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  • Auteur
    Messages
    • #27806 Répondre
      deleatur
      Invité

      J’ouvre une nouvelle page, pour libérer la page 5 qui semble congestionnée.
      Faites-en bon ou mauvais usage, comme il se doit !
      .
      Je signale la mise en ligne d’une nouvelle vidéo avec François sur YT, au titre évocateur : « Affects politiques et force des mots » (chaîne Nouvelles Pensées Critiques). J’en profite pour remercier la ou les personnes qui sont à l’origine de l’entretien.

      ( https://www.youtube.com/watch?v=feYHrd9l9r4 )

    • #27810 Répondre
      Habile Entier
      Invité

      Je me suis arrêté après avoir fait le constat que ça indifférait François le sort fait par notre société à l’allocataire du RSA. Et je ne peux pas dire que ça m’étonne hein, le réel il s’en fout, ce qu’il aime c’est le plaisir qu’il prend à confondre le réel avec son nombril.

    • #27848 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Oui c’est effectivement la réponse que je fais à Mona :
      -Le conditionnement du RSA tu en penses quoi?
      -Je m’en fous.

      • #27921 Répondre
        Habile Entier
        Invité

        J’ai dit que tu étais indifférent à notre sort, pas que tu te foutais de la réforme.
        .
        « (…) c’est pour ton bien que toi chômeur je vais te tirer du lit, parce que c’est un peu la représentation qu’ont les dominants sur les rsistes, les gens qui foutent rien et qui passent leurs vies à pioncer ou à regarder la télé (…) »
        .
        J’ai le profil de la caricature et je crois que c’est un peu toujours la même histoire, une histoire dans laquelle on finit broyé par la barbarie de la jolie mascarade qui vous sert de société. On est des victimes du grand méchant capitalisme quoi et nous présenter continuellement comme les responsables de tous les maux de l’économie c’est le level maximum vener de la fils de puterie putain. Tu t’en fous toi, ça ne te travaille pas tout ça, mais moi je dois vivre avec donc j’ai plus de mal à m’en foutre. Puis j’ai encore plus de mal avec la gueule que tu tires. Parce que moi je vois un type que ça amuse tout ça, je vois un type qui prend bien du plaisir à faire caca sur les méchants bourgeois d’en face. Je vois un type que ça indiffère le sort que cette société nous fait et si ça te dérange le mieux c’est de fermer ta grande gueule et de te remettre un peu question. Parce que moi j’ai pas le droit de cité, moi je suis obligé de subir ta bêtise. Je te l’ai déjà expliqué je pense. Et moi ça me rend malade de voir des branleurs de ton genre nous conduire inlassablement dans le mur sans jamais se remettre en questions pendant que moi j’en suis remercier la vie de ne pas être capable de traverser la rue car sans ça je serais obligé d’aller bosser gratuitement moi aussi. J’y serais obligé parce que les petits bourgeois de ton genre refusent de comprendre qu’ils ne sont pas le début de la solution mais un gros bout du problème.

        • #27939 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Habile Entier se réveille et réalise que la bourgeoisie ne peut pas surmonter ses propres affects bourgeois, restant indifférente au quotidien des prolétaires. Ah, mais faites preuve d’audace en critiquant un obscur film hongrois, apprécié par à peine trois cents personnes, ou en ne succombant pas à la beauté d’un torse nu subsaharien sur un bateau viking douteux, et là, préparez-vous, car vous pourriez bien réveiller la bête! Habile Entier, menacé de se voir priver de son maigre RSA par les pouvoirs publics, se sent de plus en plus en décalage avec la futilité régnant sur le forum et perd patience. Quel plaisir toujours renouvelé de suivre vos échanges ! Habile Entier se cherche et se découvre, confronté au réel, cette farce ne l’amuse plus.

          • #27942 Répondre
            Habile Entier
            Invité

            JeanMonnaie: Je tenais déjà ce genre de discours en 2017 sur l’ancien forum mais tu ne peux pas le savoir car à l’époque t’étais vraiment parti.

            • #27943 Répondre
              Habile Entier
              Invité

              Au temps pour moi, on me signale dans l’oreillette que c’était 2018 et pas 2017. C’est dommage pour vous parce que ça veut dire que je vais sur mon cinquième anniversaire et non pas le sixième donc c’est pas un mais deux ans qu’il vous faudra encore patienter pour me voir atteindre le fameux âge de la raison. A mois que je me donne la peine de griller des étapes. Vers 13 ans c’est l’âge bête donc peut être qu’on pourrait pas de 7 à 13.
              .
              Yolo
              .
              Tout ça tout ça quoi.

    • #27856 Répondre
      Ostros
      Invité

      Merci deleatur pour la création de cette page nouvelle.

    • #27857 Répondre
      deleatur
      Invité

      François, je vais être moins immédiatement politique. Ou plus.
      À environ 1h d’entretien, tu distingues les militants, ou plutôt les activistes politiques, et les artistes (les écrivains d’abord, puis tu généralises un peu), non pour les opposer, ni d’ailleurs pour affirmer qu’ils se complètent, mais pour montrer qu’ils peuvent se rejoindre, oeuvrer ensemble. C’est à un moment où tu expliques que les militants ne servent pas la cause militante lorsqu’ils utilisent de manière instrumentale et utilitariste le langage pour écrire des livres faibles sur le plan formel, parce qu’eux-mêmes ne sont pas des lecteurs, et tu ajoutes : « Un art, ça s’apprend, ça s’initie. C’est comme quelqu’un qui voudrait se mettre à la peinture et qui n’aurait vu aucun tableau. Il y a un moment, vous débarquez quelque part, vous serez d’autant plus puissant que vous prendrez d’autant plus la mesure de l’outil que vous êtes en train de manipuler. »
      Tu fais une nuance essentielle. Comme ailleurs, tu as dit que tu t’es mis à faire de la musique punk avec des gens qui savaient à peine jouer, qui connaissaient deux accords et qui jouaient au début comme des quiches, les pense-menus ne manqueront pas de te pousser à la contradiction. Or, ce n’est pas le cas.
      Tu dis simplement une chose élémentaire. Tu t’es mis à la musique punk à 21 ans parce que vous écoutiez de la musique punk et que vouliez en faire. Tu as commencé à écrire parce que tu découvrais les livres avec passion depuis ton adolescence.
      Tu ne dis donc pas que faire de l’art doit être réservé aux spécialistes mais bien aux amateurs, et qu’il faut s’intéresser à un domaine pour ce qu’il est pour vouloir le pratiquer, même à un niveau modeste. C’est comme quelqu’un qui achèterait un télescope pour le tourner vers le ciel, alors qu’il se désintéresse des étoiles. Il ne faut pas connaître les étoiles avant d’acheter le télescope, mais acheter un télescope pour vouloir les connaître. La compétence, ça s’acquiert et tout le monde ne sait pas faire d’emblée. Tout le monde peut se mettre à la littérature, mais tout le monde ne veut pas s’y mettre. Et c’est tant mieux comme ça.
      C’est une façon de maintenir la distinction entre l’art dans sa puissance propre et d’autres pratiques qui me semble importante. Les activistes auraient tort de reprocher à l’écrivain d’écrire au lieu de militer, ou de reprocher au militant de passer un peu trop de temps à écrire en s’éloignant de l’activisme, il faudrait au contraire que les deux puissent se rejoindre avec leurs démarches et pratiques propres, car on a autant besoin des deux.
      On ne va donc pas te reprocher de ne rien faire pour que le choses aillent un peu mieux, je pense que tu t’en fous, mais t’encourager à continuer à faire des livres et des films. Ce sera faire la même chose, mais avec d’autres moyens.

      • #27858 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Attends un peu Deleatur: les réponses simples comme celle à Habile c’est les faux begaudeau qui les font. Les plus complexes c’est le vrai. Ça ne saurait tarder

        • #27865 Répondre
          Sylvain
          Invité

          Attention quelqu’un se fait passer pour Graindorge. La vraie, je la connais, n’aurait jamais écrit une connerie pareille.

          • #27866 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Recouche toi Charivari et termine l’année avec des mots gentils ça te fera un bien fou

            • #27869 Répondre
              Sylvain
              Invité

              Arrête de croire que la seule personne que tu emmerdes est Charivari. Nous sommes des centaines à te subir. Je parle en leur nom. Et le pire, c’est que si jamais Francois te demandait de partir, tu ne le ferais pas, pendant que ce n’est pas le vrai ! Quelle terrible année 2023 tu nous auras fait vivre.

              • #27870 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Calme toi Charivari Une petite valériane pour les nerfs? Ici tu parles en Ton nom. Et au nom des faux Bégaudeau. C’est un job sympa je trouve, rigolo. Et ça soulage le Maître. Je reconnais même que tu fais du bon travail. Une fois tu m’as répondu et j’ai cru que c’était le vrai tellement tu as bien appris les leçons
                Allez je ne te répondrai plus sauf pour te nommer.

                • #27871 Répondre
                  Sylvain
                  Invité

                  Tu crois encore que c’est le faux François Bégaudeau qui écrit alors que le style se reconnaît au premier coup d’œil. Tu crois toujours que c’est Charivari qui t’écrit alors que le style se reconnaît au premier coup d’œil. J’arrête de faire semblant de croire que c’était une fausse Graindorge car on pourrait penser que je suis aussi bête que toi.

                  • #27872 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Vouuuaaalà!

                    • #27888 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      personnellement j’ai trouvé dans le post de françois bégaudeau une ironie typique de françois bégaudeau

                      • #27891 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Fb ne commence jamais ses phrases par « personnellement » car il aime l’impersonnel.

                      • #27893 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Personnellement je vois bien françois bégaudeau glisser par malice un personnellement dans un post sur l’identification de sa personne
                        Malice que Graindorge ne saurait comprendre
                        Pas plus qu’elle ne saurait saisir qu’Habile a commencé ce thread par une ineptie venimeuse dont il a le secret, lequel venin appelait une ironie que Graindorge n’a pas saisie non plus
                        Mais graindorge comme d’habitude ne se sera pas privée d’intervenir dans une situation avant d’y comprendre quoi que ce soit

                      • #27898 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        C’est qui qui a dit qu’il y avait un vrai FB et des faux?
                        C’est FB. Je comprends donc qu’il a besoin d’aide pour gérer cette petite entreprise. Sauf que à force de tant de petits jeux comme ça: des faux pseudos, des faux F.B planqués derrière un écran ça peut créer de la confusion et c’est quoi un vrai FB qu’il s’agit de deviner ?  » Malice que GO ne saurait comprendre n’étant pas maline, nul ne sait où tant d’intelligence pourrait mener. À la gauche désirable? À la justice sociale?
                        Ironie, méchanceté, grossièreté, violence verbale en sont les chemins? Si on me cherche, on me trouvera
                        Basta!!

                      • #27899 Répondre
                        Le public
                        Invité

                        Victoire.

                      • #27901 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Courage Charivari

                      • #27902 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Et les faux FB au service du vrai vous devriez vous occuper mieux de votre Maître qui avait une bien triste mine dans la vidéo du 2 décembre: des cernes jusque-là, blafard, l’air très fatigué mais de tout ça vous n’en avez rien cirer. Ça lui fait une gueule de prolo, ça doit être bon pour l’image

                      • #27907 Répondre
                        Le public
                        Invité

                        Pauvre conne.

                      • #27915 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Grossièreté. Une de plus de votre part Charivari

                      • #27910 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        ..Graindorge, François Bégaudeau participe actuellement à la World Surf League 2023 dans le pacifique sud, où il remporte victoire sur victoire.
                        Il a demandé à sa doublure de le remplacer pendant un mois. On l’a déjà vue dans certains plans de coupe de Entre les murs, c’est lui qu’on voit pisser de dos à un moment.
                        Pour ceux qui auraient suivi le moment passé avec les Tsounami, on voit bien que la doublure de François se comporte très mal chez François. Il fait picoler les jeunes. Il fait des blagues toutes pourries que François Bégaudeau désapprouverait. Il parle de séries.
                        Le françois bégaudeau qui officie en ce moment sur Chantier autonome est encore quelqu’un d’autre, il s’appelle Raoul Godard dans la vraie vie, il conduit un Caterpillar, il a aussi un bon coup de tatane, mais écoute du métal et roule en BM.
                        Pour le prochain Microciné, François Bégaudeau m’a demandé de le remplacer. C’est à la rentrée. Je vais encore être très bon. Venez nombreuses et nombreux !

                      • #27928 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        C’est pas vrai! Il ne fait pas de surf et encore moins dans le pacifique sud où les vagues sont je crois très hautes.

                      • #27924 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        C’est négliger un aspect fondamental de FB le vrai : il est infoutu techniquement de créer un pseudo.

                      • #27931 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        je suis tellement bête que je vais te croire Francesco et je te fais aussi une grosse et bête bise. sur la joue gauche radicale

                      • #27892 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Déléatur : merci de ressaisir ma cohérence.
                        Il faut aouter que oui à 21 ans on commence à faire du punk rock sans en avoir jamais fait, moi le premier. Mais ça fait longtemps qu’on en écoute. Moi ça commence six ans plus tot, et depuis j’y reviens toujours, écoutant et réécoutant les Clash, les Damnes, les Buzzcocks, les Saints, découvrant avec passion les wampas à 19 ans, les Ramones au même moment, me demandant en permanence « mais pourquoi ça, me fait ça? », me demandant comment ça se compose des trucs pareils, etc.
                        Il faut alors préciser que dans mon intervention ce qui m’importe c’est moins la connaissance d’un art avant de s’y mettre (parce qu’après tout de grandes oeuvres peuvent se soutenir d’une certaine ignorance) que l’intérêt qu’on y porte. On n’y connaissait presque rien en punk, mais c’est fou ce que ça nous intéressait. je parle donc essentiellement de ces gens qui font des livres et s’en foutent complètement des livres, c’est à dire des livres des autres. Et se foutent complètement de savoir dans quoi ils débarquent.

                      • #27896 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        « Je parle donc essentiellement de ces gens qui font des livres et s’en foutent complètement des livres, c’est à dire des livres des autres. »
                        .
                        Cela se constate aussi chez les écrivains, et pas seulement chez les activistes. Deleuze disait que ce sont les plus bêtes ! Il faut dire que lui, il a commencé à écrire à 40 ans, après avoir passé 20 ans de sa vie à lire les autres, modestement. Et à lire beaucoup d’écrivains.

          • #27876 Répondre
            deleatur
            Invité

            Du point de vue de la matrice, nous sommes tous des personnages PNJ d’un roman choral que François est en train d’écrire.
            Moi, j’apparais à la page 52, ma fonction n’est pas clairement définie, mais je suis un yes life, j’arrête pas de dire « c’est pas grave » et d’être gentil avec tout le monde.

      • #27859 Répondre
        deleatur
        Invité

        Et moi, c’est deleatur et pas Deleatur. J’aimerais bien qu’on ne me confonde pas avec une meilleure version de moi-même.

        • #27860 Répondre
          Claire N
          Invité

          Après le d gradé ça donne du volume , c’est toi qui vois

          • #27863 Répondre
            deleatur
            Invité

            Rhôooo, c’est au moins du niveau de mon aka rien, ça !
            Personne veut ouvrir un Top 10 2023 des meilleures vannes (volontaires) du forum ?

        • #27861 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Oh pardon Deleatur Je te fais une VRAIE bise!

          • #27864 Répondre
            deleatur
            Invité

            Je prends.

            • #27867 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Et je Recorrige c’est donc deleatur sans majuscule

    • #27947 Répondre
      Ostros
      Invité

      Si vous avez Amazon prime regardez le maître est l’enfant. Un docu inspirant dans la continuité de être et devenir de Clara Bellar. Avec ce même commencement par l’arrivée d’un enfant au sein d’un couple qui va faire s’interroger un jeune père cette fois. Il va s’amuser à laisser sa petite fille découvrir par elle même son environnement sans décider à sa place. Et se confronter à des questionnements essentiels. On suit le fil de sa réflexion au sujet de son éducation. Il va ensuite suivre une classe Montessori. Il y découvre la détermination silencieuse des gamins dans l’accomplissement d’une tâche et l’éducation par les plus âgés à la découverte des lettres ou des plantes. Les différents caractères. On y voit des tout petit s’entêter à essayer de rouler un tapis ou tenter de passer une énorme pomme au découpeur et alors qu’ils galèrent pendant des plombes ils finissent à force de faire et de refaire par y arriver. Pendant que d’autres dorment, lisent ou font des maths, de la géographie. Le film est soutenu par des extrait des notes de Maria Mobtessori du temps de ses expériences, dites par une voix off. Elles éclairent avec justesse ce qu’elle découvre chez l’enfant et qui la surprend, l’amène à considérer l’enfant dans ce qu’il exprime comme pouvoir. Comme le rythme qui est propre à chacun et ne doit pas être modifié sous peine de générer une souffrance. Ou comme l’entraide qui chez eux et contrairement à nous n’intervient que lorsque c’est réellement utile, pas par anticipation etc.
      Ça donne envie de faire des gosses.

      • #27953 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        fiction ou docu?

        • #27954 Répondre
          Sarah G
          Invité

          En relisant la présentation d’Ostros, c’est un docu

          • #27955 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Ostros, sait-tu si on peut le voir ailleurs que sur Amazon Prime ?.
            Merci

            • #27957 Répondre
              Ostros
              Invité

              Je n’ai pas cherché s’il était trouvable ailleurs. J’irai faire un tour dans mes lieux de prédilection voir s’il y est, si j’en ai le temps aujourd’hui.

        • #27956 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est un documentaire d’Alexandre Mourot.
          L’extrait sur le rythme :

          • #27958 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Merci

          • #27976 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            ce n’est pas de Clara Bellar?

            • #27978 Répondre
              Ostros
              Invité

              Non, c’est bien le réalisateur Alexandre Mourot qui a suivi une classe Montessori pendant quelques mois. Après c’est la même approche que Clara Bellar dans le questionnement des possibilités d’apprentissages autonomes de l’enfant . Seulement lui reste dans une même classe Montessori et fait la découverte de la philosophie de cette psychiatre / éducatrice, lorsque Clara Bellar était principalement axée sur les expériences d’école à la maison. Et allait observer différents styles d’éducation libre, directement chez les gens dans un périmètre assez vaste.

              • #27986 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                ok j’avais mal compris
                montessori perso je m’en fous un peu, mais si tu dis qu’il y a des choses à choper, j’entends

      • #27982 Répondre
        Fanny
        Invité

        À propos de Montessori, je partage quelques extraits de Freinet réunis ici :

        Ce que disait Célestin Freinet de Maria Montessori…


        .
        « Des enfants idéalement sages et beaux, mais comme d’un autre âge dans leurs fanfreluches rococco, évoluaient au milieu du matériel de luxe qui les sollicitait. Nous les regardions avec une sorte d’étonnement manier en silence, avec dextérité, les surfaces et les cubes, et tous ces objets de l’immobilité qui conduisent parfois à des virtuosités de racine carrée ou de racine cubique nous plaçaient dans une atmosphère de singes savants… Nous pensions à nos petits élèves hirsutes et débraillés si spontanés dans leurs gestes et dans leurs élans, et le souvenir de nos classes bourdonnantes s’imposait à nous et nous empêchait de comprendre peut-être ce qui se cachait de vérité dans les jeux des petits prestidigitateurs montessoriens. »

        • #27984 Répondre
          Ostros
          Invité

          Intéressant.
          J’ai bientôt rdv avec un pote pour qu’il m’explique sa primaire dans une classe Montessori dans le début des années 90, pour creuser aussi les conséquences de ce système éducatif.

        • #27985 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne sais pas ce que Freinet entend par matériel de luxe mais dans le documentaire des carottes, des pommes, des ciseaux, des plantes, des cubes en bois, des images, des livres, des puzzle en forme de carte du monde, des récipients et de l’eau. Peut-être qu’à l’époque tout ceci était considéré comme un luxe mais aujourd’hui c’est plutôt austère au contraire.
          Je suis d’accord avec ce qu’il dit sur le danger d’avoir une méthode unique et figée et des objets d’éducation uniques et figés à reproduire à l’identique dans chaque classe.
          Comme Freinet je suis séduite par l’intérêt sincère que Montessori a pour l’éducation des enfants, tout ce qu’elle découvre et qui est passionnant à découvrir à travers à elle.
          Et de voir dans ce documentaire une illustration de ces possibles.
          M’interroge ce silence en effet. Que le réalisateur met sur le compte de la grande concentration des enfants. Mais leur a-t-on interdit de parler entre eux dès les 1ers jours de classe. Ou cela découle-t-il de leur éducation en amont. De l’intérêt pour les tâches ?
          Et le terme travail qui revient sans cesse dans la bouche des enfants et du réalisateur. Dedans on ressent l’absence de spontanéité. Comme si on avait donné comme consigne à la rentrée : parmi tous les objets ici choisissez en et travailler à faire la tâche qu’il demande de faire. Pourtant on voit des enfants qui ne font rien, qui observent, qui dorment, etc donc pas d’obligation dans le faire.
          Mais ce ne discute pas d’autre choses que des tâches. Ça ne raconte pas ce qu’ils ont mangé hier soir, trouvé dans leur morve, éprouvé pour une copine.

        • #27998 Répondre
          Ostros
          Invité

          Fanny,
          Je regarde la 2e partie du docu et il y a un élément qui n’est pas mentionné par Freinet c’est la distinction que fait Montessori entre les tâches utiles (ses exercices) et les activités qui selon elle « gaspillent l’énergie de l’enfant ». Là ça pique. Parce que ce qu’elle met dedans c’est le loisir, les moments où un gosse va s’amuser avec les pinces à linge au lieu de les placer comme voulu par l’exercice. Et c’est là que l’éducateur intervient pour remettre l’enfant dans le chemin du travail bien fait. Ça pose question parce que jusqu’à présent ce n’était pas du tout le propos de ses notes. Donc je vais continuer à regarder et faire une synthèse de tout ça. Mais peut-être que comme le dit Freinet la démarche de Montessori n’est pas soutenue par une réflexion politique et que c’est pour ça que ses propositions vont dans le sens de l’émancipation de l’enfant où on lui fout la paix et il avance à son rythme voir pas , et par moments vont dans le sens des obligations raides où on dirait qu’elle les prépare pour le fordisme.

          • #28048 Répondre
            Fanny
            Invité

            Merci de ton retour Ostros. Ce qui me gênerait, c’est que les idées de Montessori soient de nos jours encore appliquées à la lettre, sans panachage avec d’autres approche laissant plus de place à la créativité et à l’imagination. J’ai vu d’assez près une école où cela allait jusqu’à la mise en oeuvre de l’aspect religieux. Les enfants sont très autonomes, oui, mais évoluent dans un cadre très contraint (comme dans toute institution scolaire). Le matériel est astucieux mais il n’offre aux bambins qu’une pensée prémachée, univoque. Du constructivisme en apparence, des activités téléguidées en réalité. J’exagère peut-être. Je ne suis pas certaine de forcer le trait.

            Autour des pédagogies alternatives, je me dis que cette expérience en forêt t’intéressera sans doute :
            https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/a-majorque-l-ecole-des-petits-poucets-de-la-foret-2295193

            • #28049 Répondre
              Fanny
              Invité

              Au fait, bonne année ! C’est la fête de l’indépendance d’Haïti aujourd’hui. Un livre : Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. Un film : Moloch tropical de Raoul Peck.

    • #27963 Répondre
      Sarah G
      Invité
      • #27964 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Bon réveillon à toustes

        • #27988 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Bon réveillon !
          Alors pour CMD j’ai lu Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (où un titre dans le genre), j’ai trouvé ça plutôt mal écrit, avec un style lourd et répétitif, des idées plutôt banales au final (yaka fokon prenne soin de la nature), et une célébration pénible des exploits d’un navigateur solitaire (Bernard Moitessier), et je trouve ça tjrs douteux de célébrer des grands aventuriers pour en tirer des enseignements politiques. Bref ça ne m’a pas du tout donné envie de poursuivre.

          • #27989 Répondre
            Sarah G
            Invité

            OK merci.
            Je vais lire son dernier livre et celui dont tu parles et on pourra en reparler.
            Très bonne fête à toi.

    • #27987 Répondre
      deleatur
      Invité

      Cadeau de fin d’année.

      Jean-Luc Nancy : « Pour une commune pensée » (8’51)

      **

    • #27991 Répondre
      El moullah Guevara
      Invité

      Bonjours frères-camarades(sœurs aussi, si voilée),
      Je voulais juste confirmer que c’est de la faute de FB si la réforme des retraites, du rmi et la loi immigration sont passés. Il préfère passer son temps à troller tout le monde. Mais admettez tout de même que de temps en temps il en sort une qui clou les becs aux méritants de la Start-Up nation et qui fait de ce monde un peu plus supportable , certains de ses livres sont pas mal. Continuons à travailler pour l’union de la gauche pour 2032 cette fois sera la bonne !

      Bonne année 2024.

      • #27992 Répondre
        deleatur
        Invité

        Les livres sont pas mal, mais le mec franchement je ne sais pas ce qu’on lui trouve. Il est fourbe, menteur, casse-couilles et grippe-sou.
        « Libérez, délivrez »-nous de lui ! C’est pour moi le prix de la liberté !

        • #28009 Répondre
          Habile Entier
          Invité

          Je suis jaloux en fait. Contrairement à vous j’ai du mal à me sentir flatté quand François tapote le sommet de mon crâne avec son gland.

          • #28022 Répondre
            deleatur
            Invité

            Eh bien, si tu ne veux pas te prendre un nouveau coup de bouleS conceptuel, commence par ne pas lui demander d’être sensible à ta situation sociale…

            • #28026 Répondre
              Habile Entier
              Invité

              deleatur: Je ne lui demande pas d’être sensible à ma situation sociale, je l’invite à faire le constat que ça l’amuse tout ça et qu’il est indifférent au sort que cette société fait aux allocataires du RSA. Et si je le fais uniquement parce que François, du haut de sa mentalité de victime, voulait me faire croire que mon propos était juste motivé par le fait que je sois un méchant haineux incapable de suivre 6 minutes d’entretien.
              .
              Sinon je me demandais, 11 ans d’analyse pour en arriver à devoir boulotter les couilles du sujet supposé savoir, tu ne te serais pas fait un peu arnaqué par ton analyste?

              • #28029 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                « il est indifférent au sort que cette société fait aux allocataires du RSA. »
                Attaque injuste. Le sort des Rsistes me soucie, jour et nuit. Je les trouve beaucoup trop privilégiés. Je m’inquiète pour l’équilibre de la société.

                • #28037 Répondre
                  Habile Entier
                  Invité

                  François: Quand elle te fait remarquer que c’est délirant cette histoire de libérer l’allocataire du RSA en le contrôlant tu lui réponds que si on se donne la peine d’être le plus complexe possible dans l’analyse on doit envisager que:
                  .
                  « Il est évident que dans une société où on est valorisé qu’à partir du moment où on est rendu employable, les gens qui ne sont pas employés et pas employables peuvent le vivre eux même comme une humiliation. »
                  .
                  Sauf que c’est quoi le rapport avec la réflexion qu’elle te fait mon grand? Il n’y en a pas. Et il n’y en a pas car tu n’as qu’une idée en tête, en revenir à ton bouquin. Il n’est pas question de reconnaître que c’est effectivement délirant comme histoire, pas question de donner à entendre que ces gens ont besoin d’être accompagnés et soutenus et c’est la meilleure façon de les contrôler si on y réfléchit bien, il n’est même pas question de dire aux gens que les allocs c’est fait pour partir aux Bahamas, pour avoir l’esprit libre et pouvoir réfléchir à la possibilité de transformer la crise en début de solution, il est juste question de nous dire que c’est évident que dans une société qui passe son temps à tenir les chômeurs pour les responsables de tous les maux de notre économie c’est normal de trouver des gens qui se sentent honteux de ne pas avoir un emploi.
                  .
                  « Passer au crible sec de la précision la langue du capitalisme. »
                  .
                  J’aimerais bien pouvoir être épaté, pouvoir croire avec toi que t’es un exemple de subtilité et que tes analyses sont ce qu’on peut faire de plus complexe, j’aimerais bien mais c’est pas possible malheureusement. Moi tout ce que je vois en toi c’est un pauvre type qui comprendra trop tard à quoi je jouais sur ce forum.

                  • #28038 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Bonne année à toi aussi, Habile
                    Pleine de douceur.

    • #28003 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Montessori: Frais de dossier : 150 €
      Frais d’entrée de cycle 1050 € – facturés 1 fois en début de cycle
      Frais de scolarité Maison des Enfants ou Elémentaire : 10910 € par an
      Frais de fournitures (élémentaire uniquement) : 200 € par an

      Ouf! les gamins de familles pauvres sont sauvés

      • #28036 Répondre
        Ema
        Invité

        Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment ce tri selectif biaise les résultats de la méthode Montessori. Nous savons à quel point les enfants des milieux aises bénéficient pratiquement de facto d’environnement ppropice à favoriser un certain développement cognitif et émotionnel (plus grand accès à des activités culturelles, sportives, artistiques, cours particuliers de ceci ou de cela avec une approche personnalisée de l’éducation…). Donc concrètement, les gosses qui sont scolarisés dans les classes Montessori sont ceux qui en bénéficient le moins, et chez qui le résultat en terme d’émancipation sera le moins comparativement à des gosses issus de milieux précaires. Personnellement, parce que j’ai eu des parents à la cool, un mode de vie de 0 à 15 ans très relax sans souci d’argents ni tensions émotionnelles majeures, avec un background familial plutôt petit bourgeois de gauche, l’éducation nationale ne m’a pas autant flinguée que d’autres gamins aux parents pour qui une scolarité réussie constituait la seule source de salut possible.

    • #28011 Répondre
      Claire N
      Invité

      Bonne nouvelle année à tous
      Je commence «  tumeur ou tutu «  et comme Lison je suis frappé par la parenté avec Claude Ponti
      J’y vois là cette espèce de langage de contrebande qu’il m’est arrivé de partager en connivence avec certains enfants ; celle qui passe sous les radars de l’oppression familiale
      Crème, sous leurs yeux, la scène charmante d’une lecture alors que pourtant on est au parloir

      • #28015 Répondre
        Ostros
        Invité

        Bonne année tout le monde !
        J’ajoute Tumeur ou tutu à ma liste de lecture de début d’année.
        Les sitistes ont fait la liste des sorties ciné attendues en 2024.
        Qui se sent de nous faire la liste des sorties livres de nos aut.eu.r.ice.s ami.e.s ?
        Pour commencer
        François avait annoncé un essai, je crois pour le mois de septembre.
        Et Joy Sorman publie Le témoin le 9 janvier.

        • #28016 Répondre
          Claire N
          Invité

          J’espère qu’il y aura Fanny et Monknow

        • #28031 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Élodie Fiabane
          Dans la ville
          « Bertrand, rue du Château-des-Rentiers, habite un courant d’air entre deux immeubles sombres depuis cinq ans, une allée protégée des regards mais pas du vent. Il a choisi le moindre mal. »
          Ce roman met en scène Bertrand, Tatiana, Désiré, Mohammed et tant d’autres, qu’on appelle sans-abri quand on ignore que, justement, ils se sont souvent choisi un endroit où vivre. Personne ne vit nulle part, pas même ceux que l’on ne voit pas. C’est à leur adresse – au fond d’un parking, au coin d’une rue ou sous un arbre – que la narratrice de ce roman les rencontre, quand elle laisse les siens pour revêtir l’uniforme de l’Institution et que, accompagnée d’autres membres, elle parcourt la ville qui dort. Dans cette exploration de l’autre nuit parisienne, entre les habitués et les nouveaux, les jeunes, les vieux, les femmes, les hommes, ceux qui dorment, ceux qui discutent, ceux qui refusent qu’on les aide, elle découvre et nous révèle le revers de nos grandes villes. C’est tout un peuple qui existe et qui gonfle chaque jour ; et leurs visages, sous la plume acérée d’Élodie Fiabane, reflètent crûment notre époque et la fragilité de nos vies.
          Sortie le 17 janvier

          • #28080 Répondre
            Graindorge
            Invité

            La Fondation Abbé Pierre et la FEANTSA ( la Fédération européenne des organisations nationales travaillant avec les sans-abri.) présentent aujourd’hui leur 8e Regard sur le mal-logement en Europe.

            Cette étude révéle notamment qu’au moins 895 000 personnes étaient toujours sans abri en Europe, soit chaque nuit, une population équivalente à celle d’une ville comme Marseille ou Turin est privée de « chez-soi ».

            Le phénomène reste malheureusement en augmentation dans la majorité des États membres. En Allemagne, selon le dénombrement mené pour la première fois à l’échelle nationale en 2022, 262 645 personnes sont sans domicile ; l’Espagne a recensé 28 552 personnes sans domicile cette même année, soit 24 % de plus qu’en 2012 ; 11 632 personnes étaient prises en charge dans les centres d’hébergement d’urgence en Irlande fin décembre, le nombre de personnes faisant appel aux services d’hébergement a augmenté de 40 % au cours des deux dernières années. Pour l’heure, seuls quelques pays, comme la Finlande, le Danemark et l’Autriche, sont parvenus à réduire significativement le nombre de personnes sans domicile sur leur territoire.

            L’inversion de la tendance appelle donc des efforts politiques conséquents et des mesures structurelles audacieuses.

            Ces efforts et ces mesures sont d’autant plus attendus que l’Union Européenne semble avoir pris conscience de la situation avec l’inscription du sans-abrisme à l’agenda politique ( c’est dans l’agenda ouèèè!) et certains pays comme la Finlande, le Danemark ou encore l’Autriche font même figure d’exemple avec une légère baisse du nombre de personnes sans domicile. Les initiatives lancées dans le cadre de la Plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme apparaissent aussi comme des signaux positifs mais les efforts des États membres doivent être accrus.

            Lutter contre l’habitat indigne

            En Europe, 19,2 millions de personnes vivent dans un habitat indigne selon Eurostat. Si la qualité moyenne des logements n’a cessé globalement de s’améliorer au cours des vingt dernières années, habiter un logement insalubre, mal isolé, non fonctionnel ou trop exigu reste une réalité pour une frange conséquente de la population européenne. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 100 000 personnes décèdent chaque année en Europe à cause de l’insalubrité de leur logement.

            Compte tenu des disparités entre les parcs de logements nationaux, à la fois en termes de disponibilité et de qualité, l’habitat indigne est très inégalement réparti sur le territoire européen. Dans certains pays, une proportion importante de la population vit dans des logements inférieurs aux normes moyennes d’habitabilité. En 2020, pas loin de la moitié de la population (45 %) vivait dans des logements surpeuplés en Roumanie, et plus d’une personne sur huit (13 %) vivait dans une habitation sans toilettes intérieures en Bulgarie. Pour autant, l’indignité du logement, ne se limite pas à l’Europe de l’Est. En 2020, près d’un cinquième de la population (18 %) vivait dans un logement pouvant être considéré comme insalubre en France, et presque un quart des logements locatifs privés (23 %) était jugé indécent au Royaume-Uni.

            Il y a quelques années déjà, Eurofound estimait que le coût annuel total pour les économies de l’UE du maintien des personnes dans des logements inadéquats avoisinait les 194 milliards d’euros, et que les rénovations nécessaires pour venir définitivement à bout du problème seraient remboursées en l’espace de 18 mois par les économies réalisées par le biais de la réduction des frais de santé et de l’amélioration de la situation sociale.

            Face à ces constats, il est nécessaire que les gouvernements et les institutions de l’Union Européenne reconnaissent l’habitat indigne comme un enjeu de santé publique. La « vague de rénovation de logements » que souhaite porter l’UE doit être l’opportunité d’éradiquer ce phénomène en Europe à condition d’apporter aux ménages les plus vulnérables un accompagnement et un soutien financier suffisant.

            Outre leur analyse sur le mal-logement en Europe, la Fondation Abbé Pierre et la FEANTSA listent également des bonnes pratiques et préconisent des recommandations en matière de lutte contre l’habitat indigne dans ce 8e Regard.

            • #28081 Répondre
              Graindorge
              Invité

              et en continuation….
              Le mal-logement est un drame pour des millions de Français, comme le rappelle chaque année la Fondation Abbé Pierre. Malgré cela, le nombre de logements vacants ne cesse d’augmenter depuis le milieu des années 2000. L’Insee en compte trois millions en 2022, contre 1,6 million il y a 20 ans : une progression de près de 90 %. Leur part dans l’ensemble du parc de logements est passée de 6 à 8 %, mais s’est stabilisée depuis 2016 (voir graphique enfin d’article ci-dessous).

              Pour l’Insee, un logement vacant est un logement non occupé, mais destiné à l’usage d’habitation. Trois millions de logements vacants ne constituent pas trois millions de logements disponibles. Parmi ces logements, certains sont en attente de relocation ou de vente seulement depuis quelques semaines. On trouve aussi des biens trop dégradés pour être habités, des appartements de centre-ville comme des logements en milieu rural très éloignés des emplois. En moyenne, les biens vacants sont de moins bonne qualité : le taux de vacance est de 26 % dans le parc de qualité médiocre, contre 6 % dans les logements « grand luxe à confortable » (données de l’enquête logement 2013 de l’Insee).

              Cela n’empêche pas que le réservoir de logements reste énorme, parce qu’une partie des propriétaires refusent de les louer. Près d’un quart des logements vacants (donnée Insee 2013) le sont depuis plus de quatre ans, soit 750 000 au total (voir graphique). La vacance est plus importante si on raisonne en pourcentage, dans les territoires peu attractifs, mais le nombre absolu de logements disponibles demeure considérable dans des zones très attractives. À Paris même, pas moins de 120 000 logements sont vacants selon l’Insee (donnée 2019) et, au total, on en compte 400 000 pour toute l’Ile-de-France, selon l’Insee qui note que dans la capitale, le taux de vacance est supérieur à la moyenne nationale. Paris, mais aussi Marseille, Nice ou Toulouse : d’après nos estimations à partir des données du recensement de chaque commune, 300 000 logements sont inoccupés dans les dix plus grandes villes françaises, et 600 000 dans les cinquante les plus peuplées. Si la moitié de ces 600 000 ne sont pas adaptés, il en reste 300 000. Avec deux personnes en moyenne par logement, cela fait tout de même de quoi loger 600 000 personnes, plus que toute l’agglomération de Montpellier.

              Cette situation est difficile à comprendre tant les besoins en logements sont grands en France. En théorie, on devrait pouvoir attendre que le marché se régule tout seul. Une partie des bailleurs ne louent pas car ils espèrent louer plus cher pour gagner plus. Mais plus le temps passe, plus le fait de ne pas remettre son logement en location ou en vente s’avère coûteux. Les propriétaires finissent par louer ou vendre leur bien. L’évolution de ces dernières années montre que laisse faire la loi du marché ne suffit pas. La hausse de la taxe annuelle sur les logements vacants en 2023 (12,5 % à 17 % la première année, 25 % à 34 % les années suivantes) et son extension à de nouveaux territoires va dans le bon sens, mais il n’est pas certain qu’elle soit assez dissuasive.

              Buona notte 2024 dans un bon lit sous un bon toît

              • #28088 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Est-ce bien la peine de faire de la pub à un curé ?

                • #28096 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Lui il est mort et les EMMAÜS par exemple sont devenus surtout une aubaine pour les antiquaires et pour les brocanteurs et tous les « malins » . Dans les FAITS les vrais pauvres sont les derniers servis.
                  Ídem aux « boutiques » du Secours Populaire ou Catholique, on y trouve… ce qui reste.
                  À la Croix Rouge, une grande partie des dons divers et ça fait beaucoup d’argent va dans les poches de ceux qui y sont rémunérés. Notamment les dirigeants.
                  Mais ils font quand même des choses – bien obligés pour assurer leur propre subsistance- pour les plus précaires et il y a tous ces bénévoles qui y croient. C’est juste dommage que ça renforce le système capitaliste et que ça ne réglera jamais le problème.
                  Oui ces bénévoles font plus que juste mettre l’uniforme pour aller recueillir des témoignages « poignants » dans le but d’écrire un livre « d’une grande force ». Fiabane allait-elle régulièrement leur faire un brin de causette ou en inviter UN.E à un p’tit restau sympa à 2 pas de « son adresse de sans-abri » avant la bonne idée d’en faire un livre poignant? Oui c’est important de le savoir. Car les changement que nous appelons à grand cris dépendent aussi de la qualité humaine de chacun de nous. Et dans ce forum on en manque pas de qualité humaine même si parfois l’ironie me gave un peu
                  Je voulais juste partager tous ces chiffres.
                  Et tant mieux pour BHL qu’on parle de lui. En bien, en mal ou en ironie si l’ironie est pour certains le summum de l’intelligence. À Paris. Et ailleurs sûrement. L’année écoulée m’a fait bien voir que personne n’a le monopole de la violence.

                  • #28119 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Je ne sais plus trop de quoi on parle mais je voulais redire qu’il faut lire ce premier Fiabane.

                    • #28161 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Il faut te croire sur parole Seldoon  » il faut lire »? T’as pas un extrait ou quelque chose? Pour « l’amour » des mois avant sa sortie Juliette B ou Ostros avait partagé ici un long extrait. Personne ne m’a dit « il faut » c’est l’extrait (long) qui m’a donné la curiosité de dépenser 15€

                      • #28165 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pardon j’ai manqué de clarté, je reformule : oui ma parole est d’Evangile et oui il faut absolument acheter ce livre (et le BHL) sinon on n’est pas de gauche.

                      • #28171 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Ce « il faut » est d’une violence insupportable. Je me sens enjoint, séquestré, violé.
                        Je ne lirai ce livre que si JE le veux
                        La preuve je l’ai lu.

                      • #28182 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Je lui souhaite à votre amie Fiabane tout le succès du monde et avec des pointures comme toi FB qui lui fait l’article car tu l’as lu et tu as dit que c’est d’une grande force je ne doute pas de ta parole d’évangile ni de celle de Seldoon. Je comprends qu’il n’est pas toujours possible techniquement de partager des extraits. Pour ma part. le sujet est clôt. D’autres viendront dire leur avis après l’avoir lu. Et c’est très bien. Le cynisme, l’ironie, la condescendance sont superflus. Mais je peux me tromper, c’est peut-être une manière d’être des intellectuels bourgeois de gauche parisiens et finalement ce n’est vraiment pas bien grave

                      • #28179 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        pas d’extrait du livre donc

                      • #28187 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        étant de gauche Seldoon , tu pourrais juste ajouter « si vous avez les sous » car comme tu le sais, beaucoup de gens ont la chance d’avoir un toit mais pour ça, ils ne font qu’un repas par jour, vivent avec l’épée de Damoclès de ne plus pouvoir payer leur loyer et n’ont donc pas le budget. Je crois que très peu de gens peuvent s’acheter les livres qu’ils veulent.
                        il faut donc attendre que les livres soient dans les bibliothèques et médiathèques.
                        C’est d’un commun de parler d’argent mais c’est une réalité. Si tu croises un sans abri ou une sans abri tu lui offriras le livre, il .elle se sentira moins seul.e. Et comme tu es de gauche radicale, il faut que tu en achètes 10 et que tu les offres à de amis désargentés. Ça fera aussi plaisir à Fiabane.

                      • #28191 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Au contraire je suis de droite décomplexée. Pour moi les pauvres ne méritent ni livres ni argent, ils n’avaient qu’à travailler à l’école comme mon père, réarmons la méritocratie.

                      • #28199 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Tu bottes en touche Chacun répond comme il veut/peut Point.

                      • #28200 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je botte en touche à quel sujet ? Je parle d’un livre, tu expliques sans l’avoir lu ni connaître l’auteur que ce qu’elle a fait n’est pas moral. J’évoque BHL tu me dis que c’est mal de parler de lui. Ensuite tu exiges des lignes d’un livre. Bon eh bien ne t’étonne pas que je t’envoie gentiment balader comme je veux/peux.

                      • #28215 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        malhonnêteté Seldoon ou ignorance doublée d’orgueil. UN; je n’ai jamais dit que ce n’était pas moral. Mais j’ai trouvé toute seule comme une grande quelques pages à lire de ce livre et c’est juste de MON point de vue « gentil » alors le copinage genre « il faut lire » ÇA VA BIEN.
                        DEUX Je n’ai pas dit que c’était « MAL » de parler de BHL. J’ai dit  » est-ce bien necessaire de lui faire de la pub »
                        TROIS Je n’ai pas EXIGÉ mais demandé si il n’y avait pas un extrait de ce livre comme nous avons eu ici un extrait -long – de l’amour. Et j’ai même rajouté dans un autre message  » je peux comprendre qu’on ne puisse pas partager à chaque fois un extrait d’un livre » pour des raisons bêtement techniques.
                        Alors moi aussi je t’envoie  » gentiment » paître et j’envoie  » gentiment  » paître ta médiocrité d’âme qui t’a fait ouvrir une entrée Photographie alors que 1 mois et 2 semaines avant j’avais ouvert une entrée Photographie oû tu n’avais pas daigné entrer simplement parceque c’était Graindorge qui l’avait ouverte et j’ai dit malgré cette basse ignominie  » c’est pas grave, l’essentiel c’est qu’on en parle GRÀCE à Seldoon. Alors ça va, la gauche désirable. Il vaudrait mieux en rire mais ça sera pour une autre fois. Et maintenant quelqu’un veut se faire un peu de beurre sur les personnes à la rue? A raison d’une fois par semaine comme stagiaire, on pond un bouquin médiocre sur la misère et les copains disent  » il faut » lire.? Comme je te l’ai dit offre z-en 10 à des désargentés et/où des « êtres humains » à la rue. Et la vie est belle. Bonne Année

                      • #28216 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Tiens Seldoon, petit cadeau de Noël en retard: le témoignage d’Isabelle.

                        « À trois semaines de Noël, Isabelle, 54 ans, témoigne sur France Bleu Béarn Bigorre de son quotidien dans la rue. Elle ne veut plus dormir dans les centres d’hébergement d’urgence du 115, trop sales d’après elle, et surchargés. Elle fait la manche pour payer une chambre dans une auberge chaque soir.

                        Dans les rues de Pau, les illuminations de Noël font parfois oublier ceux qui dorment dehors le soir. « En décembre, moi, je ne peux pas. Il fait trop froid », confie Isabelle. À 54 ans, après avoir perdu son compagnon, elle a quitté Sète pour Pau (Pyrénées-Atlantiques), où il est enterré, au mois d’octobre. Depuis, elle a sollicité plusieurs fois le 115, la plateforme téléphonique qui oriente vers un hébergement d’urgence. Mais entre les périodes de carence, l’état déplorable de la chambre dans laquelle elle a dû passer une nuit – au milieu de cafards, selon elle – et le nombre de coups de téléphone à donner chaque jour sur ce numéro surchargé pour être sûre d’obtenir une place, elle a décidé de ne plus passer par le 115.
                        Vous appelez le matin à 9 heures, on vous dit qu’il n’y a plus de place. On vous conseille de retenter votre chance à 18 heures. Vous rappelez à 18 heures, on vous dit parfois qu’il y a eu un désistement, mais c’est très très rare. Sinon, on vous demande de rappeler le lendemain à 9h. Et là, ça veut dire nuit dehors », explique Isabelle. Quand on est une femme dans la rue, on est « très vite repérée. La nuit, je regarde plusieurs fois derrière moi pour être sûre que je ne suis pas suivie, je m’installe sur un carton, avec mon sac de couchage, mais pas avant 23 heures minimum. Et je ne dors pas ».

                        e matin elle prend le bus, toujours pour ne pas être repérée par des SDF mal-intentionnés, et va faire la manche hors de Pau. Elle s’installe devant un distributeur automatique parce que « devant les grandes surfaces on nous dit toujours de nous en aller, que la direction ne veut pas que l’on reste ». Là, elle a une journée pour récolter 21 euros, le prix d’une chambre dans une auberge.
                        « La rue, c’est une mini-société représentative d’une société. C’est à dire qu’il y a de tout », raconte-elle. Des gens qui ont des parcours de vie qui font qu’ils se sont retrouvés là mais qui sont entre-guillemets normaux. Des gens alcoolisés, des gens drogués… Je comprends qu’on puisse picoler. Parce que c’est lourd. Parce qu’on se fait jeter de partout. » Et puis, dans la rue comme dans les centres d’hébergement d’urgence, il y a ceux qui « essaient de profiter de la fragilité des femmes, poursuit Isabelle. J’ai déjà été sollicitée par des hommes qui me disaient ”Si tu veux, tu peux coucher avec moi et je te donnerai de l’argent”. J’ai besoin d’argent mais me prostituer, jamais ! En revanche je pense que beaucoup de femmes cèdent parce qu’elles ont envie de dormir dans un lit, tout simplement ».
                        L’OGFA, l’organisme de gestion des foyers amitié, qui met en lien les personnes à la rue et les lieux d’hébergement, confirme qu’il existe des périodes de carence. « Lorsque toutes les places sont prises et pour permettre à tous de se reposer de la dureté de la rue, indique son directeur Cyril Bazalgette. La majorité des chambres sont pourvues dans la journée et il faut certains soirs refuser entre 5 et 10 personnes. Mais en Béarn il existe un nombre de chambres assez exceptionnel », assure-t-il. Entre 70 et 75, selon la saison. Pour ce qui est de l’état des chambres, il indique avoir entendu parler de « nuisibles » et l’avoir signalé il y a 10 jours auprès de l’établissement.
                        C’est également ce qu’affirme avoir fait l’élue en charge des solidarités à la mairie de Pau et présidente du CCAS (centre communal d’action sociale), Béatrice Jouhandeaux. Elle a rencontré Isabelle. « Je lui ai conseillé de se rapprocher du CCAS et de monter un dossier pour obtenir un hébergement. Il existe des solutions ! Mais elle ne veut pas entendre parler du CCAS ».
                        Isabelle sait « très bien ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas ». Elle compte quitter Pau ce mardi pour retrouver le sud-est. Là, elle aimerait vivre à nouveau sur un bateau, comme pendant sa vie d’avant, avec son ex-compagnon.  »
                        Encore tous mes vœux Seldoon ainsi qu’à la copine Fiabane Succès et Réussite.

                      • #28228 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        @Graindorge – Ces deux derniers posts ne sont pas gentils. Tu viens embêter Seldon à deux reprises. Pour un livre dont tu n’as « jamais dit que ce n’était pas moral », mais l’autrice est quand même « quelqu’un [qui] veut se faire un peu de beurre sur les personnes à la rue » avec un « bouquin médiocre sur la misère » que tu n’as pas lu. Et pour faire la brigade de l’humour pour un canular sur BHL (dont il n’est pas sûr que tu ais saisis que c’était un canular ? et si tu as saisi, on ne peut plus faire de canular de potaches ?). Et maintenant, tu rappelles une sombre histoire de thread que tu as lancé et qui a tout simplement été loupé par bon nombre d’entre nous (je ne vois même pas duquel il s’agit), comme d’ailleurs toi-même tu as loupé le thread sur Tar.

                      • #28237 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Bonjour DouXavier
                        Tout va bien. J’ai transmis mes vœux à Seldoon et à Fiabane. La Sherlock que je suis a trouvé un long extrait de ce livre sur internet. Mais comme j’ai dit, mon avis est mon avis et FB qui est écrivain et critique littéraire et de cinéma est mieux placé.
                        Au début je ne parlais pas du livre dont je n’avais même pas encore lu le long extrait mais je donnais des chiffres sur la situation catastrophique en Europe des êtres humains à la rue ( message du 1er 01 à 23:31)
                        Aucun intérêt et puis je posais des questions. « Un peu de beurre » « livre médiocre » ont été dits sous la colère. Ce que j’ai lu ensuite je l’ai trouvé gentil reportage d’une gentille personne.
                        j’adore le potache et je me suis bien amusée aussi avec vous. Pour le thread/fil Photographie c’est pas de la faute à Seldoon ni à personne si personne n’y est entré mais c’est la faute à Chouchou le faf de la récré qui a fait un travail de destruction merveilleux. Capolavoro. Personne n’a le monopole de la violence. Alors pour la gentillesse hier j’ai passé mon tour. Mais je ne suis jamais oeil pour oeil. Tu peux constater que dans un autre fil ouvert par Ourson je dis ce que je penses de F.B. Et je suis reconnaissante à Seldoon d’avoir ouvert un fil Photographie où je me suis régalée.
                        Merci pour ta douceur Xavier. Ça fait du bien. Ça remonte le moral Je te fais la bise de Bonne Année sur la joue gauche radicale. La vraie

                      • #28241 Répondre
                        Le public
                        Invité

                        # MeToo

                      • #28245 Répondre
                        Boal Neurazi
                        Invité

                        Trop tard. Ni oubli, ni pardon.
                        Tu as repoussé les limites de la basse ignominie plus loin encore que ne l’avait fait avant toi la mouche BFS. Les féminicides ont baissé de 20% en 2023 et nous souhaitons toustes que la tendance se poursuive.

                      • #28248 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        « Ce que j’ai lu ensuite je l’ai trouvé gentil reportage d’une gentille personne. »
                        Tes brevets de gentillesse m’indisposent. Il s’agit du récit d’une autrice qui ne se leurre pas sur le rapport qu’elle a à son sujet.

                      • #28254 Répondre
                        Habile Entier
                        Invité

                        Juju: « Elodie Fiabane est monteuse, notamment des deux derniers documentaires de François Bégaudeau (dont Autonomes), montré à Premiers plans.Depuis quelques années, elle commence à développer ses propres histoires, en tant qu’autrice et réalisatrice. Elle a développé un long métrage au sein de l’Atelier Scénario de la Fémis, pour lequel elle a obtenu l’aide à la réécriture du CNC, et écrit un premier court métrage, La Mécanique des roches, toujours autour de l’univers de l’escalade. »
                        .
                        C’est pour ça que la page de pub me filait la gerbe, c’est parce que c’est la même bêtise haineuse et la même volonté de se grandir de son indifférence à l’endroit de son semblable.

