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nefa
Invité1
2023, milieu de la journée, garé, place de livraison, chanceux, assis dans mon véhicule utilitaire, j’ouvre la porte coté conducteur, pose mon pied sur le bitume, sors de l’habitacle, m’étire, passe en mode sensibilité à l’automne, à la pluie, au parfum de feuilles mortes.
Avec mon nez je saisis la fragrance. Bien comme il faut, je l’objective, l’estime, conclus, normale, ressemble à toutes les autres odeurs de feuilles mortes. Pas d’embrouille. Une femme en imperméable passe à coté de ma voiture. Elle est indifférente aux flaques d’eau. Disposée à sa façon, elle sent la même chose que moi, la même odeur générique, en gros.
Et c’est là que ça dérape, que ça m’arrive. Dans les faits ça donne, odeur normale, éclipse, remplacée par une autre, naturelle ou bien feuilles mortes à deux odeurs, passer de l’une à l’autre. Je me retrouve avec une forme, une odeur dans le corps complètement différente de celle que j’éprouvais la seconde d’avant.
Le chien de Claire N trotte au loin le long d’un mur. Lui aussi éprouve cette odeur naturelle. D’ailleurs, lui, il n’éprouve que les odeurs naturelles. Et tandis que je me skyzoïde, le chien, lui, j’en sais trop rien.
Ensuite je pose ma came au client.2
2023, au taf et en conduisant, me dis :
– Compliqué !
– Cette forme n’a pas été traitée par la langue.
– Un compte rendu par mon corps primitif. Éclaté à l’intérieur de mes sinus en un qualitatif dont je n’entends pas parler.
– En faire autre chose que le vivre ?
– Pourtant c’est si simple. Un odorant géré par deux entités.
– Ma viande aberrante.
– Hiatus
– Ma viande de tous les jours.
– Ne trouvé-je pas exquis de me raconter que cette forme est un parfum naturel ?
– Au plus fort de ma vie normale, qu’ai-je besoin de savoir qu’elle s’absente ?
– Pourvu que je fréquente l’odeur du gasoil, de la terre, du sébum le matin au réveil, de la peau d’une compagne.
– La formule parfum naturel du citron est tapageuse.
– Me joie quand le citron de son parfum naturel me saute aux yeux.
– Il est spécial.
– Et heureusement pour moi, à coté de lui, son parfum normal, générique.
– Maintenant c’est clair, sur fond olfactif, deux modes de préhension.
– Aujourd’hui, en premier lieu, celui que l’on connaît.
– L’autre du ventre de ma mère.
Et au croisement de l’avenue de Flandre et de la rue Riquet,
– Deux formes en puissance épousent un même objet. Ça me change.
– Je crois que c’est trivial (Y).3
2023, samedi matin 8h30, comme tous les 15 jours, je vais chez mes parents. Ma mère – maman : pratique assidûment alzeimer -, mon père, principal aidant qui traîne des pieds suite à un double pontage artère jambe droite. Je roule sur l’A86 du Stade de France en direction du pont de Bezon. Juste avant l’embranchement avec l’A15, ça surgit. Je la sens bien dans mon ventre. Et comme toujours quand ça se passe dans mon ventre pas dans mon nez, son homologue viande normale ne se distingue plus à posteriori que par sa faculté à demeurer absent du champ de ma conscience. Il y a juste cette forme zarbi. Elle s’anatome à un dispositif connu et reconnu. Pas d’impact sur mes autres modes de préhension, sur le matériel à porté d’organe, pas de récit, peut-être trop dangereux à ce moment-là, juste la forme pour ce qu’elle est, trois ou quatre seconde, une petite pause diurne hors la langue et dans l’odeur naturelle. 9 heures plus tard dans l’autre sens comme toujours, l’A86 est bouchée.4
2023, je sors du tabac, ratiocine. À quinze mètres de l’entrée de mon immeuble, j’éprouve à minima deux gars, canette à la main, en train de discuter. Je passe devant le premier, pas extirpé de la mélasse. Rendu au second, si. Ça le rorschach, forme spéciale, fornatole (forme naturelle olfactive) nette, claire, précise, superposée, moment coagulé. Je distingue au maximum son teint. Il est halé du mois de novembre. Il se détache du mur. Dix fois plus que s’il avait été traité.
On se regarde bien. Il me sourit. Je lui souris. Il me dit salut. Je répond pareil et rentre chez moi.
Le mec est beau.5
2023, retour de chez le client, sur le trottoir, je passe devant un barbot.
