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- Ce sujet contient 210 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Jeanne, le il y a 2 années et 4 mois.
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Albert Bloch
InvitéBonjour à tous, bonjour à toutes,
Il y a de ça quelques mois j’ai pu assister à l’intervention d’un éditeur dans le cadre d’un cours sur les industries culturelles que dispense mon école. Cette intervention avait pour vocation de nous présenter le métier et nous avions déjà eu quelques jours plus tôt des échanges similaires avec des producteurs de musique et un distributeur de cinéma.
Ce qui m’a particulièrement frappé pendant les deux heures que nous avons passé avec ce brave monsieur c’est son extrême pédanterie qui me semblait n’avoir pour base que la culture littéraire qu’il avait soi-disant accumulé. Au lieu de nous parler de son métier, il faisait de nombreuses disgressions sur les livres qu’il avait lut, exemplairement A La Recherche du temps perdu. Seulement à chaque fois qu’il y revenais c’était un petit peu plus ridicule, au point où j’en arrive à avoir de la peine pour le personnage. Au sortir du cours je me rends compte que je ne suis pas le seul à avoir été mal à l’aise.
Seulement voilà, je constate que je prends généralement du plaisir à entendre des littéraires ou des cinéphiles parler d’objets culturels, que la pédanterie peut m’intriguer et me stimuler intellectuellement. Je m’interroge donc sur le droit à être cuistre et ses limites, je n’ai pas encore tout à fait cerné à partir de quel point je trouvai cela ridicule et je serai très intéressé d’avoir votre avis à toutes et tous sur le sujet.
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Claire N
InvitéJe ne sais pas si ça peut t’aider mais j’ai ressenti une fois cette impression malaisante quand la prof de sciences nat , essayait de se donner consistance lors de son cours d’éducation sexuelle devant des ados
Souvent je trouve les cuistres « coincés « de parler de ce qu’ils ne connaissent
Un genre de sûr affirmation qui sonne faux-
Albert Bloch
InvitéOui mais ce qui est étonnant c’est qu’ils savent parfois au moins à peu près de quoi ils parlent. Mon éditeur avait vraisemblablement lu Proust. Le décalage venait sans doute du fait qu’il en parle mal et dans un contexte qui ne s’y prêtait pas tellement.
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Claire N
InvitéOui, c’est peut être aussi le côté « prof «
Je pense que la prof de sciences nat avait pratiqué aussi ; mais effectivement elle ne pouvait parler d’elle même dans le contexte
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adamou
InvitéQui sont les pédants que tu prends plaisir à écouter Albert? On est un peu dans l’abstrait…
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Albert Bloch
InvitéExemplairement je trouve qu’il y a quelque chose de la pédanterie chez François ne serait-ce que dans la dynamique semi-théâtrale du duo François-Homme qui n’a pas de prénom de la gêne, et cette posture ne me pose pas de problème.
Pour aller un peu plus dans l’évidence, le Masque et la Plume me semble être une émission pédante en plus de n’être souvent pas pertinente et pourtant je les trouve plutôt rarement ridicules contrairement à mon éditeur.-
François Bégaudeau
Maître des clésCe n’est pas que le mot de pédanterie me blesse, à force on s’y fait, mais il faudrait préciser, pour l’éditeur comme pour moi, à quoi elle tient. Elle se niche où la pédanterie?
Serait ce le ton? Serait ce le propos?
Serait-ce un certain registre de langue? Un certain lexique?-
Albert Bloch
InvitéJe pense que la pédanterie se niche avant tout dans l’impression qu’une personne donne d’être convaincu de sa propre supériorité, souvent lié à des connaissances qu’elle aurait ou à des capacités d’analyses supérieure. A mon avis ce qui donne de la matière à cette impression subjective c’est autant le propos que la posture.
Le propos quand il sert davantage à étaler une prétendue supériorité qu’à transmettre une réflexion, comme dans le cas de mon éditeur qui se fait mousser à coup de digression sur Proust face à une cinquantaine de jeunes étudiants dont il se doute qu’ils n’ont pas encore pris le temps de le lire. Là j’ai du mal à voir comment ça pourrait ne pas être critiquable.
La posture quand elle sert à différencier l’orateur du reste de la foule, et il y a sans doute un peu de ça chez vous François aussi. Là il y a des moments où ça ne me pose pas de problème et d’autres où ça me rend le propos agaçant (mon éditeur qui parle de Proust par exemple).
Maintenant là où je veux en venir, et ce qui m’interrogeait initialement, c’est de comprendre ce qui rend légitime ou non cette posture.-
Ostros
InvitéMais légitime pourquoi ?
Tu veux qu’on émette un jugement sur ta propre subjectivité – pourquoi tu as besoin de ça ?
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Ostros
InvitéJe me doutais que le but de cet énième thread était de taper sur François. Venir ici dire je trouve que François est pédant comme l’éditeur intervenu dans mon cours, comme tous les intervenants du masque à savoir, mais pour lui ça ne me dérange pas et vous qu’en pensez-vous ? Je vois pas bien l’intérêt.
Tout le monde ici sait que François est dans l’humour. C’est visible, il en fait des caisses dans ce personnage de mec sûr de lui. Mais quel est l’intérêt de ta question au juste ? Le droit à être cuistre. Si tu ne sais pas identifier ce qui est sérieux et pas. Et puis quand bien même c’est un appel au commenrariat de réseaux sociaux. En quoi les sitistes peuvent donner ou pas le droit à quelqu’un d’être cuistre.-
Albert Bloch
InvitéPas du tout mon objectif Ostros vous faites erreur !
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne suis pas sûr qu’Albert voulait m’emmerder.
Et je ne suis pas sur non plus de jouer au mec sûr de lui, en tout cas pas dans ces situations. Mon assurance n’est pas feinte quand j’essaie de dire des choses. La pensée doit être assurée – le signal même de la pensée c’est que le verbe est parvenu à une nomination ferme, une nomination droite. L’assurance est la marque de la pensée.
Si je commence à balbutier c’est que quelque chose n’est pas encore clair en moi. N’a pas encore trouvé sa formulation adéquate.-
Ostros
InvitéJe parlais des moments où tu prends un ton particulier dans la gêne pour dire que tu es un intime de tel grand réalisateur américain. Je pensais que c’était à ce genre de personnage qu’il faisait référence.
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Albert Bloch
InvitéNon, je ne faisais pas référence à ça en particulier
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Ostros
InvitéDonc à quoi ?
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François Bégaudeau
Maître des clésCe personnage là est effectivement de comédie. Je ne l’appellerais pas pédant mais connard. Je le joue toujours avec grand plaisir. Si grand plaisir que ça en devient douteux.
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Maxime D
InvitéJe te trouve un peu lèche-cul, Oustros.
Dire que la question d’Albert était parfaitement formulée serait abusif mais je ne crois pas que le but était de taper sur François (et même si c’était le cas, je crois qu’il pourrait se défendre tout seul).
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Ostros
InvitéJe ne vois pas du tout l’intérêt de cette question.
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François Bégaudeau
Maître des clésL’intéret serait donc de définir à quoi tient la pédanterie. J’ attends donc, avec toi Ostros, des précisions
Par délà la déjà éclairante contribution de Dr Xavier -
François Bégaudeau
Maître des clésL’intéret serait donc de définir à quoi tient la pédanterie. J’ attends donc, avec toi Ostros, des précisions
Par délà la déjà éclairante contribution de Dr Xavier
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Dr Xavier
InvitéIntuition personnelle : la pédanterie cesse là où je sens la passion.
Une personne parle d’un sujet, et je sens que c’est pour épater la galerie, elle tente de s’adresser à mon affect d’orgueil, veut engager un vaniteux combat de coqs : pédanterie.
Un personne parle d’un sujet, et je sens qu’elle est passionnée par ça, qu’en fait elle pourrait en parler dans les mêmes termes à son chien, elle s’adresse à mon affect de curiosité : pas pédante (mais potentiellement lourde, si elle ne se rend pas compte au bout d’un moment que l’assistance finit par s’en fiche). -
Charles
InvitéLe reproche de pédanterie est souvent un délit de sale gueule, comme celui de prétentieux ou narcissique pour un artiste – on le formule parce qu’on n’aime pas la personne pour d’autres raisons. Tous ceux qui prennent la parole en public pourrait potentiellement souffrir de telles accusations car le fait de prendre volontairement la parole sur un sujet implique une certaine assurance, un étalage de connaissances et une volonté un peu distinctive. On peut renverser cela en disant qu’il s’agit d’une forme de puissance.
Moi la pédanterie me gêne quand l’étalage de connaissances a une visée purement distinctive et n’a peu ou pas de pertinence par rapport au sujet. Typiquement, ceux qui balancent des locutions latines à tout bout de champ.
Mais bon, ce reproche est toujours un réflexe d’une personne en situation d’ignorance et qui en conçoivent un complexe.-
Albert Bloch
Invité« ce reproche est toujours un réflexe d’une personne en situation d’ignorance et qui en conçoivent un complexe. » ça peut être le cas mais ce n’est à mon avis pas systématique. A titre personnel, je trouve justement plus insupportablement pédant quelqu’un qui s’enorgueillirai d’avoir accompli quelque chose que j’ai moi-même accomplit.