                      • #28259 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Quelqu’un sait si on peut trouver en ligne ou ailleurs le court-métrage d’Elodie Fiabane ?

                      • #28263 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pas encore en ligne ou ailleurs, pour le moment il vit sa vie en festivals.

                      • #28260 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        T’es sûr que c’est pas la bile qui imbibe ton joli sweat à capuche qui finirait par te filer la gerbe ?

                      • #28334 Répondre
                        Habile Entier
                        Invité

                        Juju: Excuse moi de me respecter.

        • #28032 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Geoffroy de Lagasnerie
          Se méfier de Kafka
          À travers des récits emblématiques comme Le Procès ou La Colonie pénitentiaire, Kafka a profondément marqué la représentation moderne de la Loi, de l’État et du pouvoir. Ses descriptions d’un pouvoir sans règle et sans lieu, et d’un sujet perdu dans ses filets, nous interpellent. Elles semblent dire quelque chose de notre condition politique, de la bureaucratie ou de la Justice.
          Mais ne devons-nous pas nous méfier de notre identification aux thèmes de Kafka ? Les images terrifiantes d’une bureaucratie d’État au fonctionnement secret et imprévisible, d’un pouvoir policier arbitraire ou encore d’une Justice qui accuse des innocents nous inquiètent et nous fascinent. Mais nous aidentelles véritablement à comprendre la société dans laquelle nous vivons ?
          En discutant aussi bien Kafka que les philosophes qui se sont référés à son œuvre, en confrontant la rhétorique kafkaïenne à une analyse socio-politique de la Justice, de la Police, de l’État, Lagasnerie interroge les automatismes qui façonnent nos manières spontanées de penser les pouvoirs. Et réfléchit sur les principes qui permettent de saisir la vérité des institutions qui composent notre monde.
          Nouvel avenir
          À paraître le 10/01/2024
          Genre : Essais

          • #28045 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Celui-ci je vais le lire en même temps que je vais relire Kafka, déjà parce que je n’aime pas le titre qui me fait penser à Oublier Camus. Parce que Kafka n’est pas moral et ne donne pas de leçon – chez lui les vicissitudes et les tourments humains surplombent les ingénieries totalitaires. C’est un romantique juif, donc un romantique apatride, un paradoxe. Davantage que de Kafka, se méfier de l’interprétation de ses écrits s’il en est pour les comparer à de la dystopie ou des essais politiques. L’essentiel kafkaïen n’est pas le système qui écrase l’humain mais l’humain lui-même pris dans la fatalité, et le roman n’est pas là pour servir un idéal ou une critique politique mais pour saisir la vie quand elle se casse la gueule contre le monde. C’est de la littérature noble.

          • #28203 Répondre
            Charles
            Invité

            112 pages. De plus en plus court.

        • #28033 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Bernard-Henri Lévy
          L’Odyssée de l’Unité
          Bernard-Henri Lévy nous plonge dans une épopée enchanteresse à travers les dédales du pouvoir mondial avec son dernier chef-d’œuvre, « L’Odyssée de l’Unité ». En tant qu’icône indiscutable de l’eurocentrisme, l’auteur se dresse comme un héros romantique de la politique contemporaine, guidé par une vision impériale qui sculpte les contours de l’Occident.
          Au cœur d’une Europe en constante renaissance, Lévy nous entraîne dans un ballet élégant entre les nations, célébrant les idéaux européens avec une plume aussi raffinée que sa vision politique. « L’Odyssée de l’Unité » nous offre une réflexion profonde sur les enjeux cruciaux qui se dessinent dans l’ombre des coulisses du pouvoir mondial, tandis que l’auteur se positionne en faveur d’une unité inébranlable.
          Dans ce manifeste politique, Lévy compose une symphonie politique où l’homme et l’idée fusionnent harmonieusement dans une danse enivrante à travers les méandres de l’histoire. Prêtresse de l’unité européenne, cette œuvre se présente comme une déclaration d’amour à l’Atlantique, un appel vibrant à l’action, et une ode enflammée à la grandeur de l’Europe. Laissez-vous emporter dans cette odyssée où la politique se transforme en poésie, et où les idéaux impériaux guident la destinée de notre époque avec éclat.
          À paraître le 24/01/2024
          Genre : Essais

          • #28034 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Pas encore lu le BHL (un chef d’oeuvre de plus?) ni le GDL mais je recommande vivement Dans la ville et Le témoin, deux livres qui m’ont donné le sentiment d’une sorte de perfection. Même si ce terme est débile. En attendant de mieux nommer, je dirais au bas mot : d’une grande force.

            • #28035 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Dans la ville ( d’Elodie Fiabane), je vois bien.
              L’autre en revanche.

              • #28100 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Je tiens à rassurer tous ceux qui s’inquiétaient pour moi ( sans aller jusqu’à m’aider) ou qui ont cru que je déconnais: j’ai lu le post d’Ostros et je sais désormais qui est l’autrice d’Un témoin.
                Comme 2024 commence à peine, on peut rappeler deux règles essentielles :
                – il y a un signe évident du fait que je plaisante, c’est que c’est drôle.
                -lorsque je demande une référence, on la donne; ça évitera que j’en vienne aux menaces physiques

                • #28205 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  – j’en ajoute une pour la route : quand Elodie Fiabane écrit un premier livre, on le lit bordel de Dieu.

                  • #28207 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Qui ou qu’est-ce qui t’en empêche?

          • #28046 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            L’Europe sans l’aimer.

            • #28051 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Et Alain Finkielkraut va sortir « Pêcheur de perles. »
              Et contrairement à l’Unité de l’Odyssée ce n’est même pas une blague.

              • #28067 Répondre
                Titouan R
                Invité

                J’avoue avoir d’abord cru au canular sur BHL.
                Des morceaux de bravoure comme « avec une plume aussi raffinée que sa vision politique » semblent tout droit issus d’un manuel de marketing de l’édition.
                J’ai presque envie que ce bouquin existe. Il pourrait dialoguer avec le futur Onfray : Déliquescence.
                « Dans cet ouvrage, l’éminent philosophe normand nous embarque dans le récit d’une époque, la nôtre, de ses fracas et ses agitations. Prenant l’époque à bras le corps, et la sondant avec l’acuité qu’on lui connaît depuis son AVC, le penseur nous invite à voir ce que l’abondance des commentaires recouvre : non plus la décadence d’un monde finissant, mais le néant d’un monde fini. L’ouragan est déjà passé, nous dit Onfray, et nous refusons de le voir, encore projetés dans le ciel par la bourrasque wokiste.
                Se rappelant à sa double fidélité laïque et islamophobe, Michel Onfray propose une boussole nous permettant de nous guider sans défaillir dans les ruines : un art d’écouter la pluie, une politique de la contemplation tragique.
                Sous le patronage de grandes figures de la pensée (Lucrèce, Nietzsche, Arendt, Moix), l’auteur entreprend rien moins qu’une refondation de notre société et d’un vivre ensemble fondé sur un concept-clé : la civili-nation.
                Michel en profite pour rejouer ses meilleurs tubes, en version remasterisée : l’Europe maastrichienne, la trahison de Mitterrand et la grandeur de De Gaulle, le mongolisme de Greta Thunberg. »
                Un ouvrage Albin Michel.
                Parution : le 2.4.2024.
                Pour toute précommande avant le 29.2.2024, un webinaire de 2 heures avec Michel Onfray est offert

          • #28070 Répondre
            lison
            Invité

            Hâte de voir l’adaptation au cinéma, surtout pour  » la danse enivrante dans les méandres de l’histoire. »

          • #28078 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Seldoon: est-ce bien nécessaire de lui faire de la pub (gratuite)? « en bien ou en mal mais parlez de moi »

            • #28079 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              Ah non pour le coup c’est un très grand BHL. Son meilleur.

              • #28083 Répondre
                Titouan R
                Invité

                aurais-tu les bonnes feuilles en exclusivité ?

                • #28086 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je n’ai lu que 250 pages mais d’ores et déjà j’annonce une Gêne occasionnée.

            • #28090 Répondre
              Anna H
              Invité

              Les prises de position de BHL sont discutables, pas son génie littéraire. Il faut distinguer l’homme de l’artiste.

              • #28091 Répondre
                Anna H
                Invité

                Savoir distinguer

                • #28094 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je te trouve injuste
                  L’homme aura quand meme beaucoup oeuvré pour la paix.

                  • #28109 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Pour la paix de qui?

                    • #28152 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      des lybiens madame
                      ni plus ni moins

                      • #28160 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Merci de le dire monsieur papa! Ça fait du bien

      • #28068 Répondre
        lison
        Invité

        oui Claire, et je crois que Xavier a signalé aussi cette parenté.
        Je ne sais pas si elle l’a évoqué quelques part en interview, mais ça m’intéresserait de savoir.

        • #28087 Répondre
          Claire N
          Invité

          Recherche rapide ( trop ?) rien trouvé là dessus
          À part un lien vers le commentaire de Xavier

          • #28108 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            C’est la consécration, et la dernière pièce manquante à mon dossier de demande de carte de presse de critique littéraire.
            J’annonce dans la foulée le lancement de mon podcast, intitulé Malaise Permanent.
            Mon premier invité sera BHL autour de son livre événement Les deux Unicités de l’Odyssée.
            Le thème sera : « les écrivains français en font-ils assez pour réarmer la population ? »

            • #28110 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Toi aussi tu t’y mets Xavier? Tu comptes vraiment inviter BHL? PFFFF!😔

              • #28131 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                @Graindorge – Pourtant durant toute sa vie BHL aura dit beaucoup de bien de l’Abbé Pierre

                • #28133 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Dans son dernier il a un chapitre intitulé « Didier Raoult : portrait d’un européen » ce qui est plus surprenant.

                  • #28139 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Très bon chapitre. J’ai apprécié qu’il fasse l’effort de l’écrire en écriture inclusive, cela témoigne d’une vraie évolution.

                  • #28141 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Je viens de googler quand même pour rigoler. J’ignorais le rapprochement bien réel de ces deux rebelles.
                    On ne peut qu’espérer un rôle pour Raoult dans le prochain Arielle Dombasle aux côtés de Karl Zéro, Michel Fau et Beigbeder.

                    • #28142 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Attends il y a rapprochement ?

                      • #28145 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        L’adversité féroce à laquelle doivent faire face les génies que l’on veut museler crée des liens qui libèrent.
                        C’est aussi pourquoi Onfray a eu beaucoup d’affection pour le Professeur.

                      • #28146 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité
                      • #28149 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Et l’express parlait en 2020 d’une « improbable idylle ». Comment faire de l’ironie dans un monde pareil ! On ne peut pas travailler dans conditions. Par dépit je rejoins donc le camp des vrais radicaux qui ici pensent que pour que le monde aille mieux il faut que les écrivains arrêtent d’écrire.

                      • #28150 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        La chloroquine sans l’aimer.

                      • #28155 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Donc Leo Landru les 5000 soignants réintégrés ( moins Karine 37 ans suicidée) rendent hommage à BHL? Tu es rigoureux là Léo?

                      • #28156 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ils applaudissaient encore aux fenêtres hier soir.

                      • #28158 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Je note donc Seldoon que les chiffres des gens sans abri ( plus tolérable qu’entendre  » à la rue »?) c’est du pipi dans un violon mais Fiabane, la copine Fiabane qui a écrit un livre dessus c’est plus important? Je ne comprends pas. Dommage pour moi

                      • #28159 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Deux options : soit je me moquais des gens sans abri, soit je m’amusais de ton aigreur déplacée. Nous ne faisons pas ressortir nos meilleurs côtés respectifs, arretons là ?

                      • #28198 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Un peu plus et tu me mets le suicide de Karine 37 ans sur le dos. Heureusement qu’on reste léger.

                      • #28204 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Mé non Leo Landru! Bien sûr que non! On a bien parlé de tout ça au moment dû. Dis, tu n’aurais pas plutôt vu le film Tár? J’ai demandé à la ronde dans l’entrée Cinéma mais personne ne m’a répondu. J’aurais aimé avoir un avis. C’est le seul film de 2023 que j’ai vu et comme ici ya des pros et des vrais amateurs ça m’aurait plu d’avoir un avis de cette consistance

                      • #28147 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Une vidéo que j’ai un peu la flemme de regarder (il faut écouter BHL donc bon).

                • #28137 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  « BHL aura dit beaucoup de bien de l’Abbé Pierre ». Et réciproquement.

                • #28153 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Il est mort BHL?

                  • #28154 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Il est mort BHL? Question pour Xavier

                • #28157 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Moi je dis beaucoup de bien de Dieu Xavier. Lien direct. Je ne connais pas l’Abé Pierre qui comme Mère Thérèsa ont toujours servi et bien servi la bourgeoisie et même la grande bourgeoisie et ce q’il reste d’Aristos.

            • #28111 Répondre
              Claire N
              Invité

              Recruterais tu un éminent humoriste qui prendrait le nom de l’ «  autre «  comme le teaser de Julien B nous l’annonçait ?

              • #28208 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                @ClaireN – Maintenant qu’il est libre de s’engager où il le souhaite, j’ai toute confiance pour débaucher l’Homme qui n’a pas de Prénom, surnommé le Kylian Mbappé du podcast.
                Mon agent est sur le coup, son discours est béton pour recruter ce talent. Il est irréfutable que l’un comme l’autre ont des coéquipiers fort médiocres au foot : comment compte-t-il gagner la Ligue des Champions s’il ne prend pas son risque ?

                • #28322 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Nul doute qu’il sera dessillé devant ta juste évaluation de ses potentialités; inestimable reconnaissance donc inutile qu’il te réclame une compensation financière ; finement joué D Xavier

    • #28180 Répondre
      Ostros
      Invité

      Merci pour les reco bouquins 2024.
      .
      J’ai une question sur un tout autre sujet :
      Connaissez-vous l’organisation au sein des prisons françaises ?
      – Y a-t-il des regroupements par cellule / secteur de personnes dans la même tranche d’âge, issues de la même classe sociale ?
      On sait que les hommes politiques sont privilégiés avec des cellules en dehors du commun, mais les autres ?
      – Les moments de balade c’est tout le monde qui sort en même temps ou c’est par roulement ?
      Merci pour vos lumières.

    • #28308 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je viens de terminer la vidéo.
      Une question me taraude sur l’école : si j’ai bien compris – corrigez moi sinon – F.B préférerait l’école en tant que lieu où il est désirable d’y être.
      J’adhère, je réprouve l’institution de l’école moi aussi (et j’y étais pourtant pas mauvais), mais là où ça bute pour moi c’est les matières chiantes : qu’est-ce qu’on en fait ? F.B. a donné l’exemple des médiévistes et des flaubertistes qui ont contracté leur passion ailleurs qu’à l’école, mais c’est parce que l’histoire ou la littérature c’est sexy quand ça veut.
      Mais les matières pas désirables justement, on en fait quoi ?

      Je vois pas un monde dans lequel des gamins décident eux-mêmes d’apprendre les dérivées, encore moins le subjonctif imparfait ou les Pas de bol, les deux exemples que je viens de donner sont des prérequis pour pas mal de métiers plus ou moins chouettes et parfois indispensables. Je vais sonner très vieux con républicain, mais c’est quand même chouette d’avoir des routes qui tiennent la route (lol), des systèmes informatisés pour imprimer nos bouquins, des bouquins qui sont intelligible grâce à un minimum de maîtrise du français académique.
      Tout ça ça passe par des apprentissages « nuls » hélas, et va proposer à un prépubert d’apprendre des trucs nuls s’il en a envie…
      Pour moi le risque c’est qu’il y ait encore un ecart entre certains métiers « prestigieux » car plus difficiles d’accès car reposant sur des matières nulles … et les autres métiers. Et fatalement les travailleurs de la première catégorie seront dans un rapport très favorable d’hyperdominant potentiel car ils seront en déficit par rapport aux besoins de la société, qu’ils le veuillent ou non…
      Je dis pas que l’école telle qu’elle est foutue actuellement est la solution, c’est même plutôt l’inverse, 95% des enfants sacrifient des milliers d’heures de leur vie des cours qu’ils auront oublié d’ici dix ans… Mais ça m’interoge quand même

      Une piste de réflexion : concentrer toutes ces matières « nulles mais utiles » dans de la formation professionalisante suivie par des adultes, ça éviterait le gâchis et limiterait peut-être les disparités liées au parents qui sont là ou pas pour aider aux devoirs

      • #28310 Répondre
        Ourson
        Invité

        Désolé le texte est foutu très bizarrement je l’ai écrit en marchant sur mon tel
        J’ai du rater un saut de ligne

        • #28324 Répondre
          Claire N
          Invité

          On peut noter qu’il fut un temps où les matières qui servaient à la sélection étaient le latin et le grec, c’est bien moins une arme de domination des masses et pourtant le cerveau n’a pas trop évolué

      • #28311 Répondre
        Fanny
        Invité

        Je ne crois pas que les « matières chiantes » existent, telles que tu les présentes. Personnellement la seule matière chiante, et même absolument atroce, que j’ai connue dans ma scolarité c’était l’EPS, donc tout ça est très subjectif.
        Tu mentionnes le subjonctif imparfait : je le trouve bien plus amusant que chiant mais je me demande de quoi il pourrait bien être l’indispensable prérequis.

        • #28314 Répondre
          Ourson
          Invité

          Je me mets bien sûr à la place d’un enfant entre 4 et 16 ans, je me revois à cet âge je vois très mal comment j’aurais pu passer des heures à faire des calculs avec parenthèses et priorité. Sans la carotte des notes et le bâton des engueulades de ma mère et des profs, je vois vraiment pas

          • #28316 Répondre
            Fanny
            Invité

            Est-ce que la carotte et le bâton ne pourraient pas justement t’avoir empêché de prendre goût aux mathématiques ? (Motivation extrinsèque vs intrinsèque)

          • #28321 Répondre
            Cocolastico
            Invité

            Dans « Au Bonheur des Maths » de Raymond Depardon et Claudine Nougaret de grands mathématiciens témoignent du plaisir ludique qu’ils ont éprouvé gamin pour cette matière. Si je me souviens bien, l’un d’eux raconte qu’il s’enfermait dans les toilettes pour s’échapper dans ses pensées

            • #28683 Répondre
              Ourson
              Invité

              Merci pour la référence. Je t’avoue que je regarderai le documentaire avec un peu de scepticisme en ce qui concerne la capacité des enfants à apprécier faire des calculs de fonctions affines pendant de longues heures

    • #28494 Répondre
      Ostros
      Invité

      Le forum page 5 ayant été abandonné à l’expression quémandeuse et sans frein de Jeannot je up le forum page 6, notre îlot, pour ne pas qu’il se perde au loin.

    • #28502 Répondre
      Zyrma
      Invité

      il y a un entretien avec François réalisé le 13/02/23 dans le n°172-173 du Journal des anthropologues :
      Des mots, des faits et des effets du capitalisme
      Entretien avec François Bégaudeau réalisé par Marie Rebeyrolle et David Puaud

      • #28540 Répondre
        Ostros
        Invité

        Quelqu’un.e peut nous le partager ?

    • #28541 Répondre
      Zyrma
      Invité

      (je tente)
      La rubrique «¬Anthropologies actuelles¬» accueille des contributions portant sur
      des thématiques sociales d’actualité. Y interviennent des anthropologues, mais
      aussi des philosophes, des économistes, des sociologues, des personnalités du
      monde académique, mais pas uniquement.
      C’est dans ce cadre que nous sommes allés interroger François Bégaudeau,
      écrivain de romans, d’essais et de pièces de théâtre, scénariste et réalisateur,
      critique littéraire et de cinéma, dont nous pouvons illustrer l’itinéraire par trois
      exemples. Dans les années 1990, il est membre des Zabriskie Point — un groupe
      phare du punk rock français — tout en passant l’agrégation de lettres et devenant
      professeur de français. Il publie en 2006 son troisième roman Entre les
      murs qui, adapté au cinéma par Laurent Cantet, reçoit la Palme d’or au festival
      de Cannes en 2008, François Bégaudeau jouant dans le lm le rôle d’un professeur
      de français dans un collège du XXe arrondissement de Paris. Il sort en 2019
      Histoire de ta bêtise, un essai qui revient sur la campagne des présidentielles de
      2017 et analyse en particulier ce qui dé nirait l’a ect, les valeurs ou les goûts
      bourgeois ayant conduit à l’élection d’Emmanuel Macron.
      Durant cet entretien, nous sommes revenus avec lui sur son besoin d’ancrage
      dans des situations — ctives ou réelles — pour pouvoir décrire les réalités.
      Par exemple, les réalités de l’hégémonie du capitalisme racontée au travers des
      mots de la langue managériale omniprésents, ou bien le fait que les extrêmes
      ne se rejoignent pas en relatant une discussion avec M., un militant d’extrême
      droite rencontré après une conférence, ou encore l’idéologie du libéralisme
      incarnée dans les personnages d’une pièce de théâtre, tous libéraux repentis.
      En n, nous avons abordé sa perception des enjeux et conditions de réussite de
      la sphère militante d’une «¬gauche radicale¬», face à un capitalisme qui perd peu
      de batailles, qui amollit les corps grâce à la marchandise et dont la colère qu’il
      suscite conduit bien souvent à des révolutions conservatrices plutôt qu’à des
      révolutions émancipatrices.
      Certaines des questions ou thématiques travaillées par François Bégaudeau
      relèvent ainsi du registre de l’anthropologie, l’originalité et l’apport de sa
      démarche résidant dans sa manière d’entrecroiser l’art, les mots et la militance.

    • #28542 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Que gardes-tu de ta période Zabriskie Point ? 5………………………………………
      J’ai remarqué que pas mal de gens ayant gravité dans le milieu punk rock sont
      aujourd’hui dans le domaine des sciences humaines, l’anthropologie, l’archéologie,
      la sociologie. Sans banaliser ces parcours, on constate un vrai sillon, auquel
      je participe d’une certaine manière. Avec le groupe Zabriskie Point, nous avons
      arrêté en 1999, et pourtant cela me paraît être hier. Il reste des traces écrites
      de ce que je pouvais penser entre l’âge de 20 et 30 ans et, de fait, je désespère
      presque de constater que politiquement je n’ai jamais vraiment changé.
      Le noyau s’est formé très vite, anarchisant et un peu marxiste. J’ai fait quelques
      petites embardées expérimentales dans la sociale démocratie, par exemple j’ai
      voté dans les années 2000, mais ça n’a pas duré. Pendant ces cinq ou six ans je
      me disais, bon allez, on va essayer de jouer un peu le jeu du réformisme que je
      ne trouvais pas bête, et continue de ne pas trouver bête, mais le tempérament
      radical est revenu au galop.
      D’où vient cette ironie constante dans tes écrits ?
      J’écris justement en ce moment un livre qui explore les rapports entre l’art, la
      politique, la morale et l’humour et j’essaie d’y élucider ma pente ironique qui
      ne date pas d’hier et vis-à-vis de laquelle j’ai une certaine ambivalence. Si je suis
      honnête, je dirais qu’utiliser l’ironie pour critiquer l’ordre social et un certain
      état du système vient d’une position relativement confortable dans la société.
      C’est pourquoi l’ironie a parfois mauvaise presse et à juste titre. On pourrait
      parler de quelque chose d’éminemment bourgeois dans l’ironie, lié à une forme
      de distance. Bien sûr les prolétaires sont également capables d’ironie. Mais
      n’ayant pas eu une vie extrêmement confortable, mais pas du tout hyper-précaire
      non plus, je peux d’autant plus m’autoriser cette distance ironique.
      En quoi le néolibéralisme est-il un fait de langage ?
      Au début de Boniments6, je prends acte que de nombreux chercheurs ont analysé
      une certaine évolution du capitalisme produisant une di érence qui n’est plus
      seulement de degré mais de nature, justi ant un nouveau mot, justi ant que
      l’on adjoigne néo à libéralisme et que l’on parle dorénavant de néolibéralisme.
      Je trouve cela crédible et respectable. En revanche, mon travail est de prendre les
      mots non pas dans leur sérieux universitaire, mais dans leur circulation sociale.
      Et là ce qui se passe avec le mot «¬néolibéral¬» est du grand n’importe quoi. On
      l’utilise comme une facilité de langage, et je vois bien qu’il y a une entourloupe
      plus ou moins consciente, parce que quand on dit néolibéral on ne dit pas
      libéral, on ne dit pas non plus capitalisme qui reste pourtant le noyau central.
      Comme j’aime bien être concret et factuel, prenons un exemple. J’allume ma
      télé et je vois un type du MoDem dire tout le mal qu’il pense du néolibéralisme
      du fait qu’une usine délocalise sa production. Je vois bien que dans sa bouche,
      c’est une façon de dire que vraisemblablement le capitalisme a un peu exagéré,
      un peu «¬dévi鬻, mais que, dans sa mouture ordinaire, il était défendable, allant
      dans le sens du progrès, à même de faire sortir de la pauvreté un nombre massif
      d’êtres humains. J’aime bien revenir au coeur de la bête, notamment à son
      origine, au noyau, à la matrice. Boniments commence d’ailleurs par des piliers
      matriciels de la pensée libérale telle qu’elle s’est organisée dès Adam Smith¬: le
      choix, le contrat, la liberté, le «¬priv鬻, la concurrence non faussée, le risque, qui
      ne viennent pas du néolibéralisme mais sont des fondamentaux du capitalisme,
      dont il ne faut jamais oublier que les premiers gestes sont des gestes de rapine,
      d’extorsion, de pillage. Les mots ont toujours un sens social, et là-dessus je crois
      qu’il est fondamental de percevoir le sens politique et social porté par tel usage
      de tel mot, à telle époque.

    • #28543 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Que penses-tu de l’utilisation actuelle de l’expression “néofascisme” ?
      A-t-on vraiment besoin de ce mot d’un point de vue conceptuel¬? On observe
      en tout cas la multiplication de néologismes a rmant que le fascisme est là
      mais pas vraiment, des mots intermédiaires¬: néofascisme, fascisme rampant,
      crypto-fascisme, pré-fascisme, etc. Frédéric Lordon parle plutôt de fascisation,
      c’est-à-dire d’un processus. J’en suis venu à me dire qu’on pourrait
      presque se passer de ce mot ou de ses dérivés, ou de ses variantes modérées ou
      euphémistiques et décrire tout simplement ce qui est. Décrire quel sort la société
      fait aux migrants, aux populations issues de l’immigration, aux minorités
      sexuelles, aux opposants politiques, quel est le degré de violence actuellement
      de la police, quel est le degré de racisme dans ces violences policières.
      Je me mé e des mots et j’aime bien les phrases. Les mots tout seuls ne me
      vont jamais. Il faut faire une phrase, ajouter aux mots un verbe, un complément,
      un complément circonstanciel, un adjectif, un adverbe, et là le langage
      commence à dire quelque chose. Mais de grands mots comme néofascisme,
      ou même capitalisme — dont je suis un usager intarissable et je m’en veux
      presque¬—, ont besoin d’être dépliés en narration, en description. C’est là que
      peut intervenir le roman qui procède par récit, par situations qui incarnent les
      choses bien mieux que des mots génériques, le plus souvent incapables de nous
      aider à penser et saisir le réel.
      De quelle manière as-tu participé à la réémergence des termes capitalisme
      et bourgeoisie ?
      Le terme capitalisme n’a jamais vraiment disparu de l’usage commun, même
      s’il revient en force depuis dix, quinze ans. C’est un mot pertinent parce qu’il
      désigne un tissu de faits plutôt qu’une idée. Du coup, cela peut générer immédiatement
      toutes sortes de descriptions, ce que fait Marx dans Le Capital qui
      est un ouvrage avant tout descriptif et pas un livre de théoricien, même s’il peut
      monter en généralité et en concept. Je suis plus à l’aise avec des mots qui ne
      représentent pas des idées mais des faits. Après, il faut bien sûr décrire le capitalisme,
      ce que je fais un peu dans Boniments. J’y dresse un tableau contemporain
      du dispositif marchand. En ce qui concerne le mot bourgeoisie, il avait un peu
      disparu de la circulation dans les années 1990 et, e ectivement, j’ai fait partie
      de ceux qui l’ont remis sur la place publique. Le mot n’est pas prononçable partout,
      et en tout cas vous vaut un certain ostracisme à partir du moment où vous
      le prononcez. Cela dit, je suis à l’aise avec le mot bourgeoisie parce qu’il renvoie
      à des situations, et immédiatement à des corps, les corps bourgeois.
      C’est comme ça que je l’ai négocié dans Histoire de ta bêtise 7. Je n’ai pas fait
      de théorie sociologique, ce dont je suis incapable. J’ai décrit la bourgeoisie par
      touches, par approches fragmentaires. À un moment, je vais parler d’un a ect
      bourgeois, de tel lm imprégné des valeurs bourgeoises, puis de telle situation
      où un bourgeois m’avait dit telle chose qui le marquait socialement. Et peu à
      peu, de façon kaléidoscopique, quelque chose comme une entité bourgeoise
      nit par se constituer dans le livre. Cela dit, quand on place bourgeois dans
      toutes les phrases, on retombe dans la nomination-ré exe. Je connais mon tic,
      je suis un «¬facile¬» de la gâchette antibourgeoise. Je m’entends parfois parler et
      je me fatigue. Je me dis : sois un peu moins feignant, quand tu dis bourgeois
      tu pourrais peut-être dire quelque chose de plus précis. Dans Boniments le mot
      bourgeois est rare et c’est volontaire. J’avais envie de m’en passer, un peu comme
      dans le jeu Taboo où des mots sont interdits.

    • #28544 Répondre
      Zyrma
      Invité

      La dernière phrase de Boniments est « Il est libre ». Comment
      l’entends-tu ?
      Cette n est ironique et auto-ironique. C’est un peu la position du penseur
      qui est ironisée. J’y mets en scène un intellectuel critique qui aborde un livreur
      Uber, lui dit qu’il est aliéné et, par la magie de son verbe, le libère. Au passage,
      l’ironie porte sur la liberté, puisque le livre commence par une descente en règle
      ou une déconstruction du mot libre, du mot liberté. Si cette n est cynique,
      c’est au sens de Diogène, et au sens où je remets le livre à sa place. Pour moi
      la littérature a toujours fait ça. Je ne connais pas d’écrivain ou d’écrivaine qui
      n’ait pas écrit et porté très haut la littérature tout en signalant que la littérature
      était vaine. Et les deux ne sont pas incompatibles. J’écris, je suis très heureux
      d’écrire, je continue de lire beaucoup, je trouve qu’il y a quelque chose de très
      puissant qui se joue dans la littérature. En revanche, j’ai énormément de doutes
      sur l’utilité politique de la littérature. Je vois bien d’ailleurs que, dans le champ
      politique et militant, la littérature est absente, ou utilisée de la pire des manières.
      Par exemple, tu viens de lire Boniments, je viens de l’écrire, j’espère que
      tu y as pris du plaisir, j’espère qu’il t’a donné à voir des choses et à les penser.
      Maintenant on est bien d’accord que le capitalisme ne s’en est pas trouvé altéré,
      ni froissé, ni a ecté. Et, comme dit à peu près Brecht, plus on manifeste à un
      spectateur d’une pièce à quel point la pièce est inutile, mieux on signi e que la
      vraie scène politique se joue ailleurs. Là, ce serait le contraire du cynisme. Une
      manière de dire, on ne va pas se contenter de ça, parce que moi je m’en contenterais
      bien en tant qu’écrivain bourgeois, et toi en tant que lecteur, mais on est
      bien d’accord que les livreurs Uber continuent d’être aliénés, qu’ils restent des
      sous-prolétaires en lisière de l’esclavage.
      D’où te vient cette culture de la langue managériale, langue du
      capitalisme ?
      Cela peut relever un peu du talent d’un romancier de saisir des milieux qui ne
      sont pas les siens. Je n’ai jamais vraiment fréquenté le milieu de l’entreprise,
      mais je croise des gens, j’aime bien les écouter, je leur parle, je les questionne.
      Certains m’écrivent parfois des mails pour me dire¬ : «¬Toi qui t’intéresses à
      la bourgeoisie, j’aimerais bien te raconter ma vie en entreprise depuis trois
      ans, parce que tu vas voir ce n’est pas piqué des hannetons¬ ». J’ai donc pas
      mal de documentation qui m’arrive sans que je la cherche. Après, je ne suis
      pas complètement étranger au monde de l’entreprise parce qu’étant un
      auto-entrepreneur culturel, j’ai des deals avec des éditeurs, producteurs,
      directeurs de théâtre. La langue du management a énormément pénétré ces
      milieux-là, aussi publics soient-ils, et aussi hermétiques se prétendent-ils à cette
      langue.
      À quoi s’ajoute — ce que j’essaie de décrire dans Boniments — que cette
      langue est devenue hégémonique. Elle se di use partout, y compris très au-delà
      des périmètres où elle est née et a eu ses premiers usages. On la voit débarquer
      dans le secteur public, mais aussi dans la langue commune. On allume sa télé
      et on entend «¬sortir de sa zone de confort¬». «¬Résilience¬», on l’entend partout
      depuis vingt ans. Ça vient de Boris Cyrulnik, mais on le trouve aujourd’hui
      dans des séminaires de management, après vient Macron, et maintenant le mot
      s’invite dans le cinéma, les livres, les conversations courantes. Dans le sport
      aussi. Il y a une jonction permanente entre le management et le sport. L’un et
      l’autre se vouent une fascination mutuelle. Le management voit le sport comme
      une version idéale de la concurrence capitaliste, une concurrence portée à son
      point de noblesse, à son épure. «¬Que le meilleur gagne¬».
      Dans ma pièce La bonne nouvelle 8, les personnages sont des libéraux
      repentis, des gens qui ont travaillé dans des entreprises et ont eu une espèce de
      révélation mystique — la bonne nouvelle étant empruntée à l’évangile — qui
      donnent le récit de leur vie d’avant. On dit souvent qu’écrire vous déconnecte
      du réel, mais parfois c’est l’inverse. Parce que je me suis beaucoup documenté
      pour écrire cette pièce, j’ai regardé nombre de vidéos. C’est peut-être aussi pour
      cela que l’on est parfois beaucoup plus ns que nos adversaires. Parce que l’adversaire
      ne sait rien de la gauche radicale. Pourquoi¬? Parce que par dé nition,
      il ne nous voit pas, ne nous écoute pas. Je suis frappé par la méconnaissance
      absolue des bourgeois vis-à-vis du camp radical. Ils ont bien des clichés en
      tête, bolchevique le couteau entre les dents, anarchiste hirsute, black block venu
      de l’étranger pour «¬tuer du ic¬», zadiste à chien. Et pourquoi nous méconnaissent-
      ils¬? Parce qu’on ne passe pas à la télé, on n’est pas hégémoniques, on
      est minoritaires, on est nulle part, on est vus que par nous-mêmes. Alors que
      la bourgeoisie, le monde managérial, les leaders d’opinion du capitalisme sont
      eux tout le temps en vue et viennent nous chercher en permanence. On les
      connaît donc beaucoup mieux qu’ils ne nous connaissent, ce qui nous donne
      un avantage dans la lutte qu’il faut pousser. D’ailleurs, l’une des raisons qui fait
      que je suis attaché à la gauche, c’est que je la trouve éminemment moins bête
      que le camp d’en face, qui est politiquement inepte, et socialement ignare. Ce
      n’est pas leur faute, c’est leur entre-soi qui les abêtit, ils n’ont aucun contact,
      aucune idée de ce qui se dit dans une réunion du NPA, dans un collectif radical.

    • #28545 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Aucune idée de ce qu’est réellement le féminisme, ou «¬l’indigénisme¬» qu’ils ne
      cessent pourtant de fustiger.
      À quelles conditions celles et ceux que tu nommes les bourgeois
      admettent-ils la critique ?
      Ça dépend où tu tapes. Ils peuvent entendre des critiques super cielles qu’euxmêmes
      d’ailleurs, dans leur grand sens de l’autodérision, peuvent admettre, tant
      qu’on ne touche pas au noyau de la structure marchande. C’est pour cela que je
      tape toujours au portefeuille, comme diraient les services du sc. Lorsque l’on
      met au jour une opération soigneusement masquée en rapport avec une certaine
      façon de gérer le capital, on essuie une certaine haine. Quand il s’agit de montrer
      ses petits travers, la bourgeoisie est bonne joueuse. En revanche, cela fait
      mal quand on tape dans la structure, dans le coeur même de l’ordre bourgeois,
      quand on met en lumière ce que j’appelle la scène marchande qui, elle, implique
      une partie importante des classes supérieures. La bourgeoisie aime plutôt qu’on
      critique les ultra-riches, ça l’exonère.
      Depuis Histoire de ta bêtise, tu es mis de côté par certains médias.
      Quelle analyse en fais-tu ?
      À partir du moment où j’ai tapé dans le coeur de la structure, ils m’ont sérieusement
      fait comprendre que j’étais devenu indésirable. Depuis Histoire de ta
      bêtise, certains médias dans lesquels j’étais convié ne m’invitent plus. C’est très
      factuel et je pourrais même donner la date précise. Cela dit, inversement, le fait
      d’avoir pris à partie la bourgeoisie de cette façon-là m’a attiré aussi beaucoup
      de sympathie. J’y ai gagné une certaine écoute, une certaine audience dans les
      milieux radicaux, et aussi dans une certaine jeunesse politisée. Ça compense.
      Comment interprètes-tu l’expression « logique du pire » ?
      «¬Logique du pire¬» est une chanson écrite par Xavier, le guitariste des Zabriskie
      Point. Il avait tiré ce titre d’un auteur qu’on lisait beaucoup tous les deux à
      l’époque, Clément Rosset. Ce texte exprimait la joie nietzschéenne, c’est-à-dire
      la joie du pire en tant que pire. J’en ai tiré Ma cruauté 9, vingt ans plus tard,
      qui décrit comment, par l’alchimie esthétique, le pire devient source de joie. Je
      pense que le punk a toujours été cela, qu’il a des thématiques extrêmement écorchées,
      qu’il rend compte d’une certaine violence sociale, mais sublime cela dans
      une sorte de mur du son totalement exaltant. Je crois que c’est cela l’alchimie du
      punk et celle de l’art.
      On gagne toujours et notamment lorsqu’on politise sa pensée, à postuler
      que le monde sera toujours violent. Nous pourrons peut-être un jour dépasser
      le capitalisme. Nous pourrons peut-être un jour faire en sorte que moins de
      femmes soient battues, qu’il y ait moins d’enfants dans les mines. Mais nous
      n’éradiquerons pas la violence. Le monde est dé nitivement violent. La douleur,
      la mort, la maladie sont des inhérents au vivant. Il existe bien des sorciers
      modernes disposés à nous sortir de la maladie et de la douleur, mais je n’ai
      vraiment pas envie de les voir accéder au pouvoir. Je pense aux petits agents
      du transhumanisme qui nous préparent une société de contrôle absolu dont
      Foucault a eu un peu la prescience, ainsi que Deleuze, maintenant Damasio et
      d’autres. Oui, ils niront par évacuer la douleur. Sauf qu’en fait nous ne serons
      plus que des zombies. La joie tragique nietzschéenne consiste à dire : plutôt
      vivants et douloureux que béats et dévitalisés.

    • #28546 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Aurais-tu un côté ethnologue lié à ton besoin d’ancrage dans des
      situations ?
      Il m’arrive de monter en abstraction, mais je ne me trouve jamais vraiment à
      l’aise dans l’exercice qui, chez moi, relève plutôt de ré exes d’hypokhâgne où
      l’on apprend à brasser du vent en ayant l’air de dire des trucs. Il me reste un peu
      de cette habileté-là, qui fait que parfois je passe pour un théoricien. Ce qui est
      en tout cas certain, c’est que tant que je ne me suis pas accroché à une situation,
      rien d’intéressant ne vient. Je pense beaucoup mieux par des situations. Il me
      faut de la matière. C’est ce qui m’oriente plus vers le roman que vers l’essai, car
      le roman s’appuie sur des situations, certes plus ou moins ctionnelles, mais que
      l’on va traiter en tant que telles.
      Et c’est vrai que de ce que je connais de l’anthropologie, j’y retrouve des
      ré exes que j’aime bien, que je peux également apprécier dans une certaine
      sociologie de terrain. J’aime beaucoup Éric Chauvier10, anthropologue de formation,
      qui fait maintenant des livres considérés comme de la littérature. Or,
      c’est vraiment dans la continuité de son geste d’anthropologue que peu à peu il
      a glissé vers quelque chose qui s’apparente tout autant à de l’anthropologie qu’à
      de la littérature, sans même que l’on perçoive la bascule. Après, tout est question
      de style, de ce que l’on s’autorise comme débordement interprétatif. D’ailleurs,
      il a été compliqué pour Éric Chauvier d’être admis dans le champ académique,
      parce que justement il disait des choses de façon trop subjective. Finalement,
      tout est a aire de degrés de subjectivité. Faites le même geste anthropologique,
      les mêmes enquêtes, les mêmes rapports, mais en étant encore plus subjectifs,
      en donnant libre cours à toutes vos impressions y compris celles qui sortent un
      peu des protocoles, et vous produirez de la littérature. De la même façon que
      nous avons tous lu Tristes tropiques en nous disant que c’est un grand livre de
      littérature. Parce que Lévi-Strauss avait une plume, une pensée assez puissante
      quoique discutable et parce qu’il s’autorisait des subjectivations que l’on ne s’autorise
      pas dans le champ académique.
      Il existe aussi de multiples jonctions entre journalisme et littérature.
      Qu’est-ce qui di érencie par exemple les articles de Florence Aubenas dans Le
      Monde ou Libé depuis trente ans et ses romans, sinon une di érence de durée,
      de nombre de pages. Ce sont des choses que j’explore aussi un peu dans la critique
      de cinéma. Il existe parfois beaucoup plus de cinéma et beaucoup plus
      d’inventivité dans un documentaire que dans une ction. Et parfois aussi, beaucoup
      plus de gestes proprement documentaires dans une ction que dans un
      documentaire.
      « Vaincre ou mourir », que penses-tu de ce type de slogans ?
      On est là clairement dans un registre romantique de la contestation, de la rébellion.
      C’est quelque chose qui peut être porteur pour des adolescents, et ce sont
      aussi des slogans de cet ordre qui m’ont porté, m’ont euphorisé politiquement.
      Ils ont cette e cace. Mais on pourrait se passer de cette mythologie romantique
      qui con ne parfois à la morbidité. C’était d’ailleurs mon point d’achoppement
      avec M. dans Notre joie11. Car lui utilisait beaucoup cette langue mythologique,
      alors que je lui proposais de parler plutôt du réel, de choses plus prosaïques. Et
      c’est vrai que la musique punk rock peut te porter vers des slogans. Elle a cette
      espèce d’énergie qui t’engage dans un sillon au bout duquel il y a fatalement
      ce slogan qui tue. J’ai été assez peu prodigue dans ce domaine. Le morceau qui
      serait le plus dans ce registre, c’est Le chant de l’ issue dans l’album Des hommes
      nouveaux (1997) qui se termine par «¬Et vous voici une grande force dont plus
      personne ne rit. En marche, en marche, en marche.¬». Mais c’était justement un
      texte de Brecht. En concert, c’était un sacré moment — avec un petit côté martial
      — quand le public scandait poing levé «¬en marche¬». Il n’empêche qu’un
      Macron peut reprendre ce slogan vingt ans plus tard tant il n’a aucun sens en
      soi. Ces incantations peuvent encore avoir leur e cace en manif. Mais si on les
      considère froidement, elles se liqué ent sur place.
      Par ailleurs, je pense que l’un des enjeux pour la sphère militante, ou la
      sphère politique ou la sphère de combat, c’est de sortir du passif militaire de la
      lutte. Ce qui pourrait revenir dialectiquement à une sorte de féminisation de la
      lutte. En tout cas, une dévirilisation de la lutte.
      Sachant que sortir du martial ne signi e pas sortir de l’a rontement. J’ai
      essayé de l’expliquer dans Deux singes ou ma vie politique12, dans les pages sur
      mon adolescence où je me rends compte à travers certaines gures qui étaient
      des modèles pour moi — mon père, certains profs — qu’ils étaient indi éremment
      des modèles politiques et des modèles de virilité et que je voyais en moimême
      germer un amalgame, une sorte de confusion entre la n et les moyens.

    • #28547 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Une chose est donc de diagnostiquer que tout est lutte des classes, que le capitalisme
      ne lâchera rien si on ne lui prend pas, qu’il faudra lutter, et qu’il y aura
      de la casse et de la violence. Autre chose est d’aimer le combat en tant que tel.
      Dans tous les cas, il faut ne jamais oublier que le capitalisme est très fort.
      Il perd peu de batailles, parce que par dé nition il est hégémonique. Il a l’État,
      les médias, les institutions, les cadres de l’économie, l’argent, l’armée, la police.
      C’est donc un combat inégal. Par exemple, dans la situation actuelle de tensions
      autour de la réforme des retraites, la probabilité est forte que l’on perde ou que
      l’on obtienne une victoire ressemblant à une défaite. Ça, c’est le cours ordinaire
      du monde. Après, certains événements peuvent se produire qu’on ne peut
      pas anticiper. Pour moi, la vraie question est¬: y a-t-il su samment de corps
      disponibles prêts à combattre¬ ? Et quand je parle de corps disponibles prêts
      à combattre, c’est dans tous les sens du terme. Pas simplement la conscience
      que l’ordre social va mal, parce que ça c’est très répandu. Peu de gens sont
      satisfaits de l’existant, à part deux trois bourgeois ravis de la crèche. Mais cette
      colère n’est pas forcément capitalisable politiquement. À la fois par un défaut de
      conscience politique, de politisation ré exive de la situation, mais surtout par
      un certain état du corps.
      Ce que peut un corps est ce qui m’intéresse en priorité. Ce qu’il en est des
      corps. Boniments se situe à cette échelle. C’est-à-dire, comment la di usion, l’irrigation
      de notre quotidien par la marchandise, avec tout ce qu’elle comporte de
      chatoyant, d’amollissant, d’endormissant, d’hypnotisant nissent par fabriquer
      des corps qui, certes, si on écoutait leurs propos, ne trouvent pas qu’on vit dans
      une société égalitaire, trouvent que l’on vit dans une société injuste, saisissent
      qu’ils sont eux-mêmes victimes d’injustices, en tout cas que le sort qui leur est
      fait n’est pas très équitable, et en même temps ces corps ne sont absolument
      pas disponibles pour la lutte parce qu’ils sont endormis et amollis précisément
      par l’imprégnation marchande. C’est ce qui me rend probablement le plus pessimiste
      d’un point de vue politique. Bien sûr, je serai ravi d’être déjugé par les
      faits. Cela dit, faisons un rapide calcul. Actuellement, il y a deux millions de
      personnes dans la rue. Il y a donc soixante-cinq millions de personnes qui ne
      sont pas dans la rue. Sur ces soixante-cinq millions, retirons dix millions qui
      sont pour la réforme des retraites 2023. Il reste cinquante-cinq millions de personnes.
      Retirons les enfants. Il reste trente millions d’adultes, pas forcément
      en accord avec cette réforme, mais qui ne sont pas dans la rue, et qui en aucun
      cas se retrouveront sur les points de ralliement. Ce n’est pas dans leur culture
      ni leurs habitudes. Leur corps n’a pas été habitué à ça. Il a été désaccoutumé à
      s’engager dans une con ictualité incarnée.
      Pour poursuivre sur la dimension politique des mots, quels sont les
      risques du confusionnisme ?
      J’en parlais dans Notre joie puisque j’avais a aire à un grand confus en la personne
      de M. L’un des points centraux est surtout de ne jamais croire qu’une
      certaine masse critique de contestation produit mécaniquement des révolutions
      et, si c’est le cas, des révolutions émancipatrices. Le fascisme est une révolution
      conservatrice. Le nazisme est une révolution conservatrice. Le prolétariat allemand
      s’est rallié aux nazis, alors qu’il s’était massivement rallié au mouvement
      ouvrier de gauche depuis la n du e siècle, au point que certains marxistes
      pensaient que c’était en Allemagne que se ferait la révolution prolétarienne. Or,
      en quatre ou cinq ans, les nazis ont ramené les prolétaires chez eux, en faisant
      régner une certaine confusion, en di usant des mots d’ordre contradictoires, en
      prenant une contestation brute pour ce qu’elle était, une envie d’en découdre, de
      se venger, autant de choses qui e ectivement n’appartiennent pas pour moi à ce
      qu’est un tempérament émancipateur et au mouvement ouvrier émancipateur.
      Dans un autre registre, que des gens aient pu croire que le lm Joker13 était
      d’extrême gauche, et que l’émeute nale de Joker pré gurait une révolution,
      témoigne d’une grande mécompréhension de ce qu’est un mouvement social.
      Un mouvement ouvrier, ce ne sont pas des gens qui descendent dans la rue en
      disant «¬ kill the rich¬ », puisque c’était la seule pancarte véritablement revendicative
      que l’on voyait dans le lm. Or, on voyait des gens déguisés en Joker
      dans certaines manifs Gilets jaunes, puisque c’était la même période. Cela relève
      d’une grande confusion. C’est pour ça que je me bats beaucoup pour séparer la
      «¬bonne¬» et la «¬mauvaise¬» colère, même si cela fait un peu purge stalinienne.
      Une fois que tu as dit colère, tu n’as rien dit politiquement. Il y a des colères
      nazies, des colères racistes, des colères de bourgeois, des colères de propriétaires.
      Donc, quand on dit «¬il y a une masse de colère en ce moment, c’est bon les
      gars, demain on abolit la propriété¬ », on se méprend totalement. Une colère
      informe cela donne une poussée autoritaire majeure, qu’on l’appelle fascisme ou
      pas. Et c’est plutôt vers ça qu’on a l’air de s’orienter si on veut être un peu lucide.
      L’extrême droite a pris le pouvoir dans un certain nombre de pays. La gauche
      radicale, non. Le prolétariat ne s’est pas massivement rallié à l’extrême gauche
      en France. Il est même électoralement plutôt de l’autre côté.
      C’est la même chose pour le mot «¬peuple¬» qui relève plutôt du corpus
      d’extrême droite, avec ses ambiguïtés possiblement ethniques. C’est le mot-clé
      de la confusion, car on peut indi éremment en faire un usage ethnique ou
      social. Les nazis ont tout construit autour de cette ambiguïté. Même chose
      pour les fascistes. Le moment de bascule de Mussolini correspond à celui où
      il a commencé à parler de popolo au lieu de prolétariat. À partir du moment
      où on disait peuple, on pouvait indi éremment faire croire qu’on défendait
      les couches populaires, alors qu’en fait on était en train de défendre un tout
      organique, culturel et, tout bonnement, le peuple devient le corps national.
      Certains intellectuels — dont Juan Branco qui a l’oreille d’éléments des classes
      populaires — persistent à brandir le mot peuple à chaque coin de phrase, et par
      là entretiennent, sciemment ou non, la confusion. Or la confusion pro tera à
      qui on sait.

    • #28548 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Le mot de la fin ?
      Il ne faut jamais surestimer l’intelligence des bourgeois. Politiquement, ils
      n’écoutent que leurs peurs et leurs intérêts. Ils développent cette espèce de paranoïa
      de propriétaires. Ils croient — avec cette méconnaissance absolue du camp
      radical en face d’eux — que tout un tas de gauchistes s’activent en secret a n de
      fomenter une révolution pour demain. C’est ce que démontre par exemple l’affaire
      Tarnac où, en utilisant une technique de barbouzes, ils ont accusé Julien
      Coupat de préparer un attentat dont ils savaient qu’il n’en était pas un. Dans
      un registre cette fois-ci joyeux et plein d’humour, c’est ce qu’illustre le documentaire
      de François Ru n Merci patron ! 14 qui raconte comment berner le
      bourgeois en s’appuyant sur sa bêtise.

    • #28549 Répondre
      Zyrma
      Invité

      (putain de F)
      enfin vous y arriverez

      • #28573 Répondre
        Ostros
        Invité

        Ca fait un exercice de décryptage, j’aime bien.

      • #28574 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Excellent travail Zirma Merci beaucoup

    • #28570 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Zyrma

    • #28575 Répondre
      tristan
      Invité

      François Bégaudeau et celui qui signe françois bégaudeau sont-ils la même et seule personne ou y a-t-il une ignoble usurpation de pseudo qui devrait alarmer tous les admirateurs de Bibi ? Je pose la question car le forum veut savoir.

    • #28579 Répondre
      Claire N
      Invité

      je trouve un portrait de «  fan «  pas grotesque du tout,enfin, et j’ai aimé

    • #28586 Répondre
      Claire N
      Invité

      Pour être plus précise j’essaye de trouver se qui se niche dans le fait de se déclarer fan
      Parce que j’ai reçu, grâce à ce forum un peu de «  Mathos « 
      Notamment :
      – la discussion sur Le / les maîtres
      – le souvenir réactivé récemment de M dans notre joie qui se «  déclare fan « 
      – le fait que bourgeoisement ? Mon ironie me coupe de cette sensation ( activé par le texte posté par Zyrma)

    • #28588 Répondre
      Claire N
      Invité

      Une remarque dans le documentaire m’a intrigué
      Il précise qu’il a depuis qu’il est en contact avec des «  stars « , qu’il s’est attiré une sorte de «  respect » de la part des bourgeois qu’il côtoie
      Comme si il avait réussi à «  court – circuiter «  quelque chose
      Il résiste pourtant à «  capitaliser «  ce qu’il a obtenu en tenant bon sa position de fan et refusant la proposition de manager

      • #28591 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Pas encore vu le truc, je vais
        Mais le fan porte de toute façon en lui cette version spécifique de la bêtise, de l’étroitesse, qui s’appelle la monomanie.

