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Charles
InvitéJe suis arrivé ici il y a quelques jours et j’ai appris assez vite que j’étais un Faux Charles.
Je ne connaissais pas l’existence d’un autre Charles sur ce forum. Je n’avais aucune intention d’usurper quoi que ce soit. Pourtant, avant même d’avoir eu le temps de comprendre les codes du lieu, j’étais déjà devenu un personnage prévisible : un nouveau, un faux, un cas déjà vu.
Sur le moment, cela m’a amusé. Puis cela m’a fait réfléchir.En parcourant les différents topics, j’ai eu l’impression étrange que beaucoup de choses étaient immédiatement reconnues et classées : certaines objections, certaines postures, certaines manières de parler.
Je me suis alors demandé si mes propres réactions n’étaient pas elles aussi largement prévisibles. Peut-être me croyais-je original alors que je rejouais simplement des formes déjà vues mille fois.
Cela m’amène à une question plus générale.Lorsque j’écris quelque chose que je crois personnel ou original, suis-je en train de produire une pensée singulière ou simplement d’actualiser des formes de pensée déjà présentes dans le langage, dans mon milieu, dans ma trajectoire ?
Je croyais volontiers que l’être humain possédait quelque chose d’assez singulier, presque irréductible, et que les machines étaient, elles, mécaniques. Mais depuis quelque temps, du moins dans ce qui peut se formuler par le langage, je me demande si nous ne sommes pas nous-mêmes beaucoup plus mécaniques que nous aimons le croire.
Autrement dit : suis-je vraiment l’auteur de ce que je crois être ma pensée ?
NB : Ce texte a été discuté et retravaillé avec ChatGPT. Je ne le précise ni pour me donner une autorité supplémentaire ni pour m’en défausser, mais parce que cela fait partie de ma question.
Je découvre avec un certain vertige que je n’ai jamais autant eu le sentiment de pouvoir affiner ma propre pensée que depuis que je la travaille avec une machine.
Ce constat me trouble. Il m’oblige à me demander ce qui, dans les pensées que je peux formuler, est véritablement « mien ».
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Ostros
InvitéBonjour Charles,
Ce témoignage fait du bien. Tu n’es pas le premier à qui c’est arrivé. Je m’appelle Samuel et j’ai débarqué sur ce forum il y a quelques temps. J’ai tout d’abord naïvement utilisé mon prénom en guise de pseudo mais j’ai été immédiatement été amalgamé à je ne sais qui de malfaisant et été boycotté par une partie des habitués de ce forum. J’ai donc décidé d’utiliser mon surnom, Ostros (on m’appelle ainsi depuis tout petit car mon nom est Ostrossanand), mais ce choix m’a à nouveau valu l’opprobre car le pseudo était, me disait on, « déjà pris ». J’etais donc un « usurpateur », pas de place pour deux Ostros ici. Heureusement, nous avons fini par trouver un accord avec l’autre Ostros, qui m’a permis d’utiliser ce pseudo à ma guise. Mais à présent un troll a récupéré ce pseudo et se fait passer pour l’ancien Ostros. Je me sens en quelque sorte dépositaire de la défense d’un Ostros authentique. Car qu’est ce qu’Ostros en vérité ? Comment définir ce qui dépasse aujourd’hui la simple appelation pour redéfinir notre rapport au langage, à la vérité et au sensible? Qui est Ostros, qui le fut et qui le sera ?
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Samuel_Belkekett
InvitéOstrossanand ??!!?!
Peux mieux faire.-
Ostros
InvitéSavez-vous qu’il existe la communauté des Ostros ? C’est une association loi 1901 que j’ai cocréée avec un autre ami Ostros. A présent nous sommes 3408 sur l’Europe méridionale.
Pour être accepté dans la communauté nous partons du fait que notre diminutif Ostros, provient effectivement de notre nom trop lourd ou trop long à porter et peu commode à dire. Le mien est Ostroshère, mon prénom est Annie et celui de mon associé à l’association est Marc Ostrospalœuf. Notre trésorier s’appelle Philippe Ostrosophe, que nous appelons parfois Phil Ostrosophe. Nous avons en Grèce un Christos Ostroslopoulos, en Italie une Gina Ostroslio d’oliva, et en Espagne un Antonio Ostrosdel Toro. J’aimerais beaucoup que les Ostros de ce forum, s’ils ou elles sont intéressé(e)s, me disent s’ils connaissent cette communauté ou s’ils/elles veulent de plus amples informations ?
Merci. Et force à tous et toutes les Ostros.
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Charles
InvitéMerci Samuel, je me sens moins seul maintenant.