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Seldoon
InvitéSur ces sujets il est difficile d’être précis, les mots sont souvent employés de façon interchangeable (cuistre = pédant = prétentieux = snob ?) et ont autant à voir avec un éventuel sentiment d’infériorité de l’auditeur qu’avec la quête de supériorité de l’orateur. Ou inversement. Il faut décrire la situation et le personnage en détail pour savoir de quoi on parle exactement. Quand je dis « cuistre » je pense à un type en particulier dont j’ai déjà parlé ici il y a longtemps. Je l’ai croisé dans un pince fesses parisien (remise de légion d’honneur). 25 ans, étudiant, je n’y connaissais presque personne. On me suggère d’aller parler à ce soixantenaire : il est réalisateur. Je vais le voir, lui dis avec enthousiasme et une certaine maladresse quelque chose comme « Il parait que vous faites des films ? » Décontencancé, flute de champagne à la main, petit doigt levé :
« Oui enfin, c’est-à-dire que je suis cinéâste. »
Cette fois c’est la citation exacte, accent circonflexe compris. Contrairement à John Ford qui se présentait en disant « Je fais des westerns », lui se sentait diminué par ma formulation. En discutant plus longuement j’ai découvert qu’il était en train de tourner une série de documentaires quelque part en Asie, et encore une fois il lui a semblé bon de s’auto-définir avec un terme bien choisi : « homme-orchestre ». Ce qui veut dire : je travaille seul sans équipe technique. Ce qui veut dire : micro bugdet, mais classe. Bref, lui et moi on était dans la même galère. Ne lui restait plus qu’à trouver la distinction où il pouvait. Après toutes ces années je souris encore de son ridicule.
À propos de l’étalage de références par contre je préfèrerai toujours un interlocuteur qui s’en rend coupable à celui qui ne les signale pas : j’aime bien savoir si je réponds à Jean-Claude ou si je suis en face de 3000 ans de dialogue philosophique continu sur des milliers de pages et que je m’apprete donc à répondre à Heidegger répondant à Descartes répondant à Platon. L’honneteté intellectuelle facilite le dialogue.-
Julien Barthe
InvitéCe qui peut être pas mal aussi c’est de dissimuler la référence comme une dague et au moment opportun. Enfin tu vois de quoi je parle.
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adamou
Invitéla dissimuler c’est aussi éviter les arguments d’autorité un peu écrasants
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Seldoon
InvitéComme je disais, et ce n’est peut etre pas partagé, je me sens plus en danger quand on me dissimule la source (ça s’appelle « faire une Barthe ») que quand on me la présente en fanfare. Dans le doute écrase-moi de face plutôt que de me poignarder dans le dos.
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Julien Barthe
InvitéJe tente une synthèse:
– cuistrerie et pédanterie sont des modalités de l’orgueil intellectuel. Elles sont une émission émettent de signes de culture et de maîtrise intellectuelle à visée distinctive.
-le cuistre émet médiocrement ses signes. Ils n’abusent que lui sur son ignorance.
-le pédant surcharge ses discours de mots rares, de références obscures, de formes syntaxiques précieuses, il use d’une complexité conceptuelle vaine.
-le discours du penseur authentique n’a en vue que l’affirmation de sa puissance de vérité qui doit
Pouvoir transfigurer le lecteur ou l’auditeur là où le pédant jouit de le tenir dans la conscience de son infériorité.
-ne pas essentialiser: chacun peut-être pédant ou cuistre par accident.
-un ignorant peinera toujours à distinguer un moment de pensée d’un moment pédantesque.-
Julien Barthe
Invité-je n’essentialise pas non plus le penseur authentique qu’il arrive que nous soyons tous par accident (tout est question de proportion).
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Claire N
InvitéC’est aussi chouette qu’une maison terre-paille fini
Merci
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Claire N
Invité« j’aime bien savoir si je réponds à Jean-Claude ou si je suis en face de 3000 ans de dialogue philosophique continu sur des milliers de pages et que je m’apprete donc à répondre à Heidegger répondant à Descartes répondant à Platon. «
Là je te suis pas , ta réponse c’est ta réponse non ?-
Seldoon
InvitéDans les faits on n’oriente pas sa réponse de la même façon. Par exemple si j’ignorais que je mets les pieds dans un plat qui a été longuement discuté avant moi, je vais alors poser plus de questions pour me mettre à jour et après cela uniquement j’ajouterai ma pierre s’il y en a une à ajouter. Ou si je connais bien la question et le débat et que je ne fais que découvrir que mon interlocuteur est cultivé sur la question, alors on va sauter des étapes et arriver directement au point au lieu de rejouer tout l’historique en se balançant des arguments qu’on connait très bien l’un et l’autre. Plus généralement encore, de savoir ce que sait l’autre permet de mieux le comprendre. C’est très abstrait sans exemple précis, mais il reste ce fait : ça peut influer sur le déroulé du dialogue et donc je préfère savoir.
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Seldoon
Invité(accessoirement j’aime bien savoir si la personne en face de moi est intelligente ou simplement cultivée, ne pas donner les références permet de dissimuler l’un en l’autre)
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Claire N
InvitéOui mais ça , on peut pas savoir avant
Je trouve que le présupposer c’est bien, c’est vrai que des fois on se prend des retours version domina mais bon souvent on apprend-
Claire N
InvitéAprès je vois pas l’intelligence comme un truc « intrinsèque « je le vois plutôt comme ce qu’on peut mettre en commun de matos pour faire un truc bien
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Seldoon
InvitéJ’essayais de résumer tout ça dans ma formule de départ : l’honneteté intellectuelle facilite le dialogue.
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Claire N
InvitéOui je comprends mieux, mais on sait jamais vraiment dans sa boîte à outils ce qui va servir
C’est peut être ça la surprise d’une rencontre-
Claire N
InvitéAh oui , ça me fait aussi penser au dialogue dans conte d’hiver entre le bibliothécaire et Felicie
C’est lui qui trouve les références chez elle
J’aimais bien cette façon de penser la « cuistrerie « pas pour écraser mais pour éclairer-
François Bégaudeau
Maître des clésBel effort d’intelligence collective
Je retiens pas mal de choses, mais notamment j’aime bien celle ci : « un ignorant peinera toujours à distinguer un moment de pensée d’un moment pédantesque ».
Je dirais d’ailleurs plutot : un imbécile.Je notre aussi que celui qui a lancé cette question ne participe pas à l’effort collectif. Cela donnerait il raison à la première hypothèse d’Ostros?
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François Bégaudeau
Maître des clésBel effort d’intelligence collective
Je retiens pas mal de choses, mais notamment j’aime bien celle ci : « un ignorant peinera toujours à distinguer un moment de pensée d’un moment pédantesque ».
Je dirais d’ailleurs plutot : un imbécile.Je notre aussi que celui qui a lancé cette question ne participe pas à l’effort collectif. Cela donnerait il raison à la première hypothèse d’Ostros?
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Albert Bloch
InvitéVoyons François, j’ai il me semble au moins tenté d’apporter ma petite pierre à l’édifice plus haut, avant de me faire réprimander par Ostros.
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Albert Bloch
InvitéDu reste, les différents apports qu’ont fait nos amis sitistes démontrent à mon avis davantage qu’il y a ici un sujet qui méritai qu’on s’y intéresse
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne l’ai jamais nié
Je m’étonne juste que tu aies si vite quitté un sujet que tu avais ouvert -
Albert Bloch
InvitéIl faut dire aussi que je débute sur le site, je me cantonne pour le moment à poser des questions et à répondre à celles qu’on me pose. Je vois mal quel intérêt j’aurai à te « taper dessus » mais en ne le faisant qu’à moitié, le tout confortablement caché sous un pseudonyme. Tout ça me semble un peu délirant.
Je profite par ailleurs de cet échange sur ma proactivité personnelle pour remercier tout ceux qui ont réussi à éclairer le topic.
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Claire N
InvitéAprès en y repensant, ma mère a des accents pédants, sa voix change, elle parle comme une comtesse parfois
Bien souvent c’est quand elle raconte un truc qu’elle a fait qui lui donne « la classe « ( celle dont on parle )
Ça m’énerve , je lui répond en patois c’est bobo ou bien je dis rien c’est centriste ou bien je surenchéris c’est aristocratique
Elle me piège.-
François Bégaudeau
Maître des clésPas mal de gens ont des accents disons snobs par atavisme, imprégnation sociale. On ne leur en veut pas.
Mon amie Joy est tout à fait consciente d’avoir des intonations et un micro-chuintement de grosse bourgeasse.
Je songe aussi à mon amie Ludovine de la Rochère.
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Graindorge
InvitéLa manière de parler change aussi selon les régions
On connaît des gens d’une grande richesse humaine, profonds et au fond très simples, du côté de l’Anjou, Est de la Bretagne Sud (44) qui parlent un français très
châtié avec des « n’est-ce pâs » et d’autres accents circonflexes mais tout-à-fait compréhensibles. C’est le fond qui compte, le contenu. Si ce dernier est servi par une grande richesse de vocabulaire, de l’esprit, ce qu’il faut d’humour pour la respiration de la pensée alors c’est « tout bénef » pour les auditeurs.-
Claire N
InvitéMa mère a sûrement une cartographie, on va dire qu’il faut savoir naviguer
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Graindorge
InvitéJe parle d’amis chers de cette région là
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Ludovic Bourgeois
InvitéLa pédanterie ou la cuistrerie, Je la vois perso comme une sortie du lien corps-esprit pour n’être que dans l’esprit pur, l’esprit des nuages en voulant entrainer l’assemblée avec.
Souvent accompagnée d’un langage corporelle des mains, d’une « voix de tête » ou d’un sourire de « sortie du corps »-
deleatur
InvitéNon, ça c’est le yoga !
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Ludovic Bourgeois
InvitéJe vois l’ironie et c’est rigolo mais non à l’inverse. C’est une reconnexion de ce lien le Yoga ou les étirements méditatifs
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deleatur
InvitéJe prends.
