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- Ce sujet contient 137 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Claire N, le il y a 1 année et 2 mois.
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AuteurMessages
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swan
InvitéBonjour à tous,
Puisque il est sain de préciser « d’ou l’on parle », je propose que ce topic soit dédié à l’élucidation du sociotype de chaque personne.
Pour cela je vous demande svp de répondre à ce message en précisant :
– Votre age
– Votre profession
– Votre lieu de résidence
– Votre ville de naissance
– Votre salaire net mensuelAinsi nous pourrons enfin savoir « d’ou chaque personne parle » .
En vous remerciant -
Charles
InvitéCa serait une excellente idée si cet espace n’était pas public et entouré de trolls.
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BIOGRAPHIE
InvitéT’as peur de dévoiler le fait que tu prends deux ans de mon salaire en mensuel?
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Charles
InvitéNon et j’ai déjà raconté en long et en large mon parcours et ma vie professionnelle sur le précédent forum? ce qui a suscité ensuite des attaques donc non merci je ne vais pas remettre de pièces dans la machine.
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Seldoon
InvitéSi tu voulais qu’on t’aime fallait pas vanter tes prouesses de CRS, Charles.
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François Bégaudeau
Maître des clésnon il ne dira pas que depuis il a été promu dans la BRAV-M
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Seldoon
InvitéAlors que je n’ai aucun problème à dire qu’après une brillante carrière dans les ressources humaines chez France Telecom, je me consacre désormais à la revalorisation d’espaces sous-exploités – saviez-vous qu’il y a un pétrole de dingue sous les gorilles du parc national des Virunga ?
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Claire N
InvitéToi t’es Américain, les français ont toujours honte de leur réussite
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lumen cor
InvitéC’est a cause de l’ambiance socialomarxiste madame salamé
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lumen cor
Invité-
Claire N
InvitéRire – et comme le dit magritte
Ceci n’est pas une pipe
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Seldoon
InvitéLes français sont jaloux de ma réussite. J’ai passé 6 mois chez Air France, j’ai perdu une chemise.
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Claire N
InvitéCulture du viol assurément
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BIOGRAPHIE
Invité37 ans
Schizophrène
Sartrouville
Courbevoie
560 euros et des poussières-
Turu
InvitéForcément schizophrène si tu fais pas une école du top 10 ça paye pas
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Mao
InvitéChristiane F
13 ans
Droguée
Prostituée -
lumen cor
InvitéAndy Stitzer
40 ans
toujours puceau
chef d’inventaire à SmartTech
Los Angeles -
BIOGRAPHIE
InvitéBah alors, vous vous chiez dessus à l’idée d’être un peu honnête?
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lumen cor
InvitéOn n’a pas tous le privilège de pouvoir lâcher une partie de son anonymat, ou au moins des indices, comme ça, sous risque d’être reconnu. J’ai donc opté pour une courte blague.
C’est d’ailleurs pour ces raisons-là, j’imagine, que tu n’as pas spécifié ton emploi, ou alors tu n’en as pas à cause de ta schizophrénie ?-
BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: 560 euros et des poussières c’est le montant du RSA et si je mets schizophrène dans la petite case de l’emploi c’est parce que je crois que le schizophrène occupe une position très particulière dans l’ordre social, je crois que ce monde nous attache à des lits dans des chambres vides pour se rassurer sur son sort, pour s’éviter d’avoir à affronter sa folie et que d’une certaine manière tout le système repose sur nos épaules. Ceci dit ça j’évite de le dire aux gens quand je me présente comme schizophrène, c’est le genre de conneries qui plombe l’ambiance et c’est un coup à vexer mon voisin. Enfin ça se conjugue au passé parce que ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de me présenter comme schizophrène au près de parfaits inconnu dans le contexte d’un apéro.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe trouve étrange :
-que l’initiative vienne d’un certain Swan qui ici, je crois, n’est pas très assidu, en tout cas se manifeste peu.
-que ledit n’ait pas accompagné son lancement d’enquête par la livraison des informations qu’il demande à autrui.
Swan, soyez pris de nous livrer
– Votre age
– Votre profession
– Votre lieu de résidence
– Votre ville de naissance
– Votre salaire net mensuel
Ensuite libre à chacun de décliner pareillement.-
BIOGRAPHIE
InvitéT’as peur de nous dire combien tu gagnes?
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François Bégaudeau
Maître des clésPuisque tout t’échappe, il t’a aussi échappé, que je suis sans doute le seul cultureux visible en activité qui ait évalué publiquement son salaire mensuel, ainsi que le prix de son appartement, en marxiste conséquent
Cela a d’ailleurs maintes fois été utilisé contre moi.
Ingratitude de la plèbe-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: D’accord mais pourquoi ne pas répondre simplement à la question? Parce que « François Bégaudeau revenus » dans Google ça ne donne rien donc s’il faut acheter tes bouquins pour retrouver l’info, s’il faut te payer pour savoir combien tu gagnes, je passe mon tour.
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lumen cor
Invité« 40.000 euros en moyenne »
Une seul recherche-
K. comme mon Code
InvitéLe Google des schizos a plus de résultats. Ça porte à confusion.
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lumen cor
InvitéJ’aime même trouver le prix de l’appartement
« un bien immobilier sis dans le onzième arrondissement parisien, acquis pour la somme de 295.000 euros en 2008 »-
K. comme mon Code
InvitéDe quoi faire une jolie plus value aujourd’hui.
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BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: T’as fait ça avec « François Bégaudeau revenus »?
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K. comme mon Code: Je suis content de voir que j’ai un nouveau fan en vrai. Par contre je te préviens, je ne signe pas d’autographe et je dis non au selfie. Parce qu’il faut pas te raconter d’histoires, même si tu mets les dents tu restes une bonne suceuse.-
K. comme mon Code
InvitéFais gaffe sur les quais de Seine, je suis en voiture, bébé.
