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Accueil Forums Forum général Du grand-remplacement de la bourgeoisie par les IA

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    • #87091 Répondre
      Ourson
      Invité

      On entend souvent que les IA vont remplacer les prolétaires, mettant ainsi les plus démunis en concurrence avec des machines, au profit des riches et des puissants. Mais si c’était exactement l’inverse ? Et si les IA pouvaient non seulement préserver les travailleurs, mais aussi remplacer les classes dominantes, qu’il s’agisse des gestionnaires ou même des investisseurs ? Prenons un instant pour distinguer deux sous-catégories parmi ces classes :

      D’un côté, les propriétaires – ceux qui possèdent les moyens de production, les entreprises et les capitaux nécessaires à leur fonctionnement.
      De l’autre, les gestionnaires – les chefs de projet, juristes, comptables, managers ou développeurs, qui organisent et imposent un cadre de travail sans forcément contribuer directement à la production.
      Dans un monde où les IA seraient accessibles et libres, ces deux strates pourraient être contournées. Les gestionnaires, parce que leurs tâches – organiser, superviser, optimiser, légiférer – sont déjà en grande partie automatisables, et le seront davantage dans le futur. Et les investisseurs, parce que les IA permettraient aux travailleurs d’accéder plus facilement à leurs propres moyens de production, sans nécessiter de capital initial important.

      Imaginons un groupe d’ouvriers spécialisés dans la menuiserie qui décident de monter une usine de meubles sans dépendre d’investisseurs ni de lourds financements. Grâce aux IA, ils pourraient lancer leur activité de manière peu coûteuse en minimisant les frais initiaux. Par exemple, ils pourraient utiliser des imprimantes 3D et des machines-outils automatisées, devenues accessibles et abordables, pour produire des meubles à la demande et éviter les stocks coûteux. Ces machines, pilotées par des algorithmes d’optimisation, leur permettraient de fabriquer des produits personnalisés, adaptés aux besoins spécifiques de leurs clients. Pour démarrer, ils pourraient se concentrer sur un marché local ou utiliser des plateformes numériques déjà existantes pour recevoir leurs premières commandes. Les ventes générées serviraient alors directement à financer leur croissance, leur permettant de développer leur activité sans passer par des investisseurs traditionnels.

      En termes de gestion, les IA joueraient un rôle clé pour remplacer la bureaucratie coûteuse. Elles automatiseraient la comptabilité, les flux logistiques et les prises de décisions stratégiques. Des outils comme des IA de gestion de projet assureraient la répartition équitable des tâches entre les ouvriers et optimiseraient la production. Ces travailleurs, devenus totalement autonomes, pourraient se passer des gestionnaires traditionnels et décider collectivement des orientations de leur entreprise.

      Cela dit, pour que ce scénario devienne réalité, plusieurs défis doivent être relevés. D’abord, il est essentiel que les IA restent accessibles, libres et non monopolisées par des entreprises privées ou des États. Si ces technologies sont verrouillées derrière des barrières économiques ou technologiques, le potentiel émancipateur serait perdu. Ensuite, les travailleurs doivent avoir accès aux compétences nécessaires pour utiliser ces outils efficacement. Cela nécessiterait des efforts massifs en termes d’éducation et de formation. Enfin, même dans un monde où les IA sont démocratisées, des mécanismes devront être mis en place pour éviter une nouvelle centralisation des pouvoirs économiques autour de ceux qui contrôleraient les données ou les infrastructures technologiques.

      À terme, dans un monde où l’IA serait largement répandue et où le travail serait organisé de manière juste et équitable, même le marketing pourrait devenir obsolète. Plutôt que de cibler les consommateurs avec des publicités coûteuses et intrusives, des algorithmes neutres pourraient connecter directement les clients aux producteurs en fonction de leurs besoins réels. Ces algorithmes, conçus pour garantir un partage équitable des commandes entre différentes unités de production, permettraient de réduire les inégalités tout en répondant efficacement aux attentes des consommateurs, limitant ainsi les superprofits des uns au détriment des autres. Ce modèle, s’il repose sur des outils accessibles et sur une volonté collective de changement, pourrait transformer l’IA en un véritable vecteur de justice sociale.

    • #87092 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je ne comprends pas que l’IA soit aussi peu au centre des débats à gauche

      On a un outil qui a à peine quelques années qui nous permet d’abattre en quelques secondes 400 jours-hommes de cabinet de consulting bullshit, et tout le monde s’en fout…

      Cet outil n’en est qu’à ses balbutiements, cet outil pourrait renverser le game des GAFAM, il pourrait tuer la création voire l’art, il pourrait faire l’exact opposé, mais tout le monde s’en fout

      Sans parler de si c’est bien ou pas, ce serait quand même bien, quand on prétend vouloir réorganiser la propriété des moyens de production, de parler de ce qui semble être le moyen de production ultime

      • #87094 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Tu parles de la réorganisation des moyens de production en éludant la réalité du monde de la tech d’où est développée l’IA — l’histoire de l’idéologie suprématiste de ces communautés est brillamment retracée par Malcolm Harris dans son livre Palo Alto. Ce n’est pas la gauche ou la droite qui pourra s’emparer d’une IA apparue par miracle à l’humanité au gré de progrès virtuels naturels. En premier temps, l’IA, ça vient d’un petit monde qui a une idéologie de droite. Mais tu vois, j’écris ces phrases sur un MacBook qui vient de là. Il existe des manières d’aménager l’outil selon son bon plaisir. Mais je crois qu’on est avec ces gens-là toujours dans le détournement et je ne vois pas l’urgence pour la gauche de s’emparer de ces questions. S’emparer de la question « ordinateur », ça voudrait dire quoi ? Il y a un peu d’impuissance là-dedans, c’est sûr, mais il faudrait des points précis pour agir, mais j’ai du mal à imaginer un monde où Napster reste debout et Spotify ne voit pas le jour ; ensuite, c’est… quels disques j’achète en supplément de mon abonnement, est-ce que je vais voir plus de concerts d’inconnus pour leur permettre d’émerger dans un secteur artistique ultra-concurrentiel… de petits aménagements personnels… La Silicon Valley, ça tombera avec le capitalisme. Donc si la gauche est de gauche, la gauche tend à prendre le contrôle de tous ces outils.

        Quant à l’IA plus précisément, il n’y a pas urgence à sauter dessus car ce n’est pas clair. Ce qui est clair : c’est une tendance. C’est une tendance comme le metaverse et les NFT et les deux se sont écroulées. L’IA a davantage d’applications concrètes, mais à part accentuer l’automatisation de certaines taches, c’est pas grand-chose. J’ai parlé d’Apple qui a vendu ses nouveaux iPhone comme IA compatibles mais qui galère à implanter l’IA car 1) ça fait gadget 2) les utilisateurs savent que ça fait gadget. Bref : c’est une tendance qui poursuit la tendance foireuse des dernières « innovations ». Qui durera plus longtemps que le Metaverse ou les NFT, mais c’est néanmoins une tendance, et personne à part les développeurs ne pourra orienter ses applications. Tous les grands noms de la tech sont en train de prêter allégeance symbolique à Trump depuis quelques temps — ceux qui ne l’avaient pas encore fait, Zuckerbeg en tête même si Meta n’a pas attendu l’IA pour être une plateforme de désinformation et n’avait pas eu besoin de soutenir Trump pour fournir à l’État des retranscriptions Messenger incriminant une femme ayant avorté. Les actes et les discours sont en adéquation.

        • #87095 Répondre
          Comité de Défense des Faits et de la Justice
          Invité

