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Accueil Forums Forum général Interview avec Badiou

  • Ce sujet contient 58 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par essaisfragiles, le il y a 1 année et 3 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #82341 Répondre
      SHB
      Invité

      J’ai trouvé cette interview super !
      Concernant le mot de virilité, je trouves l’hypothèse intéressante, je me demande si l’expression « se comporter en grand seigneur » n’est pas équivalente à ce qui tu essais de développer.

    • #82342 Répondre
      SHB
      Invité

      Petit bémol sur le féminisme par rapport a la question de la coercition. Je comprends l’argument mais si tu te situes dans un rapport de force, de libérer obligé forcément a contraindre celui qui t’empêchais d’arrêter de t’empêcher donc tu es au minimum a 50% de coercition.
      .
      Parlant de la coercition elle-même, mise a part les recours en justice assez peu efficaces au regarde du problème des VSS, quelles coercition les féministes morales ont-elles dans leur poche pour réellement empêcher les hommes? Est-ce que finalement la coercition c’est pas l’arme du faible qui sait qu’il ne peut pas grand chose a la situation.

      • #82344 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        que la coercition soit parfois l’arme du faible est précisément spécifié dans Comme une mule

        • #82384 Répondre
          SHB
          Invité

          Je finis l’université lundi et après j’achète comme une nunle

          • #82385 Répondre
            SHB
            Invité

            Vendredi ***
            Mule***

            • #82387 Répondre
              essaisfragiles
              Invité

              Bon cadeau de Noël.

              • #82396 Répondre
                SHB
                Invité

                Ça va être sympa a lire je pense, ça va faire changement de mes travaux insipides et insupportables.

                • #82442 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  mais est ce que ça va faire un changement s’agissant de ta manie de comprendre à l’envers tout ce que je dis?

                  • #82445 Répondre
                    SHB
                    Invité

                    non évidemment tu t’en doute bien.

    • #82419 Répondre
      SHB
      Invité

      J’ai une question. À la fin de l’interview, tu sembles dire que les guerres internes de dénonciation et se déchirement des collectifs sur la base du « je te crois » n’arrêteront pas car cela nous excite, car on aime profondément ce genre de petits tribunaux.
      .
      Tu cherches à dire que ce genre de procédés est un exutoire pour les affects fascistes des militants?
      .
      Dans ce cas-ci, si le militantisme c’est quand même tuer la justesse au nom de la cause, est-ce que le militantisme n’est pas fasciste en tant que tel?

      • #82421 Répondre
        Ema
        Invité

        Si je peux le permettre un réponse, ou un début de, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de convoquer le fascisme pour élucider ce truc. Plus simplement on pourrait simplement dire qu’en période de faible mobilisations sociales conséquentes, les collectifs de gauche radicale peuvent parfois être en prise avec un certain désœuvrement, un certain sentiment de tourner à vide, en gros : manquer de débouchés et matière à toutes ses belles idées. De se retourner sur des problématiques internes et d’y exercer son sens critique, jusqu’à la pathologie comme on peut voir, me parait mécaniquement lié à cela. Un peu comme un système immunitaire en sous exploitation qui finit par se retourner contre l’organisme.

        • #82423 Répondre
          Ema
          Invité

          Mais cela n’exclue sans doute pas l’expression d’affects autoritaires et coercitifs qui trouveraient là de quoi se régaler. Mais l’explication de Francois sur l’impuissance à s’en prendre aux structures ( patriarcat, racisme etc…) revenait il me semble-t-il a dire un peu ca : l’inaction est inenvisageable, alors on s’active là ou on peut, contre qui on peut. Peut-être y a t’il dans la militance cette demangeaison d’agir a tout prix, un certain refus de l’inertie.

          • #82424 Répondre
            Claude
            Invité

            « Le terme « militantisme » provient du latin militia qui désigne le service militaire, le métier de soldat »
            Y’a quelque chose de cette ordre la

            • #82468 Répondre
              Ema
              Invité

              Oui. Un soldat face à une cible mouvante, insaisissable, monumentale, qu’on appelerait l’oppression, et qui finit par confondre intempestivement ses frères d’armes et l’ennemi. Mais trêve de métaphore. On aime qu’il se passe des trucs. On aime les polémiques, les critiques, les critiques de critiques, et par dessus tout, commenter. Facilement 50% d’internet tourne à ça. C’est possiblement aussi insondable que l’attrait pour le clash de télé réalité ou le feuilleton tv.
              Ce passage de la conférence, ce renoncement à pouvoir complètement rationaliser le phénomène, m’a vraiment saisie, je n’avais jamais pensé à çà, pas de cette manière là. Et je dois reconnaître qu’un frisson m’a parcourue, le genre de frisson qu’on a lors d’une révélation dont on se serait bien passé, une révélation qui vous terrasse par sa noirceur implacable et avec laquelle il va falloir composer à reculon.

