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Accueil Forums Forum général Gauche et hégémonie culturelle

  • Ce sujet contient 666 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par ..Graindorge, le il y a 1 année et 2 mois.
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    Messages
    • #10910 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous,

      Avec l’éviction récente d’Inter de la quotidienne de la bande de Charline Van Hoenacker pour la rentrée prochaine, je me suis décidé à créer ce topic pour parler d’un sujet hyper mal maîtrisé à droite – la faute à un refrain réac qu’on connaît bien à la « tous de gauche ! » -, j’ai nommé la question de l’hégémonie culturelle.

      Les réacs se plaisent de plus en plus à confondre « multiplicité » avec « gauchisme pathologique » ; ne plus être en mesure de dire sans contradiction des horreurs racistes ou sexistes, cela suffit pour eux à classer tout un tas d’émissions routinièrement libérales à « gauche ». Problème : les libéraux attaqués ne semblent pas le prendre ainsi ; pire : on voit vite qu’en réalité, ces dernières années, un rapprochement entre le camp réactionnaire et le camp libéral s’opère insidieusement ; ce que François appelle le camp libéral-autoritaire dans Notre Joie.

      Or voilà le problème : plus la contradiction et la discorde se font ressentir et plus ça hurle au wokisme, au gauchisme, à la bien-pensance et au final, la gauche radicale est, une fois de plus, rendue muette parce que grand-remplacée par des libéraux pseudo-ouverts d’esprit en termes d’adversité du camp réac.

      Mon expérience militante récente me l’a à nouveau fait réaliser : il existe des gauchistes qui en face du raidissement autoritaire que nous vivons depuis quelques années, préfèrent fermer leurs portes à tout « normie » comme je les appelle, plutôt que d’expliquer à des non-politisés ce qu’est véritablement le clivage gauche droite.
      Pour ma part, je pense que notre salut viendra de l’humour et de l’impertinence. Mais je n’ai pas le sentiment que tout le monde à gauche se sent investi par la nécessité d’une rigolade bien corrosive comme on les aime comme chez les Guignols autrefois.
      Voilà pour l’amorce. À vos claviers.

    • #10912 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Je ne suis pas sûr d’avoir bien tout compris ( non pas que tu ais mal expliqué mais c’est moi qui manque de billes et de connaissances sur ces questions). L’hégémonie culturelle, je ne suis pas sûr de ce que c’est mais ça m’intéresse. Moi j’entends toujours l’extrême-droite dire que sur le net par exemple, ils ont gagné la bataille de l’hégémonie culturelle. Et c’est vrai que là où ils sont en train de gagner, c’est que dès qu’une émission turbo bourgeoise libérale style Quotidien dit qu’elle est plutôt favorable au mariage pour tous ou à une moindre consommation de viande, ça crie au wokisme et au gauchisme. Voir récemment l’itw de François avec Eric Morillot dans le canapé orange. Là y’a un énorme problème de classification.

      Qu’est ce que tu appelles des normies par contre? Des gens centristes qui justement penseraient que le service public est de gauche, que France Inter est de gauche, que France Télé est de gauche, que Quotidien est de gauche? Et les militants dont tu parles n’ont pas envie de perdre du temps et de l’énergie à leur expliquer que non? C’est dommage, c’est quand même le rôle des militants d’essayer de déplacer des gens si possible. Après je sais pas si ça passe vraiment par là, par juste expliquer aux gens que. Tant que les gens le vivent pas, c’est dur de les déplacer. Moi ça s’est fait comme ça. Issu d’une famille aisée, bourgeoise cool, full centriste, j’étais centriste aussi, tendance Quotidien justement, progressiste sur les questions sociétales, je faisais gaffe à rien, j’étais un paisible étudiant, je trouvais que ça allait, mes parents m’aidaient, j’avais l’aah et les apl aussi, et puis je me suis mis à bosser et j’ai vu que c’était une turbo douille, doublée par des douleurs liées à mon handicap dans le travail. Là je me suis dit, attends c’est ça la vie? ça va être comme ça pendant 35 piges encore? A bosser pour un salaire de 1400e dont la moitié partira dans mon studio parisien éclaté? Tout ça m’a très vite rendu de gauche. Mais donc, c’est pas un mec qui est venu me dire que. C’est moi qui l’ai expérimenté. Même si quand j’étais centriste, j’étais quand même déjà sensible à des propos de François que j’avais vu à droite et à gauche sur l’école, sur 2005 le référendum les émeutes, ou surtout, encore une fois, à des situations très concrètes, à des douilles que prenaient des potes encore plus handicapés que moi au travail, des mecs plus âgés que j’avais connu en kiné, et qui eux en outre n’avaient pas de diplôme, des parents moins aisés que les miens, qui restaient longtemps au chomâge, à vivre encore chez leur parents à 30-35 ans à Bayonne ou à St Jean. Ça ça me rendait fou. Entendre qu’un mec en station debout pénible faisait la plonge, je trouvais ça terrible.
      Mais j’entendais récemment Papacito, issu d’une famille communiste espagnol anti Franquiste vénère, dire à propos du travail exactement l’inverse. Lui le travail l’a rendu de droite, et maintenant d’extreme droite. Je ne sais pas par quel bout il a pris le truc, mais il a dit ça.
      Après qu’est ce qui fait qu’on va vers la gauche ou vers la droite, ça c’est la grande question. François déplorait dans Notre Joie que M. ou d’autres soit pas tombé à gauche. D’ailleurs François pourrais tu en dire plus sur la généalogie de M., même si lui aussi t’as donné peu de billes. Tu le soupçonnais fils de commerçant, c’est bien ça?
      François disait aussi que des gens tombaient à droite car ils les trouvaient marrants. Ça ça n’engage qu’eux. Moi je crois beaucoup à l’humour bien sûr. A droite, il n’y en a qu’un qui parfois me fait rire, c’est justement Papacito, mais il est d’une telle bêtise politique par ailleurs, que pour un gros rire qu’il me donne parfois, je me slapface le reste du temps, et je coupe vite. Et puis après j’écoute Usul ou Dany et Raz ou François ou Le Bolloch ou David Guiraud ou Louis Boyard ou Antoine Goya ou les dessins de David Snug ou Allan Barte et là y’a pas photo, non seulement je les trouve bien plus pertinents et en plus turbo drôle. Allan Barte ou David Snug c’est quand même très très très très au dessus de l’autre débile de Marsault. Mais un droitard dira l’inverse. Don personne ne bougera et on restera minoritaire. A moins que, encore une fois, la vie concrète, la vie matérielle fasse que des gens qui a priori ne nous auraient pas rejoints, finissent par nous rejoindre. Par urgence écologique, par déclassement insidueux de toute une franche de la population jeune active, dans la culture, dans le journalisme, dans l’enseignement, ou que sais-je. C’est ce qui est récemment arrivé à ma soeur qui était elle aussi douce centriste jadoiste, qui gagnait bien sa vie à Paris avec son mari sans enfants. Et puis elle a eu une fille, et puis son mari a été licencié pour restructuration du journal où il travaillait, et puis une deuxième fille, puis l’année d’après c’est ma soeur qui a été licencié de son journal, idem pour restructuration, retour à st jean après le covid, son mari qui était red chef adjoint à redevient pigiste, elle aussi + un boulot à l’accueil de l’office du tourisme de Ciboure l’été, et c’est marrant ces deux jadoistes buveurs de spritz sur les quais de seine en 2017, en 2022 ils ont voté Méluche sans trop hésiter. Bon par contre, ils boivent toujours des spritz, on se refait pas complètement

    • #10917 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Sur l’hégémonie culturelle, voir l’entretien avec Keucheyan qui ouvre le hors serie Socialter.
      Sur l’humour, voir le même hors série.
      et d’accord avec toi, Mathieu. Il faut en finir avec l’idée qu’à droite ils se marrent et pas la gauche. Les comiques les plus droles sont à gauche – Barré, Tranié, Gardin, Waly Dia, etc

      La vraie raison pour lesquelles certains tombent à droite est sociologique. Elle tient au réel et non aux idées. D’où l’importance de comprendre l’hégémonie culturelle comme un phénomène matériel, et non discursif.
      Dans Notre joie, j’intuitais en effet que M était fils de commerçant et ça m’a été confirmé par la suite, par une connaissance de M.
      Il y avait un autre portrait dans Notre joie : S, un type très vener, en lisière d’une colère sociale, et pétri d’une vraie générosité sociale, mais rien à faire, c’est Soral qui avait son suffrage. Car S était un fils d’agriculteur de droite. Fils de postier, il était à gauche.
      Les Papacito et autres on les situe aussi très bien sociologiquement, anthropologiquement (premiers immigrés que le narcissisme des petites différences pousse à se distinguer des immigrés suivants). Leurs origines nationales jouent aussi beaucoup – ici il faudrait entrer dans le détail des schèmes autoritaires de certaines régions d’Italie et d’Espagne (sur un modèle Todd, en plus sérieux)
      L’origine PC est secondaire. Partant du PC, on peut finir partout. Le PC est, souvent, une parfaite matrice autoritaire. Et je sais intimement de quoi je parle.

      • #10921 Répondre
        Nox
        Invité

        Pour vous répondre à tous les deux :

        Mathieu : ce que j’entends par « normie », c’est le tout venant ne se sentant pas heurté par le statu quo actuel et / ou qui serait bien en peine de le questionner, tant ça va modérément bien dans sa vie, sur un plan matériel. J’ai du mal à utiliser le mot « centriste » parce que ça tient plus à une pensée de substitution, presque automatique, qu’à un positionnement politique bien établi. Je confirme donc à nouveau qu’effectivement, l’énergie militante que j’ai côtoyée n’a pas beaucoup de considération pour la bienveillance, l’indulgence ou la pédagogie ; j’en veux pour preuve les discours purement assénés d’AG en AG, à la fac Bordeaux Montaigne ou pire, à celle de la Victoire qui a été très rapidement fermée au moins jusqu’à la rentrée prochaine, car sans aucune organisation et trop fragile de l’extérieur car située en centre-ville. Je l’ai déjà dit mais j’ai plus fait réagir les étudiants qui m’écoutaient en racontant simplement (comme tu l’as fait dans ton cas) mon quotidien d’étudiant qu’en invitant tout le monde à abattre « Macron et son monde » – discours qui a rapidement fini par me blaser, pour celui-ci.
        Quant aux vidéastes que tu cites et que je connais très-très bien, allons-y franco : Dany et Raz sont détestés par une très grosse frange de la gauche morale blanche et attirent un public spécifique mélangeant culture rap, queer et troll du Net (on aime ou on aime pas), Antoine Goya, c’est presque encore plus hardcore à ce niveau-là et même Usul qui balise quand même pas mal ses propos s’est fait « annuler » par les mêmes gens que je cite plus haut. Le dénominateur commun ::ne pas mettre toutes les balises qu’il faut et manquer d’inclusion, de représentation, ou de retenue dans certaines blagues qui me font crever de rire mais qui mettent en PLS la team « Trigger Warning ».
        Et alors que je pensais que ce niveau de susceptibilité stratosphérique n’existait qu’en ligne, mon expérience militante m’a forcé à me la manger « dans la vie réelle », alors que je pensais que certaines choses étaient indicibles en face à face, passé un certain niveau de degré pseudo-gauchiste.
        Pour te répondre donc François, j’ai bel et bien conscience que des humoristes et des rigolos à gauche, on n’en manque pas. Ce qui me fait chier, en attendant, c’est cette gauche morale blanche qui a l’air de cultiver un dialogue tout aussi pathétique qu’à la Zemmour / Enthoven , avec cette fois-ci une extrême droite bien plus organisée, puissante et implacable qu’auparavant : le jeu des boîtes ;
        « Une blague raciste, c’est de droite », « les Trigger Warnings (dont les effets positifs ne sont toujours pas prouvés à ce jour), c’est de gauche », « se raser les aisselles quand on est une femme, c’est de gauche », « écouter du Patrick Sébastien, c’est de droite ».
        Pour retomber sur mes pattes, bien évidemment que les humoristes de gauche me font bien plus marrer. Le problème, c’est que la pureté militante telle que je me plais à la dépeindre texte après texte que je vois chez une frange importante de la gauche radicale me fait dire que la « bataille culturelle » contre le camp conservateur va être d’autant plus ardue et c’est pour ça que j’ai décidé d’ouvrir ce topic.

        • #10935 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Par gauche morale blanche, tu entends quoi? Moi j’assimile ça au centrisme PS voire au moralisme autoritaire du Printemps Républicain, donc se faire cancel par eux, ne faut-il pas le prendre comme un honneur? Moi si j’étais Dany et Raz, je serai content en tout cas.

          • #10945 Répondre
            Nox
            Invité

            Par « gauche morale blanche », j’entends celle qui du centre-gauche jusqu’à une certaine frange de la gauche radicale, va considérer que par exemple, une oppression, « ça commence par des mots », comme le dirait un vieux spot gouvernemental et que par conséquent, on va procéder à la censure de tout un tas de « mots interdits » comme le fameux « N-Word » (autre débat de merde dans mon expérience militante…) ou tout ce qui se rapporte de près ou de loin à une insulte « oppressive » ; exemple concret : chez les militants handis psy que j’ai fréquentés en ligne, user de mots comme « dingue », « débile » ou « taré », c’est déjà trop ; on est – peu importe nos intentions – mis à égalité avec le premier psychophobe / validiste venu.
            J’appelle ça « la lutte pas chère » contre les discriminations : il suffit de bannir des mots et de se considérer « déconstruit » pour ne pas avoir à se remettre plus que ça en question.
            Ce qui m’amène à parler d’un autre épisode militant de ma microscopique carrière dans le domaine : y a quelques années, je créchais régulièrement avec les gugusses de l’Université Populaire de Bordeaux, une association très politisée à gauche spécialisée dans l’éducation populaire.
            Ils étaient tous foncièrement convaincus de l’iniquité de tous un tas de discriminations et semblaient intraitables sur ces questions ; par exemple, faire des vannes avec un gros accent rebeu comme je peux le faire souvent, c’était « moyen », à leurs yeux.
            Sauf qu’un dimanche après-midi, alors qu’il était question pour tout un tas de gens dans un auditorium d’évoquer avec l’ami Franck Lepage nos parcours politiques respectifs, j’ai pris la parole en bégayant un peu (stress oblige) et en parlant de mes parents algériens arrivés en 92 en France avant l’éclatement concret des Années Noires « là-bas », le camarade Lepage m’a sorti avec un ton rigolard « bon, tu ne vas pas nous faire toute la Guerre d’Algérie non plus hein ! », suivi de réactions unanimement hilares dans le public.
            Et c’est là que je l’ai vu de manière spectaculaire et fracassante : j’étais le seul racisé de la salle ; et pas juste pour ces fois : dans la quasi-totalité des conférences et des activités auxquelles j’ai participé avec eux, ma solitude raciale était la même.
            Et c’est ces mêmes gens qui au moindre affût d’une blague – même ironiquement – raciste, vont faire preuve d’un zèle anti-raciste sans faille, sans jamais se poser cinq secondes la question de l’entre-soi de « blancs becs » les rendant aveugles à un fait qui me paraît clair et net, quand je les écoute : ils ont une conception idéaliste (au sens « philosophique ») du racisme.
            Et c’est ce même genre de situation tragi-comique qui fait qu’un soir, y a déjà deux mois, deux jeunes femmes blanches se sont évertuées à expliquer à un mec à moitié racisé un peu maladroit que « le N-Word, c’est pas possible », comme si elles avaient une conscience religieuse de ce qu’était que la négrophobie, ne voyant pas qu’elles reproduisaient une scène raciste assez classique du Blanc là pour « civiliser » le Métèque de par ses valeurs morales intrinsèquement supérieures à celles des Barbares.
            C’est ça, « l’anti-racisme pas cher » : faire chier sur des expressions, des vannes, des éléments de langage potentiellement ou carrément racistes, en liquidant tout contexte, toute éventuelle pertinence à renverser des stigmates comme « bougnoules », « négros » ou même « terroristes » (Allahu akbar ! KABOOM !) pour fabriquer justement une certaine puissance politique qui peut nous manquer, quand on est né rebeu comme moi, ou renoi comme ma copine… le tout permettant de se dispenser de toute introspection sérieuse sur ce qu’est concrètement l’expérience matérielle et viscérale du racisme, pour des corps d’Arabes et de Noirs.
            Tout ça ayant en toile de fond ce que certains militants outre-Atlantique appellent la « culpabilité blanche », c’est-à-dire cette tendance perpétuelle à la repentance et l’auto-flagellation de certains militants « progressistes » blancs, qui sont malheureusement loin d’être « extrêmement minoritaires », comme le disait François.
            Typiquement et pour terminer, un super humoriste comme Waly Dia, il me fait rire et il m’attire parce que son esthétique de « mec de la té-ci » me parle, j’y suis familier, surtout quand le tout est ponctué de mots arabes avec lesquels j’ai grandi ; sa « gauchité » arrive en seconde main dans mon esprit – sauf que certains gauchistes n’aiment pas du tout cette esthétique, la trouvant « caricaturale » et perpétuant la « menace du stéréotype » ; on en revient alors au malaise de certains gauchistes, quand ils entendent mon accent caricaturalement rebeu, sur certaines vannes. Bref, la « gauche morale blanche », c’est celle qui n’a pas encore admis au monde qu’elle était libérale et que la question des structures et de la domination invisible de tout un tas de minorités la dépassait purement et simplement. Je le vois à chaque fois.

            • #10946 Répondre
              Nox
              Invité

              Je précise que pour le deuxième contexte des « deux jeunes femmes blanches », c’était au squat de Bordeaux Montaigne où j’ai récemment milité.

              • #10949 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Est-ce que tu as évoqué ce malaise Lepage avec tes camarades de l’époque ? Et signalé aux deux Blanches le burlesque de leur attitude ?
                Personnellement j’ai un chemin de militantisme qui s’approche du tiens mais sur le tard – je me suis séparé du groupe.
                À vingt ans, il y a donc vingt ans, j’étais de toutes les luttes, j’aimais l’action et je m’imaginais subversif, et curieusement j’étais populaire au sein des collectifs où je traînais mes docs. J’étais costaud et je faisais des blagues, les gens m’aimaient bien. Je faisais, en plus de dire, alors c’était valorisé. Et puis la jeunesse permet beaucoup de choses.
                On parlait souvent des changements que l’on constatait entre notre génération et la précédente, hyper virile, que nous idéalisions. Nous n’avions pas vécu les grosses bagarres des années 80, nous arrivions dans l’anarchisme sur un chemin pavé par des types aux bras et aux discours musclés se réclamant autant de la guerre d’Espagne fantasmée que de l’antifascisme de rue pratiqué. Nous, nous étions moins virulents et plus enclins à la conversation que nos aînés, pour la plupart.
                Quand les débats commencèrent à porter sur les oppressions systémiques, le langage inclusif, ce que l’on va nommer en gros la construction d’un safe space, j’étais dans la majorité qui, à ce moment-là de la militance de gauche radicale, ne savait que penser. Certains ont entrepris de se remettre en question assez tôt ; d’autres dont moi ne voyaient pas l’intérêt de toute cette fantaisie inutile, car notre ennemi c’est le capitalisme et le fascisme, et en plus le langage j’ai appris ça à l’école et c’est le seul truc que je maîtrise un peu, et on n’a pas de temps à perdre avec ces trucs de gonzesses, tu vois l’idée.
                On a beaucoup excusé les mecs, à l’époque, leurs attitudes machos à la con, leurs dérapages verbaux, surtout parce qu’il y avait beaucoup de mecs quand même. On était contre la violence sexiste, mais quand un pote tapait sur sa copine, nombre d’entre nous faisions comme s’il ne se passait rien. On parlait mal : enculé salope pute. La question du patriarcat était centrale mais nous étions mitigés entre redskins (l’ancien mot pour antifa) et autonomes, du moins pour ceux que ça intéressait (ça me titillait quand même, au fond de moi je me disais bien qu’un truc ne tournait pas rond). Certains trouvaient que ça occultait « les vraies luttes ». La question de la race sociale n’était même pas débattue, il allait de soi que personne n’était raciste, allons bon. On n’allait pas changer notre façon de parler ni notre façon de penser.
                Le collectif Les Mots Sont Importants et quelques autres trucs sont arrivés, puis Paye ta shnek et les Féministes Par Inadvertance (dont il ne reste pas grand-chose), puis Rokhaya Diallo, et surtout, surtout, l’internet dans lequel je n’étais pas né m’est devenu accessible – et beaucoup d’autres choses se sont passées que je t’épargne. Je me suis rendu compte peu à peu en côtoyant des gens plus jeunes que moi et/ou plus cultivés, du sérieux de l’entreprise, et d’à quel point j’avais l’air idiot à défendre la langue de Molière non-inclusive et le droit de dire pute salope enculé sans remettre en question l’imaginaire misogyne et sexiste que je véhiculais.
                Vers mes trente-cinq ans je re-militais à la CNT après une interruption de sept ans. Et j’étais finalement surpris de voir que la culture du virilisme persistait. Parmi mes tares, je ne buvais pas, ce qui m’excluait d’office des festivités. Mes actions militantes ne comptaient pas – non seulement je ne recevais pas de reconnaissance de la part de mes camarades, mais je me faisais fliquer sur mes goûts culturels ou mes fréquentations hors cercle. Le profil des gardiens du temple était le même que le mien quinze ans avant : idiot, alcoolisé et sûr de son droit – la lutte pour personnalité, le martyre comme finalité. Je n’ai pas vu beaucoup de différence entre le sexisme d’avanr et celui de maintenant – les mêmes imbéciles sortaient les mêmes imbecillités, je n’en faisais simplement plus partie. Certaines rencontres furent agréables mais tout ça s’est terminé par moi claquant la porte après quelques ostracismes à mon égard.
                Quand j’entends en manif à l’adresse des flics des mots infamant les prostituées ou les homosexuels, je me dis que la bien-pensance de gauche radicale ne s’est pas tant imposée que ça. Au contraire. Il n’y a que dans certains cercles radicaux type CICP à Paris ou CCL à Lille que les usages interdisent certaines injures. Et sur internet, et honnêtement je ne vois pas le problème d’éviter de traiter les gens de noms racistes ou misogynes dans le cadre de conversations adultes. Partout ailleurs, tu peux donner du fils de pute, personne ne te blamera – même pas moi qui garde des réflexes langagiers peu glorieux.
                Et dans le monde du travail par exemple, les blagues racistes, sexistes, homophobes ou misogynes se perpétuent en l’absence (ou non) des concerné.e.s. De fait, malgré certaines maladresses, il faudrait essayer de faire la généalogie de ce que tu nommerais peut-être la militance cosmétique, le militantisme de façade cachant des mentalités libérales.
                J’ai souvenir d’un camarade noir qui ne supportait pas les blagues racistes. Quand quelqu’un faisait une blague raciste – drôle ou pas – il mettait un coup de poing. Il n’aimait pas entendre le vocabulaire raciste qu’il avait entendu toute son enfance à l’école, dans la rue, et subissait encore trop souvent. Que dire de cette attitude ? « Ne te fâche pas, c’est de l’humour » ? Moi je ne suis pas noir, mais quand j’entends un Blanc faire une blague raciste, je suis rarement à l’aise. Il faut vraiment que la blague soit bonne et généralement elle ne l’est pas. Admettons qu’elle le soit, il faudrait une connivence particulière que l’on retrouve dans certains cercles, et cela ne me gêne forcément, mais qu’elle soit exclue des cercles luttant contre le racisme me paraît un minimum.

                • #10955 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  Je tiens à m’exclure de la minorité jetant l’anathème dont il est question. Il y a une différence entre condamner bêtement et questionner le langage et les usages. Je pense qu’ici, il y a deux débats en un.
                  D’expérience, les prétextes utilisés pour ostraciser quelqu’un ont souvent peu de rapports avec ce que dit la personne mais plutôt avec ce qu’elle est. Dans le milieu militant, on trouve toujours un truc ou un autre pour degager quelqu’un que l’on n’aime pas, que ce soit en exagérant des propos ou en l’accusant de social-traitrise pour des raisons ineptes.
                  Il y a de la chimie à l’œuvre dans ces entreprises de sape, du délit de faciès. C’est important de faire la part des choses entre deux idiotes qui font la morale parce qu’un pauvre type ne connaît pas encore les codes et qu’elles souhaitent l’inclure, et deux crevures qui essaient de virer un type affublé d’une tête, d’une voix, d’une odeur qui ne leur revient pas.

                • #10956 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Pour te répondre rapidement sur tes deux questions : oui et doublement oui.
                  En ce qui concerne l’Université Populaire de Bordeaux, je leur ai même claqué la porte, parce que je savais que j’étais seul contre tous, dans cette histoire.
                  Au sujet des deux blancas, j’ai dû prendre le temps de leur expliquer le côté ironique de leur attitude et la véhémence suspecte dont elles faisaient preuve à l’égard du pauvre garçon qui se sentait attaqué de toute part… et elles ont mis du temps à voir qu’elles y allaient très fort avec lui.
                  Merci d’avoir partagé ton parcours militant, c’est très intéressant de te lire.
                  Je souhaiterais revenir sur ton exemple du collègue noir qui se faisait emmerder par des vannes racistes : on ne parle pas de la même chose.
                  Désolé de le rappeler, mais je ne suis pas « Blanc » à proprement parler et donc quand j’évoque « l’humour de rebeus », c’est bien MON imaginaire culturel que je mets en avant et celui avec lequel j’ai grandi. Ayant d’ailleurs été scolarisé dans des écoles à fort ratio populaire et donc à grand renfort de « mixité raciale », je me suis personnellement bien plus fait emmerder par les autres « frères » qui me reprochaient d’être un fayot invétéré et donc un « traître » que par les gamins prolos blancs pour lesquels mon prénom étant le même que celui de Zidane me valait une sympathie immédiate de leur part.
                  C’est bien par « inversion » que j’ai dû apprendre à me confronter au racisme structurel ; en regardant que le zèle que je mettais à vouloir être un bon élève et à me différencier de mes pairs avait quelque chose de profondément raciste, au fond – je voulais être un Blanc comme les autres, en gros.
                  Et c’est bien avec des gauchistes blancs comme chez l’Université Populaire de Bordeaux que j’ai été confronté à une assignation raciste qui se voulait « rigolote », tout comme avec mes camarades de l’Université Bordeaux Montaigne, dont l’inconscient raciste semble peu interrogé – leur jeune âge les excuse un peu, néanmoins.
                  Y a donc – à mes yeux – une vraie différence entre s’amuser des stéréotypes racistes comme les Inconnus et les Guignols le faisaient à leur époque et s’en servir pour continuellement charrier le Rebeu ou le Noir de service.
                  Sauf que sur Internet – et je suis une génération très portée par la militance numérique -, je me suis confronté plus d’une fois à la rigidité intransigeante de gauchistes blancs qui ne démordent sur aucun mot identifié comme « problématique », quelque soit le contexte et alors que comme n’importe quel boomer, je m’imaginais – comme François – que j’avais affaire à un épiphénomène de la gauche militante, le « réel » m’a foutu des tartes en série et j’en suis ressorti blasé et impuissanté.
                  Ça, à mes yeux, ça nous affaiblit dans la « bataille culturelle » contre la droite, parce qu’attendant et au risque de me répéter, Waly Dia a une force de frappe bien plus grande en arborant dans sa façon de parler une esthétique « banlieusarde » et en visant les politiques dans leurs grosses magouilles qu’un Meurice qui va faire du micro-trottoir de vieux bourgeois débilement racistes en se donnant des airs de supériorité morale que la droite réac adore détester en se prévalant ironiquement d’être « hors de toute morale et de toute bien-pensance », tandis qu’en matière de pensée bien balisée, on n’est plus à ça près, avec ces guignols.

                  • #10974 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    .. pas mordre la main qui te nourrit hop hop hop tous les vendrimanches à 23 heures 70 / … pour la team à Charline

                    avec son bilan de la palme d’or qui fait au gouvernement une justinetriet

                    • #10975 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      * 26.70
                      benh oui, sinon c’est moins Waly

                      • #10985 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Tellement bien ses deux dernières chroniques !
                        Et s’il fallait encore différencier humoristiquement Waly et Meurice : quand la bande à Charline se fait virer d’Inter, le premier en fait une chronique, quand l’autre se contente de simples allusions lointaines, l’air de rien.
                        Et pour te répondre, Claire, ce n’est pas tout à fait comme ça que je présenterais les choses, mais il y a certainement une volonté dans « l’anti-racisme pas cher » tel que je le définis, de se faire mousser sans effort, en effet.
                        Aussi, je pense qu’il y a une confusion lexicale ou logique sur ce qu’est réellement une structure oppressive et comment elle s’articule ; dans ce que je mettais en exergue, en l’occurrence, une structure oppressive se résume souvent à être un machin qui serait la conséquence de nombreux choix individuels mis bout à bout et que pour en sortir, tels de bons colibris, il suffirait de faire des « petits gestes du quotidien » pour in fine, « se déconstruire ».
                        Ou comment remixer le libéralisme à coup de pensée faussement déterministe et / ou structuraliste, histoire de réhabiliter notre bon vieux libre-arbitre, puisqu’il existe un poids psychologique et moral permanent à continuellement penser les structures de domination et à constater leurs effets chez tout un tas de gens, à commencer par nous-mêmes.
                        Jolie contrebande, quand même.

                      • #11227 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        excellent en effet
                        faudrait que Waly ralentisse, et allège un peu sa prose, mais sur le fond il est d’une acuité implacable, et déglingue l’idée que l’humour est passé à droite

                      • #11228 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        On aime aussi la saveur cahier de vacances (Meurice/Vanhoenacker/Cami) du Hors Série Socialter:
                        ce magazine a toujours cette mise en page et ce côté pop art là au niveau de la forme/ mise en page?
                        [ je me garde les articles/gros contenus pour un pot d’hãagen-Dazs, le basique, macademia, ou pour tester salt caramel/cappuccino, ce soir – il me semble bien que je suis free]

                      • #11229 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        *macadAmia oh – c sérieux cette histoire de noix

                      • #11291 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        J’aime bien ton image du « colibri « ça me donne un angle de vue intéressant, merci

                • #10971 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Nox , j’ai l’impression ( mais peut-être que c’est pas cela) que tu pointes un point que je visualise comme cela :
                  on a une échelle de valeur morale du racisme ( graduée en positif et négatif ) et les personnes dont tu parles et qui t’énervent cherchent juste à se déplacer sur cette échelle pour gagner en « point de moralité «  en utilisant au passage les personnes racisees sans ce poser la question de la ligne sur laquelle elles se déplacent ( qui seraient une vision raciste du monde) du coup ça donne une rigidité pas drôle et ça écarte de l’intérêt qu’on peut porter à un individu ?
                  Je ne sais pas si c’est dans ce sens que tu évoques l’affaire ?

            • #10957 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Merci Nox, c’est très dense, très personnel et très clair à la fois. Je suis impressionné par cette réponse.
              Et n’oublions pas qu’avant de bannir les gens qui disent « Nègre », il faudrait surtout bannir ceux qui disent « N-Word ».

              • #10961 Répondre
                Nox
                Invité

                Y a pas de quoi.
                Sur le N-Word, voilà ce que j’ai à répondre :

            • #11034 Répondre
              Mopi
              Invité

              Excellent témoignage. T’as tout compris.

    • #10922 Répondre
      Nox
      Invité

      Oups, j’ai pas terminé une phrase : « Et alors que je pensais que ce niveau de susceptibilité stratosphérique n’existait qu’en ligne, mon expérience militante m’a forcé à me la manger “dans la vie réelle”, alors que je pensais que certaines choses étaient indicibles en face à face, passé un certain degré de connerie pseudo-gauchiste. »***

    • #10928 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Tu as raison. Mais on en revient toujours au point militant : une extreme minorité de gens qui jettent des anathèmes sur l’immense majorité de gens de gauche pas du tout coincés.

      • #10943 Répondre
        Nox
        Invité

        Ils aboient quand même très fort, ces cons.

    • #10934 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Je ne comprends pas tout mais je me retrouve dans :
      « Je l’ai déjà dit mais j’ai plus fait réagir les étudiants qui m’écoutaient en racontant simplement (comme tu l’as fait dans ton cas) mon quotidien d’étudiant qu’en invitant tout le monde à abattre “Macron et son monde” « .

    • #10978 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Cette « assignation raciste qui se voulait « rigolote »  » me rappelle un proche algérien, blagueur aussi d’ailleurs, qui n’aimait pas trop quand il était assigné au poste de « l’arabe sympa ».

      • #10980 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Moi aussi j’ai un proche algérien, mon ophtalmo, vrai qu’il est sympa.

        • #10986 Répondre
          Nox
          Invité

          J’ai ri.

          • #11001 Répondre
            Carpentier
            Invité

            😘 mais cette blague est moyenne en vrai, algérien est plus précis qu’arabe, déjà, mais j’avoue que ‘ le proche ‘ au lieu du célèbre ‘ j’ai un ami’ m’a claquée.
            Après, comme je le disais encore à ma voisine caucasienne il y a à peine 5 minutes, il y en a des bien – des voisines – je connais peu de conseillère d’orientation qui parle du métier d’ophtalmoloque à un arabe, opticien oui, le commerce ^^ mais médecine, enfin, un peu de sérieux

        • #10989 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Je suis pliée de rire

          • #11003 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Ah oui? Cool.
            Un.e Maud qui rit â une de mes blagues, sur ce thème en plus, c’est une première, dis-donc.

          • #11004 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Mèlanie, pardon 🤣 mais c’est la même 😂

            • #11009 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Tu nous connais si bien

              • #11014 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Eh oui, mon grand âge je suppose.

    • #11030 Répondre
      Nox
      Invité

      Je réactualise ce topic pour parler rapidement d’un type qui a beaucoup participé à ma politisation, à la fin de mon adolescence : Usul.
      Il a récemment fait son coming out « social-démocrate réformiste » et son discours de « je suis fatigué, la rébellion, j’en ai marre, donc je me suis assagi désormais », m’a laissé abasourdi.
      Détails ci-dessous :

      • #11060 Répondre
        Nox
        Invité

        Pour ajouter un point : voir un type qui a fait la morale à une ribambelle de gauchistes sur un ton « antifa » à ne pas « débattre avec n’importe qui » – ceci crispant d’autant plus tout un tas de militants de la « gauche Internet » qui est celle dont je viens à la base -, fricoter cordialement avec Hollande qui a produit absolument tout ce qu’il y a d’infect dans le paysage politique actuel, a généré de la confusion interminable sur le clivage gauche-droite (parce qu’autant dans le monde militant, on n’a jamais été dupes, autant chez le grand public, dire « Hollande est de droite », c’est pas évident) et a produit cette usine à banalisation de l’extrême-droite puissance mille qu’est la Macronie… ça me fout la gerbe.
        Il aurait au moins pu avoir la dignité de dire « le marxisme pour moi, c’est de l’histoire ancienne » devant Dany et Raz, mais non ; il préfère à la place nous dire que cheminer avec des gogos comme EELV pour lutter contre le « fachimse », c’est toujours mieux que le pire absolu de nos pires heures de l’Histoire mondiale.
        Le texte de François sur Socialter « Pas besoin du fascisme », est plus que jamais d’actualité.

        • #11192 Répondre
          Louise
          Invité

          C’est triste mais pas étonnant. Personnellement j’ai tenté de regarder une fois Backseat et ça m’a suffi. Je ne comprenais pas ce qu’Usul allait faire dans une émission politique tiède digne d’un média mainstream où il allait servir la soupe à des macronistes…

        • #11214 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Nox ne m’enlève pas tous mes espoirs, j’ai encore envie de croire en Usul. J’ose espérer que cet accident Hollande à Backseat n’était qu’un accident. Je pense que Massiet a joui jusqu’au plafond quand on lui a proposé ce partenariat full centriste Backseat-Libé-Hollande – c’est son lieu. En commerçant de son produit, il s’est dit qu’il serait adoubé, que ça ferait le buzz, qu’il aurait des vues, ce qui a été le cas. Usul s’y greffé sans doute en pensant pouvoir attaquer, il a essayé une ou deux fois d’ailleurs, mais avec des formulations très polies. Il ne lui ai pas rentré dedans, c’est sûr. Mais on pourrait l’expliquer-l’excuser car ce genre de plateaux atténue souvent les choses. François l’avait déjà dit après avoir été invité dans des émissions mainstream style C à vous: on pense qu’on va y aller pour ruer dans les brancards, mettre un coup de pied dans la fourmilière, et en réalité, sans trop savoir pourquoi, le contexte général fait qu’on se tient bien. Par exemple, peut-être qu’en coulisse, des chargés de presse ou de comm ont mis la pression pour que certains sujets ne soient pas abordés. De telles intrigues hors champ ne m’étonneraient pas pour une émission de cette envergure. Je veux croire que c’est ça qui est arrivé pour Usul à Backseat, pour accoucher de la souris qu’était ce C ce soir bis d’une grande politesse.

          • #11217 Répondre
            Mathieu
            Invité

            D’ailleurs en parlant de C ce soir, il y était une semaine auparavant et on ne peut pas dire qu’il ait défendu une ligne hollandiste. Il était sur ses bases de gauche radicale qu’on lui connait depuis mes chers contemporains, les portraits de blast ou les pastilles médiapart. D’ailleurs autour de cette période C ce soir, il jouait l’admiration pour Karim Rissouli, le fait qu’il était tout excité d’être invité, mais c’était bien sûr totalement ironique. Je suis sûr qu’il n’est pas dupe que dans ces émissions là, rien ne peut se dire. Ou si peu. Et il irait pour ce « si peu ». Ce qui est évidemment un mauvais calcul mais bon. Et le Backseat avec Hollande est du même tonneau.

            • #11221 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              N’oublions pas, dans cette histoire, le facteur économique.
              Qui me semble décisif.

              • #11223 Répondre
                Mathieu
                Invité

                Ou j’y ai pensé, mais justement je me demandais s’il était payé pour ce genre de prestations. C ce soir je ne pense pas, par exemple. Backseat oui, car c’est un chroniqueur régulier. Après, comme tu l’as parfois dit, c’est un paiement indirect. Paiement en visibilité. Mais lui n’a pas de livres à vendre ensuite, et va t-il vraiment élargir son audience? Backseat c’est quand même une niche, et quand bien même des vieux boomers aient regardé l’émission d’Hollande, je ne pense pas qu’ils soient allés Mes Chers Contemporains ensuite. Ou alors ils ont regardé deux minutes puis ont éteint, comme le droitier fantasmé de ton édito qui jette un oeil vague au Socialter en sentant que c’est pas pour lui.

    • #11070 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Merci pour ce topic et ces récits. Je n’ai jamais adhéré à Usul mais sans doute plus pour une question de tempérament, je trouve qu’il se prend trop au sérieux (en tous cas qu’il ne serait pas capable de beaucoup d’auto-critique), dirais-tu qu’il a de l’humour ? Avec le recul restes-tu surpris de son « virage » où finalement c’est dans la continuité de ses interventions ?
      Je note que Hollande, comme son porteur d’encensoir Demorand tiens, jamais jamais jamais ne s’abaisserait à penser la bête immonde, vite vite vite barrageons-la de notre bouclier de morale. M’évoque cet extrait de l’excellent documentaire de Pierre Carles. La gauche morale telle quelle.

      • #11071 Répondre
        Nox
        Invité

        N’oublions pas ces sages paroles : Lisez Libé ouais ! Lisez Libé !

        • #11072 Répondre
          Nox
          Invité

          Et sinon, pour te répondre, je pourrais dire qu’il existe une continuité, mais ce niveau de passe-plats en face de Hollande…. j’en suis encore incrédule. Fun fact : c’était d’ailleurs pour les 50 ans de Libé, cette émission de Backseat, l’émission de Jean Massiet, ce jeune vieux cherchant à cooliser la République parce que c’est important de connaître nos élus pour les jeunes qui nous écoutent et nous regardent.

          • #11119 Répondre
            Nox
            Invité

            Pour répondre plus en profondeur : oui, Usul et la contradiction, ça n’a jamais été évident et il a toujours un peu manqué d’humilité et d’auto-dérision. Mais ce que je vois aujourd’hui de lui, c’est que la « menace de l’extrême-droite au pouvoir » l’emmène vers le même « barragisme » qui aurait pu faire perdre un Mélenchon en cas de deuxième tour, l’an dernier. Y a plus la même énergie affirmative que j’ai toujours vu dans son taf, y compris même à l’époque du 3615. Non, ça y est : il a 37 ans, donc il est vieux, donc fini d’être un rebelle.

          • #11198 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            jeune vieux, c’est exactement ça

            • #11207 Répondre
              Nox
              Invité

              Pour en remettre une couche sur Massiet, ce type était quand même assistant ministériel de Marisol Touraine avant son entrée sur Twitch ; la même ministre qui a donné son nom à une réforme des retraites que le même Jean Massiet a dû lui-même défendre en étant sa plume, à l’époque. Toute sa carrière sur Internet ressemble juste à un cheval de Troie libéral-conservateur ayant consisté non pas à repolitiser une jeunesse « désintéressée des institutions » mais plutôt à relégitimer ces dernières et à dire aux jeunes « tout n’est pas à jeter dedans, regardez cet élu faire des blagues sur un fauteuil chez Public Sénat ! On n’est pas bien là ? »
              Le Joueur du Grenier a récemment dit un truc que je trouve très pertinent : filez de la thune aux vidéastes et streamers, et ils vous refont la télé.
              La seule chose que Jean Massiet et sa carrière sur Twitch ont bousculé… c’est le mètre carré de son appartement et de ses émissions.

        • #11199 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          cet homme affiche la nervosité de celui qui sait qu’il est une merde

        • #11216 Répondre
          Mathieu
          Invité

          D’ailleurs Nox et Xavier, j’ai regardé le twitch de Dany et Raz où justement ils débriefent le Backseat avec Hollande en roue libre sans contradiction, et ça les rend fous. « Hollande et ses parties de claquettes », ils disent. Je vous le conseille, c’est assez drôle. Bref, dans ce Twitch, ils parlent également de cet extrait « Lisez libé » de Demorand, et ils se foutent de sa gueule bien comme il faut par ailleurs. Apparemment c’est tiré du film « DSK Hollande etc » de Pierre Carles, mais ce film est introuvable pour mes faibles compétences d’enquêteurs sur ordi. Saurez-vous où le choper svp?

          • #11231 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Ah beh ça alors, je suis touché d’avoir eu la même connexion sur ce sujet que celle de Dany et Raz. Le documentaire en question, pour vous servir. Lien valable 7 jours. Un grand classique de la critique des médias (mon dada). J’en ai aussi d’autres de Pierre Carles. Mais d’ailleurs, qu’est-il devenu ?
            https://wetransfer.com/downloads/7ecff3b951f765fd27212f64de6b3d8c20230612074510/6df1b6b571ec56eb5412397edb00e6db20230612074526/4d4e33

            • #11243 Répondre
              Malice
              Invité

              J’en suis restée à  » Un berger et deux perchés à l’Elysée », tu l’as vu?
              ( Sur Jean Lassalle, avec une super scène où il raconte qu’il a aidé à accoucher une vache)

              • #11264 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Pas du tout, je note également, merci (ma liste s’allonge, et je raye bien peu d’élément).

            • #11244 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Merci !

          • #11282 Répondre
            Nox
            Invité

            Version courte ci-dessous :

          • #11286 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai vu ce grand moment impayable de Dany et Raz
            Qui sont quand même, je le note, souvent extremement fins dans leurs analyses, délivrées en sus dans une langue aux hybridations délectables.

    • #11200 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je parle de demorand

      • #11259 Répondre
        Charles
        Invité

        Sa morgue est si chimiquement pure qu’elle en devient délectable, comme un méchant de série B.
        On le sent tellement fier de répondre « Jamais » à la question qu’il provoque sur Marine Lepen.

    • #11232 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Un post d’Hervé Urbani a été annoncé dans ce topic vers 8h45. Il est introuvable. S’agit-il d’un simple incident technique, d’une mesure de censure, ou est-ce l’effet de la prise de contrôle définitive de Carpentier sur le site ?
      Je suis mandaté par le comité des lecteurs d’Hervé Urbani.

      • #11237 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Julien? 🙂
        j’ai moi même signalé la même avanture vécue il y a 2 jours
        Sauf que personne ne s’en est inquiété à part l’expéditrice moi-même
        Je suis jalouse
        Et j’imagine que le post d’Hervé contient un lien qu’un pare feu ou une main retient

        • #11238 Répondre
          Carpentier
          Invité

          * avEnture putain

      • #11292 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Oui j’avais posté le film de Pierre Carles « DSK, Hollande etc. » mais ça a disparu, certainement censuré par le webmaster du site (ou François en personne) qui a cru que je faisais la promo d’un film à la gloire du PS …
        Je ne prends pas mon risque une seconde fois, chat échaudé, mais je précise qu’en tapant le titre du film sur Google et en allant ensuite dans la rubrique vidéo, on le trouve tout de suite, et c’est d’ailleurs comme ça que j’avais pu le voir à l’époque de sa sortie.

    • #11241 Répondre
      Carpentier
      Invité
      • #11260 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Encore un coup des wokistes. Bientôt on ne pourra plus dire bunga bunga.

        • #11267 Répondre
          Carpentier
          Invité

          😅 il n’avait que 30 ans de plus que moi, je prends la relève, t’inquiète.
          Gauche et hégémonie culturelle:
          . Dès 1961, il se dévoue au business de la construction, ce qui lui permet, au cœur des années 1970 et dans des circonstances troubles, d’obtenir de bâtir le quartier de Milan 2. Il fait fortune.

          Rapidement, il se lance dans l’aventure des télévisions locales, qu’il transforme de manière illégale en réseau national. Le magnat des ondes devient l’un des hommes les plus puissants d’Italie, d’autant plus qu’il est proche du premier ministre socialiste de l’époque, Bettino Craxi, milanais lui aussi. Cette amitié l’aide à fonder en France, par l’entremise du socialiste François Mitterrand, la chaîne La Cinq. Il crée une holding publicitaire, devient le propriétaire du Milan AC, l’un des clubs de football les plus prestigieux du pays, met la main sur de prestigieuses maisons d’édition. / …

          • #11271 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Mais où est passé l’argent de la Cinq ?

            • #11272 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Dans l’achat d’oasis et de banga on imagine

        • #11318 Répondre
          tristan
          Invité

          C’est clair ! Pas plus tard qu’hier je traite une gonzesse de boudin. Elle me hurle dessus en criant à la grossophobie alors que je l’avais traitée de boudin parce qu’elle était noire. P’tain on peut vraiment plus rien dire.

          • #11320 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            une de tes plus fines sorties, Tristan
            décidément tu honores ce site
            on ne te le dit pas assez

          • #11323 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Et bien sûr, tu invisibilises les pommes

      • #11304 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Y’a Ted Kaczynski qui est mort aussi, mais avant-hier. Rien à voir. C’est vraiment quelqu’un qui a décidé un jour que c’était lui ou la société industrielle.

        • #11321 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Un qui m’aurait appris à choper beaucoup plus que les participations d’Urbani ici 😅
          Je vois d’en voir un cliché, même gueule que moi mais ma barbe est plus longue.
          Le manifeste d’Unabomber est accessible en pdf, sur un peu plus d’une centaine de pages.
          À sa publication, il est dénoncé par le frangin, qui reconnaît son style, au FBI? (si je lis bien sa page wiki)
          Remerciements, Julien, pour cet exergue vers lui.
          Un échange, écourté trop vite à la maison hier soir, sur la plus que sur-diffusion de témoignages avec Silvio, aurait eu une toute autre gueule si j’avais su pour Ted.

          • #11322 Répondre
            Carpentier
            Invité

            [* viens d’en voir ]
            Je préviens quand même les proches du téléchargement du manifeste de Ted sur mon téléphone 😎
            qu’ils sachent qu’à la prochaine manif, c la gav directe.
            Un extrait avec l’introduction au:
            … INTRODUCTION
            1 La révolution industrielle et ses conséquences ont été un désastre pour
            la race humaine. Elle a accru la durée de vie dans les pays « avancés », mais
            a déstabilisé la société, a rendu la vie aliénante, a soumis les êtres humains
            a des humiliations, a permis l’extension de la souffrance mentale (et de la
            souffrance physique dans les pays du Tiers-Monde) et a infligé des
            dommages terribles à la biosphère. Le développement constant de la
            Technologie ne fera qu’aggraver la situation. Ce qu’auront à subir les
            hommes et la biosphère sera de pire en pire ; le chaos social et les
            souffrances mentales s’accroîtront, et il est possible qu’il en aille de même
            pour les souffrances physiques, y compris dans les pays « avancés ».
            2 Le système techno-industriel peut survivre ou s’effondrer. S’il survit, il
            PEUT éventuellement parvenir à assurer un faible niveau de souffrances
            mentales et physiques, mais seulement après être passé par une longue et
            douloureuse période d’ajustements, et après avoir réduit les êtres humains
            et toutes les créatures vivantes à de simples rouages, des produits calibrés
            de la machine sociale.
            3 En outre, si le système perdure, les conséquences sont inéluctables : Il
            n’y a aucun moyen de reformer ou modifier le système de façon à
            l’empêcher de dépouiller les hommes de leur dignité et de leur
            autonomie.
            4 Si le système s’effondre, les conséquences seront dramatiques. Mais plus
            le système se développera, plus désastreux seront les effets de sa
            destruction, et donc il vaut mieux qu’il s’effondre au plus vite.
            5 Par conséquent, nous préconisons une révolution contre le système
            industriel.
            6 Cette révolution peut user de violence ou pas ; elle peut-être brève / …

        • #11335 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Salut Monsieur Kaczynski!

        • #11347 Répondre
          GaelleS
          Invité

          Pour celleux qui comme moi ne connaissent pas le monsieur.

          Theodore Kaczynski, dit « Unabomber », est mort en prison aux Etats-Unis
          Ce diplômé d’Harvard avait envoyé seize bombes, dissimulées dans des colis postaux, à diverses personnes et entreprises, faisant au total trois morts et vingt-trois blessés.
          Le Monde avec AFP
          Publié le 10 juin 2023 à 19h50, modifié le 11 juin 2023 à 04h21
          Theodore « Ted » Kaczynski, l’« Unambomber », lors de son arrivée au tribunal fédéral d’Helena, dans le Montana, le 4 avril 1996. JOHN YOUNGBEAR / AP
          L’Américain Theodore Kaczynski, dit « Unabomber », a été retrouvé mort dans la prison fédérale de Caroline du Nord où il était incarcéré à perpétuité pour avoir commis entre 1978 et 1995 une série d’attentats, qui ont fait trois morts et vingt-trois blessés, ont annoncé samedi 10 juin des médias américains, citant le Bureau fédéral des prisons (BOP). Il était âgé de 81 ans.
          Appelé « Unabomber » par le FBI, Theodore Kaczynski est mort au centre médical de la prison fédérale de Butner, en Caroline du Nord, a déclaré Kristie Breshears, porte-parole du BOP, à l’agence Associated Press. Il a été retrouvé inconscient dans sa cellule tôt samedi matin et a été déclaré mort vers 8 heures du matin, a-t-elle rapporté. La cause de son décès n’est pas connue dans l’immédiat.
          Longtemps détenu dans la prison de haute sécurité de Florence, dans le Colorado – connue pour avoir abrité de célèbres prisonniers comme le baron de la drogue El Chapo –, il avait été transféré en 2021 dans un établissement pénitentiaire de santé, en Caroline du Nord.

          Manifeste publié par la presse
          Brillant mathématicien devenu ermite, Theodore Kaczynski s’était lancé dans une croisade contre le progrès et la technologie, fabriquant ses bombes dans une cabane des montagnes du Montana (Nord-Ouest) sans eau courante ni électricité. Ses premières cibles sont des universitaires et des compagnies aériennes, ce qui vaut à l’assassin le surnom de Unabomber (pour « university and airline bomber »).
          En septembre 1995, promettant d’arrêter ses envois de bombes, il obtient du New York Times et du Washington Post qu’ils publient un long manifeste dans lequel il exprime une haine de la technologie et du monde moderne. En le lisant, un habitant de la Côte est des Etats-Unis, David Kaczynski, y voit une similarité avec d’anciens écrits de son frère Theodore, coupé de sa famille depuis des années. Il alerte alors le FBI et permet, en avril 1996, son arrestation. Un diagnostic de schizophrénie paranoïaque n’avait pas empêché qu’il soit jugé puis condamné, en 1998, à la prison à vie, après avoir plaidé coupable.

          • #11353 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Pour compléter la biographie posthume: à Harvard, à l’âge de 16 ans et pendant 3 ans il a subi des expérimentations de la CIA , lavage de cerveau visant  » la déconstruction de l’individu: L.S.D, amphétamines barbituriques humiliations, stress hypnose, électrochocs 3 ou 4 fois plus forts que la dose  » limite » Cobayes donc dans le but d’affiner les techniques de tortures de la « respectable » C.I.A dont des employés rendaient ces « services » De jeunes et brillants cerveaux d’ étudiants attachés à des chaises avec des électrodes. Ceci n’excuse évidemment pas cela mais on va dire que Mr Kaczynski n’a juste pas inventé la violence. 3 morts = ASSASSIN. 100 MILLIONS = ?

            • #11356 Répondre
              Dune
              Invité

              Il a évidemment eu droit à sa docu-série sur Netflix, où on y voit intervenir ses suspicieux voisins du Montana ainsi que son frère et sa belle soeur re-tissant les fils de son arrestation. Ca se regarde bien.

          • #11355 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Merci Gaelle,
            Parfois j’oublie à quel point je suis cultivé.

            • #11357 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Et j’ajoute que David Snug m’a bousillé la tronche au point que j’ai hésité à ouvrir un nouveau topic pour produire des slogans à sa manière. Quelque chose dans ce goût-là:
              Ted Kaczynski sans lutte des classes, c’est Brice Lalonde.
              Ça marche aussi avec Cyril Dion.

    • #11315 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Pensée pour lui.

    • #11349 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour agacer François,je signale que le dernier écrivain à avoir rendu compte de Unabomber n’est autre que Michel(quel prophéte!) dans son dernier roman,Anéantir,pour lui rendre hommage voici ce qui s’en disait:

      Vous vous souvenez d’Unabomber ?

      – Non, pas du tout.

