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- Ce sujet contient 315 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Lassou, le il y a 5 mois et 1 semaine.
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AuteurMessages
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Vns
InvitéBonjour à tous,
Avez vous des historiens à conseiller ? Sur des thématiques diverses tant qu’ils sont pertinent et intéressant dans leurs travaux ?
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Cyril
InvitéCherche « La grande H. » sur YouTube, une émission d’histoire à Le Média. Tu trouveras un certain nombre de références.
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Jeanne
InvitéJohann Chapoutot, bien sûr.
(Déjà abondamment cité sur ce site).
Pour une vidéo sans besoin d’abonnement on peut taper sur un moteur de recherche Chapoutot lundi matin.
On va dire que Chapoutot est un historien du management (pas banal) et, chemin faisant, un commentateur du désastre macronien.-
Lhommetropbiensapé
InvitéEt en plus Chapoutot imite très bien Sarkozy : https://video.davduf.net/w/3oP7UhmMUPB9u4QrY1byxp?start=1h57m20s
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Emile Novis
InvitéSoboul sur la Révolution française.
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Ostros
InvitéHenri Guillemin
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Cocolastico
InvitéJe m’apprête à l’écouter 6h nous parler de la commune. Il est basé sur ce sujet ?
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François Bégaudeau
Maître des clésAutant qu’on pouvait l’être en 1960
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Cocolastico
InvitéOui. Je me dis c’est un peu du gâchis de temps, je pourrais directement passer à Deluermoz conseillé par IGY mais trop tard Guillemin m’a hook avec son phrasé intriguant. Il fait beaucoup de répétitions de mots (avec des variations, écho plus doux, plus traînant, amplifié..) J’imagine qu’il y a un lien avec la didactique de l’époque très rabâchage. Il y a plus subtile comme technique de maintien de l’attention mais c’est quand même bien foutu
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François Bégaudeau
Maître des clésIl est bien anachronique de parler de technique de maintien de l’attention. Il se trouve que Guillemin parle comme ça, a ce génie là du parler, et que son époque n’y est pas non plus pour grand chose. C’est lui, inimitable, et grand catholique de gauche.
Donc tout Guillemin est à écouter, à commencer par la série Commune, qui met les bons points sur les bons i-
Cocolastico
InvitéJe ne dirais pas mieux. C’était génial, je recommande. Y a du lourd dans la team catho de gauche
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I.G.Y
InvitéAlors là y’a à faire ! Les plus passionnants et pointus qui me viennent en tête par thème (j’essaie plutôt des vivants et dont il existe des interventions audio/vidéo) :
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-Révolution française : Marc Belissa, Yannick Bosc, Jean-Clément Martin, même Pierre Serna (inventeur de la notion d’extrême centre)-Palestine et monde arabe / moyen orient : Henry Laurens (le meilleur, mais souvent trop dur à suivre), François Burgat, Stéphane Lacroix, J-P Filiu, J-P Chagnollaud, Frédéric Vidal (pas historien mais c’est tout comme)
– Révolutions, judaïsme : Enzo Traverso
-Histoire de l’énergie : J-B Fressoz
– URSS : Marc Ferro, Nicolas Werth
-Histoire du socialisme et du communisme : J-N Ducange
– Commune de Paris : Jacques Rougerie, Quentin Deluermoz
-nazisme : Chapoutot, Christian Ingrao, Nicolas Patin
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I.G.Y
InvitéHistorien de la sécu Bernard Friot, fallait quand même pas l’oublier
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Simon
InvitéAnecdote : Pierre Serna m’avait engueulé en TD parce que j’avais affirmé dans un exposé que « Le passé d’une illusion » racontait comment François Furet était passé à droite. Il était vraiment scandalisé, il insistait pour que je précise qu’il avait rejoint les rangs de la « gauche libérale », c’était assez drôle comme moment (et assez significatif de ce qu’est l’époque).
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Arche
InvitéIl y a aussi François Jarrige, historien de la technique qui est super intéressant je trouve, ça se complète bien avec JB Fressoz.
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Lhommetropbiensapé
Invité@I.G.Y. : aurais-tu 1 ou 2 bonnes références pour commencer l’histoire des FARC (Colombie) ?
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Cyril
InvitéVladimir Poutine affirme : « Il n’est pas normal qu’il existe aujourd’hui 65 manuels d’histoire. » Ceux-ci « doivent exprimer une perspective unique et un point de vue officiel. »
Alors Jeanmounaie, elle est pas à droite la pensée unique, totalitaire, l’idéologie ?-
Cyril
Invité2020 : L’article 67-1 de la Constitution de la Fédération de Russie stipule que l’État « protège la vérité historique ».
Avril 2021 : Un amendement du Code pénal prévoit jusqu’à cinq ans de prison pour qui dénigrerait les « anciens combattants de la Grande Guerre patriotique » (la 2nd guerre mondiale) -
graindorge
InvitéCyril : où Vladimir Poutine a-t-il dit ça stp? Dans quel journal, livre, documentaire, vidéo de Youtube?
J’aime toujours lire la source
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Tristan
InvitéJean Baptiste Fressoz et François Jarrige m’espantent un peu, dans leur genre. Très précis, et très utiles pour comprendre ce qu’on nomme avec trop de facilité « crise écologique ».
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Cocolastico
InvitéDans la Gène sur « Le témoin » François évoque l’auto-mythologie de la Justice qui nous sortirait des cycles de la vengeance et de la boucherie éternelle du Talion.
Sur ce point une petite digression, je mets en lien les éclairages de l’historien Bruno Dumézil sur le système de la faide à l’époque mérovingienne (podcast numéro 38, ça dure 5 minutes) : https://www.youtube.com/watch?v=E1pcbxC3tv4&list=OLAK5uy_kptir4MraMxcpHpuYaN9SO2erWHR7rPIU&index=38&ab_channel=BrunoDum%C3%A9zil-Topic
On a quand même une chance inouïe d’avoir accès gratuitement et facilement à tous ces travaux géniaux
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françois bégaudeau
Invitéça m’intéresse
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Millemanoeuvres
InvitéJ’aime beaucoup la série de podcasts « Minuit dans le siècle » par Ugo Palheta qui revient sur les différentes formes du fascisme à travers l’histoire.
Ce n’est pas un travail uniquement d’historiens, il y a aussi des sociologues et autres chercheurs mais on y trouve beaucoup d’interventions très intéressantes.-
Claire N
InvitéMerci Millemanoeuvre
Pot as-tu très intéressant ; que je découvre
– le sujet sur L’OAS est particulièrement passionnant dans la description de la méthodologie exposée par l’historienne au même rythme que les données et l’analyse ; cette façon transparente de travailler est passionnante
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Mao
Invité« Une histoire de la révolution française » Eric Hazan ;
« A bord du négrier », « Pirates de tous les pays » Marcus Rediker ;
« Une histoire populaire américaine » Howard Zinn ; -
Simon
InvitéIl y en a tellement ! On peut se contenter de nos coups de coeur ?
Sur l’Antiquité, big up à Lucien Jerphagnon qui a un style très personnel, très drôle. On peut écouter certaines interviews ou conférences sur Youtube pour se faire une idée de ses travaux et de sa personnalité avant de se plonger dans ses livres. Son histoire de la Rome antique est un régal ! Paul Veyne, aussi, pour les mêmes raisons. Sir Ronald Syme, La Révolution romaine, publié en 1939, qui est irrigué par les questionnements de son temps et analyse les guerres civiles et le Principat à l’aune des expériences fascistes (ce n’est pas dit explicitement, mais ça transpire de tout son texte, et ça offre un angle passionnant).
Pour la période moderne, j’aime bien la biographie de Mazarin par Simone Bertière, parce qu’elle admet dans sa préface qu’à force de travail sur le Cardinal-Ministre, elle a fini par en tomber un peu amoureuse.
Henri Guillemin, déjà cité plus haut, est agréable à écouter et peut être une introduction sur plein de sujets, à condition d’avoir en tête qu’il présente souvent des biais méthodologiques importants et une rigueur excessivement variable.
De la même manière, on peut lire des historiens du XIXe-début XXe en gardant à l’esprit que l’état de la science historique était différent de ce qu’elle est aujourd’hui, parce qu’ils avaient une vraie plume : Jaurès et Michelet sur la Révolution française, par exemple.
Globalement si on s’intéresse à l’histoire sans avoir de vocation universitaire, le mieux est de cibler des historiens qui ont une forte personnalité, un style, et un regard particulier sur la période qu’ils étudient. La plupart des travaux universitaires sont impersonnels et interchangeables.
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Damien
InvitéBonjour
Nouveau sur le forum , je profite de ce post pour faire appel à vos connaissances .
Dans un entretien Hors série avec Thomas Porcher , Bernard Friot évoquait, en passant, les rapports entre parti communiste et SFIO durant les années 20 . Je mesure à ce moment là l’étendue de mon inculture en ce qui concerne l’histoire de la gauche en France , je ne vois que très vaguement de quoi il retourne .
Afin de palier à ces lacunes , et pour satisfaire ma curiosité , auriez vous des auteurs-rice ou des ouvrages à me conseiller sur l’histoire de la gauche française , l’histoire des luttes syndicales … ?
Je vois dans un post précédent qu’il est fait mention de Jean-Numa Ducange , est ce pertinent , je peux creuser de ce coté là ? d’autres idées éventuellement ?
Je vous remercie -
Jeanne
InvitéSous la direction de Jean-Numa Ducange mais aussi Razmig Keucheyan et Stéphanie Roza, tu peux regarder « HIstoire globale des socialismes « , 19e – 21e siecle. Paru en 2021. Gros livre, à picorer.
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Damien
InvitéMerci Jeanne
Ça à l’air de correspondre à ce que je recherche , et effectivement , gros livre ! De quoi satisfaire ma curiosité pour les siècles à venir
Je vais rendre une petite visite à mon libraire préféré -
PE
InvitéJe viens de tomber sur le dernier livre de Michèle Riot-Sarcey : L’émancipation entravée (2023).
Elle y fait l’histoire de la captation-ossification des principales percées émancipatrices des 19e-20e siècles par des constructions idéologiques et institutionnelles totalisantes, qui, en s’appropriant ces mouvements, les vident de tout contenu réellement émancipateur pour les individus. C’est un gros bouquin, qui brasse un nombre faramineux d’évènements et de situations historiques (y a qu’à voir la table des matières, c’est un festin), et qui me semble un parfait prolongement historique à la théorie ranciérienne de l’émancipation – RS consacre d’ailleurs un chapitre au structuralisme, notamment dans sa variante althussériano-marxiste, appréhendé comme l’une de ces « idéologies » qu’elle oppose au « réel de l’utopie ».
Ca a l’air vraiment costaud et passionnant, quelqu’un l’aurait lu ?-
françois bégaudeau
Invitépas lu, mais rejoint la discussion sur Bourdieu et Rancière, sur un autre thread.
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Charles
InvitéJ’ai lu en début d’année Capital et Race de Sylvie Laurent, pavé toutefois assez synthétique sur les intrications entre le capitalisme et le racisme. Passionnant de bout en bout, même si la structuration thématico-chronologique du livre laisse parfois à désirer. Où on voit que le marxisme n’a pas du tout ignoré la question de l’esclavage et son rôle fondamental, en tant que catalyseur, dans la propagation du capitalisme. L’analyse de Robinson Crusoé comme la figure marchande et capitaliste par excellence est très stimulante également, parmi mille autres développements.
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Dr Xavier
InvitéIl me fait de l’oeil, merci.
En retour je viens de me procurer le dernier livre de Loïc Wacquant : Jim Crow – Le terrorisme de caste en Amérique, dont les « bonnes feuilles » ont été publiées dans les deux précédents Diplo. Il montre comment la condition d’esclave a perduré après son abolition avec la dette, la soumission/déférence aux Blancs, et l’appareil judiciaire.
(et merci aussi pour le papier sur les droites et le colonialisme, érudit et clair)-
Charles
InvitéJ’ai lu l’extrait du Wacquant publié dans le Diplo du mois dernier, je l’ai trouvé remarquable.
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Dr Xavier
InvitéExcellent le livre de Wacquant, il décompose les modalités de la domination raciale sous l’ère Jim Crow en sorte de structures élémentaires : un triptyque exploitation (métayage), soumission (déférence illimitée et inconditionnelle envers les Blancs), et exclusion (des tribunaux de demander justice et des élections pour peser sur la vite politique), le tout cimenté par le « terrorisme de caste » pour assurer une stabilité d’airain de la domination. Il définit et pèse chaque mot (« caste » plutôt que « race », méfiance envers la notion de « racisme systémique » qui dilue les spécificités) et trouve un bon équilibre entre généralisations sociologiques et particularités historiques (il utilise la formule de « sociologie historique », rappelant l’importance de faire de l’histoire pour faire de la bonne sociologie).
En revanche, il coûte une fortune, 24 euros !! Ils deviennent gourmands chez Raison d’Agir…-
..Graindorge
Invité@Xavier
Idée: l’acheter à 3, ça fait 8€ chacun. Se le prêter et après le donner à une bibliothèque ou tirer à la courte paille celui.celle qui va le « garder » et continuer à le prêter-
PeggySlam
InvitéMerci pour Wacquant je le note car j’ai envie d’en savoir plus sur ce Jim Crow. Si vous avez aussi un livre sur le vrai visage de Lincoln ça m’intéresse. Et sur l’arrière grand père de Kennedy car Lincoln, Crow et Kennedy furent les créateur du Klux klux Klan comme j’ai pu lire dans un livre et ça me terrifie. Je souhaiterais cependant en connaître d’avantage sur ces trois personnes qui sont encore tellement présente dans la pensée contemporaine américaine. Et très inconniser dans le cinéma américain. Merci pour votre aide
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Ema
InvitéEs tu sûre pour Lincoln ? Quant à Kennedy je crois qu’il y a confusion entre John Booker Kennedy, ancien militaire de l’armée condéderée et effectivement fondateur du Klan, et Joseph Patrick Kennedy,grand père du président. Beaucoup de Kennedy auxU. S, et pour couronner le tout, il y a également un autre Kennedy journaliste ayant infiltré le klan pour y mener une enquête (je crois que c’est ce dont est inspiré le film de Spike Lee)
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Ema
InvitéSi tu as une source comme quoi John Booker Kennedy serait le père de Joseph Patrick Kennedy, lui même grand père de John F, je veux bien, car après vérification je n’arrive pas à trouver sa descendance !
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PeggySlam
InvitéAh merci pour la correction de Kennedy. Oui Lincoln j’en suis sûr et certaine. Je viendrai mettre le titre du livre où j’ai lu ça (quand je serai de retour dans ma chambre). En faite le livre qui raconte l’histoire du Klux klux Klan raconte que c’est trois irlandais ayant perdu la guerre du succession qui ont créé ce groupe
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Ema
InvitéCe sont six officier de l’armée confederée déconfite qui sont officiellement « crédités » comme les fondateurs du clan, Lincoln, président des États Unis à cette époque et qui plus est en opposition aux sudistes ne saurait faire partie de ces fondateurs là. Soit tu détiens une info ultra confidentielle soit il s’agit d’un autre Lincoln ayant participé aux activités du Klan.
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Ema
InvitéCela dit je veux bien les références de ton bouquin
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PeggySlam
InvitéFarid Ameur Le Ku Klux Klan publié chez Pluriel en 2016
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Ema
Invitéhttps://booknode.com/le_ku_klux_klan_0889033/extraits
Dans le premier extrait, l’auteur Farid Ameur semble plutôt élogieux à l’égard de Lincoln, et attribue à son assassinat la cause du durcissement de l’Union vis à vis des Sudistes, créant ainsi un terreau favorable à l’émergence du KKK. -
PeggySlam
Invité@Emma va falloir que je relise du coup car ça fait un petit moment que je ne l’ai pas lu. Merci pour les corrections surtout n’hésitez pas
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Ema
InvitéPas de problème. Il existe une profusion de théories complotistes quand à cette période de l’histoire américaine et notamment autour de Lincoln et son assassinat (ainsi que Kennedy). Je me suis donc demandé si tes implications de Lincoln dans la création du KKK ne relevait pas de l’une d’entre elles et que ta lecture lointaine d’Ameur t’aurait fait passer pour sienne par un effet de souvenirs croisés (ça arrive).
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PeggySlam
InvitéBah tu vois je savais même pas qu’il y avait tout ça autour de cette histoire américaine. C’est pour ça je suis toujours nulle pour choisir des livres sur l’histoire avec un grand H. J’ai toujours peur de tomber sur un profond débile qui raconte n’importe quoi. Et n’étant pas d’une famille intellectuelle c’est difficile de trouver des bons livres. Et surtout non révisionnistes comme il y en a beaucoup. Du coup vraiment faut pas hésiter à me corriger et je continuerai à lire ici les conseils de lecture pour ne pas me faire avoir. Merci à tous pour vos échanges riches ici sur ce forum !
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..Graindorge
Invité@PeggySlam:
Lincoln a été assassiné le 15 avril 1865, moins d’une semaine après la fin de la guerre de sécession ( 12- 04 – 11861 / 9 – 04 – 1865)
le kkk a été créé le 24 décembre 1865
Plus de 8 mois après la mort de Lincoln-
Ema
InvitéOui effectivement !
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PeggySlam
Invité@..Graindorge ok vraiment au temps pour moi j’ai toujours été mauvaise à retenir les dates
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graindorge
Invité@ chère Peggy Slam
ne crois pas que je m’amuse à retenir les dates.
J’ai juste la chance d’avoir un collègue historien qui n’aime pas non plus retenir des dates. Il me dit Va chercher la date de… comme à un toutou Va chercher la balle, je vais chercher. Bon. Maintenant va chercher la date de… je suis allée chercher la date de… Et voilà. Je lui avais juste dit Lincoln sur ce coup là, impossible, Daniel Day Lewis n’aurait jamais accepté le rôle.
C’est, je répète, Lucien Sève qui a dit » il est bien
bête celui qui croit qu’on peut être intelligent tout seul » J’avoue que ça m’arrange bien hi,hi,hi… -
PeggySlam
InvitéMerci Graindorge 🙂
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Delphine
InvitéConcernant l’historienne Sylvie Laurent, elle était, ce soir, sur le plateau de C politique, sur France 5, et a fait un parallèle intéressant entre l’élection de Donald Trump et, en France, l’arrivée au pouvoir de Napoléon, au moment de la République. Dans les deux cas, le peuple croit en la démocratie, sans prendre en compte la personnalité des dirigeants. Pour Napoléon, la classe ouvrière, par exemple, croyait en la démocratie, suite à la Révolution qui avait précédé la République. Pour Trump, les votes massifs en sa faveur laissent à penser que ses électeurs le considèrent comme un sauveur.
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Cocolastico
InvitéJean-Pierre Devroey – médiévaliste belge – nous explique en 3 minutes l’étymologie du mot corvée (à partir de 36:34) : https://youtu.be/t_htFJe0CBs?si=S4YSxYXlUqTKaQz0&t=2194 et documente « le caractère suave du paternalisme » (quel lumineux choix d’adjectif !)
Je ne recommande pas particulièrement le visionnage de l’intégralité du docu qui m’a semblé fouillis.-
..Graindorge
Invité« Médiévaliste » Cocolastico??
C’est pas » médiéviste »?-
Cocolastico
Invitéexact et merci !
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..Graindorge
Invitéen espagnol, on dit bien « medievalista » et pas médiéviste. Merci à toi: je ne connaissais pas ce J.P Devroey. J’aime cette longue période qu’a été le Moyen-âge mais je ne connais « que » Georges Duby, Régine Pernoud et la romancière Jeanne Bourin
Je rêve de trouver un livre qui raconte ces mille ans d’histoire de manière passionnante et claire, non érudite-
Cocolastico
InvitéMême si je connaissais un livre qui retrace 1000 ans d’histoire je doute qu’il me plairait et que j’aurais envie de te le conseiller.
Je viens de tomber sur une citation d’Eric Hazan qui m’a fait mettre le doigt sur ce qui déconne dans « le temps des paysans » : c’est dans le détail qu’on arrive à y comprendre quelque chose, et non dans les grandes synthèses.
Les ¾ du docu tu entends des historiens dépeindre vaguement la condition paysanne. Les focus sur des cas précis sont rares et le peu qu’on t’en donne à voir c’est toujours pour aller coller à l’idée générale qu’on veut faire ressortir. Finalement après 4h d’écoute il te reste peu matière à cogiter. J’ai pris beaucoup plus de plaisir à écouter Nicolas Courtin sur un sujet a priori chiant « Habiter un hôtel particulier à Paris au XVIIe siècle ». Ça ne dure qu’une heure mais c’est très riche, il y a plusieurs étude de cas, des documents projetés, et plein d’aspects pratiques de son travail d’historien révélé.
Et merci pour tes suggestions, j’irai voir-
Cocolastico
InvitéStan Neumann avait auparavant réalisé « le temps des ouvriers » qui à mon avis souffre des mêmes tares. Il y a une coloration gauchiste mais en vrai il nous prend pour des cons
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Dr Xavier
InvitéPas vu « Le temps des paysans », mais plutôt envie de défendre « Le temps des ouvriers » qui retraçait les grandes tendances avec moult exemples, des enclosures à la condition contemporaine.
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PE
InvitéD’accord avec Dr Xavier.
D’autant que si c’est certainement « dans le détail qu’on arrive à y comprendre quelque chose » comme dit Hazan, pour bien interpréter l’échelon du détail il me semble indispensable de pouvoir le situer un minimum dans une trame historique plus large. Ayant une connaissance franchement approximative du XVIIe siècle, je ne suis pas certain de retirer grand chose de cette conférence sur les hôtels particuliers parisiens (hypothèse à vérifier ceci dit). D’où l’utilité des grandes synthèses, ce qu’a l’intérêt de produire Le temps des ouvriers, série que j’ai trouvée certes schématique et parfois hâtive, mais rigoureuse et incarnée dans l’ensemble, et en tout cas d’une généralité de toute autre nature que le simplisme mythifiant du roman national (ne serait-ce que parce que consacrer 4h à l’histoire ouvrière n’est pas très roman national friendly).
Même chose pour la somme de Noiriel sur l’histoire populaire mentionnée par Tristan plus bas. Qu’on peut d’ailleurs utilement compléter par celle de Zancarini-Fournel publiée un peu avant, qui donnait beaucoup moins dans la conceptualisation de grandes tendances que dans les micro études de cas successives, ce qui en fait un livre bien plus riche et stimulant, bien plus politique aussi en un sens, mais sûrement trop focalisé sur le ponctuel pour permettre à lui seul une vision claire de ces choses.-
Cocolastico
InvitéVos remarques me semblent justes. Quoi qu’il en soit je me suis demandé 50 fois pendant le docu « où ? jusqu’où ? comment ? quand ? avec qui ? combien ? » et c’était très agaçant.
J’en profite pour ajouter à la liste deux historien.e.s aux exposés limpides et aux champs de recherche plutôt originaux : Nicolas Patin (première guerre mondiale côté allemand) et Josette Elayi (l’Assyrie)
Et si quelqu’un a des travaux à conseiller sur la Suisse à l’époque des guerres de religion je suis preneur
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Graindorge
InvitéRégine Pernoud Pour en finir avec le M.A. 150 pages
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=WKobLwFVN_I?si=9b1Zagt7BoUybuwX&w=560&h=315%5D
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Charles
InvitéPas encore regardé mais ça a l’air coquin ça : https://youtu.be/iHGxbcXi7nY?si=HbUaug46kEtFTGZB
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Charles
InvitéVu et c’est passionnant bien que les passages de Wahnich soient assez ardus – ils mériteraient d’être davantage dépliés – mais quand même très stimulants. En revanche, il est dommage que les deux intervenants ne discutent pas plus entre eux, ils sont un peu chacun dans leur couloir, surtout au début.
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françois bégaudeau
InvitéC’est surtout que Chapoutot ne répond pas aux objections de Wahnich – que je trouve effectivement trop cryptée. Le passage par Sade est étrange, et le serait moins si elle l’explicitait. Elle semble tenir pour acquises des choses qui ne le sont pas. Je comprends quand même intuitivement qu’il y a là-dedans une sorte de direct du gauche dans la gueule de la french theory
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Pierre EUGÈNE
InvitéOui, merci Charles pour cette vidéo (je ne t’avais pas remercié de ta précision juridique l’autre fois : merci deux fois, donc)
Comme vous, je suis assez circonspect devant S. Wahnich. Elle a un côté philosophant dont je ne perçois pas bien l’intérêt historien. Son « La liberté ou la mort » m’avait laissé la même impression. Mais peut-on rendre raison de la Terreur sans vertige métaphysique ?
Si quelqu’un la connaît mieux, je serais ravi d’avoir des explications, ou la manière d’aborder son travail.
Tu penses à quelles objections François ?-
françois bégaudeau
InvitéC’est simple, je crois : Chapoutot dit que le terme totalitarisme ne renvoie à rien, si ce n’est à la stratégie idéologique de ceux qui l’utilisent, et Wahnich sauve le terme, en convoquant la bande Socialisme ou barbarie. Elle dit qu’on ne peut nier qu’il y ait eu un élément totalitaire dans le socialisme réel, qu’elle lie à la bureaucratie, et que ceci doit être pensé.
