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Accueil Forums Forum général Forum – chapitre X

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  • Auteur
    Messages
    • #50562 Répondre
      Nox
      Invité

      Je reviens fantomatiquement pour ouvrir une nouvelle page du forum.

      Je retourne dans l’ombre vous observer en silence, comme un serial killer.

      Portez-vous bien.

    • #50565 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Salut à toi, Nox.

      • #50568 Répondre
        Titouan R
        Invité

        De même.
        En espérant que tu ailles bien.
        Si un jour tu te sens de revenir faire un retour, ça ferait du bien à beaucoup ici.
        Prends soin de toi

    • #50630 Répondre
      Malice
      Invité

      Tu fais toujours des éditos? Sur un autre site?

      • #50636 Répondre
        Nox
        Invité

        Je ne chôme pas, en effet.

        Tout est disponible ici : https://drive.google.com/drive/folders/1TaGZguB0Rwi1pdZB8lSlc-bg8MAxI-8W

        • #50652 Répondre
          Malice
          Invité

          Merci
          ( t’as vu je t’ai dédié « Yes Anastasia » de Tori Amos dans la section chansons interminables)
          Tu te produis toujours au piano?

          • #50686 Répondre
            Nox
            Invité

            J’ai vu ça, en effet. 🙂
            Mes prestations au piano sont disponibles sur mon profil FB : Nox Obscura.

            • #50731 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              je recommande notamment celui sur le ressentiment

              • #51438 Répondre
                Mais moi c’est léo
                Invité

                Le texte sur le ressentiment est super ! Ça fait du bien de défendre la vie de gauche dans ce qu’elle a de plus directement jouissif ou désirable. Trop de militants refusent la joie présente et apauvrissent leur vie en faveur d’un paradis futur (le communisme réalisé) qu’ils ne connaîtront jamais. Je les vois comme ça les gauchistes politico-centrés sans aucune affection pour l’art, sans aucune fibre nietzschéenne en eux. Beaucoup me font peur. Beaucoup de dégoût aussi chez moi pour avoir traversés des milieux anti-intellectualistes d’inspiration maoiste. Autoritaires avec eux-mêmes (être révolutionnaire partout tout le tems, refuser tout ce qui pourrait distraire de la lutte) et donc avec les autres. Ce sont ceux qui finissent touyes leurs phrases par « camarade ». Aujourd’hui si quelqu’un m’adresse cette camaradie, je fuis, je fuis. Mais ce sont aussi ceux qui ne débattent que de stratégies électorales et chérissent les gueguerres de ppartis et le pourquoi du comment x a quitté y etc etc. Dans ce cas là je fuis aussi et je recommande d’en faire de même pour la santé mentale.

                Merci donc encore pour ce texte Nox qui trouve beaucoup d’echo en moi, et la guerre entre anarchisme et communisme aujourd’hui me paraît encore plus absurde tant le communisme et l’anarchisme vont fondamentalement de pair pour moi.

                • #51477 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Y a pas de quoi. 🙂
                  Personnellement, plus ça va, plus je vois à quel point les trois quarts des militants à gauche détestent les anarchistes, avec toujours le même argument : ils se foutent de tout ; comprendre : de la montée du fascisme, de l’engagement militant, des élections, de la morale, de l’écologie et sans doute des orques, à ce stade.
                  Presque systématiquement, on assimile les anarchistes à des nihilistes, dans le milieu militant.

            • #50733 Répondre
              Malice
              Invité

              Lu et approuvé
              Tu ne veux plus du tout les poster ici?

              • #50734 Répondre
                Malice
                Invité

                Je parlais des éditos mais ça peut aussi être valable pour la musique

              • #50736 Répondre
                Nox
                Invité

                J’ai rejoint la secte du PDF ; c’est plus joli et y a plus de mise en forme possible.

                • #50819 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Bien, ton texte sur l’anticipation
                  « On présente souvent les récits d’anticipation comme une façon pour l’auteur de dénoncer le fascisme qui vient, mais jamais on ne s’arrête sur le fait que les récits d’anticipation en eux-mêmes font très souvent le choix d’évincer le sujet collectif, c’est-à-dire la lutte par le nombre, l’entraide et la solidarité. Non, à la place, il faut d’entrée de jeu établir que ça ne va pas être possible »
                  J’ajouterais : la solidarité bien souvent ne sera possible/visible qu’au sein d’un petit groupe : famille, famille recomposée, couple : exemples : Sans un bruit, 28 jours plus tard, Infectés…je n’ai pas vu « the last of us » mais j’ai cru comprendre qu’il met en avant une ado et son père de substitution…à croire que la menace du monde hostile sert surtout à produire des scènes où des systèmes familiaux se replient sur eux-mêmes dans un refuge.

                  • #50845 Répondre
                    Nox
                    Invité

                    Je n’avais pas noté la dimension du repli familial sur le moment, mais c’est hyper pertinent ! Et conservateur, une fois de plus.

                    • #50849 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Merci Malice ! Carrément
                      Et merci encore Nox pour les textes

                    • #50870 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      Pas de l’anticipation mais j’ai noté le même mouvement conservateur au sujet de la saga Tomb raider : m’étant tapé tous les films à la suite car malade du covid, je me suis enfilé les Angelina Jolie, où Lara est une femme fortindépendantésexuellemenlibre puis le reboot où Alicia Vikander cherche son papa et ne baise pas ( ce qui m’a paru très triste ).

                      • #50871 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        ps maintenant Nox tu peux plancher sur un édito intitulé  » travail, famille, zombie »

                    • #51425 Répondre
                      Sarah G
                      Invité

                      Merci beaucoup Nox, je vais aller regarder tous tes éditos.

                • #51471 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Merci beaucoup Nox pour tout le travail accompli avec tout tes éditos.
                  Tu me donnes des idées, tu passes par un logiciel de traitement de texte classique que tu convertis ensuite en PDF ou tu fais autrement ?.
                  Merci pour tes réponses.

                  • #51474 Répondre
                    Nox
                    Invité

                    Google Docs fait le travail pour moi ; que ça soit pour envoyer le fichier sur Google Drive pour le téléchargement – le PDF est automatique.

                    • #51475 Répondre
                      Sarah G
                      Invité

                      Merci Nox pour ta réponse.

        • #50656 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Mon grand bonjour Nox!

        • #50703 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Plein de lecture !

        • #50728 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Merci à toi pour ce gros boulot.
          On ira y picorer

        • #50739 Répondre
          Mélanie
          Invité

          (Non-)Ressentiment.pdf me plaît beaucoup.
          « La réalisation de l’existence des déterminismes sociaux – en particulier – a enlevé un énorme poids de mes épaules, à savoir celui d’être exclusivement responsable de tous les aspects de mon existence » – à moi aussi.

    • #50650 Répondre
      Ostros
      Invité

      ** attention, restez attentif.ve.s : une place à gagner à la fin de ma lamentation **
      Bonjour,
      Dieu ayant décidé que je ne sortirai pas de sitôt de ma vie de merde, je vais commencer un nouveau travail dès lundi. Un truc gratiné encore, à base d’heures supplémentaires et de travail le week-end.
      Je remercie les personnes qui mont apporté leur aide, conseil et soutien. Je n’ai pas pu poursuivre avec l’IME finalement car le SMIC allait me couler. Et ils n’ont pas voulu ajouter 100 euros à mon salaire donc nous nous sommes séparés. Pour ma part un peu amère parce que je voulais vraiment bosser là-bas et qu’il y a eu ce petit jeu hypocrite que je déteste déjà chez les entreprise, qui consiste à te sélectionner parce que ton CV est en béton mais au moment de parler salaire te dire « Mais vous n’avez aucune expérience dans ce secteur, donc on vous met au bas de l’échelle de la première grille hein ». Pour ensuite profiter largement de ton expertise, ton professionnalisme et te donner des responsabilités à hauteur de ton niveau, une fois embauchée.
      Je ne pensais pas que j’allais rencontrer ce discours là-bas, j’ai été un peu déçue bien que je comprenne leur manque de moyen. J’aurais préféré qu’elles me disent les choses franchement plutôt que de jouer ce sale jeu.
      .
      Donc comme je commence ce nouveau taff laid lundi je compte passer le week-end à prier et me coucher tôt pour me remettre dans le rythme. Je ne pourrai pas aller au ciné club Microciné sur Soderbergh donc j’offre ma place à qui aimerait y aller mais n’a pas les moyens de lâcher 20 balles (chômeurs, RSA, étudiants, retraités précaires). Il y a deux films puis discussion avec François et Frédéric Mercier. 18h30 – 23h.
      Si intéressé.e filez une adresse e-mail.

      • #50654 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Courage Ostros! ✊🏽🍀💐

      • #50702 Répondre
        Mélanie
        Invité

        C’est quoi ton nouveau taff ?
        Sur l’hyprocrisie je me disais qu’ils étaient peut-être honnêtes en disant que ben non on va pas vous payer +, qu’argumenter manquer de moyen ça parfois c’est plus ou moins malhonnête, et que mal payer des gens à bon CV c’est juste abuser non ? Et mal payer les gens sans CV pareil, et qu’on doive travailler pareil… Courage et raconte-nous la suite.

        • #50706 Répondre
          Ostros
          Invité

          J’ai pas détaillé mais c’est vraiment une « ruse » qu’utilisent plein de boîtes. Car je suis embauchée en tant qu’assistante administrative pas en tant qu’assistante sociale. Et en tant qu’assistante administrative je suis adaptable à tous les secteurs d’activité. C’est un truc absurde que j’entends lors d’un entretien sur trois au moins et toujours lorsqu’on arrive au moment d’aborder la question de la rémunération. Au CNRS par exemple ils m’ont fait le même coup, proposé la catégorie C l’échelon 1 « vous n’avez jamais travaillé dans les sciences ». J’ai rien lâché, ils étaient dans le besoin, j’ai obtenu la catégorie A échelon 3 qui était mon niveau tout simplement. Mes tâches là bas : réserver des billets de trains, des hôtels et gérer des dossiers administratifs. Ma qualification c’est aussi ma faculté à m’adapter, à comprendre rapidement quels sont les enjeux des dossiers quel que soit le secteur, à gérer un grand nombre d’informations en même temps et à pouvoir traiter un grand volume de travail en moins de temps que la moyenne, c’est ça aussi qui est valorisé par le salaire.
          Donc à l’IME les tâches étaient de la pure gestion (plannings, fiches de paie, mutuelle, etc) rien qui demandais des compétences sociales, j’étais surqualifiée pour le poste. J’ai accepté de jouer le jeu de me mettre dans la plus petite catégorie, mais réellement je ne pouvais pas vivre avec un SMIC et je ne demandais vraiment pas la lune, je suis restée très raisonnable, prenant en compte leurs difficultés (je pense que c’était vraiment galère pour elles). Ça m’embête parce que si le loyer, les factures et les courses étaient moins chers j’aurais signé. Mais bref ils n’auraient pas dû me dire que je n’avais pas le niveau. Pas après avoir fait l’éloge de mes précédents postes et dit que c’était pour ca qu’elles voulaient m’embaucher, ça n’a pas de sens, c’est faux et vexant aussi.
          Là je suis embauchée aux HLM de ma ville, je vais gérer le service entretien. Ils veulent me passer manager dans un delai plus ou moins court, le cauchemar. En plus une des filles du service est en arrêt longue maladie et ne sera pas remplacée donc c’est pour ma pomme. Ça va être un enfer. J’y resterai le temps d’avoir suffisamment de droits et tchao.

          • #50710 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Ok je vois. Le truc du domaine oui c’est agaçant. Moi je crois que je préfèrerais qu’on me dise juste le salaire c’est tant et point, et m’éviter le baratin sur mon CV etc. Il veulent te passer manager me rappelle fort le film Rien à foutre !
            ça fait longtemps que tu passes de boulot en boulot ?

            • #50712 Répondre
              Ostros
              Invité

              Oui c’est l’histoire de ma vie.
              Ou plutôt de boulot en chômage.
              En 2018 j’ai changé de boîte tous les trois mois, c’était épuisant, les entretiens après le boulot etc. J’aimerais trouver un taff tranquille et intéressant où me poser un peu. Mais leur objectif est bien de t’essorer jusqu’à ce que tu craques.
              Rien à foutre, oui c’est vraiment ça..
              Bon courage à toi si tu galères aussi à trouver un taff ou à y rester.

              • #50717 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Ce n’est pas ma situation mais le sujet m’intéresse fort

      • #50718 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        « Je ne pensais pas que j’allais rencontrer ce discours là-bas, j’ai été un peu déçue bien que je comprenne leur manque de moyen. »
        Pour connaître pas mal de gens qui travaillent dans le social (éduc. spé, etc.), je peux constater que ce milieu est de plus en plus soumis aux logiques managériales et aux manières d’être qui vont avec. D’ailleurs, certains sont clairement des managers, parlent comme des managers, et sont eux-mêmes soumis à des réorganisations permanentes venant de l’Etat (la fonction publique territoriale, les départements), ce qui leur met une pression intenable. S’il existe des bastions de résistance, ils sont de moins en moins nombreux. Il y a clairement une dynamique morbide qui colonise de plus en plus le milieu du travail social, hélas.

        • #50726 Répondre
          Mélanie
          Invité

          « Pour connaître pas mal de gens qui travaillent dans le social (éduc. spé, etc.), je peux constater que ce milieu est de plus en plus soumis aux logiques managériales et aux manières d’être qui vont avec »
          Idem dans la santé

      • #50753 Répondre
        tristan
        Invité

        « Dieu ayant décidé que je ne sortirai pas de sitôt de ma vie de merde »

        Il a surtout décidé de te faire tirer le Diable par la queue…uhuhu!

      • #50964 Répondre
        Kenyle
        Invité

        Si un travailleur n’était pas contraint de lacher 1/3 de son salaire dans un loyer pour engraisser des spéculateurs rentier propriétaire, tu aurais peut être pu tenter ce travail qui s’emblait t’intéresser. Gros sujet le logement, y’a des choses à faire.
        Personnellement je n’ai jamais été au chômage donc je ne sais pas trop quoi te dire ni quel conseil te donner.
        Je te souhaite simplement de trouver un travail dans lequel tu puisses t’épanouir et vivre convenablement si tenté qu’un tel assemblage puisse exister. Bon courage ostros et donne des nouvelles si tu le souhaites.

        • #50969 Répondre
          Delphine
          Invité

          Il y a effectivement un gros problème du logement en France, voire une crise. Je ne sais pas si un gouvernement prendra un jour des mesures pour y remédier. Ce n’est pas un problème nouveau, et les personnes au chômage ne sont pas les seules concernées, ce qui rend la situation encore plus anormale et indécente. Avec l’exigence de gagner au moins trois fois le prix du loyer pour pouvoir louer un appartement, beaucoup de personnes ne remplissent pas les conditions, en premier lieu les personnes gagnant l’équivalent du SMIC, quand un unique salaire constitue les revenus d’un foyer. Je ne sais pas où l’on peut trouver un appartement pour un loyer d’environ 400 euros. C’est en tout cas quasiment impossible en région parisienne.

          • #50975 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Dans ma province on ne trouve pas beaucoup ça non plus

          • #51142 Répondre
            Kenyle
            Invité

            « Je ne sais pas si un gouvernement prendra un jour des mesures pour y remédier. »
            Le marché est trop juteux pour ça et je pense que la majorité de l’électorat se rêve en propriétaire rentier au fond de lui et croit vraiment qu’il va y arriver. Donc il n’y a pas grand chose à attendre d’un gouvernement sur ce sujet.
            « C’est en tout cas quasiment impossible en région parisienne. »
            À ce rythme la haute savoie deviendra bientôt invivable sans être contraint de travailler en suisse.

        • #50976 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci Kenyle

    • #50653 Répondre
      nefa
      Invité

      j’ai pas bien compris
      c’est toi qui t’occupe du forum ?
      si oui, pourquoi pas une cagnotte ?
      si t’es à 10 rouges près ça devrait pouvoir le faire
      en tous cas moi je participerai

      • #50657 Répondre
        nefa
        Invité

        à Ostros

        • #50664 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne gère pas le forum, mais ton idée de cagnote me plaît bien. A voir si le wabmaster souhaite déléguer les mises à jour et la gestion des bugs.

    • #50826 Répondre
      Tristan
      Invité

      Je suis malade. Pourtant, mon petit gosse réclame de sortir. Il me désigne la porte, les fenêtres, avec une détresse qui m’émeut.
      On s’installe à la fenêtre.
      Ma présence est requise, trop petit qu’il est pour apercevoir la rue au-delà de la balustrade. Dans mes bras, il scotche devant le spectacle éternel du labeur des hommes. Des ouvriers de la ville comblent au macadam les trous qui se forment parmi les pavés. On note, à toutes fins utiles, le procédé : vider dans une brouette le contenu des sacs (j’apprends que le goudron se prépare en sac, tout prêt, ce que je vérifie sur Google), le jeter grossièrement dans le trou, à la truelle, puis tasser au moyen d’une sorte de lourde dameuse portative, saupoudrer un peu de sable, enfin (pourquoi ?).
      .
      Parmi les 5 bonhommes je repère le chef : il porte des lunettes et feuillette, par instant, une liasse de documents agrafés.
      A la gare routière de Dakar, le chef, celui avec qui il s’agirait de négocier le tarif, je le repérais au vieux Bic qu’il possédait ostensiblement. L’affaire conclue, il notait quelque chose sur un petit carnet artisanal (feuilles pliées, reliées par un fil de nylon).
      .
      Toujours l’écrit divisa les hommes. (non ?)

      • #50876 Répondre
        Fanny
        Invité

        Merci Tristan. J’aime ta façon de noter comment cette division prend forme, très physiquement.

