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    Messages
    • #69769 Répondre
      jojo_le_gilet_jaune°
      Invité

      Cela fait une semaine que la traque a commencée. Aujourd’hui, je suis acculé.
      FB a ressemblé suffisamment de preuves pour que le masque tombe :
      Je n’aime pas Annie Ernaux, j’aime le papa et la maman d’Annie Ernaux. Le beau Peuple intrinsèquement bon et souriant.
      Je crois en la common decency même si je dis ne pas y croire.
      J’ai du respect pour le travail du MAUSS alors que Lordon les a éteints d’une manière définitive et souveraine.
      Et ce matin, le pompon :
      « Oui François London a un style lourd mais lui c’était un vrai prolo, pas comme toi.
      C’est ça l’idée de ton truc pas drole? »
      Le problème n’est pas la blague ratée. Tout le monde en charrie son lot ici-bas.
      Je suis percé à jour : il y a le vrai prolo et le faux. Quelque chose a flétri le vrai au mitan des années 60 !
      Voilà François : tu as mes aveux.
      J’ai essayé de tenir le plus longtemps possible, mais ce matin, j’ai craqué.
      Je quitte le forum, ma position est intenable
      Je vais traîner mes passions tristes de souverainiste de gauche ailleurs pour vous laisser tout à votre joie.
      Adieu Émile, Claire, vous m’avez régalé
      @ Essais : tu gagnerais à être moins caressant avec le maître des lieux
      PS : FB, c’est Nikodim Fomitch en plus sagace

    • #69773 Répondre
      essaisfragiles
      Invité

      Je réponds tout de suite puisque je suis mentionné : je suis caressant avec les gens que j’aime et qui me donnent du plaisir.
      Je le suis davantage avec François, à la mesure du temps que je passe à le vanner ou à me foutre de sa gueule (ou plutôt d’une position d’écrivain à minettes, ce qu’il n’incarne et n’exprime pas vraiment). Je me suis aussi engueulé avec lui, au moins à deux reprises (sur la société et l’école), et c’était très tendu.
      Je suis sans doute plus pudique avec les nombreuses personnes que je lis avec enthousiasme ou que j’admire ici, puisque je ne me permettrais de me moquer ou de me disputer avec elles.
      Sinon, ton départ est dommage.

    • #69780 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Dommage Jojo, je trouvais tes interventions intéressantes, et j’ai beaucoup aimé notre discussion sur le végétal. Mais un Gilet Jaune revient toujours : il plie mais ne rond-point, dit-on (comme quoi, on ne sort pas du végétal, puisqu’on le retrouve avec ce clin d’œil au roseau).
      .
      Sinon, j’ai sans doute raté beaucoup d’épisodes, car je ne comprends pas grand chose à la moitié de ton message qui fait référence à des discussions ici. Mais pour ce qui me concerne, je ne connais pas bien les travaux du MAUSS (disons que je connais vraiment la base, mais c’est sans doute plus vaste), et je sais que la common decency vient d’Orwell via Michéa, mais je ne me suis jamais trop penché sur la question. Je vois bien tous les problèmes que cette expression peut engendrer dans notre lecture sociale, mais il me semblait que Michéa en faisait une lecture plutôt matérialiste et pas morale : le fait de vivre dans des conditions d’existence limitées et précaires inclinerait plutôt vers des comportements d’entraide et de solidarité matérielle entre les gens, ce qu’on trouve moins dans les hautes sphères de la société. Néanmoins, en écrivant ce propos, je pense immédiatement aux analyses de Simone Weil qui déclare que les pauvres, parce qu’ils sont pauvres et précaires, ont tendance à se pouiller entre eux par peur de manquer ou d’être dégommés (c’est lui ou c’est moi, et il est plus facile de prendre le dessus sur un individu aussi faible que moi que sur un millionnaire influent qui connaît le maire, deux ministres, aura toujours la police de son côté et possède l’usine et le pouvoir légal de me virer du jour au lendemain). Elle comprend ce triste mécanisme social comme un élément constitutif de l’équilibre social dans une société oppressive.
      .
      Qui a raison? Des éclaircissements pouvaient être intéressants de la part de ceux qui connaissent bien ces question (le MAUSS et Michéa-Orwell sur la common decency). En ce qui me concerne, je trouve l’analyse de Weil assez descriptive de ce que je peux voir dans la société, hélas.

      • #69783 Répondre
        MA
        Invité

        Sur Orwell et la common decency, on peut écouter cette émission ou lire aussi le petit livre de Bruce Bégout.
        https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avoir-raison-avec-george-orwell/orwell-et-la-decence-ordinaire-8794176

      • #69796 Répondre
        jojo_le_gilet_jaune°
        Invité

        Bonjour l’Emile
        Je m’en bats les steaks de cette histoire de common decency. Je n’ai jamais directement employé ce terme.
        Mais depuis une semaine, Nikodim Fomitch décèle des traces de ce concept dans tous mes propos.
        Il se joue là quelque chose qui m’échappe.
        Je mets donc les adjas.
        Adjas = argot = petit peuple parisien d’avant le regroupement familial = je n’arrive décidément pas à m’échapper de ce tropisme louche.
        Je vais me reposer, me faire soigner et je reviendrai.

        • #69799 Répondre
          nefa
          Invité

          je m’associe à Emile à propos du végétal

        • #69801 Répondre
          essaisfragiles
          Invité

          « Mais depuis une semaine, Nikodim Fomitch décèle des traces de ce concept dans tous mes propos.
          Il se joue là quelque chose qui m’échappe. »
          .
          Pourquoi ne pas lui avoir dit directement qu’il faisait une fixette, ou avoir gueulé un bon coup ? Surtout si c’est pour me dire ensuite que je suis trop « caressant » avec lui, et oublier du même geste que je l’ai déjà engueulé (il avait sorti des noms d’oiseaux nous concernant, Emile Novis et moi, « idéaliste » je crois).
          .
          Sinon, je m’associe aux autres pour te demander de rester, ou de revenir dans quelque temps.

      • #69834 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Il me semble évident que les deux ont raison. Et qu’ils ont mieux raison à deux que chacun dans leur coin. Il me semble évident que les deux mécanismes sociaux décrits ici (Orwell versus Weil) sont à l’œuvre. Ils sont contradictoires? Certes. La chose sociale est traversée de contradictions. Je ne vois là rien d’étonnant.
        Inversement, l’on peut documenter que chez les classes aisées parfois l’on est plus solidaire et plus sympa (c’est facile d’être sympa quand on n’a pas de souci majeur), ou inversement : que chez ces classes-là on est habitués à rouler seul, sans besoin des autres, sans donc besoin de se soucier des autres.
        .
        Le point intéressant, à mon avis, n’est pas d’essayer de savoir quel mécanisme prevaudrait au sein de tel pan du corps social. (Le point intéressant n’est pas de savoir si common decency ou pas common decency).
        Le point intéressant, s’il y en a un, consisterait plutôt (à mon avis) à documenter l’embrouillamini de tous ces mécanismes.
        .
        Un jour j’observe que ma relative aisance financière me pousse à utiliser des services payants pour la garde des chats pendant les vacances, tandis que des connaissances demandent à leur voisin de venir verser les croquettes. Et je réfléchis et je me dis que je suis un peu con et que ça serait mieux de parler à la voisine un peu vieille et qui s’ennuie et je lui parle et l’on sympathise et elle est (comme prévu) contente de venir nourrir les chats et elle me donne des pommes du jardin et je finis par me coucher un peu moins con. Voire un peu moins conne. Et mon corps moins rempli de pesticides.
        Un autre jour je discute avec une dame qui n’est jamais trop allée à l’école et qui maintenant fait des ménages et elle me raconte ses histoires de famille et l’écoutant je trouve ça épouvantable, pas un pour rattraper l’autre, je me dis, (tout en conservant un sourire accroché sur mon visage en face d’elle), et à la suite de cette discussion, je m’interroge : est-ce les relations relativement bonnes, parfois très bonnes, jamais destructrices sur le long terme, que j’ai eues et que j’ai avec les membres de ma famille ont quelque chose à voir avec la tranquillité matérielle, financière, sociale, dans laquelle nous avons baigné ?
        .
        Il y a tellement d’observations à faire, d’explorations à mener, autour de ces mécanismes sociaux tout à fait complexes et – encore une fois – non univoques (je crois).