Ensuite il me semble qu’elle passe par Sade pour mettre en lumière les complaisances totalitaires d’un certain courant de pensée. Mais c’est là que ça devient confus.
C’est sur qu’il y a quelque chose de raide chez elle, qui nuit à son propos.-
Charles
InvitéJ’ai écouté deux fois le passage sur Sade, toujours pas sûr d’avoir compris, j’aurais aimé qu’elle explicite aussi la dialectique sartrienne des temps vs la discontinuité des epistémè foucaldienne même si je crois voir grosso modo ce que c’est. J’aime bien en revanche la relative défense de gauche du concept de totalitarisme via Socialisme ou Barbarie. Chapoutot est plus clair mais aussi un peu en pilotage automatique.
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Pierre EUGÈNE
InvitéOui, c’est donc de l’histoire de l’URSS dont il s’agit. Ceci étant, si Chapoutot n’a pas répondu après l’intervention de S. Wahnich, il avait précisé avant que les historiens de l’URSS (historiographie états-unienne ; N. Werth) se passaient de ce mot.
Je ne connais pas les travaux de Socialisme ou Barbarie. Mais quel est l’intérêt spécifique du concept de totalitarisme, par rapport à celui de bureaucratie ? Englobe-t-il, pour S ou B, également les régimes fascistes ?
J’en suis au même point que toi, Charles, sur Sade, Lacan, Sartre et Foucault : j’aurais besoin de replonger dans la « French theory ». Avis aux experts (Dr Xavier ? Emile Novis ?)-
françois bégaudeau
InvitéC’est bien l’objection qu’on aurait voulu voir opposer à Wahnich par Chapoutot : la bureaucratie suffit-elle à parler de totalitarisme?
Bon, en tout cas on se rend bien compte, à en parler, que dans tous les cas ce mot ne sert pas à grand chose.-
Charles
InvitéParce que j’ai l’impression que Sophie W. veut monter en concept, ce que ne permet pas l’idée de bureaucratie qui appartient maintenant au langage commun et qui est trop flou peut-être. Je trouve ça étonnant pour une historienne de s’appuyer autant sur des philosophes. C’est important d’ouvrir son propre champ mais je vois mal l’intérêt de convoquer la philo avec des développements aussi abscons.
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françois bégaudeau
InvitéC’est spécifiquement l’abscons qui gène ici. Parce que la montée en philosophie des historiens, en soi c’est très bien. En tout cas le nouage entre une intelligibilité dite spécifique (histoire, socio, etc) et une intelligibilité généraliste. On notait récemment que les plus remarquables sociologues ont une base arrière philosophique. Cela vaudrait aussi pour Chapoutot. Et avant tout pour Foucault. Et avant avant tout pour Marx.
Donc c’est bien d’abord la clarté qui manque à Wahnich, en tout cas dans cet échange – ou non-échange.
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Dr Xavier
InvitéJ’en profite pour remettre un message publicitaire pour le bouquin de Christofferson, intitulé Les intellectuels contre la gauche, et sous-titré L’idéologie antitotalitaire en France (1968-1981) – même si on comprend pas pourquoi il y a ces années entre parenthèses vu qu’il déborde largement avant et après..
Passionnant, bien écrit et très documenté sur la vie du concept de totalitarisme (utilisé à des fins politiques et non pas analytiques comme le souligne Chapoutot) avec une comparaison États-Unis, France, Italie, Allemagne, et une revue détaillée de toutes les torsions intellectuelles et copinages de la clique passionnément antitotalitaire (Furet en tête, Le Roy Ladurie, Nora, Lefort, Julliard, Gauchet, Rosanvallon, Revel, Glucksmann père, BHL, etc.) parce que férocement anticommuniste.
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PE
InvitéEst-ce que vous auriez en tête un bon livre d’historien qui fasse l’anatomie du fameux « effondrement de la classe ouvrière » de la fin du siècle dernier ? Je me rends compte que cette notion est aussi incontestable que floue dans mon esprit
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PE
Invité(Sinon je commande à JM une recherche wikipédia)
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Tristan
InvitéJe propose :
Xavier Vigna, (quelque chose comme) Les Ouvriers au XXe siècle
et, un peu plus vieux, Gérard Noiriel, Les Ouvriers dans la société française (ou sa somme qui déborde le sujet que tu proposes : Histoire populaire de la France).-
PE
InvitéMerci beaucoup Tristan.
Le livre de Vigna est dispo sur Cairn. Son dernier chapitre a pour titre « Que sont les ouvriers devenus ? La dissolution de la classe » : en plein dans le mille, je vais lire ça. J’avoue que c’est pas sur les éditions Perrin que j’aurais parié pour un livre d’histoire sociale (j’aurais tendance à les voir comme un repaire d’historiens à particule nostalgiques du temps fleurdelisé de leurs nobles aïeux et allergiques à tout renouveau historiographique), mais l’auteur a l’air sérieux.
Tu as raison, je vais me tourner vers Noiriel aussi. J’avais justement arrêté ma lecture de son Histoire populaire au chapitre sur 68. Ca survole pas mal mais ça donne les grandes lignes, avec un vrai travail de théoricien. Vais voir la place que son livre sur les ouvriers semble laisser aux dernières années (il date déjà de 1986)-
Tristan
InvitéDans mon souvenir, Xavier Vigna m’avait ponctuellement agacé en laissant planer l’idée d’un âge d’or des ouvriers, dont on pourrait être nostalgique. Mais mon souvenir est ancien. Si jamais, PE, tu te plonges dans Vigna, je suis curieux d’avoir ton retour.
Mais dans ce même souvenir, il y a l’idée que c’est très richement documenté.
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Robert Pirès
InvitéIl y a « histoire de la séparation, vie et mort du mouvement ouvrier », recueil d’articles de la revue Endnotes, édité par Sans soleil. Mais je ne sais pas ce que ça vaut
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SHB
InvitéJe proposes :
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Sylvain Dufraisse, spécialiste du sport et notamment du sport en URSS et des relations internationales à travers le sport. -
propater
InvitéPour ceux qui voudrait donner une deuxième chance à Wahnich, elle parle ici de la conflictualité en démocratie. Rien de révolutionaire (haha) mais pas dénué d’intérêt.
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françois bégaudeau
Invitéelle gagne, quoi qu’il en coute d’agacement parfois, à être écoutée
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Dr Xavier
InvitéPerso j’ai rien compris de ce qu’elle a dit dans la précédente vidéo. Mais elle a piqué ma curiosité : elle a publié en 2003 « La liberté ou la mort – Essai sur la Terreur et le terrorisme. » Il s’agit bien sûr de la Terreur sous la Révolution française (la RF a l’air d’être son dada). C’est publié à La Fabrique, ce qui ne gâte rien. La vie étant bien faite, un PDF est disponible : https://criticaltheoryworkshop.com/wp-content/uploads/2017/05/wahnich_la-libertc3a9-ou-la-mort.pdf
Alléchante 4ème de couv’ :
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Ce livre s’inscrit contre la vision de la Révolution aujourd’hui dominante, pour laquelle après 1789-1790 -la « bonne » Révolution, celle de Sieyès, de Condorcet – ce ne sont plus que flots de sang, massacres affreux, détournements coupables d’une belle idée par les « terrorists », Robespierre, Marat et consorts. Dans cette vision, la Révolution devient « la matrice des totalitarismes », comme l’a soutenu François Furet.
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Partant de la réception particulièrement favorable du film de Rohmer, L’Anglaise et le duc, où la Révolution est vue par les yeux de Grace Elliot, ancienne amante du duc d’Orléans, Sophie Wahnich s’interroge sur les raisons de ce « nouveau dégoût ». Pour elle, « il n’est séparable ni du parallèle construit avec l’histoire des catastrophes politiques du XXe siècle, ni de l’idéalisation du modèle démocratique actuel… La Révolution est devenue l’Autre de la démocratie ». La violence est la raison essentielle de ce « dégoût » qui fait de la Révolution « un événement insupportable qui blesse la sensibilité ordinaire actuelle en offrant l’archétype d’une violence infligée et assumée sur le corps de l’ennemi, l’imaginaire d’une cruauté à la fois exceptionnelle et infinie car légitimée, dans l’esprit de ceux qui l’accomplissent, par le sentiment de faire le bien. »-
françois bégaudeau
InvitéC’est une excellente historienne de la révolution française.
Elle va juste toujours un peu vite dans ses conférences. Dans celle ci le sujet annoncé n’est pas traité réellement, en tout cas pas clairement.
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Ourson
InvitéSalut à tous, je pense être fasciné par une période de l’histoire qui – à mon sens – est totalement sous-côtée : que ce soit dans les médias, dans la culture, dans les programmes scolaires.
Je parle d’une période qui n’est peut-être même pas « historique » à proprement parler, puisqu’il s’agit de la transition préhistoire-histoire
—
J’ai très envie de comprendre comment les hommes préhistoriques se sont organisés en « civilisations » pour la première fois, comment les premières bureaucraties se sont mises en place, comment les premières technologies avancées sont apparues, les premiers commerces, les premières classes nobles, etc etc…
—
Pour être plus précis, je cherche par exemple du contenu sur Uruk, sur Babylone, sur la Mésopotamie, etc…
Des références à proposer ?-
Tristan
InvitéJames Scott, Homo Domesticus.
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Eliane
InvitéAu commencement était, de David Graeber (pas encore lu mais bientôt).
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baptiste
Invité+1, c’est très intéressant sur le début de l’agriculture, il remet complètement en question l’idée d’un progrès linéaire, montrant que des nomades connaissent l’agriculture et peuvent en pratiquer certaines formes au gré de leurs préférences en termes de charge de travail
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Ourson
InvitéMerci à tous les deux
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Florent
InvitéBonjour Ourson il y a déjà “l’histoire commence à Sumer” de Samuel Noah Kramer (mais ça commence à dater un peu) sinon il y a les podcast de la chair d’assyriologie du collège de France (Dominique Charpin). Il faut faire le tri il y a plus de 100 épisodes et c’est parfois très pointu et difficile d’accès au profane que je suis parce que c’est de la matière “brute” (histoire des découvertes récentes et de l’exploitation des ressources archéologiques et historiques (tablettes) associées. Je cherche également des ouvrages de vulgarisation plus abordables sur la Mésopotamie. Francis Joannes a présenté un livre chez Mollat ( de Gilgamesh an Artaban) il y a quelques temps mais je n’ai pas retenu grand chose du podcast et je ne l’ai pas lu.
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Arnaud
InvitéL’invention de Paris est un grand livre d’histoire.
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Apu
InvitéPlus spécialisé, mais qui expose pas mal de faits sur la période en même temps qu’il débunke pas mal d’âneries proférées sur le sujet depuis pas mal d’années :
N. Bernard, La guerre germano-soviétique, chez Tallandier.
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Charles
InvitéJe recommande le numéro du podcast Paroles d’Histoire – que j’avais un peu lâché tant les émissions portant sur des thèses me semblaient trop pointues – sur la position de l’Eglise par rapport à la Shoah. Très clair et très riche : https://parolesdhistoire.fr/index.php/2024/06/15/342-la-passivite-du-vatican-face-a-la-shoah-avec-nina-valbousquet/
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françois bégaudeau
InvitéEn ce moment sur Tenk, un beau docu tendre sur un sujet approchant. Les oubliés de la Belle étoile
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Pierre EUGÈNE
InvitéMerci Charles. Le travail de cette historienne est vraiment intéressant en ce qu’il dépasse l’approche individualisante du « cas Pacelli » et restitue de manière plus systématique la position de l’Église à ce moment là. Après, la realpolitik épuise-t-elle le sujet ? Suffirait-elle à expliquer la position du Saint-Siège en général, y compris par rapport au communisme ?
En tout cas, je ne connaissais pas le podcast : je me régale. Je recommande l’épisode sur la justice de Saint-Louis et celui sur l’Histoire du Goulag.-
Charles
InvitéCe qui fait froid dans le dos c’est quand l’historienne lâche que le Vatican, au-delà de la realpolitik, n’était pas opposé aux discriminations contre les Juifs et qu’il aurait fondamentalement aimé revenir à la situation antérieure à la Révolution française les concernant, c’est à dire avant leur émancipation.
Je recommande aussi l’épisode sur la chute du Robespierre, plus précisément sur la journée du 9 thermidor.-
Pierre EUGÈNE
InvitéTu as raison, j’ai été inexact. L’historienne met bien en avant cette option politique de l’Église : réactionnaire. Le pire étant que le Saint-Siège pinaille s’agissant des législations sur les mariages, parce que…c’est son domaine réservé.
Sur Thermidor c’est intéressant ces éléments sur l’opposition montagnarde à Robespierre. Je ne les connaissais pas. Mais j’aurais bien aimé qu’il les développe, car au-delà des rivalités personnelles, y avait-il une raison à ce que ses compagnons le reversent ?
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Charles
InvitéOui il n’était pas très clair pour moi que Thermidor émanait de la gauche avec le soutien du peuple de Paris, c’est un rappel intéressant.
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Florent
InvitéSur Thermidor le Robespierre de Jean-Clément Martin peut être éclairant. Robespierre à une position forte dans la convention à ce moment (il a des relais au tribunal révolutionnaire et dans la garde républicaine avec Hanriot). Les purges au sein de cette même convention se sont succédés depuis plus d’un an (depuis l’exclusion des girondins) et Robespierre a joué un rôle important d’abord dans la condamnation des enragés de Jacques Roux puis dans celles de Hebert (le père Duschene) et de ses “complices”. La gauche de la Montagne (Collet d’Herbois, Billaud Varenne) lui en tient rigueur et réclame des mesures contre les modérés. Suivra donc le procès de Danton ou Robespierre s’est de nouveau exposé. Après le fête de l’Etre supreme (son idée très peu partagée par ses collègues) et le durcissement de la loi des suspects au printemps 94, il est très isolé et crains à la convention. Le complot a son encontre après son discours du 8 ne fait guère de doute, c’est une coalition hétéroclite qui va de la plaine (que ça arrange bien) à la gauche de la Montagne. Il me semble même que la veille du 9 Thermidor le président des Jacobins acquis à la cause de Robespierre donnait rendez-vous à Collot et Billaud au tribunal révolutionnaire dans une séance particulièrement houleuse du club. Après Thermidor les règlement de compte entre montagnards vont se poursuivre avec Tallien et Fouche qui vont tirer leur épingle du jeu en dénonçant leurs anciens collègues Vadier Barrere Collot d’Herbois Billaud Varennes ou Carrier. Robespierre a donc servi de bouc émissaire à tout un groupe de révolutionnaires zélés ou corrompus qui ont pu pour certains (Carrier sera condamné et exécuté, d’autres comme Barrere tombé dans l’oubli) se défaire de leur méfaits sur le dos de Robespierre qui porte presque seul aujourd’hui les excès et les crimes de la terreur..
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Charles
InvitéJe recommande aussi cet ouvrage, lu il y a un an mais dont hélas je n’ai pas tout retenu. Tout le chapitre sur la construction de la légende noire de Robespierre et de la Terreur par Thermidor est passionnant.
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Arnaud
InvitéJ’espère que le bouquin est plus clair que ses cours pour l’agreg dans les années 2000, pleins d’érudition mais sans grande utilité pour nous. Je lui préférais Gainot, Serna, Chappey ou Biard.
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Charles
InvitéJe connais pas les auteurs que tu cites mais le livre de Martin est plutôt clair.
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Dune
InvitéLe bouquin de Martin est clair et constitue une bonne introduction générale de la RF avec une historiographie à jour. De Serna (prof magistral), lire son classique La République des girouettes, très détaillé notamment sur les retournements thermidoriens de ceux qu’il classe à « l’extrême centre ».
Il a évidemment prolongé ses travaux sur leurs reliquats contemporains.
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Florent
InvitéMerci pour le podcast
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LeninePatavino
Invité– Domenico Losurdo:
1-/Il Marxismo Occidentale
2-/Controstoria del Liberalismo
3-/La lotta di classe:Un storia politica e filosofica
4-/Stalin. Storia e critica di una leggenda nera
– Annie LaCroix-Riz:
1-/Le Choix de la défaite
2-/Les élites françaises dans les années 1930
3-/ L’histoire contemporaine toujours sous influence -
LeninePatavino
Invité– Domenico Losurdo:
1-/Il Marxismo Occidentale
2-/Controstoria del Liberalismo
3-/La lotta di classe:Un storia politica e filosofica
4-/Stalin. Storia e critica di una leggenda nera -
LeninePatavino
InvitéJe m’excuse d’avoir reposté à deux fois la meme chose. Pour ceux qui n’ont pas l’énergie de lire,je vous propose une conférence de Domenico Losurdo sur le ‘Marxisme Occidental’ :
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Cyril
InvitéPas mal de bons docus sur le nazisme en ce moment sur Arte, avec Chapoutot comme invité. La nuit des longs couteaux et Les nazis et le droit (pas le titre exact). Il y en a d’autres pas encore vus.
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Leo Landru
InvitéC’est ce que j’aime sur Arte, le renouvellement des thèmes.
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Cyril
InvitéTu dis ça en plaisantant mais depuis que j’ai vu le film de Glazer, j’ai une soif d’infos sur cette période et je bénis Arte pour sa nouvelle cargaison !
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Viscontigre
InvitéRemontée : JÔrage a pourri l’historique à partir de la page 2.
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Charles
InvitéDans le prolongement du débat Chapoutot-Wahnich sur le totalitarisme, je recommande un autre colloque sur le même sujet avec une spécialiste de l’Italie fasciste, un de la RDA et un autre de l’Espagne franquiste. C’est très riche et très passionnant, plus intéressant car moins vaseux et moins superficiel que l’autre débat, j’aurais même aimé qu’il dure plus longtemps.
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I.G.Y
InvitéJ’avais loupé ce très bon épisode de ce très bon podcast, merci. J’ai récemment acheté entre autre le livre Totalitarisme Fasciste de Bonucci dont le tropisme libéral très visible n’en fait pas moins une historienne charpentée.
.
J’aimerais écrire un texte-bilan sur 5-6 bouquins sur le fascisme, voir si j’arrive à rassembler quelques idées documentées en quelques pages-
Charles
InvitéTu as lu Sternhell ? Je viens de finir son ni de droite ni de gauche, l’idéologie fasciste en France, que j’ai trouvé passionnant et très troublant.
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I.G.Y
InvitéIl est sur ma table de chevet, c’est le prochain sur ma liste ^^ j’ai lu en préparation plusieurs textes qui critiquent son approche (au sein du recueil « Fascisme français? » de Milza-Berstein). Même si je perçois bien les relents idéologiques de l’entreprise, je vois aussi une potentielle justesse de certains aspects de l’accusation. E. Gentile a aussi quelques pages légèrement critiques (mais très respectueuses) de son travail dans son « Qu’est-ce que le fascisme? ».
.
Je compte bien juger sur pièce-
françois bégaudeau
InvitéEn extrapolant Sternhell, je me demande si la spécificité française, sur ce sujet, n’est pas que la régularité française – l’ordinaire de la gourvernance bourgeoise- est tellement elle-même centraliste-autoritaire-policière qu’elle n’a pas besoin de moment fasciste effectif. En temps d’adversité de classe intense, elle n’a qu’à durcir son jeu dur – ce qu’elle fait depuis 20 ans- ou convier dans le jeu des agents d’extreme droite tout en les controlant – ce qu’elle fera en 2027.
Au fond le fascisme français des années 30, s’il n’aura jamais pris le pouvoir, aura largement infusé dans les esprits bourgeois, ce qui donnera Daladier, puis le petainisme (un bon bourgeois, Pétain)-
I.G.Y
InvitéC’est vrai que la régularité centraliste-autoritaire-policière, si on fait un rapide bilan depuis Louis XIV, est difficile à louper. Qualité française.
Je constate que la critique à Sternhell comporte justement un volet (l’un de seuls vraiment intéressants) sur l’utilisation du terme « fascisme » (à la fois du point de vue de l’histoire des idées et du point de vue de l’histoire tout court). Et un petit volet « circulez-y’a-rien-à-voir » assez piteux, tout particulièrement pour ce qui est de juger le présent.
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Charles
InvitéLa thèse de Sternhell est qu’il y a bien eu un fascisme français et qu’il s’est exprimé politiquement par le pétainisme qui n’était pas d’une nature différente des régimes mussolinien et hitlerien. Selon lui la démocratie libérale et parlementaire n’a eu de cesse d’être attaquée avec un même substrat idéologique (haine des idées des Lumières, du matérialisme et du marxisme) depuis la fin du XIXeme siècle et c’est la situation exceptionnelle de 40 qui lui a permis de véritablement advenir. Ce que tu décris François ça serait plutôt la thèse de Noiriel me semble-t-il qui retraçait les origines républicaines de Vichy (pas lu le livre) en montrant qu’il y a une certaine continuité entre des politiques discriminatoires des années 30 et celles mises en œuvre par Vichy.
IGY, Sternhell répond dans la préface (de 200 pages) aux différentes critiques et je dois dire qu’il est assez convaincant.-
I.G.Y
InvitéQuand j’ai vu la longueur de cette préface « livre dans le livre », je me dit qu’il avait grand besoin de se défendre en effet
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Charles
InvitéOui mais cette préface est peut-être ce qu’il y a de plus passionnant dans le livre tant il est un concentré de ses thèses . Et quand on la lit avec l’épilogue sur le procès Jouvenel on comprend son agacement face à la coterie de Sciences Po comme il l’appelait. Sinon, Aron prend assez cher dans le livre, lui qui a troqué sa froide lucidité contre une certaine complaisance pour d’anciens petainistes ou quasi fascistes qui ont eu par la suite le bon goût de se trouver du bon côté – le sien – lors de la guerre froide.
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I.G.Y
InvitéCe que tu dis me conforte dans l’idée que je m’étais faite d’au moins lire la préface dans un premier temps. Quitte à entrecouper ensuite avec autre chose. J’ai hâte
-
Demi Habile
InvitéFigure 1.2: Magnetic in-plane resistivity of CexLa1−xCoIn5. Figure from
[Nakatsuji 02]
• Spin-spin interactions between localized moment may create a magnetic order
with a lower energy than the Kondo state.
For compounds with a high density of localized moments, a new regime appears
at temperature T
⋆ below the Kondo one TK, called the Kondo lattice regime. A
remarkable feature is that below this temperature, the localized f electrons cannot be represented as impurities anymore and seems for example to participate in
the electrical conduction. The exact physics of this state is still not completely
understood.
So in heavy fermion physics there are two characteristic energies, on lowering the
temperature. Below the TK, the f shell electrons start to be screened by the Kondo
effect which leads to strong correlations in the compound. Below T
⋆
, often called
the “coherence temperature”, the impurity picture breaks down, lattice properties
are recovered but with heavy quasiparticles.
Figure 1.3: Schematic view of the RKKY interaction. Figure from [Coleman 07]
This Kondo physics is competing with the Ruderman-Kittel-Kasuya-Yosida (RKKY)
interaction, sketched in figure 1.3. This interaction accounts for the coupling between localized moments and conduction electrons and governs most magnetic properties of metals for example. The nature of the coupling leads to an oscillatory
8 CHAPTER 1. INTRODUCTION
moment on the conduction electrons that can then interact with other localized
moments. The characteristic temperature of this interaction is given by:
TRKKY ≃ J
2N0 (1.2.4)
This brings a third characteristic energy to the heavy fermion physics, the N´eel
temperature below which the electrons order anti-ferromagnetically (TN ).
An important but somehow confusing concept in the physics of heavy fermion
is the one of “localization” of an electron or quasi-particle. A particle is said to be
delocalized if it contributes to the Fermi surface, localized otherwise, whatever is it
actual geographical distribution in real space.
Hence a usual question in heavy fermion systems is to know if f electrons form
bands (delocalized), or if the f character of the quasiparticles at the Fermi level is
only coming from the Kondo correlations, leading to an effective hybridization with
the f shells (localized for the Kondo effect, delocalized in case of the Kondo lattice).
In most magnetically ordered Cerium based heavy fermions, f electrons are found
to be localized. The situation is more complex in uranium based systems.
Figure 1.4: Doniach phase diagram. The ground state of the system can be
tuned between Kondo and AFM by varying the coupling constant J. Figure from
[Coleman 07]
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 9
As the dependence of the RKKY and Kondo interactions to the exchange coupling constant J are different, Doniach [Doniach 77] suggested that some compounds
can be driven through different ground states by tuning J (figure 1.4). Pressure,
magnetic field or doping can be used as tuning parameters in real systems. This
description is oversimplified as it does not takes into account the interplay between
the Kondo lattice physics or the mixed valence of the f shell electrons and the RKKY
interaction as well as crystal field effects but it gives the limit regimes where some
of these interactions dominate.
When we study the phase diagram of a heavy fermion, we tune the different
energy scales to observe phase transitions and eventually, as suggested in the case
of CeCoIn5 we can drive them to quantum critical points.