    • #50920 Répondre
      Cyril
      Invité

      J’ai appris une expression qui permet de nommer le biais cognitif exploité par la droite pour persuader les gens que LFI est antisémite : l’effet de vérité illusoire.
      « L’effet de vérité illusoire est la tendance à croire qu’une information est correcte après une exposition répétée. » (wiki)

      • #50928 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Le niveau du débat public me fait de plus en plus penser à ce génial épisode de South Park, dans lequel est montée une mission qui vise à retrouver au fond des océans la « barre », afin de la « remonter ».

        • #50981 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Un des meilleurs épisodes.

    • #50977 Répondre
      Ostros
      Invité

      Rappel : j’offre ma place pour le ciné club de microciné ce samedi 22 juin.
      Seront projetés l’anglais puis the girlfriend experience de Soderbergh, suivis d’une discussion avec François et Frédéric Mercier.
      C’est de 18h30 à 23h au club de l’étoile.
      14, rue Troyon 17e.

      • #50985 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Salut Ostros,
        Ça m’intéresse ! Comment peux-tu me la transmettre ?

    • #50998 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonjour à tous.
      Puisqu’on me demande de donner des nouvelles de mes éditos, en voilà un nouveau pas mal lié à l’actualité sur ce lien : https://drive.google.com/file/d/1NTCNu0WNsVCTkzTxOKhLYoQwIdFQ8jf8/view?usp=drivesdk

      • #51081 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Nox , pour cette présentation du Vote «  all inclusive «   faites nous confiance on s’occupe de tous ; je ne l’avais pas vu sous l’angle publicitaire , de manière aussi nette.

        • #51143 Répondre
          JÔrage
          Invité

          Moi je continue de trouver ça ridicule et pas qu’un peu.

          • #51209 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Tu as déjà éloigné le précieux Nox d’ici, et visiblement tu veux recommencer.
            Tu es un pauvre type.

            • #51766 Répondre
              JÔrage
              Invité

              François: Ca ne m’étonne pas que tu le défendes, vous avez les mêmes mentalités victimaires tous les deux.

    • #51080 Répondre
      Nox
      Invité

      Poème du soir, bonsoir :

      Le crépuscule et la pluie
      Ont fait goutte
      Goutte
      Goutte

      • #51187 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Ça fait très Bertrand Belin cette histoire

    • #51326 Répondre
      Nox
      Invité
      • #51332 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je me disais justement, retournant ainsi le stigmate, que ceux qui s’angoissaient en ce moment étaient un peu des bourgeois de l’angoisse : comme ils n’en ont pas dans la vie, ils s’en inventent une, ou exagèrent les raisons de s’angoisser.
        Le RN comme manège à sensations

        • #51336 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Il y a une nuance à faire entre angoisse et inquiétude. Du fait de ma position sociale, j’estime en effet que mon « devoir » est de ne pas céder à l’angoisse, de ne pas alimenter les sangsues qui s’en nourrissent, qui carburent à la peur. Mais plus que l’arrivée « formelle » de l’extrême droite au pouvoir, je suis tout de même assez « inquiet » de la situation pour deux raisons :
          .
          – On assiste à une fuite en avant totale du lexique utilisé par les classes dominantes et gouvernantes pour étouffer la gauche. Cette fuite en avant est très rapide mais n’atteint pas ses objectifs. La question légitime qui suit est que lorsqu’une telle fuite est entamée, il faut toujours aller plus loin. Quelle sera l’étape qui suit la désignation de LFI comme « parti antisémite », qui suivait déjà la désignation des écolos comme éco-terroristes etc…? Je ne vois pas de possibilité lexicale plus forte, à vrai dire : j’ai le sentiment qu’un maximum lexical n’est pas loin, voire déjà atteint. Les possibilités non-lexicales s’exercent déjà contre certains : ce spectre va-t-il drastiquement s’élargir plus vite qu’on ne le pense?
          .
          – Il y a des aspects « idéalistes » qu’il ne faut pas négliger, à savoir la question symbolique. Le symbole pulsionnel que représente un RN fort avant même toute prise de mesures concrètes, et que ces dites mesures soient proches ou non de l’existant. J’ai vu lors d’un festival à Bordeaux le weekend dernier 7 ou 8 jeunes blancs quasi-culturistes, d’allure militaire, torses nus, dont quelques tatouages étaient des croix celtiques, crânes rasés ou quasi rasés, poser fièrement sur la scène principale pour une photo autour d’un immense drapeau français. Jamais je n’avais vu cela dans les 15 dernières années.

          L’inquiétant n’est pas seulement « l’état de fait », c’est la dynamique. Elle était déjà mauvaise avant, elle empire. Une dynamique sociale ne s’arrête pas comme on arrête une bouilloire.
          .
          Je suis tout à la fois calme et inquiet

        • #51337 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui
          Si j’observe ma propre angoisse je confirme que lorsqu’on angoisse c’est que le corps sait que l’on est pas au cœur des conséquences de ce que l’on redoute
          Lorsque je suis à la maison la sirène des pompiers ou du samu me fou dans une angoisse maladive ; alors qu’aux urgences, ben je suis calme

          • #51345 Répondre
            Delphine
            Invité

            Je pense que l’angoisse de certaines personnes, en ce moment, au sujet des élections, est d’ordre matériel : la nouvelle majorité politique permettra-t-elle de joindre les deux bouts ? (pour certains). Les privilèges seront-ils menacés ? (pour d’autres). Je ne sais pas si le corps réagit de la même manière, quand il s’agit des angoisses évoquées par Claire, peut-être à rapprocher des phobies. Dans les deux cas, cela peut dépendre de la nature plus ou moins anxieuse (de naissance) de chacun. L’angoisse ressentie lorsque l’on entend la sirène des pompiers ou du SAMU est parfois liée à un traumatisme vécu par soi-même ou un proche. Par exemple le fait que cela rappelle un accident sur la voie publique dans le passé (l’image des secours). Mais je ne crois pas que le lieu où on l’entend (à la maison ou aux urgences) fasse forcément une différence.

            • #51347 Répondre
              Nox
              Invité

              Ce que j’entends mettre en lumière avec mon texte, c’est surtout le fait que l’angoisse – comme l’inquiétude – ne nous aideront jamais à encaisser tout ce qui est susceptible de nous arriver dans les semaines, les mois ou les années à venir. Ceux qui se laissent gagner par la peur et par l’anticipation du pire ne sont pas ceux qui seront les plus à même d’aider leurs semblables, si le pire doit arriver. Quand j’angoisse, je cherche une solution pour calmer le plus vite possible ladite angoisse ; dans le contexte politique actuel, angoisser ou s’inquiéter, c’est préparer sa propre paralysie, puisque les questions institutionnelles sont hors de notre portée, dans l’immédiat.
              Et pour la blague, je me tente à prédire la nomination d’un premier ministre socialiste qui poursuivra sans aucun problème les desseins libéraux-autoritaires de Jupiter.

              • #51487 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                @Nox
                Bienvenu au club des boules de cristal et des
                entrailles de sanglier, cher Nox
                Qu’est-ce qu’on s’amuse!

        • #51350 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Oui d’accord avec ça aussi
          19h de trajet c’est agaçant ces compagnies de bus pourries

        • #51359 Répondre
          Tof
          Invité

          Il pourrait y avoir un effet d’entraînement médiatique: « les français sont en colère », « c’est la colère qui s’est exprimée sur ce scrutin », etc. Y opposer calme et sérénité pourrait apparaitre tone deaf dans ce contexte. Un peu à l’image de la campagne des verts.

        • #51370 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Personnellement, comme je le disais dans ce forum à Mao, je suis tranquille. J’oserais dire puissamment tranquille. Je dirais même férocement tranquille
          J’ajouterais même consciencieusement tranquille
          Rayon manège, j’aime bien la grande roue, le grand 8 mais pas le train fantôme

        • #51507 Répondre
          baptiste
          Invité

          cette remarque s’adresse à des bourgeois cool des années 2000. 24 ans plus tard ça sonne bizarre. déjà parce que « le RN » n’est pas le centre d’une anxiété que je peux partager : ce qui m’inquiète oui c’est la brutalisation croissante des faibles par les puissants et ce n’est pas un « manège à sensation », juste la réalité. et ce n’est pas se raconter un scénario de série TV que de s’inquiéter qu’une faction plus ouvertement violente qu’une autre gagne encore du terrain, du pouvoir, avec bientôt la capacité de diriger le ministère de l’Intérieur ou de la justice. On est plus en 2000 et on sait que ces ministères n’ont pas attendu le RN pour déployer leur violence contre les racisées, les féministes, les militants écolos. On sait encore que tous les verrous n’ont pas encore sauté (à ce jour, sur le papier mon petit frère ne s’est pas fait ratonner par les flics-fachos qui croisent dans son quartier, et sur le papier la justice donne encore raison à ma cousine militante écologiste de la montagne de Lure) ; mais ils peuvent sauter bientôt, d’autant plus tôt que le pouvoir s’en sentira soutenu pour le faire. il s’est bien senti assez soutenu pour nous tirer dessus en manif et mutiler : c’est encore autre chose de tirer pour tuer. cette angoisse est donc légitime et bien assise sur quelque chose de réel.

          cette angoisse se mélange à de la colère, de la peine, du dégoût, sécrétés par sensibilité immédiate et distante aussi. elle n’est pas née avec le RN. cela ne mérite pas ton mépris. ce n’est pas un manège à sensation, d’où parles-tu comme ça ? de toute façon les bourgeois cool n’en sont plus du tout là : eux s’angoissent de Mitterrand et ont déjà converti leurs devises morales en reichsmark.

    • #51335 Répondre
      Delphine
      Invité

      Dans « Boniments », à la différence des entrées concernant la vie quotidienne de tout le monde (par exemple les promotions en supermarché), je trouve surprenant (dans le bon sens du terme) que François qui, à ma connaissance, n’a pas fréquenté le monde de l’entreprise, réussisse à capter au plus près la manière de fonctionner, avec la mention des expressions que l’on y trouve (« conf call », « faire le job », …). Je me suis un peu fait la même remarque pour l’entrée « libéralisme », où je me suis dit que, avant de « detricoter » les termes économiques, il fallait déjà être bien familiarisé avec leur signification première (par exemple, on entend parfois parler d' »extraterritorialite », mais sans vraiment pouvoir la définir précisément).

      • #51551 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        J’ai des yeux.
        Et je les laisse trainer partout.
        Pendant ce temps des gens s’angoissent de ce qui pourrait être.

    • #51355 Répondre
      Cyril
      Invité

      Sur l’antisémitisme, je trouve ça normal, au sens de l’explication, pas de la justification, qu’il y en ait une certaine forme chez les arabes/musulmans en France.
      De même qu’il aurait été normal que des vietnamiens vivant en France, rejettent les américains qu’ils côtoient. Leur antiaméricanisme ne choquerait pas grand monde.
      La différence c’est que l’État d’Israël s’amalgame lui-même à tous les juifs. Il est l’État juif.
      Alors du rejet d’Israël au rejet des juifs, ça va forcément vite.
      Cet antisémitisme de dominés est donc différent de l’antisémitisme de dominant des nazis par exemple. (Même si les nazis, au début, avec les inversions coutumières de leur camp, présentaient les juifs comme dominants et eux-mêmes comme dominés.)

      • #51423 Répondre
        tristan
        Invité

        De même qu’il aurait été normal que des vietnamiens vivant en France, rejettent les américains qu’ils côtoient.

        Je me demande où et quand ils peuvent se côtoyer; au Harry’s Bar un soir d’élections, peut-être ?

    • #51485 Répondre
      Jean-Marie Bigard
      Invité

      J’ai souvent vu ici qu’on liait famille et capitalisme, qu’on pouvait voir la famille comme un garant de l’ordre capitaliste en place. Ca m’intéresse, j’aimerais connaître plus. Qqun-e a des textes à conseiller ?

      • #51497 Répondre
        Tof
        Invité

        Sur ce qu’on entend par famille, Emmanuel Todd. La compatibilité du système familial communautaire russe avec le régime autoritaire soviétique. La famille souche patrilinéaire allemande qui se retrouve en calque dans la forme qui prend le capitalisme (moyennes à grosses entreprises familiales). La famille nucléaire qui domine les régions aillant vu naître le libéralisme économique, etc. Son modèle produit des analyses très riches, mais il faudrait sûrement nuancer l’universalité que lui prête Todd en allant lire ou écouter d’autres chercheurs. Je l’ai surtout entendu en conférences et interviews, je n’ai lu que ces 2 derniers livres qui ne portent pas spécifiquement sur les questions économiques.

        • #51500 Répondre
          baptiste
          Invité

          Todd a parfois des intuitions juste mais part souvent dans des théories un peu bizarres surtout quand il parle des « zombies ». il explique que les « valeurs » actuelles proviennent de structures familiales révolues depuis plusieurs générations, il croit un peu trop aux forces de l’esprit à mon avis. pas sûr que les régimes politiques aient grand chose à voir avec des « valeurs » qui seraient commune à une société comme par une espèce de télépathie hors espace et hors temps

          • #51552 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Sur le sujet existent des textes de Marx, et surtout d’Engels

            • #51554 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              sur la famille comme machine productive, voir Un enlèvement

              • #51712 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                L’amour aussi. Plus discret mais pas innocent.

        • #51518 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          Todd disait que la Bretagne ne voterait jamais ED car familles égalitaires.
          Données matérielles, envahit maintenant comme les autres régions par les allogènes
          Résultat : Ca vote ED à 1/3 comme les autres régions.
          Bref, du flan

        • #51606 Répondre
          Simon F
          Invité

          Todd est passionnant quand il fait de l’anthropologie, consternant quand il pond des essais sur l’actualité.
          L’invention de l’Europe est un livre immense, L’origine des systèmes familiaux est une somme admirable (dont on attend encore le tome 2), mais tout ce qu’il publie depuis une dizaine d’années est du niveau d’un éditorialiste de LCI. Je rêve de le voir se replonger pendant cinq ans dans des registres d’état civil en Laponie orientale pour qu’il nous sorte enfin un truc à la hauteur de ce dont il est capable.

          • #51626 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            tu as vraiment lu tous ses livres depuis dix ans?

            • #51708 Répondre
              Simon F
              Invité

              Si j’en crois Wikipédia il m’en manque deux, mais j’en ai lu suffisamment pour me faire une idée. J’ai lu depuis 2014 :

              – Le Mystère français

              – Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse

              – Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine

              – Les Luttes de classes en France au xxie siècle

              – Où en sont-elles ? Une esquisse de l’histoire des femmes

              Il me manque donc :

              – Éloge de l’empirisme – Dialogue sur l’épistémologie des sciences sociales (publié par le CNRS apparemment, je découvre son existence)
              – La Défaite de l’Occident, sorti cette année, que je lirai sans doute

              En fait je suis dur avec lui parce que c’est un chagrin d’amour intellectuel, une déception méthodologique. Ses essais récents prétendent s’appuyer sur sa démarche d’anthropologue, mais il ne prend plus cinq ans pour s’enfermer avec des sources et tester des hypothèses, il fait l’inverse : il extrapole à mort à partir de quelques données pour appuyer des thèses (à part dans L’origine des systèmes familiaux, mais le livre a plus de 10 ans maintenant).

              J’adorais quand il prenait 30 pages pour décrire les règles d’héritage dans un patelin des Pays-Bas en 1273 avant d’en tirer prudemment des conclusions sur l’organisation sociale et les infrastructures idéologiques, ça avait un charme méthodologique (et presque poétique).

              Reste quoi qu’il arrive une immense dette intellectuelle à son égard, un type qui a écrit L’invention de l’Europe peut publier des bouses jusqu’à sa mort, je lui garderai toujours mon affection.

              • #51710 Répondre
                graindorge
                Invité

                @Simon F
                poésie
                « J’adorais quand il prenait 30 pages pour décrire les règles d’héritage dans un patelin des Pays-Bas en 1273 avant d’en tirer prudemment des conclusions sur l’organisation sociale et les infrastructures idéologiques, ça avait un charme méthodologique (et presque poétique).

                Reste quoi qu’il arrive une immense dette intellectuelle à son égard, un type qui a écrit L’invention de l’Europe peut publier des bouses jusqu’à sa mort, je lui garderai toujours mon affection. »

                • #51751 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Mis ne dit-il pas lui même, désormais, que finalement les structures familiales ça explique peu de choses? Ou que ce modèle est périmé?
                  Pour ma part j’ai du mal avec ses deux focales : très haut (les structures familiales à travers les siècles), très bas (les commentaires de popol, l’hypersubjectivité désinvolte)

                  • #51759 Répondre
                    Simon F
                    Invité

                    Oui il me semble qu’il estime que les idéologies induites par les structures familiales traditionnelles ont survécu à la disparition desdites structures jusqu’à la fin du XXe, puis se sont diluées à leur tour.
                    J’aime quand il place la focale très haut, mais c’est un goût tout à fait subjectif pour les grands systèmes qui éclairent le monde – le risque étant, j’en suis conscient, d’être aveuglé par tant de lumière et de ne plus voir ce qui est éclairé, comme l’imbécile qui regarde le doigt. Je déteste ce que tu appelles très justement son hypersubjectivité désinvolte avec d’autant plus de tristesse que je le sais capable d’autre chose de plus intéressant – mais ça demande du boulot. Il a donné de beaux enfants, il a le droit de se reposer maintenant (comme chantait un immense artiste).