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Edouard Delors
InvitéJe pense que l’adjectif qui scierait à François Bégaudeau n’est pas pédant, c’est maniéré. Et cela tient non pas aux sujets qu’il aborde mais à son ethos. Tout d’abord, physiquement, François a l’habitude de soulever ses manches sur deux avants-bras extrêmement fins, ce qui dégage, dès le premier regard que l’on pose sur lui, une impression de féminité, de sophistication. Deuxième, ses gestes : quand il parle c’est un festival de volutes, de gesticulations incessantes, presqu’étranges et excessives, ses mains virevoltant dans l’air comme des feuilles mortes dans le vent. Troisièmement son ton : il ne s’en rend pas compte mais il a les accents très caractéristiques du « bobo ». Parfois si je ferme les yeux j’ai du mal à savoir s’il s’agit de François ou de Didier Bourdon imitant un gauchiste. Ce maniérisme s’est dissipé avec le temps : j’ai regardé une vidéo de lui, jeune, à l’époque de Zabriski Point et c’était à la limite du supportable, il aurait probablement mérité une sanction physique de ma part, mais avec l’âge, les cheveux gris, il est de moins en moins maniéré et de plus en plus agréable et sympathique.
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deleatur
InvitéSors de ce post, Alain Soral !
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deleatur
InvitéAu passage, François est le premier à se moquer de « son » éthos. Voir les vidéos qu’il réalisait il y a une douzaines d’années avec Claire Koc : son rôle de branleur et de tête à claque, c’est encore lui qui le joue le mieux !
En un autre temps, on l’aurait traité de pd, mais c’est l’intention qui compte.-
Edouard Delors
InvitéJe viens d’aller voir ces vidéos. Effectivement, François. a du recul sur lui-même, et c’est une grosse qualité. Dommage que les vidéos ne soient absolument pas drôles.
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deleatur
InvitéPas drôle, « La bibliothèque de François Bégaudeau ? », pas drôle « La cuisine de François Bégaudeau » quand il ouvre sa boîte de thon Franprix (pêché par lui-même), pas drôle « Au début, François Bégaudeau » ???
Va voir « Bégaudeau Partie de campagne » ou « Bégaudeau répond au courrier des lecteurs en vidéo » ou « Concours d’Âne à Zèbre, les résultats ».
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Edouard Delors
InvitéOui oui j’ai regardé ces vidéos et de penser que Bégaudeau s’y trouve drôle me fait presque peur. J’ai toujours pensé que Bégaudeau n’a aucun talent comique (ni littéraire d’ailleurs), le pire étant ses échanges avec l’homme qui n’a pas de prénom, lesquels se résume à :
– L’homme qui n’a pas de prénom fait un jeux de mots volontairement merdique
– Bégaudeau souligne à quel point l’homme qui n’a pas de prénom est un génie de l’humour, sur un ton antiphrastique
AHAHAHA que c’est drôle.
Tout l’humour de Bégaudeau consiste à faire des antiphrases. « Waw je sens que cette gêne va être incroyable avec un jeu de mots aussi profond » AHAHAHAHA.
T’es un génie de l’humour Bégaudeau, vraiment.-
Ostros
InvitéÇa va Édouard ? Tu n’es pas sorti aujourd’hui ?
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K. comme mon Code
InvitéLe gars qui débarque en demandant si Sophie Marceau doit sa mauvaise carrière à sa stupidité serait donc un troll ?
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Edouard Delors
Invitési, j’ai couru 2 heures
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Ostros
InvitéJ’aime beaucoup l’immersion au salon du livre aussi.
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deleatur
InvitéOui, très drôle aussi.
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Sarah G
InvitéAh je ne la connais pas celle là tiens.
On peut la revoir sur YouTube ?-
Ostros
InvitéJe suis désolée Sarah je ne la retrouve pas.. le lien était sûrement posté sur feu l’ancien site. C’était sur dailymotion.
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Sarah G
InvitéOK, je vais voir sur dailymotion si je peux la trouver.
Merci en tout cas Ostros. -
Carpentier
InvitéBonjour Sarah G, voici:
Souvenir que c’est quelque temps avant la publication de son ‘la politesse ‘.
Ce jour-là a pu contribuer au contenu partagé et mis en forme dans l’ouvrage que je cite.
L’as-tu lu?
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Edouard Delors
Invitéeh ben on doit se marrer avec vous les gars
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deleatur
InvitéQuand tu seras capable de te moquer de toi-même avec la même facilité, on en reparlera…
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Sarah G
InvitéOui j’ai découvert il y a un an certaines de ces vidéos.
Elles sont très drôles en effet.
Ma préférée, celle de la bibliothèque.
Par contre, je ne me souviens pas avoir vu « Bégaudeau partie de campagne »?.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu écris « bobo ». Avec guillemets. Est ce à dire que tu ne crois toi même qu’à moitié à la pertinence de ce signifiant?
Sache en tout cas que j’ai souvent, et par exemple dit Boniments, souligné la vacuité de ce pseudo-concept de sociologie sommaire, et souligné son usage tactique par la bourgeoisie.
Tu produis toi même un parfait signe de cette vacuité du mot en posant une synonymie avec « gauchiste ». Bobo à une ligne devient gauchiste à la ligne suivante
Bobo = gauchiste.
Or le « bobo », s’il existe, est a minima un bourgeois, et un bourgeois n’est pas gauchiste. Il y a d’éventuels bourgeois de gauche, donc tout Histoire de ta betise consistait à démontrer qu’ils étaient bourgeois avant que d’etre de gauche, et qu’in fine ils n’étaient pas de gauche, comme leur destin politico-social l’a démontré entretemps – tous passé chez Macron voire davantage.
Un gauchiste est un type de gauche radicale. Le bobo n’est jamais de gauche radicale. Ou alors il n’est pas bobo. Ces eux mots, dans tous les cas de figure, s’excluent l’un l’autre.Je vais t’aider : ce que tu désignes comme un ton ou des manières de « gauchiste » ou « bobo », c’est en fait un ton d’intellectuel (et peut etre spécifiquement d’intellectuel de gauche). On trouverait peut etre les mêmes chez Lordon. Peut etre aussi chez Badiou. Peut etre chez Derrida. Et si ces stigmates ont eu tendance de plus en plus à disparaitre chez moi, du moins s’ils sont patents dans la video sur les zabs, c’est parce que sans doute qu’en 1999 j’étais tellement imprégné de ces intellectuels là – Badiou, Derrida, et d’autres comme Daney, chez qui tu trouveras les mêmes accents- que sans doute un mimétisme se mettait en place. Sans doute aussi me plaisais-je , dans cette video, à surjouer intellectuel pour définitivement imposer le fait que le punk rock pouvait être saisi intellectuellement. C’est un âge où on est très démonstratif, très dans le combat, mon combat d’alors était de montrer la noblesse du punk rock. En d’autres termes je dirais que je m’efforçais de le légitimer. Ce qui passait par créer un montage entre une langue très raffinée et cette musique – ce que mes textes s’essayaient à faire aussi. On est toujours en sujeu quand on essaie de prouver.
Tu vois en tout cas que la vérité est un poil plus subtile que les gros signifiants bourrins, mal dégrossis, mal digérés, et à la fin incompatibles dont tu as prétendu m’affubler.-
Edouard Delors
InvitéJe suis allé vite en besogne mais effectivement le terme de « bobo » est très vague, mais je voulais renvoyer à la caricature du gauchiste par les Inconnus dans certains de leurs sketchs. Non, je ne vous assimilerais pas à Derrida ou Badiou (pour lesquels j’ai un immense respect), car bien qu’ils aient un style oral très ampoulé, ils ne sont absolument pas maniérés, et n’ont pas cet accent dont je parle. Je vous comparerez davantage à Jean-Marc Lalanne, du Masque et la Plume, si vous connaissez. C’est à cet accent, très maniéré que je faisais référence.
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François Bégaudeau
Maître des clésA ma connaissance les Inconnus n’ont jamais caricaturé des gauchistes.
Tu tiens donc absolument à t’embourber dans l’erreur
(à moins que tu me sortes un sketch où ils parodient des gauchistes, c’est à dire, je le répète, des gens de gauche radicale)Quant à Jean-Marc Lalanne, je le connais bien, et je l’imite très bien. Mais chacun jugera de l’inadéquation du rapprochement avec moi en allant l’écouter deux minutes.
Son accent en fait t’évoque le fameux « salut tu vas bien » de la chanson Auteuil-Neuilly-Passy, avec des relevés de voyelles en fin de phrases que je ne pratique absolument pas.
Tu fais donc un lien entre l’accent Passy (grande bourgeoisie de droite de l’iuest paricsien), Jean Marc Lalanne critique homosexuel inrocks issu de la petite bourgeoisie de province, et moi
C’est la fête dans ton cerveau.-
deleatur
InvitéBurdeau est sauf. Qu’est-ce qu’il aurait pris !
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AxisBoldAsLove
InvitéIl y a quand même le sketch « reporteur, l’ex communiste ».
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AxisBoldAsLove
InvitéEt aussi la graive (même si la CGT n’est pas ce qu’il y a de plus radical)
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Edouard Delors
InvitéC’est pas forcément le relevé de voyelles en fin de phrases. Pour comprendre ce dont je parle (car je suis quelqu’un de précis contrairement à ce que vous dites) je vous envoie cette vidéo de vous et renvoie à la façon dont vous prononcez « On est dans une émission littéraire on est en train de prendre 8 minutes pour cette connerie quoi » (à 15 secondes). C’est de CET accent dont je parle.
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Edouard Delors
InvitéOr CET accent, je l’entends chez Jean-Marc Lalane et je l’entends dans la caricature de bourgeois du XVI de Bourdon. C’est peut-être des milieux différents, mais il y a des ponts à faire.
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Edouard Delors
InvitéQuelqu’un qui relève les voyelles en fin de phrases c’est un autre spécimen que vous connaissez bien : Damien Aubel.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’observe nulle réponse sur bobo gauchiste etc
Ce qui dénote une volonté de justesse de faible niveau.-
Edouard Delors
Invitévous parlez abstraitement je vous parler concrètement de l’accent que je vous ai montré sur la vidéo
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’y entends aucun accent qui ressemble à du Lalanne, puisque c’est ça le point.