    • #28592 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      ce qui nous renvoie à maitre / maitres

      • #28598 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Ce qui est chiant, c’est qu’on écrase toujours le post de quelqu’un. Désolé, François. Pas encore lu, mais voici un extrait du dernier Lucbert sur les rapports entre Littérature et Politique.

        • #28599 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          • #28602 Répondre
            Anna H
            Invité

            Merci Julien. On se croirait sur Canal + en 1985 sans décodeur.

            • #28603 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Je ne vois vraiment pas ce que tu veux dire , car si j’étais né en 1985, j’aurais eu décodeur.

          • #28605 Répondre
            Hervé Urbani
            Invité

            Je suis en extase devant Julien et son post suprématiste et coloré comme du Malevitch dansant une bamba triste

            • #28606 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              C’est la premier fois que je produis un énorme post vide et j’ai droit aux Erinyes.

              • #28607 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Sur le site « fabula » on peut lire un extrait de Défaire voir.

                • #28630 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je le lis sous peu.

      • #28624 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui c’est vrai, mais paradoxalement cet homme là ou peut-être la manière dont il est présente m’a semblé intéressante
        La façon dont il échappe à un métier par exemple et sa position de prêcheur / convertisseur est assez étonnante

        • #28631 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Oui il y a quelque chose d’émouvant dans le fan, et peut être au fond de subversif.

    • #28638 Répondre
      Martin
      Invité

      Vous connaissez Christophe Boursiller ? C’est un des nouveaux critiques du masque et la plume. Curieux choix étant donné qu’il ne vient pas de la critique, plutôt connu comme politologue. Je ne connaissais pas du tout ce monsieur mais j’ai vu que sa présence était pas très bien accueilli sur twitter.

      • #28646 Répondre
        Charles
        Invité

        On l’a déjà vu chroniqueur culturel ailleurs, notamment sur Paris première dans Ca balance à Paris. Pour moi c’est une espèce de boomer dandy qui cherche un peu trop à faire le malin.

    • #28639 Répondre
      Martin
      Invité

      Accueillie

      • #28645 Répondre
        Tony
        Invité

        A une époque il était surtout connu pour ça et il était déjà vieux pour son âge…

        • #28655 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Bourseiller est un fils de – producteur.
          On le retrouve alors comédien dans quelques comédies de la fin des années 70-début 80, en lisière du Splendid. Carrière qu’il va vite arrêter. Pour se consacrer à écrire des livres sur l’extreme gauche, qu’il aura sans doute vaguement croisée dans sa jeunesse de bourgeois situ post 68. Livres qui en général tiennent avant tout de la cartographie folklorique, et qui font bien marrer les premiers intéressés. Livres d’ailleurs que plus personne ne lit. Ce monsieur doit etre aujourd’hui un bon rentier que son carnet autorise à se placer un peu où il veut. Evidemment devenu réac.

    • #28651 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Aparté à Claire N : je t’ai envoyé un mail ce we, est-ce que tu l’as reçu ?

    • #29217 Répondre
      raûl
      Invité

      Sur le concept de fan je me souviens de cet vidéo qui date un peu https://www.youtube.com/watch?v=uqZgY_QmMxM

    • #29392 Répondre
      Mao
      Invité

      Un petit épisode sympa de Arte Radio

      • #29401 Répondre
        Tony
        Invité

        Excellent!

        • #29427 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Drôle, truculent, émouvant, instructif, on en redemande.

      • #29430 Répondre
        Ostros
        Invité

        C’est intéressant.
        Alors leur famille sont des bourgeois pauvres. Il faudrait voir combien gagnent ces profs, ingénieurs, etc. Je crois pas que j’ai la même notion de « pauvre » qu’eux.
        Et j’ai du mal à bien les situer à gauche tous. Quand on écoute bien comment le frère retranscrit les jugements de leurs parents sur les amateurs de F1, et d’autres choses.
        Intellectuels c’est bien ça. Bien ciblé.
        Pauvres et de gauche, faudrait plus d’éléments pour l’affirmer.

        • #29434 Répondre
          Ostros
          Invité

          Ce qui est intéressant c’est de constater que c’est parce que les parents rabachaient des idées qui n’avaient rien à voir avec le réel que le frère à connu un grand plaisir à y entrer et à découvrir des profils qui existent et semblent être évincés des discours des parents car caricaturés ou niés.

          • #29435 Répondre
            Ostros
            Invité

            C’est pour ça que j’ai un doute sur le « de gauche ».
            On sent bien à l’oeuvre l’esprit bourgeois, qui doit surtout se distinguer, plutôt.

            • #29436 Répondre
              Tony
              Invité

              C’est des bourgeois de gauche qui travaillent dans la fonction publique(profs,chercheurs),des soc dem alors que lui ce qui le motive c’est la thune.

              • #29439 Répondre
                Ostros
                Invité

                Oui donc pas des gens de gauche comme se qualifie la réal.
                Y a d’autres choses intéressantes, étonnantes, que j’ai développées plus bas.

            • #29438 Répondre
              Ostros
              Invité

              Qu’il explique comment en tant que manager il reconduit des clichés lorsqu’il sait que l’ouvrier africain ne se plaindra pas comparé à un français est intéressant. Je me dis que les parents n’auraient jamais eu ce type de connaissance car il faut le vivre ou s’intéresser réellement à la situation des ouvriers pour le savoir. Lui il apporte son point de vue sociologique issu de son expérience. Étrangement il est capable de voir et comprendre ce qui muselle l’ouvrier africain (une base qui pourrait être une approche marxiste de la situation) et cela ne déplace pas ses affects. Étonnant.
              La soeur dit à un moment qu’il parle en terme de rapport de classe et elle inclu ce point de vue qu’il a en termes de rapports de classe dans sa beauferie et ses affects de droite. Vraiment intéressant ces deux profils.
              Pas évidents.

              • #29444 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Ces deux-là j’ai envie des inviter à bouffer pour les écouter se chamailler. Ça déborde d’amour et d’incompréhension mutuelle, et aussi un peu de mauvaise foi (puis ça me fait tjrs qqchose les documentaires purement sonores, en retranchant l’image ça rajoute une attention accrue aux sons et aux voix).

                • #29535 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  François, je vois que tu as posté mais ton message n’est pas passé. Si c’est en lien avec ce podcast j’aimerais beaucoup te lire, peux-tu re-tenter de poster stp ?

      • #30125 Répondre
        Cocolastico
        Invité

        merci !!

    • #29717 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Apparemment François écrit ici mais son message ne passe pas, le forum se rebiffe contre son créateur.
      Dans l’attente, une page de Lordonité. La construction ne déroge pas au triptyque : état des lieux – médias – perspectives, avec punchlines.
      https://blog.mondediplo.net/clarification

      • #29785 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci pour le partage.

      • #30186 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Un grand merci Xavier pour ce partage. Quelle belle clarté Lordonnienne.
        « La contre-attaque ouvrière dans la forme de grève de masse enfin politisée. »
        La haine bourgeoise DÉCHAÎNÉE fascisante est armée jusqu’au dents. Elle a très très peur donc elle est et devient de plus en plus violente. Elle se permet et continuera de se permettre TOUS les coups. Et elle en a plusieurs d’avance. Ceci dit, tope là Frédéric: je vais prier avec toute la puissance de mon amour et de ma foi active pour cette contre-attaque ouvrière dans la forme de grève de masse enfin politisée.

    • #29805 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Une demande : quelqu’un parmi ceux.celles ayant téléchargé les critiques ciné de François, que Marion avait proposées, pourrait me les renvoyer ?

      • #29819 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Nouveau message rejeté de François sur ce thread ? Ça devient un running gag, Forum Filou Farceur.
        Mélanie si personne le fait je dois pouvoir le faire ce soir.

        • #29827 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Merci DX

        • #29875 Répondre
          POPE
          Invité

          Merci d’avance Doc’

          • #29925 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Voilà voilà
            Il y a le combo critiques ciné et littérature
            https://we.tl/t-r2N55c5ORk

            • #29939 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Merci (cette fois je l’ai enregistré à temps)

            • #29961 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Superbe je l’avais loupé, merci !

            • #30295 Répondre
              POPE
              Invité

              Magnifique, j’ai enfin réussi, in extremis, à le télécharger.
              Tu es grand TOUBIB !

    • #29937 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      https://www.liberation.fr/culture/musique/la-disparition-annoncee-de-pitchfork-une-tres-mauvaise-nouvelle-pour-la-musique-20240118_J4WYO4YP7ZFDFPOBUZPBDLBS7U/

      Je me permets de demander ici, si quelqu’un accepterait de me partager cet article publié par l’ami Olivier Lamm.

      Le site pitchfork a été intégré au site GQ. Je sais pas si certains parmi vous ont l’habitude de le lire ou sont déjà tombés dessus.
      Il s’agit d’un site de critique musicale très renommé dans la presse anglo-saxonne. Certains rédacteurs comme David Drake, Andrew Nosnitsky, Meaghan Garvey, Joshua Minsoo-kim et Alphonse Pierre (seul de la liste à être rédacteur embauché et pas pigiste) sont parmi les meilleurs que je connaisse.
      Pour moi ce site a été un bon moyen d’apprendre sur la musique sans me disperser partout comme cela arrive trop souvent sur internet. C’est vrai que c’est pas facile de naviguer et de trouver des moyens d’apprendre à développer son écoute et de maintenir le contact avec les scènes musicales actuelles.

      La société Condé-Nast, présidée par Anna Wintour, a choisi d’intégrer pitchfork à GQ. L’idée qui semble partagée par bcp de journalistes de la presse culturelles est qu’un des derniers bastion en bonne santé et ambitieux de la critique musicale pointue est voué à se retrouver noyé par un média (GQ) qui ne vise qu’a faire du promo-rédactionnel et à courir après les célébrités.

      • #29940 Répondre
        Mambo Shake
        Invité

        Billet
        La disparition annoncée de Pitchfork, une très mauvaise nouvelle pour la musique

        Le géant médiatique Condé-Nast a annoncé mercredi la fusion du média de références des musiques indé avec le magazine «GQ», ainsi que plusieurs licenciements au sein de l’équipe. Un nouveau coup porté au journalisme musical et aux artistes, de plus en plus affaiblis.

        par Olivier Lamm
        publié le 18 janvier 2024 à 15h46

        Coup de tonnerre dans le music business américain, et au-delà. Selon un communiqué interne signé Anna Wintour et partagé sur X (anciennement Twitter) par le journaliste américain spécialiste des médias Maxwell Tani, le géant médiatique Condé-Nast projette de «développer» sa «structure d’équipe Pitchfork» en l’intégrant à celle d’un autre média qu’il possède, le magazine GQ, mensuel masculin dédié à la mode, à la culture, à la technologie et au sport. L’énoncé est flou pour les lecteurs, puisque les deux médias n’ont rien à voir, et que rien n’indique à ce stade si la fusion des deux «marques» doit aboutir à la disparition de celle de Pitchfork, ni si Wintour, responsable du contenu mondial au sein du groupe depuis 2021 et déjà comptable de restructurations massives dans le groupe et ses titres, a décidé quoi que ce soit en ce sens à ce jour. Mais la réorganisation a d’ores et déjà été entérinée par le licenciement de nombreux journalistes salariés du titre, dont la rédactrice en chef Puja Patel, ou les «staff writers» Amy Phillips, Evan Minsker ou Matthew Ismael Ruiz. D’après Maxwell Tani, la décision serait budgétaire avant tout, puisque «les revenus de la publicité sont plus forts pour d’autres marques de Condé, comme GQ».

        Statut prépondérant
        Pourquoi s’émouvoir particulièrement de cette dissipation ? Parce que le statut de Pitchfork restait exceptionnel dans le monde ravagé des médias spécialisés dans la musique à travers le monde, encore depuis son acquisition par Condé-Nast en 2015 dans le but avoué d’attirer «un lectorat passionné d’hommes millenals dans notre giron» (dixit un représentant de Condé-Nast dans une interview au New York Times à l’époque). Fondé à Minneapolis en 1996 par Ryan Schreiber, le pure player dédié en priorité aux critiques de disque s’est rapidement imposé comme le média de références des musiques «indépendantes» – à l’époque surtout le rock, le folk et les musiques expérimentales, plus tard le rap, le r’n’b, le jazz et les musiques électroniques – aux Etats-Unis mais pas seulement, l’aura et l’influence du webzine rédigé en anglais et par des journalistes nord-américains dépassant largement les frontières et le monde anglophone. Au point d’acquérir un statut prépondérant, voire quasi monopolistique sur certains genres musicaux. Et de devenir le partenaire indispensable de certains artistes et labels, qui se retrouvaient comme «empêchés» en cas d’absence de couverture journalistique par le webzine aux yeux de leurs associés (tourneurs, agences de promotion, de management etc.). Pendant la deuxième moitié des années 2000, au pic de popularité du genre que Pitchfork a participé à rendre populaire, l’indie rock, le média était rigoureusement incontournable.

        Carnage social
        Ainsi, en dépit des évolutions éditoriales de la dernière décennie très critiquées par certains (notamment la couverture systématique des grosses machines de la pop), son rôle dans l’écosystème de la musique est resté majeur, aux Etats-Unis et ailleurs. «Record reviews are music discovery» («les chroniques de disques sont de la découverte»), soulignait ce matin Damon Krukowski, musicien bostonien connu pour sa participation au sein de Galaxie 500 puis Damon & Naomi, rappelant la manière dont la critique musicale accompagne la création, dans un dialogue fertile qui va bien au-delà des enjeux de la promotion. Aussi l’affaiblissement, voire la disparition d’un média aussi emblématique que Pitchfork est une raison supplémentaire de s’inquiéter pour les artistes et la création. Au-delà du carnage social au sein de la rédaction qui vient encore émousser un métier, celui de journaliste musical, tellement précarisé qu’il a cessé d’être une vocation, le spectre de l’évanouissement du média le plus influent du monde est un énième coup dur pour les artistes après des années de déstructuration de leur pratique et de leur métier sur l’autel d’Internet, du streaming et de la gratuité.

        • #29942 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Merci Mambo Shake.

          • #30196 Répondre
            Guéguette
            Invité

            Ça faisait très longtemps que je n’y mettais plus les pieds, le virage ne date pas d’hier…Ils mettaient Beyonce dans leur top de fin d’année etc…

            • #30477 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              Oui y a bien eu un virage et les tops de fin d’année piquent les yeux.

              Mais ça restait néanmoins un espace critique unique ! Des rédacteurs que je suivais, alphonse pierre ou joshua minsoo kim pour citér les derniers actifs, pouvaient se permettre de ne critiquer, avec régularité, que des albums peu écoutés, choisis librement par eux semaine après semaine. Les rétrospectives du dimanche c’était super aussi. Bien fouillé souvent.

              Petite mention pour la rétro de fin d’année de 2015 de Philip Sherburne, qui m’avait bien ouvert le crâne à l’époque.
              https://pitchfork.com/features/lists-and-guides/9776-the-year-in-electronic-music-2015/

    • #29944 Répondre
      Cyril
      Invité

      C’est dommage que Enthoven soit aussi toxique politiquement parce qu’il était je trouve un excellent vulgarisateur dans les émissions de philo malgré son côté poseur qui peut agacer.

      • #29945 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Mais peut etre qu’une oreille avisée en philosophie entend que ses vulgarisations sont tout aussi toxiques – du moins biaisées.

        • #29954 Répondre
          deleatur
          Invité

          Enthoven a été très bon tant qu’il s’est effacé derrière son nom, tant qu’il ne s’est pas pris pour un philosophe, tant qu’il a su se mettre au service de ses invités sur France-cul. Souvenir intense d’émissions avec le grand Michael Edwards sur Shakespeare, avec le génial Raymond Trousson sur Diderot, Rousseau. J’aurais pu alors lui pardonner ses séminaires d’entreprise dont les vidéos commençaient à circuler sur YT, son phrasé speed et fort con, son air de vouloir faire la leçon à tout le monde.
          Son problème, c’est de n’avoir pas voulu se contenter de ce qu’il savait bien faire, en bon faiseur : faire passer de la littérature, de la philosophie, donner envie de lire, avec enthousiasme.
          Son problème est d’avoir commencé à écrire de la merde un peu partout et à en dire quand il a arrêté France-cul pour rentrer dans le champ médiatique de la radio, de twitter, du fric.
          Son problème est d’avoir voulu être Raphaël Enthoven, un poseur, un pense-menu, un gros con.

          • #29956 Répondre
            Charles
            Invité

            Je l’ai peut-être moins écouté que toi mais Enthoven ne m’a jamais donné envie de lire qui que ce soit. Je n’ai toujours entendu dans ses interventions qu’un amour de son propre verbe, de sa propre culture. Et effectivement ses vulgarisations me paraissaient très orientées, moins ouvertes que ce que pouvait faire Adèle Van Reeth (qui avait quand même invité Lagasnerie et de façon tout à fait accueillante) même s’il partage des convictions philosophiques libérales (Tocqueville-Constant-Aron), avec comme idole Clément Rosset qui sert de cheval de Troie du conservatisme.

            • #29965 Répondre
              deleatur
              Invité

              « Clément Rosset qui sert de cheval de Troie du conservatisme. »
              Peut-être, mais c’est quand même autre chose, Rosset. Après l’usage qu’on en fait…
              Tu compares Enthoven et Van Reeth, j’ai arrêté d’écouter à ce moment-là : au moins Enthoven, c’est l’ENS qui s’arrêtait à Jankelevitch, Enthoven était déjà vieux. Van Reeth était plus orientée pensée libérale anglo-saxonne, sous couvert d’ouverture aux sciences-humaines (ENS Lyon oblige) : elle a salopé Stanley Cavell et invitait les gens de gauche pour se les farcir (il n’y a qu’à voir le sort réservé à François dans son émission littéraire sur Public Sénat).

              • #29970 Répondre
                Charles
                Invité

                Evidemment, Rosset est un philosophe au contraire d’Enthoven, mais l’implication politique de toute sa philosophie est bien le conservatisme le plus pur.
                Justement Adèle Van Reeth ne s’était pas payé GDL dans mes souvenirs, pour François il nous dira mais je ne crois pas que ce fût particulièrement agressif.

                • #29979 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Non, c’était pas agressif, c’était juste réducteur, et un peu bête. Son indigence politique apparaissait à nu.
                  En revanche à la radio je la la trouvais excellente, et assez peu idéologue. C’est maintenant qu’elle est définitivement perdue.
                  Enthoven n’est pas seulement devenu le gros con que tu dis. Il est surtout devenu un néo-cons. L’évolution n’est pas seulement psychologico-médiatique. Elle est idéologique.

                  • #29990 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Pas agressif, mais très bêbête, tu as raison. Et en même temps l’indice d’une position de classe qui apparaissait dans son refus de réflexivité sur sa propre position de classe.

                • #29989 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Charles, je ne sais pas si la condamnation de l’illusion et de l’utopie par Rosset est un aveu de l’impossibilité d’agir sur le réel sur le modifier. C’est bien parce que le réel n’est que le réel, qu’il faut partir du réel et pas des idées si l’on veut agir sur le réel : c’est une philosophie matérialiste qui, me semble-t-il, ne renonce pas à changer le réel, mais se refuse à l’idéaliser. Mais il faudrait regarder dans les textes, précisément ; tu sembles mieux le connaître que moi.

                  • #30027 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Rosset est un matérialiste antimarxiste car pour lui le marxisme est une idéologie de plus qui refuse de prendre le réel tel qu’il est. Selon lui, il n’y pas de lutte des classes, pas de classe dominante qui agit pour défendre ses intérêts et maintenir le prolétariat dans sa situation d’exploitation. Il se moque de ceux qui croient à la Révolution car dans sa vision nietzschéenne il faut accepter la cruauté de la vie tant du point de vue de l’individu que du collectif. Il ne le formule jamais aussi clairement mais c’est vraiment ce qui en ressort.

                    • #30031 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      Merci pour ta réponse. Je vais le relire.

                      • #30077 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Par exemple, dans La philosophie tragique :
                        « On voit quel point une telle façon d’envisager le problème tragique revient à nier l’élément tragique du problème, puisque nous avons vu que ce problème se résout dans le devenir : aussi disons-nous que Hegel, Marx sont des moralistes, et sont guidés par un instinct anti-tragique qui les conduit à nier les problèmes auxquels leur esprit achoppe ; à nier en les affirmant dans un devenir rédempteur. Le problème social, par exemple, n’est-il pas clair qu’il est, chez Marx, nié? La cité « heureuse » à laquelle il nous convie dans le devenir signifie la résolution de tous les problèmes sociaux : la différence, l’inégalité, le fossé entre les hommes n’est pas insurmontable ; affirmé dans le présent, le problème social est né in oeterno. »

                      • #30080 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Merci pour cette référence.
                        Pas de réconciliation , de résolution ou de relève dialectique pour un esprit tragique, c’est entendu ; mais des antagonismes et un réel (fatum) toujours à accepter. Mais est-ce que cela signifie pour Rosset que la conflictualité sociale est inopérante et incapable de produire des effets et des transformations dans le réel ? Ce qu’il semble contester chez Marx, c’est son messianisme (« rédemption » pensée en terme d’avènement d’une société idéale), pas sa saisie des antagonismes de classe comme moteur de l’histoire. Son soupçon que les inégalités, par exemple, sont indépassables, est-ce vraiment une jusfication de l’ordre établi ?
                        Encore une fois, je le connais mal, mais il me semble que Rosset est plus subtil : si le réel n’est que ce qu’il est, à la manière de ce sur quoi on finit toujours par buter, ce contre quoi on se cogne, il ne me semble pas dire que l’action des hommes est d’emblée sur le terrain de l’idéal, donc inefficiente ; il me semble même dire le contraire, que c’est en acceptant le réel au lieu d’imaginer ce qu’il n’est pas qu’on peut se donner la chance d’une action réelle.
                        Au fond, le tragique n’impossibilise pas l’action, mais rend réellement effective une praxis informée des illusions de l’absolu.

                      • #30096 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je comprends la peine que te fait le fatalisme tragique de Rosset. Mais Charles l’a bien résumé. Il n’y a donc absolument rien de politique à tirer de Rosset – si ce n’est peut etre une leçon de clairvoyance… et de fatalisme.
                        Une politique ne perd jamais rien à s’étayer de fatalisme tragique – qui ne lui servira à rien, si ce n’est à cesser de s’étonner de l’horreur du monde.

                      • #30104 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        C’est peut-être parce que j’ai lu son fatalisme tragique comme une approbation joyeuse au réel et l’ai toujours compris sans sa dimension pessimiste.
                        Prendre le réel pour ce qu’il est, ce n’est pas le saisir et le capturer (comme on prend un poisson dans un filet), c’est paradoxalement se laisser saisir par lui, et parfois aussi se laisser dessaisir, déstabiliser, surprendre par lui.
                        L’approbation joyeuse au réel n’en masque pas les horreurs, les déchirements, l’intolérable, le mal.
                        Mais j’accepte l’idée qu’il n’y ait rien à tirer d’un fatalisme tragique sur le plan politique (c’est comme ça, parce que c’est comme ça).

            • #29984 Répondre
              Seldoon
              Invité

              J’ai vu des gens qui n’auraient jamais lu à qui le Enthoven de l’époque a donné envie de lire. Certains d’entre eux se sont même mis à lire. Ça s’est joué sur l’érotisme beaucoup plus que sur le fond de ce qu’il racontait. Le fait que l’érotisme puisse venir de ou au moins accompagner une certaine culture classique en a surpris plus d’un.
              Pour le reste, son glissement qui n’est qu’une actualisation et qui est incroyablement aligne avec l’époque je suis d’accord.

              • #29997 Répondre
                deleatur
                Invité

                Exact, l’érotisme de la voix à la radio, l’érotisme du concept, la voix et dire, le temps de déplier. Van Reeth n’était pas érotique.

            • #30079 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              J’ai honte de l’avouer mais c’est à la suite d’une émission de celui qui était alors le beau-fils de Carla Bruni que j’ai lu Les Essais de Montaigne. Il me l’avait bien vendu lors d’un épisode sur France Culture. Les conséquences ont été que la lecture de Montaigne m’a rendu plus intelligent mais aussi que je ne peux pas m’empêcher de penser à Montaigne sans Enthoven et vice versa.

              • #30161 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Bel aveu.
                J’y passe aussi : Il m’arrivait d’être fortement troublé par la voix et le corps d’Andèle Van Reeth. Je découpe parce qu’il me semble qu’elle me tenait d’abord par son timbre et que son corps m’en évoquait un autre passionnément aimé dans mon adolescence. Dès que j’ai su, et c’est un fait authentique, qu’elle était en couple avec Enthoven, le trouble s’est évanoui et n’est resté d’elle que ce grand corps bourgeois directeur de collection à l’Observatoire qui nasalisait.

                • #30164 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  Et bien tu me l’apprends, je ne savais pas que Montaigne était avec Adèle.

          • #29957 Répondre
            Titouan R
            Invité

            « un pense-menu » – joli

            • #29962 Répondre
              deleatur
              Invité

              L’expression de de Berkeley, dans mon souvenir.

          • #29960 Répondre
            deleatur
            Invité

            C’était avant qu’il s’acoquine avec Pourriol et Pépin, pour reformer le groupe Two man sound (qui eux étaient drôle quand j’avais 6 ans), signe que la dérive était déjà en germe.

            • #29980 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Toute dérive est toujours-déjà en germe
              En quoi elle n’est pas une dérive, mais une actualisation.

              • #29992 Répondre
                deleatur
                Invité

                À la différence de toi, François, j’aime me dire que les gens changent et qu’Enthoven aurait pu devenir meilleur. Je crois toujours à une conversion possible des mécréants. Ton déterminisme refuse le miracle. Je ne suis pas aussi pessimiste. Mais j’attends toujours la grâce. Elle tarde.

                • #29993 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Ce qu’il dit au contraire c’est que si il y a conversion cette dernière prend racine en amont de la conversion. Donc si demain Enthoven vire à gauche (ce qui n’arrivera pas) c’est qu’il y avait en germe chez lui ces affects.

                  • #29994 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Donc ce n’est pas un virage mais une continuité*

                  • #29996 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Disons plutot que mon déterminisme estime qu’il ne peut y avoir de changement réel que miraculeux. C’est parce que je suis déterministe que je crois aux miracles.
                    Il est par ailleurs tout à fait possible qu’Enthoven ait été déterminé à se gauchir, partant de bases bourgeoises-soc-dem. Vingtenaire en 67, Enthoven se serait sans doute accointé avec le gauchisme.
                    Mais ayant son socle familial et périfamilial (Enthoven père + BHL + Carla Bruni + Grasset + Justine Lévy + toute une enfance dans le sixième) et étant contemporain d’une massive et implacable radicalisation droitière de sa classe, il était absolument impossible, sauf miracle donc, qu’Enthoven devînt autre chose que ce qu’il devient.

                    • #29998 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      Merci je comprends mieux. La grâce reste possible, mais plus pour lui.

                      • #30097 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        sauf miracle, donc
                        mais va savoir si Dieu ne choisit pas sur qui jaillit le miracle
                        (j’espère que non mais je crains que si)

                      • #30101 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Tu es un janséniste inquiet (pour la grâce efficace), mâtiné d’un luthérien non-missionnaire (pour le sacerdoce universel).
                        Tu gardes le plus radical des deux, sans te déclarer ni catholique ni protestant. :-))
                        M’étonne que JeanMonnaie n’est rien trouvé à te reprocher à ce sujet !
                        Ça doit encore être un truc woke ou dégénéré, ça !
                        .
                        Petite question, peu abordée ici : tu continues tes échanges avec Sean Rose au sujet de ces questions ? Qualifierais-tu votre amitié d’amitié spirituelle, plus que politique, ou peut-être d’amitié tout court ?

                      • #30185 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Le livre a mis fin à notre amitié, qui du reste n’en a jamais été une
                        Cruauté rieuse de la littérature.

                      • #30199 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                         » une certaine inquiétude » est un beau livre.

                      • #30167 Répondre
                        Cocolastico
                        Invité

                        Coucou ! On s’inscrit où pour avoir le droit à un miracle ?

                      • #30170 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Il vous faut le laissez-passer A 38.

                      • #30176 Répondre
                        Cocolastico
                        Invité

                        casse couilles ces bénédictins

                    • #30203 Répondre
                      Mao
                      Invité

                      Lorsque la plus grande intervieweuse de France demande à notre grand philosophe comment il est devenu le grand philosophe qu’il est devenu. Notre grand philosophe répond, couvé par le regard bienveillant de la plus grande intervieweuse de France, qu’il est devenu le grand philosophe qu’il est devenu parce que tout petit déjà il avait peur de la mort. Les poils.

                      Pour ceux qui l’auraient raté, ce grand moment de vérité nous a été offert ce weekend par France télévision.

        • #29999 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          Exemplairement sa série d’émissions sur Marx. On vulgarise, on vulgarise et admire l’acuité analytique du Marx économiste puis surgit le jugement définitif sur la naïveté et la dangerosité du Marx politique. Ceci vraiment en fin d’émission, lâché dans une phrase comme s’il s’agissait de quelque chose d’entendu.

          • #30000 Répondre
            deleatur
            Invité

            C’est bien pour cela que j’ai dit que ses émissions étaient fortes tant qu’il fermait sa bouche.

    • #29995 Répondre
      Mao
      Invité

      Je suis assez vieux pour avoir vu Enthoven se faire bâcher par à peu près toute la gauche (notamment Bouteldja dont je salue la constance) chaque fois qu’il posait ses fesses sur le plateau de Taddéi dans « ce soir ou jamais ». La fonction de prof de philo officiel des médias, assurée successivement par les Finkielkraut, Onfray et Enthoven, est par défnition problématique.

    • #30118 Répondre
      Charles
      Invité
      • #30187 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        de la propagande pure par madame Dumal épouse belle-soeur et mère
        tout son propos réglé au mot près dans un diner la veille
        « et surtout tu diras bien que des contacts avec Ruffin existent, il faut fracturer les Insoumis
        et puis tu parleras de Glucksmanmania, on sait jamais le performatif ca peut marcher »

    • #30188 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      j’appelle madame Duhamel madame Dumal
      on conclura ce qu’on veut de ce lapsus

    • #30215 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Mr Enthoven n’est pas un honnête homme. Le ton et les mots choisis dans cette vidéo pour porter préjudice ( essayer de porter préjudice) à FB le diminue à la vitesse Grand V.

      • #30466 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        c’est pourquoi il était absolument nécessaire que tu le publies
        ça te résume bien : tu te voudrais un vaccin tu es un virus

    • #30219 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Salut les sitistes. J’aimerais savoir si vous avez des liens, des pistes, des articles pour mieux comprendre la colère paysanne de ces dernières semaines. De ce que je comprends, la FNSEA agite ses adhérents contre l’Europe libérale qu’elle avait précédemment embrassée, parce que d’un coup on demande aux agriculteurs de moins polluer. J’imagine que c’est plus compliqué et que les agriculteurs FNSEA ne manifestent pas simplement contre le bio et le prix de l’essence, en faveur des pesticides et de la surproduction. J’ose l’espérer même si pour le moment c’est ce que je perçois. Ça et la concurrence déloyale ukrainienne. Auriez-vous des sources pertinentes à partager pour me rendre un peu moins con ?

      • #30220 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Voici un article de Médiapart.

        « Qu’ils nous écoutent, au moins ça… » : en Occitanie, les agriculteurs multiplient les blocages
        Depuis le début de la semaine, des agriculteurs, syndiqués ou non, manifestent et bloquent les autoroutes accédant à Toulouse. Crise sanitaire, prix du gasoil, gestion de l’eau… Ils veulent se faire entendre de l’État, auquel ils reprochent son « mépris ».

        Emmanuel Riondé

        20 janvier 2024 à 10h30

        CarbonneCarbonne (Haute-Garonne).– Brasero incandescent, pack de bière à proximité, sandwich saucisse ou café chaud dans le creux des paluches, murs de paille en défense contre le froid et alignement de tracteurs. Depuis jeudi, la sortie 27 de l’autoroute A64, entre Toulouse (Haute-Garonne) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), est le dernier endroit où l’on cause. Agriculture quasi exclusivement.

        Vendredi 19 janvier dans l’après-midi, plus d’une centaine d’agriculteurs venus du canton ou, pour les plus éloignés, de l’Ariège toute proche, étaient encore bien installés sous le pont donnant accès à Carbonne, petite cité rurale sur les rives de la Garonne, à 40 kilomètres au sud de Toulouse. Comme la nuit précédente, plusieurs s’apprêtaient à y dormir. « On va organiser des rotations », confiait l’un d’entre eux, prêt à s’y coller « bien équipé » pour affronter des températures annoncées inférieures à zéro pour la nuit.

        Le mouvement de colère, qui touche plusieurs départements, en Occitanie mais aussi à Limoges (Haute-Vienne), est observé de près par les pouvoirs publics, car il ressemble aux manifestations ayant éclaté dans plusieurs pays européens ces dernières semaines, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Roumanie ou en Pologne. Vendredi matin à Carcassonne (Aude), des ouvriers ont même découvert des vitres soufflées par une explosion dans un bâtiment en travaux de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Deux tags « CAV », initiales du « comité d’action viticole », ont été retrouvés sur place.

        À Carbonne, le blocage de l’autoroute – que les automobilistes « enjambent » sans problème d’une sortie à l’autre au prix de quelques dizaines de minutes de temps de trajet supplémentaire – pourrait se poursuivre plusieurs jours. « On reste tant qu’on n’a pas de réponse », assure tranquillement Bertrand Loup, 46 ans, éleveur d’une quarantaine de vaches allaitantes. Il fait partie de la « petite bande de copains » à l’origine de cette initiative spontanée et faite « hors syndicat ».

        Contrairement à la journée d’action qui s’est tenue le 16 janvier à Toulouse, au cours de laquelle de nombreux paysans de la région ont convergé dans la capitale régionale, en tracteur et avec pas mal de fumier dans les remorques. Là, la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, était à l’origine de la mobilisation, visant à interpeller les pouvoirs publics sur des problématiques récurrentes du secteur : normes européennes jugées trop contraignantes, coût du gasoil en hausse, inquiétudes sur l’eau et l’irrigation qui viendront peut-être à manquer, aides considérées insuffisantes lors des crises sanitaires.

        Au soir de cette journée, la préfecture avait compté « près de 1 000 manifestants et plus de 400 tracteurs » et assuré que la réception d’une délégation par le préfet de région, Pierre-André Durand, avait « permis aux représentants de la profession agricole de présenter l’intégralité de leurs sujets de préoccupations ».

        Cet exposé n’ayant donné lieu à aucune proposition politique, il a été suivi du traditionnel déversement de tombereaux de fumier devant la cité administrative et l’agence de l’eau Adour-Garonne. « On n’a eu aucune réponse », s’agace Bertrand Loup, qui résume les trois revendications du mouvement en cours sur l’A64 : création d’un fonds d’aide pour les éleveurs touchés par la crise sanitaire de la maladie hémorragique épizootique (MHE) – « Ça fait quatre mois qu’on demande une prise en charge urgente » – ; mise en place d’une « politique d’irrigation sur le département » ; et mesures pour faire baisser le prix du gazole non routier (GNR), auquel carburent les machines agricoles et qui est passé en deux ans de 0,70 euro à 1,10, voire 1,20 euro le litre.

        Blocage non syndical
        Céréalier et éleveur de blondes d’Aquitaine, Joël Tournier, 43 ans, estime à « plus de 40 000 litres par an » sa consommation de GNR sur l’exploitation. « Je ne regarde plus les factures, de toute façon, j’en ai besoin, je dois payer, lâche-t-il avec dépit. On détaxe le kérosène des avions pour partir en vacances, mais on taxe le gasoil pour les paysans. » Et la facture pourrait être lestée de quelques kilomètres supplémentaires : « On a demandé à Gabriel Attal de venir nous voir. Sinon, on ira le chercher en tracteur… »

        Le sentiment d’un mépris consommé des autorités à l’égard du monde agricole est prégnant dans le rassemblement ce vendredi après-midi, où se trouvent majoritairement des hommes de 25 à 50 ans. Pas toujours enclins à se confier aux journalistes, ils n’affichent aucune appartenance syndicale ou politique. Seuls trois tracteurs sur les plusieurs dizaines alignés arborent des petits drapeaux de la FNSEA. Aucun heurt, aucune tension avec les gendarmes présents qui circulent et échangent tranquillement avec les agriculteurs. De quoi laisser songeurs bien des révoltés des quartiers populaires et des mouvements sociaux…

        Le député (LFI) de la circonscription, Christophe Bex, s’y meut lui aussi sans problème, avec ses attachés parlementaires. « Ceux qui me reconnaissent me serrent la main, on ne m’a pas invectivé, pas brûlé, sourit-il. Le mal est profond. Eux, ils veulent juste pouvoir continuer à bosser mais il y a un mépris et un oubli incroyable du gouvernement. Mardi, quand Macron a fait sa conférence de presse, il n’y a pas eu un mot sur l’agriculture… Même à LFI, on gagnerait à s’intéresser plus à la population hors des métropoles. Qu’est-ce qu’on veut produire, comment et où ? Ce sont des questions importantes. »

        Jeunes céréaliers de 27 ans, Alexandre et Romain, exploitent chacun un peu plus de 150 hectares – blé et tournesol principalement – dans des fermes voisines situées à quelques kilomètres de là. L’un est en reprise d’exploitation familiale, l’autre en propre mais pouvant bénéficier de l’appui paternel. « Le métier se complique, estime Romain, installé depuis six ans. On fait de plus en plus d’administratif, ça nous écrase. Il y a toujours plus de normes à respecter, on s’efforce de le faire mais en plus, les charges explosent ! C’est vraiment compliqué. On voudrait déjà qu’ils nous écoutent, au moins ça, et puis qu’il y ait du changement pour donner envie aux gens de rentrer dans la filière. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. »

        Alexandre et lui ont adhéré aux Jeunes agriculteurs (JA, proche de la FNSEA) à Carbonne. « C’est surtout un engagement très local pour tisser des liens et avoir un espace où se retrouver, assure Alexandre, qui insiste : Le mouvement d’aujourd’hui, il est non syndical, ce qui nous importe c’est de mener une lutte collective. Nous deux, on n’irrigue pas mais on est là aussi en soutien sur ce sujet. Il faut se serrer les coudes. »

        D’autres actions du même type se sont déroulées vendredi tout au long de la journée dans le Tarn-et-Garonne, sur l’A61 et l’A20, des autoroutes partant également de Toulouse. D’autres mouvements sont annoncés pour les jours qui viennent. « Ils nous disent de rentrer chez nous mais on a zéro réponse, constate Joël. Tant qu’on est motivés, on reste. »

        • #30239 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Merci Julien. Il y a des choses très précises et très claires prises dans d’autres revendications bien plus confuses : les charges, les normes. Force est de constater comme le fait le journaliste de Mediapart que les agriculteurs bénéficient d’un droit de foutre le bordel parfaitement exceptionnel. Personne ne demande à personne de condamner les dégradations. On reclame des exonérations fiscales et une baisse du prix de l’essence, c’est compréhensible mais ça manque de relativité : ces baisses de charges sont-elles nécessaires ou somptuaires ? Et de quelles charges parlent-on précisément ? L’impression qu’on n’en sait jamais assez et qu’on ne décortique pas tout.

          • #30274 Répondre
            Bonnaventure
            Invité

            Une petite précision tout de même : certains agriculteurs peuvent effectivement à loisir épandre du lisier devant les préfectures, brûler des pneus ou saccager une administration. Pour d’autres, c’est garde-à-vue, procès et condamnation à la première action (par ex. Les faucheurs volontaires d’OGM).
            Les premiers défendent un modèle productiviste et libéral et roulent pour la puissante FNSEA (on dit souvent d’elle que son président est le vrai ministre de l’agriculture), les seconds, une agriculture paysanne et luttent contre l’industrie et l’accaparement des terres par les grosses exploitations; ils s’organisent collectivement dans la Conf’ (Confédération paysanne).
            Dans l’article, il est pudiquement indiqué que ce mouvement n’est pas syndical mais on aura compris qu’il est initié par la FNSEA et les JA (centre de formation du premier).

            • #30440 Répondre
              Mr. Patate
              Invité

              Pour aller dans le sens des deux posts de dessus. 150 hectares tu fais parti des 10-15% plus grosses exploitations du pays. En céréalière qui plus est tu es plus proche du Touareg que du Duster. J’imagine que les amoindrissent la marge mais les prix du tournesol et blé sont quand même entre 50 et 100% plus élevé que y a 4-5 ans (sans compter les X3 ou 4 exceptionnels de 2022) donc ils ont du pouvoir mettre un peu de côté quand même. Après si ils sont là par pur solidarité avec les autres on ne peut que se réjouir.
              Clairement il y a beaucoup d’agriculteurs (surtout élevage) qui ont un très gros volume horaires, dans des conditions rudes, pour un petit revenu mais je rejoins Bonnaventure pour la nécessité de bien dégager les différents types d’exploitant à qui on a à faire (et qui seront tous évidemment ramenés sous le symbole inattaquable de « paysan »). Ceux là sont des patrons de moyennes entreprises qui fonctionnent bien, qui voudraient qu’elles fonctionnent mieux, et que l’Etat arrête de les emmerder (prendre quelconque mesure n’allant pas dans leur sens), tout en leur facilitant la tâche par d’autres aspects, et en augmentant les subventions etc (on connait l’équation néo libérale).
              Après l’occasion est trop belle pour la laisser passer. Les européennes (qui sont les élections les plus importantes pour les agri) approchent, le mouvement transnational offre une fenêtre d’opportunité intéressante, l’atmosphère médiatique est aux petits oignons pour cette france réelle de la terre périphérique des gens qui se lève tôt pour travailler de leurs mains donc le commentariat politique sera très bienveillant pendant un bout de temps. La FNSEA aurait tord de se priver d’un bon petit coup de pression « Non syndical » authentique de la base (mais c’est bien elle qui sera le premier interlocuteur au ministère malgré l’invitation des autres syndicats pour la forme) qu’elle pourra transformer habilement.
              Dans le fond on a une situation assez similaire à la double face gilets jaunes. D’un côté des commerçants voulant que l’état obèse et ses bureaucrates grattes papiers arrête de l’empêcher de faire tourner la boutique correctement avec ses taxes et ses normes. De l’autre des travailleurs pris dans un rapport de production, local avec les grands distributeurs et international avec la libre concurrence mondialisée qui leur est bien souvent défavorable, détruit leur métier, les prolétarise et les bouffes à petit feu. Marx contre Poujade.
              On voit bien quel partition va jouer la FNSEA, on espère que les autres syndicats et la gauche arrivera à se faire entendre sur l’autre.

              • #30840 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Merci pour ce commentaire. Je rejoins cette lecture gilets jaunes dans la mesure où les manifestants semblent venir de partout, du vigneron bourgeois au maraîcher bio, à l’éleveur industriel, cela fait beaucoup de gens à contenter et on sait comment ça se termine : poignée de main entre certains pollueurs et le ministère. La différence avec les GJ étant que les revendications se clarifient : moins de contraintes écologiques, moins de taxes, et qu’elles sont portées par la FNSEA qui saura démobiliser en temps voulu.
                Vu Rousseau sur France Infos face à Willy Schraen + un facho de la CR. Elle a bien du courage. Et je me pince devant tant de complaisance des pouvoirs publics qui reconnaissent la légitimité de coups de sang qui accrochent des animaux éventrés aux préfectures et incendient un bâtiment de la MSA. On n’en a pas fait le dixième en manif contre la loi Travail et on en a pris plein la gueule.

                • #31180 Répondre
                  Mr. Patate
                  Invité

                  Oui je crains hélas qu’on aura les gilets jaunes inverse : ce sera le bloc poujadiste qui l’emportera dans l’orientation du mouvement et des revendications. Même si j’ai vu passer quand même pas mal d’actions et prises de paroles contre la grande distrib. Aujourd’hui plus encore qu’en 2018 il y a vraiment une lutte de cadrage extrêmement intense qui se joue dans de multiples arènes (actions de terrain, plateaux TV, repost d’extraits vidéos, images, infographies virales, analyses etc) donc peut être qu’on arrivera quand même à faire exister un contre discours susceptible de rayonner au delà de nos rangs.
                  Sur la mansuétude du pouvoir plusieurs éléments en vrac pour moi :
                  Déjà le mouvement ne s’inscrit pas contre une loi « d’honneur » fondamentale pour le pouvoir (comme pouvait l’être la loi retraite). Plus de facilité à céder. Par ailleurs une loi agriculture allant plus ou moins dans ce sens était en préparation. Il y a donc un jeu de coup de pression pour accentuer/accélérer quelque chose qui était dans les cartons, pas pour bloquer intégralement une réforme structurelle de première importance.
                  Fort esprit de corps des agri et grosse capacité à se synchroniser dans des actions avec de gros moyens matériels (c’est con mais quand chaque manifestant dispose légalement d’un engin de 10 tonnes pouvant être customisé avec toutes sortes d’accessoire de destruction urbaine t’essayes de la jouer molo)
                  Pour l’instant les mouvements se limitaient à la province et blocages de points non stratégiques. On entre dans une nouvelle phase visant à l’inverse Paris et des blocages de l’activité éco, ça commence déjà à se rigidifier du côté du pouvoir.
                  Symboliquement les agri sont très difficilement attaquables. Ils s’inscrivent dans des narratifs très consensuels, voir forts, au sein de l’électorat que vise maintenant le macronisme et ses successeurs (bosseurs/ »france qui se lève tôt », métiers manuels, france périphérique/profonde, métier à l' »utilité » très claire et concrète, secteur de souveraineté stratégique…). Beaucoup plus facile de taper sur le syndicaliste, le fonctionnaire, le militant professionnel gaucho, voir évidemment les black bloc si on est chanceux (et même si 60% de la pop soutenait le mouvement, elle recoupait moins le coeur de l’électorat macroniste).
                  Les européennes à venir accentuent ce point.
                  .
                  Cela étant dit, le double standard et la « prime à la casse » apparaît quand même de façon blafarde. Ca pourrait clairement avoir des conséquences à l’avenir, ne serait ce qu’en terme de désinhibition d’autres corporations capables de mettre en oeuvre des actions aux impacts matériels lourds avec peu de personnes.

      • #30229 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Léo Landru:
        on les écrase de paperasses avec toujours plein de normes à respecter alors que les produits importés de Chine, États -Unis et autres ne respectent et ne sont pas contraints à respecter ces mêmes normes… Et ces gros importateurs ne polluent pas? Qui comprends ça? Moi non! Ils prennent les gens pour des cons. Sont conscients qu’ils les prennent pour des cons et s’en contrefichent car ils ont le pouvoir. Pour la façade, quelques beaux costumes viendront les écouter  » avec toute l’attention requise » Elle est où la caméra?
        Allez-y tout le monde! Jetez leur du fumier à ces fumiers! Je rêve que ce soit le début « de la contre-attaque ouvrière dans la forme de grève de masse enfin politisée »

        • #30240 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          « De la paperasse avec plein de normes » : des normes environnementales concernant les pesticides ou le bien-être animal (en Allemagne, les paysans ont été plus précis : ils veulent s’en affranchir). Qu’on soit d’accord sur cette revendication alors : pas d’importations de produits ne respectant pas les normes européennes. La Confédération Paysanne ne demande pas mieux.

      • #30241 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Salut Léo, par un hasard complet je suis en train de lire Reprendre la terre aux machines, écriture collective de l’Atelier Paysan. Je conseille ce bouquin qui est excellent pour donner une vue historique de comment l’industrialisation, financiarisation, bureacratisation, mécanisation, a gagné toute la filière agricole au cours des 60 dernières années. Les agriculteurs sont poussés dans un modèle dont ils ne veulent plus (mono-culture, pesticides, surproductivité, recherche continue d’aides) mais dont ils ne peuvent structurellement sortir. La FNSEA est la tête de proue de ce modèle, avec sa course au gigantisme, et son embrassement de l’UE libre-échangiste qui tire les coûts vers le bas et pousse à la concentration. Et maintenant que de (biens timides) propositions sur des normes environnementales sont poussées et que les coûts augmentent, la FNSEA active ses troupes pour protéger ce modèle, et elle a « raison » ; je suggère cet entretien de 2022 avec l’Atelier Paysan qui – je trouve – éclaire bien la situation en ce sens : « Un pesticide n’est pas qu’un instrument technique. (…) S’adresser politiquement et socioéconomiquement aux gens, c’est reconnaître qu’ils ne peuvent pas sortir des pesticides sans que leur filière ne s’effondre. C’est donner raison à la FNSEA quand elle dit qu’on ne peut pas interdire les néonicotinoïdes sans rien changer par ailleurs. (…) Si les néonicotinoïdes sont interdits sans rien changer d’autre, c’est l’effondrement de la filière sucre. »
        .
        Je précise que n’y connaissant rien je serais heureux de me faire compléter ou rectifier.
        .
        Question : Le monde paysan n’est pas, historiquement et sociologiquement, le plus enclin à porter un projet de transformation sociale, de socialisation de l’alimentation, voire de socialisme. Comment essayez-vous de porter ces questions dans ce milieu ?
        .
        R : Il faut discuter avec les « survivants » de l’ethnocide paysan qui s’est étalé sur soixante-dix ans. Ces paysans et paysannes ont été pris dans un système d’intégration par les firmes agro-industrielles. On a fait d’eux de simples débouchés pour l’amont de la chaîne et de simples fournisseurs pour l’aval. Ce sont des gens coincés mais qui pourtant fournissent, tout en étant très peu, 90 % de ce qui est consommé dans le pays. La clé serait de s’adresser à eux de façon politique et socioéconomique, plutôt que de manière morale. C’est une mauvaise habitude d’une partie de notre famille politique : s’adresser à tout le monde, dont ces producteurs, de façon morale, de manière identitaire — ce qui ne peut que provoquer une réponse similaire. Les choses sont bloquées moins par conviction politique que par le renvoi à des identités au sein de la discussion. D’ailleurs la FNSEA utilise le terme « paysan » dans une logique identitaire : « Nous sommes les vrais paysans, les meilleurs du monde, si vous critiquez ce modèle vous nous critiquez dans notre chair jusque quatre générations en arrière. » D’où l’invention de « l’agribashing » et la constitution de cellules de gendarmerie dédiées à la défense de ces agriculteurs-là. (…) Il y a des grands gagnants qui se sont tournés vers une logique purement capitaliste, qui ont plus des activités industrielles qu’agricoles. (…) Mais des profils de ce genre sont une minorité. La plupart des paysans sont plutôt les grands perdants de la modernisation : ils vivent avec un salaire de misère, sont endettés jusqu’au cou et sont complètement dépendants des fluctuations des cours mondiaux, du collecteur de lait ou du marché de demi-gros régional. Ce sont eux qu’on retrouve pendus dans leur grange lorsque ça se passe mal.
        .
        Question : Mais comment s’adresser politiquement à ce groupe social, alors ?
        .
        R : En leur donnant raison, d’abord, sur un certain nombre de choses. Plutôt que de traiter l’autre d’assassin parce qu’il utilise des pesticides, il convient de ne pas en rester aux conséquences néfastes — ce qu’on a appelé « écologisme » dans notre livre — mais aussi de comprendre les tenants. Un pesticide n’est pas qu’un instrument technique. Un paysan historique connaît les ressorts techniques de l’utilisation ou non des pesticides : pas besoin de les lui expliquer. On sait très bien faire pousser des cultures sans herbicide ou pesticide. Mais on ne sait pas le faire au même coût que la production industrielle. S’adresser politiquement et socioéconomiquement aux gens, c’est reconnaître qu’ils ne peuvent pas sortir des pesticides sans que leur filière ne s’effondre. C’est donner raison à la FNSEA quand elle dit qu’on ne peut pas interdire les néonicotinoïdes sans rien changer par ailleurs. Les néonicotinoïdes déciment la biodiversité et sont aussi un instrument du libre-échange qui tire les prix vers le bas. Leur utilisation s’appuie sur bien moins de travail humain et beaucoup plus d’automatisation, pour fournir une denrée standardisée à une industrie. Si les néonicotinoïdes sont interdits sans rien changer d’autre, c’est l’effondrement de la filière sucre, l’importation massive de sucres ayant beaucoup plus de néonicotinoïdes (depuis la Pologne), et l’augmentation massive des prix.
        .
        S’adresser ainsi aux populations historiques fonctionne. Parce que tous et toutes le savent, sans l’avouer collectivement : les rendements s’effondrent, l’eau est moins disponible, les paysans sont de moins en moins nombreux. Ce qui implique de surcapitaliser les fermes pour remplacer la main‑d’œuvre par des machines — investir dans du travail mort pour remplacer du travail vivant. Les paysans sont en première ligne des changements environnementaux comme du libre-échange, ils voient bien qu’il faut qu’ils changent. Mais ils ne veulent pas être les seuls à porter la responsabilité des ravages de ce modèle. On pourrait donc commencer par accepter qu’ils ne sont pas responsables du modèle agroalimentaire. Les responsables, ce sont des politiques publiques menées par un complexe agro-industriel qui leur est extérieur et qui leur a été imposé dans la douleur. Il y a eu des complices et des victimes, oui, mais ça a été avant tout le fait d’une volonté extérieure.
        .

        Atelier Paysan : « Aller vers une socialisation de l’alimentation »

        • #30243 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Merci Xavier. Je crois que c’est le genre de clarté dont j’ai besoin.

    • #30234 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Une phrase vient de passer Plantons la mouise avant qu’ils nous mettent complètement dedans
      Un.e agriculteur.trice se suicide tous les 2 jours.