1.3 Physical properties at low temperature in a
Fermi-liquid
In the paramagnetic or magnetically ordered phase of a heavy fermion compound,
the physics usually follows the one expected for a Fermi-liquid below some temperature labeled TF L. At a quantum critical point (QCP), this is not the case any
more and the characteristic temperature vanishes as one approaches the QCP by
tuning a parameter (g): TF L → 0 as g → gc. This parameter could be pressure,
magnetic field or doping. So a convenient way to localize a QCP is to follow the
dependence of TF L as a function of a tuning parameter. This is what we will do for
CeCoIn5 in a part of this thesis with magnetic field as a tuning parameter. Hence
in the following I will briefly review the expected temperature dependence of some
physical properties in a Fermi-liquid. The region above the QCP, is called: “Quantum Critical”. The expected temperature dependences in this region depend on the
theoretical model and have not been calculated systematically. Therefore I will only
mention what is usually observed experimentally.
The physical quantities that are probed by transport and thermodynamic measurements in a Fermi-liquid mainly depend on the Fermi surface which can be characterized by two parameters:
• The effective mass tensor given by the slope of the dispersion relation:
1
m⋆
ij
=
1
h¯
2
∂
2
ǫ(
~k)
∂ki∂kj
(1.3.1)
• And the Fermi surface volume or Fermi momentum ~kF .
In general these two quantities can be anisotropic. The evolution of these quantities
on approaching a QCP depend on the model used for the criticality.
Directional probes are important to differentiate between two different families
of scenarios for the Fermi surface evolution through a quantum critical point. In a
first scenario a reconstruction of the full Fermi surface is expected whereas in the
second only “hot spots” are affected. Similarly the effective mass can diverge in
some particular directions or on the entire Fermi surface.
10 CHAPTER 1. INTRODUCTION
Resistivity
A basic description of the electrical resistivity is given by the Drude formula:
ρ =
m
ne2τ
(1.3.2)
Where m and e are the mass and charge of the particles, n the density of states,
and τ the relaxation time for a particular scattering process.
• lattice imperfection: impurities, grain boundary, dislocation, … (τ0)
• thermally excited lattice vibration: phonons, (τph)
• others conduction electrons (τel).
The resulting relaxation time can be obtained through the Matthiessens’s rule:
1/τ = 1/τ0 + 1/τel + 1/τph. Scattering on lattice imperfections is basically temperature independent so the resistivity can be expressed as:
ρ(T) = ρ0 + ρel(T) + ρph(T), for T << ΘD. (1.3.3)
The part of the resistivity due to electron-phonon interactions is given in the Debye
model by ρph(T) ∝T
ΘD
5
, with ΘD the Debye temperature. This contribution is
normally quite small at low temperatures (T < 1K) as typically ΘD > 100K.
The electronic part of the resistivity depend on electron-electron scattering
events. If we neglect umklapp processes, the momentum is conserved (P
i m⋆
i
~vi =
const.) in these scattering events. This implies that if the effective mass (m⋆
) is
constant, the electrical current ~j =
P
i
e~vi
is conserved. The electrical current can
only be decreased if the effective masses are different for different velocity directions
(m⋆
i
6= m⋆
j
for ~vi ⊥ ~vj ). This decrease will then be proportional to the ratio of
effective masses in the different directions.
We can now calculate the probability that an electron excited with energy ǫ
above the Fermi level collides with another electron of the system. Due to the Pauli
exclusion principle, the collision is only possible if there are two empty states for
the two electrons resulting from the collision. Due to momentum conservation, the
center of mass of the initial and final electrons has to be conserved, and therefore,
the collision can only happen with electrons of energy in the interval [kF − ǫ; kF ],
as sketched on figure 1.5. The probability of a collision depends on the number of
electrons in this interval and the number of final states. In the case of a spherical
Fermi surface, with notations of figure 1.5, we have:
P(collision) = 3
4πk3
F
Z kF
ǫ
Z π
0
2πnfinal states(θ, ǫ′
)dθdǫ′
(1.3.4)
From figure 1.5 if kF >> ǫ we obtain that:
1/τ ∝ P(collision) ∝
ǫ
2
k
2
F
(1.3.5)
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 11
θ
ǫ
ǫ
′
ǫ
α δ
ǫ − ǫ
′
(a) (b)
Figure 1.5: (a) Electron-electron contribution to the resistivity. An excited electron
with energy ǫ (blue) can only scattered with electrons (light blue) in the momentum
range [kF − ǫ, ǫ], so that two empty states exist for the final particles (green) of the
scattering event. The probability of a scattering event depend on the number of
particles on which the excited particle can scattered (ǫ/kF ) and on the number
of final states for that particular collision (b). So the scattering probability is
proportional to ǫ
2
.
If the excitation is given by the thermal energy: ¯hǫ = kBT we obtain the well known
temperature squared dependence of resistivity ρel(T) ∝ AT2
. We can also note that
A ∝ m2
, as the mass comes into both the Drude formula 1.3.2 and in the scattering
times, through density of final states (Fermi Golden rule) . The A coefficient is
a directional measure of the effective mass of the compound as it depends on the
electrical current direction.
In the quantum critical region, in the proximity of a QCP, the resistivity is
usually observed to be linear in temperature. The origin of this linear temperature
dependence remains controversial and triggers many “unconventional” scenarios for
a QCP.
Specific heat and Kadowaki-Woods ratio
Specific heat can easily be calculated for an electron gas as [Kittel 96, p. 151]:
Cel =
1
3
π
2D(ǫF )k
2
BT (1.3.6)
D(ǫF ) = 3N/2ǫF is the density of state as the Fermi level. For a free electron gas
ǫF =
¯h
2k
2
F
2m
. Then the Sommerfeld coefficient γ = Cel/T is given by:
γ =
π
2k
2
BNm
h¯
2
k
2
F
(1.3.7)
12 CHAPTER 1. INTRODUCTION
and depends linearly on the electron effective mass. γ is usually taken as a good
measure of the effective mass of a compound, even if the measure is an integral
over the full Fermi surface and averages singularities on particular points of the
Fermi-surface.
In the Fermi-liquid domain the Sommerfeld coefficient is constant versus temperature. In the quantum critical region it is usually observed to diverge logarithmically
as: γ(T) ∝ −T ln(T).
The ratio between the A coefficient and the square of the Sommerfeld coefficient
is known as the Kadowaki-Woods ratio.
A
γ
2
= const. (1.3.8)
As both quantities depend on the square of the effective mass, this ratio is constant
even if the effective mass of the quasi-particles is modified as long as the Fermi
surface stays unchanged.
Both resistivity and specific heat can be used to determine the position of a
QCP by probing domain in the phase diagram where a Fermi-liquid or quantum
critical behaviour are obeyed. The limit of both regimes should extrapolate at zero
temperature to the QCP.
Thermal conductivity & Wiedemann-Franz law
The thermal conductivity κ is defined as:
Q~ = −κ∇~ T (1.3.9)
Where Q~ is the heat flow across the sample and ∇~ T the temperature gradient. For
a gas of particles with velocity v, specific heat per unit of volume Cv and mean free
path l, the thermal conductivity is given by [Kittel 96, p. 166]:
κ =
1
3
Cvvl (1.3.10)
In a metal, the thermal conductivity depends on different contributions. Indeed,
any excitation that propagates through the compound and can be thermally excited
contributes: electrons, phonons, magnons, … The total thermal conductivity can
be expressed as the addition of the contributions of parallel channels:
κ(T) = κel(T) + κph(T) + κmagnons(T) + … (1.3.11)
For the phonon contribution for T << ΘD, the specific heat is given by the
Debye model as: Cv ∝ T
3
, the velocity v is constant for a phonon gas and the mean
free path is (from [Kittel 96, p. 123]):
• constant at low temperature when the size of the crystal is the limiting parameter (l = D with D the dimension of the sample),
• inversely proportional to the temperature for electron-phonon scattering (l ∝
1/T).
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 13
Finally at low temperature the phonon contribution to thermal conductivity is:
κph(T) ∝
T
3 at very low temperature, usually at T << TSC
in a superconductor with fully open gap (s-wave),
T
2
above if electron-phonon scattering processes are important.
(1.3.12)
In some models, the magnon contribution to thermal conductivity is κmagnons ∝
T
2
[Ueda 75, Kumar 82]. So in a good metal, at low enough temperature, the
electronic contribution should dominate all the others.
In the superconducting phase, the electronic contribution to thermal conductivity is usually decreased as the Cooper pairs do not contribute to thermal conductivity
(minimum energy for an excitation 2∆). In some special cases thermal conductivity can be increased as another effect of superconductivity is the increase of the
mean free path of the quasi-particles with the reduction of the number of free quasiparticles. The superconducting transition as measured from thermal conductivity
is a bulk measurement. Indeed, if in resistivity a single superconducting path short
circuit the measurement, in thermal conductivity a single superconducting path has
a negligible effect on κ. The sharpness of the transition (change of slope in κ(T))
gives an indication of the quality of the crystal. In the superconducting phase, the
temperature dependence of the thermal conductivity depends on the nodes of the
superconducting gap and can be used to determine the gap symmetry (for example
κ(T) ∝ T
3
in the case of a superconducting gap which has lines of nodes). Similarly the thermal conductivity, extrapolated at zero temperature has different field
dependence: exponential for “s-wave” superconductivity, sub-linear in the “d-wave”
case,… [Shakeripour 09].
In the limit T → 0 the ratio thermal conductivity over temerature (κ/T) of a
fully gapped superconductor is zero, as all the quasi-particles have condensed into
Cooper pairs that do not carry heat (the first excited state is at an energy 2∆).
The situation is different when the gap has a line of nodes. In this case, the residual
value does not vanishes except for the perfectly pure crystal and can even reach the
universal limit. It is called universal because it is independent of the purity of the
crystal. Indeed, if impurities increase the number of thermal carriers by breaking
superconducting Cooper pairs, they also decrease the mean free path which has the
opposite effect and the two processes may compensate each other. This works as
long as the density of impurities is not too high.
It follows from 1.3.10, 1.3.7 and 1.3.2 that the ratio of the electronic contribution
to the thermal conductivity and electrical conductivity is constant. This relation is
called the Wiedemann-Franz law:
κel(T)
σ(T)T
=
π
2k
2
B
3e
2
= L0 (1.3.13)
With L0 = 2.44 · 10−8WΩK−2
the Lorenz number. The Wiedemann-Franz
law states that charge and heat are transported by the same carriers, the electrons. This relation is obeyed in the low temperature limit for all metals when the
other means of heat transport vanishes. We call L(T) the ratio of conductivities
L(T) = κel(T)/(σ(T)T). L(T)/L0 is bigger than one if thermal conductivity is bet-
14 CHAPTER 1. INTRODUCTION
cold hot
+ –
e
−
a
b a1
b
a2 b
a3
ba4
b
b1
b3 b
b
bb2
Figure 1.6: Wiedemann-Franz law: We suppose that the charge carriers are electrons. A voltage is applied across the sample. Two processes are possible for heat
and charge transport. 1→2 an electron is excited at the cold side (absorption of a
phonon for example). On its way to the hot side, two processes can make it relax.
(a) If there are few elastic scattering, the ones at large ~q are promoted a2→a3 and
both electrical and thermal conductivity are affected (change of direction of the
charge and thermal excitation). (b) In case of a strong elastic scattering, only the
thermal conduction is affected, as the velocity of the charge is almost unmodified,
but the thermal excitation suppressed.
Figure 1.7: Evolution of the ratio Lel/L0 of the electronic contribution to the Lorenz
number for different sample purity. From [Mizutani 03, p 302].
ter than electrical conductivity. This happens at high temperature as the phonon
contribution increases thermal conductivity. This ratio L(T)/L0 can be smaller than
1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 15
one when a large amount of inelastic scattering promotes small ~q scattering (figure
1.6). In this case thermal conductivity is smaller than the electrical one. The
expected behaviour of the Wiedemann-Franz ratio for the electronic contribution
Lel(T)/L0 is plotted on figure 1.7.
We used thermal conductivity to gain information about the superconducting
state in UCoGe and URhGe both because it is sensitive to the superconducting gap
symmetry and because it allows for a bulk determination of TSC.
Thermoelectric power
The thermoelectric power or Seebeck coefficient is obtained from the linearized
Boltzmann equation:
S(T)/T =
πk2
B
3e
∂ ln(σ(E))
∂E (1.3.14)
With σ(T) the electrical conductivity. As thermopower depends on the derivative
of the electrical conductivity versus energy it is very sensitive to a small change of
the Fermi surface. This expression is obtained for an isotropic Fermi surface which
is certainly not the case in heavy fermion compounds. In the anisotropic case the
thermal conductivity is mostly sensitive on the electrical contribution and energy
derivative in the direction probed by the current. Behnia and co-workers [Behnia 04]
calculate the ratio between thermoelectric power divided by temperature and specific
heat.
q =
SNAve
T γ
(1.3.15)
with NAv the Avogadro number. They found that, with some approximations, |q|
gives the volume per charge and heat carriers in unit cells unities.
Comparison of thermoelectric power and specific heat allowed us to estimate
the carrier concentration in UCoGe and URhGe. It is also a way to determine an
anomaly on the Fermi surface as expected for example at quantum criticality.
1.4 Quantum critical points
For a classical phase transition, an important tuning parameter is temperature and
the state of a system is given by the minimization of its free energy:
F(p, T, H) = E(p, H) − T S(p, H) (1.4.1)
When a phase transition is tuned at finite temperature by pressure or magnetic field
it is because the internal energy and entropy depend on these quantities. For the
molecule H2O, for example, the internal energy E is determined by the interaction
between molecules and minimized in the crystalline structure of ice. In contrary,
the entropy S gives the amount of randomness of the system and is maximized in
water (for the solid liquid phase transition, we do not consider the gas state in this
discussion). Hence the free energy is minimized in the ice state at low temperature
and in water above T = 0 ◦C = 273.15K.
16 CHAPTER 1. INTRODUCTION
A quantum phase transition happens at zero temperature. The system is driven
between two different ground states only by the variation of E(p, H).
We consider a system in which the ground state can be tuned by a parameter
g between two different states. Such a system will have a phase transition at zero
temperature for a critical value of the tuning parameter g = gc. At this critical value
there is a level crossing between two different ground states. For a transition of the
second order the energy scale of a fluctuation above the ground state vanishes at gc.
To fix the idea let’s consider the case of a ferromagnetic (FM) g < gc to paramagnetic
(PM) g > gc transition. In a crystal for g < gc in the ground state the spin of all
the quasi-particles point in the same direction, if the system is Ising-like, then a
spin flip is the first excitation. Similarly to conventional phase transitions, one can
define different critical exponents for a quantum phase transition. On approaching
gc, the characteristic energy D of an excitation of the ground state vanishes as:
D ∝ J|g − gc|
νz (1.4.2)
Where J is the characteristic energy coupling and νz a critical exponent independent of the microscopic details of the Hamiltonian of the system.
In addition to a vanishing energy scale, a second order phase transition is characterized by a diverging length scale. This scale can be understood as the characteristic
length of critical fluctuations and is also known as the correlation length.
ξ
−1 ∝ L|g − gc|
ν
(1.4.3)
L is an inverse length scale of the order of the inverse lattice parameters. Combining 1.4.2 and 1.4.3, gives that the characteristic energy scale vanishes to the zth
power of the inverse characteristic length. The z exponent is called the dynamic
critical exponent or simply dynamical exponent.
D ∝ ξ
−z
(1.4.4)
The dynamical exponent is the main difference between a classical and a quantum phase transition. It reflects the fact that at a quantum phase transition time
fluctuations of the order parameter, in addition to the spacial ones need to be considered leading to an effective dimension of the system: def f = d + z. It can take
the values of: z = 1 for an AFM insulator or AFM with Q vector Q> kF , z = 2
for an itinerant AFM and z = 3 for a metamagnetic transition or FM transition
[L¨ohneysen 07]. The exponent of the correlation length is usually taken as ν = 1/2,
when above the upper critical dimension, where mean field applies.
Quantum criticality in Heavy fermion
A first consequence for heavy fermion systems is that the Fermi liquid domain should
exist only for T < TF L ∝ D so we can expect:
TF L ∝ |g − gc|
νz (1.4.5)
Going further than the Doniach model, two different classes of models have been
proposed for quantum criticality in heavy fermion.
1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 17
T
g QCP
AFM
TF L
TK
Figure 1.8: Scheme of a spin density wave (SDW) scenario of quantum criticality.
At the QCP magnetic order appears, without affecting the Kondo temperature (top
panel), the volume of the Fermi surface is unchanged, but due to the folding of the
Brillouin zone (dotted lines) hot spot can appears (red region), where a singularity
happens in the dispersion relation.
The first class are spin fluctuation scenarios, developed firstly by Hertz Millis
and Moriya. In these models, itinerant magnetism appears in the conduction band
and triggers quantum criticality. The Kondo temperature stays finite through the
transition so that heavy quasi-particles exist on both sides of the transition. The
Fermi surface volume stays constant at the transition with a folding of the Brillouin
zone due to the appearance of magnetic order. This folding modifies the shape of
the Fermi surface with some singularities at the “hot” lines regions. The scheme of
the transition is displayed in figure 1.8. The consequences are a divergence of the
A coefficient of resistivity at the QCP and an increase without divergence of the
Sommerfeld coefficient γ [Moriya 95]. One of the problems of these model is that
they can account for the temperature dependences of resistivity and specific heat
usually observed in heavy fermion ρ(T) ∝ T γ(T) ∝ −T ln(T) only if the system
is considered to be two-dimensional.
Rosch [Rosch 00] has shown that disorder induces another energy scale which
vanishes at the QCP. This has strong effects on the critical exponents of the selfconsistent renormalization theory of spin fluctuations.
The second class of scenarios, said to be “unconventional” is sketched in figure
1.9. In this case again nothing particular is observed on the Kondo temperature
at the QCP, but another energy scale T
⋆ vanishes. Some scenarios predict the
appearance of a magnetic phase at the QCP, whereas other scenarios even decouple
the two effects. But the common point of these scenarios is the reduction and
sudden reconstruction of the Fermi surface at the QCP. This reconstruction implies -
Charles
InvitéDeleatur n’interagit plus avec toi, pourquoi persister Demi-habile?
-
Demi Habile
InvitéFigure 1.9: Scheme of an “unconventional” scenario for quantum criticality or Kondo
breakdown. In this scenario again the Kondo energy is unchanged at the transition,
but the Kondo lattice is and a characteristic energy scale of this domain vanishes.
A magnetic order may or may not appears at this QCP depending on the model.
The Fermi surface volume changes from small to large at the transition.
a divergence of the effective mass m⋆ at the QCP.
The magnetism in these cases is usually localized. For example, in a local scenario, the interaction between localized f shell electrons is tuned at the transition
so that the system becomes magnetic. At the appearance of the magnetism, a part
of the localized moments is taken out of the Fermi surface volume.
In contrary to the spin density wave scenarios, the temperature dependence
of resistivity and quantum criticality reproduces the ones observed experimentally.
This is even the main reason why these scenarios were developed.
The different scenarios are well described in the thesis of Benlagra [Benlagra 09].
In reality, the character of the f shell electrons is neither purely localized nor
delocalized, and probably so is the associated magnetism, implying the need of a
model mixing the two classes.
In this work, with the measurements of resistivity and determination of the
Fermi-liquid domain, we obtained under some assumption the dynamical exponent
z for CeCoIn5. We discuss our results in the framework of these two scenarios.
1.5 Unconventional superconductivity
The general mechanism for the pairing interaction is that an attractive force between
quasi-particles can be generated by their interactions. The interaction occurs as the
medium (charges, spin orientation, …) can be polarized by the quasi-particles.
Distortion of the ions lattice or magnetic background is sketched in figure 1.10.
1.5. UNCONVENTIONAL SUPERCONDUCTIVITY 19
(a) (b)
Figure 1.10: (a) Electron-phonon coupling: a first electron the polariser (blue)
distorted the lattice creating a positively charged region, that can attract other
electrons. The attraction is maximum for an electron with opposite momentum
(orange). (b) Magnetically mediated coupling for equal spin pairing (ferromagnetic
interactions): As in the phonon case, the first electron (blue) polarized the medium
with a certain spin orientation. Then a second electron (orange) with same spin
orientation will be attracted in the opposite direction. Opposite spin pairing is
possible in the case of anti-ferromagnetic interaction between the polarizer quasiparticle spin and the medium.
For spin mediated superconductivity, a peculiarity is that the medium is the
same electrons which become superconducting. Figure 1.10b sketch the situation
for ferromagnetic interactions between the spin of conduction electrons.
The polarization of the medium for the two channels (charge and spin) may
depend:
• on the charge (or spin) of the quasi-particle,
• on the coupling between the charge and the medium gi
• and on the susceptibility of the medium χi
,
where i = c, n for the charge or spin chanel. It is also well known that pairing is a
retarded interaction, so what matters is χi(r, t), the retarded susceptibility, giving
the response after a time t following the excitation. The effective excitation can be
expressed as [Monthoux 07]:
Vint = −e
′
eg2
cχc(r, t) −
−→s
′
·
−→s g2
sχs(r, t) (1.5.1)
Where e and e
′ are the particles charges, s and s
′
the particles spins. The magnetic interactions would then depend on the amplitude of the retarded susceptibility,
20 CHAPTER 1. INTRODUCTION
a quantity that varies spatially, as sketched in figure 1.11. Hence for a given system,
the spin-spin interaction may be attractive or repulsive depending on the relative
position of the two quasi-particles
Figure 1.11: Charge and spin interaction versus distance. a and b charge-charge
interaction, no-interactions when the electron is at rest as the charge is balanced
between ions and the electron cloud. b An interaction is created by a moving
charge. c and d spin-spin interaction. c equal spin, triplet pairing for ferromagnetic
coupling, d opposite spin pairing AFM. From [Monthoux 07].
It was demonstrated that the interaction between spins of equal directions is
disadvantageous compared to opposite spin coupling as the inner product of the two
quasi-particle spins is a factor three smaller [Monthoux 99]. Anisotropy and Ising
systems with uniaxial fluctuations were, on the other hand, suggested to enhance
this interaction [Monthoux 01].
Superconductivity in a ferromagnet
Superconductivity and magnetism are often believed to be antagonist phases. Indeed, one property of the superconducting state is the Meissner effect, namely the
expulsion of field from the inner volume of the superconductors. However, two
mechanisms allow the coexistence of the two orders. First, it is well known that a
static magnetic field is expelled from a superconductor on the characteristic length
λ: the penetration depth. In a type two superconductor, if the distance between
vortices (due to the magnetic field) is smaller than this length dbetween vortices << λ,
a static magnetic order can coexist with superconductivity.
A well studied example of a compound with ferromagnetic and superconducting
orders is ErRh4B4, displayed in figure 1.12a. This compound first becomes a super-
1.5. UNCONVENTIONAL SUPERCONDUCTIVITY 21
conductor when the temperature is lowered below ≈ 8.7K, but then at ≈ 0.9K a long
range ferromagnetic order develops and superconductivity is rapidly suppressed.
(a)
0 2 4 6 8
0
20
40
60
80
100
120
140
160
PM
SC
FM
( cm)
T (K)
H=0T
T2
fits
UCoGe j//c
(b)
Figure 1.12: Two compounds that display both ferromagnetic and superconducting
orders: (a) ErRh4B4 the compound becomes first a superconductor when temperature is lowered, but then superconductivity is suppressed with the appearance of a
ferromagnetic order. Figure from [Fertig 77]. (b) In UCoGe the ferromagnetic order
appears at higher temperature (∼ 2.4K) and then coexists with superconductivity
below about 700mK [Aoki 01].
A second possibility for the coexistence is if the magnetic order has a zero net
moment on the size of the cooper pairs, because it is rapidly spatially modulated.
This allows the coexistence of anti-ferromagnetism and superconductivity, or the
appearance of superconductivity in a compound with ferromagnetic domains alternating with a period a << ξ than the coherence length. Type one superconductivity
coexisting with a magnetic order is even possible in this case.
22 CHAPTER 1. INTRODUCTION
Such a coexistence is observed in ErRh4B4, in a small temperature range when
the temperature is cooled down: appearance of ferromagnetic domains is forced by
superconductivity, in order to satisfied this condition below TCurie. However, the
domain of coexistence of superconductivity with the magnetic order is very small
in this case, and superconductivity is suppressed when the ferromagnetic order is
established.
In a BCS superconductor, the Cooper pairs are made of electrons of opposite
momentum and opposite spin (k ↑, −k ↓). Upon applying a magnetic field, two
mechanisms will increase the energy of the pairs and therefore act as pair breakers:
• Due to Zeeman splitting, the energy of spin up will be decrease and the one of
spin down increased (if spin up are the majority spin) by an amount gµBH.
This effect is known as the Pauli (or parramagnetic) limitation, and superconductivity is suppressed when the energy gap ∆ ∼= gµBH.
• The interaction between the momentum of each electrons of the pair and the
magnetic field give rise to the orbital limitation. It is controlled by the term
1
2m
(p − eA~)
2
of the Hamiltonian and goes like
TSC
vF
2
.
In the first case discussed, when long range magnetic order coexists with superconductivity, these two effects will limit the superconducting domain.