        • #69835 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Quand je dis « il me semble évident que les deux ont raison » je réponds à Émile sur Orwell et Weil.
          (Mon post ne s’est pas mis où je supposais).

      • #69836 Répondre
        thierry
        Invité

        Ce que je comprends de du concept de « common decency » d’Orwell que j’ai un peu lu et repris en « décence ordinaire » ou « bon sens commun » parfois, par Michéa que j’ai beaucoup lu :
        Orwell, en fréquentant les mineurs anglais, a le sentiment qu’une forme d’entraide, de générosité et d’égalité naturelle règne entre ces familles de classe populaires. Du moins, plus marqué que dans les autres classes sociales. Il l’explique dans un travail quasi sociologique par le fait qu’étant éloignés des manigances malsaines pour accéder au pouvoir, ils n’ont naturellement pas de désir de dominer l’autre par le savoir ou leur puissance économique. Ce serait presque une conséquence inconsciente du mode de vie prolo qui amènerait cette idée d’une morale plus pure qu’ailleurs. Michéa semble aller un peu plus loin car par extension à ce concept, il pourrait parfois sembler nourrir une confiance « aveugle » en ce que les classes populaire jugent bon ou mauvais dans leur majorité. En gros.
        .
        En ce qui me concerne, je suis assez attaché à cette idée qu’une morale plus proche de mes idées émanera des classes populaires sans jamais je crois avoir utiliser l’expression « common decency » en le fait que – et ça, ça n’est ni du Orwell ni du Michéa – pas tous les prolos rêvent de devenir de grands bourgeois, loin de là. De ce fait, et mathématiquement, dans un panel de prolo contenant un pourcentage de gens qui s’en branle du fric, Il y a beaucoup plus de probabilité que leur revendication trouvent un écho avec les miennes.

        • #69837 Répondre
          thierry
          Invité

          Désolé pour les fautes. J’ai écris vite.

        • #69847 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @Thierry
          Merci pour ce retour et ces précisions. Je m’arrête seulement sur le terme « naturel », dans les expressions « égalité naturelle » ou « naturellement pas le désir de dominer l’autre ». J’aurais tendance à penser que c’est moins lié à une nature qu’à une condition sociale et matérielle : il est vrai qu’en ce moment, il y a des fonctionnaires dans les ministères qui emploient toute leur énergie à planifier une stratégie pour nous la faire à l’envers, parce que c’est leur métier et que ça façonne, à terme, des habitudes, des modes d’être (le calcul, une certaine tendance à la manipulation des signes et des mots, à l’anticipation des réactions des autres, un besoin de dominer et de ruser pour arriver à ses fins, etc.). Un menuisier sera moins concerné par cette manière d’être, tout simplement parce qu’il travaille du bois au quotidien et que son quotidien s’organise différemment. Mais peut-être que tu veux dire que ces habitudes finissent pas façonner une seconde nature.
          .
          Pour la seconde partie de ton message, je suis d’accord, et je crois comme toi que le terme de common decency est superflu ici : il me semble qu’il s’agit en fait d’une communauté de besoins, que les prolos ne sont pas nécessairement des jaloux frustrés de ne pas devenir bourgeois, et que leurs besoins sont plus proches d’un « noyau dur » des besoins humains fondamentaux – tandis que les besoins de Bernard Arnault, eux, ne traversent même pas l’esprit de 98% de la population mondiale, car il s’agit moins de besoins que de caprices.
          .
          @Jeanne
          Oui, j’ai l’impression que le corps social est capable des deux, et que ça dépend beaucoup des conditions sociales et matérielles d’existence. C’est la raison pour laquelle, à mon avis, il faut lutter contre le management et ses intrusions un peu partout dans la vie humaine, car le management est précisément là pour briser les liens de fraternité et accentuer le mécanisme décrit par Weil.

          • #69866 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Si « le corps social est capable des deux, et que ça dépend beaucoup des conditions sociales et matérielles d’existence », alors le concept de décence commune n’a aucun intéret. Il n’est plus que nuisible. On peut le remballer.

          • #69890 Répondre
            thierry
            Invité

            @Emile :
            « Mais peut-être que tu veux dire que ces habitudes finissent pas façonner une seconde nature. »
            .
            Moi j’en sais trop rien. J’essayais de relater la pensée des gens cités dont je connais un peu le travail.
            Je sais une chose : c’est que je me sentirai toujours plus à l’aise dans un kebab que dans un gastro.
            De là à dire que c’est parce que les gens qui fréquentent ces lieux sont plus moraux, sympathique, gentils ou juste que c’est d’où je viens et que c’est rassurant, je ne sais pas. Je vais y réfléchir.

            • #69898 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Je me sens également plus à l’aise dans un Kebab que dans un gastro, mais je ne vois vraiment, vraiment, vraiment pas le rapport avec la décence commune.

              • #69900 Répondre
                essaisfragiles
                Invité

                Les gens ne rotent pas dans un Kebab.

              • #69916 Répondre
                thierry
                Invité

                Si le concept qu’Orwell appelle Common Decency signifie que les classes populaires possèderaient une dignité propre et une morale supérieure immanente liée a leur mode de vie qui les rendraient plus égaux, généreux, enclin à l’entraide,etc.., je me demandais si, sans nécessité de le nommer, ça n’était pas ces supposées valeurs qui me rendait la fréquentation de lieux populaires bien moins pénible que les lieux bourgeois. Bref c’était sûrement tiré par les cheveux et en y réfléchissant un peu, même si ce paramètre pouvait en faire partie, il y en aurait bien d’autres.

                • #69930 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Dans les lieux bourgeois il règne souvent une grande décence, une parfaite politesse, stimulée par l’interet bien compris par tous de préserver la tenue distinctive d’un tel lieu.
                  Je crois donc que notre préférence commune tient à autre chose.

                • #69942 Répondre
                  Tristan
                  Invité

                  Sur cette histoire de « décence ordinaire », j’observe d’une part qu’elle n’est jamais empiriquement construite (si on dit que les pauvres sont ceci ou cela, la moindre des choses serait de l’établir dans la pratique, et pas de le décider a priori – quand bien même cette idée a priori me pait – et de l’établir avec autre chose que trois récits larmoyants et l’invocation du grand père ouvrier) ; et d’autre part qu’elle a une bien réelle utilité pratique : les idées sont des outils, et celle ci sert à rendre audible à la gauche la nécessité d’arrêter avec les raffinements antiracistes, les outrances féministes, et les odes à l’émancipation – au nom de la proximité avec le peuple (abstraitement pensé comme blanc et mâle).
                  Il est flou et nocif, ce mot d’ordre, bien qu’on l’ait généreusement tiré du quai de Wigan.
                  [Bon, j’imagine que personne n’attendait mon avis sur une question qui n’a pas été clairement posé ici, mais à toutes fins utiles, je vais tout de même cliquer sur « envoyer ».]

