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  • Ce sujet contient 226 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par BIOGRAPHIE, le il y a 11 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #22772 Répondre
      Fanny
      Invité

      J’ai un souci, ça commence à tourner à l’obsession : je veux apprendre à écrire. Le problème, c’est que je n’ai que ça, l’envie d’écrire. Rien de plus précis derrière. Je n’arrive pas à me trouver un sujet et à m’y tenir. J’ai pensé aux ateliers d’écriture, mais par chez moi c’est « spécial séniors ». Par contre, ce forum m’a donné une idée, et j’ai le trac…

      Ça vous dirait de m’envoyer rien qu’une phrase, un mot, à partir de quoi écrire ? Vous pourriez ajouter des conditions de longueur, de délai, ou autres. Je vous enverrais le résultat et, si vous êtes encore partants, vous pourriez me dire quoi retravailler ou me relancer sur autre chose. C’est assez puéril, mais je crois que c’est ce qui me manque : des injonctions.

      Je vous donne une adresse : <fannymachin000@gmail.com> (je ne veux pas trop afficher mes médiocrités ici). Je ne suis peut-être pas seule dans mon cas ? On pourrait s’y mettre à plusieurs, si ça vous tente ?

    • #22773 Répondre
      Claire N
      Invité

      Coucou Fanny
      Comme le sujet est pas glamour je te le livre ici,
      Moi je tourne autour des «  poubelles «  depuis un moment je ne sais pas si ça peut t’intéresser
      – l’article de L’ordonnance sur le tri sélectif et celui de Ranciere dans socialter
      – les livres rayons bien être «  zéro déchets « 
      – les virées avec une copine bradage de poubelles de bio Cop
      – la gueule devant un sac poubelle que je remplis et remplace par un sac fait en emballage recicle
      – le livre de E Reclus «  histoire d’un ruisseau « 
      – la condition de femme de gérer les déchets, les trucs qui traîne
      – les personnes qui n’arrivent pas à jeter et qui arrivent à l’hôpital, on visite leur logement, on diagnostique un syndrome de Diogene , on considère qu’ils sont malades et pas aptes à vivre seuls
      Voilà si ça te dit
      claire.nocon@gmail.com

      • #22780 Répondre
        Ostros
        Invité

        Les contraintes sont une façon intéressante de contenir ton écriture, de t’obliger.
        Je te donne comme exercice :
        une ville et dans cette ville un lieu précis. Deux personnages. L’un.e à un secret à révéler à l’autre. Ca peut se passer en intérieur ou en extérieur. Tu as le choix de la ville, du lieu, des âges et des métiers. Des niveau de relation entre eux. Du sujet du secret. De la résolution (s’il sera effectivement révélé ou pas). C’est une fiction.
        Je t’en demande entre 1 et 2 pages word. En times new roman 12. Espaces simples.
        Je te laisse jusqu’au 15 décembre.
        Mon mail : madmrspi@gmail.com
        Bon travail.

        • #22782 Répondre
          Ostros
          Invité

          P.s : ça peut être juste une scène / un chapitre dans un roman. Ou une short story en soit.

          • #22865 Répondre
            Fanny
            Invité

            Pour être contraint, c’est vraiment très contraint ! Comme tu ne me laisses qu’un mois, je vais travailler dessus en priorité.

      • #22861 Répondre
        Fanny
        Invité

        Merci Claire. J’aime bien cet angle d’attaque très concret.

        • #22869 Répondre
          Claire N
          Invité

          De rien vraiment
          J’ai fait quelques coquilles je m’excuse
          Le texte de Lordon ( pas ordonnance)
          Et bracage
          Plus quelques dysorthographie

    • #22784 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Salut Fanny,
      Je te propose : Dis-nous, ou dis-moi, qui tu es. Ça peut être par exemple en racontant ta journée d’hier, par les faits ou observations de ton choix, en une page word.
      melanie.aaa@outlook.fr

      • #22867 Répondre
        Fanny
        Invité

        C’est plus difficile qu’il n’y paraît ça, je trouve. Je l’ajoute à ma liste.

    • #22788 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Il faudrait d’abord peut-être interroger ce « écrire » intransitif. Ce « écrire » dans l’absolu, très durassien. Ce « écrire » en soi. De quoi est il fait? De quoi est fait ce désir d’écrire sans thème ni option formelle ni sujet ni modèle à imiter?

      • #22793 Répondre
        deleatur
        Invité

        J’ai une réponse mais théorique et elle risque de déplacer les enjeux de la discussion initiale. Alors, je ne sais pas si je peux participer.

        • #22799 Répondre
          Graindorge
          Invité

          mais si voyons! Au contraire! Fanny te dira si ça a trop  » déplacer les enjeux de la discussion initiale »
          Dit sans ironie aucune.

          • #22872 Répondre
            Fanny
            Invité

            Mais oui deleatur, je suis curieuse de savoir ce que tu en penses. Pour ma part, j’imagine que je serai en meilleure posture le jour où j’aurais une réponse à ces questions.

            • #22904 Répondre
              deleatur
              Invité

              Il s’agissait de revenir sur ce que François dit d’écrire comme verbe intransitif, écrire dans l’absolu, pour le contester, pas de dissuader les tentatives de le faire, pas plus que d’aider à le faire. Ce qui m’intéressait, c’est la littérature, pas l’acte d’écrire, pas le dispositif ou les motivations psychologiques qui y conduisent. De là mes réserves sur l’intérêt d’intervenir dans un sujet sur un atelier d’écriture.

              • #22905 Répondre
                Fanny
                Invité

                Contester de quelle manière ? Ça m’intéresse, tout comme les discussions sur la littérature.

                • #22906 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Je répondrai ce soir, plus le temps là.

                  • #22907 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Si tu veux suivre des ateliers collectifs tenus par un « sénior » de la littérature, qui a fait des ateliers aussi bien en lycée pro qu’en école d’art (Cergy), et qui continue chaque année sur son site et sa page YouTube à le faire, je te conseille d’aller voir du côté de l’autre François… François Bon.

                    Lui aussi, tout comme François, aime se donner (et recevoir) des contraintes d’écriture, des sujets avant de commencer, des petits règles de confection.

                    C’est toujours très nourricier.

                  • #23002 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Ce qui me gênait au départ, c’est les expressions de François : « écrire » dans l’absolu, « écrire en soi », un écrire « très durassien ». S’il s’agit de démystifier l’acte d’écrire, de se libérer de la référence écrasante aux grands auteurs, de déboulonner le « noble art », de se passer de la référence à l’inspiration, oui, cent fois oui, François a cent fois raison, écrire ne devrait jamais être intimidant ou castrateur, ou aliénant, mais joyeux, anarchiste, rimbaldien.

                    Mais je ne suis pas sûr que le verbe « écrire » fonctionne comme le verbe « réussir ». On réussit un examen, on réussit son mariage, on réussit une charlotte aux fraises et il paraît même que l’on peut réussir sa vie. « Réussir » est un verbe transitif : on réussit toujours quelque chose (mais on rate tout aussi souvent, au sens où une éducation réussie, c’est une éducation ratée). Le dictionnaire Le Robert nous dit qu’un sens nouveau est apparu au début des années 80, fruit de la langue managériale, c’est le sens intransitif de « réussir » : on vise la réussite en soi, on cherche la réussite (de toute entreprise). On sait comment ce langage s’est imposée à l’école : on doit viser la « réussite » des élèves, on doit faire « réussir » les élèves.

                    Le verbe « écrire », c’est le contraire. Si l’on parle de littérature, de style, d’écriture (peu importe le nom qu’on lui donne), alors « écrire » doit d’abord être défendu comme une pratique intransitive. Bien sûr qu’on écrit pour écrire et seulement pour ça. Pour quoi d’autre écrirait-on ? Ou alors, ne parlons pas d’écriture, parlons de communication, de message, d’ « universel reportage », de commerce des idées.

                    François donne Duras en exemple. C’est sûr que c’était un motif théorique dans les années 50-60 du siècle dernier. On trouve ça chez Sartre, chez Barthes (la distinction entre l’écrivain et l’écrivant), et toujours l’idée est la même : l’écriture, la littérature commence quand on s’étonne du fait du langage, quand on refuse de se servir du langage comme un instrument de communication, ou quand on refuse de subordonner le sens à la signification.

                    Il y a toujours du réel, de l’expérience, mais elle n’est pas le terreau, le matériau que l’écriture devrait enregistrer, retranscrire ou traduire. C’est l’écriture qui produit l’expérience, qui devient elle-même le matériau de l’expérience, qui se modèle, se façonne, se transforme. C’est toujours la matérialité des mots et du style qui importe, pas le sujet, pas l’occasion.

                    C’est pour ça que le discours actuel sur la prévalence de l’expérience (qui préexisterait à l’acte d’écrire) me sort un peu par les trous de nez. C’est justement quand l’auteur n’est pas une femme (ou un homme), n’est pas un romain ou un alcoolique, qu’il devient intéressant d’écrire sur l’alcool, sur la Rome antique, sur la maternité, etc., que cela s’appelle l’histoire ou la littérature. Et c’est pour ça que Entre les murs ou L’amour ne sont pas un reportage de France-Télévision ou un roman-photo de Nous deux (quoi que, quoi que…).

                    Ce que je dis de la littérature, je ne le dirais pas du cinéma, par contre. Car le cinéma est un art impur, et qui est impur d’abord parce qu’il est un art de l’enregistrement.
                    Cela dit, il n’est pas sûr qu’au début des années 60, je n’aurais pas été du côté de Rohmer et des mac-mahoniens (pour le clin d’oeil aux Cahiers).

                    • #23022 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      Je me rends compte que François a déjà répondu à mes réticences quelque part.

                      Je le cite (message 11316) :

                      « Où l’on voit encore que la grande affaire de Debord, comme de tout écrivain, fut bien le style. C’est à dire le ton. C’est à dire l’humeur portée par ce style. C’est à dire l’ humeur que doit rendre ce style. C’est à dire : comment dois-je prendre le monde? Quel vivant ai-je envie d’être (ou : quel genre de vivant ai-je envie de sembler être via mes livres)
                      On voit que la question de l’ironie est à la fois une question de justesse et de stratégie.
                      Les questions de ton sont des questions de fond. Le ton est le vrai fond de l’écrivain – aussi engagé soit-il. »

                      Il aborde l’écriture sans la dissocier de l’écrivain, et l’acte d’écrire du désir de vivre. C’est un peu psychologisant (quel est ton désir d’écrire ?), mais aussi bien physiologisant, presque organique. François fuit l’abstraction comme une maladie. La grande vitalité de l’écrivain, c’est son ton, c’est-à-dire le rapport au monde que son ton exprime. Fût-ce pour maudire, exécrer, cracher le monde (Léon Bloy).

                    • #23033 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      « C’est l’écriture qui produit l’expérience, qui devient elle-même le matériau de l’expérience« « 
                      Ta phrase me fait penser à le vidéo d’Anna – un entretien avec Ranciere
                      Et fait ressortir le caractère «  vivant «  de l’écriture
                      Merci

                      • #23042 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Merci. C’est quelle vidéo ?

                      • #23043 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Dans forum – page 4

                      • #23044 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        C’est dans « À regarder plus tard ». Merci merci.

      • #22800 Répondre
        Mao
        Invité

        François, qu’est-ce que tu penses du « creative writing » ? J’ai l’impression que c’est quelque chose qui n’a pas vraiment mordu en France alors qu’aux US c’est absolument incontournable, dans la plupart des librairies et bibliothèques, des rayons entiers y sont dédiés avec des centaines de références. Le maître mot est « plot » l’intrigue. On y apprend comment construire, développer et conclure une intrigue. Comment construire un personnage. etc. Cela me fait penser à ce que tu appelles l’ordre narratif. Je suis même tombé sur un bouquin fascinant d’environ 400 pages exclusivement consacré à l’ouverture d’un roman, sa première page. L’idée étant que si vous voulez avoir la moindre chance d’être publié un jour vous devez impérativement réussir à alpaguer le lecteur et donc en particulier votre futur éditeur dès les premières lignes. Parmi les ouvertures étudiées dans ce texte il y avait celle de beloved de Toni Morrison, l’ouverture des raisins de la colère ou encore celle du Seigneur des porcheries et je dois admettre qu’au final j’avais trouvé, textes à l’appui, la démonstration plutôt convaincante.

        • #22809 Répondre
          deleatur
          Invité

          Voir peut-être les nombreuses vidéos de François Bon à ce sujet sur sa chaîne Youtube et les ateliers d’écriture qu’il y mène régulièrement.

          • #22921 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai pas mal défendu le principe des craeative writing jadis, et surtout pour déconstruire l’idée que le noble art littéraire relevait de la pure inspiration. Oui il y a des techniques, oui écrire est un artisanat qui peut en partie s’apprendre, en tout cas s’affuter.
            Mais dans les faits on observe en effet que ces cours d’écriture sont en fait des cours de récit, des cours de scénario, pour construire une « bonne histoire » vendable. En somme ils préparent à être valorisable sur le marché du récit écrit.

            Je signale qu’existe un atelier semblable à Saint-Denis, et qu’en sont sortis quelques auteur-trices intéressants, et notamment dernièrement Lena Ghar. Là je n’ai pas l’impression qu’on fasse de la fabrique de récit standards.

            • #22992 Répondre
              deleatur
              Invité

              Pas mieux.
              Le creative wrinting, c’est souvent des cours d’éditing et de communication écrite. Aujourd’hui complètement dépassés par la pensée algorithmique des IA (dont se servent déjà les majors studio).
              Il n’est pas sûr qu’un très bon écrivain (en tout cas quelqu’un qui affûte ou polit son style) serait capable de transmettre quoi que ce soit de son style (le style étant sans doute ce qu’un maître qui enseigne ne pourra jamais transmettre).
              À ce propos, François, j’attends toujours une Gêne sur un de tes livres. Tu avais lancé l’idée une fois. Pour nous faire entrée dans la fabrique de l’écrivain, de la phrase en train de s’écrire. Je pense qu’il serait intéressant que tu nous donnes plusieurs états de la même phrase, pour voir le travail d’écriture à l’oeuvre, les choix opérés, les réécritures sonnantes et trébuchantes. Tu l’as expliqué quelque part à propos de la première phrase de L’amour et c’était passionnant.

    • #22790 Répondre
      Mélanie
      Invité

      A propos d’option formelle et de modèle à imiter, je pensais ce matin à ajouter à ma proposition : en imitant la forme d’un chapitre d’Entre les murs.
      Mais c’est parce que c’est un modèle qui me plait à moi.
      Sur imiter, j’ai un souvenir fort d’un exercice en cours de français au collège. On devait choisir un des textes récemment lus en classe, et le poursuivre en l’imitant. Moi j’avais eu, à la fois, grand plaisir à l’exercice, et une grande facilité, ou disons plutôt un élan, car prolonger et imiter m’ét

      • #22791 Répondre
        Mélanie
        Invité

        m’était plus facile que de partir de rien en particulier, de la même manière que les consignes de rédaction, qui nous donnaient un sujet et un temps de travail limité, permettaient de me lancer.
        Alors est-ce que c’est une pathologie scolaire ?
        En tout cas 240 ans plus tard je me rappelle encore cet exercice d’écriture.

        • #22875 Répondre
          Fanny
          Invité

          Je note la contrainte supplémentaire !

        • #22881 Répondre
          Claire N
          Invité

          Moi je trouve ça très beau Mélanie que tu parles si vite et avec plaisir la langue des autres ; je classe ça côté génie ( pas pathologie)

          • #22893 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Je pense qu’au collège on nous faisait imiter des choses facilement imitables.

            • #22961 Répondre
              Titi
              Invité

              Un souvenir des Exercices de style de queneau étudié en classe puis il fallait écrire l’histoire avec le style de son choix, ce qui a donné lieu à des bonnes tranches de rire lors de la lecture à haute voix

    • #22796 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Plutôt sympa comme idée, tu peux lancer un sujet avec un thème précis (par exemple : Faire son marché au havre le 15 juillet 2045) avec un nombre de caractère max pas trop important et ceux qui veulent peuvent écrire un texte.

