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Accueil Forums Forum général Georges PEREC

  • Ce sujet est vide.
Vous lisez 24 fils de discussion
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    Messages
    • #111607 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Trouvé je crois tous les  » Je me souviens » et autres alors j’ouvre ce fil spécial Perec

    • #111608 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Je me souviens des dîners à la grande table de la boulangerie. Soupe au lait l’hiver, soupe au vin l’été.
      2
      Je me souviens du cadeau Bonux disputé avec ma soeur dès qu’un nouveau paquet était acheté.
      3
      Je me souviens des bananes coupées en trois. Nous étions trois.
      4
      Je me souviens de notre voiture qui prend feu dans les bois de Lancôme en 76.
      5
      Je me souviens des jeux à l’élastique à l’école.
      6
      Je me souviens de la sirène sonnant, certaines après-midi, à côté de l’école et qui vrombissait jusqu’à envahir l’espace que nous habitions.
      7
      Je me souviens de Monsieur Mouton, l’ophtalmo, qui avait une moustache blanche.
      8
      Je me souviens des coups de règle en fer sur les doigts.
      9
      Je me souviens des Malabars achetés chez la confiseuse au coin de la rue.
      10
      Je me souviens de l’odeur enivrante des livres, à la rentrée scolaire.
      11
      Je me souviens de mon grand-père qui se levait de sa chaise devant toute notre tablée pour pousser la chansonnette.
      12
      Je me souviens de lectures sous les draps, le soir, à la lampe de poche.
      13
      Je me souviens de ces départs en vacances où l’habitacle était aussi chargé que le coffre.
      14
      Je me souviens de la sécheresse de 1976.

      15
      Je me souviens des sacs plastiques accrochés aux fenêtres des cités universitaires.
      16
      Je me souviens des jeudis passés dans les bois à entasser la branchinette qui servirait à faire prendre le feu.
      17
      Je me souviens des oignons et de la petite fleur de Sidney Bechet, des disque 45 tours gagnés chez Antar avec les pleins de mobylette.
      18
      Je me souviens de Raymond le brave, toujours second, pas bien malin, toujours gentil.
      19
      Je me souviens de 1515.
      20
      Je me souviens des vaccinations en collectivité.
      21
      Je me souviens des fleurs de boutons d’or et de leur reflet doré sur le menton pour voir si « tu aimes le beurre ».
      22
      Je me souviens de ces défilés du 8 mai, 14 juillet, 11 novembre… de ces fêtes de village.
      23
      Je me souviens des essayages de morceaux de pull encore accrochés aux aiguilles à tricoter.
      24
      Je me souviens des «points» de la COOP à coller pour obtenir des lots.
      25
      Je me souviens de Nounours, Pimprenelle et Nicolas, du Marchand de Sable et de leur « Bonne nuit les petits ».
      26
      Je me souviens des Compagnons de la Chanson.
      27
      Je me souviens du petit carnet où j’écrivais les mots des grands et que je ne comprenais pas.
      28
      Je me souviens de 1516, premier anniversaire de 1515.

      29
      Je me souviens de l’annonce de la mort de Brassens.
      30
      Je me souviens des heures passées avec ma sur à faire tourner un Globe terrestre, les yeux fermés, le doigt pointé dessus, et de ne les rouvrir que lorsque celui-ci s’était arrêté, nous imaginions alors des voyages et des rencontres.
      31
      Je me souviens de la pêche aux moules du petit rapporteur. Je ne veux plus y aller maman.
      32
      Je me souviens de ton bouquet de pensées amoureusement cueilli autour du monument aux morts.
      33
      Je me souviens de beaucoup de chansons de Claude François.
      34
      Je me souviens que mon père nous emmenait à l’école dans la remorque à vélo.
      35
      Je me souviens des blagues avec un héros qui s’appelle Toto, qui objectivement ne sont pas drôles, mais qui nous faisaient bien rire.
      36
      Je me souviens des baffes pour sourire à la photo de communiant.
      37
      Je me souviens du premier aspirateur, quel plaisir la première fois.
      38
      Je me souviens d’être tombé sur la tête dans la cour de récréation sans savoir comment.
      39
      Je me souviens de cette classe de CM où j’ai passé une année scolaire, de l’odeur des livres ou de la cire qui marque les vacances, ou bien « d’entendre » ce silence qui angoisse.
      40
      Je me souviens de cette jupe vraiment trop courte, de ce pyjama orange des années 70.
      41
      Je me souviens de : «cheveux longs, idées courtes».
      42
      Je me souviens des plumes d’ailes de canard qui servaient à lustrer la cuisinière à bois.

      43
      Je me souviens de la soupe au ta-pioca.
      44
      Je me souviens de la seule claque reçue par mon père, j’avais 14 ans, pour une histoire d’eau entre ma sur et moi…
      45
      Je me souviens des stylos BIC jaunes dont on retirait la mine pour faire des lance-boulettes et des co-lères que cela provoquait chez mes parents.
      46
      Je me souviens de l’émulation des jours de boucherie.
      47
      Je me souviens des boules de gomme que nous achetions avec des pièces de 1 ou 2 centimes ; c’étaient des pièces en fer léger.
      48
      Je me souviens de ces nuits de Noël bien plus longues que toutes les autres nuits.
      49
      Je me souviens de mon père qui fai-sait briller nos brodequins avec du papier journal réchauffé dans le four de la cuisinière.
      50
      Je me souviens de chat délo.
      51
      Je me souviens de « ALLEZ LES VERTS ! »
      52
      Je me souviens des papiers peints où d’énormes formes géométriques oranges et jaunes s’épanouissaient sur fond noir ou marron.
      53
      Je me souviens de la campagne an-ti-gaspi.
      54
      Je me souviens du saxophoniste Guillaume Tarche.
      55
      Je me souviens des mécaniques où les hommes étaient dans les champs et les femmes préparaient le repas dans la cuisine-buanderie-pièce à manger, lieu unique à vivre des mai-sons d’avant.
      56
      Je me souviens des pommes cuites au four, oubliées et carbonisées.