J’adorerais que ça vienne du boulevard Sérurier, cette façon de le qualifier. Oui, ça serait rigolo de sentir un signifié prendre appuis sur cet inerte-là. Surtout quand les immeubles me font l’effet d’être des tiges plates roses, rouges, beiges, grises, dans l’ensemble assez rigides. Or les faits sont têtus et je ne peux ignorer Manue, morte et encore facétieuse. Du tac au tac, concrètement, elle me gouaille entre les oreilles son ethos Pigalle. Elle me souffle de l’appeler ainsi. Elle ajoute son grain de sel, étoffe l’image que je me fais du gars. Sans elle, l’image aurait été aride. Où dans cette histoire, après tout, je ne suis qu’un ressort et les immeubles un corrélat.
Il a le visage poupon. Je le regarde dans les yeux. Il me fait un gros doigt.
Je m’arrête.
– Pourquoi tu fais ça ?
– Parce que j’en ai envie.
– Putain c’est bizarre.
– Je t’aime bien toi !
– Moi aussi je t’aime bien ! Salut ma poule !
Quand la fornatole est présente et que je ne m’en rend pas compte. Peut-être actualisée plus tard.
Je poursuis en direction de mon utilitaire léger et super mal garé.6
2023, dans mon appartement HLM, 35 m², sur une bande de 5 mètres de long et 1 de large je fais les cent pas – peut-être pas aussi linéaires qu’on pourrait l’imaginer.
Ensuite je me décide. Je vais quand même aller voir, me rendre compte par moi-même, de quoi il en retourne. Je m’installe, mon ordi, vais sur le site kobo.com, tape le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage, clique sur le lien extraits – ce qu’il y a de bien avec ce site c’est qu’ils sont larges (les extraits).
J’y suis. Je peux commencer. Je lis. Je chante les mots imprimés sur la page. J’interprète un morceau. Je manque à révéler sa consistance. Ma lecture présente des failles. Ça me rotule et attend qu’on m’explique les trous et les dos d’âne. Ça m’incommode. Ma viande s’empêche de frémir aux rythmes produits par l’auteur. J’ai l’impression de sauter comme bon lui semble – à ma viande. Et je projette la sensation sur un collectif gilet jaune installé sur un rond point. Du coup qui ne réagit plus. Dans son cas à la cadence Auchan, Leclerc et consort.Et se laisse aller à des gestes saugrenus.
Arrive le bout de phrase :« Si M est fan de moi sur la foi de cet essai et non de mon excellence à la belote, ». Et là ça disjoncte. Et pour le coup l’auteur l’a voulu. Et on est en phase. Et tout les deux sensibles à ce hiatus. Et ça ne s’arrête pas là. Dans l’embrasure signifiée par « et non » se love une fornatole. Me lance dans un roadtrip proustien, jusque dans l’épaisseur d’une rencontre de tarot particulière, posée sur la même fornatole que celle que je suis en train d’éprouver, exactement la même, sans la moindre perte d’intégrité, il y a 42 ans, comme si j’y étais, à l’intérieur de la salle de permanence du lycée Évariste Gallois à Sartrouville – retrouve sa fringante –, aux murs intelligibles couleurs trash-salle-occupée – grosses bites, fleurs et slogans –, et avec mes deux potes, Eric et Ali, leur attitude, leur façon d’être, leur style Bomber cuir épais marron délavé d’occaz, leur voix, leurs tics de joueurs sérieux, comme si c’était maintenant.
Puis ça se retourne. La fornatole fonctionne à rebours. Reprend dans l’autre sens les donnés de la séquence. Déborde. S’y propage. Ce faisant exprime sa capacité à rendre les choses concrètes. Commence par la phrase qui précède celle qui déclencha le processus. Suit la portion du texte déjà lu. L’auteur n’y échappe pas, ainsi que le site kobo.com, mon ordinateur tout neuf Windows 11, mon désir de faire connaissance avec une écriture, ma mini-déambulation, mon appartement, sa propension à devenir très vite un gros bordel, tout ça qui fait un moment circonscrit, cohérent, engrammé à vie.
Avec en prime un affect bien intense au niveau du thorax.7
2023, à vélo, piste cyclable Quai de Seine avant le MK2, d’abord elle est mal rangée, coté bretelle dans mon vieux sac à dos Go Sport. Elle fait boule alors que ça devrait faire plaque. Elle me colle aux vertèbres, pile poil au niveau des deux déjà consumées. Elle appuie là où ça joue. Elle étrique ma carcasse et pourtant je dois la garder, m’en servir de modèle pour la remplacer par une neuve. Et où ? Dans quel magasin ? Aller sur internet pour en trouver un ? M’y rendre ? L’auront- ils en stock ? Devrais-je la commander ? Y retourner une seconde fois ? Ensuite je dois la jeter. Est-ce que c’est recyclable ? Putain depuis tout ce temps j’arrive toujours pas à savoir ! Et qui s’ajoute à l’acouphène seriné à mon corps-tâcheron : « c’est bien tu es réactif, continue comme ça, on adore. ».