Let us examine the situation in the ferromagnetic superconductors studied in
this work: UCoGe and URhGe.
• Both states are bulk as observed from specific heat transition for example.
Moreover, magnetic imaging in the case of UCoGe demonstrates that at least
at the surface, the ferromagnetism coexists with superconductivity (the ferromagnetic domain are unmodified by the appearance of superconductivity)
[Hykel 10]. Finally, NMR measurements, also show that no paramagnetic
phase persists below TSC, which implies true bulk coexistence of superconductivity and ferromagnetism [Ohta 10]. Furthermore, in these compounds, the
same f electrons are responsible for both states.
• In the two cases, Hc2(0) is very large for some field orientation Hc2 > 20T for
field parallel a-axis in the cases of UCoGe and URhGe (In the latter case in
the “re-entrant” phase so with an additional magnetic field of 12T along the
c-axis direction).
• internal field due to finite magnetization is negligible of the order of 20-100mT.
We can estimate the paramagnetic limitation in a superconductor as HP ∼=
∆
gµB
and for a BCS superconductor ∆(0)
kBTSC
= 1.76 which implies HP
(T) ∼=
1.76
kBTSCgµB
∼=
1.31TSC(K). This is orders of magnitude smaller than what is observed in the
compounds studied in this thesis, for example in UCoGe: TSC ∼= 0.6K and Hc2(H k
a, b-axis) > 20T which cannot be explained even in a strong coupling scenario with
singlet pairing.
A possibility to overcome this limitation is triplet pairing which can completely
suppress the difference of Zeeman energy between superconductivity and the normal
1.5. UNCONVENTIONAL SUPERCONDUCTIVITY 23
state and hence the paramagnetic limitation. So that the associated pair breaking
effect of the ferromagnetic exchange field is suppressed. In such a case, superconductivity and ferromagnetism can fully coexist. This paramagnetic limit suppression is
complete when the external applied field is collinear to the internal one. When the
external field and the magnetic moments are perpendicular, the paramagnetic limitation is weakened and is of the order of the exchange field [Mineev 10b]. In both
cases, the paramagnetic limit becomes negligible compared to the orbital limitation.
We should note that there is another possibility to increase the paramagnetic
limitation which is to allow the Cooper pairs to form with a non zero momentum
(
~k ↑, −~k − ~q). Such a superconducting phase is called an FFLO state and has
a spatially modulated amplitude. Such a phase was observed in superconductorferromagnet junction [Zdravkov 10] and is claimed to exist close to the upper critical
field in CeCoIn5 [Bianchi 03a]. But such effect cannot increase Hc2(0) enough to
explain the phase diagram of UCoGe or URhGe.
The orbital limitation depends on the velocity of the quasi-particles forming the
Cooper pairs. As this velocity is small in the case in heavy fermion, owing to their
large masses, this limit can be quite high. In the compounds studied in this thesis
(URhGe an UCoGe) this limit can be higher than 20 Tesla and therefore the field
induced by the ferromagnetism of only about 20mT has negligible pair-breaking
effects due to this limitation.
Finally, two superconducting states with equal spin pairing are possible for a
ferromagnetic superconductor as UCoGe or URhGe: |↑↑> and |↓↓>.2 Experimental Setup & methods
In this chapter I will briefly introduce, the experimental setups and the methods
used. For both setups, the part of the sample holder in the magnetic field is almost
entirely made out of silver instead of cooper. Cooper is commonly used in dilution
refrigerators, but the specific heat hyperfine contribution of silver is much smaller
than that of copper which allows for faster changes in temperature under magnetic
fields of 8 Tesla (particularly below 50mK). Both setups used an Attocube
R piezorotator, which allows precise rotation of the sample under magnetic field (step size
of about 0.0006 ◦
[Giesbers 09]). The position of the sample holder in magnetic field
is controlled with a Toshiba Hall sensor THS118.
2.1 resistivity setup
The setup presented here was used for the measurement of 3 samples of CeCoIn5.
Two of them are relatively small with lengths less than a millimeter. We want to
fit the obtained resistivity with power laws to determine the different temperature
regimes of the compound. For example in a Fermi-liquid case ρ(T) = ρ0 + AT2
.
One of the difficulty is that in the temperature range where this law is valid, the
AT2
term can be much smaller than ρ0. The aim is to define precisely which law
follow ρ(T) (ρ(T) ∝ T
2 or T) and in which temperature range. The changes of
temperature dependence are not abrupt but crossovers. Thus we need both high
precision on the resistivity and temperature and a well defined criterion to separate
the different regimes. Temperature measurement is discussed in section 2.3. Here I
will present our resistivity setup.
Resistivity is measured by the standard four wires AC technique. Four contacts
are made on the sample aligned along the longest direction. Current is applied
between the two external contact and voltage measured between the two internal
ones. Then the resistance of the sample is simply obtained with Ohm’s law:
R = U/I (2.1.1)
The precision of the measurements depends on the signal to noise ratio.
The main sources of noise are:
• inductive pick-up
25
26 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.2: Resistivity setup on
the dilution fridge. Sample holder
is made of silver. Attocube
R
piezo-rotator on the right, with
the rotating stage in silver that is
gold coated. The Hall probe and
thermometer can be seen on the
left of the gold coated plate.
– Wire loops that can pick-up external oscillating magnetic field (50Hz,
…).
– vibrating wires, for measurement under magnetic field.
• 300K noise (Instruments, radiation)
Inside the dilution, the setup is well insulated from the external electromagnetic
noise. The wires are always fixed to minimize vibration, and we put filters at 300K
on each wire to cut high frequencies. Because we wanted to rotate the sample in
field, minimization of wires vibrations was obtained by fixing the wires on a silver
foil (see figure 2.2) which can be wrapped around the setup with a minimum torque
on the piezo rotator. Then, to get a high precision on the measurement of ρ(T),
we need to have the biggest signal possible and to amplify it as soon as possible,
preferably inside the dilution. We can use four techniques to maximize the signal:
• use the maximum excitation current,
• get a sample with a high geometrical factor l/S,
• use a low temperature transformers,
• use a room temperature preamplifier.
The limiting excitation current is the one that generates a power heating the
sample above a maximum allowed threshold to be defined (see figure 2.3). The
power generated is proportional to the resistance of the system:
Pheating = RI2
(2.1.2)
2.1. RESISTIVITY SETUP 27
Where R is the addition of the sample and contact resistances, but is dominated by
the latter. Heating of the sample is controlled by Pheating and the thermal resistance
to the fridge: Rth.
Pheating = ∆T/RT h. (2.1.3)
For a constant value of (∆T/T), the maximum current is given by:
I
2 ∝∆T
T
T
RRth
(2.1.4)
Hence, to be able to apply a large current, we need to minimize both the current
wire contact resistance (R) and the thermal resistance between sample and sample
stage (RT h.). The samples to sample stage contacts where done with the minimum
amount of G.E. (General Electric) varnish for the contact to be electrically insulating. The thermal contact is due both to the phonon transport through the G.E.
varnish and the electrical one through the current wires connected to the sample
holder (grounded).
1E-4 0,01
6,3×10-4
6,6×10-4
I (mA)
R ( )
CeCoIn5
j// c 25mK, 5.5Tesla
I
max
(a)
10 100
1E-3
0,01
0,1
I = T
1/2
I
max
CeCoIn5
j// c
I
max
CeLaCoIn5
j// c
I (mA)
T (mK)
(b)
Figure 2.3: (a) Current dependence of the resistivity of sample B at 25 mK and 5.5
Tesla. Below Imax = 3µA, the temperature of the sample is constant and so is the
resistance for larger current we clearly observe an increase of the resistance due to
the heating of the sample. (b) Plot of Imax versus temperature for samples A and
B.
Practically, we used the largest current possible, limited by the detection of a
heating above the noise level, as shown on figure 2.3. For the three samples we used
currents between 1.5 µA and 1 mA rising as the square root of the temperature
(meaning that the thermal contact of the sample is constant). The amplitude of the
current used for each sample was determined independently from curves as shown
on figure 2.3.
The geometrical factor is mostly given by the size of the crystals that can be
grown. CeCoIn5 grows in plate-like crystals with the c-axis being the short axis.
The maximum thickness obtained is about 600 µm. To take the best advantage of
28 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.5: Electrical scheme of the resistive setup. Low temperature transformer
are placed at 4K. The high gain of the
transformer implies that the primary coil
contains only few loop (3 for gain 1000).
Therefore the impedance of the primary
coil is low at the frequencies used for the
measurement. For the transformer to amplifies the sample voltage, it is required
that Lω >> Rtot, where Rtot is the total
resistance of the sample and wires.
the sample shape and improve the current distribution homogeneity, we solder the
current wires at the extremities of the crystal while the two voltage contacts are
made on the top side.
The difficulty of using low temperature transformers is that the impedance of
the primary coil is low, as the coil is made of only a few loops (3 for gain 1000). For
the circuit to work, the impedance of the transformer has to be larger than the total
resistance of the circuit Lω >> Rtot (figure 2.5). We used CMR Low Temperature
Transformer that have an impedance at 50Hz Lω ≃ 200mΩ. At low temperature,
the wires between the transformer and samples have a resistance of about 5mΩ per
wire, mainly due to the use of micro-connectors, which make the sample mounting
easier (RW ires−connectors in figure 2.5). The other contribution comes from the contact
on the sample and the gold wires used to make these contacts (Fig 2.8). We used
38µm gold wire as they have the better residual ratio and therefore for a wire of
5mm its resistivity is about 2mΩ at low temperature.
Finally the contact resistance between the gold wires and the sample has to
be very small, both to be able to use low temperature transformers and in order
to minimize the limitation of the current that can be used for the measurements
due to Joule heating. Contacts of diameter bigger than the mean free path of
the material are limited by the constriction resistance and follow the expression:
2.1. RESISTIVITY SETUP 29
0 100 200 300
0,002
0,003
0
40
I=50mA no filter
I=20mA with filter 10nF
R
(Hz)
phase °
(a) (b)
Figure 2.6: (a) Response of the transformer at different frequency. The frequency
must be high enough for the circuit to work Lω >> Rtot. The long wires and
300K filters add capacitances between the wires and the ground that dephases the
signal at high frequency. For the experiment we use frequencies in the range 30-
75Hz (hatched blue region). (b) Ideal response of the transformers for different
matching impedances C=10mΩ, D=100mΩ [Ltd. 10]. The response observed in (a)
correspond to a circuit impedance between 10 and 100mΩ as expected.
0 100 200 300
0,0
0,5
1,0
0 4 8
0,00
0,05
0,10
17 m RRR = 8,7
25 m Annealed RRR = 9,4
38 m RRR= 57,4
100 m Annealed RRR = 17
(T)/(300)
T (K)
Figure 2.8: Resistivity of several Gold
wires. The two different behaviours correspond to different techniques for the production of the wires. The wires are either
hard for small diameter or annealed for
bigger ones. Further annealing was not
successful in improving the wire quality.
Rcontact =
ρ1(T)+ρ2(T)
2d where ρi(T) i = 1, 2 are the resistivity of the two materials in
contact and d the diameter of the contact. After ion gun etching we deposited Au
stripes (with Ti underlayer) on each samples. Then the gold wires were spot welded.
We achieved contact resistances < 1mΩ. This corresponds to a contact diameter
bigger than 30µm and emphasizes the importance of the use of large diameter gold
wires. The drawback of the use of large diameter gold wires, is that the strain on
the spot welded contacts is increased, as the wires are less easy to bend. We add
silver paint on each contact to improve it mechanical strength (Fig 2.10).
The use of transformers reduces the range of frequency that can be used for
the measurement. The frequency must be high enough for the circuit to work
30 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.10: Samples of CeCoIn5 (A) the
long direction is the crystallographic aaxis. 38 µm wires are used for the voltage
and current contacts. Contacts are made
by spot welding covered with silver paint
for electrical and mechanical efficiency
Lω >> Rtot. But also not to high, as the long wires in the dilution, and 300K filters
add capacitances between the wires and the ground that dephases the signal at high
frequency. We use frequencies in the range 30-75Hz as this corresponds to the best
response of the transformer at 4K (figure 2.6).
2.2 Thermal conductivity setup
principle and realization
The principle for the measurement of thermal conductivity is simple. One side of
the sample to be measured is cooled by the dilution and we applied some heat power
(P) on the other side. A thermal gradient (∆T) is thus created in the sample and
measured by two thermometers. The thermal conductivity is then given by:
κ =
P
∆T
l
S
(2.2.1)
Where l/S is the geometrical factor with l the length between the two thermometers contacts on the sample, and S the cross section of the sample.
Figure 2.11 displays two pictures of our setup. The sample stage consists of a
2cm squared silver frame screwed on the piezo-rotator. The frame has a finger on one
side that allows to fix the cold end of the bar shape sample. The two Matshushita
carbon resistance thermometers are glued on a small silver foil that is then fixed
to the silver frame with kevlar wires. Similarly the heater, a 10kΩ metallic film
resistance, is also glued on a silver foil and fixed to the silver frame with kevlar
wires. Then 25µm gold wires are used to connect the sample to the thermometer
and heater. Spot welding and silver paint is used at the sample side, silver paint
only at the silver foil side to make the contact. Silver foil and gold wires are bent to
avoid mechanical stress on the contacts if the thermometers or the heater vibrates.
Vibrations are likely when the dilution refrigerator is inserted inside the dewar.
Electrical connections are then made with pure NbTi superconducting wires of
diameter 25 µm (35 µm with insulation) and length of about 10cm. The resistance
of 1 wire at 10K (above TSC) is about 150Ω. The thermometers are measured with 4
wires; two more wires are connected to the two thermometer’s silver foil for voltage
2.2. THERMAL CONDUCTIVITY SETUP 31
(a) (b)
Figure 2.11: (a) UCoGe sample with 25 µm diameter gold wires. The wires are
soldered with spot welding to minimize contact resistivity. (b) Thermal conductivity
setup, the sample (a) is mounted on a silver sample holder on the cold side. Two
gold wires connect to the two thermometers, and the three last gold wires on the
hot side of the sample are used to connect the heater.
measurement. The heater is connected with 2 wires plus one wire on the silver foil
to apply current. This allows measurements of thermal conductivity even above the
superconducting transition of the NbTi wires. At the superconducting transition of
the wires the resistance of the heater is increased by 1.5% (150Ω/10kΩ).
In the same setup we can also measure thermoelectric power. For this matter,
continuous copper wires connect the voltage from 4K up to the nano-voltmeter at
300K. Superconducting wires are used between 4K and the sample stage. Finally our
setup also allows resistivity measurements in the standard 4 contacts configuration.
As the same contacts are used for thermal conductivity and resistivity, the two
measurements have the same geometrical factor. This allows an easy check of the
setup with the Wiedemann-Franz law.
Sources of errors
The first difficulty for the measurement of thermal conductivity is that the thermometers used to measure the heat gradient are never perfectly calibrated. Hence,
the real thermal gradient is the temperature difference of the two thermometers
with, and without, heat flow. The thermal conductivity is calculated from:
κ =
P
(Thot − Tcold)P6=0 − (Thot − Tcold)P =0
l
S
(2.2.2)
A scheme of the actual setup is represented in figure 2.13. Another difficulty
32 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.13: Scheme of the thermal
conductivity setup. The difficulties
of the setup are: First to have the
heat current flowing only through
the crystal, second to have a good
thermalisation of the thermometers
on the sample (T
mes
i = Ti), and
third, for a given heat gradient in the
sample, to have a not too big one between the sample stage and the sample. To meet these requirements,
the four contact thermal resistances
on the sample (pink Rci) have to be
as small as possible and the thermal contact of the measuring wires
(3 leak resistance Rli green) as large
as possible.
comes from the fact that the thermometers and the heater of the real setup are not
perfectly insulated from the environment. Hence we may have two error sources:
• The power dissipated from the resistance will not entirely flow through the
sample,
• The temperature of the thermometers is different from the one at the contacts
on the sample.
Heat flow is analogous to current flow and from figure 2.13, we can make the
analogy of a voltage divider to find the real heat flow through the sample and
temperature gradient between the sample and thermometers. The sample thermal
resistance is neglected as its contribution is very small. With definitions of figure
2.13, we can calculate the difference between:
• the power generated by the heater Pheater and the one applied through the
sample Psample,
• and the temperature of the thermometer T
mes
i
and the one on the sample Ti
,
i = hot, cold.
We call the difference between the thermometers temperature and the fridge
temperature: ¯T
i
j = T
i
j − Tfridge with i = “” or mes, j = hot or cold and we obtain:
2.2. THERMAL CONDUCTIVITY SETUP 33
Psample = Pheater
Rl1
Rl1 + Rc1 + Rc4
Rl2 + Rc2
Rl2 + Rc2 + Rc4
T
mes ¯
hot = T¯
hot
Rl2
Rl2 + Rc2
∼= T¯
hot(1 −
Rc2
Rl2
)
T
mes ¯
cold = T¯
cold
Rl3
Rl3 + Rc3
∼= T¯
cold(1 −
Rc3
Rl3
)
(2.2.3)
The temperature gradient in the sample (∆T
sample) is usually much smaller
than the temperature gradient between the sample and fridge (T¯
cold) and we can
write: T¯
hot = T¯
cold + ∆T
sample. The error on the temperature gradient due to these
differences can then be calculated:
∆T
mes = (T
mes ¯
hot −T
mes ¯
cold )P6=0−∆T0 = ∆TP6=0 − ∆T0
| {z }
∆Tsample
+
T¯
cold
Rc3
Rl3
−
Rc2
Rl2| {z }
1
− ∆T
sampleRc2
Rl2
| {z }
2
| {z }
unwanted contribution
(2.2.4)
The unwanted contribution can be important if the two contact resistances Rc2
and Rc3 are different and not too small compared to the leak resistances Rl2 andRl3
and as Rc4 is usually larger than the sample resistance: T¯
cold > ∆T
sample. Note
that depending on the relative contact quality of the cold and hot thermometers,
correction may change sign!
In our setup, we try to maximize the leak resistance (Rli), and for this reason, we
use pur NbTi wires and very thin supporting kevlar wires. We also try to minimize
the contact resistances (Rci). We can estimate the precision of the setup from
equation 2.2.3 and 2.2.4.
The leak resistances are composed of two contributions. We convert thermal
resistance in units of Ω using the Wiedemann-Franz law: Rth(KW−1
)·T L0 = Rth(Ω)
with L0 = 2.44 · 10−8WΩK−2
, for comparison with electronic contribution. First the
thermal resistance of the Kevlar wires:
RT h Kevlar wires =
T L0
κKevlar wires
l
S
∼= 550Ω/K (2.2.5)
for κKevlar wires/T2 ∼= 3·10−3Wm−1K−3
[Ventura 09], l=5mm, Φ = 17µm. There are
12 kevlar wires per thermometer and for the heater. The second contribution is from
the superconducting NbTi wires, with 5 wires in parallel for the two thermometers
and 3 wires for the heater all of them having an electrical resistance of about 150Ω in
the normal state. In the superconducting state, the thermal resistance is increased
due to the gap opening, but then the contribution of phonons should also be taken
into account. Thus the leak thermal resistance at 1K are in the worst scenario
about:
Rl1
∼= 25Ω (1/(3/150+12/550)) Rl2
∼= Rl3
∼= 20Ω (1/(5/150+12/550)) (2.2.6)
larger at lower temperature and smaller at higher temperature (∼= 5Ω at 10K).
34 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.14: Scheme for the measure of the electrical contact resistance. Current
is applied through a voltage contact and the sample holder (cold end). The four
contacts plus the NbTi wire plus the gold wire are measured. The value of the spot
welding contact can be singled out at the superconducting transition of the sample
(height of the transition).
The contact resistances are more complicated to measure. We measured the
electrical resistance using a setup as sketch on figure 2.14, with the electrical current
flowing through one voltage wire, and hence, we measure the resistance of: 1 nanoconnector, two solder contacts of the superconducting wire, the superconducting
wire, the silver foil, the silver paste contact between the silver foil and the gold wire,
the gold wire, and its contact on the sample. Doing so for the UCoGe sample, we
found that the resistance of the two voltages contacts was very different 40mΩ and
400mΩ respectively. We believe this difference comes mainly from the difficulties to
solder the NbTi superconducting wires and not from the gold wire contact. Indeed,
at the superconducting transition of the sample, the drop in resistance was of a
few mΩ. This value is characteristic of the gold wire-sample contact. The contact
between the gold wire and the silver foil with silver paint is easy to do and hence
normally good. In a different way we can measure the fridge-sample contact thermal
resistance, measuring its thermal conductivity κfridge−sample = P/(Tcold − Tfridge).
We obtained a thermal contact of a few mΩ (figure 2.15). Hence, we can estimate
all the contact resistances as:
Rc1
∼= Rc4
∼= 4mΩ Rc2
∼= Rc3
∼= 15mΩ (2.2.7)
as the contact on the thermometer are made of only 1 gold wire instead of 3 for the
heater or fridge-sample contact.
Precision of the measurements
Finally from equation 2.2.3 we deduce that more that 99.9% of the power crosses
the sample. Similarly from equation 2.2.4 the error on the temperature gradient can
be in the worst case (1 thermometer contact resistance is 0 and the other 20mΩ)
about 0.1% of the sample temperature (Tfridge). However, if we measure thermal
2.2. THERMAL CONDUCTIVITY SETUP 35
0.1 1 10
0
1
2
3
4
RThermic (m )
T (K)
URhGe H=0
Fridge-Sample contact
Figure 2.15: Fridge-sample thermal contact obtained from thermal conductivity
data
conductivity with a heat gradient of 1%Tfridge, this can lead to an error of 10% on ∆T
and thus on κ(T). We checked our measurements in two differents ways: measuring
the same sample in the identicual conditions with differents heat gradients, typically
∆T ∈ [0.5, 5]%. The differences lies in the noise value of the measurement (∼ 1%).
This insures that the “unwanted contribution 2” is small. The second technique is
to check the Wiedemann-Franz law L0 = κ/σT that is always obeyed for T → 0
(see for example [Ashcroft 76, p. 322]). In all our measurement we found that the
Wiedemann-Franz law was obeyed within a few percent, which allows us to say
that the unwanted contribution is of this order. The reason is certainly that the
two thermometers contacts resistance have a similar value and it insures that the
“unwanted contribution 1” is also small.
Another reason why we need low contact resistances between the fridge and the
sample is that this determines the lowest temperature to which we can measure
thermal conductivity. Indeed, as the samples measured are good metals, their thermal resistivity even with a good geometrical factor is only about 0.2mΩ. This is
about 20 times less than the thermal contact measured between the sample and
fridge (see figure 2.15). Hence the thermal gradient between the fridge and sample
is about 20 times the thermal gradient in the sample. This makes low temperature
measurements time consuming as for each point of thermal conductivity, the fridge
has to be regulated at two temperatures: at the base temperature with heat flow
through the sample ∆TP6=0 (a on figure 2.17), and at the sample temperature with
no power ∆TP =0 (b on figure 2.17). For a ∆T = 3% these two temperatures are
separated by 60% and the fridge has to be cooled down for the next point if we want
36 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
Figure 2.17: Evolution of the temperatures and power for one point of thermal
conductivity. Top: resistance of the two
samples thermometers, middle: temperature of the fridge and bottom: power applied on the sample (to create or not a
heat gradient). The different steps for a
thermal conductivity measurement are: a
At base temperature, with a heat gradient
in the sample we measure the ∆T(P 6= 0).
b The heat power is switched off and the
program regulates the fridge temperature
such that the cold thermometer has the
same value as in a. Then we measure
∆T(P = 0). c The fridge is cooled down
for the next point.
700
800
900 Tcold
Thot
R ( )
55
60
65
70
75
80
Tfridge
T (mK)
21 22 23 0
1
b c a b c a
P (arbitrary units)
t (mn)
a
data spacing of less than 60% (c on figure 2.17). This last step can take quite long
time at low temperature (< 50mK).
2.3 Temperature measurements
Temperature measurement at very low temperature is not the easiest task. I will
briefly describe how we do it on the fridge used during my thesis.