                  • #51767 Répondre
                    Tof
                    Invité

                    Les structures familiales avaient une place très importantes dans Où en sont-elles ?
                    Mais effectivement dans ces analyses politiques, j’ai l’impression qu’il utilise plus souvent l’évolution de la pratique religieuse. Sa théorie est quand même singulière: c’est un idéalisme, puisqu’il pour lui un effondrement de la pratique religieuse appèle l’émergence d’idéologies de remplacement; mais je n’ai pas l’impression qu’il considère que les idées agissent sur la marche du monde pour autant. Personnellement je le prends plus comme un regard sur ce que pensent les gens « alors que » leur arrive la marche du monde.

    • #51718 Répondre
      Nox
      Invité
      • #51721 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Merci pour ce texte, qui me plaît beaucoup.
        Pleinement d’accord sur l’antifascisme, qui n’est que négation, dont la seule affirmation consiste à dire « non », sans un « oui » qui le précède et lui donne son sens. Cette absence du « oui » donne une allure nihiliste à ces mouvements militants. Pourquoi se « battre », s’il n’y a pas une affirmation originelle qui donne un sens à la lutte? A la fin, il ne reste que la discipline pour la discipline, la cadence martiale pour la cadence martiale.
        Et ainsi on aboutit à ta remarque : l’antifascisme n’étant que négation, il vit de ce qu’il nie, c’est-à-dire le fascisme. Il est intégralement dépendant de ce qu’il rejette, puisque tout son être est dans ce rejet. Il existe dès lors, nécessairement, des courroies de transmission douteuses entre ces mouvements et ce contre quoi ils se battent.
        D’ailleurs, d’un point de vue esthétique et vestimentaire, ils sont généralement difficiles à distinguer de ceux qu’ils combattent, me semble-t-il. Il y a peut-être des raisons pratiques à cette prédominance de l’habit noir et des accoutrements qu’ils arborent, mais tout de même. Même si cette dernière remarque tombe à côté de la plaque, il n’en demeure pas moins que ça me frappe à chaque fois.

        • #51763 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Nox
          « La mort ne se personnifie pas « – parfait

          • #51773 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Je notais dans Deux singes que le regretté et émouvant Clément Meric était mort sous les coups de fascistes croisés dans un magasin de fringues.

            • #51779 Répondre
              Hami Debile
              Invité

              Il a croisé la mort à la piscine et à la plage, c’est crocro fou putain. Sans rire, c’est dingue. Après je sais pas, j’ai pas lu.

              • #51780 Répondre
                Hami Debile
                Invité

                Je veux dire que j’ai essaé dans le doute, pour voir si c’était vraiment exagéré de parler de ridicule et voilà.

              • #51782 Répondre
                Claire N
                Invité

                « un magasin de fringues » c’est justement le truc important

        • #51798 Répondre
          Mao
          Invité

          Fafs, antifas, Clément Méric et Papacito : même combat. Des nihilistes qui ne croient en rien, animés au fond par un seul et même désir fasciste. Tous les mêmes. La preuve, ils s’habillent tout pareil. Dans le noir, on n’arrive plus à les distinguer. De fait, tu nous démontres ici que dans le brouillard des constructions intellectuelles confuses et abstraites, on ne distingue plus grand chose.

          • #51830 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @Mao
            Un minimum de logique pouvait te permettre de distinguer entre une relation de dépendance (les antifas se définissent à partir de ce qu’ils combattent) et une relation d’identité (« tous les mêmes! »), ce qui donne une toute autre signification aux « courroies de transmission » dont je parlais. De même qu’une lecture attentive pouvait te faire remarquer que, d’une part, je n’assimile pas ici le nihilisme au fait de « ne croire en rien », bien au contraire, et, d’autre part, « l’étonnement esthétique » dont je parlais était à prendre avec des pincettes, comme cela est très clair à la lecture de mon message.
            Mais tu ne cherches visiblement pas à comprendre.
            Il est bien évident à mes yeux que je distingue un Clément Méric tragiquement assassiné d’un Papacito dont j’ignore à peu près tout – autre chose à foutre que regarder des vidéos de fascistes sur internet. Le premier est innocent et il emporte ma compassion au vu de ce qui lui est arrivé, tandis que le second, pour le peu que j’en connais, m’est très antipathique.
            Je soutiens seulement que les pulsions fascistes, racistes ou autoritaires n’appartiennent pas à un camp, qu’elles traversent tout le corps social, que personne n’est au clair par rapport à elles (et encore moins les antifas, ce que dit fort bien le texte de Nox), y compris dans une certaine gauche qui ne se définit que par le rejet de la « Bête » en étant persuadé d’être le Bien.
            Le mal n’est pas à l’extérieur de nous, et je ne vois pas au nom de quelle bénédiction supérieure les antifas pourraient s’exempter, même si je sais bien, pour en avoir déjà croisé, qu’ils ont une légère tendance à se prendre pour le Bien, ce qui produit toujours en eux des comportements très agressifs et autoritaires.
            @Hami Debile
            Je n’ai pas vraiment l’impression de bénéficier des réformes de Macron, donc je ne vois pas bien à qui cette attaque s’adresse.
            Pour le reste, oui, les gens qui se définissent comme des « anti-quelque chose » se perdent bien souvent dans cette négation. Il faut affirmer.

            • #51835 Répondre
              Mao
              Invité

              Laisse de côté ta condescendance. Tu dessines un paysage dans lequel il y a d’un côté les blaireaux qui passent leur temps à se cogner la tête contre les murs (faut croire qu’ils aiment ça) et de l’autre les grand « affirmateurs » qui visiblement n’ont aucun mal à les traverser. Enfermer les antifa, anticapitalistes et autres anti-je-ne sais-quoi dans la pure négativité est un raccourci bien trop couteux. Les « anti » expriment évidemment nécessairement quelque chose de bien plus affirmatif. Et cette affirmation ne saurait se confondre avec ce désir fasciste que nous sommes tous amenés à croiser, y compris ceux qui administrent sans vergogne des leçons de logique et de rationalité.

              • #51840 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                La personne qui fait la leçon avec condescendance depuis le début, c’est toi. Essaie simplement de lire les messages que tu attaques avant d’attaquer.

                • #51849 Répondre
                  Mao
                  Invité

                  Tu veux dire ce message : »Pleinement d’accord sur l’antifascisme, qui n’est que négation, dont la seule affirmation consiste à dire « non », sans un « oui » qui le précède et lui donne son sens. Cette absence du « oui » donne une allure nihiliste à ces mouvements militants. Pourquoi se « battre », s’il n’y a pas une affirmation originelle qui donne un sens à la lutte? A la fin, il ne reste que la discipline pour la discipline, la cadence martiale pour la cadence martiale. ».

                  Dans lequel, envers et contre toute logique, je vois s’opérer une inquiétante assimilation entre antifascisme et organisation paramilitaire (pourquoi pas milicienne) nihiliste dans laquelle faute d’un grand Oui « il ne reste que la discipline pour la discipline, la cadence martiale pour la cadence martiale. ».

                  Je dois effectivement avoir des problèmes de compréhension et de lecture. Il y a des gens plus bêtes que d’autres.

                  Plus fondamentalement, ce que je conteste par dessus tout c’est cette fameuse  » affirmation originelle  » qui donne un sens à la lutte. Ce fameux oui qui doit précéder. Je conteste non seulement le fait qu’il n’y aurait rien d’affirmatif dans l’antifascisme. Ce qu’il porte d’affirmation pouvant toujours être discuté au demeurant. Et je conteste qu’il faudrait impérativement que ce oui « précède » au non. Je pense vraiment que ça ne peut pas fonctionner comme ça. D’abord non ensuite oui.

                  • #51865 Répondre
                    Emile Novis
                    Invité

                    @Mao
                    Ce passage que tu cites reposait sur un impression commune que j’ai trouvé dans le texte de Nox et qu’il développe plus bas (c’est pourquoi je lui disais que son texte me parlait).
                    J’ai vu à peu près la même chose que lui quand j’étais étudiant, et lors de rares discussions avec quelques antifas, je dois bien admettre que j’avais sincèrement du mal à comprendre pour quoi ils se battaient, si ce n’est pour dire non au fascisme, avec une valorisation de la lutte physique qu’il me paraît difficile de nier. Quelques amis ont également éprouvé la même impression dans des rencontres similaires. Par moments, des convergences d’impressions produisent des réflexions de cette nature.
                    On peut reprocher à mon texte de trop généraliser, si tu veux, mais on ne peut pas lui faire dire que Papacito, c’est pareil que Clément Méric. Car ce n’est pas le sens de mon propos. Je voulais dire qu’à simplement dire non au fascisme, et en axant autant son engagement politique sur ce point, toute l’énergie est absorbée là dedans, ce qui produit de fait une forme de dépendance – une dépendance qui, à mon avis, n’est pas toujours très saine. Et quand on veut lutter face à un ennemi sur son terrain, dans une forme de « guerre de position » visant à gagner la rue, on finit par adopter des méthodes d’action similaires pour contrer la force qu’on essaie de repousser. Ce n’est pas une accusation, mais plutôt une nécessité : comment faire autrement? Sans parler de ce que j’ai déjà dit plus haut.
                    Pour la dernière partie de ton message, nous serons plutôt d’accord. Dans l’ordre du vécu on commence par dire « non » à une injustice (dans la rue, à l’école, au travail, etc.). Mais dans la construction d’un projet politique, il me semble que ce « non » est insuffisant en tant que tel, et qu’il doit reposer sur un « oui » pour avoir une signification politique : non pas, nécessairement, un « Grand oui à la vie », ou je ne sais quoi de ce genre, mais une affirmation déterminée, car c’est elle qui va donner une direction.
                    Je pense que si on veut devenir majoritaire, il faut dire « oui », il faut affirmer quelque chose. Le mouvement des Gilets jaunes, qui est un mouvement que tu apprécies si je me souviens bien de tes précédents message, ont certes commencé par dire « non », mais ils ont ensuite affirmé quelque chose de déterminé – quelque chose, globalement, comme un désir de démocratie radicale. C’est cette affirmation qui a donné un sens à ce mouvement et qui a fait sa puissance à mes yeux. Son inventivité aussi.
                    Et je ne sais pas dire, après discussion et lecture de quelques articles avec des antifas, à quoi, précisément, ils disent « oui », ce qui n’enlève rien au courage de ceux qui sont venus vous défendre dans la conférence sur la Palestine, et ce qui n’enlève rien non plus au fait que certains d’entre eux disent sans doute « oui » à quelque chose. Mais ça ne m’a pas sauté au visage, loin de là, et je ne suis visiblement pas le seul à avoir remarqué cela.

        • #51823 Répondre
          Hami Debile
          Invité

          Emile Novis: « Et ainsi on aboutit à ta remarque : l’antifascisme n’étant que négation, il vit de ce qu’il nie, c’est-à-dire le fascisme. Il est intégralement dépendant de ce qu’il rejette, puisque tout son être est dans ce rejet. Il existe dès lors, nécessairement, des courroies de transmission douteuses entre ces mouvements et ce contre quoi ils se battent. »
          .
          Ça vaut aussi pour l’anti libéralisme et l’anti capitalisme tout ça et c’est pour ça que la gauche est impuissante à peser dans le débat politique dans le fond. Après c’est pas très grave, l’essentiel c’est que le petit bourgeois de gauche profite des réformes de Macron au même titre que ses camarades de classe qu’il adore dénoncer.

      • #51821 Répondre
        Titouan R
        Invité

        « Au pire des cas, les antifa nous disent qu’il ne s’agit pas tant de vaincre l’extrême-droite dans les faits mais plutôt de retarder sa prise de pouvoir – voilà alors le grand projet de l’union de la gauche : retarder l’extrême-droite ; le tout dans le même frisson morbide à chaque échéance électorale rejouant le même psychodrame donnant étrangement l’impression que les antifa désirent le fascisme bien plus qu’ils le redoutent »
        Tu tapes en plein dedans

        • #51832 Répondre
          Mao
          Invité

          Ne connaissant à peu près rien à la tradition antifasciste je peux lui faire dire à peu près tout et n’importe quoi, et entendre ce qu’en réalité ils ne disent pas :  » les antifa nous disent qu’il ne s’agit pas tant de vaincre l’extrême-droite dans les faits mais plutôt de retarder sa prise de pouvoir « . Puis sondant les coeurs et les reins, je peux sans peine exprimer le désir réel qui les anime « les antifa désirent le fascisme bien plus qu’ils le redoutent ».
          C’est bien connu les antifa sont au fascisme ce que les écolos sont à la dévastation de la planète. Tous des terroristes. Au fond, même s’ils n’osent se l’avouer, ils désirent la catastrophe qu’ils prétendent combattre. Pablo Servigne débouche une bouteille de champagne chaque fois que la température terrestre globale prend un degré supplémentaire. Raphaël Arnaud (que je connais personnellement par ailleurs) en fait autant chaque fois que le RN gagne 5 points d’intention de vote. C’est vous dire dans quelle état d’ivresse nous sommes rendus. Mais comme disait l’autre, peu importe le flacon.
          En réalité ce discours très largement répandu et convenu ignore la réalité du terrain. Je ne suis pas à proprement parlé « antifa » mais pour militer activement sur le terrain dans un tout autre registre, je sais que j’ai pu compter sur eux, notamment quand je me suis retrouvé pris au piège lors d’une soirée sur la Palestine et que notre local a été violemment pris d’assaut par des identitaires de la pire espèce, sous le regard bienveillant de la police qui ne s’est curieusement manifesté qu’après l’arrivée de leur secours inespéré.
          Au delà de ça, je signale à Nox qui semble l’ignorer que loin des caricatures, il existe des collectifs antifa résolument anarchistes qui ne ressemblent en rien à des organisations paramilitaires assoiffées de sang et de discipline. L’enjeu est celui de la préservation de la capacité de la société civile à investir pleinement l’espace public. Ne laisser la rue ni aux marchands ni aux fachos qui s’entendent très bien pour tout verrouiller.

          • #51834 Répondre
            Nox
            Invité

            Tu m’attribues des pensées qui ne sont pas les miennes ; exemple ici : « C’est bien connu les antifa sont au fascisme ce que les écolos sont à la dévastation de la planète ».

            Je parle à partir d’un contexte en particulier : celui de la fameuse « union de la gauche » du Nouveau Front Populaire.

            Pour tout le reste, il faut de tout pour faire un monde et ce texte n’a pas la prétention de faire une généalogie de l’anti-fascisme mais plutôt de partager ce que ce dernier m’évoque ; pour ma part, j’ai vu en direct – en m’engageant dans un mouvement étudiant l’an passé – qu’il y avait une excitation à se foutre sur la gueule avec des fafs chez certains gauchistes – battes de baseball à la main. Je ne l’ai pas fantasmé, ça.

            « L’enjeu est celui de la préservation de la capacité de la société civile à investir pleinement l’espace public. » -> et je dis que les urnes ne faciliteront en rien une telle lutte. À aucun moment je parle des « actions du terrain » des antifa, une fois encore, vu que ça n’est pas le sujet de mon texte – tu peux très bien le déplorer, par ailleurs ; c’est de bonne guerre.

            Mon discours est celui de quelqu’un étranger aux affects combatifs des militants pris en tenaille par les fafs. À ce titre-là, tu peux parfaitement décider qu’il est nul et non avenu et que me lire n’a aucun intérêt ; tu seras alors cohérent avec le dégoût que mon discours semble t’inspirer.

            Bel après-midi.

            • #51838 Répondre
              Mao
              Invité

              Aucun dégout de ma part. Je te lis au contraire avec intérêt. Après, si tu souhaites fermer la discussion aux seules critiques laudatives, à l’avenir je passerai mon chemin.

              • #51839 Répondre
                Nox
                Invité

                J’ai juste du mal à discuter avec des gens qui me font tenir des propos qui ne sont pas les miens.

                Quand je dis – en ce qui me concerne – que je me demande si les antifa sont vraiment si hostiles au fascisme qu’ils disent répudier nuit et jour, c’est à partir de mes expériences et de mon vécu que je tire ce genre de réflexions.

                Je n’ai aucun problème à admettre que je ne connais pas toutes les composantes de l’anti-fascisme, parce que mes éditos ne sont ni plus ni moins qu’une mise en forme plus ou moins digeste des réflexions qui me traversent le ciboulot.

                En l’occurrence, j’ai observé une forte intensité antifa motivant de former une « union de la gauche » allant jusqu’à François Hollande ; c’est donc bien l’appel à « faire barrage coûte que coûte » qui me lasse et me fatigue ; c’est ça que j’analyse comme étant tout le contraire d’une pensée affirmative – « éviter le pire », comme dirait Glucksmann.

                Ce texte fait donc suite aux trois précédents traitant de mon rapport aux élections et aux Insoumis – pour lesquels j’ai voté aux Européennes – et qui n’ont pour but que de relater le malaise qui est le mien durant cette période de « dissolution » / campagne électorale pour les Législatives.

      • #51870 Répondre
        Mélanie
        Invité

        J’aime bien le paragraphe des trois tant pis et l’emploi de forcené, concis.
        Croque-mitaine, monstre, expérience frisson, pires prédateurs imaginables nous faisant cauchemarder encore et encore, horreur réelle ou fantasmée ; je trouve parlantes ces affaires infantiles, ces affaires de peur.

    • #51719 Répondre
      Cyril
      Invité

      «L’élite politique, médiatique, économique, c’est faux de dire que c’est elle qui m’a portée. Beaucoup de gens de ces milieux pensaient que j’étais un fou en 2016, même 2017, de me lancer, ose-t-il. Là, je vois tout le système depuis que j’ai décidé la dissolution : «Il est fou, qu’est-ce que c’est ?» Parce qu’en fait, beaucoup de ces élites, dont les gens pensent que je suis le copain, que j’ai servies, sont plutôt pour qu’on fasse les réformes en dehors du peuple, sans le peuple. Moi ce que j’ai décidé le 9 juin, c’est de retourner au peuple !» Macron
      Quel drôle de type…

      • #51720 Répondre
        Cyril
        Invité

        « que je suis le copain, que j’ai servies »
        Qu’il utilise l’indicatif plutôt que le subjonctif est assez significatif lol.

