloir, le traitement de l’immigration par ce parti est centrale dans ce geste. J’ai d’ailleurs remarqué que pour ceux qui ne tiennent pas des positions agressives ou xénophobes sur cette question, ils soulignent a minima le sentiment d’être délaissé au profit de nouveaux arrivants envers lesquels ils ne manifestent aucune haine par ailleurs (parfois même une forme de compassion quand, dans leur travail, il leur arrive de croiser des sans-papiers manutentionnaires captifs de situations qu’ils reconnaissent comme difficiles – mais ils semblent vite hiérarchiser les priorité quand il s’agit de voter…).
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Mais réduire le vote RN au problème du racisme me paraît également faux : c’est un fait que Le Pen a très bien su se saisir des problèmes du pouvoir d’achat, des difficultés matérielles et sociales, de la démolition des services publics, de l’absence de reconnaissance sociale de cette partie de la population, etc. Mais elle le fait dans des termes qui désamorcent une lecture politique de gauche, et c’est bien pour cette raison que les médias, tout comme les macronistes et les ploutocrates, apprécient Le Pen et n’y voient aucun danger véritable sur la question sociale (la dernière intervention de Madelin sur LCI est spectaculaire sur cette question, et elle montre bien que le macronisme n’a qu’un seul ennemi : la gauche). J’ajouterais que le RN, dans l’esprit de beaucoup, semble être un bon compromis pour régler la contradiction entre un désir d’ordre et de sécurité et un désir non moins fort d’envoyer chier la bourgeoisie incarnée aujourd’hui par Macron (c’est un motif très puissant chez beaucoup de ceux que je connais). Que cette partie de la population soit aussi disponible à ce discours n’est tout de même pas anodin, et c’est peut-être lié, entre autre, aux explications de Kenyle plus haut (le besoin de s’intégrer dans un milieu social restreint, de s’exempter de la figure de l’immigré, du cassos et de l’assisté, ce qui produit du conformisme, conformisme dans le vote qu’on retrouve aussi à gauche d’ailleurs, ce qui n’est pas surprenant puisque le vote électoral s’appuie sur des identifications sociales à des marqueurs communs).
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Ce qui me paraît le plus frappant dans ce vote, c’est qu’il devient massif quand le corps social est atomisé par le dispositif électoral et quand, par conséquent, la conflictualité sociale est de faible intensité. Ils veulent envoyer chier la bourgeoisie incarnée par Macron, mais ils ne s’imaginent pas pour autant faire autrement que confier le pouvoir à une fraction de la bourgeoisie qu’ils identifient comme plus clémente à leur égard. Le Pen incarne à merveille cette clémence susceptible de répondre à cette impuissance collective et de rendre leur impuissance plus vivable, ce qui n’était pas le cas durant les Gilets jaunes étant donné l’intensité du mouvement : les électeurs RN, là, étaient pris dans une puissance commune qui les faisait raisonner autrement.-
Emile Novis
Invitéps: Claire a tout dit plus haut : « ta réf au gilet jaune peu être reprise mais avec un autre angle : n’était ce pas pas une trouée sensible pour les corps d’éprouver une autre organisation qui le régime de la domination ? »
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Emile Novis
Invité…et désolé pour les fautes. Je ne me suis pas relu.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Mais réduire le vote RN au problème du racisme me paraît également faux »
Précisons :
1 il ne s’agit pas de réduire à ça, il s’agit de dire, après Faury et bien des observations, que le racisme (sous toutes ses formes y compris allégées) est la constante de ce vote.
2 il s’agit de dire cela pour remettre la focale sur le racisme dans un contexte, très bien décrit par Faury aussi, où la bourgeoisie a pris le pli de se pencher sur l’électeur RN comme sur une petite bête socialement souffrante. Opération sous-tendue par deux calculs :
-préparer-légitimer la fusion avec l’extreme droite déjà en cours
-narguer la gauche communiste : ah ah vous parlez de souffrance sociale, eh bien les gens qui souffrent socialement ne votent pas pour vous-
Emile Novis
Invité@FB
Oui, je suis d’accord avec cette lecture. -
Martin
InvitéOn peut rappeler aussi qu’un tiers des classes populaires vote LFI et que le dernier tiers s’abstient. Le vote RN est très fort parmi les classes moyennes de petits propriétaires qui connaissent une légère précarisation de leurs conditions de vie mais qui sont loin d’être en détresse sociale. Ceux-ci commencent à regarder derrière eux avec inquiétude. Ils sont historiquement à droite et s’accommodent tout à fait du motif anti élite du RN qui vise l’extrême centre au pouvoir perçu comme hors sol et la bourgeoisie intellectuelle/culturelle (universitaires, artistes, etc) affiliée à la gauche car woke, islamo-gauchistes, etc.
Les grands patrons français sont largement épargnés des critiques et restent des modèles de réussite. -
Emile Novis
Invité@Martin
D’accord avec toi dans l’ensemble, et je te remercie pour tes analyses. Je nuancerai tout de même ce point : Les classes très précarisées sont de plus en plus gagnées par le vote RN, on y trouve des locataires dans la nouvelle génération, notamment chez les femmes par exemple. Il me semble que depuis quelques années, il y a une extension du vote RN assez conséquente, en dehors des classes moyennes de petits propriétaires déclassés. Mais ce n’est qu’une intuition sociale de ma part, pas une affirmation basée sur des études. -
Martin
InvitéIl est clair qu’on assiste à une massification de ce vote qui fait tache d’huile dans toutes les catégories sociales et qui rend ce vote de plus en plus respectable. Bien aidé par l’extrême centre qui lui donne des gages pour préparer, comme le disait François, une probable fusion lorsqu’il n’aura plus le choix.
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François Bégaudeau
Maître des clésVoilà la situation plutot bien décrite.
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Tony
InvitéSur les petits commerçants précarisés par l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat,il faut se rendre compte qu’un vote LFI est pratiquement impossible,avec la TVA ils sont devenus des percepteurs d’impôt obligés de payer chèrement un comptable pour s’en acquitter, à cela s’ajoutent les remboursements d’emprunt,les paiements de loyer(la majorité d’entre eux n’est pas propriétaire des murs),les charges incompressibles(énergie,assurances,etc),et les impôts,locaux et sur résultat,ma compagne travaille 6 jours sur 7 sans pouvoir sortir un revenu,depuis 2 ans, l’ayant perdu avec l’inflation, j’ai cette année été contraint de lui apporter plusieurs milliers d’euros de trésorerie sinon elle plongeait, étranglée par les dettes et commençant à avoir des idées suicidaires… C’est aussi ça le réel d’un petit commerçant et qu’il se jette dans les bras du RN ne m’étonne pas.
