Accueil › Forums › Forum général › De la productivité de François Bégaudeau
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Ourson
InvitéBonne année !
À chaque fois que François Bégaudeau est invité dans une émission, l’hôte à du mal à le présenter « Bonjour François vous êtes romancier, réalisateur, essayiste, metteur en scène… etc etc etc »
Je m’étonne qu’on soit pas plus nombreux à se demander : « comment il fait ? »
Ce qui m’étonne encore plus c’est que fatalement F.B n’est – à priori – pas totalement atteint par la fable méritocratique du capitalisme puisqu’il écrit contre. À le lire, je n’ai pas l’impression qu’il mette son réveil à 5:00 pour enchaîner avec un petit footing et 20 heures de deep work rebelote le lendemain matin.
À priori, il lit des bouquins, regarde des films, sort avec ses amis, j’ai même cru comprendre qu’il s’investissait dans des associations ici et là… Et pourtant : un ou deux bouquins par an, un documentaire par ci par là, un passage occasionnel dans une pièce de théâtre, quelques passages dans des chaînes télé et autres petites chaînes youtube et j’en passe… F.B est sur tous les ballons
Si j’avais été un droitix j’aurais certainement ôté pour l’explication du « Q.I. supérieur », sauf que le Q.I c’est sympa pour résoudre facilement des équations, mais c’est pas magique non plus.
La preuve : il y a tout un tas de gens en école ou en université qui sont en PLS pour pondre un mémoire de 100 pages en un an (moi), et qui enchaînent les nuits blanches sous caféïne, adderall ou autre ritaline. Pourtant, tous ces jeunes gens ont à priori un cerveau fonctionnel et bien fait.Donc la verité est forcément ailleurs… Mais où ? Je vous pose la question, à vos théories !
(bien sûr le principal intéressé peut répondre mais aucune obligation)À noter que ce n’est pas un reproche bien au contraire : j’ai tendance à penser que la performance est un outil et qu’elle peut être mise au service d’elle-même (la performance pour la performance façon ultralibéralisme), ou qu’elle peut être mise au service de soi et des autres, au même titre qu’un corps « performant » peut permettre de préserver sa santé et son bien-être.
À titre personnel j’aimerais être plus performant, pour avoir plus de temps pour moi le soir, ou pour faire plus de belles choses de mon temps libre, d’où ce fil de discussion
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Ourson
InvitéJ’ai deux pistes :
—
1) François Bégaudeau a un frère jumeau, Francis, mais les deux se font passer pour une seule personne. Francis, plus réservé, s’occupe des écrits tandis que François passe à la télé et à la radio
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2) On a souvent cette image « méritocratique » de l’artiste perfectionniste, le peintre qui brûle des dizaines de toiles et qui va passer des milliers de coups de pinceau sur son oeuvre déjà terminée pour qu’elle soit parfaite.
J’imagine que Francis/François n’est pas du tout dans cette optique, et que ça peut aider à ne pas passer tout son temps à écrire des romans ou des essais, mais là où la théorie coince c’est qu’on ne peut pas dire que les oeuvres de Francis/François soient bâclées -
Carpentier
InvitéBonsoir petit d’ours.
Je vois que tu entres décidé et questionnant en 2024, ça me va.
Pour ce que je crois connaître de François Bégaudeau, fréquenté uniquement sur des espaces en ligne et lors de rencontres et autres séances toujours joyeuses de dédicace, je poserai d’emblée qu’il s’astreint, il me semble, à un emploi du temps et un réveil plutôt à heures régulières.
Travaillant essentiellement à domicile, le télétravail avant la période covid un peu, il a pu choisir de caler de façon un peu ordonnée ses diverses activités, quoi.
Une des clefs de ce que tu/on observe.s peut-être ?
La seconde sinon, c’est l’écrit, le point commun de ses activités variées est l’écriture, qui est son dada, son credo, son truc à lui, quoi (seconde clef).
Sur ce, que 2024 t’apporte ce qu’il faut pour te faire plaisir, petit d’ours et, à moi, je souhaite l’opportunité d’aller assister à une/plusieurs soirée.s ciné de FB à l’Arlequin.
ps: je viens à peine de commencer la vidéo qui impulse l’ouverture de ce topic et, pour l’instant, rien ne m’arrache l’oreille en écoutant François Bégaudeau sur les changements entourant le r.s.a.
Je fais mes petits bazars du foyer du soir et reprends mon écoute dès que possible.
Bonne première soirée 2024.-
Ourson
InvitéQuelle vidéo ?
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Ourson
InvitéTrouvé ! Pour ceux que ça intéresse : https://www.youtube.com/watch?v=feYHrd9l9r4
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Ourson
InvitéExcellente première nuit 2024 à toi* !
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Carpentier
InvitéVoilà François Bégaudeau qui dit son plaisir dans ses activités, là où je te disais rapidement, entre autres:
… l’écrit, le point commun de ses activités variées est l’écriture, qui est son dada, son credo, son truc à lui, quoi / …
benh voilà, je le méconnais pas tant que ça.-
..Graindorge
InvitéBonne Année Carpentina!
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Carpentier
InvitéMerci, pour toi et tes proches aussi.
Te rappellerais-tu, Graindorge, vers quelle période de cette nouvelle année, la prochaine publication de François Bégaudeau devrait sortir, dis?
C’est un essai il me semble.-
..Graindorge
InvitéSeptembre je crois à moins que reporté à cause de cette personne qui lui intente un procès
Oui c ‘est un essai-
Paul Bäumer
InvitéDie beiden Fliegen reden miteinander.
ANMERKUNG : Was ist normaler.
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Graindorge
InvitéMais pourquoi Carpentina m’as-tu posé cette question à moi et pas directement à François Bégaudeau? C’est vrai que ce corps a FAIT un ictus grâce à ce système capitaliste acharné qui a failli avoir ma peau avec tant de batailles et de stress. Ce qui peut-être m’a fait oublié l’entrée d’octobre sur le film Tàr mais même le neurologue et la chirurgienne ont nommé ma résurrection » un miracle ». Mot dit sans se concerter à 2 moments différents. Aucune paralysie. Le boîtement a disparu au bout d’un an. Je nage presque tous les jours. Et le neurologue, super beau et super sympa. Face à un résultat qu’il n’avait jamais connu de toute sa carrière. Hélas, ça fait 2 ans que je ne le vois plus. Ni lui ni personne. Les miracles c’est aussi quand on ne comprend pas ou ne veut pas comprendre. Appuyer sur un interrupteur et que la lumière soit est aussi un miracle tant qu’on ne sait pas comment ça marche. Moi, je peux dire qu’il n’y a eu aucun miracle.