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BIOGRAPHIE
InvitéK. comme mon Code: J’ai drôlement peur. Et j’ai peur parce que tu risques d’abimer ta bagnole à essayer de me poursuivre sur les quais de seine.
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K. comme mon Code
InvitéTu la décorerais.
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BIOGRAPHIE
InvitéK. comme mon Code: Le seul moyen pour toi de me suivre sur les quais de seine c’est de détacher ta ceinture et d’accélérer très fort pour t’encastrer dans le portique qui t’interdit le passage. Si tu ne détaches pas la ceinture ça ne marchera pas puisque le portique ne cèdera pas contrairement à toi. Par contre si t’as pas de ceinture et que tu roules suffisamment vite, t’as peut être une chance de passer par le pare brise et de réussir à me rattraper. Peut être. J’en sais rien. Faudrait qu’on fasse le test pour voir.
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K. comme mon Code
InvitéAlors que si un aigle t’emporte alors que tu roules en vélo et te dépose sur la route, tout est parfait ; je freine, tu décores la bagnole, et tu rebondis dans la Seine. Tu coules mais sais respirer sous l’eau. T’es un génie.
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BIOGRAPHIE
InvitéK. comme mon code: Pourquoi un aigle? Pourquoi pas une petite tortue sur un petit nuage qui me pêche à la ligne?
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K. comme mon Code
InvitéÇa dépend de la météo.
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BIOGRAPHIE
InvitéK. comme mon Code: Evidemment.
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lumen cor
InvitéOui j’ai exactement tapé « Bégaudeau revenus » le neuvième lien google proposer sur la page 1 était un article Slate: Peut-on convaincre en étant méprisant? De Jean-marc proust.
Dans l’article qui parle d’Histoire de ta bêtise, les deux informations y sont mentionné.-
BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: C’est ça le neuvième lien Google chez moi:
https://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/BEGAUDEAU/67835-
lumen cor
InvitéC’est seulement le cinquième chez moi
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BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: Donc Google ne nous sort pas les mêmes résultats et ça n’a rien d’étonnant à priori.
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lumen cor
InvitéCela n’empêche que l’info est public et que si tu aurais chercher plus longtemps tu serais forcément tomber dessus
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BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: Ouais et?
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lumen cor
InvitéBah t’a fait tout un foin pour que dalle
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BIOGRAPHIE
Invitélumen cor: C’est fascinant tout ça mais là j’ai envie de faire caca donc je vais aller faire popo.
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Frezat
InvitéAh oue cool
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PeggySlam
InvitéC’est pour nous fichier ^^
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..Graindorge
InvitéTa tout dit Peggy ou presque… la bonne voyelle au bon endroit au bon moment
Pour nous féchier
rire gra, graa, graaa-
PeggySlam
InvitéTu m’as fais rire aussi !
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swan
InvitéNavré pour cet oubli
– 25 ans
– Boite de production audiovisuelle
– vis à Paris (18eme)
– grandi à Poitiers
– 1800 euros netJe suis très assidu mais je ne me manifeste peu. Ma toute récente activité sur ce site provient d’une crise existensielle qui m’a soudainement frappé.
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lumen cor
InvitéUne crise existentielle ? Je ne comprend pas bien, une crise intellectuel ?
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François Bégaudeau
Maître des clésPrécisons que le « d’où tu parles? » concerne la situation matérielle, mais aussi le périmètre culturel et idéologique.
Questionnaire incomplet, donc-
essaisfragiles
InvitéOui, François, et cette question, issue de la pensée critique des années 60 (je dirais qu’elle vient de Barthes), a fait florès dans l’après-68. Il me semble qu’elle avait d’abord pour fonction de rappeler les conditions matérielles de production du discours et ses présupposés idéologiques.
Elle revient en force depuis quelques années, sans doute sous l’impulsion des milieux militants (expression qui en soi reste vague), pour le meilleur souvent, mais parfois jusqu’à devenir parfois une instance d’interpellation, de désignation, de justification et d’auto-légitimation.
Je rappelle toujours les mots de Foucault, au début de L’archéologie du savoir : « Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c’est une morale d’état civil ; elle régit nos papiers. Qu’elle nous laisse libre quand il s’agit d’écrire. »-
Claire N
Invité« Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même « c’est vivant – merci
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François Bégaudeau
Maître des clésOui revenue en force et de la pire manière.
La manière comminatoire et potentiellement annulatrice.-
PeggySlam
InvitéMerci essaisfragiles pour cette phrase magnifique qui me décrit tant aujourd’hui : « Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même ». Faut vraiment que je lise un jour Foucault. Je sens qu’il me parlerait plus que Nietzsche
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essaisfragiles
Invité@ PeggySlam
Commence par surveiller et punir, de Foucault (1976).
Et par ses Entretiens radiophoniques, parus cet automne. (L’un des meilleurs livres d’introduction que je connaisse sur Foucault, et qui couvre l’ensemble de son travail.)
Je ne te conseille pas le livre dont est extrait la citation que j’ai donnée, car c’est un livre aride, très théorique, qui aborde des questions bien difficiles (même après plusieurs lectures, et j’ai pourtant il y a 30 ans fait une maîtrise de philo sur Foucault).-
PeggySlam
InvitéMerci du conseil Essaisfragiles que je note précieusement ! En espérant qu’un jour je puisse lire ta maîtrise sur le bonhomme
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..Graindorge
InvitéClaire m’a devancée. Merci aussi essais. Tu es revenu en forme
« Qu’elle nous laisse libre quand il s’agit d’écrire »
et quand il s’agit de vivre qu’elle nous fiche la paix
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Jules
Invité– 29 ans
– assistant admin dans l’administration publique et, sur mon temps libre, j’écris (ou l’inverse)
– J’habite à Bruxelles
– Je suis né à Charleroi
– 2100 euros par mois.