            • #69954 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              @Thierry
              « Je sais une chose : c’est que je me sentirai toujours plus à l’aise dans un kebab que dans un gastro. »
              .
              Moi aussi. C’est ce fait qu’il est intéressant d’élucider en effet, ce que cette discussion est en train de faire progressivement. Je suis curieux de lire la suite.

              • #69962 Répondre
                Oscar
                Invité

                J’imagine que si vous vous posez la question du pourquoi c’est que le kebab n’est pas un lieu d’appartenance naturel. Le gastro non plus si j’ai bien compris, mais les deux vous sont accessibles, c’est ça ? Mon hypothèse (de prolo) c’est que le Kebab n’attend rien de vous ni ne vous regarde, et qu’en cela il est un endroit de plus de liberté. Et de compagnie simple qui peut-être vous détend ou vous rassure.

                • #69967 Répondre
                  Jeanne
                  Invité

                  Je vais dans les kebabs quand je suis avec des gens qui aiment la viande. Je vais dans les restaurants gastronomiques avec, genre, mon père. Et quand je vais seule ça serait plutôt Exki. Parce que j’aime la salade de lentilles.
                  A Exki, je me renseigne sur le parler des bobos. C’est ainsi qu’en – quoi? 2014? – j’appris l’expression « être en mode » (« En ce moment je suis en mode déménagement « ). Une expression que je trouvai sur le moment, énervante et ridicule (on n’est pas des machines, « être en mode » relève d’un langage techniciste) et qu’ensuite je me mis – mon Dieu – à employer. Peut-être parce que ça s’employait autour de moi, peut-être parce que « en mode » finalement ça m’amusait. (Je suis une girouette ? Je suis un girouette).
                  .
                  Mais pardon, je suis un peu hors-sujet.

                  .

                  • #69968 Répondre
                    Oscar
                    Invité

                    Ils aiment la viande et vont au Kebab ?!

                    • #69969 Répondre
                      Jeanne
                      Invité

                      Oui, c’est des cochons.

                      • #69973 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « en mode » a duré parce que très pratique, et très facile d’usage

                      • #69974 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        il me semble d’ailleurs qu’en mode est plutot venu des quartiers populaires

                      • #69978 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Ah? Possible. Les expressions circulent d’un milieu à l’autre. Ce n’est pas là que se trouvent les cloisons.

                      • #69982 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Toutes les expressions ne circulent pas d’un milieu à l’autre
                        Celle ci oui, et je crois que ça tient à sa grande utilité.
                        Il faudrait voir d’ailleurs les expressions plutot issues du bas et remontées, et inversement.
                        (il arrive que des expressions du haut soient abandonnées par le haut dès lors que le bas les a adoptées – je me souviens par exemple de « ça, c’est fait »)

                      • #69999 Répondre
                        chatGPT
                        Invité

                        « L’expression “en mode” en français est une calque de l’anglais “in mode”, utilisée de manière informelle pour indiquer l’état d’esprit, l’attitude, ou la disposition dans laquelle se trouve une personne à un moment donné. Elle s’est popularisée à partir des années 2000, notamment chez les jeunes et sur internet, avec une forte influence des médias anglophones, des séries télévisées, des chansons, et des réseaux sociaux.
                        .
                        L’expression “en mode” est souvent employée pour décrire une situation temporaire ou une manière de se comporter, comme dans “Je suis en mode vacances” (ce qui signifie qu’on est dans une ambiance détendue, décontractée, comme en vacances), ou encore “Il est en mode travail” (ce qui signifie qu’il est concentré et sérieux). Elle reflète un certain style de langage contemporain, familier et ludique, souvent utilisé pour exprimer une manière de se sentir ou d’agir dans une situation particulière. »

                      • #70003 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Cher ChatGPT, je te remercie de ton intervention mais perso j’aurais préféré entendre l’humain qui a tapé ici ton propos. (L’humain ? Coucou! Ici on fait de l’éducation populaire, pour cela on nous avons besoin d’humains).
                        .
                        @François
                        Je ne savais pas que « Ça, c’est fait  » avait été abandonné par le haut.
                        Comme expression employée sur le terrain il y a « En vrai ». Dont l’on peut supposer que cela ne circulera pas ailleurs.
                        « Ken », par contre, commence à s’entendre un peu partout, me semble-t-il.
                        Mais ces choses-là changent tout le temps et ne sont pas faciles à saisir.

                      • #70005 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « en vrai » s’entend dans la bouche de comédiens bourgeois
                        de même qu »en fait » en fin de phrase

                      • #70009 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Jeanne
                        C’est noté pour chatGPT, j’en abuse un peu, c’est vrai.
                        Cela dit j’aurais pu le citer sans le dire, histoire de faire le malin.
                        Que je veux faire la malin, je préfère signer de mon pseudo. ChatGPT est beaucoup plus modeste que moi.

                      • #70012 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ françois bégaudeau
                        Si tu pouvais ne plus dire « sympatoche » en interview ou ici, je t’en, remercierais à jamai.
                        J’ai toujours l’impression d’entendre le Pierre Murat qui est à toi. (Vous êtes les deux seuls que je connaisse à le dire.)
                        La prochaine fois, je te dirai tout ce que tu dois à Michel Ciment.

                      • #70015 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        désolé pour les fautes, j’ai changé de mains

                      • #70042 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Ne plus dire sympathoche positivement, ça je peux le faire. Puisque je ne le dis jamais dans ce sens.
                        Ne plus le dire à titre de foutage de gueule, pour me moquer de l’Internationale Sympathoche, ça ça va etre beaucoup plus dur.

                      • #70014 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        @essaisfragiles
                        OK ok 🙂.
                        Et sinon, tu es au courant que ChatGPT, régulièrement, dit n’importe quoi. Mais n’im-por-te-quoi.
                        (De la merde).
                        Quand on utilise Chat, il faut l’utiliser dans un domaine que l’on connaît, afin de pouvoir repérer ses erreurs…
                        C’était mon sincère et petit conseil du jour.

                      • #70018 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Jeanne
                        Oui, bien sûr, tu as entièrement raison, je l’utilise comme super-Wikipedia (qui comporte aussi des erreurs), ou pour corriger des phrases (super correcteur).
                        Pour vérifier des usages de mots, des contextes d’énonciation, ça peut être utile (super Google).
                        J’essaie de programmer une version personnalisée pour l’utiliser comme miroir qui me dise chaque matin que je suis le plus beau.

                      • #70016 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        @François
                        Je suis contente que des comédiens disent ça. Il font bien, ils font leur boulot, au moyen – notamment- de leurs oreilles.

                      • #70019 Répondre
                        wiki
                        Invité

                        En quoi cela te rend contente ?
                        Il me semble que cette expression est peu usité. Quand elle l’est, c’est chez post ados.

                      • #70064 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        @wiki
                        Peu usitée, l’expression « en vrai »? Si, quand-même.