Je t’envie un peu, car j’aimerais bien faire moi aussi partie de la communauté des Ostros. Mais comment faire?-
Shiva
InvitéIl te suffit de rejoindre la communauté des joueurs de Super Mario Bros et Super Mario Bros 2
https://mario.fandom.com/fr/wiki/Ostro -
Graindorge
InvitéPour la communauté des Ostros je ne sais pas mais pour celles des fans de senor Bégaudeau il suffit de l’encenser du matin au soir en espérant recevoir un retour méprisant et condescendant de sa part. Je pratique cela depuis longtemps et caramba je peux dire que ça marche pour moi.
Seule Claire arrive à faire mieux que moi dans la basse flaterie, mais je ne lui en veux pas, elle reste mi amiga, ma copine, besos ma clairinette-
Graindorge
InvitéUSURPATION DE PSEUDO
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Charles
InvitéGraindorge l’usurpée, quand tu parles de clarinette, tu parles bien de Claire N? Celle au verbe haut et acéré, assez inimitable, dont j’étais amoureu.x/se l’autre jour. Elle croyait que je cherchais à atteindre B par elle. Pourquoi? Est-ce qu’elle manque de confiance en elle?
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Charles
InvitéUSURPATION
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Samuel_Belkekett
InvitéGraindorge usurpée ou non parle
« des fans de senor Bégaudeau »
Fans de senor Bégaudeau ou du senior Bégaudeau.
Il y’a une légère différence…
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Ostros
InvitéJe commencerait par dire, en me distinguant sur ce point d’Ostros, qu’Ostros n’est pas une simple assignation identitaire. On ne nait pas Ostros, on le devient. On endosse Ostros comme un bernard-l’hermite adopte sa nouvelle coquille. Ostros est un paradigme, un mouvement, une fuite, un quête aux contours sans cesse redéfinis
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Charles
InvitéJ’envie aussi Belkekett, mais pour une autre raison.
D’ailleurs je commence à me trouver un penchant pour l’envie, c’est presque déjà une identité.-
Shiva
InvitéJe le sais de source sûre, Bégaudeau en bon écrivain fabrique ici de nombreux personnages (via des pseudos) pour étayer les mécanismes de son travail. Il s’en sert comme avatars pour ses personnages de romans déjà parus ou à venir.
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Réfléchissez un peu et vous trouverez des coïncidences non fortuites. Vous avez lu « Ma cruauté » ?
C’est un chantier autonome où il y à boire et à manger.
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Bégaudeau s’en est mordu les doigts puisqu’il a eu maille à partir avec la justice qui l’a jugé pour diffamation.
Il a été relaxé par la 17e chambre correctionnelle de Paris, qui a toutefois reconnu des propos « indéniablement empreints de sexisme ».
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« … Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène.
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Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs !
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En Grèce, ai-je dit, vers et lyres, rythmes : l’Action. Après, musique et rimes sont jeux, délassements. L’étude de ce passé charme les curieux : plusieurs s’éjouissent à renouveler ces antiquités : — c’est pour eux. L’intelligence universelle a toujours jeté ses idées, naturellement ; les hommes ramassaient une partie de ces fruits du cerveau ; on agissait par, on en écrivait des livres : telle allait la marche, l’homme ne se travaillant pas, n’étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe. Des fonctionnaires, des écrivains. Auteur, créateur, poète, cet homme n’a jamais existé !
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La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière. Il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver : cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! — Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage.
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Je dis qu’il faut être voyant, se faire VOYANT… »
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Lettre de Rimbaud à Paul Demeny – 15 mai 1871
https://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_de_Rimbaud_%C3%A0_Paul_Demeny_-_15_mai_1871
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Charles
InvitéMerci Shiva. ou devrais-je dire « Merci Signor Bégaudeau… »?
Allez je fais comme si j’ai rien vu. Je reprends donc :
Merci Shiva, pour Rimbaud et merci pour votre explication très éclairante sur la communauté des Ostros.
Je vais étudier tout ça de près.Sinon, j’ai fait une connerie : j’ai dû entrer mon adresse mail pour pouvoir écrire ici. Est-ce que B risque de me retrouver ?
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Charles
InvitéC’est sans doute indécidable.
L’usurpateur sans le savoir – votre serviteur – a fourché malencontreusement en Signor Bégaudeau. Signor Bégaudeau ou s’ignore Bégaudeau ? -
Charles
InvitéCe qui m’amuse, c’est que mon sujet était une question assez sincère. J’avais imaginé qu’elle susciterait des réponses sur le fond. Finalement, elle a surtout produit une petite mythologie collective autour des faux noms, des usurpateurs et des Ostros.
Je ne m’en plains pas du tout : c’était même très drôle à suivre. Mais je constate que la question, elle, est restée presque intacte.
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