    • #51735 Répondre
      Cyril
      Invité

      « Législatives 2024 : à Libourne, des électeurs tiraillés entre le rejet de l’étranger et le besoin de main-d’œuvre immigrée dans les vignes. » Le Monde
      J’ai une idée ! Si on veut combiner rejet de l’étranger et besoin de l’étranger : pourquoi ne pas rétablir l’esclavage ? Ce serait le dépassement dialectique de cette contradiction !

      • #51775 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        J’approuve
        Mais n’oublie pas que le salariat est beaucoup plus rentable, in fine – il décharge le patron du gite, des couverts, et des soins de sa main d’oeuvre
        D’où son abolition par la bourgeoisie.
        Le slogan libéral-autoritaire ou macro-lepéniste est donc bien : nous voulons des immigrés mais surexploités et qui ferment leur gueule – et si possible sans famille, sans femme voilée ni enfants.

        • #51786 Répondre
          Tof
          Invité

          Et ce salariat là affrète lui-même ses bateaux.

        • #51822 Répondre
          Titouan R
          Invité

          En plus d’être rentable pour la bourgeoisie, le salariat ouvert aux anciens esclaves est un horizon parfois pire que l’esclavage quand s’y mêle le racisme le plus crasse. Les extraits du dernier bouquin de Loïc Wacquant sur Jim Crow, parus dans le Diplo en mars-avril, documentent cela très bien.

        • #52042 Répondre
          Charles
          Invité

          Et le salariat donne lieu à beaucoup moins de troubles à l’ordre public et marchand de la société.

    • #52020 Répondre
      Charles
      Invité

      Rendez-vous manqué dans le dernier Hors-série entre Sylvie Laurent et Loïc Wacquant invités pour dialoguer à propos de leurs derniers travaux respectifs, l’une sur Capital et Race -fresque historique et véritable somme sur le nouage de ces deux notions – l’autre sur les lois Jim Crow – étude précise et circonstanciée sur cette période analysée dans toute sa singularité. L’animateur les fait débattre sur leur approche diamétralement opposée – l’une pense la continuité à travers les siècles et les continents de ses concepts tandis que l’autre refuse de sortir de l’idiosyncrasie de son étude de cas. Wacquant se montre le plus critique et moins ouvert tandis que Laurent fait quelques pas pour arguer de la complémentarité de leur approche mais devant la raideur de son interlocuteur elle finit par le remettre à sa place à partir d’un concept qu’il emploie de façon peu rigoureuse en contradiction avec sa rigidité conceptuelle affichée. L’émission est tendue (même si c’est à fleurets mouchetés, Wacquant respire la suffisance et le mépris pour l’approche de Laurent),
      trop courte et superficielle. Elle laisse sur sa faim alors que les deux ouvrages sont sans doute passionnants- j’ai lu celui-ci de Laurent que je recommande et un extrait de celui de Wacquant.

      • #52023 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci, de ma compréhension le débat race vs caste est un long et ancien débat aux États-Unis. Plein d’universitaires – et d’activistes – se réfèrent à la caste, et le geste a été réactivé récemment par la journaliste Isabel Wilkerson avec son livre « Caste : l’origine de ce qui nous divise. » Ah oui mais non répondent de nombreux autres universitaires*, l’analogie ne tient pas car les différences sont trop nombreuses, et Laurent en donne un bref résumé. Wacquant dans son livre (re)définit je trouve plutôt proprement « son » concept de caste qui s’applique bien aux États-Unis et qui est circonscrit dans le temps et dans l’espace (contrairement à l’usage qu’en fait Wilkerson). La question c’est est-ce que ça s’applique toujours aussi bien à l’Inde ? Peut-être que son tort c’est d’utiliser un terme fermement associé à l’Inde (et de prétendre que « son » concept de caste s’applique toujours à l’Inde) ce qui crée de la confusion, et qu’il aurait été peut-être plus inspiré d’utiliser un autre mot. En tous les cas je ne peux pas croire qu’il ne soit pas au courant des très longs débats sur la question (et je pense que Laurent sait qu’il sait, mais le plaisir du tacle est là, il ne l’a pas volé).
        .
        (*) Tout récemment : Caste, race, and slavery: On comparisons between race in the United States and caste in India, and to forgotten assumptions behind the legal categories – https://opo.iisj.net/index.php/osls/article/view/1429/1827

        • #52039 Répondre
          Charles
          Invité

          Le débat sur l’applicabilité de la notion de caste n’est pas très intéressant en dehors du champ scientifique mais effectivement Laurent, à qui on tend la perche, ne se prive pas de tacler Wacquant qui a refusé toutes les mains tendues pendant 1h en prétendant être le seul à avoir accompli un travail scientifique digne de ce nom.

        • #52301 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Les apparitions de Wacquant sont rares et la déception est un peu à la hauteur de mes attentes. Rendez-vous manqué est le terme qui convient. J’ai eu le sentiment très tôt d’assister à des tirs de barrage de LW relevant plutôt de la distinction universitaire, d’une lutte interne au champ — quitte à reprendre les catégories du maître. Il monte sur ses grands chevaux « analytiques » à propos de « race » et « capitalisme racial » mais se voit contraint à répéter lui-même 15 fois « domination raciale » et « racialisation ». Ses scrupules sont moindres lorsque tout à coup il explique s’essayer carrément à … l’histoire contrefactuelle. Autre aspect qui m’a frappé : je suis prêt à parier cher au vu de l’entretien, de la forme et du fond de ses réserves sur le propos de SL, que LW n’a pas lu son livre.
          .
          Argument intéressant de LW sur la chronologie du processus de racialisation (auquel SL n’est pas invitée à répondre). La racialisation idéologique et la production de catégories raciales (au sens administratif) comme postérieures à l’établissement d’une domination coloniale sur le travail. Il me semble avoir entendu des arguments précis du très bon Marc Belissa à ce sujet, dans un Hors-Série récent, appliqué au cas de la France dans le cadre d’un entretien sur son dernier livre La Révolution française et les colonies.

          • #52536 Répondre
            Charles
            Invité

            Tout à fait d’accord avec toi, je pense en outre que Wacquant devait être déçu de partager l’émission avec Laurent, il aurait sans doute préféré être seul invité d’où son agressivité latente. J’ai également pensé à l’émission avec Belissa sur la question de savoir qui était premier entre le processus colonial et la théorie raciale. Laurent discute assez longuement ce point dans ce livre et en tire une réponse assez nuancée (qu’elle esquisse dans l’émission).

            • #52589 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              Ok, raison de plus pour que je lise son livre (à terme…). Quand je vois que le prochain livre de François fait 450 pages, celui-là 500, les trois que je suis en train de lire 960, 450 et 500, il y aura des choix à faire….

              • #52592 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Mais le mien se lit comme du petit lait.

      • #52030 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je connais bien Laurent mais pas du tout Wacquant. Je regarderai.
        Je recommande aussi l’émission sur Le capital, très claire, comme toute cette série.

    • #52183 Répondre
      Cyril
      Invité

      Lagasnerie a dit un jour dans un entretien que des délits, il s’en commentait partout dans la société et tout le temps, mais que la police-justice se focalisait sur certains d’entre eux, dans certaines zones. C’est en cela qu’on peut affirmer selon lui que la police mène une guerre contre les pauvres et les racisés.
      J’appliquerais cette même idée aux médias et à la façon dont ils sélectionnent parmi l’océan de « propos problématiques » que tiennent tous les politiques, ceux du mouvement contre lequel ils sont en guerre, LFI.

      • #52184 Répondre
        Cyril
        Invité

        des délits, il s’en commettait*

    • #52303 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #52430 Répondre
      Delphine
      Invité

      Dans l’entrée « Transition » de « Boniments », je trouve qu’il y a quelque chose de paradoxal. Il est écrit que l’individu libéral n’a pas d’idéologie (d’où sa prise de distance avec la politique). Je croyais, au contraire, que les idées étaient propres à la droite, au capitalisme, comme cela est un peu évoqué à l’entrée « Réputation » du livre, quand Valentine a beaucoup d’idées. D’autre part, toujours dans l’entrée « Transition », il est écrit que, selon l’individu libéral, les gens font ce qu’ils veulent, à partir du moment où l’individu libéral n’est pas inquiété (blocage de ronds-points, grèves de cheminots). Je trouve que cela rejoint un peu la notion d’autonomie et d’individualisme prônée par la gauche. Mais peut-être cela relève-t-il de l’ironie.

      • #52545 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        1 ne pas confondre l’individu libéral et l’individu qui prone le libéralisme
        L’individu libéral est, dans Boniments, un fait social. C’est moi, c’est toi, c’est nous, fabriqués par le monde libéral dans lequel nous baignons.
        2 La conviction libérale que « les gens font ce qu’ils veulent » témoigne d’une candeur toute libérale qui consiste à nier que dans le corps social précisément les gens ne font pas du tout ce qu’ils veulent (tout juste peut on dire qu’ils veulent ce qu’ils font -une définition de l’idéologie)
        Mais une chose irait dans ton sens : il y a, pour une petite part, entre les aspirations anarchistes, et une certaine rêverie libérale. Ne serait ce que parce que le libéralisme a, tout en opprimant, contribué à faire émerger l’idée d’individu, et l’attention prêtée à l’individu.

        • #52546 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          il y a, pour une petite part, un lien entre les aspirations anarchistes et une certaine rêverie libérale

    • #52513 Répondre
      Nox
      Invité
      • #52518 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Nox
        J’adore vraiment la façon de ta copine
        Et pour les personnes pétri d’inquiétude en rapport avec le sang versé, tu me donnes l’idée
        De placer des camions de dons du sang devant les bureaux de vote afin de cibler des personnes semblants concernés – c’est un peu du forçage mais les stocks sont parfois si bas que les prendre au mot me paraît intéressant.

        • #52529 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Haha bonne idée le combo vote + don de sang

      • #52525 Répondre
        Delphine
        Invité

        Je trouve bien vue l’hypothèse que seuls les votants seraient attachés à la démocratie, thèse que je verrais bien défendue par les bien-pensants. En allant dans cette direction, on pourrait supposer que les personnes ne votant pas (abstentionnistes, voire celles qui votent blanc ou ne votent pas utile) pourraient être mises au ban de la société, ce qui n’a bien évidemment aucun sens.

      • #52530 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Je crois que dans mon bureau de vote on aurait fort insisté pour que ta copine passe par l’isoloir
        Ici on impose bien de prendre 2 bulletins minimum etc et on ne rigole pas
        On l’a laissée faire ?

        • #52618 Répondre
          Nox
          Invité

          Yup, elle a agi en parfaite impunité, rends-toi compte.

        • #52620 Répondre
          Nox
          Invité

          D’ailleurs, je suis bien content de ne pas avoir eu à prendre plus d’un seul bulletin dans la cabine d’essayage (lien avec « l’extrême-droite, on n’a jamais essayé »), déjà que regarder la tronche du benêt issu du PS (Sébastien Saint-Pasteur) était douloureux, ça aurait été difficile de m’enquiller tous les autres rigolos en faisant planer un faux suspense n’intéressant que les assesseurs les plus chevronnés comme ceux que tu connais.

          • #52637 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Moi j’ai pris tous les bulletins.
            Je retiendrai que vous habitez une contrée laxiste !

            • #52640 Répondre
              Nox
              Invité

              Ce qui explique pourquoi c’est juste à côté du campus.

      • #52611 Répondre
        JÔrage
        Invité

        Nox, l’abstentionniste qui ne s’abstenait pas.
        .
        “Pourquoi alors suis-je allé voter ? Peut-être parce que j’ai la (vaine) prétention de croire qu’être écouté au sujet de l’abstention commence par le fait de montrer patte blanche aux zélés du vote en se rendant plus audible de cette manière.”
        .
        J’ai le droit de dire ce que j’en pense ou tu vas te foutre en PLS en criant au harcèlement?

        • #52622 Répondre
          Mao
          Invité

          Après avoir courageusement dénoncé le poison de l’antifascisme, Nox nous gratifie cette fois, au lendemain d’élections affichant un taux de participation historique, d’un billet d’humeur quelque peu déroutant. La bienveillance étant de mise, je vais faire semblant de ne pas l’avoir lu et m’abstenir de le commenter.

          • #52627 Répondre
            nefa
            Invité

            quand t’es sous les bombes, Mao, t’agis en fonction
            toi qui es militant et n’en dors pas, pourtant, tu devrais le savoir

            • #52629 Répondre
              Tony
              Invité

              La question de l’abstention va surtout se poser au deuxième tour,demander à un électeur France insoumise de faire barrage en votant LR c’est du sadisme!!!

              • #52633 Répondre
                nefa
                Invité

                d’où concrètement : les bombes

              • #52636 Répondre
                Delphine
                Invité

                Il me semble que les électeurs les plus embarrassés sont les électeurs LR. Ciotti se rallie au RN mais, pour les autres électeurs LR, il me semble qu’il n’y a pas eu de consigne claire. Et je crois que les électeurs LR n’ont aucune envie, même par dépit, de voter pour le Nouveau Front Populaire ou pour le RN. Beaucoup risquent donc de s’abstenir (vote blanc). Il me semble pourtant logique que les personnes souhaitant voter et éviter que le RN l’emporte donnent leur voix au Nouveau Front Populaire (l’un ou l’autre devrait gagner).

        • #52643 Répondre
          Claire N
          Invité

          Et moi j’ai le droit de te dire ce que je pense de cette réaction ou tu vas m’insulter pour me « foutre en PLS « ?

          • #52652 Répondre
            JÔrage
            Invité

            Claire N: Si t’as peur d’un éventuel retour de bâton c’est peut être parce que tu t’apprêtes à dire des conneries donc ce serait sans doute préférable que tu t’abstiennes. Parce que tu peux essayer de me faire croire que c’est drôlement fûté de voter pour convaincre Enthoven qu’il est dans l’erreur au sujet de l’abstentionnisme mais il va falloir que ce soit drôlement bien amené si tu ne veux pas que je me foute ouvertement de ta gueule.
            .

    • #52543 Répondre
      Anthony
      Invité

      Y’a des choses intéressantes dans cet article de Lundimatin même si la deuxième partie tend à une prospective un peu mystique – mais peut-être en a t-on besoin aussi https://lundi.am/Points-d-etape-sur-une-sequence-suspendue

      « Négligeant les profondeurs de la vie sociale, les clameurs raciales, la bourgeoisie épargnée d’abord par l’avènement d’un fasciste authentique n’y verrait, au fond, qu’une droite un peu plus forte qu’à l’ordinaire et, au lieu de se dresser à tout prix pour empêcher la poursuite du désastre, se laisserait naturellement porter, accoutumer, à son lieu. »

    • #52673 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que pensez-vous de Mona Chollet ?

      • #52689 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Lu Réinventer l’amour, Sorcières, Chez soi, des bouquins un peu curieux qui mélange témoignages personnels, réflexions, synthèse de journaliste, dans un style assez plat mais agréable (si le style plat existe).
        Je conseille bcp Réinventer l’amour, sur les injonctions patriarcales qui sabote les relations hétéros.
        Sorcières, le titre est trompeur il n’est pas bcp question de sorcières, il y a des réflexions intéressantes (belles pages sur la dépression des jeunes mères qui se rendent compte qu’elles ne veulent pas d’enfants) noyées dans du moins bon. Chez soi, pas terrible terrible.
        C’est aussi une plume que j’aime bien lire dans le Diplo.

        • #52701 Répondre
          lison
          Invité

          Le tiercé mais pas dans le même ordre.
          Mon préféré est celui que j’ai lu en premier, Chez soi, puis Sorcières qui manque en effet de sorcières , et Réinventer l’amour que j’ai trouvé assez décevant.
          Mais elle m’est sympathique cette Mona.

          • #52717 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Marrant, c’est vrai que Réinventer est le premier que j’ai lu. Peut-être que quand on en a lu un on les a tous lus ?
            Cet irrésolu désaccord est insoutenable ; une tierce personne doit trancher.

            • #52833 Répondre
              lison
              Invité

              Personne pour nous aider. Ah pour faire barrage y’a du monde mais pour aider et trancher y’a pas foule .
              Je pense que ton intuition est la bonne …Peut-être que quand on en a lu un on les a tous lus ?

              • #52900 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Dès qu’elle est publiée en Pléiade, je la lis et je tranche. Promis.

                • #53011 Répondre
                  Pope
                  Invité

                  Moi j’ai tranché ses livres. Lu Sorcières à moitié et Chez soi idem.
                  Chez soi, je n’ai pas un souvenir désagréable, gentillet comme tout. Sorcières on me l’avait tellement vendu, je me suis rarement autant ennuyé.