      – Ça remonte déjà à une trentaine d’années, c’est vrai. Unabomber est le nom que lui avaient donné les médias, il s’appelait en réalité Theodore Kaczynski. C’était un mathématicien très doué, je crois même qu’il a fait une découverte en algèbre, une nouvelle démonstration du théorème de Wedderburn, si je me souviens bien. Il a d’abord enseigné à Berkeley, avant de s’installer dans une cabane isolée quelque part dans le Montana. Le début de Futur primitif, le premier livre de Zerzan, est une véritable ode à Unabomber : “Il survivait tel un grizzly ou un couguar, tapi sous l’épais manteau de neige. Au printemps il sortait de sa tanière, parcourait la forêt, longeait les rivières. Chassait, pêchait, cueillait, glanait. Toujours seul. Libre, mais seul.” Ça peut prêter à sourire, mais croyez-moi ça peut avoir de l’efficacité sur certaines personnes, ce genre de lyrisme. Zerzan a vraiment des points communs avec Rousseau : intelligence moyenne, mais une vraie musicalité dans les phrases ; c’est un mélange qui peut s’avérer extrêmement dangereux. Kaczynski, c’est autre chose : il est beaucoup plus rigoureux, plus structuré dans sa pensée, il ferait plutôt penser à Marx, si vous voulez.

      Sitbon-Nozières sortit à nouveau deux livres de sa bibliothèque : « Manifeste : l’avenir de la société industrielle », publié aux éditions du Rocher, et « La société industrielle et son avenir », aux éditions de l’Encyclopédie des Nuisances.
      « Tenez, par exemple, le passage où il parle de la nature… » Il feuilleta rapidement un des livres avant de retrouver le passage : « C’est le fragment 184. Voilà tout ce qu’il trouve à dire sur la nature : “La plupart des gens s’accordent à dire que la nature est belle, et il est vrai qu’elle exerce un grand pouvoir de séduction.” Vous voyez, ce n’est pas du tout le même style. D’ailleurs, il est souvent très critique à l’égard de Zerzan. Par exemple Zerzan défend des positions féministes, il prétend que le patriarcat n’est apparu qu’au néolithique, et que l’égalité entre les sexes régnait tout au long du paléolithique ; c’est une affirmation extrêmement douteuse. Il est également végétarien, et prétend que ce qu’il appelle les “pratiques bouchères » sont apparues très tard dans l’histoire de l’humanité ; là encore, les archéologues ne sont pas franchement du même avis. Kaczynski, lui, accepte l’inégalité naturelle et la prédation, et d’ailleurs il ne manifeste aucune sympathie pour la gauche, bien au contraire ; dans un sens, c’est un écologiste plus conséquent. Toujours est-il que, dans sa cabane du Montana, il s’est lancé dans la fabrication de bombes artisanales, qu’il a envoyées à différentes personnes qui lui paraissaient être des représentants de la technologie moderne, et qu’il a fait trois morts et une vingtaine de blessés avant d’être arrêté par le FBI.

      – Qu’est-ce qu’il est devenu ?

      – Aux dernières nouvelles, il purgeait une peine d’emprisonnement à vie dans un pénitencier du Colorado. Mais il est peut-être mort maintenant, et s’il est vivant il doit avoir plus de quatre-vingts ans. En 1996, la Church of Euthanasia, un des mouvements les plus provocateurs de la deep ecology – ils aiment à proclamer que les quatre piliers de leur mouvement sont le suicide, l’avortement, le cannibalisme et la sodomie – a lancé une campagne Unabomber for President aux élections américaines ; sans le consulter, bien entendu, mais ça montre qu’il a longtemps gardé une certaine aura, un peu comme Charles Manson. Il n’est pas impossible non plus qu’il ait eu une influence souterraine en France. Son texte a eu deux traductions en français, alors qu’il n’en a eu aucune dans la plupart des autres langues ; et il ne s’agit pas exactement d’éditeurs marginaux. Une légende tenace veut qu’une jeune ethnobiologiste française ait rejoint Kaczynski, juste avant son arrestation, dans sa cabane du Montana. J’ai recherché la trace de cette ethnobiologiste ; elle est l’auteur de travaux de grande envergure sur les vocalises des vaches, mais ne semble avoir eu aucune connexion avec Kaczynski ; toujours est-il que le bruit avait couru dans des fanzines alternatifs. Ce sont des éléments isolés, dont aucun n’a en soi une grande importance, mais j’ai la conviction depuis le début qu’il y a un lien particulier entre ces attentats et la France. Pourquoi choisir, dans la vidéo de la décapitation, un ministre de l’Économie français ? C’est vrai que Bruno Juge incarne, mieux que tout autre, la relance par l’industrie, la modernité technologique, le progrès ; mais c’est une idée qui ne pouvait venir à l’esprit que de terroristes français.

      – Le théorème de Wedderburn est bien celui qui affirme que tout corps fini est nécessairement commutatif ?

      – Oui, quelque chose comme ça. »

    • #11372 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      c’est un extrait de quoi, ça?

      • #11374 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Anéantir, Michel H. On le reconnaît au dialogue-exposé.

        Je me demandais, ce week-end, où j’avais déjà entendu parler de The Church of Euthanasia — eh bien, c’était là.

        • #11451 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          je n’osais penser que ce puisse être un extrait de roman

          mais puisque ça plait, pourquoi se ferait-il chier?

    • #11375 Répondre
      Nox
      Invité

      Mes réflexions récentes sur le naufrage de Backseat en face de Hollande m’ont inspiré un édito que je vous partage ci-dessous :

      Jean Massiet : le cheval de Troie libéral-conservateur

      J’ai déjà parlé de ce type. Dans mon texte précédent à son sujet, j’expliquais comment sa position légitimiste des institutions parlementaires ne servait non pas à repolitiser la jeunesse mais plutôt à lui resservir les mêmes institutions qu’elle rejette pour que in fine, elle retourne vers les partis traditionnels et se mettent à voter pour ces derniers, délaissant statistiquement les urnes à chaque occasion – en particulier celle qui est précaire et sans perspective immédiate de vie, si ce n’est d’aller se planquer dans le supérieur entre deux-trois jobs étudiants au ratio paye-épanouissement plutôt nul ; ceci alors que le même Jean Massiet a tout à fait conscience dans une interview récente donnée chez France Bleu que la jeunesse cherche à militer de manière différente, à créer des nouvelles façons de militer. Tiens, puisqu’on parle des nouvelles façons de militer, Jean Massiet est-il de ceux qui à chaque action d’écologie radicale type Sainte-Soline chez une certaine jeunesse, s’en enquiert immédiatement et suit minutieusement ce qui s’y passe ? Question rhétorique, bien entendu. Jean Massiet dit que la jeunesse cherche à militer de manière différente et c’est bon. Ça lui suffit. Pas besoin pour lui de faire de retour critique sur la ringardise de ses émissions – illustrée par le Backseat des 50 ans de Libération ayant atteint un niveau de cringe inédit dont une partie non-négligeable du public ne semble pas avoir été dupe –, pas besoin de se demander si vraiment, il connaît ces jeunes qui cherchent des nouvelles façons de militer, si vraiment ça l’intéresse, si c’est vraiment le cœur de son métier, pas besoin de finalement se demander si son passé d’assistant ministériel chez Marisol Touraine de 2014 à 2016 et par extension, l’ensemble de sa formation politique, ne serait non pas celle de quelqu’un qui s’intéresse authentiquement à des nouvelles façons de militer, mais plutôt à comment combattre l’abstention chez la jeunesse à chaque élection et l’aider à sortir du caricatural TOUS POURRIS ? Jean Massiet n’a jamais cessé de croire aux institutions, lui. Je me souviens d’un live où devant des remarques de son chat Twitch qui mettaient en avant la nécessité de lever l’immunité parlementaire et ministérielle en lien avec les interminables affaires de corruption de pléthore de politicards, ce dernier tempérait avec un lever l’immunité parlementaire, ça ferait qu’on pourrait se servir d’une affaire judiciaire comme une arme politique et ça serait dangereux pour tous les camps politiques, au final. Tous les camps politiques, qu’il nous dit le Jean. Zéro contextualisation, zéro rappel de ceux qui en politique – quand même plus que d’autres – se retrouvent pris la main dans le sac de s’en mettre plein les fouilles dans des créations de fonds publics, des partenariats avec des lobbies du nucléaire, de commerce maritime, des industriels chinois, sud-américains, ou moyen-orientaux ; et ça, c’est juste pour parler du côté purement pognon et ne pas évoquer toutes les saloperies géopolitiques et diplomatiques dans lesquelles un Sarkozy à lui tout seul nous a foutus. Circulez, y a rien à voir, et puis quand même, s’il y a des délits et des crimes qui sont avérés de la part des politiques, la justice s’en chargera, croix de bois, croix de fer. Jean Massiet est un maître de la dépolitisation permanente ; dans Backseat, la tonalité générale est toujours une tonalité binaire, antonymique à la Internet / les anciens médias, la jeunesse / les boomers, ceux qui veulent l’union de la gauche / ceux qui n’en veulent pas – il faut être accrocheur, marquer le débat du jour, être efficace… comme un bon vieux David Pujadas. Il n’y a, au fond, rien d’étonnant à voir désormais le même Jean Massiet tenir une chronique politique sur France 5 à C à Vous pour aborder l’actualité parlementaire comme il le fait déjà depuis longtemps sur Twitch : Jean Massiet n’a jamais, à aucun moment, fait démonstration d’une rupture formelle de la façon de commenter l’actualité politique comme on peut le faire à la télé et à la radio. Une chaîne de télé ou de radio ne recrute que ceux qui, depuis le début, était déjà faits pour la télé ou pour la radio.

      • #11378 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        « Une chaîne de télé ou de radio ne recrute que ceux qui, depuis le début, était déjà faits pour la télé ou pour la radio. »
        Je dirai que le recrutement est un peu plus ouvert, mais qu’ensuite, elles métabolisent leur recrues, les digèrent ou les rejettent.
        Un pensée pour Michel Naudy : « Il n’y pas d’alternative. Le système jette, rejette, tout ce qu’il ne peut pas récupérer. Vous ne restez jamais à l’antenne impunément, jamais ».

        • #11379 Répondre
          Nox
          Invité

          Tout à fait. C’est plus une formule de ma part, haha.

          • #11385 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Du coup tu me fais rechercher le documentaire original Les nouveaux chiens de garde (2012, de Balbastre et Kergoat), il est disponible en ligne : joie ! Je recommande, il n’a pas pris une ride. Un documentaire bien informé, cinglant, mais aussi drôle, avec la superposition d’une musique de comédie burlesque (Fred Pallem) sur les tronches graves et les propos creux assénés avec le plus grand sérieux.
            On y revoit Bilalian, Adler, Sinclair, Elkabbach, Julliard, Chabot, Joffrin, Ockrent, Duhamel, Chazal, Field, Val…
            Spécial guest : Lordon himself, déjà.
            Après on est un peu plus sur du pamphlet satirique que sur du travail analytique de fond. Mais c’est grinçant bien comme il faut.
            Pourrait-on faire un parallèle entre Michel Field et Usul ? Rappelons que Field était un militant révolutionnaire de la LCR. Souhaitons à Usus qu’il ne suive pas la même pente. (Voir à partir de 1h10:40s).

            • #11388 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Dr Xavier Un grand merci

            • #11391 Répondre
              Nox
              Invité

              Souvenirs-souvenirs…

            • #11394 Répondre
              Alain m.
              Invité

              Merci Dr Xavier.
              « c’est que nous n’aimons pas assez nos entreprises. C’est que tous les publics qui sont concernés, non pas assez le goût, la curiosité, l’amour de nos entreprises ». Mme Parisot.
              Cela me rappelle dans le film  » Debord, son art et son temps  » (que l’on trouve sur youtube) le passage sur la D.R.S.P (direction régionale des services pénitentiaires) et l’adresse aux entrepreneurs pour vanter la production en prison.

              • #11396 Répondre
                Alain m.
                Invité

                Le lien pour celleux que cela intéresse.
                https://youtu.be/nm4jnG7R0FU à la 53e minute

                • #11411 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  Je connaissais pas, je prends ! Rigolo, les commentaires donnés sur la vidéo sont majoritairement en anglais.
                  Et sur Parisot, Ockrent est encore plus forte. N’oublions pas de déplorer avec elle que les grands patrons soient si timides et ne viennent pas plus souvent nous évangéliser sur la bénédiction de l’entreprise.

                  • #11415 Répondre
                    Graindorge
                    Invité

                    Moi le visage d’Ockrent m’a toujours fait très peur.

      • #11452 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        rien à ajouter

    • #12217 Répondre
      Carpentier
      Invité

      À propos de déguisement, tiens, quelqu’un ici a-t-il regardé la caution culture de Barthès, la Chalumeau de son Quotidien, dans son émission prime Time? sur le ciné, il me semble bien,
      – car Koh Lanta est une promenade d’ehpad pour moi comparé à supporter Miss Ambre Culture –

    • #12260 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je sens que ta 56ème tentative de lancer un bashing sur Ambre Chalumeau va échouer
      Peut etre pourrais tu essayer un jour, si tu veux avoir des réponses, de t’ajuster aux sujets lancés par les autres. Par exemple ici le thread s’appelle « Gauche et hégémonie culturelle ». Pour info.
      C’est comme à la piscine : si on n’avance que dans son couloir, on ne croise jamais personne.

      (ces lignes sont tout à fait conscientes de leur inutilité)

      • #12270 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Tu sembles avoir une visu et/ou une lecture bien sélective des posts, François.
        Et c’est plutôt étrange que tu parles de moi comme n’entrant pas/ne suivant pas les échanges des autres.
        Je ne comprends pas.
        Sinon, en effet, moi, c’est en effet Chalumeau que je souhaite bâcher.
        Et j’ai donc pas dû bien comprendre le titre de ce topic.

      • #13044 Répondre
        Nox
        Invité

        J’arrive mille ans après la guerre, mais j’aime bien l’image d’écrire un brûlot sur une personne qui a comme nom de famille Chalumeau. C’est tout pour moi. 🔥

        • #13046 Répondre
          Carpentier
          Invité

          👌
          Comme ça, on a déjà le visuel de la 1 de couv. mise en page façon éditions verticales: ça claque, hâte de le lire 😅
          Son émission ciné était dédiée à tom cruise; la b.a. la montrait cadrée cam épaule avec une costumière qu’on imaginait sur-sollicitée vu que, par chaque endroit où elle passait pour approfondie son sujet, elle portait une tenue en lien avec un des films de cruise, je crois bien.
          Le tout saupoudré de la voix de 🔥 en mode voix off.
          Pensé à S. Bern et grrrrr.
          Benh oui, c’est con. Encore trouvé personne qui a maté ce truc n’empêche.

        • #13050 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Après, va peut-être y avoir confusion avec Elden Ring

          • #13066 Répondre
            Carpentier
            Invité

            ou alors avec certain En guerre, si on choisit des allumettes.
            attendons peut-être encore un peu pour valider la couv de ce brulot à paraître.

            • #13106 Répondre
              Nox
              Invité

              Je suis allé voir les chroniques de cette nana et… je la trouve inoffensive, pour être tout à fait honnête avec toi – c’est juste une jeune bourgeoisie culturelle dans la moyenne, pistonnée par Papa-Maman et qui n’a pas de pensée ou de discours politique structuré quel qu’il soit ; elle était faite pour bosser chez Quotidien, en somme.

              • #13113 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Certes.
                Mais sa promo culturelle permanente, relais des affichages et expos diverses dans la ville, car c’est parisien pour l’essentiel, benh oui, ça m’étouffe.
                Un peu comme quand François s’irrite des merdes déjà sur-visibles postées ici.
                Bientôt, les objets culturels qu’on leur envoie ne seront même plus déballés quand ils nous les présenteront.
                Ce ne sont que des commerciaux du secteur culturel ces chroniqueurs-là mais leurs postures, leur façon de faire est puante.
                Leur emballage me debecte.
                Inoffensive, je vais y réfléchir, merci.
                Ça c’est létale comme insulte pour quelqu’un qui s’affiche comme parlant culture.
                J’aime.

                • #13115 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Ton énergie vitale vaut mieux que le dégoût qu’un chalumeau bourgeois te procure. :3

                  • #13118 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Je suis donc plutôt hors-sujet avec le topic que tu as ouvert, Nox (je viens de relire sa présentation)
                    Merci pour le temps que tu viens de m’accorder malgré tout.

                    • #13120 Répondre
                      Nox
                      Invité

                      Y a pas de quoi.

                • #13116 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  D’où d’ailleurs que mes proches et ceux qui me connaissent bien ne comprennent pas ce que provoque chez moi cette meuf.
                  On a dû se connaître dans une vie précédente peut-être et on doit avoir un contentieux.
                  Vieillissante, le roi de ma basse cour a dû me tourner croupion pour se consacrer à une poulette dans son genre peut-être, truc comme ça.

                • #13132 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  « Un peu comme quand François s’irrite des merdes déjà sur-visibles postées ici. »
                  Sauf que Quotidien s’appelle pas Carpentier.fr

                  • #13137 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    T’inquiète, à la rentrée, ce sera fait 🤣

    • #12302 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! Je reviens avec une chronique sur un sujet moins geek et pop-culturesque : l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, ou comment des bourgeois pensent réduire l’esthétique du PMU à du simple franc-parler.
      Bonne lecture !

      Les Grandes Gueules : le PMU, juste du franc-parler ?

      Récemment, alors que je sillonnais les Internets pour tromper l’ennui, j’ai fini sur le site de Causeur qui en guise de suggestion de lecture, m’a proposé une tribune d’une certaine Sophie de Menthon, tribune censée clamer haut et fort sa fierté d’être une bourgeoise, en ces temps sinistres de jalousie populaire menant à la haine des riches. Cette tribune commence par un paragraphe en gras assez étrange : « Se faire traiter de bourgeoise – ne nous le cachons pas – aujourd’hui est une insulte, j’en sais quelque chose ! Sachant qu’il faut distinguer la bourgeoise du bourgeois, dans les réseaux sociaux on a tout dit lorsqu’on vous a qualifiée comme telle. Cela veut dire que vous êtes une femme ringarde, méprisante, réac, coinços, forcément contre les LGBT, de droite, contre le progrès social, vous êtes « pétée de thunes » et la bourgeoise à un fief, c’est une « versaillaise » ! » ; en lisant ça, moi je me dis assez bêtement « est-ce que c’est si faux que ça ? » et je trépigne d’impatience de voir Mme de Menthon nous déclarer son amour du progrès social généré par les services publics, des trente-cinq heures, de la PMA, du mariage homosexuel et de la transidentité – je jubile à l’idée de voir une vieille aristo faire sécession avec les siens et de laisser l’expropriation se faire sur toutes ses possessions en finissant par découvrir le destin merveilleux de vivre dans un quinze mètres carrés dans la capitale avec des problèmes récurrents d’électricité et d’eau courante et la voir ainsi à la prochaine occasion, manifester aux côtés de la CGT et de Révolution Permanente… j’en fais vraiment trop dans le sarcasme ; on est chez Causeur là, pas dans le Monde Diplo ou Socialter ; évidemment que la tribune en elle-même va confirmer tous les présupposés prétendument infamants que notre « bourgeoise et fière de l’être » semblait vouloir mettre à distance, dans un premier temps ; évidemment que la tribune est celle d’une bourgeoise « ringarde, méprisante, réac, coinços, forcément contre les LGBT, de droite, contre le progrès social » et évidemment que cette dame est « pétée de thunes », bien-née, étant donné que Wikipedia me dit qu’elle préside le mouvement Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance (Ethic), connu pour son indéfectible gauchisme (non) et également qu’elle a été membre du Comité d’Éthique du célèbre Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) jusqu’en avril 2009 et qu’en dernière instance, elle a été membre deux fois du Conseil économique, social et environnemental, de 1997 à 1999 et de 2009 à 2015, respectivement. On apprend également qu’elle est favorable à une fiscalité minimale de l’entreprise à l’échelle européenne, prétendant mettre à égalité les grandes entreprises avec les moyennes et les petites, ce faisant. Mais dis donc, pourquoi je parle d’elle aujourd’hui, au fait ? Eh bien, à la suite de ma lecture de cette émouvante tribune qui a changé à tout jamais mon opinion au sujet de la grande bourgeoisie, une réflexion rigolote m’est venue à l’esprit : « elle ferait une super chroniqueuse chez les Grandes Gueules sur RMC » et ça n’a pas loupé : Wikipédia m’a appris qu’elle a régulièrement participé à cette émission, par le passé – surprenante jusqu’au bout, celle-là. Ce qui m’a permis de mieux comprendre ce que je n’aimais pas chez les Grandes Gueules : l’artificialité du dispositif. Le credo de cette émission, c’est de « parler sans filtre », « comme au PMU », de « dire tout haut ce qu’on pense tout bas » et ainsi, de se prétendre plus proche de Joe le Prolo ou de Gégé qui en est à sa dixième pinte de bière et qui est en train d’éructer à cause des immigrés qui foutent rien et qui touchent le pactole à la CAF, tandis que lui qui est au chômage technique depuis bientôt six ans, que dalle pour sa pomme. Problème : le franc-parler, ça n’est pas un truc de PMU ou de populeux ; fils de mécano, je peux vous assurer que des hypocrites ou des gens qui ne disent pas tout, il en existe plein en bas de l’échelle sociale. Plus encore : Gégé n’est pas payé pour toutes les conneries sexistes et / ou racistes qu’il balance ; ses économies fondent d’ailleurs comme neige au soleil de par son alcoolisme endurci et jamais RMC ne le rémunérera pour avoir fièrement brisé tous les tabous du politiquement correct. Il se peut même que Gégé n’aura jamais les moyens de remplacer à l’hôpital son foie si celui-ci succombe un jour à cause de l’éthanol accumulé tout ce temps dans son organisme ; pire : s’il devait mourir demain, aucun journal grand public ne l’annoncerait avec comme paragraphe en gras « Gérard Fernandez, chroniqueur des Grandes Gueules, mort d’une cirrhose à 57 ans » ; et pour cause : Gégé n’est ni un bourgeois, ni chroniqueur sur RMC. Les chroniqueurs des Grandes Gueules n’iront d’ailleurs jamais au PMU où Gégé passe ses journées et ses nuits et dans lequel l’insalubrité des toilettes, la graisse collée sur le sol et les vapeurs persistantes d’alcool même après la fermeture dissuadent tout un tas de gens de s’y rendre, ceci opérant un tri entre les habitués et ceux qui ne reviendront pas ; et lorsque le bar insalubre en question fermera ses portes par manque de clientèle durable et à cause de la hausse spectaculaire des factures d’eau et d’électricité, aucun chroniqueur de RMC n’en rendra compte ; tout au plus, nos Grandes Gueules diront que les factures sont trop chères et que c’est indécent de payer des sommes pareilles pour les Français qui se lèvent tôt, alors que certains peuvent se payer de telles factures sans jamais aller bosser ; ils pourront ainsi glousser et se réjouir d’une énième émission bien réussie où on a dit tout ce qu’on devait dire et se faire ensuite une soirée mondaine dans un bar-restaurant huppé en plein Paris sans vapeurs d’alcool repoussantes et sans toilettes hors d’usage depuis plus de huit mois. Ils y écouteront peut-être du Brassens, du Aznavour ou du Brel, au passage et se paieront avec grand plaisir plusieurs bouteilles de vin ; leurs économies, elles – rassurons-nous – se porteront très bien et si ce bar huppé devait fermer demain, ils auraient celui d’en face un peu plus cher mais sans doute meilleur, pour compenser. Des Français comme vous et moi, en somme.

      • #13392 Répondre
        Frezat
        Invité

        Au début j aimais bien les gg car c était plus diversifiée. Ensuite j ai remarqué qu il y avait bcp plus de CSP+ que de prolos dans leurs chroniqueurs. La seule bonne chose qu ils ont fait c est de populariser annasse kazib. Et le passage de François begaudeau chez eux restera pour moi une de ses meilleures prestations TV.

    • #12328 Répondre
      Claire N
      Invité

      « jamais RMC ne le rémunérera pour avoir fièrement brisé tous les tabous du politiquement correct. «  j’ai bien aimé

    • #12329 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ça m’a donné à réfléchir que la démarche n’est pas la compréhension mais une sorte d’exploitation (?)

      • #12406 Répondre
        Nox
        Invité

        Les Grandes Gueules sont surtout en totale cécité par rapport à leur classe sociale, la faute à ce « franc-parler » qui contrairement à des conversations plus prosaïques ou vulgaires de la vie quotidienne, n’a aucune conséquence particulière et n’implique aucune prise de risque, laquelle implique justement souvent qu’on s’abstienne un tantinet niveau franchise, dans la vie quotidienne.
        Merci pour ton retour ! o/

        • #12408 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui, je t’avoue que j’ai du mal parfois à faire la part entre la cécité et la mauvaise foi

          • #12409 Répondre
            Nox
            Invité

            Limite en effet ténue s’il en est.

    • #12330 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité

      Comme Engels l’a expliqué, l’émergence de la famille patriarcale représente « la défaite historique du sexe féminin. L’homme a aussi pris le commandement dans le foyer ; la femme a été dégradée et réduite à la servitude ; elle a été transformée en esclave de sa luxure et en un simple instrument pour la production d’enfants. »

      Les marxistes considèrent qu’elles doivent être détruites car, selon eux, elles perpétuent les inégalités.
      Ce qui est assez paradoxal, c’est que l’atomisation familiale rêvée des marxistes a été effectuée par les capitalistes.
      En réalité, la destruction de la famille n’a conduit qu’à l’isolement, à la précarité et à la perte de soutien social, ce qui peut être particulièrement difficile pour les personnes de la classe ouvrière.

      Mais rassurez-vous, cette souffrance dans ce monde n’est que temporaire, car un jour, tel que Marx l’a promis, le paradis du communisme descendra des cieux pour mettre fin à toute cette misère. Avec une main invisible, mais ô combien puissante, il balayera les larmes des visages des prolétaires, les guidant vers les verts pâturages luxuriants de l’égalité, où coulent à flots les rivières cristallines de la justice, et où la fraternité universelle illuminera chaque recoin de ce nouveau monde.

      Notons également que les couples lesbiens et les familles monoparentales ont été libérés du patriarcat et se rapproche de l’idéale marxiste Mais est-ce que cela change grand-chose ?

    • #12333 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité

      Sur le mauvais topic si la modération peut effacer merci

    • #13432 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous ! J’écris nuitamment ce message pour partager – une fois de plus – un nouvel édito plus intime sur mon rapport dépréciatif aux vacances, en faisant quelques sous-entendus autour des axiomes libéraux et productivistes qui sommeillent en nous à travers des vies horlogées d’abord par l’école, puis par le monde du travail. Une manière peut-être de rappeler la dimension matérialiste de l’hégémonie culturelle et que bien loin d’être simplement discursive, elle est ce qui travaille tous les corps d’une société donnée, à leur insu ou non. Peut-être que notre hôte aura des choses à dire sur le sujet des vacances scolaires, en tant qu’ancien prof.
      Quoi qu’il en soit, j’espère que mon nouvel édito vous plaira ! Bonne lecture !

      Je n’aime pas les vacances

      « C’est les vacances », comme on le disait déjà quand j’avais quatre ans dans ma famille. Enfant, les vacances scolaires sonnaient à mes oreilles comme un répit douteux, une farce bien dissimulée ; un piège dans lequel je devais me plonger quoi qu’il arrive, puisque très tôt, j’ai été malheureux à l’école et il aurait été stupide que je ne profite pas de ces innombrables heures dégagées par les vacances devant mes Pokémon et ma Game Boy, hors de toute sociabilité imposée – et donc douloureuse. Mais je n’étais pas dupe : l’institution qui m’offrait alternativement deux semaines de vacances en cours d’année scolaire, puis deux bons mois de vacances d’été à la fin de l’année scolaire, ne le faisait pas par bonté d’âme ou par je-ne-sais-quelle indulgence pour les cerveaux cramés que moi et mes camarades de classe avions juste avant le début de chaque période vacancière, le vendredi en fin d’après-midi. Quelques éléments de la fausse duperie à relever dans ma mémoire : les fameux « reposez-vous bien ! » de mes enseignants de collège-lycée au même moment où je constatais que j’avais au moins trois devoirs maison notés à rendre pour la rentrée ; les invitations quasi-autoritaires à abondamment réviser, soit pour un gros contrôle de fin de trimestre, soit pour un brevet blanc, soit pour un bac blanc, soit pour un gros exposé à l’oral dont la note – dans tous les cas – était censée peser lourd sur le bulletin ; le stress, voire l’anxiété qui en résultait et qui me poussait soit à faire mes devoirs de vacances tout de suite… soit à la toute fin, comme un branque. Plus jeune encore, en primaire, je voyais un élément supplémentaire de la fausse duperie : mes copains d’école allaient au ski, en Espagne, à Disneyland, dans la cambrousse en pleine nature ou carrément dans une station balnéaire, pendant que moi, mon frère et ma sœur restions cloîtrés à la maison pendant toutes les vacances, souvent prêts à nous chamailler comme d’habitude, en constatant une fois de plus, non sans amertume, que « Papa nous a emmenés nulle part pendant les vacances » – et quand on parvenait à aller à la plage ou faire des séjours au Pays Basque ou à Perpignan, les chamailleries, l’amertume familiale et l’ennui global ne faiblissaient pas pour autant ; je pense même pouvoir dire qu’on était tous encore bien plus tendus, dans ce genre de contexte, tandis que nous assistions progressivement à la décomposition tragi-comique du couple de nos parents, moi et ma fratrie. Ce que j’en garde aujourd’hui, de tout ça ? Une répulsion pour les vacances, aussi bien dans leur aspect calendairement arbitraire ou arbitrairement calendaire, que dans l’invitation toujours inspirée à « faire des trucs pendant les vacances » du style voyager, faire un séjour à la campagne, passer des week-ends en amoureux, aller voir le dernier blockbuster stéroïdé au cinoche, aller à la fête foraine, aller voir « la famille » ou encore, se « remettre en forme ». Mon esprit de sale garnement facilement agacé n’a jamais vraiment compris pourquoi il fallait attendre spécifiquement les vacances pour faire les activités nommées précédemment ; ça n’est qu’en grandissant et en comprenant les réalités du monde du travail et comment mon père en devenait aliéné en étant continuellement dépossédé d’une quasi-cinquantaine d’heures de travail hebdomadaires, en incluant celles faites au black, que j’ai compris que comme tout le monde dans la vie active, mon papa était horlogé par le monde du travail – et j’ai ainsi compris d’où venait toutes mes angoisses des faux répits vacanciers auxquels j’ai été confronté toute mon enfance : l’école me préparait déjà à renoncer à du temps pour moi en préférant décider à ma place quand placer ce fameux temps, en me privant ainsi de toute autorité physique et mentale, ce qui finit de me foutre en sévère dépression, à l’âge de dix-sept ans. À partir de là : le vide ; ayant alors de nombreuses heures libérées par des aménagements médicaux et plus tard par mon parcours de soin, j’ai vu que même avec du temps pour moi, l’angoisse d’une vie passive demeurait en moi. Je n’aime pas les vacances.

      • #13441 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Le ‘ repose-toi bien ‘ pour le weekend est au top 10 des gimmick magiques aussi, oui.
        En attendant, les travaux en grand nombre dans les transports en commun parisiens montent d’un cran dès la semaine pro.
        On est pourtant loin d’être en grand nombre en vacances juste parce que l’école gna gna gna va fermer.
        Quant aux touristes, ils penichent bienheureux sur la Seine si tu leur fais coucou d’un pont, et lèchent bien les glaces pierre Hermé, tout sourire en se cachant derrière, mi-espiégles mi-vantards au coin des rues qui ont la tour Eiffel en fond, pour la photo.
        Parfois, c’est derrière un bouquet de fleurs, selon leur potentiel allergique aux pollens.
        J’annonce donc pour la semaine pro des émeutes pour choper en premier les trottinettes parisiennes, des émeutes avec bagarres dignes de celles des soldes entre touristes et franciliens, faute de RER et d’arrêts à certaines stations de métros.
        Bonnes vacances.

      • #13468 Répondre
        Le ventilateur d’Hegel
        Invité

        Merci pour ton texte, étant issu d’une famille aisée qui rendait chaque vacance inoubliable, tu m’as offert un regard, ce qui est précieux

    • #13436 Répondre
      Claire N
      Invité

      Dans les éléments de duperie quand t’es de zingué par ton boulot on te dis pas «  ton boulot est un problème «  on te dis «  t’as besoin de vacances « 
      C’est un traitement symptomatique pas étiologique

      • #13444 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        En l’espace de 150 ans, le nombre de décès sur le lieu de travail a chuté de manière impressionnante, se réduisant à un centième de ce qu’il était. Il est fascinant de constater à quel point votre réalité est en décalage avec les faits . Cependant, il faut reconnaître que récemment, les conditions de travail ont commencé à se détériorer, en grande partie en raison de la concurrence internationale. Les défenseurs d’un Frexit, tels que l’UPR et plus récemment Frédéric Lordon, semblent être les seuls à proposer une alternative viable même si c’est avec 10 ans de retard sur Asselineau. Bien que Lordon arrive tardivement, on peut dire « mieux vaut tard que jamais », et j’ai envie de le féliciter, un peu comme on le ferait pour le bouffon du village qui surprend tout le monde en formulant une pensée complexe. De plus, l’arrivée de travailleurs immigrés accentue la concurrence. Certains ici sont persuadés que Jésus soutiendrait l’ouverture des frontières pour que la France accueille sans limite tous les plus pauvre de la planète. Selon ses mêmes marxistes, Charlotte d’Ornellas n’aurait pas une bonne compréhension du catholicisme. Ce culot m’impressionne. Je me demande si nous assisterons à un élan de vitalité au sein de la gauche radicale, qui pour l’instant semble se désengager du monde.

        • #13471 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          « (…) Charlotte d’Ornellas n’aurait pas une bonne compréhension du catholicisme (…) »
          .
          Jesus aurait appelé à tendre l’autre joue, pas à ouvrir le feu sur les émeutiers.

        • #13472 Répondre
          Carpentier
          Invité

          .. /En l’espace de 150 ans, le nombre de décès sur le lieu de travail a chuté de manière impressionnante, se réduisant à un centième de ce qu’il était. / …

          Le lieu de travail devient le lieu le plus secure de la terre 😂
          #stoplesvacances #tousauboulot #lecoletoutelannee #stoplesweekends #stoplesurtourisme #vegetalisonslesroutes #vivementlaprochainepandemue #viveleteletravail

          • #13473 Répondre
            Carpentier
            Invité

            *mie
            prochaine mue de la/du sars-truc, quoi

    • #13440 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité

      Ton texte est typiquement celui d’une personne « rouge » se sentant contrainte par la société. En exprimant le souhait de contrôler ton propre temps et tes activités, cela peut être perçu comme une forme d’hyper-individualisme, ce qui transparaît aisément dans la sémantique que tu utilises (tels que « que moi et mes camarades », « pendant que moi, mon frère et ma sœur », « du temps pour moi ») ou (Calendrier imposé).

      Il y a un rejet manifeste des contraintes, qu’elles soient familiales, scolaires ou sociales. Il est à noter que deux types de personnes ne supportent pas les contraintes et tendent à tout détruire : les marxistes et mon enfant de 2 ans lorsqu’il refuse d’obéir ou casse ses jouets.

      Tout au long de l’histoire, la société humaine s’est structurée autour du temps, que ce soit par le biais du mouvement du soleil ou, plus tard, avec l’invention des horloges. Ces structures temporelles ont souvent rempli des fonctions utiles en apportant de l’ordre(qu’elle vilain mot) et de la prévisibilité à la vie.

      L’acceptation des contraintes est présente dans toutes les sociétés. Ce qui est paradoxal, c’est que les sociétés où les contraintes sont les plus fortes sont souvent communistes. L’égoïsme de chacun avait sa place dans la fable de Mandeville, qui a inspiré Adam Smith, ce qui est en contradiction avec l’approche des sociétés communistes.

      Pour conclure, je dirais que tu es plus libéral que n’importe quel identitaire, comme je l’avais affirmé sur le site précédemment. Note également que je fais l’effort, qui est rarement réciproque ici, de te lire. Consacrer du temps à lire ce qu’une personne a à dire est un signe de respect et de fraternité.

    • #13656 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous ! Rechignant à « penser les émeutes » comme trop de gens s’y sont empressés, nonobstant leur bord politique, je me suis rendu d’un nouvel édito sur la notion de « vivre-ensemble », déjà déconstruite maintes et maintes fois par François, y compris dans Boniments. J’espère donc apporter mon propre point de vue face à ce mot-valise fumeux et à la portée anti-sociale. Bonne lecture !

      Vivre-ensemble : un garde-à-vous silencieux

      On entend ce mot-valise très régulièrement dans les débats médiatiques, émissions de télé et de radio, notamment lorsqu’il est question de savoir si oui ou non, le lien social censé nous souder les uns les autres pour faire société fonctionne encore – surtout quand on voit des hijabs, des djellabas et autres abayas envahir nos villes, nos campagnes et nos réseaux sociaux. En République, le vivre-ensemble ne se négocie pas ; tout le monde le sait, parce qu’après tout, sans vivre-ensemble, les carottes seraient cuites, ce serait la fin des haricots et des frites à la cantine. Or, comme tout mot-valise décrété à toutes les sauces, celui qui nous intéresse aujourd’hui me rend pour le moins perplexe. Comme toute fable sociale, le vivre-ensemble nous est – en principe – inculqué originellement au sein de l’école ; il se réduit souvent d’ailleurs à faire accepter aux écoliers la réalité de l’existence de ceux qui ne sont physiquement pas comme eux, que ça soit par couleur de peau ou pour cause de handicap un peu trop visible, vu que « les gens craignent ce qu’ils ne comprennent pas » et qu’il est donc important de faire comprendre à nos bambins mal éduqués que Mokhtar, Mamadou et cet autiste asocial de Célestin ne méritent pas qu’on se moque d’eux, défavorisés qu’ils sont ; ça serait d’ailleurs cool qu’on fasse un film réunissant ces joyeux archétypes avec Vincent Cassel et Réda Kateb dans les rôles titres – ça ferait un carton à n’en point douter… mais je digresse. Si j’écris aujourd’hui ce nouvel édito, ce n’est pas sans lien avec l’actualité brûlante du moment : les fameuses émeutes en banlieue suite à la mort du jeune Nahel de dix-sept ans, tué par un policier à bout portant. Alors non, je ne compte pas juger de la pertinence politique, sociale ou même révolutionnaire desdites émeutes ; je préfère laisser ça à ceux qui en toute occasion, applique en « Ctrl-C / Ctrl-V » leur prisme politique sur ces mêmes occasions pour montrer à la Terre entière qu’ils ont indubitablement tout compris à ce qui se passe actuellement, peu importe leur bord politique ; ici, je compte surtout relever l’hypocrisie des chantres du vivre-ensemble qui nous expliquent désormais qu’il n’y a plus rien à faire dans ces quartiers, dans ces banlieues qui ont récemment pris feu, si ce n’est à y foutre toujours plus d’école et de police encore plus républicaines, vu que comme le disait un grand politicien franco-catalan, « aucune excuse sociale, sociologique, politique ne doit être recherchée », étant donné qu’à travers des écoles, des supérettes, des médiathèques et des cinémas de quartier qu’on brûle, c’est la République qu’on brûle et donc la messe est dite : les émeutiers sont désormais hors de l’arc républicain, voire même de la condition humaine, ceci permettant ensuite aux mêmes chantres du vivre-ensemble de sommer fermement que l’ordre et la répression policière et judiciaire soient impitoyables avec ceux qui ont eu la disgrâce de s’en prendre à l’ordre républicain. Tentons une conclusion qui permettra de foutre à la poubelle le mot-valise du jour une bonne fois pour toutes : le vivre-ensemble n’est pas un souhait ou un vœu pieux ; c’est une injonction autoritaire (pléonasme ?) des mieux lotis aux moins bien lotis – en particulier ceux qui ne leur ressemblent pas physiquement. Quand une certaine Natacha P., dans un dernier édito de son journal chargeant les émeutes, nous ressert le discours des pauvres qui respectent la règle du jeu contre les émeutiers qui la violent, elle révèle le désintérêt profond qu’elle a pour les habitants de ces quartiers, en réalité, puisque sa mention de ces derniers ne sert à qu’à séparer le bon grain de l’ivraie pour toujours mieux condamner les inexcusables violences ; tout ceci alors que les bons républicains étaient à la base prêts à la magnanimité avec tous les « jeunes issus de l’immigration », à la seule condition qu’ils travaillent bien à l’école et se tiennent à carreau tout au long de leur existence continuellement ghettoïsée et marginalisée – seulement alors pourrait-on les considérer comme des êtres humains respectables et décents ; le « vivre-ensemble » viendra les priver de toute humanité, sinon.

      • #13661 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Le terme « vivre ensemble » est souvent employé tant par les tenants du capitalisme que par ceux de la gauche pour promouvoir une cohabitation entre diverses populations. Les premiers y voient un moyen de s’assurer d’une main-d’œuvre harmonieuse, tandis que les seconds tendent vers une vision marxiste qui réduit les individus à une identité sociale. Il est important de noter que l’affirmation selon laquelle des Français, dont Polony serait un porte-voix, réclameraient un ordre strict et une répression policière suite aux émeutes, pourrait être vue comme un indice suggérant que le système policier et judiciaire n’est pas autoritaire, car on réclame généralement ce que l’on n’a pas. De même, l’utilisation du terme de ghettoïsation pourrait ne pas être appropriée, car les banlieues sont souvent situées à proximité des grandes villes et disposent d’infrastructures importantes en France. Je ne sais pas pourquoi vous continuez à utiliser ce terme, qui semble bien plus pertinent pour les pays anglo-saxons. Ces émeutes marquent un tournant, car elles ont montré que des révoltes peuvent se produire sans revendications sociales spécifiques, et que la convergence des luttes n’est possible que si les barrières culturelles sont absentes. Marx n’avait pas prévu le multiculturalisme, donc pour vous, ce sujet est un non-sujet. Néanmoins, je suis d’accord que le terme « vivre ensemble » est un mot-valise qui est utilisé par tout le monde, sauf la droite conservatrice.

      • #13829 Répondre
        Claire N
        Invité

        « le vivre-ensemble n’est pas un souhait ou un vœu pieux ; c’est une injonction autoritaire (pléonasme ?) des mieux lotis aux moins bien lotis » oui , le vivre ensemble c’est le «  fais pas chier ta gueule » en fait

    • #13748 Répondre
      Nox
      Invité

      Dans la catégorie « féminisme blanc post-colonial », les nominé-e-s sont :
      https://shorturl.at/aiB25

      • #13755 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Elle attribue uniquement aux garçons la responsabilité des émeutes alors que l’année 2005 a spécifiquement démontré la participation des filles. Elle affirme également que le terme « virilis » caractérisait autant les filles que les garçons dans l’Antiquité alors que cela était principalement associé aux hommes et à leur passage à l’âge adulte . De plus, elle part du principe que la fin du rôle traditionnel du père est une « évolution nécessaire ». En réalité, elle est une sociologue de pacotille qui utilise sa discipline comme un outil de propagande politique. J’ai entendu certains dire que notre force à gauche est la sociologie. Peut-être comme outil de domination, mais certainement pas comme matière à réflexion.

        Ce qui me désole, c’est quand la rééducation des garçons est prônée par les sociologues et même par certains intellectuels de la gauche radicale. Ils expliquent que les « petits blancs » de droite ont un culte de la virilité, qu’ils sont agressifs et que l’implicite est de les rééduquer. Alors qu’en réalité, la plupart ont été tellement « castrés » qu’ils n’osent plus aborder une fille.

        Cependant, osez vouloir pacifier des personnes issues de pays patriarcaux, ayant participé aux émeutes les plus violentes depuis l’après-guerre, et tout de suite on va monter au créneau pour dénoncer le « féminisme blanc post-colonial ».

    • #13751 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Depuis une semaine les papas et les mamans ont la parole. On n’entend qu’eux.
      Un « mouvement » qui génère une telle reviviscence parentale est-il politique? C’est une question.

      • #13752 Répondre
        Nox
        Invité

        On pourra se réjouir en voyant que l’illustre sociologue s’étant fendu d’un billet du Monde en en appelant à la rééducation des garçons de banlieue a déjà produit moult ouvrages sur la question tels que La paternité, L’instinct paternel, Cramponnez-vous les pères : les hommes face à leurs femmes et à leurs enfants ou encore l’immanquable Et si on réinventait l’éducation des garçons ? – Petit manuel pour dépasser les stéréotypes et élever des garçons libres et heureux – Pour les parents. De belles réflexions en perspective.

      • #13753 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci , pour cet angle d’attaque je n’avais pas vu l’interstice dialectique à cet endroit

    • #13754 Répondre
      Claire N
      Invité

      Me dis que les mamans et les papas restent des agents de l’ordre ; et là où il y a de l’ordre la politique étouffe

      • #13757 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Il existe un pays qui, à première vue, pourrait sembler être une utopie anarchiste, dénuée de tout ordre étatique. Un lieu où les concepts traditionnels de gouvernance et de hiérarchie sont mis de côté. Mais ce n’est pas une expérience de pensée ou un récit de science-fiction : c’est la réalité de la Somalie. Finalement va préférer s’étouffer avec une société d’ordre.

        • #13758 Répondre
          Claire N
          Invité

          L’ordre n’est pas l’organisation
          Peut-être que tu peux quand même penser à l’organisation sans la domination et voir si cela te plaît

          • #13761 Répondre
            Jean Monnaie
            Invité

            Comme l’ordre étouffe je suppose que le désordre libère. Comment t’organises tu dans le désordres ?

            • #13765 Répondre
              Claire N
              Invité

              Peut-être que tu peux commencer à te débrouiller tout seul pour penser ça , prends un peu d’autonomie , si tu viens ici pour te construire
              Contre la pensée de gauche c’est qu’on te sert de béquille pour pallier à « penser contre soi »

              • #13768 Répondre
                Jean Monnaie
                Invité

                D’accord, donc tu ne souhaites pas répondre pour mettre un peu de ‘Claire’ dans ta pensée. C’est ton choix. Je ne vais pas te forcer en te mettant un pistolet sur la tempe, ne t’inquiète pas.

    • #13756 Répondre
      Claire N
      Invité

      Mais en même temps me demande si ils peuvent s’organiser en corps intermédiaires ?

    • #13925 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. Je reviens avec un nouveau billet sur les rapports souterrainement racistes entre l’anti-cléricalisme et l’islam, en faisant quelques sous-entendus sur la haine de classe qui s’en dégage. Bonne lecture à vous !

      Islam et anti-cléricalisme : le racisme souterrain

      J’ai grandi dans une famille musulmane, comme j’ai souvent l’occasion de le dire. Mon rapport avec l’islam n’a jamais été simple, ni même tranquille. Entre traumas familiaux et théophobie avérée, j’étais bien parti pour rejeter le fait religieux dans son entièreté et me joindre à la horde de gens qui en ont après les hijabs et les djellabas, de nos jours ; surtout quand on sait que je me suis longtemps traîné une colère, voire une rage profonde envers cette religion. Si aujourd’hui, je ne me suis toujours pas « réconcilié » avec les membres de ma famille – en particulier du côté de mon père –, j’ai fini par percer à jour le soubassement raciste de l’hostilité vis-à-vis de l’islam. Pour plein de gauchistes, ce soubassement était évident depuis très longtemps déjà dans l’espace politique et médiatique, mais me concernant, mon vécu difficile avec la religion m’a empêché d’y voir clair et de nommer la bête par son véritable nom. J’ai longtemps refusé d’user de termes comme islamophobie au motif classiquement républicain qu’on peut critiquer les religions sans critiquer les croyants pour autant ; à ceux d’ailleurs qui souscrivent à un tel mantra, je vais me faire clair tout de suite : vous vous trompez – les religions sont des faits sociaux complets et donc à ce titre, in-sé-pa-ra-bles des croyants qui les font vivre. Ce genre d’abstraction dépolitisante est du même acabit que celle des dogmatiques religieux qui se prémunissent contre toute critique à coup de « il faut savoir différencier les religions et les croyants » – là bizarrement, les anti-cléricaux deviennent à nouveau prompts à dénoncer des tenants religieux dans ce genre de rhétorique. Soyons donc rigoureux : sans croyants, pas de religion. Il faut alors assumer une bonne fois pour toutes que de la même manière que critiquer le capitalisme peut heurter des capitalistes, critiquer une religion peut heurter ses tenants. Jusque-là, rien de bien folichon, car après tout, tout dogme ou toute idéologie s’expose toujours un peu à la critique, dans l’espace social. Cependant, s’en prendre à l’islam en particulier possède une portée bien différente que celle des critiques éventuelles que l’on pourrait opposer au christianisme ou même au judaïsme : l’islam en France est pratiqué en très grande majorité par des Français issus de l’immigration maghrébine, avec des densités de population plus fortes dans les quartiers et autres banlieues paupérisées, ghettoïsées et par conséquent, marginalisées. Ce sont donc des prolétaires déjà bien mal lotis que l’on pointe du doigt, surtout quand on connaît l’abandon étatique et public que subissent leurs lieux de vie depuis des décennies… et l’acharnement médiatique continuel contre leur foi dans les chaînes d’info en continu et autres stations de radio. Ce sont à des hommes et des femmes déjà bien à terre que l’on s’en prend, lorsque l’on s’en prend à l’islam. C’est donc un choix politique ; choix politique qui a des conséquences toutes aussi politiques. Alors… je sais bien que des esprits chagrins vont me rappeler les dégâts idéologiques, culturels, émotionnels et politiques que les religions sont capables de générer pour se défendre de s’en prendre à des êtres humains pas aidés par la vie, quitte à même évoquer le funeste salafisme justifiant d’autant plus de s’en prendre à l’islam, surtout en mémoire des attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre de l’an de grâce 2015. On va être donc factuel, ici : selon des rapports récents de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) sur les dix derniers attentats politiques déjoués en France, « sept étaient liés à l’ultra-droite, deux au complotisme et un à l’ultra-gauche » (source trouvable sur Libération) ; on est donc extrêmement loin de la menace terroriste imminente que poserait l’islam pour la France ou même l’Occident tout entier. Pourtant, les anti-cléricaux persistent et signent dans leur lutte militante et prétendument impérieuse contre les religions, y compris l’islam ; en opposant à ces dernières non pas un anarchisme subversif et émancipateur, mais la « République », porteuse d’une immense rationalité à toute épreuve et sans haine des Arabes, assurément.

      • #13940 Répondre
        charivari
        Invité

        Bonsoir Nox, tu refuses mes mails. Je réitère, forcement c’est comme tu veux. J’aimerais quand même te parler, mais pas ici.
        Bonne soirée

        • #13942 Répondre
          Nox
          Invité

          Désolé, pas intéressé.

          • #13944 Répondre
            charivari
            Invité

            Pas grave. Surtout reste ininteressé. En tout cas je te le souhaite.
            Tu me fais de la peine.

      • #14007 Répondre
        Nox
        Invité

        Épisode deux :

        Islam et anti-cléricalisme II : aux racines du racisme

        Dans mon texte précédent, je me suis intéressé à comment un combat aux allures rationnelles, voire rationalistes, pouvait avoir quelque chose de souterrainement raciste, consciemment ou non. Cependant, je ne me suis pas vraiment attardé sur les ressorts racistes et classistes que l’islamophobie recoupe ; concision oblige. L’islam occupe en effet une position bien particulière en France : celle de la deuxième religion du pays, démographiquement. Il est donc devenu monnaie courante de croiser des hijabs et des djellabas dans notre pays, en particulier dans les centres urbains. Cette évolution démographique a des fondements post-coloniaux évidents ; faut-il encore le rappeler : la France est un ancien empire colonial ayant été au sommet de sa gloire au même moment où des Arabes et des Noirs étaient sous sa domination, ce qui a également permis aux grands capitaux nationaux de copieusement s’enrichir sur le dos de ce que l’on a appelé un temps, les indigènes. Le camp conservateur se plaît souvent dans la complainte de ce rappel culpabilisant du passé colonial de la France, arguant même que l’Éducation Nationale en ferait des tonnes sur ce sujet et salirait continuellement la « grandeur de la France » devant nos petits écoliers censés normalement apprendre à aimer la France et non pas à la mépriser comme de vulgaires islamo-gauchistes. Qu’en est-il réellement ? Eh bien… c’est ma famille algérienne qui m’a raconté les saloperies humaines et coloniales menées en Algérie française, entre traite des femmes, ghettoïsation forcée, déshumanisation des autochtones traités comme des rats de laboratoire et meurtres policiers, comme militaires, quand la grogne sociale se faisait trop sentir. Tout cela, je ne l’ai jamais appris à l’École de la République. Je le jure la main sur le cœur ; mais je ne suis pas naïf : tout un tas de gens ne me croiront pas, convaincus qu’ils sont que l’Éducation Nationale a viré islamo-gauchiste depuis quelques années déjà, en se faisant l’économie de la réalité du raidissement autoritaire de l’école en France, notamment menée par Jean-Michel Blanquer, ancien ministre sous Macron de cette grande institution gauchiste qui a une fois expliqué à l’Assemblée Nationale que la mort de Samuel Paty, décapité par des salafistes, était due entre autres au « wokisme » et à « l’islamo-gauchisme des universités », propos approuvé et répété par Frédérique Vidal, ministre précédente – elle aussi – de l’Enseignement Supérieur. Ils ne mentionneront pas non plus le volte-face de Pap N’Diaye – anciennement chercheur spécialiste des questions ethniques et raciales – et actuel ministre de l’institution gauchiste mise en cause, sur les questions du racisme structurel et des violences policières qu’il dénie désormais, à son poste. À la lumière de tous ces faits, les athées militants peuvent toujours persister et signer sur le fait que l’islam serait une « religion comme une autre » dans l’espace social, en se complaisant dans une cécité de couleur qui fait l’impasse sur les questions raciales et structurelles en ne voyant pas que s’en prendre à l’islam met mécaniquement une pièce supplémentaire dans la machine du racisme structurel que subissent de plein fouet les populations indigènes en France, via les contrôles de police, la désertification des services publics dans les banlieues, la paupérisation continuelle qui en découle et en dernier ressort, via la mise en cause constante de l’islam qui, au regard de tous les phénomènes sociaux que je mets actuellement en exergue, devient une identité défensive et communautaire pour des Arabes qui ne veulent plus entendre parler de République que tout ce que cette dernière leur donne matériellement, c’est de la répression, de l’oppression, du rejet et de la marginalisation. Des penseures décoloniales comme Houria Bouteldja ou Françoise Vergès finissent d’ailleurs par défendre – de manière erronée, à mon sens – la mystique de ces populations comme ce qui pourrait être le ciment d’une émancipation collective pour tous ces gens, tandis que l’on peine déjà à gauche à faire entendre les problématiques exclusivement sociales de ces quartiers et de ces banlieues. Il ne s’agit donc pas pour moi de défendre l’islam en tant que religion ou spiritualité – encore moins avec le parcours que l’on me connaît, vis-à-vis de cette religion. Il s’agit plutôt de rappeler que s’en prendre à l’islam comme tant et tant de gens le font au quotidien n’a rien d’anodin ou d’un combat d’athéiste rationaliste in abstracto qui ferait – comme par magie – la différence entre islam et les musulmans ; s’en prendre à l’islam, c’est se joindre à la grogne structurellement raciste qui sévit déjà pas mal en France et c’est donc s’en prendre à des gens qui en chient pas mal pour être simplement perçus comme des citoyens ordinaires. Ça n’a rien de noble, d’intelligent ou même de subversif : c’est lâche. On pourra alors opposer toute la journée les exemples spectaculaires et pittoresques du salafisme et des théocraties autoritaires comme l’Iran, le Qatar ou l’Arabie Saoudite – que nos chers états occidentaux tantôt condamnent, tantôt arment – en soutenant que l’islam est dangereux, belliqueux ou même en voie d’expansion dans tout l’Occident et en continuant à artificiellement séparer une religion de ses fidèles, dans une croyance fondamentalement idéaliste et intellectualiste qu’il y aurait d’un côté, le monde des idées et de l’autre, le monde de la matière, cela n’effacera jamais le réel social et politique que subissent les musulmans français, en 2023. Et je ne crois pas que ce qui nous menace immédiatement dans l’espace politique serait les djellabas, les abayas et autres hijabs mais davantage un bloc libéral-autoritaire qui ne se revendique ni de David, ni de Jésus, ni de Mahomet, dans sa version macronienne. Faire de l’athéisme un combat politique urgent est donc un choix politique singulier qu’il convient de décrire comme tel et pas autrement. Ce choix a des conséquences, comme je l’ai déjà dit. Chers amis athéistes rationalistes, assumez-les.