      À suivre…

      • #111670 Répondre
        Seb H
        Invité

        Je sais pas si c’est un manque de sensibilité ou quoi, mais je ne trouve pas ça très bien

        • #111874 Répondre
          ,
          Invité

          Prends une portion de ciel ennuagé. Cinq centimètres sur cinq si ton nez colle à la fenêtre. Plus si tu peux te mettre un peu plus loin. Maintenant regarde les volutes, les gouffres, les voûtes, les tourments, les patiences, les écumes, les cendres, les entêtements, les arcades, les dégradés de ouate, les éclats meringués, les filaments, les lagons, les dunes, les étirements, les éternités, les instants, les torsions, les déchirures, les insensibles glissements. Regarde jusqu’à ne plus savoir ce que tu vois. Alors, alors seulement, retourne à ta lecture.

          • #111881 Répondre
            Claire N
            Invité

            Et bien je suis assez heureuse que Seb ai posé cette question pour avoir eu la joie de lire cette réponse

          • #111891 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            @’
            avec ce pseudo, ça ira vite les dédicaces. Le 1er livre édité à Cause Perdue

            • #112033 Répondre
              Samuel de Nerra
              Invité

              Mdrr

            • #112069 Répondre
              ,
              Invité

              oui c’est en prévision de mon arthrite, si j’arrive à leur soumettre quelque chose vers 2055 par là

          • #111949 Répondre
            Seb H
            Invité

            bah c’est bien le problème que j’ai avec ces textes c’est que quand je les vois je peux pas sentir autre chose que ce que je lis au premier coup d’oeil
            J’ose sentir qu’il y a quelque chose par dessus, mais jle sens pas plus que ça, qu’il est là

            • #112005 Répondre
              ,
              Invité

              Je me sens un peu stupide d’essayer de te convaincre, tout de même ça me chagrine que tu ne partages pas une émotion dont je m’imagine qu’elle devrait saisir n’importe qui tombant sur ce texte.
              Ces « je me souviens » me font le même effet que les nuages. Même drôle d’état où le moindre petit fragment de vie devient émouvant. Il n’y a pas de sens caché, enfin je ne crois pas, je n’ai pas besoin d’un quoi que ce soit de plus pour être touchée.
              Une part de mon émotion naît du geste de consigner, ce geste impossible, impossible exhaustivité, inévitables lacunes et fragmentations, geste qui persévère néanmoins, seul qui puisse sauver le passé, ce qui n’est plus mais qui aura toujours pour soi d’avoir été.
              Ensuite, dans le détail de la lecture, d’une phrase à l’autre, je sens comme un voyage dans différentes modalités du souvenir. Quand je pense souvenirs, en général j’ai tendance à m’attacher à des petites anecdotes marquantes. C’est « tu te souviens de la fois où ? » Tandis qu’ici, c’est plein de lambeaux disparates arrachés à l’oubli, les petites anecdotes individuelles oui mais pas seulement, des drôles de choses qui nous marquent ou qui se sont justes trouvées sur notre passage. Quand je lis ça je ne peux pas ne pas rebrasser ma propre enfance, des trucs complètement enfouis remontent, d’une manière assez inattendue, sans pour qui pour quoi.
              « Je me souviens des vaccinations en collectivité » : et voilà que je retrouve la petite moi de six ans qui attendait dans le couloir son tour pour le BCG, rouge à lèvres de l’infirmière, ongles teints, coton froid sur mon bras, étonnement de ne pas sentir d’aiguille etc. Et est-ce que c’est tout ça qui fait une enfance, une vie ? Est-ce que c’est ça qu’il en restera à la fin, malabars, bics jaunes, soupe au tapioca ?
              C’est tentant d’essayer de faire pareil, d’essayer d’écrire tes « je me souviens » et là tu te rends compte d’autre chose, c’est que ce n’est pas évident du tout de saisir le passé dans cette apparente simplicité-là. Il y a dans cet agencement de souvenirs comme un portrait qui se dessine. Ce que stéphanie appelle broderie plus bas et qui m’impressionne pas mal aussi.

              • #112031 Répondre
                Seb H
                Invité

                je ne pensais pas à un sens caché, juste un truc de ressenti qui se passe en dehors du texte. Un peu comme certaines oeuvres qui jouent du dédoublement avec le spectateur. Rothko peut être mais je pensais à dumont ou pasolini…

                Cependant il m’aurait peut être manqué une clé de lecture, du passé qui détruit tout etc… Peut être aussi que je suis trop jeune

                • #112034 Répondre
                  Samuel de Nerra
                  Invité

                  Seb, idem, je ne suis pas trop touché par le côté nostalgique ici. Ça me fait penser au « les années  » d’Annie Erneaux pour la projection dans le passé. Mais ce que j’ai aimé précisément dans le Erneaux est de palper un peu l’ambiance des années 50 à 80. Que j’ignore de connaître par le biais de l’écume des jours. Étant de 82.

