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Ema
InvitéJ’ai récemment visionné Drunk de Vinterberg. J’ai ensuite écouté la GO sur le film, dont je partage à posteriori les considérations formelles. Plus généralement, l’impression désolante que m’a donnée ce film est celle de suivre un pénible schémas thèse-antithèse-synthèse, qu’on pourrait résumer ainsi : l’alcool oui, mais avec modération, sinon bonjour les dégâts. Super, ca valait bien un film de 2h. Je me suis alors amusée à imaginer une trame alternative jusqu’au-boutiste dans laquelle l’alcool serait célébré sans reserve, qui, à defaut de produire un grand film, aurait au moins eu le mérite d’une certaine subversion.
Celà m’a amenée à réfléchir à l’alcool et notamment son usage social. Il est de coutume et de bon ton d’en décrier les effets néfastes, impossibles à nier de fait, mais quid de ses aspects positifs? Combien de confidences salvatrices, amitiés renforcées, audaces amoureuses dûes aux effets deshinibants de l’alcool? Combien de fou-rires, aventures abracadabrantes et souvenirs impérissables?
J’ai moi même frôlé l’alcoolisme à une certaine époque et consomme donc avec une grande méfiance, mais je n’arrive pour autant pas à regretter tous mes episodes d’alcoolémie qui ont parfois joué un rôle très libérateur d’un point de vue émotionnel et relationnel.
Quel est votre rapport à cette substance ici ? Le jeu en vaut-il selon vous la chandelle? -
deleatur
Invité« suivre un pénible schémas thèse-antithèse-synthèse »
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Le pire des schémas de pensée : le consensus mou, le centrisme du centre, la coalition, la résilience, une morale de Normand (p’tete bin que oui, p’tete bin que non).
Un dévoiement de la « pensée dialectique » authentique : dans le schéma 1, 2, 3, trois n’est jamais la somme de un et de deux (ou le rejet des deux, ni l’un ni l’autre), mais un dépassement et de l’un et de l’autre.
Je m’interdis toute synthèse, en pensée, en parole, par action et par omission.
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J’ai essayé de boire pour trouver l’inspiration. J’attends toujours.
Aujourd’hui, je ne bois plus que pour savourer ou me mettre une mine. J’ai arrêté de croire que cela boosterait mes capacités cognitives, perceptives, émotionnelles.
Mais bon, un peu (noter la nuance, merci) d’ivresse dans le sexe, c’est sympa aussi — devrais-je maintenant parler au passer ?-
françois bégaudeau
InvitéOui il faudrait faire la recension de tout ce que l’alcool permet.
Dans L’invention de la Jeunesse on disait par exemple qu’en soirée l’alcool était la chance du moche.
C’est aussi la chance du danseur inhibé – ou du dragueur inhibé.-
deleatur
InvitéDe la moche aussi. La mocheté est épicène.
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Claire N
InvitéL’alcool a permis le « air guitare « je ne lui en demande pas plus comme raison d’être.
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Leo Landru
InvitéLe rock a permis le air guitar. À jeun depuis longtemps, je n’ai aucune gêne à me ridiculiser et remuer mes cent kilos n’importe comment dès qu’il y a guitares saturées. La musique est au dessus de l’alcool, et de la plupart des choses quand on y pense. Je ne ferais pas spontanément confiance à un ivrogne, sauf s’il a dix ou mille groupes préférés dont il parle sans discontinuer. Et s’il ne boit pas je vois en lui mon double.
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Claire N
InvitéJe sais pas trop Léo
Je suis assez d’accord avec ce que tu dis de la musique qui procure un élan de desinibition ne nécessitant pas l’alcool molécule
Peut etre que l’ivresse n’est pas exclusivement à rattacher à la molécule alcool et qu’un découplage peut etre une piste intéressante?
Sur la remarque « ivrogne « je comprends ce que tu entends par là mais j’ai aussi remarqué que l’ivrogne était souvent l’autre et rarement utilisé à la première personne, cela fait partie à mon sens des raisons qui nous rendent difficile l’appréhension de l’usage de l’alcool : fortement stigmatisant de l’extérieur mais sur un consensus social très flou ?-
Leo Landru
InvitéJe me dévoile un peu : j’ai très souvent utilisé le terme ivrogne à mon propre sujet dans des réunions où m’on se disait volontiers ivrogne.
Voilà bien le problème de la molécule alcool : c’est quand même de la drogue et on est pas tous égaux devant.
La musique non plus mais ma surconsommation de rock est tout de même moins dommageable.-
Claire N
Invité« et on est pas tous égaux devant. » oui c’est vrai
– d’un point de vu biologique certainement
– mais aussi ce que me fait entrevoir le podcast pod cast poste plus bas d’un point de vue des normes sociales attachées à nos « conditions «-
Claire N
InvitéJe me dis que d’une certaine manière lorsqu’on se penche sur sa consommation et pour arriver à quelque chose de singulier pour soi même il faut examiner très honnêtement beaucoup de choses en soi : le genre, les rapports sociaux, familiaux, amicaux, generationnels , l’anxiété
J’imagine que tu as eu l’occasion lors des discussions avec d’autres personnes obligées de se questionner sur le « mal boire « d’observer la manière dont chacun se desillai ? Considérerais tu que ce questionnement soit émancipateur ? Ou au contraire à tu rencontré des personnes recherchant un retour à la norme sociale hyper straight ?-
Leo Landru
InvitéPour dire les choses, j’ai fréquenté les AA pendant quelques années, après une jeunesse très alcoolisée et un debut de vie adulte durant lequel j’utilisais l’alcool à des fins anxiolytiques de manière quotidenne, quitte à finir dans des états lamentables, me mettre en danger, mettre en danger les autres, passer à côté de mon existence. Les AA m’ont été profitables. Dans mon cas et dans celui de nombre d’anciens buveurs que j’ai rencontrés, l’émancipation se fait donc avant tout dans le maintien d’une abstinence alcoolique.
Je ne vais toutefois plus aux réunions , l’aspect dogmatique et certaines injonctions, certains mécanismes, finiraient par avoir sur ma sobriété un effet contre-productif. Sans parler de l’ennui ou de la bigoterie qui accompagnent partiellement ces séances. Toutefois je serais ingrat de ne pas reconnaître aux AA une efficacité sûre, l’entretien de réflexes défensifs face aux sollicitations, via des mantras ancrés, via les témoignages glaçants que je garde en tête, plus la méthode des 12 étapes et la remise en question que cela implique. J’ai tenu un bistrot pendant quelques temps sans jamais boire une goutte d’alcool : le conditionnement AA y était pour beaucoup. Peut-être aussi voulais-je me prouver quelque chose, je n’ai pas eu envie de creuser – j’aime bien la compagnie occasionnelle des buveurs même si je carbure à la limonade. Et je pourrais très bien repiquer un peu – c’est arrivé trois fois en dix ans, trois petites rechutes que j’aurais pu éviter, heureusement rien de méchant, mais tu aperçois ricaner le fantôme des Noëls à venir quand tu te réveilles. Tu sens que ton corps ne demande que ça, revenir à un état duquel tu as peiné à t’extraire, l’ivresse perpétuelle, entretenue jusqu’au trou noir avant de recommencer jusqu’à la mort.
Mais je parle d’alcoolisme ici, ce dont le film Drunk ne parle pas. Il y a de grands bons moments dans l’alcoolisme, qu’on entrevoit dans Drunk : la première bière de la journée, la rupture de la sobriété après une semaine de contrainte, la camaraderie dans la déchéance qui survient parfois de manière inattendue, les illusions de grandeur qui exaltent avant le lendemain de cuite, les coups de chance, le rire. Le rêve de tout alcoolique est de pouvoir boire et s’arrêter au quatrième ou cinquième verre – ne profiter que des avantages. Je n’en connais aucun qui y soit parvenu – c’est pourtant la morale du film puisqu’il s’agit d’un film moral (et très con).
L’abstinence se fait plus discrètement, c’est un tempérament qui s’entretient en évitant son naturel dipsomane. C’est moins marrant mais c’est de la survie, puis cela devient autre chose, une forme de douceur dans le rapport à son corps et à son esprit. Enfin pour moi. La plupart des autres AA que je cotoie encore, hors du milieu que j’ai délaissé, aussi, ils ne sont pas dans « la norme hyper straight » mais davantage dans une attitude plus sereine au monde, moins émotive et plus tolérante (je n’en ferais pas une généralité – il y a des déterminismes. Par ailleurs, je ne me considère pas comme quelqu’un de serein et tolérant, je suppose seulement l’être davantage en restant sobre). J’espère qu’on m’excusera cet épanchement. -
Claire N
InvitéMerci Léo pour ce récit que je ne considère pas comme un épanchement mais comme un exposé calme de la situation
« C’est moins marrant mais c’est de la survie, puis cela devient autre chose, une forme de douceur dans le rapport à son corps et à son esprit »
J’aime beaucoup cette phrase, elle me semble profondément ancré dans la vie justement ; l’image d’être concentrée sur un ouvrage avec amour et attention m’est venue en la lisant. -
graindorge
InvitéMerci Léo Landru
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deleatur
Invité« l’ivresse perpétuelle, entretenue jusqu’au trou noir avant de recommencer jusqu’à la mort. »
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À mon tour de saluer la justesse et la beauté de ce témoignage.