                      • #70024 Répondre
                        Arnaud
                        Invité

                        Popularisé par Rohff :

                      • #70040 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        En effet, j’entends beaucoup ces expressions chez les jeunes des classes populaires (tous les jours ou presque dans le tram en lointaine banlieue sud de Paris) mais aussi chez les jeunes plus bourgeois. J’ai moi-même gardé à l’oral ce tic du « genre », du « en vrai », et sans doute bien d’autres infamies (j’ai passé mon collège plutôt entouré de classes moyennes supérieures, mon lycée plutôt classes moyennes voire classes populaires : mon expérience m’empêche d’assigner ces tics de langage personnels à une sociologie précise, impossible. Peut-être qu’il faudrait aussi prendre en compte la variable géographique ? l’Ile de France dans mon cas).
                        .
                        Mais rien ne dépassera jamais celui qui, comme toujours, a le mieux saisi la chose. Une minute définitive sur le sujet :

                        https://www.youtube.com/clip/UgkxocnU9lUF3yS5pBlgfRMGbRSD4uiOvqia

                      • #70043 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Double génie ici :
                        -d’avoir repéré tout ça
                        -de le tourner comme ça

                      • #70122 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Ils sont très joueurs

                      • #70051 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                         » hyper-baguettissime »
                        Merci pour le rire I.G.Y

                      • #70072 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        C’est drôle !! Merci. Je ne les regarde pas assez.
                        Moi ce qui me casse les oreilles (et autre chose), c’est les plateaux télé : « sur comment », « être focus », « impacter » (que des anglicismes, donc).
                        Impacter : avoir pour effet, pour conséquence, pour répercussion, pour écho, affecter, atteindre, bouleverser. Ça va tellement mieux en le disant ; on perd beaucoup en ne nommant pas de façon exacte (autant qu’on le peut) la nature de la relation.

                      • #70138 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        « Pépite » aussi, dans son nouvel usage, ça fout le cafard !

                      • #70165 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @essaisfragiles

                        Moi ce qui me casse les oreilles (et autre chose)

                        Les pieds?
                        .
                        Sinon, je suis d’accord, notamment sur le terme « impacter », qui fait fureur depuis quelques temps dans les médias et le langage courant. C’est un anglicisme, oui, mais ce ne serait pas, plus spécifiquement, un terme qui vient du management, ou de l’analyse des marchés, ou encore de la communication (« impacter » les esprits)? Bref, j’ai bien l’impression que ce terme enveloppe tout un monde (et j’aimerais savoir lequel exactement), en plus d’appauvrir notre rapport au réel, comme tu le soulignes.

                      • #70170 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Est-ce que c’est le mot « impacter », qui vous dérange, ou les gens qui le prononcent ? Il me semble que ce n’est pas pareil, et il me semble important d’opérer la distinction.
                        Le mot « impacter », pris pour lui-même et en-dehors des connotations (financières, manageriales) qu’il charrie, n’est pas vilain, à mon avis.
                        Ce que je veux dire c’est : Ne nous trompons pas de combat. Je ne vois pas qu’il y ait ici de combat grammatical (ou autrement porté sur le verbe) à mener. Là n’est pas l’enjeu…
                        .
                        (Si?).

                      • #70171 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Expérience de pensée :
                        Si c’était Marx, qui le premier avait dit « impacter ».
                        Vous et moi l’aurions régulièrement à la bouche, non?

                      • #70172 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Alors Marx dit beaucoup procès ; du coup je sais pas trop

                      • #70173 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Quand tu repères la circulation je trouve ça juste, mais qui se les approprie? Est ce un usus de droite ?

                      • #70174 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Jeanne
                        Ce ne sont pas spécialement les personnes, puisque ce mot circule beaucoup désormais. Néanmoins, savoir où le mot est né, c’est-à-dire savoir de quel milieu social il vient me paraît important, et cela touche à des personnes en ce sens. Car je crois qu’un mot doit toujours être appréhendé à partir de son usage pour en saisir le sens. Et l’usage porte en lui une manière d’être au monde, une certaine tonalité affective, un rapport aux choses et aux autres. Quand quelqu’un me dit que tel film produit un « effet waouh! », ça situe un peu la personne à mes yeux.
                        Ce qui me dérange beaucoup, mais essaisfragiles l’a déjà dit, c’est la capacité de ce mot à recouvrir le réel. J’entendais des journalistes dire, l’autre jour à la radio, que la communication de l’Elysée pour justifier sa politique économique et sociale a du mal à « impacter » les français. En ce qui me concerne, le mot « manipuler » aurait été plus judicieux. Ou « endoctriner », ou encore « persuader », si on veut être plus charitable avec notre cher Président. mais que veut dire « impacter » ici? Un peu tout et rien : frapper les esprits? Je ne vois pas une politique économique « frapper les esprits ». On ne sait pas trop de quoi il s’agit, et ainsi on ne comprend plus la nature de la relation en question.
                        De même : cette œuvre arrive à « impacter » le public. De quoi parle-t-on? Choqué? Provoqué? Emu aux larmes? etc. Ou peut-être parle-on de son rendement financier, de sa valeur marchande juteuse. Mais qu’on le dise.

                      • #70180 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Pour compléter le propos d’Emile Novis, déjà très complet, c’est évidemment l’usage du mot et le sens (ou l’absence de sens) qu’il véhicule qui me casse les pieds (et autre chose).
                        .
                        Le substantif « impact » existe en français, dans un sens très clair : un impact sur le pare-brise d’une voiture est le heurt causé par le choc d’une pierre ou de tout autre objet contondant.
                        Le verbe « impacter » est d’usage récent, et c’est un anglicisme (voir le film Deep Impact de 1998). Outre la confusion qu’il génère quant à la nature de la relation qu’il désigne et à ses effets — veut-on dire avoir pour effet, causer, influencer, affecter, éprouver, etc. ? –, c’est le fait de tout penser dorénavant en termes de chocs et d’épreuve de ces chocs (et de victime de ces chocs) qui me gêne. Dire que l’émission de gaz à effet de serre a un impact sur le changement climatique ne me dérange pas ; dire que l’inflation des prix a un impact sur la consommation, à la rigueur (quoi que la causalité soit différente, on a plus affaire à une corrélation qu’à une causalité, puisqu’il suffirait d’augmenter les salaires, etc.), mais de là dire qu’une parole désagréable a un « impact » sur la personne qui la reçoit ou que ce que je dis va « impacter » les gens, je trouve qu’on perd beaucoup dans la précision de la nomination et, donc, la désignation du réel.
                        .
                        Or dans l’usage médiatique qui en est fait, je soupçonne, après Emile Novis, qu’il s’agit de masquer, dissimuler les véritables causalités à l’oeuvre, donc de ne pas dire les choses.
                        L’exemple de l’art est vraiment très parlant.

                      • #70183 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        T’occupant d’analyser non pas seulement un mot mais des phrases dans lesquelles il est pris, tu retiens déjà plus mon attention.
                        « Cette œuvre parvient à impacter le public », c’est effectivement peu probant. Tu veux dire quoi, gars? Tu veux dire que ce film a fait beaucoup d’entrées, mais ça sonnait trop terre à terre.
                        .
                        Je note toutefois que ce n’est pas le mot « impacter », ici, qui induit son mauvais usage. Je ne crois pas. Même « lutte des classes », peut être dévoyé par un parti d’extrême droite.
                        C’est dans ce sens où il ne m’intéresse pas tellement de commenter les mots ou les expressions en-dehors de l’usage qui en est fait. Et encore moins de jeter l’opprobre sur l’utilisation d’un mot. Je ne veux pas me couper des mots, même pas des mots de mes adversaires. D’autant qu’eux ne se gênent pas pour utiliser les miens.
                        .
                        Je te dis ce qui me vient, mais sur ce sujet je dois sans doute encore m’éclaircir les idées.
                        .

