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- Ce sujet contient 751 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
..Graindorge, le il y a 15 secondes.
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Mao
InvitéJ’ouvre ce topic (une première en ce qui me concerne) sur le dernier livre de notre cher serviteur, achevé hier au gré d’une nuit blanche et néanmoins fructueuse. Il y a beaucoup à en dire. Perso, j’ai adoré. Bégaudeau, grand romancier, grand critique et définitivement grand essayiste. François c’est l’Achraf Hakimi des lettres françaises : il peut jouer (juste) à tous les postes. Au passage, il faudra qu’on dise deux mots sur Taylor Swift.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui parlons un peu de Taylor
(en même temps suis pas sur d’avoir les reins pour)-
Zorglub
InvitéA propos de Taylor Swift, ce qu’il faut savoir de sa dernière tournée mondiale.
Chacun de ses concerts était chanté en playback, preuve à l’appui avec la vidéo ci-dessous
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» Ce n’est pas de la haine ni de la jalousie, c’est juste un fait : les performances vocales live ne peuvent pas être reproduites note pour note et à la milliseconde près comme ça à moins qu’il s’agisse exactement du même enregistrement audio. J’espère que ses fans comprennent ce que Fil dit et elle ne sera certainement pas la première à le faire, mais de loin elle en a tiré le plus d’argent. »
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» Il devrait y avoir une loi obligeant les artistes qui font du playback à déclarer clairement qu’ils font du playback avant que les fans n’achètent un billet. »
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» Je suis surpris que Swift n’ait pas enregistré plusieurs séries de pistes pour faire du playback afin qu’il soit plus difficile de remarquer le playback. Cela aurait offert aux fans une expérience (plus) unique. Je suppose que l’analyse coût/risque a conclu que les fans n’en auraient rien à faire, donc elle a gardé un seul enregistrement pour réduire les coûts et faciliter la prestation. C’est une capitaliste jusqu’au bout. »
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« C’est pour ça qu’Aretha Franklin avait raison quand on lui a demandé dans une interview « Que pensez-vous de Taylor Swift » et qu’elle a répondu : « Super… Des robes, de magnifiques robes » hahahaha RÉPONSE ÉPIQUE. »
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« Je suis ingénieur du son ET musicien depuis presque 30 ans. C’est définitivement exactement le même audio. Ça n’arrive JAMAIS comme ça lors d’une performance LIVE ! »
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Gerard Manfroy
InvitéElle a ce côté supermarché, ce côté grosse machine qui écrase tout pour faire son parking, ce côté « dans mes rayons y a tout ce que vous voulez à prix abordable » alors qu’au niveau de la qualité des produits c’est grossier, insipide et chimiquement trafiqué.
C’est l’industrialisation de l’art, tout comme Rihanna, Katy Perry, Justin Timberlake, et autre JS Bach de notre temps. Ça avait commencé avec Michael Jackson, la catégorie de chanteur superstar.-
François Bégaudeau
Maître des clés« C’est l’industrialisation de l’art »
Quelle clairvoyante pensée. Quel scoop.
Tu as gagné le droit, comme tu squattes l’ensemble du forum, de laisser ce topic tranquille. Merci d’avance.-
Gerard Manfroy
InvitéEt l’industrialisation de l’art c’est le produit du capitalisme en fait.
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François Bégaudeau
Maître des clésou alors de ne t’y meler que lorsque tu auras lu le livre
ce qui en revient au même-
Gerard Manfroy
InvitéA première vue le respect est l’antonyme du mépris. A l’examen il apparait comme son avers, sa doublure, sa légende au sens DGSE du terme. Son visage présentable et sociale.
Où se niche le mépris ? Dans l’onctuosité ou dans la frontalité ?
Le vers du mépris était dans le fruit de la pitié. La pitié sournoisement infériorise.
Je lui préfère l’amour. Prophète de l’égalité le Christ parle beaucoup d’amour et peu de pitié.-
Gerard Manfroy
InvitéSi jamais je croise Raymond de TPMP dans son camion, je le traiterais de connard car je le respecte. A moins que je le juge trop con pour moi et…. etc.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu es en train de le lire? Très bien. Parlons en.
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Gerard Manfroy
InvitéJe reviens quand j’ai terminé.
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Samuel Grodard Penche pr les crises point fr
InvitéAhhh ca ca a l’air bien fouillé, bien gratté, je v le cmder chez ma libraire… Le genre de livre sui te fait te sentir plus intelligent pdt que tu le lis. Même si on redevient globalement aussi con, après. Il faudrait pratiquer les savoirs acquis dans les bouquins, sinon c’est peine pefdue. Apprendre est il une cause perdue?
Sinon Swift, c’est d’abord les swifties, comme la dauve de Kpop est d’abord ses fans, comme les boys bands en leur temps. Le dénominateur commub? 95% de meufs. Les meufs dont fondamentalement de droite, le besoin d’un chef devant qui s’agenouiller, c’est pénible…-
Samuel Grodard Penche pr les crises point fr
InvitéG commandé, 15e et des brouettes. Si j’apprends R, je serai deg. Apres c’est moins cher qu’un repas dans un minable resto de franchise… Sa vaaaaaa
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Jules de Bxl
InvitéJe dois avouer que dès l’annonce de ce livre (sur ce forum), j’ai ressenti en moi une sorte de crispation, voire d’agacement. Et là, je ne l’ai pas encore lu, je sens une petite résistance (peut-être pour m’éviter le risque d’être contredit). Je me récrie : mais non, c’est important le mépris, pour ceux qui l’ont subi dès le plus jeune âge. Ça a des conséquences concrètes et matérielles, etc. Bon : du coup j’attends des retours pour amender un peu ma mauvaise disposition et pouvoir le lire (et être, qui sait, déplacé)
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François Bégaudeau
Maître des clés« mais non, c’est important le mépris, pour ceux qui l’ont subi dès le plus jeune âge »
Le livre ne dit certes pas le contraire, tant c’est une évidence.
Simplement ce livre, comme tous mes livres, essaie d’aller un peu au delà de l’évidence.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe comprends qu’on puisse etre plus ou moins bien disposé à l’endroit d’un livre avant sa sortie. Je suis comme ça aussi. Je vois arriver tel ou tel livre dans une certaine disposition.
Mais une fois que le livre est disponible, alors on le lit ou on se tait.
Sachant qu’on a tout à fait le droit de ne pas le lire.-
Jules de Bxl
Invité« Mais une fois que le livre est disponible, alors on le lit ou on se tait. » ah…
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Jules de Bxl
InvitéJe n’ai rien affirmé sur le livre… j’ai simplement exprimé le fait que j’attendais des retours de lecteurs pour voir si je le lirais. Je n’ai pas, par exemple, exprimé mon intuition qui est que les gens qui disent « le plus important c’est la question matérielle » sont des gens qui n’ont eu, en général, pas à subir ni l’un ni l’autre. J’aurais pu.
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..Graindorge
InvitéJules de Bxl: Du mépris vient de sortir,
encore peu de retours mais des extraits.
Tu pourrais aller le feuilleter dans une
librairie ou attendre quelques jours.
Pour Désertion, au début, le désert et puis bousculade de retours
Perso, pas encore commandé.
J’ aaaarrrrive papa Fra!
Et le tien de livre Jules? Si tu veux en dire -
François Bégaudeau
Maître des clésOui mais tu vois bien : te voilà déjà parti à exprimer ton intution, anticipant sur ce que le livre soi-disant dirait (que ce qui compte c’est le matériel et que toute considération moins matériel, genre le mépris, devrait etre minoré), et répondant déjà à ce que tu supposes que dit le livre et qu’il ne dit pas, etc
Tu vois bien que c’est injouable, et que ça ne peut produire que du vent
Donc je le redis : tu peux ne pas le lire, mais ne te fatigues pas le cerveau à te demander si tu vas le lire compte tenu du fait que la choucroute voyage avec ma soeur
Si tu veux des avis sur le livre, il y en a dans ce fil. Ils sont à l’image de la réception de ce livre, qui s’annonce plutot très positive. Que puis je te dire d’autre? Que Cause perdue a urgemment besoin d’argent et compte plus que tout sur ce livre pour survivre?-
François Bégaudeau
Maître des cléset puis : crois tu vraiment que je consacrerais 150 pages au mépris si je considérais qu’il est un faux problème?
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..Graindorge
InvitéEn promenade avec un copain, on est passé à la librairie Les Journées Suspendues : Surprise: 2 exemplaires de Du mépris et le Désertion cette fois bien en vue juste au-dessus, pas planqué dans l’ombre comme il y a quelques semaines. Commandé Fuites qui n’arrivera que dans 10 ou 15 jours… En réglant le livre de FB, je ne manque pas de dire avec le sourire qu’ils n’ont pas tenu leur promesse de mettre Désertion en vitrine » mais vous faites bien comme vous voulez ou pouvez » – « Je crois qu’on l’a mis non? »
– » Aaaah non. Mais c’est pas grave! » – « Allez, on va le mettre pour vous faire plaisir! » Joignant -cette fois – le geste à la parole mais ajoutant illico » au moins jusqu’à mardi »
Bof, il devait être 18h de ce samedi et jusqu’à mardi, c’est maigre. C’est comme ça, on en a ri avec le copain
! Vite oubliés, on a poursuivi notre promenade en papotant, détendus et contents d’être ensemble. Chouette moment-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas si c’est cette librairie qui avait l’intention de m’inviter.
Stéphanie, tu es dans le coin?-
Stéphanie
InvitéOui François, c’est bien cette librairie
Et j’habite à côté Graindorge.-
..Graindorge
InvitéTiens j’ai raté ces échanges du 20 avril.
J’attrape pas toujours tous les messages. Encore moins en ce moment
Ça serait chouette que tu viennes nous voir FB et c’est une jolie librairie. C’est pour quand? -
..Graindorge
InvitéAu cas où, je clarifie ma phrase » ça serait chouette que tu viennes NOUS voir: Nous, les gens de Nice Bonne soirée!
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Samuel Antipolis
InvitéEstrosi veut te recevoir sur la place Sarkozy, on m’a dit.
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François Bégaudeau
Maître des clésNice est loin, et je n’ai plus beaucoup de dates libres avant l’été
Peut etre à la rentrée. Mais il faudrait que les libraires se manifestent réellement.
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Samuel Grosgeek
InvitéVous avez baisé avec ton pote?
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Stéphanie
InvitéJe ne comprends pas vraiment où est le problème Graindorge ? J’ai parlé au responsable de la librairie de de Cause perdue il y a déjà plusieurs mois ( à la sortie de Toledo ) ils n’ont pas la capacité de stoker trop de livres.
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Jules (de bxl)
InvitéJ’avoue avoir publié mon « intuition » passablement alcoolisé, et piqué par la remarque « tu lis ou tu te tais ». Pas le plus intelligent, donc. A la base, mon premier message n’avait rien d’hostile, je voulais exprimer une gêne, voire une ‘crainte’ pcq ce sujet est pour moi inflammable. Pourtant, je lis fréquemment son auteur, et suis déjà à mon troisième livre Cause perdue : la vie d’Abdèle (acheté mais pas encore lu), bien vouloir patienté (lu et adoré) et Fuites (lu et adoré). C’est donc un combat d’affects en moi, que je voulais déposer là.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne l’avais pas pris pour une agression
Merci pour CP-
Samuel_Belkekett
InvitéLe Jules de bxl, quel lèche cul encore.
Il a dû flipper ! Ouin ouin ! Je me suis emporté dans mon intuition ouin ouin qu’est ce qu’ils vont penser de moi ! Ho lala !!!
Eureka j’ai une idée ! Je vais leur dire que j’ai lu tous les livres CP et que je les ai achetés en plus. Non je vais pas dire que je les ai achetés, c’est trop, ils feront le lien eux-même. Putain, qu’est ce que je suis intelligent quand même !
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne l’avais pas pris pour une agression
Merci pour CP
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Jeremy
InvitéJe vais essayer de le lire ça sera une découverte pour moi étant donné que je n’ai jamais ouvert un seul bouquin de cet auteur mis à part l antimanuel de litterature.
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Samuel_Belkekett
Invité@Mao
« J’ouvre ce topic (une première en ce qui me concerne) »
T’aurais mieux fait de t’abstenir.
Pauvre merde sans aucune personnalité, ni littéraire ni rien du tout. Comment peut-on avoir si peu d’amour propre !? Être un pauvre lèche cul sans aucun argument. Un inculte qui n’a jamais rien lu et qui se rabat sur Taylor Swift parce qu’il n’a que ça à dire.
Et les autres suiveurs qui ne risquent pas de lui en demander sur ce qui lui a tant plu dans ce soi-disant chef d’œuvre de la littérature française.
J’ai toujours été très dubitatif sur le mot fan. Déjà tout simplement parce que c’est l’abréviation de FANATIQUE.-
François Bégaudeau
Maître des clésva donc discuter avec Rigolus plutot
et reviens ici quand tu auras lu le livre
(c’est à dire jamais) -
Samuel_Belkekett
InvitéRien à voir avec le livre. Tout à fait le droit de le trouver génial. Mais imaginons nous en 1972 ou 74, Marguerite Duras sort ses films expérimentaux et tu veux lui témoigner ton admiration. Personne n’aurait l’idée de lui dire, Ho comme vous êtes grande ! Comme vous êtes géniale ! Vous êtes la gardienne du temple du ciné d’art et essai ! Et si on parlait de Michel Sardou ? Le type dont le nom m’échappe qui a entretenu une correspondance avec Marguerite Duras. Avant de la fréquenter. Même s’il lui a témoigné son admiration il a enveloppé ses éloges dans des réflexions conséquentes et personnelles. Conséquentes et personnelles. Et pas gnin gnin gnin vous êtes belle gnin-gnin géniale gnin-gnin gardienne du temple. Sinon croyez moi Marguerite ne lui aurait jamais répondu. Bref j’arrête. Face à cette extase, les yeux écarquillés et le fil de bave au coin des lèvres, je suis dépassé par une réalité qui dépasse la fiction.
Mao c’est la révolution culturelle c’est bien ça ?
PS Fasciné par ceux qui anticipent le pire. Tentent de sauver les apparences.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Bref j’arrête »
enfin des paroles intéressantes
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Bonnaventure
InvitéTudieu, ils sont jamais décevant les bas-du-front, mais alors là, quelle rapidité pour venir chier ici. Enfin, traitant cela par le mépris, j’en viens au texte. Que je viens de finir, et comme le dit l’ami Mao, il y a beaucoup à dire.
La forme est ramassée et dense (parfois une phrase pour un paragraphe), ça sautille, ça court, on passe du prolo du bar du coin à Bourdieu, Ardisson, Raymond de TPMP, Mylène Farmer, , Bacri, Vincent Lindon, Taylor Swift donc… Il y aussi plein d’animaux : écureuil, chat, truite, brebis, oursin, zèbre, dindon… Au terme de cette déambulation faussement décousue (comme les pensées qui nous traversent sans cesse), on finit par s’asseoir et on découvre notre puissance. Ou plutôt François nous assure de notre puissance (merci ça fait du bien par les temps qui courent), et de la manière de l’éprouver: « Dans le mépris pour les forts sociaux couve l’anarchisme », (merveille que ces dernières pages).
Ah, c’est drôle aussi (très, peut être l’essai le plus drôle de François), une de mes prefs : « En humour, je navigue en eaux troubles et justiciables (…) ».-
Samuel_Belkekett
InvitéDès la moindre critique on répond par bas du front.
Ça rappelle l’époque où on traitait l’adversaire de fasciste dès que celui-ci marquait une différence.
Moi aussi je peux dire :
« si tu avais accordé à ce post une attention supérieure à celle d’un bouffeur de séries, mon propos te serait apparu un peu moins grossier que ça. »
Même si je dis, Mao est un pauvre trou du cul, dans un contexte de propositions contextualisés et conséquentes on y verra autre chose que du « bas du front » il faut être vachement insécurisé pour ne voir que de l’extrême droite à chaque désaccord ou critique.
Mais encore bon sang comment est-ce possible que s’exhiber avec aussi peu d’amour propre. C’est ça qui me choque.-
Samuel EpaulesLargesGlandEnorme
InvitéC’est plutôt logique, moins on a d’amour propre, plus on aime s’exposer. Les politiques? Les commerciaux? Les hommes et femmes sandwich du web?
C’est un peu le syndrome Dunning-Kruegger, il faut vraiment peu en connaitre pr penser tout savoir. Il faut avoir peu d’amour propre pour donner son image pro bono, partout, sous tous les angles, et je parle pas des hardeurs.-
Samuel_Belkekett
InvitéPro bono ???
Ça veut dire quoi ?-
Samuel Grodard Penche pr les crises point fr
InvitéGratis!
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Claire N
InvitéMerci – tu donnes un starting-block block à mon impatience Bonnaventure
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François Bégaudeau
Maître des clés» Il y aussi plein d’animaux : écureuil, chat, truite, brebis, oursin, zèbre, dindon… »
Le genre de recension qui éclaire une journée
Merci pour cette lecture-
François Bégaudeau
Maître des clés« tu donnes un starting-block block à mon impatience » est pas mal non plus, mais dommage c’est pas de moi
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Claire N
InvitéRires – épargne moi les tests de paternité veux- tu bien – c’est dégradant
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I.G.Y
Invité« peut être l’essai le plus drôle de François » : convaincu que j’étais de ne pas lire ce livre par les avis de Samuel que je n’ai pas lus, me voilà rattrapé, in extremis. 15 mai bien noté
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Claire N
InvitéRires – IGY j’aime tes convictions, on entend bien là le discours d’un homme a qui l’on portait confier la fierté de porter des valeurs – pas de la vaisselle par contre
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I.G.Y
InvitéRire, dieu merci je n’ai que ma propre assiette à porter.
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Claire N
InvitéRire – c’est exactement ce que Moise aurait du penser
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I.G.Y
InvitéLe pompon dans tout ça étant : je réalise que je ne suis pas là le 15 mai
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François Bégaudeau
Maître des clésvoilà un fan archi-compétent
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François Bégaudeau
Maître des clésle niveau de ma fan-base est affligeant
là-dessus je dois bien reconnaitre que Mylène me supplante -
Claire N
InvitéÇa va – nous en demande pas trop – tu peux quand même nous sortir au flunch sans te taper la honte
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I.G.Y
InvitéJ’ai un problème général avec les chiffres. Je voulais dire 19
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Samuel_Belkekett
InvitéOn s’en fout que tu sois là ou pas.
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Samuel_Belkekett
InvitéJe reviens sur ce fil pour une analyse féconde qui recoupe le syndrome mao (que je n’insulterai plus promis) de béat extatique, Taylor Swift et François Bégaudeau.
En réfléchissant au syndrome mao, je me revoyais à 20 piges. C’est là qu’on s’aperçoit que l’époque a changé par bien des aspects. Il m’a fallu à l’époque une bonne dizaine d’années pour connaître la tête de Deleuze par exemple. Sans chercher, mais rien n’était facilement offert dans le temps. Or les américains ont une expression qui me semble très adéquat et bien choisie pour désigner un phénomène très ancré dans l’époque, et cette expression est « the boy next door ».
Et justement cette formule a été très vite appliquée à Taylor swift. The girl next door, pour son implication avec ses fans, depuis le début de son succès elle va jusqu’à organiser des fêtes chez elle avec des fans triés sur le volet. Ils sont tellement nombreux… les fans. Beyoncé au contraire représente le mythe de la star, inaccessible et fantasmatique. On en rêve tandis que Taylor se confond avec les swifties.
Maintenant y a-t-il un intellectuel américain possiblement Boy next door ? Je ne vois pas. Les influenceurs oui, mais sont-ils des intellectuels ? Pas sûr. Noam Chomsky est tout sauf un boy next door. En France ? On imagine mal Sartre en boy next door, on pouvait le voir mais pas toucher, ne pas approcher. Le Foucault des années 70-80 non plus, même ceux qui aimaient BHL, ne pas confondre la haute bourgeoisie de St Germain des prés et les boys next door, qui est une expression récente et concerne en priorité les stars et vedettes de l’ére du numérique. Alors en France, un intellectuel-écrivain qui se sert des réseaux, véhicule une image sympa, accessible, voyons, réfléchissons bien. Le simple fait que moi, j’écrive sur ce forum, prouve l’aspect boy next door. Sachant qu’un intellectuel boy next door, ne peut être fondamentalement qu’un petit curé qui recrute en paroisse.
Taylor, dis moi qui tu es, je dirai qui François est…
Au final quel beau couple ils feraient ces 2 là… Même stratégie, même combat, par les aspects marketing et commerciaux c’est la femme qui domine, montre l’exemple et ça, le mâle François aura du mal à le reconnaître. La vitrine de ce forum comme le dit François, est un pur produit swiftien. Moi je ne sais pas ce que dit François de Taylor dans son livre. Moi je livre une autre perception sûrement toute aussi pénétrante de François sur Taylor. En revanche Taylor s’inspirant de François pas sûr que ça fonctionne. Car en matière de boy/girl next door, avec les vedettes de la chanson populaire pourquoi pas. Avec tout le reste c’est moins sûr, plus précaire et même plus douteux comme manœuvre. Et quand ça cherche à faire, de gauche, alors là ça devient carrément malhonnête. Ce pourquoi ça produit des syndromes mao, que de surcroît si on l’observait sur le site de Zemmour par exemple, on rirait. Non parce que ce type de remarques à la mao s’adresse à Zemmour, mais parce que Zemmour ça produit ce type de fan. Extase béat, comme mao. Alors que Zemmour n’est même pas précisément un boy next door. L’heure est grave les enfants de la patrie. Conclusion : avec le boy next door, on ne sait plus du tout ce qu’est la manœuvre, commerciale, marketing, communicationnelle publicitaire ou au contraire geste d’ouverture, d’accueil, d’une communication de gauche comme le prétendent Taylor et François ? Réfléchissons-y d’accord, mais d’y réfléchir avec les premiers intéressés.-
Samuel Grodard Penche pr les crises point fr
InvitéNan. Accessibilité= anarchisme appliqué. Le fanboyisme est litteralement l’opposé de l’ideologie anarchiste, du pouvoir horizontal, de la coopération. Les fanzouzes ici presents sont humains, trop humains, mais pas assez anarchistes. Ils sont des dommages collatéraux, si je puis dire?
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Samuel_Belkekett
InvitéPrésenté comme ça c’est l’idéal.
Une belle initiative. Quoi qu’il en soit, au sujet du livre, FB dit :
« reviens ici quand tu auras lu le livre
(c’est à dire jamais) »
Faux car le sujet m’intéresse beaucoup. D’abord, moi qui ne suis pas un habitué des réseaux, je n’aurais pas une seconde l’idée d’aller voir le site et encore moins le forum d’un auteur qui m’indiffère.
Ensuite, un sujet aussi vaste que « le mépris » j’avoue que perso, je ne saurais pas comment l’aborder, puis l’investir ce sujet, et je suis d’autant plus curieux de savoir comment l’auteur va s’y prendre. Je n’ai lu que l’extrait avec Colin et je ne sais si ce dialogue est authentique ou s’il a été inventé pour illustrer quelque chose ou une entrée en matière, mais il est tout à fait crédible ce dialogue. Il résume bien les choses. À l’ere de la communication tous azimut comment se faire comprendre ?
L’exemple du dialogue est frappant puisque moi, quelqu’un de politisé qui me dit que « l’art n’est pas politique » va d’emblée me séduire. Cela parce qu’une chose est sûre, c’est que la communication n’est pas le lieu de la pensée. Qui elle, en ses structures, préexiste à la communication.
Par conséquent dans cet exemple il y a des tas de considérations à tirer. Que le mépris tient une place privilégiée, en cet endroit de la communication où le sens doit advenir dans l’immédiateté, alors que dans le livre et la pensée tout temporise, me semble bien vu.
Je ne sais comment le livre se poursuit mais j’avoue… que ça donne envie de savoir.-
Zorglub
InvitéJ’ai ouïe dire que c’est Sofia Chikirou qui s’occupe de la com de Françoâ
Il est fort le gars, que même Belle Quequette a envie de savoir…
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Greenwashing
InvitéTaylor Swift pourquoi pas mais où est ce qu’on pourra t’entendre en parler de vive voix?
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Zorglub
InvitéBande annonce du Mépris par JLG.
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Claire N
InvitéMoi je veux bien qu’on continue à faire semblant de pas te reconnaître, mais va falloir y mettre un peu du tiens
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..Graindorge
InvitéNon, j’ai pas ri douce Claire
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Gwynplaine
InvitéBonjour François.
Je n’ai pas l’habitude de demander ça, mais je suis dans la situation suivante :
J’ai commandé ton dernier livre, « Du Mépris », dans une petite librairie à côté de laquelle je travaille, quand je fais le prof dans le 77 (on trouve les boulots qu’on peut, même si le peu de vie que je peux entrevoir des élèves, dans le dispositif où l’on me place, me repait jusqu’à maintenant).
Je suis en vacances, de retour dans ma terre natale. J’aurais aimé les mettre à profit pour lire ton bouquin avec une bonne disponibilité d’esprit, mais n’ai pas pu le retirer en librairie avant de quitter la région : l’on m’a dit qu’il y avait du retard.
Je ne le récupérerai qu’à la rentrée, où j’aurai moins de temps pour moi.
Serait-il donc possible que tu me l’envoies en pdf ? Je pense que ça me donnerait l’occasion de bien occuper mes vacances.
Mais pas de problème si ce n’est pas possible, pour une raison ou une autre : je m’occupe déjà avec le Plaisir du Texte de Roland Barthes, la Société Ingouvernable de Chamayou, ou encore le Pandémonium d’Ed Simon.
Je me suis juste dit que ça ne coûtait rien de demander.
Bonne journée quoiqu’il en soit.
(mon adresse mail : gwynplaine.beregond@gmail.com)
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François Bégaudeau
Maître des clésoui je fais ça
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Gwynplaine
InvitéRemerciements marxistocratiques.
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..Graindorge
InvitéChère Gwynplaine, pécunièrement Cause Perdue compte un peu voire beaucoup sur Du mépris pour continuer sa route. Merci pour les remerciements marxistocratiques mais le livre coûte 15€ alors marxistocratiquement si tu leur fais un petit virement de 10 ou 15€ pour le PDF pour la grande et bonne Cause, tu aurais aussi de chaleureux remerciements marxistocratiques de toute l’équipe de Cause Perdue et des écrivains actuels et futurs publiés
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Gwynplaine
InvitéJe peux faire ça, après avoir acheté et lu « Je ne suis pas une libellule », « Bien vouloir patienter », et « Fuites », et avant de payer la version manuscrite « du Mépris », quand je retournerai dans ma librairie du 77, qui devrait l’avoir reçu d’ici-là.
Je viens de voir sur le site, et n’ai pas trouvé comment faire de virement (mais je suis une brèle en informatique).
Si tu m’indiques comment faire, soit ici, soit via l’adresse mail que j’ai indiquée (avec un RIB ou autres ; je n’ai aucune idée de comment tout cela fonctionne), ce sera avec plaisir !
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..Graindorge
InvitéMerci de ta belle réponse Gwynplaine, tu as largement gagné le pdf de Du mépris
Et mille mercis d’alléger ma grande solitude de » brèle en informatique »
Sur ce, 23:23, 23:24: vite faire dodo pour pouvoir aller acheter des croissants à la première heure à madame ma mère. Accolade! 23:27-
François Bégaudeau
Maître des clésGraindorge, si tu pouvais éviter de te mêler de notre trésorerie, et aussi de te mêler de mes interlocutions avec Gwynplaine ou autres, ce serait gentil.
Gwynplaine n’aurait pas déjà commandé Du mépris que je lui aurais filé tout pareil le PDF.-
..Graindorge
InvitéTu as raison
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Samuhell
InvitéBégodo be like:
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Samuel_Belkekett
InvitéThe boy next door…
On vit une époque formidable.-
Boy next door
InvitéÀ quoi reconnaît-on que Michel Houellebecq est réac ?
Il n’est sur aucun réseau social, fait une vidéo you tube 2 à 3 fois par an et n’a même pas un forum à lui. T’imagine ?
Tu parles d’un écrivain ! -
Samuhell
InvitéOn parle bien de Houellebecq, le putois mental tellement en chien, qu’il accepte de se faire filmer par un mac hollandais, pour baiser des jeunes blanches? Sa vieille nipponne le soulade au quotidien, et qu’elle en soit canonisée pour une telle abnégation sacrificielle, mais bon, ses fantasmes, au déchet littéraire, c’est de la whitie, tu vois, de la jeune, tu comprends?
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Samuhell
InvitéSurtout que. Le plus grand nantais de tous les temps, est celui qui a tenu tête à Robespierre (no pun intended) et à Napoléon (le first). Cad Fouché, tellement immense que Stephan Zweig a été le chercher pour nous le montrer, lui que Balzac admirait FORT.
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tristan
InvitéJ’ai commandé ton dernier livre, « Du Mépris », dans une petite librairie à côté de laquelle je travaille, quand j
Ben voyons ! Tu pourrais nous donner à voir la preuve d’achat ?
Avec tous les crevards qui zonent dans ce forum, on a appris à être méfiants.
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Gerard Manfroy
InvitéTerminé tout fraichement et je ne suis pas déçu !
Je vais sur l’heure le prêter à mon père (à qui je vais sans doute emprunter Comme une Mule parce qu’il a l’air d’en être un pendant) donc j’écris maintenant un peu à l’improviste. Ce livre m’a rappelé une foule de choses, mais je n’en citerai pour l’instant que deux.
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– Le passage sur Sarah Saldmann m’a curieusement réactivé un souvenir maudit de mon lycée. J’ai fait deux lycée : l’un de droite privé catholique et l’autre public de gauche en banlieue et je ne connais pas d’expérience plus pleine pour démontrer que la droite c’est le camp des connards et la gauche celui des gens qui au moins aiment pour de vrai. Au premier lycée, j’essayais de me faire des amis et il me paraissait naturel de sympathiser au portail avec les gars, et tandis que je tendais la main à l’un d’entre eux, (un grand blond aux cheveux cons… euh longs, qui faisait du triathlon), il avait pris ma main en me regardant avec un mépris incroyable pour me répondre « ça va branleur ? ».
Depuis je frappe le fantôme de ce mec XD
Mais d’ailleurs tout ce lycée était comme ça. Dans le second lycée des gens pouvaient être très méprisants, mais dans le premier il y avait soit comme une indifférence totale envers vous, comme si vous étiez littéralement invisibles ; soit une espèce de violence qui surgissait d’un seul coup mais terrible.
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– Le passage sur la musique classique et les jeux vidéos m’a rappelé très nettement un accrochage que j’avais vu sur Twitter entre Bolchegeek et Fadi Kassem. Kassem reprochait à Bolchegeek de parler de séries US au lieu de parler de vraie culture anti-impérialiste, de the Boys au lieu de la Grève d’Eisenstein. Et sur le moment le snobisme de Kassem m’avait agacé, alors qu’aujourd’hui je serais plutôt de son côté. Bolchegeek a vraiment de très bonnes vidéos qui apportent de très bons regards critiques, mais le problème c’est qu’à mon sens il est tombé dans le piège du produire pour produire, et donc d’enchainer les vidéos sur les blockbusters et les séries avec ce fameux petit ton, vous savez, celui de Génération Hit sur M6 qui commente la grandeur et la décadence de Whitney Houston ou de Madonna. Avec des images muettes du film montées au rythme de la voix du narrateur au ton « dédaigneux sympa », « petite citation, petite remise en contexte, petite vanne ». XD
Plein de vidéos sur YT font partie de ce genre, c’est presque comme si les vidéos de critique de film/série faisaient parties du flux de production de film/série, tellement ça semble couler du même flot.
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Je le prête ce soir mais je le relirais dans quelques jours pour éventuellement approfondir. À moins que le sergent instructeur du site ne m’ordonne de faire 40 pompes avant d’ouvrir mon claque-merde bien évidemment.-
François Bégaudeau
Maître des clésquel magnifique éloge du livre : au coeur de son sens profond, au plus près de sa textualité
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Madeleine
InvitéLes pages consacrées à Gaël Faye et à Jacaranda sont parmi les plus révélatrices — et les plus pénibles — du livre de François Bégaudeau. On y voit affleurer sans grand effort ce qui ressemble fortement à un mélange de ressentiment et de jalousie envers un écrivain dont le succès, manifestement, dérange.
Comme souvent dans ce genre de posture, Bégaudeau ne peut s’empêcher d’endosser le rôle du professeur qui corrige. Mais ici, la critique ne se contente pas d’analyser : elle réécrit. Et cette réécriture n’a rien d’innocent. Elle repose sur une conviction implicite — et franchement douteuse — que son propre style serait supérieur, voire “meilleur” de manière quasi objective. Prétention absurde, tant il est évident que toute appréciation esthétique relève de préférences situées, discutables, et parfaitement réversibles. À ce jeu-là, n’importe qui pourrait s’amuser à démonter ses propres phrases et les tourner en ridicule avec la même assurance arbitraire.
Ce qui rend la démarche encore plus irritante, c’est la manière dont elle est mise en scène. Bégaudeau ne présente pas ses réécritures comme des variations possibles, mais comme des corrections, installant de fait une hiérarchie où il s’arroge la position du juge. Et pour faire passer cette entreprise sans trop de résistance, il l’enrobe dans une posture faussement égalitaire : il prétend parler “d’égal à égal”. Procédé commode, qui permet de maquiller des attaques assez grossières en conseils amicaux, et de faire passer des humiliations publiques pour de simples remarques constructives.
Le tour de passe-passe ne s’arrête pas là. Toute accusation de mépris est désamorcée à l’avance : s’il y a du mépris, nous dit-on en substance, ce ne serait pas celui du critique envers l’écrivain, mais celui que l’écrivain entretiendrait envers lui-même. Argument circulaire, invérifiable, et surtout très pratique pour s’exonérer de toute responsabilité tout en continuant à dénigrer.
Au fond, ces pages en disent moins sur Gaël Faye que sur François Bégaudeau lui-même : une manière de transformer une lecture en démonstration d’autorité, où la subjectivité la plus brute se travestit en évidence critique, et où la condescendance se dissimule derrière les habits du discernement.
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power
InvitéJe reconnais l’IA
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Charles
InvitéMoi aussi, mais la critique n’en reste pas moins légitime et fondée
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François Bégaudeau
Maître des cléseh bien explique nous ça
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Balthazar
InvitéA propos de ces pages qui m’ont intéressées mais m’interrogent. Je ne suis pas certain que le jury du Goncourt et autres critiques promeuvent le livre par condescendance. Je pense qu’il aiment sincèrement l
ce style scolaire-académique qui toi te révulse (il n’y a qu’à voir ce qu’on trouve chaque année dans le carré final du Goncourt, et pas seulement émanant d’ex rappeurs). Beaucoup de lecteurs aiment sincèrement lire que les que « les éclairs zèbrent le ciels », etc. Quant à l’abandon de sa ‘sauvagerie’, je n’ai vraiment pas compris de quoi tu voulais parler. Je connais mal Faye mais il a toujours été un rappeur France inter non ?-
François Bégaudeau
Maître des clés-oui les lauréats du Goncourt ne brillent pas forcément par leur singularité textuelle. Mais as-tu lu Jacaranda? C’est vraiment très au delà de ce qu’on peut imaginer comme académisme. C’est : scolaire. Mauvignier, Mathieu, Houellebecq, et que dire d’Echenoz, ne sont pas scolaires. Ils n’écriraient pas zébrer pour des éclairs. Je n’ai pas une grande estime pour les jurés Goncourt mais il n’est pas possible qu’ils aiment « sincèrement » une prose si plate.
-tu dis « sincèrement ». Difficile de parler de sincérité dans un jeu hypersocial comme celui de l’attribution du Goncourt ou des shorts lists du goncourt. Tout ça est saturé de calculs, pressions, dosages, etc. Par exemple le Goncourt, qui perdu du terrain, veut rester à la page, il tache donc de promouvoir des littératures plus contemporaines (ce qu’il estime contemporain). Le calcul de la diversité a évidemment joué dans la promotion de ce navet (encore une fois, lis le, et soudain tu me trouveras indulgent). Calcul qui est donc d’une condescendance achevée.
-après, jeu social aidant, il est possible que le calcul devienne seconde nature (voir la page sur Ambre Chalumeau), et que ce vouloir-aimer devienne un aime, que cette affectation de gout devienne gout. Et qu’alors les jurés aiment « sincèrement » le livre.
-je sais bien que Faye n’a jamais été sauvage. Il est le bon élève par excellence, comme rappeur autant que comme écrivain. Je parle d’une sauvagerie perdue au sens où Louisa parlerait de barbarie perdue. (Louisa qui pratique une autre forme d’académisme, mais c’est un autre sujet)-
Madeleine
InvitéTu empiles des jugements sans jamais les démontrer. Dire que Jacaranda est “scolaire” ne suffit pas ; encore faut-il définir ce que tu entends par là et le montrer. “Zébrer pour des éclairs”, c’est une irritation lexicale, pas une analyse.
La comparaison avec Laurent Mauvignier, Nicolas Mathieu, Michel Houellebecq ou Jean Echenoz pose une hiérarchie implicite, mais sans critères. Tu présentes un goût personnel comme une évidence.
Mais c’est une stratégie classique chez toi : ne jamais définir clairement les termes utilisés et faire passer tes préférences personnelles pour des vérités objectives.
Sur le Goncourt, ton raisonnement est fermé : soit les jurés calculent, soit ils ont intériorisé le calcul. Dans les deux cas, tu rends toute appréciation “sincère” impossible. Ce n’est pas une analyse, c’est une position infalsifiable.
L’argument du “calcul de la diversité” relève du soupçon général et évite de parler du texte. C’est un déplacement, pas un argument.
Enfin, opposer “bon élève” et “sauvagerie” ne clarifie rien. Tu remplaces un critère flou par un autre, tout aussi normatif.
Au final, tu n’analyses pas vraiment le livre : tu confirmes tes propres attentes, sans la moindre rigueur analytique. Sans critères explicites ni analyse précise, ton propos ne peut convaincre que ceux qui partagent déjà ton point de départ.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, robot. Mais robot n’a pas lu le livre, sans quoi il saurait que je détaille précisément l’indigence stylistique de Faye. On ne saurait mieux argumenter une opinion sur un style qu’en le citant.
Robot est un peu feignant. -
Madeleine
InvitéLe livre a été lu. Et ce que montrent les exemples que tu cites, ce sont surtout des jugements de goût : tu n’aimes pas ce style, il te paraît scolaire, plat ou irritant.
Même si on accepte le terme “scolaire” comme descriptif, cela ne permet pas d’en déduire qu’un style est “indigent”. On passe alors d’une caractérisation (contestable ou non) à un jugement de valeur qui suppose des critères esthétiques que tu n’explicites pas.
Passer de “je n’aime pas ce style” à “ce style est indigent” suppose des critères explicites que tu ne fournis pas. À défaut, on reste dans une hiérarchisation purement subjective présentée comme évidence.
À ce stade, ce n’est donc pas une démonstration de l’indigence du style, mais l’expression argumentée d’un rejet personnel, sur fond de jalousie et de ressentiment. -
Enieledam
InvitéTon raisonnement présente lui-même plusieurs failles. D’abord, affirmer que les critiques relèvent uniquement du goût réduit arbitrairement leur portée, sans examiner si elles reposent aussi sur des critères partageables. Ensuite, tu exiges des critères explicites tout en n’en proposant aucun pour invalider ceux, implicites, de ton interlocuteur : c’est une asymétrie. Par ailleurs, contester le passage de “scolaire” à “indigent” est légitime, mais tu supposes que cette transition est nécessairement invalide, sans envisager qu’elle puisse être argumentée ailleurs. Enfin, attribuer la critique à la jalousie et au ressentiment constitue une attaque des intentions plutôt qu’une réponse au fond. Cela affaiblit ta position, car tu substitues une interprétation psychologique à une analyse des arguments eux-mêmes.
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Samuel_Belkekett
InvitéC’est étrange cette
MADELEINE
ENIELEDAM
Avec le même type d’arguments, parfois au mot près que j’ai eu avec un Rigolus à propos de Lordon. Si IA il y’a et n’en doutons point, mais alors QUI est à la manœuvre ? Encore un mystère à résoudre. -
Gerard Manfroy
InvitéOui j’ai pensé pareil, Madeleine reprend tous les arguments de Rigolus XD
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Samuel_Belkekett
InvitéDis Gérard, que penses-tu de la réaction de Charles ci-dessous ?
Le mec a une telle estime de lui-même qu’il pense de suite, s’il y a un argument qui se tient d’un pseudo inconnu, que tout le monde va penser que c’est lui.
Elle est pas mal celle-là non ?
C’est dire l’ego du mec !!! -
power
InvitéY a encore de l’IA
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Charles
InvitéJe ne suis pas l’auteur de ce message (pour la simple et bonne raison que je n’ai pas encore lu le livre).
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François Bégaudeau
Maître des clésje m’en doutais un peu
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Ostros
InvitéLisant cet échange sur Jacaranda, on pourrait croire que le livre a reçu le prix Goncourt, j’écris vite fait pour préciser que non. Il était cependant bien dans les nommés. Le livre a obtenu le prix Renaudot. En 2024 c’est Kamel Daoud avec Houris qui a obtenu le goncourt.
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est bien pour ça que je parlais de short list. Je crois qu’ill était dans la dernière liste, faite de quatre noms. Et de toute façon oui il y a le renaudot
Notons aussi, tiens tiens, que Faye est chez Grasset. Logique. Car Grasset, parallèlement à la formation d’une brigade d’auteurs néo-cons, a bien sur affecté, depuis dix ans, de promouvoir les barbares assimilés et républicains. Dalie en sait aussi quelque chose, dont ils n’ont vraiment défendu que le premier livre, qui avait des ambiguités sur ce point, que par la suite, et pour le meilleur, Dalie a taché de clarifier.
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Gerard Manfroy
InvitéMerci beaucoup ça me touche je reviendrais avec d’autres commentaires.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui, on a hâte
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° >°
InvitéGérard, je préfère te le dire avant que tu sois invité au diné de cons, François est ironique. Est-ce du mépris ? Je ne sais pas je n’ai pas lu le livre.
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Abraxas
InvitéCoup dur.
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François Bégaudeau
Maître des clésle rapport avec le livre est qu’il est assurément vertueux et nécessaire de mépriser le méprisable
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François Bégaudeau
Maître des clésplutot là
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..Graindorge
Invité« et je ne connais pas d’expérience plus pleine pour démontrer que la droite c’est le camp des connards et la gauche celui des gens qui au moins aiment pour de vrai. »
Gérard Manfroy et Gérard Manchot, c’est la même personne?-
Gerard Manfroy
InvitéNon je sais pas qui est Manchot, peut-être Belkeket ou un autre gars mais je vous certifie que c’est pas moi.
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..Graindorge
InvitéMerci. Manchot, de droite ou de gauche est un connard
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Samuel_Belkekett
InvitéCertifié comment ? Certifié garantie ou certifié vices cachés ?
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Samuel_Belkekett
InvitéManfroy ou Manchot ne pas confondre les torchons et les serviettes…
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Gérard Manchot
Invitéles idoles ont les fans qu’elles méritent
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Samuel Grosgeek
InvitéBonjour, vous ne parlez que de vous, c.est normal?
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gerre armand çouaffe
Invitéleu proeux miait kitrouv qky ge çuit i gua nieu in paque deux biai raufaire pa raitiane
hate an çiom y a ain piaije-
bibinard
Invitésé moua !
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K. comme mon Code
InvitéEn cours de lecture.
La partie sur l’objectivité de la supériorité de Bolt sur les autres sprinteurs comparée à celle plus difficile à comptabiliser de Bourdieu sur ses compères m’a fait penser au mot « humilité » que les commentateurs sportifs tentent d’imposer aux joueurs. Le manque d’humilité serait responsable des pauvres performances d’untel ou untel. On se souvient aussi de l’épisode de Cavani qui affiche le mot humilité dans le vestiaire du PSG après l’élimination 6-1 contre le Barça. « Ainsi, l’ancien membre du staff du Paris Saint-Germain a salué la tentative d’Edinson Cavani pour remobiliser ses coéquipiers au lendemain de la correction subie au Camp Nou. L’attaquant uruguayen a placardé le mot « HUMILITE » dans le vestiaire francilien au Camp des Loges. Un message lourd de sens après une telle déroute. »
J’ai du mal à comprendre. Un manque d’humilité n’explique pas le 6-1 ; ce n’est pas ça qui explique les jambes tremblantes des parisiens dès l’entame de la rencontre ; l’humilité, ça irait, selon moi, à l’encontre de ce dont on est capable. L’humilité bride sportivement. Quand Cavani parle d’humilité, j’entends qu’il veut rabaisser ses coéquipiers. Qui valaient beaucoup mieux que ce Barça qui s’est pris 3-0 contre une Juventus qui s’en est pris 4 contre le Real en finale. On parle d’humilité pour rabaisser les forts.
En même temps, on parle de « respecter le petit » en Coupe de France quand le PSG continue de marquer des buts contre une équipe (de division) inférieure.
Il faudrait savoir.-
François Bégaudeau
Maître des clésTrès juste
J’intuite même que le PSG, devant le Barça, a manque, non d’humilité, mais de prétention – c’est à dire de la conviction qu’on est fondé à prétendre.
Le manque d’humilité ce serait peut etre les Pays bas contre l’Allemagne en 74 – quoique même là je me demande si n’a pas joué, au plus profond d’eux, l’immémorial sentiment d’infériorité des hollandais face au cousin germain
(en tout cas en prolong de France-Allemagne à Seville 82, c’est très clair)-
Greenwashing
Invité« L’humilité bride sportivement. »
.
C’est stupide.-
Samuel Grosgeek
InvitéTellement. L’humilité te fait bosser de facon hardcore au contraire, et être apprécié en sports co.
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Greenwashing
InvitéC’est vrai aussi pour les sports individuels et puis ça se tient toujours aussi bien quand on parle de performances intellectuelles puisque même dans ce secteur ils sont nombreux à nous vanter l’humilité comme était la clef de leurs réussites. Après tout ça François ne peut pas le savoir puisque François n’a que son nombril pour horizon et que c’est même pas dit qu’il s’aime lui même à défaut d’aimer son prochain.
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François Bégaudeau
Maître des clésCa m’a l’air d’etre du greenwashing des grands jours
Merci pour cette lecture en tout cas. Fidèle lecteur.-
Greenwashing
InvitéFrançois: Quelle surprise, t’as encore oublié de me moucher sur le fond.
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François Bégaudeau
Maître des clésle fond c’est que j’ai que mon nombril pour horizon?
eh bien je n’ai rien à redire à cela
c’est très bien dit
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Samuel Grosgeek
InvitéLa partie sur l’objectivité de la supériorité de Bolt sur les autres sprinteurs comparée à celle plus difficile à comptabiliser de Bourdieu
Difficile de faire plus loin de la vérité. Bourdieu est le sociologue le plus cité au monde en 2025 dans la littérature scientifique. Au monde. Et de très loin. FB connaît mieux le sprint (sigh) que la sociologie, c sa le soucy
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Samuel Grosgeek
InvitéPS: les mots science ou littérature scientifique ne sont pas des jurons. Google Scholar est votre ami.
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Micheline
InvitéParler de science sur ce forum c’est comme parler de Cnews dans un rassemblement de LFI.
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Claire.N
InvitéDu mépris
reforestation
« le sentiment de supériorité est la sève du mépris »p12
Et effectivement on tronçonne bien vite là ou sa marque est posée, alors qu’une tronçonneuse dans les mains d’un homme de pouvoir, ça peut mal viser mais ca fait vroom c’est impressionnant virile et détalant
Ça peut viser le poteau rose par exemple
« Quand on juge le mépris c’est rarement le mépris qui est en jeu »
Observe et prends puissance,
Le bobo
Le verdict du marché
Le conformisme obligé
on pari que tu y prends gout, on paris que tu vas être vif, la preuve t’as pigé les règles d’un point étape – ca se voit-tu piaffes ,la sève te monte à la tête, tu cranes, tu l’éprouves-et t’as une blague « une blague doit aller plus vite que moi tout en permettant que je raccroche le train.il faut qu’elle m’échappe et que je la chope, comme une mouche en plein vol. »
Mais d’où te vient cette grosse tête ? « De toujours »
Cassant avec les branches pourries – doux avec les bourgeons
Les branches sans sève de toute façon mortes, ne t’appuis pas dessus
En une phrase, l’école, l’âgisme volent en éclat
« L’école n’échoue jamais à visser dans les entrailles du prolo que son rang inferieur ne résulte pas de l’arbitraire des destins sociaux, comme il eut pu encore se le raconter avant le CP mais de son QI d’oursin pauvre »
-se le raconter, se la raconter -tu merites en ces lieux ? – un amour , tu merite un amour et bien sur y a des pétalles
Sur la fin du texte je ne les déflorerais pas-
Samuel Grosgeek
InvitéHey hey hey!
Milei avec une tronconneuse, c bcp + ridicule que viril, hein, il fo le savoir.pot aux roses
Et non poteau rose, ou poto rose.
Me fait penser a une copine en psycsociale, avait ecrit « bouquet mystere » au lieu bouc emissaireEn fait Clairette etait dans ma promo
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François Bégaudeau
Maître des clésTiens d’ailleurs ce titre, ce si beau titre, « tu mérites un amour », de quoi est il fait? Il est fait, maladroitement car passant par la zone obscure du « mérite », du sentiment que l’individu VAUT un amour. Ou plutot : qu’il vaut mieux que le désamour qui le meurtrit.
Hier dans le tram de Tours une femme, disons folle, parlait à un certain Nassim qui n’était pas là, et disait : fais moi l’amour Nassim, fais moi pas la cuisine fais moi l’amour, je suis pas n’importe qui. Cette femme tachait de se persuader de l’estime qu’elle se vouait – et que Nassim avait eu l’air d’étioler.-
Claire N
InvitéOui- c’est un passage en épingle à cheveux, que celui-ci ; mais le livre permet ce genre de balancement – la prise d’élan pour sauter d’une branche à une autre
Ce titre m’en paraît une parfaite contraction -
Claire N
InvitéOui- c’est un passage en épingle à cheveux, que celui-ci ; mais le livre permet ce genre de balancement – la prise d’élan pour sauter d’une branche à une autre
Ce titre m’en paraît une parfaite contraction-
François Bégaudeau
Maître des clés« la prise d’élan pour sauter d’une branche à une autre »
O comme j’aimerais qu’on avance dans ce livre comme un singe saute de branche en branche – c’est à dire comme il fut écrit-
Claire N
InvitéIl n’y à aucune autre manière de le négocier
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Claire N
InvitéEt je ris de transformer la tatcheriste formule – foulée juste pour l’appuie –
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Zorglub
InvitéRire… Tu dois avoir de sacrés abdominaux à force… rire !