Mais je crois qu’on n’on n’ira pas beaucoup plus loin dans cette discussion. Nous pouvons donc nous donner congé là. Merci de tes précieuses interventions ici, article de Moix compris.-
Edouard Delors
InvitéNon mais la discussion sur Bobo-gauchiste ne m’intéresse pas j’ai lu votre livre Boniments, je sais déjà ce que vous avez à dire.
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Leo Landru
Invité« Une sanction physique » ? Tu surclasses en connerie tes prédécesseurs sur le forum et Dieu sait que le niveau est élevé.
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Edouard Delors
InvitéUne petite correction corporelle, rien de plus, inutile de s’exciter.
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deleatur
InvitéGenre un enc… à sec ?
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Edouard Delors
InvitéEt tout ça aurait été à visée PUREMENT éducative, rassurez-vous.
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deleatur
InvitéIl n’y a d’éducation que pure et de coups de boule impurs.
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Ludovic Bourgeois
InvitéEt de ce que j’ai vu de françois, non il n’est pas là dedans ou quand il y est il le sait et ça signifie que c’est quasiment joué.
C’est Jouer avec les codes bourgeois.
Les vrais pédants le font sérieusement sans second degrés.-
deleatur
InvitéC’est sans doute un habitus surjoué de khâgneux qui a mal assumé à l’époque son corps de khâgneux transclasse. Ou plutôt qui a parfaitement assumé cet habitus pour mieux se donner un corps un peu jenfoutiste différant déjà du bon élève qu’il était. Donc dans un cas comme dans l’autre, c’est un corps conquis et qui vous emmerde ! Et c’est la vraie intelligence.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas si c’est la vraie intelligence, mais ton hypothèse s’accorde à la mienne.
Oui sans doute fallait il encore à l’époque que je me prouve que je pouvais prétendre intégrer le cercle des penseurs. Et comme Pascal invite à prier dans le but de croire, j’adoptais sans doute les gestes de l’intellectuel pour me convaincre d’en être.
Mais quelque chose faisait contrepoint en moi. Quelque chose que j’ai détaillé dans le chapitre 77 bis de Deux singes, et que j’appellerais : le singe.
Ce singe qui fait que cette comédie de l’intellectuel j’ai cessé peu à peu de la jouer.
Certes il m’en reste des tics. On n’en sort jamais.-
deleatur
InvitéOui, le plus dur quand on s’est construit un discours, c’est d’en sortir. Je comprends très bien tous ces affects de l’intellectuel que j’ai dû moi aussi ressentir, traverser ou auxquels j’ai tenté de m’identifer pour me distinguer et changer de champ (de camp, de lieu, de lutte) à un moment donné.
Je dirais, je crois, que tu as pu sortir de ce rôle de l’intellectuel pour devenir chanteur, écrivain, critique de cinéma, cinéaste, essayiste.
C’est pas mal.
De toute façon, les gens qui ont cette reflexivité sur le propre parcours social sont ensuite capable de se donner des modes d’énoncés très différents en fonction de lieux sociaux qu’ils traversent et des gens qu’ils rencontrent.
Pour avoir eu la chance de voir en « direct » Daney lors des Océaniques de Fr3 en 1992 (oraux de licence en cours), j’ai compris que je pouvais moi aussi accéder à cette intelligence de la pensée, ou plutôt que cette intelligence nous était donnée en partage, même en venant d’un milieu très populaire. Garder l’intelligence et fuir la posture.-
Carpentier
Invité.. De toute façon, les gens qui ont cette réflexivité sur le propre parcours social sont ensuite capable de se donner des modes d’énoncés très différents en fonction de lieux sociaux qu’ils traversent et des gens qu’ils rencontrent. / ….
François Bégaudeau en a à priori bien la souplesse, oui.
Mais dans la plupart de ces interventions, il est surtout le sale gosse intelligent de service.
J’aime plutôt.-
François Bégaudeau
Maître des cléstiens je n’avais pas entendu sale gosse depuis 2007
normal, en même temps -
deleatur
InvitéOui, mais il faut je crois distinguer plusieurs figures lors des interventions publiques de François : le boute-en-train qui charrie (en roue libre) son comparse de la Gêne et certains et certaines de ses intervieweuses, le contradicteur cinglant qui envoie bouler ou tourne en ridicule ses contre-attaquants à deux balles (et souvent c’est drôle involontairement) — mais je crois me souvenir qu’il a dit qu’il n’aimait pas ça, qu’il préfère qu’on lui fiche la paix –, et l’ironique subtil qui pousse les gens qui l’interrogent à aller plus loin dans leur questionnement (ce qu’il appelle aussi dans un autre contexte la politesse ou l’art de la critique). La frontière est parfois mince avec le sarcasme et il peut donner l’impression d’être parfois méchant — mais la méchanceté, moi, je suis pour ; il faut être méchant avec les cons pour ne pas subir leur connerie. Tout cela peut donner l’impression qu’il a des avis définitifs ou qu’il est dogmatique, alors qu’il est simplement exigeant dans certaines contextes, sur des points précis sur lesquels il ne transige pas — comment ne pas le remercier pour cela ?
Mais je parlais des conversations hors rendez-vous public, hors public amusé des librairies où il se rend : je crois François capable de faire la conversation avec tout le monde (et surtout avec plaisir, de manière non-surjouée, sans se la péter).
Mais en matière d’art, il a une conception très forte de la critique, de la parole critique, notamment dans le domaine de l’art, où il invoque assez souvent la guerre du goût et développe une approche aristocratique du goût (si c’est bon, je dois me battre mon démontrer que le contraire est mauvais). Je me souviens de sa réplique après la Palme à Cannes : « Ça prouve au moins que pour une fois le jury n’a pas que de la merde dans les yeux ! » Quel sens de la répartie ! C’est tellement juste !-
Edouard Delors
InvitéT’en as pas marre de sucer Bégaudeau toi mdr ?
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Carpentier
InvitéÇa peut arrêter de parler de sucer tout le temps ici?
On a pas tous quelque chose de dispo facile, ça excite trop là. -
deleatur
InvitéQuand tes critiques seront à la hauteur, on pourra peut-être passer à autre chose.
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Carpentier
Invitéje ris mais t’entends pas, j’ai la bouche pleine
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François Bégaudeau
Maître des clésJe me permets de corriger l’anecdote cannoise
On est dans la conf de presse, c’est à dire avat le verdict, un journaliste demande si on a une chance, et je dis « il faudrait que le jury ait de la merde dans les yeux pour pas nous donner la palme »
La prod était catastrophée. De cette minute date un divorce irréconciliable avec elles (les deux productrices)
Cela dit elles n’avaient pas tort d’être catastrophées : avec du recul je relis cette joke comme relevant d’une évidente volonté de se saborder.-
deleatur
InvitéMerci pour le rectification, toutes mes excuses. Mais c’est vrai que c’était encore plus « tordu » et rigolo.
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François Bégaudeau
Maître des clésMonsieur Edouard Delors, apparu ici dans un écrin d’élégance désuète, donnant du vous et taxant autrui de malséance, montre son vrai langage – et peu à peu son vrai jour. Est-il engagé dans un devenir-Monnaie, ou un devenira-amour? Nous le verrons
Quant à Albert qui lança ici une discussion, on ne l’a plus revu.-
Albert Bloch
InvitéIl y a un mécanisme para social qui m’intéresse assez ici, je vois qui est François mais François ne peut pas savoir qui se cache derrière Albert, c’est sans doute de cette asymétrie là que vient son insistante méfiance. De la même manière je n’ai pas la moindre idée de qui est Ostros qui ne sait pas non plus qui je suis, Ostros me prends pour un troll me réponds de façon virulente, ça me gonfle, je prend Ostros pour quelqu’un d’insupportable. Au bout du compte tout le monde est sans doute à peu près dans l’erreur.
Si nous avions eu cet échange tous tête à tête il est évident que ça se serai passé différemment, est ce que quitte à être anonyme on ne gagnerai pas à ne pas être dans l’affect? Je comprends mal cette méfiance passive-agressive dont je fais l’objet et qui me pousse malgré moi plus à me retirer pudiquement qu’à inonder le site de ma présence.-
François Bégaudeau
Maître des clésTe concernant, ma première intervention a consisté à aller contre le soupçon d’ostros. Je trouvais intéressante la question que tu soulevais, et n’y voyais pas malice.Ceci était de nature à te mettre à l’aise.
Ensuite tu as quasiment disparu de la discussion. Ce qui est étrange.
Là encore tu postes pour faire du méta, au lieu d’apporter ton tribut à une discussion que tu as lancée.
Je ne te connais pas mais je connais ces faits. -
Albert Bloch
InvitéIl me semble avoir tenté de clarifier ce que je voulais dire en #25049 (de façon sans doute assez confuse), j’ai ensuite répondu ça et là à quelques commentaires, rien de bien étrange là dedans, ou en tout cas c’est une étrangeté toute relative
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Edouard Delors
InvitéJe suis en devenir-Adolf Hitler plutôt François.