        • #14011 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Merci Nox pour ce texte.

          • #14012 Répondre
            Nox
            Invité

            Pas de quoi !

            • #14014 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je souscris
              La rhétorique des conservateurs au fond est toujours la même : minimiser la nocivité des dominants, gonfler la nocivité des dominés. Et du même coup détourner la contestation vers d’autres qu’eux.

              • #14047 Répondre
                Nox
                Invité

                Le plus navrant étant que la sphère « sceptique » ou « rationaliste » sur Internet se revendique de la lutte contre toute forme d’obscurantisme. On pourrait donc croire qu’ils défendent la « modernité » au sens technique et scientifique du terme, en opposition avec une supposée « régression »… sauf que là, on retrouve immédiatement la rhétorique raciste vis-à-vis de l’islam qui consiste à présenter cette religion à la fois comme un danger imminent et la possibilité d’une « régression civilisationnelle ». Comme je l’ai dit à Claire, il faut savoir repérer les situations de rapport de force à l’instant T, avant de sujet de l’indubitabilité de l’urgence d’une cause X ou Y.
                Quand un certain Irréductible Athée sur YouTube et Twitch fait la promotion d’un athéisme politique au motif que les religions « représentent une menace pour la République », ce n’est pas l’athéisme stricto sensu qu’il promeut ; encore faut-il qu’il en prenne conscience. Tout comme lorsqu’il dit que « blasphémer, c’est sacré » ; sous-entendu : ce droit serait actuellement en danger, donc sacralisons-le.

                • #14048 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Avant de juger de l’indubitabilité de l’urgence d’une cause X ou Y*.

          • #14026 Répondre
            Claire N
            Invité

            « Ça n’a rien de noble, d’intelligent ou même de subversif : c’est lâche »
            Merci
            Cela me fait penser que mon père athée se moquait quand j’étais enfant de ma mère chrétienne ; pas méchamment hein mais il se moquait de sa faiblesse de bonne femme à mettre un cierge quand elle était stressée.

            • #14046 Répondre
              Nox
              Invité

              Pas de quoi.
              Concernant ton exemple, j’y vois plus une taquinerie, personnellement. Et puis, c’est bien aux musulmans que je fais allusion, dans ce contexte. Je n’ai pas le sentiment qu’à l’heure actuelle, les chrétiens soient les plus emmerdés des citoyens dans l’espace social. C’est toujours une histoire de rapport de force à un moment donné dans un contexte donné.

              • #14052 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui ce n’est pas pareil
                Mais je remarque du coup un truc
                Le dominant postule la bêtise du domine
                Sur la base de la rationalisation
                Il postule aussi qu’il n’a rien à apprendre de lui
                Et que le domine aurait tout à gagner a recevoir
                Son enseignement
                Et sur le chemin je croise la colonisation

                • #14053 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Effectivement.

                  • #14056 Répondre
                    Julien Barthe
                    Invité

                    En rapport avec ce qui préoccupe Nox présentement (j’utilise ce mot si je veux) et qui chatouille certains sitistes sur d’autres topic, j’ai lu ceci hier soir.

                    « Un conflit de mondes plutôt qu’un conflit de forces ». Entretien avec Jacques Rancière

                    • #14057 Répondre
                      Julien Barthe
                      Invité

                      Si personne ne l’a déjà posté, mon crédit sitiste va grimper en flèche.

                      • #14059 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Dans le cas contraire, on n’a qu’à me retirer, disons, 20 « Singes ».

                      • #14074 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Merci Julien, tu gagnes un quart de singe (il faut connaître le jeu, sinon ça tombe à plat)

                      • #14075 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Merci, Anna.

    • #13963 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      le fameux festival de 22h

      • #13965 Répondre
        charivari
        Invité

        Ecris nous des romans. Ça tu sais faire !
        Bonne journée François.

    • #13972 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Un roman policier.
      Qui commence par le constat que toutes les agressions, appels tel, textos, post insultants d’hier ont eu lieu entre 22h et minuit, selon la chronopathologie du Troll numéro 3 pseudonommée Louizz puis Charivari

    • #13974 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      une seule chose intrigue les enquêteurs : le message facebook de ce matin, tout aussi agressif
      Troll numéro 3 se serait-elle mise à boire aussi le matin?

      • #13987 Répondre
        diegomaradona
        Invité

        Cette pochtronne semble être imbibée du matin au soir et du soir au matin, c’est triste

      • #14038 Répondre
        PinocchioS
        Invité

        Vous vous rassemblez-ressemblez tant.
        Jumeaux, clones, personnage, personnage raciste…
        Tu as dit le connaître si bien….
        9:37 et des bisous

        • #14044 Répondre
          Psychiatre
          Invité

          On va regagner la chambre tranquillement, Mme S.
          Allez, on laisse les gens s’amuser et on va prendre son Valium. On va faire un gros dodo.

          • #14066 Répondre
            PinocchioS
            Invité

            Merci pour le rire.
            Attention à la délation de mon nom de famille si tu veux pas que ton ami se retrouve avec une nouvelle procédure.
            Un conseil tient ta bouche.

    • #14009 Répondre
      PinocchioS
      Invité

      Bégauzbeul et son cloneachier Diego seraient en train d’inventer pour sauver leur honneur…
      Je peux pas t’écrire le matin, j’étais dans un avion tête d’ail !
      Toujours aussi classes, aussi brillants
      Ne changez rien.
      Des baisers tout plein à bientôt

    • #14070 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Je me permets de renvoyer au post de Nox, ci-dessus, qui semble dialoguer avec Rancière (cf. entretien )

    • #14072 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Est-ce que si je partage la programmation hier soir sur LCI d’un débat sur les festivals, les subventions d’état pour l’art et le festival d’Avignon, je suis dans le théme?
      Dans tous les cas, si c’est rattrapable, je le recommande car entendre parler autour du ‘ ce n’est plus une période de financement de l’art pour l’art ‘ ainsi qu’à partir des profils des spectateurs* du festival d’Avignon n’est pas qu’initéressant.
      * Cadres sup. classes privilégiées, majo + de 65 ans 😀
      Faut me rajeunir tout ça, les Gars 👋

      • #14077 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Ok, maintenant on gagne des singes, ici: cool.
        Mes lignes à propos de ‘ financement de l’art pour l’art ‘ qui daterait et ne serait plus viable aujourd’hui, ou des profils des spectateurs du festival d’Avignon,
        cadres sup. classes privilégiées, bac + 3 et en majo + de 65 ans resteront donc dans la fosse aux singes où sont leur place.
        🐰🐒

    • #14142 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! Je reviens comme d’habitude avec un nouvel édito sur ma relation « vitaliste » avec l’anarchisme. J’espère que ça vous plaira.

      L’anarchisme, mon corps, ma vie

      J’ai déjà eu l’occasion de le dire à diverses reprises : je me considère comme anarchiste. Je ne crois pas en des arbitraires fondés intrinsèquement comme l’autorité d’un père, d’un maître ou d’un chef de tribu ; je dirais même que l’ardeur avec laquelle tout un chacun peut affirmer et répéter de manière colérique ou sévère que « dans toute société, il faut bien des gouvernants et des gouvernés » fait démonstration de la fragilité de toute autorité. C’est comme cela d’ailleurs que l’on voit encore et encore des énervés inquiets comparer l’anarchisme à une adoration du chaos, à une espèce de nihilisme politique qui ne dirait pas son nom – c’est la brûlante question rhétorique que les anarchophobes aiment poser aux utopistes dans mon genre : « sans chef, on ferait comment ? » ; et moi de leur répondre : « on ferait sans, tout simplement ». Alors je sais, « plus facile à dire qu’à faire ». Et pourtant, comme je le disais dans un édito précédent, n’aimons-nous donc pas à gauche rappeler à qui voudrait l’entendre que homo sapiens ne serait rien sans l’entraide entre lui et ses pairs ? Or, quoi de plus horizontal, de plus démocratique, de plus spontané que l’entraide ? Voyons par ailleurs ce que l’institutionnalisation de la charité via les associations et les structures d’État a généré sur le long terme : de l’aide sous conditions (voir sur le dos de l’emballage) ; des formulaires, des questionnaires à gogo ; des semaines, des mois, voire des années d’attente dans le secteur du logement social ; quantités de pièces justificatives à apporter dans les cas les plus administratifs – j’ai aujourd’hui difficilement l’impression que toutes ces choses nous paraissent être le summum de la solidarité sociale. Mais plutôt que d’épiloguer sur mon idéal politique, je voudrais plutôt parler cette fois-ci de ce qui m’a mené vers l’anarchisme, existentiellement. Une vidéo YouTube de vulgarisation philosophique rappelle que l’anarchisme est à la base un courant de pensée. Sauf que, me concernant, je n’ai lu à ce jour aucun livre faisant la promotion directe ou indirecte de l’anarchisme ; la faute à des troubles de l’attention me rendant à chichement disponible pour les livres. Non ; c’est par mon vécu en lui-même et de ce que j’en ai retiré psychologiquement que j’ai compris que le tempérament anarchiste était celui qui me conviendrait le mieux. Tout ça a commencé à travers mon rejet viscéral de l’école et de mon incompréhension toujours présente du caractère obligatoire d’une éducation scolaire et ce, n’en déplaise aux petits malins qui aiment rectifier les contrariés dans mon genre à coup de « non mais c’est l’instruction qui est obligatoire ! Pas l’école ! » – et je n’ai pas besoin de m’étendre en longueur sur les attaques institutionnelles récentes contre l’école à la maison, en France. L’école m’a volé mon enfance et mon adolescence. Alors que comme tout gamin, je pouvais me montrer très hyperactif et débordant d’énergie, l’école a continuellement mis un point d’honneur à me dire à moi et aux autres gosses de mon âge : « asseyez-vous et taisez-vous ! » ; et quand venaient les heures fatidiques des cours de sport, mon corps n’arrivait pas à s’en réjouir – bien au contraire : c’était précisément dans ces moments-là que je voyais à quel point je n’étais jamais réellement maître de mon corps, mais soumis à une autorité incarnée ici par le prof de sport. Les dix sur vingt constants que je me mangeais en sport faisaient apparaître un plafond de verre au-dessus de ma tête : malgré mon prénom identique à celui d’un certain Zidane, je n’ai jamais eu quoi que ce soit d’un sportif confirmé ; petit, j’étais gros et casanier, coincé mentalement avec mes jouets et mes Pokémon, allergique au foot et au vélo, malgré la maîtrise de ce dernier. J’ai fini par comprendre adulte ce que mon obsession pour les jeux vidéo disait de moi : je voulais reprendre le contrôle ; de manière amusante d’ailleurs, on dit bien les contrôles de jeu, dans le lexique vidéo-ludique. Mais reprendre le contrôle sur quoi ? Sur le temps. Sur mon corps. Sur ma vie. Les jeux vidéo m’ont-ils mené à bon port ? Non ; le fait politique aura cette tâche ; car être anar est surtout un pari : celui d’un corps restauré.

      • #14146 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci beaucoup Nox, sur l’école et sur le sport, ton témoignage fait écho en moi, mon vécu, moi non plus je n’ai pas aimé l’école.

        • #14189 Répondre
          Nox
          Invité

          Toujours ravi de créer de l’identification ! Bonne journée !

      • #14148 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Problème du jour : Monarchie Danoise vs Anarchisme Catalan

        Comparons deux systèmes : la monarchie danoise, qui règne depuis l’époque des Vikings, et l’anarchisme catalan, dont l’espérance de vie a été aussi longue que celle d’un hamster, soit environ 2 ans. Cependant, il y a toujours des individus qui se réclament de l’anarchisme ! Comment peut-on expliquer cet attrait pour un système qui, jusqu’à présent, n’a pas fait ses preuves dans l’histoire humaine ?

        A. Les anarchistes ont une tendresse particulière pour les hamsters et cherchent à imiter leur bref mais passionnant parcours de vie.
        B. Ils sont convaincus que les règles sont faites pour être brisées, et que deux ans de pure liberté valent mieux qu’un millénaire de monarchie.
        C. Pleins d’optimisme, ils sont persuadés qu’à la prochaine occasion, l’anarchisme tiendra le coup au moins autant qu’un cochon d’Inde, à savoir entre 6 et 8 ans, à l’image d’un mandat présidentiel à la Macron.
        D. Principalement d’anciens gamers passionnés, ils voient le monde à travers le prisme de leur manette, ce qui donne lieu à une vision du monde pour le moins immature.
        E. Toutes ces réponses.
        (Je repars)

        • #14212 Répondre
          Jacques Sceptes
          Invité

          tu dois bien aimer les rongeurs

          • #14219 Répondre
            Jean Monnaie
            Invité

            Moi, oui ; eux, non. Mon hamster est mort au bout de six mois, quand j’avais huit ans. Je soupçonne un suicide.

      • #14220 Répondre
        Claire N
        Invité

        « Les énerves inquiets « 
        J’ai ri , juste une question tu parles pas de la musique ( je dis ça parce que tu nous a fait découvrir des trucs de dingo) mais peut-être que c’est pas le sujet

        • #14239 Répondre
          Nox
          Invité

          Contrairement à tout musicien en situation de promo d’un dernier album, je n’ai pas un rapport « incroyablement créatif » à la pratique musicale ; j’ai commencé le piano à dix-sept ans et donc, c’est intervenu assez tard dans mon imaginaire. C’est pour ça que je n’en ai pas parlé.

          • #14240 Répondre
            Alain m.
            Invité

            Quelle genre de musique joues-tu et qu’est-ce que tu écoutes ?

            • #14403 Répondre
              Nox
              Invité

              Salut Alain et désolé pour l’attente.
              Je joue principalement du rock et des bandes originales, qu’elles viennent de films ou de jeux vidéo.
              Ma base arrière musicale est le rock japonais, découvert à l’adolescence et ne m’ayant jamais quitté depuis.

    • #14404 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous !
      Soucieux d’analyser un phénomène que je pourrais nommer « l’érotisme de l’autoritarisme », j’ai pondu un nouvel édito à ce sujet qui aura sûrement une deuxième partie, comme à mon habitude. Bonne lecture !

      Érotisme de l’autoritarisme

      Sillonnant régulièrement les Internets pour calmer ma soif de discussions politiques, je regarde souvent un certain Pahdüring qui aime livrer son point de vue lénino-marxiste sur l’actualité politique et qui a théorisé un concept que j’aime beaucoup : celui de la théorie de Moïse. L’idée centrale de ce concept, c’est que face à une repolarisation de plus en plus visible de l’échiquier politique en France, les rouges-bruns – c’est-à-dire les amateurs de la droite des valeurs et de la gauche du travail – se retrouvent obligés de se scinder en deux, devenant ainsi simplement rouges ou bruns. Évidemment, ma curiosité morbide pour l’extrême-droite fait que je suis avant tout intéressé par ceux qui virent totalement à droite par les temps qui courent, notamment en les personnes de Greg Tabibian et de Tatiana Ventôse, dans le YouTube Game. Si ce sont ces deux derniers que je pointe du doigt, c’est parce que je les suis depuis presque six ans en ligne et j’ai pu voir leur évolution dans leur contenu et leur façon d’aborder le fait politique. Greg Tabibian, au début de son émission J’suis pas content, jouait le rôle de Simplet et prenait donc une voix de benêt pour analyser l’actualité avec un regard faussement candide, ce qui marquait une certaine volonté de ne pas se prendre trop au sérieux. Tatiana Ventôse, quant à elle, s’est fait originellement remarquer au sein de l’éphémère collectif de vidéastes #OnVautMieuxQueÇa qui s’était constitué contre la loi El-Khomri, en parallèle de Nuit Debout, en 2016. En sept ans, les deux ont considérablement changé de ton dans leur façon d’appréhender l’actu politique ; Greg a laissé tomber le personnage de Simplet et Tatiana a multiplié les coups de gueule dans sa chaîne YouTube personnelle et ponctuellement dans son émission du Fil d’Actu. Les raisons de tels coups de gueule ? Les déboires capitalistes et néo-libéraux de la Macronie, la déstructuration de l’agriculture locale, la répression du mouvement des Gilets Jaunes… mais aussi de plus en plus des thèmes réactionnaires comme le ras-le-bol des profs à travers la polémique #PasDeVague, une agression dans le métro de la part de mecs wesh-wesh, la montée de l’insécurité, les exagérations des écolos au sujet du réchauffement climatique et du problème des sécheresses et dernièrement, sur le problème de l’immigration en France. Greg, quant à lui, n’a pas cessé de moquer la culture queer, le décolonialisme, l’anti-fascisme et même les Insoumis dans leur évolution récente prenant de plus en plus en compte les questions féministes et raciales en son sein. Ses accointances très à droite ne sont plus à démontrer : il est un grand ami d’Éric Morillot et de Pierre-Yves Rougeyron et officie régulièrement dans l’émission Bistrot Libertés produite par la chaîne YouTube TVLibertés créée par le milliardaire Charles Gave et actuellement présidée par Martial Bild, peu connus tous deux pour leur gauchisme. Greg, comme Tatiana, ont pu me faire croire il y a un temps qu’ils pouvaient tous les deux avoir une sensibilité sociale, notamment dans leur façon de couvrir tous les derniers mouvements sociaux (excepté celui contre la réforme des retraites concernant Tatiana…) mais si on revient un peu sur leur parcours, on peut très vite constater que tout était déjà programmé pour qu’ils deviennent ce qu’ils ont toujours été. Greg a été élevé par un père très patriote et soucieux de l’assimilation pour son gamin et Tatiana, quant à elle, a été virée du Parti du Gauche dont les positions changeantes sur la question républicaine et ses agencements possibles avec celle des minorités suscitent désormais son dégoût. Greg, dans son interview sur la chaîne Livre Noir, a dit se sentir orphelin de la gauche universaliste et assimilationniste qu’il continue de revendiquer à ce jour (comme une certaine Natacha P.) ; les deux vidéastes dont je parle n’ont jamais vraiment assumé leur affect primaire, leur érotique politique originelle : l’autorité ; car il y a en effet un plaisir de l’ordre susceptible de dépasser tout autre affect concurrent comme celui de l’égalité ou de la justice sociale ; l’ordre a la vertu d’être immédiat et visible.

      • #14412 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Les fafs amènent des réponses simples aux questions compliquées. À gauche on fait de la socio, à droite ils font de la muscu. Je ne connais pas spécialement cette sphère YouTube – je n’ai découvert Usul que cette année pour te dire mon niveau sur le YouTube game – mais j’ai regardé une émission de Morillot invitant Branco sur son plateau de fafs – eh ben dire que le niveau était bas, c’est de l’euphémisme (déjà Branco tu me diras, et pourtant c’était pas lui le moins pertinent). Ce n’est pas du débat ni des idées mais de l’occupation.
        Je crois que ces fafs qui suivent Bistro Liberté et compagnie, c’est comme moi quand je regarde Le Média : je suis déjà convaincu et je sais que ça ne va pas « me convaincre » ni me séduire – d’ailleurs je trouve Le Média bien faible au niveau propagande en comparaison de Blast, et pourtant ils essaient.
        La séduction se joue avant. Dans le Socialter Bégaudeau, il est fait mention d’initiatives importantes (une chaîne parodique australienne, de la militance via stickers, un journal satirique…). Ce qui se joue là, c’est l’occupation de l’espace public. Et la droitisation s’est faite parce que la gauche molle qui avait mainmise sur quelques espaces (un peu de presse papier, Radio France, les Guignols, Charlie) se les ait fait piquer ou détruire par la droite. On ne démarre pas le gauchisme à onze ans en achetant le Monde Libertaire ou l’Huma avec la monnaie du pain.
        Il faut partir du général pour aller vers le particulier, ça se joue dès l’enfance et dès la télévision. En ce moment, les enfants (trop jeunes pour aller regarder Morillot) tombent sur Hanouna à la télé quand ma génération tombait sur les Guignols et le Zapping, ou même Jacques Martin qui à défaut d’être gauchiste faisait de la satire. Mais là c’est mort, la satire, la parodie, le rire contre les puissants, cela n’existe plus à la télévision.
        Je ne suis pas nostalgique de Dimanche Martin mais c’était mieux avant quand il y avait des brèches – Jamel Debbouze, Éric et Ramzy, Omar et Fred, même les Inconnus, tout ça est devenu improbable.
        Pour savoir ce qui fonctionne, il faudrait savoir ce que consomment comme informations les enfants de primaire. S’ils sont devant Cnews à la table familiale c’est mort.

    • #14406 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Ok. Tu joues seul ? Le rock japonais, grande inconnue pour moi. Unique et infime écho , c’est Michi Hirota (et je crois qu’elle est actrice) sur « it’s no game » de Bowie. Bowie qui sera la grande affaire pour moi dans le rock.

      • #14443 Répondre
        Nox
        Invité

        Je joue essentiellement seul, oui.
        Un petit aperçu de mon groupe favori qui a fait mon adolescence pour toi :

        • #14486 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Merci pour ta réponse

    • #14444 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! Nouvel édito, comme à mon habitude. Aujourd’hui, j’ai voulu m’attaquer plus trivialement à un présupposé de boomer qu’on connaît bien dans le monde urbain : celui de « l’isolement » par les nouvelles technologies. Une occasion pour moi de livrer un point de vue personnel et nuancé sur la question.

      Isolés, trop isolés

      Je suis d’un naturel plutôt solitaire. J’ai du mal à communier dans la fête, les soirées et autres événements excessivement joviaux à mon goût. Je fais également partie de ces énergumènes citadins collés à leur casque audio à l’extérieur. Entre mélomanie assumée et phobie sociale variable, avoir un casque audio sur mes oreilles m’offre un confort psychologique immédiat : celui de ne pas avoir à subir de plein fouet le monde extérieur. Sauf que voilà, dans la vraie vie comme sur les rézo socio, on peut trouver des gens contrariés par les écouteurs, les smartphones et autres coupeurs socio-relationnels, au motif que toutes ces choses nous auraient fatalement rendu asociaux. Les boomers de cet avis sont d’ailleurs intarissables sur le monde d’avant sans les nouvelles technologies et où on se parlait, on se regardait en face et on passait du temps ensemble et non pas chacun dans son coin. Au-delà de l’ironie à se constituer en râleurs numériques dès qu’ils en ont l’occasion, ces boomers ratent un fait essentiel qui devrait les mener à un minimum de nuance : peut-être que dans cette supposée ébullition sociale d’antan où se dérober à autrui était vraisemblablement difficile, tout le monde n’y trouvait pas son compte ; l’autisme, par exemple, n’est pas un fait de société datant d’hier, que je sache – imaginer donc une société en constante ébullition sociale pour un autiste dans mon genre, ça revient à imaginer le plus effroyable de mes cauchemars ; je n’aurais en effet pas envie d’avoir à constamment parler à des gens à qui je n’ai pas envie de parler, de participer à des fêtes qui ne m’intéressent à aucun moment et de faire semblant d’être curieux de tous les gens qui m’entourent pour faire bonne figure. J’estime par ailleurs que se dépenser dans une extraversion débridée afin de maintenir une image sociale décente est précisément ce qui peut faire de nous des névrosés frustrés soucieux d’envoyer chier le premier venu, en cas d’extrême lassitude ou en nous montrant très agressifs avec quiconque n’aurait pas envie de nous rendre un petit service ; en d’autres termes : savoir jauger et juger quand nos facultés sociales ou relationnelles sont au beau fixe est – si on considère avérée cette époque idyllique où tout le monde se parlait sans distinction – un immense progrès historique dont je me réjouis. Tous les jours, dans ma vie étudiante, au supermarché, dans les transports, dans la rue et ailleurs, j’observe des gens, des corps qui se forcent et se fondent dans ce que une certaine langue académique nomme l’aliénation ; des salariés qui ne veulent pas aller au boulot, des étudiants blasés de se lever pour des cours de huit heures à la fac dont ils ne retiendront pas grand’chose, une caissière obligée à la fois de nettoyer le tapis roulant où passent les articles de supermarché et en même temps de continuer à en passer, des couples incapables d’admettre leurs incompatibilités fondamentales ou encore des introverti-e-s piégé-e-s dans des conversations dont ils et elles démissionneraient bien volontiers, si l’occasion se présentait. Tout ça, nos boomers contrariés s’en foutent éperdument et préfèrent prêcher le juste milieu en disant des conneries du genre « non mais évidemment que parler tout le temps à tout le monde, c’est fatigant ! C’est pas le sujet ! » – et lorsque l’on leur rétorque que des conversations spontanées donnent rarement des échanges intéressants ou authentiques, ils reviennent à la charge à coup de « papoter, c’est pas faire un café philo non plus hein ! » – eh oui, après tout, il serait bête de se contenter juste des gens avec qui on aime parler et qui nous rendent plus heureux momentanément quand on peut à la place discuter avec son collègue de bureau obsédé par les crayons à papier jaunes ou avec le premier junkie que la vie urbaine nous amène à croiser, souvent aux premières lueurs du soir. Personnellement, quitte à choisir, je préfère l’isolement – ou plus exactement, une sociabilité mesurée ; temporairement seul, j’apprécie mieux voir du monde.

      • #14480 Répondre
        Claire N
        Invité

        Je te comprends, plutôt que de se taper par respect patriarcal le discours radotan d’un pater familial je préfère mille fois un casque audio ; les boomers ont été éduqués à fermer leur gueule avec la promesse de pouvoir l’ouvrir quand leur âge viendra, peut-être sont il frustres d’avoir misé sans gagner ?

      • #14484 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        « une caissière obligée à la fois de nettoyer le tapis roulant où passent les articles de supermarché et en même temps de continuer à en passer »
        .
        J’adorais nettoyer ma caisse putain. C’est marrant hein mais c’était un véritable petit plaisir. Après je dois reconnaître que c’était sans doute lié au fait que le nettoyage de la caisse signait soit l’heure de la pause cigarette soit la fin du travail.

    • #14508 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. Puisque François l’avait mentionné au début de ce topic, je vous partage l’article de Socialter dédié à la question de la « bataille culturelle », extrait du Manuel d’autodéfense intellectuelle :
      https://shorturl.at/msvDY

      • #14632 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Merci beaucoup pour ce partage.
        Le confort visuel apporté par la lecture de ces lignes éclairées sur ma tablette est notable.
        Crois bien être prête pour les e-books. Je ne m’en réjouis pas, juste un constat.

    • #14624 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. Je viens vous partager un édito assez dense au sujet de mon rapport aux questions féministes. J’en dis pas plus et j’espère que ça vous plaira.

      Féminismes en conflit

      J’ai beau être de gauche radicale, j’éprouve tout le mal du monde à me dire ouvertement féministe. Non pas que je sois dubitatif de la nécessité du renversement du patriarcat ou même de l’intérêt objectif de l’émancipation des femmes, mais plutôt que j’ai un rapport difficile avec toutes ces questions ; la raison principale étant que je suis un homme cisgenre hétéro de vingt-six ans ayant évolué dans mon adolescence va avec les rézo socio et que je ne connais donc que trop bien les interminables anathèmes et autres insultes qu’on se balance constamment dans la tronche pour le moindre débat en ligne ; le féminisme étant par ailleurs un des sujets les plus explosifs à aborder sur les Internets – ce qui m’oblige aussi à préciser que trop de gens, y compris les militant-e-s de la première heure, parlent de féminisme au singulier, ce qui sous-tend toujours l’idée qu’il y aurait des fondements inviolables au féminisme qui seraient partagés et admis par tous-tes les féministes, sans exception ; exemplairement, la nécessité de renverser le patriarcat. Sauf que, au risque de me faire le prof de philo chiant et tatillon sur la méthodologie d’une bonne argumentation, bien argumenter, ça commence d’abord par bien définir les termes du débat. Pour le mot « renverser », c’est pas très compliqué, on voit à peu près de quoi on parle ; de même pour « nécessité » : on parle ici d’un besoin, d’une urgence, d’un impératif à faire quelque chose en particulier. Pour « patriarcat », les choses se corsent immédiatement. « Patriarcat » fait en effet partie de ces mots-mantras que des gauchistes dans mon genre utilisent sans jamais bien les définir – « capitalisme » en est un autre, d’ailleurs. Si je me comporte à nouveau comme un prof de philo tatillon, je pourrais dire que « patriarcat », dérivé du mot « patriarche », est étymologiquement scindable en deux parties : « pater », qui signifie « père » en latin et en grec, et le suffixe « -arkhô » en grec qui est relatif au pouvoir, à l’autorité et qui signifie « commander ». Nous serions alors d’accord pour dire – comme le Wiktionnaire me l’indique – qu’il s’agit d’un « type d’organisation sociale fondé sur l’autorité par les hommes chefs de famille ». Et pourtant, on n’aura pas dit grand’chose, puisque des Frédéric Beigbeder et autres hommes élevés par des mères célibataires pourront toujours dire à la radio, en public ou en ligne « qu’il n’y avait pas de patriarcat chez eux, enfants », quitte à même le regretter amèrement – un peu comme les conservateurs aguerris qui assurent nuit et jour que, selon eux, nous vivons dans un « pays communiste » en France, puisque les services publics et les aides sociales existent. Qu’entend-on alors, par « patriarcat » ? À gauche, on entend l’idée fondamentale que toutes les institutions, à commencer par l’institution familiale, profitent aux hommes de différentes manières : cela commence par la notion de paternité, d’abord héritée à travers le nom de famille qui est toujours celui du père et non celui de la mère. La paternité d’un enfant est de plus confirmée ou infirmée en fonction de qui est vraiment le père biologique de l’enfant en question ; les bâtards sont d’ailleurs des enfants dont on méconnaît le père, à l’origine. Pour l’aspect plus social, le père est celui qui est censé pourvoir matériellement via les fruits de son travail à la stabilité de la famille, tandis que l’on astreint la mère à élever, nourrir les enfants et à tenir le foyer – les tâches ménagères sont à ce titre des charges mentales que les mères doivent endosser pour entretenir le tissu familial. Dans une telle configuration, les pères peuvent donc s’absenter indéfiniment et les mères sont tenues de rester continuellement à la maison, faute de quoi, on pourra toujours les accuser de faire preuve de négligence, vis-à-vis de leur progéniture. Enfant de parents algériens, j’ai grandi dans cet espace patriarcal en particulier ; mon père mécanicien travaillant aussi au noir après ses heures de travail, moi et ma fratrie ne l’avons pas beaucoup vu à la maison – et ma mère sans emploi non plus d’ailleurs. Le patriarcat s’articule aussi dans les comportements ; on attend par exemple assez peu d’une fille qu’elle soit brutale ou bagarreuse – c’est aux garçons de se défendre et de défendre leurs sœurs, a fortiori dans des familles à caractère blédard comme la mienne. Toute mon enfance, mon grand frère me violentait régulièrement et m’ordonnait de me défendre et de ne pas me laisser faire, y compris à l’école ; garçon sensible comme je l’étais, j’ai pu entrevoir l’inhibition que l’on attendait de tant et tant de jeunes filles, comme ma grande sœur ; inhibition qui – elle aussi – est générée par le patriarcat dans lequel les rapports érotiques hétérosexuels réduisent les hommes et les femmes dans un rapport proposition / disposition qui désavantage en grande partie les femmes. Dans les discothèques, comme sur les sites de rencontres, la gratuité dont bénéficient les femmes peut être aisément comprise comme un processus de commodification visant à faire d’elles, des marchandises dont on peut librement disposer ; on voit ici le lien direct entre patriarcat et capitalisme : le corps de la femme peut s’acheter et se vendre au plus offrant. Bon. Une fois qu’on a dit tout ça, cela ne veut pas dire qu’il est impossible d’envisager et d’user de la notion de patriarcat à des fins plus conservatrices ou même libérales. Dans le premier cas, on peut considérer effectivement que le patriarcat encourage différentes formes de violences masculines et opprime grandement les femmes en conséquence… mais à la place préconiser pour les garçons l’enseignement de vieilles pratiques comme l’amour courtois censé garantir la protection et la sécurité de la femme ; on peut même arguer qu’il y aurait plusieurs formes de patriarcat et ainsi opposer le patriarcat blanc ou occidental, plus magnanime, subtil et civilisé, au patriarcat barbare, violent et meurtrier venu tout droit du Sud. On se retrouve ainsi dans ce que des universitaires appellent le fémo-nationalisme qui identifie les étrangers comme étant la menace immédiate pour les femmes occidentales, censément plus émancipées que leurs potentiels ravisseurs. On peut aussi, dans un cadre plus libéral, soutenir que l’émancipation des femmes doit passer par le Capital et donc la transformation socio-économique des femmes de sujets dominés à sujets dominants ; c’est la figure de la girl boss, encouragée et promue par tant et tant d’influenceuses en ligne ; il ne s’agit donc pas de renverser le patriarcat capitaliste à proprement parler ici, mais de jouer avec ses règles pour les retourner contre lui ; inverser le rapport de force, littéralement. Le mouvement #MeToo pourrait être tout à fait envisagé de cette manière : prendre la parole pour se libérer des chaînes de l’oppression et mieux se réinsérer par la suite. Gwenola Ricordeau, universitaire anti-carcéral, a récemment exprimé dans son interview sur la chaîne YouTube À gauche les regrets qu’elle avait ressentis vis-à-vis de #MeToo et l’injonction impérieuse constamment faite aux victimes de violences sexistes et sexuelles de parler et de porter plainte, créant selon elle, un poids supplémentaire sur les épaules des victimes, en plus de leur faire miroiter une fausse issue à travers la répression judiciaire attendue pour les agresseurs présumés. Rappelons que le mouvement #MeToo s’est fait à l’initiative d’une journaliste du New York Times plutôt influente sur Twitter – autrement dit, une femme blanche plutôt privilégiée dans l’espace social et donc mieux à même de prendre la parole que d’autres femmes mutiques ou rendues mutiques, pour tout un tas de raisons les dépassant. Me concernant, j’y ai vu aussi – comme souvent sur les rézo socio – un déferlement de ressentiment vengeur essentialisant d’un côté les victimes et de l’autre, les agresseurs. Plus jeune à l’époque et sans copine, je voyais également des injonctions paradoxales apparaître à l’encontre des mecs hétéro : la première étant de devoir être un allié, sans pour autant se revendiquer féministe, de sorte à ne pas remplacer les militantes. J’étais également beaucoup plus inculte au sujet des questions féministes et j’étais foncièrement incapable de parler de féminisme au pluriel. Cependant, les années passant, j’ai réalisé que le mot « féminisme » était désormais brandi par beaucoup trop de gens aux sensibilités politiques contradictoires, ce qui n’a pas l’air de titiller plus que ça les militant-e-s en ligne, de ce que j’en vois ; en tout cas, pas assez pour qu’ils se souviennent qu’il existe plusieurs façons d’articuler le mot « féminisme » et que toutes ne sont pas de gauche ; ce qui peut s’expliquer par les bulles de filtre que les réseaux génèrent, confinant tout un tas de militant-e-s dans des espaces de parole étroits, convaincu-e-s alors que leur façon de militer et de s’exprimer est la plus juste, la plus pertinente et la plus précise, en excluant toute éventualité qu’ils puissent se tromper dans leur manière d’articuler les idées et les concepts qui les intéressent. On peut en effet toujours dire à des féministes conservatrices et / ou libérales que le maintien du capitalisme vaudra toujours le maintien du patriarcat et qu’à ce titre, elles ne sont pas de vraies féministes ; cela ne privatisera pas pour autant le mot « féminisme » au profit de la gauche, y compris radicale. C’est donc à ça que servent les adjectifs en français : préciser la véritable nature des choses et des idées. Se dire donc simplement féministe, c’est la porte ouverte à toutes les confusions. D’où – entre autres choses – ma réticence à me proclamer comme tel. Mais plus sincèrement et directement, mon expérience quotidienne d’homme cishet cultive souvent des affects misogynes et ressentimentaux à l’endroit de certaines femmes. Si je devais prendre l’exemple de ma mère à qui je n’adresse plus la parole depuis au moins deux ans, parmi les nombreux reproches que je pourrais lui faire, il y a bel et bien celui de ne pas avoir été une bonne mère, à mes yeux. Sauf que, en dressant son portrait psychologique et affectif, j’ai affaire à une enfant adoptée et négligée affectivement par sa mère adoptive, irrégulièrement studieuse à l’école, déscolarisée à seize ans, mariée à dix-huit ans, puis mère à vingt ans – une femme qui a donc dû grandir à toute vitesse, un peu malgré elle. Je pourrais aussi lui en vouloir de nous avoir utilisés, moi et mes frères et sœurs, comme des pansements affectifs censés faire office de compensation ou de réparation pour sa psyché de femme émotionnellement malmenée. Mais là encore, je vois que tout ça est dû à des choses que ma mère ne comprend probablement même pas, dépassée comme elle est. Malgré tout, je continue de lui en vouloir, comme je continue d’en vouloir à des filles de ma scolarité d’avoir fait double jeu avec moi, tandis que mon autisme bas du front ne comprenait que des signals verbaux clairs, ce qui fait que je suis souvent passé pour un mec a minima casse-couilles ou agressif, d’autant plus de par mon caractère foncièrement bavard. Cette souffrance mémorielle me donne le bon rôle, je le sais ; me voilà pauvre vilain petit canard, soucieux d’être toujours gentil et mignon, rejeté froidement par des filles sans cœur et insensibles à toute poésie. Pourtant, je vois bien les limites d’une telle interprétation de mon vécu amoureux difficile ; à commencer par le fait que ma condition masculine a aussi joué un rôle dans l’insensibilité ponctuelle qui fut la mienne et qui est encore la mienne avec certaines femmes, à diverses occasions ; n’étant pas une femme, je n’ai jamais ressenti dans ma chair la peur de me faire agresser sexuellement ou le sentiment d’être un morceau de viande prêt à être cuit sur le lit d’un homme un peu trop affamé. Ce déficit affectif – au sens spinozien du terme, c’est-à-dire ce qui relève du ressenti – me rend encore antipathique à l’endroit de tout un tas de filles que j’imagine simplement comme étant hypocrites, vaniteuses ou facétieuses à mon égard. Je vois donc tout à fait l’utilité d’une conscience féministe dans un esprit aussi troublé au sujet des femmes comme le mien… j’en entrevois aussi les limites : mes mauvaises expériences avec le genre féminin me donneront toujours un arrière-goût de misogynie, que je le veuille ou non ; il ne me reste donc que la prudence comme alliée et la lucidité comme outil théorique de dépassement de mes réflexes machistes. C’est déjà pas mal. Mais sans doute toujours insuffisant.

      • #14630 Répondre
        Claire N
        Invité

        Je sais pas ce que c’est d’être traversé par des affects misogynes , mais comme tu décris je les vois comme des réactions à des blessures faite par des femmes ? Mais des hommes t’on déjà blessé j’imagine, pourquoi c’est différent ?

        • #14631 Répondre
          Nox
          Invité

          Ça demanderait un texte entier sur mon rapport à la virilité, ça. Mais pour faire vite : c’est différent parce que je n’entrevois pas l’idée, à ce jour, la possibilité de ressentir du désir érotique à l’encontre d’un homme et que donc, mon rapport aux femmes est tout autre, en conséquence ; je suis encore parcouru par l’idée de me sentir « complet » à travers la compagnie d’une femme. Pourtant, même avec ma copine actuelle, je vois bien que la « fusion » à proprement parler n’est ni possible, ni désirable. Pour faire plus simple : le rapport très « fusionnel » – compris aussi dans ses dimensions plus « toxiques » – que j’ai eu très tôt avec ma mère et mon aversion du virilisme m’ont rangé très tôt du côté des femmes, sur le plan érotique et relationnel. Mes difficultés avec la virilité sont donc d’une toute autre nature.

          • #14633 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci pour ces éléments de réponse qui ouvrent
            Beaucoup de pistes , le monde est vaste ! ( et c’est tant mieux)

            • #14634 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Merci beaucoup Nox pour ce nouvel édito.

              • #14645 Répondre
                Nox
                Invité

                Merci à vous deux.

    • #14625 Répondre
      Bourgeois Ludovic
      Invité

      Vous vous torturez le cerveau pour pas grand chose.

      Aucune femme française n’est féministe dans l’intimité. Ce sont les femmes les plus soumises que j’ai connu dans le monde

      C’est une stratégie de psychologie victimaire pour gagner des parts de marché

      Comme la liste interminable de toutes les catégories de victimes de la fronce pourrie.

      Les russes par exemple sont féministes naturellement mais sur une force et exaltation de la féminité, par sur un axe jalousie aux hommes.

      La fronce ne produit que des chialeurs et chialeuses pour s’attaquer aux hommes blancs normaux donc forcément un peu facho.

      Le point positif, c’est qu’on peut détruire en étant un chialeur, une victime, mais qu’on ne peut rien construire. Ces déchets créent leur propre enfer

      • #14626 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        Et tu fais quoi là si t’es pas en train de chialer?

        • #14628 Répondre
          Bourgeois Ludovic
          Invité

          Salut.
          Je chiale de rire sur l’intersectionnalité des luttes. Que vont faire les hyènes quand y’aura plu de bufflons blancs à bouffer ?

          • #14629 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            J’en sais rien, j’imagine qu’elles deviendront vegan u_u

    • #14627 Répondre
      Bourgeois Ludovic
      Invité

      Le féminisme, comme l’antiracisme, comme le métissage sont des idéologies imposées de force pour vous détruire.

      Vous êtes tellement faibles, que vous faites semblant d’y croire.

      Avant toutes ces merdes artificiellement imposées, le problème c’est vous, c’est votre faiblesse d’âme

      • #14650 Répondre
        Frezat
        Invité

        C est de la moraline de droitardé ?

        • #14848 Répondre
          Bourgeois Ludovic
          Invité

          Non, de l’anthropologie élémentaire.
          Un être sain veut un enfant qui lui ressemble
          Le pole masculin est complémentaire au pole féminin
          Les races ont créer des civilisations distinctes parcequ’elles sont distinctes en terme d’âme et de psychée

          • #14849 Répondre
            Bourgeois Ludovic
            Invité

            Des fautes d’ortho mais bref, changer le monde sur tableau noir parcequ’on a décidé sur tableau noir de la changer peut se faire par une propagande martelée h24 et ça a un prix : la dépression.
            Les gogols qui ont cru à ses âneries sont ravagés. Merci de disparaitre sans ravager les autres

    • #14743 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour, bonsoir, bonjoir à tous. Je reviens avec un édito particulier sur mon rapport à la lecture et le vécu scolaire qui va avec, le tout non sans ironie et avec un peu de sel pour les frites de temps à autre.

      Lecture et (dé)confiture

      J’écris beaucoup ces derniers temps, comme le rythme de parution de mes éditos le laisse penser. Par contre, je galère toujours autant à lire des livres, toujours parasité par des problèmes d’attention que j’ai contracté très tôt, en plus d’un déplaisir scolaire sous-tendu par l’éventualité de devoir lire Zola à l’âge de treize ans, tandis que je ne savais même pas ce qu’était la puberté ou la branlette qui occupaient bien plus mon quotidien d’ado complexé que le naturalisme zolien que l’on me sommait de découvrir et de comprendre, dans le même temps. Je vais me risquer à une légère abstraction avec l’énoncé qui va suivre : en France, on se pique souvent d’avoir un grand patrimoine littéraire. Pour aller plus dans la précision, ma scolarité a été imbibée de cette glorification patrimoniale à travers une matière centrale à l’école : le français. En effet, en cours de français, on attend quand même un tant soit peu des élèves qu’ils s’exposent à la littérature et pas n’importe laquelle : celle du Général de Gau… ahem, celle issue du classicisme français. Si officiellement, on peut la dater entre les dix-septième et dix-huitième siècles, le dix-neuvième siècle et les surréalistes du début du vingtième siècle y trouvent tout à fait leur place, à l’école. Derrière des prétentions esthétiques consistant globalement à louer les qualités littéraires des grands auteurs de notre grande littérature se cache de manière à peine voilée un chauvinisme bas du front qui n’aurait rien à envier à des footix scandant « alleeeeeez les Bleus ! » sur les gradins, en espérant que leur enthousiasme débridé améliore comme par magie la performance des joueurs sur le terrain ; non pas que Molière serait l’équivalent de Zidane, mais plutôt que l’insistance avec laquelle des profs de français use de mots comme génie ou précurseur en les apposant à des auteurs que des millions et des millions de gamins depuis l’avènement de l’école républicaine ont eu à se coltiner encore et encore ; tout comme pour Zidane, on peut à la fois être extrêmement enthousiaste pour un auteur sans être à côté de la plaque sur la réalité de ses qualités plus ou moins objectives. Cependant, je vois bien ici l’opération idéologique derrière tout ce que je viens de dresser : l’École de la République entend bel et bien faire des petits écoliers non pas des biscuits au chocolat délicieux pour le goûter, mais davantage des citoyens patriotes capables – tout comme les footix – de chanter la Marseillaise à la moindre occasion, non sans un léger pincement au cœur. La littérature française classique n’est donc pas convoquée de par une conviction sans faille que des enfants et des ados pourraient vraiment trouver passionnants Zola, Maupassant ou encore Hugo, mais parce que ces derniers figurent dans notre panthéon littéraire et que les jeunes générations se doivent de le réaliser et d’en être fiers, quitte à en faire des tonnes comme durant le discours d’un député expliquant l’importance capitale de la préservation de notre patrimoine culturel national, justement en faisant appel aux grands noms que je citais avant – peu importe d’ailleurs que le député en question connaisse réellement en profondeur l’œuvre des grands auteurs auxquels il se réfère ; les citer est suffisamment classe et pompeux pour ne pas avoir à en faire plus que ça. Il en découle également que la lecture, à l’école, ne se négocie pas et ce, peu importe que vous n’en reteniez quasiment que dalle et que même une répulsion pour la lecture en émerge, réduite à une horrible corvée valant évaluation à la fin du trimestre et qui donc pose des stigmates parfois indélébiles sur les enfants qui auraient le malheur de ne prendre aucun plaisir à lire les ouvrages imposés par le programme. Je vais, comme à mon habitude, me prendre en exemple : en Terminale L, Madame Bovary de Flaubert était au cœur du programme ; pour la seconde moitié de l’année, précisément. J’ai personnellement vécu la lecture de ce roman comme un putain de calvaire, avant de comprendre les intentions réelles de Flaubert, qui étaient de satiriser les codes romantiques pour prendre un malin plaisir à travers Emma à déconstruire les clichés littéraires de son temps, tout en ridiculisant la bourgeoisie de province au passage ; étudier la genèse du bouquin m’a donc bien plus amusé que de le lire en tant que tel. Comment est-ce possible ? Eh bien tout ça, c’est grâce à une prof particulière de français qui me donnait des cours de rattrapage à l’hôpital psychiatrique pour ados où j’ai séjourné à dix-sept ans, en parallèle du lycée ; émancipé momentanément du cadre académique et désormais au centre de mon apprentissage, je ne vivais pas les cours de français que j’avais avec cette prof comme tels – c’était plutôt des conversations intello comme j’aurais rêvé en avoir toute ma scolarité avec les profs que j’aimais, puisque apprendre en classe « comme tout le monde » me rendait très malheureux, privé que j’étais d’une éventuelle appréhension plus personnelle des sujets vus en cours. Pour en revenir à la littérature, j’aurais aimé plus jeune qu’on m’explique un peu plus longtemps pourquoi je devais ingurgiter du Homère, du Zola ou même du Maupassant, quitte à persister dans le refus de lecture, au pire des cas. Ce qui m’amène enfin au sujet du jour, après mon détour via l’école, comme toujours : il est des gens qui considèrent que si vous ne lisez pas, peu ou pas assez, vous êtes médiocres intellectuellement ; dans mon cas, je suis étudiant en philosophie et je suis censé dévorer les œuvres essentielles de la philosophie occidentale sans faire d’histoire, puisque « j’ai choisi d’être à l’université ». Sauf que voilà : mon cerveau bloque ; pire : je me suis procuré en abondance les livres recommandés par mes profs de philo et je me sens toujours aussi paralysé à l’idée de les lire. Comment je compense tout ça ? Je lis des articles de vulgarisation sur Internet, je vais sur YouTube, Wikipédia, j’écoute des podcasts de temps à autre… mais je ne lis pas plus que ça. Le seul truc qui me sauve, dans tout ce merdier, c’est que j’ai quand même un tempérament de littéraire ; j’aime jongler avec les mots, varier les expressions et les tons dans mes discours et faire dans une vanité verbeuse qui ferait presque oublier les T-Shirts Tissaia achetés à Leclerc et les shorts de sport In Extenso achetés à Auchan que je porte souvent et qui trahissent une position sociale pas réellement avantageuse ; en d’autres termes, je sais faire le cuistre, en dépit de mes apparences de mec simple. Et puis bon, comme je l’ai déjà dit : j’adore écrire, j’ai ça pour moi ; surtout quand on sait que ça me permet de choper des bonnes notes sans trop revoir le cours à la fac. Donc quand je tombe sur des grands lecteurs qui par exemple vont estimer que je n’ai pas à parler d’un philosophe si je ne l’ai pas lu en long, en large et en travers tandis que mon intérêt pour la philosophie est réel et sincère, mais que celui-ci passe par d’autres médiums que la lecture, déjà 1. ça ne m’encourage pas à m’y remettre, 2. ça valide un présupposé débile mais structurellement constitué qui consiste à associer la lecture à « l’intelligence » et donc à me dire en substance que je suis con et 3. ça me donne l’impression qu’être un gros lecteur attribue un passe-droit pour la connardise, dans la même veine des snobs « mélomanes » qui vont – dans tous les genres musicaux possibles – estimer que si vous écoutez tel genre musical mais que vous ne connaissez pas ou pire, que vous n’aimez pas tel artiste, vous devez fermer votre gueule pour les cinq prochains millénaires. J’espère alors ne pas avoir à rappeler qu’on peut tout à fait lire des livres et ne rien en garder ou même lire des livres en diagonale sans s’en rendre compte ou encore lire des livres parce que ça fait bon genre de le faire et donc dans tous les cas, avoir un rapport non-esthétique à la lecture, tout en prétendant l’aimer, de la même manière que je n’aime pas tout en musique, sans pour autant rien enlever à ma mélomanie intime. J’essaye malgré tout de revenir progressivement à la lecture parce que j’aime la sensation physique d’un livre entre mes mains et que je ne suis pas intégralement hostile aux livres. Par contre, je dois batailler constamment contre tout ce que j’ai énoncé dans mon texte, sans parler bien sûr du pouvoir des GAFAM sur mon attention atrophiée, bien captive comme il faut. Mais j’essaye… ce qui ne m’empêchera pas de continuer à citer Spinoza sans l’avoir lu. Déso pas déso.

    • #14744 Répondre
      Nox
      Invité

      Des coquilles se sont glissées dans mon texte, donc je le reposte. Mes excuses par avance.