Ce système est d’une violence inouï, inimaginable. Il n’en finit pas de me faire écarquiller les yeux par son inventivité. Les chiffres que j’ai partagé l’autre soir font état en Europe de presque 30 millions de mourants, en voie de mourir: les personnes à la rue et les très mal logés. Que François mette le mot « sans abri » dans les Boniments tome 2. C’est À la rue. Point barre. Il saura expliquer la différence. Et une infime partie s’en sort. Ici, depuis 2019, si tu ne gagnes pas 1800€ par mois tu ne peux plus te loger ou juste te très mal loger. Alors oui j’en espère plus de la gauche radicale, libertaire, anar etc… J’ai dit ici et ailleurs beaucoup de bonnes choses de F.B qui est un grand monsieur devant l’Éternel et il est aussi dans mes prières pour qu’Il nous le protège et nous le garde et j’ai dit aussi ce que je pense de Chouchou: un grand petit con devant l’Éternel. Chantier Autonome .Ciao, ciao Carpentina! Bise sur la joue gauche radicale-
Carpentier
InvitéDésolée si cela t’a agacée, vraiment, ça permet au moins au fielleux Herr Baümer de nous chier dessus.
Si cela peut lui éviter un passage à l’acte 🤣 on se douche et on en parle plus.
Mille excuses, je ne dérange plus personne ici, donc, je prends juste la place de Juke box qu’on veut bien me laisser – et encore, même ça, des fois, ça troue le cul de certain.e.
Décidément.-
..Graindorge
InvitéAh non cela ne m’a pas agacé Carpentina. Juste qu’après coup je me suis demandé pourquoi tu me posais la question à moi et pas à FB direct.
Reste donc! Allez FB, dis lui de rester, zut! 😫😭
Moi j’aime bien tes posts. C’est vrai que en musique tu partages de bons trucs mais j’aime te lire!
Allez François dis à Carpentina de rester!-
Carpentier
InvitéOui, FB est tellement formidable que j’attends avec impatience qu’il fête ses 60 ans.
Ainsi, il pourra candidater à Golden Bachelor et moi, à la bande de prétendantes.
Merci de ne pas interpeller le Maître des clefs d’ici à mon sujet.
Comme une gamine, sa dureté régulière me laisse sur le carreau avec mon petit coeur brisé à chaque fois.
Tu parles d’un film à voir, Graindorge? Ma carte ugc hiberne depuis la mi-automne. Sais pas bien ce qui m’arrive. Faut que j’y retourne et que je trouve à nouveau des gens avec qui parler des films que j’aime bien.
Sur-ce, salut mon binome-oiseau comme dit le fielleux Herr Baümer.
En face à face, certaine que cet.te internaute oserait même pas m’adresser la parole.
C’est que j’ai une certaine allure, en vrai, à ce qu’il paraît.-
Carpentier
InvitéAh non, c’est un.e vieux de la vieille, un.e internaute qui nous ressert le sobriquet de mouche – à merde –
Putain, je veux voir la vraie gueule de cette équipe, sérieux, Graindorge.
Doivent vraiment pas être bien jojo. -
..Graindorge
InvitéC’est un chantier automne. T’inquiète pas je ne dirai rien au Maître des clefs. Peut-être que si il est parfois dur c’est qu’il te considère comme une amie sur qui il peut « se lâcher » un peu. Lâcher la tension.
Pour les films, you live in Paris my dear! C’est pas les films qui manquent. Encore là, FB peut te conseiller.
Moi je vais aussi réduire mes posts. J’ai bombardé à cause du lâchage injustifié de ses chiens. Je sais que je l’ai exaspéré. Drapeau blanc.
Fais lui aussi une bise de ma part -
Carpentier
InvitéSalut mon binôme-mouche à merde ^^
Plus généralement, ça m’intéresse bien ce que tu dis des personnes qui se lâcheraient quand elles sont en confiance, en amitié ou proches de quelqu’un (en passant, pas du tout en situation de biser qui que ce soit, amie-mouche).
Et bien il me semble que se lâcher auprès des proches est un faux pas, un manquement élémentaire au prendre soin du compagnon ou compagne de route – amoureuse ou amicale.
Ça m’arrive et je sais que c’est une erreur.
Sinon, concernant cet espace, j’ai vu/lu qu’on t’amalgame avec d’autres internautes auteur-trices d’ignominie dans leurs écrits 🤔
Carrément.
Sacrés con.nes tout de même, nan? -
françois bégaudeau
InvitéC’est beau cette communauté de résistantes
L’oppression ça soude.
Et surtout un mot d’ordre : ne jamais se demander ce qui nous vaut des critiques. -
..Graindorge
InvitéErreur Charivari: ici il n’y a ni résistant.es ni opprimé.es ni oppression ni oppresseurs. Ni mot d’ordre. Venant de qui que ce soit. Je viens d’écouter une vidéo avec
une interview de Lambert partagé par François Bégaudeau. C’est très intéressant. Allez-y donc si vous voulez au lieu de de vous complaire en permanence dans le fiel et la fange. Bonne journée -
Carpentier
Invitéignominie?
Quand même.
Et quel mélange dans les pseudos.
Quelqu’un trouve cela facilitant?
Ce Monsieur Herr German zum beispiel, qui attaque d’emblée dès que je communique avec Graindorge, une fois l’An, et qui se sur-grime: ignominie ou pas?
Ou chacun.e se questionne et on construit un minimum de fonctionnement ensemble ou ça continue à jouer aux cons.
Je ne vois que peu d’autres solutions.
À se demander si le Maître des lieux n’encourage pas un tel traitement infligé à quelques un.es.
Moi, par exemple, je ne vois pas du tout mais vraiment pas ce qui me vaut d’être traitée ainsi ici.
Qu’on s’adresse systématiquement à moi, comme si, sans trêve, jamais, j’avais bavé sur chaque participant.e des espaces proposés par François Bégaudeau, ou posté des ‘ ignominies ‘ (je cite) est tout à fait dysfonctionnant.