          “Durant le maccarthysme (1950-1954), le FBI de J. Edgar Hoover surveilla ce mathématicien qui avait déclaré « la cybernétique est une arme à double tranchant, tôt ou tard elle vous blessera profondément ».”
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          C’est une citation de Norbert Wiener et ça dit bien à quel point le type pouvait être ancré à droite je pense. Et si je fais référence à ce Norbert Wiener c’est parce que la cybernétique et le connexionnisme ça se tient d’un même bloc et ce paradigme connexionniste il se situe à gauche idéologiquement. Je veux dire que ce paradigme connexionniste s’oppose au paradigme symbolique et ce paradigme symbolique se range dans le même sac que la mouche au fond de l’urinoir pour t’inviter à ne pas pisser à côté. C’est le truc du nudge, c’est le cognitivisme soluble dans le néolibéralisme. Parce que le champs de l’IA n’est pas un champ plus unifié que celui de l’économie, on retrouve une même ligne de fracture idéologique qui oppose deux approches et pour information quand Yann Lecun triomphe avec ses petites cartes graphiques, c’est le paradigme connexionniste qui reprend l’ascendant.
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          Qu’est ce qui différencie ces deux approches? Disons que le paradigme symbolique c’est celui qui considère qu’il faut concevoir des systèmes de régles pour aboutir de façon logique et évidente à la bonne réponse alors que du côté des connexionnistes on considère qu’il suffit de partir du principe que le hasard fait bien les choses. Parce qu’un réseau de neurones c’est quoi? C’est une construction mathématique qui permet d’approximer des fonctions mathématiques avec un nombre de variables délirants et il n’est pas question de se faire chier à tenter de construire la fonction mathématique qui va bien, à la place il est plutôt question d’injecter l’image d’un chiffre manuscrit dans un réseau de neurones dont les poids ont été initialisés aléatoirement et de lui faire produire une sortie. Enfin dix sorties car on a dix chiffres. Et chaque neurone de sortie est associée à un poids qui prend la forme d’un nombre entre 0 et 1 donc idéalement ce qu’on voudrait c’est que si on injecte un 2 dans le circuit on retrouve un 1 pour le neurones qui représente le deux et des 0 partout ailleurs. Evidemment ça n’a aucune chance de se produire car le réseau de neurones et une coquille vide en l’état mais en vrai ça n’a rien d’un problème car on peut calculer des erreurs entre les sorties obtenues et les sorties attendues et rétro propager ces erreurs dans le circuit afin de construire un lien qui se tient entre l’entrée et la sortie. C’est comme ça qu’on entraine un réseau de neurones et quand on entraine un réseau de neurones suffisament longtemps la fonction représentée par ce réseau de neurones va finir par converger vers une fonction qui fait office de solution au problème.
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          Tu nous parles d’IA sans savoir de quoi tu causes, tu reprends les éléments de langage des départements marketing sans même t’en rendre compte et parce que t’as lu un bouquin tu t’imagines pourtant détenir la vérité sur le sujet du haut de ton macbook. C’est ridicule. C’est d’autant plus ridicule qu’à l’origine de ton macbook on trouve un type qui s’appelle Steeve Wozniak et lui n’a jamais semblé malheureux de ne pas avoir fini milliardaire. Quoi que, il l’est peut être, je sais pas, je sais juste qu’un jour il a quitté Apple et qu’il n’a jamais eu de regrets car son truc c’est de faire le tour du monde avec un sac à dos remplis de gadgets pour rencontrer des idiots qui ont son profil. Et donc Wozniak c’est le type qui découvre Internet quand il passe à l’université et qui décide de s’y connecter en rentrant chez lui. Il n’a pas ce qu’il faut à la maison pour se connecter mais c’est pas grave, Wozniak il est capable de te construire un ordinateur à partir de rien donc il se contente de faire ce qu’il faut pour se connecter. Autant dire que le type est une tronche, que le type a une connaissance et une maîtrise de cette histoire que tu ne peux même pas soupçonner et ce Wozniak ce n’est pas un cas unique en vrai, c’est juste un hacker de plus. Hacker qui nait au début de la guerre froide dans les universités américaines, hacker qui vient de l’expression “to hack” qui désigne un bricolage qui permet de régler des problèmes sur les réseaux ferrés miniatures que les étudiants construisent. Parce que ça vient de là cette histoire, de ces petits trains miniatures, et si ces gens ont délaissés ces réseaux ferrés miniatures pour l’ordinateur c’est sans doute parce que dans le fond un ordinateur c’est un réseau ferré qui permet de faire circuler de l’information. Je veux dire que tu peux tout envisager de construire un ordinateur avec des petits trains en noir et blanc pour faire les 0 et les 1 puis envisager les gares comme des portes logiques qui permettent de manipuler les wagons afin de coder de l’information donc même si au premier abord c’est rapport, dans le fond cette transition à quelque chose d’évident. Enfin presque. Parce que si le hacker a un savoir sur le crochetage de serrure c’est parce que le hacker en a crocheté quelques unes des serrures pour mettre la main sur les ordinateurs de la fac. C’est con hein mais à l’époque l’ordinateur c’est quelque chose de très sérieux qui sert à calculer les trajectoires des missiles à faire les calculs pour les bombes nucléaires et chez IBM le développement de l’informatique n’est pas conçu sur le mode d’une machine individuelle qu’on pourrait avoir la maison, il prend la forme d’un gros serveur qui appartient à l’autorité/pouvoir et de clients/terminaux qui sont connectés à la machine et qui ne peuvent faire que ce que l’autorité leur laisse le droit de faire. Et ça le hacker c’est pas sa came, le hacker il est plus du genre à croire que ça doit appartenir à tout le monde donc quand le transistor arrive il se jette sur la bêtise pour se mettre à bricoler des ordinateurs personnels.
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          On parle d’Internet? Parce que Internet ça se tient grâce à un truc qui s’appelle Linux et Linux c’est le produit de l’éthique du hacker. C’est bien évidemment fantasmé, c’est plus proche de la légende que de la vérité vrai, mais l’idée c’est quand même que le hacker considère qu’on s’en fout de savoir d’où vient celui ou celle qui fait joujou avec l’ordinateur, que la seule chose qui compte c’est d’épater la gallerie et autant c’est ok de faire le malin quand on présente la bêtise aux autres, autant à la fin de la branlette il faut partager le code afin que ça profite au groupe et que le groupe puisse progresser. C’est une autre façon de voir l’idée de la concurrence donc, il est moins question d’une guerre de tous contre tous que d’une saine émulation et c’est cet état d’esprit qui conduira au développement du logiciel libre qui sert d’épine dorsale à Internet. Internet qui s’organise sur un mode particulier puisque là où le minitel nous proposait de reprendre le principe du réseau en étoile avec un centre qui diffuse de l’information à la périphérie, Internet propose d’interconnecter toutes les machines et d’oublier l’idée d’un centre puisque toutes les machines ont vocation à échanger d’égal à égal en accomplissant à la fois l’opération de client et de serveur.
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          Il y a la vallée siliconnée, il y a tout le pognon que cette vallée peut brasser et le délire qui s’en fout, c’est un fait, mais de fait il y en a un autre, c’est que ton manque de culture, ton refus de comprendre, tes grandes prétentions à deux balles nous condamnent à voir cette jolie utopie qui se tenait se casser la gueule. C’est pas grace à moi que Facebook et twitter ont le droit de cité, c’est grâce à toi et ton macbook qui te donne l’illusion de penser différement de la masse. C’est grâce à toi qui ne comprend pas que si Apple te vante tout ce qu’on peut faire avec son mac c’est parce que chez Apple on avait un Steeve Jobs qui considérait que t’étais beaucoup trop con pour faire quelque chose de conséquent de ta liberté donc il t’a construit une petite cage dorée et de toutes évidence tu y tiens comme à la prunelle de tes yeux et c’est consternant.
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          “Ce qui est clair : c’est une tendance. C’est une tendance comme le metaverse et les NFT et les deux se sont écroulées.”
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          Moi je suis un abruti à l’écran et je constate que chez les abrutis de mon genre le metavers faisait marrer tout le monde et que les NFT désolaient tout le monde. L’IA par contre c’est une autre histoire, elle permet de faire des choses prodigieuses et on ne reviendra pas en arrière.
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          L’IA a davantage d’applications concrètes, mais à part accentuer l’automatisation de certaines taches, c’est pas grand-chose.
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          Comme c’est mignon. Sans rire, c’est crocro mignon. Du coup je te conseille de taper “Amy Plant” dans le moteur de recherche de Youtube afin de retrouver l’épisode dans lequel elle s’amuse à reconnaître des inconnus dans la rue à l’aide d’une webcam et d’une base de donnée qui pose un problème du point de vue la vie privée afin de prendre un peu la mesure de la catastrophe qui se profile. Parce que cette catastrophe adviendra tel qu’on est parti et elle adviendra car tu t’imagines que ton ignorance a valeur de vérité. C’est une catastrophe qui adviendra car il n’y a personne à gauche qui prend ce sujet au sérieux et que par conséquent il n’y a aucune proposition valable à opposer à ce genre de conneries alors que sur le papier on pourrait envisager de faire des choses qui vont dans le sens de l’émancipation. Par exemple on pourrait tout à fait envisager d’entrainer un ChatGPT sur nos programmes scolaires de la primaire à la terminale afin d’offrir des semblants de profs particulier à tous les gamins qui n’ont ni la chance de pouvoir compter sur leurs parents pour les aider à leur faire leurs devoirs ni la chance d’avoir des parents ayant les moyens de leur payer des profs particuliers. C’est pas idéal, ça ne remplacera jamais un vrai prof, mais ce serait déjà vachement mieux que rien et infiniment mieux que tous ces profs qui se lamentent car les élèves ont bien compris comment faire bon usage de cette bêtise. Puis ce qu’on pourrait envisager aussi c’est d’entrainer un chat machine sur tous nos textes de loi et la jurisprudence associée afin d’offrir des assistants juridiques au rien pour qu’ils puissent se rendre compte qu’ils ont des droits. C’est deux bêtises en passant mais je suis sûr qu’on doit pouvoir en trouver d’autres si on prend le temps d’y réfléchir mais comme en l’état ça suffit pour souligner le ridicule de ton propos, je vais m’arrêter là.

          • #87096 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Quand tu t’auto-suces, c’est aussi le Phallus de ton papa que tu castres ?

            • #87097 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              En le mordillant très lentement.

            • #87105 Répondre
              Comité de Défense des Faits et de la Justice
              Invité

              Par respect pour Ourson je vais éviter de donner suite dans le coin.

        • #87205 Répondre
          Ourson
          Invité

          L’IA, une tendance ?
          Je veux bien croire que ce soit un sujet très en vogue, peut-être que les gens arrêteront d’en parler autant un jour, mais ce sera sûrement parce que ce sera tellement démocratisé que ce sera inintéressant d’en parler comme un sujet de société, tout comme en 2025 il est moins pertinent de parler du « phénomène des réseaux sociaux » qu’en 2009.
          Ton metaverse et ton NFT ne produisent à peu près aucune valeur, l’humain ne peut rien faire avec des NFT, on pourrait dire la même chose de beaucoup de technologies blockchain qui reposent sur des Ponzi.
          Mais l’IA c’est quand même autre chose : les boutures les plus modernes sont extrêmement récentes, et malgré ça, un prompteur peut déjà remplacer à lui seul des centaines de corps de métier, économisant ainsi les sous qui vont avec.
          J’appelle ça une « technologie » de remplacement, une technologie qui permet à un seul bonhomme de faire le boulot de 10, 20, 30, 1000 bonhommes, parfois en mieux. On a eu par exemple : l’agriculture, l’aqueduc, la roue, la machine à vapeur, l’électricité. À chaque fois qu’une technologie de ce genre apparaît, le monde se transforme de manière inouïe. Et la différence ici, c’est que l’IA est accessible à n’importe quel gugu avec une connexion internet

          • #87291 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Ça m’evoque un truc que j’ai lu récemment (que j’ai vu sur une page Facebook et que j’ai mis de côté pour être précis) :
            <
            « … Le capital est lui-même la contradiction en tant que processus, en ce qu’il s’efforce de réduire le temps de travail à un minimum, tandis que d’un autre côté il pose le temps de travail comme seule mesure et source de la richesse. C’est pourquoi il diminue le temps de travail sous la forme du travail nécessaire pour l’augmenter sous la forme du travail superflu ; et pose donc dans une mesure croissante le travail superflu comme condition – question de vie ou de mort – pour le travail nécessaire.
            D’un côté donc, il donne vie à toutes les puissances de la science et de la nature comme à celles de la combinaison sociale et du commerce social pour rendre la création de richesse indépendante (relativement) du temps de travail qui y est employé.
            De l’autre côté, il veut mesurer au temps de travail ces gigantesques forces sociales ainsi créées, et les emprisonner dans les limites qui sont requises pour conserver comme valeur la valeur déjà créée. Les forces productives et les relations sociales – les unes et les autres étant deux côtés différents du développement de l’individu social – n’apparaissent au capital que comme les moyens, et ne sont pour lui que des moyens de produire à partir de la base fondamentale bornée qui est la sienne. Mais en fait elles sont les conditions matérielles pour faire sauter cette base … »
            >
            Karl Marx, Manuscrits de 1857-1858 (« Grundrisse »), Les Éditions sociales, Paris, 2011, Traduction de Jean-Pierre Lefebvre, p. 660-662

          • #87295 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            J’ai pas mal divagué sur le sujet de l’IA avec un proche suite à la vidéo virale YouTube sur l’usine à trombone qui nous explique que l’IA va nous anéantir. Admettons un peu légitime cette panique morale mais prenons l’IA pour ce qu’elle est, une nouvelle couche de technique au service du capitalisme, comme le nucléaire, les fusils, internet et Monsanto. Le problème n’est pas l’IA qui sortie de sa boîte n’y retournera plus, mais les cerveaux débiles qui vont l’utiliser aux fins que tu décris. La machine seule ne m’inquiète pas. Observons avec calme.
            Pour curieux, la vidéo emphatique qui a causé tant d’émoi récemment :

