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Accueil Forums Forum général – Désertion

Étiqueté : 

  • Ce sujet contient 683 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Samuel_Belkekett, le il y a 2 semaines et 1 jour.
Vous lisez 93 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #132440 Répondre
      Carpentier
      Invité

      . avec le partage éditeur
      auquel on s’adjoint l’extrait partagé choisi par l’auteur lui-même, ici sur son site, si désir:

      https://www.gallimard.fr/catalogue/desertion/9782073123275

      – les dernières consignes de l’auteur?
      l’âge du Capitaine, la couv et sa typo, rien à battre, ok?

    • #132443 Répondre
      Carpentier
      Invité

      – La pâte textuelle (je cite) démarre en p.9, ainsi:

      Quarante jours après le 11 septembre 2001 survient la Star Academy.
      Ce télé-crochet rafraîchi en télé-réalité est vendu par son diffuseur TF1 et son producteur Endemol France comme un contrepoint éducatif au programme Loft Story dont le concurrent M6 a converti l’aura de scandale en audience lucrative.
      Aux candidats oisifs du Loft s’opposeront les apprentis motivés de la Star Ac, promenés de cours de chant en atelier danse, de séances de fitness en débriefing dans le bureau de la directrice.
      Comme son y l’indique, l’Academy est une école, abritée par le château de Dammarie-les-Lys qu’on visitera bientôt moyennant une somme modique.

      • #132478 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Tout comme avec son

        Or le temps plutôt avance, mai plutôt que mars succède à avril, et mamie entre à l’Ehpad de Bouville plutôt qu’en sort.

        première phrase de l’extrait aussi partagé il y a peu par l’auteur,
        les première et dernière phrases du paragraphe augural du topic jouent à dire/situer le temps, sa chronologie, à contextualiser, le contemporain de d’une situation rapportée à son passé, son contemporain et son avenir.
        L’auteur de Désertion semble vouloir comme balader son lecteur, sa lectrice mais pour où et pourquoi?
        – Dans la tête d’un narrateur, qu’on connaîtra dans les prochaines lignes, qui cherche ou se souvient de faits précis? pour enquêter? pour comprendre?
        – Dans une époque qui pourrait avoir particulièrement pesé pour un ou plusieurs personnages? un.e gagnant.e, ou un.e moins chanceux.se de la Star Ac dont on suivrait l’après mise en lumière? et qui, gorgé.e d’aigreur, vengerais l’affront en revenant liquider tout le monde au château?
        Ça reste à découvrir mais on pressent qu’on lira à propos de plusieurs années d’un événement ou d’une période de vie d’un ou de plusieurs personnages.

        • #132488 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          dans le flaubertisme quel est le seul agent? la seule force agissante? le temps
          Steve voudrait il le remonter, ce temps, qu’il ne le pourrait pas
          car le temps plutot avance (sous-entendu : que recule)
          le temps plutot file vers la mort que vers la naissance

          • #132490 Répondre
            Carpentier
            Invité

            (Car, Or) .. Le temps plutôt avance / ….
            L’agent flaubertien avance plutôt que recule,

            – et dans cette phrase, par exemple

            le château de Dammarie-les-Lys qu’on visitera bientôt moyennant une somme modique.

            j’apprécie aussi que l’école en y à peine présentée, on soit comme projeté vers son avenir au devenir patrimonial, qu’on visite, le ’ la somme modique ’ faisant, je trouve, de ce lieu devenu culte, comme une note d’auteur douce, neutre voir plutôt sympathique.
            Cette façon qu’on ne déteste pas, comme on sait.

            … Dire des choses d’abord décriées puis devenues cultes pour tous ( ou quasi ) d’une façon tendre et drôle

            • #133710 Répondre
              Carpentier
              Invité

              ah oui, moi c’est celle-ci que j’aime bien aussi:

              …. Steve tu es avec nous? demande souvent la prof d’histoire. Steve tu reviens parmi nous? Steve t’es parti où là? on aimerait bien savoir.

              Steve est parti au pays inexistant dont ses rêveries déplient la carte.

              / … 25,
              puis la copine, pas une marmotte, dans son lit sous la lune ….

      • #132536 Répondre
        ,
        Invité

        « Quarante jours après le 11 septembre 2001 survient la Star Academy. »
        phrase très simple avec beaucoup de choses dedans
        j’y vois comme un programme ou un art poétique

        • #132551 Répondre
          Delphine
          Invité

          Rien à voir directement avec « Désertion », mais, lorsque j’ai découvert la première phrase de « Désertion » mentionnant le 11 septembre 2001, j’ai pensé au texte présent dans le dernier livre de François publié, « Interlope », où il est écrit que tout écrivain se souvient où il était lors de deux événements marquants : le 11 septembre 2001 et le jour où il a appris qu’il serait publié pour la première fois. Ainsi, la première phrase de « Désertion » pourrait mettre en lumière deux événements marquants dans l’esprit des personnes présentes à ce moment de 2001 : le 11 septembre et l’apparition du télé-crochet Star Academy, deux événements aux dimensions extrêmement différentes, mais qui constituaient du presque jamais vu dans la société française. Concernant Star Academy, ce tout nouveau genre de programme a créé un grand engouement, à l’image, dans « Désertion », des deux frères, notamment Steve, qui va rentrer encore plus dans le jeu en se prenant d’admiration (démesurée ?) our Gregory Lemarchal, admiration qui, à la fois, nous plonge en empathie avec Steve, et est présentée de manière drolatique, je trouve, cette admiration étant appuyée dans le début du livre.

        • #132554 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui mettre un carême , le glisser là, mine de rien
          Ça m’a troublée

          • #132579 Répondre
            ,
            Invité

            Quarante jours + 11 septembre + survient = on pourrait s’attendre à un autre événement historique
            l’irruption de la Star Ac’ a quelque chose d’un peu comique ou inattendu
            impression de tourner le dos à la Grande Histoire pour entrer dans le vécu télévisuel de Steve, où on imagine que 11 septembre et Star Ac’ sont sur le même plan
            + d’un point de vue purement calendaire, il reste bien vrai que les deux moments se succèdent
            + ce décompte des jours est-il froidement calendaire ou est-il la quête de signe d’un esprit un peu tordu ?

            • #132581 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « phrase très simple avec beaucoup de choses dedans
              j’y vois comme un programme ou un art poétique »
              oui
              et indissociablement une plateforme ontologique

            • #132585 Répondre
              kenny
              Invité

              et donc en quoi s’agit-il d’un programme ou d’un art poétique? ( demande d’explicitation sans malice)
              .
              le beg sait qu’il se trouvait dans son studio à pernety le 11 septembre 2001 (entre la toujours populaire place de vanves et le quartier bourgeois d’alesia, il aurait fallu préciser le numéro)
              y a-t-il d’autres événements depuis dont on peut dire je sais où j’étais quand ça s’est passé?

              • #132602 Répondre
                ,
                Invité

                si tu repenses à Comme une Mule : le factuel, le vrac qui traverse un individu, le « et » (plutôt que le « mais ») de l’existence ?

              • #132610 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                oui on se souvient d’où on était, mais la question demeure, que j’abordais dans Deux singes, chapitre « 2001 » justement : en quoi le « 11 septembre a affecté mon quotidien »? L’a-t-il plus affecté que Loft story, trois mois plus tot?
                Ainsi le plus spectaculaire et le plus « historique » (les tours) n’est pas forcément le plus agissant.
                En tout cas pour Steve et moi, c’est évident
                Il y a art poétique au sens où les hiérarchies établies par un récit (ceci je le raconte car pour mon personnage c’est plus important que ceci, car c’est ce qu’il vit réellement) ne coincident pas avec les hiérarchies officielles (le 11 septembre est évidemment plus important que la starac, cela va de soi – eh bien du point devue des individus, qui est le lieu du roman, cela ne va pas de soi
                s’ensuit une découpe du réel qui charpentera le récit

              • #132649 Répondre
                Carpentier
                Invité

                et puis quand même, peut-être, cette histoire de 40 jours, nan?

                et donc en quoi s’agit-il d’un programme ou d’un art poétique?

                Hier encore, devant le film d’animation L’oeuf de l’ange, on y était dans cette prophétie dans une séquence: une prophétie, est-ce de l’art poétique?
                Moi, il me semble
                (née d’ailleurs le jour de la st barnabé, comme on sait déjà, s’il ferme pas son robinet et que, derrière, St Médard rate aussi sa mission – je sais pu trop c’est quoi – benh là aussi, justement, paraît qu’il pleuvra 40 jours.)
                40 jours de pluie, ça craint, putain; si encore on nous promettait la neige.
                . Je viens de terminer la lecture du partage de l’extrait gratuit Gallimard: le pied, vraiment.

                Moi, c’est vraiment LBLV que je retrouve, les Gars, et c’est pas qu’à cause de Tony: je pleure de joie.
                Les incises humour régulières, érudites et/ou triviales dans les raisonnements et énoncés précis, hypothétiques, tendres, descriptifs efficaces*
                Oui, j’aime ça.
                Et peu importe ce qu’en pense/dit l’Autre Luc, là car, moi aussi, j’ai le droit de séparer l’artiste de l’homme,
                ou l’inverse.
                : D
                Comment d’ailleurs, pourrait-il en être autrement?
                De là à trancher sur lequel des 2 écrit dans ce forum?
                no sé
                et, de plus, rien à péter
                * les parcelles cultivées pour les champs (de mémoire)

                • #132680 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  … parcelles cultivées, battues mentales/ …
                  ouais, des belles trouvailles comme ça, ia que ça

                  Quant à l’arrivée de Tony:

                  … Un jour parmi d’autres, c’est un grand efflanqué qui régale. Son tee-shirt Rocky lui donne 18 ans, sa veste de costume le double, son bob orange entre les deux. On ne le connaît ni de Camus ni d’Aragon./ ….

                  et on pourra, il faudra, compter sur lui, bon.

                  Je kiffe trop de ouf, putain; et ces noms d’établissements scolaires : )
                  – enregistrant les conseils de classe, sans transition dans les dires d’adultes, comme d’enfants, ça peut donner des dialogues très drôles où on pourrait comprendre qu’Aragon, par exemple, a encore brulé des poubelles durant le dernier mouvement anti-admission post bac.

                  • #133912 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    …. Parfait dans le rôle du mec qui gère qu’il s’est attribué.
                    Vers 1 heure du matin sa sérénité feinte l’endort à poings quasi fermés./ …

                    p.60
                    précis donc nuancé, l’auteur fait ce qu’il faut pour garder éveillé qui le lit.

            • #132645 Répondre
              Claire N
              Invité

              Et bien je le mettrai bien en continuité avec la réponse faite à Carpentier sur la force agissante du temps, là il s’écoule

              • #133003 Répondre
                ,
                Invité

                oui rien que le temps c’est déjà beaucoup
                et quarante jours (pas trente-neuf, pas quarante-et-un, non : quarante), ça me fait d’entrée de jeu un effet jambe de bois (comme je viens d’écouter le dernier ciné club)
                bon serait temps que je laisse cette première phrase tranquille. m’en vais lire la deuxième

                • #133007 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Là où il s’écoule , têtu mais pas électif( désolé sans le oú ça fait abrupte comme remarque)
                  Était plus ce que j’essayais d’approcher
                  Et les carême qui s’ignorent à priori fatalement
                  ( le carême est discret )

                  • #133043 Répondre
                    ,
                    Invité

                    merci c’est maintenant que je comprends
                    les dates : jalons nets et opaques, figés sur la ligne du temps
                    les intestices, les latences : le temps en mouvement, là où tout se passe, l’air de rien

      • #132563 Répondre
        Alphonse
        Invité

        Ici, à l’aveugle, j’aurais dit Bellanger. Les événements prosaïques du contemporains murés figés dans l’histoire par ce présent de narration (qu’un manuel de 4e doit bien nommer « historique », parfois) ; le vulgaire de la culture télévisuelle raconté dans la langue élégante et froide du chroniqueur (traitement qu’un autre manuel, plutôt de seconde, dirait : héroïcomique) ; l’ironie (cynique ?) qui inscrit la quête du profit, du débouché mercantile, dans la description froide, épiphanique, du cours des choses (qu’un manuel, quoi ?, de Licence 1, dirait : matérialiste).
        J’aurais dit Bellanger, mais j’ai, chronologiquement, beaucoup lu Bellanger avant que Begaudeau – et j’ai d’ailleurs longtemps écumé les rayons B des bouquinistes, Bellanger, Begaudeau, Bergounioux, m’énervant de trouver trop de Bello, de Beigbeder et de Besson. J’ai l’impression que ce n’est pas courant, chez Begaudeau, cet effort pour saisir une époque, par-delà les situations qui la tissent et qu’elle traverse – mais peut-être fais-je erreur.

        • #132582 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          disons que précisément une première phrase pareille met en crise la notion d »epoque » : une époque se divise en mille. elle se divise déjà ici en deux : starac, 11 septembre. Certains ayant été beaucoup plus marqués et RÉELLEMENT AFFECTÉS par la première que par le second – et par exemple Steve, qui ici est maitre du jeu (ou presque)

      • #132662 Répondre
        Carpentier
        Invité

        … À la pause s’interdira de rétablir le contact sous le préau, certain qu’à son approche la bande se détournerait comme un seul homme. Renoncera à se glisser dans leur équipe de basket, les frustrant au moins du plaisir de le refouler vers le groupe des nuls. Se règlera en mode silencieux jusqu’à oublier le temps où il parlait. Se conformera à cette donnée comme au pain gluten de sa mère et aux mercredis sans foot, et de cours d’espagnol en heures de permanence, d’alerte d’incendie en sortie au mémorial de Caen, c’est à la seule force des jours que son éviction prendra la consistance d’un fit accompli./ ….

        p.27, Désertion – gallimard, F.Begaudeau

        c’est à la seule force des jours que son éviction prendra la consistance d’un fait accompli.
        Cette phrase de fin de paragraphe sonne en gong, comme un round terminé, un moment climax pour moi (si j’ai bien pigé ce terme ce qui reste à voir)
        Et la * battue mentale* que Steve lance, alors qu’on dirait qu’il faut pas chercher à comprendre serre le coeur
        (quelle belle trouvaille)

        • #132663 Répondre
          Carpentier
          Invité

          * fait* accompli bien sûr

      • #132936 Répondre
        Carpentier
        Invité

        …. Aux candidats oisifs du Loft s’opposeront les apprentis motivés de la Star Ac, promenés de cours de chant en atelier danse, de séances de fitness en débriefing dans le bureau de la directrice.
        Comme son y l’indique, l’Academy est une école, …. / … p.9 –

        et dès la 3e phrase, on sait où on est: y compris en ‘ divertissement ‘ on laisse pas en rade les apprentissages, le dure labeur, les remarques éducatives ainsi, un plus grand public sera bien sûr conquis.
        Aaaaaah, le sous l’eau dans la piscine, les m muets qu’on prononce ou le shampoing qu’on s’étonne de devoir prêter, d’autres auraient pu en rire aussi si seulement et seulement si, la journée, ils avaient bossé comme tout le monde.
        moui enfin, on s’comprend.
        La rigolade, ça se mérite, Pierre Henri.
        = > star ac
        avec de mignons dérapages contenus, où on s’apprend même des recettes et astuces so charming: un programme plus familial bien propre sur lui en quelque sorte.
        La France éduque ou n’est pas.
        Une deux, une deux

        • #132953 Répondre
          Carpentier
          Invité

          plus bas, FB rappelle et s’amuse à propos des diagonales
          … je n’aime pas trop l’autoroute
          à part les aires de repos / …*
          (oui c’est du figuré, on sait bien la bonne élève au doigt toujours levé)

          Dans la diagonale, roman, d’ailleurs, disait déjà un peu à ce propos
          et de l’âge du Capitaine, oui …
          [* en accusé de réception d’un retour sur Désertion intégral ]

    • #132444 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Aaaaah!

    • #132483 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      p 70-71.

      « Le gros des activités de la crèche vise à développer l’autonomie dans les déplacements, ainsi qu’à établir des corrélations réflexes entre le toucher et la parole, explique Patrice, ex-malvoyant guéri lors d’un séjour en Inde. Sans lassitude, Steve passe ses journées à guider des mains d’enfants vers des objets. À un feutre correspond le mot feutre. À un barreau de chaise le mot barreau de chaise. À une pomme le mor pomme. À une main une main. Mais à qui est cette main ? improvise le stagiaire. Cette main est à Steve! triomphe Bachir dont la main semble se plaire dans celle de Steve.
      Le dernier jour puisqu’il en faut un, Steve la porte à sa joue, et là c’est quoi le mot? Joue, dit Bachir. C’est bien, dit Steve, et qu’est-ce que tu sens ? Bachir ne sait pas dire ce qu’il sent. Ça s’appelle comment le mouillé sur la joue ? Bachir l’ignore, Steve le lui enseigne, et pareil pour le gros orteil, pour une paire de ciseaux, pour un sourire, pour le hamster de Justine et de découverte en découverte les deux semaines de citoyenneté filent comme deux jours. »

      • #132484 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        (il n’y a pas de saut de paragraphe, mon copié-collé téléphonique a fait n’importe quoi, on ne peut définitivement jamais faire confiance à la Californie)

        • #132487 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          passage limite
          a longtemps été discuté dans mon assemblée du peuple interne
          et subi de nombreux amendements
          mais il est là, et s’il est là c’est que l’assemblée l’a voulu

          • #132672 Répondre
            Carpentier
            Invité

            au fait, ça se passe à Caen ou bien?
            C’est en lisant à propos du mémorial (aaaaah les visites pédagogiques scolaires, tout un poème ^^ )
            que je me questionne sur un possible fait déclencheur pour l’auteur, dans le choix de ce coin: le prêtre qui a perdu la tête, c’était à Caen?
            [- Note, question qui n’appelle pas forcément de réponse, je précise, ]
            Tout comme pour celles que releve Steve, hyper perspicace, dans son observation du monde des adultes;
            En vrai, Brigitte et Manu, dans leur prétendue mission anti-harcèlement à l’école, pourraient recommander Désertion en lecture suivie (ou appliquée, disait-on, j’ai souvenir, durant ma formation scolaire initiale)
            J’imagine des classes entières, enfants comme adultes, pleurant touchés par la moindre ligne – qu’on estime en être/avoir été victime ou non, on a forcément qqn.e autour de nous dont on pensera que, ou, en empathie, comme ils disent, on saura estimer que oui, ça en est/était.
            Ce merdier de dynamique de groupe, de tout groupe, à tout âge, qui fait que parfois, au lieu de pas chercher à comprendre on veut comprendre, on doit comprendre, on se dit qu’on va comprendre; perte d’énergie, perte de vie, perte de joie que tout ça;
            Pauvre Steve.

            • #132674 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              si cela passait à Caen, je l’aurais écrit
              le flou sur le lieu est entretenu

              • #132676 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Sur le harcèlement : oui je crois qu’hélas avec ce sujet on est toujours sûr de trouver un auditoire concerné
                Grande efficacité de l’école : elle ne laisse aucun individu passer entre les mailles de l’humiliation
                Tout le monde y passera, comme disait mon prof de gym de la poutre, où donc je passai, et m’humiliai

                • #132678 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  – copain d’humiliation de poutre, checkons, Gros
                  : )
                  Un calvaire ce bordel; un jour, on prendra un pot tous les 2 et on se racontera ça en s’ étouffant* de rires, ok?
                  J’en tremble encore –
                  * je connais un peu les gestes de premiers secours (et je les révise de ce pas)

                  • #132679 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    + ok pour le flou sur ce lieu

      • #132489 Répondre
        Carpentier
        Invité

        explique Patrice, ex-malvoyant guéri lors d’un séjour en Inde

        rire de bon matin,
        sacré François

        comment on supputait avant-hier, déjà ?
        ah oui:
        … dire des choses
        (ici, possiblement miraculeuses)
        en essayant d’être tendre, doux, drôle / …

        • #132491 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Ça s’appelle comment le mouillé sur la joue ?

          (serrage de coeur)

          … les deux semaines de citoyenneté filent comme 2 jours / ….

          (la touche indienne pour tarer la balance tendresse/tristesse?)

          • #132492 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            la touche indienne ne doit en tout cas n’être qu’une touche
            on la prend ou on la laisse

            • #132493 Répondre
              Carpentier
              Invité

              oui, bien compris
              une touche en somme
              comme de celle, parfois, sur laquelle certain.e s’arrête dans un tableau par exemple

              • #132496 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                oui j’aime bien la comparaison
                rien à voir avec le vintage « faire une touche »

                • #132498 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ni avec l’halieutique ’ faire mouche ’ quand c’est son appât

      • #132502 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        « Sans lassitude, Steve passe ses journées à guider des mains d’enfants vers des objets »
        J’aime bien  » sans lassitude »
        « Le dernier jour puisqu’il en faut un »
        « Steve la porte à sa joue »
         » et là c’est quoi le mot? » Joue
         » et qu’est-ce que tu sens? Ça s’appelle comment le mouillé sur la joue?
        C’est la troisième fois que Steve pleure
         » Passage limite » dit BF
        L’assemblée interne a eu raison.
        Et moi, je vais perdre guillerettement 21€
        La faute à Ki? La faute à K!!

        • #132516 Répondre
          Carpentier
          Invité

          voilà, comme je te l’indiquais dans ‘ actu de François ‘ il y a quelques instants, en effet, si tu comptes bien, il semblerait donc que, des larmes, chez Steve, il y en aurait finalement à 3 reprises?
          (pas encore lu l’extrait Gallimard en entier, j’y vais de ce pas – après un peu de musique)

          • #132523 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            2,5
            celle là valant une demie, sur le marché des larmes

            • #132526 Répondre
              Carpentier
              Invité

              c’est plus clair, j’aime connaître le barème
              Là, c’est parce que c’est suggéré?

            • #132565 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              « 2,5
              celle là valant une demie, sur le marché des
              larmes »
              Les miennes. De rire
              Comme ça: 🤣
              Le Scorpion va râler

            • #133198 Répondre
              Rémi
              Invité

              P222 la dernière

    • #132535 Répondre
      nefa
      Invité

      l’extrait du forum
      une approche par les personnages
      la façon de les appeler, comment une institution les dispose
      je décèle cinq modalités de langage affirmées
      celle de la famille (mamie, mère, père, maitresse, tonton Gilles)
      celle de la religion (Je vous salue Marie)
      celle de l’école ( Novak, Gabin, madame Bitan, une prof, Camus, madame Gorce, Solène Boisson)
      celle de télé-quartier (Albanais et ex-yougos, fille du bourg, les vieux)
      celle de télé-télé (algorithme aidant, les élèves)
      On devine celle de l’amitié
      il y a les prénoms
      mais avec Marie elle (cette modalité) vire à sa portion congrue, une prière
      avec Pierrick après une échappée elle retourne vers celle de la famille (maitresse)
      avec Tony elle bute contre télé-quartier
      avec Mickaël se décline en télé-télé
      et tandis que Solène étale délicatement de la margarine sur une tranche de pain de mie, s’essaye au maniement des canettes de kro
      que Steve parle en cachette avec Steve
      il y a poto, il se baladerait un peu partout

    • #132577 Répondre
      Alphonse
      Invité

      Lu, sur le site de Gallimard, le long incipit où l’on voit la détresse de Steve à la mort de Grégory Lemarchal – qui le mène face à la mer, perché sur une falaise. Le passage est ainsi conclu : Il parvient incomplètement à être triste.
      Joie de l’adverbe. Qui ne nie pas tout à fait le verbe, mais qui le sape doucement.
      Jusqu’ici je lisais en me disant : tiens, à l’aveugle, est-ce qu’on dirait pas Nicolas Mathieu ? L’adverbe a réglé la question.
      * * *
      Mais en a généré une autre. Laquelle a rejoint une troisième qui me suit depuis dix jours.
      Récemment j’ai fait lire à une amie un texte quasi autobiographique où je décrivais, avec ironie et recul critique, le milieu où j’ai grandi (en deux mots : fils de la petite bourgeoisie culturelle dans une campagne en voie de dé-ruralisation). Lorsque j’évoquai mes copains du foot (pas issus de la petite bourgeoisie culturelle, sauf un), leur destin social, les liens fondamentalement et simultanément fraternels et asymétriques qui nous unissaient, l’amie a réagi très violemment, lisant dans la description peinée de ce que le cours des choses fait à nos vies, du mépris, de la hauteur cruelle. Elle m’a dit : si on frère lit ton texte il va se sentir con, il va se sentir traité de con.
      Du coup, j’ai essayé de comprendre où ça se situe, dans le texte, ce truc là qu’elle se prenait dans la gueule et que j’avais pas voulu mettre (d’ailleurs elle eut la gentillesse de préciser que c’était surprenant, ce mépris, venant de moi). Ce truc qui fait que, nommant les destins inégaux qui nous sont faits, semblent s’en repaitre, les ratifier, les justifier – tandis que moi, les nommant, je voudrais les dissoudre, en montrer l’étroitesse, la misère, la violente saloperie.
      Et lisant l’incipit de Désertion, je me dis qu’il y a dans cet incomplètement quelque chose de cruel. Précisément l’adverbe dont je rêverais qu’il arrive sous la pointe de mon Bic et que l’amie se prendrait dans la gueule.
      Quelque chose qui se fout un peu de la gueule de l’ado éploré devant la Star Ac. Quelque chose qui souvent s’efface – parce qu’on la voit comme une vraie détresse, cette détresse là, et les obstacles matériels qui s’opposent à lui comme des vrais obstacles (et c’est un texte très fort, par exemple, c’est très beau parce que discret, la mention « de derrière les buts », dans cette phrase : « La pluie toute havraise que le vent rabattait sur la tribune sud ne mitigeait pas son bonheur mais oui de derrière les buts on voyait grave moins bien que sur Téléfoot »), le souci très sincère des parents pour les lubies du petit , etc. – mais quelque chose qui parfois s’impose, et passe devant (incomplètement, par son caractère incongru, inattendu, passe devant sa tristesse). Quelque chose qui nous dit que nous (= l’auteur, les lecteur.ices, adultes, doté d’un capital culturel qui nous dispense d’être sensible à Grégory Lemarchal), on trouve ça tout de même un peu couillon. Quelque chose qui serait un tout de même. Et qui, alternativement, me procure joie et agacement (me disant, en moi même, alternativement « mais oui ! » et « mais oui, c’est bon, on a compris »).
      * * *
      Bon. Né le douze, je croise les doigts pour qu’on ait la bonne idée de me l’offrir en entier, Désertion.

      • #132584 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        j’aime la grande délicatesse nuancée avec laquelle tu poses ce sujet qui en est un
        bon, une fois dit que cette drole de mode de voir du mépris partout sera abordée et j’espère un peu réglée par l’essai d’avril, il me semble que l’existence du roman est un élément de réponse : ce roman écrit dans le sillage de Steve prouve au moins que l’auteur trouve cet individu, cette vie, dignes d’intéret et d’attention
        c’est toute la morale d’un roman
        mais je ne veux pas clore la question, car elle est grande (elle se posait déjà pour l’Amour)
        juste : le incomplètement, dont j’aime que tu l’aies noté, ne peut procéder du doux foutage de gueule
        car cet incmplètement est pour le coup universel, il était déjà vrai concernant l’ado-double de La blessure la vraie, il embrasse toute la condition humaine : notre incapacité, générale, à etre complètement à ce que nous faisons (je veux dire : comme le chat l’est quand il chasse)

        • #132586 Répondre
          trou du cul
          Invité

          comme t’es pas un chat tu peux pas savoir pour les chats
          et pour les humains c’est que tu les connais incompletement bien

        • #132597 Répondre
          Seldoon
          Invité

          François, toi dont les romans sont parfois accusés de mépris de classe (par exemple L’amour, par exemple encore Desertion l’autre jour) : l’accusation est-elle déjà venue d’un lecteur prolo se sentant méprisé ?

          • #132612 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            bizarrement non
            mais, te dira-t-on, précisément ces gens là ne lisent pas de roman, en tout cas pas ceux de Bégaudeau
            à quoi que je pourrais opposer un fait qui comme tout fait ne vaut pas tout mais ne vaut pas rien : les centaines de lecteurices qui se sont manifestés à moi sur L’amour et qui de fait ressemblaient aux personnages, et le disaient (c’est moi!), ne me disaient aucunement qu’ils s’étaient sentis méprisés
            plutot honorés, à tout prendre
            programme flauberto-rancierien de base, qui est le contraire du mépris: accueillir dans le roman des vies ordinaires que les grands récits excluent

        • #132824 Répondre
          Alphonse
          Invité

          « cet incomplètement est pour le coup universel, il était déjà vrai concernant l’ado-double de La blessure la vraie » : oui, et on peut généraliser ça. Ce qui permettrait de parler de mépris ce serait un traitement différentiel de l’ado prolo culture télévisuelle de Désertion par rapport à l’ado petit bourgeois fan de tennis de La blessure. Ou un traitement différentiel qui distinguerait Romain de Cristiano, qui épargnerait le narrateur d’Entre les murs, etc.
          Or non, toujours des vies grandioses et misérables, ordinaires, quoi. Mais des vies.

          • #132825 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Ce traitement différentiel n’est pas du fait du romancier mais du réel. L’ado de la Blessure a grandi dans un contexte qui a fait de lui un lecteur et un premier de la classe, c’est ainsi. Steve a grandi dans un contexte qui a fait de lui un perdant de l’école qui aime avant tout les jeux videos.
            J’ajoute :
            -que, comme on le lira dans Du mépris, j’ai, prof agrégé de trente ans à l’époque, suivi la starac 1 (puis 2, puis 3, puis me suis lassé)
            -que, comme raconté dans Deux singes, trois mois plus tot, non moins prof non moins agrégé non moins trentenaire, j’ai passionnément suivi le premier loft.
            D’ailleurs cette année je jette un oeil fréquent à la quotidienne de la starac. M’intéresse beaucoup plus que le 28 minutes d’Arte, où les mots masquent le monde.
            Partant de là, il ne peut y avoir de mépris
            J’ajoute encore :
            -que comme dit aussi dans Du mépris, à l’époque la starac était suivie par toutes les classes sociales. ll y a même eu un effet cool et chic de la starac cette année là.
            -que Steve ne se contente pas de suivre la starac. Steve contracte une passion pour un chanteur, Gregory Lemarchal, puis via cette passion, pour une cause, la « muco », etc. Tout ça charrie autre chose que de la pure médiocrité culturelle.

            • #132828 Répondre
              Charles
              Invité

              Il faut se souvenir aussi de ce qu’était la télévision à cette époque, sa centralité transclasse, et l’événement que fut la télé-réalité. Je me souviens, j’avais 12 ans en 2001, qu’on en parlait beaucoup dans la cour de récréation, et que même un bourgeois de province comme moi regardait ça, au grand dam de mes parents.

            • #132829 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je connais exactement 4 personnes qui suivent assidument la starac cette année, qui m’en parlent, tiennent même à me montrer des extraits. Il m’arrive de les mépriser pour ça, un mépris bienveillant et paternaliste. Parmi les 4 : un couple de petits bourgeois, un couple de grands bourgeois.

            • #132831 Répondre
              Mao
              Invité

              Ado voire post/ado et surtout prolo à l’époque, l’arrivée de la télé-réalité m’avait immédiatement répugné. J’avais bien autre chose à faire de mes samedis soirs. Aujourd’hui, bourgeois citadin, je ne rate pas un épisode de loups garous. Je peux tout à fait concevoir que des petits dealers de shit aient pu assidument regarder la star ac, de là à être fan, au premier degré, de Grégory Le Marshal, c’est une chose que je n’ai jamais rencontré.

              • #132834 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Steve a 10 ans à ce moment.

                • #132835 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Plein de gens ont passionément aimé Gregory Lemarchal au premier degré. Comme plein de gens ont aimé Mike Brandt. Cela s’appelle la variété.

                  • #132850 Répondre
                    Mao
                    Invité

                    C’est donc ça, la fameuse thèse du roman à thèse. Celle que l’excellent Faerber avait sans doute flairée, sans jamais oser la formuler explicitement.
                    Si tout fout le camp, si nos jeunes décrochent, « désertent » l’école, peinent à s’insérer sur le marché du travail et se radicalisent dans l’islamo-gauchisme, le narco-terrorisme et l’islamisme, ce n’est pas à cause des jeux vidéo. La mention du jeu Battlefield n’est qu’un leurre : une fausse piste soigneusement disposée par le romancier pour égarer son lecteur.
                    L’origine du trouble civilisationnel que nous traversons a une cause plus fondamentale : la rupture anthropologique qu’a constituée la diffusion de la Star Academy au lendemain du 11 septembre.
                    Privée de repères, de modèles, d’exemples stables et puissants — comme l’effondrement des Tours jumelles nous y invitait — la jeunesse, tout entière à son désœuvrement, a tourné le dos aux valeurs qui faisaient l’honneur et la fierté de l’Occident et, fatalement, a retourné ses armes contre la main qui l’avait nourrie en rejoignant l’État islamique (oui, je sais ; mais on ne va quand même pas se faire chier à lire le livre qu’on chronique).
                    On comprend, dès lors, la parenté évidente avec l’œuvre de Michel Onfray, qui n’a eu de cesse de nous alerter sur les origines de la décadence occidentale. Avec Désertion, Bégaudeau nous fait la démonstration que le déclin inexorable de notre civilisation porte le nom de Grégory Lemarchal.

                    • #132852 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Plus j’avance dans le livre, plus je suis estomaqué par cette double chronique.

                      • #132854 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        oui on tient un sommet de l’histoire de la critique

                      • #132858 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Peu surpris par Faerber, davantage par Sorbier que je connais moins mais que j’avais écoutée quelques fois au même micro et qui ne m’avait pas semblé d’aussi mauvaise foi mais c’est sans doute parce que je n’avais pas lu les livres en question….

                      • #132859 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Sorbier, printemps républicain, envoyée ici en mission par sa hiérarchie de Radio France. Point.

                      • #132962 Répondre
                        MA
                        Invité

                        Pourquoi? Quel est leur intérêt de descendre le livre? Tout Radio France serait de droite? Mais pourquoi en parler alors

                      • #132964 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        C’est à eux qu’il faudrait poser la question
                        Je constate que cette émission qui est rarement pleinement à charge l’est ici – et à propos d’un livre parti pour etre plutot unanimement défendu par le reste de la critique.
                        Mais ça a l’air de t’étonner que cette radio soit marquée politiquement, et qu’elle agisse en conséquence. Tu n’en as pas assez de signes depuis dix ans?.
                        Tiens pour t’amuser tu compteras mes passages chez Erner depuis la création de sa matinale.
                        Puis dans les semaines à venir tu compteras le nombre d’invitations sur cette antenne pour Désertion.
                        Et si le sujet t’intéresse, tu te demanderas quelle est donc la « thèse » que Sorbier prétend à tort que je défends sans pouvoir la nommer. La « thèse » qu’elle a envie de me preter. Une oreille attentive peut le deviner.
                        Tous les éléments sont à ta disposition. Il suffit juste de cesser de se voiler la face.

                      • #132966 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Il suffit juste de cesser de se voiler la face.

                        quel taquin ce François : )
                        – sais-tu que, pour la première fois, et pas plus tard qu’hier, en réunion, j’ai vite fait mordu un bout d’ma langue pour pas dire ça, surtout que je le/l’ai dit très peu, déjà de base, dans ma vie: se policer médiocrement comme ça, ça craint.
                        J’en suis encore toute chose dis donc
                        et te lire ici me passe un chouïa de baume (merci pour ça)
                        Pour le reste, je ta je de me mettre un peu au courant tout à l’heure,

                      • #132979 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Pour le reste, je ta je vais tâcher de me mettre un peu au courant tout à l’heure,

                        marrant parfois ces lettres intrus qu’on est sûre de ne pas avoir activé, même par mégarde
                        mouais, bien zarbi

                      • #133001 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        On peut tout-à fait ne pas aimer un livre et argumenter. Mais là, ça descend un livre ou l’auteur?
                        Cette dame a t-elle aimé un ou des livres de BF?
                        On peut lui accorder le bénéfice du doute: elle n’aime peut-être aucun de ses livres. Pas grave

                  • #132958 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Mike BranT
                    Ne pas confondre avec le frigo BranDt
                    Merci

                    • #132973 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Brandt, pour ne pas se tromper..

                      • #132980 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        On dirait une pub pour le frigo:
                        « Brandt. Pour ne pas se tromper »

              • #132837 Répondre
                netflou
                Invité

                Si l’on se fie aux quelques jalons chronologiques disposés dans le texte, la passion Lemarchal se fixe chez Steve vers 10 ans, juste avant le collège. Pour le coup, c’est vraiment l’âge de la tocade : en témoigne la collection d’os de vaches, glanés fiévreusement par mon fils à cet âge, au gré de nos balades dans les estives, ou encore sa fascination pour Mohamed Ali, particulièrement les images de sa fin tremblotante qui le bouleversaient.

                • #132840 Répondre
                  netflou
                  Invité

                  J’avais pas rafraîchi. Déso pour le doublon.

                • #132860 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  bonjour, pas touché encore le Désertion en intégral mais ça m’intéresse, si je comprends bien, l’analyse psycho-sociologique fictionné (peut-on dire cela?) de la fixette Steve/G.Lemarchal.
                  Dans mes études, récentes (reconversion pro) , j’ai souvenir que dans la construction de l’identité, il y aurait – selon les écoles et les schémas/théories, nombreuses et parfois contradictoires mais, en gros – un âge du développement du petit d’homme, en effet, ou l’identification/admiration est à son apogée – le moment idole (Freud a un titre/essai culte là-dedans il me semble.)
                  Chacun.e pourrait même aussi essayer de se souvenir, de dire, de s’auto-analyser sur ce sujet car, sur l’exemple basique de l’engagement politique, ne serait-ce que ça, passées leurs 10 ans, elle sont plutôt nombreuses les personnes qui, sans collectionner passionnées les dinosaures, tombent en admiration/fan attitude;
                  Adulte, on nommerait plutôt cela l’engagement ?
                  mouais,

                  • #132864 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    – 1980: par amour, je partage la passion Queen de mon amoureux saxophoniste, lui nancéen moi lilloise, on s’écrit, on se téléphone après la colo en montagne, et ma pote Véro emprunte à son père ses 33T pour que j’écoute les albums dont on se parle ensuite avec le joli et chouette nancéen, j’ai 14 ans.
                    Queen, et son Freddie Mercury en particulier, ne m’ont pas quitté jusqu’ici.
                    – 2008: une chronique publiée dans le monde de l’éducation dit sur des ateliers théâtre/ciné en collège parisien, on y joue des scènes à partir du roman Entre les murs, la chronique aussi est signée François Begaudeau.
                    On sait bien à propos,

            • #132843 Répondre
              Alphonse
              Invité

              Je dis précisément qu’il n’y a pas « de traitement différentiel », on est d’accord ?

              • #132855 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                On est d’accord
                Ou alors un traitement différentiel… dans l’autre sens.
                A tout prendre ce livre accorde plus de consistance à l’amour de la starac qu’à l’intéret pour le 11 septembre

        • #135239 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          « car cet incmplètement est pour le coup universel, il était déjà vrai concernant l’ado-double de La blessure la vraie, il embrasse toute la condition humaine : notre incapacité, générale, à etre complètement à ce que nous faisons »
          _
          Pour moi le secret de la littérature est là. Je dirais aussi notre incapacité à être là – en jargon heideggérien, à être le là (de l’être, de ce qui survient, de ce qui advient). Bref : la présence au monde et à soi, la possibilité – ou plus souvent l’impossibilité – d’être pleinement à quelque chose.

          Je dis la littérature car il me semble que la peinture est là, par une puissance muette qui fixe sa présence ; c’est nous qui n’arrivons pas à nous tenir pleinement devant elle. Mais la peinture ne parvient pas à dire cette relative absence du spectateur, cette incomplétude dans notre être au monde ; elle nous la fait sentir, mais elle ne peut pas l’explorer pour elle-même. La littérature, elle, peut explorer cette incomplétude pour elle-même, creuser cette incapacité, et même réfléchir sur ce qui, en nous, fait barrage.