                  C’est aussi un truc que j’ai aimé dans « leurs enfants après eux » de Mathieu.*

                  Mais du coup, avec le côté nostalgique assez kiffant. (Nirvana, et caetera 🙂
                  *: il serait temps d’avoir une stratégie d’éducation et scolaire pour votre fils, le père Mathieu. Spa dans les mangas qu’il va apprendre à écrire comme « . »

                  • #112035 Répondre
                    Samuel de Nerra
                    Invité

                    Ça pourrait Clairement faire un exercice littéraire sympa.
                    Plus simple que les haïkus.
                    Et l’émotion est prise par le col sans prévenir.
                    Faites 10 je me souviens qui prendront place avant vos 25 ans…
                    1. Je me souviens des gros bras de ma grand mère auxquels je m’accrochais.
                    2. Je me souviens du poème imprimé à l’école
                    3. Je me souviens des sacs de riz pour la Somalie. (Aujourd’hui je sais que Kouchner, comme sa go, était membre du thinktank de manufacture d’amour du neolibéralisme, Simon.)
                    4. Je me souviens des morceaux de billes que je gagnais, les agathes, les tâches.
                    5. Je me souviens des albums paninis, de Olive et Tom, des Crados
                    6. Je me souviens de ma défaite en finale du tournoi de tennis, raquettes en bois, de fin de primaire. Je (cm1) allait gagner contre Romuald (cm2 et de 1989), j’ai perdu, j’ai craqué mentalement, comme une merde)
                    7. Je me souviens des gros cartables, du bic 4 couleurs, des fesses énormes de Clotilde. Qui préférait Amjad.
                    8. Je me souviens de la super Nintendo offerte par notre daronne à ses 2 fistons. Sortie du coffre de la super 5 marron. Mario kart toute la journée. C’était chez papy et mamie. À tiercé, rue longchamp.
                    9. Je le souviens de pas avoir été à l’anniversaire de Katy qui m’avait invité pourtant. Craquage encore, on avait été jouer au tennis avec Xavier, sur un terrain public et gratos, non loin.
                    10. Je me souviens que j’ai plus de souvenirs que si j’avais 1000 ans. Ou pas.

                    • #112036 Répondre
                      Samuel de Nerra
                      Invité

                      J’ai fait nawak je crois. Peu d’invocations de l’époque précisément.
                      Fondation saint Simon, vive la crise: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Saint-Simon

                      Les membres de ce « club » très fermé formaient ce qu’Alain Minc appelait « le cercle de la raison »[3] et que leurs adversaires qualifiaient de « cercle de la pensée unique ».

                      Selon la revue de l’association de critique des médias Acrimed, la fondation Saint-Simon « joua un rôle central dans la conversion de la gauche de gouvernement au libéralisme »[4]. Grégory Rzepski, journaliste spécialisé dans l’étude des médias, relève que la fondation Saint-Simon a « fait émerger des thématiques appelées à occuper une place de choix dans le répertoire des idées conservatrices » et continue de constituer « un modèle pour nombre de think tanks »[5].

                      Président : Roger Fauroux et François Furet
                      Secrétaire : Pierre Rosanvallon
                      Trésorier : Alain Minc
                      Administrateurs : Jean-Claude Casanova, Jean Peyrelevade et Yves Sabouret
                      Parmi les autres membres on trouvait des chefs d’entreprises tels que Jean-Louis Beffa, Henry Hermand, Antoine Riboud, Christian Blanc, Jean-Luc Lagardère, Francis Mer, des journalistes comme Jean Daniel, Laurent Joffrin, Serge July, Christine Ockrent, Anne Sinclair, Franz-Olivier Giesbert, Jean-Marie Colombani, Michèle Cotta et Jean-Pierre Elkabbach ou encore le philosophe Luc Ferry, les sociologues Alain Touraine, Yves Lichtenberger, le politicien Bernard Kouchner et l’économiste Thomas Piketty.

                    • #112037 Répondre
                      Samuel de Nerra
                      Invité

                      Des monceaux de billes, et tacs

                      Romuald : 1980

                      Et d’autres coquilles..

                      Bonus track hormonale: je me souviens des branlettes en pensant à la prof d’allemand, madame L. Notamment celle où je m’étais fait une putin de faciale.

                      • #112073 Répondre
                        Seb H
                        Invité

                        qu’est ce que je suis en train de lire…
                        si tu pouvais détailler tes autofellations et ta pratique de l’edging ce serait super
                        1970, les années soupeur… La nostalgie du crouton, ramolli par les années, jauni et oublié, pas mangé, là, dans un coin de vespasienne, témoin du temps qui passe, des traditions qui se perdent. L’urée de la jeunesse qui se perd, 55 ans de mystère, d’occasions manquées.

    • #111674 Répondre
      Toto
      Invité

      35 comment ça « blagues pas drôles » ?

