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Accueil Forums Forum général Edouard Louis

  • Ce sujet contient 162 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par graindorge, le il y a 8 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #51422 Répondre
      Cyril
      Invité

      Ça y est ! Édouard Louis a répondu à la critique de François Bégaudeau sur la manière dont il concevait son « destin social » de transclasse.
      La vidéo commence directement sur le passage. Sinon c’est à 41 minutes.

    • #51426 Répondre
      Mais moi c’est léo
      Invité

      Il y a une confusion importante me semble-t-il entre la question de la responsabilité de nos engagements et celle du lien de causalité engagement personnel –> résultat.

      À ce titre, souligner le fait que notre volonté n’est pas libre en ce qu’elle ne s’auto-détermine pas n’attaque en rien le discours libéral du « quand on veut on peut ». Il y a tout un tas d’individus prolos et gays qui resteront prolos même si leur environnement de prolo les pousse à fuir. Vouloir malgré soi fuir n’implique pas que la fuite se fera, qu’elle réussira. Il dit qu’il n’a pas eu d’autre choix que de partir, très bien, mais partir ne se fait pas comme ça. De ce genre de milieu d’origine, il y a des gays qui ne partent pas, et la question de vie ou de mort se finit hélas trop souvent par l’évidence de la mort.

      Tous les gens qui se suicident suite à des violences homophobes venant structurellement de leur milieu ont certainement tenté eux-aussi de s’extirper de ce même milieu mais n’ont pas trouvé les moyens pour y parvenir. Et ces moyens ne s’inventent pas, ne se créent pas par un effort personnel, ils sont là ou ne sont pas là. Ce sont ces moyens qu’il serait aussi intéressant de montrer.

      Car un libéral se satisferait encore de son discours, il mettrait en valeur la coriacité de cette volonté de vie qui, puisque forcée et consciente d’être forcée à se sortir de la merde, s’est sortie de la merde toute seule et a arraché avec les dents sa nouvelle position dans l’ordre social, qu’elle aura donc infiniment méritée.

      Il est très bien de dire que notre volonté ne s’oriente pas sur commande, mais il serait bon de montrer que ce n’est même pas notre volonté (et j’entends par là notre personne) qui a fait de nous ce que nous sommes. Il faut socialiser le problème jusqu’au bout du processus de transition et pas seulement à l’origine du processus. Il ne va pas assez loin. C’est cela qu’Edouard ne fait pas et que Bégaudeau je crois regrette qu’il ne fasse pas.
      Aussi je pense que François est un lecteur avec d’assez grosses lunettes pour ne pas ignorer la cause originelle de son son départ (l’homophobie dont il a été tristement victime). L’homophobie juste n’explique pas tout. Les gays prolos victimes d’homophobie ne sont d’ailleurs pas tous normaliens d’après mes statistiques.

      • #51427 Répondre
        Mais moi c’est léo
        Invité

        Ma dernière phrase a sacrifié un peu de justesse pour plus de tension : il n’est pas vraiment normalien mais a étudié trois ans sur les bancs de l’ENS ulm. Ça change pas trop ce que je dis.

    • #51428 Répondre
      Claire N
      Invité

      Tu me donnes envie de le lire ; je me demande juste comme ça si il n’a pas été l’objet d’un désir bourgeois – je précise bien l’objet ; ce qui renverai a un processus d’élection inverse

    • #51429 Répondre
      Claire N
      Invité

      Tu sais un peu comme quand il adoptent un enfant pauvre d’un pays dévasté par leur appetits

      • #51431 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’approximation pointée ici n’en est qu’une parmi d’autres dans cet entretien
        La rigueur n’étouffe pas Edouard.

        • #51450 Répondre
          Cyril
          Invité

          C’est vrai que se dire plus déterminé qu’un autre n’est pas très rigoureux d’un point de vue déterministe. C’est même se réaccorder une forme de distinction.

          • #51526 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Et surtout, inédit dans l’histoire du bourdieusisme, que c’est un surcroit de déterminisme qui libère
            En vérité, à aucun moment EL ne répond à l’objection de gauche qui lui est faite, rapportée par son intervieweuse
            Ceux qui émettent des réserves sur l’idéologie transclasse seraient d’horribles réactionnaires ou des homophobes
            Et hop encore une occasion de penser ratée

            Passons sur le moment gag de cet entretien ; il ne peut pas y avoir d’extremisme à gauche, car quand on est dans la camp du bien, on ne peut pas être extreme, car il n’y a pas d’extreme bonheur

            • #51730 Répondre
              Mao
              Invité

              Qu’est-ce que tu appelles l’idéologie transclasse ?

              • #51752 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                L’idéologie charriée, consciemment ou non, par la mise en avant des transclasses
                A savoir : les individus plus forts que les structures
                Par extension : quand on veut on peut.

          • #51727 Répondre
            farine
            Invité

            Vous aimez bien taper sur les morts.
            Vous etes forts

            • #51753 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Décidément la ressemblance est frappante avec Louizz
              Même style, même morbidité. Même schéma paranoiaque (seule contre tous) ou mégalomaniaque (tous des cons sauf moi)
              Mais on comprend que la femme en question veuille garder l’anonymat.
              Elle n’aime d’ailleurs pas qu’on l’évoque en public
              Dans un procès récent elle a du etre bien meurtrie d’etre citée par la plaignante.

              • #51758 Répondre
                JÔrage
                Invité

                Tu parles de l’histoire qui dit que t’es du genre à l’humilier quand tu peines à jouir?

              • #51873 Répondre
                Eden Lazaridis
                Invité

                De quoi parlez vous ? « farine » est-elle « amour » ? Je ne comprends pas mais la référence à un procès me laisse à penser qu’il s’agit d' »amour »

                • #52028 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  en effet
                  dont je pourrais donner le vrai nom, puisqu’il a été mentionné au procès, pour accréditer son témoignage

                  • #52054 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    un témoignage ? contre toi à ton procès ?

                    • #52068 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      tout à fait
                      qui mériterait un procès en diffamation
                      mais on n’a pas que ça à foutre

                      • #52071 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « qui mériterait un procès en diffamation »
                        Entendre cela de la part d’un type qui diffuse illégalement des données personnelles d’autrui, c’est l’hôpital qui se moque de la charité.
                        Mais comme tu dis, on n’a pas que ça à foutre d’aller porter plainte contre ce genre de nuisible.

                      • #52129 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        diegomaradona: Tu fais référence à quoi?

                      • #52127 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Eh bé.

                      • #52156 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Ce que diegomaradona appelle diffuser illégalement des données personnelles d’autrui, c’est que, voyant ici Louizz-Amour-etc et lui vomir un fiel de meme acabit, je les ai une fois mis en relation par mail, ce qui revenait à révéler à l’un et l’une le mail de l’autre.Ce que le droit ne saurait en rien caractériser comme diffamation
                        Merci quand meme Diego pour ton intervention classiquement affable.

                      • #52157 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Et si tu avais en tête d’autres faits, nous serions bien aise que tu les exposes.