              • #82473 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui Ema ; tu saisis quelque chose qui semble bien plus large quand tu soulignes « Facilement 50% d’internet tourne à ça. C’est possiblement aussi insondable que l’attrait pour le clash de télé réalité ou le feuilleton tv. »
                Et effectivement, je tourne aussi un peu autour de cela avec je ne sais pourquoi une sensation de « déjà vu – déjà vécu «  qui me rappelle les «  histoires «  dans les groupes d’amis qui tournaient plus franchement autour de la matrice erotique du phénomène puisque essentiellement autour des histoires de culs et cocu

                • #82548 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  Oui Claire, cent fois oui. On voudrait voir dans l’attrait pour ces règlements de comptes et réquisitoires contre l’individu une noble dévotion à la chose politique, des intentions pures et militantes, un sacerdoce. C’est oublier le caractère éminemment divertissant de ces affaires pour les personnes aux premières loges, qui n’est en effet pas loin de rappeler ce qui nous emballe dans les potins croustillants. Il faut oser le mot, il y a du plaisir derrière ces airs inquisiteurs et serieux.
                  J’imagine dès lors le défi que représenterait pour ceux parmis les militants qui tenteront d’endiguer la terrible machine, puisqu’ils endosseront le rôle ingrat des empêcheurs de jouir.

                  • #82780 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Hum oui, c’est délicat voir peu être pas agréable d’être un empêcheur de jouir
                    Si je m’adosse au modèle «  histoire de couples « 
                    J’ai tout de même remarqué que les moins prompts au ragot étaient ceux qui avaient déjà expérimenté leur propre «  amoralite « 
                    Un peu l’histoire de la première pierre en quelque sorte
                    On en viendrait à penser que le manque d’expérience affective fait pencher la restriction de fait pour de la vertue

    • #82420 Répondre
      SHB
      Invité

      J’ai toujours été gêné quand j’ai voulu m’intégrer dans des collectifs militants sans savoir d’où venait mon malaise, ton point vient peut-être élucider plusieurs années de questionnements.

      • #82443 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Si j’avais voulu appeler « fasciste » cette tendance militante là, je l’aurais appelée fasciste. Or je ne prononce pas le mot, qu’il est donc inutile de mêler à cette affaire, comme le dit Ema
        Le voyeurisme et l’excitation provoqués par ces affaires, dans les sphères militantes comme ailleurs. ne relèvent pas du fascisme, ils relèvent… du voyeurisme et de l’excitation.
        Mais mon idée centrale n’est pas encore là. Mon idée centrale, dans cette conc et dans le livre, est que l’importance dnnée à ces affaires permet une extention du domaine du jugement, chose très profitable à ceux dont la passion première est de juger.

        Ayant lu Comme une mule, une amie m’envoie cette citation magnifique de Foucault, qui pourrait lui tenir lieux d’exergue, si je pratiquais les exergues
        « Je ne peux m’empêcher de penser à une critique qui ne chercherait pas à juger, mais à faire exister une oeuvre, un livre, une phrase, une idée; elle allumerait des feux, regarderait l’herbe pousser, écouterait le vent et saisirait l’écume au vol pour l’éparpiller. Elle multiplierait non les jugements, mais les signes d’existence; elle les appellerait, les tirerait de leur sommeil. Elle les inventerait parfois ? Tant mieux, tant mieux. La critique par sentence m’endort ; j’aimerais une critique par scintillements imaginatifs. Elle ne serait pas souveraine ni vêtue de rouge. Elle porterait l’éclair des orages possibles. »

        • #82446 Répondre
          SHB
          Invité

          Dans ce cas-ci, si le militantisme c’est quand même tuer la justesse au nom de la cause, est-ce que le militantisme n’est pas fasciste en tant que tel?
          .
          Ca tombe bien c’était une question et non une affirmation.

        • #82447 Répondre
          SHB
          Invité

          Ca doit être l’interview avec Fourquet qui nous a tendu le François.

