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- Ce sujet contient 20 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Graindorge, le il y a 2 années et 6 mois.
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Pierre
InvitéLa question s’adressait à l’origine à François Bégaudeau mais j’ai pensé que peut-être d’autres personnes pourraient y répondre : comment trouvez-vous l’énergie pour créer ? Comment organisez-vous votre existence physique et mentale pour la produire ? Quelle hygiène de vie globale, etc.
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Ostros
InvitéA l’origine il y a le désir. Source vive d’énergie. Et le temps je l’arrache aux obligations quotidiennes travail de 35h, préparation et consommation des repas, sommeil, amitiés. Je vis de peu ça aide. Et pour le mental, ça travail en permanence en arrière plan.
Comme faire des films est ma priorité sur le reste mon temps libre lui est dédié en priorité. -
Demi Habile
InvitéJe fais des journées de 40 heures en fumant des joints. C’est pas dit que ce soit conseillé comme façon de procéder mais c’est la mienne.
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PoutPout
InvitéLa formulation de ta question m’a interrogé : où trouver l’énergie à créer ? À mon avis, la direction que prend l’énergie n’est pas unilatérale. J’imagine que cela dépend des singularités de chacun mais à titre personnel l’énergie sert à créer et la création crée de l’énergie. Je ressens une plus grande dépendance à créer qu’à produire de l’énergie visant à créer. C’est de cette dépendance que résultent mes conditions matérielles. À cet égard, cette relation n’est pas unilatérale non plus. Mes conditions matérielles impactent également ma capacité à créer. Vivant encore chez papa/maman, travaillant à temps partiel, lisant du cinéma et regardant des livres, ces conditions de vie font que mes espaces temporels au sein d’une journée vont être plus conséquents qu’une mère de famille travaillant 35h/semaine, donnant à bouffer aux becs de ses marmots, lavant leurs fringues, gérant les chiffres sur les comptes et ses parents moins indépendants que par le passé, pour tenter de créer quelque chose qui se tiendrait au moins sur une jambe.
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Ostros
Invitéla création crée de l’énergie : oui totalement. De la joie pure. Sans doute pour ça qu’on y retourne sans arrêt.
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Ostros
InvitéLa satisfaction d’avoir produit quelquechose soi-même, aussi. Un texte ou un film qui parfois même nous dépasse. On se dit c’est moi qui ai fait ça ? Incroyable.
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Pierre
InvitéBien sûr, les réponses à la question inverse – qu’est-ce qui vous freine dans votre créativité ? – sont aussi valables.
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François Bégaudeau
Maître des clésétonnant libellé de la question
parce que l’énergie c’est précisément ce qui ne se décrète pas
elle est là ou pas – un mixte de santé, de joie, de foi, tout ça étant interchangeable
je crée pour la stricte raison que j’en ai l’énergie – tautologie vitaliste-
Pierre
InvitéJe trouve ta réponse un peu étrange. Elle donne l’impression que nous serions des entités immuables de la naissance à la mort sans que nos conditions de vie n’interviennent ne serait-ce que sur notre état de santé et, par extension, sur notre énergie créatrice. Il y aurait donc d’heureux élus faits pour créer et les autres ? Et que faire de ceux qui arrêtent soudainement d’écrire par exemple ? En ce qui me concerne, je sais que certaines conditions sont plus propices que d’autres à la création. J’en déduis que ce qui est valable pour moi doit l’être aussi d’une certaine façon pour les autres.
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François Bégaudeau
Maître des clésDésolé mais je ne vois pas en quoi ma réponse induit cela.
Je reformule donc ce qui me semblait clair : A UN INSTANT T j’ai l’énergie de créer, ou je ne l’ai pas. L’instant d’après, ou le lendemain, ou trois plus tard, je peux avoir perdu cette énergie, cette foi, cette santé, cette joie
Même si cette foi, cette joie, cette santé, qui ne sont pas « de naissance » (ou peut-être que si tiens) ont sans doute, chez les créateurs durables, une consistance durable (laquelle tient peut-être à la force qu’ils se sont découvert… en créant)-
Pierre
InvitéC’est vrai, j’ai extrapolé. Peut-être un peu pour voir si tu pouvais sortir d’un simple raisonnement tautologique.
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François Bégaudeau
Maître des clésDans l’énergie de créer, c’est à dire dans la pulsion créative, il y a avant tout la sensation d’une puissance, d’une force.
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Fanny
InvitéSolitude
À quoi bon n’écrire que pour soi ?
Regards moqueurs par dessus l’épaule :
« Alors on se pique d’écrire ? »
Regards gênés, lèvres qui font semblant.
Où est l’ami sincère et franc ?Devoir
« Toi la seule qui parmi nous sait ecrire,
Tu nous raconteras,
Tu porteras notre voix.