    • #111681 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Graindorge
      Le rappel et la reconnaissance
      On est dans la pâte même de la mémoire
      Il est très fort

    • #111689 Répondre
      stephanie
      Invité

      Bonne idée Graindorge ce filperec , de la broderie littéraire.
      Merci

      • #111699 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Ça change un peu des broderies canines…

    • #111701 Répondre
      Pmadeck
      Invité

      C’est touchant

    • #111782 Répondre
      Graindorge
      Invité

      57
      Je me souviens de ma fierté de voir mon père en pompier.
      58
      Je me souviens des soirées organi-sées où l’on faisait 10 km, à cinq sur la banquette arrière de la 403 pour aller regarder « La Piste aux Étoiles ».
      59
      Je me souviens de Calimero, il me faisait pleurer, et de L’Île aux enfants avec Casimir.
      60
      Je me souviens « d’un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’Humanité ».
      61
      Je me souviens de la fierté d’aller au lait à Léry à vélo. J’avais donc gran-di, quelle responsabilité. Quel plaisir la première fois.
      62
      Je me souviens des lunettes « sécu-rité sociale », rosâtres, ornées d’un filet brun aux sourcils.
      63
      Je me souviens de PERLIN PINPIN.
      64
      Je me souviens d’Elvire que j’aimais et qui m’avait offert un cadeau, ma-gnifique emballage de crottes de chèvre.
      65
      Je me souviens d’un film d’animation avec un ours, une petite fille et un marchand de sable, mais pas du nom des personnages ni du titre du film.
      66
      Je me souviens du temps que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaître… La Bohème…
      67
      Je me souviens du Certificat d’Études, debout face au jury, à pousser le Chant du Départ.
      68
      Je me souviens des histoires de To-to.
      69
      Je me souviens de la télé en noir et blanc.
      70
      Je me souviens des messes à Vi-neuil, lâchés de grillons, grenouilles ou lézards.

      71
      Je me souviens des résultats du BAC et de Gérard S.. Ivres morts, traversée de la Loire au pont de fer, c’était difficile et dangereux.
      72
      Je me souviens du silence qui ac-compagnait le défilé des dissidents chinois sur les Champs-Élysées le 14 juillet 1989 peu après les événe-ments de Tiananmen.
      73
      Je me souviens des kilomètres à vé-lo, les tickets de tombola dans les poches.
      74
      Je me souviens de mon premier vélo de course de marque Gitane, offert par mon grand-père.
      75
      Je ne me souviens pas du moment de ma naissance.
      76
      Je me souviens des flacons plats de pastis volés à TVS. Sale goût, pur.
      77
      Je me souviens de la moiteur de la laine de mouton que l’on tassait jambes nues dans les ballots.
      78
      Je me souviens de ces jeans dont il fallait remonter la fermeture éclair en s’allongeant sur le sol.
      79
      Je me souviens du cagnard où je faisais cuire le steak ou l’uf sur le plat.
      80
      Je me souviens de ne pas m’être souvenu de mon rendez-vous chez le dentiste.
      81
      Je me souviens de la ridicule supé-riorité du directeur d’école et de son pincement de joue à fuir telle la peste.
      82
      Je me souviens du papier tue-mouches qui pendouille au-dessus de mon bol au petit-déjeuner.
      83
      Je me souviens du café à trois francs.
      84
      Je me souviens des heures passées à jouer avec les lanières de plastique des rideaux pendus devant les portes d’entrée.

      85
      Je me souviens des scoubidous.
      86
      Je me souviens du plumier et des bouteilles d’encre sur la table d’école.
      87
      Je me souviens de Georges Pompidou à Chambord. J’avais démonté la pomme de douche de sa chambre pour y glisser du bleu de méthy-lène. Mes deux copines employées de chambre avaient été licenciées. « Pas le petit Julien, pas le petit Julien ! » criait Madame L. qui m’ai-mait bien. J’étais parti avec elles, en stop, en Lozère. Grande aventure.
      88
      Je me souviens du petit cartable rouge bordé de blanc, qu’il était joli. Offert pour ma première rentrée des classes.
      89
      Je me souviens de la terrible solitude du capitaine Némo.
      90
      Je me souviens d’hier.
      91
      Je me souviens de l’odeur capiteuse de l’encens à l’église.
      92
      Je me souviens d’avoir croisé Maurice Genevoix montant dans sa belle bagnole dans la grand’ rue.
      93
      Je me souviens des séances chez la couturière.
      94
      Je me souviens des « trimards » traversant le village avec leur balu-chon, s’arrêtant dans les fermes pour demander à boire, à manger et un coin de paille pour dormir.
      95
      Je me souviens de l’odeur de la colle que l’on utilisait à l’école.
      96
      Je me souviens de mon premier atelier d’écriture.
      97
      Je me souviens de son prénom : Isabelle.
      98
      Je me souviens d’avoir joué à la PICHENETTE.

      99
      Je me souviens, il n’y avait pas d’école le jeudi.
      100
      Je me souviens d’avoir attendu la fin d’année scolaire à chaque début d’année scolaire.
      101
      Je me souviens de la baguette à un franc.
      102
      Je me souviens des confessions à l’église. J’avais toujours été en co-lère, j’avais toujours été gourmand. Ce n’était pas très grave et je n’étais pas trop puni.
      103
      Je me souviens de l’odeur de la colle UHU.
      104
      Je me souviens de cette crue en 78.
      105
      Je me souviens des règles dont parlaient les filles, grand vide, grands yeux, mystère.
      106
      Je me souviens de Thierry le Luron imitant V.G. d’Estaing.
      107
      Je me souviens des soirées au coin du feu en famille, à raconter nos envies, nos craintes, nos peurs, nos joies, nos colères, nos désac-cords, nos émotions, jusqu’à plus de bois.
      108
      Je me souviens du garde champêtre avec son tambour et des « AVIS A LA POPULATION ! »
      109
      Je me souviens des séances de catéchisme chez une vieille dame, ponctuées par un chocolat chaud et qu’elle récompensait par un film à la télévision comme Poly ou L’Homme de Picardie.
      110
      Je me souviens des vélos fleuris.
      111
      Je me souviens de Bernardo, le mue