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Claire N
InvitéPuisqu’on en est à parler de mes abdominaux,
J’aimerais que tu arrêtes de m’envoyer des mails
Merci-
Zorglub
InvitéTu me fais peur Claire… rire
Que d’imagination ma chère, je préviens mon avocat rire-
Claire N
InvitéOui- c’est surement mon imagination qui m’envoie des mails pour me demander si j’ai fait l’amour – je ne vois pas d’autres explications
Alors on va dire que ton imagination va gentiment me lâcher les basques -
Ostros
InvitéOulà ça va trop loin son délire là
Tu as Pharos Claire si besoin
https://internet-signalement.gouv.fr/ -
Claire N
InvitéMerci Ostros – j’espère que ça passera
Je crois que ma wish liste est claire
Je rajouterai bien ne pas spamer le forum
Sait on jamais -
Claire N
InvitéAprès c’est intéressant d’examiner cette curieuse hargne qui semble se crisper sur « rire «
Je me demande dans quelle mesure il ne s’agit pas de camoufler rageusement chez les autres ce qu’on abhorre chez soi -en en effaçant partout la trace j’imagine qu’on se sent « protégé « de le voir decouvrir présent en si grande quantité en son sein -en l’espèce je ne sais si c’est le rire en lui même, la maladresse stylistique oú l’impulsivité -
Ostros
InvitéJe pense que tu ne devrais pas te poser ces questions sur ce qui est ciblé chez toi par cet être stupide
Continue à écrire comme tu veux et laisse le/la se noyer dans la merde qu’est son existence -
Claire N
InvitéOui – c’est un conseil que je sens solide – merci
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Claire N
Invité« parlait à un certain Nassim qui n’était pas là »
Et d’un trait – paradoxalement le fort intérieur
De tant d’autres s’entend – la voix haute devient murmure et bourdonne dans la musique du n’importe qui-
François Bégaudeau
Maître des clésDans un livre en cours l’héroine a toujours écrit for intérieur fort intérieur
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Claire N
InvitéUn livre qui m’obligera à tenir le dictionnaire pas loin
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François Bégaudeau
Maître des clésun Robert sera offert avec chaque exemplaire
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Claire N
InvitéJ’ai toujours celui qu’un jour mon grand père, m’avait offert pour un petit anniversaire
J’y ai mon nom inscrit sur la page 101
Il est un peu moisi le salpêtre je crois
A poussé sur la tranche -
brisemenu
InvitéPour la gente féminine , c’est plutôt une paire de Robert qu’il faudrait.
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François Bégaudeau
Maître des cléshumour de droite
génie-
Claire N
InvitéMince – je la connaissais déjà
Sur ce point j’ai beaucoup aimé dans le livre la réflexion sur la vivacité
« la vitesse n’est pas un attribut de l’humour mais son mode. Cote émetteur et récepteur, l’humour va vite oú ne va pas. Une blague est lapidaire oú n’est pas , une blague se comprend oú se raté. Une blague doit aller plus vite que moi tout en permettant que je raccroche le train «
Et son effet immédiat, elle se voit-
Claire N
InvitéEt aussi l’analogie qui suit avec la travailleuse du sexe qui- si elle veux faire commerce social – passe directement du camp de la jouissance a celui de la patience polie
-
Claire N
InvitéL’injonction à la politesse en l’espèce serait celle ci « fait comme si j’étais le meuilleur « c’est pas sport de faire pression sur les lignes d’arrivées
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François Bégaudeau
Maître des clésFais comme si j’étais le meilleur, effectivement première compétence de l’escort
-
Claire N
InvitéOui et même plus largement une menace parfois
De qui cogne sur l’arbitre -
François Bégaudeau
Maître des clésje vois bien
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Malice
InvitéVotre conversation sur les escorts me fait penser à un client du livre « La maison » qui bien que pris dans un rapport pécunier avec la travailleuse du sexe qu’il préfère, passe son temps à tenter de créer avec elle un lien de séduction amoureuse ( foireux et pénible pour elle), sans paraître se rendre compte ( on se demande où il puise ses illusions) de la forme d’indécence qu’il y a à réclamer, en plus du service, un « bonus » amoureux. Il s’arrange pour la rencontrer hors de la maison, alors qu’elle est en repos et préoccupée d’autre chose que son travail.
-
Claire N
InvitéBah voilà, c’est un peu le même problème avec la pêche ; si tu payes pour prendre une truite dans une foire ou un parc d’attractions après t’es en sur confiance et bredouille au torrent
-
Claire N
Invité« on se demande où il puise ses illusions«
J’aime beaucoup cette question
J’aurais tendance à intuiter quelque chose d’un peu triste
« Je me raconte que je te méprise parce que tu t’agenouilles à mes pieds, alors que tu t’agenouilles parce que je te domine, parce que j’ai l’ascendant physique -économique sur toi et ta survie au moins sociale entre les mains «
« je rapporte fallacieusement une position à un trait de personnalité : tu es dominé- e parce que tu es inférieur «
Il peut peut-être y avoir un « je me raconte « qui voudrait en l’espèce se masquer la contingence du terrain ; de sa ridicule petitesses -
Claire N
InvitéJe me dis en passant que ça me ferait un bon point de départ pour appréhender ce qu’on appelle l’erotomanie- mais peut etre que je m’emballe un peu
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Claire N
Invité( j’évoque l’eromanie des dominants, celle que flairait Antonin Arthaud)
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Samuel Grosgeek
InvitéQuelle erotomanie des parasito-dominants? Nafissatou Diallo avait tres envie. De l’ignoble gnome.
Sinon Emma Becler, tellement de la merde ses livres, elle est impressionnante. Dans son genre. -
Samuel Grosgeek
InvitéEnfin. C’est à nuancer! Le faitcest que le pouvoir est sexy chez un zom. Ce se constate chaque jr, partt, tlt. Seulement, comme l’expert, bon expert, devient facilement toutologue. Le gris baiseur à succès en vient vitecà se prendre pour un passe-partout. Et je parle pas du n1. Patriiiiiiiiiick. 🎵🎵🎵
-
Claire N
InvitéJ’ai pas tellement besoin d’avoir les références wikipedias sur le sujet – merci
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Claire N
InvitéJe veux dire par là que les » irrégularités « je les connais déjà puisqu’elles sont pensées via la psychiatrie et pas via la structure
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Malice
Invité@Claire l »érotomanie, une maladie mentale qui me fascine presque autant que la mythomanie
Dans le temps j’ai aimé le film » Anna M » avec Isabelle Carré. Il y avait une ouverture du thème de la maladie à la fin, vers quelque chose qui dépassait le diagnostic. Je ne sais pas ce qu’en penseraient des experts de la question. -
François Bégaudeau
Maître des cléstu définis comment l’érotomanie, Malice?
(question pure, sans arrière pensée) -
Malice
Invité@François
je vais peut-être dire des conneries car je ne suis pas psy mais si je me base sur un livre du rayon psycho et le film Anna M, c’est une maladie qui provoque chez une personne l’illusion délirante d’être aimée par une autre, parfois même par une personne qu’on n’a jamais rencontrée. Une jeune fille, dans le livre que j’ai lu, racontait à l’intervieweur qu’elle était certaine que Patrick Bruel la harcelait. Quand elle le voyait à la télé, elle croyait qu’il lui envoyait des messages codés exprimant sa passion pour elle. La jeune fille en pleurait, suppliant que Patrick la laisse tranquille. -
K. comme mon Code
InvitéC’est plus de la psychose, non ?
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François Bégaudeau
Maître des clésje dirais une érotomanie à tendance psychotique oui
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François Bégaudeau
Maître des clésquant à celle qui croit que Patrick Bruel la harcèle je la crois au contraire tout à fait clairvoyante
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Stéphanie
InvitéPlutôt une psychose avec élément érotomaniaque
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MA
InvitéL’histoire d’Adèle H aussi
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Schnoups
InvitéComme je suis dans tous les bons coups j’ai une belle histoire avec une femme qui serait une érotomane. Sans la tendance psychotique par contre. Comme c’était ma supérieure, euh pardon, ma référente pédagogique, elle a pu user contre moi de sa violence et de sa haine avec les pouvoirs de sa position, et le soutien de sa hiérarchie. J’en sors à peine là, reste le suspens quant à la reconduction ou pas de mon contrat en fin d’année.
Il y a effectivement des points communs avec la mythomanie. C’est a dire que ces gens qui se racontent des choses auxquelles ils croient, quand ils se prennent le réel en pleine gueule, c’est dangereux pour ceux qui sont en face. Sauf que parfois on ne sait pas bien à qui on a affaire et donc on ne se rend pas compte qu’on risque gros.
Je raconterai plus tard.
C’est ma frangine, qui, suivant l’affaire de près m’a sortie ce mot. Elle m’a aussi dit, si elle se suicide ne culpabilise pas hein.
Voilà, gros teasing. -
François Bégaudeau
Maître des clésah oui gros teasing
« Je raconterai plus tard. » J’exige que plus tard soit aujourd’hui. Je peux l’exiger car ici je suis roi et prince et duc – et tellement beau. -
nefa
Invité@François
et le jour où à la place de ton clavier tu verra un sceptre, un vrai de vrai tout en or, tu pourras plus que dire : j’y suis
blague à part, est-il question de ça avec : » La scène finale montre Anna et son enfant à la montagne, deux ans plus tard. Zanevsky et sa femme passent auprès d’elle » (résumé film Anna H sur wiki), de la vraie crise psychotique ?
la scène la suggère-t-elle (Zanevsky et sa femme ne sont en fait pas là) ? -
nefa
Invitéen tout cas il y en a une belle de scène (merci graindorge, vu hier) qui dit ça
sundown avec le cochon -
Claire N
InvitéJe ne peux que plussoir
Pour les mêmes raisons
Mais en plus manifestes
Ou bien un puzzle -
Schnoups
InvitéDu coup je me demande si c’est bien le vrai François, je n’ose pas obéir.
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Alexandre
InvitéEn même temps on trouve aussi qu’érotomane qualifie l’obsession sexuelle. En tout cas je suis sûr que plein de gens l’emploient dans ce sens (quand ils l’emploient).
Je découvre là une autre définition. -
Alexandre
InvitéOn a dit du loup de Tex Avery qu’il était érotomane.
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Malice
Invité@Schnoups désolée pour toi et je suis également impatiente d’entendre ton récit
@François j’avais oublié l’affaire Patrick Bruel ( je ris) et l’histoire d’Adèle H
@Alexandre il paraîtrait que l’érotomanie induit parfois en erreur à cause de l’emploi d’eros que ce serait quelque chose de principalement sexuel. Mais bon encore une fois je n’ai vu qu’un film et demi sur le sujet.
A propos d’Anna M, j’avais aimé ( attention je spoile) l’issue mystique du film, où Anna semble convertir son obsession en amour chrétien ( aimer avec passion mais de loin, sans s’obstiner à demander un retour, et en respectant la famille de l’aimé, si je me souviens bien) -
nefa
Invitéà rapprocher peut-être du syndrome de concernement dont elle serait une modalité
le concernement étant la sensation d’être au centre de son environnement
consernement -
Greenwashing
InvitéVous me mettrez la petite soeur s’il vous plait.
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Sam Groku
Invité
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Samuel_Belkekett
Invité« le sentiment de supériorité est la sève du mépris »p12
HI Han Hi Han
Celui qui a écrit ça c’est de quoi il parle. C’est de l’expérience vécue.
Il est notable que ceux, hostiles à l’école et ceux qui sermonnent à plein temps de morale dépourvue de raisonnements, soient les mêmes.
Et vive les formules creuses.-
Claire N
Invité« Celui qui a écrit ça c’est de quoi il parle »
On peut même supposer qu’il a lu le livre – enfin au moins jusqu’à la page 12 – restons prudent-
Samuel_Belkekett
InvitéMon post ne fait aucunement référence au livre.
Juste à la personnalité de celui qui l’a écrit, la formule p12 renvoyant à l’individu complexe que l’on sait.
Cela d’autant que je l’ai dit ailleurs, le sujet m’intéresse et je le lirai.
Même un prétentieux peut avoir le niveau suffisant pour écrire un livre intéressant.
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Rémi
InvitéIl existe uniquement en version papier ?
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Chimpanzix
InvitéJe viens de le finir. Du grand Begaudeau. Et la force de ces dernières pages ! J’ai refermé le livre avec l’envie de courir à poil dans un champ de blé.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’était bien mon but
d’ailleurs la gendarmerie nationale signale depuis deux semaines de nombreux cas de courses à poil dans le blé
ils s’interrogent mais nous on sait
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Gerard Manfroy
InvitéEt moi Rigolus je te propose : « 150 blagues sur les pizzas » (Hachette).
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Gerard Manfroy
InvitéDésolé pour l’erreur de topic.
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Pour me racheter de ma faute, je profite de la petite vanne sur Jennifer Lawrence du bouquin pour relever que je prenais Lawrence pour une actrice médiocre et que j’avais bien tort.
Sur une chaine Twitch en 2023 qui diffusait des films, il y avait eu une soirée spéciale J. Lawrence, à commencer bien sûr par Hunger Games. Perso, dès l’affiche ça ne me plaisait pas Hunger Games. J’avais déjà lu Battle Royale en manga (surement l’œuvre artistique la plus violente que j’aie jamais vu d’ailleurs) et je voyais ce blockbuster comme une pâle copie commerciale pour gamins, mais à vrai dire je fus tout à fait emballé.
J’en avais donc vu la série entière, des heures de beau spectacle, de beaux acteurs, des décors et des costumes très réussis, mélanges de rétro et de High Tech puisque dans cet univers dystopique les pauvres vivent en 1930 et les riches en 2130 ; de très beaux plans en IMAX sur le deuxième volet (vive la pellicule). Le plaisir de l’immersion avait bien duré.
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Mais ce n’était rien par rapport au film suivant, qui m’a scotché à l’écran comme rarement un film me scotche à l’écran : Causeway, de Lila Neugebauer.
La fatigue me faisait un peu souffrir mais je refusais d’éteindre mon onglet, de peur d’en louper la moindre image.
Un film tout à fait modeste dans ses moyens, tout à fait magnifique dans sa forme. Neugebauer filmait Jennifer Lawrence dans le bus, chez le kiné, dans un motel, dans un bar, sur une piscine, et ben il se trouve que ces images-là je m’en souviens très bien, ici-même, et même plus que les majestueux décors de Hunger Games.
Une expérience qui m’a rappelé ce que c’est que le cinéma en tant qu’art donc. Comme l’a plusieurs fois dit François c’est ce cinéma-là, modeste et minoritaire, qui mérite d’être défendu. C’est vrai que le cinéma en tant qu’art spectaculaire est dépassé, « peut-être qu’on assassinera le cinéma, ça c’est possible » comme l’a dit Gillou.
Donc voilà merci Jennifer. Thank you Jen. You know it’s been a wonderful time, thanks to you. On peut dire qu’elle a su faire une carrière la Kentuckienne.
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PS : je prépare un autre petit commentaire sur le livre.-
François Bégaudeau
Maître des clésNon, pas « un autre petit commentaire ». Ton premier commentaire. Pour l’instant tu n’as aucunement commenté le livre (tu affectes même de ne pas le commenter). On n’en est que plus impatient.
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Balthazar
InvitéIl faudrait quand même parler de cette fin… Sur laquelle j’ai pour ma part bien du mal à mettre des mots.
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François Bégaudeau
Maître des clés… ce qui est bon signe
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Diogène en claquettes
InvitéBonjour,
J’ai lu « Du Mépris » ; terminé il y a quelques jours ; je vous écris donc en pleine digestion.
Serait méprisable le méprisant, serait méprisant celui qui méprise sur le simple fait d’une supposée supériorité ?
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Diogène en claquettes
InvitéJe reprends,
Gaël Faye est-il méprisé par le monde l’édition de l’édition qui le met en avant (mais pas trop, hein.) juste sur la short-list parce qu’il est un bon élève issu d’un peuple qui a beaucoup souffert ?
Ou par FB qui dézingue son style scolaire, exemples et contre-exemples à l’appui soutenu par sa vision du monde de l’édition ?-
K. comme mon Code
InvitéLe monde de l’édition ne méprise aucun auteur qui vend des livres. Ils sont au contraire très bien considérés. Et il a obtenu le Renaudot, c’est pas mal comme mise en avant (il aurait pu viser le Goncourt s’il était édité chez Gallimard, ce qui sera probablement le cas pour le prochain livre).
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Diogène en claquettes
InvitéJ’essaie juste comprendre la thèse de FB.
Je ne connais pas Gaël Faye, jamais lu.
Être mis en avant par un commerçant ne signifie pas qu’il ne te méprise pas.
Taylor Swift passe son temps à flatter ses Swifties, pourtant elle leur vend très cher des performances lives en playback… (C’est le cas inverse du marchand qui méprise ses clients). -
François Bégaudeau
Maître des clésFaye est économiquement et symboliquement très bien considéré, et intérieurement très méprisé – au moins par les jurés.
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Diogène en claquettes
InvitéC’est bien ce que j’avais compris.
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Sardoche
InvitéIl n’ y a pas la moindre preuve que monsieur Faye soit méprisé par qui que ce soit, sauf par monsieur Bégaudeau lui-même (la couleur de peau de l’auteur en question expliquant peut-être cela quand on se souvient des propos de monsieur Bégaudeau sur les noirs en équipe de France). Tout ceci n’est donc que de la diffamation de la part de ce monsieur dont les saloperies de ce genre semblent devenir sa marque de fabrique.
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Zlan
InvitéLa diffamation et l’insulte sont les principaux leviers utilisés par Bégaudeau, que je qualifie de raciste.
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Sardoche
InvitéLe type ne sait sans doute plus trop quoi inventer pour essayer de faire parler de ses bouquins, il se dit surement que cracher sur les autres et sur les noirs lui fera de la pub, de la mauvaise pub mais de la pub tout de même. Mais c’est le ton de la gauche moderne, il faut surement s’y résigner.
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Zlan
InvitéC’est effectivement une piste mais je crois tout de même qu’il a toujours été raciste. Il s’amusait déjà à compter les enfants non blancs de la classe.
Dans sa justification plus bas, on relèvera des propos imbuvables. Toujours la même posture pathétique et faible pour se défendre et justifier ses propos infâmes. : « En deux romans, Faye a été plus traduit que moi en vingt. À l’automne 2024 Jacaranda se vend à 100.000 exemplaires, mon Comme une mule à 8.000. »… » Faye n’avait pas son content comme rappeur, il a voulu être admis dans la grande famille des lettres. »
Une ligne bien droitière et conservatrice : Du Despentes au masculin.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe mardi Gaël est digne de pitié, le mercredi il est pitoyable, qui jalonne son roman Jacaranda de tournures comme « mon coeur s’est mis à battre à tout rompre », « applaudir à tout rompre », « une coquette somme d’argent », « des éclairs zébraient l’obscurité ». Tournures toutes faites, associations de mot livrées clé en bouche et régurgitées telles quelles, pavloviennes, automatiques : la somme est invariablement coquette, le coeur bat forcément à tout rompre, et l’on applaudit dans les mêmes termes, et les éclairs et le verbe zébrer ne se quittent plus depuis l’invention des éclairs et du zèbre.
Le style de Gaël Faye est emprunté car il l’emprunte. Il contrefait ce qu’il imagine être la la littérature et qui n’est que le bien-parler. Le mercredi j’appelle académisme cet artisanat copiste. Ce recrachat.
Gaël Faye croyant écrire un livre écrit une rédaction. Dans le but de quoi il rassemble ce qu’il connait d’expressions bien tournées, gageant que le professeur ou quelque autre gardien de la correction appréciera.
Lors du troisième repassage, Faye, langue tirée, corrige « fait des travaux dans sa boutique » en « effectué des travaux dans sa boutique ». Le verbe faire appartient au registre moyen, le verbe effectuer au registre soutenu. La littérature selon Faye se gagne en se hissant au registre soutenu comme le FC Maubouse se hisserait en Ligue 1. Elle est cette alchimie qui transforme couilles en « parties intimes », ou « elle pissait » en « elle faisait ses besoins sous elle ». « Urinait » serait toléré mais c’est encore trop cru pour Gaël, « Faisait ses besoins » est mieux éduqué. Et si plaisant à l’oreille.« Plongé dans un livre du sociologue Emile Durkheim » est-il aussi écrit. Faye fabrique des livres conventionnés, et la convention veut qu’une dissertation complète un grand nom de son prénom et de sa profession, comme à la préfecture. Exemples : plongé dans une mayonnaise du cuisinier Alain Ducasse ; plongé dans une mission de l’agent secret Xavier Dupont de Ligonnès. Là dedans tout est bien expliqué, comme on dit d’une notice de Freebox. Cette textualité rassembleuse est sans ellipse ni zone d’ombre. Le copiste ne veut perdre personne et d’abord ne pas se perdre. Ne pas s’abîmer dans les vertiges du génocide rwandais son thème, ni dans la littérature vertigineuse qu’une pareille tragédie réclame, exige. Exige moralement. D’une morale littéraire. Mais Faye souscrit plutôt à la morale sociale. Il écrit en citoyen ; en pupille de la République.
Et donc quoi?
Et donc s’il se fait pupille il fait de moi un tuteur. Un professeur, légalement fondé à le corriger. Ainsi je barre « ignorant la brutalité du monde, excepté celle qui arrivait par la télévision » au profit de « ne connaissant la brutalité du monde que par la télé ». Je barre « J’ai les larmes aux yeux mais je réprime mon envie de pleurer » au profit de « je retiens mes larmes. ». Je suis odieux. Je suis meilleur écrivain que Faye, ce serait minauderie que de le nier, mais réécrire ses phrases est odieux. Un concentré de violence inégalitaire. Cent cinquante pages plus tôt j’aurais dit : un concentré de mépris.
Mais qui est inégalitaire ? Qui se moque de qui ? Qui se moque de Faye ? Moi qui dis l’indigence objective de ce roman, ou le jury Goncourt qui l’accueille dans sa dernière liste avec une mansuétude purulente de paternalisme ? Moi qui parle à Faye d’écrivain à écrivain, ou le jury de visages pâles qui récompense son ardeur à se conformer, l’encourage à poursuivre dans cette bonne voie, et se félicite que l’impétrant ait la politesse de taire la responsabilité post coloniale de la France dans le massacre. Voilà un bon sauvage comme on les aime, quelque manioc qu’il ait ingéré : francophile et doué en orthographe.Je ne méprise pas Gaël Faye d’écrire scolaire – il n’est pas responsable de sa mise aux normes par l’école quinze ans durant. Je le méprise d’abdiquer sa sauvagerie. De refouler sa force irréductible, son idiosyncrasie, pour se plier aux normes sociales et stylistiques. De se compter parmi les faibles.
En deux romans, Faye a été plus traduit que moi en vingt. À l’automne 2024 Jacaranda se vend à 100.000 exemplaires, mon Comme une mule à 8.000.
Je serais jaloux que ça ne m’étonnerait pas.
Reste que sa force économique me donne le droit d’être rugueux. Le devoir. En ces lignes j’agis en lanceur d’alerte. De la fausse monnaie circule qu’un jeu de dupes a colporté, arrêtons ce trafic.La Congrégation Mondiale de la Sainte Fragilité m’objectera que la force économique de Faye est contrebalancée par deux handicaps : son origine ethnique et son origine artistique le rap. Mon évaluation esthétique devrait prendre en considération, non le texte Jacaranda, quelle drôle d’idée, mais le double passif de son auteur. D’un garçon si mal parti dans la vie, mon appréciation sur le bulletin devrait d’abord complimenter le choix d’écrire un roman plutôt que de vendre du crack ou d’égorger un Hutu. Un bon roman ce sera pour plus tard, l’éducation c’est step by step, on n’apprend pas Heidegger en sixième. Je dois accorder mes attentes au rythme des tropiques.
Jacaranda c’est nul mais pour un Noir c’est déjà bien.
Pour un rappeur.
Pour un jeune.
Qui méprise qui ?Je suis blanc, ex-prof, écrivain. Je suis donc prié de ne pas abuser de ma triple position dominante en taclant monsieur Faille. Je dois taire ma consternation à la découverte de plats paragraphes que je ne pardonnerais pas à un égal. Je dois être grand seigneur, plus châtelain que jamais. Je dois le traiter en enfant attardé, comme l’a fait l’Académie Goncourt en le discriminant positivement, la bonne conscience coïncidant en l’occurrence avec l’option marketing de déblanchir ce prix ancestral.
L’Académie méprise Faye qui se méprise. Qui méprise l’inférieur social et racial qu’il se sent être.
Je méprise le mépris que Faye se voue au point de quémander la reconnaissance d’un jury dont ce faisant il avalise la supériorité sur lui.
En général j’ai des indulgences pour le besoin d’amour ; tout le monde n’a pas eu la chance d’une mère aimante. J’en ai moins pour la version sociale du besoin d’amour : le besoin de reconnaissance. Faye n’avait pas son content comme rappeur, il a voulu être admis dans la grande famille des lettres.
Donc le rap ce n’est pas des lettres ?
Qui méprise qui ?-
Greenwashing
Invité« monsieur Faille »
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Elle est pas mal. Par contre je te rappelle qu’à tes yeux ce genre de conneries c’est un truc d’extrême droite donc pourquoi tu t’autorises une telle sortie sur ce coup? C’est parce qu’il est noir?
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Zlan
InvitéParce que Begaudeau est un homme raciste et de droite. Il a un corps de droite dure et autoritaire.
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François Bégaudeau
Maître des clésMonsieur Faille procède ici, tu le sentirais si tu me lisais plus souvent – si tu me lisais-, du style indirect libre
« Monsieur Faille » c’est ainsi qu’in fine ses tuteurs paternalistes postcoloniaux pourraient l’appeler, en tout cas l’orthographier. Ainsi le blanchissement serait achevé.
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..Graindorge
Invité« Qui se moque de Faye ? Moi qui dis l’indigence objective de ce roman, ou le jury Goncourt qui l’accueille dans sa dernière liste avec une mansuétude purulente de paternalisme ? Moi qui parle à Faye d’écrivain à écrivain, ou le jury de visages pâles qui récompense son ardeur à se conformer, l’encourage à poursuivre dans cette bonne voie, et se félicite que l’impétrant ait la politesse de taire la responsabilité post coloniale de la France dans le massacre. »
« D’écrivain à écrivain »
NON! Ce gars, sauf le respect, n’est pas un écrivain. Il le sait. Écrire un livre ou 2 ou plus ne fait pas de vous un écrivain. Si je publie les recettes de cuisine de ma grand-mère et que ça se vend à 200000 exemplaires, ça ne fait pas de moi un écrivain.
Une pléthore de gens écrivent et ne sont pas des écrivains.
Tu es un écrivain. Alors » D’écrivain à écrivain » Non-
François Bégaudeau
Maître des clésIl publie des livres chez un éditeur légitime, ses livres ont du succès, sont adaptés au cinéma, et salués par des prix, et étudiés en classe.
Tout cela fait un écrivain – qui est une catégorie d’abord sociale. -
Charles
InvitéOn m’a offert Jacaranda pour Noël, jamais lu, et encore moins envie de le lire après lecture de ces extraits qui sont effectivement un peu affligeants. Je suis sûr que Faye répondrait en surjouant l’humilité face au professeur écrivain bien installé. Mais effectivement il ne répondra pas et ça ne lui viendra même pas aux oreilles. Il est plus probable que Lamy réponde (car en situation de concurrence entre essayistes de gauche) dans un Twitch ou un post, en renvoyant au désormais proverbial masculinisme de l’auteur.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’y crois pas non plus
Même sous cet angle vil elle ne s’y risquerait pas
D’ailleurs comme à ce jour je ne suis invité par aucun des 150 médias ou structures qui l’ont accueillie en papesse des beaufs, il est possible qu’elle n’ait pas même vent de l’existence de ce livre et des lignes que je lui consacre -
Charles
InvitéDes extraits circuleront bien sur Twitter.
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Charles
InvitéUn entretien avec Schneidermann serait intéressant. Tu penses que ça n’arrivera pas?
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François Bégaudeau
Maître des clésça n’arrivera pas
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..Graindorge
InvitéOk c’est le Réel. OK une catégorie sociale.
MAIS si les livres sont médiocres, adaptés pour du cinéma médiocre, salués par des prix octroyés par des médiocres, étudiés en classe ( rire), je dis comme l’aurait dit Antonin, Arthur, Georges, Marguerite, Nathalie et les autres, contemporains compris, que non, c’est pas un écrivain et je suis réelle. Même si on est que 3 ou 12 ou 13 à servir la vérité, on la sert -
François Bégaudeau
Maître des clésJe préfère ne pas me battre sur ce terrain lexical où tout argument est réversible.
Faye est un écrivain, donc
Je peux juste démontrer, texte à l’appui, que c’est un écrivain académique voire scolaire
Ou peut-être, plus neutrement : un écrivain jeunesse
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Diogène en claquettes
InvitéK. Comme mon Code,
S’il suffit d’être chez le bon éditeur pour obtenir un prix, cela signifie que les prix récompensent les éditeurs et non les auteurs.
Les auteurs ne seraient que des prétextes ?
Quel mépris !-
K. comme mon Code
InvitéAlors, oui : le Goncourt, c’est plutôt Gallimard et le Renaudot c’est (c’était ?) pour Grasset. Il ne suffit pas de l’être mais c’est une condition dont tu n’es pas dupe. Tu sais, j’ai appris récemment que le simple fait d’avoir un meilleur diffuseur permettait d’être considéré par plus de prix littéraires. Donc oui : c’est la position économique de l’éditeur qui rend possible ou non la récompense. Et les auteurs bénéficient ensuite des bénéfices. Le livre n’est pas tout à fait un prétexte, mais sa valeur est secondaire.
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Samuel VIfGrosseMemoireJeTencule
InvitéAh, enfin j’ai pu commencer à me délecter de « du mépris », soit il est plus drôle et smart qu’à l’accoutumée, soit le soleil sied à mon sourire…
Bégaudeau, dit vif-argent, ou mercure, admet que ni les échecs, ni les maths, ne sont son fort. (Mémoire de travail médiocre, donc). Ni la philosophie, mémoire tout court, toute courte et médiocre. Ainsi il n’aurait jamais pu avoir l’agreg de philo comme l’a obtenue Bourdieu en son temps. AInsi il est incapable de voir que ce n’est pas de l’admiration, mais de l’objectivité, de considérer que Bourdieu et BHL sont de deux multivers différents. Il est évident que si tu es incapable de lire de la philo plus galbée que Comte-Sponville, ce qui ne manque pas d’être surprenant pour une personne qui dégoise à longueur de plateau, aimer penser, il est naturel que tu ne vois pas la dorsale océanique entre Bourdieu et BHL. Tu essayes d’attaquer Bourdieu sur une prestation télévisuelle d’ailleurs, Bourdieu qui avait le plus grand mépris pour la tv, à raison, et qui a écrit plus de 60 livres, est le sociologue le plus cité par les sociologues actuels, dans la littérature scientifique. Mais toi, tu n’as pas le temps, de lire un de ses livres. On comprend.PS : il y a une coquille page 8, « puis exulter même d’être’, même j’imagine. Je peux assurer le debunkage de coquilles si vous voulez, je prends moins qu’une escort girl de l’heure, je pense vite, ai une excellente memoire, et memoire de travail atomique. Par contre je suis une grosse flemme, il faut le savoir.
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Samuel VIfGrosseMemoireJeTencule
Invitécoquille = môme, j’y retourne
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Samuel VIfGrosseMemoireJeTencule
InvitéJe reviens sur l’inculture crasse de FB, en matière de science. De fait, Bourdieu n’est pas un créateur de concepts bidons à la Derrida ou Foucault. C’était un scientifique. Quand je dis que c’est le sociologue le plus cité dans la littérature scientifique en sociologie, il faudrait comprendre ce que cela veut dire. Ca veut dire qu’en 2026, les scientifiques jugent ses apports tellement encore opérants, importants, et éclairants, qu’il s’y réfèrent. Pas comme Luchgini va citer Rimbaud, Hugo, et Tartempion, non. Plutôt comme un mathématicien va utiliser les équations cartésiennes. Il faudrait faire ici un court d’épistémologie scientifique, comment la science se fait, et avance. FB, un sociologue, comprendre, qui mène des enquêtes, n’a RIEN a voir avec un idéologue, intellectuel, pseudo-philosophe bidon, il faudrait comprendre cela, svp, et ce n’est pas du mépris quant à votre ignorance cyclopéenne en matière de science. C’est juste un avis, un conseil d’ami, car je vous apprécie bcp par ailleurs!
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Samuel_Belkekett
InvitéPas mal !
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Sam Groku
InvitéBof, lapidaire et lacunaire, comme d’hab chez moi, mais confondre des scientiques comme Bourdieu et Chomsky, avec des charlots comme Rancière ou Barthes, ce n’est pas méprisable, c’est obsène. D’ailleurs, je reviens demain avec Raymond Picard, qui a écrit « nouvelle critique ou nouvelle imposture », sur Barthes and co, qui prouve que même en matière littéraire, le principe de non-contradiction et autres perits accessoires théoriques ont leur utilité…
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Sam Groku
InvitéExcellent bouquin ici present: Raymond Picard / Nouvelle Critique ou Nouvelle Imposture – Anna’s Archive https://share.google/Iz93jNboXvtovhhai
Et je reviendrai aussi sur le bouquin de Berthelier, qui ne sait pas qu’Audiard etait de drouate plutot « radicale », n’a pas lu, trop oqp à mépriser les debilos qui suivent Philosophyissexy sur instagram.
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Sam Groku
InvitéIl manquait une relative, « que Begaudeau n’a pas lu », pensant que la thèse du bouquin etait dans le titre. Eh non, dommage! :/
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Samuel_Belkekett
InvitéHeu… Je pensais que tu te voulais ironique dans le fait que Bégaudeau confonde Bourdieu et BHV heu BHL « qu’il ne voit pas la dorsale océanique entre Bourdieu et BHL » pourquoi c’est ce qu’il dit dans le livre ? C’est tout de même très étonnant.
.
« De fait, Bourdieu n’est pas un créateur de concepts bidons à la Derrida ou Foucault. »
Bourdieu lui-même admirait Foucault et pensait même que bien des foucaldiens l’avaient mal compris. La scientificité de Bourdieu n’est pas à comparer à la philosophie d’un Foucault. Ni d’un Derrida.
Es-tu obsédé par la preuve scientifique ?
.
« mais confondre des scientiques comme Bourdieu et Chomsky, avec des charlots comme Rancière ou Barthes, ce n’est pas méprisable, c’est obsène. »
Heu… Ha bon. Si Chomsky est scientifique c’est égard à sa grammaire générative et non à son engagement politique pour lequel il ne revendique aucunement la science. Bourdieu rêvait d’une sociologie scientifique ce qui ne veut pas dire qu’elle l’était ni qu’il avait raison.
Picard, Barthes, polémique un peu moisie aujourd’hui.
Pourquoi ne revendiques-tu pas Jean-François Revel, pendant que tu y es ? Toi qui aime les esprits scientifiques.-
Sam Groku
InvitéPicard, Barthes, polémique un peu moisie aujourd’hui.
Non.
Les mêmes problèmes se posent aujourd’hui. Bricmont et Sokal en ont remis une couche, y a 25 ans, mais mêmes barbouilleurs, ou leurs héritiers, continuent d’enfumer le paysage intellectuel. C’est un débat actuel, et inactuel. Bref. Bourdieu n’a pas essayé de faire de ka socio une science, c’en est une, mon cher.
On parle de mépris ici. Tlm méprise tlm, c’est très bien distribué. Seulement, quand on se pique de vouloir s’interroger sur la « valeur » de l’héritage ou de la renommée d’un mec, ce serait bien de savoir de quoi et de qui on parle. Tiens t’en à la botte, cordonnier. Tiens t’en aux analyses d’affects interpersonnels dans lesquels tu excelles François. Laisse la pensée et la science, aux penseurs et aux scientifiques. L’intelligence, car c’est de ça que parle FB, au debut de l’essai en ts cas, les scientifiques l’adresse sous le nom de facteur G. Alors, certes la myéline sur les axones joue un rôle important, c’est la vivacité d’esprit. Mais des gens comme Bourdieu, Pascal, ou Descartes, je cite ces 3 là car leur excellence en humanités et en mathématiques en font un certain archétype du « génie ». Ils avaient aussi, obligatoirement, une mémoire de travail titanesque. Qu’est ce à dire? C’est ce qui permet d’être un aigle en maths surtout, aux e hecs en blitz et et en bullet, c’est la somme d’information qu’est capable de manipuler un individu sur une certaine durée, on dira la memoire vive.
Enfin, bien sur la memoire semantique, qui permet decs’amuser entre des dizaines de disciplines. Bref. Bégaudeau a raison de toiser le rappeur écrivain. C’est de son niveau. Pour Bourdieu, il devrait s’en tenir à la botte. Sinon cela a un nom, barbare: ultracrépidarianisme.-
Sam Groku
InvitéD’ailleurs, la psychologue, c’est précisément le grand talent de Proust. Qui disait de lui-même qu’il n’était pas intelligent. Pose toi la question François, pourquoi cet homme si fin et subtile, dans son auto-analyse et celle de ses semblables, disait il cela?
Et tu es très loin de Proust, sans doute, mais ce serait ton genre d’intelligence… -
Samuel_Belkekett
InvitéGroku… Ici Belkekett.
1) « Laisse la pensée et la science, aux penseurs et aux scientifiques. »
.
Cette remarque Groku, en dit long sur tes appréciations.
Cette remarque Groku, dit que tu distingues pensée et science et combien tu aurais raison Groku, si seulement tu comprenais ce que penser veut dire.
Il faudrait que tu m’expliques pourquoi tu dis, donneur de leçons que tu es, qu’il faut laisser la pensée aux penseurs, que tu distingues de la science et des scientifiques, si les Barthes, Foucault, Derrida, Rancière etc sont de vulgaires cloches, des charlots en un mot des imposteurs ?
Sais-tu au moins pourquoi il est nécessaire de distinguer les sciences et la pensée ?
Heidegger l’a dit et personne ne l’a mieux dit, ce qu’il a dit mieux que personne est la chose suivante : « La science ne pense pas ».
Si Bourdieu produit de la réflexion c’est que sa sociologie ne s’affirme pas seulement par des statistiques, des quotas, des enquêtes issues d’observations empiriques, méthodologie quantitative et qualitative, mais le tout dans une mise en forme symbolique inéluctablement faite de spéculations conceptuelles constituées d’interprétations, d’évaluations, de valeurs. Que Bourdieu ait voulu que tout cela se résorbe scientifiquement tient davantage de son désir personnel, mais les sciences sociales sont, que tu le veuilles ou non, bâtardes. Elles imitent les sciences dures prisent pour exemple. Ni l’épistémologie ni la théorie de la connaissance n’affirment que les sciences sociales sont des sciences dures, mais des savoirs issus de l’observation. De plus, la pensée est encore autre chose. C’est davantage que de réfléchir des connaissances. La pensée se nourrit des travaux des différentes sciences sociales mais précisément pour les déjouer, pour les dévier. Aller en deçà des représentations, au-delà de la visibilité du social, plus radical, la racine même des conditions de possibilité, d’émergence, d’apparition des phénomènes. Les signes sont en deçà des faits sociaux. Atteindre la singularité des phénomènes, la consommation, la production, la communication, l’information, le média et non les médias, le média comme médiation. Bref ce qui sous-tend les phénomènes sociaux.
2) « Bourdieu, Pascal, ou Descartes, je cite ces 3 là car leur excellence en humanités et en mathématiques en font un certain archétype du « génie » »
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Tu mets ces 3 auteurs sur le même plan pour nous parler de leurs goûts communs pour les sciences et mathématiques sans même mettre en relief l’évidence de leurs différences. D’abord pour Descartes et Pascal, qui fut à l’époque une polémique qui fit dire à Pascal à propos de Descartes « Inutile et incertain », Descartes qui par sa méthode voulait parvenir aux certitudes scientifiques. Si tu considéres les pensées de Pascal comme scientifiques ou comme un discours de la méthode, relis-les. Il est tout de même notable que Bourdieu se sente plus proche de Pascal que de Descartes.
Pour en arriver au cœur de tes posts, à savoir François Bégaudeau. Qui n’est ni un scientifique, ça on le sait, mais non plus un penseur mais plutôt un écrivain et essentiellement un PANPHLETAIRE. Il offre dans ses essais, dans sa parole public aussi, les signes de l’idéologie marxiste. Il parle de lutte des classes, de domination, d’idéalisme à droite, de racisme, de capitalisme, autant de signes qui renvoient aux structures de gauche radicale marxiste. Et c’est loin d’être inutile par les temps qui courent. Moi ça m’a permis de me recentrer sur.. heu… sur… bon, qu’importe mon cas personnel, le fait est qu’il a raison. Comme tout bon panphlétaire, il a son originalité propre en expérimentant sur lui-même ce dont il parle, ce qui n’est pas inintéressant. Pour ses romans c’est un peu autre chose. Il a sa propre langue. Sa personnalité littéraire, on aime ou pas mais on ne lui reprochera pas de ne pas travailler son style. Même si toute son écriture romanesque est traversée par cette armature théorique qui soutient sa démarche littéraire.
En clair vouloir lui donner des leçons de sciences, équivaudrait à te donner à toi des leçons de pensée. Toi le scientiste qui ne pense pas.
Ainsi parlait Belkekett… -
Samuel_Belkekett
InvitéHey Groku, Proust psychologue par les signes. Avant tout.
Donc pas une intelligence rationnelle proprement dite.
T’arrives à comprendre ça Groku/Grocervo ? -
Samuel_Belkekett
InvitéGroku ? J’espère que tu ne comptes pas t’asseoir sur Belkekett si facilement ?
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Sam Groku
InvitéOui. Sauf que on peut justement quantifier et qualifier le poids et le statut de Bourdieu. Et pas par du bruit. J’apprécie FB, attention. Je suis très pauvre, et ai pourtant acheté une dizaine de ses bouquins depuis « histoire de ta bêtise ». Dire qu’il a une intelligence proustienne, est ce une insulte? Et pourquoi, Proust, vénéré par tt ce qui lit des livres par 3m de hauteur sous plafond, dans ce pays, pour sa maestria et subtilité de dentelière dans la description de nos affects, etc. Pourquoi dit il de lui meme, dans la recherche d’ailleurs, qu’il n’est pas intelligent? Car il est lucide. Il y a Valéry, ou Mallarmé pas loin, il garde son couloir, dans le boudoir, avec les fanzouzes de FB, à discutailler relations et thé de spécialité.
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Samuel_Belkekett
InvitéSi je suis ton raisonnement, ce qui déjà est une épreuve, tu prétendrais que l’intelligence concerne la réflexion scientifique alors que Proust et Bégaudeau eux, ont droit à une intelligence toute relative c’est ça ? Une fine psychologie qui ne serait que subtilité sensorielle c’est bien ça ?
L’intelligence serait donc quantifiable et calculable objectivement ? -
Sam Groku
InvitéC’est un theme que g creusé, trop de temps a perdre sans doute, et comme tu sais lire, je vais tacher d’etre e haustif. Dem1. Bonne soiree
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Sam Groku
InvitéEn teaser, courtoisie du maître, on veut ce qu’on peut. Et donc. Quand on ne peut pas lire de la philo, cf « du mépris », on creuse le plus là où on à pied. Ici les affects~~ Par défaut.
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ToutSeigneurToutHonneur
InvitéRe, dsl du retard. Alors, Pascal car il a inventé la pascaline prelière calculatrice de l’histoire, Descartes était aussi un grand mathématicien, on lui doit les équations cartésiennes, du type, y=x^2 – 7, et boubou etait aussi bon en lettres qu’en maths.
Bref.
Pour le côté quantifiable de la qualité reconnue, par ses pairs, du travail d’un scientifique, et pourquoi j’invoque h24 les citations, j’ai l’impression de parler dans le vent, donc me suis fait aidé par ClaudeAI, la fin est spécifique à mon métier, mais c’est interessant aussi, dans la mesure où les gens devraient un peu pkus s’interroger sur les algos de classement de Google. Même si il est clairement en voie x’obsolescence accélérée cf l’AI.Sur les citations: ## Citation dans l’article scientifique
**Principe de base**
Quand tu avances une affirmation dans un article scientifique, tu dois pointer vers la source qui la justifie. La citation = lien entre ta claim et la preuve externe qui la supporte.
Deux composantes :
– **In-text** → marqueur dans le corps du texte (numéro, auteur-date)
– **Références** → liste complète en fin d’article avec toutes les métadonnées de la source—
**Pourquoi c’est critique**
**1. Vérifiabilité**
Le lecteur peut remonter à la source, vérifier que tu n’as pas tordu les résultats. C’est le fondement de la réplicabilité scientifique.**2. Traçabilité du savoir**
Chaque article s’inscrit dans une chaîne. La citation montre d’où vient une idée, qui l’a formalisée, comment elle a évolué. C’est la mémoire collective de la discipline.**3. Attribution**
Tu reconnais le travail de ceux sur qui tu t’appuies. Ne pas citer = plagiat, même involontaire.**4. Crédibilité**
Un article sans citations solides = opinion. Avec citations = argument ancré dans la littérature existante. Les reviewers et lecteurs évaluent la qualité des sources autant que le contenu.**5. Impact scientifique**
Les citations reçues mesurent l’influence d’un travail. C’est le signal principal dans les systèmes de ranking académique (h-index, facteur d’impact des revues).—
**Les styles majeurs**
| Style | Domaine | Format in-text |
|—|—|—|
| APA | Sciences sociales, psycho | (Auteur, 2024) |
| Vancouver | Médecine | [1] |
| Chicago | Lettres, histoire | note de bas de page |
| IEEE | Ingénierie | [1] |—
**Le parallèle SEO**
C’est exactement le même mécanisme que les backlinks : une citation = un vote de confiance vers une source. Google a d’ailleurs modélisé PageRank sur la bibliométrie académique (les travaux de Brin & Page citent explicitement les index de citations scientifiques).
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Sam Vatresbien
InvitéCoquille page 95: j’aime Maradona, notamment like a virgin. Cause perdue, les prolos de la correction?
Blague à part, c’est brillant et passionant, sur kes bacjac, les intouchables, et d’autres. Le popu-nombre qui a le goût de la norme, et pas du peuple.
Le goût qu’on lui a donné quoi..!
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Sam Groku
InvitéD’ailleurs, n’hésitez pas à m’envoyer gracieusement le prochain essai à décoquiller (meme en .epub). Je lis pas particulierement vite, mais ce genre de bons essais si.
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Chimène Baddie
InvitéUp, les fanzouzes font corps.
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ToutSeigneurToutHonneur
InvitéJe laisse mon mail, je postule officiellement : toutbientouthonneur@hobbowsandco.com
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François Bégaudeau
Maître des clés« Coquille page 95: j’aime Maradona, notamment like a virgin »
oups
désolé-
ToutSeigneurToutHonneur
InvitéJ’ai pensé que cetait une coquille, dans la mesure où la liste serait premdeg. 😉
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Samuel
InvitéSi j’existe, c’est d’être fan, a dit Obispo, et pourraient dire les groupies et les fanzouzes. J’ai un mépris total pour les suiveurs, les suceurs, et donc les groupies. L’enfer. En parlant de K Pop, c’est du soft power, il ne faut pas oublier que la Corée du Sud a mis en place la « hallyu » pour bombarder le monde de ces choses, comme les américains, et les japs peut-etre, je dis peut-etre car je suis pas sûr. Les japs étant le peuple raciste et méprisant parmi les racistes et les méprisants*, il se peut que le succès des mangas japs et animés ne soit du, à la base, qu’aux diverses importations type club dorothée and co. FB a raison, le mépris n’est une passion triste que quant il est orienté vers soi même. Et oui, le mépris est bien supérieur à la rage, car il est une protection et non un poison! Pour autant il y a beaucoup de mépris différents, pas seulement dans les relations, mais aussi juste dans la raison du, sa généalogie, son caractère justifié, ou non, mais bref. Livre passionnant, comme tous les essais de François Bégaudeau je dirais. Avec un fin à la « notre joie », pour nous encourager à chérir nos mépris car ils sont nous, eh oui. Priser, donner du prix, mépriser, dévaluer absolument. Je prise la prose du prof. Et le pauvre Gael Faye, laissez le profiter un peu, non? Le Goncourt étant dans tous les cas une bonne blague. Cf video de Keskonlit sur le sujet, édifiant…
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François Bégaudeau
Maître des clés« Je sais ce que je méprise »
Annie Le Brun-
Sam Vatresbien
InvitéYes, définition de soi en négatif?^^
Et je plussoie sur l’appropriation culturelle. Quand Kim L fait des tresses/breads, ça crie à l’appropriation culturelle. Mais quand un pote béninois rend sa douce FR, et d’albatre, tellement love qu’elle ne met plus que des boubous et apprend à cuisiner afro, alors il est félicité par la diaspora pour sa micro-colonisation…-
Sam Vatresbien
InvitéKim K*

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Sam ApprendLaSensation
InvitéPar association d’idées, je suis revenu à l’écoute de la recherche. Pourquoi une écoute? Ben, malgré tout, j’aime garder mes temps de lecture pour des auteurs que je veux lire absolument, et dont la prose n’est pas dispo en audio. Et c’est très dense, donc ne laisse pas d’autre loisir que d’être concentré pour entendre, comprendre, sentir, ressentir, s’extasier…Aussi, l’incroyable faculté qu’a Proust de nous dire ce que nous voyons, de nous faire réaliser ce que nous vivons, est, aussi fabuleuse que faramineuse. J’ai longtemps dédaigné Proust, par snobisme, p-a-r-a-d-o-x-a-l-e-m-e-n-t. Si tous ces bourgeois de France Culture qui me prouvent leur inanité à longueur d’antenne sont tous en pamoison devant lui, il ne peut être foncièrement un grand écrivain… Quelle erreur! Quand Proust parle de la nouvelle rencontre de Swan, avec la phrase musicale de Vinteuil chez les Verdurin. Comme il en fait une femme grandiose, qui élargit même l’entendement de la beauté de Charles Swann. Ca n’a aucun sens tellement c’est exceptionnel. En vérité, voilà un excellent sherpa pour commencer de vivre ce que l’on vit… Jedois enfoncer encoe plus des portes ouvertes que d’habitude pour vous, cher lettrés mais enfin… C’est mon côté Faille.

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Samuel_Belkekett
InvitéRenvoi de Belkekett dans le fion de Proust…
Ne jamais se laisser avoir par le… Dis-moi qui te lit et je te dirais quel écrivain tu es…
Même le grand philosophe français Raphaël Enthoven a chanté les louanges de Proust à longueur de journée. Céline a voulu tourner la page Proust, lourde page, lourd défi. Il y est parvenu, mais cela ne veut pas dire qu’il n’aimait pas Proust. Changement de paradigme littéraire d’une certaine façon.