      Lecture et (dé)confiture

      J’écris beaucoup ces derniers temps, comme le rythme de parution de mes éditos le laisse penser. Par contre, je galère toujours autant à lire des livres, toujours parasité par des problèmes d’attention que j’ai contracté très tôt, en plus d’un déplaisir scolaire sous-tendu par l’éventualité de devoir lire Zola à l’âge de treize ans, tandis que je ne savais même pas ce qu’était la puberté ou la branlette qui occupaient bien plus mon quotidien d’ado complexé que le naturalisme zolien que l’on me sommait de découvrir et de comprendre, dans le même temps. Je vais me risquer à une légère abstraction avec l’énoncé qui va suivre : en France, on se pique souvent d’avoir un grand patrimoine littéraire. Pour aller plus dans la précision, ma scolarité a été imbibée de cette glorification patrimoniale à travers une matière centrale à l’école : le français. En effet, en cours de français, on attend quand même un tant soit peu des élèves qu’ils s’exposent à la littérature et pas n’importe laquelle : celle du Général de Gau… ahem, celle issue du classicisme français. Si officiellement, on peut la dater entre les dix-septième et dix-huitième siècles, le dix-neuvième siècle et les surréalistes du début du vingtième siècle y trouvent tout à fait leur place, à l’école. Derrière des prétentions esthétiques consistant globalement à louer les qualités littéraires des grands auteurs de notre grande littérature se cache de manière à peine voilée un chauvinisme bas du front qui n’aurait rien à envier à des footix scandant « alleeeeeez les Bleus ! » sur les gradins, en espérant que leur enthousiasme débridé améliore comme par magie la performance des joueurs sur le terrain ; non pas que Molière serait l’équivalent de Zidane, mais je trouve douteuse l’insistance avec laquelle des profs de français usent de mots comme génie ou précurseur en les apposant à des auteurs que des millions et des millions de gamins depuis l’avènement de l’école républicaine ont eu à se coltiner encore et encore ; tout comme pour Zidane, on peut à la fois être extrêmement enthousiaste pour un auteur sans être à côté de la plaque sur la réalité de ses qualités plus ou moins objectives. Cependant, je vois bien ici l’opération idéologique derrière tout ce que je viens de dresser : l’École de la République entend bel et bien faire des petits écoliers non pas des biscuits au chocolat délicieux pour le goûter, mais davantage des citoyens patriotes capables – tout comme les footix – de chanter la Marseillaise à la moindre occasion, non sans un léger pincement au cœur. La littérature française classique n’est donc pas convoquée de par une conviction sans faille que des enfants et des ados pourraient vraiment trouver passionnants Zola, Maupassant ou encore Hugo, mais parce que ces derniers figurent dans notre panthéon littéraire et que les jeunes générations se doivent de le réaliser et d’en être fiers, quitte à en faire des tonnes comme durant le discours d’un député expliquant l’importance capitale de la préservation de notre patrimoine culturel national, justement en faisant appel aux grands noms que je citais avant – peu importe d’ailleurs que le député en question connaisse réellement en profondeur l’œuvre des grands auteurs auxquels il se réfère ; les citer est suffisamment classe et pompeux pour ne pas avoir à en faire plus que ça. Il en découle également que la lecture, à l’école, ne se négocie pas et ce, peu importe que vous n’en reteniez quasiment que dalle et que même une répulsion pour la lecture en émerge, réduite à une horrible corvée valant évaluation à la fin du trimestre et qui donc pose des stigmates parfois indélébiles sur les enfants qui auraient le malheur de ne prendre aucun plaisir à lire les ouvrages imposés par le programme. Je vais, comme à mon habitude, me prendre en exemple : en Terminale L, Madame Bovary de Flaubert était au cœur du programme ; pour la seconde moitié de l’année, précisément. J’ai personnellement vécu la lecture de ce roman comme un putain de calvaire, avant de comprendre les intentions réelles de Flaubert, qui étaient de satiriser les codes romantiques pour prendre un malin plaisir à travers Emma à déconstruire les clichés littéraires de son temps, tout en ridiculisant la bourgeoisie de province au passage ; étudier la genèse du bouquin m’a donc bien plus amusé que de le lire en tant que tel. Comment est-ce possible ? Eh bien tout ça, c’est grâce à une prof particulière de français qui me donnait des cours de rattrapage à l’hôpital psychiatrique pour ados où j’ai séjourné à dix-sept ans, en parallèle du lycée ; émancipé momentanément du cadre académique et désormais au centre de mon apprentissage, je ne vivais pas les cours de français que j’avais avec cette prof comme tels – c’était plutôt des conversations intello comme j’aurais rêvé en avoir toute ma scolarité avec les profs que j’aimais, puisque apprendre en classe « comme tout le monde » me rendait très malheureux, privé que j’étais d’une éventuelle appréhension plus personnelle des sujets vus en cours. Pour en revenir à la littérature, j’aurais aimé plus jeune qu’on m’explique un peu plus longtemps pourquoi je devais ingurgiter du Homère, du Zola ou même du Maupassant, quitte à persister dans le refus de lecture, au pire des cas. Ce qui m’amène enfin au sujet du jour, après mon détour via l’école, comme toujours : il est des gens qui considèrent que si vous ne lisez pas, peu ou pas assez, vous êtes médiocres intellectuellement ; dans mon cas, je suis étudiant en philosophie et je suis censé dévorer les œuvres essentielles de la philosophie occidentale sans faire d’histoire, puisque « j’ai choisi d’être à l’université ». Sauf que voilà : mon cerveau bloque ; pire : je me suis procuré en abondance les livres recommandés par mes profs de philo et je me sens toujours aussi paralysé à l’idée de les lire. Comment je compense tout ça ? Je lis des articles de vulgarisation sur Internet, je vais sur YouTube, Wikipédia, j’écoute des podcasts de temps à autre… mais je ne lis pas plus que ça. Le seul truc qui me sauve, dans tout ce merdier, c’est que j’ai quand même un tempérament de littéraire ; j’aime jongler avec les mots, varier les expressions et les tons dans mes discours et faire dans une vanité verbeuse qui ferait presque oublier les T-Shirts Tissaia achetés à Leclerc et les shorts de sport In Extenso achetés à Auchan que je porte souvent et qui trahissent une position sociale pas réellement avantageuse ; en d’autres termes, je sais faire le cuistre, en dépit de mes apparences de mec simple. Et puis bon, comme je l’ai déjà dit : j’adore écrire, j’ai ça pour moi ; surtout quand on sait que ça me permet de choper des bonnes notes sans trop revoir le cours à la fac. Donc quand je tombe sur des grands lecteurs qui par exemple vont estimer que je n’ai pas à parler d’un philosophe si je ne l’ai pas lu en long, en large et en travers tandis que mon intérêt pour la philosophie est réel et sincère, mais que celui-ci passe par d’autres médiums que la lecture, déjà 1. ça ne m’encourage pas à m’y remettre, 2. ça valide un présupposé débile mais structurellement constitué qui consiste à associer la lecture à « l’intelligence » et donc à me dire en substance que je suis con et 3. ça me donne l’impression qu’être un gros lecteur attribue un passe-droit pour la connardise, dans la même veine des snobs « mélomanes » qui vont – dans tous les genres musicaux possibles – estimer que si vous écoutez tel genre musical mais que vous ne connaissez pas ou pire, que vous n’aimez pas tel artiste, vous devez fermer votre gueule pour les cinq prochains millénaires. J’espère alors ne pas avoir à rappeler qu’on peut tout à fait lire des livres et ne rien en garder ou même lire des livres en diagonale sans s’en rendre compte ou encore lire des livres parce que ça fait bon genre de le faire et donc dans tous les cas, avoir un rapport non-esthétique à la lecture, tout en prétendant l’aimer, de la même manière que je n’aime pas tout en musique, sans pour autant rien enlever à ma mélomanie intime. J’essaye malgré tout de revenir progressivement à la lecture parce que j’aime la sensation physique d’un livre entre mes mains et que je ne suis pas intégralement hostile aux livres. Par contre, je dois batailler constamment contre tout ce que j’ai énoncé dans mon texte, sans parler bien sûr du pouvoir des GAFAM sur mon attention atrophiée, bien captive comme il faut. Mais j’essaye… ce qui ne m’empêchera pas de continuer à citer Spinoza sans l’avoir lu. Déso pas déso.

      • #14746 Répondre
        Claire N
        Invité

        En accord ; par contre pour l’attention pas certaine que la marier de force avec la littérature
        Soit le bon plan ; laisse là donc choisir.

        • #14761 Répondre
          Nox
          Invité

          Je n’ai pas vraiment compris ton commentaire… tu pourrais m’en dire plus ?

          • #14762 Répondre
            Claire N
            Invité

            Ce que je veux dire c’est que tu décris bien le mécanisme de « forçage «  qui peut écœurer, et que peut-être effectivement si «  l’attention «  que tu décris comme atrophiée ne s’y prête pas tu as peut-être raison de ne pas en rajouter en te forçant à lire .

      • #14792 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Salut Nox, merci pour ton post, par curiosité tu pourrais me citer quelques livres de philo recommandés par les profs ? C’est pour me tenir à la page de ce qui est à la mode universitaire.
        Pour le goût de lire, je garde une dent tenace contre l’école : durant ma scolarité, dès la première page d’un livre, mon premier réflexe (que je n’ai compris que bien plus tard) était de me demander comment j’allais convertir le bouquin en une bonne note. Ça m’a dégouté de lire pendant des années.

        • #14793 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Je me souviens du premier bouquin qu’on nous a mis dans les pattes en Terminale. Critique de la Raison Pure. Autant dire que c’était pas gagné.

          • #14796 Répondre
            Nox
            Invité

            Ah bah tiens, j’ai eu ce bouquin de Kant au programme cette année. Sinon, on a toujours les classiques : le Discours de la Méthode de Descartes, le Contrat Social de Rousseau et son Discours sur les Inégalités, la Métaphysique des Mœurs de Kant… la base basiquement basique quoi.

            • #14800 Répondre
              Claire N
              Invité

              Effectivement faire entrer une activité dans le domaine du travail avec un but et une rentabilité ( les notes les diplômes et la fructification du capital culturel) me fait penser à de l’extractivisme : aller miner le filon du goût de quelqu’un pour une activité jusqu’à épuisement.
              Il est peut-être important de protéger «  les zones de goût «  des personnes.
              Et la façon dont les livres sont traité m’attriste :
              Les livres ne sont pas il me semble des animaux d’élevage ou des chevaux de manège.

              • #14802 Répondre
                Claire N
                Invité

                Et puisque l’on a parlé de desamour , parlons d’amour ; une des multiples raison qui me fait aimer lire est liée je pense au type de goût que j’avais pour l’équitation ; j’adore m’embarquer avec une forme de vie un peu sauvage.

                • #14815 Répondre
                  Monsieur Jourdain
                  Invité

                  Magnifique cette métaphore du canasson pour expliquer d’un côté que les livres ne sont pas des chevaux d’élevage ou de manège et pour ensuite comparer l’expérience de lecture à une balade en équitation

                  • #14818 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Il me semble que la comparaison n’est pas si inadéquate que cela, c’est la différence entre l’équitation de manège, contrainte, en club, en vue du passage de Galops, et la randonnée équestre en solitaire. Quiconque a fait les deux voit la différence.

                    • #14822 Répondre
                      Monsieur Jourdain
                      Invité

                      Analyse implacable : dans le premier cas de figure, le cheval est soumis à l’homme et dans le second, c’est l’inverse. CQFD.

                      • #14836 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Donc un cheval c’est pas un livre ; merci « capitaine obvious « 

                      • #14837 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Tu veux dire qu’il existe un truc dans la langue française qui s’appelle la métaphore ? Les bras m’en tombent.

                      • #14839 Répondre
                        Ben Howard
                        Invité

                        Meuf, c’est juste que ta métaphore du cheval est ridicule..

                      • #14841 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Remarque très utile pour la discussion.

                      • #14854 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui c’est peut-être un peu ridicule, mais quand on essaie d’exprimer ce qu’on aime ça arrive souvent
                        D’être ridicule tellement c’est plus grand . Moi je le serai toujours je pense mais ça ne m’inquiète pas.

    • #14763 Répondre
      Nox
      Invité

      Ah. C’est plus clair. Effectivement, chaque chose en son temps.

      • #14764 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui désolée moi c’est l’implicite et l’explicite qui beurrent ; j’y travaille

    • #14847 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! Comme le dernier édito de François sur la question de la légitimité en politique m’a un peu travaillé, je me suis permis de pondre un petit édito au sujet des sondages et des problèmes qui en découlent à gauche. Bonne lecture.

      Sondages, bâclages, fromages

      Comme tout un tas de mes congénères, j’aime bien les stats. Pourquoi s’emmerder à expliquer les revendications sociales de manifestants contre une énième réforme sociocidaire quand on peut juste lâcher un « tous les sondages montrent que 92 % des actifs sont opposés à la réforme des retraites ! Macron et son gouvernement doivent donc reculer » ? Dans le fabuleux monde médiatique des petites phrases ou des phrases choc, les sondages ont un pouvoir décisif sur le débat public : ils accréditent ou à l’inverse, discréditent des positionnements politiques. Les sondeurs aiment cultiver un penchant humain bien connu des piétons traversant la rue : le mimétisme social. Si objectivement, comme un ami écrivain l’a affirmé récemment sur Socialter, la valeur d’une position politique ne se mesure pas au nombre de gens qui la partagent, des positions politiques trop solitaires ou vécues comme telles ont beaucoup moins de chances de se pérenniser dans le temps, puisque être constamment entouré de gens contestant ces mêmes positions n’incite pas beaucoup à les conserver ; il s’agit là d’un des nombreux visages de la pression sociale. Les stats possèdent donc un avantage tactique immédiat : celui de dire aux gouvernants soucieux de faire valoir la dichotomie de la majorité raisonnable contre les minorités violentes et bruyantes qu’ils ne sont pas si majoritaires que ça, dans l’espace social. Le problème fondamental de cette tactique, cependant, c’est que son emploi revient à résumer des combats sociaux réels dans la rue à une vulgaire bataille de chiffres qui aurait presque plus d’importance que les actions concrètes menées durant les mouvements sociaux ; on espère de plus qu’en fonction de l’évolution des chiffres, le rapport de force se retournera en faveur du camp social – le dénouement récent des derniers mouvements sociaux en France a – sans surprise – invalidé ce vœu pieux ; CQFD : les stats en principe en faveur des derniers mouvements sociaux contre le délabrement futur des retraites n’ont pas empêché la promulgation du projet incriminé par presque trois millions de gens dans les rues de France et de Navarre, au plus fort de la mobilisation. Ironiquement, ceci peut s’expliquer par un sondage en corollaire du premier sondage dont on parlait plus tôt : « plus de 62 % des Français pensent que la réforme passera malgré tout », sondage auquel François Ruffin et Anasse Kazib réagissaient en affirmant avec beaucoup d’assurance qu’ils allaient tous deux « transformer la résignation en mobilisation » ; quoi qu’on pense de tous ces chiffres, il est assez facile de voir que la chose politique au sens militant du terme ennuie, emmerde ou n’inspire pas plus que ça tout un tas de gens et qu’en conséquence, les décisions gouvernementales peuvent être appliquées sans véritable remous insurrectionnel, en dépit de la prétendue tradition des Gaulois réfractaires aimant siruper de la potion magique pour aller ensuite cogner du Romain. Le militant gauchiste, durant les élections, comme durant de grandes manifestations, se plaît souvent à momentanément négliger l’analyse structurelle des phénomènes sociaux, surtout dans le cas où elle pourrait contrarier des espoirs de victoire politique réjouissante ; la teneur globale des débats politiques actuels étant en plus très marquée à droite – c’est-à-dire faisant l’apanage des libéraux-autoritaires –, on espère d’autant plus à gauche reprendre la main, que ça soit à travers un Mélenchon ou à travers l’annulation d’une réforme menaçante et nocive pour les mal lotis de notre pays. Il y a donc tout un tas de réflexes incantatoires qu’un militant à gauche a intérêt à consolider et à maintenir – le premier étant de toujours voir tout combat politique comme un moment décisif pour renverser le rapport de force, indépendamment du contexte. Les sondages, pour en revenir à eux, font partie de cette panoplie de signes faisant office de preuves que le combat politique du moment va nécessairement dans la bonne direction, pour le militant moyen ; ce qui me rappelle un peu pourquoi je ne me sens pas militant : je n’ai pas le goût du désespoir.

      • #14855 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci

        • #14858 Répondre
          Nox
          Invité

          Pas de quoi. Bonne journée !

          • #14859 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Merci beaucoup Nox, ton analyse est très juste.

    • #14861 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Nox, rapport à Lecture et (dé)confiture
      J’ai aussi été très marquée par la lecture forcée d’un Zola au collège, lecture que j’avais repoussée au max et faite en diagonale la nuit avant l’interro.
      Après il fallait choisir notre orientation ; pour moi c’était net que jamais de la vie je n’irai en L pour pas qu’on m’oblige à lire des livres.
      J’ai gardé cependant des bribes de souvenirs plaisants, intéressants, de ce Zola ; ce fut pendant longtemps ma seule notion sur le déterminisme social.
      Je n’ai fait de philo qu’en terminale, j’ai eu 5 au bac, et zéro souvenir de ces cours.
      J’ai du mal à lire aussi, j’emprunte des livres théoriques que je lâche très vite, où j’oublie au fur et à mesure. Je retiens mieux avec les romans.

      • #14862 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’ai fait L et j’ai détesté apprendre la littérature comme ça. Je n’ai pris plaisir à lire aucun des livres du programme. Je ne comprenais rien aux analyses. J’ai lu Zola et Faulkner (que j’ai adoré) pour moi même 15 ans plus tard. J’ai vraiment découvert Flaubert ici grâce à François, Hervé et d’autres, que je sais apprécier maintenant. Car je sais ce que je viens y chercher. J’ai un lien intime avec ces livres. Et je suis encore aujourd’hui bien incapable de les commenter comme les profs l’attendent de toi au lycée, dans l’objectif d’avoir le bac.

    • #15018 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. Suite à ma lecture de l’article du Monde Diplo sur le dandysme d’extrême-droite, je suis tombé sur cet article référencé sur le Monde Diplo et qui est pile dans le sujet de ce topic, je trouve :

      La rébellion est-elle passée à droite ? Entretien avec Pablo Stefanoni

      • #15019 Répondre
        thierry
        Invité

        J’ai envie de dire enfin. J’entends par là, enfin qu’on le note.
        Je suis convaincu que si la « rebellitude » est passée à droite – ce qu’il est indéniable – c’est uniquement parce que la morale est passée à gauche. Je crois avoir entendu FB dire un jour qqch qui va dans ce sens. Entièrement d’accord.

        Malheureusement trop peu d’intellectuels de gauche s’en préoccupent. Par peur de faire son auto-critique? Par confort? Aucune idée mais c’est un constat inquiétant que beaucoup font en silence et le sursaut de la gauche commence vraiment à se fait attendre.
        J’en profite pour féliciter le taf du numéro de socialter dont Francois était le RC qui pour le coup était exempt de toutes morales de gauche culturelle semi-bourgeoise. Et putain ça m’a fait du bien.

        • #15020 Répondre
          thierry
          Invité

          * ce qui est …

        • #15248 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          merci, mais je crois que tu as quelques années de retard
          -tout ce qui aujourd’hui compte à gauche, intellectuellement et activement, se méfie de la morale. La gauche dominante est spinoziste-matérialiste, et c’est d’ailleurs le cas depuis longtemps. Le marxisme, c’était ça, et ça le reste.
          Reste à savoir pourquoi on persiste à déplorer la domination d’une gauche morale et bien-pensante qui n’existe plus; Est ce un adversaire dont nous avons affectivement besoin?
          -je ne vois pas du tout, à gauche, le pattern identitaire dominer le pattern de classe. Récemment les forces de gauche se sont unies pour s’opposer à une réforme des retraites. C’est bien l’anticapitalisme, quelle que soient les formes qu’il prend (écologie radicale et féminisme politique compris), qui structure la gauche.

          En tout cas j’ai la certitude que la rebellitude, si jamais elle est un temps passée à droite (ce qui se discute), est largement repassée à gauche.

          • #15249 Répondre
            Nox
            Invité

            Pablo Stefanoni pose aussi la question de la militance en ligne qui est – pour ce qui la concerne – prédominée par des considérations morales ; je le constate tous les jours. Et comme je ne suis pas une machine de manifs ou de grèves et que c’est dans cette espace numérique que je continue de me politiser, je pense que Stefanoni invite à des réflexions intéressantes sur le versant culturel de la gauche – ou plutôt comment la question esthétique et humoristique est très crispante pour tout un tas de gauchistes (je pense que par exemple, dans l’interview de Waly Dia donnée à Blast, ce dernier ne pointe pas que des réacs du doigt quand il dit que « pour le moindre pet de travers, on se fait plus emmerder que des politiques qui ont des grosses affaires au cul »).
            La gauche « spinoziste-matéraliste », ma génération n’y est pas beaucoup confrontée et ça n’est pas le revirement « social-démocrate » d’un Usul qui va arranger quoi que ce soit. Quant à Dany et Raz, ils sont plus dans une perspective réformiste, si on en croit leur interview donnée sur la chaîne À gauche.
            En tout cas, je n’ai pas les mêmes certitudes que toi au sujet de la « gauche morale », à ce jour et crois-moi : j’aimerais beaucoup les partager.

            • #15251 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je disais bien : « tout ce qui aujourd’hui compte à gauche, intellectuellement et activement »
              Je parle donc des praticiens et penseurs puissants de la gauche. Ceux là se situent hors de la morale – ou du moins secondarisent le registre moral.
              Ceux que tu cites, et ceux qui s’agitent sur les réseaux, c’est autre chose
              Dany et Raz c’est autre chose aussi. Mais d’ailleurs eux insistent toujours lourdement sur leur refus des positionnements moraux. C’est même leur marque de fabrique.

              • #15254 Répondre
                Nox
                Invité

                J’ai bien compris ce que tu veux dire.
                Mais reprenons Dany et Raz en exemple : ce sont les premiers à se moquer des conférences « ronflantes » de Friot et de Lordon et à faire les petits cons devant pour dire « haha, c’est ça que vous aimez les intellos gauchistes, hein ? » – ça a beau être un trait d’humour de leur part, n’empêche que ça révèle quelque chose d’assez intéressant, à mon sens : pour des gauchistes biberonnés au numérique, cette « gauche qui compte » n’est pas facilement accessible, dans tous les sens du terme. Je sais que pour toi le nombre ne compte pas, mais il n’empêche qu’en ligne, cette massification « d’impertinence » à divers degrés que l’on voit chez plein d’internautes se situant à gauche et dont je suis spectateur.
                Ça, dans ma vie affective, ça prend plus de place que Lordon, Friot et d’autres « puissances » auxquelles tu te réfères. J’ai pas l’impression d’être le seul dans ce cas, malheureusement.
                C’est pourquoi je ne suis pas aussi prompt à balayer de telles questions d’un revers de main pour des raisons entendables comme les tiennes mais qui ne sont pas immédiatement traduisibles dans la vie affective des jeunes biberonnés au numérique dont je suis.

                • #15255 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Oups, j’ai commis une coquille : « cette massification “d’impertinence” à divers degrés que l’on voit chez plein d’internautes se situant à gauche et dont je suis spectateur a des effets délétères chez plein de jeunes politisés dont je fais partie* »

                  • #15289 Répondre
                    Nox
                    Invité

                    D’ailleurs, je vais peut-être passer pour un con, mais quand tu me parles de « gauche spinoziste-matéraliste », je vois surtout des penseurs et des intellectuels qui produisent des livres et des conférences et non les « forces vives » de la gauche qui s’activent par exemple dans l’écologie radicale à travers des collectifs comme les Soulèvements de la Terre. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un constat.

                    • #15318 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Justement je ne trouve pas que les Soulèvements de la Terre donnent dans la morale. Ils pensent structure et agissent structure. Comme beaucoup d’écolos radicaux.
                      Maintenant si tu veux me dire que la gauche numérique est morale, je n’irai pas contre. Elle l’est de par le support même : support idéaliste, paradis des idées et des discours où fatalement la morale, cousue d’idées et de discours, prime.

                      • #15345 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        D’accord en tout point ; et justement : pour le cas des Soulèvements de la Terre, j’ai cru comprendre que s’y agrégeait tout jeune gauchiste suffisamment déterminé pour appliquer matériellement ses idées, ce qui est effectivement en dehors de toute considération morale primaire ; je voulais juste te faire remarquer qu’avec le signifiant « spinoziste-matéraliste », on se restreint beaucoup en matière de paysage de la « gauche qui compte » et que des jeunes des Soulèvements te diraient par exemple que les « longues réflexions profondes » ne les intéressent pas, dans la mesure où ils militent portés par l’urgence écologique, ce qui est un ethos dont je suis tout à fait dépourvu, consigné au statut social d’intello tatillon avec deux mains gauches et flânant encore et toujours à l’université.

          • #15859 Répondre
            thierry
            Invité

            Tu as sûrement raison, je dois être un peu à la bourre mais comme débattu plus bas avec Nox, il n’empêche que même si ce qui compte à gauche aujourd’hui se méfie de la morale, « ce qui compte » n’est pas la gauche auto-proclamée, que celle-ci reste plutôt invisibilisée, et que celle qui fait du bruit reste très moralisatrice.
            Mes potes prolo sont en grande majorité passés à droite (sans utiliser ce terme) alors que mes potes bourgeois se revendiquent tous (sans exception; c’est réel) de gauche.
            Je suis un transfuge de classe et si je déplore la domination d’une gauche morale qui existe bel et bien, n’importe qui faisant l’expérience d’un dîner dans le milieu culturel petit bourgeois peut le constater tous les jours, c’est que la gauche auto-proclamée nous a en quelque sorte voler le combat social.
            Quand vos voisins de table sont le « tu » d’histoire de ta bêtise, vous avez deux réactions possibles: soit vous êtes peu politisé et vous ne vous retrouvez tellement pas dans leur habitus, leurs mots et leurres manières que vous en déduisez que si eux sont de gauche, ce qu’ils répètent en boucle, vous, vous ne l’êtes pas ; soit vous en déduisez que ce sont des imposteurs. Mais bon courage pour leur faire entendre.

            On pourrait croire que les ouvriers ont déserté la gauche mais je n’y crois pas une seule seconde. On les en a chassé. On leur a dit, parce qu’ils sont chrétiens ou musulmans, parce qu’ils aiment la famille, parce qu’ils aiment la bagarre, le foot et les jeux vidéos virilistes, qu’ils étaient réac, que par conséquent ils étaient de droite, d’extrême droite même certainement.
            Donc on peut ne pas être d’accord mais pour moi, oui, cette gauche Yann Barthès est un adversaire perfide qui fait bcp de mal.

            Entièrement d’accord sur les réformes des retraites. La droite ne s’est pas mobilisée et c’est un bon rappel d’où se situe réellement le combat anticapitaliste pour les gens qui peuvent se sentir parfois perdu ou seul au milieu de tout ça. Ce qui peut parfois être mon cas, je l’admet. Cependant dans les manifs, j’y ai été deux fois, je ne suis pas sûr que si Mediapart avait pu sonder le cœur de chacun, il n’ y aurait pas trouvé d’affreux prolétaires fascistes.

            Pour ce qui est de l’écologie radicale, je souscris à 100%. Pour ce qui est du féminisme, j’ai plus de réserves. Suivant ce qu’on accole à cette étiquette, c’est une idéologie qui sait très bien servir le capital comme le combattre. Mais trop vaste sujet, trop de fois débattu partout depuis 15 ans, tout le monde en a marre, flemme. Je sais qu’on ne sera pas d’accord et j’ai pas envie de chercher des noises.

    • #15021 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je sais pas trop , j’y vois plus un truc autour de l’identité
      – à droite la fourniture d’identité «  fortes «  prêtes à consommer
      – avoir oublié que le développement de l’individualité est à gauche
      Même si je pense que tu as raison , la morale intervient certainement dans la définition en miroir d’une «  identité forte « 
      C’est pas simple de dépasser «  l’amour miroir » , la fascination

      • #15026 Répondre
        thierry
        Invité

        Salut Claire.
        Peut-être que la question identitaire fait le succès de la droite. Mais je ne crois pas qu’elle participe à son côté subversif. C’est peut être même grâce à elle que la droite garde sa ringardise.

        La question de l’identité me semble plus être une question d’époque que de couleur politique. La droite drague en parlant d’identité nationale, la gauche d’identité raciale et sexuelle mais la question de classe est secondaire dans un cas et souvent inexistante dans l’autre.

        • #15066 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui peut-être que je minimise, je vais essayer de creuser

      • #15048 Répondre
        Nox
        Invité

        J’ai décidé de me procurer le bouquin cité dans l’interview, vu que je suis hispanophone, afin d’y voir plus clair. Je vous tiens au courant.

        • #15064 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Nox !
          je crois que je suis à la ramasse sur le sujet
          Cependant je suis encore en train de métaboliser
          Le livre d’Emmanuel Carrere « Limonov » conseillé par François et peut-être bien qu’il y a aussi des pistes dedans.
          Pareil dès que j’avance je vous dis

          • #15069 Répondre
            Claire N
            Invité

            Peut-être qu’une des piste se situe sur l’opposition à la domination ;
            Mais je le verrai peut-être comme suis:
            – si l’on déteste être dominé ; on peut concevoir
            Le projet d’être le «  dominant ultime «  et baser toute son énergie dans cette lutte ; on peut faussement confondre rébellion et subversion dans ce cas
            – plutôt que de tout naturellement s’opposer à la domination en tant que rapport humain

    • #15037 Répondre
      Bourgeois Ludovic
      Invité

      On ne peut pas être dans la rebellion ni dans la rebellitude quand on valide le système financier mondial par son vecteur principal, le métissage, le génocide des blancs, le déracinement appuyé par tout son appareil de propagande culturel et publicitaire. Ca n’est pas une question de forme.
      Les fachos sont dans la « rebellitude » de forme car c’est une rébellion de fond. La forme et le fond sont tjrs liés.
      Si ça peut vous rassurez, c’est vous qui allez gagner, vous gagnerez un enfer, mais vous gagnerez, et c’est déjà plié.
      A plus la proportion d’hommes blancs diminuera, à plus la civilisation et la civilité s’écrouleront.
      Vous vous mettez dans le bon camp, celui qui gagnera, avec les allogènes pour les cornaquer et la finance, pour sauver quelques meubles.
      Vous justifier ça par de l’intellectualisme toujours plus alambiqué. Ca se heurtera au mur anthropologique implacable, mais peu importe vous aurez accompli le projet eschatologique des valeurs chrétiennes devenues folles pour la victoire de valeurs pas vraiment chrétienne. Vous êtes la caste sacerdotale de la nouvelle aristocratie.
      L’identité, le patriotisme, les valeurs sont des farces vides qu’emploient les droitards « autorisés » car nous sommes lâches et que nous avons le monde et toutes ces hyènes déchainées sur la bête blessée. Juste notre système nerveux qui se débat, la dernière goutte de vie.

      • #15054 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        « A plus la proportion d’hommes blancs diminuera, à plus la civilisation et la civilité s’écrouleront. »
        .
        T’as quelque chose pour appuyer ton propos ou alors c’est juste pour le plaisir de provoquer?

      • #15057 Répondre
        thierry
        Invité

        fascinant

      • #15060 Répondre
        Bourgeois Ludovic
        Invité

        Regarde la fance des années 60, regardes la france de maintenant, y’a un niveau de civilité et de civilisation en chute libre.
        Le fait ethnique est évident.
        Si tu le vois pas, c’est que ça t’arrange de pas le voir.
        De Thierry la fronde à Thierry la fronce

        • #15061 Répondre
          Bourgeois Ludovic
          Invité

          J’ai du mal à écrire france, comme symbole d’un tel écœurement

        • #15062 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          Je vois.
          .

          • #15063 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            Sinon tu l’as connue cette France des années 60 que tu sembles tant regretter?

            • #15078 Répondre
              Demi Habile
              Invité

              Pourquoi tu ne me réponds pas? Moi ça m’intéresse de comprendre comment tu peux en arriver à croire que la civilisation occidentale s’effondre à cause qu’il y a des bougnoules et des bamboulas dans nos rues. Je trouve ça absurde comme explication à notre déclin mais je veux bien reconnaître qu’il y a du vrai dans l’idée qu’on est en pleine faillite.

              • #15100 Répondre
                Bourgeois Ludovic
                Invité

                Salut.
                Non je suis né dans le milieu des années 90 à la cambrousse.
                Mais j’ai vu mes grands parents, voir mes parents qui ont vécu cette époque et y’a comme une sorte de transmission implicite par leur comportement, leurs us. Un sorte de continuum. Tu comprends ce que c’était.

                Et d’ailleurs les années 2000 à la campagne c’était encore quasi tradi, simple.

                Civilité je pense que tu comprends, vie paisible on pourrait dire.

                Civilisation c’est à la fois un coté où tout fonctionnait dans le travail, les transports, l’école, les admins, les postes, partout le coté ordre fonctionnel.
                Et aussi une sorte de culture commune qui fait que tout le monde se comprenait dans tous ces comportements et que y’avait pas le coté WTF d’aujourd’hui où tout est éclaté et on sait jamais sur quel pied danser.

                • #15108 Répondre
                  Demi Habile
                  Invité

                  Je te remercie d’avoir répondu mais dans ce que tu me racontes il n’y a rien qui va dans le sens d’un lien de cause à effet entre notre décadence et la présence de noirélézarabes dans mon quartier. C’est ce lien que j’aurais aimé te voir éclairer.

        • #15065 Répondre
          thierry
          Invité

          Qu’une guerre ethniciste horizontale remplace une guerre de classe verticale, tout le monde d’un peu honnête le constate. Qu’il s’agisse d’une tragédie pour tout le monde, de l’anar à une dread au royaliste bodybuildé en passant par la banlieusarde qui prend le métro à 5 du mat pour aller au taf, également.

          L’incivilité que tu constates a juste titre dans une certaine mesure, tu la relies a ce qui t’arrange sans voir que tu sembles être coincé dans le même piège que ceux que tu combats. C’est pas parce que ton voisin noir gentil est gentil qu’il est une exception. C’est parce qu’il est gentil. Et inversement. Tu racialises le débat comme ceux que tu sembles vouloir combattre.

          • #15101 Répondre
            Bourgeois Ludovic
            Invité

            J’ai pas de voisin noir.
            Oui il y a des arabes et noirs honnêtes hommes, je je le sais.
            Mais c’est pas vraiment ma question.
            J’ai l’impression de vivre au Soudan, pour moi ça devient franchement gênant.
            C’est surement moi le problème, et je me prépare à partir évidemment.
            Je suis inassimilable à la fronce
            N’essayez même pas de m’assimiler

    • #15053 Répondre
      Nox
      Invité

      Je laisse ça ici pour ceux que ça pourrait intéresser :

    • #15353 Répondre
      Nox
      Invité

      Prière de ne pas s’arrêter au titre légèrement caricatural, parce que l’interview vaut le détour :

      • #15354 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Là c’est pas du muscle mais de la gonflette cher camarade! Et la gonflette est de droite. Vu toutes les saloperies  » survitaminées qu’elle fait ingurgiter
        + les redbulls et c•. Un très gros business. Mais on s’arrête pas, on s’arrête pas

    • #15360 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous.
      Après avoir été quelque peu en panne d’inspiration éditoriale, j’ai pondu un nouvel édito que je nourrissais mentalement depuis plusieurs semaines, sans trouver les bonnes formes, que je voulais humoristiques.
      J’espère que ça vous plaira !

      L’empreinte Carbonara

      On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs – et les œufs, on aime les mettre sur un joli plat de pâtes à la carbonara, accompagné de pointes d’oignon, de ciboulette, de crème fraîche et de lardons fumés, plus ou moins halal. Mais voilà : il ne faut pas abuser des bonnes choses et tout n’est pas toujours bon dans le cochon, notamment aux yeux du vegan ou du musulman ; ou même du vegan musulman. D’ailleurs, toutes les études le montrent : l’empreinte Carbonara des vegans et des musulmans est à peu près nulle. On ne les invitera donc pas à réduire leur consommation de hallouf, contrairement aux amateurs franchouillards des travers de porc, du lard fumé et des fameuses pâtes montées en épingle en début de texte ; eux sont d’authentiques irresponsables qui n’ont que faire de la taille de leur empreinte Carbonara et condamnent l’humanité entière à se passer définitivement de hallouf pour les prochaines décennies. Vite ! Appelons un macroniste qui saura – de par son expertise experte en empreinte Carbonara – proposer un plan Porc Résilient pour inciter le consommateur moyen à diminuer sa consommation individuelle porcine, de sorte à ce que d’ici l’horizon 2040, on puisse disposer d’une côte de porc possiblement hebdomadaire par habitant en France, avec un peu de chance. En attendant, pour montrer l’exemple, les musulmans et les vegans seront en première loge pour goûter à l’alternative porcine number one : le porc végétal ; n’ayant de porc que le nom, il allègera de loin l’empreinte Carbonara des franchouillards accros à la cochonnaille et si tout se passe bien, on passera non pas à une côte de porc hebdomadaire par habitant d’ici 2040 en France, mais à deux côtes de porc hebdomadaires par habitant, rendez-vous compte. Néanmoins, d’irréductibles Gaulois réfractaires se sentent menacés par cette injonction généralisée de changer leurs habitudes ; ils s’indignent, s’insurgent et en appellent au bon sens : « tout est bon dans le cochon et c’est pas moi qui le dis, c’est un proverbe ! On va pas se laisser avoir par des gauchistes bien-pensants fans de tofu et de quinoa de mes deux ! Je continuerai à bouffer du cochon que ça leur plaise ou non ! Même si ça devient illégal demain, tiens ! Merde quoi ! » ; une solution est toute trouvée : une taxe Porcinet est votée à l’Assemblée, afin de pénaliser nos Gaulois réfractaires et leur dévotion cochonnière ; sauf que voilà, « c’en est trop ! » et d’un coup d’un seul, les désormais célèbres Gilets Roses envahissent les ronds-points, les rues et les campagnes et réclament le RIP ; le référendum d’initiative porcine, pour qu’on puisse enfin démontrer que les cochons ont leur mot à dire sur les débats qui les concernent et qu’en toute franchise, ils approuvent déjà très largement le sort culinaire qui leur est fait par leurs camarades êtres humains, puisque comme l’a dit récemment un de ces fiers cochonnets sur BFMTV : « franchement, se baigner dans la boue ou dans la marinade caramélisée d’un resto asiat, c’est quoi la différence ? ». Malheureusement pour cette joyeuse galerie de personnages hauts en couleur, une pandémie causée par une truie venant du port de Hong Kong mettra fin à tous leurs projets et ils seront contraints d’accepter la nouvelle promulgation de l’empreinte Carbonara, avec les conséquences austéritaires que l’on connaît bien. Dans toute cette aventure burlesque, on aura noté un grand absent : l’industrie fabriquant en masse du hallouf pour des millions de Gilets Roses à travers toute la France – sans parler de l’Europe. On comprend pourquoi : les pauvres industriels ne font que répondre à une demande qu’ils subissent de plein fouet et s’il s’avérait demain que les fiers cochonnailleurs se convertissent au tofu actuellement incriminé par ces derniers, ces industriels nous assurent – la main sur le cœur – que leurs efforts se concentreraient immédiatement sur la production massive de tofu pour le plus grand nombre. En attendant, c’est le consommateur qui décide de ce qu’il achète – et c’est aussi lui et seulement lui qui décide de la soutenabilité terrestre via son empreinte carbone.

    • #15363 Répondre
      Claire N
      Invité

      « En attendant, c’est le consommateur qui décide de ce qu’il achète «  oui ( rire) surtout quand il est pauvre!

      • #15364 Répondre
        Nox
        Invité

        On ne dira jamais assez à quel point il est plus facile de trouver du jambon Eco+ que de la viande halal Eco+, à Leclerc. Sans parler du tofu.

        • #15365 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ce qui amène à la question de la santé ; les pauvres méritent bien l’hypertension et le diabète
          Qu’ils choisissent de consommer ; une petite taxe en dessert ?

          • #15402 Répondre
            Nox
            Invité

            L’hypertension, par les temps qui courent et les augmentations massives des factures d’électricité, c’est peut-être nécessaire. Faut voir le bon côté des choses.

            • #15482 Répondre
              Claire N
              Invité

              Malheureusement j’y vois plus un complot de ce tortionnaire de bonhomme d’Ampère…
              Et qui peut dire quels sont ses liens avec Emmanuel Vals ….

              • #15483 Répondre
                Nox
                Invité

                Ahlalala… Y a un truc génial avec Manuel Valls : prononcer son nom génère un effet comique immédiat.

                • #15495 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui c’est vrai, un peu comme si il se «  mêmifiait « 

                  • #15497 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    il nous manque

                    • #15498 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Oui … combien encore de deuil à affronter…
                      Après Tchoupi, Martine et Regis … maintenant Emmanuel

    • #15421 Répondre
      Nox
      Invité

      Une interview de Rancière très à propos sur le sujet de ce topic sur France Culture. Elle date d’un an mais je pense qu’elle vaut toujours le coup :

      • #15426 Répondre
        Carpentier
        Invité

        ah ça c bien cool, merci, je vais associer le visionnage de cet entretien à la lecture de ses lignes dans le Socialter dirigé par F.Begaudeau.
        Un double-Jacques dès le matin, ouais.
        J’ai de la route cet aprem, faut se mettre en train.

    • #15653 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! Je suis de retour avec un nouvel édito avec François en guest-star autour de ce que j’appelle le « déjà-là anarchiste », en référence à Friot.
      Bonne lecture.

      Le déjà-là anarchiste

      Le titre de ce nouvel édito peut prêter à sourire, si on ignore qu’il est un pastiche du déjà-là communiste formulé par Bernard Friot dans ses ouvrages et conférences. Celui-ci entend nous faire réaliser que les retraites, la Sécurité Sociale et la fonction publique sont des éléments de déjà-là communiste, dans la mesure où toutes ces avancées sociales ont été permises par le mouvement ouvrier et le Parti Communiste Français à travers notamment la figure du Ministre du Travail Ambroise Croizat, communiste notoire ayant grandement aidé à la mise en œuvre de la Sécurité Sociale en 1946, qui était originellement une revendication historique du mouvement ouvrier en France ; mais pas seulement : par déjà-là communiste, Friot en appelle à la nécessité d’étendre ces conquis sociaux à tous les aspects de notre société actuellement capitaliste, pour justement abolir le Grand Capital et faire advenir en bonne et due forme, le projet communiste. Concrètement, cela signifierait qu’il faudrait mettre fin à la propriété lucrative qui favorise les rentes dans l’organisation du travail, dans le monde de l’immobilier et à terme, dans ce tout ce qui récemment relève d’une privatisation des services publics jugés justement peu rentables par les acteurs d’une telle privatisation, qu’ils soient des gouvernants ou des représentants de multinationales et autres grandes entreprises ayant un appétit un peu trop grand en matière de recherche constante du profit ; cette propriété lucrative laisserait place à une propriété d’usage : vous posséderiez votre maison et vos biens dans la mesure où vous en faites quotidiennement l’usage et il ne serait donc plus permis de fructifier des capitaux sur les biens pour permettre à tout le monde d’y accéder sans avoir à crever la dalle pour ce faire ; le marché de l’immobilier ainsi aboli, se loger deviendrait bien plus facile pour tout un chacun. Ça, c’est pour le volet de la propriété, mais Bernard Friot s’est fait avant tout connaître sur son idée du salaire à la qualification personnelle, souvent simplifié sous le nom du salaire à vie. Là encore, il s’agirait d’étendre les droits salariaux permis par la fonction publique à tous les individus dès leur dix-huit ans, abolissant cette fois-ci le marché de l’emploi et donc la nécessité de quémander un revenu à un employeur libre de vous garder ou de vous licencier comme bon lui semble. Bref, un projet irréductiblement communiste. Mais bon, il paraîtrait que le communisme, c’est historiquement cent milliards de morts (comment ça j’ai grossi les chiffres ?), donc CQFD : Bernard Friot nous conduit au génocide planétaire, à l’inverse d’un capitalisme toujours plus vorace et pompant les ressources terrestres plus que ce que notre planète est capable d’assurer. Mais je digresse… le sujet du jour, c’est l’anarchisme, pas le communisme intrinsèquement meurtrier et sanguinaire, comme chacun sait. Dans son essai Notre Joie, François Bégaudeau développe tout un segment sur l’amitié comme modèle politique à part entière, en y voyant également un versant anarchiste ; pour résumer, un groupe d’amis est toujours un peu horizontal : aucun ami n’est au dessus d’un autre et si l’un d’entre eux se montre un peu trop capricieux, on peut toujours s’en dispenser et préserver ainsi l’horizontalité non marchandable du groupe d’amis où chaque individu apporte ses connaissances personnelles à l’autre, des moments d’humour, d’intimité, de complicité, gratuitement ; un ami guitariste peut animer une soirée avec ses morceaux, une amie linguiste peut nous en apprendre davantage sur l’origine des mots et leur usage actuel, un ami cuisinier peut préparer de délicieux plats pour tout le groupe, un autre ami qui est le rigolo de la bande peut faire rire tout le groupe avec ses blagues plus ou moins réussies… y en a pour tous les goûts. Dans une famille un tant soit peu saine, c’est-à-dire sans parents tyranniques abusant gaiement de leur autorité, on peut imaginer des situations similaires, à savoir un papa ou une maman apprenant à ses enfants tout un tas de choses dans tout un tas de domaines, tout aussi gratuitement, bien que le cadre familial soit anti-anarchiste, par définition, puisque porteur d’une hiérarchie interne entre les individus. Ce qu’il faut en retenir, c’est que toutes ces situations cohabitent et coexistent avec notre société capitaliste, indépendamment des organisations collectives présentes ou passées style zones à défendre, communauté autonome et autres collectifs anars. Il existe un reproche qu’essuient en permanence les gauchistes radicaux dans mon genre : celui de l’utopisme. Face aux arguments communistes et / ou anarchistes, on oppose souvent une nature humaine intrinsèquement conçue pour la propriété privée, des millions de morts, le chaos total et autres invasions de sauterelles. Plutôt que de rétorquer qu’il existe dans le monde des formes collectives de solidarité structurées et organisées comme telles à l’instar du zapatisme ou encore du communalisme libertaire, je préfère prendre les choses encore plus simplement : il existe dans toutes les sociétés capitalistes du monde, des espaces de vie horizontaux, non structurés autour de la subordination d’autrui et à ce titre, parfaitement égalitaires. L’anarchisme ne consiste donc pas à fabriquer ex nihilo des sociétés supposément inexistantes mais à étendre les espaces de vie horizontaux à tous les niveaux d’une société donnée. En d’autres termes, à rendre davantage possible ce qui existe déjà. À ce titre, la gauche radicale, contrairement aux accusations droitières et conservatrices qu’elle se mange constamment dans la gueule, ne constitue à aucun moment des modèles de société abstraits ou idéalistes qui nécessairement nous mèneraient au pire, parce qu’étant censément irréalisables. En ce qui me concerne, je recherche encore cette nature humaine intrinsèquement rentière et égoïste que les conservateurs pointent continuellement du doigt en guise de contre-argument en apparence inattaquable. Peut-être faudrait-il la ranger dans la même boîte où se trouve le fameux capitalisme qui est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres.

      • #15659 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

         » il existe dans toutes les sociétés capitalistes du monde, des espaces de vie horizontaux, non structurés autour de la subordination d’autrui et à ce titre, parfaitement égalitaires. » –> Est-ce si vrai ? Au-delà du groupe d’ami.e.s (dont même là une analyse fine pourrait faire ressortir le/la leader charismatique, l’électron.e libre, l’effacé.e, le/la rigolote, tout ça baignant malgré tout dans une structuration genrée, j’aurais besoin de quelques exemples.
        Tu soulignes à juste titre la faiblesse de la réfutation « de droite » sur l’anarchisme et l’horizontalité. Plus problématique et plus intéressante me semble être la réfutation « de gauche », en particulier celle de Lordon dans Vivre sans ? dont je dois bien admettre – à mon corps défendant – qu’elle est particulièrement bien articulée et fondée.

        • #15660 Répondre
          Nox
          Invité

          Tout le propos de François dans Notre Joie – me semble-t-il – et le mien, c’est de dire que « ça existe » ; de la même manière que dans la plupart des cas, le cadre familial est hiérarchisant, inégalitaire et toxique par moments, il existe des relations amicales contentant tout autant ce genre de critères négatifs.
          Le pari anarchiste, à ce titre, c’est de prendre ce qui fonctionne positivement ou affirmativement dans tout ça ; il existe des relations qui nous augmentent, qui nous émancipent, qui nous épanouissent.
          Pour ma part, je suis en couple avec une copine avec qui je me sens bien en tout point et de la même manière que je peux parfois un peu trop la chambrer, elle peut elle aussi, en retour, me chambrer. Je n’essaye pas de l’écraser. Elle non plus n’essaie pas de le faire. Voilà le genre de relations qui fait envie à des anars dans mon genre.
          Ces petits espaces-là, aussi petits soient-ils, me semblent donc bel et bien réels, tangibles et donc envisageables à une plus grande échelle.
          Il s’agirait alors de comme dirait un slogan anar bien connu, « réinventer les imaginaires » et rendre compte autant que faire se peut de ces « espaces de vie horizontaux » dont je fais moi-même l’expérience au quotidien avec ma copine.

          • #15669 Répondre
            Claire N
            Invité

            Je crois que tu tiens une bonne piste en employant le mot «  pari « , qui n’est justement pas dans le champ de l’ordre et la prédiction
            Mais c’est juste une intuition

            • #15681 Répondre
              Nox
              Invité

              J’aime bien le mot « pari » pour ça, effectivement.

        • #15665 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          un groupe d’amai-es peut sécréter ce que tu dis, mais il est résiliable à tout moment, quittable à toute heure, car informel
          j’ai plus de doutes sur les potentialités familiales qu’envisage Nox, en raison du passif génétique-organique et de la formalisation juridique de l’autorité parentale

          • #15678 Répondre
            Nox
            Invité

            Ce sont des doutes – ceux qui semblent être les tiens – que je formule directement dans mon texte, surtout quand on connaît mon rapport à la famille. Je disais plus ça par rapport à ce que tu avais raconté par exemple sur l’habileté de la langue que ton père t’avait léguée en quelque sorte, tel que tu le racontes dans Deux singes et en général en rapport avec les autres expériences « positives » que des chanceux autour de moi ont su tirer d’un cadre familial aimant et chaleureux.
            L’idée, c’est d’aller chercher les « failles émancipatrices » là où elles peuvent se trouver et il me semble que dans un cadre ne brimant pas en permanence les individus, on tient quelque chose de solide, même parfois dans les cadres les plus contradictoires ; voilà ce qui m’intéresse : les contradictions internes trouvables ici et là dans le corps social me faisant donc un peu exagérer en parlant de « déjà-là anarchiste ».
            Ce qui n’enlève rien la réalité structurelle et déterministe que nous connaissons au sujet de la famille et le fait que, pour ma part, envisager son abolition – telle qu’elle se déploie actuellement – ne me semble pas hors de propos.
            En espérant avoir été clair.

            • #15680 Répondre
              Nox
              Invité

              Ce qui n’enlève rien à

              • #15719 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                la famille c’est comme l’école : il serait étonnant que sur les milliers d’heures qu’on y passe il ne s’y passe pas de temps en temps quelque chose de vivant

                ce qui compromet, entre autres, l’idée de a famille comme déjà là anarchiste (mais je sais que ce n’est pas ce que tu avances), c’est qu’il est bien rare que les parents apprennent de leurs enfants

                • #15726 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Tout à fait d’accord.
                  Après, l’idée, c’était bien de dire que les anars ne partent pas du néant absolu pour penser l’émancipation individuelle, en réponse à un reproche trop récurrent trouvable y compris dans certains pans de la gauche (réformiste, notamment) adressé aux anars qui est résumable en un « vous êtes hors sol ».

                  • #15728 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    j’adhère totalement à la démarche
                    c’est bien ce que j’avais essayé de faire avec l’amitié dans Notre joie
                    (variante testée : le groupe de punk-rock)

        • #15673 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          “ la nécessité de quémander un revenu à un employeur libre de vous garder ou de vous licencier comme bon lui semble”
          .
          Au nom de quoi tu pourrais imposer au patron de t’acheter ta force de travail? C’est délirant.

    • #15748 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous. Ne chômant pas en matière d’écriture, j’ai pondu un nouvel édito où je m’attaque à un gros morceau : l’intersectionnalité, avec mon expérience personnelle en ligne de mire, comme à mon habitude. Bonne lecture et bonne journée à celleux qui me liront.