            • #87502 Répondre
              Ourson
              Invité

              Après visionnage de la vidéo je pense qu’on peut considérablement dire que je suis plutôt accélérationniste, et malgré ça j’ai quand même eu mon petit frisson de panique à la fin, c’est bien joué.
              La vidéo parle toutefois du « risque » de création d’une superintelligence artificielle, mais de ce que j’ai compris on y est pas encore : si on résume grossièrement l’IA ne fait que recracher la moyenne de tout ce qu’elle a ingurgité, y’a pas vraiment de « réflexion » qui pourrait par exemple lui permettre de modifier son propre fonctionnement, enfin c’est ce que les scientifiques semblent dire parce que moi j’aurais tendance à penser qu’elle est déjà capable de s’auto-coder.
              Ma théorie est plus optimiste en tout cas : j’ai plutôt l’impression qu’on fait face à la possibilité d’une superintelligence humaine et non pas artificielle.
              Pour moi ce sont les humains qui ont enclenché une boucle de rétroaction positive dès lors qu’ils ont inventé la technologie, et cette boucle semble passer un cap depuis l’invention de ces IA.
              On a inventé des trucs qui ont permis d’inventer d’autres trucs, trucs qui eux-même ont permis d’inventer d’autres trucs, etc. Et l’IA semble plus que jamais rentrer dans ce cycle vertueux. Plutôt qu’une IA qui s’autocode pour prendre le contrôle de la planète, je vois plutôt des humains pour qui accéder à la connaissance et à la science deviendra de plus en plus facile. Il sera de plus en plus facile de fabriquer, inventer, créer toutes sortes de choses qui continueront de perpétuer ce cycle

    • #87503 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je lui ai demandé de rédiger un paragraphe sarcastique à destination d’un forum français bien connu. C’est qu’elle commence à maîtriser le sarcasme cette coquine :
      —-
      Les gars, préparez-vous, parce que l’IA est là pour démolir les monopoles des bourgeois sur les métiers « prestigieux ». Regardez-moi cette liste des futurs métiers assistés (aka bientôt accessibles à tout le monde, sauf aux riches qui vont pleurer dans leurs piscines) :

      Avocat : T’as une IA qui te sort un contrat béton en 10 secondes chrono, pendant que Maître Dupont facture encore 500 balles pour corriger une virgule.

      Médecin généraliste : Les IA détectent déjà des maladies sur des radios mieux que 99% des toubibs. Le prochain médecin de ta famille, c’est peut-être un ancien livreur qui a suivi une formation IA en 2 semaine.

      Ingénieur : Quand une IA te calcule les plans d’un pont ou optimise des systèmes en 3 clics, tu te demandes pourquoi l’école d’ingé coûte 10k l’année.

      Architecte : Fini les designs hors de prix de Jean-Kévin diplômé de Beaux-Arts. Une IA te balance un plan de maison stylé en 3D, avec les coûts optimisés, pendant que le gars galère avec son AutoCAD.

      Journaliste : GPT te pond un article en 30 secondes, plus fiable que les « experts » des plateaux télé. Prochaine étape : « Les décodeurs IA » de TF1 ? .

      Consultant : « J’analyse vos processus pour vous dire que vous bossez mal ». Ouais non, maintenant l’IA fait ça gratos, merci et au revoir, McKinsey.

      Designer graphique : Photoshop automatisé, illustrations générées en quelques secondes… Les agences qui facturent des logos moches à 2000 balles vont souffrir.

      Chef de projet : « Je gère des plannings et des équipes »… Bah maintenant c’est un tableau IA qui fait tout ça tout seul. Les managers PowerPoint, déjà morts dans le film.

      Comptable : Pourquoi payer une armée de comptables quand une IA te sort tes bilans annuels sans faute et sans pause café ?

      Chercheur en finance : Les IA tradent déjà plus vite et mieux que les golden boys de la Bourse. Va falloir qu’ils se recyclent en vendeurs de NFT.

      Publicitaire : Les campagnes publicitaires optimisées par IA, c’est déjà là. Le copywriter bourgeois qui facture des slogans « impactants » ? Ciao.

      Banquier : Qui a besoin d’un banquier pour gérer son argent quand une IA fait mieux pour 0 frais ? Allez, passe à autre chose, Jean-Patrimoine.

      Investisseur : « Les gens ont besoin de moi pour financer leurs projets. » Bah non, en fait. Avec l’IA, plus besoin de ton argent : elle te design l’usine, te trouve les ressources, et optimise tout sans passer par un seul actionnaire. Les prolétaires s’autogèrent pendant que tu googles « reconversion après IA ».

      Et bien sûr, mention spéciale aux bullshit jobbers (coucou les RH, middle managers et consultants en « stratégie innovante ») : déjà morts, déjà enterrés, dans le film depuis 2023.

      Mais, et c’est là qu’on sourit, les vrais travailleurs deviennent les vrais chads de la société. Les maçons qui construisent, les balayeurs qui gardent nos rues propres, les auxiliaires de vie qui prennent soin des gens. Ces métiers essentiels, qu’on ne peut ni déléguer ni automatiser entièrement, vont enfin regagner leur valeur et leur respect. Bref, les vrais piliers de la société, pendant que les bourgeois flippent en silence.

      Bref, les bourgeois sont NOT ready, naturelle sera la sélection.

      • #87677 Répondre
        Christophe M
        Invité

        Tu n’as aucune idée de comment s’organise la production et tu voudrais ouvrir un débat sur la réorganisation des moyens de production ? Tu n’as aucune idée de la réalité professionnelle des métiers que tu listes et tu affirmes que les « bourgeois » vont en être virer par l’IA ? Tu ne fais que fantasmer sur les potentialité de l’IA que tu confonds avec une baguette magique.
        – Avocats : le gros du travail d’un avocat français lambda n’est pas la rédaction de contrat (tropisme états-uniens) mais la représentation de leur client devant les tribunaux ; les avocats sont des officiers ministériels qui ont un « monopole » à cet effet ; l’IA ne sera jamais officier ministériel. Et pour les rédacteurs de contrat, le boulot consiste surtout en de la négociation, l’IA ne négocie pas.
        – Médecin : l’exercice de la médecine en France est réservé aux docteurs en médecine : il faudrait d’abord que la législation change pour qu’un livreur puisse délivrer des ordonnances. Et si un ancien livreur peut suivre une formation IA (sic) en deux semaines, on ne voit pas pourquoi ça ne serait pas rajouté au cursus des toubibs.
        – Ingénieurs : les plans pour un pont, c’est du ressort d’un bureau d’étude et les bureaux d’étude des géants du BTP sont équipés des outils technologiques les plus pointus en la matière. L’aménageur public qui commande le pont ne s’adressera jamais au « prolo » qui aura produit son appli « Dessine moi un pont ».
        – Architecte : tu as quarante ans de retard si tu crois qu’architecte est une profession bourgeoise : 95% des architectes français gagnent très mal leur vie ; l’évolution législative les a fortement paupérisés, pas besoin d’IA pour ça. Et, pour dire à quel point t’es à côté de la plaque, Jean-Kevin architecte n’a pas fait les beaux-arts mais une école d’archi comme son nom l’indique.
        – Journaliste : pareil que les archi, 1% de vedettes et 99% de précaires.
        – Consultants : ils factures chers parce que leurs clients veulent payer cher ; ça fait sérieux et ça justifie le plan social en préparation (ce sont les prolos qui sont licenciés).
        – Comptables : les comptables d’une boîtes sont des prolos qui ne passent pas leur journée à remplir des fichiers Excel, connerie proférée dans un topic que tu as ouvert il y a quelques semaines car tu ignores totalement ce qu’est la comptabilité . Pour le côté bourgeois, tu confonds avec les experts-comptables, profession libérale à ce jour lucrative mais qui va souffrir si le nombre des procédures collectives en France continue à augmenter : une boite qui coule, c’est un expert-comptable qui perd un contrat.
        – Chercheur en finance (sic) et publicitaire : tu voulais réorganisation de l’économie : pas besoin de l’IA pour fermer les bourses et interdire la pub.
        – Investisseur : là c’est le pompon : l’IA qui trouverait des ressources pour monter une usine ? Quelles ressources, où les trouve-t-elle ? Dans quel monde vis-tu ? Si tu veux parler réorganisation des moyens de production, intéresse toi d’abord sérieusement aux conditions de production. Les investisseurs sont des parasites dont on peut très bien se passer pour produire.
        La question est politique : pour faire simple capitalisme ou communisme ; l’IA ne change rien au problème.
        « C’est qu’elle commence à maîtriser le sarcasme cette coquine » : non, elle est nulle, vraiment pas drôle.

        • #88093 Répondre
          Ourson
          Invité

          Cette fois, c’est un humain (moi) qui répond :
          Je trouvais amusant de copier-coller la réponse de l’IA sur un post qui la concerne, mais je suis plutôt d’accord avec toi. Voici mon analyse, basée sur mon expérience personnelle d’ex-caissier boursier devenu ingénieur (sur le papier) après l’échec d’un projet entrepreneurial.

          J’avais déjà remarqué, avant même l’arrivée de ChatGPT, que bon nombre de mes supérieurs – souvent issus des classes bourgeoises – pourraient être remplacés par un simple tableau Excel, voire une feuille de papier et un stylo. Ce n’est pas une idée farfelue : des sociologues décrivent très bien ce phénomène.
          Avec l’arrivée des IA, ces « supérieurs » deviennent encore plus remplaçables. De nombreuses activités traditionnellement bourgeoises sont aujourd’hui sérieusement menacées, quelle que soit la profession : encadrer, diriger, planifier, facturer, légiférer, acheter, commercialiser, etc.

          Et il faut l’admettre, même les ingénieurs, bien que paupérisés mais rarement prolétaires, sont eux aussi en danger. Si je ne peux pas parler du métier de bâtisseur de ponts, je peux témoigner qu’en ingénierie logicielle, les machines nous concurrencent très sérieusement. L’avenir de professions aussi complexes que la médecine semble également remis en question.
          En reprenant les termes de Frustration Magazine, on peut raisonnablement affirmer que les jours de la « sous-bourgeoisie », telle qu’on la connaît, sont comptés. Pas ceux de ceux qui tirent des palettes, posent du placo ou changent les couches de nos mamies.

          Il reste cependant les « vrais bourgeois » : les possédants, les chefs d’entreprises, les patrons. L’IA ne va pas se charger de renverser cette classe par magie. Cela dit, le chaos et les opportunités qu’elle génère pourraient offrir au prolétariat une chance de reprendre l’initiative. Comment ? Je l’ignore encore. Mais c’est précisément pour cette raison que la gauche devrait s’emparer rapidement de cette question. Elle doit réfléchir à des usages collectifs et bénéfiques de l’IA, non seulement pour réinventer les modes de production, mais aussi pour en reprendre une part de contrôle.

          D’un point de vue personnel, ChatGPT m’a permis de réaliser de nombreux projets dix fois plus rapidement qu’il y a cinq ans. Je ne vois pas comment un tel outil ne pourrait pas être un atout puissant pour le prolétariat – à condition d’avoir les bonnes réflexions, et de prendre les bonnes mesures pour s’en saisir.