Merci. -
Tristan
InvitéCeci est vraiment très juste.
« L’abstinence se fait plus discrètement [..] C’est moins marrant mais c’est de la survie, puis cela devient autre chose, une forme de douceur dans le rapport à son corps et à son esprit. »
Où l’on voit tout ce que l’alcool masque.
Merci LL pour ce bout de récit.
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Tristan
Invité« en soirée l’alcool était la chance du moche […] ou du dragueur inhibé »
Mouais. Pas sûr en revanche que ce soit la chance de celzéceux que le dragueur inhibé aborde bourré. Je pleure régulièrement devant les récits de ce que les groupes d’amis, dont je suis, nomment pudiquement « dérapages », et qui seraient bien plus sûrement qualifiés « agressions » si le désinhibé n’avait pas l’excuse de l’alcool. Que l’alcool soit une chance, qu’elle soit une excuse, me remplit de tristesse.-
Barbara
InvitéIl y a évidemment les viols et agressions sexuelles sous alcool, et plus largement les gros lourds.
Mais j’entends dans la chance du moche ou du timide aussi autre chose, parfois quand on partage l’ivresse on se parle autrement, et peut-être que celui qui se perçoit comme moche et qui en est embarrassé au quotidien se livre un peu plus, montre qu’il peut être charmant et drôle, une connivence s’installe. Il sait moins qu’ils est moche alors il se comporte différemment.
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Zyrma
Invité-
Carpentier
Invitépour la mise en muse de ce thread: une autre, c’est ma tournée : )
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Carpentier
Invitéce soir
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Carpentier
Invitésauf que dans Drunk c’était dès l’matin leur expérience
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JÔrage
InvitéJe suis un peu amoureux.
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Carpentier
Invitéça arrive, comme le dit Jenny (ou i )
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JÔrage
InvitéCarpentier: Il est où le goût du drame dans cette histoire? Parce que moi ça me fatigue vite quand c’est trop joyeux.
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Carpentier
Invitésel
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Carpentier
InvitéSalut Jô, toi, tu connais pas bien Jenni, ni l’histoire que raconte cette chanson, le goût du drama c’est Jenni et ses histoires, ses mariages, ses mecs, ses tenues, et ses invités qui s’en amusent (?)
Mais qu’est-ce qu’elle danse bien, quand même.
J’y aime bien tout le cirque barbie-chantilly, Jenni est drôle, réalistement drôle
– et donc amoureuse.
Mais le vrai goût du drama c’est peut-être moi, au volant, écoutant ça sur logos.fm en rentrant dimanche matin tôt dans la campagne bourbonnaise, avec tous ces renards mignons explosés et leurs bides aplatis sur les routes et qui interrompaient régulièrement mon chant.
Gueuler ça en pleurant chaque fois que leur petite tête me regardait et disparaissait sous la voiture, puisque je visais au mieux pour pas repasser dessus comme les voitures de la nuit.
J’te jure, ien avait deux, au moins, avec les petites oreilles deressées et, et puis tous ces hérissons aussi
Putain, les cons.-
JÔrage
InvitéCarpentier: J’admet que je n’ai jamais eu grand intérêt pour sa musique mais je vais me donner la peine de lui laisser une seconde chance et faire l’effort de m’attarder sur ce qu’elle raconte.
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CarlosPépère
InvitéIl faut croire que bon nombre d’œuvres et de propos sur l’alcool sont commis trop tard, en pleine sobriété.
Je pense à Deleuze qui aurait dû boire un bon coup avant de nous asséner sa « répétition du dernier verre », qui pue l’astuce philosophique, dans son Abécédaire.
Alors que Dimey, qui écrivait avec la plume trempée dans le gros rouge, en dit beaucoup plus malgré son classicisme formel.-
CarlosPépère
InvitéLe message précédent ayant été rédigé après seulement une pinte, j’en déclinerai toute responsabilité quand les prochaines auront été englouties.
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Leo Landru
InvitéDrunk m’a fait l’effet d’un plat d’endives tièdes arrosé d’eau plate. Je pense d’ailleurs ne pas l’avoir compris. Comédie où l’on ne rit pas, tragédie où l’on ne s’émeut pas, happy end invraisemblablement niaiseux et conformiste qui fait passer Toledano et Nakache pour Scola et Bergman.
Je ne tiens pas l’alcool en haute estime, ni en basse estime, je remarque que cela a occupé une part bien trop importante de ma vie et j’ai donc arrêté d’en consommer, mais je reconnais de bons moments et de belles rencontres entre d’innombrables désagréments de tout ordre.
Bunowski a écrit tout ce qui pouvait s’écrire sur l’alcool, et je suppose Apollinaire avant lui (mais je ne l’ai pas lu). Au cinéma j’avais beaucoup aimé Barfly de Barbet Schroeder qui rendait justice au poivrot américain dans une vraie ôde à l’ivrognerie sans jugement. On retrouvera dans les dialogues du film ce qui constituera les paroles de la chanson Green Corn de NOFX, gage sinon de qualité, au moins d’impact culturel notable.-
CarlosPépère
InvitéBien qu’il n’en parle pas, ton message a fait ressurgir mon envie de lire Moscou-sur-Vodka un de ces jours (Erofeïev).
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Anna H
InvitéLes films de Beauvois, en particulier Nord et Le petit Lieutenant.
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deleatur
InvitéÀ 20 ans, j’étais fasciné par l’écriture obsessionnelle de Bukowski : les femmes et l’alcool. Là où Miller est lyrique et engage à chaque instant une réflexion sur l’art et la vie (Jours tranquilles à Clichy, Printemps noir surtout), Bukowski ressasse jusqu’au vomissement cette obsession et témoigne de l’impossibilité foncière de dire, d’écrire, de montrer le fantasme — sujet qui me travaille depuis longtemps.
Pour une approche plus nuancée de l’alcool et des pintes comme art de vivre, je conseille chaleureusement à celles et eux qui auraient envie de découvrir un écrivain un peu sous-estimé les romans de l’américain James Crumley (autre référence majeure de ma vingtaine), notamment « Le dernier baiser » et « Fausse piste ».-
deleatur
Invité« l’impossibilité foncière de dire, d’écrire, de montrer le fantasme »
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Ou comment je ne suis jamais devenu écrivain.-
Malice
InvitéSon impossibilité à lui et une impossibilité générale?
Je me souviens d’un passage d' »Attentat » de Nothomb, qui contredirait totalement ça ( quand le héros monstrueux imagine qu’il est un taureau )
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Jean-Marie Bigard
Invité« l’effet d’un plat d’endives tièdes arrosé d’eau plate », merci pour le rire
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Emile Novis
InvitéCharles Baudelaire, Le Vin des chiffonniers, Les Fleurs du mal:
—Le vin des chiffonniers
Souvent, à la clarté rouge d’un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,
Au cœur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeux
Où l’humanité grouille en ferments orageux,On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête
Butant, et se cognant aux murs comme un poète,
Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets,
Épanche tout son cœur en glorieux projets.Il prête des serments, dicte des lois sublimes,
Terrasse les méchants, relève les victimes,
Et sous le firmament comme un dais suspendu
S’enivre des splendeurs de sa propre vertu.Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage,
Moulus par le travail et tourmentés par l’âge,
Éreintés et pliant sous un tas de débris,
Vomissement confus de l’énorme Paris,Reviennent, parfumés d’une odeur de futailles,
Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles
Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux.
Les bannières, les fleurs et les arcs triomphauxSe dressent devant eux, solennelle magie !
Et dans l’étourdissante et lumineuse orgie
Des clairons, du soleil, des cris et du tambour,
Ils apportent la gloire au peuple ivre d’amour !C’est ainsi qu’à travers l’Humanité frivole
Le vin roule de l’or, éblouissant Pactole ;
Par le gosier de l’homme il chante ses exploits
Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois.Pour noyer la rancœur et bercer l’indolence
De tous ces vieux maudits qui meurent en silence,
Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ;
L’Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil ! -
Arnaud
InvitéJ’ai dû poster 3/4 de mes messages sur ce forum qu’après la 5e pinte.
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Carlos_H
InvitéSelon le résultat sans appel d’une étude recente, les gros cons bourrés, sont aussi des gros cons lorsqu’ils sont sobres… Je suis tout estomaqué!
https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/2167702616689780?journalCode=cpxa& -
SHB
InvitéC’est aussi la chance du danseur inhibé – ou du dragueur inhibé.
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J’ai connu des mecs qui se mettaient des murges pour draguer les « minettes » et s’échapper de leur introspection au final ils ont fini par se mettre des murges tout seul comme des merdes donc je suis pas sûr que je recommanderait l’alcool aux introvertis je leur recommanderait de se poser vraiment la question de pk ils osent pas parler aux filles et de dédramatiser le refus éventuel.