Elle me fait chier cette chambre à air. Et il paraît que c’est bien de se prendre la tête. Mon cul ! Refouler, j’en ferais bien mon quatre heure. Ou mieux, ne rien avoir à mettre sous le tapis. Parce que ce qu’il me faudrait, là, tout de suite, c’est que la gamine pour qui je fais tout ça ne me ghoste pas, que ses parents intègrent qu’« anodin » relève du plat fait maison, qu’un « oui » accouche parfois dans la douleur et qu’il n’est pas toujours conforme à la positivité qui lui colle aux basques. Je veux qu’ils me caressent les cheveux, qu’ils me serrent fort dans les bras, qu’ils me disent : « tu es un petit chat blessé ».
Et puis ça m’abandonne. Hiatus. Maintenant, tout de suite, j’atterris sur du tangible. Ce tangible est olfactif. Là l’odeur des chose s’efface. Elle se dérobe. Elle s’endort. Elle me lâche. Seule demeure une odeur qui ne correspond à rien, qui ne fait pas partie des odeurs qu’on ressent d’habitude, une odeur qui n’existe pas dans la nature. Elle surgit en mode hyper focus dans le champs de ma conscience, le reste n’ayant pas disparu mais s’agissant de ça : l’exemple des clés qu’on a sous les yeux et dont on ne se fait pas l’écho – ça peut durer –, là sans être tout à fait là.
Fornatole donc. Et couplée à un affect. Affect, en l’occurrence, d’une clarté, d’une fluidité, genre bien propre, rien à redire. Et comme ça penche du coté de la joie, je raconte pas.
Ensuite la fornatole s’en va.
Le couple affect fornatole rompt.
L’affect se retrouve seul, pas décontenancé, demande juste un peu de son et d’image.
Mon corps s’en charge, déniche un récit de lui pour lui, en l’espèce, un récit d’art, un récit d’art plastique, une histoire de peinture moderne, sobre et figurative.
L’affect ainsi restructuré devient impression. J’aurais pu la ressentir en regardant un tableau. J’aurais pu l’éprouver dix ans après m’être trouvé en sa présence. Ça pourrait s’arrêter-là.
Or tout joyeux de s’afficher dans son nouvel habit, l’affect insiste. Il veut se remettre en couple. Manque le partenaire.
Une fois de plus mon corps fait l’agent.
Il trouve le sujet.
Il saisit une scène sur les berges-industrie-bien-être du canal de l’Ourcq.
Entre une émotion rare, puissante, esthétique et ce qu’il me donne à voir, mon corps rééquilibre, produit des lignes, marque l’espace.
Je constate.
Il me borne.
Ces Trois Mecs sont un putain de chef d’œuvre.
Quarante ou cinquante ans. Posés sur des planches en bois vernis, elles même fixées au béton d’un mobilier urbain. Ils boivent leurs bières à la canette. Comme ils l’auraient fait avec un verre à la terrasse d’un café. Trois corps ouvriers un peu ramassés, à l’allure désinvolte. Nectar qui glisse le long de leur gorge.
Au bord ultérieur de la figure, en glacis, la gamine que j’ai croisée vingt fois dans ma vie qui prend perpète parmi les belles choses qui me sont arrivées.
Et à la fin je me demande s’il est raisonnable à 17h à Paris de rouler sans frein. -
Carpentier
InvitéMe sens bien dans tes lignes
et ose, en espérant pas te brusquer, demander si tu as lu le Sapin-Defour (?) -
nefa
InvitéNon, mais j’en ai entendu parler sur le forum.
A propos de chien, je n’ai lu que CN et quelques post ici. -
Claire N
InvitéMerci Nefa pour ce texte
Merci infiniment pour « Ma mère – maman : pratique assidûment alzeimer » magique de tendresse et de subversion ; touchée dans le mille
Juste comme une note , merveille de sourcier-
Claire N
InvitéAprès j’ai perdu transitoirement mon odorat, et c’est casse ponpon parce que curieusement il me manque pour lire ton texte
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nefa
Invitéje te comprends
maintenant si c’est transitoire
et puis avec le décalage, il y aura peut-être aussi des trucs marrants-
Claire N
InvitéN’empêche que le texte fait jaïr cette lumière effectivement si spécifique aux tableaux « Ces Trois Mecs sont un putain de chef d’œuvre.
Quarante ou cinquante ans. Posés sur des planches en bois vernis, elles même fixées au béton d’un mobilier urbain. Ils boivent leurs bières à la canette. Comme ils l’auraient fait avec un verre à la terrasse d’un café. Trois corps ouvriers un peu ramassés, à l’allure désinvolte. Nectar qui glisse le long de leur gorge. » la j’ai pas besoin d’odorat ta mise en peinture est-
nefa
Invitépour moi c’est indispensable, sinon je passe à travers
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nefa
InvitéSans elle (la fornatole), pas de jaillissement, pas mon corps qui s’amuse, pas de tableau et sans doute, pas de texte.