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Kenyle
InvitéLe racisme existe et je suis d’accord avec ce qui est dit mais il ne faut pas parler uniquement de ça, mais aussi de l’organisation du travail.
« Les grands patrons français sont largement épargnés des critiques et restent des modèles de réussite. »
Pas exactement. Enfin ça dépend où. Je pense que le model est la petite bourgeoisie. Le model de réussite pour un jeune prolétaire sous diplômé qui habite à la campagne est d’être stable et autonome financièrement le plus vite possible, ce qui peut être une source de fierté pour lui et sa famille. Dans un département qui a connu un départ de l’industrie et qui n’est pas attractive sur le plan touristique un jeune prolétaire sous diplômé terminera ouvrier dans le bâtiment, rénovation, électricien, plomberie, magasinier ou mise en rayon dans l’Intermarché du coin ext c’est dans le bâtiment que les salaires seront les plus élevé. Une jeune fille prolétaire sous diplômé finira aide soignante, aide à la personne, garde d’enfants ext. Métier sous rémunéré comme ceux qui travaille dans la grande distribution.
Ceux qui réussissent à l’école partiront et ne reviendront généralement pas.
Tony a eu raison de parler de la valeur travail qui est importante dans ce milieux. C’est vital pour eux. Passer pour un bosseur leur permet de trouver du travail car il n’y a plus d’industrie là bas ils n’ont pas à faire à la grande bourgeoisie du cac 40. Le prolétaire du coin aura a faire a des petits patron / petite bourgeoisie qui sont généralement les père du pote ou le pote d’une connaissance d’où l’importance de la réputation car ça se passe au piston.
Ils pensent d’ailleurs payent des impots qui servent à financer des prof wokiste, des sociologues qui vont leur expliquer qu’ils sont raciste, et des artistes gauchistes qui vont leurs dire que c’est pas bien le fachisme, pour payer les aides des feignaces, des racailles, des cassos, délinquant ext.
Il n’y a plus beaucoup de service publique sur place et les études ne sont pas un model d’accomplissement pour les hommes. Le top c’est de faire un apprentissage, si tu es bosseur il y a des chances que le patron te garde car il t’a formé et avec de l’expérience et du métier tu pourras lancer ta boite et bien gagner ta vie, avoir le pavillons, la femme, les enfants, le chien, la piscine ext. Je ne crois pas qu’ils désirent être milliardaire.
Pour quelqu’un qui est en galère de travail dans le coin s’afficher comme élécteur RN lui permet de retarder la relégation dans la case des cassos pour pas salir sa réputation. Ce qui peut expliquer le vote RN des chômeurs dans le coin. Ils n’habitent pas une ville de 2millions d’habitants. Si ta réputation est morte là bas tu peux te prendre une corde ou partir et tenter ta chance ailleurs. En suisse par exemple. Si ça marche tu partiras pour aller travailler le matin à 5h et tu rentrera à 19h, tu pourras te faire virer du jour au lendemain. Mais tu gagneras beaucoup d’argent et tu seras encore d’avantage contre l’impôt.
Il y a effectivement une détestation de la bourgeoisie mondialisé (à la macron) de leur part. Mais comme le disait bégaudeau dans notre joie, c’est plutôt sous l’angle : Macron est indigne de la fonction de président. Ce n’est pas vraiment une contestation révolutionnaire. -
Tony
InvitéJ’ajoute aussi que ce qui se passe à Gaza ne doit pas être passé sous silence et c’est très bien que LFI ne lache rien, cependant on a l’impression,quand on travaille,que rien d’autre n’existe pour la gauche.
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Charles
InvitéQuand on travaille et qu’on ne s’informe pas autrement que par les réseaux sociaux et BFM. Encore une fois, dépolitisation.
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François Bégaudeau
Maître des clés« La gauche » a passé pas mal d’énergie, depuis trois mois, à lutter contre la liquéfaction en cours de l’assurance chomage Il n’y a que éditocrates pour penser que la gauche ne parle que de Gaza – sujet sur lequel les éditocrates sont les premiers à lancer sempiternellement la gauche (et ur le mode : vous ne condamnez pas le 7 octobre)
Mais laissons ces enfantillages Revenons au point : partant de ce constat des commerçants massivement accablés économiquement, pourquoi ça donne un vote RN, et non un vote FI? Car après tout la FI, dans la tradition marxiste, ne cesse de dire que le capitalisme paupérise tendanciellement la classe moyenne, la prolétarise, par un jeu de concentration des capitaux. La raison essentielle de cette paupérisation est donc la voracité du grand capital – du gros commerce. Aussi vrai que la paupérisation des agriculteurs n’est pas due aux normes écolos mais à la financiarisation de l’agro-industrie.
Mais voilà : plutot que de faire cette analyse de classes de leur situation, les commerçants troués préfèrent se tourner vers les paradigmes raciaux ou péri-raciaux (une sorte d’analyse de classes à l’envers, qui prend pour cible les plus pauvres que soi, les assistés)
Pourquoi font ils ainsi? Parce que l’histoire longue du commerce a toujours situé les commerçants (comme les paysans) à droite, et que l’analyse de classes leur a toujours paru menacer leur instinct conservateur.
Y compris dans le cas de ces commerçants prolétarisés (mais le niant), le vote RN n’est donc décidément pas un vote de classe – mais bien plutot un vote qui esquive le vote de classe. -
Martin
InvitéOui c’est une belle mystification de la structure capitaliste qui fait tenir sur la même branche une multinationale et le petit salon de coiffure du quartier. De fait, la structure juridique et économique d’une petite boutique est quasiment la même qu’une multinationale. La petite boutique a un bilan comptable avec des dépenses et des revenus comme la grande. Quand l’activité décline, le chef d’entreprise enrage contre les dépenses: le coût du travail, les charges et les impôts. Il peut se retourner facilement contre l’Etat et l’URSSAF qui sont responsables de son déclin économique car l’argent qu’il ne gagne plus il leur doit. Or, le premier responsable de son déclin reste la structure capitaliste elle-même qui met en concurrence les marchands et qui favorise les grosses entreprises. Un petit chef d’entreprise est d’abord dominé par la banque qui a le droit de vie ou de mort sur son entreprise. Et puis il est dominé par les autres groupes capitalistes de sa branche, et s’il est un intermédiaire c’est la totale (cf l’agriculteur qui se fait ***** par l’industrie agro et la grande distribution).