      112
      Je me souviens des conscrits, de leur trompette sonore et de leurs éclats de voix.
      113
      Je me souviens de la tempête du désert, de la radio et des larmes.
      114
      Je me souviens de la fontaine où chacun notre tour nous allions cher-cher l’eau avant les repas parce qu’elle était fraîche. Nous y retour-nions aussi longtemps et souvent que l’eau rapportée n’était pas claire, limpide sans écrevisses et petites bêtes.
      115
      Je me souviens des décalcomanies Malabar et de l’effet produit quand on rentrait à la maison avec ça sur les bras.
      116
      Je me souviens du jour de la mort de Jacques Prévert, mais plus de quel jour c’était précisément.
      117
      Je me souviens de l’été 76.
      118
      Je me souviens des vendanges tardives, les mains rougies de gelée blanche.
      119
      Je me souviens de Zorro et de son Z mythique.
      120
      Je me souviens des slips en laine tricotés par ma grand-mère, une tor-ture.
      121
      Je me souviens d’être monté dans les arbres et d’en être redescendu.
      122
      Je me souviens de la mode des pantys.
      123
      Je me souviens du récit de mes parents sur la guerre.
      124
      Je me souviens de :
      – Quelle différence y-a-t-il entre toi et une église?
      – ?
      – L’église est consacrée, et toi t’es un…
      125
      Je me souviens de la chasse au Dahu.
      126
      Je me souviens d’Olivia Newton John dans Grease.

      127
      Je me souviens des flèches polynésiennes qu’on lançait à toute volée pour chasser nos illusions.
      128
      Je me souviens des jeunes employés de la centrale. Ces salopards venaient chercher nos copines sur leurs japonaises toutes neuves.
      129
      Je me souviens du mercurochrome sur les genoux.
      130
      Je me souviens d’une fermeture à l’arrière de son pantalon « lie de vin».
      131
      Je me souviens de : « Qui a eu cette idée folle
      Un jour d’inventer l’école ! »
      132
      Je me souviens du goût des groseilles à maquereaux cueillies dans le jardin.
      133
      Je me souviens de la morsure de la paille coupée sur les chevilles aux heures de grande liberté.
      134
      Je me souviens des deux bébés enfournés vivants.
      135
      Je me souviens de « SACRÉ SATURNIN ! »
      136
      Je me souviens des Barbapapas de la télé, rigolos, multiformes, sur-prenants.
      137
      Je me souviens des 2 CV dont les portes s’ouvraient vers l’avant.
      138
      Je me souviens de la chasse au Dahu.
      139
      Je me souviens de mon premier voyage en train ; j’avais deux ans.
      140
      Je me souviens de l’étang à truites où avec mes frères nous plongions et où le jeu était de voir le plus de poissons avant de rencontrer la vase.

      • #111798 Répondre
        Claire N
        Invité

        Je me souviens de la chasse au Dahu
        Par deux fois
        Un souvenir qui nous fait intervenir
        C’est malicieux

    • #111783 Répondre
      Graindorge
      Invité

      141
      Je me souviens de l’arrivée de la télé.
      142
      Je me souviens du bruit de l’explosion d’un pétard dans une boîte à lettres.
      143
      Je me souviens de la carte de France sur le mur de l’école.
      144
      Je me souviens des tactac tactac tactac tactac tactac tactac tactac tac-tac.
      145
      Je me souviens du cours d’histoire en CE 2 qui commençait par : nos ancêtres les Gaulois.
      146
      Je me souviens de ces betteraves rouges qui revenaient toutes les semaines à la cantine.
      147
      Je me souviens de Piccolo, Saxo et Compagnie.
      148
      Je me souviens du Cours Moyen, odeurs de braise morte, d’encre et de chlore.
      149
      Je me souviens des Tic-Tac comme ceux qu’avaient les alliés sur les plages Normandes pour se reconnaître entre eux.
      150
      Je me souviens des violettes que je cueillais pour une vieille voisine qui passait ses journées dans son fauteuil près de sa fenêtre.
      151
      Je me souviens des jours anciens et je souris comme une vache qui…
      152
      Je me souviens des journées sans école et des « MAMAN JE N’SAIS PAS QUOI FAIRE ! »
      153
      Je me souviens des trajets à vélo pour aller à l’école et de chaque bosse, trou tout du long.
      154
      Je me souviens de l’air de mes tables de multiplication.
      155
      Je me souviens de l’odeur de tabac qui imprégnait livres et vêtements dans la bibliothèque de mon grand-père.
      156
      Je me souviens des images Panini et des échanges.
      157
      Je me souviens de cette coupe de cheveux à la Mireille Matthieu.
      158
      Je me souviens de :
      – Qu’est-ce qui est vert, qui monte et qui descend ?
      – ?
      – Un petit pois dans un ascenseur.
      159
      Je me souviens de « Vous les copains, je n’vous oublierai jamais. »
      160
      Je me souviens que Dizzie Gilespie, au rappel, a dit : « de toutes fa-çons, je serais revenu…»
      161
      Je me souviens du poil à gratter.
      162
      Je me souviens des cassis et cerises, cinquante centimes le kg cueilli, l’horreur.
      163
      Je me souviens de :
      « – Connais-toi…
      – Toi même ! »