– j’étais d’extrême droite jusqu’à il y a cinq ans à peu près, et depuis que je me soigne je suis devenu de gauche radicale (j’ai un autographe de François : « à Jules, revenu des bas-fonds ». Je suis passé de Finkielkraut, Renaud Camus, Zemmour à Lordon, Lagasnerie, Quintane et Begaudeau.-
K. comme mon Code
InvitéLe renversement opère uniquement sur les mots ?
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Jules
InvitéNon non, pas du tout. Mais les mots (références, lectures, thèmes de prédilection) sont un bon symptôme du changement
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François Bégaudeau
Maître des clésbim une réponse matérialiste
il apprend vite, ce garçon
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Ludovic
InvitéEn gros t’es passé des loosers d’ED
Aux loosers d’EG
Bha t’as pas changé en fait.
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Néanmoins gros soupçon de Mytho
Virtue signaling
Aucun mec d’ED n’est fan de la crotte fink
Absolument aucun-
lumen cor
InvitéPeut être que son côté bourgeois à l’ancienne lui a plu, ça à un charme aussi
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Alphonse
Invité… qui cadre mal avec Quintane, pour le coup. Laquelle m’a beaucoup surpris, dans cette liste. Et heureusement surpris.
Tu l’as découverte comment ? Par quel chemin ?
Et t’as lu quoi, d’elle ? (si t’as envie de raconter)-
Jules
InvitéJe pense que j’ai entendu François en dire du bien un jour, puis je l’ai vue sur Hors-Série. J’ai lu principalement ses livres directement politiques (un hamster à l’école, un oeil en moins, tomates, la cavalière et les enfants vont bien)
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Jules
InvitéAh non ce n’est pas du tout du virtue signalling… Je n’ai pas changé à la suite d’un choix (parce que j’aurais eu envie d’être + moral, par exemple…) mais ça s’est imposé à moi (entrée sur le marché du travail, grosse crise existentielle, découverte d’une vraie gauche, etc).
Et si, j’étais fan de Finkielkraut… Je le trouvais bien sûr trop modéré mais j’aimais bien sa culture, sa manière de parler, ses citations intempestives et son obsession des arabes/musulmans (les deux termes étant synonymes pour moi à l’époque). Je me suis beaucoup identifié à M (de notre joie) à maints égards, sauf que moi en tant que gay je me sentais proche des juifs et je détestais les arabes.
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lumen cor
InvitéDonc c’est bien le côté bourge qui ta plu.
« sauf que moi en tant que gay je me sentais proche des juifs et je détestais les arabes »
Cette phrase est vachement drôle-
Jules
InvitéOui totalement. D’ailleurs j’aimais Renaud Camus et Sylvain Tesson pour les mêmes raisons. Je voulais en être, précisément parce que je n’en étais pas (mère femme de ménage et père en prison).
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Leo Landru
InvitéJe m’appelle Jacques
Cadre superieur
Dans la banlieue ouest
C’est un vrai bonheur -
pifou
InvitéJe suis pas encore né.
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lumen cor
InvitéÇa a du être compliqué pour faire passer le téléphone dans la gorge de ta mère, comment tu fait pour le rechargé ?
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Eden Lazaridis
InvitéArthur
18 ans
Poète
Londres
Charleville-Mézières
765 francs-
..Graindorge
InvitéTu t’es vieilli Arthur: t’en as 17
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Eden Lazaridis
InvitéArthur a fêté ses dix-huit ans le 20 Octobre 1972 à Londres…
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graindorge
Invitéc’est drôle, je le vois pas souffler des bougies ni fêter son anniversaire. Il m’a rien dit. 18 ans!!!
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Eden Lazaridis
Invité*1872
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lumen cor
InvitéJe me disais bien aussi
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Eden Lazaridis
InvitéMarc
68 ans
Pédophile
Centre carcéral de Nivelles
Ixelles -
Frezat
InvitéEtienne
52 ans naissance et vit en savoie tarentaise celliers
Cantonnier
1950 net. -
Alphonse
InvitéPeu me chaut de répondre (enseignant/charpentier ; 35 ans ; Landes ; Pyrénées ; 2000). Mais ça n’a aucun sens :
– il manque des tas d’infos pour évaluer, même grossièrement, la position sociale de quelqu’un : son salaire, soit, mais surtout son patrimoine ; sa profession, soit, mais surtout ses diplômes, son parcours professionnels ; ses parents, ils faisaient quoi ; … Et surtout, surtout, surtout, la façon de raconter tout ça ;
– « d’où tu parles » est une injonction à laquelle j’ai longtemps tenu, et dont je me suis ensuite éloigné : il me semble que c’est une façon de ne pas écouter ce qui est dit. Pour prendre un exemple gros sabot du moment : critiquer la politique génocidaire des responsables israéliens, ça passe quand tu parles depuis la judéité, c’est de l’antisémitisme quand t’es Arabe. Le fait que nos discours soient des projections, dans l’espace des idées, de nos positions sociales ne fait pas de doute, mais cela n’enlève rien à nos discours.
C’est pas parce que c’est un fils de bourge défend le mérite qu’il faut s’épargner la peine de déconstruire le mythe méritocratique. -
Frezat
InvitéToujours étonnant certaines réactions face à un questionnement assez simple.
😄-
François Bégaudeau
Maître des clésAlors que toi Frezat tu adores qu’on te demande ta profession, comme ça tu peux redire que tu es un prolo un vrai, et pas un bourgeois comme moi Fanfoué (+ emoji)
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BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: T’es encore plus fragile que Frezat putain 🙁
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Frezat
InvitéJ avais pas abordé le prolétariat encore.