                      • #52163 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Je ne dis pas que cela relève de la diffamation. Le fait est que mon adresse mail et mes nom et prénom ont été affichés publiquement sur ton site sans mon autorisation ou consentement. Ce manque de protection des données personnelles sur ton site constitue de facto un délit dont tu es légalement responsable, que ça te plaise ou non, c’est un fait. Libre à toi de tourner cela à la dérision et de ne pas reconnaitre tes torts, cela en dit long sur l’intégrité et la dignité qui te caractérise….

                      • #52172 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        Ah ouais, c’est comme si t’avais dit qu’en vrai je m’appelle Julien. C’est super grave putain.

                      • #52182 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « c’est comme si t’avais dit qu’en vrai je m’appelle Julien. »
                        Non, c’est comme si j’avais affiché ton nom, prénom et adresse mail sans ton consentement.
                        Informations personnelles te concernant que toi-même tu ne donnes pas comme cela sur ce forum dans ton post. C’est bien la preuve que toi même tu reconnais implicitement que ce n’est pas du tout la même chose que ce que tu sembles faire croire.

                      • #52188 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        diegomaradona: « je les ai une fois mis en relation par mail »
                        .
                        Je ne vois pas où est le scandale.

                      • #52190 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Les fans de Bardella et Zemmour ne voient pas non plus où est le scandale de s’acharner sur les musulmans.

                      • #52198 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        diegomaradona: Parce que vous mettre en relation par mail c’est comparable au fait de lyncher Médine sur toutes les ondes, c’est évident.

                        E que s’appelerio chialeuse.

                      • #52199 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        @ jorage
                        relis ce que j’ai dit à francois: » Tu es légalement responsable des données personnelles fournies sur ton site et qui s’y retrouvent publiquement affichées par ta faute. C’est un délit reconnu par la loi, et ceci est indépendant des menaces et harcèlements qui en ont résulté (qui, de fait, ne sont pas nul). Tu es factuellement à cette aune un délinquant, que cela te plaise ou non. »

                        Si tu ignores la loi je ne peux rien pour toi, mais fais-toi plaisir et continues à troller et déverser ton fiel comme à ton habitude…

                      • #52201 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        diegomaradona: Faut pas t’en faire, je n’avais pas prévu de poursuivre ce non échange.

                      • #52176 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Poussé à préciser, tu t’affaisses : nous sommes passés à l’abstrait et inquiétant « un type qui diffuse illégalement des données personnelles d’autrui » à une pauvre anecdote où une personne qui n’est pas moi place ton mail sur mon site.
                        Ce qui est effectivement scandaleux. On imagine que tu as du etre terriblement harcelé ensuite.
                        Je crois décidément qu’aujourd’hui tu peux aller te coucher.

                      • #52178 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je reviens donc à ce que je disais avant que la mouche Diego vienne s’immiscer et qu’une tapette l’éloigne : le témoignage d’Amour-Louizz a, sous son vrai nom, été citée par la plaignante. Le contenu de ce témoignage pourrait tenait de la diffamation.
                        Je note accessoirement que la mention de ce fait par moi ici a comme par magie fait disparaitre Farine. Farine craindrait-elle que je livre ici son nom, qui a été énoncé publiquement au procès, et contre moi, devant juges et journalistes qui eussent pu en faire usage dans leurs objectifs rapports?
                        En somme il serait logique, voire respectueux, que je publicise ici un prénom et un nom que l’intéressée a d’elle-même choisi de publiciser dans la plus noble agora qui soit.

                      • #52180 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Tu es légalement responsable des données personnelles fournies sur ton site et qui s’y retrouvent publiquement affichées par ta faute. C’est un délit reconnu par la loi, et ceci est indépendant des menaces et harcèlements qui en ont résulté (qui, de fait, ne sont pas nul). Tu es factuellement à cette aune un délinquant, que cela te plaise ou non.

                        Par ailleurs ta pitoyable défense de tourner la chose au dérisoire et refuser de reconnaitre ton délit au motif que les conséquences n’ont pas été terribles pour moi, est semblable à celle d’un type qui refuserait de reconnaître qu’il est auteur de violences conjugales au motif qu’il a juste donné quelques claques à sa femme, ce qui est tout à fait normal et banal dans une vie conjugale classique.

                        Nous avons donc encore ici une nouvelle preuve de ton abjection.

                      • #52181 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        diegomaradona: ouin ouin ouin.

    • #51445 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Mon impression est qu’il répond à toutes les critiques sauf à celle de François

      • #51453 Répondre
        Cyril
        Invité

        Développe ?
        Il me semble que François pointait justement un discours méritocratique et la non-formulation de sa détermination gay.
        Il me semble que là-dessus, Édouard Louis a été clair.

        • #51465 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Sur la non-formulation de sa détermination gay, je ne me souvenais plus que François avait parlé de ça mais si c’est le cas, alors oui je suis d’accord, il répond.

          Je faisais plutôt référence à des choses assez précises que François avait je crois pointées dans ses textes mêmes, citations à l’appui : d’abord sa manière de décrire la « méthode » de changement, reproduisant point par point le discours standard dominant etc… Il me semble que la réponse que donne EL dans cet entretien élude cet aspect. Tout autant qu’il élude non pas la haine de classe contre les transfuges mais au contraire le bon accueil qui lui et réservé par bon nombre de secteurs de la bourgeoisie et que François soulignait (EL n’en est pas responsable, mais il ne regarde pas cela en face, pas davantage dans cet entretien).
          .
          Cela dit je trouve ce dialogue très intéressant. Je ne sais pas dans quelle mesure ce qu’EL dit là peut s’éloigner du concret de ses textes, que je n’ai pas lus — au vu de ce que pointait François de mémoire, j’ai le sentiment d’un écart —, mais EL est pertinent par bien des côtés.

          • #51527 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Et par bien des cotés totalement brouillon.

            • #51528 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              On verra aussi toujours son refus de penser sa situation actuelle, ce à quoi l’invite pourtant la questionneuse. Sa réponse est un chef d’oeuvre d’esquive.
              Ou plutot : oui bien sur que ça nous change d’accéder à un milieu bourgeois, sauf que pas moi, car moi Edouard je me souviens d’où je viens.

              • #51535 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Il a défait son déterminisme tout seul.

                • #51539 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Je crois que quand on a un truc de différent que les autres on a besoin de se rassurer et de se dire qu’on a réussit et qu’on est plus fort maintenant. Pendant toute la période Slam de Poésie j’étais comme ça avec mon handicap et m’aperçois aujourd’hui que le discours était horrible. Ce n’est pas parce que on a réussi à vaincre ses propre démons qu’on doit se croire supérieur aux autres et de mon côté j’ai aussi arrêté de faire une sorte de morale. On a le vécu qu’on a eu. Il nous appartient. À nous de le vaincre s’il nous a étouffé dans notre vie antérieur. Ceci dit je l’ai trouvé intéressant mais peut être un peu trop prétentieux à mon goût. Ou alors je fais fausse route et je n’ai pas compris le but de cette conversation. Et j’avoue je le découvre aussi

                • #51555 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  « Il a défait son déterminisme tout seul. »
                  on l’appelle Edouard Balboa

                  • #51573 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Est ce que je peux rire ou est ce un piège ? ^^

                    • #51576 Répondre
                      K. comme mon Code
                      Invité

                      Tu peux, c’est fait pour ça.