    • #52697 Répondre
      GaelleS
      Invité

      Dans La croix, un article sur Robert Walser dont trois textes viennent d’être publiés. Alors on partage ici

      Robert Walser, un témoin oublié du XXe siècle

      Un roman et deux recueils de textes courts font revenir sur la scène littéraire l’œuvre du grand écrivain suisse germanophone du siècle dernier (1878-1956). Un auteur perdu au milieu de son époque.
      Francine de Martinoir

      Les Rédactions de Fritz Kocher
      de Robert Walser, traduit de l’allemand par Jean Launay,
      Éditions Zoé, 192 p., 11 €
      L’Homme à tout faire
      de Robert Walser, traduit de l’allemand par Walter Weideli,
      Zoé, 384 p., 12 €
      La Buveuse de larmes,
      de Robert Walser, traduit de l’allemand par Marion Graf,
      Zoé, 176 p., 19 €

      Grâce aux éditions Zoé, qui entreprennent la publication régulière de l’œuvre de Robert Walser, on peut lire ses textes brefs et fidèles à leur temps, la première moitié du siècle dernier. Né en 1878 en Suisse, à Bienne, dans une famille de la moyenne bourgeoisie, Robert Walser a 16 ans quand sa mère décède. Dès 1892, bien que brillant élève, il renonce à ses études. En 1895, il quitte la maison familiale, occupe des emplois de domestique, puis part pour l’Allemagne, où, tout en étant passionné de théâtre, il écrit de la poésie. Et bientôt croque à grands traits son époque.
      En 1904, il publie Les Rédactions de Fritz Kocher. Dans des textes brefs, il y laisse la parole à Fritz, élève de cinquième dans les premières pages, qui exprime ses désirs d’enfant : s’élancer vers le monde, en saisir la beauté, être aimé, entendre l’appel de la forêt. Et puis le ton change : Fritz adolescent devient commis, cette figure qui, dit-il, n’a pas beaucoup intéressé les écrivains : « Les commis sont des natures riches, brillantes, originales, magnifiques… Peu de créatures sous le soleil ont un cœur aussi pur. »
      Confusion des sentiments
      Dans L’Homme à tout faire (1908), le personnage de Joseph Marti a intériorisé les lois de la société moderne. Engagé par Charles Tobler, un ingénieur qui, tyrannique et dépensier, mène son entreprise à la faillite, le héros accepte la servitude pour des raisons qui, même pour lui, restent une énigme : « Au fond de son cœur, il aimait cet homme. » Et il essaie d’analyser cette « confusion des sentiments », ce besoin de lien et de repères, son sentiment d’abandon : « Il avait été si vieux pendant sa jeunesse ! »
      Les années passées en Allemagne sont des années créatrices pour Robert Walser. Pourquoi, en 1913, est-il revenu en Suisse ? Après le suicide de son frère Hermann, il tombe dans une dépression sévère, dont il ne sortira pas vraiment. Il sera finalement hospitalisé à Waldau en 1929, puis à Herisau, de 1933 jusqu’à sa mort. Les premières années, il écrit des « feuilletons », qu’il appelle des « monogrammes » et qu’il envoie à Zurich, Berlin, Vienne, Prague, etc. Il capte le quotidien, évoque un livre, raconte un rêve, des silhouettes glissent. Beaucoup de ces textes sont restés inédits.
      Dans La Buveuse de larmes sont rassemblées 32 petites proses brèves que Walser n’avait pas envoyées, anecdotes, fragments de nouvelles, méditations sur son métier d’écrivain, souvenirs de jeunesse. Est-ce lui qui confesse sa foi dans le texte Quelques propos sur Jésus : « Il a glissé comme une lumière dans les provinces de la vie, presque ou même tout à fait invisible » ? Peu à peu, il cesse d’écrire, se consacre à d’humbles travaux domestiques, ressemble à ses personnages, devient mutique. Son ami Carl Seelig a pourtant, lors de longues promenades, recueilli ses confidences sur Kleist, Hölderlin, sur son monde que, disait-il, « les nazis avaient détruit ». Robert Walser fut retrouvé mort dans la neige, tout près de l’hôpital, le jour de Noël 1956. Il avait 78 ans.

      • #52903 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci Gaëlle.

    • #52766 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Sur youtube: Johan Chapoutot à la midinale de regards.fr avec Pablo. Une trentaine de minutes

      • #53364 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        J’ai trouvé cette émission insupportable. J’ai eu cette impression que les intervenants voulaient se la péter et lancer tout leur savoir sur le sujet. Ils l’ont à peine laissé parler je trouve…

        • #53378 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          PeggySlam
          avec le nouveau format j’avais pas réussi
          à la partager mais la voici
          Ils ne sont que 2: Pablo et Johan. Je comprends pas ton « les intervenants voulaient se la péter etc »

          • #53379 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Erreur

            • #53380 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Non non pas Erreur. C’est bien celle-ci.
              PeggySlam tu parles bien de Celle-là?
              Parceque moi c’est celle là que j’indiquais

              • #53381 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Peggyslam:
                Il n’y a que 2 personnes qui papotent et plutôt tranquillement. Franchement aujourd’hui je
                n’avais pas envie de partager des trucs comme ça. C’est juste ton étonnant commentaire qui m’a obligé à aller la chercher et la mettre ici.

                • #53397 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Oui je trouve qu’ils lui coupent pas mal la parole. En tout cas c’est ce que je ressens. Je l’ai entendu bien mieux ailleurs

    • #53354 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut tout le monde,
      Mediapart en accès libre tout ce WE si ça vous intéresse

    • #53420 Répondre
      Nox
      Invité
      • #53489 Répondre
        Claire N
        Invité

        «  je suis donc un improvisateur « ça je comprends
        C’est une particularité qui me cause pas mal de soucis ; je déteste les journées planifiées, ça me casse tout élan et j’ai l’impression d’être coincé.
        Mais j’en fais aussi les frais : je planifie pas mes vacances par exemple du coup je me retrouve avec des dates nulles, je planifie pas de moment avec des amies qui habitent loin et quand j’ai envie de les voir ça tombe mal, je planifie pas les taches chiantes et elles m’arrivent dans la tete en même temps – je ne suis pas certaine de comprendre entièrement cette «  résistance «  à l’oppression du planning mais je sais qu’elle est vive.

        • #53498 Répondre
          Delphine
          Invité

          Je crois que le texte de Nox « Je marche seul » révèle un caractère impulsif (gestion de la colère) et solitaire / indépendant. Ne pas se projeter dans le futur est peut-être un manque de confiance en soi. L’improvisation dépend de la vie que l’on mène. Plus on est seul, plus l’improvisation me semble possible. Quand d’autres personnes dépendent de nous, il faut composer avec les obligations liées à ces personnes. Tout planifier est tendance dans nos sociétés modernes, en premier lieu dans les grandes villes. A Paris, il faut s’organiser longtemps en avance pour voir des personnes parce que tout le monde est « surbooké ». Cela est peut-être différent dans un village de province, où le rythme de vie est différent et laisse peut-être plus de place à l’improvisation. Un minimum d’organisation est souvent nécessaire, mais tout planifier peut être une source d’anxiété chez certaines personnes (sentiment d’obligation de se projeter dans le long terme, alors que des aléas peuvent venir tout bouleverser). C’est une question de tempérament. Certaines personnes préfèrent tout sécuriser. Concernant les « tâches chiantes », elles se rappellent souvent à nous automatiquement. C’est comme les imprévus qu’il faut gérer, coûte que coûte.

          • #53514 Répondre
            Nox
            Invité

            Mon manque de projection vient surtout du fait que les emplois du temps ont trop longtemps périmétré mon rapport à l’avenir – ainsi que la scolarité de façon globale. Ça ne veut pas dire que je rejette toute ambition ou projection vers l’avenir en soi (la preuve, j’évoque des projets personnels dans mon dernier texte) ; ça veut surtout dire que quand je dois « penser pour deux » comme dans mon couple – et notamment sur la question de « notre avenir » -, ça me crispe, ça me bloque, parce que je ne sais pas donner des gages de sûreté.

            • #53526 Répondre
              Claire N
              Invité

              « je ne sais pas donner des gages de sûreté« 
              Tu seras pas côté en bourse , c’est malin

              • #53617 Répondre
                Claire N
                Invité

                Sinon excuse-moi de ma curiosité ; mais
                En te lisant je me pose une question : est ce vraiment possible de «  contenir «  ou «  maîtriser «  la colère ? J’étends bien que c’est une injonction societale mais elle émane de personnes qui bien souvent n’ont pas affaire à elle

                • #53643 Répondre
                  Nox
                  Invité

                  Une seule chose que je fais avec la colère, tant que faire se peut : ne pas la faire subir aux autres ; j’ai l’impression que ça aide à en écourter la durée.

                  • #53655 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    Bonjour Nox,
                    J’ai lu ton texte  » Je marche seul ».
                    Tu y parles de la « conception commune du couple », cette idée selon laquelle on devrait  » veiller mutuellement l’un sur l’autre et se soutenir constamment « . Pour toi qui as besoin de ponctuellement t’isoler, toi dont la pensée a tendance à être péniblement parasitée par la présence d’autrui (je reprends tes propos), ça ne peut pas vraiment le faire.
                    Mais ce que tu appelles « conception commune du couple », je ne suis pas sûre que cela corresponde à grand chose. Il arrive que des gens aient des idées arrêtées sur ce que doit être un couple et sur comment il doit fonctionner. Ce genre d’idées résiste assez peu à l’assaut de la vie et des circonstances. Autour de moi (comme ici: où je suis) je ne vois que des gens qui, quand ils sont en couple, inventent, composent, cherchent des compromis et imaginent des fonctionnements improbables.
                    La « conception commune du couple » c’est :
                    1. Dans la tête des jeunes filles et gens entre 14 et 20 ans.
                    2.Dans les films que l’on n’a pas besoin de voir.
                    Autrement dit: On s’en fout.
                    .
                    Tu es susceptible et ta copine est à fleur de peau.
                    De cela on peut conclure deux choses opposées :
                    – C’est un mélange trop explosif.
                    – C’est précisément parce que vous possédez, tous les deux, une sensibilité high level, que vous vous êtes trouvés. (Je nous vois un peu comme ça, moi et mon mari, dont je t’ai déjà parlé). Faudrait imaginer un moyen de bien mettre ces deux trucs-là – vos sensibilités respectives – ensemble.
                    Mais pas trop ensemble : Oui bien sûr, qu’il faut pouvoir s’isoler. Moi aussi j’ai besoin de m’isoler. Plein de gens ont besoin de ça.
                    Ton amie, peut-être qu’elle doit faire un petit chemin intérieur consistant à mieux se protéger.
                    A un moment, mon homme m’a dit: « Engueule-moi. A partir de maintenant, tu m’engueules ». Il voulait m’aider à mieux me protéger. Et c’était bien. Je me suis mise, effectivement, à l’engueuler de temps en temps. Tandis qu’alors il faisait profil bas. (Ouh la la Jeanne s’énerve, normalement ça n’arrive pas, si ça arrive c’est que que ça doit être bien et qu’il faut la laisser exploser).
                    Dans ces moments, j’apprenais à mieux me protéger. Et lui captait l’information que: l’expression de sa colère commençait à vraiment me les briser, et que donc il fallait peut-être mieux qu’il s’isole.
                    Ça a changé beaucoup de choses. Apaisé beaucoup d’inquiétudes et beaucoup de choses. Ça m’a aguerrie mais sans – je crois – le rabougrir ni l’effacer.
                    Pour ce qui est de « donner des gages de sûreté « , il y aurait aussi beaucoup à dire. Mais je ne sais pas bien ce que contient, pour toi, cette idée.
                    .
                    En tout cas c’est toujours un plaisir de te lire, Nox.
                    (Là je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à ce site mais si tu me réponds tu m’auras comme lectrice).

                  • #53657 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Merci , je prends c’est une piste qui me semble prendre les choses de biais, ça change du contrôle
                    Qui me semble pas très opérant

                    • #53659 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Personnellement j’utilise les deux. Du contrôle pour les choses importantes et du relâche quand je suis avec des amis ou que je n’ai aucune contrainte. Ceci dit plus je vieillis plus je m’aperçois à quel point je me sens mieux seule que d’être en couple. Pas que j’en ai eu l’expérience mais vivant chez ma mère je m’aperçois à quel point c’est dur. Heureusement des fois elle part et étrangement c’est là où je me sens le mieux (enfin quand je fais pas de crise d’angoisse). En faite faut trouver le juste milieu. Par exemple mon frère et sa copine (comme ma soeur et son copain) se garde leurs univers. Ils ne font pas tout le temps tout ensemble et je crois que ça aussi ça marche bien. Parfois le chemin de trouver où se sentir le mieux peut prendre des années de vie. Bon courage à tous en tout cas c’est très intéressant de lire vos expériences de vie

      • #53507 Répondre
        Fanny
        Invité

        Le couple c’est une communauté de solitude. Une duolitude ?

        • #53513 Répondre
          Nox
          Invité

          Ça dépend pour qui.

          • #53524 Répondre
            Fanny
            Invité

            C’est ce qui m’est venu en te lisant. Pour faire baisser la pression de la conception commune du couple. Mais c’est sans doute un peu trop simple.

            • #53667 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Chez moi chacun a sa chambre, ça change déjà un peu la donne
              Chacun regarde le film qu’il veut le soir, par exemple

              • #53670 Répondre
                Mélanie
                Invité

                quand on a le temps

      • #53656 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Je ne capte pas tout à fait le lien entre ne pas planifier et l’angoisse. Est-ce que tu peux développerai ou illustrer?
        Je suis aussi qqun qui ne planifie pas ; je pense que c’est parce que pendant le gros de ma vie planifier était synonyme de planifier des trucs que je ne voulais pas et entre lesquels je devais encore croire pouvoir passer. Maintenant je m’exerce à planifier, ça me rend service et met de l’ordre dans ma tête. C’est aussi qu’en vieillissant j’ai + de choses à gérer et moins de mémoire. Planifier les trucs chiants peut permettre de moins y penser, de leur laisser le moins de place possible, en tout cas c’est la piste que je tente en ce moment.

        • #53658 Répondre
          Claire N
          Invité

          « Planifier les trucs chiants peut permettre de moins y penser, de leur laisser le moins de place possible » mais comment on fait quand on en ai rendu à devoir planifier de planifier des trucs chiants ! C’est un freinage des 4 fers qui tourne au cercle vicieux , j’en ris mais bon parfois j’ai l’impression de devoir m’attraper par surprise pour être adulte

          • #53668 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Je ne suis pas très forte non plus mais je pense au straight edge pour me motiver

            • #53700 Répondre
              Claire N
              Invité

              Rire, cette idée m’amuse beaucoup

              • #53703 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Est efficace aussi pour moi de m’inspirer fort de l’organisation que j’ai apprise dans mon métier – ainsi je fonctionne mieux avec près de moi un agenda ouvert en permanence

                • #53725 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui c’est vrai, en fait je suis pas si nulle en organisation que ça si j’intègre ce que je fais au travail ou la c’est réglé au cordeau pour les patients – la je suis sure et fiable et pour rebondir sur le texte de Nox j’utilise ma connaissance de la structure de soins pour éviter aux patients de se noyer dedans ; effectivement vu sous cet angle je dirais que sur mes temps de repos j’ai envie de me «  desinstutionnaliser « c’est peut etre une forme de cécité quand à la structure familiale entre autres ?

                  • #53747 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    Ah oui peut-être
                    Vouloir être sûre et fiable pour mes enfants est un des moteurs de mon peu d’organisation perso
                    Et avoir un enfant allergique aux acariens demande pas mal à ce que je m’attrape en mode adulte…

                    • #53748 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      # StraightEdgeAcariens

    • #53522 Répondre
      Charles
      Invité

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/070724/traiter-le-rn-comme-un-parti-banal-des-journalistes-se-rebiffent-face-leur-direction

      A mettre en rapport avec l’article révélant que Fogiel, patron de BFM, voulait plus de chroniqueurs d’extrême-droite en plateau après le résultat des européennes.

      • #53531 Répondre
        Tony
        Invité

        Ne serait-ce pas plutôt,pour Fogiel,une course à l’audience et, aussi,une sauvegarde de son poste pour complaire au futur actionnaire ?

        • #53532 Répondre
          Charles
          Invité

          Aussi, puisque la présence toujours plus grande d’invités d’extrême-droite ne date pas de trois semaines. Course avec Cnews, c’est certain.

        • #53534 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je trouve qu’on risque toujours de s’égarer en conjectures quand on se demande où se trouve la sincérité idéologique et où se trouve la quêtes de gains matériels à court terme (si c’est bien la question que tu poses) : la plupart du temps, le deux se trouvent par magie a peu près alignés.

          • #53536 Répondre
            Tony
            Invité

            Fogiel,de par sa situation personnelle,a plutôt intérêt à être modéré avec le RN, ça reste un macroniste.

    • #53812 Répondre
      eke
      Invité

      Je remarque qu’on vit de plus en plus dans la politique du fautif, et ça à tous les niveau des relations sociales.
      Alors en vrai j’ai quand même pas mal l’impression que c’est inhérent à la nature humaine que de chercher un fautif, mais c’est le niveau 0 de l’analyse et en général ca a plutôt tendance à en dire plus long sur la personne qui cherche ce fautif qu’autre chose.
      Je remarque aussi qu’à gauche on a tendance à pointer du doigt un fautif qui serait le riche tout autant qu’à droite, mais je pense qu’à gauche c’est la déconstruction du mode de vie et des pensée aliénantes qui nous pousse à pointer clairement du doigt, non pas une personne ou un groupe d’individu, mais un système qui bien évidemment n’est pas indépendant d’un corps social. Mais ce corps social n’est pas plus fautif de ce système qu’il n’en est seulement le perpétuateur. Tout comme l’immigré n’est pas plus fautif de la délinquance qu’il n’en est l’acteur sur-représenté de manière facilement explicable. Il faut juste aller plus loin et éviter d’employer ces tournures qui désignent sans arrêt un fautif. Enfin je me trompe peut-être, j’aimerai bien avoir votre avis.
      D’un autre côté désigner clairement le riche pour éveiller une conscience de classe semble marcher et être accessible à l’éveil d’un corps politique tout autant qu’il rebute certaines personne pour qui le travail de déconstruction des normes capitalistes ne saute pas aux yeux.