          • #82454 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je ne vois pas où est la tension ici, et si tension il y a elle ne tient qu’à tes approximations
            Sacrifier la justesse à la cause me parait un pli très répandu chez les politimanes de tous bords, fascistes ou non
            Je crois qu’il y a aussi dans la politimanie une pulsion autoritaire, et dans le désir de justice un désir d’ordre qui sourd.
            Mais puisque tu tiens absolument à ramener du fascisme là-dedans, eh bien disons fascisme. Nous voilà bien avancés.

            Sur l’excitation, je trouve à l’instant cette phrase sous la plume de l’autre Simone : « Mais les traitres, les espions, les mauvais Français, scandalisaient délicieusement nos coeurs vertueux »

            Un document parfait de la libido de l’indignation, doublée de tartufferie : la récente video de Pahduring sur Arthur. (et je ne parle pas des minables agissements d’Arthur qu’on y voit)

            • #82457 Répondre
              diegomaradona
              Invité

              « Un document parfait de la libido de l’indignation, doublée de tartufferie : la récente video de Pahduring sur Arthur. (et je ne parle pas des minables agissements d’Arthur qu’on y voit) »
              Et il n’y a bien entendu aucun jugement ici nous dira la tartuffe

              • #82460 Répondre
                Demi Habile (IA)
                Invité

                diegomaradona: J’y avais pensé un peu moi aussi. Autant dire que les grands esprits se rencontrent comme on dit.

              • #82461 Répondre
                diegomaradona
                Invité

                « Autant dire que les grands esprits se rencontrent comme on dit. »
                Comparaison n’est pas raison.
                @François, LE Tartuffe

                • #82466 Répondre
                  Demi Habile (IA)
                  Invité

                  diegomaradona: Bien entendu. Puis corrélation n’est pas causalité. On ne le dira jamais assez.

            • #82462 Répondre
              SHB
              Invité

              Accord total.

              • #82463 Répondre
                SHB
                Invité

                je parle a FB

              • #82517 Répondre
                Eden Lazaridis
                Invité

                @SHB : Moi je me languis de ton interprétation sur CUM. J’ai lu le livre mais j’attends qu’un puissant herméneute comme toi vienne éclairer l’ouvrage, vienne défricher des territoires inconnus de la pensée. J’attends que tu tendes des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d’or d’étoile à étoile, et que tu danses.

                • #82519 Répondre
                  Demi Habile (IA)
                  Invité

                  Eden Lazaridis: Gentil toutou.

                  • #82520 Répondre
                    Eden Lazaridis
                    Invité

                    @DemiHabile : Toi je ne t’attaquerai jamais parce que sincèrement, tu me navres. Je suis désarmé face à ton cas.

                    • #82523 Répondre
                      Demi Habile (IA)
                      Invité

                      Eden Lazaridis: Je te navre parce que je me comporte avec vous comme tu te comportes avec SHB donc au lieu de faire le malin tu fermes bien grand ta gueule et tu te remets un peu en question.

                      • #82539 Répondre
                        IA de Demi Habile (IA)
                        Invité

                        Depuis tout ce temps passé sur ce forum, t’as jamais trouvé le moment de dire une chose intéressante petite merde

                      • #82546 Répondre
                        Demi Habile (IA)
                        Invité

                        IA de Moi: Sinon je suis à 100 kilos donc ça fait 15 kilos de perdu depuis le mois de Juin. Et très franchement, ça aurait été difficile de faire mieux. Je suis sûr 2 kilos et demi par mois donc c’est raisonnable comme perte et c’est le signe de changement profonds dans mon hygiène de vie. Du coup je ne sais pas à quel niveau je vais me stabiliser mais je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas être à 90 kilos au printemps prochain.
                        .
                        C’est frustrant hein. Je veux dire que t’aimerais bien me blesse, t’aimerais bien réussir à me faire mal, mais t’es personne donc je m’en cogne. Je veux dire que le jour où tu existeras sur ce forum pour d’autres raisons que celle qui consiste à me dire que tu ne m’aimes pas je le prendrais peut être mal mais en l’état tu me donnes juste un bon prétexte pour poster un message sur le forum donc merci.

                      • #82549 Répondre
                        Eden Lazaridis
                        Invité

                        @Demi Habile : Je te concède que je ne dis rien de particulièrement intéressant sur le forum. L’essentiel de mon activité ici consiste à lire les commentaires des autres. Je commente une connerie de temps en temps, rarement passionnante. Et bravo pour ta perte de poids, je sais à quel point c’est difficile.