Car je me doutais que tu allais débarquer avec ton embourgeoiesement honteux que tu traînes comme un boulet. Ça te vient de l adolescence ce truc t as toujours voulu être un artiste.
😘
@biographie
Je suis émotif par fragile putain !!!-
BIOGRAPHIE
InvitéFrezat: Pardonne moi, j’avais oublié.
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Luc
InvitéLe pire du forum ici.
C’est quoi, la course à la normalité qu on décline ?Les identités professionnelles dont on se bat les steacks. Et j en ai fait remplir des enquêtes avant d être au ban du monde.
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lumen cor
Invité« La course a la normalité qu’on décline »
Le premier participant du topic a quand même mit schizophrène dans la case métier-
luc
Invitéah ouais je serais pas loin de ça en plus
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..Graindorge
InvitéIl y a déjà eu du questionnaire ici.
Et aussi des gens qui ont parlé de leur vie dans le contexte d’une conversation
Mais ce ton burocratique, ce « je vous demande » presqu’imperatif, ce « en précisant »
« Pour cela je vous demande svp de répondre à ce message en précisant :
– Votre age
– Votre profession
– Votre lieu de résidence
– Votre ville de naissance
– Votre salaire net mensuel »
« Ainsi nous pourrons enfin savoir « d’ou chaque personne parle » .
Ce « enfin »
Tout ça d’un.e anonyme aux infos non vérifiables. Le mensonge et la créativité n’étant pas interdits grâce à Bibi
Et ce sont ces données qui lui donneront la lumière pour savoir d’où on parle
Allez Léa, dis- moi d’où tu parles et passe le sale bonjour à ton boss -
Oscar
InvitéMoins trollesque (mais pourquoi pas le prendre au premier degré selon son bon coeur) et plus parlant dans le contexte serait :
votre autoportrait
(Sauf pour Frezat qui balance tout, donc on sait où trouver son adresse et sa tronche 😉-
..Graindorge
InvitéAutoportrait? Je-ne-suis-pas- un-robot?
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Frezat
InvitéTroller sous sa véritable identité c est le must
Je réitère !
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perové
Invité– 25 ans
– En Master de création littéraire
– Bruxelles
– Français
– 990€ contre quelques soirées dans un bar du centre-ville
– roman sur les incels en cours d’écriture-
lumen cor
InvitéPerové le meilleur contributeur de ce forum
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Christophe M
Invité– deux ans de plus que François,
– enseignant vacataire en BTS,
– petite ville de Lorraine ayant pris de plein fouet la crise du textile dans les années 70, réindustrialisée dans les années 80 avec des capitaux américains : peau de saucisse synthétique et turbo-compresseurs ; se prendra donc en plein la crise qui vient. Le maire est le délégué départemental de Horizon, le parti d’Edouard Philippe parce que la-dette-publique-c’est-mal mais il fait de sa commune un territoire zéro chômeur de longue durée, dispositif qui pompe les finances publiques. On gros, on est bien.
– à dix bornes de là où je réside.
– mes enfants passant parfois par ici et leur mère m’ayant dit, quand j’ai abordé la question de sa participation à leur entretien, qu’on ne parlait d’argent devant les gosses, je suis aux regrets de ne pas donner suite à la question sur les revenus. -
Carton de Lait
InvitéJ’ai déjà écrit ma mini bio dans un post il y a plusieurs mois. J’ai rien à cacher.
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– Votre age: 46
– Votre profession: Aucune
– Votre lieu de résidence: Montréal
– Votre ville de naissance: Un petit bled perdu à 300 km au nord-ouest de ‘Montréal qui se nomme Ferme-Neuve. je vous met le wiki: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferme-Neuve (C’est fascinant… Enfin sur la photo vous pouvez voir mon école primare de 1ère à 3ème année à droite de l’église Un peu con quand même d’avoir choisi une photo où c’est l’hiver, ca l’air un peu moins déprimant quand il y a des feuilles dans les arbres, de la pelouse et un ciel bleu…)
– Votre salaire net mensuel: Je suis prestataire d’assistance sociale, on parle de 980.75$ canadiens précisement ce qui donne 664 euros. En gros une fois loyer, internet et éléctricité payés il me reste 200$ pour la bouffe pour le mois. -
pauline
InvitéJe perçois l’ASS soit entre 570 et 590 euros selon les mois (c’est une alloc journalière) mais je suis propriétaire de ma maison elle-même sur un bon bout de terrain achetés 35 000 euros à la mort de mon père, il y a 5 ans. Ca change tout. Juchée sur ma rossinante dans mon pré j’ai l’impression d’être une châtelaine et j’en reviens toujours pas, j’en reviens pas que ça soit à moi. A l’achat, j’ai refait l’intérieur qui avait été vandalisé pour récupérer le cuivre. Je me suis dit « c’est les gitans ». Ils passent régulièrement me proposer leurs services pour ma façade qui est dégueulasse. Ils connaissent la maison du temps de l’ancien proprio. A ce moment là ça monte, ça commence à ruminer, je ne supporte pas leur façon de se pointer tout mielleux pour me la faire à l’envers, je ne supporte pas leurs gueules, leurs mises, leurs gamins quand je les croisent au supermarché. Je laisse monter. En général quand je rumine je laisse monter pour voir la gueule que ça a la peur, comment ça bouillonne, comment ça me confit le cerveau et le corps. Pour redescendre je cherche la vrai cause de l’angoisse, des fois je trouve rapidement et des fois je reste furie un moment. Certains chevaux qu’on vient seller et qui n’ont pas envie, ont soudainement une mouche qui vient les déranger, ils frappent alors frénétiquement le sol avec un postérieur pour la chasser. Il y a ceux qui veulent avancer ou rentrer au pré et qui cherchent l’occasion d’avoir peur et de s’agiter pour prendre la tangente. Je me dis qu’à ne pas avoir une culture politique bien solide, de pas avoir assez bouquiné par exemple ça fait de moi la furie qui comme l’électricité passe par le chemin le plus rapide. Je ne sais pas par quel bout le prendre, parfois je me dis que traquer les affects à la con c’est suffisant parce que la plupart du temps il fait beau dehors et dedans et que j’ai pas envie de remuer la merde, qu’il y a trop de boulot et que je veux profiter du soleil.
