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- Ce sujet contient 432 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
PE, le il y a 2 années et 3 mois.
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AuteurMessages
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Nox
InvitéBonsoir à tous,
Je reviens en passage éclair pour ouvrir une quatrième page du forum principal.
Faites-en bon usage.
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François Bégaudeau
Maître des clésvoilà ce qu’on appelle l’esprit coopératif
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Ourson
InvitéBonsoir
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Je cesserai d’être un prolo d’ici 48h, comment faire pour rester un gauchiste SVP ?
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Ça a tout l’air d’un troll mais ça n’en est pas un : fils d’une maman touchant l’AAH suite à un accident en tant que professionnelle du bâtiment, et d’un père immigré ex-taulard en situation irrégulière. J’étais dans le gratin du prolétariat français voire du famoso « lumpenprolétariat ».
J’ai eu la « chance » de pas être trop mauvais à l’école, de ne pas avoir subi de plein fouet ma condition sociale grâce aux efforts surhumains de ma mère, et en plus j’adorais les robots plus jeune ce qui m’a naturellement conduit vers un parcours d’études en ingénierie.
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Quelques années plus tard par voies de conséquences, j’atterris en alternance dans une grosse boîte bien corpo, bien Linkedin, bien chemise bleu ciel, le genre de boîte qui se frotte les mains quand un conflit mondial éclate… Et me voilà aujourd’hui à 48h de toucher mon premier salaire d’ingénieur en CDI, et de basculer dans la catégorie des revenus « aisés »
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Ma ligne politique ne sera plus totalement alignée à mes intérêts (un peu quand même, la majorité des ingénieurs ne sont pas tout à fait des ultra-dominants) et je suis sur le point de gagner plus que ce que touchent mes deux parents réunis, je crois bien que c’est ce qui me met le plus mal à l’aise d’ailleurs
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Au vu de tous ces éléments, auriez-vous un mode d’emploi pour ne pas que je bascule dans la bourgeoisie mentale ? On pourrait croire que la situation de mes parents pourrait me permettre de garder les pieds sur terre, mais je doute que ce soit aussi simple.
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Je pensais mettre de côté pour faire autre chose de ma peau que passer 50h/semaine dans un open space d’ici quelques années, ou pour financer des projets artistiques et sociaux dont j’ai déjà parlé ici d’ailleurs, mais je suis ouvert à toutes suggestions-
Zyrma
InvitéEpouse-moi. J’ai des enfants à charge.
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Invité😂🤪👏
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InvitéJ’étais prête à lui tendre un masque à gaz🤩
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Ourson
InvitéOk mais prépare-toi aux discussions post-boulot les moins charismatiques du monde
– C’était comment ta journée chéri ?
– Roh, le serveur de compilation a encore planté j’ai du passé l’après-midi à débugger et à écrire des scripts shell à la main
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Imagine la chute de libido instant après un tel échange-
Zyrma
InvitéT’inquiète pas pour ça
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t
InvitéTome II de l’amour🫶😇
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Jean Monnaie
InvitéJe suis très content que l’école républicaine ait pu t’offrir cette chance de changer d’échelle sociale. En revanche, vouloir travailler dur pour accéder à la bourgeoisie puis s’en plaindre ensuite relève soit de l’hypocrisie, soit de la schizophrénie. Personne ne t’a obligé à réussir à l’école pour gagner plus que tes deux parents réunis.
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Ourson
InvitéAlors, pour ma défense j’étais pas du tout politisé ou en tout cas très peu, quand je me suis engagé dans les études. Si c’était à refaire j’aurais peut-être choisi une « voix de garage », mais effectivement je vais pas cracher dans la soupe non plus. Puis l’école ne m’a pas tant aidé, je suis peut-être le seul parmi tous mes copains à avoir « rentabilisé » mon cursus scolaire, et c’est pas grâce à l’école en soi d’ailleurs (mais plutôt la rigueur de ma mère, la chance d’avoir été dans de bons établissements de centre-ville de Province, des amis de la famille assez calés pour m’aider à faire les devoir, et éventuellement une certaine capacité à supporter l’école voire à apprécier certaines matières)
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François Bégaudeau
Maître des clésUne certaine docilité, en somme
Que la société récompense toujours.-
Ourson
InvitéAlors, c’est très difficile à assumer, mais c’est réel. J’étais le genre d’élève qui faisait des cauchemars à l’idée d’avoir des observations dans son carnet de correspondance… Aujourd’hui la nuit j’ai des visions d’horreur de pions qui me demandent mon carnet
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François Bégaudeau
Maître des clésCela s’appelle la vie scolaire.
Seuls échappent à cette sale peur les cancres, Dieu les bénisse.-
Nox
InvitéJe m’amuse souvent à imaginer ce que ça aurait donné si j’avais abjuré mon zèle scolaire un peu trop tôt. Et puis très vite, me revient le fait que ce zèle était aussi un calcul intéressé de ma part pour ne pas me faire confisquer ma console.
Et puis bon, être un rebeu cancre, c’est toujours un peu tendre le bâton raciste pour se faire battre, en France, j’en ai bien peur.-
Jean Monnaie
InvitéLa France est tellement raciste que le pays s’islamise et que le nombre d’étrangers a battu des records historiques l’année dernière. Lorsque Philippe de Villiers crée un parc sur les récits historiques de la France, c’est dans le but de fédérer le peuple. Un conservateur veut croire à ces légendes sans vraiment y adhérer. Le problème surgit lorsque la gauche est persuadée de la véracité de ses propres fables systémiques sur le prétendu État raciste français. À moins que, tout comme les conservateurs, ils n’y croient pas vraiment et que cela serve uniquement à dresser les Français les uns contre les autres dans un but révolutionnaire. On entre ainsi dans une vision politique particulièrement malsaine.
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t
InvitéSources : Enrico Macias🤪
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Ourson
InvitéJ’avais aussi cette espèce de responsabilité sur les épaules qu’on m’avait refilé depuis tout jeune : « montre-leur que vous savez faire autre que de la musique et du foot » (je suis noir au cas où c’est pas « clair » sans mauvais jeu de mots)
Il y a un terme précis pour ça d’ailleurs mais j’ai oublié, c’est valable pour la bienséance : nombreux sont les racisés qui se forcent à être plus polis ou plus serviables que les autres (tenir la porte à une mamie en souriant de toutes ses dents et en disant bien fort « oh mais y’a pas de quoi c’est normal »), comme pour tenter redorer l’image de marque du noir ou de l’arabe-
t
Invité’avais aussi cette espèce de responsabilité sur les épaules qu’on m’avait refilé depuis tout jeune : “montre-leur que vous savez faire autre que de la musique et du foot” (je suis noir au cas où c’est pas “clair” sans mauvais jeu de mots)
Il y a un terme précis pour ça d’ailleurs mais j’ai oublié, c’est valable pour la bienséance : nombreux sont les racisés qui se forcent à être plus polis ou plus serviables que les autres (tenir la porte à une mamie en souriant de toutes ses dents et en disant bien fort “oh mais y’a pas de quoi c’est normal”), comme pour tenter redorer l’image de marque du noir ou de l’arabe`je croyais que tu comprenais rien de l’art😂
Vous êtes pathétiques toisent tes amis.-
Ourson
InvitéEh oh ils t’ont fait quoi mes amis
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Jean Monnaie
InvitéIl est normal que, lorsque des membres d’une communauté se font remarquer de manière négative, certains d’entre eux puissent ressentir de la honte et tentent de ne pas se conformer aux stéréotypes qui leur sont attribués. Maintenant, je dois avouer que les Asiatiques m’évoquent davantage la politesse que les Noirs et les Arabes. J’ai bien remarqué que certains pouvaient proposer leur place à une mamie dans le bus, mais je n’avais pas compris que cela pouvait être la conséquence du poids d’un état raciste.
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci, Jean, d’alimenter chaque jour, en prenant sur ton précieux temps, ton betisier.
Et sinon maraicher ça donna quoi? -
Jean Monnaie
InvitéFrançois, tel un chasseur guettant sa proie,
Dans l’ombre d’un buisson, caché, rempli d’émoi.
Sur l’identité point il ne pouvait répliquer,
Mais dans son fort, le français, il pouvait veiller.Critiquant son « on », lui donnant ainsi matière à riposte,
« Tiens, tiens, » dis-je, pointant du doigt son usage peu soigné,
« L’emploi de ton ‘on’ ici semble un peu égaré. »Surpris et piqué au vif, il sortit de sa cachette,
Voulant rétablir sa renommée de sage parfait.
Mais en vérité, c’était moi qui avais raison,
Son « on » mal placé, était bien une transgression.Ainsi François, du haut de sa tour d’ivoire,
Dût reconnaître que même les plus grands peuvent se tromper,
Et que dans la langue, nul n’est à l’abri d’un faux écart. -
Julien Barthe
InvitéJe ne sais pas si tu en as conscience, mais lorsque tu attaques François sur le langage, c’est un peu comme si, fort de quelques victoires à Pile ou Face, tu décidais de défier Kasparov aux échecs.
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Jean Monnaie
InvitéJe pense en avoir conscience.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai quant à moi beaucoup de compassion pour ce « riposte » qui n’a pas su trouver de rime.
Sans parler de ce « cachette » soumis au même sort orphelin.Il semble que notre Jean Monnaie de la Fontaine ait eu un moment d’inattention.
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Jean Monnaie
InvitéUn poète nommé Jean, aux vers souvent acérés,
Voulut un jour, par la ruse, François déloger.
En prose il était fin, mais ses vers, peu assurés,
Firent sourire François, par leur forme hésité.Ah, mon cher Jean, dit François, tu frôles le sublime,
Compassion pour ce riposte qui n’a pas su trouver de rime.
Et ce pauvre cachette, soumis au même sort orphelin,
Dans ton poème, hélas, un destin incertain.Susaka, observateur, un sourire en coin, renchérit :
Ces vers de mirliton, faut-il les garder ou les bannir ?
Sont-ils un amusement, ou une faute à corriger,
De notre poète Monnaie, qui semble s’être égaré ?Jean, furieux et frustré, roula par terre en criant :
Je me vengerai, tel Gargamel en délire frappant !
Mais son cri, perdu dans un éclat de rire général,
Le transforma, malgré lui, en un clown au carnaval.Et avec cette réaction, François, malin et riant,
Avait réussi, sans peine, à rallier les rieurs à son chant.
Ainsi s’achève le conte de Jean, trop audacieux,
Nous rappelant qu’à défier les grands, mieux vaut être prudents et pieux. -
Susaka
InvitéC’est qu’on appelle des vers de mirliton.
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François Bégaudeau
Maître des clésPar leur forme hésité?
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Ostros
Invité« François […] dans l’ombre d’un buisson, caché, rempli d’émoi. »
Merci pour le rire -
Ostros
Invité« Et que dans la langue, nul n’est à l’abri d’un faux écart. »
Un « faux écart » c’est-à-dire ? J’ai pas compris ce que tu voulais dire ici. -
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai l’impression que ce Jean cultive mieux les salades que les octosyllabes (qui chez lui en comptent parfois dix-sept). On aimerait mieux qu’il nous racontât son talent pour la mache.
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Demi Habile
Invité« me revient le fait que ce zèle était aussi un calcul intéressé de ma part pour ne pas me faire confisquer ma console. »
.
Ah ouais moi aussi on m’avait pris mes consoles en otage par contre moi j’avais commencé une collection de zéro pour protester.
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Jean Monnaie
InvitéSelon notre point de vue, trois propositions différentes peuvent être vraies :
A) Accepter de jouer le jeu de la compétition ou d’aspirer à des récompenses dans un monde compétitif peut être perçu comme une forme de docilité. Dans cette perspective marxiste, vous êtes tous les deux dociles.
B) Changer de classe sociale grâce au travail montre également que certaines personnes sont capables de contrecarrer les destinées que les structures sociales sont censées leur imposer. Cela s’applique aussi bien à Ourson, qui est passé de la classe précaire à une classe aisée grâce à son travail, qu’à François, issu d’une classe moyenne aisée ou de la petite bourgeoisie, qui s’est élevé au rang des intellectuels et écrivains français renommés sans l’aide de réseaux sociaux ou de copinage.
C) Une troisième possibilité, selon certains échos, est que deux tiers des enfants issus de classes modestes s’élèvent socialement. Les analyses marxistes tendent à noircir exagérément la réalité ; ainsi, il y aurait des millions de cas similaires à celui d’Ourson en France.
Notons que les Échos ont des propos marxistes car en disant « Près d’un enfant sur trois (31,8 %) issu des foyers les 20% les plus modestes se trouve toujours dans cette catégorie à l’âge adulte. » cela veut dire que deux enfants sur trois 68,2%( %) issu des foyers les 20 % les plus modestes NE se trouve PLUS dans cette catégorie à l’âge adulte. https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/lascenseur-social-fonctionne-moins-bien-en-france-quailleurs-2025874-
t
InvitéT’écoutes quoi comme musique ?
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Jean Monnaie
InvitéTiens ta source qui prend exactement 4 secondes à trouver sur google
Un siècle d’évolution de la présence des immigrés et étrangers en France
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t
InvitéT’écoutes quoi comme musique ?
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Jean Monnaie
InvitéCarlos Big bisous
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t
InvitéT’écoutes de la musique ?
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Jean Monnaie
InvitéManifestement, tu préfères troller plutôt que l’inverse. Tu ne peux pas jouer deux personnages différents sous le même pseudo. Reviens avec le vrai. Celui que tu utilises habituellement pour me parler.
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t
InvitéEcoutes-tu de la musique ?
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Jean Monnaie
InvitéIl semblerait, d’après les sagaces observations de mon distingué psychiatre attitré sur ce forum hautement intellectuel, que je suis une sorte d’anachronisme vivant, un rustre tout droit sorti d’un tableau du XIXe siècle. Selon cette éminence grise de la psychanalyse digitale, je ne lis aucun livre, ne m’abîme jamais les yeux dans les subtilités d’un film, car ma sensibilité artistique serait apparemment aussi développée que celle d’un paysan bourru du Moyen Âge. Ces paysans, qui, dans leur infinie simplicité, ne savaient guère différencier une œuvre de Shakespeare d’un manuel sur la culture des betteraves. Il faudrait lui demander personnellement ce que j’écoute comme musique. Il doit le savoir mieux que moi.
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t
InvitéEt la musique tu en écoutes ?
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Jean Monnaie
InvitéA) Ton pseudo habituel B) Tu le demandes mon psychanalyse
Bonne soirée le concombre masqué -
t
InvitéT’arrives t’il d’écouter de la musique ?
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t
InvitéJ’en déduis, que tu n’écoutes pas de musique. Ok🤪
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Jean Monnaie
InvitéJe comprends parfaitement le malaise que l’on peut ressentir à gagner plus que ses parents, à l’instar de Michel Onfray ou Laurent Louis, qui ont probablement eu du mal à gérer la différence culturelle entre eux et le reste de leur famille. Cependant, tu nous expliques que la France permet à un fils d’immigré, ancien détenu et en situation irrégulière, de devenir un bourgeois mais tu arrives quand même à t’en plaindre. Ce qui me dérange également, c’est cette idée selon laquelle si l’école ne permet pas un changement de classe sociale, il s’agirait d’un problème institutionnel. Et si, à l’inverse, elle le permet, alors elle n’aurait aucun rôle dans cette réussite. Tu vas presque jusqu’à la limite d’insinuer que c’est ta mère qui a passé les examens à ta place. De même, tu sembles suggérer que si un fils d’immigré accède à de bons établissements dans les centres-villes, c’est un pur hasard. Bah voyons ! Il est curieux de constater cette tendance à individualiser ses succès tout en imputant ses échecs à l’État.
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t
Invité -
Ourson
InvitéOù est-ce que tu vois une plainte envers la « France » dans mes propos ? C’est génial la France pour quelqu’un qui adore le comté et les croissants comme y’a pas de soucis.
Puis y’a pas à dire on ne peut qu’en être reconnaissant, grâce à elle et son système scolaire mes copains prolos sont devenus barmen, intérimaires dans le bâtiment, cuisiniers, livreurs de pizza et parfois même dealers . Heureusement qu’ils ont passé des milliers d’heures dans les classes de la République, que seraient-ils devenus sinon…-
t
InvitéFranchement TG. Tes propos puent.
Allez je te laisse avec tes amis, te séguer gentillement et longuement biensur pour faire l’animation.Finalement, peu de spectateurs chez Begaudeau😂 tellement droit🤪
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Jean Monnaie
InvitéSauf que la reconnaissance ne fonctionne que pour soi-même, et jamais pour les autres. La France, dont mes ancêtres ont contribué à bâtir pendant des siècles, a permis au fils de ton père, bien qu’immigré clandestin, d’accéder malgré tout à la bourgeoisie. Tu as le droit d’être ingrat, mais entre nous, ta position n’est pas défendable. La bourgeoisie est avant tout un statut social ; donc, même si ton vœu le plus cher est de transférer une mentalité de pauvre dans ton corps de nouveau riche, cela n’est pas possible. Cela n’a pas plus de pertinence que de s’autoconvaincre qu’on peut marcher quand on est paraplégique. Tu es bourgeois parce que tu as consacré ta vie à le devenir. Par ailleurs, ton discours qui dénigre la France, estimant que ce pays n’a aucun rapport avec ta réussite et que tu t’en remets au hasard pour justifier ta scolarité dans de bonnes écoles, est erroné. Je remarque que ton discours sur tes amis devenus cuisiniers n’est pas valable, puisque 2 enfant sur 3 issus de milieux pauvres accèdent à la classe moyenne et 5 % à la classe aisée. Je me sens obligé de te rappeler ces évidences et de jouer le rôle de celui qui te le rappelle.
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Monami
InvitéIngratitude : mot qu’opposent les racistes aux noirs et aux arabes (exclusivement) critiques de l’ordre social. Y en a pourtant dans ce forum, de la critique de l’école ou de la société bourgeoise, mais Jean n’a traité d’ingrat que celui qu’il a repéré comme immigré. Comme ça a été le cas pour omar sy et pas pour les nombreux acteurs blancs qui donnent volontiers leurs avis sur tout.
Mais ce que tu n’as pas l’air de comprendre, c’est qu’acceder à la bourgeoisie n’est pas désirable en soi, c’est plus une nécessité dans notre système, qui plus est lorsqu’on vient des classes populaires. C’est ce scrupule là qu’exprime Ourson, scrupule inconcevable depuis la médiocrité droitarde, dont les chiens de garde viendront immanquablement crier à l’ingratitude dès que quelqu’un émet des réserves sur leur monde. C’est exactement ce que tu as fait ici : ton chien de garde, je me sens obligé de jouer le rôle de celui qui te le rappelle
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amour
Invité« Mais ce que tu n’as pas l’air de comprendre, c’est qu’acceder à la bourgeoisie n’est pas désirable en soi, c’est plus une nécessité dans notre système, qui plus est lorsqu’on vient des classes populaires. »
Des arguments pour valider cet avis seraient les bienvenus. Car il s’agit bien d’un vais et non d’un fait. -
Jean Monnaie
InvitéÉvidemment, l’ingratitude est spécifique aux immigrés, y compris les Noirs et les Arabes. Un Ukrainien pourrait subir le même traitement. Depardieu et Arthur ont été critiqués pour leur exil fiscal, mais libre à toi de vivre dans un fantasme de persécution. Personnellement, je rêve d’un État racialiste et discriminatoire. Si un tel régime devait se réaliser, la différence deviendrait rapidement évidente.
Vivre du RSA est une option ; Pierre Carles a même réalisé un documentaire sur le sujet. Devenir bourgeois n’est en aucun cas une obligation. Ourson est un ingrat. Je suis tellement un chien de garde du système que je rejette ses valeurs. Ce n’est pas le cas de beaucoup dans ce forum qui s’accommodent très bien du cinéma, de la littérature, et même de l’école, systèmes dont ils étaient eux-mêmes les premiers à profiter. J’adore l’inversion accusatoire de ton texte.
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K. comme mon Code
InvitéC’est quoi ton job, déjà ?
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Monami
Invité« Je suis tellement un chien de garde du système que je rejette ses valeurs »
Pourtant tu nous invites avec véhémence à être reconnaissants envers lui ça ressemble beaucoup à un travail de chien de garde. J’espère que tu fais pas ça sur ton temps libre, sinon, fais en ton job, ça paie pas mal -
Jean Monnaie
InvitéJe reconnais à la fois les avantages et les inconvénients du capitalisme. J’emmène mon fils au CMPP où une équipe pluridisciplinaire s’occupe de seulement trois enfants. Même si je crains que ce type de luxe disparaisse en grande partie à cause de l’immigration massive, je me rends compte de ma chance. Ainsi, pour moi, dénigrer ce qui fonctionne dans ce système me semble indécent.
Par ailleurs, en 2023, la fenêtre d’Overton penche largement à gauche, et ma vision de droite est loin d’être l’idéologie dominante. Je doute qu’un changement radical, symbolisé par l’arrivée d’un leader ‘moustachu’, me place du ‘bon côté du manche’. En attendant, tu continueras de célébrer les valeurs de ce système, et tu paieras probablement 14 euros pour ta place de cinéma afin de commenter ses œuvres.
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thierry
InvitéSalut Ourson,
J’ai grosso modo un parcours social similaire avec quelques années de plus.
Sacrifices des darons pour que mes frères et moi puissions accéder à un niveau de vie plus décent.
Ce qui me parle dans ton post c’est la culpabilité ressentie. Idem, je palpe chaque mois plus que les deux réunis qui élevaient 3 gosses. Difficile de ne pas se sentir mal à l’aise.