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Pour les moches la je suis d’accord on échappe pas a son corps.-
françois bégaudeau
InvitéMerci pour ce conseil de développement personnel
Nous promettons d’être raisonnables et de commencer dès demain un travail sur nous.-
SHB
InvitéLe dragueur inhibé est une condition qui s’inscrit d’abord dans un tempérament souvent solitaire, réservé et donc mélancolique. Tout ce que je dis c que les mecs que j’ai vu boire plusieurs fois par semaine pour draguer les filles sont juste devenus dépressifs et si la drague marchait au début, le besoin de se déchirer pour échapper a leur condition de retrait social a vite pris le pas sur les filles et ils ont fini seuls, dépressifs et déchirés, avec un rapport à l’alcool complètement déglingué.
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françois bégaudeau
InvitéOui docteur, c’est noté.
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SHB
InvitéC’est dommage parce qu’on a un sujet sérieux, à savoir la recherche du désir à travers un pont entre soi et notre but où le pont devient si important pour atteindre le but qu’il fini par se substituer au désir originel pour devenir lui-même l’objet de désir.
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Ainsi, le moyen devient une fin en soi.
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Il y aurait de belles réflexions à faire sur ce sujet, dommage que tu ais décidé que tu voulais être stupide et faussement impertinent.-
JÔrage
InvitéSHB: Si on pouvait coller des likes, je t’aurais filé un petit coeur.
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Eden Lazaridis
InvitéDonc en gros ton conseil pour les moches c’est : désolé les mecs, il y a rien à faire, souffrez en silence. Au moins tu ne nous berces pas d’illusions aha.
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Papo2ooo
Invitéil ne faut pas non plus confondre timidité (en général et/ou avec les filles et les mecs) et peur du refus,
passé un certain âge, on reste timide si on l’est de nature, même si on accepterait facilement un refus
c’est le stade pré-refus qui est le vrai noeud lol-
Papo2ooo
Invité(à SHB)
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SHB
Invité(pour Eden)
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Non c’est simplement de dire que ya des filles moches qui seront peut être attirés mais que t’en a certaines c mort et faut se faire à l’idée regarde c’est comme moi j’aurais voulu être pro au handball bah la nature m’a dit nique ta mère je fais 1,76m donc c mort bah je l’accepte tu veux je fasse quoi d’autre. -
SHB
InvitéEn tout cas c’est sûrement pas en se mettant une race que ça va changer quoi que ce soit au contraire une fois la cuite passée tu va encore + de sentir comme.une merde d’avoir eu recours a l’alcool pour tirer ton coup parce que sans tu peux rien faire.
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Barbara
InvitéJe boirais beaucoup plus si je n’avais pas à me coltiner les lendemains. J’adore discuter et boire des pintes et que la conversation soit de plus en plus stupide ou intime selon les soirs. Mais je supporte très mal la fatigue, la nausée, les maux de tête, la déprime et la toux parce qu’évidemment une pinte = 3 clopes
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françois bégaudeau
InvitéEt ca ne s’arrangera pas avec l’âge, compléta le vétéran.
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Monami
InvitéMais ça peut s’atténuer au prix de quelques astuces :
Boire de l’eau, manger avant (ou après), bouger pendant la cuite ne pas rester assis toute la soirée, et au pire le lendemain suer un bon coup pendant un footing. Avec ça, on est normalement prêt pour remettre ça la nuit suivante sans crainte du lendemain, mais au prix de quelques astuces…-
Arche
InvitéLe footing parait ambitieux.
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Monami
Invité@Arche : évidemment le footing n’est possible que si on respecte mes précédentes astuces.
Variante : aller s’hydrater à la piscine
Tout cela étant surdetermine par des facteurs de taille et de poids auxquels on ne peut rien-
Arche
InvitéEn tout cas, je n’aurais jamais penser trouver un conseil qui pousserait à la fois à faire du footing et de prendre une cuite le soir, et de réitérer le lendemain pour un meilleur confort. À essayer.
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Papo2ooo
Invitéle footing (la piscine c’est encore pire) en été c’est un peu dangereux avant de picoler je trouve
sauf si on est dans une routine sport/alcool et que le corps s’est habitué
parfois on a l’impression d’avoir bu de l’eau comme un hippopotame pendant la journée, mais avec l’effet du sport, le lendemain on se réveille comme le dernier raisin sec du sachet.
le pire pour moi étant le combo sport la journée + première sortie alcoolisée après une période de sobriété + manque de sommeil, là c’est le ticket pour la migraine longue. mais j’ai vieilli aussi.
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par contre, contrairement à ce qui a été dit à Charles, je n’ai jamais identifié sur moi la clope comme étant un facteur aggravant des gueules de bois
je ne vois pas trop la relation entre les deux, mais peut être que c’est une lacune en anatomie-
Monami
InvitéOui il va de soi qu’il est préférable de ne pas faire un footing l’été en plein soleil
Je précise aussi à toutes fins utiles que je deconseille de faire du footing pieds nus sur du verre pilé-
Papo2ooo
Invitérire
mais si tu rentres d’une sortie et que tu repars le soir même,
en été il faut bien courir au soleil non ? les horaires ne laissent pas trop le choix.
je conseille de se fixer un parapluie sur le dos avec du ruban adhésif pour bloquer les UV
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Barbara
InvitéC’est là qu’on voit qu’on est pas tous égaux devant la cuite… j’ai testé le footing il y a quelques jours, j’étais encore plus misérable après. En plus j’aime bien cette activité donc je n’ai pas très envie de l’associer à ces instants de mal-être. Dans mon cas il me semble que peu importe les astuces je n’ai pas la carrure pour supporter cet état, et je vois bien que pour certains de mes amis ça a l’air nettement plus supportable ! Ca dépend aussi du mode de vie, quand j’étais étudiante je pouvais comater au fond de l’amphi, maintenant je fais un boulot où ma présence réelle est requise
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Charles
InvitéOn m’a souvent dit qu’en tant que non-fumeur je ne savais pas ce qu’était une vraie gueule de bois. Une raison de plus parmi mille de ne pas fumer me concernant. D’ailleurs je n’ai jamais compris ce qu’apportait la cigarette aux fumeurs. Ce ne peut être le goût, ni l’effet puisque contrairement à la drogue et l’alcool ça n’altère pas le comportement du consommateur. Ca m’apparait aussi comme un pur rituel social comme dit Nox, associé à une envie de se donner une contenance par le geste, dont on n’arrive pas à se débarrasser une fois qu’on a commencé à le pratiquer.
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..Graindorge
Invité4000 produits chimiques dans une cigarette et les plus chères bizarrement sont les plus adictives
Ce monde est bien fait -
Barbara
InvitéC’est une bonne question. Il y a sûrement plein de façons d’être accro à la clope. Certains te diraient que la clope a un effet sur leur comportement (impossibilité de se concentrer, la bougeotte, tics nerveux) quand ils n’en fument pas. Peut être que la question est celle de la première clope, dans mon cas au lycée, âge où j’avais envie de me la raconter comme les autres, mais je me rappelle avoir été fascinée dès l’enfance par les clopes, j’avais envie de savoir ce que ça faisait.
Pour ma part mon amour de la clope est lié à l’alcool, je ne fume pas quand je ne bois pas et je n’en ressens pas le besoin (sauf quand tout le monde est en pause clope et que je me dis que si je fumais je me ferais des potes plus facilement). Par contre dès que j’ai un verre d’alcool dans la main, j’ai envie d’une clope. Je dirais que ça va plus loin que simplement se donner une contenance, je ne suis pas certaine que ce soit un hasard que ce soit pour beaucoup de monde le moment où il faut parler que l’envie d’un verre et/ou d’une clope se fait sentir.
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Barbara
InvitéEt j’ajouterais que pour ma part j’aime le goût de la fumée quand je fume. Je ne l’aime pas quand je n’ai pas fumé et que c’est les autres qui sentent la cigarette.
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Jeanne
InvitéJ’ai arrêté de fumer mais la cigarette générait un bien-être physique. Comme un peu un bol d’oxygène (c’est paradoxal), conscience accrue, tête qui tourne.
Cela générait bien sûr aussi tout un tas de désagréments, depuis la fatigue jusqu’à la maladie en passant par la disparition des rêves la nuit.
Aujourd’hui ça ne me manque pas.
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Ema
Invité@charles
Oui on commence à fumer certainement par mimétisme, tout petite déjà je m’amusais à jouer les vamp en tenant un feutre entre mes doigts et en soufflant des volutes de fumée imaginaire à la figure de mes interlocuteurs. Autant dire que j’étais mal partie. Plus tard et avec le temps, la clope devient indissociable de certains moments, qu’on ne sait plus vivre autrement qu’en fumant : instants méditatifs ou conversations existentielles, disputes, pauses entre deux corvées, attente du train sur le quai…la cigarette a ça de particulier qu’elle ne modifie effectivement pas la perception du réel ou l’humeur, et que son addictivite relève donc de l’insaisissable, ce qui la rend particulièrement redoutable à mes yeux.-
Jeanne
Invité« Son addictivité relève de l’insaisissable « .