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François Bégaudeau
Maître des clésQuestion de pure curiosité (sans arrière pensée je veux dire) : comment assures-tu l’entretien de la propriété?
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pauline
InvitéLa propriété c’est un petite maison de 48 m2 chauffée au bois et pas en continue sauf vraiment vraiment quand ça caille (il y a 48 m2 en dessous: garage et fourre tout). Pour l’électricité je fonctionne sans frigo ni four ( ça ne me pose aucun problème j’ai vécu en camion et dans une cabane sans l’un ni l’autre) j’ai un congélo par contre qui ne consomme pas beaucoup et qui me permet de pas être tous les 4 matins au supermarché. Le chauffe eau qui est une grosse dépense je l’allume un jour sur trois environ pendant quelques heures. L’eau des wc c’est de l’eau de récup (c’est pas que l’eau soit une grosse dépense contrairement à l’éléc mais ça ne me dérange pas de le faire au contraire). La taxe foncière est pas lourde (220 euros par an, je vis dans le limousin). Le terrain (7000 m2) ce sont les juments quand elles sont là qui l’entretiennent. C’est un peu la maison des trois petits cochons mais je m’en fiche, elle est saine. J’ai aménagé mon atelier dans le poulailler, je peins et dessine. Je ne fais plus de potager je suis trop souvent en vadrouille. J’ai un reste du pécule de mon père que je maintiens en bossant un tout petit peu, ce qui permet aussi de calmer pole emploi qui après m’avoir longtemps ignorée s’est pris de passion pour moi. Ma jument je l’ai achetée une poignée de cerises à gitan de tarascon (et oui…) quand j’ai rencontré mon compagnon moniteur d’équitation.
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci, c’est très précis donc c’est très clair
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Mélanie
Invitéet plaisant à lire.
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Sylvain
Invité@Pauline : voilà du vécu, voilà surtout du texte aussi.
Réponse instructive à ce sujet un brin inquisiteur.
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..Graindorge
InvitéA l’achat, j’ai refait l’intérieur qui avait été vandalisé pour récupérer le cuivre. Je me suis dit « c’est les gitans ». Ils passent régulièrement me proposer leurs services pour ma façade qui est dégueulasse. Ils connaissent la maison du temps de l’ancien proprio. A ce moment là ça monte, ça commence à ruminer, je ne supporte pas leur façon de se pointer tout mielleux pour me la faire à l’envers, je ne supporte pas leurs gueules, leurs mises, leurs gamins quand je les croisent au supermarché. Je laisse monter. En général quand je rumine je laisse monter pour voir la gueule que ça a la peur, comment ça bouillonne, comment ça me confit le cerveau et le corps. »
Plus loin
« Ma jument je l’ai achetée une poignée de cerises à gitan de tarascon (et oui…) »
Donc Pauline, tu leur trouves quand même une qualité aux gitans, non? L’un d’eux t’a gentiment vendu une jument pour « une poignée de cerises. » Il t’a fallu marchander fort où tu as juste accepté le prix proposé?-
Pauline
InvitéIl m’a vendu la jument une poignée de cerises parce que c’est précisément ce qu’elle valait à ce moment là lui le savait, moi aussi et lui savait que je savais.
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pauline
InvitéJe m’étais souvent dit qu’en camion j’étais le gitan de plein de monde, dans ma cabane aussi (dans la maison c’est pareil du reste). Il est très possible qu’étant devenue propriétaire d’une maison je mette à distance le gitan que je reste pour plein de monde. Je dis plein de monde mais resserrons sur le pan réac de ma famille, parce que je parle depuis plein d’endroits pour en revenir au topic et donc je parle aussi depuis celui là, du côté des gens bien, je dirais même irréprochables. C’est à ce titre là que, quand les réacs ruminent eux aussi, je redeviens à jamais l’enfant, l’irresponsable, le gitan de la tablée. Le fait est que vivre dans une maison ça les tient un peu plus à distance (les réacs pas les gitans). J’ai moins de prises à leurs proposer, je peux les laisser au portail, je suis moins vulnérable, je me sens moins vulnérable, mais c’est peut-être pas aussi vrai que je le crois. Comme la réalité est toujours plus complexe je rajoute une dimension. J’évoque les trois petits cochons dans mon post, donc les trois maisons (camion, cabane et maison en brique) il manque le grand méchant loup (le vrai, pas les gitans). Je l’ai croisé à l’âge de huit ans et pour l’anecdote il vivait déjà dans la maison. Ça m’a rendue un peu fébrile. Çà me rend un peu fébrile quand quelqu’un se pointe au portail, le portail de ma tanière, là où j’aspire à la tranquillité, là où je crois être tranquille. Et comment je devins louve.
Comme la vie est pleine de bonne surprise, mon compagnon ( qu’on prend souvent pour un gitan et qui fait le grand méchant loup quand je lui demande) m’a donnée le goût de dormir à la belle étoile l’été. Quand il n’est pas là (mon copain, pas le grand méchant loup) j’y vais seule, comme une petite fille, une lampe torche à la main, j’ai peur mais pas longtemps parce que la nuit me propose à chaque fois du grandiose. Autant je peux dormir seule la nuit dehors autant dormir dans ma chambre la fenêtre et volet ouverts c’est impossible, ça m’angoisse. Enfin ça m’est arrivée une fois. On s’est fait surprendre par l’orage alors qu’on dormait dehors et ce depuis plusieurs nuits, assez pour que revenus dans la chambre on étouffe instantanément. Le lit en hauteur, plus de bruit, plus de brise, les quatre murs, c’est moi qui ai ouvert la fenêtre. Ça m’a plu de suffoquer dans ma maison et d’être si bien dehors. Et comment je devins luciole.