C’est pour ces raisons et bien d’autres que j’encule Proust.
Mais sodomie effectuée, on doit avouer qu’on ne s’y trouve pas si mal. En s’enfonçant plus profondément on fini par se détendre, se relaxer et s’allonger sur le dos de Proust afin de l’explorer, de long en large en avant et en arrière, sans jamais en sortir ni même redescendre. Si bien qu’en phase de jouissance finale pour la journée on en sort, vidé, extasié, lessivé dans l’attente du lendemain.
Post coïtus animae triste.-
ToutSeigneurToutHonneur
InvitéOui!
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François Bégaudeau
Maître des clésLe mardi Gaël est digne de pitié, le mercredi il est pitoyable, qui jalonne son roman Jacaranda de tournures comme « mon coeur s’est mis à battre à tout rompre », « applaudir à tout rompre », « une coquette somme d’argent », « des éclairs zébraient l’obscurité ». Tournures toutes faites, associations de mot livrées clé en bouche et régurgitées telles quelles, pavloviennes, automatiques : la somme est invariablement coquette, le coeur bat forcément à tout rompre, et l’on applaudit dans les mêmes termes, et les éclairs et le verbe zébrer ne se quittent plus depuis l’invention des éclairs et du zèbre.
Le style de Gaël Faye est emprunté car il l’emprunte. Il contrefait ce qu’il imagine être la la littérature et qui n’est que le bien-parler. Le mercredi j’appelle académisme cet artisanat copiste. Ce recrachat.
Gaël Faye croyant écrire un livre écrit une rédaction. Dans le but de quoi il rassemble ce qu’il connait d’expressions bien tournées, gageant que le professeur ou quelque autre gardien de la correction appréciera.
Lors du troisième repassage, Faye, langue tirée, corrige « fait des travaux dans sa boutique » en « effectué des travaux dans sa boutique ». Le verbe faire appartient au registre moyen, le verbe effectuer au registre soutenu. La littérature selon Faye se gagne en se hissant au registre soutenu comme le FC Maubouse se hisserait en Ligue 1. Elle est cette alchimie qui transforme couilles en « parties intimes », ou « elle pissait » en « elle faisait ses besoins sous elle ». « Urinait » serait toléré mais c’est encore trop cru pour Gaël, « Faisait ses besoins » est mieux éduqué. Et si plaisant à l’oreille.« Plongé dans un livre du sociologue Emile Durkheim » est-il aussi écrit. Faye fabrique des livres conventionnés, et la convention veut qu’une dissertation complète un grand nom de son prénom et de sa profession, comme à la préfecture. Exemples : plongé dans une mayonnaise du cuisinier Alain Ducasse ; plongé dans une mission de l’agent secret Xavier Dupont de Ligonnès. Là dedans tout est bien expliqué, comme on dit d’une notice de Freebox. Cette textualité rassembleuse est sans ellipse ni zone d’ombre. Le copiste ne veut perdre personne et d’abord ne pas se perdre. Ne pas s’abîmer dans les vertiges du génocide rwandais son thème, ni dans la littérature vertigineuse qu’une pareille tragédie réclame, exige. Exige moralement. D’une morale littéraire. Mais Faye souscrit plutôt à la morale sociale. Il écrit en citoyen ; en pupille de la République.
Et donc quoi?
Et donc s’il se fait pupille il fait de moi un tuteur. Un professeur, légalement fondé à le corriger. Ainsi je barre « ignorant la brutalité du monde, excepté celle qui arrivait par la télévision » au profit de « ne connaissant la brutalité du monde que par la télé ». Je barre « J’ai les larmes aux yeux mais je réprime mon envie de pleurer » au profit de « je retiens mes larmes. ». Je suis odieux. Je suis meilleur écrivain que Faye, ce serait minauderie que de le nier, mais réécrire ses phrases est odieux. Un concentré de violence inégalitaire. Cent cinquante pages plus tôt j’aurais dit : un concentré de mépris.
Mais qui est inégalitaire ? Qui se moque de qui ? Qui se moque de Faye ? Moi qui dis l’indigence objective de ce roman, ou le jury Goncourt qui l’accueille dans sa dernière liste avec une mansuétude purulente de paternalisme ? Moi qui parle à Faye d’écrivain à écrivain, ou le jury de visages pâles qui récompense son ardeur à se conformer, l’encourage à poursuivre dans cette bonne voie, et se félicite que l’impétrant ait la politesse de taire la responsabilité post coloniale de la France dans le massacre. Voilà un bon sauvage comme on les aime, quelque manioc qu’il ait ingéré : francophile et doué en orthographe.Je ne méprise pas Gaël Faye d’écrire scolaire – il n’est pas responsable de sa mise aux normes par l’école quinze ans durant. Je le méprise d’abdiquer sa sauvagerie. De refouler sa force irréductible, son idiosyncrasie, pour se plier aux normes sociales et stylistiques. De se compter parmi les faibles.
En deux romans, Faye a été plus traduit que moi en vingt. À l’automne 2024 Jacaranda se vend à 100.000 exemplaires, mon Comme une mule à 8.000.
Je serais jaloux que ça ne m’étonnerait pas.
Reste que sa force économique me donne le droit d’être rugueux. Le devoir. En ces lignes j’agis en lanceur d’alerte. De la fausse monnaie circule qu’un jeu de dupes a colporté, arrêtons ce trafic.La Congrégation Mondiale de la Sainte Fragilité m’objectera que la force économique de Faye est contrebalancée par deux handicaps : son origine ethnique et son origine artistique le rap. Mon évaluation esthétique devrait prendre en considération, non le texte Jacaranda, quelle drôle d’idée, mais le double passif de son auteur. D’un garçon si mal parti dans la vie, mon appréciation sur le bulletin devrait d’abord complimenter le choix d’écrire un roman plutôt que de vendre du crack ou d’égorger un Hutu. Un bon roman ce sera pour plus tard, l’éducation c’est step by step, on n’apprend pas Heidegger en sixième. Je dois accorder mes attentes au rythme des tropiques.
Jacaranda c’est nul mais pour un Noir c’est déjà bien.
Pour un rappeur.
Pour un jeune.
Qui méprise qui ?Je suis blanc, ex-prof, écrivain. Je suis donc prié de ne pas abuser de ma triple position dominante en taclant monsieur Faille. Je dois taire ma consternation à la découverte de plats paragraphes que je ne pardonnerais pas à un égal. Je dois être grand seigneur, plus châtelain que jamais. Je dois le traiter en enfant attardé, comme l’a fait l’Académie Goncourt en le discriminant positivement, la bonne conscience coïncidant en l’occurrence avec l’option marketing de déblanchir ce prix ancestral.
L’Académie méprise Faye qui se méprise. Qui méprise l’inférieur social et racial qu’il se sent être.
Je méprise le mépris que Faye se voue au point de quémander la reconnaissance d’un jury dont ce faisant il avalise la supériorité sur lui.
En général j’ai des indulgences pour le besoin d’amour ; tout le monde n’a pas eu la chance d’une mère aimante. J’en ai moins pour la version sociale du besoin d’amour : le besoin de reconnaissance. Faye n’avait pas son content comme rappeur, il a voulu être admis dans la grande famille des lettres.
Donc le rap ce n’est pas des lettres ?
Qui méprise qui ?-
Samuel_Belkekett
InvitéUn jour un journaliste dit à Gainsbourg, en pleine période Gainsbarre, précision importante, il lui dit : Mais c’est honteux musicalement déjà, il n’y a que 3 misérables accords dans vos chansons, qui tournent en boucle, pas plus de 3 ou 4 phrases bassement provocatrices, c’est horriblement creux tout ça et le pire c’est que vous avez un succès mirobolant. Mais comment est-ce possible ?
A quoi Gainsbourg répondit seulement ceci :
C’est ça la classe ! -
pois mascate
InvitéExposer le racisme – que prétendument on dénonce, qui supposément n’est pas le sien.
Le vendre – accessoirement
J’espère que ces lignes lui parviendront, et qu’il répondra.-
François Bégaudeau
Maître des clésje l’espère aussi
mais que répondra-t-il?
que « battre à tout rompre » est une trouvaille stylistique?-
pois mascate
InvitéSi un premier roman en 2016 et le suivant en 2024, c’est « voul[oir] être admis dans la grande famille des lettres », pourquoi pas.
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Claire N
InvitéCe texte est particulièrement intéressant par la saisie scolaire qu’il fait
J’ai souvenir au collège d’un exercice de rédaction – et d’une mauvaise note sur la consigne suivante
« décrivez un buffet merveilleux «
Quand j’ai mis le nez dans la copie de ma voisine Magalie – j’ai compris le hiatus
Les points étaient pour la richesse du vocabulaire
Ayant attrait à la représentation de l’abondance
Il fallait du moult chouquettes-et des saucisses dithyrambiques
La consigne etait simple : présenter un étalage de produits calibrés et deja scolairement manufacturés – un jeu de la vendeuse en quelque sorte
J’ai décliné l’offre d’emploi
Et ma mère s’est vu convoquée afin que la prof comprenne pourquoi elle ne me supportait pas
Je me suis vengé dans mon coin avec un texte sur la motricité du corps gourmand -
François Bégaudeau
Maître des clésc’est à dire?
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François Bégaudeau
Maître des clésquestion à pois
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pois mascate
InvitéTu expliques qu’il écrit mal, il a sorti 2 romans : Quid des grandes ambitions littéraires.
Tu lui prêtes des intentions (bien pures), sembles lui nier toute prise de distance, et le figures totalement dupe de la copie qu’il rend (en avez vous parlé ensemble ?) Etc etc.
Moi, c’est vraiment une réponse de sa part qui m’intéresserait.-
François Bégaudeau
Maître des clésTu te répètes, je me répète aussi : une réponse de sa part t’intéresserait, moi aussi, (mais prépare toi à ce qu’il n’y en ait pas, comme il n’y en aura pas de Rose Lamy)
Par ailleurs tu es bien approximatif. Je parle d’être admis dans la grande famille des lettres, tu parles d’ambition littéraire. Ce ne sont pas les memes mots, et pour cause : ce n’est pas du tout la même chose. Ce serait même presque le contraire. Une ambition littéraire concerne la qualité des oeuvres, la volonté de faire de grands livres. Entrer dans le ponde des lettres, c’est une ambition sociale, suturé à un affect : la volonté de reconnaissance. En l’espèce la volonté d’etre reconnu par des instances de légitimation. C’est bien une ambition de bon élève. Et c’est pourquoi il change faire en effectuer.-
pois mascate
InvitéMoi l' »ambition de bon élève » ça ne m’irrite pas. Au vrai on s’en fout complet. Le problème c’est ton truchement infantilisant.
J’attends sa réponse.-
Claire N
InvitéTon usage du mot infantilisant
Me semble un retour assez persévérant
De celui de mépris en l’espèce -
François Bégaudeau
Maître des cléstu t’en fous complet mais t’y arrêtes depuis hier
si l’ambition de bon élève qui transpire d’un livre t’importe peu, c’est que la littérature t’importe peu
il va d’ailleurs sans dire que tu n’as pas lu Jacaranda
et par ailleurs tu attends une réponse qui n’arrivera pas
le vide semble ton lieu -
Greenwashing
InvitéFrançois: « Je le méprise d’abdiquer sa sauvagerie. De refouler sa force irréductible, son idiosyncrasie, pour se plier aux normes sociales et stylistiques. De se compter parmi les faibles. »
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On dirait Claire N qui vilipende la politesse alors qu’elle se vexe comme une gamine quand on la traite de conne.
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Schnoups
Invitéérotomane, suite :
Version courte pour les flemmards ou les crevards comme disait PEB à son apogée :
D. l’enseignante spécialisée avec qui je bossais était dans une drague libidineuse de tous les hommes à son goût, avec une drague très portée sur le toucher et sur le rentre dedans incisif, voire agressif. Elle était persuadée que le proviseur en pinçait pour elle alors que pas du tout, elle draguait son vieil ami J depuis presque 20 ans, et entretenait des relations compliquées avec sa femme. Elle était aussi persuadée que son aesh notoirement homosexuel était amoureux d’elle. J’ai déclenché en elle une réaction violente lui mettant sous le nez un réel pas à son goût, à savoir qu’elle n’était pas le centre du monde (pour rejoindre ce que suggérait Nefa il me semble – revenant une fois d’un arrêt maladie de trois semaines pour dépression, elle s’est plaint d’un commentaire de l’adjointe lui certifiant que tout s’était très bien passé malgré son absence). Son ami J devenait aussi mon ami (tout comme sa femme), j’allais passer la dangereuse ligne de la sphère pro à la sphère privée, ce qu’elle ne souhaitait pas. Elle entretenait dans le privée une sorte de cour masculine qu’elle alimentait par son humour et son penchant pour les sujets sexuels. Me faisant draguer par un pote à elle qu’elle allumait par ailleurs elle a commencé à sérieusement vriller.
Dans ses moments de dépression tout au long de l’année elle se transformait physiquement (visage rouge gonflée, yeux globuleux, cheveux décoiffés) et elle a usé de son statut et de l’aide de la proviseure qu’elle s’était mise dans la poche pour que je dégage de sa vue. Elle a une grande capacité à se mettre dans la poche les personnes décisionnelles, notamment l’Inspectrice qui a ordonné mon affectation dans un autre établissement malgré les preuves écrite de ses fautes professionnelles.
Elle se raconte que les problèmes répétés avec les autres femmes sont la conséquence d’une forte jalousie envers elle, à cause de son succès avec les hommes, mais un jour elle s’est interrogée devant moi, se disant qu’elle devait y être pour quelque chose. Comme un mythomane elle se persuade de choses fausses mais sait un peu quand même qu’au fond c’est faux. Quand les événements la placent devant cette fausseté elle devient furieuse et ça devient impossible de ne pas contenir une colère qui devient haine, haine qu’elle dirige plutôt vers une femme, pas son ami J qui ne veut plus la côtoyer mais une femme, une autre qui serait la cause de tous ses malheurs. Je ne suis évidemment pas la première a avoir vu la bête.-
Schnoups
InvitéLa version longue pour les vaillants-es, les guedins-es :
J’ai travaillé presque trois ans avec D, enseignante spécialisée, fonctionnaire depuis presque 30 ans, spécialisée depuis certainement 15 ans qui est donc bien en place, respectée malgré la réputation réelle de faire en sorte de ne pas avoir des élèves trop compliqués et elle s’en sort bien puisqu’elle est en lycée. Elle a en plus bien fait ses classes en passant par le poste maudit d’enseignante référente, suite à quoi elle a fait un burn out et un arrêt maladie prolongé.
J’ai tout de suite vu qu’elle avait une libido exacerbée, elle m’a rappelée d’emblée l’écureuille qui harcèle Merlin lorsqu’il est malencontreusement transformé, vous savez, celle qui se frotte à lui tellement elle en peut plus de son joli poil gris bleu irrésistible. Elle me racontait que anciennement les collègues prof de menuiserie étaient bien mieux que les actuels, et les anciens elle les touchait dès qu’elle pouvait, de son propre aveu elle tâtait leurs muscles à la moindre occasion (détail, elle est mariée). Elle allumait le collègue de chaudronnerie qui répondait gentiment à tout ça, elle n’est amie qu’avec des hommes au boulot, sympa pour le travail avec les collègues femmes mais dans ce lycée où elle exerce depuis plus de 15 ans, seulement les hommes sont des amis, dont un en particulier, J dont la femme est aussi au lycée et avec qui la relation est très compliquée. Deux trucs me font tiquer dans un premier temps, son attitude amourachée envers le proviseur qu’on a eu pendant deux ans et un flirt agressif disons. Au delà d’un simple flirt pour s’amuser je vois qu’elle y croie, qu’elle commence à me décrire les moindres discussions comme une collégienne de 13 ans qui voit des signes partout, ce qui me lasse grandement, j’écourte comme je peux ses « récits ». Un jour on va manger au restaurant pédagogique (où ce sont les élèves qui préparent le repas), le pro y est avec sa compagne, et là je vois que ça la rend mauvaise, une rage contenue, elle ne cause plus, elle ne pense qu’à ça, essayant de les observer le plus possible. Repas dans le bide, en direction du café en des profs elle ne peut pas s’empêcher de me dire que, quand même le pro la déçoit, ah bon pourquoi ? parce qu’il pourrait avoir mieux, c’est à dire ?! – là je suis surprise parce que sa compagne est jolie, souriante, D ne s’aime pas, c’est un point important, elle est bien ronde et bien grande et un jour elle m’a dit « je ne me sens pas en accord avec ce corps », – j’ose donc lui dire que moi je la trouve quand même pas mal du tout sa compagne, et elle ajoute « elle a rien, elle manque de formes ». Je trouve ça cocasse.
L’autre événement qui me fait bien tiquer c’est qu’elle va loin dans le rentre dedans en dessous de la ceinture, un peu dans tous les sens du terme. Elle s’arrangeait toujours pour aller manger à l’heure de repas du pro et j’allais toujours la retrouver alors que moi les repas avec le pro, la CPE et l’adjointe commençaient sérieusement à me fatiguer. Un jour, sourire coquin aux lèvres elle me dit, eh Schnoups, tu voudrais pas raconter la dernière de G. au proviseur ?
Mes deux premières années je suivais un élève, G, qui pétaradait la testostérone, gonflé à bloc de désir sexuel qu’il était, un sacré festival bien gorgé, bien intense, avec la force de son âge. élève qui excitait D d’ailleurs. Avant qu’il ne se trouve une copine ses discussions tournaient beaucoup autour du cul, et il me cherchait souvent comme interlocutrice privilégiée de ses « questionnements hormonaux » pour la provoque et pour vraiment apprendre des choses sur les femmes. G. avait une gouaille, en plus, irrésistible, il était très drôle et donc il y avait souvent des épisodes à se raconter. Elle me demande donc de raconter la dernière au pro, or c’était pas possible de raconter ça à ces gens coincés, vraiment raides, dans une telle ambiance chiante et silencieuse. Ils étaient donc dans leurs costumes de PDG face à leur purée de cantine et prise au dépourvue, je bégaie l’épisode (honte à moi, je ne me souviens plus, un truc du genre G me demandant si je connais le Cap D’Agde et ce que fellation veut dire, c’est juste pour donner une idée), je raconte, gros blanc des 5 personnes présentes, D jubile, les autres fixent leur purée dégueulasse, je termine donc en disant « voilà ce que D voulait que je vous raconte », l’air de dire, elle en rate pas une la meuf. Pour la mettre mal à l’aise à mon tour et lui faire bien comprendre que la prochaine fois je l’enverrai bouler je raconte ce qu’elle m’a fait faire à la cantine aux collègues en salle des profs. La femme de J qui est assise à côté d’elle me dit, « ça ne m’étonne pas ». D. essaiera encore à un autre repas avec le pro de me faire raconter la dernière de G.
Faut savoir que ça se passait très bien entre elle et moi, on bossait super bien ensemble, elle me décrivait comme la perle des perles, on mangeait tout les jours ensemble, on covoiturait quand on le pouvait mais rien dans le privé, une amitié professionnelle disons.
Les problèmes avec moi ont commencé quand J. (ami dont elle est amoureuse et dont elle doit penser qu’il l’aime un peu quand même) a voulu m’inviter à son repas de fin d’année, c’est à dire quand j’allais passer de la sphère travail à la sphère privée et quand j’ai passé mon DU sur l’autisme et qu’elle disait que j’allais devenir plus calée qu’elle. Lorsque j’ai parlé des pbs à la femmes de J elle m’a dit, je me disais bien qu’il se passait un truc parce qu’en juin dernier (or pour moi les soucis débutaient en septembre, c’est à dire trois mois après), elle a déconseillé à J de t’inviter à son repas, parce qu’en soirée tu serais « incontrôlable ». Moi qui suis une vraie bonne sœur. En septembre quand il m’invite pour ses vendanges (il est aussi vigneron) elle ne peut pas s’empêcher de faire la gueule, quand il me propose de m’embaucher au black sur ses vignes elle me dit « mais qu’est-ce qu’il lui prend ? ». Quand je mets une jupe elle me dit, « hum, tu devrais prendre le soleil, tu es bien blanche », et un jour, inconsciente, je lui dit que son pote marié qui vient deux fois par an les saluer au lycée me drague comme un gros bourrin et là elle se décompose.
Au fur et à mesure que l’automne avance elle se transforme radicalement, crise de colère quand elle rentre de son restau à 14h et qu’elle me voit en train de travailler sur les dossiers des élèves entrants (elle s’excuse dans la foulée tellement c’est gros, et par texto le soir), puis elle refuse tout bonnement de m’adresser la parole, m’empêchant de lui faire des transmissions et ne me donnant plus aucune info sur les élèves, son agressivité suit la vague de ses humeurs. Au cœur de ces vagues elle se transforme physiquement, joues rouges, yeux exorbités, cheveux en pagaille, regards furieux dès que je l’approche. Comme mon travail devenait de plus en plus compliqué et vachement moins passionnant je fais grève systématiquement, ce qui la met hors d’elle. C’est à partir de là que c’est sérieusement parti en vrille, se mettant en faute en attaquant mon droit de grève, soutenue par une proviseure pitbull qui a redoublé la faute par mail.
Cerise sur le gâteau, j’ai par la suite découvert que le fameux ancien AESH qui m’a précédée n’était pas vraiment amoureux d’elle, comme elle me le disait, les collègues m’ont expliqué qu’il était très visible qu’il n’était pas du tout intéressé par les femmes, il avait plutôt dragué mon collègue syndiqué.
Elle s’est aussi placée dans une forme de silence, ne voulant jamais de médiation, jamais dire au collègue syndiqué qu’elle connaissait et appréciait pourtant depuis 10 ans ce qu’elle me reprochait, pourquoi menaçait elle tout à coup de faire un rapport sur moi ? Rien, je préfère rien dire. Par contre elle insinue des choses, elle aurait été très patiente avec moi, elle m’aurait beaucoup aidé. Cette forme de silence rejoint celui d’un mythomane, elle n’est pas vraiment dans la stratégie elle est plus dans l’incapacité pathologique de voir les faits parce que ça l’enfoncerait. Donc elle gomme, elle met sous le tapis, elle préfère ne pas dire. Tout comme pendant deux mois elle ne parlait plus à J et tout à coup, quand elle est revenue vers lui il lui a demandé ce qui se passait avec moi, elle n’a rien voulu dire, voyant qu’il était écœuré et que c’était fini de cette vieille amitié elle s’est barrée du lycée furax un matin à 8h30, quand les collègues ont signé la pétition pour que je reste au lycée rebelote, elle s’est barrée furax, lâchant un pathétique « bientôt la vérité éclatera au grand jour ! ». Je l’attends toujours.
Elle avait un groupe whatsapp avec que des amis hommes, avec qui elle discutait très en dessous de la ceinture, avec des trucs à la con qu’on peut voir circuler sur Facebook. C’était un peu sa petite cour. Elle m’avait une fois confiée, les yeux dans le vague que ses rapports avec les femmes étaient compliqués, elles lui en voulaient, la jalousaient ou je sais pas, c’est peut être moi qui provoque ça ? ça vient peut être de moi?.
Aujourd’hui je suis affectée dans un établissement avec l’une de ses meilleures/seules amies qui est aussi enseignante spécialisée. Je la connaissais déjà puisque j’avais fait mon stage pratique DU avec un jeune garçon de sa classe, une activité d’imitation qui s’est très bien déroulée. Elle est contente que je sois là, D. n’est pas rentrée dans les détails « je ne veux pas savoir ce qui s’est passé, je considère le fait de t’avoir comme une richesse », pourvu que ça dure, plus que deux mois comme on dit dans le métier.
Est-ce du mépris ? Vous avez 4 heures.-
Ostros
InvitéL’organisation verticale du travail produit systématiquement ce type de narration, qu’il est très difficile d’éviter, surtout si tu as des qualités humaines, pro, et que tu es jolie.
Je te dis bonne chance. Ça a l’air bien parti avec l’amie de D. c’est cool.
Cette femme est une dominante fragile. Elle a installé son système de domination sur le système qui l’avantage déjà et tu es venu perturber ces petites histoires. Elle est aussi immature. Ce qui donne des chefs monstrueux, et dangereux.
Il y a un truc pour se préserver c’est de ne pas mêler le privé et le pro. Mais ne pas investir les relations ça peut aussi se retourner contre toi dans ce genre de merdier.
C’était mon analyse de femmes d’expérience-
François Bégaudeau
Maître des clésBon morceau de vie
Cette femme, dirais-je, ne s’aime pas
Mais pourquoi?
Que sait on de sa vie?-
Schnoups
InvitéElle ne s’aime pas c’est sûr.
Elle ne supporte pas son physique d’une part, d’autre part elle m’avait confié qu’elle a eu jadis un grand amour, les deux étaient en couple et les deux ont trompés leurs conjoints pour ensuite se mettre ensemble. Par la suite il l’a trompée avec une autre et peut être qu’elle ne s’en remet pas vraiment. La première année, elle me disait souvent que ça allait craquer avec son mari actuel. Elle ne semble pas très heureuse dans son couple. Je n’en sais pas plus. Elle allait souvent en vacances dans sa famille mais je ne connais pas l’histoire familiale.
Et c’est sûr que le moindre compliment du proviseur était répété 30 fois.-
Claire N
Invité« Et c’est sûr que le moindre compliment du proviseur était répété 30 fois. »
C’est touchant et triste à la fois -comme il faut certainement être ete mal- aimé pour devenir si mal- aimable – ça fait penser à la soumission par le susucre-
François Bégaudeau
Maître des clésj’y pensais justement
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I.G.Y
Invité« Elle ne semble pas très heureuse dans son couple » : rire
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riviere
InvitéAh ah oui très drôle, le grillon du foyer se transforme en ogresse. Merci Schnoups de ces récits. Ce n’est pas commun un tel tempérament chez une femme, les dragueurs compulsifs sont plutôt vus et attendus chez les hommes. C’est l’aspect réjouissant de l’histoire.
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Schnoups
InvitéJ’ai évidemment pensé à tous ces films où la bonne est humiliée par la maitresse de maison. C’est certes un classique.
Par contre là où ça tique c’est que justement elle n’a pas été stratégique, parce qu’impossible de réfléchir correctement, ses réactions étaient irrationnelles, dictées par des pulsions qu’elle ne pouvait pas contrôler. Le fait qu’elle ne se contrôle pas sur la durée, sur un an en dit long je pense.
Elle connaissait mon tempérament et aurait dû se douter que je me défendrai et que j’ouvrirai ma gueule. Elle aurait pu se débarrasser de moi sans faire autant de conneries, sans se dévoiler aux yeux des collègues, sans perdre son meilleur ami. Autre chose très incohérente de quelqu’un qui ne veut pas voir la réalité en face c’est cette absence de communication avec J. pendant un mois (ce qui n’arrive jamais) et revenant vers lui pour reprendre là où ils en étaient, comme si le monde avait oublié comme elle a décidé un moment donné qu’il fallait oublier. Comme si le collègue syndicaliste n’était pas un super pote de J, comme si le syndicaliste n’allait pas raconter à J, sidéré et écœuré qu’il était, ce qu’elle me faisait avec en plus les textos et mails à l’appui, puisqu’un syndicaliste s’intéresse aux faits et aime les vérifier.
Quelqu’un de moins fragile psychologiquement aurait été beaucoup plus stratégique ou alors se serait complètement absenté en arrêt maladie jusqu’à la mutation.
Mais elle a voulu aller jusqu’au bout de son geste de haine, et je sais qu’elle est très contente en ce moment. Sauf qu’elle est très isolée, évite la salle des profs et mange tout le temps avec la direction. Elle va certainement rester dans ce lycée dans ces conditions, ce qui est très particulier encore une fois.-
Ema
InvitéOui c’est en effet un portait psychologique particulièrement singulier que tu décris la, les anglophones ont cette expression que j’aime bien pour décrire ce dont semble manquer cette femme, le self awareness, dont on a je crois pas trop d’équivalent en francais. Et oui c’est assez fou, au delà de tout le reste, de comprendre qu’il existe tout un tas d’individus évoluant sur terre dans une absence totale de conscience, même approximative, de l’image qu’iels renvoient, l’impression qu’iels font. Pour moi qui suis capable de ruminer une interaction 108 ans à me demander si j’ai fait quelque chose de mal ou inconvenant, rien ne pourrait m’être plus étranger.
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Malice
Invité@Schnoups merci pour ton récit, le comportement de cette femme n’est pas plutôt histrionique ( ou érotomane et histrionique combiné)? J’ai connu moi aussi une femme qui avait ce besoin d’une cour et qui sexualisait fortement tous les échanges ( et touchait parfois un mec devant sa copine par exemple)
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Malice
Invitéà propos des élèves paillards, je connais ça dans le cfa où j’interviens deux heures par semaine – et toujours les mêmes blagues scatos bien sûr
il faut que plus de filles bossent dans le btp-
Schnoups
InvitéAvec G. ça a été très sportif au début mais c’était aussi la timidité qui le rendait provoquant. Ensuite on s’est vraiment vraiment bien marrés. Comme je l’ai dit il était très drôle et la presque quasi totalité de sa classe aussi.
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Malice
InvitéJe fais la même expérience; ils me sortent des trucs parfois que je note dans un carnet tellement c’est de la poésie.
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Malice
InvitéCôté cinéma, la brune de Mullholland Drive ne serait pas un peu histrio?
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Schnoups
InvitéJ’en sais rien. J’ai déjà entendu le mot histrionique mais je ne retiens pas beaucoup les significations de ce genre de choses. J’ai du mal j’ai pas le cerveau pour ça, je peux parler de l’autisme mais c’est à peu près tout, j’ai lu plein de truc sur la schizophrénie et autre mais ça veut pas rentrer.
Je peux parler de la mythomanie parce que Axiome et un voisin que j’ai côtoyé qui était une répétition de ce genre de gars. Me faudrait un film sur un histrionique et qu’ensuite j’en rencontre un. Si ça pouvait attendre un peu par contre, faut faire des pauses.-
Malice
InvitéJ’avais découvert le terme justement à cause de la fille ( une vingtenaire, je précise – donc pas encore aigrie comme ton ex collègue) que j’ai décrite plus haut. Elle avait d’ailleurs un côté très jovial, vivant, je trouvais ça agréable ( d’autant plus que lorsque je l’ai côtoyée, j’étais dans une période très triste de ma vie) et je n’ai pas subi de dommage collatéral, contrairement à toi – mes condoléances et j’espère que ça se passera mieux maintenant.
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Claire N
InvitéOula c’est pas chouette
« je ne veux pas savoir ce qui s’est passé, je considère le fait de t’avoir comme une richesse »,
Sur le plan professionnel : ça je m’en méfierais encore plus – ma technique de survie c’est l’attitude basse: ne pas se laisser placer dans une position haute par son intercession
difficile à appliquer sans fulminer
Mais parfois necessaire pour parer l’attaque à venir sur les compétences –
Nécessite un niveau 2 de mépris sincère-
Schnoups
InvitéBen c’est clair que ça ne m’a pas mise à l’aise.
Après elle a deux jeunes autistes et la situation est très complexe, je m’occupe surtout d’une petite fille qui refuse d’aller en classe, se jette par terre, leur a mis des tartes dans la gueule donc quand il s’agit de survie ces gens sont réellement contents de trouver de l’aide. Tout comme D était vraiment contente de m’avoir parce que quand j’ai débarqué elle revenait suite au burn out, elle était stressée de reprendre et ça la rassurait vraiment d’avoir quelqu’un comme moi à ses côtés, jusqu’à ce que ça devienne un problème.-
Malice
Invité@Schnoups ton poste c’est quoi exactement? Tu es éducatrice spécialisée dans l’autisme?
( T’étais pas artisan maçonne à une époque ou confonds-je avec une autre forumiste?)-
Schnoups
InvitéJe suis juste AESH et j’ai passé un DU sur l’autisme l’an dernier.
Et j’ai bien un CAP maçon, j’ai un peu bossé avec toutes sortes de maçons et surtout avec mon pote spécialisé dans le pisé.-
Malice
InvitéTu as passé ton DU parce-que la maçonnerie ne te convenait finalement pas? Ou tu passé ton cap pour avoir de l’autonomie et construire ta propre maison?
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Malice
InvitéEst-ce que les charpentiers de ton cfa te vannaient au sujet de ton métier? Dans le mien, les charpentiers ont tendance à se la péter vis à vis des couvreurs et des maçons ( « on est les plus utiles/essentiels, on est plus précis, nia nia nia »)
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Schnoups
InvitéTu fais quoi dans ce FCA ?
Je suis passée dans un Greta et oui c’était pour en apprendre plus sur la bâtiment et la construction pour des questions d’autonomie et pas pour faire carrière! Donc il n’y avait pas de charpente, par contre j’ai des amis charpentiers et deux d’entre eux ont pas vraiment des grands souvenirs amicaux de leurs années de formation. Les charpentiers ont la réputation d’avoir quand même beaucoup de force, ça doit y faire dans le fait de la ramener, l’un des copains est effectivement assez impressionnant. M’enfin les maçons aussi doivent avoir de la force hein. Il y a plus de dessins technique dans ces formations charpente et menuiserie et c’est sûr. ça a l’air d’être un peu l’élite en terme d’études combiné à la force. C’est mon hypothèse.
Le CAP c’était en 2020 et le DU l’an dernier, parce que j’avais envie d’en apprendre plus sur l’autisme qui est quand même ce qui démunie le plus, ce qui parait le plus complexe à saisir, et même le plus dangereux pour les gens qui font des boulots comme moi. Et ça m’intéresse depuis mon premier contrat avant la fac où j’avais fait un an d’AVS, on appelait ça comme ça avant et où j’avais vu que j’avais plus d’attirance et de facilités avec certains enfants dont j’ai compris plus tard qu’ils étaient autistes.-
Malice
InvitéJ’ai des ateliers théâtre avec des cap ( dans le btp et dans l’artisanat type pâtisserie, menuiserie, mécanique).
Est-ce qu’en tant qu’Aesh tu es payée convenablement? Je me souviens d’avs qui avaient des fins de mois difficiles et se faisaient jeter de leur poste après trois ans de loyaux services, il y a une dizaine d’année environ ( toutes des femmes of course).-
Schnoups
InvitéC’est marrant, c’est pas courant non, de trouver des ateliers théâtre dans des CFA ? ça leur plait ?
Je gagne un peu moins de 1 000€ net par mois. Et aujourd’hui le lot commun c’est plutôt les démissions des aesh et le refus du CDI.-
Malice
InvitéAh oui toujours pas généreux avec les Aesh à ce que je vois.
Tu t’en sors au quotidien?
Mon CFA c’est les Compagnons, d’où les ateliers additionnels qui ne font pas partie de la formation mais plutôt de la vie des maisons ( les jeunes étant pensionnaires, ils ont des temps d’activité en dehors des cours). Mes charpentiers première année aiment le théâtre, mes pâtissiers aussi, ça dépend des groupes. Parfois c’est très dur de trouver un angle pour déjouer les inhibitions. Ou alors ça peut partir dans des numéros clownesques où personne ne se regarde ou s’écoute ( j’ai un mécano très marrant par exemple mais qui fait dévier tous les jeux vers son one man show – pour lequel il a un vrai talent ).
Un soir j’ai proposé des impros concernant des situations problématiques au travail et ça a donné des choses intéressantes, certains jeunes étaient tellement justes que j’aurais voulu filmer. Comme il y a beaucoup de blagues homophobes dans le milieu du btp, j’avais demandé à un jeune de jouer quelqu’un qui se retrouve « accusé » d’être un gay harcelant sur le lieu de travail et contre toute attente les participants ont interprété leurs rôles au premier degré, sans chercher à amuser les autres, jamais après en avoir entendu de toutes les couleurs sur les LGBT je n’aurais cru vivre ça au cfa. Mais des moments miraculeux comme celui-ci ne m’arrivent pas souvent.
A d’autres moments c’est plus frustrant mais marrant à raconter quand même: un couvreur s’était plaint des jeux proposés, où il avait l’impression de » faire le zouave »; à l’atelier suivant j’ai donc proposé un exercice plus calme que celui incriminé, à savoir un jeu sur le récit véridique et le mensonge ( il fallait raconter la vérité comme le mensonge de manière crédible). L’apprenti en question a bouffé une feuille a4 et de la colle pour pouvoir dire la vérité quand il racontait qu’il aimait manger des objets. Un gros réfractaire à la zouaverie, donc. -
Schnoups
InvitéSympa, tu dois pas t’ennuyer.
Je m’en sors comme je peux, il faut travailler à côté et chercher un loyer moins cher. -
Malice
InvitéEt tu y arrives sans t’épuiser?
« Loyer moins cher » la croix de l’époque. Tu vis dans un endroit où ça douille?
( en même temps si j’ai bien compris ça douille partout)
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Claire N
InvitéOui je pense qu’en l’espèce le glaive de paix c’est les enfants et pas l’aide pour elle
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Schnoups
InvitéMais le pire c’est que je l’apprécie cette nouvelle collègue. Et elle est tellement à bout qu’elle me laisse carte blanche avec son élève ce qui est plutôt cool. Je peux rester avec elle dans les escaliers à la regarder faire ses gammes couchée par terre, attendant que je la traine jusqu’à la classe comme les autres le font depuis des mois.
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Claire N
InvitéOui – en même temps tu rattrapes un dysfonctionnement : qui a eu l’idée de proposer une place dans cette classe oú sévie une personnalité « pim- pon gyrophare « à cette petite fille ?
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Schnoups
InvitéJ’avais pas vu ta question. C’est l’Inspectrice qui apprécie beaucoup D. et beaucoup moins une AESH qui se syndique et refuse une « réunion mise au point » quand elle fait grève.
Je ne comprends pas « oú sévie une personnalité « pim- pon gyrophare « à cette petite fille »-
Claire N
InvitéEt bien je me demande dans quelle mesure D n’est pas un peu étouffante sensoriellement parlant
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Schnoups
InvitéAlors D. n’est pas dans cette école primaire, elle est restée au lycée où je bossais.
C’est son amie C. qui bosse en primaire avec cette petite fille qui attend qu’on la porte jusqu’en classe où elle ne veut pas aller, clairement.
C. explique à la maman de cette petite fille comment ça se passe, à quel point sa fille ne veut pas rester en classe. Pendant plus d’un an ça se passait très bien, quand j’étais allée observer durant trois jours l’autre petit garçon je l’avais vue elle s’accommodait bien de l’école, et ça m’avait étonnée, je ne sais pas bien pourquoi mais de voir ça aujourd’hui ça ne m’étonne pas.
Aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas et C. est obligée de la garder en classe puisque c’est le souhait de sa mère. Elle ne peut pas la laisser sans surveillance chanter dans le couloir et ailleurs parce qu’elle est « responsable » et si il lui arrive quelque chose, comme tomber de la fenêtre par exemple, fenêtres qu’elle aime ouvrir et escalader au deuxième étage du bâtiment, elle est responsable. Donc quand une enseignante a en plus deux AESH en moins et qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle fait avec moi (nous laisser dans le couloir faire des gammes), elle est obligée de la garder en classe, voire même de fermer la porte de la classe à clés pour être sûre qu’elle ne lui échappe pas. Voilà un peu une petite facette de la réalité de l’école inclusive.-
Claire N
InvitéJe comprends
Un jeune homme avec une encéphalite s’est récemment défenestré de mon service absolument pas adapté en terme de personnel et d’architecture
Il voulait aussi sortir par la fenêtre
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MADELEINE
InvitéJ’ai surtout l’impression d’un récit très à charge, où beaucoup de choses sont interprétées et orientées dans un seul sens. Même les éléments très personnels ou intimes sont intégrés dans une lecture globale qui ne laisse pas vraiment de place au doute ou à une autre version.
Il y a aussi des points plus factuels qui me laissent perplexe, notamment les changements d’affectation évoqués sans contexte ni explication administrative claire — j’ai du mal à comprendre comment ça s’est concrètement passé.
Du coup j’ai du mal à y adhérer complètement, parce qu’on n’a pas vraiment de distance ni d’espace pour se faire sa propre idée des faits. Ça donne une version très subjective et assez fermée de la situation, plus proche d’un ressenti personnel que d’un récit posé de manière nuancée.
Et à force d’accumuler les interprétations et les jugements implicites, ça perd en nuance à mes yeux.-
Schnoups
InvitéBéné c’est toi ?
Tu devrais pas me lire ça te fait du MAL, écoute une petite chanson plutôt
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MADELEINE
InvitéPeux-tu expliquer le contexte de ton changement d’affectation ?
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Sam Groku
Invité« Sarkozy a eu une fois raison en soixante-dix ans, et c’est de traiter de pauvre con le pauvre con qui n’avait rien de mieux à faire qu’attendre deux heures que le président honni passe à sa portée dans le but risible de NE PAS lui serrer la main. Pauvre rébellion. Pauvre type. »
Pas tant.
Ce paysan, il est au boulot. Sarko est au faît de sa puissance. Ce paysan, tel Diogène à Alexandre, lui dit de se casser, et pire, dit au gnome dégueu qu’il le salit. Mépris? Oui, absolu, et justifié. Je vois ce paysan comme un seigneur. FB prend le parti du puissant dégénéré. À chacun son midi.
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François Bégaudeau
Maître des clésDans l’abstraction, ce paysan est sans doute défendable
Dans le concret des faits, des actes, et donc de ma phrase, moins. Car je n’extrais pas de ce fait son principe pur. Je restitue le fait. Le fait est que ce paysan (dont d’ailleurs rien ne dit qu’il le soit, nouvelle abstraction) s’est volontairement posté sur le chemin de Sarkozy et l’a attendu. Eh bien. je crois que quelqu’un qui n’a à foutre que de faire ça n’est pas très reluisant. D’où la phrase précise, que je t’invite à lire puisque cela n’a pas été fait : « de pauvre con le pauvre con qui n’avait rien de mieux à faire qu’attendre deux heures que le président honni passe à sa portée dans le but risible de NE PAS lui serrer la main »
J’ajoute, et c’est tout le sens du livre, que le gueux qui sans cesse se réfère au « puissant » ne saurait être en aucun cas un seigneur. Le seigneur est celui qui méprise les seigneurs. C’est le sens du livre, que tu finiras peut etre pas comprendre.-
ToutSeigneurToutHonneur
InvitéHum. Il faut que je regarde ce qui s’est passé in extenso. Dans ma mémoire, l’affreux homoncule lui tendait sa main moite, et le gars lui disait, texto: « touche moi pas, tu me salis ». Ahahahaaaa
Un simple pékin, dire ça à l’hyper-président, c’est quelque chose.
Sarkozy ayant été le père spirituel de Macron en terme de propension aux rapports tactiles indésirés, et pour toute son oeuvre deja, à l’époque, les RS auraient crié un splendide : CHEH!-
Samuel_Belkekett
Invité« Sarkozy ayant été le père spirituel de Macron en terme de propension aux rapports tactiles indésirés »
Mais qui était le père spirituel de Sarko en terme de propension aux rapports tactiles ?
Chirac Bien sûr ! Quel était le surnom de Chirac durant des décennies ? Serre la louche. Tant il aimait serrer les pognes du bas peuple.
Moralité : de Chirac à Macron, les politiques s’éloignent du peuple et s’en lavent les mains.-
ToutSeigneurToutHonneur
InvitéOui, mais Chirac était aimé, à tort ou à raison. Alors qu’il me souvient de l’aversion de Merkel piur l’impétueux de Catherine Nay.
Quant à l’actuel, malaise permanent… Mbappé CDM, etc. :/
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Toni Erdmann
InvitéUne news pour Du Mépris 2 :
Thomas Jolly va adapter le film Camping en comédie musicale-
K. comme mon Code
InvitéEt Fabien Onteniente va réaliser Master Poulet.
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François Bégaudeau
Maître des clésla première info est vraie?
sur la grande affaire master poulet, j’ai bien noté qu’on parlait beaucoup de mépris de classe à propos de ce blaireau de Bouamrane, qui me parait bien plutot, selon une grille désormais avérée, se mépriser lui même-
tristan
InvitéDans l’affaire du master poulet on ne parle jamais du mépris pour le poulet.
Étonnant, non ? -
Mathieu
InvitéJe confirme l’info de Toni Erdmann
J’ajoute que Dubosc et Onteniente ont rencontré Jolly et auront des rôles de conseillers artistiques -
Mathieu
InvitéJe confirme l’info de Toni Erdmann
J’ajoute que Dubosc et Onteniente ont rencontré Jolly et auront des rôles de conseillers artistiques-
François Bégaudeau
Maître des clésAlliance entre la bourgeoisie et la beaufie démontrée par le livre
De même que le coming out de tous les bourgeois de plateau après l’annonce du grand retour de la femme de René : on adore Céline-
Ostros
InvitéOn n’oublie pas le culturisme j’adore les tuches de Chacha
Suivi quelques jours plus tard par l’éloge du Picon et du fromage des voges
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Mathieu
InvitéAvec Roschdy Zem et Lucien-Jean Baptiste dans les rôles de Bouamrane et Bagayoko
( c’est pas sympa pour Roschdy Zem j’avoue, mais physiquement ils sont proches)
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..Graindorge
InvitéArthur Rimbaud, écrivain jeunesse, étudié en classe
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François Bégaudeau
Maître des clésnon ce n’est pas cela qu’on appelle un écrivain jeunesse
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..Graindorge
InvitéJ’me disais aussi
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..Graindorge
Invité» J’ai appris qu’on a le droit de regarder quelqu’un de haut seulement quand on est en train de l’aider à se relever. » Gabo
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Henry
InvitéQuestion sans lien avec le thème de la page : François, viens-tu à Pau pour Désertion ?
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Ostros
InvitéLà les dernières dates c’est Fécamp, Saint Malo, Marseille
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François Bégaudeau
Maître des cléscela a été calé puis annulé, pour une raison que j’ignore
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Alphonse
InvitéJe propose en remplacement un déplacement en vallée d’Aspe, 1h30 au sud de Pau, à la Bibliothèque Autogérée Populaire (BibAuP), où tu as au moins deux lecteurs réguliers, dont l’un ne lit que tes essais. Tentant ? On te montrera des vautours et des ours. Et des ânes, si tu y tiens.
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Samuel_Belkekett
InvitéJe crois que les ânes il y tient beaucoup…
Merci à toi… -
François Bégaudeau
Maître des cléspourquoi pas
mais plutot à la rentrée
joins moi sur messenger si tu veux préciser
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Henry
InvitéC’est bien dommage 🙁
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Claire N
Invité« En maintes occasions le populaire est le nom d’emprunt de l’académisme. Ses formes sont des formats.
Le deal passé entre le marché et le populaire reconduit la circularité de la promesse démagogique : je me range à tes attentes que mes boniments ont sculptées.Le goût dominant t’attire en tant qu’il domine et domine davantage de t’avoir attiré.
Sans cesse le même revient au même.
Le populaire dans ce sens- là est le parti conservateur du champ esthétique. »
Je note ce passage – chirurgical – bloc sale
C’est peut etre ainsi qu’on l’inscrirait sur le planning du bloc.
Parce qu’effectivement parfois l’occlusion fait peter le bide et c’est bien « les mains dans la merde » qu’il faut soutenir
Mais pas au sens je le crains qu’Houria emploie
Saisir « populaire « et « démagogique « dans leur jus n’est pas reprendre – bien au contraire
Lavages et clarification c’est le job.-
Claire N
Invité*répandre
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François Bégaudeau
Maître des clésBégaudeau and co, Lavages et clarification, 06 23 45 63 7… Interventions 24-24
Laver peut-etre d’abord, oui, le mot populaire, qui est l’arme de tant de malfaisants.
Et le laver -pour le sauver- passe en effet par l’examen de sa crasse.
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Gerard Manfroy
InvitéMoi à vrai dire, la fois où j’ai été témoin d’un évènement de pur mépris de classe, c’était au collège. Contexte : en quatrième, je suis avec une redoublante dans ma classe qu’on va appeler Cindy. Cindy, elle fait soupirer les profs, c’est une grande gueule, elle prend tout à la rigolade, les cours, les remontrances de la CPE, tout.
D’ailleurs une fois, j’étais chez la CPE pour justifier mon retard, et elle y était aussi, comme d’habitude. Mais tout à coup, un autre gars de 4e entre en trombe par la porte, il a l’air terrifié, il nous regarde, hagard, sans comprendre, avant de s’écrier « on a volé mon MP3 ! ». Je penche la tête vers le bureau, faisant un effort pour respecter le sérieux de la situation. Hélas, il me suffit d’un coup d’œil vers Cindy pour me crisper de rire.
Elle est comme ça Cindy, incapable de respecter l’autorité, d’ailleurs plus l’autorité est solennelle et plus elle rigole, une forte tête comme on dirait à la caserne.
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Contexte suivant : en troisième, un autre redoublant arrive dans notre classe. On va l’appeler Pierre-Antoine. PA, au début il me fait rire par sa dégaine. Vous voyez la chanson de Renaud « camarade bourgeois » ? C’est un peu ça au premier abord. Habillé BCBG, fringue de marque, « un fashion » comme on dit. Les cheveux longs bien coiffés sur le côté. Alors si comme moi on croit à la chanson de Renaud, on se dit qu’un bourgeois c’est faiblard et fragile. Erreur de débutant. PA, avant de passer le portail il fume sa clope. Quand on se met en rang pour entrer en classe, il a un jeu : à on met nos poings l’un contre l’autre et le premier qui lève puis frappe le poing de l’autre à gagner, à moins qu’il esquive. Un jeu de boxeur qui fait vraiment mal. Et au fil de l’année, je découvre avec candeur qu’un collégien des beaux-quartiers catholiques peut écouter du rap, fumer du hash, boire de l’alcool et se taper dans la rue. Un vrai voyou quoi, mais du centre-ville, des beaux-quartiers, de la France bien blonde aux yeux bleus et catholique. Qu’est-ce qui explique cette anomalie ? La sociologie de gauche ou de droite ?
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La scène : on était parti sur le terrain d’athlétisme, pour le sport. On est en moment de pause, notre groupe a fini de courir et on bavarde. Certains sont assis, PA se tient debout. Cindy est assise à une vingtaine de mètres, elle peut à moitié entendre ce qu’on dit. PA, il sait que quand il fait des blagues moins drôles que racistes, ça fait mouche, et il . Il se tourne vers Cindy, qui est de dos. Et il dit : « Cindy ça me fait marrer, elle fait la meuf trop forte et tout, alors que dans 5 ans elle finit caissière au Super U ! » Il avait dit ça avec agacement, presqu’un peu scandalisé, « non mais regardez-moi la gueuse devant mon restaurant sur la plage » quoi. Cindy, c’est la gueuse, la cassos. Au mieux elle fait femme de ménage, caissière, serveuse au McDo, et si elle fait de gros efforts boulangère quoi. PA, lui, c’est le restaurateur de la Baule ou de Cannes, chemise bleue et cheveux au vent « non mais attends, non mais t’as vu ce qu’il m’a foutu le traiteur quoi ! ». Double-mépris : Cindy c’est une caissière, enfin vous savez, les métiers de merde que font les meufs quoi.