    • #30236 Répondre
      Ema
      Invité

      https://www.frustrationmagazine.fr/capitalisme-campagnes/
      Article assez synthetique de Frustration sur l’impact du liberalisme sur les campagnes et l’agriculture

      • #30242 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Je me rappelle l’avoir lu, merci pour le post.
        En revanche je ne vois pas vraiment la défense de la ruralité comme revendication majeure. Le folklore du beauvaisis n’existe plus ni celui du calaisis. Les ruraux de ces régions-là sont-ils même encore vivants ou juste devenus des exploitants, des petits/gros patrons de PME, à l’instar des patrons de supermarchés ? Qui manifeste en fait ?

      • #30269 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci beaucoup Ema. Je crois qu’il faudra livre ce livre  » tristes campagnes »
        Même dans le bio, ça ne sera pas pour les petits agriculteurs. Le système capitaliste n’oublie rien. Ce serait, si on les laisse faire du bio « light » et à grande échelle. Les négociants ukrainiens de céréales qui veulent casser sans vergogne en Roumanie, Hongrie, Pologne etc et qui pensent au bio à grande échelle à des prix imbattables et destructeurs sur la base salariale et sociale des accords Union Européenne- Ukraine.
        Dans le monde agricole conventionnel, où l’on trouve encore de vrais agriculteurs, le mensonge s’est intensifié donc dans les années 50. Il fallait bien recycler les produits chimiques utilisés pour la guerre alors avec de belles publicités, on leur a vendu ces produits en leur promettant monts et merveilles avec le soutien des gouvernements: aides, subventions. Les agriculteurs sont tombés dans le piège. 1ère conséquence : des centaines de milliers de petites et moyennes familles agricoles ont disparu
        Actuellement on subventionne pour virer les bêtes, pour arracher les oliviers, les vignes etc.
        Il y a d’autre part les accords internationaux: Canada, États-Unis, Nouvelle Zélande qui font donc entrer les productions de leurs pays. Par exemple, les galiciens se retrouvent concurrencer par ces pays tiers.
        Donc, avec l’Ukraine les céréaliers se retrouvent en difficulté.
        Le système capitaliste n’a jamais cessé sa politique de destruction massive.
        Je lisais ce matin les mots amers d’ un médecin urgentiste  » on ne va plus droit dans le mur, on l’a traversé »
        C’est pareil pour un certain monde agricole. La colère est juste. Les agriculteurs.trices n’ont pas décidé les engrais de synthèse (NPK) les pesticides etc et les éleveurs n’ont pas décidé l’élevage intensif. Le capitalisme a scindé le fondement agricole: polyculture/élevage et détruit l’équilibre des fermes, des sols , des paysages et des communautés rurales. En 1944 les accords de Bretton Wood sous l’égide de l’impérialisme américain: secteur Primaire = bas prix aux producteurs « compensés » dans les années 50 par les subventions. Non accordées aux petites fermés familiales
        Exemple concret: ici une récente subvention de l’union Européenne pour la commercialisation de produits alimentaires agricoles conventionnels et biologiques: claire comme de l’eau de roche: minimum requis 300m2 par production et minimum 50000 kilos par an. Rires nerveux. D’accord: petits et moyens maraîchers ignorés donc à la trappe.
        Qu’il ne restent que les grosses exploitations et les mega élevages.
        Mr Bordenave, enseignant à la Société d’Horticulture de Nice racontait: « en 1960, quand ils sont venus avec leur azote et que nous avons pu dans nos Pyrénées avoir 2 ou 3 coupes de luzerne, on y a cru dur comme fer. Et vint la désillusion: il a fallu augmenter les doses d’azote (N) Avec la conséquence: l’obligation d’utiliser leurs pesticides, tant dans ces cultures que dans nos vignes. » Quelques temps après, il nous a dit  » je vais me faire opérer de champignons dans l’estomac, à bientôt! »
        Il n’est jamais revenu.
        Son monde agricole assassiné.

    • #30257 Répondre
      Cyril
      Invité

      « Le soulèvement du monde est une œuvre collective, la littérature y prend sa place, ni prodigieuse, ni nulle. » S. Lucbert

      • #30285 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        ca c’est une citation de son livre, mais qu’as-tu pensé de cette intervention publique?

    • #30264 Répondre
      lison
      Invité

      https://www.lefigaro.fr/actualite-france/voila-a-quoi-va-ressembler-l-uniforme-scolaire-concocte-par-l-executif-20240119?utm_source=pocket-newtab-fr-fr
      Moi je dis c’est un début, le même costume pour tous pour réduire les inégalités. Une fois l’expérimentation faite et les résultats publiés, je propose qu’on continue par le même logement pour tous, puis les mêmes revenus pour tous.
      Après on verra.

      • #30266 Répondre
        Cyril
        Invité

        Super les gosses auront tous un look de droite !
        L’argument égalitaire est hypocrite, l’objectif de l’uniforme est… d’uniformiser, d’enrégimenter.

        • #30346 Répondre
          Alain m.
          Invité

          À propos d’enrégimenter avec l’uniforme à l’école, je me souviens du service militaire où un gradé m’avait dit « mais pourquoi croyez vous que l’on vous met la boule à z et qu’on vous prive de vos fringues si ce n’est pour vous ôtez vos points de repère et annihiler votre « personnalité » ». Efficacité accrue avec l’âge des appelés.

      • #30286 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je m’attriste que ce projet d’uniforme ne soit pas étendu aux adultes.
        Ca résoudrait tellement de problèmes de fringues.

        • #30301 Répondre
          Mélanie
          Invité

          On pourrait proposer aussi les mêmes notes pour tous

          Je regarde la photo de classe de mes filles – on est loin du pull marine et du pantalon anthracite – notamment les filles.
          On peut peut-être espérer que le port de l’uniforme contribuerait à montrer que l’école est une chose autoritaire ? Elle s’assortirait ainsi mieux à ce qu’elle est ?

          • #30302 Répondre
            Ostros
            Invité

            Dans les écoles privées catholiques j’ai constaté une discrimination des filles par rapport aux garçons. Leur uniforme est composé d’une longue blouse en forme de robe qui les recouvre du ras du cou jusqu’aux jambes (sur lesquelles elles portent déjà un pantalon ou une jupe). Donc dès que les températures commencent à monter elle ont trop chaud. Tandis que pour les garçons leur uniforme n’est qu’un polo a fermeture éclair qu’ils peuvent ouvrir à leur guise.
            Les filles doivent avoir les cheveux attachés même s’ils sont courts. Les garçons aux cheveux longs n’ont aucune contrainte de chouchou ni barrettes. Les filles n’ont pas le droit de danser.

            • #30308 Répondre
              Mélanie
              Invité

              ça a l’air sympa comme tout
              les garçons eux ont le droit de danser ??

              • #30310 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                peut etre qu’une solution serait de transformer toutes les filles en garçons

                • #30313 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  François, je crois avoir entendu ce choix du masculin pour des raison de pouvoir dans la bouche de transgenres.
                  Les témoignages de trans qui se sont rendu compte dans leur chair de la différence de traitement de leur personne lorsqu’elles sont passées du masculin au féminin, dans le documentaire Orlando, éclairent et donne envie d’essayer de passer de l’autre côté.
                  Il y a dans cette fluidité quelque chose de très intéressant.
                  Je trouve qu’il faudrait encore plus creuser ce témoignage du réalisateur. Cette impression qu’il a eu de se tenir hors de la politique, durant un court laps de temps durant lequel il est passé de femme à homme.
                  Il était d’apparence entre les deux sexes, et a pu vivre – du fait de n’être pas cernable dans son genre – une grande « liberté » d’être. Faudrait retrouver les termes précis qu’il utilise. Mais il y a dans cet entre deux libérateur quelque chose qui interroge.
                  Peut-on réellement se sortir de la politique par un genre indéfini ? Doit-on ? (Je pense qu’en tant qu’être entre les deux sexes la politique est aussi là, qui se serait rendue visible dans son expérience si elle avait perduré. Ne serait-ce que l’extrême droite et son dégoût des non normés)

                  • #30316 Répondre
                    Fanny
                    Invité

                    « Être trans, c’est découvrir l’envers du décor de la différence sexuelle et de genre, comprendre qu’une société est un décor collectivement construit et que la masculinité et la féminité sont des fictions politiques, que nous avons appris à percevoir comme naturelles à force de répétition et de violence. »
                    J’avais noté ça. Je ne me souviens pas que Preciado ait dit s’extraire de la politique. Ici il évoque surtout une prise de conscience de la dimension politique.

                    • #30320 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Il y a le discours fil rouge du documentaire qui exprime ce que tu dis sur les fictions politiques. Et il y a le monologue du réal vers la fin du film où il explique bien que ce moment d’entre deux sexes il l’a ressenti comme une extraction du domaine de la politique. Ça m’avait fait cogiter c’est pour ça que je l’ai retenu. Maintenant tu me mets un doute. Était-ce issu de son témoignage ou d’un autre ? Si j’ai le temps cette sleaine je vais naviguer dans le docu à la recherche de ce passage.

                      • #30324 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Fanny,
                        Je suis tombée pile dessus. C’est à 1h03 minutes.
                        Il parle de cette période « incertaine » et « légère », qu’il appelle « le temps sans genre ». Puis il ajoute « comme si tous les rapports de propriété, d’héritage, de culpabilité et de dette avaient disparu avec la différence sexuelle ». Puis il parle de la transition en tant que telle qui permet de faire de sa vie une oeuvre d’art car une expérimentation perpétuelle.

                      • #30402 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        Merci pour le passage, fascinant je trouve. Comme toi je n’arrive pas à concevoir une sortie du politique, je ne comprends pas ce que ça pourrait signifier. Là, j’avais l’impression que ce qui était décrit, c’était la sortie d’un carcan lié au binarisme de genre. Les relations binaires, homme-femme, prendraient la forme de rapports de propriété (au passage je cherche concrètement ce que ça veut dire – le mariage, l’exclusivité?), d’héritage (comme les représentations de genre se véhiculant de génération en génération?), de culpabilité (de n’être pas conforme au modèle binaire?), de dette (d’un sexe envers l’autre ?). Donc je n’avais pas compris ça comme une sortie totale du politique. Par ailleurs, je ne sais plus si c’est explicitement dit dans le film, mais j’avais compris le fait de se déclarer trans ou non binaire comme un geste politique. Le film lui-même est une « biographie politique ».

                      • #30409 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Si si on est d’accord sur ce point majeur du film qui est la force politique d’un corps trans dépliée grâce aux témoignages, aux citations du livre de woolf mêlées à leur vécu, aux mises en scène, etc. Après moi je vois de la politique dans tous les rapports. Donc quand j’entends rapport de propriété, rapport d’héritage, rapports de culpabilité (pas clair celui là) et rapports de dette, j’entends rapports politiques. Se dire trans est politique. Iels ne sont pas homme ou femme iels ont transitionné. Femme et homme sont des fictions politiques qui jouent chacune une partition dans les rapports de propriété, héritage, etc. Il n’est pas improbable que dans le coeur de la transition (c’est à dire ni certainement homme ni certainement femme) il y ait cette expérience, telle qu’il l’a décrit, la disparition – éphémère – de ces rapports. Lui a transitionné vers homme et est resté. Mais d’autres préfèrent rester dans cet entre deux. Alors ce sexe indéfini appelle de nouvelles questions. Qui portent sur les rapports de ce corps non fixé, fluide, avec hommes, femmes et trans. Et donc de nouvelles questions politiques.
                        Le réalisateur a senti un décrochage d’avec ces rapports qu’il décrit comme une libération (légèreté). Mais sans doute s’il était resté entre deux, en transition, il aurait commencé à composer une nouvelle fiction politique.
                        Après son texte est suffisamment imprécis pour qu’on puisse y projeter nos questions. Il ne donne aucune forme défini à sa réflexion, la porte est ouverte et donne envie de s’y jeter ce qui est assez passionnant.

                  • #30322 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Pour ce qui me concerne, je blaguais

                    • #30325 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Au départ je l’ai pris comme ça car ça m’a immédiatement fait penser à la farce des garçons sauvages de Mandico. Mais après j’ai pensé à Joy Sorman (boys, boys, boys) et à la virilité chez la femme et je me suis dit que tu parlais peut-être d’elle.

              • #30312 Répondre
                Ostros
                Invité

                Les garçons ont le droit de gesticuler, bouger, oui. La fille que j’ai vu se lâcher en agitant ses bras, ses jambes et son bassin d’avant en arrière façon danse tribale endiablée pendant le cours de sport s’est vu être insultée en hurlant de complètement folle par le prof de sport et l’institutrice venue pour surveiller. Humiliée sur place.
                Durant une semaine que j’ai observé toutes les salles de classe de cette école primaire catholique, les filles se faisaient régulièrement humilier / hurler dessus pour des affaires de tenue négligée, cheveux non attachés, mouvements du corps indignes. J’avais mal pour elles.

                • #30334 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  J’imagine qu’on pourrait aussi voir dans une école publique des filles se faire calmer de la sorte, non ?
                  J’ai aussi le cas de garçons dont les cheveux ébouriffés irritent des enseignants qui ne s’empêchent pas de leur manifester cette irritation.
                  Quant au futur pantalon républicain anthracite, ça m’étonnerait qu’ils ne sortent pas le short assorti. Ici dans le sud, au printemps l’école elle-même organisait des batailles d’eau dans la cour tant il faisait chaud. Et moi qui veille à ce que mes enfants ne s’exposent pas avant 16h, j’espère aussi qu’ils ont prévu la casquette. Ou un bob, pour la nuque. Comme celui de RAZ tiens, orange, le bob de RAZ pour tous.

                  • #30336 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Dans les écoles publiques où j’interviens depuis plus de 12 ans, je n’ai pas assisté à des recadrages de filles comme ceux décrits par Ostros dans l’école catholique, tous types de quartier confondus ( des plus pauvres aux plus aisés). Au contraire j’ai plutôt vu les adultes encourager et s’amuser des chorégraphies et des looks des filles

                    • #30337 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Des écoles publiques catholiques ?

                      • #30338 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Moi c’était une école privée catho du 92. Où les instits se justifiaient par : « ici on éduque l’élite, les parents nous paient pour qu’on les traite comme ça. C’est pour ça qu’ils les ont mis là »

                      • #30339 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        De mon expérience d’élève en école publique à la campagne c’était très libre, les cheveux attachés, détachés, mal coiffés après les roues, et gestuellement ça dansait, chantait et se battait.

                      • #30340 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        J’avais lu vite Malice, tu parles bien de ton expérience en écoles publiques

                      • #30377 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Oui c’était en réponse à la réponse de Mélanie à ton message.

                    • #30348 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      D’après les scènes d’école que mes enfants me rapportent, et d’après celles que j’ai pu voir aussi, c’est pas toujours joli-gentil à l’école publique non plus, et d’autant plus quand les looks, chorégraphies, cheveux indociles, sont ceux d’enfants pas français-français.
                      Les humiliations sur les résultats scolaires me semblent relever du quotidien, quand bien même les enseignants les disent avec le sourire, ou en plaisantant.
                      Quant aux élèves qui tiennent en place, et sont bons en maths en dictée et en par coeur, ça fait toujours 4 ou 5 jours par semaine où on les oblige à être là et à y faire ce qu’on leur dit.

                    • #30361 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Malice, je me demande si les enseignants se tiennent autrement, en présence d’intervenants extérieurs. De la même façon que les parents engueuleront plutôt leurs enfants en privé ?
                      Et c’est peut-être aussi pour eux·elles des moments de moindre pression ?
                      Qu’en penses-tu ?

                      • #30382 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Je ne m’avancerai pas à affirmer qu’aucun membre du personnel d’école publique ne regarde de travers certaines attitudes ou coiffures ; je témoignais à mon échelle, assez réduite. Disons que je fais l’hypothèse qu’en général, à l’heure actuelle, les petites filles d’école publique de la ville où je bosse qui dansent sur Dadju et ont des rajouts multicolores dans les cheveux sont plutôt laissées tranquilles voire approuvées – sur les temps de récréation ou d’activité de détente en tous cas.
                        Peut-être que dans le public, on se retient plus de blâmer ouvertement ce qu’on considère intérieurement comme une manque de tenue?

                      • #30423 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        La surveillance des tenues m’intéresse mais elle est tellement peanuts par rapport à tout ce qui est imposé au corps des enfants à l’école, qu’elle soit publique ou privée
                        La querelle privé-public, ce sera sans moi. Trop grossière diversion.

                    • #30520 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Malice, je me disais aussi que les filles sont peut-être « encouragées » parce qu’elles sont moins remuantes etc – ont déjà été réduites.
                      Pour ce que j’entends par ici, c’est beaucoup aux garçons qu’il est dit qu’ils sont remuants-pénibles-etc.

      • #30303 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je viens de voir l’uniforme imposé par l’école républicaine. Ils ont oublié que dès mai – juin il fait maintenant chaud voir très chaud. Il y a cours jusqu’à début juillet. Pas de jupe ni bermuda ni short de prévu.
        De toutes façons c’est pas le style qui va empêcher les gosses de riches de réussir leurs études et les gosses de pauvres de les rater. Uniformisés ou pas les enfants s’affilient par affinités.

        • #30304 Répondre
          Ostros
          Invité

          Voire*

          • #30351 Répondre
            Parfaitement a l’eau
            Invité

            Pour relativiser un peu, dans les Antilles c’est uniforme jean et franchement j’ai testé quelques années c’est pas insoutenable.
            Je suis plus inquièt sur l’absence de clim dans les salles de cours type algeco

            • #30358 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Je porte la tenue d’infirmière et certes ça n’est pas « insoutenable » – ça m’évite même d’avoir à acheter des fringues présentables pour le boulot.
              Avec ou sans uniforme, l’école on y est coincé – la tenue ne change pas grand chose à la donne, c’est une chose supplémentaire qu’elle nous fera bien sentir qu’elle décidera pour nous.
              Mais tiens les Antilles… ça fait longtemps qu’ils ont l’uniforme à l’école je crois, ou un uniforme soft avec le T-shirt de l’école…
              Parfaitement à l’eau, si tu as exercé, est-ce que tu sais quand ça avait été instauré ?

              • #30362 Répondre
                Parfaitement a l\’eau
                Invité

                Oui l’uniforme ca né va pas changer grand chose. La distinction se faisait au collège sur la chaîne autour du cou et surtout les chaussures.
                Pour les Antilles aucune idée, j’y étais dans les années 90 2000 c’était uniforme et semblait pas nouveau.
                Bizarrement pas d’uniforme au lycée.

                • #30383 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Tu étais élève?

                  • #30384 Répondre
                    Parfaitement à l’eau
                    Invité

                    Oui

                  • #30388 Répondre
                    toto
                    Invité

                    Un monsieurProff d’anglais

    • #30267 Répondre
      riviere
      Invité

      Salut, une conversation avec Nikolski et Jancovici, dans la continuation de la recommandation de lire Féminicène.

      • #30318 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        A première vue je dirais que les critiques faites ici sur l’émission Quintane/ Kaplan ont été entendues. Matthieu Burnel a repris les choses en main et il fait preuve d’une rigueur et d’une clarté dans la conduite de l’entretien, que je ne lui connaissais pas.

        • #30374 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          rire

    • #30273 Répondre
      Cyril
      Invité

      Je signale aussi le nouvel article de Lordon :
      https://blog.mondediplo.net/clarification

      • #30276 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Déjà partagé le 18 janvier par DXavier mais merci Cyril. Une relecture de cet excellent article ne peut qu’être profitable

    • #30349 Répondre
      Ema
      Invité

      Qu’en sera-il des uniformes troués/déchires lors des inévitables chahutages et chutes sur bitumes pendant les récrées ? J’imagine qu’il incombera aux parents de payer pour le remplacements du vêtement abîmé ?..

      • #30350 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Le mieux ce sera d’interdire les chahuts. Et les récrés d’ailleurs.

      • #30524 Répondre
        Mélanie
        Invité

        On aura aussi le bonheur de devoir quémander un nouveau lot de tenues quand on prend une taille

    • #30366 Répondre
      Charles
      Invité

      Sujet à la mode mais bon, Sylvie Laurent, donc je lirai sûrement : https://www.seuil.com/ouvrage/capital-et-race-sylvie-laurent/9782021498882

    • #30471 Répondre
      Cyril
      Invité

      « Le gouvernement n’a pas l’intention d’empêcher les blocages décidés par les agriculteurs parce « qu’ils sont organisés dans un cadre légal », a avancé la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot. « Les blocages ont lieu et il n’est pas question effectivement de venir empêcher cette expression de revendication », a déclaré Mme Thevenot à l’issu du conseil des ministres. » Le Monde
      Mince ! Si on avait su (gilets jaunes et mouvement retraites) qu’on pouvait bloquer légalement…
      Alors soit le gouvernement tente une approche différente cette fois avec la répétition des épisodes insurrectionnels, soit le gouvernement a très peur cette fois (parce qu’ils possèdent des tracteurs ? que les quartiers pourraient reflamber, la colère s’étendre ?)…

      • #30476 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Ou soit ils sont rentrés en guerre politique contre le RN.

      • #30495 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Cyril: dans l’entrée luttes j’ai partagé un truc de la Confédération Paysanne que Jean -Pierre de Agissons Ensemble m’a envoyé. Ça va bardé. Ça barde. Ça bardera car je doute que ces tristes sires et siresses: Macron, Noyen et c° vont entendre raison. Mais oui, ils ont très très peur. TRÈS! Ça contrarie un shouiya leur agenda, leurs « bons » plans…

      • #30515 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        …. soit la France agricole de droite a son assentiment
        Ne pas oublier que le FNSEA, qui dirige-cadre le mouvement quoi qu’on dise, co-gère le ministère de l’agriculture productiviste

    • #30481 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Macron résumé en 10s.

    • #30491 Répondre
      Ostros
      Invité

      Étonnant ces nouvelles demandes de qualités professionnelles faites par les recruteurs au sujet des assistantes administratives :
      Simple, humble, bienveillante.
      Comme si couteau suisse à disposition ça ne suffisait pas.
      Faut en plus avoir l’air vide et être molle.

      • #30496 Répondre
        Claire N
        Invité

        «  ayant fait vœux de pauvreté «  compléterez le charity – hacking encore plus franchement

        • #30499 Répondre
          Ostros
          Invité

          Oui c’est ça.

          • #30503 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            J’ai arrêté de trouver du travail à partir du moment où les qualités humaines ont remplacé les compétences sur les fiches de poste.

      • #30519 Répondre
        Mélanie
        Invité

        J’ai aussi vu comme qualité demandée « amabilité à toute épreuve »

      • #30692 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Et dans les évaluations professionnelles annuelles, on a aussi droit aux commentaires sur nos qualités

    • #30497 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      Entretien passionnant d’un historien biographe récent de Lénine. Le spectre des questionnements est très large et contextualisé, vraiment bien.

      • #30526 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Un peu dubitatif sur cet entretien
        On a affaire, sous ses dehors de faux scepticisme bourgeois, à un bon anticommuniste des familles.
        On peut tout à fait détester Lénine, mais il est douteux de le minimiser à ce point.

        • #30528 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Tu l’as écouté en entier ? C’est ce qui ressort du début, d’ailleurs il le dit à moitié (aux trois quarts). Sauf que je trouve la suite remarquable de détails, de sources, de contexte, j’ai appris pas mal de choses, notamment à la fin.

          Pour prendre un cas plus extrême, j’ai souvenir d’un historien très connu du nazisme, un allemand, assez pro-nazi (il estime qu’on leur doit d’avoir sauvé l’Allemagne du communisme), Ernst Nolte. Pourtant les historiens même de gauche estiment que ses premiers travaux sont des mines d’or de factualité et de précision. J’ai entendu Chapoutot en parler, et même Ducange, qu’on ne suspectera pas d’anticommunisme, dans un podcast récent avec Palheta.

          Il peut y avoir des travaux sérieux guidés par l’anti communisme, léger ou extrême (bon, plus il est extrême moins c’est probable, c’est clair…).

    • #30552 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Si ça n’avait pas été partagé : je suis en train d’écouter le passage de Lagasnerie sur Inter à propos de son petit dernier. S’il va encore en agacer plus d’un (il ouvre sur le mythe inattaquable de la littérature et le fascisme de la culture) c’est comme souvent particulièrement stimulant.
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/jusqu-ici-tout-va-bien/jusqu-ici-tout-va-bien-du-mercredi-10-janvier-2024-4817825

      • #30558 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Bon en fait il n’a que le temps d’évoquer le cœur du livre et est remplacé par un autre invité. Je conseille toujours pour le coup de fouet mental mais on en saura peu sur son livre.

        • #30563 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          Pas lu le livre; du coup je m’inquiète : est-ce qu’il faut se méfier davantage de Kafka que des gens qui le lisent comme s’il était sociologue (les gens qui pensent que Kafka dit tout du pouvoir rejoints par Lagasnerie qui semble dire que Kafka a une conception non-scientifique du pouvoir) ?

          • #30566 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il faut se méfier de tout le monde, surtout de Geoff qui cite au passage Kafka (de façon élogieuse) pour appuyer un point et finit par par prononcer « kafkaisme », une notion pour le moins douteuse.

          • #30567 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il fait aussi ce qu’on appelle « une Barthe » en partageant des idées sur l’amitié sans évoquer le travail de François qu’il l’a précédé sur ce sujet.

            • #30572 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              Intéressant oui, mais en effet un peu agaçant cette façon de poser les problèmes !

              Il n’y a pas vraiment de dialogue avec Kafka amha, qui comme on sait ne dit assurément pas tout du pouvoir et ne cherche pas à le faire.
              Idem pour la non-scientificité, pourquoi y aurait-il de la « science du pouvoir » dans les livres de Kafka ?
              C’est pas comme ça que marche ses machines littéraire pour reprendre les termes du D…

              • #30578 Répondre
                Seldoon
                Invité

                J’ai l’impression qu’il attaque un kafkaisme (à supposer qu’il existe), donc une certaine lecture de Kafka plus que Kafka lui-même.

                Quelqu’un a lu le livre ?

                • #30587 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  Pas lu non plus. Même impression que toi.

                  Autre non-sens sur Kafka amha : de penser qu’il parle directement et strictement des lieux et procédures (exemple la procédure judiciaire et le tribunal) qui se deploient dans les romans (exemple le procès)
                  Parce que si c’est pour dire après que l’expérience réelle avec la police ou les autorités judiciaires diffère – ou peut différer – fortement de ce qui arrive aux personnages de Kafka, ça va pas. C’est forcé que ça diffère.

              • #30598 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Même impression mais je n’ai pas lu, donc je m’abstiendrai là dessus. Mais après de nombreuses écoutes de GdL, je ressens de plus en plus une gène. Dans cet entretien par exemple, je ne trouve pas son discours intéressant (certes il dit certaines choses justes), ni très agréable/frappant sur la forme. Une personne très politisée n’apprendra pas grand chose, et un auditeur dépolitisé ne sera jamais convaincu pour un sou par la « manière » dont il expose sa radicalité (je suis très habitué dialoguer avec des dépolitisés, ou des politisés à l’extrême centre / droite, je suis sensible à ça : comment faire « passer » la radicalité). Le tout entrecoupé d’interviews de petits mômes rigolos (il n’y peut rien).
                .
                Aussi, sa conception de la pureté est décidément étrange. Lui qui dans une autre interview, au moment de parler de la « pratique », avait d’un coup assumé être un parfait réformiste — dans l’interview ici, il ne peut cependant pas s’empêcher de parler de pureté « en théorie et en pratique ». Mouais.
                .
                Ajouté à cela son débit rapide et fluide, j’ai de plus en plus l’impression d’entendre une version moins humble, moins dialectique (et moins drôle) de FB. Je n’ai décidément pas envie de lire ses livres, c’est peut être dommage mais c’est ainsi…

      • #30603 Répondre
        Cyril
        Invité

        Vous ne trouvez pas que Lagasnerie a un côté amuseur ? Je remarque qu’il est souvent invité et que ses intervieweurs sont hilares. La façon même dont il présente ses idées subversives a l’air de viser un effet comique. Et en même temps ça lui donne un côté éloquent et amusant. Mais au total, je ne sais pas si sa communication est efficace, s’il vise l’adhésion.

        • #30604 Répondre
          Cyril
          Invité

          Bon ça valait pour le début de la vidéo mais ça devient plus sérieux par la suite.

        • #30605 Répondre
          deleatur
          Invité

          Il faudrait voir qui son les ricaneurs. Comme il accepte certains plateaux où il sait qu’aucune de ses idées se sera prise au sérieux, j’ai l’impression que les Salamé et Demorand l’invitent surtout pour se foutre de lui, pouffer de rire, le prendre pour le grand dadais de service.
          Et comme il aime ça, il en rajoute des louches, donnant parfois le sentiment d’être leur allié objectif dans l’amusement (lors de la sortie de « 3 », il a fait ainsi la tournée des popotes qui n’étaient pas ses potes).
          Ce qui peut donner cette impression, c’est qu’il énonce joyeusement des idées joyeuses, d’un air taquin, et d’être le fou qui annonce qu’il fait jour à midi quand tout le monde s’éclaire encore à la bougie. Lasganerie est un rieur. Un nietzschéen. Mais il est moins bretteur que François qui ne rit qu’avec les gens qui ont de l’humour ; les autres, il fait mouche.

          • #30606 Répondre
            deleatur
            Invité

            Désolé pour les fautes, je dors encore.

            • #30610 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Même impression pour le fameux passage chez Demorand et Salamé
              Le cousin gauchiste qu’on invite pour se foutre de ses énormités et se convaincre que décidément on a raison de pas être gauchiste.

              • #30631 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Je ne sais pas, je les sens aussi emoustillés de se faire vibrer avec un petit shot de radicalité, dont ils s’approchent sans la prendre au sérieux mais sans l’ignorer non plus. Sur les histoires d’amitié on entend bien qu’ils aiment ce qu’il raconte.

          • #30623 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Tiens, une occurrence avec mouche dans le texte.
            Un autre sens.

          • #30626 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Surtout l’impression que dans cette émission, les animateurs pourraient rire aux éclats en entendant « capitalisme » comme si môme leur disait caca ou pipi

    • #30608 Répondre
      Ludovic
      Invité

      Y’a le musée Kafka à Prague, le type avait l’air allumé, j’ai pas aimé l’univers, pas du tout. Si c’est ça vos réfs politiques…

      • #30611 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Kafka n’est pas un ami politique mais un ami littéraire. Notion qui je crois t’échappe complètement
        D’ailleurs je me demandais : à Droitarland on lit quoi comme romans? Est ce qu’on lit des romans? C’est quoi les réfs en la matière?

        • #30615 Répondre
          Ludovic
          Invité

          Salut François, t’as vu Djoko ciao par Sinner, t’as regardé ?
          Sinon, on lit pas, on a un peu de mal, on est plus dans le déchiffrement de neuneus.
          On regarde des vidéos youtube, c’est dire le niveau
          __
          Nan en vrai j’aime pas les romans, j’aime bien avoir ma propre imagination pas l’univers d’un autre.
          Le dernier roman que j’ai lu c’est Bêtes hommes et dieux, c’est un truc d’aventures sur un russe hors la loi qui fait le far east et qui rencontre les peuples asiatiques. Voilà j’ai juste l’exception pour les récits d’aventures.

          • #30620 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            merci pour cette réponse
            Dommage que tu ne puisses pas te passer d’ajouter une connerie à une réponse sobrement factuelle
            « Nan en vrai j’aime pas les romans » : ok, factuel, je note, merci
            « j’aime bien avoir ma propre imagination pas l’univers d’un autre. » : connerie de trop. Je lis pas de romans mais quand même j’ai une opinion dessus. Mais quand même je prétends savoir ce qu’il y a dedans. Et je dis « imagination » qui est sans doute le mot le plus éloigné du travail concret d’un roman – qui est un travail sur le réel (qui en cela te ferait du bien)

            • #30773 Répondre
              Ludovic
              Invité

              Ha oui ta réponse est bonne. Là t’as raison je trouve. T’as gagné le débat
              Peut être aussi que le quotidien en fait j’le vis, j’ai pas besoin qu’on me le raconte.
              J’préfère m’évader sur les moments de « divertissement », plutôt sur des aspects du corps, l’intérêt au sport ou de l’histoire, des récits d’exploration, c’est marquant pour moi, pas les romans.

              • #30781 Répondre
                Mao
                Invité

                « Peut être aussi que le quotidien en fait j’le vis, j’ai pas besoin qu’on me le raconte. J’préfère m’évader sur les moments de « divertissement ».
                Il y a tellement de choses dans ces phrases qu’on a tous déjà entendues 1 million de fois.
                Sans même parler du fameux  » T’as gagné le débat ».
                C’est d’une tristesse infinie.

    • #30630 Répondre
      Anna H
      Invité
      • #30685 Répondre
        Anna H
        Invité

        Je recommande cette très bonne synthèse de Nicolas Framont.

        • #30689 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Moi aussi Anna H. Excellent. Excellent aussi tout le reste partagé sur ce sujet

        • #30723 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « Le niveau croissant de bureaucratie à tous les niveaux est lié à l’augmentation du capitalisme dans nos vies. Car celui-ci est tellement confus, incohérent et injuste qu’il doit sans cesse être corrigé pour que les choses continuent, malgré tout, de tourner. »
          On aimerait tant qu’un agriculteur en lutte interrogé, un seul, fasse ce lien entre la « paperasserie » honnie et le capitalisme – qui a besoin de la bureaucratie pour faire tenir l’intenable (c’est son grand point commun avec le régime soviétique)

          • #30730 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

             » Le conflit d’intérêt est clair : cet homme est chargé de défendre des paysans que son propre groupe a plutôt intérêt à ne pas trop rémunérer, à diriger et à maintenir sous sa coupe. Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que la FNSEA dirige la colère des paysans pour obtenir une réduction des normes environnementales et un alignement sur une concurrence internationale plus productiviste.  »
            Ce qui se joue en ce moment est très clair : sont unis dans un même mouvement petits et gros agriculteurs dont les intérets sont absolument divergents, et qui sont d’objectifs ennemis de classe
            Refusant de s’affronter en mettant au jour leur absolue conflictualité – niée pour mille raisons-, ils se trouvent un adversaire commun expiatoire : l’écologie.

            • #30809 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Bien sûr, François, tu pointes l’issue la plus probable, mais la Confédération paysanne a rejoint le mouvement pour faire entendre une voix divergente (sociale et écologiste), une voix politique. Leur but est clairement de ne pas laisser le mouvement à la FNSEA et ils espèrent aussi (particulièrement en Aveyron) s’adresser aux autres agriculteurs sur les lieux de blocage. Je sais que leur représentativité et leurs forces sont moindres, mais ils tentent quelque chose.

              • #30831 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Je parlais du mouvement jusqu’ici
                On verra la suite
                Même si je suis peu optimiste
                Trop de siècles derrière.

                • #30842 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  Pas mieux. Je viens de rechercher la représentativité des syndicats agricoles – 55 % FNSEA, 19 % Confédération Paysanne. Le reste doit se répartir entre la Coordination Rurale lepéniste et quelques autres.

          • #30783 Répondre
            Mao
            Invité

            « Le niveau croissant de bureaucratie à tous les niveaux est lié à l’augmentation du capitalisme dans nos vies. Car celui-ci est tellement confus, incohérent et injuste qu’il doit sans cesse être corrigé pour que les choses continuent, malgré tout, de tourner. »
            Pour ceux qui voudraient approfondir c’est la thèse de Bullshit jobs de David Graeber.

            • #30787 Répondre
              Ostros
              Invité

              Tu es sûr ? Par ce que les bullshit jobs ne sont pas nécessairement de la bureaucratie. Et ne corrige rien. Ce sont des jobs inutiles. S’il y a bureaucratie et correction de la confusion, de l’incohérence et de m’ injustice du capitalisme, ça m’inspire pas le bullshit job (opérateur téléphonique – telemarketing – distribution de flyers ou d’échantillons, etc). Mais plutôt chez les entreprises par exemple, un surcroît de procédures (cimme les contrôles qualités, ceux de la transparence, etc), pour justifier et cadrer leurs activités.

              • #30789 Répondre
                Ostros
                Invité

                Et puis ça sonne aussi comme un lourd travail au sein des institutions pour rendre le système vivable (ministères, lois, banques…).

            • #30800 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Je me permets, Mao, de renvoyer, sur le phénomène bureaucratique aux analyses du groupe Socialisme et Barbarie et de Castoriadis. (Dès 1949, donc).
              Synthèse ici : https://journals.openedition.org/traces/4131?lang=en

              • #30804 Répondre
                Ostros
                Invité

                Ouh merci Julien. C’est mon étude du moment SouB. Tu as d’autres ref sur ce mouvement / journal ? (Je prends tout).

                • #30811 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  Ostros,
                  La bibliographie de l’article indique toutes les occurrences de la notion dans l’œuvre de Casto. Il est impératif de dire « Casto » ça fait prolétarien et donne une impression de proximité immédiate avec une pensée ardue.

                  • #30813 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Merci. Et pour le conseil.

                  • #30852 Répondre
                    lison
                    Invité

                    ça fait bricoleur aussi.

                    • #30873 Répondre
                      Julien Barthe
                      Invité

                      Rire, contrition, pénitence.

              • #30805 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Si ça peut aider, j’ai accès à Cairn, je peux télécharger articles et même livres entiers (par exemple il y a des choses à La Découvert sur le sujet, dispo sur Cairn).

    • #30633 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      On dirait que l’entrée luttes a trop de messages alors je remet ici l’info de la Confédération paysanne

    • #30634 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Info partagé par Stéphane de Agissons Ensemble

      🚨🔥Le chaos commence. Les agriculteurs font une attaque de Viêt-cong au gouvernement. Ils sortent tous des buissons d’un coup pour les attaquer en groupe. Résumons donc la situation.

      🔥Des centaines d’agriculteurs, loin de l’amour est dans le pré, disent partout qu’ils iront jusqu’au bout parce qu’ils n’ont plus rien à perdre.

      🔥Les agriculteurs polonais viennent de s’unir aux manifestations françaises et européennes.

      🔥Les motards et le monde du BTP viennent aussi de se joindre mouvement.

      🔥Pendant ce temps, des agriculteurs abattent des arbres pour bloquer l’autoroute à Nîmes.

      🔥D’autres agriculteurs et travailleurs du BTP bloquent entièrement le dépôt pétrolier de Lorient pour une durée indéterminée.

      🔥D’autres groupes bloquent les plateformes logistique des Système U.

      🔥Demain matin, les prochains blocages vont débuter dès 6 heures partout en France avec points de blocages stratégiques.

      🔥Du côté des Vosges, les agriculteurs prévoient de bloquer l’A31 à hauteur de Bulgnéville dès 9 h 30.

      🔥Du côté de la Meuse, dès 8H30, les jeunes agriculteurs meusiens lancent un appel au blocage de la RN4 à la hauteur de Void-Vacon.

      Et pour couronner le tout un mouvement mondial est en train de naître pour boycotter les Jeux olympiques à Paris. « S’il n’y a pas de démocratie, il n’y aura pas de Jeux Olympiques » : une vidéo appelant au boycott des JO tourne partout chez les anglophones.

      L’argument valable est une violation des libertés humaines et de la cruauté des forces de sécurité françaises dans la dispersion des manifestations de toutes sortes. Dans les commentaires de cette vidéo, on peut souvent trouver ridicule en français que même sans boycott, les Jeux n’auraient pas lieu, car rien n’est encore prêt pour les événements.

      Les #AgriculteursEnColere ne vont pas aider à faire reculer le mouvement.

    • #30721 Répondre
      Cyril
      Invité
      • #30845 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Batteries: suite réservée. Si quelqu’un etc

    • #30727 Répondre
      Cyril
      Invité

      Le niveau de mauvaise foi que peuvent atteindre les dirigeants est quand même fascinant.

    • #30733 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour info Mélenchon chez Dany et raz
      https://www.twitch.tv/danyetraz

    • #30854 Répondre
      Cyril
      Invité

      Une petite chanson par Amélie Oudéa-Castéa 🙂

    • #30991 Répondre
      Charles
      Invité

      Des nouvelles à l’extrême-droite de la passion pour les faits : https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2024-01-27/tordre-la-verite-avec-bock-cote.php

      • #31006 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Encore un qui voit ce qu’il croit

      • #31018 Répondre
        Cyril
        Invité

        Quand je lis ça, je suis comme Lagasnerie, j’ai envie de le faire taire.

        • #31140 Répondre
          jeanmonnaie
          Invité

          Voila la gauche que j’aime. Celle qui assume son totalitarisme en accusant son voisin d’être un fachiste.

      • #31025 Répondre
        jeanmonnaie
        Invité

        Je sais que j’écris beaucoup mais je suis tellement intéressant que tout le monde va me faire le plaisir de tout lire jusqu’au bout.

    • #31012 Répondre
      jeanmonnaie
      Invité

      Selon la gauche, nous sommes engloutis dans un État totalitaire et raciste, à tel point que les 187 343 délits de fuite annuels sont la preuve incontestable de notre despotisme ambiant. Quant au racisme, le Conseil constitutionnel n’a pas simplement modifié la loi sur l’immigration; il l’a littéralement massacré, caviardé avec une ardeur rarement vue. Mais si la droite nous dit que nous sommes dans un État totalitaire, là, c’est interdit. Et pourquoi? Car Charles nous offre les faits divers de Bock-Côté comme preuve indiscutable. Prenons la première affaire de Charles, l’amoureux des faits, version « Bock-Côté » : « En Colombie-Britannique, […] un père s’est vu condamner à six mois de prison car il a refusé de reconnaître la transition de genre de son enfant. » Version débunkage de la gauche : « En fait, le père n’a pas été condamné pour son refus d’accepter la transition de son enfant, mais pour avoir étalé sur la place publique des informations personnelles et médicales à son propos, violant ainsi une ordonnance imposée par un tribunal pour protéger sa vie privée. » Je traduis en français la version que Charles n’a pas comprise car il n’a pas fait de droit : son père n’a pas accepté que sa fille devienne trans. Pour être sûr, j’ai regardé dans le détail l’affaire que je vous raconte maintenant.
      Pour résumer, Hoogland et sa femme – dont il a divorcé au printemps 2015 – s’inquiétaient pour leur fille, alors en CM2, qui avait des problèmes à l’école. Les parents ont consenti à ce que leur fille parle à un conseiller scolaire. À l’insu de M. Hoogland, sa fille allait passer les deux années suivantes à rencontrer des conseillers scolaires et, en 7e année, elle s’est coupé les cheveux très courts. C’est à la fin de cette année scolaire que Hoogland a remarqué que sa fille était inscrite dans l’annuaire sous un nom masculin.

      • #31013 Répondre
        jeanmonnaie
        Invité

        Première procès

        La première demande concerne « A.B. », un garçon transgenre né le 18 octobre 2004, qui demande au tribunal de lui permettre de suivre un traitement médical pour la dysphorie de genre, y compris des traitements hormonaux.

        La deuxième demande est présentée par C.D., le père d’A.B., qui s’oppose au traitement médical de genre pour son fils et cherche à prolonger une injonction empêchant ces traitements jusqu’au 5 avril 2019.

        La troisième demande concerne une ordonnance d’anonymisation des noms des parties impliquées et de leurs avocats, ainsi qu’une ordonnance interdisant la publication d’informations permettant d’identifier les parties.

        Le tribunal a statué en faveur d’A.B., permettant ainsi la poursuite du traitement médical pour la dysphorie de genre. Le père de l’enfant s’opposait au traitement, mais le tribunal a estimé que le consentement d’A.B. était suffisant et que le traitement ne devrait pas être retardé davantage. Une ordonnance d’anonymisation a également été émise pour protéger l’identité des parties impliquées. En fin de compte, la demande du père a été rejetée, et les frais ont été accordés à A.B. https://www.bccourts.ca/jdb-txt/sc/19/02/2019BCSC0254cor1.htm

        • #31014 Répondre
          jeanmonnaie
          Invité

          La raison du deuxième Procès, en date du 15 avril suivant, était une ordonnance de protection rendue par la juge Francesca Marzari, dont il faut retracer brièvement la genèse. Aussitôt après que la décision précédente eût été rendue, Robert Hoogland avait accordé un entretien au site américain The Federalist, au cours duquel il avait constamment parlé de sa fille comme d’une fille, « because she is a girl. Her DNA will not change through all these experiments that they do. » Il avait par la suite demandé à son avocat Carey Linde de porter plainte contre Wallace Wong – psychologue militant LGBT bien connu – auprès du College of Psychologists of British Columbia pour manquement à l’éthique professionnelle. Le traitement à la testostérone de la fille de Robert Hoogland ayant alors commencé, les avocats d’icelle s’étaient emparés de ces éléments pour demander que le père fût réduit au silence. Militante féministe avérée, la juge Francesca Marzari avait répondu favorablement à leur requête et rendu une ordonnance de protection, menaçant Robert Hoogland d’arrestation immédiate s’il contrevenait à cette injonction.

    • #31015 Répondre
      jeanmonnaie
      Invité

      La troisième décision, en date du 4 juillet 2019 et qui n’a pas été publiée, avait rejeté une procédure parallèle engagée par Robert Hoogland.

      La question en litige devant la Cour d’appel de la Colombie-Britannique était de savoir si ces décisions étaient conformes à la législation en vigueur ou si elles violaient les droits fondamentaux de Robert Hoogland, garantis par la Canadian Charter of Rights and Freedoms.

      L’affaire était d’importance : outre la jeune fille et sa mère, étaient également assignés le British Columbia Children’s Hospital, le district scolaire de Delta, le ministère de l’Éducation et le procureur général de la Colombie-Britannique, ainsi que le docteur Brenden Hursh et le psychologue Wallace Wong. Plusieurs associations militantes avaient également été autorisée à intervenir : Association for Reformed Political Action et Justice Centre for Constitutional Freedoms d’un côté, Canadian Professional Association for Transgender Health, Egale Canada Human Rights Trust et West Coast Legal Education and Action Fund de l’autre. Il n’est pas inintéressant de remarquer au passage qu’aucune association de défense des pères ne s’est manifestée…

      La décision rendue aujourd’hui est clairement un échec pour Robert Hoogland sur l’essentiel. La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a confirmé qu’une jeune fille de treize ans était assez âgée pour consentir à des injections de testostérone malgré les objections de son père qui soutenait que sa fille, psychologiquement fragile, avait été influencée par des militants LGBT [1] et n’était pas à même de comprendre les conséquences à long terme de sa décision. La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a toutefois reconnu que les décisions rendues en vertu de la section 37 du Family Law Act, concernant l’intérêt supérieur de la jeune fille et la « family violence », ainsi que l’ordonnance de protection du 15 avril 2019 n’étaient pas bien juridiquement fondées, mais elle a procédé aux substitutions nécessaires…

    • #31016 Répondre
      jeanmonnaie
      Invité

      Oui, la présentation des procès 2 et 3 est partielle, mais jusqu’à preuve du contraire, rien ne vient significativement la contredire. Cependant, le plus important est de comprendre que le passage de la journaliste de La Presse est totalement vide de sens.
      « Sauf que ce trop bref résumé ne correspond pas à la réalité. En fait, le père n’a pas été condamné pour son refus d’accepter la transition de son enfant, mais pour avoir étalé sur la place publique des informations personnelles et médicales à son propos, violant ainsi une ordonnance imposée par un tribunal pour protéger sa vie privée. Et il ne l’a pas fait qu’une fois, par mégarde. Au contraire, le père a violé l’ordonnance « de manière flagrante, volontaire et répétée », a constaté avec effarement un juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique1. ⁠ Il l’a fait en multipliant les entrevues à des médias de la droite américaine et en organisant une collecte de fonds en ligne, dans laquelle il n’a pas hésité à dévoiler le nom et la photo de son enfant. Cette collecte lui a permis d’amasser des dizaines de milliers de dollars. En matière de mépris de la justice, a déclaré le juge, « il existe peu de cas comparables, même de loin ».
      Ainsi, j’avais statistiquement de grandes chances de confirmer que la version de la droite était la correcte, à savoir un système totalitaire qui permet à une fille en CM2 de commencer à changer de genre à 12 ans et de faire une transition à 14 ans. Encore une fois, la gauche dégénérée valide cela et préfère fantasmer sur un état raciste qui pourchasse Nahel. Les faits sont têtus. Bock-Côté était dans le vrai. Un père qui se bat pour sa fille car il a refusé de se plier à l’idéologie trans.

      • #31017 Répondre
        jeanmonnaie
        Invité

        Jean monnaie tu n’a rien compris il à vraiment « étalé sur la place publique des informations personnelles et médicales à son propos »
        Regarde le contexte de l’histoire c’est ça qui est important !

        J’anticipe les arguments 🙂

        • #31019 Répondre
          jeanmonnaie
          Invité

          Notons que les arguments « Un viol barbare à Cherbourg’ de l’article de Charles montre que cette journaliste est stupide.
          Ah moins qu’une personne ici est capable de m’expliquer les arguments, je pense que ce n’est pas la peine de perdre du temps avec ce torchon.

          • #31021 Répondre
            jeanmonnaie
            Invité

            L’Initiative du siècle ( toujours dans le formidable article de Charles)

            Bordel 🙂

            Le gouvernement n’adhère pas aux conclusions de l’Initiative du siècle et n’a pas pour objectif de porter la population du Canada à 100 millions de personnes d’ici 2100, lisait-on dans le communiqué. Ces seuils ont été fixés en fonction des intérêts du Canada, et non en réponse aux désirs d’un groupe indépendant9. » ⁠

            Je traduis pour Charles « Le siècle veut 100 millions de personne d’ici 2100, le gouvernement contestes les 100 millions mais elle ne dit en aucun cas qu’elle veut faire moins ! Sinon elle l’aurait préciser dans sa formulation.

            Vérification

            « Or, nul besoin d’une « hausse radicale » des seuils d’immigration, comme l’écrivaient plusieurs médias, pour que la population du Canada atteigne 100 millions sur cet horizon. Dans les années prépandémiques (2018 et 2019), il y avait de 320 000 à 340 000 immigrants permanents au pays. « On parle d’un taux de croissance de la population d’environ 1,6 % », a calculé le démographe Alain Bélanger, professeur à l’Institut national de la recherche scientifique. Si l’on projette ce même taux jusqu’en 2100, on atteint 130 millions de personnes en 2100. »

            La gauche Bock-Côté à tort car le canada n’aura pas 100 millions d’habitants mais 130 millions

            Je vais me répéter mais si vous aviez un minimum d’esprit critique vous seriez capable en première lecture de voir quand un texte est flou.

            • #31024 Répondre
              jeanmonnaie
              Invité

              Quand vous lisez un texte souvenez vous du dicton « quand c’est flou c’est qu’il y à un loup »
              A chaque fois que la formulation d’un journaliste n’est pas clair, ce n’est pas vous qui êtes trop bête pour comprendre mais le journaliste qui fait sa journalope.

              • #31029 Répondre
                jeanmonnaie
                Invité

                Un enseignant arrêté en Irlande ( toujours dans ce formidable article )
                « En Irlande, un professeur ayant annoncé qu’il refuserait d’utiliser les nouveaux pronoms trans pour parler à ses étudiants a vu son école lui demander de ne plus y remettre les pieds. Puisqu’il s’y est présenté quand même, la police l’a arrêté », écrit Mathieu Bock-Côté.

                La journaliste :
                L’enseignant, Enoch Burke, a été suspendu non parce qu’il refusait d’utiliser des pronoms trans, mais en raison de son comportement belliqueux, notamment lors d’une réunion du conseil scolaire au cours de laquelle, furieux, il avait « éclaté » et « complètement changé de couleur », selon un témoin de la scène

                La journaliste précise que ce n’est pas exact : il a été licencié non pas pour son refus d’utiliser les nouveaux pronoms, mais parce qu’il a exprimé ce refus avec colère lors d’une réunion. Ah, effectivement, cela change tout !

            • #31027 Répondre
              Bonnaventure
              Invité

              « si vous aviez un minimum d’esprit critique vous seriez capable en première lecture de voir quand un texte est flou. »
              M’enfin! Voilà des mois qu’on te signale des textes fumeux signés Jean Monnaie. Tu es un génie Jean Bock Monnaie.

              • #31030 Répondre
                jeanmonnaie
                Invité

                Démontre moi que ce que je dis sur cet article est fumeux
                1,2,3 partez !

      • #31020 Répondre
        Monami
        Invité

        « Un système totalitaire qui permet » tout est dit

      • #31026 Répondre
        jeanmonnaie
        Invité

        Je sais que j’écris beaucoup mais je suis tellement intéressant que tout le monde va me faire le plaisir de tout lire jusqu’au bout.

        • #31028 Répondre
          Charles
          Invité

          Je me suis arrêté à « Charles n’a pas fait de droit », j’ai atteint mon quota de rire pour la soirée, merci.

          • #31031 Répondre
            jeanmonnaie
            Invité

            Hélas pour toi, je ne me suis pas limité au titre. Contrairement à François, qui commente ton article sans l’avoir lu, ce n’est pas dans mes habitudes. Je remarque simplement que, dans ta critique d’une droite manipulatrice, tu utilises un article qui semble lui-même manipulatoire. Chapeau l’artiste !

        • #31032 Répondre
          jeanmonnaie
          Invité

          Demi Habile qui usurpe mon pseudo. Cela m’avait manqué.
          Bientôt minuit il vient de se réveiller. C’est l’avantage d’être un célibataire au RSA.

          • #31033 Répondre
            jeanmonnaie
            Invité

            « jeanmonnaie
            Je sais que j’écris beaucoup mais je suis tellement intéressant que tout le monde va me faire le plaisir de tout lire jusqu’au bout. »
            Référence à ça

            Le faux Jeanmonnaie est facile à identifié c’est celui qui très bête

            • #31093 Répondre
              Cyril
              Invité

              Mais existe-t-il un vrai Jean Monnaie ? Il est peut-être un agglomérat de trollages individuels.