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Tony
InvitéTotalement d’accord, cependant cette analyse est malheureusement peu fréquente à gauche ou,en tout cas,rarement entendue par les premiers concernés et, parfois,on entend de drôles de choses comme j’ai pu en entendre il y a quelques jours en écoutant distraitement Positions revues dans une vidéo,cet imbécile prétend qu’il suffit d’avoir un euro pour créer et devenir propriétaire d’une SAS et qu’en étant propriétaire et en n’ayant investi qu’un pauvre euro on peut récolter des milliers d’euros de résultat…
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Carpentier
InvitéHaroun qui, comme Sir King Charles revient, après paternité, pour plutôt le faire à la foresti, en mode humour vie quotidienne, quoi
car ses points forts, dont le godwin, à savoir nazisme, sexisme, racisme, pédophilie, il préfère maintenant les éviter pour devenir quoi?
prof de yoga pas souple?
Il préfère se demander si l’idée suffit à être: femme noire par ex. puisqu’il aime le poulet et qu’il arrive toujours en retard
Il revient pour constater que les nazis sont perdus, au point de voter zemmour tandis qu’une Marion Marechal Le Pen clame qu’elle n’est pas d’extrême droite même si quand elle fait un footing celle-là, elle sue d’la vichy.
Mais quand même: obligé d’expliquer sa ref à Hitler/beaux arts, ah ouais, quand même, on en est là?
Et le p’tit q qu’en prend plein : D
Et puis grand moment sur sa théorie des noirs et des arabes médiateurs garants de la stabilité de la société française.
Mais oui. -
Carpentier
Invitémais je vois à l’instant que cela t’a déjà été partagé hier son ton facebook,
peut-être que quelques un.es ici ne l’ont pas encore croisé -
Barbara
Invité« J’ajoute aussi que ce qui se passe à Gaza ne doit pas être passé sous silence et c’est très bien que LFI ne lache rien, »
C’est mignon. -
Barbara
InvitéC’est la deuxième fois que je vois quelqu’un utiliser le même pseudo que moi, sommes-nous deux Barbara ou est ce une usurpation ?
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Tristan
InvitéJe me fais la même remarque. Je pense que c’est peut-être un bugg. Ou notre imagination qui nous joue des tours.
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Barbara
InvitéPossible. Dans le doute, tout message agressif sans raison appartient à mon double maléfique
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Tristan
InvitéMême si c’est notre imagination qui nous joue des tours, je n’ai pas vu de message agressif !? A moins, que tu sois une aficionado de la CNV.
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Tristan
InvitéLe mal est partout où l’humilité fait défaut.
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Tristan
Invité(s’agissant de Tristan : je suis un autre Tristan, mais je vais me nommer autrement, histoire que ce soit plus clair ; mettons que je serai Alphonse, par exemple)
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tristan
InvitéFaudra veiller à e dissocier de tristan d’accord ?
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anne-laure
Invitétristan, je pense que c’est peine perdue. On va suivre ça de près sans trop les déranger, en changeant de pseudo comme ils le font…
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Martin
Invité« Ce n’est pas vraiment une contestation révolutionnaire. »
Je suis d’accord avec ton développement et ta conclusion, ça rejoint mon propos et celui d’Emile Novis sur le fait que les leaders des partis d’extrême droite occidentaux ne mentent pas sur le fait qu’ils sont eux même des dominants (Trump spectaculairement) mais qu’ils souhaitent incarner un renouvellement du contrat de domination avec les classes inférieures, contrat augmenté par l’affermissement du racisme voire du masculinisme dans le cas de Trump. La fonction de chef comme la structure de domination de classe n’est pas remise en cause, en revanche il faut renouveler le personnel et promouvoir des dirigeants prétendument plus soucieux des intérêts des classes moyennes et populaires.
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I.G.Y
InvitéOn voit la grande symétrie entre la question du racisme dans le vote RN et celle de la lutte contre « l’État providence » dans le petit et moyen entreprenariat droitisé. Dans les deux cas : démission face à une adversité qu’on juge inébranlable — et peut-être qu’elle l’est. Esquive loin d’être irrationnelle mais simplement triste.
Même symétrie que celle notée par E. Deck Marsault à propos du militantisme et reprise dans CUM. On tape sur qui on peut. Raison d’avoir tort.
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Kenyle
InvitéOui je suis d’accord avec vous. Je crois que les choses sont plus compréhensible en partant de l’analyse de l’organisation du travail.
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Nicolas
InvitéMoi aussi, c’est limpide.
Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément
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Tristan
InvitéEmile novis aka Julien Barthe, « Je viens d’un milieu qui vote RN de manière assez importante, et j’ai eu beaucoup de discussions sur cette question, parfois un peu tendues, parfois assez calmes. Qu’il y ait une tendance xénophobe, voire raciste, dans l’adhésion de certains au RN est un fait (envers les « arabes » et les « noirs » principalement, envers les « juifs » beaucoup plus rarement : par exemple, un membre de ma famille, un jour, avait dit à propos de potins sur des gens venant d’Afrique noire : « ça mange quoi ça« , le « ça » recouvrant une haine évidente dans sa bouche).
Tu confonds la haine avec l’ignorance.-
Julien Barthe
InvitéTu confonds Emile Novis et Julien Barthe.
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Tristan
InvitéOuioui. Merci !
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anne-laure
InvitéMe disais aussi, même façon de se mettre au dessus de la mêlée.
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Seldoon
InvitéIls ne sont quand même pas très faciles à confondre, il suffit de les lire. Quelques astuces pour distinguer ces deux individus, outre l’absence d’anonymat de la moitié d’entre eux :
– si un lien est posté mais qu’il ne renvoie pas sur le site de lundimatin, ce n’est pas Julien Barthe
– si Lordon n’est pas mentionné toutes les 2 lignes (de préférence brandi dans le dos de son interlocuteur telle la dague de Brutus), ce n’est pas Julien Barthe
– si ce n’est pas drôle, ce n’est pas Julien Barthe-
Barbara
InvitéEt si c’est drôle, c’est Seldoon.
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Julien Barthe
InvitéLe baiser du Seldoon.
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SHB
Invitéils savent très bien que lorsqu’ils mettent un bulletin Le Pen dans l’isoloir, le traitement de l’immigration par ce parti est centrale dans ce geste.