The main thermometers are located below the mixing chamber in a compensated field region. They are used for the calibration of other thermometers and
regulation of the fridge temperature. For the range 30K-100mK we used two Ge
thermometers (doped semiconductor resistance thermometers). The resistance of
these thermometers is highly reproducible with thermal cycling. For the lowest
temperatures (100mK-6mK), we used a carbon resistance thermometer. The resistance of this thermometer is not reproducible with thermal cycle and has to be
calibrated each time the cryostat is cooled down. For this calibration, we use a
CMN (cerous magnesium nitrate) paramagnetic salt. The temperature is obtained
by fitting the susceptibility (measured with a mutual inductance bridge) of the CMN
with a Curie-Weiss law:
χCMN =
C
TCMN + θ
, M = M0(1 + αχCMN ) (2.3.1)
Where M0 and αC are constants to be determined and θ is related to the N´eel
temperature of the salt, which also depends on its geometrical factor through de-
2.3. TEMPERATURE MEASUREMENTS 37
0.516 0.518 0.520
-0.5
0.0
0.5
0.0156 0.0158 0.0160 0.0162
-0.4
-0.2
0.0
0.2
0.4
0.6
0.204 0.205 0.206
-0.4
-0.2
0.0
0.2
0.4
0.098 0.099 0.100
-0.5
0.0
0.5
inductance [abitrary units]
Cd
(515 mK)
W
(15-17 mK)
AuIn2
(205.55 mK)
T (K) fit Ge1
Ir
(98.87 mK)
Figure 2.18: Susceptibility measurements of the fixed points, plotted versus the
temperature of fridge as given by the resistive thermometers (named Ge1). Values
in brackets give the tabulated value.
magnetization effects. For our device θ ∼=1mK and is reproducible with thermal
cycling. M0 and αC depend also of the environment and are determined from a
high temperature fit to the Ge thermometer. The CMN is very sensitive to magnetic field and can only be used when its surrounding has been properly demagnetized. The dilution fridge is equipped with 10 fixed points (temperature tabulated
superconducting phase transitions) from the National Bureau of Standard (series
767 and 768) covering the range 15mK-7K. We used them to check the calibration
of the thermometers at the beginning of my thesis, figure 2.18. They also allow to
precisely determine the value of θ. A complete and absolute calibration at higher
temperature is also possible with a He3 pot (0.5K< T <3.5K), to calibrate the Ge
thermometers. Gas pressure of the liquid-gas coexistence of He3
is used in this case
to obtain the temperature. As these processes take a lot of time we limited ourself
to:
• calibration of the CMN just after the fridge is cooled down (We demagnetize
the lower part of the dilution at 300K before cooling)
• followed by a calibration of the carbon thermometer with the CMN thermometer.
38 CHAPTER 2. EXPERIMENTAL SETUP & METHODS
• once in a while (every 3-5 years) check of the full calibration with the fixed
points and determination of θ for the Curie-Weiss law.
We estimate that the precision on the absolute temperature we get this way is
of about 3% at 15mK, to a maximum of a few mK at 1K.
The second type of thermometers are used at the sample stage under magnetic
field. They are the thermometers used to measure the heat gradient for thermal
conductivity or the temperature of the sample in the case of resistivity measurements. These thermometers need to be recalibrated at each different magnetic field.
Calibration is done with the main thermometer located in a compensated field region.
For thermal conductivity measurements or to fit with a power law the resistivity
data, it is important to have a high relative precision in our thermometry. This
is possible as the variation of resistance of the thermometer with temperature is
smooth. It requires a good fitting technique. Indeed, the temperature dependence
of the resistance of the thermometers with temperature is complicated and cannot
be fitted with a single function deduced from a physical law in its full temperature
range. Hence we used an approximated function for example for the Matshushita
carbon resistance thermometers we have:
(TMatshushita)
0.5 = F(ln(RMatshushita)) (2.3.2)
where F(x) is approximately a linear function. F(x) is precisely a polynomial best
fit on a smaller interval, typically the equivalent in resistance of 100mK, centered on
the resistance value for which we want to calculate the temperature (spline interpolation). The interval is hence sliding with x on the calibration points. To avoid any
abrupt change when a new point is added to the interval, the calibration points are
weighted: 1 if they are part of the interval and smoothly (exponentially) decreasing
when outside of the interval. The weight is then used for the interpolation. The
different parameters are adjusted to get the best compromise for the function to
be accurate and vary smoothly. We obtain this way a relative precision of about
0.5% over the full temperature range (8mK-10K), and of about 0.05% on a range of
5% of the temperature. A heat gradient less than 5% is typically used for thermal
conductivity.
Coulomb Blocade Thermometer
Working principle
The technique described above only works because our dilution has a field compensated region. Magnets with field compensated region are only available for relatively
low field. We could go up to 8.5 Tesla. Thermometers that have no or a weak field
dependence are therefore very important if one wants to make higher field measurements. Coulomb Blocade Thermometers (CBT) have such properties in addition to
being primary thermometers and hence are, theoretically, the perfect thermometer
desired by an experimentalist. We tested a CBT versus our thermometry. If our
measurement technique is not yet fully satisfactory, the device itself shows promising
response. -
I.G.Y
Invité@charles j’ai un truc à te proposer, tu peux m’envoyer un mail à cette adresse temporaire : igy@dropjar.com.
-
-
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Claire N
InvitéJe te remercie Charles
Les différentes qualifications
Faschisme, autoritarisme, dictature
Me semblait etre avant des descriptions statiques
Comme des qualifications à l’étage humain – dans un tribunal pénal : violeur, tueur…
L’histoire de leur construction décale ma vision
Et peut-être me permettra après repasse du documentaire à les tenir pour ce qu’ils sont et ce qu’il servent
-
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françois bégaudeau
Invitéje découvre grace à toi cette chambre aux trésors
je trouve l’intervieweur exceptionnel d’intelligence, de rapidité, de curiosité, de précision, de douceur-
Charles
InvitéAh oui il est brillantissime.
-
Charles
Invité(je l’avais découvert dans une émission d’arrêt sur images où il faisait déjà forte impression)
-
-
-
PeggySlam
InvitéÀ propos de Johann Chapoutot, est il accessible comme historien ? car j’aimerais vraiment un échange avec lui pour un versus La Liste de Schindler et La Zone D’intérêt dont après plusieurs recherches de mon côté n’arrive à avoir aucun contact pour lui proposer cet entretien. Merci
-
françois bégaudeau
Invitéje n’ai pas son contact
-
PeggySlam
InvitéOk merci quand même. Je continue de chercher de mon côté
-
Charles
Invitéhttps://sirice.eu/membre/johann-chapoutot
Essaie son adresse mail de la Sorbonne.
-
PeggySlam
InvitéDéjà essayé et pas de réponse. Puis j’ai essayé quelques maisons d’édition et pareil pas de réponse. Merci pour ton aide en tout cas
-
..Graindorge
InvitéPeggy
peut-être attendre tranquillement septembre/octobre
Peut-être contacter les émissions où il a été invité
Elucid, Au Poste, Regards.fr, Agora des savoirs, le Média etc.
Sinon, il va te répondre, c’est sûr, mais il doit recevoir beaucoup de courriers-
PeggySlam
Invité.. Graindorge c’est ce que je me dis aussi. La période vacance d’été (et vu que j’avais commencé juste avant) je pense que c’était la pire des périodes surtout en plus avec cette élection qui nous ait arrivé en plein nez
-
Demi Habile
InvitéFigure 1.2: Magnetic in-plane resistivity of CexLa1−xCoIn5. Figure from
[Nakatsuji 02]
• Spin-spin interactions between localized moment may create a magnetic order
with a lower energy than the Kondo state.
For compounds with a high density of localized moments, a new regime appears
at temperature T
⋆ below the Kondo one TK, called the Kondo lattice regime. A
remarkable feature is that below this temperature, the localized f electrons cannot be represented as impurities anymore and seems for example to participate in
the electrical conduction. The exact physics of this state is still not completely
understood.
So in heavy fermion physics there are two characteristic energies, on lowering the
temperature. Below the TK, the f shell electrons start to be screened by the Kondo
effect which leads to strong correlations in the compound. Below T
⋆
, often called
the “coherence temperature”, the impurity picture breaks down, lattice properties
are recovered but with heavy quasiparticles.
Figure 1.3: Schematic view of the RKKY interaction. Figure from [Coleman 07]
This Kondo physics is competing with the Ruderman-Kittel-Kasuya-Yosida (RKKY)
interaction, sketched in figure 1.3. This interaction accounts for the coupling between localized moments and conduction electrons and governs most magnetic properties of metals for example. The nature of the coupling leads to an oscillatory
8 CHAPTER 1. INTRODUCTION
moment on the conduction electrons that can then interact with other localized
moments. The characteristic temperature of this interaction is given by:
TRKKY ≃ J
2N0 (1.2.4)
This brings a third characteristic energy to the heavy fermion physics, the N´eel
temperature below which the electrons order anti-ferromagnetically (TN ).
An important but somehow confusing concept in the physics of heavy fermion
is the one of “localization” of an electron or quasi-particle. A particle is said to be
delocalized if it contributes to the Fermi surface, localized otherwise, whatever is it
actual geographical distribution in real space.
Hence a usual question in heavy fermion systems is to know if f electrons form
bands (delocalized), or if the f character of the quasiparticles at the Fermi level is
only coming from the Kondo correlations, leading to an effective hybridization with
the f shells (localized for the Kondo effect, delocalized in case of the Kondo lattice).
In most magnetically ordered Cerium based heavy fermions, f electrons are found
to be localized. The situation is more complex in uranium based systems.
Figure 1.4: Doniach phase diagram. The ground state of the system can be
tuned between Kondo and AFM by varying the coupling constant J. Figure from
[Coleman 07]
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 9
As the dependence of the RKKY and Kondo interactions to the exchange coupling constant J are different, Doniach [Doniach 77] suggested that some compounds
can be driven through different ground states by tuning J (figure 1.4). Pressure,
magnetic field or doping can be used as tuning parameters in real systems. This
description is oversimplified as it does not takes into account the interplay between
the Kondo lattice physics or the mixed valence of the f shell electrons and the RKKY
interaction as well as crystal field effects but it gives the limit regimes where some
of these interactions dominate.
When we study the phase diagram of a heavy fermion, we tune the different
energy scales to observe phase transitions and eventually, as suggested in the case
of CeCoIn5 we can drive them to quantum critical points.
1.3 Physical properties at low temperature in a
Fermi-liquid
In the paramagnetic or magnetically ordered phase of a heavy fermion compound,
the physics usually follows the one expected for a Fermi-liquid below some temperature labeled TF L. At a quantum critical point (QCP), this is not the case any
more and the characteristic temperature vanishes as one approaches the QCP by
tuning a parameter (g): TF L → 0 as g → gc. This parameter could be pressure,
magnetic field or doping. So a convenient way to localize a QCP is to follow the
dependence of TF L as a function of a tuning parameter. This is what we will do for
CeCoIn5 in a part of this thesis with magnetic field as a tuning parameter. Hence
in the following I will briefly review the expected temperature dependence of some
physical properties in a Fermi-liquid. The region above the QCP, is called: “Quantum Critical”. The expected temperature dependences in this region depend on the
theoretical model and have not been calculated systematically. Therefore I will only
mention what is usually observed experimentally.
The physical quantities that are probed by transport and thermodynamic measurements in a Fermi-liquid mainly depend on the Fermi surface which can be characterized by two parameters:
• The effective mass tensor given by the slope of the dispersion relation:
1
m⋆
ij
=
1
h¯
2
∂
2
ǫ(
~k)
∂ki∂kj
(1.3.1)
• And the Fermi surface volume or Fermi momentum ~kF .
In general these two quantities can be anisotropic. The evolution of these quantities
on approaching a QCP depend on the model used for the criticality.
Directional probes are important to differentiate between two different families
of scenarios for the Fermi surface evolution through a quantum critical point. In a
first scenario a reconstruction of the full Fermi surface is expected whereas in the
second only “hot spots” are affected. Similarly the effective mass can diverge in
some particular directions or on the entire Fermi surface.
10 CHAPTER 1. INTRODUCTION
Resistivity
A basic description of the electrical resistivity is given by the Drude formula:
ρ =
m
ne2τ
(1.3.2)
Where m and e are the mass and charge of the particles, n the density of states,
and τ the relaxation time for a particular scattering process.
• lattice imperfection: impurities, grain boundary, dislocation, … (τ0)
• thermally excited lattice vibration: phonons, (τph)
• others conduction electrons (τel).
The resulting relaxation time can be obtained through the Matthiessens’s rule:
1/τ = 1/τ0 + 1/τel + 1/τph. Scattering on lattice imperfections is basically temperature independent so the resistivity can be expressed as:
ρ(T) = ρ0 + ρel(T) + ρph(T), for T << ΘD. (1.3.3)
The part of the resistivity due to electron-phonon interactions is given in the Debye
model by ρph(T) ∝T
ΘD
5
, with ΘD the Debye temperature. This contribution is
normally quite small at low temperatures (T < 1K) as typically ΘD > 100K.
The electronic part of the resistivity depend on electron-electron scattering
events. If we neglect umklapp processes, the momentum is conserved (P
i m⋆
i
~vi =
const.) in these scattering events. This implies that if the effective mass (m⋆
) is
constant, the electrical current ~j =
P
i
e~vi
is conserved. The electrical current can
only be decreased if the effective masses are different for different velocity directions
(m⋆
i
6= m⋆
j
for ~vi ⊥ ~vj ). This decrease will then be proportional to the ratio of
effective masses in the different directions.
We can now calculate the probability that an electron excited with energy ǫ
above the Fermi level collides with another electron of the system. Due to the Pauli
exclusion principle, the collision is only possible if there are two empty states for
the two electrons resulting from the collision. Due to momentum conservation, the
center of mass of the initial and final electrons has to be conserved, and therefore,
the collision can only happen with electrons of energy in the interval [kF − ǫ; kF ],
as sketched on figure 1.5. The probability of a collision depends on the number of
electrons in this interval and the number of final states. In the case of a spherical
Fermi surface, with notations of figure 1.5, we have:
P(collision) = 3
4πk3
F
Z kF
ǫ
Z π
0
2πnfinal states(θ, ǫ′
)dθdǫ′
(1.3.4)
From figure 1.5 if kF >> ǫ we obtain that:
1/τ ∝ P(collision) ∝
ǫ
2
k
2
F
(1.3.5)
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 11
θ
ǫ
ǫ
′
ǫ
α δ
ǫ − ǫ
′
(a) (b)
Figure 1.5: (a) Electron-electron contribution to the resistivity. An excited electron
with energy ǫ (blue) can only scattered with electrons (light blue) in the momentum
range [kF − ǫ, ǫ], so that two empty states exist for the final particles (green) of the
scattering event. The probability of a scattering event depend on the number of
particles on which the excited particle can scattered (ǫ/kF ) and on the number
of final states for that particular collision (b). So the scattering probability is
proportional to ǫ
2
.
If the excitation is given by the thermal energy: ¯hǫ = kBT we obtain the well known
temperature squared dependence of resistivity ρel(T) ∝ AT2
. We can also note that
A ∝ m2
, as the mass comes into both the Drude formula 1.3.2 and in the scattering
times, through density of final states (Fermi Golden rule) . The A coefficient is
a directional measure of the effective mass of the compound as it depends on the
electrical current direction.
In the quantum critical region, in the proximity of a QCP, the resistivity is
usually observed to be linear in temperature. The origin of this linear temperature
dependence remains controversial and triggers many “unconventional” scenarios for
a QCP.
Specific heat and Kadowaki-Woods ratio
Specific heat can easily be calculated for an electron gas as [Kittel 96, p. 151]:
Cel =
1
3
π
2D(ǫF )k
2
BT (1.3.6)
D(ǫF ) = 3N/2ǫF is the density of state as the Fermi level. For a free electron gas
ǫF =
¯h
2k
2
F
2m
. Then the Sommerfeld coefficient γ = Cel/T is given by:
γ =
π
2k
2
BNm
h¯
2
k
2
F
(1.3.7)
12 CHAPTER 1. INTRODUCTION
and depends linearly on the electron effective mass. γ is usually taken as a good
measure of the effective mass of a compound, even if the measure is an integral
over the full Fermi surface and averages singularities on particular points of the
Fermi-surface.
In the Fermi-liquid domain the Sommerfeld coefficient is constant versus temperature. In the quantum critical region it is usually observed to diverge logarithmically
as: γ(T) ∝ −T ln(T).
The ratio between the A coefficient and the square of the Sommerfeld coefficient
is known as the Kadowaki-Woods ratio.
A
γ
2
= const. (1.3.8)
As both quantities depend on the square of the effective mass, this ratio is constant
even if the effective mass of the quasi-particles is modified as long as the Fermi
surface stays unchanged.
Both resistivity and specific heat can be used to determine the position of a
QCP by probing domain in the phase diagram where a Fermi-liquid or quantum
critical behaviour are obeyed. The limit of both regimes should extrapolate at zero
temperature to the QCP.
Thermal conductivity & Wiedemann-Franz law
The thermal conductivity κ is defined as:
Q~ = −κ∇~ T (1.3.9)
Where Q~ is the heat flow across the sample and ∇~ T the temperature gradient. For
a gas of particles with velocity v, specific heat per unit of volume Cv and mean free
path l, the thermal conductivity is given by [Kittel 96, p. 166]:
κ =
1
3
Cvvl (1.3.10)
In a metal, the thermal conductivity depends on different contributions. Indeed,
any excitation that propagates through the compound and can be thermally excited
contributes: electrons, phonons, magnons, … The total thermal conductivity can
be expressed as the addition of the contributions of parallel channels:
κ(T) = κel(T) + κph(T) + κmagnons(T) + … (1.3.11)
For the phonon contribution for T << ΘD, the specific heat is given by the
Debye model as: Cv ∝ T
3
, the velocity v is constant for a phonon gas and the mean
free path is (from [Kittel 96, p. 123]):
• constant at low temperature when the size of the crystal is the limiting parameter (l = D with D the dimension of the sample),
• inversely proportional to the temperature for electron-phonon scattering (l ∝
1/T).
1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
FERMI-LIQUID 13
Finally at low temperature the phonon contribution to thermal conductivity is:
κph(T) ∝
T
3 at very low temperature, usually at T << TSC
in a superconductor with fully open gap (s-wave),
T
2
above if electron-phonon scattering processes are important.
(1.3.12)
In some models, the magnon contribution to thermal conductivity is κmagnons ∝
T
2
[Ueda 75, Kumar 82]. So in a good metal, at low enough temperature, the
electronic contribution should dominate all the others.
In the superconducting phase, the electronic contribution to thermal conductivity is usually decreased as the Cooper pairs do not contribute to thermal conductivity
(minimum energy for an excitation 2∆). In some special cases thermal conductivity can be increased as another effect of superconductivity is the increase of the
mean free path of the quasi-particles with the reduction of the number of free quasiparticles. The superconducting transition as measured from thermal conductivity
is a bulk measurement. Indeed, if in resistivity a single superconducting path short
circuit the measurement, in thermal conductivity a single superconducting path has
a negligible effect on κ. The sharpness of the transition (change of slope in κ(T))
gives an indication of the quality of the crystal. In the superconducting phase, the
temperature dependence of the thermal conductivity depends on the nodes of the
superconducting gap and can be used to determine the gap symmetry (for example
κ(T) ∝ T
3
in the case of a superconducting gap which has lines of nodes). Similarly the thermal conductivity, extrapolated at zero temperature has different field
dependence: exponential for “s-wave” superconductivity, sub-linear in the “d-wave”
case,… [Shakeripour 09].
In the limit T → 0 the ratio thermal conductivity over temerature (κ/T) of a
fully gapped superconductor is zero, as all the quasi-particles have condensed into
Cooper pairs that do not carry heat (the first excited state is at an energy 2∆).
The situation is different when the gap has a line of nodes. In this case, the residual
value does not vanishes except for the perfectly pure crystal and can even reach the
universal limit. It is called universal because it is independent of the purity of the
crystal. Indeed, if impurities increase the number of thermal carriers by breaking
superconducting Cooper pairs, they also decrease the mean free path which has the
opposite effect and the two processes may compensate each other. This works as
long as the density of impurities is not too high.
It follows from 1.3.10, 1.3.7 and 1.3.2 that the ratio of the electronic contribution
to the thermal conductivity and electrical conductivity is constant. This relation is
called the Wiedemann-Franz law:
κel(T)
σ(T)T
=
π
2k
2
B
3e
2
= L0 (1.3.13)
With L0 = 2.44 · 10−8WΩK−2
the Lorenz number. The Wiedemann-Franz
law states that charge and heat are transported by the same carriers, the electrons. This relation is obeyed in the low temperature limit for all metals when the
other means of heat transport vanishes. We call L(T) the ratio of conductivities
L(T) = κel(T)/(σ(T)T). L(T)/L0 is bigger than one if thermal conductivity is bet-
14 CHAPTER 1. INTRODUCTION
cold hot
+ –
e
−
a
b a1
b
a2 b
a3
ba4
b
b1
b3 b
b
bb2
Figure 1.6: Wiedemann-Franz law: We suppose that the charge carriers are electrons. A voltage is applied across the sample. Two processes are possible for heat
and charge transport. 1→2 an electron is excited at the cold side (absorption of a
phonon for example). On its way to the hot side, two processes can make it relax.
(a) If there are few elastic scattering, the ones at large ~q are promoted a2→a3 and
both electrical and thermal conductivity are affected (change of direction of the
charge and thermal excitation). (b) In case of a strong elastic scattering, only the
thermal conduction is affected, as the velocity of the charge is almost unmodified,
but the thermal excitation suppressed.
Figure 1.7: Evolution of the ratio Lel/L0 of the electronic contribution to the Lorenz
number for different sample purity. From [Mizutani 03, p 302].
ter than electrical conductivity. This happens at high temperature as the phonon
contribution increases thermal conductivity. This ratio L(T)/L0 can be smaller than
1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 15
one when a large amount of inelastic scattering promotes small ~q scattering (figure
1.6). In this case thermal conductivity is smaller than the electrical one. The
expected behaviour of the Wiedemann-Franz ratio for the electronic contribution
Lel(T)/L0 is plotted on figure 1.7.
We used thermal conductivity to gain information about the superconducting
state in UCoGe and URhGe both because it is sensitive to the superconducting gap
symmetry and because it allows for a bulk determination of TSC.
Thermoelectric power
The thermoelectric power or Seebeck coefficient is obtained from the linearized
Boltzmann equation:
S(T)/T =
πk2
B
3e
∂ ln(σ(E))
∂E (1.3.14)
With σ(T) the electrical conductivity. As thermopower depends on the derivative
of the electrical conductivity versus energy it is very sensitive to a small change of
the Fermi surface. This expression is obtained for an isotropic Fermi surface which
is certainly not the case in heavy fermion compounds. In the anisotropic case the
thermal conductivity is mostly sensitive on the electrical contribution and energy
derivative in the direction probed by the current. Behnia and co-workers [Behnia 04]
calculate the ratio between thermoelectric power divided by temperature and specific
heat.
q =
SNAve
T γ
(1.3.15)
with NAv the Avogadro number. They found that, with some approximations, |q|
gives the volume per charge and heat carriers in unit cells unities.
Comparison of thermoelectric power and specific heat allowed us to estimate
the carrier concentration in UCoGe and URhGe. It is also a way to determine an
anomaly on the Fermi surface as expected for example at quantum criticality.
1.4 Quantum critical points
For a classical phase transition, an important tuning parameter is temperature and
the state of a system is given by the minimization of its free energy:
F(p, T, H) = E(p, H) − T S(p, H) (1.4.1)
When a phase transition is tuned at finite temperature by pressure or magnetic field
it is because the internal energy and entropy depend on these quantities. For the
molecule H2O, for example, the internal energy E is determined by the interaction
between molecules and minimized in the crystalline structure of ice. In contrary,
the entropy S gives the amount of randomness of the system and is maximized in
water (for the solid liquid phase transition, we do not consider the gas state in this
discussion). Hence the free energy is minimized in the ice state at low temperature
and in water above T = 0 ◦C = 273.15K.
16 CHAPTER 1. INTRODUCTION
A quantum phase transition happens at zero temperature. The system is driven
between two different ground states only by the variation of E(p, H).
We consider a system in which the ground state can be tuned by a parameter
g between two different states. Such a system will have a phase transition at zero
temperature for a critical value of the tuning parameter g = gc. At this critical value
there is a level crossing between two different ground states. For a transition of the
second order the energy scale of a fluctuation above the ground state vanishes at gc.
To fix the idea let’s consider the case of a ferromagnetic (FM) g < gc to paramagnetic
(PM) g > gc transition. In a crystal for g < gc in the ground state the spin of all
the quasi-particles point in the same direction, if the system is Ising-like, then a
spin flip is the first excitation. Similarly to conventional phase transitions, one can
define different critical exponents for a quantum phase transition. On approaching
gc, the characteristic energy D of an excitation of the ground state vanishes as:
D ∝ J|g − gc|
νz (1.4.2)
Where J is the characteristic energy coupling and νz a critical exponent independent of the microscopic details of the Hamiltonian of the system.
In addition to a vanishing energy scale, a second order phase transition is characterized by a diverging length scale. This scale can be understood as the characteristic
length of critical fluctuations and is also known as the correlation length.
ξ
−1 ∝ L|g − gc|
ν
(1.4.3)
L is an inverse length scale of the order of the inverse lattice parameters. Combining 1.4.2 and 1.4.3, gives that the characteristic energy scale vanishes to the zth
power of the inverse characteristic length. The z exponent is called the dynamic
critical exponent or simply dynamical exponent.
D ∝ ξ
−z
(1.4.4)
The dynamical exponent is the main difference between a classical and a quantum phase transition. It reflects the fact that at a quantum phase transition time
fluctuations of the order parameter, in addition to the spacial ones need to be considered leading to an effective dimension of the system: def f = d + z. It can take
the values of: z = 1 for an AFM insulator or AFM with Q vector Q> kF , z = 2
for an itinerant AFM and z = 3 for a metamagnetic transition or FM transition
[L¨ohneysen 07]. The exponent of the correlation length is usually taken as ν = 1/2,
when above the upper critical dimension, where mean field applies.