          • #31141 Répondre
            La bile
            Invité

            JeanMonnaie: T’es mignon Hercule mais moi je faisais dodo à l’heure du crime et même si j’admet que le troll est bon, il faut le dire, je crois quand même que je me place dans la ligue du dessus. Je veux dire que lui c’est la ligue 1 et moi je suis la ligue des champions. Bref, merci de ne pas me faire porter la responsabilité de tout ce qui t’arrives dans ma vie.

            • #31142 Répondre
              La bile
              Invité

              JeanMonnaie: T’es mignon Hercule mais moi je faisais dodo à l’heure du crime et même si j’admet que le troll est bon, il faut le dire, je crois quand même que je me place dans la ligue du dessus. Je veux dire que lui c’est la ligue 1 et moi je suis la ligue des champions. Bref, merci de ne pas me faire porter la responsabilité de tout ce qui t’arrives dans la vie.

    • #31106 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Je me suis demandé si Léo ! avait vu ça. Mais ça pourrait aussi bien intéresser Léo Landru et d’autres.
      https://lundi.am/Pignocchi

      • #31134 Répondre
        Mélanie
        Invité

        C’est beau c’est classe

        • #31138 Répondre
          La bile
          Invité

          Bref, ils ont passé une semaine au ski quoi.

          • #31166 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            La bile. Tu es rimbaldien sans le savoir. Ta devise pourrait être : « Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce ».

            • #31418 Répondre
              toto
              Invité

              Excellente cette bd merci Julien

              • #31422 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Ravi que ça vous plaise. J’avoue que c’est un des copier-coller de liens sur lequel j’ai le plus bossé, depuis mon arrivée sur le forum.

            • #31444 Répondre
              La bile
              Invité

              Julien Barthe: Ca doit être pour ça que le Père Noël a cessé de passer chez moi.

              • #31448 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Dis-moi, La bile, quant tu écumes tous les threads le soir pour éprouver le frisson du pseudo conflit, trouver un nouveau à insulter et que même Jean Monnaie ne répond pas, comment fais-tu ?
                Tu dois avoir d’autres forums.

                • #31451 Répondre
                  La bile
                  Invité

                  Julien Barthe: Je vais insulter des psychanalystes.

      • #31155 Répondre
        Léo!
        Invité

        Excellent! Décidément j’adore. Merci Julien. On regrette juste qu’il n’ai pas fini la lecture de Lordon et son éventuelle critique. Mais je crois qu’il en est fan.

        • #31191 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          grande joie aussi à lire ça

      • #31195 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Beaux dessins. Pas encore pu lire tranquillement et je n’aime pas trop lire des livres ou des bds sur internet. En plus j’adore l’aquarelle. Merci Julien

        • #31200 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Merci Julien et merci à tous les esprits tordus.

      • #31227 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Merci Julien ! Je serais passé à côté. Tout est parfait dans cette bande dessinée.
        Donne envie de rejoindre, convainc. Le dessin superbe, le texte pertinent, l’autodérision et la dérision maniés avec maestria. Ça fait du bien.

      • #31233 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Ah mais c’est le type qui a écrit avec Descola (y’a une itw d’eux sur LundiMatin youtube)! Il est meilleur en BD qu’en itw, c’est top ce truc. Vraiment bien le texte, et ses grandes planches « plan large » sur les sommets sont d’une beauté à couper le souffle. Quel talent, j’en ai la chair de poule

    • #31129 Répondre
      Graindorge
      Invité

      29.01.2024
      Appel de la Confédération paysanne aux autres syndicats agricoles pour la garantie d’un revenu digne à toutes les paysannes et tous les paysans !

      Face aux attentes très fortes qui s’expriment dans le monde agricole, la Confédération paysanne lance un appel aux autre syndicats agricoles afin d’obtenir des mesures structurantes et des engagements forts sur le revenu paysan de la part du gouvernement.
      En France, depuis deux semaines, le monde agricole est mobilisé pour faire entendre ses revendications. Un point commun se retrouve dans tous les blocages, dans toutes les colères exprimées par les agriculteurs et agricultrices : alors que notre métier est d’utilité publique, nous ne gagnons pas toutes et tous correctement notre vie. Dans un esprit de solidarité et de responsabilité, nous lançons un appel urgent aux autres syndicats agricoles à se positionner clairement et fermement sur deux mesures cruciales pour garantir l’avenir de nos fermes.
      La première de ces mesures serait de réclamer conjointement l’arrêt des accords de libre-échange et la suspension immédiate de toutes les négociations, dont l’accord avec le Mercosur*, car ils mettent en concurrence les agriculteurs et agricultrices à travers le monde, et nous empêchent de nous rémunérer au juste prix.
      La deuxième de ces mesures serait d’exiger ensemble l’interdiction formelle de l’achat des produits agricoles en dessous de leur prix de revient (coût de production + revenu agricole). Cette démarche doit être soutenue par une législation contraignante, efficace et contrôlée par les services de l’État. Il s’agit enfin de mettre en place une vraie protection du revenu des agriculteurs et des agricultrices, contrairement à la loi EGALIM qui repose sur le bon vouloir des industriels. Le revenu des paysan·nes ne doit plus être la variable d’ajustement de l’ensemble de la chaîne agroalimentaire !
      C’est en unissant nos voix, en rassemblant les forces de tous les syndicats agricoles, que nous serons à même d’obtenir des mesures structurantes et des engagements forts de la part de nos dirigeants politiques. Face à la gravité de la situation actuelle et à l’insatisfaction partagée suite aux annonces du Premier ministre, ce socle est notre plus petit dénominateur commun. Il est indispensable pour porter haut et fort notre revendication d’un prix rémunérateur, garantissant l’avenir de notre métier.
      La question n’est pas seulement économique, elle touche à la justice sociale : l’agriculture ne peut pas être le seul métier sans rémunération ! C’est pourquoi nous appelons tous les syndicats agricoles à se positionner publiquement sur leur volonté de porter ensemble ces propositions d’avenir pour l’agriculture.
      Le Secrétariat national de la Confédération paysanne

    • #31185 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #31277 Répondre
      Anna H
      Invité

      Première partie d’un entretien de P. Bergounioux pour la revue Ballast : « La littérature est par essence dissidente »

      Pierre Bergounioux : « La littérature est par essence dissidente » [1/2]

    • #31337 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Merci, Anna. Petit extrait. Bergounioux m’en voudra pas de spoiler.
      « Revenons un instant sur l’écriture, le moment précis où les premiers mots surviennent. Vous parliez de peur. Vous décrivez souvent votre bureau comme une « table de peine ». Pour le moins, écrire semble quelque chose de difficile, de douloureux. Y a‑t-il parfois des moments de joie ?
      .
      Non.
      .
      Aucun ?
      .
      Aucun. Quand bien même est-on venu à bout de la horde des difficultés qui encombrent le chemin de notre sens, on ne peut pas ne pas juger mal ce qu’on a fabriqué. Une réflexion sarcastique d’Ernest Hemingway. Quelqu’un lui demandait : « Dis donc, Ernest, quel livre de toi il faut lire ? » Réponse : « Celui que j’écrirai demain. » Et après un silence : « Demain je suis capable de tout ! » Ou encore, Flaubert : « Nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait atteindre les étoiles. » Nous portons en nous je ne sais quel idéal de perfection sans les moyens d’y accéder.
      .
      C’est toujours décevant, insatisfaisant ?
      .
      Jamais au grand jamais je n’ai tiré de satisfaction véritable de ce que, au prix des pires peines, j’avais pu obtenir. Je perçois la tragique disproportion, relevée par les Grecs, entre la psyché et la physis. Je souscris aux fulgurations que Shakespeare prête à Macbeth. « La vie n’est qu’une ombre qui passe, […] une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne veut rien dire. » On peine comme des esclaves sans être payé de retour. C’est ça, l’esclavage, l’absence de contrat. Et lorsqu’il me semble obtenir un gain, prendre quelque avantage sur l’adversaire, il s’avère pitoyable. C’était donc ça, ce n’était que ça !
      .
      Comment décider d’un livre qu’il est terminé ?
      .
      On ne peut pas aller plus loin.
      .
      Dès lors que le livre est décrété fini, vous vous en désintéressez ?
      .
      Je m’en détourne avec horreur.
      .
      Et la suite — le texte imprimé, lu par d’autres ?
      .
      Je m’en détache, comme d’un parasite, une marque d’infamie.
      .
      Et les recensions, les chroniques, la critique ?
      .
      Faulkner, encore : « On ne m’a jamais rien dit, sur mes livres, que je ne sache déjà. »
      .
      Lors d’une réédition, relisez-vous certains de vos livres, une page, un paragraphe, plusieurs années après leur parution ?
      .
      Jamais. Je fondrais en larmes.
      .
      Il y a là un contraste fort avec les mots d’une personne qui tenait, comme vous, un journal que vous avez lu, Virginia Woolf.
      .
      Oui, j’ai lu l’intégralité de son Journal en 1981.
      .
      Dedans, on s’aperçoit qu’un même schéma se répète et forme une sorte de courbe sinusoïdale : elle éprouve et consigne une appréhension forte à la fin de l’écriture d’un livre, qui a été une souffrance, dans l’attente de plusieurs jugements dont celui de son mari, Léonard Woolf, et éprouve une sorte de peur au moment de la publication.
      .
      La peur de l’objectivation.
      .
      Y‑a-t-il ça aussi chez vous, cette peur, au moment de la publication ?
      .
      « On ne peut pas ne pas juger mal ce qu’on a fabriqué. »
      .
      Comment y échapper ? C’est une composante ontologique — allons‑y ! — de notre être-même. Au nombre des épreuves les plus terribles qui soient, celle d’être perçu, constitué comme objet, dépouillé du sens que nous nous attribuions, de notre indépendance de sujet. On se retrouve dans l’arène, sous les regards du genre humain massé sur les gradins du Colisée.
      .
      À la différence de Woolf, c’est quelque chose qui n’apparaît pas, pourtant, dans vos carnets…
      .
      J’ai, sur Virginia Woolf, cet avantage inné d’être homme. Elle a énergiquement protesté, dans Une chambre à soi, contre la condition qui était celles des femmes. Mais, en contrepartie, elle est issue de la grande bourgeoisie anglaise. Son nom de jeune fille était Stephen. Son père, brillant philosophe, exerçait à Cambridge ou Oxford. Ses fréquentations, ce sont par exemple John Maynard Keynes, James Strachey, qui acclimate Freud outre-Manche. Imaginez les soirées de Bloomsbury ! L’élite d’un peuple d’élite. Le XIXe siècle est anglais. Le pays règne sur les sept mers et les cinq continents. Il produit les esprits les plus brillants — Keynes, par exemple, qui sauve le capitalisme. J’ai lu sa contribution au Congrès de Versailles. Il chiffre précisément les richesses de l’Allemagne et expose son avis à un parterre de généraux français, britanniques, de financiers. Il dit : les avoirs de l’Allemagne se montent à tant. Les réparations que vous vous proposez de lui infliger la maintiendront dans un état voisin de l’esclavage jusqu’en 1968. Aucun peuple, et certainement pas les Allemands, ne saurait tolérer pareil traitement. Tout peut sortir de là. On ne l’écoute pas. Clemenceau : « Le Boche paiera. » Quinze ans après, Hitler accède à la chancellerie du Reich. Keynes a démissionné pour n’avoir pas su se faire entendre de politiques, de militaires couverts de dorures et, selon lui, parfaitement imbéciles. Voilà le genre d’hommes, de femmes, aussi, que Virginia Woolf fréquente. J’allais oublier : son mari est secrétaire aux Affaires étrangères du Labour Party. Je suis un pauvre Corrézien ! Il va de soi que pareille extraction m’expose plus que quiconque, plus que Mrs Woolf, aux pires sentences. Ça va de soi. Il est inutile d’en parler, de gémir.
      .

      Vous parliez du labeur que c’est d’écrire. C’est en tout point opposé à ce que nous disait Eugène Savitzkaya. Vous êtes à peu de choses près de la même génération. Il nous parlait lui aussi de l’écriture comme d’un « combat contre la langue » — mais qui passe pour lui par une grande joie. Et même, ajoutait-il, s’il n’y a pas de joie, il n’y a pas d’écriture.
      .
      Nous appartenons à peu près à la même génération, mais tout nous sépare. Ce n’est pas à la langue, comme je l’entends souvent dire, que j’ai affaire, mais à la chose, en tant qu’elle est essentiellement étrangère à ce qui n’est que de moi, c’est-à-dire à ma pensée. On en revient aux deux substances cartésiennes, l’étendue — res extensa — et la pensante — res cogitans. Entre les deux, cette paroi de verre, à l’épreuve des balles, qu’on s’efforce désespérément de briser pour apparier ce qui se passe et ce qu’on pense. Les choses nous sont foncièrement étrangères. Elles ne portent pas de petit macaron plastifié, mentionnant ce qu’elles sont — leur prix, leur poids, leur portée. Elles ne desserrent les dents qu’après que nous les avons longtemps rudoyées, daignant parfois lâcher un mot ou deux qui ne seraient pas mensongers, opposés à leur être véritable. C’est en termes cartésiens que je jugerais de l’étrange habitude d’écrire, de clarifier, autant qu’il est permis, ce qu’il y a, ce qui arrive. Pour tout dire, je suis rarement d’accord avec ce que disent de ce qu’ils font ceux qui écrivent. (rires)
      .
      Si ça n’est que rarement, quand est-ce que vous êtes d’accord ?
      .
      Quand un écrivain se dit rivé à son bureau comme un galérien à son banc de nage et s’efforce désespérément de vaincre l’opposition que lui fait la mer toujours recommencée. Je conçois qu’on puisse se réjouir d’écrire pour le plaisir, de porter des mots sur le papier. Mais alors un mauvais soupçon s’éveille dans ma cervelle et je me prends à douter que ce qui est écrit dans la joie vaille bien la peine.

      • #31340 Répondre
        Charles
        Invité

        Bergou force un peu, non? En tout cas, il reconduit là une forme de cliché, presque romantique, de l’écrivain qui souffre pour créer. Je ne pense pas qu’il soit insincère mais cette autorépugnance ne me semble pas très loin d’une forme de pose malgré toute l’estime que j’ai pour lui et son oeuvre. Quant aux propos sur Keynes…bon, j’espère que le reste de l’entretien est davantage pertinent. T’en penses quoi, Julien? Si tu as cité l’extrait, c’est que tu as dû l’apprécier.

        • #31352 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          J’ai posté cet extrait parce que je savais qu’il entraînerait ces réactions et exactement dans cet ordre.
          J’ai pas le temps là, mais tout accrédite la thèse de la sincérité:
          – sa gueule
          – la disproportion entre les Carnets( doivent répondre à la nécessité d’écrire sans le degré d’achèvement de la littérature) et les récits littéraires (eux-mêmes très brefs).
          – le ridicule et la grandiloquence du propos si l’on en doute.
          Pas pour parler de Keynes.

    • #31339 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Dès lors que le livre est décrété fini, vous vous en désintéressez ?
      Je m’en détourne avec horreur.
      .
      Et la suite — le texte imprimé, lu par d’autres ?
      Je m’en détache, comme d’un parasite, une marque d’infamie.

      commentaire : ben voyons

      • #31341 Répondre
        Charles
        Invité

        Rires, je vois que tout le monde ne prend pas les mêmes pincettes que moi.

      • #31351 Répondre
        Pope
        Invité

        Je conseille à Bergounioux d’écouter cet entretien lu à voix haute…

        • #31354 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Même ‘ Bergou ‘ en prend pour son grade maintenant ici? (si toutefois je comprends vos échanges/commentaires brefs complices)
          Oh oh, on doit pu avoir grand chose à se mettre sous la dent qu’on avait bien longue et qui s’émousse on dirait 🤣

          • #31357 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣😂🤣🤣🤣😂😂🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣

          • #31362 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Merci pour le rire Carpentier! J’ai bien quelques tuyaux pour ce monsieur Bergounioux mais il me prendrait de haut:vous êtes qui? Lèvres pincées: Alors! 4 pruneaux d’Ajun trempés la veille et…

            • #31379 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              *Agen
              Livres: miette et la mort de Brune

    • #31360 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Quels livres de Bergougnoux conseilleriez vous ?
      Je joins deux extraits d’un entretien avec Julien Gracq où il aborde brièvement son rapport à l’écriture.

      – « Au surplus, il ne faut pas se scandaliser trop vite, et trop facilement, du refus du premier manuscrit d’un écrivain qui se fera davantage connaître par la suite. Le livre imprimé d’un auteur connu, et classé, qui arrive sur sa table, déclenche chez le lecteur, si impartial qu’il se veuille, une certaine disposition d’accueil dont ne peut jouir aucunement le texte d’un inconnu, non recommandé, parfois manuscrit (c’était encore mon cas en 1938) qu’aborde le lecteur d’une maison d’édition, habitué d’ailleurs à rejeter en moyenne vingt manuscrits pour un. Le seuil de qualité exigé pour retenir l’attention s’élève dans ce cas sensiblement. J’ai eu par la suite, comme il arrive à tout écrivain, des « premiers manuscrits » entre les mains (ce que j’évite autant que je peux) je me suis aperçu que j’aurais été un très mauvais lecteur, par un excès de penchant à rejeter.
      Pour le reste, bien entendu un écrivain croit toujours à ce qu’il fait – sinon, quelle triste occupation! Encore que définir au juste ce que signifie « croire à ce qu’il fait » nécessiterait des développements bien compliqués. »
      ~~~
      J.C. – Vous sentez-vous totalement solidaire de votre œuvre ? Il y a, chez pas mal d’écrivains ayant franchi le cap de la soixantaine, une réaction d’hostilité ou d’agacement lorsqu’on les identifie à leurs œuvres. Ils vous déclarent: ce que j’écris étant pure invention, ma vie est autre chose. Je n’écris pas ce que je suis, je ne suis pas ce que j’écris, etc.

      J.G. – Question assez difficile. Mes livres, bien évidem- ment, je les reconnais tous, au sens où on reconnaît une progéniture. Il faut tenir compte, pour les romans, du fait que la fiction est souvent une activité compensatrice imaginaire, une projection, en partie, de désirs ou de fantasmes auxquels votre vie personnelle ne s’est pas prêtée. Mais, en dehors de cette restriction, il arrive que, dans mes livres les plus anciens, les plus éloignés de moi par leur date de composition, je ne me sente pas toujours tout à fait chez moi. J’ai l’impression, en les rouvrant – ce que je n’aime pas faire – d’un sédiment daté, déposé par un esprit dont les composantes n’étaient pas tout à fait celles qui me semblent aujourd’hui les miennes. L’écrivain, contrairement à ce qui se passe la plupart du temps dans la vie courante, laisse derrière lui des repères écrits, précis, détaillés, qui l’obligent à constater une lente modification de sa personnalité au fil des années. Non pas que les grandes lignes en soient changées, mais des répugnances, des exigences naissent ou s’effacent avec le temps, des champs magnétiques s’affaiblissent ou se rechargent. L’air du temps, le goût du jour, vous vous en apercevez avec le recul, ont parfois laissé leur marque étrangère sur vos pages comme des traces de doigts. Il arrive de se dire – tout en sachant fort bien que c’est de vous: « Comment ai-je pu écrire ça? » Disons, si vous voulez, qu’à travers la série échelonnée de mes livres, « ce que j’ai été » offre parfois quelque résistance à « ce que je suis ».

      • #31361 Répondre
        Charles
        Invité

        Je n’ai lu que Catherine et l’Orphelin que je recommande tous les deux. Catherine est plus accessible, il vaut mieux commencer par lui.

        • #31363 Répondre
          Anna H
          Invité

          Je suis loin d’avoir tout lu, mais mon préféré c’est Le premier mot.

          • #31367 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            « J’ai l’impression, en les rouvrant… »
            Ah ben en fait il lui arrive de rouvrir ses livres? On ne sait plus que croire.

            O comme ils sont peu nombreux les vrais amis de la vérité.

            • #31372 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Cela dit je ne crois pas que son éloge de Keynes vaille éloge intégral de Keynes et de sa pensée. Là il parle d’une intervention précise, et irréprochable en effet, de Keynes après 14.
              D’ailleurs, que Keynes ait été quelqu’un de supérieurement intelligent n’est pas en doute, y compris aux yeux de ceux qui comme moi voient en lui le meilleur ami de la pérennité du capitalisme.

              • #31408 Répondre
                Charles
                Invité

                Je trouve un peu tarte à la crème et grossier l’exemple de Keynes qui a alerté tout le monde sur les conséquences économiques de la paix et qui n’a pas été entendu résultat le nazisme. Mais bon, c’est une digression dans l’interview.

            • #31432 Répondre
              Jean-Marie Bigard
              Invité

              c’est Julien Gracq qui les réouvre

              • #31433 Répondre
                Jean-Marie Bigard
                Invité

                (réponse au message de françois sur les vrais amis de la vérité)

      • #31401 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Je te conseille deux ouvrages de Pierre Bergounioux que Pierre Bergounioux ne trouve pas trop déguelasses : Miette (récit) et Trente mots (un abécédaire)

        • #31402 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          Je conseille à Alain m.

          • #31406 Répondre
            Alain m.
            Invité

            Merci Julien. Rires

        • #31443 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Miette déjà suggéré par Graindorge Julien

          • #31475 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Raison de plus.

    • #31371 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Merci Charles et Anna H pour vos conseils.

    • #31393 Répondre
      Mao
      Invité

      Il y a cette citation que j’ai toujours trouvée très belle et énigmatique qui me trotte dans la tête depuis une vingtaine d’années. Je vous la partage ici. Si ça vous chante vous pouvez :
      1/ essayer de deviner son auteur ;
      2/ si vous connaissez l’auteur de la citation ou parvenez à la retrouver, avoir la grande amabilité de me dire d’où elle est extraite ;
      3/ dire ici ce que ça vous évoque. (Je ne comprends jamais cette phrase de la même façon)
      Je cite de mémoire :
      « Les âmes damnées sont au paradis, mais pour elles, le paradis c’est l’enfer ».

      • #31394 Répondre
        La bile
        Invité

        S. Weil, La Pesanteur et la grâce,1943, p. 115.

        • #31395 Répondre
          Mao
          Invité

          Merci !

          • #31396 Répondre
            La bile
            Invité

            Il n’y a pas de quoi, je me suis contenté de taper la citation dans Google.

            • #31398 Répondre
              Mao
              Invité

              Je viens pourtant de refaire l’opération et n’y parviens tjr pas. Quoi qu’il en soit, encore merci. J’avais bien l’auteur mais pas la réf.

              • #31400 Répondre
                La bile
                Invité

                C’est bizarre, chez moi c’est le premier lien:
                https://www.cnrtl.fr/lexicographie/%C3%A2me
                .

                • #31405 Répondre
                  Mao
                  Invité

                  Chez moi c’est pas le premier lien mais effectivement il apparaît bien après pléthore de liens sur le purgatoire, la divine comédie et la foi chrétienne. J’étais passé au travers. Au temps pour moi.
                  Reste la citation qui méritait d’être partagée.

                  • #31442 Répondre
                    La bile
                    Invité

                    J’ai du mal à voir où Simone a pu vouloir en venir mais j’imagine qu’un jour j’essayerais de retrouver le passage qui va bien pour me faire une idée d’où elle a pu vouloir en venir.

                  • #31492 Répondre
                    Cocolastico
                    Invité

                    Pour trouver dés les premiers liens encadre ta citation avec des guillemets anglais doubles. Ce sont des symboles (parmi de nombreux autres) programmés par Google pour t’aider à optimiser tes recherches.
                    Les guillemets en chevrons sont de vieilles choses Mao

      • #31416 Répondre
        Cyril
        Invité

        C’est qu’au paradis, comme le mal est impossible, les méchants se font bien chier.

        • #31503 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          oui c’est assez bien résumé
          ils ont perdu l’objet de leur jouissance, dirait-on dans un autre paradigme

        • #31508 Répondre
          Mao
          Invité

          Pas mal. Ça fonctionne. N’empêche, je persiste à penser que si on la fait tourner dans sa tête, cette phrase peut encore vouloir dire d’autres choses.
          Si pour les âmes damnées le paradis c’est l’enfer et qu’elles sont au paradis alors ça pourrait donner : les âmes damnées sont en enfer, mais pour elles, l’enfer : c’est le paradis.

          • #31552 Répondre
            Claire N
            Invité

            Peut être Mao que dans cette dichotomie pointée entre enfer et paradis nous est exposé leur écho aux catégories de bien et mal ; et la difficulté de s’en émanciper si l’on se butte sur cette dualité ; avec comme seul espoir de s’en émanciper non pas un jugement dernier mais la grâce ?

            • #31841 Répondre
              La bile
              Invité

              Claire N: Tu l’as lue? Parce qu’on pourrait le croire.
              .
              « Dieu envoie le malheur indistinctement aux méchants comme aux bons, ainsi que la pluie et le soleil. Il n’a pas réservé la croix du Christ. Il n’entre en contact avec l’individu humain comme tel que par la grâce purement spirituelle qui répond au regard tourné vers lui, c’est-àdire dans la mesure exacte où l’individu cesse d’en être un. Aucun événement n’est une faveur de Dieu, la grâce seule.
              .
              La communion est bonne aux bons et mauvaise aux mauvais. Ainsi
              les âmes damnées sont au paradis, mais pour elles le paradis est enfer. »

              Cliquer pour accéder à pesanteur_et_grace.pdf

              .
              Et ça me conforte dans l’idée qu’elle va dans le même sac que Grothendieck. Encore une fois il est question de faire appel à Dieu pour dépasser l’apparente contradiction et c’est con qu’elle soit morte relativement jeune car elle aurait clairement pu faire la rencontre de Grothendieck sans ça et ça aurait sans doute été quelque chose autant pour eux que pour nous.

              • #31875 Répondre
                Claire N
                Invité

                Merci !
                Les lignes que tu reportes sont bien plus limpides que mon gloubi et vraiment c’est rassérénant
                Merci encore pour cette piste ça me desserre les coronaires
                Je ne connais pas Grothendieck le lien que tu fais me semble intéressant ; tu conseilles quoi pour rentrer dans sa pensée ?

    • #31404 Répondre
      Jean-Marie Bigard
      Invité

      Je débarque à Paris pour 5 jours et connais très peu la ville. Des sitistes pour me recommander des lieux/musées/quartiers/choses-en-tout-genre à voir sur Paname ?

      • #31409 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Oh une demie journée suffit, Paris est très petit et ia vraiment rien d’intéressant à y faire, ça se saurait si cela valait le coup.
        N’y perds pas ton temps, sauf si tu montes en tracteur, là ça peut être marrant.
        Perso, chu open pour un tracteur Tour si jamais

        • #31410 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *demi-journée d’ailleurs

      • #31440 Répondre
        Le trou noir Extatique
        Invité

        N’ayant aucune information sur toi, je vais simplement lister les activités que j’ai pu apprécier en arrivant à Paris.
        – tu as moins de 25 ans tu peux profiter gratuitement des différents monuments ( panorama depuis le Panthéon, Arc de Triomphe )
        – Profiter d’un coucher de soleil depuis le Belvedere de Belleville.
        – Découvrir l’Histoire de Paris au musée Carnavalet puis prendre un café sur la terrasse du BHV
        – Aller au museum histoire naturelle, prendre un thé à la Mosquée de Paris et pourquoi pas visiter le zoo du jardin des plantes.

        Si j’etais à ta place, je n’hésiterai pas à souscrire à un forfait velib, la ville ne fait que 10km de diamètre, avec un vélo électrique, tu peux vraiment découvrir pas mal d’arrondissements.

        Je ne peux pas t’aider bcp plus que ca.

        Bonne découverte à toi !

        • #31476 Répondre
          Carpentier
          Invité

          C’est bon, A.Chalumeau, on t’a teconnu

    • #31474 Répondre
      Ludovic
      Invité

      Ha oui, elle est extra l’interview de Bergougnioux ! Ca donne envie de lire gnioux-gnioux
      Il dit la même chose que Celine sur le labeur d’écrivain. J’adorais les dernières interviews filmés de Lou-Lou, j’ai l’impression d’avoir retrouvé ça en lisant.
      Et j’aime bien ça manière de parler.
      __
      « Alors prenons ce gniou-gniou, vous voulez le placer en bourse.
      Au bout d’un mois vous aurez gagné 1 gniou, encore faut-il ne pas oublier les taxations d’effritement
      peut être un gno dans le meilleur des cas, plutôt un gn »

    • #31477 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      Mise en ligne récente d’une bien belle conférence de l’ami Vuillard. Intéressant dépliage du triptyque littérature – vérité – révélation; deux réflexions sur des modalités d’un « style prophétique » (notamment sur le « style du Christ »). Et bien d’autres. Toujours un œil sur le social, aussi.

      On est rarement déçu avec Eric. Et quelle diction… Combien d’heures de RER et de Métro sauvées grâce à ses semblables? C’est peut-être ça, le Salut.

      • #31478 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        bien appétissant ça

    • #31486 Répondre
      Ostros
      Invité

      Ça avait peut-être déjà été posté. Cet entretien entre François et la chaîne Elucid.

    • #31490 Répondre
      Charles
      Invité

      Je recommande la série d’émissions d’Avec Philosophie de cette semaine portant sur Marx et son héritage. Géraldine Muhlmann fait sa sociale-liberale de service (ce qui a comme mérite relatif d’apporter un peu de contradiction) mais les invités sont de qualité – on retrouve d’ailleurs Guillaume Fondu invité dans une émission d’Hors-série sur Lenine la semaine dernière que je recommande aussi.

      • #31491 Répondre
        Charles
        Invité
      • #31556 Répondre
        Gwendoline
        Invité

        J’ai également trouvé les invités des épisodes 2 et 3 très intéressants. Mulhmann est vraiment pénible; les sons qu’elle propose et ses questions laissent penser qu’elle n’a rien compris. Les invités sont patients.

        • #31572 Répondre
          Cyril
          Invité

          Je ne la trouve pas si pénible. On voit qu’elle peine à dépasser son idée que les dominés seraient idéologiquement complétement englobés dans l’idéologie dominante, puis elle finit par comprendre, et c’est très satisfaisant parce que ça fait l’effet d’un « eureka », que l’émergence à un niveau matériel d’une classe qui s’oppose à la bourgeoisie produit sa propre idéologie, qui vient contrarier, contester, l’idéologie dominante.

    • #31519 Répondre
      Ostros
      Invité
    • #31661 Répondre
      Cyril
      Invité

      Dans la Critique de la philosophie du droit de Hegel, Marx écrit : « La théorie se change, elle aussi, en force matérielle, dès qu’elle saisit les masses. La théorie est capable de saisir les masses, dès qu’elle argumente ad hominem, et elle argumente ad hominem dès qu’elle devient radicale. Être radical, c’est saisir les choses à la racine, mais la racine, pour l’homme, c’est l’homme lui-même. »
      Comment comprendre ce passage ? Marx ne nous dit-il pas là, avec des mots qui ne pouvaient pas être les siens à l’époque, que la critique abstraite des structures, n’est pas suffisante ? Mais que le concret de ces structures repose sur des hommes en chair et en os, et qu’il faut désigner des cibles pour engager la transformation ?
      Si vous avez une idée de comment comprendre cet « ad hominem », je suis preneur.
      Dans l’édition folio Philosophie de Karl Marx, c’est page 99.

      • #31664 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’analyse structurelle gagne à s’incarner dans des analyses de cas, voilà ce que ça veut dire
        Ce que fait l’art, par exemple – voir comment Le témoin pense la structure-justice à partir de cas.
        Ce que fait un essai quand il est soucieux d’incarner et de penser en situation.

        Le problème n’est pas le ad hominem en soi, c’est quand cette personnification se sabote elle-même dans le jugement individuel, et qu’apparaissent des lexiques comme celui de la pourriture, de la saloperie, de la trahison etc.
        C’est assez simple.

        • #31737 Répondre
          deleatur
          Invité

          Voici comment je comprends cet extrait : ce que Marx critique, à partir de la Critique de la philosophie du droit de Hegel jusqu’à L’idéologie allemande incluse, c’est une conception philosophique de l’homme conçu comme essence générique, comme essence abstraite et détachée de tout ancrage social, comme essence qui s’incarne et se réalise en soi hors de toute détermination sociale — en gros, l’homme des droits de l’homme, qui n’est autre qu’une idéalisation de l’homme dans le ciel des Idées.
          Saisir les choses à la racine, c’est ramener les choses sur Terre, et au niveau de la terre, c’est montrer que l’homme n’existe pas comme individu isolé (les robinsonnades), mais comme être en relation, comme être social ; c’est le point de départ du marxisme et c’est sa radicalité.
          Penser d’une manière radicale capable de saisir les masses, c’est donc toujours penser contre l’homme (ad hominem), contre l’homme conçu comme essence générique, pour penser la dimension collective de l’existence humaine ; la théorie cesse alors d’être simplement un discours sur l’homme quand elle devient capable de penser l’homme dans le collectif, les situations sociales comme rapports d’échange et de production entre des hommes et des femmes ; donc quand elle cesse d’être simple théorie pour devenir une théorie pratique, capable de mieux penser, éventuellement pour pouvoir les changer, les transformer (force), les états de choses matériels.
          C’est peut-être moins l’analyse de cas qui intéresse ici Marx (même si c’était sa source d’information principale, des faits, des faits, des faits, comme pour tout penseur), que d’affirmer que toute étude de cas est le récit d’une situation qui met en jeu des forces et des déterminations nécessairement collectives et sociales.
          Marx, de ce point de vue, reste un théoricien, mais un théoricien du changement de la théorie en force matérielle — la théorie doit d’abord se changer en force matérielle si elle veut pouvoir transformer le monde.
          Mais ce que j’aime beaucoup dans le marxisme de François, c’est qu’il incarne le marxisme dans des analyses de cas, et exemplairement dans des oeuvres d’art (littéraires ou cinématographiques), pensées comme complexes matériels qui mettent en jeu des forces et des formes, des individus et des déterminations sociales, des structures et des relations entre leurs éléments.
          Penser ad hominem, à la manière de François, ne consiste donc pas en des attaques personnelles, mais en des formes de pensée, des mises en récit, des analyses de cas qui refusent de séparer les individus des forces matérielles et des structures qui pèsent sur leur existence individuelle.
          Tout cela dit très abstraitement, je m’en excuse.

    • #31730 Répondre
      Ostros
      Invité

      On est au courant pour la demande faite aux policier.e.s d’être sur le terrain durant toute la durée des JO du fait de leur récente gueulante. On ignorait que le ministre de l’intérieur a ordonné à tous les administrif.ve.s de son ministère de ne prendre que 10 jours de congés maximum entre juin et septembre. De plus, manquant de personnel pour faire péter les sacs laissés sans surveillance durant les événements, ces dernier.e.s auront une prime s’iels participent (en plus de leurs tâches quotidiennes) à des missions d’assistance aux équipes de déminage par ci par là. « Vous aurez la chance d’assister à un événement exceptionnel » aurait-il communiqué.
      Côté chômeurs feu Pôle emploi devenu France Travail va obliger tous les inactif.ve.s à assurer des postes dans la sécurité sur tous les sites sportifs. Si refus : « couic » avec le geste des deux doigts en forme de ciseaux qui se ferment. Couic les alloc.
      La SNCF prévoit quant à elle au moins 6 mois de grève ininterrompue à cette même période. Savoir cela me rejouis de prime abord car ils vont mettre un cailloux dans le mécanisme. Mais après coup on réalise que c’est les salarié.e.s, les précaires, qui vont être les plus pénalisés. Les touristes aussi, oui. Mais pas les JO. L’assistante du ministère ne partira pas en vacances, et celle qui prend son temps pour trouver le bon poste va devoir se taper les RER jusqu’aux stades, à des kilomètres de chez elle, pour vérifier des badges ou orienter des gens dans les gradins. Debout toutes les journées.
      En plus on aura sans doute encore des journées à 35 degrés et des nuits à 20.
      Ça s’annonce tendu.

      • #31750 Répondre
        Jeanmonnaie
        Invité

        Mais quoicoubeh la France à besoin d’autant de policier ?

    • #31731 Répondre
      Titouan R
      Invité
      • #31754 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        oui!

        • #31776 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Et l’un des extraits de bouquin met en évidence cette boursouflure stylistique, que tu avais pointé dès Crépuscule, et qui n’a pas disparu : « En cette nouvelle ère, les bourgeoisies et notabilités garderont leur rôle, précieuses de par leur expérience du capital et de son organisation ».
          Le « En cette nouvelle ère », typique pour moi d’une phrase empesée, assertorique, démiurgique.

          • #31785 Répondre
            Cocolastico
            Invité

            Et voilà… 15 minutes à éplucher des dicos sans comprendre assertorique ici. Je viens de briser un meuble

            • #31794 Répondre
              Titouan R
              Invité

              assertif, pardon

      • #31842 Répondre
        JeanMonnaie
        Invité

        Aujourd’hui, je propose une lecture critique, voire méthodologique, de l’article sur Branco, une approche qui devrait être appliquée à toute lecture. La première chose à analyser est l’objectivité. Il s’avère que cet aspect fait défaut, car l’article insiste lourdement sur des accusations de viol qui se sont finalement avérées infondées. Il semble que toute occasion de discréditer la personne soit bonne dans ce journal.

        Je ne me prononcerai pas sur le fond de l’article, n’étant pas familier avec les œuvres de Branco, mais certains passages m’ont interpellé. Branco est accusé de n’être qu’un bourgeois tentant, à la manière de Richard Descoings et sa supposée ouverture des écoles supérieures à la classe populaire, de donner l’illusion d’un renouvellement des élites, sous couvert d’une « égalité des chances » depuis longtemps défendue par les bourgeois.

        L’article manque de cohérence : s’il est considéré inutile d’intégrer davantage d’ouvriers dans les écoles supérieures, car cela les transformerait simplement en bourgeois, alors souligner que la proportion d’enfants d’ouvriers dans ces écoles a peu progressé devient sans intérêt. On devrait soit plaider pour une augmentation de la représentation ouvrière dans ces écoles, suivant l’argument de Branco pour un renouvellement de l’élite, soit considérer que cette proportion ne progressera jamais et que c’est le système dans son ensemble qui doit être réformé. L’article se contredit en mentionnant que « la proportion d’enfants d’ouvriers a très peu progressé (de 6 à 8 % en 20 ans) ». Ce que les lecteurs pourraient interpréter comme une augmentation négligeable de 2 % représente en réalité une augmentation de 33 %. De plus, la représentation ouvrière ayant diminué de 26 % à 20 % sur 20 ans, l’augmentation réelle n’est pas de 33 %, mais plutôt de 73,33 % (si le calcul est exact mais dans l’aboslu cela ne change en rien la démonstration). Titouan R trouve la manipulation grossière de Frustration impeccable, tout est dit. Sans surprise François qui avait validé l’article problématique de Charles, valide cet article manipulatoire. Tout est dit aussi.

        • #31844 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Autre mensonge de l’article :
          « Les chasseurs disposent d’un arsenal qu’il peut être intéressant de mobiliser”. C’est ignorer que les chasseurs sont non seulement un électorat acquis à Macron et à la droite, mais aussi qu’ils sont souvent urbains et aisés.  »

          La plus grossière erreur est que les urbains ne font que 18 %…
          Parmi ces actifs, environ 50% sont des ouvriers, des employés ou représentent des professions intermédiaires. On est très loin de la population aisée. Certes il y a une forte proportion de cadres 32% mais ce n’est que 7 points de plus que Mélenchon.
          Pour le vote Macron le chiffre est de 25 % mais moins que le vote des professeurs en 2017 % qui était de 33 %…

          Lisons le paragraphe en dessous
          « Enfin, le texte est troublant car il est écrit à la deuxième personne du pluriel, à la forme impérative – “vous ferez ceci”, “vous irez ensuite là”, “vous affronterez ça” – on se demande donc qui Branco charge-t-il de ces tâches particulièrement ardues et mortelles. »
          Oui d’accord mais j’aimerai que Frustration me cite des noms d’intellectuels radicaux qui disent vouloir faire physiquement la révolution. AUCUN comme Branco.

          Idem « Le personnage, maintenant : Juan Branco est un membre de la bourgeoisie qui a eu le même parcours que ceux qu’il critique (École Alsacienne, Sciences po), ce qui donne une force de réalisme à son propos. Il a développé un important “storytelling” (ou récit raconté) autour de son parcours : Il se décrit en effet comme ayant rompu avec sa classe d’origine. Pourtant, il est toujours avocat et vit toujours dans les beaux quartiers de Paris. »

          Lasganerie noble et bourgeois, Lordon Bourgeois Versallais, Begaudeau père directeur de collège. Certes ce n’est pas la bourgeoisie mais on est dans la classe moyenne haute ou le début de classe aisée ( Le principal de collège débute à 2 500 € net par mois sur douze mois. Il peut avoir un logement de fonction. Il touche 3 000 € au bout de dix ans.)
          BREF

        • #31848 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Précision importante. 55% des étudiants de science po ont voté Mélenchon. frustrationmagazine qui décide se tirer une deuxième balle dans le pied 🙂

          • #31851 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Démonstration implacable. A quand le contre-article, citations nombreuses (et contextualisées) de Branco à l’appui ?
            On attend.

            • #31854 Répondre
              JeanMonnaie
              Invité

              Il est possible que la lecture des livres de Branco soit pertinente. Cependant, il est regrettable que les points que j’ai soulevés puissent semer le doute chez les lecteurs avertis. Mon idéal serait que chaque personne qui poste un article sur ce forum le lise deux fois et en fasse une critique avant chaque publication, en soulignant ses forces et ses faiblesses, pour que le projet autonome porte réellement son nom. L’intelligence collective ne réside pas dans la publication de listes de films ou d’articles, mais dans la réflexion collective sur le contenu des articles.

              • #31859 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Etrange. Sur le forum Israël-Palestine, tu présentais Branco sous cette périphrase « une personne d’extrême gauche [qui a] écrit un livre intitulé ‘Treize Pillards » (message 12.11.2023 à 17h21), donc une personne diamétralement opposée à ton camp.
                Pourtant, tu dépenses beaucoup d’énergie à défendre Branco.
                De deux choses l’une :
                – soit tu es schizo ;
                – soit tu es parfaitement cohérent et tu défends Branco car tu ressens une proximité affective avec lui (comme d’autres la ressentent à l’extrême droite – ce que j’avais pointé dans le message auquel tu avais justement répondu que Branco était d’extrême gauche) et qu’en fait cette proximité affective est politique.
                J’attends donc que tu retires ton énoncé de novembre ou que tu nous expliques comment, avec le bon Juan, vous venez de vous encarter au NPA.

                • #31864 Répondre
                  JeanMonnaie
                  Invité

                  Je ne défends pas Branco pour sa personne, mais je m’intéresse aux faits. Ce que la gauche peine à comprendre, c’est que la méthodologie que j’applique pour analyser des informations, qu’elles proviennent de la droite ou de la gauche, reste la même. C’est un principe que je m’efforce de respecter ici également. Concernant Branco, j’avais précédemment expliqué, de mémoire, que le choix du titre ‘Les treize pillards’ n’était pas nécessairement un clin d’œil à l’extrême droite. Je ne connais pas la pensée de Branco plus que ça, mais je remarque que son électorat n’est majoritairement pas de droite et semble plutôt hétéroclite. Il aurait pu être à la place Attal comme ministre, mais il a choisi une voie différente, ce qui, à mon sens, démontre une forme de courage. Je trouve donc que les attaques répétées à son encontre sont regrettables, car que vous le vouliez ou non, il fait preuve de courage.
                  Je considère la FI qui est réformiste comme Branco selon ton journal, d’extrême gauche comme le ministère de l’intérieur.

    • #31775 Répondre
      toni Erdmann
      Invité
      • #31779 Répondre
        Ostros
        Invité

        « L’amour qui sort 5 ans après une certaine inquiétude et en guerre ». C’est étonnant de présenter ça comme ça. Comme si en guerre et une certaine inquiétude étaient les derniers livres sortis avant l’amour. Il zappe juste 5 ans. Donc l’existence d’un enlèvement, ma cruauté, HDTB, notre joie, les livres avec Paul Piccarreta et othon, comment s’occuper.. et boniments. Pourtant c’était pas compliqué, y a la page Wikipedia.

    • #31795 Répondre
      Cyril
      Invité

      Sandra Lucbert sur Hors-série, espérons que ce soit mieux que son passage à Révolution permanente qui m’avait laissé dubitatif.
      https://www.hors-serie.net/Dans-le-Texte/2024-02-03/La-litterature-armee-id576

      • #31798 Répondre
        Tony
        Invité

        ‘Le roman est une forme de droite sauf Annie Ernaux’

        • #31853 Répondre
          Titouan R
          Invité

          L’entretien est assez consistant et, surtout, on trouve ici ce dont François a déploré l’absence dans le bouquin (pas encore lu) : des exemples de livre faisant littérature politique (Jallon, Linhart et un ou deux autres).

      • #31802 Répondre
        Cyril
        Invité

        Il paraît que la cinéaste Lucrecia Martel est géniale. Jamais entendu parler ici.

        • #31806 Répondre
          Tony
          Invité

          Moi non plus,ça m’a donné envie de le voir,il est sur universciné

        • #31810 Répondre
          Cocolastico
          Invité

          j’ai dû revoir 10 fois « La ciénaga ». Ce qu’ils donnent à voir notamment de la relation entre la gamine et la servante/nounou est je trouve d’une grande finesse

          • #31815 Répondre
            Tony
            Invité

            Je connais pas du tout

      • #31811 Répondre
        Cyril
        Invité

        « Le « tu » je voulais l’adresser à la bourgeoisie » Tiens ça me dit quelque chose.

        • #31814 Répondre
          Tony
          Invité

          En tout cas elle a super bien parlé de L’établi, c’est vrai que c’est un chef d’oeuvre,par contre les extraits du film au secours !

          • #31817 Répondre
            Tony
            Invité

            Ça se termine sur’la colère est une énergie positive’, ça me rappelle un texte assez connu où la colère était plutôt aveugle.

          • #31829 Répondre
            Cyril
            Invité

            En parlant de Robert Linhart, je découvre l’existence de sa fille Virginie, et qu’elle a réalisé un documentaire qui me paraît apologétique sur Brigitte Macron.
            Quelqu’un a lu son bouquin Le jour où mon père s’est tu ?

      • #31816 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je me demande, et je vais le dire de manière un peu provocante, si Lucbert n’a pas des accents onfrayens quand elle parle de la « destruction de l’ordre symbolique », du « régime pulsionnel de satisfaction permanente du capitalisme dérégulé ».
        Elle semble s’en prendre aux « jouir sans entraves » et « il est interdit d’interdire » soixante-huitards.
        Qu’est-ce qu’un libertaire doit penser de tout ça ?

        • #31856 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Cyril, ta question est-elle ironique ?
          Onfray dégoise sur la destruction de la civilisation, pas celle de l’ordre symbolique, dont il est partie prenante. Quant au régime de satisfaction permanente du capitalisme, rien à voir avec la critique anti-68 d’Onfray et autres. Est ici visée la satisfaction permanente est celle de l’actionnaire, du trader, des gestionnaires de hedge funds…. à qui la dérégulation financière, associée à l’instantanéité des transactions électronique, permet le règne de la liquidité permanente (acheter/vendre, acheter/vendre….) et assure une position de domination inexpugnable dans le rapport de force (toutes choses que Lordon avait déjà détaillé dans son petit bouquin sur les fonds de pension il y a 20 ans : exigences délirantes de rentabilités financières, autodestruction des entreprises sous coupe financière obliger de lancer des opérations de rachat d’actions – buy-back – au bon plaisir du pool d’actionnaires….). Ce que Lucbert indique, c’est que l’appétit de ces gens est sans limite aucune.
          Où peux-tu voir le quelconque rapprochement avec une charge contre les soixante-huitards ? Il y a là confusion de plans : plan « sociétal » dans la critique des Onfray et consorts (« 68 a amené à une perte de repères de la société, et nous voici aujourd’hui dans la merdasse woke ») ; plan économico-social chez Lucbert (analyse des structures du capitalisme dans sa phase néolibérale et des pulsions – c’est le terme essentiel – dont ces structures autorisent et encouragent l’expression).

          • #31867 Répondre
            Cyril
            Invité

            Je demande s’ils ne se recoupent pas sur ce point d’analyse précis. Lui parle d’un capitalisme transhumaniste qui veut marchandiser tout, lever le frein à la satisfaction de tous les désirs dans l’immédiat.
            Sa perspective à lui est réactionnaire, revenir à la vie villageoise tandis que celle de Lucbert est progressiste, inventer de nouvelles formes mais reinstaurant aussi un contrôle renforcé de la vie pulsionnelle, elle veut remettre des digues. Je demande donc si du point de vue d’un libertaire, sa perspective n’est pas un brin autoritaire.

            • #31873 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Ta mise au point est bonne, Titouan, et laissons Onfray là où il est Mais je crois que Cyril a une bonne intuition. Je sens que ces mots là de Lubert sont irrigués d’une sorte de fibre psy-autoritaire. Au sens où la psychanalyse tient la pulsion pour ce qu’il faut absolument éduquer, transcender, dépasser, etc.
              Il y a là, sourdement, une nouvelle interpellation adressée aux libertaires, réflexe qu’on connait bien dans la famille lordonienne. Et une manière encore d’entretenir le mythe libéral-libertaire.

              • #32022 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Je comprends bien mais l’adresse gombrowiczienne de Lucbert et celle de Clouscard (que je ne saisis que par Notre joie – donc aveu d’ignorance de ma part) n’ont-elles pas un destinataire différent ?
                Particpant.es au banquet capitaliste financier (je ne mets dans cette catégorie que les bénéficiaires « actifs » du jeu financier – fonds de pension, gros actionnaires… – et pas les « passifs » – petit épargnant obéissant à son banquier et plaçant ses sous en assurance-vie ou autre) visés par Lucbert
                Vs « soixante huitards » et autres « jouisseurs » pour Clouscard (et sa suite)

    • #31833 Répondre
      Cyril
      Invité

      Descartes contre JeanMonnaie et le quichottisme de droite :
      « Outre que les fables font imaginer plusieurs événements comme possibles qui ne le sont point ; et que même les histoires les plus fidèles, si elles ne changent ni n’augmentent la valeur des choses, pour les rendre plus dignes d’être lues, au moins en omettent-elles presque toujours les plus basses et moins illustres circonstances : d’où vient que le reste ne paraît pas tel qu’il est, et que ceux qui règlent leurs mœurs par les exemples qu’ils en tirent, sont sujets à tomber dans les extravagances des paladins de nos romans et à concevoir des desseins qui passent leurs forces. »

      • #31838 Répondre
        Jeanmonnaie
        Invité

        C’est donc ça le réel à gauche ?
        Cyril qui s’invente des fables à mon sujet.

        • #32038 Répondre
          Cyril
          Invité

          C’est donc quoi ? C’est une citation de Descartes.

    • #32013 Répondre
      PE
      Invité

      Désolé je vais parler tambouille électorale, mais en fait pas seulement. Je suis retombé sur les résultats de la présidentielle de 2002, et je n’avais jamais vraiment pris la mesure des scores très hauts de Laguiller et Besancenot (10% à eux deux + Daniel Gluckstein que je découvre tout juste). Il me manque pas mal de matière pour comprendre ce fait. En 2002 je n’étais pas né à la politique, et d’ailleurs pas né tout court. La première présidentielle dont je me souvienne c’est 2012 – j’ai huit ans et je suis résolument Cheminadiste ; cette année-là Arthaud et Poutou font 1,5% à eux deux, et depuis, pas beaucoup plus, voire beaucoup moins.
      J’ai donc besoin de vos lumières de vétérans : quel contexte explique ces 10% pour l’extrême-gauche ? La bonne bouille d’Olivier a-t-elle suffi à rendre trotskyste un dixième des Français (thèse certes crédible) ? Est-ce qu’il faut voir là le chant du cygne (électoral) d’une gauche communiste ouvrière qui a largement déserté le PCF (et qui bientôt rejoindra l’abstention ? ou Mélenchon ? ou Le Pen ?) ?
      Dans mon panorama socio-historique mental je me représente en gros la droitisation de la société comme un processus continu depuis le début des années 2000, qui ne serait lui-même qu’une accélération du déclin progressif de l’hégémonie culturelle de la gauche, que je fais grossièrement commencer au début des années 80. Mais ces 10% intempestifs demandent à complexifier ce tableau bien sommaire (dont le principal angle mort est sûrement la fin des années 90, qui me semble bien agitée politiquement mais dont j’ai une connaissance très très floue).
      Quels faits manque-t-il pour dégrossir tout ça ?

      • #32066 Répondre
        Pope
        Invité

        Je ne suis pas en capacité d’expliquer ce qui parait en effet un paradoxe vu de 2024, mais je peux rappeler quelques éléments.
        Tu parles de la bonne bouille de Besancenot, tu ne te trompes pas, et idem pour Arlette, il faut s’imaginer la sympathie dont jouissais Arlette à l’époque. Même certains bourgeois la trouvaient sympa, voir le cas Souchon qui lui consacra une chanson, ou encore Mme de Fontenay du comité miss France qui faisait des dons à Lutte ouvrière.
        D’autre part il y avait une vraie dynamique trotskyste dans les années 90. Lutte ouvrière et la LCR avaient fait campagne commune aux européennes et surfaient sur des scores incroyables pour des organisations qui se revendiquaient révolutionnaires. Il ne faut pas minimiser l’effet boule de neige d’un bon score électoral, ça permettait aux organisations en question de faire le plein de militants et donc d’occuper le terrain.
        Ensuite, il y avait de la place, la chute du mur a tué le PCF, les trotskystes étaient à nouveau audibles, crédibles.
        Et puis les luttes, comme toujours, 1995, pas une victoire mais une non défaite, les organisations avaient bien taffé.
        La gauche plurielle finissait de démontrer que le réformisme de gauche était converti au néolibéralisme, des voix le disaient dans des médias suivis, le monde diplomatique mais aussi France Inter avec Mermet par exemple.
        Nous n’avions pas sérieusement peur de l’extrême droite non plus, nous pensions que Jospin n’était pas si éloigné de Chirac, donc pas de vote utile.
        Voilà, pour que tu sentes un peu l’ambiance de l’époque, je peux témoigner de ça, je votais Arlette à l’époque.