          Ce sera le génie du Rivage des syrtes de Gracq de s’être tenu, pendant plusieurs centaines de pages, au cœur de cette faille, en plein dans ce mélange de présence et d’absence. De là un livre sur l’attente, la sourde conscience de cette absence et la tension du désir vers un dépassement de cette incomplétude : l’apparition, dans le livre, du Mont Tängri, qui lie le ciel et la terre dans une présence massive.
          _
          Il ne faut pas compter sur la société pour nous remettre au monde. Par exemple, nombreux sont les gens qui déclarent n’avoir pas réussi à être suffisamment présent à l’enterrement d’un proche. Le fait qu’un temps soit consacré et prévu pour ça est une des origines du problème : on ne peut pas programmer une telle chose, et plus on le programme, plus on risque de le manquer. La littérature à l’inverse présente l’avantage de s’offrir à qui le veut, quand il le veut, au moment opportun.

          • #135281 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Reste à savoir si la littérature aide à etre là
            Je le crois, pour ma part.
            Je crois que, contrairement, à ce qu’on en perçoit de loin, la littérature, l’art, m’offrent de me sentir là, dans le temps que je les reçois – ou les fabrique.
            Précision : la phrase que tu cites n’est pas dans Désertion, mais dans l’entretien donné à la Maison de la poésie.

            • #135284 Répondre
              Samuel Sessinou Duffay-HOUNKPE de la Marie
              Invité

              Le problème n’est pas neuf, mais il s’accélère. 🙁

              « Les conditions nouvelles de notre existence arrachent les hommes à tout recueillement et les jettent hors d’eux-mêmes dans une fureur meurtrière, comme un incendie de forêt chasse les animaux de leurs profondes retraites. »

              1910.

              • #135285 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Il est même beaucoup plus ancien, et même immémorial
                Puisque je parle de condition humaine
                L’acception réactionnaire de cette affaire ne m’intéresse pas, aurait-elle la caution d’un éminent tyrolien abscons
                Je ne crois pas qu’il y ait un temps où les hommes étaient davantage présents au monde – ou alors c’est qu’ils n’étaient pas des hommes mais des huitres
                Jamais nous n’y fumes complètement
                Toujours nous y fûmes incomplètement

                • #135286 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Que la modernité capitaliste nous prive de toute possibilité de recueillement, ça par contre je veux bien y songer.

                  • #135291 Répondre
                    SSDH 2 M
                    Invité

                    Yes, désolé, je n’avais pas vu que vous parliez de l’ennui anthropologique que nous fuyons tous, depuis 200 000 ans, le même que celui de Baudelaire.
                    D’ailleurs Goethe n’a t il pas dit que « si les singes savaient s’ennuyer, alors ils pourraient devenir des hommes?? »

                    Mais l’accélération du temps, due elle même à l’accélération du capitalisme, la vapeur, le train, l’électricité, le télégraphe, la radio, le téléphone, l’IA.
                    Nietzsche, Valéry et autre senteurs de Zeitgeist voyaient déjà l’humanité fort déchue vers la fin du XIX ème.
                    Et sans doute, que les intellectuels des années 1850, seraient fort désappointés de discuter avec ceusses de 2026.

                    Mais bref. Courage, l’avantage est que nous restons des hommes, avec les mêmes défauts, mais aussi les mêmes qualités. Qu’il suffit d’un peu d’amitié, d’amour, de joie, de jouissance, pour oublier la fin du monde ou du mois, au profit de la prochaine éjaculation dans le trou de balle de notre dulcinée ou de la prochaine partie de squash gagnée au désavantage d’un Adonis de 25 ans notre cadet!

                    Après tout, comme disait Murphy à la fin de Robocop 2, nous ne sommes que des humains…

                  • #135301 Répondre
                    Hic et Nunc!
                    Invité

                    Seuls le sport, la pleine conscience, la discussion, la peur (flight or fight), le combat, toutes choses qui nous mettent en alerte, nous obligent au kaïros, ou méditer, et c’est là le génie de la pleine conscience, utiliser notre intelligence pour redevenir des animaux. La gazelle poursuivie par un léopard, peut elle se permettre de trébucher ou de penser à sa petite sœur qui fait tout mieux qu’elle?

                    Je pense pas non.

                    Coïncidence?

            • #135296 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              @FB
              « Reste à savoir si la littérature aide à etre là
              Je le crois, pour ma part. »

              _
              Oui, je le crois aussi. Du moins la littérature qui en fait son objectif. C’est pourquoi je n’ai jamais adhéré aux discours disant que la littérature permet de s’évader ou de se complaire dans un imaginaire ou un « ailleurs ». C’est pourquoi aussi je n’arrive pas tellement à rentrer dans les dystopies ou les utopies, et que je préfère mille fois la description d’une forêt de pins chez Mauriac ou l’écoute tendue des pas qui m’approchent dans le poème de Valéry que les projections fantastiques de la science fiction.
              _
              Et je pense en effet que cela n’est pas lié à la modernité, mais à la condition humaine. On trouverait facilement des traces de cette incomplétude dans tous les textes de toutes les époques, exprimées différemment.

              • #135304 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Oui.
                Oui, point.

                • #135535 Répondre
                  Point final à la ligne. Rompez!
                  Invité

                  Je sais pas, pour moi c’est surtout quand on se retrouve dans des condition de tension forte, positive ou négative, qu’on se doit au maximum (et qu’on ne peut mais), au temps présent.

                  Et ici encore, comme le fait remarquer Bourdieu, on veut ce que l’on peut. Et non peut, ce que l’on veut.
                  Quand notre intégrité physique est en jeu, ou juste notre ego, alors notre corps PEUT (à la façon dont Spinoza l’entend dans sa question sur ce que peut le corps…) au maximum prendre le gouvernail de notre entité, et veut alors…

                  Valéry disait que la conscience gouverne, mais ne règne pas. Le cas du système parasympathique illustre bien cela. Les cas des moments de haute adrénaline aussi.

                  Quand Jordan met un 3 points sur le Buzzer pour gagner une finale NBA, je pense pas qu’il y ait beaucoup de place à cet instant T, même pour le décès de son papa chéri quelques mois auparavant, dans son esprit.

                  Et c’est, je le rappelle; le principe de la Mindfullness, la méditation de pleine conscience, laïcisée par un chercheur du MIT, J Kabat-Zinn.

                  Se scotcher au temps présent, en se concentrant sur sa respiration, les flammes d’un feu, les vagues de la mer, bref, toutes choses répétitives et toujours différentes à la fois, hypnotiques.

                  CQFD?

                  • #135537 Répondre
                    Point final à la ligne. Rompez!
                    Invité

                    Daron de MJ, le mec dead était dad qques mois auparavant, disait SI Bête Ndiaye

                  • #135543 Répondre
                    Gilles – instituteur CE1
                    Invité

                    Lire c’est vivre oui, bien entendu!
                    Merci Milou

                    • #135604 Répondre
                      Dupont avec un T
                      Invité

                      Je dirais même plus, la réalité virtuelle d’un jeu vidéo est plus réelle que la réalité.
                      Ainsi parlait Platonoustra et Plotin-inovitch.

                      • #135743 Répondre
                        Dupond avec un D
                        Invité

                        Je dirais même plus, plus say gros, plus sa passe. Comme un obus dans un anu.

                  • #138697 Répondre
                    LaSocioEstUnJJB
                    Invité

                    Oui, Bourdieu est toujours au sommet — mais avec quelques nuances intéressantes.
                    Sur Google Scholar, les chiffres de citations sont sans appel :
                    Bourdieu arrive en tête avec plus de 417 000 citations, devant Karl Marx (204 000), Max Weber (189 000), Erving Goffman (175 000), et Émile Durkheim (109 000). Socjobrumors
                    Donc en volume brut, Bourdieu écrase tout le monde, y compris des géants comme Marx et Weber.
                    Toujours vivant académiquement, pas juste dans les manuels :
                    Bourdieu est probablement le chercheur le plus cité dans l’ensemble des sciences sociales. Des analyses montrent que, au tournant de la dernière décennie, il était référencé dans plus de 100 articles sociologiques par an — bien davantage que des auteurs majeurs comme Coleman ou Granovetter, et plus encore que Durkheim. Oxford University Press
                    Un indicateur clé : alors que Durkheim est cité de manière routinière (environ une référence par article), Bourdieu fait encore l’objet d’un investissement actif — au moins 25 % des articles qui le citent le font deux fois ou plus. Oxford University Press Ce n’est pas juste une référence rituelle.
                    Sa position est officielle :
                    Pierre Bourdieu est qualifié de « sociologue le plus cité au monde aujourd’hui » dans le Cambridge Handbook of Social Theory, avec une légitimité académique multidisciplinaire qui dépasse nettement des auteurs comme Habermas, Giddens ou Goffman. Cambridge Core
                    La nuance : on entre dans une phase de canonisation. La proportion d’articles qui citent Bourdieu de manière approfondie a diminué régulièrement depuis les années 2000 — signe que son œuvre entre dans le canon, où l’auteur devient associé à une idée clé (habitus, champ, capital symbolique) et est donc cité comme référence obligatoire plutôt que débattu activement. Oxford University Press
                    Bref : oui, Bourdieu est toujours n°1, mais il se « durkheimise » progressivement — en train de passer du statut de théoricien vivant à celui de classique incontournable.

    • #132589 Répondre
      kenny
      Invité

      comment construire ses personnages lorsqu’on veut qu’un roman social avec des guillemets ne fasse pas manuel de socio?
      une technique est de les affubler d’une particularité idiosyncratique
      par ce pléonasme je veux dire leur donner un goût qui détonne de leur classe sociale
      jacques le prolo fan d’astronomie

      • #132592 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        plus généralement, ce que le roman peut, mieux qu’un autre registre, à la fois déplier et faire éprouver, c’est qu’un individu multi-déterminé, multi-agi, est dans le même temps absolument singulier
        J’espère bien que Steve ne ressemble à personne d’autre que Steve
        comme tout un chacun

    • #132805 Répondre
      netflou
      Invité

      Je partage en vrac mes premières impressions de lecture

      Steve.
      Il manque un e à son prénom. Contrairement au h de Hawaï, ce manque ne sert pas à rien : il le rapproche de Mandanda Steve, Havrais lui aussi, doux comme un agneau, un type pas contrariant, qui a toujours accepté sa place de numéro deux, et qui a repris inlassablement les journalistes l’appelant Steeve, passant sa vie à corriger ce petit manque.
      « Julien donne Julian, Anthony donne Anthony avec le h prononcé, Steve donne Steve. »
      Ce prénom qui n’est pas de notre pays, mais qui ne se convertit en rien d’autre quand on le dépayse. Sans référent, nulle part à sa place, cul entre les chaises. Le prénom seul a déjà l’air de contenir le programme du personnage.

      Sur les larmes que verse Steve au moment de l’hommage à Grégory Lemarchal, « Ils ne peuvent pas comprendre, et lui non plus. », comme sur la recherche de l’origine de sa mise à l’écart du groupe « Peut-être que c’est sans cause. Peut-être qu’eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils font. », tu nous mets face à des gens empêchés de penser, pour qui il est impossible de mettre au clair ce qui les affecte (le retour de la figure de Ribéry n’est peut-être pas innocent). Et plutôt que de les expliquer, il me semble que tu déploies patiemment, dans ce début de roman, ce qui constitue leur empêchement. 
      C’est peut-être pour cela que tu disposes régulièrement des agencements d’objets, ils tracent les contours de leurs identités incertaines et les contiennent. Exemplairement, le reliquaire organisé autour de Saint Grégory, autour duquel se déploie une collection d’étranges ex-voto :
      « De sorte que quinze ans plus tard la disposition du meuble aura à peine changé : étagère inférieure consacrée au foot — licence de la saison 2003-2004, photo des U10 de Blinville, lui accroupi, mains en appui sur le sol, fanion bicolore du Havre Athletic Club, calque dessiné de Ribéry en sélection nationale —, deuxième niveau consacré à sa collection d’étoiles de mer, troisième niveau à Grégory. Tout juste, entre-temps, se sera ajoutée une planche dédiée au Rojava — patch du YPG, portrait de martyr dont Liz, grenade, jumelles thermiques —, avec au-dessus, tendu au mur, un drapeau de Daech. »
      Commencé sur l’inoffensive licence — avec, on l’imagine, la photo d’un Steve poupin — pour finir sur ce « Daech » qui éclate.
      C’est le même plaisir de suivre le joint qui tourne dans la bande, pendant que l’on s’attarde sur les deux ou trois objets qui signent les efforts d’individuation de chacun, idem plus loin avec cette superbe tournée de tacos. Ces descriptions ont toutes une belle dynamique scopique, du grand cinéma.

      « On a pris soin de faire coulisser les fenêtres pour évacuer la fumée, mais surtout l’odeur — que, d’ailleurs, les cadres ne connaîtraient pas. Surtout le directeur technique, monsieur Longuet, né au Moyen Âge, du genre à grimacer quand des bribes de rap s’échappent de leurs téléphones. Ils imaginent déjà raconter l’exploit à d’autres, mais attention, pas à n’importe qui : des types comme Flavien Gabier seraient capables de tout cafeter. Signaler la faute d’un camarade, c’est l’aider à s’en sortir, répète souvent le directeur, devant lequel Steve se retrouve assis pile quarante-huit heures plus tard, sous le regard sourcilleux et charitable de l’abbé fondateur. »
      Déjà repéré dans L’Amour, à l’œuvre dans cette phrase, cet art du fondu : dans le flux textuel de trois phrases, on glisse entre différentes temporalités sans que les causalités à l’œuvre ne soient scandées.

    • #132807 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Ce prénom qui n’est pas de notre pays, mais qui ne se convertit en rien d’autre quand on le dépayse. Sans référent, nulle part à sa place, cul entre les chaises. Le prénom seul a déjà l’air de contenir le programme du personnage. »
      J’aime bien

      • #133025 Répondre
        netflou
        Invité

        La piste d’el fenomeno s’arrête ici :

    • #132861 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Trois fringants T pour Désertion dans Télérama.
      Par contre, c’est bien le Diable si j’ai compris ce que le réacteur de l’article en pensait! J’adore ce genre de critiques qui consiste à décrire (le livre, le film, peu importe..).

      • #132863 Répondre
        Alexandre
        Invité

        le rédacteur parce qu’un réacteur ne pense pas

        • #132865 Répondre
          Carpentier
          Invité

          je sais pas si j’oserais dire cela du réacteur à neutrons rapides mais bon,

      • #134020 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Télérama se fait une spécialité de raconter les films et les livres plutôt que les critiquer, mais pour le coup la chroniqueuse/critique est plutôt juste avec Désertion.

      • #134022 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Enfin « juste » n’est pas le mot, je n’ai pas son analyse sur l’indifférence supposée de la famille Françon à l’égard des garçons partis en Syrie. Disons plutôt « honnête ». Elle a bien aimé, pour reprendre le vaste champ lexical des critiques de Parasites le podcast (et le mien hélas).

    • #132901 Répondre
      Ostros
      Invité

      J’ai produit une critique / analyse d’une douzaine de pages word sur sens critique.
      J’ignore pourquoi leur site défonce ma mise en page…
      Je vais voir comment rectifier ça
      C’est une analyse en plusieurs parties et la dernière partie est waouh
      c’est ici
      https://www.senscritique.com/livre/desertion/critique/334821648

      • #132929 Répondre
        Ostros
        Invité

        Il faut lire la critique sur PC
        Car sur mobile ça renvoie au premier copié collé que j’avais posté, bourré de fautes, coquilles
        Drôle de bug
        Senscritique c’est vraiment pas ouf

        • #132931 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Ostros
          « Par endroits le style direct attrape le virevoltant papillon de la tchatche, lui remet les pattes sur terre. Arrêter le temps. Le retenir comme on retient un frère »
          Et aussi pour le développement sur la ponctuation tout à mon goût

          • #132933 Répondre
            Claire N
            Invité

            Et aussi cette phrase que tu notes » Page 117 : « La Manche mugit noire et ils sont neuf dans un creux de falaise, postures déterminées par les contours de la roche. »
            Je l’ai noté aussi
            C’est pas juste une musique dans ma tête
            Tu l’attestes
            Du coup je l’ai pas rêvée
            Le bruit des coquillages

          • #132934 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            merci pour ces notes très précises, à fleur de texte

            • #132944 Répondre
              Ostros
              Invité

              Oui le texte est une découverte, un amusement stylistique
              C’est pour ça que je trouve que
              Espiègle et affranchi
              Ça dit tout du travail
              Et c’est sympa à dire
              .
              Cette virgule qui vient donner une cadence originale en desarticulant le rythme. Ou s’absente et la cadence est bien là
              Pour La Manche mugit noire que tu cites Claire je la repasse sans la virgule et je la préfère. Sans virgule elle tiens bien dans mon souffle. Mais la virgule découpe deux plans. Un large et un raccord dans l’axe.
              Un où les jeunes sont silhouettes
              Un plus nets
              D’ailleurs après on va passer sur chaque posture en croquis.
              .
              Le passage (passage au sens physique) :
              « Steve croise les bras et se frotte les épaules pour se tenir chaud. »
              .
              « A leur insu le paysage a verdi.  »
              .
              « Paysage n’est jamais le bon mot. Kevin disait : paysage est un trop gros mot qu’il faut concasser en choses. »
              .
              Je trouve ça tellement intelligent.
              J’adore cette surprise
              Ce « hein? » qui sort de la bouche
              J’ai bien lu ?
              Tu relis
              C’est bien ça.
              .
              Et la dernière page qui ramasse tout ça
              Tout ce voyage
              Magnifique
              J’ai envie d’oser dire hilosophique
              Mais dans un sens libre
              Dans le sens où on peut partir sur des rêveries théoriques nées du travail des mots, juste des mots, des assemblages de mots, des évolutions d’assemblages de mots et de virgules.
              L’artiste et le soldat.

              • #132946 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci à toi pour ce roman si beau de liberté qui s’ébroue
                Loin de l’autoroute

              • #132981 Répondre
                Claire N
                Invité

                « Sans virgule elle tiens bien dans mon souffle. Mais la virgule découpe deux plans. Un large et un raccord dans l’axe. »
                Oui – j’éprouve bien cela
                Qui me rappelle d’ailleurs l’analyse que Proust faisait de la virgule chez Flaubert
                Tu niches fort justement un «  et «  cumulatif
                En prenant
                – la musicalité portée par oui ce qui souffle et soulève la voile de la phrase , quel est donc se souffle silencieux dans la lecture, pourtant si familier au chant ? Quelque chose des privilèges de l’émetteur passe chez le récepteur – anarchie principiele sans mât
                – la virgule, son trait, visuel et même manuelle
                D’une certaine façon , dans un geste gémellaire
                La main s’invite à l’esquisse

                • #132983 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Oui je pense qu’il y a quelque chose du chant
                  De la cadence conclusive
                  On sent que c’est la fin de la phrase musicale ou littéraire
                  Il y a de l’habitude là-dedans
                  Du culturel, du familier (expérience)
                  Mais ça se fait en deux temps
                  D’abord on lit, les yeux passe un goupillage de deux mots qui ne veulent rien dire
                  On capte le cut
                  Les deux phrases nous apparaissent
                  C’est de l’éducation
                  De la lecture active
                  C’est une trouvaille
                  Car ça restitue le parlé je trouve
                  Les paroles sont des flots
                  Et l’énonciateur souvent entend et compose sa phrase en même temps qu’il la diffuse
                  Ça donne ces bifurcation
                  Ces sorties de route
                  Le travail autour de la parole est vraiment au cœur du travail du roman
                  Même les descriptions ont de la tchatche

                  • #132984 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Non ce n’est pas de l’éducation
                    J’avais écrit : c’est de l’élucidation
                    Mon Samsung n’est pas encore tout à fait déconstruit

                    • #132985 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Pour la virgule oui c’est très plastique tout ça.
                      Ça nous fait ressentir / toucher de la matière
                      Ça la rend palpable
                      On est à l’ouvrage
                      Écrivant cela je me rends compte que ce façonnage
                      L’entier façonnage du livre
                      Répond au monologue de George
                      Pas que la fin même si elle est l’aboutissement du geste, du compagnonnage entre Steve et le narrateur.
                      Même cette virgule là lui dit vois comme je les rend denses et préhensibles la mer, la roche, le briquet.

                      • #132986 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « La Manche mugit noire et ils sont neuf dans un creux de falaise, postures déterminées par les contours de la roche. »

                      • #132988 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Voilà
                        tu le fais bien éprouver, un autre type de matière de densité par delà la virgule, on éprouve le minéral

                  • #132989 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Oui, flots
                    Pour Certaines phrases d’ailleurs
                    J’ai dû reprendre de l’élan
                    J’avais pas dosé l’effort
                    Mais ce n’est pas grave, après avoir glissé le cul par terre, on reprend

                    • #132995 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Dans la vie, le regard dans un espace nouveau capte une grande quantité de matière et le cerveau agence après coup, puis revient en arrière revoir les éléments qu’il a captés et les ré-agence lorsqu’un autre élément paraît, pour faire tenir tout ça en mots / en sens.
                      La matière captée n’est pas ordonnée c’est nous humains qui faisons ce ménage.
                      On revit l’expérience ici avec ces tas de mots qui forment des éléments qui s’enchaînent, comme ramasser tous ensemble par une seule phrase qui serait un regard balayant pas encore en train de transformer ce qu’il capte

                      • #132996 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Comme ramassés *

    • #132921 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Page 221-222
      Occurrence 2 qui reconduit rapidement à Bachir. D’autres choses arrivent aussi entre temps.

    • #132930 Répondre
      Robbie
      Invité

      UNE MARQUE

      Anticapitaliste en attendant Godot :
      C’est ainsi que se vend Saint François Begaudeau.

    • #132987 Répondre
      Ostros
      Invité

      « Même les descriptions ont de la tchatche » et on se dit que ce bonnet Gossip sied bien

    • #133002 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Ai commencé Désertion, suis à la page 40 au moment où Steve est viré par le conseil de discipline.
      Mais je retiens surtout une phrase page 35 que je trouve parfaitement condensée pour nous faire comprendre que Mickaël a une copine. « Il s’exerce à l’accent arabe en s’inspirant des personnages de La vérité si je mens dont Mickaël dégoise souvent les répliques cultes pour faire rire sa belle-mère. » Ce « belle-mère » m’a arrêté. J’ai dû y réfléchir. Au début, j’ai cru à belle-mère comme signifiant de : nouvelle femme du père. Mais ça ne pouvait pas être ça. Donc je me suis dit: c’est la mère de sa copine. Donc il a une copine. Sous-entendu: Steve n’en a pas, lui. Ni petite copine ni petit copain. Alors que c’est le plus vieux. Ni copain tout court d’ailleurs à ce moment de l’histoire où toute sa bande lui met des esquives.
      Comme façon de distiller discrètement les informations, je trouve ça hyper habile et malin. Clap clap clap François !

      • #133008 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Erratum, j’ai divagué tout seul, cela peut être la nouvelle femme de Pierrick puisque lui et Céline sont divorcés. J’avais oublié ce gros détail.
        Et puis Mickael est peut-être encore jeune pour avoir une copine, et une relation amicale avec la mère de celle-ci.
        Je me suis enflammé mais j’aimais bien ma théorie

      • #133009 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Les parents sont divorcés, donc c’est vraiment sa belle-mère Valérie. Pourquoi il ne la ferait pas rire ?

        • #133011 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Il peut la faire rire c’est juste moi qui me suis complètement trompé sur le signifiant « belle-mère ». J’ai cru que François donnait ainsi une petite amie à Mickaël, et donc une mère à cette petite-amie qui de fait serait une belle-mère pour Mickaël, pour mieux le distinguer de Steve. Ce qui n’est pas du tout le cas puisque Mickael est un peu jeune pour avoir une copine et quelques pages plus loin, Céline se désole précisément qu’aucun de ses fils n’ait de copine.
          C’est donc un beau contresens que j’ai fait là.

          • #133030 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            La belle mère Valérie apparait dès la page 2
            Non Mickaël n’a pas de copines
            Vraiment pas.

    • #133024 Répondre
      netflou
      Invité

      Page 103, où l’on apprend que Jade est arrivée à la même conclusion que la saison 1 d’En thérapie en beaucoup moins d’épisodes :
      « Sur le volant noir, ses faux ongles jaunes ressortent. De Mickaël, elle pense qu’il est parti en quête d’un père. »
      On admire l’antéposition de Mickaël, posé là, à l’écart — objet d’étude.
      On note le tropisme de FB pour les faux ongles : Justine déjà, et le cliquetis de ses capsules plastiques sur l’écran de son iPhone lors de la commission de déontologie. Ou alors est-ce moi qui réagis à la moindre occurrence de cette parure, qui me révolte autant qu’elle m’excite.

      « On cherche une connaissance possiblement impliquée. Un neveu de passage à Paris pour une formation, par chance reparti hier soir. Un collègue a assisté à un concert au Bataclan l’an dernier. Le texto d’une belle-sœur du Val-d’Oise informe qu’elle est en sécurité chez elle, devant BFM. »
      Saisi drolatique et parfaitement juste de l’effet immédiat de la tragédie en province : trouver un quelconque lien à faire valoir avec cette horreur. La grande histoire ne stoppe pas la marche de nos petites économies affectives, l’alimente, l’excite.
      Ce traitement délicieusement mineur du 13 novembre, la captation de ses échos assourdis dans la trivialité du cours des choses, ont-ils posé problème à M. Sorbier ?
      On trouve là-dedans un peu du Flaubert de Bouvard et Pécuchet, dans la manière qu’il a de restituer la réception du printemps 48 en pays de Caux.

      Vient cette description des plats que chacun souhaite préparer pour le retour de Michaël :
      « Si elle a assez d’envie, ou plutôt d’énergie, pour cette excursion hors de l’Ehpad, mamie Yolande fera un saucisson au chocolat incrusté d’amandes, recette maison. Pierrick apportera un canard qu’il agrémente de marrons et découpe avec minutie, réservant la meilleure part à la star de la soirée, qui n’a pas grossi — et c’est un euphémisme. »
      J’aime beaucoup cette bascule impromptue du futur au présent. Un trou se fait dans l’ordre des choses, le temps s’accélère brusquement : le lecteur chute, doit reprendre, plus attentif.

      • #133026 Répondre
        Claire N
        Invité

        « où l’on apprend que Jade est arrivée à la même conclusion que la saison 1 d’En thérapie en beaucoup moins d’épisodes « 
        Rires et merci
        Pour cette synthèse contractée
        De la manière dont jade est stylée

        • #133032 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui je dois avoir un truc avec les faux ongles – répulsif-excitant oui.
          Cela dit, rendons à Cesar : c’est le vingt-et-unième siècle qui, avant moi, a un truc avec les faux ongles
          Ma nièce voudrait d’ailleurs lancer une chaine youtube dédiée. On voit que j’ai rigoureusement accompli mon role de transmission.

    • #133027 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je précise que je n’emploie pas stylisée exprès
      Puisque le geste et l’épure sont «  redistribués « 
      Équitablement entre l’auteur / le personnage / l’œil

    • #133033 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Ce traitement délicieusement mineur du 13 novembre, la captation de ses échos assourdis dans la trivialité du cours des choses, ont-ils posé problème à M. Sorbier ? »
      Là pour le coup ça impliquerat qu’elle ait lu attentivement, et qu’elle soit capable d’identifier ce que tu appelles très justement un traitement mineur de l’événement. Mais l’hypothèse se tient.

      • #133048 Répondre
        Charles
        Invité

        Mineur ou antiromanesque, mot qui me vient en tête quand j’essaie de décrire la façon dont le roman traite la guerre, son quotidien, son aspect dérisoire bien que tragique et réceptif, très loin du traitement habituel, avec une grosse documentation qu’on sent sans que cela vire à l’exposé à l’anglo-saxonne.

        • #133056 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          je ne peux pas payer de documentalistes, c’est une change

          • #133057 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            chance

            • #133072 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Il faudrait redorer le blason du romanesque : ce qui est propre au genre du roman, de la fiction littéraire. C’est l’art du roman tel qu’on le connaît depuis plus d’un siècle qui permet ce genre de récit. Cela dit, Désertion est ample en personnages, événements, temporalités, énonciations. Il n’y a pas de destin exceptionnel dans le sens où tout est vraisemblable et rien n’est héroïque, mais il n’empêche – sans que ce soit forcément un jugement de valeur positif – que je trouve certains de de ces êtres exceptionnels. Seul le mode mineur serait capable de reconnaître le caractère exceptionnel de toute vie.
              L’amour englobait quasiment toute la vie du couple, allant jusqu’à la fin naturelle ; la séquence ici est plus courte mais ça renforce le vertige. Ça me fait penser à des nouvelles de Munro où l’on laisse ensuite les personnages vivre tout en gardant l’impression qu’une vie entière a été vécue. Quand on a la mort dans la vie et la vie dans la mort, on est bien.
              J’aime beaucoup Ma cruauté mais je pense que je préfère Désertion.

              • #133074 Répondre
                Ostros
                Invité

                C’est tellement bien dit

                • #133076 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  « Quand on a la mort dans la vie et la vie dans la mort, on est bien. »
                  Je crois que se définit là une sorte de programme esthétique. Je prends et garde au chaud.

              • #133127 Répondre
                netflou
                Invité

                Seul le mode mineur serait capable de reconnaître le caractère exceptionnel de toute vie. »
                Oui, c’est parfait, et tu as raison de préciser que cela n’est pas pour autant anti-romanesque. De Frédéric à Jacques Moreau, il s’agit de raconter des destinées qui ne se structurent pas autour de paroxysmes tragiques.

                • #133129 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Sur ce point
                  La partition de George – le démineur -est particulièrement
                  Complexe
                  «  oui ce qui est sans coeur est sans raison, lui accorde George « 
                  «  mais parfois les fausses larmes appellent les vrais. Du moins se les rappellent. Dans le faux fraye au moins le souvenir ému du vrai. »

                • #133142 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Antiromanesque n’était pas à prendre dans un sens péjoratif…

    • #133050 Répondre
      Ostros
      Invité

      Note pour celleux qui n’auraient pas lu tous les romans
      Trouvaille d’un ton avec Molécules
      Abandon du chapitrage au roman d’après, En guerre
      Un enlèvement et ma cruauté confirment cette façon non dé-limitée de raconter
      Recherche je dirais plus radicale de l’épure, prise de biais des évènements plus marquée et sensation de glisser sur la ligne du temps avec l’amour
      Désertion, François prend le maquis
      Autant vous dire que j’ai hâte de lire le prochain

      • #133052 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Odtros: pourrais-tu stp repartager ta critique ici en copier/coller? J’ai essayé de la lire mais c’est interrompu de pubs toutes les 2 secondes

        • #133054 Répondre
          Ostros
          Invité

          Oui, j’ai demandé au support de faire quelque chose mais leur site est fait comme ça c’est relou
          Elle est beaucoup trop longue pour la poster ici
          C’est pour ça que je suis passée par une plate-forme
          Mais donne moi ton mail je te l’envoie aujourd’hui ou demain

    • #133077 Répondre
      Rémi
      Invité

      Avant de commencer la rédaction de ton roman, tu savais déjà que Steve partirait en Syrie ou c’est venu en cours de rédaction ?

      • #133078 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je savais tout son parcours, dans les grandes lignes et même un peu les petites
        Depuis quelques romans je ne me lance qu’une fois bricolée une trame plutot très précise. Il y a un long moment de prise de notes et de fabrication d’un plan plutot très serré (quatre mois, en gros). Mon système d’ellipses et de tuilages est à ce prix.

        • #133079 Répondre
          Ostros
          Invité

          Est-ce que tu écris pendant cette fabrication du plan le sujet-jonction entre les énonciateur et le détail de ce qui sera dit par chaque personne sur ce sujet Ou ça vient après dans l’affinage du texte ?
          Exemple page 103 – 104 – 105 :
          – Jade qui étaye sa théorie selon laquelle Mickaël recherche une figure paternelle puis
          – Paragraphe d’après Marianne une connaissance de Céline est sur la même ligne, puis
          – Cette conversation revive la culpabilité de Céline d’avoir été quittée pour une autre, puis
          – Évocation d’un jeune du coin parti là-bas et elle consulte Pierrick
          – Qui lui répond à ce sujet
          Et donne des détails sur ce jeune
          – Ce qui renvoie Céline à ses réflexions sur Mickaël
          – Ce qui renvoie à une photo de Mickaël, puis
          – A Mickaël qui a réussi à joindre ses proches
          – situation au present où il donne des nouvelles, il mange bien mais qu’il a froid, puis
          – ellipse qui informe d’un silence de 17 jours où il leur annonce qu’il a perdu son unité et retrouvé une autre

          • #133091 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Non, le « plan » ne va pas si loin dans le détail, mais c’est le genre de raccords que je peux mettre au point, oui, avant la rédaction à proprement parler.

            • #133098 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ok je te remercie

            • #133110 Répondre
              Alphonse
              Invité

              Rédigeant un petit polar rural que je suis en train de chuinter un peu, j’ai pompé, chez Echenoz, plein de raccords et de raboutages, d’ellipses et de contre-pied, de fausses pistes et de chausse-trapes, que j’ai incorporé telles quelles. Parfois même, l’idée d’incorporer un truc générait, pour pouvoir le caler, un détail, un fil narratif, qui a amplifié la trame générale.
              De là me vient l’idée d’une petite étude : Echenoz et Begaudeau, poétiques comparées de la conduite du récit. Je ne la mènerai jamais à son terme, mais qu’en dirait le cadet des auteurs mobilisés ? Et ses lecteur.ices ?

        • #133080 Répondre
          Delphine
          Invité

          François,

          Quand tu parles d' »ellipses », s’agit -il des « omissions volontaires » dans un objectif de concision ? Par exemple, dans ton précédent roman, « L’amour », ne pas raconter tous les détails de la vie de Jeanne et Jacques pendant 50 ans, mais s’attarder sur certains éléments-clés / certaines périodes de leur existence et de leur vie de couple, en laissant éventuellement le lecteur compléter par lui-même les blancs.

          • #133092 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            L’amour était un roman tissé de grosses ellipses
            Avec Désertion, un peu moins. Mais il en reste de grosses, exemplairement la gestion narrative du retour de Steve.

    • #133083 Répondre
      Belette
      Invité

      Si je ne me trompe pas le style elliptique de François est notamment dû à l’absence de pronoms relatifs et de conjonctions de coordination qui souvent permettent de générer du langage

    • #133085 Répondre
      Belette
      Invité

      Du moins sont-elles sous-représentées

    • #133087 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Avez-vous écouté le podcast Midis de culture sur le livre, c’est assassin…

      • #133093 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        on l’a écouté, on en déjà dit la betise, et les soubassements (plus haut)

      • #133101 Répondre
        graindorge
        Invité

        « Avez-vous écouté le podcast Midis de culture sur le livre, c’est assassin… »
        Moi non, j’ai pas écouté. Tu peux partagé ici Carpentier? j’ai pas trouvé sur Youtube

      • #133106 Répondre
        Carpentier
        Invité

        ce n’est pas moi qui ai posté le n° https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/desertion/#post-133087 de18h23

        – qui n’assume pas ses interventions ici?
        C’est pas bien malin,
        il y en a dont la maman va pas être très contente (comme c’est puéril de recommencer à piquer les pseudos)
        bref,
        ps: à nouveau, que le cul vous gratte jusqu’au moins le milieu de la nuit

        • #133109 Répondre
          Carpentier
          Invité

          ci-dessus @graindorge

          • #133116 Répondre
            patemiso
            Invité

            On s’en fou de ta vie.

          • #133118 Répondre
            graindorge
            Invité

            merci Carpentier

            • #133119 Répondre
              patemiso
              Invité

              On s’en fou aussi de ta vie.

    • #133112 Répondre
      Claire.N
      Invité

      « malgré l’embouteillage d’en face , on avale les 100 kilomètres en moins de deux heures »p174
      L’axe déserté qui mène au front, pas loin de la première ligne
      Deserté et clarifié pour qui l’emprunte
      « On y est
      On y est pas completement »
      On apprend que les femmes yézidies ont droit à la premiére ligne.
      Si des femmes peuvent y etres, il peut aussi -dit mickael et la forcetexte nous change toute la focale – oui c’est tout un programme à rebrousse poil
      Mickael est feministe, mickeal est femme, mickel est dans la focale de l’ange
      On a des preuves, des preuves folles, un refus de bordel ,un chat temoin
      Et la gynecologie n’est pas une coquille nous rappelle l’auteur

      Femme vie liberté, c’est tout un – precise Liz
      « tout au long de la premiére garde, la pluie martéle le toit de tôle des urinoirs.
      La tôle bat sous la pluie de tôle.
      La pluie fait battre la tôle.
      La pluie réveille la tôle. » p168
      Chacune est miracle de poesie
      L’ensemble est embryogenese
      La plus vivante est advenue à terme
      La poésie s’engendre
      Dans chaque gradation monte la pulssation,
      Pluie également vivante à tôle
      Ce procedé a plusieurs reprise
      -Lorqu’apparait dans le texte cette fille bien réelle avant que je n’ai revée
      Je reprend le plis a la lecture de
      « La chatte des filles
      La chatte des filles
      La chatte des filles »
      Irreductible comme une origine en trait
      J’ai pensé a Courbet patiemment obligée que j’etais
      Puis Mickael parce que le texte l’amène
      -Dans le laconique « petit » de Steve,
      lorsqu’on lui parle de Mike
      C’est bien frere , si immense qu’invisible – qui se fleche

      -dans le laconique refus de vendre la Micra de Céline
      « on dirait qu’il oublie qu’il sera bien content de la retrouver à son retour »
      C’est encore d’amour , si immense qu’on dirait une petite bougie celle des cierges pour le futur, histoire qu’il se perde pas en chemin

    • #133143 Répondre
      Mao
      Invité

      J’en ai terminé avec Désertion. Je crois que l’affaire est pliée. Thierry de Peretti est chaud pour l’adaptation. Il a un peu hésité mais une palme d’or qui vous tend les bras, ça ne se refuse pas. François y incarnera le rôle de… François. C’est ici que vous l’aurez lu en premier.

      • #133144 Répondre
        Mao
        Invité

        Par ailleurs, on m’a expliqué » plus haut que la passion de Steve pour Gregory Lemarchal n’était qu’une tocade contracté à ses 10 ans. Certes mais cette passion le tient jusqu’au bout du bout du roman. La thèse du roman à thèse, la théorie du roman théorique développée plus haut avait vue juste.

        • #133145 Répondre
          Mao
          Invité

          Enfin, puisque le bouquin est parti pour être vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, je demanderais à ‘éditeur de revoir une petite faute logique aperçue page 164. Vous corrigerez par vous-même.

          • #133146 Répondre
            Mao
            Invité

            Sinon peut-être encore un mot pour dire que j’ai bcp bcp aimé ce roman. Je ne sais pas encore quel place je lui attribue dans les romans de François, on va laisser tout ça infuser encore un peu avant d' »établir un classement définitif mais a priori top 3.

            • #133147 Répondre
              Charles
              Invité

              Pareil.

              • #133153 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                J’appelle De Peretti dans la journée.
                Mais je pensais plutot tenir le role de Jade
                Eventuellement de Tony.

                • #133155 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Faudra simplement renommer les personnages en Enzo, Tonio, Matteo et Ghjulia.

                  • #133159 Répondre
                    Pierre EUGÈNE
                    Invité

                    Charles, si jamais Lisandrina Bantini s’aperçoit que tu confonds les prénoms corses avec ceux italiens, tu peux t’attendre à un plastiquage de ta résidence secondaire. Et ça n’est même pas sûr que ça t’inspire un livre

                • #133165 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  on voit donc l’actrice que tu lui suggereras pour les scènes rapprochées : )

    • #133173 Répondre
      MA
      Invité

      Ne peux m’empêcher de partager ma joie de le voir déjà disponible en bibliothèque numérique, alors que je finis justement Interlope.

    • #133193 Répondre
      Ostros
      Invité

      2 livres de François présents au classement Edistat des 200 meilleurs ventes de la semaine 02 de 2026, du 05 au 11 janvier
      – l’amour format poche, en 26e place c’est ouf il est sorti que le 02 janvier. Et a détrôné le boyfriend de mcfadden (27e place)
      – désertion qui en 4 jours est entré direct dans le top 200 à la 167e place. Classement qui promet un bel envol au fur et à mesure des jours que seul pourrait faire se vautrer la découverte d’une liaison avec la fille d’un riche homme d’affaires, monégasque ou pas.
      Mais ne parlons pas de malheur.