Ema, je ne dirais pas tout à fait ça. Je trouve que la cigarette procure un plaisir tout à fait physique, et qui ensuite se rappelle à nous et que par conséquent nous cherchons à réitérer. Comme dans d’autres addictions. Non, cela ne me paraît tellement moins saisissable que l’addiction à l’alcool par exemple.-
Jeanne
Invitépas tellement moins saisissable
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Ema
InvitéJe ne conteste pas qu’il y ait au depart une forme de bien être chimique induit par la nicotine, qui in fine affecte des recepteurs de la dopamine ou un truc dans le genre et donne un goût de reviens-y. Mais en tant que fumeuse de longue durée j’avais vraiment du mal à mette le doigt sur la nature de ce « bien être » et je serais bien en difficulté si je devais y mettre des mots. L’alcool et tout un tas de drogues sont euphorisantes, énergisantes, deshinibantes, relaxantes, et on les consomme en sachant précisément ce qu’on en attend : qu’elles altèrent momentanément notre perception du réel, nos sensations physiques et ou notre humeur. Rien de comparable avec la cigarette dont l’usage n’est nullement récréatif. C’est plutôt un effet doudou : on l’associe à des moments du quotidien et il devient alors difficile de les en dissocier, comme il est difficile pour un petit de se passer de son doudou pour la nuit
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deleatur
InvitéJe ne sais si je suis dans le sujet, mais je veux témoigner de mon expérience personnelle.
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J’ai arrêté de fumer à 35 ans, en 2006 (dernière clope après la finale de la coupe du monde et le coup de boule de Zidane).
J’ai beaucoup fumé et j’ai adoré ça : des blondes (Bendon & Hedges), des brunes (Gitanes sans filtre), des Boyard (dont les fameuses Boyard maïs), la pipe, du tabac à rouler Caporal et même du Petit gris pendant ma période d’objection de conscience. Je n’ai pas fumé de shit, car je n’ai jamais supporté, cela me rendait parano, alors que l’alcool me laissait conscient.
Quand j’ai arrêté de fumer, la période de sevrage a duré dix jours à peine, confirmant en cela les propos d’un psychiatre que je connaissais, sans patch ni produit de substitution.
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Je pense que parler en termes de plaisir est une voie intéressante pour comprendre les effets de la cigarette sur nous — et sans entrer dans des considérations chimiques trop pointues sur la nicotine et ses effets sur le cerveau, car je crois que là n’est pas la question.
Pendant longtemps la cigarette m’a apporté du plaisir et c’est parce que je recherchais ce plaisir que j’avais le désir de fumer (désir qui comme tout désir se réalisait dans l’obtention d’un plaisir qui venait l’assouvir).
Et puis progressivement ce plaisir s’est estompé, je continuer à fumer par habitude (parlons même d’addiction, si l’on veut), mais je ne peux pas dire que cela me procurait encore du plaisir.
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Arrêter de fumer, je crois, n’est pas une question de volonté. On peut vouloir arrêter de fumer, mais si l’on désire toujours fumer, on n’y arrivera pas, le désir finira toujours par l’emporter. Pour ce qui me concerne, je me suis toujours expliqué ma facilité à arrêter de fumer par cette « dialectique » entre vouloir et désirer. À partir du moment où cela ne m’apportait plus de plaisir, j’ai progressivement perdu le désir de fumer. Et très vite le désir d’arrêter est venu. Je devais juste trouver le moment propice où, dégagé d’obligations professionnelles et de la tension inhérente, je pouvais prendre 15 jours pour observer comment j’allais réagir. J’ai très bien réagi, en allant marcher quand j’avais « envie » d’une clope.
Arrêter de fumer ne m’a demandé aucun courage, aucune volonté, il m’a suffit de suivre la pente déclinante de mon désir. C’est quand on veut arrêter mais qu’on désire toujours fumer qu’on va prendre des patchs, voire qu’on s’accordera encore une clope de temps en temps, et finalement on finira par refumer.
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Pour être tout à fait précis, cette dialectique s’est aujourd’hui inversée.
Très souvent, notamment lors de soirées avec des amis, au boulot lors de pauses clopes (j’ai continué à suivre les fumeurs pendant leurs pauses, car ils sont carrément plus sympas et décontractés que les non-fumeurs), il m’arrive souvent d’avoir le désir de fumer. Généralement, je le dis, je l’exprime. On me propose une clope. Mais j’ai la volonté de ne pas le faire. Aujourd’hui, ma volonté n’a pas beaucoup à lutter, car le désir est passager, fugace.
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On arrête de fumer par désir. On se maintient dans cette résolution par volonté.
Si quelqu’un a une autre explication, je suis preneur.-
Ema
InvitéTout a fait. Cette volonté de devenir non fumeur, aussi puissante soit elle, succombe vite face au desir pulsionnel de fumer, qui se joue en quelques secondes.la volonté ca se baratine, le desir non. On peut se raconter que ce sera mieux d’arrêter demain, ou pendant les vacances, ou après les vacances, ou apres les exam, ou…
Que si c’est pas aujourd’hui ce sera demain, qu’est-ce que çà change, l’important c’est que je veux arrêter et que je vais arrêter à un moment, et petit à petit, cette decision d’arrêter finit par se substituer au fait d’arrêter, on a l’impression d’avoir déjà agi, déjà acté de quelque chose, et c’est déjà pas mal. Les ramifications psychologiques autour de la clope sont assez fascinantes.-
deleatur
Invité« la volonté ca se baratine, le desir non »
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Je souscris à 200%. -
Papo2ooo
Invitéoui, quelle trouvaille cette phrase 🙂
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Papo2ooo
Invitéoui, tout est question de désir.
moi parfois j’arrête sans substitutifs, entre 2 semaines et 4 mois d’arrêt, et après je reprends
en fonction de comment mon désir est dirigé par ma situation.
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parfois je sens mes sensations s’émousser à force de fumer,
et alors il m’arrive d’arrêter pour mieux sentir mon corps.
c’est là la totalité du désir qui me fait périodiquement arrêter de fumer.
je veux retrouver un corps de non-fumeur
–
mais je n’ai jamais réussi à ne pas reprendre, même après 3-4 mois d’arrêt
à partir du moment où j’ai un mode de vie où je suis peu chez moi, je vais reprendre tôt ou tard la cigarette-
Ema
InvitéIl parait que certains fumeurs le sont à vie. Qu’une fois mordu ils ne peuvent se donner que l’abstinence comme horizon (comme l’alcoolisme). C’est comprendre que j’étais de cette trempe là qui m’a permis d’arrêter. Qu’il n’y aurait pas de bascule miraculeuse, que je n’allais pas passer du jour au lendemain de l’autre côté et qu’il faudrait lutter toute ma vie. A partir de là j’ai arrêté d’attendre l’épiphanie, le moment propice. Y en a pas.
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Jeanne
InvitéEma, merci de ta réponse.
deleatur, oui tu pointes là quelque chose. Le désir ne s’en laisse pas rabattre par la volonté. J’ai vu ça aussi dans mon rapport aux sucreries, dont je me suis éloignée non pas strictement par volonté mais bien plutôt par goût pour d’autres aliments.
Concernant la clope, je ne sais si j’avais un goût pour la santé (je ne sais pas si ça peut se dire comme ça) mais je me suis vue apprécier l’énergie qui revenait quand je m’éloignais de cet objet, l’énergie, les rêves (comme je le disais, et les rêves sont un peu une énergie), la gorge claire, les voies respiratoires dégagées. Au bout d’un moment, la masse critique de cette appréciation a dépassé l’autre (celle de l’appréciation de la clope). C’était mathématique, c’était acté. -
deleatur
Invité« la gorge claire, les voies respiratoires dégagées. »
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Oui, j’ai vécu ça aussi. Il paraît aussi que le sens gustatif revient mais je l’ai moins constaté sur moi.
Je dois ajouter un point qui m’a toujours éloigné des clopes depuis. J’ai des allergies au printemps, le rhume des foins en été, et cela m’a permi de développer un adorat très sensible : je sens et répugne de manière viscérale à l’odeur de clope froide sur les fringues, notamment en milieu confiné (cinéma, bar) ; ce n’est pas la fumée qui me gêne, mais l’odeur de la clope froide. Cette odeur que je supportais déjà mal plus jeune, lorsqu’après une nuit de beuverie, c’est la première chose que je sentais sur mes habits de la veille. Je pense que les anciens fumeurs comprendront de quoi je parle. -
Papo2ooo
InvitéJe pense que c’est aussi une différence de tempérament,
qui fait qu’on reprend ou pas, même si on ressent les bénéfices pour le corps de l’arrêt.
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Les personnes que j’ai vu arrêter net sont toutes des personnages qui sont caractérisé par de la rigueur, ce qui est aussi une force pour aller au bout de sa décision.
là où je pense être un peu brouillon comme personne, un peu imprécis.