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Il vous manque une pièce du Puzzle. L’interdiction d’envisager l’hypothèse de gauche créée par les médias les 30 dernières années. Le vote typique RN c’est ils sont tous pourris peut importe pour qui je vote cela ne change rien, j’aimerais bien améliorer ma situation mais de toute façon ils sont tous corrompus (peut-on leur donner tord?) donc je vote pour le Parti qu’on décrit comme le diable pour dire au « système » d’aller se faire foutre c’est une sorte de pulsion de mort bref. Ce monde me crache dessus alors que le monde brûlé et je me delecterais de ce spectacle. Voilà ce qui motive en premier lieu le vote RN. Le racisme est très secondaire dans cette affaire.
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Et là vous dites mais oui mais ils pourraient voter a gauche. Vous quoi êtes matérialistes, comment voudriez-vous qu’un prolétaire se retrouve de quelque façon que ce soit a envisager l’hypothèse socialiste ou communiste dans l’état de son quotidien (Travail, informations, médias, relations de pouvoir, etc.).-
SHB
InvitéVous qui*
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Jordan
InvitéC’est grâce à vous que « Ce que je cherche » sera bientôt réalisé. Je vous remercierai en temps voulu.
https://www.humanite.fr/politique/jordan-bardella/cest-une-diva-jai-hate-de-le-voir-en-vrai-plongee-au-coeur-dune-inquietante-bardella-mania
En attendant, continuez à philosopher sur la politique;)-
Jordan
InvitéLa voie est libre…
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Charles
InvitéPrécisément non parce que pour toute une partie de leur électorat le RN est un parti de centre-droit. Cf nos échanges plus haut autour du livre de Faury.
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Charles
InvitéJe m’adressais à SHB.
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Charles
InvitéPour eux il y a la gauche du côté des assistés, les macaronistes-LR du côté du marché et des riches, et le RN entre les deux qui parle de pouvoir d’achat et des immigrés qui foutent le bordel.
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Jordan
InvitéJe pense que les 4 pèlerins qui sont matent le forum avaient compris que vous vous adressez à SHB. L’art de perdre du temps. Merci pour cette voie magistrale !
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Emile Novis
Invité@SHB
Ce motif joue en effet (le dégagisme). Mais Mélenchon aussi est diabolisé depuis des années, beaucoup plus que Marine Le Pen d’ailleurs. Et l’électorat qui vote Le Pen ne semble pas prêt à changer de diable. Pourquoi? S’ils s’en foutent du destin du monde et qu’ils sont prêts à tout cramer, comme tu le dis, pourquoi ne le feraient-ils pas avec Mélenchon? Je ne vois pas en quoi, dans les conditions psychologiques que tu décris chez les électeurs RN, ils s’interdiraient un vote de gauche, puisqu’ils se moquent que tout crame.
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Je pense donc qu’il y a une autre raison. Le rapport à l’immigration joue sans doute, mais pas seulement. Je suis assez convaincu que la contradiction entre le désir d’ordre et la volonté de dégager la bourgeoisie affairiste en place joue beaucoup aussi. Marine Le Pen sait donner l’apparence d’une résolution de cette contradiction, et elle a très bien compris ce complexe affectif dans son électorat. C’était visible pendant la motion de censure par exemple : voter la motion de censure, c’est soulager son électorat en mettant une grosse claque à la bourgeoisie macronienne, mais c’est aussi, potentiellement perçu comme un acte de désordre. C’est pourquoi Le Pen s’est empressé sur les plateaux TV de dire que son vote est un acte d’ordre, un moyen de protéger les français, de sécuriser leur vie, et pas un acte subversif qui mène dans l’inconnu. Mélenchon, à l’inverse, est trop perçu par beaucoup d’électeurs RN comme un politique turbulent qui pourrait nous emmener dans des contrées inconnus. Certains de mes proches qui votent RN le disent d’ailleurs : il y a du bon dans Mélenchon, mais ce serait le bordel s’il devait arriver au pouvoir.-
Emile Novis
Invité*inconnues
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diegomaradona
Invité« Le Pen s’est empressé sur les plateaux TV de dire que son vote est un acte d’ordre, un moyen de protéger les français, de sécuriser leur vie, et pas un acte subversif qui mène dans l’inconnu. Mélenchon, à l’inverse, est trop perçu par beaucoup d’électeurs RN comme un politique turbulent qui pourrait nous emmener dans des contrées inconnus. Certains de mes proches qui votent RN le disent d’ailleurs : il y a du bon dans Mélenchon, mais ce serait le bordel s’il devait arriver au pouvoir. »
Tu parles de quel siècle ? -
Claire N
InvitéMerci Emile pour ce développement
Je ne connaissais pas le « degagisme « mais ça m’a amusé et effectivement ça recouvre plus des envies d’ordre, de mettre « au gnouf « assez militaire que des envies de changement quand tu l’exposes c’est saillant-
Emile Novis
Invité@Claire
Oui, et il est d’ailleurs cocasse de constater que la première fois que j’ai entendu le mot « dégagisme », c’était dans la bouche d’un certain Mélenchon, qui explique, en pleine fièvre électorale et à deux pas du pouvoir, qu’il n’est pas un « homme de pagaille mais un homme d’ordre » – mais cet appel à l’ordre n’est pas entendu par les électeurs RN. Le « dégagisme », présent aussi chez le RN, est parfaitement compatible avec une compréhension de la politique fondée sur la conquête du pouvoir et l’art de commander : il s’agit de dégager les autres et de changer de capitaine. -
PeggySlam
Invité« homme de pagaille mais un homme d’ordre » d’où ce côté autocrate que j’ai toujours senti en lui (un peu comme Ruffin)…
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Emile Novis
Invité@Peggy
Oui, il y a chez Mélenchon toute une reprise de la rhétorique de la « discipline révolutionnaire » qui ne va pas sans ambiguïté. Je crois que c’est renforcé par le fait qu’il est loin d’être sans talent, et qu’il le sait. C’est peut-être le meilleur de la classe politique à mes yeux, et ses adversaires le savent, et parfois ils le disent (Zemmour n’est pas loin de le dire parfois). Mais je pense aussi que c’est un homme de parti, qui a fait toute sa carrière dans des partis, à l’intérieur d’une Vème République autoritaire et monarchiste (à tendance « dictatoriale » disait Sartre). Un tel parcours ne peut pas donner autre chose que cela à mes yeux. -
PeggySlam
InvitéTrès juste @Emile et merci d’avoir confirmé mon ressenti. Et c’est la raison pour laquelle je suis heureuse d’avoir choisi finalement la politique par l’art avec mon parcours slam de poésie plutôt que la politique elle-même car cet univers est terrifiant et peut vite nous faire sortir du réel…
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..Graindorge
Invité@Émile Novis
lorsque je vais voter cher Émile, je vais voter un programme. Le programme d’une équipe. Un programme où il y a des propositions concrètes pour des femmes, des hommes, des enfants, pour les handicapés, pour notre santé: pesticides, glyphosate etc. Pour les étudiant.es qui n’en peuvent plus de voir trouver des « petits » boulots fatigants, ajoute à ça se nourrir avec ce qui « cale », sauter des repas. Ce ne sont pas les conditions optimales pour étudier. ETC. Parmi les personnes qui ont rédigé ce programme sont des personnes. J’en aime bien certaines plus que d’autres. Humain Je leur dit bravo d’essayer. Bravo oui. En face, ce n’est pas le Diable, c’est opération nuit noire pour un bail et marche-arrière toute. Je n’ai pas peur. Je devrais pourtant. Ce programme c’est pas rien. En face c’est rien + pire puissance 1000
Est-ce que je fais de la politique en dehors d’aller voter pour un programme? Oui. Mettre un bulletin dans l’urne est d’ailleurs le plus facile. Le quotidien est le lieu, ce monde est le lieu et » Du bist die Aufgabe » nous dit Franz « Tu es la tâche » -
Emile Novis
Invité@Graindorge
Il m’est arrivé de voter Mélenchon dernièrement, ce n’est pas le problème. Je préfèrerais avoir Mélenchon au pouvoir à la place de Macron, clairement. Si je dois voter, c’est bien aussi en fonction du « programme ». Programme décidé par qui? Pas par moi, pas par toi, par personne, si ce n’est les cadres du parti, dont je suppose que Mélenchon est le principal responsable.