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Vlad
InvitéJ’ai discuté avec une personne qui a écouté 3-4 fois la gêne occasionnée et que « ta posture » faisait un peu grincer des dents. Elle trouvait qu’il y avait un rapport d’autorité avec l’homme qui n’a pas de prénom et formulait aussi cette accusation de pédanterie (je ne me souviens pas exactement des termes, un truc du genre « M. Je sais tout qui en fait trop »), ce que j’avais du mal à comprendre parce que je n’avais pas ressenti les choses de la même façon. Je crois que ce qui la gênait surtout et qui transparaissait dans ses paroles c’était le langage sans filtre à l’égard des acteurs/actrices, réalisateurs/réalisatrices ou des films que tu n’aimes pas. Une autre fois, lors d’un trajet en voiture, j’avais mis le podcast d’En thérapie et une personne était plutôt d’accord mais heurtée tout du long « il y va fort quand même » « il s’acharne un peu là » « il est un peu dans le clash ». Donc je pense qu’effectivement ça peut réveiller un complexe d’infériorité et une peur d’être jugé aussi sévèrement et d’être l’objet de cette puissance d’élucidation. Plaquer de la pédanterie sur l’émetteur permet de diminuer le coup porté. Je pense qu’on peut aussi faire un parallèle avec la façon dont on réagit et dont on se sent attaqué ou non par l’humour (avec sa part d’agressivité inhérente et la posture de supériorité dans laquelle il place celui qui en use). Donc peut-être que la puissance du propos met l’émetteur en position de supériorité et que cela est insupportable pour certains et réveille des angoisses. Ils parlent alors de pédanterie comme il le ferait pour une personne qui afficherait cette supériorité sans qu’elle ne soit justifiée par la consistance des propos (un vrai pédant).
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François Bégaudeau
Maître des clésTout cela me parait très juste, notamment la comparaison avec l’humour.
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François Bégaudeau
Maître des clésCe qui manque toujours, également, à ce genre d’appréciation- « il y a va fort quand même »-, c’est une perception du réel rapport de forces.
Sur les acteurs je suis parfois virulent parce que le rapport de forces est en leur faveur, ce sont eux qui dominent le cinéma, et qui imposent leur cirque sur le tournage.
Sur En thérapie : au moment de la Gene, En thérapie est un immense succès, devenu un phénomène de société. C’est un triomphe pour Toledano et Nakache. Quasi aucun bémol.
Une chose qu’on n’a jamais faite, à la Gene, et qu’on ne fera jamais, c’est d’accabler un film faible économiquement et en plus affaibli par une réception critique mauvaise. -
Professeur Mélanie
InvitéSi j’avais pas d’abord lu les posts plus bas, je l’aurais dit en premier. La comparaison avec l’humour me trotte aussi dans la tête depuis le début de cette discussion.
« Plaquer de la pédanterie » en état de « complexe d’infériorité » me semble très parallèle à ce que dit François dans la conf sur le « rire humiliant », quand il explique que celui qui dit qu’une blague drôle est pas drôle en fait ne la capte pas, ne peut pas l’aimer et se retrouve avec cette incapacité et que ça le tend – enfin il le disait mieux. Il expliquait pareillement que les blagues sont à ajuster au contexte, au rapport de force.Je dois avouer que dans la Gène occasionnée j’ai aussi grincé un certain temps, typiquement sur le truc des jeux de mots, en mode « il y va fort quand même ». Mais François avec L’homme-qui-n’a-pas-de-prénom vous êtes joueurs, et c’est en fait moi que ça aurait vexé, si tu t’étais moqué de mes jeux de mots.
Ce jeu est intéressant aussi pour autre chose : ne surjoues-tu pas là ton non-goût pour les jeux de mots, en auto-dérision ?Ecoutant Didier Super ces temps-ci, avec sa façon d’y aller très fort avec son public, je ris, et si je n’avais pas appris ça par ici, j’aurais bougonné ou quelque chose dans le genre, je serais passée à côté de ça, alors que ces postures, ces comportements, me paraissent joyeux et joyeusants.
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deleatur
InvitéÊtre gêné en écoutant La Gêne, c’est quand même la moindre des choses !
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Il faut relire les critiques de cinéma de Truffaut et Godard au début des années 50 pour comprendre qu’il y a une tradition de l’attaque critique à la française : à l’époque, les critiques de cinéma étaient tout aussi virulentes et pouvaient apparaître souvent beaucoup plus méchantes.
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La critique d’art est distinctive ou elle n’est pas : on défend ce qu’on aime et on dit pourquoi on n’aime pas ce qu’on n’aime pas. En d’autres termes, c’est la guerre du goût, chacun dans son camp.
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Il aurait suffit de comparer les émissions où François donne le sentiment d’être en roue libre, de vanner à n’en plus pouvoir, et celles où il ne se le permet pas pour comprendre que les situations sont totalement différentes : dans un cas, il parle avec des gens « amis », proches, complices (Samir de Microciné, telle présentatrice de Mollat) ; dans l’autre, il est tout simplement extrêmement poli et ne se permet aucune familiarité.
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Quant à son duo avec l’homme-qui-n’a-pas-prénom, je préfère pour ma part le voir comme une manière de rejouer les grands duos comiques : Laurel et Hardy avec l’un qui donne des baffes et l’autres qui fait sa tête à claques ; ou encore Petit Scarabée et le maître shaolin dans la série Kung fu des années 70, avec David Carradine — on a l’âge qu’on a, François !
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Il suffit aujourd’hui de voir une relation entre maître et disciple, maître Jedi et jeune padawan, fût-elle fantasmée et parfaitement surjouée jusqu’à la caricature, même entre maître et élève (bon sang, le maître ignorant est un maître, un maître qui enseigne, pas un maître qui domine), pour dénoncer l’abus de pouvoir, la relation de domination, l’humiliation. C’est un peu pénible !
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Seule exception à ma connaissance, Natacha Polony, affublée d’un « jeune padawan » ou « petit scarabée », je ne sais plus, et dont on sent très vite qu’elle n’est pas « amie », mais tête à claques et qu’elle va se prendre des beignes.
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Carpentier
InvitéDu Maître des clefs d’ici, un seul passage TV, parmi ceux que j’ai vus, m’a – je m’en souviens bien – quelque peu étonné, du genre étonnement qui agace, border line avec l’irritant un peu.
C’était chez Ruquier, une émission sur le temps des anciennes d’Ardisson et, en duo avec Sorman, pour la sortie de leur ‘ Parce que ça nous plaît ‘: François B. était assis, en surplomb un peu, sur l’accoudoir d’un fauteuil où était assise Joy S.
Faute de sièges en nombre suffisant peut-être, le mec, jambes en triangle rectangle plus haut que la meuf, ça m’avait renvoyé un truc patriarcal surprenant, me souviens même d’avoir pensé à une possible grossesse ou autre fatigue ou fragilité passagère connues d’eux seuls.
Joy Sorman, très en dessous dans ce fauteuil c’était, comment dire? – lunaire.
Pour le reste, comme je sais toujours pourquoi j’écoute François Bégaudeau, son ton ne me fait jamais regretter de suivre un truc où il est.
C’est pas Trapenard quand même.-
François Bégaudeau
Maître des clésUn peu de fait ne fait jamais de mal.
Alors que l’émission est déjà commencée, on nous dit que je serai dans le fauteuil face aux deux procureurs, et Joy dans le fauteuil à coté d’eux, ou plutot presque de dos à eux. Ce qui actualise ce qu’on pressentait: ils voulaient que ce supposé entretien avec nous deux sur supposément le livre soit en fait un procès de bibi hors livre. Où, scénographie aidant, Joy n’aurait été qu’une potiche. On a alors demandé à être cote à cote, ils ont dit pas possible y’a qu’un fauteuil. Alors j’ai dit ok dans ce cas je me mettrai sur l’accoudoir.
En bonus tu essaieras d’imaginer quelle image beaucoup plus patriarcale aurait produit celle de moi dans le fauteuil et Joy assise sur l’accoudoir.-
Carpentier
InvitéCertes, merci pour le contexte.
Vous êtes quand même amenés à être sacrément arrangeant avec ce merdier constant.
Me voici en paix avec ce souvenir bizarre, merci.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl semble impossible de faire comprendre que tout ce qui se passe dans ces dispositifs est induit et façonné par le dispositif même, et qu’à ce titre la sagesse consisterait à ne jamais rien en déduire quant à ceux qui se trouvent façonnés par lui.
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Carpentier
InvitéAaaaah la sagesse.
Ce ne furent que de mini hypothèses à la suite d’impressions venues devant le passage tv: excuse-moi d’avoir des pensées qui me viennent parfois.
Et d’oser en parler pour justement,
Bon.-
François Bégaudeau
Maître des clésLa question n’est pas sur cette fois là, mais sur les fois d’après.
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Carpentier
InvitéBonjour,
sur les fois d’après/…
Les autres passages TV? Si c’est cela, chez Ruquier, je ne sais plus combien de fois j’ai pu t’y voir.
Plus généralement, je crois avoir compris que Taddei est/était parmi les derniers en TV chez qui tu te rends/rendaient à peu près tranquille sur ce que tu pourrais faire chez lui, dans son dispositif.
De par la durée de son dispositif.
Après, comme je ne suis pas sure sure de bien te comprendre, comme tu l’as bien vu, tu me préciserais qui induit quoi sur qui et/ou sur quel dispositif, stp? -
Carpentier
InvitéEt tu vois, c’est marrant, te relisant dans ton cadeau bonus avant de te dire que je suis pas sure de piger la fin de nos échanges de posts (pour mémo: … En bonus tu essaieras d’imaginer quelle image beaucoup plus patriarcale aurait produit celle de moi dans le fauteuil et Joy assise sur l’accoudoir. / ) je me re-(dis) que ça aurait eu beaucoup plus de classe: c’est Joy Sorman, putain, ton amie, et tu sais bien qu’assise plus haute que toi, à sa façon, non ça n’aurait pas été plus patriarcal encore.
Un mec qui surplombe une meuf, c’est écrasant.
Une meuf, même si c’est Sorman, tu sais bien qu’elle re-équilibre le truc, même si elle ‘ surplombe ‘.
Mais ok, g pigé le bordel, seul moment où j’avais été étonnée/agacée de quelque chose chez toi en public, je peux le dire quand même.