        • #32314 Répondre
          PE
          Invité

          Merci Pope pour ces éléments de contexte très éclairants.
          Mais du coup tu dirais que c’était quoi la sociologie des électeurs (en gros) de LO et la LCR à ce moment là ? Est-ce qu’il y a eu un engouement ouvrier ou bien est-ce que ça c’est élargi plutôt du côté d’une classe moyenne historiquement de gauche/ petite bourgeoisie intellectuelle (profs etc) ? Et est-ce qu’il y a vraiment eu un transfert d’ex-électeurs du PC vers les partis trotskystes (malgré l’animosité qui me semble t-il a survécu entre ces deux mondes depuis les origines du trotskysme puis 68) ?
          Et surtout, pourquoi ce sursaut de la gauche radicale s’est-il pété la gueule aussi rapidement ? (Électoralement en tout cas; sur le terrain c’est peut-être moins le cas?)
          Vu de loin ce tournant des années 2000 paraît vraiment étrange politiquement, entre renaissance de la gauche radicale et début d’une chute libre
          Pardon ça fait beaucoup trop de questions, en plus trop larges, auxquelles on ne pourrait vrmt répondre qu’avec de vraies enquêtes sociologiques et historiques, mais je me dis qu’ayant voté Arlette tu as peut-être un aperçu, même très local, sur tout ça.

          • #32324 Répondre
            PE
            Invité

            Quand je dis « ’une classe moyenne historiquement de gauche » je ne sous-entend évidemment pas que la classe moyenne est historiquement de gauche, je parle juste de la fraction de la classe moyenne qui vote traditionnellement à gauche depuis au moins l’après-guerre, les fonctionnaires exemplairement

            • #32513 Répondre
              pope
              Invité

              ça fait en effet beaucoup de questions, et en effet il faudrait y répondre par un vrai travail historique et sociologique.
              Je réponds avec ce que j’ai en moi, des souvenirs…
              Pour la sociologie, moi et ceux que je fréquentais qui votaient trotskyste, nous étions étudiants en Lettres et sciences humaines ou travailleurs précaires ou chômeurs. Nous étions plutôt issus de milieu populaire, mais nous croisions des étudiants issus de famille un peu plus aisée (fils de profs en gros) et qui n’avaient pas besoin de bosser.
              L’ouvrier c’était le graal pour les militants de LO, moi j’avais pas mal bossé en usine, ça me conférait une certaine crédibilité qui faisait un peu oublier que je ne lisais pas Marx dans le texte. Les gauchistes intellos étaient totalement convaincus d’être très supérieurs intellectuellement et culturellement, ils n’avaient pas entièrement tort, mais ils faisaient une sorte de complexe d’authenticité. Y’en avait encore d’ailleurs pour parler d’aller bosser en usine, s’établir. J’y pense parce que Sandra Lucbert a évoqué dans la dernière émission d’Hors-Série l’œuvre de Robert Linhart, L’établi. Je me souviens avoir répondu à un militant Lutte ouvrière qui cartonnait en fac de Sciences et qui voulait aller bosser sur une presse qu’il était complètement taré. Bref, je m’égare, mais voilà la composition sociologique selon ma toute petite expérience : milieux populaires mais ayant accédé aux études supérieures et enfants de profs, classe moyenne. Je crois que les ouvriers restés ouvriers en avait vraiment rien à foutre de nos rêves de révolution, mais faudrait aller y voir de plus près.
              Je ne sais pas si d’ex PC se sont mis à voter trotskyste. Pour les militants je ne pense vraiment pas pour les raisons que tu rappelles. Pour les électeurs faudrait voir, comme c’est souvent le cas, bien des électeurs se tiennent bien loin des querelles partisanes.
              Enfin pour la chute, ben y’a eu Le Pen au second tour quand même, donc appel au vote utile, criminalisation de tout ce qui n’était pas PS à gauche, culpabilisation, mise en place du principe du vote barrage… Ce qui t’échappe je pense, c’est que dans les années 1990, quand tu allais voter, tu le faisais tranquillement, sans te demander si le fascisme dépendait de ton humeur politique du moment. ça fait une sacrée différence quand même, en terme d’ambiance.
              Et puis pour la fraction de la classe moyenne historiquement de gauche, les fonctionnaires par exemple, là je te renvoie à François qui rappelle qu’elle n’a jamais été vraiment de gauche, en tant que gardiens de l’ordre, des institutions, et qu’ils ne s’embarrassent même plus à voter à gauche.
              Voilà, j’espère que c’est maintenant plus clair pour toi que pour moi…

    • #32036 Répondre
      Cyril
      Invité

      Ce graphique, cité dans la dernière vidéo d’Usul et Lumi sur Blast, montre le backlash aux percées féministes récentes, l’écart qui se creuse politiquement entre jeunes hommes et jeunes femmes, c’est assez effrayant.
      https://www.ft.com/content/29fd9b5c-2f35-41bf-9d4c-994db4e12998

    • #32055 Répondre
      Cyril
      Invité
      • #32304 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        tu le copies en entier?

      • #32316 Répondre
        Cyril
        Invité

        Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme, a annulé sa participation à une soirée prévue mardi 6 février autour de la projection de La Zone d’intérêt, le film de Jonathan Glazer sur la vie quotidienne de Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz. Organisée au Grand Action, dans le 5e arrondissement de Paris, une rencontre entre l’historien et la chercheuse en langues, littératures et cultures arabes et hébraïques Sadia Agsous-Bienstein devait être animée par le collectif juif antisioniste Tsedek !.
        « Je ne peux pas, en conscience, participer à vos activités », a écrit, le 1er février, Johann Chapoutot à Samuel Leter, membre de Tsedek ! chargé de ce ciné-club. En cause : le communiqué du collectif publié le 7 octobre 2023. Dans ce message, toujours en ligne sur Instagram, le groupe écrit : « Il ne nous appartient pas de juger de la stratégie de la résistance palestinienne. Mais il est de notre responsabilité de rappeler sa légitimité fondamentale. »

        • #32367 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Rudolf Höss, pour ceux qui ne le savent pas, était le commandant du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, le camps le plus célèbre de l’Holocauste. Il est effectivement connu pour avoir reconnu sa participation à l’extermination des Juifs. Il est important de noter que ses aveux sont survenus après avoir été capturé et soumis à des tortures par les forces alliées. Les preuves de mauvais traitements qu’il aurait subis, peuvent être trouvées en ligne en deux cliques.

          • #32372 Répondre
            Cyril
            Invité

            Et donc ? Que cherches-tu à nous dire ? Qu’il n’y a pas eu d’extermination des juifs ?

      • #32322 Répondre
        Cyril
        Invité

        J’arrive pas à aller plus loin. Ça ne se poste pas.

      • #32323 Répondre
        Cyril
        Invité

        L’article est hébergé ici : https://textup.fr/760502yk

        • #32325 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Merci Cyril

          • #32330 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Chapoutot, côté face un brillant historien quand il retrace une généalogie nazie du management (je reconnais n’avoir lu que ce livre de lui), côté pile se transforme en éditocrate PS fade et tiède quand il se met à pontifier sur le monde actuel.

            • #32337 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              S’il s’agit de dire que politiquement il n’est pas Besancenot, ok. A ma connaissance c’est l’un des seuls universitaires très importants et installés à user de mots aussi durs publiquement contre LREM depuis logtemps, et ayant une position de gauche. J’ai souvenir de beaucoup de confs d’il y a déjà longtemps (il était déjà connu dans le champ historiographique) où il rembarre des gens qui lui font le couplet sur Trump le nouveau nazi de l’illibéralisme, en répondant de commencer à regarder notre illibéralisme centriste. Je pense que pas mal au PS même tous seuls dans leur chambre n’oseraient pas dire ce qu’il dit^^
              .
              Je pense que la raison de sa tiédeur est plus banalement structurelle : de par sa position pro, il est très lié à diverses assos très importantes comme la Fondation pour la mémoire de la Shoah, ou le Mémorial de la Shoah (cf. des confs assez brillantes de lui dans ces cadres, en tant qu’historien). Vu les pressions actuelles hyper intenses, je pense qu’il se sait très en danger au cas où il se retrouve à côté du moindre collectif autour duquel règne le moindre petit soupçon de minimisation/relativisation du 7 octobre. D’où les genoux qui tremblent en effet

              • #32342 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Je faisais une allusion voilée à son dernier livre « Le grand récit. Introduction à l’histoire de notre temps » (déjà ce titre…) — Je n’ai pas lu, mais ses passages sur France Inter et France Culture m’ont paru très faibles, pour rester poli (« grand récit », « complotisme », « déclinisme », « conspirationnisme », « religion sans Dieu »). Mais une fois encore, n’ayant pas lu, je m’arrête là.
                Et pour son annulation, il aurait pu se contenter de prétexter un rhume.
                Mais je suis peut-être trop dur.

                • #32344 Répondre
                  Cyril
                  Invité

                  Il a même dit du bien d’Élisabeth Borne récemment dans une vidéo de Blast.

                  • #32347 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    Sur le truc de Borne c’est bien vu (et assez mal vu de sa part, c’est la première fois qu’il me choquait un peu^^)

                • #32345 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  Je suis d’accord sur « Le grand Récit », pas sûr que ça soit un livre à lire. La seule intervention sur le complotisme que j’ai trouvée mémorable, c’est l’itw de Wu Ming 1 sur le bouquin Q Comme Complot, publiée sur youtube par lundimatin.

                  De Chapoutot je suis en train de lire La Loi du Sang, là c’est quelque chose (quelques petites réserves sur la structure des chapitres, mais c’est brillant).

                  • #32617 Répondre
                    Monknow
                    Invité

                    Pour avoir lu la plupart des livres de Chapoutot sur le nazisme, c’est vraiment quelqu’un de passionnant, qui avec Christian Ingrao a largement contribué a un renouvellement de l’historiographie française sur la question. Je n’ai par contre pas lu le grand récit, mais ses interviews ne donnaient en effet pas particulièrement envi. Par contre, je suis extrêmement déçu de ce qui m’apparaît comme une lâcheté face aux pressions qui, je n’en doute pas, ont dû être assez intenses apres l’annonce de sa participation au ciné club de Tsedek.

                    • #32847 Répondre
                      I.G.Y.
                      Invité

                      Oui. Et je plussoie pour souligner le nom d’Ingrao. Il faut absolument que je lise Croire et Détruire. Les conférences de ce type sont tout bonnement extraordinaires, toutes

                      • #32949 Répondre
                        Monknow
                        Invité

                        Croire et détruire est en effet passionnant. Je te recommande aussi son livre Les chasseurs noirs. La manière dont il utilise des réflexions anthropologique sur la pratique de la chasse pour analyser la brigade Dirlewanger, une unité SS constituée de braconniers qui a commis de multiples massacres sur le front de l’Est est brillante.

                      • #33019 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ah oui, j’ai vu passer le nom de ce bouquin une ou deux fois. Je note la recommandation!

        • #32327 Répondre
          PE
          Invité

          D’ailleurs François toi qui est un peu en lien avec le réseau Dulac, as-tu eu vent de ce qui a conduit à la déprogrammation de Tsedek par le Majestic Bastille (une semaine avant le retrait de Chapoutot), et d’éventuels débats internes à ce propos ?
          Ton ciné-club risque rien ?

          • #32334 Répondre
            MA
            Invité
            • #32338 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Merci.
              Si je peux me permettre une digression : si la « vie des idées » vous intéresse, la section commentaire de la tribune Tsedek mentionne la virulente polémique entre Fassin et Karsenti/Boltanski par tribunes AOC interposées. Polémique portant notamment sur la pertinence – ou non – d’effectuer une comparaison avec les Hereros massacrés par les colons allemands aux début du XXe, dans le Sud-Ouest de l’Afrique.
              Je n’ai pas accès aux tribunes AOC, mais j’ai trouvé cette synthèse très bien faite : https://noiriel.wordpress.com/2023/11/23/lantisemitisme-en-question-reflexions-sur-le-respect-de-lautre/

              • #33039 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Ce retrait ne m’étonne pas, vu l’ambiance du moment, vu aussi la nature du groupe Dulac
                Au ciné-club, je n’ai pratiquement aucun habitué de l’Arlequin. 99% des gens qui viennent n’en sont pas des usagers.
                Les usagers me boycottent-ils? Je ne sais pas.
                En tout cas je ne crois pas « risquer » grand chose, de par la personnalité du directeur qui m’a fait venir, et aussi parce que je suis beaucoup moins marqué que Tsedek

    • #32301 Répondre
      JeanMonnaie
      Invité

      Le monde réel
      Un homme armé de deux lames de cutter s’est introduit dans l’enceinte d’une école maternelle du 12e arrondissement de Paris vers 9h du matin. Il avait dérobé un jeu de clef qui lui a permis d’accéder à l’école autour de laquelle il rodait depuis un long moment.

      En réaction, le personnel de l’établissement a décidé de confiner la trentaine d’élèves dans un gymnase. L’homme est alors monté sur une terrasse et a tenté de s’attaquer à la baie vitrée.

      Après avoir appelé la police, le directeur de l’école a contacté un parent d’élève policier. L’homme est intervenu et a tenté de neutralisé l’individu. Il a fallu l’arrivée d’une dizaine de policiers pour l’interpeller, alors que selon les témoins il criait et se débattait.

      Selon le journaliste Amaury Bucco de Valeurs Actuelles, il a fallu une dizaines de coups de Taser pour parvenir à le maîtriser.

      L’homme a été placé en garde à vue puis mis en examen, mais LIBÉRÉ en attendant son jugement, alors qu’il est de nationalité tunisienne, en situation irrégulière et qu’il avait déjà fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire. Il a tout de même été placé sous contrôle judiciaire, mais peut donc se déplacer en toute liberté….
      VS le monde imaginaire de Lordon 🙂
      En réalité nous connaissons désormais parfaitement les vrais territoires perdus de la république : ce sont les commissariats, les fourgons de police, la préfecture et l’IGPN, mais aussi le bureau du garde des sceaux d’où sortent des circulaires de talion, les tribunaux qui les exécutent en leur donnant la forme d’une justice d’abattage, dont les minutes sidèrent d’ignominie, les instituts médico-légaux qui falsifient les comptes-rendus, comme celui d’Adama Traoré, les prisons et les CRA bien sûr

      Mais le séisme est total, emporte tout. Tel un immeuble effondré, tous les étages de la politique institutionnelle se sont écroulés les uns sur les autres, et tous sur le Rassemblement National. Nul ne pourrait plus dire en quoi Les Républicains s’en distinguent. Ni, par transitivité, la fausse majorité LREM qui d’une part aspire à s’allier avec LR, d’autre part traite avec la dernière complaisance le RN à l’Assemblée. Ainsi s’est constitué un bloc quasi-unifié, en tout cas idéologiquement, de la droite extrême : même idéologie économique et sociale, même racisme

    • #32478 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #32554 Répondre
      Monknow
      Invité

      Salut ! Est-ce qu’une âme charitable et abonnée au diplo (je sais qu’on peut être les deux) pourrait me copier cet article :

      https://www.monde-diplomatique.fr/2024/02/ALTERMAN/66559

      Merci d’avance !

      • #32555 Répondre
        PE
        Invité

        Les Juifs américains, Israël et la politique des États-Unis
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        À mesure que les Israéliens basculent à droite, les Juifs américains s’ancrent à gauche. Résultat : le lobby pro-­israélien aux États-Unis s’appuie désormais davantage sur les chrétiens fondamentalistes que sur les juifs. Mais la guerre de Gaza a également percuté l’université américaine quand certains de ses bailleurs de fonds ont décidé de sanctionner les établissements trop critiques du gouvernement israélien.
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        Cinq semaines après ­l’attaque meurtrière du Hamas, le 7 octobre 2023, une foule d’environ 290 000 personnes, Juifs américains pour la plupart, se rassemblait à Washington pour réaffirmer son soutien à Israël, exiger la libération des otages retenus à Gaza et dénoncer l’antisémitisme. Ce fut sans doute la manifestation pro-israélienne la plus massive de l’histoire des États-Unis. D’un point de vue strictement politique, ce fut aussi la moins nécessaire, le gouvernement de M. Joseph Biden ayant déjà, sans la moindre ambiguïté possible, fait sienne chacune de ces trois positions.
        Cette mobilisation jurait avec les quelque deux mille manifestants réunis « en solidarité avec le peuple juif » au début de la guerre précédente entre Israël et le Hamas, en mai 2021. Il y a trois ans, la plupart des organisations juives progressistes et « pro-paix » avaient boycotté l’initiative, reprochant à ses organisateurs d’assimiler toute critique du sionisme à de l’antisémitisme. Le 14 novembre dernier, elles sont venues en masse, après avoir toutefois appelé M. Biden à faire pression sur le gouvernement de M. Benyamin Netanyahou pour que cessent les massacres de civils palestiniens. Les dirigeants des deux partis représentés au Congrès étaient également présents, le soutien à Israël ayant cette capacité miraculeuse à fédérer partisans de M. Biden et supporteurs de M. Donald Trump.
        Parmi les Juifs présents ce jour-là, nombreux s’émurent sans doute de voir le prédicateur évangélique John Hagee parader au milieu des invités. Chef du groupe Christians United for Israel (« Chrétiens unis pour Israël »), M. Hagee considère par exemple que le « chasseur » Adolf Hitler a été envoyé par Dieu afin de punir les Juifs pour leur refus de se plier aux promesses du « livre de la Révélation », et que leur retour en Terre sainte doit servir à déclencher l’Apocalypse. Œcuménique, la bannière pro-­israélienne s’étend ainsi jusqu’aux antisémites les plus fanatiques (1).
        Lorsque Anthony Jones (« Van Jones »), le commentateur noir et « progressiste » de Cable News Network (CNN), tente à la tribune un exercice d’équilibre — « Je prie pour la paix. Qu’il n’y ait plus de roquettes depuis Gaza. Et plus de bombes non plus sur la population de Gaza » —, il reçoit en retour une volée de « bouh » et de « pas de cessez-le-feu ! ». Pendant ce temps, des petites contre-manifestations se forment en marge de l’événement, sous l’égide des groupes juifs « dissidents » Jewish Voice for Peace (« La Voix juive pour la paix ») et IfNotNow (« Si ce n’est maintenant »). Lesquels s’étaient massivement mobilisés au cours des semaines précédentes contre les bombardements sur l’enclave palestinienne. Aux côtés d’autres collectifs, palestiniens ou non, ils avaient manifesté à maintes reprises, paralysé la circulation et occupé des gares dans plusieurs grandes villes du pays — et même le Capitole —, en réclamant la fin des livraisons d’armes à Israël et en sommant M. Biden d’user de son pouvoir pour faire immédiatement cesser le massacre.
        Moins nombreux que les manifestants pro-israéliens du 14 novembre, les contre-manifestants n’en étaient pas moins de meilleurs représentants de la population américaine dans son ensemble, majoritairement opposée à la guerre contre Gaza. Selon un sondage réalisé avant même que le bilan des victimes palestiniennes ne perce le seuil des dix mille, 66 % des électeurs américains disaient approuver « totalement » ou « à peu près » la proposition d’un cessez-le-feu immédiat. Un nombre significatif de Juifs y étaient également favorables, surtout parmi les moins de 24 ans, de plus en plus sensibles au sort et aux droits des Palestiniens, alors qu’en Israël la même tranche d’âge a basculé très largement dans le sens inverse.
        À chacun des cinq derniers scrutins nationaux, les électeurs israéliens n’ont eu de cesse d’embrasser l’autoritarisme, la théocratie et l’annexion rampante de la Cisjordanie. Dans le même temps, les dirigeants d’extrême droite s’affranchissaient un à un de tous les liens, politiques et psychologiques, qui les reliaient aux Juifs américains, en courtisant désormais ouvertement les sionistes évangéliques, qui déterminent les positions du Parti républicain sur ces questions. Selon Gary Rosenblatt, ancien rédacteur en chef du New York Jewish Week, M. Netanyahou admet en privé que « tant qu’il a le soutien en Amérique des chrétiens évangéliques, qui excèdent largement en nombre les juifs, et plus encore les juifs orthodoxes, tout va bien pour lui ». L’apparatchik néoconservateur Elliott Abrams (2) le rappelle, « les évangéliques dans ce pays sont vingt à trente fois plus nombreux que les juifs ». Le groupe de lobbying American Israel Public Affairs Committee (Aipac) est donc devenu plus droitier à mesure qu’il devenait moins « juif ».
        Si l’attaque du Hamas et la réaction israélienne n’ont pas substantiellement modifié les positions politiques des Juifs américains, elles ont en revanche exacerbé leurs divergences. Dans une lettre ouverte demandant au président Biden de soutenir un cessez-le-feu immédiat, plus de cinq cents employés de quelque cent quarante organisations juives américaines ont notamment déclaré : « Nous savons qu’il n’y a pas de solution militaire à cette crise. Nous savons qu’Israéliens et Palestiniens sont là pour rester, et que ni la sécurité des Juifs ni la libération des Palestiniens ne peuvent se réaliser si l’on oppose l’une à l’autre (3). » Onze sénateurs démocrates ont par ailleurs signé une lettre exhortant M. Biden à admettre que « la souffrance croissante et prolongée à Gaza est non seulement intolérable pour les civils palestiniens, mais dommageable aussi à la sécurité des civils israéliens par l’aggravation des tensions existantes et l’affaiblissement des alliances régionales (4) ». Ils enjoignent à la Maison Blanche en outre d’intervenir auprès d’Israël pour lui arracher des concessions, une demande qui aurait été inimaginable dans la vie politique américaine dix ans plus tôt.
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        Orchestrer une seconde « nakba »
        De son côté, sans toutefois appeler à un cessez-le-feu, M. Bernie Sanders, n’a pas ménagé ses attaques contre le « gouvernement d’extrême droite de Netanyahou », jugeant que sa « guerre presque totale contre le peuple palestinien [était] moralement inacceptable et en violation des lois internationales ». Et il a réclamé que l’aide américaine à Israël (3,8 milliards de dollars par an) soit dorénavant conditionnée au droit des Gazaouis à retourner dans leurs foyers, à la fin des violences perpétrées par les colons de Cisjordanie, au gel de la politique d’expansion des colonies et à une reprise des discussions de paix en vue d’une solution à deux États (5).
        Paradoxalement, plus on compte d’élus démocrates qui relaient les positions propalestiniennes de leurs électeurs, plus M. Biden s’acharne à faire cause commune avec le premier ministre israélien. En dehors de quelques groupes marginaux, qui qualifient de « propagande sioniste » les crimes perpétrés le 7 octobre par le Hamas, personne aux États-Unis ne conteste le droit d’Israël à y riposter militairement. Même si le ciblage de la population civile de Gaza et la destruction quasi totale de ses infrastructures laissent présager des formes de résistance plus radicales et déterminées encore dans les années qui viennent.
        Le président américain paraît cependant surestimer l’influence qu’il peut exercer sur M. Netanyahou, qui confiait en 2001 à un groupe de colons de Cisjordanie : « L’Amérique est une chose qu’on peut facilement faire bouger dans la bonne direction… Ils ne nous embêteront pas (6). » Avec le soutien de ses ministres les plus extrémistes et de ses supporteurs chauffés à blanc, le chef du gouvernement israélien a infligé camouflet sur camouflet à son allié américain, sans faire aucunement mystère de son intention d’orchestrer une seconde nakba, consistant à forcer les Palestiniens de Gaza à émigrer en Égypte et ailleurs. Il prévoit de conditionner l’arrêt des combats à la réalisation de trois objectifs : « Détruire le Hamas, démilitariser Gaza et déradicaliser la société palestinienne. »
        M. Biden, en faisant cavalier seul, fragilise par ailleurs ses chances de réélection en novembre prochain. Si la politique pro-israélienne du président mécontente la plupart des sympathisants démocrates, c’est surtout chez les plus jeunes que la désaffection gagne du terrain : 70 % des électeurs âgés de moins de 24 ans seraient opposés à l’alliance Biden-­Netanyahou. Nombre d’Américains d’origine arabe ont également annoncé qu’ils s’abstiendraient de voter pour M. Biden cette fois-ci, sans ignorer pour autant que les républicains embrassent la cause israélienne avec plus de passion encore que les démocrates.
        Plusieurs motifs expliquent que M. Biden ait pris un risque politique aussi lourd. Son amour d’Israël et du récit sioniste n’est plus à démontrer. Au cours de sa campagne prési­dentielle de 2020, lorsque ses rivaux de gauche, M. Sanders et Mme Elizabeth Warren, refusèrent d’apparaître devant l’Aipac et appelèrent à une mise sous conditions des aides à Israël — une position soutenue à l’époque par une majorité de Juifs américains —, M. Biden pourfendit une prise de position « absolument scandaleuse ». Comme vice-président de M. Barack Obama, il se vanta un jour devant un public juif : « J’ai reçu plus d’argent de l’Aipac que certains d’entre vous. »
        Le président américain estime qu’entre États-Unis et Israël la soudure ne doit pas laisser passer la lumière du jour. À plusieurs reprises il est intervenu dans la politique étrangère du président Obama pour adoucir les frictions causées par la répugnance d’Israël à tout effort de paix avec les Palestiniens (7). Il pense qu’il peut ainsi contenir les élans les plus agressifs de M. Netanyahou : plan d’annexion de la Cisjordanie, tentation d’attaquer le Hezbollah au Liban.
        Il tient également compte du pouvoir indéniable qu’exercent les organisations juives conservatrices américaines, qui s’emploient à sanctionner tout élu tenté de s’écarter des exigences de l’orthodoxie pro-israélienne. En 2009, aux débuts de sa présidence, lorsque M. Obama, encore très populaire, voulut relancer les discussions de paix en demandant à Israël de geler l’expansion de ses colonies en Cisjordanie, l’Aipac riposta par une lettre signée par 329 membres de la Chambre des représentants (sur 435) qui sommait le président de présenter sa requête aux Israéliens « en privé »… M. Obama avoue avoir rapidement compris que la moindre brouille avec Israël « se payait d’un prix politique dans [son] pays sans équivalent lorsqu’[il] avait affaire au Royaume-Uni, à l’Allemagne, à la France, au Japon, au Canada ou à aucun autre de [ses] plus proches alliés ».
        Aujourd’hui, en déconnexion complète avec l’orientation démocrate de 70 % des Juifs américains, les organisations pro-­israéliennes lèvent des millions de dollars auprès de donateurs conservateurs afin de soutenir des candidats qui marchent dans les clous de M. Trump lors des primaires républicaines et de battre les candidats progressistes jugés insuffisamment loyaux à la cause israélienne lors des primaires démocrates. Le comité d’action électoral de l’Aipac, l’United Democracy Project, a ainsi dépensé près de 36 millions de dollars en 2022 pour faire mordre la poussière aux quatre élues nationales les plus connues de l’aile gauche du Parti démocrate et sensibles à la cause palestinienne, Mmes Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley. En vain, mais la tentative sera répétée cette année. Il est également question d’une levée de fonds de 100 millions de dollars afin que les démocrates ne dévient pas de leur soutien sans faille à Israël et au Likoud, le parti de M. Netanyahou. En l’absence d’un candidat acceptable, l’Aipac le recrute lui-même. Deux habitants de l’agglomération de Detroit ont ainsi raconté avoir reçu une offre de 20 millions de dollars en échange de leur candidature contre Mme Tlaib, seule élue palestino-américaine du Congrès, exclue de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants par ses collègues pour avoir défendu les droits des Palestiniens (8).
        Le débat sur les relations israélo-américaines est par ailleurs indissociable de ce qui apparaît comme une hausse alarmante de l’antisémitisme et de la volonté de certains groupes juifs, emmenés par la Ligue anti-diffamation (ADL), d’y assimiler l’anti- sionisme, y compris quand des Juifs eux-mêmes s’en réclament. Or presque toutes les violences antisémites recensées aux États-Unis émanent de l’extrême droite. Les données recueillies par l’ADL elle-même indiquent qu’en 2022 chaque meurtre commis par haine des Juifs avait eu pour auteur un extrémiste de droite (9). Ceux qui scandaient à Charlottesville en 2017 « les Juifs ne nous remplaceront pas » étaient des néonazis, et l’auteur de la tuerie à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, en Pennsylvanie (onze morts), était un suprémaciste blanc. Le jour même de la condamnation en justice du tireur de Pittsburgh, un autre extrémiste de droite était arrêté pour avoir planifié une attaque contre une synagogue dans le Michigan. Mais, pour combattre un nationalisme blanc en plein essor, la gauche est divisée — non pas tant sur le soutien aux Palestiniens, devenu un principe largement acquis, que sur la manière de l’affirmer.
        L’attaque meurtrière du Hamas a exacerbé ces désaccords et rendu plus coûteuses les prises de position hostiles à Israël. À Hollywood, des acteurs propalestiniens ont perdu leurs agents, et des agents propalestiniens ont perdu leurs clients. À New York, le propriétaire du magazine d’art Artforum, M. Jay Penske, héritier milliardaire d’une société de transport ­routier, a congédié son rédacteur en chef après que celui-ci eut diffusé une lettre ouverte « en solidarité avec le peuple palestinien ». Toujours à New York, l’équipe chargée du département de littéra­ture au centre culturel 92nd Street Y — une institution qui se définit elle-même comme sioniste — a démissionné en bloc pour protester contre les pressions internes visant à faire annuler une conférence du romancier d’origine vietnamienne Viet Thanh Nguyen, coupable d’avoir signé un texte dans la London Review of Books accusant Israël d’avoir « délibérément tué des civils » et appelant à un cessez-le-feu immédiat (10).
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        Les campus, cibles des censeurs
        Toutefois les batailles les plus intenses relatives à Israël — aussi bien avant qu’après le 7 octobre — se concentrent dans les universités les mieux cotées du pays. M. Natan Sharansky, un ancien dissident soviétique devenu une figure politique israélienne très marquée à droite, n’a suscité aucun tollé dans les grands médias américains lorsqu’il a déclaré : « Il y a un autre front dans cette guerre qui ne se situe pas dans les tunnels de Gaza ou sur les collines de Galilée, mais à Harvard, Yale, Penn et Columbia. » Il est vrai que les journalistes des médias dominants sont eux-mêmes aux petits soins pour ces établissements prestigieux dont ils sont souvent issus et où la communauté juive est notoirement surreprésentée.
        Au cœur de la controverse, il y a le fait qu’à l’heure actuelle les universités américaines — souvent influencées par le livre d’Edward W. Saïd intitulé L’Orientalisme — enseignent une histoire ­d’Israël moins manichéenne que celle délivrée par le passé, au risque de heurter certains étudiants, et plus encore leurs parents. C’est pourquoi les campus de l’élite sont scrutés comme le lait sur le feu par ceux des Juifs qui s’inquiètent du changement de perception d’Israël dans les milieux universitaires et les cercles de gauche. Presque tous les jeunes Juifs des classes moyennes supérieures suivent des études, mais nombre d’entre eux ont été instruits aux réalités israéliennes dans une bulle idéologique. Une fois à l’université, ils découvrent un univers parallèle dans lequel Israël est défini comme l’oppresseur et les Palestiniens comme les victimes. Il en résulte une dissonance cognitive pouvant conduire à la panique. Leurs parents se montrent souvent plus alarmés encore en voyant les centaines de milliers de dollars qu’ils ont déboursés en frais de scolarité aboutir à ce résultat : l’enfant qui rentre à la maison avec des arguments critiques certes fondés, mais personnellement (et douloureusement) offensants. Le choc est à la mesure du rôle joué par le soutien à Israël dans la définition de l’identité séculaire des Juifs américains.
        Dans le même temps, les organisations juives conservatrices cherchent à imposer le postulat que « l’antisionisme est un antisémitisme, point barre », selon l’expression du directeur de l’ADL, M. Jonathan Greenblatt, pour qui l’expression « Palestine libre » serait également antisémite. Cette offensive vise particulièrement les universités, où les voix propalestiniennes se font entendre chez les enseignants comme chez les étudiants. Les tentatives de l’ADL et d’autres organisations droitières d’entraver la liberté d’expression sur les campus trouvent un large écho dans les médias, au premier rang desquels Fox News et le New York Post, propriétés du groupe Murdoch, mais aussi sur les grandes chaînes d’information moins marquées à droite. Ces mêmes groupes incitent par ailleurs les donateurs privés à mettre sous pression les établissements jugés trop insolents envers Israël, en menaçant de leur couper les subsides.
        Le milliardaire Marc Rowan, patron du fonds d’investissement Apollo Global Management, préside également l’organisation United Jewish Appeal (« Appel unifié des Juifs ») de New York et compte parmi les principaux donateurs de l’ADL. Il siège par ailleurs au Conseil consultatif de Wharton, l’école de commerce associée à l’université de Pennsylvanie. Avant même le 7 octobre, il a orchestré une campagne pour écarter sa présidente, Mme Elizabeth Magill.
        M. Rowan était mécontent que l’uni-­ versité de Pennsylvanie ait autorisé sur son campus un festival littéraire intitulé « La Palestine écrit », en mémoire de la défunte poétesse Salma Khadra Jayyusi. L’événement eut lieu le 22 septembre dernier. M. Rowan, comme l’a rapporté le magazine The American Prospect, accusa les organisateurs d’avoir « fait l’apologie du nettoyage ethnique », défendu le recours à la violence et prononcé des « appels à la haine contre les Juifs », sans apporter le moindre élément de preuve à l’appui de ses accusations. Et pour cause : il s’agissait d’un festival littéraire, non d’une réunion politique, encore moins d’une émeute antisémite. Mme Magill publia néanmoins une déclaration condamnant « avec force et sans ambiguïté » l’antisémitisme, tout en réitérant l’engagement de son établissement en faveur du « libre-échange des idées », du dialogue avec les étudiants juifs et de la sécurité de leurs organisations, et en promettant de faire mieux encore à l’avenir.
        Les pressions se poursuivirent cependant, autant de la part de politiques que d’anciens étudiants et de donateurs. Après le 7 octobre, elles allèrent crescendo. Mme Magill fut l’une des trois présidentes d’université, aux côtés de Mme Claudine Gay (Harvard) et de Mme Sally Kornbluth (Massachusetts Institute of Technology, MIT), auditionnées par le Congrès pour leur supposé laxisme envers des propos ou des actes antisémites. Elles s’en défendirent, non sans maladresse, donnant des réponses étroitement juridiques à des questions délibérément conçues pour attiser l’indignation des supporteurs d’Israël. Mme Magill démissionna le 10 décembre, ce qui encouragea la Chambre des représentants, à majorité républicaine, à proposer une résolution réclamant la tête des deux autres présidentes. Sous le choc, le monde universitaire ne sut comment faire face à la démonstration de force des parlementaires et des bailleurs de fonds. « Des milliardaires non élus et dépourvus de toute qualification dans ce domaine cherchent à contrôler des décisions académiques qui ont vocation à rester de la compétence exclusive de l’université, afin que la recherche et l’enseignement préservent leur légitimité et leur autonomie face aux intérêts privés et partisans », protesta le comité exécutif Penn de l’Association américaine des professeurs d’université.
        Toutes les universités de haut rang connaissent des histoires similaires. À Harvard, un milliardaire du nom de Bill Ackman a dressé une liste de « personnes à ne pas recruter », où figurent les membres des trente-quatre organisations étudiantes signataires d’une lettre accusant Israël d’être « entièrement responsable des violences qui font rage aujourd’hui (11) ». Un camion envoyé par un groupe d’extrême droite apparut ensuite dans les rues de Cambridge, équipé d’un panneau d’affichage numérique où défilaient les noms et les visages des étudiants recensés comme les « principaux antisémites de Harvard ». Un autre groupe pro- israélien mit en li- gne les noms de militants propalestiniens avec ce message : « Il est de votre devoir de vous assurer que les radicaux d’aujourd’hui ne seront pas les employés de demain. »
        Depuis, M. Ackman a lancé une autre campagne pour contraindre au départ la présidente de Harvard, Mme Gay, première femme noire jamais nommée à la tête d’une université de l’Ivy League. Une nouvelle fois, on ne lui reprocha pas d’avoir refusé de condamner le Hamas ou l’antisémitisme, mais de les avoir condamnés d’une façon jugée inadéquate par M. Ackman et ses collègues. À son tour elle dut quitter son poste le 2 janvier au prétexte officiel qu’elle s’était rendue coupable de plagiat.
        Pourtant, bien qu’Israël et la Palestine soient au cœur d’une lutte acharnée sur de nombreux campus américains, personne ou presque dans la communauté universitaire n’accrédite la thèse d’une flambée d’antisémitisme chez les étudiants. En 2017, quatre chercheurs de l’université Brandeis ont conduit une étude à ce sujet sur quatre campus de renom, au terme de laquelle ils ont conclu : « Les étudiants juifs sont rarement exposés à de l’antisémitisme sur leurs lieux d’études. (…) Ils ne pensent pas que leur campus est hostile aux Juifs. (…) Une majorité d’entre eux récuse l’idée d’un environnement qui serait hostile à Israël (12). » Les chercheurs associés au programme d’études juives à l’université Stanford ont abouti à une conclusion similaire après avoir observé la vie estudiantine sur cinq campus californiens. Les étudiants juifs interrogés témoignaient d’« un faible niveau d’antisémitisme » et se sentaient « à l’aise en tant que Juifs » sur leurs campus respectifs (13).
        Des incidents déplorables, il y en a eu, indéniablement, et des deux côtés. Des étudiants, musulmans comme juifs, ont été pris à partie. Mais nombre d’universités — dont Harvard, l’université de Pennsylvanie, Stanford et l’université de New York — ont cru bon de réagir à ces tensions en créant des commissions d’études sur l’antisémitisme pour satisfaire leurs bailleurs de fonds, le cas échéant en écartant leurs propres chercheurs (14). Des projections du documentaire Israelism, une approche critique du sionisme réalisée par deux cinéastes juifs, ont été annulées dans de nombreuses universités, souvent à la dernière minute, alors que le public était déjà présent dans la salle. Plus grave, trois étudiants palestiniens repérables à leurs keffiehs furent la cible de coups de feu fin novembre dans le Vermont (15).
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        Un nouveau maccarthysme
        Dans ce contexte, l’activisme agressif du groupe Students for Justice in Palestine (« Étudiants pour la justice en Palestine », SJP) pose un défi supplémentaire à certains administrateurs d’université. Ses militants ne répugnent pas aux attaques personnelles et à la surenchère. Dans les instructions écrites que leur donne le SJP figure notamment un passage assimilant l’attaque du 7 octobre à une « victoire historique » et une liste d’actions à mener pour permettre à « notre peuple d’actualiser la révolution ». Certaines antennes du SJP sont allées jusqu’à diffuser des images de parapentistes, en référence aux combattants du Hamas venus depuis les airs le 7 octobre pour massacrer les civils israéliens rassemblés à un festival de musique près de la frontière de Gaza. En conséquence de quoi le SJP a été suspendu à l’université George Washington, à Brandeis et à Columbia (laquelle a également décidé l’exclusion du bureau local du groupe Jewish Voice for Peace). En Floride, le gouverneur ultraconservateur Ronald DeSantis a donné l’ordre aux universités de « désactiver » les antennes du SJP, en prétextant que celles-ci fourniraient un « soutien matériel » à des groupes « terroristes » — une allégation ridicule et pourtant entérinée par M. Greenblatt (16).
        Le Congrès en redemande, et la Maison Blanche ne rechigne pas à le satisfaire, en annonçant par exemple qu’elle mobilisera les ministères de l’éducation, de la justice et de l’intérieur afin de protéger les Juifs sur les campus contre ce qu’elle appelle une « combinaison extrêmement inquiétante de sentiments et d’actions hideux (17) ».
        Un tel environnement politique s’apparente au maccarthysme. Aux États-Unis comme au Proche-Orient, le seul pouvoir politique concédé aux Palestiniens ou à ceux qui défendent leurs droits consiste à rappeler leur existence : refuser de garder le silence, saboter les tentatives de rendre l’oppression exercée par Israël inaudible aux oreilles du monde. C’est précisément ce que le Hamas avait comme objectif lorsque ses hommes ont massacré plus de huit cents civils israéliens et enlevé des centaines d’autres. Tragiquement pour tous les concernés, au premier chef les Palestiniens eux-mêmes, l’assaut meurtrier du 7 octobre a rendu plus incertaine que jamais la perspective de les voir un jour contrôler leur destin.
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        (Traduit de l’américain par Olivier Cyran.)
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        Eric Alterman
        Auteur de We Are Not One : A History of America’s Fight Over Israel, Basic Books, New York, 2022.
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        (1)  Lire « Israël s’aliène les Juifs américains » et Ibrahim Warde, « Il ne peut y avoir de paix avant l’avènement du Messie », Le Monde diplomatique, respectivement février 2019 et septembre 2002.

        (2)  Lire « Le retour du “secrétaire d’État aux sales guerres”, Le Monde diplomatique, mars 2019.

        (3)  Alex Seitz-Wald, « Hundreds of Jewish ­organization staffers call for White House to back Gaza cease-fire », NBC News, 7 décembre 2023.

        (4)  Patricia Zengerle, « US Democrats urge Biden to push Israel over Gaza humanitarian assistance », Reuters, 20 novembre 2023.

        (5)  « Sanders calls for conditioning aid to Israel amidst the growing crisis in Gaza and the West Bank », site officiel de M. Bernie Sanders, 18 novembre 2023.

        (6)  Ron Kampeas, « Netanyahu changed the way Americans view Israel — but not always in the way he wanted », Jewish Telegraph Agency, 2 juin 2021.

        (7)  Peter Beinart, « Joe Biden’s alarming record on Israel », Jewish Currents, 27 janvier 2020.

        (8)  Sara Powers, « A second Michigan senate candidate says he was offered $20M to run against Rashida Tlaib », CBS News, 28 novembre 2023.

        (9)  « Written testimony of Amy Spitalnick », Human Rights First, 16 mai 2023.

        (10)  Alexander Zevin, « Gaza and New York », New Left Review, n° 144, Londres, novembre-­décembre 2023.

        (11)  J. Sellers Hill et Nia L. Orakwue, « Harvard student groups face intense backlash for statement calling Israel “entirely responsible” for Hamas attack », The Harvard Crimson, Cambridge (Massachusetts), 10 octobre 2023.

        (12)  Graham Wright, Michelle Shain, Shahar Hecht et Leonard Saxe, « The limits of hostility : Students report on antisemitism and anti-Israel sentiment at four US universities », Brandeis University, Waltham (Massachusetts), décembre 2017.

        (13)  « New study by professor Kelman finds lower levels of anti-semitism at US universities », Stanford Global Studies, 15 septembre 2017.

        (14)  Peter Beinart, « Harvard is ignoring its own antisemitism experts », JewishCurrents, 11 décem­bre 2023.

        (15)  Nadia Abu El-Haj, « The Eye of the Beholder », The New York Review, 24 décembre 2023.

        (16)  Alex Kane, « The push to “deactivate” Students for Justice in Palestine », JewishCurrents, 21 novembre 2023.

        (17)  Emma Green, « How a student group is politicizing a generation on Palestine », The New Yorker, 15 décembre 2023.

        • #32605 Répondre
          Monknow
          Invité

          Merci beaucoup !

        • #32869 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Grand merci PE!

    • #32615 Répondre
      Cyril
      Invité

      Nicolas Mathieu et Alain Finkielcrotte dans un entretien à l’Obs.
      Voici la première partie (1/5) : https://textup.fr/760707rj

      • #32631 Répondre
        Cyril
        Invité

        Deuxième partie (2/5) : https://textup.fr/760708B2
        Je continuerai si ça intéresse…

      • #32690 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Première partie et on voit déjà à quel point le réel passionne Alain. L’égalité salariale est accomplie. Fermez le ban.
        Je veux bien les parties suivantes Cyril, si tu as le temps.

        • #32695 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci Cyril, je veux bien la suite aussi.
          Déjà ça me rassure, après avoir lu que NM affectionnait AF sur son insta, de lire que très vite il n’hésite pas à le contredire (j’ai pas encore tt lu).

      • #32702 Répondre
        Cyril
        Invité

        Troisième partie : https://textup.fr/760722Xz

        • #32704 Répondre
          Cyril
          Invité

          Quatrième partie : https://textup.fr/760723bb
          La cinquième sort demain.

          • #32706 Répondre
            Ostros
            Invité

            Merci.
            Pépite :
            .
            N M : Vous contestez le mot « réactionnaire » ?
            .
            A. F. Je trouve ce mot absurde. Pourquoi un discours critique devrait-il être réactionnaire, et réactionnaire, c’est quoi au juste ? Je ne suis pas réactionnaire, je réagis à ce qui se passe. « La catastrophe, disait Walter Benjamin, c’est lorsque les choses suivent leur cours. » Il affirmait aussi que la révolution, ce n’était plus « la locomotive de l’histoire », mais la main de l’espèce humaine qui tire le signal d’alarme. Donc il plaidait pour l’interruption. Et si la révolution, c’est l’interruption, alors voici un scoop pour « l’Obs », exclusivement pour « l’Obs », je suis révolutionnaire.
            .
            Est réactionnaire celui qui pense que c’était mieux avant…
            .
            A. F. Celui qui pense que c’était mieux avant est nostalgique.

            • #32820 Répondre
              Ostros
              Invité

              NM : « Moi je viens d’un milieu relativement modeste. Mon père a voté pour l’extrême droite pendant quinze ans. »
              Moi qui croyais qu’il était issu de parents de gauche, sans savoir précisément de quelle gauche , car il avait annoncé une fois « quand j’étais enfant nos ennemis c’était les communistes ».
              Ça explique son refus de « faire l’éloge de la vie » comme il le répète souvent.
              Mais alors s’il n’y a pas éloge de la vie, de quoi est faite cette « joie » dans sa phrase devenue culte car reprise sur les murs des réseaux sociaux et même dans ce nouveau livre fait de posts instagram « ne cède rien de ta joie » ?
              Il est curieux qu’il soit présenté ici comme un « anti-reac » quand son compte instagram n’est que fait d’agacements, de râlages, de nostalgie et de plainte envers le présent.
              Et il n’est pas d’accord avec Finkie qu’il n’hésite pas à réorienter vers le réel.
              Bref j’essaie encore de cerner ses affects après ma déception lorsque je me suis rendu compte qu’il n’était pas de gauche comme je l’avais pensé suite à ma lecture de leurs enfants après eux.

              • #33795 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Cyril, aurais-tu la partie 5 dans ta besace ?
                Le vieil Alain me fait sourire

                • #33796 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Il est tout de même assez incompréhensible que Finkie jouisse encore de suffisamment d’aura pour être invité partout, y compris dans des magazines qui se disent vaguement de gauche, alors que c’est un Zemmour light.

    • #32838 Répondre
      Jean-Michel
      Invité

      Quelqu’un.e aurait du bon contenu (articles, vidéos,…) qui fait le point sur les mobilisations agricoles partout en Europe ?

    • #33427 Répondre
      Henry
      Invité

      Salut François, je crois savoir que t’as écris un mémoire sur Faulkner quand t’étais étudiant, y a-t-il un moyen de le lire ?

      • #33436 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je le veux aussi.

        • #33438 Répondre
          Ostros
          Invité

          L’ écriture du questionnement et du constat dans les romans de William Faulkner et de Claude Simon / François Begaudeau
          Publié : Nantes : [s.n.] , 1993

          • #33487 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            je ne souhaite à personne de lire ça, qui doit être bien embourbé dans les codes universitaires

          • #33517 Répondre
            Henry
            Invité

            Merci Ostros pour le titre mais je n’arrive pas à le trouver en accès libre. T’as réussi toi ?

            • #33524 Répondre
              Ostros
              Invité

              Non, mais les mémoires en général c’est galère. Les thèses y a plus moyen. Je pensais que François nous le transmettrait mais étant donné qu’il désavoue son travail universitaire on va pas l’emmerder.

    • #33553 Répondre
      Tony
      Invité

      Marre d’entendre Apathie à Quotidien,ce type est une calamité,hier soir sur le patrimoine des ministres il n’hésite pas à dire que leur argent ils l’ont gagné dans le privé et que,ma foi,il valait mieux être gouverné par des gens qui ont
      fait leur preuve,Attal,premier ministre,34 ans et 1500000 euros en assurance vie ça vient d’où?

      • #33576 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Apathie est ce qu’on aurait appelé jadis un rad-soc. Le centre gauche humaniste qui ne dissemble en rien du centre et donc du centre droit et on connait la suite.. La modération pour mantra (donc le rejet passionnel dezextremes) et la morale pour seule pensée. Tout ça colle très bien à Quotidien.

        • #33618 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          jean-michel apHatie (désolé de faire le prof, cette curiosité linguistique m’a toujours intrigué).
          Il a eu mon quart d’heure de sympathie quand il était tombé de l’armoire en découvrant les violences policières à l’encontre des Gilets Jaunes.
          Et il est un peu plus drôle que la moyenne des éditocrates avec son air ahuri : https://www.acrimed.org/Jean-Michel-Aphatie-s-etonne-pour-rien-Etonnant

          • #33627 Répondre
            Ostros
            Invité

            Et pourquoi Jean-Michel ApHatie on l’appelle un éditocrate et pas un ultracrépidarianiste ?

            • #33631 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Pas mal, je connaissais pas. Je relance de toutologue. Qui lantiponne.

              • #33644 Répondre
                Ostros
                Invité

                Qui pontifie.
                Et je corrige : ultracrépidarien.

    • #33745 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Je n’ai regardé que les 4 premières minutes, on y apprend qu’Eric Naulleau écrit maintenant chez Livre Noir :

      • #33760 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Ce titre … Si quelqu’un regarde tout et nous fait un résumé, il aura les honneurs

      • #33763 Répondre
        Cyril
        Invité

        J’en suis à 8 minutes, je crois que je vais faire une crise de panique. Est-ce possible ?

        • #33765 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Donne quelques signes de vie toutes les 30 minutes

          • #33770 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Non mais ne regardez pas une heure et demi de ça hein. Dans les premières minutes tout est dit, frontières, guerre civile, chaos, politique immigrationiste, le RN ne veut pas la destruction de la France la LFI oui, replacement de civilisation, je suis de gauche.

            • #33773 Répondre
              Jeanmonnaie
              Invité

              Seldoon qui n’est pas au courant des émeutes, de la politique de chaos de Macron ni du ras le bol de l’immigration des français.

              • #33774 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Jean, qui me délaisse, je trouve.

                • #33825 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  j’apprends que je veux le malheur de la France
                  ca fiche un coup quand même

                  • #33827 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Je suis d’accord avec toi, Jean : j’ai ai « ras le bol de l’immigration des français » vers la Suisse

                    • #33835 Répondre
                      JeanMonnaie
                      Invité

                      Selon ta logique les français en venant en Suisse sont des dominés.

                      Que nous dit wikipedia

                      Les autorités suisses publient régulièrement les données statistiques en fonction des pays d’origine des criminels57,58,59. La population carcérale en Suisse est composée à 71,5 % d’étrangers.

                • #33836 Répondre
                  JeanMonnaie
                  Invité

                  Je suis très loin de te délaisser, j’ai répondu à ta dernière question.
                  J’attends ton invitation, pour me faire déguster ton fromage.

                  • #33897 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    Que tu es direct dis donc

            • #33797 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Si je puis compléter, dès les premières minutes, le mot-clé c’est « gauche antitotalitaire. » Il refait le coup avec près de 40 ans de retard. Question : que peut-il dire de neuf face à toute une pléthore de vieux intellectuels plus ou moins hardcore sur le communisme ? (July, Domenach, Glucksmann, Gauchet, Morin, Daniel, Julliard, Thibaud, Rosanvallon, Furet, Lefort, Nora, BécHameL, Revue Esprit, Revue petite soeur Le Débat… oui oui moi aussi je suis comme Onfray j’adore faire du name dropping)
              Si Livre Noir lui avait posé ladite question, il aurait pu répondre : « les musulmans. »

        • #33781 Répondre
          Cyril
          Invité

          C’est un cauchemar ce truc, le mec prétend incarner une vraie gauche, qui résisterait à une ultra-gauche dominante, deux minutes plus tard il admet qu’il partage beaucoup avec le RN et que le clivage n’est plus gauche/droite mais ceux qui aiment la France vs ceux qui n’aiment pas la France.
          Il risque l’effondrement psychique avec un tel niveau de confusion.

    • #33799 Répondre
      Mathieu
      Invité

      C’est fou qu’il dise s’inquiéter de l’honnêteté intellectuelle de la gauche alors que le premier malhonnête c’est lui – comment peut-il se dire de gauche sans rougir de honte? Il a une heure trente pour parler, et pas un mot sur les retraites, pas un mot sur les mouvements sociaux, les mouvements climats, la faible rémunération du travail, le poids du capital, l’évasion fiscale, l’inflation, les difficultés de logement, le fait qu’un français sur trois dise sauter un repas chaque jour, et j’en oublie… Même le centre-gauche parle de ces thématiques de temps en temps.
      Non : les arabes, l’immigration, l’identité, et la gauche complice bien sûr, qui fait que la France ne sera bientôt plus la France.
      Lordon avait dit que Valls c’était la gauche d’extrême droite. On peut mettre ce triste sire dans le lot. En plus il est vaguement sur la ligne Enthoven quand il dit que Le Pen c’est moins grave pour la France que Mélenchon.