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Et quand je vais voter, je remarque que c’est un nom propre que je glisse dans l’enveloppe, pas un programme. Un nom qui, s’il devait avoir le pouvoir, aura entre les mains l’appareil d’Etat et le pouvoir de faire à peu près ce qu’il veut, les institutions de la Vème étant ce qu’elles sont. Les électeurs de Mitterrand aussi votaient pour un programme, me dit-on, ils ont finalement élu un roi qui a pris goût à la vie de roi. Un roi clément avec le corps social pendant un temps (retraite à 60 ans par exemple), avec quelques idées sociales intéressantes, certes, mais un roi qui se sera finalement bien installé sur le trône, dans le costume du monarque qui calcule sa petite stratégie pour conserver le pouvoir en donnant à son mandat l’impulsion qu’on sait (il a décidé de se coucher devant le capitalisme, me dit-on aussi).
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L’argument consistant à dire qu’on vote uniquement pour un programme quand il s’agit de désigner un élu ressemble pour moi à une forme de déni. Un déni de ce qu’il se passe physiquement dans l’isoloir. C’est un peu comme lorsque Mélenchon, en meeting, demande de manière très ferme au public d’arrêter de crier le nom « Mélenchon! », car ce n’est pas l’home mais le programme qui importe. Il n’empêche qu’un tel geste d’autorité n’est possible que si c’est Mélenchon qui le fait, prouvant ainsi l’inverse de ce qu’il voulait dire en faisant un tel acte. Car si c’est moi qui devait dire « arrêter de crier Mélenchon! », personne ne m’écouterait, et ils auraient raison d’ailleurs.
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Ce n’est pas la faute de Mélenchon ou des électeurs. C’est le processus électoral qui produit ces aberrations. -
Emile Novis
Invitéps: quand je dis « à peu près ce qu’il veut », il faut évidemment nuancer : les puissances financières et l’administration seraient là pour lui mettre des bâtons dans les roues, mais il aura néanmoins une marge de manœuvre conséquente concernant la direction à donner à son mandat (abdiquer et faire du maintien de l’ordre, continuer à résister en employant tout ce qui est en son pouvoir pour essayer d’appliquer le programme, la diplomatie, etc.).
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Carpentier
Invitéoui, mille fois oui à ce que je lis ici.
Et j’ai très très très souvent eu ces échanges, plus souvent avec des non-melenchonistes plutôt qu’avec des insoumis.es d’ailleurs; il n’empêche que j’ai longtemps cru au programme qui ne peut s’appliquer, pour l’instant, qu’avec les règles du fonctionnement d’élections et autres encore en place;
et une fois qqn.e des insoumis.es en place: on change/changeait/changerait tout, y compris cette histoire ‘ d’élire un nom/un homme/une femme ‘.
Plus personne n’y croit aujourd’hui, que Mélenchon melonnerait pas encore plus gros du cigare, une fois élu président, je l’entends, l’écoute, le lis bien
et c’est bien dommage. -
Kenyle
InvitéIl n’a pas dit que la première chose qu’il mettrait en place c’est la constituante pour la 6 ème république ?
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Carpentier
Invitébenh si, on est d’accord
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Carpentier
Invitémais pu grand monde veut y croire
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Emile Novis
Invité@Kenyle
Oui, c’est d’ailleurs ce qui le rend intéressant. Mais d’une part, il faut lui faire confiance pour la mettre en place sans intervention de sa part, et d’autre part, cela pourrait prendre plusieurs années. Pendant ce temps, il précise bien que c’est la Vème République qui continue d’exister, avec lui sur le trône. Mitterrand décrivait la Vème République et l’élection présidentielle comme un coup « d’Etat permanent ». Une fois au pouvoir, son coup d’Etat ne l’a pas dérangé, visiblement. -
..Graindorge
Invité@Émile Novis
parfois je me dis quel dommage qu’on ne soit pas autour d’une boisson chaude à échanger.
Les interruptions d’un message à l’autre ne simplifie pas
Tu conviendras cher Émile que mettre un gros programme dans une enveloppe c’est compliqué.
Si je vais dans une librairie demander un livre en spécifiant justeque ça parle de morale et d’art/ politique/humour et qu’il fait 440 pages, le.la librairie sera bien embêté et donner un titre et pourquoi pas un nom propre d’auteur ça lui fera gagner du temps.
Ce sont tous les problèmes et les manques dans une société qui font écrire des propositions concrètes et chiffrées sur les dits problèmes.
Le système électoral est. Comme ci ou comme ça. OK. Avant tout: il est. Parler de 6ème république,
c’est virer les Rois. Mélenchon n’est pas Miterrand
Le R.I.C, NOUS rendre la parole, des pouvoirs de décision. Un meilleur terreau pour faire avancer des actions multiples etc… C’est rien?