                    • #51827 Répondre
                      Florent
                      Invité

                      Mais on ne réclame pas l’autorisation de rire, c’est un réflexe…comme quand on vous tape sous le genou. Une blague vous tape les cordes vocales et hop vous riez. Sinon ça s’appelle du théâtre

    • #51447 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ok je crois que je commence à comprendre « après la première fois chez Elena je suis allé chez elle de plus en plus régulièrement. Sa mère m’invitait à dormir chez elles dans la chambre d’ami ,au dernier etage, (…) pendant qu’on mangeait, la petite sœur d’Helena nous jouait des sonates au piano, Nadya offrait à ses filles des livres, Garcia Louca, Victor Hugo, Sylvia Plath.(..) chez elle le repas était une cérémonie « 
      J’espère qu’il va élucider dans la suite du livre ce spectacle de la bourgeoisie dont il est le spectateur -miroir complaisant ; exposition falsificatrice par essence – hystérique par moyen

    • #51504 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      je l’ai réécouté notre cher Édouard. Quelque chose en moi aimerait tellement… donk, j’écoute, j’acquiesse, un peu comme lorsqu’on suit un ballon lors d’un match de foot, concentrée, sans ciller, vasyvasyvasyvasy… allez!
      Mais non, vers la 40ème minute, ça botte en touche!
      Ça répond pas…

    • #51548 Répondre
      graindorge
      Invité

      peut-être qu’il a pensé à plaire à tous le monde avec ce sujet de livre, sa mère
      Combats et métamorphoses d’une femme pour les intellos
      et là Monique s’évade pour tout le monde.
      À quand une rencontre Bégaudeau, Louis?

    • #51553 Répondre
      MacLovin’
      Invité

      Relevons aussi qu’il a dit « être trans classe c’est comme être transgenre ». Phrase d’une débilité insondable, vraiment.

      • #51556 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        et toujours ce dolorisme teinté de masochisme
        il y a une haine du transclasse, dit il
        qui donc ?
        où donc ?

        il dit que les conservateurs haissent les transclasses, en tant qu’ils perturbent l’ordre : c’est un parfait contresens, une absolue bourde analytique. C’est exactement le contraire qui se passe, et EL est très très bien placé pour s’en rendre compte.
        Mais quand on veut pas la vérité, on la veut pas.

        • #51569 Répondre
          graindorge
          Invité

          il dit aussi « un transclasse s’en sort en sachant que c’est impossible de s’en sortir…  »
          après moi le déluge, quoi…
          ça me rappelle un sketch de Coluche. Un ministre qui dit  » les gars, j’ai réglé le problème du chômage, j’ai trouvé du boulot! »
          et pour le dolorisme, ah ça, il sait y faire, il charge bien le mulet… presque envie de lui dire  » t’as rien oublié, t’es sûr? »
          Pardon Seigneur, je ris

      • #51603 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Je ne trouve pas que cette phrase soit d’une débilité insondable. Elle s’insère juste dans un raisonnement confus. J’ai l’impression que ceux que vise au fond EL dans cette critique sont soit les prolétaires conservateurs/réacs de son milieu d’origine, ou bien les idéologues très « prolétariens ». Et sous cet angle, c’est une phrase qui peut tout à fait s’entendre : elle répond à ceux qui accusent les transclasses de trahison (il emploie le terme). Je n’ai aucun doute qu’une telle chose existe, et s’il l’a subie je le crois sur parole.

        Le problème est qu’il mélange cet argument avec la critique d’une « haine » du transclasse qui viendrait de la bourgeoisie, de l’ordre en place. C’est là que sa pirouette pour esquiver une partie du problème tourne au vinaigre, la lucidité le quitte

        • #51647 Répondre
          Ema
          Invité

          Je trouverai assez étrange de supposer qu’il existe une haine des transfuges dans les milieux prolo. Peut être à titre individuel, par jalousie larvée, mais dans l’ensemble « ceux qui ont réussi » constituent plus typiquement une fierté pour leur entourage. L’idée de trahison de classe supposerait déjà qu’il existe encore une conscience de classe, ce qui me paraît relativement anachronique.

          • #51649 Répondre
            Tony
            Invité

            Anachronique peut être pas car il n’y a pas si longtemps les gilets jaunes semblaient avoir retrouvé cette conscience de classe,idem pendant le covid et les métiers essentiels, mais oui cette conscience de classe semble refoulée.

            • #51651 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Déjà « haine » est sans doute un mot trop fort. Et je ne sais pas en effet si ce type de défiance/critique/rejet/mépris est massif dans les milieux populaires, aucune idée. Il y a en tout cas de gros contre-exemples. En revanche je suis certain que ce type de comportement existe, il existe à gauche notamment, j’ai lu des choses de ce genre plus d’une fois. Je pense qu’EL a dû subir ce genre de discours et c’est ce qui ressort dans sa réponse, si embrouillée soit-elle

              • #51768 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                S’il y a un espace où le motif de la trahison est présent c’est.. les récits de transclasse. Qui souvent s’épanchent sur LEUR sentiment de trahison
                A quoi Leila Veron rétorque que : personne ne leur reproche d’avoir trahi. Ils se le reprochent tout seuls.
                Je suis bien de cet avis.

                • #51820 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  J’admets être particulièrement peu convaincu par cet argument d’une Leila Veron par ailleurs très convaincante, mais qui prend là ses désirs d’honnêteté intellectuelle et de bonté (un peu trop) pour des réalités.

                  Ce « personne ne leur reproche d’avoir trahi » s’applique très bien aux jugements de la classe dominante, du moins sur les transclasses qui montrent patte blanche. Dans le cas général, je suis très dubitatif.
                  .
                  Quant au cas du transclasse qui ferait désordre, à savoir le transclasse un tant soit peu de gauche communisante-marxisante, c’est en tant que « de gauche » qu’il sera disqualifié et non en tant que transclasse. C’est donc bien plus une haine de la gauche que du transclasse, effectivement. Si EL subit un jour les foudres de la bourgeoisie, ce sera avant tout en tant qu’homo et de gauche, non en tant que transclasse.
                  .
                  Toute cette discussion m’a décidé à lire Changer : Méthode, acheté hier soir. Il me faut d’abord finir la très bonne synthèse de Gentile sur le Fascisme…

                  • #51854 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    « Toute cette discussion m’a décidé à lire Changer : Méthode » la seconde partie m’a ennuyée, impression qu’il n’avait plus envie d’écrire un livre et qu’il à meublé – comme si il voulait vite passer à autre chose ça se sent – pourtant ce qui est mis en place dans la première partie me semblait fécond – l’esquive est de plus grossière on ne voit qu’elle dans cette seconde partie
                    Tu me diras ce que tu en as pensé ?

                    • #51856 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Un écrivain qui se casse au milieu du bouquin c’est pas très fréquent dans mes expériences

                      • #51894 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        @ Claire N
                        et dans l’entretien il fuit vers la 40ème minute

                      • #51900 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        les mensonges finissent toujours par être découverts. Comme on dit Le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. Elle tarde plus de temps mais elle finit toujours par arriver.