Ecris ceci, jamais cela.
Ecrire est grave, écrire est serieux.
Que tes mots nous survivent. »
Votre confiance naïve en moi,
Touchante offrande, terrible venin.Egotisme
Fiction : mirage au loin jamais atteint.
Comment me défaire de mon enveloppe ?
Prendre de la hauteur ? Trouver l’universel ?Vanité bourgeoise
Futilité du beau langage.
Voyez-vous la forme ? Voyez-vous le style ?
Quel style pour la rage ?
Quelle forme pour l’infâme ?Orgueil
La perfection ou rien.
Nulle, nulle, archi nulle.
Chaque ligne me renvoie à ma médiocrité.
Pourquoi, comment recommencer ?
Envie d’écrire, douleur de ne pas y parvenir.Désespoir
Tout m’insupporte.
Tout m’indiffère.
Ecrire ? Plutôt m’extraire.
Plutôt dormir.-
Jeanne
InvitéMerci Fanny pour ton texte.
C’est un texte qui peut peut-être laisser un peu perplexe ou sans réaction. Car il y est dit (je vais vite) je veux écrire mais je ne peux pas.
Peut-être qu’un lecteur à du mal à entendre ça. Un lecteur (une lectrice) pense: Tu me dis que tu écris, que tu veux écrire, ok, écris.
Je ne sais pas si c’est intéressant, ce que je dis…-
Fanny
InvitéJe suis d’accord Jeanne. Un texte en échec, et qui déclame son échec, est certainement agaçant à lire. Le problème est peut-être dans le volontarisme. La création devrait être le fruit de la joie, pas de l’effort.
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Jeanne
Invité« La création devrait être le fruit de la joie, pas de l’effort ».
Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, et ça rejoint un peu le débat des posts plus haut.
Est-ce que en filigrane de ton texte il n’y a pas aussi la question de la légitimité? Suis-je légitime à écrire?
Dans quel cas est-on légitime à écrire et dans quel cas ne l’est-on pas ? Franchement je ne sais pas. Des gens écrivent parce qu’ils se sont autorisé à écrire. Autorisé tout seul. Comme les psychanalystes.-
Graindorge
Invitéje crois que nous sommes devenus ou on nous a rendu trop sérieux. La création c’est jouer. Jouer à écrire, à peindre, à faire de la sculpture, à déclamer des poèmes, à danser, chanter etc…
Et bien sûr le faire du mieux que l’on peut. C’est l’égo qui a peur. Même si on vit de son art avec tout ce que cela suppose de contraintes: rendre sa copie, trouver un bon sujet etc… on devrait le faire sans peur, dans la légèreté
Moi, je suis venue sur terre pour m’âmuser. Bien sûr j’ai des factures alors je gagne de l’argent mais ce n’est pas lorsque je gagne de l’argent que je travaille-
Jeanne
InvitéGraindorge, signe astrologique : soleil
(Je suis d’accord avec toi, et en même temps ce petit ego qui a peur, nous n’avons pas vocation- je crois- à nous en complément débarrasser…).-
Graindorge
InvitéTu as raison Jeanne! Juste qu’il ne prenne pas trop de place car il a tendance à voir le verre à moitié vide.
C’est gentil pour le soleil!
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Dr Xavier
Invité“Toi la seule qui parmi nous sait ecrire,
Tu nous raconteras,
Tu porteras notre voix.
Ecris ceci, jamais cela.
Ecrire est grave, écrire est serieux.
Que tes mots nous survivent.”
J’aime l’entrave de ces phrases, la camisole que ça évoque.
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Malice
InvitéUn bon carburant pour l’énergie créatrice : lire les lettres de Gide Valéry et Louÿs
Ils n’ont pas vingt ans, le feu en eux, échangent et critiquent tout ce qu’ils font» C’était une expérience folle. Une réunion de deux êtres pensants. Tout ce que pressent, prédit, promet le fait étonnant de se trouver, de se comprendre, de se dire presque tout; a -t-on déjà fait ceci? (…) On se touche par le regard, le langage, la prévision réciproque. Des fois, on se devine. Des fois ce que l’un découvre s’adapte merveilleusement à ce que cherche l’autre (…)
Il s’agit maintenant de s’unir dans une recherche de soi-même, dans une poursuite du contour ou du dessin de l’être, dans le frappement aux portes du connaissable. Unis par ce que nous ne savons pas – et par cette double ignorance capitale : quoi nous sépare?
Il n’y a pas de déesse, de muse…que je lui préfère, car l’Intelligence elle-même de s’en distingue presque pas (…)
L’amitié (…) est de pouvoir être intelligent ensemble; il s’agit de faire exister ce qui se sent unique et donc ce sentiment est essentiel. Elle est une intelligence double profonde. »(Paul Valéry, lettre inachevée à Louÿs)
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