      Y’a quand même un truc que j’aimerais que vous m’aidiez à comprendre, auquel cet entretien me fait penser: pourquoi les juifs votent à droite? pourquoi, dans l’épisode que l’on vit avec le conflit israelo palestinien, les juifs votent à droite, voire même à l’extrême-droite, se rangeant du côté de Le Pen, acceptant par exemple Le Pen dans la marche contre l’antisémitisme etc etc? Qu’est-ce que c’est que ce renversement historique qui fait que les Juifs se rangent maintenant du côté de ce parti d’antisémites notoires? Est ce seulement la diabolisation anti-LFI absolument dingue, dont les membres sont présentés sur tous les plateaux mainstream comme les nouveaux-antisémites-complices-des-islamistes, qui fonctionne à plein tubes et qui bousille les cerveaux, ou y a t-il autre chose?

      • #33804 Répondre
        thierry
        Invité

        Soit, comme tu dis Mathieu, certains devraient avoir honte de se prétendre de gauche, soit il faut peut-être définitivement repenser cette question de gauche et droite.
        .
        Je sais François, pour t’avoir lu, que le « ni gauche – ni droite », signifie pour toi – et dans bien des cas, tu as sûrement raison – bien souvent extrême droite (notre joie.) Je ne partage cependant pas ce point de vue.
        Si on se réfère à l’histoire, la gauche et la droite constituent le bloc bourgeois destituant la noblesse (pour faire simple). Les deux côtés prônent un libéralisme économique. Même s’il est vrai que les socialistes ont par plusieurs fois établis des alliances avec la gauche, les communards n’ont rien à voir avec Voltaire et Marx n’est pas tendre avec la gauche française.
        Simone Weil écrit sa note sur la suppression des partis politiques en 1950. Les partis, écrit-elle, éloignent de la vérité et recherchent leur propre croissance, peu importe le coût. Je souscris. Cependant, et vous allez peut-être me trouver naïf mais je ne comprend pas pourquoi cette logique ne s’applique pas aux notions de gauche et droite qui pretendent tout de même pouvoir diviser la population en deux catégories distinctes.
        De même que Chavez n’est pas François hollande, Naulleau n’est ni Friot, ni Edouard Louis. Depuis petit je trouve ces dénominations confuses et peine à comprendre pourquoi certains y sont tant attaché sachant que dire gauche ne dit pas grand chose à part ce que celui qui le dit y inclut.
        .
        Bref Je ne me sens pas proche de Naulleau. Dois-je en conclure que je ne suis pas de gauche ou qu’il ne l’est pas? Est-ce vraiment important?

        • #33806 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          D’accord avec vous : l’essentiel, me semble-t-il, est de savoir ce qui est juste ou injuste. Le capitalisme est-il juste ou injuste? Produit-il une société plus juste que s’il n’existait pas? Etc.
          Les notions de gauche et de droite favorisent clairement ce que Weil appelait l’esprit de parti, c’est-à-dire la mort de la pensée.
          Pour autant, ces notions renvoient tout de même à une réalité pratique, même si celle-ci est parfois confuse et sinueuse : il suffit de passer une soirée dans l’extrême droite de l’action française et une soirée chez des gens de la gauche anticapitaliste pour voir que ce n’est pas la même ambiance. D’un point de vue pratique, ce n’est pas rien. Ces mots doivent donc être pris avec beaucoup de distance et beaucoup de méfiance du point de vue de la pensée, mais on ne peut totalement les congédier non plus dans la pratique, car ils disent quelque chose de plus ou moins clair sur le social.

        • #33807 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Il ne suffit pas de se déclarer de gauche pour l’être. Naulleau dans cet entretien n’est qu’extrême droite. Je ne dis pas confus et je ne dis pas « il a dit immigrés donc il est d’extrême droite ». Je dis bien : il n’est que ça. Chimiquement pur. Il en coche toutes les cases et ne coche aucune autre case. Même le type de livre noir s’en rend bien compte et tourne autour du pot avec diplomatie.
          La question droite/gauche peut se penser et se repenser à gogo mais je ne vois pas le lien avec Éric Naulleau ou bien la vidéo en question.

          • #33811 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Pour clarifier car je pouvais sembler pénible : je ne condamne pas un éventuel hors sujet, je dis qu’il ne faut vraiment pas raccrocher cette question à l’interview ci-dessus. C’est à mille lieues de ce qu’on y voit. Si ça c’est de la gauche alors le gris très très foncé peut s’appeler blanc et il faut vite abandonner le langage.

            • #33823 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Thierry : les arguments que tu développes ici sont ressassés ad nauséam depuis dix ans par tout un tas de gens, Michéa, en tête. C’est un poil lassant.
              Surtout on cherche la raison de cette obsession à vouloir absolument dire l’inanité de cet étiquetage – dans le cas de Michéa j’ai mon idée.
              La raison officielle serait : gauche est un signifiant confus, car il embrasse à la fois Hollande et l’extreme-gauche. Mais à cette confusion il y a une parade simple : des petits compléments verbaux élémentaires et tout à fait pertinents : Hollande c’est la gauche libérale, ou social-démocrate, ou sociale-libérale, le PS en général fut le lieu de cette gauche qui croyait pouvoir gauchir le marché. On parle aussi parfois de gauche morale. Ou de gauche républicaine (Chevènement, etc). A quoi s’oppose la gauche antilibérale, ou anti-capitaliste, ou radicale, etc.
              Cette terminologie est tout à fait praticable.
              Je l’ai souvent dit: je ne tiens pas spécialement au signifiant gauche, je constate juste qu’il est praticable, et surtout je ne vois aucun intéret à se démener pour l’atomiser.
              Tu mentionnes un raisonnemement qui serait le mien :  » le « ni gauche – ni droite », signifie pour toi – et dans bien des cas, tu as sûrement raison – bien souvent extrême droite (notre joie. » Voilà qui est bien imprécis. Ce que je dis en fait, c’est :
              -le ni droite ni gauche est effectivement un slogan fasciste. Il s’accompagne parfois de la revendication de tracer une « troisième voie », ou de constructions oxymoriques attrape-tout : national-socialisme, etc.
              -il y a un autre espace politique qui affiche le « ni droite ni gauche », c’est le centrisme, ou la bourgeoisie libérale, Macron ayant repris à son compte ce positionnement qui sous-entend que nous aurions là affaire à des pragmatiques , soucieux d’efficacité, de prendre « le meilleur de tous les camps », de rassembler les gens raisonnables pour trouver des solutions, loin des idéologues sectaires et partisans.
              -il est intéressant alors d’observer que les deux camps coutumiers du ni gauche ni droite sont de droite, et que nous assistons en ce moment à leur jonction. Phénomène qui devrait faire réfléchir les milliers de désoeuvrés qui depuis dix ans ne trouvent rien de plus intéressant à faire que de prôner le dépassement du clivage gauche droite.

              • #33837 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                « Praticable » est le bon mot : dans la pratique, ces mots disent quelque chose de réel sur le social, c’est indéniable. Il suffit de déterminer leur sens pour clarifier la confusion.
                Mais on ne peut pas complètement faire l’économie de la réflexion de Weil sur la question : les termes de droite et de gauche, quand ils saturent la réflexion politique, deviennent aussi le symptôme d’une mort de la pensée politique elle-même, qui se laisse ainsi dévorée par « l’esprit de parti », où les prises de position de chacun deviennent un jeu de positionnement autoréférentiel et interne au spectre politique lui-même, occultant ainsi totalement la réalité.
                Et cet esprit de parti fait des ravages partout : beaucoup à droite, énormément à l’extrême droite, et un peu, aussi -il faut bien le reconnaître – à gauche.
                Durant le covid, par exemple, la plus grosse partie de la gauche, y compris celle reconnue pour être « radicale », s’est complètement couchée devant une politique sanitaire extrêmement autoritaire et discriminatoire. Des gens de gauche en sont venus à défendre une société de contrôle et d’exclusion par crainte d’être assimilés à l’extrême droite. C’est tout de même un problème.
                La question cardinale devrait rester celle de la justice politique et sociale. Si l’esprit de parti en vient à occulter cette question, c’est tout le monde qui finit par sombrer dans la confusion et l’oubli du réel.

                • #33843 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Là où j’ai été biberonné, formaté au « il faut dépasser le clivage gauche-droite archaïque » fut la prépa école de commerce au milieu des années 2000. Par des profs qui se vivait profondément de gauche, adoraient Tony Blair et par la suite Obama. C’était le point de vue qui paraissait nuancé à côté de profs ouvertement de droite jusqu’à la provoc joueuse. Nuancé mais surtout pragmatique, en dehors des idéologies et tous les termes que vous pouvez imaginer. Ce fut particulièrement efficace, on en sortait formaté à répéter ces choses à l’envie sans se rendre compte qu’on ne pouvait les défendre que par des généralités creuses.

                  • #33848 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    C’est l’héritage de la deuxième gauche rocardienne, transmutée en la feue Fondation Saint-Simon, régénérée en think tank Terra Nova. Enfin rien que tu ne saches déjà.
                    Lordon a un bon mot à leur sujet : la droite complexée.

                    • #33899 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      @Xavier : Je ne connaissais pas « droite complexée », c’est génial.
                      @Jean, ça fait deux messages que tu m’adresses qui n’ont rien à voir avec la choucroute. Tu rebondis sur un mot au hasard, ici Obama. Mais tu remarqueras que je ne disais rien de mon opinion sur Obama mais d’un groupe particulier qui, je le notais, l’adorait. Je te le redis : apprends. à. lire.

                      • #33900 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Tu mentionnais que la gauche progressiste soutenait Blair et Obama. Je te dis que cela allait plus loin, car même parmi les plus radicaux et anti-impérialistes, la couleur de peau était plus importante que la fonction présidentielle d’Obama, qui était en réalité impérialiste et peu sociale au regard de son bilan. Ce qui est amusant à noter, c’est que Trump était moins impérialiste et plus social, et pourtant il est détesté par la gauche. Cela en dit long sur la confusion au sein de ce camp, et ce, indépendamment de ton opinion personnelle sur la question.

                      • #33903 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Et je te disais que ça n’avait rien à voir. Je précisais le profil de ces gens-là et je précise encore pour être plus clair : certes, beaucoup en France ont salué l’election d’Obama mais pour les gens dont je parle il fut un modèle, encore plus que Blair (modèle sur lequel Macron s’est calqué sur bien des points). Et la citation de Besancenot que tu dégaines démontre que ce n’était pas son cas.
                        Je précise encore avant que tu n’extrapoles :
                        – je ne dis rien de ce que je pense de Besancenot
                        – je ne dis rien du rapport entre election d’Obama et une éventuelle victoire sur le racisme
                        – je ne dis rien de ce « Trump plus social » que tu as l’air de bien connaître

                      • #33904 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Dialogue de sourd, tu parles de cette gauche de ton école  » Par des profs qui se vivait profondément de gauche, adoraient Tony Blair et par la suite Obama »
                        Je rappelle que cette gauche allait chez les plus radicaux. POINT

                      • #33905 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        « – je ne dis rien de  »

                        Oui on s’en fiche ce n’est pas mon sujet.

                      • #33910 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        « même parmi les plus radicaux et anti-impérialistes, la couleur de peau était plus importante que la fonction présidentielle d’Obama »
                        .
                        Pauvre Jean Monnaie, jamais il ne souhaite confronter ses fantasmes au réel d’une lecture.
                        .
                        Voyons donc la pâmoison du Monde Diplomatique de août 2008 (donc Obama n’est même pas encore élu !) :
                        « A ceux qui rêvent encore qu’un président « multiculturel » né d’un père kényan signalerait ipso facto la venue d’une Amérique new age et la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate a déjà dit qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd ou de M.George McGovern que de la politique étrangère ‘réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan.’ Le multilatéralisme n’est pas pour demain ; l’impérialisme serait néanmoins plus soft, plus habile, plus concerté et, qui sait, peut-être un peu moins meurtrier. Les huit ans d’embargo de la présidence Clinton avaient toutefois tué énormément d’Irakiens… » […] « M. Barack Obama a de l’ambition. Jusqu’où le conduira celle, légitime, de « gagner les élections » ? Ces derniers mois semblent suggérer la réponse : plus à droite. (…) Oui, nous pouvons associer systématiquement créativité et secteur privé, compléter la mission de redéfinition du progressisme lancée par MM. Clinton et Anthony Blair, promouvoir une alliance de classes dont les managers et les cadres seraient les acteurs-clés. »
                        https://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/HALIMI/16160
                        .
                        Je sais pas ce qui est le plus gênant, entre tes interventions sans aucune courtoisie ni retenue qui salissent les discussions, ou le ridicule dont tu te couvres chaque jour.

                      • #33911 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        PARDON ?

                        Qu’est-ce qui est faux ?

                        La gauche en pâmoison sur Obama ? Le fait que sa couleur de peau lui ait permis un totem d’immunité même auprès de la gauche radicale. Le fait que la gauche radicale n’ait jamais admis le meilleur bilan de Trump. Évidemment, et heureusement, tu pourras toujours me trouver des articles plus vigilants, mais c’est très loin de la réalité.

                      • #33912 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        « Devant l’événement, l’obamania a largement dominé, y compris sur Mediapart, journalistes et blogeurs confondus. Heureusement, il y a eu quelques exceptions comme les subtiles interventions de la philosophe américaine Judith Butler (2). »

                        Philippe Corcuf

                        C’est bon la ? 🙂

                      • #33913 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Médiapart, représentant de la « gauche radicale »…
                        Philippe Corcuff (en passant : c’est deux « f »), le plus confus des confusionnistes…
                        « Je reste le maître à bord de mon propre navire de pensée. »
                        14b53b6014aebc8d1a63221b3e4b978c

                      • #33914 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Ok, j’apprends que Médiapart et Philippe Corcuff n’ont aucun lien avec la gauche radicale. Mais, curieusement, lorsqu’ils citent Judith Butler, qui serait l’exception, elle, c’est bien la gauche radicale. Comme toujours, le Dr Xavier épuise son adversaire avec sa mauvaise foi, mais rassurez-vous, il le fait avec une courtoisie exemplaire.

                  • #33892 Répondre
                    Jeanmonnaie
                    Invité

                    Seldoon qui à oublié que la gauche radicale à lecher le cul d’obama et qui change l’histoire.

                    « Pour saluer cette « victoire symbolique majeure contre le racisme » sans paraître se compromettre avec l’horrible Oncle Sam, Olivier Besancenot, l’initiateur du Nouveau Parti anticapitaliste, a eu recours à une dialectique aussi extravagante que rocambolesque : « Nous souhaitons que la liesse populaire ouvre la voie à la résistance face à la politique que va mettre en oeuvre Obama » (sic). »

                • #33894 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Pardon mais je ne vois pas bien le rapport entre les trois points de ta réponse.
                  -Ce à quoi Weil s’attaque c’est aux partis. Critique à laquelle j’adhère absolument. Elle ne s’attaque pas en soi aux étiquetages politiques – qui sont d’ailleurs indissociables de toute pratique politique. Etre de gauche anticapitaliste cela ne signifie pas qu’on défende un parti anticapitaliste (suis-je moi d’un parti?).
                  -sur le covid : je comprends ce que tu déplores cet unanimisme autour des mesures sanitaires, mais je ne vois absolument pas le rapport avec notre discussion.

                  • #33902 Répondre
                    thierry
                    Invité

                    François :
                    Merci pour ta réponse. Concernant Michéa, j’en sais rien même si on peut se douter effectivement que son idéologie a plus d’accointances avec le nationalisme révolutionnaire qu’avec la gauche. Je ne doute cependant pas du tout de la sincérité de son anticapitalisme.
                    Me concernant, il s’agit plutôt du fait que mes amis bourgeois commençant leurs phrases par « en tant que personne de gauche » en buvant un rouge trop cher sous une pièce d’art contemporain ne m’inspire pas vraiment plus de socialisme que mes amis de droite. De ce fait, on peut se demander si cette terminologie n’est pas un atout à brandir pour se sentir faire partie d’un camp. Toujours celui du bien – à gauche comme à droite – en fonction des gens à qui on souhaite plaire.
                    J’ai le sentiment dans l’époque que s’il fallait distinguer la population en « camps », et seulement s’il le fallait, il serait plus parlant d’opposer :
                    – Socialisme / Libéralisme
                    – Démocratie / Totalitarisme
                    – Libértaire / Autoritaire
                    .
                    J’ai grandis en Suisse et sachant que l’on vote sur des sujets plutôt que pour un parti ou un politique, il n’est pas impossible que les notions de gauche et droite n’aient moins de sens qu’en France.
                    .
                    Emile Novice : Je suis d’accord avec toi et je trouve que le sujet du Covid est intéressant sur un point dans la discussion :
                    Effectivement, il a été étonnant de constater que l’opinion la plus libertaire et anarchiste d’une certaine manière ait été porté majoritairement par l’extrême droite. (En suisse : l’UDC (parti conservateur massivement soutenu par la paysannerie).
                    Ce qui peut être intéressant dans ton exemple serait de se demander si la gauche (en grande partie, pas toute), se serrait ranger du côté d’une politique autoritaire, justement et uniquement par opposition à la position de l’extrême droite. Il y a bien sûr d’autres raisons mais il ne me semble pas impossible que cela puisse avoir été l’impulsion première.

                  • #33917 Répondre
                    Emile Novis
                    Invité

                    @ François Bégaudeau.
                    Je rappelle que d’un point de vue pratique, droite et gauche signifient quelque chose : il suffit de passer une soirée avec des militants de l’action française et une soirée avec des militants anticapitalistes pour constater que ces mots (« droite » et « gauche ») disent quelque chose sur la réalité sociale.
                    Pour autant, du point de vue de la pensée politique, il faut être plus distancié (Simone Weil, d’ailleurs, utilise assez rarement ces termes, mais il lui arrive souvent, quand elle les utilise, de prendre ses précautions et de mettre un peu de distance avec leur signification).
                    => Simone Weil s’attaque en effet aux partis, et j’adhère également à sa critique. Mais elle s’attaque aussi à ce qu’elle diagnostique comme étant une maladie de l’esprit, qui procède de l’existence des partis, mais qui va bien au-delà de ces partis : l’esprit de parti, qui se diffuse dans le corps social comme un virus qui paralyse la pensée et, parfois, l’action. L’esprit de parti s’infiltre partout, notamment (et même surtout) chez les gens qui ne sont pas dans un parti. On somme les individus d’être pour on contre tel ou tel sujet (avant même d’avoir réfléchi au sujet lui-même), le langage est infesté de dichotomie manichéenne, et il faut se situer sur le spectre politique plutôt que penser la chose elle-même. On peut ne pas être dans un parti et penser comme un homme de parti (les pro machin, les anti bidule, etc.). La critique de Weil va donc bien au delà de la simple critique de l’existence des partis politiques. On peut donc être de gauche anticapitaliste sans appartenir à un parti et être déterminé par la logique des partis tout de même : c’est une des conséquences de l’esprit de parti.
                    => Le covid en est un bel exemple (et là, je réponds en même temps à Thierry) : bien sûr, la logique des partis et l’esprit de parti n’est sans doute pas la seule cause de la soumission d’ue très grande partie de la gauche à l’autoritarisme et à l’unanimisme des opinions sur ces questions. Mais je pense que l’esprit de parti est une des causes qui a rendu possible ce dressage social absolument effrayant durant deux ans. De nombreux hommes de gauche, qu’ils soient dans un parti ou en dehors, ont tout simplement refusé de critiquer le passe vaccinal, par exemple, pour ne pas être assimilé à des gens d’extrême droite. En tant qu’homme de gauche, j’ai ma propre image de moi-même à respecter, et je ne peux pas, moi, me mélanger à des gens obscurs qui sont de l’autre côté de l’échiquier politique (exactement comme les partis politiques et leur logique de pureté interne qu’il ne faudrait jamais souiller au contact de l’ennemi). Cette mixophobie a joué un rôle non négligeable dans cette période sanitaire, et a donné lieu à un renversement vertigineux : des hommes supposément de gauche ont totalement adhéré à une société de contrôle très inquiétante simplement pour ne pas se mélanger avec des gens qui pourraient éventuellement avoir un lien plus ou moins direct avec des idées de l’extrême droite. C’est bien la preuve que l’esprit de parti, qui travaille aussi le sens que nous donnons aux notions de gauche et de droite, peut en venir à occulter le réel : car il s’agissait de lutter contre une société de contrôle, ni plus ni moins, mais beaucoup n’ont rien dit par crainte d’être assimilé à l’autre camp. C’est déplorable.

                    • #33959 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      « De nombreux hommes de gauche, qu’ils soient dans un parti ou en dehors, ont tout simplement refusé de critiquer le passe vaccinal, par exemple, pour ne pas être assimilé à des gens d’extrême droite »
                      Je ne partage aucunement cette analyse
                      La raison pour laquelle des gens de gauche ont refusé de critiquer le pass vaccinal n’a rien à voir avec une peur de se voir amalgamer à l’extreme droite.
                      Tu pars du postulat que les gens ont des réflexes partisans (et non pas partidaires), et par exemple qu’un individu de gauche prendrait une position de gauche par esprit partisan. Or un individu de gauche prend une position de gauche parce qu’il est de gauche (et pareil pour la droite)
                      Le cas que tu prends doit alors se lire tout à fait autrement
                      1 la position des gens de gauche pendant le covid fut selon toi une position sécuritaire. Admettons ici que ce soit le cas. Eh bien dans ce cas tu peux en conclure que nous avions là affaire à des gens de gauche autoritaire (Chevènement, ce genre là). La position qu’ils ont prise n’était pas insincère, elle était très sincèrement cohérente avec leur tropisme gauche-autoritaire ou gauche-républicaine
                      2 un cas. Mon père. Mon père PCF. C’est en tant que PCF, c’est à dire en tant qu’adhérant au positivisme de cette tradition politique, et notamment à cette idée que le progrès technique nous sauve et nous émancipe, c’est en tant que tout ça, dis je, que mon père a toujours été pro-vax, et totalement convaincu que les anti-vax étaient des obscurantistes neuneus, ceux là même que mon père avait passé vingt ans à fuir en même temps que sa campagne reculée. Si mon père a adhéré au vaccin et aux mesures sanitaires de la période Covid, s’il a été pour le pass, c’est en tant qu »individu de gauche tendance PC.
                      3 il faudrait peut etre que tu t’interroges pourquoi énormément d’anti-vax et d’anti-pass zonaient en lisière de l’extreme droite, et poutquoi Philippot en était le leader. N’y aurait-il pas un lien, une cohrence? N’y a-t-il pas dans l’imaginaire anti-vax quelque chose qui, au moins pour une part, recoupe un imaginaire d’extreme-droite?
                      4 pour le moins il ne m’est jamais apparu que les anti-vax ou les anti-pass portaient, en tant que tels, le drapeau libertaire. Jamais. J’en ai croisé beaucoup et ils n’avaient pas du tout, du tout, du tout, des têtes de libertaires. Le libertaire c’est moi, et j’avais sur le vaccin et le pass une position d’adhésion sceptique.
                      On voit à travers ce cas qu’au fond les positions de gauche et de droite ne sont pas des positions bêtement partisanes, mais des positions sincères. Chacun fait valoir un tempérament profond, réel. Et au bout du compte l’échiquier politique est assez représentatif des tempéraments en circulation.
                      (je précise que je n’ai aucunement ici envie de parler de vaccin ou de pass, je prenais ça comme exemple d’une discussion qui porte sur les étiquettes politiques en vigueur, que je trouve quant à moi tout à fait pertinentes et opératoires)

                      • #33962 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Je précise de nouveau qu’à mes yeux, le problème des étiquettes politiques n’est pas du tout la seule cause du refus du passe, par exemple. Et je suis pleinement d’accord avec toi pour dire que le rapport à la science a beaucoup joué dans le refus ou l’acceptation d’une telle mesure politique. La gauche a un fond positiviste/scientiste un peu niais qui fait qu’elle a complètement mordu à l’hameçon, alors qu’il existe toute une tradition de gauche, notamment inspirée de Bakounine (et aussi de Weil !) qui refuse par principe le gouvernement de la vie par la science. A l’inverse, si des gens d’extrême droite ont refusé le passe et le vaccin, c’est en raison, selon moi, d’un tropisme, très ancré dans ces milieux, qui tend à s’opposer à la science pour des raisons historiques et religieuses qui viennent de loin (une forme d’antimodernisme, pour le dire vite) et qui infusent depuis longtemps ces milieux politiques.
                        Je dis simplement que certains, pour autant, ont très clairement gardé le silence, ou adhéré aux dispositifs de contrôle, par crainte d’être assimilé au camp d’en face. C’est une réalité que j’ai pu observer autour de moi : aujourd’hui, ils ont tendance à reconnaître qu’il s’agissait de mesures très problématiques, mais que le vent soufflait un peu trop fort à l’époque, et qu’ils étaient dérangés par le fait de pouvoir être assimilés à l’extrême droite. C’est une réalité impossible à chiffrer, mais l’esprit de parti a bien joué un rôle, selon moi, dans la débâcle de la gauche durant cette période.
                        => « il faudrait peut etre que tu t’interroges pourquoi énormément d’anti-vax et d’anti-pass zonaient en lisière de l’extreme droite, et poutquoi Philippot en était le leader. N’y aurait-il pas un lien, une cohrence? N’y a-t-il pas dans l’imaginaire anti-vax quelque chose qui, au moins pour une part, recoupe un imaginaire d’extreme-droite? ». J’y vois surtout une arnaque : Philippot, c’est le bonapartisme le plus débridé, une idolâtrie de l’Etat et de l’homme fort à gerber, tout cela revenant à de l’autoritarisme brutal. Ce même autoritarisme brutal qui fut celui de Macron durant la politique sanitaire. Pourquoi s’est-il opposé, alors qu’au début, il était à fond pour le confinement ? Peut-être a-t-il vu dans cette période un moyen d’exister politiquement et de ramener des mécontents qui ne trouvaient aucun moyen d’expression ailleurs, tout en s’appuyant, effectivement, sur une frange de la population traditionnellement opposée aux vaccins et plutôt proche de l’extrême droite. De même, il s’est opposé à la réforme des retraites, ce qui est assez étrange au vu de leurs idées politiques, mais assez courant au vu de son fond de commerce : être « anti-système ».
                        J’en profite pour souligner que les médias ont tout fait pour assimiler toute opposition à Philippot, l’extrême droite ou autre groupuscules de ce genre, afin de disqualifier toute critique et de dissuader une base sociale plus large de se mettre dans le mouvement ( et ça a plutôt bien fonctionné, car l’esprit de parti est puissamment efficace pour diviser). Or, je ne sais pas à Paris, mais pour avoir vu les manifs anti pass ailleurs, il y avait de tout : des gens dépolitisés, quelques rares gens issus de la gauche radicale, des personnes n’ayant jamais manifesté, des adorateurs de Philippot, quelques naturopathes bizarres, mais aussi des lecteurs de Barbara Stiegler (par exemple) et des gens lambdas en nombre, qui ne sont jamais nommés alors qu’ils étaient pourtant bien là.
                        => «il ne m’est jamais apparu que les anti-vax ou les anti-pass portaient, en tant que tels, le drapeau libertaire. Jamais. J’en ai croisé beaucoup et ils n’avaient pas du tout, du tout, du tout, des têtes de libertaires ». Et comme Barbara Stiegler, je poserai la question suivante : en quoi cela pose-t-il problème ? Si on est démocrate, on accepte la multiplicité des tempéraments, car cette multiplicité est inhérente à la vie sociale, et il faut bien vivre ensemble, quoi qu’on en dise. Alors, si des gens s’opposent, pour des raisons légitimes, à une société de contrôle et qu’ils n’ont pas une tête de libertaire, c’est ainsi et ça ne m’empêchera pas de considérer ce qu’ils disent et ce qu’ils font sur la base d’arguments recevables (car c’est là que se situe le réel, dans la pensée et dans l’action en situation, pas dans l’étiquette qu’on pose ou ne pose pas sur une tête). Moi aussi, certains discours peuvent m’emmerder dans certaines manifs, mais c’est ainsi et je sais pourquoi je suis là. Et si une discussion se déclenche et que les gens se divisent sur un sujet précis, ils se diviseront pour une raison consciente et bien précise, et c’est très bien ainsi.
                        => « je précise que je n’ai aucunement ici envie de parler de vaccin ou de pass » : moi non plus. Je prends cet exemple car je le trouve très significatif de la confusion politique que les étiquettes peuvent produire dans certaines situations.

                      • #33965 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Nous ne tomberons pas d’accord
                        Dans des positions politiques x ou y tu vois de l’arnaque, des calculs. Moi je vois l’expression très cohérente de positionnements affectifs-sociaux.
                        « Je dis simplement que certains, pour autant, ont très clairement gardé le silence, ou adhéré aux dispositifs de contrôle, par crainte d’être assimilé au camp d’en face. C’est une réalité que j’ai pu observer autour de moi : » Moi non, aucunement. Hiatus de constat entre nous
                        Sur les libertaires: tu as dit que la position libertaire (admettons) était défendu par des gens d’extreme droite. C’est à ca que je réponds, pas au reste. Je réponds que les gens d’extreme droite ne défendaient aucunement cette position en tant que libertaires, ce qui est logique. Et que je ne vois fondamentalement rien de libertaire dans la position anti-pass ou anti-vax.
                        Stiegler, que j’écoute par ailleurs, ne m’a jamais convaincu pendant cette
                        période.
                        Dernière chose : tu devrais considérer avec plus d’attention, c’est à dire armé de matérialisme historique, le positivisme de la gauche. Il a des fondements profonds, puissants, et dialectiquement respectables. J’ai effleuré ce phénomène avec le cas de mon père, qui avait subi l’obscurantisme anti-science (et anti-ville, anti-industrie, anti-ouvrier, anti-révolutionnaire, anti-Lumières) du catholicisme vendéen. Le scientisme de Marx peut aussi s’analyser de cette façon.

                      • #33979 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        En effet, nous ne tomberons pas d’accord, car il est vrai que j’ai trouvé Stiegler très convaincante durant cette période, précisément parce qu’elle a une position épistémologique très rationnelle sur la question de la science et de son rapport au politique, ce que la gauche n’a pas dans l’ensemble. Je comprends fort bien que, pour une raison dialectique, une partie de la gauche adhère à une forme de rationalisme militant contre des gens obscurantistes et opposés aux Lumières, mais cela ne doit pas être une raison pour sombrer dans un aveuglement dommageable à l’égard de la science et de son rapport au politique (je suis très loin de la génération de ton père, et cela doit beaucoup jouer sur la question). Car si la lutte (pleinement légitime à mes yeux) contre le catholicisme vendéen et tout ce que ce milieu charrie avec lui fut nécessaire en son temps, elle ne doit pas accoucher pour autant d’une position tout aussi contraire à la raison, c’est-à-dire d’un scientisme qui ferait l’économie de toute réflexion critique sur la science. Car les Lumières, c’est Kant qui en parle le mieux : « ose te servir de ton propre entendement! », ce qui n’est pas compatible avec la soumission à un discours de Castex que nous avons observé durant le covid, où les « je crois en la science », « j’ai foi dans les scientifiques » étaient devenus des rituels douteux de la part de ceux qui les proféraient. Le macronisme est un obscurantisme qui se fait passer pour éclairé, et ceci vaut pour le sanitaire, mais aussi et surtout pour l’économie, l’écologie, etc.
                        Je préfère Bakounine au PCF.
                        « Dans des positions politiques x ou y tu vois de l’arnaque, des calculs. Moi je vois l’expression très cohérente de positionnements affectifs-sociaux. ». Non, je suis d’accord pour dire que les positionnements politiques procèdent, pour l’essentiel, de processus affectifs et sociaux puissants, mais cela n’exclut pas pour autant la possibilité du calcul et de l’arnaque par ailleurs. Quel est le positionnement de Philippot? Fondamentalement, un bonapartisme qui adore l’Etat et conçoit la politique comme la soumission à un homme providentiel (de là leur « gaullisme » inconditionnel). Mais c’est aussi, tant qu’il est dans l’opposition (ce qui risque de durer pour ce qui le concerne), une position « anti-système » (comme toi, je trouve cette expression douteuse, mais c’est ainsi qu’ils se désignent) qui fait feu de tout bois. C’est tout le paradoxe de Philippot : il a tous les affects du pouvoir autoritaire (Poutine est pour eux un héros), et tout l’esprit de contradiction de celui qui s’oppose frontalement au pouvoir macronien en place. Ces deux affects contraires sont constitutifs de leur mouvement et donnent lieu à des calculs bien précis dans des situations déterminées. On ne peut pas exclure a priori des calculs dans cette affaire de covid, surtout quand on voit les revirements de Philippot qui pestaient contre Macron quand ce dernier n’avait toujours pas confiné la population, et qui s’est rapidement retourné contre la mesure du confinement quand les macronistes ont décidé de prolonger cette mesure.

                      • #33980 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Ce qui est surtout frappant chez une certaine extrême droite qui développe de ci de la des discours aux accents « libertariens », comme ce fut exemplairement le cas lors de l’épisode du confinement et du pass vaccinal, c’est de constater à quel point ces gens ont semble-t-il l’anti autoritarisme sélectif. Le gouvernement eut-il pondu un pass migratoire ou un pass à destination des populations issues des cités afin de mieux contrôler leurs allées et venues, leurs démangeaisons libertaires se séraient sûrement montrées moins virulentes. De fait, je suis d’accord pour dire que tous les scepticismes ne sont pas à mettre sur le même plan, certains sont opportunistes comme tu le démontre avec l’exemple de Philippot, et d’autres tiennent à des affects sincères. Il reste important des les différencier en effet, et de ne pas les associer aveuglement par réflexe pavlovien.

                      • #33983 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        On oublie aussi toujours à quel point de nombreux bourgeois sont à l’abri de toute décision politique depuis des décennies. Une décision de l’état qui a un impact sur leur vie quotidienne comme les restrictions sanitaires du covid ça a été extremement violent pour un paquet d’entre eux, qui sont soudain devenus de farouches libertariens (sélectifs, comme tu le signales).

                      • #33984 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Ema : en effet, l’esprit de parti s’accommode très bien de ces petits calculs ponctuels pour faire marcher la boutique, ce qui donne des positionnements politiques parfois surprenant et des alliances déroutantes. Raison pour laquelle il faut se détacher de l’esprit de parti pour considérer la chose même, ce qui n’enlève rien, par ailleurs, à la pertinence, sur le plan des principes et des lignes politiques, de la distinction entre la droite et la gauche. Sur le plan politique, cette distinction vaut quelque chose, à condition de la prendre avec distance et prudence, car mise en situation, les choses sont souvent beaucoup plus sinueuses et difficiles à cerner.
                        Par ailleurs, il y a toujours eu, du côté de l’extrême droite, une critique de l’Etat au nom de l’individu et de sa « liberté » (une sorte d’anarcho-capitalisme mélangé avec une critique de la « gauche étatique » qui décharge l’individu de sa responsabilité personnelle). Cela ne recouvre pas toute l’extrême droite, mais cette tradition existe, ce qui peut expliquer le positionnement de certains durant la période sanitaire : un côté libertaire au moins en apparence, mais qui a gardé toute sa haine de l’étranger par ailleurs.

                      • #34290 Répondre
                        thierry
                        Invité

                        Emile et François, Vous ne tomberez peut-être pas d’accord mais c’est pour cette qualité d’échange que je viens faire un tour dans le coin de temps en temps. Merci pour ça.

                      • #34293 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « car si la lutte (pleinement légitime à mes yeux) contre le catholicisme vendéen et tout ce que ce milieu charrie avec lui fut nécessaire en son temps, elle ne doit pas accoucher pour autant d’une position tout aussi contraire à la raison, c’est-à-dire d’un scientisme qui ferait l’économie de toute réflexion critique sur la science »
                        Crois tu vraiment que ce puisse être ma position? Ai-je jamais tenu des propos scientistes?
                        Le contrebalancement que tu apportes ici était tout entier contenu dans mon « dialectiquement ».
                        Je n’ai pas promu la position scientiste de mon père, avec laquelle je me suis souvent frictionné, je lui ai rendu la justice historique qu’elle mérite.

                      • #34031 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Emile Novis nous explique que si la droite refuse de « boire du poison », la gauche, pour ne pas être assimilée à la haine, va faire le contraire et le boire. « De nombreux hommes de gauche, qu’ils soient dans un parti ou en dehors, ont tout simplement refusé de critiquer le passe vaccinal, par exemple, pour ne pas être assimilé à des gens d’extrême droite. » Sur ce , François raconte que son père, membre du PCF, croit au progrès technique comme la plupart dans le parti, donc à la vaccination et, par extension, à la politique vaccinale à la Chinoise. Personnellement, je pense que les deux ont tort. Les Boomers, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont tout simplement sacrifié la sécurité sociale et la jeunesse par égoïsme, pour minimiser le risque de contagion pour leur tranche d’âge. La plupart, s’informant par les médias traditionnels, ont été intoxiqués par la propagande COVID. On constate que l’ouvrier comme le cadre à la retraite pensent et votent pour les mêmes politiques. Ce qui suggère que l’analyse de classe marxiste est totalement obsolète. Cependant, cela ne répond toujours pas à la question de savoir pourquoi la gauche radicale a été, au mieux, silencieuse pendant le COVID, et au pire, complice de cette France sanitaire totalitaire. La raison est simple : le passe sanitaire est une répétition générale du passe écologique que la gauche radicale souhaite ardemment, celui qui limiterait les déplacements et les voyages en avion. En réalité, personne à l’extrême gauche n’est libertaire. Ils appellent tous de leurs vœux un gouvernement mondial pour lutter contre le réchauffement climatique. Si sauver les hommes du capitalisme n’est pas possible, alors sauvons la planète. Peu importe le prix de nos libertés.

                      • #34032 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je n’oublie pas

                      • #34033 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Ni oubli ni pardon 🙂

                      • #34035 Répondre
                        Bonnaventure
                        Invité

                        « En réalité, personne à l’extrême gauche n’est libertaire. Ils appellent tous de leurs vœux un gouvernement mondial pour lutter contre le réchauffement climatique. »
                        Là on est hors concours niveau bêtisier.

                      • #34041 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Jean Monnaie. Les raisons que vous invoquez me paraissent tellement spéculatives et abstraites qu’on se demande bien comment vous pouvez lire la réalité sociale à partir de ce prisme.
                        Je crois qu’il y a quatre causes principales à la complicité d’une grande partie de la gauche avec ce dressage anthropologique que fut la société de contrôle impliquée dans le passe sanitaire:
                        => Un scientisme aveugle, une croyance dans la science plutôt qu’une connaissance des enjeux épistémologique propres à l’élaboration des connaissances et à leurs applications pratiques.
                        => Des affects sociaux constitutifs des positionnements politiques, dont le scientisme, par exemple, en est un exemple concernant la gauche, exemple rappelé par François Bégaudeau (et une forme d’antimodernisme pour la droite, ce qui les rend méfiant envers la science, au delà du raisonnable bien souvent)..
                        => Le processus anthropologique très puissant du bouc émissaire : quand la société semble vaciller, que l’ordre se désagrège de manière visible, les collectifs ont besoin de se refonder dans et par la purification interne, ce qui passe par la désignation d’un coupable. Le non-vacciné devenait le coupable idéal (mais totalement imaginaire) permettant de donner une raison à la souffrance collective tout en exemptant le pouvoir de toute responsabilité – de même que « le juif », au moyen-âge, était le coupable imaginaire accusé de transmettre la maladie pendant des épidémies dévastatrices. Le passe vaccinal devenait ainsi le moyen d’exercer une violence sociale sur des innocents réels transformés en coupables idéal. Ce processus du bouc émissaire concerne tout le monde.
                        => L’esprit de parti et le calcul des intérêts : une partie de la gauche, y compris de la gauche dite radicale, ne veut pas s’opposer pleinement au pouvoir, et ne veut surtout pas être assimilée au camp d’en face, par amour propre et narcissisme social. Alors quand le vent souffle trop fort, la crainte rentre dans le calcul, et on se tait, ou on va jusqu’à épouser le sens du vent. Je crois que la vanité ou l’amour propre jouent un grand rôle dans les positions politiques prises en public (par public, j’entends, au sens large, partout où une pluralité d’individus se retrouvent, par exemple le lieu de travail, un bar avec des amis, etc.). Sur cette question, il y a un très bon article de Harold Bernat sur QG, qui explique très bien qu’une partie conséquente du positionnement des professeurs sur le cas Oudéa-Castéra s’explique par cet esprit petit-bourgeois qui « veut en être » et calcule les termes de sa défaite de telle sorte qu’il ne perde pas trop de plumes dans telle ou telle situation. Cela donne l’homo ricanus, figure nouvelle du dernier homme de Nietzsche : « On s’accorde sur la destruction des institutions mais on continue de participer sans rien dire, après calcul, à l’administration du désastre. On est pas si mal et un peu à l’abri, pourquoi prendre des coups quand on peut passer entre les gouttes », dit le dernier homme qui ricane du fond de son impuissance car il veut sauver les derniers lambeaux de ce qui lui reste encore -pour un temps seulement…

                      • #34043 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Sur le calcul cynique et l’amour propre qui expliquent en partie le positionnement politique petit-bourgeois dans les situations un peu crispées, voici l’article d’Harold Bernat sur QG : https://qg.media/blog/haroldbernat/homo-ricanus-ou-les-railleries-impuissantes-de-la-petite-bourgeoisie-collabo/

                      • #34049 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Il y a manifestement une obsession du scientisme chez Emile. Il dégaine cet argument comme facteur explicatif d’à peu près tout. Comme chez tous les antivax et antipass cela traduit surtout un rejet profond de la science. Quelle est donc l’origine d’un tel ressentiment ?

                      • #34050 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je pense que tu utilises des mots sans en maîtriser le sens. La sociologie des plus de 65 ans, que ce soit dans le soutien à Macron ou la quasi-unanimité pour la politique sanitaire, est tout sauf abstraite. Par ailleurs, affirmer que si la gauche radicale n’a pas souhaité s’engager contre le totalitarisme sanitaire pour ne pas être catégorisée d’extrême droite, cela serait extrêmement affligeant et pourrait dégoûter n’importe quelle personne d’appartenir à un camp aussi bête et sectaire. Heureusement, ton affirmation est nécessairement incorrecte car je te rappelle que, pour la lutte contre la réforme des retraites, non seulement la majorité de la droite était contre, mais le patronat également ! À aucun moment la gauche radicale n’a cessé de manifester parce qu’elle ne voulait pas être associée à la droite et au patronat. Par conséquent, ma double réponse consiste à dire qu’en étant en gérontocratie, Macron n’a fait qu’appliquer ce que voulaient les boomers, et cela, peu importe leur orientation politique et leur classe sociale. Là où l’on peut discuter, mais où je maintiens ma position, est que la dictature écologique est largement acceptée à la gauche de la gauche et que c’est bien cela qui explique la validation de la politique sanitaire. Il serait intéressant que des sondages existent sur ce sujet pour clarifier une bonne fois pour toutes ce que je constate chez pas mal d’intellectuels de gauche.

                      • #34051 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        « les collectifs ont besoin de se refonder dans et par la purification interne, ce qui passe par la désignation d’un coupable. Le non-vacciné devenait le coupable idéal (mais totalement imaginaire) permettant de donner une raison à la souffrance collective tout en exemptant le pouvoir de toute responsabilité – de même que « le juif », au moyen-âge »

                        Il n’est pas acceptable d’invoquer René Girard pour chaque phénomène de folie collective. La grippe de Hong Kong en 1960 était presque aussi grave, et pourtant, à cette époque, personne n’a cédé à une telle transe collective qui a exposé la stupidité et la lâcheté humaines. Si la Chine n’avait pas confiné sa population, aucun pays occidental n’aurait osé emboîter le pas. Si notre population n’était pas aussi vieillissante, on n’aurait jamais imposé de telles contraintes aux jeunes. Il est crucial de ne pas toujours appliquer ses lectures à ce que l’on considère être la réalité. C’est le meilleur moyen de faire fausse route.

                      • #34057 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Oui papa. Mais si tu lis René Girard, tu verrais que la modernité se constitue précisément sur une résistance sourde à la logique du Bouc émissaire (selon lui, la révélation des évangiles, et ses conséquences sur la culture, est la cause principale de cette résistance, car en révélant la logique du bouc émissaire, elle neutralise la croyance dans la culpabilité du bouc émissaire). Pour autant, cette résistance peut céder dans certains contextes. Le fait que la logique du bouc émissaire ne s’active pas systématiquement de nos jours n’invalide pas sa théorie et la mobilisation de cette logique pour le cas des non vaccinés durant le covid.

                      • #34067 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Heureusement, j’ai pu démontrer que l’approche du bouc émissaire n’était pas pertinente ici, car les trois principaux facteurs sont : l’Occident adoptant la même politique que la Chine, une population vieillissante qui privilégie la sécurité absolue, et une gauche radicale aspirant à un contrôle totalitaire dans le domaine écologique.

                        Il est vrai que certains ont pu se réjouir de voir les non-vaccinés humiliés et isolés, mais cela demeure une conséquence des facteurs que j’ai mentionnés précédemment, et donc, cela n’apporte pas grand-chose à l’analyse.

                      • #34052 Répondre
                        Bonnaventure
                        Invité

                        Une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limitent1 ; il faut préciser que même un régime autoritaire peut avoir des lois, des institutions, voire un parlement avec des députés élus, mais pas librement et ne représentant donc pas des contre-pouvoirs.

                      • #34054 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Le patronat était favorable à la réforme des retraites? La droite également? C’est tout simplement faux. Voici ce qu’on peut lire sur le site du Medef :
                        « Invité de BFM TV le 31 mars dernier, Geoffroy Roux de Bézieux est revenu sur la réforme des retraites précisant que le Medef continuait d’y être favorable tout en reconnaissant qu’il faudrait peut-être changer de méthode et faire plus confiance aux partenaires sociaux » (https://www.medef.com/fr/actualites/retraites-le-rapport-de-force-entre-les-employeurs-et-les-employes-va-sinverser).
                        Les LR ont servi à faire passer la réforme en ne votant pas la motion de censure. Zemmour y était favorable, et franchement, je n’ai pas croisé de partisans du medef ou de gens vraiment de droite dans les manifestations. Votre lecture du social est complètement déglinguée.

                      • #34058 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        J’avais vu lu 70 % des patrons à l’époque mais peu importe.
                        Je te donne juste le premier lien google
                        « D’après un sondage, plus de six dirigeants sur dix de très petites entreprises (TPE) ne sont pas pour la réforme des retraites. Seuls 10% des patrons la soutiennent fortement. »
                        Et celui la :
                        « Réforme des retraites : seuls 7% des actifs favorables à une augmentation de l’âge légal de départ »

                        Même pour chercher une information aussi simple que ça tu arrives à faire du cherry picking. C’est juste fou !

                      • #34059 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        7 % des actifs sont de droite du coup ?
                        BREF

                      • #34061 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Parce que tu assimiles les dirigeants des très petites entreprises au « patronat »? C’est absurde.

                      • #34065 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Le patronat commence au patron…
                        Ta mauvaise foi est ahurissante.

                      • #34063 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        « Les moins de 35 ans sont les plus opposés (à 74 %) à cette réforme. Les plus favorables sont les plus de 65 ans, avec 50 % d’opinions favorables, soit le double de presque toutes les autres catégories d’âge. Autre point saillant : les salariés du secteur public sont les plus hostiles (85 %), près de 10 points de plus que les salariés du privé, les dirigeants d’entreprise et les chômeurs. »

                        Cela confirme que nous ne sommes pas dans des logiques de classes mais d’âges.

                      • #34066 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Mais le retraité favorable à la réforme des retraites est aussi situé sociologiquement et économiquement : tu remarqueras que ce n’est pas tous les retraités, mais les retraités confortablement installés dans leur retraite. Ils se vivent dans la position de rentiers économiques, et cela joue beaucoup sur leur perception de la réalité sociale : ils s’identifient plus facilement aux intérêts du capital, car le capital leur assure la conservation d’un ordre social qui, aujourd’hui, leur donne une position satisfaisante à leurs yeux.
                        Mais le retraité qui n’a plus de dents, ne peut pas se soigner, jouit d’une pension misérable, elle, généralement, elle est contre la réforme des retraites. Pourquoi, à ton avis?

                      • #34069 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Il est possible de trouver des exceptions, mais ce qui est pertinent pour analyser la politique COVID et la réforme des retraites est avant tout l’âge. Pour preuve, le père de François, membre du PCF, n’a pas une position différente d’un républicain du même âge concernant la politique sanitaire. Les deux étaient satisfaits de la stratégie du « quoi qu’il en coûte » de Macron pour limiter la contagion.

                      • #34070 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Ce ne sont pas des « exceptions », mais des positions différentes générées à partir de situations sociales et économiques radicalement différentes.
                        Le retraité qui soutient Macron, c’est le retraité qui va bien avec une bonne pension, et qui se vit comme un petit rentier qui a tout intérêt à ménager l’ordre social actuel, ce qui passe par une convergence avec les intérêts du capital.
                        Le retraité misérable, lui, est généralement contre la réforme des retraites. Ce n’est ni un hasard, ni une exception : il y a une logique sociale derrière.

                      • #34074 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Le fait que les retraités aient voté à 40 % pour Macron au premier tour, et qu’ils soient à 80 % en faveur de la politique sanitaire, tend à estomper significativement la notion de conscience de classe. Il est vrai qu’un ouvrier retraité pourrait être moins enclin à voter pour Macron, mais même dans ce cas, il est quatre fois plus susceptible de le faire par rapport à un ouvrier actif. Insister pour interpréter toutes les données à travers le prisme de la classe sociale est, à mon avis, une erreur, pour les raisons que j’ai exposées précédemment.

                      • #34056 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je ne vois pas le lien entre notre sujet et l’article que tu m’as fourni. Cela confirme bien que ton erreur est de vouloir associer tout et n’importe quoi de manière aléatoire, ce qui rend ta pensée confuse. Alors que comprendre les raisons des politiques sanitaires est d’une extrême simplicité.

                      • #34060 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Tu dis que le medef était contre la réforme des retraites.
                        Je te dis que c’est faux.
                        Je te mets en lien le site du medef qui déclare être favorable à la réforme des retraites.
                        Tu ne vois pas le lien?!
                        Dans ce cas : bonne journée.

                      • #34064 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je parle de patronat tu comprends MEDEF.

                        BON….

                      • #34068 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Disons que le patronat a un lien avec le medef.
                        Le problème, c’est précisément de parler de « patronat », en englobant dans le même mot le petit chef d’entreprise payé à 1500 euros par mois (et qui travaille lui-même le plus souvent) et le milliardaire qui engrange des bénéfices délirants chaque seconde.

                      • #34071 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Jean Monnaie: Tu dis : « Le patronat commence au patron…
                        Ta mauvaise foi est ahurissante. »

                        Il faut quand même que tu répondes à cette question : englober le petit « patron » qui touche 1500 euros par mois et travaille avec ses ouvriers sous le même mot (le « patronat ») que le milliardaire qui fait 1000 euros de bénéfices par minutes, même en dormant, c’est pertinent? On peut dire que le patronat, ici, désigne une réalité homogène?

                      • #34076 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Un marxiste tend à généraliser en englobant tous les patrons dans la même catégorie. Dans notre contexte, l’utilisation du terme « englober » est appropriée car mon analyse se base sur les individus plutôt que sur des institutions ou des appareils de parti. Tu avances que les personnes de gauche ne souhaitent pas être associées à celles de droite. En réponse, je te présente un contre-exemple significatif : le vote des patrons et de la droite lors du plus grand mouvement social de 2022. Ce n’est pas un exemple anodin, mais un événement majeur qui remet en question l’argument initial.

                      • #34073 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Le MEDEF c’est le patronat du C40.
                        Notre sujet est que les personnes de droite et les patrons ne sont pas très différent politiquement, sur la réforme de la retraite.

                      • #34075 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Quand tu cesseras d’appeler « patron » un mec à son compte qui emploie une seule personne et fait le boulot comme elle en essayant de se verser un salaire à la fin du mois, peut-être que ton discours sera plus clair.
                        Le mot « patron », ici, est tellement équivoque qu’il voile le réel. Souvent, d’ailleurs, le grand patronat joue sur cette équivocité pour essayer de justifier ses arnaques.

                      • #34077 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        J’ai répondu juste au dessus.

                      • #34079 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Cadeau j’ai pensé à toi

      • #33805 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Ces Juifs dont tu parles sont ceux qui passent à la télé. La plupart des Juifs que je connais sont des gens ordinaires, peinés par Nethanyaou, hostiles à la gauche décoloniale et effayés par le Hamas – ou bien ils sont de gauche, militants contre la colonisation à leurs heures. Mais fondamentalement ils sont français et hormis en cette époque de génocide, ils songent avant tout à la situation politique française avant de penser à Israël. Aussi la plupart de ces Juifs sont épuisés de porter sur les épaules le poids des vicissitudes du peuple juif intemporel, et mènent une vie normale.
        De tous ceux avec qui j’ai causés, aucun ne votera RN. Je n’ai pas sondé hein, mais on en cause comme ça depuis la manif obscène à laquelle personne de ma connaissance n’a participé. Pas sûr que tous revotent LFI – mais pas de vote RN. Soit mon panel de Juifs n’est pas représentatif, soit les Juifs qui votent RN sont les mêmes depuis quarante ans, les vieux qui vivent dans le Sud, les restants de Pieds-Noirs, ou les givrés d’autorité. Comme le reste des Français.
        Allez, au mieux le RN a absorbé la LDJ, anciennement BETAR, ce machin fasciste.