Je vote pour tenter tout ça. Et parceque la nuit noire des tueurs d’en face n’est pas dans le déni. Elle.
Elle n’ y va pas avec le dos de la cuillère.
Bon dimanche -
Emile Novis
Invité@Graindorge
Bien sûr que ce n’est pas rien. Mais la comparaison avec le livre ne me paraît pas exacte. Quand tu achètes un Bégaudeau, Bégaudeau ne va pas gouverner ta vie pendant cinq ans une fois le livre acheté.
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Je ne vois pas d’impossibilité dans le fait de mettre autre chose qu’un nom propre dans l’enveloppe. C’est ce qui se fait dans le référendum. On pourrait envisager aussi des projets de lois écrites par des gens à tour de rôle et tirés au sort sur plusieurs mois. On indiquerait rapidement ces projets sur une feuille à mettre dans l’enveloppe. Mais alors ce ne serait plus une élection. Dans l’élection, à l’inverse, j’ai beau choisir le nom propre du candidat en fonction du programme qu’il prétend défendre, il n’empêche que je désigne la volonté d’un homme pour gouverner, pas une loi que l’appareil d’Etat aura pour obligation d’exécuter. Je reste donc suspendu à la volonté d’un homme censé me représenter. C’est à ce petit jeu que la bourgeoisie nous condamne.
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Et c’est peut-être là le cœur du jeu électoral : il repose sur le besoin d’être représenté, le besoin de vénérer aussi. La dépersonnalisation de la vie politique créerait une angoisse chez beaucoup (pas toi, mais beaucoup d’autres). Cela mettrait au chômage tous les éditorialistes aussi.
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Mélenchon n’est pas Mitterrand, mais la Vème République est la Vème République. Et je pense que les institutions sont souvent plus fortes que les hommes. -
François Bégaudeau
Maître des clésEmile est bien patient, qui prend 20 lignes pour répondre à une position qui se résume à : oui mais bon en face c’est pire.
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..Graindorge
Invité« Emile est bien patient, qui prend 20 lignes pour répondre à une position qui se résume à : oui mais bon en face c’est pire.
Non camarade François, ce n’est pas » oui mais bon en face c’est pire » -
..Graindorge
InvitéL’exemple du livre c’était juste pour illustrer le fait qu’il vaut mieux avoir un nom propre qu’un programme à
glisser dans l’urne.
« On pourrait envisager aussi des projets de lois écrites par des gens à tour de rôle et tirés au sort sur plusieurs mois. On indiquerait rapidement ces projets sur une feuille à mettre dans l’enveloppe. Mais alors ce ne serait plus une élection »
Ce qui pourrait se faire avec la 6ème République, avec le R.I.C
« Et c’est peut-être là le cœur du jeu électoral : il repose sur le besoin d’être représenté, le besoin de vénérer aussi. La dépersonnalisation de la vie politique créerait une angoisse chez beaucoup (pas toi, mais beaucoup d’autres). » Peut-être surtout le besoin de moins souffrir pour « beaucoup d’autres »
« Mélenchon n’est pas Mitterrand, mais la Vème République est la Vème République. » commençons alors par essayer de passer à la VIème alors
« Et je pense que les institutions sont souvent plus fortes que les hommes. » Non. Et sans « je pense que devant ». NON -
Ema
InvitéVoter pour un parti/programme qui limiterait la casse capitaliste dans le réel de nos vies je le crois aussi peut tout a fait rentrer dans l’arsenal politique d’une personne de gauche radicale, à la base. Mais on dirait quand même qu’il se produit presque immanquablement chez l’électeur régulier, assidu, une forme d’envoûtement qui finit par opérer en lui ou elle une fixation pour les élections, un surinvestissement de ce geste là au détriment des autres, et nous sommes beaucoup à soupçonner que c’est un peu à ca que ca sert. J’ai l’air de faire des généralités là ou de répéter benoîtement mon Begaudisme mais c’est un truc que j’ai vraiment éprouvé, les quelques fois où je me suis déplacé pour voter utile ( insoumis donc) mon coeur s’est mis a battre la chamade pour un truc que j’avais pourtant parfaitement théorisé comme peu déterminant. Tout le cérémonial grandiloquent autour de cet événement nous emporte malgré nous, malgré notre volonté de garder la tête froide. Si on a voté, puisqu’il s’agit de l’alpha et l’omega de cette grand messe, on est affectivement parti prenante.
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Emile Novis
Invité@Ema
Oui, et puis c’est extrêmement difficile de résister à cette colossale mécanique sociale que produit le spectacle électoral : tout le monde en parle, des millions d’euros sont dépensés dans des campagnes publicitaires permanentes qui se diffusent partout, il y a quelques enjeux politiques tout de même, etc. Que ce soit au boulot, dans la voiture en allant au travail (la radio), en famille, avec des amis, quand on lit un article, dans la ville avec les panneaux de campagne, le voisinage, etc., quasiment tout est tourné vers ça. On ne peut pas vraiment échapper à cette tornade sociale qui dure deux ou trois mois. Alors si en plus on va voter! -
Alphonse
InvitéJe suis assez partisan de banaliser le vote, d’oeuvrer à son invisibilisation. Longtemps j’ai passé du temps, de l’énergie, à essayer de convaincre des ami.es de déserter les isoloirs. Un jour on m’a dit : ton refus du vote rejoue, à l’inverse, la fétichisation du vote. Depuis je tâche de n’y pas prêter attention.
Bien sûr que c’est de l’énergie mal utilisée, à mes yeux, que de voter ou de participer corps et âme à une élection : mais en le prêchant, j’observe que se radicalise l’adhésion des votants au vote. Mon énergie est donc doublement mal utilisée. -
Emile Novis
Invité@Alphonse
Oui. C’est pourquoi il faut distinguer la critique du processus électoral du discours militant en faveur de l’abstention. Le premier discours permet plus de lucidité, tandis que le second discours, paradoxalement, reste captif du jeu électoral en prétendant le contrer. D’autant plus que l’abstention ne dérange pas tant que ça les dominants. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe suis tout à fait pour cette banalisation
Le premier paragraphe de mon livre sur le sujet allait totalement dans ce sens. -
..Graindorge
Invité« On ne peut pas vraiment échapper à cette tornade sociale qui dure deux ou trois mois. Alors si en plus on va voter! » Pour certains et certaines c’est aussi comme du foot. Moi si je contribue avec mon bulletin à faire tomber la Macronie, je serais contente. Lucide. Très.