La première technique c’est évidemment de faire croquer les proches ou les moins proches dans le besoin. Achète des pinceaux à ta maman qui a toujours rêvé de peindre, des cours de guitares a ton père, paie leur un loyer de temps en temps, fais les courses du mec qui galère en bas de chez toi, enfin ce genre de trucs…
La deuxième c’est évidemment d’avoir gagner le luxe du temps libre. Tu peux revoir ton salaire + temps de taf à la baisse pour t’occuper des autres, lire, mater des expos, te balader dans la nature, faire une asso,…
Qui a vécu l’insupportable insécurité constante de la précarité souhaite l’éviter à l’autre alors dis-toi que tes parents ne peuvent qu’être soulagé de te voir serein sur ce plan. Autant en être reconnaissant.-
Ourson
InvitéMerci pour ta réponse réconfortante
J’essayais d’aider dans la mesure du possible avec mon salaire d’alternant, donc à moins que je ne devienne un crevard entre temps je devrais continuer sur la même lancée. En revanche, contrat de cadre oblige, j’aurais pas temps le loisir de voir mes horaires à la baisse dans les deux prochaines années, sauf si je lorgne un peu sur mes jours de TT par exemple… À voir ! Dans tous les cas je vais tenter d’arrêter d’être docile justement, et de voir ce que je peux faire d’autre de ma peau après en avoir mis à gauche
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thierry
InvitéAvec plaisir.
Bon courage pour tes deux prochaines années.
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Graindorge
InvitéDieu bénisse les cancres? Pour après faire les boulots les plus durs pour le smic? Et que les gens disent ou pensent » tant pis, t’avais qu’à bien travailler à l’école »
Des classes de 30 gamins puis ados. Tu suis ou tu suis pas. Do you piges? Non, le Bon Dieu ne bénit personne dans CE film. Ce film où on trouve que certaines professions sont supérieures à d’autres et que donc il est normal que… Ce film il faudrait le dynamiter et créer de la vraie justice. Pour tout le monde.-
Ourson
InvitéIl y a tout un tas de gens que Dieu devrait bénir et qui n’ont pas un parcours de vie très Rock’n’Roll en dépit de leurs qualités, Jésus le premier
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t
Invité😂
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Graindorge
InvitéFeuille de réclamation!
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Carpentier
InvitéCrois bien que c’est la première fois, hier soir, que je regardais Trapenard dans La grande librairie: elle est intéressante Sophie Galabru et 2 invités au moins ont conquis mes parents pour la soirée d’hier.
On communique par textos parfois si on sait une appétence ou un intérêt commun pour une émission tv.
J’ai zappé après le moment dédié à l’amour, ai-je eu tort?
François a-t-il malicieusement botté en touche à d’autres questions d’Augustin comme il l’a fait pour l’origine du nom de famille et ce qu’on en sait ou imagine (Begaudeau/Malaudos)?-
Carpentier
Invitéouh là, je me les prends toutes, putain.
Quoique je dise, j’vais prendre une baffe, ça ne te conviendra pas.
Bêtement, me suis lassée.
Et que mes parents regardent cette émission parce que, t’ayant écouté un jour au furet, à Lille, ils aiment te suivre , et que c’est avec eux que j’aime parler de ton travail, oui: je trouve que ça vaut un post.
Ma mère patiente pour que je lui prête après lecture.
Si tu savais comme je suis triste de te voir t’endurcir autant les années venant.-
Carpentier
InvitéVrai que tu prévenais que c’était dispensable.
J’espère au moins que, parfois, croiser d’autres écrivain es dans ce genre d’émissions te sied.
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Carpentier
InvitéPS: qu’est-ce que tu ne piges pas dans … ‘ j’ai zappé après le moment dédié à l’amour / …? (je me cite)
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François Bégaudeau
Maître des clésPost crucial pour dire qu’on n’a pas vu une émission sans interet, et notamment qu’on n’a pas vu le moment portant sur un livre dont on ne dit rien.
Le genre de post qui justifie ce site.-
Graindorge
InvitéSans « intérêt? Be be be bebep… La Grande Librairie: 450000 telespectateurs en moyenne. Considérée comme l’émission la plus influente pour la vente des livres.
En étant très pessimiste, vous venez d’en vendre au moins 50000! Le nerf de la guerre camarade
Je sais je sais c’est pas de cet intérêt là dont…-
amour
Invité🤪👏🤥
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Carpentier
InvitéTu as quelques lignes, mal placées, ci-dessus qui devrait être en réponse aux tiennes.
Merci de ne pas les lire, tu comprends pas grand chose de toutes façons.-
amour
InvitéMais que le vaut encore ces bribes déconvenues ? De l’amour ? 😂
De la finesse ? OUI😘✌️-
amour
InvitéMe prenant pour le nombril de monde en pleine séance de prostitution, j’ai cru un instant que ces mots doux étaient pour moi 🤓😜
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Jean Monnaie
Invité -
Ostros
InvitéN’oublions pas cette chère page 4 du forum principal. Une étendue de possibles. Un jardin d’Eden pour sitistes bavards et partageurs. Et garantie sans bug au chargement (contrairement à la page trois qui a fait son temps).
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Fanny
InvitéDana Kaplan, Eva Illouz, Le Capital sexuel
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Je viens d’en entendre parler. Ça m’a l’air intéressant.
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https://www.lemonde.fr/livres/article/2023/11/12/le-capital-sexuel-de-dana-kaplan-et-eva-illouz-le-sexe-appendice-neoliberal_6199686_3260.html-
Graindorge
Invitéla suite est réservée aux abonnés mais merci Fanny
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Fanny
InvitéOups, celui-ci est en libre accès il me semble :
https://www.marianne.net/societe/eva-illouz-dans-le-neoliberalisme-toutes-les-competences-intimes-du-moi-sont-exploitees-sur-le-marche-
Fanny
Invitéça rejoint un peu ce que quelqu’un avait mentionné à propos des cours de danse à Pôle Emploi
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François Bégaudeau
Maître des clésJe vais écouter mais j’intuite de plus en plus qu’Eva Illouz s’inscrit dans une longue tradition de critique autoritaire (réactionnaire?) du capitalisme.
Rancière le rappelle souvent : les premières critiques historiques du capitalisme étaient de cet ordre. Ce courant n’a jamais cessé d’âtre actif.
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Graindorge
Invitémerci Fanny
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Anna H
InvitéDiscussion avec Jacques Rancière à propos de son travail sur le régime esthétique de l’art, à l’occasion de la sortie de son dernier livre « Voyages de l’art » :
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GaelleS
InvitéPas encore écouté mais c’est tellement rare qu’on parle d’Elisee Reclus que je partage quand meme https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps/elisee-reclus-la-terre-et-les-hommes-2520189
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Graindorge
Invitétrès beau cadeau. Merci GaelleS
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Anna H
InvitéMerci Gaëlle !
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Cyril
InvitéDans un article de Michel Winock sur Maurice Barrès dans le magazine L’Histoire, je découvre que Barrès avait des conceptions assez déroutantes pour quelqu’un comme moi, qui suis formé par François à la distinction droite/gauche idéaliste/matérialiste.
Je lis par exemple :
Barrès : « Le nationalisme est acceptation du déterminisme. »
Winock : « De Soury, Barrès a retenu cette idée fondamentale que nous sommes avant tout des êtres affectifs : « Les Allemands ne disent pas « je pense » mais « il pense en moi ». L’intelligence, quelle petite chose à la surface de nous-même. » […] « Nous ne sommes pas les maîtres des pensées qui naissent en nous. Elles ne viennent pas de notre intelligence. » D’où viennent-elles ? « Elles sont des façons de réagir où se traduisent de très anciennes dispositions physiologiques. Selon le milieu où nous sommes plongés, nous élaborons des jugements et des raisonnements. » […] Et de dénoncer l’Université qui donne un enseignement abstrait, rationaliste et « déracine » les jeunes esprits de leurs « vérités propres ».
Avec tout ça, doit-on considérer que Barrès n’était pas de gauche par inconséquence ou y-a-t-il compatibilité entre droite et matérialisme ?
Dans ce cas, la distinction entre droite et gauche ne reposerait plus que sur des valeurs morales et non plus sur une préférence, une disposition (esthétiques ?) pour le réel ou pour les idées.-
Mao
InvitéIl existe un matérialisme de droite et d’extrême droite.
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Ema
InvitéBonjour à tous les sitistes
J’ai besoin de vos lumières pour affiner une réflexion
qui me turlupine (spoiler:en fait j’arrive pas à avoir d’opinion et je vais vous piquer les vôtres).
Je sais que le B. A. B. A du marxiste c’est faire le distinguo entre les phénomène induits par le capitalisme, et un jugement moral des comportements humain induits par les phénomènes en questions, notamment quand ils concernent des prolétaires. En théorie tout va bien c’est très clair. Sauf qu’ en pratique j’ai parfois du mal à évaluer jusqu’à quel degrés un individu peut être « embarqué », disons ça comme ça, sans que ça vaille à minima condamnation politique. Est ce qu’un « voisin vigilant » est juste un individu pragmatique qui, parce que nou vivons en régime capitaliste craint pour son petit capital matériel et celui de ses voisins, ou est ce que c’est un petit bourgeois boutiquier en puissance que cette simple préoccupation sécuritaire doit me faire identifier comme adversaire politique ? Pas la peine de répondre à cet exemple précis, qui est volontairement tarte à la crème, c’est pour illustrer la question.-
deleatur
InvitéOn peut au moins commencer à te donner des conseils pratiques. Voici les miens.
La notion d’ennemi de classe ne doit pas être nominative (à moins d’être Julian B.), mais désigner des effets de la structure ou du mode de production (effets que des personnes publiques ou médiatiques peuvent parfois incarner, ou dans l’entreprise).
La notion d’adversaire politique vaut si tu es engagé (plus ou moins) dans des luttes concrètes et désigne l’ensemble des personnes qui défendent des causes contraires aux tiennes.
Quant à ton voisin, gros con ou pas, tu peux choisir de lui parler très peu, mais cherche à être en bonne intelligence avec lui, car il est inutile d’importer la lutte des classes jusque sur ton palier.
La politique, ce n’est pas d’individu à individu, mais de groupe à groupe. Sinon, cela s’appelle le fascisme.
Mais si tu as un voisin vigilant, alors là je ne sais pas. J’ai l’impression que c’est justement la confusion individuelle dont je viens de parler. -
deleatur
InvitéCela dit, j’ai pensé pendant longtemps que pour François, l’amour, c’était la lutte des classes dans le corps (En Guerre). Avec L’amour, c’est différent.
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Jeanmonnaie
InvitéLe Le libre arbitre n’existe pas chez les gauchistes. Personne n’est responsable de son comportement, mais est prisonnier de ses horribles structures capitalistes. Nahel est une victime. Le communisme permettra de créer le paradis sur terre. Cela est valable pour tout le monde, sauf pour la droite. Car, pour moi, Jean Monnaie, l’excuse des structures n’existe plus. Je dois partir, je suis irrécupérable.
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François Bégaudeau
Maître des clésL’intervention de Jean Monnaie est stupide comme il se doit, mais les deux précédentes sont un peu confuses.
L’alternative, que tu poses Ema, n’en est pas une. Oui le voisin vigilant a métabolisé l’éthos des propriétaires, ceux dont l’affect maitre est de préserver, protéger, conserver, et au prix de crispations sécuritaires s’il le faut. Devant une telle créature on peut tout à fait ressentir une sorte de mépris. Simplement ce mépris n’est pas un ressort politique. Ce qui l’est, c’est d’établir que ce genre d’attitudes conditionnées (conditionnées par l’ordre social) nuit fondamentalement à la vie de la communauté, et à la vie tout court.
En guerre : ce n »est pas exactement « la lutte des classes dans le corps », c’est plus précisément deux amants confrontés à l’écart de classes entre eux. Dans ce roman le rapport de classes est centrale, mais on pourrait aussi faire une lecture sociale de l’Amour. Une lecture de classe.-
Jeanmonnaie
InvitéC’est pourtant cette raison qui explique les discours outranciers de ton ami Lasganerie, qui parviennent même à te choquer. Et c’est pour cette même raison que vous ne condamnez jamais l’hyper-violence du pays. Continue à vivre dans ta bulle, François, et à penser le réel à travers tes lectures de romans.
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Moil
InvitéC’est sûr qu’on a moins besoin d’être « vigilant » lorsqu’on est propriétaire dans le 11e arrondissement de Paris
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François Bégaudeau
Maître des clésD’où sors-tu cette information, Moil?
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Jean Monnaie
InvitéCe qui est amusant, c’est que lorsque François a parlé de son bien pendant la promotion de la bourgeoisie, il avait sous-estimé la valeur de son bien. Cela indique qu’il a du mal à assumer son confort bourgeois, tout comme il peine à assumer sa participation dans le festival le plus capitaliste, ou encore son rôle de chien de garde à l’école et sa promotion de la laïcité. Un autre élément important est qu’il justifiait son habitus de prolétaire par un parquet abîmé et des fenêtres sales chez lui. Loïc Chaigneau avait fait la même remarque que moi dans sa vidéo réponse. Un prolétaire n’a pas un parquet défoncé par choix ; sa comparaison est indécente. De plus, tous les prolétaires ne vivent pas dans la crasse, avec des fenêtres sales, ce qui montre son mépris de classe. C’est le même mépris de classe qui le fait ironiser sur ma condition de maraîcher. S’il avait été médecin, il n’aurait probablement rien dit. Le diable se cache dans les détails.
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Christophe M
InvitéOù l’on apprend que François a fait la promotion de « la bourgeoisie » et qu’il a « un bien ». Quelle rigueur, quelle précision !
Jeannot l’anthropologue est aussi expert en immobilier parisien.-
Jean Monnaie
InvitéJe disais il y a 10 seconde que écrire pour se payer la personne est le meilleur moyen d’être mauvais.
« Pendant la promotion de son livre sur la bourgeoisie. » Voila c’est mieux.Tu es trop fort, tu m’as bien boulé casé !
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Ludovic
InvitéOui. Il est impératif de suivre la doctrine de la secte communiste, le BABAR, à la lettre.
Sous peine d’excommunication.-
Ema
InvitéJe dirais même plus d’exécution.
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Ema
InvitéC’est un questionnement un peu abstrait en effet dans la mesure où je pense que dans la vraie vie (et les luttes effectives) le tri se fait un peu de lui même, en fonction des affects, des situations, des enjeux. Mais il est vrai que dans mon entourage je me demande parfois si ça vaut la peine d’objecter tel ou tel point de vue/positionnement quand je sais que c’est quelque chose de strictement adossé aux conditionements matériels ou sociaux des gens. Hier ma belle sœur, en que j’aide à faire son gros ménage debarassage annuel, et à qui je faisais remarquer que les jouets de ses gamins ne méritaient pas tous d’être jetés directement aux encombrants, certains pouvant être donnés à telles ou telles assoc, elle m’a répondu sommairement qu’étant mère de famille et salariée à temps plein elle n’avais pas que ça à foutre. Ce qui, je sais est partiellement vrai bien sûr, son quotidien est bien chargé. Mais j’y ai vu aussi une pointe de mauvaise foi et de provoc à mon égard, connaissant mes préoccupation sociales et ecolo, une façon de me dire « tu m’emmerdes avec tes lubies de bobo ». C’est cette zone grise qui me gêne, quand des facteurs externes participent à produire de l’inconscequence chez les individus, mais qu’il y a aussi une part de mauvaise fois/mauvaise volonté. Dans ces cas là je ne sais pas trop par quel bout prendre le problème, qu’est ce qui l’emporte, les déterminismes sociaux ou politiques ? Le tempérament ou les conditions matérielles d’existence ? À ce moment là c’est la prolétaire mère de famille débordée qui m’a répondu ou c’est la belle sœur de droite un peu mesquine ?
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Ema
InvitéBien compris que le mépris n’est pas un ressort politique mais relationnel. Mais la politique, en action, par exemple lorsqu’on milite, à son petit niveau, auprès de ses connaissances et proches, c’est aussi du relationnel, d’où la confusion que tu relève François, qui est à l’image de mon « militantisme » quotidien :confus, begayant, indécis. Je ne suis peut être tout simplement pas faite pour ça.
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Olivier
InvitéDans ces temps qui puent… certaines musiques, certains films, notamment certaines musiques sacrées me donnent envie d’aimer l’humanité.
Je suis très confus et circonspect face aux notions de bonté (chrétienne ou autre), d’empathie et d’espérance. Trois notions qui selon moi s’entremêlent tellement que j’ai du mal à les définir. Si certains peuvent m’éclairer, je suis preneur…
Dans cette musique, je retrouve la bonté et la joie que je retrouvais chez une des sœurs de mon grand-père qui était aussi bonne sœur, qui avait ce regard si vibrant et bienveillant que l’on peut retrouver chez Franck Capra, Cameron Crowe ou même certains feel good movies… L’espérance que l’humanité peut ou pourrait ressembler à cela.
Je suis malheureusement athée mais je me soigne.
Je sais que ce post peut paraître naïf mais j’aime bien.-
Olivier
Invité -
Le trou noir extatique
InvitéMerci pour la découverte. Je me permets de te partager cette musique chanté notamment par une soeur, Marie Keyrouz. En espérant que tu y retrouves certaines des émotions décrites.
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Graindorge
InvitéJe vais écouté tout ça avec un très grand plaisir ce soir
C’est beau. Merci Olivier! Merci Trou noir extatique!
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Dr Xavier
InvitéQuelques nouvelles récentes et belges des deux cerveaux Lucbert & Lordon qui phosphorent sur leur prochain bouquin. Il y est d’ailleurs question de pulsions.
https://www.revuepolitique.be/pour-en-finir-avec-la-pensee-antipolitique/
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Solange Manche : Vous écrivez actuellement un livre sur la psychanalyse et Spinoza avec Sandra Lucbert. Pourquoi ce tournant vers la psychanalyse ?
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Frédéric Lordon : Ce tournant vers la psychanalyse aurait dû être très évident, mais la vérité est que je n’avais jamais lu un seul mot de Lacan. C’était un angle mort jusqu’à ce que je rencontre Sandra, qui travaille sur la psychanalyse et le numérique. Ce que fait l’économie numérique, c’est reconfigurer les pulsions des utilisateurs à son propre avantage. Au départ, nous avons eu des désaccords. Alors que je parlais de régimes affectifs, Sandra insistait pour parler de régimes pulsionnels. Finalement, j’ai reconnu que parler d’affects n’était pas tout à fait la même chose que parler de pulsions. Ce dernier met davantage l’accent sur les déterminations inconscientes.
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Or, il est extrêmement difficile de trouver l’inconscient chez Spinoza ou même de l’introduire dans sa pensée. Bien sûr, il y a des points de conjonction évidents mais aussi des dissonances radicales. Par exemple, la centralité du manque dans la psychanalyse est une impossibilité dans la pensée de Spinoza, étant donné la positivité du désir. Néanmoins, nous avons réussi à la rendre compatible. En fin de compte, notre but était de sauver la psychanalyse des psychanalystes. La psychanalyse a absolument besoin d’être débarrassée de ses tendances réactionnaires : le phallus, le nom du père…
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Et vice-versa, la psychanalyse peut aider à surmonter certains des points aveugles de Spinoza. Ce que Spinoza n’a pas vu, c’est que le fait de naître a des conséquences importantes. Spinoza ne pensait pas la naissance. Mais il y a une raison à cela. Veuillez m’excuser pour le jeu de mots, mais c’est exactement parce que le mode fini n’est pas fini et n’a pas fini, c’est-à-dire pas complet. Il y a un manque constitutif de l’humain à la naissance. Les animaux naissent avec un instinct, mais pas les humains. Et ce manque instinctif est entièrement compensé par l’ordre social, par les traces, par les comportements, qui sont donc historiquement et socialement modifiables. Spinoza n’a pas pu mettre le doigt dessus et n’a donc pas une compréhension complète du comportement humain, ce que la psychanalyse aiderait à réaliser.-
Tony
InvitéEn tout cas merci pour le partage cet entretien est bien passionnant.
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Graindorge
Invitél’animal est parfait donc fini. Un tigre restera un tigre toute sa vie.
L’homme est imparfait donc perfectible.
Le psychologique ne peut être traité si on ne s’occupe pas aussi et en même temps du corps, son support. Car il y a des déséquilibres psychosomatiques et des déséquilibres somatopsychiques. Et fréquemment les 2
Merci Xavier pour le partage -
deleatur
InvitéMerci, Dr Xavier, pour le partage. Je n’ai lu que ton extrait pour le moment.
Si on laisse de côté ce qui est dit de l’enracinement inconscient des pulsions (et évidemment qu’il faut en parler), je ne suis pas sûr, dit rapidement, que le propos aille beaucoup plus loin que ce qu’avait déjà envisagé Bernard Stiegler, sur le devenir pulsionnel des hommes contemporains.
Les pulsions ne quittent jamais l’être humain. Toutes les sociétés ont toujours mis en place des dispositifs de contrôle des pulsions : être civilisé, c’est ne pas exprimer directement ses pulsions, c’est les différer ou les transformer. Là on est encore dans la psychanalyse du vieux Freud (à la papa). Mais aujourd’hui, les technologies du numérique, la société du numérique prône l’expression et l’exploitation des pulsions et non plus leur transformation sublimatoire dans des formes socialement acceptables (transformations des pulsions en désirs, dont la réalisation est différée dans le temps, etc.).-
François Bégaudeau
Maître des clésCe livre fait envie
A première vue comme ça j’ai l’impression qu’il dialogue davantage avec Deleuze qu’avec Spinoza. C’est chez Deleuze surtout, il est vrai spinoziste, qu’on trouve une réfutation du manque – la « positivité du désir » (c »est à dire qu’un désir est toujours son propre accomplissement ; en radicalisant: il n’y a pas de désir insatisfait)
En tout cas sujet pointu, et infini. On lira.-
Charles
InvitéLucbert sort aussi un court essai « Défaire voir – Littérature et politique » en janvier. Riche rentrée qui s’annonce là.
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Julien Barthe
InvitéMerci Xavier.
Le problème, c’est qu’au lieu de bosser, ils font des selfies à la con.Avec mes amis et camarades Sandra Lucbert et Frédéric Lordon à l’ouverture du congrès de fondation de @RevPermanente
Vive la révolution et le communisme 🔥🔥 pic.twitter.com/Q7rpSNEM3x— Marina Garrisi (@GarrisiMarina) December 16, 2022
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Léo!