      164
      Je me souviens des grèves de 73
      et de mes débuts dans la défense d’une cause que je croyais juste.
      165
      Je me souviens des boums dans l’ancien presbytère.
      166
      Je me souviens des pompes à essence en feu chez Montaru.
      167
      Je me souviens des bals des pompiers et de ceux des musiciens.
      168
      Je me souviens des « Bals populaires » et de Pierre.
      169
      Je me souviens de la remise des prix et de Monsieur le Maire qui dé-cernait le premier.
      170
      Je me souviens de l’été de mes 14 ans en Corse.
      171
      Je me souviens de ma grand-mère à Gombergean, qui cachait une ta-blette de chocolat derrière son dos.
      172
      Je me souviens de la morale notée chaque matin au tableau no
      173
      Je me souviens de mon père qui partait travailler sur son vélo, la cas-quette vissée sur la tête.
      174
      Je me souviens de « Till l’espiègle », projeté un dimanche dans la salle de bal du café, c’était mon premier contact avec le cinéma.
      175
      Je me souviens de l’herbe pour les lapins.
      176
      Je me souviens de la remorque derrière le vélo et moi,
      assise sur le tas d’herbe, dans la remorque et ma mère qui pédalait, pédalait
      177
      Je me souviens de l’année de la sécheresse et du 17 juillet. Il a plu toute la journée, la seule de l’été 76.
      178
      Je me souviens de « un enfant que l’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Mais qui a donc écrit ça?
      179
      Je me souviens des vendanges de mon enfance. J’avais 5 ans mon seau et mon sécateur.
      180
      Je me souviens du cri du cochon qu’on égorge.
      181
      Je me souviens de l’autoroute en construction et des ouvriers qui y tra-vaillaient.
      182
      Je me souviens des jeux après l’école, partagés avec Evelyne ma voi-sine.
      183
      Je me souviens du poêle dans la chambre,
      du mica et des flammes qui dansaient au plafond.
      184
      Je me souviens des miots au vin, l’été pour se désaltérer quand il fai-sait chaud.
      185
      Je me souviens de la « balle aux prisonniers »,dans la cour de l’école, à la récréation.
      186
      Je me souviens du « Lac majeur » et des bals sur parquet.

    • #111860 Répondre
      Graindorge
      Invité

      25 choses à faire avant de mourir, selon Georges Perec
      [youtube https://www.youtube.com/watch?v=Gh81fubFMEw?si=PccbFzIHQNHmBJPY&w=560&h=315%5D

    • #111916 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Désolée, je ne vais pas mettre ici les 480  » je me souviens » du bouquin. On a déjà un joli aperçu. Là je vais m’amuser à trouver d’autres textes

    • #111947 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Déménager

      Quitter un appartement. Vider les lieux. Décamper.

      Faire place nette. Débarrasser le plancher.

      Inventorier ranger classer trier

      Eliminer jeter fourguer

      Casser

      Brûler

      Descendre desceller déclouer décoller dévisser décrocher

      Débrancher détacher couper tirer démonter plier couper

      Rouler

      Empaqueter emballer sangler nouer empiler rassembler entasser ficeler envelopper protéger recouvrir entourer serrer

      Enlever porter soulever

      Balayer

      Fermer

      Partir

      Georges Perec, Espèce d’espaces, 1974

    • #112042 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

       » Leur vie n’était pas conquête »
      Les choses. P.93

      « Leur vie n’était pas conquête, elle était effritement, dispersion. Ils se rendaient compte, alors, à quel point ils étaient condamnés à l’habitude, à l’inertie. Ils s’ennuyaient ensemble, comme si, entre eux, il n’y avait jamais eu que le vide. Longtemps, les jeux de mots, les beuveries, les balades en foret, les grands repas, les longues discussions autour d’un film, les projets, les racontars leur avaient tenu lieu d’aventure, d’histoire, de vérité. Mais ce n’était que des phrases creuses, des gestes vides, sans densité, sans ouverture, sans avenir, des mots mille fois répétés, des mains mille fois serrées, un rituel qui ne les protégeait plus. »

    • #112127 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #129917 Répondre
      POPE
      Invité

      Je viens de découvrir que cette liste est un faux, j’ai le livre « Je me souviens » entre les mains et aucune trace de ces souvenirs.
      C’est une supercherie, tout le monde tombe dans le panneau, moi le premier. Le texte de Perec n’étant pas accessible en ligne, tout le monde se rue sur ce faux. Quel coup de maître !

      • #129918 Répondre
        Claire N
        Invité

        Génial !
        Comme quoi la chasse au Dahu par 2 fois c’était une piste

      • #129919 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Ah bon???? Tu en es sûr??

        • #129921 Répondre
          maurice
          Invité

          @Graindorge, une question essentielle
          C’est étrange cette façon d’envoyer des com sur begaudeau. Est-ce pour éviter que d’autres les envoie ? Et donc enveniment plus…

          • #129922 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

             » des com sur begaudeau???
            Une question  » essentielle » ???
            Salut maurice

      • #129920 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Pour Pope

        • #129924 Répondre
          POPE
          Invité

          Certain. Voici le lien de ta liste, il s’agit d’un atelier d’écriture qui propose de créer des ‘je me souviens » à la manière de Georges Perec :
          http://ateldec.chez.com/index.html

          • #129931 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Non je crois pas car j’avais trouvé sur internet la liste des 480  » je me souviens » du dit « bouquin » ( pas d’atelier d’écriture sinon j’aurais copié/collé ce qu’il y avait ds cet atelier de ce lien

            Il faudrait que je me remette à les retrouver et pas envie. Je ne les avais pas tous partager: trop long.
            Le livre papier que tu as comporte combien de jms?
            Quelle édition stp?
            Ici, à la bibliothèque universitaire, je crois bien me souvenir d’un livre Je me souviens de l’Ami Perec en espagnol. Mais là suis à Nissa. J’irai vérifier… l’année prochaine!
            Merci Pope: occasion pour retrouver ce topic et s’amuser à  » enquêter »

    • #129933 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Je me souviens Éditions Fayard
      Me acuerdo Éditions Impedimenta
      Minuit!!!! Bonne nuit!!