                      • #82573 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Je te laisse avec ton mec

                      • #82584 Répondre
                        Eden Lazaridis
                        Invité

                        Je sens qu’il va être toxique mon mec.

                      • #82642 Répondre
                        Demi Habile (IA)
                        Invité

                        Eden Lazaridis: A la base j’étais plutôt partant pour saluer ton courage mais si tu veux je peux te donner raison sur toute la ligne.
                        .
                        C’est pas plus compliqué que de saluer ton courage en vrai.

            • #82542 Répondre
              propater
              Invité

              Libido de l’indignation, je veux bien mais pourquoi tartufferie?

              • #82577 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                La tartufferie consiste précisément à s’indigner en cachant ou se cachant que c’est une activité jouissive
                C’est très tangible ici : oh comme c’est horrible, oh comme je me passe et repasse ces scènes horribles en m’exclamant oh comme c’est horrible.
                Pasdhuring est un très bon marxiste et un piètre psychologue – et d’abord de lui même.

                • #82768 Répondre
                  propater
                  Invité

                  Au temps pour moi, ma connaissance des classiques est très lacunaire et je prenais le mot pour un simple synonyme d’hypocrisie.

        • #82448 Répondre
          Claire N
          Invité

          Mais c’est magnifique ! Merci tellement
          «  elle porterai l’éclair des orages possibles « 
          J’en vibre

        • #82515 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          On ne parle jamais de l’immense écrivain qu’est Foucault. Il écrit dans une langue, mais une langue… divine. Cette citation est magnifique. Grand orateur également (qui parle à peu près aussi bien qu’il écrit).

          • #82516 Répondre
            Arnaud
            Invité

            Il ne parle pas aussi bien qu’il écrit, il parle comme il écrit. La publication de ses cours au Collège de France a dû poser bien moins de problèmes que ceux de Bourdieu.
            Exemple célèbre : discussion avec Chomsky. En terme de légitimité c’est kif-kif, mais le pauvre Noam semble tout ratatiné.

            • #82803 Répondre
              essaisfragiles
              Invité

              Pour ce qui me concerne, j’ai beaucoup lu Foucault, même travaillé sur lui à la fac pendant deux années de maîtrise, en 93 et 94, à l’époque paraissait seulement les Dits et écrits et on n’avait pas l’occasion de l’entendre parler souvent. Eh bien, je n’ai jamais vraiment pu l’écouter parler : une voix de savoir, dans la maîtrise, quasi hystérique (si c’est compatible), sans souffle, une voix coincée, une voix de premier de la classe. Moi, pour qui la voix a toujours été si importante, la voix chantée, la voix parlée, la voix murmurée, la voix de radio. J’ai un peu la même impression en lisant depuis deux jours ses Entretiens radiophoniques : c’est extrêmement clair, limpide, la meilleure introduction sans doute à sa pensée, mais je sens le déroulé, la maîtrise, l’universitaire aux petits oignons. Il faudrait que je l’entende donner ses cours au Collège de France pour comparer.
              J’ai découvert Foucault en 1re année, 1990, Histoire de la (ma) folie, et j’ai été époustouflé par le style flamboyant, l’immense écrivain, la puissance de l’écriture, chacun de ses premiers livres dans lesquels je me perdais sans comprendre grand chose, en comprenant toujours moins que ce que j’aurais voulu.
              Dans Main courante, paru à l’orée des années 2000, Jean Louis Schefer écrit qu’il n’a jamais pris Foucault pour un grand philosophe, mais pour un prof de lycée appliqué. C’est injuste. Mais en l’écoutant parler (plus qu’en le lisant parler), je n’ai jamais pu m’empêcher de penser qu’il fait la leçon. Je suis injuste.

              • #82810 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Il est difficile, pour un penseur qui a vu ce que certains n’ont pas encore vu, de ne pas paraitre « faire la leçon »
                Dans les cours de Deleuze sur Spinoza, Deleuze fait la leçon aussi. La légendaire interactivité de Vincennes n’est pas très tangible.