      • #22810 Répondre
        Graindorge
        Invité

        J’aime bien cette idée d’écrire sur quelqu’un qui fait son marché au Havre le 15 juillet 2045 après avoir fait la bamboula le 14

        • #22877 Répondre
          Fanny
          Invité

          Pourquoi pas… Je vous laisse la responsabilité de lancer le sujet en question !

    • #22798 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Un copain m’avait dit un jour Faut s’y mettre et pas plus tard que ce matin je lisais ( là je suis dehors mais je traduirai et te l’enverrai) qu’ il fallait écrire ets’oublier. Juste le plaisir. Comme idée : une histoire courte pour enfants entre 7 et 10 ans. Impératif: qu’il y ait des arbres. 2 ou 3 pages

      • #22879 Répondre
        Fanny
        Invité

        Merci Graindorge. Je prends aussi ton idée.

    • #22803 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Fanny, j’aurais pu aussi avoir des idées mais tu as déjà l’embarras du choix. (Tu as noté aussi la commande implicite de François : Tu écris sur pourquoi tu as envie d’écrire).
      Et si tu te mets à travail, poste un peu ici.

      • #22882 Répondre
        Fanny
        Invité

        J’avais plutôt compris le message comme un préalable à toute activité d’écriture qui en vaudrait vraiment la peine. La méta-écriture, c’est un peu ardu comme entrée dans l’écriture.

    • #22871 Répondre
      amour
      Invité

      Bonsoir,
      L’envie d’écrire. Ou de chanter.
      Les vieux, c’est pas gênant. Y a des jeunes vieux.
      L’envie d’écrire peut aussi vouloir dire : l’envie de dire. Et dire, ne passe pas forcément par l’écriture.
      Ce n’est pas pour te décourager dans ton élan de forme que je dis ça.
      Force à toi, si tel est ton désir.
      C’est vrai que c’est bon d’écrire.

      • #22887 Répondre
        Fanny
        Invité

        Oui, les vieux ne sont pas le problème. C’est simplement que les ateliers leurs sont destinés. Ce sont des ateliers « séniors », ce n’est pas une blague, c’est écrit noir sur blanc…
        Concernant le dire et l’écrire, je me sens très empêchée dans l’écrire, mais le dire m’est quasi inaccessible. Eloquence zéro.

        • #22892 Répondre
          amour
          Invité

          Le dire ne se trouve pas forcement dans l’oralité. C’est pourquoi l’art existe.
          C’est pourquoi -dire-, passe par tous les langages.
          Ceci dit, je trouve ton post remarquable. Sincèrement.
          Très intime.

        • #22971 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Et tu connais personne dans le cinéma pour te déguiser en Señora? Perruque, maquillage, et tout et tout?

    • #22968 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salut Fanny, tu peux aussi trouver des pistes – et des accointances – dans les forums du Café Littéraire de Babelio.
      Par exemple, le défi écriture de ce mois de novembre : https://www.babelio.com/groupes/21/Le-Cafe-Litteraire/forums/21/Discussion-generale/38628/Defi-decriture-de-novembre-2023

    • #23275 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Fanny, je viens de t’écrire. Au cas où, comme on me le rappelle, pense à regarder les messages spams
      Bonne soirée

    • #23867 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Il est beau d’écrire parce que cela réunit les deux joies : parler seul et parler à une foule.
      Si tu réussissais à écrire sans une rature, sans un retour, sans une retouche – y prendrais-tu encore plaisir ? Ce qui est beau, c’est de se polir et de se préparer dans le calme à être un cristal. » Cesare Pavese

    • #24163 Répondre
      Juliette Lozère
      Invité

      Bonjour,
      Il n’y a pas un livre de François Begaudeau que je finis sans avoir une pulsion fulgurante de me mettre à écrire moi-même.
      Vous avez l’air de bien vous y connaître. Avez-vous des lieux / intervenants / stages à conseiller pour commencer à apprendre à écrire ?
      Sur internet, on trouve de tout et beaucoup d’arnaque peut-être…
      Merci d’avance pour les conseils.

      • #24174 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        lire, lire, lire
        + essayer de comprendre pourquoi on aime ce qu’on lit
        + essayer de comprendre pourquoi on n’aime pas ce qu’on lit
        regarder de près comment c’est foutu – pour identifier le vice de forme, ou au contraire le secret de fabrication

        • #24461 Répondre
          Juliette Lozère
          Invité

          François, tu ne donnes pas de cours toi ?

        • #44643 Répondre
          Batsan
          Invité

          Alors personnellement, je lis, mais sans boulimie (je lis beaucoup de philosophie par contre). Et j’écris, aussi, mais ce n’est pas par envie. C’est plutôt un besoin que je ressens de poser les choses, quand j’ai l’impression d’avoir un noeud dans la tête que je ne pourrais pas exprimer autrement (parfois aussi quand des idées me traversent que je veux conserver). Mais bizarrement ma manière d’écrire ne correspond pas avec ce que je lis. Dès que j’essaie d’écrire un « truc » un peu théorique ou philo, ça dérive en fiction, personnages, etc. (parfois un peu barré d’ailleurs). Autre chose je ne finis rien… J’ai quinze pages par ci, trente par là, etc. inachevées. Lorsque j’arrive à un certain point je sens un blocage, je n’arrive plus à écrire et je ne cesse de remettre au lendemain indéfiniment mon écriture. Donc je ressens toujours l’écriture à la fois comme un besoin et une douleur, c’est paradoxal. Comme deux pulsions qui s’opposent : la nécessité d’écrire, et la difficulté de s’y mettre, la peur de l’écriture comme résultat achevé (une peur ou une incapacité, manque de talent ou d’assiduité, je ne sais pas). Il me semble que ça touche des choses profondes dans mon expérience ou ma perception, mais c’est confus et pas toujours agréable. Je n’éprouve pas toujours du plaisir quand j’écris, et donc je suis d’accord avec François, l’envie d’écrire dans l’absolu, je ne comprends pas.

      • #24288 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Pour mieux écrire, ma prof de seconde avait donné comme astuce de recopier un peu chaque jour l’Education Sentimentale de Gustave Flaubert. C’était il y a plus de 18 ans et ça m’est resté – même si je ne l’ai évidemment pas fait à l’époque. Et par hasard, j’ai revu ce même conseil hier en trainant sur Twitter où un type disait qu’il avait recopié le début du roman à la main sur son cahier.
        Ça vaut ce que ça vaut, si cela suffisait tout le monde serait Flaubert, mais ça doit sans doute aider à s’imprégner du style

        • #24289 Répondre
          Kira
          Invité

          D’ailleurs Flaubert lui-même écrivait par seule mémoire musculaire

          • #24292 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Les peintres font ça : ils s’exercent en copiant.

          • #24301 Répondre
            Ludovic Bourgeois
            Invité

            Comme un sport, une discipline. M’étonnerait quand même.
            Les conseils sont bons.
            Je n’aime pas les longues phrases pleines de périphrases par exemple.
            Ca produit un effet d’agacement en moi.

            • #24305 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Tu seras donc très heureux de me lire.

              • #24316 Répondre
                Ludovic Bourgeois
                Invité

                J’avais lu un article dans socialter, j’avais aimé ton style oui.

        • #24437 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Le problème avec la technique du copiage, c’est qu »elle file quand même aussi des complexes.. Là j’ai commencé à recopier, je tombe sur:
          « il trouvait que le bonheur mérité par l’excellence de son âme tardait à venir », ça me donne envie de tout fermer, fin du game, à quoi bon, personne fera mieux.
          Du coup, il faut aussi avoir la prétention de se dire que son propre livre, même si ça sera pas du Flaubert, sera bien quand même
          Ou alors pour se redonner de la confiance, il faut recopier en parallèle le livre de Léna Situations, par exemple. Ça fait un équilibre.

          • #24438 Répondre
            amour
            Invité

            Oui moi aussi, j’ai recopié et je suis pas sûre que ça apporte quelque chose de bien
            Julien Barthe
            Tu te trompes lourdement sur moi, mais ça on s’en carre. Je t’aurais bien donné rendez-vous pour te montrer que je ne suis ni blafard, ni suisse, mais j’aurais des problèmes. Puisque tu commences un peu à me casser les couilles, je te propose un défi: tu dégages maintenant et moi aussi et on voit qui a davantage besoin de triturer le sexe des anges; tant que je ne reviens pas tu ne reviens pas, et inversement. Et si ça dit aussi à l’autre hyène, ça me va; une accrochée à chaque mollet, je vous emporte. Ça prend effet maintenant.
            * 25 novembre 2023 à 15 h 17 min

            • #24452 Répondre
              amour
              Invité

              Oui moi aussi, j’ai recopié et je suis pas sûre que ça apporte quelque chose de bien
              🤣🤣🤣
              On avait déjà remarqué
              Merci pour le rire

              • #24453 Répondre
                amour
                Invité

                Quand ça veut pas ça veut pas hein
                Force pas va tu vas te faire du mal 🤣🤣🤣

                • #24458 Répondre
                  amour
                  Invité

                  Comme une pute ? ou une hyène ?

          • #24456 Répondre
            deleatur
            Invité

            Personne ne fera mieux, mais on ne pourra plus vivre sans cette phrase.
            Les phrases de Léna Situations sont dispensables et ne peuvent que désapprendre à penser, c’est-à-dire à vivre.
            C’est la connerie qui est écrasante, pas l’art.

            • #24515 Répondre
              Mathieu
              Invité

              C’est beau ce que tu dis là deleatur
              Ça me redonne du boost

          • #24592 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je pourrais te recommander des livres à priori beaucoup plus légitimes que ceux de Lena situations pour te redonner estime de toi.
            Beaucoup de livres sont publiés chez les légitimes (Gallimard Albin Grasset etc et maintenant même Minuit) qui stupéfient par leur pauvre langue.

            • #24593 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              et merci oui pour « C’est la connerie qui est écrasante, pas l’art. »

              • #24628 Répondre
                amour
                Invité

                illustration de la connerie

                Je me demande si les effets thérapeutiques pourraient permettre à ces gens minables de guérir
                * François Bégaudeau
Jean Monnaie parle et amour applaudit, telle bimbo aux bras de son milliardaire.
Oh mon Jeannot tu es si spirituel.
Et Jeannot qui pourtant la paye pour ça la croit et s’en revigore.


                * 25 novembre 2023 à 18 h 32 min #24474
RÉPONDRE


amour

Bimbo = escort
L’escort devient pute si elle suce à la fin.
Tu suces après avoir escorté Jean ?
                amour
                C’est Samia qui l’a balancé il n’a rien dit là-dessus.
Parce que c’est une femme qui a de l’éthique.
Comme son papa.
                Julien Barthe
                Tu te trompes lourdement sur moi, mais ça on s’en carre. Je t’aurais bien donné rendez-vous pour te montrer que je ne suis ni blafard, ni suisse, mais j’aurais des problèmes. Puisque tu commences un peu à me casser les couilles, je te propose un défi: tu dégages maintenant et moi aussi et on voit qui a davantage besoin de triturer le sexe des anges; tant que je ne reviens pas tu ne reviens pas, et inversement. Et si ça dit aussi à l’autre hyène, ça me va; une accrochée à chaque mollet, je vous emporte. Ça prend effet maintenant.
                * 25 novembre 2023 à 15 h 17 min
                Je pense que c’est peine perdue, car ces trois minables absorbent déjà pas mal de film et certains les critiquent.
                Alors, je me dis que la thérapie -et peu importe sa forme- ne porte ses fruits que si on a conscience de sa chair mauvaise et qu’on souhaite s’en défaire

        • #24527 Répondre
          Fanny
          Invité

          Une autre idée pour l’imprégnation c’est d’apprendre ou déclamer des morceaux choisis.

    • #35530 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Salut tout le monde,
      Sachant que je suis intéressé par l’écriture et un peu dans le flou concernant mon avenir professionnel, ma psy m’a demandé d’écrire quelque chose sur mes compétences et comment je les ai mis à profit.
      Je me suis lancé, en me réappropriant le sujet et le détournant d’une perspective utilitariste, et j’ai voulu écrire le mieux possible et le plus honnêtement. Il y a une dizaine de pages en tout, qui vont globalement de plus en plus loin dans l’intime.
      Je vous mets ici un premier morceau et je serais vraiment très très heureux d’avoir un retour de François ou d’autres sitistes. Remarques diverses, points d’amélioration, éventuellement des similarités trop visibles avec d’autres auteurs.
      Le texte s’appelle dépôt de bilan de compétence, un clin d’oeil à qui vous savez, et je vous mets une première portion.


      DEPOT DE BILAN DE COMPETENCES
      .
      La sensation d’un trou noir entre mes compétences et l’emploi concret que j’en fais s’est fait très prégnante, comme si le trou s’attaquait aux bords.
      Je suis de ceux qui croient, à tort ou à raison, être doués « à la base ». Enfant doux et populaire – orné à 12 ans d’un durag et cap new era à l’une des extrémités, sanglé dans des air force blanche à l’autre – j’étais un drôle de blanc bec devenu prématurément le petit chéri des grands de ma ville.
      Fier d’être anormalement éclaboussé par la scarlattitude de mes grands, mais bien au sec sous le parapluie bourgeois et surprotecteur que ma mère tend contre vent et marée au-dessus de ma tête. Le beurre et l’argent du beurre.
      L’interruption fatidique de la chaîne en or: une chute à 22 ans sur la tête du haut d’un mur assez élevé.
      Handicapé qui s’ignore encore, les paroies de l’ascension sociale pourtant programmée deviennent glissantes et même mes parents, espèces de sherpas qui m’ont porté là, ne m’empêcheront plus de glisser – moi mon micro-onde et mes soupes d’étudiants.
      prépa – iep – fac de philo – jobbi jobba – langues – redoublement – prof – barman – ?
      Combien d’amis perdus dans les montées et dans les descentes des bourgeois de mon espèce ? Je repense parfois à mes frères le coeur en miette et je sais que mes compétences naturelles se sont mises en stand by lorsqu’ils (je les ai absentés) ont été moins là. C’est d’autant plus tragique que c’était l’amour fou au moment t.
      Première hypothèse désormais: Est-ce que les anciens « populaires » ne sont pas les seuls voués à apprendre réellement l’humilité ? Impréparé et n’ayant stratégiquement développé aucune ressource sérieuse dans la perspective d’obtenir de la reconnaissance, espérant malgré tout me refaire socialement parlant et indécrottablement soucieux de moi même, on peut dire que je suis finalement devenu prompt à me planquer.

      • #35536 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        pardon, il faut lire trou et non pas trou noir à la première ligne*
        cet ajout est une inattention et doit être le résultat d’un association involontaire automatique

        • #35553 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          je dirais que le texte est trop serré, va trop vite
          faut déplier

          • #35555 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            merci pour le retour, je vais m’essayer à déplier à l’avenir

            • #35558 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              je pense que j’avais peur d’être antipathique dans un premier morceau, où j’idéalise mon adolescence, ce qui m’a fait précipiter tout ce qui est concret; je reprendrai calmement et sans complexes

              • #35564 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Après d’une certaine manière, si tu déplies sur 10 pages, ça ne sera peut-être pas simple de tout déplier ici, mais je dirais a minima que je sens deux « sauts » à la lecture : au moment où tu parles de tes frères, il faut peut-être plus introduire; et un autre au moment du dernier paragraphe. Sinon le début est très dense mais se tient bien, je trouve!