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Et ben alors ? Sarkozy ? La France du travail ? La France qui se lève tôt ? On était juste avant mai 2007. Nicolas Lebourg : Sarkozy réalise le meilleurs score au premier tour présidentiel de l’Histoire de la Ve République, parce qu’il rallie les classes populaire autour de la valeurs travail. La valeurs travail. Regarde-moi cette caissière qui ose l’ouvrir.
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En cours d’Histoire, j’étais à côté de PA. J’étais un peu le cinéphile de service. Avec mon meilleur pote on se citait les répliques de Full Metal Jacket. Lui, PA, me disait : « Moi les films que je veux voir, c’est avec des noirs qui dealent de la drogue et qui se tirent dessus quoi. » Dommage que je ne connaissais pas encore King of New York, je le lui aurais indiqué.
L’enseignante a un mauvais mot à nous dire : « Non mais c’est de plus en plus difficile d’être prof hein ! »
– C’est clair. C’est de plus en plus horrible d’être prof. T’as des vacances payées. Tu bosses 15 heures par semaine. »
Arrête PA, je vais me mettre à rire. En plus mon père à moi en est un…
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Méprisant, PA ? Une partie de moi se disait : « Non, juste réaliste. » Cindy, elle va pas faire HEC pour finir cadre chez Chanel. La partie de moi de droite, et avec tout l’UMP dirait : Non, pas méprisant. Juste réaliste. Y a les gens fait pour donner des ordres parce qu’ils comprennent ce qui est marqué sur l’ordinateur, et puis y a ceux qui « n’ont pas les capacités ». Alors au mieux ils font « des métiers manuels », des lycées techniques. Et ils gagneront moins d’argent, ben oui mais, c’est comme ça. Quoique, mon meilleur pote, dans son lycée technique à lui, c’était 300 mecs pour 4 meufs. Aux meufs prolos les métiers de merde qui ne demandent pas d’étude.
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Dans Du Mépris il est marqué : « à choisir, je les préfère méprisant ». Et en lisant cela je me dis : peut-être que moi aussi. Peut-être que le mépris de classe de PA me faisait rire autant que quand il disait « je suis sûr que cette meuf est bonne au lit. » Parce qu’il disait les choses. Les choses crues, cruelles, les choses nues. Du reste, ce n’est pas resté un ami. Il me méprise trop, et je me méfie de lui. D’ailleurs anecdote : sa propre grand-mère m’a dit de me méfier de lui. Et oui, ne vous méfiez pas que des arabes et des noirs, méfiez-vous aussi des Pierre-Antoine les amis.
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PA fait donc du mépris de classe. Et il n’est pas de gauche. Mais d’ailleurs, les mêmes qui se piquent du mépris de classe de la gauche, on est d’accord que ce sont les mêmes qui nous parlent « d’immigration choisie » ? D’une immigration à la carte ? « Moi je préfère une France pleine d’ingénieurs que de CAP spé bicrave hein » m’a dit un sympathique militant une fois. Merci de laisser vos CV à l’entrée. Oui c’est Bac+3 minimum. Ah bah oui hein, la France est une entreprise respectable hein M. Boubakar. Alors… Vous êtes de quelle classe sociale monsieur ? Ah non, parce que si vous êtes venu en France pour jouer le trafiquant de drogue sanguinaire dans une fiction de gauche payée par nos impôts euh… le mépris de classe de la gauche, ça va comme ça maintenant hein !-
Gerard Manfroy
InvitéEt d’ailleurs Cindy l’avait entendu, PA. Et pour le coup elle ne rigolait pas. C’est ça le libéralisme économique. Pas besoin de mettre les gens en carré et de faire jouer la Marche Impériale. Fais-leur faire des métiers de cons pour qu’ils gagnent leurs croutes, c’est comme ça qu’on les mate. Et on peut dire que PA avait su mater Cindy, mieux que le personnel éducatif du collège. C’est ça le mépris de classe, c’est « reste à ta place ».
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Claire N
Invité« Et on peut dire que PA avait su mater Cindy,«
Rires – quelle puissance performative
J’imagine que l’école privée qui l’avait viré ne savait pas a qui elle avait affaire – elle doit le regretter amèrement si elle l’entend-
Gerard Manfroy
InvitéQuand je l’ai revu une fois, après le collège et pendant le lycée donc, alors qu’il daigna enfin prendre en compte ma présence dans l’espace, je lui avais dit dans quel lycée j’étais, le grand lycée public. Il m’a répondu : « Non ? Ouha… la galère ! T’as pas trop d’embrouilles ? », on sentait que dans sa tête, lycée de banlieue = zone de guerre. L’horreur, quasiment Mad Max. Pourtant, c’est littéralement la première personne à m’avoir dit « non mais tu sais, la cocaïne c’est pas si dangereux hein ». Il m’avait sorti ça en cours d’histoire. Avec l’air du baroudeur qui a connu le Vietnam XD.
Il me faisait écouter Booba, ça me donnait la nausée. Il avait le bouquin de Lolita Pille, je lui demandais « c’est quoi ? » et il me regardait avec gêne « non mais… te fie pas à la couverture… » parce que bon c’était un « bouquin pour meuf » quoi XD
Il me parlait de ses soirées avec ses « potes ». Ses « potes de Paris » pardon. Il avait rencontré Beigbeder, tout ça…
En somme, c’était un libertarien. Ce qui compte c’est de faire de l’oseille, et les normes, les lois, c’est pour les socialistes et les femmelettes (pléonasme). Il nous l’avait dit au vestiaire : « moi j’aime pas les flics ». Curieux non ? C’est à cause de lui que je ne croirais jamais politiquement aux zemmouristes.
Et puis il faut alerter Pascal Praud sur la menace des jeunes du centre-ville qui fument du hash dans les garages, juste à côté des collèges quoi. Ah et puis ils introduisent de la vodka dans bouteilles d’eau pour la boire à la cantine. Non mais vous vous rendez compte ? Le niveau d’insécurité ?-
Gérard Manchot
InvitéOn s’en fout
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François Bégaudeau
Maître des clésLe mépris a l’air d’être un sujet qui t’intéresse. Au titre de quoi je te suggère de lire un livre qui, avec dans son titre un Du d’obédience latine, indique que le mépris est son sujet. Ca s’appelle, donc, Du mépris.
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Claire N
InvitéTa patience n’est peut être pas d’obédience divine mais elle se tient – je le constate – au moins à un niveau remarquable
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Gerard Manfroy
InvitéSurtout ne dites pas de quoi vous parlez.
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François Bégaudeau
Maître des clésOk je ne ne spoile pas. Bonne lecture
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Gerard Manfroy
InvitéMauvaise manie qui serait en contradiction avec votre sensibilité politique marxiste en faveur des classes populaires, puisque cela révèlerait ou trahirait un certains mépris envers ces derniers.
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Que voulez-vous que je dise du livre ? Qu’il est bien ? Qu’il a des limites ? Je trouve qu’il a la forme qu’il faut et qu’il est juste de bout en bout. Je sais, ce n’est pas une critique professionnelle de dire « bah c’est bien », mais c’est exactement tout ce que j’en dirais même avec un pistolet sur la tempe. Navré hein, je ne suis pas doué pour le commentaire de texte, rien qu’au lycée je rendais sois copie blanche sois HS.
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Mais je ne vois pas en quoi je suis HS. Pour moi le livre répond exactement aux petits bras des RS qui sortent la carte « mépris de classe » en débat, dès qu’ils sont en difficulté. J’en ai fait l’expérience personnelle. Y compris une fois, sur JVC. Il y avait tout une foule de petit bras sur un topic, venu poster la litanie et la propagande habituelle venue de Fdesouche, et autres. Pour les avoir observé (et pour vous avoir beaucoup regardé sur YT, au passage), je répondais du tac au tac et toujours avec esprit, a chaque nouvel assaut, je répondais du tac au tac. Un vrai Nadal, un vrai maitre Judo, j’en riais sur mon clavier. Lorsque tout à coup, l’un d’eux me sort « toujours pareil les gauchistes. Vous faites votre mépris de classe. Sur le moment ça m’a un peu déstabilisé. Avec retard, j’ai eu envie de lui répondre, avec un comique froid et absurde digne de DAVA : « Mais non. J’ai le souci des classes populaires, je crois au peuple, je crois au génie du peuple, je crois que le peuple, quand on lui apprend à lire, écrire, compter penser… » On aura reconnu Michel Onfray.
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Lorsqu’on sort la carte « mépris de classe », c’est par compensation, par reconnaissance d’infériorité intellectuelle.
Hors, d’expérience personnelle, le mépris de classe, le vrai, celui qui est sociale et non culturelle, c’est chez les libéraux qu’il est le plus répandu.
Michel Onfray, quand il prétend apporter les Lumières de la Culture, de la Philosophie, en élevant le Peuple de sa Main, avec ses conférences et ses bouquins qui consistent à rabaisser et salir tous les philosophes, c’est indirectement mais effectivement du mépris de classe (et du narcisssisme XD).
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Les droitards prônent l’excellence et la grandeur culturelle, mais ils ne font jamais l’effort réel et concret pour s’y élever. Au fond pour eux, la Grandeur de la Culture, c’est juste une Marianne dessinée par IA.
Ce n’est peut-être pas dans le livre (encore que ?) mais c’est une complétude qui me semble poursuivre sa justesse, et si je dis qu’un livre m’aide dans mon expérience personnelle, moi j’appelle ça un compliment.
Sinon je peux citer des pages et des pages, comme ça les gens n’auront pas besoin de l’acheter et je me ferais peut-être moins snobé enfin je sais pas. -
François Bégaudeau
Maître des clésUn livre propose des hypothèses. Ces hypothèses appellent, éventuellement, discussion. Mais si l’adhésion est totale, eh bien je m’incline.
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Pierre
InvitéBonjour François, bonjour à tous. Long no see, ou plutôt « long time no write », même si je vous lis beaucoup.
Je viens de finir Du mépris et ça m’a beaucoup intéressé, tu penses bien, surtout qu’au regard de mon métier à présen. , professeur documentaliste dans une cité scolaire ou le métier consiste littéralement a faire de la propagande pour la cultureAvant de développer, je résiste mal à poster ici cet extrait qui recoupe pas mal ton anecdote sur Tar.
https://x.com/lelapindufutur/status/2053825536791589297?s=20
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François Bégaudeau
Maître des clésEffectivement c’est le même esprit
Mais pourquoi donc sont ils si prompts à se sentir méprisés?-
Pierre
InvitéOn va partir de ça, tiens.
Comme toi, j’ai été intéressé par une des interviews de Gainsbourg. Plutôt celle où il énonce que ce qui fait la particularité de la haute culture, c’est le besoin d’initiation. Ça m’avait pas mal intrigué comme critère, m’était resté dans l’oreille. C’était l’époque de la culture légitime contre les sous-cultures, selon une vision très bourdieusienne que tu rappelles.Changement de paradigme depuis, tu l’enregistres, aujourd’hui le cool, et donc le nouveau légitime, est de plus en plus marqué par l’antisnobisme qui veut tout pouvoir amalgamer dans une culture touche-à-tout.J’ai un peu envie de lire ça comme une sorte de renversement des perspectives dès lors : le nouveau légitime, c’est le sans friction, c’est l’instantanément appréciable, la fameuse soupe, dans laquelle l’anti-snob cherche à remettre de la distinction en réinscrivant de l’initiatique à partir d’une base accessible. C’est ce que fait Laugier avec ses séries, ou Pacôme Thielleman, en divaguant au besoin de manière pas très probe d’ailleurs. Tout un mouvement de la pop philo s’est greffé là-dessus, sans parfois que ça vole bien haut.J’ai le sentiment qu’il y a eu une véritable captation de l’héritage deleuzien par cett bande alors que cette posture exégétique est en contradiction totale avec le geste originel de Gilles Deleuze, qui avait l’interprétation et la recherche du « sens caché » en horreur
À tout prendre, le geste deleuzien serait plus proche de Luchbert, qui utilise la littérature comme une science humaine à part entière.
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Gerard Manfroy
Invité« Mais pourquoi donc sont ils si prompts à se sentir méprisés? » J’ai une hypothèse que j’avais déjà plus ou moins avant de lire le bouquin mais qu’il m’a aidé à discerner, c’est que « tu fais du mépris de classe » veut dire : « tu méprises la marchandise ». Et ça ça pose problème. « Tu te crois meilleur que nous » » Tu es suspect de ne pas gouter à notre opium ». Je crois que c’est à la fois une rancune mais aussi une angoisse : « est-ce que tu vas m’empêcher de m’assoupir en rond dans mes doux rêves ». C’est un peu comme le Dernier Homme dans Zarathoustra : « Amour ? Création ? Désir ? Étoile ? Qu’est cela ? » — Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil. Et je peux comprendre leurs point de vue. Moi-même j’ai tenté de lire des choses culturellement exigeantes, mais à la fin je disais Zut et j’allais manger du pop-corn devant le premier blockbuster à l’affiche. Mais c’est aussi une suspicion politique, si tu commences à aimer des films chiants, des musiques vieilles, des bouquins compliqués, c’est que tu vas commencer à nous parler de truc qui vont contrarier le marché, y compris des trucs… sociaux !
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Mais ce qui m’étonne, c’est que l’accusation de mépris de classe va dans deux sens contradictoires : on t’accuse d’en faire quand tu snobes un produit de masse et que tu vantes un produit minoritaire. Mais on t’accuse aussi d’en faire en brandissant l’argument inverse : « Ah vous croyez qu’il faut être médiocre, bête et pauvre pour parler au peuple c’est ça ? »? Je me rappelle d’une vidéo de 2017 de Rougeyron où il s’offusque de la tenue de Philippe Poutou, en simple pull parmi les encravatés. « ça c’est du mépris de classe ». Et puis du journal Marianne, qui dénonce partout la décadence et vante l’excellence de l’Education et de la civilisation française. Mais moi je retiens depuis longtemps un évènement dont personne n’a parlé mais qui moi m’a laissé une très gênante impression. En septembre 2012, je regarde ONPC, il y a Naulleau, Polony, Caron et… Joel Dicker. L’écrivain suisse passe sur le fauteuil. Et c’est la flatterie éhontée à tous les étages. Même Ruquier s’y met. « Oh c’est formidable ! » « Oh c’est palpitant ! » « On le lit et on est tout de suite happé jusqu’à la dernière page ! » « C’est pas de la grande littérature mais qu’est-ce que c’est efficace ! » Polony trouve ça génial, et Naulleau, el famoso « critique qui défend la vraie littérature face au marché » trouve ça génial et pense qu’il aura le Goncourt (il aura l’Académie Française).
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Bon ben avec tout ça moi je succombe. Moi j’aime bien les page-turner, j’ai lu le tome 2 d’Harry Potter en une seule nuit d’ailleurs.
Et là qu’est-ce que je lis ? Mais qu’est-ce que je lis ? Ecoutez je ne C/C même pas je vous laisse le lien babelio : https://www.babelio.com/auteur/Jol-Dicker/207757/citations
L’expression « mais qu’est-ce que c’est que cette merde ? » est de rigueur.
Et je regarde sur Youtube : émission de critique littéraire à propos du livre. Le critique JC Buisson du Figaro face à celui du Nouvel Obs.
Dommage que je ne trouve plus la vidéo, le Nouvel Obs dit en substance « oui bon c’est un roman de gare quoi » et l’infâme JC Buisson : « mais est-ce qu’on peut enfin assumer de prendre du plaisir à lire ce genre de littérature ? » sous-entendu « y en a marre de ce mépris de la gauche ». Mais j’imagine que ce JC Buisson, préfacier de l’édition de Maurras chez Bouquin est le premier à se plaindre de la décadence de la France, de la complicité passive, lâche ou intéressée des gauchistes devant ceux qui détruisent la grandeur de la civilisatoin littéraire de la France ?…
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Il y a une phrase de Dostoïevski qui a un temps été à la mode chez les droitard du net, elle vient de mon roman préféré : les Démons de Dostoïevski. La tolérance atteindra un tel niveau qu’il sera interdit aux gens intelligents de penser pour ne pas offenser les imbéciles. En fait il s’agit d’une phrase mouliné, découpée et recomposée par le flux internet, l’original c’est :Il y a du bon dans son manuscrit, poursuivit Verkhovensky, — il y a l’espionnage. Dans son système, chaque membre de la société a l’œil sur autrui, et la délation est un devoir. Chacun appartient à tous, et tous à chacun. Tous sont esclaves et égaux dans l’esclavage. La calomnie et l’assassinat dans les cas extrêmes, mais surtout l’égalité. D’abord abaisser le niveau de la culture des sciences et des talents. Un niveau scientifique élevé n’est accessible qu’aux intelligences supérieures, et il ne faut pas d’intelligences supérieures ! Les hommes doués de hautes facultés se sont toujours emparés du pouvoir, et ont été des despotes. Ils ne peuvent pas ne pas être des despotes, et ils ont toujours fait plus de mal que de bien ; on les expulse ou on les livre au supplice. Couper la langue à Cicéron, crever les yeux à Copernic, lapider Shakespeare, voilà le chigalévisme ! Des esclaves doivent être égaux ; sans despotisme il n’y a encore eu ni liberté ni égalité, mais dans un troupeau doit régner l’égalité, et voilà le chigalévisme !
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Le chigalévisme c’est bien sûr une caricature de socialisme utopique. Mais voilà le paradoxe : les mêmes qui prétendent faire rempart contre l’affaissement de l’intelligence sont ceux qui en font partie ? Pourquoi ? Par aveuglement, mauvaise foie, fausse conscience, pas d’autre explication.-
Gerard Manfroy
InvitéLe Joel Dicker, on me l’avait vendu comme un fast-reading, comme il y a des fast-food, oui c’est pas le plus diet, c’est pas le plus raffiné, mais bon sang ça cale super bien. C’est un fast-food mais un bon fast-food. Faut en profitez ça fait du bien quand ça arrive.
Hors le fast-food en question c’est un ignoble truc innomable que normalement l’inspection de l’hygiène fait fermer voire même démonter manu militari.
Il est dans l’intérêt du marchand que le client ne soit pas méprisant de la marchandise. Surtout quand sa marchandise est frelatée. D’ailleurs même l’inspection de l’hygiène, c’est un truc de gauchiste payé par nos impôt, faut le savoir, vous vous rendez compte de la dictature communiste qui empêche la liberté du commerce ?-
François Bégaudeau
Maître des clés« Joel Dicker. L’écrivain suisse passe sur le fauteuil. Et c’est la flatterie éhontée à tous les étages. Même Ruquier s’y met. « Oh c’est formidable ! » « Oh c’est palpitant ! » « On le lit et on est tout de suite happé jusqu’à la dernière page ! » « C’est pas de la grande littérature mais qu’est-ce que c’est efficace ! » Polony trouve ça génial, et Naulleau, el famoso « critique qui défend la vraie littérature face au marché » trouve ça génial et pense qu’il aura le Goncourt (il aura l’Académie Française). »
Ca m’avait marqué aussi
Polony et Naulleau sont sans doute des gens qui à un moment de leur vie, ont lu (Naulleau plus que Polony). Il et clair que leur vie, depuis 20 ans, ne leur laisse plus le temps et surtout le cerveau pour lire. Et ça donne cet alignement sur le gout de masse. C’est une illustration parmi tant d’autres de ce que je décris comme l’absorption commerciale intégrale de la bourgeoisie.-
Charles
InvitéMais Naulleau c’est quoi sa vie, notamment professionnelle? C’est quand même pas les deux-trois apparitions hebdomadaires dans les émissions de télé Bolloré qui doivent lui prendre beaucoup de temps.
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Ostros
InvitéX, chaînes d’info et mondanités ?
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François Bégaudeau
Maître des clésSouviens toi que longtemps Naulleau a participé à On n’est pas couché. Puis il a non seulement participé mais ensuite présenté Ca balance à paris. Puis il était toutes les semaines dans Zemmour et Naulleau. Aujourd’hui ce ne sont pas deux-trois apparitions hebdos, il est présent pratiquement chaque jour sur Cnews dans un créneau ou l’autre. Par ailleurs il est chef du service livres du JDD où il chronique essentiellement des essais de droite.
On le verra aussi deviser dans quelques débats de TéléLibertés
Tout ça ne remplit pas une semaine mais je lui suppose par ailleurs une vie très parisienne tissée de déjeuners persifleurs et de diners entre vieux plumitifs réactionnaires.
Une rumeur a même couru qu’il allait succéder à Nora – mais à mon avis ce n’est que partie remise qu’il soit casé quelque part dans le groupe Hachette coté édition. Où il aura le plaisir de publier les livres de Geoffroy Lejeune.-
François Bégaudeau
Maître des cléset Ostros a raison : grosse activité sur X – parait-il.
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Charles
InvitéQuelle vie.
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Pierre
InvitéTout ça pour dire que le cool opère de cela, du mépris pour ce qui aurait besoin de temps pour être apprécié. Et qu’il n’agglomère le mineur qu’en le massifiant. Se faisant et pour rester deleuzien, on pourrait dire qu’il transforme l’individuel en divisuel, c’est-à-dire en produit pour tous. Déjà Nietzsche remarquait que les grands compositeurs réindividuaient à leur manière la culture populaire de leur pays d’origine. Seulement pas sûr que c’est exactement ce qui arrive ici. La transformation se fait bien souvent en s’appauvrissant.
Et c’est ainsi que j’ai entendu tes pages finals, sur le thème du soyez snob. Comme une invitation a embrasser la friction, non comme un vernis culturel a faire resplendir, mais comme une étape necessaire pour réellement découvrir de l’autrement.
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François Bégaudeau
Maître des clésTrès belles lignes
Je signale juste le pan économique de l’affaire, développé dans le livre
La fusion de la culture bourgeoise et de la culture populaire dans un cool indifférencié et non frictionnel est aussi (est d’abord?), une affaire de commerce. Le marchand de culture va chercher les consommateurs là où ils sont. Et le nombre se trouve, par définition, dans le populaire. Donc le marchand de culture bourgeois commence à vendre du « populaire », et ses profits faisant gout, finit par épouser le gout « populaire » qui l’enrichit (voir l’exemple d’Ambre Chalumeau, de Quotidien, étudié dans le livre)-
Pierre
InvitéJuste pour prolonger cette histoire de « sans friction », je me suis aperçue que ce débat existait depuis un moment chez les journalistes anglo-saxons de musique, à travers l’opposition entre rockisme et poptimisme.
Cet article revient sur presque chaque point, y compris commercial, de l’affaire (https://section-26.fr/a-la-recherche-du-poptimisme/).En substance, ça raconte combien l’arrivée du poptimisme ( terme que je ne connaissais pas du tout) coïncide avec la survenue du rap et du streaming, qui a en quelque sorte annulé le travail de curation et de prescription de ces magazines rockistes. Toujours adeptes de l’authenticité rock (souvent contre le punk d’ailleurs à l’origine, taxé de commercial très souvent), ils se sont mis à ouvrir leurs pages à plus de musique, jusqu’à peu à peu se mettre au service de la victoire, comme le fait Quotidien aujourd’hui.
Ça rejoint bien tes développements sur l’évolution de la culture légitime et pose pas mal la question de la place de la critique aujourd’hui et de son audience.
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Pierre
InvitéEt quant au populaire, je viens de finir « L’Exclusion culturelle » de Victorien Borneat transclasse revendiqué, qui invite, comme tu le fais, à ne pas confondre le populaire et le produit de masse. Il propose même un nouveau populaire pour lutter à la fois contre les coupes dans les budgets culturels (devenues un argument électoral à droite) et la confiscation des budgets de la culture pour des projets élitistes marqués par le Modernisme (et ses 4 cavaliers de l’apocalypse : Forme pure, Autoréférentialité, Énigmatisation, Indisponibilité).
Au lieu de l’exigence artistique de Malraux qui prétend que la rencontre se fera tout naturellement entre le public et les œuvres dès lors qu’elles sont accessibles par le biais du choc esthétique, il veut un nouveau critère pour l’art subventionné : l’intelligence artistique, soit des œuvres qui devront à la fois être non commerciales mais tout de même accessibles.Belle quadrature du cercle, qui cherche tout de même à éluder le besoin d’initiation, et c’est au moment des choix des œuvres pour illustrer son propos que le bât blesse, je trouve.
Cédric Klapisch au cinéma, JR en photo, Slimani en littérature, La Vie secrète des vieux de Mohamed El Khatib… Apologie de la culture moyenne qui ne froisse personne en fait. Tout pour ça.
Reste une mise en perspective intéressante, si vous voulez écouter le monsieur https://www.youtube.com/watch?v=OGrrDNfKGQY
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Pierre
Invité* Tout ça pour ça
Qui méprise qui. Ça rejoint ta critique de Gaye Faye ( grand corps malade et Abdel Malik avant lui l’avait précédé sur le chemin)
Je trouve bien plus porteur de multiplier les occasions d’initiation plus ou moins braconniere que de faire cette defence de la culture du milieu qui fait bander personne
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..Graindorge
InvitéFB présentera au Saloon du livre – larmes de rire – et cette affiche Wanted. 500$? Cé tout? C’est « Alive » of course. Qui va prendre des risques pour 500$?
500$!!! Pffffff, quel mépris!-
François Bégaudeau
Maître des clésce prix me va
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..Graindorge
InvitéOf course
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MA
InvitéPas compris
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..Graindorge
Invité500 dollars demandés c’est pas beaucoup donc le recherché mort ou vif peut être tranquille
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MA
InvitéJe viens de voir le post FB. Je comprends mieux!
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sumie
Invité« Dans le mépris pour les forts sociaux couve l’anarchisme »
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François Bégaudeau
Maître des clésle mépris le plus impeccable pour les dominants se passe même de ces mots
(d’ailleurs lesdits mots lui coutent cher – et à la fin point d’autonomie, si ce n’est au Ciel)-
sumie
Invitébon conseil
mais l’insulte est souvent tentante-
sumie
Invitéla ou c’est vraiment avisé, c’est qu’a force d’insulter on finit comme Manfroy et sardoche
terrible et triste quoi-
gerard manfroy
InvitéC’est Manfroy qui a posté « Il y a beaucoup de monde dans la rue Pierre Charon » bien avant ton poste et il a autre chose à faire que de poster pour faire semblant de ne pas poster. Et dans une réponse plus renaldienne que begaldienne il te recommande de t’acheter une paire de lunette.
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Samuel_Belkekett
InvitéJe dirais même plus… Une paire de lunettes mentale.
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Gerard Manfroy
InvitéFROM « Camarade Bourgeois » et « J’aime pas le Travail, la Justice et l’Armée » TO « J’ai embrassé un flic ».
Les millions de disques vendus, et l’alcool : les deux poisons de Renaud.
Mais le devenir-bourgeois de Renaud n’est que détail à côté de ce qui reste : la Plume. Ceux qui voient en lui un faux rebelle devrait surtout voir un vrai mélancolique. -
Sardoche
InvitéLa gauche dans toute sa splendeur : haine, insultes et violence
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..Graindorge
Invité« Le marché serait enchanté de n’avoir affaire qu’à des clients riches, simplement les places sont chères dans l’industrie du luxe et du yacht. Si exponentiel que soit l’enrichissement des fortunés, on ne peut pas les plumer à l’infini. Le riche est ultra dominant mais pas nombreux. La loi du marché c’est la plate loi du nombre.
Quatre mille tomates vendues c’est mieux que quarante. Le marché s’en va donc prospecter là où il trouvera le maximum de bouches. Il s’aiguille intuitivement vers la masse, tel le gros poisson gobeur vers un banc de sardines. Puisque la masse sert ses intérêts, le marché s’intéresse à la masse. Il fait des études de marché pour modeler le produit selon les attentes des gens qu’il s’emploie dans le même temps à modeler par la publicité. »
» Le marché est l’allié et le bourreau du prolétaire. Chaque prolétaire est double : à la fois producteur et consommateur. Le marché accable l’un et flatte l’autre. Il accable l’un pour pouvoir chouchouter l’autre. Il impose à l’un des bas salaires qui permettent à l’autre de bouffer à bas prix. »
P.89-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est bien dit
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..Graindorge
Invité… et remarquablement copié depuis le livre, avec l’index droit : artisanal
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Claire N
InvitéMoi aussi je fais comme ça – j’aime bien m’appliquer à ça
J’aime aussi le plumer / gober
Qui d’une certaine manière montre bien la passe vers la pêche au gros, le côté industriel et destructeur
Quand on plume on laisse quelque chose il faut etre un peu précis autour de l’individu-
..Graindorge
InvitéPlumer/gober?
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Claire N
Invité« on ne peut pas les plumer à l’infini »
« tel le gros poisson gobeur »
Avec le changement quantitatif des le / les
Qui accompagne la posture de force-
Claire N
InvitéMoi j’aime bien, aussi parce comment dire, ça donne un autre angle le milieu aquatique que la gravité terrestre du haut vers le bas- c’est une galipette du mépris mais ça fait la gym
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François Bégaudeau
Maître des clésLes marchands ont intérêt à baisser le cout du travail. Mais ne peuvent pas appauvrir trop ceux qui sont aussi ses consommateurs.
Diagonale idoine : que le producteur ne soit pas le consommateur
Que le producteur soit un ouvrier chinois et le consommateur français.
Problème : le consommateur français est alors au chomage – et ne pourra bientot plus consommer.
Résolution : l’Etat sauve les meubles et cache la misère – par des allocations diverses, dont il escompte que les pauvres les alloueront à la consommation, de sorte qu’elles finissent dans la pochee des marchands
(c’est ce que les pondérés keynesiens, qui n’ont jamais été de gauche, appellent la relance par la demande)
L’allocation aux pauvres est ainsi une subvention indirecte aux marchands.-
Mathieu
InvitéLogique déjà bien comprise par nos amis belges
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Claire N
Invité« L’allocation aux pauvres est ainsi une subvention indirecte aux marchands.«
Voilà – encore une conspiration des pauvres
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Sardoche
InvitéBegaudeau : « Que le producteur soit un ouvrier chinois et le consommateur français. »
Aussi caricatural que faux puisque ton développement imlplique logiquement que les chinois ne consomment pas. Or les travailleurs chinois consomment de plus en plus et une part croissante de la croissance chinois est tirée par cette demande interne.
Les faits invalident donc tes sophismes.
Nouvelle preuve de la bêtise gauchiste.-
Claire N
Invitépersonne à gauche n’oubliera jamais cette « déculottée « , je pense que tu peux sortir la tête haute – il ne nous reste plus à présent qu’ à subir , mortifiés , la superbe de ton silence .
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Ludovic Bourgeois
InvitéTu as la colère qu’il faut
Mais tu t’egares sur la droite ou exr droite
Ils collaborent autant voir plus que la gauche
Quest° de Position sociale
Je te salue
Bras tendu-
Ludovic Bourgeois
InvitéPosition sociale et peur*
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Beau fiasco grade nu
InvitéLe maître à parler.
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Ludovic Bourgeois
InvitéToi tu profites en tant que non blanc
Mais j’parle à un prolo-class moy blanc
Qui Doit vomir de l’ext gauche à l’ext droite
Et s’ecarter de ses impasses -
Beau fiasco grade nu
InvitéSale merde
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Ludovic Bourgeois
InvitéQuoi que tu fasses
Tu ne seras jamais européen -
Beau fiasco grade nu
InvitéQuoi que tu produises
Tu ne seras jamais digne -
Ludovic Bourgeois
InvitéJe suis indigne et européen
Tu es digne et africain
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..Graindorge
InvitéL’allocation aux pauvres est ainsi une subvention indirecte aux marchands.
Et d’une pierre deux coups: éviter les émeutes
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..Graindorge
InvitéAaah! Tout s’éclaire!
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..Graindorge
InvitéDu mépris de François Bégaudeau aux Éditions
Cause Perdue : 17,5/ 20-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aurais mis 18
pour l’orthographe impeccable-
Mathieu
InvitéIl manque quand même une syllabe à un mot et une syllabe de trop à un autre
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..Graindorge
InvitéJ’avais mis 17 et après mûre réflexion, rajouté un demi point pour l’orthografe impeccable
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François Bégaudeau
Maître des clésvous êtes bien aimable
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..Graindorge
InvitéJe n’en doute pas
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bibinard
Invitévoup assez kanche et lkur et ?
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Mathieu
InvitéDeux jours après avoir monté les marches à Cannes pour le Asghar Faradi, Vincent Cassel vient d’ouvrir le stade de France pour Jul. Ça rappelle les pages Du mépris sur Juliette Armanet. Tout le monde y gagne.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui je propose que nous recensions tous, chaque jour, les multiples illustrations de ce que je démontre dans le livre : la fusion des gouts culturels (où je vois, c’est important, le prolongement culturel de l’actuelle fusion en cours entre bourgeoisie et extreme droite)
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Ostros
InvitéEn tant que fan de Chacha, je recense une activité d’affirmation de lien aux goûts populaires très concentrée ces derniers mois :
– lettre ouverte à Britney Spears
– j’adore les tuches (iconique), ils me ressemblent et ils sont touchants (et je déteste ceux qui méprisent les tuches)
– je chante Céline Dion à tue-tête
– j’adore le grand est
– j’adore son fromage
– j’ai découvert et adoré le picon
(Entre un grand prix de formule 1, un tournoi de tennis et deux défilés de haute couture en chemise à 3900e)-
Henry
InvitéLa palme d’or d’honneur remis à travolta en est un beau d’exemple
Comme celle à SIR peter Jackson
Comme celle à Barbara Streisand
Comme celle à denzel Washinton l’année dernière
Comme celle à george Lucas l’année d’encore avant
Comme toute cette tradition détestable du festival de cannes qui consiste à faire des louanges et à monter au rang de mythe indépassable le cinéma américain blockbuster populo
Tradition enclenché par thierry Fremaux de nivellement par le bas
On pourrait citer aussi la célébration à cannes des 25 ans de la saga merdique et abrutissante: fast and furious-
Seldoon
InvitéMais le côté palme d’honneur c’est pas, comme le film d’ouverture blockbuster (je me souviens encore du remake de fanfan la tulipe en ouverture) une vieille histoire ? Faire honneur au cinéma grand public quel qu’il soit, à la marge, pour attirer les regards sur le festival pendant qu’il se concentre sur le reste ? Pas sûr que ce soit une illustration de ce dont il est question.
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Henry
InvitéPas vraiment
Les films d’ouverture oui c’est une vieille tradition tu a raisonMais spécifiquement la palme d’or d’honneur n’existe que depuis 97
Au début cette récompense ne récompensais que des grand nom
Le premier à le recevoir étant Bergman
Et ce n’est QUE depuis la politique de Frémaux sur le festival, que des stars americaine on commencé à la recevoir, d’abord clint eastwood (pas volé) et puis depuis le début des années 2020 ça enchaine comme listé au dessus-
Henry
InvitéOn est passé de on met les films de merde en hors compétitions au début du festival à on leurs donne une palme d’honneur gratos
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Seldoon
InvitéMerci pour les précisions et gloire à Clint.
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François Bégaudeau
Maître des clésSuis partagé sur cette affaire, mais un fait évoqué longuement dans le livre irait dans ton sens : Partir un jour en ouverture l’an dernier.
…. où bien sur est honorée la variété, ciment culturel national transclasse
…. dont le titre vient d’une chanson des 2be3
….laquelle chanson est reprise au piano par Juliette Armanet-de-Saint-Germain-en-Laye
(ce que Rose Lamy appelle, obscènement, gentrification culturelle)
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Cloups
InvitéEst-ce que Claire et ses +6K/mois qui parle de clito comme la dernière des beauf ça compte ?
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Ostros
InvitéJean Paul Rouve qui fait un gros câlin-bisou plein de larmes à Manu ça compte ?
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Finot
InvitéFrançois et les autres,
J’ai beaucoup aimé le livre, adoré le final lyrique.
J’ai essayé la mise en pratique.
Rapport chef/fonctionnaire.
Le chef tente de me reprendre (se contenant de me reprendre en s’agaçant visible) car il veut toujours que je lui demande les choses oralement et non à l’écrit. Il me fait perdre mon temps. Il voudrait que je l’apprécie. Il irrespecte certains, encensent d’autres. Au lieu de m’agacer, aujourd’hui, j’ai souri et hoché la tête genre cause toujours tu m’intéresses.
→ De l’usage du mépris et pour sa première mise en pratique : alors cher.e.s collègues, je dois vous dire que cela rend en face furieux. Je vais en reprendre une dose.
Ai-je mal mis le mépris dans son expression incorporée ou faut-il être un fort au préalable pour supporter les conséquences immédiates de ce mépris, qui accroit le danger ?
[François, tu me diras peut-être que c’est le mépris à l’exercice répété qui rend justement fort].-
François Bégaudeau
Maître des clés« François, tu me diras peut-être que c’est le mépris à l’exercice répété qui rend justement fort »
Oui sans doute que le mépris, ça se muscle, et ça se muscle en exerçant
C’est une gymnastique.-
Finot
InvitéMerci.
Bon me voilà parti pour me muscler. J’espère que cela prend vite.
Le lyrisme final m’a plu comme variation de ton et surtout me rappelant l’adresse envolée à Nathanaël des Nourritures terrestres de Gide, qui m’avait tant parlé.
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nefa
Invitéet sa forme aérée
au mépris du grammage
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Johnny
InvitéLa fin du livre est la partie la plus faible de l’ouvrage, point commun d’ailleurs avec la plupart des ses livres. Celle-ci est en tout cas nunuche au possible et digne d’un livre de développement personnel médiocre (« Ecoute de la musique », « Arrose-toi comme une plante »,…). Sans compter les incohérences auxquelles confinent les conseils naïfs d’une telle praxéologie.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu as lu, c’est une bonne base. Merci pour ça.
M’en diras tu plus sur ces « incohérences » ou faudra-t-il qu’on s’en tienne là?
Sur la musique en tout cas, tu tronques le mouvement. le voici restitué :
« Écoute de la musique.
On n’écoute jamais assez de musique.
Tu es coupable en ce seul sens que tu n’écoutes pas assez de musique. »-
François Bégaudeau
Maître des clésaussi vrai que la plante doit etre ressaisie dans un mouvement -puisque ce final est un mouvement, au sens musical tiens :
« Le mépris est un pilier de la sagesse. L’affect-socle d’une politique de l’autonomie.
Cultive-le comme une plante.
Cultive ta prétention.
Dans le récit de ta vie, au nom de quelle maladive modestie, quelle théâtrale contrition, devrais-tu te distribuer toujours dans le mauvais rôle ?
Ne cesse jamais de prétendre. Tu te le dois. Tu le dois à qui de droit.
Arrose-toi comme une plante. »-
Balthazar
InvitéPout ma part, je ne dirais pas que cette fin est faible, mais qu’elle m’a laissée sur le côté. Alors que le livre me donnait l’impression d’une réjouissante discussion/refléxion avec un ami, soudain celui-ci se detournait pour parler à d’autres. Jolie musique, mais dans la salle (l’église ?) d’à côté. Question de tempérament sans doute. Pas tout à fait convaincu que Dieu ne m’ait pas oublié.
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..Graindorge
InvitéCette fin avec tous ces impératifs: un petit air de Frédéric Lenoir de gauche radical. Mais puisque certains ont aimé cette fin, elle sert.
Et pour les autres, ça ne dure que 4 pages et demi. Le reste qui n’est pas « le reste » mais tout le livre c’est du bon Bégaudeau. Pas pris le temps d’en parler comme il faudrait.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Pas tout à fait convaincu que Dieu ne m’ait pas oublié. »
J’aime bien.-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour Frédéric Lenoir. Je suis flatté
Hélas ppour moi je ne crois pas que FL écrirait : Cultive ta prétention.-
François Bégaudeau
Maître des clésPlus haut ça compare avec Gide
Bizarrement je préfère. -
..Graindorge
Invité« Hélas ppour moi je ne crois pas que FL écrirait : Cultive ta prétention. »
Il va quand même pas donner des idées à la concurrence
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Shiva
Invité» Ne méprise personne sur son apparence, car la moindre touffe de bois peut receler un tigre. »
Mocharrafoddin Saadi – Le jardin des roses – XIIIe siècle.
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» Si l’on juge trop lourde la charge d’admirer, on peut trouver une sorte de soulagement à mépriser. »
Émile-Auguste Chartier, dit Alain – Sentiments, passions et signes (1926)
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» Mieux vaut ne rien mépriser, et faire de son mieux. »
Georges Bernanos – La joie (1928)
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» Qui se méprise soi-même s’honore du moins comme contempteur. »
Friedrich Nietzsche – Par-delà le bien et le mal (1886)
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» On ne méprise pas celui qu’on craint. »
Fiodor Dostoïevski – L’idiot (1868)
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» À part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche. »
Pierre Desproges – Fonds de tiroir (1990)
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» Ne méprisons jamais, car, aux vices qui nous sont communs avec les vices de ceux que nous méprisons, nous ajoutons souvent le pire de tous : l’orgueil de nous croire meilleurs. »
Auguste Guyard – Quintessences (1847)
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« Aux yeux de la plupart des Gaulois, notre petite taille, à côté de leur haute stature, est un objet de mépris. »
César – La Guerre des Gaules (-57), Livre II, XXX
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» Quand on méprise, sans doute piétine-t-on autrui, mais en passant. On ne pratique jamais le mépris avec méthode, avec acharnement. Même sur le champ de bataille, on dédaigne l’homme à terre alors que l’on combat celui qui est debout. »
Sénèque – Lettres à Lucilius de Sénèque
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» Il peut quelquefois suffire pour que nous aimions une femme qu’elle nous regarde avec mépris … . »
Marcel Proust – A la recherche du temps perdu (1918), Du côté de chez Swann de Marcel Proust
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» Ce n’est pas mépriser assez certaines gens que de dire tout haut qu’on les méprise. Le silence seul est le souverain mépris. »
Sainte-Beuve
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» L’estime et le mépris sont des espèces d’admiration. »
René Descartes – Les Passions de l’âme (1649), III
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» Gauchistes phosphorez, droitards disparaissez, vous ne méritez pas le mépris. »
Shiva – adepte du sulfureux forum bégaldien-
Samuel
InvitéBien vu le pakpak!
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..Graindorge
InvitéJuste signaler que Valérie Lemercier n’est sang-bleu
que dans certains films
Elle est de parents agriculteurs normands.
On s’en fout mais bon -
Finot
InvitéJe n’aurais pas dû commencer par la fin. C’était un remerciement à l’auteur.
Comment dire à quelqu’un qu’il est un trésor.
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Claire N
InvitéRires- et bien – après cette lecture @finot
A la question comment ? je te dirais : plus simplement
-tu es un trésor –
Sera ma manière de saluer ta providence-
Finot
Invité@Claire N, vous avez la classe
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oreillette
InvitéTu seras un homme mon fils ^^
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Claire N
InvitéEt d’autres dances
première plante –
Ainsi capable
Meme parmi les ronces
Tu fleuriras
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Finot
InvitéSi tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots
Et d’entendre mentir sur toi leur bouches folles
Sans mentir toi-même d’un motOui voilà, cette force incantatoire.
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Gerard Manfroy
InvitéPetit poste de Paul Dupert : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=pfbid026n4WMcgaU1MLtYKz7sbkna22mceHN6uoz8HUbV8jJSZsAfSwYPi7XgNnwpn5SsJql&id=100094352774862
» Toute tradition historique doit disparaître, et l’abstraction devra régner dans l’absence générale de la qualité »
« Nous retrouvons ainsi la significative question du temps, de ce temps partout gagné pour ne pas vivre. »
« La bourgeoisie avait dit longtemps : « Il y a eu de l’histoire, mais il n’y en a plus. » (Marx.) Quand elle bureaucratise sa domination, elle ajoute : « Il y a eu du goût, mais il n’y en a plus. » »
En 1985, Guy Debord écrivait » l’abat-faim » ou il démontrait comment le capitalisme aboutissait, par la recherche frénétique de profit à la consommation toujours plus rapide et dégradée de la gastronomie.
A l’orée des années 2000, José Bové détruisait un mac Donald, la gauche italienne, en Toscane, interdisait les Kebab, mac do et restaurant japonais en centre-ville.
Mais c’était l’ancien temps : la gauche est devenue de plus en plus frileuse, s’est résignée à coups de sociologie de comptoir à base de » défense des pratiques populaires » et de tout un vocabulaire de la soumission et de l’adaptation enthousiaste à la nouveauté, à la macdonaldisation horizontale.
Regarde cette tranche de poulet frit camarade : c’est ton horizon. Tout ce qui est raffiné est rétrograde.Pas vraiment fan de Paul Dupert, j’aime pas son côté Greg Tabibian, mais bon, le constat est proche de celui du bouquin. Mais bien sûr Dupert nous dira que la gauche ne veut ou ne peut lutter contre ça, gna gna gna, guy debord pasolini georges orwell, mais bon. Pas sûr que le RN ne soit le sauveur de tous les petits charcutiers de France.
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Gerard Manfroy
Invitéhttps://x.com/PaulDupert/status/2055566518063083985 Et là par exemple, il fait le contraire du mépris de classe.
Sa petite remarque sur Kool Shen est très bonne. Mais cela dit, c’est un truc de l’esprit bourgeois actuel ça : de prendre un petit truc de la pop culture pour citer des grandes idées. France Culture avait un peu versé là-dedans aussi, (surtout « le Mouv », la branche « cool et branchée » de Radio France), je me souviens d’une émission sur Leibniz où ils avaient illustrer la théorie du Dieu calculateur par un extrait de Matrix, et on sentait que ça faisait tiquer l’intervenante, prof d’université.-
François Bégaudeau
Maître des clésDans le livre je raconte qu’un livre collectif de normaliens avait, en 2001, été consacré à Matrix.
A l’époque on appelait ça « pop philosophie ». Vingt-cinq ans après l’étiquette a disparu par le fait même de la généralisation de ce qu’elle désignait. Tout le monde est pop. Le pop est notre bain.-
K. comme mon Code
InvitéLes critiques de musique US parlaient négativement de « poptimism » (pop et optimisme) pour décrire la place importante que prenait la pop dans les publications et l’engouement forcé pour valoriser ce qui, en réalité, s’imposait parce que ça générait du clic. Maintenant plus personne n’est surpris si Pitchfork publie une critique du nouveau Taylor Swift et l’optimisme condescendant n’est plus nécessaire.
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Christian Jeanbrau
InvitéJe viens d’achever « Du mépris ». Ma désorientation devant ce brillant brûlot me désole et m’inquiète. Serait-ce un gyrophare? Au fil de la lecture, j’ai d’abord beaucoup ri puis j’ai commencé à m’agacer puis je ne suis plus parvenu à distinguer la pertinence de la suffisance. Le plume bégaldienne est, je le sais d’assez longue expérience souvent mêlée d’admiration, enlevée, affûtée, inattendue, riche en virages serrés, mais l’exacerbation épisodique, ici, des défauts de ces qualités étonne par sa mise au service de ce qu’on voudrait pouvoir ne pas juger une prodigieuse autocélébration. Progressivement, le dézingage d’abord savoureux de nombre d’encensés médiatiques auquel je serais tenté de souscrire m’a semblé tomber dans une méchanceté enracinée d’acrimonie et tout ce mépris en marche qui s’en glorifie et qui s’en défend, qui se drape dans une culture allusive en forme de boule à facettes a fini par me fatiguer. Trop vieux prof peut-être. J’ai perdu le fil, la colonne vertébrale de l’argumentation supposée. Ne m’est soudain plus restée évidente qu’une logorrhée revancharde où l’amertume déborde et fait la courte échelle à l’affirmation de la supériorité du sujet parlant. J’ai cessé de comprendre le but du livre et partant, son intérêt. Dommage, j’étais pourtant dans de très bonnes dispositions après « L’amour » et « Désertion ».
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Order
InvitéOui, outre les détours argumentatifs, qui ma foi sont plutôt stimulants, le livre ne devient jamais vraiment ce qui pourtant, d’après moi, le travaille de part en part : un éloge de l’amour-propre ainsi qu’une profession de foi aristocratique.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu reproches donc au livre de n’être pas ce que « pour toi » il voulait etre. Le problème c’est que pour moi l’auteur, ce livre ne voulait pas etre ce que tu dis qu’il voulait etre.
Ce livre, je t’en informe, voulait prioritairement débrouiller l’obscure affaire du mépris. Y réussit il? Parlons en.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl y aurait là a priori de quoi engager une discussion. Tu a lu, tu formules une critique négative. Très bien.
Le problème c’est : que puis je donc répondre à cela? Tes lignes sont bien abstraites, très en survol, et essentiellement occupées à portraiturer (négativement) le messager. On dirait ici que tu fais le bilan d’une soirée que tu aurais passé avec moi au restau, commentant mon attitude générale. Tout texte mis à part.
Un symptome : à la lumière de ces lignes pourtant bavardes et assez nombreuses, il est absolument impossible de savoir de quoi parle le livre. Le mot mépris n’y est même pas. Ton post s’emballe, s’emporte, s’emmêle (qu’est ce donc qu’une « plume mêlée d’admiration »). IL multiplie les redondances : « méchanceté enracinée d’acrimonie » (rien que ça), « logorrhée revancharde où l’amertume déborde » (autoportrait?)
Comment donc répondre à ça? : je n’ai quant à moi aucunement l’impression d’avoir écrit un livre revanchard, ou simplement acrimonieux, ou simplement méchant. J’ai l’impression d’avoir écrit un livre joyeux et gambadant façon Diderot. So? Qu’est ce qu’on se dit ?
-c’est plein d’acrimonie!
-ah non je ne trouve pas
-si si plein
-ben non
Seul issue : que tu consentes à redescendre du ciel de tes abstractions et que par exemple tu cites des passages. Un passage logorrhéique ; un passage acrimonieux, un passage méchant. Au moins je verrai de quoi tu parles. Et pourrai (en) répondre..
Il y aurait encore plus simple : que tu veuilles bien évoquer ce que le livre évoque. Ce livre est une démonstration. Il propose un diagnostic sur le réel. Il livre des analyses, qui toutes visent la justesse. Ainsi tu pourrais, en t’armant de précision, discuter la justesse desdites analyses.
Cette invite présuppose bien sur que tu ne sois pas un robot – ce que ta prose emberlificotée pourrait laisser croire. -
François Bégaudeau
Maître des clésIl y aurait là a priori de quoi engager une discussion. Tu as lu, tu formules une critique négative. Très bien.