Ma maison c’est ma tanière et ma prison, mon havre de paix et ma gangue de sel.-
Mélanie
InvitéJe suis justement en train de lire De grandes dents
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pauline
InvitéJe suis allée voir le résumé du bouquin, ça m’a l’air tout indiqué pour une prochaine lecture. Merci
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Mélanie
InvitéTe lisant je me disais qu’on aurait dit que tu venais de le lire
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Mélanie
InvitéJe salue ton : « et pour l’anecdote il vivait déjà dans la maison »
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Juliette B
InvitéMoi aussi. Merci Pauline.
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Emile Novis
InvitéMerci pauline pour ces beaux textes, pleins de pudeur et de finesse.
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Pauline
InvitéMerci pour vos retours à toutes et tous.
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..Graindorge
InvitéDe rien
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Juliette B
InvitéJe viens de terminer De grandes dents, que j’avais acheté après avoir écouté son autrice et qui dormait depuis au pied de mon lit en attendant un jour mon élan. Sacré truc, en particulier l’Appendice qui révèle que Lucille Novat en a sacrément sous la pédale et qu’elle est drôle aussi, proche du réel comme il faut.
Lire le récit de Pauline m’a fait comprendre pourquoi, toute aussi dérangée que d’autres par la brutalité d’Angot qui va débunker une vieille dame à la lâcheté ordinaire jusque dans sa maison, il était logique qu’elle le fit. Sa peau de méchant loup sur le dos.-
pauline
InvitéJe vais récupérer de grandes dents aujourd’hui à la bibliothèque. Je n’ai pas lu Angot, j’ai vaguement compris qu’elle allait régler ses comptes avec sa mère (enfin ça doit être plus complexe que je ne le dis, je vais voir s’il est aussi à la biblio). Mais en tous cas s’il s’agit d’être dérangé par la violence d’Angot, moi de mon côté je ne me refuse aucune violence non plus, aucun coup bas. II se trouve que mon loup qui n’est pas mon père mais mon grand frère, je suis toujours en contact avec lui. Je le suis d’autant plus que la maladie le frappe et que je viens prendre régulièrement de ses nouvelles et que c’est très ambivalent et que j’en ai conscience et que j’observe là un truc dingue. Je suis à la fois la petite sœur, la grand mère et la louve. La première le craint la deuxième lui parle et la troisième attend au plus près. La mort de mon frère ne va rien régler parce qu’il n’y a rien à régler. Je n’ai pas de compte à régler mais de ce grand foutoir qu’est l’existence où tout ce mélange de manière singulière, où tout est extrêmement complexe, il y a tout à vivre et je ne laisse rien en route, j’embarque tout.
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Pauline
InvitéAutant our moi, je viens de me renseigner et d’Angot tu évoquais un documentaire je pense.
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Juliette B
InvitéOui. Et je faisais référence à une scène avec sa belle-mère chez qui elle fait effraction, mais avec sa mère elle a la même demande, cruelle et compréhensible à la fois.
Il faut bien écouter Neige Sinno quand elle dit, gravement, dans son livre qu’elle mesure la chance da oir eu une mère qui aussitôt la croit et un agresseur qui ne nie pas.
Il est beau ton récit. Pas de comptes à régler non plus. -
pauline
InvitéJe vais essayer de louer le documentaire.
Concernant « de grandes dents » il y a deux réservations avant moi, il faudra que j’attende au risque de louper l’élan dont tu parles pour le lire et dont je crois percevoir les contours.
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..Graindorge
InvitéAaaah, dormir à la belle étoile! Souvenirs de Toscane en été avec Dick le chien dont j’avais la garde et qui me gardait aussi.
Souvenir d’un homme bien-sous-tout-rapport, universitaire de droite, traqué par des gens-biens-sous-tout-rapport de droite aussi, menacé de mort et qui avait été hébergé, nourri, caché sans poser de questions pendant plusieurs semaines par des gitans.
Les gitanes qui m’embêtaient dans les rues niçoises, il m’arrivait de les envoyer paître vertement. Pas parcequ’elles étaient gitanes mais parcequ’elles étaient collantes, très, à vouloir me lire les lignes de la main ou avec un enfant pas mouché, me tendre la main avec la tronche assortie. Si j’ai, j’ai et si j’ai pas j’ai pas! Alors fichez moi la paix Madame! Je les voussoyais toujours. J’entendais parfois leurs malédictions dans mon dos puis passer au prochain pieton donateur potentiel
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SHB
Invité– 59 ans
– Professeur de gymnastique et livreur de pizza
– Tokyo
– Allemand
– 15 000€/ mois-
diegomaradona
Invité– 45 ans
– Joueur de poker
– Vienne (Autriche)
– Lille
– Etant actuellement en situation de litige avec l’administration fiscale depuis plusieurs années sur ce sujet, mon avocat me déconseille de divulguer toute information relative à ce domaine
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pifou
InvitéLes sitistes sont identiques aux nonsitistes.
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Tchitchikov
InvitéPour faire écho à la phrase de Foucault, commentée plus haut. Ça fait d’ailleurs longtemps que j’me demande si l’ami François a trempé ses dix doigts dans les Essais. La probité, l’autodérision, le scepticisme éclairé, l’ironie, l’écriture « monstrueuse », « à sauts et à gambades » ; toute proportion gardée on retrouve ça chez Michel comme chez François. On sait ton goût pour Denis et j’pourrais être plus disert sur les endroits où on retrouve le romanesque de Diderot dans tes romans. Mais Michel, qu’en dis-tu ?