Les internautes bienvenu.es ici souffrent-ils/elles tous et toutes de fragilités diverses pour être ainsi autorisé.es à vomir sur certain.es autres?
Étrange. -
Carpentier
InvitéJe sors de la lecture de la restranscription d’une interview du Maître des clefs d’ici (alliteration en d dis donc – et Dieu que c’est dur à dire):
celle en bas de page de celle nommée forum 6.
J’y retrouve un François Begaudeau condensé que je connais et trouve cet interview super.
Il faut dire que François Begaudeau aime (re-)dire ce qu’il a voulu dire, clarifier, expliquer et j’y aime aussi qu’il précise être toujours à l’aise, politiquement, avec ce qu’il pensait/disait/chantait au temps des Zabriskie live.
C’est une question que je lui avais posée au théâtre du rond point, tiens, et à laquelle il avait déjà répondu de la sorte.
On y constate,’une fois de plus, que c’est en fait l’interviewé qui fait l’interview si, bien disposé, bien reçu et s’il se sent en bonne compagnie, fait le contenu et rend le moment intéressant, comme on sait.
Et tant pis pour Augustin Trapenard.
Pas encore écouté le Lambert en revanche qui, d’après celui qui l’a partagé lui-même, est le grand champion du moulinage de mains lorsqu’il parle.
J’en profite pour te remercier, Graindorge, pour tes messages réguliers – en réponse à souvent, et en proposition de faire un pas de côté salvateur aussi – et je tacherai donc de composer avec ce concept de ’ participation chargée de bassesse et d’ignominie ’ (j’avais zappé le ’ bassesse’ , comme si on pouvait ne pas comprendre l’idée du diseur-seuse sans cela).
Je tacherai mais ça accroche encore bien, j’avoue.
Faut-il s’exempter de tout affect humain, se penser ridiculement hors de la mêlée, pour parler ainsi.
Un.e internaute qui doit traîner dans les métiers psy-tout et cie, j’imagine.
Essaye de ton côté d’éviter le lâcher de chiens d’ici, si tu t’égares à nouveau dans un de tes posts, Graindorge, après, être élue reine des trolls par un.e happy few d’ici c’est quand même pas rien.Confettis, trompettes et signe de la main à toi,
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..Graindorge
InvitéMerci Carpentina. Par ci par là tu m’as fait rire.
J’aime ça.
Tu parles de l’interview que Zyrma a généreusement partagé. Je vais la lire bien comme il faut.
Ah le sourire de Augustin Trapenard! Mmmmm!
Pour le moulinage des mains, non c’est FB qui a la Palme d’… zut, ça va lui rappeler
Alors Ex-Æquo! Mais FB à dû être italien dans une vie antérieure. Tu enlèves le son on est à Arenzano! Avec Francesco!!!
Il ne s’agit pas d’être hors de la mêlée! La preuve hier, j’ai plongé pour répondre à cette histoire de mot d’ordre. Puis je suis rentrée tranquilounette
Mais sinon oui, je laisse couler. Tellement de choses plus intéressantes, plus belles. Et puis » la note haute Arthur »
Désolée pour le.la happy few mais je refuse avec rage toute couronne. Et avec affection, je refuse aussi ton conseil Carpentina ainsi que les confettis et les trompettes.
J’accepte avec grande joie ton signe de la main. Reçois lle mien après l’avoir posé sur mon cœur. -
Habile Entier
Invité« Et surtout un mot d’ordre : ne jamais se demander ce qui nous vaut des critiques. »
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Pouille, patre, amburité, chalance.
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Tout ça tout ça quoi. -
..Graindorge
InvitéOui Carpentina:
Ça arrive et c’est une erreur mais ça arrive. D’où mon « peut-être que ». Je ne considère pas mes proches comme des sacs poubelle. Avec la famille, la distance et ma façon de leur parler, toujours enjouée font que je ne donne plus aucune possibilité au conflit. Je met beaucoup d’eau dans mon vin bio car je m’en fiche. Je suis ailleurs. L’essentiel c’est les savoir heureux. Le mieux possible. Et leur apporter de la joie. On rit plutôt beaucoup. Avec mon collègue, c’est un vrai collègue. Il me connaît. Et je le fais aussi beaucoup rire. Ma meilleure amie me connaît encore mieux. Et bien mieux que moi-même. Même Dieu qui est mon Proche de chez Proche, je L’engueule parfois : »C’est quoi Ton problème? » Il me remet fissa à ma place! Oui c’est comme ça, ce ne sont pas les gens gentils qui contribuent aux changements. Faire des grèves de la faim ou de la soif dans un arbre c’est pas gentil non plus pour ces vautours aux sourires ultra brutes! J’ai reconnu avoir exaspéré FB et dit pourquoi. Faut répéter ou quoi? J’ai sorti le drapeau blanc. Hier, pas 1 mot de ma part. Que veut-il de plus? Que je me barre définitivement? Eh bien Il crée un email poubelle, j’ y laisse mon numéro, il le demande avec SA voix sur le répondeur et je disparais. Et il efface mon numéro comme j’efface l’email. Une parole. Comme la vie. Fastoche. Je ne souhaitais pas écrire ici aujourd’hui mais je voulais répondre à cette histoire de « mot d’ordre ». Basta. Je souhaite dorénavant écouter des trucs sympas comme la vidéo ce matin sur le livre de Kévin Lambert, les musiques. Lire des gens de bon
niveau et humains et sympas comme on en trouve aussi ici. Et intervenir si j’ai un bon sujet comme la photographie ou Bernanos ou Perec et partager des poèmes ou des textes. -
Carpentier
InvitéEntendu, de mon côté, je pense enfin lire, du coup, Sa majesté des Mouches.
Pas tout perdu :- ) -
..Graindorge
InvitéEh bien il n’y a eu aucun email
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..Graindorge
InvitéIl n’ y a donc eu aucun email de François pour y laisser mon numéro. Je reste donc. Pour lire et partager des infos si j’en ai + des textes etc. Tranquillement. Moi, je n’ai qu’un pseudo et il a été usurpé souvent. C’est désagréable. Pourtant je disais juste « usurpation de pseudo » Drapeau blanc. Chantier Autonome.