      À la prochaine intersection…

      « Intersectionnalité » : en voilà un joli mot qui génère moult confusion à gauche, entre simple outil d’analyse sociologique et slogan militant primaire ; le dernier étant souvent plus apprécié et appréhendé que le premier – efficacité militante oblige. Comme d’habitude, définissons un peu les termes : par « intersectionnalité », on entend généralement un mode d’analyse sociologique et politique tenant compte de la réalité sociale des intersections oppressives pouvant toucher des individus appartenant à plusieurs minorités simultanément ; une femme noire handicapée ne subit pas à ce titre, de la misogynie, de la négrophobie et du validisme de manière totalement séparée ; elle vit plutôt une autre forme d’oppression qui est à l’intersection des discriminations mentionnées à l’instant ; ce qui veut dire tout simplement que les discriminations se mélangent entre elles, dans un tel cas de figure. Au-delà de la question de la pertinence objective d’un tel outil – qui est actuellement toujours discutée dans le monde de la recherche en sciences sociales –, il s’agit avant tout d’un outil et non d’un slogan. En ce qui concerne le slogan, quel est-il, exactement, dans les orgas militantes de gauche ? « Toutes les oppressions doivent être prises en compte » – d’une méthodologie universitaire avérée qui essaye bel et bien de prendre en compte toutes les discriminations que peut subir un individu appartenant simultanément à plusieurs minorités, on en fait un principe militant irrévocable… et intenable, dans les faits ; la posture du chercheur n’est pas celle du militant : le chercheur se documente, approfondit ses analyses, travaille sur le temps long, nuance son propos, source celui-ci de nombreuses mentions bibliographiques en fin de texte, tandis que le militant est dans l’action, il réagit à chaud et a besoin de dégainer des slogans et autres formules choc le plus rapidement possible, faute de quoi, comme dans une partie de bataille navale, l’adversaire risque toujours plus de gagner du terrain, d’où un certain attrait de tout un tas de militant-e-s pour les joutes en ligne, ne répondant littéralement de rien et ayant l’immense avantage de la brièveté et donc de l’immédiateté. Je dois d’ailleurs plaider coupable : c’est bel et bien en ligne que je me suis majoritairement politisé et non pas « dans la vraie vie » durant une mobilisation sociale donnée qui aurait pu être une manif ou une grève. Ce qui m’amène à évoquer justement mes expériences concrètes du militantisme à gauche ayant eu principalement cours dans le monde universitaire ou affilié de près ou de loin à ce dernier. Derrière les slogans « intersectionnels », une réalité assez frappante mérite d’être mentionnée : je n’y ai vu que très majoritairement des blancs issus au minimum de ce que certains penseurs désignent habituellement par le nom de petite bourgeoisie culturelle ; elle peut être académique, artistique, littéraire ou portée en général sur les choses de l’intellect, son hétérogénéité raciale n’est pas vraiment la plus flagrante de ses caractéristiques, pour faire dans l’euphémisme… ce qui ne va pas sans générer des contradictions fondamentales, voire même des dissonances cognitives entre des principes déclamés haut et fort et leur application concrète ; dans les faits, les orgas de gauche se présentant comme « intersectionnelles » sont tout à fait capables de verbaliser l’ironie de leur blanchité écrasante, non sans une certaine pudeur mêlée à un soupçon de honte qui les mènerait presque à vouloir présenter des excuses aux minorités qu’elles jurent de défendre au quotidien la main sur le cœur, en toute sincérité et en toute authenticité. Cependant, si on redevient un peu matérialiste et donc routinièrement marxiste cinq secondes, on se rend bien compte que cette blanchité écrasante œuvre – consciemment ou non – contre certaines minorités, à commencer bien sûr par ceux que la pensée décoloniale appelle indigènes dont je suis, de part mon ascendance algérienne venant de mes deux parents. C’est d’ailleurs comme cela que l’on a pu voir récemment, durant les fameuses émeutes ayant éclaté à la suite de la mort du jeune Nahel, des commentaires ironiquement très paternalistes de la bouche ou de la plume de féministes blanches dites « intersectionnelles » – parfois jusque dans leur bio Twitter – à l’égard des jeunes racisés qui « foutaient le bordel », afin de dénoncer leur « masculinité toxique » et donc, afin de donner une fois de plus, des arguments supplémentaires pour « déconstruire la virilité et le patriarcat », perspective à laquelle je souscris dans une certaine mesure, mais qui tape à côté d’une réalité matérielle et donc assez bourrine : durant ces émeutes, ont été visés en priorité les magasins de première nécessité, autrement dit les supérettes, mettant en lumière un fait social assez clair : les populations racisées des quartiers populaires n’ont pas le même accès à la consommation que d’autres classes sociales plus ou moins mieux loties qui n’envisageraient à aucun moment la possible nécessité du pillage pour consommer, pour tout un tas de raisons à la fois matérielles et morales, c’est-à-dire ce qui relève des comportements attendus en société. Pour le dire plus simplement : c’était une autre image d’une précarité sociale avérée et indubitable qui éclatait au grand jour, à ce moment-là ; ce que les féministes blanches « intersectionnelles » que j’évoque ont, sciemment ou non, décidé d’ignorer ou de survoler, dans le but d’aplanir et simplifier une problématique complexe et pas évidente : la question de la « masculinité toxique ». Piégées alors dans un essentialisme conceptuel qui unifie et singularise ce qui, comme tout fait social, relève du disparate et du multiple, ces féministes blanches « intersectionnelles » ont donc reproduit une scène coloniale et raciste bien connue : celle du blanc civilisé ayant des choses à apprendre aux méchants barbares métèques sans foi ni loi ; voilà donc ce que génère l’entre-soi blanc des orgas de gauche dites « intersectionnelles » : une négligence inévitable des questions strictement liées à la race, à l’impérialisme et donc, à la cécité de couleur, comme le veut un certain vocabulaire anglo-saxon. Remplies de « blancs becs » comme dirait Med Hondo, célèbre doubleur d’Eddie Murphy, les orgas de gauche – y compris radicale – finissent toujours un peu par orchestrer et mettre en scène des dispositifs militants excluant certaines minorités n’ayant pas forcément la bonne gueule ou le bon langage ou jugées pas assez safe à bien des égards. À la fin des fins, ce qui est nié, c’est le fait politique fondamental : les intérêts des un-e-s ne sont pas les intérêts des autres ; nous avons tous et toutes des sensibilités affectives particulières qui nous rendent plus ou moins alertes sur telle cause et pas sur une autre – et ça n’est pas grave, en soi. Ce qui se joue derrière tout ça, en réalité, c’est le refrain désespéré de la convergence des luttes que tout un tas de gauchistes entonnent pour espérer in fine faire gagner par exemple un Mélenchon aux élections présidentielles pour – je cite – faire gagner toute la gauche d’un coup d’un seul ; tant pis d’ailleurs si le plan des Insoumis ressemble à un billard à douze bandes moins fiable à mon sens qu’un programme minceur… mais bon, je trolle un p’tit peu, là. Pour en venir enfin à un segment plus personnel, j’aimerais raconter une expérience que j’ai vécue avec l’Université Populaire de Bordeaux, il y a bientôt trois ans : dans un atelier de groupe de parole animé par Franck Lepage, j’étais censé évoquer, comme tous les autres, mes origines familiales en quelques minutes, quand suite à mes hésitations un peu trop nombreuses et mon stress de m’exprimer à l’oral devant des inconnus, Franck Lepage m’a sommé de faire plus court avec une boutade formulée en ces termes : « bon, tu ne vas pas nous faire toute l’histoire de la Guerre d’Algérie non plus ! » ; boutade suivie d’une hilarité générale dans la salle, jusqu’à même qu’une des représentants phares de l’asso me ressorte en toute détente ladite boutade en pensant gagner ma complicité, ce faisant. C’est là que je me suis aperçu – contre toute attente vis-à-vis de l’image générale que je me faisais de la gauche à l’époque – que j’étais à la fois le plus jeune de la salle ce jour-là, mais aussi et surtout… le seul rebeu, ce qui ressemblait alors à une mauvaise blague à mes yeux, alors que je pensais m’être structuré contre mes origines, contre ma famille et contre ma racialité en fantasmant même d’être le plus blanc de tous les Arabes, notamment en surjouant un dialecte excessivement pompeux et précieux en face de mes parents n’ayant pas le luxe de choisir aussi méticuleusement les mots comme je m’efforce de le faire au quotidien, car relativement peu plongé dans des urgences matérielles immédiates, bien que vivant seul, j’y ai déjà été confronté par le passé, mais c’est un autre sujet. Cette boutade de Franck Lepage a mis au grand jour ce que je refusais d’entendre de la bouche de mes parents et du reste de ma famille : je suis né arabe, je mourrai arabe. Elle m’a aussi fait comprendre qu’il fallait que je me méfie des prétentions excessivement morales de blancs se disant très anti-racistes, tout comme les féministes bien avisées apprennent généralement à bien se méfier des mecs un peu trop pro-fems, notamment les hétéros. Et c’est aussi cette expérience – aussi malencontreuse qu’elle puisse paraître – qui m’a fait réaliser l’inopérance militante concrète de « l’intersectionnalité », camouflant toujours a minima de l’ignorance sur la spécificité politique et sociale d’une oppression donnée, vécue par une communauté de gens donnée, quand cela n’est pas tout simplement un blanc seing qu’un-e militant-e affiche pour se faire bien voir de ses pairs et ainsi ne pas se sentir exclu-e – à défaut de comprendre réellement ce qu’est l’exclusion sociale, par ailleurs.

      • #15750 Répondre
        Claire N
        Invité

        Tu pointes si j’ai bien compris la fabrication et le forçage au consensus lorsque certains se revendiquent d’intersectionnalite

        • #15752 Répondre
          Nox
          Invité

          Touché, comme aiment dire les amateurs du pudding et du fish’n’chips.

          • #15758 Répondre
            Malice
            Invité

            Salut Nox,
            Tu entends quoi précisément par « mecs un peu trop pro-fems? » Des hommes qui dans leur lutte aux côtés des féministes deviendraient ( consciemment ou non) condescendants envers les femmes?

            • #15774 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je crois que par des hommes « trop pro-fems », Nox désigne les hommes qui tiennent absolument à déclarer et manifester leur féminisme Ce volontarisme est suspect – et témoigne paradoxalement d’un féminisme fragile (qui sans doute se renversera en retour de baton viriliste à la moindre contrariété)
              Pardon de répondre à ta place, Nox, petit arabe pré-civilisé

              • #15785 Répondre
                Malice
                Invité

                M. Fraize dans « Problemos »?

                • #15787 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Y a de l’idée, Malice. Y a de l’idée.
                  Même si les « pro-fems » auxquels je pense (dans le monde des Inrocks, Konbini, Quotidien et autres YouTubers « déconstruits ») ne sont pas aussi attendrissants que ce pauvre bonhomme dans l’extrait que tu as posté.

                  • #15790 Répondre
                    Graindorge
                    Invité

                    Donc vous,vous êtes quoi cher Nox? Autiste-anarchiste/anarchisant chercheur? Vous cherchez quoi? Militant? Vous les critiquez. D’accord. Qui selon vous comprend l’exclusion sociale?
                    Je suis né arabe, je mourrai arabe. Vous n’êtes pas français? français d’origine arabe? Refusez de l’être?
                    Il y a peu vous viviez avec une copine. Maintenant vous vivez seul. Ça c’est rien, on se sépare vite. Mais pourquoi avoir tant de pseudos Nox? C’est nécessaire?

                    Vous tapez sur des gens. Jamais sur vous-même. On dirait que vous vous complaisez d’édito en édito à faire un peu pleurer sur votre sort. Et « un tas de » + « un tas de » ne comprend rien à l’exclusion sociale. Ni à pas grand chose. Bref, à vos yeux, on est un tas de. À part « Maître Bégaudeau. C’est vrai qu’avec ceux que vous estimez « un tas de » ou plus petit que soi, vous savez employer un autre ton. J’aime bien comprendre. Bien que dans ce cas là, je survivrai bien sans.

                    • #15794 Répondre
                      Nox
                      Invité

                      J’ai une copine. Je ne vis pas avec.
                      Pour tout le reste, je vous laisse en face de votre propre perplexité vraisemblablement un peu paniquée, en vous lisant.

                      • #15795 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Tu remarqueras qu’elle n’a pas ajouté « arabe » dans la liste, pourtant l’une des causes de plusieurs posts paniqués.

                      • #15796 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        (Ah, évidemment, je lis trop vite et rate la phrase.)

                      • #15811 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Il y avait longtemps qu’elle nous avait pas servi un petit fumet républicain. Je commençais à croire qu’elle était en train de devenir gauchiste… quelle déception.

                      • #15797 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Elle semble néanmoins bien déterminée à me faire ingurgiter ma carte d’identité nationale au fond de mon gosier.

                      • #15800 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Pas du tout du tout du tout. Malhonnêteté. Vous n’êtes pas un chercheur. Vous  » dégainez » les réponses que vous critiquez chez les autres: vite faites.
                        Ne paniquez pas. Tout va bien. Vous aimez écrire. Continuez.

                      • #15814 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        (…) le seul rebeu, ce qui ressemblait alors à une mauvaise blague à mes yeux, alors que je pensais m’être structuré contre mes origines, contre ma famille et contre ma racialité en fantasmant même d’être le plus blanc de tous les Arabes, notamment en surjouant un dialecte excessivement pompeux et précieux en face de mes parents n’ayant pas le luxe de choisir aussi méticuleusement les mots comme je m’efforce de le faire au quotidien (…)
                        .
                        Vive la gauche antiraciste.

                      • #15815 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Et à mort le mépris de classe, bien entendu.

                      • #15819 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Merci cher Demi Habile
                        Moi je suis née humaine et je mourrai humaine et ça me va très bien. Les papiers sont ce qu’ils sont: des papiers. Je n’ai pas inventé ce monde de paperasses. Où les sans papiers peuvent mourir.
                        Les seuls qui valent: ceux qui me permettent de lire et d’écrire et le P.Q
                        Point barre

                      • #15798 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Copine ou pas. J’ai bien dit que ce n’était pas important.
                        Vous êtes libre de ne répondre à rien. Ni sur le militantisme. Ni sur les chercheurs. Ni sur vos différents pseudos. Paniquée? Pourquoi? Je pose des questions. Je n’ai aucune réponse. Dont acte.il

                      • #15799 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        1. J’ai un seul pseudo.
                        2. Quand on veut vraiment des réponses à ses questions, on n’y injecte pas un soupçon de ressentiment mélangé avec un ton relevant du réquisitoire, encore moins quand on y ajoute des éléments de vie personnelle dont vous ne savez visiblement rien et qui n’ont rien à voir avec l’ensemble du propos.
                        3. Quand on est un minimum de « gauche », on se garde normalement un minimum d’expliquer à un indigène comment il devrait gérer sa perception « identitaire », si ce mot a encore du sens ; surtout si c’est pour lui resservir un refrain pseudo-républicain nous rappelant les plus beaux discours de Manuel Valls (encore lui).
                        Petit conseil de bon aloi, pour conclure : si ça vous file de l’urticaire que de me lire… passez votre chemin.
                        Bonne continuation à vous.

                      • #15802 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Je n’avais que des questions. Des interrogations. Aucune explication. Bonne continuation

                      • #15804 Répondre
                        amour
                        Invité

                        « Je n’avais que des questions. Des interrogations. Aucune explication. » Dignes d’un flic !
                        Nox, tes papiers !

                      • #15880 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Tu fais erreur avec l’histoire des pseudos, ce n’est pas son genre.

                  • #15828 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Je tente :
                    Nous étions dans une soirée en plein air
                    Avec un homme qui avait élevé seul ses filles
                    Et d’autres garçons
                    Il faisait excessivement attention à ne pas nous couper la parole et à nous regarder avec bienveillance ( ce qui en soit était cool )
                    Un moment cependant nous avons eut l’idée de faire un «  concours de corde à sauter « , ça nous avait pete au cerveau ; tout le monde s’y met, ambiance « chambrage «  de la part des mecs
                    Avant ma prestation ; le garçon en question s’approche de mon oreille et me dis «  tu vas y arriver j’ai confiance en toi «  comme si lui seul connaissais ma valeur
                    Et que les autres n’étaient que des cons
                    J’ai foiré mon set du coup; car troublée
                    Je n’avais pas regardé cette anecdote depuis ; mais quelque chose de gênant ressortait
                    Une sorte de sentiment de supériorité sur les autres garçons de par cette connivence forcée en lien avec un soit disant super pouvoir caché des filles ,que lui seul pouvait révéler

                    • #15840 Répondre
                      Graindorge
                      Invité

                      Heu…pas compi (comme dit mon neveu) chère Claire N

                    • #15845 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      Merci Claire pour l’illustration
                      ( et la scène de comédie : en te lisant j’imaginais Jonathan Cohen murmurer sa phrase de renforcement positif)

                      • #15903 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        De rien, et gros rire avec la vision que tu m’as donné

                    • #15857 Répondre
                      Graindorge
                      Invité

                      Toujours pas compi Claire N Ça doit être ça le sentiment de supériorité de ceux qui ont compi sur un. seul.e qui n’a pas compris et à qui on se garde bien de clarifier car c’est ça qui rend l’anecdote encore plus savoureuse: l’entre soi de gens subtils et intelligents Ô combien! Je mourrais sans comprendre donc. Venant de la gauche radicale et de son idée du partage, c’est savoureux aussi

                      • #15901 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Non mais n’importe quoi; du coup on dirait qu’on est des illuminaties et qu’on voudrait asservir le monde à coup d’anecdotes codée ? A 4 ? V’la le plan pourri
                        Demande toi bien qui insulte l’intelligence de qui dans cette histoire

                      • #15907 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        je n’ai pas compris l’anecdote Claire N. Je l’ai dit.
                        Tant pis pour moi donc.
                        On vient de s’en sortir d’un incendie qui était à 2 pas de la maison. Ça remet les choses à leur place.
                        La prochaîne fois, si je ne comprends pas une anecdote, je ne dirai rien. Car ce n’est VRAIMENT pas bien important.

                      • #15909 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Cela doit être effrayant
                        Courage à toi

              • #15786 Répondre
                Nox
                Invité

                Choukrane, Maître Bégaudeau.

    • #15844 Répondre
      Nox
      Invité

      Il aurait pu te faire un petit bisou « porte-bonheur » sur la joue, ce mec, vu que c’est ce qu’on attend d’une jolie femme durant une partie de bowling, typiquement.

      • #15908 Répondre
        Claire N
        Invité

        Maintenant je vois aussi Jonathan Cohen au boule ing , je suis hanté

        • #15928 Répondre
          Malice
          Invité

          • #15931 Répondre
            Nox
            Invité

            « J’ai pas raison la Miss ? » – meilleure catchphrase de drague.

            • #15933 Répondre
              Malice
              Invité

              « la miss » et  » la ptite dame »
              pour ces deux expressions je propose de rétablir la peine de mort

              • #16007 Répondre
                Claire N
                Invité

                Ce mec fait rêver, il me transporte dans le monde merveilleux de Voici, Gala et la publicité
                En plus il fait de L’ASMR

    • #15852 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      excellent anecdote comme on aime

    • #15853 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      et même excellente
      il est temps de féminiser les adjectifs

      • #15902 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci François ça m’avait mise en joie de la partager

    • #15861 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Et notre Lucky Luke qui rate la marche E et qui se rattrape au quart de tour d’une phrase pirouette, c’est régalant aussi. Elle est pas belle la vida?

    • #15947 Répondre
      Nox
      Invité

      Alerte : des gens de droite ont parlé du « réel » pour déconstruire la méritocratie dans un live Twitch en en concluant que la reproduction sociale était prépondérante en France.

    • #16035 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous. Comme à mon habitude : nouvel édito de derrière les fagots. Cette fois-ci au sujet du difficile rapport entre célébrité et art, que j’ai voulu un peu court, cette fois-ci, pour changer. Bonne lecture.

      Art et gloire

      J’ai le malheur d’avoir comme intérêt central, des pratiques artistiques ; la musique et l’écriture, principalement. Si je dis bien que j’en ai le malheur, c’est parce que mis à part pour les affamés de célébrité et qui par-là même, parviennent à devenir des stars – quoi qu’il en coûte –, artiste, c’est un projet casse-gueule, si on pose comme but dans le long terme de ne pas vivre sous le seuil de pauvreté ; et pour cause : le revenu commun des artistes est souvent celui provenant du statut d’intermittent du spectacle, obtenable via Pôle Emploi. Nous vivons en effet dans une société qui a arbitrairement décidé que faire de l’art ne valait pas salaire ; on a d’ailleurs tendance à oublier que le salaire est une invention récente et que le mode de rémunération à la tâche ou à la commande qu’y compris des grands noms de l’histoire de l’art ont eu à se coltiner par le passé… est plutôt archaïque, à ce titre – n’en déplaise aux chantres du macronisme baisant les pieds de la modernité modernement moderne à chaque occasion. Et pourtant, peu de gens comprennent le problème d’un adossage quasi-systématique de l’art à un calcul purement narcissique pouvant être résumé par « je dois devenir célèbre par tous les moyens ». On en finit même par croire que tout artiste aspire plus ou moins à son quart d’heure de gloire, faute de quoi, pourquoi s’échiner à faire de l’art ? Après tout, composer un morceau de musique, si ce n’est pas pour le faire connaître, quel intérêt ? L’art, n’est-ce pas avant tout du partage au plus grand nombre ? Les artistes n’ont-ils pas comme philosophie première, la générosité ? On pourrait le croire ; de fait, plein de gens le croient. Mais je vais casser immédiatement certains fantasmes : tout ceci n’est que supercherie ; quand j’écris, ma seule obsession, c’est d’avoir le sentiment qu’en me relisant, ce que j’écris fait sens, ni plus, ni moins ; de même : quand je suis devant un piano, ma seule obsession, c’est de jouer juste, de satisfaire le mélomane en moi de sorte à ce que je sois capable aussi bien de jouer correctement et en même temps, de m’écouter lorsque je joue. La reconnaissance, au beau milieu de tout ça, c’est une friandise, un petit chocolat qui fait plaisir – pas une fin en soi. Derrière toutes ces précisions de ma part, y a quelque chose qui m’emmerde au dernier degré : l’impératif de la célébrité en art. Alors en soi, des artistes méconnus ou morts sans grande reconnaissance de leur vivant, y en a pléthore, donc je parle bel et bien d’un impératif pécuniaire, ici. Discutant avec une jeune femme à ce sujet récemment, celle-ci ne semblait pas immédiatement comprendre l’étrangeté de la situation financière des artistes en comparaison de tout un tas de métiers rémunérés par des salaires et ne nécessitant aucune renommée, en principe ; bullshit jobs inclus, par ailleurs, vu que je vois déjà arriver l’argument classique du « on donne d’abord des salaires aux gens qui font tourner la société de manière utile », sachant qu’il est vrai que dans la nature sauvage, comme en société, lire un livre, écouter de la musique ou regarder un film n’est pas indispensable pour notre survie. Sauf qu’en fait, quand on sait qu’un nombre non-négligeable d’artistes vivent dans la précarité, ne pourrions-nous pas envisager que ça n’est pas tant au titre de leur « statut » d’artiste qu’ils devraient pouvoir subsister correctement mais d’abord parce qu’ils et elles sont victimes de cette précarité ? J’ai déjà entendu les pires arguments opposés à l’idée d’un salaire minimum pour tous, artistes compris : « y aura plein d’artistes nuls qui seront payés », « tous les artistes ne méritent pas de gagner de l’argent », « c’est normal de devoir se battre pour se faire une place, dans notre société » ; autant d’arguments qui à chaque fois, évincent le réel : tout un tas d’artistes sont pétés de thunes et sous-traitent leur travail grâce à des artistes plus précaires pas assez talentueux en marketing et en communication ; tout un tas d’artistes gagnent énormément d’argent en faisant tout sauf de l’art : poser pour L’Oréal, Dior ou Chanel, accepter des grosses interviews, participer à des émissions télé et radio régulières ou plus récemment faire moult apparitions sur les réseaux sociaux. Il me paraît donc opportun de considérer que tous les artistes ne devraient pas avoir à tout faire sauf de l’art – comme plein de comédiens et d’acteurs y sont contraints, complaisamment ou non – pour en vivre. Il existe des artistes qui mourraient volontiers dans l’anonymat le plus total si leur subsistance matérielle leur était assurée par défaut ; j’en fais un peu partie. Je dis « un peu » car étant musicien, j’ai déjà effleuré cette ambiguïté de confondre la friandise de la reconnaissance avec l’objectif central de ma pratique musicale, notamment sur le plan érotique ; ce qui m’amène au dernier point : les assoiffés de gloire dont je peux me rapprocher psychologiquement de temps en temps, perdureraient même dans un monde où la rémunération des artistes serait par défaut assurée par des rentrées d’argent plus régulières – la seule interrogation qu’il nous reste, à ce moment-là, c’est : quel est le bon calcul ? Un monde artistique rempli d’infatigables mégalomanes prêts à tout pour s’enrichir ? Ou un monde artistique avec beaucoup moins de ces gens-là et bien plus de gens humbles partageant sans prétention leurs travaux, avec l’angoisse de la subsistance matérielle basique en moins ? Les esthètes et les faux-culs ont déjà chacun leur camp. Je connais le mien.

      • #16068 Répondre
        Claire N
        Invité

        Pour moi la question est vite répondue

        • #16077 Répondre
          Nox
          Invité

          Tout à fait :

          • #16079 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Il me fait tellement rire.

            Par rapport à l’édito : même si tous les artistes sortaient de la précarité grâce à une mesure soudaine, ceux mis en avant seraient toujours les plus riches, souvent des personnes pour qui le statut d’artiste est symbolique et s’applique superficiellement à une pratique. Il y aurait, néanmoins, plus de vie.

            • #16084 Répondre
              Nox
              Invité

              Le plot twist, c’est que si on applique en principe le salaire à vie tel que pensé par Friot (auquel je fais allusion dans l’édito), c’est à tous les niveaux que l’on rebattrait les cartes. Mais pour cet édito, j’ai voulu faire simple et juste dire « j’sais pas si vous avez remarqué, mais la précarité chez les artistes, c’est pas ouf ».

      • #16105 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        Si l’artiste veut un salaire, il n’a qu’à faire comme tout le monde et vendre sa force de travail à un patron.

    • #16087 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. De retour avec un autre édito au sujet du paradoxe des études de philo que je peux résumer comme suit : il s’agit toujours en très peu de temps, de compresser et résumer la pensée de gens qui ont pris toute une vie pour le faire et ce, sans être général, sentencieux ou injuste ; j’y parle aussi de la prééminence de l’idéalisme dans le système éducatif expliquant tout ceci.
      Bonne lecture.

      Philosophie paradoxale

      Je suis étudiant en philosophie. Je pourrais dire que c’est parce que ce domaine m’intéresse tout particulièrement et que bien sûr, je passe souvent le plus clair de mon temps en ayant Leibniz, Descartes, Kant ou Hegel devant mon nez poilu sniffant l’odeur caractéristique des pages de tant et tant de livres de poche se trouvant dans ma « bibliothèque » ; sauf que je mentirais. Mon quotidien ressemble bien plus à celui d’un jeune adulte « numérisé » ayant comme seule porte de sortie face à cette guerre de l’attention que nous subissons tous en ligne, l’écriture. Quand je parviens à lire de la philosophie, je vais plutôt voir des résumés, des cours, de la vulgarisation, des explications de concepts en particulier, étant donné que je considère que s’attaquer en total amateur à un philosophe en particulier, encore plus avec ma maigre expérience de lectures philosophiques sérieuses, c’est la meilleure façon d’être à côté de la plaque, finir frustré et se poser encore et encore la même question : « mais de quoi il parle, bordel ? » ; pourtant, mes enseignants de philo semblent toujours convaincus et déterminés à défendre une lecture gourmande des grands auteurs, comme si, en référence à un édito précédent, la lecture d’un livre s’accompagnait d’une clairvoyance spontanée quant au sens propre dudit livre. Je vais reprendre Notre Joie de François Bégaudeau en exemple : tout le principe de la première partie du livre, c’est de montrer comment a priori ce « M. » qui aurait tout de quelqu’un capable de comprendre une pensée de gauche radicale en ayant ingurgité des tas de passages vidéo où son « idole » apparaît, s’avère en fait être en réalité, un type à l’autre bout de l’échiquier politique, précisément parce que les discours avec un grand D l’intéressent en soi ; le contenu des discours à ce titre, reste secondaire, aux yeux de ce gars. L’analyse fouillée de la pensée de ce bonhomme dans l’essai nous révèle qu’il a une passion pour l’idéalisme, au sens philosophique du terme. L’idéalisme, pour faire vite, est un courant de pensée qui considère en philosophie que les idées précèdent la matière et que ce sont elles qui, d’une certaine manière, font tourner le monde. Un exemple : un matérialiste bas de gamme dans mon genre pourrait s’en tenir à une description ou à une analyse de ce qu’est le capitalisme, sans déterminer si oui ou non, « l’Homme » était destiné dès le départ à l’inventer, s’il y a eu un moment zéro du capitalisme faisant que deux clampins caucasiens sur une île déserte, ont rencontré des indigènes primitifs, puis se sont regardés tous les deux dans le blanc des yeux, l’un indiquant à l’autre : « et si on les exploitait ? » ; une analyse matérialiste essaierait plutôt de mettre en lumière les progrès techniques divers et variés, le recul progressif de la féodalité, la concentration des richesses entre les mains de quelques marchands à travers le monde, la colonisation – originellement missionnée par la royauté, dans la plupart des cas –, ainsi que tout ce qui économiquement et socialement, a favorisé l’émergence du capitalisme dans l’Histoire ; ce qui me permet aussi de rappeler que dans cette logique, c’est bel et bien le prisme idéaliste qui pose un jugement, dans la mesure où il infère aux êtres humains, tout un tas de prédispositions bonnes ou mauvaises, censées expliquer de manière universelle tel ou tel contexte social donné. Ce qui m’amène maintenant à parler de mon rapport concret avec mes études de philo : pas ouf, au bas mot. Pour aller plus loin et éclairer le titre de ce nouvel édito, il y a une injonction paradoxale à laquelle les étudiants de philosophie sont tenus d’obéir, durant les épreuves de commentaire de texte, comme celles de dissertation : résumer en moins de quatre heures, des sujets que les philosophes que nous étudions ont eu parfois toute leur vie à penser, défricher, analyser, sans même nécessairement parvenir à chaque fois à en tirer des éléments de compréhension clairs et définitifs, le tout en en appelant à l’humilité de l’étudiant à « ne pas être sentencieux, général, vague ou solennel dans ses arguments », ce qui revient en fait à demander à une machine informatique sans la moindre émotion de remplir une tâche bien précise… sauf qu’ici, c’est bel et bien à un être humain que l’on s’adresse ; être humain qui n’arrive pas indemne en face d’une copie d’examen de philo, selon la qualité de son assiduité, ses difficultés personnelles quotidiennes, l’intelligibilité éventuelle de son expression orale, comme écrite et en dernière instance, sa maîtrise concrète du sujet de l’examen. Ces derniers temps, on voit de plus en plus des enseignants de fac désespérer de la généralisation de l’outil informatique ChatGPT dont tout un tas de copies évaluées semblent s’être servi, souvent grossièrement, c’est-à-dire sans travail de relecture de la part de l’étudiant ; ces mêmes enseignants m’ayant à plusieurs reprises assuré par ailleurs que « les notes, on s’en fiche, en vrai », ont l’air néanmoins dépassés et excédés face à des étudiants qui leur révèlent de plus en plus clairement que leurs études ne représentent pas l’ensemble de leur quotidien immédiat et ce, y compris après deux confinements ayant fermé temporairement les facs et ayant, par-là même, précarisé des centaines de milliers d’étudiant-e-s, contraint-e-s de faire la queue devant les banques alimentaires. Mais bon, ça, à la limite, on n’a pas attendu toutes ces choses pour réaliser qu’il y avait un décalage immense entre les attentes des enseignants dans l’ensemble du système éducatif et le quotidien immédiat des élèves, parsemé d’inégalités sociales en tout genre ; loin de moi d’ailleurs l’idée d’opposer bêtement enseignants et élèves dans cette histoire – les premiers qui ont ma compassion, en tant qu’ancien aspirant à l’enseignement, ce sont bien les profs, avec lesquels j’ai toujours eu une relation privilégiée ; surtout les profs de philo se disant – de près ou de loin – de gauche et qui, matériellement et fatalement, finissent par contredire les valeurs et les principes auxquels ils et elles croient profondément dans le simple exercice vertical et pourvoyeur d’inégalités que contient leur métier. Revenons-en aux notes : un-e prof peut me dire toute la journée qu’il ou elle s’en fiche éperdument et que « ça n’est pas le plus important pour les études », dans l’immédiat, son corps et son esprit auront déjà passé des heures et des heures à lire, relire, souligner, barrer, entourer, déchiffrer et enfin délivrer une note à des centaines et des centaines de copies. On a donc affaire là à un discours dissociatif – au sens direct du terme –, c’est-à-dire à un discours qui annule le rapport causal entre un fait particulier et la chaîne causale qui a permis son émergence ; en d’autres termes : quand un-e prof me dit « les notes, on s’en fout », c’est en s’adressant à ma pauvre personne anxieuse à ce sujet qu’il ou elle le fait, pas en faisant preuve d’un minimum d’introspection pour se demander si vraiment au fond, les notes, « on s’en fout ». Et ça, ça n’est que la partie immergée de l’iceberg ; les profs sont régulièrement confrontés à un incalculable nombre d’injonctions paradoxales minant et agressant leur santé physique, comme mentale – la première étant de parvenir à faire croire à des jeunes qu’ils ont le cul collé sur une chaise en cours « pour leur avenir », liquidant de fait toutes les réalités socio-économiques rendant de plus en plus difficile non seulement la possibilité d’accéder au métier de ses rêves, mais d’en plus pouvoir l’exercer en s’y épanouissant, dans un marché de l’emploi qui, à l’instar d’une méthodologie de dissertation, traite les sujets sociaux comme des machines à rentabilité variable et sanctionnables à ce titre selon l’appréciation avérée ou non de cette même rentabilité ; c’est ma jolie manière de dire que les profs sont dans l’obligation de mentir à leurs élèves, et donc de se mentir à eux-mêmes. Pour boucler la boucle, il est finalement facile de comprendre pourquoi les études universitaires, comme le système scolaire dans sa globalité, ne tiennent que sous le joug d’un idéalisme, au sens philosophique, comme courant qui dans les deux cas, exonère de rendre des comptes au réel social concret : ça n’est qu’ainsi et seulement ainsi, que les pires saloperies en tout genre peuvent être défendues et maintenues.

      • #16090 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Cher Nox :
        Je me dois de te devoir des excuses. Mes plus plates excuses. Rien ne t’oblige à les accepter. Tout m’oblige à les faire. En mon âme et conscience. J’ai été profondément injuste envers toi. Et je ne peux pas hurler contre les injustices et être injuste moi-même. Je ne sais pas pourquoi Dieu m’a donné ce caractère de cochon. Hallal. Une teigne parfois. C’est du travail tes éditos. Et tu les partages généreusement. Je n’ai pas ton niveau. Je me suis arrêtée en 1ère année de Lettres Modernes. Pourquoi les excuses sont-elles plates ?
        Tu es une personne foncièrement gentille et courageuse. C’est mon avis. Je n’oublie pas par exemple ta volonté de partager le film Désordre. Ça n’a pas pu se faire mais tu as essayé. Tu fais ce que tu peux dans un monde que tu n’as pas créé. Moi non plus. Et moi aussi je fais ce que je peux. Un jour ma meilleure amie m’a dit Tu peux peu… Je suis restée la bouche ouverte. Punaise. J’étais pas d’accord. Elle me provoquait là. Effectivement. Mais c’était pour me dire tu peux plusss.
        Tu vois, cher Nox, je regrette ma méchanceté envers toi. Et je suis très contente de pouvoir te le dire. Persévère dans l’écriture et la musique. De toi, je mettrais un nº aux éditos. C’est juste une idée. C’est chouette la philosophie. Est-ce qu’on étudie les philosophes du monde entier ou juste les occidentaux ? L’étude de la sagesse c’est l’étude de l’Amour, non ?
        J’ai du boulot…🙄
        Voilà.

        • #16092 Répondre
          Nox
          Invité

          J’accepte tes excuses, que mon optimisme insoupçonné m’invite à prendre comme sincères.

          • #16096 Répondre
            Graindorge
            Invité

            sincères. Promis. juré. craché
            « mon optimisme insoupçonné » 😂

      • #16109 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Nox ; même si pas merci pour l’angoisse
        Que ça m’a procuré : ce vieux rêve ou j’arrive aux examens et ou il faut être évalué dans un langage qu’on comprend pas alors que tout à l’air normal en dehors du bâtiment

    • #16088 Répondre
      Sarah G
      Invité

      J’aime beaucoup lire tes éditos Nox.
      Merci

    • #16097 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Hé le GrainDorge fermenté t’as dis bien pire sur moi, j’ai pas eu d’excuses hin.
      C’est parceque je suis Blanc c’est ça ??!! 😁
      __
      Les rédac d’ado de 16 piges de Nox en DM à la maitresse : « Une merveille » selon libé, « Fantastique » selon les inrocks. Nox in deserto
      __
      Vous nous gonfler avec votre « M » là, Ah bha le gars c’est M le Maudit quoi, c’est the Mask.
      Le mec il a offert une bière, le gars il est cité à toutes les sauces. Ca lui apprendra.
      __
      Sinon y’a 1/4 de la pop qu’est facho, c’est parce qu’on est envahi, tout simplement, y’a pas vraiment besoin de livre pour comprendre.
      Elle va être belle la révolution coco avec ces zozo. Vous m’excuserez, j’ai piscine, j’aurais adoré.

      • #16100 Répondre
        Nox
        Invité

        En temps normal, je ne t’aurais pas répondu…. mais je dois bien avouer que j’aime ton humour et ta façon de t’exprimer. Comme quoi, l’humour de droite, ça a son charme.

        • #16101 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          T’écris pas mal. J’dois aussi être honnête. Et en plus j’ai lu pour de vrai

      • #16102 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        T’es tout excusé Ludo, faut pas t’en faire.

      • #16103 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Hé le GrainDorge fermenté t’as dis bien pire sur moi, j’ai pas eu d’excuses hin.
        C’est parceque je suis Blanc c’est ça ??!! 😁
        __
        c·est parceque tu es rose et que tu as de grands pieds

        • #16104 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          C’est ok, j’aime pas les excuses. J’avais éclaté de rire et t’as un pur talent littéraire.
          J’me rappelle de : « Kant qui repose à jamais sur le secrétaire. Trop de repos nuit gravement…Alors à jamais ça fait beaucoup beaucoup »
          _
          Et Bonne soirée à Demi Habile.

          • #16107 Répondre
            Graindorge
            Invité

            allez Ludovic, je suis en prière collective depuis 23h pour demander la pluie afin de palier les carences de ce gouvernement cynique qui nous raconte des salades niçoises et russes et… tu sais quoi?— tu vas pas me croire mais vrai de vrai…IL PLEUT!!!! IL PLEUT!!! IL PLEUT!!! Je sais pas si ça sera suffisant pour 5000 hectares d’incendie. Je verrai ça tout-à-l’heure. Car cette nuit, je veille. Je te fais la bise. Mais ne va pas t’habituer, hein? et ne le dis à personne! C’est juste ma Joie qui déborde…sur le 1er venu

            • #16112 Répondre
              Ludovic Bourgeois
              Invité

              On croise les doigts mon Canari.
              On se ré-insulte dès la prochaine, j’serais un peu perturbé sinon.

              • #16138 Répondre
                Graindorge
                Invité

                Je ne suis pas votre canari ni le canari de personne!
                Et les insultes ne sont pas ma tasse de thé

                • #16139 Répondre
                  Ludovic Bourgeois
                  Invité

                  Oue-oue j’comprends.
                  Là j’suis en train de regardé la prison d’Alcatraz contre Novax Nocovid.
                  Ha bha là mon pote ça joue hin.
                  Le petit canari jaune y vole dans tous les sens.

    • #16148 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous. Je reviens avec un édito un peu ironique que je suis obligé de partager via Google Drive, puisque je n’arrive pas à copier-coller sur le forum. Bonne lecture !
      https://shorturl.at/pru47

      • #16150 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Oui grâce au greenwashing, nous sommes sauvés, la planète est sauvée, alléluia !!!! (Ironie)
        Grâce aux numéros verts du gouvernement, la canicule est terrassée, nous sommes sauvés et la planète aussi, alléluia !!!!
        Merci pour ce nouvel édito, Nox, un édito ironique mais très juste.

      • #16161 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Bon travail Nox! Pas tout clair pour moi! Mais oui osons nommer le capitalisme capitalisme

    • #16149 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Cela date de quelques années mais toujours d’actualité.

      • #16152 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Toujours d’actualité oui Alain Comme la pétition de 2016 réactualisée pour exiger pluss de moyens pour éteindre des incendies.
        Je crois que agir ce n’est pas ça OU ça OU ça. C’est ça ET ça ET ça. Relis le texte de Mandela, il date mais il est toujours d’actualité. Il y a un gars, un vrai révolutionnaire qui a dit des trucs pas mal y’a plus de 2000 ans ça date aussi de quelques années mais c’est toujours d’actualité. Ça fait longtemps que le film a commencé et que ACTION! a été crié. Nous en sommes les acteurs. On agit, on peut agir sur tous les fronts.

        • #16156 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Cette vidéo ne stigmatise pas tel ou tel mode d’action. Elle dit simplement que le capitalisme et ses pseudos adversaires veulent nous faire croire que la solution serait individuelle. Je ne sais pourquoi tu me parles de la pétition (que j’ai signé, cela ne mange pas de pain même si cela n’aura aucune conséquence sur ma conscience et donc mon sommeil, j’arrive à dormir sans signer tout un tas de pétitions plus justifiées les unes que les autres). C’est à dire que je pense plutôt que pour mettre à bas ce système mortifère (et la vidéo ne dit pas autre chose) des pétitions ne suffiront pas.

          • #16159 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Oui Alain. Des pétitions ne suffiront pas. Ce système capitaliste mortifere est puissant. Mais est- ce un géant aux pieds d’argile? Alors cassons lui les pieds!

      • #16164 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        C’est une excellente vidéo de propagande. Même si ce n’est qu’une vidéo qui sera probablement visionnée entre un clip de Sardou et une sélection des cinquante meilleur coups francs de la décennie.
        Elle doit pouvoir troubler un instant un bourgeois qui excelle dans la gestion éco vertueuse de son foyer et qui le dit; elle doit pouvoir rendre sensible à ses enfants l’idée de structure.

        • #16173 Répondre
          GaelleS
          Invité

          Potentiel trouble qui sera certainement dissous lorsque le bourgeois ou sa lignée arriveront à la minute où il est dit qu’une des actions importantes sera de se priver d’électricité ; où on peut être quasi certain que la référence de qui on sait aux Amishes fera mouche et on en restera là.

    • #16231 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous. Petit édito au tour des antiseptiques.

      Antiseptique

      Je l’ai déjà dit dans d’autres éditos mais je suis d’origine algérienne ; je possède même la double nationalité, à ce titre. Mes deux parents sont donc – sans surprise – plutôt musulmans, contrairement à la masse franchouillarde et athée qui compose en grande partie l’Hexagone, de nos jours. Si je n’ai pas réellement expérimenté du racisme en tant que tel dans ma courte existence – notamment parce que j’étais trop occupé moi-même à faire le bon Arabe à l’école en frissonnant de dégoût en face des wesh-wesh en classe –, un truc me frappe désormais de manière assez fulgurante : la République Française, telle que portée par l’Éducation Nationale, ne m’a semblé faire aucun cas de l’islamophobie dans ses programmes et intitulés, tout au long de ma scolarité ; j’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de raconter le pauvre sort dédié aux questions décoloniales à l’école – à peu près nul, pour ceux qui ne seraient toujours pas au courant. Récemment sur Truiteure (hors de question pour moi d’appeler ce réseau du Sheitan « X »), un tweet de Médine a fait couler beaucoup d’encre et a poussé le parti Europe-Écologie Les Verts ayant prévu d’inviter le rappeur à ses universités d’été à faire bloc contre le fameux tweet en question se moquant de Rachel Khan et de sa carrière avortée dans le monde du hip-hop avec un terrible jeu de mots : « ResKHANpé » ; s’en est suivi un front spectaculaire contre le rappeur, à commencer par celui des Verts avec en tête de ligne, des accusations d’antisémitisme de la part de Marine Tondelier et de Sandrine Rousseau ; la première ayant tenu un ton particulièrement inquisiteur et paternaliste vis-à-vis de Médine sur France Inter, ayant bon espoir que le « 24 août, des choses seront mises au clair », comme s’il s’agissait là d’un procès à venir. Dans tout ce beau bordel, personne ne s’est demandé si vraiment, Médine était au courant des origines juives de Rachel Khan que cette dernière ne semble pas revendiquer tous les quatre matins ou autour du rapport direct avec la scène hip-hop que Médine a – pour faire dans l’euphémisme – un peu mieux l’air de connaître que tous ses détracteurs. Personne, non plus, ne s’est demandé à quel point il était étrange que l’on soupçonne très facilement un rappeur rebeu d’antisémitisme sur la base d’un tweet pris isolément et non pas en pesant de tels soupçons en prenant l’ensemble du personnage et son évolution au fil des années ; non, un seul tweet non-antisémite vous manque et tout est dépeuplé – surtout si vous êtes arabe. Et personne ne soulèvera le vrai débat certes houleux mais qui serait salutaire pour la cause anti-raciste – la vraie, c’est-à-dire décoloniale : l’antisémitisme est-il encore un problème impérieux et urgent à traiter en France, en 2023 ? Et quid de la négligence constante – voire de l’offensive antagonique – de la lutte contre l’islamophobie, créant dans l’esprit de tout un tas de musulman-e-s, une idée insupportable mais malheureusement plausible : celle de l’antisémitisme comme étant un racisme de privilégiés, dans l’échelle sociale. Toute mon adolescence, mes profs successifs d’histoire-géo n’ont jamais manqué de nous rappeler, à moi et mes camarades de classe, à quel point le nazisme et le pétainisme avaient été d’innommables horreurs pour la communauté juive dont on rappelle régulièrement le chiffre de six millions d’entre eux exterminés à Auschwitz et Dachau, il y a plus de quatre-vingt ans déjà. Donc, lorsque Marine Tondelier raconte sur Inter qu’il y a un recul autour de la Mémoire de la Shoah en France, de quoi parle-t-elle exactement au juste ? De la montée de l’extrême-droite dans toute l’Europe occidentale ? Celle-là même qu’un certain Manuel Valls, grand ami du Printemps Républicain avec lequel chemine très amicalement Rachel Khan, a adoubé en Catalogne pendant sa courte escapade électorale là-bas ? Cette même extrême-droite que tout un tas de sociaux-libéraux estiment désormais moins dangereuse qu’un certain Jean-Luc Mélenchon, en cas de second tour des Présidentielles ? Cette même extrême-droite qui passe de plus en plus comme respectable et rentrant chaque jour davantage à l’intérieur du fameux arc républicain dont la France Insoumise semble désormais exclue sine die ? Cette même extrême-droite dont des mots comme décivilisation, ensauvagement ou communautarisme sont constamment employés dans les bouches de la majorité à travers ses députés, sénateurs, ministres et enfin notre Chef Suprême, le grand Jupiter Ier ? Cette même extrême-droite qui occupe actuellement quatre-vingt huit sièges à l’Assemblée Nationale et se trouve désormais à la Vice-Présidence de ladite Assemblée ? Cette même extrême-droite qui – au final – participe continuellement et sans relâche à empêcher Médine de se produire sur scène avec pléthore de menaces de mort en bonus ? Je n’ai pas l’habitude de m’exprimer directement en de tels termes, mais je le dis : ça me dégoûte, toutes ces conneries ; l’expression de gauche blanche employée régulièrement par Houria Bouteldja n’a jamais été autant d’actualité – et c’est cette gauche blanche qui à l’heure actuelle, sert les plats à l’extrême-droite en se joignant à la meute raciste et belliqueuse contre Médine ; mais c’est pas grave, ça n’est qu’un Arabe, après tout.

    • #16284 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! J’enchaîne un peu les éditos en ce moment mais avec la canicule, je suis bloqué dans mon appart CROUS qui est une belle passoire thermique. Vive les ventilos.
      Je reviens donc aujourd’hui pour expliciter les accords et les désaccords que j’ai avec la pensée décoloniale – notamment son rapport avec le mot « gauche ». J’espère que ça vous plaira.

      Déconnade décoloniale

      Ces derniers temps, je convoque de plus en plus un vocabulaire décolonial dans mes textes et je suis par moments le premier à en être surpris, étant donné mon parcours personnel de « bon Arabe », jusque-là, surtout pendant toute ma scolarité. Je trouve qu’il y a dans le lexique décolonial une puissance évocatrice indéniable en ce que les mots qu’il convoque interrogent, surprennent, voire choquent, carrément ; notamment l’utilisation de mots comme Blanc, Arabe ou racisé pour évoquer l’ensemble des rapports des Français issus de l’immigration dont je fais partie, mes parents algériens étant arrivés en France en 1992. Si les mots cités avant choquent tellement, c’est parce qu’ils réactivent un imaginaire trusté en temps normal par l’extrême-droite en France : l’imaginaire racial. En République Française, nous ne sommes en aucun cas censés parler de race ou user de tout signifiant s’en approchant. La raison ? Les pires heures de notre Histoire, tout simplement. On pourrait s’amuser du fait que laisser tout le champ libre des questions ethniques ou raciales à l’extrême-droite en lui opposant une figurine républicaine en toc ne l’a non seulement pas affaiblie du tout mais à même participé à sa consolidation dans le paysage politique que nous connaissons actuellement, dans la mesure où à l’heure des grandes austérités économiques causées par un capitalisme libéral-autoritaire en Occident, la bourgeoisie macronienne souhaite, afin de détourner l’attention, mettre en lumière des boucs émissaires dont – entre autres – les musulmans font partie, en France ; le traitement familialo-centrique des récentes émeutes de la part de la Macronie le montre assez bien : la République s’est montrée humaine, pleine de bonne volonté et ouverte au dialogue, donc c’est maintenant aux habitant-e-s des banlieues de faire des efforts pour « s’intégrer », avec ou sans paupérisation ; le « camp républicain » n’a jamais été aussi réactionnaire, à ce titre – d’où une certaine fatigue de ma part lorsque les Insoumis jouent encore et toujours au jeu de qui est vraiment le plus républicain ? avec leurs opposants politiques ; républicain est un mot creux, donc empoisonné, quoi qu’il arrive. Néanmoins, il est vrai qu’il faudrait rappeler que l’assimilationnisme social et incidemment républicain d’un certain Jean Jaurès prônait avant tout l’accueil digne et fraternel des travailleurs immigrés qui – n’en déplaise aux réacs – était contesté par la droite de l’époque même quand cette immigration était hispanique ou ritale. Les notions d’intégration et d’assimilation ont donc bel et bien évolué dans leurs usages – tout comme le front républicain qui jadis, faisait barrage au « F-Haine », au moment d’un certain 21 avril. Évidemment, il serait malhonnête pour moi de faire l’impasse sur la question du salafisme qui déchaîne les passions en France et qui prend en otage – si j’ose dire – toute personne qui voudrait simplement parler du quotidien des musulmans en France et évoquer a minima la sensation d’un certain nombre d’entre eux de ne pas se sentir Français avant toute chose ; ça tombe bien : la pensée décoloniale nous invite à regarder cette question en face, une bonne fois pour toutes, notamment à travers le problème de l’impérialisme qu’une partie non-négligeable de la gauche – parmi les formations politiques parlementaires – semble trouver secondaire ou pas assez urgent ; cette gauche souffre souvent du qualificatif blanche en ce qu’elle montre de grosses lacunes sur les questions spécifiquement liées aux minorités ethniques, pour utiliser une expression moins polémique. Cependant, aussi intéressant et pertinent que le prisme décolonial puisse paraître à mes yeux, j’ai deux grandes réticences à son sujet. La première, c’est l’hostilité profonde à la catégorie « gauche » dont j’estime faire partie, pour des raisons que je comprends, mais qui égare les décoloniaux dans mon second point : la nature de l’émancipation envisagée pour les pays du Sud par les décoloniaux ; autrement dit : « qu’ils se déterminent eux-mêmes ! » – tout comme pour le Frexit, toutes les libérations nationales envisageables ne se valent pas ; à ce titre, renoncer à un imaginaire matérialiste dans l’articulation même des luttes décoloniales, c’est toucher à la limite de la catégorisation raciale : dans toutes les parties de l’humanité, il y a des corps et des esprits plus portés par la conservation et le repli que par l’autonomie et l’émancipation individuelle. C’est pour ça que le clivage gauche-droite reste pertinent dans toute discussion politique ; sinon, on oublie qu’en Afrique et en Asie, la division du travail et l’exploitation qu’elle engendre est organisée par des Africains et des Asiatiques sur d’autres Africains et Asiatiques – ou en version banalement marxiste : par des Africains et des Asiatiques bourgeois sur des Africains et des Asiatiques prolétaires. Il en va de même pour la spiritualité, désignée censément comme moteur d’émancipation décoloniale : les religions sont tout autant capables de fédérer du grand nombre autour d’une certaine fraternité que dans la quête implacable de l’anéantissement du mécréant ; voilà à quoi sert le clivage gauche-droite : à déterminer où se trouve la réaction et où se trouve l’émancipation.

      • #16347 Répondre
        thierry
        Invité

        Merci Nox de partager tes textes. Au vu des questions que tu te poses, et si ça n’est pas déjà fait, tu peux lire Fanon. Peau noire, masques blancs. Il psychiatrise le racisme. « Celui qui hait le noir à la même maladie que celui aime le noir. »

        • #16350 Répondre
          Nox
          Invité

          Merci beaucoup pour la recommandation ! Je note !

    • #16345 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir ou bonjour à tous les sitistes. Je reviens une fois de plus avec un nouvel édito sur un marronnier dont les journalistes de plateau et les politiques raffolent : la « baisse » du niveau scolaire et la dégringolade civilisationnelle qui va s’ensuivre si on ne fait rien pour l’endiguer. Bonne lecture.