    • #133197 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Et à propos de madame Marie Sorbier, étant aussi moi-même assez espiègle, j’ai jeté un œil sur l’avis de l’IA sur l’avis de Marie Sorbier et j’ai ri!

      « Marie Sorbier

       a commenté le roman « Désertion » de François Bégaudeau sur France Culture, notamment dans l’émission « Les Midis de Culture », soulignant l’exploration des fragilités et des choix manqués d’un jeune homme partant à Raqqa, avec un avis très positif et unanime avec ses co-discutants. Elle décrit le roman comme une enquête mêlant mémoire et lien fraternel, et a participé à une discussion où l’unanimité sur la qualité de l’œuvre était frappante. 

      Points clés de son intervention (selon les extraits) :

      Thématique centrale : Le roman suit le parcours d’un jeune homme d’une petite ville vers Raqqa, explorant les raisons de son départ.

      Genre littéraire : Il s’agit d’un mélange d’enquête, de mémoire et de lien fraternel, selon Marie Sorbier.

      Appréciation : Son avis, ainsi que celui de ses interlocuteurs (Johan Faerber, Marie Labory), était très favorable, qualifiant le livre de percutant et unanimement apprécié.

      Podcast : Vous pouvez écouter cette discussion sur Apple Podcasts, dans l’émission « Critique littérature ». 

      En résumé, Marie Sorbier a salué « Désertion » comme une œuvre puissante et unanimement appréciée, abordant des thèmes profonds de fragilité et de choix au cœur de la société contemporaine. 

      Critique littérature : Avec « Désertion », François Bégaudeau déserte le roman

      … dans une société contemporaine en tension. – réalisation : Laurence Malonda – invités : Johan Faerber Editeur, essayiste, critique littéraire.; Marie Sorbie…

      Apple Podcasts

    • #133199 Répondre
      Ostros
      Invité
      • #133283 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        nous sommes souvent obscurs à nous-même : nous ne savons pas vraiment pourquoi nous tombons amoureux d’un tel, pourquoi nous préférons le volley-ball au foot, pourquoi on ne porte jamais de jaune et pourquoi on adore les épinards. On a des pistes : fille des années 80, on ne faisait pas de foot et le club de volley-ball du collège était sympa
        et le jaune, ben c’est moche et les épinards ben c’est bon. Voilà. »
        Non, la couleur jaune c’est pas moche! C’est le soleil! Et pas que.
        Je vous accorderai juste madame Farah que oui, le jaune peut-être difficile à porter, ma frangine le porte très bien. Écrire plutôt, plus justement
         » porter du jaune, ben ça me va pas » et ajouter « le noir me va mieux » D’ailleurs le noir est très à la mode m’a t-on dit. Voilà
        Moi aussi j’aime les épinards: crus, en salade avec des noix ou en omelette. Voilà
        Pardon d’avoir déserter Désertion.

        • #133290 Répondre
          Luc
          Invité

          « Pardon d’avoir déserter Désertion. »

          On n’est plus très loin de la secte sur ce fil ou de Charlie et Lulu.
          Je ne suis pas Lulu

    • #133202 Répondre
      Rémi
      Invité

      « Non Steve ne sait pas comment se dit country en kurde, mais pays se dit welat »
      p229

      • #133234 Répondre
        Claire N
        Invité

        Rires – et le même effet de déscolarisation, d’exclusion me traverse quand je suis à peu près sûre que j’échoue à l’examen d’entrée à l’armée
        « Le test logique consiste à cocher l’intrus dans des suites de mots.Exemple : lac montagne plaine étendue.
        Collège usine caserne désert « 
        Ce que je sais n’est pas bien exploitable

        • #133352 Répondre
          Carpentier
          Invité

          lac?
          désert?

          • #133353 Répondre
            Claire N
            Invité

            Rires oui
            Mais est-ce que étendue n’est pas dans un autre champ autant intrue que lac?
            Désert l’est il vraiment ?

            • #133356 Répondre
              Carpentier
              Invité

              lac=eau
              moins voire pas du tout à la base, étendue, montagne et plaine, si on considère leur nature première
              – Sous un autre angle, collège/école, usine et caserne/armée concentrent les gens dans un but officieusement coercitif et officiellement éducatif mon cul
              Le désert demande rien, ne prétend rein, n’esique personne, territoire géographique inoffensif et serein si on le cherche pas à priori

              • #133357 Répondre
                Carpentier
                Invité

                * rien
                * n’éduque

                – M’étant fait poser des faux ongles dans le but d’enfin peut-être oser me représenter à l’occasion devant le Maître des Clefs d’ici lors d’une de ses prochaines prestations live, il faut encore quelques heures d’entraînement sur mon clavier de tel., je pense, pour atteindre à coup sûr les bonnes touches mentalement choisies à priori

          • #133354 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je dirais étendue
            Qui est général
            On sait pas une étendue de quoi (champ de betteraves, sable, coquelicots)
            Les autres sont précis
            Montagne plaine lac.
            .
            Le 2e c’est désert.
            .
            Les deux groupes de mots et les intrus étant des petits jeux de l’auteur avec son texte.
            Kevin disait : paysage est un trop gros mot qu’il faut concasser en choses

            • #133358 Répondre
              Claire N
              Invité

              Moi j’adore
              3 personnes 3 paysages sémantiques
              Et oui j’ai apprécié le petit clin d’œil psychométrique ; les outils psycho manufacturés qui circulent
              Ailleurs aussi dans les langues
              J’adore aussi comme Céline les deglingue a ses heures

              • #133361 Répondre
                Ostros
                Invité

                Emile Louis.
                Ça reste ça revient
                Et me fait toujours autant rire
                Il y en a d’autres qui sont des inversions très bien vues
                Faudrait les noter

                • #133363 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  j’aime bien On lui donnerait le bon dieu sans concession

                  • #133380 Répondre
                    Luc
                    Invité

                    t’es pas bien là avec tes groupies qui te flattent et te reflattent? C’est dur à suivre tant ça déborde.

                    y a pire franchement!
                    Et là ce forum retrouve j’imagine bien son utilité originelle.

                    • #133384 Répondre
                      Rémi
                      Invité

                      Je sais pas si t’es au courant Luc mais tu es sur le forum d’un écrivain. Attends toi à y trouver des gens qui aiment son travail parceque ça va continuer.

                      • #133442 Répondre
                        Luc
                        Invité

                        Certes Rémi, sauf que l’écrivain en question tolérant très mal la critique, écarte la diversité que j’imagine il voulait avoir en créant ce forum, même si comme écrit sur un autre sujet c’est son réseau « lustreur d’ego » social à lui…
                        Et surtout la clique de 4-5 qui veillent au grain et viennent systématiquement enchérir sans que leur N+1 ne leur demande.
                        Comme si ce dernier était sans défense, on peut compter sur la bande pour toujours rajouter un petit crachat ou un coup de pied vite fait.
                        Donc ça se transforme en fan club de semaine en semaine. c’est dommage et risible, tant ces gens « passionnés de réel » en parlent si peu.

                • #133383 Répondre
                  Luc
                  Invité

                  t’es pas déjà en train de retranscrire tout le livre fiévreusement?
                  je pense que tu peux passer au tatouage Ostros
                  déso Carpentier et grain d’orge je crois que Claire « rires »N et Ostros vous dépassent dans le culte.

                  • #133385 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    ah merde, je me meurs
                    et toi, t’avais jusque là, juste plein de merde dans les yeux

                    https://www.liberation.fr/lifestyle/intimites/amour-en-ligne-usurpation-didentite-femmes-trahies-sur-les-traces-de-la-detective-privee-arnaqueuse-de-sentiments-20260117_TSZGXOOAKVC6VAFFPX7Y5XT4DY/

                    – peut-on avoir ce papier en intégral, svp?
                    merci

                  • #133386 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Mais ça c’est parce qu’on est mineures et vierges –
                    Chacun sa place Luc qui commence à nous courir sur l’abricot

                    • #133394 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Pas besoin du tatouage j’ai le poster dédicacé

                      • #133396 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        En tout cas merci d’avoir pris le temps de lire mon analyse Luc
                        C’est ce que j’aime chez les haters
                        Le temps, l’énergie, l’investissement d’un fan

                      • #133398 Répondre
                        Luc
                        Invité

                        Pourquoi devrais je lire ton « analyse »?
                        D un livre qui ne m intéresse pas d un auteur plat comme l herbe, mais dont j apprécie les critiques cinéma?

                        Est ce qu un fan délivrant des analyses en devient moins vulgaire fan et accède au moins à lui-même à quelque statut?

                      • #133400 Répondre
                        Luc
                        Invité

                        Tu sais bien que sans « haters » pour resserer vos liens vous vous boufferiez le chignon ou celui de votre idole.
                        Comme le capitalisme a besoin de chômage, les communautés ont besoin d étrangers pour s’ériger comme telles .

                    • #133399 Répondre
                      Luc
                      Invité

                      Rires

                      Après tout Nicolas Mathieu a son insta ( et charlotte casiraghi)
                      Et François begaudeau a son forum (et Claire « rires » N)

                      • #133403 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Pour poursuivre la relève
                        Les meilleures fins ont une chose
                        Page 49

                      • #133413 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je dis magnifique smatch

                      • #133436 Répondre
                        Luc
                        Invité

                        Merci 😉

                        Mais dis Claire « rires »N , aurais-tu la même joie dans ta lecture si tu ne pouvais interagir avec l auteur ? S il était mort depuis 26 ans , est-ce que tu sentirais tout ton être vibrer comme tu viens ici l exprimer?

                        Persuadé que non.
                        « Oh cette phrase je vais en parler à Mr begaudeau ! « 

                      • #133473 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        aurais-tu la même joie dans ta lecture si tu ne pouvais interagir avec l auteur ? S il était mort depuis 26 ans , est-ce que tu sentirais tout ton être vibrer comme tu viens ici l exprimer?

                        benh oui et nan,
                        N’aurait-on pas ici l’exemple même de la question très très conne?
                        Cet auteur là, François Begaudeau, nous est contemporain, on réagit donc ‘ dans l’époque ‘, avec les outils de, époque où il publie et dans l’environnement que lui, a choisi pour publier.
                        Rimbaud quand il commerça par la suite a sans doute eu quelques félicitations amusées si toutefois, on doute quand même mais, il lui arrivait de croiser un.e lecteur.rice de ses oeuvres dans sa seconde vie professionnelle : D

                      • #133437 Répondre
                        Luc
                        Invité

                        Ostros dans sa performance de citer le maximum de pages. Quel bon publicitaire

    • #133270 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Carpentina ou quelqu’un d’autre pourrait me faire la faveur de mettre les 2 extraits partagés dans ce forum, ici-même? Pas encore commandé le livre car un voyage à Nice est prévu pour février où je pourrai l’acheter mais bizarrement, oui, bizarrement, des choses à dire me sont venues

      • #133474 Répondre
        Carpentier
        Invité

        salut, je ne vois que ce matin ton post et je ne comprends pas bien la ou les difficultés que tu rencontres pour les dénicher ces lignes
        qui me semblent pourtant facilement accessibles
        ?
        Que souhaiterai t-on qu’on fasse, dis-moi?

        • #133475 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Que *souhaiterais-tu*?

      • #133476 Répondre
        Carpentier
        Invité

        J’ai inséré le lien Gallimard dans mon post d’ouverture de cette page (le premier tout en haut)
        et l’autre, tu y accèdes par la rubrique littérature* du forum (il a de plus être livré plusieurs fois par plein de sitistes différents dans ‘ actu ‘ )
        et je crois bien que tu étais dans les interactions de ce topic tandis que je questionnais le moyen de me permettre quelques lignes sous le texte partagé par l’auteur dans la/sa rubrique ‘ litterature ‘ *
        ia vraiment de quoi finir dingo ici

        • #133477 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *été* livré

          – hésite pas à bien regarder et si vraiment tu trouves pas, j’ai confiance ; D
          on verra comment faire,
          n’est-ce pas, François?

    • #133343 Répondre
      Leni M
      Invité

      Je donne mon avis de lecteur inexpérimenté :

      Au début du livre (j’ai pas fini) on parle de ce grand frère qui se retrouve abandonné par sa bande, du jour au lendemain, on lui parle plus. Et il patiente dans la cours, rêve en classe, se désintéresse du système.

      J’ai beaucoup aimé ce passage sur la solitude scolaire, qui m’a semblé être une constatation sans misérabilisme. Comme si c’était le prof qui se souvenait sans émotion de ces 3 4 élèves qui ont été mis au ban durant sa carrière.

      Ça m’a fait penser à ce film When we were bullies, où un type qui a participé au harcèlement d’un autre gosse en primaire retourne voir la prof qui ne s’en souvient même plus.

      C’est beau.

      • #133360 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        c’est avant tout des souvenirs d’élève qui m’ont ici guidé
        pas d’élève harcelé, mais d’élève observant chaque année l’isolement de deux ou trois individus dans la classe qui les a décrétés faibles
        micro-fascisme

        • #133388 Répondre
          Leni M
          Invité

          Je n’avais jamais pensé à cela sous cet angle

          Le harcèlement scolaire, un micro fascisme, c’est très juste

          • #133401 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je viens de capter
            Page 30
            « Entre les murs du collège, impossible pour Steve de cacher sa disgrâce ; nul lieu où dérober son corps. »

            • #133402 Répondre
              Leni M
              Invité

              Qu’est-ce que tu a capté ?

              • #133404 Répondre
                Ostros
                Invité

                Entre les murs

                • #133405 Répondre
                  Leni M
                  Invité

                  Oh punaise bien vu

                  • #133427 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    P16 «  le premier jour de classe, il renseigne la fiche administrative avec entrain parce qu’il sait. »
                    Cette phrase me serre le coeur – très très fort
                    Parce que mon dieu non, il n’est pas préparé
                    Un peu la même impression quand je vois la confiance, d’un faisans, nourris par la main de l’homme, tentant tout naturellement de se rapprocher des habitations
                    Et les chasseurs de leur rire gras , indignes , insulter la confiance de son coeur en la raillant en bêtise .

                    • #133428 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Certains psychologues analysent le harcèlement comme un repérage chez le harceleur d’une sensibilité, vulnérabilité commune à l’exclusion
                      Moi je pense que l’enrôlement qui vise à tirer à balles réelles sur la confiance ( première source de l’amour) est plus grand qu’eux

                      • #133434 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Un peu la même impression quand je vois la confiance, d’un faisans, nourris par la main de l’homme, tentant tout naturellement de se rapprocher des habitations
                        Et les chasseurs de leur rire gras , indignes , insulter la confiance de son coeur en la raillant en bêtise . »
                        Superbe

      • #133381 Répondre
        Luc
        Invité

        Oui Leni chez Begaudeau c’est la sobriété angevino-mayonnaise qui a toujours primé, jamais tu ne le verras faire dans le miserabilisme, l’émotion bas de gamme, non jamais. Le pathos comme on dit, non jamais.
        c’est bizarre que ça semble ne lasser personne car c’est un peu à chaque bouquin pareil non?
        (je n’ai pas lu et ne lirai pas cet opus)

        • #133389 Répondre
          Leni M
          Invité

          Pour l’instant je trouve ça bien et ne m’en lasse pas. Mais je peux comprendre.
          Ce qui change entre chaque bouquin c’est de quoi on parle, donc on va examiner différentes situation, cette sobriété permet de laisser de la place pour penser

          Après j’ai pas tout lu FB, peut être que dans 3 4 bouquins j’en aurai marre

          • #133391 Répondre
            Leni M
            Invité

            Par contre ce qui me lasse c’est le traitement des dialogues qui souvent sont écrits parmi le texte comme un flot, mis au même rang que le reste de la narration
            Exemple page 23-24
            Toutes les phrases s’enchaîne, sont égales, ça donne le sentiment de participer à une conversation sans retenir de réplique spécifique.
            Je trouve que ce procédé est un peu surutilisé, et pas que dans Désertion
            Mais bon, c’est bien trouvé quand même, je suppose qu’on change pas une équipe qui gagne

            • #133433 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Quelques répliques sont isolées, pourrais tu signaler.

              • #133441 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Un exercice intéressant serait de transformer ces pages 23-24 en rapportant les paroles directement, avec répliques à la ligne et tirets. On verrait ce qu’on y gagne et perd. Question ouverte.

            • #136076 Répondre
              ,
              Invité

              – Depuis quand tu parles aux tarlouzes ?
              – Je parle pas aux tarlouzes qu’est-ce tu racontes ?
              – Faut être une tarlouze pour parler aux tarlouzes.
              – Je suis pas une tarlouze. Vas-y lâche-moi.
              – Il t’a sucé ?
              – Tu saoules là.
              – C’est toi qui l’as sucé, on dirait.
              – N’importe quoi.
              – T’as fait la visite en même temps que Gabin, tous les deux à poil.
              – N’importe quoi.
              – T’es une tarlouze avoue pourquoi t’avoues pas ?
              – Je lui ai pas parlé à ce bouffon.
              – T’étais tout gentil avec lui quand je suis arrivé.
              – T’es un psychopathe toi.
              – Pourquoi on t’a jamais vu avec une fille si t’es pas une tarlouze ?
              – Ma copine elle habite pas ici.
              – Donne-moi son nom pour voir.
              – Tu la connais pas.
              – Donne son nom.
              – À quoi ça sert tu la connais pas.
              – Personne la connaît parce qu’elle existe pas.
              – Elle existe je suis pas un mytho moi.
              – Elle habite où ?
              – Tu connais pas.
              – Dis où elle habite.
              – Tu veux savoir où elle habite ?
              – Ouais je veux savoir, on veut tous savoir.
              – Elle habite à Chambéry.
              – C’est quoi cette ville qu’existe pas ?
              – Ça existe c’est à la montagne.
              – Sa copine c’est une marmotte ! Sa copine c’est un ours ! Ton frère c’est pareil jamais on le voit avec des filles. Ça se trouve ils sortent ensemble !

              • #136077 Répondre
                ,
                Invité

                Avec le dialogue « tiret-à-la-ligne » les répliques se trouvent isolées et pèsent davantage. Ce qui pourrait apporter plus de tension. A se demander quel est le prochain coup, la prochaine pique. Mais ça donne aussi une allure plus policée au dialogue, comme si chacun attendait sagement son tour. C’est plus lourd, plus lent, alors que la brièveté des phrases suggère du tac au tac, de la rapidité. Et la quantité de tirets contraste avec la ponctuation très économe par ailleurs. Ça donnerait presque envie de rajouter une solennelle virgule par-ci par-là, pour apesantir encore le tout.

                Les tirets donnent aussi un air de retranscription exacte de ce qui se serait dit, à la différence des paroles intégrées dans le flux narratif, qui permettent de passer insensiblement du discours direct à l’indirect libre et inversement.

                Sans tirets les paroles se retrouvent sur le même plan que les gestes et les pensées des personnages. À l’inverse les tirets instituent une sorte de dualité matière / mots.

                Les tirets signalent des paroles émises et retranscrites avec une apparente objectivité, depuis un point de vue externe, et séparent nettement la voix du harceleur et du harcelé. Sans tirets nous sommes plus du côté de Steve, qu’on observe recevant des coups et tentant de se défendre. Du côté des paroles subies ou qu’on dit moins qu’on ne s’entend les dire. On imagine ces mots, les siens, ceux de l’autre, se graver en lui, s’incorporer.

                Le dialogue « tiret-à-la-ligne » est peut-être plus adapté pour des échanges où les répliques seraient plus longues ? Avec de courtes répliques la page est trouée de blancs, ça fait bizarre et quel gâchis de papier.

                • #136080 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui – le chacun sa langue donné par la version tiret à la ligne c’est moins sensible
                  Ça donne une impression tennis alors qu’on est dans la violence d’une mêlée

                  • #136081 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    très féconde expérience
                    et tu as tout dit
                    surtout cette solennité soudain, c’est pas possible

    • #133364 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pour Steve et Michaël, l’école c’est pas ça. Le premier harcelé, le second ennuyé, le premier harcelé et ennuyé, le second ennuyé, le premier dyslexique, harcelé et ennuyé. Ce n’est pas que Steve et Mickaël n’aiment pas l’école, ils y vont, c’est l’école qui ne les aime pas. Comment aimer celui qui malgré les centaines de leçons d’orthographe continue de faire des fautes ? Comment aimer celui qui malgré les centaines de chaises prévues de 8 h à 17 h pendant huit ans déteste s’assoir ? ça ne prend pas. Comme un béton mal dosé. Ils ne sont pas plus bêtes qu’un autre, pas plus bête que l’école qui ne verra jamais la passion de Mickaël pour l’histoire, qui ne verra jamais à quel point Steve est appliqué à ce qu’il fait quand la tâche est claire, courageux à aider, à mémoriser ce qui lui plaît et le touche, il sait tout de la mucoviscidose.

    • #133366 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      « L’amour du réel

      Il faut l’aimer le réel pour le raconter, mais l’aimer vraiment, le laisser venir, ne pas le juger, lui laisser ses laideurs et ses beautés et surtout amour suprême, ne pas l’interpréter avant qu’il ne soit là, l’attendre avec toute la tendresse du monde qu’il soit là avant de le penser.

      Ressentir cet amour-là n’est pas donné à tout le monde, c’est vrai, il est donné à François Bégaudeau. »
      Non, cet amour-là n’est certainement, réellement pas donné qu’à lui. Heureusement

      • #133367 Répondre
        Yatropdenoirdanslequipedefrance
        Invité

        Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ton intervention est stupide. Tu ne fais que brasser du vent.

        • #133368 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Tdn: RESSENTIR l’amour du réel ne serait donné qu’à une seul personne?

          • #133369 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Il y a exagération en voulant en faire un don mais ce n’est pas ce que dit la phrase. Ce qui n’est pas donné à tout le monde n’est pas donné à une seule personne. Tu es dans une discussion avec toi-même à partir des mots des autres.

            • #133370 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              « Ressentir cet amour-là n’est pas donné à tout le monde, c’est vrai, il est donné à François Bégaudeau. »

              • #133372 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Réussir un lob aussi difficile n’est pas donné à tout le monde, c’est vrai, il est donné à Ousmane Dembélé. Est-ce que cette phrase veut dire que Messi ne sait pas lober un gardien ?
                Réussir un lob aussi difficile n’est pas donné à tout le monde, c’est vrai, il est exclusivement donné à Ousmane Dembélé. Là, on peut se plaindre que la phrase exclut Messi.

                • #133375 Répondre
                  Yatropdenoirdanslequipedefrance
                  Invité

                  T’es courageux de te coller à cet engin.

                  • #133377 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    tdn first:
                    K n’a pas besoin d’être courageux et je ne suis pas un engin mais un être humain
                    Merci FB d’avoir envoyé ta copine. Il ne fallait pas la déranger pour si peu, vraiment. Si peu.

            • #133373 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              B n’est pas tout le monde, pourquoi pas mais pourquoi dire qu’il n’y aurait que lui pour ressentir l’amour du réel? Ou alors c’était juste une phrase littéraire à lire au second degré?
              JDire  » cet amour-là n’est certainement, réellement pas donné qu’à lui. Heureusement »
              C’est discuté avec soi-même à partir des mots des autres? Ah.
              Dieu sait que je n’ai pas été avare de louanges au sujet de B. Et j’ai invité à créer cette entrée pour ce livre au lieu de rester dans Actu. Et là, ce n’est même pas une critique négative mais une louange exagérée. Si c’est du second degré, soit.

              • #133374 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                K nos messages se sont croisés. On était entrain d’écrire en même temps. L’échange est clôt.

      • #133382 Répondre
        Luc
        Invité

        c’est quoi au juste ça grain d’orge?
        Les épisodes d’idolâtrie s’accroissent ou j’ai loupé qqch?
        Vous faîtes flipper

        • #133407 Répondre
          Yatropdenoirdanslequipedefrance
          Invité

          C’est une espèce engin, ni queue ni tête qui sert à rien.

          • #133409 Répondre
            Carpentier
            Invité

            cot cot cot

            • #133411 Répondre
              Yatropdenoirdanslequipedefrance
              Invité

              C’est une espèce engin, ni queue ni tête qui sert à rien

              • #133548 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                 » Sans queue » je vous l’accorde bien qu’il m’arrive d’avoir une queue de cheval sur la tête preuve de l’existence d’une tête.
                Et servir à rien c’est déjà servir. C’est pas rien. Reste à définir rien Tdn first.

    • #133497 Répondre
      Schnoups
      Invité

      Bon, Désertion détrône Un Enlèvement qui pour moi était sur la première marche du podium. J’ai beaucoup aimé l’Amour, cependant je trouve que dans Désertion on a réellement le style Bégaudeau qui prend son envol. Il y a évidemment toujours ces paroles et ces dialogues qui prennent place dans le texte et dans celui-là le travail sur le langage des collégiens et divers personnages comme le fameux Tony et les étrangers du Rojava donnent une touche très vive à chaque fois et de façon nette tout en étant fondue dans le paragraphe. Et il y a surtout une belle continuation du travail sur les pensées qui traversent les personnages, les « battues mentales », ce qui les travaille au quotidien, ce qui leur passe par la tête. La pensée en pleine action, la pensée pas loin des actes quand Steve imagine une préparation minutieuse d’une éventuelle tuerie au collège.
      Et on a ce présent qui revient dans Désertion et dont on est amené à penser que c’est peut être le temps qui sied le mieux au style de l’auteur. Une envie de rendre plus vive ou de prendre sur le vif la narration, une situation, un geste, une parole ou une pensée : de la rendre plus présente, plus active qu’elle n’y parait ou plus passive même, immuable, imperturbable. Peut être que le chaos d’un cerveau et d’un corps se raconte mieux au présent. Et la présence du rêve, notre cinéma intime et nocturne qui jalonne le livre, vécus comme vrais et qui pourtant irréels, pas vécus mais là, agissant quand même, bordéliques à souhait le rêve semble accompagner cette idée. Le rêve commençait à joliment pointer son nez dans Un Enlèvement et ils s’installe bien comme il faut dans Désertion.
      On retrouve le travail sur les ellipses, érotique du montage avec exemplairement le retour de Steve :
      « Il remballe la pièce de l’EI, dont il faut croire que la place est au fond de ce sac bourré. Elle n’en bougera pas de tout le périple retour. Elle ne servira de monnaie d’échange contre aucun service, ne sera extorquée par aucun douanier officiel ou officieux, aucun fonctionnaire corrompu. Elle ne sonnera pas aux portiques d’aéroport. Elle passera sous les radars. Elle finit par lui sembler visible de lui seul. Elle plaît beaucoup à Jade. »
      ça va tellement vite qu’on lit tout en ralentissant la lecture, revenant sur la phrase précédente et on se dit, si si, il est bien de retour chez lui. Steve est rentré. Il y a souvent un travail d’ellipse qui rejoint le travail mental et qui parait à quelqu’un comme moi très cinématographique – le lien analogique des formes, le raccord sur les formes, les associations d’idées, les associations visuelles :
      .
      « La seule réelle crainte de Steve c’est que les cadres du PKK le retournent. Qu’ils lui matrixent le cerveau, dit-il toujours prompt à ramasser les expressions qui trainent. A ce qu’il parait ils bourrent le crâne des enfants qu’ils enrôlent.
      Pour son bébé, Jade a voulu un prénom qui n’existe pas, afin que l’enfant soit unique. »
      .
      Des enfants qu’on enrôlerait on passe au bébé de Jade. D’une ligne à l’autre on saute comme notre pensée qui souvent saute d’une image à une autre, et on pense à cette phrase qui souvent revient dans le roman : sans rapport direct – « Guillaume en a une autre, sans rapport direct ».
      Le sujet de Désertion permet de retenir toujours mieux à l’écrit ce qui se trame en interne :
      « Il ne fait plus partie de la bande, c’est comme ça, faut pas chercher. Il cherche. Lance une battue mentale pour explorer les dernières semaines et y débusquer une raison, une origine, une attitude répréhensible, une blague vexante malgré lui. »
      Ce qui m’intéresse le plus ici c’est évidemment « faut pas chercher. Il cherche. » Il y a ce qu’on se dit et ce qu’on fait réellement, comme se dire qu’on veut sauver des innocents et tout simplement suivre son frère parce qu’on ne sait pas vraiment quoi faire ou qu’on aimerait être là où le corps n’est pas. Il y a la répétition des « incomplètement » qui traduisent cette absence plus ou moins forte à ce que l’on fait et on a aussi ce Steve marchant sur la route de son idole : « Il tâche de réaliser que Grégory a emprunté maintes fois cette route de col, à vélo, à moto, en voiture, peut-être à pied comme lui. » Intéressant puisque on sent là que Steve travaille à voir quelque chose, à ressentir quelque chose, et que l’exercice est laborieux. Alors qu’à côté de ça, il y a ce qui nous vient sans effort et qui s’impose à nous :
      « Dans la ruée vers ses lèvres les mots adéquats sont poussés dans le fossé par des formules sociales. »
      On imagine bêtement une course effrénée dans la gorge de Steve avec des formules sociales qui font des sales croche-pattes pour précipiter les mots justes sous la langue, pour les coincer entre deux dents. Se forme peut être en germe là dessous l’intérêt de travailler à explorer ce qui se fait ou se dit automatiquement, parfois chercher à faire ce qui parait contre intuitif et remonter le fil d’une pensée-action comme le fait Psychologies, occasion pour moi de placer que c’est le meilleur essai de Bibi.
      Dans Désertion le présent est peut être aussi là pour ces histoires qu’on se raconte et se re raconte. Passage particulièrement apprécié par quelqu’un comme moi, les histoires des étrangers du Rojava. C’est comme si la fuite vers la guerre était avant tout une recherche de l’anecdote, une recherche accolée au désir de se programmer une mort comme parfait corollaire contraire lié au désir ardent de vivre. Les souvenirs racontés qui commencent à la page 162 s’enchaînent dans ce plaisir qu’ont les amis à se raconter de bonnes histoires. On se souvient, on raconte, on en a une autre, la narration s’emballe, et pour finir, l’envolée à la page 166 où l’anecdote côtoie le rêve, ce cerveau qui nous parle :
      « Un jeune couillon entre dans la pièce avec un samovar, et il a mon visage. ça me fait comme si je me regardais dans la glace, sauf que ce n’est pas une glace, c’est un être humain, et il a mon visage tout craché avec quinze ans de moins, ça me fait comme si je me regardais dans la glace, sauf que ce n’est pas une glace, c’est un être humain à qui je dis : Piotr ? Piotr est mon deuxième prénom. Je dis : Piotr c’est toi ? C’est moi ? Qu’est-ce que tu fais là ? Qu’est-ce que je fais là ? Mais j’en sais rien tu sais. Tu sais j’en sais rien de ce que je fais là. »
      .
      Intérêt confirmé de l’auteur pour les personnages qui ne savent pas ce qu’ils font, qui ne savent pas de quoi ils sont véritablement agis. Désir plusieurs fois évoqué par diverses formulations contradictoires dans cette façon de désirer le combat, chercher la mort, « ces gens se font sauter à la première occasion, à croire qu’ils n’attaquent que par impatience de mourir. » – constat navrant qui revient régulièrement « La chance de mourir ici est faible ». Mais cet extrait est encore et surtout la mise en forme de ce qui parait très travaillé dans Désertion, à savoir la répétition. Là on a l’impression de buter sur un truc, le mec raconte et il répète, il répète les mêmes phrases, parce que ça lui fait vraiment un truc et on lit et on relit. Des histoires uniques qui se répètent, ces jeunes et moins jeunes qui viennent du monde entier et qui tous se retrouvent là et qu’est-ce que tu fais là ? Depuis le collège s’est incrusté en Steve la déception de constater qu’il n’a d’autre choix que d’être là où il est.
      .
      Dès le début la touche répétition vient avec les rimes de Tony, la verve de Tony on en lirait des tonnes. Souvent on a l’impression que le texte joue sur des sonorités qui se répondent avec notamment l’épisode « figuré », la prof écrit au tableau « sens propre/sens figuré », puis l’explication de Salomé Bouvier qui répète le mot et Steve qui se figure les choses encore autrement : « Pendant sa réponse Salomé a gardé le doigt levé et le triple bracelet argent descendu au coude mais ce n’est pas dans cette position que Steve se la figure le soir mains sous la couette et un quart de lune dans le vélux ».
      Puis ce sont les lunettes qu’on essuie, les adultes au carré, les incomplètement, et enfin Kevin que choisit l’auteur pour nous proposer son travail sur les phrases :
      « Tu peux simplifier. On peut toujours simplifier.
      Sur la colline l’ombre d’un nuage.
      Sur la colline un nuage d’ombre ?
      Trop écrit. Trop maniéré. »
      Là on se dit, génial, il se fait vraiment plaisir, c’est l’effet que me font les incises de l’auteur au lecteur chez Echenoz, c’est toujours frais, sentiment d’une grande prise de liberté, d’assurance du geste aussi. Je trouve que c’est le roman le plus echenozien que j’aie lu de toi tout en ayant sa propre continuation d’un style bien à toi. Mon préféré c’est celui là :
      .
      « De loin en loin un vestige de chose en métal se signale par un éclat de soleil.
      Dans un bout de métal clignote le soleil.
      Le métal fait du morse. »
      .
      On voit se simplifier la phrase, on la voit se densifier, pour autant la première permet la dernière et l’effet de répétition des mots repris ou supprimés agit comme une sorte de variation. Et on voit le métal faire du morse comme le ferait le soleil sur la mer. On est invité à relire, à particulièrement apprécier la dernière phrase et puis on a le choix, on ne suit plus le texte dans un seul sens, on remonte. Impossible de ne pas penser aux plans d’Haneke ou de Franco dans lesquels on se balade.
      La répétition et sa variation avec le frère qui suit le même trajet que son cadet. Et ce commandant dont la perplexité suinte de son gratter de moustache : « Pourquoi repasse ici ? Ici passe seulement une fois. Son pouce tendu fait I. Une fois. Seulement. Ici. Pas besoin repasser. Ici entraînement et après fini. Pas deux fois. Une seulement. »
      La répétition des mots dans le dialogue d’une amitié en train de se faire avec Liz : »La croix lui évoque une sœur d’armes argentine qui en portait une et avant de mourir d’un éclat d’obus lui a dit prends-la mais d’une voix si faible que Liz comme une conne n’a compris qu’après coup. Stupid Bitch. Pour le plaisir des sonorités Steve dit stupid bitch. Liz sèche ses larmes en entrant dans le jeu : stupid fucking bitch. Steve répète stupid fucking bitch. Il aime bien l’anglais finalement. »
      J’aime particulièrement l’effet de décalage qui sied bien au héros lorsque ce dernier bénéficie des traductions du Belge donc.
      .
      « Je veux bien admettre que je me sens à l’étroit dans un quotidien de père, dit en anglais le Brésilien. Il veut bien admettre qu’il se sent à l’étroit dans un quotidien de père, traduit le Belge. »
      Effet comique, esthétique du contre-temps, nécessité du contre temps ? des choses se font, se répètent et décantent.
      Je ne peux pas tout évoquer tant le roman est dense, on aime ce Voyage au bout de l’enfer et son travail sur une forme d’affrontement très contemporaine, sur ces ennemis invisibles, morts avant le tir, ces étrangers qui s’en branlent ou pas de ce qu’est le Rojava, cette peinture toute actuelle d’une forme de désertion d’une frange de la jeunesse depuis 20 ans. Et puis la fin, depuis l’Amour les fins me plaisent, ça se fait tranquillement et rapidement. Bon et l’humour bien-sûr. L’humour évidemment souvent cruel, se disent des choses tristes de façon drôle, mais pas seulement, j’ai là un petit florilège des 50 dernières pages.
      .
      D’abord ce côté mise en scène de soi, ou drama soigné qu’on retrouve beaucoup chez Steve : « Cinéphile, François se tamponne lentement les lèvres avec sa serviette pour peser ses mots. » Le gentil fouttage de gueule que j’apprécie tout particulièrement comme « Jade cherche moins à comprendre qu’à être compréhensive » ou surtout « Maïa est sortie trois ans avec le manager du Celio du Havre où elle était vendeuse mais le rapport hiérarchique faussait tout. » et plus loin « Il envoie une photos de ses serins, elle envoie un selfie d’elle avec son chat Kim, puis d’elle en maillot deux pièces à La Faute-sur-Mer, photo qui intéresse fort Steve car il a fait une colo en Vendée. » Quand on lit « une photo de ses serins » déjà en recopiant on écrit « sereins » parce qu’en fait on lit « sein ». C’est souvent l’occasion d’intrusions de l’auteur d’ailleurs, qui nous dit tu as cru à une coquille en lisant, intrusions échenoziennes mais particulière à ton intérêt majeur qui est de retracer l’anarchie de la pensée. En soulignant celles du lecteur, ça faire resurgir concrètement le travail de l’écrivain et de Bégaudeau en particulier. Comme je l’ai déjà dit plusieurs fois au début du roman j’ai eu l’impression que des jeux de sonorités étaient distillés comme pour créer des effets d’association d’idées ou de rimes/variations qui sont là l’air de rien. Et « serins » / « seins » rappelle l’épisode de la plage dans Un Enlèvement où la vision d’un string sur la plage menait au T de Tanga et à un texto envoyé à la maitresse.
      .
      Je termine, pour le plaisir, avec la voyante que va consulter Céline « Elle avait aussi prévu le redoublement de Steve en CM2 sur la seule base d’une photo de lui sur son BMX. »
      Si le roman n’est pas adapté au ciné par un super réal avec scénario écrit par François, je me coupe le gros orteil que j’aime bien faire craquer.

    • #133525 Répondre
      Billy
      Invité

      Désertion est très beau, un grand texte en mode mineur, avec une émotion retenue. Un de mes romans préférés avec Ma Cruauté.
      Je vois Désertion dans la lignée d’En guerre et de l’Amour, parce que le même style s’y développe et s’y radicalise : des textes conjugués au présent, écrits à la 3ème personne, où le récit colle aux personnages, fluide, sans chapitre. En suivant ses personnages d’aussi près, le roman laisse apparaitre les structures qui les conditionnent, la machine sociale qui les détermine, et parfois les broie.

      Dans En guerre, on voyait Cristiano conditionné en tant que prolo viril, Louisa en tant que femme, belle, racisée, prolo, et Romain en tant que blanc, classe moyenne, de gauche.
      Pour l’Amour, on voyait le couple pris dans son conditionnement social et familial. Ainsi la scène calme de la tarte aux pommes est la preuve d’amour ultime de la femme (un amour qui endure tout) et en même temps la marque d’une conditionnement de la femme garante du foyer.
      Dans Désertion, on suivra 2 frères, Steve et Mickael, quasi jumeaux, « les twins », même enfance, corps similaires, deux petits maigres blonds, galériens avec les filles, puceaux. Pourtant ces mêmes déterminismes donnent deux histoires.

      COMMENT HABITER
      L’ainé Steve est peureux, sage, suit son petit frère, dit merci tout le temps. Steve est viré de partout et chaque fois c’est pour son bien. Viré de l’école :
      « Sachant que l’administration prendra les dispositions nécessaires pour qu’il soit rescolarisé au plus tôt, comme la République le lui doit.
      Steve a-t-il quelque chose à dire?
      Il s’excuse de ses paroles inexcusables lors de l’incident. Il n’a pas respecté madame Narcot en l’insultant d’une chose qui est fausse vu qu’elle a un mari et une famille. Il ne sait pas ce qui lui a pris. Personnellement il a mérité sa condamnation. Il remercie le conseil de discipline de tout son cœur. »
      Le texte est rapide, condense le récit, la violence de l’exclusion par l’institution policée, et la langue de Steeve. Discours indirect libre forever.
      Il se fait virer et c’est lui qui il dit merci.

      Steve veut toujours bien faire, se faire oublier, et ça va jamais. Mickael, le cadet, est plus revêche, passionné par les jeux vidéos de guerre. Nerveux « son pouls plus rapide que la vie on dirait».
      Mais ça va jamais pour lui non plus.
      Dans la première partie du texte, en France, on ressent l’impasse physiquement. Ce récit est aussi une experience. On experimente avec les persos l’impasse organisée de leur vie.