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JeanMonnaie
InvitéEn Europe, selon Eurostat, 19,2 millions de personnes vivent dans des conditions de logement inadéquates. De plus, d’après la Fondation Abbé-Pierre, environ 895 000 personnes sont sans domicile en Europe. Il est donc surprenant de mentionner 30 millions de personnes en danger de mort, en regroupant ceux qui sont sans abri et ceux vivant dans des conditions très précaires, puis de les qualifier ensuite de tout ce monde à la ligne suivante de « À la rue ». Outre le fait que parler de 30 millions de mourants est grotesque, une analyse rapide est nécessaire pour comprendre la situation. Le rapport de la Fédération européenne des organisations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA) indique que la qualité moyenne des logements européens s’est généralement améliorée au cours des dernières années. La première conclusion à tirer serait de remercier le capitalisme. La deuxième leçon nous apprend que les mal logés se trouvent principalement dans les anciens pays de l’Est, comme la Bulgarie et la Roumanie, qui n’ont pas encore surmonté les dommages du régime soviétique. À l’inverse, la situation des sans-abri, qui sont à 90 % des hommes, démontre que le patriarcat n’est pas très efficace, mais touche surtout les pays où la population a augmenté, comme la France, l’Allemagne et l’Espagne, en raison de l’immigration. Les seuls pays qui ont réduit leurs problèmes de logement sont ceux du Nord, comme la Finlande (en raison d’une faible natalité) et le Danemark (en raison d’une immigration très restrictive) couplé au pragmatisme Luthérien. À l’inverse, la Suède connaît avec 19,5 % d’étranger à de grave problèmes de logement. La France aura besoin de 850 000 logements d’ici 2030, ce qui équivaut presque à construire quatre fois la ville de Toulouse, dont la population a augmenté de 57 % en 30 ans. Je donne ce chiffre pour souligner la folie de votre gauchisme mentale qui devrait vous faire raser les murs de honte.
Conclusion :
L’alliance du gauchisme naïf et du capitalisme cupide crée donc Graindorge. Un mélange de pathos et d’incohérence qui n’a d’autre but à transformer la France en en enfer. Reste à savoir si ceux qui contribuent à rendre la vie des autres en enfer iront en enfer ? La question reste ouverte. Je ne fais que passer.-
JeanMonnaie
InvitéLes 30 millions regroupent peut être les sans domicile fixe ? Sans doute.
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Carpentier
InvitéSinon – et si tu veux bien – toi, tu comprends quoi quand on t’assimille à une mouche, tiens?
Et c’est qui Charivari ? Herr l’Allemand? C les mêmes ?
Ce que c’est prise de tête autour de certain.es participant.es ici.-
..Graindorge
InvitéCarpentina. Ne te prends pas la tête. Aujourd’hui est un jour sacré. Je ne devrais être qu’avec Lui mais je me suis offert une récré. Il me pardonnera. Surtout pour te répondre. Mais laisse courir. Les choses et les gens n’ont que l’importance qu’on leur donne.
On a eu de beaux nuages et de bonnes pluies. Malgré tous ces avions qui tracent des lignes droites dans le ciel et qui paraît-il déversent un produit je sais plus le nom pour éliminer les nuages… Ce serait paraît-il pour faire revenir le tourisme avec des ciels bleus botoxés! Tourisme en berne depuis Covid. Les gens ont trouvé moins cher ou ont moins d’argent
Ça c’est important
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deleatur
InvitéOurson, tu exagères quand même. Ses bouquins sont pas si bien que ça.
En plus, il a été viré de Transfuge, des Cahiers du cinéma, et à mon avis l’Éducation nationale ne voudrait plus de lui.
Quant à sa période punk, elle est définitivement derrière lui.
Ses bouquins lui permettent à peine de vivre, faut pas croire.
De là à parler de talent. -
I.G.Y
InvitéEn matière de théories d’agenda, je laisserai le concerné s’exprimer (ou non!). Curieux d’avoir, cela dit, une vague idée d’une vie-métier de littéraire, à mille lieux de la mienne. Comment arriver à beaucoup (autant) lire, beaucoup voir, assimiler/penser tout ça et par dessus le marcher beaucoup écrire…
Première idée qui concatène deux des termes : comme ça a souvent été dit — c’est aussi vrai de l’écriture non littéraire —, s’imposer d’écrire fait penser, et donc écrire etc… Deuxième piste : avoir un ou plutôt des angles quand on lit ou quand on voit permet de bien mieux lire ou voir — bien sûr, trop d’angle tue l’angle etc… Et permet donc d’être « efficace ».
Quant à la « performance », c’est un sujet sur lequel j’avais l’impression d’avoir un peu tout entendu — et souvent la même chose, que ce soit vrai ou débile —, mais une conférence de FB aux Ponts et Chaussées (si je me souviens bien; sur Youtube) m’a fait mentir : prendre au sérieux non pas simplement l’utilitarisme de la performance/productivité mais sa dimension « pathologique ». Notion casse-gueule et d’utilisations potentielles très injustes voire ridicules — qui ne manqueront sans doute pas —, mais angle de vue ô combien pertinent et merveilleux. FB a dit plusieurs fois qu’il se sentait habité par une nécessité productive et je ressens la même chose. Cette question de « pathologie » ne s’est pas délogée de ma tête depuis, ça me passionne ne serait-ce que pour moi-même.
Dernière piste-blague : désespéré de me voir lire si peu à l’époque (du moins pas ce qu’il aurait voulu), mon père m’avait offert vers mes 15 ans l’ouvrage « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus? ». Je ne dis pas que c’est le secret de la FB-productivité mais c’est, sans blague, et utilisée convenablement, une qualité à acquérir. Je n’ai d’ailleurs jamais lu ce livre.
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I.G.Y
InvitéPrécision dûe à un oubli : ce qui m’a frappé dans l’intervention de FB que j’évoque n’est pas tant le lien performance-pathologie (classique) mais l’arc performance-pathologie-mérite
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françois bégaudeau
InvitéPeut-être qu’il faudrait parler de ce qu’il n’y a pas dans ma vie qui prend beaucoup de temps.