(moue qui boude de 7 ans 1/2)
Bonne journée,
– si t’es encore à Grenoble, regarde partout pour moi, stp, j’adore ce coin. –-
deleatur
InvitéLe mec dans son fauteuil et la pépée sur l’accoudoir ? Pourquoi pas sur ses genoux tant qu’on y est ?
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Carpentier
InvitéJoy Sorman aurait tout à fait géré.
On laisse le fauteuil à quelqu’un dont on prend soin, certes.
Cependant, dans le contexte macho et impoli où ils étaient reçus, Sorman aurait équilibré le truc et aurait peut-être pris/donné une place/direction différente au combat de couilles de coqs justement: vous voulez vous faire Bégaudeau, vous vouliez me coller dans un coin comme une potiche ?
Je vous surplombe du haut de mon genre féminin, bande de petits garçons et je suis là, je vous observe et vous écoute.
C’est quoi les questions ?-
François Bégaudeau
Maître des clésTu vas encore gloser longtemps ce bout de télé muséal?
Tu n’as pas mieux à faire? -
Carpentier
InvitéSi, tu as raison.
L’erreur est de croire qu’une réponse vaut de ut d’échange et possible précision si on ne comprend pas quelque chose.
Rappel salutaire, c’est juste, en fait, pour en finir avec. -
Carpentier
Invité* début d’échange
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Carpentier
InvitéJe pressens que certain.e deleatur est multi pseudos..
Bien sûr, je peux me tromper, comme on sait.-
deleatur
InvitéTu peux préciser ?
Je n’utilise qu’un seul pseudo ici, depuis environ 1 mois.
Je me contredis à ce point ?
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Mélanie
InvitéJ’avais relevé aussi ce fauteuil pour deux.
Une fois un copain venait chez moi récupérer des mômes, moi je faisais goûter les petits et j’avais tardé à voir qu’il manquait une chaise pour ce copain qui n’avait rien dit. Je m’en étais voulu et deux ans plus tard je m’en rappelle – c’est fou comme d’autres n’ont honte de rien.
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Isd
InvitéBonjour François. Après avoir vu ton passage télé chez Ruquier, je me demandais comment arrivais-tu à gérer la maîtrises de tes émotions et de tes humeurs, notamment face à un Zemmour ou à un Naulleau ? Et comment ne pas se faire envahir par le stress du direct ? Ne pas penser que des centaines de milliers d’auditeurs sont devant leurs postes, et que chaque geste, chaque phrase, pourront être reprises et analysées derrière ? En tant que personne stressé à l’idée de parler en public et impressionné face aux personnalités « grandes gueules », j’en serai personnellement incapable…
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François Bégaudeau
Maître des clésJe dirais plusieurs choses :
1 on est moins stressé de parler en public si on a confiance en sa parole. J’ai confiance en ma parole, je suis moins stressé. Je serais beaucoup plus stressé de devoir danser la samba en public.
2 j’ai ancré au fond de moi l’idée que personne n’écoute jamais personne. Je suis donc toujours intimement convaincu que personne ne m’écoute. C’est évidemment faux – et les relais internet sont venus l’acter-, mais c’est ma perception, et elle est apaisante.
3 dans le cas d’espèce de cette émission sinistre, je crois que je suis aussi dans l’esprit « foutu pour foutu ». Je sais qu’il n’y aura rien à en tirer, ça détend. -
François Bégaudeau
Maître des clésla question de rester calme devant ces deux là est plus anecdotique
je savais très bien qu’ils allaient nous défoncer, surtout Naulleau, dont je savais qu’il me détestait depuis qu’il m’avait affilié au courant « pédagogiste » que ce républicain méritocrate abhorre (ceci après m’avoir fait savoir qu’il tenait mon Mick Jagger pour un grand livre, je cite, mais ces gens soi disant littéraires sont des idéologues avant tout)
la manifestation explicite d’hostilité et de mauvaise foi a tendance à me laisser de marbre
toujours l’impression qu’elle se condamne toute seule
je suis beaucoup plus irrité devant une malveillance sournoise, dissimulée, comme on en voit parfois s’avancer par ici
moi j’aime bien quand chacun joue franc jeu, y compris dans la haine-
Graindorge
InvitéDe la haine j’en ai jamais lu ici
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Graindorge
Invitépeut-être que si au fond. Me reviennent des propos mais ce mot haine est tellement fort que je crois qu’on devrait l’utiliser vraiment si. Et seulement si.
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Graindorge
Invité1- « la manifestation explicite d’hostilité et de mauvaise foi a tendance à me laisser de marbre
toujours l’impression qu’elle se condamne toute seule
2- je suis beaucoup plus irrité devant une malveillance sournoise, dissimulée, comme on en voit parfois s’avancer par ici
3- moi j’aime bien quand chacun joue franc jeu, y compris dans la haine » -
Jeanne
InvitéEt en même temps tu as écrit un roman qui s’appelait Dans la diagonale, et où tu observais un personnage prendre la tangente. Ce qui fait penser que prendre la tangente, c’est une démarche à laquelle tu peux aussi t’identifier.
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François Bégaudeau
Maître des clésAinsi Edouard Delors arrivant avec son petit vouvoiement de courtoisie moite, ça m’irrite.
Edouard Delors affichant à nu sa haine, ça m’enjoue.-
Edouard Delors
InvitéJe n’ai pas de haine contre vous, je vous ai dit que je pensais que vous étiez un grand analyste. Vous êtes le meilleur critique cinéma que j’ai lu de ma vie. Par contre je vous trouve médiocre écrivain. Je vous ai même dit que vous auriez été un grand philosophe, ou sociologue. Ce que je pense toujours, il n’est jamais trop tard pour une reconversion.
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François Bégaudeau
Maître des clésS’il n’y ici ni haine, ni du moins obscure acidité, pourquoi ne pas se contenter de signaler ici ce qui t’agrée chez moi?
Puisque tu es porté sur la philo, pourquoi ne pas te contenter de signaler qu’il y a chez moi de bon germes de philosophie (puisque tu considères – certes envers et contre ma vie et mes réelles dispositions- que j’aurais fait un très bon philosophe) ou de bons germes de sociologie ( puisque tu considères – certes envers et contre ma vie et mes réelles dispositions- que j’aurais fait un « grand sociologue »)
Puisque tu es marxiste, pourquoi ne pas juste me témoigner une camaraderie politique?
Si tu me tiens pour le meilleur critique de cinéma que tu aies lu (on imagine que tu n’en as pas lu des masses), pourquoi ne pas te contenter de signaler ici telle ou telle réflexion critique qui t’ait plu?
Si tu n’aimes pas mes romans, pourquoi ne pas te contenter de dire que non, les romans ne t’ont pas convaincu, que ce n’est pas cet aspect là qui t’intéresse chez moi. Pourquoi tenir absolument à répéter trois ou quatre fois qu’ils sont médiocres, sympathoches et autres aménités, que je me suis trompé de puissance, etc. Pourquoi reporter ici, toi le marxiste, la vieille critique ad hominem d’un pauvre type de droite pour soutenir ta charge? Quel est donc le mobile passionnel au travail ici? En bon philosophe tu dois être un bon psychologue – à moins d’adhérer davantage à la lignée idéaliste de la philosophie, ce qui serait pour un marxiste encore une drole de torsion. TU vas donc nous expliquer ça.-
Edouard Delors
Invité1) Il y avait incontestablement de l’acidité, voire de la méchanceté dans mes propos. Je te présente mes excuses pour cela. Il y a deux mobiles passionnels qui ont alimenté mes messages. Premièrement, nous sommes sur ton site, par conséquent, énormément de gens te soutiennent, t’admirent, etc, et donc, par esprit de contradiction pathologique, et après avoir beaucoup aimé les interventions d’amour, qui a fait soufflé un vent de fraicheur, de folie (littéralement), sur le forum, j’ai voulu avoir un devenir-punk, un devenir-amour, j’ai voulu gâcher la fête et avoir tout le monde contre moi. Deuxièmement, il y a incontestablement un ressort ressentimental chez moi. Je t’admire beaucoup et sans doute avouer ton talent me coûte, je ressens de l’envie. Il m’est souvent arrivé, après avoir écouté une de tes gênes, ou un de tes micro-ciné, ou après avoir lu un des tes articles, de me dire que tu avais tout dit, tout parfaitement analysé et de façon plus éloquente que moi ou qu’aucun autre.
2) Je révise mon jugement sur la philosophie et la sociologie. Je pense que ta force est une force analytique, à laquelle tu donnes libre cours dans tes romans. Puisqu’un roman, autant qu’un travail sur la langue, est une accumulation de remarques philosophico-analytico-sociologico-littéraires. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime la littérature, j’y aime les fulgurances, j’y aime la pensée, les petites remarques inédites sur les choses du monde. Mais c’est justement à ce titre là que je te trouve un peu limité comparé à un Pierre Michon par exemple, ou un Proust, ou un Gracq, ou un Simon, ou un Rousseau. Je ne me souviens avoir découvert dans tes romans de remarques qui m’ont fait voir le monde autrement. J’ai aussi du mal avec ton procédé stylistique, à savoir que tu es, il me semble, à l’instar de Flaubert, un compresseur de phrase. Tes phrases sont très elliptiques, courtes, synthétiques. Or, j’ai toujours préféré les longues phrases à la Proust, les phrases qui fonctionnent comme le Boléro de Ravel, ce qui explique pourquoi j’aime autant Michon, et que je ne suis pas un grand admirateur de Flaubert.