Invitéça pique les yeux quand même quand il parle de la zad.
étonnant aussi sa façon de réinstaurer l’état et la verticalité, de qualifier de tragique la pensée libertaire tout en ne prenant pour exemple historiques de réalisation du communisme que des expériences explicitement libertaires. Les anarchistes auraient donc tout faux intellectuellement mais tout bon pratiquement.
Vraiment trop méprisant pour ne pas être agacé.
Je préfère de loin quand il parle d’affects et de spinoza.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai lu que le fragment reporté ici. Je subodorais un règlement de comptes avec Deleuze, ça se confirme.
Je lirai tout plus tard
Mais on sait bien que le sport préféré de Fredo est de faire chier les anarchistes.-
Léo!
Invitéil excelle à ce petit jeu.
Dommage car s’il y a bien une pensée qui a mis dans son cœur la question des institutions et le risque de capture c’est bien la réflexion libertaire. D’ailleurs, tout comme les exemples historiques qu’il prend sont libertaires, toutes les propositions institutionnelles qu’il défend le sont également (décentralisation, mandats impératifs, etc.).
Quant à la zad, vouloir en faire un lieu de désertion c’est une sacré méprise. Il confond avec certains courants de l’écologie, dont je ne nie d’ailleurs pas l’existence, mais leur absence sur la zad, qui s’est conçue en opposition avec eux. Celleux qui la font vivre passent leur temps à fomenter des luttes à droite et à gauche. C’est une base arrière, un point d’appui matériel et logistique en vu du conflit.
Et dans le paragraphe qui suit je crois pouvoir dire que tout est faux, je ne sais pas d’où il tire ça – de ses petits camarades trotskistes certainement. Je serais vraiment surpris qu’il y ai déjà mis les pieds pour affirmer un truc pareil :
« Ceci est en opposition directe avec ce qui est pensé dans les ZAD : ils croient vraiment à l’horizontalité et c’est tragique. Les problèmes graves de santé mentale, qui peuvent mettre les autres personnes en danger, ne sont pas pris en compte. Le sexisme ne s’évapore pas en croyant à l’horizontalité. Être une femme à la ZAD, ce n’est pas commode… Mais c’est justement parce que ces dynamiques de pouvoir internes sont niées qu’il devient impossible de les aborder. C’est le non-dit »-
François Bégaudeau
Maître des clésLors de la tournée Autonomes, en réponse au sempiternel « oui mais n’est ce pas un peu un abandon de la lutte que de faire son truc dans son coin? », je signalais beaucoup que mes autonomes, avaient pour la plupart une grosse activité politique. Certains par exemple n’avaient cessé de faire l’aller retour Mayenne et Paris pendant la période Gilets jaunes.
Peut-être que Fredo a eu un shoot autoritaire en lisant Lacan.-
Mao
InvitéJ’y vois pour ma part les « traces vestigales » de l’expérience « Nuit Debout ». Notons tout de même qu’il se refuse à classer la ZAD dans l’antipolitique. Je vois par ailleurs d’un très bon oeil le fait que comme le dit Léo « les exemples historiques qu’il prend sont libertaires,(et que) toutes les propositions institutionnelles qu’il défend le sont également (décentralisation, mandats impératifs, etc.). ». Le contraire eut été autrement plus problématique.
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deleatur
InvitéSur cette question de la verticalité, Lordon n’a jamais caché son jeu : la verticalité, c’est d’abord celle des institutions, au sens anthropologique du terme, qui a lieu lorsque des être humains rassemblés se donne du commun qui les transcende.
Il n’a pas cessé de le répéter pendant Nuit debout : ce qui manque, ce sont des chefs ; donc les Nuit debout veulent se donner des chefs sans les appeler par ce nom et sans même sans rendre compte, et ça ne marchera pas pour cette raison (outre le fait qu’on a un peu attendu de lui qu’il occupe cette place et joue ce rôle à l’occasion).
Il a peut-être lu attentivement Lacan, mais je crois surtout qu’il a un autre concept du pouvoir (peut-être plus foucaldien) moins centré sur la figure du chef, sur la verticalité de l’autorité, et justement plus horizontal. Je crois qu’il ne cesse de dire que l’horizontalité des rapports sociaux, la démocratie effective n’empêche en rien les rapports de pouvoir entre les individus, simplement plus masqués, plus diffus, et surtout non-dits.
Il est toujours très cohérent sur cette question.
Cela dit, je l’ai moins lu que certains et certaines ici, et je suis surtout peu engager dans les luttes sociales, donc je dis peut-être des conneries.-
deleatur
InvitéEt derrière cette question de la verticalité, ce serait peut-être aujourd’hui l’inconscient des rapports sociaux qui intéresse Lordon. Et alors, il va de soi qu’il s’expose à de nombreuses et importantes incompréhensions ou compréhensions justement.
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deleatur
InvitéBon aucune réaction pour le moment.
Je pensais vraiment me faire rentrer dedans, cela dit bien amicalement.
Disons, me dire que je me trompe. Que j’ai tout faux sur cette question. (Et sans doute que Lordon aussi.)-
Dr Xavier
InvitéHello, si si je lis c’est bien intéressant, et me suis bien marré sur le selfie ! J’ai lu très vite les trois-quart de l’interview parce qu’il ressort toutes ses idées de Vivre Sans ? donc je m’y suis pas trop attardé. Je sais que son bouquin n’avait pas plus du tout dans les « milieux libertaires » (on dirait une note des RG) mais j’avais pas lu de critiques bien convaincantes, s’il y en a je veux bien lire.
Pour la ZAD il est tout à fait admiratif des zadistes, il répète à qui mieux mieux qu’il ne serait pas capable d’un tel engagement. Simplement il n’est pas d’accord avec les fondations théoriques (ou ce qu’il perçoit comme fondation théorique… qui est en fait exemplairement pour lui le Comité Invisible, cf. Maintenant, avec qui il aime bien ferailler, on rappelle que Vivre Sans ? devait justement être un dialogue avec le CI). Dans son bouquin il dit justement analyser l’écart entre ces fondations théoriques (CI) et la pratique. Aucune idée s’il y est allé lui-même, au moins cite-t-il abondamment ce docu-texte de Mediapart qui m’apparaissait très enthousiasmant et assez juste : https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/la-zad-ca-marche-ca-palabre-cest-pas-triste-
Titouan R
InvitéMerci Doc, tu m’as devancé. Effectivement, pas lieu d’être surpris ici à la lecture de Frédéric, qui reprend synthétiquement l’axe de Vivre sans. Reconnaissons-lui cette grande cohérence, ainsi que le fait de ne pas chercher à plaire à tout le monde dans son camp.
Sur le fait de faire chier les anarchistes, je rejoindrais un peu Léo et François car il faudrait se demander non pas si Lordon a foutu les pieds dans une Zad (je pense que oui) mais depuis quand il n’y est pas allé. Car, d’un regard lointain (je ne suis jamais allé y faire un tour moi-même), il me semble que sur les questions de rapports de force internes, le traitement des inégalités de genre et des reliquats insidieux du patriarcat, les zadistes essaient en permanence d’être vigilent et de se discipliner (soi et le groupe) et de trouver des dispositifs institutionnels (au sens lordonien) pour y remédier. Une grande intelligence pratique a percolé ces dernières années. Fred est-il à jour ? -
deleatur
InvitéMerci Dr Xavier et Titouan R pour ces éclaircissements zadistes (qui m’éclairent effectivement beaucoup sur un sujet que je ne connais pas du tout ou très mal, et comme de loin).
Pour quelqu’un qui théorise autant que Lordon (et toujours aussi bien avec le temps), je crois qu’analyser l’écart entre théorie et pratique supposerait effectivement d’être à jour sur les pratiques zadistes.
Cela dit, je pense que comme énoncé critique, son argument mérite d’être entendu.
Par ailleurs, ses propos sur la verticalité, sans aller jusqu’à dire qu’ils correspondent à un affect du bonhomme, supposent une conception politique qui reste la même : ce qui l’intéresse, c’est le primat de la société, du collectif sur l’individu (et aujourd’hui de l’inconscient sur l’inviduel et l’affect).
François, au contraire, dit assez souvent, en bonne cohérence anarchiste, que la société ne l’intéresse pas, ou plutôt qu’il ne parle pas depuis ce point de vue, qu’il n’a pas besoin de ce concept, que ce n’est pas son affaire, et que ce qu’il cherche à promouvoir, c’est l’individuel, la puissance individuelle.
Fossé entre François et Lordon.
Je ne vais pas aller beaucoup plus loin, car j’aurais peur de dire des anêries.-
Dr Xavier
InvitéCe qui ajoute sans doute au bordel c’est que le Comité Invisible – très lu et apprécié par les zadistes, et vu par Lordon comme fondement théorique de la ZAD sur son caractère destituant – semble lui-même ne pas bien comprendre la ZAD : « On pourrait donner des dizaines d’exemples de cette dialectique destituante/instituante à l’oeuvre dans les Communs, mais il y en a un qui illustre parfaitement L’ERREUR FONCIERE D’ANALYSE [c’est moi qui capitalise] commise par le Comité invisible : c’est celui de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. La ZAD est typiquement ce que Maintenant encense à plusieurs endroits – à juste titre – comme une entreprise réussie de destitution de l’État sur une portion du territoire. J’ai eu l’occasion cette année de faire plusieurs séjours à Notre-Dame-des-Landes. Et une chose qui est immédiatement palpable lorsqu’on discute avec les occupants, c’est que la ZAD est le lieu d’un intense travail instituant. Les occupants (pourtant souvent très proches idéologiquement du Comité invisible) ont développé un ensemble de structures de coordination, leur permettant de débattre collectivement et d’organiser l’occupation du territoire (voir par exemple ce dossier de la confédération paysanne). »
https://usbeketrica.com/fr/article/le-comite-invisible-et-les-communs
Toujours comme ça avec ces anarchos-autonomes, incapables de faire preuve d’un peu de discipline bon sang.-
deleatur
InvitéPas faux, mais cela confirme aussi que l’anarchie, cela fonctionne mieux entre 30 personnes (et encore !) qu’entre 300.
Ce qui à mes yeux suffit à lui retirer sa portée disons sociale (je ne dis pas politique).
J’ai aussi l’impression que Lordon cherche à relire le mouvement zadiste à l’aune de ses propres attendus théoriques (ce qui me gêne toujours un peu chez lui, et c’est pourtant vers lui que penche ma balance pratico-théorique).
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Léo!
InvitéJérome Baschet s’était attelé à critiquer imperium avec brio de mon point de vue :
petit extrait de son texte pour ballast de 2016 :
« si l’on peut bien accepter le principe de l’excédence du social, rien n’oblige à l’associer à la métaphore de la verticalité. Tout le nœud de l’affaire est là, dans le fait de laisser s’instaurer une confusion, aux conséquences considérables, entre l’excédence du social constitué métaphoriquement en verticalité et l’existence de rapports sociaux de domination/subordination. De fait, Imperium repose sur un enchaînement entre excédence du social, verticalité hiérarchique et, on le verra plus loin, capture étatique de la puissance de la multitude. Dans la mesure où cette séquence est, le plus souvent, présentée comme nécessaire, domination et hiérarchie apparaissent comme inhérentes à l’ordre du social. Or, tout ceci repose sur une fâcheuse imprécision : par elle-même, l’excédence du social n’implique aucun rapport de subordination entre les membres du collectif ; elle ne fait que placer au-dessus d’eux tous un principe général (que l’on peut, dans un vocabulaire inspiré de Spinoza, nommer « puissance de la multitude »). Cet au-dessus d’eux tous ne fait pas, par lui-même, sortir d’un rapport d’égalité entre les membres du collectif. »-
Claire N
Invité« l’excédence du social n’implique aucun rapport de subordination entre les membres du collectif«
Je n’avais pas perçue que Lordon parle de subordination entre les membres dans impérium,
Je m’étais un peu arquée devant l’inévitable retour ,selon lui ,de l’immanence en transcendance mais il ne m’était pas apparue qu’elle prenait inévitablement la forme d’une hiérarchie ?
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Léo!
InvitéEn fait sa critique de la zad comme apologie de la désertion est complètement à côté de la plaque. Comme dit plus haut il confond avec les courants plus décroissants-développement personnel-new age de l’écologie. Il a raison de les critiquer, mais c’est juste pas la zad. Il invente un zadisme que personne à la zad ne revendique. Encore une fois, la zad est une pratique, un moyen d’action, pas une théorie politique s’opposant au lordono-friotisme. Je ne crois pas que les copaines à la zad ne la présentent comme modèle abouti, comme recette miracle à généraliser, surtout comme repli sur soi.
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Léo!
InvitéAu-delà de sa confusion sur la zad, Lordon rejoue la question de la tyrannie de l’absence de structure , texte largement diffusé dans… les milieux anarcho-autonomes, qui évidemment ne l’ont pas attendu pour se faire dégriser quant à la question du pouvoir et de la nécessité d’instituer des gardes-fous. En fait ce qui rend dingue, c’est que c’est aux milieux communistes autoritaires qu’il faudrait sans cesse rappeler les dangers de la capture et de l’autonomisation de l’institution. Ils ont le XXe siècle à se faire pardonner. L’histoire a rendu son verdict.
Donc comme Baschet, je trouve inutilement provocatrice son opération sémantique consistant à renommer État toute forme d’institution.
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Cyril
Invité« Les animaux naissent avec un instinct, mais pas les humains. » Lordon
Cette idée m’a toujours semblé un peu simpliste. Vous ne trouvez pas ?
Nous sommes bien des animaux. Pourquoi serions-nous privés d’instincts ? Encore pire, d’instinct, au singulier ?
N’est-ce pas reconduire l’idée des animaux-machines ? L’instinct serait comme un programme.-
Cocolastico
InvitéIl semblerait que Lordon n’ait jamais donné le sein à un bébé qui venait de naître. Plus sérieusement je crois que ce raccourci est sur un point qui n’est pas au cœur de son propos.
Sur l’éthologie (notamment les recherches en cours sur les intrications entre l’inné et les expériences prénatales) je vous conseille les géniales ressources du collège de france, en libre accès sur youtube et sur leur site
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Anna H
InvitéMerci, ça m’intéresse. Tu penses à quelles ressources en ligne, des cours ?
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Cocolastico
InvitéPlus de 10000 enregistrements de cours, conférences, colloques… et je ne retrouve pas celui dont je parlais. J’approfondirai ma recherche ce week-end
Si tu y vas sans idée précise je te conseille de passer par leur chaîne youtube, plus adaptée à une visite exploratoire à mon avis (tu vois immédiatement les intitulés des cours)
Tout en bas de la page d’accueil tu trouveras leurs chaînes thématiques -
Cocolastico
InvitéJe suis désolé Anna je ne l’ai pas retrouvé. La scientifique décrivait des expériences olfactives sur des foetus de Morgates en incubation dans l’œuf. Il semblerait que « l’instinct animal » soit moins rigide qu’on le pensait
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Anna H
InvitéMerci Coco pour le lien., je chercherai. Merci aussi pour la morgate, ou lièvre de mer, qui fait partie de la famille des seiches et est proche du calamar.
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Cocolastico
InvitéAnna, si jamais tu repasses par là, désolé ce n’était pas une émission du collège de France mais de France Culture. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-methode-scientifique/inne-acquis-ou-est-passe-l-instinct-6496758
La scientifique s’appelle Anne-Sophie DarmaillacqEt je peux te raconter deux trois trucs qu’elle ne dit pas sur la Morgate. Comme d’autres de la faune marine elle se pêche au casier (une nasse chargée d’appâts, lâchée sur les fonds). Mais contrairement au crustacés qui se contente de poisson mort, elle se nourrit exclusivement de proies vivantes. Organisation compliquée et coûteuse donc nouveau stratagème : tu laisses une Morgate femelle captive dans ton casier et toutes les braves Morgates des alentours s’en vont se faire piéger en essayent d’aller la libérer. En vrai je ne sais pas comment ça marche. Et personne n’a su m’expliquer. Comme des individus des deux sexes sont attirés je suppose que ce n’est pas une logique d’accouplement et que ça a plutôt à voir avec un instinct grégaire
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Anna H
InvitéMerci beaucoup. C’est un beau cadeau de Noël (Mamère).
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Anna H
InvitéMerci à nouveau, c’était intéressant. Très chouette aussi d’entendre la voix de ce bon vieux nazi de Konrad Lorenz.
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Leo Landru
InvitéLe humains naissent sans l’instinct primordial : celui de la gagne. Exemple, en combat singulier, un chimpanzé de trois ans pulvérise littéralement un être humain du même âge. Il s’agit par ailleurs d’un spectacle tout à fait charmant mais ce n’est pas notre point. Ici notre conclusion est la suivante : le bébé humain est pathétique – nul en tout.
L’école va donc lui apprendre le maniement de l’aiguillon électrique pour qu’il surpasse à la fois le chimpanzé et le militant écologiste. En ce sens, l’instinct de la gagne – le seul qui vaille – est bien acquis et non inné.-
Cocolastico
InvitéEt en combat aquatique je mise sur lequel ?
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Leo Landru
InvitéZéro partout.
Penser à se munir une grosse épuisette..
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Julien Barthe
InvitéCe que je vois c’est qu’on est tellement chauds sur Lordon qu’on est un peu en train de commenter une de ses cartes postales ou de ses listes de course.
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Dr Xavier
InvitéC’est pas nous qui sommes chauds, c’est lui qui est très hot, son front dégarni signe incontestable d’un cerveau d’une taille exceptionnelle me donne des vapeurs.
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Julien Barthe
Invité* de courses.
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deleatur
InvitéSes listes de course aussi. Il est hot et speed.
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Jean Monnaie
InvitéBonjour j’ai décidé de faire une petite analyse de texte.
« Frédéric Lordon : Je ne pense pas… non tels qu’on voudrait qu’ils fussent. ( première partie)
Frédéric Lordon critique les pensées de Gilles Deleuze, Alain Badiou et Jacques Rancière, qu’il considère comme antipolitiques. Selon lui, Deleuze manque de substance politique concrète, et l’adoption de sa philosophie par certains à gauche lui semble paradoxale. Concernant Badiou et Rancière, malgré leur focalisation sur la politique, ils adoptent des perspectives qui négligent les objectifs pratiques : Rancière privilégie le le cheminement sur la destination, tandis que Badiou conçoit un militantisme dénué de passions, une notion que Lordon conteste en s’appuyant sur la philosophie de Spinoza. Lordon considère cette approche comme trop idéaliste et élitiste, et inapplicable à la réalité politique qui nécessite de reconnaître les individus tels qu’ils sont, animés par des motivations complexes et non par une pure rationalité. Il plaide pour une politique ancrée dans le RÉEL et axée sur des solutions concrètes, en opposition à ce qu’il perçoit comme une tendance à privilégier le confort des idées. Lordon rejoint ainsi mon oppositions sur certaines personnes du forum qui, selon moi, ne prennent pas assez au sérieux la politique ni ne tiennent compte de la nature humaine et du réel. Sans surprise ses 3 auteurs sont appréciés ici.
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K. comme mon Code
InvitéTu me compares à Rancière, Jean Minet ?
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Jean Monnaie
InvitéJe me suis suffisamment investi pour te fournir une analyse de texte, pour répondre à ceux, comme toi, qui abusent du trolling. Si tu veux échanger sérieusement, oui ; si ton intention est de m’épuiser, non.
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Jean Monnaie
InvitéPartie 2 « Solange Manche : En termes d’activisme…Ce n’est pas une petite guerre que nous menons, c’est une gigantomachie.
Frédéric Lordon critique le courant de la gauche radicale, symbolisé par le Comité Invisible, en le considérant comme une combinaison de l’éthique élevée de Badiou et d’une approche politique axée plus sur le processus que sur les résultats concrets, à la manière de Rancière. Il trouve cet idéalisme révolutionnaire trop idéaliste et inatteignable. Lordon aborde également le mouvement des destituants, lié aux idées d’Agamben, en le qualifiant de tendance antipolitique et défaitiste, qui préfère la désertion à la confrontation directe avec le capitalisme. Lordon confirme que le camps des romantiques est de gauche, et que François est bien dans un processus d’inversion accusatoire habituel en accusant la droite de ses propres maux.
Selon Lordon, cette approche, illustrée par les ZAD, laisse le système intact. Face à la crise climatique actuelle, il considère qu’il est crucial de détruire le capitalisme pour notre survie, soulevant la question de ce qui le remplacera. Il souligne la nécessité d’une lutte à grande échelle, décrite comme une « gigantomachie ». J’ai un désaccord profond sur ce point. Par exemple, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est principalement une opposition à un projet d’aéroport et donc aussi légitime que toute autre manifestation sociale. Nous avons Lordon bourgeois, qui critique les citoyens engagés dans des revendications concrètes plutôt que dans de nobles idéaux anticapitalistes. Marx reprochait la même chose aux ouvriers !
Je reformule également la même analyse que dans un de mes derniers post où Lordon répète souvent que l’écocide actuel est causé par le capitalisme et que, pour y mettre fin, nous devons abolir le capitalisme. Cela pose plusieurs problèmes. Il désavoue Marx qui pensait que la fin du capitalisme viendrait de ses contradictions internes et non de raisons écologiques, idées souvent associées à la droite. Fâcheux pour un marxiste ! De plus, ce raisonnement est simpliste car l’homme n’a jamais été intrinsèquement écologiste, comme le montrent les exemples des Papous empoisonnant leurs rivières pour pêcher, des Indiens chassant les bisons en masse, ou le déclin de grandes civilisations comme la Mésopotamie et la Rome Antique pour des raisons écologiques. Sortir du capitalisme ne garantit pas forcément une réduction de la société de consommation ( même si on suppose que oui pour de bonne raison), et le problème majeur reste la croissance démographique rapide due au capitalisme. Lordon ne critique pas l’immigration anti écologique, la bétonisation de la France, le cout écologique de la libre circulation etc… Au lieu de cela, il dédaigne les luttes sociales et les solutions simples (régulation de natalité dans les pays en voix de développement) au profit de chimères anticapitalistes irréalisables. La terre se fiche que nous roulions dans 3 voitures polluantes ou 10 voitures dites écologiques, le bilan carbone est le même ! Lordon a raison de critiquer le romantisme de son propre camp mais il devrait commencer par retirer la poutre de son œil.