      • #53933 Répondre
        Ema
        Invité

        @eke
        Oui assez d’accord, autant que faire se peut, re-axer les critiques sur les systèmes de reproduction plutôt que sur ceux qui en sont les bénéficiaires me parait important. Un enfant de la bourgeoisie n’a pas plus décidé de sa naissance qu’un gosse de prolo. Parce qu’effectivement, on retombe autrement dans une forme de discours méritocratique et moral, à symétrie inverse de celui de la droite liberale certes, mais menant in fine à des conclusions relativement proches.

        « D’un autre côté désigner clairement le riche pour éveiller une conscience de classe semble marcher et être accessible à l’éveil d’un corps politique tout autant qu’il rebute certaines personne pour qui le travail de déconstruction des normes capitalistes ne saute pas aux yeux. »

        Rappeler l’antagonisme de classe sans tomber dans la diabolisation morale des riches relève parfois de l’equilibrisme (en fonction de la dynamique de la discussion) mais n’est pas chose impossible.
        Toujours rappeler que les déterminisme sociaux sont plus puissants que les consciences morales. Et que nos consciences morales se construisent en fonction de nos situations le plus souvent. Nous ne devrions pas être gouvernés et dominés par des gens plus dignes, plus respectueux du bien commun ou que sais-je, non. Nous ne devrions pas être gouvernés et dominés point final. D’ailleurs cette rhétorique consistant à pointer du doigt les riches et puissants, en tant que personnes, comme causes de tous nos maux relève bien de cette strategie d’invisibilisation des structures systémiques et de l’inéluctabilité de leurs immoralité. En gros on remplace l’élite décadente par une élite morale et tout repart comme en 40 (c’est le cas de le dire).

        • #53994 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « . En gros on remplace l’élite décadente par une élite morale  »
          Appelons ça l’option branquiste
          Ou juanesque

          • #53995 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ou lindonienne

    • #54488 Répondre
      Nox
      Invité
      • #54524 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Nox
        L’image du train fantôme est une belle trouvaille
        :L’inertie et l’anxiété sur circuit

        • #54527 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Bien d’accord sur le train fantome Les élections comme attraction de parc. Comme manège.
          Et à la fin tout est comme avant.

          • #54599 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Mensonge

            • #54620 Répondre
              Claire N
              Invité

              C’est vrai qu’on a pas eut une ducasse complète ; certains sont déjà équipés du stand de tire-au-pigeon

      • #54591 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Je ne vois pas pourquoi en toute généralité « dans tous les scrutins à deux tours, le second tour consiste toujours
        à faire barrage ». C’est même réfuté par les faits (pas encore en France dans la Vè, jusqu’à quand?). A moins que par « faire barrage » on entende juste « tenter de faire barrage ». Mais « Faire barrage » dans le texte se lit bien plus comme « réussir le barrage », c’est très clair.

        D’autre part, si la gauche s’est mise en tête de « faire barrage », c’est précisément qu’elle n’a pas considéré comme nécessaire l’arrivée d’un gouvernement RN le 8 juillet. Cette présomption de nécessité n’existe pas, ni celle d’un barrage effectif dans un second tour. Ça n’est pas « allaient nécessairement mener », c’est « risquaient de mener », c’est complètement différent. Le seul débat est sur l’appréciation de ce risque.

        • #54600 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « Le seul débat est sur l’appréciation de ce risque ».
          C’est pourquoi ce débat est creux. Un débat au doigt mouillé – où le seul élément solide sur quoi s’appuyer avait été fourni par Bardella lui même, disant d’emblée qu’il ne gouvernerait pas (ce que la gauche amoureuse de sa peur décida de ne pas entendre)

          • #54605 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            La gauche n’est pas « amoureuse de sa peur » mais cette peur du RN chez beaucoup de monde a été bien montée en neige par la droite. Comme par hasard il n’y a plus d’étoiles dessinées par de vilains « nazis ». Oui cette hystérie s’est calmée. L’épouvantail rangé dans un tiroir. Mais ce n’est pas un train fantôme ni une attraction de fête foraine. Ça fait joli dans la littérature mais ce n’est pas de la littérature.
            Maintenant comment faire barrage à la connerie des uns et des autres? À ces APRÈS Association de personnes rouées et sans scrupules? À ce PS? Je n’en reviens pas que le faiseur de pluie a eu le culot de remontrer son bide! J’apprends que Faure a dit de sa compagne ou épouse qui travaille chez Macron  » elle a sa carrière, j’ai la mienne »
            Dans le Nouveau Front Populaire, il y a un programme et les gens qui ont voté pour CE programme ne vont pas lâché le morceau comme ça. Beaucoup ont leur vie qui en dépend. Dans ce Nouveau Front Populaire, il y a des gens qui pensent un peu au peuple, aux gens, à leurs prochains, appelez ça comme vous voudrez et ceux qui y pensent moins,  » on est là » pour le leur rappeler. La gauche radicale bourgeoise et d’abord bourgeoise avant d’être radicale ( et c’est dommage) peut bavarder, se moquer, pondre de jolies phrases. Ce n’est pas encore fini et certainement pas « comme avant »

            • #54616 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              « La gauche radicale bourgeoise et d’abord bourgeoise avant d’être radicale ( et c’est dommage) peut bavarder, se moquer, pondre de jolies phrases »
              C’est noté

              • #54639 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Note, note, note! On t’offrira un beau carnet à Noël pour continuer à noter.
                Tu ne nous a pas beaucoup aidé, nous, le peuple, les gens, ton prochain.  » Je suis chrétien quand j’écris »
                Zut, on a pas eu de bol alors.
                On te demandait pas grand chose: tu es abstentionniste? Voter c’est abdiquer pour un authentique anarchisant? D’accord. Respect.
                Tu aurais dû nous faire plaisir et t’abstenir complètement. T’occuper comme tu sais le faire : lire, écrire, aller au cinéma.
                Non il fallait que tu tapes sur le Nouveau Front Populaire et spécialement sur le seul groupe vraiment de gauche: la France Insoumise qui avait pourtant sa bonne et généreuse ration de coups, d’insultes
                de la part de la droite dure et de ces roués sans scrupules
                Tu aurais pu nous aider. J’ai d’ailleurs cru que tu nous aidais quand dans un post tu as dit  » je n’irai pas voter la France Insoumise » Je t’ai remercié de le nommer. C’était chouette mais après tu n’as pratiquement tapé
                que sur eux et sa figure de proue que tu aimais bien et que tu n’aimes plus: Mélenchon.
                Ça n’amuse personne de se retrouver dans ce jeu électoral. Ce n’est pas une fête foraine avec de la barbe à papa après le tour de manège. Moi ça ne m’a pas amusée. Des cernes jusque là. Je me trouve très courageuse d’écrire car je n’ai pas le niveau lexical et je ne connais pas les astuces et les trucs de Comment se défendre que tu n’as pas créé pour nous, pour des gens comme moi mais pour des intellectuels. Tu peux très facilement me démolir. Mais oui je n’ai pas compris pourquoi au lieu de t’abstenir tu as dit tout ça sur la Fi et dénigrer le NFP et je déduis que avant d’être anar, avant d’être de gauche radicale, tu es bourgeois et c’est ta famille que tu avais l’air de défendre. Dire « Business as usual pour dire Bof, rien de grave, il ne va rien se passer, ça sera comme avant alors qu’on est entre 2 guerres, alors que les gens tombent plus vite que des mouches même dans ton quartier. Alors que samedi des bombes de 500 kilos sont tombées sur des têtes d’enfants… C’est ennuyeux.
                Depuis 2019, rien n’est comme avant.
                Il ne s’agit pas d’avoir raison.
                Il s’agit que tu devais nous aider. Que tu aurais dû. Que tu devrais nous aider. Toi aussi tu as charge d’âmes.

        • #54623 Répondre
          Nox
          Invité

          Réponse rapide pour dire que ma remarque sur les scrutins à deux tours concerne évidemment le cas français, tant les spécificités institutionnelles et électorales de notre pays sont réelles ; présidentialisme, majorité présidentielle dans la plupart des cas et la fameuse « alternance » à la française.
          _
          S’agissant par exemple du cas italien, l’histoire récente de l’Italie fait que l’association stalinienne à tout ce qui est de gauche a laminé toute formation de gauche dans le paysage politique italien, ce qui fait qu’un parfait équivalent du PS n’existe pas vraiment.
          _
          La spécificité du cas français, quant à lui, c’est le revirement électoral quasi-systématique dans les seconds tours qu’on appelle piteusement le « front républicain » ; en l’occurrence, des électeurs de gauche votent massivement pour le camp présidentiel pour faire barrage au pire. C’est arrivé en 2017, et c’est arrivé en 2022. Les seconds tours secouent toujours les esprits, dans la mesure où il ne s’agit plus tant de voter pour faire gagner son camp politique, mais davantage de voter pour faire barrage, menant à des situations comme un NFP voué à buter contre un mur de majorité très relative ; et de son aspect très composite faisant que chez LFI, on se demande quand les autres formations du NFP trahiront, cette fois-ci.
          _
          « Cette présomption de nécessité n’existe pas » -> j’ai sans doute la mémoire courte, mais dans toute la campagne des Législatives, j’ai senti plein de gens se projeter déjà dans l’éventualité d’un gouvernement RN ; et pas juste à titre purement spéculatif ; Blast a produit plusieurs vidéos qui donnaient l’impression que c’était foutu et qu’on allait tout droit vers le fascisme. Jusqu’à la fin, la peur a dominé dans ces élections ; et la peur se fout totalement de toute tangibilité ; la peur rend toujours mentalement
          nécessaire son objet. On croit viscéralement que cette araignée va nous mordre, que les murs vont nous étouffer ou que quelqu’un que l’on n’arrive pas vraiment à identifier est à notre poursuite.

    • #54609 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      @FB, au « doigt mouillé » c’est certain. Mais beaucoup de débats politiques sur l’avenir sont au doigt mouillé. On peut même dire : tout débat purement politique sur l’avenir est au doigt mouillé. Il n’empêche que les effets qui s’en suivent mouillent plus que le doigt et ne pense pas que ces débats soient évitables. Cependant l’état actuel du système « représentatif » en accroît les conséquences, et les médias leur vacuité.
      .
      Lorsqu’il s’agit de jauger l’importance de freiner « en usant des institutions » les forces radicales de droite, je repense toujours à la fameuse « sécession sur l’Aventin » de 1924 en Italie. Le retrait parlementaire des forces opposées aux fascistes (à l’exception des communistes) en guise de protestation au moment de l’affaire Matteotti. Alors même que le parti fasciste était profondément secoué à cette période, ce champ libre qui leur est laissé à ce moment les relance complètement.

      Les autoritaires usent de toute la marge qu’on leur donne : les institutions et la police, plus que pour n’importe qui, c’est leur truc. Mais la question du vote barrage pose presque autant de problème qu’elle n’en résout. Pour ma part, je suis encore convaincu à l’heure qu’il est de ce presque.

      • #54611 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        et *je ne pense pas que ces débats soient évitables

        • #54617 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « Beaucoup de débats politiques sur l’avenir sont au doigt mouillé. » Pas beaucoup. Tous
          Est-on obligé de débattre sur l’avenir? Non. La politique a déjà bien assez à faire avec ce qui est, qui est observable, audible, constatable, et éventuellement modifiable par des actes. La matière de la politique c’est le présent, ou ce qui de l’avenir germe déjà.

          Les fascistes occupent l’institution et l’institution électorale? Ca ne m’a pas échappé. On peut même dire qu’ils sont chez eux dans l’institution, notamment l’institution électorale, et que par suite ce terrain n’est pas favorable aux forces d’en face.
          De ce constat je déduis donc l’inverse de toi : surtout ne pas leur disputer ce terrain, où ils sont rois, et que la gauche se dénature, s’avilit, voire se fascise à occuper.

          • #54619 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            Le problème est toujours le même : « surtout ne pas leur disputer ce terrain, où ils sont rois » est vrai mais pas sans limite. Une limite dont la justesse d’appréciation ne se vérifie qu’a posteriori. Passé un certain stade de contrôle de cette force agissante matérielle par excellence qu’est la Police (et des lois qui requièrent la Police, c’est à dire du législatif en général), les conditions même de possibilité d’un autre terrain sont en danger. Ou disons significativement plus en danger.
            .
            Dans sa dernière intervention à PDH, Lordon parle (encore et encore) de ça. Il surjoue sans doute le potentiel déluge totalitaire du RN, mais dans le fond, je crois qu’il voit juste.

            • #54648 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              J’avais le vague espoir que la démonstration de l’indigence du dispositif électoral avait été faite par ce dernier mois, où son hystérie à somme nulle à atteint des sommets
              Mais non.

              • #54656 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                C’est ce qui est désespérant, exaspérant d’ailleurs…

              • #54668 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                L’indigence du dispositif électoral a tout à fait été démontrée. Il y a juste des degrés d’indigence supérieurs. Et que tout ça relève d’une forme de prise d’otage affective, ça va de soi.

                Cela dit, la mollesse de mon vote égale celle de ton abstention voire la dépasse, puisque que je ne vote pas toujours. Et à la vitesse où les choses vont, il n’est pas entièrement impossible que je change d’avis en 2027. Je n’aimerais pas trop voir advenir la France dans laquelle je pourrais changer d’avis. Ça n’est pas exclu

              • #54673 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                « Mais non »
                Non mais allô quoi!

              • #54946 Répondre
                graindorge
                Invité

                F.B
                je crois qu’il ne s’agissait pas d’hystérie mais bien d’hystérisation. L’hystérie érigée en système utilisée par la Macronie, la droite dure. Et elle a mis le paquet. Pour preuve, c’est tombé comme un soufflé juste après les résultats.

          • #54622 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            J’ai appris un mot nouveau aujourd’hui: violences  » vicariantes. En Espagne ne sont comptabilisées que les violences machistes. Les violences contre une enfant, une mère, une sœur sont des assassinats mais pas contabilisés comme féminicides

            «  »…et ne pas oublier également de prendre en compte les violences vicariantes et infanticides, autre conséquence des violences machistes » dit par une camarade de Agissons Ensemble. L’Association « Féministes de Catalogne compte depuis janvier 2024 à hier 14 juillet 53 féminicides, le chiffre officiel qui ne compte que les conjointes: 21
             » Beaucoup à faire encore,même si l’Espagne est en avance dans cette lutte,par rapport au reste de l’Europe, en matière de budgets et lois.
            Malgré tout une femme qui dénonce n’est pas protégée.L’ordre d’éloignement ne fonctionne pas,car dans la plupart des féminicides, on constate qu’il existait.
            Ici,nous appelons ça du terrorisme machiste… »

            https://www.liberation.fr/societe/droits-des-femmes/les-violences-vicariantes-ou-quand-le-conjoint-utilise-les-enfants-comme-un-moyen-de-torture-contre-sa-femme-20240707_MO3WEV5Z2NFTJCRXT2ERNXWVSQ/

            Ya du boulot encore!

          • #54624 Répondre
            JeanMonnaie
            Invité

            Les fachos sont tellement chez eux l’institution électorale, qu’ils se mangent un barrage avec le reste du monde.

      • #54965 Répondre
        deleatur
        Invité

        Les automobiles à la chasse à courre
        Article suivant
        Ceux qui se déplacent sur pneus, à la chasse à courre, ne se distinguent pas seulement par leurs extrémités inférieures de ceux qui marchent en gros sabots … (ceux de leurs chevaux).

        Les rouleurs, victimes de l’aérodynamisme, accroupis dans leurs cages surbaissées, ne voient presque rien. Les autres, bien campés sur leur monture, ont tout loisir de jouir du paysage.

        Les rouleurs, habillés au gré de leur fantaisie, manquent complètement de tenue.

        Les cavaliers ont une belle tenue, la même dans chaque équipage. De loin, ils se ressemblent comme des frères. Les serviteurs sont aussi bien mis que les maîtres. Une seule différence : les hommes ont du galon ; les chefs sont sans grade. Le détail est à signaler ; car ceux qui ne savent pas pourraient bien, en voyant le piqueur galonné, le prendre pour le chef d’état-major.

        Du côté du beau sexe, il y a moins d’uniformité. Il existe deux catégories distinctes. Les cavalières montent à califourchon et portent la culotte. Les amazones sont empalées sur leur cavale et portent longue jupe à traîne et chapeau à cornes.

        Les automobilistes ne sont que des figurants, des accessoires sans utilité précise.

        Les cavaliers sont les auxiliaires de la meute. On peut ranger les automobilistes en trois catégories :

        Les uns sont très bien vus des veneurs. Ce sont les amis intimes, les suiveurs habituels, prévenants et prévoyants, dont les voitures sont de véritables buffets ambulants, pourvus de réconforts solides et liquides, fort appréciés après la randonnée-équestre.

        À Aulnay et à Ghizé, le plus grand succès était réservé au Pineau … Il ne s’agit pas d’un vin provenant du cépage qui porte ce nom. Le Pineau des Charentes est tout autre chose. Au moment des vendanges, vous prenez deux cents litres de jus de raisin non encore fermenté, et vous y ajoutez cent litres de Cognac. Vous pouvez diviser ou multiplier par dix selon vos besoins et vos disponibilités. Ce qui importe, c’est de respecter les proportions : deux tiers, un tiers, et de conserver en futaille. Le Pineau ne prend aucune qualité en bouteille. Mais, lorsqu’il a pris de l’âge en fût, c’est doux, c’est fruité, cela se boit facilement et produit des effets merveilleux.

