Accueil › Forums › Forum général › Est-ce que le nouveau front populaire se moque de nous avec son programme ?
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lassou
InvitéSi les types du forum qui s’y connaissent en économie ou en politique pouvaient nous dire ce qu’ils en pensent.
Est ce que c’est purement démagogique pour passer (ou parce qu’ils savent qu’ils vont pas passer) ? Est ce qu’il y a une chance qu’ils l’appliquent vraiment ? Le programme est il viable ? Visent il les bonnes choses dans bonne ordre ? Etcetera -
Tony
InvitéIci une bonne synthèse sur le programme,la méthode,la stratégie etc…
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Carpentier
Invité15 ans qu’il est méga prêt leur programme
et ils ont toujours fait les mises à jour: tout fonctionne.
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Ducoup
InvitéQu’est-ce qui te pose question? Tu penses qu’on ne peut plus faire des mesures sociales et repositionner les taxations?
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Parfaitement à l’eau
InvitéPour les décrets (blocage prix énergie, consommation), ça posera pas de pb.
L’abrogation des reformes retraite et chômage, ça doit passer par parlement + sénat (droite) donc aucune chance pour moi.
L’augmentation du smic pareil ça sera pas vote parlement + sénat donc j’y crois pas.
Loi de programmation énergie pour définir le mix souhaité, c’est une bonne idée mais ça risque de faire exploser ce nouveau rassemblement.-
Simon F
InvitéSi c’est le Sénat qui t’inquiète, la navette parlementaire donne le dernier mot à l’Assemblée nationale. Donc dans l’hypothèse d’une majorité NFP à l’Assemblée, tout cela sera voté par l’Assemblée, rejeté par le Sénat avec des hurlements de capitalistes apeurés, puis revoté et adopté définitivement par l’Assemblée.
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Emile Novis
InvitéJe ne suis pas spécialiste en économie, mais il me semble que ce programme est moins ambitieux que celui de la FI.
Néanmoins, je ne crois pas qu’il faille poser la question en ces termes. La « viabilité » économique du programme renvoie à la « crédibilité » des bourgeois : il faut un programme « crédible », disent-ils. Mais « crédible » pour quoi et pour qui? Qui fixe la frontière entre la croyance raisonnable et ce qu’on ne doit pas « croire » en matière d’économie? Dans l’esprit de la bourgeoisie, c’est le désir de l’investisseur qui arbitre la chose, c’est-à-dire la structure économique (patronat, marché financier, etc.). Ainsi, quand on pose la question de la « viabilité » ou de la « crédibilité » d’un programme économique, on demande si la bourgeoisie veut bien croire dans ce programme pour la bonne tenue de ses affaires. Autrement dit, poser la question en ces termes, c’est demander si le programme du Nouveau front populaire est conforme aux intérêts de la bourgeoisie. Parce que la bourgeoisie ne croit qu’en ses intérêts, ou en ce qu’elle pense être ses intérêts. Est « crédible », pour la bourgeoisie, ce qui est conforme à ses intérêts insatiables.
Or il est bien évident que qu’en posant la question en ces termes, la bourgeoisie ne qualifiera jamais de « crédible » un programme de gauche, même très modéré. Plus de 100 milliards par an d’argent public donné au capital sans contrepartie? Crédible! Très crédible même! 30 milliards ponctionné sur le capital pour redistribuer aux nécessiteux? Pas crédible! Pas crédible du tout, totalement irrationnel! Et la liste serait interminable.
L’illusion des élections est de faire reposer les idées politiques sur des « programmes » figées qui seraient plus ou moins possibles dans la réalité. Le programme politique, c’est une synthèse d’idées désincarnées complètement décorrélées des forces sociales et politiques réelles. C’est une abstraction illusoire.
Mais la « réalité », ici, n’est pas un ordre figé et tout fait qui serait parfaitement objectif et indépendant de ce que nous voulons en faire. La « réalité » économique et sociale, ici, est le résultat d’une tension dynamique entre puissances contraires qui, selon leur vigueur du moment, délimitent ce qui est possible ou impossible, crédible ou pas crédible. Il est bien évident que sans mouvement social, le programme de gauche le plus modéré du monde sera immédiatement étranglé par les structures sociales dominantes – pas crédible. Mais si, suite aux élections, il y a une grève massive qui dure et s’intensifie, ce programme sera non seulement possible, mais très largement insuffisant et en dessous de ce qu’il est possible de faire. Et si on nous sort l’argument massue de la dette et que le corps social est bien décidé à ne pas la payer en engageant un rapport de force réel et puissant, alors la dette ne sera pas payée, et ce qui hier n’était pas crédible le deviendra sans difficulté.
Il faut sortir, selon moi, de ce cadre mental de la crédibilité ou de la viabilité qui accompagne la construction de « programme politique » : cette question journalistique est en fait une injonction qui fait partie intégrante de la propagande du capital pour persuader le corps social qu’il est un rêveur capricieux. Il faut sortir de cette position de débiteur qui veut montrer patte blanche devant son banquier pour obtenir son « crédit ».
La vraie politique, ce n’est pas un programme figé soumis à l’examen de financiers intéressés seulement par leurs petites affaires rentables; la vraie politique, c’est une action vivante et incarnée, dans un lieu et un temps donné, où des individus isolés sortent de leur solitude pour s’intégrer dans un collectif et faire quelque chose ensemble.-
Emile Novis
InvitéConclusion : les économistes sont utiles et très gentil, mais ce n’est pas à eux de fixer la frontière entre le possible et l’impossible. C’est à nous tous de faire une telle chose.