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Jean Monnaie
InvitéJe fais de l’explication de texte pour éviter de perdre du temps avec l’écran de fumée habituel de ceux qui sont incapables d’argumenter et qui n’ont comme seule réponse : « Jean Monnaie tu nouzapacompri ! » 🙂
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Cyril
Invité
Il faut que vous voyiez cette pépite ! :’-)-
Mathieu
InvitéPas mal, mais l’imitation de Praud est très très en dessous de Cazarre dans les Sopronos.
Les bandeaux défilants en revanche sont très bons -
Mathieu
InvitéPour le rire, la réaction de Praud au sketch, avec ce délicieux » on me fait passer pour un réac alors que je suis plutôt anar »
« Le début, avec la chanson de Sardou, ça m’a fait marrer. Le reste, c’est caricatural mais honnêtement ce n’est pas méchant. Être parodié, c’est la rançon du succès. On ne caricature pas ce qui n’existe pas. Après, comme toujours, je regrette la surinstrumentalisation de ce sketch sur les réseaux sociaux… On me fait passer pour un réac alors que je suis plutôt anar. J’aime la liberté par-dessus tout. Qu’ils viennent à la maison discuter avec mes filles, elles sont super rock and roll ! Ça les ferait rire. «
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amour
InvitéViens on rit. On rit de quoi ? De Begaudeau qui me traite de pute ?
Dis-moi, j’ose un instant espérer que tu n’es pas le Mathieu qui écrit avec lui.
Qui montre une classe étincelante.
Je te souhaite de pas être celui-là.-
Mathieu
InvitéJe te rassure ce n’est pas moi. Je ne savais même pas qu’il écrivait avec un Mathieu.
Tu es décidément bien informée sur l’hôte de ce site que pourtant tu détestes.
Moi je voulais juste me foutre de la gueule de Praud à la base-
amour
InvitéTu fais bien de te moquer de cet homme. Dont je me fiche pas mal, et que ma fille déteste au plus haut point. Pas compris présentement pourquoi elle le déteste autant.
Je suis bien informée mais pas lui, quant il pense que je suis une pute. Métier honorable.
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François Bégaudeau
Maître des clésIntéressant, cet « anar ».
Praud c’est sûr se vit comme ça. Lui le bon bourgeois catholique discipliné puis disciplinant se vit comme anar.
Ca mériterait qu’on s’y arrete.-
François Bégaudeau
Maître des clésA part ça je ne trouve pas le sketch si énorme. Mais Bentalah y est génial.
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amour
InvitéÇa c’est mieux ! Imbattable d’élégance le romancier et son copain. J’attends le retour d’un ami pour me confirmer l’ip de ton ami comparse qui pour ‘l’instant n’a pas de prénom. Je me ferai l’honneur d’avoir la primeur de le dévoiler.
Après tout, quand on demande à une femme si elle suce, on a droit à un peu de proximité. Et l’identité est un bon préalable.* François Bégaudeau Jean Monnaie parle et amour applaudit, telle bimbo aux bras de son milliardaire. Oh mon Jeannot tu es si spirituel. Et Jeannot qui pourtant la paye pour ça la croit et s’en revigore.
* 25 novembre 2023 à 18 h 32 min #24474 RÉPONDRE amour Bimbo = escort L’escort devient pute si elle suce à la fin. Tu suces après avoir escorté Jean ?amour
C’est Samia qui l’a balancé il n’a rien dit là-dessus. Parce que c’est une femme qui a de l’éthique. Comme son papa.
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Cyril
InvitéNon Monnaie tu n’as pas compris. Selon toi, Lordon dit que le romantisme est de gauche, tu en déduis qu’il n’est pas de droite. N’importe quoi ! Lordon dit qu’il y a un romantisme à gauche. Cela n’exclut pas qu’il y en ait un à droite.
Cest grave d’avoir une logique aussi bancale.-
JeanMonnaie
InvitéMon pauvre Cyril, tu ne comprendras jamais rien. Je n’ai aucun problème à reconnaître un romantisme à la fois de droite et de gauche. Toutefois, François soutient que le romantisme est exclusivement de droite. Frédéric estime que la gauche radicale, celle qui apprécie Rancière et qui pense que l’important n’est pas de trouver des solutions ( ce qui compte, c’est de cheminer mais pas le but du chemin) – un point de vue typique de François – est romantique. François, sans doute dans un élan de lyrisme, avait même comparé toute solution politique au totalitarisme. J’ai mis l’extrait sur ce blog pour les sceptiques. Il est donc assez amusant de constater que Lordon fait exactement la même critique que moi. Lui à le droit et moi non, je connais la chanson !
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Cyril
Invité« Lordon confirme que le camps des romantiques est de gauche, et que François est bien dans un processus d’inversion accusatoire habituel en accusant la droite de ses propres maux. »
Fin de la discussion.-
JeanMonnaie
InvitéJe te l’accorde volontiers, ma formule était maladroite et j’accepte ta correction. Ce qui importe, c’est la contradiction soulevée qui ébranle, comme un château de cartes, la théorie du romantisme de droite de François. Bonne soirée.
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JeanMonnaie
InvitéNote le double kill : « Badiou est encore pire que Rancière ». Remarque également que Lordon (romantise ou déromantise selon la lecture qu’on veut faire) la ZAD dans le paragraphe suivant, car elle ne se conforme pas à son idéal politique, une approche qui a été largement et unanimement critiquée ici. Note également le douloureux réveil d’un admirateur de Lordon un peu plus haut, qui, je l’avoue, m’a fait sourire : « J’ai aussi l’impression que Lordon cherche à relire le mouvement zadiste à l’aune de ses propres attentes théoriques, ce qui me gêne toujours un peu chez lui, et c’est pourtant vers lui que penche ma balance pratico-théorique. » Bref, arrêtons cet échange ici, si tu veux bien.
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Cyril
InvitéDans les entretiens de François sur Boniments, il répète sans cesse que la gauche aussi fait usage d’un tas d’expressions creuses qui lui sont propres, il admet donc selon moi que la gauche n’est pas épargnée par le romantisme.
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Jeanmonnaie
InvitéDemande lui tu verras.
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Ostros
InvitéLe saviez-vous : le 1er janvier 2024 Pôle Emploi sera renommé France Travail et il y aura plein de surprises pour les chômeurs et les chômeuses. Notamment celle-ci pour les handicapé.e.s :
« Demain, chacun sera présumé à même de pouvoir travailler en milieu ordinaire. »
https://www.faire-face.fr/2023/11/22/changer-loi-plein-emploi-travailleurs-handicapes/
Bon courage les gens.-
lison
InvitéOui et France Travail n’aura rien inventé puisque à l’école déjà chacun est présumé à même de pouvoir travailler en milieu ordinaire…sans accompagnement spécifique (ou si peu) .
Comme on est diabolique on a appelé cela l’inclusion, car qui serait contre l’inclusion ( eh bien ceux qui seraient pour l’exclusion) ?
Et je suis pour rebaptiser la CAF France Famille et l’armée France Patrie ce serait si beau si harmonieux.
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Carpentier
InvitéEt pendant ce temps là, pour réhabiliter avec un peu de douceur:
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Cyril
InvitéPascal Praud a propos de « L’heure de trop », la parodie de son émission : « je regrette la surinstrumentalisation de ce sketch sur les réseaux sociaux… On me fait passer pour un réac alors que je suis plutôt anar. »
Anar aurait pu être une entrée de Boniments ?-
Ema
InvitéCette blague surpasse la drôlerie du sketch
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François Bégaudeau
Maître des clésAnar pas une entrée de Boniments, car pas exactement dans le sujet. Mais anar mériterait qu’on s’y arrête oui. Et plus spécifiquement « anar de droite », puisque c’est bien sûr à ça que Pascal pense. Ce bon petit bourgeois catholique qui voulait être Alain Delon – et ne le fut pas strictement.
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Emailleur
InvitéOui d’ailleurs Francois, je t’ai souvent entendu utiliser cette expression, anar de droite, et meme si je me fais une idée approximative du genre de personnage que ca peut désigner, disons, en terme de temperament, je n’arrive pas a comprendre le terme a disons une vraie consistance politique, qu’est ce que ca donne concrètement comme opinion distinctive « anar de droite »?
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Leo Landru
InvitéIl faut s’intéresser à des sous-courants de droite du type Alternative Libérale (bon courage). Globalement, anar de droite = « on paie trop d’impôts » + « je fais ce que je veux car j’ai du fric ».
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Dr Xavier
InvitéSur les anars de droite d’une certaine consistance, je voudrais sauver l’écrivain Edward Abbey et son livre génial Le gang de la clé à molettes.
Pour sa face lumineuse, Abbey était un écologiste convaincu, voulant préserver la beauté sauvage de la nature américaine, farouchement anti-industriel, prônant le sabotage des machines, mais récusant la violence contre les personnes. Pour sa face plus sombre – ce qui donc rend le personnage intéressant – il était misanthrope, misogyne, indifférent aux questions sociales (de classe, de race), avec une sorte de vue un peu totalisante de la nature, le conduisant à penser que si après tout des gens doivent mourir pour que la nature soit préservée alors c’est dans l’ordre de la nature. Il prône ainsi la fermeture complète des frontières étatsuniennes (immigration légale comme illégale) avec l’image que la nature ne peut pas accueillir plus (et aussi un fond bien raciste), et dans un éclair de lucidité, il reconnaît que c’est bien ce que les Amérindiens auraient dû faire avec les WASP lorsqu’ils ont débarqué sur le continent : les foutre à la mer. Dans le même élan, il est aussi – comme une évidence – membre de la NRA.
Cette face sombre ressort très peu dans son livre du Gang (on le devine entre les lignes), un récit enlevé de quatre pieds nickelés (trois hommes et une femme) qui s’engagent dans des actions d’éco-sabotages sans rien y connaître, et se battent non seulement avec les flics mais aussi d’authentiques rednecks républicains (au sens de Republicans).-
Leo Landru
InvitéJe n’avais pas songé aux exemples étrangers, mais il y a bien des artistes qui pourraient se revendiquer anars de droite et rester cohérents voire pertinents. La pensée constitutionnaliste américaine peut produire du QAnon débile comme elle engendre des Eastwood. Mais c’est quelque chose de singulier aux États-Unis qu’en France on ne comprendrait qu’en comparant éventuellement au blanquisme.
D’ailleurs il est intéressant de se pencher sur l’histoire de la Commune afin de bien peser les deux courants qui l’ont composée, les internationalistes et proudhoniens contre les blanquistes et jacobins. -
Seldoon
InvitéDe mémoire il a un style assez chargé, entre Céline et Bukowski. Je ne savais pas qu’il voulait fermer les frontières, je le croyais libertarien.
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Ema
InvitéAprès, dans un monde post-capitaliste, il ne me paraitrait pas completement lunaire de couloir limiter la quantite d’êtres humains sur un territoire donné, pour des raisons effectivement écologiques mais aussi sanitaires. Il est évident qu’un territoire saturé en population humaine peut occasionner un certain nombre de probleme, comme l’épuisement des sols et des sources d’eau, et la propension a fabriquer des epidemie.
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K. comme mon Code
InvitéC’est le personnage de Léaud dans La Maman et la putain.
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amour
InvitéNon, je pense que pute, aurait pu faire l’affaire.
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Leo Landru
InvitéJe ne pense pas. Ça date de trop longtemps, cet égarement sémantique, c’est vraiment l’expression de boomer qui ne trompe plus personne. Mais tu as raison de la souligner pour marquer son caractère fluctuant. Anar, hors milieu militant et hors littérature, ne veut pas dire grand-chose. Papy est un anar, il distille lui-même sa gnôle. Le détournement intervient quand ça devient « anar de droite » (comprendre : soit réactionnaire soit libertarien) ou « la politique ne m’intéresse pas, je suis un peu anar » (tous pourris).
Le mot punk aussi souffre de ce word-jacking. Ça revient dès qu’une célébrité fait un truc vaguement subversif, ou quand on veut vendre de l’invendable. Ça se dévoie bien. Elon Musk le punk de la Silicon Valley, la collection punk de Yves-Saint-Laurent, le dernier film punk de Dupontel, la dernière proposition de loi punk du groupe Renaissance.-
Ema
InvitéOui c’est exactement l’impression que j’ai, anar de droite c’est surtout une posture, qui n’a aucune forme d’expression politique propre. Et je pense que si certain reac peuvent se prévaloir de l’être, c’est uniquement par le truchement d’une inversion fallacieuses : la société est de gauche. Je suis de droite. Je suis donc un désobéissant. Je suis donc anar.CQFD
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Ludovic Bourgeois
InvitéAnar de droite, c’est le village Gaulois, sans l’Etat.
L’ennemi c’est l’Etat qui importe, qui dispatche, qui force la cohabitation raciale.
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Praud est comme vous, juste un ploucos de la pensée qui souhaite conserver qq meubles.
Il est l’opposé de vous, mais le même dans le fond.
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Sinon, y’a vraiment des clichés sur les prénoms, j’comprends pas pourquoi
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Carpentier
InvitéJadis, je découvris Morgane Merteuil par l’intermédiaire de François Bégaudeau.
Depuis, j’ai croisé pas mal de lignes qui disaient les dessous du strass dont elle fut/est le porte parole contre la ‘ putophobie ‘-
amour
InvitéTa finesse te perdra 🤪`
Non, je pense que pute, aurait pu faire l’affaire. -
Cyril
InvitéJe trouve les citations de Morgane Merteuil très intéressante. Merci du partage ! …même si je n’en ai pas fait l’usage qui était attendu.
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amour
InvitéCyril, tu me fais de la « peine »
Courage
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Mathieu
InvitéEn fait Cyril avait déjà posté ce que j’ai posté. Désolé du doublon
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Mathieu
InvitéJe pose ça là pour le rire: Cédric Jimenez prépare un docu sur Macron
Dans un mois ou deux, en promotion, il dira sans doute que c’est pour faire barrage à la montée des extrêmes-
Titouan R
Invitéet des « barbares »….
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François Bégaudeau
Maître des clésinfo authentique?
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Cyril
Invité« Mais la seule perspective des travaux les effrayait. Il leur aurait fallu emprunter, économiser, investir. Ils ne s’y resignaient pas. Le cœur n’y était pas : ils ne pensaient qu’en termes de tout ou rien. La bibliothèque serait en chêne clair ou ne serait pas. Elle n’était pas. »
Bégaudeau ou Perec ?-
Tony
InvitéLes choses
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deleatur
InvitéOn dirait Les Choses, mais c’est vrai qu’on aurait pu lire ça dans L’amour.
Perec, c’est pas le gars qui a pompé ses livres sur Bégaudeau ?
Un homme qui dort, La Vie mode d’emploi, c’était François le nègre ?-
deleatur
InvitéOups, le prête-plume, le ghost writer, l’esclave littéraire…
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François Bégaudeau
Maître des clésOui j’ai écrit tous les Perec
Quand j’ai écrit l’amour en mon nom, je suis passé au présent. Ce qui ne laissait aucun doute sur la réponse à la question posée ci-dessus.
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Ostros
InvitéPerec 🙂
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Cyril
InvitéOù se trouve la limite à un cadre commun (exemplairement une nation) de sa capacité à supporter en son sein de l’hétérogène ? se demande Lordon. Imperium p.71
« Nul n’est capable de le dire, surtout pas les conservateurs qui ont irrépressiblement tendance à la voir tout près, peut-être déjà même franchie… alors que le travail réflexif des groupes tend au contraire, la plupart du temps, à la repousser, pour tolérer des « quantités de différence » toujours plus grande, comme le suggère intuitivement la bigarrure croissante des sociétés contemporaines, sous l’effet des brassages humains permis par le développement des transports et des communications. »
Comme on le voit, Lordon n’attaque pas la droite sur le principe d’un corps social menacé de désagrégation (tout corps en est menacé en permanence) mais sur sa prétention à savoir où on en est.-
Ema
InvitéAngle interessant, qui démontre bien une certaine proximité de la droite identitaire avec les sectes religieuses apocalyptiques :l’argumentaire ne fonctionne qu’a l’aune d’une prophetie de fin du monde/fin de civilisation imminente.
A la nuance pres que pour les identitaires la « fin » est évitable par les moyens qu’on sait.
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POPE
InvitéSalut François,
à propos de la musique métal (au sens large), il me semble t’avoir entendu, ou lu, ou rêvé, dire qu’elle était une esthétique droitière. Si cette idée t’est totalement étrangère, je m’excuse de te l’imputer.
Il se trouve que de mon côté, je ressens un truc de la sorte. Je précise que je n’en écoute pas.
Un soir j’ai dû dire à mon beau-cousin métalleux que cette musique charriait une esthétique « autoritaire », ou « droitière, j’ai peut-être même dit fasciste, j’étais bourré… Mon beau-cousin, bien que têtu, n’est pas fasciste.
Depuis j’essaie de comprendre pourquoi je ressens ça, n’y a-t-il aucun fondement ?
Qu’on se comprenne bien, je n’accuse pas les métalleux de quoi que ce soit, j’aimerais comprendre pourquoi cette esthétique produit ça sur moi.
Ce « ça », c’est une sorte de gène, de peur aussi, de malaise.
Je crois aussi que cela relève davantage de l’imagerie véhiculée que par la musique elle-même.
Dirais-tu qu’il peut exister un style de musique « autoritaire », « viriliste », « droitier », un peu comme il y aurait un style « couillu » chez Despentes ?-
Cyril
InvitéEt Mozart ? Wagner ?
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Titouan R
InvitéIl n’y a pas « être fasciste » ou pas à proprement parler. On est sensible (au sens d’affectés) ou non à diverses manifestations de fascisme. L’intensité et la fréquence de ces pulsions fascistes déterminent qu’une personne soit décemment qualifiée de fasciste. Cela s’applique à toutes les étiquettes. Par ex, on peut, pris par une ferveur de stade, être saisi d’une pulsion identitaire en scandant un hymne national ; cela ne définit pas comme nationaliste.
Ton beauc’ (je soumets cette appellation au public) est éventuellement saisi d’une pulsion d’ordre lorsqu’il joue de la musique métal. Ne connaissant pas cette musique, j’ai un peu le même ressenti que toi et sent qu’il y a (mais sans doute par manque d’oreille de ma part) comme une unité sonore, alliée à un très grand sérieux (au contraire du punk, plus volontiers primesautier), qui traduit une volonté de puissance et d’ordre, interprétable en pulsion droitière. C’est une hypothèse. Corroborée par les corps que cette musique produit, pour les musiciens comme pour les spectateurs (je ne féminise pas car, précisément, pas sûr qu’on croise beaucoup de femmes ; n’y-a-t-il pas là une affaire entre couilles ?) : un corps raide, saisi de saccades. Tu pourras lire de très belles pages là-dessus dans Deux singes ou ma vie politique (chapitre « 77 », mais celui de la fin).-
Titouan R
InvitéLes pages en question traitent en fait le cas inverse du corps produit par le punk-rock. J’ai le souvenir d’un très beau passage sur le corps (et la voix) d’Iggy pop.
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François Bégaudeau
Maître des clésBon ben Titouan a fait le boulot
Rien à ajouter à sa mise à plat du problème.
Ce serait intéressant que chacun liste les moments de sa vie affective il donne dans une érotique autoritaire, même ponctuellement, même 6 secondes.-
François Bégaudeau
Maître des clésCe serait intéressant que chacun liste les moments de sa vie affective où il donne dans une érotique autoritaire
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Mao
InvitéJe dois confesser. Je suis pris par un affect autoritaire insurmontable lorsque ma compagne laisse dédaigneusement la baguette du mauvais côté.
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Monami
InvitéMoi c’était quand on me doublait dans la queue de la cantoche, pendant mes quelques années en service en Afghanistan. Pendant quelques secondes, j’étais pris de sentiments quasiment autoritaires
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Ostros
InvitéSouvent sur les réseaux sociaux quand je lis un truc qui m’agace.
Parfois ici quand je lis des threads pas intéressants (qui m’agacent). Ou quand des facheux.ses viennent insulter / critiquer des sitistes – as you noticed.
Dans la vie de chair c’est au cinéma, quand je suis prise par le film et qu’une personne quelque part parle à son voisin comme s’ils étaient seuls, donc bien fort. Mais je me contiens pour demander poliment est-ce que vous pouvez vous taire svp merci. Parfois je ne me contiens pas, pure impulsivité, je gueule carrément, ça me soulage. Alors que quand le film ne me plaît pas je m’en fiche complètement du bruit des autres.-
Mélanie
InvitéSur les réactions face aux trolls c’est un exemple intéressant aussi.
Pour le ciné, est-ce que c’est forcément une réaction autoritaire de demander à des gens qui font du bruit que d’en faire moins?-
Ostros
InvitéJ’associe cette colère-là a de l’autorité. Je me demande si la colère est autorité à chaque fois. Par exemple quand je suis en colère quand je suis humiliée par un.e supérieur.e hiérarchique au travail (son autorité), ou enfant par un adulte. Cette colère est une peine, une honte et une impuissance.
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Ostros
InvitéQuand je gueule pour demander aux chiants de se taire j’ai conscience que je m’impose. Il y a une volonté d’écraser née dans mon ras le bol montée dans mon sang, sous pression. Qu’ils la ferment. Donc qu’ils n’aient pas envie de recommencer. Mon ton est impérieux et je me sens en puissance dans ce court gueulement. Du fait de cette impulsivité lâchée, soudaine. Dès que ça arrive je me dis juste après un jour je vais tomber sur qqun de violent et je regretterais d’avoir gueulé.
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Ostros
InvitéQuand je dis d’écraser je parle de leurs bavardages.
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Ostros
InvitéJ’ajoute que je me mets en colère si on dépasse mes limites (les personnes abusives, vraiment chiantes sans limites, etc.). Face à la malhonnêteté de qqun aussi.