          • #51653 Répondre
            JÔrage
            Invité

            Ema:  » Peut être à titre individuel, par jalousie larvée »
            .
            Ou peut être que ce sont simplement des traitres.

            • #51659 Répondre
              Ema
              Invité

              @Jorage
              Si tu veux, mais d’après mon observation, à moins qu’on parle de prolétaires tres politisés à gauche (je n’en connais hélas pas trop, mon entourage prolo est majoritairement conservateur ou apolitique), la notion de « trahison » de classe me parait complètement absente lorsqu’il s’agit des petits jeunes qui poussent les études et se degottent de bon postes. On est plutôt content pour eux, dans l’ensemble, et çà donne même lieu tragiquement à un certaine auto dénigrement du genre « heureusement que t’es là pour sauver l’honneur hein! ». Et quand j’ai pu entendre ci ou là des reflexions un peu plus acerbes, accusant un tel ou un tel d’être devenu bobo, honnêtement ca ne transpirait pas la conscience politique. Il s’agissait plutôt de mettre en avant l’abandon de certaines valeurs conservatrices plutot que le passage à la classe supérieure.

              • #51769 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                voilà

              • #51810 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Hum, j’ai déjà été témoin d’accusations envers un transfuge directement liées au changement de classe. Par exemple « Je ne reconnais plus mon fils », chargé d’amertume, en séance shopping.

                • #51818 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Faudrait préciser
                  Qu’était devenu ce fils? D’où venait il?
                  A propos de quoi précisément disait-elle qu’elle ne le reconnait plus?

                  • #51824 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Le fils accédait à la bourgeoisie et venait de la classe moyenne très basse, mère dans l’enseignement, père postier, les deux étant eux même issus de familles prolétaires. Donc ascension classique en 2 générations.
                    Et c’était à propos de choix de vêtements chers et correspondant aux codes bourgeois, pour le travail (de type vestes…).

                • #51872 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Alice Munro n’utilise jamais le mot « trahison ». Il faudrait se demander si ce n’est pas un leitmotif français. Elle a grandi dans un milieu rural très pauvre au Canada, et il y a l’idée de « rester à sa place » ; elle évoque les vêtements de sa mère, qui a été institutrice puis a épousé un fermier, fils de fermier, et de la gêne que cela provoquait car ils attiraient l’attention. Une gêne née d’une forme de ressentiment envers les plus riches qui, ils n’en doute pas, s’estiment meilleurs. (Ont-ils tort ? L’inssuportable aspect d’Eddy Bellegueule, c’est cette supériorité qui suinte à chaque page. Edouard souffre de se sentir supérieur. Il court chez ceux qui sont confortables dans leur supériorité.)

                  *

                  En recherchant un extrait de Munro, je tombe sur le mot « traitor ». Eh bien, ça existe partout.

                  « They had a habit of poor people—perhaps especially of poor people burdened with more intelligence than their status gets them credit for—a habit or necessity of turning their betters, or those whom they suspect of thinking themselves their betters, into such caricatures.
                  My mother was not like that. She approved of Michael. And he was polite to her, though uneasy around her, because of her thickened desperate speech and shaky limbs and the way her eyes might go out of control and roll upwards. He wasn’t used to sick people. Or poor people. But he had done his best, during a visit that must have seemed to him appalling, a dreary captivity.
                  From which he longed to rescue me.
                  These people at the table—except my mother—thought me to some extent a traitor for not staying where I belonged, in this life. Though they really didn’t want me to, either. They were relieved that someone would want me. Maybe sorry or a little ashamed that it was not one of the boys around home, yet understanding how that couldn’t be and this would be better for me, all round. They wanted to tease me sharply about Michael (they would have said it was only teasing), but on the whole, they were of the opinion that I should hang on to him. I meant to hang on to him. I wished they could understand that he did have a sense of humor, he wasn’t as pompous as they thought, and that he was not afraid of work. Just as I wanted him to understand that my life here was not so sad or squalid as it seemed to him.
                  I meant to hang on to him and to my family as well. I thought that I would be bound up with them always, as long as I lived, and that he could not shame or argue me away from them.
                  And I thought I loved him. Love and marriage. That was a lighted and agreeable room you went into, where you were safe. The lovers I had imagined, the bold-plumed predators, had not appeared, perhaps did not exist, and I could hardly think myself a match for them anyway.
                  He deserved better than me, Michael did. He deserved a whole heart. »

              • #51826 Répondre
                Hami Debile
                Invité

                Ema: admettons que ce soit des cons, admettons, peut être que ça implique juste qu’ils ne sont pas foutus de formuler les choses proprement en évoquant leur sentiment de trahison.

                • #51895 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  Oui ça c’est une option. Mais comme je le précisais, en ce qui me concerne ces discours sont de toute manière à la marge. L’immense majorité des « petites gens » glorifient plutôt l’ascension sociale de leur progéniture, quand ils n’ont pas carrément œuvré à ce qu’elle se produise. Il faut arrêter les conneries, les transfuges sont célèbrés, à l’unisson. L’idéologie dominante veut croire et faire croire à la méritocratie, comment diable tant de gens pourraient ils y être hermétiques ?
                  Je pense comme François que concernant E. L, si sentiment de trahison il y a, il n’est certainement pas induit par la société ou l’époque.

              • #51933 Répondre
                jojo_le_gilet_jaun°
                Invité

                Tu parles de « prolétaire », mais ce que décrit EL dans En finir avec Eddy Bellegueule est tout autre chose que le prolétariat. C’est l’anomie extrême de personnes éjectées du prolétariat par le chômage. La sensualité bête et brutale du père, sa perversion, le plaisir qu’il prend à martyriser son fils, n’est pas typique des classes populaires. Idem pour le cousin incestueux, qui abuse d’Edouard le weekend et mène des raids homophobes contre lui la semaine, au collège. Le tort d’EL est de rabattre entièrement cette expérience de l’horreur quotidienne sur des catégories sociologiques bouchées au reste. A mes yeux, une des faiblesses principales de sa littérature.
                A l’opposé, sans toucher terre, poussé par des vents favorables, il s’est retrouvé dans les extrêmes hauteurs du champ littéraire.
                Cet itinéraire est sans rapport avec la manifestation majoritaire du phénomène « transclasse » que tout un chacun a pu observer et que tu décris : un bon bougre, qui après avoir sué quelques temps dans une école d’ingé ou de commerce, revient dans son village en SUV rutilant, sous l’œil admiratif de la famille et des copains (Connemara quoi !). En ce sens, le transclasse est un puissant agent de la conservation.