                • #35566 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  Merci I.G.Y pour ton retour.
                  Oui, je vois. Il faudrait que je teste des choses.
                  J’ai aussi le sentiments qu’il y a des sauts dans le texte maintenant. Que je ne voyais pas avant.
                  A minima là où tu les identifies (je développe après sur la planque, mais je pense que dans tous les cas, il y a un souci).
                  Je vais tester et je reviendrai avec un passage pas trop long, mais en essayant de boucher les trous et en dépliant.
                  J’ai deux verbes d’action maintenant : boucher et déplier

    • #42617 Répondre
      Fanny
      Invité

      Ça fait déjà plusieurs mois que j’ai ouvert ce sujet et je constate qu’écrire sous contrainte ça ne me va pas, du moins pas sous cette forme. Mais j’ai pensé à autre chose. J’ai eu le temps de voir que pas mal d’entre vous écrivent, ou s’y essaient, ou voudraient s’y essayer. Je serais très curieuse de voir des gens écrire en direct ou presque, de préférence des récits de fiction. Voir les tout premiers jets, les grandes lignes, les plans s’il y en a. Voir comment les choses s’affinent et prennent de l’ampleur. Et peut-être aussi : interagir en direct sur ce qui est en train de s’écrire. Se dire ce qui selon nous fonctionne ou pas dans le texte, et pourquoi. Et peut-être carrément : écrire un texte à plusieurs – mais là j’ai des doutes, je me demande si c’est faisable et si ça ne va pas donner un résultat un peu consensuel-fade. L’outil le plus simple à ma connaissance serait framapad (dites-moi s’il y en a d’autres). J’ai ouvert une page pour l’occasion :
      https://annuel2.framapad.org/p/ecrire-a775?lang=fr
      Qui est partant ?

    • #42619 Répondre
      Fanny
      Invité

      Je copie-colle ci-dessous la présentation du fonctionnement :
      .
      ➡ Comment commencer ?
      • Renseignez votre nom ou pseudo, en cliquant sur l’icône « utilisateurs » en haut à droite.
      • Choisissez votre couleur d’écriture au même endroit.
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      Important ! N’oubliez pas de conserver quelque part l’adresse web (URL) de votre pad.

      –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

      **ATTENTION**
      CETTE INSTANCE PROPOSE DES PADS À EFFACEMENT AUTOMATIQUE !
      VOS PADS SERONT AUTOMATIQUEMENT SUPPRIMÉS AU BOUT DE 365 JOURS (1 AN) SANS ÉDITION !

      Si le contenu de votre pad annuel a été effacé, c’est qu’il n’avait pas été modifié depuis plus de 365 jours consécutifs.

    • #42620 Répondre
      Fanny
      Invité

      À part ça, petite astuce pour déterrer ce sujet : tapez diplodocus ou abracadabra dans l’outil de recherche, ça va le remonter vite fait.

      • #42621 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        go go go
        je suis partant pour essayer Fanny 🙂

        • #42626 Répondre
          Ostros
          Invité

          J’ai commencé un chapitre, chaud pour écrire la suite ?

          • #42633 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            carrément,
            j’enchaîne pas de suite, mais je tarde pas trop non plus
            si quelqu’un d’autre prend le relais entre-temps ce sera tant mieux pour notre start up et je prendrai la suite

            • #42634 Répondre
              Ostros
              Invité

              C’est cool si on fait un récit sous forme de cadavre exquis.

              • #42636 Répondre
                Ostros
                Invité

                Bon mon texte est un peu mou du genou, j’ai posé ça vite fait, je repasserai tout ça quand j’aurai deux minutes promis.

                • #42639 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Ahah bon le projet est mort-né les gars. Naïfs on a oublié les fâcheux qui viendraient destroy le texte à peine posé (et même pas repassé).

                  • #42645 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    Ce n’était pas un troll. L’outil n’est pas adapté à une réelle collaboration sur le texte, à l’inverse d’un Google Doc qui permet de visualiser précisément les suppressions / modifications suggérées au cours des révisions. C’est dans ce travail là que je trouve souvent un plaisir immédiat dans l’écriture : le rafistolage quand le texte est devenu matière à labourer.

                    Réviser à plusieurs un texte en cours de fabrication sans concertation est sans doute intenable. Mais ça rapproche peut-être davantage d’un travail d’écriture sur un texte littéraire — triturer le cadavre dans tous les sens jusqu’à lui donner vie — qu’un simple relai d’imaginations (faire une histoire plus ou moins logique au fil du texte à plusieurs). Tu disais dans le chat que c’était drôle parce que je cassais le sérieux de ton travail, mais ce n’est pas parce que je rajoute une phrase précisant que le smartphone a été acheté sur Black Market après des mois de réflexion que je ne suis pas sérieux. Tu écris qu’elle était soulagée de toucher son téléphone, je me suis demandé pourquoi. Supprimer des emphases et préciser qui est qui par rapport à qui dans ton texte avec quelques mots plutôt que par la suite « … et par ailleurs, Jasmine était la coloc de… elles vivaient ensemble depuis… » c’est imaginer par dessus et dedans, des ajouts qui compressent. Je ne compte pas prolonger la participation, mais je trouve étrange ce côté très défensif. Tu aurais pu modifier les modifs, réfléchissant à pourquoi tu voudrais revenir à la version antérieure plutôt que de remettre des phrases que tu admets molles. La condensation des premières phrases, je pense que ça aurait pu te plaire, ou alors la collaboration ici empêche de se re-casser les dents sur ses phrases — un travail salutaire.

                    • #42647 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      J’essaie de faire un incipit. J’ai en tête une ambiance, des personnages, déjà une histoire et j’ai choisi de ne donner que quelques informations de tout cela pour entrer en douceur dans le récit.
                      Tu as mal compris : dire que pour le moment c’est un peu mou c’est parce que je n’ai pas affûté mes mots comme je le voudrais. Toi ce que tu as fait c’est ajouter des éléments farfelus, non tenus, improbable par rapport à mon style. Donc oui ça détonnait et c’était drôle. Je suis du genre à condenser, épurer toi à rajouter des éléments informatifs qui pour moi son inutiles. Pourquoi aller charger un texte de plein de justifications quand tu peux délivrer des informations plus tard, au fur et à mesure ? C’est trop. Ce n’est pas ça travailler un texte pour moi. C’est le rendre encore plus ballant. Mal foutu. Chacun a un style de prédilection. C’est pourquoi il est plus agréable de travailler chacun à la suite. Quand tu bosses sur un truc et en plus comptes y revenir plus tard pour affiner et que quelqu’un arrive là dedans et ajoute des éléments what the fuck tu n’as pas envie de continuer.
                      C’est trop facile de laisser les autres se taper le boulot de construction, et toi d’arriver et foutre tes rallonges.
                      Fais le taff si tu aimes écrire. Fais le vraiment. De A à Z. Sinon c’est de l’ornement et moi je n’aime pas les fioritures.

                      • #42648 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « Réviser à plusieurs un texte en cours de fabrication sans concertation est sans doute intenable. Mais ça rapproche peut-être davantage d’un travail d’écriture sur un texte littéraire — triturer le cadavre dans tous les sens jusqu’à lui donner vie — qu’un simple relai d’imaginations (faire une histoire plus ou moins logique au fil du texte à plusieurs) »
                        C’est bien d’avoir des certitudes.

                      • #42649 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « Tu disais dans le chat que c’était drôle parce que je cassais le sérieux de ton travail, mais ce n’est pas parce que je rajoute une phrase précisant que le smartphone a été acheté sur Black Market après des mois de réflexion que je ne suis pas sérieux. »
                        On a une femme qui se réveille, visiblement blessée, et qui reprend connaissance, les mots sont pesés (jessaie en tout cas), on entre dans l’histoire lentement et toi tu rajoutes des éléments qui 1) sont inutiles à la narration (oui cette information n’apporte strictement rien) 2) est très mal écrit, genre gros bourrin. Et donc cela détonne d’avec le style dans lequel tu incrustes ça. T’aurais au moins pu faire l’effort de t’adapter, deja de te demander si cette information est pertinente ou pas. C’est la base quand tu écris. Se demander pourquoi tu vas mette ça. Donc oui c’était pas sérieux. Et dans ton intention, et dans ta réflexion, et dans ton écriture.

                      • #42650 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « je me suis demandé pourquoi »
                        Mais, pourtant tu sais que ne pas avoir d’informations tout de suite, créer une petite frustration ce n’est pas grave. Tu lis, tu te demandes pourquoi, tu auras tes réponses plus tard.
                        C’est étrange de vouloir colmater tout mon travail sans te dire que cet effet est voulu.
                        Sans te laissé être pris par lui.
                        « Supprimer des emphases et préciser qui est qui par rapport à qui dans ton texte avec quelques mots plutôt que par la suite « … et par ailleurs, Jasmine était la coloc de… elles vivaient ensemble depuis… » c’est imaginer par dessus et dedans, des ajouts qui compressent »
                        Alors quelles emphases dans ce court texte qui au contraire se veut plutôt sobre ?
                        Tes précisions qui sont inutiles jen ai déjà parlé plus haut.
                        Jamais de ma vie je je n’écrirai « … et par ailleurs, Jasmine était la coloc de… elles vivaient ensemble depuis… » ! Quelle horrible manière d’écrire. Tu projettes sur moi des intentions que je n’ai pas.
                        Crois moi si je devais dire qu’elles sont colloc c’est pas comme ca que je l’amenerai.
                        Et non tes ajouts ne « compressent » rien. Relis ce que tu as amené c’était lourd, inutile. Je cherche à faire quelque chose de construit si c’est pas trop te demander.

                      • #42651 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        D’où la bonne idée de travailler chacun son morceau, de bosser son style, ses affects, etc. Emmener le récit où il le souhaite et ainsi composer une histoire à la manière d’un cadavre exquis. Histoire qui peut partir dans n’importe quelle direction, prendre une forme originale puisque chacun est totalement libre dans son écriture. Plutôt que de venir « corriger » ce qu’on a pas apprécié et détraquer le coeur du travail de l’autre sans avoir pris la peine de comrpendre.

                      • #42652 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Je pensais pas devoir t’apprendre tout ça cette nuit. Tu m’avais l’air assez éveillé jusqu’ici.

                      • #42654 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Ah oui et je te rappelle que tu as noté mon travail : zéro pointé » ce qui en effet ne laisse pas du tout penser à l’oeuvre d’un troll, non non. Merci.

    • #42657 Répondre
      Fanny
      Invité

      Ça ne m’étonne pas que ce soit conflictuel…. Si quelqu’un veut modifier le texte d’un autre, une possibilité serait de mentionner ses propositions entre crochets, sans directement supprimer ce qui a été écrit. La décision reviendrait à l’auteur initial.

      • #42689 Répondre
        Ostros
        Invité

        C’est d’une part extrêmement indélicat d’arriver les mains dans les poches, alors que quelqu’un a bossé sur un fragment, pour écrire par dessus et mal de surcroît. Mais c’est surtout que cette façon de faire un récit à plusieurs proposée par K est forcément vouée à l’échec. Ce n’est pas possible de laisser tout le monde rectifier ce quil lit selon ses propres goûts.
        Chacun va venir ajouter des trucs (or écrire ce n’est pas synonyme de profusion). Puis moi qui suis du genre à épurer, si je lis j’aurais tendance à retirer du superflu. Donc imagine 5 personnes qui rajoutent, une perosnne qui passe après qui retire, les personnes qui avaient rajouté qui reviennent re-rajouter, etc et au final on a rien. Le but de ce document c’est de créer un récit à plusieurs pas de passer son temps à débattre si telle ligne est intéressante ou pas, au risque qu’il n’y ait jamais de consensus sur ces éléments narratifs et stylistiques. Donc c’est une perte de temps annoncée. Et on n’écrit pas.
        Je reste très surprise de cette façon de faire par K, qui ne nous a pas habitués à venir en scred (changement de pseudo…) poser des « zéro pointé » et autres commentaires sur un texte qui n’est pas de lui. Qu’il revient ici faire ce bilan pas du tout juste de la situation alors qu’il aurait pu comme tu le dis soumettre ses idées dans le chat ou tiens écrire un fragment à la suite qui apporterait les éléments souhaités. J’ai du mal à me dire que c’est bien lui tout ça….

        • #42712 Répondre
          Fanny
          Invité

          Mon idée, au départ, n’était pas nécessairement que tout le monde écrive ensemble sur le même texte, à l’intérieur même de ce texte. Fonctionner ainsi est sans doute plus amusant pour celui qui ajoute sa touche que pour celui qui voit son texte défiguré avant même d’avoir eu le temps de le retravailler dans le sens qu’il souhaitait. Je suppose que K comme mon code est allé dans ce sens-là parce que la plateforme a tendance à nous inviter à fonctionner comme ça, avec cette simultanéité assez spectaculaire. Mais rien n’empêche de juxtaposer nos textes, qu’il s’agisse d’un cadavre exquis ou de textes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.

          • #42713 Répondre
            Fanny
            Invité

            Comme je débute, ça m’intéresserait aussi de voir des ébauches d’intrigue, des fragments, du brouillon, des choses imparfaites. Les commentaires je ne trouve pas ça inutile, même si c’est pour discuter sur une petite phrase, sur un mot, même si on ne tombe pas
            d’accord, du moment que ça ne vient pas effacer ce qui a été écrit. Qu’en penses-tu ?

            • #42714 Répondre
              Ostros
              Invité

              Oui je suis d’accord avec toi. Je trouve ça constructif.
              C’est vraiment le côté « corriger » le texte des autres dans prévenir puis que ça provoque des discussions sans fin qui était pointé, mais on s’est comprises sur ces choses-là.
              Recevoir des retours sur ce qu’on a écrit c’est toujours intéressant, par ce qu’on ne se rend pas compte tout le temps de comment les informations ou le style sont perçus.

              • #42922 Répondre
                Claire N
                Invité

                C’est très chouette
                Le texte se débloque, je remarque que mes interrogations ou ce qui me fait butter se résoud par la coopération
                J’ai bien aimé qu’aucune de nous ne pose un prénom : peut être que c’est même une option super intéressante en fait ?
                Combien de temps on va pouvoir le tenir ?

    • #42658 Répondre
      Fanny
      Invité

      Ostros, quand tu écris « chapitre 1 », est-ce que ça veut dire que tu as déjà un plan en tête pour ton récit ?

      • #42685 Répondre
        Ostros
        Invité

        Quand j’ai écrit j’ai inscrit mon morceau dans un récit un peu plus étendu que j’ai imaginé mais ça me sert pour travailler mon extrait. Après la personne qui prend la suite va venir remettre ça en question par son propre univers etc etc.

    • #42661 Répondre
      Fanny
      Invité

      Pour sauvegarder un état du texte, il faut cliquer sur l’étoile.

      • #42663 Répondre
        Fanny
        Invité

        Ensuite l’icône « horloge » permet de retrouver l’historique.

        • #44042 Répondre
          Claire N
          Invité

          Il se trouve qu’on patine
          Je crois que j’éprouve vraiment la difficulté ( a minima)
          De ce que «  faire tenir «  un livre peut représenter
          Pour le moment j’ai l’impression de me retrouver avec des coupons de tissus sans avoir aucune idée de quelle forme leur donner pour dégager une confection
          Il me semble que ce serait un piège et une facilité que de dérouler une narration ; J’intuite que la situation doit être mieux délimitée cependant , je vois bien que donner «  forme «  est l’étape que je croyais naïvement immanente – mais en fait c’est un putain de boulot

          • #44082 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Oui « faire tenir » est exactement le problème.
            Ecrire c’est une chose
            Ecrire un livre c’en est une autre. Le faire tenir.
            Les virtuoses de la balle ne sont pas forcément les meilleurs footballeurs, rappelait hier Eric Judor qui assurément à lu Jouer juste.

            • #44086 Répondre
              nefa
              Invité

              exactement
              ces gamins, virtuoses sur leur terrain vague
              puis qui s’éteignent au sein d’un club

              • #44087 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                il en parlait en métaphore des types super droles dans la vie et sur scène tout se dissout
                autre espèce intéressante

            • #44109 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui !
              Et merci pour l’envie de lire jouer juste ,
              ton premier roman
              Il me semble

              • #44112 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                en effet

            • #44663 Répondre
              Carton de Lait
              Invité

              « Oui « faire tenir » est exactement le problème.
              Ecrire c’est une chose
              Ecrire un livre c’en est une autre. Le faire tenir. »

              Ce fut effectivement la difficulté rencontrée quand je suis passé d’une quinzaine d’années à n’écrire que des nouvelles (parce que j’étais paresseux surtout je crois…) pour finalement me lancer dans un roman. Surtout que je ne savais pas que j’allais en écrire un encore une minute avant de commencer. Ça m’a assez aidé de ne pas vouloir écrire un truc avec une narration complexe. On s’imagine mal par exemple écrire une bonne intrigue policière sans au moins 3 mois de préparation. (évidemment « faire tenir un livre » ne se limite pas simplement au coté narratif, loin de là, mais ça peut être une des éléments). Un autre problème fut le ton. Dans le première version de mon premier livre (j’en ai deux…) je passais un peu d’un style à l’autre dépendant des chapitres. Ce fut beaucoup de travail d’homogéniser tout ça. Avec plus d’expérience maintenant c’est une chose à laquelle je fais très attention, tenir le ton.