Et contente. Ô que oui! -
..Graindorge
InvitéEma
je vote et je passe à autre chose. Mon cœur ne bat pas la chamade au moment de.
Ni fixation ni envoûtement ni surinvestissement de ce geste là au détriment des autres. Les autres gestes sont fréquents, certains quotidiens. Et importantissimes -
Ema
InvitéGraindorge j’en suis absolument convaincue te concernant, et j’ai bon espoir que vous êtes quand même nombreux dans ce cas là. Moi je ne sais pas faire. Dans mon cas, l’abstention est un geste plus puissant que le vote, que je vis comme une abdication (pas seulement au système republicain mais aux injonctions de mon entourage, j’ai un passif assez lourd de côté là). Mais comme Alphonse le dit plus haut, il est inutile voire contreproductif de prêcher l’abstentionnisme, et ce n’est pas ce que je tiens à faire. Ce n’est pas voter pour les Insoumis précisément qui empêche la démocratie, ce qui empêche la démocratie se produit bien en amont de ce vote, qui n’est alors qu’une manière parmi d’autre de s’en arranger. Maintenant il faut bien que tu reconnaisses que hors ligne, hors forum, l’abstention, surtout dans certains milieux, est quasi criminalisée, et c’est quand même de bonne guerre que de défendre un peu ce parti pris dans les petits espaces confidentiels où on peut le faire tranquillement.
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Alphonse
Invité» il faut bien que tu reconnaisses que hors ligne, hors forum, l’abstention, surtout dans certains milieux, est quasi criminalisée, et c’est quand même de bonne guerre que de défendre un peu ce parti pris dans les petits espaces confidentiels où on peut le faire tranquillement »
Oui. La plupart du temps, on se fout gentiment de moi, de cette posture du type politisé qui s’abstient, et qui pousse le raffinement jusqu’à avoir de bonnes raisons de le faire. C’est exquis. Le soir de la dissolution, mes interlocutrices étaient moins détendues et l’injonction au vote, face à la menace fasciste, plus violente. Une amie a quitté la table en pleurs, je suis allé la consoler à la cuisine. -
Demi Habile
InvitéAlphonse: « La plupart du temps, on se fout gentiment de moi, de cette posture du type politisé qui s’abstient, et qui pousse le raffinement jusqu’à avoir de bonnes raisons de le faire. C’est exquis. »
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Moi ce que je trouve exquis c’est ton histoire, après avoir cassé les couilles du monde qui t’entoures sur l’air de « il faut voter » t’as décidé d’en remettre une couche dans l’autre sens et c’est beau. C’est drôlement con hein, on va pas se mentir, mais qu’est c’est beau en même temps putain. -
Alphonse
Invité(j’ai pas compris ce que t’as dit, je suis pas sûr que t’aies compris cette petite anecdote)
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Demi Habile
InvitéAlphone: Je te cite:
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« Longtemps j’ai passé du temps, de l’énergie, à essayer de convaincre des ami.es de déserter les isoloirs. »
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« Bien sûr que c’est de l’énergie mal utilisée, à mes yeux, que de voter ou de participer corps et âme à une élection : mais en le prêchant, j’observe que se radicalise l’adhésion des votants au vote. »
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Donc je crois que j’ai très bien compris ce que tu racontes, après avoir fait chier le monde sur l’air de « allez voter » tu le fais chier sur l’air « abstenez vous » et c’est rigolo. -
Alphonse
Invité(j’ai jamais dit à personne d’aller voter, et j’insiste sur l’idée qu’il est contre productif de dire aux autres que voter ne sert à rien – ce que pourtant je faisais avant, quand j’étais jeune -, donc non, tu ne m’as pas compris, peut-être parce que je n’étais pas clair, mais si c’est rigolo alors ça va)
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Demi Habile
InvitéAlphonse: Heureusement que t’insistes parce que du coup je relis pour m’assurer que t’es bien le con de l’histoire et je constate que j’ai lu de travers donc je vais me contenter de fermer ma gueule et d’aller voir ailleurs.
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Désolé. -
lamine
InvitéDemi Débile
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Demi Habile
Invitélamine: Ca fait plaisir de voir que t’as arrêté de piquer le pseudo des autres pour exister en ton nom propre.
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C
InvitéC’est gh400 en autre pseudo qui vient foutre son nez sur la vase.
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Claire N
InvitéOui tu n’as pas tord
Il y a presque une règle tacite
Pas très loin de la délicatesse qu’on porte aux souffrants
On est tenu de protéger un type particulier d’espérance qui tient sur des bases fausses et ou frêles ; et tu relèves fort bien que sinon « on fait de la peine « -
..Graindorge
Invité@Ema
ça c’est important: agir selon
son corps, selon son cœur. Sans index pointés. Sans jugement. Je dis je vote. Tu dis je vote pas et on va prendre un pot et parler de la couleur de ce ciel ou du film d’ untel. Ou de la recette du cake aux olives
Lorsque j’ai voté blanc plutôt que choisir entre Lepen/Macron, des familiers et amis me sont tombés dessus. « Ben ouais, pour toi c’est facile, t’habites loin, t’auras pas les conséquences » Si pourtant car j’ai de la famille et des amis en France. Alors selon: soit je ris soit je dis, soit je dis rien. -
Ema
Invité« Et parceque la nuit noire des tueurs d’en face n’est pas dans le déni. Elle. »
Que veux tu dire? -
Carpentier
Invitéhomme de paille
s’adressant à des gens bêtes à bouffer du foin -
Samia
InvitéLe dégagisme vient du printemps arabe.
Bonne journée ! -
Emile Novis
Invité@Samia
J’ai parlé de la première fois que j’ai entendu ce terme, par de sa provenance réelle. Ce mot vient sans doute d’ailleurs, avec un sens différent. Je remarque seulement que l’usage de ce mot en France s’accommode très bien d’une volonté de conquérir le pouvoir et d’un désir d’ordre. Ce n’est sans doute pas le sens qu’on lui donnait dans le printemps arabe. -
Claire N
InvitéHum oui
Et il a à différence entre « se « dégager d’une structure et dégager une personne j’imagine -
SHB
InvitéAprès le jeu électoral est complètement vicié j’en conviens, le problème c’est que la prise de pouvoir démocratique par le bas me paraît aussi peu envisageable que de gagner les élections.