                • #51934 Répondre
                  jojo_le_gilet_jaun°
                  Invité

                  @ Ema, Tu parles de « prolétaire », mais ce que décrit EL dans En finir avec Eddy Bellegueule est tout autre chose que le prolétariat. C’est l’anomie extrême de personnes éjectées du prolétariat par le chômage. La sensualité bête et brutale du père, sa perversion, le plaisir qu’il prend à martyriser son fils, n’est pas typique des classes populaires. Idem pour le cousin incestueux, qui abuse d’Edouard le weekend et mène des raids homophobes contre lui la semaine, au collège. Le tort d’EL est de rabattre entièrement cette expérience de l’horreur quotidienne sur des catégories sociologiques bouchées au reste. A mes yeux, une des faiblesses principales de sa littérature.
                  A l’opposé, sans toucher terre, poussé par des vents favorables, il s’est retrouvé dans les extrêmes hauteurs du champ littéraire.
                  Cet itinéraire est sans rapport avec la manifestation majoritaire du phénomène « transclasse » que tout un chacun a pu observer et que tu décris : un bon bougre, qui après avoir sué quelques temps dans une école d’ingé ou de commerce, revient dans son village en SUV rutilant, sous l’œil admiratif de la famille et des copains (Connemara quoi !). En ce sens, le transclasse est un puissant agent de la conservation.

        • #51725 Répondre
          MacLovin’
          Invité

          EL met sur le même plan l’acquisition d’un capital social, symbolique et économique (via l’accès à la bourgeoisie) avec un changement de genre, geste ô combien difficile et coûteux socialement, émotionnellement, et dont le stigmate est absolument incomparable.
          Il faut vraiment être très confus ou de très très mauvaise foi ou encore très très très bête pour penser que c’est la même chose.
          Le mec dit quand même: être bourgeois=être trans. C’est ultra con. C’est d’une débilité quantique.

          • #51760 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            On va finir encore plus imprécis qu’EL lui-même. Je crois qu’on ferait mieux de ne pas (plus) s’engager dans la spirale de la confusion

            • #51770 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Pour le moins je pense qu’on peut relever sa confusion (moi je dirais : son peu d’appétence pour la vérité) sans le couvrir d’insultes.

              • #51788 Répondre
                MacLovin’
                Invité

                Je me suis un peu emporté, pardon. En revanche il ne me semble pas que mon propos soit confus ou imprécis.

                • #51844 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Ce n’est ni confus ni imprécis. Louis raconte n’importe quoi, et ce n’importe quoi frise l’insulte — seul sa bêtise le sauve.

        • #51911 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Absolument, « une telle chose existe ». Surtout chez les hommes. Faut quand même les écouter, abattus, quand ils rentrent d’un week-end familial dans le milieu d’origine, ou regarder ce qu’il se passe quand on est présent lors des retrouvailles.
          Et s’agissant de la bourgeoisie, on peut aussi remarquer que si elle accueille à bras ouverts le transfuge assez brillant pour légitimer la méritocratie, elle n’en note souvent pas moins d’un œil acéré, pas nécessairement malveillant, ses petites fautes de goût qui persistent.
          C’est pas rien des corps qui changent de milieu.

          • #51912 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Tout à fait.
            Me remonte, te lisant, le séminaire Vivendi à Marrakech.
            Plus jamais ça.
            6 mois après (putain, six mois quand même, j’aurais pas cru) je demissionnais brut.

            • #51937 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Les petites fautes du gout du transclasse lui seront volontiers pardonnées s’il montre une allégeance sans faille à sa nouvelle classe. En tout cas un respect.
              Sur tout plateau, Edouard est toujours poli, et n’embête jamais ses interlocuteurs. Qui l’adorent.

    • #51772 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Mais il met vraiment à l’épreuve notre calme.
      Et son intervieweuse toute empathique, pas moins. J’ai cru qu’elle allait le prendre dans ses bras.

      • #51807 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        dommage qu’il mette à l’épreuve TON calme car tu es à mon humble connaissance un des seuls intellos de gauche à l’avoir bien lu et à être à même
        de démonter non pas la personne Louis mais le boniment à 2 pattes. Oui tu l’as fait. Tu as écrit mais encore mieux serait une rencontre Bégaudeau – Louis
        Et ça tu ne sembles pas le souhaiter. À moins que ce soit Louis qui ne le souhaite pas
        Dommage donc

        • #51817 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Moi j’y serais tout à fait disposé, mais Louis surement pas. De toute façon je suis désormais non grata pour le trio, ayant commis l’immense impair de discuter les livres d’un de ses membres.

          • #51841 Répondre
            graindorge
            Invité

            ah, ils sont comme ça? On avance comment si on est pas ouvert aux critiques? Donk si Louis ne veut pas c’est qu’il a peur? C’est vrai que Bégaudeau c’est du pitbull consistant…
            Monique s’évade 42000 exemplaires de vendus. 60000 en réimpression. Et je m’en réjouis pour lui. J’ai eu la flemme d’aller voir les chiffres de Combats et Métamorphoses d’une femme, comme je disais c’est le Monique pour intellos.
            Et sa maman Monique, on peut pas l’entendre sa maman? Ou un de ses frères? Ou son papa? Personne n’a songé à aller les interviewer? Avoir un petit témoignage? Tout petit?
            C’est vrai que c’est bon la cuisine libanaise et sûrement bien meilleure dans un restau libanais 5 étoiles. Au fait, on donne des étoiles aux restaus libanais? Pardon pour le rire mais aujourd’hui je suis si contente

            • #51842 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Et une Gêne Occasionnée pour la rentrée ça serait possible François ?

              • #51923 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Je vais pas aggraver mon cas.

          • #51876 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Ledit trio est coutumier du fait. En traînant sur Hors-Série récemment, j’ai vu qu’Eribon leur avait demandé onstamment, peu après une interview avec Judith B, que la vidéo soit retirée du site, prétexte pris des accointances douteuses de HS (quand il ne s’agissait que d’une autre interview, de 2 sociologues, dézinguant plus ou moins GDL). Quel orgueil cjatouilleux (de là à dire que « Qui se sent morveux…. »)

            • #51877 Répondre
              Titouan R
              Invité

              La chose doit dater de 2014 ou 2016.

              • #51914 Répondre
                Ragon
                Invité

                Il est de notoriété publique qu’Eribon est du genre à faire un caca nerveux lorsqu’un un jeune chercheur a le malheur d’utiliser une vague idée qu’il aurait produite sans le citer expressément. En revanche, recevant un texte de Bourdieu portant la mention claire « ne pas publier », il ne voit aucun problème à s’arroger le droit de le transmettre au Nouvel Obs qui ne manquera pas l’occasion de chier sur P.B. et en fera une double page accompagnée d’éditoriaux indigents. La famille de Bourdieu en fut assez meurtrie. Didier Eribon est décidément aussi humble que sympathique.

                • #51916 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  J’ignorais cet épisode.
                  Merci à toi

      • #51922 Répondre
        Claire N
        Invité

        « J’ai cru qu’elle allait le prendre dans ses bras. »
        Oui – et c’est bien là que j’y vois un noeud – j’insiste sur l’adoption mais il s’agit pour moi d’un thème central dans son livre
        Ce n’est pas lui qui l’a choisi – c’est une forme perverse de la violence de classe : ils volent les petits des pauvres comme on adopte et éduque un chiot – pour moi il en garde cette trace «  d’orphelin – chaton perdu «  alors bien sûr j’imagine qu’il était un bon candidat à l’adoption
        -la violence de « l’éducation « qu’il a subie en retour n’est pas questionnée – la scène ou Elena le dresse à manger avec des bouts de pain est intenable

        • #51924 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          J’utilisais cette métaphore, cette image, dans le fragment de Boniments consacré à Changer méthode. Le chien qu’on recueille.