      Le niveau bais(s)e

      « Le niveau baisse »… On sait tous duquel on parle, avec cette entrée en matière : du niveau scolaire, bien entendu. Année après année, des études statistiques à ce sujet sont publiées, commentées, re-commentées, pour ré-insister sur le même constat alarmant : « le niveau baisse ». Moult éditorialistes et autres journalistes de plateau convoquent encore et encore les mêmes motifs : les rézo socio, les jeux vidéo, le manque d’autorité, la mauvaise éducation de la jeunesse ou même, la ghettoïsation de « certains quartiers », menant bien sûr au crime organisé. Parmi les références statistiques nous servant de point de repère pour un tel sujet, le célèbre classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves ou plus simplement PISA, est très régulièrement cité dans les médias. Celui-ci mesure via un système de points le niveau général de tous les pays appartenant à l’OCDE qui est un gros un club de joyeux capitalistes prétendument démocrates et qui défendent donc un capitalisme démocratique comme en Chine, notamment. Si le classement PISA est aussi populaire dans les médias, c’est parce qu’il rejoue une scène dont les chaînes de télé sportives raffolent : celle des championnats mondiaux ; il ne s’agit pas tant de comprendre la véritable nature des résultats du classement PISA, mais plutôt de faire des comparaisons sportives entre les différents pays et des commentaires de journalistes de Téléfoot plus ou moins pertinents du style « franchement la Chine, ça se voit qu’ils en veulent ! Alors que nous en France, on est des gros branleurs ! Les Asiats vont nous niquer, t’t façon, c’est sûr ! » ou alors « va falloir qu’on se reprenne sérieusement pour les prochaines années, parce que sinon, on sera la risée de toute la Terre entière ! ». À cet égard, la scène sociale de l’école est annihilée, purement et simplement ; vous n’entendrez jamais sur les plateaux télé ou radio les grands éditocrates qui adorent pester contre l’école en France parler des conditions de travail des enseignant-e-s au quotidien, de ce qui se passe concrètement dans une école de nos jours, du véritable envers du décor des programmes scolaires et de pourquoi tel ou tel sujet s’y trouve et pas un autre ou encore du rapport de force fondamentalement inégalitaire entre le corps enseignant et les rectorats – le plateau télé ou radio étant, comme dirait l’autre, un non-lieu au sens strict du terme, c’est-à-dire un lieu où la question sociale finit évincée parce que n’y mettant en lumière aucune situation sociale particulière ; c’est pour ça d’ailleurs que la scène caractéristique à la radio ou à la télé de l’auditeur passant un coup de téléphone pour interpeller une personnalité politique est souvent inopérante : face à un témoignage individuel ou un point de vue personnel, la personnalité politique en question peut toujours se prévaloir d’un recul que son expertise experte lui confère automatiquement, et donc envoyer paître le pauvre auditeur qui a eu le malheur de croire que son vécu pouvait faire office de solide contre-argument face à un homme ou une femme politique arqueboutée sur ses positions. Il en va de même pour la fameuse baisse du niveau scolaire : il n’est pas tant question de réellement savoir s’il a vraiment baissé ou non et si oui, pour quelles raisons – le sujet en lui-même étant suffisamment polémique en soi, on peut en extraire des heures et heures de contenu audiovisuel pour le plus grand bonheur des milliardaires capitalisant continuellement sur les nombreux médias qu’ils possèdent, en France. Tout ça me rappelle le fameux pamphlet d’un certain Jean-Paul Brighelli dénommé La fabrique des crétins et attaquant férocement l’école française en se basant à la fois sur la longue carrière dans l’enseignement de l’auteur et sur des chiffres savamment sélectionnés censés nous faire comprendre que nos écoles ne fabriquent plus des citoyens, mais des consommateurs serviles et stupides que le Grand Capital se chargera ensuite de manipuler et de pervertir toujours plus davantage, en nous condamnant à « l’effondrement » ; la messe est dite : tout ce qui déconne dans notre société ne provient pas de causes multi-factorielles et par conséquent complexes mais provient bel et bien de cette satanée fabrique de crétins qu’est devenue notre défunte École de la République. Bon. Comme d’habitude, je vais directement ouvrir ma gueule et donner clairement mon point de vue sur tout ce merdier : je me fous de tout ça. Mieux : je sais que la qualité de mon expression générale ne vient pas de l’école mais d’un intérêt sincère et authentique pour la langue en règle générale et surtout d’une ancienne angoisse d’être constamment incompris de mes pairs. C’est une « compétence » que j’ai, voilà tout ; d’autres gens savent réparer de la tuyauterie, faire de succulentes pâtisseries, fabriquer des meubles, réparer des voitures, réaccorder des instruments de musique, exceller dans un sport en particulier ou transporter des charges lourdes. Or, il se trouve que moi, je ne sais rien faire de tout ça ; j’ai deux mains gauches, je panique facilement au moindre imprévu, des pensées angoissantes me viennent y compris lorsque je fais du piano ou que je marche tranquillement ici ou là et faire les courses, comme aller à la laverie, est parfois une lutte physique vénère à laquelle je suis régulièrement confronté – je pourrais aussi rappeler que neuf ans après avoir décroché le bac, je ne suis passé en deuxième année de fac que cette année, parce que justement paralysé par l’angoisse. Sauf que voilà : dans une conversation banale du quotidien, entre moi qui possède une expression orale et écrite soignée et ma petite copine qui est dysorthographique et dyslexique, je vais immédiatement passer pour celui qui est le plus intéressant et le plus intelligent, tandis que ma copine a une culture de l’histoire antique et de l’histoire de l’art que je ne posséderai jamais et qu’elle sait manier une tablette numérique pour y faire de beaux dessins, alors que moi et la perspective, ça a toujours fait douze mille. Et j’ose croire que tout un tas de gens que l’on peut trouver peu fins ou pas assez raffinés intellectuellement ont des aptitudes particulières que d’autres gens rêveraient d’avoir. Il s’ensuit donc qu’en réalité, à travers ce marronnier du niveau scolaire qui baisse, nous avons affaire à un patriotisme mélancolique (pléonasme ?) regrettant une École de la Troisième République qui savait discipliner et faire correctement écrire des tas de gamins pour mieux les envoyer finir en viande hachée pas très halal dans les tranchées de Verdun, par la suite – ou en d’autres termes, une époque où être Français, ça avait de la gueule. En espérant que ces patriotes mélancoliques auront un jour du temps pour s’intéresser au réel social de l’école et de tout le mal structurel qu’elle fait aux élèves, comme aux enseignants ; c’est tout ce que je peux leur souhaiter, en tout cas. En attendant, je leur ferai remarquer que si les belles sensations footballistiques leur manquent tant, la Champions League existe toujours. J’essaierai de passer le message à Pascal Praud et Éric Zemmour, eux qui traitent le signifiant « France » aussi sérieusement que des commentateurs sportifs en plein émoi devant une tonitruante défaite de Coupe du Monde.

      • #16352 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Merci Nox. Clair. J’ai tout compris.
        Mais dis, tu as 2 mains gauches…radicales?
        Blague de C.E 2
        Tu pourrais essayer de faire du pain ou un gâteau ou faire un origami ou n’importe quoi de manuel pour l’équilibre? Ou danser? Tu as aussi 2 pieds gauches? La salsa par exemple? Le tango? Un truc qui se danse à 2
        Écrire c’est aussi manuel mais pas suffisant pour développer l’équilibre. Dessiner? Peindre? Ou juste la suggestion du début faire un pain ou un gâteau tout simple comme le gâteau au yaourt. Si t’as pas de four, tu pourrais peut-être le faire chez tes parents ou chez des amis? En plus je suis sûre que ce serait une réussite. Moi j’y mets des morceaux de pomme épluchée Golden et au lieu de sucre du fructose mais te complique pas.

        • #16355 Répondre
          Aquaporine
          Invité

          T’es au courant que si tu n’as rien à dire tu peux toujours la fermer ?

          • #16356 Répondre
            Graindorge
            Invité

            J’allais vous le dire monsieur ou madame. Si vous n’avez rien à dire, il vaut mieux vous taire

      • #16361 Répondre
        Claire N
        Invité

        «  le niveau baisse «  cette petite phrase me rappelle oh combien un calcul «  extractioniste « 

        • #16362 Répondre
          Claire N
          Invité

          Une autre partie de mon cerveau me rappelle d’ailleurs le précepte meritocrate résumé comme suit : »pas de bras , pas de chocolat « 

      • #16400 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        tribune nickel

    • #16530 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour, bonsoir, bonjoir à tous. Je reviens avec un édito plus léger sur la musique punk et ma défense du pop-punk comme une musique tout à fait appréciable et entraînante. Rock on, comme on dit en javanais.

      Planque à punks

      Grâce à la transcendance du téléchargement en ligne parfaitement légal, je me suis récemment procuré la quasi-totalité de la discographie de Green Day, curieux de mieux connaître leur musique dont j’avais déjà des impressions plutôt positives, jusque-là. Je dois dire que j’ai été plutôt surpris par la variété musicale du groupe et sa capacité à composer des morceaux punkément punk, mais aussi des morceaux plus calmes, plus doux, loin de la grogne adolescente à laquelle le punk rock est souvent associé, notamment par ses détracteurs ; de nos jours, le punk rock ne semble plus être l’offensive contre-culturelle qu’il incarnait entre les années 70 et 80, avant que – ô rage, ô désespoir – les années 90 voient de plus en plus de groupes punk comme Green Day entrer dans la scène mainstream en signant en ce qui les concerne dès 1994 l’album Dookie chez Reprise Records, actuellement détenu par Warner – autrement dit, en signant chez les majors, rompant avec cette tradition informelle de l’auto-production de A à Z revendiquée par les puristes de la scène punk. Beaucoup de moqueries et d’attaques ont été déversées sur tous les groupes des années 90 qui tutoyaient la musique punk de près ou de loin et qui dans le même temps, étaient diffusés à la radio et promus par ces mêmes majors incriminés dès les origines de la musique punk. En tant que zicos, j’aimerais répondre aux esprits chagrins qui déplorent ce pacte avec le Diable que l’on a présenté comme tel de la musique punk avec la musique pop, créant ainsi un joli mot-valise : pop-punk ; il faut comprendre dans sa musicalité et ses caractéristiques propres la musique punk pour voir que non seulement elle avait tout pour plaire au plus grand nombre dès ses débuts et que d’une certaine manière, il n’y a eu aucune trahison à proprement parler entre le passage du punk rock indé au pop-punk, si on s’en tient à l’aspect musical. C’est le moment donc où je vais donner un p’tit cours de musique pour expliciter ma pensée, en essayant de rendre le tout accessible et compréhensible. Je vais prendre l’exemple de la musique pop pour ma démonstration ; pour décortiquer une chanson en règle générale, on convoque plusieurs éléments : la tonalité du morceau (la note fondamentale sur laquelle se base le morceau), le mode de cette tonalité (majeur ou mineur) et enfin, une suite d’accords dessinant la structure générale du morceau, variant en général entre les couplets et les refrains. Une des particularités de la musique punk, c’est sa manière de renverser les structures communes des chansons pop en basant par exemple la majorité de la composition sur un thème marquant faisant office de refrain pour tout le morceau ; le titre Basket Case de Green Day (encore eux) est un bon exemple : le thème principal est introduit à la première seconde du morceau d’abord sur un simple riff de guitare, puis le reste du groupe s’incruste dans le morceau pour rejouer le refrain de manière plus dynamique, ceci permettant de marquer une différence progressive dans le morceau sans pour autant recomposer la structure harmonique de ce dernier – une méthode plutôt astucieuse, donc. Concernant la suite d’accords, je vais être obligé de transposer le morceau en do majeur, afin de rendre les choses plus claires ; l’avantage avec la tonalité en do, c’est qu’elle convoque des notes que l’on connaît tous : do, ré, mi, fa, sol, la, si, puis do à nouveau. Pour aller un peu plus loin sur le fonctionnement des tonalités, prenons toujours do majeur en exemple : une tonalité se compose de trois éléments : une note fondamentale (ici, do), une tierce (la troisième note de la gamme, donc mi) et une quinte (la cinquième note de la gamme, donc sol). Ce qui rend en général un morceau plutôt facile à écouter, c’est la façon dont il va exploiter les notes de la tonalité choisie d’une façon assez prévisible et satisfaisante pour l’auditeur ; Basket Case fait quelque chose qui va dans ce sens dès le début du morceau : on commence en do, puis on va en sol, soit la quinte, comme on l’a vu, puis on remonte sur la, on descend sur la tierce, mi, on remonte sur la quarte (la quatrième note de la gamme), à savoir fa et on termine avec do et sol, comme au début ; en chiffre, ça donne ça : 1 – 5, 6 – 3, 4 – 1 – 5. Bon, je m’excuse d’avance pour le côté un peu cryptique de cette explication mais pour simplifier, la structure de Basket Case monte et descend et ce, en utilisant des notes très proches les unes des autres, ce qui rend le morceau très efficace et facile à mémoriser pour le cerveau qui raffole de ce genre de proximités harmoniques. Ce qui me permet de souligner un fait qui me semble important : la musique punk utilise des structures mélodiques très addictives et elle est idéale pour ceux et celles qui adorent le replay à l’infini comme moi. Alors… je sais bien que les puristes du punk pourront toujours me dire « Green Day, c’est même pas du punk d’abord et puis le punk, c’est avant tout po-li-ti-queuh ! », ce à quoi j’ai envie de répondre : c’est sûr que l’intro en deux accords (1 – 5, si ça vous intéresse) de la chanson Should I Stay or Should I Go des Clash, ça n’a rien à voir avec tout ce que j’ai raconté de Basket Case un peu avant – enfin, c’est vrai que ça emprunte un peu plus à la musique blues, cette fois-ci, mais c’est un détail. En ce qui concerne le versant politique du punk, effectivement, Green Day, Blink-182 et autres NOFX n’ont jamais prétendu être des résistants face au Grand Capital et en cela, ils se sont bel et bien décalés de l’esprit contestataire de la musique punk. Par contre, ce que je tiens à dire – pour ma part – c’est qu’ayant écouté le punk des origines, puis récemment Green Day, je trouve que musicalement, ça va un peu plus loin que les deux-trois accords qu’on trouve dans un Anarchy In The UK des Sex Pistols et qu’à ce titre, ce pop-punk tant incriminé par les puristes a bel et bien enrichi la musique punk, au sens harmonique du terme, nonobstant l’intervention des méchants majors pas beaux. Maintenant, on pourrait me demander « mais enfin Nox, où veux-tu en venir avec tes histoires de musique punk pas punk ou trop punk ? » – le mot-clef, c’est continuité. Le pop-punk est en continuité avec la musique punk et loin de la dénaturer, cette musique lui a donné une seconde vie, popularisant d’un coup d’un seul, l’esprit punk pour des millions de gens à travers le monde. Si je peux comprendre la mélancolie des puristes de ne plus être underground et de passer pour des blaireaux ou des rigolos aux yeux du plus grand nombre, il faut quand même noter cette étrange opération : l’industrie de la musique a massifié le punk plus rapidement que n’importe quel anar prosélyte sur les rebords d’un campus de lettres modernes. Et pour reparler de Green Day, c’est bel et bien son chanteur, Billie Joe Armstrong, qui en décembre de l’année dernière, a brûlé sa carte d’identité américaine devant des milliers de gens en plein concert, en réaction à l’abrogation de la loi Roe v. Wade par la Cour Suprême américaine qui était censée garantir le droit à l’avortement pour toutes les femmes ; ce qui est ma manière de dire que l’esprit punk est toujours vivant – il n’a même jamais été autant en forme, alors que tout un tas de collectifs d’écologie radicale s’activent contre des méga-bassines, des usines à charbon et autres générateurs notoires d’écocide. En attendant, le pop-punk, c’est d’la balle. Je retourne donc en écouter.

      • #16531 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        NOFX est un groupe tout à fait contestataire et le revendique.

        • #16549 Répondre
          Nox
          Invité

          Mea culpa, j’ai encore des choses à apprendre. Après, il me semble qu’on s’est plaint de leurs accents « pop-punk’, eux aussi, non ?

          • #16574 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Non du tout. On leur a reproché de faire du punk mélodique (parfois mâtiné de pop mais plus souvent de ska) après avoir fait du punk hardcore. On leur a surtout reproché d’avoir eu du succès après ne pas en avoir eu pendant dix ans. Globalement, NOFX est à la fois un modèle et un repoussoir dans le punk, que ce soit dans les textes, les compositions musicales ou le modèle économique du groupe et de Fat Wreck Chords.
            Pour moi c’est simplement le meilleur groupe de punk américain. Je te recommande leur autobio très agréable à lire. Et tous leurs disques.

            https://www.kickingrecords.com/c/DISTRO/NOFX/NOFX-Baignoires-hepatites-et-autres-histoires-p158.html

            • #16576 Répondre
              Nox
              Invité

              Bien reçu. Je ferai appel à la transcendance des Internets pour me procurer leur discographie, héhé.

            • #16599 Répondre
              thierry
              Invité

              Ouais le côté ska leur a été reproché et d’ailleurs le gros Michel avait dit à l’époque, après Heavy petting zoo (que je n’ai jamais aimé), qu’ils ne feraient plus jamais de ska. Ils en ont refait un peu à partir de The war…

              Ils ont toujours été critiqué pour leur côté « punk à roulette » comme on disait en 2002 par une certaine partie du milieu punk -rock, mais globalement, j’ai quand même le sentiment que dans le fond ils font l’unanimité. D’ailleurs plus les années passent et plus ils s’en battent les c*** des critiques de leur côté « mainstream ». Fat Mike a taffé avec Travis Barker sur son projet solo, il est pote avec Matt Skiba et a même récemment écrit une chanson pour Blink 182 prévue à la base pour un split album qui ne verra pas le jour.

              En fait, dans les paroles de 60 % je crois qu’ils mettent parfaitement le doigt au bon endroit :

              But still, other bands just love to hate us
              Talking shit behind us, but smiling to our face

              That’s OK, it’s not that they don’t like us
              They’re just a little jealous, cause
              we’re having more fun…

        • #16607 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          C’est naze nofx.

      • #16533 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci pour texte musical ! Tu connais la chaîne de Rick Beato, « What Makes this Song Great » ? Il décortique (littéralement, il dispose des pistes de chaque instrument / voix) un morceau pour expliquer sa facture et sa puissance, c’est ardu pour les non musiciens (moi) mais passionnant. Malheureusement encore un truc que en anglais. Ci-dessous Boulevard of broken dreams.

        • #16550 Répondre
          Nox
          Invité

          Je connais le bon Rick. Je me méfie un peu de lui par moments, tant il a des accents boomer par moments, haha.

      • #16536 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci , c’est passionnant la façon dont tu déroules ta pensée en partant de ce qu’il y a de plus «  a l’os • » dans le morceau pour arriver à son « effet   politique « , j’adore ce souffle, ce grand galop de la pensée ( et les triolets)
        * expression volée

        • #16551 Répondre
          Nox
          Invité

          Merci beaucoup ! J’ai fait de mon mieux pour rendre ça accessible !

    • #16544 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Mais pour comprendre: pourquoi écrire sur la musique « dans gauche et hégémonie et pas dans le fil Musique en mixité choisie ?

    • #16577 Répondre
      Nox
      Invité

      Ce topic a commencé avec ce sujet, donc je remets le couvert dessus : une enquête de l’Obs est parue y a quelques jours en édition abonnés et mon statut d’étudiant précaire m’a permis d’y avoir accès. L’article est intéressant et témoigne assez bien des pressions réelles que l’émission de Charline et ses potes ont subi de la part de la Macronie ::
      https://shorturl.at/nX247

      • #16596 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je trouve cet article bien confus et je ne vois pas bien quoi en tirer
        Il ne dit au fond rien de France Inter, de ce qui s’y joue depuis cinq ou six ans.
        La seule vraie info c’est que le soutien de Bloch aux Belges s’est scellé dans une chronique sur Charlie. Ce qui ne m’étonne guère.

        • #16608 Répondre
          Nox
          Invité

          Je me disais que ça pouvait permettre d’avoir un regard plus clair sur les pressions que la Bande à Charline a connues avant d’être déprogrammée.
          Après, c’est l’Obs, donc le degré d’attente qu’on peut avoir vis-à-vis d’un tel journal n’est pas incroyable, pour faire dans l’euphémisme.

    • #16591 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Nox ton texte m’évoque Trotski Nautique demandant à ce qu’on qualifie leur musique de variété, ou encore les Wampas qui joueront le mois prochain pour les 350 ans de Sète. J’aime.

    • #16653 Répondre
      Nox
      Invité

      Attention, chantier en (dé)construction !

      Chantier en (dé)construction

      « Il faut apprendre à se déconstruire » ; derrière cette phrase empreinte d’un certain libéralisme mental réduisant le champ d’action des individus à celui de la gestion d’eux-mêmes, il faudrait entendre là une rhétorique féministe ; de la même manière que le patriarcat nous a tous et toutes conditionné-e-s à avoir tout un tas de réflexes conservateurs dans la distribution des rôles sociaux entre les genres, il faudrait alors se dé-conditionner de toutes ces mauvaises habitudes pour embrasser pleinement un féminisme digne de ce nom. On peut d’ailleurs retrouver une rhétorique similaire dans certains espaces anti-racistes, la logique étant la même : imbibé-e-s de racisme dès notre plus jeune âge, il faudrait nous déshabituer à tout réflexe possiblement raciste dans le but de faire – si j’ose dire – patte blanche pour la cause de l’anti-racisme – le tout pour devenir quelqu’un de safe, c’est-à-dire fréquentable aux yeux de certain-e-s militant-e-s adeptes des trigger warnings et des questions pronominales dès la première conversation. Alors oui, ils et elles savent que ça n’est pas la panacée et que « ça n’empêche pas de mener d’autres luttes en parallèle » mais si on ne commence pas par se déconstruire soi-même, qui va nous y aider au juste ? C’est un peu comme le compost ou les jardins partagés entourés de béton et d’asphalte : vaut mieux un peu d’espace vert que pas du tout – donc vaut mieux un peu de safespace que pas du tout. Il y a quelques mois de cela, je quittais la mobilisation étudiante de ma fac avec pas mal d’amertume et de mélancolie, en pointant justement du doigt cette politique constante du safespace qui ne permettait pas selon moi – et je le maintiens toujours – de régler des conflits humains de façon apaisée mais au contraire, crispait tout le monde et m’avait fait aussi ressentir que c’était bien moi qui assombrissais l’ambiance dans le squat et que rester n’était donc plus une option ; qui plus est, il existe des gens qui ne veulent rien régler en matière de conflit interpersonnel et à ce titre, la politique du safespace devient parfaitement stérile, voire malaisante quand des pseudo-médiateurs s’auto-désignent pour prétendument résoudre ce qui relève très précisément de l’insoluble, à savoir des accrochages qui ne se présentent pas comme tels parce qu’ayant cours de façon souterraine. Bon, je pense que vous aurez compris que la rhétorique de l’auto-déconstruction, c’est pas mon truc ; je passe pas ma vie à critiquer les positions débilement libérales qu’on trouve chez la Macronie, les conservateurs et d’autres esprits encore plus mous, pour à côté, souscrire à un mantra en apparence de gauche mais qui ne sent pas bon en ce qu’il absente justement les structures qu’il prétend dénoncer, dans son intitulé ; « se déconstruire » est une expression anti-structuraliste ou anti-matérialiste puisqu’elle réduit le conditionnement structurel des individus à un simple problème d’éducation auquel il faudrait remédier ; d’où une certaine ambiguïté dans certains pans de la gauche à user et abuser du signifiant « éducation » en y voyant la pierre angulaire d’une « déconstruction collective » qu’il faudrait mettre en place le plus rapidement possible. D’une autre part, la question structurelle n’est comprise que dans un versant moral : en gros, tout conditionnement préalable à une éventuelle déconstruction est perçu comme intrinsèquement mauvais et les agencements complexes et structurels des individus qui font qu’il existe encore des femmes aimant cuisiner et / ou ambitionnant d’être femme au foyer – comme ma copine – et à l’inverse, des mecs aimant le sport et les belles voitures – comme mon grand frère –, et que ces femmes et ces hommes ne semblent pas mal le vivre… tout ça passe plutôt mal, pour les chantres de la déconstruction. Je pourrais aussi ironiser sur le fait que les récentes évolutions sociétales permettant par exemple à un couple de vivre séparément ont plus fait pour la déconstruction de certains stéréotypes de genre que tous les safespaces du monde réunis. Mais c’est un léger détail, après tout.

    • #16657 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je ne sais pas si ça peut croiser; mais récemment de fil en aiguille on en ai arrivé à ce questionnement.
      On a une association avec des jardins thérapeutiques, partagés et activités bénévolat entre autres dont l’organisation pourrait être qualifiée grossi modo «  d’horizontale « 
      La particularité est qu’elle inclu en plus des humains ; des plantes de la terre et des animaux
      Et on était comme des connes à l’apéro- cool à se demander quoi faire en regardant la petite poule se faire violer en boucle par les coqs
      Ça nous gênait nous mais ça c’était pas une bonne raison ; c’est quoi un safe Space pour une poulette ?

      • #16695 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        C’est une petite cage dans un élevage industriel pour qu’elle puisse pondre en paix.

      • #16706 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Mais il y avait combien de poules et combien de coqs Claire N?

        • #16711 Répondre
          Claire N
          Invité

          Environ la parité 12/12
          Ah noter qu’elle a depuis élu domicile sur le cul de Gaston ( l’âne )

          • #16723 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Chère Claire, je te transmets l’information de mon collègue, agriculteur en biodynamie et formé également par les recherches et travaux de feu Émilia Hazlipe, française d’origine catalane et feu Maria Thun, allemande. Une information indispensable à nos yeux pour aider vos volailles et pour la bonne continuation de votre joli projet.
            « Naguère, dans les fermes traditionnelles, polycultures – élevage, les volailles : poules, canards circulaient librement dans les parties construites des fermes et dans l’immédiat.
            L’homme intervenait peu. La reproduction se faisait naturellement. Chaque espèce animale, à œuf ou à fœtus a ses façons propres d’arriver à l’acte de reproduction. Dans les fermes, l’être humain prélevait principalement les coqs pour les manger parce qu’on considérait la poule comme productrice d’œufs et de poussins.
            Les volailles contribuaient aussi au nettoyage en mangeant les insectes, les mauvaises herbes etc. Dans les endroits à vipères, elles les éloignaient et/ou les éliminaient.
            12 poules 12 coqs c’est vraiment très déséquilibré car la fonction principale du coq c’est la fécondation. Donc, si il y a 12 poules qui sont tout le temps fécondé par excès de coqs, il va y avoir un excès de poussins et il n’y aura pas assez d’oiseaux de proie, de chats, de renards, de furets qui de toutes façons dans les conditions actuelles, tant rurales que citadines ont pratiquement disparus à cause du système capitaliste, pour réguler et cela met en péril tout l’équilibre que l’être humain était parvenu à maintenir du monde sauvage lors de la domestication d’origine qui fut consensuelle et non féroce comme on peut voir dans les élevages industrielles de volailles ou mammifères.
            Au lieu de 12 poules 12 coqs. Un coq -voire 2 – est amplement suffisant Avec ces 12 poules, il ne s’épuisera pas dans l’acte instinctif biologique de reproduction et les poules seront plus tranquilles pour elles-mêmes et pour jouer leur rôle. »
            De bons coqs au vin vous attendent donc. Sinon, vous les donnez à d’autres associations.

            • #16724 Répondre
              amour
              Invité

              Vous aimez bien ensemble… Joli

              • #16725 Répondre
                amour
                Invité

                *Vous allez, mais aimez c’est bien aussi

            • #16728 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui , le déséquilibre initial est lié au «  contrat « 
              Lorsque l’on récupère des animaux de conservatoire c’est en couple , il faut aussi les donner par couple

              • #16738 Répondre
                Claire N
                Invité

                Cependant mon propos questionnais plutôt
                -Ce que le safe Space contenait comme illusion
                Et en particulier : comment il fraye avec l’imaginaire de « la liberté « 
                -Sa cécité à la cruauté , et à l’individualité
                – son rapport à l’ordre,

                • #16739 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  « Sa cécité à la cruauté et à l’individualité » -> magnifique formule ! Je prends.

                  • #16747 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Merci Nox
                    Je vois aussi sous cet éclairage quelque chose
                    De fallacieux ; lorsqu’on se voit incapable d’aimer le vivant pour ce qu’il est ; une manœuvre retord vise à le rendre aimable ( au sens plus police )
                    Ce travestissement de l’amour en orthoeducation lorsqu’on refuse la cruauté

                • #16756 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  En tous cas, Claire, on espère que dans cette association, pour réequilibrer la situation des poules et des coqs tu pourras peut-être transmettre l’info de mon collègue de réduire le nombre de coqs à 1 ou 2 pour 12 poules pour toutes les raisons que lui-même a déjà donné dans le courrier qu’il m’a dit de te transmettre. Les poules et les coqs en seraient infiniment reconnaissants car ils vivront bien mieux leur vie. Et nous, ça nous ferait chaud au cœur

                  • #16758 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Oui, je te remercie du temps que tu as pris pour proposer cette solution

                    • #16760 Répondre
                      Graindorge
                      Invité

                      Merci à toi et à ton association pour cette belle initiative

    • #16721 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Toi qui connait le World Graindorge frelaté, pquoi tu lui dit pas qu’il est impossible de foutre ne serait-ce que deux coqs dans un même espace/basse-cour
      L’idéologie de go-gôche appliqué aux animaux, la Ferme des animaux
      Bon je la ferme, mais vous êtes des animaux.

      • #16722 Répondre
        amour
        Invité

        Merci pour le rire. Tellement juste l’histoire des 2 coqs.
        La ferme des animaux, à lire en VO.

      • #16726 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Mais relis mieux Ludovic avant de dire ces choses bêtes à mon sujet: je pose la question à Claire: « il y avait combien de poules et combien de coqs Claire N? »
        Elle me répond la parité 12/12
        C’est évident que ça me paraît trop de coqs et je demande à mon collègue qui donne une réponse qui va aider. Relis bien les échanges stp avant de dire des choses erronées. On est bien d’accord que pour 12 poules un coq – ou 2 – c’est un grand maximum.

        • #16727 Répondre
          amour
          Invité

          Graindorge, je suis inquiète. Sais-tu où est passée Carpentier ? Pardon, pour l’incruste.
          Je signifie à nouveau que Crush, crush avec Ludo. En plus, c’est cool, car sur les arabes de la rép vous avez des accointances.

          • #16749 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            pas ton meilleur pseudo

            • #16750 Répondre
              amour
              Invité

              Que tu dis.
              Tu m’a envoyé ton livre ? Merci

              • #16784 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                je trouve que t’envoyer un livre serait une bien pauvre rétribution des 100 textos et ou messages vocaux insultants dont tu m’as gratifié au long des années
                je me sentirais inéquitable

                • #16821 Répondre
                  amour
                  Invité

                  Envoie quand même, je saurais te le rendre à foison.

                • #16868 Répondre
                  amour
                  Invité

                  Ça vaut bien une boîte de chocolats ou un plateau fromages et vin durant la période covid.
                  Et autres.

    • #16729 Répondre
      Graindorge
      Invité
    • #16888 Répondre
      Nox
      Invité

      Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler des décideurs. Ça vous va si je dis « les décideurs » ?

      Politikékette

      J’ai la joie et le bonheur d’être passionné par le fait politique, de manière générale. Seulement, je suis souvent confronté au même problème : dans les journaux, on fout en général dans la rubrique politique, des glandu-e-s bien sapé-e-s en guise d’image de présentation ; on appelle ces gens « politiques ». Il paraîtrait même qu’ils ont fait des études de sciences politiques pour certains d’entre eux et qu’ils ont donc – sans le moindre doute – une expertise sur la question politique. Voyez-vous, la politique, c’est compliqué ; on comprend pas tout, entre les réformes de chais-pas-quoi et les affaires de chais-pas-qui, vraiment, on s’y perd. Sans parler du clivage gauche-droite ; alors ça, personne n’y comprend rien, on s’embrouille, et si tu recules, comment veux-tu que je spécule ? Bon-bon-bon. Il se trouve que moi – mais c’est peut-être parce que je suis chiant comme garçon –, je ne trouve pas toutes ces choses que l’on a nommées plus haut si compliquées que ça. Comment se fait-il donc que tout un tas de gens, en entendant le mot « politique », soupirent si fort qu’on croirait qu’ils crachent en réalité ? Il faut revenir au point initial : qu’est-ce que les journaux répertorient comme étant de la politique ? Les affaires institutionnelles ; plus précisément, tout ce qui se passe au Parlement, dans les ministères et à l’Élysée. Le problème, c’est que présenté comme ça, on a du mal à voir en quoi ça concerne le « tout venant »… et pour cause : ces « politiques » sont tous des gros bourgeois, c’est-à-dire à un niveau de bourgeoisie qui n’est pas celui de votre libraire préféré fan de musées d’art contemporain, de conférences sur les bienfaits de la méditation transcendantale sur les rapports humains ou même amateur des jardins partagés entourés d’asphalte ; non, les gros bourgeois dont on parle ont le chic pour s’efforcer de ne pas se mélanger à la masse, sous aucun prétexte ; ils se voient surtout entre eux et c’est déjà pas mal. Certains disent même que ce sont des vampires, ce qui expliquerait pourquoi ils passent le plus clair de leur temps dans des grands bureaux, à l’abri de la lumière du jour. Vous aurez remarqué que jusque-là, je n’ai rien dit de ce que l’on entend par politique, de façon générale ; le but de cette manœuvre étant de me mettre à la place de Madame Michu qui comme des tas de gens en France et sans doute à travers le monde, usent du mot « politique » sans comprendre exactement ce qu’il renferme, comme sens – partant d’un tel point de vue, il m’est venu une observation assez cocasse sur ce que l’on appelle l’actu politique : on n’y voit pas tant des hauts responsables politiques faire des trucs politiquement politiques, mais d’abord et avant tout… parler. Ils parlent ; ils parlent d’une décision à venir, ils parlent d’une décision passée, ils parlent d’une décision envisageable mais on-sait-pas-trop-encore-comment, ils parlent d’à quel point si c’étaient d’autres gens qui prenaient des décisions à leur place, ça serait la mouise totale – le tout sur des magnifiques plateaux télé et radio ou en duplex du Palais Bourbon et autres lieux consacrés. Il arrive d’ailleurs que l’on désigne ceux et celles qui nous gouvernent comme étant des « décideurs » et très honnêtement, on n’en a rien à foutre qu’il y en ait deux sur cent millions, mais c’est eux qui décident. Sauf qu’en fait, on ne les voit pas tant que ça « prendre des décisions », c’est-à-dire s’y mettre concrètement. Mieux : il arrive qu’ils soient en fait bien plus habiles à raconter leur vie, parler de leurs chats, évoquer leur passion pour l’équitation ou le rock et qu’on les y trouve bien plus à l’aise. On peut remercier à ce titre les magazines people ou même Karine Le Marchand de nous avoir par le passé offert la possibilité de voir Marine Le Pen ou François Fillon sur un canap’ pour répondre à des questions de haute volée comme « vous aimez les chats ? » ou « vous les aimez, vos gros sourcils ? » – décidément, la politique, c’est subtil et raffinay, comme disent les Angliches. Ou alors, on peut supposer – au hasard – que ce que tous ces gens font, c’est annihiler le fait politique même : rien ne va de soi.

      • #16894 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Moi aux dernières élections je suis allée voter Monsieur Jean-Luc Mélenchon et la Nupes. Au 2ème tour, j’ai voté blanc car j’en ai eu marre de l’éternel chantage Faire barrage. J’en ai eu marre de faire barrage. Et je continuerai à aller voter. Car il y a des gens pas trop mal parmi les politiques. Et je ne fais pas partie des gens qui soupirent en disant ce mot.
        Certains politiques sont sincères. Et puis, en attendant que nous tous nous nous emparrions des affaires de la cité, les gens qui de plus en plus dorment dans la rue et de plus en plus jeunes, les gens qui vivent avec l’épée de Damocles en permanence: peur de ne plus pouvoir payer le loyer, l’hypothèque, peur pour leurs enfants, peur de tomber malade. Le capitalisme est très violent. Et pour tous ces gens qui souffrent tout le temps, au quotidien, j’irai voter des politiques en toute lucidité. La férocité du capitalisme dépasse mes cauchemars les plus fous. Même aux plus pauvres, il veut lui ôter le peu qu’il a. Le petit et moyen paysan n’est plus souverain: il doit acheter ses semences tous les ans. On les coule. Comme dit dans le fil « intégral » en 2022, suicide d’un.e agriculteur.trice tous les 2 jours et je m’arrête là. Ça ne me passione pas la politique, j’ai
        bien d’autres passions mais des millions de gens n’en peuvent VRAIMENT plus. Et des animaux aussi en ont ras le bol. Alors oui, en attendant: on s’organise, on se mêle de nos affaires, on se soulève, on ne lâche rien car je ne me lasserai pas de le dire le capitalisme ne lâche rien de rien et tue. À petit feu, à l’étouffée.
        Tu as raison Nox, continue de nous écrire tes éditos, Tu as plein de talents. Ça fait plaisir. Et tes morceaux au piano remontent le moral quand on a du gros sur la patate. Même les musiques que tu partages sont souvent chouettes

        • #17179 Répondre
          Jean Monnaie
          Invité

          Hitler était sincère.
          Le plus important serait que Mélenchon soit sincère. Hélas…

    • #16944 Répondre
      Nox
      Invité

      La politikékette est de retour… with a vengeance.
      https://shorturl.at/tADNY
      P.S : je poste le lien Drive du texte parce que mon commentaire a été bloqué pour une raison qui m’échappe.

    • #16985 Répondre
      Tony
      Invité

      Texte très intéressant de Dalie Farah:

      « Il faudrait se rappeler qu’on s’émancipe seul et jamais par la force. Il faudrait se rappeler que tout être est un être de désir et que l’on ne crée pas le désir par la loi ou la force. »

      https://www.daliefarah.com/tenue-conforme/

      • #17176 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Merci Tony

    • #17017 Répondre
      Nox
      Invité

      Les profs sont de gauche ; la preuve : ils votent Mélenchon.

      Prof d’œuf gauche

      « Les profs sont de gauche en France » ; voilà un lieu commun qui a la vie dure et qui semble être crédible pour tout un tas de gens aimant commenter l’actualité à grand coup de « mais j’te le dis moi ! Les profs, c’est tous des gauchistes ! Tous des gauchistes ! » ; une des raisons de ce lieu commun pourrait être le fait que l’on perçoit généralement la mission de l’enseignant comme une mission de service public : participer à l’alphabétisation des gamins et favoriser leurs chances de profiter du fameux ascenseur social – surtout s’ils sont pauvres, noirs ou arabes. Il existe plusieurs manières d’aborder une possible résolution des inégalités sociales : on peut créer des aides, de l’emploi, des assos… mais on peut aussi tout miser sur l’école ; ce qui, au passage, est quand même une façon assez frontale de dire qu’une famille précaire ne doit compter que sur le bon dossier scolaire de sa progéniture pour se sortir de la mouise – calcul risqué, voire totalement perdant, la plupart du temps. Ou alors, on peut momentanément sortir des discours républicains propagandistes et affirmer qu’en réalité, l’école ne fait absolument pas ce que tout un tas de gens s’imaginent qu’elle fait. On peut même constater que structurellement, l’école humilie en général bien plus les enfants pauvres et a fortiori racisés, tandis qu’elle gracie les enfants blancs et aisés ; ce faisant, les merdes sont confirmées dans l’idée qu’elles sont effectivement de grosses merdes et les personnes pleines de swag sont assurées d’avoir plein de swag bien swaggé. Reformulée ainsi, la mission de l’enseignant devient beaucoup moins noble et glorieuse : il faut faire entendre à chacun-e qu’il est à sa place dans la société et qu’il ne faut en aucun cas y déroger ; c’est donc une mission conservatrice, par définition. En général, c’est le moment où certains « profs de gauche » contestent, protestent et pestent en assurant aux désamoureux de l’école républicaine obligatoire dans mon genre qu’ils font du mieux qu’ils peuvent pour permettre aux écoliers et aux écolières de sortir de la précarité quand ils et elles y sont quotidiennement confronté-e-s, en ajoutant par ailleurs une réserve sur la bonne volonté de certains élèves qui aiment « foutre le bordel » comme – au hasard – Sofiane ou Boubakar et qui donc, méritent absolument leur exclusion sociale éventuelle. Il faut donc que j’enfonce le clou : l’exercice professoral en lui-même est un exercice vertical, autoritaire et oppressif. Les profs nounours existent, certes… mais le fait est que le fantasme central de tout-e enseignant-e, c’est bel et bien une classe qui la ferme et qui écoute religieusement ce que dit le maître au tableau. Il en découle alors que les profs les plus stricts sont probablement ceux qui sont le plus au bord du craquage physique, comme mental et qu’ils se voient progressivement déchanter et sur le point d’abandonner leur profession, que ça soit sur quelques mois ou plusieurs années (c’est long, souvent, une vraie prise de conscience) ; cela dit, certains restent résolument, tels des vieux papis chieurs niveau 100. Pour en revenir à cet exercice professoral que je nommais un peu avant, il faut définir concrètement les trois aspects que j’ai énumérés à son sujet. Dire que l’exercice professoral est vertical, c’est rappeler la position fondamentalement inégalitaire de l’élève face au maître ; l’élève doit suivre le cours et l’assimiler, tout en se tenant parfaitement à carreau, et le maître n’est pas vraiment tenu de vérifier sur le long terme si l’élève comprend réellement ce qui lui est transmis – encore moins dans des classes surchargées –, ou si même il est content d’être là ; « on ne va pas à l’école par plaisir », après tout. Dire ensuite que l’exercice professoral est autoritaire, c’est rappeler que de la position du maître découle nécessairement son autorité ; une autorité qu’il doit au fait qu’il sait et que l’élève, lui, ne sait pas, que cela soit avéré ou non, d’ailleurs. En dernier lieu, dire que l’exercice professoral est oppressif, c’est rappeler que rameuter tant et tant de corps jeunes, à la fleur de l’âge, pour les faire s’asseoir sur des chaises de neuf heures à seize heures en école primaire, puis avec des horaires pouvant varier de huit heures jusqu’à dix-sept heures, voire dix-huit heures dans le secondaire, c’est d’une violence physique et mentale sans nom pour tous ces corps découvrant tout juste l’existence. Comme je l’ai déjà dit dans d’autres éditos, rien ne va de soi et donc, il apparaît qu’être prof et se dire « de gauche » ne fonctionne que si on a une conception idéaliste de la politique qui, comme en philosophie, prétend pouvoir séparer les personnes des idées qu’elles portent et défendent au quotidien. Dans la mesure où on exerce un métier conservateur dans son ADN même, on ne peut pas défendre affirmativement des idées politiques pour lesquelles nos corps et nos âmes ne se déploient pas quotidiennement… sauf à traiter la question de l’appartenance politique aussi sérieusement que la fidélité client Carrefour.

      • #17022 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Le cliché persistant tient au fait qu’il y eut un bref moment – les années 60-70 où les profs étaient effectivement majoritairement de gauche – beaucoup sympathisants socialistes ou communistes. Il étaient alors des individus de gauche exerçant un métier de droite tout en croyant exercer un métier de gauche.
        Une série d’évolutions font qu’aujourd’hui les profs sont majoritairement des centristes autoritaires, appelons ça des républicains. Ils sont donc plutot désormais, à quelques exceptions admirables près, des individus de droite exerçant un métier de droite.

        • #17043 Répondre
          Nox
          Invité

          Les choses sont rentrées dans l’ordre, si j’ose dire.

          • #17044 Répondre
            Nox
            Invité

            Après, je continue de croiser des profs apparentés à « la gauche » dans ma fac de philo et c’est à eux que je dédie mon dernier édito, d’une certaine manière ; ces profs qui, lors de la mobilisation étudiante du printemps dernier, étaient très majoritairement dans le meilleur des cas, spectateurs, sinon absents et au pire, opposés au blocage de la fac. On a lancé un avis de recherche pour notre célébrité locale, une certaine Barbara Stiegler ; il paraîtrait qu’elle serait spécialiste des questions liées au néo-libéralisme et à l’autoritarisme – ah oui, j’oubliais : « il faut des facs ouvertes pour favoriser le dialogue ». Encore une alliée de façade.
            Y a deux gars qui nous ont vraiment soutenus, durant la mobilisation étudiante : Nicolas Patin et Dominique Pinsolle (que tu connais, me semble-t-il), tous deux profs d’histoire et pleinement impliqués dans les AG.
            Le reste, c’est au mieux de la gauche de façade, au pire de l’autoritarisme caractérisé, dans ma fac.

            • #17046 Répondre
              Nox
              Invité

              Pour te répondre plus directement : il existe encore des « Natacha P. » pour vendre la mission quasi « civilisatrice » de l’enseignant comme étant une mission de gauche. C’est à cette sombre clique que je fais allusion ; les fameux « républicains de gauche ».

        • #17145 Répondre
          Jean Monnaie
          Invité

          La gauche à augmenté chez les enseignants entre 2017 et 2022
          De toutes les catégories du panel, les enseignants sont ceux qui votent le plus à gauche : 49%, soit nettement plus qu’en 2017 et autant que dans la précédente étude de 2021.

          Macron baisse chez les enseignants
          Le vote en faveur d’E Macron n’a obtenu  que 23% contre 27% chez les autres fonctionnaires d’Etat et 28% toutes CSP. En 2017 E Macron avait obtenu 33% des suffrages enseignants.

          Les enseignants n’échappent pas à la radicalisation des opinions. A gauche 28% votent Mélenchon, le taux le plus élevé pour toutes les CSP.

          La droite radicale progresse aussi passant de 10 à 19% des suffrages mais bien inférieur au reste de la population

          https://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2022/09/08092022Article637982151387342159.aspx.html

          Pour comparer avec les policiers et militaires Le Pen 39% Zemmour 25% Macron 14% Pécresse 7% Mélenchon 4% Dupont Aignan 4% Lassalle 4% Roussel 1% Jadot 1% Poutou 1% Hidalgo 0% Arthaud 0%

          Conclusion, nous sommes dans des votes complètement opposés. L’appellation autoritaire, qui suppose l’autoritarisme des partis qui ne contestent pas le marché, pourrait s’appeler « libéral autoritaire » pour Macron, « conservateur autoritaire » pour l’extrême droite, et « progressisme autoritaire » pour l’extrême gauche. Cela reste toujours des étiquettes un peu réductrices, mais elles sont plus cohérentes au regard du fossé entre le vote des flics et des profs.

    • #17045 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Le personnel des facs de sciences humaines est quand meme encore marqué à gauche.
      Je ne parlais que du collège et du lycée

      • #17049 Répondre
        Nox
        Invité

        Le département d’histoire de Bordeaux Montaigne est infesté d’autoritaires ; Pinsolle pourrait mieux t’en parler que moi. Donc « marqué à gauche », ça reste à voir dans ma fac, surtout après leur très maigre mobilisation au moment du fameux « blocage ». Le premier confinement de mars 2020 en a rendu schtarbés certains, par ailleurs, ce qui fait que bloquer la fac risque d’être de moins en moins possible, à l’avenir.
        Je ne parle pas en l’air, quand je te parle de « gauche de façade », à Bordeaux Montaigne.

        • #17158 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Oui on en est là Nox, merci d’être aussi précis dans tes
          tes récits. Ma cruauté parle aussi à de cette violence violemment euphémisée en ces lieux et on dit un peu merci également à Dominique de l’avoir pensé au coeur de ce tumulte là et à sa place. C’est pas si fréquent.

          • #17163 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            je précise que je n’ai pas beaucoup de tendresse pour le petit monde de l’université, comme effectivement Ma cruauté le laissait apparaitre.

    • #17140 Répondre
      Nox
      Invité

      Comme le Christ le dirait : pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. « Ils » étant les chefs, peu importe lesquels. Oui, je suis sarcastique.

      C’est pas ma fauteuh

      En réfléchissant au titre de ce nouvel édito, j’ai hésité entre un choix académique qui aurait été de le titrer Puérilité gouvernementale ou même Puérilité autoritaire, mais c’est finalement le début du refrain de la chanson Moi, Lolita d’Alizée que j’ai décidé de mettre en lumière, vu que je suis un enfant des années 2000 et que j’ai encore cette chanson dans la tête ; et comme la magie des Internets le permet, je trouverais dommage de ne pas citer les quelques lignes suivantes du refrain : « C’est pas ma faute / Et quand je donne ma langue au chat / Je vois les autres / Tout prêts à se jeter sur moi / C’est pas ma faute à moi » – mon esprit taquin ne peut s’empêcher d’associer une telle immaturité et un tel égocentrisme à ceux d’un Macron, comme de ses ministres, mais aussi de tous leurs prédécesseurs, lorsqu’ils sont confrontés à la critique dans des interviews et / ou qu’ils répondent à côté des questions qui leur sont posées. On aime souvent se moquer d’eux à ce titre, en accompagnant souvent de telles moqueries par un classique « mais qu’est-ce qu’ils sont incompétents ! Qu’est-ce qu’ils sont nuls ! » ; et puis, m’est venu à diverses reprises une hypothèse de prime abord saugrenue mais qui a rapidement fini par prendre du sens dans mon esprit : et s’il n’était pas dans la nature même du pouvoir ou de l’autorité de « décliner toute responsabilité » en cas d’insatisfaction, voire de colère de la part du monde pris sous sa tutelle ? – ou plus simplement : tout pouvoir n’est-il pas infantile par définition ? ; de cette idée aux allures étranges, j’ai pu en extraire un faux paradoxe (comme tous les paradoxes) : être socialement mis en position de haute responsabilité dispense toujours d’avoir des responsabilités, d’avoir même des comptes à rendre à qui que ce soit. C’est parce que tout pouvoir ou toute autorité est essentiellement arbitraire qu’elle n’a aucun compte à rendre. L’autorité ne répond que d’elle-même et il ne faut rien en attendre de plus. Pour faire une confession, d’ailleurs, c’est en tant que gamin élevé par une mère très autoritaire et intraitable à tous les niveaux que j’ai fini par comprendre toutes ces choses que j’ai exposées à l’instant ; elle qui aimait régulièrement me dire « Je suis ta mère ! » comme une formule magique visant à saper toute contestation, toute rébellion, dans l’espoir d’entretenir une servilité vouée à s’étaler dans le temps sans jamais cesser. Brutalisé continuellement par elle, j’ai compris que l’autorité dont elle se réclamait n’était qu’un prétexte, un joli motif lui permettant d’infliger encore et encore des sévices à la fois physiques et moraux sur sa propre progéniture ; ne répondant ainsi de rien, ni personne, la légitimité de tels sévices allait – et va toujours – de soi, à ses yeux. C’est une autre idée reçue de la façon dont nous concevons en général toute autorité : il y aurait d’un côté, les autorités légitimes et de l’autre, les autorités illégitimes. Ce qui apparaît dans les raisonnements que je développe en ce moment même, c’est qu’une autorité tient sa légitimité d’elle-même et elle n’a besoin de rien d’autre pour la tenir et l’assurer. Mais n’y a-t-il pas des situations où il paraît logique, voire nécessaire d’être sous la responsabilité d’une autorité, typiquement une autorité parentale ? Incontestablement ; un enfant en bas âge doit être un tant soit peu surveillé et préservé des risques communs que contient en soi la prime enfance comme une certaine incapacité à repérer certains dangers ou à se débrouiller pour ses déplacements, par exemple. Cependant, je ne crois pas que de telles missions confèrent le pouvoir de vie ou de mort sur un gamin, pas plus que le droit de le dédaigner, de le rabaisser et de le remettre à sa place en sale gosse ingrat et mal élevé qu’il est sans doute, puisque toute punition infligée à un enfant ne vient jamais de nulle part, comme chacun sait. En dernière instance, il faudrait que je précise aussi que le comble de l’autorité, au fond, c’est toujours d’inverser la charge de la responsabilité ; ça n’est pas au chef de rendre des comptes mais bien à ses subordonnés d’être exemplaires, irréprochables et responsables, en toute circonstance. C’est comme ça.

      • #17246 Répondre
        amour
        Invité

        Donc, tu peux fermer ta grande gueule. Fini, ton ami ne sera plus sur les ondes.

    • #17252 Répondre
      Claire N
      Invité

      En accord sur les liens que tu fais entre immaturité et situation de domination ; mais où est passé la joie de l’autonomie dans ces corps…

    • #17310 Répondre
      Nox
      Invité

      Un corps autoritaire se croit toujours parfaitement autonome, précisément ; de là vient qu’il aime bazarder les aspirations à l’autonomie de ceux qu’il domine.

      • #17317 Répondre
        Claire N
        Invité

        J’ai l’impression qu’ils se croient libres plus qu’autonomes ,
        Quand j’observe leur mode de vie, parfois ils me font l’effet de gros nourrisson
        Ou « dire de faire remplace faire « 
        – dire de faire le ménage
        – dire de faire à manger
        – dire de décorer leur maison
        – dire a quelqu’un de les déplacer d’un point a un autre
        Comme si ils essayaient de se libérer de tout ce qui attache leur corps à la réalité

    • #17322 Répondre
      Claire N
      Invité

      Pour ce qui est des mères ; je me demande tout de même si elle ne sont pas des agents forcees de la domination
      J’ai encore une petite anecdote à ce sujet
      Mon fils Lucas et sont copains Samy n’avait rien trouvé de plus divertissant que de gueuler «  allah akbar «  dans la cours de récréation du collège
      – moi Mere blanche de fils blanc ; non évènement
      – mon amie arabe mère de Samy , carrière au PCF l’a défoncé, justement parce qu’il était arabe
      Autre exemple Caro me raconte avoir engueulé son fils noir parce que petit il a volé un trop beau lego chez son pote : tu te rends compte Noah , en plus tu es noir !

    • #17336 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je trouve ton hypothèse intéressante, mais les exemples que tu prends ne me paraissent pas les bons – ils font entrer d’autres facteurs qui compliquent la stricte polarité entre mère et domination.

    • #17346 Répondre
      Claire N
      Invité

      Oui c’est vrai que mes amies ne sont pas racistes; elles savent le racisme structurel et tentent d’en informer leurs fils
      Même si leur corps ne fait pas rempart elles protègent en informant du réel
      Peut-être qu’il se joue quand même quelque chose sur « l’interface » que la mère représente avec la domination mais tu as raison ce n’est pas si direct

      • #17349 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Pose toi juste des simples questions.
        Qu’est-ce qu’une structure raciste ?
        Quelle différence fait tu entre éducation et domination ?
        À partir de quel moment une domination devient contestable ?
        Pourquoi il est difficile de différencier l’individu de son groupe ?
        Quelle est la limite entre un événement et un bon événement ?

        Refléchir ce n’est pas trouver forcément les bonnes réponses mais avant tout de se poser les bonnes questions.

        • #17350 Répondre
          Claire N
          Invité

          Je ne trouve pas tes questions si simple ; je ne fonctionne pas comme ça si j’ai pas d’exemples je perd pieds et ça me stresse

          • #17373 Répondre
            Jean Monnaie
            Invité

            Le but, selon moi, n’est pas forcément de répondre aux questions. Moi, j’ai énormément de mal à classer mes idées. J’ai besoin de les classer et de les poser. Je donne toujours cet exemple, mais il est éclairant. ( que j’avais donné dans un autre topic)

            L’incitation à la haine, c’est mal, donc la condamner, c’est bien. Voilà comment 90 % de la population pense. Maintenant, si tu questionnes simplement sur la définition du mot, tu raisonneras comme ceci : La haine est un sentiment, donc est-ce que condamner le sentiment est bien ? Et là, ta réponse sera négative.

            Bien penser, ce n’est pas vraiment de l’intelligence, mais simplement de la méthodologie. Si jamais tu es comme moi envahi par trop de choses qui t’arrivent en même temps et que tu commences à patauger dans ta réflexion, la méthode permet de voir plus clair.

            • #17405 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui , cela parrait être une approche pas à pas a ma portée ; mais là tu vois par exemple moi je vais plutôt me demander si c’est possible , et après je suis quelque part incapable de dire ce qui est bien
              Donc je vais me demander si ça existe le bien et me voila
              Partie comme un papillon

    • #17359 Répondre
      Nox
      Invité

      Pour te répondre Claire, je pourrais te dire qu’il y a une confusion conceptuelle ou politique avec la notion d’autonomie : chez les anars, en principe, c’est un horizon, un point de fuite, quelque chose que l’on vise sans jamais pouvoir totalement s’en saisir. Pour d’autres, ça serait un état de fait ; il y aurait d’un côté, les gens autonomes – c’est-à-dire ceux qui savent se débrouiller dans la vie, quoi que ça veuille dire – et de l’autre, les gens « dépendants » ; l’étymologie peut aussi porter à confusion : « autónomos », c’est la règle de soi-même, la loi de soi-même, littéralement. Cette acception pourrait largement plaire à des autoritaires ; on peut y voir aussi la raison véritable pour laquelle le camp conservateur dans sa globalité peut aimer user de la notion d’autonomie : il se rejoue là une logique classique de dissimulation du pouvoir, du conditionnement structurel des individus ; plus concrètement : renommer des salariés dans une entreprise comme étant désormais des « partenaires » ou des « collaborateurs » donne l’illusion d’une autonomisation des salariés pour mieux acheter leur soumission ; c’est une version « passive-agressive » de l’autorité : je te serre fort le bras, mais avec le sourire.