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C’est peut-être ça l’impuissance de la gauche, c’est l’épuisement du combat permanent juxtaposé avec le constat de la défaite permanente. -
Demi Habile
InvitéSHB: « C’est peut-être ça l’impuissance de la gauche, c’est l’épuisement du combat permanent juxtaposé avec le constat de la défaite permanente. »
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Puis un refus constant de se remettre en question puisque de toutes façons ceux qui tiennent les rennes profitent de la casse sociale même s’ils ont le bon goût de ne pas remuer la queue quand le maître fait tomber les miettes de la table. -
François Bégaudeau
Maître des clésL’élection est viciéé mais bon comme y’a rien d’autre à faire participons à l’élection viciée
La puissance argumentative des électeurs -
Carpentier
Invitéoh benh oui, enfin, et tous ces gens morts pour avoir le droit de voter, comme tu sais, comme tu y vas, François Bégaudeau ✌️
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..Graindorge
Invité@François Bégaudeau
pourquoi tu tapes comme ça sur les gens qui votent?
Tu ne votes pas. Point barre, non?
Et beaucoup de choses sont faites, beaucoup d’actions menées par des gens qui votent et qui ne votent pas et main dans la main, solidaires.
Ensuite entre connaissances, copains, famille, amis on peut aller prendre un pot ou manger un bout et on peut en parler, s’écouter, tranquillous
L’élection est viciée? C’est pas un scoop
Tu gâches de l’énergie pour rien, pour pas grand chose -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne tape sur personne, surtout pas sur les gens qui votent, comme dit dans ledit livre
Mais je ne me priverai jamais du plaisir de noter l’ indigence de leur position. Et de saluer l’admirable endurance avec laquelle ils répètent sempiternellement les deux mêmes mous arguments en croyant à chaque fois inventer la roue. -
..Graindorge
InvitéJe veux pas te fâcher. Tu nous es précieux.
Je te remercie de saluer notre admirable endurance.
Quant à nos arguments. Tu les trouves mous. Nous non. Et on se serre la main. -
SHB
InvitéJe ne vote pas François, encore une erreur de ta part.
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Samia
InvitéTu fais erreur. Je m’arrête là. Bonne journée !
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Claire N
Invité« l’offre politique d’extrême droite actuelle devient désirable car elle propose de renouveler le lien entre les classes dirigeantes et les classes inférieures en exacerbant les rapports de domination existants »
Oui ; il s’agit bien de cette « chaîne de domination « qui semble créer et contenir une sorte de pouvoir de cohésion
Manger un échelon à son voisin semblant plus désirable que de faire un pas de côté ; il se peut qu’il y ai quelque « lien de parenté « avec la pensée meritocratique dans cette impression que la nécessité oblige à un classement
La gauche aurait peut etre tout a gagner à jouer sur le charisme du cancre plutôt que sur celui de l’instituteur éducateur qui apparaît dès lors comme un « contre son camp »
Évidemment tout cela n’est qu’hypothèse-
Demi Habile
Invité« La gauche aurait peut etre tout a gagner à jouer sur le charisme du cancre plutôt que sur celui de l’instituteur éducateur qui apparaît dès lors comme un « contre son camp » »
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Pour une fois que tu dis quelque chose de pertinent, je me sens obligé d’intervenir. -
Carpentier
InvitéLe 15 septembre dernier, la question « Comment le syndicalisme peut faire face aux transformations du travail et de la négociation collective ? » a réuni au Village du livre de la Fête de l’Humanité Baptiste Giraud, sociologue et auteur de Réapprendre à faire grève (PUF, 2024) et codirecteur du Dialogue social sous contrôle (PUF, 2024), et Bruno Palier, sociologue et coauteur de Que sait-on du travail ? (Presses de Sciences-Po et éditions du Monde, 2023).
(texte intégral dans le sujet ‘ santé/travail’)B.P. : Le monde politique et médiatique n’a pas pris conscience de la transformation profonde de la distribution des métiers en France. Pendant le Covid, on a applaudi chaque soir les travailleuses et travailleurs dits essentiels car leur travail était indispensable à la survie des autres et au fonctionnement de notre société. Ce sont les travailleuses et les travailleurs de la santé, du service aux autres, de la logistique, de l’eau, de l’énergie et de la collecte des déchets. Ils représentent 32 % des emplois, essentiellement occupés par des femmes ; beaucoup sont à temps partiel. Ils sont en moyenne 20 % moins bien rémunérés que les autres.
Les conditions de travail sont aussi particulièrement difficiles. Certains produits ménagers comme l’eau de Javel ne sont pas considérés comme dangereux alors que leur usage à la longue génère des cancers. Porter une personne âgée, l’aider à se lever ou à se coucher, porter plusieurs dizaines de fois un bébé par jour, c’est manipuler des charges lourdes.
Il faut changer nos mentalités et regarder où se situent les prolétaires et les classes exploitées aujourd’hui. Il existe un rapport d’exploitation entre « les cerveaux », les salariés diplômés ou très diplômés et celles et ceux qu’ils considèrent comme leurs « servants » qui font leur ménage, s’occupent de leurs enfants… Il faut prendre conscience de ce nouveau rapport de domination pour organiser du partage entre ces deux classes.B.G.: Baptiste Giraud : Cela exige du côté des syndicats à repenser leurs manières de s’organiser pour être en capacité non seulement à mieux prendre en charge la défense des intérêts des salariés les plus précaires, mais aussi pour faire vivre les solidarités de classe en soutien à leurs luttes. Elles sont d’autant plus nécessaires face à un patronat très pugnace qui oppose, dans ces secteurs, une résistance très forte au syndicalisme, obligeant de façon récurrente à des conflits très longs.
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SHB
InvitéIl y a sans doute une vérité dans le pacte racial, je ne pense pas qu’elle soit structurante, surtout si on l’aborde pas le prisme des résultats électoraux
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Les résultats électoraux ne veulent pas dire grand chose.-
François Bégaudeau
Maître des clésSans vergogne l’indigence rembarre l’intelligence.
(o mon dieu protégez les forts contre les faibles)-
SHB
InvitéEst-ce que ça m’intéresse?
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SHB
InvitéTu sais François y’a pas de mal a reconnaître que on arrive pas à suivre, t’inquiète pas ça va bien se passer comme dirait l’autre.
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Ludovic
InvitéQuel pacte racial ?
Nager en plein délire
On dirait moi sous
High Thc rate par L de S
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Le pacte avec satan
La finance qui importe
Pour détruire les européens
C le seul pacte que vous avez signé -
Ludovic
Invité-
Ludovic
Invité
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