        Deux dames avaient dégusté du Pineau pour la première fois de leur vie et lui avaient trouvé un goût de « revenez-y ». En rentrant de la chasse en auto, elles échangeaient leurs impressions. L’une disait : « C’est épouvantable ce qui s’est passé depuis ce matin … tous ces beaux chênes de l’allée ont été repiqués les racines en l’air. » L’autre répondait : « Je ne me rends pas bien compte … mais c’est bien possible … je ne vois même plus mes pieds. »

        Naturellement les chênes avaient encore les pieds en terre et la dame les pieds dans ses souliers. Simple effet d’optique dû au doux et généreux Pineau.

        La deuxième catégorie, la plus répandue, comprend les figurants raisonnables, sérieux et discrets. Ils sont sympathiques ; ils peuplent agréablement le paysage et créent une ambiance aimable. Au moment de la curée, ils constituent une galerie enthousiaste et admirative qui double la joie du maître d’équipage, heureux de voir tous ces gens satisfaits de la belle journée qu’il leur a procurée.

        La troisième espèce est celle des inaptes.

        Ah ! s’ils n’étaient qu’inaptes, il n’y aurait que demi-mal ! Mais ils sont des gêneurs antipathiques et des êtres néfastes.

        Sous prétexte que la chasse à courre est dénommée « chasse à courre, à cor et à cri », ils s’imaginent qu’il leur faut faire plus de bruit que les cors et que les chiens.

        Ils coupent en avant. Ils sont bavards et gueulards au possible.

        Lorsque le maître d’équipage s’aperçoit des méfaits de chiens qui coupent ou qui sont bavards, il a la ressource de les pendre. Il ne peut pas employer le même procédé expéditif et radical contre les rouleurs insupportables.

        Ils tiennent à se faire remarquer, à être les premiers partout et à faire la mouche du coche.

        Ils démarrent à chaque instant, piquent une pointe en hâte, pour revenir bien vite … et, si leur auto est immobile et silencieuse, leurs pieds et leur langue marchent sans arrêt.

        Ils veulent que nul n’ignore … que leurs accus sont toujours prêts … qu’ils ne regardent pas à la dépense et concourent pour la plus grande consommation d’essence … qu’ils virent de bord avec une dextérité sans égale … qu’ils éclaboussent piétons et cyclistes avec la plus grande désinvolture, que leurs freins, bien réglés, peuvent faire des arrêts pile !

        Certains as du volant et de l’accélérateur poussent même la bonne éducation et la virtuosité jusqu’à écraser des chiens de la meute.

        Nous les appelions parfois … des prétendants à la couronne de roi des encambronneurs …

        Parmi ces agités, atteints de la maladie de la bougeotte, il y a des novices, qui pas trop sots et pas trop orgueilleux, sont corrigibles.

        En voici un exemple typique et curieux. Sur une grande allée, il y avait nombreuse assistance pour y voir sauter le chevreuil.

        Survient une voiture inconnue, surmontée de deux couronnes mortuaires et d’où descend toute une famille vêtue de noir. De tels préparatifs funèbres n’avaient certainement pas été prémédités en prévision de la mort du chevreuil.

        En allant à un enterrement, les automobilistes s’étaient arrêtés … et voulaient voir.

        Le gros des spectateurs était massé, à mi-côte bien entendu ; car on n’enlèvera jamais de l’idée de certaines personnes qu’un chevreuil passe nécessairement à mi-côte. L’animal se serait peut-être conformé à cette tradition … mais il y avait trop de bruit à cet endroit-là ! …

        Je m’étais isolé dans le vallon. Le chef de la famille éplorée m’aborde très poliment et me dit :

        — Nous voudrions bien voir … et nous sommes pressés … que faut-il faire pour voir ?

        — Vous tenir bien tranquilles sans parler … le chevreuil, effrayé par le vacarme d’en haut, pourrait bien sauter ici.

        En effet, quelques minutes plus tard, l’animal traversait l’allée devant nous.

        Toute cette famille, qui allait bientôt avoir des airs d’enterrement, avait la mine réjouie. Le chef de famille me dit :

        — je vous remercie bien. Maintenant j’ai compris.

        Il en est d’autres qui ne comprendront jamais et qui sont totalement inguérissables.

        Un jour, nous avons pu jouer un bon tour à quelques inaptes néfastes de ce genre.

        Deux ou trois voitures inconnues avaient déversé sur le terrain de chasse toute une bande de beaux messieurs et de belles madames, jeunes, fringants, frétillants, élégants et tumultueux. Aucun d’eux ou d’elles ne semblait menacé d’être étouffé par la discrétion et la modestie.

        Tous de vrais, de sérieux, de légitimes prétendants à la couronne.

        Ils assommaient tout le monde.

        Comment les mettre hors d’état de nuire ? J’avais songé à un plan de campagne. Encore fallait-il trouver le moment et le lieu favorables !

        Le hasard nous a servi.

        Ce jour-là, comme presque toujours, j’avais, derrière ma voiture, celle de Maurice Hennessy, conduite par son chauffeur : Edmond le Philosophe.

        Lorsqu’il promenait des membres de la famille ou des invités du maître d’équipage, il avait souvent la mission de me suivre. Lorsqu’il était seul, il se donnait la même consigne, car il avait la chasse à courre en horreur et n’aurait pas voulu se fatiguer l’esprit une seconde pour savoir où il fallait aller. Alors, il se préparait une excellente excuse. Dans le cas où il ne se serait pas trouvé à la prise pour recueillir le maître et la maîtresse d’équipage à leur descente de cheval, il aurait simplement dit : « Ce n’est pas de ma faute. J’ai suivi M. Daubigné ».

        La chasse se dirigeait bon train vers une croisée, à laquelle on pouvait accéder par un raccourci carrossable, mais assez étroit et bordé de deux fossés profonds, interdisant tout changement de direction sur place.

        J’annonce ostensiblement à Edmond : « La chasse va à la Croisée … Nous allons prendre le raccourci. Suivez-moi ! »

        Profitant de ce renseignement précieux, les prétendants sautent en voiture et suivent au plus près.

        Arrivé à quelques centaines de mètres de la Croisée, je m’arrête bien sur ma droite, Edmond, à qui j’avais fait le mot, s’arrête à ma gauche et à ma hauteur.

        Ça y était ! Les prétendants étaient pris comme des rats. Route complètement barrée devant et derrière eux, par toute une file de suiveurs enchantés de les voir immobilisés.

        Et pour un bon moment, car, abandonnant nos autos en stationnement, nous avons suivi le plus longtemps possible à pied.

        Les qualités premières de l’automobiliste à la chasse à courre sont la discrétion et la correction. Il ne doit pas se dire : « T’es dans la rue, t’es chez toi ! »

        Il n’est là qu’en spectateur. Il ne doit ni gêner les chiens, ni gêner les veneurs et les autres suiveurs. Il doit savoir : les chiens d’abord, puis les maîtres, les piqueurs et les veneurs, et en dernier lieu les suiveurs, qui sont mieux inspirés à se faire supporter ou oublier qu’à se faire remarquer.

        En voulant faire les importants, ils ne sont que des importuns honnis de tous.

        Paul DAUBIGNÉ.
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        Les tigres de l’année Canh-Dan
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        Les tigres ont fait cette année leur apparition dans la province de Baria d’une façon tout à fait anormale, ce qui a provoqué des commentaires les plus divers. D’aucuns voient dans cette présence l’annonce d’une année favorable ; d’autres, au contraire, croient à un mauvais présage. On se perd en conjectures sur cette divergence de vues, mais ce qu’il y a de certain, c’est que, dans l’espace de deux semaines, une demi-douzaine de tigres se sont montrés un peu partout dans la province de Baria.

        Quelques jours, en effet, avant le Têt (1), deux tigres rôdaient au village de Long-Huöng, poussant des cris toutes les nuits, sans pourtant faire de mal ni aux hommes, ni aux animaux domestiques. La nuit du Giao-thüa (16 à 17 février), un tigre est venu se coucher au pied de la tour de garde de Cây-khé sur la route du Cap à Baria. Les caodaïstes qui occupaient cette tour n’ont pas voulu attenter à la vie de cet animal en un jour si solennel et le laissèrent partir tranquillement. Le 10 mars 1950, deux caodaïstes de la tour de Cây-Cây sur la route de Baria à Long-Kiên, attirés par les cris des gardiens des bœufs, accoururent et se trouvèrent en présence d’une tigresse qui, à leur vue, sautait sur eux.

        Aussi excellent soldat que bon chasseur, un des caodaïstes lâcha un coup de mousqueton qui frappa l’animal en plein front. Gravement blessé, mais en un dernier soubresaut, le fauve se leva sur ses pattes de derrière et allait sauter sur le premier tireur, quand le second le coucha raide mort d’une balle brisant la colonne vertébrale. À cinq heures du soir, la tigresse fut ramenée au poste caodaïste de Long-Huöng. De là, elle fut transportée dans le parc de l’hôtel du chef de province. À cette nouvelle, une foule énorme accourut sur le lieu, pendant que les photographes se disputaient pour prendre des vues de l’animal sous tous les angles. Comme la croyance veut que la chair du tigre soit très efficace contre l’asthme, la gale et d’autres maladies cutanées, tout le fauve, sauf les os, fut enlevé en un clin d’œil. Les Français eux-mêmes qui ont assisté au dépeçage se firent une curiosité et un plaisir d’en demander un morceau pour le bifteck du soir. Plus tard, quand ils retourneront en France, ils pourront sans doute dire à leurs compatriotes : « Nous avons mangé du tigre à Baria, au Sud-Vietnam. » Ils se feront ainsi admirer par ceux qui, à Paris ou ailleurs, n’ont vu le tigre que dans les images ou au jardin zoologique !

        Je ne sais pas si ce que je vais raconter ci-après est une légende ou un fait vécu, mais les notables et les habitants du village de Phu-My, sur la route de Baria-Bien-Hà par Long-Thành, m’ont affirmé comme authentique le fait suivant en raison du culte inspiré aux villageois par la majesté du tigre.

        Les notables de ce village offraient tous les ans au roi de la forêt le titre de Daï-Huöng-Çâ (2), en un brevet sanctionnant ce titre en bonne et due forme. Avec ce brevet, une tête de cochon rôtie était offerte, et le tout déposé dans un endroit déterminé ; puis les notables se retiraient. Le lendemain le brevet et la tête de cochon rôtie étaient enlevés. On admit que c’était le tigre qui était venu la nuit en prendre possession, car l’année suivante la même cérémonie recommença, au même endroit ; le récipiendaire rapporta l’ancien brevet conservé intact et prit en échange le nouveau mis là par les mêmes notables.

        Pour ma part, quand j’étais à Phu-My comme exploitant forestier, je n’ai pas assisté à pareille scène. Les notables et habitants que j’ai interrogés m’ont confirmé l’exactitude de la délivrance et de la remise du brevet au tigre, mais il ne se nomme pas Daï-Huöng-Çâ. C’est, objectent-ils, peut-être parce que c’est nous qui n’avons pas continué à décerner ledit brevet.

        Nguyen VAN LANG.
        (1) Têt : premier jour de l’an vietnamien.
        (2) Daï-Huöng-Çà : président du Conseil des notables.

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        Mon ami le lapin
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        et ses ennemis.
        Chacun le sait : dans la guerre multiséculaire de l’homme et du lapin, « c’est le lapin qui a commencé ».

        Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Celle de mon ami n’est pas bonne. Cela date de loin. Voici deux mille ans, les Romains assiégeaient Tarragone. Désespérant de l’enlever, tant les remparts en étaient forts, ils usèrent d’un stratagème et lâchèrent des lapins dans les fossés de la ville. Ceux-ci creusèrent d’innombrables terriers, minèrent les fondations tant et si bien qu’ils ébranlèrent les murailles et qu’en trois coups de baliste (la bombe atomique de l’époque) les artilleurs romains en firent une salade de pierres. Par la brèche, la légion se rua, conquit la forteresse et passa tous les Tarragonais au fil de l’épée. L’Histoire ne dit pas ce que les légionnaires firent des Tarragonaises, mais il paraîtrait qu’elles ne goûtèrent pas la plaisanterie et en gardèrent une dent au lapin. Quand les dames vous ont une dent, gare à votre réputation. Celle de Jeannot date de là, elle est garantie bon teint.

        — Vous voyez, c’est bien cela, me dit un propriétaire d’étangs. Ces gaillards-là creusent partout ; les miens m’ont percé mes chaussées, l’eau s’en va comme d’une passoire.

        — Bagatelle, mon bon ami, bagatelle ! tant pis si cet été vos carpes ont soif, allez-vous pour si peu ruiner les fondements de la discipline et de la Patrie : Rome a mobilisé le lapin comme sapeur mineur du Génie, il n’avait plus qu’à faire son devoir. Il l’a fait, honneur à ce brave.

        — Ignoreriez-vous, m’apprend un autre, que le lapin soit un danger public pour l’agriculture. Il n’existait pas en Australie ; un imprudent — un chasseur comme vous sans doute — en introduisit quelques couples ; ils pullulèrent, envahirent les cultures, les ravagèrent et devinrent un véritable fléau. Un savant a calculé sa vitesse de multiplication (les savants savent tout mettre en chiffres), c’est effarant : à trois portées cela fait 36 la première année ; 1.296 la seconde ; 46.656 la troisième ; un million 700.000 la quatrième. À la sixième, cela fait 2 milliards, de quoi faire dresser les cheveux sur la tête.

        — Arrêtez, arrêtez ! avec vos chiffres, c’est à la pauvre mienne que vous allez donner le tournis.

        — C’est possible, monsieur, mais cela n’empêche qu’à cette vitesse ils dévoreront tout là-bas : l’herbe, les acacias, les pieds de choux, les baobabs, les indigènes, les kangourous et les crocodiles ! Croyez-moi, c’est un animal nuisible, dangereux, féroce, un péril national ! Pour en préserver la France, ce n’est pas trop des chiens, des lois, des bourses, des lieutenants de louveterie, du fly-tox ! Ne parlez pas d’en protéger la race, ils vous mangeraient tout : vos chênes, vos boeufs, vos blés, le barbelé de vos parcages peut-être, et qui sait quoi !

        Tout cela, c’est vrai; mais la vie ne se met pas en équations savantes et bien des dangers menacent petit lapineau avant qu’il ne soit grand. Tout a fini par l’exportation du lapin australien en frigo. L’Australie ne deviendra pas un paysage lunaire, et notre doux pays n’a jamais risqué de le devenir. Son gibier n’est pas près de le dévorer.

        Je voudrais exposer ici le point de vue du petit chasseur, du modeste sociétaire d’une commune rurale où il n’y a plus grand’ chose et pour qui un lapin au carnier constitue une aubaine.

        Il faut voir les choses telles qu’elles sont et non telles que l’on voudrait qu’elles fussent. La réalité, c’est que la France se vide de gibier. À moins d’une profonde réforme improbable — impensable même, — elle se videra de plus en plus. Le mal n’est pas récent, l’histoire de la chasse chez nous est celle d’une longue déchéance. Rappelons-nous qu’il y a deux mille ans l’on chassait l’auroch à la Plaine Saint-Denis, nos arrière-grands-pères y tiraient encore la perdrix, l’on n’y chasse même plus le moineau. La déchéance en est arrivée à la période ultime : l’agonie. Rien n’y changera rien : deux millions de fusils, tout est dit. Les deux gibiers qui traditionnellement faisaient le fond du tableau, le lièvre et le perdreau, disparaissent lentement, mais inexorablement. Déjà Tartarin poursuivait en vain le lièvre des Alpilles, l’unique, que l’on avait baptisé « lou Rapide ». Petit à petit, la France ne sera plus qu’une vaste Alpille. Dans ma commune, voici trente ans, en septembre, je tuais au chien d’arrêt une demi-douzaine de lièvres, sans jamais les chercher, rien qu’en suivant les perdreaux. À présent, au chien courant, il faut toute la saison d’un chasseur honorable pour ne pas arriver à ce nombre. Il en est de même de la perdrix. Que reste-t-il des compagnies d’il y a trente ans ? En reste-t-il le tiers ? J’en doute. Que l’on ne se réjouisse pas trop vite du petit renouveau constaté depuis deux ans, il n’est dû qu’à des circonstances climatériques exceptionnellement favorables. Que reviennent deux ou trois mauvais hivers, une recrudescence de doryphores et d’arséniates, la chute verticale reprendra.

        Si nous ne voulons pas être réduits au gibier de passage (dont sont dépourvues d’ailleurs de vastes régions), il faudra faire un large appel au seul gibier susceptible de repeupler vite, si on l’y aide, et d’être propagé à un prix modéré, accessible aux budgets des associations communales : le lapin. Pour cela il faudra combattre bien des préjugés et d’abord obtenir sa radiation de la liste des animaux nuisibles. Soyons tranquilles, sur nos territoires communaux, hérissés de fusils, il ne risque pas d’être jamais le péril national dénoncé par ses ennemis.

        Car notre gentil Jeannot, si mignon dans sa robe de bure, si vif en ses galipettes, et dont les sauts fantasques égaient nos prairies et la lisière des bois, ce sauveur providentiel de la bredouille aux jours d’arrière-saison, a de mortels ennemis, sans compter le furet, le renard, les chats errants et les braconniers. Sont ligués contre lui les forestiers, les snobs, et certains riverains qui vivent grassement de ses dégâts. Leurs efforts conjugués ont réussi à le faire classer animal nuisible, voué à la destruction, ce qui, je ne crains pas de l’affirmer, est une hérésie pour les 95/100 de la France.