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Et je pense comme Ema que si je voulais arrêter, il faudrait l’abstinence absolue, et toujours répétée, pour y arriver. -
Ema
InvitéOui le tempérament joue certainement un grand rôle. Moi par exemple, je suis à peu près certaine de n’être pas physiologiquement très addict à la nicotine, dont je n’ai jamais ressenti les effets de manque et dont il a de tout manière été prouvé qu’on en était sevré en quelques jours. C’est mon tempérament procrastinateur et optimiste qui m’a beaucoup fait reprendre après quelques jours ou semaines d’arrêt. “C’est pas grave” est ma phrase signature, avec “on verra demain”.
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..Graindorge
Invité« C’est pas grave » d’accord avec toi Ema
Des proches qui me disent « j’ai repris » genre défaite Eh bien non, 3 semaines ou 3 mois d’arrêt, ça lui a fait des vacances au corps! Et si tu fumes, fume avec plaisir!
De toutes façons les seuls vrais non- fumeurs ce sont les gens qui n’ont JAMAIS fumé. Les autres sont soit des fumeurs qui ne fument pas, soit des fumeurs qui fument! Et on peut être un fumeur qui ne fume pas toute la vie
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Eden Lazaridis
InvitéPlus tu bois moins tu as de gueule de bois ceci dit. La solution aux cuites >>> devenir alcoolique.
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Eden Lazaridis
InvitéLa solution aux gueules de bois pardon
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..Graindorge
InvitéUne grosse cuillère à soupe d’huile d’olive avant. Ne jamais boire le ventre vide. Couper votre vin avec de l’eau, votre bière avec de l’eau à bulles dès le 2ème verre et si vous pouvez choisissez du vin ou de la bière ou du cidre de qualité : artisanale et/ou biologique voire biodynamique
Si possible marquez des limites: pas plus de 3 verres
Seigneur!
Moi je connais un truc qui vous rend joyeux pendant plusieurs heures et sans rien: le bain ou la douche glacé.e Ça augmente la sérotonine!
Alcool veut dire illusion en arabe!
Dans ces contrées où les t° peuvent atteindre les 50° boire peut être mortel
Ne pas croire celui a bu boira » N’oublions pas que nous sommes aussi des Dieux donk…
Pour ce qui est des bons souvenirs… On revient à l’illusion Les gens « se lâchent » comme au bureau de vote dimanche après la 2ème ou 3eme coupe de mauvais champagne bas de gamme: ça rit, ça se bisoute ou dans d’autre circonstances: amis pour la vie comme les produits laitiers de la pub mais le lendemain plus rien…
Moi je n’ai aucun mérite à préférer ne pas boire car j’ai un un bon gros gras grand grain de folie! À tel point qu’à des fêtes ou autres des gens croyaient que j’étais pompette alors que je n’avais bu que de l’eau pétillante! Je suis tombée dans la potion magique comme Obélix!
Je veux dire Soyons créatifs, jouons, rions, chantons, dansons, déclamons des poèmes! Non, pas sans rien… Avec! Tout. Oui… comme dirait l’autre: une autre fête où soirée est possible! Et le lendemain pas de maux de tête! La pêche et la satisfaction d’un bras d’honneur au capitalisme
Baîetas -
Nox
InvitéPuisqu’on parle alcool, peut-être serait-il bon de dire d’emblée que j’ai toujours été spectateur des soirées alcoolisées et que gustativement, l’alcool m’a toujours fait l’effet de me mettre des clous dans la gorge, donc jamais réussi à en boire vraiment.
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Par contre, je vois bien comment l’alcool – comme le tabac – peut fabriquer un rituel social fédérateur dans lequel celui ou celle qui ne boit pas participe à distance et juge vite ceux qui boivent par envie inavouée de ne pas pouvoir se lâcher et s’amuser comme les amateurs de l’alcool savent bien le faire ; sans parler du soulagement momentané de ne plus avoir à garder la face et à être sérieux comme le moule social nous invite souvent à le faire – une permission générale à faire les cons sans la moindre culpabilité – en tout cas sur le moment.-
riviere
InvitéJ’ai aussi vu l’inverse durant des soirées d’entreprise. Injonction à boire pour la cohésion sinon tu es un pisse-froid qui ne veut pas se souder au clan. Injonction venant du management hein. Pour le coup le standard et la bienséance étaient de boire ensemble.
Bon c’était il y a 10ans et générationnel. L’ambiance a tourné depuis.-
..Graindorge
InvitéL’ambiance a tourné… au vinaigre?
Rire bête: effet secondaire des cerises-
riviere
InvitéA présent la mode est plus aux fitness challenges et comment se nourrir sainement.
Ce qui n’a pas changé : le salarié est requis de bien se tenir en dehors des heures de boulot pour augmenter la productivité durant les heures de boulot.-
..Graindorge
InvitéComment se nourrir sainement: avec le smic à 1600€, le blocage des prix etc…
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Carpentier
Invitéet boire pour oublier si ça se passe pas?
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..Graindorge
InvitéMoi ça sera plutôt manger pour oublier!!! Me faire un gros gâteau maison, du lait chaud devant un film qui fait pleurer
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Carpentier
Invitébsr Graindorge,
tu dirais quel.s film.s pour pleurer par exemple?-
JÔrage
InvitéCyberpunk: Edgerunners
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C’est pas un film, c’est une série. Après ce sont des épisodes de 25 minutes et on en a 10 donc si on zappe les intros et génériques on est sur un film de 200 minutes. C’est pas plus long que Titanic quoi et c’est peut être comme ça qu’il faut vous le vendre, comme un genre de Titanic dans un monde qui a vu le néolibéralisme triompher.
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En espérant que vous ferez un retour sur vous vous donnez la peine de regarder car je serais curieux de savoir ce que vous pouvez en penser de ce bordel.-
Carpentier
InvitéJ’en déduis que tu ajoutes de l’eau au désastre quand tu vois Titanic, j’ai raison?
– Est-ce sur Netflix ton truc?
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graindorge
Invitébonsoir Carpentina, je suis allée les chercher,
dans le désordre, Les lumières de la ville, The kid, L’incompris de Comencini, Vivre de Zhang Yimou, la trilogie de Apu de Satyajit Ray, la vie secrète des mots d’Isabel Coixet, Amour de Haneke, Thelma et Louise, La couleur pourpre, Ghost, Sorry we missed you, I cento passi, A los ojos, les filles d’Avril, Manchester by the sea
j’en adore d’autres mais qui ne me font pas pleurer
Il m’arrive de pleurer sans larmes aussi-
Carpentier
Invitébonjour 🙂 de ta liste partageuse, je n’en connais que 2 et, de ces deux, Ghost recueille invariablement mes pleurs que dis-je, mes cascades, un trop plein d’amour, j’imagine.
L’autre, c’est T & L, pas de souvenirs de pleurs en revanche, peut-être pas ça qui m’a le plus marqué.
Ça me permet d’avoir plein d’idées, merci.
L’ami JÔ parle d’une série et, même s’il propose de la regarder comme un genre de ‘ film de plateforme ‘ , comme disent certains, si ce n’est visible qu’en plateforme, pour moi, c’est mort.
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Nox
InvitéJustement, derrière tout rituel social, il y a une part d’injonction ; c’est ce que je sous-entendais vis-à-vis de mon expérience des soirées alcoolisées.
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Riviere
InvitéOui c’est ça qui a capté mon attention dans ton post.
Il y a beaucoup à observer et comprendre dans les rituels sociaux. Le côté bouclé rien ne se passe est fascinant.-
Dr Xavier
InvitéDiscussion récente : on accepte assez facilement qu’une personne soit végétarienne, sans gluten, sujette au vertige ou déteste la clope.
Mais pas d’alcool du tout ? Suspicion : ancien alcoolique ? enceinte ? a-t-elle vraiment goûté tous les alcools pour être aussi réfractaire ? La bande alcoolisée peut s’ouvrir à tout sauf à l’idée du sans alcool.
Discussion qui a naturellement démarré à l’arrivée de la deuxième pinte.-
Titouan R
Invité« La bande alcoolisée peut s’ouvrir à tout sauf à l’idée du sans alcool. »
C’est qu’en fait le soupçon est double :
– procès en empêcheur de s’amuser en rond : pas d’alcool = pas d’amusement = pas de vie. La personne « sobre » est vue comme morose ;
– refus du groupe en lui-même. L’alcool est un ticket d’entrée. « bande alcoolisée » – lumineuse manière de le dire-
Papo2ooo
InvitéC’est beaucoup chez les blancs que c’est comme ça, j’ai l’impression. J’enfonce une porte ouverte évidemment.
Quand je suis avec des noirs et des arabes, y en a toujours beaucoup qui ne boivent pas ou très peu, tandis que d’autres se mettent à l’envers.
Chacun fait comme il veut.
Et pour la clope, c’est pareil, mélange de fumeurs à la chaîne et d’autres pas du tout, et c’est pas un sujet.
–
Je parle des villes de province, dans les quartiers je sais pas comment ça marche.-
Nox
InvitéJe confirme : chez les rebeus, c’est plus Selecto (le Coca du Maghreb), Coca ou limonade.
Je suis resté là-dedans ; j’attends donc une réinterprétation de Drunk mais pour les sodas où l’intrigue serait basée sur l’idée qu’au bout de quatre grands verres de Coca, les rototos améliorent la digestion et la circulation sanguine du corps.