Quantum criticality in Heavy fermion
A first consequence for heavy fermion systems is that the Fermi liquid domain should
exist only for T < TF L ∝ D so we can expect:
TF L ∝ |g − gc|
νz (1.4.5)
Going further than the Doniach model, two different classes of models have been
proposed for quantum criticality in heavy fermion.
1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 17
T
g QCP
AFM
TF L
TK
Figure 1.8: Scheme of a spin density wave (SDW) scenario of quantum criticality.
At the QCP magnetic order appears, without affecting the Kondo temperature (top
panel), the volume of the Fermi surface is unchanged, but due to the folding of the
Brillouin zone (dotted lines) hot spot can appears (red region), where a singularity
happens in the dispersion relation.
The first class are spin fluctuation scenarios, developed firstly by Hertz Millis
and Moriya. In these models, itinerant magnetism appears in the conduction band
and triggers quantum criticality. The Kondo temperature stays finite through the
transition so that heavy quasi-particles exist on both sides of the transition. The
Fermi surface volume stays constant at the transition with a folding of the Brillouin
zone due to the appearance of magnetic order. This folding modifies the shape of
the Fermi surface with some singularities at the “hot” lines regions. The scheme of
the transition is displayed in figure 1.8. The consequences are a divergence of the
A coefficient of resistivity at the QCP and an increase without divergence of the
Sommerfeld coefficient γ [Moriya 95]. One of the problems of these model is that
they can account for the temperature dependences of resistivity and specific heat
usually observed in heavy fermion ρ(T) ∝ T γ(T) ∝ −T ln(T) only if the system
is considered to be two-dimensional.
Rosch [Rosch 00] has shoown that disorder induces another energy scale which
vanishes at the QCP. This has strong effects on the critical exponents of the selfconsistent renormalization theory of spin fluctuations.
The second class of scenarios, said to be “unconventional” is sketched in figure
1.9. In this case again nothing particular is observed on the Kondo temperature
at the QCP, but another energy scale T
⋆ vanishes. Some scenarios predict the
appearance of a magnetic phase at the QCP, whereas other scenarios even decouple
the two effects. But the common point of these scenarios is the reduction and
sudden reconstruction of the Fermi surface at the QCP. This reconstruction implies
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Charles
InvitéJe recommande l’article de Chapoutot dans le Monde diplomatique du mois d’août sur l’accession d’Hitler au pouvoir. Article qui nuance, me semble-t-il, ses positions dans ses dernières interventions orales où il soutenait que le NSDAP n’était plus du tout une menace électorale au moment où il accède au pouvoir, ce qui était un peu excessif. Chapoutot rappelle ici que si les nazis reculent aux élections de novembre de 32 c’est au profit d’un autre parti d’extrême droite ayant des idées tout aussi radicales que les siennes et qu’ils restaient quand même en tête malgré cette perte de sièges. Donc les nazis apparaissent comme une force politique incontournable à la fin de 1932 (c’est moi qui le conclus ça). L’assertion classique selon laquelle ils sont arrivés au pouvoir par les urnes et que Chapoutot continue de contester n’est certes pas tout à fait juste mais elle n’est pas non plus totalement fausse.
Toutefois, ce n’est pas l’essentiel de l’article qui narre surtout les tractations entre les conservateurs (en lien avec le patronat) et les nazis pour intégrer ceux-ci au système en espérant pour les premiers garder le pouvoir et mater les communistes qui ne cessent de progresser aux élections.-
Anna H
InvitéMerci Charles.
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Ludovic Bourgeois
InvitéÇa devait être horrible
Maintenant
Pour vous sortir un peu de la laideur :
Les Dieux du Stade Leni Riefenstahl -
I.G.Y
InvitéMerci j’ai failli le rater. Très complémentaire du formidable petit livre de Chamayou sur la même période, à propos de Schmitt et du libéralisme autoritaire
-
Lhommetropbiensapé
InvitéConcernant Chamayou, « La société ingouvernable » est top pour clarifier les stratégies de la bourgeoisie.
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PeggySlam
InvitéDésolée je découvre ce passage que maintenant @Charles. Moi je pense qu’on se trompe de fascisme. On ne va pas vers celui de Hitler mais vers celui de Pol Polt. Depuis que j’ai vu ce film, Rendez-vous avec Pol Polt, très mal fait dans sa forme et qui pourtant me hante et me fait dire ça. Bref juste un ressenti personnel bien sûr
-
I.G.Y.
Invité@Peggy je pense qu’il ne faut pas surinterpréter, Chapoutot (et d’autres) ne disent pas que l’on va vers un fascisme hitlérien. Ils pointent modestement (et à raison) des analogies entre les transitions vers les régimes fascistes historiques et notre situation actuelle. Ils en pointent aussi les différences (qui ne sont pas minces). Concernant Pol Pot, je reconnais mon ignorance quasi totale.
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PeggySlam
Invité@I.G.Y merci pour Chapoutot parce que pourtant quand je le vois faire des entretiens sur youtube c’est toujours le premier fascisme que ses interlocuteurs parlent. Mais c’est vrai que lui ils rappellent plus les faits historiques et rappelle plus en quoi que l’époque politique actuelle que nous vivons en France rappelle celle des années 1930. Ce qui est passionnant à écouter. Pour Polt Pol tu peux toujours regarder le film ça te donnera un premier aperçu. Il est disponible un peu partout
-
I.G.Y.
InvitéPour l’exemple de Chapoutot, c’est assez logique que ses interlocuteurs parlent quasi exclusivement du nazisme car c’est un spécialiste du nazisme, ils le font parler de ce qu’il connaît. Je trouve d’ailleurs qu’on n’invite pas assez de spécialistes du fascisme originel, à savoir le fascisme italien, pourtant très intéressant.
J’essaierai de regarder le film !
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PeggySlam
InvitéTout à fait I.G.Y on ne parle pas assez des autres comme celui de Pol Polt qui en est un parmi tant d’autres…
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Carpentier
InvitéÉcologie sociale, science fiction, ce podcast du lundi soir irait aussi très bien dans le topic cinéma
https://lundi.am/Science-fiction-politique-et-utopies-
Carpentier
Invitéil s’agit de Vincent Gerber, durée 1h45, en gros
+ non fan de SF, ne pas s’abstenir
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Anna H
InvitéQuoi de neuf sur les nazis ?
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Ludovic
InvitéIls nous cassent les burnes les nazillons
Surtout parcequ’ils ont perdu
Après ils me filent ma dose de came quand j’suis en manque
Donc petit big up quand même, léger bras tendu au 3/4, pompé pompé l’up-
Ludovic
Invité“What is the use to the modern man of this « monumental » contemplation of the past, this preoccupation with the rare? It is the knowledge that the great thing existed and was therefore possible, and so may be possible again.”
Nietzsche-
Ludovic
InvitéL’histoire vu comme (fausse)science sociale : ta vidéo/
L’histoire comme modèles d’idéaux à actualiser
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Cocolastico
Invitéoauis oauis wesh encore 1h d’émotion !!: https://parolesdhistoire.fr/index.php/2024/10/10/351-un-renversant-manuscrit-medieval-avec-pierre-olivier-dittmar-et-maud-perez-simon/
20 ans de travail à plusieurs pour nous restituer le génie de cette œuvre et une fois j’ai entendu Ingrao dire qu’il lui avait fallu 30 ans de lecture de sources pour maîtriser son sujet. C’est foutu pour ma reconversion
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Cocolastico
Invitéembauchez moi je ne prends qu’un smic !
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Ludovic
InvitéPas d’écu à te proposer mais merci
Y’a des manuscrits médiévaux numérisés c’est génial
Ça m’fait penser à cette chanson de Thibault de Champagne
« O Douce Dame, Reheine coronée
Pieurez pour nou Vierge bien ahurée
Et puis après ne nos peut meschoir »-
Cocolastico
Invitémais la musique te plaît ? moi ça me donne envie de mourir de la peste
-
Ludovic
InvitéJ’adorrre le vieux francois
Ça rrroule les rrr
Après j’mamuse à déchiffrer les manuscrits numérisés
C’est l’éclate totale
Puis je note sur des Zettelkastenersatzeinlagen
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Ludovic
Invité-
Ludovic
InvitéAprès tu tapes « manuscrits » dans la barre de recherche loupe
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Jean-Marie Bigard
InvitéDe bons historiens, des historiennes géniales à recommander pour comprendre un peu mieux la colonisation de la Palestine par Israël ? Des bouquins à conseiller ?
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I.G.Y
InvitéOmar Bertov étant déjà cité, j’ajoute : tous ceux qui sont passés un jour où l’autre en conf à l’IREMMO (pas nécessairement tous historiens au sens strict : D. Vidal, H. Laurens, J-P Filiu, J-P. Chagnollaud, A. Levallois, V. Lemire), + Ilan Pappé (La Fabrique l’a publié je crois) + l’indispensable orfèvre de précision C. Enderlin. Il a d’ailleurs récemment fait une série de podcasts sur France Culture qui reprennent l’histoire et l’évolution de Netanyahou, très bien (suivis de l’histoire de Sinouar).
Le livre de N. Thrall, Une journée dans la vie d’Abed Salama, paru récemment, acheté mais pas encore lu, est je pense très bien pour décortiquer le tout de façon très située, à partir d’un évènement réel et singulier (je tire cet avis de son grand entretien à Blast, qui m’a donné envie d’acheter le bouquin)
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I.G.Y.
InvitéJe viens de voir que H. Laurens vient de sortir un livre qui est un résumé/mise à jour de ses 5 immenses volumes sur la question de Palestine (ça reste un très gros livre, mais c’est mieux que 5) :
« Question juive, problème arabe (1798-2001) Une synthèse de la question de Palestine »
-
MA
InvitéJe n’ai rien lu d’Henry Laurens mais j’étais assez déçue de son entretien sur Edward Said ici :https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avoir-raison-avec/une-oeuvre-face-a-la-critique-4791473..
Je viens de commencer La fin de la modernité juive d’Enzo Traverso.-
MA
InvitéE. Said a aussi écrit La question de Palestine :https://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-humaines-et-sociales-sciences/la-question-de-palestine.
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I.G.Y
InvitéTraverso est passionnant, pas encore eu le temps de le lire (sauf des morceaux de son recueil sur le totalitarisme).
Entretien intéressant, merci. Mais effectivement ça reste un entretien d’histoire des idées (j’ai aussi été moyennement intéressé par ses entretiens sur son livre de méthodologie/réflexivité qu’il cite là, « le Passé imposé »).
Pour moi le titre de ses 5 tomes est en référence explicite à Saïd : simplement, il traite la question autrement, en historien. Ça lui a manifestement pris 25 ans et c’est pas fini. Par ailleurs ça n’est pas un grand rhétoricien ni un gauchiste, son apport n’est pas là. J’ai souvenir qu’une de ses meilleures conférences est relativement récente, à l’INALCO (c’est sur youtube)
-
MA
InvitéJe regarderai la conférence que tu recommandes. Mais c’est vrai que j’ai un peu du mal avec les Orientalistes, tout savants qu’ils soient.
-
I.G.Y
InvitéAh mais il n’est pas orientaliste, mais il a étudié les orientalistes et le mouvement orientaliste, oui. D’ailleurs il est libanais d’origine
-
MA
InvitéPour moi, vu son parcours académique, et ce qu’il dit d’Edward Said dans l’émission citée de FC, c’est un parfait orientaliste dans le sens saidien.
-
Dr Xavier
InvitéOn va pas se mentir, faut admettre que je n’ai pas compris. Vous pourriez préciser orientaliste, et au sens saidien ?
-
I.G.Y
InvitéPour le sens Saïdien MA pourra préciser.
Pour le sens général j’aurai du mal à faire mieux que l’entretien et wiki. Disons qu’à mon avis le sens Saïdien, qu’on entend un peu dans l’entretien, c’est les dérives qu’ont pris le mouvement orientaliste (artistique et culturel, récits de voyage etc… de gens qui s’intéressent à l’orient, y voyagent puis reviennent) en termes de poncifs et de stéréotypes (il en est rapidement question dans l’entretien), et par suite comme moyen idéologique de rabaisser un Orient essentialisé pour le dominer.
.
Il y a une autre conf, je ne sais plus laquelle, où Laurens fait un panorama assez saisissant de tout ça, et aussi d’une sorte d’occidentalisme en orient (au sens de mouvement culturel d’intérêt pour l’occident, récits de voyages très prisés etc..
). Sauf que pour d’autres raisons, l’occidentalisme n’a pas dérivé comme l’a fait l’orientalisme (du moins pas encore, mais côté Xi Jinping, le régime iranien and co, niveau essentialisation de l’occident, c’est du brutal comme on sait) -
I.G.Y
InvitéEt quand je parle de récits de voyages très prisés, je parle du XVIIè, XVIIIè et XIXè siècles, j’ai oublié de préciser
-
I.G.Y
InvitéPour le parcours universitaire, ça aurait pu (sur le papier on peut dire la même chose de Saïd). Quand on l’écoute brosser l’histoire longue de la question de Palestine, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il en est très éloigné. D’ailleurs il n’arrête pas de critiquer l’essentialisation de l’orient et de l’occident (il le refait même rapidement dans cet entretien). En revanche ce qu’on entend assez facilement, c’est qu’il est politiquement plutôt à droite, pas du tout néo-conservateur, mais juste plutôt de droite. Si tu l’entendais parler de Netanyahou, de 1948 ou du reste (comme je l’ai réentendu ce matin sur mon trajet dans un entretien qui vient de sortir), il ne te donnerait pas l’impression d’être un orientaliste ^^
-
I.G.Y
InvitéOu du moins aussi peu qu’un historien occidental non « décolonial » arabophone et originaire d’orient puisse l’être. On peut d’ailleurs lui donner raison quand il remarque que l’essentialisation de l’orient et de l’occident a tout à fait cours chez certains « décoloniaux ». Cela dit, le fait qu’il soit très certainement de droite (je dirais comme ça juppéiste-villepiniste, cette sauce là), l’empêche à mon avis de saisir l’intérêt du mouvement décolonial du point de vue du rapport de force et de la pensée
-
MA
InvitéEn fait, souvent les orientalistes se dédouanent de l’être dans un discours assertif mais dans la pratique et à travers leurs discours c’est une autre histoire.
Je ne mettrais pas sur le même plan Edward Said, qui vient de la littérature comparée et de l’histoire des idées, qui ne s’est pas spécialisé sur une aire géographique et qui a contribué à la pensée à un universitaire spécialiste du monde arabe, bref un arabisant.
Je ne pense pas non plus qu’on puisse mettre l’orientalisme sur le même plan qu’un « occidentalisme » comme tu l’entends.
D’ailleurs l’occidentalisme désigne autre chose.
Pour moi, faire une analogie entre les pratiques du discours dominant sur « l’Orient » et un discours sur l’Occident c’est oublier à partir d’où c’est écrit l’histoire. -
I.G.Y
InvitéTout à fait. C’est exactement pour ça que je n’ai pas mis occidentalisme et orientalisme du tout sur le même plan. Ni dit d’E. Saïd qu’il était orientaliste en aucun sens du terme (qu’il ait une propension à essentialiser l’occident, c’est sûr ça s’entend parfaitement dans l’extrait audio où on l’entend dans l’entretien)
-
I.G.Y
InvitéD’ailleurs « occidentalisme » reste un abus de langage d’où mon « une sorte de »). Ça désigne des pratiques en orient identiques à celles des orientalistes mais inversées, qui ont largement existé mais qui n’ont pas eu la même ampleur ni les mêmes suites. Je ne crois pas non plus que le terme « occidentalisme » ait été revendiqué (alors que les orientalistes, si mes souvenirs sont bons, se sont désignés comme tels à un moment)
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I.G.Y
InvitéEt quant à mettre Saïd et Laurens sur le même plan, loin de moi cette idée je te rassure, puisque Saïd n’est pas historien. C’est sans doute ce que reproche en partie Laurens à Saïd, ou à la lecture que certains en font, le lire comme historien alors qu’il ne l’est pas. Il me semble rien que dans le podcast qu’on l’entend louer la perspicacité de Saïd en tant que penseur. Mais d’une certaine façon c’est logique, on ne travaille pas sur un auteur et on ne le lit pas en continu à travers le temps si on le trouve sans intérêt. Je n’ai aucun doute que Saïd a contribué à la pensée (même si je ne l’ai pas lu, donc mon sur lui appréciation est presque « d’autorité », je confesse)
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I.G.Y
InvitéNul doute aussi qu’il s’y connaît très bien en histoire. Là comme ça, je dirais : ils sont deux grands
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MA
InvitéSur l’occidentalisme dans le dictionnaire décolonial :https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/colonialite/chapter/post-occidentalisme/
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I.G.Y
InvitéÇa confirme que ça n’est pas du tout ce que je mettais derrière ce mot mais c’est intéressant. Intéressant aussi de voir qu’en fait ce que certains appellent occidentalisme (définition de Coronil citée là) est précisément la dérive raciste… de l’orientalisme (occidental par définition). La distinction avec l’idée de « pensée coloniale » appliquée à l’occident devient mince comme une feuille de papier à cigarettes…
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Dr Xavier
InvitéMerci, merci. Je lirai et j’écouterai.
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Dr Xavier
InvitéToute la Fabrique.
Récemment cet entretien fleuve d’Omer Bertov m’a impressionné par sa richesse historique, et ouvre de nombreuses pistes.
https://lundi.am/Chronique-d-une-radicalisation-
graindorge
Invitégrand merci Xavier
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Jean-Marie Bigard
InvitéGrazieeeeee mille
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MA
InvitéTrès bon entretien sur l’Etat de droit et l’état d’urgence.
https://www.lemediatv.fr/emissions/2024/exception-dictature-colonialisme-la-face-cachee-de-notre-etat-de-droit-eugenie-merieau-julien-thery-rfUXEgLPR3Ohsu9IE5XqHw-
Christophe M
InvitéTrès bon en effet.
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Anna H
InvitéJulien Théry reçoit Johann Chapoutot et Christian Ingrao pour parler de leur dernier livre publié avec Nicolas patin, Le Monde nazi, 1919-1945.
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I.G.Y.
Invité+1, et j’ajoute un cinéclub de Chapoutot sur le glazer dispo depuis quelques semaines ici (il y en avait déjà eu un par Patin à la sortie du film).
A fait @Charles tu as fini le bouquin? Toujours aussi recommandable?
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Anna H
InvitéMerci pour le lien.
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I.G.Y.
InvitéLe prochain Chapoutot, les Irresponsables, sortira le 6 Février. Entretien sur le Youtube de Mollat dans deux jours.
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François Bégaudeau
Maître des clésImpeccable, comme d’habitude
Sauf le titre.-
I.G.Y
InvitéUn titre d’éditeur peut-être? Possible, mais pas totalement sûr non plus quand on écoute tous les entretiens du bonhomme sur les deux dernières années
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François Bégaudeau
Maître des clésIl parle lui même d’irresponsables dans l’entretien Mollat.
Sa marxisation est encore inachevée.-
I.G.Y
InvitéTout à fait, et c’est très cohérent avec le vocable qu’il utilise régulièrement quand il parle d’actualité. Quant à en faire le titre même du livre, je serais curieux de savoir si c’est lui ou l’éditeur malgré tout, mais on ne saura possiblement jamais.
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Arnaud
Invité« aucune nécessité », « liberté des acteurs », « calculs », « choix »
Comme si dès lors qu’il y avait du jeu dans la superstructure ont entrait dans l’empire du libre-arbitre.
L’irresponsabilité présuppose l’existence d’un intérêt général.-
François Bégaudeau
Maître des clés« L’irresponsabilité présuppose l’existence d’un intérêt général. »
Exactement
C’est le coté républicain de Chapoutot. Républicain au sens le plus noble possible, s’il en reste un.
Un reste de foi dans les élites – qui pourraient donc être responsablesMais Chapoutot est historien, et son travail avancé dans l’histoire va immanquablement étoffer son marxisme naissant.
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Charles
InvitéDésolé IGY, j’ai oublié de te répondre. J’ai fait une pause à la moitié pour lire le GdL. C’est toujours très recommandable même si c’est un peu inégal. Je reviens dessus plus tard.
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I.G.Y
InvitéPas de souci
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Lhommetropbiensapé
InvitéDe Steve Keen, « L’imposture économique » (« Debunking economics » en angliche) est ce qu’il y a de plus complet sur l’histoire de la pensée économique néoclassique (notamment). Demande de s’accrocher un peu parfois mais vaut vraiment le coup pour exhiber le scientisme et la pauvreté de cette pensée mainstream (chez les économistes).
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Lhommetropbiensapé
InvitéPardon d’insister, mais personne n’a rien qui vaille le coup lu sur l’histoire des FARC ici ?
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..Graindorge
Invité@Lhommetropbiensapé
trouvé ça
https://journals.openedition.org/radiomorphoses/4287-
Lhommetropbiensapé
Invité@..Graindorge
Merci beaucoup, article très intéressant (donc tout partirait de l’assassinat de Jorge Eliecer Gaitán en 1948). Mais d’où vient ce parti libéral ?
Dans l’interview de Pierre Carles et Audrey Millot (citée ici), cette dernière fait mention de la persécution des émetteurs de radios des FARC (et du coup ils bougeaient sans arrêt).
Le travail de sape (et triomphe) du PAHD avec la firme Lowe SSP3 sont également des enseignements intéressants.Mais je cherchais plutôt un bon gros bouquin (papier) d’un historien reconnu sur les FARC, qui repart du début, en français ou en anglais.
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Claire N
InvitéTest
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Ostros
InvitéUp
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Oscar
Invité- .
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Oscar
Invité
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Charles
InvitéJe recommande ce passionnant entretien de Laurent Joly par la Librairie Mollat : https://youtu.be/FUmewlK74O0?si=ZNWxUG0wz2W6fe7R
J’avais déjà écouté cet historien dans le podcast Paroles d’Histoire parler de la rafle du Vel d’Hiv.
Ici il évoque comment l’Histoire de la Shoah s’est construite et c’est très limpide et riche.
(On y apprend au passage que Mitterrand avait bel et bien bloqué les procès de Papon et Bousquet, quel grand homme celui-là).-
PeggySlam
InvitéMerci Charles ! Moi qui cherche d’autres historiens à écouter
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..Graindorge
InvitéNoté. Merci Charles. Miterrand drôle d’oiseau..Pas drôle du tout.. Même Coluche avait cessé de rire un bon moment
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I.G.Y.
InvitéMerci. Tout aussi recommandables sont tous ses entretiens sur Vichy et le Vel d’Hiv’.
Et quel sosie de son frère jumeau décidément, c’est peu de le dire (et vice versa)
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PeggySlam
InvitéJe cherche un historien qui est spécialiste de l’art et de la seconde guerre mondiale pour mon événement prévu en septembre au Club de L’étoile à Paris. Ca peut être un simple historien qui connaît bien ce sujet mais ne me citez pas Johann chapoutot et ses collègues qui ne m’ont jamais répondu. Merci pour votre aide
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..Graindorge
InvitéPeggy
Tu avais parlé de partager un livre d’histoire « qui date » lequel?-
PeggySlam
InvitéC’est celui-là mais c’est sur l’euthanasie Aktion T4: Le secret d’Etat des nazis : l’extermination des handicapés physiques et mentaux. Pour l’événement c’est encore différent que ce sujet. C’est plus sûr le nazisme et le fascisme
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..Graindorge
InvitéMerci Peggy
Encore juste un mot car ce n’est pas un sujet qui me met en joie. Pour Euthanasie active, on lit: « avec ou sans consentement. » Gros point d’interrogation-
PeggySlam
InvitéLa plus belle euthanasie si elle était concevable ça serait avec consentement mais qui pourrait effectivement mettre un mur pour les handicapés mentaux par exemple. Car la différence entre un handicap physique et mentaux, c’est qu’un handicap mental n’a pas toute sa conscience. C’est aussi pour ça qu’on les a utilisé pour essayer les extrrminations dans les hôpitaux. C’est là aussi la difficulté de ce débat. N’oublier personne même si on voudrait le rendre égal
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PeggySlam
InvitéPetit débat. J’aime beaucoup ces trois historiens Chapoutot, Ingrao et Patin mais à force de les entendre et de continuer la lecture Le Monde Nazi, je suis en train de me demander si Chapoutot ne se trompe pas d’expression en parlant de « darwini Social » qui est pour moi en faite de « l’eugénisme » et j’avais vu dans un reportage que des historiens allemands disait que Hitler s’était inspiré de l’eugénisme c’est à dire classer les gens en disant qui est inférieure et supérieure. Un racisme qui a été construit par les américains dans les années 1800. Et que bien sûr ça impliqué le côté social avec. Du coup je voulais avoir des avis sur ces deux expressions en vous remerciant
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I.G.Y
InvitéEn fait ça n’est pas une expression qu’il invente, elle date du XIXè et elle désigne une sorte de pensée inspirée du darwinisme mais assez anti-darwinienne (en ce qu’elle prend un part du darwinisme, la lutte pour la vie et la sélection naturelle, en en faisant l’alpha et l’oméga de l’humanité, ce que Darwin a explicitement refusé). L’eugénisme est très présent chez les penseurs qu’on regroupe sous le terme « darwinisme social », c’est bien vrai. Il ne faut pas tant entendre « social » au sens « socialiste », il faut l’entendre au sens « vision de du social », « vision de la société », « vision du monde ».