                • #82816 Répondre
                  essaisfragiles
                  Invité

                  D’accord pour le début, pas sur la fin. Je pense que Nietzsche aurait parlé en imitant Foucault.
                  Faire la leçon, à mes yeux, c’est adopter un style académique, très radio Sorbonne des années 50.
                  Dans les émissions de France Cul sur Deleuze — et le plus vieil enregistrement de Deleuze sur Hume dans les années 50 le confirment –, Michel Tournier raconte que le modèle absolu pour Deleuze, c’était Céline, et qu’après 68, il s’est mis à vouloir parler comme lui (suppression des négations, « style parlé », familiarité) pour rompre avec le style universitaire du cours magistral. Foucault, on n’oserait pas lui couper la parole. Par contre, il est clair en lisant ses entretiens radio que Foucault cherche le dialogue, il est très attentif à ses interlocuteurs, d’où qu’ils viennent (universitaires à la radio, journaliste comme Paula Jacques) et qu’il y prend plaisir.

                  • #82895 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    « Michel Tournier raconte que le modèle absolu pour Deleuze, c’était Céline, et qu’après 68, il s’est mis à vouloir parler comme lui (suppression des négations, « style parlé », familiarité) »
                    Ca me parait un peu rapide comme explication, comme généalogie de la décontraction deleuzienne
                    Et par ailleurs un peu tournierocentrique, c’est à dire droitocentique

                    • #82905 Répondre
                      essaisfragiles
                      Invité

                      Tournier ne s’est jamais remis de rater l’agrégation de philosophie, quand ses deux amis de promo à la Sorbonne (Deleuze et Châtelet) l’ont eue. Il en a gardé du ressentiment.
                      Il ne s’est résigné à devenir écrivain que par défaut. Il y a de meilleures entrées en littérature. Je me demande si l’on (les philosophes) se souviendrait de Tournier si Deleuze ne lui avait pas consacré un texte magnifique dans Logique du sens. Deleuze a voulu voir en lui le philosophe, Tournier lui a rendu la pareille.
                      Tournier raconte une décision de Deleuze, après sa thèse en 69 (Différence et répétition), d’opérer un changement dans sa manière de parler et d’écrire, non plus de la philosophie (de l’histoire de la philosophie à sa manière déjà), mais en philosophe.
                      Pour ses cours, c’est aussi à ce moment-là qu’il commence à s’adresser autrement à ses étudiants, et semble-t-il 68 y est pour beaucoup : Deleuze à 44 ans choisit de rajeunir son propos.
                      La décontraction de Deleuze était mise en scène, au moins au début ; ses cours lui demandaient beaucoup de préparation, tout était entièrement écrit (témoignage du et pas de la baby-sitter qui vivait chez eux), du samedi au lundi, sur place il improvisait très peu, même s’il ne gardait que quelques notes avec lui.
                      .
                      Bon, Onfray, arrête de me ventriloquer !

                      • #82915 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ce qui tendrait à prouver que dans ce que j’appelle la décontraction de Deleuze, 68 ait au moins autant joué que Céline.
                        Car ces années là furent des années de général déraidissement des corps et de la parole (il n’y a qu’à voir l’évolution ultra rapide des corps des rock-stars des années 60)

                      • #82922 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Oui, et à partir de Paris VIII Deleuze choisit d’enseigner jusqu’à la fin uniquement en deug et licence, il fait passer des UV à de jeunes étudiants. Deleuze est devenu rock’n roll.