Écrivons à Vinterberg.-
Malice
InvitéLes meilleurs sodas que j’ai bus dans ma vie provenaient d’une épicerie turque ( des trucs à la pastèque et à la mangue) et la découverte du selecto fut un grand moment, donc je te suis si tu veux envoyer un synopsis de comédie sur les bulles reubeus.
On propose le rôle de Mads Mikkelsen à Sami Bouajila ou Roschdy Zem?-
Nox
InvitéC’était sûrement du Mirinda, ce que t’as vu ; hyper sucré comme on aime.
Proposons le rôle de Mads Mikkelsen à Jamel Debbouze. -
Papo2ooo
Invitéça m’a fait penser à cette chanson de Siboy,
alors qu’il se lançait depuis la ville de mulhouse (que j’aime beaucoup)
mais en tant que mulhousien, il n’avait à cette heure rien d’un porte-voix de la sobriété
j’aime bien cette chanson, d’un Siboy qui se cherchait encore
le voir manger fièrement un steak sans rien d’autre dans sa cuisine, me rappelle les conseils culinaires de F. Bégaudeau, que je continue bon gré mal gré de suivre à ce jour.
–
Et Nox, on attend en effet le grand film autour des sodas, des snacks et des BWM en double file lol
des rots, des démarrages en trombes et des allers-retours
un film qui révèle tant la fugacité des sensations que la cyclicité de la vie nocturne -
..Graindorge
InvitéPapo
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..Graindorge
InvitéPapo2000
« les conseils culinaires de F. Bégaudeau »??
Tu veux parler de son émission culinaire culte
« Vous m’en direz des nouvelles! »?
On l’y voit préparer une assiette avec des carottes râpées en boîte, un vieux concombre et du thon!
Un carton! -
Papo2ooo
Invitéc’est bien de ces conseils là qu’il s’agit.
il aurait fallu faire d’autres émissions avec d’autres associations d’aliments en boite, car 10 ans de carotte râpées ne m’ont pas fait du bien au moral -
..Graindorge
Invité😂😂😂
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JÔrage
InvitéPapo2000: Tu te rends compte que ce qu’ils consomment c’est loin d’être anodin?
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Papo2ooo
Invitéj’ai aussi pris l’émission au premier degré.
c’est bien malheureux. -
..Graindorge
InvitéPapo2000
À la rentrée des bruits de couloir: une nouvelle émission « vous m’en direz des nouvelles » ou le Chef étoilé Begaudeau nous offrira 3 recettes de brocoli avec du brocoli -
Papo2ooo
Invitéah tu parles de la vidéo Mirinda.
oui on peut effectivement mourir des effets secondaires liés au purple drank. -
Papo2ooo
Invité(à Jôrage)
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JÔrage
InvitéPapo2000: Le bon côté quand t’es mort c’est que t’es débarrassé de ton addiction aux opioïdes.
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Sinon je l’avais déjà croisé ton clip et je dois admettre que je suis plutôt fan.
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« Et surtout, toutes les filles sont belles et ça, ça règle pas mal de problèmes. »
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nefa
InvitéUn jour, à un feu, alors que je m’étais fait deux barbots au démarrage et que ça avait vite monté dans les tours, c’est quand je leur ai dit qu’en dessous de 2g je ne roulais pas que la tension a tout à coups baissé d’un cran.
« Respect » m’avaient-ils répondu.-
Claire N
InvitéJ’ai trouvé cette émission assez intéressante
– l’abord de l’alcool en fonction du genre; et pourquoi les femmes ont longtemps été écartée de l’alcool ( heureuse convergence au vu de leur plus grande vulnérabilité physique)
– pourquoi cela a pu etre associé à la masculinité
– la consommation entre paires et l’édification chez les étudiants d’une norme : le voire pour boire qui ne constitue pas la pratique de tous mais qui défini la norme par rapport à laquelle on peut se situer
– la consommation en famille ou l’alcool est considéré comme alimentaire, culturel et quelque part dénié
Les couilles sur la table « il a bu son verre comme les autres «-
nefa
InvitéA six ans, ma première pèche au vin rouge – merci tata –, avec une belle cuillère à soupe de sucre, ni homme ni adulte, juste bourré et content de l’être.
D’où mon appétence à évoluer en milieu sirupeux, entre autres quand il s’agit d’alcool.-
Claire N
InvitéRire – le fameux fruit pour planquer la picole, en fin de repas , la joie des vieux à passer en mode contrebande à la fin d’un repas arrosé sous l’œil des femmes qui débarrassent les plats et les bouteilles
Pour revenir à ce qu’Ema questionnait, moi j’aime bien la façon de Björk, boire peu parfois faire triompher le cœur The triumph of a heart
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PeggySlam
InvitéPersonnellement j’ai arrêté les After slam de poésie car j’ai compris que les slameurs devenaient populaire parce qu’ils avaient fait l’idiot lors de la soirée ce qui me déranger profondément. Et les voir ensuite tous vomir euh non merci. De toute façon je n’ai jamais aimé ça l’alcool.
Pour revenir au film le seul passage qui est bon dans c’est quand le prof demande de choisir le nouveau président à ses élèves en présentant 5 photos retournées et les décrit ce qu’ils aiment dans la vie. Les élèves choisissent. Et qui est ce qu’ils choisissent Hitler. Pour faire comprendre comment marche les élections présidentielle j’ai trouvé ça assez fort.
Mais la fin je l’ai profondément détesté. Surtout par cet élève qui est a l’examen final et le prof le fait boir pour qu’il se sente mieux. Cette scène annule tout le film sur le danger de l’alcool et fait même je trouve de l’apologie à l’alcool et quand je vois ce que l’alcool fait autour de moi je trouve ça scandaleux.
Et croyez moi pour les oiches ça ne marche pas mieux. J’en suis une preuve et ça ne m’a pas plus amené d’amis ou d’expérience que ça en lien social. Au contraire même comme simple spectatrice de tout ça ça m’a repoussé et me suis dis plus jamais ça !-
Ema
Invité@peggyslam
Il m’a semblé au contraire que le film avait un discours (si on peut appeler çà comme çà) plutôt tiède sur l’alcool, en faisant à plusieurs occasions la démonstration des méfaits de son abus et en illustrant le côté “pente glissante” de sa consommation quotidienne. Alors il aurait été tout à fait mensonger de taire ces aspects là évidemment, mais si le film était malgré tout resté loyal à son entrée en matière, sans tomber dans le scénario résilience dans sa troisième partie, on aurait eu quelque chose de beaucoup plus intéressant, dans la veine de la Grande Bouffe, un suicide joyeux. Les films ne sont pas la pour nous donner des leçons d’hygiène de vie, laissons çà aux clips de prévention à la télé.
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PeggySlam
InvitéPas faux Ema même si de mon côté je l’ai plutôt ressenti comme ça. Parfois il suffit d’une scène pour que ça annule tout. Comme dans Joker par exemple où la scène du métro annule tout ce que a voulu raconter Todd Phillips dans son film. Enfin moi c’est comme ça que je vois le cinéma
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Mélanie
Invité@ Monami : manger, c’est tricher
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Mélanie
Invitédit-on chez moi.
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Malice
InvitéDans mon coin on dit dîner liquide
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Florent
InvitéEt vomir c’est trahir
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Carpentier
Invitéouais, faut tout ravaler.
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Florent
InvitéDans la psychanalyse du feu Bachelard a consacré un chapitre à l’alcool (eau de vie et eau qui prends feu) : « le complexe d’Hoffmann ». Auteur du début du 19eme, amateur de punch apparement. L’analogie avec le feu est intéressante : le feu qui réchauffe et qui illumine…et le feu qui consume et anéanti.
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Florent
InvitéEt surtout après 3 verres de Cointreau on fait pas du tout les mêmes annonces à la coinche
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Claire N
InvitéJ’aime bien l’idée du feu
L’idée du sacrifice qui va avec peut être?