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Et il faut aussi dire que Spencer, l’un des principaux penseurs de cette mouvance (un Anglais), écrivait déjà plusieurs années avant l’œuvre majeure de Darwin des choses complètement ancrées dans la nébuleuse eugéniste/ »darwiniste sociale ». J’avais lu dans la contre-histoire du Libéralisme de Losurdo que Spencer avait écrit dès 1851 dans Social Statics que « tout l’effort de la Nature est de se débarrasser [des imbéciles], de débarrasser le monde de leur présence et faire de la place pour les meilleurs […] Tous les êtres qui ne sont pas [autosuffisants], la nature les retire du monde par la mort ». (la citation originale est trouvable dans le texte complet ici, en cherchant « get rid of »).-
I.G.Y
InvitéSpencer qui est par ailleurs un libéral très radical (il est bien sûr présent dans l’anthologie Les Penseurs Libéraux, écrite par les très libéraux Alain Laurent et Vincent Valentin, qui a constitué ma lecture de confinement covid…).
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PeggySlam
InvitéMerci I.G.Y pour toutes ces informations très éclairantes et précieuses ! Comme quoi il faut toujours revenir au sens même des termes au delà de l’époque pour ne pas se tromper. As tu un livre en français à me conseiller pour aller un peu plus loin que les trois historiens que j’ai cités ? En te remerciant car ça m’intéresse tout ça mais je n’ai pas envie de faire l’erreur dans le choix des lectures. En te remerciant par avance
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I.G.Y
InvitéIl y a le petit « Que sais-je? » de Patrick Tort, qui est un très grand spécialiste international de Darwin (et traducteur de Darwin). Il y a dedans un petit chapitre « Le darwinisme dénaturé : darwinisme social, sociobiologie, eugénisme », qui correspondrait à ta demande. Je pourrai partager le pdf d’ici demain (mais là il faut que j’aille voir The Brutalist^^)
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PeggySlam
InvitéC’est noté ! Merci beaucoup !!!!
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I.G.Y
InvitéUn film qui a en effet des qualités. Quelle fin bizarre cependant.
Sinon voilà le lien vers le pdf.
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PeggySlam
InvitéMerci infiniment ! T’es au top !
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Alain m
InvitéJe cherche un livre sur la conquête de l’Algérie de 1830 à 1962. Auriez-vous parmi ces historiens qui ont traité le sujet l’un d’entre eux à me conseiller plutôt qu’un autre : Bouchène – Peyroulou / Jacques Frémeaux / Charles André Julien / Pierre Vallaud / B. Stora / ou d’autres noms… ? Merci pour vos éventuelles réponses.
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Oscar
InvitéJ’ai Un siècle de passions algériennes de Pierre Darmon car Mathieu Belezi avait dit l’avoir lu pour sa trilogie. Il faudrait que je le reprenne d’ailleurs, c’est très dense. Je ne sais pas du tout ce que vaut ce livre pour de vrais historiens.
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..Graindorge
Invité@Alain m
Là, tu as 943 pages de lectureCliquer pour accéder à Histoire-de-lAlgerie-a-la-peri-Bouchene-Abderahman.pdf
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Alain m
Invité@Oscar merci pour ta suggestion.
@Graindorge étonnant que le livre existe en PDF même si je n’aime pas les livres numériques (trop usant) je vais pouvoir me rendre compte comment il est fichu. Merci. -
Guixols
InvitéQuelqu’un pour me recommander un bon livre d’histoire sur la Révolution française ?
Et tant que j’y suis, par quoi commencer chez Chapoutot selon vous?-
kenny
Invitécurieux d’être allé déterrer un topic sans avoir eu la curiosité de le parcourir
tes questions y ont été répondues-
I.G.Y.
InvitéEn effet, mais pour ma part et en parlant surtout de ce que j’ai déjà lu :
– Sur la Révolution J-C Martin est en effet une sorte de GOAT, et apparaît notamment dans un recueil de texte très varié dirigé par Michel Biard qui s’appelle La Révolution Française, une histoire toujours vivante (cf. ici la liste des chapitres et des auteurs), livre dont j’ai un bon souvenir. Plus court que celui que je voudrais absolument lire un jour, à savoir la grande synthèse de J-C Martin, Nouvelle Histoire de la Révolution Française.
En plus ciblé j’ai beaucoup aimé le livre sur le Directoire, La République sans la Démocratie de Bosc et Belissa à La Fabrique (les autres sont forcément très bons, ne serait-ce qu’après avoir écouté les entretiens des auteurs).
– Chapoutot : Libre d’obéir, car très bon et très court.
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I.G.Y.
Invitéet je précise que le Biard est dispo pour pas cher en édition de poche
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François Bégaudeau
Maître des clés« En plus ciblé j’ai beaucoup aimé le livre sur le Directoire, La République sans la Démocratie de Bosc et Belissa à La Fabrique (les autres sont forcément très bons, ne serait-ce qu’après avoir écouté les entretiens des auteurs). »
Je m’associe-
François Bégaudeau
Maître des cléssur la Révolution, voir aussi les travaux de Sophie Wahnich
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I.G.Y
Invité@François tu en conseillerais un en particulier qui te serait passé entre les mains ? Je l’ai écoutée plusieurs fois mais jamais lue
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Guixols
InvitéEn effet, my bad, tout était effectivement traité plus haut. Merci néanmoins à I.G.Y et à François pour les suggestions. l’occasion de me souvenir d’une excellente émission La Grande H avec Belissa et Bosc sur Robespierre. Leur ouvrage sur le Directoire a l’air très intéressant.
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Kirilov
Invitébouteille à la mer : quelqu’un saurait-il me conseiller une bonne synthèse sur l’histoire de la Réforme et de la Contre-Réforme en France pdt la Renaissance, histoire de mieux comprendre Sponde et d’Aubigné – je lis pas mal de littérature XVIème en ce moment.
ou tout simlement une bonne somme historique sur la Renaissance ?-
Leo Landru
InvitéOn m’a conseillé l’historien Jules Michelet. Je transmets sans garantie car pas encore lu mais il a une bonne street cred.
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Kirilov
Invitémerci leo, je connais Michelet romancier, me suis toujours méfié de l’historien qui me paraît trop lointain, toujours effrayé du roman national sur la question ; mais Bergounioux n’arrête pas d’en parler, alors ça me donne envie
je note
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netflou
InvitéBonjour,
Histoire des protestant en France de Patrick Cabanel. C’est fouillé à l’extrême.-
netflou
Invités
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I.G.Y
InvitéEnvie de revenir sur le passionnant Croire et Détruire de Christian Ingrao, que je souhaitais lire depuis des années. Faire court aurait peu d’intérêt pour un livre si riche. En tout cas ça m’aide et si ça peut en aider d’autres, tant mieux.
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Le livre détaille le cheminement d’un ensemble d’universitaires Allemands, depuis leur enfance forgée par l’expérience de la Première Guerre Mondiale jusqu’à leur participation directe, y compris sur le terrain, aux tueries de masse des fameux Einsatzgruppen à partir de 1939 lors de la conquête coloniale de l’Est : c’est la première étape de la Shoah, qui s’intensifie en 1941 avec l’invasion de l’URSS (massacre généralisé des « judéo-bolcheviques » par les Einsatzgruppen, puis chambres à gaz). Un ordre de grandeur est rappelé dans le livre p. 383 (édition Pluriel poche) : si l’on considère uniquement les quatre Einsatzgruppen de Russie qui totalisent 3000 hommes, ceux-ci ont tué (principalement par arme à feu et très majoritairement des civils) environ 500000 personnes rien que sur la période septembre-décembre 1941, leur période d’activité la plus intense.Livre qui divise son titre en deux mais son contenu en trois, il affine :
1/ L’enfance, la jeunesse et le militantisme universitaire
2/ l’entrée en nazisme (SS, NSDAP, SD, RSHA, les parcours sont très variés, mais l’on parle quoiqu’il arrive de personnes qui se hissent à des positions relativement élevées dans la hiérarchie nazie)
3/ la phase paroxystique à partir de 1939 : la guerre, la mise en place des rhétoriques de légitimation et surtout, le détail de la radicalisation génocidaire au plus près du terrain, expérience concrète à laquelle la plupart sinon la totalité des membres du groupe d’intellectuels en question a été confronté directement (certains allant jusqu’à tuer de leurs mains, et ce non pas entant que troufion mais en tant que gradé). Dans cette partie on prend encore davantage en compte le contexte dans lequel les membre du groupe sont plongés. Et l’on revient à la fin sur les parcours et les réactions des intellectuels/militants en question (petite partie, mais édifiante).
Il faut sans doute prévenir ceux qui voudraient se lancer que c’est dans les parties 1 et 2 que se trouvent à mon avis les chapitres les plus faibles : des allers-retour chronologiques, des redites, un côté un trop déstructuré et trop peu synthétique. Le début du livre ainsi que sa troisième partie souffrent beaucoup moins de ces défauts.
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Sans pour autant revenir sur son titre dans le corps du texte, je dirais que le livre tient son pari en tant qu’il dissèque les cheminements concrets du « Croire » au « Détruire ». Mais il fait à mon avis mieux que ça, surtout dans la partie III : il dilue ce dualisme naïf par l’exposé même d’un processus de destruction, dans lequel se glisse un tiers terme que l’on pourrait appeler le « psychique — mot qu’emploie régulièrement Ingrao et qui revient dans les sources. Le « nerveux », c’est une affaire de nerfs. Pris dans un sens très matériel, le psychique est en deçà du niveau de la croyance car il est le réceptacle des chocs visuels, olfactifs, sensibles : ces chocs, dans une relative autonomie vis-à-vis du « croire », définissent des seuils de soutenabilité corporels chez les acteurs qui modifient les pratiques de destruction sur le terrain, puis, dans un va-et-vient dont il est difficile de discerner l’œuf de la poule, interagissent avec la politique générale et les grandes décisions d’en haut qui ensuite redescendent.Tout résumer est impossible mais je passe sur quelques points qui soit me semblent essentiels soit m’ont frappé :
– Ingrao et les autres l’ont souvent répété, l’expérience de la première guerre mondiale est matricielle. C’est dès cette époque que se déploie la vision d’un « monde d’ennemis », tous ligués contre l’Allemagne et conspirant à sa disparition — ce qui sera ensuite réinterprété dans le cadre du déterminisme racial plus strictement nazi comme une volonté d’éradication de la substance racio-biologique allemande, ou disons germanique-nordique car il y a des conflits internes au nazisme là-dessus mais allons, allons, ne chipotons point. Intervient bien sûr dans cette construction le traité de Versailles, le rôle du blocus allié responsable de la mort de centaines de milliers de civils allemands, etc… Dans un cours de formation pour SS en 1942 (p. 140) , Siegfried Engel fera ce résumé frappant et très représentatif : la guerre en cours est la « troisième guerre de Trente Ans » (la première est la « vraie », la seconde est 1789-1815, la troisième démarre en 1914), guerre dont l’objectif est l’éradication de la germanité.
– Il y a un rôle fondamental du militantisme étudiant, notamment ce qui semble s’appeler le « militantisme frontalier » (qui vise à étudier et s’occuper des « allemands ethniques », « volksdeutsche », présents à l’extérieur du territoire du Reich comme en Pologne etc…). Tous les membres du groupe étudié sont passés par là. Ingrao répète souvent en entretien (et y revient dans le détail dans ce livre) qu’avant même l’apparition puis la mainstreamisation rapide du nazisme à la fin des années 20, on pouvait mesurer la prégnance de l’ethno-nationalisme dit « völkisch » en observant le résultat des élections étudiantes du début des années 20 : leurs résultats étaient spectaculaires avec des taux de participations immenses. Le nazisme, c’est l’univers mental völkisch + le déterminisme racio-biologique. [question qui en amène une autre : quelles sont les grandes tendances en volume dans le militantisme étudiant aujourd'hui? Je n'ai pas de réponse]
– Je saute directement à la question de l’émergence des pratiques génocidaires, Partie III. Là dessus le livre est spécialement admirable dans son maniement des sources, des exemples concrets. Se met en place sur le terrain au sein des Einsatzgruppen, à la fois par des directives et par la pratique empirique, une véritable division du travail meurtrier puis génocidaire. Un aspect au premier abord surprenant est que cette division du travail n’est pas purement productiviste (dans le sens d’un « nombre de tués » divisé par un « temps passé à tuer »). Se mêlent deux enjeux supplémentaires : l’équilibre psychique des tueurs, et l’exhaustivité de la tuerie (par ce dernier terme, Ingrao entend qu’il ne faut pas simplement tuer beaucoup en peu de temps, mais tuer vraiment tout le monde). On voit se mettre en place des stratégies de répartition de la charge psychique de la tuerie, des modes opératoire de tuerie les plus divisés, ritualisés et « militarisés » possibles afin d’assurer ces deux impératifs (« militarisé » revient souvent dans les sources, on l’oppose à des modes de tuerie « barbares » et sauvages, bolchéviques). Exemple concret de cette conciliation d’impératifs : la tuerie massive par arme automatique lourde (hyper-productive) a été expérimentée puis abandonnée, au motif qu’elle n’était pas exhaustive : or achever les blessés dans les fosses (impératif d’exhaustivité) sollicitait trop les psychismes. Les camions à gaz, précurseurs des chambres à gaz, ont aussi été abandonnés pour des raisons d’insoutenabilité psychique des conducteurs (qui entendaient les cris) ou de ceux qui vidaient les camions (odeur, vue). Le problème de l’insoutenabilité n’étant pris en compte que pour les tueurs Allemands (raison pour laquelle on emploie progressivement de plus en plus des milices locales, considérées de race inférieure).
– Or cela revient partout dans les témoignages de tueurs : on voit à quel point ce n’est quasiment jamais l’absence de consentement à la tuerie qui provoque les réactions somatiques violentes, l’alcoolisme ou autres effondrements nerveux chez les tueurs (de faible comme de haut rang), mais la confrontation sensible au massacre : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat. Il y a là dessus un parallèle saisissant avec la scène de La Zone d’Intérêt de Glazer, où Höss est pris de vomissements. Ingrao détaille entre autres la réaction de Walter Blume, docteur en droit et commandant dans l’Einsatzgruppe B, particulièrement actif dans la mise en place des pratiques génocidaires une fois dépêché sur le terrain et jusqu’au bord des fosses. Blume est lui aussi pris de maux de ventre très violents (cf. entre autres p. 450), ce qui n’entre néanmoins pas du tout en contradiction avec sa conviction inébranlable de la nécessité de ses actes. De manière générale, les témoignages des tueurs ne mentionnent que rarement une réprobation morale, mais décrivent avec une grande précision leur incommodation sensorielle.
– Toujours dans ces eaux-là : un interdit collectif édicté par la hiérarchie nazie semble revenir régulièrement, à savoir l’interdiction parfois radicale, menaces de sanctions à l’appui, de la « cruauté », du plaisir pris dans la violence pour elle-même (p. 452). Il s’agit entre autres de se distinguer des bolchéviks, décrits comme des barbares qui y prennent leur pied. Se plaignant d’Eduard Strauch, commandant pour l’Einsatzgruppe A et ancien étudiant en théologie puis juriste, jugé trop sadique, un membre de l’administration civile de Minsk pourtant très motrice dans le massacre des juifs aurait dit à Strauch, selon son propre témoignage, que ses procédés étaient « indignes de l’Allemagne de Kant et de Goethe » (sic!). Ce à quoi Strauch dit avoir répondu : « je ne fais que mon devoir ». Cette rhétorique du meurtre par devoir est hyper-répandue, largement relayée et avalisée par Himmler lui-même : le génocide est « ce qu’il y a de plus difficile au monde » (Himmler à Posen en 1943). Ingrao rappelle que le génocide nazi adopte deux rhétoriques justificatrices (notamment pour « faire tenir » les tueurs jusqu’au plus près du terrain et des fosses d’exécution) : l’un, majoritaire, est « défensif » (contre le monde d’ennemis), l’autre est utopique (il faut tuer pour germaniser l’Est, condition sine qua non de la réalisation du « Reich de Mille Ans »).
– Un point peu voire pas abordé par Ingrao, c’est dommage, concerne le lien entre tout ceci et les centres d’extermination (chambres à gaz) : et pour cause, aussi surprenant que cela puisse paraître et d’après ce que j’ai rapidement cherché par ailleurs, les institutions comme le RSHA dont font partie les SS étudiés ont semble-t-il peu de lien « immédiat » avec ces aspects. On voit néanmoins comment la confrontation concrète à la mort de masse pour les tueurs a progressivement pu, l’objectif politique général demeurant inchangé voire même radicalisé, mener à développer une « solution » industrielle de division extrême du travail et d’allègement psychique maximal pour le « peuple Allemand » : les centres de mise à mort. Les tâches les plus pénibles et atroces dans ces institutions étant, comme cela s’est progressivement fait aussi durant les massacres des Einsatzgruppen, dévolues à des personnes jugées de race inférieure, souvent même à des détenus/futures victimes. Soulagement psychique à objectif politique inchangé : le franchissement d’un seuil de soutenabilité de la violence n’implique pas mécaniquement un abaissement de son intensité mais sa mutation.
– Concernant les réactions post-défaite : les stratégies de négation, d’aveu partiel et d’évitement des ces anciens SS lors de leurs procès post-guerre sont particulièrement sophistiquées, et donnent à voir leur grande agilité intellectuelle, et même une coordination (certaines explicites, d’autres prouvées par des correspondances retrouvées après coup). Un certain nombre de ces stratégies ne nécessitent même pas le reniement la croyance nazie initiale (le cas d’Otto Ohlendorf est exemplaire). Par ailleurs beaucoup sont juristes, ça aide.
– Les intellectuels étudiés par Ingrao, pour la plupart, ne correspondent donc pas du tout au modèle du petit « criminel de bureau » éloigné des conséquences concrètes des procédures et sans idéologie (et dans cette catégorie, on sait à quel point Arendt a pu se tromper sur Eichmann, c’est souvent rappelé par les Ingroa-Chapoutot &co). Non seulement ils sont pétris d’idéologies et d’affects, mais ils correspondent plus profondément à un nouveau type d’intellectuels promu par la normativité nazie — et promus concrètement de façon sonnante et trébuchante —, qui est « l’intellectuel d’action ». Ceux qui passent avec succès l’épreuve pratique du voyage à l’Est gagnent très largement en gallons à leur retour en Allemagne. Les autres sont plutôt freinés dans leur carrière. Les nazis ne sont pas platement anti-intellectuels : ils dévalorisent l’intellectuel « pur », le pur sachant (c’est même vrai au sein du RSHA, ça se perçoit dans l’évolution de l’organigramme), et valorisent ceux qui à la fois ont un parcours universitaire brillant et prouvent leur engagement par l’action, donnent l’exemple.
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Bref, ce livre a beau souffrir de quelques défauts, il est d’une richesse exceptionnelle.-
Claire N
InvitéMerci IGY pour ce retour de lecture particulièrement net
Et en particulier le développement sur « l’équilibre psychique des tueurs, et l’exhaustivité de la tuerie » -
Cocolasticot
InvitéMerci beaucoup pour ton post IGY et ta synthèse est limpide.
« Par ailleurs beaucoup sont juristes, ça aide. » Aurait-on des éléments pour expliquer leur poids parmi les grands cadres nazis ?-
I.G.Y
InvitéJ’en ai au moins un : j’entendais Chapoutot dire que le droit était culturellement l’une des matières les plus reconnues en Allemagne (pour des raisons que je ne saurais pas vraiment expliquer), donc que le doctorat en droit était un peu une sorte d’ENA allemand, d’autant plus qu’il est vu comme une matière « technique » — Ingrao écrit un truc surprenant qui est que l’on percevait assez peu de linéaments de déterminisme racial, d’ultra-nationalisme ou de nazisme dans les thèses en droit de ces SS en question, soutenues avant l’arrivée des nazis au pouvoir; tandis que dans les matières comme l’histoire, la géographie etc… c’est une toute autre affaire.
Il y a cette phrase d’Hitler citée dans la Loi du Sang de Chapoutot (vers p. 124 poche), symptomatique de ta question : « je ne suis même pas juriste, rendez-vous compte de ce que cela signifie! Et je suis malgré tout votre Führer » (et Hitler détestait les juristes; comme quoi, l’homme face à la structure…).
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I.G.Y
InvitéJ’aurais dû dire une sorte « d’ENA-Polytechnique ».
Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui de cette survalorisation du droit en Allemagne.
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Cocolasticot
Invitépassionnant merci !
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai lu qu’avec retard le post très clair, très limpide et passionnant de IGY. Merci d’avoir pris le temps de l’écrire. Il est très riche en enseignements, comme souvent l’est la science reine, à savoir l’histoire.
Je retiens avant tout ceci, qui fait comprendre tant de choses, tant de choses encore massivement incomprises malgré les tonnes de couches de recueillement mémoriel sur cette période. Malgré ces couches ? Non : à cause de ces couches : « Il s’agit entre autres de se distinguer des bolchéviks, décrits comme des barbares qui y prennent leur pied. Se plaignant d’Eduard Strauch, commandant pour l’Einsatzgruppe A et ancien étudiant en théologie puis juriste, jugé trop sadique, un membre de l’administration civile de Minsk pourtant très motrice dans le massacre des juifs aurait dit à Strauch, selon son propre témoignage, que ses procédés étaient « indignes de l’Allemagne de Kant et de Goethe » (sic!) »
Il faut donc comprendre que le travail génocidaire en soi était digne de l’Allemagne de Kant et de Goethe, et donc que l’indignité morale eut consisté à ne pas accomplir le génocide
La compréhension de ce genre de plis devrait définitivement convaincre les anti fasciste de ne pas opposer de la morale aux fascistes, lesquels sont convaincus d’être des créatures éminemment vertueuses.-
I.G.Y
InvitéÉminemment d’accord avec cette conclusion.
Il y a cette phrase dans « La doctrine du fascisme » de Mussolini et Gentile (dispo sur Gallica, texte assez faiblard) : « Aucune action n’échappe au jugement moral ». L’action étant le cœur battant de la vision du monde de ces mêmes fascistes… CQFD, si l’on veut
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François Bégaudeau
Maître des clésEt il faudrait redire ici la phrase vertigineuse de Bernanos : Hitler a déshonoré l’antisémitisme.
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I.G.Y.
InvitéQue je n’avais jamais entendue. Vertigineuse.
Hasard du calendrier j’écoute en ce moment en livre audio la gigantesque et géniale biographie du moustachu (mais pas Bernanos, l’autre) par I. Kershaw : où l’on trouve des équivalents exacts de cette formule, dans une prose moins littéraire, dans la bouche de ses opposants ou critiques droitiers, internes ou externes au régime.
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François Bégaudeau
Maître des clésà l’heure où la bourgeoisie notamment française oublie sa constante antisémite multiseculaire, et taxe d’antisemitisme son ennemi communiste, il est bon de rappeler que l’antisémitisme fut en son sein non seulement unanime mais surtout honorable
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Claire N
InvitéJe ne savais pas
Ça veut dire que pour eux c’était méprisable de ne pas etre antisemite ? -
Claire N
InvitéJ’y reviens car ça me retourne
Si je pars par là
Le mépris m’apparaît alors comme un « ciment « de classe ? -
Claire N
InvitéJe suis désolé je me rends compte que je suis trop curieuse de ce que tu caches- François – comme surprise dans ta main gauche et ce n’est pas bien non , de tirer sur les doigts pour les forcer à ouvrir le texte prochain
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François Bégaudeau
Maître des clésNon, rien à voir avec le mépris ici.
Mais oui, pendant très longtemps il fut honorable d’être antisémite dans la bourgeoisie, et notamment la bourgeoisie catholique. C’était même être un très très bon catholique que d’être antisémite (et plus précisément Judéophobe, puisqu’il s’agissait bien de régler le vieux contentieux avec le « peuple déicide ») -
Claire N
Invité« le vieux contentieux avec le « peuple déicide » »
Oui c’est vrai j’oublie toujours ce pan du christianisme qui m’échappe d’ailleurs, je peine a saisir les mécanismes affectifs qui peuvent le soustendre
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..Graindorge
InvitéFrançois Angelier : « Georges Bernanos, la colère et la grâce »
Drumont reste sa référence, mais avec le nazisme Bernanos ne peut plus se dire antisémite : le racisme d’État n’a jamais été son fait. Il a ce mot ahurissant dans une lettre de 1944 : « Hitler a déshonoré l’antisémitisme », – ce « mot de foule », ce « mot de masse », car « le destin de pareils mots est de ruisseler, tôt ou tard, de sang innocent ». En 1946, en mémoire de Georges Torrès, le fils de son ami juif Henry Torrès tué à la guerre, il se livre à une réflexion sur le judaïsme et l’antisémitisme qui corrige la mythologie antijuive de Drumont. Il efface l’image héritée du peuple déicide, fait d’Israël persécuté une image du Christ face à Pilate et admire la résilience juive au long des siècles : « L’honneur juif, en effet, depuis deux mille ans, n’est pas de résister par la force, mais par la patience, par tous les moyens de la patience, car le but que se propose, que s’est toujours proposé ce peuple impérissable n’est pas de vaincre mais de durer ; c’est de la durée qu’il attend le salut. Qu’Israël dure, et le Très- Haut vaincra pour lui. »
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..Graindorge
InvitéEn 1944, dans Chemin de la Croix-des-Âmes, Georges Bernanos fit son mea culpa sur l’antisémitisme. Il ne s’agit cependant pas d’une autocritique, mais d’un déplacement de son idéalisme : les robots et la technique remplacent désormais la fonction qu’avait la « banque juive ».