              Je crois que c’est le cas pour la plupart des gens qui ont écrit des romans, mais personellement mes écrits ne trouvent une certaine valeur que dans la phase de réecriture. Enfin, surtout, sauf si j’étais « inspiré ». Une autre chose ça aussi qui je crois fut mentionnée plus haut. J’ai fait l’erreur trop longtemps de n’attendre que cette mythique « l’inspiration » pour écrire. Alors ça donnait d’habitude des trucs dont j’étais assez satisfait, mais bon, heureusement que je n’essayais pas de faire carrière parce qu’une page au trois mois, c’est pas viable.

              Ce n’est pas un auteur que j’aime, mais je me souviendrai toujours d’une citation de Frank Herbet où il disait qu’il ne voyait aucune différence entre ce qu’il écrivait dans les moments inspirés et ce qu’il écrivait quand il ne l’était pas puisque le procesuis de réecriture finissait pas égaliser tout ça au point où il pouvait difficilement se rappeller ce qu’il avait écrit sous l’emprise de cette fameuse inspiration. C’est assez vrai de mon expérience d’amateur (ou disons de non-publié). Mis à part parfois quelques réelles fulgurances qui ne peuvent probablementt pas être répliquées par l’effort seul, mais bon, c’est une page sur 50 dans le meilleur des cas.

              • #44669 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                « sous l’emprise de cette fameuse inspiration »
                Je ne sais pas ce que c’est
                Il y a des moments où le cerveau et les mains sont en forme, voilà comment je le dirais.

                • #44671 Répondre
                  Carton de Lait
                  Invité

                  Oui, voilà. C’est un peu pour ça que j’ai mit le mot entre parenthèses.

    • #44043 Répondre
      Claire N
      Invité

      Et puis il y a quelque chose qui » m’empêche « 
      J’ai peur de ne pas assez avoir vécu pour écrire
      J’ai peur d’une certaine manière de «  trahir «  quelque chose de la vérité – c’est bizarre

      • #44048 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        cette peur, cette prévention, habitent précisément la bonne littérature

        • #44066 Répondre
          Fanny
          Invité

          Sans doute, mais mon premier réflexe est d’essayer de me débarrasser de cette ambition littéraire très paralysante. Cette ambition-là m’interdit d’écrire, moi qui ne suis pas habituée à écrire, car tout ce que je commence me paraît très vite très mauvais. Donc ça me semble intéressant de commencer par désacraliser la chose en s’autorisant à écrire absolument n’importe quoi. Mon unique objectif à l’heure actuelle c’est la longueur, et si possible de la longueur un minimum lisible et cohérente.

          • #44071 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui – l’expérimentation me semble d’autant plus intéressante qu’elle soulève les écueils de la pratique ; effectivement concrètement ton objectif me paraît de bonne voie puisqu’il s’agit de prendre conscience et contact avec la «  matière «  au sens physique du terme .
            Manipuler, soupeser les textures

      • #44049 Répondre
        Kenyle
        Invité

        J’écris presque jamais en dehors des textos. Il m’est parfois arrivé d’en ressentir l’envie.
        Souvent en remuant ma mémoire et mes souvenirs. Explore cette piste.
        « J’ai peur de ne pas assez avoir vécu pour écrire »
        Tu as certainement vécu des choses qui ont été forte pour toi. Pas forcement spectaculaire. Et si tu n’as vraiment rien vécu, explore ton absence de vécu. Explore l’oisiveté et la contemplation et les questionnements qui peut en résulter, parle nous de ça. Ça peut être tout aussi fécond.

        • #44080 Répondre
          Claire N
          Invité

          Si tu as envie ; Fanny a ouvert un atelier , veux-tu participer ?

          • #44120 Répondre
            Kenyle
            Invité

            Non merci je ne souhaite pas m’y essayer. Je lirai le résultat. Bon courage à vous.

    • #44606 Répondre
      Alex
      Invité

      Écrire, pour moi l’envie vient environ une fois par année. L’envie ou plutôt la possibilité de l’envie : entre l’université et le travail, c’est pas toujours facile de se donner le temps. En 2023, elle m’est venue tard, vers octobre, après avoir lu L’amour. C’était beau, c’était touchant, mais pourquoi était-ce beau et touchant ? Parce que, je me suis dit, derrière cette douce simplicité (la vie d’un couple sur 50 ans, sans plus) se cache un travail formel remarquable : il y avait un « comment » à l’écriture de ces 50 années d’histoire en moins de 100 pages. Le travail d’écrivain est peut-être précisément dans ce comment. Alors j’ai décortiqué l’usage des ellipses, du discours indirect libre, de ce qui me semblait rendre possible la simplicité de L’amour. Et puis j’ai reconnu l’envie, parce qu’elle m’est venue comme elle venait toujours : « moi aussi je suis capable ». Moi aussi je suis capable de condenser des années en quelques pages. Moi aussi je suis capable de telles ellipses, de discours indirect libre. J’avais l’envie, j’avais l’idée d’une forme, manquait plus qu’un contenu. Souvent, le contenu me vient de ma propre vie, mais y’avait-il vraiment un épisode de ma vie qui, se déroulant sur des années, conviendrait à mon exercice ? Les récits que j’écris ne dépassent que rarement 5 pages ou 2000 mots (faute de temps et faute de « faire tenir » un roman, comme on dit plus haut) : je prévoyais alors raconter 3 à 5 ans d’histoire en 5 pages. Mais avais-je une histoire de 3 à 5 ans ? Et puis, oui, j’en avais une. Elle m’est venue la nuit : ce sont toujours les meilleures. Mon idée formelle avait trouvé son contenu. J’avais l’histoire de deux personnes : après l’amour, il y aurait l’amitié.
      Alors j’ai laissé l’idée mijoter en moi pendant novembre et décembre, et, aux vacances de fin d’année, je me suis lancé. Ce n’était pas difficile mais long. Je me suis rendu compte à quel point le projet me tenait à cœur, et à quel point je voulais prendre soin de chaque phrase, de chaque mot. Je me suis étendu jusqu’en février : en classe, je lisais et relisais mon récit, surlignant ce qui devait être modifié, changeant l’ordre des mots, coupant toujours plus de virgules. Et puis, un jour, comme chaque année, j’ai décidé que c’était assez quand ce ne l’était pas. Je n’y ai pas retouché depuis. Souvent, après un an, je trouve mon récit de l’année précédente sacrément nul : ça me pousse à en écrire un meilleur. Maintenant, ça ne fait que trois mois, je ne suis pas encore assez objectif pour juger. J’aimerais bien me faire juger par autrui, mais j’ai très peu voire pas d’amis qui s’intéressent comme moi à la littérature. C’est pour ça que j’écris ici aujourd’hui. Au début je me disais que c’était prétentieux de publier un récit dans un forum, et puis finalement je me fous pas mal des avis à ce sujet. Où vos avis comptent pour moi c’est pour les 2-3 curieux qui vont me lire : vos jugements (littéraires, bien sûr) me permettront peut-être de m’améliorer plus rapidement qu’à la normale. N’hésitez vraiment pas à être franc, je n’ai pas peur de la critique, au contraire, j’en demande ! Et si personne ne me lit, eh bien désolé d’avoir pollué votre salon d’un aussi gros pavé !
      .
      P.S. Je suis Québécois, s’il y a des références ou des expressions que vous ne comprenez pas, n’hésitez pas à me poser des questions de compréhension (même si je crois que ce n’est pas si pire)
      .
      .
      .
      .
      .
      Parce que c’était
      Récit
      .
      À Poly-Jeunesse il est 8 h 45 dans 3015 le premier chiffre indique l’étage. C’est le cours d’histoire-géo qu’une bande de fonctionnaires a choisi de renommer Univers social va savoir pourquoi : bientôt je vais apprendre à l’appeler US à l’américaine sans faire le lien. En comparant mon horaire avec mes amis du primaire dix minutes plus tôt, j’ai compris que j’allais être bien seul dans le cours de N. Dubois, qui s’avère être une femme que mon jugement d’enfant n’arrive pas à classer dans les catégories jusque-là exhaustives de jeune et vieux. Peut-être que je ne suis plus un enfant.
      Les visages défilent, plus inconnus les uns que les autres. Alors qu’une fille s’assoit à côté de moi, je vérifie pour la troisième fois que mon étui à crayon Louis Garneau que j’ai depuis la quatrième est bien rabattu sur le côté pour qu’on ne voit pas le putain de chien tirer sa putain de langue. Pénélope Côté c’est le nom de la fille, ce n’est pas écrit sur son Cahier Canada ni le fait qu’elle va mourir dans un incendie sept ans plus tard. Quand Madame Dubois demande de se placer en équipe de deux ou trois pour une activité d’introduction je fige. Pénélope me rend la tâche facile, elle se place avec son amie elle m’épargne une honte. Derrière moi un petit blond et un grand noir joignent leurs chaises. Moyen brun je complète l’équation.
      Quand le petit nazi se lève pour aller aux toilettes, je signale au grand maoïste qu’il n’a pas écrit son nom sur la feuille. C’est la première fois que je rencontre un Maximilien et un Erdogan, qui plus est les deux en même temps. J’apprends que la moitié des Turcs s’appellent Erdogan.
      — L’autre moitié c’est des sans-papiers.
      Genghis Khan a ramené de Mongolie ses yeux pas tout à fait chinois qui se plissent davantage sur son visage rieur couleur pas tout à fait chinois. Alors qu’il essaie de placer 1789 sur la ligne du temps, je remarque ses Adidas plus en formes que les miennes. Il n’est pas en Concentration sport, préfère la musique, et en musique la guitare classique. Comme moi. Il me demande si Pierre Gagnon c’est mon père ou un truc du genre.
      — Si c’est mon père j’aurai plus de père dans pas long.
      En route du 3015 au corridor de musique, il sait que je baiserais Nathalie. Nathalie comme Madame Dubois. Mon rire donne un alibi à mes joues que je sens rougir. Ses yeux deviennent chinois et bientôt je l’appelle Max.
      Dans l’orchestre de guitares, Max et moi sommes aux extrémités de la première rangée, lui à la basse, moi à la mélodie : lui la fondation, moi le toit dira Monsieur Gagnon. Quand l’heure est à pratiquer en duo, le troisième cubicule sur la gauche nous est réservé, celui où il est écrit 69 au Sharpie sur la moquette jaunit qui sert de mur. La tête de Monsieur Gagnon ne s’attarde pas devant la vitre de notre vieille porte en bois comme elle le fait pour celle de Félix Racine et Nathan : l’heure est à pratiquer on ne pratique pas on est les meilleurs.
      C’est dans ce cubicule que Max me raconte ses anecdotes de masturbation. Hier encore sa sœur a failli découvrir son historique non supprimé sur sa tablette. Avec sa mère qui n’arrête pas de rentrer dans sa chambre sans cogner on s’en sort pas c’est rendu dur de vivre. Moyennant deux branlettes par jour en décembre un vrai travail d’agent secret tu peux me croire.
      — Temps des fêtes mon cul.
      Quand je me fais une blonde un 1er avril j’invente rien, les séances d’anecdotes se transforment en interrogatoires. Ses mimes vont progressant, du french à la fellation au V sous la langue : plus je rougis plus ça l’encourage. Monsieur Gagnon ne nous aura jamais vu pratiquer mais il aura aperçu du coin de l’œil un gamin faire semblant de sodomiser une Yamaha. On a treize ans.
      Son casier est plus proche du couloir central, prêt avant moi il fait toujours semblant de partir seul, sa démarche désinvolte est inimitable dans la foule je souris il m’attend. Quand il s’absente pour une fête religieuse on me demande où est Maximilien. Quand le vendredi je pars à Québec on lui demande où est Alex. 8 h 30 le lundi on ne se dit pas bonjour mon ami tu m’as manqué on dit
      — C’est toi la pute ?
      À vrai dire on le dit moins depuis le 1er avril. Matin, midi, soir l’injonction, la passion, l’érection quelque chose me meut à l’autre bout de l’école. On me voit moins dans le corridor de musique, au ping-pong, au billard, au skatepark, au basket, le Chinois du coin ne me reconnait plus. Je suis en couple avec une fille populaire je suis un transclasse et c’est mérité parce que c’est tombé sur moi. Quand le midi je pavane ma victoire autour de l’école il m’arrive de l’apercevoir qui nous suit là-bas de loin il évite mon regard. Au lieu d’aller le voir d’être son ami je ris aux mains de mon trophée je savoure ma bonne place sa mauvaise je jouis de sa honte c’est mon plus grand regret.
      Aux mesures 38 à 42 de Stairway to Heaven où basse et mélodie concordent, Max et moi on ne se lâche pas des yeux en retenant notre rire : le premier qui regarde sa partition a perdu. On ajourne la compétition lors de notre prestation au Collège féminin privé Régina Assumpta, à la fois raidis par cette énigme dupliquée (filles/riches) et joyeusement décontenancés du fait qu’on vient de briser leur ascenseur. Vingt-huit musiciens dans une petite boite en acier à 3500 livres de capacité j’ai pas fait le calcul j’ai vu le résultat. Monsieur Gagnon s’efforce de déchiffrer le panneau mais sa voix portante ne nous calme pas. Félix Lachapelle fait des pronostics sur la quantité d’oxygène à disposition on renchérit. Max prévient Vanessa qu’il ne mourra pas sans avoir embrasser une fille ça tu peux être sûr et la claustrophobie de Rebecca la trouve moins drôle. Les pompiers finiront par arriver ils ne sauveront rien ils n’éteindront pas la fête la musique le rire la joie.
      Ce matin-là on est dans l’escalier C j’invente rien, cartable rouge sous le bras c’est celui de US. J’y vais surement à contrecœur parce que Max sait que Madame Dubois me manque.
      — Elle et ses bas collants.
      Il est con il a raison. En passant il m’a pas dit ça mais il est en train de lui pousser une troisième couille juste là, ils appellent ça l’aine il appelle ça descend plus bas. Il était temps au nombre de fois qu’il se tire sur la tige les deux premières ne fournissaient plus. Sur le coup on la trouve très drôle mais un peu moins quand il doit s’absenter une semaine, à peine quand il se fait ouvrir les poumons, plus du tout quand Monsieur Gagnon m’apprend que C pour cancer c’est pas comme C pour couille.
      Dans la vidéo de prompt rétablissement vingt-six personnes derrière la caméra moi devant je ne demande pas à Max s’il est une pute je dis bonjour mon ami tu me manques. Après la première chimio vient le temps de la première visite c’est un vendredi où je pars à Québec et je n’insiste pas pour rester. Je comprends que c’était par peur quand au retour Rose me donne moins de nouvelles que son visage.
      Au 74A Terrasse Dufferin, ce n’est pas Max qui m’ouvre la porte. Sa mère m’informe dans un français à l’accent pas tout à fait chinois qu’il écoute un film au salon. Dans la petite pièce qui sépare la cuisine de la cour, le fauteuil a connu de meilleurs jours, l’ombre de la tonnelle lui donne un air fantomatique. Johnny Depp est élancé et son chapeau ne cache pas une absence de cheveux. Sur le divan je calibre ma pose mi-investie mi-dégagée deux ados qui écoutent un film en silence un jour d’été rien d’étonnant je ne lâche pas l’écran des yeux.
      — T’avais vraiment une tête de con dans la vidéo.
      Le fauteuil n’a pas émis un son mais un sourire s’est déposé sur son visage. Je ne me souviens plus ce que j’ai répondu je ne me souviens plus du film et même si je m’en souvenais mon ami n’était pas mort.
      Un jour sa mère ne veut plus nous voir plantés là dans le noir, Monsieur Rami a dit qu’il faut faire travailler le corps alors vous sautez dans la piscine je me répéterai pas. Max n’est pas enchanté par l’idée c’est un euphémisme : je joue la carte j’ai pas de maillot. Elle avait prévu le coup son mari a un speedo qu’il ne porte plus depuis des années ça devrait faire je ne suis pas enchanté par l’idée. Le sourire de sa sœur m’attend au sortir des toilettes pour me confirmer que j’ai un petit pénis attend de me voir sortir de l’eau. Il n’y a pas que la tonnelle qui fait de l’ombre trois arbres au-dessus d’une piscine ça pardonne pas. La pizza va être bonne.
      À la Place Rosemère il y a un La Vie en Rose je lui demande si agent secret c’est plus facile l’été. Apparemment sa patronne la chimio est trop prude elle force le congé maladie je vois ce qu’il veut dire. Il désamorce le silence en me disant que vu ses petites mains douces et ses seins bien ronds son infirmière n’a pas plus que vingt ans.
      — Elle m’a pas tripoté que la troisième couille si tu vois ce que je veux dire.
      La Yarris 2004 enjambe la rivière, la radio commerciale joue des chansons commerciales, il lève le son. Dans le rétroviseur, on se renvoie le baiser et le coup de fusil tout ce dont nous avons besoin c’est de quelqu’un sur qui s’appuyer. S’il le pouvait il danserait comme à mes quatorze ans dans le sous-sol avec le casque LMFAO de mon frère mais le soleil éclaire son visage. C’est le sourire dont je me souviens.
      Un jour il doit s’envoler pour l’Allemagne, apparemment les nazis n’ont pas inventé que des poisons. Dans le hall, je lui dis que Curé c’est pas pareil sans Monsieur Gagnon et il comprend. Quand je lui écris pour des nouvelles j’attends deux semaines désolé il était très fatigué, puis il a dû tomber très très fatigué parce qu’il ne m’a plus répondu.
      C’est écrit blanc sur noir sur le tableau noir, avec la Yamaha je me réfugie dans le troisième à droite, celui où il est écrit 42 au Sharpie sur la moquette jaunit qui sert de mur. Rose m’en dit moins que sa main posée sur mon genou. À la cloche, la psychologue me réclame dans son bureau la conne elle veut que je pleure un cadavre que je n’ai pas vu. Apparemment on l’a oublié à côté de la tombe de son grand-père en pas tout à fait Chine c’est pour ça qu’il a manqué ses funérailles. Ça ne fait pas longtemps que je ne scrute plus les grands maoïstes dans la rue.
      Dix ans déjà je demandais pourquoi mais à l’enfant il faut répondre parce que. Parce que Dieu c’est-à-dire la nature c’est pas moi qui le dit, parce c’était écrit dans le Cahier Canada de l’Univers, parce que c’était. Stairway to Heaven n’est qu’une chanson et pourtant il suffirait d’y croire pour qu’il soit là tout près 30 mètres à peine au coin de la 469 j’invente rien. Sa démarche inimitable il se retournerait à l’intersection pour montrer son sourire espiègle la mèche noire sur le front de Genghis Khan portant ses Adidas sport. Il m’attendrait et c’est pour ça que le Soleil doré sur nos visages que l’ombre bleue sur la neige que là tout près une éternité à peine il dit
      — C’est toi la pute ?