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Mélanie
InvitéJ’ai compris que ça te met en colère et ça m’est arrivé aussi (devant Pacifiction, notamment, où des gens avaient complètement arrêté de regarder le film) ; je me demandais si demander le silence dans une salle de ciné était un geste autoritaire
Tout comme demander aux gens de laisser la place pour qu’on monte dans le métro -
Ostros
InvitéLa manière de faire met du côté de l’autorité ou de son contraire. Si on y va fermement avec force et dans le but d’imposer son choix c’est autoritaire. Si on y va en expliquant ce dont on a besoin ça ne l’est pas. Dans le cas du métro ça va dépendre des circonstances. Le métro stationne 1 minutes, tout le monde se presse, il y a beaucoup de stress, d’impatience, une urgence donc l’autorité contient tout ça. Il faut s’imposer vite (autorité) ou laisser passer les trains jusqu’à un moins chargé (calme). Dans le cas du cinéma aussi le contexte joue sur mes réactions. Comme expliqué plus haut : les bavardages me font sortir d’un film qui me plaît que je suis en train de rater car je ne me focalise plus que sur ça. La colère monte et je gueule. Mais : je suis en colère parce que je me suis déplacée pour voir ce film (1h de transports minimum), j’ai prévu mon après-midi, si c’est un film rare c’est peut-être mon unique chance de le voir, je n’ai pas prévu de revenir à Paris de sitôt. Donc il y a des enjeux imbriqués comme pour le métro. Enjeux qui provoquent une mise en tension rapide en cas de désagréments dans le déroulé de l’organisation planifiée et de perturbation du plaisir (frustration).
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Ostros
InvitéAu fait je vois que l’autorité s’exprime lors d’un sentiment de mise en danger de quelque chose (de prévu, de contrôlé ou auquel on tient ou de soi (de nos goûts, de notre narcissisme, etc). Elle se nourrit de la peur, du stress, de la colère que suscite ce sentiment de mise en danger, de perturbation. Plus une personne se sent fragile, inférieure aux autres plus elle peut avoir des réactions autoritaires qui visent pour elle à se soustraire au sentiment de danger imminent (menace) en s’imposant par la colère qu’elle laisse éclater et qui lui sert de puissance. Plus une personne est sûre d’elle moins elle se sent mise en danger par les autres et moins elle aura de réaction autoritaire. C’est la force durable. Qui ne fait ni souffrir la personne qui la porte ni les autres (je suis toujours très mal après m’être mise en colère, très triste et affaiblie moralement). Et le calme est sa manifestation, sa preuve.
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Ostros
Invité(Et puis, on a quand même plus confiance en quelqu’un de calme qu’en un petit nerveux agressif. Cf : Ruffin / Zemmour)
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Claire N
InvitéJe sais pas trop Ostros
On peut pas toujours se défendre seul
Ou se sentir fort, moi perso physiquement j’ai des limites
Quand je suis dominée , j’ai pas trop le choix que de rentrer dans la dialectique univoque de la violence ; c’est une double peine -
Claire N
InvitéEt quand c’est le cas je crois que j’ai besoin des autres, j’imagine que je mobilise par le fait un affect « autoritaire «
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Claire N
Invité« les autres « étants « la police « ou « un mec baraqué « ou « un groupe de personnes «
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Claire N
InvitéPeut-être être qu’un système oppressif ( le patriarcat dans cet exemple « crée lui même les moyens de « protection « du danger qu’il implique ?
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Ostros
InvitéC’est ce que j’écrivais plus haut, le fait que les élans d’autorité surviennent quand on se sent faible, en danger, etc.
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Ostros
InvitéQuand je vois le films désordres de Shaublin je me dis c’est ça la force. Si tous ces gens avaient été autoritaires, avaient eu des réactions violentes le mouvement n’aurait pas duré. L’autre camp aurait eu une bonne raison de les mettre au trou. Leur calme leur permet cohésion, réflexions, actions, de s’organiser. Je pense comme tu le dis qu’on a les systèmes de défense qui correspondent au système général. Mais ça ne nous empêche pas de chercher d’autres moyens de de défendre face aux opressions. Et oui il faut pour cela s’unir. Se regrouper permet de nous rassurer, de nous faire quitter l’élan autoritaire né de notre isolement qui nous a affaibli. Ce serait donc de ne pas prendre nos réactions autoritaires comme des fatalité. Mais en avoir conscience et tendre vers le groupe. Sachant qu’un groupe peut lutter fermement contre un ordre. Ce qu’on voit c’est que les rassemblements sont rarement violents. Puis arrive les services d’ordre qui usent de violence, sépare les individus regroupés, oblige une défense pas la violence.
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Ostros
InvitéSchaublin
arrivent
séparent
obligent
par la violence -
Claire N
InvitéOui, merci d’éclairer ces articulations assez casse- tête pour moi
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Mélanie
InvitéJe n’aurais pas pensé au truc du pain à l’envers ! ça me parait un exemple particulièrement simple et parlant. Moi je fais pas gaffe à ça et en collectivité j’ai souvent vu la réaction de ceux que ça inquiète, pour qui ce n’est pas supportable, cette tension devant ce désordre, qui ne cesse que quand on remet le pain à l’endroit.
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Ema
InvitéQuand je trouve que les autres ont mauvais goût. Gros problème avec les gens qui s’habillent tout le temps en noir de la tête aux pieds et qui encadrent aux murs des aphorismes mielleux en anglais.
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Carpentier
InvitéQuand il y a de la place dans le métro – archi possible de reculer donc – et que la porte s’ouvre avec trois quatre personnes à ras le marche pied genre c’est mon métro et je reste là au bord, tu montes pas, comme si moi, j’habitais là, sur le quai, ou que je faisais partie du décor du quai.
– benh oui, j’passe ma journée là, j’vais le laisser partir ce métro l’autre est que dans 6 minutes et je suis déjà limite pour le taf, ça m’va.
Être obligée d’accompagner sa présence sur le quai, alors qu’on est prête à monter, d’un ’ pardon’ ’ excusez-moi ’ me fait tellement mal au sein mais tellement mal; juste envie de dégommer les zombies au bord devant là, de leur demander ’ c’est ton métro ou quoi? ‘ ’ tu laisses personne d’autre monter dedans? ’ ’ ia marqué ton nom dessus genre?’ .
Oui, j’ai 7 ans 1/2.-
Graindorge
InvitéTrès intéressant Carpentier cette non réaction des gens à l’ouverture des portes du métro: pourquoi ne réagissent-ils pas? Fatigue? « Tête ailleurs »? Hébétude?
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Mélanie
InvitéAllez je vous donne un exemple aussi croustillant qu’une bonne baguette de pain posée à l’envers : mon goût persistant pour la scène de merde où Maverick embrasse la fille pour la première fois, sur le trottoir, à peine descendu de sa moto.
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Claire N
InvitéJe crois avoir ce genre d’affect quand dans le seigneur des anneaux j’attrape des yeux de Pokémon quand Gandalf dit au poney « cours gris- poil montre nous ce que célérité veux dire ! »
Je c pis que je trouve ça héroïque donc de droite et ça me plaît-
Professeur Mélanie
InvitéOn n’a pas les mêmes goûts de droite toi et moi 🙂
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Fanny
InvitéErotique autoritaire dans la vie affective : j’ai envie de citer Jouer juste qui en dit quelque chose, il me semble.
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Un membre du public
InvitéJe prends « beauc ».
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Pope
InvitéMerci pour cette réponse Titouan qui clarifie bien à la fois ma perception mais également ma gène à l’idée de l’exprimer. Tu as trouvé les mots.
Je te rejoins sur le punk rock qui ne me fait jamais cet effet alors qu’on pourrait lui adresser des critiques de cet ordre. Oui mis voilà, le punk rock, bien que bourrin, est me semble-t-il toujours empreint de joie. Quelle joie le rock and roll dit l’ami Didier.
J’ai lu Deux singes et je ne me souviens en effet pas avoir vu François parler du métal mais en effet bien du punk rock. Faudrait que je reprenne les pages en question.
Donc François, j’ai rêvé ou tu as pu tenir des propos approchants sur le métal.
Dommage qu’il n’y ait pas ici un métalleux pour nous répondre.
Et à propos de l’imagerie, vous en dites quelque chose ?
PS: pour les moments où je donne dans une érotique autoritaire, je suis enseignant, donc ils sont légion.-
Dr Xavier
InvitéAdepte de métal ici.
Mais je suis en terrain hostile, j’épie et ne sortirais du bois qu’avec un couteau affûté, je réfléchis à un angle fini.-
AxisBoldAsLove
InvitéT’es pas seul Doc, sors le bistouri
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François Bégaudeau
Maître des clésdisons que la musique metal on pourrait discuter
elle est parfois porteuse d’une belle santé animale, parfois elle célèbre la vie
ce qui ne sera jamais sauvable c’est le chant et l’iconographie-
AxisBoldAsLove
InvitéLe chant est quand même relativement diversifié et riche dans le métal pour dire qu’il n’est jamais sauvable
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Ema
InvitéOn t’attend de pied ferme !
Bon en vrai moi aussi j’ai des goûts de droite hein j’adore le tennis y a pas de honte-
Titouan R
InvitéConfession ultime : j’ai commencé le tennis il y a deux mois…. L’hôpital que je suis se fout de votre charité.
….
Le Doc est adepte du metal. Nul n’est parfait 😉
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Malice
InvitéXavier tu es adepte de quels groupes?
Les miens :
Metallica
Alice in chains
par exemple celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=wFgAE5SgFnw-
Dr Xavier
InvitéHello Malice !
Metallica, Pantera, Sepultura (beaucoup de -aaaah), Machine Head (première période), Perfect Circle, Tool (on s’éloigne), Gojira…
J’ai eu une période Korn et Deftones également. Que des mecs.
Un peu moins connu : The Gathering (très belle voix féminine).
Oui certes l’esthétique est droitière, la force, la virilité, mais il y a aussi la vitalité de l’industriel. Déjà je note que c’est le seul genre musical dont le nom soit accolé à une matière (on attend toujours l’émergence des groupes de death-carton et de speed-bois). C’est peut-être le genre musical qui permet le mieux d’appréhender l’industriel, l’usine, les bruits discordants (le frigo cité ici), plus que la techno qui recherche une certaine clarté. C’est aussi une musique qui empuissante : là où le punk-rock serait la musique qui invite à quitter l’usine ou à y foutre le bordel, le métal serait la musique qui invite à y faire face.
Voilà je suis sorti du bois avec un canif un peu émoussé, je grogne.-
Titouan R
InvitéMerci Xavier. L’estocade annoncée s’est presque muée en câlin. Tu es d’une grande douceur, Xavier.
(Aveu : une autre formulation m’a traversé l’esprit « tu es d’une grande douceur… pour un metalleux ». Mais je chambre là)-
Malice
InvitéForce, virilité: c’est ce que je cherchais en écoutant Pantera pendant un temps ; mais je suis toujours revenue à des trucs plus androgynes. Exemple : Alice in Chains, anciens glam-rockeurs qui lorgnent vers le blues et le chant grégorien ( d’ailleurs mon meilleur ami metalleux m’a signifié un jour que Jerry Cantrell était une fille)
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Dr Xavier
InvitéMerci Titouan et Malice. AiC tire effectivement loin du métal, en tout cas celui dont je parlais plus haut. Je devine chez AiC une certaine mélancolie que je n’entends pas des les groupes cités. On l’entend dans la tonalité de la guitare, et la voix légèrement androgyne, mais je connais mal.
Écoutant No Excuses, je me dis qu’Audioslave avec feu Chris Cornell devrait te plaire ? Et ça sera encore un contre-exemple pour François que les hardos ne savent pas chanter.
Câlinement.
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AxisBoldAsLove
InvitéBien vu Doc !
En belle voix, il y a aussi Type O Negative
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Malice
InvitéDoc Javier: non je ne suis pas conquise par la voix de Chris Cornell…Jamais accroché à ses différents groupes…
La mélancolie d’Alice in chains est ce qui m’a un peu éloignée de ce groupe ces dernières années.
D’ailleurs, à propos de mélancolie et de metal, voici une chanson que Metallica a améliorée en la reprenant ( je n’écoute jamais la version originale de Nick Cave mais cette reprise avec James Hetfield chaud comme la braise, ça vaut son pesant de noisettes)
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Carpentier
Invité…. d’une grande douceur… pour un metalleux”. / …
C’est pas rare du tout ça, ce constat étonné – en parallèle du chambrage, ok – et c’est même une vraie constante dans le métal justement.
On peut prendre cette observation comme la preuve, peut-être, que les metalleux s’amusent, jouent, y compris peut-être, oui, pour certains avec les codes des freaks un peu, du monstrueux horrifique, des symboles du diable, soyons clairs, qu’on leur attribue, par jeu, aussi, le plus souvent.Et puis que fait-on du fameux ‘ ils ont quand-même des slows de high level les groupes de métal, nan ‘ ?
Et bien c’est juste une autre facette de leur talent technique, ce sont des mélodistes, dont le talent n’est pas toujours honoré mais tant pis pour ceux qui passent à côté (et mef quand-même au cliché masculiniste du public, des musiciens, ok, mais sûrement pas du public.)
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Titouan R
InvitéLa convocation de Deux singes n’était fait que pour illustrer en creux le corps produit par le punk, que tu décris très bien.
Qu’enseignes-tu, cher pape ?-
Titouan R
InvitéLa convocation de Deux singes n’était faite que pour illustrer en creux le corps produit par le punk, que tu décris très bien.
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Pope
InvitéFrançais / Histoire-Géographie / Enseignement moral et civique / Culture générale et expression, sont mes disciplines.
Devine dans laquelle je prends le plus de plaisir à être un dominant…-
Titouan R
InvitéM’avait échappé la nouvelle dénomination « Enseignement moral et civique », tout à fait édifiante.
Autre étonnement : culture générale « et expression ». Que signifie ce dernier terme ?
Si je dois prendre le pari, je dirais que c’est en culture générale que tu dois prendre ton pied (botté) de dominant.
Depuis combien de temps exerces-tu dans le « mammouth » ?-
Pope
InvitéDepuis 22 ans.
L’enseignement moral et civique devrait me permettre en effet de satisfaire mon désir d’ordre, et donc j’y suis assez mal à l’aise. La Culture générale et expression est une discipline enseignée en BTS, et c’est vrai qu’elle doit me permettre d’assouvir mon désir de distinction…-
Titouan R
InvitéMerci du témoignage
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Christophe M
InvitéFrançois a parlé métal lors de son intervention au mardi de l’ESSEC en 2015. Il compare les corps punk-rocks et les corps de métalleux. Il n’est pas question d’autoritaire.
PS : pour les moments où j’ai donné dans une érotique autoritaire, j’ai été employeur pendant 22 ans… Je me prenais pour un patron cool ; en fait non.-
Léo!
InvitéSalut Christophe, tu pourrais détailler-développer le truc du patron cool (si pas trop gênant bien sûr) ? Tu as l’air d’avoir vécu une expérience intéressante.
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Christophe M
InvitéJ’ai eu pendant 19 ans puis 3 ans une petite entreprise dans le tertiaire avec entre 5 et 10 employés. Pendant longtemps, j’ai été soc-dem. Je croyais alors sincèrement être proche de mes employés ; il m’arrivait même de distribuer des primes. Mais en fait, c’est très facile de jouer au patron sympa quand le lien de subordination est en ta faveur. La relation employeur – employé est viciée à la base : dans une discussion avec un employé ou une employée où je sentais que je n’aurais le dessus, le réflexe autoritaire faisait vite retour. C’est trop tentant : tu sais qu’en face, il finira par s’écraser. C’est vrai qu’il y a une érotique dans l’exercice de l’autorité. Et puis j’étais surtout décontracté quand tout allait bien financièrement ; dès que le bénéfice baisse, le soc-dem se raidit.
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François Bégaudeau
Maître des clésDès qu’on passe par les corps tout est clair.
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Titouan R
InvitéMerci Christophe pour ta lucidité. Que s’est-il passé pour permettre une telle introspection ? Je demande car c’est bien rare d’entendre un témoignage de ce genre.
Retraité ? Faillite de la boîte ?
Pardon, c’est un peu intrusif, mais puisque tout passe par le corps, je souhaiterais savoir ce qui a pu affecter le tien à ce point-
Christophe M
InvitéNi retraite, j’ai 54 ans, ni faillite, j’exerçais une activité qui a bénéficié d’une conjoncture économique très favorable ces 20 dernières années. J’ai simplement vendu mes parts de la société quand, après une longue maturation, je suis arrivé au constat que patron et gauche radicale étaient incompatibles.
C’est la perception lente et progressive d’une dissonance. Si tu te lances, tu entres dans une logique, tu es bien obligé de jouer le jeu du boutiquier : tu as investi, tu dois donc faire face aux échéances de ton prêt. Alors tu fais ce qu’il faut pour faire du chiffre, tu te vends, tu es en concurrence alors tu dois attirer le client, tu te conduits comme un con avec tes employés parce qu’il faut bien maintenir tes marges. Et tu te persuades que tu aimes ça, que c’est existant, que tu fais des semaines de 50 heures mais que tu ne t’ennuies pas, que tu es dans l’action. Mais il y a quand même quelques signaux dissonants : ton corps qui renâcle, un vague dégoût de la compromission, une lassitude de ce « jeu ». L’apparition de ces sentiments de lassitude, de dégoût est, je pense, conditionnée à un tempérament ; je me suis trouvé à devenir chef d’entreprise en raison d’un enchainement de circonstances qu’il serait trop long à exposer ici (je raconte mal) alors que je n’avais pas la fibre pour ça. Autre chose est la prise en compte et l’analyse de ces signaux dissonants. Et là je peux dire, sans trop exagérer, que la lecture en 2015 de La politesse, le roman de François, a marqué un point de départ. Moi qui ne lisait plus que des polars, j’ai pris conscience avec La politesse que certains livres pouvaient nous aider à penser le monde qui nous entoure. Après la Politesse, je me suis mis à lire les autres livres de François, dont Deux singes ou ma vie politique. Ecoutant des interventions de François, j’ai découvert d’autres auteurs de gauche radicale dont Eric Chauvier (très fort sur la dissonance, la négativité, le trouble), Nathalie Quintane, Eric Vuillard, etc. Et puis quand tu mets un pied dans la gauche radicale, tu te mets à lire Friot, Lordon Et, si tu es un minimum réceptif, c’est foutu : tu ne peux plus souscrire à la fable de l’entrepreneur qui a pris des risques, à la fable du mérite, à la fable des semaines de deux fois 35 heures le nez dans le guidon, tu ne peux plus payer à bouffer à des types imbuvables sous prétexte qu’ils vont t’apporter des affaires, tu ne peux plus fréquenter cette association de chefs d’entreprise où l’on dit win-win sans pouffer. Et surtout tu ne peux plus te voir engueuler une « collaboratrice » au bord des larmes au motif qu’elle a laissé passé un délai et que tu vas perdre la face devant le client.-
Carpentier
InvitéBonjour Christophe M,
As-tu lu/vu la pièce de François Begaudeau La bonne nouvelle?
Ça pourrait te plaire.-
François Bégaudeau
Maître des clésoui j’y pensais
« où l’on dit win-win sans pouffer. »
un tel monde existe donc?-
Christophe M
InvitéOui, ce monde existe : le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD pour les intimes). J’ai poussé le vice à fréquenter la section locale de 2008 à 2017, c’est dire si je viens de loin. Ladite section locale organisait vendredi dernier une soirée sur le thème de l’entreprise éco-responsable finement nommée Terre Happy. C’est dire la qualité des jeux de mots. Oui, ce monde existe.
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Christophe M
InvitéJ’ai l’ai vue (captation vidéo) et elle m’a beaucoup plu.
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Carpentier
InvitéVue sur scène.
J’en garde par exemple le souvenir de sa forme, la mise en scène axée sur un jeu avec gimmick et animateur sur-enjoué; au quatrième ou cinquième rang, par là, c’était très interactif comme ambiance.
Le personnage du plutôt encore en tête la cadre addict au badge par exemple et le paper board ou les photos post-séminaire (ça c’est pour moi du vécu).
Il faudra que j’essaie de la lire un jour.-
Carpentier
InvitéPardon,
.. Le personnage du* commercial aurait pu m’aimanter par identification mais j’ai plutôt encore en tête la cadre addict au badge par exemple et le paper board ou les photos post-séminaire (ça c’est pour moi du vécu).
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Fanny
InvitéMerci pour les guillemets à « collaboratrice ». C’est fou cette disparition des travailleurs dans le langage managérial contemporain.
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Carpentier
InvitéRécemment, j’ai dû préciser, au boulot, que le terme collègue n’était pas péjoratif à une collaboratrice professionnelle et je n’ose imaginer si j’avais parlé de collègue travailleuse: samu pour avc à coup sûr.
Si seulement ce n’était qu’une histoire de fossé générationnel… mais on sait bien que non.-
Fanny
InvitéCollègue ? Ça alors, ça va loin.
Maintenant que j’y pense, « collaborateur » c’est aussi bien commode pour ne plus parler d’employés, de salariés, surtout quand ils sont peu à peu remplacés par des « autoentrepreneurs » payés à la tâche.-
Carpentier
InvitéL’entreprise, lieu où on doit s’épanouir, passer sa pause déj dans l’espace collectif aménagé au mieux pour, pas loin de la salle détente, baby foot, salon ou sieste, tente, depuis presqu’une bonne quinzaine d’années maintenant, de faire disparaitre, oui, les termes qui révéleraient un peu de connaissances sur le monde du salariat.
Des fois que, -
Carpentier
InvitéCar le travail permet de socialiser, voir, dans l’idéal pour l’exploiter, de s’y faire des amis.es idéalement, plein d’ami.es, tu comprends.
Être collègue semblait mettre une barrière entre nous à cette collègue, comme si jamais on ne pourrait faire plus que bosser ensemble et elle était si peu habituée à cela, tu comprends.
Du coup, je lui ai proposé de m’épouser.