          • #88128 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            Je réagis à « Bref, les bourgeois sont NOT ready, naturelle sera la sélection » à la suite de la réponse de Christophe :
            .
            –1 : Le mot « bourgeois » utilisé de façon trop fourre-tout et imprécise (je me réfère à la liste de métiers donnée plus haut) ne donne à mon avis pas de clé de compréhension concrète sur les savoirs-faire de production. Si « bourgeois » = plutôt bien gagner sa vie voire plus et avoir fait des études, le terme est presque inutile pour penser pertinemment le problème. Mais puisqu’il s’agit de répondre, je vais utiliser le terme dans ce sens là tout le long et l’on en verra les conséquences.
            .
            –2 : L’une des opérations les plus dangereuses, et je pèse mes mots, consiste à prendre un peu trop les « bourgeois » pour des cons et des incapables. C’est bien vrai que leurs représentants télévisuels nous y incitent, tout aussi vrai qu’existent des formes spécifiquement bourgeoises de bêtise (dont certaines furent patiemment décortiquées par le maître des lieux). Mais une supériorité intrinsèque du « prolétariat » sur la « bourgeoisie » en matière de maîtrise de l’outil de production, surtout si l’on parle de haute technologie ? Gros doigt dans l’œil.

            Une analyse matérialiste de ces questions tient sur deux jambes : 1/ l’habituel problème de la propriété et du pouvoir politique sur l’outil de production (on passe) ; 2/ celle de la maîtrise concrète non pas seulement de l’utilisation de l’outil (et pourtant c’est déjà bien !) mais aussi de son fonctionnement interne. La raison pour laquelle ce sont en fait plutôt des « bourgeois » qui maîtrisent le comportement profond de ces outils est qu’il faut souvent avoir fait pas mal d’études, ce qui est structurellement défavorable aux classes populaires dans les conditions présentes. Et je raffine tout de suite ce propos très vague : faire « beaucoup d’études » ne suffit pas du tout, il faut se spécialiser sur ces questions, sinon c’est du vent. Un BAC +8, +12 ou +48 en maths, ingénierie, recherche en biologie ou je ne sais quoi ne donne que peu voire pas de maîtrise effective de l’outil de production « IA » ou autres millions de types d’algos tant que l’on ne s’y penche pas très sévèrement (on parle en années). Je prends mon exemple : je code professionnellement, je fais de la physique et des maths puis de l’informatique depuis 15 ans après le BAC et la liste des sujets techniques sur lesquels je me sais ignorant et complètement dépendant des autres y compris sur des sujets connexes aux miens est infinie (et l’IA en fait plutôt partie, à ceci près que ma capacité d’adaptation à ces trucs sera bien plus grande que si j’avais été médecin ou boucher). C’est d’ailleurs le principe de toute société avancée à travail divisé, on dépend toujours de techniques que maîtrisent les autres. En ce sens certains marxistes très radicaux n’ont pas tort et sont très conséquents : la seule solution est l’abolition de la division du travail. Sachant qu’elle était déjà profonde sous l’Antiquité et même avant, bon courage (ça ne dispense pas d’efforts constants pour la réduire, efforts essentiels, aucune démocratie, aucun communisme réel n’est possible avec un travail radicalement divisé).

            Tout ça pour dire quoi? Si être « bourgeois » ne suffit déjà en rien à maîtriser vraiment l’outil IA, que dire du « prolétariat » dans toute son étendue? Dès qu’on entre dans le concret de la question on voit bien que le problème est immense.
            .
            –3 : Une analyse qui part donc du principe que l’IA est un outil à tout faire disponible sur étagère, et qui fait fi de toute la question concrète de la maîtrise par les travailleurs de son fonctionnement interne ou encore et surtout des conditions de production de ses données d’entraînement (question vertigineuse, épicentrale), c’est de la pensée magique. Aussi et par parenthèse, les grands spécialistes de ces questions (je ne parle pas des pubards qui sont là pour vendre et que les Laurent Alexandristes appellent spécialistes) savent très bien que les mystères sur le fonctionnement de l’IA et notamment sur ses conditions de convergence sont encore très épais. Dans le monde réel de l’industrie, après une grosse phase de rêves mouillés, les esprits se calment : il y des choses pour lesquelles l’IA marche très bien (et l’on ne sait souvent pas bien pourquoi), d’autres pour lesquelles elle marche aussi bien que ce qu’on fait déjà voire beaucoup plus mal (et l’on ne sait souvent pas bien pourquoi non plus).

            Un « prolétariat » « émancipé par l’IA », à organisation politique équivalente, est un prolétariat dont tous les individus maîtrisent non seulement l’utilisation de l’IA mais aussi son fonctionnement interne. C’est de la science-fiction (puisque ça n’est déjà pas du tout vrai, comme dit plus haut, chez les « bourgeois » eux-mêmes).
            .
            –4 et fin :Christophe disait : « pour faire simple capitalisme ou communisme, l’IA ne change rien au problème ». Si on réduit l’alternative politique à capitalisme/communisme, je suis en fait assez d’accord. L’IA va (peut-être) changer spectaculairement la surface du problème mais pas son fond. Argument simple : la « révolution » IA, quand bien même elle serait techniquement capable de tenir le huitième de ses promesses vantées partout, serait-elle supérieure à la révolution Internet, ou même à la révolution de l’apparition de l’informatique toute entière ? Ça me paraît très improbable, voire insoutenable. Or l’apparition fulgurante de l’informatique et d’internet (rien que ça !) n’a pas changé si fondamentalement le cœur nucléaire du mode de production ni l’existence de stratifications sociales de type capitaliste. Dire que ça n’a rien changé serait stupide mais le capitalisme a simplement muté, la bourgeoisie s’est renouvelée, déstructurée-restructurée, le prolétariat aussi, etc… J’ai l’impression que ton post porte davantage à se réjouir d’un renouvellement à venir de la bourgeoisie que d’une émancipation du prolétariat — ceci étant dit, en régime capitaliste, un renouvellement de la bourgeoisie en partie « par en dessous » est toujours préférable à l’encrassement aristocratique, certes…
            Tout ça étant dit, en aucun cas je ne prône le désintérêt de l’IA, d’internet ou de n’importe quoi d’autre : toute question politique mise à part, plus on est dépendant des techniques des autres plus notre émancipation est précaire, ça reste un principe général et vrai. C’est aussi stupide de se croire formidablement malin en ignorant l’IA que de se croire grand critique de ciné en ne voyant que des films des années 60. Je suis bien d’accord.
            .
            –Appendice sur les « chefs de projet » (je précise que je ne suis « chef de projet » en aucun sens du terme, je ne défends pas ma paroisse). Ce terme est devenu un fourre-tout managérial pour faire croire à n’importe quel prolétaire diplômé qu’il est chef alors qu’il n’est chef que de sa bite et de son couteau (et par là je ne veux pas nécessairement dire que son boulot est bullshit, mais bien sûr ça existe, beaucoup, cf. Graeber etc…). Souvent, « travailler seul sur un projet » = « chef de projet », c’est dire le niveau d’indétermination du « concept ». Concernant les vrais chefs de projet, on en trouve bien sûr qui n’apportent pas grand-chose voire rien (mais c’est un argument réversible, on peut en trouver dans tous les métiers, la différence non négligeable étant qu’un chef de projet bidon gagnera parfois trois fois plus qu’un ouvrier bidon). On trouve pas mal de chefs sangsues rompues au « micro-management » et au macro-cassage-de-burnes. En revanche un chef de projet ne serait-ce que « normal » a une fonction essentielle qu’on ne pointe pas assez et qui est éminemment concrète par ricochet : il est là pour s’occuper de tout ce dont le travailleur technicien qui est en dessous n’a rien à foutre, il est là pour permettre au travailleur… de travailler. Car toute production complexe à travail divisée a besoin de coordination (Framont en parle dans ses dernières interventions et merci à lui pour cette parole située), et la complexité on y arrive très vite, même pas besoin de parler de la production d’une bagnole. Pas de chef de projet = c’est les travailleurs techniques qui doivent gérer eux-mêmes la coordination = beaucoup moins de temps pour… le travail « matériel » (codage, usinage, peu importe). Tout ça n’exclut en aucun cas toutes les pathologies possibles du management décrites mille fois par ailleurs, dans l’industrie, dans le médical, etc… Tout ça n’exclut pas non plus la bureaucratie privée parfois/souvent tentaculaire (notamment pour les appels à projets ou la captation d’aides d’Etat au secteur privé, qui comme on sait sont énormes), bureaucratie qui alimente bien des emplois du temps de chefs de projets, c’est bien vrai. Mais croire que l’IA va faire disparaître les chefs de projets, mon dieu, certainement pas. On leur demandera surtout de faire plus en autant de temps.

            • #88134 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              Merci IGY et Christophe M pour ces développements intéressants.
              _
              Je corrige néanmoins IGY sur un point. Tu dis : « alors qu’il n’est chef que de sa bite et de son couteau« .
              Je te renvoie au sketch de Blanche Gardin qui décrit l’aliénante, la terrible, l’horrible situation de l’homme à l’égard de sa bite : son statut d’homme à ses propres yeux repose sur le devoir de gouverner la bandaison d’un organe qui ne dépend pas totalement de sa volonté!!

            • #88139 Répondre
              Oscar
              Invité

              Les « conditions de production de ses données d’entraînement ». Où il y aura besoin de petites mains qui entraîner certaines IA. (pour ma part avec chef de projet indisponible, management par le vide. On s’accroche! )

            • #88140 Répondre
              Comité des Faits et de la Justice
              Invité

              “En ce sens certains marxistes très radicaux n’ont pas tort et sont très conséquents : la seule solution est l’abolition de la division du travail. Sachant qu’elle était déjà profonde sous l’Antiquité et même avant, bon courage (ça ne dispense pas d’efforts constants pour la réduire, efforts essentiels, aucune démocratie, aucun communisme réel n’est possible avec un travail radicalement divisé).”
              .
              Sachant que cette division du travail on retrouver la singularité des sujets et de leurs désirs, abolir cette division du travail implique d’abolir la singularité des sujets et de leurs désirs et ça ne peut pas avoir grand chose à voir avec le communisme ce genre de conneries sauf si on est du genre à croire que Staline et Mao étaient deux fiers représentants du communisme réel.
              .
              Sinon François est un crétin en vrai, tu ne peux pas le penser car pour le penser il faudrait que tu sois capable de penser mais dans le genre couillon qui s’imagine avoir la science infuse car il était premier de la classe le François fait clairement office de maître étalon.