          • #51925 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui , j’ai du le voler inconsciemment – mais c’est parce que ça brillait
            Je me dis que peut-être un accueil comme dans la maison des bois , ça c’est doux- et que l’issue est de ce côté

            • #51939 Répondre
              Juliette B
              Invité

              C’est beau cette image de La maison des bois Claire. Et juste.
              Je pense que sa maison ça pourrait être la littérature, pas celle de la victime sans cesse mêmement rejouée, mais celle par exemple du désir ou de la rage qui éclairent certains passages de son Histoire de la violence. Je m’étais arrêtée le lisant au moment de la rencontre, cette nuit là dans la rue. « Il se cachait un peu pour essuyer ses narines avec ses doigts qu’il frottait ensuite sur son pantalon, laissant dessus des trainées brillantes. Ca ne me dérangeait pas ».
              J’ai souvent repensé à ces belles traînées de morve, ou au récit de sa plainte au commissariat, où toute récit est perverti par la retranscription policière.
              Alors je me dis livre après livre que pour creuser ce talent littéraire, il faudrait qu’il ne se fasse plus relire par son mentor qui, je le crains, l’arrime à l’académisme. Que dans la solitude de sa chambre, il lâche joyeusement cette bouée.

              • #51941 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                cette morve est genettienne
                il faut cultiver cette morve – et le gout qu’il en a
                la seule issue d’Edouard, c’est d’aller vers Genet
                c’est à dire vers le mensonge assumé, vers les fastes de l’immoralité
                il est pour l’instant à l’exact opposé de ça : misérabilisme, sentimentalité, chantage au vrai, volonté de plaire et de toucher

                • #51943 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Merci à tous les deux pour ce cheminement – je suis profondément émue

                • #51946 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  Genet, on commence par quoi ? Journal du voleur ?

                  • #51954 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Oui par exemple

              • #51949 Répondre
                lison
                Invité

                S’il commençait par dire traînées de morve à la place de « traînées brillantes » , ce serait bien.
                Abandonner le brillant, le reluisant , tout un programme.

                • #51955 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  Pas d’accord Lison, ces traces brillantes sur les vêtements c’est le scintillement du laid, j’aime précisément qu’il utilise ces deux mots pour évoquer ce qu’on a compris au début de la phrase être de la morve. Le geste de la main de celui qui n’a pas de mouchoir on le voit aussitôt le lisant.
                  A ce moment là du récit tout est en train de devenir désirable chez l’homme qui l’aborde.

                  • #51957 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Je suis assez d’accord
                    Ce que je présentais du genettisme : esthétisation du laid, sublimation de l’abject
                    Chez Genet ça prend souvent la forme de la glorification de son masochisme. Edouard n’en est pas là. Edouard conte et reconte combien il a souffert, sans jamais nous laisser envisager qu’avoir souffert, ou le raconter, ait pu le faire jouir.

                  • #51958 Répondre
                    lison
                    Invité

                    Ok, comme je n’ai pas lu le bouquin et ne connais pas la situation décrite dans ce passage, je te fais confiance .
                    Mais ce que je voulais dire c’est que l’utilisation d’un mot pour une chose ( la morve) est parfois bénéfique plutôt que d’utiliser une métaphore qui rehausse, anoblit, embellit cette chose (en utilisant brillant). Mais je comprends dans ce que tu dis qu’il commence à trouver beau tout de cette homme, y compris cette morve ….et qu’il utilise donc ce mot brillant pour souligner ça.

                    • #51975 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Ça me fait penser à une anecdote ; étudiante on parlait des mecs, du désir avec une nana, essayer de cerner ce qui plaît -elle plante ses canines de rousse de chaque côté d’un sourire et me balance : moi , c’est l’odeur de ses couilles
                      , elle était joyeuse et franche c’était pas ironique , pas salace , très cru et très pur à la fois
                      Parce que évidemment on va pas s’en faire un parfum – mais elle avait lié dans son desir , jusqu’à s’en enivrer, l’odeur et le beau

                      • #51988 Répondre
                        lison
                        Invité

                        Rire
                        Claire, j’aime bien cette anecdote, et ça va un peu dans le sens de ce que je voulais dire, le mot même (sans périphrase) peut avoir plus de force, de grâce, de drôlerie, que ce mot « déguisé ».
                        Mais en littérature pour faire passer autre chose (un trouble, une envie) on n’est peut être contraint à ces assemblages là, parce qu’on a peur aussi qu’en disant morve le lecteur ne voit que la morve, et pas le reste.
                        Mais est ce si sûr ? Faudrait voir les phrases avant, leur agencement, les mots autour du mot morve.

                      • #51990 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        C’est vrai et ton point de vue ainsi que celui de Juliette me fait vraiment toucher du doigt ce qu’est concrètement un problème formel – c’est passionnant mais très complexe

                      • #52024 Répondre
                        Oscar Spielmann
                        Invité

                        Déjà beaucoup d’emphase dans le commentaire d’un désir chez l’autre, pourtant simple.

                      • #52027 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui mais la question est plus précise que cela
                        – est ce que tu travailles sur morve – avec un adjectif qui évoque le beau ( sans tomber dans le fétichisme)
                        / est ce que tu pose un cadre de désir dans lequel tu passe le mot morve

            • #51950 Répondre
              lison
              Invité

              Claire, tu parles de l’accueil d’Hervé par le châtelain du village ?
              C’est drôle que tu parles de La maison des bois, je viens de le montrer à mon fils ( 7 an et demi), on l’a regardé sur quelques semaines, tranquillement, et une fois le dernier épisode terminé il m’a dit « qu’est ce qu’on va regarder maintenant ? » Comme il ne me demande jamais ça, j’y ai entendu non seulement la demande du film à venir mais surtout quoi après ça ? quoi d’aussi bien ?
              J’ai adoré le revoir avec lui, l’entendre m’en parler…mais désolée je m’éloigne d’Édouard Louis.

              • #51953 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Ce n’est pas donné à tout le monde de plaire aux enfants et aux adultes, aux cinéphiles et au public populaire. La maison des bois l’a pu.

                • #51973 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Merci Lison ; pour cette expression «  qu’est ce qu’on va regarder maintenant ? » et l’océan qui s’ouvre derrière
                  Je ne pensais pas particulièrement à la rencontre avec le châtelain – mais tu as raison d’évoquer sa résistance – ce n’est pas du dressage en l’espèce ; plutôt une sorte d’apprivoisement mutuel peut être
                  J’avais plus en tête quelque chose comme «  come as you are « 

              • #52073 Répondre
                graindorge
                Invité

                Merci Lison de m’éloigner d’EL pour ouvrir cette si jolie parenthèse de La maison des bois avec la réaction de ton pitchou. On respire le bon air des bois et de l’authenticité

    • #51853 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      @Edouard Louis
      crois bien Édouard que je ( je ne parle toujours qu’en mon nom) ne te reproche ni de gagner de l’argent, ni d’aimer les bons restaurants, les beaux habits…En fait je ne te reproche rien de tout ça. J’essaie de comprendre pourquoi dans l’interview, tu me perds vers la 40ème minute, pourquoi tu refuses le débat puisque tu es un homme de gauche sensible?