      • #17403 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui ! Rire tu ne crois pas si bien dire avec ton tordage de bras , j’ai dans la tête la technique «  du contact bref appliqué à la face postérieure du coude «  très en vogue dans le management .

    • #17377 Répondre
      Nox
      Invité

      J’avais des choses à ajouter sur le rapport étrange entre autorité et autonomie, donc j’en ai fait un nouvel édito.

      Autorité / Autonomie

      Après avoir rapproché la question de l’autorité avec celle de la puérilité, opérant ainsi un renversement de l’idée commune qui voudrait que toute personne détentrice d’une autorité soit nécessairement mûre, responsable et donc parfaitement légitime à occuper la place qui est la sienne, je me suis demandé si au fond, l’idée même d’une autorité – quelle qu’elle soit – ne jouait pas toujours contre la possibilité même de l’émancipation individuelle, ce qui contreviendrait alors avec la conception générale que l’on a de l’éducation ; celle-ci implique l’idée selon laquelle nous aurions tous et toutes besoin de tuteurs jusqu’au moment où ces derniers jugent bon de céder leur place ; ce moment, c’est souvent l’âge adulte – en tout cas dans l’imaginaire collectif. Derrière cette conception générale de l’éducation, il y a aussi l’idée bien connue que l’émancipation n’est envisageable que si nos aînés nous sentent prêt-e-s à nous en saisir ; de la même manière qu’une école décerne des diplômes selon ses propres termes et ses propres règles, un parent, comme un chef d’entreprise peut décider selon ses propres termes comment il compte faire entendre à ceux et celles qu’il a sous sa tutelle qu’ils ont franchi un cap, une nouvelle étape décisive dans leur vie et qu’il y a de quoi en être fier. La figure tutélaire finit toujours par imposer ses termes pour faire miroiter à ses subordonnés une émancipation formulable telle que le chef se l’imagine jour après jour ; penser l’émancipation « par soi-même » devient donc impossible, car étant en contradiction avec le chef, à savoir celui qui est censé nous montrer la voie, nous révéler ce qu’est la véritable émancipation que lui seul connaît et peut appréhender – sinon, ça ne serait pas lui le chef, si ? Et c’est comme ça que des tas de gens en situation de subordination finissent par envisager la position du chef comme étant de loin la plus enviable, la plus désirable, par pur mimétisme et voilà comment l’autorité finit par être l’autre nom de l’autonomie, aux yeux de tous ces gens ; autónomos désignant en plus l’auto-gouvernance en grec ancien, il paraît encore plus logique de concevoir la position du chef comme étant la plus autonome, au sens strict du terme ; c’est lui qui décide et personne d’autre, en quelque sorte. Sauf que comme dit dans mon texte précédent, la position autoritaire est toujours puérile, arbitraire et à ce titre souvent fondée sur du vent ou sur des attributs positifs pré-définis comme tels comme l’ancienneté, le charisme ou le sens du « leadership ». Qui plus est, à l’instar d’une vieille dialectique enseignée en cours de philo, le maître a en réalité bien plus besoin de l’esclave qu’inversement ; sans employés, plus d’employeur, sans gouvernés, plus de gouvernants. Le chef est donc toujours objectivement en situation de minorité par rapport au reste du groupe et de là vient toute la nervosité capricieuse qui est souvent la sienne vis-à-vis de ses subordonnés : il a constamment peur d’être détrôné. Mais il existe une autre modalité de gouvernance que nous avons plus ou moins vue avant et qui se généralise de plus en plus grâce à la managérisation des rapports sociaux ; il ne s’agit plus tant de gouverner d’une main de fer les individus mais plutôt de les faire s’asseoir à la même table du chef et de simuler un rapport d’égalité entre tous ; dans une entreprise, les employés ou salariés deviennent des collaborateurs, des partenaires ou des co-workers et dans des réformes éducatives récentes, on n’hésite pas à annoncer triomphalement que désormais à l’école, l’élève sera au cœur de son parcours pédagogique. En ce sens, le vieux patron d’usine gueulard et colérique semble être en voie de disparition pour laisser place à des sujets sociaux rendus de plus en plus incapables de penser leur propre domination car se pensant, plus que jamais, responsables de leur destin. Il convient donc de rappeler ici que l’émancipation se pense d’abord à échelle individuelle, sans l’aide de qui que ce soit et que non, l’autorité n’est pas l’autre nom de l’autonomie ; l’autonomie, c’est l’individualité pleinement réalisée, véritable. L’autorité, c’est la mort des individualités.

      • #17378 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Les choses sont bien plus simple, le modèle managérial se rapproche de celui de la cellule familiale. Avec le père n’ayant plus d’autorité, l’ancien patron autoritaire disparaît également. Nous sommes à l’ère de la famille égalitaire, donc le salarié (rapport vertical) devient un collaborateur (rapport horizontal).
        C’est bien la preuve que le capitalisme est lui même victime de ses propres structures puisque aujourd’hui la docilité au travail est devenu de plus en plus remis en question par les salariés.

      • #17401 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci pour ce développement Nox

    • #17379 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Nox,
      Je te lis avec intérêt.
      Pour compléter ta réflexion, il faudrait que tu observes aussi le rapport bien souvent ambivalent des gens qui ne sont pas en position d’autorité à l’égard de ceux qui le sont. J’observe cela dans mon milieu – et dans ma situation – professionnelle. Par exemple le principe hiérarchique, je ne vois personne le remettre en cause. Les gens en souffrent, plus ou moins, et s’en accommodent. Ils veulent un « chef compétent », mais ils veulent un chef, et quand le chef est compétent ça ne va toujours pas mais quand même ils veulent un chef. La plupart du temps ils n’ont pas les instruments pour penser au-delà. C’est ce que je vois, en tout cas, depuis mon petit poste d’observation.

      • #17381 Répondre
        Nox
        Invité

        Tout à fait d’accord ; j’en parle à travers la question des tuteurs. Il n’est effectivement jamais question de remettre en cause la pertinence objective de toute hiérarchisation des rapports sociaux.

        • #17382 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Je vais sortir du bois: je suis chef.
          Et j’ai des chefs au-dessus de moi. Dans le cas contraire je mettrais de la démocratie dans tout ça.

          • #17384 Répondre
            Nox
            Invité

            Tu sors du bois parce que t’es bûcheronne ?
            Blague à part, c’est un des points sous-tendus par la différenciation que je fais entre autorité et autonomie : les chefs ne sont pas si « libres » qu’on le dit.

    • #17388 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Je ne suis pas cheffe de bûcherons (dommage, et je sais à peine utiliser des ciseaux). Je suis cheffe d’un équipement culturel dans une ville moyenne.
      Peu libre, oui, sauf dans la tête et encore.

    • #17424 Répondre
      Nox
      Invité

      Attention aux gaz toxiques, ça empoisonne la vie !

      Gaz toxique

      « Toxicité » ; un mot qui n’a jamais été autant sur toutes les lèvres dès lors qu’il s’agit de qualifier ces fameuses relations où l’on se sent prisonnier, manipulé et donc dépossédé de soi-même. Le mot s’est d’ailleurs beaucoup popularisé à travers une banalisation du lexique psychologique dans le langage courant ; banalisation facilitée entre autres par la fiction, les émissions de télé et les magazines de bien-être. Néanmoins, comme tous les mots utilisés à toutes les sauces, « toxicité » me rend souvent perplexe, voire m’inquiète sur la sur-simplification que ce mot opère sur la compréhension générale que l’on peut ou pourrait avoir d’une relation donnée. Une des difficultés majeures que pose le mot – à mon sens –, c’est la façon dont il binarise les relations humaines ; parler de toxicité, ça implique souvent de supposer qu’il y aurait derrière une ou des personnalités toxiques et que par conséquent, il suffirait de déceler les bons red flags pour échapper à une relation toxique ; on ne compte plus d’ailleurs le nombre d’articles de développement personnel censés nous aider à repérer les signes qui ne trompent pas pour mieux mettre à distance les personnalités toxiques. Le problème, c’est qu’en présentant les choses ainsi, toute personne ayant vécu ou vivant toujours à l’heure actuelle des situations d’emprise est renvoyée ironiquement à une possible responsabilité au sujet de cette même emprise qu’elle subit très largement malgré elle ; en d’autres termes : simplifier la question de la toxicité dans les relations, c’est d’abord faire du mal à toutes les personnes dont on pourrait dire qu’elles en ont été victimes, puisque si on se met à lister des signes qui ne trompent pas pour censément mieux détecter de la toxicité dans une relation, les victimes n’ont plus qu’à en prendre connaissance pour s’en sortir et si ça ne marche toujours pas, bah on pourrait quand même considérer que c’est un peu de leur faute, au bout d’un moment. C’est ce paradoxe que Gwenola Ricordeau a mis en lumière, dans ses interventions récentes et dans ses livres, au sujet de la judiciarisation des violences sexistes et sexuelles encouragée par certains pans du mouvement #MeToo : les femmes victimes de telles violences mais ne souhaitant pas porter plainte – quelles qu’en soient les raisons – sont souvent stigmatisées et pointées du doigt, y compris par certaines féministes ; la généralisation de la notion de toxicité et des problématiques des violences intimes en tout genre a créé une nouvelle injonction paradoxale pour les victimes : se déclarer à la fois victimes et en même temps rétributeurs, car désormais conscientes des signes qui ne trompent pas et d’une nouvelle nécessité de ne plus se laisser faire… seulement si elles parviennent à y trouver la force suffisante de quitter la relation, ce qui n’est évidemment pas toujours le cas. On voit ici l’association récurrente de la relation toxique à des chaînes dont seul une bonne volonté nous aidera à les briser ; une image libérale, en somme : la question complexe de la domination au sens très large est réduite à un rapport de soumission qui ne dépendrait au fond que des soumis ; c’est tout le propos de La Boétie dans son célèbre Discours sur la servitude volontaire : « ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Toute violence structurelle, tacite et donc invisible à l’œil nu est donc soit minimisée, soit niée, purement et simplement. Ceci peut s’expliquer par le fait que s’intéresser à la structuration de la domination en règle générale, c’est nécessairement sortir de toute considération morale primaire et binaire qui voudrait qu’il y aurait d’un côté, les gentils et de l’autre, les méchants ; c’est poser l’idée saugrenue mais tout à fait tangible qu’un dominant peut être lui-même dominé et qu’inversement, un dominé peut avoir des réflexes de dominant. Le fond de la question structurelle, c’est de décrire comment la domination – fût-elle capitaliste, raciste ou sexiste – s’articule dans la société, par quels moyens et possiblement dans quelles proportions. Pour le dire autrement : penser la domination, c’est mettre de côté une notion comme la « toxicité ».

      • #17425 Répondre
        Tony
        Invité

        Salut Nox tu peux nous faire un édito sur Edouard Philippe,un édito bien vénère où tu le démontes à coup de batte de baseball en lui rappelant toutes les mutilations des gilets jaunes et que ses problèmes de sourcil on en a rien à foutre!

      • #17427 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci beaucoup Nox.
        Tes éditos sont toujours aussi intéressants car ils nourissent notre réflexion, du débat et de la pensée sur la société, ses structures.
        Encore merci.
        Ayant vécu une relation de couple sous emprise et violence psychologique,cela me parle, ce que tu dis, décrit.
        Oui il faut une réflexion globale sur les structures de domination dans nos sociétés.

        • #17436 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Bonjour Sarah,
          Moi ça m’intéresserait que tu racontes. Si d’aventure tu en as envie.
          (Et sur ce sujet, tu as vu « Mon roi », de Maïwen?)

      • #17444 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        Vivement que tu nous démontre comment fonctionne la domination structurelle sexiste et raciste de la société Française.
        D’ailleurs si tu y arrives. Je t’offre une caisse de champagne.

      • #17456 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Merci, Nox, pour ce nouvel opus.
        Rassure-moi quand-même sur un point: tu ne jettes pas la maxime de La Boetie avec l’eau du bain?

        • #17461 Répondre
          Nox
          Invité

          Pas de quoi.
          Concernant La Boétie, la lecture de son Discours m’a juste un peu irrité et je serais donc curieux de savoir ce que toi, tu en gardes.

          • #17471 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Nox, pour te répondre au mieux j’aimerais que tu me dises ce qui t’a irrité dans ce Discours de la Boétie.

            • #17475 Répondre
              Nox
              Invité

              Bah… un peu ce que j’ai raconté dans mon dernier édito ; je trouve que La Boétie renverse les choses et fait peser la responsabilité de la domination sur les dominés et que sa notion de « servitude volontaire » est trop à charge pour être réellement crédible à mes yeux.

              • #17483 Répondre
                Jeanne
                Invité

                J’avais bien vu cet aspect dans ton édito mais je voulais être sûre que c’était à ça que tu associais La Boétie.
                Comment dire?
                Plutôt que de considérer « Le Discours sur la servitude volontaire » comme une réponse à la question: C’est la faute à qui, tout ça? , ne peut-on le lire comme une incitation à prendre la mesure de notre puissance? Qu’il s’agisse d’une puissance collective ou d’une puissance individuelle, et qu’il s’agisse d’une puissance potentielle ou d’une puissance effective.
                Attention, je ne suis pas en train de dire qu’en fait il n’y a pas de victime il n’y a que des mous du genou. Entends-moi bien. Ce que je suis en train de dire, c’est que dans certains cas (pas dans tous les cas) il est possible de faire un truc pour renverser ou esquiver ou absenter ou modifier le rapport de domination.
                Ou pour le dire autrement; dans certains cas, le rapport de domination se décline ainsi:
                Acte 1: Quelqu’un exerce sur moi une domination.
                Acte 2: Avant l’acte 1 j’étais debout, maintenant je me mets à genoux.
                Si l’acte 1 ne peut être évité, il arrive que l’on puisse s’abstenir de l’acte 2.
                Par exemple, un jour j’ai compris que dans le rapport de force avec ma hiérarchie, j’avais une force à exercer.
                Ca te parle, ce que je dis, ou pas du tout?

                • #17489 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Je vois tout à fait ce que tu veux dire : c’est une quête d’émancipation, en somme, ce qui me fait par ailleurs souvent ironiser en disant que les anars sont les seuls vrais libéraux, sur le plan philosophique. Cependant, mon cerveau a du mal à associer La Boétie à ça, surtout quand on sait que c’est un penseur du seizième siècle. Mais je te remercie pour avoir partagé ta perspective de la chose.

      • #17599 Répondre
        Claire N
        Invité

        « se déclarer à la fois victimes et en même temps rétributeurs, car désormais conscientes des signes qui ne trompent pas et d’une nouvelle nécessité de ne plus se laisser faire… »
        Oui mais Nox il existe des coatching payants pour se sortir de ce faux pas et entamer une bonne résilience sans vagues ; comment ne pas imaginer que cette conséquence inespérée du capitalisme ne lui profite pas ; le marché de la «  protection « 
        Ne se limite pas aux serviettes hygiéniques

        • #17603 Répondre
          Nox
          Invité

          Je crois que j’ai fini par saisir le fond de mon mépris pour la notion de résilience : elle isole des souffrances qui sont réelles en en faisant des petits bobos sur lesquels on aurait juste à appliquer du désinfectant et un pansement. Ce qui, au final, responsabilise encore plus les gens qui souffrent.

          • #17606 Répondre
            Ostros
            Invité

            C’est tout le principe du développement personnel. Dire aux personnes qui souffrent qu’elles sont responsables de leurs souffrances et de leur « mieux être ». Suffit de se donner la peine. De travailler sur soi. De sortir de sa zone de confort Et tout ira mieux.

            • #17607 Répondre
              Ostros
              Invité

              La résilience pouvant être encore plus malhonnête en cela qu’elle suggère que tous les traumas peuvent être dépassés or tu n’as pas le choix soit tu avances soit tu t’arrêtes. Et il y a dans son éloge le point vicié qui dit qu’étant résillient on est des héros de sa propre existence. Des modèles pour d’autres. Donc « merci mes blessures grâce à vous je me suis trouvé.e » ce genre de discours. Ce genre de cheminement intellectuel qui enterre toute capacité à raisonner ce qui nous a agressé à un moment dans notre vie. Tout raisonnement systémique.

              • #17610 Répondre
                Demi Habile
                Invité

                C’est stupide ce que tu racontes.

                • #17611 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Dit-il.

                  • #17612 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    Et bah écoute vas y explique, explique moi en quoi le fait de devenir le héros de sa propre existence serait incompatible avec le fait de raisonner ce qui nous a agressé à un moment dans notre vie.
                    .
                    Je vais chercher le popcorn.

                    • #17627 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      De raisonner de manière systémique.

                      • #17630 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Comme c’est surprenant, tu as oublié de produire l’explication demandé.

                      • #17631 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        << Il n’est jamais question des rapports sociaux et politiques dans le développement personnel, sinon pour s’en défier puisque c’est le royaume des masques et des convenances. D’où cette impression de réflexion purement personnelle et psychologique et donc dépolitisée. Cependant, le développement personnel instaure une vision de l’individu bien particulière. Celui-ci se pose face à la société en sujet autonome (donc qui se donne ses propres règles), flexible, résilient, adaptatif et capable de « gérer » ses émotions. D’ailleurs, il gère tout de lui-même comme un capital qu’il s’agit de faire fructifier au mieux. Tout cela afin de devenir une meilleure version de soi-même selon l’expression consacrée. Mais dans quel but ? Être heureux ? Peut-être. À supposer que les mêmes recettes fonctionnent pour chacun avec la même efficience, ce dont je doute.
                        .
                        Mais le principal fondement théorique du développement personnel est la psychologie positive. Et celle-ci ne prescrit pas d’aller bien, mais d’aller mieux. Or, on peut toujours faire mieux. Cette amélioration perpétuelle de soi-même est donc sans fin. De même qu’est sans fin l’implication exigée des salariés dans l’entreprise néolibérale. Comme le résume Eva Illouz : « Dans la mesure où les individus se convainquent que leur destin est une simple affaire d’effort personnel et de résilience, c’est la possibilité d’imaginer un changement socio-politique qui se trouve hypothéquée, ou du moins sérieusement limitée ». >>
                        .
                        https://elucid.media/societe/developpement-personnel-neoliberalisme-management-masque-rapports-domination-thierry-jobard/

                      • #17635 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci pour cet article D Xavier

                      • #17641 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Dr Xavier: Vous êtes vraiment cons dans le coin, c’est fou.

                      • #17670 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        « En définitive, on façonne un individu idéal, un salarié modèle qui, en cas de doute, portera l’interrogation sur lui-même et non sur l’organisation. »

                        C’est l’art du Boniment. C’est mensonger mais y’a du vrai. C’est pas faux mais c’est vraiment pas vrai. Bref, je t’embrouille sachant que je t’ai déjà bien embrouillé et une fois que je t’ai bien fatigué, que tu ne peux plus réagir, hop, je te vends ma camelote capitaliste et je te retire de la lutte collective en te faisant croire que seuls tes efforts personnels oeuvreront à TA « réussite »
                        Un sacré malin le Diable capitaliste, qui fait partout feu de tout bois. Il voudrait que l’on soit. à ça de jeter l’éponge: trop dur, impossible, c’est foutu, ils ont gagné, trop tordus, trop puissants, Rois de la Zizanie, de l’Entourloupe.
                        Mais on continue. On est loin, très loin d’avoir dit notre dernier mot

              • #17614 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui , finalement avec ce raisonnement vicié tu fini toujours par mériter ce qui t’arrives…

                • #17615 Répondre
                  Demi Habile
                  Invité

                  C’est vrai que c’est terrible de croire qu’on mérite ce qui nous arrive, c’est un coup à se tenir responsable et à se rendre compte qu’on a une prise sur son drame là où ne se voyait pas pouvoir faire mieux que subir.

                  • #17634 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    on vas équiper les camions de pompiers de coatch en développement personnel
                    Ça va être parfait

                    • #17636 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Remarque avec les numéros verts on est pas très loin de l’idée

                    • #17637 Répondre
                      Demi Habile
                      Invité

                      Pourquoi des coachs en développement personnel? Ma marotte c’est la psychanalyse.

    • #17528 Répondre
      Nox
      Invité

      Moi je dis, « on vaut mieux que ça »

      #OnVautMieuxQueÇa

      C’était en 2016 : un collectif de YouTubers plus ou moins intéressés par la chose politique s’était éphémèrement constitué en mouvement de jeunesse de gauche, dans la lignée des premières marches de Nuit Debout qui faisait face à une énième Loi Travail chapeautée par un certain Emmanuel Macron mais que Myriam El-Khomri – une des cautions « diversité » de la Hollandie et ministre du Travail à l’époque – avait marqué au fer rouge de son patronyme, dans une énième dynamique de fusibles à péter, ce qui est quand même une façon assez curieuse de mettre en lumière des représentant-e-s de minorités visibles dont la grande bourgeoisie raciste et misogyne a le secret. Ça, c’est pour le contexte général du hashtag servant de titre à mon nouvel édito. Quant à sa signification concrète, je compte bien la restaurer ici en rappelant en quoi non, la gauche radicale n’est ni utopiste, ni idéaliste, ni à côté de la plaque sur les potentialités subversives – et donc anti-capitalistes – qu’elle appelle de ses vœux depuis ses premiers balbutiements au dix-neuvième siècle. Je suis né en 1997. Je n’ai pas connu « le communisme qui fait peur » comme dirait l’autre, ni même la chute du Mur de Berlin, censée, avec la dislocation de l’Union Soviétique, parachever la « fin de l’histoire » telle que les libéraux cyniques et nihilistes se la préfigurent ; en d’autres termes, j’ai grandi dans une société où l’hégémonie des idées communistes et libertaires dans le champ intellectuel est encore plus anecdotique qu’elle pouvait déjà l’être au moment où les figures de la dénommée French Theory publiaient leurs travaux et faisaient régulièrement des conférences universitaires. Pourtant, il existe encore de gros conservateurs pour affirmer qu’en France, « la gauche est omniprésente » et que les services publics largement atrophiés par le capitalisme néo-libéral que nous connaissons actuellement en seraient une des preuves incontestables ; ce que Bernard Friot appelle par ailleurs, le déjà-là communiste. Cela voudrait donc dire que Bernard Friot et Éric Zemmour seraient d’accord sur l’omniprésence supposée de la gauche en France et en Occident ? Non, pour la simple et bonne raison que Friot évoque des conquis sociaux à étendre quand il parle de déjà-là communiste et que Zemmour évoque une France où la gauche aurait déjà gagné, en quelque sorte, opérant ainsi une inversion qui voudrait que le camp conservateur – objectivement écrasant en Occident – soit un camp de fiers résistants face à l’hégémonie indéniable du méchant gauchisme pédophilo-satanisto-LGBT-islamiste dans les quasi trois quarts du monde – selon ces gens, du moins. Après tout, comme l’a déjà professé le grand Julien Rochedy, le capitalisme n’est-il pas de gauche en ce qu’il alimente les besoins matérialistes des individus là où la droite entend plutôt les élever spirituellement et humainement ? Rappelons quelques bases : un des aspects fondamentaux du capitalisme, c’est l’aliénation qu’il exerce sur les sujets sociaux en leur prenant par exemple toujours plus de temps de travail et en en faisant des êtres obsédés par leur maigre subsistance primaire car en perpétuelle situation de survie physique, comme psychique. Ceci commence dès l’école ; les emplois du temps ont été méticuleusement pensés pour refléter le rythme hyper cadencé du monde du travail et pour faire comprendre aux gamins que « dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut et il faut se battre pour se faire une place » – ou comme les Américains le disent avec style, « sans pain, pas de gain ». En ce sens, à gauche, on croit en l’émancipation individuelle, au fait que les individus ont un potentiel vital bien plus grand que ce que le capitalisme entend leur offrir quotidiennement en présentant cela comme un moindre mal, à l’inverse des méchants soviétiques qui ont à eux seuls, tué cent milliards d’individus, notamment en faisant des voyages temporels un peu bordéliques pour soumettre les Romains, la Mongolie et le Japon féodal aux idées communistes. Chacun-e peut observer que dans sa vie, des espaces de vitalité persistent ; à nous de les étendre.

    • #17529 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Je me permets une petite correction : c’est « no pain no gain », pas de peine pas de gain.

      • #17536 Répondre
        Nox
        Invité

        C’est une boutade, Mme la bûcheronne. Comme dire la « langue de J’expire » ou « la vie est une plage ».

        • #17540 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Ah pardon.

        • #17544 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          dans le genre il y avait « le monde est un stage »
          traduction irréprochable de the world is a stage

          • #17549 Répondre
            Nox
            Invité

            « Le monde est un stage »… Ça se tient : beaucoup de sueur, de fatigue pour aucune rétribution derrière.

            • #17552 Répondre
              Jeanne
              Invité

              J’ai bien saisi vos références à Shakespeare et vos considérations sur les boulangers, mais je n’ai pas compris « La vie est une plage ».

              • #17554 Répondre
                Ostros
                Invité

                Life is a bitch

                • #17555 Répondre
                  Jeanne
                  Invité

                  Voilà, merci Ostros

    • #17534 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Le mantra d’Edouard Louis

      Je l’ai longtemps cru le mantra des boulangers. Pas de pain pas de gain. Mais c’était pas ça.

      • #17537 Répondre
        Nox
        Invité

        Pas de pain, pas de gain, c’est le mantra qui vient avant pas de bras, pas de chocolat.

        • #17547 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Pour les boulangers, ne serait-ce pas plutôt pas de grain, pas de pain.
          (Oui, je sais, la fiente de l’esprit….)

          • #17548 Répondre
            Nox
            Invité

            Je déclare ce forum pris en otage par les amateurs des jeux de mots, calembours et autres galéjades. Vive la France. Vive la Rire-poublique.

          • #17619 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Hélas Titouan, la fiente de l’esprit de ce gouvernement Max Ronds donne beaucoup de grains à moudre à nos boulangers et pour peu de gains🤷🏽‍♀️

      • #17582 Répondre
        Claire N
        Invité

        Il ne faut pas essayer de reproduire cela seul chez soi, ce sont des cascades réservées aux professionnels

        • #17588 Répondre
          Nox
          Invité

          Des cascades de rire, pour les petits et les grands.

    • #17559 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Pauvre Édouard Louis. Je pensais justement à lui ce matin. Pas de nouvelles. Aucun livre pour cette « rentrée littéraire. Rien

    • #17598 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ça nous manque

      • #17605 Répondre
        Graindorge
        Invité

        A moi non. Pas du tout. Les produits du produit Louis ne me manquent pas du tout.

    • #17671 Répondre
      Charles
      Invité

      Entretien avec François à l’université d’été de Révolution permanente : https://www.youtube.com/watch?v=mXW7Lj8a-d8&t=33s

      • #17672 Répondre
        Hami Debile
        Invité

        J’aurais préféré Mathieu Bellahsen.

      • #17747 Répondre
        Nox
        Invité

        J’ai converti l’audio de l’interview en mono, vu qu’en stéréo, on ne l’entendait que d’une oreille :
        https://voca.ro/1ghzL141N3X2

        • #17752 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci c’est cool

          • #17756 Répondre
            Nox
            Invité

            Pas de quoi.

    • #17755 Répondre
      Nox
      Invité

      Normies or not normies, telle est la question.

      Normies or not normies

      Je suis ce qu’on appelle un neuroatypique ; c’est un joli mot pour désigner les gens qui ont un ou plusieurs handicaps psychiques à gérer au quotidien. Évidemment, si le mot « neuroatypie » existe, c’est bien que son pendant inverse, la « neurotypie », existe tout autant. Pourtant, la notion de neurotypie emmerde plein de gens – notamment ceux qui sont adeptes des phrases à la «  »normal », ça n’existe pas » ou « on est tous un peu bizarres, au fond ». Je vais donc tenter d’éclaircir le brouillard qu’un terme comme neurotypie génère régulièrement en en disséquant le versant relationnel. En tant que jeune homme autiste, j’ai grandi avec des gens pour qui les sous-entendus, les coups bas et les suggestions infra-verbales en tout genre, ça fait partie du jeu ; ce ne sont pas des choses que l’on questionne ou que l’on remet en cause – il faut juste les intégrer, les comprendre et s’en saisir. Sauf que justement, s’en saisir, pour moi, ça n’a jamais été simple. Ajoutons à cela le fait que la langue française regorge de techniques et de subterfuges pour dire ce que l’on pense sans jamais à avoir à être frontal et franc, et vous avez là une enfance et une adolescence d’un gars qui a longtemps cru que tout un tas de gens l’appréciaient quand c’était le contraire qui était vrai et vice-versa. « Dire les termes », comme on dirait aujourd’hui, j’en ai été longtemps privé, tout en étant entouré de gens considérant que la franchise est souvent dangereuse et risquée. Le problème, c’est que ça n’est que comme ça que j’arrive à voir et à comprendre ce que les autres pensent et ressentent, et que donc, exiger systématiquement de l’honnêteté quand ça met mal à l’aise pas mal de monde, c’est souvent déplacé aux yeux des gens qui ont pu croiser ma route. Être neuroatypique tout en étant entouré de gens dits neurotypiques, c’est s’efforcer de jouer à un jeu dont on comprend que très peu les règles et qui en devient extrêmement frustrant, en conséquence. Au printemps dernier, quand je m’en suis pris au concept du safespace, il y avait quelque chose que j’avais du mal à verbaliser : au-delà de la crispation généralisée que je voyais à travers le principe… j’ai réalisé que la plupart des safespaces ont été pensés pour des personnes neurotypiques, c’est-à-dire des gens pour qui dire les termes est considéré comme « unsafe » et donc répréhensible. J’ai fini par comprendre que ces espaces ne valaient que pour des gens qui aimaient constamment marcher sur des œufs et que me concernant, ce mode de fonctionnement me rend schtarbé et aigri. Ce besoin de frontalité qui est le mien, je crois que les espaces militants, tout comme le tout venant que je peux croiser dans ma bulle sociale ont beaucoup de mal à le comprendre ; ça casse le cours normal des interactions spontanées qu’on a avec tout un chacun, ce qui fout la trouille, à un moment donné… ce que je peux comprendre. C’est ce besoin aussi qui me rend paradoxalement très hostile à des comportements très portés par une certaine introversion sociale – que je connais, étant à la base moi-même introverti –, dans la mesure où des jeunes gens introvertis qui ont beaucoup fait partie de mon entourage, ont toujours eu une fâcheuse tendance à couper tout lien au moindre malaise, sans jamais s’expliquer, ce qui m’a toujours plongé dans une spirale infernale d’acharnement contre moi-même, en finissant par m’auto-mutiler verbalement sans arrêt. C’est aussi pour ça que pendant très longtemps, le ghosting (le fait de ne plus du tout donner de nouvelles à une personne en ligne ou par messages) que j’ai vécu à de nombreuses reprises sur les réseaux, ça me rendait complètement malade et rempli de culpabilité incessante. J’apprends désormais à m’en foutre, mais c’est pas toujours évident. Je pense maintenant avoir donné quelques éléments généraux de ma neuroatypie et j’espère avoir été suffisamment clair sur ses spécificités et en quoi elle peut être souvent handicapante et difficile à vivre. Donc oui, les « normies » existent bel et bien, ça n’est ni une fiction, ni un fantasme. Tout comme les normes sociales.

      • #17764 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Bonjour Nox,
        La neuroatypie ça m’intéresse. Je te pose une question, mais peut-être jugeras-tu:
        1. Que cette question est hors-sujet.
        2. Qu’elle est intrusive.
        Ici tu décris ton accès limité aux sous-entendus (je résume), est-ce que tu observes d’autres caractéristiques de ton fonctionnement (d’autres aspects de ton autisme), soit dans ta relation avec les autres soit dans ta relation au monde physique ?
        Mon mari est aspie. Je l’aime, il m’énerve, je l’observe comme un petit oiseau sur sa branche (quelqu’un qui, par certains aspects, est tellement différent de moi que c’est comme s’il n’était pas de mon espèce), il a plein de difficultés (que l’on peut nommer aussi handicaps), à les affronter il déploie des grosses doses de colère et des grosses doses d’humour.

        • #17766 Répondre
          Nox
          Invité

          Salut Jeanne. Aucun problème avec ta question, j’y réponds : j’ai déjà mentionné dans d’autres textes mon hypersensibilité et le fait qu’en cas de grande nervosité, je n’ai plus d’empathie pour les autres ; ce que tu décris au sujet de ton mec me parle beaucoup d’ailleurs : je suis souvent énervé et j’aime beaucoup faire le con en blaguant un peu trop ; j’ai d’ailleurs une passion pour l’auto-sabotage et le fait de repousser les limites de la gêne quand je parle à des inconnus, dans certaines situations. Tout ça fait que même en couple, j’ai souvent besoin d’être seul pour faire abstraction de toutes les stimulations qui m’envahissent très vite – c’est un peu ça, mon « safespace » : la solitude.
          Si tu veux me relancer, n’hésite surtout pas.

          • #17840 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Merci Nox. C’est bien intéressant.
            Tu as été diagnostiqué? A quel âge?
            Je te suis complètement, quand tu soulignes que passer d’une appréhension péjorative (les autistes: ils sont bizarres) à une appréhension excessivement méliorative (ils ont tellement de talent) n’a pas de sens. A part peut-être la bonne intention qui sous-tend ça.
            Mon mari a des connaissances très poussées dans des domaines très précis (les fameux « intérêts restreints »), il fixe dans sa mémoire des trucs improbables, mais non il n’est pas Rain Man: il ne compte pas en deux secondes 400 allumettes, il ne me fait pas gagner au casino, c’est un gars normal, en fait, un gars à la fois anormal et normal.

        • #17773 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Salut Jeanne: pareil: si mes questions sont intrusives, passe stp
          je pense à Daniel Tammet. Il avait dit  » je ne veux pas être COMME les autres, je veux être AVEC les autres. » Est- ce que tous les autistes asperger ont des capacités hors du commun: apprendre très facilement des langues, hyper doués pour les mathématiques etc.? Est-ce que ce sont des parties du cerveau trop développés qui sont la cause ou/et conséquence que d’autres le sont/soient moins: maladresses dans le quotidien, difficulté à comprendre les blagues, les sous-entendus, difficultés à être simplement dans une rue avec le bruit des voitures, la foule etc.? Des espèces d’albatros comme dans le poème de Baudelaire  » ses ailes de géant l’empêchent de marcher »
          J’avais beaucoup aimé le passage de Daniel Tammet dans une émission On est pas couché: posé, tranquille, souriant. On voyait aussi de la nervosité contrôlée. Est-ce que tu es conseillé par des livres de professionnels sur l’autisme asperger ou dans une association ou autre pour pour t’aider? Par exemple s’il explose faire plutôt ci ou ça etc? Ou est-ce que d’un commun accord, aidé de votre amour, vous le vivez au jour le jour?

          • #17775 Répondre
            Nox
            Invité

            Je vais aller très vite : je me situe à contre-courant du paradigme de la « surdouance » qui transforme l’appréhension qu’on peut avoir de tout un tas de gamins autistes d’une appréhension péjorative (« ils sont bizarres ») à une appréhension excessivement méliorative (« ils ont tellement de talent !’) ; ce que je m’efforce de faire quand je raconte mon quotidien de mec autiste, c’est de rapporter avant tout du vécu, du matériau brut – et ça passe notamment par le fait de raconter ce qui bloque dans la neuroatypie et de rappeler que même avec toutes les gesticulations pseudo-inclusives du monde, cette séparation entre moi et les normes sociales (ou ce que je perçois comme tel) génère encore des difficultés auxquelles mon oreille musicale, ma propension à bavasser dans tous les sens et ma connaissance quasi-encyclopédique des Pokémon ne peuvent compenser.
            Donc la seule chose que je pourrais « prescrire » (n’exagérons rien) à toutes les personnes autistes, aux gens qui s’y intéressent et aux autres amateurs de « livres magiques pour comprendre la neuroatypie », c’est de juste raconter le quotidien d’une personne autiste, à quoi ça ressemble, en quoi ça consiste.

            • #17776 Répondre
              Nox
              Invité

              De raconter ou de recevoir le récit du quotidien d’une personne autiste, pour les gens qui ne sont pas directement concernés*

              • #17779 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                mais ne serait-ce pas à toi, Nox, de le faire?
                tu as tout : la plume, le plaisir d’écrire, la lucidité, le désir de justesse…. et la neuroatypie.

                • #17781 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  C’est précisément ce que je dis : je parle en tant que mec autiste et c’est mon quotidien de mec autiste que j’essaye de mettre en lumière quand j’aborde le sujet en question.
                  Maintenant, en faire un livre – si c’est ce que tu me suggères -, ça va me demander pas mal de boulot, et en même temps, j’adorerais parvenir à en pondre un de cet ordre : raconter mon autisme et comment par ailleurs, ça m’a poussé vers l’anarcho-individualisme car ayant une conscience de moi-même plus accrue que la « moyenne », histoire de livrer un récit d’une politisation qui serait autre que les récits de politisation qu’on aime bien cultiver à gauche – notamment à travers les grèves et les manifs.

                  • #17843 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    voilà un pitch bien appétissant

                    • #17853 Répondre
                      Nox
                      Invité

                      Affaire à suivre. Je pense que ça me demandera encore un peu plus de maturité ; j’ai découvert mon autisme à 23 ans et ça a rebattu les cartes de tout un tas d’aspects de ma vie intime que je n’avais jamais considéré à travers un prisme autistique.
                      Merci du soutien, en tout cas.

                      • #17880 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Est-ce que ce diagnostic à 23 ans a été déterminant dans ta vie depuis lors ou pas ?
                        J’ai déjà entendu des témoignages de neuroatypiques disant que le simple fait d’être « diagnpstiqué.e.s » avait changeait leur vie, et j’avoue être un peu sceptique quant à ce genre d’autobiographie (sûrement parce qu’elle me semble participer du paradigme psycho-thérapeutique dominant qu’évoque François dans Binements). Qu’en est-il pour toi ? Le diagnostic a-t-il coupé ta vie en deux ?

                      • #17881 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        « Diagnostiqué.e.s
                        Avait changé leur vie »
                        Et pour être clair, je veux dire que me semble douteuse l’idée que le diagnostic change la vie quotidienne de la personne (du moins pour des maladies ou troubles non sujets à traitement médicamenteux), analpgiquement au fait que me paraît fallacieuse l’idée du livre-réconciliation (tous ces lieux communs de type « écrire a été un moyen de survie » ; « ce livre m’a permis de faire la paix avec mon père »). Dernier exemple en date : Panayotis Pascot parlant de son bouquin sur Inter. Le point a été évoqué dans un autre topic à propos du contre-exemple Neige Sinno (dont je n’ai pas lu le livre). Cette vertu performative du mot est tout à fait discutable.

                      • #17884 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        ah la tournée médias de Panayotis, quel poème
                        pauvre garçon. si jeune et déjà si soumis

                      • #17887 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        En fait, ce qu’il faut savoir, dans mon cas, c’est qu’à 23 ans, j’en suis à ma troisième hospitalisation en psychiatrie et que j’ai déjà d’autres diagnostics sur la tronche comme un trouble anxieux ou de la bipolarité, ce qui fait que je sais déjà que je suis neuroatypique.
                        Ce qui change avec l’autisme, c’est que désormais, je peux voir tout ce que je percevais comme étant des « carences socio-relationnelles » comme étant des codes sociaux ayant toujours été hors de ma portée sans pour autant que ça soit de ma « faute », si j’ose dire.
                        Est-ce que ça a changé ma vie quotidienne ? Pas trop. Est-ce que ça m’a permis d’envisager la solitude autrement que comme une charge lourde à porter sur le dos ? Sans l’ombre d’un doute.
                        Par contre, est-ce que j’ai souvent le sentiment d’avoir perdu mon enfance et mon adolescence en ayant été privé longtemps de pouvoir dire « autisme » pour qualifier chacun de mes faits et gestes ? Oui.
                        Je vais donc dans ton sens, Titouan : un diagnostic n’est jamais une « libération » ou une « émancipation » pour qui que ce soit ; au mieux et c’est ce qu’on est en droit d’en attendre, il peut en émerger une clarification.
                        Il faudrait aussi insister sur le fait que la bourgeoisie moyenne raffole des diagnostics en tout genre pour leur progéniture dans une logique d’exceptionnalisme qu’on connaît bien chez ces gens : avoir un gamin diagnostiqué HPI par exemple, ça permet de se la péter et de s’imaginer qu’on a des gènes incroyables et géniaux et que donc, on méritera toujours plus d’être à la tête de l’échelle sociale que les autres – bref, du bon vieil eugénisme.

                      • #17888 Répondre
                        amour
                        Invité

                        Voilà qui est bien dit. Le diagnostic peut en effet aider. Nommer peut faciliter les mécanismes. quand je fais des entretiens socio, j’ai le plaisir de remettre en place les diagnostics posés par la médecine toute puissante.
                        C’est juste aussi que la bourgeoisie adore poser des diagnostics sauvages. Moi, j’ai été diagnostiquée bipolaire, alcoolique, connasse et j’en passe par des gens sur ce forum qui ne sont même pas médecins. Ils sont parfois romanciers ou je ne sais quoi. C’est facile de mettre les gens dans des cases, ça laisse plus de place pour faire grandir son patrimoine.
                        Tu écris bien Nox. Bonne route.

                      • #17938 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Merci pour tes précisions

                      • #17939 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Précisions imprécises, puisque dans son auto-diagnostic, amour omet de signaler qu’en cinq ou six ans de trollisme intense elle a insulté à peu près tous les individus attardés dans cet espace ou sa version antérieure. Me permets-je de t’informer, Titouan.

                      • #17946 Répondre
                        amour
                        Invité

                        Tu sautes encore sur tout ce qui bouge. Il me semble Que Titouan répond à Nox. Tu fais peine à lire. Occas, de te reprendre car toi et la justesse ça fait 15. Cinq ou six ans, tu es largement imprécis. Auto diagnostic, non non non, tu te méprends à nouveau. Il s’agit de TON diagnostic avec l’aide de tes petits copains qui te ressemblent sûrement. Dommage pour toi, Tu ne seras jamais juste.

                      • #17947 Répondre
                        amour
                        Invité

                        Et surtout je pense que Titouan, se fiche pas mal de tes complaintes et tes justifications à deux balles. On peut pas dire que tu es dans le réel toi.

                      • #18027 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        « Et surtout je pense que Titouan, se fiche pas mal de tes complaintes et tes justifications à deux balles. »
                        Titouan n’a pas besoin que tu dises ce genre de conneries en son nom.

                      • #18785 Répondre
                        amour
                        Invité

                        « Titouan n’a pas besoin que tu dises ce genre de conneries en son nom. »
                        Titouan veut dire inestimable, merci d’en apporter le démenti.
                        Ton intervention est d’une bêtise crasse et fort inutile.
                        Un peu comme toi.

                      • #18025 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Je remerciais Nox, non Louizz

                      • #17962 Répondre
                        amour
                        Invité

                        J’avais comme ça, une attitude très aimante sur tes textes, et quelque chose me posait question. Et c’est ça je pense https://www.youtube.com/watch?v=WWR22LAVyzw

                        A même moment, y a un bruit de dingue chez moi, tant je fais erreur

              • #17784 Répondre
                Graindorge
                Invité

                Merci Nox pour ton temps et pour ton témoignage
                Je trouve tes éditos de plus en plus clairs. Pour moi bien sûr qui ne suis pas une intello. Ce qui ne m’empêche pas d’être intelligente. L’inverse existe: des intellos très bêtes. Comme Bernard Henri
                Levy par exemple. Certains de tes éditos m’étaient hermétiques, touffus comme une jungle et puis PAF le soleil passe au travers et je comprends!

              • #17786 Répondre
                Graindorge
                Invité

                Peut-être un livre sous forme d’entrevue?
                Les questions/ réponses. Avec Jeanne qui vit avec un autiste? Ou ici, les volontaires intéressés t’envoient leurs questions et tu y réponds? Déjà avec tous les éditos partagés ici, y’a de la matière. Tu tries. + les questions. Et en prime une préface de Bégaudeau
                Allez Nox, plonge!

                • #17790 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  Bon. Pardon, pardon je ne peux parler à la place de F.B C’est mon enthousiasme qui m’a joué un tour.
                  Je croise les doigts pour ce beau projet Nox. Donne au monde ta beauté

          • #17848 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Graindorge, en répondant à Nox j’ai répondu à l’une de tes questions (celles concernant les capacités hors du commun).
            Concernant celle-ci: « Est-ce que ce sont des parties du cerveau trop développées qui sont la cause ou/et conséquence que d’autres le sont/soient moins: maladresses dans le quotidien, difficulté à comprendre les blagues, les sous-entendus, difficultés à être simplement dans une rue avec le bruit des voitures, la foule etc.? « , non la neurologie n’a pas établi ça. Je parle sous le contrôle de Nox. L’on ne sait pas d’où vient l’autisme. Ce n’est pas le premier, ce ne sera pas le dernier des mystères concernant le fonctionnement des cerveaux humains. Ou des esprits.
            Tu me demandes si je m’aide de livres ou de personnes tierces. J’ai écouté des podcasts et regardé des vidéos sur internet. Et non, personne ne vient nous donner de conseils ni faire la médiation entre nous. On s’est observés. Mutuellement. J’ai essayé de m’adapter à lui et il a essayé de s’adapter à moi. Il y a eu des moments chaotiques. Il y en a encore. Parfois il s’énerve. Parfois c’est moi. Parfois, quand on le sent (c’est un truc qu’il faut sentir) on fait ce truc magique: dire Pardon. Si on y regarde bien, notre couple n’est pas tellement différent d’un autre. On se connaît bien. On a beaucoup expérimenté ce que c’est que de se traiter avec douceur.

            • #17856 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Merci Jeanne.
              « Si on y regarde bien, notre couple n’est pas tellement différent d’un autre. On se connaît bien. On a beaucoup expérimenté ce que c’est que de se traiter avec douceur. »
              Je crois aussi que chaque histoire est unique. Nous on utilise le rire. Ou c’est plutôt le rire qui s’impose naturellement Après s’être chamaillé, on rejoue la scène Lui m’imite puis je l’imite. Pas après chaque chamaillerie mais ça arrive. Comme des miroirs et on rit. Ce qui nous empêche pas de continuer à nous chamailler de bon coeur
              On se dit Pardon aussi histoire de pas perdre notre place au Paradis. Sérieux, on se dit pardon parce qu’on aime pas blesser et c’est un Pardon très naturel aussi. Ça jaillit du coeur

              • #17866 Répondre
                Jeanne
                Invité

                Eh bien voilà, nous aurons échangé sur des petits trucs de couples. Ce forum sert à tout. Merci Graindorge.
                (Et oui chaque couple est unique).

      • #17814 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        « En tant que jeune homme autiste, j’ai grandi avec des gens pour qui les sous-entendus, les coups bas et les suggestions infra-verbales en tout genre, ça fait partie du jeu ; ce ne sont pas des choses que l’on questionne ou que l’on remet en cause – il faut juste les intégrer, les comprendre et s’en saisir. Ajoutons à cela le fait que la langue française regorge de techniques et de subterfuges pour dire ce que l’on pense sans jamais à avoir à être frontal et franc, et vous avez là une enfance et une adolescence d’un gars qui a longtemps cru que tout un tas de gens l’appréciaient quand c’était le contraire qui était vrai et vice-versa. »
        Ça m’intéresse beaucoup ça, je serais très intéressé de lire des exemples/situations concrètes. Aussi, est-ce que ça s’étend aux relations purement épistolaires, comme par exemple sur un forum, ou un groupe Whatsapp entre connaissances/amis, etc. ?
        (PS mineur – Concernant la pratique du ghosting, je crois ne rien t’apprendre et ne pas te consoler en disant qu’il semble que ce soit généralisé, et que personne n’y est totalement indifférent)

        • #17816 Répondre
          Nox
          Invité

          Je suis un enfant des forums aussi, donc c’est encore pire dans ce genre de contexte, puisque je ne vois pas les gens et je sais encore moins ce qu’ils pensent.
          Dans la « vraie vie » et notamment à l’école, beaucoup de gens pouvaient traîner avec moi en faisant semblant de m’apprécier, puisque je filais souvent des bonbecs, des crayons de couleur, des feuilles doubles, que j’ai toujours eu une bouille de « gentil » et aussi accessoirement parce que j’ai le même prénom qu’un certain Zizou.
          Concernant mon rapport aux filles, j’ai beaucoup galéré à voir les malaises que je pouvais générer en disant à des filles qu’elles me plaisaient, sans voir que beaucoup se sentaient comme endettées envers moi et ne savaient pas me rembarrer directement parce qu’étant justement un « gars gentil ».

      • #17851 Répondre
        Claire N
        Invité

        « on est tous un peu bizarres, au fond”. »
        Sous entendu, tu pourrais faire un effort pour être
        Normal puisque nous on y arrive
        Oui ça doit être énervant
        Et je comprends encore mieux que les safe Space feutrés de nons-dis ait pu te faire tilter

        • #17855 Répondre
          Nox
          Invité

          Ce discours est d’autant plus répandu dans des contextes dits « safe » où il est admis que comme on se trouve dans un groupe de « weirdos », on n’a plus d’excuses pour être « unsafe », vu qu’on se considère tous ensemble comme des galériens, tout ceci liquidant toute individualité sur l’autel de la « cohésion » que je déteste en ce qu’elle se met toujours en place au détriment des individus – a fortiori des individus emmerdeurs dans mon genre qui ne se laissent pas embarquer dans des aventures collectives uniformisantes et autoritaires. En dernière instance, oui, je considère que la culture du « safe », prise comme élément cherchant à supprimer tout heurt, toute discorde et toute altérité, ça a quelque chose de très rétrograde et de fait, autoritaire, ce qui paraît contre-intuitif si on se réfère aux gens qui revendiquent le plus le « safe » et l’inclusion, sur le plan politique – la gauche morale, pour ne pas les nommer et qui, même si François la considère comme épiphénoménale, dans mon cas, elle m’a constamment barré la route, parce que m’étant majoritairement politisé en ligne et je vois d’autant plus que les quelques gauchos que j’ai pu rencontrer sur mon campus sont quand même pas mal habités par les « méta-discours » et que peu sont réellement capables d’articuler leur vécu avec leur sensibilité politique, considérant les idées de gauche comme « bonnes en soi », sans se poser davantage de questions.
          De toute façon, c’est foutu : je suis un boomer précoce et les jeunes militant-e-s de gauche que je croise en ligne, comme sur le campus me rendent souvent réac et arriéré, parce que me sentant à des années lumières de leurs préoccupations immédiates.

          • #17858 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui , c’est pour ça que ton histoire de l’autisme comme «  préoccupation immédiate «  qui mène à des affects anarchistes m’intéresse rudement

    • #17794 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Evites nous un livre médiocre Nox
      Ta prose est bonne mais,
      Tu n’as pas assez vécu pour écrire.
      Ca se sent.

      • #17796 Répondre
        Graindorge
        Invité

        C’est un écrivain qui le lui a suggéré Ludovic

        • #17797 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          Il est trop théorique, pour un bon livre il faut un truc quasi charnel.
          Pour ça il faut avoir vécu des bonheurs, des malheurs en nombres suffisants
          Je t’embrasse toi, j’espère que tu vas bien.

          • #17802 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Il écrira son livre en partie grâce à toi donc Eh, eh!
            Je vais bien. Très bien même. Merci de demander.
            On a perdu Elena, compañera du marché 50 ans Cancer. Elle laisse un mari et 2 enfants 11 et 14 ans.
            J’espère que tout va bien pour toi aussi. Pour l’âge de Nox  » la valeur n’attend pas le nombre des années »

      • #17798 Répondre
        Nox
        Invité

        Mon esprit de contradiction meurt d’envie de pondre un livre que tu trouveras profondément merdique.

      • #17799 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Bonne définition de l’acte d’écrire, Ludovic. S’éviter et éviter aux autres un livre médiocre, impératif catégorique reformuler à chaque phrase, paragraphe, partie. En revanche cette notion de vécu est un lieu commun. L’expérience est faussement attachée au temps long quand c’est l’intensité de la vision et de sa restitution qui importe ici. L’écrivain ne doit pas être expérimenté pour écrire; il nous fait participer de la puissance de son expérience. Cela se tente et Nox devrait.
        Mais je suppose que tu voulais simplement être méchant.

        • #17800 Répondre
          Nox
          Invité

          J’abonde en précisant que je trouve le « nous » de Ludovic curieux dans la mesure où ce forum est très marqué à gauche et qu’il s’inscrit en faux face à une telle sensibilité politique.
          Une nouvelle illustration de l’incapacité des droitos de simplement dire « je » par peur de réaliser que leurs positions ne tiennent souvent qu’à eux et à personne d’autre.

          • #17818 Répondre
            Jacques
            Invité

            C’est pas un mec de droite : Ludovic Bourgeois = charivari = Louizz = amour = tous les pseudos bidons qu’elle prendra sans duper les œils exercés à son écriture indigeste.

            • #17837 Répondre
              amour
              Invité

              Jacques a dit de la merde, car Jacques a de la merde dans les yeux. T’inquiète pas, tu n’es pas seul.

    • #17859 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Bha non tjrs eu le même blaze.
      Pas de droite, contre la politicaillerie, le veaute et la democrassie
      L’oxy-dent ne tient que parceque la finance mondiale, les marchands du temple balance des tonnes de cash, la dette à intérêt.
      Sans ça, pas de retraite, pas de salaire de fonctionnaire, pas de caf, de sécu.
      __
      En échange y’a un programme éco, sociétal, racial
      N’importe quel parti serait un truc canada-dry à mon sens qui ferait des mesurettes pour faire style
      Le veaute aurait juste un effet psychologique racial sur le camp qui l’emporte.
      Même une revolution islamique serait un truc de facade, dans la rue, mais bon sans la caf, on va pas se mentir hin. Donc ça se soumettra eco et dans le programme global profond
      __
      On sauve son âme, on sauve son sang, on fait des communautés d’amitié, on se soumet pas aux conneries, on va au paradis : ma seule « politique »
      __
      Et après l’avenir à 50 ans, bha qui vivra verra, ou qui vivra pas, verra pas. Pour moi y’a qu’un dernier rempart contre Satan, c’est la Russie (Serbie, Hongrie relativement). C’est le seul pays qui a comprit, pour ça que je m’y suis rapproché pour le moment en ue.
      __
      Pour moi, vous etes juste des anti-blancs ou des soumis qui masquent ça par un jargon d’Egyptologie
      Vous avez rien à dire, vous parlez pas vrai, vous renoncez, vous bavassez, vous bavez
      Vous etes des clowns. J’ai aucun respect pour vous.
      Après j’avoue, en raie-publique tout est bouché, c’est des chiottes bouchés

      • #17867 Répondre
        Nox
        Invité

        À chaque fois que tu précises tes positions, je me dis que décidément, chaque moquerie directe ou indirecte de ta part devient un compliment. Ça booste l’ego. Je t’en remercie.