Par exemple évidemment un emploi non-lié aux activités susdites
Par exemple des enfants. La vie de famille au sens large.-
I.G.Y
InvitéÇa fait partie des éléments personnels que je ne me serais pas permis d’évoquer. Aussi ,n’ayant pas d’enfants ni vie de famille non plus, ces choses ne sont pas de celles que j’ai du mal à me figurer
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Ourson
Invité@françois bégaudeau j’imagine que tu voulais répondre au fil général
J’aurais été tenté de dire que c’est parce que tu n’as pas d’emploi hors activités susdites mais là aussi ça coince :
Il me semble que tu écrivais des romans lorsque tu étais professeur métier ? Il me semble même que ton aventure Zabriskie Point a commencé lorsque tu étais encore prof ou étudiant ? Et il me semble que le métier de professeur est particulièrement prenant, et que les enfants des autres te suivent mentalement après les cours surtout en ZEP/ZUP/SIP/ZAP ou que sais-je, à travers les problèmes des uns ou les corrections de copie…
Quant à la question des enfants, il y a tout un tas de gens sans enfants qui seraient incapables d’écrire un roman, encore moins en quelques mois !-
françois bégaudeau
InvitéBonnes objections qui permettent d’affiner
1 L’écriture de chansons prend beaucoup moins de temps que l’écriture de romans. Il est donc tout à fait possible de travailler en même temps. Mon emploi du temps de prof – en 95-6, mais surtout en 98-99 a surtout rendu très difficile de caler des dates de concerts. Du coup on tournait beaucoup moins qu’on aurait pu. L’emploi nous a volés ça, merci l’emploi
2 il y a eu en effet quatre années (2001-2005) où j’ai à la fois écrit et enseigné. Quatre livres se sont écrits sur cette période. Mais on le notera : quatre livres plutot courts. Certes ces années furent bien serrées puisque j’écrivais dans le même aux Cahiers, mais il m’était possible de consacrer mes étés ou vacances scolaires à écrire. Mais donc à écrire des livres courts
Comme par hasard c’est à partir du moment où je n’enseigne plus que les livres s’épaississent : Antimanuel, La blessure la vraie, Deux singes sont écrits dans les première années post-enseignement.-
deleatur
InvitéIl y a une autre explication. François Bégaudeau est génial. C’est comme ça. Ça ne s’explique pas.
François Bégaudeau fait semblant de parler de son rapport au travail. François Bégaudeau n’a pas besoin de travailler pour être génial. Il est né génial.
François Bégaudeau le sait bien.-
..Graindorge
InvitéMais qu’est-ce que tu racontes deleatur!
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deleatur
InvitéC’est son côté Alain Delon.
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Carpentier
InvitéChuck Norris
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deleatur
InvitéAussi !!!
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françois bégaudeau
Invitél’hypothèse de deleatur me semble scientifiquement viable
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Graindorge
InvitéMon Dieu Carpentina!
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Graindorge
InvitéAlain Delon? Son côté droite?
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Parfaitement a l’eau
InvitéJe vois surtout le côté très rigoureux que ce métier nécessite. Chose qui demande une grande motivation
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deleatur
InvitéOui, il y a un côté ascétique dans le mode de vie choisi par l’écrivain. Pas ascétique au sens de la mortification du corps (pas chez tous les écrivains en tout cas), mais au sens d’une astreinte, d’une discipline exercée à l’égard de tous les divertissements de la vie.
Ce qui n’est pleinement réalisable que lorsqu’on s’est soi-même dégagé, au moins en partie, de ce qui limite, réduit, entrave l’écriture : l’emploi, les emplois du temps forcés, les obligations sociales et familiales. -
..Graindorge
InvitéRigueur.
Motivation? Ça serait pas plutôt Passion?
Passion des écrivains et d’en être Passionné, Passion d’écrire, Passion des mots, Passion du cinéma, Passion de la musique. Passion de vivre. Passion des gens
C’est un homme qui a aussi des antennes. C’est un poète sans poème
C’est un poème
Il regrette peut-être que son monde bourgeois lui a fermé ses portes. Qu’il ne lui donnera jamais de prix sauf peut-être dans 30 ans pour l’ensemble de sa carrière avec du champ’s et des chocolats dans un ehpad « on ne présente plus François Begaudeau… » Par force: il est mort!T’as fini la péremptoire ? Non.
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deleatur
Invité« Mes années prof sont mes années prolétaire, et pas seulement parce que en ZEP j’éprouvais dans ma chair les contradictions d’une institution qui enfonce les prolos sous couvert de les élever. Surtout parce que l’ordre social était le maître de mon horloge. Je tâchais de lui reprendre des heures, découpant dans la nuit des moments de lecture, d’écriture, de DVD, de pensée. Dans cette guerre du temps ma vigueur de trentenaire est toute passée. »
Notre joie (p. 214 de l’édition grand format)
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..Graindorge
InvitéÇa s’appelle aussi de la boulimie. FB s’il ne faisait pas tout ça pèserait 124 k. En plus, si les hôtes se sentent tenus d’étaler le C.V c’est leur problème et d’ailleurs de plus en plus on le présente comme « écrivain ».
Pour la boulimie, dans l’émission KTO il dit aussi que c’est son angoisse de la mort qui le fait vivre à tambour battant ou à tombeau ouvert ( je sais plus la bonne expression). À ça s’ajoute son angoisse de vieillir, Sa peur de la maladie, des mouches, etc… Bref notre Révolutionnaire n’est qu’un grand trouillard devant l’Éternel qui remplit ses journées de mots et d’images comme on remplit son frigo à l’annonce d’une pénurie de marketing commerciale. Il doit sûrement aussi s’aérer. Autre piste: comme je m’intéresse vaguement à l’astrologie, il est Taureau. Ma meilleure amie aussi. Ça sait se battre et ça fait beaucoup de choses sauf que elle, n’a pas peur de la mort, son rythme est lent. C’est aussi une danseuse contemporaine mais elle ne court pas sur scène comme une dératée, elle est comme en apesanteur…
Comme bourgeois conservateur, il doit avoir la peur – une de plus- de manquer, de perdre. Car à ceux qui le traite de riche capitaliste, rappel: il n’a aucune sécurité. Il peut tout perdre s’il ne veille pas au grain, s’il ne se lève pas au chant du petit coq. Sa force, sa puissance de création est sa survie.-
..Graindorge
InvitéJe clarifie avoir employé « boulimique dans le sens d’œuvrer, de Créer, de Faire pas dans le sens de nourriture même si pour m’amuser j’ai écrit 124k.