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Claire N
InvitéOui c’est pour cela que c’est joie de t’avoir pour congénère et de partir dans ton sillage
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Sarah G
InvitéMerci beaucoup Nefa pour ton texte.
M’y sens bien dans ce texte
J’aime ces mots.
Bravo et merci -
nefa
InvitéBonne année à vous toutes et tous !
Ce tropisme olfactif spécial m’a beaucoup rapproché de celles et ceux qui ne se lestent plus, pas ou très mal avec le langage. Sortie de coma, aphasiques, certains autistes, enfants sauvages. Celles et ceux aussi pour qui des temporalités se chevauchent ou se substituent à d’autres.
Et il me vient de me dire qu’ils se lestent autrement plutôt que de les considérer comme des légumes, des déficients ou des impotents.
Ce faisant je me demande si du coup je ne perds pas en termes de lien avec mes congénères du langage.
Toutes les trois vous me dites que non.
À mon tours de vous remercier.-
Carpentier
InvitéFais de 2024 ce qui te conviendra le mieux, nefa
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nefa
InvitéConfa47.
Le sens du goût requiert à tous prix d’être inclus dans le champ du tactile. Cela fait, saisissons l’opportunité qui nous est donnée de revivifier la joyeuse tension établie dans le rapport que nous entretenons avec ce que nous appellerons la quintessence de l’existence humaine.
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Confa46
Le toucher et l’odorat sont les deux mamelles de l’inconscient freudien. Dit autrement, si au fondement de la vie consciente c’est-à-dire dans l’inconscient, on postule que sont déjà inscrites les prémisses de l’érection humaine et que là, tout semble s’orienter autour de nos sens faisant alors office de membre comme le sont nos deux jambes et nos deux bras, il est fort à parier que l’odorat et le toucher jouent le rôle de membre inférieur soit, pour un humain, des jambes, tandis que l’ouï et la vue celui de membre supérieur soit, toujours pour un humain, des bras. L’inférieur pour de se déplacer, le supérieur libre de servir à se faire du bien tout en surfant sur le site adéquat.
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Confa27
Tant que les chambres froides des supérettes tourneront à plein régime, en ce qui me concerne, déambuler sur les trottoirs en marchant sur les mains correspondra à la résolution d’une pulsion maîtresse. De loin, ça peut donner le change.
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Confa77
En lien à priori avec la formule consacrée tirée du film « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » et à posteriori avec la bande son qui inaugure « Scoop » réalisé par Woody Allen en 2006, je ne peux m’empêcher de rêver à un collectif d’artistes très inspirés par la cabale qui afin d’entretenir la flamme dans nos cœurs nous proposerait un renversant Lac Des Cygnes où des ouvriers du bâtiment constitués pour la circonstance sautilleraient à Garnier alternant un temps sur la pointe de l’annulaire de la main gauche avec un autre sur la pointe de l’annulaire de la main droite.
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Confa110
Toutes ces heures passées à regarder sur le net les peuples s’embraser valent bien ce matin que je me pose la question : réagir à ce monde en faisant la révolution ? Un « faire » qui à force d’avoir été envisagé finit à mon sens par prendre une connotation limite réactionnaire. Normal alors en ce qui me concerne que j’opte pour une solution qui consiste à ne rien faire tout en gardant à l’esprit – c’est à noter – de façon très étrange les prémisses de cette approche en biais. C’est ça pour moi donner sa chance à un ressort inconscient, à un élan spontané, à une réponse concrète dont on dira par habitude qu’elle est forcement de nature psychotique. Oui ! Quitte à courir un risque, autant que ce soit comme ça. -
Claire N
InvitéMerci Nefa pour cette révolution de saltimbanque
Et pour le biais,
il est à noter qu’en couture, lorsqu’on découpe une pièce que l’on veut la plus solide possible on la taille dans le biais-
nefa
InvitéJ’aime bien ta façon de voir rayonner cet aspect de la notion (de biais). Ça aère.
Et qui du coup me fait penser que les tenants de la mixité sociale auraient tout à gagner de l’envisager autrement (inversion du rapport de puissance) : un (j’insiste sur le un) blanc chez les indiens, un bourgeois chez les prolétaires, un homme chez les femmes (matriarcat). Et pas simplement comme une expérience (genre laboratoire) qui durerait trois semaines.-
françois bégaudeau
InvitéQuant à moi j’aimerais mieux comprendre l’esprit de tes interventions ici, Nefa
Et si tu sens de l’agacement dans ma question, tu sens bien.
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Claire N
InvitéOui ; un peu comme la technique du marcotage pour les végétaux ?
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