        • #17904 Répondre
          Nox
          Invité

          Mais dis donc Jamy, c’est quoi une norme sociale ?

          Weird normies

          Dans l’épisode précédent, je me suis arrêté à la question des normes sociales en me contentant de rappeler leur existence sans m’en expliquer davantage. Je vais rectifier le tir ici, en étant un peu scolaire, comme à mon habitude : c’est quoi, une norme sociale, au juste ? Afin de répondre à cette question, il faut rappeler le cadre social dans lequel nous sommes : nous vivons dans une société capitaliste néo-libérale, c’est-à-dire une société qui érige la maximisation des profits économiques en valeur suprême, en méprisant tous les corps sociaux qui voudraient y contrevenir – les services publics, notamment. Ça a l’air très sommaire, dit comme ça, mais ça a des répercussions immédiates sur la manière dont les institutions de notre société sont pensées et régies ; l’école subordonne davantage l’enseignement aux attentes du marché du travail, l’hôpital compte de plus en plus les entrées et les sorties de leurs patients en les filtrant de plus en plus et les aides sociales ne sont plus traitées comme telles mais comme un « encouragement à la réinsertion socio-professionnelle », aux yeux des gouvernements successifs. En examinant mon propre cas, j’ai été élevé par deux parents algériens qui ont toujours considéré que l’école était la voie royale de l’insertion sociale – peu importe sa nature –, ce qui fait que j’ai joué le jeu, j’ai bien travaillé à l’école, j’ai rendu d’excellentes notes et quand c’étaient des notes moyennes, voire mauvaises que je rapportais à la maison, je me faisais réprimander et je chialais bien comme il le fallait, car ayant bien mérité de me faire gueuler dessus par mes parents. Voilà ici un bel avatar de ce à quoi peut ressembler une norme sociale : l’assiduité à l’école. Celle-ci ne se négocie pas ; sinon, avertissement de comportement et de travail au prochain conseil de classe ; car oui, être assidu à l’école, c’est à la fois bien travailler et bien se comporter, et par conséquent, obéir au règlement intérieur. Le règlement intérieur non plus, ne se négocie pas ; qu’ils le comprennent ou non, les élèves doivent le respecter sans discuter. Si je m’attarde à ce point sur l’école – une fois de plus –, c’est parce que je pense que c’est bel et bien là qu’on y découvre le mieux la réalité des normes sociales, en particulier celles du monde du travail : se tenir droit, ne pas parler trop fort, bien travailler, bien obéir, avoir une tenue convenable, être poli, ne pas dire de gros mots, ne pas se plaindre, être ponctuel, ne pas tomber malade, ne pas être absent, ignorer la fatigue… bref, être un gentil toutou du Grand Capital. Ça se répercute aussi au niveau du rapport au genre : dans la cour de récré, les filles jouent plus souvent à la marelle, tandis que les garçons préfèrent les billes et les cartes Yu-Gi-Oh et les enfants s’écartant de telles normes sont souvent jugés bizarres – c’était mon cas à sept ans en CE1 quand j’essayais piteusement de jouer à la corde à sauter avec les « pouilleuses de la classe », par dessus le marché. J’avais aussi le malheur de ne pas aimer le sport, activité ô combien virilo-centrique à l’école, et grâce à laquelle les gosses wesh-wesh décrochent des notes excellentes, car se faisant globalement chier dans toutes les autres matières, contrairement à moi qui n’attendais que le retour de ces dernières pendant les cours d’EPS, trois fois sur quatre. C’est aussi à l’école qu’une autre norme sociale m’a sauté aux yeux : la grégarité ; il faut être capable de se faire plein d’amis, d’être une espèce de meneur de groupe, faute de quoi, on est vite traité soit en tant que soumis, soit en tant que fantôme. J’aurais voulu être un fantôme, pour ma part. À cause de l’école, j’ai longtemps considéré la solitude comme une anomalie, quelque chose à fuir par tous les moyens, quitte à verser dans la haine de moi-même pour me faire des potes. Toute ma scolarité, l’adversité à laquelle j’ai fait face était soit normalisée, soit minimisée par mes profs, comme par mes parents, donc je finissais toujours par croire que tout ça, c’était dans ma tête. Voilà la puissance insoupçonnée des normes sociales : même les weirdos dans mon genre sont toujours contraints de s’y soumettre. De gré ou de force.

          • #17919 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            Je suis sur que François va avoir une demi molle en te lisant chouiner sur le règlement intérieur. C’est son truc ça et c’est marrant de penser que vous vous imaginez être hautement subversif alors que tout indique que vous êtes des passionnés de soumission. C’est ça ou alors François doit être un peu autiste sur les bords. A voir.

            • #17920 Répondre
              Nox
              Invité

              T’as l’air intéressé de l’état actuel de ses érections, te concernant.

              • #17921 Répondre
                Demi Habile
                Invité

                Et donc, c’est un problème que je puisse m’intéresser à la vie du groupe?

                • #17922 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Pas de kinkshaming ici. Tu as le droit de t’intéresser aux zizis de qui tu veux. C’est un safespace.

                  • #17923 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    Au sujet de safespace je me souviens d’un épisode de South Park. Une fête safespace avec des biscuits, du jus de fruits, des gens gentils. Tout d’un coup quelqu’un surgissait qui fichait le bazar, renversait le buffet et les meubles. A la fin l’on apprenait que ce perturbateur avait un nom et que ce nom était :
                    Le Réel.

                    • #17925 Répondre
                      Demi Habile
                      Invité

                      T’as le nom de cet épisode de South Park? Parce que j’ai envie de le voir.

                      • #17930 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Non mais c’est facilement trouvable.

                      • #17942 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Je vais voir ça alors.

                  • #17924 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    Et sinon, on parle de ton impuissance à dire merde à la norme pour t’assumer tel que tu es ou alors on fait comme si on ne voyait pas le rapport avec le message auquel je réagissais?

                    • #17926 Répondre
                      Nox
                      Invité

                      « Impuissance », « demi-molle »… ça va de pire en pire.

                      • #17927 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Bon, c’est pas tout ça mais j’ai pas vraiment envie d’être ton sexothérapeute. Je te souhaite une bonne fin d’après-midi et un bon week-end.

                      • #17928 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        C’est sûr qu’avec une répartie aussi pétée ça devait pas être facile de subir les assauts du groupe.

                      • #17929 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Merci de ta compassion. Bon week-end.

                      • #17945 Répondre
                        Demi Habile
                        Invité

                        Il n’y a pas de quoi.

          • #17957 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Merci Nox, la norme évoquée au sujet de la position sociale de l’élève parmi ses pairs m’évoque cette lecture de Lordon sur la « ruée » de toustes sur les réseaux sociaux comme « déchaînement généralisé des luttes pour exister, c’est-à-dire pour faire reconnaître sa propre valeur. »
            .
            « On serait tenté de dire que c’est une ruée adolescente, mais au sens suivant de l’adolescence : comme l’âge douloureux de la découverte des enjeux de la reconnaissance sociale sans les moyens de la reconnaissance sociale. Si les parents sont la toute premières source de cette joie qui vient nous affecter d’une joie accompagnée de l’idée de nous-mêmes comme cause, il entre dans le développement psychique de devenir capable d’aller chercher ces joies dans des sources de plus en plus éloignées du foyer parental de la prime reconnaissance, de plus en plus abstraites aussi : l’instituteur, les amis, les professeurs, d’autres adultes, les collègues, les chefs, et puis des prospects de plus en plus lointains des groupes, jusqu’au désir de conquérir l’instance suprême, et suprêmement abstraite, de la reconnaissance : l’opinion c’est-à-dire la multitude des inconnus, dont on va se faire asymétriquement connaître. Sorti du foyer parental où la reconnaissance est en principe pré-acquise, et comme toujours-déjà gagnée (en principe…), toutes les étapes ultérieures nécessitent de satisfaire une économie générale de la reconnaissance où, roi-naufragé mis à part, on n’a rien sans rien. L’adolescence se définit alors comme cet âge où l’on est conscient de l’impératif d’avoir « quelque chose » à faire valoir alors qu’on n’a rien, impératif d’avoir fait quelque chose alors qu’on encore rien fait – parce qu’on n’a encore rien eu le temps de faire. L’obligation, clairement aperçue, de l’«accomplissement » quand on n’a encore rien accompli est l’une des douleurs de l’adolescence, qui ne peut se résoudre au temps long et cumulatif des accomplissements, et se précipite alors dans la frénésie d’une sorte d’accumulation primitive, gouvernée par des investissements à temps de retour aussi court que possible : typiquement le « coup d’éclat», l’ « exploit», la prise de risque spectaculaire qui paye aussitôt. »
            (La condition anarchique, pp.152-153)

            • #17972 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Merci pour cet extrait de Lordon, ça me fait bien réfléchir dis donc.

          • #17959 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            L’objectif de ce formatage est la compétition : l’achèvement de la pensée droitière du tous contre tous. Tu parles de la fabrique des premiers de cordée amenés à diriger les derniers qui, beaux joueurs, tentent de se fondre dans la masse des dociles trimardeurs.
            Il est donc assez normal (desolé pour le mot) que ton expérience t’ait poussé politiquement vers la gauche où, en théorie, la compétition se voit remplacée par la coopération.
            Et il est assez agaçant de voir le vocable de la coopération récupéré par le monde marchand qui le détourne à des fins de propagande compétitive (je pense à l’exemple donné dans Un enlèvement, sur le club pour enfants dans lequel s’opère une opposition de façade entre la pédagogie soft et les attentes productivistes du narrateur, mais il y en a sûrement ailleurs dans l’œuvre de François – probablement Boniments).

          • #17964 Répondre
            Claire N
            Invité

            Peut-être que tu peux avec Jeanne me répondre
            – je trouve très rassurant moi d’avoir en face quelqu’un qui dit la vérité
            C’est même selon moi une base nécessaire pour l’amitié et l’amour
            Mais l’un et l’autre semblaient évoquer des choses
            Plus difficile avec les gens qui vous aiment
            Ça peut vraiment blesser quelqu’un de ne pas avoir les codes sociaux ?
            Qui est le plus déficitaire celui qui les applique sans les voir ou celui qui ne les voit pas ?

            • #17965 Répondre
              Claire N
              Invité

              Je pose cette question parce que moi c’est le » problème «  inverse
              Je ne les vois que trop et ils ne «  cachent «  rien
              De fait ; et ça me dérange cet artifice
              – le roi est nu de toute façon

              • #17970 Répondre
                Jeanne
                Invité

                « Qui est le plus déficitaire: celui qui les applique sans les voir (les codes sociaux) ou celui qui ne les voit pas ? »
                Voici une question bien intéressante, Claire. Une question dont la réponse est quand même: celui qui ne les voit pas.
                « Je trouve très rassurant moi d’avoir en face quelqu’un qui dit la vérité. C’est même selon moi une base nécessaire pour l’amitié et l’amour. »
                Je suis d’accord avec toi. Et cette propension à dire la vérité, chez l’homme qui partage ma vie, a fait partie des choses qui m’ont plu chez lui. M’ont plu d’autant mieux que dans son cas (et peut-être parce qu’on s’est rencontrés quand on avait déjà un peu d’âge) ce n’était pas trop prononcé: mon mari demeure capable, dans certains cas, de dissimuler la vérité. De fermer sa gueule. Ce qui est un bonheur complémentaire à celui de dire tout ce qui est.
                (J’espère que je suis claire, Claire).
                Le propension, chez les autistes Asperger, à dire la vérité, va de pair avec une certaine incapacité (ou une capacité réduite) à gérer leur image sociale. Ils ne savent pas bien se fabriquer un personnage social. C’est pas leur truc. Du coup ils s’occupent d’autre chose. Par exemple de regarder le monde, la vie, les gens, les situations, et ensuite de dire ce qu’ils voient. Enfin leur difficulté à se valoriser socialement, si elle les fait souffrir, génère aussi chez eux une forme de liberté: puisque de toute façon ils ne correspondent pas aux standards, ils renoncent à cette perspective et s’autorisent des choix, des pensées, que quelqu’un d’autre à leur place aurait réfrénés. Ils pensent au gré de là où leur pensée les emmène. (Non ce n’est pas donné à tout le monde).
                Tu demandes aussi « Ca peut vraiment blesser quelqu’un de ne pas avoir les codes sociaux? ». Je ne sais pas si je formulerais la problématique en ces termes. Et plutôt que de répondre abstraitement, je vais te donner un exemple.
                Mon mari, comme la plupart des autistes Asperger, parle aux gens sans presque les regarder. Il a son regard sur le mur, derrière toi, à gauche, à droite. Et toi, à moins de:
                1. Savoir qu’il est Asperger. (Mais ni lui ni moi ne le hurlons sur les toits).
                2.Te souvenir que les Aspies sont comme ça: ils ne regardent pas.
                3. Te souvenir que ce n’est pas de leur faute, tout ça tout ça.
                A moins de ces trois points, ton cerveau te dit: « Ce gars ne me prête pas attention, c’est un manque de respect ». Et ça t’énerve.
                Il arrive à mon mari de parler aux gens en leur tournant le dos, ou en partant dans le couloir et fermant la porte derrière lui (la fin de sa phrase, alors, se perdant quelque part dans l’espace intersidéral).
                Encore maintenant je dois travailler sur moi pour que ça ne m’énerve pas.

                • #17975 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Coucou Jeanne, mon parrain est lui aussi Asperger, il aurait dû se marier cet été mais sa compagne a annulé le mariage, je n’ai pas tout les détails mais par rapport aux interactions sociales à ce moment là, il devenait insupportable, invivable.
                  Au début il était en colère contre elle, contre son autisme et contre lui, petit à petit il a compris.
                  Est-ce que toi aussi par rapport à ton futur mari à l’époque, toi aussi tu t’es posée la question, la peur, tout ça tout ça.?
                  Si c’est trop perso, réponse par mail.

                • #17976 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Je te remercie Jeanne ,
                  J’aime bien la douceur de tes explications

                • #17983 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Puisque tu disais « parler sous mon contrôle », il faut savoir que ce que tu racontes sur le TSA (Trouble du Spectre Autistique ; appellation conseillée pour l’autisme, vu que Hans Asperger a un peu été « cancel » car on sait qu’il aurait livré au moins 800 enfants diagnostiqués « autistes » aux psychiatres nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale pour finir vivisectionnés avec leurs cerveaux placés dans des bocaux, post-mortem) s’applique que si on parle de gens qui n’inhibent pas leurs symptômes. En l’occurrence, dans mon cas, j’ai toujours été très expressif et désireux de m’intégrer dans des groupes, à l’école ; ce que je dis est encore plus vrai concernant les femmes autistes : notre société considérant déjà la retenue et l’inhibition comme étant des traits féminins « importants » ou « nécessaires » – patriarcat oblige -, les femmes autistes s’intègrent en moyenne mieux dans les contextes de sociabilisation comme à l’école ; elles passent en tout cas relativement « inaperçues ». Il y a donc une grande sous-estimation de la place de l’autisme chez les femmes à cause de tout ça.
                  Une des autres raisons pour lesquelles l’autisme est si dur à appréhender, c’est que comme le sigle TSA l’indique, l’autisme, c’est un « spectre » très large pouvant parcourir différentes difficultés cognitives, sociales, émotionnelles et obsessionnelles.
                  Donc c’est toujours un peu risqué de dire « les autistes font ci » ou « les autistes font ça.
                  Ce qui est certain, c’est que la question de la neuroatypie autistique n’intéresse la bourgeoisie que si ça permet de mettre en valeur des traits extrêmement positifs comme le fait d’être très passionné par un domaine, d’offrir des performances exceptionnelles dans le même domaine et en gros de donner l’impression que derrière tout ça, ça n’est pas tant un handicap qui est visible, mais un « atout supplémentaire / singulier ».
                  En dernier lieu, il faut savoir que les signes de l’autisme évoluent toujours un peu avec l’âge et en fonction de l’état actuel de l’insertion sociale des personnes autistes ; comme dans tous les domaines, l’autisme est plus difficile à vivre quand on vient des classes populaires car en plus de se traîner du seum de prolo avec soi, il y a en moyenne plus de difficultés à « être pris en charge » et voir ses troubles reconnus comme tels ; pour le dire plus simplement : l’autisme est plus facile à vivre chez des classes sociales où l’adversité matérielle immédiate n’est pas flagrante parce que ça fait un poids en moins à avoir à gérer dans la conscience d’une personne autiste. Et puis encore une fois… les bourges adorent la neuroatypie ; on les croirait au zoo, en face d’elle.

                  • #17991 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    Je savais que le syndrome Asperger avait été retiré du DSM, mais j’ignorais ce que tu dis là sur le psychiatre Hans Asperger.
                    « c’est toujours un peu risqué de dire ‘les autistes font ci’ ou ‘les autistes font ça’. » Oui bien sûr. J’ai été trop généralisante, c’était pour aller vite.
                    Mon mari vient d’une famille plutôt bourgeoise, d’une bourgeoisie récente. Moi aussi je peux me qualifier de bourgeoise. (Bourgeoisie plus ancienne). Quand j’étais petite je ne le savais pas, mes copines filles de secrétaire et vendeuse de chaussures avaient des cadeaux plus gros que moi. C’est petit à petit, que j’ai identifié ma place dans la société.
                    (Personne ne sait pourquoi je te raconte ça, même pas moi).

                    • #17994 Répondre
                      Jeanne
                      Invité

                      Dans le genre bourgeois, mes grands-parents maternels ont fait preuve d’un peu d’originalité: ils ont fraternisé avec les fellaghas pendant la guerre d’Algérie (ils étaient là-bas).
                      Dans le genre bourgeois, mes grands-parents paternels n’ont fait preuve d’aucune originalité. En 1944 mon père, 5 ans, n’a pas eu le droit d’aller regarder à la fenêtre les alliés triomphants (d’où l’on voit que l’appart de mes grands-parents donnait sur les Champs-Elysées) parce que ceux qui défilaient là étaient « des bandits ».
                      Mon père et ma mère, dans les années 70, sont repartis en Algérie. Pieds rouges. Maman parle arabe parfaitement. Avant cela, aux défilés de 68, Papa s’était fait un peu taper par la police.
                      Voilà pour ma généalogie.

                      • #17997 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Une des choses que je retiens de mon grand-père maternel, directeur de mine à Constantine, c’est qu’il avait monté tout un projet pour partager les bénéfices avec ses ouvriers.
                        Bon ça ne faisait pas de lui un révolutionnaire ni un Friotien avant l’heure.

                      • #17998 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Si le projet de partage des bénéfices a pu se concrétiser, ça a fait de lui un brave homme

                      • #18002 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Et bien sûr si le projet de partage des bénéfices ne s’est pas concrétisé, il aura au moins essayé donc ça reste un brave homme qui a eu de bonnes intentions louables

                      • #18115 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        A toutes fins utiles je précise que mon appartenance familiale (ou sociologique) à la bourgeoisie, bien entendu je ne la revendique pas. Ni ne la déplore, du reste. Juste je la constate.
                        Et aussi que ces posts visaient à donner un peu de concrétude au personnage numérique que je suis ici. A compenser, donc, à augmenter un peu, la dimension virtuelle du truc.

                      • #18206 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Il faut bien naître quelquepart. L’essentiel c’est qu’avant de partir je puisse me dire: bin écoute, tu as fait ce que tu as pu.
                        Cette histoire d’enfant de bourgeois ou enfant d’ouvriers. Cet été tu n’étais peut-être pas là Jeanne. On parlait des voyages et à un moment j’ai dit que ma meilleure amie, issue d’une grande famille bourgeoise de Lima était bien plus révolutionnaire que moi. Et pour beaucoup de choses qui ont trait simplement à des qualités de bonté, de lucidité, de générosité etc ; la fille de commerçant puis d’ouvrier que je suis ne lui arrive pas à la cheville. On est toutes les 2 très loin de ces différences là. Lorsqu’on se voit et qu’on parle ce sont 2 âmes incarnées qui communiquent et qui avancent. Moi j’adore manger avec les doigts le poisson, les frites, la pizza, les figues et tous les fruits et la socca! La socca!!! À Nice, je l’ai emmenée Chez Pippo, spécialités niçoises. Aucun couverts. Elle s’est levée avec sa grâce de bailarina pour en demander… y’en a pas madame. Aux toilettes où on est allées se laver les mains, elle m’annonce la nouvelle avec un ton! Des yeux! « tout ici doit se manger avec les doigts! » « ceux des mains, amiga, ceux des mains… » Avec index pointé : pissaladière, pizza, LA SOCCA, la tourte aux blettes. Juste des couteaux pour couper en parts et des petites cuillères pour le café. Alors? Handicapée sans ta fourchette? Hihihi…

                      • #18211 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Oui Graindorge, j’utilise des fourchettes, et pour les sushis des baguettes.

                      • #18218 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Eh voilà! Tu m’as comprise. Et la vie est belle! Nous avons passé un très bon moment Chez Pipeau
                        Et Jésus était fils de charpentier, il mangeait sûrement aussi le poisson avec les doigts et Il a fait un bon boulot.

                      • #18220 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        À toutes fins utiles chère Jeanne je clarifie que la question « Alors? Handicapée sans ta fourchette? » était bien évidemment adressée à ma meilleure amie. On en a ri.
                        Petit potin: mon collègue mange TOUT ou presque avec des baguettes. Lorsque nous étions en France, dans la ferme-restaurant où il était jardinier, un client chinois est resté bouche bée en le voyant manger des petits pois avec ses baguettes!

                  • #18014 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    « les bourges adorent la neuroatypie »
                    Oui j’ai remarqué cela aussi, peut-être plus avec la mouvance HPI comme tu le soulignais précédemment
                    Mais bon c’est pratique tu peux acheter le kit d’élevage qui va avec ton nain
                    Y a même des booster

                    • #18020 Répondre
                      Demi Habile
                      Invité

                      La mouvance HPI? Parce que le surdoué est neuroatypique lui aussi?

                    • #18030 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Peut-être que la bourgeoisie est toute en «  potentialité «  je suis pas certaine qu’elle investisse sur le déjà la

                      • #18116 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        Pas sûr que les bourgeois soient dans la potentialité. Dans HPI ce qu’ils aiment c’est HI.
                        Mettons que tu sois un pauv’looser qui pose problème au corps enseignant ainsi qu’à tes parents, qu’un jour tu fasses un test QI et que t’exploses les compteurs. Passée l’énorme surprise liée au fait que tu as eu d’excellant résultats, si ton potentiel ne se concrétise pas en bonnes notes, tu passes très vite du statut de mec très moyen mais c’est pas de sa faute à celui de gros feignant, arrogant qui se fout de notre gueule. Deux mois maxi.

                      • #18117 Répondre
                        Nox
                        Invité

                        Et c’est ainsi qu’Allah, dans sa grande miséricorde et sa grande générosité inventa les écoles Montessori.

                      • #18118 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        C’est bien connu, dieu aime ceux qu’ont du fric. D’ailleurs, c’est pas un hasard s’ils ont du fric.

                      • #18122 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        « ¿Que Dios vela por los pobres?
                        Talvez sí, y talvez no.
                        Pero es seguro que almuerza
                        en la mesa del patrón. »
                        Atahualpa Yupanqui, « Preguntitas sobre dios »

                      • #18140 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Julien, une traduction ? (Por favor).

                      • #18146 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Dieu veille-t-il sur les pauvres ?
                        Parfois oui mais parfois non.
                        Ce qui est sûr c’est qu’il déjeune
                        à la table du patron.

                      • #18160 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Merci Julien.
                        Heureusement, le Dieu amené par Sarah est situé plus à gauche sur l’échiquier politique.

                      • #18170 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        peut-être que Atahualpa veut dire que le « dieu » des religieux qui ont trahi Jésus en se mettant du côté des « puissants » et disent aux peuples qui crèvent Souffrez, le paradis vous est promis, est un « dieu » qui n’est pas Dieu et ce sont EUX. ces religieux là qui déjeunent à la table du patron.
                        Des religieux capitalistes. Gràce à Dieu, il y a d’authentiques serviteurs

                      • #18161 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        tal vez: peut-être
                        a veces: parfois

                      • #18166 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Tu as raison.

                      • #18148 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Ave Maria.

                      • #18151 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
                        Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

                        Il comble de biens les affamés,
                        renvoie les riches les mains vides.
                        Extrait du Magnificat.

                        Plus proche de la théologie de la libération que de la prospérité quoi.

                      • #18152 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Théologie de la prospérité pardon

                      • #18129 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        « si ton potentiel ne se concrétise pas en bonnes notes » tout à fait d’accord sur ce point
                        Peut-être que pour être plus précise on pourrait dire exploitabilités

                      • #18145 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        Oui, ils passent leur temps à mesurer cette exploitabilité.

                      • #18159 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        Entretenir cette exploitabilité. En même temps vérifier (mesurer) que c’est bien entretenu.

    • #17968 Répondre
      Martin
      Invité

      Salut François, j’ai vu ton intervention lors de la table organisée par révolution permanente. Je voulais savoir pourquoi tu penses que l’agreg est une « immense connerie » selon tes termes.

    • #17981 Répondre
      martin
      Invité

      Tu pensais ici au fait que l’agreg permet d’arriver à une grande maitrise de l’exercice de commentaire et de dissertation mais pas du tout à enseigner.

      • #18045 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non, je pensais au fait que l’accès à l’enseignement est absurdement ramifié en deux concours, le capes et l’agregation, alors qu’il s’agit d’exercer la même profession, et, quoi qu’on perçoive de loin, dans les mêmes conditions, lieux, difficultés.
        Ainsi il arriva que je me trouvasse agrégé et prof de collège, exerçant exactement le même métier que mes collègues certifiés, mais gagnant plus en travaillant trois heures de moins, agreg oblige. C’est une absurdité et une sorte de petit scandale qui rend passablement aigres (et néanmoins passifs) nombre de certifiés.
        L’agrégation est une archaique survivance d’un temps très lointain où il s’agissait de former une élite de profs à même d’enseigner dans les lycées alors entièrement investis par les héritiers. Elle ne survit que par trois phénomènes : la grande proportion d’agrégés parmi les décideurs ; le lobbying forcené de la Société des agrégés, dont je déclinai l’invitation en 1995, préférant les pizzas ; la susnommée passivité amère des certifiés.

        • #18063 Répondre
          Nox
          Invité

          Les pizzas étaient bonnes au moins ?

        • #18094 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Pizzas qui me rappellent la fin de L’ancien régime, où l’on aurait plutôt à finir un chapitre et boire un thé

          • #18141 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            ou le jus de pêche de « Comment s’occuper »
            où l’on voit que l’auteur égoiste préfère toujours bouffer perso que se vouer au bien de la société

    • #18033 Répondre
      Tony
      Invité
    • #18042 Répondre
      Nox
      Invité

      Première règle du Gauchisme Club : on ne parle qu’entre gauchistes. Deuxième règle du Gauchisme Club : on ne parle qu’entre gauchistes.

      Prêcher aux convertis

      À gauche, on est souvent embêté par le même constat perpétuel qui semble déprimant et décourageant : « on ne prêche qu’aux convertis ». Ça semble d’autant plus déprimant quand on connaît l’hégémonie actuelle des conservateurs en France et en Occident dans l’espace politique et social et qu’on se sent donc encore plus isolé, par conséquent. Sauf que voilà, moi, je n’ai pas l’impression que c’est si déprimant que ça, au risque de m’inscrire un peu trop à contre-courant de ce sentiment général. Je vois les choses autrement : la politique, c’est d’abord une affaire de sensibilité ; on est sensible à une idée portée vers l’émancipation individuelle vis-à-vis des structures, ou on y est insensible ; de la même manière, on est sensible à une idée portée par la conservation de l’ordre établi, des traditions et des institutions, ou on y est insensible. Tout ça se joue dans les affects et nulle part ailleurs. Il est probable qu’avoir des affects qui ont régulièrement fait trempette dans la conservation rendent ceux-ci imperméables à d’autres affects portés vers la question de l’émancipation individuelle et de la déstructuration des institutions telles qu’elles existent à l’heure actuelle. Ça, personne n’en est responsable ; ou alors, il faudrait voir en quoi exactement des corps et des esprits s’échinent à pencher d’un côté de la balance plutôt que d’un autre et ça demanderait au mieux de regarder au cas par cas et au pire, de commettre des généralités qui pourraient avoir un fond d’exactitude mais qui seraient injustes car étant des généralités. Comme je ne connais mieux aucun autre cas que le mien, je vais commencer par-là, comme d’habitude : il n’y a jamais eu d’intérêt particulier pour la chose politique dans ma famille ; ça n’est que lorsque j’ai obtenu mon propre ordinateur portable en obtenant par-là même, la possibilité d’accéder à en gros tout ce qui pouvait me passer par la tête sur Internet, que ma politisation a pu avoir lieu, et pas autrement. Sur YouTube, j’ai commencé à zieuter les conférences Inculture(s) de Franck Lepage, les différentes vidéos de la série Mes chers contemporains d’Usul, la série des vidéos Langue de Bois du Stagirite et chemin faisant, j’ai pu affûter et gauchiser mes penchants critiques. À côté de ça, je regardais aussi J’suis pas content de Greg Tabibian et les numéros du Fil d’Actu, présentés par Tatiana Ventôse. Mais je m’en suis éloigné, pour des raisons que j’ai déjà évoquées dans d’autres éditos. Il m’arrivait aussi avant de regarder les vidéos du Raptor Dissident, motivé par une pulsion anti-féministe que #MeToo avait excitée en moi entre 2016 et 2019. En écrivant sur le site SensCritique dès 2018, je n’hésitais jamais à m’épancher sur le malaise profond que je ressentais face à #MeToo car nageant en pleine confusion réactionnaire, à ce moment-là. Ce qui m’en a fait sortir ? Le temps ; ma troisième hospitalisation et le fait d’avoir trouvé une copine en automne 2020 – dans mon anti-féminisme, il y avait quand même pas mal de rancœur, de ressentiment et au fond une profonde haine de moi-même. Trouver une copine a beaucoup apaisé tout ça et m’a poussé à reconsidérer les problématiques féministes sous un autre angle. Si je raconte tout ça, c’est pour rappeler un fait qui me semble fondamental et décisif dans ce qui relève de toute politisation, à droite, comme à gauche : le vécu de chacun-e façonne et moule continuellement toutes les sensibilités politiques imaginables. Alors, si comme en religion, certain-e-s peuvent raconter que la lecture d’un livre a opéré dans leur for intérieur une conversion vers un bord politique ou un autre, la matérialité de nos quotidiens immédiats joue bien plus là-dessus que toutes les explications a posteriori que l’on pourrait formuler. En l’occurrence, si j’ai commencé par regarder la deuxième conférence de la série Inculture(s) animée par Franck Lepage, c’est que j’avais urgemment besoin de réponses au sujet du système éducatif qui à seize ans, me convenait de moins en moins et menait déjà vers une dépression sévère survenue l’année d’après. Pris sous l’étau d’un instinct de survie au bord du désespoir, une flamme s’est allumée en moi ; la vie même.

      • #18046 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Nox
        Ton texte me fait penser à un texte partagé ici sur l’enracinement de Simone Weil lorsque tu parles de ton rapport aux femmes
        Comme si avoir une copine avait permis «  un enracinement «  et passer du monde idéal au concret
        Ça me fait penser aussi à notre joie ; mais ça des fois je me demande où François n’a pas été fureter.

      • #18064 Répondre
        Jeanmonnaie
        Invité

        L’hégémonie actuelle des conservateurs en France.

        C’est ce que je me dis quand je regarde Netflix.

        • #18107 Répondre
          Nox
          Invité

          Fais-moi une faveur : regarde davantage Netflix et arrête de me lire.

    • #18059 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Nox,
      Ton titre m’a fait rire – merci aussi
      J’ai un peu traîné dans un club de gauchistes dernièrement et je suis tombée de haut. Pourtant on pourra pas dire que j’ai pas été prévenue, notamment par certaine lecture. Faut croire qu’il a fallu que je sente la chose sur moi, que je fasse l’expérience in situ.
      Sur l’anti-féminisme j’ai été plus lente que toi et ai vaguement donné dans ce goût peu avant ma quarantaine (je suis vieille).

      Je kiffe et retiendrai ton « en plus de se traîner du seum de prolo avec soi », et ta parenthèse sur Asperger, j’ignorais ça.

      • #18065 Répondre
        Nox
        Invité

        Merci à vous deux, Mélanie et Claire.
        Tu peux toujours préciser ce qui s’est passé dans ce club de gauchistes si le cœur t’en dit, Mélanie. Ça m’intéresserait en tout cas.

      • #18091 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Il s’est passé ce qui est sûrement la routine de ces clubs qui ne rigolent pas beaucoup, et je me suis aussi découvert quelques désaccords de fond avec eux. Je détaille en mp si tu veux (melanie.aaa@outlook.fr).
        J’ai aussi rejoint la CGT dans le cadre de mon boulot ; j’en suis peut-être moins proche idéologiquement, mais l’objet du temps que j’y passe est précis, et concret, et j’y suis sensible dans la mesure où il s’agit en grande partie de mes conditions de travail, donc de beaucoup d’heures de ma vie. Et j’y rigole +.

      • #18097 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Et je me joins à ceux qui liraient très volontiers « le quotidien d’une personne autiste ».

        • #18103 Répondre
          Graindorge
          Invité

          « Le journal d’une personne autiste » Je crois que c’est un peu réducteur chère Mélanie
          Je suggère « poing levé d’un boomer précoce » ou
          Quelques jours dans la vie d’un jeune étudiant rebelle et autiste

          • #18104 Répondre
            Graindorge
            Invité

            *Quelques jours….étant le sous-titre

          • #18111 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Graindorge, mes guillemets étaient là pour reprendre les mots de Nox plus haut, et certainement pas pour pondre un titre ne me concernant pas.

            • #18113 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Oh pardon Mélanie! Je jouais avec toi à trouver un titre pour l’encourager encore plus à écrire un livre! Pas fais gaffe aux guillemets, vraiment. À Nox je suis sûre que ça lui a fait très plaisir que tu te joignes pour l’encourager.
              Les messages ont leurs limites. On voit pas nos visages et nos sourires. J’aurais pu mettre l’émoji avec le clin d’oeil 😉

    • #18154 Répondre
      Nox
      Invité

      Life’s a bitch and so am I.

      Go fac yourself

      Je suis passé en seconde année de licence de philosophie et je pensais – une fois de plus – que je pourrais gambader dans les cours qui m’intéressent sans déchanter à nouveau et frôler la rechute dépressive, à la fac. Que nenni : en deux cours seulement, j’ai vu à quel point mon corps et mon esprit étaient toujours ligués contre le dispositif pédagogique universitaire qui consiste en gros à écouter de piètres prêtres déclamer leur messe soporifique et laborieuse dans l’espoir que chacun de leurs mots soient bien perçus et intégrés dans les esprits des élèves du catéchisme en question. Et comme les prêtres d’église, les professeurs d’université entendent réciter leur sermon sans la moindre interruption, car pénétrés par le Saint-Esprit qui n’aime pas qu’on lui coupe la parole – ou la psycho-rigidité, c’est selon. Dans une telle configuration, l’étudiant idéal, c’est celui qui note bien religieusement ses cours à la vitesse du son et en tire une compréhension lumineuse et quasi-providentielle sans que le professeur n’ait besoin de revenir dessus. On pourrait alors s’interroger sur la réelle pertinence de ces grandes personnes à enseigner si toute contradiction d’un étudiant leur semble hors du cadre… ou alors, c’est effectivement parce que toute contradiction d’un étudiant est paramétrée par avance comme étant hors du cadre, dans le contexte d’un cours universitaire ; les professeurs d’université ont en effet en premier chef une formation de maître de conférences et il est très probable que pour beaucoup d’entre eux, la perspective de l’enseignement n’a jamais été très alléchante à leurs yeux. Les voilà alors projetés dans un cadre pédagogique qu’ils peinent toujours un peu à assumer puisqu’ils sont tenus d’évaluer et de noter de jeunes étudiant-e-s pour des cours dans lesquels toute interaction entre l’enseignant et un-e étudiant-e est déconseillée. Les profs peuvent toujours après se défausser sur les cours de travaux dirigés (ou TD) dont ils disent qu’ils sont l’occasion pour les étudiants de « poser toutes les questions qu’ils veulent » mais soyons sérieux deux secondes : sachant que les cours en TD ont eux-mêmes une trame à suivre et donc leur propre contenu pédagogique, qui croit réellement que tous les étudiants prennent le temps d’annoter leurs cours a posteriori de toutes les questions qu’ils auraient envie de poser à l’enseignant en TD ? Et quand bien même le feraient-ils que ça deviendrait vite ingérable pour l’enseignant, car les cours en TD accueillent en moyenne une trentaine d’étudiants durant les années de licence. Cette asymétrie pédagogique étant avant tout prévue pour soumettre et mater l’étudiant tenu de respecter une certaine assiduité, les connaissances mobilisées en cours n’ont pas tant comme objectif « d’enrichir la culture personnelle de l’élève » comme on peut le lire sur certains livrets pédagogiques ; elles ont surtout comme fonction de poser l’élève comme ignorant et inculte – dans le cas contraire, il n’irait pas en cours, si ? Le savoir de l’enseignant fonctionne alors comme le sceptre d’un pharaon : il signale l’autorité de son détenteur. L’enseignant a ainsi carte blanche pour rabaisser et remettre à sa place tout étudiant mal avisé de douter une seule seconde du cours en train de lui être transmis. Le prof peut être classiste, c’est-à-dire se moquer d’un élève pauvre ou précaire, il peut être raciste, il peut être validiste, c’est-à-dire se foutre d’un élève handicapé et il a toute la latitude du monde pour être également psychophobe, c’est-à-dire agressif envers tout étudiant en situation de handicap psychique – la déconsidération constante de l’élève fait partie du jeu et comme je l’ai déjà dit dans un autre édito : dans toute relation entre un chef et ses subordonnés, ce sont toujours les subordonnés qui portent toute responsabilité sur leurs épaules. Autant vous dire qu’un anar autiste dans mon genre a de quoi être remonté contre cette institution qu’est l’université. C’est donc désormais la désertion définitive de l’université qui entre en ligne de mire pour moi. Je veux vivre. Je n’ai alors plus qu’un seul mot pour les profs de fac : go fac yourselves.

    • #18178 Répondre
      Claire N
      Invité

      Quand j’avais un peu plus de temps
      Je donnais des cours à l’école de Kinésithérapie
      Publique de la ville
      Ce que je trouvais bien pour éviter aux étudiants
      De de d’asservir à payer un appart sur Bordeaux
      On réglait la question des notes dès le début, je leur donnais les questions et réponses de l’examen. Lors de la correction de toute façon je calculais le barème a posteriori pour que chacun ai la moyenne et moi pas d’examen de rattrapage à corriger
      Mais pour le contenu, même si on agrémente de mime , vidéo, blagues ça reste très vertical
      Je suis pas très inquiète car leur pratique les oblige à se coltiner des corps qui posent des questions
      Mais pour la philosophie c’est peut-être un peu pareil, si tu te coltines un livre ?

      • #18180 Répondre
        Nox
        Invité

        J’ai pas tout compris. x)

      • #18212 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        « On réglait la question des notes dès le début, je leur donnais les questions et réponses de l’examen. Lors de la correction de toute façon je calculais le barème a posteriori pour que chacun ai la moyenne et moi pas d’examen de rattrapage à corriger. »
        .
        T’en branles pas une, ils n’en branlent pas une et à la fin tout le monde est content. C’est une mentalité de merde et ça fait de toi une hypocrite puisque tu passes son temps, comme tout le monde, à noter les gens. On a tous une petite agence de notation dans la tête et ton agence de notation elle ne relève pas ma note quand elle consulte les dernières nouvelles, elle décide de dégrader un peu plus l’actif Demi Habile car il est vraiment trop méchant à dire les choses franchement.
        .
        Nox: La remarque sur les wesh wesh plus l’antiféminisme ça signifie que t’étais Jean Monnaie avant?

        • #18213 Répondre
          Claire N
          Invité

          «  elle décide de dégrader un peu plus l’actif Demi Habile car il est vraiment trop méchant à dire les choses franchement. »
          Mais non ! Enfin! Rholala heureusement que je fais pas ça t’imagines ma tête c’est pas une classe prépa
          Je lis ce ce que tu postes des fois c’est marrant, des fois c’est des bonnes musiques, des fois c’est provoque ( je sais pas pourquoi) des fois c’est intéressant et puis voila

    • #18182 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ce que j’essaye d’exprimer c’est que je suis totalement d’accord pour libérer les étudiants
      – des notes
      – de la légitimité des examens
      – de l’obligation économique de se centraliser près d’une fac qui coûte cher
      Pour qu’ils puissent apprendre de la réalité de leur pratique

      • #18185 Répondre
        Nox
        Invité

        L’art de la concision ! J’aime. :3

        • #18191 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Nox, j’ai oublié de mentionner que peut-être n’étant pas prof donc asservie au salaire de prof c’était plus simple pour moi de rien en avoir a foutre des notes
          J’en avais pas besoin pour justifier ma subsistance

    • #18183 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ah oui et je suis nulle en emoji, je connais pas celui là, ça ressemble à un sourire et puis un plissement de nez ?

    • #18184 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je réclame un safe Space pour les boomers !

    • #18241 Répondre
      Mélanie
      Invité

      La vie est une biche : https://davidsnug.bandcamp.com/track/05-biche

      Nox,
      Là je retiens « classiste ».
      La désertion en ligne de mire… Ton texte me rappelle fort quand j’ai quitté la prépa où j’étais après le bac, où j’avais vite senti 1 que j’allais pas suivre et 2 que ce serait pas une vie.
      J’ai ensuite eu quelques années de fac tranquilles, en géologie où nous étions une petite promo de 20, étudiants et profs étions assez contents de faire ce qu’on faisait là, et les questions étaient bienvenues.
      Après, sur une erreur, je suis allée dans une autre fac que je n’ai pas aimée, ça se la pétait un peu, on était un peu plus nombreux.
      Qui plus est, les cours changeaient. Ma petite fixette réac là-dessus est de soutenir que les cours sont devenus médiocres à l’arrivée des Power Point. Moi je suis faite pour les cours à l’ancienne et la prise de note rapide, j’avais même eu un crush pour un prof qui parfois avait déjà quitté la salle alors que, essoufflés, on était encore en train de copier la dernière phrase de son cours.
      Un peu plus tard je me suis tapé l’école l’infirmière. J’ai alors découvert ce que tu nommes joliment l’asymétrie pédagogique, et mon allergie aux Power Points s’est étendue à tout le panel des pédagogies dites participatives. Bon, à ce moment je n’avais pas l’énergie de faire rupture, j’étais fatiguée de n’être pas insérée ni stable matériellement.
      En espérant lire bientôt la suite de tes aventures.

      • #18271 Répondre
        Claire N
        Invité

        Mélanie, j’aime bien ton histoire de prof dont il faut attraper les phrases «  essoufflée «  c’est très chouette

    • #18248 Répondre
      Nox
      Invité

      Je suis toujours en cavale.
      ….
      En cavale

      Il y a plus de dix ans, j’ai fugué de chez ma mère. J’étais en année de première littéraire au lycée et j’avais seize ans et quelques. Mon suivi psychologique était alors assez parcellaire et superficiel, tout juste rendu à aller seulement trois fois en l’espace de trois semaines, c’est-à-dire passer plus de deux mois à attendre des consultations en centre médico-psychologique (ou CMP) avec une psychologue réac qui au moindre signe de décrochage scolaire de ma part, haussait le ton et se montrait autoritaire ; et comme j’attendais avant tout du soutien de sa part, je lui ai claqué la porte dans sa gueule. Si j’avais commencé à ce moment-là à songer à la psychothérapie, c’est parce que ça n’allait quasiment plus ni au lycée, ni chez ma mère – d’où cette parenthèse de la fugue s’étant étalée sur une demi-journée entière dont une camarade de classe de l’époque me dit à ce moment-là que « ça n’était pas ça, une fugue » ; j’aurais aimé lui présenter mes parents et en particulier ma mère pour lui faire comprendre que cette dernière avait totalement conçu mon geste comme étant bel et bien une fugue, ni plus, ni moins ; elle m’a passé un savon légendaire par ailleurs, le soir même et aussi les jours suivants. Pas de doute donc, Marie : oui, c’était une fugue. Ma fugue. Rien qu’à moi. Et ce fut une longue, très longue journée pour moi, car pétrifié constamment par l’angoisse de devoir faire face à mes parents par la suite, tout en m’enfonçant dans mon geste en vagabondant aux quatre coins de Bordeaux ; le centre-ville, les Quinconces, Mériadeck, puis, idée étrange de ma part, Mérignac ; je dis « étrange » car n’étant pas familier de ce coin-là à l’époque. J’atteins Mérignac Centre, je passe du temps sur la grande place à côté de l’église du coin et de la bibliothèque municipale. Je rentre dans la bibliothèque municipale, je zone, je glande, je stresse sa mère parce que je sais bien qu’au fond de moi, ma fugue ne pourra pas durer bien longtemps et que l’emprise que ma daronne a sur moi dépasse de loin toute volonté éventuelle de ma part de lui désobéir pour de bon. Et puis il m’arrive de pleurer, aussi, culpabilité oblige. Je pense que le simple pragmatisme de ne pas pouvoir bouffer et me loger ailleurs m’a convaincu de retourner dans ce que j’appelle désormais – non sans humour – la Maison du Diable. Si je parle de tout ça aujourd’hui, c’est parce que j’ai le sentiment que quelque chose de décisif s’est joué à ce moment-là ; quelque chose en moi me hurlait que ni chez ma mère, ni au lycée, je ne pouvais continuer à être et à persister – ce qui s’est rejoué l’année suivante quand à ma demande à l’âge de dix-sept ans, j’ai fini par être hospitalisé en psychiatrie pour ados durant presque deux mois. Là encore, quelque chose en moi rejetait aussi bien le domicile familial que le lycée de manière plus générale. Maintenant que je vis seul et qu’un problème sur deux semble résolu, je vois à quel point tout contexte académique suscite en moi à la fois de la terreur et du dégoût. Terreur à cause de l’anxiété excessive qui ressort de moi chaque fois que j’essaye de remettre mon cul sur une chaise dans une classe de jeunes étudiant-e-s dont sûrement une part non-négligeable d’entre eux – tout comme moi – ne sait pas vraiment pourquoi nous sommes tous là ; je parle ici de quelque chose de plus compliqué que de juste aller en cours : le sens global que l’on peut y mettre ou non. Au printemps dernier, alors mobilisé dans l’occupation de ma fac, j’ai vu à quel point ceux et celles qui faisaient front contre la mobilisation n’avaient que des mots faussement adultes et responsables pour justifier leur hostilité face au mouvement étudiant : « vous mettez notre avenir en danger ! », « on veut aller en cours pour avoir un travail plus tard, nous ! » ou encore « si on ne va pas à la fac, on déprime nous ! » – je ne reviendrai pas sur le fait que le fac était toujours ouverte, que des activités s’y tenaient et qu’à chaque main tendue, il n’y avait aucune réaction de leur part. Je crois comprendre ce qui me sépare de tous ces gamins : au sein de la machine impitoyable de l’école, je suis devenu un engrenage rouillé, incapable de continuer à tourner, incapable de me laisser porter par les autres engrenages – élèves comme profs – et incapable donc, au final, de laisser la structure me broyer une seule seconde de plus. Ce qui me permet de rappeler encore et toujours qu’aussi bien dans le cas de l’art, comme de l’anarchisme, ces deux choses me sont venues parce qu’étant parfaitement compatibles avec tout mon être et ma vitalité propre ; être un artiste anar n’a rien de projet rodé ou bien préparé à l’avance pour moi. Je ne fais que sentir les choses. Voir les choses. Constater. Tel un matelot emmerdé continuellement par les caprices de son capitaine, je prends ma chaloupe et je déserte le navire.

      • #18272 Répondre
        Claire N
        Invité

        Nox le récit de ton vagabondage m’a touchée j’aime cette parenthèse et l’atterrissage dans une bibliothèque publique est formidable

      • #18275 Répondre
        Mélanie
        Invité

        « Engrenage rouillé » me parle. J’étais forte en maths, ça m’avait jamais demandé d’effort, et en fin de terminale, un jour ça c’est arrêté. A la rentrée en prépa je m’étais retrouvée comme une poule devant une montre face au premier devoir à rendre, ce qui fut très déstabilisant.
        Des années plus tard je continue à me demander ce qui a bien pu se passer. Je me dis que je commençais à ne plus fonctionner par docilité (jusqu’alors j’avais enchaîné les exercices de maths sans me poser de questions), que j’étais sûrement lassée des maths, que c’était le début de la vieillerie.

        « A la fois de la terreur et du dégoût » me parle aussi. Ces deux choses qui se soutiennent.

        Et « emprise de ma daronne » aussi ; je suis allée en prépa parce qu’elle m’y avait poussée (elle, et les profs du lycée, et le médecin de famille…), et je lui ai demandé son accord avant d’en partir, qu’elle m’a donné à condition qu’à la fac je ne sois pas la meilleure, mais dans les meilleurs. J’ai été moyenne, mes engrenages de 18 ans tenant aussi alors à faire du sport et prendre des cuites pour se dégripper.

        Nox, deviens-tu « incapable donc, au final, de laisser la structure me broyer une seule seconde de plus » ?
        Ou bien : capable de ne pas laisser la structure te broyer une seconde de plus ?

      • #18276 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Claire, je crois que tu as évoqué un ciné asso. Si tu veux raconter comment ça marche ça m’intéresse, si tu en as déjà parlé j’ai dû passer à côté.

        • #18277 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui je l’ai évoqué, mais il s’agit d’une association «  amie «  de notre association
          Je n’y participe pas directement en tant que bénévole, même si parfois on «  croise «  lors des conférences / projections
          Les usagers ont cependant droit à siéger aux réunions de programmation
          Le lieu est fournis par la mairie , dans les mêmes locaux
          Il y a une projectionniste salariée, les autres sont bénévoles
          La présidente nous raconte comment c’était les manif quand il se risquait de l’autre côté de la frontière contre Franco et que même en 68 c’était pas facile d’être et lesbienne et anarchiste à la campagne avec un père facho
          Une fois ils ont dû virer un bénévole parce qu’il demandait à la projectionniste de sourire tout le temps pour être jolie et disait qu’il était tactile
          Que c’était comme ça
          Si ils font pas assez d’entrées ils risquent de se voir retirer la salle par la mairie de gauche mais apolitique
          C’est 4 euro pour les adultes, et 4 entrées souvent en semaine, sauf oppenheimer récemment ou les trucs qui font des entrées
          Ils y a des films surprises ( anciens)
          Des ateliers pour les enfants après les projections ( petit atelier montage par exemple) c’est les cinés goûters
          Des films apres lesquels il y a conférence apéro avec d’autres associations ou les réalisateurs ( récemment la réalisatrice de Alma vida par exemple)
          Il y a du pop-corn sucré et salé et on te déchire ton ticket à l’entrée ( dessus il y a la photo d’un ou une actrice que tu peux garder )mais faut pas en mettre partout parce que c’est les bénévoles qui font le ménage
          Si tu souhaites des info particulières je peux me renseigner plus précisément

          • #18292 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Merci

            • #18294 Répondre
              Claire N
              Invité

              Ta question m’a fait cheminer, un ciné associatif dans l’institution «  mairie «  c’est pas rien
              Faire rentrer les associations dans les institutions
              M’a aussi permis de nouer le geste de Tosquelles qui faisait rentrer tout un tas de club dans l’institution, avec la question du déjà là communiste de Friot.
              Merci

    • #18305 Répondre
      tristan
      Invité

      « J’étais forte en maths, ça m’avait jamais demandé d’effort, et en fin de terminale, un jour ça c’est arrêté.  »

      Ben oui grosse nouille, c’est en prépa qu’il faut faire de gros efforts pour être « forte en maths », vu que dans le secondaire on ne fait pas encore de mathématiques sérieusement. On croit en faire mais c’est juste de l’escroquerie. Qui peut croire que le bac passé dans un lycée du 9-3 est équivalent à celui passé à H4 ou LLG, vu que dans un lycée du 9-3, il faut faire une demande au rectorat pour ne pas avoir le bac et que dans les deux bahuts parisiens on traite déjà le programme de MPSI en terminale S.

      • #18306 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Mec, t’aurais pas respiré la poussière d’une des tours du World Trade Center ?

    • #18307 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Sacré Tristan
      Ma prof de maths en terminale avait peut-être un ou deux points communs avec lui
      Elle avait en tout cas la fixette de nous booster à fond pour la prépa

    • #18314 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Claire tu disais que le ciné-asso est une asso amie ; que fait votre association?
      Là comme ça je n’aurais pas lié un ciné-asso avec les clubs de la psychiatrie institutionnelle, mais je vais y penser, je ne connais pas grand chose ni de l’un ni de l’autre.

      • #18321 Répondre
        Claire N
        Invité

        Comme je veux pas faire 20 pages mais que 2 lignes c’est réducteur ; voici le lien https://jardins-humanite-terresoceanes.jimdofree.com/
        Bon on est nulles en com et le site serait à reprendre mais ça donne une idée

        • #18325 Répondre
          Claire N
          Invité

          Mais je me demande si ,en tournant la tête de côté et en regardant les institutions comme des «  temples « , si plutôt que d’y injecter des «  marchants «  par le biais de financement ; on y injecte des associations ce serait pas plus vivant
          Un peu comme «  virer les marchands du temple « 

    • #87987 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

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