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Ourson
InvitéBon ben François Begaudeau maintenant qu’on sait que tu n’es pas forcément un génie doté d’un cerveau mutant, peut-on te demander comment tu t’organises pour créer t’es romans et trouver l’inspiration ?
C’est toujours quelque chose qui m’a fasciné chez tous les auteurs même les nuls, j’essaie moi-même de faire une BD en ce moment, je trouve ça extrêmement difficile d’imaginer ne serait-ce qu’un scénario qui tient la route (d’ailleurs n’hésitez pas à aller critiquer j’ai posté les premières vignettes sur ce forum)
Et toi en plus tu n’utilises pas les structures narratives classiques qui peuvent quand même aider, mais du coup ça s’organise comment l’écriture d’un roman dans ces conditions ?-
Graindorge
Invitéaaah Ourson, cette entrée c’était pour ça? Pour entrer dans les cuisines du Maître!
Moi si je m’appelais Ourson je lui aurais plutôt demandé DIRECT s’il n’avait pas dans son agenda 2024 un atelier d’écriture.
C’est pas toi qui avait trouvé un super job super bien rémunéré et qui avait peur car il allait gagner plus d’argent que ses 2 parents réunis? Si c’est pas toi, au temps pour moi petit d’ours comme te nomme ma Carpentina…-
Ourson
InvitéEh bien justement, l’idée c’était d’avoir des petites astuces pour maintenir un semblant de vie artistique en dépit de mon travail bien rémunéré certes mais qui me prend un cinquantaine d’heures par semaine si on prend en compte les transports
Après évidemment si y’a un atelier je suis preneur
O.S : c’est ma tatie qui m’appelle Ourson c’est mignon non ? Je ressemble physiquement à un ourson brun qui plus est-
françois bégaudeau
InvitéJe ne veux pas parler en général de ces choses.
Dis un roman que tu as lu et je dirai ce que je peux de sa fabrication-
Ourson
InvitéÇa tombe bien l’amour arrive dans ma boîte aux lettres demain !
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Carpentier
InvitéSalut petit d’ours,
T’en as de la chatte, dis donc.
Faut que je pense à changer la mienne – pas la chatte, la boîte aux – alors, des fois que l’amour m’arriverait comme ça à moi aussi.
J’habite un immeuble où c’est super réglementé, calibré sans fantaisie, et ça me semble quelque peu inapproprié.
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I.G.Y
InvitéJe suis en train de lire « L’Ours est un écrivain comme les autres » de W. Kotzwinkle. C’est l’histoire d’un écrivain un peu raté dans le Maine aux US qui perd son manuscrit dans un incendie de grange. Il réécrit son roman et planque cette fois le manuscrit enterré près d’un épicéa mais un ours passe par là, le déterre, en lit deux trois pages et décide d’aller se faire publier à New York. Je n’en suis qu’à la moitié mais je ne m’attendais pas à un truc aussi fort. Comme quoi, les ours
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Graindorge
InvitéStp, elles sont où les vignettes à lire sur ce forum Ourson? C’est parfois un labyrinthe ici
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Ourson
Invité-
..Graindorge
InvitéGracias Ourson!
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Benjdu39
InvitéMoi aussi je veux jouer !
Alors voilà ma proposition :
Une bonne maîtrise du matérialisme dialectique (héritage familiale) + un peu d’anarchisme (héritage de sa période punk) + une sensibilité litéraire (lié à sa socialisation) = un discours conséquent et plutôt originale sur à peu prêt tous les sujets.
Si on ajoute qu’il est fils d’instituteur, il paraît logique que Begaudeau performe dans tous les formes littéraires.
CQFD.
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françois bégaudeau
InvitéDésolé Benj mais tout est à peu près erroné dans tes hypothèses
Surtout le lien entre famille et littérature, ou entre famille et matérialisme dialectique (mes parents en connaissent pas l’expression, mes parents ne sont pas marxistes ils sont PCF, ça n’a pas grand chose à voir)
Anarchisme et punk ça marche à peu près, même si un tempérament anarchiste ça se forge bien avant.
Quant à « une sensibilité littéraire (liée à sa socialisation) » je ne vois tout simplement pas ce que ça veut dire.
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Claire N
InvitéSi je regarde de mon côté ;
Une disposition bien utile pour « faire « tiens également à une certaine « indifférence « à l’erreur et aux injonction à la stabilité
On tente et on s’adapte c’est pas parce que personne le fait que c’est pas possible
Je sais que ça fait un peu « traverser la rue « et coatching de bas étage libéral mais j’apprends plein de trucs en me lançant sans feuille de route
Notamment ce qui me limite.-
Mélanie
InvitéJe pensais moi aussi à une « disposition », à une santé favorable à l’écriture. Je vois autour de moi, que ce soit pour écrire ou faire d’autres choses, comme certaines personnes font milles choses dans une journées, font toujours quelque chose, et d’autres non. François parle aussi parfois de la confiance en soi de tel ou tel artiste. Il parle aussi de qu’il a été bien loti en amitié, je me dis que « la productivité » repose peut-être sur le fait d’avoir eu tôt des lecteurs-amis ? (« ça circule »)
« On tente et on s’adapte c’est pas parce que personne le fait que c’est pas possible », ça ça me rappelle Thomas Salvador qui disait, quand il faisait La montagne, qu’il y « croyait ».-
Claire N
InvitéOui c’est vrai que faire avec des « amis de faisan ce » ça donne du jus
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françois bégaudeau
Invitéconfiance en soi, oui c’est à dire sensation de sa puissance
élément fondamental – notamment pour le roman+ plaisir de cette cette sensation
ici n’a pas été évoqué le critère plaisir, bizarrement
si 8 heures d’écriture m’éreintent moins que 7 minutes dans un magasin de fringues, c’est que je me plais bien dans l’une et pas du tout dans l’autre-
Mélanie
InvitéJe regardais un ami faire un rubicube cette semaine. Il avait plaisir à le faire, plaisir à le faire sous nos yeux, et nous plaisir à le regarder.