      Que ce soit le CFA peinture pour Steve : « Force est de tirer les conséquences de notre échec, je dis notre échec car nous y avons notre part, ici c’est toute l’équipe qui se mobilise pour aider le jeune à mettre en œuvre son projet. »

      Ou le centre éducatif fermé pour Mickael : « C’est de fait son fils et non lui qui passera neuf mois dans un Centre Éducatif Fermé. Ce dispositif conçu pour les délinquants mineurs fournira un cadre à Mickaël qui peut-être en manque, et aura ce bénéfice subsidiaire de l’éloigner d’une fratrie manifestement toxique. »

      Chaque institution exclut les frères ou les enferme avec des arguments éducatifs, c’est pour les aider. Tony aussi, le dealer, a le langage de celui qui veut les aider. Et tous les enfoncent.
      Les plus ancrés, les mieux insérés socialement, ce sont les deux marchands, Richard et Tony, qui nous expliquent régulièrement l’évolution du marché, de la ville.

      Si bien qu’on se demande avec les twins, comment habiter cet endroit dont ils sont tour à tour exclus et prisonniers ?
      On y voit Pierrick, le père, qui joue de la country. Sa façon d’habiter chez lui est le rêve américain. Américain mais aussi normand car ce rêve est largement partagé, il y a un club de country local, comme si c’était un truc très ancré dans le pays.

      Steve cherche à méditer, est attiré par le voyage astral, il veut quitter son corps qui le pèse, comme il veut quitter sa région qui le pèse.
      Les 2 frères cherchent à habiter un territoire, cherchent ailleurs. La Country me dit qu’ils ne sont pas les seuls.

      On croisera François, enquêteur sur les frangins. François l’écrivain est évidemment l’enquêteur affamé, vorace. Les écrivains on sait comment c’est.
      Mais dans le nom de famille des twins, Françon, j’entends aussi François.

      Puis les frères partent à la guerre. Et dans cette boucherie, on voit pas vraiment de possibilités d’habiter. Tout juste des brèches : le foot, la poésie grâce à Kevin, se découvrir un talent, tomber amoureux. Brèches dont le lecteur profite : il apprend aussi la poésie de la concision avec Kevin, il écoute les récits des soldats, il apprend à prononcer YPG, et des mots kurdes en passant.

      Désertion, En guerre et l’Amour sont trois romans sociaux parce qu’on y voit la machine sociale à l’œuvre sur les personnages, ce qu’elle fait d’eux.
      On y voit que :
      1 c’est pas prévisible. Pour des quasi jumeaux pareillement conditionnés, on a 2 histoires bien différentes.
      2 mais c’est inéluctable. Ce qui en fait des personnages tragiques.

      TRAGÉDIE OBJECTIVE

      Donc le style de Désertion c’est texte au présent, qui épouse l’énergie cinétique des personnages. C’est un récit vif qui condense beaucoup de situations, qui mêle pensées et gestes, sans chapitre, tout est lié, fluide, pas de rupture entre la ville normande et la Syrie. C’est Mikael qui raconte comment y aller et dans le même paragraphe Steve y est. Il faudrait trouver un nom au tissage de ce texte, l’impression d’un texte qui court, toujours en mouvement.
      Toujours en mouvement ET déjà joué
      Dès le début, tout est déjà joué dans la description de l’étagère de Steve, 15 ans plus tard. Le présent tire les larmes car c’est un présent déjà joué.
      La tragédie est écrite avec ce présent sautillant, avec la vitesse et l’ironie, avec la distance du narrateur qui parfois se montre : « Histoire de quoi ? dans quelle histoire nous embarque-t-il ? »

      Le tragique ne s’appesantit pas. C’est la tragédie objective de nos vies dont la fin est connue et rappelée tôt dans ce texte par l’enterrement de Grégory Lemarchal « Et si tu crois qu’au collège ils vont accepter que tu sèches deux jours pour aller enterrer un chanteur, tu te fourres le doigt dans le nez. » On sourit à la phrase du père, et c’est Grégory, ce drôle d’ange païen qui nous suivra, ou qu’on suivra pendant le récit.
      La fatalité à l’œuvre dans le récit est émouvante de ne pas chercher à l’être, et c’est Steve qui en parle le mieux « le destin est écrit, même si c’est à chacun d’écrire son destin. C’est écrit et ça reste à écrire, un peu les deux. »
      En lisant ça, je me moque de Steve qui veut draguer Jade, sa collègue branchée psycho. Il fait de la psycho de comptoir, il sait même pas ce qu’il dit, ce con.
      Mais en fait il a raison, c’est écrit c’est pas écrit. On voit les personnages se débattre. Pauvres mortels, on ne peut que s’efforcer. C’est notre condition à tous. La condition de nos vies déjà écrites et pas écrites.

      • #133538 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Sûr que ce qui frappe avant tout dans Désertion c’est l’art du récit. Raconter avec un tissage fin, très serré dont on aurait fait disparaître toute trace d’artisanat. C’est par là que s’obtient « la fluidité » dont nous cause Billy, cette densité de la pente douce. C’est François doublement en Docteur Frankenstein : créer un récit qui soit autonome et vivant, rechercher un mouvement perpétuel; il ne commence pas vraiment, il débute à la faveur d’une entrée indirecte qui prélude et trouve les frères, les absorbe et les pousse dans son cours calme (forme d’inéluctabilité calme que Billy rend par tragédie objective). Ensuite ça s’écoule imperturbablement, grâce à des transitions insensibles, le nouage fin des micro-situations, l’absence de rupture et d’espace jusque dans la typo. Mouvement faussement interrompu par la quatrième de couverture puisque Mickaël repart. J’ai vu les tressautements de la lumière (dont causait Schnoups), de l’âne autour du cratère et de la pluie sur la tôle comme des façons de souligner par contraste une continuité presque surhumaine du récit.
        J’aime le traitement du thème du rapport à l’Histoire qui justifie cette allure et cette douceur du récit. Nos deux personnages n’ont affaire en fait de destin qu’à l’inéluctabilité douce du déterminisme. Le livre s’ouvre sur la Starac qui équivaut pour eux aux onze septembre. Une Histoire anecdotique, spectaculaire, le cours de l’actualité qui est de l’Histoire qui ne m’advient pas. C’est de l’Histoire à distance, de la violence qui informe un autre espace. Le livre va raconter une forme d’engagement indirect des deux frères dans le cours historique véritable; mais cette ligne leur restera toujours en partie extérieure : Mickaël n’est que très partiellement pénétré et modifié par la situation historique puisqu’il est là pour tuer ou être tué; Steve lui est imperméable et ne sait même pas qu’il n’est là pour sauver personne. Cette question de l’engagement indirect et inconscient de ses motifs véritables était déjà le sujet de la pièce la Grande Histoire.
        C’est peut-être l’Histoire qui a déserté et après laquelle les deux frères ne savent pas qu’ils courent.

    • #133528 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Deux textes – car ce sont bien des textes – super complémentaires. Y aurait eu concertation que ce serait pas mieux.
      Schnoups plus centrée sur la phrase, Billy sur la cinétique du texte (du récit).
      J’y reviendrai dans le détail demain
      En attendant je retiens la tragédie logique, et le présent comme temps idoine pour les Bibi-livres. Les deux très justes.

      • #133535 Répondre
        Schnoups
        Invité

        Elle a juste refusé de compter tous les endroits qui auraient pu recevoir une virgule.
        J’ai demandé poliment pourtant.

        • #133541 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          « C’est peut-être l’Histoire qui a déserté et après laquelle les deux frères ne savent pas qu’ils courent. » superbe
          Oui je crois que l’Histoire fait son chemin tout seule (bruit, fureur, contée par un fou piètre conteur), cependant qu’au niveau en dessous, affectés légèrement par elle sans que cela les constitue comme sujets historiques, cheminent et s’efforcent les gens.
          C’était à peu ça le sens du titre Fin de l’histoire.

        • #133583 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ben le raccord est invisible sinon
          « C’est souvent l’occasion d’intrusions de l’auteur d’ailleurs, qui nous dit tu as cru à une coquille en lisant, intrusions échenoziennes mais particulière à ton intérêt majeur qui est de retracer l’anarchie de la pensée. En soulignant celles du lecteur, ça faire resurgir concrètement le travail de l’écrivain »la façon dont tu m’éclaires cela est super

          • #133584 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            « En soulignant celles du lecteur, ça faire resurgir concrètement le travail de l’écrivain » Oui très lumineux

            • #133636 Répondre
              Schnoups
              Invité

              Merci pour ta lecture Claire.
              C’est pas très clair cependant. Ce que je voulais dire surtout c’est que dans un roman qui suit autant à la trace l’activité mentale des personnages (je pense aussi aux actes quand je dis ça), est d’autant plus parlant de lire ce genre d’incises qui invitent à être attentif à ce qui nous passe par la tête, à ce qu’on pense quand on est face à l’art, quand on lit, quand on regarde un film. C’est la base de la critique.
              Et y’a rien à faire, mon passage préféré de Rester barbares, bizarrement, c’est quand elle écrit « celui qui n’a pas éclaté de rire n’a rien compris ».
              Je comprends que Julien souligne que c’est le travail sur le récit qui est surtout remarquable dans ce roman. Moi de mon côté, je trouve ça fou et je ne critique personne, mais pour moi c’est fou de ne pas s’attarder sur le travail de « simplification » lancé par Kevin, fou de ne pas se focaliser sur le motif répétition/variation., les ellipses, les raccords, de regarder tout ça à la loupe. Surtout qu’il me semble en plus, que c’est ce travail qui rend le récit si « fluide ». Toutes les expressions de Julien mériteraient pour moi un paragraphe de précisions concrètes. De quoi est fait ce « tissage fin » ? Comment produire ce récit « autonome et vivant » Julien ? Comment l’auteur pousse t-il les personnages dans ce fameux « cours calme » ? Comment fait-on pour que ça ait l’air de « couler imperturbablement » ? et comment sont travaillées ces « transitions douces » ?
              ça m’intéresse de lire ça, c’est très bien dit, mais si ce n’est pas vraiment travaillé avec la loupe, désolée mais ça m’emmerde. Je suis ainsi faite. C’est certainement très juste, très bien vu mais moi ça m’emmerde. C’est d’ailleurs pour ça que majoritairement la critique m’emmerde.

              • #133640 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                J’admets que je passe vite et haut sur le texte. J’ai souligné deux axes, il y en a d’autres. Mon post n’a pas la précision et le caractère achevé d’un texte critique.
                J’ai l’impression que tu me donnes des devoirs.

                • #133645 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  Mais tu risques d’attendre un peu. Ainsi j’aurai moins l’air de céder à une demande un poil grossière.

                  • #133651 Répondre
                    Schnoups
                    Invité

                    Un poil grossier c’est vrai, excuse ma brutalité, j’ai un peu expédié tout ça faute de temps, avec ce grand final qui visait surtout la critique en général. En fait, lisant ton post je reste sur ma faim.
                    Les termes que tu emploies poussent surtout ton lecteur à chercher ce que tu veux dire. Et de fait, me paraissent abstraits. Ça paraît pertinent mais on se demande quand même ce que ça veut dire concrètement et on aimerait que ce soit l’auteur de ces lignes qui précise, qui bosse. C’est une bonne base ces termes relevés plus haut, ces « axes ». Mais moi, te lisant, je me dis, le travail reste à faire. Tu le prends comme un devoir à faire, je le vois plus comme un intérêt exprimé, certes un peu frontalement, de te lire là dessus.

                    • #133653 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Moi aussi les lordonistes m’emmerdent. J’espère qu’ils notent bien la marque d’intérêt que ça représente.

                      • #133665 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Mais lol Seldoon.
                        C’est gentil de jeter de l’huile sur la flamme.

                      • #133666 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Schnoups : tu asété d’une précision dingue, et j’imagine que ça t’a pris pas mal de temps. Tout le monde n’a pas ce temps
                        Un peu d’indulgence pour Julien qui prépare parallèlement la Coupe du Lot et Garonne de MMA

                      • #133668 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Merci les gars. Avec des modérateurs tels que vous, qui a encore besoin de trolls ?

                      • #133779 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Avec des modérateurs tels que vous, qui a encore besoin de trolls ?

                        ah benh finalement iaurait bien des modos?
                        on comprend mieux si c’est ça mais bon;
                        Par ailleurs, aujourd’hui, le staff-matrice est reconstitué et s’entend de nouveau: quoi dire après tout cela en vrai?
                        Sorti le 8, Désertion, il y a 12 malheureux jours et les palmes et lauriers sont déjà distribués.
                        Et après on dira qu’on aime l’art qui prend son temps, bon

                      • #133674 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Ben, 3 heures. Ça me paraît pas foufou mais c’est sûr qu’il faut les trouver.
                        On attend alors la vidéo de Julien, sourire, dents en moins, sang qui coule et poing levé.

              • #133663 Répondre
                Claire N
                Invité

                Alors j’ai trouvé ton exemple plus limpide que ce que je vais essayer de préciser
                oui c’est aussi une façon de travailler
                Avec l’attention , celle que l’œil manipule
                – la survenue à la marge
                – la focalisation
                – l’impression
                – l’action, la pensée
                Et que le texte est capable de susciter
                Ton exemple était assez bien décrit pour me donner à percevoir les associations visuelles deja en route a l’insu de mon oeil ( œil cerveau)
                Et le changement de focale est encore plus patent quand , tu le notes , il y a l’incursion de l’auteur ; la tu te vois penser d’une certaine façon
                J’avais noté ce moment oú steve , à la différence de l’auteur qui nous y invitait, ne se voyait pas froncer les sourcils dans le reflet de son ordinateur en lisant les mails de Mickael
                Nb : par contre je souhaite un PAE si tu me demandes plus de précisions

                • #133664 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  En plus court: tu me donnes à sentir que la focale est un outil de «  ré – flexion «  de retour
                  Comme penser contre soi avec l’oeil

                  • #133667 Répondre
                    Schnoups
                    Invité

                    Tout ça est très joliment précisé, on sent que le cerveau corps t’intéresses.
                    Tu fais quoi déjà dans la vie Claire ? Neuro science ? Neuro psychologue?. J’ai oublié.

                    • #133689 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Merci
                      Ça je sais répondre
                      Neurologue en petit hôpital public

      • #133599 Répondre
        Billy
        Invité

        Si si, on s’est concerté avec Schnoups et Julien. Ça fait 3 mois qu’on bosse sur la critique de Désertion dans notre groupe de travail « Tragique et Tanga »

    • #133607 Répondre
      Quinche
      Invité

      Je n’avais encore jamais publié sur Chantier Autonome. Mais après ma lecture de Désertion, et l’écoute de la critique de France Culture, j’avais envie de laisser un petit message.
      Je trouve leur critique absolument injuste, et totalement à côté de la plaque. Quand je lisais l’enfance et l’adolescence de Steve et Michael, j’arrivais facilement à les identifier à d’anciens potes, ou gars que je fréquentais quand j’étais plus jeune. La scène dans la cantine, la scène en classe d’anglais, les parties de Battlefield, même Tony ! Tous ça je l’ai expérimenté toute mon enfance, et entendre l’autre Faerber vous dire que l’auteur fait du mépris social et qu’il tente juste de répandre une thèse. ??? Désolé que ces personnes existent enft. Puis Sorbier qui laisse sous-entendre que B voudrait démontrer que la Syrie c’est mieux que la France ??? Mais c’est du dé-lire. Ils sont complètement allumés les deux. Comment on peut avoir une telle lecture de ce bouquin ? J’ai deux réponses : 1) Les deux critiques ne peuvent pas blairer l’auteur et ont décidé de l’assassiné en en faisant des interprétations complètement fallacieuses 2) Ce sont des bourgeois qui n’ont simplement jamais côtoyé ou mis les pieds dans un environnement comme celui de Steve, Céline, Pierrick et Mike. Du coup, tout leur parais n’être que des clichés ou des inventions de l’auteur pour plier le monde à sa thèse.

      Et surtout, les entendre parler de mépris de la part de l’auteur, alors que comme pour la lecture de l’amour, je me suis plutôt sentie proche, ou en tout cas familier avec les milieux décrits, et que justement, je remercie l’auteur d’avoir enfin pu mettre en littérature des choses auxquelles je peux m’identifier (je n’aime pas ce terme, mais c’est pour l’idée), et eux, tellement à des années lumières de ce genre climat, osent dire que c’est du mépris social ???? Mais penser ça fait plutôt pencher le mépris de votre côté enft

      Bref, moi j’ai beaucoup aimé le livre. Il m’a fait rire, il m’a fait me rappeler des périodes de mon enfance/adolescence (évidemment pas les moments où ils sont en Syrie, je n’y étais pas moi hehe). J’ai retrouvé le style bien propre à B qui était dans l’amour, avec ces non dits qui disent tout de même des choses, les quelques marqueurs temporels glissés à droite à gauche, ce style qui laisse a contrario de ce que disait l’autre, beaucoup d’interprétations possibles. J’ai vraiment apprécié le livre, c’était une bonne lecture.

      J’espère un spin-off sur Pédro le Cannibal

      • #133623 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        éclat de rire sur Pedro
        je promets rien mais ça se tente

        quant à tes 1 et 2, je dirais : les deux
        en tout cas suis sur du 1

        • #133631 Répondre
          Mao
          Invité

          L’outrance de Faerber ne laisse subsister aucun doute quant à ses sentiments vis à vis de l’auteur. Pour ce qui est de l’autre, je ne peux m’empêcher de voir sa « critique » comme une sorte d’hommage. Elle dit, de mémoire, que c’est un roman irrespirable, dans lequel elle s’est retrouvée comme prise au piège, qui ne lui laisse aucun espace pour « penser ». Ça m’a rappelé ce que disait Quintane dans « Contre la littérature politique » où elle parlait d »une forme qui ne puisse être réappropriée par nos ennemies, un texte qui leur serait illisible. J’ai l’impression que Sorbier a vécu une expérience de ce genre.

          • #133632 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Les histoires de mépris me paraissent plus compréhensibles (leur crainte d’apparaître méprisants se manifeste par une paranoïa bienveillante) que cette critique qualifiant le texte d’irrespirable ; s’il fait bien une chose, c’est laisser le lecteur penser. Je ne les ai pas écoutés, mais je suppose qu’ils n’expliquent pas quelle serait la thèse dont ils se plaignent ?

            • #133634 Répondre
              Mao
              Invité

              Je ne vois pas très bien en quoi appeler son personnage Steve serait le comble du mépris social, a fortiori lorsqu’il s’agit d’en faire un « héros » de la résistance du YPG. Ça en dit long sur ceux qui portent ces accusations.

            • #133646 Répondre
              Charles
              Invité

              Une thèse bourdieusienne grossière, selon Sorbier, qui serait tellement assénée qu’elle empêcherait le lecteur d’avoir une autre interprétation du départ des deux pour Daech, enfin la Syrie, bref chez les Arabes.

              • #133649 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                On a pourtant suffisamment de pistes disséminées pour qu’aucune explication ne s’impose plus que l’autre.

                • #133650 Répondre
                  Mao
                  Invité

                  Je serais à titre perso bien incapable de dire pourquoi ils se sont embarqués là-dedans.

                  • #133656 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    Mickaël, I get it. Steve, malgré le fait que tout le monde lui dise « bien sûr t’es pas là pour ton frère », je ne sais pas exactement pourquoi il veut être là avec son frère sans que ce soit pour autant un grand mystère.

                  • #133691 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Oui – bien vu
                    A posteriori cette sensation reste d’impredictibilité
                    Elle est même peu être plus forte que a priori

                    • #133694 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Et franchement ça m’a fait grave du bien
                      – on va dire-en tant que mère
                      Parce que toutes les méduses qu’on te présente
                      – l’école
                      – les relations
                      – la police
                      – internet
                      En te faisant flipper que si ton gosse les croise son destin se transforme en pierre
                      Le texte les concasse

    • #133699 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      On peut penser à partir de remarques faibles et écoutant Faerber et Sorbier dénoncer une absence d’empathie pour les personnages et un défaut d’incarnation, je me suis dit qu’ils ne percevaient pas qu’il fallait une grande puissance empathique pour produire autant de personnages qui tiennent. Désertion est un roman où l’imagination de l’auteur, la capacité à pénétrer les êtres et leur monde se distribue collectivement entre une grande quantité de personnages, de micro-récits et de micro-scènes. On sait que le roman est démocratique en ce qu’il traite de sujets moins élevés socialement, ici c’est la notion de personnage principal qui est presque menacée par la génération perpétuelle de personnages dont le récit se nourrit. De grandes ressources imaginatives sont employées à générer toujours plus de formes de vie et de singularités. Comment ne pas voir par exemple qu’il n’est donc pas possible d’en tirer une thèse, une généralité sur la guerre tant les différents personnages ont des modes d’engagement singuliers? La génération continue et massive de personnages me semble être un trait saillant de sa manière. Un trait politique qui porte une attention puissante à la multiplicité des singularités. La forme de vie dealer libéral de Tony, la forme de vie poète combattant de Kévin, la forme de vie fonctionnaire de la DGSE recevant toute une égale dignité d’incarnation et prenant place au sein d’une cohorte nombreuse.

      • #133747 Répondre
        Billy
        Invité

        Oui, moi aussi j’ai ressenti cette empathie égale pour tous les persos. Le mot qui me venait, c’était pitié. J’ai ressenti de la pitié pour les personnages, pitié au sens fort, au sens chrétien, ta faiblesse est la mienne.

        Quand je rêvassais à la notion qui a fait ma renommée, la tragédie objective, je pensais au cliché d’Aristote qu’on apprend à l’école : La terreur et la pitié sont les deux composantes de la tragédie grecque. C’est cliché. Il n’y a pas de terreur dans Désertion. Ou en tout cas, une terreur en sourdine, muette comme Céline qui s’agrippe à l’évier quand Steve annonce qu’il part. Terreur en sourdine, mais je ressens la pitié dans Désertion. Le récit dévoile les déterminismes des personnages et de là nait la pitié : tous les persos font ce qu’ils peuvent. On les suit, on les retrouve , et on peut reconnaitre leur voix : les expressions de Céline, les vannes de Tony…
        Pitié pour tous, même pour Tony le dealer qui revient régulièrement dans le texte. Il produit un comique de répétition à lui tout seul avec son t-shirt Rocky. Tony nous donne des nouvelles de l’évolution de son commerce, où il fait crédit pour tenir le client à sa botte. Tony c’est un sale type. Et malgré tout, il a l’air coincé dans cette ville, limité dans son imaginaire.
        « Le seul qui avance dans cette région c’est Tony, observe Tony en pleine série de squats. »
        Tony n’a pas bougé en 15 ans, il a suivi le marché et ses modes et il fait des leçons à tout le monde, il appelle ça « avancer ». Ironie et pitié.

        Et grande pitié de la phrase finale, pitié qui embrasse tous les personnages et le lecteur.

      • #133776 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui Julien. Il me semble bien que cette attention portée à plein de personnages est bien le mode dans lequel, en art, prend réalité l’empathie.
        L’art doit etre empathique par sa manière propre (attention, justesse, incarnation), sinon l’empathie n’a pas besoin d’art.

    • #133750 Répondre
      Billy
      Invité

      Et dans le tissage du récit où les persos se succèdent, il y a un point de montage qui m’a marqué : la fin de l’histoire avec Maïa et le retour de Steve. En champ contrechamp.
      La disparition de Maïa dans la mer m’a fait penser au plan de fuite par la mer dans Despues de Lucia, dans les vagues la nuit.
      François, tu voulais produire quoi par ce départ de Maïa ? ça faisait partie des jeux dans le tissage du récit ? rendre sa disparition pas réaliste, montrer au lecteur le travail de narration en cours, en gardant la fluidité qui nous maintient dans le récit, on est tellement heureux et soulagé de retrouver Mike.
      Ainsi c’est pas la fin de la soirée avec Maïa, c’est plus la fin de leur histoire, mais avec la certitude que l’amour suppléera, que l’amour existe.

      • #133769 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        J’ai tiqué à la lecture de Désertion sur le retour irréaliste de Mike. Comment peut-il débarquer à la plage à ce moment-là ? Chasser Maïa ? J’y ai vu un moyen de signaler que Maïa n’existe peut-être pas. Il y aurait un motif d’invention de copine par Steve qui finit par générer un personnage dans le récit.

        • #133772 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          bonne question, bonne piste

          • #133774 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            A ce moment je peux faire un truc plus réaliste : Mike arrive, Maia ressort de l’eau et maintenant que le frère de Steve est là la soirée est plus la meme, et elle se barre : ou pourquoi pas Mike la vire, ou pourquoi pas Steve la vire, ou etc. Plein de scènes écrivables. Sauf qu’en fait je me dis que je ne suis pas tenu à ça, à ce réalisme là. Que je peux écourter ça, le raccourcir sèchement, pour ne plus faire voir que l’os, la figure qui m’importe : Mike arrivant, cela évacue Maia. Le frère arrivant évacue la fille. Comme si l’un et l’autre s’excluaient. Comme si c’était soit l’un soit l’autre mais pas les deux. Tout ça pas sans poids, surtout peu de temps après qu’on a parlé de la chatte des filles.
            Le résultat est un effet fantastique, que je m’autorise à ce moment parce que ça fait 230 pages que je suis plutot rigoureux sur le réel.
            On peut extrapoler ce saut en se disant que Maia n’existe pas, ça me va. Mais à la rigueur en art qu’elle existe ou non revient au même. Textuellement ça lui donne la même consistance – ou inconsistance.

            • #133782 Répondre
              Ostros
              Invité

              Je me suis beaucoup questionnée sur ce « nous » qui m’apparaît très opaque
              « Mickaël en tête, nous derrière ».
              Je me suis demandée si c’était pas Steve et Maïa ici.
              J’avais au départ capté son éviction en m’inventant une scène d’au revoir avec Steve qui repart avec Mickaël. Puis ce nous me déstabilise.
              Je me suis dit ça se trouve elle marche silencieuse à côté de Steve. Ou c’est encore le narrateur ayant semé par ci par là des signes d’amitié pour Steve le rêveur indique ici que lui aussi marche derrière ce Mike leader, soldat.
              (Puis à la page d’après les deux frères sont à la maison, entre eux)
              Y a un truc de cinéma dans l’arrivée de Mickaël, en silhouette, pluis plus précise reconnaissable.
              Comment il a su que son frère était précisément là ? Ça aussi c’est un truc de cinéma. Celui qu’on attendait (le héros) qui rejoint l’autre personnage (souvent sa femme) pile où il est.
              Ici point de héros et point de femme. Et c’est intéressant cette gestion du motif avec deux frangins.

              • #133793 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Je crois que FB aime tellement le cinéma que ça doit se reflèter dans ce roman.
                En vous lisant tous, je comprends que ce livre n’est pas accessible pour moi comme l’ ont été En guerre, l’amour ou Entre les murs. Désertion je le mets donc dans la case « paspourmoi »: trop difficile d’accès

                • #133800 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  attends donc que j’en cause un peu, stp
                  tu vas voir comme d’un coup d’un seul
                  tu envisageras bien volontiers d’y mettre le nez, comme chacun.e des autres l’ont fait ; D

                  • #133810 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    « Ou c’est encore le narrateur ayant semé par ci par là des signes d’amitié pour Steve le rêveur indique ici que lui aussi marche derrière ce Mike leader, soldat. »
                    Je dirais ça, moi.
                    Le narrateur suit Steve qui suit Mickael. C’est tout le livre.

                    • #133814 Répondre
                      Mao
                      Invité

                      Sinon, désolé d’en revenir à des choses futiles, est-ce que vous avez repéré le léger contresens (qui n’a en soi aucune espèce d’importance) commis par François à la page 164 ?

                      • #133822 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        T’es sûr ?
                        Je vois pas du tt
                        Cite stp

                      • #133827 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Mao,
                        Si c’est sur les YPG qul leur tirent dessus, c’est normal ils ont mal utilisé leurs lunettes thermiques donc ça fait des signaux chez l’ennemi qui les repère et leur tire dessus. Donc les YPG croient que se sont des taupes et que cette erreur était fait exprès pour les faire réparer par l’ennemi
                        Donc les YPG tirent sur eux, obligés d’agiter le drapeau blanc pour bien marquer qu’ils sont bien avec eux.

                      • #133828 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Les faire repérer *

                      • #133829 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Non, c’est bcp plus subtile que ça. Je n’ai pas le texte sous les yeux pour citer la phrase exacte. Il y a un terme « technique » employé de manière impropre qui fait que la phrase n’ pas vraiment de sens si on est tatillon.

                      • #133831 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        En gros, il explique que la partie de poker se termine à la suite d’un bluff qui fait perdre à tel personnage jusqu’à son dernier sou. D’un point de vue pokeristique ça n’a pas de sens. Ce serait comme écrire qu’un tel a tranché le bras de tel autre avec une épée en mousse. Bluff = épée en mousse. Au poker on peut faire bcp de choses avec un bluff mais jamais prendre l’intégralité du tapis de son adversaire. Si vilain a mis jusqu’à ces derniers deniers sur la table, il ne peut plus par définition être bluffé.

                      • #133834 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        En effet c’est subtile. N’étant pas du tout connaisseuse du poker je n’avais pas remarqué
                        Après comme c’est quelqu’un qui raconte c’est peut-être ce personnage-là qui balance la scène en gros, sans tout savoir du jeu ? Comme moi je pourrais la raconter

                      • #133835 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Ou alors ils jouent tous au poker en très amateurs, comme avec mes potes, c’est ainsi dire sans bcp de gains ni de techniques ni de règles ^^

                      • #133837 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Bien sûr, ça n’a aucune espèce d’importance, ça passe totalement inaperçu pour les profanes. Je concède par ailleurs qu’on est loin des world séries de Vegas. Pour autant, quel que soit le niveau des joueurs, c’est au mieux un abus de langage, au pire un contresens, et c’est, en tout état de cause un petit détail qu’un joueur de poker peut facilement repérer.

                      • #133839 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Si ça ne tenait qu’à moi, je remplacerai le mot bluff par « bad beat » et tout irait très bien. Mais qu’est-ce que vous voulez, on ne m’écoute jamais.

                      • #133891 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        C’est le signe qu’il est temps
                        Que tu l’écrives
                        Ce livre que tu gardes
                        Au fond de toi
                        Depuis trop longtemps
                        Désertion à las vegas

                      • #133941 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Si tu savais. Il existe en effet une période de ma vie, dans une autre vie, qui pourrait très bien s’intituler de la sorte.

                      • #133949 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        je n’ai jamais joué au poker

                      • #133952 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Je l’aurais parié.

                      • #133966 Répondre
                        uc
                        Invité

                        de quoi parles tu ? Tu aurais parié quoi ? Que tu baves trop ?
                        mon dieu, mon dieu

                      • #133968 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Tiens, on dirait que je me suis encore fait un copain.

                      • #133970 Répondre
                        uc
                        Invité

                        Compliqué d’apprécier les lèches cul.

                      • #133981 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Tristesse de l’amer

                    • #133825 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      « C’est tout le livre »
                      Il suit Steve ce qui explique l’énonciation qui les détaille lui, Liz et le chiot, le paysage, puis se corrige / se fait corriger.
                      Ça m’obsède cette page, cette ligne
                      « Paysage n’est jamais le bon mot. Kevin disait : paysage est un trop gros mot qu’il faut concasser en choses. »
                      Narrateur petit narrateur qui n’est pas le patron de l’histoire. Narrateur renard.

                • #133911 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Parce qu’on s’est dit qu’on n’allait pas avouer.
                  Avouer? l’arrête l’enquêteur.
                  (…..)

                  On n’avoue que quelque chose qu’on a fait non? reprend le sous-officier sur un ton imité. On ne peut pas ne pas avouer quelque chose qu’on n’a pas fait. Ou plutôt on peut ne pas avouer que quelque chose qu’on n’a pas fait. Ou plutôt bref tu m’as compris. / ….

                  64,
                  Les twins viennent d’être embarqués, une histoire de vente de bmx au départ,
                  et Chabat et Darmon débarquent dans mon lit,

    • #133893 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Tout est dans l’air. Mais je me retrouve à lire dans la même journée sur une lycéenne harcelée qui s’est suicidée et des Kurdes membres de l’YPG exécutées en vidéo par Daesh.

    • #133950 Répondre
      Carpentier
      Invité

      tous aux abris,
      désertioooon
      voilà narutomiso
      qui, pour une fois, est debout à presque 10h
      Du ciel va pas tomber que des pétales de rose,

    • #133969 Répondre
      Carpentier
      Invité

      devant la juge pour enfants:

      …. Mickaël réalise-t-il qu’il aurait pu en résulter de lourdes séquelles pour une dame de 76 ans déjà hospitalisée pour des complications rénales? Mickaël précise que ce n’est pas un croche-patte mais un balayage, en judo on dit harai goshi. / …

      68,
      ce qu’il fallait préciser
      – et la mère qui, mutique volontaire, communique par signes et rajoute des syllabes s’ils ne comprennent pas? quel plaisir,
      bon, à la dou-douche (pfff, chié)

    • #134029 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Trouve pas le message/post de Léo Landru

    • #134116 Répondre
      Claire N
      Invité

      Yasmina Behagle
      Précieuse lectrice
      Lorsque qu’elle évoque
      La sensibilité particulière de Steve, de laquelle découle le harcèlement, l’agression
      «  il est intéressant de voir du mépris de classe là oú il y a de l’injustice « 
      «  l’engrenage auquel s’expose les classes populaires dés la moindre erreur « – souligne t’elle
      Et effectivement l’erreur si on remonte le fil est une expression affective dans un contexte verrouillé ,
      – la scène du bar : le bon employé qui doit fermer sa gueule
      Elle m’aide à voir cette
      confiscation implacable de la moindre palpitation du coeur
      que les mauvais critiques redoublent , c’est vrai
      Expose bien plus leur âmes que celle du livre

      • #134117 Répondre
        Claire N
        Invité

        En plus lapidaire : un bon prolétaire , à leurs yeux, est un prolétaire sans coeur
        C’est probablement là la méprise

        • #134120 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          je crois surtout que pour eux un bon prolétaire est un non-prolétaire
          voire un prolétaire mort
          et on sait bien que l’accusation de mépris social est un aveu

          • #134125 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui voire mort
            C’est ce sens là que je visais
            « La cage « 
            Plus d’espace au coeur dans sa fonction pulsatile

      • #134256 Répondre
        @yasminabehagle
        Invité

        Merci bcp Claire pour ton compliment
        J’espère avoir rendu compte de l’immense justesse de Désertion.
        Bonne lecture!
        Y.B.

        • #134313 Répondre
          Claire N
          Invité

          C’est certain
          L’analyse sur la réinsertion sociale est extrêmement fine
          J’ai beaucoup aimé également
          «  les fautes désamorces souvent un moment chargé émotionnellement « 
          Oú est touché d’encore plus près une analyse du rire donne avec l’émotion, le pathos est esquivé, l’émotion n’en est que plus une caresse
          Il y quelque chose qui m’aide à penser le «  don »
          Dans la seule facture qui ne se greve pas de redevabilite

          • #135542 Répondre
            Gilles – instituteur CE1
            Invité

            Rires

    • #134192 Répondre
      Carpentier
      Invité

      …. Il ne voit qu’une explication à son échec officialisé un mois plus tard par une lettre recommandée: son passage au CEF lui a collé une étiquette racaille sur le front. Sinon comment expliquer l’admission d’un golmon de Quimper, incapable d’enchaîner deux phrases et dix pompes?

      Céline n’aime pas qu’il parle en verlan. Et tant qu’à dire mongol, autant dire mongolien. Et tant qu’à dire mongolien dire trisomique et prier pour eux et pour leurs familles. / ….

      p.82-83, oui, Céline, la mère, est là, dépeinte de façon drôle, charrieuse mais là. Elle fait au mieux, donc jamais assez, pour ces grands garçons, elle est parent, quoi.
      Et moi, elle me fait rire, je l’aime bien Céline, que je ne trouve pas du tout absentée de ce que tisse Désertion.
      Il n’y a juste pas spécialement focus sur ‘ le métier de parents’ , quoi;
      Pour une fois (hors FB)
      – on a déjà et depuis longtemps et pour toujours certain MagicMaman si successful (un ramassis de meufs- méres* que jamais t’invites à boire un café, putain, on préfère encore Marmitton)
      * Un Café des Parents avec ce genre de meufs et tu te renseignes illico pour t’accrocher un pénis, sérieux!

      • #134209 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui Céline au bout du compte est très présente dans le livre
        D’ailleurs les lecteur-rices m’en parlent beaucoup, et hier encore une journaliste de RFI (la Radio du Football Italien)

        • #134217 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          Et le motif de ses erreurs dans les locutions figées et expressions la lie au personnage de Françoise dans la Recherche. Tu y as songé en la créant ?

          • #134227 Répondre
            Malice
            Invité

            Les blagues de Pierrick j’adore aussi

            • #134233 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              ah non pas de ref à Françoise
              si ce n’est inconsciente – va savoir

              • #134245 Répondre
                kenny
                Invité

                j’ai plutôt pensé à jacques qui lui ne les comprenait pas
                céline elle peut envoyer du lourd: « Le mois dernier on a eu un ancien colonel qui faisait le fort, mais les derniers jours il réclamait sa mère comme tout le monde. »

        • #134218 Répondre
          Carpentier
          Invité

          ?
          avc en cours de post à nouveau?
          Faut checker le coeur tu m’inquiètes,

          • #134219 Répondre
            Carpentier
            Invité

            et dès que cette abrutie de Carpentier dit un truc relevé comme pas si con. t’en as toujours un.e qui se glisse pour développer mieux qu’elle
            des fois que
            sont vraiment ridicules,

            • #134226 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              Carpentier,
              Je pose une question qui a un rapport avec Céline. Ce n’est pas le moment ni l’endroit ? Tu as déjà créé un thread Céline il y a deux ans ?
              Les usagers du forum n’ont plus que ce recours : se glisser oui, dans les interstices auxquels les relègue la fréquence de ta production critique gonzo.

              • #134296 Répondre
                Carpentier
                Invité

                tiens, tu t’adresses de nouveau à moi, toi?
                dommage j’ai posté en même temps et j’ai pas entendu
                avec ta petite voix si douce qui ne dit que des choses importantes et intéressantes

          • #134220 Répondre
            Carpentier
            Invité

            et hier encore une journaliste de RFI (la Radio du Football Italien)

            ah benh non, sa phrase s’arrête là, bon.

        • #134312 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Céline est mon personnage préféré aussi. Elle souffre pour les victimes et pour leurs bourreaux. Elle m’a fait bien rire avec une approximation littéraire honteuse. Monique Olivier s’évade.
          Le livre est encore une fois truffé de mystères, de réapparitions, de fantastique aussi – Maïa en a interpellé quelques-uns dont moi. Des références : Louisa et Liz. Liza and Louise.
          Des symboles aussi. Les Twin Towers, puis les twins puis le twin au singulier. Des choses cachées en évidence. Tout est matière.

    • #134302 Répondre
      Nola
      Invité

      « Steve prononce dans sa tête Y.P.G., à la française et en séparant chaque lettre comme tu viens de le faire. » Ça m’a fait l’effet d’une claque. Je ne m’y attendais pas.