L’alcool est peut être le « privilège « de la grande santé de la jeunesse
A ta santé ! est une provocation de sale gosse
Pour reprendre Nietzsche sur la grande santé
« une santé que non seulement on possède mais qu’il faut aussi conquérir sans cesse, puisque sans cesse on la sacrifie et qu’il faut la sacrifier !…. » -
deleatur
InvitéExtraits, Gaston Bachelard (1884–1962), La Psychanalyse du feu (1949)
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« Le feu et la chaleur fournissent des moyens d’explication dans les domaines les plus variés parce qu’ils sont pour nous l’occasion de souvenirs impérissables, d’expériences personnelles simples et décisives. Le feu est ainsi un phénomène privilégié qui peut tout expliquer. Si tout ce qui change lentement s’explique par la vie, tout ce qui change vite s’explique par le feu. Le feu est l’ultra-vivant. Le feu est intime et il est universel. Il vit dans notre cœur. Il vit dans le ciel. Il monte des profondeurs de la substance et s’offre comme un amour. Il redescend dans la matière et se cache, latent, contenu comme la haine et la vengeance. Parmi tous les phénomènes, il est vraiment le seul qui puisse recevoir aussi nettement les deux valorisations contraires : le bien et le mal. Il brille au Paradis. Il brûle à l’Enfer. Il est douceur et torture. Il est cuisine et apocalypse. Il est plaisir pour l’enfant assis sagement près du foyer ; il punit cependant de toute désobéissance quand on veut jouer de trop près avec ses flammes. Il est bien-être et il est respect. C’est un dieu tutélaire et terrible, bon et mauvais. Il peut se contredire : il est donc un des principes d’explication universelle. »
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« Une des contradictions phénoménologiques les plus manifestes a été apportée par la découverte de l’alcool, triomphe de l’activité
thaumaturge de la pensée humaine. L’eau-de-vie, c’est l’eau de feu. C’est une eau qui brûle la langue et qui s’enflamme à la moindre étin-
celle. Elle ne se borne pas à dissoudre et à détruire comme l’eau forte. Elle disparaît avec ce qu’elle brûle. Elle est la communion de la vie et
du feu. L’alcool est aussi un aliment immédiat qui met tout de suite sa chaleur au creux de la poitrine : à côté de l’alcool, les viandes elles-
mêmes sont tardives. L’alcool est donc l’objet d’une valorisation substantielle évidente. Lui aussi, il manifeste son action en petites
quantités : il dépasse en concentration les consommés les plus exquis. Il suit la règle des désirs de possession réaliste : tenir une grande puis-
sance sous un petit volume.
Puisque l’eau-de-vie brûle devant les yeux extasiés, puisqu’elle réchauffe tout l’être au creux de l’estomac, elle fait la preuve de la convergence des expériences intimes et objectives. Cette double phénoménologie prépare des complexes qu’une psychanalyse de la connaissance objective devra dissoudre pour retrouver la liberté de l’expérience. Parmi ces complexes, il y a en un qui est bien spécial et bien fort ; c’est celui qui ferme pour ainsi dire le cercle : quand la flamme a couru sur l’alcool, quand le feu a apporté son témoignage et son signe, quand l’eau de feu primitive s’est clairement enrichie de flammes qui brillent et qui brûlent, on la boit. Seule de toutes les matières du monde, l’eau-de-vie est aussi près de la matière du feu.
Aux grandes fêtes d’hiver, dans mon enfance, on faisait un brûlot. Mon père versait dans un large plat du marc de notre vigne. Au centre,
il plaçait des morceaux de sucre cassé, les plus gros du sucrier. Dès que l’allumette touchait la pointe du sucre, la flamme bleue descendait
avec un petit bruit sur l’alcool étendu. Ma mère éteignait la suspension. C’était l’heure du mystère et de la fête un peu grave. Des visages
familiers, mais soudain inconnus dans leur lividité, entouraient la table ronde. Par instants, le sucre grésillait avant l’écroulement de sa
pyramide, quelques franges jaunes pétillaient aux bords des longues flammes pâles. Si les flammes vacillaient, mon père tourmentait le
brûlot avec une cuiller de fer. La cuiller emportait une gaine de feu comme un outil du diable. Alors on « théorisait » : éteindre trop tard,
c’est avoir un brûlot trop doux ; éteindre trop tôt, c’est « concentrer » moins de feu et par conséquent diminuer l’action bien-faisante du brûlot contre la grippe. L’un parlait d’un brûlot qui brûlait jusqu’à la dernière goutte. Un autre racontait l’incendie chez le distillateur, quand les tonneaux de rhum « explosaient comme des barils de poudre », explosion à laquelle personne n’a jamais assisté. A toute force, on voulait trouver un sens objectif et général à ce phénomène exceptionnel… Enfin, le brûlot était dans mon verre : chaud et poisseux, vraiment essentiel. Aussi, comme je comprends Vigenère quand, d’une manière un peu mièvre, il parle du brûlot comme « d’un petit expériment… fort gentil et rare ». Comme je comprends aussi Boerhaave quand il écrit : « Ce qui m’a paru le plus agréable dans cette expérience, c’est que la flamme excitée par l’allumette dans un endroit éloigné de cette écuelle … va allumer l’alcool qui est dans cette même écuelle. » Oui, c’est le vrai feu mobile, le feu qui s’amuse à la surface de l’être, qui joue avec sa propre substance, bien libéré de sa propre substance, libéré de soi. C’est le feu follet domestiqué, le feu diabolique au centre du cercle familial. Après un tel spectacle, les confirmations du goût laissent des souvenirs impérissables. De l’œil extasié à l’estomac réconforté s’établit une correspondance baudelairienne d’autant plus solide qu’elle est plus matérialisée. Pour un buveur de brûlot, comme elle est pauvre, comme elle est froide, comme elle est obscure, l’expérience d’un buveur de thé chaud !
Faute de l’expérience personnelle de cet alcool sucré et chaud, né de la flamme en un minuit joyeux, on comprend mal la valeur romantique du punch, on manque d’un moyen diagnostique pour étudier certaines poésies fantasmagoriques. Par exemple, un des traits les plus caractéristiques de l’œuvre de Hoffmann, de l’œuvre du « fantastiqueur », c’est l’importance qu’y jouent les phénomènes du feu. Une poésie de la flamme traverse l’œuvre entière. En particulier, le complexe du punch y est si manifeste que l’on pourrait l’appeler le complexe de Hoffmann. Un examen superficiel pourrait se contenter de dire que le punch est un prétexte pour les contes, le simple accompagnement d’un soir de fête. Par exemple, un des plus beaux récits, « Le chant d’Antonia » est raconté un soir d’hiver « autour d’un guéridon où flambe à pleine terrine le punch de l’amitié », mais cette invitation au fantastique n’est qu’un prélude au récit ; elle ne fait pas corps avec lui. Encore qu’il soit frappant qu’un récit aussi émouvant soit ainsi mis sous le signe du feu, dans d’autres cas le signe est vraiment intégré au conte. Les amours de Phosphorus et de la Fleur de lis illustrent la poésie du feu (3e veillée) « le désir, qui développe dans tout ton être une chaleur bienfaisante, plongera bientôt dans ton cœur mille dards acérés : car… la volupté suprême qu’allume cette étincelle que je dépose en toi, est la douleur sans espoir qui te fera périr, pour germer de nouveau sous forme étrangère. Cette étincelle est la pensée ! – Hélas ! soupira la fleur d’un ton plaintif, dans l’ardeur qui m’embrase maintenant, ne puis-je pas être à toi » ? Dans le même conte, quand la sorcellerie qui devrait ramener l’étudiant Anselme à la pauvre Véronique s’achève, il n’y a plus « qu’une légère flamme d’esprit de vin qui brûle au fond de la chaudière ». Plus loin, Lind-
horst, le salamandre, entre et sort du bol de punch ; les flammes, tour à tour, l’absorbent et le manifestent. La bataille de la sorcière et du
salamandre est une bataille de flammes, les serpents sortent de la soupière de punch. La folie et l’ivresse, la raison et la jouissance sont
constamment présentées dans leurs interférences. De temps en temps apparaît dans les contes un bon bourgeois qui voudrait « compren-
dre » et qui dit à l’étudiant « comment ce punch maudit a-t-il pu nous monter à la tête et nous pousser à mille extravagances ? Ainsi parlait
le professeur Paulmann, quand il entra le matin suivant dans la chambre encore parsemée de pots cassés, au milieu desquels l’infortunée
perruque, réduite à ses éléments primitifs, nageait, dissoute, dans un océan de punch. » Ainsi l’explication rationalisée, l’explication bour-
geoise, l’explication par un aveu d’ivresse, vient modérer les visions fantasmagoriques, de sorte que le conte apparaît entre raison et rêve,
entre expérience subjective et vision objective, à la fois plausible dans sa cause et irréel dans son effet. »-
deleatur
InvitéJe redonne le deuxième texte, dans une version plus lisible.
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« Une des contradictions phénoménologiques les plus manifestes a été apportée par la découverte de l’alcool, triomphe de l’activité thaumaturge de la pensée humaine. L’eau-de-vie, c’est l’eau de feu. C’est une eau qui brûle la langue et qui s’enflamme à la moindre étincelle. Elle ne se borne pas à dissoudre et à détruire comme l’eau forte. Elle disparaît avec ce qu’elle brûle. Elle est la communion de la vie et du feu. L’alcool est aussi un aliment immédiat qui met tout de suite sa chaleur au creux de la poitrine : à côté de l’alcool, les viandes elles-mêmes sont tardives. L’alcool est donc l’objet d’une valorisation substantielle évidente. Lui aussi, il manifeste son action en petites quantités : il dépasse en concentration les consommés les plus exquis. Il suit la règle des désirs de possession réaliste : tenir une grande puissance sous un petit volume.