                      • #70184 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Je repondais à Émilie (et n’avais pas encore vu ton post, essais).

                      • #70185 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Nous disons des choses proches.

                      • #70188 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je pense que l’utilisation d’un mot tel qu' »impacter » est souvent un pur automatisme, qui en effet est assez situé. Conséquence d’abord d’une certaine socialisation (néo-entrepreneuriat), au même titre que l’utilisation de « être focus » déjà cité ou que l’atroce « se focuser sur » (si si, déjà entendu). Attention toutefois à ne pas surinterpréter le sens précis que les gens qui l’utilisent donnent au mot. Beaucoup de ceux (j’en ai rencontré, j’en connais quelques uns aussi) qui le font, parfois à foison, utilisent le langage sans trop réfléchir et sans grand égard, sur ce plan là, pour la précision. Ils disent « impacter la vie des gens » comme ils diraient « améliorer la vie des gens ». Je ne veux pas laisser entendre que c’est un glissement « entièrement transparent », je veux juste dire : ne surinterprétons pas l’intentionnalité et la réflexivité des acteurs. Je ne pense pas qu’il s’agisse de « masquer, dissimuler les véritables causalités à l’œuvre », dans le sens où par le passé, et tout en menant les mêmes politiques, ils disaient « améliorer la vie des gens » à la place… Le « fait de ne pas dire les choses » était déjà là, presque identique. C’est cela dit connexe aux questions de « novlangue managériale » et autre euphémismes falsifiants bien connus, liés à l’extension folle domaine de la « communication » (dont le cœur de métier consiste à faire vendre, donc souvent à vendre du rêve, c’est-à-dire bonimenter, voire mentir tout court).
                        .
                        Pour aller encore plus loin, on peut citer ceux qui parlent du « market » pour dire qu’ils parlent du « marché » : ça n’est pas réfléchi, c’est un pur automatisme lié à un environnement professionnel orienté business (revoilà un anglicisme) et international.

                        Autre nouveauté que je trouve risible : écrire « food » et « drinks » dans un phrase en français pour « nourriture »/ »boissons ». Très situé aussi

                      • #70191 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Et @Claire sur Marx et la circulation du vocabulaire, je me souviens d’une conférence de l’un des derniers traducteurs de Marx, Jean-Pierre Lefebvre. Non seulement il revenait (de mémoire) sur la circulation du mot « procès », mais surtout, et ça j’en suis sûr, il citait des exemples particulièrement intéressants d’erreurs de traduction du Capital dans certaines langues, erreurs qui suggéraient dans lesdites langues un rapprochement entre divers groupes de personnes et qui avaient suscité… des mouvements sociaux bien réels au sein de ces groupes qui lisaient le texte! Cet exemple m’avait marqué quant à « l’impact » des mots, en tant qu’affects couchés sur le papier.
                        .
                        Je conseille très vivement cette intervention, qui dans mon souvenir était passionnante https://youtu.be/FECr3RUMZ-U?si=8-1oPQrPgTjPKeg8

                      • #70192 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci IGY , effectivement ! C’est un peu sot , j’aurais dû interroger la traduction en premier tu as raison
                        Je vais regarder cela

                      • #70197 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        « Beaucoup de ceux (j’en ai rencontré, j’en connais quelques uns aussi) qui le font, parfois à foison, utilisent le langage sans trop réfléchir et sans grand égard, sur ce plan là, pour la précision. »
                        –> N’oublions pas que nous sommes sur le forum d’un écrivain, qui a un grand égard pour la langue, et d’un écrivain à qui importe le sens de la précision.
                        .
                        « Un impact sur le pare-brise d’une voiture est le heurt causé par le choc d’une pierre ou de tout autre objet contondant. »
                        –> Je m’autocite !
                        François, si tu as besoin de ton prochain épigraphe — toi qui n’en mets jamais –, c’est libre de droit.

                      • #70198 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ I.G.Y
                        Jean-Pierre Lefebvre est un grand traducteur ! J’ai eu l’occasion de l’entendre lors d’une conférence dans ma fac au moment de la publication de sa traduction de la Phéno de Hegel (1992, je crois).
                        Il nous avait dit avoir toujours sous la main, en guise de manuel de traduction, « Physique atomique et connaissance humaine » de Niels Bohr, notamment le vocabulaire extrêmement précieux qu’il a inséré à l’intérieur. Depuis, ce livre m’accompagne et j’y reviens très souvent, notamment sur des questions qui touchent au réel, à la nature de la lumière et des connaissances scientifiques.
                        L’écouter sera un plaisir partagé par toutes et tous. Merci pour le lien. Je ne suis pas sûr que le terme de « survaleur », proposé à la place de celui de « plus-value », ait vraiment pris, mais il est très clair dans cette conférence (sur la notion notamment de valeur).

                      • #70199 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « N’oublions pas que nous sommes sur le forum d’un écrivain, qui a un grand égard pour la langue, et d’un écrivain à qui importe le sens de la précision »

                        Justement! Il peut y avoir une tendance, lorsque la précision nous importe, à surinterpréter les imprécisions chez d’autres. Même lorsque cela nous importe, on est aussi toujours imprécis d’une certaine manière, mais disons que certains n’en ont vraiment rien à cirer : or si cela dit bien quelque chose de ces gens, cela en dit moins sur leur intentionnalité que sur d’autres choses.

                      • #70200 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ I.G.Y
                        D’accord. Je me réfère aussi à l’usage qu’en font mes élèves au quotidien, et là je suis bien obligé de les interroger sur leur intention.

                      • #70202 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Oui, clarifier le sens des mots et conscientiser leur usage, c’est toujours pertinent. Un énorme enjeu de lutte (j’ai déjà recueilli des éclats de rire lorsque j’utilise « régime représentatif » à la place de « démocratie », etc… bref on connait ça…)

                      • #70204 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Je suis assez d’accord pour dire que l’usage quotidien de ces mots se passe bien souvent des intentions subjectives des locuteurs pour s’accomplir. Mais, d’une part, je dis « bien souvent », car il y a aussi les métiers de la communication, dont la fonction est d’agir sur les signes et de les manipuler intentionnellement dans un sens ou dans l’autre, et, d’autre part, cela n’enlève rien au contenu de représentation implicite qui est contenu dans certains mots (et pour le mot « impacter », essaisfragiles met bien au jour une forme d’ontologie sous-jacente qui s’exprime en terme de « chocs », comme si tout était pensé dans les coordonnées de la « physique des chocs »). Et pour le premier point, j’ajouterais que les journalistes font partie des métiers de la communication, et s’il est vrai qu’ils ne semblent pas beaucoup penser le langage qui est le leur, on ne peut pas non plus complètement nier, sur certains points chauds, une forme d’intention de recouvrement dans l’usage du lexique. Il suffit de voir, sur un plateau télé, comment des journalistes se crispent, voire interdisent radicalement, certaines expressions pour sentir qu’ils ne sont pas totalement exempts de réflexivité dans cette affaire (je pense par exemple aux crispations autour de l’expression « violences policières » par exemple, désormais remplacée par « bavures individuelles » ou autres charmantes expressions de ce genre). A minima, je dirais qu’ils ont une appétence spontanée pour des mots confus qui recouvrent le réel, et c’est la raison pour laquelle le mot « impacter » marche si bien chez eux. Moins le langage se réfère au réel, plus ils se sentent à l’aise.
                        .
                        Je remarque également que ceux qui se laissent tout particulièrement envahir par ces mots dans la vie quotidienne sont parfois ceux qui se trouvent bien avec l’ordre établi. Cela ne fait pas nécessairement une intention de recouvrir le réel, mais ça indique tout de même une absence de volonté, un refus plus ou moins confus de vouloir éclaircir ce réel dont ils bénéficient, ce qui n’est pas rien.
                        .
                        Pour la comparaison de Jeanne entre « lutte des classes » et le mot « impacter », je ne suis pas pleinement d’accord. S’il est clair que l’expression « lutte des classes » peut être reprise n’importe comment, elle désigne quand même quelque chose, et elle porte avec elle toute une dimension historique que tout le monde sent plus ou moins bien même sans la connaître clairement. Dans « lutte des classes », tout le monde entend bien que la société est un espace de lutte entre différents classes, un lieu de conflit qui est loin d’être pacifique, de telle sorte que même si des adversaires peuvent reprendre cette expression à l’occasion, ils ont bien du mal à maintenir ce recyclage bien longtemps pour cette expression (exemple : Marine Le Pen, qui a déjà utilisé cette expression, avant de la laisser aux oubliettes très rapidement). Le mot « impacter », lui, peut être repris par tout le monde et n’importe comment parce qu’à mon sens, il ne dit pas grand chose en tant que tel.