    • #134423 Répondre
      Claire N
      Invité

      Parmis les «  claques « 
      Une particulièrement saisissante m’a été donnée
      Sur la genèse du personnage Romain
      Sortie du groupe de garçon attiré par la mise en détresse de Gabin
      «  Gabin lui ne se présente pas, Romain en conçoit une déception vite convertie en une rage échelonnée en messages : j’y suis je t’attends. »
      « Romain en conclut que Gabin n’a pas envie d’une histoire d’amour. Mais de quoi à envie ce gros mou? Il est énervant à la fin »
      C’est tres fin comme analyse des mécanismes aggregatifs menant au harcèlement.
      En faire un seul personnage en gommant les individualités agrégées, c’est beaucoup plus sensible. C’te golemification est une trouvaille

      • #134426 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je propose de breveter golemification
        (parce que le procédé n’est finalement pas si rare en littérature)

        • #134427 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ok – en échange tu me donnes un poste de Céline dans ton usine à batard

          • #134430 Répondre
            Claire N
            Invité

            Mais plus sérieusement il y quelque chose d’extraordinaire dans la puissance de Céline,
            Dans sa langue, sa maternité et même sa résistance
            Elle fait advenir ce qu’il y de plus sauvage et ce que la vie même réclame : des batards

            • #134431 Répondre
              Claire N
              Invité

              Bien malgré elle – semper

    • #134457 Répondre
      Carpentier
      Invité

      ….. Puisqu’une rumeur étayée par leurs lunettes balistiques leur prête un passé dans les forces spéciales américaines, un vote tacite les élit leaders du groupe. Pour les premières décisions matérielles on s’en remettra à leur expérience supposée.
      Comparé à leurs gros bras intégralement imprimés, Steve trouve son ange rachitique, ridicule, feminin. Et par trop angélique. Si on lui demande il dira que c’est un enfant pâle en chemise de nuit. Souvenir d’un ami décédé. Histoire compliquée.
      Le rassure la présence dans le groupe d’un maigrichon tatoué nulle part et encombré de lunettes non balistiques qu’on verrait moins ici qu’au guichet de la poste. Cela dit il y en a peu parmi eux qu’on verrait bien ici. / …

      Encore un sacré passage incrusté de sentiments contradictoires et pas,
      à sa lecture, on rit et pas
      et ce
      Cela dit il y en a peu parmi eux qu’on verrait bien ici.
      égalitaire, charitable et tendre, putain, je vais finir en miettes, je crois
      déjà que je suis moyen en forme

      • #134458 Répondre
        Carpentier
        Invité

        p.130

      • #134462 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Déso mais il se confirme, comme déjà dit ici, que mon compagnonnage à moi avec Desertion, et actuellement avec Steve par exemple, c’est définitivement le même qu’avec le narrateur et la bande de La blessure la vraie.
        Steve et ses élans, ses crâneries à peine affichées que réfléchies, ses pensées retour qui analysent puis souvent le sauvent, ça me ramène très très souvent vers La Tranche et Saint Michel.

        • #134463 Répondre
          Carpentier
          Invité

          … tu te bas mieux quand tu sais te battre. / …

          Dans la salle de classe de l’Académie du YPG, entre les traductions parallèles et les interprétations/simplifications/raccourcis des formés, on rit aussi mais c’est avec ce style de phrase qui, souvent, ponctue un paragraphe, que les émotions accumulées, comme ici sur 3 pages, se ventilent le mieux.
          On suit un raisonnement, l’analyse d’une situation multiple et complexe, durant laquelle on s’enrichit (de drôlerie, d’informations politiques, de relations sociales) puis on conclue pour conclure mais en pirouette. Avec la figure de l’évidence aimable.
          La pirouette du pas si dupe: 3 pages pour conclure, en gros, après pas mal de palabres ordinaires et drôles que benh oui, finalement, c’est simple, on fait mieux si on sait faire.
          Cette technique comique, comment essayer de bien la dire? – la technique du connu chaud et froid? – j’en raffole et je marche à tous les coups.
          Oui, et c’est aussi pour ça, entre autres, que je le lis le François d’ici.

    • #134640 Répondre
      Carpentier
      Invité

      …. La Manche mugit noir et ils sont neuf dans un creux de falaise, postures déterminées par les contours de la roche. / ….

      117,

      Reprenant mon Désertion ce matin, il s’ouvre techniquement à l’endroit où j’ai aussi marqué ma lecture; en cours, un peu plus loin ( en 153) j’avais sans doute décidé de partager aussi ce début de chapitre en 117, début de chapitre qui peint, dépeint, comme on décrit un tableau.

      Ou un plan de film, Kechiche pourrait être intéressé par les droits de/sur ce roman tout autant qu’il le fut, comme on sait, par ceux de LBLV.

      Une main tient une canette de Grim ou un gobelet, l’autre a trouvé refuge dans une poche de jean. / …

      On s’amusera à croquer au moins cette silhouette là, plus tard,
      . 117 toujours: oui, les personnages de cette séquence présentés par le détail, comme on aime parfois le faire avec un tableau;
      Grim pour Grimbergen, l’abrégé m’a égaré en première lecture (pas si familière de la marque)
      C’est le moment ‘ retrouvailles des copains lors de la ‘ perm ‘ de Noël, la perm, oui, puisque finalement, pour Mickaël, c’en est une.

    • #134699 Répondre
      Old Friend
      Invité

      J’ai beaucoup aimé Désertion même si contrairement à d’autres il ne remplace pas mon préféré Ma cruauté qui avait dépassé La blessure, la vraie, mon premier roman de FB et coup de coeur.
      Je n’ai pas le temps de reprendre ce qui m’a plu ou de tenter d’exprimer à nouveau ce qui a déjà été très bien dit.
      Suis-je le seul à avoir pensé que la dimension chrétienne ou spirituelle de François était ici plus sous-jacente que jamais ou alors depuis En guerre ?
      Michael qui devient Mike, c’est un clin d’œil à The deer hunter j’imagine ? Le changement de nom du personnage le fait passer dans un autre statut de personnage de fiction qui annonce son apparition fantastique sur la plage. Le parallèle avec le film de Cimino se voit aussi sur les allusions au fait que Mike serait un « élu » qui échappe à la mort. Est-ce qu’une propension à la superstition chez les soldats est ressortie lors du travail de recherche ?
      Steve aussi est un élu ou un saint, quelqu’un à part.

      • #134703 Répondre
        Tony
        Invité

        The deer hunter est aussi évoqué de façon subliminale quand il est question de geôliers asiatiques qui réveillent leur prisonnier toutes les 15 minutes en le giflant,je ne me souviens plus à quel endroit précisément mais j’y ai tout de suite pensé.

        • #134709 Répondre
          Ostros
          Invité

          Il y a aussi Nick
          Et le parallèle entre le déminage et la roulette russe.
          @Old Friend, j’ai vu aussi la dimension chrétienne, qui apparaît par touche
          Pour moi c’est Steve qui a quelque chose d’un saint

          • #134733 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui c’est vrai qu’il échappe miraculeusement
            Et à ce moment je me suis dit qu’il fallait beaucoup de bonne foi à ses compagnons
            Ça aurait pu basculer, sans elle , dans un questionnement de ceux là sur la traîtrise, mais non , l’infiltration de Mikael n’est pas commandée par l’ennemi, c’est d’un autre bois d’allégeance dont est fait l’alliance qu’il entretient
            Et personne ne songe d’ailleurs à en douter

            • #134827 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « Suis-je le seul à avoir pensé que la dimension chrétienne ou spirituelle de François était ici plus sous-jacente que jamais ou alors depuis En guerre ?
              Michael qui devient Mike, c’est un clin d’œil à The deer hunter j’imagine ? Le changement de nom du personnage le fait passer dans un autre statut de personnage de fiction qui annonce son apparition fantastique sur la plage. Le parallèle avec le film de Cimino se voit aussi sur les allusions au fait que Mike serait un « élu » qui échappe à la mort. Est-ce qu’une propension à la superstition chez les soldats est ressortie lors du travail de recherche ? »
              Je ne peux pas nier
              Et Steve a une croix autour du cou.
              Tony : ce ne sont pas des geoliers asiatiques mais basanés
              cet extrait de film installerait davantage une sorte de racisme d’atmosphère, de racisme culturel qui a cours dans les zones où vivent les deux frères

      • #134724 Répondre
        Malice
        Invité

        Mike échappe à la mort mais
        (attention spoiler)
        il me paraît mal barré à la fin

    • #134760 Répondre
      Plato
      Invité

      qui peut me l’offrir svp? C’est bientôt mon anniversaire (le 20 octobre)

    • #134761 Répondre
      kenny
      Invité

      originalité de désertion: l’épisode syrien est l’occasion de mettre un peu en pause les incises métalittéraires et d’assumer un récit plus premier deug ; on y apprend même parfois en passant des trucs sur les kurdes, du coup je l’ai filé à ma mère qui d’habitude trouve que bégo l’intello fait trop le malin

      • #134825 Répondre
        Gilles – instituteur CE1
        Invité

        Il se rêve en Gilliat Le Malin.

      • #134935 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Ressenti aussi que l’épisode Syrien par sa facture plus classique (kenny dit « premier deug ») permettrait de mieux comprendre la facture de la narration dans Désertion. Mais il n’y a pas un fossé entre deux manières, tout au plus une tension.
        Là où la première partie tisse des micro-situations, et met en jeu des vitesses très différentes (une phrase peut éllipser des années) et peut déroger à la linéarité, la partie syrienne semble opérer un ralentissement, tendre vers une unité de temps, de lieu et d’action. Ce mouvement d’unification générale (action, lieu, vitesse de la période syrienne) est toujours travaillé en son coeur par la prolifération de la première manière qui tisse toutes ses vies et ces discours de combattant. Ralentissement, resserrement, mise en ordre, mais non totalement effectuée.

        • #134939 Répondre
          Billy
          Invité

          Pas d’accord avec le « Premier deug » de la partie Syrie du bouquin, ni avec le fait qu’on sentirait moins le narrateur dans cette partie. Les récits de soldats se succèdent, et à un nouveau récit, je me souviens d’un « S’emballe la narration ». Comme dans la première partie, le narrateur est à la fois discret et présent.

          La différence de narration entre ces parties réside dans la temporalité, le jeu des vitesses très différentes, comme tu dis.

          La partie 1 en normandie, je sens le récit qui avance vite, les années d’adolescence qui filent, qui sont ellipsées, le divorce des parents, la vie de collège en apprentissage puis procès puis animateur pour les aveugles puis le travail au resto…

          La partie 2 en Syrie, c’est une sorte de temps arrêté de la guerre, une suite de portraits de soldats, un temps ralenti, une attente d’on ne sait quoi (de la mort ? de la vie enfin intense ?). Alors que Steve a pu espérer trouver ici un sens à sa vie, y trouver de l’intensité, y sauver les innocents, on le sent surtout attendre. Et tenter de convaincre les volleyeurs de faire du foot.
          Comme si la violence, l’intensité et la vitesse attendues sur le terrain de la guerre étaient niées par les situations décrites et par la façon de les écrire.

          • #134948 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Ce que tu dis de l’attente de Steve me fait penser que sa trajectoire pourrait faire de Désertion un anti-roman d’apprentissage (c’est moins évident pour Steve). Ce jeune héros n’est ni formé par son expérience et sa rencontre d’un milieu différent du sien (Bildungsroman du XVIIIe), ni déniaisé (l’Education Sentimentale), ni détruit (Le Rouge et le Noir). Steve semble hermétique aux événements et paraît inchangé.

            • #134950 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              D’accord pour anti-roman d’apprentissage
              De tout ca Steve n’apprend pas grand chose. Peut-être rien, comme Balavoine.
              D’ailleurs a-t-il bien « fait la guerre »? Si la guerre ne parvient au texte que par des « narrations », c’est parce que Steve n’en aura connu que des narrations. M’intéressait qu’au coeur de la guerre il rate son coeur. Elle demeure une réalité racontée, fantasmée. Il n’y est pas.
              Mike c’est une autre affaire. Lui est au coeur. Mais nous ne sommes pas avec Mike quand il est au coeur.

              • #134951 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                On m’a demandé en librairie comment j’avais fait pour raconter Steve à la guerre alors que je n’y étais pas. J’ai répondu : mais lui non plus
                Puis validé cette réponse.

                • #135016 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Je valide aussi – et le sol qui s’ouvre sous lui pour l’engloutir – et les yeux à jamais fixés dans la surprise, l’effroi et la stupéfaction

    • #134826 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      que sont donc ces  » incises métalittéraires » qu’il y aurait ici et qu’il n’y aurait plus là

      • #134854 Répondre
        kenny
        Invité

        génériquement, tout ce qui vient ébranler le confort de l’illusion romanesque (auquel certains sont attaché, c’est comme ça)
        que ce soit les interventions directes du narrateurs, nombeuses, quelques exemples sont donnés plus haut
        ou par exemple les « on » qui embarquent le lecteur, certains modes/ temps verbaux permettent de jouer avec les attentes « il démentira sans balbutier/il dément en balbutiant », tout ce qui révèle les cuisines de la création « il aura la voix de deschamps et des bottes fluo » ou bien quand parfois le texte semble se commenter, comme des notes de relecture laissées là « il se tape le front, geste un brin caricatural »
        je cite de tête

        • #134860 Répondre
          Alphonse
          Invité

          plutôt métanarratives que métalittéraires, non ?

          • #134865 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            je trouve, Kenny, que ce que tu appelles métalittéraire n’en est pas. Et :
            -je ne vois pas en quoi le « on » est un un commentaire du texte sur lui même
            -« il se tape le front, geste un brin caricatural » n’est pas un commentaire du texte sur lui même, mais au pire un commentaire sur la vie : oui la vie produit des gestes-cliché ; oui il est possible aussi , commentaire psychologique, qu’à ce moment Steve imite, ou exagère son geste par mise en scène de soi ; en somme c’est le geste qui se commente lui-même
            -il est absolument faux qu’il y ait « des interventions directes du narrateurs, nombreuses ».
            En fait j’ai l’impression que tu appelles ainsi toute stylisation de la phrase. « Il démentira sans balbutier/il dément en balbutiant » est un fait se style. Et alors oui dans ce cas le narrateur est partout, je dirais même l’auteur, qui bricole ces phrases. Mais alors je ne vois pas en quoi il y en aurait moins dans le moment Syrie
            (le seul passage authentiquement métalittéraire est d’ailleurs en syrie : art poétique de Kevin)

            • #134867 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              arretons nous sur « il aura la voix de deschamps et des bottes fluo »
              tu appelles ça « ce qui révèle les cuisines de la création ». Tu crois pas que tu exagères un peu? Oui par cette stylisation, qui tient au seul futur, c’est à dire à rien, c’est à dire à une torsion si discrète qu’à mon avis inaperçue par 95% du lectorat, je suggère à mon lecteur que c’est une décision de l’auteur qu’il soit peint ainsi . Mais « cuisines de la création »… allons allons
              Oui il est bien vrai que tout geste narratif est un geste de l’auteur. Je l’ai analysé chez Echenoz. Et que donc toute écriture d’une aventure est aventure d’une écriture. Mais je n’ai vraiment pas l’impression que chez moi cela soit si souvent et lourdement manifesté.

            • #134868 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              arretons nous sur « il aura la voix de deschamps et des bottes fluo »
              tu appelles ça « ce qui révèle les cuisines de la création ». Tu crois pas que tu exagères un peu? Oui par cette stylisation, qui tient au seul futur, c’est à dire à rien, c’est à dire à une torsion si discrète qu’à mon avis inaperçue par 95% du lectorat, je suggère à mon lecteur que c’est une décision de l’auteur qu’il soit peint ainsi . Mais « cuisines de la création »… allons allons
              Oui il est bien vrai que tout geste narratif est un geste de l’auteur. Je l’ai analysé chez Echenoz. Et que donc toute écriture d’une aventure est aventure d’une écriture. Mais je n’ai vraiment pas l’impression que chez moi cela soit si souvent et lourdement manifesté.

              • #134887 Répondre
                kenny
                Invité

                1. sur l’exemple steeve qui se tape le front: ce que tu dis était ma première hypothèse parce que la plus évidente – on pense à toutes les fois où pour exprimer une émotion on va piocher dans les gestuelles ou mimiques conventionnelles. mais j’ai trouvé amusant de la doubler d’une seconde, d’autant que steeve est seul à ce moment je crois, qui est celle du premier jet corrigé, ou du mauvais écrivain corrigé (ou du mauvais directeur d’acteur). la seconde hypothèse n’invalidant pas nécessairement la première, je me l’a garde
                2. je n’ai pas parlé de lourdeur, et si la connotation de « cuisine » l’a laissé penser c’est que le terme était mal choisi. donc plutôt « geste », « arbitraire »… pour ma part j’aime ce qui vient déstabiliser le pacte réaliste, et ce d’autant plus que le roman est réaliste
                3. interventions du narrateur c’est trop général en effet, mais qu’il y ait des adresses au lecteur ça m’a semblé évident. (je sais pas trop si c’est « méta » qui t’agace, il est vrai que de nos jours ça peut être pris comme une insulte) alors oui c’est plus subtil que quand diderot écrivait texto des phrases comme « lecteur tu t’attends à ce que je t’emmène là mais on va plutôt aller par-là parce que je le veux », puisque le nv roman et ses successeurs ont raffiné tout ça, mais il me semble que tu t’inscris là-dedans, plus qu’avant peut-être. les commentaires qui notaient que le roman était echenozien ne disaient pas autre chose, – je ne dis pas echenozien car ça ne lui appartient pas, c’en est juste une des figures contemporaines.

                • #134894 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  je crois qu’on parle bien de la même chose, et tu as une bonne oreille
                  simplement on ne le nomme pas pareil

                  • #134936 Répondre
                    brisemenu
                    Invité

                    Baillement …

                • #134962 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  « mais il me semble que tu t’inscris là-dedans, plus qu’avant peut-être » –> Même réflexion, est-ce plus qu’avant ? Ou sommes-nous plus vigilants ?
                  Dès la première page « comme son y l’indique, l’Academy est une école » il y a le plaisir de reconnaître le jeu sur la langue, les contre-pieds discrets du narrateur (il y a même une fois où il indique qu’une orientation de la narration pourrait s’expliquer pour telle ou telle raison ou simplement par le bon vouloir du narrateur – ou écrivain ? – me souviens plus de la citation exacte) et l’humour in petto. Et puis c’est déjà noté ici plusieurs fois, le travail sur la langue, ma préférence va vers le passage où Kevin discute avec Steve sur le nuage et les pieds qui brûlent sur l’asphalte, qui revient plus tard en écho avec « la pluie la tôle », et on ne sais plus ici qui se dit « la pluie la tôle », si c’est Steve qui a infusé l’échange avec Kevin, ou le lecteur qui a infusé les pages précédentes où « on peut toujours simplifier », et la présence de Steve se fait en nous.

                  • #135017 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Ne serait ce que dans La blessure la vraie, il y avait le « je vois ça d’ici », qui est de même facture.
                    Cette humeur n’est donc pas nouvelle mais oui peut etre un peu plus présente.

                    • #135043 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      LBLV innerve, pour moi lectrice, grandement Désertion
                      comme dit déjà à plusieurs reprises
                      Et ce n’est pas pour me déplaire.

                  • #135041 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    une orientation de la narration pourrait s’expliquer pour telle ou telle raison ou simplement par le bon vouloir du narrateur – ou écrivain ? – me souviens plus de la citation exacte)

                    -> ’ ou écrivain ? ’
                    tu questionnes, je réponds: l’auteur écrit ’ l’auteur ’
                    Lu ce passage hier soir, oui
                    Interactive et stimulante cette lecture, for sure
                    Et tant pis pour les gens fatigués comme dit l’autre.

                    • #135082 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Dans cette page, nous en étions plutôt donc à

                      ….. une orientation de la narration pourrait s’expliquer pour telle ou telle raison ou simplement par le bon vouloir du narrateur – ou écrivain ? – ou l’auteur – me souviens plus de la citation exacte) / ….

                      • #135083 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        écrire des lignes pour le simple plaisir de les écrire

                        ici?
                        rions ensemble
                        Encore faudrait-il que lorsqu’on le fait (prendre plaisir à faire, à écrire des lignes) il n’y ait pas systématiquement qqn.e qui vienne chier dessus

                      • #135089 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et pour essayer de se ‘ faire plaisir ‘ à dire/écrire à propos de Désertion
                        c’est plutôt, en gros, dans cette zone là de la page : D

                      • #135111 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et pour ceux et celles qui, en dehors de se faire beau et belle, lisent peut-être
                        c’est par ici

        • #134888 Répondre
          Mao
          Invité

          Laurent Binet avait cette tendance. Je ne sais pas s’il s’est calmé depuis.

    • #134845 Répondre
      Alphonse
      Invité

      Je n’ai pas terminé Désertion et me garde donc bien de lire pour le moment tous ces échanges, mais une chose m’a frappé lorsque, scrollant bêtement sur Youtube, il me vint l’envie de voir ce que ça donnait, Begaudeau chez Trappenard : tu prononces Steve [stiv], comme Steve Savidan, alors que je le lisais [stève], comme Steve Mandanda. Je pensais à tort que [stiv] s’écrivait Steeve et que c’était une variante francophone tardive que d’écrire Steve – qui se prononcerait [stève], en deux syllabes dans le Sud. Or c’est l’inverse : Steeve, me dit wikipedia, et qui suis je pour le contredire, est rare et n’existe qu’en contexte francophone …
      Ma lecture en est, sinon bouleversée, du moins modifiée.
      / J’avais un copain, gosse, qui s’appelait Steeve avec deux E, puis un autre, au collège, qui s’appelait Steve [stève] et, présentement, je connais un Estève, qui m’aide à réparer mon vélo. Ceci pour préciser que la question, depuis longtemps, me tarabuste.

      • #134849 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Steve, ici, se prononce Stive, comme en anglais
        On apprend que le père a voulu ce prénom en référence à son chanteur de country préféré

        • #134891 Répondre
          Alphonse
          Invité

          « On apprend que le père a voulu ce prénom en référence à son chanteur de country préféré » – alors que mon père a choisi mon prénom pour Lamartine évidemment

          • #134892 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            rire
            et moi pour Hollande

            • #134937 Répondre
              brisemenu
              Invité

              Hu hu hu , je pouffe …

              • #135018 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                pauvre brisemenu
                plus personne que les trolls ne répond à ces posts politimaniaques, alors il va sur les topics littéraires, et comme là il ne trouve aucune perche à quoi accrocher sa politimanie catégorie raciste, il pouffe. Comme il ne sait pas jouer, il pouffe
                on lui suppose l’âge de 14 ans et un début d’acné

                • #135073 Répondre
                  brisemenu
                  Invité

                  Et toc , brisemenu. T’as vu comme mes groupies obéissent ? Je leur dis de ne pas discuter avec toi et ça obtempère derechef. Juste à lever le petit doigt , comme le pape , pour une mise à l’index. Suis le Maaaiiitre , suis trop foooort.
                  .
                  Raté : j’ai 5 ans , nananèèèèèreu.
                  .
                  Faut-il comprendre que « François Bégaudeau » est un troll puisqu’il répond à mes messages ? Je m’y perd , moi avec toutes ces usurpations d’identités.

          • #134938 Répondre
            Tartuffion
            Invité

            D’évidence.

      • #134905 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        « un Estève, qui m’aide à réparer mon vélo. »
        Estève: peut-être francisation de Esteban qui pourrait se franciser aussi par Stéphane. Maître Capello
        Steve: j’ai lu immédiatement « Stive »

      • #134963 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Sans oublier Steeve Estatof, vainqueur oublié d’un autre télé-crochet bien connu

    • #134859 Répondre
      Carpentier
      Invité

      p.154, après un majeur tendu et flegmatique en guise de réponse de certain Vallès à un chambrage de Guillaume l’anglo-saxon sur le projet de l’aéroport en Loire Atlantique qu’on sait, on apprend qu’

      … Une année de cohabitation a rodé le numéro de ces deux-là. En même temps qu’elle a amolli les corps et mis en veille les ardeurs, la routine oisive a détendu les discussions théoriques. Les prises à partie se sont assouplies en provocations puis en chambrages complices, tous s’entendant pour laisser chacun combattre et mourir au nom de ce qui lui chante. / …

      ndC Après six semaines d’entraînement, les volontaires sont ventilés en unités, qu’elles soient fixes – unités fixes – ou mobiles – unités mobiles, et Steve rejoint ‘ la Tabour ‘ de son frère Mike.
      . Lecteur.rice, on y fait la connaissance d’une nouvelle bande, et ça se présente à la façon qu’a l’auteur de décrire les bandes de personnages avec lesquels on va cohabiter, et ce qu’elle soit amie, collègues de boulot, agglutinée pour une événement d’un soir ou dans une file d’attente, la bande.
      La vie, quoi et ce tous s’entendant pour laisser chacun combattre et mourir au nom de ce qui lui chante.

      sonne d’autant plus fort.

      • #134862 Répondre
        Carpentier
        Invité

        merdé les quote-citations, je bis:

        p.154, après un majeur tendu et flegmatique en guise de réponse de certain Vallès à un chambrage de Guillaume l’anglo-saxon sur le projet de l’aéroport en Loire Atlantique qu’on sait, on apprend qu’

        … Une année de cohabitation a rodé le numéro de ces deux-là. En même temps qu’elle a amolli les corps et mis en veille les ardeurs, la routine oisive a détendu les discussions théoriques. Les prises à partie se sont assouplies en provocations puis en chambrages complices, tous s’entendant pour laisser chacun combattre et mourir au nom de ce qui lui chante. / …

        . ndC: Après six semaines d’entraînement, les volontaires sont ventilés en unités, qu’elles soient fixes – unités fixes – ou mobiles – unités mobiles, et Steve rejoint ‘ la Tabour ‘ de son frère Mike.
        . Lecteur.rice, on y fait la connaissance d’une nouvelle bande, et ça se présente à la façon qu’a l’auteur de décrire les bandes de personnages avec lesquels on va cohabiter, et ce qu’elle soit amie, collègues de boulot, agglutinée pour une événement d’un soir ou dans une file d’attente, la bande.
        La vie, quoi
        et ce tous s’entendant pour laisser chacun combattre et mourir au nom de ce qui lui chante.

        sonne d’autant plus fort.

        • #134883 Répondre
          Gilles – instituteur CE1
          Invité

          Carpentier, vous êtes vous lavé les dents ce matin?

          • #134911 Répondre
            Carpentier
            Invité

            et vous votre fondement?

            • #134933 Répondre
              Gilles – instituteur CE1
              Invité

              Nul n’est censé ignorer la poire.

          • #134940 Répondre
            Carpentier
            Invité

            je partage un extrait qui me semble. intéressant et c’est tout ce que
            Gilles-instituteur CE1
            trouve à baver
            quel bonheur infini

            • #134941 Répondre
              Doc Et DeuxBoules
              Invité

              « Ce n’est pas sale, votre corps change. »

              Par ailleurs, il est demandé une certaine exégèse des extraits du maîtres. Le C/C est, je le sais bien, la vertu cardinale des Gen Z. M’enfin…

              • #134967 Répondre
                Carpentier
                Invité

                j’ai contextualisé, réfléchi, analysé et partagé
                en tissant avec d’autres lignes ailées aussi
                j’exige un 10/10, Maître
                car
                je suis géniale, je suis géniale
                je sais., c’est dur de ne pas être à ma hauteur:
                courage, tu vas peut-être valider enfin ton CE1 et passer en ce2

                • #134968 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  lignes *aimées
                  PetitAnge des Écoles

            • #134959 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Continue de partager Carpentina: oui c’est intéressant et c’est pas que moi qui le dit mais FB aussi dans ce topic et dans l’autre, Avis littéraires 3
              Si tout va bien, le mien arrive à la fin de la semaine prochaine prochaine.

              • #134969 Répondre
                Carpentier
                Invité

                je vais m’arrêter là car, une fois mes lignes commentées par un.e emmerdeur.se, FB est ailleurs, passe plutôt ailleurs pour fixer sur des lignes d’orthophoniste, comme plus haut:
                stive? steeve? Steve?
                ok.
                C’est bon, je suis lassée.
                Vous m’avez eu.e, amusez-vous bien.

                • #134970 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  soupir

                  • #134977 Répondre
                    patemiso
                    Invité

                    Dieu soit loué.

                    • #134980 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      laisse donc dieu en dehors de cette merde
                      fait longtemps qu’il s’est barré du forum
                      moi, c’est que de ce sujet que je me tire
                      vous avez tellement pas le niveau
                      + majeur gauche tendu et protéiné avec ma fourchette bien profond dans ta joue droite
                      Même pas sûre que ça saigne tant t’es que dalle

                      • #134983 Répondre
                        patemiso
                        Invité

                        Pathétique, c’est mort pour toi.

                      • #134985 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        va dauber ailleurs, si seulement tu as un ailleurs

                      • #134989 Répondre
                        patemiso
                        Invité

                        Pathétique, c’est mort pour toi.

                  • #134981 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    et c’est maintenant que tu te pointes, toi?
                    benh bien sûr
                    t’as raison: soupir, ouais

                    • #135072 Répondre
                      Doc Et DeuxBoules
                      Invité

                      Monsieur Bégaudeau n’est pas votre ami, amant, copain, poto, connaissance, concierge, caissière du LIDL à qui vous tenez le crachoir indéfiniment, pour martyriser la queue qui vous suit, car, comme vous l’indiquiez plus haut, vous abhorrez les queues, les grosses queues..

                      Mes percepts me feraient penser l’inverse quant aux affects de FB à votre encontre, il fut fort possible que vous le saoulâtes.

                      Alors, gardez la pêche.

                      • #135074 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Oh non je reve juste d’un jour où Carpentier écrira des lignes pour le simple plaisir de les écrire, et non pour etre remarquée, chérie, préférée, ou inversement pour se défendre de vouloir l’être, et se défendre de plein d’autres choses qui chaque fois depuis 15 ans lui font perdre son fil et ses nerfs
                        Je reve d’un jour où elle sortira de l’enfer du méta où elle se fait du mal.

                      • #135076 Répondre
                        Jacky À L’encan
                        Invité

                        Je comprends, et c’est OK.

                        Carpentier est prisonnière du manque d’amour qu’elle a ressenti dans son enfance.

                        Elle est figée dans un Lore où elle a l’impression d’être figurante dans un film p0rno féministe, genre un gros colombin d’Ovidie.

                        C’est DUR.

                        CMB.

                      • #135081 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        n’en rajoutons pas

                      • #135084 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et non pour etre remarquée, chérie, préférée, ou inversement pour se défendre de vouloir l’être

                        Ah, me voilà aux comptoirs des bars de la digue de Malo avant le bal des Corsaires du Carnaval de Dunkerque
                        Psychologie à 2 balles
                        c’est toujours sympa et drôle
                        merci

                      • #135085 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        n’en rajoutons pas
                        au contraire
                        bien au contraire
                        dire plus de saloperies que ça, j’avoue, je suis curieuse
                        d’en savoir plus et encore

                      • #135091 Répondre
                        brisemenu
                        Invité

                        Si désertion inspire tant Carpentier , c’est probablement parce que les mecs ont déserté sa couche. Elle doit même pas attirer des types à problèmes pas trop regardant sur l’hygiène , même les nègres. Obligée de reporter ses fantasmes sur une icône inaccessible pour justifier que personne ne veux d’elle. Pas simple la vie des moches hystériques surtout si elles ont quelque prétention. Toute ma compassion.

                      • #135109 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        merci, tu es trop bon

        • #134906 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          « et ce tous s’entendant pour laisser chacun combattre et mourir au nom de ce qui lui chante. »
          Eh oui!

          • #135289 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Salut,
            Fini Désertion hier soir, après visionnage au ciné du film La grazia, qui est à voir.
            Lorsque tu recevras ton exemplaire du dernier Begaudeau, n’hésite pas à dire, en cours de lecture ou après l’avoir lu en intégral, je m’y replongerai sans doute alors avec plaisir, à mesure de ce que sa découverte t’en fera dire.
            @ +

    • #134961 Répondre
      Maximus
      Invité

      Quitter son pays pour faire la guerre ? Ce que les légionnaires de l’armée Française ont fait

    • #135015 Répondre
      Joe
      Invité

      J’ai fini désertion. Je me pose la question : est ce que FB tu as envisagé de prendre une vraie histoire? Ce qui aurait pu avoir l’avantage, en enquêtant un peu, de poser des faits réels, à charge pour le lecteur d’en faire son analyse, sur ce qui a pu déterminer ou nom le départ en Syrie d’un jeune du type de Steeve.
      J’ai parfois eu l’impression en lisant que l’auteur posait des faits, mais comme ils n’étaient pas réels, ces faits (le contexte/trajectoire/contexte sociale etc) ne pouvaient peut être pas expliquer le départ. Bref c’est pas une intervention très originale, on va me dire que c’est un peu le principe d’un roman, mais c’est quand même mon impression de lecture dominante.
      Mis à part ça beaucoup de chose m’ont plus et intéressées..
      Je lis notamment plus haut que FB tu parles de montrer la guerre où il se passe rien. J’ai souvenirs que dans la gêne sur 1917, tu dis un truc comme « il faudrait faire un film sur la guerre où un soldat attendrait sans qu’il ne se passe rien pendant longtemps » : c’est un peu une partie de ton livre

      • #135036 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Le livre est, dans ses grandes lignes, inspirés de faits réels, d’une vie réelle. Comme souvent les « fictions ». Il n’y a pas de pure fiction. Quand une fiction commence par « le ciel était nuageux », ce n’est pas le,fictionneur qui a inventé les nuages, ni le ciel, ni le mot nuage, ni le mot ciel. Tout récit, comme tout discours, tricote du réel pré-existant (le tricoteur n’a pas inventé la laine, ni les moutons). Après, chacun fera ce qu’il veut avec ce tricot.

      • #135290 Répondre
        Carpentier
        Invité

        j’ai à peine commencé à écouter la soirée de FB à la Maison de la poésie, hier soir
        (Laurent en a partagé la captation vidéo dans ‘ p. 19 forum ‘
        Dès la première question de la meuf qui l’interviewe, l’auteur explique bien cette histoire de

        en enquêtant un peu/ de / poser des faits réels

        car il a rencontré des types qui se sont engagés comme les persos de Désertion
        Je l’ignorais mais à l’aune d’une lecture à minima attentive, on se le dit quand même, non?

        • #135292 Répondre
          Carpentier
          Invité

          en revanche, c’est quand même marrant (dans le sens de son utilisation chtie à savoir ‘ bizarre ‘ ) cette obsession de toujours vouloir tout piger à ce qui arrive,
          y compris
          – pour expliquer un départ en Syrie pour y combattre
          – pour repérer des déterminations à le faire, à s’y engager

          C’est quand même avoir une drôle de conception de la vie, de ce que c’est que d’être en vie et de faire de la maîtrise, du tout-explication, son mantra, sa conduite secure du quotidien, non?
          – tiens, rien qu’aujourd’hui, je te propose qu’on s’amuse à noter, y compris avec/autour de notre petite organisation pour ce dimanche, tous les imprévus, plaisants et moins
          À chacun.e d’y pêcher ensuite s’il y tient, ce qui relèvera de déterminismes et de les nommer même, social, culturel, de genre ….
          si ça l’enchante (comme Le gateau du président l’a fait avec le Tout Cannes, comme on sait donc.)

          • #135294 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Aimer piger tout ce qu’il y a à piger dans la vie n’implique pas de penser que toute la vie est pigeable
            Mes romans, tu l’auras vu, sont emplies de notations qui excèdent le domaine du pigeable.
            Mantra de La bonne nouvelle, pièce : La vie est plus vaste que la raison, et c’est très bien comme ça.
            En somme : joie d’élucider, joie du non-élucidable
            Ecrire brasse ces deux joies.

            • #135429 Répondre
              Carpentier
              Invité

              oui, oui, oui, je réagissais plutôt à la suite du post de joe
              car tu sais, je commence à connaître un peu tes écrits et, même si je reste une piètre conseillère ciné pour toi, je pense connaître un peu ce à quoi tu es attaché dans tes différentes pratiques artistiques
              Merci pour cette précision, toujours utile pour préciser néanmoins
              bonne soirée,

    • #135028 Répondre
      Ciocana
      Invité

      Comme une mule a rempli les poches de Bolloré, celui-ci remplira celles de Bernard Arnault.

      • #135037 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Et ainsi Ciocana lira plutot Du mépris, qui n’enrichira que Cause perdue, où ne s’activent que des gens pauvres et vertueux.
        Il se procurera aussi La banalité du bien, qui sort juste après chez le même éditeur. Mais aussi avant cela Fuites, d’Etienne Bretin, et Doucement, de Mathieu Frou.
        Que des bons livres
        Bon choix, Cociana.

        • #135167 Répondre
          Ciocana
          Invité

          Ce qui ne change absolument rien à l’éditeur de ce livre-ci, pour laquelle vous bénéficiez d’une exposition médiatique certes modeste, mais non pas moins appréciable j’imagine lorsque l’on veut avoir des lecteurs.
          Peut-être ce qui aide a faire passer la pillule ? A moins qu’elle ne soit pas si compliqué que ça à avaler.

          • #135215 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Avaler quelle pilule?
            Avaler l’état de fait que 90% de l’édition est aux mains de propriétaires soit fascistes soit droitiers soit simplement bourgeois puisque propriétaires?
            Elle s’avale assez bien effet
            Comme s’avale assez bien la pilule de gagner sa vie comme prof, payé par l’Etat dresseur d’enfants.
            Question donc : comment doit faire un écrivain qui voudrait, légitimement, vivre de ses travaux écrits? Quel éditeur pour le rémunérer sans la salir ?
            J’attends vos précieux aiguillages économiques. Je crois que c’est plus avisé que d’attendre vos retours de lecture
            D’ailleurs à défaut de lire des livres Cause perdue, vous pouvez toujours participer au comblage collectif de notre trou financier après un an d’exercice. Par chèque ou virement, comme vous voulez.

            • #135295 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Cause perdue, vous pouvez toujours participer au comblage collectif de notre trou financier après un an d’exercice. Par chèque ou virement, comme vous voulez.
              Un trou financier après un an d’exercice?
              Il vous faut combien?
              Idée: le crowfunding
              Sinon dire la somme dont vous avez besoin. Ce serait dommage vraiment que ça s’arrête.
              Les désargentés, les pauvres ne sont pas riches mais sont nombreux et chacun donne selon ses moyens
              Idée: une matinée dominicale de lecture, de poèmes avec entrée payante. Avec des gros thermos de café, de thé, de tisanes + biscuits pour  » un moment convivial etc » Succès garanti!!

            • #135390 Répondre
              Ciocana
              Invité

              C’est bien la pilule dont je parlais oui.
              J’ai pas vraiment de bons conseils comme vous vous en doutez. Mais je me dis que s’il faut attendre de quelqu’un qu’il n’aille pas voir chez Hachette ou Gallimard je le ferais avec vous: pas l’impression que vous soyez complaisant avec la bourgeoisie et le fascisme, vous avez le choix de l’employeur (contrairement aux profs), vous avez une notoriété et un nombre de lecteur qui donnerait sûrement envie a beaucoup d’auteurices.
              Après si vous me dites que personne d’autre ne voulait du sujet ou que vous avez besoin de temps en temps d’aller chez un gros éditeur pour payer votre loyer/crédit je pourrai difficilement vous contredire.

              • #135392 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Pour un conseiller en carrière pur et sans compromission, je vous trouve bien mal renseigné
                J’ai publié des livres chez des éditeurs (relativement) indépendants et irréprochablement de gauche. Notamment les Editions Divergences. J’ai vendu 4000 exemplaires de Comment s’occuper, et nos livres collectifs sur Arles puis Brest se sont vendus à respectivement 1000 et 1500. C’est à dire pas de quoi vivre.
                Chez Amsterdam, ça monte plus haut, mais pas de quoi manger durablement non plus. Le second ayant pati d’une sorte de bannissement par la sphère militante (librairie, presse papier, journaux et médias en ligne)
                Chez Cause perdue nous verrons en avril. Je suis certain que vous serez très attentif aux chiffres de vente de Du mépris.
                En attendant, force est de constater qu’à ce stade avancé de ma carrière je ne peux pas, littérairement parlant, compter sur l’aura mondiale de mon seul nom pour manger

                • #135395 Répondre
                  community
                  Invité

                  Combien avez-vous gagné avec votre livre amour ?

                  • #135397 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Beaucoup plus, puisque j’en ai vendu 80000, et que le Poche se vend bien
                    Mais précisément L’amour c’est Verticales-Gallimard, avec la force de frappe de cet éditeur, en termes de mise en place, de pub, de connexions avec la presse et le réseau libraires, etc.
                    Les gros ne sont pas gros pour rien.
                    Histoire de ta betise, c’est Fayard, donc force de frappe aussi. Et d’ailleurs, ce qui ne semble pas soucier Ciocara, c’est le sort de ce livre, et de Notre joie, maintenant que Fayard est entre les mains de Bolloré. Leur sort est que l’éduteur droitier ne fera plus rien pour les vendre, et qu’après épuisement du stock ils ne seront plus réimprimés : voilà le problème, autre qu’abstraitement moral, que peut représenter le fait d’avoir été racheté par Bolloré)

                    • #135409 Répondre
                      Ciocana
                      Invité

                      Je m’y étais engagé: je ne peux pas vous contredire. Mais pas mécontent de toutes ces infos, ça reste intéressant de voir à quelle échelle sont publiés vos livres – le nombre de tirages est rarement évoqués dans la presse sauf pour les best sellers.