        Il serait bien long de traiter du scandale légal que constitue l’exploitation juridique des dégâts de lapins, il y faudrait tout un article. Je ne prétends pas qu’en certaines régions les lapins de très belles chasses gardées soient irréprochables. Mais ce n’est que pour le propriétaire qu’ils sont une catastrophe. Pour les riverains, ils constituent une manne céleste, la jurisprudence leur allouant volontiers dix fois plus d’indemnités que la meilleure des récoltes ne leur aurait valu de bénéfices. Et pourtant ces riverains prétendent ameuter l’opinion. Illogisme de l’espèce humaine … J’ai vu maints endroits où le lapin pullulait sans être pour cela le fléau que l’on prétend. Je citais voici deux mois la chasse de la Clairière, où il s’en est tué 2.053 sur 370 hectares (en attendant les 3.000 l’hiver prochain). Si l’on croyait les détracteurs, rien ne devrait pouvoir y pousser. Eh bien ! Je souhaite à mes lecteurs terriens d’engranger et d’ensiler d’aussi belles récoltes de betteraves et de blé qu’à la Clairière. Je chassais autrefois au Mas du Rayon, en un de ces coins de Crau irriguée où les foins poussent avec une luxuriance à rendre la Normandie jalouse. On y faisait trois grosses coupes à l’année, réservant la quatrième sur pied pour hiverner les grands troupeaux de moutons qui, l’automne venu, descendent des alpages. Dans les grosses haies de grands platanes, les lapins pullulaient autant qu’en septembre les moustiques dans les eaux des roubines — et c’est quelque chose, je vous prie de le croire. Eh bien ! malgré leur nombre, ils ne nuisaient guère au résultat des coupes.

        Je m’excuse envers le corps des Eaux et Forêts, que j’estime très haut, de me permettre à son égard une flèche légère. Le forestier aime sa forêt et n’aime pas mon ami, il lui reproche de trop fréquenter ses pépinières et d’y savourer volontiers les pointes des bourgeons naissants — serait-ce un crime d’aimer ce qui est bon ? le forestier se prive-t-il des tendres pointes d’asperges ? Je crains qu’il n’y ait là un beau cas de déformation professionnelle. À qui fera-t-on croire que le lapin compromette l’avenir de la forêt quand on le voit faire si bon ménage avec les futaies magnifiques de l’Île-de-France et les taillis de partout ? D’ailleurs les quincailliers ne demandent qu’à vendre leur grillage pour enclore les pépinières ; nous autres, pauvres contribuables, nous paierons, nous avons l’habitude. Ce qui est grave dans le cas du forestier, c’est qu’il a l’oreille du ministre de l’Agriculture ; d’un trait de plume, il peut faire du lapin un hors-la-loi. Pourtant, lui qui aime sa forêt, qu’il songe à ce qu’elle serait sans la vie qui l’anime, rien d’autre qu’un corps sans âme, un beau cadre vide. Tant de nos futaies de France, veuves de leur grand gibier disparu, n’ont plus que Jeannot pour les animer ! Qu’on nous laisse la joie de voir sa houppette blanche cabrioler parfois au détour d’un sentier !

        Il y a le snob aussi … Il n’existe pas sur terre un seul animal qui soit spécifiquement nuisible, ou intégralement utile. La buse qui emporte aujourd’hui un poulet dans ses serres les refermera demain sur la vipère immonde qui se chauffait au soleil. Le snob est comme la buse : il nuit au lapin par la réputation méprisante qu’il lui crée, il laisse tomber d’une lèvre dédaigneuse : « Hier, chez Untel ? quel coup de rasoir, mon cher, il a du lapin partout, j’en ai fait quatre-vingts, j’en étais écœuré. » J’ai vu naître cette forme du zazouisme, voici un demi-siècle elle existait à peine. Si l’on s’était amusé, on l’avouait franchement :« Hier, chez Untel ? ah ! la belle journée, j’ai fait quatre-vingts lapins, il en sortait de partout. » L’honnête chasseur rural, qui fusille un lapin devant son corniaud et rentre le soir tout content de rapporter un civet, ne saurait tomber dans ce travers, il ne se représente même pas qu’il puisse exister : c’est un travers d’ami de riche. Le snob est tenu de choisir ses relations parmi les possesseurs de l’énorme fortune nécessaire pour payer gardes, terrains de chasse, rabatteurs, élevage, impôts, dégâts — tout cela fait très gros. Mais il faut tout cela pour qu’il puisse « se donner des airs » et débiner le massacre de lapins offerts à son fusil.

        Certes il est plus flatteur de descendre un faisan de battue volant haut et raide, et qui s’abat dans un éblouissement de plumes, que d’assassiner la petite boule grise qui ruse devant le rabat avant de sauter le layon. Je reconnais que, pour envoyer une jolie bourriche chez des gens à qui l’on doit une politesse, mieux vaut en laisser dépasser une longue queue mordorée que d’y enfermer la fourrure malodorante de lapins qui, au déballer, pueront déjà le fauve. N’importe, le lapin a du bon, même pour la cuisine. Si vous n’êtes pas snob, essayez donc sur lui quelque recette de Fingosier, vous vous en sucerez les doigts : faute de grives, on mange des merles. Le suprême de sole dieppoise est chose exquise; serait-ce une raison pour faire fi d’une friture de goujons croustillants ? J’apprécie fort une bécasse flambée à l’armagnac appuyée d’un vieux corton, mais je ne méprise pas pour autant une vaste frottée d’ail arrosée d’un coup de rouge. Et le bon roy Henri, s’il revenait, me donnerait raison. Alors n’est-ce pas, mon brave monsieur du Zazou, quand vous aurez tué quatre-vingts lapins, ne cherchez pas à nous épater en racontant que vous vous êtes mortellement rasé.

        D’autant que vous êtes comme la buse et que vous avez votre bon côté d’animal bienfaisant. Nulle part, plus que dans les tirés où vous sévissez, il n’y a davantage de lapins : ils y sont à la surabondance ; il le faut pour vous permettre de jouer au blasé. Au fond, vous êtes le plus grand multiplicateur du lapin et, tout bien pesé, vous êtes un animal utile. Seulement, soyez simple, quittez vos grands airs de snobisme, et, si les battues de lapin vous ennuient tant, eh bien ! n’y allez pas, restez tranquillement chez vous, dans un bon fauteuil, en lisant un bon livre.

        À propos de livres, il m’en a été offert un récemment que, sur la foi de son titre, de sa couverture et de sa publicité, l’on avait pris pour un livre de chasse. Ce n’en est pas un ; l’auteur, un « fusil », un très grand fusil, avertit lui-même de ce qu’il a voulu plutôt ajouter une annexe au Bottin mondain. Il l’a fait du reste de main de maître, de façon extrêmement amusante, bourrée de finesse et d’anecdotes. Si ses souvenirs vous tombent sous la main, lisez-les, vous en sortirez, comme moi, ravi d’avoir été voisin de battue de tant de rois, d’altesses, de poules de luxe, de ministres, de financiers véreux, de couturiers, de princesses, de pique-assiettes, et d’avoir en si noble compagnie décroché tant de faisans. Mais où diable l’auteur a-t-il péché l’idée saugrenue de parler si mal de mon ami « le lapin, cette vermine, que l’on devrait détruire aux gaz, comme les rats » ?

        Voyons, mon camarade, voici trente-cinq ans, lorsque je peinais sur ma selle dans les boues du Vardar ou les monts de Serbie, et que vous vous envoliez de Topçin ou de Bresnica, je voyais au ciel de gloire vos ailes lancées à la rencontre des avions à croix noire. Vous ne parliez pas de les détruire aux gaz, c’est à la mitrailleuse, visage découvert, que vous les attaquiez. Ces oiseaux-là, pourtant, c’était pire vermine que des rats de tranchées, alors pourquoi traiteriez-vous moins bien de gentils lapineaux qui ne vous ont jamais fait de mal. Au fond, en écrivant votre fameuse phrase, ne vous seriez-vous pas amusé à mystifier vos inviteurs d’antan, et n’auriez-vous pas voulu rire des jobards qui mordraient à l’hameçon de votre galéjade ?

        Non, ce n’est pas aux gaz, ni même aux bourses — arme de malfaiteurs, — c’est au fusil, loyalement, que nous traiterons Jeannot. Lorsqu’en arrière-saison les perdrix seront devenues inabordables sur les terres dépouillées, que dans les grands bois les lièvres se seront faits rares, c’est lui qui nous réjouira par sa menée devant les bassicauts, ses ruses dans la bande épaisse, ses pointes dans les taillis dorés d’automne, jusqu’à l’instant du coup de fusil final — à moins que, narquois, il ne nous ait rien permis d’entrevoir qu’un petit derrière blanc s’engouffrant au terrier, et montré que dans la guerre multiséculaire de l’homme et du lapin il venait une fois de plus de gagner la manche.

        Albert GANEVAL.
        Rectification.
        — Une erreur d’impression m’a fait dire dans mon article de septembre : « Repeuplement », qu’à la Clairière il se tuait 1.053 lapins sur 370 hectares. Il fallait lire 2.053. Les lecteurs qui ont repris mon calcul auront rectifié d’eux-mêmes.

        A. G.

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        • #55070 Répondre
          JÔrage (aka deleatur)
          Invité

          FuckingFreeStyle ne sait plus où donner de la tête ? Qui ça ? Pas lui, l’autre !!
          Ugh !

          • #55073 Répondre
            deleatur
            Invité

            Très franchement c’est pas dit que ça plaise à François de te voir nourrir le troll. Je peux me tromper hein, peut être que ça le fait marrer, mais j’ai des doutes.

    • #54677 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Blanche Gardin chez Parole d’Honneur ce soir. Je m’attendais pas à ce crossover mais on va regarder avec intérêt.

      • #54683 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Grande humoriste, fan de Louis CK, actrice chez Bruno Dumont, et attentive à la pensée décoloniale. Existe-t-il un être humain plus complet ?

        • #54713 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Sans oublier l’affiche partagée avec Houellebecq.

    • #54799 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54800 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54801 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54802 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54803 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54804 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54805 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54807 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54808 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #54809 Répondre
      deleatur
      Invité
    • #55104 Répondre
      MacLovin’
      Invité

      Ce forum des enfers vrmt je vais faire comme si j’avais rien vu et retourner sur Twitter comparativement c’est paisible tt compte fait

    • #55107 Répondre
      maelstrom
      Invité

      pourquoi deleatur et jôrage cherche a saboter chaque topic en trollant ?

      • #55108 Répondre
        maelstrom
        Invité

        déja que le forum était très bas je pensais pas qu’il pouvait baisser encore plus dans la stupidité et l’immaturité

    • #55109 Répondre
      Jeanmonnaie
      Invité

      Demi habile qui est juste une sale con mais qui essaye de justifier ses débilités par sa maladie VS deleatur narcissique autoritaire qui veut dominer demi habile.
      Voilà les bases de cette belle histoire.

      • #55110 Répondre
        maelstrom
        Invité

        tu est plus un problème pour ce serveur qu’eux

        • #55111 Répondre
          Jeanmonnaie
          Invité

          Mon problème est être de droite.
          C’est pire pour un gauchiste que d’avoir un forum inutilisable.
          J’avais compris t’inquiète.

          • #55112 Répondre
            maelstrom
            Invité

            non ton problème c’est d’être un connard

            • #55113 Répondre
              Jeanmonnaie
              Invité

              Tu ne trouveras aucun exemple pour le démontrer.
              Le péché originel du forum. L’ARGUMENTATiON.

              • #55122 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Nous argumenterons à l’envi au café A la renaissance, en fin d’été. Des nouvelles de ton ami? Sa réponse tarde.

                • #55128 Répondre
                  Jeanmonnaie
                  Invité

                  Je viendrai avec lui ou pas. Je lui ai demandé une reponse pour la fin juillet.

                  • #55184 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Heureux de voir que j’ai affaire à des gens réfléchis, qui prennent trois semaines pour statuer sur une présence à un rv. Bravo. Sus à la précipitation.
                    Nous saurons donc fin juillet si ce monsieur sera là fin aout.

                    • #55189 Répondre
                      JeanMonnaie
                      Invité

                      Tu ne devrais pas chercher la petite bête. Il habite dans le sud. Tu comprends qu’il faut un minimum d’organisation pour qu’il puisse venir. Certes, il est psychorigide et a besoin de toujours tout organiser pour prendre une décision, mais celle-ci est valable. Dans tous les cas, on se voit en septembre. Je serai le premier à écouter tes arguments marteaux pour justifier de vive voix tes positions dont j’attends toujours l’ébauche d’une réponse. C’est une occasion que je ne souhaite pas rater.

                      • #55192 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je ne cherche pas la petite bête. Je ne comprends pas bien pourquoi tu tiens tant à compliquer la logistique d’un rv déjà pas aisée – la logistique- en conviant un individu visiblement peu réactif, éloignée géographiquement, et qui plus est psychorigide.
                        Mais faisons comme ça.

                      • #55203 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Pour deux raisons logiques, notre plan initial reste valide. Premièrement, j’ai dit dès le début que nous nous rencontrerions en septembre. Par conséquent, que cet ami me confirme sa venue ou non à la fin juillet ne change rien à notre agenda. Deuxièmement, lorsque l’on t’a demandé quel sujet tu aimerais aborder si tu rencontrais Macron (ou Sarkozy), tu avais répondu : la littérature. Cela montre que, comme ce forum le confirme, tu n’as pas une appétence particulière pour la politique ; c’est quelque chose que tu aimes observer de loin, pour te divertir. D’un point de vue marxiste, cela se comprend pour des raisons matérialistes.

                        Je pense qu’il est préférable d’ouvrir au maximum nos sujets de discussion et de ne pas nous limiter à mes obsessions ou à des sujets aussi terre à terre que la politique de droite et la vie des vraies gens. Tu es avant tout un littéraire et un homme de concepts. Je n’ai aucun doute que tu ne partages pas ce point de vue que tu trouveras trop étriqué, mais dans tous les cas, il est toujours mieux que deux personnes se complètent pour échanger. Moi-même, j’aimerais un jour découvrir une large palette de penseurs de gauche.

                      • #55277 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Tu dépêches un ami pour qu’il m’entretienne sur la littérature?
                        C’est bien gentil de ta part, mais d’une je n’ai rien demandé, de deux cela va singulièrement embrouiller l’échange général, de trois je ne vois pas l’intérêt que trouvera l’individu du Sud à parler littérature avec moi ( à moins qu’il ait d’urgentes questions à me poser sur mon oeuvre qu’il a, n’en doutons pas, dévorée)
                        Une info de la vraie vie : un littéraire, c’est quelqu’un qui s’accoutume très tot à très rarement parler de littérature, vu la rareté des gens qui s’y intéressent. Dès lors, quand bien même il mettrait la littérature au dessus de tout, il lui arrive beaucoup plus fréquemment de parler de foot, de politique, de cinéma, de cul, de jardinage, de la naissance d’un neveu, etc. Il ne me choquerait donc aucunement que ce jour prochain de septembre, il ne soit question que de politique, et même douze heures durant (j’ai fait bien plus long dans ma vie- et à ce propos je ne m’attarde pas sur ton idiot décret que la politique ne m’intéresse pas, à laquelle j’ai consacré au moins trois livres, de nombreux entretiens et conférences, et maintes discussions ici, etc)
                        En somme : si l’individu du Sud fait l’effort démentiel de traverser le pays pour égayer de littérature cette prochaine discussion, je crois qu’il peut s’épargner ledit effort.

                      • #55194 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Et en échange tu fous le camp?

                      • #55198 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        C’est déjà dealé. En échange il fout le camp.

                      • #55205 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Évidemment, Charles, je vous laisse avec votre grand penseur Chapoutot, vos chasses aux nazis du dimanche, et vos gloses sur la fausse gauche qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la vraie. On aura largement fait le tour. D’ailleurs, je me permets de te laisser mon mail pour le jour où ton gosse se fera agresser, afin que tu m’écrives comment s’est passé ton coming out de droite. On préfère souvent mourir avec ses idées plutôt que de se remettre en question, et cela est vrai dans une société pacifiée ou quand on n’a pas d’enfants. Nous, on se retrouve en 2030 dans tous les cas.

                      • #55212 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        « D’ailleurs, je me permets de te laisser mon mail pour le jour où ton gosse se fera agresser, afin que tu m’écrives comment s’est passé ton coming out de droite. »
                        .
                        Un jour je me suis fait dépouiller de mon joli téléphone tout neuf en bas de chez moi par un crétin qui justifiait sa connerie par le fait que mes arrières arrières arrières grands parents avaient réduit les siens en esclavage et jamais ça ne m’est venu à l’idée de devenir un nazillon. Et c’est normal hein, c’est être aussi con que ce type de mettre tout le monde dans le même sac à cause d’un abruti qui ne sait pas se tenir.

                      • #55214 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        JeanMonnaie devrait exprimer de manière moins alambiquée ce qu’il souhaite vraiment à Charles pour qu’il prenne enfin conscience de son incurie politique.

    • #55210 Répondre
      MacLovin’
      Invité

      Incroyable cette logique qui voudrait que te faire agresser:
      1/ Soit le fait d’un Arabe ou d’un noir
      2/ Te rende raciste automatiquement

      Si on suit cette logique, plein de jeunes bourgeois incestés par leurs grand frères/cousins/parents devraient devenir de gauche.

    • #55292 Répondre
      deleatur
      Invité

      upinou

    • #55469 Répondre
      phasmes
      Invité

      UP

    • #55762 Répondre
      Viscontigre
      Invité

      Reup

      • #56261 Répondre
        Florent
        Invité

        quadruple salto

Vous lisez 49 fils de discussion
Répondre à : Répondre #50849 dans Forum – chapitre X
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