Puisque l’eau-de-vie brûle devant les yeux extasiés, puisqu’elle réchauffe tout l’être au creux de l’estomac, elle fait la preuve de la convergence des expériences intimes et objectives. Cette double phénoménologie prépare des complexes qu’une psychanalyse de la connaissance objective devra dissoudre pour retrouver la liberté de l’expérience. Parmi ces complexes, il y a en un qui est bien spécial et bien fort ; c’est celui qui ferme pour ainsi dire le cercle : quand la flamme a couru sur l’alcool, quand le feu a apporté son témoignage et son signe, quand l’eau de feu primitive s’est clairement enrichie de flammes qui brillent et qui brûlent, on la boit. Seule de toutes les matières du monde, l’eau-de-vie est aussi près de la matière du feu.
Aux grandes fêtes d’hiver, dans mon enfance, on faisait un brûlot. Mon père versait dans un large plat du marc de notre vigne. Au centre, il plaçait des morceaux de sucre cassé, les plus gros du sucrier. Dès que l’allumette touchait la pointe du sucre, la flamme bleue descendait avec un petit bruit sur l’alcool étendu. Ma mère éteignait la suspension. C’était l’heure du mystère et de la fête un peu grave. Des visages familiers, mais soudain inconnus dans leur lividité, entouraient la table ronde. Par instants, le sucre grésillait avant l’écroulement de sa pyramide, quelques franges jaunes pétillaient aux bords des longues flammes pâles. Si les flammes vacillaient, mon père tourmentait le brûlot avec une cuiller de fer. La cuiller emportait une gaine de feu comme un outil du diable. Alors on « théorisait » : éteindre trop tard, c’est avoir un brûlot trop doux ; éteindre trop tôt, c’est « concentrer » moins de feu et par conséquent diminuer l’action bien-faisante du brûlot contre la grippe. L’un parlait d’un brûlot qui brûlait jusqu’à la dernière goutte. Un autre racontait l’incendie chez le distillateur, quand les tonneaux de rhum « explosaient comme des barils de poudre », explosion à laquelle personne n’a jamais assisté. A toute force, on voulait trouver un sens objectif et général à ce phénomène exceptionnel… Enfin, le brûlot était dans mon verre : chaud et poisseux, vraiment essentiel. Aussi, comme je comprends Vigenère quand, d’une manière un peu mièvre, il parle du brûlot comme « d’un petit expériment… fort gentil et rare ». Comme je comprends aussi Boerhaave quand il écrit : « Ce qui m’a paru le plus agréable dans cette expérience, c’est que la flamme excitée par l’allumette dans un endroit éloigné de cette écuelle … va allumer l’alcool qui est dans cette même écuelle. » Oui, c’est le vrai feu mobile, le feu qui s’amuse à la surface de l’être, qui joue avec sa propre substance, bien libéré de sa propre substance, libéré de soi. C’est le feu follet domestiqué, le feu diabolique au centre du cercle familial. Après un tel spectacle, les confirmations du goût laissent des souvenirs impérissables. De l’œil extasié à l’estomac réconforté s’établit une correspondance baudelairienne d’autant plus solide qu’elle est plus matérialisée. Pour un buveur de brûlot, comme elle est pauvre, comme elle est froide, comme elle est obscure, l’expérience d’un buveur de thé chaud !
Faute de l’expérience personnelle de cet alcool sucré et chaud, né de la flamme en un minuit joyeux, on comprend mal la valeur romantique du punch, on manque d’un moyen diagnostique pour étudier certaines poésies fantasmagoriques. Par exemple, un des traits les plus caractéristiques de l’œuvre de Hoffmann, de l’œuvre du « fantastiqueur », c’est l’importance qu’y jouent les phénomènes du feu. Une poésie de la flamme traverse l’œuvre entière. En particulier, le complexe du punch y est si manifeste que l’on pourrait l’appeler le complexe de Hoffmann. Un examen superficiel pourrait se contenter de dire que le punch est un prétexte pour les contes, le simple accompagnement d’un soir de fête. Par exemple, un des plus beaux récits, « Le chant d’Antonia » est raconté un soir d’hiver « autour d’un guéridon où flambe à pleine terrine le punch de l’amitié », mais cette invitation au fantastique n’est qu’un prélude au récit ; elle ne fait pas corps avec lui. Encore qu’il soit frappant qu’un récit aussi émouvant soit ainsi mis sous le signe du feu, dans d’autres cas le signe est vraiment intégré au conte. Les amours de Phosphorus et de la Fleur de lis illustrent la poésie du feu (3e veillée) « le désir, qui développe dans tout ton être une chaleur bienfaisante, plongera bientôt dans ton cœur mille dards acérés : car… la volupté suprême qu’allume cette étincelle que je dépose en toi, est la douleur sans espoir qui te fera périr, pour germer de nouveau sous forme étrangère. Cette étincelle est la pensée ! – Hélas ! soupira la fleur d’un ton plaintif, dans l’ardeur qui m’embrase maintenant, ne puis-je pas être à toi » ? Dans le même conte, quand la sorcellerie qui devrait ramener l’étudiant Anselme à la pauvre Véronique s’achève, il n’y a plus « qu’une légère flamme d’esprit de vin qui brûle au fond de la chaudière ». Plus loin, Lindhorst, le salamandre, entre et sort du bol de punch ; les flammes, tour à tour, l’absorbent et le manifestent. La bataille de la sorcière et du salamandre est une bataille de flammes, les serpents sortent de la soupière de punch. La folie et l’ivresse, la raison et la jouissance sont constamment présentées dans leurs interférences. De temps en temps apparaît dans les contes un bon bourgeois qui voudrait « comprendre » et qui dit à l’étudiant « comment ce punch maudit a-t-il pu nous monter à la tête et nous pousser à mille extravagances ? Ainsi parlait le professeur Paulmann, quand il entra le matin suivant dans la chambre encore parsemée de pots cassés, au milieu desquels l’infortunée perruque, réduite à ses éléments primitifs, nageait, dissoute, dans un océan de punch. » Ainsi l’explication rationalisée, l’explication bourgeoise, l’explication par un aveu d’ivresse, vient modérer les visions fantasmagoriques, de sorte que le conte apparaît entre raison et rêve, entre expérience subjective et vision objective, à la fois plausible dans sa cause et irréel dans son effet. »
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Carton de Lait
InvitéPerso j’ai essayé l’alcool relativement jeune (14 ans, ce qui en France je crois est probablement normal en fait) et après une trentaine de cuites n’y a trouvé rien d’intéressant alors j’ai tout arrêté à 16 (ça fera 30 ans l’année prochaine donc). Alors j’ai bien bu un petit cocktail style sucré ici et là depuis mais disons qu’on est à une fréquence en dessous d’une fois par année. Parce que voilà, question goût, non sauf si je ne goûte presque pas l’alcool (on me dira qu’on la goûte peu dans la bière mais enfin, la biere c’est dégueulasse). Coté effet, j’étais triste quand j’étais ivre donc ca n’aidait pas du tout niveau social. Ensuite, système digestif faible donc immanquablement après deux verres, le mal de coeur commence et si j’allais jusquà être saoul, effroyable mal de tête + nausée interminable le lendemain ce qui faisait donc que ma journée d’après était ruinée. J’ai donc pesé le pour et le contre à 16 ans et j’ai conclu que je devais arrêter.
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Et puis sinon depuis 15 ans ma mère est devenu alcoolique et elle se tue à moyen feu donc bien que ca ne me dérange aucunement que les gens consomment en ma présence, je l’ai un peu dans le cul l’alcool (ça aussi ruiné une relation amoureuse dans ma vingtaine, la fille était alcolo de fin de semaine et faisait n’importe quoi une fois ivre). Faut dire quand même que d’être la seule personne qui ne boit pas dans une soirée c’est très très chiant parce que les gens un peu bourrés, c’est sympa quand ça reste entre eux, mais quand ça vient te parler c’est très vite relou alors forcément on arrête de t’inviter (déjà, qui veut avoir le gars qui va se rappeler de tout dans la soirée?) ce qui n’est au final pas plus mal. Je dirais donc que vaut meux rester entre abstinents, ou du moins avec des gens qui consomment avec modération.
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Cette citation de Raymond Chandler quand même s’applique probablement à moi, je l’ai pas en français donc je traduit librement
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« Je pense qu’un homme devrait se saouler au moins deux fois par an, par principe, question qu’il ne se laisse pas aller à devenir méprisant sur le sujet. »
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Parce que oui il est possible que je sois devenu un tantinet méprisant sur le sujet malgré tout. Tout en comprenant pleinement pourquoi tant de gens boivent.-
graindorge
Invité« déjà, qui veut avoir le gars qui va se rappeler de tout dans la soirée?) » tu m’as bien fait rire Carton de lait! Sinon j’ai beaucoup aimé ton témoignage.
Ça en dit pas mal sur ton authenticité et la beauté de ton être. Merci
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Seb karlier
Invité -
Claire N
InvitéAlcohol, oh alcohol, I love you in my brains
Acohol, oh alcohol, I never want you again
GBH alcohol
On peut quand même bien commencer la journée
Avec -
Ludovic Bourgeois
InvitéJ’ai regardé ce film hier soir
Grâce au conseil
J’ai bien aimé
J’bois trop de bière sinon
Peur de finir avec le « bidou allemand »
Sport mais bon
Dankeshön -
Viscontigre
InvitéUp
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