                      Ensuite sur le sort de vos livres publiés avant le rachat de Fayard (c’est le cas d’histoire de ta bêtise aussi non ? J’en ai un exemplaire dans ma bibliothèque, comme quoi on est tous faillibles), ce n’est pas un manque d’égard mais simplement que je n’y avais pas pensé.

                      • #135440 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je crois que tu n’avais pas pensé à beaucoup de choses, et pour une raison simple : tu t’es précipité sur la morale (compromission! corruption!) sans du tout prendre le temps de t’informer sur la situation.
                        Il y a ceux qui jugent une situation et ceux qui tachent de la connaitre. Ce ne sont pas les mêmes.
                        Histoire de ta betise et Notre joie sont en effet parus avant le rachat par Bolloré – et surtout avant la décision de faire de Fayard, editeur historiquement à gauche, le centre nucléaire de l’édition d’extreme droite. Mais désormais la vie de ces livres est entre les mains des Bolloré girls. Qui certes ne feront rien pour le faire vivre.

                      • #135442 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        si tu as d’autres questions, je me tiens à disposition
                        on adorerait que tu aies commencé par ça (des questions)

                      • #135456 Répondre
                        Ciocana
                        Invité

                        Alors autant sur le devenir de Fayard je fais amende honorable, mais ce n’était pas tellement la question de base.
                        Sur le reste, le fait que tu publies aujourd’hui en connaissance chez Gallimard ou Stock, je reste malgré tout assez septique. Surtout pour Stock finalement, pousser le sujet de Comme une mule sur les étagères de nombreuses librairies propulsé par cet éditeur pose la question de ta complaisance à l’égard de son propriétaire.
                        J’ai tendance à penser que si mes remarques étaient aussi dénuées d’intérêt que tu le soulignes, tu ne m’aurais sûrement pas repris plusieurs fois.

                      • #135459 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je ne t’ai pas repris, je t’ai répondu.
                        je t’ai répondu parce que je n’aime pas qu’on dise n’importe quoi en général, et en particulier à mon sujet. Et je n’aime pas les procès moraux non-informés.
                        Je t’ai répondu aussi pour t’informer sur un domaine sur lequel tu as statué sans le connaitre, sur une situation, la mienne, que tu juges vertement sans en rien connaitre.
                        Je t’ai répondu évidemment sans espoir de te désembourber de ta morale. Et de fait : tu en restes au même point. Et alors je te repose la question : tu me proposes quoi pour que je vive de mes travaux écrits?
                        Sur Stock / Comme une mule :
                         » Surtout pour Stock finalement, pousser le sujet de Comme une mule sur les étagères de nombreuses librairies propulsé par cet éditeur pose la question de ta complaisance à l’égard de son propriétaire. »
                        1 phrase tarabiscotée et au bout du compte illisible (seul copte, toujiurs,le point de chute moral : complaisance, nanani.
                        Quelques infos, donc :
                        -ce livre se retrouve chez Stock parce que mon éditrice de Pauvert-Fayard s’est fait virer de chez Fayard et a été recasée chez Stock, alors que l’écriture de CUM était engagée.
                        -ce livre se retrouve chez Stock par loyauté à ladite éditrice (notion que ta morale vue du ciel ne saurait comprendre), et parce qu’aucun éditeur « de gauche » n’aurait voulu le publier.
                        -ce livre a été largement invisibilisé par toute la sphère « de gauche », si ce n’est sous la forme d’un procès sans le lire.
                        -ce livre que certains tiennent pour mon meilleur ne s’est donc vendu qu’à 8000 exemplaires, ce qui n’a pas « rempli les poches » de Bolloré (Bardella en vend 300000), et pas non plus celles de l’auteur
                        La question posée plus haut est donc décidément opportune. On attend.

                      • #136554 Répondre
                        Omar
                        Invité

                        Je suis ravi de certe interpellation outrancière parce que la réponse de François m’intéresse beaucoup. J’en profite pour redoubler d’impertinence et te demander François de nous parler un peu de ton frère, et n’y vois là aucune intention de troller, je suis juste convaincu que ce serait passionnant

                      • #136557 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Cette question ne me gene pas. Mais comment te répondre en moins de 300 pages?
                        Je parle de mon frère dans Deux singes, vers la fin. Ce qu’il fut pour moi dans la -brève- période où nous cohabitames voire partageames une chambre. Le rock, l’humour – pas exactement des petits dossiers.

                      • #136627 Répondre
                        Omar
                        Invité

                        Oui bien sûr j’ai lu deux singes, les premiers accords d’une chanson de Téléphone, je me souviens. Mais tu n’as jamais écrit sur comment et pourquoi tu as coupé les ponts avec ton frère, en tout cas si tu veux en fais 200 pages tu auras un lecteur.

                      • #136628 Répondre
                        Omar
                        Invité

                        Si tu veux en faire 300 pages *

                    • #135410 Répondre
                      graindorge
                      Invité

                      Pour aider Cause perdue, que dis-tu du crowfunding?
                      Pas mal je trouve, ça aide bien

                      • #135418 Répondre
                        Ciocana
                        Invité

                        C’est pas de droite le crowdfunding ? Merde je sais plus

                      • #135419 Répondre
                        communityuc
                        Invité

                        Tu t’adresses à graindorge pas à ..griandorge. Pour être plus clair, tu t’adresses à une usurpatrice.

                      • #135422 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        c’est quoi encore ces cagades. Pas d’usurpatrice.

                        Je croyais qu’on pouvait participer à trouver des idées puisque François Begaudeau a parlé des problèmes financier de CP. Le crowfunding était une idée. Parmi d’autres.

                      • #135425 Répondre
                        communityuc
                        Invité

                        ..

                      • #135424 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        Ma question sur le crowfunding était adressée à FB

                    • #135411 Répondre
                      Alphonse
                      Invité

                      Putain, « Pauvert » aux mains de ces salauds. C’est pas le pire de la situation actuelle, mais ça fait chier, tout de même.

    • #135198 Répondre
      Schnoups
      Invité

      Petite pensée pour Céline
      Qui dit, complètement bourré à un flic fasciste de Malibu : Jackie Treehorn traite les objets comme les femmes ?

      • #135203 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Le Dude.

        • #135204 Répondre
          Schnoups
          Invité

          Fucking-A !
          T’as gagné le droit d’organiser le prochain Klakoku 2026 au Cap d’Agde à la place de François.
          Bravo Julien.

    • #135976 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Page 16
      « Si l’histoire-géo et le français consistaient à taper dans un ballon il y mettrait du cœur et la bonne fatigue d’une journée de cours lui octroierait un sommeil si profond qu’épargné par le cauchemar récurrent où on l’enterre vivant. »

    • #135997 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Des mélanges infâmes, indigestes  » ça l’écoeure et c’est le but. Le prix à payer pour qu’une journée sans école s’offre à lui comme une accalmie entre deux scènes de guerre. »
      C’est casse-pieds de devoir interrompre ma lecture.
      Forme + fond : sacrée musique! J’ai la boule à la gorge.
      Les larmes sont pas loin. Eu aussi des rires et des sourires. Si c’est pas vivant un livre, alors je change de prénom.
      Je connaissais pas beaucoup le romancier: c’est mon quatrième roman. Oui cet écrivain est chrétien quand il écrit.

      • #135999 Répondre
        kenny
        Invité

        concentre-toi sur ta lecture grain, tu nous feras un retour à la fin

        • #136005 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          l’impératif? ici chacun.e fait comme bon lui semble. Rien ne vous oblige à lire. Et ce  » tu NOUS feras un retour » Il y a un NOUS??? Ce n’est pas une question.
          Un autre impératif: concentrez-vous sur vous-même. Graindorge svp mais je ne vous adresserai plus jamais la parole alors pas de souci

    • #136067 Répondre
      Younès
      Invité

      Je viens de commencer la lecture du livre.
      J’ai très vite pensé au film de Clint Eastwood « Le 15h17 pour Paris » (que j’ai vu récemment) dans la manière que tu as de traiter la généalogie d’un acte hors-norme (même s’il diffère de nature avec ceux des héros du film d’Eastwood). Cette pensée m’est venue lorsque Céline s’interroge sur l’attrait qu’ont Mickaël et Steve pour Battlefield. C’était aussi montré chez Eastwood (malgré lui, peut-être) : des jeunes davantage attirés par la bestialité de la guerre plutôt que par un quelconque idéal à défendre.
      J’aime beaucoup comment tu ne lâches pas la posture « d’enquête » (réfutes-tu ce mot ?) tout au long du livre (en tout cas des 50 premières pages que j’ai lu). Les dialogues ou les remarques des protagonistes sont insérés dans les paragraphes, le plus souvent sans guillemet mais perceptibles grâce à un vocabulaire précis, sans en faire des caisses (chose que j’avais beaucoup aimé dans le roman de Thomas aussi). Comme nous saurons jamais ce qui les ont poussé à rejoindre le Rojava, c’est d’une grande lucidité que de vouloir prendre de la hauteur, sans défendre un mode explicatif. Peut-être est-ce cette intention qui pose les bases de cette posture que tu adoptes ?

    • #136165 Répondre
      Alphonse
      Invité

      Je me souviens de la réaction d’une amie lorsque je lui avais parlé de L’Amour : surprise, un peu goguenarde, face à l’étroitesse du pitch (pourtant, cette même amie venait de terminer 500 000 signes pour raconter l’arrivée d’une vague à peine plus haute que la moyenne de celles qui se pressent sur le littoral landais, 500 000 signe qu’elle chercherait en vain à faire éditer). J’avais dit quelque chose comme : et Bovary ? et Un coeur simple ?
      Frappé, donc, par l’arrivée – éventée par les quelques apparitions médiatiques du roman avant lecture – du Rojava, de la guerre, bref : d’un sujet. Ce livre offre l’apparence de se donner un sujet. Un sujet qui, précisément, sort de l’ordinaire. A un moment j’ai d’ailleurs pensé : qu’est-ce que ça peut bien faire d’avoir ses fils qui partent à la guerre ? Voire : c’est quand même pas banal. Pourtant le livre insiste sur ce banal d’autant plus extraordinaire qu’il résiste à l’extraordinaire. Que dans le chaud de la guerre il y a le froid de l’attente. Toujours ce corps en trop, toujours ces interactions dont on n’a pas les codes. Toujours ce temps qui passe et qui nous passe à travers. Toujours ces vies, grandioses et misérables.
      En bref : Salammbô.
      *
      Et 2 questions :
      – et d’abord celle-ci à l’auteur, qui y a sans doute déjà répondu … (j’avoue ne pas avoir très envie d’écouter toutes les vidéos youtube qui portent sur le bouquin, mais si on m’indique une ref, je vais voir) – quelle documentation ? Si je tire le fil de l’analogie, Flaubert s’est considérablement documenté pour Salammbô, en allant à Carthage, en bouffant tout ce qui était disponible sur le sujet. Et toi : est-ce que, par exemple, t’as rencontré des gens partis au Rojava ? Est-que tu es allé à Kobanî ?
      – y a deux passages qui m’ont fait plisser les yeux de perplexité un poil déçue, deux passages où le sujet résiste, deux passages où le narrateur trouve une combine pour expliquer au lecteur quelque chose sur le Rojava, l’organisation des Kurdes, etc. Deux passages, très brefs, documentaires. Deux passages où le soupçon surgit d’avoir voulu placer sa doc. Je me rends compte à ce stade de l’écriture que ma coloc a embarqué mon bouquin pour la journée et que je ne peux citer le numéro des pages, mais : est-ce que vous voyez ces deux passages ? Est-ce que, dans la genèse du texte, ils ont donné lieu à des arbitrages serrés ? Est-ce que tu avais envie de dire quelque chose à propos du Rojava ? Est-ce qu’il n’y a qu’à mes oreilles que ça a tiqué ?
      *
      D’un mot : j’ai rien à en dire de particulier, mais j’ai applaudi le vertige généré par l’ellipse dite du « Retour de Steve ». Quelle joie ça procure, ce genre de truc. Et c’est pas seulement la beauté formelle d’une technique diégétique audacieuse : c’est aussi deux mondes qui se télescopent (comme, quelque pages plus haut, à peine adouci par un saut de ligne, la juxtaposition d’une scène au front et d’un souci de Pierrick) et un fragment du réel qui disparait. D’ailleurs, mon âme polareuse aurait envie que se niche dans ces quelques jours tus le ressort dramatique d’un second tome – quels furent ces coups de main de la DGSE ?

      • #136174 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Effectivement je me suis documenté. Pas tant que ça, beaucoup moins que Flaubert (j’ai moins de temps que ce rentier, et ça m’emmerderait de ne faire qu’un livre tous les cinq ans). Témoignages directe, écrits, quelques videos.
        Effectivement l’enjeu est surtout de ne jamais avoir l’air de vouloir placer sa doc. Mais le passage que tu dis concerne sans doute l’organisation précise du Rojava démocratique. Ca c’est difficile, si tu ne veux pas trahir le chose, de ne pas en restituer la structure telle quelle. Reste qu’il n’y avait rien que j’aie absolument envie de dire ou montrer. Ce qui compte c’est mon. personnage et ma trame. Dans cette trame entre du document, ou n’y entre pas. Si ça ne veut pas, ça ne rentrera pas, on laisse dehors.

    • #136193 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      J’en suis à l’envie de Mike/ Mickaël d’aller à Raqqa.

      *****
      La scène qui a fait basculer Mickaël c’est celle du vol
      La raide justice qui l’a condamné à 9 mois de Centre Éducatif Fermé n’a rien éduqué et tout fermé dont Mickaël qui y a perdu beaucoup dont son sourire
      Pourtant le lecteur, la lectrice auraient pu témoigner de leur gentillesse avec la dame à la rose: ils lui ont tenu le sac, lui ont indiqué le bon chemin.
      Ils sont arrivés ponctuels, à l’heure convenue Le lapin posé par l’acheteur potentiel les a agacés, énervés.  » par un après-midi de soleil venteux », un 27 avril qu’ ils auraient pu passer bien autrement si et si et si mais voilà… Et puis le manque. D’argent et pas que. Merci Tony. Mais pas que. Merci l’Etat et ses deals juteux et légalisés avec les fabricants de tabac: le paquet de chips devient paquet de clopes.
      Trop long à raconter par le menu à la raide Justice. Céline  » ils l’ont mis avec des délinquants »
      Bien évidemment, non c’est pas bien « un harai goshi » a precisé le jeune judoka, ceinture marron ( excusez du peu, la suivante c’est la noire quand même) C’est pas bien du tout un croche- pattes ni à une dame âgée de 76 ans ni à personne dans le but de voler l’argent.
      Pourquoi pas une peine de x mois à aller voir la dame à la rose factice, lui faire ses courses, lui offrir des vraies roses, l’inviter à un salon de thé? C’était la première fois Y’avait des solutions. Mais les lecteurs et lectrices ne peuvent rien

    • #136543 Répondre
      Alex
      Invité

      Je ne sais pas s’il a déjà été partagé, mais j’aime beaucoup ce passage qui montre parfaitement le fait matériel remarquable et tragique que représente l’école, et par extension, la société. Des centaines de corps tristes qui s’activent méticuleusement à leur tristesse. Dans le « fatale bien qu’évitable », une ouverture.
      .
      « On peut compter sur les élèves pour tenir impeccablement leur rôle. Ils seront là dès 7 h 50, agglutinés devant le portail comme impatients de le franchir tirés de leur drap chauds par une force irrésistible. À l’ouverture ils convergeront somnambules vers le hall puis se répartiront dans des salles numérotés où des adultes leur dispenseront les cours programmés. À 10 h 15 en salle 102 une intervenante extérieure créera un silence cristallin en pointant le clitoris sur un dessin cartonné. À 11 h 27 un enseignant d’une matière rendra les copies notées de 3 à 18 d’un contrôle portant sur un sujet. À midi Steve se réjouira que le menu comprenne des biscuits qui tiennent mieux dans la poche que les crèmes en pot. En EPS Novak s’appliquera à ne pas le prendre dans son équipe de basket et le banni aussi planté dans le rond central que ligoté à son sort n’aura d’autre issue que de fixer ses New Balance grises semelles jaunes. Il n’y aura pas eu de tornade, pas d’explosion, pas de fuite de gaz fatale bien qu’évitable. Pas d’enseignant agressé, ce n’est pas le genre de la région. Pas de grève, ce n’est pas le genre de la corporation. Ce mardi collera point par point aux emplois du temps des sept cents individus indéfectibles qui chaque matin se retrouvent comme s’ils s’étaient choisis. » p. 36-37

      • #136546 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        j’aime bien ce passage, que j’ai lu à a la soirée Verticales (pour preuve)

        • #136563 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui – j’aime bien aussi
          Même si c’est l’oppression
          Le texte qui produit une force centripète
          Sans point d’attraction pourtant
          – chaque phrase me donne une impression d’orbitale : la plus large en premier
          – chaque mention d’heure la fait tomber vers une orbitale plus courte , de niveau inférieur d’énergie
          – la dernière finie dans un cercle de solitude les yeux sur les pieds : la pesanteur

          • #136564 Répondre
            Claire N
            Invité

            Ça donne une impression bizarre de devitalisation méthodique du temps, il n’est plus «  évitable « 
            Et s’écrase sur la matière

            • #136565 Répondre
              Claire N
              Invité

              Je me demande même si ce n’est pas une des saisie les plus matérialistes de la dépression qu’il m’est jamais été donné de toucher

              • #136568 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                peut etre parce que je n’essaie pas de détailler l’état de Steve directement : je ne dis que les gestes, les actes

              • #136624 Répondre
                Alex
                Invité

                « Je me demande même si ce n’est pas une des saisie les plus matérialistes de la dépression qu’il m’est jamais été donné de toucher ». Oui voilà, merci

                • #136669 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui j’avais remarqué cette façon non intrusive, que je trouve d’une grande délicatesse pour ma part – façon de ne pas objectaliser le personnage
                  Une manière – la seule digne – de respect

      • #136844 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Post de Schnoups dans le topic  » Comme une mule 2 « Je suis AESH dans un lycée professionnel à Thiers (très populaire donc), et j’ai côtoyé pendant deux ans des classes d’indus très très très drôles – très masculines, et l’ironie, ce que j’appelle aussi le gentil fouttage de gueule, est omniprésente, entre eux et envers les profs, évidemment, et envers le travail scolaire, leur posture de lycéens ils la supportent notamment comme ça. »
        « leur posture de lycéens ils la supportent notamment comme ça. »
        Dans la vie ce ne sont pas toujours comme dit Alex  » Des centaines de corps tristes qui s’activent méticuleusement à leur tristesse »
        Certes pour dénoncer la machine école, l’auteur y est allé et pas de main morte. Il a fait des choix. compréhensibles et cette réalité là existe :  » agglutinés », « somnambules » ( à 7:50 oui, j’en témoigne)  » La force irrésistible qui les tirent des draps chauds » Comme on est encore loin d’être sortis majoritairement de cette auberge, oui, la vitalité des corps collégiens, lycéens leur permet de survivre en choisissant souvent l’ironie, le rire. Entrecoupés de fait divers, de violences , de burn out de profs. Tiens? On parle souvent des burn outs des profs. On parle de burn outs d’élèves?

        • #136849 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          les burn out d’élèves ca s’appelle la dépression
          ou alors la phobie de l’école – on en ramasse beaucoup des comme ça dans les écoles alternatives
          cette angoisse terrible d’y retourner – et cette disposition à se couper un bras (ou à se rendre malade dans le cas de Steve) pour ne pas y retourner

          • #136854 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Se rendre malade. C’est la première chose que j’ai partagé. Et le « cher » capitalisme se frotte les mains via les laboratoires pharmaceutiques et les psys fleurissent comme marguerites au printemps  » on va les soigner ces gamins, on va les aider »
            Trouvé ça
            Tendance jeune 76 ! : Le burn-out scolaire : l’école, une source de souffrance ? https://share.google/Ra7YpVjlezzcRDwQP

    • #136651 Répondre
      graindorge
      Invité

      page 181
       » Georges peut désamorcer les mécanismes les plus sophistiqués, retors, sadiques. L’ennemi a de telles ressources dans le Mal que son humanité ne fait plus de doute. Ce n’est pas l’inhumanité des hommes mais leur humanité qui s’atteste dans la méticulosité, perverse ou non, qu’ils mettent à concevoir des armes comme ils ont conçu des sonates de Bach.
      Les carnivores les plus féroces n’ont pas ce raffinement dans l’horreur et dans la beauté. »

      • #136676 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui- ce passage est vertigineux
        Et j’aime bien que l’ intentionnalité soit contingente – «  si c’est un homme « alors, l’homme est hors d’atteinte pour sceller ce sceau

    • #136705 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      L’intensité
      Cette intensité recherchée
      par Mickaël qui  » veut en prendre plein la gueule »
      par Steve qui refuse la proposition de stage de sa mère à l’hôpital.
      par Liz qui explique que non Mike, snipeuse, c’est pas de « l’immobilité forcée » mais de l’immobilité intense. Le qui-vive permanent tout le temps »
      par Georges (pourquoi la lectrice a t-elle pensé à Bernanos?) Georges qui « projetait d’entrer dans les ordres avant que ce conflit démoniaque n’ajourne sa vocation, ou la réoriente »
      Georges qui  » tout l’après-midi a récolté des bouts de son ami dans un sac-poubelle sur un rayon de 50 mètres » Son ami, formateur en déminage. Les villageois qui « ne voyaient pas l’intérêt de s’emmerder comme ça sous le soleil tapant . Georges voyait l’intérêt. »
      par Georges qui dit  » de mission en mission tu mesureras que tu n’existes jamais autant que l’espace de ces secondes où ta vie est TRÈS LITTÉRALEMENT* entre tes mains. Cette intensité-là à force tu ne la redoutes plus tu la recherches » ( *majuscules de la lectrice)
       » C’est tellement rare que la vie soit sérieuse, Steve.
      Soit consistante, soit préhensible  »
      L’auteur lors de l’entretien dans Aloha m’a fait très plaisir en parlant, vers la minute 36 ou 37, du quotidien, qu’il ne tient qu’à nous de rendre le quotidien intense et passionnant. Le quotidien est rempli d’affrontements, de défis comme ce que lui nomme  » surmonter les pulsions » Ne pas interrompre un proche par exemple dit-il.
      Je pense car je le vis: nul besoin de chercher l’aventure et des sensations fortes à Raqqa ou ailleurs, on peut être Snipeur chez soi, déminer nos mensonges et névroses, se traquer tranquilou. Le quotidien est un formidable terrain de jeu, d’observation du sujet, immobilité intense. Parfois on en prend plein la gueule. On tombe. On se noie et pas dans un verre d’eau, dans un tsunami. C’est très intense, consistant.
       » je suis pas fou » répétait Steve a la prof qui ne voyait que sa leçon sur la différence entre sens propre et sens figuré à propos  » des délires avec mon frère »
      Délires au figuré mais la prof ne comprend pas que l’élève ne comprend pas et qu’il vit une tragédie: il s’imagine être dans une montagne de sable où il n’arrête pas de glisser en répétant  » je suis pas fou » à une bornée.

      • #136756 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Graindorge de reprendre ici ce passage sur le sens propre et le sens figuré
        Et de le replacer dans une réflexion sur l’intensité
        Avec en filigrane ce qui avait été évoqué sur la virilité

        • #136766 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          oui a minima je peux dire que Steve et surtout Mickaël sont en manque d’intensité

          • #136792 Répondre
            Schnoups
            Invité

            D’où ces anecdotes placées au milieu du roman. Désirs d’histoires à raconter, désir d’intensité.
            Très bon d’ailleurs quand Mike répond « je me souviens plus » à une anecdote où l’intouchable Mike a encore frôlé la mort.

            • #136793 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              intouchable, j’aime bien
              qu’on pourrait décliner en : inaccessible
              voire indécryptable

              • #136802 Répondre
                Schnoups
                Invité

                « indécryptable »
                D’où ce retour final avec un soleil écran canal+ sans décodeur un peu.

    • #136787 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Je voulais mettre un ou deux espaces avec « ***** » avant d’écrire ce passage qui commence par  » je suis pas fou » mais le fourgon de Yolanda et Manuel venait d’arriver. On devait leur livrer des bouquets de blettes et de persils qu’ils allaient vendre aujourd’hui dimanche au marché de Güimar ( Gouimar) alors j’ai cliquer sur « envoyer »

      ******
      Je viens de finir le livre il y a presque 20mn.
      Déjà dit que j’ai lu 4 romans. Dit à Nedjma En guerre est mon préféré ( jusqu’à la page 273 environ bien que
      je l’ai lu jusqu’au bout)
      Désertion devient mon préféré.
      Oui Claire, cette virilité là

    • #136855 Répondre
      Seldoon
      Invité

      J’ai fini Désertion hier soir avec très grand plaisir. Au tout premier degré qui est celui où lecteur rime avec consommateur, j’ai craint tout le long une fin plus dure. Or la dernière partie à quelques pages près est étonnament mignonne. Pas la peine de revenir longuement sur la double critique ridicule des Midis de France Culture, je note simplement que Sorbier avait beau être noyée dans ses contresens elle ne s’est pas trompée sur l’opposition de fond, elle a bien reniflé le déserteur.

      • #136865 Répondre
        Seldoon
        Invité

        On parle dans un autre coin du forum d’ironie. Le travail comique de Désertion est fondamentalement ironique et c’est la plus grande réussite sur ce terrain dans les romans de François – parmi ceux que j’ai lus. Tout le le long j’ai souvent souri, et pendant tout le début – l’enfance – j’ai été sourdement ému. Le passage est nourri d’un travail au fond rancièrien qui tout en douceur et bien au-delà de la question du harcèlement prend salement aux tripes. Je me suis demandé si le switch du harcèlement n’était pas un tantinet brutal : est-ce qu’une rumeur ne grossit pas plus lentement que ça, est-ce qu’on passe vraiment d’intégré à paria aussi vite parce qu’une fois on s’est approché de celui qu’il ne fallait pas approcher ? La déshumanisation du harcelé ainsi que la violence qu’il subit avancent souvent de façon progressive. Je me permets d’autant mieux cette remarque que ces pages sur le harcèlement, déjà louées ci-dessus, sont par ailleurs d’une grande finesse et d’une irréprochable objectivité. Le harceleur et le harcelé ensemble pris dans la même toile qu’ils font semblant de choisir pour moins la subir et ainsi la subissent plus, et jusqu’à un certain point les rôles auraient pu être renversés. Ma lecture a perdu en intensité autour des premiers boulots et de la délinquance mais faut dire que je vote Retailleau et puis je me suis bien retrouvé au Rojava où on écrit décrit l’attente et la roulette russe. L’action est rare, au passé ou au passif même quand le guerrier est bourré de talent – ce mix de désir qui vient des tréfonds de l’enfance, d’instinct qui vient d’on ne sait où et de divin hasard. Pas sûr du choix d’avoir glissé un poète parmi les combattants. J’aime beaucoup ce que ça permet ensuite avec les reformulations et surtout les réductions de phrase jusqu’à accoler deux groupes nominaux. Mais avec ce poète on me dit trop fort ce qu’on fait. Avec François curieux mais flic mais cinéphile mais chaussures italiennes on me le dit moins fort puisqu’on me dit aussi l’inverse et ça me va mieux. Connaissant un peu l’auteur je me doutais bien de ce que le titre signifiait mais c’est au Rojava que mon corps a profondément intégré ce qu’était cette désertion, et qu’à ce niveau de radicalité elle était peut être la seule possible. Au retour, la pluie ou devrais-je dire la bruine de destinées subies, de sciatiques et autres petits boulots de ceux qui sont restés dans le rang enfonce le clou. Pour autant la dernière partie est je l’ai dit très mignonne, pardon pour ce mot, et si on ajoute le dernier départ où encore une fois François – comme quoi un peu flic quand même – retient fort les chevaux, finit alors de s’imposer un mode farouchement mineur.
        J’aime beaucoup l’aboutissement du style fait d’un glissement de détails en ellipses. Ainsi se font les choses et coulent les années, et quand les personnages agissent, quand ils sont sujets et leurs verbes à l’actif, ils ne font que chercher, deviner, décrypter. Dans L’Amour ce style m’avait déjà séduit mais son systématisme – ou était-ce sa survisibilité dans l’épure scénaristique ? – l’étouffait parfois. Ici il y a trop à faire, trop à raconter, trop de contrepouvoirs et il ne peut alors que s’astreindre à sa juste place et c’est très bien comme ça. Quitte à glisser glissons une citation de chanson qui s’inscrit dans cette école : « J’ai dormi un enfant est venu dans la dentelle ». Comme quoi il y a bien une ligne Bégaudeau, Souchon, Truffaut.
        Le premier des ces trois grands artistes disait dans un entretien qu’à la fin de l’enquête on ne savait ni ce qui avait poussé les deux frères multi-déterminés à partir ni vraiment ce que Steve avait retenu, gardé ou gagné lors de son expérience. À la fin de mon expérience à moi, les Twins continuent de m’échapper malgré l’avalanche de pistes qui rendent tout cohérent sans rien expliquer. Mais j’en sors bien plus au clair sur ma condition de non déserteur.

        • #136871 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Le harcèlement a l’air soudain, mais je l’ai trouvé naturel à la lecture. Steve insiste autant à ne pas paraître faible parce qu’il doit savoir être perçu comme tel par rapport aux autres membres de la bande. L’opportunité s’est présentée et la cible facile. (On se demande aussi : ne s’autoexlut-il pas ? En confrontant la gaminerie, n’aurait-il pas mis fin à la gaminerie ? Quelle drôle de manière de s’affirmer en s’effaçant.)

          • #136874 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il faut prendre des gants quand on parle de ce genre de choses mais on a tous pu remarquer qu’il y avait des profils plus ou moins vulnérables au harcèlement. Et par exemple ce type dans mon collège dont le comportement légèrement décalé attirait les moqueries. Sa réaction a toujours été à l’inverse de celle de Steve : redoubler le truc qui le faisait critiquer pour reprendre la main. Dans son cas stratégie perdante, main non reprise et c’est comme ça que fut immortalisée sa place de harcelé.

            • #136875 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Si on est marginalisé d’emblée, c’est difficile de changer d’état. Steve appartenait à cette bande. La « plaisanterie » avait potentiellement une durée de vie limitée, surtout parce qu’il n’est reconnu par personne d’autre qu’eux comme une victime de leur jeu humiliant. Mais ça lui parait insurmontable de les rejoindre et de rire du fait qu’ils se soient permis de le traiter ainsi. Ce que je comprends parfaitement, mais c’est un choix surprenant. Je suis partagé entre le respect et une forme de jugement. Est-il fort ou est-il faible en faisant sécession ? J’y vois aussi son tempérament. Il s’efface ; il s’efface aussi ailleurs au point où on le relègue souvent au rang de petit frère, comme si l’autre prenait forcément l’avantage numérique par surplus d’existence.

            • #136876 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « Dans L’Amour ce style m’avait déjà séduit mais son systématisme – ou était-ce sa survisibilité dans l’épure scénaristique ? – l’étouffait parfois. Ici il y a trop à faire, trop à raconter, trop de contrepouvoirs et il ne peut alors que s’astreindre à sa juste place et c’est très bien comme ça.  »
              Lignes qui me paraissent lumineuses
              Et qui redisent à leur manière la nécessité, stylistique d’abord, d’avoir beaucoup à raconter (ou disons beaucoup de matière, ou comme je le dis à moi même lorsque je sens que c’est mur pour y aller : assez de matos)
              Le récit pourrait etre la politesse du style. Ce qui le tient.

    • #136881 Répondre
      bibinard
      Invité

      moua gé pa u ha daisaitet
      geay deumendet é on madi oui alaur jeu sui paretit

    • #136933 Répondre
      MA
      Invité
      • #136955 Répondre
        Schnoups
        Invité

        Merci beaucoup.
        C’est la même Jeanne Rivoire qui avait écrit une excellente critique de Psychologies.
        Elle est douée.

    • #137315 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Vu une vidéo de FB parlant de son livre désertion.
      Outre le sujet passionnant, quelque chose dans son commentaire m’a interpellé pour ne pas dire irrité l’oreille sans même que je m’en aperçoive vraiment. Puis d’un coup et peu de temps après, tout est apparu clairement.
      Tout est parti de la notion d’événement. Ce qu’il appelle événement car il y aurait 2 événements. L’un étant le 11 septembre et l’autre une 40aine de jours après… la star academy. Or qu’est-ce qu’un événement ? Question théorique qui n’a pas à être explicité dans le cadre d’un roman, mais qu’on doit deviner en filigrane dans le texte.
      Alors qu’en est-il pour FB de cette notion ? Bien pour lui le 11 sept est un événement, en quoi je suis entièrement d’accord avec lui, je rajouterais pour ma part, un événement historique comme ça faisait longtemps. Mais pour FB la starac est aussi un événement. Mais avec ceci de plus qu’il affecterait le sujet, le corps bien davantage. Bon…. D’accord… Imaginons que dans la semaine avant ou après le 11 sept je découvre et goûte pour la première fois, disons, des raviolis chinois. Et qu’il en résulte que j’adore ça. Que mon corps s’en trouve affecté positivement au point qu’à cet effet, une mémoire sensorielle me poursuive quelques temps. Puis je dire que c’est un événement ? M’affectera-t-il autant ou plus que le 11 sept sachant que je réitère chaque semaine le plan ravioli chinois, pékinois de surcroît les raviolis. Bien oui. Mais alors ce ne sera pas un événement stricto sensu, mais ce que la « nouvelle histoire » ou même les historiens des annales ont appelé les micros événements ou encore les événements du quotidien (voir aussi Michel Foucault). Même si la starac est une expérience de réception collective elle ne peut être située que dans cette catégorie. Alors pourquoi mettre sur le même plan 2 événements comme ceux-ci ? FB répond, parce que la starac affectera plus profondément les sujets en général et Steve en particulier, plus profondément et plus durablement. Mais justement, c’est là que c’est bancal, que ça n’a pas de sens, car les événements du quotidien affectent toujours les corps davantage que les événements historiques (du moins dans le temps court), presque toujours. Sinon autant mais jamais moins.
      Ceci d’autant que la starac est-elle un événement ? Peut-elle être considérée comme tel ? Eh bien non. Pourquoi non ? Parce que… le Loft. Et oui, le vrai événement c’est le loft, avec la starac on est déjà dans la répétition et même la reproduction, et ce n’est pas une question de forme et de fond. C’est juste une variante, dont le loft est la version bien plus radicale j’espère FB que tu en conviendras.
      Alors on va dire que je chicane, que je chipote, qu’en rien ça ne change la compréhension de l’histoire et le ressenti du personnage. C’est vrai. Pourtant cette appréciation nous dit quelque chose non de l’histoire ou de la narration, mais de l’auteur. De sa confusion théorique, pas philosophique mais théorique, car la théorie ne philosophe pas forcément même si dans le cas présent ça flirte. Bref, comme dit Emmanuel Todd « je suis désolé d’le dire hein ! » j’suis désolé d’le dire mais François Begaudeau n’est pas politiquement confus, mais théoriquement confus. Et cela d’autant que la vraie question pertinente est lequel des 2 événements, 11 sept ou starac/lofft est-il le plus original ? Ou plutôt en quoi le loft ou la starac ne sont-il pas originaux ? Tout était déjà là, la banalité, l’obscène, le spectacle debordien réduit à son plus simple appareil. Les valeurs libérales capitaliste en sus. On vote, on exclut. On chante, on vote, loser, winner. Méritocratie. On ne grandit pas inpunément dans les années 80. Depuis cette décennie on baigne dans cette ambiance, cette décennie 80 n’était que le prélude à cette comédie de la transparence. En revanche le 11 sept c’est une réponse à ce spectacle, du 11 sept nous avons des images. Images d’un événement géopolitique social total, puissance du symbolique, contre un non évènement qu’est la starac.
      Alors qu’en est-il de Steve ? Steve baigne dans son époque non armé de l’esprit critique qui permet la distance. En clair c’est son conformisme qui fait qu’il sera affecté par la starac.
      Elle est là la plate-forme ontologique.
      C’est son conformisme qui fait qu’il est insensible à la puissance symbolique des images des twins towers qui s’effondrent en plein New York. Tel le pouvoir touché en son cœur.
      Il ne faudrait quand même pas confondre sentiment du sujet avec objectivation des événements. Pour le reste, je fais crédit à FB du parcours de son personnage pour s’armer au côtés des kurdes.

      • #137352 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Politimanie chimiquement pure
        -je parle d’un livre sans le lire
        -je glose sur 40 lignes une phrase d’entretien
        -je la glose en la mécomprenant, aveuglé par ma politimanie
        -je termine sur une pure appréciation d’opinion tout aussi étrangère au livre non lu :  » Tout était déjà là, la banalité, l’obscène, le spectacle debordien réduit à son plus simple appareil. Les valeurs libérales capitaliste en sus. On vote, on exclut. On chante, on vote, loser, winner. Méritocratie » Le politimane ne saurait envisager la star ac hord de l’appréciation politque à en faire. Le politimane ne sait pas ce que roman veut dire. Même chose pour les kurdes, coté positif : ah oui ça c’est bien parce que les kurdes sont amis politiques
        Toujours la même question : pourquoi tenir absolument à 1 statuer sur un livre politiquement 2 statuer sur un livre sans le lire
        Question qui n’en est pas une. On a la réponse : politimanie. Cet opiniocentrisme. Cette opiniose, comme les lapins ont la myxomatose

        • #137362 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          16h37 pour une séance de gymnastique c’est tard même un dimanche.
          Double galipette avant et double salto arrière. Grande souplesse intellectuelle.
          Il ne faut pas être susceptible comme ça. Et sache qu’il n’y a nulle politi manie mano chez moi. Il ne faut pas voir ce qui t’arrange quand ça t’arrange. Analyse froidement les choses et tu évolueras dans le bon sens. Moi c’est justement ce que j’aime chez toi cette façon d’ironiser sur les polito-centrés. Seulement là je perçois que ça devient un mécanisme de défense que tu dégaines un peu facilement.
          Je parlais de THÉORIE. La notion d’événement d’un point de vue théorique.
          Maintenant la starac, ce n’est pas d’un point de vue politique que je l’analyse.
          C’est telle qu’elle est. Tout simplement. Je la regarde et je la décris avec un esprit bien loin de la politimani-mano.
          Maintenant il ne faudrait pas tomber dans le snobisme intellectuel de « Moi les classes populaires putain j’adore » ça va nous emmenez ou cette histoire ? « Je vais chercher tous les mois le magazine » Nous deux » dans la boîte aux lettres car je suis abonné, puis je le range à côté de « La redoute », puis je regarde les Anges de la télé réalité, puis un amour dans le près » puis faut surtout pas ironiser là-dessus comme le faisait hara-kiri dans le temps car l’époque a changé et maintenant c’est pas bien. C’est peut être ça la politimanie finalement. Ouais moi j’ai un côté popu ! Perso je n’ai rien à me prouver de ce côté là. Va demander à Rancière ce qu’il en pense de la starac. T’imagines si Deleuze avait connu un truc pareil. Bourdieu ? Elle est où l’inversion des valeurs là-dedans ? Pourquoi préférer la starac que « Plus belle la vie »? Pourquoi tu ne condamnes pas l’article de Lordon sur « Un plus grand soleil » paru dans le monde diplo. Son analyse est bien plus polito centrée que la mienne n’est que descriptive.
          Quant à l’argument d’avoir lu le livre ou pas, alors là « chapeau l’artiste » je ne m’attendais pas à un tel degré dans la mauvaise foi. Je dis juste « J’ai vu une vidéo où FB présente son dernier livre » par conséquent je rends compte de la vidéo. Mais le problème n’est même pas là !
          Le problème que tu esquives est le suivant : Si il y a quelque chose dans le livre, quelques arguments qui contreviennent à la façon dont tu parles d' »événement » dans la vidéo alors vas-y je t’écoutes. Je te lis.
          Maintenant il ne te reste qu’une chose à faire…. Fuir.