    • #51874 Répondre
      SHB
      Invité

      J’arrive même pas a en vouloir a Édouard moi son débouché psychologique est tellement commun, le mec qui s’élève socialement la où ses semblables non donc il en ressent de la culpabilité qui doit trouver son échappatoire dans le discours du oui mais arrêter de me critiquer c’est pas ma faute et puis merde je suis ici j’y reste ça sent vraiment le mal-être a 500km c’est pathétique.

      • #51880 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Le discours « oui mais arrêter de me critiquer c’est pas ma faute » :

        1) Si on comprend « être de la faute de » comme être à l’origine d’un grief moral, alors certes il ne va pas s’attribuer la faute morale d’avoir voulu changer de classe pour s’épanouir et survivre (il voulait vivre librement son homosexualité). C’était un réflexe de survie, et il ne s’en veut pas de cela.

        2) En revanche, si on comprend « être de la faute de » comme être à l’origine effective d’un phénomène, alors il dit bien que de SA FAUTE s’il est arrivé à se sortir de son milieu, il s’attribue à lui seul la cause de son ascension sociale. Il décrit, dans « Changer : méthode » le fait que souhaitant fuir l’homophobie et la misogynie de son milieu, il s’est mis à lire beaucoup, voire de façon maladive, se privant de nourriture, abîmant son corps pour obtenir le bac.

        Quant au fait de décrire la tentative d’un transfuge de classe de se justifier pour alléger son sentiment culpabilité comme « pathétique », c’est trop sévère. Cela montre une certaine empathie, c’est humain, trop humain. Il lui faudrait se départir de sa culpabilité.

        • #51886 Répondre
          Claire N
          Invité

          « il s’est mis à lire beaucoup, voire de façon maladive, se privant de nourriture, abîmant son corps pour obtenir le bac. » j’avais plutôt retenu qu’après sa rencontre avec Didier Eribon il s’était «  forcé à lire « ,après une forte identification à ce dernier, mentionnant la même volonté de s’arracher à Amiens que lorsqu’il s’était arraché à sa famille après la rencontre d’Elena
          Le livre tombe en panne lorsqu’il aborde ensuite d’autres manières de rencontrer je trouve.

          • #51892 Répondre
            Eden Lazaridis
            Invité

            Oui tu as raison, plus tard dans sa vie, il se met à lire de la sociologie et des sciences sociales après sa rencontre avec Didier Eribon, par identification !!

            • #51913 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Mmmhhh j’ai des souvenirs vaporeux de son bouquin mais il me semble qu’il raconte bien comment une bibliothécaire (du CDI de son collège ?) lui a donné le goût de lire, et puis comment sa copine bourgeoise l’initie au fabuleux monde de la littérature, et blablabla. Mais oui plus tard il rencontre Didier Eribon, et surtout il laisse tomber sa copine comme une vieille chaussette.

              • #51915 Répondre
                Claire N
                Invité

                C’est vrai, il parle de la bibliothécaire et de la dame du cdi- des environnement où il y a des livres, comme chez Elena mais lorsqu’il claque sa première paye en livre il décrit bien sa difficulté à lire –

                • #51917 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Il précise même qu’avec Elena il a appris à parler de livre qu’il n’a pas lu et que la c’est plus difficile

                  • #51918 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Mais c’est intéressant de confronter nos impressions, parce que effectivement ça semble pointer un aspect de mystification

    • #52162 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Collision de calendrier : j’ai vu hier le formidable Elephant Man, dernier Lynch qui me manquait. La discussion de fil a spectaculairement fait retour en moi au visionnage, tant y est à l’œuvre une puissante représentation (voire une puissante pensée) du phénomène transclasse.

      Ce film est d’une richesse impressionnante.

    • #109474 Répondre
      Etienne
      Invité

      J ai bientôt fini changer : méthode c est un bon livre, on a pas envie de le lâcher après avoir commencé sa lecture. Ça doit être très troublant de passer de ces deux mondes en si peu de temps. J ai pris aussi l effondrement et Monique s évadé. En espérant qu ils soient du même niveau

    • #109488 Répondre
      diegomaradona
      Invité

      Il ressort quand même de ce livre que le facteur principal qui explique son ascension est d’avoir été pris en charge ou adopté par différents personnage : Elena et sa famille quand il arrive à Amiens, puis à chaque fois par des homosexuels plus âgés (qui ne demandaient surement qu’à l’enculer ou se faire enculer par lui) pour passer à Paris et ensuite dans l’aristocratie, ce rôle « de poule de luxe » joué par Edouard louis étant totalement écarté de l’analyse comme facteur décisif.

      • #109491 Répondre
        Etienne
        Invité

        Il l écrit clairement je trouve au contraire.
        Le titre du bouquin aurait dû être la métamorphose tellement ça revient dans le livre.
        Cette volonté de toujours plus m attriste un peu quand même c est sûrement lié au fait qu il vient vraiment d en bas.

        • #109498 Répondre
          diegomaradona
          Invité

          Un vrai matérialiste aurait du prendre comme titre « changer : processus » pour montrer le caractère factuel et impersonnel du phénomène.
          Utiliser le terme « méthode » renferme implicitement l’idéologie libérale, l’idée de la recette que n’importe qui pourrait appliquer pour arriver à ses fins. C’est un titre extrêmement mauvais pour celui qui veut mettre en avant les déterminismes qui ont opéré dans son parcours.

          • #109500 Répondre
            Etienne
            Invité

            Si on lit la définition de méthode et processus, je dirais que méthode est plus approprié pourtant.

            • #109502 Répondre
              diegomaradona
              Invité

              quelles sont les définitions que tu utilises ?

    • #109568 Répondre
      Etienne
      Invité

      Fini l effondrement c est toujours limpide et agréable à lire, avoir une famille tellement merdique doit te chambouler dans tout ton être.
      Le métamorphose et la montée à Paris pour certains gays est intéressante, le frère d un ami d enfance à eu un parcours quelque peu similaire, de fin il est passé à baraqué, il venait d une famille plutôt pauvre, il se faisait emmerder à l ecole,il a réussi ses études, à fait un peu de fric rapidement dans le milieu bancaire et à acheté un bar gay dans le marais.
      Paris semble être un refuge pour pas mal de monde.
      Alors que cela me semble invivable

      • #109571 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        superbe critique littéraire
        et on est heureux d’apprendre que tu lis

        • #109574 Répondre
          Etienne
          Invité

          Les joies de la mediatheque et d une journée pluvieuse.
          Me reste Monique s évade, après la confiture de fraise.
          C est pas du tout une critique littéraire car ceci n est pas mon boulot mais plutôt un simple avis, pourquoi tu croyais que je ne lisais pas ?
          T.es pas vraiment attentif ….
          Tu pais ton coup avant 19h jeudi ? Je vais sûrement finir tôt ma journée syndicale et glander à annemasse ça me fait pas trop rêver ^^

          • #109585 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            sur tes 300 posts ici, 2 ou 3 ont du être consacrés à un livre
            ca parle
            mais c’était donc un trompe l’oeil
            je ne connais pas mon timing de jeudi, je ne peux m’engager à rien
            je note avec surprise et satisfaction que la Tourette est plutot discrète ces temps ci

            • #109619 Répondre
              Etienne
              Invité

              C est pas le genre de la maison tu dois confondre avec mon fake ^^ hormis, bourgeois, citadin et l utilisation de fanfoué je vois pas vraiment le syndrome dont tu causes sinon oui je suis plus intéressé par d autres sujets autre que la littérature effectivement

              • #109623 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Ta Tourette consiste toute entière dans le mot bourgeois sorti frénétiquement, comme d’autres Tourette sortent fils de pute.
                Et je note donc avec satisfaction une accalmie du syndrome
                A quoi donc l’attribuer?