« Cette longue attention que j’emploie à me considérer, me dresse à juger aussi passablement des autres : Et est peu de choses, de quoi je parle plus heureusement et excusablement. Il m’advient souvent, de voir et distinguer plus exactement les conditions de mes amis, qu’ils ne font eux-mêmes. J’en ai étonné quelque un, par la pertinence de ma description : et l’ai averti de soi. Pour m’être dès mon enfance, dressé à mirer ma vie dans celle d’autrui, j’ai acquis une complexion studieuse en cela. Et quand j’y pense, je laisse échapper autour de moi peu de choses qui y servent : contenances, humeurs, discours. J’étudie tout : ce qu’il me faut fuir, ce qu’il me faut suivre. Ainsi à mes amis, je découvre par leurs productions, leurs inclinations internes : Non pour ranger cette infinie variété d’actions si diverses et si découpées, à certains genres et chapitres, et distribuer distinctement mes partages et divisions, en classes et régions connues,
Sed neque quam multæ species, et nomina quæ sint,Est numerus. (« On ne peut rendre compte ni du nombre des espèces, ni du nom qu’elles portent. »)
Les savants partent, et dénotent leurs fantaisies, plus spécifiquement, et par le menu : Moi, qui n’y vois qu’autant que l’usage m’en informe, sans règle, présente généralement les miennes, et à tâtons. Comme en ceci : Je prononce ma sentence par articles décousus : c’est chose qui ne se peut dire à la
fois, et en bloc. La relation, et la conformité, ne se trouvent point en telles âmes que les nôtres, basses et communes. La sagesse est un bâtiment solide et entier, dont chaque pièce tient son rang et porte sa marque. Sola sapientia in se tota conuersa est (« Seule la sagesse est pleinement tournée vers elle-même. »). Je laisse aux artistes, et ne sais s’ils en viennent à bout, en chose si mêlée, si menue et fortuite, de ranger en bandes, cette infinie diversité de visages : et arrêter notre inconstance et la mettre par ordre. Non seulement je trouve malaisé, d’attacher nos actions les unes aux autres : mais chacune à part soi, je trouve malaisé, de la désigner proprement, par quelque qualité principale : tant elles sont doubles et bigarrées à divers lustres. Ce qu’on remarque pour rare, au Roi de Macédoine, Perseus, que son esprit, ne s’attachant à aucune condition, allait errant par tout genre de vie : et représentant des mœurs, si essorées et vagabondes qu’il n’était connu ni de lui ni d’autre, quel homme ce fût, me semble à peu près convenir à tout le monde. Et par-dessus
tous, j’ai vu quelque autre de sa taille, à qui cette conclusion s’appliquerait plus proprement encore,ce crois-je. Nulle assiette moyenne, s’emportant toujours de l’un à l’autre extrême, par occasions indivinables : nulle espèce de train, sans traverse, et contrariété merveilleuse : nulle faculté simple : si
que le plus vraisemblablement qu’on en pourra feindre un jour, ce sera, qu’il affectait et étudiait de se rendre connu, par être méconnaissable. Il fait besoin d’oreilles bien fortes, pour s’ouïr franchement juger. Et parce qu’il en est peu, qui le puissent souffrir sans morsure : ceux qui se hasardent de
l’entreprendre envers nous, nous montrent un singulier effet d’amitié. »Livre III, chapitre XIII, « De l’expérience »
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne me prétendrais pas aussi vivant que l’ami Michel, mais oui Montaigne est une lecture marquante. Tout dans cet homme me va. Je sens à chaque ligne ce gout de la vérité, que je sens chez tous ceux qui m’ont plu – dont bien sur l’ami Denis
Le gout de la vérité est une qualité très tangible. Elle se reconnait, dans la vie, à la première conversation – et à l’écrit se reconnait en deux lignes.
Cette passion particulière, peu commentée je trouve – si ce n’est par Nietzsche, de façon subtilement critique (mais c’est que Nietzsche avait pu éprouver en lui la diablerie de cette passion)-
Tchitchikov
InvitéAh je m’en doutais ! Le contraire me paraissait impossible. Je gageais qu’il était présent quelque part dans ton être de papier ; que tu en sois conscient ou non. Carrément, Friedrich dit quelque part un truc comme « Qu’un tel homme ait existé sur Terre me rend heureux ». Et comme sans lui, pas de Pascal, pas de Denis, pas de Jean-Jacques, pas de Friedrich, j’pensais bien qu’il devait traîner dans ton esprit. Ce dont tu parles me paraît être une affaire de complexion, d’affects, d’intuition. En bref : la fausseté ça pue. De loin.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai retrouvé la formule = « Qu’un tel homme ait existé, le plaisir de vivre sur cette terre en est augmenté. » Elle a longtemps figuré sur la quatrième de couve du Folio des Essais, et je peux te dire qu’elle m’a longtemps fait rever.
C’est exactement ce que je ressent devant tout talent : la joie du monde augmentée.
C’est pourquoi la découverte d’un talent ou d’une puissance m’émeut tant. Je ressens une gratitude.-
Tchitchikov
InvitéJe connais aussi cette gratitude, oui. Une joyeuse épiphanie. Quand ça m’arrive je suis heureux d’exister, je me sens plus vivant. Ma perception a gagné en acuité. Je regarde le ciel et je souris. Comme l’impression d’appartenir à une communauté qui saisit ce qui est là. Tout juste perceptible. Minuscule et grandiose. Ci-gît la joie.