      • #44632 Répondre
        Ludovic Bourgeois
        Invité

        Merci du partage. J’ai bien aimé.
        Juste l’avant dernière phrase avec les 3 « que » dans la phrase donne un effet bizarre

      • #44655 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci
        Comme François et Ludovic; je vois bien la difficulté à écrire la première partie ;
        Le coup de foudre amical et la teneur de la complicité qui réussit à s’infiltrer malgré le cadre d’une classe me semble si particulière
        Il me serait également difficile de la rendre à l’écrit
        Il est vrai qu’elle se tiens dans des petits moments parcellaires et qu’au souvenir elle apparaît pelé mêle si je me penche sur ma propre expérience
        Elle nécessite pour l’écriture une invention, tu tiens certainement un moyen singulier de l’aborder à creuser

        • #44717 Répondre
          Alex
          Invité

          Je m’inspirais de L’amour, et comme l’avait fait M. Bégaudeau je voulais, en un sens, instaurer une fausse piste, ne pas que l’on sache trop ce qui allait se passer en lisant la première page (dans ma version Word, la première page termine sur : « Ses yeux deviennent chinois et bientôt je l’appelle Max »). Peut-être était-ce une erreur considérant la longueur du récit. Dans tous les cas, je suis bien d’accord, le premier tiers requiert nécessairement une retouche. Merci à vous d’avoir pris le temps de lire mon récit et qui plus est de le commenter !

      • #44683 Répondre
        baptiste
        Invité

        j’aime bien ta façon de mettre tout en même temps, tu peux trouver un moyen de rendre ça plus mijoté. parfois des virgules peuvent faciliter le mijotage d’une couleur à l’autre dans une même phrase. A mon sens l’absence de virgules c’est délicat à manipuler, ça peut faire « écriture de taiseux » surjouée et tomber à l’eau. Pour moi les virgules font moins de bruit que l’obsession viriliste de celui qui les traque pour les exterminer 😉

        • #44687 Répondre
          Delphine
          Invité

          L’histoire des virgules est un peu académique. A l’école, on apprend qu’il faut en mettre après chaque groupe de mots ou complément pour structurer. Il est vrai que l’on trouve moins de virgules systématiques dans la littérature contemporaine, peut-être pour plus de fluidité. Mais je trouve que l’utilisation de virgules peut clarifier le texte, notamment quand les phrases sont longues. Par contre, ce que je trouve plus difficile à manipuler est le point-virgule. Je ne vois pas trop la différence avec le fait de faire plusieurs phrases distinctes.

        • #44719 Répondre
          Alex
          Invité

          Oui, il y a probablement quelque chose de « surjoué » dans cette absence de virgules, mais crois-moi quand je te dis que ce n’est pas une obsession viriliste ! Non, à la base, j’enlevais des virgules soit pour joindre des groupes de mots qui a priori n’ont rien à voir ensemble (dans « sa démarche désinvolte est inimitable dans la foule je souris », ici, l’absence de virgule crée une confusion qui me plait : est-ce lui et sa démarche qui est dans la foule, ou moi qui sourit ?), soit pour introduire le discours indirect libre (« Max prévient Vanessa qu’il ne mourra pas sans avoir embrasser une fille ça tu peux être sûr »). À la base, c’était ça, mais disons que l’opération a mal tourné quelque part et que, dans le résultat final, il manque franchement pas mal de virgules, laissant çà et là des phrases trop longues et carrément essoufflantes. Mais j’aime aussi que le lecteur place lui-même ses virgules dans sa lecture : il faudra, à l’avenir, trouver un juste milieu. Merci de m’avoir lu !

      • #44706 Répondre
        thierry
        Invité

        Saut Alex,
        J’aime bien. Je partage l’avis de François sur le côté codé. On pourrait croire que crypter un peu un texte permet de montrer qu’on mâche pas le taf au lecteur et qu’on ne le prend pas pour un con. Mais y’a suffisamment de jolies choses qui gagneront à ne pas se perdre dans ce léger manque de clarté. Le parlé Québec me gêne pas. Quand bien même j’entrave pas tout à la seconde, ça situe le récit.

        • #44720 Répondre
          Alex
          Invité

          Bien vu, y’avait effectivement de ça : par le passé, j’ai trop écrit en pensant au lecteur, et en faisant ça on le prend toujours pour un con, on en dit plus qu’il ne faut. Peut-être ai-je encore pensé à lui mais en voulant l’impressionné : ce qui a fait que j’en ai encore trop fait, j’ai voulu lui en mettre plein les yeux alors j’ai beurré le trait quand j’aurais du garder ça simple. L’orgueil, toujours l’orgueil. Merci d’avoir pris le temps de me lire.

      • #44773 Répondre
        Carton de Lait
        Invité

        « pas le putain de chien tirer sa putain de langue. »

        Oui bon, « le crisse de chien tirer sa crisse de langue » me semblerait plus naturel. Ou encore « l’estie de chien tirer sa crisse de langue » peut-être, dépendant de si on tient à la répétition ou non.

        (je suis aussi Québécois :-p)

        • #44819 Répondre
          Alex
          Invité

          C’t’une crisse de bonne idée ça mon chum ! En vrai, j’y avais pas pensé, peut-être effectivement que « le crisse de chien tirer sa crisse de langue » serait bien. En même temps le sacre est un niveau de langage très familier (que je chéris, évidemment) qui, selon moi, a davantage sa place dans le dialogue. À voir.

    • #44633 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Le texte serait vraiment bien s’il gagnait en clarté. En l’état c’est un peu obscur, un peu codé. Le texte gagne quand il se simplifie en se resserrant sur la maladie de Max et le duo amical. Il y a des choses très belles, mais encore une fois elles seraient mieux mises en valeur en élaguant l’expression, et en clarifiant la narration – surtout dans le premier tiers. Un peu moins d’images, un peu plus de littéralité.

      • #44646 Répondre
        Batsan
        Invité

        Alors personnellement, je lis, mais sans boulimie (je lis beaucoup de philosophie par contre). Et j’écris, aussi, mais ce n’est pas par envie. C’est plutôt un besoin que je ressens de poser les choses, quand j’ai l’impression d’avoir un noeud dans la tête que je ne pourrais pas exprimer autrement (parfois aussi quand des idées me traversent que je veux conserver). Mais bizarrement ma manière d’écrire ne correspond pas avec ce que je lis. Dès que j’essaie d’écrire un « truc » un peu théorique ou philo, ça dérive en fiction, personnages, etc. (parfois un peu barré d’ailleurs). Autre chose je ne finis rien… J’ai quinze pages par ci, trente par là, etc. inachevées. Lorsque j’arrive à un certain point je sens un blocage, je n’arrive plus à écrire et je ne cesse de remettre au lendemain indéfiniment mon écriture. Donc je ressens toujours l’écriture à la fois comme un besoin et une douleur, c’est paradoxal. Comme deux pulsions qui s’opposent : la nécessité d’écrire, et la difficulté de s’y mettre, la peur de l’écriture comme résultat achevé (une peur ou une incapacité, manque de talent ou d’assiduité, je ne sais pas). Il me semble que ça touche des choses profondes dans mon expérience ou ma perception, mais c’est confus et pas toujours agréable. Je n’éprouve pas toujours du plaisir quand j’écris, c’est souvent le contraire, et donc je suis d’accord avec François, l’envie d’écrire dans l’absolu, je ne comprends pas.

        • #44692 Répondre
          Fanny
          Invité

          Merci de passer par ici. C’est précieux pour moi de lire comment vous vous y prenez. J’ai le même problème que toi Bastan concernant le découragement en cours de route. Je mets ça sur le compte d’un manque d’aisance, de pratique, mais aussi d’une envie trop floue, trop imprécise. J’ai déjà écrit du long dans le domaine fonctionnel mais ça n’a absolument rien à voir. Dans l’utilitaire je sais assez vite où je vais aller et donc ce que je vais écrire. J’ai vite un plan en tête (il y peut y avoir des déviations en cours de route mais elles restent mineures). Dans la fiction non, il y a quelque chose de vertigineux, j’ai du mal à trouver par quel bout le prendre. Je n’arrive pas à me tenir à un sujet, un personnage, une forme. Ça part dans tous les sens. Le plan c’est le pire. Pour la fiction l’idée de faire un plan me décourage d’avance. Mon intérêt est scotché à la phrase ou au paragraphe. J’ai beaucoup de mal à fixer mon attention sur quelque chose de plus vaste, pourtant j’aimerais y parvenir. C’est en lien avec cette difficulté-là que je parle d’une envie d’écrire imprécise.

          • #44694 Répondre
            Delphine
            Invité

            Concernant le découragement en cours de route, je crois que c’est un problème d’endurance, probablement plus perceptible par les personnes pour qui l’écriture n’est pas leur métier à plein temps. Il faudrait peut-être se fixer des objectifs quotidiens tenables, par exemple faire le plan un jour, puis écrire une page ou même un paragraphe par jour. En fait écrire peu à la fois en essayant de tenir une certaine régularité qui pourrait devenir une habitude au fil du temps.

            • #44697 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Tout à fait. La régularité est la modalité du romancier.

      • #44721 Répondre
        Alex
        Invité

        Oui, comme je l’ai dit à Claire, je m’inspirais de L’amour, et comme vous aviez fait je voulais instaurer une fausse piste, ne pas que l’on sache ce qui allait se passer en lisant la première page, mais peut-être était-ce une erreur considérant la longueur du récit. Le sujet était une amitié, une courte amitié qui plus est, j’aurais dû m’y en tenir. « Un peu moins d’images, un peu plus de littéralité. » : je vais m’en souvenir. Dire ce que l’on voit plutôt que ce que l’on imagine. Je lis Les détectives sauvages en ce moment, Bolano sera certainement une grande influence pour la suite. Cette clarté qui se marie à cette façon si unique de fabriquer une phrase, c’est bien ce à quoi je devrais aspirer. Merci de m’avoir lu et d’avoir pris le temps de critiquer mon récit. Sachez qu’il n’aurait pas été écrit sans vous.

        • #44741 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Bolano très bon modèle. Il écrit très simple, au fond.

    • #44693 Répondre
      Fanny
      Invité

      Paquet de questions :
      Est-ce que vous écrivez de manière linéraire ? Est-ce que vous avez nécessairement cogité un plan, un début, une fin, une trajectoire, un personnage, avant de vous lancer dans le premier jet ? S’il y a plan, à quoi ça ressemble, à quel point est-ce précis ? Il y a sans doute des moments avec des « passages obligés » auxquels on a moins envie de se coller ?
      Est-ce que ça vous arrive de vous retrouver avec des morceaux disparates, éparpillés ? Et d’arriver à en faire quelque chose ? À les fusionner ?
      Est-ce que vous avez tout de suite la forme en tête ou bien ça vous arrive de rectifier en cours de route ? (p. ex. je/il, roman/théâtre…)

      • #44698 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Arrive bientot un Espionnage industriel qui répondra in situ à pas mal de ces questions
        Je tease.

        • #44716 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Il arrive même exactement ce lundi.

          • #44743 Répondre
            Fanny
            Invité

            Ça m’intrigue ! Est-ce qu’on peut savoir qui sera/seront interviewé(s) et sur quoi ?

            • #44744 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Espionnage industriel est une chaîne YouTube d’entretiens que nous tenons avec une amie. Jusqu’ici nous interviewions des réalisateurs sur un de leurs films. L’épisode qui sort lundi est notre premier entretien littéraire : François est interviewé, sur Ma Cruauté.

              • #44745 Répondre
                Fanny
                Invité

                Oh ! J’ai jeté un oeil aux épisodes 2 et 3 (pas de n°1?). J’aime beaucoup cette manière d’interroger sur la fabrication. Et j’aime beaucoup Ma cruauté. Pour une fois hâte d’être à lundi !

              • #44748 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Très hâte de voir ça ! Surtout sur Ma Cruauté, cerise sur le gâteau, l’un de mes Bégaudeau préférés. Merci infiniment Seldoon et François.
                Je m’en vais jeter un œil au reste de la chaîne !

              • #44761 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Félicitations au passage, donc, pour l’ep. 2 avec De Peretti, très intéressant.

              • #44793 Répondre
                Groupie Qui Piaille #01
                Invité

                Voilà de quoi réjouir maman 🙂

    • #44728 Répondre
      Frezat
      Invité

      Moi j écris juste des commentaires. Ça me suffit largement. Mais j ai été assez subjugué par le passage de Louis je sais plus trop qui sur quotidien je crois que c est le mec a lasganerie . Il m a touché. Je vais donc approfondir sur le personnage quand j aurais retrouvé son patronyme 🤡

      • #44747 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Édouard Louis ?