Le problème c’est : que puis je donc répondre à cela? Tes lignes sont bien abstraites, très en survol, et essentiellement occupées à portraiturer (négativement) le messager. On dirait ici que tu fais le bilan d’une soirée que tu aurais passée avec moi au restau, commentant mon attitude générale. Tout texte mis à part.
Un symptome : à la lumière de ces lignes pourtant bavardes et assez nombreuses, il est absolument impossible de savoir de quoi parle le livre. Le mot mépris n’y est même pas. Ton post s’emballe, s’emporte, s’emmêle (qu’est ce donc qu’une « plume mêlée d’admiration »). IL multiplie les redondances : « méchanceté enracinée d’acrimonie » (rien que ça), « logorrhée revancharde où l’amertume déborde » (autoportrait?)
Comment donc répondre à ça? : je n’ai quant à moi aucunement l’impression d’avoir écrit un livre revanchard, ou simplement acrimonieux, ou simplement méchant. J’ai l’impression d’avoir écrit un livre joyeux et gambadant façon Diderot. So? Qu’est ce qu’on se dit ?
-c’est plein d’acrimonie!
-ah non je ne trouve pas
-si si plein
-ben non
Seule issue : que tu consentes à redescendre du ciel de tes abstractions et que par exemple tu cites des passages. Un passage logorrhéique ; un passage acrimonieux, un passage méchant. Au moins je verrai de quoi tu parles. Et pourrai (en) répondre..
Il y aurait encore plus simple : que tu veuilles bien évoquer ce que le livre évoque. Ce livre est une démonstration. Il propose un diagnostic sur le réel. Il livre des analyses, qui toutes visent la justesse. Ainsi tu pourrais, en t’armant de précision, discuter la justesse desdites analyses.
Cette invite présuppose bien sur que 1 tu n’aies pas pour but principal de m’emmerder 2 que tu ne sois pas un robot – ce que ta prose emberlificotée pourrait laisser croire.-
Christian Jeanbrau
InvitéMerci pour la réaction.
J’ai écrit: « Le plume bégaldienne est, je le sais d’assez longue expérience souvent mêlée d’admiration (…) ». Erreur de mon fait: « Le » pour « La ». Mais la ponctuation montre assez que le mêlée d’admiration concerne l’expérience et non ladite plume (erreur de votre fait).
Vous écrivez: « J’ai l’impression d’avoir écrit un livre joyeux et gambadant façon Diderot ». Référence modeste sans doute. Et moi une note façon qui? Chateaubriand? Proust? Allons!
« Ma prétention me grandit contre la haine autophage, et d’abord contre le mesquin. C’est parce que j’ai une haute idée de moi qu’en 1995 je ne signe pas une pétition des habitants de l’immeuble pour virer le locataire alcoolisé du premier étage. C’est parce que j’ai une haute idée de ma virilité que je ne frappe pas ma harceleuse de 2015 une nuit où elle sonne chez moi sans discontinuer. C’est depuis mon royaume que je n’ai cédé ni à leurs sirènes ni à leurs anathèmes. C’est parce que je suis plus talentueux que les critiques que je les laisse aboyer. Moins sûr de mon talent je répondrais. Je me vautrerais dans cette fange et finirais boueux comme eux ». Le comportement est noble. Ses motifs ne sont pas si éloignés de Camus (« Un homme, ça s’oblige »). Mais la formulation « chevilles enflées » m’a choqué même si prétention avouée devrait être à demi pardonnée.
Tout le passage sur Gaël Faye (pges 136 et sq) m’a été difficile en ce que la virulence de l’attaque m’a semblé teintée de mépris via une attitude certes assumée de professeur corrigeant une copie (« Je suis odieux ») mais assez arrogante dans la certitude de ses supériorités (« Je suis meilleur écrivain que Faye, ce serait minauderie que de le nier ») et au fond facile. Avec des violences peut-être excessives (« Ce recrachat » – pge 137)
J’ai mieux vécu l’éreintement d’Ernaux, sans doute parce que j’en partage le fond.
L’accusation de logorrhée relève plutôt d’une impression générale de flot continu, de flow comme on dit des rappeurs (?) dans lequel je me suis par moment enlisé.
L’inconvénient de la (ma) critique, ici, est qu’il ne s’agit pas tant de contester des analyses auxquelles je peux être majoritairement sensible malgré par à coups des hésitations de compréhension ou d’adhésion, que de souligner l’importance selon moi excessive, gênante, voire contreproductive que s’octroie l’auteur, donc vous, en référant à son cas personnel des situations qu’il pourrait traiter avec plus de distance (« En deux romans, Faye a été plus traduit que moi en vingt. A l’automne 2024 Jacaranda se vend à 100 000 exemplaires, mon comme une mule à 8000 »), même si vous vous vantez de le concéder (« Je serais jaloux que cela ne m’étonnerait pas »).
Etc.
Vous avez parfaitement raison : « On dirait ici que tu fais le bilan d’une soirée que tu aurais passée avec moi au restau, commentant mon attitude générale ». Comme une tentation refoulée de dialogue de fond et sur d’autres sujets (l’école par exemple) dans un autre cadre.-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour l’effort, mais je suis un peu déçu. On ne voit toujours pas la logorrhée – terme qui m’est très peu accolé, et qui me semble ici plus que jamais déplacé. On ne voit toujours pas non plus la méchanceté, etc
Ben oui les pages sur Faye sont cruelles, mais sont elles justes? Si elles sont justes, elles sont moins cruelles. Les affaires de forme sont souvent des affaires de fond. Chose que vous notez vous même dans un bel accès d’honnêteté : ‘J’ai mieux vécu l’éreintement d’Ernaux, sans doute parce que j’en partage le fond.’ Ben oui. C’est comme ça que ça marche. Je dois donc supposer que vous aimez plutot les livres de Faye. Ou peut etre que vous ne l’avez jamais lu. Auquel cas faites le : vous verrez que mes lignes sur lui sont douces comme le miel à l’aune de la nullité de cette prose, et de la sinistre comédie sociale qui l’a consacrée. Qui méprise qui? Faye se méprise, le Goncourt le méprise ; quant à moi j’ai assez de respect pour lui pour 1 le lire attentivement 2 écrire très exactement ce que vaut sa prose de collège.
Dans « façon Diderot », il y a façon. Scoop : un auteur a des modèles. Diderot en est un. Oui quand j’écris j’essaye de me tenir à la hauteur des modèles. – en tout cas de ne pas etre indignes d’eux. Et j’espère que tout auteur a cette ambition – sans laquelle il n’est pas de grand livre. Car oui je prétends aussi – y réussir ou non n’est pas la question ici- écrire de grands livres. Etonnant non?
Quant au fait que je me décris et me narre beaucoup dans le livre, vous devez savoir que c’est ma méthode analytique. Une méthode matérialiste. Partir de mon corps et de ses expériences me garantit des abstractions. etc. Evidemment si cette méthode vous déplait, je comprends que le livre vous déplaise, et que vous préfériez les romans, où j’ai tendance à me dissoudre. Ca tombe bien, je préfère aussi mes romans.
Vous avez cité le passage où je tache de me remémorer des moments de ma vie où l’orgueil – l’estime de soi qui soutient l’orgueil- m’a donné la force de la vertu (qui sont une seule et même chose selon moi). Vous n’avez pas eu de ces moments vous-mêmes? En tout cas, aussi bien auriez vous pu reporter la page où j’égrène symétriquement les moments où je me trouve méprisable. Un individu est fait de courant alternatif. Faudrait il que je taise l’un et dise l’autre? Seule m’intéresse la justesse (et la joie) : si je suis ce mixte, il faut que je narre l’un et l’autre, sans quoi je mens par omission.
Une chose que je déteste bien davantage encore que la complaisance avec soi : la fausse contrition.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Vous avez parfaitement raison : « On dirait ici que tu fais le bilan d’une soirée que tu aurais passée avec moi au restau, commentant mon attitude générale ». Comme une tentation refoulée de dialogue de fond et sur d’autres sujets (l’école par exemple) dans un autre cadre. »
Eh oui on sentait bien que cette critique textuelle sans texte était le support d’une tension antérieure.
Tension qui semble avoir pour coeur l’école, classiquement.-
Christian Jeanbrau
InvitéJe tâcherai sans doute, par un autre canal, de vous en parler. Merci.
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François Bégaudeau
Maître des clésSi c’est pour me parler de l’école, ce canal ira très bien. On espère que vous serez plus précis sur ce sujet que sur Du mépris.
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kenny
Invitédévoré d’une traite ou presque, avec beaucoup de plaisir. on lit des essais académiques où l’on peine à discerner une idée directrice; ici, les idées foisonnent, on ne sait par quel bout les saisir
je reprendrai le livre, mais deux questions me viennent pour l’instant:
1 mépris vs analyse de classe: cela ne revient-il pas à méconnaître la dynamique des luttes ? voir travaux récents sur la dignité
2 la culture légitime ne semble plus constituer un opérateur central de distinction dans la (néo?)bourgeoisie. thèse intéressante, j’ai la vision, mais masse de contre-exemples me viennent à l’esprit. existe-t-il des études récentes prolongeant le travail de Bourdieu?-
François Bégaudeau
Maître des clés1 tu as raison. J’aborde cette nuance dans le livre. Et je suggère que je minimise peut etre la donne « mépris » dans la colère sociale dans la mesure
J’évoque cet aspect plus longuement dans un entretien qui sera bientot posté
Mais en tout cas c’est bien la zone hésitante du livre.
2 Je liste à un moment des distinctions persistantes. L’élément nouveau, c’est que ses distinctions bourgeoisies n’impressionnent plus grand monde. Il y a donc tendanciellement moins de honte culturelle.
Lahire a commencé de remettre à jour la sociologie de la culture de Bourdieu. Mais pas encore assez à mon sens.-
François Bégaudeau
Maître des clésincomplet : dans la mesure… où j’ai peu voire pas subi le mépris de classe, si ce n’est, je le raconte aussi, en tant que prof
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Max
InvitéBonjour François et les autres,
Déjà merci pour le livre, que je suis en train de lire. Je profite de mes rares apparitions ici pour raconter une anecdote perso à laquelle je pensais en lisant Du mépris, et ton commentaire sur le mépris de classe. La scène ne va rien éclairer mais ça me fait plaisir de la raconter.
Il y a longtemps, je travaillais comme manoeuvre sur les chantiers, à Paris. Pendant cette même période de ma vie, je faisais pas mal de photo argentique. Un jour on m’envoie sur le chantier d’un appart bourgeois. Je bossais beaucoup avec des parqueteurs et seuls les bourgeois ont les moyens de refaire un parquet en massif.
Donc j’étais le petit manoeuvre qu’en général aucun client ne calcule : on n’existe que dans la mesure où on présente un risque de salir le tapis avec la poussière de plâtre qu’on traîne sous les pompes.
Là, la cliente c’était une femme d’une soixantaine d’années qui supervisait (petit chantier, on était que deux : le parqueteur et moi, pour refaire toute une pièce). Le premier jour la vieille me méprise, donc je méprise la vieille, normal, j’ai l’habitude. Et puis le deuxième jour j’entre dans son salon, elle était là derrière moi, et je vois une photo encadrée sur le mur, d’un photographe contemporain bien coté à l’époque : Phillip-Lorca diCorsia. Je vois la photo et je dis : « Tiens, Phillip-Lorca diCorsia, dingue, c’est rare de voir ça chez les gens. »
La vieille n’en revient pas. Elle dit : « Mais oui, mais oui c’est bien lui. Comment vous savez ça ? » Entre les lignes : comment une petite merde qui bosse en intérim peut-elle connaître un photographe contemporain affiché dans mon salon ? Elle avait l’air à la fois admirative et outrée. On aurait dit que d’un coup sa photo perdait toute sa valeur, du seul fait d’être reconnue par un prolo. (bien sûr je lui fais un procès d’intention a posteriori mais c’était à peu près l’ambiance). Je ne me souviens plus exactement de ma réponse mais c’était un truc du genre : « Perso j’aime pas du tout ce qu’il fait, mais chacun ses goûts ». Bref, j’en ris encore bêtement.
A partir de ce moment-là, la vieille m’a regardé comme si je sortais d’un roman de Dickens. C’était trop marrant. Après le mépris, elle s’ouvrait à la pitié, comme si c’était mieux. Elle me propose des verres d’eau, de prendre une pause si besoin, etc.
Et à la fin de la journée, au moment de partir, je suis sur le palier pour la saluer, et là elle me glisse un billet de 50 euros dans la main. Comme le font les riches aux serveurs ou aux mecs qui garent leur voiture, le geste discret genre on ne voit pas le billet passer de main en main. Elle me file le billet et elle me dit : « Prenez, vous le méritez, vous faites pas un travail facile. » Et là putain je l’ai méprisée d’une force. Mais je serais incapable d’identifier d’où me venait ce mépris. Et là où ça devient terrible c’est qu’au départ je proteste, je lui dis mais non, vous plaisantez, gardez votre argent, j’ai un salaire ça va. » La vieille insiste, elle veut pas reprendre ses 50 balles. Donc j’ai fini par garder le billet. Et là c’est moi que j’ai méprisé. Je me souviens très bien de la sensation. J’ai foutu le billet dans ma poche et en descendant l’escalier je me suis méprisé comme jamais, de ne pas lui avoir laissé son fric, lui avoir renvoyé sa charité à la gueule.
Mais bref, rien que de raconter la scène des années après, ça me montre que la question du mépris, notamment du mépris de classe au travail (quand deux classes distinctes se font face), en fait c’est un combat permanent, ça fait partie de la lutte, du rapport de force : je ne leur ferai pas le plaisir de les laisser me mépriser. Et c’est hyper concret : ça passe par le regard, les poignées de main, comme on se parle, ce qu’on accepte de faire et ce qu’on refuse, etc.
Aujourd’hui j’en suis largement revenu, de cette notion de mépris de classe, reprise de façon plus que douteuse, mais n’empêche, il reste un truc et c’est dans le corps que ça se passe, pour le coup : une façon de se tenir droit. Même quand on a le dos flingué.
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InvitéJ’aime beaucoup ta description de cette scène de mépris. J’étais en train de parler d’« état d’esprit » quand on méprise, mais là tu me rappelles à quel point c’est d’abord quelque chose de très concret, viscéral, vital.
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François Bégaudeau
Maître des clésVoilà des récits comme j’aime, où tout est noué, polysémique, réversible. Parfait.
(et la preuve ultime que c’est riche est que Rigolus n’y a rien compris)-
Rigolus
InvitéJ’ai très bien compris le mécanisme.
Au début, c’est du mépris social classique. Puis elle découvre quelque chose qui casse son modèle mental, ici la photo, et elle change de comportement : elle parle, propose de l’eau, fait attention, donne de l’argent.
Son geste peut être paternaliste, maladroit, condescendant, tout ce qu’on veut. Mais le fait est la : elle se remet en question.
Lui, au moment de l’histoire, non.
Imagine un raciste qui découvre une passion commune avec un étranger. Si malgré ça il décide de ne pas changer son regard, je le trouverai évidemment moins sympathique que l’étranger qui lui propose simplement de l’eau pendant qu’il travaille.
Le problème, c’est que tu lis la scène avec tes biais habituel tu soupçonnes davantage la vieille que le narrateur, alors que les faits racontés montrent plutôt l’inverse. Elle bouge. Lui reste enfermé dans son mépris.
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Tony
InvitéOn peut aussi se dire qu’elle exprime son mépris de classe quand elle s’étonne qu’il connaisse le photographe et en même temps qu’elle s’en étonne elle prend conscience de cet affect qui est en elle et dont elle se sent coupable,on pourrait dire qu’elle se méprise d’avoir été méprisante mais c’est trop douloureux à admettre donc pour retrouver sa sérénité il lui faut rendre méprisable celui qui lui a inspiré ce sentiment et pour cela elle va lui donner un billet qui va la conforter dans son mépris et lui enlever toute culpabilité.
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Rigolus
InvitéÇa me semble impossible.
Moi qui suis racialiste, et pour plein de raisons, je côtoie des gens très différents à longueur de journée. Je n’ai aucun mépris à avoir des points communs avec un musulman, ni à être d’accord avec lui.
Une fois, dans le casino de ma ville, tenu par une caissière noire, je l’ai vue lire Dostoïevski. Une connaissance noire lisait Les Frères Karamazov. Une prostituée maghrébine écoutait Crime et Châtiment en audio.
C’est normal d’être étonné. J’ai pris un exemple racial que j’ai vécu, mais c’est pareil socialement : personne n’imagine spontanément un éboueur faire du violon. Ce qui est inhabituel suscite l’étonnement. Ce n’est pas forcément du mépris.
La différence notable, c’est que la plupart des gens apprécient ce qui rassemble. Je n’ai vu qu’à gauche cette tendance étrange : si un droitard aime le bleu, certains vont aussitôt expliquer pourquoi le bleu est fasciste et détestable.
Je l’ai dit plusieurs fois et ça me trouble toujours autant : le camp de l’universalisme vit souvent dans une endogamie culturelle et sociale extrêmement étroite.
Si une personne de droite sort un bon livre ou dit quelque chose de pertinent, vous êtes presque incapables de le reconnaître et de vous en nourrir.
Et ça, à terme, produit une faiblesse de pensée politique et humaine. Je suis certain que la vieille ne le méprisait pas et qu’elle était enchantée que ses stérotypes soient de temps en temps mis à l’épreuve. C’est son trouble, sa curiosité qui explique son comportement. Elle se sentait coupable peut être mais mépris non.-
Gerard Manfroy
Invité« le camp de l’universalisme vit souvent dans une endogamie culturelle et sociale extrêmement étroite. »
Et bizarrement ça te plait pas, alors que tu veux faire pareil. -
Rigolus
InvitéTu n’as pas compris ce que j’ai dit et ce n’est pas la première fois.
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Bonnaventure
InvitéIl faut sacrément se mépriser pour continuer à venir fanfaronner ici.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl faut surtout se mépriser pour continuer à venir ici apres s’etre engagé à ne plus y venir, devant un ami garant – répéterai-je autant qu’il me plaira.
Trait psychologique invariable du fasciste de base : il se méprise. -
François Bégaudeau
Maître des clésDans Du mépris, Gianni se méprise, indubitablement.
Quant à Raymond son cousin audiovisuel, il a une âme de carpette. Voyez le si obséquieux, chien dressé, devant son maitre Hanouna -
Samuel_Belkekett
Invité@Rigolus
« Une fois, dans le casino de ma ville, tenu par une caissière noire, je l’ai vue lire Dostoïevski. Une connaissance noire lisait Les Frères Karamazov. Une prostituée maghrébine écoutait Crime et Châtiment en audio.
C’est normal d’être étonné. »
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Tout le commentaire est trop drôle pour être innocemment de droite…
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François Bégaudeau
Maître des clésBel exercice psycho-socio, Tony
La preuve c’est que Rigolus le réfute. -
..Graindorge
Invité« on pourrait dire qu’elle se méprise d’avoir été méprisante mais c’est trop douloureux à admettre donc pour retrouver sa sérénité il lui faut rendre méprisable celui qui lui a inspiré ce sentiment et pour cela elle va lui donner un billet qui va la conforter dans son mépris et lui enlever toute culpabilité. »
Pas sûr. Mais on pourrait dire
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Max
InvitéJe ne sais pas trop quel prompt tu as soumis à ChatGPT pour rédiger ta réponse mais la question n’est pas de savoir qui est le plus sympa, ou qui se remet en question. Plutôt de montrer que le mépris s’inscrit autant dans un rapport de force (ici par le subtil truchement du « capital culturel » dont la valeur tend à s’amenuiser, comme expliqué dans « Du Mépris »), que dans un rapport à soi. En fait, aucun des deux n’a été « sympa », chacun se débattait surtout avec lui-même. La vieille se débattait avec une forme de mauvaise conscience qu’elle a finalement soulagée par un don. Elle me dédommageait de son préjugé. Elle l’a fait comme elle aurait lâché 1€ au mendiant à la sortie de la messe, parce que le pauvre, quand même. Elle n’a donc rien bougé du tout. Moi je me débattais avec le fait qu’avoir accepté son don, c’était retourner le mépris contre moi-même. C’était perdre la face, et pour un ouvrier c’est quelque chose de très important : ne pas perdre la face, ne pas s’écraser devant quiconque, qu’il soit patron, architecte, chef de chantier ou même collègue. Là, j’étais comme le gamin qui prend l’argent de poche de sa grand-mère avant d’aller retrouver ses potes au centre commercial. C’était humiliant, et je me suis méprisé de lui avoir concédé cette humiliation. Ma petite consolation a été d’imaginer la vieille dans son salon, le soir, devant sa photo encadrée, en train de douter de son goût, voire de se dire : « C’est vrai que c’est moche ».
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Rigolus
InvitéAucune IA dedans. En réalité tout cela se passe dans ta tête.
D’ailleurs elle te méprise comment le premier jour ?
Tu ne l’as pas expliqué alors que c’est le point de bascule de ton histoire.. Curieux..
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Rigolus
InvitéC’est courageux de raconter une histoire ou une vieille bourgeoise est plus sympa que toi.
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Gérard Manchot
InvitéLa vieille voulait baiser avec le jeune…
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..Graindorge
InvitéBonjour Max:
c’est quoi la photo argentique stp?
Sinon dans le fil photographie, il y a un jeu si ça t’intéresse : deviner 15 photographes. J’en ai trouvé 7, des camarades 12-
Gérard Manchot
InvitéGraindorge la pas toute jeune dame qui parle abondamment sur la photo et qui ne sait pas ce qu’est l’argentique…
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..Graindorge
InvitéJe parle jamais SUR la photo mais juste partagé des photos et même pas eu la moyenne au jeu de devinettes. Si pour vous Manchot » pas toute jeune dame » se veut être une insulte, ça en dit sur vous et que sur vous.
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Max
InvitéBonjour Graindorge, la photo argentique précédait la numérique, et nécessitait une pellicule, un développement de la pellicule, puis un tirage en laboratoire., avec un agrandisseur.
L’époque où les passionnés avaient leur labo photo dans la salle de bain, avec une ampoule rouge et les fenêtres occultées pour avoir le noir complet. C’était tout un rituel mais chaque tirage nécessitait un vrai travail.
Rigolus : ce que je trouve tout aussi courageux c’est de sacrifier autant de temps de sa courte vie sur un forum où l’on est manifestement pas à sa place. Le sacrifice force l’admiration.
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Max
InvitéArgentique pour le sel d’argent qui se dissout sous l’effet des produits chimiques et révèle l’image.
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oreillette
InvitéTa scène m’a fait penser au À pied d’oeuvre, livre et film
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Max
InvitéPas encore vu, mais il est sur la liste !
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oreillette
InvitéOh oui, il faut le voir !
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Gérard Manshot
InvitéPas précisément…
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..Graindorge
InvitéMerci Max
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Cloups
InvitéPassionnante histoire. Trois questions qui me viennent :
(i) femme médecin ? Langue elliptique et incompréhensible ? initiales CN ?
(ii) Mari avocat ? prénom Charles ?
(iii) Appartement dans le vieux Nice ? Livres de Garcia Lorca dans la bibliothèque ? Photos d’Estrosi dans la table de nuit ?-
Max
InvitéDésolé mais j’ai rien compris.
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Cloups
InvitéComprehensible des seuls initiés… tu es nouveau ici pas vrai ?
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Max
InvitéAaah ok pardon 🙂 je suis lecteur intermittent du forum mais pas contributeur, je ne maîtrise pas les « private jokes », surtout qu’en général je passe vite sur les querelles persos pour lire directement les posts qui parlent de littérature ou de politique.
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Alphonse
InvitéUn élément de réponse à 2. Il y a les travaux de Philippe Coulangeon – mais ils sont trop techniques pour moi, je saurais pas en retenir une idée forte. En revanche, je trouve que l’invitation théorique et conceptuelle de La Distinction est encore vivante dans pas mal de travaux qui s’intéressent à un aspect des pratiques sociales et des styles de vie – c’est-à-dire que je connais pas de théorie globale mise à jour, mais plein d’exemples locaux, qui identifient où ça se passe, la distinction. Par exemple, j’ai lu y a pas longtemps le livre de Julien Vitores, La Nature à hauteur d’enfants, où l’on voit que tous les usages de la nature ne se valent pas.
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InvitéJ’essaie de reformuler à ma sauce ce qui me reste après lecture, ce que je pense avoir compris et ce que j’ai un peu moins bien suivi.
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J’ai trouvé l’angle d’attaque intéressant, sur l’usage du mot mépris et ce qu’il cache. L’entourloupe du pauvre petit électeur RN qui ne quémanderait que le respect. Et le portrait psychologique de ces gens à doudoune sans manche qui se plaignent d’être méprisés. Sont petits prolétaires mais préfèrent s’imaginer petits patrons, veulent leur ressembler veulent être de la clique, leurs réclament caresses et médailles, disent comme eux charges plutôt qu’aides sociales et pour tenir leur rang imaginaire ont besoin d’os à broyer qu’ils nommeront cassos assistés misère-du-monde. Ce faisant tendent patte docile à leur chefaillon et montrent qu’ils ont bien ingurgité la pâtée respect-civilité. En sont bien nourris bien gras de doucereuse hargne. Donc se piétinent eux-mêmes, se méprisent.
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D’où : mépriser le mépris des dominants, ne pas se juger à leur aune et de toute urgence se poster devant la glace pour s’y mirer s’y admirer.
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Se dessine en creux une mécanique du sentiment de mépris comme inattention à soi et soumission aux lois du marché.
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On retrouve ainsi le même schéma dans la fébrilité de tel consommateur de contenus bankables qui quémande considération et estampille « art », parce que de l’art il ne connaît que l’estampille et l’usage socio-commercial (mon insta mon canap mon compte netflix mon thermomix). De l’art il ne goûte que la concorde la fusion le cocon des références communes et imposées. Culture de masse qui est la nouvelle culture légitime. Il ne s’agit plus de se distinguer, il s’agit de cohésionner dans le monnayable.
A propos de la violoniste, je me retrouve souvent dans des configurations similaires à celle décrite, où on n’ose pas trop dire à quel genre de lectures ou de film on a occupé sa soirée parce que pas bien soluble dans la capitalistique coolitude ambiante. Où on se surprend aussi à rougir de ne pas connaître, non pas Wagner, mais la dernière série à la mode.
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J’ai mis des d’où des donc mais le texte évite soigneusement ce genre de balises balourdes. Ça foisonne, ça ne fractale pas exactement parce qu’il n’y a pas de tronc, ça saute plutôt de branche en branche comme dit Claire.
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La dernière branche a été plus délicate à attraper, bien que tout à fait dans l’élan des pages d’avant, parce qu’elle nous tire vers quelque chose de plus général, moins situé.
« Le mépris est un pilier de la sagesse. L’affect-socle d’une politique de l’autonomie. »
Est-ce que je peux/veux vraiment constituer mon mépris en pilier ? Mépris du méprisable certes, mépris par exemple des caniches RN.
Quelque chose en moi hésite. Je crois que le mépris n’est à mon goût pas encore assez « placide et muet ». Un méprisant « pfff quel blaireau » qui m’échappe en paroles ou en pensée signe autant une volonté de détachement qu’une atteinte. Le blaireau a quand même réussi à me faire chier. Il occupe une partie de ma cervelle et quelques minutes de mon temps.
Si j’énonce que pauvre blaireau je te méprise ou pauvre blaireau je t’ignore ou pauvre blaireau je ne te calcule pas, quelque part je me contredis. Au moment où je l’énonce je te considère. Un mépris tranquille devrait s’ignorer. Le pauvre blaireau si je l’avais vraiment ignoré j’aurais ignoré que je l’ignorais. Lui seul l’aurait remarqué.
J’imagine que c’est pour ça qu’en quelques lignes on glisse du mépris à la prétention, base plus positive, plus solide :
« Cultive-le comme une plante.
Cultive ta prétention. »
J’ai du mal à comprendre la défense du mépris autrement que comme un petit outil dialectique de circonstance.
Je n’aurais en revanche aucun problème avec ceci prétentieusement remanié :
« La prétention est un pilier de la sagesse. L’affect-socle d’une politique de l’autonomie. »
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Il y a encore autre chose qui tique un peu chez moi vis-à-vis du mépris. Je crois qu’un mardi, déprise de l’hic et nunc et de mon chieur de blaireau, je pourrais zyeuter le tableau d’un peu plus haut encore que le mépris : blaireau m’a paru méprisable mais il n’a prise sur rien, n’est pas responsable de ce qu’il est, n’est qu’un agrégat de routines et phrases préficelées, balloté au gré de rapports de force qui le dépassent.
Cette vue de plus haut me semble être celle de la pitié, sentiment il est vrai fataliste et qui ne tend pas la main, mais qui je crois voit plus juste. La douce pitié prend moins les tripes, observe calmement – quitte à, saisissant les filets de l’impossible, te maintenir la tête bien enfoncée dans le bourbier. Le rugueux mépris est plus secourable mais a un petit arrière-goût warrior : je te considère depuis ma force et je t’appelle à la tienne. Je te suppose cette force qu’il te serait possible de trouver en toi-même, ce sourire que tu pourrais déterrer. Je me chéris, tu peux te chérir. Tu peux le faire, yes, you can. Tu es un peu responsable de ton état.
« Puisque l’éteignoir social brime ta flamme, prends une longue inspiration et plonge en toi, vaillant spéléologue. »
Le social brime, oui. Se réindividualiser est ce que l’on devrait souhaiter, effectivement. Et l’incantation donne envie d’y croire. Beauté et fragilité de l’incantation, impalpable musique qui tantôt nous emporte, tantôt nous lâche en chemin. Il n’est pas simple l’accès à soi, pour nous autres formatés depuis le berceau la petite école le gymnase les surgelés le mascara la wifi les euros la carte routière. Pourrons-nous nous aimer loques, amputés, conformes, civilisés ? Pourrai-je lécher mes moignons ?-
François Bégaudeau
Maître des clés« A propos de la violoniste, je me retrouve souvent dans des configurations similaires à celle décrite, où on n’ose pas trop dire à quel genre de lectures ou de film on a occupé sa soirée parce que pas bien soluble dans la capitalistique coolitude ambiante. Où on se surprend aussi à rougir de ne pas connaître, non pas Wagner, mais la dernière série à la mode. » Je note goulument
Sur le yes you can, évidemment je tique. Les dernières pages ne sont pas de cet ordre. Elles dessinent une disposition souhaitable, cela ne signifie pas que j’imagine qu’il suffit de le dire pour en etre capable
Je précise les choses dans un entretien à venir : je sais bien qu’un affect ne se décrète pas. Et c’est sans doute pour ça que dans ces lignes je monte en lyrisme, je change de registre. Nous ne sommes plus dans le registre rationnel. Nous sommes dans la suggestion – tu dis incantation et ça me va aussi. C’est un chant. Un chant ne prétend rien, si ce n’est à etre écouté.
Il faut voir aussi que cette adresse finale est avant tout… adressée à moi. C’est un discours que je me tiens à moi.
A part ça ton post est superbement écrit.-
Claire N
Invité« Elles dessinent une disposition souhaitable »
Oui – je crois qu’on l’a tous senti pousser au moins une fois – qu’on sait la reconnaître – que ça fait du bien de l’entendre , chantée par d’autres vents – -
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InvitéC’est vrai qu’avec le yes we can je me suis emportée. Je crois que j’ai mélangé ma perception du mépris et le texte. Ma perception de l’état d’esprit dans lequel on est quand on méprise : un état d’esprit dans lequel on attend de la personne autre chose que ce qu’elle est/fait, comme si elle pouvait être/faire autrement. Et c’est vrai que les dernières pages disent autre chose. Ne sont pas centrées sur ce qu’on méprise, que précisément le mépris est censé congédier, mais sur soi.
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François Bégaudeau
Maître des clésVoilà
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Claire N
Invité« Il n’est pas simple l’accès à soi, pour nous autres formatés depuis le berceau la petite école le gymnase les surgelés le mascara la wifi les euros la carte routière. Pourrons-nous nous aimer loques, amputés, conformes, civilisés ? Pourrai-je lécher mes moignons ? »
Merci – pour ce vacillement – c’est magnifique
Je te remercie également de soulever et finalement m’aider à élucider et penser plus loin ce passage de la pitié au mépris
J’avais noté l’image du ver dans le fruit
Et tu reconvoque la question
J’aime la part vivante que tu fais apparaître
Dans cette descente en chair du mépris -
Alphonse
Invité« Pourrais-je me lécher les moignons ? » J’ai pris la question comme une baffe, ou un courant d’air qui fait claquer la porte. Très beau.
J’avance dans Du mépris, et cette fin commence à me faire de l’oeil. Me tarde d’y arriver. -
..Graindorge
Invité« Où on se surprend aussi à rougir de ne pas connaître, non pas Wagner, mais la dernière série à la mode. »
Rougir?? Parcequ’on connaît pas la dernière série à la mode ? Là je te crois pas chère virgule.
« Il faut voir aussi que cette adresse finale est avant tout… adressée à moi. C’est un discours que je me tiens à moi. »
Pas que, camarade FB, pas que.-
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InvitéTu n’as pas tort de t’étonner. En fait ce qui finit par créer le petit malaise c’est surtout l’accumulation de ce que je ne connais pas, dans le rayon séries en particulier, et le décalage avec ce qui m’intéresse de mon côté, qui passe pour trop sérieux.
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Alexandre
Invité« Rougir?? Parcequ’on connaît pas la dernière série à la mode ? Là je te crois pas chère virgule. »
A la condition d’avoir bien saisi le sens de cette phrase, moi non plus je n’y crois pas.
Tant je place mon orgueil, mal ou bien placé, à ignorer ce qui est à la mode.
A mon boulot en 1999, une collègue s’était foutu de moi parce que j’ignorais qui était Hélène Ségara, sur l’air de « où est ta culture générale? »
Ou alors si je rougissais, c’était de fulminer, de ne pas trouver d’immédiate répartie.-
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InvitéEh bien tu as de la chance d’avoir cet orgueil, cette assurance-là.
Finalement votre étonnement m’étonne quand même un peu.-
Alexandre
Invité« Eh bien tu as de la chance d’avoir cet orgueil, cette assurance-là. »
Je ne crois pas justement qu’il s’agisse d’assurance.
L’assurance eût été de prendre ça avec humour, détachement. De répondre à ma collègue quelque chose du genre : « Et bien merci à toi de m’avoir un peu cultivé aujourd’hui ». Mais j’en étais bien incapable. Ce qui me contrariait n’était pas de ne pas connaître Hélène Segara dont avec un peu de réflexion j’avais quand même dû entendre parler mais de me sentir tétanisé par l’impossibilité de rebondir sur la remarque de la collègue.
Je me sentais à la fois condescendant et démuni.
La non-connaissance de l’objet ne rentrait pas en ligne de compte.
D’où mon léger souci d’identification, qui n’a pas trait à l’étonnement, à la lecture de ton « Où on se surprend aussi à rougir de ne pas connaître, non pas Wagner, mais la dernière série à la mode. »-
Malice
Invité@Alexandre Qu’est-ce qui t’a démuni sur le moment précisément? Je suis intriguée par » démuni et condescendant » dans ton témoignage
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Alexandre
Invité« Qu’est-ce qui t’a démuni sur le moment précisément? »
La peur de passer pour prétentieux à défaut de l’ argument assuré que le fait de ne pas connaître une « tête de gondole » n’est pas affaire de culture (comme la dernière série à la mode). Peur de blesser la collègue (que j’aimais bien et qui m’aimait bien) en lui balançant que la culture, c’est pas tout à fait ça.
La dite collègue, plutôt de mauvais poil, savait qu’elle s’adressait à un mec qui, parfois, pouvait la ramener avec des trucs minoritaires.-
Malice
InvitéJe comprends mieux.
De mon côté j’ai caché pendant des années que j’étais fan de Rohmer, surtout à la personne dont j’étais ( sic) la plus proche, par crainte dévorante d’être prise pour une tête à claque intello bourgeoise, une fille dont le goût était ( précieusement) ridicule.
( et allez, j’ai encore prononcé le nom en R)
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Emile Novis
Invité« Si j’énonce que pauvre blaireau je te méprise ou pauvre blaireau je t’ignore ou pauvre blaireau je ne te calcule pas, quelque part je me contredis. Au moment où je l’énonce je te considère. Un mépris tranquille devrait s’ignorer. Le pauvre blaireau si je l’avais vraiment ignoré j’aurais ignoré que je l’ignorais. Lui seul l’aurait remarqué. »
On retrouve les impasses de l’humilité : si je dis que je suis humble, je ne le suis déjà plus vraiment, puisque je m’enorgueillis d’une vertu. L’humilité véritable, ce serait ne même plus penser à soi. Le stade suprême du mépris, ce serait celui qui s’ignore, une forme d’indifférence à ce qu’on méprise et à sa propre indifférence. Mais alors on peut se demander si c’est encore du mépris. Peut-être que cet affect circule entre ces pôles.
Et c’est vrai que le texte est beau.-
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InvitéJelinek : « Dehors quelque chose l’appelle, auquel elle ne participe pas, exprès afin de pouvoir se vanter de sa non-participation. Elle voudrair des médailles, des distinctions pour avoir réussi avec succès cette non-participation, pour son refus de se faire jauger, de se faire évaluer. »
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Frust
InvitéAvec Du mépris, François Bégaudeau signe moins un essai qu’une longue séance d’autocélébration agressive où l’intelligence sert surtout à parfumer la vanité. Depuis des années, Bégaudeau confond lucidité et surplomb ; il atteint ici une forme chimiquement pure de cette pathologie française : l’écrivain persuadé que son dégoût des autres constitue déjà une pensée. Tout le livre repose sur cette petite mécanique désormais parfaitement huilée : repérer une hypocrisie bourgeoise, la désigner avec un rictus de professeur désabusé, puis savourer la position de celui qui, seul dans la pièce, aurait compris le fonctionnement réel du monde social. Le problème est que cette posture de dissident permanent a fini par prendre chez lui quelque chose d’étrangement automatique, presque industriel. Bégaudeau écrit désormais comme il parle sur les plateaux : pour gagner le rapport de force avant même d’avoir commencé à argumenter. Ce n’est plus une prose, c’est une occupation de terrain. Il y a dans ce livre un côté salamesque au sens le plus contemporain et le plus triste du terme : l’intelligence réduite à un dispositif de domination conversationnelle, la phrase conçue comme un clip de supériorité morale immédiatement recyclable dans le petit marché du clash culturel. Le paradoxe est cruel : cet homme qui prétend radiographier le mépris bourgeois semble incapable d’adresser une ligne à ses semblables sans les traiter intérieurement comme des élèves médiocres. On finit par comprendre que le vrai sujet du livre n’est pas la violence sociale mais la jouissance narcissique qu’éprouve Bégaudeau à s’imaginer dernier esprit éveillé dans un pays d’imbéciles satisfaits. Derrière le marxisme de studio et les poses anti-système perce surtout une vieille figure française parfaitement intacte : celle du cuistre brillant.
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..Graindorge
InvitéDu mépris extrait. Que l’auteur me pardonne, j’ai volontairement mis l’extrait de la page 81 avant celui de la page 80.
» Le public est le peuple comme les marchands l’aiment : nombreux et dépensier.
Le grand public est grandement aimé, qui promet de grandes recettes.
– Le public a adoré !
– Il est bien le seul.
Notons que le citadin François a vu cinq fois Mais qui a tué Pamela Rose?, réalisé par Lartigau du temps où il ne faisait pas mine d’aimer la Mayenne pour se refaire.
François, il me le disait encore hier, méprise les films destinés à la province de mépriser à ce point-là la province »
Page 81
» Les pauvres, Lartigau les aime bien au village, et si possible un village de conte où des paysans sans dettes habitent une ferme sans boue. Le village réel, mieux vaut le quitter, comme la fille Bélier, non-sourde et néanmoins gentille, quittera la ferme pour percer dans la chanson. Le film terminé, Lartigau n’a pas emménagé en Mayenne. Son amour pour le village était un amour de vacances, de tournage. Une passade. Une mode estivale. Un genre qu’on adopte – le genre populaire.
De même que la bourgeoisie conservatrice joue le peuple docile des campagnes contre le peuple
des villes excité, malpoli, insoumis, revendicatif, communard, libidineux, Lartigau né à Paris joue la carte Sardou qu’il n’écoute pas pour fédérer la ruralité contre les citadins.
Et ça marche. Ça marche économiquement. Ça marche ideologiquement. Si j’émets des réserves publiques sur le film, la contre-offensive est toute trouvée : paroles de Parisien. Mépris de citadin.
Contre-feu serait le mot juste.
Diversion. »
P.80
P.s: je crois deviné qui est derrière Frust. Juste vous dire » cultivons notre intelligence » -
François Bégaudeau
Maître des clésPour l’instant le bilan du commentaire ici sur Du mépris est très réjouissant: seuls daubent dessus des trolls de droite qui ne l’ont pas lu et des robots (les seconds souvent sollicités par les premiers)
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Frust
InvitéQu’on me cite une seule phrase de droitard ou inexacte dans mon texte
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Frust
Invité« cet homme qui prétend radiographier le mépris bourgeois semble incapable d’adresser une ligne à ses semblables sans les traiter intérieurement comme des élèves médiocres » Ca se vérifie ici
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..Graindorge
InvitéVous êtes N.F? Pardon, respect pour votre pseudo qui je crois donne une piste et que Dieu me pardonne, je suis très joueuse
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Emile Novis
Invité@FB
« Pour l’instant le bilan du commentaire ici sur Du mépris est très réjouissant: seuls daubent dessus des trolls de droite qui ne l’ont pas lu »
Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a des commentaires sur le livre dans la rubrique littérature (dont le mien principalement), ainsi qu’une discussion avec Graindorge, qui s’est un peu éloigné du livre, mais n’est pas totalement sans rapport non plus à mon avis.-
Emile Novis
Invitéps : je dis « le mien principalement » parce que Lison a commencé à en parler mais n’avait pas encore totalement entamé le livre.
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..Graindorge
InvitéMon cher Émile: il te faut sortir le dimanche avec Simone. Commenter, oui TU as commenté le livre mais pas du tout DAUBER DESSUS. Lison allait bientôt le lire et tous les deux, on a échangé sur les slogans des manifs. Et on a pris congé en restant bons camarades malgré quelques malgrés
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, Graindorge rectifie à bon droit, je ne parlais que des daubeurs
en revanche, Emile, je ne crois pas avoir vu passer tes posts sur le livre ni ceux de Lison-
Claire N
InvitéTu avais prédit que l’activité du forum occulterait celle du reste du site. Emile est dans l’entrée littérature sous la présentation du livre
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Emile Novis
InvitéC’est une erreur d’inattention de ma part, j’ai lu trop vite et j’ai compris l’inverse de ce que tu disais, comme le fait remarquer Graindorge.
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Gaelle B
InvitéMerci Graindorge de ne le souligner.
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Samuel
InvitéFaudrait lire le livre, mon garçon! Ça sent sa critique faite avant la sortie du bouquin, comme les fameuses nécrologies en attente des célébrés à l’article de la mort. Soyons sérieux…
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Frust
InvitéEst-ce à moi que vous parlez ? Le livre a été lu, ma critique l’intègre simplement plus largement dans l’oeuvre de son auteur, symptomatique d’une certaine cuistrerie contemporaine bien française. Et you need to calm down est une daube, et il ne suffit pas de parler d’hippocampe pour devenir Melville.
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..Graindorge
Invité@ Frust
N.F sont les initiales ?
Aucune obligation de réponse -
François Bégaudeau
Maître des clésQue le livre ait été lu est une bien mauvaise nouvelle pour l’état de tes yeux.
Ainsi : » repérer une hypocrisie bourgeoise, la désigner avec un rictus de professeur désabusé, puis savourer la position de celui qui, seul dans la pièce, aurait compris le fonctionnement réel du monde social. »
Au passage : la prétention à avoir vu quelque chose que les semblables ne voient pas est à l’impulsion de bien des livres. Oui il faut au penseur-écrivant cette prétention d’avoir vu. Et il est tout à fait avéré, normal, désirable, que le penseur écrivant jubile de déplier cette lucidité (voir dernières lignes de Psychologies). La question principale qui devrait se poser alors au lecteur, si on ne s’englue pas comme toi dans des procès d’humeur, c’est : le penseur a-t-il bien vu? M’a fait il voir des choses que je n’aurais vues? Question que tu es trop occupé à ta rage pour te poser.
Mais l’essentiel : en aucun cas Du mépris ne part d’une « hypocrisie bourgeoisie ». Il part d’un usage, très largement transclasse, de l’accusation de mépris. Deux de ses appuis négatifs principaux sont des prolos – et revendiqués tels : Raymond et Gianni. Les faits sociaux observés et disséqués ne tiennent ni de l’hypocrisie, ni de la bourgeoisie, si bien que le syntagme « hypocrisie bourgeoise » a autant à voir avec ce livre que la faune du Michigan.
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Pempie
InvitéDernier écho à la lecture de ce texte que je voudrais plus proche du texte, mais j’ai confié le livre à une amie. Tu parles de Diderot plus haut et j’y ai pensé dans cette pratique du dialogue qui oblige aux dialogues intérieurs. Mais j’ai aussi pensé à Anouilh et à sa pièce « La Répétition ou l’Amour puni ». La pièce tout entière travaille autour du bon usage du mépris, et finit par un beau « gaslighting » bourgeois qui provoque un mépris de soi, une honte sociale et une sorte d’assassinat silencieux du populaire . C’est vraiment l’arme du crime ici, qui aurait pu se retourner au service de l’héroïne de basse extraction si elle avait su mépriser la morgue auquel elle faisait face.
Je résiste pas à quelques extraits
Le mépris qui exclut la haine [01:19:34] : https://www.youtube.com/watch?v=IjFbg1vQAgs&t=4774
Le mépris du genre policier [01:29:44] :
Le meurtre à coups de mépris [02:08:41] :
Le tout sur fond de Marivaux-
François Bégaudeau
Maître des clésCa m’intéresse fort cette affaire
Il y a toujours un truc qui m’émeut chez Anouilh, malgré l’académisme général.
Je regarde.-
Malice
InvitéVous pensez quoi de Becket d’Anouilh? La trajectoire du rôle-titre m’a passionnée quand je l’ai lu
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne connais pas celui ci
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Malice
InvitéUne amitié tragique
un homme qui renonce au luxe au pouvoir et se tourne vers Dieu
ça me paraît fait pour toi-
François Bégaudeau
Maître des clésOn dirait presque que je l’ai écrit
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Malice
InvitéJ’aime bien ce passage, quand Becket a donné toute sa vaisselle et son mobilier précieux aux pauvres:
« Une pointe d’orgueil. Quelque chose d’un parvenu. Un vrai saint homme n’aurait pas fait tout cela en un jour; personne ne croira que c’est vrai. J’espère, seigneur, que vous ne m’inspirez pas toutes ces saintes résolutions dans le but de me rendre ridicule? Tout est encore si nouveau. J’exécute peut-être maladroitement…( Il regarde le crucifix et le décroche soudain) Vous êtes beaucoup trop riche, vous aussi. Des pierre précieuses autour de votre corps saignant. Je vous donnerai à une pauvre église. C’est un départ en voyage. Pardonnez-moi, Seigneur, mais je ne me suis jamais autant amusé. Je ne crois pas que vous soyez un Dieu triste. Ma joie de me dépouiller doit faire partie de vos desseins. Voilà. Adieu, Becket. J’aurais voulu au moins regretter quelque chose pour vous l’offrir. Seigneur, vous êtes sûr que vous ne me tentez pas? Cela me paraît trop simple. »-
Alexandre
InvitéD’Anouilh, je ne « connais » qu’Antigone
Et, en amateur, j’ai joué dans une farce tardive (1976!) qui s’appelle Chers Zoiseaux. Souvenir d’une pièce agréable à jouer du fait du grain de folie qui la traverse.
Mais je ne suis pas follement attiré par l’œuvre dans l’ensemble.
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Finot
InvitéUne situation générale: Tout écrivain doit avoir une blessure, une vraie et faire preuve de modestie (son zozotement, son hésitation, son alcoolisme même est une preuve de sa modestie, de sa blessure).
Un cas particulier: L’écrivain français le plus couvert d’insultes publiques et masquées .
Solution littéraire: Exhiber à outrance ce que cette fausse modestie non pas de mais dans l’écrivain signifie ; faire éclater au maximum et réversiblement l’insulte, en se l’appropriant, jusqu’au mépris.
———–
Virulence contre les écrivains encensés analogique d’un appel à la redistribution, mais bien dans la face : pas de l’écrivain, du monde.
———–Merci pour ce livre
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Shiva
InvitéFrançois je trouve que tu as pris un coup de vieux, sur cette vidéo récente.
Est-ce le contre jour ou la mise en lumière ?
Peut être le réel tout simplement, l’écriture boufferait-elle la santé ?
J’espère que tu n’es pas malade et te souhaite longue vie.
Keep on truckin’ ! comme le dit si bien Robert Crumb.-
bibinard
Invitélogeu man surchofé plusse menkdak tive hitét fize yqke= pô rouge açaichet ki tire aye é gratte é greiçe ouki fôtpah. fô saurtire poure fer dusse port poure ralantire le vie éllyçeman
qomsaill du daucteure bibinard
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Ostros
InvitéL’argument du Mc Do est imparable, je l’utilise moi-même chaque fois qu’à la suite d’un commentaire sur la qualité médiocre d’un film, on me sort tout fier « il a fait 20 millions de spectateurs… ». Même si c’est une comparaison extrême ça a le mérite de délier immédiatement qualité et quantité dans la tête de l’encenseur
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Tony
InvitéMouais…si un Mc do coûtait 30 euros y aurait pas grand monde.
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Ostros
InvitéRapport à « la masse y va donc c’est que c’est bon »
Non McDonald’s est la preuve que la masse y va est c’est se la merde.
Après tu te mets bien pour 15e au mcdo avec dessert etc
C’est le prix d’un menu chez le jap ou le chinois
La boulangerie tu as des menus pour 10e et pourtant masse de monde au mc do plutôt que pour le poulet tomate mayo du bas de la rue
C’est le trop gras et trop sucré qui plaît
La porn food
Ça rend accro
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Quinche
InvitéJ’ai écris un avis sur goodreads que je balance ici
« L’a-t-on remarqué ? Les années 20 dégainent vite l’accusation du mépris ». Étant maître dans l’analyse et l’examen minutieux (voir presque chirurgicale) des mots et de leurs usages, B a décidé de passer au crible « le mépris ».
Encore une fois, c’est un très bon livre que nous sert Bégaudeau. Très d’actualité et surtout très éclairant comme à son habitude. Comme on s’y attend, B arrive une fois de plus à transformer un simple mot en un terrain de lutte politique.