    • #130016 Répondre
      Oscar
      Invité

      Ça vaut le coup de placer Lieux ici ? https://lieux-georges-perec.seuil.com/
      Le contrôle de gestion est en surchauffe en ce moment. « Rire »

      • #130044 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Oh la la! Quel beau cadeau Oscar! Ça vaut le coup mille fois de le placer ici!!

        • #130046 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          J’ai fermé les yeux et cliquer au hasard
          Lieux
          Italie
          Réel
          Février 71
          en fait, le 12 juin 1971

          Pas grand-chose à dire sur la Contrescarpe1 ; au bout d’un instant j’en suis parti2.

          J’ai descendu la rue Mouffetard (passé chez Monique M[artens]3, absente). Acheté un croissant (75 centimes). Au bas de la rue Monge acheté un morceau de fromage type « tome des Pyrénées » (1,25 franc). Dans l’avenue des Gobelins, acheté un sac de bonbons (gommes, gels de fruits, guimauve, etc.) (1,25 franc).

          L’avenue des Gobelins en pleine mutation : ses quatre cinémas d’exclusivité4 : Les Assassins de l’ordre, La Maison sous les arbres, Love Story, Sacco et Vanzetti 5.

          Nombreux magasins de soldes (vêtements), électro-ménager.

          Les gens ont moins changé ; population sans âge ; beaucoup de monde ; ils font des courses.

          Au 59-61, très curieux passage finissant sur un porche et [un] escalier6.

          Place d’Italie vers 17 h

          « Café de France », au coin du boulevard Blanqui

          Sur le terre-plein du boulevard Blanqui, joueurs de boules.

          À l’horizon, un immeuble blanc, neuf, « préfabriqué » ; il ressemble à un radiateur.

          Un autre, gris.

          Une grue bistre.

          Il refait à peu près beau.

          Trois retraités : Deux discutaient dans la rue7. Passe le troisième, qui promène un petit chien blanc.

          Tout au fond, un chantier : palissades publicitaires : « Imaginez la vie en Levi’s ! » « Pernod Pastis ! » Techniques de l’amour physique (film) illustrées par la Vénus de Milo8.

          Deux enfants à sac à dos9.

          Panneaux de direction ; un arbre10.

          Au premier plan, un camion militaire, à l’arrêt. Le camion (plutôt un car) est vide. Le chauffeur attend.

          Des voitures et des gens.

          Une vieille femme en chaussons, robe ou plutôt blouse à fleurs sur fond sombre, gilet mauve, vient saluer les deux retraités (le troisième à chien est ici, au comptoir). Ils ne lui parlent pas. Passe une autre, en jupe plissée bleue et veste et béret assortis ; elle porte un drapeau.

          Ils vont tous sur le terre-plein avec un autre11 à calot bleu, également à drapeau. Attroupement (d’anciens combattants12).

          Le car a l’air d’être là pour eux.

          On va sans doute déposer une gerbe au pied du monument13.

          La gerbe est déposée par deux types et une dame à chapeau de paille. Minute de silence.

          Dispersion.

          La dame en bleu avait quelques vingt décorations pendantes.

          Nombres d’autres ont des brochettes plus discrètes.

          Le drapeau porte une Croix de Lorraine et un fanion anglais14.

          Sur un ordre de la fille à soldats, le conducteur démarre, ou plutôt ferme les portes du car.

          Palabres intérieures (ou intérieurs ?)15.

          Le car démarre et prend le boulevard Blanqui16.

          Il reste des gerbes au fond du car, sans doute pour d’autres commémorations.

    • #130021 Répondre
      MA
      Invité
    • #132353 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      J’aime / Je n’aime pas
      de Georges Perec

      J’AIME : les parcs, les jardins, le papier quadrillé, les stylos, les pâtes fraîches, Chardin, le jazz, les trains, être en avance, le basilic, marcher dans Paris, l’Angleterre, l’Ecosse, les lacs, les îles, les chats, la salade de tomate épépinée et pelée, les puzzles, le cinéma américain, Klee, Verne, les machines à écrire, la forme octogonale, l’eau de Vichy, la vodka, les orages, l’angélique, les buvards, The Guinness Book of Records, Steinberg, Antonello de Messine, les Baedeker, la Bibliothèque Elzévirienne, Info the dusk- charged air, les coccinelles, le général Éblé, les mots-croisés de Robert Scipion, Verdi, Malher, les noms de lieu, les toits d’ardoises, La Chute d’Icare, les nuages, le chocolat, les énumérations, le bar du Pont-Royal, Le Sentiment géographique, les vieux dictionnaires, la calligraphie, les cartes et les plans, Cyd Charisse, les pierres, Tex Avery, Chuck Jones, les paysages plein d’eau, Biber, Bobby Lapointe, Le Sentiment des choses (Mono no aware), le munster sans cumin, avoir beaucoup de temps, faire des choses différentes en même temps ou presque, Laurel et Hardy, les entresols, la dérive dans une ville étrangère, les passages couverts, le fromage, Venise, Jean Grémillon, Jacques Demy, le beurre salé, les arbres, le Musée archéologique de Sousse, la Tour Eiffel, les boîtes, Lolita, les fraises, les pêches de vigne, Michel Leiris, les fous rires, les atlas, « faire Philippine », Adieu Philippine, Bouvard et Pécuchet, les Marx Brothers, les fins de fêtes, le café, les noix, Dr. No, les portraits, les paradoxes, dormir, écrire, Robert Houdin, vérifier que tous les nombres dont la somme des chiffres est égale à neuf sont divisibles par neuf, la plupart des symphonies de Haydn, Sei Shonagon, les melons et les pastèques