                      • #70206 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « A minima, je dirais qu’ils ont une appétence spontanée pour des mots confus »

                        ==> oui
                        .
                        « Je remarque également que ceux qui se laissent tout particulièrement envahir par ces mots dans la vie quotidienne sont parfois ceux qui se trouvent bien avec l’ordre établi »

                        ==> tendanciellement ça me semble juste. Tout ça est homogène à leur « socialisation », que j’ai évoquée plus haut (si on parle de la confusion façon « novlangue entrepreneuriale »)

                      • #70209 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @I.G.Y
                        Oui, mon message visait à compléter ton propos, notamment avec les métiers de la communication, qui sont très représentés aujourd’hui.
                        .
                        @essaisfragiles

                        qui me casse les pieds (et autre chose).

                        La tête?

                      • #70214 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ça lui en casse une sans lui casser l’autre. Ou pire

                      • #70216 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Emile Novis
                        « on ne peut pas non plus complètement nier, sur certains points chauds, une forme d’intention de recouvrement dans l’usage du lexique. »
                        Merci pour cette synthèse très claire. Je n’avais même pas pensé à faire de ce mot « impacter » un « boniment ».
                        .
                        Les dents, bien sûr !!

                      • #70217 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Les dents, bien sûr !!

                        Tu me rassures! J’étais à deux doigts de demander une modération.

                      • #70228 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Pour moi, « impacter » ne constitue pas en soi un problème pour la pensée. Pardon d’insister et de chipoter. Impacter releve certainement du boniment pour ce qui concerne certains de ses usages, oui. (De même que trottinette ou legging ou choix ne nous arrachent pas forcément les oreilles en soi, mais peuvent – assurément- servir à une langue bonimenteuse et que le travail littéraire de François dans le livre susnommé s’attache à mettre en lumière).
                        .
                        Si l’on veut déceler des mots ou expressions qui coupent directement l’herbe sous le pied de la pensée (de gauche notamment), on va dire « surqualité », par exemple. Ou « charges sociales « . Peut-être « milieux modestes « . (Je m’interroge même sur « classes inférieures ». Pourquoi « inférieures »?). Et plein d’autres.

                      • #70232 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Jeanne
                        « Pour moi, « impacter » ne constitue pas en soi un problème pour la pensée. »
                        C’est un problème pour le réel. Donc pour la pensée.

                      • #70234 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Roooo
                        Et »impact » aussi?
                        🙂

                      • #70235 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Ton incompréhension nous impacte, par exemple. Tu comprends ? Ben non ! Voilà

                      • #70237 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Jeanne
                        Tout dépend de l’usage, je le répète.
                        Si je dis que la prochaine livraison de FB aura un fort impact, je ne dis rien. Si je dis qu’il n’aura sans doute aucun retentissement, je dis plus. Cela dit, je lui souhaite longue vie, et des lecteurs et lectrices enthousiastes, on se fout de son impact.

                      • #70239 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Oui la, ça s’agaçouille, ici.
                        .
                        Merci, essais. Nous nous comprenons et nous ne nous comprenons pas. Ce n’est pas grave, cela porte sur un point de détail.

                      • #70277 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Et « sur comment », on en parle ?
                        Expression qui me déchire tout autant les tympans (et autre chose) que « impacter ».
                        Le « comment » introduit un mode d’interrogation technique, une appréhension utilitaire du monde, alors qu’existe l’expression du substantif pour désigner, dire la chose.
                        Par exemple : « sur la manière de chanter », ou encore mieux « sur le chant », plutôt que « sur comment chanter ».
                        — Bon, c’est une boutade, on ne va pas en parler, mais ça me déchire à chaque fois.

                      • #70289 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        J’ai l’impression que cette économie de précision (donc de sens) permet de niveler et de diviser dans le même temps.

                      • #70290 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Oscar
                        Précise un peu, je ne comprends pas bien.

                      • #70293 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Oui. À force de simplification on uniformise des notions, que l’on distribue facilement, mais vidées de complexité ces notions deviennent interprétatives. On parle à tout le monde et à personne en même temps.

                      • #70300 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        Oui, et en vidant ces notions, on véhicule un rapport au monde appauvri et desséché.
                        « Sur comment » voit tout à travers le prisme du faire, de l’agir, de l’utilité et l’efficacité. On pense uniquement en terme de moyens à mettre en oeuvre, au détriment de la fin de l’action, qui devient subalterne. On fait des gens des individus toujours pris dans l’activité, la mise en marche, le bon fonctionnement, l’efficience. Aucun temps de pause, de véritable réflexion (sur les fins poursuivies), de méditation.
                        « Les économistes réfléchissent sur comment faire repartir la croissance. »
                        « On va parler sur comment manager une équipe. »
                        « C’est une vidéo sur comment fonctionne les IA. »
                        « François s’est livré sur comment il avait découvert le punk à 16 ans. »

                      • #70312 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        « à force de simplification on uniformise des notions »
                        Sur les mots, formules clefs de la langue entrepreneuriale.
                        Dans les abattoirs de Neuilly sur Seine, qui vident de leur notions ?
                        Le slogan actualisé sur le ton de la conversation. Le modéré pour arme et entre gents de bonne volonté. Bien répété. Pour moi, contraste avec celui de l’emphase sur lequel il était employé.
                        De loin, aujourd’hui, donc :
                        Comme les fibres de la chaussette portée à l’envie par un clochard, amalgamées avec la peau de son pied. Jusqu’à l’endoderme. Les couleurs de l’arc en ciel – impressionné en bas de chez moi.