Qu’entend-on par le mépris ? Pourquoi je méprise untel ? Pourquoi est-ce que l’on me méprise ? Ce sont les questions qu’il entend répondre mais ce n’est pas le seul objet du livre.
Le mépris suppose un individu se sentant supérieur à un autre, et qui le méprise à cause ou du fait de sa petitesse, ou bien de sa faiblesse, de sa faute de goût, mais aussi de sa bêtise. Dans les différentes articulations qu’il fait autour du mépris, il y a ce passage que j’ai beaucoup apprécié au sujet du mépris intellectuel. Bégaudeau montre que si l’inégalité physique est totalement accepté dans la société (exemple : le sport), l’inégalité intellectuelle l’est beaucoup moins. Sans pour autant remettre en question les capacités cognitives des électeurs de Jordane Bardella ou des fans de Marvel, Bégaudeau préfère dire que ce qu’il méprise (en tout cas) c’est la bêtise, et surtout, la bêtise fanfaronne.
Là-dessus, je le rejoins complètement. Quelqu’un qui vient en face de vous et tient des propos bêtes sans même avoir pris la peine de s’interroger sur leurs pertinences, ne peut susciter en vous que du mépris. Quand quelqu’un vous dit que si les caisses de l’Etat sont vides, c’est à cause des chômeurs et des étrangers qui profitent ou fraudent les prestations sociales, ou que Edouard Philippe est le meilleur candidat pour 2027, quelle autre réaction que le mépris, si ce n’est la colère et possiblement l’emportement qui n’aboutira à rien de bon ?
Et c’est là que Bégaudeau est intéressant car il vous montre que ce réflexe en faite, il est sain. Il parle même « d’affect de décompression » puisqu’il permet de désamorcer un conflit par exemple.
Et il y a bien plus dans ce livre que j’ai beaucoup apprécié, notamment la distinction entre beaufs et prolos, entre la culture populaire et la culture de masse, sur la raison qu’il donne au fait que les prolos qui votent (le détail est important), votent RN au lieu de LFI (spoiler : c’est le racisme).
Bref, ce livre c’est à la fois une bouffée d’air frais, à la fois une mise au clair et aussi une source de motivation afin de « prendre la mesure du trésor que l’on est ». Car, la dernière idée du livre que B développe, c’est que le mépris est une arme saine, et que pour l’adopter il faut prendre la mesure de ce qu’on est, et de notre singularité, presque de la fierté (c’est comme ça que je l’ai interprété, mais l’auteur ne fait pas usage de ce mot). Une sorte de revival de la fierté de classe qu’on retrouvait chez les communistes dans les années 40-70. J’ai bien compris la force que B se voyait insuffler aux personnes qui liraient ce livre, mais parfois je trouvais que ce n’était pas loin de flirter avec le développement personnel, chose qui m’aurait dégouté au plus haut point. Mais heureusement, ce n’est pas le cas.
Donc, le mépris, les dominés socialement devraient bien s’en vêtir face aux dominants car, cette disposition là mène vers l’anarchisme (soit la prise en main par l’individu de son destin), au lieu que la haine utilisée comme arme sociale, aboutit plutôt généralement au fascisme.
PS: j’aurais pu dire 100000 de trucs de plus mais je voulais faire court. J’aurais trop aimé pouvoir venir discuter à L’Alternative mais je n’ai pas pu. En espérant que tu repasses sur Paris (Les Traversées peut-être ?).
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour ces lignes
Fierté me va bien. Orgueil, fierté, amour-propre, sentiment de sa force. Il y a des gay pride, il faut des prides de tout. Des working-class pride. Des women pride. Des monkeys pride. Des Flaubertophiles pride.
S’agissant de Paris, je serai à Bois-colombe le 27 mai avec Matthieu Frou – Librairie Nouvelle et Cie- et à la médiathèque de Montreuil le 5 juin.
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..Graindorge
InvitéChat Pitre, j’adore
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..Graindorge
InvitéLE Chat Pitre
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Jules de bxl
InvitéVu passer un extrait sur la distinction entre le mépris envers les dominants, issu d’un tempérament progressiste, et la haine envers les dominants, plutôt tendance fasciste. Ça me parle beaucoup, ça me semble très juste. Quand j’étais d’extrême droite, je disais : je hais les bobos, les élites. Plus sûrement, je les enviais. Si on m’en avait donné la possibilité, j’aurais adoré être une sorte de Gérald Darmanin ou (mieux) Luchini : un ancien pauvre, parvenu, qui chie sur les pauvres. Ce désir a été empêché ; mon corps n’arrivait pas à être léger, insouciant, élégant. Alors je rageais.
Cela me fait penser aussi à quel point les arguments du type « Marine Le Pen vit dans un château » n’avait aucune chance de me convaincre de la détester, au contraire. Elle vivait dans un château mais ne semblait pas avoir honte de nous. C’était une personne « importante » qui faisait mine de nous défendre, ça me suffisait amplement. Quelle triste ambition-
François Bégaudeau
Maître des clésprécieux témoignage à nouveau
propre faire comprendre aux gauchistes approximatifs (et qui le demeurent, à force de ne pas me lire) en quoi l’idylle princière de Jordan ne le disqualifiera en rien aux yeux de ses électeurices
au contraire
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Shiva
InvitéMarre du mépris : en 2027 je vote Mélenchon
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François Bégaudeau
Maître des clésTechnique du porte à porte.
D’ici un an auras-tu lu le livre? On se demande.-
Shiva
InvitéJe ne le lirai pas, même si tu me l’offrais dédicacé, je l’offrirai à quelqu’un d’autre.
.
Quinche me l’a parfaitement résumé : » Donc, le mépris, les dominés socialement devraient bien s’en vêtir face aux dominants car, cette disposition là mène vers l’anarchisme (soit la prise en main par l’individu de son destin), au lieu que la haine utilisée comme arme sociale, aboutit plutôt généralement au fascisme. »
.
Rien que le titre me faisait bayer, cent soixante pages pour en arriver là pfff, merci encore Quinche pour ta concision.
.
C’est quoi François ton prochain bébé (comme dit Nos Tombes) ? Un roman ou un essai ? une pièce de théâtre peut être ou bien un documentaire ? Autonomes date de 2019 quand même, procrastinerais-tu ?
.
Une pride Bégaudeau ça aurait de la gueule, sans dec…
Je suis prêt à financer le char, fleuri bien entendu.
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Shiva
InvitéDu mépris de François Bégaudeau
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Shiva
InvitéEncore plus concis.
« … Dans la haine du puissant fermente le fascisme mais dans le mépris fermente l’anarchisme… »-
Shiva
InvitéYasmina Behagle : J’écris et je lis. Entre autres
.
Françoooooois tu attends quoi pour la publier, bouge ton cul et contacte la.-
Gérard
InvitéBonjour, cette écrivaine s’autoedite sur un site gratuit wordpress: Comment travaillent les auteurs : Yasmina Behagle – Les passagers des mots https://share.google/9eLt3NxIK41YaN6DO
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kenny
Invitéd’un amateurisme pénible
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kenny
InvitéNe réclame jamais un sucre.
Tout le sucre du monde est en toi.
Tout le miel, tout le sel.
Lèche ta peau, jouis de son sel.
Réveille la sensualité de tes lèvres en y passant la langue.
Gratte-toi la nuque. Gratte-toi partout. Fais-toi du bien.
Chouchoute-toi, chéris-toi.
Fort de toi tu n’as plus besoin de rien.
Riche de toi tu n’as plus besoin des riches. Tu ne réclames plus leur reconnaissance puisque tu t’es reconnu·e. Parmi la foule tu t’es élu·e. Tu as une haute idée de toi. Tu es prétentieuse, tu es arrogant, l’arrogance est le faciès du talent qu’en un décret performatif tu t’attribues.
.
moi j’ai apprécié ces lignes et la prise de risque d’être moqué pour la métaphore sensuelle
prises hors contexte, ça sonne développement personnel, alors qu’elles sont subversives – y compris à gauche où l’individualisme est discrédité
mais le développement personnel puise parfois dans le subversif pour en faire un produit-
François Bégaudeau
Maître des clés« Réveille la sensualité de tes lèvres en y passant la langue.
Gratte-toi la nuque. Gratte-toi partout. Fais-toi du bien. »
Je ne vois pas le dev perso etre si trivial-
Claire N
InvitéNon bien sûre
Le dev pers vise la performance et l’adaptation
Pour que rien de l’ordre ne change
La domestication au licol
Pas l’ebrouement et la roulade qui mettrait a bas tout cavalier-
canne à sucre
InvitéLa visée est subjective. Noble certainement…
C’est la forme qui rapproche du développement personnel.
L’adresse, l’impératif.
‘Je te dis quoi faire’, comment penser.
Et il n’y a aucune offence à ne pas être attiré par cette écriture là.-
Claire N
InvitéCe n’est pas quoi faire à mon avis
L’impératif justement n’est pas toujours mobilisé sous sa forme utilitariste – il faut s’en emparer-
Claire N
InvitéPour preciser : justement l’impératif est une modalité d’expression du désir, une de ses formes ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe souscris évidemment à Claire : cet impératif a bien des usages dans l’histoire de la littérature. Cette adresse est un classique de la sagesse (on parlait de Gide récemment, on peut aussi penser à Kipling, mais à tant d’autres)
L’analogie est de toute façon aussi déplacée que malveillante – déplacée parce que malveillante
Cessons d’y répondre
Méprisons la-
..Graindorge
InvitéC’est l’impératif que j’aime : celui de la 2ème
personne du pluriel
Vothon! -
..Graindorge
InvitéVothon: 1ère personne du pluriel, je crois
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canne à sucre
InvitéOh le désir il circule ou pas, non ? Est-ce qu’il se dicte…
-
Claire N
Invité…Kollontai, Annie Lebrun
M’ont semblé flairer par la marge du féminisme
Et dans leur étude un point : celui crucial de reconnaître la femme, et d’autres peuvent en bénéficier comme sujet désirant
Seul une certaine forme de reconnaissance de cette force , la présupposer comme le notait « , »
Peut aboutir à une sensualité équilibrée
Au départ sexuelle mais si on tire le fil , c’est vaste- a -tout -
Claire N
InvitéPour le dire plus ramassé : l’objet du désir est le sujet désirant – donc est l’égalité – donc est l’anarchie
-
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Claire N
InvitéHum comment le dire sans être brutale
: on va dire que le langage pornographique est un bon exemple
– mal compris : déshabille toi par exemple peut faire l’effet d’une injonction
Mais si on est honnête, ce type de « dialogue «
Déclenche tout de même un trouble chez les protagonistes
Pas par soumission
Mais peut être parce que malgré tout quelque chose de plus profond affleure : je reconnais l’impératif de ton désir et je l’accepte en toi
C’est peut-être d’ailleurs un des twists du consentement qu’on cerne mal--
Gaelle B
InvitéLe désir ne cherche pas un objet à posséder mais un sujet à reconnaître.
Donc le vrai désir suppose l’égalité.
Et une relation d’égalité sans domination, c’est déjà une forme d’anarchie. -
,
Invité« Le désir ne cherche pas un objet à posséder mais un sujet à reconnaître. »
Cette phrase va trop vite pour moi. Ressemble à un énoncé de ce qu’on aimerait, dans l’idéal. Me demande si ça se passe vraiment comme ça.
« Donc le vrai désir suppose l’égalité. »
Le désir de possession n’existe-t-il pas? Il serait un faux désir ? Un désir peut-il être faux ? -
Ostros
InvitéPour moi le désir objetise l’autre (s’il est l’objet de ce désir)
Comme toute pulsion dirigée sur quelqu’un
Force qui affirme ma singularité
A moins qu’on parlerait de « sujet à reconnaître » si le désir de l’objet de mon désir est aussi fort que le mien ?
Mais on voit bien que dans le cas de couples dits toxiques les désirs de l’un et l’autre entraînent les deux dans le fond du trou de la destruction de leur être.
Le désir est un acte de possession, un être objetisé est pris pour cible -
Gaelle B
Invité@; Je viendrai répondre à des questions centrales plus tard.
-
Claire N
InvitéEt bien voilà comment je propose la chose pour ce que j’imagine etre un faux désir
En observant 2 enfants
L’un joue et construit un truc super vivant avec imaginons une cuillère en bois chopée dans la cuisine, il s’éclate c’est visible
Un autre regarde et 2 expériences lui sont possibles
– soit fixer la source de joie sur la cuillère, il s’en empare et son désir mal informé par l’appropriation s’effondre comme statue de sel-
– soit fixer la source de joie sur l’animation permise par le piou qui tient bien fermement son objet et comprendre qu’il a envie de jouer de s’animer à cette mesure -
Ostros
InvitéJe pense que Gaelle B parle plutôt d’amour
-
Ostros
InvitéOu de désir dirigé sur une chose (objet d’étude, instrument de musique à apprendre, mathématiques etc). Le désir précéde l’apprentissage, mais aussi l’acte de révolte etc. Ce n’est pas la même chose que désirer quelqu’un (pulsion sexuelle). Ou désirer connaître quelqu’un (amitié).
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Malice
InvitéJe propose le désir à vue courte ( bouffer l’autre) et le désir à vue longue ( désirer un sujet au contact duquel on a l’espoir de vivre des aventures intéressantes)
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Claire N
InvitéOui tu as raison de préciser que ça se joue un poil différent seul et en équipe
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Invité@Ostros, je verrais ça comme Axelle Red et toi. Je me représente le désir plus mobile et trouble, l’amour plus stationnaire et clairvoyant.
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@Claire, ton exemple me paraît trop simple. Je trouve que ça règle trop vite la question de l’opacité du désir (on n’est pas dans la tête des enfants pour savoir ce qu’ils veulent et je soupçonne qu’eux-mêmes se lancent sans le savoir, tout comme moi souvent je ne sais pas le pourquoi de mon désir, désir peut-être d’autant plus fort qu’obscur).
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@Gaëlle et Malice, Les catégories vrai/faux désir ou désir à longue/courte vue, ça ne me parle pas trop dans l’immédiat du vécu, mais on peut peut-être les comprendre comme l’amorce d’une éthique du désir ? Une invitation à regarder sur le temps long ce qui nous « arrose » ou pas ? Il y aurait des désirs qui soutiennent, cherchent l’individualité et d’autres pas. Désirs faux au sens de traîtres ? Idem pour le mépris.
Il y a des méprisants qui se méprisent, qui se rongent intérieurement comme ronge la fausse humilité mentionnée par Emile, comme se ronge le renard aux raisins.
Ce qui nous ramènerait aux dernières pages, à l’importance de recentrer sur le soi. Où l’impératif est davantage souhait qu’injonction. Comme dans « porte-toi bien ». Soi difficile d’accès mais qui, dans une éthique du mépris, resterait bien la seule aune valable. -
Claire N
Invité« Je trouve que ça règle trop vite la question de l’opacité du désir »
Oui, pour la deuxième proposition un peu trop conclusive, c’est surement faire l’impasse sur nombre d’affects
Et effectivement plus une modélisation
De ce que j’essaie de cerner de vain dans l’objectalisation
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Max
InvitéFrançois,
Je voulais revenir sur le passage du livre qui étrille assez sèchement Rose Lamy. En préambule disons tout de suite que je partage ta critique : « Ascendant beauf » ne m’a pas convaincu. Je te remercie donc d’avoir produit cet examen critique salutaire dans « Du mépris ».
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Cependant, j’ai une interrogation. Il m’a semblé que, face au « Beaufs et Barbares » d’Houria Bouteldja, ta critique du « beauf » était beaucoup moins rude. Est-ce une évolution de ta part sur la question ? L’écriture du livre t’a-t-elle conduit à affiner ta critique de la notion de beauf (qui requiert fatalement la question du mépris, notamment de classe) ?
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En effet, je me souviens de mon étonnement quand j’avais regardé l’entretien entre Houria et toi chez PDH, où, toi qui es pourtant partisan de la justesse et de la précision, et même mondialement connu pour ça, tu concédais à HB beaucoup d’imprécision. Par exemple dans ce dialogue retranscrit (j’ai rematé la vidéo pour l’occasion) :
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FB : « Moi j’aime bien la notion de beauf, qui est une notion un peu approximative sociologiquement, c’est ça qui est bien. Dire beauf c’est un peu approximatif, on sait pas exactement de quoi tu parles et en même temps on sait.
HB : C’est exactement ça : personne n’est capable de définir sociologiquement ce qu’est un beauf ou un barbare…
FB : … Mais intuitivement on sait.
HB : A la fois ça n’a pas de réalité sociologique au sens strict mais ça a une réalité politique.
FB : C’est quand même beau quand tu dis : aller chercher ce qu’il y a de lumineux chez les beaufs. Ca c’est très beau. Et je sais pas trop ce que t’es en train de dire à ce moment-là mais j’aime bien ne pas trop savoir. C’est ça aussi que j’appelle un rapport littéraire à la pensée : c’est que je sais pas trop, mais je sais que ça va me rester. Je pense que les beaufs tu les sens bien, et moi je les sens bien aussi parce qu’il y a du beauf dans ma famille. Donc oui y’a un charme du beauf et il ne faut pas oublier qu’ils sont franchement pénibles souvent. Ils sont pas seulement pénibles parce qu’ils peuvent être racistes, tout ça, ou qu’ils peuvent voter à l’extrême droite à l’occasion(…)
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Or, face au livre de Rose Lamy, tu es beaucoup plus catégorique. Tu parles par exemple d’un « un pléonastique beauf de droite ». Ou tu lui reproches de faire un « amalgame faux et confusionnant entre prolo et beauf : tous les beaufs ne sont pas des prolos. Il y a des beaufs riches. » Tu lui reproches encore de persister « contre toute rigueur à fusionner beauf et prolo ».
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Mais Bouteldja fait exactement le même amalgame : dans « Beaufs et Barbares » elle interchange « beauf », « prolo » / « prolétariat blanc », et « petit blanc » sans distinction. Exemple tiré de B&B : « Le réel des petits Blancs c’est qu’ils sont méprisés. Ce sont des « beaufs » ». Ou encore : « « Beaufs » et « Barbares » ne sont pas mes mots. Ce sont ceux du mépris de classe et du racisme. » HB articule directement la notion de beauf à celui de mépris de classe.
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Or, dans du Mépris, tu écris : « L’amalgame entre prolo et beauf est doublement fallacieux : d’une, tous les beaufs ne sont pas prolos, ceci est acté, de deux, tous les prolos ne sont pas beaufs. Ce qui caractérise le beauf n’est pas un niveau social ni une place dans le système de production mais un système de valeurs, d’opinions, d’humeurs, de démangeaisons, parmi lesquelles figurent en bonne place, plus ou moins verbalisés, revendiqués, encartés, actifs, agressifs, militants, la misogynie et le racisme.
Rose dit : il y a des beaufs de gauche. Autre aberration. Ou alors le vocable beauf n’a plus d’utilité. Si beauf = prolo (de droite comme de gauche), alors disons prolo et ne parlons plus de beauf.
Rose concocte ce yeti, un beauf de gauche, en amputant le beauf de ses jambes misogynes et de ses bras racistes. »
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Bref, à travers ce dialogue à trois, ce trilogue autour du beauf, voici ma double question : pourquoi avoir fait le choix de cartonner le « beauf » de Lamy et épargner le « beauf » de Bouteldja, en excluant Beaufs et Barbares de ta bibliographie ? Est-ce un choix délibéré ? De quoi procède cette différence de traîtement : indulgence dans un cas et sévérité dans l’autre ? C’est une question sincère de ma part, qui n’a aucun sous-bassement polémique, car je tourne moi-même autour du noeud sans arriver à le dénouer. Peut-être que ta réponse m’aidera à y voir plus clair.
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Merci !-
Ema
InvitéJ’avoue que je m’associe un peu a cette perplexité, même si je devine en fait que la séduction aura surtout été une question de plume : la prose de Bouteldja, fait des noeuds, brouille les pistes, complexifie. Dans une certaine mesure celà lui donne en soi une puissance politique. Mais Francois a quand mêmes souvent énoncé, surtout depuis la fixette patriotique de HB, que sa pensée transcrite en stratégie lui paraissait politiquement impraticable et pétrie de contradictions.
Pour Rose Lamy, elle, n’a pas ces qualités littéraires, c’est plutôt très plat et scolaire dans l’écriture, donc le simplisme de l’énoncé politique n’est sauvé par rien. -
kenny
Invitéquestion intéressante
les deux autrices semblent faire un usage différent du mot
chez Boutedlja c’est un synonyme de petit blanc par opposition au prolétariat racisé
donc une position sociale objective inscrite dans les rapports sociaux raciaux
chez l’autre je ne sais pas, pas lu, mais ça m’a l’air plus idéaliste, du côté des représentations
peut-être que l’utilisation de la notion compte plus que sa justesse analytique, mais bégo te fera une réponse plus avisée-
BarbaraGourde
Invitéles deux autrices semblent faire un usage différent du mot
chez l’autre je ne sais pas, pas lu,
Magnifique-
kenny
Invité« semble » = modalisateur
pas lu le livre mais souvenir d’un entretien sur Blast + extraits cités dans Du mépris-
BarbaraGourde
Invitémodalisateur = fiction
Allez, tu repasseras avec d’autres joies-
François Bégaudeau
Maître des clésQue dire?
Tu as parfaitement raison, Max.
Même si Ema fait bien de dire que l’usage de beauf n’est pas le même chez Rose et chez Houria, j’ai été, pour bien des raisons, trop indulgent avec la seconde sur ce point. Une des raisons étant les circonstances de ce dialogue public saturé d’enjeux et très surveillé.
Mais peut etre qu’aussi aller chercher les beaufs me paraissait encore jouable à l’époque. Depuis, car ca va vite, le beauf est dragué partout, flatté par tout le cinéma français (encore dans le dernier Tolédano), et il s’apprête à prendre le pouvoir voire l’a déjà.
Ce sont donc bien les lignes sur Lamy qui, plus récentes, et surtout, écrites, correspondent au plus près à ma pensée.
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Gerard Manfroy
InvitéLes Grecs étaient assemblés dans l’isthme, et avaient arrêté, par un décret, qu’ils se joindraient à Alexandre pour faire la guerre aux Perses : il fut nommé chef de l’expédition, et reçut la visite d’une foule d’hommes d’État et de philosophes qui venaient le féliciter du choix des Grecs. Il comptait que Diogène de Sinope[21], qui vivait à Corinthe, en ferait autant. Mais, comme il vit que Diogène ne s’inquiétait nullement de lui, et se tenait tranquillement dans le Cranium[22], il alla lui-même le voir. Diogène était couché au soleil ; et, lorsqu’il vit venir à lui une foule si nombreuse, il se souleva un peu, et fixa ses regards sur Alexandre. Alexandre le salue, et lui demande s’il a besoin de quelque chose : « Oui, répond Diogène ; détourne-toi un peu de mon soleil. » Cette réponse frappa, dit-on, vivement Alexandre ; et le mépris que lui témoignait Diogène lui inspira une haute idée de la grandeur d’âme de cet homme ; et, comme ses officiers, en s’en retournant, se moquaient de Diogène : « Pour moi, dit-il, si je n’étais Alexandre, je voudrais être Diogène. »
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François Bégaudeau
Maître des clésrécit fort bien placé
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Gerard Manfroy
InvitéMais placé Plutarque prévu !
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François Bégaudeau
Maître des clésalors là je m’incline
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MA
InvitéNouvelle vidéo de l’ami Noé https://www.youtube.com/watch?v=hNkOQDNmdRM
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Schnoups
InvitéJ’ai commencé le livre et je m’inquiète pour toi François, tu dois encore cogner des petits cailloux l’un contre l’autre pour allumer tes Malboros et c’est dangereux. Je t’envoie un petit colis avec un objet très pratique qui a fait ses preuves, avant de l’utiliser tu lis bien ma notice, j’ai déjà envoyé ça à des personnes euh, très très créatives on va dire et elles ont réussi. Pas de panique.
J’ai bien aimé le passage grille-pain donc. Désolée ça parait un peu con comme première remarque, mais quand j’ai lu « Le bourgeois le vrai – moi je ne suis qu’un ersatz, un bourgeois avorté, je n’ai même pas de grille pain – veille à ce qu’on traite bien les manants. » j’ai posé le livre en me disant qu’est-ce qu’il fait le con, c’est bidon, ça pourrait même être retenu comme adéquat au bourgeois. 3-4 pages plus loin nous pouvons lire : […car l’inexistant Charles-Henri est au-dessus de moi sur l’échelle sociale. Il a un grille pain. » Là je me suis marrée et j’ai trouvé ça bien placé. Il y a continuellement des traits d’humour qui peuvent un peu faire l’effet ressenti dans l’Anti-manuel de littérature. C’est technique comme livre, pour moi en tout cas, c’est un sujet qui est tellement brassé par la confusion que ça nécessite quand même de suivre la gymnastique, de se concentrer et l’humour dans ces cas là ne m’aide pas forcément. Ici je me suis dit que c’était vraiment pas mal parce que ça épouse une façon très aléatoire et contemporaine de prendre n’importe quel prétexte, caractéristique ou argument pour traiter l’autre de bourgeois et/ou s’en dédouaner d’en être un.
Voilà c’est une première touche de réflexion schnoupsienne. Et si quelqu’un veut bien lui envoyer une brosse à dent ça lui permettrait d’économiser les éponges et les frais de dentiste. Merci pour lui !-
Ostros
Invité« Je t’envoie un petit colis avec un objet très pratique qui a fait ses preuves, avant de l’utiliser tu lis bien ma notice, j’ai déjà envoyé ça à des personnes euh, très très créatives on va dire et elles ont réussi. Pas de panique. »
Ce serait drôle que ce soit une vape.-
Schnoups
InvitéGros rire, j’y avais même pas pensé.
Sinon j’ai avancé encore de 60 pages et j’aime beaucoup la progression sur le cinéma et le majoritaire et je dois dire que l’humour très très foutage de gueule prend son envol ou alors je peux l’apprécier plus volontiers parce que un peu plus installée dans le livre.
C’est quand même très appréciable parce que c’est le genre d’humour que je préfère et puis surtout ça accompagne vraiment joliment la réflexion. C’est très très brutal Monsieur, oulala qu’il est brutal !
En tout cas ça va direct dans le dur dès le début du livre, comme pour Notre Joie et c’est bien. Bon, mais avant d’y revenir je vais terminer.
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..Graindorge
InvitéÀ propos de » une vape »
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« Capitalisme sans filtre
Six millions d’employés au total. 1300 répartis dans la seule usine de l’entreprise VPV, sur quinze lignes de production dans un hangar de 18 000 m² : les cigarettes « électroniques » sont fabriquées à 90 % en Chine, à Hangzhou, Dongguan et Shenzhen, par des géants du secteur comme VapeEz Technology. Les ouvriers en rangs d’oignons, assemblent à la main et à l’aide de petits marteaux, pistolets à colle et machines-outils décaties, la résistance, la batterie et le réservoir d’un dispositif qui n’a d’électronique que le nom. Leurs gestes sont exécutés au prix d’une tension nerveuse impossible à dénouer lorsqu’on doit rester assis de 9h00 à 21h00, avec une seule heure de pause. D’autres sont encore moins gâtés, comme ces « opérateurs » à peine sortis de l’enfance, chargés de tester jusqu’à 10 000 vapoteuses par jour en inhalant leurs fumées. « Leur boulot, c’est de se tuer les poumons », commente sobrement le présentateur d’une vidéo prise clandestinement dans une usine de Shenzhen.Les marges, énormes (le prix de revient d’une e-cigarette va de 2 à 10 €, mais elle sera revendue jusqu’à dix fois plus), attisent les convoitises, et l’automatisation des tâches est devenue une priorité pour gagner des parts de marché. L’objectif du leader du secteur, ALD, est actuellement de mettre au point une usine d’e-cigarettes entièrement robotisée »
Le reste est réservé aux abonnés.-
Ostros
InvitéComme toute production made in china.
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..Graindorge
Invité» D’autres sont encore moins gâtés, comme ces « opérateurs » à peine sortis de l’enfance, chargés de tester jusqu’à 10 000 vapoteuses par jour en inhalant leurs fumées. « Leur boulot, c’est de se tuer les poumons » ça donne pas envie , ni de continuer à fumer ni de vapoter
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Ostros
InvitéCertes
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..Graindorge
Invitéque ça donne pas envie , ni de continuer à fumer ni de vapoter ne veut pas dire qu’on peut s’arracher de griffes bel et bien enracinées et c’est pas une image.
On mets 4000 produits chimiques par clope dans un corps qui a rien demandé.
À mes amis fumeurs je leur dis: surtout fume ta/ ton clope ( ta ou ton ?) avec plaisir en réduisant, en trichant : tu avales pas à chaque taffe mais ne t’embarque pas dans ce nouveau gadget capitaliste de vapotage.
Ceux qui demandent de l’aide car ras le bol de claquer du fric pour se bousiller, la trouve-
..Graindorge
InvitéJ’avais raison : on dit bien UNE clope
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Claire N
Invité« Mais on voit bien que dans le cas de couples dits toxiques les désirs de l’un et l’autre entraînent les deux dans le fond du trou de la destruction de leur être. » oui et comme le souligne « , »
Dans la pratique d’une situation de domination
Il me semble qu’il y a persistance dans l’erreur,
Après c’est une vraie question ouverte-
Claire N
Invité(Je reponds en dessous )
L’idée initiale pour moi etait d’avantage d’explorer les différentes factures de l’impératif qui tout de même me semble avoir de grandes similitudes avec le « désir «-
Ostros
InvitéIl y a des désirs pour l’autre dans le sens pour son mieux être jusqu’à son émancipation qui sont de la camaraderie (politique)
Tandis que le désir de l’autre peut entraîner des abus, de la domination.
Couplé à de l’amour ce désir est bon.
Désirer que quelqu’un qu’on aime se libère de l’emprise toxique de la cigarette, d’une drogue, d’une relation c’est un désir ami pour l’autre. L’impératif sera guide.
Et le désirant n’en tirera rien pour lui même, si ce n’est la joie d’avoir soutenu.
Le contraire de L’impératif des commerçants qui cherchent à récupérer les bénéfices des ordres donnés.
Leurs impératifs disent : achètent ma camelote. Et veut la part d’attention du client à sa pub.
L’impératif du développement personnel est parfois celui d’un gourou, qui fait porter à l’individu la responsabilité de sa souffrance. Et s’il oriente vers des trucs pour aller mieux ce ne sont pas pour émanciper l’autre d’une structure oppressive mais pour qu’il y reste.
L’impératif du développement personnel est toujours commerçant. Il y a des livres, des ebook, des retraites en Auvergne, des podcasts, des rencontres, des séminaires à vendre.
Il arrive que certaines personnes qui se sont plongées dans le développement personnel en arrivent à remettre en question une structure économique qui les contraint, en allant à la racine, alors que parties d’elles-mêmes dans la remise en question. Il arrive que le dev perso ait amené des travailleurs en burn out au respect radical de leurs limites et à la sécession d’avec leur emploi abusif.-
Claire N
InvitéOui c’est foison
Et il y a certainement dans l’impératif
Une bien nette différence
Selon quel bout on le prend – un peu comme le mepris –
– une force d’impulsion , d’impératif à soi même qui peut porter à puissance
– un ordre qui s’abat sur plus bas que soi dans une géométrie de domination-
Claire N
InvitéMais comme tu le notes assez justement
L’impératif à soi peut etre une source d’épuisement dans certains cas qu’il faudrait creuser-
Claire N
InvitéJe propose une petite scizoidation comme le mepris : qui suis je pour m’appliquer l’impératif ?
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Gwynplaine
InvitéJe reviens, quelques semaines après ma lecture (et après avoir récupéré le bouquin en librairie) :
https://www.senscritique.com/livre/du_mepris/critique/339867319
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..Graindorge
InvitéDe même pour le fait de dire que, prophète de l’égalité, le Christ parle beaucoup de l’amour et peu de pitié. Rien à voir, mais j’ai visité plusieurs églises et musées catholiques, ces dernières semaines, et j’ai été frappé de voir que le Christ n’y était pas représenté tel que je me le figurais. Je l’y ai vu avachi, émacié, sanglant, et surtout triste, alors que le Christ des Evangiles m’apparait bien plus dur et plus joyeux à la fois.
Oui je crois aussi que le Christ est très joyeux et très sévère-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
toutes ces objections, ou plutot réserves, me paraissent une très belle matière à penser
juste : pas de contradiction, il me semble, entre mon apologie de la jouissance et l’objection mulienne a l’écriture qui bande
il s’agirait en somme de promouvoir la jouissance féminine
le devenir femme auquel invite l’art reviendrait alors à offrir à chacun d’éprouver la jouissance féminine-
Greenwashing
Invité« Une au hasard : « Dans le mépris pour les forts sociaux couve l’anarchisme, dans la haine pour les forts sociaux fermente le fascisme ». »
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Et du coup ça se passe comment vis à vis de moi? Je veux dire que toi l’écrivain t’es le fort social, celui qui considère que les places de choix lui reviennent, donc j’imagine que je ne peux pas être le mépris car ça la foutrait mal pour toi et que c’est bien parce qu’il faut que je sois la haine qu’en bout de course j’ai vocation à t’aider à croire que tu me fascines. Et c’est peut vrai que tu me fascines, sans rire je me demande comment tu fais pour ne pas te rendre compte qu’à chaque fois tu t’arrêtes quand ça pourrait commencer à devenir intéressant. -
Gwynplaine
InvitéOui, je parle d’ailleurs de tension à m’éclairer, et non pas de contradiction, dans ma critique.
De ce que j’avais compris de Comme une Mule, un style masculin, un style qui bande, selon toi, voulait mettre son poing dans la gueule du réel. Alors qu’adopter un style féminin, c’était se laisser traverser par le réel (« traversée comme une putain », dirait Ernaux)
Et la jouissance que tu pratiques, dans ton style, me paraît en partie bander.
Si ton style m’apparaît féminin dans sa capacité à se laisser traverser par le réel (notamment dans tes romans), je le vois comme plutôt masculin (surtout dans tes essais). Entre autres du fait de sa puissance assertive.
S’ils arrivent souvent en bout ou en début de développements situés, et en cela, me paraissent différer de formules autoritaires, tu utilises beaucoup d’aphorismes, et je vois l’aphorisme comme masculin, bandant, auto-érotique, empaquetant le réel et cognant (même si tu t’en sers pour décaler la pensée).
Si la forme, c’est le fond qui remonte, si ce que promeut un texte, c’est ce que fait son style, j’aurais donc tendance à considérer que la jouissance portée par ton style n’est pas (ou pas exclusivement) féminine.
Tu diffères de Virginie Despentes en ce que tu me sembles un boxeur joyeux, et elle, une boxeuse ressentimentale, mais je vous vois tous deux comme pratiquant une forme de boxe littéraire.
Je vais faire un pas de côté, mais les pages finales du Scum Manifesto de Valerie Solanas me paraissent bandantes dans leur logique d’écrasement (même si elle décrit l’écrasement de l’empire masculin, elle le fait de façon viriliste – et je précise que viriliste n’est pas forcément une insulte chez moi)
De même pour Rimbaud et son « Forgeron » : son texte me parait joyeux, dans son débordement subversif, mais viriliste. Il oppose une puissance populaire au roi « debout sur son ventre », « pâle comme un vaincu », exulte de « mettre ta Bastille en poussière », et peut même sortir des phrases telles « nous nous sentions Hommes » (« Agitant nos clairons et nos feuilles de chêne, les piques à la main ; nous n’eûmes pas de haine, – Nous nous sentions si forts, nous voulions être doux ! »)
Mais encore une fois, je n’écris pas ça pour dire « haha, contradiction ! ». Plutôt pour distinguer les types de bandaison (pour sauver un certain type de bandaison, en m’appuyant sur le fait que ton texte me parait la pratiquer à certains moment).
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Claire N
InvitéAlors peut-être qu’on est pas obligé d’oublier que la bandaison c’est aussi du sang qui monte
Et prendre peut etre l’image différemment : qui pompe – pour dépasser le clivage de genre ?-
Claire N
Invité« (pour sauver un certain type de bandaison »
Ainsi peut etre qu’il y a une différence entre une bandaison qui se sait portée par la joie qui la traverse et une plus courte de vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes ?-
Gwynplaine
InvitéClaire N :
Oui je suis d’accord. Il me semblait déjà dépasser le clivage de genre, puisque j’écris que Virginie Despentes et Valerie Solanas bandent en écrivant.
Et puisque une femme peut tout à fait bander, physiologiquement.
Je distingue évidemment la bandaison qui se sait portée par la joie qui la traverse, et celle à « plus courte de vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes »
Je les distingue, mais je ne les oppose pas : j’aime bien les deux.
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Gwynplaine
InvitéLes bandaisons que j’opposerais seraient plutôt la bandaison joyeuse et la bandaison ressentimentale
La bandaison qui jouit éréctilement pour le plaisir de jouir érectilement, et celle qui jouit d’écraser les autres
Encore que : Despente jouit-elle vraiment d’écraser, quand elle écrit ?
Si oui, ce serait d’une jouissance qui me parait dénuée de joie.
La dernière phrase que j’ai citée de Rimbaud : bandaison joyeuse
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nefa
Invité« (pour sauver un certain type de bandaison »
turgescente on peut dire comme ça
je crois que la chair tamponne
tu le sens
impression que les os rient
arrivé là pas moyen de faire marche arrière
quand mes pieds font quarante et portent du quarante deux
il aurait fallut que je mette la main dans le côté de Claire
avance : « ma seigneure et déesse »
sauveuse
mais je bute contre la marche
la qualifiante bandaison m’a quitté, ce ventre est descendu, parti acheter
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Alexandre
InvitéMoi je dis la bandera.
Mais bandaison j’aime bien.
Bon ça fait un peu pendaison mais j’aime bien.-
Alexandre
Invité« bandera » était bien évidemment à prononcer avec une léger élan hispanique
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François Bégaudeau
Maître des clésGwynplaine : je vais encore être un piètre compagnon de dialogue, car je suis absolument d’accord avec toi. L’essai phallique, le roman féminin, j’aime.
Je nuancerais juste en mentionnant le role capital de l’humour dans mes essais : il a justement, outre le fait d’humeur qu’il est, cette fonction, du moins cet effet, de détendre la prose (pour ne pas dire de la débander, de la dephalliser)
Je ne pense pas que Despentes commencerait un essai par – ni même un roman, hélas pour elle, par Poisson mis à part,-
François Bégaudeau
Maître des clés« Ainsi peut etre qu’il y a une différence entre une bandaison qui se sait portée par la joie qui la traverse et une plus courte de vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes ? »
Merci Claire pour cette tentative de sauver la bandaison
De la féminiser
et bien sur que la bandaison est une puissance – puisqu’alors d’autres forces que les miennes agissent en moi-
Gwynplaine
InvitéJe ne pense pas que la bandaison ait nécessairement besoin d’être féminisée pour être sauvée.
Je pense qu’elle peut être sauvée sans être féminisée.
Même si elle gagnera évidemment à pouvoir être aussi féminine.
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Gwynplaine
InvitéPour dire le fond de ma pensée, qui me vient en écrivant, je trouve que cette volonté de distinguer la bandaison qui se sait portée par la joie qui la traverse, et celle à « plus courte de vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes » s’apparente à une sorte de pudibonderie.
Pudibonderie qui, s’il faut la genrer, me parait féminine.
Et, s’il faut rester politiquement correct en termes de clivages hommes/femmes : je ne crois pas Blanche Gardin désinfecterait la bandaison ainsi
Elle pourrait la ridiculiser, mais elle ne la purifierait pas.
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Gwynplaine
InvitéD’opposer, pas de distinguer*
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Claire N
InvitéRire – j’y vais doucement
Faut pas pas brusquer – mais la physiologie est oui un peu aseptisante
Et effectivement Il n’y aurait pas eut de sketchs de Blanche sur la sodomie si on avait parlé des réflexes bulbo caverneux -
Claire N
InvitéCependant sur la bande, vu de mon point g
Je reprendrai la réflexion que d’en un autre topic j’ai formulé sur la provocation : « mais c’est une engage qui n’a de force que d’être plus faible que la vague qu’elle annonce« -
Samuel_Belkekett
Invité@Cliaire N
Réflexes bulbo caverneux ?! C’est vachement imagé comme truc.
En lien avec la sodomie ? Réflexes bulbo caverneux… Pfuuuiii (sifflement).
J’essaierai de le replacer en espérant qu’on ne me demande pas ce que veux dire par là. -
Claire N
InvitéSi tu pince le clito, l’anus se contracte
Tu vois c’est beaucoup moins drôle -
Claire N
Invité« s’apparente à une sorte de pudibonderie.
Pudibonderie qui, s’il faut la genrer, me parait féminine.
Et, s’il faut rester politiquement correct en termes de clivages hommes/femmes : je ne crois pas Blanche Gardin désinfecterait la bandaison ainsi
Elle pourrait la ridiculiser, mais elle ne la purifierait pas. »
Je crois que je ne comprends pas ce que tu appelles pudibonderie – ni désinfection – ni purification
Il ne s’agit pas de bander contre quand je défend la bandaison – il me semble d’ailleurs que tu reconduit une incertitude toute masculine en mobilisant le registre de la vierge effarouchée pour te fortifier – mais mon propos est justement qu’aucun homme n’a besoin de cette mascarade au fond il n’y a pas a s’inquiéter de sauver la face de la bite? -
Claire N
InvitéEt d’autres part « J’aurais tendance à considérer tes idées et ton lexique comme ceux de quelqu’un qui essaie de conjurer le corps sexué parce qu’il s’en méfie »
Cette reponse que tu fais à Ostros , me paraît tenir du même registre -
Gwynplaine
InvitéOstros
Petit rappel chronologique : c’est toi qui commences par dire ceci :
« Ainsi peut etre qu’il y a une différence entre une bandaison qui se sait portée par la joie qui la traverse et une plus courte de vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes ? »
Tu distingues donc deux choses qui ne sont pas sur le même plan.
Sachant que plus haut, tu avais écrit :
« Je propose le désir à vue courte (bouffer l’autre) et le désir à vue longue (désirer un sujet au contact duquel on a l’espoir de vivre des aventures intéressantes) »
Tu ne cherches donc pas simplement à distinguer deux phénomènes, mais à les opposer (je ne développe pas sur le fait que l’on puisse vouloir aider l’autre en restant à courte vue, et qu’il est des nuisances de longue vue ; l’opposition est triplement à l’avantage d’une des deux polarités).
Et à les opposer moralement, en faisant d’une bandaison une bandaison vertueuse, et de l’autre, le fait simplement d’avoir la trique (disons-le ainsi) comme le fait de bouffer l’autre.
C’est une suspicion portée sur la trique simple, ou une moralisation de la trique non transfigurée
Que j’appelle aussi pudibonderie, désinfection ou purification.
Si j’avais balancé que les femmes qui mouillent bouffent les autres, tu aurais été tout à fait légitime à voir en moi un policier des mœurs
Et donc, quitte à devoir être lourd : si je distingue le fait d’être traversé par la joie et le fait de triquer, si je peux considérer que la première est plus haute que la seconde, je ne vais pas me mettre à penser que, triquant physiquement (puisque c’est ça que tu mets, de toi-même, sur la table), je bouffe l’autre.
Quant à ce que j’écris à Ostros, je pense que tu te focalises à nouveau sur la crudité de mes mots pour éviter de penser l’argument : elle invoque les agressions et les complications historiques de la jouissance chez les femmes pour refuser d’en faire une catégorie de pensée, ou du moins pour juger cette direction immédiatement essentialisante. C’est ce refus immédiat (et moral) qui m’intéresse.
Tu peux me contre-psychologiser autant que tu veux, je veux juste faire entendre le message suivant : bandez, doigtez-vous, branlez-vous, ça ne fait du mal à personne et ça vous fait du bien.
(Et navré encore que tu l’aies si mal pris ; je cherchais à déplier quelque chose qui me faisait tiquer, j’ai été trop intrusif dans mes hypothèses, je le pense vraiment).
-
Gwynplaine
InvitéPardon, pour être exact, c’est Malice qui a parlé de recouper « désir à courte vue » et « bouffer l’autre »
Mais tu as adopté l’opposition sans la nuancer, et semblais être d’accord avec elle en général, plus haut.
Vous suspectez le désir, cherchez à le purifier, et condamnez l’objectification.
Je comprends pourquoi, mais je pense qu’on n’en sort pas, et qu’objectiver quelqu’un, en soi, n’est pas un problème (cela me rappelle un échange que j’avais eu avec un prof de cinéma, qui adoptait la grille de lecture d’Iris Brey, sur le male gaze)
Le point est là.
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Claire N
InvitéBon chronologie selon moi
– tu évoque un style littéraire qui bande soit
– tu évoques la bandaison et veut même la distinguer pour la sauver ( sic )
– dans un élan chevaleresque je me porte au secours de la malmenée
– pas en purifiant : elle est ce qu’elle est, moi j’y ai intérêt en terme de puissance mais en y soustrayant une couche idéologique que j’appelle de courte vue, car peu conforme à l’étendue aristocratique de la belle
– tu me prétend pudibonderie et sainteté et il ne s’agit pas d’intrusion, juste que tu t’es trompé de pièce carrément
Puis me vouvoie dans un élan de solidarité
Je maintien que s’appuyer sur l’élément de la chasteté ne vient pas de moi ; et émet l’hypothèse qu’il s’agit d’un présupposé de ton fait
Certainement bien favorisé par une certaine forme de féminisme ainsi je ne t’en veux absolument pas -
Gwynplaine
InvitéBeau retournement que tu nous fais là
La distinction que tu fais produit justement une bandaison idéologique — « qui se sait portée par la joie qui la traverse » — opposée à une bandaison matérielle, « de plus courte vue », qui constate simplement « l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes ».
Qualifier la trique d’idéologique est un non-sens, surtout placée dans cette polarité : si l’une des deux est idéologique, c’est la bandaison « que tu sauves ».
Mais idéologique devient ici un mot-totem-repoussoir confortable, comme essentialiste.
Je ne rebondis pas sur le reste, ça va nous égarer, bien que j’apprécie ton usage des termes « aristocratique » « chevaleresque » et « la belle ».
Je pense qu’on s’est égarés tout court, alors je vais poser la question plus frontalement :
Concrètement, peut-on triquer sans que ce soit pour dominer, posséder, réduire, objectifier salement ou encore « sauver la face de la bite » ?
Juste parce que ça nous fait du bien.
Tu peux me qualifier d’homme inquiet si tu veux : c’est juste que tu n’as jusqu’ici jamais pu parler de trique masculine concrète (que tu as amenée sur la table, je le répète : la bandaison dont je parlais jusqu’alors était par-delà le genre, puisque j’y affiliais Despentes et Solanas) sans la mettre en tension avec une bandaison idéologique, dont tous les termes de l’opposition, y compris moraux, sont à l’avantage de cette dernière
(Et encore une fois, je ne m’attendais pas à devoir passer deux jours à défendre le fait de pouvoir triquer quand j’ai posté ma critique ici)
Mais je pense qu’on s’est perdu dans l’idéologique, justement.
Si tu as écrit (ou archivé) un texte littéraire qui explore la dichotomie entre courte vue et vue longue, je suis preneur
Tu connais mon adresse mail.
-
Claire N
InvitéAlors j’ai bien un texte, mais c’est plutôt un article scientifique – c’est technique mais accessible
: « clinique exploration et prise en charge de la presbytie « -
Claire N
InvitéPar contre, à présent tu as éveillé ma curiosité sur cette drôle de chose que tu appelles la pudibonderie – et son axe moral : pudibonderie – chasteté
J’ai quelques billes à proposer pour la mépriser
Plutôt d’ailleurs que de la détester
N’est il pas fable commune chez les etres humains
De se figurer être le fruit d’une chasteté vaincu mais non renoncée ? Pudibonderie pour papa/ chasteté pour maman
N’est ce par un motif repris par le féminisme moral ?
Pourquoi est elle si importante symboliquement pour la gloire des hommes et l’honneur des femmes ? -
Gwynplaine
InvitéD’accord, je vois que j’ai décidément touché un point sensible
Tu ne réponds pas à ma question, sincère, et rebondissant clairement sur un point que tu soulevais. Je ne vois pas pourquoi je te suivrais dans ta roue libre.
Mais tu peux te répondre si tu veux : ces histoires de papa/maman ont l’air de t’intéresser.
Ou alors, m’envoyer un texte littéraire où tu exposes vraiment ta sensibilité jusqu’alors théorique.
J’ai été blessant (et j’en suis désolé, même si je vois que c’est trop tard pour se calmer), mais je suis venu avec du Bégaudeau, du Despentes, du Solanas, du Pourchet et du Rimbaud.
La balle est désormais dans ton camp, camarade.
-
Claire N
InvitéComment dire – j’essaie juste d’ouvrir le sujet
Peut etre oui qu’il est agaçant de ne pas y parvenir – et pourquoi c’est si important de rabattre et d’une certaine façon de réduire mon propos à ce point ? -
Claire N
InvitéD’autre part, je ne comprends pas bien ce que tu entends par un texte qui expose ma sensibilité
– au départ j’ai eu l’impression que tu entendais une réflexion théorique justifiante – chose qui si elle existe n’est pas dans mes cordes créatives
– maintenant j’ai l’impression que tu fais référence à un texte qui me plaît ?
Ben là par exemple j’ai bien aimé le texte d’Alexandre sur l’autre thread c’était bien -
Gwynplaine
InvitéDepuis le début, je parle de littérature
Quand je parlais de bandaison, j’opposais Despente (bandaison ressentimentale, selon moi) et le forgeron de Rimbaud (bandaison joyeuse)
Tu rebondis en déplaçant le sujet : bandaison qui se sait traversée par la joie et bandaison à courte vue qui constate l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes
Je trouve le déplacement intriguant, parce qu’il contribue à mon sens à cliver sexuellement le débat (puisqu’une femme peut tout à fait écrire en bandant ressentimentalement et joyeusement, mais ne peut pas constater l’apparition d’un objet contondant entre ses jambes) et à le moraliser (puisque, plus haut sur ce chat, le désir à courte vue est décrit comme bouffant, qu’il me semble que vous cherchez clairement à le dépasser)
A partir de là, je suis dubitatif, tout comme je suis dubitatif envers le fait de pouvoir écrire à côté de son sexe, comme le propose Ostros (et j’ai alors proposé des hypothèses psychologisantes et malheureuses pour essayer de m’expliquer ce déplacement de sujet)
Et donc, plutôt que de continuer à jouer à qui se sent offensé ou castré ou attaqué dans sa masculinité ou féminité, je demande des textes qui permettent d’explorer littérairement cette opposition que vous dressez théoriquement.