Elle a ri et, depuis je ne l’appelle plus que Collègue. -
Carpentier
Invitépour *l’exploiteur
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Ostros
InvitéEt puis collaborateur fait croire que la personne participe à la tâche de son plein gré. Ce qui est faux puisqu’elle est contrainte par le système travail-argent-nepasmourirdefaim. Et ça donne un sentiment de cohésion.
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Ostros
InvitéRéponse à Fanny #25614
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Professeur Mélanie
InvitéMerci Christophe – je te trouve très lisable pour quelqu’un qui « raconte mal ».
À l’hôpital aussi je vois « collaboratrice » arriver, deci, delà.
Je relève ton emploi de « c’est foutu », de « tu ne peux plus ». Est-ce juste une façon de parler, ou un choix de dire je ne peux plus plutôt que je ne veux plus ? Ou les deux. C’est une chose que je me demande aussi me concernant et j’aurais tendance à dire que les deux s’assortissent, se cumulent, se soutiennent.-
Christophe M
InvitéL’emploi du ‘ »c’est foutu », c’est pour dire que la dissonance ne te lâche plus ; tous les jours tu te dis « mais qu’est-ce que je fous là ». Après, l’emploi du « tu ne peux plus » est un peu forcé. J’aurais pu continuer encore quelques années comme ça. Certains soirs, je me disais « c’est bon j’arrête, ras le bol » et puis le matin suivant tu as oublié ta résolution ; ce n’est pas facile de quitter le confortable camp des winners ; ton entourage ne t’y encourage pas. Là aussi, ce sont des circonstances particulières qui m’ont permis d’arrêter : mes enfants m’ont soutenu (exception dans mon entourage amis ce sont eux qui compte le plus),je n’avais plus de dettes et j’ai bien vendu mes parts.
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Professeur Mélanie
InvitéD’accord, merci
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Titouan R
InvitéMême ressenti que Mélanie – merci pour ton texte clair et précis. Et même demande, si cela t’est possible, que celle de Xavier.
Tu marques le point de départ de ton « virage » à la lecture de la Politesse, mais sans doute d’innombrables épiphénomènes ont-ils préparé en sous-main le fait que cette lecture t’affecte autant. Il serait intéressant (mais sans doute très long pour toi) d’essayer d’en faire la généalogie.
Pour la Bonne nouvelle, une captation traînerait-elle quelque part sur internet ?-
Zyrma
Invitéle texte est édité aux Solitaires intempestifs
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Titouan R
InvitéMerci.
Mais je souhaitais savoir s’il y a une mise en scène de visible quelque part ?
A défaut, je me rabattrais sur le texte
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Dr Xavier
InvitéSalut Christophe, c’est tout à fait passionnant, si l’envie t’en prend d’expliquer comment tu es devenu patron je te lirai avec plaisir (tu racontes plutôt bien pour quelqu’un qui raconte mal).
Et aussi, désolé d’aller dans le trivial, ton discours d’adieu, y en a-t-il eu un ? As-tu opté pour la facilité (merci, tout est entre de bonnes mains, l’aventure continue, toussa toussa) ou tu as été un peu plus grinçant ?
(tu as évidemment parfaitement le droit de ne pas avoir envie de répondre)-
Dr Xavier
InvitéPS – je signale si ça intéresse le HS sur les patrons de gauche, qui au final sont plus patrons que de gauche (l’émission m’a pas emballé plus que ça)
https://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2022-11-05/Le-patron-de-gauche-id517
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Christophe M
InvitéCe n’est pas que je n’ai pas envie de raconter (avec vos encouragements, je finirais par croire que je n’écris pas si mal), mais pour que ce soit vraiment intéressant, il faudrait que j’expose les particularismes de la profession, réglementée, que j’exerçais, et ce serait long et chiant.
Pour la faire courte, pour l’entrée : d’un côté un emploi salarié mal payé + une épouse qui finissait ses études + un enfant + un appartement en plein centre d’une grande ville + 30 km AR pour aller bosser = tu ne t’en sors pas financièrement. D’un autre côté : l’occasion d’acheter des parts d’une société pour un prix relativement modéré pour le secteur d’activité + l’entourage qui te dit que c’est con d’avoir le diplôme que tu as pour rester salarié toute ta vie + la famille qui te donne la somme nécessaire pour convaincre la banque de te prêter le reste du financement dont tu as besoin + les copains et copines de promo qui commencent à s’installer = tu passes de l’autre côté, tu deviens employeur même si tu sais que tu n’as pas vraiment le tempérament pour ça.
Pour la sortie, désolé de te décevoir, il n’y a pas eu de discours d’adieu : j’ai vendu mes parts à mon associée et celle-ci, qui avait dû me payer le prix et qui voyait des employés qui commençaient à se barrer, m’a signifié brutalement le jour où la cession est devenue effective, que je n’aurais plus accès à mon bureau (« Ne m’oblige pas à te virer » m’a t-elle dit).-
Titouan R
InvitéMerci de ce résumé.
Je parierais sur une profession juridique – avocat, notaire ?-
Christophe M
InvitéGagné : notaire.
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Dr Xavier
InvitéLu : merci !
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Titouan R
InvitéAh… très égoïstement ça m’intéresse, étant aussi du « sérail » (diplômé mais pas notaire salarié ou associé, et sans envie de l’être). Ma question initiale était intéressée, en plus du frisson intrinsèque du pari 😉
Désolé pour cette demande un peu incongrue, mais aurais-tu un mail où je pourrais t’écrire ? Ressentant un certain décalage entre une partie du boulot (et la corporation) et mes orientations politique, et ayant déjà toutes les peines du monde à me décider à m’encarter à la CGT (en raison du regard du milieu professionnel, très peu syndiqué et sans culture de droit du travail), cela me plairaît d’échanger avec quelqu’un qui a de la bouteille. Tu es libre de m’envoyer bouler. -
Christophe M
InvitéPourquoi t’enverrais-je bouler ?
Je serais très content d’échanger avec toi.
Si tu peux me communiquer une adresse email (provisoire éventuellement), tu auras la mienne. -
Titouan R
InvitéMerci à toi. J’avais peur d’être trop « invasif ».
Tu peux me contacter à : titouan.rm@outlook.fr
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Léo!
InvitéMerci Christophe. J’ai toujours trouvé fascinant ces parcours qui bifurquent (cette conjugaison sonne bizarre non?). Peut-être parce que je n’en ai moi-même pas eu « besoin ». À la ferme on a pas mal de passage de bifurqueurs. J’adore.
Si d’autres ici veulent témoigner je suis preneur.
François est-ce qu’il y aurait pas la matière à littérature, ou est-ce que c’est presque trop facile?-
François Bégaudeau
Maître des cléscomme Carpentier le signalait, ma pièce La bonne nouvelle raconte six sécessions de ce genre
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Léo!
InvitéAh oui j’avais cru comprendre je tâcherai de la voir-lire si c’est encore possible.
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Professeur Mélanie
InvitéOui je lirais aussi.
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Ema
InvitéMes metalleux de mon lycée étaient très gentils de ce que je souviens, mais par contre ils n’ecoutaient vraiment QUE çà, aucun autre genre musical ne trouvait grâce à leurs yeux, je sais pas si ça peut s’apparenter à quelque chose d’autoritaire ça, le côté monomaniaque.
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Titouan R
InvitéJe pense que ça a quelque chose à voir avec le côté « initiés » décrit dans mon long message ci-dessous.
C’est confortant, réconfortant, d’être dans un club. Un boys club, bien souvent
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Pope
InvitéJe tiens à dire que mon beauc (néologisme validé Titouan), est aussi très gentil par ailleurs Ema. Tout comme les métalleux d’ici d’ailleurs, malgré leurs menaces, grâce à leurs menaces si peu inquiétantes je dirais même.
Alors n’hésitez pas à sortir du bois les gars, et n’oubliez pas qu’on n’y connaît vraiment rien.-
AxisBoldAsLove
InvitéPour ma part je n’ai jamais eu la sensation d’appartenir à la « scène métal » mais j’en écoute énormément. Les postures sont pas importantes mais le mieux dans ce style de musique c’est justement la musique. Il y a pleins de faits sonores qui font plaisir aux oreilles : polyrythmie, grosse distorsions, utilisation de sonorités industrielles, les possibilités sonores sont sans fin
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Pope
InvitéDonc tu ne reconnais pas l’ « unité sonore » évoquée par Titouan. Et te reconnais-tu dans ce que nous avons pu exprimer ? Titouan parle de « sérieux », de « puissance », d’ « ordre »…
Je parle aussi de l’imagerie, tu reçois tout ça comment ?-
AxisBoldAsLove
InvitéL’imagerie est quelque chose vraiment secondaire, qui personnellement ne m’intéresse pas vraiment. Quand je vais à un concert de métal, je vois bien qu’il y a des fresscode, que c’est bien souvent des grands barbus qui boivent de la bière dans le public. Mais effectivement il y a aussi tout un tas de gens qui viennent aux concerts ou écoute cette musique qui ne pense pas à un certain goût pour l’autorité, la puissance.
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Titouan R
InvitéPetite précision : par « unité sonore », je n’entendais pas que le metal n’était pas riche de possibilités musicales et offrait un large panel technique. Je crois les métalleux sur parole, étant complètement inculte en la matière.
« unité sonore » consistait plus à dire que cette grande inventivité restait cantonnée à un « spectre » ou à une « gamme » (je ne suis pas musicien, donc vous pouvez me jeter au bûcher pour vocabulaire inadapté) limités, en ce sens que la puissance du son est telle que seule l’oreille subtile et habituée est à même de passer outre. Les beautés du genre semblent comme « cachées » par le volume à quelqu’un qui déboulerait en plein milieu d’une chanson. Il y a donc un double mouvement qui m’incline à voir :
– une pulsion d’ordre, dans la mesure où la puissance du son arase les reliefs. Les ruptures respectent toujours le cadre du « genre » metal ;
– une pulsion « droitière » consistant à faire du metal un genre d’initié.es. En revanche, le punk, sur lequel mon inculture est tout aussi complète, me semble immédiatement accessible. Je n’ai pas besoin d’avoir les codes pour apprécier un titre. Le punk me semble immédiatement démocratique, puisqu’il postule la capacité de chacun.e à pouvoir le ressentir (là où le metal devrait se « comprendre »). Affirmation « ranciérienne » un peu hasardeuse.
…..
En y réfléchissant, ce débat sur le metal me fait penser à la question du « cinéma de genre », où la jouissance devant un film importe moins, ou autant, que la jouissance de reconnaître les codes du genre, les références, les échos. Une érudition vient médier le rapport entre l’oeuvre et les spectateur.ices. Je serais taquin de faire ce tacle au cinéma de genre, dans la mesure où il est évident que tout film (et le raisonnement se transpose dans d’autres arts) s’appuie toujours sur l’existant, s’imprègne d’autres œuvres, s’en écartent. Toutefois, les adeptes de cinéma de genre convoquent un élément indispensable à leur plaisir, qui en fait là encore un plaisir d’initié.es : une certaine cinéphilie. Le film lui-même risque de devenir secondaire.
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Pour être précis, je ne dis pas qu’il ne faut pas se cultiver, apprendre à connaître les arts et les aimer. Mais il y aurait deux versions de cet apprentissage : une version académique (tu n’as pas les bases, rentre chez toi) ; une version buissonnière (tu ne saisiras pas tout, mais tu es le bienvenu). A chacun.e sa préférence-
AxisBoldAsLove
InvitéMerci pour cette réponse !
Après concernant l’iniation je ne partage pas forcément cet avis. J’ai commencé à en écouter enfant sans la moindre connaissance et j’ai de suite était pris de bonheur en écoutant du métal. Après le jargon musical nous permet juste de mettre des mots sur certaines techniques et nous aide un peu plus à nous repérer mais quand j’en écoute je suis pas en mode « ah ouais la ça joue de telle façon, ça utilise tel machine ». C’est juste du kiff à l’état brut.
Les étiquettes de genre en musique servent à se repérer dans l’océan infini qu’est la musique, mais c’est ne pas nécessaire pour apprécier 🙂-
Titouan R
InvitéMerci de tes précisions. Par initiation, du moins pour la musique, je ne signifiais pas nécessairement qu’il faut être un.e expert.e technique (des instruments, du vocabulaire….) mais de développer une sophistication de l’oreille qui permet de prendre du plaisir à l’écoute. Mais je note qu’on peut avoir un tel plaisir au metal même tout petit. J’en profite : pourrais-tu décrire ta joie enfantine d’entendre du metal ? Qu’est-ce que cela faisait vibrer en toi ?
…
Dernière précision : le fait que tel ou tel art puisse être traversé d’affects d’ordre au autre ne le discrédite pas du tout esthétiquement. Je ne suis pas en train de refaire une distinction art légitime/illégitime à nouveaux frais. Mon but est uniquement de mettre à jour la pulsion sous-jacente à l’art étudié.
Il peut y avoir (c’est heureux) un grand art de droite (ou politiquement affiliable à celle-ci).-
Pope
InvitéBen oui, comme Sardou, Les lacs du Connemara c’est pas immonde Juliette Armanet, mais en effet ça flatte à mort nos pulsions d’ordre, de puissance, une pincée d’Histoire, de Terroir et de Famille.
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François Bégaudeau
Maître des clés« il peut y avoir un grand art de droite ».
Ca on pourrait discuter
Il y a évidemment un grand art fait par des gens de droite. Mais est ce un art de droite?
Si l’on pose que l’art est fondamentalement anarchiste peut-il y avoir un art de droite?-
diegomaradona
InvitéIl suffirait de poser que l’art est fondamentalement de droite pour que la question de savoir si un art de gauche ou anarchiste puisse exister se pose. Encore une fois tout est question de définitions et d’interprétations totalement arbitraires.
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François Bégaudeau
Maître des clésDiego disparu?
Pour le faire revenir, prononcez le mot art.
Il surgit alors de son terrier, dit ce qu’il a à dire, ce qu’il faut dire, ce que la raison commande de dire, puis se re-terre.
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Ostros
InvitéPour l’art plastique de droite je dirais celui de Jeff Koons.
https://www.carredartistes.com/fr-fr/blog/15-faits-a-savoir-sur-jeff-koons
Pour le films de droite on a Athena et Bac Nord (dont le réal n’était pas conscient de ce qu’il faisait).
Pour les grands films de droite ou les grandes oeuvres de droite je vais y réfléchir. Pour moi le grand art est de gauche, car si de droite il est plombé par son idéologie plombante.-
Ostros
InvitéPeut être comme dit Cyril dans la musique classique oui. On recense beaucoup de grandes compositions académiques, certaines étant des déclarations de puissance patriotique. On a aussi énormément de musiques qui sont des déclarations amour qui fait souffrir voire même mourir, qui se complaisent dans ce motif d’amour malade. De ce que j’étudie j’ai vraiment l’impression que la musique classique est de droite. Donc les grandes pièces comme Toccata et fugue en ré mineur serait du grand art de droite ?
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AxisBoldAsLove
InvitéOn pourrait y trouver des contre-exemples comme Erik Satie.
Ce qui m’interroge dans la façon d’aborder la musique de plusieurs intervenants de ce topic, c’est qu’ils parlent de tout sauf de musique. Pourtant quand on parle de cinéma j’ai l’impression qu’on parle vraiment des œuvres.
Que la musique soit abordée par son éventuel aspect droitier sans prendre d’exemples précis, sans parler de la musique en elle-même, ça me parait étrange. On sait bien qu’il est compliqué de parler de musique puisqu’elle a quelque chose de l’ordre de l’insaisissable par les mots. Mais on peut quand même essayer de s’en approcher (cf Doc sur le terme industriel).
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Ostros
InvitéQuoi que je mettrais pas Poulenc et Scarlatti dans les compositeurs de droite.
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Ostros
InvitéAxisBoldAsLove Je suis allée vite sur les des films de droite par ce qu’ils ont déjà été traité ici. Pour les musiques classiques e droite, dès que je serais plus calée en solfège je pourrais te faire une analyse. Pour le moment c’est mon ressenti de simple chanteuse en apprentissage. Je passe des airs dans la bouche et des mots et des notes qui sont très dramatiques et se complaisent là dedans ou au contraire qui sont purement épique et les paroles que je chante sont l’ennemi ira danser au paradis. A interpréter avec joie. Donc pour le moment les seuls qui sont hors de ces champs là sont Poulenc, Scaraltti et aussi Fauré. J’ai pas une immense culture classique. Mais depuis 8 ans que je passe des textes et des notes dans ma bouche c’est en grande majorité les mêmes affects.
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Ostros
InvitéC’est en grande majorité les mêmes affects : et ça me gave ! Je n’en peux plus de chanter ça. De faire appel à ces affects là qui me plombent. Raison pour laquelle à force de m’entendre me plaindre et souffler chaque fois que je lis une partition ma prof commence à me chercher des compositeurs joyeux. Qui ne sont pas les grands compositeurs de l’histoire (Bach, Mozart, Verdi, Rossini).
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AxisBoldAsLove
InvitéOstros, loin de moi l’idée de dire qu’il faut faire du solfège pour avoir une légitimité à analyser de la musique.
Peu importe son bagage, on peut parler de ses affects sur la musique, c’est justement ça qui est super. Ce qui me semblait moins pertinent, c’est que les discussions n’abordaient même pas la musique en elle-même qui est quand même le fond de la chose.
Après on peut parler de tous les à côté je dis pas que ce n’est pas inintéressant. Mais ne perdons pas de vue que le plus important dans la musique, c’est la musique.
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Ostros
InvitéQuand je parle des affects que convoquent une musique que j’interprète je parle de la musique.
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Ostros
InvitéCe sont des accords, des mots choisis coulé dans ces accords. Dès variations A B A bien connues. Bien figées.
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Dr Xavier
Invité@Ostros – Scarlatti oui ! c’est guilleret, un peu désaxé, j’aime sa polyrythmie !
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Ostros
InvitéDr, oui même quand il commence un monceau sombre il emmène le morceau vers la foi, l’amour, la joie, la vie. Il te sort la tête de la caverne.
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AxisBoldAsLove
InvitéJe ne te visais pas particulièrement Ostros, si c’est ton sentiment je m’en excuse. Puis je trouve intéressant que tu abordes ce que tu ressens face au courant romantique de la musique classique, que tu sentes une distinction avec Bach (que tu n’a pas l’air d’apprécier non plus?).
Ca devient plus pertinent quand on parle précisément des œuvres. -
Ostros
InvitéComme toutes les apprenties soprano je travaille à partir de l’Arie Antiche. Tu y trouveras l’ensemble des œuvres auxquelles je me réfère.
Il y a dans ces airs de très belles musiques. Mais je note que ces musiques ne sont pas porteuses. Au contraire. Celles que j’apprécie c’est à petite dose. Car vite ça me plombe. Comme tu peux apprécier te couler dans une musique pop dépressive un instant. Effet cathartique qui peut faire du bien. J aime beaucoup Toccata et fugue en ré mineur, surtout la partie où s’enchaînent les petites notes aiguës. Je m’interrogeais sur le fait que la musique classique est plutôt de droite. Et je pour l’expliquer j’expliquais ce que ça me fait de les entendre et de les interpréter.
Comme je réfléchis en même temps j’ai nuancé comme toi avex certains compositeurs dont la musique selon moi n’est pas de droite. Car ils recherchent la joie, la lumière, la grâce, défont les arches classiques etc.
Toi tu dirais que l’oeuvre de Bach n est pas de droite ? -
Ostros
InvitéAxisBoldAsLove, l’idée de cette question est que tu me parles des morceaux de Bach que tu aimes, que tu entres plus dans une analyse de la musique (Moi je connais pas assez) et qu’on puisse se demander si ces quelques morceaux sont de l’art de gauche ou de droite.
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AxisBoldAsLove
InvitéPour tout te dire je ne m’étais jamais posé la question. A première vue je sais que sa musique ne me provoque pas un côté plombant. Si je ne dis pas de bêtise, il n’écrivait pas le temps de la noire sur ses partitions ce qui laisse une liberté d’interprétation à ceux qui joue ses compositions. Il est clair que la technique du contrepoint et de l’harmonie de Bach était hyper rigoureuse. Mais tu as des œuvres notamment les deux Ricercare de l’Offrande musicale très différentes : Un qui est improvisé et plus libre, l’autre étant dans quelque chose de rigueur absolu. Ces différents aspects de Bach me permette difficilement de répondre à première vue.
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Ostros
InvitéD’accord. Ils ont tellement produit ces grands compositeurs qu’il faudrait en effet prendre le temps de décortiquer chacune de leurs périodes. En tout cas je vais pouvoir découvrir les oeuvres que tu cites, je te remercie.
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Titouan R
InvitéJ’entends ta proposition, François.
Le problème c’est qu’il me semble que tu confonds deux plans, ou alors que tu gagnerais à expliciter ce que tu entends par gauche, droite et anarchisme.
Par distinction de plan, je veux dire que les notions de « gauche » et de « droite » ressortissent à la politique, entendue comme manière de résoudre le conflit (avéré ou en germe) irréductible entre des composantes d’un corps social. A cette aune, on peut faire l’hypothèse que telle oeuvre ou tel genre serait de gauche ou de droite.
En revanche, lorsque tu parles d’anarchisme, il m’apparaît que tu ne parles pas que de politique, mais aussi (et surtout) d’un rapport au sensible, rapport que je perçois, à ta lecture ou ton écoute, comme « vitaliste ». Pour résumer à la serpe : là où gauche et droite définiraient des modes différents de compréhension-résolution du conflit humain, l’anarchisme serait (pas dans l’absolu, mais dans l’usage que tu fais présentement du mot) un rapport d’un individu au monde (ce peut être un semblable, un arbre, l’expérience du temps qui file….). Je pense spontanément à L’histoire d’un ruisseau de Reclus (pas lu) et au fait (remarquable) de la sur-représentation des géographes dans des grands noms anarchistes.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a une part de comique, car d’approximation, dans l’usage de tous ces termes concernant l’art. Le comique produit par la politique plaquée sur de l’art.