        • #44779 Répondre
          Frezat
          Invité

          Oui. Merci

          • #44782 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ce n’était donc pas une blague.
            Pour info Edouard Louis n’est pas « le mec à Lagasnerie », qui lui est pacsé avec Didier Eribon. Mais est certes ami avec Edouard Louis.
            Sur sa prestation à Quotidien, eh bien nous dirons que les gouts et les couleurs.

            • #44815 Répondre
              Frezat
              Invité

              Il semblait très mal à l aise mais cela m a touché car j ai aussi ce mal être en public

    • #77223 Répondre
      Connor McCloskey
      Invité

      Cher M. Bégaudeau,

      J’espère que ce message vous trouvera en bonne santé. Je m’appelle Connor McCloskey. Je suis enseignant à l’école primaire de Philadelphie. Depuis deux ans, mes amis en France m’enseignent le français. Mon français n’est pas très bon. Veuillez pardonner mes erreurs.

      Je vous écris aujourd’hui pour vous demander quelque chose d’impossible. Je vous écris pour vous demander de m’aider à trouver plusieurs des rares courts métrages de la réalisatrice française Patricia Mazuy. Il s’agit de La Boiteuse, Colin-maillard, La Scarpa, et Dead Cats. En mars, la productrice française Juliette Raut m’a proposé d’envoyer ma question à Mme Mazuy, mais je n’ai malheureusement jamais eu de réponse.

      Je vous écris pour vous demander s’il est possible de poser ma question à Mme Mazuy. Je m’excuse sincèrement si cette demande est trop audacieuse. Malheureusement, je n’ai trouvé votre adresse électronique nulle part. J’ai vu sur IMDb que vous aviez coécrit le dernier film de Mme Mazuy, je voulais donc vous demander de l’aide.

      Je veux terminer la filmographie de Mme Mazuy, qui est une réalisatrice incroyable. J’essaie également de compléter les filmographies de toutes les réalisatrices du documentaire Cinéastes (2013) de Julie Gayet. Cinéastes m’a été envoyé par courriel par la productrice exécutive, Mme Christie Molia. Mme Molia m’a envoyé le documentaire parce qu’elle est l’une des milliers de personnes dans le monde qui m’ont aidé à retrouver les films rares et perdus de mon actrice et réalisatrice préférée, Julie Delpy.

      L’histoire est longue de 10 heures, mais depuis deux ans, plus de 1000 personnes à travers le monde m’ont aidé à retrouver les films perdus et obscurs de Julie. Je n’avais jamais rencontré ni parlé avec quelqu’un de France auparavant. J’ai donc écrit sur des forums français pour demander de l’aide. Des centaines de personnes sont venues me soutenir. Ils ont également trouvé mon nom très drôle. Mes amis français m’ont appris le français pour elle tous les jours depuis Octobre 2022. Les films de Julie m’ont marqué comme aucun autre ne l’a jamais fait. Je voulais simplement voir ses films, mais malheureusement, je ne pouvais les trouver nulle part.

      J’ai reçu 9 copies personnelles de ses films les plus rares après avoir parlé à ses anciens réalisateurs, producteurs, monteurs, co-acteurs et amis comme Charlotte Mickie, Geoffroy Larcher, Gérard Courant, Jean-Christophe Bouvet, Joël Farges, Bettina Speer, Yannick Saillet, Christie Molia, Raul de Lamo Villarroel, Jean-Pierre Limosin, Philippe Le Guay, Dody Dorn, Chantal Bernheim, Emily Wagner, Rick Redick, Alan Somers, Rachel Parker, Miriam Hoyer et Diana Dąbrowska. 

      Entrer en contact avec ces personnes a été incroyablement terrifiant. Ils m’aimaient et aimaient ma passion pour les films de Julie, mais ce fut l’un des défis les plus effrayants et les plus difficiles de ma vie. J’avais peur qu’ils me prennent pour un fou, mais au contraire, ils ont été profondément touchés par l’amour des films de Julie.

      Deux de ses anciens réalisateurs, Yannick Saillet et Eric Tellène, m’ont invité à Cavaillon cet été pour voir leurs courts métrages Trouble (1989) et 5150 (1988). J’ai très peur car je ne pense pas que mon français soit assez bon. Cependant, toutes les personnes que j’ai rencontrées dans l’industrie cinématographique et en France m’ont beaucoup soutenue et aidée. J’ai également reçu une lettre du bureau du président français Emmanuel Macron me remerciant pour mon soutien au cinéma français.

      Julie a été invitée à Philadelphie par l’une de ses meilleures amies, la monteuse américaine Mme Dody Dorn, pour qu’elle puisse regarder avec moi la seule copie de son film le plus rare, L’Autre Nuit (1988) de Jean-Pierre Limosin, qui est mon ami sur Instagram. Je suis soutenue par Valérie Mouroux et l’ambassade de France et Michael E. Scullin et le Consulat français de Philadelphie pour montrer le film ici. L’histoire de la recherche de L’Autre Nuit dure environ 4 heures, et de nombreux réalisateurs de Julie m’ont donné les droits de projection de leurs films lorsqu’ils ont appris ce que je faisais.

      Pour remercier Mme Molia, j’ai essayé de regarder tous les films des femmes qui ont participé à Cinéastes. Cela a été incroyablement difficile à faire. Heureusement, des producteurs, des réalisateurs et autres m’ont envoyé les films d’autres femmes que j’aime. Jusqu’à présent, j’ai reçu les films plus rare d’Adèle Haenel, Sophie Fillières, Noémie Lvovsky, Valérie Donzelli, Valeria Bruni Tedeschi, Sophie Letourneur, Pascale Ferran, Lisa Azuelos, Rebecca Zlotowski, Mona Achache, et Tonie Marshall. 

      J’ai également parlé à des centaines d’autres personnes à travers l’Europe pour trouver ces films. Jusqu’à présent, j’ai rencontré des femmes comme Lisa Azuelos (Cinéastes), Sophie Letourneur (Cinéastes), Mona Achache (Cinéastes) Agathe Bonitzer, Rosalie Varda, Helene Vassieres, Léonie Simaga, Florence Viala, Viviane Blassel, Anne-Marie Pisani, Marie Christine Questerbert, Clémence Madeleine-Perdrillat, Caroline Piras, Judith Godrèche, Béatrice Sebbah de Staël, Muriel Mayette-Holtz, Olga Prud’homme-Farges, Juliette Raut, et beaucoup d’autres. 

      J’ai également des propositions pour rencontrer Mia Hansen-Løve (Cinéastes), Brigitte Roüan (Cinéastes), Nicole Garcia (Cinéastes), Pascale Ferran (Cinéastes), Valérie Donzelli (Cinéastes), Katell Quillévéré (Cinéastes) Patricia Mazuy (Cinéastes), Rebecca Zlotowski (Cinéastes) et Noémie Lvovsky. On m’a promis de rencontrer ces femmes pour qu’elles m’envoient aussi leurs films rares. Je suis, hilare, terrifié à l’idée de rencontrer un jour Julie. D’autres actrices françaises m’ont donné beaucoup de conseils pour savoir quoi lui dire.

      Mme Mazuy a joué dans Cinéastes. J’ai vu tous ses films sauf La Boiteuse, Colin-maillard, La Scarpa, Dead Cats et son dernier film, La prisonnière de Bordeaux. Je trouve son travail incroyable. J’ai parlé de son travail à beaucoup d’autres personnes. Mon film préféré est Travolta et moi. Je n’ai aucune idée de ce qu’il faut faire pour trouver son travail, c’est pourquoi je voulais demander un miracle.

      Je comprends que le fait d’écrire sur votre blog est quelque peu inacceptable, mais sachez qu’il est très difficile de parler avec des gens de l’industrie cinématographique. Je n’écris que parce que de nombreuses autres tentatives ont échoué. Je vous remercie encore pour le temps que vous m’avez accordé. Je ne sais pas pourquoi tant de personnes m’ont soutenu, mais j’espère que vous croirez en moi aussi.

      Avec tous mes remerciements,

      Connor McCloskey

      • #77254 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Joignez moi sur messenger, je vous donnerai le mail de Patricia Mazuy.

        • #77270 Répondre
          Connor McCloskey
          Invité

          Merci beaucoup. Je vous enverrai un message sur Instagram, à moins que vous ne souhaitiez que je vous envoie un message ailleurs.

          • #77315 Répondre
            Ostros
            Invité

            François n’est pas sur instagram, il parle du messenger de Facebook.

            • #77316 Répondre
              Papo
              Invité

              (Au passage, message incroyable de Connor, lunaire dans le bon sens, notamment le « Je suis, hilare, terrifié à l’idée de rencontrer un jour Julie ». Je le dis sans ironie !)

              • #77321 Répondre
                PE
                Invité

                Oui ce message est extraordinaire, génialement romanesque. Ca m’évoque les personnages de Paul Auster, ces types ultra-cérébraux guidés par une extrême rationalité dans la poursuite d’une passion parfaitement délirante. No offense Connor, au contraire c’est superbe, parce qu’on n’est pas dans un roman mais dans la vraie vie et que ta vie même prouve que ce délire n’est pas moins rationnel qu’un autre, et l’est même bien plus que tout un tas de quêtes étiquetées « sensées », « raisonnables ». Je te souhaite bon courage !
                (Au début j’avais survolé le message en diagonale et j’ai cru que la Julie dont les films t’avaient « marqué comme aucun autre ne l’a jamais fait », c’était Julie Gayet. Là le romanesque était devenu science-fiction)

    • #105374 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Je trouve plus le nom de l’entrée où j’ai partagé des textes de Colette. Carpentina, si tu sais…
      En attendant je mets ce texte ici
      Écriture
      « Écrire ! pouvoir écrire ! cela signifie la longue rêverie de la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée…
      Écrire… C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l’oubli de l’heure, la paresse au creux du divan, la débauche d’invention d’où l’on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé, et porteur de trésors qu’on décharge lentement sur la feuille vierge, dans le petit cirque de lumière qui s’abrite sous la lampe…
      Écrire ! verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide… et retrouver, le lendemain, à la place du rameau d’or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée…
      Écrire ! plaisir et souffrance d’oisifs ! Écrire !… j’éprouve bien, de loin en loin, le besoin, vif comme la soif en été, de noter, de peindre… Je prends la plume, pour commencer le jeu périlleux et décevant, pour saisir et fixer, sous la pointe double et ployante, le chatoyant, le fugace, le passionnant adjectif… Ce n’est qu’une courte crise, la démangeaison d’une cicatrice…
      Il faut trop de temps pour écrire ! Et puis, je ne suis pas Balzac, moi… » (La Vagabonde)

      • #105445 Répondre
        Carpentier
        Invité

        salut, je t’avais pas vu ici et n’ai donc pas saisi la main tendue pour Colette
        damned: c’est pas aphorismes et citations, ..Gr/graindorge?
        j’y vais checker

    • #105388 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Puisqu’il est question de s’essayer à écrire, voici une scène à Pôle emploi.
      _
      Lors d’une vague période de chômage où je passais plus de temps à couper les branches d’arbres dans la jardin d’une amie qu’à rechercher un emploi, la police du travail était venue à moi pour m’imposer une série de trois jours consacrés à l’optimisation de mes chances de rédemption aux yeux du capital. Je pouvais difficilement faire valoir, pour me dispenser de cette obligation, mon petit jardinage amical et mes activités « artistiques » consistant à enlever les écorces des branches pour en faire des objets de décoration. La lecture et le dessin ne semblaient pas faire partie non plus des motifs valables susceptibles de justifier mon existence auprès de Pôle emploi – c’est aussi douteuxt que la « panne de réveil » à l’école pour justifier un retard en cours. Il me fallait rendre raison de ma vie auprès de l’État – pour mon bien, évidemment.
      Me voilà donc contraint de me rendre à ces trois jours animés par un prestataire qui se disait catholique et dont le seul objectif était de nous faire revenir sur le marché du travail. C’était une personne très agréable, avec un fort accent du sud et aux intentions apparemment très sincères. Mais il était lui aussi soumis à un cahier des charges fixé par l’État du capital : je suppose que cette activité rémunérée était conditionnée à un minimum de réussite sur le court et moyen terme. Nous étions sa matière de travail.
      *
      Le discours d’inauguration a néanmoins remué le groupe : nous étions une dizaine a être convoqués par la patrouille étatique chargé de la chasse aux chômeurs, et le prestataire a commencé son propos en affirmant que « nous étions payés pour rechercher du travail », que « la collectivité nous donnait généreusement une somme d’argent qui impliquait des devoirs » – les droits et les devoirs, on l’apprend à l’école. A côté de moi, un homme de plus de 50 ans, « qui a bossé toute sa vie » mais s’est fait jeter comme une merde de son poste de commercial en raison de son âge et de son coût, digérait très mal cette entrée en matière. Cet homme, qui avait toutes les caractéristiques de quelqu’un de droite – nos discussions à la « pause clope(s) » confirmèrent mon intuition -, semblait subir depuis peu quelques démangeaisons « de gauche » durant cette période de chômage, puisqu’il s’indigna et proclama son innocence en rappelant le fonctionnement de la sécurité sociale : « cet argent que je perçois, c’est aussi le résultat de mes cotisations, ce n’est pas du vol, c’est de la solidarité qui comprend aussi mon argent depuis plus de trente ans ». Moi, poursuivait-il, je n’ai jamais été au chômage, j’ai toujours bossé, et j’admets mal qu’on me fasse la leçon sur ce sujet. Bref, sa défense était équivoque, puisque c’était un mélange de culpabilité d’être au chômage et de proclamation de son innocence, une synthèse de discours de gauche sur la sécu et d’honneur de droite sur le fait de s’être toujours passé de la solidarité sociale. Il avait néanmoins le mérite d’avoir soulevé d’emblée une fronde parmi les accusés qui tous se sont ralliés à cet homme dynamique au profil d’entrepreneur capable de « prendre les choses en main ».
      *
      En parlant de « prise en main », la suite fut plus violente encore, quoique moins visible à l’œil nu. On nous distribua plusieurs feuilles destinées à déterminer notre « profil ». Sur cette feuille figurait des catégories très abstraites : « savoir être », « savoir-faire », « diplômes », « expériences professionnelles », « compétences spécifiques », « langues parlées », « qualités humaines », « expériences personnelles pouvant être valorisées ». Cette dernière catégorie interpella plusieurs accusés, qui se demandèrent bien ce qu’un patron pourrait avoir à faire d’une passion secrète apparemment inutile. Le prestataire précisait en disant qu’on ne recrute jamais simplement un employé, mais aussi une personne, et que le patron peut avoir la curiosité de savoir à quel être humain il s’adresse. Tout le monde comprenait bien que le cunnilingus ou l’art de roter fort ne faisait pas partie des attendus, mais le prestataire prenait soin de préciser que de nombreux voyages pouvaient indiquer notre « débrouillardise », que l’accompagnement d’un proche dans ses problèmes de santé pouvait être le signe de notre « empathie pour l’autre », etc. J’apprenais que le capital, désormais, avait fait de la compassion un titre d’action valorisable sur un marché, et qu’il prétendait s’attaquer désormais à l’intimité de notre être. Première nouvelle : le capital, par la voix de l’État, voulait mettre la main sur l’intégralité de notre existence, avec un droit de regard sur notre vie privée, nos sentiments, notre temps libre. Il n’y a rien de mieux que le chômage pour voir à quel point le « libéralisme » bon teint est susceptible de montrer un visage agressif et monstrueux. On comprendra que les discours vertueux sur le « barrage républicain » touchent assez peu le chômeur.
      *
      Ce tableau faisait l’économie de toutes les réflexions sur ce qui constitue notre être depuis plusieurs millénaires : la « personne », ici, est sans unité intérieure, puisqu’elle est totalement aliénée dans des catégories distinctes elles-mêmes intégrées à l’intérieur d’un tableau fabriqué sur Microsoft Excel. Le « connais-toi toi-même » à l’ère du management étatique, ça donne un atome absurde qui serait le substrat de ses qualités valorisables et employables sur le marché du travail. L’individu était éclaté en différentes catégories censées nous signifier auprès d’autrui – l’employeur. Une petite recherche étymologique sur le mot catégorie indique que son origine grecque signifie aussi « chef d’accusation », « parler contre ». Et c’est bien le sentiment que j’avais en remplissant ce tableau : la drôle impression de parler contre moi-même en inscrivant mes réponses dans chaque case, de me désarticuler en une pluralité d’items abstraits imposés par le tableau. Je n’étais plus une subjectivité, mais un objet tout entier extérieur à lui-même, sommé d’exhiber ses caractéristiques aguicheuses pour tapiner auprès d’un jury invisible qui en veut à mon temps libre.
      *
      Nous étions néanmoins plusieurs à être un peu perplexe quant à la prétention de se définir par ce moyen. Le chef de la fronde matinale à côté de moi semblait moins gêné par une telle démarche, sans doute parce qu’il était déjà rompu aux entretiens d’embauche depuis pas mal de temps. J’étais quant à moi très irrité par cette confiscation de la définition de moi-même par Pôle emploi, d’autant que je ne suis pas certain qu’on puisse se définir tout court – mais la question ne sera pas posée.
      *
      Nous sentions bien que ce tableau exigeait de nous la réification de notre être et l’aliénation de notre existence : « il faut apprendre à se vendre, et ce tableau peut vous y aider », disait le prestataire, conscient néanmoins de l’obscénité de cette expression, mais lucide tout de même sur ce qu’exige de nous notre société. Que le patron en veuille à mon corps et à l’utilisation rentable de sa force, je peux le comprendre même si je ne l’accepte pas vraiment, mais qu’il prétende fixer un prix à mon âme en la découpant en mille morceaux incohérents comme on décompose les options d’une voiture pour justifier sa plus ou moins grande valeur marchande, c’est autrement plus angoissant.
      *
      Il y a de belles pages de Heidegger, dans Être et temps, sur les différentes formes de « sollicitude ». Il décrit la sollicitude substitutive, celle qui consiste à venir en aide à autrui, à se substituer à lui pour tout ce qu’il ne peut pas faire. C’est la solidarité, et c’est bien. Mais il est dit dans ce texte qu’une telle sollicitude peut voiler une domination sournoise qui s’exerce sur la personne secourue : au nom de l’aide que je te « donne », tu me dois ceci ou cela en retour. La sécurité sociale reprise en main par l’État du capital, ça donne cette forme de domination perverse qui fait de Pôle emploi/France travail un ennemi des travailleurs.