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Emile Novis
InvitéEt désolé pour les fautes et les coquilles. Pas le temps de me relire.
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Parfaitement à l’eau
InvitéDonc la question c’est plutôt est-ce qu’il y a suffisamment de gens dans le pays prêts a se lancer dans une immense grève pour déstabiliser le pouvoir.
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Emile Novis
InvitéOui.
Les notions de « crédibilité » d’un « programme » et de « réalité » entendues en un sens figé n’ont aucun sens ici, si ce n’est de jouer le jeu idéologique du pouvoir visant à justifier l’ordre établi. La réalité, pour eux, c’est le désir de l’investisseur. C’est le tombeau de la politique.
La vraie question politique, ici, est spinoziste : que peut un corps? En fonction de ce que peut un corps social et politique, la réponse à la question sera donnée. Si nous ne pouvons rien d’autre que nous soumettre aux puissances de l’argent et à la peur de tout ce qui existe, rien ne sera crédible ou possible, si ce n’est la soumission au désir de l’investisseur et à leur fondé de pouvoir autoritaire. Si nous pouvons nous soulever et impulser un mouvement authentiquement démocratique, beaucoup de choses deviendront possibles et crédibles.
Ce n’est pas une question de programme comptable, mais de vitalité politique.
Tous ceux qui répondent à la question de la crédibilité du programme s’inscrivent de fait dans le discours idéologique visant à justifier l’ordre établi. C’est la contradiction éternelle de la fameuse « gauche » de gouvernement.-
JÔrage
InvitéEmile Novis: Donc on se fiche de creuser un peu plus le déficit commercial? On ne voit pas le problème à renchérir le coût du travail alors que dans le même mouvement il serait question de relocaliser? On peut se torcher le cul avec le fait qu’il faille emprunter à la banque et que notre dette soit notée par des agences de notation?
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françois bégaudeau
InvitéJe souhaite la bienvenue à Agnès Verdier-Molinié sur ce site.
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JÔrage
InvitéFrançois: En même temps ça m’aurait ordonné que tu aies des arguments valable à lui opposer.
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JÔrage
Invité« ordonné », rien que ça? J’aurais plutôt dit étonné mais pourquoi pas.
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deleatur
InvitéSujet putaclic.
J’ai cliqué. -
..Graindorge
InvitéLe mensonge et la macronie sont synonymes
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Emile Novis
InvitéEn effet. Macron est un grand falsificateur, et il a poussé la fausseté très loin, vraiment très loin. Mais sa falsification passe de moins en moins.
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deleatur
InvitéLa notion proposée par François, « bonimenteur », me paraît plus intéressante, car plus nuancée, ambivalente. Macron sait très bien ce qu’il fait, pour qui il « marche ». Sur quoi aurait-il menti ? Aucune falsification chez lui. Par contre, qu’il cherche à refourguer sa marchandise en bon camelotier qu’il est, cela ne fait aucun doute. Ce n’est pas le caractère illicite de son entreprise qui pose question, mais son peu de valeur, sa mauvaise qualité : faire passer du vieux pour du neuf, du vieux pour du jeune, du vieux pour du bien portant.
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Emile Novis
Invité@deleatur
Je suis d’accord sur le discours général de la bourgeoisie : le terme bonimenteur est bien plus approprié.
Pour Macron, je trouve que c’est plus délicat. Quand, suite aux Gilets jaunes et aux jeunes tués par la police dans les « quartiers », il déclare que « je n’accepte pas le terme de violences policières, car il n’y a pas de violences policières dans un Etat de droit », je m’interroge sur son rapport au réel. Quand j’écoute Macron, j’ai quand même l’impression d’être dans un monde parallèle qui me fait penser à ce que disait Lordon sur le langage de cet individu : un rapport purement performatif aux mots, performativité qui dessine à elle seule une réalité complètement alternative.
Il n’y pas de violences policières dans un Etat de droit, dit-il; je dis que nous sommes dans un Etat de droit; donc il n’y a pas de violences policières, puisque je dis que nous sommes dans un Etat de droit – et ce malgré toutes les preuves accablantes et documentées qui prouvent le contraire. Toute personne équilibrée lui ferait remarquer que le réel ne correspond pas tout à fait aux normes de l’Etat de droit qu’il proclame, et que c’est de cet écart dont il faudrait précisément s’inquiéter, mais il faut croire que le simple fait de dire qu’on est dans un Etat de droit, pour lui, suffit amplement à balayer les objections.
On pourrait lui montrer les vidéos des GJ parfaitement inoffensifs qui n’ont rien faits et se font fait arracher des mains et des pieds sans aucune raison qu’il redirait sa phrase sans trembler. C’est troublant.
S’agit-il simplement d’un boniment, ici?
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JeanMonnaie
InvitéJean Monnaie à encore raison sur vos alliances contre nature.
https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/on-ne-peut-pas-reprocher-a-un-croyant-d-etre-homophobe-si-sa-religion-le-lui-commande-olivier-faure-juge-aberrants-les-propos-d-amal-bentounsi-candidate-lfi_VN-202406180290.html-
Charles
InvitéTanière.
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JÔrage
Invitéhttps://x.com/bfmbusiness/status/1803367273983316286
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Voili, voilou.
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