              • #88147 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                @Emile très bien vu, je suis allé trop vite. Mais comme disait Kant, on doit pouvoir vouloir (Fondements de la métaphysique des mœurs, deuxième section). N’est-ce pas…
                .
                @Oscar tout à fait, j’incluais ça là dedans (bon courage!). Ça et tout un tas d’autres choses : d’où viennent les données, quelle est leur forme-contenu (issue du « réel » physique? Si oui, appréhendé selon quelles catégories/concepts plus ou moins généraux (théorie « bas-niveau » ou « haut-niveau »)? Issues de simulation comme c’est de plus en plus la mode? Si oui quel est leur degré de fiabilité, selon quelle méthode? Issues de textes? Mais quels textes et qui a forgé les catégories utilisées dans ces textes et comment?)
                .
                @Comité la singularité de l’individu ne se réduit pas à la division du travail puisque l’individu ne se réduit pas à son travail, entendu au sens de valorisation d’un capital privé ou publique (deuxième croyance qui a pu avoir cours chez certains « communistes », oui, ou qui a encore cours chez des « libéraux » aujourd’hui). Quoiqu’il arrive je ne crois pas à l’abolition complète de la division du travail. La sur-spécialisation monotâche est juste le cancer de la division radicale du travail, qu’il soit manuel ou intellectuel : c’est l’abolition de la vie même.

                Concernant la partie sur François : « à tes souhaits ».

                • #88171 Répondre
                  Comité des Faits et de la Justice
                  Invité

                  I.G.Y: Compte tenu de l’importance du travail dans une vie, je ne suis pas sûr que ce soit complètement déconnant de réduire cette histoire de désir et de singularité du sujet à son travail dès lors qu’il est question d’économie. Ce n’était pas mon propos mais ça ne change rien au fait que la bêtise que tu me prêtes se défend plutôt bien.
                  .
                  « Quoiqu’il arrive je ne crois pas à l’abolition complète de la division du travail. »
                  .
                  Ce n’était pas le sujet, le sujet c’était que le communiste qui voudrait abolir la division du travail au nom de l’émancipation du prolétariat n’a rien de conséquent contrairement à ce que tu prétends puisque cette division du travail est d’abord le reflet de la diversité des individus. Comprendre que quand je creuse un peu l’histoire de la céramique je croise pas mal de femmes sur Youtube qui discutent de leur activité et il y a un point qui revient régulièrement, c’est qu’elles ont du mal à se vendre. Autant ça leur est naturel de faire de la vaisselle autant quand il est question d’aller emmerder des restaurateurs pour trouver des clients elles sont moins à l’aise. D’autres par contre seraient incapables de faire quelque chose de leurs deux mains mais ils sont tout à fait l’aise dans le rôle du commercial donc idéalement on partage les tâches, idéalement le commercial va chercher des affaires et en échange la nana qui fabrique sa vaisselle va lui filer une part de son chiffre d’affaire pour le remercier des affaires que le commercial rapporte. Et à ce titre la division du travail n’a rien d’un mal en soi, le fond du problème c’est plutôt du côté du partage de la valeur ajouté qu’il se trouve et accessoirement de la place qu’on fait aux désirs de ces prolos qui en l’état sont obligés de trimer pour des misères afin de te permettre de profiter du confort de ta petite vie de petite bourgeois.
                  .
                  Pour rappel c’est des questions d’ordre économique tout ça et jusqu’à preuve du contraire j’ai des bases plus solides en physique que toi en économie donc respecte toi un peu et fait l’effort de comprendre ce que je te dis.

                  • #88181 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Je ne comprends même pas de

                    • #88186 Répondre
                      Comité des Faits et de la Justice
                      Invité

                      I.G.Y : Soit il manque une partie du message soit t’es vexé donc je patiente.

                      • #88192 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Vexé ça ne risque pas.

                        Je disais donc : je ne comprends même pas de quoi tu parles (« la bêtise que tu me prêtes » : hein? Il y a de la bêtise partout, prolos ou bourgeois, il n’y a pas de « bêtise de toute une classe », mon propos est justement de dire qu’il est ridicule de croire les prolos « intrinsèquement » meilleurs au même titre qu’il est ridicule de croire les bourgeois « intrinsèquement » meilleurs, ça ne veut rien dire, c’est abstrait, ça ressemble à du michéisme radicalisé). Toi en revanche tu te prêtes explicitement des compétences supérieures aux miennes en économie, je note (comme j’y ai passé quelques années je ne risque pas de me vexer).
                        .
                        Ta réponse confirme au contraire que j’avais très bien compris ce que tu disais et qu’il y a désaccord sur des présupposés (et tu interprètes ces désaccords comme une infériorité de mes connaissances en économie et un manque de respect pour moi-même, parfait).

                        Revenons donc au « sujet » qui était « puisque cette division du travail est d’abord le reflet de la diversité des individus ». C’est amusant parce que dans ce que tu dis être « le sujet » (c’est bien ta phrase), j’ai un point d’accord partiel avec toi et qui était précisément la raison pour laquelle je disais que « de toute façon je ne crois pas à l’abolition complète de la division du travail ». Phrase dont tu dis qu’elle n’est pas « le sujet ». Donc on en conclut que c’était bien tout à fait le sujet, et qu’en plus on est en fait en partie d’accord : tu t’inventes une adversité, pourquoi pas.

                        Le désaccord qui reste, car il en reste un, est sur l’interprétation des marxistes radicaux (sauf que je le répète encore, ça n’est pas la mienne, donc pas la peine de me répéter que ça ne marche pas). Là où je dis et redis qu’ils sont conséquents, c’est qu’en effet une société sans travail divisé, où tout le monde est capable de produire tout ce dont tout le monde a besoin (tout en faisant des rotations de tâches car tout le monde ne peut pas tout faire en même temps), une telle société réduit drastiquement toute possibilité de domination et de prolétarisation. Mais s’ils sont conséquents jusqu’au bout, ils verront très vite qu’une telle société devient impensable dès lors qu’il y a les moindres tâches un peu complexes (je l’avais déjà dit mais je me répète). Donc ils sont conséquents mais c’est complètement abstrait et idéaliste. La déprolétarisation passe en partie par une réduction de la division du travail (c’est évident, puisque travail divisé = dépendance) mais pas que, par mille autres choses. Mais je rappelle que « le sujet » principal était l’IA, cette histoire de division du travail est venue en second (même si je pense que c’est essentiel), c’est toi qui en fait « le sujet ».
                        .
                        Aussi, tu m’expliques le principe du partage des tâches comme si je ne connaissais pas la vie, ma propre vie même, et comme si je n’avais pas déjà écrit tout ça dans mon post notamment dans la partie consacrée à la coordination (mais tu n’avais peut-être pas lu, tout est pardonné). Mais maintenant que je sais ce qu’est le partage des tâches je vais gagner du temps, ça m’évitera d’encore forer moi-même le silicium en Chine quand mon téléphone tombe en panne. Merci pour ça

                      • #88195 Répondre
                        Comité des Faits et de la Justice
                        Invité

                        I.G.Y: « la singularité de l’individu ne se réduit pas à la division du travail puisque l’individu ne se réduit pas à son travail »
                        .
                        C’est à ce passage que je fais référence quand j’évoque la bêtise que tu me prêtes puisque je n’ai pas présenté les choses de cette façon même si je prétendais dans la réponse que je te faisais que ça me semblait défendable une telle réduction lorsqu’il est question d’économie.
                        .
                        « hein? Il y a de la bêtise partout, prolos ou bourgeois »
                        .
                        Du coup ça on peut le balayer d’un revers de main car ça n’a aucun rapport avec ce que je raconte.
                        .
                        « Toi en revanche tu te prêtes explicitement des compétences supérieures aux miennes en économie, je note (comme j’y ai passé quelques années je ne risque pas de me vexer). »
                        .
                        Bah oui et très franchement je ne vois pas où est le problème. Ce n’est pas comme si ce que tu nous racontais dans le coin pouvait pousser à croire que tu serais en mesure de m’expliquer comment l’offre et la demande se couplent pour donner corps à ce truc qu’on appelle un marché. Si je me trompe tu peux me détromper, moi ça ne me dérange pas. Je veux dire que moi je suis du genre à trop aimer avoir raison pour refuser de reconnaître mes torts donc quand l’autre me monte la limite à raison je dis merci car j’aime bien le goût de l’humiliation.
                        .
                        « (c’est évident, puisque travail divisé = dépendance) »
                        .
                        Bah non, ça rien d’évident. Enfin si, le fait que le travail divisé et la dépendance font système c’est quelque chose qui ne se discute pas mais l’idée que l’émancipation passerait par le fait de devenir une île autosuffisante qui n’existe que par et pour elle même n’a rien d’une évidence. Du coup tu défends ça comment? Parce que moins d’une confusion grossière entre l’aliénation et la dépendance ça n’a pas tellement de sens de présenter les choses comme tu le fais.
                        .
                        « Mais je rappelle que « le sujet » principal était l’IA, cette histoire de division du travail est venue en second (même si je pense que c’est essentiel), c’est toi qui en fait « le sujet ». »
                        .
                        Je suis au courant mais moi je réagis au passage qui voudrait me faire croire que ce serait conséquent de se prétendre communiste quand les positions qu’on défend ne visent pas l’émancipation du prolétariat mais la négation de la singularité du sujet. Donc ouais, dans le cadre de ma petite réflexion le sujet n’est pas l’IA mais le ridicule de ton affirmation. Ridicule qui se redouble par là:
                        « Donc ils sont conséquents mais c’est complètement abstrait et idéaliste. »
                        .
                        Parce qu’il était question de communisme réel dans ton post et que le communisme réel ne peut pas être une abstraction idéaliste.
                        .
                        « Aussi, tu m’expliques le principe du partage des tâches comme si je ne connaissais pas la vie (…) »
                        .
                        Ouais, je te rappelle l’évidence pour souligner le fait que tes communistes à deux balles n’ont rien de conséquent puisqu’ils ne proposent rien qui va dans le sens d’une émancipation du prolétariat. Je me répète mais t’as du mal à le comprendre donc c’est peut être nécessaire.

                      • #88206 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « Parce qu’il était question de communisme réel dans ton post et que le communisme réel ne peut pas être une abstraction idéaliste. » :

                        ben oui, raison pour laquelle j’ai parlé de « certains marxistes radicaux » (que j’estime idéalistes), et raison pour laquelle j’ai dit qu’aucun communisme réel n’était possible dans une économie à travail « radicalement divisé » (je n’ai pas dit « à travail divisé » et c’était fait exprès pour anticiper ce genre d’objection). Et je répète que la division radicale du travail est un cancer car elle rend bête (bourgeois ou prolo) et est un frein à l’émancipation. Un des freins, mais un gros frein, je maintiens. Et j’y reviendrai ensuite.

                        Concernant le « ridicule de mon affirmation », ça n’est donc pas « mon » affirmation donc tout va bien. Et je signale que certains communistes sont « vraiment » conséquents dans le sens où ils prônent (et pratiquent) un retour à un mode de vie incroyablement sommaire et dé-technicisé, dans lequel une réduction gigantesque de la division du travail existe, réellement. Ça me paraît sain de leur rendre justice, je ne les visais pas eux (plutôt certains propos que j’ai pu entendre autour d’auteurs qui ont eu une certaine influence comme Anselme Jappe). Il ne t’a pas échappé que les visions du communisme étaient assez variées.
                        .
                        « Bah non, ça rien d’évident » travail divisé = dépendance.