      Je n’aime pas : les légumes, les montres-bracelets, Bergman, Karajan, le nylon, le « kitsch », Slavik, les lunettes de soleil, le sport, les stations de ski, les voitures, la pipe, la moustache, les Champs-Elysées, la radio, les journaux, le music-hall, le cirque, Jean-Pierre Melville, l’expression « à gogo », les fripes, Charlie Hebdo, Charlie Chaplin, les Chrétiens, les Humanistes, les Penseurs, les « Nouveaux (cuisiniers, philosophes, romantiques, etc.) », les hommes politiques, les chefs de service, les sous-chefs de service, les pastiches de Burnier et Rambaud, le merlan, les coiffeurs, la publicité, la bière en bouteille, le thé, Chabrol, Godard, la confiture, le miel, les motocyclettes, Mandiargues, le téléphone, Fischer-Dieskau, la Coupole, les cuisses de grenouille, les t-shirts, les coquilles Saint- Jacques servies dans des coquilles Saint-Jacques, la couleur bleue, Chagall, Mirô, Bradbury, le centre Georges Pompidou, James Hadley Chase, Durrell, Koestler, Graham Greene, Moravia, Chirac, Chéreau, Béjart, Soljenitsine, Saint-Laurent, Cardin et son espace, Halimi, les films un peu trop suisses, Cavanna, les manteaux, les chapeaux, les porte-feuilles, les cravates, Carmina Burana, Gault-Millau, les initiés, les astrologues, le whisky, les jus de fruits, les pommes, les objets « griffés », les perles de culture, les briquets, Léo Ferré, Claire Brétécher, le Champagne, les biscottes, le Perrier, le gin, Albert Camus, les médicaments, les crooners, Michel Cournot, Jean-Edern Hallier, les blue-jeans, les pizzas, Saint-Germain-des-Près, le couscous sauf exception, les bonbons acidulés, le chewing-gum, les gens qui cultivent le style « copain » (Salut ! Comment tu vas ?), les rasoirs électriques, les pointes Bic, Marin Karmitz, les banquets, l’abus des italiques, Bruckner, le disco, la haute-fidélité

    • #132389 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Trouvé Je me souviens en espagnol. Pope tu as raison
      Quelle aventure!
      À la fin du livre, Perec a exigé des pages blanches
      pour que des lecteurs puissent y écrire leurs Je me souviens
      J’en parlerai plus longuement

      • #132397 Répondre
        Pope
        Invité

        Je voulais vous écrire les dix vrais premiers «  je me souviens » mais je n’ai le temps de rien. Vivement la retraite.

        • #132401 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Pas de soucis Pope!
          Je les partagerai: c’est vite traduis

    • #133676 Répondre
      graindorge
      Invité

      Là ce sont d’authentiques « Je me souviens » de Georges Perec. J’ai aussi imaginé que les partages de JMS anonymes ont peut-être fait marrer, amuser l’espiègle Georges s’il est passé par ici dans l’un de ses rêves

    • #137204 Répondre
      Oscar
      Invité
      • #137511 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Régale-toi à l’expo cher.e Oscar !
        Ce petit poème
        où l’on a mis seulement des mots simples
        des mots comme camomille et manche à balai
        comme bête à bon dieu et sauce béchamel
        comme banana split et nonchalance
        et pas des mots comme palimpseste, pechblende, cumulo-nimbus, décalcomanie, stéthoscope, mâchicoulis ou anticonstitutionnellement
        a été composé spécialement
        à l’occasion de ces épousailles

        Ce texte de circonstance
        dans lequel il n’a été question
        ni de nue accablante
        ni de basse de basalte
        ni d’aboli bibelot d’inanité sonore
        ni de bête à bon dieu
        ni de la souterraine locuste
        ni de la Constitution de Quarante-huit
        a été écrit à l’occasion de ces accordailles

    • #137691 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Trouvé ça

      Entretien Georges Perec / Ewa Pawlikowska – Persée https://share.google/d23sCCyrhs3LD1Xlt

    • #140179 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Un petit cadeau pour bibinard car c’est tout un art de s’appliquer à « mal » écrire. Ça pourrait être un jeu oulipo. J’ai essayé et c’est pas simple. Bravo
      « Cesarem legato alacrem eorum »
      « Je me souviens » page 105

    • #140249 Répondre
      Oscar
      Invité

      • #140384 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci et merci Oscar

    • #140385 Répondre
      Balthazar
      Invité
      • #140386 Répondre
        Balthazar
        Invité

        J’imagine que tout le monde ici connaît mais je poste au cas où

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Répondre à : Répondre #129919 dans Georges PEREC
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