Parce que je pense que le désir s’explore mieux littérairement que théoriquement, ou en tout cas, arrimé à la littérature que purement théorique
Quand tu écris plus haut « …Kollontai, Annie Lebrun
M’ont semblé flairer par la marge du féminisme
Et dans leur étude un point : celui crucial de reconnaître la femme, et d’autres peuvent en bénéficier comme sujet désirant
Seul une certaine forme de reconnaissance de cette force , la présupposer comme le notait « , »
Peut aboutir à une sensualité équilibrée »Je suis d’accord pour dire que reconnaitre la subjectivité désirante de l’autre étend le désir, et est nécessaire à une relation équilibrée.
Mais je trouve que tu rejettes unilatéralement le désir réifiant, je tique sur cette idée qu’un désir vrai est forcément égalitaire
Je considère qu’il y a un vrai plaisir à réifier, et à être réifié.
C’est sans doute masculocentrique, mais si j’en crois mon corps, j’ai tendance à penser que désir et estime s’excluent, ou en tout cas, se combattent.
Les relations égalitaires m’intéressent bien sûr, mais elles ne m’érotisent pas au moment où elles sont égalitaires. Pour être érotisé, j’ai besoin de sentir que l’altérité me dépasse, puis que je peux l’impressionner. A mon sens, la sensualité peut difficilement être égalitaire, elle est davantage circulation de dominations alternatives (même si toute relation durable ne se réduit pas à la sensualité, et gagnera à être globalement égalitaire).
Tu peux bien sûr continuer à te foutre de ma gueule, ou ranger ce témoignage dans ton inventaire de pourfendeuse de mecs inquiets visant à se fortifier.
De mon côté, j’ai ajouté « Autobiographie d’une femme sexuellement émancipée » dans ma liste de livre à lire cet été.
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Claire N
InvitéJe ne me fou pas de ta gueule, j’introduis un peu d’humour parce que ça me plaît
Tu sais je n’ai absolument aucune idée arrêtée sur la nature du désir et la discussion que nous avions plus haut avec « ‘« , « malice « et « Ostros »etait en tout cas de mon point de vue plutôt de l’ordre de on pose sur la table ce qu’on a trouvé et on partage pour voir ce que ça peut donner d’intéressant
Pour l’estime et le désir, comme ça je dirais que c’est au désir que je porte grande estime, en tout cas au mien- qui me surpasse en intelligence bien souvent.
Enfin on s’entend bien quoi
Je n’ai pas autant de références littéraires que Malice sur le sujet mais sur ce point on va dire que je bouffe chez elle
Dernièrement j’ai bien aimé le « surmâle de A Jarry »
Je ferai un petit retour plus tard, peu etre – mais en ce moment je fais d’autres trucs -
Gwynplaine
InvitéFort bien, je note.
Le titre me fait marrer, pour commencer !
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Claire N
InvitéCadeau
Ça commence ainsi :ire indéfiniment.
Tous tournèrent les yeux vers celui qui venait d’émettre une telle absurdité.
Les hôtes d’André Marcueil, au château de Lurance, en étaient arrivés, ce soir-là, à une conversation sur l’amour, ce sujet paraissant, d’un accord unanime, le mieux choisi, d’autant
qu’il y avait des dames, et le plus propre à éviter, même en ce septembre mil neuf cent vingt, de pénibles discussions sur l’Affaire.
(…)
Ces personnalités diverses et notables eussent pu rajeunir le lieu commun, sans effort vers le paradoxe et rien qu’en laissant s’exprimer, chacune, sa pensée originale ; mais le savoir-vivre rabattit aussitôt les propos de ces gens, d’esprit et illustres, à l’insignifiance polie d’une conversation mondaine.
Aussi la phrase inattendue eut-elle les mêmes effets que ceux, mal analysés jusqu’à ce jour, d’une pierre dans une mare à grenouilles ; après un très court désarroi, un universel intérêt.
Elle aurait pu, avant tout, produire un autre résultat : des sourires ; mais par malheur c’était l’amphitryon qui l’avait prononcée. -
Claire N
Invité*l’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment
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Stéphanie
InvitéMerci Claire N pour le cadeau
Alfred Jarry et Annie Le Brun -
François Bégaudeau
Maître des cléslivre tout à fait dingue, comme fut dingue cette fin de siècle
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Gwynplaine
InvitéFrançois Bégaudeau :
Oui, je relève également l’humour dans ma critique, et considère qu’il fait de toi un boxeur joyeux, et de Despente, une boxeuse ressentimentale.
Mais je vais rester sur mon idée : si ton humour dé-militarise ta langue, je ne considère pas qu’il la fasse débander.
Et ton humour, pour être trivial, aérien, me parait aussi masculin (sans vouloir ré-ouvrir le débat sur Bantigny et sa clique)
Je maintiens donc qu’à mon sens, la jouissance que tu promeus par ton style n’est pas exclusivement, voire pas principalement féminine
(Même si je te considère parmi ceux qui m’ont le plus ouvert les yeux sur le féminisme contemporain, notamment dans sa dimension radicale et affirmative, aux côtés de Joy Sorman, Blanche Gardin, et Maria Pourchet)
-
François Bégaudeau
Maître des clésOui je vois
Par pure curiosité : à quoi ressemblerait un humour féminin? -
Ostros
InvitéEst-ce qu’il s’agit de masculin / féminin ou de tempérament autoritaire / anarchiste quelque soit le genre ?
J’ai du mal avec le fait de voir du féminin ou du masculin. J’ai l’impression que ça ferme.
Pourquoi l’anatomie de la femme serait liée à un tempérament littéraire.
Quand on voit que des femmes ont un style autoritaire, ressentimental, etc.
C’est pas d’humanité dont il est question ?
Ou j’ai pas compris ? -
Ostros
InvitéEst-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’absence de genre (sexe et pulsions) dans le style d’un côté vs style au genre marqué selon les normes de domination actuelle de l’autre ?
Pour moi ce serait plus ça
Un style asexué pour une littérature joyeuse, anarchiste, joueuse etc. Qui mettrait en priorité la vie.
Plutôt que de sentir justement le corps et ses pulsions (autoritaire, haine, domination, revanche) en priorité.
Mais considérer que ces pulsions sont des deux sexes.
(Car ça m’embête de dire le féminin c’est pas comme le masculin et d’entrer dans ses filets là). -
Gwynplaine
InvitéOstros :
Pour être joueur, joyeux, il faut aussi en passer par le corps et les pulsions (dont tu ne choisis que des occurrences négatives : autoritaire, haine, domination, revanche)
C’est bien sûr casse-gueule et glissant de mobiliser des catégories comme masculin et féminin. Ou pourrait s’en passer pour éviter de nager dans des eaux essentialisantes
Mais je considère que les différences de genre sociales peuvent être opératives, ou en tout cas éclairantes, pour penser. Face à mes élèves, ça m’aide, pour mieux adapter mes cours –l’éducation nationale reste masculo-centrique – aux filles.
-
Ostros
InvitéGwynplaine,
« Pour être joueur, joyeux, il faut aussi en passer par le corps et les pulsions (dont tu ne choisis que des occurrences négatives : autoritaire, haine, domination, revanche) » : la joie et le rire ce n’est pas la puissance de la pulsions pour moi.
Ce sont des affects oui, mais pas propulsés pour s’imposer (on parlait du désir plus haut)
.
Pour moi le fait d’écrire c’est justement refroidir tout ça (dit et redis ici) et donc travailler à côté de son sexe.
.
Et je lis bien dans vos échanges qu’il y a quelque chose qui coince.
que le style masculin est très imagé par l’anatomie de l’homme : les burnes, la verge en érection.
Et lorsque vous parlez du style « féminin », il s’agit d’une absence de verge et de brunes. Donc pas d’images de notre anatomie, mais de l’absence d’anatomie masculine.
Donc le style féminin selon ce que vous en dites n’est pas rattaché à l’anatomie de la femme, la chair des lèvres, le vagin, l’utérus etc.
C’est parce que je vois qu’il y a un rapport entre verge en érection = masculin / absence de verge = féminin que ça me perturbe. Notre clitoris est aussi érectile. Notre chair gonfle sous les pulsations du désir.
.
C’est pourquoi si je suis votre discpurs, j’irai plutôt dans la direction de
– style aux prises avec les pulsions (communes aux hommes et aux femmes), style boum boum quoi.
– style libre de pulsion comme une asexuation.
Nous avons des parties génitales
Nous avons des pulsions, des désirs, des colères, des pulsions de domination. Enlever ces affects pour qualifier un style de « féminin » c’est comme dire que le « féminin » serait hors des affects du genre humain.
Lorsque je lisais style couillu au sujet de Despentes pour moi cela ne signifiait pas que l’opposé de ce type de style c’était le style « féminin ».
Cela signifiait que VD écrivait avec ses pulsions
Un style peut être couillu, brabare, cruel, etc. sàs en passer par la qualification de masculin.
D’ailleurs le féminin et le masculin s’effacent quand on écrit.
On peut emprunter des images issus de l’anatomie masculine pour exprimer le style étudié et s’arrêter là. Ne pas entrer dans la dualité masculin / féminin.
L’appel de l’image de la verge n’implique pas nécessairement
– de qualifier de masculin le style (qui est surtout autoritaire)
– et donc par suite de décrire ce que serait un style féminin
Une paire de couille sans genre. Une verge dressée sans entre jambe. Un geste rapide (un trait de crayon) pour imager sans que l’image appelle une estampillage de genre. Les femmes ont des couilles et une verge, aussi.
Et, oui, je pense que c’est réducteur comme scission « féminin » / « masculin », disons rapide et ça ne permet pas d’aller loin dans le raisonnement sur un style. Ça mure. (Aller du côté de la jouissance féminine alors que la question de la jouissance est compliquée chez les femmes, du fait de nombreux facteurs (agressions, etc) c’est oui essentialiser le sexe de la femme.
D’un côté on aurait une verge tendue comme une matraque donc qui n’ejacule jamais et de l’autre une vulve qui jouit ? Pourquoi la jouissance associée à l’anatomie féminine c’est une question qui m’intéresse.
Pourquoi la jouissance féminine ?
Je préfère pour le moment ( en attendant vos réponses qui vont me débarbouiller si je suis à côté), car ça m’apparaît être ce qui est exprimé à la lecture des echanges et je le redis pour conclure :
Style 1 ) : le sexe de côté
Style 2) : à fond de burnes (ou de pulsions…)
Style asexué ça ouvre plus de portes et fait entrer plus d’air pour moi. -
Claire N
Invité« Notre chair gonfle sous les pulsations du désir. »
A défaut , et peut être à propos
Je saisis cette phrase
Comme et féministe et virile et littéraire -
Claire N
InvitéJe ne sais pas tout les devenirs qui peuvent augmenter la littérature – qu’ils adviennent
Mais sensiblement je sais ce qu’elle n’est pas : forceuse, l’écriture « masculine « au sens oú je l’ai comprise force , force la forme en formule, force la sensualité en expression, force l’intelligence en opinion -
Ostros
InvitéOui, d’accord avec forcer (mon image de boum boum était pas la meilleure)
mais du coup est-ce qu’on peut pas se passer de masculin / féminin ?
Pour justement rester dans des termes plus à même de dire le tempérament d’un style
Forcer c’est bien
C’est suffisant
La bite
Être couillue
C’est des images suffisantes aussi
(Y a des mecs pas un brin forceur, la généralité n’aide pas) -
..Graindorge
InvitéC’est une grave erreur que de parler d’écriture féminine ou masculine. Il n’y a que des écritures tout court et plus elles sont androgynes mieux ça vaut.
Nathalie Sarraute -
Gwynplaine
InvitéOstros
Un style féminin serait non pas un style dépourvu d’anatomie, mais un style qui se laisse traverser par la vie, plutôt qu’il ne cherche à s’imposer à elle
Cela reste un style pris dans des pulsions (je ne te rejoins pas, sur le fait qu’une pulsion soit forcément désir de s’imposer ; on peut avoir la pulsion d’être pris ; ou une pulsion de curiosité, laquelle n’est pas coloniale) (pour moi, rien que le fait d’écrire est motivé par une pulsion, la pulsion d’écriture ; écrire, c’est projeter son désir)
Ou en tout cas, un style passant par le corps (même refroidi ; on peut tout à fait refroidir le style – mu par une pulsion de refroidissement, dirais-je –, mais je ne vois pas comment on peut écrire sans corps, travailler à côté de son sexe).
Je ne vois pas non plus en quoi le fait que la jouissance féminine soit compliquée par les agressions l’empêche d’être pensée comme jouissance. Même si j’entends que ce soit plus compliqué et plus inflammable.
« Les femmes ont des couilles et une verge, aussi. » : Désolé si je passe pour un bourrin essentialisant, Je comprends la formule symboliquement. Bien sûr qu’une femme peut avoir une puissance phallique, couillue, dominatrice, conquérante. Mais je ne crois pas que cette circulation symbolique abolisse la différence des corps sexués. Pour aller peut-être au nœud de l’affaire : je considère que les hommes et les femmes diffèrent biologiquement, et que ces différences biologiques influent sur leurs affects.
Quand bien même il y aurait plusieurs manières d’être homme ou femme, quand bien même ces affects s’hybrideraient à d’autres affects biologiques ou sociaux ; mais de la même manière, il existe une infinité de manières d’être bourgeois, d’être racisé, d’être handicapé, grand ou petit, et j’en passe, qui aboutiraient à une infinité de styles.
Après, on peut ne pas s’accorder sur les termes, ne pas mobiliser ces catégories : personnellement, je garde la polarité « masculin » / « féminin », parce qu’à l’instar de Simone de Beauvoir, je considère bien qu’il y a des modes féminins et des modes masculins d’être au monde, même s’ils sont construits, même s’ils sont appelés à être dépassés.
Pour le reste de ton message, j’avoue qu’il m’embrouille un peu. J’ai l’impression que tu remplaces surtout la dichotomie masculin/féminin par une autre : style asexué / style pulsionnel. Je ne suis pas certain qu’elle ouvre davantage (mais elle a en effet le mérite de ne pas risquer l’essentialisme).
Je reste sur mon idée qu’on ne peut pas dissocier sexe et écriture, pulsation et écriture, en ce que toute écriture me semble partir d’un corps parcouru de pulsions entre autres sexuées.
J’aurais tendance à considérer tes idées et ton lexique comme ceux de quelqu’un qui essaie de conjurer le corps sexué parce qu’il s’en méfie (puisque, j’y reviens, tu invoques les agressions et les complications historiques de la jouissance chez les femmes pour refuser d’en faire une catégorie de pensée, ou du moins pour juger cette direction immédiatement essentialisante ; puis dis que ta dichotomie asexuée fait entrer plus d’air pour toi). Mais peut-être est-ce moi qui ne m’en méfie ou distancie pas assez (désolé si mes propres idées et mon propre style te paraissent étouffants). Je reviendrai sur ton message et le laisserai infuser
En tout cas tu as l’air de bien creuser tes propres dichotomies. Si elles fonctionnent pour toi, que tu n’as pas besoin de « masculin » et « féminin » pour théoriser le style (théoriser tout court), et que ça t’aide mieux à penser, c’est l’essentiel.
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Gwynplaine
InvitéOstros
Maintenant que j’y pense, juste avant de me coucher :
Si tu as écrit un texte littéraire dans lequel tu déplies cette écriture libre de pulsions que tu théorises ici, je suis preneur (même un extrait, ou une nouvelle).
Je pense que ça a plus de chances de résonner en moi, que j’aurai davantage moyen de capter ce que tu développes sur ce forum.
Mon adresse mail : gwynplaine.beregond@gmail.com
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Gwynplaine
InvitéJe n’ai pas spécialement creusé le sujet
Je te renvoie à tes propres lignes de Comme une Mule, où tu écris entre autres « LB n’écrit pas : me la foutre au cul. C’est moi qui parle comme ça. Des deux le cochon c’est moi. A l’heure de ma chute, je m’accroche au moins à cette préséance ».
Et où tu identifies le clivage entre toi et Bantigny comme, entre autres, un clivage masculin/féminin
Plus loin : « Mon post n’est peut-être pas un symptôme du patriarcat tout entier, mais, plus bêtement, de ma misogynie » (que je dé-moraliserais ici en disant : d’un dégagement plutôt codé masculin quant à la bienséance). Et « Mon hypothétique misogynie ne s’incarne pas dans des actes, je suis bien trop éduqué pour ça. Elle s’incarne exclusivement dans des blagues à l’intention d’amies solides ou de l’aimée, qui contentieusement m’encourage dans cette voie en riant que je suppute que son sang menstruel atteste son essence démoniaque, ou quand la nomination de Elisabeth Borne m’inspire la pensée que ce n’est pas encore une fois qu’on aura un premier ministre femme ».
Je n’ai pas de manuel en main : dès qu’on parle de masculin et de féminin (comme tu le fais, comme j’y rebondis et donc le fais aussi avec plaisir, mais un plaisir exploratoire), on navigue en eaux troubles.
Mais pour donner une prise qui me revient avec ces lignes reparcourues pour l’occasion : rire de l’idée que la femme peut être une créature du diable (hypothèse bien sûr intenable rigoureusement, mais parfois fertile artistiquement ou humoristiquement), c’est plutôt masculin.
Inversement, une femme aurait moins tendance à s’essentialiser ainsi, ou elle parlerait depuis cette figure de diablesse et non extérieurement à elle.
Même quand elle pique les femmes ou fait semblant d’embrasser la domination masculine (j’ai arrêté de lire les #Metoo, ça m’excitait trop), Gardin le fait depuis une position féminine
Et aussi : ton ton et ta dynamique humoristique me paraissent plus mordants, les siens, plus faussement auto-apitoyés ou résignés
L’humour de Paul Mirabel (que j’ai peu écouté, et n’ai pas écouté depuis longtemps, mais de ce que je m’en souviens) m’apparait plutôt féminin en ce qu’il démarre l’essentiel de ses phrases en se dévalorisant
Tu as beaucoup d’auto-dérision, mais tu passes aussi par énormément de moments où tu joues l’arrogance (ce que font beaucoup moins Blanche et Paul), et je te vois aussi plus comme un pistolero capable de dégainer et tirer sur tout ce qui bouge (la vivacité offensive, s’il faut la coder socialement, je la code plutôt masculine aussi, d’après la rigoureuse démonstration scientifique que : c’est ce que j’ai globalement plus observé dans ma vie)
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François Bégaudeau
Maître des clésPlus loin : « Mon post n’est peut-être pas un symptôme du patriarcat tout entier, mais, plus bêtement, de ma misogynie » (que je dé-moraliserais ici en disant : d’un dégagement plutôt codé masculin quant à la bienséance). Et « Mon hypothétique misogynie ne s’incarne pas dans des actes, je suis bien trop éduqué pour ça. Elle s’incarne exclusivement dans des blagues à l’intention d’amies solides ou de l’aimée, qui consciencieusement m’encourage dans cette voie en riant que je suppute que son sang menstruel atteste son essence démoniaque, ou quand la nomination de Elisabeth Borne m’inspire la pensée que ce n’est pas encore une fois qu’on aura un premier ministre femme ».
Je crois qu’il faut ressaisir le statut énonciatif de ces lignes qui sont très largement ironiques, voire humoristiques. Ici je me mets dans la peau de mes accusatrices, c’est du style indirect libre. je parle d’ailleurs de mon hypothétique misogynie – pour la raison simple que, catégoriquement, je ne suis pas misogyne (ou alors si je le suis tout le monde l’est et le mot n’a plus de sens). Partant, on ne saurait prendre ces lignes comme matière pour notre discussion. Même s’il est vrai que l’aimée aime les blagues misogynes de son aimé. Serait-elle alors sous emprise? Cette question est aussi posée dans CUM, qui ne recule devant aucune question.
Un peu la même chose pour: « LB n’écrit pas : me la foutre au cul. C’est moi qui parle comme ça. Des deux le cochon c’est moi. A l’heure de ma chute, je m’accroche au moins à cette préséance ». Ici c’est de l’humour, je m’amuse à m’auto-accabler. Même s’il est vrai que j’aime la trivialité. Mais est ce masculin, la trivialité? Je crois que non. A voir.
Plus sérieux : « Et où tu identifies le clivage entre toi et Bantigny comme, entre autres, un clivage masculin/féminin » Mais selon une certaine acception SOCIALE de ce clivage. Ce que j’essaie d’élucider c’est que dans l’idiote rage de LB intervenait peut etre (mon livre émet des hypothèses) une lassitude vengeresse quant à la domination des hommes dans le champ où elle évolue (le champ intellectuel, le champ intellectuel-de-gauche). Là encore, rien à voir avec notre réflexion. Je ne crois pas qu’il y ait dans son attitude générale quelque chose de viscéralement féminin, mais quelque chose qui tient à la position des femmes dans le corps social. -
François Bégaudeau
Maître des clésPour revenir à notre sujet, je trouve que ta vision de mon humour est assez réductrice. Tu le restreins à la pique ironique. Or je crois que mon registre est plus large
Que feras tu par exemple d’une phrase comme : « Oui j’ai eu ma période moutarde » -
Gwynplaine
InvitéFrançois Bégaudeau
Bien sûr que c’est social et pas viscéral
J’ai utilisé plusieurs fois le mot « social » ou « socialement » sur ce forum, je ne vais pas le répéter à chaque phrase (de même que tu ne le précises pas à chaque fois que tu écris masculin et féminin, dans tes textes).
Je ne restreins pas ton humour à la pique : je précise que tu peux faire dans l’autodérision. Mais contrairement à Blanche ou Mirabel, je te vois aussi beaucoup dans l’autoglorification semi-ironique, plus masculine (pardon : socialement masculine).
Je pourrais aussi ajouter que tu es un des écrivains contemporains qui tape le plus dans l’absurde (que tu théorises bien, par ailleurs, dans ta conférence sur l’humour et dans Comme une Mule).
Concernant la trivialité, telle que je la perçois aujourd’hui : elle ne me parait pas forcément plus masculine en tant que telle. La trivialité intime est peut-être même plus féminine (je parle d’après mes connaissances). En roman (je vois le roman comme un partage de l’intime), beaucoup de femmes sont triviales (Pourchet, pour ne prendre qu’un exemple ; même si son roman qui est le plus violent dans le trivial, Champion, a un jeune mec pour narrateur).
En public (et l’essai m’apparait comme un genre davantage public que le roman), en revanche, il m’apparait plus masculin (et socialement, on peut comprendre pourquoi). En tout cas, le dégagement public vis-à-vis de la trivialité et du graveleux m’apparait plus masculin.
Il y aurait bien sûr des contre-exemples, comme toujours (Gardin, encore une fois), mais je considère que nous avons plus d’exemples de femmes qui se braquent contre une trivialité (voire une obscénité) publique aujourd’hui.
Je note aussi que sur ce forum, quand j’ai parlé de bandaison (ou plutôt : rebondis sur la bandaison : je ne m’attendais pas à ce que ma critique se cristallise autour de ça), deux femmes (Claire N et Ostros) se sont manifestées pour la moraliser, et un homme (Alexandre) s’en est plutôt marré.
Que parmi mes élèves, les garçons sont beaucoup plus frontalement triviaux que les filles.
Le noyau dur qui t’a ostracisé de la gauche que j’appelle « radicale-morale » (oxymore ?) me parait féminin : les mecs qui ont suivi ont (façon le Fou allié, ou Dany et Raz, à l’époque) me paraissent avoir davantage embrayé en tant qu’alliés, justement.
Pasduhring était beaucoup plus trivial avec Antoine Goya qu’avec Docteur Zoé (Qui ne rigole pas. Du tout. Avec ça. ») (et Chris, certes, sacré cas d’étude lui aussi).
Sans vouloir généraliser et essentialiser, bien sûr (Lancelin comme contre-exemple).
Parmi mes connaissances au courant de l’affaire Bantigny, les femmes ont clairement eu plus tendance à être sévères que les hommes.
Après, tu pourras me rétorquer que plein de tes connaissances féminines t’ont soutenu, et que plein de connaissances masculines t’ont lâché suite à cela (peut-être, et après tout, tu connais cette affaire mieux que moi).
N’empêche que ta seule affaire publique légale de ma connaissance t’a opposé à une femme se crispant sur ton humour parce qu’il était misogyne.
Parce qu’on vit encore sous patriarcat, et que donc, les femmes sont plus souvent socialement dominées, et donc, ont moins tendance à pouvoir se permettre la trivialité publique.
Je pourrais décliner l’affaire en invoquant le rapport à la légitimité. D’après mes observations, les femmes s’appuient plus sur la légitimité universitaire que les hommes (et je comprends aussi pourquoi : elles sont davantage soupçonnées d’illégitimité, ont davantage à devoir prouver leur légitimité intellectuelle).
A ma fac de lettres, on était 4 mecs, et 4 branlouillards qui faisaient leurs exposés et leurs mémoires à la zob. Une bonne partie de filles qui ne juraient que par les notes de bas de page, suaient à leurs passages oraux, arguaient de leurs notes pour se justifier intellectuellement (je sais que ça peut sonner misogyne dit ainsi ; n’empêche, c’est ce que j’ai vu. Je pourrais aussi témoigner d’un paquet d’observations où l’attitude des filles me parait tendanciellement plus désirable que celle des mecs).
Pour revenir au point de détail de ma critique initiale, depuis lequel nous sommes partis : tu dis vouloir promouvoir la jouissance féminine. Je réponds que si le fond, c’est la forme qui remonte, ton style me parait plutôt promouvoir le masculin, car plutôt masculin. Même si, je le répète, faisant largement droit à la puissance féminine. Ou encore : je trouve que tu promeus la jouissance féminine, mais par une forme où agit encore puissamment un masculin socialement codé.
Un masculin entre autres clownesque (et en cela, antimilitariste, sauf que le militaire n’épuise pas le masculin).
Je te vois comme devant beaucoup à l’énergie du punk (rire de la pagaille) et du western (tirer vite et juste), tous deux sont socialement codés masculins (quand bien même ont-ils libéré des énergies féminines – notamment pour le punk).
Je t’affilie aussi fortement à Nietzsche, dans le fond comme dans la forme, et Nietzsche est fortement masculin (quand bien même fait-il lui aussi droit à la puissance féminine).
Ton dégagement vis-à-vis de la morale publique m’apparait masculin. L’attitude aristocratique frontale me parait plus masculine.
Si tout ceci n’était pas discutable, alors cela ne vaudrait pas la peine que je l’écrive, pour citer de tête quelqu’un.
Je ne pense pas te convaincre : tu feras ce que tu veux de ces lignes.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Parce qu’on vit encore sous patriarcat, et que donc, les femmes sont plus souvent socialement dominées, et donc, ont moins tendance à pouvoir se permettre la trivialité publique.
Je pourrais décliner l’affaire en invoquant le rapport à la légitimité. D’après mes observations, les femmes s’appuient plus sur la légitimité universitaire que les hommes (et je comprends aussi pourquoi : elles sont davantage soupçonnées d’illégitimité, ont davantage à devoir prouver leur légitimité intellectuelle). »
Ces deux aspects sont évoqués dans Comme une mule
Par ailleurs tu fais bien de signaler mon gout de l’absurde, qui est précisément un humour non-performant.
Mais je crois qu’on a fait le tour. -
Gwynplaine
InvitéEn effet (non performant, mais pas socialement codé féminin ; parmi mes connaissances, l’humour absurde est même plutôt pratiqué par des hommes).
Puisque tu écris désentravé de cette morale publique et puisque tu ne rebondis pas sur le reste (punk, western, Nietzsche et j’en passe), il me semble que nous ne sommes peut-être pas si loin d’un accord : ton style est socialement plutôt masculin (même si non militaire, même si faisant droit à la force féminine).
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François Bégaudeau
Maître des clésOui si tu veux
Mais je te vois bizarrement obstiné à estampiller « masculin » tout ce que je produis. L’humour absurde aussi, donc. Bon.
Peut etre faudrait il dire que, les hommes ayant monopolisé la parole publique et donc l’humour depuis 400000 ans, il est fatal que toute production publique soit encore marqué « masculin ». -
Gwynplaine
InvitéNon, pas tout ce que tu fais : j’ai précisé dès le début que ta prose, notamment littéraire, se laissait traverser par le réel, et en cela, me semblait plutôt féminine, par exemple.
Et je le fais parce que sur toute ma critique, tu as rebondi avant tout sur la bandaison et la jouissance, en disant que tu parlais de promouvoir la jouissance féminine.
C’est ça, le point de départ. J’aurais honnêtement préféré embrayer sur autre chose, surtout quand je vois vers où tout cela a mené.
Et donc, puisque tu décides d’engager le dialogue sur le fait que tu promeuves la jouissance féminine, je te réponds que je considère que si un style promeut avant tout ce qu’il est, alors ton style (dans ces deux essais : Comme une Mule et Du Mépris) promeut moins le féminin que le masculin (en tout cas, pas une jouissance spécifiquement féminine), puisqu’il est plus masculin que féminin.
Dans la suite de la discussion, tu avances l’humour absurde pour récuser cela, alors je continue dans la même logique : je réponds que l’humour absurde ne me parait pas plus féminin que masculin.
Selon les définitions que j’ai retenues de Comme une Mule : il ne cherche pas à mettre à mettre son poing dans la gueule du réel, mais il ne se laisse pas non plus traverser par lui : son rapport au réel est autre.
Et il n’est pas plus pratiqué par les femmes que par les hommes, et même, à ma connaissance, plus pratiqué par les hommes que par les femmes, aujourd’hui (je parle de mes connaissances contemporaines dans leur proximité, pas de la production publique depuis 400 000 ans ; il existe des humours intimes, que l’on peut exprimer dans des livres, écrits depuis une place intime)
Et on ne parle principalement de production publique depuis 400 000 ans ici, mais surtout de livres contemporains (puisqu’on part Du Mépris, puis de ton style), et aujourd’hui, la production littéraire est largement féminisée. Pour quelqu’un qui parle de promouvoir le style féminin, je trouve que ton style, notamment dans tes essais (et ce chat porte sur ton dernier essai), est globalement plus masculin que celui de beaucoup d’auteurs et autrices contemporains.
Si tu n’avais pas argué promouvoir la jouissance féminine, puis passé autant de temps à contester que la jouissance de ton propre style était aussi souvent masculine, je n’aurais pas balancé autant d’estampillages masculins.
Mon insistance vient de là : je réponds sur le point que tu as placé au centre. Ma critique, origine du dialogue, ne me parait pas obsédée par la masculinité.
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Gwynplaine
InvitéTa prose, notamment dans tes romans (puisque la valeur de tes essais réside en grande partie dans leur littérarité), se laissait traverser par le réel*
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François Bégaudeau
Maître des clés« Pour quelqu’un qui parle de promouvoir le style féminin »
Tes formulations sont trop lourdes. Je n’ai pas « promu le style féminin ». J’ai tenté de dire, avec moult précautions, dans Comme une mule, que la littérature était peut etre fondamentalement féminine. Plus surement je disais, ailleurs, que s’engager dans la littérature, c’était, pour un homme, s’engager dans un devenir-femme. Ce qui ne veut pas dire qu’on devienne une femme. C’est un devenir, quoi. C’est un déplacement, une torsion.
Mais restons à cette idée que mes romans seraient féminins, et mes essais masculins. Cette idée me va. Surtout si on s’entend pour dire que c’est le genre essai tout entier qui est masculin. Et que partant de là il me semble que je travaille à le féminiser. -
Gwynplaine
InvitéTu dis exactement « il s’agirait en somme de promouvoir la jouissance féminine, le devenir femme auquel invite l’art reviendrait alors à offrir à chacun d’éprouver la jouissance féminine », à propos d’un passage qui parle de style.
Puis, ici, tu dis travailler à féminiser l’essai.
Pardon de comprendre trop lourdement que tu dis promouvoir le style féminin.
Aussi : si le genre de l’essai est plus masculin, il me semble avoir développé sur ce qui faisait la singularité masculine des tiens. Je n’y reviens pas.
Et si la masculinité de l’essai suffit à exonérer tes essais de leur masculinité propre, alors la féminité supposée du roman exonérerait pareillement tes romans de leur féminité propre.
Enfin : peu d’écrivains (et d’écrivaines) contemporains sont intéressés par l’essai autant que tu l’es
C’est important pour toi de penser tes textes comme travaillés par un devenir féminin, très bien, je pense avoir entendu en quoi ils pouvaient effectivement l’être. Et essayé de faire valoir en quoi ils étaient au moins autant masculins, stylistiquement, à mes yeux.
Tes bouquins m’ont fait penser la féminité, mais m’ont au moins autant fait voir ce que pouvait être une masculinité forte sans être rigide, combattive mais antimilitaire.
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Ema
InvitéJe me permets une petite incise ici pour signaler que tu me sembles passer au crible d’une analyse poussée une formule (style féminin style masculin) qui me semble à la base un énoncé très littéraire, emprunt de symbolique et, j’ose le dire, de poésie. En tout cas c’est ainsi que l’avais lu moi. Mais évidemment que l’image ne résiste pas longtemps à un examen sévère sous l’angle de la rationalité, puisqu’a ce compte là il faudrait déjà passer 10 pages à définir les notions même de feminin et masculin, ce qui n’était absolument pas l’objet de CUM. C’est je crois pour celà aussi que Francois rappelle souvent que ses essais sont aussi littéraires : se laisser la possibilité de ce type d’enoncé pour lesquels il faut accepter de suspendre au moins partiellement son jugement strictement politique, et accepter que parfois les termes empruntés appellent une interprétation plus intuitive qu’analytique.
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Ema
InvitéEt a ce titre la, interprétation intuitive-symbolique, ca se tient plutôt bien : il y a bien des caractéristiques associées symboliquement au feminin et d’autres au masculin, on voit tous à peu près lesquelle. Que celà soit juste n’est pas pertinent, celà est, et on peut tout à fait avoir recours à cet imaginaire là quand on fait de la littérature puisque celà permet d’évoquer beaucoup en peu de mots.
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Gwynplaine
InvitéJe suis d’accord avec ces lignes autant que j’étais d’accord avec le fait de considérer le masculin et le féminin socialement plutôt que viscéralement.
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Ema
InvitéOk,mais je n’opposerais pas comme toi le social et le viscéral. Le social pénètre régulièrement, peut-être même tout le temps le viscéral, et ainsi les constructions sociales, une fois intériorisées, ne sont pas ressenties moins viscéralement que quoique ce soit d’autre. J’ai beau savoir que mon dégoût de certains mets exotiques est conditionné culturellement, mon dégoût n’en est pas moins intense. J’ai beau savoir que ma féminité est une construction sociale, elle ne m’en est pas moins constitutive et précieuse.
Il y a certes de bien nuisibles façons de piocher dans ces représentations mentales partagées, pour les instrumentaliser, les utiliser comme mediation vers des conclusions réactionnaires, prescriptives, injonctives. Qui d’ailleurs sont des modes d’expression assez peu viscéraux parce qu’ils relèvent de l’auto persuasion autant que du prêche, celui qui crie et ordonne n’étant jamais absolument persuadé de son dogme. -
Samuel_Belkekett
Invité@Gwinplaine
J’ai vaguement parcouru tes lignes et tes discussions avec les uns, les unes et les autres, sans trop m’y attarder, puis là en survolant l’ensemble, je tombe sur :
« Je considère qu’il y a un vrai plaisir à réifier, et à être réifié.
C’est sans doute masculocentrique, mais si j’en crois mon corps, j’ai tendance à penser que désir et estime s’excluent, ou en tout cas, se combattent.
Les relations égalitaires m’intéressent bien sûr, mais elles ne m’érotisent pas au moment où elles sont égalitaires. Pour être érotisé, j’ai besoin de sentir que l’altérité me dépasse, puis que je peux l’impressionner. A mon sens, la sensualité peut difficilement être égalitaire, elle est davantage circulation de dominations alternatives (même si toute relation durable ne se réduit pas à la sensualité, et gagnera à être globalement égalitaire). »
.
J’approuve très fortement. Pour ma part je corrigerais 2 choses, 1) le fait que c’est très réducteur que de dire que c’est masculocentrique, et en 2) qui recoupe le 1, que désir et estime ne s’excluent pas, mais que dans le jeu du désir et de la séduction, désir et estime se jouent l’un de l’autre en se contredisant mais en toute complicité. A partir de là peuvent se combattre, mais en toute complicité de jeu. Pour le reste je ne retire ni ne remplace un mot.
A partir de là, difficile de comprendre les tergiversations qui t’animent sur par exemple :
« Si ton style m’apparaît féminin dans sa capacité à se laisser traverser par le réel
je vois l’aphorisme comme masculin, bandant, auto-érotique, empaquetant le réel » ou encore :
« Parce que je pense que le désir s’explore mieux littérairement que théoriquement, ou en tout cas, arrimé à la littérature que purement théorique »
.
Je crois même que tu dis, plus précisément encore, que le roman est plus féminin que l’essai, on peut aussi bien dire, le théorique, lui, est plus masculin.
Si on part de cette hypothèse on peut dire que toute la littérature romanesque est féminine et dans ce cas pourquoi, si on doit distinguer le roman du théorique ne pas utiliser les termes plus deleuzien de percepts et affects, puis concepts pour le théorique (en tant que tendance évidemment) ? Dans l’hypothèse où il y aurait une mise en abîme du féminin, par féminin = roman = percept et essai théorique = concept = masculin, ne retombe-t-on pas dans les clichés ? Les stéréotypes ?
En revanche si une littérature comme celle de Kafka ou Echenoz ou de Lillo est moins traversée par le réel, cela signifie-t-il qu’elle est moins féminine ? En tout cas elle n’est pas théorique non plus. D’ailleurs, que le théorique représente moins le réel qu’il ne l’interprète, ne veut nullement dire qu’il n’en soit pas traversé pour autant. Traverser, empaqueter, la carte et le territoire ne se distinguent que de leur structure.
Pour la partie ou tu dis que le désir s’explore mieux littérairement que théoriquement, en fait on ne peut pas vraiment dire ça. C’est la ou percepts et concepts interviennent. Si tu veux retrouver le désir dans un roman il va falloir conceptualiser. Le roman lui, délivre une structure, un récit, du temps, du possible et du mouvant. Ce que le roman explore c’est la langue, les signes et ce qui change dans le temps.
Que nous dit la littérature sur le désir ? En parle-t-elle vraiment? Elle en dit toujours plus. Jamais assez. Jamais vraiment. Son impuissance, ses limites, sa nécessité…
N’y a-t-il jamais quelque chose, que le ou les personnages d’un roman ne comprennent à la fin, qu’ils n’avaient pas compris au début ? Cette chose n’est jamais donnée rationnellement et toute interprétation d’un roman est déjà une trahison de sa forme. Nous sommes toujours plus théorique que nous ne le pensons nous même. Que les affects et les percepts soient plus féminins et les concepts plus masculins n’apportent pas grand chose en définitive. C’est leur renvoi dialectique qui importe.
Tout ça pour dire que chez toi il y a comme un filtre d’accès aux œuvres comme au réel, qui joue du masculin et du féminin sans pour autant vouloir ni éthique ni morale, si bien qu’à la fin on ne sait plus quoi en faire. Ni ce que ça apporte.
Dans un imbroglio avec des forumeuses, une Ostros te dit :
« Pour moi ce serait plus ça
Un style asexué pour une littérature joyeuse, anarchiste, joueuse etc. Qui mettrait en priorité la vie.
Plutôt que de sentir justement le corps et ses pulsions (autoritaire, haine, domination, revanche) en priorité. »
Alors là, on sent la vingtenaire en quête d’idéalisme. Or toi tu lui réponds :
« C’est bien sûr casse-gueule et glissant de mobiliser des catégories comme masculin et féminin. Ou pourrait s’en passer pour éviter de nager dans des eaux essentialisantes »
.
Entièrement d’accord, sauf que ce n’est pas vraiment ce que tu fais. D’ailleurs tu ne cesses d’avancer et de reculer sur la question. Plusieurs fois tu avances quelque chose pour enchaîner par, mais il ne faut pas essentialiser. Ou alors :
« les pages finales du Scum Manifesto de Valerie Solanas me paraissent bandantes dans leur logique d’écrasement (même si elle décrit l’écrasement de l’empire masculin, elle le fait de façon viriliste – et je précise que viriliste n’est pas forcément une insulte chez moi) »
Donc c’est bandant dans une logique d’écrasement, mais c’est l’empire masculin qu’on écrase, mais elle le fait de façon viriliste, mais je précise que viriliste n’est pas une insulte chez moi. Du moins pas forcément.
D’accord.
Ou encore :
» La bandaison qui jouit éréctilement pour le plaisir de jouir érectilement, et celle qui jouit d’écraser les autres. Encore que : Despente jouit-elle vraiment d’écraser, quand elle écrit ?
Si oui, ce serait d’une jouissance qui me parait dénuée de joie. »
Et si non ? Alors comme disait Trenet, y’a d’la joie ?
Par ailleurs tu en connais beaucoup de romans ou l’on jouit d’écraser les autres? Tout cela est mis en scène, si Solanas écrase l’empire mascu, Despentes écrase le patriarcat.
Puis alors vient :
« Les bandaisons que j’opposerais seraient plutôt la bandaison joyeuse et la bandaison ressentimentale »
Là on est servi :
« Quand je parlais de bandaison, j’opposais Despente (bandaison ressentimentale, selon moi) et le forgeron de Rimbaud (bandaison joyeuse) »
OK. Donc une femme qui bande ressentimentalement et un homme joyeusement.
Tu enchaînes :
« Je ne pense pas que la bandaison ait nécessairement besoin d’être féminisée pour être sauvée. »
Puis,
« Je pense qu’elle peut être sauvée sans être féminisée. »
Et enfin :
« Même si elle gagnera évidemment à pouvoir être aussi féminine. »
On dirait un sketch…
Et Houellebecq, il bande ressentiment ou mou ? La bandaison déprimée elle écrase quelqu’un ou pas ? Ou elle écrase celui-là même qui bande ?
Ne crois-tu pas que tout ça manque un peu de théorie ?
Sur le sexuel, il me semble pour ma part que je sois resté fidèle à Georges Bataille. Celui-ci dit, dans « les larmes d’éros » par exemple, juste après sa visite des grottes de Lascau, que les animaux répondent de leur sexualité comme d’un pattern. Le sexuel chez les animaux répond à un cycle, selon le climat et les saisons. En clair ça nique seulement quelques mois par an. La seule raison pour laquelle l’homme ne répond pas de ce pattern c’est notre conscience de la mort. De notre finitude. Certains singes qui ne répondent pas de ce pattern ont d’une manière ou d’une autre, eux aussi conscience de leur mort. Le désir, la passion, le sexe… la mort.
La littérature est là pour nous rappeler que quelque chose en nous VEUT vivre. Et que la mort est là aussi, dans un rapport symbolique.
Je ne sais pas ce que Blanche Gardin apporte au débat. Là ça me dépasse.
Mais masculin féminin, seule la structure textuelle nous importe.
J’aimerais finir sur une note très contemporaine. Le genre. Celle qui a porté le flambeau est Judith Butler. Qui dit que le genre est pure construction sociale. Personnellement j’ai des reproches à lui faire, qui sont strictement théoriques. Mais en aucun cas je n’irais dans un sens opposé. En revanche je reste juste très convaincu par « L’éternel féminin », formule qui résiste à toute interprétation rationnelle. Relation de sexe, à la vie à la mort et à chacun sa structure textuelle. -
Gwynplaine
InvitéEma
Je faisais référence à ce qui m’avait été répondu plus haut, quand je parlais de style masculin et féminin, et que l’on m’avait repris en disant que ça tenait de construction sociale plus que de viscéral.
Évidemment aussi que ce qui est construit socialement peut être ressenti viscéralement.
Samuel_Belkekett
Je considère qu’il faut repartir de ma critique du mépris : quand je parle de masculin et de féminin, je rebondis sur ce qui est essayé dans Comme une Mule (qui tente l’idée d’une écriture féminine et masculine), de même que quand je parle de se laisser traverser par le réel ou non.
Tu dis que j’avance et que je recule, je dirais que j’essaie de préciser (on pourra me reprocher un paquet de trucs, mais je pense m’être assez peu défilé durant cette discussion).
Je considère que la bandaison peut être sauvée sans être féminisée, mais qu’elle gagnera à la féminisation.
De la même façon (tentative d’analogie) qu’on n’aurait pas besoin de féminiser le foot pour le sauver, mais que le foot gagne à se féminiser.
Tu appelles ça sketch si tu veux, j’essayais d’être dialectique.
Gardin, dans le fil de la discussion, apporte le fait de ne pas purifier le désir.
J’ai cité Solanas dans la bandaison que je considère non-ressentimentale, car débordante.
J’arrête là.
Merci quand même pour votre patience. J’ai noté vos objections et références.
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Samuel_Belkekett
Invité@Gwynplaine
Oui je suis bien d’accord sur le fait que c’est à partir de commentaires sur les 2 essais de FB que tout s’enchaîne. C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne m’est pas venu l’idée d’intervenir avant que tes propos ne prennent une consistance valant pour eux-mêmes et semblaient traduire tes positions de « critique littéraire ».
Quand je dis avancer et reculer je pointe l’aspect précautionneux que tu as avec l’essentialisation. Et je ne te reproche pas de te défiler au sujet de quoi que ce soit.
Je vais essayer d’être précis.
Un moment tu dis ceci :
« personnellement, je garde la polarité « masculin » / « féminin », parce qu’à l’instar de Simone de Beauvoir, je considère bien qu’il y a des modes féminins et des modes masculins d’être au monde, même s’ils sont construits, même s’ils sont appelés à être dépassés. »
C’est là qu’il est très important de comprendre ce que fait de Beauvoir. Et en cela, tu n’es pas si dialectique que ça selon moi.
Beauvoir ne dit pas qu’il y des modes masculins ou féminin d’être au monde. Elle dit que c’est dans une « relation de pouvoir » que se construit ce que tu appelles des modes d’être. Percevoir ces modes d’être dans leurs particularités, revient à masquer la relation de pouvoir. Et à l’inverse, déconstruire ces modes d’être, c’est rendre compte qu’ils ne tiennent que, dans une relation de pouvoir.
Ce qui implique que ce qui doit être dépassé, ou appréhendé, ce n’est pas les modes d’être mais les rapports de force.
.
Puis, plus parlant encore, tu dis :
« Bien sûr qu’une femme peut avoir une puissance phallique, couillue, dominatrice, conquérante. Mais je ne crois pas que cette circulation symbolique abolisse la différence des corps sexués. Pour aller peut-être au nœud de l’affaire : je considère que les hommes et les femmes diffèrent biologiquement, et que ces différences biologiques influent sur leurs affects. »
Là nous sommes vraiment au cœur de l’affaire. Ou au nœud de l’affaire comme tu dis.
Dans mon 1er post, je te dis d’entrée à quel point j’appréciais un certain passage, où tu dis entre autre ceci :
« A mon sens, la sensualité peut difficilement être égalitaire, elle est davantage circulation de dominations alternatives »
Tu utilises des termes, expressions et des signifiants extrêmement pertinents, mais on dirait que tu n’en mesures pas l’importance. Un temps tu parles de circulation symbolique, ailleurs de dominations alternatives, mais à chaque fois ces termes finissent court-circuités, neutralisés.
Quand tu dis :
« Bien sûr qu’une femme peut avoir une puissance phallique, mais je ne crois pas que cette circulation symbolique abolisse la différence des corps sexués. »
Mais si justement, c’est parce que tu as une vision « séparée » des choses. Le symbolique est bien ce qui circule « entre » les choses. Tout comme la relation de pouvoir est ce qui circule entre les choses. Quand tu parles de dominations alternatives dans les rapports de désir et de séduction, c’est bien l’altérité qui est en jeu. Tout se réversibilise, les formes passent les unes dans les autres. Et là ce n’est évidemment plus du pouvoir mais du jeu. Séduire l’autre c’est le soustraire à lui-même. Dans l’altérité comme différence des sexes, le pouvoir s’applique sur les différences biologiques comme catégories figées, séparées. Le symbolique c’est quand le courant passe entre les choses, les êtres, et là c’est l’exploration et l’expérimentation de notre part féminine et part masculine propre qui s’imposent. Au delà des caractérisations biologiques. Derrida dans un texte appelé « La loi du genre » parle d’une dynamique du symbolique où « les genres passent l’un dans l’autre ». Disant que la loi du genre est impuissante à produire des catégories. Celles-ci sont toujours hétérogènes, contradictoires, mixtes, déjouant la différence sexuelle elle-même. Ce qui se joue dans la séduction et le désir, donc dans le symbolique… transgresse la loi. Par conséquent le biologique.
Tu dis :
« je considère que les hommes et les femmes diffèrent biologiquement, et que ces différences biologiques influent sur leurs affects. »
Mais ça c’est trop évident pour être aussi simple. La dysphorie de genre montre bien la puissance du symbolique sur le corp réel. Le corps biologique n’est jamais qu’un agrément de base avec lequel nous composons.
Autre rapide exemple, tu dis :
« Quand bien même il y aurait plusieurs manières d’être homme ou femme, quand bien même ces affects s’hybrideraient à d’autres affects biologiques ou sociaux »
On est d’accord, les différentes manières d’être homme ou femme, c’est bien la connexion avec les affects sociaux.
Mais ce qui nous importe là, c’est plutôt les affects qui nous permettent de puiser et réveler notre propre part de féminité ou masculinité en nous. Non pas homme ou femme, mais « je » est un autre. Affects sociaux qui ne nous figent pas dans des catégories mais nous permet de nous révéler à nous-même, par le biais de l’autre, de l’altérité, dans ce qui fait le sel de la séduction et du désir.
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En ce qui concerne les 2 essais de FB et ce que lui voit de ces sujets.
Je ne tarderai pas à donner mon sentiment sur… du mépris. Que donc, je n’ai pas fini de lire. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne peux que souscrire à ces lignes. Merci Ema.
Nécessité de ressaisir les passages de Comme une mule, notamment, dans un mouvement, un mouvement textuel, où ce genre de propositions arrivent au bout dudit mouvement – et pourront d’ailleurs etre amendées nuancées pondérée corrigées par le mouvement suivant
Comme une Mule et Du mépris sont construits comme ça.
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Gwynplaine
InvitéAlexandre : Prends donc, c’est cadeau !
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Alexandre
InvitéVa pour la bandaison, merci!
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Alphonse
InvitéNous nous sentions si forts, nous voulions être doux.
Oui, c’est très justement vu, ça. (putain, il avait quinze ans, le type)
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MA
InvitéCa y est, en ce jour de canicule, je me le suis procure, apres avoir lu vos retours qui donnaient vraiment envie.