Voici les propos qu’il tient pour parer à toute accusation d’antisémitisme, cherchant visiblement à s’extirper, avec plus ou moins de succès, d’une cage mentale où il s’était confiné :
« J’ai reçu quelques lettres extrêmement touchantes de certains compatriotes juifs qui me reprochent d’avoir écrit que l’esprit juif et l’esprit allemand avaient entre eux une profonde affinité. Je regrette de les avoir peinés, c’est tout ce que je peux dire.
Aller plus loin serait déformer ma pensée, j’aime mieux la préciser encore aujourd’hui, même si je risque d’aggraver ainsi le malentendu, car je respecte trop la sincérité de mes sympathiques contradicteurs pour leur sacrifier la mienne.
Il y a une question juive. Ce n’est pas moi qui le dis, les faits le prouvent.
Qu’après deux millénaires le sentiment raciste et nationaliste juif soit si évident pour tout le monde que personne n’ait paru trouver extraordinaire qu’en 1918 les Alliés Victorieux aient songé à leur restituer une patrie, cela ne démontre-t-il pas que la prise de Jérusalem par Titus et la dispersion des vaincus n’a pas résolu le problème ?
Ceux qui parlent ainsi se font traiter d’antisémites. Ce mot me fait de plus en plus horreur, Hitler l’a déshonoré à jamais (…). Je ne suis pas antisémite – ce qui d’ailleurs ne signifie rien, car les Arabes aussi sont des sémites. Je ne suis nullement antijuif (…).
Je ne suis pas antijuif, mais je rougirais d’écrire, contre ma pensée, qu’il n’y a pas de problème juif, ou que le problème juif n’est qu’un problème religieux. Il y a une race juive, cela se reconnaît à des signes physiques évidents.
S’il y a une race juive, il y a une sensibilité juive, une pensée juive, un sens juif de la vie, de la mort, de la sagesse et du bonheur.
Que ces traits communs – sociaux ou mentaux – soient plus ou moins accusés, je l’accorde volontiers. Ils existent, voilà ce que j’affirme, et, en affirmant leur existence, je ne les condamne ni ne les méprise.
Il en est qui s’accorde mal avec ma propre sensibilité, mais je n’en sais pas moins qu’ils appartiennent au patrimoine commun de l’humanité, qu’ils maintiennent dans le monde la tradition et l’esprit de la plus ancienne civilisation spirituelle de l’Histoire.
De ce qui précède, les imbéciles concluront que je suis raciste. N’importe ! Je ne suis nullement raciste pour affirmer qu’il existe des races.
Le racisme condamné par l’Église est l’hérésie qui prétend distinguer entre les races supérieures par essence et les autres inférieures destinées à servir les premières, ou à être exterminées par elle. Ce racisme du nazisme allemand ou du Ku Klux Klan américain n’a jamais été, pour un Français, qu’une monstruosité dégoûtante.
Il n’existe pas de race française. La France est une nation, c’est-à-dire une œuvre humaine, une création de l’homme ; notre peuple, comme le peuple brésilien, est est composé d’autant d’éléments divers qu’un poème ou une symphonie.
Mais il y a une race juive. Un Juif français, incorporé à notre peuple depuis plusieurs générations, restera sans doute raciste, puisque toute sa tradition morale ou religieuse est fondée sur le racisme, mais ce racisme s’est humanisé peu à peu, le Juif français est devenu un Français juif ; ses vertus héréditaires, comme les nôtres, sont désormais au service de la nation.
J’ai écrit que le génie juif est un génie de contradiction, de refus. Honneur à qui refuse le reniement, honneur à qui dit « non ! » à la servitude, à la honte, à la Kollaboration.
Ainsi la France a presque toujours rempli envers les Juifs, sortis des immenses, des inépuisables réservoirs juifs de l’Europe centrale et orientale pour entrer dans notre vie nationale, sa mission d’assimilatrice, de réconciliatrice, d’initiatrice. »
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François Bégaudeau
Maître des clésil rame un peu, l’ami George
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..Graindorge
InvitéEt toujours fauché l’ami Georges: son avocat commis d’office rame aussi: Mesdames et messieurs du XXIème siècle, regardez bien les yeux de cet homme et dites-moi…
Tais-toi, imbécile!
– Bon, bon, bon, je me tais Georges!
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Charles
InvitéDr Xavier avait posté une vidéo fort intéressante avec Eugénie Mérieau dans laquelle il était mentionné un livre de Grey Anderson sur les origines oubliées de la Vème République, ce qui m’a donné envie de le lire. C’est désormais chose faite et je dois dire que je suis un peu déçu.
Le vrai titre c’est « Du coup d’Etat gaulliste à la chute de l’OAS », les « origines oubliées … » figurait sur le bandeau un peu putassier. Après une préface plutôt alléchante sur la visite de de Gaulle à Massu en 68 qui promet de revenir sur ledit coup d’Etat dix ans auparavant et comment il a été refoulé par la société française, le livre se dégonfle assez rapidement pour se révéler une simple synthèse sur la période. Le premier chapitre est peut-être le plus intéressant, sur le traumatisme de Dien Bien Phu et ses conséquences mortelles pour la IVème République. On s’attend encore à ce moment-là de la lecture à un ouvrage ambitieux et novateur sur la période mais le livre en rabat assez vite pour produire un simple récit historique mené au pas de charge manquant trop souvent d’analyses et d’interprétations stimulantes. Je connais assez superficiellement ces années-là mais à la lecture de ces pages, parfois indigestes quand il s’agit d’égrener tous les noms de militaires et ministres, je me suis rappelé mes cours de lycée et de fac. Je comprends donc mal pourquoi l’éditeur voulait absolument axer l’ouvrage sur des origines oubliées car il s’agit de faits assez connus malgré tout, auxquels Anderson n’apporte pas grand-chose si ce n’est par moments une certaine frontalité dans l’analyse, sans fausse pudeur. Le livre ne tient surtout pas du tout les promesses de sa préface car il ne s’appesantit jamais sur les mécanismes ayant permis d’occulter ces faits. J’ai été aussi un peu déçu qu’il ait fait l’impasse sur une analyse (historique) de la Constitution de la Vème République, sur ses origines allemandes notamment.
Le livre est toutefois intéressante car la période est folle et que l’auteur n’essaie à aucun moment d’en proposer une lecture lénifiante mais je m’attendais à mieux.-
Charles
InvitéErratum : le titre exact et complet de l’essai est « La guerre civile en France, 1958-1962. Du coup d’Etat gaulliste à la fin de l’OAS ».
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Charles
InvitéQuelques extraits tout de même, assez savoureux dans les verbatim rapportés sur l’époque :
« En 1958, les fractures idéologiques causées par la guerre froide avaient fait voler en éclats le socle d’un antifascisme synthétique : la solidarité des partis de gauche devant les menaces contre la démocratie et l’Etat de droit n’existait plus. Le symbole de la République était devenu vague lui aussi, invoqué aussi bien par les putschistes d’Alger que par leurs adversaires. Simone de Beauvoir, qui participait à une manifestation organisée le 1er juin contre l’investiture de de Gaulle par les sections municipales du comité parisien de vigilance antifasciste n’était pas seule à s’étonner au souvenir d’avoir elle-même déposé un bouquet tricolore devant la statue de Marianne en entendant chanter la Marseillaise et crier « Police Républicaine » et « police avec nous » »
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Charles
InvitéDe Gaulle : « A travers la guerre d’Algérie, c’est la même lutte qui continue. Les bourgeois, les soldats, les juges, les fonctionnaires et les capitalistes refusent de m’obéir. Je ne peux pas compter sur ces gens-là. Leur pétainisme fondamental resurgit ».
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Charles
Invité« Gaston Defferre devant le Comité national de la SFIO à la fin septembre [1961] : » Jusqu’à maintenant, l’OAS a agi impunément. Le seul moyen d’en venir à bout, excusez-moi de le dire, c’est de les tuer ; qu’on les pende ou qu’on les fusille. Notre devoir est de lutter contre eux avec le maximum de violence ». »
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Charles
Invité« Comme un jeune officier l’expliquait au journaliste Albert Paul Lentin : – De Gaulle, voyez-vous c’est un héros, mais un héros d’un autre âge, d’une autre génération. Comment pourrait-il comprendre, au moins du premier coup, la jeune armée Algérie? Son idée à lui est celle d’une armée de métier, purement technique. Notre idée à nous est celle d’une armée politique, à la première place dans la nation.
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Charles
InvitéDésolé je n’arrive pas à poster la suite de ce dernier extrait mais en gros l’officier dit que les militaires putschistes de 58 doivent tout à Mao Tse Toung et Ho Chi Minh, qu’ils avaient pensé à remercier officiellement car les Comités de Salut Public (nom des organes de gouvernement composés de militaires mis en place dans le cadre du putsch) c’était un peu leur oeuvre!
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François Bégaudeau
Maître des cléspas mal tout ça
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Dr Xavier
InvitéMerci pour la recension !
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MA
Invitéhttps://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-mercredi-07-mai-2025-9233869
Emission méta dans laquelle Michel Pastoureau revient sur son parcours, sur le mépris qu’a suscité son objet de recherche, sur la vulgarisation de la discipline.-
François Bégaudeau
Maître des cléson va écouter ça
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..Graindorge
InvitéPastoureau je l’adore! Grand merci Ma
Je re.re.recommande Les couleurs de nos
souvenirs -
I.G.Y.
InvitéMerci. Je suis bien trop passé à côté de Pastoureau
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toto
InvitéDans le lien de MA il est question de vidéos faites par Charlie Danger sur la chaîne Les revues du monde.
Ces vidéos ont l’air très bien faites, très documentées , sur de nombreux sujets.
Celle ci parle de la préhistoire, du passage de la survie au développement des outils de l art etc.
Il me semble que quelqu’un avait demandé des références sur ce sujet il y a quelques mois.-
toto
InvitéC’était Ourson plus haut en juin 2024
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..Graindorge
Invité15 mai 1948: début de la longue nakba palestienne
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..Graindorge
Invité*Nakba
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I.G.Y
InvitéEnfin lu ce beau livre régulièrement évoqué ici : La Fin de la Modernité Juive d’Enzo Traverso.
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Le texte vaut surtout pour ses quatre premiers chapitres, les autres étant plus attendus si l’on suit un peu les débats contemporains. Ce sont d’ailleurs ces premiers chapitres qui traitent au sens propre de la « modernité juive » — périodisation reprise à l’historien israélo-allemand Dan Diner : 1750-1950. Pour décrire cette histoire intellectuelle d’un tournant conservateur Traverso ne se rive pas aux seuls textes, et saisit toujours la pensée dans son mouvement historique — ainsi que dans leurs positions politiques concrètes, parfois militantes. Il brosse un tableau plein de contrastes d’une dialectique entre les deux pôles que sont les rapports juifs à la modernité politique et la montée de la montée de l’antisémitisme moderne. La condition diasporique et dominée des juifs en Europe, incluant l’Est jusqu’à la Russie, a entre autres faits matériels — « textualité, urbanité mobilité, extraterritorialité » — été le creuset d’une formidable vivacité critique. L’existence d’une certaine tradition de cosmopolitisme juif n’est pas un mythe raciste mais une réalité, tragiquement montée en épingle jusqu’à la théorie du complot par l’antisémitisme moderne. Traverso résume : « Ni l’expérience historique ni la structure diasporique des juifs ne correspondaient au lexique de la modernité politique dominé par la triade Etat, Nation, Souveraineté » (Ch. 1). Rien qui n’ait déjà été dit ici, mais le récit regorge de détails intéressants et est très bien construit.Hannah Arendt a décrit dans des textes rédigés entre 1932 et 1948 la figure du « juif paria », qu’elle nomme la « tradition cachée » du judaïsme. Une tradition d’hérétisme, dira Dan Deutscher, dont le fil secret passe bien sûr par Spinoza. C’est autour de ces grands évènements, de cette figure du paria et d’un judaïsme comme conscience critique de la modernité européenne que tournent les premiers chapitres.
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Traverso déplie à merveille toutes les contradictions et les fortes nuances géographiques qui ont pu mener entre autres à l’émergence de la volonté nationale sioniste. La situation allemande était spécifique par rapport à la France ou à l’Italie, bien avant 1933. Dans ces deux pays où bien évidemment l’antisémitisme existait, surtout en France, on trouvait tout de même plusieurs juifs à des positions correctes dans l’administration ou dans l’armée — sans surprise on évoque l’affaire Dreyfus. C’est infiniment moins le cas en Allemagne, où malgré leur immense participation à la culture de langue allemande — Traverso s’attarde sur la littérature — les juifs sont rejetés du « Volk ». Et l’antisémitisme s’y fait, encore davantage qu’anti-moderne, très puissamment racial. Moritz Goldstein dira ainsi à propos de son pays : « Nous, les juifs, nous gérons le patrimoine spirituel d’un peuple qui ne nous accorde ni le droit ni la capacité de le faire » (Ch. 2).C’est de ce cocktail amer que sont nées en gros trois voies juives très différentes : la radicalisation internationaliste (très grande contribution bien connue des juifs dans le parti social-démocrate allemand, chez les socialistes et chez les communistes, en Russie aussi ; il y a là dedans une radicalisation du cosmopolitisme, qui va parfois jusqu’à dépasser le judaïsme lui-même), la radicalisation sioniste, et aussi la volonté acharnée d’intégration aux communautés nationales existantes. Sur ce dernier point, les juifs étaient par exemple plutôt bien intégrés dès la période de formation de la nation italienne, ce qui explique pourquoi on en trouvera beaucoup chez les fascistes à partir de 1922, et pourquoi Mussolini avait pu être élu l’une des douze personnalités les plus protectrices des juifs dans le monde par une revue juive américaine — je tire cette dernière info d’un livre de M-A Matard-Bonucci sur le fascisme—, fait tragique quand on connaît le tournant antisémite de l’Italie en 1938). Des anecdotes terribles sont aussi rapportées par Traverso à propos de certains intellectuels juifs qui, en Allemagne dans les années 30, étaient encore persuadés de pouvoir convaincre les nazis de leur nationalisme total.
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Un chapitre de transition sur Hannah Arendt permet à l’ami Traverso de faire le lien entre les tragédies des années d’entre deux-guerre et le tournant conservateur. Hannah Arendt elle-même n’était pas du tout une figure nationaliste — quoique sympathisante critique du sionisme, elle était très opposée à l’idée d’un état juif, position qui provoquera sa brouille avec un autre grand intellectuel juif né en Allemagne, pas nationaliste pour autant, qui lui s’y était résolu : Gershom Scholem. Elle se positionnera tout de même après 1948 en faveur, avec Scholem et d’autres, d’un état binational. Dans les années 1950, installée aux Etats-Unis, elle prendra un tournant républicain plus classique, même si sa critique du nazisme insiste largement sur son enracinement dans la modernité européenne impériale et coloniale.A propos d’Arendt, anecdote savoureuse qui permet de relativiser les attaques contemporaines en antisémitisme présumé de la moindre position critique : après la parution de son célèbre livre Eichmann à Jérusalem, le Nouvel Obs’ publie un courrier critique signé par plusieurs universitaires et dont le titre, taille 72, pleine page, se lit ainsi : « Hannah Arendt est-elle nazie? ». Un scan de l’article se trouve facilement sur internet.
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Je ne rentre pas dans les détails de la suite, dont les éléments sont plus proches des débats contemporains. On y traite de culpabilité européenne du génocide et de sa mémorialisation, voire sa transformation en religion civile — le terme n’est pas polémique chez Traverso, il y revient longuement, en partant de la Révolution française. De substitution de l’islamophobie à l’antisémitisme dans la pensée dominante. D »ailleurs et au passage, la formule « antisémitisme résiduel » est textuellement dans ce livre. Formule si maladroitement employée, et au plus mauvais moment, par Mélenchon — qui aurait lu Traverso? c’est bien possible —, tant il était évident qu’elle n’a de sens que prise dans un long développement précis. Car Traverso, évidemment, ne dit pas que l’antisémitisme a disparu mais parle des structures dominantes; il analyse d’ailleurs la question des nouvelles formes de judéophobies y compris dans les milieux issus du monde musulman. On pourrait reprocher à Traverso quelques rares formulations un peu expéditives mais pas beaucoup plus.
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Toujours est-il que l’histoire juive, cette tragédie lumineuse, est décidément passionnante. Lisant l’historiographie du nazisme j’avais déjà bien senti que cet acharnement forcené des nationalistes et autres autoritaires sur la « juiverie » ne s’ancrait pas simplement dans un délire, mais qu’elle est aussi une extrapolation délirante (quoique souvent méthodique et froidement rationnelle) d’un fait affectif profond et réel : il y a au sein de la modernité juive des manières d’être au monde radicalement distinctes de celles de ces gens-là. Manières d’êtres qui ne sont pas le fait des seuls juifs mais ils y ont, de fait, apporté une contribution singulièrement universelle.L’ennemi radical de mon ennemi radical est-il mon ami radical? Quand c’est à ce point, quelque chose me dit qu’en fait, un peu quand même.
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Guixols
InvitéTop merci IGY pour cette recension. Ce livre s’inscrit dans le temps long, mais permet d’apporter des éléments de réponse à des questions d’actualité, comme les changements politiques dans les communautés juives française depuis quelques décennies. Réponses historiographiques et donc matérialistes.
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I.G.Y
Invité« Ce livre s’inscrit dans le temps long, mais permet d’apporter des éléments de réponse à des questions d’actualité » : c’est bien vrai. Il a d’ailleurs récemment écrit un petit livre sur Gaza, sans doute plus ancré encore dans l’actualité, je ne sais pas si quelqu’un l’a lu ici mais je serais curieux d’un retour.
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François Bégaudeau
Maître des cléspour complément je viens d’achever un très beau petit livre de Denis Guenoun, Trois soulèvements, qui honore aussi la grandeur diasporique
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I.G.Y
InvitéMerci beaucoup, je note.
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Etalors
Invité
Christophe Lafaye, dont le documentaire a été censuré en avril sur France 5, sera finalement diffusé le 8 juin vers 23h. -
Etalors
InvitéUn peu d’illustration de ce moment https://www.facebook.com/reel/3946926482288367
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..Graindorge
Invité@Samia/etalors/ charivari/ tu arrêtes d’usurper mon pseudo
je ne te souhaite pas bonne nuit
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..Graindorge
Invité..Graindorge tu arrêtes d’usurper mon pseudo
je ne te souhaite pas bonne journée ni à ta grand-mère la folle-
..Graindorge
InvitéSAMIA/ ET ALORS
USURPATION DE PSEUDO
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etlaors
Invité -
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..Graindorge
InvitéSamia/etalors et c°
Tu arrêtes d’usurper mon pseudo
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MA
InvitéJ’ai trouvé cet historien plutôt passionnant sur son parcours mais aussi sur son objet de recherche :https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/guillaume-blanc-l-histoire-grandeur-nature-5804802
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I.G.Y.
InvitéJ’ai écouté ce matin, et trouvé intéressante la deuxième partie où il parle de la réception de ses travaux et de la violence concurrentielle dans l’université.
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MA
InvitéJ’ai découvert avec lui ce qu’était l’ego- histoire mais aussi dans la première partie le colonialisme vert que je ne connaissais pas.
Pour prolonger sur ce sujet: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/la-nature-confisquee-histoire-du-colonialisme-vert-7940115
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etlaors
Invité
Daho DJERBAL, Historien -
etlaors
Invité
Entretien avec Hosni Kitouni autour de son dernier ouvrage, «Histoire, Mémoire et Colonisation» -
Samia SABEG
InvitéJe suis de retour après mon séjour en HP
J’ai une caisse de bouteilles de vin rouge et tous les médocs donc tenez bien votre bouche
Maintenant laissez mon nom en dehors de ça et Graindorge arrête d’usurper le pseudo de Bégaudeau-
etlaors
InvitéParcours Plainte en ligne
Portail officiel de dépôt de plainte par internet
Récapitulatif
Validée le 29/05/2025 à 21:56 (UTC +02:00)-
diegomaradona
Invitéquel est le motif de la plainte?
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Le Public
InvitéEst-il possible qu’aujourd’hui en France, une femme ouvre des topics destinés à dénigrer et / ou diffamer un écrivain, sur son propre espace, qu’elle révèle les noms de certains sitistes, leur profession, qu’elle revienne constamment en ce lieu insulter les gens, chaque fois en changeant de pseudo, qu’elle pratique ici un harcèlement autoritaire, menace celles et ceux qui tentent de la stopper en leur disant qu’elle a un ami flic qui a récupéré leurs adresses IP qu’elle n’hésitera pas à révéler publiquement, pour les dissuader de lui répondre, de se défendre, de la chasser alors qu’elle agit dans le déni de la morale et de la loi, et que cette femme puisse porter plainte dès lors que l’un d’entre nous, en ayant assez, lui renvoie la pareille, la nomme pour pointer publiquement la personne qui agresse et harcèle les gens d’ici, pour qu’elle cesse de nous insulter, de nous traquer, de porter atteinte à notre vie privée, nous posons sérieusement la question.
Il nous tarde de connaître la réponse de la police à cette plainte.
Depuis l’année 2019 nous avons conservé toutes les preuves, toutes les insultes, toutes les menaces, la destruction du précédent forum, les révélations des noms, tout.
Nous patientions calmement.
Nous avons foi en la justice.
Samia sera la 1ère troll de l’histoire du forum a se retrouver au tribunal pour harcèlement moral.-
diegomaradona
Invitéje doute que la police accorde un quelconque intérêt à cette histoire alors que dans le même temps la menace des frères musulmans est à son paroxysme en france
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diegomaradona
InvitéIl fallait que je l’ouvre pour dire de la merde, j’étais scientiste borné et je suis devenu islamophobe car je suis une girouette. J’accuse mes interlocuteurs de mauvaise foi mais tout le monde constate que j’en suis le champion. J’utilise des mots dont je ne maîtrise même pas le sens (cf vergogne), je suis un vieux croûton qui passe son temps à troller le forum d’un écrivain que je ne lis pas.
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diegomaradona
InvitéJe vous demande de vous arrêter !
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diegomaradona
InvitéTout cela est bien triste…
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MA
InvitéUne autre manière de faire de l’histoire
https://www.arte.tv/fr/videos/RC-022469/civilisations-et-climat/ -
..Graindorge
InvitéMerci MA
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..Graindorge
InvitéLa Bataille de Paris, 17 octobre 1961 de Jean-Luc Einaudi
L’une des pages les plus sombres de l’Histoire de France enfin révélée. Inconsciemment occultée de la mémoire collective, volontairement étouffée par les autorités politico-administratives, la sanglante manifestation du 17 octobre 1961 refait surface grâce à cette minutieuse reconstitution des faits.
Par le biais de témoignages des acteurs du drame, d’extraits de presse et de quelques photos, on découvre ainsi avec horreur comment une manifestation d’Algériens venus protester contre l’instauration du couvre-feu a été violemment réprimée par les forces de l’ordre parisiennes dirigées alors par un certain Maurice Papon. Si la version officielle fait toujours état de deux morts côté manifestants et de deux blessés parmi les policiers, les recherches effectuées par Jean-Luc Einaudi montrent qu’au moins deux cents Algériens ont péri après avoir été fusillés, massacrés à coups de crosse ou jetés dans la Seine.
Bien documenté, ce récit chronologique provoque une intense émotion. Il s’apparente à un véritable devoir de mémoire à l’égard des victimes et prouve combien la guerre d’Algérie demeure une plaie à vif dans l’histoire de France. –Sylvain Lefort
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Lassou
InvitéVous avez des historiens à proposer sur la quatrième République ou sur de Gaulle ?
Dans un tout va bien je crois François disais que c’était un coup d’état qui mettait fin a la quatrième République. Je me rends compte que je suis vraiment inculte sur toute la période 4eme début 5eme (sur le reste aussi mais cette partie là m’a l’air, peut être a tort mmoins ausculter) si quelqu’un a de bons bouquins à conseiller je prend.
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Charles
InvitéJ’avais lu la guerre civile en France, 1958-1962 d’Anderson, dont j’avais parlé ici et qui est pas mal ( et pas trop long).
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Lassou
InvitéMerci beaucoup, c’est noté
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AuteurMessages