      • #105390 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Emile
        Texte drôle aussi
        En matière d’auto évaluation pour le patron
        Quitte a s’auto évaluer autant avoir la main lourde
        Cela me rappelle quand en classe on était censé noter la copie du voisin
        J’étais assez étonnée qu’on ai pas tous 20 devant une occasion pareille

        • #105394 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @Claire
          Merci.
          Oui, je partage ton étonnement. Et je vois d’ailleurs, en moi et chez les autres, la tendance à jouer le jeu : on ment toujours un peu, mais jamais trop non plus.
          Il y aurait deux solutions désirables : se barrer et envoyer valser ce cirque (mais on peut perdre les indemnités), ou rester en « vidant leur langage de toute honnêteté », comme tu le dis.
          Force est de constater que quasiment tout le monde choisi la seule solution non désirable : jouer le jeu.

          • #105399 Répondre
            Claire N
            Invité

            Force est de constater que quasiment tout le monde choisi la seule solution non désirable : jouer le jeu- oui je te rassure je remarque très largement cela chez moi aussi
            Parce que peut etre on présume toujours qu’on ne nous veux pas de mal et que tricher c’est mal
            «  je préfère que tu ai une mauvaise note plutôt que de tricher «  voilà comment on pose aux enfants le choix illusoire
            – 1) c’est faux : je préfère que tu es une bonne note point est plus juste
            – 2) c’est préétablir un mérite à pas tricher qui masque la question du mérite qu’on a pas demandé à endosser , un genre de technique d’effraction de l’acception

          • #105400 Répondre
            Malice
            Invité

            J’aime bien ton texte Emile. Maintenant que tu n’es plus en situation de mise en accusation, tu fais quoi? Tu as trouvé un moyen de vivre des choses que tu aimes? Es-tu élagueur, paysagiste? Roteur professionnel?

            • #105401 Répondre
              nefa
              Invité

              cunnilinguiste ?

            • #105402 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              Rires.
              Pour le reste, mystère! Mais oui, j’ai un travail, stable et plutôt plaisant. Je suis loin du banc des accusés de France travail désormais, et c’est très bien ainsi.
              _
              @Claire
              Oui, la triche pourrait être une « compétence spécifique » pour reprendre les termes de l’adversaire, mais on met la morale au dessus, sans voir qu’elle appuie la structure en question, qui n’est pas très morale au final.
              Et je suis d’accord pour dire qu’on pense que les gens ne nous veulent pas de mal. Il me semble même qu’on a généralement raison de le penser. L’employé de France travail ne veut pas de mal aux gens qu’il contacte pour son boulot, et je dirais même que la plupart ont sans doute une fibre un peu sociale qui pourrait les amener à vouloir protéger les chômeurs. Mais il y a un dispositif qui les embarque et qui pèse lourdement sur leur action, de telle sorte qu’ils sont bien obligés de faire marcher la structure, bien malgré eux le plus souvent. La structure n’a pas besoin de gens « méchants » ou « enragés » pour fonctionner, elle violente les gens par elle-même, sans que les individus y mettent une agressivité personnelle.

              • #105411 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui je suis tout à fait d’accord
                Pour replacer les choses comme tu le fais
                Là « on met la morale au dessus, sans voir qu’elle appuie la structure en question, qui n’est pas très morale au final. » et là « elle violente les gens par elle-même, sans que les individus y mettent une agressivité personnelle.« 

                • #105416 Répondre
                  Oscar
                  Invité

                  PE est un haut lieu de souffrance au travail.

                  • #105437 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Et bien oui mais je ne sais même pas je m’en rends compte si il y existe des syndicats

                    • #105438 Répondre
                      Oscar
                      Invité

                      Un établissement public sans syndicats ? )

                      • #105440 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        La réponse est oui
                        Mais « La présence de ces associations est variable localement. D’autres associations de chômeurs, non rattachées à ces associations, peuvent exister localement et participer aux comités de liaison. »

                      • #105444 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Ok, je ne comprends pas de quoi tu parles. Moi je signale juste que les agents PE sont souvent eux-mêmes malmenés professionnellement. Et dans le face à face (qui n’existe quasiment plus, puisque tout est dématérialisé) chômeur – agent, le seul ascendant valable est celui de la cotisation du salarié pour son assurance. Les prestations c’est autre chose. Le fait que PE doive se substituer à la CAF pour le RSA encore une autre.

                • #105417 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  En relisant ton texte Emile
                  Je me suis mise «  en creux «  à chercher des «  qualités «  qui ne peuvent pas être reprises par le capitalisme, des choses pouvant passer sous les radars comme l’art de roter
                  Mais meme la je me suis dit qu’il pouvait le tordre et le traire comme l’indice d’une certaine décontraction
                  Ça m’a foutu un drôle de coup comme l’envie de tout planquer le vivant de cet appétit qui met mal à l’aise, le tableau exel ou on est invité a déclarer à la douane m’a également donné la désagréable impression de s’auto poucave
                  Heureusement que tu décris les pauses clopes qui paradoxalement donnent de l’air et l’aide de ton amie pour le jardin qui donne le contrepoids d’un travail désirable

                  • #105419 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Et aussi comme je suis dans une lecture qui m’y fait penser ; je reprends la mesure d’un fait glaçant : nombre de juifs se sont déclarés parce qu’ils estimaient qu’ils étaient plus sure d’être en règle avec la lois

                    • #105422 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      A relire ce très bon récit, je crois qu’il y manque quelque chose : c’est de voir d’abord le bullshit de la chose. Tu prends trop au sérieux, Emile, les exercices proposés – tu en tires des conclusions radicales sur ce que ça induit de l’horrible machine capitaliste, qui instrumentalise jusqu’à notre intériorité (évidemment je n’aurai pas ces accents personnalistes, mais admettons). Mais les exercices proposés c’est d’abord du n’importe quoi, mis au point par des imbéciles pour faire semblant d’occuper rationnellement ces sessions de recrutement : envoyer des signes d’expertise, c’est le seul objectif, indépendamment du contenu.
                      pour complément, voir ça : https://youtu.be/zI4rxd8FIHY

                      • #105443 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        J’ai connu un animateur périscolaire catégorisé « senior » licencié de son ancien travail qui s’est retrouvé en stage Pôle emploi où on  » apprenait » à d’autres chômeurs de son âge à se fringuer et se maquiller pour  » se mettre en valeur face aux recruteurs »

                      • #105484 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        🤣
                        impayables

                      • #105463 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @FB
                        Je reconnais clairement une forme d’irritation devant ce tableau, et j’ai regardé après des choses qui pouvaient s’apparenter à cela. J’ai découvert que c’est en effet assez courant, notamment chez des « coachs » qui proposent des « bilans de compétences », avec un arrière plan « développement personnel ». J’ai remarqué que les grilles d’évaluation sont en fait assez similaires, et que le but est en effet de se donner l’apparence d’une expertise qui produit l’effet d’une mise sous tutelle de celui qui joue le jeu en y croyant. Aujourd’hui je suis d’accord sur le fait qu’il est inutile de prendre cela au sérieux, et que la meilleure manière de s’y prendre, c’est sans doute d’en rire (à l’image de ce que disait Claire plus haut).
                        Je regarderai la vidéo quand j’aurai le temps, car ça m’intrigue.
                        _
                        ps : je ne suis pas personnaliste. En fait je crois que c’est eux qui le sont à leur manière (une drôle de manière, j’en conviens). Mais je n’ai pas totalement tiré une croix sur quelque chose comme « l’âme », qui me semble maltraitée par ces grilles d’évaluation (et beaucoup d’autres choses).
                        _
                        @Claire
                        Il faudrait chercher, mais je suis à peu près convaincu que, par le moyen de quelques entourloupes dont le management a le secret, des « qualités inutiles » peuvent être valorisables sur le marché du travail (comme tu le montres en établissant un lien entre roter et décontraction). Je suis même certain que ça pourrait très bien prendre place dans le cadre du « management cool », qui se pique de « subversion » et de « transgression » des règles établies, et qui pourrait bien se piquer de valoriser l’inutile pour se donner l’air humaniste et ouvert.
                        _
                        D’accord également pour dire que le chômage peut être un moment pour découvrir que le travail, ce n’est pas l’emploi. Et le travail, ça peut même être génial quand c’est autonome et libéré des conditions imposées par la structure économique actuelle. C’est un peu paradoxal, mais je crois qu’il arrive régulièrement à des chômeurs de découvrir le vrai travail au chômage!
                        _
                        @Oscar
                        Oui, je suis convaincu qu’un employé de France Travail doit subir des conditions de travail dégradées. C’est d’ailleurs un point qui est frappant quand on prend du recul : des travailleurs malmenés par l’institution aident d’autres travailleurs en mal d’emploi et parfois malmenés par leur métier précédent. Le monde est bien fait…
                        _
                        @Malice
                        « en stage Pôle emploi où on » apprenait » à d’autres chômeurs de son âge à se fringuer et se maquiller pour » se mettre en valeur face aux recruteurs »
                        _
                        C’est fou. Sans compter les messages tacites qu’une telle initiative présuppose (vous vous présentez mal, si vous êtes au chômage, c’est un peu de votre faute et en raison de votre gueule, c’est un petit problème d’éducation, on va maquiller tout ça, etc.).

                      • #105476 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        me suis trompé de docu

                      • #105480 Répondre
                        Kenyle
                        Invité
                      • #105485 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Version 2025 de On achève bien les chevaux?
                        Bien aimé la musique d’intro

                      • #105490 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @FB
                        J’ai vu le documentaire donné dans le deuxième lien. C’est un bon documentaire, je trouve. Mais là, c’est hard, même si c’est vrai qu’on retrouve des similitudes formelles.
                        _
                        Par moments, j’ai pensé à l’expérience de Milgram : jusqu’à quand, l’obéissance?
                        _
                        @Kenyle
                        Rires.
                        Il y a toujours la bonne conscience du service public avec pôle emploi. Mais à la fin, on retrouve la mentalité du recrutement contemporain : savoir être, compétences, valorisation de la personne, job dating, etc. Le tout en jouant à la marelle.

                      • #105496 Répondre
                        Kenyle – job dateur professional
                        Invité

                        C’est la bonne humeur.

                      • #105516 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        C’est ton atout-bonus?
                        Ah ça, la bonne humeur, l’employeur lambda a-doR
                        Montrer qu’on ’ se prend pas la tête ’ surtout dans les situations de dysfonctionnement car
                        ’ ia pire dans la vie, n’est-ce pas ? Regarde plutôt Jimmy, s’prend pas la tête, lui, toujourd de bonne humeur: j’l’adoR. ’
                        Tu pourras du coup lui proposer un espace, un jeu, une fresque, un coin baby, un hamac, une clef à molette – iaura toujours une queue de budget pour ça et la cohésion/bonne humeur de l’équipe
                        – avec le tee-shirt happy team 🙂👍 of course

                        Quant à Pierrot arrivé en date de péremption, il ira, plutôt avec FT/PE apprendre à se faire un peu plus présentable car au fil des années, ia du laisser-aller, Pierrot
                        Tu fais pas envie mon Gars.

                      • #105517 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        J’aurais dû mettre:

                        – C’est ton atout majeur ? : )
                        Pour ton prochain t-shirt
                        La bonne humeur c’est mon atout majeur

                      • #105529 Répondre
                        Kenyle – job dateur professional
                        Invité

                        « C’est ton atout majeur ? »
                        Oui des 3 qualités à citer lors d’un entretiens, c’est ma principale aussi.
                        Je sens une pointe d’ironie dans ton message. Ce sera noté dans ton dossier. Une place en or comme ça, ça se mérite, alors mets y du tien un peu. C’est juste une question de bonne volonté. De toute façon, Pierro n’a pas voulu danser pour sa boite. C’était aussi inscrit dans son dossier.

                      • #105497 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci pour le documentaire ; oui Milgram
                        Mais avec un petit goodies en plus:
                        Qui montrera la plus grande proactivite dans la soumission ?
                        Les candidats en off sont à de nombreuses reprises très fins et lucides dans leur analyse
                        Et la phrase qui me hérisse «  l’employeur vous offre un travail mais vous en échange qu’est-ce que vous avez à lui offrir ? »

                      • #105510 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        Claire N: « Et la phrase qui me hérisse « l’employeur vous offre un travail mais vous en échange qu’est-ce que vous avez à lui offrir ? » »
                        .
                        Le travailleur vend sa force de travail au patron donc le travailleur joue l’offre et le patron campe la demande.

                      • #105514 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Biographie c’est physique ça te le fait pas sérieux ? «  offre »
                        et si tu regardes le documentaire qui est bien fait tu verras de quel passage je parle
                        la force de travail c’est le travailleur qui la vend à la base
                        C’est pas l’employeur qui lui « offre « un super plan ça c’est une torsion qui a été lentement mais sûrement installée

                      • #105518 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        bjr ici,
                        Cette situation d’offre et de demande, qui a comme vrillé sur le marché du travail, s’est totalement pervertie au point de mettre un boulet au ventre lorsqu’on se présente à un entretien d’embauche;
                        C’est facile à dater ou du moins, elle semble être amplifiée quand se tend ce marché justement,
                        type période où majo de bull-shit jobs mal payés, épuisants – essentiellement jobs de service, quoi
                        avec sentiment d’offrir du précieux chez l’employeur quand il a juste une poste qualifié qui correspondrait à ta formation par exemple: l’autre c’est la roi du monde, il se la pète et te le fait sentir, dès le premier entretien;
                        Car il va te la jouer en plusieurs fois, en plus ce con.