3) Je te témoigne ma camaraderie politique. Je suis d’accord avec la majorité de tes positions politiques. J’ai admiré ton débat avec Houria Bouteldja, où tu as su être extrêmement lucide face à une pensée qui est certes brillante mais qui frôle parfois avec l’essentialisme et le ressentiment (je dis bien frôle parce que c’est assez subtile). L’un des seuls désaccords que j’ai avec toi c’est sur le vote, je suis d’accord avec Lagasnerie pour le coup, je pense que le vote est un micro-acte qui n’engage à rien et qu’à ce titre je peux voter Mélenchon et militer à côté.
4) Je lis peu de critique cinéma il est vrai. Je suis abonné aux Cahier et j’étais abonné à Transfuge jusqu’à ce que tu sois viré. Tu es donc le meilleur critique cinéma que j’ai lu dans ces deux revues. À Transfuge, je lisais tes articles et les leurs, j’écoutais dans les débats tes interventions et les leurs, et c’était très cruel. Les tables rondes étaient des démonstrations de force, où sur chaque film tu clouais le bec à tout le monde, parce que tu parlais mieux qu’eux, tu analysais mieux qu’eux, tu était plus synthétiques, plus précis. C’était impressionnant. C’est vraiment en tant que critique de cinéma que tu m’impressionne le plus.
5) Moix est un personnage intéressant, tu ne peux pas le nier. Ce serait un grand personnage de roman. Il est extrêmement imprévisible, on ne sait jamais ce qu’il va dire, il est visiblement mythomane (j’aimerais bien avoir le fin mot de son histoire avec sa famille), il est doué d’une repartie assez dingue, il a un rapport aux femmes pathologique. Il n’a aucune colonne vertébrale intellectuelle, ses opinions vont n’importe où, il sort parfois des fulgurances. Il est capable d’une grande méchanceté : Jean-Paul Enthoven avait dit de lui, et je pense qu’il a raison, qu’il a une « idiosyncrasie fasciste ». Il pourra se démener toute sa vie pour prouver au monde entier qu’il est tolérant, qu’il aime les juifs et les arabes, son corps, sa langue, ses réflexes, sa frustration, disent le contraire. Sa jeunesse dit le contraire aussi. Donc je pense qu’on ne peut pas réduire Moix à « un pauvre type de droite », c’est au contraire un sacré personnage.-
Edouard Delors
InvitéPS : en cinéma, je trouve que vous sous-estimer Fincher. Vous avez dit qu’il n’avait jamais fait un grand film, je pense que Zodiac et Gone girl sont deux grands films. Je ne peux pas aimer The social network à cause de la vision caricaturale du génie (Zuckerberg), qui est une sorte d’autiste sociopathe qui parle ultra vite, c’est un personnage caricaturale qu’on a vu dans beaucoup de film, comme Imitation Game, Un homme exceptionnel et autres bouses. Mais ça c’est la faute de Sorkin, pas de Fincher.
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Seldoon
InvitéJe signale à tout hasard qu’Edouard Delors n’est pas mon Tyler Durden, même s’il est vrai que je dors peu ces jours-ci.
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Julien Barthe
InvitéIl est tout de même possible que tu sois le sien.
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Seldoon
InvitéC’est vertigineux.
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Edouard Delors
InvitéC’est drôle que tu me compares à Tyler Durden parce qu’il arrive très souvent qu’on me dise que je lui ressemble physiquement (notamment les femmes).
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Claire N
Invité« j’ai voulu gâcher la fête et avoir tout le monde contre moi » j’aime bien , je trouve que cette phrase ressort du texte, elle semble vraiment échappée de toi
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Edouard Delors
InvitéPourquoi « échappée de moi » ? Parce que tout ce que tu trouves positif dans un texte venant de moi ne peut être qu’involontaire de ma part ?
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Claire N
InvitéNon , je l’aime bien c’est tout
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Claire N
InvitéPeut-être parce que dedans il y a « envie « et « tout contre « pour être sincère
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Edouard Delors
InvitéOui mais qu’entends-tu par « échappée de toi » ? Ça veut dire qu’elle est involontaire ? Est-ce une nouvelle création lexicale mdr ?
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Claire N
InvitéEt bien je ne prétends rien , je te livre juste ma sensibilité, peut-être que c’est là que j’ai l’impression de te comprendre
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Claire N
InvitéMais puisqu’on en parle c’est quoi une fulgurances ?
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Edouard Delors
InvitéPour moi, une fulgurance c’est un agencement de mots qui crée une sensation particulière chez le lecteur, qui donne à voir différemment une chose, ou qui met le doigt sur une micro-sensation que l’on ressenti sans jamais pouvoir la décrire.
Par exemple chez Francis Ponge ou Marcel Proust, il y a une fulgurance par ligne.
Mais je me rappelle la première fulgurance que j’avais reconnue comme telle, au collège : c’était une remarque de Borgès dans Fiction (je ne sais plus où dans le recueil mais peut-être au tout début), il écrivait que tel personnage « apparaissait si lointain derrière sa cigarette ». Ça m’avait beaucoup frappé parce que ça mettait le doigt sur une micro-sensation que j’avais lorsque je regardais quelqu’un fumer : à savoir qu’une personne, quand elle aspire la fumée, ses joues se creusent, son regard se plisse, la fumée sort de la cigarette, et tout d’un coup le visage semble disparaître derrière la cigarette, comme derrière un artifice, le visage prend une moue altière, condescendante qui donne cet aspect presque aristocratique, « lointain », au fumeur. Le fumeur semble alors se séparer du reste du monde, il le domine derrière sa cigarette. J’ai du mal à décrire cette sensation parce qu’elle indescriptible, mais ça m’avait marquer et c’est cela que je qualifierait de fulgurance. -
Jeanne
InvitéDans le genre fulgurance, je me souviens de cette phrase d’Éric Chevillard qui m’avait d’abord mise très en colère :
« Elle sourit comme les barques flottent ».
Qu’est-ce que c’était que cette histoire de barque? Je ne comprenais rien. J’étais prise en otage. La Littérature (avec un grand L) me faisait tourner en bourrique. Minuit (c’est Minuit, Chevillard?) me faisait tourner en bourrique. Tout cela allait finir sous un pied de table et afin de la caler non vraiment on ne m’y reprendrait pas.
Et puis cette phrase, je ne sais pas pourquoi, m’avait accompagnée. Jusqu’à ce que longtemps après je me mette à trouver que la forme d’une barque, avec ses extrémités remontées, ressemblait effectivement au dessin d’un sourire. Et que flotter, être à flot, ne pas couler, c’était bien ce que pouvait nous faire un sourire, un sourire à nous adressé ou le fait de sourire.
A tel point que Chevillard, son éditeur, son roman « Au plafond », je leur avais complètement pardonné et même un peu plus. -
Ostros
Invité@Jeanne
Merci, très belle phrase. Qui emmène la pensée dans un lieu insoupçonné. -
Claire N
InvitéOui , c’est assez merveilleux de constater que nos sensations peuvent s’éclairer de cette manière ;
Qu’il y ait dans la matière les éléments pour expérimenter cette émotion particulière qui embrasse la compréhension de soi / de l’auteur / en passant par ce qui se tient dans les mots ( des choses)
Toutes ces simples choses qui ont miraculeusement la capacité de fendre le silence entre deux chairs parce que nous y sommes sensibles -
Jeanne
InvitéMerci Ostros et Claire.
Claire, l’on peut donner bien des définitions de la littérature, « fendre le silence entre deux chairs » ce sera ma définition du jour. -
Claire N
InvitéOn pourrait aussi se reconscilier avec le « génie «
Il me semble que chaque moment de « génie « est celui qui me fait éprouver que mon univers sensible est bien plus vaste que je le crois ? La lecture des » détectives sauvages « de Bolano , en particulier m’avait permis de préciser cette sensation -
Jeanne
InvitéIl me semble qu’ici, Claire, tu rapportes le génie de l’écrivain à un symétrique génie du lecteur.
Et je valide. Le génie c’est, d’une certaine manière, des deux côtés de cette barrière. -
François Bégaudeau
Maître des cléssuis assez d’accord
on pourrait dire que certaines émotions esthétiques produites par la rencontre d’une oeuvre et d’un récepteur ont du génie -
Carpentier
InvitéEt que fait-on des lecteurs qui manqueraient de génie?
Je propose ce sujet pour une des conf du salon du livre de Montreuil l’an prochain, qu’est-ce qu’on va rigoler. -
Jeanne
Invité« Que fait-on des lecteurs qui manqueraient de génie ? ».
Je ne sais pas.
Les attendre à un autre endroit du génie ?
Il y a bien des façons, dans la vie, d’être génial. -
Carpentier
InvitéBonjour Jeanne, en effet.
Et au vu de vos 3 posts suivants, les Filles, je viens de prendre le temps de relire l’échange depuis le début.
Quitte à paraître fan – et sw? – le .. suis assez d’accord
on pourrait dire que certaines émotions esthétiques produites par la rencontre d’une oeuvre et d’un récepteur ont du génie / … me semble le plus clair.
Est-ce que le ’ certaines ’ pour les émotions hierarchisent?
En tout cas, faute de plus de précisions, je comprends que l’alchimie, l’espace tiers où se produirait la tambouille des émotions de l’un et de l’autre, leur point de rencontre, cela pourrait relever d’un ’ certain ’ génie.
Ça marche tout de même bien sur des œufs là.
J’ai dû mal choper le terme génie, objet de l’échange, en fait et je vais regarder, Jeanne, dans son ’ tu seras écrivain mon fils ’ tiens, si le François d’ici lui a consacré une entrée.