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..Graindorge
InvitéJe serai contente de lire le tien de retour chère MA
Si et seulement si bien sûr-
MA
InvitéEt surtout aussi la vidéo de Noé Jacomet
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..Graindorge
InvitéJe note : Noé Jacomet. Et si et seulement si un petit retour de MA
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nefa
InvitéIl a été question à un moment de « gymnastique », le mépris se pratiquerait
la forme de la fin dit son autre nom : ascèse-
François Bégaudeau
Maître des clésoui je prends
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..Graindorge
InvitéM’a traversé l’idée saugrenue, honteuse d’aller m’asseoir sur la place De Gaulle avec un écriteau » pour m’acheter des livres. » Que Dieu me pardonne. Je confesse : oui. Ça m’a traversé. Le dernier acheté à la librairie Les journées suspendues: 11,20€ Journal de Kafka en poche éditions Folio . « Malheureusement », je me suis souvenue que c’était l’auteur préféré de Marc alors comme il m’a généreusement prêté la clef de son appart au cas ou la famille etc etc
Là, le livre de l’intranquillité, j’en ai besoin comme livre d’étude. Bon demain demanderai le prix aux J.S
Quel lien tout ça avec le fil Du mépris s’enquiert la mâchoire bégaudienne. Voilà voilà, ça arrive !
Et y’a plein d’impératifs. Et d’humour. Et de poésie.
Et j’en oublie
Page 251
» De l’ art de bien rêver
Ajourne toute chose. On ne doit jamais faire aujourd’hui ce qu’on peut aussi bien négliger de faire demain.
Il n’est même pas besoin de faire quoi que ce soit, ni aujourd’hui ni demain.
Ne pense jamais à ce que tu vas faire. Ne le fais pas.
Vis ta vie. Ne soit pas vécu par elle.
Dans la vérité et dans l’erreur, dans le plaisir et dans l’ennui, Sois ton être véritable.
Tu n’y parviendras qu’ en rêvant, parceque
ta vie-réelle, ta vie humaine, c’est celle qui, loin de t’appartenir, appartient aux autres. Tu remplaceras donc la vie par le rêve, et tu ne te soucieras que de rêver à la perfection. Dans aucun des actes de
la vie-réelle, depuis l’acte de naître jusqu’à celui de mourir, tu n’agis pas vraiment : tu es agi ;
tu ne vis pas : tu es seulement vécu.
Deviens aux yeux des autres un sphinx absurde.
Enferme-toi, mais sans claquer la porte, dans ta tour d’Ivoire. Et cette tour d’Ivoire, c’est toi-même.
Et si l’on vient te dire que tout cela est faux, est absurde, n’en crois rien. Mais ne crois pas non plus ce que je te dis car on ne doit croire à rien.
Méprise toute chose, mais de façon telle que ce mépris ne puisse te gêner.
Ne crois pas que ton mépris te rende supérieur.
Tout l’art d’un noble mépris est là. »-
François Bégaudeau
Maître des clésOui, déjà reportées
Dira-ton que celles ci aussi relèvent du développement personnel?-
..Graindorge
InvitéDéjà reportées les lignes de Pessoa? Impossible!
Où? Quand?
Sinon sache ( impérativement) que si Du mépris était à mes zumbles zieux de la gnognotte, je n’aurais pas usé mon index à copier du livre de l’intranquillité ce long extrait. Et si tu sais être lecteur de tes propres livres, peut-être que oui, tu trouverais un p’tit air de Lenoir
– mais de gauche radicale hein – vers la toute fin.
D’où mon 17,5, allez, 18. Faudrait pas qu’on t’habitue aux 20/20 : tu as déjà une grosse tête depuis ta naissance, il faut que tu sois ménagé
Et je ne réveillerai donc pas Fernando pour lui poser ta question-
François Bégaudeau
Maître des clésdésolé mais non
Lenoir, non
lettre par lettre-
..Graindorge
InvitéJ’ai dit
« un petit air de Lenoir mais de gauche radicale »
C’est ce qui m’a traversé
L’auteur dit Ah non non non! Le lecteur répond Soit!
Et puis comme dit j’ai aimé Du mépris-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai bien noté que tu l’as aimé. ce n’est pas le sujet. J’essaie juste de te faire voir le gap stylistique (et donc le gap tout court) entre cet individu et moi.
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..Graindorge
InvitéUn petit florilège du fossé entre Lenoir et le Noir FB
Un bout de « son »bouquin L’ ÂÂÂme du monde ( pas moinsss) :
« Cultivez l’émerveillement.Cultivez l’effort.
Cultivez la douceur.
Cultivez la bonne humeur, la gaieté, l’humour.
Cultivez la foi et la confiance.
Cultivez la générosité.
Cultivez le courage et la force.
Cultivez la bienveillance et la bonté.
Cultivez l’esprit de vérité.
Cultivez la souplesse.
Cultivez la justice.
Cultivez l’humilité.
Cultivez le contentement et la sobriété.
Cultivez la gratitude.
Cultivez la prudence.
Cultivez la tempérance.
Cultivez la patience.
Cultivez l’esprit de service.
Cultivez le pardon et la miséricorde.
Cultivez la tolérance. »
AMÈNE!
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Samuel
InvitéLes Hikkikomoribadorent Pessoa. Je suis sûr que Pessoa a charboné dur d’ailleurs. Les gens qui ont expérimenté la vraie flemme, le vide, ils en re iennent. (Quand il le peuvent..)
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Samuel
InvitéHikkikomori adirent
Paul Lafargue, sin eloge de la paresse, faut avoir bouffé 3 BNF pour l’entraver. Soyez faineant. Laule.
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Greenwashing
Invité« Ajourne toute chose. On ne doit jamais faire aujourd’hui ce qu’on peut aussi bien négliger de faire demain. »
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Ca me parle ça. Genre il faut écrire à la librairie pour s’inscrire et la flemme donc je repousse ça au lendemain puis finalement je me dis qu’en écrivant à la librairie pour m’inscrire ce soir je suis large car ils auront le mail demain matin et toute la journée pour le traiter sauf que quand je retrouve le nom de la librairie qu’est ce que je découvre? Je découvre que c’était ce soir. Degdegdeg comme on dit chez moi.-
François Bégaudeau
Maître des clésben voyons
mais pas grave : tu viendras à montreuil le 5
y a même pas à s’inscrire
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François Bégaudeau
Maître des clésLenoir, extrait au hasard : « J’ai alors compris ce qu’est la joie de vivre : c’est recevoir la vie comme un cadeau et s’en réjouir. »
qu’on compare-
Alphonse
InvitéCe matin, sur mon bureau, pendouille du haut de ma tasse la cartonnette du sachet de tisane, où je lis : tu es plus magnifique que l’univers.
Ce qui est à peine exagéré. Presque factuel, d’après certains.
A coté, au centre d’une auréole brune dont elle est la cause, cellle d’hier : Le bonheur est un art de vivre qui est en chacun de nous
Je crois que Lenoir est rédacteur chez YogiTea.-
..Graindorge
InvitéJe crois que Lenoir est rédacteur chez YogiTea.
Sûrement Alphonse
Et ces petites phrases sont de plus en plus envahissantes. On en rit et puis beaucoup moins-
Samuel_Belkekett
InvitéY a-t-il un lien familial entre Frédéric Lenoir et Alban Lenoir ?
Alban Lenoir étant je le rappelle le Jason Statham français. J’adore !
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Shiva
Invité« … D’où mon 17,5, allez, 18. Faudrait pas qu’on t’habitue aux 20/20 : tu as déjà une grosse tête depuis ta naissance, il faut que tu sois ménagé. »
C’est du second degré mais quand même… ça sous entend autre chose.
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Quelle idée de donner des notes pour un livre, une œuvre d’art ? Nous ne serions donc pas sortis de l’école ?
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En dessous de 10/20 on ne lit plus un livre ?
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François sait depuis le lycée (sans doute même avant) qu’il a une grosse tête; agrégé de lettres modernes en 1994 à 23 ans, je lui tire mon chapeau…
L’agrégation c’est très dur pour le commun des mortels.
Il fait partie de l’élite intellectuelle.
Je connais des gens qui ont tenté et échoué plusieurs fois à l’agrégation, ils n’ont pas raté leur vie pour autant.
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Macron : « Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage »
Petite phrase politique confirmant la marque du mépris, tiens tiens.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl faut vraiment ne pas avoir lu le livre pour oser pondre ici ces trois dernières lignes.
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Shiva
InvitéLâche moi la grappe frérot, je l’ai pas lu ton bouquin c’est dit plus haut.
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François Bégaudeau
Maître des cléseh bien ça ne se voit pas
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canne à sucre
InvitéJ’aime bien l’idée de jeu amorcée par Graindorge, proposer un extrait et trouver si c’est du Kafka, du Gide, du Pessoa, du Begaudeau ou du Lenoir ! : )
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François Bégaudeau
Maître des clésSimone 2 d’accord avec moi (me rapporte un ami) : « La dignité avec laquelle il se comportait en cette situation extrême exigeait notre respect dans le moment où nous aurions le plus souhaité le mépriser. Nous désirions la mort du rédacteur de Je suis partout, non celle de cet homme tout appliqué à bien mourir. Que si, au contraire, l’accusé se conduit en lâche, comme Paul Chack, s’il se renie comme Darnand, ses larmes entraînent un dégoût qui éteint aussi la soif de vengeance. »
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Grig
InvitéPour info, Nicolas F. n’a pas, mais alors pas du tout apprécié que tu t’en prennes coup sur coup à Rob et Rose… une riposte se prépare… tu n’es pas prêt mon grand…
#Begaudeaufinito-
François Bégaudeau
Maître des clésOn espère, sans trop d’espoir il est vrai, que cette terrible riposte portera sur les pages consacrées à Rose Lamy dans Du Mépris, et non sur un post d’une ligne.
Quant à Rob Grams, sur lequel je n’ai rien écrit, tu diras à Framont-le-terrible que je serais ravi de débattre avec lui sur le « bourgeois-gaze » dans les pages de Frustration (ou dans un pré à l’aube, devant témoins). Ce que Rob Grams n’acceptera pas, sachant bien que cela mettrait au jour son indigente pensée sur le sujet.-
Grig
InvitéA ta place je ferais un tantinet moins le malin. Tu as déjà eu le bras dans le plâtre ou je me trompe ?
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Samuel_Belkekett
InvitéLa gauche pour ou contre la muscu ?
Où l’on voit que la critique de gauche choisit ses sujets… Rapport à une impérieuse nécessité… -
François Bégaudeau
Maître des clésje vois que l’argumentation promet d’etre raffinée
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Ludovic Bourgeois
InvitéL’esprit agonal de competition des hommes blancs
C’est Ultra-défaut quand envahit.
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En tout cas moi depuis les JO et Johannes Høfslot Klaebo
J’me suis mis aux sports d’endurance.
J’suis une machine
On a besoin de Heros
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Delphine
InvitéJe commence à lire « Du mépris », et je trouve intéressante l’analyse de Colin que fait François. Après avoir « fait son procès » (Colin n’aurait jamais dû « avoir l’outrecuidance de sortir de son terrier »), François affirme que Colin se méprise lui-même, sachant que François considère que la haine part d’une attention envers autrui, voire de l’admiration, alors que le mépris s’apparente au fait d’ignorer quelqu’un. Le fait de se demander si l’on peut soi-même s’ignorer, donc être indifférent à soi-même, amène à réfléchir. On entend parfois que l’on peut ne pas s’apprécier soi-même, mais être indifférent à soi-même peut paraître étrange au premier abord, comme si on n’avait pas conscience de soi-même.
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François Bégaudeau
Maître des clésNon, pas indifférent à soi même
Quand X méprise Y, il l’infériorise. Quelqu’un qui se méprise s’infériorise. Se met plus bas qu’il est. Se fait plus faible qu »il est.
En se vexant si vite d’une pique sur son intelligence, Colin trahit le peu de considération qu’il en a.-
Delphine
InvitéOk, mais le sentiment de vexation suite à une remarque qu’il a mal prise pourrait aussi s’apparenter à l’inverse de l' »auto-mepris » (sentiment d’infériorité), à savoir de la susceptibilité, qui pourrait être plus proche d’un sentiment de supériorité (il pourrait penser qu’il ne mérite pas d’être traité ainsi – un peu comme « Je te rappelle qui je suis » à la page 17 de « Du mépris », même si Colin n’est pas une personne publique, mais plutôt un individu lambda).
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois qu’on n’est pas « susceptible » quand on est persuadé de l’absurdité d’une attaque subie.
Je maintiens donc qu’il y a, à l’oeuvre, une trop faible estime soi (ou disons plus justement : une mauvaise estimation de soi, au sens on estime le prix d’un tableau)-
..Graindorge
InvitéColin c’est SHB, l’étudiant?
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François Bégaudeau
Maître des clésNon
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kenny
Invitétu oublies quelque chose dans l’équation affective: l’amour que ce Colin te portait
la haine est d’autant plus forte que l’insulte provient d’une personne aimée
puisque l’importance accordée au jugement d’une personne varie selon le lien affectif qu’on entretient avec elle-
François Bégaudeau
Maître des clésOui assurément
Même si son amour avait l’air bien friable. N’oublions pas qu’il engage le dialogue avec moi sur une énormité, qui témoigne d’une attention très relative à ma personne.
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..Graindorge
Invitéc’est écrit dès la page 5 » des années que je te suis » écrit Colin. Ça pouvait pas être l’étudiant.
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MJPM
InvitéFrançois,je viens d écouter l échange très intéressant autour du mépris sur nouveaux paradigmes.
Sur le sujet de la culture et de l art populaire tu fais référence uniquement à la musique.
Le théâtre d improvisation fait pour moi pleinement partie de cette culture populaire, anarchiste et hors marché, de par sa pratique et sa « production ». Loin de se cantonner au match, son expression la plus connue, c est un riche vivier qui mérite qu on s y intéresse.Je voulais donc savoir si tu n en parles pas car tu méconnais le sujet, ne t y intéresse pas ou ne le considère pas comme un art populaire ?
La lecture du mépris me fournirait peut être la réponse, mais étant donné que je ne commence que maintenant celle de comme une mule il me faudrait m armer de patience.
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François Bégaudeau
Maître des clésUn entretien est toujours très lacunaire. Que je ne parle pas de théatre d’improvisation dans celui ci ne vaut pas avis sur le sujet.
Dans Du mépris je parle de cinéma, de musique, de littérature, de peinture, un peu de théatre, mais pas du théatre d’improvisation il est vrai – ce qui ne vaut pas avis sur le sujet non plus
Intuitivement je suis d’accord avec toi : on tient là sans doute une forme populaire. Ce qui ne veut pas dire que je la prise. Au théatre, peut etre par point de vue d’auteur de théatre, j’aime que le texte soit pesé. L’écriture au plateau, et tout ça, je n’ai rien contre, mais comme auteur ça me laisse un peu sceptique. Et ce n’est pas du mépris, hein, c’est juste que j’aime l’écriture théatrale, et que je trouve qu’elle demande beaucoup de minutie.
Il serait d’ailleurs intéressant de comprendre pourquoi l’écriture au plateau s’est à ce point développée depuis trente ans.-
MJPM
InvitéMerci pour la réponse.
Néanmoins renvoyer à la minutie du texte c est comparer ces deux disciplines, alors que rien ne les oppose mais beaucoup les différencie.
Quant à l écriture au plateau intéressant en effet, ne pratiquant plus le theatre à texte je n aurai pas de matière.
Quelques pistes : soucis du collectif ? Besoin des acteurs de ne plus être objectivés ? Manque d audace des auteurs / metteurs en scène ? Management visant à faire croire que chacun est acteur du projet ?-
François Bégaudeau
Maître des clésOui sans doute un peu tout ça. Mais j’y vois surtout une prise de pouvoir du metteur en scène sur l’auteur.
Dans ce dispositif, c’est le metteur en scène de théatre, toujours un peu en quête de reconnaissance artistique, prend en charge le texte – car au bout du compte « plateau », ca veut dire que c’est le metteur en scène qui construit peu à peu le texte.
Dans le meme genre on a vu se multiplier des pièces fabriquées par montage de fragments d’une oeuvre littéraire – Gosselin, bien sur, mais tant d’autres. Et là c’est encore le metteur en scène qui a la main – et l’auteur qui disparait.
Tendance lourde : il devient rare qu’un metteur en scène mette en scène un auteur vivant, un texte fraichement écrit par un auteur vivant.
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..Graindorge
InvitéMJPM
« Le théâtre d improvisation fait pour moi pleinement partie de cette culture populaire, anarchiste et hors marché, de par sa pratique et sa « production ». Loin de se cantonner au match, son expression la plus connue, c est un riche vivier qui mérite qu on s y intéresse »
C’est vous le fumier qui vous moquiez des personnes qui auraient des dossiers à la MDPH, qui les soupçonnait d’en avoir un, qui avez posé la question de manière depreciative, voulant faire le beau en public et qui venez la bouche en cul de poule parler de théâtre populaire, anarchiste et hors marché?
C’était du théâtre d’improvisation je suppose? Totalement dans l’esprit anarchiste et populaire?
Oh vous pouvez tailler la bavette avec qui bon vous semble ici. Je ne vous salut pas
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MJPM
InvitéC est bien moi oui. Et je ne me moquais pas je posais une question à laquelle je n ai pas eu de réponse.
Parler MDPH c est forcément se moquer? Intéressant.-
..Graindorge
InvitéPas » forcément non » mais dans le fil autonome que je me suis créé Journal d’un serviteur je ne racontais rien qui avait de près ou de loin un LIEN avec la MDPH
JE VOUS REMET LE TEXTE.
« ans nouvelles de ma meilleure amie.
« Je te donnerai de mes nouvelles.
Prie pour moi
Bien à toi
R »
Bon.
Je prie
*******
Ma mère : » Dis leur ( à mes sœurs) que je suis à un quart d’heure de la fin »
Moi : » si tu peux en prendre 3 minutes pour plier ton petit linge que je viens de ramasser »
*****
Je le crois pas, c’est pas possible : elle donne ma quinoa bio qui coûte une blindé achetée avec MES maigres sous… à 2 tourterelles!!!! » Ses copines »
» Punaise mais la quinoa c’est pour NOUS pas pour des tourterelles!!! – » C’est pas graaave, regarde comme elles aiment bien » Bon, je planque la quinoa
J’achète des fruits pour quelques jours. Très joli fruitier, bien garni de pommes rouges, d’oranges, de poires, de bananes. Et avant que Nina ne parte après ses 2h, je la vois avec la lenteur d’une administration qui nous doit des sous, retirer du joli fruitier une pomme, deux pommes, trois pommes, trois bananes, deux oranges…
« Qu’est-ce que tu fais, bon sang ? » » C’est pour Nina »
» Mais je rêêêve! Nina me fait des grimaces, me tire la langue dans le dos de ma mère. » Tu rigoles, je donne à Nina mais pas tout ça! Deux pommes OU deux bananes et basta, c’est très cher le bio ma! »
Après le départ de Nina, elle me dit qu’il faut donner quand on a trop… » y’a pas trop ma, je profite des 20% des lundis du magasin où je me fournis alors J’achète pour plusieurs jours. »
Je donne pas mal et pas qu’à Nina. Le bio ici est très cher. Ma mère ne donnant pas d’importance au bio/ pas bio, ne comprend pas que je suis incapable d’aller zu marché et au magasin bio et de prendre du bio que pour moi et pas pour elle. Je sais qu’elle s’en fout. Mes frangines, j’ai du mal à les convaincre surtout au vu de son âge blablabla. Oui, si on va au restau, moi- même je mange avec plaisir mais pour les courses… Même son tilleul du soir, j’en ai pris un bio!!
C’était quand? Mardi dernier,la tête de ma frangine lorsqu’elle a su le prix de mes spaghettis à l’épeautre
5,70€ les 500grs! » Ah ça, maman mange des bonnes pâtes avec toi! » » Eh eh eh! Oh! Je te signale que depuis le 18 février, ce n’est que le deuxième paquet que j’achète! » ( je tais les 3 paquets de tagliatelles à la farine de riz à 4€ les 400grs) » Oooh tu m’rassures »
» et ma copine d’enfance me fait 10% sur tout » » 10%? Tout va bien alors! » « C’est ça fous toi de ma bobine. Moâ, je n’ai pas tes bijoux en or, en argent, tes diamants et tutti cuanti! » Et pas de gosses! » » Exact »
****Ce sont des bouts de vie, des bouts d’une vie minuscule. Tout est bêtement vrai. Aucune recherche à faire des phrases bien roulées, un anonyme parmi les anonymes qui dit des trucs qu’il ou elle aura oublié le lendemain. Improvisation totale sans théâtre.
Alors faites le malin si bon vous semble mais votre intervention : « MJPM
Tu as un dossier à la mdph Graindorge ou c est en cours ? » n’était pas pour avoir une réponse bien que je vous ai jeté à votre petite gueule MA réponse :
9 mai 2026 à 11 h 53 min#145519Répondre
..Graindorge
Non et vous mjpm?
Et vous pensez que les gens qui ont un dossier à la mdph doivent raser les murs? Avoir honte? Se cacher?
Etc…Bien lu. Par moi.
Ne vous en déplaise
Et ça date du 9 mai. On est le 29.
Et ça revient pour causer de théâtre populaire, anarchiste, hors marché. Chantier autonome. Grand boulevard!
Je ne vous salue pas c’est tout. Je ne salue pas les fumiers. Jamais.-
MJPM
InvitéComme on ne combat pas avec les mêmes armes cessons le combat Graindorge.
Au diable mon Salut.
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Samuel_Belkekett
InvitéLe sentiment de supériorité est la sève du mépris.
Je me suis même permis de noter cette phrase/formule, dans un carnet ou je note les formules et aphorismes que je trouve pertinents et/ou cinglant.
Plus simplement je dirais, j’aime bien. -
MJPM
InvitéGraindorge, ton message montre bien que la question sur le dossier Mdph est venue toucher une corde sensible chez toi.
Si tu en as un pourquoi ne pas l assumer, si tu n en as pas pourquoi cette question te révulse autant ?
La réponse m’intéresse.Je suis ici en touriste consommateur et observateur et ta position au sein de ce forum m interroge, je voulais juste valider une hypothèse en te posant cette question, maladroite mais pas impertinente ou dénuée de sens.
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Greenwashing
InvitéMJPM: Moi j’ai un dossier à la MDPH. Je ne sais pas de quoi on parle mais comme il y a un bon prétexte pour crier « MOI, MOI, MOI » sur internet j’en profite.
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MA
InvitéEtonnee de voir dans une petite librairie de banlieue Le mepris mis en tete de gondole.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu peux donner le nom?
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MA
InvitéLibrairie Arborescence a Massy
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Boddah
Invité-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
si tu la fréquentes, MA, et qu’ils font des rencontres, dis leur que je suis partant
comme ça je passerai voir chez ma soeur, qui habite pas loin-
MA
InvitéPas specialement, mais ils font pas mal d’animations et des rencontres. Comme vu sur la photo de l’article, il y a un petit jardin, salon de the a l’arriere.
Pour les contacter, ils ont un site internet.
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Emile Novis
InvitéJe reviens sur la discussion avec Noé Jacomet sur Spinoza et le mépris. Il y revient dans une vidéo récente.
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Je crois que le désaccord se situe à un autre niveau que ce qu’il dit. Si la haine est un affect de tristesse accompagné de l’idée d’une cause extérieure, alors le mépris en fait bien partie, parmi d’autres formes de haines possibles (la vengeance, l’envie, la jalousie, etc.). En fait le mot haine est très vaste chez Spinoza, mais il n’en est pas moins rigoureux, si on considère que la haine peut prendre des formes et des degrés d’intensité très différents. La haine peut m’inciter à vouloir détruire ce que j’identifie comme la cause de ma tristesse, mais elle peut aussi simplement chercher à éloigner cette cause de ma pensée ou de mon regard. On peut haïr Bruel en désirant se venger de lui, et on essaiera d’interdire ses spectacles, de ruiner sa carrière, de faire en sorte qu’il ne puisse plus jamais continuer sa vie publique sereinement ; on peut aussi haïr Bruel en méprisant son existence, en détournant le regard de ce qu’il fait ou de ce qu’il dit, en boycottant pour soi-même ses prestations, en détournant l’attention de lui. Dans les deux cas il y a tristesse et haine, puisqu’on est affecté négativement par un fait divers qu’on blâme, qu’on réprouve, qui provoque en nous de la compassion pour les victimes. On déplore un mal, à juste titre d’ailleurs, et ce mal nous pousse à éprouver une forme de haine envers sa cause. Mais tout cela ne va pas sans une pointe de tristesse plus ou moins intense.
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Si on devait trouver une distinction spinoziste similaire à la distinction de FB dans Du mépris, ce ne serait pas la distinction entre haine et mépris, mais la distinction entre mépris et vengeance, par exemple, qui sont deux formes très différentes de la haine. La haine qui prend la forme de la vengeance pourrait devenir politiquement fasciste, mais je ne pense pas que Spinoza dirait pour autant que le mépris peut devenir émancipateur, bien qu’il ne mène sans doute pas au fascisme.
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Il y a une définition du mépris chez Spinoza : « Le mépris est cette façon d’imaginer qui touche l’âme à un si faible degré qu’elle est moins portée par la présence de l’objet qu’elle se représente à considérer ce qu’il n’a pas que ce qu’il a. » (Ethique III). Le mépris relève de l’imaginaire, et il y a bien une « néantification », comme vous le disiez tous les deux lors de l’entretien, mais c’est qu’on considère plutôt ce que l’objet n’a pas. Le mépris n’est donc pas une indifférence totale, car la conscience porte tout de même une attention minimale à l’objet, mais c’est pour y voir ce qui manque à l’objet, ce que l’objet devrait être pour nous plaire ou susciter en nous des affects différents. Et pour Spinoza il y a bien une forme de haine ici, puisqu’on sera porté, tôt ou tard, à éloigner l’objet de nous, à détourner le regard, à ignorer intentionnellement la chose (sans forcément désirer la détruire pour autant). Par exemple si je lis un manuscrit au style trop scolaire, trop plat, je vais d’abord voir ce qui manque au manuscrit pour faire un bon texte, je vais peut-être m’agacer un peu de perdre mon temps et je vais éloigner, à terme, la chose de moi, car le fait de constater ce qui manque à la chose m’affecte de tristesse (ou en tout cas elle ne m’augmente pas, et je trouve ça regrettable). Si une institution littéraire consacre ce type de livre au nom de bons sentiments en direction de l’écrivain, je vais trouver cela méprisable, je vais considérer le manque dans cette institution : le manque d’honnêteté, l’incapacité à reconnaître un bon style, le manque de vertu. Je vais mépriser l’institution en question, et je m’éloignerai, à l’avenir, de ce genre de choses, ou je regarderai de loin, avec mépris, pour mieux confirmer mon désir de s’en détourner. Pour Spinoza il y a bien une tristesse à l’origine : j’estime que les choses ne devraient pas être comme ça, qu’il serait préférable qu’elles soient autrement.
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Sinon je ne le mépriserai pas : je constaterai un fait, sans mépris ni admiration. Untel a écrit un livre que je n’apprécie pas vraiment, c’est un fait ; il a été primé par telle institution médiatique ou littéraire, c’est un autre fait. Voilà ce qui est, et c’est tout.
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Le mépris revient à dire que le réel devrait être autre que ce qu’il est, que la réalité peut être imparfaite. C’est contraire à l’esprit du spinozisme, et je crois que c’est là qu’est le véritable objet du désaccord : pas entre la distinction entre mépris et haine, mais entre ceux qui pensent, comme Spinoza, que le réel est aussi parfait qu’il peut l’être, et d’autres qui pensent que le réel peut être imparfait, en dessous de ce qu’il devrait être, pas à la hauteur. « Par réalité et perfection, j’entends la même chose » (Spinoza, Ethique II). C’est logique pour Spinoza, car tout est nécessaire, et si on devait faire une lecture déterministe de Spinoza, la sagesse ne méprise rien, puisque tout est aussi parfait qu’il peut l’être. Il n’y aurait donc pas de sagesse du mépris pour lui, puisque l’affect de mépris dissocie la réalité et la perfection en disant que la première n’est parfois pas au niveau de la seconde, ce qui explique qu’on s’en détourne, qu’on néantifie l’objet, qu’on ignore la chose. Pour Spinoza, il s’agit donc toujours d’une faute de jugement liée à l’imagination, d’une « méprise » dans l’estimation de ce qui est, comme le rappelle Noé Jacomet. Il n’y a pas d’émancipation dans la faute du jugement.
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D’une certaine manière, chacun garde sa cohérence interne : Du mépris affirme que le mépris peut être émancipateur dans certaines conditions, et il affirme à la fin du livre l’existence d’un devoir être ou d’une sagesse qui appelle à ne pas vivre en dessous de soi-même. Pour Spinoza, à strictement parler, on ne peut pas vivre en dessous de soi-même, car chaque mode est tout ce qu’il peut être à un instant t, et aucune exhortation à la sagesse ne peut remédier à cela. C’est pourquoi il parle assez peu le langage du devoir être, et il ne fait pas du devoir, quand bien même celui-ci serait envers soi-même, un ressort d’émancipation, mais seulement une nécessité sociale pour la vie en commun.
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Evidemment le mépris existe de fait, parce que nous ne sommes pas assez sages pour s’en dispenser. Le livre a donc le mérite d’en explorer les formes contemporaines et actuelles.-
Emile Novis
InvitéPour la défintion du mépris par Spinoza, cette traduction est plus claire : « Il y a Mépris quand, par l’imagination d’une chose, l’Âme est si peu touchée que la présence de cette chose soit pour elle un motif d’imaginer ce qui ne s’y trouve pas, plutôt que ce qui s’y trouve »
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kenny
Invitéd’où aussi qu’il ne saurait y avoir de volontarisme du mépris, comme tu l’écrivais justement plus haut
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François Bégaudeau
Maître des clés« Du mépris affirme que le mépris peut être émancipateur dans certaines conditions »
Tout est là. Dans certaines conditions. Ou plutot dans certaines situations.
Je ne suis pas philosophe, je suis narrateur. Je narre la vie. Je narre des situations où joue quelque chose comme du mépris. Dans une certaine catégorie de ces situations (j’essuie le mépris d’un dominant, ou de quelqu’un qui, me méprisant, me domine), je préconise comme parade un contre mépris (mépriser le mépris).-
François Bégaudeau
Maître des clésKenny : il ne peut certes y avoir de volontarisme du mépris, puisqu’il ne peut jamais y avoir de volontarisme de quoi que ce soit
Au moins puis-je RACONTER (épisode Steve Reich, par exemple) des situations où j’ai pu observer que le mépris d’autrui ne me blessait pas, et observer que c’était grace à un socle de puissance depuis quoi contre-mépriser
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Mao
InvitéJe cherchais depuis tout ce temps un moyen d’entrer dans la discussion au sujet de ce livre. Émile qui reprend la définition spinoziste du mépris m’en donne l’occasion.
Pour le dire simplement, telle que je comprends la notion de mépris chez Spinoza, celui-ci nous dit que le mépris consiste à ne voir en toute chose que ce qu’elle n’est pas.
Le mépris agit comme une véritable opération ontologique, politique et esthétique. Mépriser, ce n’est pas seulement regarder de haut ; c’est refuser de voir la puissance propre d’une chose ou d’un être, pour lui imposer une norme étrangère.
Ainsi, si je me prends à mépriser mon chat de ne pas me rapporter la baballe. Par l’opération du mépris, je reproche à une chose (mon chat) de ne pas être ce qu’elle n’est pas (un chien). Et ce, au regard d’une norme, d’une volonté ou d’une attente que j’aurais arbitrairement assignée à cette chose.
Méprise celui qui méconnaît une chose et, plus précisément, celui qui méconnaît, volontairement ou non, la puissance de cette chose. Dans le même ordre d’idée, se méprise celui qui méconnaît sa propre puissance.
Il n’est donc pas faux de dire que le propre des « puissants », ou plus exactement de ceux qui dominent et exercent le pouvoir, est de mépriser les dominés, les subalternes, pour les assigner à une norme arbitraire.
Se rejoue ici, avec Spinoza, l’opposition chère à Deleuze entre pouvoir et puissance. Le pouvoir est ce qui coupe de la puissance, ce qui l’entrave. Tandis que la puissance, la vraie, la puissance vitale, est celle qui se déploie dans l’indifférence aux normes auxquelles elle serait censée se conformer.
Le pouvoir consiste donc à méconnaître la puissance. Il consiste précisément à mépriser.
Le pouvoir a un besoin impérieux de mépriser. Il a besoin de ne voir dans les choses et les êtres sur lesquels il exerce son emprise que ce qu’ils ne sont pas. Dans l’immigré ou le racisé, il ne voit que ce qu’il n’est pas : il n’est pas français, ou alors pas comme il faudrait ; il n’est pas blanc ; il n’est pas un même. Il ne saurait se fondre dans l’unité, dans le grand tout que le pouvoir appelle de ses vœux. Dans le prolétaire, il ne voit qu’un supposé « assisté », qui ne travaille jamais assez, qui n’est jamais assez productif. Plus généralement, le pouvoir a besoin de ne voir dans tout ce qui ne sert pas directement sa cause qu’un ennemi, un parasite, un nuisible qu’il convient de dresser ou de faire disparaître.
Dans le même temps, le pouvoir, pour assurer sa perpétuation et sa légitimité, a besoin que son autorité soit reconnue par les dominés. Il va donc s’efforcer de faire passer son pouvoir arbitraire pour de la puissance. C’est ici que l’on peut comprendre, par exemple, les efforts ridicules déployés par Elon Musk ou tout autre énergumène de ce genre, pour se faire passer pour un génie. Ce qui n’est qu’un pouvoir économique, technique, médiatique, actionnarial, cherche à se présenter comme puissance créatrice, comme intelligence supérieure, comme force vitale.
Le mépris devient alors salutaire lorsqu’il permet de remettre en cause la prétention du pouvoir à se grimer en puissance. Pour le dominé, il importe de reconnaître sa propre puissance et de mépriser la supposée puissance dont se revendique le pouvoir. Le mépriser au sens spinoziste du terme, donc. Dire au pouvoir, je te méprise parce que toi qui te présentes comme puissance, tu n’es pas véritablement une puissance. Tu n’es qu’un pouvoir.
Parmi les instances de pouvoir qui ont le don de couper les choses de leur puissance, il y a l’école. L’école est une fabrique de tristesse, dont le principal objet consiste à couper les élèves de leur puissance propre pour leur marteler ce qu’ils ne sont pas et ne sauraient jamais être. Quels que soient ses efforts pour se conformer aux attentes du maître, l’élève est condamné, comme l’Achille de Zénon poursuivant la tortue, à ne jamais combler l’écart qui le sépare du maître. Il restera toujours à la traîne, en déficit, en manque. Il sera toujours renvoyé à ce qu’il n’et pas, à savoir : un maître.
Cette logique ne vaut pas seulement pour les dominés au sens classique. À titre d’exemple, je ne compte plus parmi mes proches les gens brillants qui ont tout sacrifié pour « réussir », pour « faire carrière ». Devant leurs performances professionnelles, leurs capacités de travail hors du commun, leurs chiffres d’affaires à six chiffres, leurs piscines privées, je ne peux voir que ce qu’ils ne sont pas et ce qu’ils auraient pu être s’ils n’avaient abdiqué tout ce formidable potentiel vital pour le déposer aux pieds des puissances du grand capital.
Il en va de même pour le mépris culturel, qui semble en effet être passé de mode. Pendant longtemps, pour légitimer sa position, la classe dominante se répartissait le pouvoir entre les détenteurs du pouvoir séculier et les détenteurs du pouvoir spirituel : ceux qui portaient les armes et assuraient le maintien de l’ordre par la coercition ; ceux qui, portant la robe de clerc, assuraient le maintien de l’ordre spirituel. Bourdieu a raffiné cette répartition en distinguant les capitaux culturel et symbolique.
Mais les temps ont changé. Le jean slim est passé de mode, et les dominants eux-mêmes, passés à un stade avancé de prolétarisation, n’ont plus ni le loisir ni le goût de s’adonner à la fréquentation de l’art et de la culture. Seul semble désormais devoir prévaloir l’impératif de la performance.
Les détenteurs de capital culturel sont démonétisés. Ils sont déclassés, disqualifiés et méprisés. On ne voit que ce qu’ils ne sont pas. Vous avez beau citer Proust et Rimbaud de mémoire, connaître toute la filmographie d’Andreï Tarkovski, en réalité, vous ne (nous ne) servez à rien. Et vous n’avez ni piscine ni grille-pain.
Mais peut-être faudrait-il voir dans ce dédain affiché et cette apparente prise de distance quelque chose de plus fort encore. Le pouvoir, qui n’agit jamais de manière désintéressée, trouve ici en réalité un grand intérêt dans le déclassement des cultureux. Pour étendre son empire sur le monde, il a grand besoin d’éroder notre sensibilité et de nous priver de notre capacité à nous saisir des puissances à l’œuvre dans le monde sensible.
Pour asseoir sa domination, encore faut-il s’accaparer les moyens de production matériels, mais aussi les moyens de production symboliques. Après avoir fait main basse sur le matériel, le capital détient désormais un quasi-monopole sur la production des biens symboliques.
Et comme chaque fois, il présentera cette privation, cette dépossession, comme le fruit d’une élection plébiscitaire. La preuve que les gens aiment ça, dira-t-il, c’est qu’ils en consomment et qu’ils en redemandent. Dire que mon alcool est frelaté se trouve immédiatement contredit par le fait que les gens en boivent encore et en redemandent. Mais pour cela, il faut d’abord faire perdre aux gens le goût de l’eau fraîche, jusqu’à leur en faire perdre le souvenir.
La madeleine de Proust n’est plus. Elle n’est plus ni une madeleine, ni même le souvenir d’une complexion affective à laquelle nous aurions encore accès. Elle devient le signe d’une mémoire sensible perdue, ou rendue inaccessible.
Le pouvoir, en somme, ne fait que célébrer sa propre force comme un fait établi, que seuls des illuminés « wokistes » pourraient encore entreprendre de contester. Le majoritaire, c’est le populaire. La force du fait établi et la force de l’habitude peuvent nous faire oublier jusqu’aux cris et hurlements qui retentissent derrière les murs de rosiers qu’on a élevés pour rendre tout cela supportable. A la fin, on finit par s’y faire. On s’habitue à tout, y compris aux pesticides, jusqu’à finir par y prendre goût.
À quel point faut-il être devenu impuissant pour jouir d’un pareil spectacle ?
Or, si rien n’est puissant, tout hélas devient possible et le pouvoir ne connaît plus aucune limite.
Reste pourtant encore une difficulté, et elle n’est pas mince. Pour méprisable et méprisant qu’il soit, le pouvoir semble avoir trouvé dans la notion même de mépris une ressource tout à fait surprenante. Il n’hésite plus à brandir l’accusation de mépris, et plus singulièrement l’accusation de mépris de classe, comme un étendard à même d’exercer un chantage affectif des plus douteux sur les classes populaires.
Il s’opère là un renversement remarquable. Le pouvoir méprise, mais accuse aussitôt de mépris quiconque prétend contester ses objets, ses goûts, ses productions, ses évidences, ses idoles, ses formes de vie.
Toute critique (sociale, politique, esthétique) devient suspecte. Toute distance devient arrogance. Toute tentative de distinguer l’eau fraîche de l’alcool frelaté est rabattue sur une posture de surplomb. Si vous critiquez le goût populaire-majoritaire, cela signifie que vous méprisez les gens, parce que vous méprisez ce qu’ils aiment, vous méprisez donc le populaire.
Je ne peux évidemment pas faire comme si cette accusation m’était étrangère. Issu d’un milieu très populaire, et particulièrement perméable aux circulations symboliques en cours, j’ai plus qu’à mon tour dégainé l’accusation de mépris de classe. La principale difficulté que je rencontre à rendre compte de ma lecture de ce texte est d’ailleurs précisément qu’elle m’oblige à (re)considérer le petit milliard de scènes où j’ai le sentiment d’avoir méprisé et d’avoir été méprisé ; où j’ai pu croire mépriser sans véritablement mépriser ; et surtout où j’ai pu prétendre ne pas mépriser alors que j’ai, dans les faits, bel et bien méprisé dans des proportions gargantuesques.
À titre d’illustration, l’indifférence de ma bourgeoise aux performances d’Ousmane Dembélé et son incapacité criante à épeler correctement Kvaratskhelia pourraient lui valoir de ma part l’accusation de mépris de classe. Bien que très chatouilleux sur ce point, je me réfrène, car je n’oublie pas qu’il y a quelques semaines seulement, je faisais moi aussi l’objet d’une telle accusation lorsque je confessais à ma tante ne pas même connaître l’existence de Géraldine Maillet, ou encore lorsque je déclinais poliment une invitation à passer le week-end en famille à Euro Disney.
C’est peut-être ici que la question devient vraiment intéressante. Car il ne suffit pas de demander : qui méprise ? Il faut encore demander : qui a intérêt à faire passer une critique pour du mépris ? Qui bénéficie de cette confusion ? Qui transforme la contestation d’une norme dominante en insulte faite aux dominés ? Qui travaille à rendre indiscernables le mépris des puissances populaires et le refus des marchandises symboliques que le pouvoir leur impose ?
Toute la difficulté tient là. Il existe bien un mépris de classe, brutal, ordinaire, humiliant, qui consiste à ne voir dans les classes populaires que ce qu’elles ne sont pas. Elles ne sont de toute évidence pas assez cultivées, pas assez subtiles, pas assez mobiles, pas assez raffinées, pas assez conformes aux manières d’être de ceux qui dominent. Mais il existe aussi une instrumentalisation de cette accusation, par laquelle le pouvoir protège ses propres productions en les faisant passer pour l’expression spontanée du peuple.
Le piège est alors de confondre le peuple avec ce que le pouvoir lui donne à consommer. De confondre les puissances populaires avec les formes frelatées dans lesquelles on les enferme. De croire que critiquer Euro Disney, Cyril Hanouna, Géraldine Maillet, les blockbusters industriels, les marchandises affectives ou les spectacles de masse reviendrait nécessairement à mépriser ceux qui les regardent, les aiment ou s’y reconnaissent.
Or c’est peut-être exactement l’inverse qui se joue. Le véritable mépris consiste à décider que les gens ne méritent rien d’autre. Qu’ils sont faits pour cela. Qu’ils ne pourraient pas aimer autre chose. Qu’ils ne sauraient pas goûter autre chose. Qu’il serait arrogant, élitiste, bourgeois ou méprisant de leur rappeler qu’il existe encore de l’eau fraîche.
Le mépris du pouvoir est donc double. Il méprise d’abord les dominés en les réduisant à ce qu’ils ne sont pas. Puis il les méprise une seconde fois en prétendant que ce qu’il leur vend exprime leur vérité profonde. Il les dépouille de leur puissance, puis il appelle cette dépossession, goût populaire, choix majoritaire, succès public, évidence démocratique.
C’est pourquoi il faut maintenir la distinction. Mépriser les gens n’est pas mépriser ce qui les abîme. Mépriser les dominés n’est pas mépriser les dispositifs qui les diminuent. Mépriser les classes populaires n’est pas refuser que le capital parle en leur nom.
Au contraire, peut-être faut-il parfois mépriser ce que le pouvoir nous présente comme populaire pour rester fidèle aux puissances populaires elles-mêmes.
Mépriser, au sens spinoziste, ce n’est pas haïr. Ce n’est pas écraser. Ce n’est pas regarder de haut. Cela consiste à voir ce qu’une chose est et ce qu’elle n’est pas.
Le pouvoir n’est pas une puissance mais son exacte antithèse. Les marchandises ne sont pas le peuple mais ce qu’on lui substitue. La pseudo réussite sociale, n’est pas la vie accomplie, mais la forme de « vie » disciplinée d’une puissance capturée. Le capital n’est pas le monde mais ce qui le défigure.
La question n’est donc pas de savoir s’il faudrait abolir toute forme de mépris. La question est de savoir ce que nous méprisons, pourquoi nous le méprisons, et au nom de quelle puissance nous le méprisons.
Mépriser les êtres parce qu’ils ne se conforment pas à la norme du pouvoir, c’est participer à leur diminution.
Mépriser le pouvoir parce qu’il se fait passer pour puissance, c’est commencer à lui retirer le prestige dont il se nourrit.
Et peut-être est-ce là le seul mépris qui vaille, non pas celui qui rabaisse les vivants, mais celui qui démasque ce qui les rabaisse.-
François Bégaudeau
Maître des clésbel effort textuel
surtout la seconde moitié
beaucoup de lignes se tiennent eu coeur des noeuds où mon livre prétend se tenir
par exemple : « C’est peut-être ici que la question devient vraiment intéressante. Car il ne suffit pas de demander : qui méprise ? Il faut encore demander : qui a intérêt à faire passer une critique pour du mépris ? Qui bénéficie de cette confusion ? Qui transforme la contestation d’une norme dominante en insulte faite aux dominés ? Qui travaille à rendre indiscernables le mépris des puissances populaires et le refus des marchandises symboliques que le pouvoir leur impose ? »
finalement un des aspects centraux du livre serait: cette notion de mépris est hautement piégée, apprenons ensemble à déjouer ce piège -
..Graindorge
Invité@Mao
« Et peut-être est-ce là le seul mépris qui vaille, non pas celui qui rabaisse les vivants, mais celui qui démasque ce qui les rabaisse. »
@FB
« finalement un des aspects centraux du livre serait: cette notion de mépris est hautement piégée, apprenons ensemble à déjouer ce piège »
» apprenons ensemble » L’intelligence c9llective-
Godor
InvitéJe propose le collectif : Les diego tristan ludo begaudeau.
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..Graindorge
InvitéL’ intelligence collective AVEC
de l ‘intelligence : dans les personnes cités,
à part FB, boup!-
..Graindorge
InvitéPour l’intelligence collective on a ici du monde
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Ema
Invité«…, comme Spinoza, que le réel est aussi parfait qu’il peut l’être, et d’autres qui pensent que le réel peut être imparfait, en dessous de ce qu’il devrait être, pas à la hauteur. »
Il y aurait presque un rapprochement à faire avec la philosophie bouddhiste je trouve.-
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Invitédonc on ne peut pas séparer mépris et prétention, les deux font paire – rejet de ce qui n’est pas à ma hauteur / aspiration à ce qui l’est – et vont à l’encontre d’une vision conservatrice de la vie où rien ne pourrait être autrement
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nefa
InvitéDans un village, les habitants font la fête. Ils dansent, parlent, chantent. Musique forte. Les pratiquants du monastères, au bout de trois jours se plaignent du bruit auprès d’Ajahn Chah (moine de la forêt). On ne peut plus méditer. Il leur répond : « c’est pas le son qui vous dérange, c’est vous qui dérangez le son ».
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Emile Novis
Invité@Ema
Oui, je pense qu’un rapprochement est possible. Disons une intuition commune sur ce point précis : le réel est ce qu’il est, il ne manque de rien.
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@virgule
Oui, tu as raison, le couple mépris/prétention est central dans le livre.
Je suis moins d’accord avec la suite de ton message. Je pense qu’on va un peu vite en besogne en sortant des catégories comme « conservateur »/(« progressiste »?). Ca va trop vite, c’est trop vite politisé, et ça ne touche pas le cœur du sujet à mon sens.
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Il me semble que le problème se joue à un autre niveau. Si on affirme que tout est nécessaire, que tout est le produit de structures qui agissent nécessairement dans les individus, alors oui, à un instant t, un être être ne peut pas être plus que ce qu’il est. Son comportement exprime nécessairement sa puissance du moment. « Mépriser », ici, revient à voir un manque, à présupposer que la chose devrait être plus haute que ce qu’elle n’est actuellement. Pour Spinoza, c’est une erreur de jugement, un égarement : c’est mal comprendre les causes qui ont fait que la chose est ainsi, ce qui empêche l’émancipation.
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Mais ce qui est important, c’est l’expression « à un instant t ». Spinoza ne nie pas la possibilité d’un devenir qui intensifie ma puissance pour me faire accéder à un état plus parfait. Simplement ce n’est pas par le mépris, passion triste qui mécomprend le réel, qu’on peut y arriver, mais par la compréhension et la joie qui l’accompagne. C’est en comprenant ce qui arrive qu’il est possible de modifier son rapport au monde, pas en méprisant. Le mépris ne me fait pas mieux comprendre, il me fait croire que ce qui est aurait pu (ou dû) être autrement, que le réel n’est pas au niveau. Le mépris, en ce sens, aurait plutôt tendance à freiner mon émancipation, même si c’est un sentiment très humain et nécessaire.
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D’une certaine manière, la fille qui se fait siffler par un groupe de mecs bien lourds à de bonnes raisons de mépriser ces mecs si cela lui permet de s’en sortir et de s’affirmer. Mais ça reste empreint de tristesse, et la cause du mépris risque de se reproduire, nécessairement. Pour Spinoza, elle gagnerait à comprendre la structure qui produit ce genre de comportements, ce que ne lui permet pas vraiment le mépris. Par la compréhension de ces structures nécessaires, elle serait de fait plus puissante que ces mecs lourds, et elle pourrait même agir sur ces structures; par le mépris, elle ne les comprend pas, elle les néantifie seulement, elle les juge de l’extérieur et s’en détourne, jusqu’au prochain groupes de mecs qui répètera la situation, nécessairement.
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Ce n’est pas non plus par la seule prétention que l’individu pourra s’émanciper selon Spinoza, car une telle prétention risque fort de se heurter à la nécessité qui m’enserre sans la comprendre, ce qui ne fera que me ramener à mon impuissance – et peut-être au mépris de moi-même. Néanmoins le livre de FB me semble répondre en partie à ce problème : il s’agit de connaître sa puissance. La prétention dont il est question dans le livre doit être une prétention éclairée.
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D’une certaine manière, Psychologies était à mes yeux un livre beaucoup plus dans l’esprit du spinozisme que Du mépris.
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« Mais si on méprise du « faux ,du mensonge « du pas juste c’est pas vraiment comme si on etait triste de l’état du monde ? »
Oui, je me demande si le mépris peut se passer de ce fond de tristesse, s’il n’implique pas toujours et nécessairement quelque chose comme une « passion triste ».-
Emile Novis
InvitéLa dernière partie du message est adressée à Claire.
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@nefa
beau retournement!
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Claire N
InvitéC’est peut etre un peu idiot
Mais si on méprise du « faux ,du mensonge « du pas juste c’est pas vraiment comme si on etait triste de l’état du monde ?
Par exemple certaines conventions ou constructions sociales ?-
oreillette
InvitéPour moi c’est la même inclinaison. (Que veux-tu dire au juste ?)
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Claire N
InvitéHum – n’est ce pas normal que l’âme ne soit pas touchée par des choses qui n’existent pas « en justesse « ?
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oreillette
InvitéAh ‘faux’ au sens de inexistant, je n’avais pas compris.
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AuteurMessages