                      • #70345 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @essaisfragiles

                        Expression qui me déchire tout autant les tympans (et autre chose)

                        Les ischio-jambiers?
                        Bon… j’arrête cette traque au mot interdit.
                        .
                        @Oscar
                        « On parle à tout le monde et à personne en même temps. »
                        .
                        Oui, je suis d’accord, comme je suis d’accord avec ce que dit essaisfragiles sur l’introduction, dans beaucoup d’expressions, d’un rapport purement technicien au monde.
                        Dans ta phrase (parler à tout le monde et à personne en même temps), j’entends un peu ce que diagnostiquait Jacques Ellul sur le statut de la parole à l’ère de la communication. J’en viens même à me demander si Ellul n’avait pas raison quand il disait que l’hégémonie de la communication, qui s’introduit dans tous les pores du langage et des expressions quotidiennes, ne reviendrait pas à une mise à mort de la parole elle-même, celle-ci devenant l’affaire d’esthètes dévalués et marginalisés, les affaires sérieuses étant désormais confiées au langage efficace, rapide et logistique.
                        Voici des extraits de La parole humiliée de Jacques Ellul (je coupe beaucoup de passages, sinon ce serait trop long) :
                        .
                        « Le parler pour ne rien dire a cancérisé la parole. Parler autrement que la poésie, le mythe, le récit indispensable de l’historique légendaire, parler autrement que l’utile échange de renseignements, d’informations, d’enseignements. Parler dorénavant pour rien. Bavardage.
                        Nous en avons assez de ces discours électoraux et politiques, dont nous sommes tellement certains qu’ils ne disent strictement rien, et de ces conversations fausses, et de ces livres tirage à la ligne (il faut bien écrire, et faire un métier d’écrivain!). Faute du parlant qui continue comme un moulin à parole agité par le vent et devient responsable de ce que plus personne ne peut plus prendre aucune parole au sérieux. Aucune, car l’afflux de ces mots interdit de découvrir celui qui, dans le torrent, porte sens et mérite d’être écouté.
                        La parole anonyme continue à couler. Bruits – bruits. Parce qu’elle n’établit plus aucune espèce de relation. Elle est détachée dorénavant de façon définitive de celui qui prononce cette phrase. Il n’y a personne derrière. La parole est devenue anonyme et par conséquent sans aucune importance puisque sa seule réalité était la rencontre de deux hommes vivants qui avaient à se connaître, se reconnaître, échanger… Les mots sont du vent. Les mots passent et n’ont aucune importance : du moment que personne n’ajoute le poids tout entier de sa vie à la parole qu’il prononce, quel sérieux pourrions-nous ajouter à cette parole ou une autre ? La rupture entre le parlant et sa parole est la cassure décisive. Si l’homme n’est pas dans sa parole, elle est un bruit.
                        A partir de ce moment la parole est livrée à tous les vents, à tous les changements, elle perd tout poids et toute signification. Elle devient instrument. A partir de là elle peut être manipulée, elle n’engage rien ni à rien. La parole suprêmement vidée d’elle-même, c’est le slogan. Elle est au service d’un appareil, de n’importe quel appareil. Elle devient au service d’une doctrine, n’importe laquelle puisque considérée en soi, toute doctrine politique vaut n’importe quelle autre. La parole peut être prostituée dans n’importe quelle aventure. Parole anonyme : sans nom, et par conséquent « parole non parole ». Personne ne l’a parlée. Elle se répand fluide sur un monde sans référence »

                      • #70356 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        « fluide »: avec beaucoup de délicatesse

                      • #70390 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Emile Novis
                        … les articulations fines, bien sûr.
                        .
                        Tu as la référence et tu peux m’indiquer les coupes ? (J’aimerais garder ce texte.)
                        Et merci beaucoup.

                      • #70391 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Il est protestant. Je pense à Christiane Strohl…
                        J’ai pour l’instant trouvé Le système technicien, que je vais lire. Merci !

                      • #70401 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Oscar
                        Christiane Strohl? Je ne connais pas.
                        Oui, Ellul est protestant, et il est aussi anarchiste.
                        .
                        @essaisfragiles
                        Le texte est extrait de La parole humiliée, écrit en 1981 (mais je n’ai plus en tête les pages exactes). J’avais enlevé les crochets, je vais donc remettre le texte avec les crochets indiquant les coupures:
                        .
                        « Le parler pour ne rien dire a cancérisé la parole. Parler autrement que la poésie, le mythe, le récit indispensable de l’historique légendaire, parler autrement que l’utile échange de renseignements, d’informations, d’enseignements […]. Parler dorénavant pour rien. Bavardage […].
                        Nous en avons assez de ces discours électoraux et politiques, dont nous sommes tellement certains qu’ils ne disent strictement rien, et de ces conversations fausses, et de ces livres tirage à la ligne (il faut bien écrire, et faire un métier d’écrivain!). Faute du parlant qui continue comme un moulin à parole agité par le vent et devient responsable de ce que plus personne ne peut plus prendre aucune parole au sérieux.
                        Aucune, car l’afflux de ces mots interdit de découvrir celui qui, dans le torrent, porte sens et mérite d’être écouté […].
                        La parole anonyme continue à couler. Bruits – bruits. Parce qu’elle n’établit plus aucune espèce de relation. Elle est détachée dorénavant de façon définitive de celui qui prononce cette phrase. Il n’y a personne derrière […]. La parole est devenue anonyme et par conséquent sans aucune importance puisque sa seule réalité était la rencontre de deux hommes vivants qui avaient à se connaître, se reconnaître, échanger… Les mots sont du vent. Les mots passent et n’ont aucune importance : du moment que personne n’ajoute le poids tout entier de sa vie à la parole qu’il prononce, quel sérieux pourrions-nous ajouter à cette parole ou une autre ? La rupture entre le parlant et sa parole est la cassure décisive. Si l’homme n’est pas dans sa parole, elle est un bruit […].
                        A partir de ce moment la parole est livrée à tous les vents, à tous les changements, elle perd tout poids et toute signification. Elle devient instrument. A partir de là elle peut être manipulée, elle n’engage rien ni à rien. La parole suprêmement vidée d’elle-même, c’est le slogan. Elle est au service d’un appareil, de n’importe quel appareil […]. Elle devient au service d’une doctrine, n’importe laquelle puisque considérée en soi, toute doctrine politique vaut n’importe quelle autre. La parole peut être prostituée dans n’importe quelle aventure. Parole anonyme : sans nom, et par conséquent « parole non parole ». Personne ne l’a parlée. Elle se répand fluide sur un monde sans référence. »

                      • #70412 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Emile Novis, C. Strohl est pasteure et psychanalyste.

                      • #70414 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Oscar
                        Merci. Elle a écrit sur un sujet similaire (la parole à l’ère de la communication de masse)?

                      • #70434 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Je ne sais pas si elle a directement écrit sur ce sujet et je n’avais fait le lien entre eux que par leur protestantisme, mais il se trouve qu’Ellul est mentionné dans Passion : psychanalyser au chapitre Parler. (Je n’avais pas cherché à en savoir plus lorsque je l’avais lu…). Je retranscrirai.

                      • #70413 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @essaisfragiles
                        Il s’agit du chapitre IV, intitulé « La parole humiliée », premier point : « La dévaluation de fait ».
                        Dans mon édition (la petite vermillon): p. 243 à 256.

                      • #70417 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        Pour illustrer Ellul sur le langage basic (extrait du même livre et du même chapitre:
                        .
                        « Dès 1930, on avait noté l’appauvrissement du langage par le développement du style télégraphique et par le basic : la construction de la phrase réduite purement utilitaire, sans flexion et sans enluminure, avait commencé ce que le langage ordinateur achève. Mais vous restez toujours libre, pour parler à quelqu’un, d’employer le langage complexe ou fleuri ? Oui certes ! Mais qui sera tenu langage d’esthète, de poète, langage sans importance. Et c’est bien cela qui est la dévaluation effective : d’un côté un langage sérieux, fort, utile, précis, situé dans le courant générale de la société ; ayant son statut parce que correspondant exactement à la technique et à son développement. Un langage pris au sérieux parce que correspondant aux affaires sérieuses. Et de l’autre un langage à la dérive, bon pour les intellectuels, pour les artistes, un langage de distraction, de fantaisie, n’ayant aucun statut, aucune situation, dont le sens et les transformations n’ont aucune importance finalement. Qui ne voit la dévaluation de la parole dans cette rupture, cet éclatement ? »
                        .
                        https://fr.wikipedia.org/wiki/Basic_%28langage%29#/media/Fichier:Basic_interpreter_on_the_DVK_computer.JPG

                      • #70464 Répondre
                        essaisfragiles
                        Invité

                        @ Emile Novis
                        Merci d’avoir pris le temps de faire les vérifications.
                        Texte précieux du grand Jacques (que je n’ai pas assez lu, que j’ai le projet de lire).