                        Là c’est important. J’ai spécialement voulu éviter d’utiliser le mot aliénation pour ne pas rentrer là dedans avec des grands mots. Il y a toujours une forme d’aliénation quand on est dépendant de quelqu’un pour quelque chose, ça découle de la définition.

                        Aussi je n’ai jamais défendu le fait qu’une île autosuffisante était la garantie de l’émancipation (un individu sur île autosuffisante n’est pas nécessairement « autonome » autant qu’on puisse l’être, il peut même être foutrement dominé). Je répète : j’ai dit qu’une division trop radicale du travail où chacun fait son petit truc de son côté et perd complètement la maîtrise de ce que font les autres est la garantie d’une émancipation précaire/fragile voire d’une absence d’émancipation tout court (la division actuelle du travail est déjà trop radicale). Et comme je l’ai détaillé, moi-même qui connais pas mal de choses en informatique je suis nécessairement à la merci des savoirs des autres sur ce terrain comme sur plein d’autres. Et c’est pour ça qu’une vision non-idéaliste ne peut pas se contenter de dire que les prolos vont tous s’émanciper par l’IA et niquer les bourgeois, ce qui je rappelle était la problématique à laquelle je répondais (j’ai l’impression qu’en réalité tu fais plus d’objections au post d’Ourson qu’à moi).

                      • #88339 Répondre
                        BIOGRAPHIE
                        Invité

                        “Il y a toujours une forme d’aliénation quand on est dépendant de quelqu’un pour quelque chose, ça découle de la définition.”
                        .
                        J’avais pris le temps de répondre mais comme il y avait des liens dans la réponse ça ne passait pas et je suis passé à autre chose. Reste que j’aimerais bien savoir où tu as vu jouer qu’une relation de dépendance implique nécessairement de l’aliénation car c’est la première fois que je lis une telle chose.
                        .
                        “Charles Melman – Bonsoir. Première question : que peut-il bien y avoir de commun entre l’économie psychique et puis l’économie sociale et politique ? Je vois qu’on se frotte le menton dans un état de perplexité avancé. Je dirais que ce qu’il y a de commun, c’est que les règles de l’aliénation y sont identiques. Voilà une assertion audacieuse de ma part que je vais essayer de faire valoir.”
                        https://ephep.com/revue/charles-melman-avec-presence-pguyomard-inconscient-est-politique-1-transcription
                        .
                        Il était psychiatre, il était un “vrai” psychanalyste et même si j’ai le souvenir que la suite est consternante ça ne change rien au fait qu’il avait quand même raison. Et ce fait en implique un autre, c’est que l’aliénation qui intéresse le communiste elle se joue dans le renversement qui conduit à présenter le travailleur comme un demandeur d’emploi a un gentil patron qui lui offre un emploi, emploi sans lequel le travailleur est quantité marginale et inutile, là où la science économique présente le travailleur comme l’offre et le patron comme la demande. Qu’est ce que ça change concrètement? Ca change que si je me vis comme dépendant du patron et que je crois que je suis rien à défaut d’avoir un emploi alors je m’estime heureux d’avoir trouvé un emploi et je me laisse exploiter docilement là où si je suis conscient de ma véritable force, si je suis conscient de la place que j’occupe dans l’histoire, je suis susceptible de faire comprendre au patron que si il a vraiment besoin de moi il va falloir faire un effort sur le montant du salaire.
                        .
                        Disons qu’on remet les choses en place, disons que demain on vit dans un monde dans lequel le patron se vit comme la demande, et donc dépendant du bon vouloir du travailleur, est ce qu’on peut prétendre que le patron est aliéné au travailleur? Pas vraiment, pour qu’il y ait aliénation il faut se nier au profit d’un autre, il faut renoncer à une part de soi et se soumettre au délire du prétendu dominant. L’aliénation c’est l’esclave qui se vit comme l’objet du maître et l’émancipation c’est quand l’esclave prend conscience que le maître dépend de lui et qu’il se donne le droit de ramener le maître sur terre, c’est quand on passe de l’objet au sujet.
                        .
                        “(j’ai l’impression qu’en réalité tu fais plus d’objections au post d’Ourson qu’à moi).”
                        .
                        A la base je me contente de réagir à ton histoire de communisme réel soit disant conséquent et vis à vis d’Ourson je me dis qu’il faudra voir dans quelques mois, quand il sera redescendu sur terre et qu’il aura fait la part des choses. Parce que là Ourson il est tout excité et il est tout excité car il prend la mesure de tous les possibles qui s’ouvrent à lui grâce à cette histoire et même si je doute que l’IA, du moins dans sa forme actuelle, change quoi que ce soit aux rapports de forces qui structurent l’économie, je crois que ça peut changer quelque chose aux rapports de forces qui structurent sa psyché et le conduire à devenir le patron de gauche qu’ils nous invitent à devenir donc autant le laisser rêver puis lui faire confiance pour en revenir à une vision moins naive de l’affaire.

                      • #88351 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je sens qu’on risque de partir dans un débat plus abstrait (mais intéressant) qui s’éloigne du sujet de base (je rentrerai encore tard ce soir, tant pis…). D’autant que l’essentiel de ce que je voulais dire à propos du réel concret découle des exemples « en situation » que j’ai donnés, on s’écharpe sur cette histoire de « communisme conséquent » minoritaire que j’ai taxé d’idéaliste : il est conséquent au sens purement logique du terme (c’est une acception légitime et précisément définie de la conséquence) à tel point qu’à mon avis il se noie dans l’abstraction. La seule chose que je défends, maintiens et martèle est qu’aucun communisme réel (donc imparfait mais-pas-trop-imparfait-non-plus) n’est possible dans une société à travail aussi divisé et « siloté » que la nôtre. La fin de la division du travail est une illusion mais agir de sorte qu’on la réduise est une nécessité (la division radicale du travail réduit la sensibilité, elle est un handicap sensible).
                        .
                        Mais allons rapidement dans ledit débat. Comme toujours le « dissensus » a lieu à cause de l’acception d’un terme, en l’occurrence « aliénation ». Terme hyper polysémique dont je ne dis pas que mon acception, qui n’est cependant pas de mon petit cru personnel, est meilleure que la tienne mais elle est manifestement un peu différente.

                        Je ne l’utilise tout de même pas dans un sens purement juridique originel (cession de propriété et de droit juridique) mais dans le sens un petit peu élargi et qui me paraît assez bien résumé par l’intro de wikipédia : « dépossession de l’individu, c’est-à-dire la perte de sa maîtrise, de ses forces propres au profit d’un autre (parent, individu, groupe ou société en général) ». On peut trouver d’autres définitions dans les dictionnaires qui s’approchent. En essayant de faire bref et prenant la chose par la négative, l’absence radicale d’aliénation est il me semble l’auto-nomie (se donner à soi même ses propres lois). L’autonomie parfaite est une fiction et ça va sans dire (tout autant que l’aliénation zéro). Mais si l’on reste dans le « réel » il y a nécessairement une perte d’autonomie, une cession à autrui de la maîtrise de quelque chose dès lors qu’on est dépendant matériellement de cet autre. On peut (et on doit) compenser ce fait par une meilleure organisation politique, mais dans le réel concret et hors de toute abstraction idéale le fait matériel reste. Raison pour laquelle je dis qu’une économie à travail radicalement divisé ne peut qu’être éloignée d’un communisme réel, puisque l’autonomie réelle de l’individu, matérielle, est extraordinairement précaire car hyper-dépendante de rapports de force dans la production qui lui sont très extérieurs. Et histoire clarifier encore mais on l’aura compris, ce que j’entends par « communisme réel » (même imparfait, imparfait car réel) vise une plus grande autonomie de l’individu, pas simplement de la « société ».

                        En somme, une société communiste à travail radicalement divisé est pour moi une abstraction car elle fait fi des rapports de force réels dus aux énormes interdépendances matérielles — tout autant une abstraction qu’une société communiste à division du travail totalement abolie. Cette division radicale couve une perte radicale d’autonomie et ne peut que se payer par un retour de l’aliénation au sens ou tu l’entends (patron employeur, ou du moins dominant dominé). Une société à travail radicalement divisé regorge d’aliénation au sens où je l’entends, qui fait le lit immédiat dans la réalité de l’aliénation au sens où tu l’entends. Voilà une tentative de résumé final.

                        Tout ceci étant dit je ne conteste pas du tout l’utilisation que tu fais du terme aliénation, qui désigne quelque chose de bien réel. Évidemment.

                  • #88262 Répondre
                    Christophe M
                    Invité

                    Petit chef-d’oeuvre de connerie de la part de CFJ. La division du travail ce n’est pas le partage des tâches. Si la céramiste dont tu parles maîtrise l’intégralité de son cycle de production, de la matière première au produit fini, il n’y a aucune division du travail. Que cet artisan ne commercialise pas lui-même n’y change rien ; il y a d’un côté la sphère de la production et d’un autre côté la sphère de la commercialisation. Pour parler de division du travail, il faut qu’elle ait lieu dans une même sphère : si quatre personnes interviennent pour la production d’une même cruche (façonnage, cuisson, vernissage, décoration), là on parler de division du travail. Si ta céramiste ne fait pas elle-même sa compta mais la confie à un cabinet comptable, on ne parlera de division du travail.
                    Impressionnantes tes bases en éco.

                    • #88324 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Merci Christophe
                      Je crois que moi non plus j’étais pas très claire sur le sujet ; je n’arrivais jamais à «  clore « les interconnexions qui limitent la production avec l’impression parfois que si on tire c’est sans fin

                    • #88335 Répondre
                      BIOGRAPHIE
                      Invité

                      Christophe M: https://fr.wikipedia.org/wiki/Division_du_travail
                      .
                      Ne te prive pas de réécrire la page wikipedia consacrée à la division du travail car manifestement ce monde a besoin de tes lumières.