Il faut donc, si on joue à ça, ne pas être trop regardant.
Mais si j’essaie de fonder en rigueur ce que j’ai affirmé presque pour rire, je dirais que
1 oui l’anarchisme est ici entendu comme une disposition sensible.
2 toute position politique est une disposition sensible
3 je vois une sorte de synonymie possible entre gauche, anarchisme, et politique.
Il n’y aurait de gauche qu’anarchiste, il n’y aurait de politique qu’anarchiste, il n’y a de politique que de gauche (tout le reste est conservation et police)-
Professeur Mélanie
Invité« je vois une sorte de synonymie possible entre gauche, anarchisme, et politique »
Voilà de quoi bien accompagner mes tartines grillées ce matin. -
Titouan R
InvitéMerci pour ta précision.
Rassure-toi François, je ne cherchais pas à faire mon Diego
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AxisBoldAsLove
InvitéÇa remonte à loin, mais ça m’évoque un détail de ma journée d’hier : je mangeais un croque monsieur dans ma cuisine quand mon frigo s’est mis à faire un bruit bizarre, comme une sorte de synthétiseur hyper chaotique. J’ai adoré ce bruit.
Je pense que le métal m’a fait la même chose, j’ai entendu tous ces sons massifs, distordus, riches, avec un rythme que je ne connaissais pas. J’ai adoré
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Dr Xavier
InvitéOui !
C’est pas tous les jours qu’un sujet se déploie en ramifications qui partent un peu dans tous les sens, ça doit être ça les rhizomes, c’est réjouissant. J’ai tenté plus haut de fournir une apologie du métal. -
Titouan R
InvitéTu as raison, si c’est moi que tu vises, de critiquer le fait qu’il n’est plus question dans mes messages de la musique metal elle-même. Là-dessus je confesse mon inculture, et voulais surtout soulever cette question de l’initiation. Ta réponse à ce sujet est éclairante et je t’en remercie. Cela me ravit que ces distorsions de sons, qui actualisent l’éventail dément du spectre sonore, animent ton corps.
Mea culpa donc, mais en partie seulement, car je maintiens que l’univers du metal tente de se maintenir, malgré sa grande visibilité (dans des festivals, notamment), dans l’image de la marginalité à péage : cela passe par les codes (autrement dit l’imagerie, sur laquelle il a beaucoup été dit par les sitistes)-
Titouan R
InvitéJe répondais à Axis.
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AxisBoldAsLove
InvitéTitouan, je ne visais personne en particulier, je vois d’autant plus que toi comme la plupart des personnes dans ce topic, font preuve d’écoute et de gentillesse. Je voudrais également redire que ce n’est pas un manque de culture qui me questionnait chez toi ou chez n’importe qui d’autre ici. Tant que tu en as écouté et que cela t’a fait produire une réaction et/ou une pensée, ton opinion me paraitra pertinente. J’ai étalé le peu de confiture à la confiance culturelle que j’avais dans certains de mes messages précédents mais j’imagine que la plupart des gens ici survolent largement mon niveau culturel.
Je voulais surtout dire que la musique est fantastique et que quand on parle d’elle, on peut certes aborder ses aspects iconographiques, politiques… mais je trouve dommage d’omettre dans la discussion le plus important à savoir sa matérialité, son existence pure.
Je pense que je n’aurais jamais trouvé d’intérêt à la critique ciné si on parlait de tout ce qui se passe autour du film sans qu’on ai parlé du film en lui-même.-
Titouan R
InvitéSalutaire mise au point Axis. Ton rappel à la matérialité rejoint finalement en partie ma vision lacunaire du metal. Qu’il se débarasse de la médiation de son imagerie, et il sera rendu à la pleine jouissance de sa matérialité
…
Et rassure-toi, je ne me sentais pas vexé ni offensé de ton message. Et pour le metal, tu as plus de culture que moi. Ne me reste que la confiture 😉-
AxisBoldAsLove
InvitéComme disent les Irlandais, on est kilt 🙂
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Titouan R
InvitéTrès « l’homme-qui-n’a-pas-de-prénom » comme jeu de mots
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Ludovic Bourgeois
InvitéAucune menace, nous savons que c’est plié. Ca l’était déjà à notre naissance.
Je fusse métalleux et oui y’a des gens comme moi mais y’a aussi des types d’extrême gauche bcp
Y’a rarement des fades par contre.
Vous mettez autoritarisme à toute les sauces. Là c’est plus gout pour la noirceur et violence, voir violence d’auto-destruction.-
François Bégaudeau
Maître des clésAutoritarisme est un lexique de droite
ici on dit autoritaire – mais ce n’est qu’un millième de tes mécompréhensions de ce qui se dit ici.
C’est précisément la droite qui fait une distinction entre autoritarisme (pas bien, excès) et autorité (bien, on en manque)
Le bon prof est autoritaire sans autoritarisme, etc.Et je crois que le gout pour le metal tient à autre chose que le gout pour la noirceur et le violence
C’est un peu plus compliqué et du coup tu es perdu.-
Ludovic Bourgeois
InvitéTu vois alors que je fais pas de distinction entre autoritaire et autoritarisme.
Je ne suis pas de droite, je ne me suis jamais senti de droite.
Disons que je vois un truc de diff c’est que j’ai pas une pensée figée, je ne suis pas pour l’autorité absolu.
C’est pas mon idéal. Je préfère un monde hippie qu’un monde militaire.
Un monde hippie ne peut advenir que si il est protégé.
Ca dépend des conjonctures. Là, il en faut.
C’est pour ça que tu me crois perdu.
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Graindorge
InvitéLa musique ça me parle ou ça me parle pas. Selon les moments de la journée, les périodes d’une vie.
En classique Bach jouait ses suites pour orchestre sur des places PUBLIQUES et tout le monde en profitait.
Et Mozart, Handel, Tellemann, Vivaldi etc, en nous entendant chercher à les mettre ici ou là doivent se retourner dans leurs tombes ou dans leurs fosses communes -
Ema
InvitéPour revenir sur la question des pulsions autoritaires et des exemples donnés je me suis posée à mon tour la question de savoir si ce que par quoi on est traversé face à une incivilité, une impolitesse, relevait de la dite pulsion. D’abord, est ce que ce sentiment de vif agacement est proportionnellement ajusté à la gêne occasionnée ? En vérité rarement. Par exemple, si je croise sur un trottoir un groupe de personne prenant toute la largeur du dit trottoir, et ne bougeant pas d’un iota pour me laisser une petite place, un simple petit pas de côté sur la route régle assez vite le problème et on en parle plus, ma journée continue sans heurt. Et pourtant je fulmine. « c’est une question de principe » me dis-je. Il ne s’agit Donc pas de la gêne elle même, mais du principe auquel je tiens qui semble bafoué. Et quel est il ce principe ? Sûrement celui selon lequel, si je m’estime capable et obligée moi même d’une certaine consideration vis à vis d’autrui, je n’estime pas acceptable que d’autres s’autorisent plus de laxisme. Je ne prétend pas vouloir me débarrasser de cet affect là, qui me paraît assez inoffensif en soi, mais je trouve intéressant de bien faire la distinction entre l’agacement vis à vis des conséquences concrètes d’un comportement qui est assez neutre moralement , et l’agacement vis à vis des individus qui lui ne l’est jamais, et comporte toujours un petite part de supériorité morale, vis à vis de gens dont on ne connaît somme toute pas grand chose.
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Ostros
InvitéEst-ce une façon de dire que finalement cette pulsion autoritaire apparaît lorsqu’on ne tolère pas l’autre en tant qu’individu différent de moi – et qu’on recherche consciemment ou pas l’uniformité (rassurante) ?
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Ema
InvitéOui. D’ailleurs n’est ce pas ce désir d’homogeneite que sollicitent en nous les politiques fascisantes ? La promesse d’un socle commun pour lubrifier toutes nos interactions sociales et aplanir toute conflictualite, rugosité, en d’autres termes : tout désagrément.
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Pope
InvitéMerci tout le monde pour vos contributions.
Je me dis que François doit se réjouir de voir que le chantier autonome qu’il a initié produit parfois ce genre de moment où l’on s’éduque entre nous sans qu’il ait vraiment besoin d’intervenir.
Un exemple d’éducation populaire ? -
Cyril
Invité« Ce serait intéressant que chacun liste les moments de sa vie affective il donne dans une érotique autoritaire, même ponctuellement, même 6 secondes. »
Est-ce que l’injonction à faire confession de chaque affect autoritaire qui nous traverse n’est pas elle-même autoritaire ?
C’est le même type d’injonction que Foucault décrit pour la sexualité dans Histoire de la sexualité…-
Julien Barthe
InvitéCyril,
Je ne crois pas qu’une l’invite à lister soit une «injonction à faire confession ». On peut lister pour soi-même. On peut ne pas lister.-
Cyril
InvitéOui c’est ce que je me suis dit. Mais cette « invitation » me laisse septique. J’y vois une injonction soft.
Si on reprend ma comparaison avec le livre de Foucault, l’injonction qu’il décrit à être transparent sur sa vie sexuelle, peut aussi revêtir les apparences d’une invitation.
Même si je vois l’intérêt d’identifier ses affects autoritaires, j’ai l’impression qu’on peut vite tomber dans une sorte de puritanisme. De même que cette injonction à identifier les actes de micro-racistes ou sexistes dont on peut être l’auteur et qui pour le coup n’est pas une simple invitation parce qu’il y a derrière une pression sociale dans certains milieux militants.-
Carpentier
InvitéQu’est-ce tu fous dans la fosse aussi?
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Claire N
InvitéTu sais , moi je crois que le désir a de toute façon un côté « indestructible « et il fini toujours par se voir de toute façon
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François Bégaudeau
Maître des clésFrançois Bégaudeau
Faut il que tu sois mal disposé à mon égard pour y avoir vu ça.
Mais donc rassure toi: tu es dispensé de cette cérémonie d’auto-critique prévue en place publique de Pékin. Le méchant inquisiteur t’épargne.
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Ema
InvitéÇa ce n’est une démarche puritaine que dans la mesure où on prétend reprouver, réprimer, domestiquer. S’il ne s’agit que d’identifier, sans prétendre que cette identification ait valeur d’élévation morale, c’est plutôt le contraire non ?
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Professeur Mélanie
InvitéLà par exemple, si, mettons, on admet pour un instant qu’une injonction peut « revêtir les apparences d’une invitation », ne faudrait-il pas considérer les rapports de force ? François, s’il faisait là une injonction, aurait quel moyen de pression sur nous, quel pouvoir de nous obliger à ça ?
“Ce serait intéressant que chacun liste les moments de sa vie affective il donne dans une érotique autoritaire, même ponctuellement, même 6 secondes” ne dit pas de le faire avec obsession. -
François Bégaudeau
Maître des clésFaut il que tu sois mal disposé à mon égard pour y avoir vu ça.
Mais donc rassure toi: tu es dispensé de cette cérémonie d’auto-critique prévue en place publique de Pékin. Le méchant inquisiteur t’épargne.
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Titouan R
InvitéM’est avis, Cyril, que François invitait plutôt à ce chacun fasse cet exercice seul avec soi. Son message n’invitait pas directement à ce que les témoignages soient écrits ensuite sur la page du forum
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Cyril
InvitéJe ne lui prête AUCUNE mauvaise intention. D’ailleurs, je trouve l’exercice utile et je m’y exerce. Je me questionne juste sur cet exercice lui-même. J’y vois une similitude de forme avec l’examen de conscience !
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Titouan R
InvitéD’accord
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Mélanie
InvitéCyril, tu aurais un exemple racontable ici ? Par la force de mon super pouvoir autoritaire, je t’enjoins de nous livrer les résultats de ton exercice.
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Cyril
InvitéPris en flagrant délit de caricature et de défaut de justesse : je dis « injonction soft » et tu restitues « place de Pékin » et « méchant inquisiteur ».
Résultat, on essaie pas de comprendre ce que je tente d’exprimer.
Vous savez pourtant bien comme moi qu’il y a mille nuances entre incitation et injonction.
J’ai l’impression de voir une similitude entre le gauchiste qui cherche en lui-même la moindre trace d’affect autoritaire et le fervent religieux qui s’inquiète du moindre petit péché.
Je me trompe peut-être, c’est une intuition. Merci de discuter cette intuition, si elle vous intéresse, et pas de polémiquer bêtement.-
riviere
InvitéCyril je comprends ton intuition et elle me paraît valide.
Pour ma part j’y ai vu une gourmandise d’écrivain, ou simplement d’être humain.
Ta réflexion me fait sauter du plongeoir pour le coup.
Je gamberge avec délectation sur la question depuis que François l’a formulée.
J’ai honte de mes affects autoritaires, j’ai du dégoût à aller les chercher, et à les énumérer.
J’ai éludé et je suis allée plutôt observer mes proches autoritaires. J’ai l’impression d’être entourée d’autoritaires , que la seule chose qu’ils font c’est de me motiver à produire pour eux.
Et j’observe également qu’ils sont obéissants. L’obéissance est l’autre face de l’autorité. Quand tu as avalé la hiérarchie, les deux affects marchent ensemble, au pas.
Pour revenir à la question, je crois que j’ai plaisir à donner un ordre, pour le plaisir de le voir exécuté, parce que j’ai réfléchi à ce qui devait être fait, je demande qu’on le fasse et j’attends que le résultat produise les effets calculés. Comme la pomme de Newton si vous voulez. -
Dr Xavier
InvitéSi polémique il y a, c’est peut-être parce que la formulation initiale de l’intuition est ouverte à interprétation, dont celle d’un affect d’ado symbolique cherchant chamailleries avec le père symbolique.
Dis-nous plutôt à quel passage de La Volonté de savoir tu fais référence, je feuillette le bouquin depuis tout à l’heure et je retrouve pas.-
Cyril
InvitéDans l’hypothèse répressive.
« Un impératif est posé : non pas seulement confesser les actes contraires à la loi, mais chercher à faire de son désir, de tout désir, discours. »
Cette confession, cherche-t-on à l’obtenir par la torture (la version Pékin) ou par l’incitation, l’invitation au discours ?
J’ai l’impression que cette mise en discours du sexe, qui participe de la volonté de savoir, a quelque rapport avec la mise en discours de l’affect autoritaire que nous propose François.
Cette recherche introspective de l’affect autoritaire, propre à la gauche, serait selon mon hypothèse le prolongement, sécularisé, de l’introspection chrétienne, de la confession des péchés de chair, de l’examen de conscience.
De même que le prêtre nous invite à nous confesser « pour notre bien », François, nous invite à faire l’inventaire de nos affects autoritaires, dans un but purgatoire, on va pas se mentir, on est anti-autoritaire.
Cette invitation participe à sa manière à la société contrôle. Il est déclaré que c’est une affaire individuelle. L’individu est l’agent de son propre contrôle.
Il faudrait voir aussi si on peut faire quelque chose de la mauvaise conscience de Nietzsche.
Mon but encore une fois n’est pas de rejeter cette invitation mais d’appliquer la même méfiance que Foucault quand il entendait parler de libération sexuelle, de libération de la parole.
Cette « bonne » volonté de vouloir éradiquer l’autoritaire, en tous cas de le cerner, est peut-être elle-même empreinte de quelque chose d’autoritaire.-
deleatur
InvitéSurinterprétation, surinterprétation.
Et si François voulait simplement inviter chacun et chacune ici à se démmerder avec sa propre connerie ?
Nulle injonction alors, nulle invitation non plus, mais simplement la reconnaissance qu’il est difficile pour tout le monde d’être toujours à la hauteur du meilleur…-
Cyril
InvitéMais ça va bien au-delà de François ! Il est juste le relai d’une invitation qui traverse toute la gauche. Bien sûr que si je ne parlais que de lui ce serait surinterprété. Je ne le prends pas comme origine. On pense structurellement ou pas ?
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deleatur
Invité« Il est juste le relai d’une invitation qui traverse toute la gauche. »
Ah bon ?-
Cyril
InvitéBah oui, on cherche partout à gauche des traces de racisme, de sexisme, de domination, d’affect autoritaire. Dans le langage, les expressions, le genre des mots, la couleur des pansements… On questionne toute la mécanique inconsciente de la domination. Et je ne trouve pas ça sans intérêt, encore une fois ! Je ne dirai pas, comme à droite, que cela est le symptôme d’une haine de soi etc.
Mais on peut reconnaître une tendance et la questionner.-
Dr Xavier
InvitéSi ça va au-delà de François arrête de le mentionner à chaque message. Je suis vraiment pas sûr que c’est ce que dit Foucault, il voit la discursivité sur le « sexe » comme une technique de pouvoir, par ex. pour le contrôle de la natalité, pas pour se confesser (de toutes façons je trouve son bouquin mal branlé [hohoho (d’ailleurs si quelqu’un.e me trouve l’origine de cette expression je prends)] mais qui suis-je pour critiquer le grand Foucault ?)
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Sur cette intuition tu seras peut-être plus intéressé par le court échange que j’ai eu en octobre avec Julien Barthe sur Elsa Deck Meursault (elle évoque dans son bouquin ce passage à la « confession » parfois exigée dans les démarches de justice autonome, et ses dérives possibles), et le très intéressant texte-témoignage indiqué par JB sur les Rencontres Internationales Anti-autoritaires de St-Imier 2023 :-
Mélanie
InvitéJe vais lire ça aussi – après le roman de Bretzville
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Cyril
InvitéSi je le mentionne à chaque message c’est parce que VOUS le mentionnez à chaque message pour prendre sa défense (que signifie ce réflexe ?). Et je ne le mentionne que pour dire que je ne l’attaque pas ou que mon questionnement est plus général, est au-delà de sa personne. Alors je trouve ça culotté de me faire ce reproche.
J’ai lu le livre d’Elsa Deck et je l’ai rencontrée en librairie.
Ce qu’elle relate est bien la preuve qu’il y a des injonctions dans la sphère militante de gauche, une violence interne, autonome, indépendante de la violence étatique, même si elle peut en être le reflet, ou la répercussion indirecte.
Quand je parle d’injonction à la pureté militante, ce n’est donc pas une vue de l’esprit.
Elsa Deck montre comment on peut être ostracisé d’un groupe pour l’emploi maladroit d’un mot.
J’ai ressenti cette violence sourde dans des milieux antifas-anars. Je me sens bien mieux, plus libre de m’exprimer parmi les militants du NPA même si l’arrivée récente de jeunes militants LGBT a amené un peu de crispation.
Pour Foucault, ce que j’en comprends, c’est que la discursivité sur le sexe n’est pas seulement instrumentale, pour gérer la population etc., mais qu’elle est valorisée pour elle-même. C’est comme ça que je comprends « la volonté de savoir. » C’est une sorte de pulsion de contrôle.
Le contrôle des affects autoritaires participerait de cette pulsion.
Je ne suis pas sûr que le terme pulsion soit le meilleur puisqu’il renvoie à l’individu. Je ne crois pas qu’il y ait des pulsions collectives. -
Jeanne
InvitéCyril moi je trouve intéressant ce petit rapport que tu nous fais sur des milieux militants.
Évoluant pour ma part dans des milieux moins distingués (si je puis dire), je ne me souviens pas avoir tellement rencontré ce type d’injonction (ou de pulsion). -
François Bégaudeau
Maître des clésTu veux absolument établir un lien entre certaines pratiques comminatoires et jugeantes dans la sphère militante et mon invitation à déceler en soi, pour sa gouverne et celle d’autrui, des micro-réflexes affectifs.
Faut il mal me connaitre pour faire ce lien. Faut il ignorer :
-que je ne suis pas militant
-que j’ai dit des dizaines de fois ma méfiance vis à vis des postures morales de la militance (encore récemment chez Elucid)
-que j’ai écrit contre ça dans Notre joie
-que j’ai très souvent annoncé un livre sur la question –
-que je serai bientot à la barre pour un procès où précisément m’attaque la militance morale
etc.
En fait ton sidérant amalgame repose sur un vague, complété d’un poil de malhonneteté, qu’incarne ce bout de phrase : « Bah oui, on cherche partout à gauche des traces de racisme, de sexisme, de domination, d’affect autoritaire. ». Tu ajoutes en bout d’énumération ce « affect autoritaire » dont tu sais bien qu’il n’est pas du tout du même registre (de langue, de pensée, de pratique) que les trois autres. D’ailleurs dans les espaces militants à gauche, je n’entends jamais prononcer « affect autoritaire ».
Et comme d’habitude, tu confonds le registre descriptif (repérer en soi des affects pour moeux se connaitre, pour mieux les penser) et le prescriptif moral (débusquer en autrui des vices pour les réprouver). C’est une confusion très récurrente chez toi, je l’ai souvent pointée. En pure perte. -
Cyril
InvitéPourquoi toujours ramener la conversation à quelque chose de personnel ? Tu ne fais que te défendre ou m’attaquer. Et c’est moi qui BFMisme ce forum ?
T’es intentions me sont inaccessibles, ce ne sont pas elles que je discute.
Faisons comme si Cyril et François n’avaient jamais existé et considérons si, nous le voulons bien, cette question : y a-t-il quelque chose de commun entre l’examen de conscience chrétien et la recherche d’affect autoritaire ?
La distinction entre descriptif et prescriptif dans cette situation me paraît assez faible. Les prescriptions ne sont pas que des consignes de prof. Quand je prends un goûter chez dans une famille et qu’ils ne portent pas leur part de cake à la bouche, mais qu’ils en découpent avec leurs doigts de petits morceaux, au bout de 15 secondes, le temps de m’en rendre compte wje fais comme eux. Ça m’est arrivé. Si j’avais continué avec ma manière habituelle, je serais passé pour un gros bourrin.