          • #137365 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            J’oublie les amis kurdes. C’est pas du tout ce que j’ai voulu dire. D’ailleurs si on lit correctement mon premier post, on y verra que je fais presque l’éloge d’Al quaïda, 11 sept comme réponse à la vulgarité ambiante. Quelque chose de jubilatoire dans cet ordre mondial qui s’écroule. Comme si la vulgarité occidentale avait atteint un tel niveau que ce monde en perdait ses fondations. Puissance du symbolique contre la puissance de l’ordre du réel. Est-ce politicentré ça ?
            Mais quelque chose auquel je pense depuis un moment. Finalement FB, tu es très mais très années 80. Le rocker français a l’aise dans ses baskets.
            Vas-y maintenant tu peux fuir. Encore.

      • #137368 Répondre
        Sylvain
        Invité

        « Alors qu’en est-il pour FB de cette notion ? Bien pour lui le 11 sept est un événement, en quoi je suis entièrement d’accord avec lui, je rajouterais pour ma part, un événement historique comme ça faisait longtemps. Mais pour FB la starac est aussi un événement. Mais avec ceci de plus qu’il affecterait le sujet, le corps bien davantage ».

        Impossible de lire le reste de ton pavé après ce contre-sens hallucinant d’entrée de jeu (tous tes mots qui suivront ce postulat de départ délirant ne peuvent plus alors avoir de sens).
        Ca fait presque de la peine de le rappeler mais : la Star Académie est un événement pour Steve, pas forcément pour FB. Steve donc : un personnage de fiction, et de plus jeune collégien. En ayant lu le livre, il est évident que ce protagoniste – vu les 40 jours qui séparent à peine ces deux événements, ajouté à son jeune âge, âge où beaucoup de choses nous imprègnent – puisse mettre cela en comparaison – d’ailleurs on ne sait pas si il les met en comparaison, on sait juste qu’il s’en souvient comme deux événements importants et simultanés. Surtout que ce n’est pas tant « la starac » en soit qui finira par passionner Steve, c’est le destin tragique d’un de ses participants. Le destin d’une victime donc.

        • #137374 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Ho il est pas si mal écrit mon pavé. Il se lit bien non ?
          Trêve de plaisanterie. Dans la vidéo que j’ai vu, FB présente bel et bien 2 événements qu’il compare. Je précise que ça ne retire rien à la compréhension de l’histoire du bouquin, par ailleurs sûrement de qualité. Je le re redis, on ne présente pas les choses de cette façon c’est une insulte à l’Histoire. C’est tout.
          Sachant que la notion d’événement est importante en histoire et pas seulement, ne la galvaudons pas avec un roman. Un autre terme eut été préférable. Après j’ai tissé mon propos tel une toile d’araignée pour souligner la faiblesse théorique de Bégaudeau. Et vous ne cessez de me rappeler que c’est un roman. J’ai compris que c’est un roman. On va pas tourner en rond. Ce que je voudrais faire comprendre, c’est qu’un concept bien digéré ne peut qu’aider à concevoir une histoire, un récit ou autre.
          J’espère que FB ne fait pas une crise d’apoplexie.
          Je ne voudrais pas paraître prétentieux mais je peux aider à faire comprendre certains concepts à Begaudeau. Tu comprends Sylvain ? Dis… Tu comprends ? Comme par exemple le concept d’événement dans sa dimension théorique. Et ce n’est pas si simple. Je suis persuadé que la compréhension de certains concepts peuvent l’aider dans sa production littéraire. Il n’en sera que meilleur.

          • #137381 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Avec le temps que tu as consacré cet après midi à brasser du vide et à cancaner façon CE2, tu aurais pu lire 50 pages de Désertion
            Choix de vie

            • #137410 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Qu’est ce que tu te prends au sérieux quand même !
              Te rends tu bien compte de ce que tu dis (et du niveau).
              Fais gaffe quand même, à force de brasser du vent, je pourrais te faire attraper une pneumonie.

              • #137412 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Luc c’est votre frère Samuel B?
                Y’a un air de famille
                Bonne nuit

                • #137489 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Cher Graindorge, dans un post précédent tu dis, je n’ai pas le temps de fignoler mes phrases, il y avait urgence boulangerie, certes, mais là rendons nous à l’évidence, tu n’es pas un expert en fignolage. Je crois comprendre que tu me demandes si Luc est mon frère ? Découvrant le forum et n’y connaissant personne, je ne sais que répondre d’autant que je n’ai vu aucun Luc, sinon un Luc qui a perdu son aile.
                  Mais peut être est-ce tout simplement de l’esprit. Que je pige pas. Ce que Freud et Musil appelaient le « witz », le trait d’esprit, comme tu conclus par Bonne nuit, peut-être as-tu l’habitude, tous les soirs avant de t’endormir de faire un trait d’esprit. Avant de fignoler je ne sais quoi en rapport avec ton pseudo.
                  Je plaisante hein ? Suis dans le second degré.
                  Trait d’esprit, oserais-je dire de l’humour ? Apparemment vous avez quelques prédispositions pour l’humour sur ce forum, vous y constatez même un rejet voire un sort fait à l’humour par le mainstream. J’approuve. Après « Les brûlés font du ski » voyons « Les cramés font un forum ». Moi je vois qu’ici on apprécie l’humour surtout quand il reste cadré dans un entre-soi réciproque-narcissique ou on s’apprécie to much les uns les autres. Ou on s’encourage les uns les autres à ironiser sur tel ou tel chose et encore c’est plutôt timide. Pudique. Puritanisme de gauche ?
                  Mettez un grain d’altérité là-dedans et c’est direct le chaos.
                  Heureusement qu’il y’a, un peu plus bas, le soldat « Saltimbanque ».
                  Alors lui il fait le taf. Il fait le boulot le bougre. Le Saltinbanque c’est une force spéciale d’intervention à lui tout seul. Le membre (du forum) au garde à vous, inépuisable garde à vous, puis ça dégouline de partout le Saltinbanque. Tant que ça fait plaisir à FB. C’est l’essentiel je suppose.
                  Moi aussi je fais de l’esprit avant dodo. Bonne nuit.

                  • #137496 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Je t’ai répondu, au dessus sur ta question. Non je ne connais pas de Luc. Je viens de découvrir ce forum suite à l’annonce qu’a fait FB sur le dernier Microciné. Je ne le connaissais pas avant.
                    Je ne vois pas l’intérêt de te mentir.

                    • #137684 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Samuel: je ne crois pas être quelqu’un qui cherche à faire de l’esprit. Oui, j’ai trouvé un air de famille avec un certain Luc. C’est donc une coïncidence. Soit.
                      Et je vous ai dit  » Super! » lorsque vous avez annoncé que vous alliez lire Désertion et en parler ici-même, dans ce topic qui lui est consacré. Je ne cherche pas non plus à être expert en fignolages de phrases.
                      Bonne lecture

                      • #137690 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Merci à toi.
                        Tu peux compter sur moi pour un retour sur « désertion ».
                        Je ne voulais pas revenir sur le forum avant d’avoir lu le livre, jusqu’à ce qu’un usurpateur de pseudo ne m’y oblige.
                        Enfin le fignolage c’est du second degré, je trouvais ta phrase me demandant si Luc est mon frère en manque de ponctuation ou de formulation. Bref, bien à toi.
                        A plus.

    • #137328 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pas le temps de fignoler mes phrases
      Desertion est un ROMAN
      Du point de vue d’un gamin ( de combien? Une douzaine d’années? J’ai pas le livre avec moi. ) Oui, CETTE Star Ac: celle avec un chanteur beau comme un ange, avec une voix d’ange et une maladie diabolique et mortelle. Il va fasciner et accompagner la vie de Steve: il donnera l’argent d’ un anniversaire, fera partie de l’Association + Recherche. Et le livre finira même par un pèlerinage jusqu’à la tombe de Gregory
      Et penser et agir pour une cause aura peut-être même contribuer à aider à vivre Steve.
      Je dois aller fissa acheter une demi baguette pour madame ma mère
      J’ajoute rapidoss au sujet de la critique de Rivoire : bien aimé mais pouvait peut-être mieux. À mon avis, pas lu encore parmi les bonnes critiques, une qui arriverait à la hauteur de la richesse et de la profondeur de ce livre

    • #137353 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      11h37 c’est un peu tard pour une séance de gymnastique, mais on est dimanche donc ça va. Allez un petite pirouette, une galipette avant une galipette arrière et le tour est joué.
      Non mais je ne remets absolument pas en question la profondeur du livre ni même sa pertinence en général. Je dirais même que cette critique france culture est un summum de mauvaise foi. Même sans avoir lu le livre il est étonnant d’entendre de la part de cette critique (Sorbier si j’ai bien compris) dire à un moment qu’il est scandaleux que Steve se fasse davantage d’amis en Syrie que dans sa banlieue natale. Et elle conclut… On croirait que la Syrie c’est mieux que la France. Fin de citation. Il ne viendrait pas à l’esprit de cette sinistre journalistique que justement si un jeune part s’engager là-bas c’est, non pas peut être mais sûrement in fine pour trouver des « frères d’armes » pour employer leur jargon et par extention des frères d’âme.
      Mais là n’étais pas le propos de mon post.
      Ce que je dis, en substance, c’est que dans cette vidéo que j’ai vu de FB présentant son livre, personne, je dis bien personne un minimum théoriquement cohérent, théoriquement conséquent, n’aurait pu présenter 2 événements comme le 11 sept et la starac côte à côte. C’est pas possible un truc pareil.
      Je comprends que le personnage (Steve) soit affecté ceci cela. Mais on ne présente pas les choses comme « 2 événements » (voir mon 1er post). À moins que FB ait une conception particulière du signifiant « événement » mais alors laquelle ?

      • #137360 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        « n’aurait pu présenter 2 événements comme le 11 sept et la starac côte à côte. C’est pas possible un truc pareil. »
        Ca tombe bien, personne ne l’a fait
        Ma « conception particulière du signifiant « événement » est que, du point de vu du quotidien, qui est mon lieu et le lieu du roman, car c’est le lieu de la vie telle que vécue, il n’y a pas d’événement. Il n’y a que des zones de plus ou moins grande consistance. Du point de vue de Steve, et de moi-vivant-en-2001, la starac a davantage consisté que le 11 septembre. Ta politimanie indignée aura beau s’inscrire en faux, elle n’empechera pas que ce fait vécu soit factuel et vécu.
        Lisant le livre (je répète : lisant le livre), une lectrice me dit : partout la vie est quotidienne. Je n’aurais pas mieux dit.

        • #137363 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Alors pourquoi tu présentes les choses en terme d’événement ? C’est quand même pas moi qui te le fais dire. Maintenant tu dis qu’il n’y a pas d’événement dans la vie.
          Faut te suivre. Si on te prends en défaut tu n’hésites pas tout embrouiller.
          Tu sais c’est pas grave de pas être théoriquement conséquent, je l’avais déjà remarqué mais je pensais que tu t’améliorerais.

          • #137366 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            je l’ai dit mille fois : je peux répondre au mot près de ce que j’écris, je ne réponds pas au mot près de ce que je dis
            un entretien oral a ses contraintes, son timing, ses priorités, sa nervosité, ses enjeux, ses empechements et, donc, pour tout ça, ses approximations
            ce n’est donc nullement dans un entretien dont par ailleurs « la notion d’événement » n’est en aucun cas le sujet que tu pourras juger de ma cohérence ou incohérence théorique sur la notion d’événement
            en somme : tu brasses du vent
            (et tu en brasserais moins si tu t’appuyais sur un texte, et par exemple sur le roman concerné)

    • #137354 Répondre
      Jules
      Invité

      Je viens de finir ma lecture de Désertion, que j’ai beaucoup aimé.
      Je suis peut-être aussi sensible (pas le bon terme) qu’un fan de Grégory Lemarchal, mais j’ai trouvé la dernière phrase très belle et émouvante. Nous nous sommes efforcés, nous les Kurdes, Grégory Lemarchal, les membres de Daesh, les coupables les innocents, les lecteurs et l’écrivain, les ânes et gilets jaunes.

    • #137397 Répondre
      Saltimbanque
      Invité

      Petit commentaire sur ce livre que j’ai adoré, en prenant le risque de répéter ce qui a déjà été dit (et que je rattrape par à-coups).
      Étant un de ces fans de l’évènement de 2001, la première phrase m’a attrapé et le reste ne m’a pas lâché. En plus de la grande tendresse éprouvée envers cette fratrie et de l’intérêt que suscitait le sujet, mon plaisir de lecture est beaucoup passé par la facture des phrases, leur agencement. M’ont marqué les glissements de la narration à l’indirect libre puis à la narration puis aux rêveries de Steve puis à l’indirect, attrapant des façons de parler (agissant aussi comme marqueurs temporels/de milieu social), passant d’une situation, d’un pays, d’une temporalité à une autre par des effets de montage plutôt jubilatoires sur lesquels on a immédiatement envie de revenir : on se demande si on a bien lu, si on a loupé quelque chose, on remonte la page, on a bien lu, on n’a rien loupé, la compréhension se fait dans le lien entre deux phrases et dans ce qu’elles absentent. Ça a produit chez moi une lecture attentive et ludique, sans jamais être dans le décryptage.
      Le livre rend aussi bien compte que les choses se passent souvent « l’air de rien » (ce que j’avais également trouvé remarquable dans L’amour). Steve pourtant proche de son frère n’a pas vu son départ venir et une fois que c’est là, c’est là, inévitable, presque évident tout en maintenant sa part de mystère. J’ai adoré cette façon de mener l’enquête, cette tentative de capter ce qui se joue chez ces personnages, ce qui les meut dans leurs actions et décisions mais comme Steve après Mickaël on court derrière, on attrape des bouts d’infos, on comprend pas exactement pourquoi il fait ce qu’il fait mais en tout cas on le lit, on devine, on se dit que c’est ça ou peut-être ça ou tout en même temps, et finalement on constate, on le suit, simplement.
      En cours de lecture, je me suis dit que raconter une histoire, c’est peut-être toujours courir après elle. Et que bien la raconter, c’est peut-être aussi être conscient de la distance qui nous sépare d’elle, de ce qui nous échappe. Sans être trop certain de l’hypothèse, c’est le genre de pensée qui m’a traversé et qui continue de me travailler.
      Du coup, les moments où l’amie de Céline y va de son analyse mono-psychologique m’ont parus très drôles et risibles au regard des multiples déterminations qui se déplient à côté. Risibles non pas en soi mais pour l’univocité affichée : « De Mickaël elle pense qu’il est parti en quête d’un père ». Si elle lisait les 250 pages qui entourent sa phrase elle rirait peut-être aussi.
      .
      D’autres choses que j’ai aimées, en vrac :
      -La phrase qui termine sur le drapeau de Daech, agissant comme un teaser/cliffhanger en début de livre. Tout le long de la lecture elle me revenait, un peu comme un bruit de fond m’empêchant d’être tout à fait serein quant à la destination de Steve.
      -Les moments près de la falaise avec le joint qui tourne, Tony, ses T-shirts Rocky et ses mantras libéraux (dont au trouvera des échos chez Richard son pendant légal).
      -Le repas du retour de Mickael. Tout se chevauche, précise façon de saisir ce genre de moment qu’on connaît bien.
      -Steve qui tousse quand il ment.
      -L’organisation des YPG et leur constitution hétérogène.
      -L’apprentissage du kurde.
      -La chasse aux drapeaux qui enfin illumine l’espèce de fausse piste du début (ouf).
      -Ces petits moments sur l’écriture aussi, le croquis. Comme l’a dit quelqu’un ici, au bout d’un moment on ne sait plus si c’est Steve ou l’auteur. C’est non seulement très stimulant mais ça donne aussi des clés pour appréhender l’opération stylistique générale du livre.
      -M’ont particulièrement touché : les deux frères qui décident de s’en prendre à Madame Simonin (surtout quand on connaît bien ses liens avec l’huissier de la Star Ac) ; Steve et Gabin qui se retrouvent dans la salle d’attente de la visite médicale, transition d’un harcèlement à l’autre ; Mickaël qui ment à sa mère avant son départ ; la (re)découverte de la mort de Liz (ce qui m’a fait reposer le livre quelques secondes) ; le mot de Mickaël sur le frigidaire.
      Souvent ces moments surviennent au cours d’une phrase, d’un paragraphe, à la fois « l’air de rien » (encore une fois, faute d’expression plus adéquate) et implacables. Cette force de nécessité qui déplie avec calme ce qui se joue de triste, cruel, tendre, drôle et banal m’a beaucoup ému. Comme la montagne de fin.
      .
      Et puisque moi aussi j’ai l’impression de courir après le texte, voilà certaines des phrases ou des bouts de phrase qui m’ont plu parce que drôles/belles/stimulantes/émouvantes. Il y en a bien d’autres mais comme faut choisir :

      « Les élèves les plus brillants l’appellent dwarf. »

      « À l’autre bout du long faux plat de la journée »

      « T’es une tarlouze avoue pourquoi t’avoues pas ? »

      « Il n’ira pas chialer dans le bureau de la CPE comme font les faibles, bêtement pressés d’informer tout le collège qu’ils le sont. »

      « En résumé, l’idéal pour glaner quelques sous serait d’en avoir. »

      « et les voilà partis comme des voleurs. »

      « Depuis qu’ils ont fumé le dernier gramme, Mickaël parle comme un film. »

      « La scission réparatrice de la fratrie interdit à Steve de rendre visite à Mickaël au CEF. »

      « Le taf reporte sempiternellement au lendemain le moment de réfléchir au taf. »

      « Dans cette béance de la vraisemblance s’engouffre, vent d’avril aidant, l’hypothèse qu’une zone de Mickaël opaque à lui-même veut que sa mère le déchiffre et le retienne. »

      « Une usine à bois flashe dans le cerveau de Céline, sitôt évincée par une carte postale de pays de soleil et de chameaux. »

      « La boussole maternelle encore active lui recommande de retenir le partant tout en lui soufflant que c’est vain. »

      « Steve précise que c’est contre Daech et non pas pour, et Richard dit pas de souci. Pour ou contre c’est sa vie. »

      « Le chat a repris sa dégustation de croquettes. »

      « Guillaume ne voit rien de raciste dans son intervention, il dit juste qu’un Africain ne se lavera jamais les mains après une branlette c’est tout c’est factuel et tant pis si ça fait mal au cul à ton droit-de-l’hommisme de pédé. »

      « Restent du troisième des lambeaux de chair projetés sur le mur coloré de photos de mets. »

      « Cuillère posée, François prend tout ça en notes pour justifier son carnet. »

      « Il préfère ne pas savoir et ne pas savoir le ronge. »

      « (…) photo qui intéresse fort Steve car il a fait une colo en Vendée. »

      « Maintenant elle se prendrait bien une glace pour se réhydrater, la vapeur + la canicule elle a cru mourir en vrai. »

      « Une Mégane alcoolisée interrompt la scène en pilant pour les effrayer c’est rigolo. »

      « Il s’excuse de l’avoir trahi un soir sur une plage. Il s’est retenu de dire à une fille qu’il était son chanteur préféré de peur que ça fasse gamin alors qu’au contraire c’est aussi lui Grégory qui l’a fait grandir. »

      « À distance la tronçonneuse une abeille. »

      • #137432 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ce genre de recensions de phrases est précieuse pour un auteur
        là la réception devient concrète
        et on éprouve que les phrases opèrent
        on le savait, mais là on l’éprouve

        • #137490 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Voyons voir…

          « La boussole maternelle encore active lui recommande de retenir le partant tout en lui soufflant que c’est vain. »
          C’est terrible !

          « Steve précise que c’est contre Daech et non pas pour, et Richard dit pas de souci. Pour ou contre c’est sa vie. »
          Celle là, je la remplacerais, un jour, dans une conversation…

          « Le chat a repris sa dégustation de croquettes. »
          Alors là… No comment.

          Je préfère m’arrêter là, mais à la. demande générale… Une dernière.

          « Maintenant elle se prendrait bien une glace pour se réhydrater, la vapeur + la canicule elle a cru mourir en vrai. »
          Quelle puissance ! La vache !

          L’intérêt de la littérature n’est pas de susciter des images mentales, mais de susciter l’amour de la langue. Le bruissement de la langue. Roland Barthes.

          • #137504 Répondre
            Saltimbanque
            Invité

            Ta réponse me rappelle certains potes de lycée qui n’ont jamais lu que pour le bac français. Même la citation y est. Merci pour le rire et la piqure de nostalgie.

            • #137505 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Je t’en prie. Pour quelqu’un comme moi, un peu bête et qui n’a jamais rien lu ou presque. La dernière fois que j’ai lu quelque chose ça devait être un « Blek le rock » ou Pif gadget je sais plus. Mais ta sélection de phrases est si pertinente que je crois être guéri de la littérature à tout jamais.

              • #137513 Répondre
                Sylvain
                Invité

                Saltimbanque a raison : même l’épisode du « chat » qui se joue en 3 phrases et sur moins de 2 pages, tu n’as pas su le voir… ah mais j’oubliais : tu n’as pas lu le livre.
                Fais le, c’est accessible, même pour toi. Et reviens après nous en parler. Éventuellement.

                • #137520 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Un saltimbanque n’a jamais ni tort ni raison. Il est à lui-même sa propre réalité et possède son propre espace temps.
                  Pour désertion ce sera fait et t’inquiète, il y aura un retour et… vous ne serez pas déçu.
                  Foi de Belkekett !

                  • #137530 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Super! Bonne lecture

      • #137527 Répondre
        Claire N
        Invité

        « Souvent ces moments surviennent au cours d’une phrase, d’un paragraphe, à la fois « l’air de rien » « 
        Oui- et tu me donnes envie de citer ce passage
        « Steve laisse assez un silence qui s’étire et s’étirant devient difficile à écourter.il se lance avant de ne plus pouvoir.
        -Toi t’as un copain ?
        Elle sourit. Son copain n’est pas vraiment un copain. Steve sourit aussi, il peut le dire maintenant : sa copine n’est pas vraiment sa copine. C’est une copine, quoi. Comprenant bien, comprenant tout, Liz retourne au défilé de champs d’oliviers enneigées.
        Au defilé d’oliviers enneigées.
        Aux oliviers enneigées. « 
        J’ai été infiniment touchée par la délicatesse rendue « l’air de rien « de Liz

        • #137528 Répondre
          Claire N
          Invité

          Et ce qui n’est pas passé dans la copie –
          Les 2 vers de poésie qui pratiquent le retrait d’un pied , par le silence

    • #137401 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Et cette belle montagne qui n’a besoin d’aucun drapeau. De mémoire: nous resterons à ses pieds. Elle nous survivra.

      • #137492 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Bonjour la dégoulinade de bons sentiments. J’en peux plus au secours !

        • #137495 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          C’est donc bien ça ? Luc, Samuel, Samuel, Luc
          vie exaltante?
           » J’en peux plus au secours! »
          Sauvez-vous donc alors, non?

          • #137499 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            En revanche pas mal ce passage sur 28mn là… Rien à dire.

            • #137500 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              oh oui, excellent, 4 minutes de paroles effective, juste le temps de délivrer des poncifs et des éléments de langage de promo
              tu as décidément une boussole appréciative bien étrange

              • #137502 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Bah c’est 28 mn. Faut pas rêver. Tu peux pas avoir les 28 mn pour toi seul.
                Pour le peu de temps que tu as eu… C’est bien passé.
                Je crois que tu ne mesures pas tous les éléments extra linguistiques qui sont passés. À savoir les expressions en gros plan des 2 nanas qui te faisaient face. Une espèce d’admiration béate ponctuée d’acquiescements continus qui portent à penser que tu es quand même quelqu’un qui en impose. Ça compte quand même.

                • #137522 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Et puis petit rappel pour toi qui aime tant les faits : le journaliste à qui tu adresses tes mines langoureuses traitait les GJ de « vermines ». Mais je ne t’apprends rien, quand il s’agit de se vendre on est moins regardant. Mentalité boutiquière 😘
                  Et tu ne viendras plus pleurnicher de ton manque d’exposition médiatique, tu as bénéficié de plus de temps d’antenne que la plupart des écrivains, dont certains produisent de la bien meilleure littérature que toi (à part quelques critiques cinéma, pas grand chose à sauver dans ton “œuvre”, n’en déplaise à ta petite cour).

                  • #137535 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Mais comment se fait il que tu sois si bon connaisseur d’une oeuvre que tu juges sans intéret?
                    Pourquoi as-tu perdu ton temps à lire dix romans sans intéret?
                    Choix de vie aussi?

                    • #137604 Répondre
                      Samuel_Belkekett
                      Invité

                      Fais gaffe quelqu’un se fait passer pour moi. J’ai pas du tout l’habitude de ce genre de situation et sache que je n’aurais jamais écrit un tel message.
                      S’il est si facile d’usurper une identité c’est quand même problamatique.

                  • #137610 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Salut à toi usurpateur en chef…
                    Tu n’as rien compris à mon message initial. Ce n’est pas FB qui lançait des regards béat mais son vis à vis. La journaliste.
                    Toute ton histoire de mentalité boutiquiére t’appartient en propre alors pourquoi usurper mon pseudo ? Pour avoir plus de crédit ?
                    Je te soupçonne grandement d’être le Maximus casse-bonbons qui peine à trouver le moindre écho.
                    Qu’importe qui tu es mais sache que le seul que tu as contrarié dans cette histoire c’est moi. Je suis à mille lieux de penser comme toi.

                    • #137611 Répondre
                      Samuel_Belkekett
                      Invité

                      Je suis tellement agacé que j’ai mal positionné mon message.
                      Que bouffon celui là !!!!

                      • #137613 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        je vous laisse discuter entre Belkekettes
                        je ne suis pas du niveau

                      • #137614 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        J’espère juste que tu fais la différence entre mes arguments et les siens qui suintes le mépris. Perso loin de moi ce mépris bas de plafond.

    • #137413 Répondre
      Maximus
      Invité

      Les Kurdes ils rigolent pas

    • #137672 Répondre
      MA
      Invité
    • #137796 Répondre
      Charles
      Invité

      Désertion sera chroniqué au Masque ce dimanche.

      • #137797 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Seulement?

        • #137798 Répondre
          Charles
          Invité

          ?

          • #137799 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Ça me paraît loin de la parution. Mais je me trompe peut-être.

            • #137800 Répondre
              Charles
              Invité

              Oui en effet.

              • #137803 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                en revanche la discussion critique sur France culture a eu lieu deux jours avant la publication
                je vous laisse en tirer des conclusions

                • #137814 Répondre
                  MA
                  Invité

                  Sabotage comme dit dans l’interview donnee a la commune

                  • #137820 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    et je le maintiens

                    • #137825 Répondre
                      Schnoups
                      Invité

                      C’est évident oui. Ils s’appliquent bien en plus.

                      • #137951 Répondre
                        MA
                        Invité

                        Encore le mepris de classe pour Raphaelle Leyris au Masque

    • #137881 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Bien apprécié cet entretien.

        « Le fait d’aller voir une médium fait aussi partie des signes liés aux difficultés des personnages à comprendre ce qui leur arrive…
        *******

        Oui, c’est pour moi aussi la condition prolétaire qui fait ça. Devant des fatalités il reste des choses comme la spiritualité, Dieu, des cierges, des médiums. Les bourgeois se sont toujours foutus des croyances populaires, mais ils devraient un peu se mettre à la place de ceux qui ne peuvent s’en remettre qu’à ça. Qu’est-ce que tu veux que Céline fasse d’autre quand son fils retourne combattre en Syrie ? Ça me paraît très logique qu’elle fasse ça. »

        **********
        Sur ce passage, un gloups m’a échappé!
        Je me suis dit « Ah? »
        Et si je peux me permettre ce ne sont pas  » LES bourgeois se sont toujours foutus des croyances populaires » mais DES bourgeois se sont toujours foutus……

      • #137888 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui – d’ailleurs c’est mon format d’entretien préfèré – on obtient jamais d’échange plus calme et dans lesquels ont peut plonger en profondeur que lorsqu’on les écrits

        • #137937 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          c’est un entretien oral, et transcrit dans le jus de l’oral

          • #137938 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui ça s’entend
            Mais c’est quand même ma préférence
            Un effet le tourneur peut etre

            • #137945 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              oui j’aime bien aussi
              Vivian m’a d’ailleurs proposé de relire-corriger la transcription, et j’ai décliné

              • #137970 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Et tu as bien fait de décliner je crois.
                Les entretiens ça va vite et on est pas à l’abri d’un effet secondaire de cette vitesse.
                Dieu, spiritualité, médium etc, tout dans le même sac?
                Les prolétaires sont plutôt occupés à prendre le taureau du quotidien par les cornes. Question de survie.

                • #137976 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Salut…

                  • #137979 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Salut Samuel
                    Si et seulement si vous avez envie de répondre:
                    vous en êtes où de la lecture de Désertion?

                    • #137984 Répondre
                      Samuel_Belkekett
                      Invité

                      En fait j’experimentais car j’ai voulu créer une page de discussion sur forum général mais alors ça n’a pas fonctionné du tout. Donc j’ai juste vérifié que ça fonctionnait sur une page constituée. Bon j’essaierai demain.

    • #138806 Répondre
      ,
      Invité

      J’essaie de rassembler ce qui surnage chez moi après lecture, qui rejoint pas mal de choses dites ici.
      .
      Les échos ou retours ou répétitions
      Au fil du récit je note que des choses reviennent, sans nécessité, improbables, signifiantes ou pas, et si signifiantes on ne sait pas bien de quoi.
      – Le magasin nike qui vend aussi des sodas et pourquoi pas du nutella tant qu’on y est.
      – Les bons ou mauvais flics de jeu vidéo qui toquent à la porte à la phrase suivante.
      – Un point rouge au loin, qui glisse ou qui grossit.
      – Du jaune aux ongles de Jade et sur le débardeur de Maïa.
      + Toutes ces répétitions que note Schnoups et probablement d’autres encore.
      Répétitions parce qu’ironie du hasard ou parce que ça se passe dans le même crâne, je ne sais pas. J’aime bien ne pas savoir quoi en faire.
      La répétition fait ressortir ces éléments de même que les réagencements et soustractions de mots chez Kevin en font ressortir d’autres. Ça nous met en position un peu méditative face au mystère de l’être.

    • #138807 Répondre
      ,
      Invité

      La question d’être
      L’être là touche à l’irréel. Steve est ballotté entre les deux. Y être. Ne jamais y être vraiment. A defaut se raconter qu’on y est. Mythonner sur les bords ou à fond la soupière. Tenter de se rattraper. « Je n’ai jamais conduit de char. » S’excuser d’y être et de ne pas y être. Toujours encombrant toujours boulet dans l’absence comme dans la présence. Toujours un temps trop tard toujours après, aîné devenu cadet. En suiveur Steve se fait l’artisan d’un autre genre de répétitions, plus volontaires.

    • #138809 Répondre
      ,
      Invité

      La côte
      « Steve attendait ce moment rien qu’à eux, sort de son sac un cadeau pour son père qui en tombe des nues. Un os ? Un os humain ? Oui c’en est un. Ce serait même une côte. »
      Comme Ostros ce passage m’a sciée. De venir après Mike, en plat réchauffé, il dit tout autre chose que ce qu’il semble dire. « Moment rien qu’à eux » en devient ironique, ou tragique dans son impossibilité, Steve restant frère de son frère. Très fort ce petit théâtre de la surprise, authentique côté père, un peu truquée usurpée côté Steve – mais qu’est-ce que ça voudrait dire être authentique, être soi ?
      (Au fait Steve même son prénom il le doit à un autre.)

    • #138810 Répondre
      ,
      Invité

      Les liens qui échappent
      J’ai écrit tragique mais à l’échelle du roman je trouve ce mot insatisfaisant. Il y a bien des éléments tout au long du récit qui semblent annoncer à Steve un destin, mais la narration me semble davantage souligner les contingences que la nécessité. Je relève comme Billy le « c’est écrit et ça reste à écrire, un peu les deux ».
      Ce qui s’écrit s’écrit sous la forme de déviations insensibles, de bifurcations minuscules, qui font au bout du bout se retrouver sous la même bannière des hommes aux mobiles divers voire opposés. S’il doit y avoir tragique, c’est peut-être dans le sens où les personnages n’ont pas de prise sur le fil de leur vie, qui se dessine presque sans eux, sans fanfare, entre deux phrases, et c’est a posteriori qu’ils essaient de se raconter ce qu’ils foutent là. Parce qu’il n’y a pas d’événement saillant. Le divorce des parents dans la bouche de l’avocate est un peu du même acabit que le 11 septembre dans la bouche d’un historien. Convocation trop facile d’un jalon alors que la vie se passe entre. « Il est passé derrière le calendrier on dirait. Il s’est glissé dans un interstice entre deux dates. » La pelote du récit de soi est impossible à dérouler, on court après comme dit Saltimbanque.

    • #138811 Répondre
      ,
      Invité

      Les langages
      Chaque personnage est un langage, une manière, de se raconter, d’expliquer, de restituer, avec ses ornières. Chaque manière de langage se révèle un peu étroite. Certains se fossilisent dedans au point de paraître plus marionnettes qu’humains, tel Tony avec son insupportable blabla de winner libéral truand (le ridicule le sauve). D’autres par moments se dissolvent dans la potée langagière des institutions, comme le directeur de la MFR.
      Ou dans des lieux communs, des discours tout prêts : « C’est en réaction contre une société individualiste ?
      – Voilà.
      Le pigiste note : en réaction contre une société individualiste. »
      Ou dans l’excessive civilité, comme Steve-Spas qui parvient à la retourner en drôle d’insolence naïve : « Il n’a pas respecté madame Narcot en l’insultant d’une chose qui est fausse vu qu’elle a un mari et une famille. Il ne sait pas ce qui lui a pris. Personnellement il a mérité sa condamnation. Il remercie le conseil de discipline de tout son cœur. » Céline a pour sa part la formulite récalcitrante, comme si quelque chose en elle se refusait à ingérer bien docilement ce qu’on lui assène : « frustration à l’intolérance » note-t-elle sur son carnet de courses.
      La narration prend régulièrement le relais pour démonter ou tourner en ridicule la roue libre de certains pipotrons : « Le règlement intérieur de la MFR ne transige pas sur les horaires et en outre proscrit les cigarettes, en conséquence de quoi les apprentis portent des pantalons et attendent 18 heures pour s’enfoncer dans le bois en contrebas de la maison ». Ou pour démonter le mécano de l’intérieur : « Car si personnes ne les accepte alors il n’y a plus de limites ». Une inconvenance de ces langages est le recours aux liens logiques à tout va.
      A rebours Kevin tente d’approcher le réel par quasi soustraction de la syntaxe, du verbe, de l’action, du temps, comme en quête d’un retour à l’instant, à la scène, au fragment, à l’immobile, à l’immédiat : « la pluie la tôle », pure jonction, coprésence, concomitance, sans liaison.

      • #139030 Répondre
        netflou
        Invité

        « Chaque manière de langage se révèle un peu étroite. »
        Et le Rojava est l’endroit dans le roman où le langage des personnages s’échappe de l’ornière des lieux communs, des idées reçues, des formules de prêt-à-penser. Il y a bien sûr, comme tu le notes, Kevin et son travail volontaire de condensation des énoncés, et involontairement, il y a tous les jeux créés par la traduction. Les énoncés traduits ne chevauchent plus tout à fait les énoncés originaux : dans l’espace qui se crée, en contrebande, à l’insu des locuteurs, un surcroît de sens nous est donné :
        La montagne est opératrice de l’autonomie.
        La montagne est l’ouvrière de l’autonomie.
        Moment de grâce, où malgré lui, malgré la blague qui nous est adressée, Mikaël porte la signification de la phrase originale à un niveau où s’ouvre un vaste territoire d’interprétation.

        • #139053 Répondre
          ,
          Invité

          merci, c’est vrai la traduction crée du jeu, des brèches, nous amène aussi à porter plus d’attention aux mots

    • #138812 Répondre
      ,
      Invité

      Le stuff verbal
      Kevin me rappelle que les mots sont aussi une matière, une pâte avec laquelle jouer.
      Beaucoup de mots nouveaux s’échangent, et semblent prennent un consistance particulière à circuler de bouche en bouche, à être répétés, traduits, assimilés. Ils deviennent aussi bien des supports affectifs que des supports de sens. Spas. Tchaille. Stuff. Jackpot. Meuf. Boloss. Gossip. Fucking bitch. Stupid fucking bitch.
      Aussi bien les paroles souvent ne sont pas là pour vraiment dire quelque chose de bien structuré, elles avancent dans un flux qui devance les pensées, s’entremêlent en désordre dans l’élan des rencontres et de retrouvailles. « Il sort toujours amer des visios avec la famille. On s’en raconte trop ou trop peu. Les mots ne sont jamais les bons. »
      Le repas de Noël est un de mes passages préférés. C’est tellement ça. « Oui des Espagnols t’en as aussi, t’as un peu de tout. Comme à Gifi. Si personne ne prend le dernier morceau c’était bien la peine de faire réchauffer la sauce. Et combien t’en as allumé ? […] Laisse-le pas t’embêter mon lapin, dit mamie, béquilles appuyées contre son fauteuil. [… etc etc … je me retiens de tout recopier] »

    • #138813 Répondre
      ,
      Invité

      Le Rojava de loin
      Une manière de prendre de la distance avec les récits de guerre classique c’est de nous faire suivre un anti-héros. Ici Steve ne correspond pas exactement à cette figure. Il est souvent en marge de la bataille parce que les circonstances se sont configurées comme ça, c’est tout. Il ne manque pas à l’occasion de ce que d’un oeil extérieur on pourrait appeler courage. Mickaël quant à lui ressemble davantage à une figure héroïque mais semble ne devoir ses victoires et sa survie qu’à la Providence. Et il reste pour sa famille l’enfant à protéger, « petit lapin ».
      Est émouvant le décalage entre les perceptions des restés en France et le vécu des deux frères. « Avant de couper, Pierrick rappelle à ses fils de faire attention à eux. La guerre c’est dangereux.
      – Sans blague ?
      – Je rigole pas Mickaël. »
      Ou : « On l’applaudit, car il a défendu la France, insiste au micro le chanteur, affectueux et pénible. »
      Emouvant le décalage entre ce que vivent les deux frères et la façon dont ils le conscientisent : incomplètement.
      Emouvant comment les drames s’émoussent.
      « à plus ou moins brève échéance nous serons tous oubliés »
      « À distance la tronçonneuse une abeille.
      Emouvante encore l’obstination des choses à rester elles-même malgré tout. Les vidéos ne sont « pas moins vivaces de n’être regardées par personne. » Et :  » Le frigo se ressemble et le jardin offre une parfaite exécution de sa version hivernale. »
      La persistance de l’être. L’immuable. La montagne qui te survit. La désertion des pourquoi. Le juste là, lieu furtif, instant fugace, où « tu ne peux t’en remettre qu’à toi. »

      • #138821 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        vraiment superbe tout ça
        la prime pour « Une inconvenance de ces langages est le recours aux liens logiques à tout va » très très bien vu, je réalise que ma façon d’ironiser les énoncés officiels est vraiment le recors à des pseudos liens logiques
        j’aime beaucoup aussi « potée langagière des institutions »
        et cette parenthèse souveraine  » tel Tony avec son insupportable blabla de winner libéral truand (le ridicule le sauve). »
        et plein d’autres choses

        • #138833 Répondre
          Claire N
          Invité

          Mais oui et c’est très drôle souvent
          On dirait des jongleurs qui avec virtuosité font tourner en l’air tour a tour des ronds et des carrés
          Et puis le singe arrive, les attrape pour de vrai , s’assoit et avec soin , sans les faire valser entreprend pseudo- studieusement de les rapprocher : gnee, voyons ce que fait le rond du carré

          • #138834 Répondre
            Claire N
            Invité

            Match sans appel humanité :0
            Singe : 1

            • #138835 Répondre
              Claire N
              Invité

              Peut-être que si me viennent des scènes burlesques et muettes c’est en partie grâce à ce mécanisme de jeu avec la gravité
              Une couche de comédie est soustraite
              On arrive plus près du rire de la matière

              • #138836 Répondre
                Claire N
                Invité

                D’ailleurs comme les bébés on sait pas trop si on va pleurer ou rire, ça tressaille au bout des lèvres et ça roule comme un éboulement du côté de la pente du tempérament , le son du rire nous explose en dehors et on le suit

                • #138837 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Match sans appel humanité :0
                  Singe : 1
                  Je dirais 1-2
                  car tout de même nous nous sommes efforcés

                  • #138839 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Rites -Oui c’est vrai
                    Mais y avait main on va pas revenir la dessus mais bon

                    • #138841 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      l’arbitre babouin était partial

                      • #138866 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Quel très beau duo. J’en suis très ému.
                        Très subtile Claire N, il m’avait semblé l’avoir remarqué.
                        Bien de la chance de l’avoir sur ce forum.
                        Quelle complicité vous 2 ! Complicité d’âme bien sûr !