            • #88398 Répondre
              Ourson
              Invité

              Merci pour tes précisions I.G.Y
              Je vais essayer de bricoler des réponses pour chaque de tes points :

              1- Je sais que cette conception de la bourgeoisie est plutôt contestée ici, mais je fais en fait référence à la classe que Frustration Magazine appelle la « sous-bourgeoisie » : celle qui encadre, qui permet d’appliquer le pouvoir de la bourgeoisie sur le prolétariat. D’autres aimeront à les appeler les bureaucrates, d’autres les « petit-bourgeois ». Ces gens-là gagnent à priori bien leur vie et ont fait des études, mais on peut imaginer que le gérant d’un petit restaurant qui marche birn fasse partie de cette catégorie aussi, en dépit d’un CAP comme unique diplôme

              2- Je rejoins ton analyse si on parle d’un monde « pré-IA » : la maîtrise concrète de l’outil de production passe par tout un tas de métiers typiques de la sous-bourgeoisie qui exigent un certain savoir-faire technique, obtenu dans les écoles et dans l’expérience professionnelle. Le juriste qui rédige des CGU/CGV et fait des audit RGPD, le marketeux qui doit optimiser les différents canaux d’acquisition, l’architecte logiciel qui doit assurer la livraison d’un logiciel de suivi comptable, etc.
              Dans un monde post-IA : tous ces métiers pourraient potentiellement être remplacés par un seul outil, qui ne demande pas tant de maîtrise que ça, dans la mesure où cet outil peut t’expliquer lui-même comment procéder. Maîtriser le fonctionnement interne est une autre paire de manche certes, mais je ne pense pas que ce soit requis. Les cadres utilisent des tonnes d’outils dont ils ne connaissent absolument pas le fonctionnement interne. Je bosse dans le milieu informatique, et je connais à peine les mécanismes sous-jacents de Linux que j’utilise à longueur de journée, ça ne m’empêche pas de produire.
              L’outil IA est bien plus accessible pour n’importe quel prolo que de reprendre des études pour obtenir un bac+5 dans tel ou tel domaine de pointe, en espérant trouver un boulot derrière pour affiner les compétences. Mais il faut qu’il y ait un minimum d’éducation populaire sur ce sujet, et je pense que la gauche a un rôle à jouer.

              3- Une fois de plus, même si – je l’admets – l’IA ne va pas automatiquement émanciper le prolétariat comme par magie, je ne vois pas pourquoi son utilisation devrait impliquer une maîtrise de son fonctionnement interne.
              Dès aujourd’hui en 2025, si 5 prolos souhaitent monter une boîte, ils peuvent :
              – Générer un business plan et une étude de marché
              – Assurer toute la paperasse (factures, devis, statuts, documents juridiques…)
              – Optimiser les processus
              – Aider et automatiser la production
              – Former
              – Sourcer des infos rapidement (fournisseurs, financements)
              – Aider à la gestion des plannings, des tâches, des salaires…
              – Communiquer
              – Etc
              Si les prolos en question produisent des biens « immatériels », l’IApourrait déjà leur permettre de faire un x10 sur leur productivité
              Le tout sans maîtrise de tous les algos complexes sous-jacents à l’IA

              4- Je vois l’IA comme une « technologie de remplacement », une technologie qui a vocation à permettre à une personne de faire seule le boulot de plusieurs personnes voire plusieurs dizaines de personnes avant l’avènement de la technologie en question. C’est loin d’être la première, ni même la plus intense.
              Pour prendre d’autres exemples : l’agriculture, la machine à vapeur, l’automobile, l’électricité, l’industrie de manière générale. Effectivement, ces technologies n’ont pas remplacé le capitalisme, en revanche : elles ont contribué à une plus grande émancipation de la population globale (si un ouvrier français peut aujourd’hui manger à peu près à sa faim et vivre au chaud, c’est grâce aux luttes, mais aussi grâce aux technologies qui le permettent… et peut-être aussi grâce à l’exploitation des pays du sud global).
              Ces technologies n’étaient pas à la portée de tous, il fallait être un bourgeois pour en jouir, car leur acquisition exigeait certaines connaissances ou un investissement de départ.
              Selon moi, l’IA ne présente même pas le même potentiel de « remplacement » que les technologies que j’ai citées, mais la grosse particularité, c’est que cette fois-ci n’importe qui peut utiliser ce potentiel de remplacement avec une connexion internet à 20€par mois

            • #88433 Répondre
              Ourson
              Invité

              Et pour reprendre un de tes exemples : pour moi internet n’a pas « vocation » à permettre de produire plus, malgré ça, ça a permis à tout un tas de gens de pouvoir bosser et vivre sans se faire exploiter par une certaine bourgeoisie

              • #88434 Répondre
                Ourson
                Invité

                Tout comme l’informatique au sens large *
                ça offre un plus gros potentiel d’émancipation au prolétariat

                • #88502 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  « Les cadres utilisent des tonnes d’outils dont ils ne connaissent absolument pas le fonctionnement interne […] » :

                  tout à fait juste. Il n’empêche que cette utilisation d’outils dont on ne maîtrise rien est toujours à la merci de rapports de force de production dont on ne maîtrise pas grand chose non plus (là on retouche au problème politique) : exemple parmi d’autres, oui 90% des gens se servent de Windows ou de Chrome et font plein de trucs avec dont je ne nie pas qu’ils peuvent être émancipateurs, il n’empêche qu’ils sont (et moi avec eux, alors même que je ne suis pas un manche total en informatique) d’une certaine façon à la merci de Microsoft et Google, en dernière analyse comme dirait l’autre. Le cas de Linux est un peu différent je suis d’accord (mais on pourrait rejeter le débat un cran plus loi, sur l’architecture des réseaux etc…). Et je pense, on en revient à ce que je disais ailleurs plus haut, que même si Google et Microsoft étaient socialisés, un gros problème d’écart entre les groupes qui maîtrisent la tambouille interne des outils dont tout le monde dépend et ceux qui ne la maîtrisent pas subsisterait. Je pense que maîtriser la tambouille fait partie de l’émancipation (mais on ne peut pas tout faire… surtout dans une société aussi avancée, donc ça reste une « ligne d’horizon » qui doit guider notre manière d’agir).
                  .
                   » je ne vois pas pourquoi son utilisation devrait impliquer une maîtrise de son fonctionnement interne » :

                  oui, et l’on en revient au point du dessus : nous en sommes tous la preuve vivante, nous utilisons des choses dont nous ne maîtrisons pas le fonctionnement interne même dans les métiers dont nous somme spécialistes. Mais il me semble qu’il y a quelque chose d’un peu spécifique dans le cas de l’IA. L’IA ça n’est pas une machine ou un programme comme les autres, disons que c’est un programme beaucoup plus opaque (puisqu’il l’est même assez largement aux créateurs d’algos d’IA). C’est un type d’algos auquel on pose des questions et dont la réponse suit des chemins beaucoup plus obscurs que des programmes plus classiques, même hyper complexes (le problème de « l’explicabilité », pour reprendre le terme utilisé, de certaines catégories très utilisées de ces algos est radical, c’est un sujet qui ne se retrouve pas dans d’autres types de simulations). Donc il s’agit d’algos dont on maîtrise beaucoup moins bien le comportement dans les situations où l’on n’en connaît pas le fonctionnement. Néanmoins pour des tâches assez spécialisées et peu à risque je suis tout à fait d’accord que les algos d’IA peuvent être spectaculaires. Des gens s’en servent pour faire du code et paraît-il que GPT 4 peut-être très fort. Sauf que je peux ici parler précisément de mon cas, de première main : il se trouve que j’ai voulu m’en servir à certains moment pour le code et j’ai constaté que il arrive souvent que ce que GPT retourne ne fonctionne pas. Quand on connaît bien, on arrive (parfois, pas toujours) à finir par faire marcher le truc (parfois très rapidement, parfois moins). Parfois on perd des heures. Et une personne à qui l’on aurait vendu qu’il n’aurait pas tellement besoin de savoir coder et que magic-GPT résoudrait pour lui le problème se retrouverait bien broucouille. J’ai souvent constaté que GPT, sur le versant « génération de texte » et sur des sujets que je maîtrise bien, répond factuellement n’importe quoi avec un aplomb incroyable et que c’est invérifiable pour quelqu’un qui ne connaît pas. C’est un peu le monsieur souriant en costume-cravate qui raconte à un petit de 5 ans que la première guerre mondiale a été déclenchée par les chinois. Par ailleurs GPT peut-être extrêmement impressionnant sur d’autres choses, c’est indéniable.
                  .
                  « si 5 prolos souhaitent monter une boîte […] le tout sans maîtrise de tous les algos complexes sous-jacents à l’IA ».

                  Disons que je répondrais en partie dans le droit fil de ce que je dis au-dessus. Oui, l’IA pourra accélérer des choses, sans aucun doute. Mais typiquement pour un truc hyper-rigoureux comme la compta l’IA me semble peu indiquée (et surtout il existe déjà des logiciels de compta performants que les prolos qui veulent monter des boîtes ou des coopératives peuvent utiliser. Est-ce qu’il en existe des très bons en libre? Bonne question, pas sûr du tout. Et on peut étendre ça à d’autres types de logiciels. Les éditeurs ont tendance à ajouter des plugins d’IA dans leur logiciels, tu as peut-être ça sur ton IDE par exemple si tu codes).

                  Et pour beaucoup d’applications, attention à ne pas trop vite croire à la magie. En revanche il y a certains aspects sur lesquels l’IA pourra peut-être faire gagner beaucoup de temps, sans risque et sans besoin de beaucoup de compétences pour vérifier les conneries de l’IA, c’est la communication (bases de présentations ppt automatiques, bases de textes de com’ à la noix rédigées toute seule et qu’il n’y a plus qu’à corriger/modifier, logos, etc…). Je pense même que c’est déjà en cours. Pour les RH il faut bien voir qu’ils sont déjà bardés de logiciels (de ceux que j’ai vus, je n’en connais aucun personnellement).
                  .
                  « Je vois l’IA comme une « technologie de remplacement » » : oui. Aucun doute qu’elle permettra à certains prolos de gagner (ne serait-ce que précairement) en émancipation, je ne reprocherai jamais à quelqu’un qui cherche à s’émanciper d’apprendre l’IA, le code, au même titre que je ne lui reprocherai pas d’apprendre la cuisine ou le C++. Mais pour ce qui est de subvertir l’ordre social, je dirais que ça sera ni plus ni moins qu’internet : oui internet a permis à des informations de circuler, a permis des révoltes émancipatrices, et de l’autre côté… etc…

        • #88095 Répondre
          Ourson
          Invité

          « Les investisseurs sont des parasites dont on peut très bien se passer pour produire »
          Pour moi le nerf de la guerre, c’est celui-ci. Pas l’IA

    • #87521 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je sais pas trop Ourson
      En pratique j’observe que l’ensemble des progrès informatiques sont plus présents quand je veux commander une fringue
      Que à l’hôpital public
      Un exemple : ils ont dépensé beaucoup d’argent pour la téléphonie : ce sont l’équivalent des Nokia
      Le nouveau logiciel informatique est un briseur de rapidité de réflexion et l’objectif actuel est de virer les secrétaires, les aides soignantes passent plus de temps à valider les tâches qu’auprès des patients
      Si progrès il peut y avoir va falloir regarder qui l’utilise

      • #87527 Répondre
        Different
        Invité

        Alors oui et non. Il a été démontré que sur la base de symptômes donnés + et/ou anamnèse, l’IA est déjà plus performante que les médecins.

        Certes, vous n’en voyez pas encore les effets.

        Comme les individus majoritaires chez les fils d »Hypocrate, dans le vote de droite, ne voient pas qu’ils coupent la branche sur laquelle ils sont posés et en imposent, via leurs bourgeoisie mutée en intelligence/mémoire, fort en stats/ mérité républicain, à la populace.

        A propos de l’IA, on parle souvent des Luddites ou autre.