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François Bégaudeau
Maître des clésSuperbe
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Dr Xavier
InvitéAnecdote sur Denis, par un hasard complet je tombe dans Les corps vils, de Grégoire GOAT Chamayou, sur ce passage :
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Diderot, dans l’article « Anatomie » de l’Encyclopédie (1751), se livre également à un vigoureux éloge des vivisecteurs de l’Antiquité : « On ne peut trop louer le courage d’Hérophile et d’Erasistrate, qui recevaient les malfaiteurs et qui les disséquaient tout vifs ; et la sagesse des Princes qui les leur abandonnaient, et qui sacrifiaient un petit nombre de méchants à la conservation d’une multitude d’innocents de tout état, de tout âge, et dans tous les siècles à venir. » (…) Mais dépecer des hommes vivants, n’est-ce pas une pratique inhumaine ? Diderot prévient l’objection : « Me serait-il permis d’exposer ce que je pense sur l’emploi qu’on fait ici du terme d’humanité. Qu’est-ce que l’humanité ? sinon une disposition habituelle de cœur à employer nos facultés à l’avantage du genre humain. Cela supposé, qu’a d’inhumain la dissection d’un méchant ? Puisque vous donnez le nom d’inhumain au méchant qu’on dissèque, parce qu’il a tourné contre ses semblables des facultés qu’il devait employer à leur avantage ; comment appellerez-vous l’Erasistrate, qui, surmontant sa répugnance en faveur du genre humain, cherche dans les entrailles du criminel des lumières utiles ? »
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Et effectivement, quand on regarde dans l’Édition Numérique Collaborative et CRitique de l’Encyclopédie (ENCCRE) de Diderot, de D’Alembert et de Jaucourt (1751-1772), Denis poursuit et n’y vas pas de main morte : « Quant aux criminels, il n’y en a guere qui ne préférassent une opération douloureuse à une mort certaine ; & qui plûtôt que d’être exécutés ne se soûmissent, soit à l’injection de liqueurs dans le sang, soit à la transfusion de ce fluide, & ne se laissassent ou amputer la cuisse dans l’articulation, ou extirper la rate, ou enlever quelque portion du cerveau, ou lier les arteres mammaires & épigastriques, ou scier une portion de deux ou trois côtes, ou couper un intestin dont on insinueroit la partie supérieure dans l’inférieure, ou ouvrir l’œsophage, ou lier les vaisseaux spermatiques sans y comprendre le nerf, ou essayer quelqu’autre opération sur quelque viscere. » (avec les accents originaux dans le texte)
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Ce dernier passage m’a fait rire. Denis était un grand fan de Saw.-
Dr Xavier
Invité(pour être complet, Chamayou mentionne Diderot dans un autre beau passage : [ Le concept d’avilissement a historiquement servi à combattre les discours de naturalisation des inégalités. À ceux qui convertissaient en nature les positions sociales d’inégalité, on a opposé l’histoire d’un avilissement. Ainsi Diderot a-t-il utilisé cette notion pour réfuter les arguments racistes en faveur de l’esclavage. À ceux qui soutenaient que « les Nègres sont une espèce d’hommes nés pour l’esclavageu », « des êtres vils, d’une espèce différente de la nôtrev », il répondait : « Vous êtes presque parvenus à leur persuader qu’ils étaient une espèce singulière, née pour l’abjection et la dépendance, pour le travail et le châtiment. Vous n’avez rien négligé pour dégrader ces malheureux, et vous leur reprochez ensuite d’être vils. » Pour Diderot, ceux qui sont appelés vils ne le sont que parce qu’ils ont été avilis. Ils ont été produits comme tels. ] )
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Tchitchikov
InvitéSacré bouquin de Chamayou celui-ci aussi oui ! Je le travaille depuis quelques années mais je ne l’ai jamais lu jusqu’au bout. C’est sa thèse.
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François Bégaudeau
Maître des clés« cherche dans les entrailles du criminel des lumières utiles »
On aime et on se souvient que Diderot aimait, chez Chardin, les écorchés
Dans les lignes citées ensuite, tout y est : « Vous êtes presque parvenus à leur persuader qu’ils étaient une espèce singulière, née pour l’abjection et la dépendance, pour le travail et le châtiment. Vous n’avez rien négligé pour dégrader ces malheureux, et vous leur reprochez ensuite d’être vils »
On finit toujours par croire à nos démonstrations a postériori
L’argumentation fumeuse inverse l’ordre des choses : ils ont voulu l’esclavage, il fallut donc que les noirs fussent inférieurs. Ce que Diderot appelait maladroitement le naturel n’était autre que l’ordre des choses. Ou la force des choses.-
Dr Xavier
InvitéUne généalogie du concept de racialisation ne serait pas complète sans un petit détour par Denis.
J’aime le « Vous n’avez rien négligé » qu’on retrouve dans la forme active de racial-isation : loin d’être tombé du ciel, le racisme, comme l’opinion, ça se travaille.-
Claire N
InvitéOui – vraiment ce « vous n’ bée rien néglige »c’est la partie « langue qui claque « d’ailleurs ce petit bout de phrase me fait penser
À cette façon de de préciser l’ironie qui n’ai pas indignation véhémente dans CUM
« l’ironie est froide.Tendre parfois, froide toujours. Si elle s’échauffe, elle se dévoile en satire.
L’ironie c’est l’indignation purgée de sa fausse candeur et de sa vertue voyante »
« la critique sans le sermont «
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Claire N
InvitéMerci Xavier
« Qu’est-ce que l’humanité ? sinon une disposition habituelle de cœur à employer nos facultés à l’avantage du genre humain »
Et effectivement oui – il semblerait bien que l’humanité puise dans la diversité des natures
à son avantage
Nietzsche il me semble avait noté quelque chose de similaire
Il serait mensonger de nier, et injuste « d’excommunier «
Et débrouille toi après ça – sans te laver les mains -
Ludovic
InvitéC’est Magnifique
La Diversité
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