                      • #105519 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Cette situation d’offre et de demande, qui a comme vrillé sur le marché du travail

                        C’est pour ça, j’avoue, que j’aime toujours passer devant une bourse du travail, lieu qui s’installait souvent dans un bâtiment époque plein emploi, et pour cause – regardez l’architecture des BduT des moyennes villes: on commençait les vendanges, 7 heures, rdv le 28 juin/juillet ou aout – selon les régions, à la bourse du travail, le viticulteur s’affichait en demande de bras e,t plus on avait de bras dispos, plus ça irait comme bien.
                        Putain, c’est devant ces lieux que je ressens comme de la nostalgie souvent, c’est fou non?
                        Tandis que passer devant un panneau-enseigne anpe/poleemploi/francetravail me retourne l’estomac.
                        Littéralement.

                      • #105524 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        jobs mal payés, épuisants – essentiellement jobs de service, quoi

                        je ne prétends pas non plus, en bonne pétainiste, que le grand air et les travaux des champs sont/étaient pas épuisants, eh
                        mais depuis plusieurs décennies, l’illusion via du temps passé en formations plus ou moins longues, plus ou moins prometteuses, plus ou moins fake font que, la plupart du temps, notamment parce que beaucoup se trouvent/sentent sous-embauché.es au vu de leurs études parfois diplômantes, ces bull shit jobs, se supportent, de fait, plus ou moins durement

                      • #105523 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        Claire N: T’es complètement ravagée comme bonne femme.

                      • #105534 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        J’espère que c’est un compliment

                      • #105544 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        Claire N: « Le travailleur vend sa force de travail au patron donc le travailleur joue l’offre et le patron campe la demande. »
                        .
                        Au dessus c’est le message auquel tu réponds, en dessous c’est ta réponse à ma réponse:
                        .
                        « C’est pas l’employeur qui lui « offre « un super plan ça c’est une torsion qui a été lentement mais sûrement installée. »
                        .
                        Donc non, il ne faut pas le prendre comme un compliment, il faut fermer ta gueule et te remettre un peu en question.
                        .
                        « et si tu regardes le documentaire qui est bien fait tu verras de quel passage je parle »
                        .
                        Pourquoi t’en es là? Parce que t’es une conne incapable de comprendre que je n’ai pas grand chose à voir avec le déchet de schizophrène qui habite dans ta tête de teubée. Tu n’en feras rien, je ne me fais pas de soucis, mais ça c’est ton problème. Je veux dire qu’en ce qui me concerne venir te signifier l’existence d’une limite à ta folie, ça me suffit pour me laver les neurones de ta bêtise crasse.

                      • #105551 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Si tu veux savoir ce que je me fais comme idée
                        Le mieux est de me demander
                        Tout autre manœuvre est passablement intrusive
                        Et au passage faux
                        Donc oui – je vais suivre ton conseil et «  fermer ma gueule « dès lors qu’il s’agira t’interagir dans l’unique but de te fournir matériel à insulte ou à ordre

                      • #105566 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        Claire N: « Le mieux est de me demander. »
                        .
                        Ce serait absurde. Tu ne te vois pas comme une petite salope de merde au cerveau gangréné par la bêtise, t’es convaincu d’être une meuf sympa et par conséquent si je te demande tu vas m’assurer que je suis parano. Sauf que je suis pas parano, regarde toi:
                        .
                        « te fournir matériel à insulte ou à ordre »
                        .
                        A aucun moment il n’est question de tenir compte du problème posé par ton comportement alors que c’est pourtant loin d’être la première fois que je te signale le problème, il est juste question de te poser en victime et d’essayer de me faire croire que je suis un vilain pas beau qui ne vit que pour t’insulter. Et pourquoi t’en es là? Parce que t’es une gamine de 5 ans qui s’imagine que le monde doit plier face à ses caprices, parce que t’es une petite pute égocentrée qui s’imagine que je devrais encaisser sa bêtise crasse avec le sourire. Et tout ça, ça nous ramène à ce que je te disais précédement, à savoir que t’es complètement ravagée comme bonne femme.
                        .
                        Il y avant un après le diagnostic de schizo dans ma vie ma grande et avant je n’avais jamais de problème avec les connes de ton genre. Avant jamais personne ne me reprochait d’être agressif et insultant. Et c’est normal, avant je n’étouffais pas sous le poids de votre bêtise crasse et de vos préjugés foireux. Depuis 15 ans par contre c’est une autre histoire et c’est un putain de calvaire de devoir faire bonne figure face à des petites merdes de ton genre donc quand vous me gonflez trop, je vidange et je le fais parce que je ne vais quand même pas me foutre en l’air avec la folie d’une truie de ton calibre.
                        .
                        « Je vais suivre ton conseil et « fermer ma gueule »
                        .
                        Fais donc ça, ce sera très bien putain. Sans rire, moi je réponds toujours au petite Emile quand la lecture de ses messages m’inspirent une réponse mais je suis bien content de constater qu’il ne répond plus car il me cassait drôlement les couilles avec ses airs victimaires et sa bonne conscience de con. Donc ouais, vexe toi, comporte toi comme une gamine de 5 ans et fait moi du boudin, ce sera vachement mieux.

                      • #105601 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je peux rien te répondre de valable à cela
                        À part que oui l’interaction tourne en jus de boudin
                        Et je suis pas sympa mais tout simplement prévisible et chez moi comme chez plein d’autres
                        La confiance se perd en litre et se gagne en gouttes et effectivement je vais possiblement devenir méfiante avant de te parler voir ne plus le faire
                        Je persiste : les insultes tailladent l’interaction
                        C’est prévisible

                      • #105639 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        Claire N: “je vais possiblement devenir méfiante avant de te parler voir ne plus le faire”
                        .
                        C’est exactement ce que je t’invite à faire avec le message qui précède donc merci de démontrer une nouvelle fois que t’es tarée et que t’es littéralement incapable de comprendre ce que tu lis.

                  • #105432 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    envoyer des signes d’expertise, c’est le seul objectif, indépendamment du contenu

                    et ‘ traditionnellement ‘ – pour les anciennes de l’école – ici, ou plutôt pour dire un peu FB, il a toujours parlé et donné en exemple de cela qun.e qui montre des appétences dans l’art du jonglage, oui

                    pour ce qui échapperait quelque peu et quand même encore un peu à la récup par le marché du travail: tous les arts du cirque* même
                    – sauf pour la veulerie* politique (Joy Sorman) –

                    • #105525 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      l’amie* Joy, comme on avait bien corrigé, t’inquiète
                      ; D

      • #105406 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Mais est-ce que cela a permis à la dizaine de personnes dont toi à obtenir un travail? Est-ce que tu as revu ce prestataire?

        • #105407 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @Graindorge
          Non. Ca dure trois jours et personne ne se revoit après. On ne sait rien du destin de chacun. Sauf si une amitié se noue par hasard, ce qui ne fut pas mon cas.

      • #105442 Répondre
        Carpentier
        Invité

        . La sécurité sociale reprise en main par l’État du capital, ça donne cette forme de domination perverse qui fait de Pôle emploi/France travail un ennemi des travailleurs.

        +

        PE est un haut lieu de souffrance au travail.

        Ce qui dit bien, entre autres, la machine-monstre même plus façade qu’est ce service

        – qui recrute d’ailleurs lui-même en permanence

        L’employé de France travail ne veut pas de mal aux gens qu’il contacte pour son boulot, et je dirais même que la plupart ont sans doute une fibre un peu sociale qui pourrait les amener à vouloir protéger les chômeurs. Mais il y a un dispositif qui les embarque et qui pèse lourdement sur leur action, de telle sorte qu’ils sont bien obligés de faire marcher la structure, bien malgré eux le plus souvent. La structure n’a pas besoin de gens « méchants » ou « enragés » pour fonctionner, elle violente les gens par elle-même, sans que les individus y mettent une agressivité personnelle.

        En quelques posts, beaucoup d’analyses justes et de pistes à développer sur ce sujet, merci.
        . Récemment, avec des potes, notre point Godwin à nous se posait sur un :
        Les agents de France Travail (quel beurk cet intitulé qui ne se cache même pu derrière une façade donc ) sont les premières lignes, façon 14-18, de la destruction de pas mal de ‘forces vives ‘ pour tellement mieux.
        -> pour une révolution (?)
        Q: l’entrisme chez FT peut-il fabriquer des poches révolutionnaires?
        Q: quand tu bosses chez FT, bosses-tu vraiment?
        N’est-ce pas l’équivalent d’un centre de tri morbide?
        Et ton salaire, en fait, c’est qui qui paye? le.s chômeurs eux-mêmes y contribuent-ils?.

        Et on a quand même trinqué à la joie, à la reconstitution du bras de Bégaudeau et à nos vies qu’on continue, comme des ignorants, à se souhaiter la plus longue possible

      • #105509 Répondre
        Mélanie
        Invité

        « expériences personnelles pouvant être valorisées » je l’ai retrouvé aussi dans le cadre des évaluations professionnelles annuelles. J’imagine que ça débarquera peut-être un de ces quatre aussi dans les bulletins scolaires…

      • #105539 Répondre
        kenny
        Invité

        à émile je conseillerais de réécrire en virant tous les guillemets
        et de marquer la polyphonie dans la syntaxe même

        • #105561 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @kenny
          Merci kenny. Ce serait sans doute mieux en effet. Ce que tu décris, c’est le style indirect libre, si je ne me trompe pas.

    • #105391 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je veux dire par là que parfois on est bien trop mignon de pas effondrer leur langue en la vidant de toute notre honnêteté

      • #105434 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Si ces gens, qui mènent ces supercheries, n’avaient pas en main un peu de la fausse-puissance que leur confère l’évaluation, de notre personne et de ses savoirs(-faire/être et autres prétentions psys-fakes)
        la mignonnerie collective et la petite parcelle restante d’hommage à l’intention de bonne éducation de nos parents, souvent, leur péteraient à la gueule à ces guignols
        Mignons et trops bien élevés nous sommes,

        • #105436 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui je crois que toi et Francois avez raison de pointer le bizzenes de la vente d’audit en tout genre qui est également un aspirateur à finances publiques

    • #105395 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Merci Émile! J’ai bien fait de me perdre dans le labyrinthe du forum car j’aime ce texte.
      Ça serait chouette que d’autres en prennent de la graine et nous offrent quelques lignes de ce que bon leur semble
      En attendant où est cette fichu entrée, topic, thread, fil où j’avais partagé du Colette?
      Ce n’est pas d’un fil dont j’aurais besoin mais d’une corde avec des flèches signalétiques

      • #105447 Répondre
        Carpentier
        Invité

        putain, ça m’est impossible de retrouver ton truc
        j’ai désescaladé les sujets du forum jusqu’en 15-16 (les pages de threads ) et, mis à part le saugrenu, et les sujets bis (même certains ré-actualisés qui apparaissent du coup 2 fois? naaaan ) pas vu trainer Colette.
        Ni son chat.
        Reprends ton sujet photo initial peut-être( souvenir qu’il y a pas grand chose) : colles-y une tof de l’auteure et de son chat et enchaîne avec des partages de textes, non?
        je t’autoriiiiiiZ ; D

        • #105448 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Merci Carpentina, je l’ai retrouvé : c’est dans  » citations de livres 2″
          Mais cela a permis de ramener cette entrée « Écrire » où on a eu le plaisir de lire le texte de notre Émile

          • #105520 Répondre
            Carpentier
            Invité

            ah ok, j’ai lu que FB lit Colette
            me demande bien quoi
            en ce qui me concerne, je regarderai la dispo en bibli et j’y choisirai peut-être d’après tes partages,
            – J’ai lu aussi que son Psychologies t’est bien parvenu.
            Où en es-tu de sa lecture?

            • #105540 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Lire Colette c’est s’offrir des vacances.
              Peut-être lit-il Les vrilles de la vigne. Je crois qu’on y trouve Dialogues de bêtes
              Ouiii! Annoncé dans Bonnes nouvelles l’arrivée des livres : Psychologies, Comment s’occuper, A Brest du Collectif Othon, Le communisme qui vient de Bernard Friot et Bernard Vasseur et Plaidoyer pour la santé de Alain Rousseaux
              Mon collègue a lu en 2 ou 3 jours A Brest. Moi je suis sauterelle. Il me reste quelques entrées à lire de Psychologies: un livre que j’adore alors je fais durer la joie. Je lis Rousseaux, du Friot et hop du Bégaudeau. Et je le relirai. Je pèse mes mots: il y a comme ça des livres d’utilité PUBLIQUE qui devraient être remboursés par la sécurité sociale.

              • #105547 Répondre
                Carpentier
                Invité

                j’aime pas trop faire la sauterelle, moi
                ou plutôt j’observe que la faire fait trainer mes lectures en longueur pour un jour, plus ou moins contrainte (report/prolongation des prêts en bibli arrivés au max, visite rare à qqn.e qui me l’a prêté précédemment ) je note que mon plaisir avec ce bouquin est moindre.
                Étonnamment, le dernier de Sorman en fait partie.
                Mais comme il m’appartient, j’ai finalement toute la vie pour le découvrir en intégral

                • #105548 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  j’adore le mode sauterelle. J’aime bien passer d’une lecture plutôt dite scientifique puis à du  » religieux » puis à Bernard Friot puis à un journal puis etc…
                  Ce qui n’ôte rien à ma concentration

                  • #105568 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    alors profite et butine, de page en page et de livre en livre
                    la diversité que tu décris peut peut-être en effet stimuler suffisamment le cerveau pour faciliter la concentration

                    • #105603 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      J’approuve cette politique de non-sauterelle
                      Jouir d’un livre nécessite une certaine continuité

                      • #105613 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        En guerre, Une certaine inquiétude : lus d’une traite et joui de cette continuité. Je ne lâche pas un livre qui m’accroche, même physiquement parlant: le temps n’existe plus, JEn’existe plus: juste la lecture et une main droite qui tourne les pages
                        Un livre comme Psychologies me permet cette
                        lecture sauterelle. Avec ou sans l’approbation de l’auteur. CUM je l’ai lu dans le désordre pour le lire ensuite dans l’ordre. Cela ne m’a pas empêché de le saisir.
                        Tes tampons Approbation. Désapprobation. Docte, professoral, scolaire, juge, sauf ton respect: je m’en tamponne. Tu es écrivain et lecteur. Je suis lectrice et lectrice et je sais lire et quand c’est bon, je le sais. Mon modus operandi m’appartient.

                  • #105608 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    du coup, as-tu des longues cuisses de sauterelle?
                    car pour le body summer, si ça marche, je veux bien tenter cela en dernier recours en revanche

    • #105460 Répondre
      adamou
      Invité

      Bonjour! Je viens enfin de voir l’excellent entretien de Seldoon sur ma cruauté, entretien qui me donne envie de creuser un peu les questions de fabrication.
      Tu parles y parle François de l’importance de tenir son livre, de lui faire garder une cohérence, et je voulais donc savoir à quel moment intervient la phase de planification (à la fois de la narration et de la composition).
      1) Est-ce quelque chose que tu bétonnes en amont, avant d’avoir écrit quoi que ce soit ? Si oui, combien de temps y passes-tu (sur ma cruauté par exemple) ?
      Ou bien cela intervient-il d’avantage dans la phase de repassage, au moment de réagencer et de tailler dans le gras ?
      2) Enfin, ton premier jet est-il linéaire ou écris-tu par passages ?

      • #105477 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        1) le plan est le premier travail
        depuis au moins La blessure la vraie, la constitution d’une trame solide est vraiment le premier travail et la condition sine qua non pour commencer la rédaction. par exemple j’hésite entre deux romans à écrire pour l’an prochain, et c’est la trame la plus solide qui tranchera
        2) oui ecriture linéaire, c’est non-négociable, il n’y a que comme ça qu’on eut induire des événements de lecture
        et chaque repassage est linéaire aussi

        • #105488 Répondre
          Ostros
          Invité

          Intéressant, merci. Moi qui suis partie en fragmentant les chapitres et sans aucun plan préalable, j’aurais fait bon usage de cette pratique. Enfin, on verra bien où ça me mène.

        • #105495 Répondre
          adamou
          Invité

          Je prends note merci!

      • #105527 Répondre
        Carpentier
        Invité

        rien écoute de tout cela encore
        – vais encore mettre de côté tous les bouquins à finir pour juste m’installer tranquille et l’écouter
        aaaah c terrible

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