        Pour bosser carrément en pleine IA, comme les moins déficients d’entre vous l’ont supputé, car je suis Sam le dernier fils vivant, de la Marie, le comptempteur de Bégaudeau, car je lis ses essais, j’ai acheté 7 de ses livres sur Kindle, et pourtant j’aime la SF, j’aime les JV, et j’aime me battre (quand c’est du sport). Ce qui fait bcp à incurgiter pour un petit gars qui a affiné sa tchatche depuis le collège où il aimait déjà à clouer le bec des Patrick Cohen de l’époque. Tu parles trop bien, pour être un penseur François, il faut choisir. TU ne seas jamais qu’un demi-habile (BOurdieu), tant que tu ne consacreras pas 10 heures par jour à la recherche.

        Pour revenir à l’IA, elle remplace les cols blancs comme les machines ls cols bleus hier.

        Ella a déjà au minimum un niveau bac+5 dans toutes les matières, de base. Et peut bcp, bcp augmenter si on la spécialise en un agent de LLM.

        Dans tous les cas, pour vivre du net depuis 1999.

        Pour avoir été un geek avant d’avoir un ordinateur à 17 ans, grâce à la vente de ma Playstation + 10 jeux, + argent de castration du maïs, +eptit pécule ajouté de feu mon GRAND grand-père, je vous le dis ici. L’IA est tout sauf une mode. L’IA va changer tout sur cette planète. Et je ne suis pas ce vieux fou qui annonce apocalypse dans Tintin, je susi réaliste ici.

        Bisous les gros bourgeois du centre-ville de merde, qui, quand ils font de l’aide au clodo, se retrouvent à bénévoler au lieu même où il vivent ces clowns, au centre-ville.

        PS : @begaudeau,n la tangente parle en maths il me semble, en + l’infini de l’espace entre la courbe et sa dérivée, ou un truc comme ça, tu demanderas un éclaircissement à ta copine autour d’un café nantais, j’imagine… (@la gene O)

        • #87578 Répondre
          Claire N
          Invité

          L’objet de ma remarque portait plutôt sur le caractère concret de son utilisation en terme de «  service public « 
          Sinon je comprends pas à qui tu t’adresses dans ce post ni vraiment de qui tu parles ; je saisis quelques truc hargneux contre François ?
          Et un peu un cv libéral winner ?
          Mais diable si tu maitrises l’IA utilise la ici stp

          • #87635 Répondre
            Lumpen 4 Life
            Invité

            Le monsieur te dit, que les medecins, qui ne dérogent jamais à leur réputation, CF ce documentaire de France Culture, ce midi encore (Les Pieds surTerre de Sonia Kronlund, de ce midi : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/entrave-a-l-ivg-6235682) , de FDPs qui se prennent pr des demi-dieux, sont des bourreaux décomplexés, encrassés dans leur certitudes d’être les meilleurs en tous points, erreur fondamentale d’interprétation + effet de Halo, diront les amateurs de psychologie sociale, et de biais cognitifs.

            Ces braves obstétriciens ici présents, torturent littéralement 3 jeunes femmes qui ont voulu se faire avorter, dans les 10 dernières années.

            Et on constate, qu’avant une énième mesure cosmétique, et communicationelle, qui a consisté à mettre le droit à l’IVG dans la constitution.

            Il eu mieux fallu, interdire la clause qui permet encore aujourd’hui aux obsteticiens de refuser de pratiquer une IVG sur une patiente, de l’insulter copieusement, ou de la violenter/vi*l*r, lors de l’examen de « datation »? Une pénétration douloureuse sans prévenir, qu’est-ce?

            Et forcer une personne à regarder battre le coeur d’un BB qu’elle ne peut garder, ça s’appelle comment, sinon?

            PS/ j’écris ici pour ceusses qui savent lire, penser, réfléchir, pas pour les infirmières libérales, cela s’entend. Cela se sait. 🙂

            • #87670 Répondre
              Claire N
              Invité

              C’est encore un autre sujet
              Je ne vois pas vraiment où tu veux en venir avec l’ia cependant, en l’état actuel des choses je persiste l’ia sera elle «  chose publique «  était ma question initiale

            • #87673 Répondre
              Ludovic
              Invité

              Bien pire de tuer un bébé innocent
              Que le pseudo viol de ché pas quoi
              __
              Tu te rends compte que tu crises
              Pour un truc que le médecin leur fout dans la teuch
              Et que tu trouves normal d’écraser le crâne du bébé
              Pour que le jus de foetus
              Coule par la teuch
              __
              Vous marchez sur la tête
              C’est le c

              • #87676 Répondre
                Comité de Défense des Faits et de la Justice
                Invité

                Ludovic: Vu la gueule d’un bébé à 14 semaines ce que tu racontes est à peu près aussi stupide que de prétendre que tu verses dans le génocide à chaque fois que tu te la secoues. Et le truc désolant avec les abrutis de ton genre c’est qu’elles n’ont généralement pas besoin de toi pour se sentir coupable donc, vraiment, tu ferais mieux de fermer ta gueule et de ranger dans un coin. D’autant plus que t’es pas crédible avec sur le terrain de la sacralité de la vie, tout le monde sait que ton genre c’est de laisser le migrant se noyer dans la mer de tes vacances donc regarde ton hypocrisie en face au lieu de nous casser les couilles avec ta bonne conscience de merde.

                • #87708 Répondre
                  Ludovic
                  Invité

                  A partir de tant de semaines
                  Faut écraser le crâne
                  Sinon avant
                  ils aspirent
                  Le bébé se colle à la paroi opposé
                  De l’aspirateur
                  Pour survivre

    • #88084 Répondre
      Ourson
      Invité

      J’imagine que ton logiciel informatique a été commandité par des bureaucrates qui sont relativement à la ramasse, et développés par des dev presta sous pression et payés au lance-pierres donc qui produisent du code bourré de bugs à la pelle ?
      Je pense qu’avec cet exemple on est plutôt dans « l’ancien monde »
      Dans le monde que je fais miroiter, ce ne sont pas les bureaucrates qui remplacent le personnel médical avec leurs vieux logiciel, mais le personnel médical qui remplace les bureaucrates avec l’IA.
      Pour moi ton exemple est typique de ce qui pourrait disparaître dans un futur très proche, après c’est de la bureaucratie publique donc c’est déjà plus compliqué de faire bouger les murs, je le reconnais. Ces gens-là risquent de vous faire sier longtemps IA ou pas IA

      • #88123 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui il y aurait déjà possibilité de faire des choses vraiment chouette :
        – un ami développé une application Ia pour le diagnostic précoce de la maladie d’alzheimer
        – d’autres se servent de l’ia pour affiner la clinique : par exemple dans la sclérose en plaques des tests peuvent détecter des atteintes motrices, sensitives et cognitives et les faire basculer du côté «  visible « et ainsi de participer à un diagnostic clinique précoce (ils faut savoir qu’il a entre le pré symptomatique et le symptomatique une différence qui guide la mise en place des traitements)
        – le stress de faire une erreur d’attention est un risque qui ronge surtout lorsque tu es fatigué, en radiologie l’ia permet de te rendre moins maboul
        – les robots chirurgiens sont géniaux, le système permet de capter la volition du geste et de gommer tes artefacts de mouvement
        – des petits réseaux sont capables de prendre leur ordres au cerveau – sauter un mécanisme défectueux – et activer les centres médullaire de la marche
        Donc oui c’est possible d’apporter du progrès
        Certains s’organisent j’espère que comme le reste de la recherche ça va pas suivre le même circuit

    • #89552 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je m’écarte du sujet initial, mais OpenAI qui jusqu’ici avait un peu le monopole des IA avec ChatGPT, risque de perdre son job à cause … de l’IA.

      Deepseek vient de débarquer sur le marché avec des performances aussi folles, sauf que :
      1- Les chinois qui ont fait ça l’ont fait avec très peu de moyen et très peu de monde, limite en slip dans le canapé
      2- C’est gratuit (prix dérisoire pour l’utilisation de l’API)
      3- C’est OpenSource. N’importe qui peut déjà récupérer et utiliser le code pour « fabriquer » sa propre IA
      Ça tend à me donner un point. On s’éloigne sérieusement du scénario « les riches possèdent l’IA et exploitent le monde avec »

      https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/face-a-la-percee-de-lia-chinoise-deepseek-wall-street-et-la-tech-americain-devissent-20250127_N2WADPHGZ5HDJN2IAFRHXOH2YQ/

      • #89553 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je comprends ce rêve, mais je persiste : l’IA, ce n’est toujours pas les moyens de production. L’erreur consiste à faire de l’IA un mot magique — et c’est ce que j’essayais de dire dans mes autres messages, cette utilisation correspond uniquement au marketing du moment où l’on veut faire passer l’IA pour un outil capable de réaliser tous tes fantasmes. Mais si une boîte te vire parce que tu es remplacé par une IA, ça ne te sert pas à grand-chose d’avoir le code source de Deepseek. À moins que tu n’obtiennes un outil super performant pour créer des prêts bancaires automatiques sur ton compte.

        • #91307 Répondre
          Ourson
          Invité

          Honnêtement, le titre le post initial est un peu putassier. L’IA ne veut pas régler le capitalisme comme par magie.
          En revanche, elle peut être un outil pour nous autres gauchistes qui souhaitons abolir le capitalisme. Bien sûr, ça se fera à la sueur de notre front bien humain, mais pour moi l’IA peut diminuer la quantité de sueur.
          Dans ton exemple du type qui se fait virer parce que remplacer par l’IA, il pourrait retrouver un boulot dans une structure made in gauchiste, payé justement et équitablement, parce que ces structures seront beaucoup plus faciles à mettre en place à mon sens, et pourront se passer de tous les bureaucrates qui aident la bourgeoisie à dominer et pourrir la vie des pauvres

    • #92595 Répondre
      Oscar
      Invité
    • ||||||||
  • #94567 Répondre
    BIOGRAPHIE
    Invité

    CHRONIQUE – Mettre les avancées de l’IA en accès libre laisse l’opportunité aux terroristes, comme au premier imbécile venu, de détourner le meilleur des projets pour fabriquer des armes de destruction massive.

    Depuis quelques semaines, une IA nommée Lucie, dédiée à l’enseignement et soutenue par l’Éducation nationale, se targue d’être « éthique » parce qu’elle est en « open source », ce qui signifie que ses procédures et ses résultats sont accessibles au public. Outre le fait qu’elle est d’une indigence dramatique (elle a été retirée d’urgence tellement elle était nulle, bourrée d’erreurs et pas même au niveau de ChatGPT-2 !), en vantant les mérites de l’open source, ses auteurs prouvent seulement qu’ils n’ont rien compris aux problèmes éthiques que pose l’IA.

    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/luc-ferry-le-danger-mortel-de-l-open-source-et-des-deepfakes-20250129
    .
    Heureusement qu’on a des cadors du genre de Luc Ferry pour nous distraire un peu.

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    Répondre à : Répondre #88351 dans Du grand-remplacement de la bourgeoisie par les IA
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