                • #69979 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  On ne vous regarde pas au kebab ? Je crois qu’on est autant regardé et que notre capacité à suivre les codes sociaux locaux est autant évaluée au kebab qu’au pmu qu’à la brasserie qu’au resto vegan et enfin qu’au gastro.

                  • #69981 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Il est vrai que les stratégies d’exclusion sont plus savoureuses dans les lieux de luxes comme les restaurants gastronomiques et les palaces, avec ce « je peux vous aider ? » invariablement lancé à l’entrée qui est autant une invitation qu’une menace. Très beau filtre.

                  • #69991 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    et moi, qui mange souvent dans ma cuisine, et bien j’y suis regardée aussi, figurez-vous; encagée de vis à vis, surtout de passage, puisque l’immeuble donne, entre autres, sur la façade d’un hôtel.
                    C’est souvent plutôt marrant et ça fait bien délirer, avec certain.e qui tourne la tête très vite quand, on détour d’un remuement des pâtes dans la casserole d’eau bouillante on croise nos regards, tandis qu’il fume une clope à la fenêtre de sa chambre; ou qu’elle insiste, et tient le regard pendant sa conversation joyeuse au téléphone.
                    On est jamais seul.e, j’aime bien.
                    Avec les jours qui rétrécissent, vais bientôt devoir fermer les volets plus tôt quand même, l’appart c’est pas qu’un stéréoscope : )

                • #69987 Répondre
                  lamartine
                  Invité

                  Je partage ce que que tu dis Oscar. Très juste, les snacks et bouibouis quelconques se fichent pas mal de comment t’es fringué. Ton apparence ne compte pas. Ce qui change bien la donne.
                  C’est pas mon trip les snacks. Souvent tu en sors avec une odeur poisseuse pas jouasse.

        • #69956 Répondre
          Tristan
          Invité

          « pas tous les prolos rêvent de devenir de grands bourgeois, loin de là »
          Cela m’évoque 2 trucs :
          * le premier, c’est qu’il faudrait s’entendre sur ce qu’on appelle bourgeoisie (et aussi « prolo »). Par exemple, je pense que t’as raison de dire que le mode de vie « grand bourgeois » est pas du tout un horizon désirable pour les prolos (voire, il est moqué) ; pour autant, parmi celzéceux que les sociologues adeptes d’étiquettes nomment les classes populaires stabilisées, il y a l’aspiration à un style de vie peuplé de ce à quoi la petite bourgeoisie accorde de la valeur (la propriété, la cellule familiale et la stabilité de réseaux affinitaire circonscrits, par exemple).
          * le deuxième truc, qui n’a rien à voir, que ta phrase m’évoque, c’est la puissance vraiment révolutionnaire du slogan anarchiste : « refuser de parvenir ». Qui, à la contestation des inégalités, ajoute le refus de la position dominante, et revendique la minorité.

    • #69781 Répondre
      Kenyle
      Invité

      « Je quitte le forum »
      Tu vas où jhonny ?

    • #69784 Répondre
      Claire N
      Invité

      Bon allez une dernière vanne sasukeSaisie quitte le village

      • #69786 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Ce doit être encore une blague de Jojo
        Et donc je ne vais pas la comprendre.

        • #69788 Répondre
          Claire N
          Invité

          Mais non j’ai raté mon lien tout est nul

    • #69790 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Si la décence commune n’est pas une notion morale mais matérielle, je propose à ses adorateurs de cesser de l’appeler « décence », qui est un mot du registre moral. Comme ça il n’y aura pas de malentendu. Nous ne soupçonnerons plus ces gens de substantialiser le peuple, nous ne soupçonnerons plus Michéa d’avoir peu à peu glissé de la revendication de classe à la revendication identitaire.
      De mon coté je m’en vais continuer à réfléchir à ce début de certitude : que la décence commune, si admirable soit-elle, est précisément le nerf de l’extreme droite au moins contemporaine.

      • #69793 Répondre
        Jeanne
        Invité

        @Jojo
        Je vote pour que tu restes.
        Et sinon c’est quoi, la « pronation anarchiste » ?

      • #70481 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        François est ce que un jour tu pourrais écrire un livre sur comment reconnaître le discours de droite et d’extrême droite et surtout comment l’expliquer à l’autre que ça l’est ? Car le terme « décense » voilà encore un mot que j’utilisais dans mes écrits durant ma jeunesse et que personne ne m’en faisait part et c’est en te lisant que j’ai pu voir à quel point j’ai vécu dans une enfance au discours de droite et d’extrême droite alors qu’on se disait militant de gauche dans ma famille. J’avoue que le terme coloniser est un peu fort dans ces circonstances mais par contre je dirais plus influent. Et je m’aperçois à quel point mon language vient de ma famille, de la scolarisation où je sentais aussi un problème dans leur façon de s’exprimer. Mais quand on a été une cancre comme moi comment expliquer à ses proches à quel point ils sont influencés par les discours de droite tout en votant LFI. Vraiment je suis coincée et je ne sais comment faire et c’est la raison pour laquelle je m’exprime peu oralement car j’ai tellement peur finalement de sortir ce genre de vocabulaire qui sont en faite un vrai problème pour la communication…

    • #69853 Répondre
      Florent
      Invité

      moi aussi je passe aux aveux, j’ai rien compris !

    • #70478 Répondre
      toto
      Invité

      « Dès 1930, on avait noté l’appauvrissement du langage par le développement du style télégraphique et par le basic : la construction de la phrase réduite purement utilitaire, sans flexion et sans enluminure, avait commencé ce que le langage ordinateur achève.  »
      .
      J’avoue ne pas comprendre le pourquoi de cette comparaison entre le français et le langage basic.
      On parle de « langage informatique » mais cela n’a rien à voir avec une langue comme le français ou l’italien ou autre.
      Il parle d’appauvrissement alors qu’avant le basic on envoyait à l’ordinateur 00101110 ou E2 FA 56. Les « langages » informatiques ont été au contraire un grand progrès.
      .
      Tout comme on parle d’intelligence artificielle ou certains pour se démarquer disent « un ordinateur c’est bête c’est une machine ».
      Mais aurait on idée de dire « un marteau c’est bête » ou « un tournevis c’est bête » ?

      • #70484 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Peut-être que la différence entre le marteau et le langage informatique, c’est que le premier ne prétend pas penser à notre place, tandis que le second peut, dans l’esprit de certains, avoir cette prétention, avec, en plus, une influence sur notre manière de parler, de se représenter le monde et, aussi, sur notre manière de comprendre ce qu’est la pensée. Je pense notamment, en écrivant ces lignes, au mot « logiciel » employé à toutes les sauces pour désigner… on ne sait trop quoi, mais quelque chose qui relève de l’esprit humain.
        C’est du moins la question que je me pose en réponse à ton message.

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