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Claire N
Invité« je me plais bien dans « oui dans ce sens là ça permet aussi de dire je me plais bien dans l’amitié
Ça me semble plus dans le bon ordre
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Ourson
InvitéJusqu’à maintenant je me méfiais toujours un peu du concept de métier passion, parce qu’ils soumettent la dite passion aux aléas du marché
Mais c’est vrai que quand on a un « marché » cool et souple comme nous autres (assez de fleurs ont été jetées à F.B il faut bien qu’on en garde pour nous), ça doit être plutôt chouette, j’imagine que tu prendrais moins de plaisir si tu étais forcé par ton éditeur à écrire des romans d’érotisme noir vendus en gare ?
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PE
InvitéJe profite de ce topic pour ajouter une question du même ordre, et une réflexion préalable.
Je me rends compte, au fil du temps et encore un peu plus grâce à ta question Ourson, que les incursions autobiographiques de François me font du bien. Dans ses interviews, conférences, textes, et autres passages ici ou là, que je glane (trop ?) assidûment, ces moments de « parenthèse » sont en fait pour moi tout à fait centraux. Je crois pour au moins trois raisons que j’essaye de démêler :
– Une raison objective d’abord : le retour lucide sur soi, sur son histoire, la captation de ses affects, etc. sont constitutifs de la puissance de sa pensée et assumés comme tels. Penser sans quitter des yeux le réel commence par penser son propre réel, et là est sa puissante leçon.
– Deux raisons subjectives ensuite, toutes deux liées à un même élément : j’admire François. Or je constate deux versants de mon admiration (de l’admiration en général sans doute) : François m’inspire, François me fascine. Versant actif, versant passif. Versant émancipateur, versant aliénant. Mon attachement à lui oscille entre la stimulation de ma puissance propre, et ma subordination à la sienne qui me fascine. Oscille entre le moment où recevant ses mots en pleine poitrine je m’active à mon émancipation (par exemple : « être libre c’est d’abord réussir à se concentrer 1, 2, 3, 4 heures sur un objet choisi »), et le moment où je fuis mon temps, mon choix, où je coupe court à cet effort laborieux de la concentration, en me réfugiant dans une interview de 2h déjà vue et revue comme ma mère dépressive se réfugie dans le sucre.
Se joue toujours un mélange trouble de ces deux « mobiles passionnels » (tiens, voilà une expression parmi la dizaine que je lui dois). De ce mélange résulte que mon écoute de François n’est heureusement jamais totalement aliénante, ni malheureusement totalement émancipatrice. Lorsque, perdant du temps, je l’écoute, je ne perds en fait pas mon temps. Et lorsque, l’écoutant, je me sens actualiser ma puissance, c’est toujours un peu par procuration, avec le risque de singer (ton lecteur, un troisième singe ?).
Du coup ses notes biographiques ici ou là suscitent mon intérêt pour ces deux motifs mêlés : j’apprends de lui (joie de se reconnaître en quelqu’un, de se sentir augmenté par lui), j’apprends sur lui (plaisir presque voyeur du fanboy). Lisant en ce moment Deux singes, je suis partout comblé. Mais je crois que ce qui sauve mon addiction bégaldienne du fanatisme dévitalisant, de la curiosité morbide, c’est que la puissance réflexive de l’intéressé (raison « objective » dont je parlais plus haut) est 1° dans les mots qu’elle emploie, toute tournée vers la pensée de l’émancipation, 2° dans ses effets, largement assez puissante, autonome, pour transcender et recouvrir des affects passagers de voyeurisme – là où un verbilleur sans consistance ne peut vouer ses admirateurs qu’à un culte de la personnalité (exemple : Onfray). Merci François, donc, d’être une addiction libératrice.
Bref, voilà pour mon hiatus autobiographique à moi : place donc à ma question émancipatrice-aliénante.
Non en réalité c’est une bête question sur l’organisation de ton travail, François, car c’est une conquête qui m’est très difficile, et comme Ourson je suis assez admiratif de ta « productivité ». Ton rythme et ta densité de lecteur, notamment. Comment fais-tu pour lire autant ? Comment fais-tu pour lire aussi bien ? Certes, tu as plus de temps libre que le commun des mortels sous régime capitaliste, mais la manière dont tu le mets à profit demande sûrement une forme d’ascèse qui ne va pas de soi – pour moi comme pour beaucoup de gens. Concrètement comment fais-tu pour te mettre à un livre, y rester concentré ? Tu parles parfois d’un métabolisme de la lecture, fait de lenteur et d’attention : comment ça se met en place concrètement dans ton corps, cette patience, cette disponibilité ? Tu as dit dans ton passage sur France culture en octobre que tu pratiquais une lecture « hypra-attentive », stylo en main, notes, etc : comment ça fonctionne ? Tu prends des notes à côté, ou juste dans la marge ? Tu fais un travail de mémorisation ensuite ? Etc etc. Curiosité salubre – pardon et merci.
Mon OST sera signée Bégaudeau ou ne sera pas.-
PE
InvitéD’ailleurs non, mon OST peut être l’œuvre collective de tous les tayloristes du Chantier autonome : je prends volontiers vos suggestions/techniques/métabolismes à tous.
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..Graindorge
InvitéPE, stp: OST?
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françois bégaudeau
InvitéDeux petites choses :
-« mobiles passionnels » que tu me piques je l’ai piqué à Lordon qui a du le piquer à Spinoza qui l’a piqué à son cerveau.
-comment j’arrive à lire autant? Je ne lis pas tant que ça. Ou plutot : plus tant que ça. Je lis moins depuis que j’écris, c’est mathématique.
Reste que je lis encore une centaine de livres par an, tous genres confondus (80% de romans). Je n’ai aucun mal à cette concentration, à laquelle mon corps est accoutumé depuis bien longtemps. Je dirais même qu’elle m’est de plus en plus facile, parce que lire me passionne de plus en plus. Même les livres moyens. Je crois que je lis de mieux en mieux, donc je vois des choses que je ne voyais pas, donc les lectures sont riches, donc agréables, etc
C’est toujours la même chose : un enfant qu’on dit inapte à se concentrer sur ses devoirs n’a aucun mal à se concentrer sur un match de foot de son équipe favorite. Il est même très très intensément concentré. La concentration est vue comme une condition de l’acuité, mais l’inverse est tout aussi vraie : l’acuité permet la concentration. Mon ami naturaliste n’a aucun problème à se concentrer sur tel fragment de paysage parce qu’il y voit 50 choses que je n’y vois pas.-
..Graindorge
Invité100 livres! Sifflement! Ça fait quoi ça? 2 par semaine environ dit ma calculette
Les écrivains que tu connais en lisent autant?