M’étonnerait pas de lui. -
Albert Bloch
InvitéCette colonne de message confinée à la droite d’un écran n’est peut-être pas le meilleur endroit pour démarrer une discussion de ce type mais je trouve cela assez étrange de donner autant de crédit à la notion de « génie » qui n’a pas vraiment de rapport avec le réel. Il me semble qu’il y a là quelque chose de l’ordre du mystique…
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Claire N
InvitéIl ne me semble pas que la discussion ait créé cette entité hiérarchisante de « lecteurs qui n’ont pas de génie «
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Jeanne
InvitéClaire, j’aimerais être d’accord avec toi mais je ne le suis pas tout à fait. Je trouve que c’est une vraie et difficile question, que pose Carpentier. Quand on commence à reconnaître à des gens des forces er des qualités (ou des puissances), on est bien en train d’établir une hiérarchie. Entre ces gens et d’autres, qui seraient moins pourvus en les puissances dont il s’agit.
Éthiquement on est dans la merde, politiquement on est un peu dans la merde aussi. Cette situation peu agréable, il me semble qu’il nous revient de ne pas l’esquiver…
Après, concrètement dans la vie de tous les jours on voit bien comment les puissances ne sont pas toujours si dégueulassement réparties (c’est ce que j’essayais un peu de dire dans mon post à Carpentier). Au boulot par exemple, j’ai plein d’exemples de gens tout en haut qui se croient les plus intelligents mais seulement parce qu’ils ignorent combien en fait leur prétention les rends tristes et aveugles à d’autres formes d’intelligence (et de joie) un peu plus bas, là où ces belles et compétences personnes n’aiment pas aller. -
Graindorge
Invité« Les lecteurs qui manqueraient de génie » mais en rire c’est s’en moquer? Et si je m’en moque est-ce que c’est moi qui du coup manque de génie en manquant d’amour? Je pourrais me moquer de cette personne qui est entrain de lire dans le bus à 6h30 du matin un pavé insipide dont sont remplis les supermarchés sauf que cette personne va après aller nettoyer génialement des bureaux, des banques, des chiottes alors en descendant du bus je préfère lui dire » tu vas lire tout ça!? quel courage! » Et ça la fait rire et on est contentes! Oui je suis folle: je parle aux inconnus et ici le peuple se tutoie. Et je m’en vais guillerettement donné des cours extras scolaires de 7:30 à 8:30 à des morveux pas réveillés et baillants aux cornettes! Et le peuple vous dit zut en 5 lettres!
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Jeanne
Invité1. Bien sûr que l’amour fait partie du génie.
2. Bien sûr que le génie est une catégorie mystique.
(On a le droit d’y réfléchir quand-même). -
Graindorge
InvitéKafka: « la littérature est une expédition vers la vérité »
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Claire N
InvitéEst-ce ce que ce ne serait pas plus grisant « la littérature est une expédition dans la vérité « ?
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Graindorge
Invitéje ne sais pas
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Jeanne
InvitéClaire j’avoue que pour moi c’est kif kif.
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Graindorge
Invitéil faudrait demander à Franz
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Edouard l’agrégé de philo
InvitéBonjour, je m’appelle Edouard, je suis agrégé de philo mais je fais une faute d’accord par phrase et j’écris comme un pied. J’ai des analyses philosophico-analytico-sociologico-littéraires dignes d’un TPE de lycéen et je suis un peu bipolaire parfois. Quand j’ai pas bu mon bibi, je suis colère et je suis fâché contre Bégaudeau, mais quand j’ai bu mon bibi ça va mieux et je suis son plus grand fan. Je vous assure que c’est mon dernier message ici promis juré.
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François Bégaudeau
Maître des clésDrole d’affaire.
Merci de ton honnêteté in fine. -
K comme mon code
InvitéOk K comme mon code
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Edouard Delors
InvitéQui es-tu ?
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Edouard Delors
InvitéWho are u ?
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Edouard Delors
InvitéDonne moi rendez-vous Gare du Nord je t’encule ta mère.
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Carpentier
InvitéMerci de laisser la gare du Nord tranquille, elle est déjà bien assez emmerdée comme ça.
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Edouard Delors
InvitéPS : Je me suis mal exprimé sur les « remarques philosophico-analytico-sociologico-littéraires », je veux dire que dans le cours d’une description, dans la façon de dépeindre les lieux, les personnages, les situations, par le jeu des adjectifs notamment, transparait une analyse psychologique, une vision philosophique ou sociologique etc. Cela ne veut pas dire qu’un écrivain ait à faire des apartés philosophiques comme chez Kundera (je trouve ça un peu lourd).
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Edouard Delors
InvitéEt votre émission La gêne occasionnée, en dehors de l’humour médiocre que vous pratiquez avec l’autre zigoto, est EXTRÊMEMENT intéressante et précise.
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Edouard Delors
InvitéJ’ai même écrit que vous aviez « indéniablement du talent » je sais pas ce qu’il vous faut.
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Edouard Delors
InvitéTout le monde n’est pas Julien Gracq, n’est pas Michel Simon, n’est pas Marcel Proust, n’est pas Aragon. C’est comme ça François.
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Edouard Delors
Invité*Claude Simon
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deleatur
InvitéNon, tu confonds avec Yves Simon, chanteur, scénariste et romancier.
« L’autre zigoto » par contre est pitoyable : c’est une insulte par personne interposée, c’est petit et mesquin.-
Edouard Delors
Invité« L’autre zigoto » c’est plutôt affectueux
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deleatur
InvitéDrôle d’hypocoristique pour un agrégé de philo…
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Edouard Delors
InvitéL’agrégation c’est un diplôme, ça n’a aucune valeur, donc je suis agrégé mais con.
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Patate
InvitéL’agrégation n’est pas un diplôme, c’est un concours qui confère le titre d’agrégé. Pour le reste tu as raison, l’agrégation n’est pas nécessairement un signe de grande intelligence, tu en es la démonstration.
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Edouard Delors
InvitéTu chipotes ma petite patate.
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deleatur
InvitéL’agreg, ce n’est pas un diplôme mais un concours d’enseignement qui sert à classer les gens qui seront recrutés dans l’Education Nationale, concours qui possède de ce fait une valeur distinctive, que l’on peut du reste investir de valeurs propres et personnelles. Ça fait beaucoup et ce n’est jamais anodin de l’annoncer ou de l’opposer à quelqu’un. Mais passons.
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Edouard Delors
InvitéJe vous ai donné votre chance en tant qu’écrivain, vous n’avez pas tenu le choc. Je retourne lire Faulkner.
PS : Je suis agrégé de philosophie et je suis marxiste.
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Claire N
InvitéDsl c’était trop tentant
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Edouard Delors
InvitéToi tu ne cesses pas de me couvrir d’indignités. Arrête s’il te plaît.
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Carpentier
InvitéAh non, les ingénieurs aiment le rugby, enfin, ils s’appellent souvent Jean-quelque chose et ils aiment les sports mécaniques ou les jeux de construction.
Mais qu’il est bogoss cet Aymeric euh, Eric.
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Edouard Delors
InvitéEn tout cas, j’ai fait preuve de méchanceté à votre endroit et de passion triste. Je vous présente mes excuses et vous jure qu’il s’agit de mon dernier message sur ce forum. Je vous souhaite une bonne continuation.
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Edouard Delors l’agrégé de philosophie
InvitéJe ne te dirai pas qui je suis mais ce qui est drôle c’est que tu as écrit un pavé (comme un pied et avec plein de fautes) pour que François te réponde « Drole d’affaire. Merci de ton honnêteté in fine. » : 7 mots aha. Bien fait pour toi. Et dégage du site tu pollues les échanges.
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Edouard Delors
InvitéMais je te rassure je compte bien arrêter d’intervenir sur le forum. Je voulais juste répondre à François qui m’avait envoyé un message.
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Habile Entier
InvitéPourquoi ne pas dire qui tu es? T’as honte d’être toi même?
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Noah
InvitéJe m’appelle Habile Entier je suis schizo dans la vie mais aussi sur le forum parce que je pique les trolls des autres vu que j’ai aucun humour et je suis insignifiant
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Edouard Delors
InvitéC’est toi Noah qui a écrit ce message : « Bonjour, je m’appelle Edouard, je suis agrégé de philo mais je fais une faute d’accord par phrase et j’écris comme un pied… » ?
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Noah
InvitéOui c’est moi, c’était pour me moquer un peu. Mais il fallait évidemment qu’un nul sans fantaisie en rajoute 3 couches sans que ce soit drôle.
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Edouard Delors
Invité« me moquer un peu » tu m’as mis cher quand même. J’écris mal et je fais des fautes, mais tu n’as pas lu de TPE de lycéen depuis longtemps.
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Edouard Delors
InvitéEt quel est l’intérêt d’être toxique avec un repenti de la toxicité ? Aime ton prochain comme toi même. Adieu.
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Habile Entier
InvitéNoah: « Je m’appelle Habile Entier je suis schizo dans la vie mais aussi sur le forum parce que je pique les trolls des autres vu que j’ai aucun humour et je suis insignifiant »
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Tu veux qu’on en parle? Parce que je vois bien que t’as l’air d’en avoir gros sur la patate à mon sujet alors qu’on ne se connait même pas donc si tu veux je te fais un chocolat chaud et tu me racontes tes petites misères.-
Noah
InvitéOk le schizo
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Habile Entier
InvitéAlors vas y, je t’écoute, dis moi tout ce que tu as sur le coeur.
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Edouard Delors
InvitéEn tout cas tu as raison 7 mots il s’est pas foulé le bougre, ça m’apprendra à perdre du temps sur un forum internet.
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Edouard Delors
InvitéCe n’est pas moi qui t’ai insulté, ni qui ai crée ce topic sur l’usurpation d’identité. Oui j’écris mal et je fais plein de fautes, oui j’ai un niveau de réflexion de lycéen.
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Edouard Delors l’agrégé de philosophie
InvitéC’est ça, casse toi, tu ne sers à rien.
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Edouard Delors
InvitéMerci beaucoup, c’est très gentil.
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AuteurMessages