                • #109632 Répondre
                  Etienne
                  Invité

                  Bourgeois n est nullement une insulte pourtant c est une classification qu il faut rappeler de temps en temps.

                  • #109701 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Heureux de l’apprendre car ici tu l’utilises clairement, sinon comme une insulte, comme un stigmate – notamment de par la répétitivité compulsive du signifiant, et son accolement à une même
                    Mais comme tu es calme soudain. Ca doit être les bluettes sociales d’Edouard Louis qui te font ça.

          • #109748 Répondre
            Kenyle – job dateur professional
            Invité

            « Je vais sûrement finir tôt ma journée syndicale et glander à annemasse ça me fait pas trop rêver »
            Autrement t’as Genève juste à coté.

    • #109663 Répondre
      Etienne
      Invité

      Fini Monique s évade.
      Des larmes aux yeux tellement c’est émouvant.
      J avais jamais lu trois bouquins du même auteur dans un laps de temps si court.
      Est ce que tous ses livres sont autobiographiques ?

    • #115130 Répondre
      Giscardus
      Invité

      Une chose qui classe définitivement selon moi EL parmi les auteurs bourgeois en totale adhésion avec le mode de vie bourgeois, c’est le nombre astronomique de ses tournées à l’étranger, particulier dans les instituts français, hauts lieux de l’entre-soi chez ces bourgeois au carré que sont les expatriés.

    • #115156 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Trouvé cet entretien
      «La Grèce, c’est aussi un pays de l’écriture de l’intime», Grand Tour à Athènes avec Édouard Louis | Le Grand Continent https://share.google/EOtR8IWUocmu7gDPQ

      • #115187 Répondre
        Giscardus
        Invité

        Ça commence bien avec le chapeau à l’infinitif (le style de l’esprit de sérieux par excellence) pour dire que EL voudrait « fuir l’esprit de sérieux ». Je verse peut-être dans le procès d’intention mais peut-on sérieusement imaginer EL fuir l’esprit de sérieux qu’il semble si sérieusement habiter ?

        • #115188 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Peut-être qu’un jour il jouera dans un Dupieux.

      • #115190 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai lu vite fait cet entretien,on y retrouve ce que François décrivait dans un texte,un érotisme bourgeois tout à fait frappant,il est même à la limite de dire que ce tourisme de masse fait de pauvres et de familles bruyantes est une nuisance insupportable,pas pour lui bien sûr, précise-t-il mais pour les habitants !(aucune critique du modèle économique imposé par Bruxelles, d’un pays vendu à la découpe et transformé en destination touristique low cost!)
        Et puis le couplet sur le confinement,une épreuve si dure!,lui qui a pu avec ses amis partir vivre 4 mois en Grèce!

        • #115205 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          c’est étonnant comme toute la lucidité sociologique d’Edouard s’évapore dès qu’il est question de lui – et notamment de sa vie actuelle

    • #115209 Répondre
      Hd
      Invité

      Ce texte est frappant, fou

      • #115211 Répondre
        Hd
        Invité

        « Et puis, justement, aussi quelque chose d’extrêmement urbain — et c’est ce que j’aime.

        Je n’ai jamais beaucoup aimé le silence de la nature.

        Je préfère le béton et les tours aux arbres et aux montagnes.

        Je m’y sens plus à l’aise.

        Paradoxalement, j’ai l’impression que dans la nature, à la campagne ou sur les îles comme il y en a en Grèce, le silence nous force à nous recentrer sur nous-mêmes, à écouter notre moi intérieur — tout ce que je hais. J’ai horreur d’être moi, d’avoir un moi, cette chose gluante et dont il est si difficile de se défaire. Dans la ville au contraire, dans le bruit, le mouvement, le bitume, le moi se dissout. On n’existe plus, on est un témoin du monde, on est traversé par lui. »

        « Les personnes qu’on croise la nuit sont toujours plus intéressantes que celles qu’on croise le jour : si vous voyez quelqu’un qui marche dans la rue à trois heures du matin, sauf si cette personne rentre du travail, c’est que cette personne ne se soumet pas aux rythmes sociaux traditionnels, le réveil le matin pour aller emmener les enfants à l’école, le réveil à 8 h pour écouter les nouvelles du monde à travers la radio, le premier métro — ce rythme fou du matin imposé par le capitalisme. Une personne qui marche dans la nuit est déjà en décalage par rapport au monde, donc elle est intéressante — et ce n’est pas une question de classe, j’en sais quelque chose. »
        « Ce n’est pas une question de classe » comme pour exorciser les paroles prononcé juste avant, alors que tout transpire l’idée libéral de l’indivu dans la ville et l’idée bourgeoise de la solitude.

        • #115214 Répondre
          Tony
          Invité

          On se doute un peu du genre de rencontres qu’il doit faire en déambulant la nuit dans les rues après être sorti du restaurant où il aime aller se mettre à table, à minuit(les habitants travailleurs le remercient de se coucher aussi tard pour pouvoir le servir!)

          • #115220 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je doute qu’il tape la discute avec les sans logement saouls et les précaires qui zonent la nuit. Je doute qu’il s’agit d’eux quand il parle de personnes en décalage par rapport au rythme majoritaire des travailleurs, ceux qu’il trouve intéressants.

            • #115231 Répondre
              graindorge
              Invité

              Je crois aussi que l’entreprise Edouard Louis ne fait pas de brins de causettes avec les personnes sans logement ou/ très pauvres

    • #115215 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Grèce : riche ou pauvre, le point de non-retour https://share.google/A2WDIJ1HUsfzvUFEY

      • #115216 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (aux alentours de 370 euros par mois), et un nombre alarmant de personnes sont sans abris. Seules la Bulgarie et la Roumanie rivalisent avec la Grèce dans ce domaine-là. Ces inégalités de richesse creusent un fossé de plus en plus grand entre les personnes riches et les pauvres. »

    • #115217 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      « Une prostituée qui gagnait 50€ la demi-heure gagne 2€. »

      En Grèce, une passe pour le prix d’un sandwich – Libération https://share.google/u0NSOi1VdvWFZvkQH

      • #115218 Répondre
        Tony
        Invité

        A ce prix-là c’est imbattable, ça vaut vraiment le coup d’y aller!

    • #115229 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      La Grèce en 2025, troisième pays de l’UE pour le risque de pauvreté et d’exclusion sociale.

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