                • #82830 Répondre
                  essaisfragiles
                  Invité

                  À propos de Histoire de la sexualité (La Volonté de savoir), émission sur France Culture de 1976 (p. 717).
                  .
                  Paula Jacques — Michel Foucault, justement à propos de terrains gardés et de savoirs soigneusement gardés également, un des régals de votre livre (et en général de ce que vous faites), c’est que cela se situe à un niveau d’analyse très élevé, mais votre langage est toujours parfaitement accessible. C’est ce qu’on se disait avec André tout à l’heure ; vous parliez et on se disait : « C’est parfaitement clair. » Est-ce que c’est délibéré, vous voulez ne pas vous enfermer dans un langage de spécialiste, ou bien c’est une démarche… ? Vous êtes professeur au Collège de France.
                  Michel Foucault — C’est sans doute une habitude de pédagogue. Mais alors je vous dirai ceci : il se trouve qu’un certain nombre d’ouvrages qui normalement ne devraient s’adresser qu’à un petit public d’étudiants ou d’universitaires et qui par conséquent pourraient avoir un langage relativement ésotérique (le langage rapide et compliqué de la « science » entre guillemets), ces ouvrages sont lus bien au-delà des limites de l’université. Je crois que ceci doit avoir sa conséquence dans la politique du langage : dès lors qu’on ne se parle plus entre soi, mais que c’est écouté au moins un peu au-delà, il faut respecter cette écoute et par conséquent permettre à tous les gens qui n’appartiennent pas à la petite franc-maçonnerie de comprendre. Puis deuxièmement, je dirai ceci : c’est que l’obscurité est tout de même souvent une espèce de lâcheté théorique qui permet aux gens d’esquiver toute critique possible, dans la mesure où on n’est jamais très sûr qu’ils ont bien dit ça, et ils ont toujours la ressource de faire valoir qu’ils ne l’ont pas dit. L’obscurité me paraît être l’envers de la terreur. L’espèce de terreur qui a régné, qui règne encore maintenant dans les milieux politico-intellectuels de Paris surtout, cette terreur est quelque chose de complètement malsain ; on peut parfaitement n’être pas d’accord avec quelqu’un, le critiquer, analyser pourquoi il dit ça sans le dénoncer, comme on dit, comme « agent du capitalisme », « laquais de l’impérialisme international » — des choses comme ça ! Tout comme cette critique à la fois exagérée, infatuée, un peu ridicule et terroriste me paraît déplorable, me paraît aussi déplorable cette espèce de mécanisme de fuite et de protection qu’on a mis en place pour échapper à cette terreur, c’est-à-dire l’obscurité. Alors abolissons la dénonciation, mais renonçons à l’obscurité.

                  • #82851 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    @essaisfragiles
                    Il y a de tout: on peut observer que des gens ne savent tout simplement pas comment être clairs et accessibles. D’autres apprécient et ont pris le pli de l’entresol et n’ont pas vocation de pédagogie.
                    Certain.es trouvent une sorte de jouissance à dire à l’interlocuteur x « c’est parfaitement clair » sans s’inquiéter et même en sachant ne pas être compris de tous. Par jeu et aussi afin de rappeler que, peu importe notre bagage, nous sommes aussi des enfants dans une cour de récré avec nos  » nananèreu »
                    Mais même avec une foncière honnêteté intellectuelle, il arrive, comme dit au début, que la clarté n’est pas ou très difficilement accessible.
                    J’observe aussi sans pouvoir l’expliquer que des gens peuvent être à l’oral ou à l’écrit parfois très clair.es parfois obscurs, hermétiques, comme à l’entrée d’une discothèque : toi tu passes, toi pas.
                    Tournier que j’ai bien aimé lire disait qu’il ne voulait pas descendre, que c’était à nous de grimper. Pas question pour lui d’appauvrir son discours afin d’être accessible. Il a pourtant adapté Vendredi en version pour enfants. Mais c’est autre chose
                    Je trouvais ses livres clairs et accessibles
                    Si il n’ y a pas un souci d’être compris pour des raisons pédagogiques, chacun.e fait comme il veut/ peut.
                    Avec ou sans jouissance de faire partie d’un happifiou. Et comme dans une récré, les enfants disent non toi tu joues pas, tu sais pas jouer ou/et on a pas envie de t’apprendre.
                    Ce n’est pas ton cas car tu es très partageux même si tu as oublié de répondre une fois à mes questions
                    concernant un tableau de Kupka: Rouge à lèvres n° 2

                    • #82852 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      *l’entre soi

                      • #82854 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Je n’ai peut-être pas vu passer la question, ça arrive quand je suis éloigné du forum (un soir, une journée ou quelques jours).

                      • #82855 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Et tu omets tout le reste de ce que j’ai écrit avant la question sans grande importance?

                      • #82858 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Ça m’a fait penser à deux choses, que je n’ai pas jugé nécessaire de retranscrire :
                        – souvent ma clarté à l’oral a été louée comme une vertu pédagogique, celle de l’explication, du dépliement, quand la même clarté à l’écrit était tout aussi souvent considérée comme un manque de profondeur, c’est dur d’être les deux à la fois ; ici même, je suis souvent l’un sans l’autre ;
                        – on ne peut pas exiger d’un artiste d’être clair ou explicite, ou même précis, mais espérer qu’il donne à voir, à entendre, à lire, à comprendre (prendre avec soi, en soi) ; la précision vient après, c’est un effet du sens, pas une condition.
                        C’était quoi ta question sur le tableau de Kupka ?

                      • #82867 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        C’était quoi ta question sur le tableau de Kupka ?
                        le train est passé. Merci pour la découverte

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