                      • #138875 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        J’aimerais que tu cesses tes allusions, tu vas me faire des embrouilles avec Maupassant

                      • #138880 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Trop subtil pour moi. Mais mots passant, je m’en remettrais.

                      • #138973 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Par une concision que certes ton verbe incontinent ne saurait comprendre, Claire te signifiait qu’étant déjà en commerce amoureux avec Guy, elle craignait qu’il prenne ombrage de son flirt avec un autre romancier prénommé François
                        entre les deux son coeur balance
                        bien qu’on sache qu’elle finira avec Guy, pour l’argent

                      • #138977 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Rires – c’est cela
                        En plus Guy est tellement ombrageux
                        Qu’il pourrait bien me tirer dessus
                        J’ai pas tres envie de revivre ça

                      • #138979 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Effectivement, je me dois de retirer « subtil ».
                        C’était beaucoup plus ordinaire,
                        Irais je jusque dire « vulgaire »?

                      • #138981 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Oh le mauvais perdant
                        Va donc plutot lire Désertion. T’as du temps, apparement

                • #139062 Répondre
                  ,
                  Invité

                  Claire j’étais plutôt sur la pente rire concernant les phrases pseudo logiques mais tu me rappelles un autre moment où j’ai trouvé la frontière entre rire et larmes effectivement ténue : « elle est morte pour toi pendant que tu cuisais des patates ».
                  Hors contexte il y a un côté incongru qui aurait pu me faire rire mais avec toute la détresse bridée des pages précédentes ça m’a au contraire fait craquer à l’unisson avec Steve. Et comme tu parles du rire de la matière je note que c’est une irruption de prosaïsme qui déclenche ça. Ça me rappelle aussi la tarte aux pommes dans L’Amour.

                  • #139069 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Je te remercie d’avoir fait advenir une impression aussi sensible

                    • #139070 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Et ton « Ça me rappelle aussi la tarte aux pommes dans L’Amour.« parfaite dépose de tout ce que ton texte approche
                      Vraiment tu traces en geste sûre

          • #138928 Répondre
            ,
            Invité

            Un peu comme dans Candide, « Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres. »

            • #138971 Répondre
              Claire N
              Invité

              Rire -Pourquoi ne puis je m’empêcher de voir Éric et ramzy dans leur mouvement d’exposition à la fin d’un sketch sur «  les mots « ?

              • #138972 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                et je dois bien avouer que cette phrase de Candide, qui m’a enchanté dans ma vingtaine et même avant, a du avoir une influence sur certaines de mes tournures ironiques
                notamment ce car (que j’utilise ironiquement la plupart du temps, tant je le déteste)

              • #138984 Répondre
                François Bégaudeau
                Invité

                Éric et Ramzy eux sont drôle. D’autres le sont beaucoup moins.

        • #139064 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Je reconnais que ‘ est beau coup plus doué que Saltimbanque. Il capte l’essentiel, a le sens de la formule et des phrases bien faites et bien ficelées, il commente à point et comme il faut, si bien qu’il arrive qu’on ne sache plus si c’est ‘ qui commente ou les écrits de FB qui sont relatés. Comme par exemple « Emouvante encore l’obstination des choses à rester elles-même malgré tout. »
          Excellent le coup du frigo.
          A croire qu il y a un art de la restitution de texte.

          • #139133 Répondre
            ,
            Invité

            Je vais redire ce que disait Sylvain : avant de commenter les commentaires des uns et des autres ce serait quand même pas tout à fait complètement déconnant de lire le livre.
            J’ai beaucoup aimé le retour de lecture de Saltimbanque et il a fait un très beau florilège. Tu as dit ne pas accrocher mais c’est comme si tu avais voulu rire d’une blague dont tu n’aurais entendu qu’un morceau.

            • #139146 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              L’Islande aura gagné la Coupe du monde avant que Belkekett ne daigne mettre un oeil dans Désertion. Il a trop à faire. Il a à passer ses journées ici, se mêlant de tout comme Sarkozy lors de ses premiers mois de présidence. Se mêlant même de Désertion.

    • #139762 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Je m’excuse par avance d’éventuelles redites, je n’ai pu lire qu’une petite partie de l’immensité de cette page. Comme à mon habitude je ferai « en deux mots »
      .
      Étonnante expérience de lecture que ce Désertion, qui se place dans une zone de tension qui m’a beaucoup fait réfléchir aux affaires de style. Zone de tension qui serait : faire littérature en se tenant au plus près, au plus juste, de flux de pensée réels d’individus qui n’en font pas du tout. J’ai ressenti de ce point de vue une plus grande proximité de ce livre avec Un Enlèvement qu’avec l’Amour, dont j’ai relu quelques pages pour confirmer cette intuition. Je parle aussi de tension car l’importance du style dans le livre se ressent d’autant mieux qu’il varie, devient d’autant plus sensible qu’il peut soudain changer de modalité, passer d’une sorte d’oralité indirecte libre (qui plus profondément travaille jusqu’à l’indistinction pensée-parole), aussi d’une factualité quasi aride, à une forme plus ornementée qui marque un net éloignement — que j’imagine entièrement conscient, travaillé — de la langue propre de Steve, Céline et les autres. Exemple marquant d’une telle irruption p. 92 : « Dans cette béance de la vraisemblance s’engouffre, vent d’avril aidant, l’hypothèse d’une zone de Mickaël opaque à lui-même veut que sa mère le déchiffre et le retienne ».

      Ainsi le livre fonctionne régulièrement — sans aller jusqu’à l’abus, sans rompre le pacte stylistique général— par « trouées » de ce genre, qui créent un relief très intéressant, un relief qui attire l’œil et l’oreille, incite à la lecture attentive. Fait penser. Un autre exemple est bien sûr l’irruption de Kevin et ses échappées poétiques, qui introduisent les premières vraies descriptions « stylisées » de paysage jusque-là relativement absentes, concentré qu’on était, que Steve était, nez dans le guidon, sur les interactions humaines et sur le programme des journées. Une séparation des modalités stylistiques qui s’estompe, Steve est progressivement parasité par un certain flottement, un flottement qu’on pourrait dire littéraire? Il « décroche » (p. 176), déserte un certain rapport au monde au profit d’un autre — soudainement « esthétique » ? (p. 177, descriptions dans les ruines). Les inserts poétiques (« Sur la colline l’ombre d’un nuage ») originellement comme séparées par la mise en page elle-même, finissent par se fondre dans le corps du texte (p. 225, et de même très significativement dans la dernière page). Se fondent dans le corps de Steve. Infusent.
      .
      Pour ce qui est de la modalité plus « factuelle » du style, j’ai essayé de me demander quelle serait une tournure de phrase, une « frappe », qui en serait caractéristique dans le livre. Il y en a une qui revient au moins cinq ou six fois, une certaine forme de condensation d’actions, d’usage des « que » / « qui » / « qu’ » et de placement du verbe, dont je ne donne qu’un des exemples les plus nets : « Un chef mains sur les hanches commente le match avec un type de dos en qui Steve reconnaît Mickaël qu’une intuition fait se retourner » (p. 151). Du point de vue de la factualité an-ornementale, il y a aussi cette ingénierie constante de l’implicite pour décrire des évènements qui ont eu lieu sans les souligner, mais un implicite qui n’est pas de l’ordre du sous-entendu ou de la référence pour initiés : l’exemple le plus net étant peut-être l’apprentissage par Steve de l’existence de l’enfant de Jade (« Le père du petit ? » p. 206), ou, comme dans l’Amour, les datations implicites de par les éléments matériels (l’arrivée de Chat GPT vers la fin, etc…).
      .
      Zone de tension, disais-je donc au début, qui produit quelque chose d’étonnant : l’immense distance qui me sépare de Steve presque en toute matière — me manquerait « seulement » fait d’être une femme cinquantenaire non-blanche pour être le parfait non-Steve — me sépare aussi en partie de la langue du livre, qui m’est moins immédiatement appréciable que dans l’Amour ou dans des textes d’Interlope lus auparavant. Cette affaire de « parfait non-Steve » s’étant aussi nuancée petit à petit (« toi, tu seras avec gêne »). Néanmoins, un peu comme avec Un Enlèvement, mon intérêt pour le livre est donc allé croissant à mesure que je percevais l’ampleur du travail stylistique dont j’ai tenté de rendre compte plus haut, de ce que le livre « fabriquait ». Et ça fabrique à tour de bras.

      Il y a bien sûr aussi quelques très bonnes blagues, qui interviennent assez tôt, toujours bienvenues.

      Riche lecture.

      Je suis maintenant en mesure de comprendre l’inanité de la désormais célèbre « critique de France culture », qui a d’ores et déjà gagné sa place dans les livres d’Histoire ainsi qu’au programme de terminale.
      —————————-
      « Indistincte de la précédente une vague se casse que suit une vague indistincte de la précédente ».

      • #139769 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je crois qu’il faudrait un peu, concernant ma prose, remettre le style indirect libre à sa place
        Il a été tellement souvent dit que je l’utilisais – ce qui est d’abord réjouissant, enfin une approche stylistique de ce que je fabrique- qu’on en est venu à dire-penser-piger que toute ma prose en procéderait. Or, la majorité des phrases ne prétendent pas etre « dans la tête de » ou s’aligner sur les pensées de. Elles sont… de la narration. S’y entend le narrateur, qui narre, avec sa manière de le faire, sa manière de tourner les choses, de les présenter, de les agencer, bref son style.
        Prenons la dernière phrase. Peut on croire que ce « nous nous sommes efforcés » procède de Steve?

        • #139773 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Certes non. Mais je ne suis pas si radical, je ne vais pas jusqu’à dire que la prose se place toujours littéralement « dans » le flux de pensée d’untel ou untel. Mais quand elle s’en tient « proche », parfois sur des durées plutôt longues, quelques tournures qui ne seraient pas venues à Steve ou à un autre ne bouleversent pas mon impression générale (surtout quand elles sont très « factuelles »). Je ne les sens pas tant rompre la proximité, peut-être parce qu’elles visent une forme de justesse.

          Bien sûr l’essentiel des phrases « au sens vraiment strict » ne sont pas de Steve. « Suivi d’un rire unilatéral » n’est ni de Mickaël ni de François-DGSI, etc… Et pour la dernière phrase, de même que celles d’avant, c’est en plus le cas particulier de la fin du livre, où je n’ai pas été surpris de voir Steve s’effacer un peu (« ne pas même gravir », « Ne pas même prétendre l’embrasser du regard » etc… il y a des « trouées » dans cette fin).

          • #139802 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je me garde bien que la narration prenne trop de hauteur, j’essaie en effet de coller, et d’etre un compagnon. Un compagnon de route de mes personnages. J’essaie surtout que les phrases parlent d’elles-mêmes. Mais on oublie qu’une narration en « il » c’est toujours un peu ça. Disons par exemple : « Bruno sortit de chez lui. La campagne était pétillante. Il s’avança d’un pas résolu vers la gare. » Ce second énoncé, c’est quoi? A force, on dirait chez moi que c’est du style indirect libre, mais non ça s’appelle de la narration. On peut supposer que c’est Bruno qui trouve « la campagne pétillante ». On peut aussi se dire que non, que c’est le narrateur et lui seul qui se dit ça, que Bruno lui a autre chose à foutre. On peut plus surement encore se dire qu’on est dans l’entre deux : ce pétillante traduit, dans les mots de la narration, le sentiment de Bruno en sortant. C’est une co-construction Bruno-narration, où les deux sont bien distincts, et doués de facultés propres (le du narrateur étant peut etre celle….. de nommer)

            • #139827 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              Oui je vois tout à fait, et puis quant aux intentions d’écriture dans ce livre je me garderai bien de te contredire car au dernière nouvelles je ne l’ai pas écrit — je révèlerai ça en temps voulu sur X.
              .
              L’exemple que tu donnes avec « la campagne était pétillante » est une très bonne clé d’entrée pour illustrer ce que je veux dire. Cette impression que j’ai dans Désertion de « rester proche » même stylistiquement du flux de pensée des personnages est à mon avis liée à l’usage (voire au non-usage) des adjectifs. J’ai rouvert le livre et je n’ai pas mis plus de 30s à trouver deux pages qui illustrent ma sensation, par exemple les 102 et 103. D’abord il y a justement… très peu d’adjectifs. Même certains d’entre eux comme « portuaire » de « terminal portuaire » (p. 102) me font un effet très différent de « pétillant » dans « campagne pétillante » — j’ai dû chercher sur internet pour voir qu’il y avait les adjectifs qualificatifs (ça ok c’était dans mes cordes) et les relationnels comme « portuaire » (que j’aurais tendance à dire « tendanciellement plus neutres » au moins en apparence?). Il y aurait bien « célibataire » p. 102 qui est un qualificatif mais c’est très analytique, classifiant. « Inexplicable » de « départ inexplicable » (p. 102) m’apparaît encore très éloigné de « pétillant » alors même qu’il est un qualificatif, bref j’imagine que les linguistes ont encore des mots pour ces subtilités. Dans un autre genre p. 103, « jaunes » de « faux ongles jaunes », « larges » de « épaules larges », c’est qualificatif mais très neutre. Il y aurait éventuellement p. 103 un « sommet » de non-neutralité (de « métaphorique »?) dans ce « brumeux » de « souvenir brumeux ».

              De manière générale j’intuite qu’on pourrait corréler mon impression soit à un faible usage des adjectifs qualificatifs, soit, lorsqu’il y en a, à leur faible caractère « ornemental ». J’avais essayé d’exprimer ça en disant « an-ornemental », mais on pourrait sans doute être plus précis en en parlant d’un faible caractère « métaphorique » voire « métonymique »? En gros, « décroche » peu. C’est peut-être l’un des corrélats de la notion de « phrases qui parlent d’elles-mêmes ».
              .
              A l’inverse il y a des passages ou soudainement on « sent » d’une toute autre manière la plume de l’auteur : l’irruption des « tu » répétés en début de phrase p. 128 (j’ai dû googler pour retrouver le mot « anaphore »), le « décrochage » littéraire de Steve dans les ruines p. 177 où le style est radicalement différent des pages 102-103, l’irruption ponctuelle de mots soutenus (j’ai souvenir d’un « intercessions »), la dernière page, etc… Sachant que même dans ces cas on n’a pas forcément l’impression de prendre de la « hauteur » : peut en résulter un effet de fusion/infusion comme je le disais dans mon premier post à propos justement de p. 177.

              • #139838 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                « De manière générale j’intuite qu’on pourrait corréler mon impression soit à un faible usage des adjectifs qualificatifs, soit, lorsqu’il y en a, à leur faible caractère « ornemental ». J’avais essayé d’exprimer ça en disant « an-ornemental », mais on pourrait sans doute être plus précis en en parlant d’un faible caractère « métaphorique » voire « métonymique »? En gros, « décroche » peu. C’est peut-être l’un des corrélats de la notion de « phrases qui parlent d’elles-mêmes ». »
                Ah oui l’ornemental tu en trouveras peu – je dirais que la pulsion de beau chez moi passe bien plutot dans la musicalité des phrases, qu’on entend ou non. Schnoups en avait touché un mot. L’ornemental je le déteste autant en littérature qu’en peinture qu’en cinéma. Il est la lie de l’art.
                Et la métaphore en effet le moins possible – j’aime les métaphores discrètes, les images qui n’en ont pas l’air, etc.
                De toute façon : si l’ornemental ce n’est pas le style, alors le style c’est autre chose. Le style est encastré dans la phrase elle-même. C’est ce à quoi je travaille. c’est la « phrase qui parle d’elle-même ».
                Pour reprendre la déja légendaire première phrase, tout le style passe dans 1 l’inversion du sujet2 le verbe survenir lui même. Tout le style passe inaperçu.

                • #139847 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Puisqu’ on est sur les adjectifs, on peut s’arreter deux minutes sur la « prévisible poupée »
                  Je resitue :
                  « Des douilles au sol indiquent que des gens se sont battus là. De la vaisselle indique que des gens ont vécu là. Deux cintres. Un clavier d’ordinateur veuf d’écran. Une odeur de fromage ou d’excréments. Une prévisible poupée mais étrange d’être intacte, prunelles valides et membres au complet, juste sur la joue une trace de doigt, de confiture, peut-être de Nutella »

                  • #139852 Répondre
                    Julien Barthe
                    Invité

                    Indistiction encore, tenue ensemble de l’objectivité et de la narration. Prévisible dit le cliché narratif et les enfants victimes.

                    • #139853 Répondre
                      Julien Barthe
                      Invité

                      Et la « poupée prévisible » permettrait de trancher du côté de l’objectivité. L’antéposition met peut-être la puce à l’oreille.

                    • #139896 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Oui – objectivité
                      Une description par la «  trace « dans ce qui reste
                      En creux, plus efficace qu’un «  moulage «  de l’horreur qui de toute façon serait assez figé
                      Et n’informerait pas si bien du poid de la bête passé par là

                      • #139897 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Des douilles au sol indiquent que des gens se sont battus là » voudrait aussi faire entendre : dont Steve hélas n’est pas
                        écriture en creux

                      • #139906 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui – ça me met en silence dans la tête
                        Cette manière et c’est bien

                      • #139898 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        D’ailleurs la poupée me sonne bien à l’oreille
                        Par son côté qui rappelle justement la représentation, tout ce qu’il peut y avoir d’irrepresentable

                • #139850 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  En effet. Il faudrait approfondir pourquoi je ressens tout de même une différence nette avec L’Amour, qui est tout aussi peu un parangon d’ornementalisme — j’ai (encore) rouvert le livre à trois ou quatre endroits différents et l’ai (encore) ressenti. C’est soit la sensation d’une distance différente, soit tout simplement le fait que les personnages auxquels on « colle » ne sont pas du même bois — deux possibilités qui ne sont en fait pas mutuellement exclusives. Il y a quelque chose dans le vocabulaire, mêlé à des questions de rythme, qui à l’arrivée donnent une musique autre.

                  Je rattrape ce que dit Schnoups plus haut et la question du côté échenozien me permet de rebondir car c’est exactement la comparaison que je voulais développer dans mon premier post mais j’ai coupé pour raccourcir. Je trouve tout à fait que les passages « à la Kevin » s’en rapprochent, tout que ce que j’ai ressenti comme des « trouées » que j’évoquais plus haut s’en rapproche. Mais Echenoz ne « colle » pas du tout autant aux personnages que toi dans Désertion — je précise qu’il est un de mes écrivains préférés, ça n’est pas une critique. Beaucoup plus prompt aux petites notations, aux adjectifs qui animent ce qui en toute rigueur qualificative est inanimé, et griller encore 10 minutes de mon télétravail pour aller en rouvrir deux ou trois dans ma bibliothèque me l’a confirmé sans peine. J’ai toujours beaucoup plus « senti » Echenoz même dans ses discours indirects libres, et même s’il n’est pas du genre sur-expressif.

                  • #139851 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    (réponse à #139838, je n’avais pas vu #139847)

                    • #139857 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Je réfléchis en te lisant
                      Je crois que la différence entre L’amour et Désertion tient :
                      -au fait que l’un est plus court
                      -au fait qu’on suit deux personnages dans l’Amour
                      -au fait qu’il y a moins de scènes (des pages qui s’arretent longuement sur un moment)
                      La longueur du périple, la mono-focale sur Steve (en gros), les nombreuses scènes, créent dans Désertion davantage de proximité avec le personnage, et donc de proximité du narrateur avec lui.
                      J’ajoute, mais c’est la conséquence du reste, qu’on sait beaucoup plus de choses sur Steve qu’on en sait sur Jeanne et Jacques. Il est ainsi plus incarné, plus précis.
                      Steve est vraiment le « sujet » de Désertion. Celui de l’Amour c’était… l’amour. Ce type d’amour là.

                      • #139870 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Oui, d’accord avec ces pistes, surtout les 1/ et 3/ + ton ajout du dernier paragraphe.

                      • #139875 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Réponse au #post-139827
                        De « flux de pensée des personnages est à mon avis liée à l’usage (voire au non-usage) des adjectifs »
                        Jusqu’à la fin du post, est trop vulgaire pour ne pas être un piège.
                        Me vient la formule de Deleuze commentant Nietzsche « Derrière le masque, un autre masque ».
                        Réponse au #post-139847
                        Personne ne demande à François Bégaudeau de faire du Alain Robbe Grillet.
                        Réponse au #post-139850
                        Echenoz est tellement fort dans la forme que sa lecture demande un léger temps d’adaptation, tellement ça nous emmène loin. Alors qu’effectivement avec Désertion nous sommes d’emblée devant un blockbuster, d’ailleurs j’ai songé à JJ Annaud pour racheté les droits et en faire un film, il sera à tous les coups très à l’aise avec ce matériel. Je le contacte dès ce soir.
                        Concernant les métaphores, l’ornemental, les phrases qui parlent d’elles-mêmes.
                        De même que symbole n’est pas le symbolique, poétique n’est pas forcément poésie, le but étant évidemment de pénétrer la « littéralité » même. Sans métaphore et sans symbole. Nul besoin d’un quelconque romantisme, Rimbaud, celui qui voulait planter une épée dans le ventre des académiciens, avait bien compris cette littéralité. Que l’on pense à la différence entre Fellini et Antonioni. Antonioni c’est la littéralité même. C’est dire sauter à pieds joints dans le réel à l’écart de toute réalité, dans le signifiant à l’écart de tout signifié. La signification à l’écart du sens.
                        François encore un effort pour te hisser à ma hauteur. Mais surtout me dépasser, car le monde a besoin d’un homme d’une grande santé pour retourner la table. Et toi tu es l’élu.

                      • #139877 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Alors là, attention les yeux, attention les oreilles.
                        Je viens de découvrir à l’instant même, un entretien de Tristan Garcia, auteur avec lequel je suis un petit peu familier, par notre héros François Bégaudeau. Mais là je ne suis pas prêt de m’en remettre. Je pense que cet entretien à dû laisser une trace profonde dans l’esprit de notre ami. Même s’il dit le contraire ce serait alors une trace profonde à l’insu de son plein grès.

                      • #139963 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Je suis d’accord avec toi IGY, François colle plus près ses personnages.
                        Chez Echenoz les nombreuses formes d’intrusions du narrateur impose de fait une ironie plus sensible et plus de distance envers les personnages et la narration. On a même parfois l’impression face à certaines intrusions du narrateur que ben, l’histoire on s’en branle, le personnage on s’en branle un peu même si il retourne toujours dessus bien entendu. Un jour il nous fera un roman où le narrateur nous emmènera carrément avec lui sur sa pause clope ou pire.
                        J’ai le souvenir d’une lecture d’un de ses romans, je pense que c’est dans Cherokee, où le personnage part en Espagne et le narrteur peste contre les routes espagnoles en faisant une blague bien vulgaire, très surprenante, et où l’éclat de rire est tellement fort, tellement puissant qu’on en pose le livre. J’étais allée chercher une photo d’Echenoz sur le net pour voir la gueule de cet homme, clope au bec, sourire doux et qui dit en entretien que l’humour est une chose extrêmement sérieuse.
                        On devrait se faire un topic Echenoz, avec tous ces topics de merde qu’on nous ouvre tous les jours on en a même pas un sur lui.

                      • #139964 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Il me semble même que c’est une blague raciste, où il utilise le mot métèque, genre ils nous emmerde avec leur signalisation de merde ces putain de métèques. C’est mieux dit mais c’est l’idée en gros.

                      • #139990 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « Un jour il nous fera un roman où le narrateur nous emmènera carrément avec lui sur sa pause clope ou pire » : rire.

                        Il y a vraiment un livre où cet aspect de son dispositif « usuel » ne fonctionne pas (n’entrent pas dans cette catégorie doigt-mouillé de « usuel », parmi ceux que j’ai lus, Ravel / 14 / Jérôme Lindon, qui sont d’une facture qui m’a parue bien différente des autres) . J’y ai pensé car il est aussi question de personnages qui finissent par aller plus ou moins sur un théâtre de guerre très loin : c’est L’Équipée Malaise. Pour le coup, je me suis dit : je ne sens pas de personnages, je ne sens que des petits Echenoz qui vont et viennent, sans consistance. Trop léger, superficiel. Il en devient presque, dans mon souvenir, l’antithèse de Désertion. Echenoz est tellement génial par ailleurs que tout est pardonné.

                      • #140006 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « On a même parfois l’impression face à certaines intrusions du narrateur que ben, l’histoire on s’en branle, le personnage on s’en branle un peu même si il retourne toujours dessus bien entendu. »
                        On avait évoqué cet aspect important dans la Gene consacrée au dernier en date

                      • #140012 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        J’ai lu son dernier y’a pas si longtemps donc je vais pouvoir écouter la gêne tiens.

                      • #140152 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        j’y suggère d’ailleurs qu’Echenoz y va un poil trop loin dans l’indifférence à son récit, et surtout dans l’indifférence au contemporain

                      • #140159 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Oui c’est vrai j’avais oublié que tu l’avais dit dans le GO. Eh bien pour moi, dans l’Equipée Malaise, j’ai ressenti une indifférence prononcée aux personnages. Ses personnages m’y semblent être un pur moyen de faire des phrases, de faire livre. J’ai failli arrêter en cours (c’est très rare).

                      • #140162 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Je réfléchis là mais si on met de côté Des éclairs, Courrir et Ravel, il s’en fout souvent du contemporain, non? Plus ou trop dans Bristol j’imagine.

                      • #140164 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Oui mais disons que dans le dernier il va très loin dans le vintage
                        Dans cette Gene j’observais juste que deux des meilleurs écrivains français vivants, Echenoz et Michon, ne nous avaient quand même pas beaucoup aidés à saisir le présent

                      • #140167 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Oui, c’est vrai
                        Heureusement qu’on a Bibi pour ça !
                        Bon, si mon camion ne me plante pas ce soir je suis là.
                        Je porterai des cheveux, deux jambes et deux bras. Ça devrait se voir.

                      • #140174 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Avec un peu de chance il n’y aura que des hommes troncs qui porteront leur livre entre les dents.

                      • #140209 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        « deux des meilleurs écrivains français vivants, Echenoz et Michon, ne nous avaient quand même pas beaucoup aidés à saisir le présent »
                        Mais c’est qu’ils sont trop conscient du rapport de la langue au réel.
                        Leur enjeu à eux est beaucoup plus intéressant.

                      • #140131 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Il faudrait relire L’équipée Malaise,je n’ai pas eu cette impression de petits Echenoz qui vont et viennent, reste qu’il ne fait pas partie de mes préférés, c’est sûr.

          • #139810 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Je réponds, parce que celui que vous appelez Virgule m’apostrophe. Et que moi, d’ailleurs, j’appellerai Apostrophe, parce que ça fait plus zappaïen.
            Mais du coup je me concentre sur IGY, renchérissant sur Apostrophe renchérissant sur moi a propos de Désertion. Le commentaire du commentaire du livre que d’après vous je n’ai pas lu mais dont j’ai idée quand même, alors que vous tous l’avez lu bien que votre idée était faite d’avance. Moralité, si notre opinion est décidée d’avance, autant ne pas s’emmerder à le lire, puisque de toute façon ça ne changera rien d’un iota à l’opinion par avance façonnée.
            Bon, trêve de plaisanterie. Venons en aux faits… littéralement littéraires.
            IGY parle de zone de tension, puis développe,
            « Zone de tension qui serait : faire littérature en se tenant au plus près, au plus juste, de flux de pensée réels d’individus qui n’en font pas du tout. »
            Qui n’en font pas du tout, on suppose que c’est de la littérature. Si tel est le cas alors 99% des romans illustrent cette zone de tension à laquelle tu fais allusion.
            Puis toujours à propos de la zone de tension,
            « Je parle aussi de tension car l’importance du style dans le livre se ressent d’autant mieux qu’il varie, devient d’autant plus sensible qu’il peut soudain changer de modalité, passer d’une sorte d’oralité indirecte libre (qui plus profondément travaille jusqu’à l’indistinction pensée-parole), aussi d’une factualité quasi aride, à une forme plus ornementée qui marque un net éloignement — que j’imagine entièrement conscient, travaillé — de la langue propre de Steve, Céline et les autres. »
            Bah tu vois, cette factualité quasi aride, moi je ne la vois pas du tout, une factualité quasi aride serait une objectalité descriptive froide. Ce que précisément le livre ne fait pas. Il n’y a pas de jugement à porter là dessus d’ailleurs, mais c’est un fait qu’on est davantage du côté du sujet que de l’objet (tiens tiens le sujet, une obsession chez moi). C’est ce que François dit quand il dit que c’est
            « de la narration. S’y entend le narrateur, qui narre, avec sa manière de le faire, sa manière de tourner les choses, de les présenter, de les agencer, bref son style. »
            Tu vois François, même quand il n’y a pas d’individu à proprement parler, il y a quand même « du sujet ». Et juste dans la continuité IGY reprend,
            « Exemple marquant d’une telle irruption p. 92 : « Dans cette béance de la vraisemblance s’engouffre, vent d’avril aidant, l’hypothèse d’une zone de Mickaël opaque à lui-même veut que sa mère le déchiffre et le retienne ». »
            Mais cet exemple, dans cette béance etc, n’a rien à voir avec la langue de Steve ou Céline, qui marquerait un net éloignement avec quoi ? Ce n’est pas clair du tout, tu parles d’une indistinction pensées-paroles pour après parler d’un net éloignement de par la langue des protagonistes. Quoi qu’il en soit de ta confusion, le fait est que cet exemple P. 92 est l’illustration de la fonction narrative. Et comme le dit François lui-même, c’est le style du narrateur. Ce que moi je dis, en revanche, c’est que passé du côté de l’objet, c’est précisément faire l’économie du narrateur. Non pas laisser le sujet s’exprimer, mais le contempler dans sa passivité d’objet. Faire vivre quelqu’un devant nous, c’est aussi le détacher de toute intentionnalité. Je prends un exemple du livre, p. 54, la scène de l’attente,
            « Par un après midi de soleil venteux, les frères… Etc jusqu’à la piétonne âgée qui passait par là. »
            En passant par, « Peut-être une farce. Un faux rendez-vous pour rire. Un type qui n’aurait que ça à foutre comme eux. » Même la description du vent, « Plutôt doux, le vent remue une balançoire… Joue dans les oreilles aux aguets d’un chat noir en maraude ».
            Il n’y a là nulle factualité quasi aride. Bien au contraire, nous sommes constamment dans le sentiment, un mien sentiment, un tien sentiment, un sien sentiment, humain, trop humain. IGY à nouveau, « Ainsi le livre fonctionne régulièrement — sans aller jusqu’à l’abus, sans rompre le pacte stylistique général— par « trouées » de ce genre, qui créent un relief très intéressant, un relief qui attire l’œil et l’oreille, incite à la lecture attentive. Fait penser. »
            Il aurait fallu être plus explicite sur les trouées en question car justement, entre les personnages et le narrateur, ou plutôt la langue de chaque personnage et celle du narrateur la trouée comme tu dis ne se fait pas tant sentir que ça. Après tu parles de,
            « séparation des modalités stylistiques qui s’estompe, Steve est progressivement parasité par un certain flottement, un flottement qu’on pourrait dire littéraire? Il « décroche » (p. 176), déserte un certain rapport au monde au profit d’un autre — soudainement « esthétique » ? (p. 177, descriptions dans les ruines). »
            Un rapport au monde au profit d’un autre. Moi je lis un enchaînement de perceptions et impressions qui même dans les descriptions, cherche à communiquer quelque-chose,
            « Posté sur le toit ceint de parpaings du cinéma absurdement intact… Pour tuer le temps, il ne reste qu’à appliquer l’unique consigne : ouvrir l’œil. Se convaincre que le moindre détail est une information. Repérer les emmerdeurs potentiels… Des tirs de sniper réellement sporadiques. Un son de grosse mouche c’est un drone. Un scooter couché au milieu de la rue, comme soudain frappé de résignation. Un lavabo privé de son mur. »
            Esthétique, littéraire peut-être. En tous cas ça parle. Mais qui parle ? Le narrateur ? Le protagoniste ? Après tout qu’importe. Avec Apostrophe et son passage sur les langages on est vraiment dans le commentaire du commentaire, car contrairement à Apostrophe qui délire les langues du livre, il est évident que pour les personnages c’est l’idée qui prime, le langage est là pour exécuter l’idée préalablement pensée et évaluée, nous sommes constamment dans la communication et non dans la langue. La parole au service de la communication. Et niveau communication, les systèmes de signes n’appartiennent plus vraiment à personne. Ce sont les personnes qui s’adaptent. Tout devient combinatoire et interchangeable. Seul le son de la voix permet l’identification. Si écrire juste c’est être crédible. Être crédible est être au plus près du réel.
            Les profondeurs de la langue, la dynamique du langage n’a rien à voir avec la communication. Mais ne parlons pas de ce que Désertion n’est pas.
            Avec Désertion c’est l’ensemble qui est sympa. Dans ma page qui a eu un franc succès, je dis en toute franchise et sans aucun second degré que le livre est super sympa. Et je ne vois pas en quoi ce serait péjoratif ni limité. La seule tension (positive) que je ressens, elle est dans l’harmonie héraclitéènne des contraires, et Héraclite venant de moi est un sacré compliment.
            Des personnalités très diverses unies dans une communication hétéronormée, c’est cela que j’appelle harmonie des contraires.

            • #139949 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Je ne sais pas pour toi François mais moi, chaque livre que j’ai lu de Tristan Garcia me laisse une impression « d’inabouti ».

    • #139861 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Ouh là! Ça vole haut, ça va profond tout ça! Ça décortique. On se croirait en cours, à la fac: une conversation universitaire.
      Il en faut. Merci
      Moi j’ai juste le plaisir d’avoir lu une histoire. Les mots, les phrases fabriquent des images, je me retrouve comme dans un film, à me sentir vivre avec les personnages. À vivre leur vie. Je les entends penser, je les sens s’agacer, souffrir, être joyeux .
      La musique des phrases ajoute à la qualité de la narration. Une musique qui me porte, me fait effleurer des horreurs sans m’y attarder, l’auteur me les montre et hop, une pirouette, un rire ou juste un demi sourire et mars ça repart. Parfois cette sensation d’être portée comme dans l’histoire afin que mon pied ne soit pas blessé par la pierre mais juste pour prendre conscience de la pierre
      Un vent doux souffle tout au long du livre. On ne s’attarde ni ne s’appesantit sur les cauchemars, les morts, les têtes coupés, les maladies car la vie n’en finit pas d’arriver. Parfois on pleure sans se retourner. On appréhende la suite, pas pressé d’y arriver et puis on y est: bon ben voilà: de l’attente et en attendant ça papote, ça crée des poèmes. Ça pourrait être des vacances où on joue à la guerre. Tout sauf l’ennui de destins tout tracés parceque si on meurt pas, on y retournera « faire sa vie »  » construire » et puis voilà. Y’en un, Mickaël qui choisit de disparaître. Il semblerait qu’il ne s’est jamais remis de ce qu’on lui a fait subir. Il a pris un aller simple: il se sait incapable de revenir aux Bonne journée , Ce sera tout?aux oui maman, oui papa . Un petit mot : « c’est mieux comme ça » Mourir pour mourir, autant ne pas mourir à p’tit feu, à l’étouffée. On ne compare pas des vies ni les courages. Steve continue de se fabriquer une vie aidante: l’association, la recherche contre une maladie toujours mortelle. Il continue à s’auto corriger » non j’ai menti, on n’était pas dans un char » mais on est pas des paumés et ça c’est pas un mensonge. Déserter ce qu’on veut faire de nous. Continuer à marcher et oui se retrouver au pied d’une montagne et juste décider de ne pas la gravir, de ne pas l’embêter. Rester à ses pieds et l’admirer : sa beauté, sa majesté arrête le temps: elle était là depuis longtemps, témoin impassible de tous les événements vecus par quelques fourmis géniales ou pas.
      Elle sera là encore longtemps : d’autres fourmis vivront toutes sortent de vies, viendront l’admirer ou auront la curiosité d’aller voir le paysage depuis son sommet.
      Desertion: sa musique, son authenticité même dans dans les descriptions un tantinet exagérés de certains personnages, profs par exemple

      Tout peut être raconté mais il y faut la forme, la musique des mots et le moins de fausses notes possibles. Là, peut-être, un gros toc de phrases auraient gagné à avoir un peu de ponctuation et ce  » réponds-je » et Certes juste mais musicalement gloups. Deux ou trois bricoles qui confirme la règle.
      Désertion: 600 heures d’écriture.
      De la consistance et ça console.

    • #139865 Répondre
      LFI
      Invité

      Ton avis d’estrosiste on s’en cogne

      • #139874 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        ON? Vous êtes tous les sitistes à vous tout seul? Þ
        Et VOUS trouverez autre chose Le Fiel Incurable.
        Je ne peux pas voter aux municipales. Et j’aurais voté blanc
        Bonne soirée Fiel Incurable. Donnez vous-en à cœur triste. Je ne serai plus là pour vous répondre

        • #139876 Répondre
          LFI
          Invité

          « Et j’aurais voté blanc. » Tout est dit. Les IRRESPONSABLES, comme on dit

          • #139887 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Ton pseudo LFI…
            Ça veut dire-Le Filou Intégral ? Le François Inconsistant ou Le Flippé Indécis ?

    • #139878 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Là, je réponds à la ronde: au 1er tour j’aurais voté Mireille Damiano. Dimanche prochain, entre Estrosi et Ciotti, Chiotti, mon vote: blanc.
      Le Fiel Incurable me taxait d’estrosiste, je dis que je ne voterais pas Estrosi, il ou elle me taxe d’irresponsable
      Big smile
      Allez, je déserte

      • #139879 Répondre
        LFI
        Invité

        Quand on est responsable on ne parle pas au conditionnel. On vote

        • #139881 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Répondu que JE NE PEUX PAS VOTER AUX MUNICIPALES EN FRANCE. JE NE PEUX VOTER QUE POUR LES LEGISLATIVES, LES PRÉSIDENTIELLES ET LES CONSULAIRES ETANT RÉSIDENTE ESPAGNOLE, JE VOTE AUX MUNICIPALES ESPAGNOLES
          Je donne cet éclaircissement à la ronde.
          Et perso je me garde bien de juger les décisions des gens.

          • #139915 Répondre
            LFI
            Invité

            Quand on est vraiment conséquent on s’arrange pour voter mais passons. On t’attend au tournant aux législatives

            • #139920 Répondre
              LFI
              Invité

              C’est moche d’usurper un pseudo.
              Le vrai LFI n’est pas sorti de la page LFI.

              • #139923 Répondre
                LFI
                Invité

                La LFI ne t’appartient pas. Je prends le relais parce qu’avec des militants comme toi on n’est pas sortis.

                • #139925 Répondre
                  LFI
                  Invité

                  Ben cadeau. ET juste une info, je milite pas. Rien à foutre

    • #139912 Répondre
      bibinard
      Invité

      geu qaunéçé kailcain ile avé rasé une mézon alla douzessaite an aixaissise a larmai lai shaif ile zété pakom tant alaur ile a fé du rabe ai du trou

      • #140021 Répondre
        bibinard
        Invité

        ile avé ossi menget dusse çtaiqu deux dofain kil mavé di

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