      • #33809 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        C’est un problème assez compliqué dont Enderlin et Cypel parlent pas mal dans leurs confs (notamment Enderlin a fait quelques interventions filmées/enregistrées sur son livre « Les Juifs de France entre République et Sionisme », il a bossé spécifiquement là dessus, de toute façon ce type est toujours passionnant). Je connais trop peu de juifs pour pouvoir généraliser sans leur aide.
        .
        Je ne saurais pas tout bien retranscrire, mais j’avais retenu qu’il y avait eu un basculement bien mesurable (qui s’est même ressenti jusque dans la gouvernance du CRIF par exemple), je ne saurais plus de quand il date mais au moins 20-25 ans. Je veux dire une sorte de tournant conservateur, qui évidemment ne concerne pas tous les juifs mais une part substantielle. Ça n’est pas qu’une impression. J’ai souvenir d’une spécificité des juifs de France (par rapport aux juifs américains, dont le judaïsme est nettement moins conservatrice ; le 7 octobre rebat sans doute un peu les cartes), qui est qu’ils se vivent plus minoritaires et donc plus insécures (qui plus est dans un pays comme la France avec l’histoire qu’on sait). Le complotisme anti-juif post 11 septembre au eu un impact. L’affaire Merah aussi, très fort. Les conservateurs et autres réacs ont réussi à en persuader pas mal que le nouvel ennemi était le musulman. Impact de la radicalisation de la situation en Israël aussi. Et on en arrive à Serge Klarsfeld (tout de même) qui déclare dans le Monde que le RN ça va et que LFI est l’ennemi, et tout le reste (pour Klarsfeld, ne pas négliger évidemment sa position sociale, ça va de soi).

        • #33815 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Oubli important pour le début des années 2000: la deuxième intifada

          • #33824 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Enzo Traverso fait quant à lui remonter cette droitisation à la création d’Israel
            (voir entretien Hors série récent)
            Ce qui semble très logique
            Les juifs diasporiques, persécutés partout, ont eu pendant des siècles le réflexe de se greffer et parfois de mener tous les mouvements contestataires d’émancipation. A partir du moment où ils ont une terre à défendre, une nation, un Etat, alors ils contractent l’idéologie de ceux qui possèdent : le conservatisme. C’est alors qu’ils quittent peu à peu, décennie après décennie, le train de la modernité politique

            • #33838 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              J’oubliais Traverso absolument, chaudement recommandable (notamment le H-S). De toute manière il y a toujours quelque chose d’arbitraire dans le choix de l’origine d’un glissement. Pour remonter encore plus loin à la source l’hypothèse Traverso se défend.

              Là où je trouve ses travaux intéressants, encore plus en amont, c’est son insistance sur l’impact qu’a eu la présence (réelle) de nombreux juifs dans les mouvements socialistes/communistes sur l’entretien/décuplement de l’antisémitisme. Je dis souvent à des amis que si pour une raison x ou y advenait un « autre virage » socialisant et contestataire notable chez les juifs français, l’antisémitisme reviendrait sur les plateaux télés sans trop de souci… Pas nécessairement nazi hein, mais un bon petit antisémitisme des familles, pignon sur rue, à 19h.

              • #33840 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                Merci pour ces informations. Je me rends compte que j’ignore beaucoup de choses sur l’histoire politique de ce peuple, et notamment de son rapport au socialisme. La situation d’exil vécue par ce peuple à travers les siècles est pourtant un point qui rend leur rapport au politique si riche et si difficile à comprendre.

            • #33906 Répondre
              Seldoon
              Invité

              « A partir du moment où ils ont une terre à défendre, une nation, un Etat, alors ils contractent l’idéologie de ceux qui possèdent : le conservatisme. C’est alors qu’ils quittent peu à peu, décennie après décennie, le train de la modernité politique »
              Et c’est pourquoi j’ai bien l’impression que le mouvement dont on parle n’est pas circoncrit à la France. Je parle sans bien connaître et la situation est différente aux USA mais j’ai l’impression que les juifs votant démocrate qu’on voyait dans les films de Woody Allen ainsi que leurs enfants votent aujourd’hui pour l’aile droite du parti républicain.

              • #33922 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Non, les Juifs américains sont directement ciblés par Trump et ses électeurs qui ne masquent pas leur antisémitisme franc du collier. Les derniers propos de Trump au sujet du 7 octobte enfoncent le clou (« ils l’ont bien cherché », pour synthétiser).
                En France, si le vote réac progresse, c’est tout de même bien moins que dans le fantasme des éditorialistes de la presse dite politique. À noter le distingo tout de même inquiétant entre Le Pen et Zemmour. Comme si d’instinct on supposait que la première était antisémite, au moins par héritage, mais que l’on accordait un blanc-seing au second en raison de ses origines.

                https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20231104-pour-marine-le-pen-des-rapports-aux-%C3%A9lecteurs-juifs-toujours-contrari%C3%A9s

                • #33923 Répondre
                  Jeanmonnaie
                  Invité

                  Zemmour le fameux juif antisémite.
                  Trump dont sa fille est marié à un juif, pro Israël est antisémite.
                  Ah !

                • #33924 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  C’est plus compliqué : partout l’extreme droite doit jongler entre antismétisme et islamophobie. Trump, dont la base arrière est l’alt right anti élite et donc antisémite a eu une politique extremement pro israélienne avec des liens très forts dans sa famille et déplacement de l’ambassade. Les juifs américains que je connais sont très conservateurs et votent Trump avec un recul de bon aloi mais c’est un vote assumé. N’oublions pas non plus le phénomène Ben Shapiro, assez représentatif des gens avec lesquels j’ai pu discuter là-bas.

                  • #33925 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    C’est vrai que j’avais oublié l’épisode Jérusalem capitale d’Israël.

                    • #34085 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Il me semble que sur la position politique des juifs américains, la variable générationnelle est décisive
                      Je vois grossièrement les choses en trois temps :
                      -un compagnonnage serré entre radicalité de gauche et juifs – qui culminera dans les années 60, avec notamment un nombre conséquent de leaders juifs du mouvement anti-guerre au Vietnam, et aussi du mouvement noir.
                      -dans les quatre décennie qu suivent, les juifs américains suivent la pente déjà décrite par Selddon : droitisation, etc. Mouvement emblématisé parce qu’on appelle les néo-conservateurs, pour la plupart issus du trotskisme. Cette étiquette étant d’ailleurs tout à fait adéquate pour désigner des intellectuels français comme BHL, Taguieff, Finkielkraut, ou le moins connu Weitzmann (Signe des temps, parfaite tribune néo-conservatrice sur france cul)
                      -il semblerait qu’aujourd’hui une partie non négligeable des jeunes juifs américains soient en train de rallier la gauche radicale : marre de devoir soutenir le fascisme israelien, marre d’etre derrière toutes les guerres pétrolière du monde dit libre. Cette nouvelle tendance s’étant cristallisée avec des mouvements comme Occupy Wall Street et aussi les deux candidatures de l’amie Bernie (juif, c’est à noter). Je sens une esquisse de mouvement semblable en France. L’antisionisme juif de gauche est en train de renaitre.

                  • #33928 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Je trouve l’article ci-dessous qui va dans ton sens.
                    On remarque les mêmes objectifs politiciens que ceux de Le Pen/Zemmour en France. Ce qui me laisse penser à une forme d’antisémitisme primitif, raciste. Les leaders de droite dure imaginent facilement les Juifs plus impliqués dans la politique d’Israël que dans celle de leurs propres patries. Ce qui électoralement s’avère inexact – on reconnaîtra des poussées réactionnaires mais pas au point d’oublier où ils habitent. Les Juifs de France semblent heureusement s’intéresser davantage à la France qu’à Israël. À fortiori les Juifs américains fonctionnent de la même façon.
                    Je crois qu’il y a une facilité à vouloir essentialiser – je dis croire car pour moi c’est de l’ordre du ressenti, de l’instinct personnel, je ne dispose pas d’assez de données. Je n’ai pas assez lu sur le sujet pour continuer intelligemment cette conversation, il me manque trop d’infos pour ne pas verser dans l’opinion.

                    https://fr.timesofisrael.com/pour-trump-les-juifs-ont-vote-pour-la-destruction-des-etats-unis-et-disrael/

                    • #34097 Répondre
                      Jeanmonnaie
                      Invité

                      Si je disais que tu avais tort Leo on dirait qu’il ne faut pas me prendre au sérieux. Après tout ne suis un facho.
                      Simplement Saltimbanque qui semble connaître le sujet mieux que personne semble aussi te donner tort.

                      • #34098 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        . »Les Juifs de France semblent heureusement s’intéresser davantage à la France qu’à Israël. » VS « Ce qui m’a toujours frappé, c’est que la plupart des gens que j’ai fréquenté dans ces environnements étaient pour le coup davantage préoccupés par Israël que par la France, »

                  • #33941 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    Indice supplémentaire pour ajouter au bazar aux US : la question très importante de l’antisémitisme sioniste chrétien chez les évangéliques (kamoulox), bien influents là bas. Ultra mobilisés en faveur d’Israël pour des histoires de prophétie, et au fond antisémite du fait de cette même prophétie. Je ne détaille pas (vous connaissez probablement) mais c’est intéressant et loin d’être négligeable, semble-t-il . Le motif religieux là dedans n’est sans doute pas le seul, mais mobilisateur et galvanisant

                    • #34084 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Tu m’otes les mots de la bouche
                      Actuellement aux EU le gros de l’antisémitisme est évangéliste…. et ce sont les mêmes qui soutiennent Israel, par l’effet d’une fable idéaliste à douze bandes. (oui au pays des fables tout est démontrable, tous les montages idéologiques sont possibles, on peut donc etre ultra-sioniste par antisémistisme – et aussi bien sûr par racisme anti-arabe)

                      • #34093 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « fable idéaliste à douze bandes » : c’est en effet le moins qu’on puisse dire. Sacrée fable (sans mauvais jeu de mot bien sûr)

                      • #34106 Répondre
                        Monknow
                        Invité

                        Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le soutien des évangélistes états-uniens à Israël par antisémitisme s’inscrit en réalité dans une longue tradition. J’avais lu un article du diplo très intéressant sur la question :

                        https://www.monde-diplomatique.fr/mav/157/ACHCAR/58306

                        Beaucoup d’antisémites européens ont en effet vu dans le sionisme le moyen de résoudre la question juive. Ainsi, le seul ministre juif du gouvernement britannique au moment de la déclaration Balfour (qui promettait de soutenir la création d’un foyer national juif en Palestine mandataire) a démissionné en signe de protestation

                      • #34110 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        ….aussi vrai que les premiers antisionistes étaient juifs. Pour plusieurs raisons, dont le pressentiment que la création d’un Etat juif ferait aux juifs beaucoup plus de mal que de bien.
                        75 ans plus tard, quel bilan à ce niveau?

                      • #34112 Répondre
                        Monknow
                        Invité

                        Le bilan est sous nos yeux, et il est catastrophique. D’abord et avant tout pour ceux qui sont les premières victimes du sionisme, c’est-à-dire les Palestiniens, mais aussi pour les Juifs : droitisation, rupture avec les luttes d’émancipation, notamment antiracistes, oserais-je dire développement d’un éthos de propriétaire particulièrement mortifère… Voir des gens autour de moi tout à la fois obsédés par la Shoah (c’est également mon cas), et défendant le nettoyage ethnique en cours (pour ne pas dire plus) me rend fou. Mais même d’un point de vue sécuritaire, je suis convaincu que la création de l’Etat d’Israël aura produit beaucoup plus d’antisémitisme qu’elle n’aura permis de lutter contre.

                      • #34295 Répondre
                        thierry
                        Invité

                        Bilan en effet inquiétant. La semaine passé un mec qui louait du matos de ski à Davos à placardé une feuille à l’entrée de sa boutique expliquant en hébreu qu’aucun matériel de ski ne sera dorénavant loué aux juifs. Suite au tollé logique il a retropédalé comme il a pu. Cette affaire peut sembler n’avoir que peu d’intérêt mais les amis avec qui j’en ai parlé (des centristes bien sous tout rapport) autour d’un souper, commençaient à trouvé que finalement c’était de bonne guerre (j’exagère à peine). Le centriste décomplexé qui sort de son trou ne le fait généralement que lorsqu’il est sur qu’il n y a plus rien à craindre et ça c’est inquiétant.

                      • #34319 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        @Thierry – Merci pour l’anecdote, qui n’a de valeur qu’anecdotique, mais tout de même, j’en profite pour jouer les prolongations : lorsque Lordon écrivait le 15 octobre que « tout porte le bloc bourgeois à se reconnaître spontanément dans l’entité ‘ Israël ‘, partant à en épouser la cause », on pouvait s’interroger sur la réelle solidité de cette adhésion à « la cause. » Il n’est pas interdit de penser que la bourgeoisie commence à se dire que ça commence à bien faire tout ce bordel, pas bon du tout pour les affaires ça. À quelques encablures, on a bien voulu snobber la Saoudien MBS quelques mois quand il a tronçonné son journaliste, mais lui au moins a repris ses esprits et revenu aux affaires, ce qui nous a permis de revenir dans sa capitale pour de fructueux congrès. Il faudrait peut-être que Netanyahou prenne exemple et se resaisisse, sinon on va pas tader à chercher à le débrancher et trouver quelqu’un d’un peu plus réceptif aux désirs du capital.

                      • #34179 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        @Monknow merci pour cet article très intéressant. J’avais oublié que cette tendance de l’antisémitisme chrétien se trouvait chez Balfour.

                        Je n’avais jamais lu non plus cette citation longue de Herzl, en milieu d’article, sur les assimilés vs. non assimilés. Quelle terrible clarté!

                      • #34338 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        La bourgeoisie française a été endémiquement antisémite pendant deux siècles au bas mot. Il serait étonnant qu’elle se soit totalement guérie en 50 ans.
                        D’où l’aberration du ralliement d’ex juifs de gauche au bloc bourgeois, et parfois à l’aile droite de ce bloc.

                      • #34347 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        La gauche a été endémiquement antisémite pendant deux siècles au bas mot. Il serait étonnant qu’elle se soit totalement guérie en 50 ans.
                        D’où l’aberration du ralliement de juif gauche à la gauche, et parfois à l’aile gauche de ce bloc.

                        « Devant cet antisémitisme d’extrême droite, que fait la gauche ? Quand on lit la presse de gauche de cette époque, et notamment la presse socialiste des années 1890, on est frappé par le peu d’importance qu’on y prête. Ce n’est même pas assez dire : il n’y a pas de véritable interdit jeté à gauche sur l’antisémitisme, au point qu’un certain nombre de personnalités, socialistes ou radicales, peuvent avancer des opinions antijuives sans susciter apparemment aucune indignation.  » « Et Jaurès ?

                        Dans cette confusion il est important d’observer le comportement de Jaurès. Lui est un intellectuel, qui ne se laisse pas dominer par les passions et sait faire les distinctions doctrinales qui s’imposent. Or il a beau être plus attaché que personne aux principes immortels de la Révolution et de la République, converti au socialisme depuis 1892, année au cours de laquelle il devient un des ténors de l’extrême gauche à la Chambre, il faut bien convenir que sa vigilance sur la question n’est pas toujours évidente. Il est même « quelque peu effleuré, nous dit Madeleine Rebérioux, par le courant antisémite populaire où il lui était arrivé de déceler  »un véritable esprit révolutionnaire » https://www.lhistoire.fr/la-gauche-et-les-juifs

                      • #34350 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « La gauche a été endémiquement antisémite pendant deux siècles au bas mot. »
                        Justement pas endémiquement, et justement pas pendant deux siècles.
                        D’où un compagnonnage serré, fécond, dynamique, entre la gauche radicale et les juifs.Une grande partie des leaders du mouvement ouvrier européen et étasunien sont des juifs. Sans compter les centaines d’intellectuels organiques du mouvement ouvrier.
                        Dans les années 60 et 70 en France, tous les cadres de l’extreme-gauche ou presque sont juifs.
                        etc

            • #33908 Répondre
              thierry
              Invité

              Théorie passionnante. Je ne connaissais pas ce Traverso. François ou quelqu’un d’autre aurait un conseil de lecture?
              D’avance merci

              • #33942 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                Je ne l’ai malheureusement pas lu, mais si j’en avais un à lire, je dirais « La fin de la modernité juive », c’est son travail là dessus (et pas mal de conférences filmées où il le présente sont dispos sur youtube, intéressantes)

                • #33944 Répondre
                  thierry
                  Invité

                  Merci beaucoup !

      • #34081 Répondre
        Saltimbanque
        Invité

        Salut, je lis de temps à autres vos échanges et je me permets d’intervenir ici pour tenter d’apporter, en plus des explications très justes déjà données, un petit éclairage « de l’intérieur » sur cette question de pourquoi diable « les Juifs » votent-ils à droite. Éclairage circonscrit au milieu juif communautaire parisien qui ne saurait évidemment englober tous les Juifs, mais qui peut témoigner d’une tendance. Je crains malheureusement devoir dresser un portrait nettement moins modéré que celui que Leo Landru a fait de ses connaissances.
        J’ai grandi en école juive parisienne dans les années 2000, j’ai longtemps fréquenté la synagogue et participé à beaucoup d’évènements culturels juifs liés aux institutions dites représentatives. Je précise d’avance que ce n’était pas une petite école obscure mais une école sous contrat avec l’État avec plus de 500 élèves, et très sûrement une des moins « radicale » du réseau français (mixité filles/garçons, kippa non-obligatoire pour les mecs sauf en cours de Torah et pendant les repas, etc.) et avec des degrés de foi tout à fait divers (certains s’en foutent de la prière et ne s’en cachent pas, liberté de croire ou pas).
        Ce qui m’a toujours frappé, c’est que la plupart des gens que j’ai fréquenté dans ces environnements étaient pour le coup davantage préoccupés par Israël que par la France, et s’ils étaient préoccupés par la politique française, c’était toujours son rapport à Israël et aux Juifs qui était déterminant. Le reste suivait. C’est toujours le cas chez ceux que je croise aujourd’hui mais ça me frappe moins, je m’y suis fait. Juifs et Israël sont indissociables : chaque année à l’école nous fêtions le jour de l’indépendance d’Israël (tous habillés en bleu et blanc comme le drapeau) après le jour du Souvenir (en hommage aux soldats israéliens morts au combat) et ces deux célébrations étaient précédées de Yom haShoah dans une logique de continuité. Même logique de continuité quand en Première on visitait les camps de Pologne et en Terminale les universités israéliennes. Après la Shoah, Israël. Après le bac, Tel Aviv. La façon dont on nous a enseigné l’histoire d’Israël est univoque : Herzl a théorisé le sionisme pour qu’on échappe à l’antisémitisme européen, la Shoah est arrivée, les occidentaux ont enfin voulu nous accorder un foyer dans notre territoire ancestral où il n’y avait qu’un désert et trois cabanes, les pays arabes n’ont pas supporté avoir une présence juive et nous ont attaqué pour nous exterminer, on s’est défendu et en se défendant on a conquis d’autres territoires pour assurer notre sécurité face aux antisémites qui depuis Pharaon ne cessent de vouloir nous détruire. La création d’Israël est un récit héroïque de survie et chaque acte contre ce pays et ses institutions est perçue comme une potentielle nouvelle Shoah. Le Juif est devenu fort (ce qui provoque la jalousie des antisémites) tout en restant constamment menacé (et la meilleure défense, c’est l’attaque).
        Je pense sincèrement qu’on ne peut pas comprendre certaines paroles médiatiques juives en soutien inconditionnel à Israël si on ne comprend pas la puissance avec laquelle ce récit romanesque nous a mentalement et affectivement constitué. Je n’ai entendu le mot Nakba qu’à 30 ans, j’en ai 34 et viens tout juste de le comprendre (le mot, pas mon âge). Ça rejoint ce qu’écrivait Élie Duprey dans son parfait article sur l’impensé colonial et ce qu’il implique, mais aussi en effet la théorie d’Enzo Traverso que François mentionne sur ce nouveau lien étatique et nationaliste.
        Les écoles juives ne sont certes pas représentatives de tous les Juifs de France, mais elles sont pour le coup totalement alignées aux Juifs « médiatiques » dont elles relaient la pensée. Quand je les écoute à la télé j’ai l’impression de les connaître. J’en connais certains. J’ai par la suite travaillé deux ans dans cette école avant mon basculement vers le côté obscur de la gauche et j’ai pu constater que cette pensée dominait toujours, 10 après que j’en sois sorti en tant qu’élève. Rien n’avait bougé. On y prône heureusement le respect des différences tout ça tout ça mais dans le fond, c’est une sacrée machine de propagande identitaire et sioniste (bien plus que religieuse).
        Fait historique à noter : certaines écoles – dont celle-ci – font partie du réseau de l’Alliance Israélite Universelle (aujourd’hui membre du CRIF) qui a été, dans les débuts de son histoire, présidée par ce bon vieux Alfred Crémieux, français juif dans cet ordre, dont on rappelle son désir d’occidentaliser les Juifs un peu trop arabes, de les républicaniser. Le lien entre l’AIU et les instances coloniales ne me paraît pas dénué de pertinence. À la synagogue nous récitons tous les vendredis soir la « Prière pour la République Française » qu’on peut lire sur Wikipédia, c’est quelque chose. Il fut un temps où je la connaissais quasiment par coeur.
        Il n’est d’ailleurs peut-être pas anodin que l’écrasante majorité des Juifs en école juive de ce genre sont séfarades, c’est à dire dont les parents ou, plus vraisemblablement pour la génération actuelle, les grands-parents et arrières grands-parents sont issus des pays Maghrébins, donc des pays qui étaient sous colonisation ou protectorat français. Les Juifs y ayant été largement moins impactés par la Shoah et accueillis par la République Française (qui a bien pris soin de les distinguer de leurs voisins musulmans, distinction déterminante), leur processus de droitisation s’explique peut-être aussi par ce biais là. Hypothèse aussitôt démentie par Finkielkraut ashkénaze et par mon grand-oncle tunisien trotskiste. Exceptions qui confirment la règle ou piste de réflexion bancale, je sais pas, c’est à creuser.
        Enfin la droitisation s’explique aussi, évidemment, par l’antisémitisme. Ou plutôt une certaine saisie de l’antisémitisme, un antisémitisme arabe, un antisémitisme pathologique, un antisémitisme inexplicable, anhistorique, apolitique, éternel. Depuis Ilan Halimi, Ozar Hatorah et Hyper Casher, il est devenu habituel de voir flics et militaires se poster devant les synagogues et les écoles juives. La police républicaine nous protège des Arabes qui veulent nous kidnapper, nous torturer, nous égorger, nous flinguer à bout portant dans nos écoles maternelles. La police ne peut pas être structurellement raciste (d’ailleurs on ne sait même pas ce que ça veut dire) puisqu’elle protège les Juifs. Elle s’en prend peut-être aux Arabes, oui c’est vrai, mais en même temps, pardon, c’est quand même bien des rebeux qui viennent nous faire chier à la sortie de l’école. Donc merci la police, merci les CRS polis et souriants qui compagnonnent avec nous dans les marches contre l’antisémitisme, seules manifestations auxquelles nous allons.
        Nous sommes imperméables à toute pensée de gauche radicale. On ne veut pas « déconstruire », on veut survivre dans ce monde qui nous est hostile. Et dans ce monde hostile, c’est la République qui nous protège, son ordre garantit notre sécurité et merci Manuel Valls d’avoir le courage de nommer notre ennemi, l’Islam politique. Personne ne pleurait pour Ilan Halimi mais maintenant qu’ils ont flingué Charlie Hebdo et le Bataclan, vous comprenez enfin qu’on a le même ennemi, vous comprenez ce à quoi Israël doit faire face depuis 48 et les écoles juives depuis les années 2000. Tout le monde comprend sauf les gauchistes du fond qui plient le genou devant l’Islamisme par clientélisme électoral.
        Voilà comment ça pense par là, comment j’ai pu penser un temps (avec toutefois quelques réserves qu’il serait trop long de détailler ici, je le suis déjà trop).
        Je ne pense pas exagérer en disant que la peur est « notre » affect politique maître : peur du génocide, peur de disparaître. Sans pensée structurelle, notre réflexe politique est la réaction. Comme beaucoup. Tissons tout cela ensemble et il n’est plus très étonnant malheureusement de voir bon nombre de Juifs voter à droite voire extrême-droite. Certains sont réticents à voter RN mais comme l’a posté Leo Landru c’est davantage à cause de la famille Le Pen que par rejet de leur discours actuel. Zemmour a décoincé un peu tout ça. Et pour les plus modérés d’entre ceux que je connais, s’ils jouaient à « tu préfères » entre Le Pen et Mélenchon, ils feraient tous une Enthoven plus ou moins timide à 19h59. Je sens néanmoins que Bardella affaiblit cette timidité.
        Evidemment, ces grandes généralités ne sauraient englober toutes les singularités. Si j’ai très mal tourné en devenant un anarchoislamogauchiste sur le tard, c’est qu’il doit y en avoir d’autres qui ont traversé l’école juive pour devenir ce qu’on appelle des Juifs honteux. Mais je retrouve assez de la pensée Printemps Républicain-Reconquête dans mon entourage juif et assez de mes anciens amis juifs dans le Printemps Républicain-Reconquête (y compris de façon encartée) pour que je puisse y voir, en tout cas dans le milieu juif communautaire parisien, une triste tendance – avec ses nuances de modération.
        Le 7 octobre et ce qui suit n’ont fait que clarifier cette tendance. Les modérés ne le sont plus beaucoup.
        L’émergence de nouvelles voix juives décoloniale redonne toutefois un peu espoir. Elles brisent le récit identitaire, elles deviennent un caillou dans la chaussure de cette alliance avec la république bourgeoise coloniale (qui en retour se montre bête et agressive pour les faire taire). Certes ces voix sont minoritaires mais je me dis que ça nous fait renouer avec une certaine tradition juive subversive. Et ça, ça me réjouit.

        • #34082 Répondre
          Zyrma
          Invité

          merci. tu n’es pas trop long
          je serai heureuse de lire la suite

          • #34086 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Merci (je crois que je reconnais cette plume juste et droite)
            Il est évident que la droitisation spécifique des juifs français a beaucoup à voir avec le donne arabe, c’est à dire avec le passif algérien que tu rappelles, ainsi que son ciel de traine : la présence arabe en France (donnée qui n’existe pas aux Etats Unis, où la communauté arabe est, à proportion, quasi imperceptible)

        • #34090 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Merci pour ton récit.
          Comme Zyrma, je suis demandeur si tu as d’autres choses à nous partager

        • #34099 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          « Et pour les plus modérés d’entre ceux que je connais, s’ils jouaient à « tu préfères » entre Le Pen et Mélenchon, ils feraient tous une Enthoven plus ou moins timide à 19h59. » Rire triste. On veut en lire plus.

        • #34102 Répondre
          Monknow
          Invité

          Merci beaucoup pour ton témoignage et ton analyse d’une très grande justesse. Même si j’ai aussi l’impression que commencent timidement à émerger – notamment parmi les plus jeunes générations – des voix juives décoloniales, je suis quand même frappé par leur faible nombre, notamment comparé à ce qu’on peut constater aux Etats-Unis. Outre la question du rapport aux Arabes et aux musulmans – beaucoup plus nombreux en France – qui est sans aucun doute déterminante, je pense que cet état de fait s’explique également en partie par le rapport différents des Juifs à la France et aux Etats-Unis. En particulier, le fait que la France, à travers la collaboration, ait été partie prenante de l’extermination pousse certains Juifs à s’investir affectivement dans une patrie de substitution, en l’ocurence Israël. C’est le cas par exemple de ma mère, qui nourrit un profond ressentiment vis-à-vis de l’Etat français et de la bourgeoisie française, et qui me répète constamment que si elle devait renoncer à l’une de ses deux nationalités, elle choisirait sans hésiter l’israélienne. Au contraire, je pense que beaucoup de Juifs ont pu voir dans les Etats-Unis une terre de liberté, exempte de la tache indélébile de la Shoah, ainsi que le grand triomphateurs du nazisme, ce qui leur rend plus facile de renoncer affectivement au sionisme.

        • #34113 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Assez émue à vous lire Monknow et Saltimbanque merci, Vous pensez quoi, de là où vous êtes, des premiers films et relativement récentes paroles de Yadav Lapid là-dessus ? J’aurais pas compris c’est quoi être un jeune homme israélien soumis à vie au service militaire sans lui. Mais je pars de loin par rappor à ça,
          donc votre avis m’intéresse

          • #34132 Répondre
            Monknow
            Invité

            Malheureusement je n’ai rien vu de Nadav Lapid, mais si tu as des conseils je suis preneur.

            • #34135 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Je crois que Juliette parle surtout des prises de paroles de Lapid, notamment depuis quatre mois
              Les films, c’est autre chose.

        • #34116 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Merci pour cette mise au point. Es-tu vraiment l’exception qui confirme la règle ou bien constates-tu un affaiblissement de la pensée réac avec le passage du temps ? Est-ce qu’en vieillissant, les Juifs français que tu côtoies demeurent Israéliens de cœur ? Ceux que je connais – la quarantaine/cinquantaine, quasi tous athées après éducations religieuses – m’affirment le contraire mais je finis par me dire qu’ils ménagent le gauchiste naïf que je suis. Certains le font, je m’en doute, comme moi qui minimise mon anarchisme en repas de famille car il faut bien tenir jusqu’au dessert sans se foutre sur la gueule.
          Enfin, des proches me racontaient que les vrais boulets dans leur existence, davantage que les Arabes du quartier, furent les Juifs hardcore des cercles scolaires, familiaux ou du voisinage, qui les emmerdaient en leur demandant de participer à la vie religieuse et communautaire dès que possible, dans le genre culpabilisation permanente.
          Après, mon échantillon de connaissances juives n’est représentatif que de mes accointances ; il eut été étrange que je frayasse parmi des colonialistes et des zemmouriens. Je ne peux que te lire (avec plaisir) et apprendre de ton témoignage direct qui hélas contredit mes idées littéralement reçues.

        • #34131 Répondre
          Jean-Marie Bigard
          Invité

          Merci Saltimbanque pour ce texte d’une grande clarté !

        • #34140 Répondre
          Saltimbanque
          Invité

          Heureux d’avoir suscité votre intérêt. Cette question me travaille depuis quelques années et je lui rends la pareille, je suis content d’avoir quelques lecteur.ice.s potentiel.les en plus.
          François : Bien vu, merci, un instant j’ai cru que j’avais une plume juste de droite. Ouf. Et concernant la donne arabe, un autre fait « marrant » : j’ai toujours entendu mes amis juifs, y compris les plus virulents, dire qu’au fond ils se sentaient infiniment plus proches des arabes que des français français. Et que c’était bien dommage qu’on en venait à se taper dessus alors qu’on avait tant en commun. Ça contribue à cette dimension de « frères ennemis », comme du Bouteldja inversé.
          Monknown : Merci à toi. Très intéressant cet angle et la différence USA/France, je n’y avais pas pensé comme ça. De mon côté j’observe moins une défiance envers l’état français et la bourgeoisie (ça doit venir de nos histoires familiales différentes) qu’un dégoût pour leurs positions « pro-arabes » (oui, toutes et tous me disent que la France et ses médias sont pro-palestiniens, donc anti-israéliens, sauf i24 et Cnews). Y’a un aspect « personne ne dit la vérité sur ce conflit » qui me sidère. Si ce n’est pas indiscret, as-tu pu parler de la situation actuelle avec ta mère ou c’est toujours un sujet d’évitement ?
          Juliette : Pour ma part je connais peu. Je n’ai vu aucun de ses films mais je note, merci. Concernant ses prises de paroles, je n’ai pas vu son entretien sur Blast et j’ai juste vu passer des extraits d’interviews ici et là, pas pris le temps de creuser encore, je le ferai. J’ai pu apercevoir un sentiment d’impossibilité qui ne m’étonne pas et ça peut rejoindre en partie certaines intuitions que je peux avoir, a priori. Aussi je n’ai pas fait l’armée, je ne vis pas en Israël donc ma connaissance viscérale du sujet est très limitée. Tout juste je pourrais parler de mon petit frère qui lui y vit, a fait ses 3 ans d’armée et a été réquisitionné dès les premiers jours à Gaza en tant qu’infirmier. Il est maintenant rentré à Tel Aviv. Il est dans un ballotage entre la nécessité ressentie de la riposte pour éliminer le Hamas (le choc du 7 est réel) et les conséquences de cette riposte qui n’en est plus une. Il ne voit pas d’issue, il espère qu’il y en a une. Il se situerait plutôt du côté des « sionistes de gauche » et on discute souvent lui et moi de cette irréconciabilité pendant des heures (il reconnaît le caractère très problématique de cette position mais il est encore trop pris, à mon sens, dans une lecture partielle de l’histoire et, surtout, des affects à la fois identitaires et sociaux qui l’engagent à Tel Aviv). Comme pour me rassurer il me dit que ses compagnons d’unité étaient tous des gentils, qu’ils ne voulaient pas la guerre, qu’ils étaient intéressants, qu’ils passaient leurs journées à parler de tout, de communisme, de capitalisme, de l’après-guerre, qu’ils étaient très réfléchis, et que leurs commandants répétaient à longueur de journée qu’il fallait être intransigeant sur la distinction entre civils et combattants, ils sont là pour le Hamas, pas pour les Palestiniens. Ça me rappelle une des dernières répliques d’un des anciens chefs du Shin Beth dans le documentaire The Gatekeepers : « Pas tous nos jeunes gens, mais la majorité d’entre eux sont incorporés dans l’armée où ils sont confrontés à tout et son contraire. Ils voient d’un côté une armée qui se veut populaire, dans l’esprit fraternel des unités du Nahal. De l’autre, une armée d’occupation cruelle comparable à l’armée allemande pendant la guerre ».
          Léo : alors de mon expérience j’observe malheureusement plutôt le contraire. J’observe aussi que la pratique de la religion est secondaire, certains ne pratiquent absolument pas mais ont de très forts affects identitaires (et n’aiment pas non plus ceux que tu appelles les « juifs hardcore »). Un bon nombre sont partis vivre en Israël et ceux qui restent en France y vont régulièrement (voire possèdent un appartement là bas). Après, je ne vais pas cacher le fait que je me suis plutôt éloigné de ces fréquentations. Comme toi j’aime tenir jusqu’au dessert. Il me reste ma famille qui a des positions assez diverses (ma famille proche entend ma radicalité, la trouve intéressante mais n’y adhère pas vraiment, quant à ma famille étendue c’est aujourd’hui un nid de conservatisme et de réaction, toutes générations confondues), mes amis d’enfance avec qui les relations sont plus que conflictuelles (on ne s’est pas beaucoup parlé depuis la mort de Nahel qui a suscité des réactions qui ont eu raison de ma tolérance, mais je vois le parent de l’un d’entre eux sévir à la télé depuis le 7 octobre) et tous les posts Facebook/Instagram de mes connaissances qui recrachent unanimement la propagande israélienne (à 2-3 exceptions près qui juste n’en parlent pas). Une amie d’enfance qui m’est chère et qui m’avait un jour dit étonnée « je ne pensais pas que j’avais un ami de gauche », a posté le 10 octobre : « je rêve d’un monde sans hommes qui versent le sang d’innocents, un monde sans Hamas, un monde sans LFI ». Je crois que ça situe assez bien le niveau.
          Maintenant attention, et j’insiste lourdement, c’est un point de vue circonscrit, je parle d’une position sociale très particulière qui émane d’un entre-soi certes revendicatif mais qui ne saurait englober tous les Juifs et il n’est évidemment pas question d’essentialiser – mais je sais être ici en terrain ami.

          • #34208 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Je m’associe aux remerciements
            On se croirait aux Oscars putain – plus grande fête juive du monde par ailleurs, dixit Woody Allen

          • #34210 Répondre
            Monknow
            Invité

            Nous ne parlons toujours pas du conflit avec ma mère, mais en revanche nous parlons ouvertement du fait que nous n’en parlons pas. Maigre progrès. Mais un épisode m’a quand même frappé : il y a peu, ma mère me raconte qu’elle a été dîner chez des amis irlandais, avec qui elle a vivement discuté de la situation en Palestine. La conversation gagne en généralité, et à un moment, l’un des Irlandais interpelle l’un des convives, qui se trouve être anglais, sur le thème « vous les Anglais, vous nous avez colonisé », etc. Ce à quoi ce dernier répond quelque chose comme « oui, mais sans nous, vous seriez encore en train de bouffer des patates crues en pataugeant dans la tourbe ». Ma mère me rapporte cette dernière réplique avec un plaisir non dissimulé, toute son expression manifestant qu’elle trouvait que c’était quand même bien envoyé. On s’est donc engueulés pendant 20 minutes après sur le sujet de la colonisation de l’Irlande (bel objet de substitution pour ne pas parler d’Israël), mais j’ai vu dans cette solidarité instinctive avec l’Anglais un signe supplémentaire de l’abaissement que j’essayais d’analyser dans mon article : en raison de leur adhésion au sionisme, certains Juifs se sentent désormais spontanément du côté de n’importe quel discours colonial.

            • #34388 Répondre
              Saltimbanque
              Invité

              Merci pour ta réponse et pour cette anecdote. J’aurais pensé a priori qu’avoir cet objet de substitution aurait pu révéler des positions incohérentes, une sorte d’exception sioniste, mais ta dernière phrase conclut un alignement saisissant. Je me dis aussi que ça pourrait être une bonne scène. Au plaisir de te lire, encore.

            • #34395 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Si je peux suggérer, on m’a fait suivre ce podcast intitulé « Guerre Israël/Palestine : peut-on être ami·e·s sans partager les mêmes opinions ? »
              Le podcast interroge deux francçaise, Rafaëlle, juive dont la famille habite en Israël, et Sana, dont le père est palestinien.
              Sur le volet amitié, le podcast est assez faible, prendre ce sujet paroxystique me semble un mauvais angle, il aurait gagné à prendre des sujets plus communs et à bas bruit lorsqu’il y a divergence d’opinion, par exemple comment les colocs brisent nombre d’amitiés.
              En revanche, je le recommande chaudement car il est passionnant sur la perception du conflit, en particulier par Rafaëlle, son sentiment d’identification, sa détresse devant ce qu’elle perçoit comme une relative apathie de leurs ami.es. Mention spécial pour un de ces amis qui lui envoie un message dix jours après le 7 octobre, mélangeant empathie sincère et pensée politique, message incompréhensible pour Rafaëlle. Ça m’a permis de décentrer mon regard (phrase toute faite, mais on est en terrain ami).
              (faut se taper une minute de pub initiale)
              https://podcastaddict.com/emotions/episode/168171727

    • #34003 Répondre
      Cyril
      Invité


      Vidéo amusante qui va mettre le seum à Jeanmonnaie. Les francs ont été mis au pouvoir par Rome pour mater les populations locales de la Gaule, enclines à la rébellion. Ils sont une armée étrangère d’occupation. Une véritable mafia.

      • #34027 Répondre
        Ludovic Bourgeois
        Invité

        La France correspond exactement à la carte des différentes tribus Keltoï de Gallia réunies. (exceptés les belges wallons et la tribu des Helvètes, qui d’ailleurs aujourd’hui parlent français. Les langues ne sont pas un hasard, elles sont une émanation d’une ethnie).
        __
        Et oui beaucoup a été perdu à Alesia, notamment la loi écrite romaine sanctifié qui a modifié en profondeur la psyché Kelt.

        • #34083 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « La France correspond exactement à la carte des différentes tribus Keltoï de Gallia réunies. (exceptés les belges wallons et la tribu des Helvètes, qui d’ailleurs aujourd’hui parlent français. Les langues ne sont pas un hasard, elles sont une émanation d’une ethnie). »
          Est il encore permis de douter que l’extreme-droite est un idéalisme tendance romanesque tendance conte pour enfants?

          • #34092 Répondre
            Ludovic Bourgeois
            Invité

            Arrêtes le Lollard
            (mouvement qui souhaitait la communisation de tous les biens -tu croyais que ça commençait avec saint marx n’est-ce pas ?-)
            Ca a finit en folie collective
            LoL

            • #34095 Répondre
              Ludovic Bourgeois
              Invité

              (Et socialiste n’est pas communiste , et encore moins communiste millénariste marronisateur)
              Et renseigne toi sur les tribus qu’on appelait par latinisation Celtes
              Et sur les mvmts religieux millénaristes sectaires du moyen-age (vous êtes exactement là-dedans, les revendications sont les mêmes)

              • #34100 Répondre
                Cyril
                Invité

                Qu’il y ait (eu) un communisme millénariste je veux bien l’admettre. Mais il y a aussi des communistes non-millénariste, au premier plan : Friot, Lordon…

            • #34594 Répondre
              Tristan
              Invité

              C’est qui, précisément, qui veut, aujourd’hui, la « communisation de tous les biens » ? Moi, je me contenterais volontiers de la limitation de la propriété lucrative (l’argent qui crée l’argent). Ou, dit autrement : de la propriété collective des moyens de subsistance.

              • #34722 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                « Ou, dit autrement : de la propriété collective des moyens de subsistance. »
                C’est un objectif déjà très intéressant, et susceptible de créer une fraternité de combat
                Le débat commencerait sans doute sur la définition des moyens de subsistance. Car si on parle d’alimentation, logement et santé, on parle de toute la production – téléphones et ordinateurs compris.

              • #34852 Répondre
                Christophe M
                Invité

                En ce sens, tu te rapproches de ceux qui promeuvent des sécurités sociales sectorielles. En plus de la santé, mettre en sécurité sociale l’alimentation, le logement, le transport de proximité, la mort, c’est un combat qui commence à faire son chemin.

              • #34853 Répondre
                Christophe M
                Invité

                Message en écho à celui de Tristan.

                • #34884 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  ..que j’approuve

    • #34139 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Une interview (longue) intéressante de Chapoutot, historien: nazisme/néolibéralisme, comparaison années 1930, contextualisation, etc.

    • #34993 Répondre
      Seldoon
      Invité

      « LVMH se lance dans le cinéma avec 22 Montaigne Entertainment. […] Officialisée cette semaine, la société 22 Montaigne Entertainment a pour objectif de « co-développer, co-produire et co-financer » des contenus exclusifs liés au portfolio de marques de LVMH parmi lesquelles Louis Vuitton, Guerlain, Ruinart ou encore Tiffany & Co.  »
      https://www.journalduluxe.fr/fr/business/lvmh-cinema-22-montaigne-entertainment

    • #35028 Répondre
      JeanMonnaie
      Invité

      Magnifique article de blast. L’histoire est 100 % NO FAKE !
      Des jeunes de quartiers qui ont des amendes malgré leurs bonnes volontés à nettoyer les quartiers.

      « Quand ils me mettent une amende, (je ne sais même pas pour quoi), soupire Jordan. « C’est la surprise », ils disent. » Souvent, explique-t-il, ça commence par un contrôle de police. Les forces de l’ordre relèvent son identité, et lui distribuent une amende. Le jeune homme se souvient qu’une fois, alors qu’il était assis dehors avec ses amis, la police est venue leur demander de nettoyer les alentours, « comme ça, ils nous mettraient pas d’amende ».( Les jeunes s’exécutent). « À la fin, on s’est quand même pris une amende. » Il soupire : « Franchement je suis débordé avec la police, j’ai trop de problèmes avec eux. Ils m’ont déjà frappé, ils m’ont insulté, (ils m’ont embarqué pour rien…) Je vais pas vous mentir, ils fatiguent ici. »

      30000 euros d’amendes quand tu es innocent, c’est chaud quand même…

      https://basta.media/30-000-euros-de-dette-et-pas-encore-18-ans-quand-les-amendes-forfaitaires?utm_source=pocket-newtab-fr-fr

    • #35300 Répondre
      Olivier
      Invité

      Un plaisir d’entendre Victoire Tuaillon productrice des couilles sur la table chez Finkielkraut ce matin avec Noémie Halouia. Sans même vraiment parler du fond, ce plaisir d’écouter ce calme, cette joie, ce sourire face à la hargne, la colère et la bêtise en face. Cette voix et ces arguments pour la plupart précis et matérialistes. L’incompréhension des idéalites en face est presque un régal. Il y aurait tellement à dire… Vincent Cassel on s’en fout, la sexualité de Chalie Chaplin on s’en fout, vive la sociologie face aux exemples personnels… et bien sûr la souffrance de Finkielkraut à dire le mot « couilles »…
      Ecouter le ton et je répète le calme, la précision et la joie de Victoire m’a mis en joie. Un exemple à suivre à gauche… Merci Victoire !

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/repliques/faut-il-reinventer-l-amour-3374200

      • #35328 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        ok on écoutera

      • #35333 Répondre
        Incognito
        Invité

        Elle s’est fait lyncher pour avoir posté une photo d’elle souriante en compagnie de Finkielkraut

        • #35382 Répondre
          Carton de Lait
          Invité

          Sa gueule sur la photo… cet homme a déjà connu la joie de vivre?

          On attends encore qu’il se jette dans le canal. C’est long….

          Je vais écouter ça demain. J’aime beaucoup ce podcast (les couilles sur la table) et le résumé d’Olivier donne envie.

          • #35466 Répondre
            Olivier
            Invité

            J’adore cette photo. Il manque Wissam tout sourire en arrière plan et ce serait parfait !

      • #35392 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Bonne émission, VT maîtrise évidemment son sujet et bon choix tactique de miser sur la joie. Ceci dit le clou de l’émission c’est NH qui lance une tirade pour dire que le féminisme veut tuer l’amour en le sabordant avec toutes ses règles puritaines, or « l’amour est ANARCHISTE » (cri du cœur).
        Curieux de savoir quel affect amène Fink à inviter VT, est-ce qu’il se dit que c’est une petite écervelée qu’il va plier en quatre en citant Balzac ? Ou une curiosité sincère ?

        • #35394 Répondre
          Charles
          Invité

          Toujours la même stratégie de la droite réactionnaire : débattre avec tout le monde, y compris avec l’ennemi progressiste, pour ainsi se légitimer. C’est d’ailleurs visiblement ce qu’ont reproché certains à VT qui aurait ainsi donné une certaine respectabilité aux idées de Finkie en acceptant d’en débattre avec lui.

          • #35396 Répondre
            Ema
            Invité

            C’est pas un peu ça justement ce qu’on appelle la moraline ? Parler en terme de respectabilité ou d’irrspectabilité ? En tout cas je trouve la démarche de Victoire assez puissante, toute stratégie mise à part ça crée un moment très intéressant et singulier. On prend un vieux réac irritable et on le fait discuter avec une jeune féministe joyeuse. Grand moment pour moi.

            • #35398 Répondre
              Charles
              Invité

              Non, ce n’est pas une question de morale mais de tactique. Et j’admets que mon opinion n’est pas totalement faite car je comprends les deux partis.

              • #35399 Répondre
                Ema
                Invité

                Ok mais quelles seraient les incidences tactiques d’un tel entretient?

                • #35401 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  @Ema : Donner un écho et une légitimité aux opinions au lieu de les traiter par le mépris et l’indifférence.
                  @Dr Xavier : peut-être mais il sait qu’il est perçu comme très réac et qu’il a besoin de démarquer de Zemmour ou Renaud Camus sinon il ne sera justement plus autant invité et son émission même pourrait être mise en danger.

                  • #35402 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Aux opinions réactionnaires*

                  • #35407 Répondre
                    toni Erdmann
                    Invité

                    Mais quel écho apporterait-elle Charles ? Ses fans vont écouter l’émission en étant d’accord avec elle. Les fans de Finkie vont écouter l’émission en étant d’accord avec lui. L’émission ne dépassera pas ces cercles là.
                    Répliques est déjà présent sur France Culture depuis des dizaines d’années, bien avant qu’elle ne s’y rende.
                    Quant au mépris et à l’indifférence, c’est bien la meilleure manière de confirmer les droitards aigris dans leur ressentiment envers la gauche. Comme le disent souvent Dany et Raz, il faut rendre la gauche attractive en leur montrant qu’on s’amuse aussi dans ce camp, comme le fait avec brio Victoire Tuaillon.

                    • #35408 Répondre
                      Papo2ooo
                      Invité

                      je trouve que rien n’est très joyeux dans cette émission, pas même V. Tuillon.
                      elle a bien le droit d’y aller, et elle tient bon en effet.
                      pour ma part ça me rend colère (et un peu stupide) d’écouter ça et je trouve que VT ne peut pas aller au delà des lieux les plus communs du féminisme contemporain ( en amour, il ne faut pas s’assujettir au désir des hommes etc..)
                      Elle est face à un Mur de ressentiment et de commentaire du commentaire et de grandes notions idéalisantes. Aucun intérêt pour ma part et j’ai pas pu aller au bout.

                      • #35409 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        j’aime pas ce que cette émission fait à mon corps.
                        ça me donne envie de jeter mon ordi par la fenêtre et ça me m’énerve même à l’encontre du format des podcast de discussion en général.
                        Alors que je suis certain que c’est bien les couilles sur la table.

                      • #35410 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Victoire Tuaillon* pardon

                  • #35573 Répondre
                    JeanMonnaie
                    Invité

                    Je résume les moments forts de la semaine que j’ai observés en silence. Charles semble incarner cette France repliée sur elle-même, où l’idéal serait de vivre comme des consanguins. Le débat sur la philosophie, perçu comme un enchaînement de palabres stériles, a visiblement laissé François indifférent, et sur ce point, je partage son avis. Quant aux discussions sur une école idéalisée, elles me semblent déconnectées de la réalité et donc peu pertinentes. Permettez-moi d’apporter ce brin de concret qui souligne que les problèmes de l’école sont tous sauf trop d’autorité.
                    https://jvarchive.com/forums/42-51-73900679-1-0-1-0-j-ai-voulu-devenir-prof-ca-a-detruit-ma-vie

                    • #35575 Répondre
                      JeanMonnaie
                      Invité

                      J’oubliais pour Brique de lait : Achtung baby est le meilleur album de U2 🙂

                    • #35577 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Pas la semaine mais 4 jours à peine. C’est tout ce dont tu es capable. Quel manque de maîtrise de soi, quelle faiblesse.

                      • #35578 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je te laisse dans ton entre soi t’inquiète. Bonne soirée Charles.

                      • #35579 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        3 jours*, pardon.

              • #35400 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Je comprends l’idée mais je ne suis pas sûr que ça s’applique au cas d’espèce : Fink est déjà hyper légitime, académicien, a son rond de serviette partout, ses bouquins que personne ne lit, son émission attitrée sur France Cul où il ne peut plus rien dire… Ou alors c’est pas tant pour se légitimer que pour dire qu’il est éclectique, que lui ose discuter avec l’adversaire ?

    • #35329 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      elle est aussi dans le Frustration nouveau, que je recommande
      (rencontre publique le 14 mars)

      • #35465 Répondre
        Olivier
        Invité

        Merci pour l’info François, je vais y aller de ce pas.

        L’entretien de juin dernier entre Victoire Tuaillon et Nicolas Framont était déjà très intéressant.

        Une petite question : ton prochain essai doit apparemment paraître en septembre. Tous les événements des dernières semaines (Judith Godrèche, Depardieu, Doillon, Jacquot, ….) t’ont-ils amené à actualiser, modifier, rajouter des phrases ou des paragraphes ?

        https://www.frustrationmagazine.fr/video-victoire-tuaillon-x-nicolas-framont-bourgeois-machos-et-autres-tracas/

        • #35467 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          C’est en effet un peu le problème de ce sujet : l’actu ne cesse de le nourrir, et il faudrait amender le livre chaque jour.
          Il faudra bien le finir. Je m’accorde un dernier repassage intégral en avril et après ne je n’y touche plus

          • #35711 Répondre
            Olivier
            Invité

            Merci et courage pour le dernier repassage. On est impatient.

    • #35413 Répondre
      Léa
      Invité

      Bonjour à tous.tes
      Et merci de ton site, François 🙂 Ces espaces d échanges manquent
      Si ca n a pas été posté, certain.es seront peut être intéressé.es par ce documentaire critique sur les HP et ce qu ils disent de nous

      Bonne soirée
      Parce qu’un autre monde est possible

      • #35426 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Merci !
        Ça fera complément au beau livre de Joy Sorman

        • #35468 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          oui merci

      • #36229 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Vu, oui, bien
        je remets le lien mais le premier marche encore aussi

        • #36230 Répondre
          Anna H
          Invité

          Il est encore visible sur Arte. Cet homme est un saint.

          • #36235 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Je n’irais pas jusqu’à dire ça

            • #36242 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Il est dans la position où il est ; il parle lui même de « la position impossible du psychiatre »

              • #36244 Répondre
                Anna H
                Invité

                C’est une image, pour son abnégation, son dévouement, son total oubli de soi.

                • #36252 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Pareil, je n’irais pas jusqu’à dire ça
                  Certes il essaie de faire au mieux et d’être à l’écoute des patients
                  Certes il fait partie des quelques uns qui, par exemple, débarrassent le plateau-repas à la place des soignants
                  Oubli de soi etc, j’accolerais plutôt ça à l’infirmier de Chronic qui oublie de regarder avant de traverser la route ; ici il n’oublie pas de manger à midi et il a bien raison
                  Dans A la folie, ou dans le texte de François sur A la folie, le saint serait plutôt rapproché de l’ASH, parfois. Je me sens plus proche de cette ligne.
                  Pour moi l’intérêt du doc est de nous faire voir un bout de psychiatrie, plus qu’un psychiatre en particulier. On y a un soignant-tagueur, toutefois !

                  • #36253 Répondre
                    Anna H
                    Invité

                    « Pour moi l’intérêt du doc est de nous faire voir un bout de psychiatrie, plus qu’un psychiatre en particulier. On y a un soignant tagueur, toutefois ! »
                    L’un n’empêche pas l’autre. Mais si l’image du saint te gêne, oublie la.

                    • #36258 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      C’est pas qu’elle me gêne. Il m’est aussi arrivé parfois de me dire ça en observant certains psychiatres
                      Mais pour moi il y presque incompatibilité à cause de la fonction
                      Mais on peut passer, ok

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