Je ne pense pas qu’on soit à la recherche de ses affects autoritaires par pur désir de connaissance. Cette connaissance est motivée. Et quand on est marxiste anti-autoritaire, il ne faut pas aller loin pour trouver cette motivation. -
Graindorge
InvitéJe m’immisce et tu pourras me critiquer Cyril mais je crois que dans ce forum FB n’a que toi je crois pour une bonne partie de castagne verbale à forces à peu près égales. Les autres sont soit des ami.es inconditionnels soit des « fans » inconditionnels aussi soit des gens avec lesquels il devise courtoisement soit des gens qu’il peut insulter, humilier et écraser ou ignorer facilement parcequ’on s’en fiche ou parcequ’on lui pardonne ses méthodes parcequ’il a quelques qualités. Si ça peut éclairer
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Julie
InvitéGraindOrge, c’est lumineux. Toi, c’est ta connerie qui est inconditionnelle.
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Graindorge
InvitéJulie c’est un bien jolie prénom pour tant de vulgarité. C’est à Cyril que j’ai écrit. Laissons les causer en paix. Svp
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François Bégaudeau
Maître des clésLe mot « personnel » est déplacé., comme tant de tes mots ici. Je ne commente que ce que tu dis ici. Ce que tu dis ici, sur le sujet du jour, est sidérant, et je ne redis pas pourquoi.
Je ne crois pas qu’observer une confusion entre prescriptif et descriptif soit une attaque ad hominem. C’est donc toi qui à nouveau perds dans le meta-langage un temps qu’il serait urgent que tu consacres à réfléchir à des sujets où tu patauges – où je te vois patauger depuis longtemps (mais on a bien compris : je suis à tes yeux un type hyper clairvoyant… sauf sur toi)
Par ailleurs nul n’a parlé ici de « pure désir de connaissance ». Il y a tout un monde entre le pur désir de connaissance et l’enquête inquisitrice. Sonder en soi des micro-affects autoritaires (Guattari aurait parlé de micro-fascisme) peut aider à mieux.. les connaitre. Ce qui permet sans doute de mieux connaitre les personnalités à dominante autoritaire, et peut etre, va savoir, à mieux les combattre. Mais le prendre comme une confession, uen auto-critique publique, un tribunal, un jugement, non, non, et trois fois non. Il n’y a que toi ici pour envisager une aberration pareille.
Tu pourras aussi considérer aussi qu’il y a peut etre, sinon un pur désir de connaissance, du moins un pur plaisir de connaissance. Un gai savoir. C’est à dire la joie suffisante de déplier le réel. L’art, et spécifiquement la littérature, aide à éprouver cette joie, et a accréditer cette hypothèse (d’un pur plaisir de). Est-ce la raison pour laquelle ça t’échappe? On pourrait le penser. -
Cyril
InvitéJe n’ai jamais prétendu affirmer quoi que ce soit. J’expose ici une interrogation, je suis en effet dans la confusion et c’est pour cela que je demande des avis. Et comme d’habitude j’ai droit à une montagne de d’invectives. Ce que je pense est aberrant etc.
C’est une forme d’intimidation. Si j’étais moins têtu, je me tairais parce que tu cherches à me faire taire. À inscrire en moi l’idée que toute réflexion, toute objection qui me vient en tête, est bête, aberrante, ne mérite pas d’être formulée.
Si tu t’intéresses à tes affects autoritaires, commence par aller voir par là. -
Cyril
InvitéTon entretien avec Sismique est un bon exemple de l’intimidation que tu exerces.
À un moment, tu considères qu’il fait une objection de droite, qu’il est imprégné d’idéologie dominante etc.
Très bien, je trouve ça pertinent. Mais ta manière de lui indiquer est presque blessante. On a l’impression que tu cherches à le faire culpabiliser. Sa réaction montre bien qu’il est froissé et je le comprends.
Bien sûr qu’on est imprégné d’idéologie dominante, et qu’une objection qui nous vient à l’esprit peut venir d’un conditionnement.
Mais si la gauche veut être désirable, elle ne doit pas être méprisante pour les gens qui flottent encore, qui ne sont pas résolument de droite, parce qu’ils peuvent bifurquer.
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Leo Landru
InvitéJacques Rancière sur Blast, sur l’idée de démocratie.
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Anna H
InvitéDésolée pour le doublon
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Anna H
InvitéJacques Rancière, entretien avec Salomé Saqué de Blast :
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Titouan R
InvitéEt ce n’est pas Salomé Saqué mais Soumaya Benaïssa 😉
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Charles
InvitéLe site Hors-série est en accès libre ce weekend, je recommande ce numéro : https://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2023-11-11/La-Revolution-francaise-et-les-colonies-id564
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Cyril
InvitéMélanie
Hier j’ai assisté à un concert au conservatoire où des élèves de la classe de composition présentaient leurs œuvres, exécutées dans la foulée.
Un jeune homme blond, cheveux courts, barbe bien taillée, un peu trapus, en costume, empoigne le micro et présente sa pièce d’une voix assurée, se déplaçant, « occupant » la scène en parlant. J’ai vu deux jours auparavant et pour la première fois, à la cafétéria ce jeune homme plongé dans Harry Potter en grand format. Je l’ai immédiatement identifié à la « classe » des cuivres, très soudée au conservatoire, qui n’a pas la distinction des cordes, et dont les musiciens participent souvent aux fanfares militaires.
Le voici sur scène : « Alors je dois commencer par dire que je ne suis pas compositeur. » À la manière d’un scoop. Petit silence accompagné de petit sourire. « Une nuit, alors que je rêvais, m’est apparu soudain, la pièce que vous allez entendre ce soir ». Le niveau de cringe est déjà stratosphérique. Le storytelling se poursuit. « Savez-vous quand vous vous levez le matin auprès de votre dulcinée, et que s’engage entre vous ce petit dialogue : « – Je t’aime. – Non c’est moi qui t’aime plus. – Si c’est moi. – Non – Si- Non – Si – Non – Si – Non – Si (il prend bien le temps entre chaque si et non) ». J’ai oublié de signaler qu’il était monté sur scène accompagné d’une très belle fille avec une flûte traversière. « Ma pièce sera l’illustration cette petite dispute. Elle sera en quatre parties et chaque partie associera deux arts : musique et théâtre, musique et dessin, musique et danse et uniquement musique. La première partie sera interprétée par ma compagne ici présente (il montre la fille), et moi-même. »
À ce moment, il prend place sur une chaise au milieu de la scène. Sa compagne est debout près du Steinway. La lumière se tamise. « – Je t’aime. – *jet de notes flûtées* – Non, c’est moi ! *jet de…* – Non (différentes intonations) – *jet…* – etc. – *dernier jet de flûte strident vers l’aigu* »
La scène s’éclaire. Le garçon se lève, s’approche de sa compagne. Applaudissements. Le public est visiblement conquis. Ils saluent le public et il lui décoche 5 ou 6 bisous sur les joues.
On aura droit, plus tard, entre les pièces d’autres compositeurs, au répliques annoncées (musique et dessin etc.) avec d’autres interprètes, dont un professeur d’écriture du conservatoire, pour lequel j’avais de l’estime, et qui a posé un peu de sa légitimité sur cette imposture.
C’est la distance entre la perception du public, enchanté, et la mienne qui m’a fait éprouver des affects autoritaires. Je repensais au chien et au flacon de Baudelaire.
Je voyais moi un mélange de publicitaire et de cadre du RN, qui présentait sa compagne comme un trophée et une « œuvre » absolument vide, un rien du tout enrobé d’un storytelling de mauvais goût.-
Carpentier
Invité.. Je repensais au chien et au flacon de Baudelaire. / …
Tu dirais plus?-
Cyril
InvitéLE CHIEN ET LE FLACON
« — Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. »
Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en manière de reproche.
« — Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d’excréments, vous l’auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l’exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies. »
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Carpentier
InvitéMerci.
L’auteur de ces lignes a une opinion peu élogieuse sur son public.
Sauf à considérer qu’il produise lui-même de la merde et que ça lui convienne totalement.
ps: le chien de ma fille confirme bien que ses goûts, en termes olfactifs, ont peu à voir avec ceux des humains.
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Mélanie
InvitéCyril
Je crois que j’aurais aussi peu goûté cette œuvre apparue en rêve.
J’ai l’impression qu’on est à côté du sujet, qu’on parle de situations où quelque chose nous irrite. Ici une pièce, plus haut on évoquait des gens à la porte du métro, ou bavardant au ciné etc – des trucs qui nous énervent et qui nous donneraient envie d’ordre ou de gueuler un bon coup. Mais tout ordre n’est pas à jeter – l’intérieur de ma voiture en aurait par exemple bien besoin, et au ciné oui il faut se taire, si on veut discuter il y a des bars – qui emmerde qui ?.
Je pense que « donner dans une érotique autoritaire » est plutôt aligné avec les exemples cités aussi plus haut comme s’emballer à chanter un hymne national, le plaisir de se faire obéir comme prof ou patron, mon vague goût pour les machos ou encore la discussion sur le métal.
Je vois ci-dessus que tu restes fixé sur qu’on serait là en train de s’auto-fliquer durement ou de se flageller. Personnellement je ne crois pas me fliquer quand je regarde mon goût pour Top Gun, par contre ça me permet de mieux comprendre certaines choses dans ma vie. François a écrit « ce serait intéressant », ce qui est très différent d’un ordre. Et qu’on ait eu envie de répondre n’est pas non plus avoir obéi. Je rejoins assez Xavier.-
Mélanie
Invité– mon vague et lointain goût pour Top Gun ! –
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lassou
InvitéBonjour, question bête mais il existe plus du tout l’ancien site ? y a plus d’accès possible au forum provisoire ?
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François Bégaudeau
Maître des clésAu forum non
Peut etre, dans une zone très sombre du nuage, à quelques contenus.Mais un Russe te retrouvera tout ça.
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Graindorge
InvitéMoi je veux te remercier François. Le fait que tu sois allé à Recos de bouquins pour parler entr’autres de Oblomov recommandé par Tolstoï, Dostoievski et Charles a permis de donner une visibilité à ce petit livre témoignage de ce prof d’université interné 2 fois 18 mois pour avoir juste signalé un trafic de faux diplômes « Le rescapé de l’âme » Jean-Louis Caccomo. Également sur YouTube.
Je retire mes mots » gauche frileuse etc »
En Espagne environ 35000 personnes sont internées chaque année SANS consentement. C’est énorme.
Je n’ai pas les chiffres français.
Spasiba -
lassou
InvitéOk, merci, dommage, je vais voir si je trouve un russe.
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Cyril
InvitéHors-série, peut-être le meilleur média de gauche radicale, a besoin d’aide :
https://fr.ulule.com/hors-serie-fait-peau-neuve/-
Mélanie
InvitéC’est une injonction !
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Cyril
InvitéC’est un ordre même ! Ordre de pékin.
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Mélanie
InvitéJe n’utilise que très rarement ce site et ne donnerai pas d’argent. Dois-je me flageller Maître Cyril?
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François Bégaudeau
Maître des clésCe site, où on ne me fait pas très bon accueil en général, est effectivement le grand espace de pensée de la gauche radicale. Il serait dommage qu’il disparaisse.
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Titouan R
InvitéLa tension que tu as pu ressentir lors de l’épisode Comment s’occuper un dimanche d’élection n’a-t-elle pas un peu faibli ? Je sens l’équipe (Judith Bernard) moins férocement branchée LFI/élection depuis quelque temps (et pour cause, l’hystérie électorale s’étant logiquement calmée -cf ton bouquin).
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François Bégaudeau
Maître des clésLa tension dont je parle, c’est quand j’y vais. Donc je ne pourrai savoir que la tendance a faibli qu’en y allant, et c’est pas demain la veille.
Mais à en juger par un récent échange avec JB, je crois pouvoir dire que la tension, qui a des soubassements bien obscurs, n’a pas faibli. Tension qui date, et durera.-
Titouan R
InvitéDommage… J’ai l’intuition que les agace ce qui est perçu comme ta posture, alors qu’il s’agit juste de ta « raison sociale » : le fait d’être artiste. Et donc à ce titre de n’être pas immédiatement (ou pas exclusivement) « politique » – je mets des guillemets pour indiquer que je parle ici de politique dans un sens restreint d’action politique (donc quand même un chouille plus large que la « police » désignée par Rancière).
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François Bégaudeau
Maître des clésIl y aurait beaucoup à dire, et je ne peux en dire que le centième.
Notons juste un fait: JB, puisque c’est elle d’abord le sujet, est elle même artiste : elle met en scène des pièces, elle joue.-
Titouan R
InvitéC’est vrai, d’où une bonne part de mon étonnement sur cette tension…
Après, n’ayant jamais vu aucune mise en scène de JB, je ne sais pas si son tropisme militant irrigue (ou pervertit) sa perception de l’art.
….
Pour en revenir au point de départ de la discussion, Hors-Série est un excellent site et mon interrogation sur JB n’enlève rien au fait qu’elle est une bonne intervieweuse et qu’il y a là un cerveau qui tourne à plein régime (cela se sent dans des entretiens ardus, comme certains de Lordon, Jaquet ou Rancière : je suis assez soufflé par cette manière qu’elle a de se mettre en bouche la pensée d’un.e autre) -
François Bégaudeau
Maître des clésOui elle est sans égale dans ce talent
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Mélanie
Invité(Je n’ai rien contre ce site, que simplement je ne connais, à peu près, pas.)
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Titouan R
Invité -
Titouan R
InvitéEt voici un lien pour la dernière vidéo de Laura Raïm, ancienne de Hors-Série (le monde est petit). Sujet très intéressant que le bruit :
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Habile Entier
InvitéC’est pas de ma faute si t’es tout perdu quand j’insulte personne, c’est juste que t’es un peu con comme type et que l’idée qu’être reconnu comme handicapé par la mdph n’implique pas qu’on soit nécessairement moins productif qu’un travailleur réputé valide est trop complexe pour toi.
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T’as déjà fait un entretien pour faire une demande d’AAH mon grand? Parce que moi je l’ai fait et l’handicapé tout aussi apte que toi c’est moi donc tu gagnerais peut être à fermer un peu ta gueule et à comprendre que ça se peut que tu sois aussi hypocrite que François.-
Habile Entier
InvitéNe faites pas attention je parle aux voix dans ma tête
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Habile Entier
InvitéHabile Entier: Ok Noah.
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Juliette B
InvitéMerci Titouan
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Dr Xavier
InvitéPourquoi dernière vidéo ? Elle change d’émission ou chaîne télé ?
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Dr Xavier
Invité(ah pardon tu voulais sans doute dire la dernière livraison récente, me suis emmêlé, post à oublier)
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Titouan R
InvitéAuto-prescris toi du repos, doc 😉
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Cyril
InvitéUn passage dans l’entretien à Elucid m’interpelle. Pour résumer : la catégorie de « racisé » n’est pas identitaire, un arabe ne se vit pas forcément comme un arabe, on lui assigne cette catégorie raciale. (ceci dit, l’assignation raciale vient parfois des racisés eux-mêmes, nationalisme arabe, fierté noire etc., ce qui complique les choses…)
Comment faut-il comprendre l’utilisation par les décoloniaux de la catégorie de « blancs » ? Parce que là il ne s’agit plus de déconstruire une étiquette qu’on leur colle mais d’en construire une pour l’adversaire. Et moi, je ne tiens pas plus que certains arabes a être assigné. On me dira colorblind… Je sais qu’ils n’entendent pas blanc comme une catégorie raciale mais sociale. Mais est-ce une manière de retourner le stigmate, ou est-ce qu’il reprenne une catégorie raciale formée par les occidentaux ? Si le but est de sortir des catégorisations raciales est-ce judicieux d’investir ce mot ? Je pense d’ailleurs que « blanc » est utilisé majoritairement par les racisés comme catégorie raciale. On pourrait se demander alors si l’utilisation de « blanc » par les décoloniaux ne serait pas aussi une manière de valoriser un vocabulaire de dominés.
J’ai du mal à y voir clair sur la pertinence politique de cette expression chez les décoloniaux. -
Ema
InvitéJe ne comprend pas ton objection. Utiliser le mot « racisé » sans utiliser le mot « blanc », ce serait comme parler de prolétaires sans bourgeois. Les racisés le sont précisément parce que les blancs ne se vivent pas comme tels(d’ailleurs la droite déteste ce mot), les blancs se vivent comme la norme, le neutre, l’universel. User du mot blanc dans un contexte d’étude sociologique ou d’essai politique, c’est rappeler qu’il n’y a pas d’universel, et que dans la superposition des strates qui constituent un individu en tant que sujet social, blanc est un constituant comme un autre, au même titre que femme ou homme, hetero homo, riche, pauvre, soit autant se paramètres qui peuvent conditioner des rapports de domination dans des situations données.
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Cyril
InvitéSi on dit racisé pour ne pas dire noir ou arabe, il n’y a pas de raison qu’on dise blanc. Blanc entre dans la catégorie des racisés. Même si les blancs se sont racisés eux-mêmes.
Bourgeois et prolétaire sont des catégories qui correspondent à un rapport de production réel.
Racisé sert justement à nier qu’il existe un rapport racial.
Le pendant de racisé devrait être quelque chose comme « raciseur » mais pas blanc.-
Dr Xavier
InvitéTu noteras que le terme « blanchité » est aussi très souvent employé par ladite pensée décoloniale.
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Xavier
InvitéPS – « Racisé sert justement à nier qu’il existe un rapport racial. » –> Comment ça ?! Ce me semble bien être tout le contraire !
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Cyril
InvitéOui c’est très mal dit, je veux dire un rapport hiérarchique entre des races biologiques…
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Cyril
Invité« Rapport hiérarchique » est encore trop social, je veux dire un ordre naturel racial.
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Enfin. Quand même.
InvitéCyril tu me fais penser à mon voisin qui dit que « faut pas croire, eux aussi ils sont racistes ».
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François Bégaudeau
Maître des clésComment la pensée décoloniale pourrait appeler un mec comme moi, du point de vue des rapports ouverts par le passif colonial?
Elle ne peut pas le compter parmi les racisés, puisque précisément racisé je ne l’ai jamais été – par la société où j’évolue. J’ai toujours, comme dit Ema, été vu comme le neutre et l’universel. J’ai été rendu aveugle à ma particularité.
Par un geste à la fois de provocation et de visibilisation de ma particularité, la pensée décoloniale m’appelle blanc et elle fait bien. Nommé ainsi je vois des choses de moi, de ma vie. De ma situation sociale de dominant social-racial.Cette opération verbale judicieuse, éclairante, a bien sûr des écueils. Puisqu’elle fraye avec une désignation raciale pure qu’on aimerait congédier (et bien sur ceux qui l’utilisent le font parfois sur l’injonction d’affects douteux). Mais il faut la prendre dialectiquement, non pas en soi. C’est une sorte de catégorie de combat, opératoire un certain temps – comme on a pu parler par ailleurs d’essentialisme de combat.
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Ema
InvitéC’est peut être une affaire de vecu qui te fait trouver l’usage du mot blanc peu pertinent. Je ne sais pas dans quel cadre tu as grandis mais en ce qui me concerne, j’ai grandis en province semi rurale et plutot en quartier residentiel « classe moyenne » puis centre ville, mes potes etaient tous blancs, d’ascendance presque exclusivement francaise, mais nous nous sentions tous citoyens du monde, antiracistes, de gauche etc…et pourtant notre »blanchite » allait de soi comme étant la norme, et j’associais tout ce qui pouvait s’en éloigner (façon de parler, références culturelles, modes vestimentaires, musique, bouffe…) à du folklore. La je te parles de mon adolescence. En suite j’ai débarqué en région parisienne, et mon quotidien, mes relations se sont peu a peu bigarrées, et je me suis retrouvée pour la premiere fois de ma vie dans des situations ou ma couleur de peau (et mon origine franco-française) était minoritaire, et qualifiée de blanche, babtou, gwer, francaise. Ca m’a evidemment troublée, et j’ai éprouvé initialement une forme de résistance à ces termes pourtant utilisés sans malveillance par des amis. C’est ce trouble et cette resistance qu’il m’a fallu explorer dans ce qu’ils avaient de politique. J’avais été, comme le dit Francois, rendue aveugle a mes particularités par l’homogénéité sociale dans laquelle j’avais évolué jusqu’ici. Donc moi, de facon tres concrète, d’être affublée du mot blanche m’a un peu deniaisée, et s’il a au moins eu cette utilité là alors c’est un mot qui a son intérêt.
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Cyril
InvitéCohn-Bendit rompt avec Macron :
« Lui qui fut subjugué par le « en même temps macronien », permettant à ses yeux de dépasser le clivage gauche-droite « invivable », ne se reconnaît plus dans la ligne du président de la République. « Il n’y a plus de “en même temps” », déplore-t-il, mais une politique du « vieux monde » qui ne repose que sur une jambe droite. « Le signifiant de la politique d’Emmanuel Macron était peut-être un mirage », constate-t-il. « J’ai été séduit », reconnaît-il, précisant : « Je ne suis pas la maîtresse vexée, c’est pas ça, hein ! » » Le Monde
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François Bégaudeau
Maître des clésSi Cohn Bendit avait encore le réflexe de penser, ce qu’il n’a plus depuis environ 1982, il pousserait au bout la réflexion, il sonderait les raisons profondes de ce qu’il euphémise en erreur : l’immense bouillie intellectuelle dans laquelle il nage depuis 40 ans
Parfois je me demande de quoi sont faites ses journées. Il fait quoi? Il lit quoi? Il lit?
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Cyril
InvitéVous connaissez Akinator ? https://fr.akinator.com/game
» Génial, encore trouvé !
François Bégaudeau Écrivain
Personnage déjà joué 903 fois
joué précédemment le 06/12/2023 – 19H10″-
Cyril
InvitéFrédéric Lordon a été joué 980 fois.
Lagasnerie 43 fois.
Et Jean-Luc 108.718 fois
Voilà pour toutes ces informations essentielles.
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Enfin. Quand même.
Invité« joué » n’est-il pas un peu excessif, là ?
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Jean Bon
InvitéMoi j’ai essayé avec Georges Gurvitch, il n’a pas trouvé. Pas si fortiche ce génie.
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PE
InvitéSi vous voyez passer de bons articles qui éclairent précisément ce qui se joue dans cette loi sur l’immigration, je suis preneur.
(J’insiste sur le « précisément ». En gros j’ai bien compris que c’était pas joli. En détail je me doute que c’est encore pire.)
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