Comment ça marche? En tant qu’écrivain les maisons d’éditions t’en offre ou bien tu les achètes tous?
Tu en prends dans les mediathèques? La famille, les ami.es t’en offrent?
Et Dante tu l’as commencé?
Après un livre tu enchaînes ou il y a un temps de « digestion », « d’assimilation?
Pourquoi lire te passionne de plus en plus?
En ce moment tu lis quoi?-
deleatur
InvitéEt tu chausses du combien ?
Je dirais 44.-
..Graindorge
InvitéGna gna gna deleatur. On parle de livre ici. Tu t’es trompé d’entrée: les chaussures les chemises les sweet à capuches c’est juste à côté m
Je n’ai jamais de curiosité malsaine. Toutes mes questions tournent autour des livres C’est bien de savoir comment ça lit un écrivain et ici pas de tabou d’argent
François B parle d’argent sans soucis100 livres! C’est beaucoup! Ou bien il y a des techniques de lecture.
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Paul Bäumer
InvitéTu n’as même pas la décence de la fermer pendant quelques jours après ton festival d’hier soir. Tu reviens avec des mea culpa en mousse et réattaques direct sans même observer une trêve symbolique. Au Sud-Ouest, rien de nouveau.
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PE
InvitéMerci pour ta réponse !
« La concentration est vue comme une condition de l’acuité, mais l’inverse est tout aussi vraie : l’acuité permet la concentration. » Oui, c’est éclairant. Mais l’acuité de lecteur ça se choppe en lisant, donc cercle vicieux (ou vertueux) : ce seraient alors seulement les premiers pas qui seraient difficiles, quand, préparé ni à la concentration ni à l’acuité, on doit faire le grand saut dans le monde hostile de la lecture. Monde hostile qui peut se révéler éminemment amical, même à qui vient d’y sauter, encore un peu pataud et démuni. Et là peut commencer la pratique et s’enclencher la dynamique acuité-concentration.
C’est un peu ce que tu dis dans ton autre message : « Je ne vois pas de meilleure manière de trouver la concentration que de cultiver le gout de lire. Le cultiver passerait peut-être par la capacité à y mettre des enjeux (…) Lire est intense quand des faits de langage sont perçus comme hautement conséquents. »
J’aurais tendance à considérer que pour ma part, c’est bon, ça y est, je l’ai fait le grand saut… Je ressens fortement que la langue, a fortiori dans son « usage » littéraire, charrie des enjeux forts – ne serait-ce que parce qu’elle me touche plus que n’importe quoi d’autre. D’ailleurs c’est pas par pur hasard ni pure détermination sociale que je fais des études de lettres.
Pourtant ça coince dans ma pratique de la lecture. Le goût de lire, je l’ai, mais le cultivé-je ? C’est toujours au présent qu’on « cultive », et là en l’occurrence dans mon présent ce n’est plus trop le cas ; dans mes lignes précédentes ce n’est que théoriquement que j’actualise ma conscience des « enjeux » de la littérature (que je mette « enjeux » entre guillemets d’ailleurs dit bien que je ressens le besoin de mettre à distance cette expression qui, quand elle n’est pas ressentie sensiblement, paraît grandiloquente). Bref y a un truc qui bloque. M’étant suffisamment répandu ici – pardon pour ça ! – je garde la suite de l’autoanalyse pour moi, mais parce que ce n’est pas une expérience isolée je partage mon hypothèse en deux mots : je crois bien que ce fait contextuel qui m’entrave c’est justement les études de lettres. Par tout un tas de micro-contraintes que beaucoup connaissent, elles assèchent ce goût de lire qui précisément devait m’avoir conduit à elles – ou plutôt, elles déplacent ce plaisir (effectif) de lire, en goût (théorique) des livres, de la littérature. Et ce n’est plus du tout la même chose.
Bref, hâte de la fin de ce bourbier ! (qui au moins exerce un peu l’acuité, peut-on espérer)-
françois bégaudeau
InvitéPlutot bonne nouvelle : il suffira que finisssent les études de lettres pour que tu te remettes à lire.
Mais je crois aussi que viendra une sorte de troisième temps hegelien où ce que tu appelles « théorie » sera incorporé et deviendra sensible, donc source de plaisir.Tu as raison pour le cercle acuité concentration. Il y a donc oui forcément un moment où lire doit etre une sorte de petit rituel qu’on s’impose Je crois que je me « forçais » davantage à 20 ans. Sans doute avais-je incorporé qu’une journée sans lire était une journée perdue (ce qui nous renverrait à l’angoisse)
Donc tu peux être serein, tu seras bientot un lecteur fluide et enjoué.-
Dr Xavier
Invité« Je crois que je me “forçais” davantage à 20 ans. Sans doute avais-je incorporé qu’une journée sans lire était une journée perdue »
Et peut-être que d’autres avaient été dressés par 20 ans de scolarité, où l’enjeu de chaque page lue est de la transformer en bon points dans une copie, dévastant le plaisir de lire pour plusieurs années.
Oui, je radote.-
françois bégaudeau
Invitémon « incorporé » laisse croire que « une journée sans lire est une journée perdue » est une injonction sociale
or évidemment pas
ça c’est un discours que je m’étais fourré tout seul dans le crane
(autant que « tout seul » soit possible)
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PE
InvitéMerci pour tes réponses ! auxquelles je réponds tard, auxquelles je réponds d’ailleurs que je n’ai rien à répondre si ce n’est : merci pour tes réponses, qui me semblent très justes et m’aident bien. Et merci pour ce présage conclusif, qui certes n’a que la valeur d’un présage, mais me fait sourire très fort
Au fait, tu nous partagerais le texte sur le Ravissement du type de 27 ans ? Pas encore vu le film mais la perspective d’une « idée lumineuse » dessus me donne envie de le voir vite
(Peut-être déjà fait, désolé si c’est le cas)-
françois bégaudeau
Invitéc’est un texte de la revue Tsounami
c’est donc trouvable en ligne-
PE
InvitéMerci!
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..Graindorge
InvitéMais c’est quoi OST PE?
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PE
InvitéJ’allais te répondre Graindorge. OST, organisation scientifique du travail : la méticuleuse ingénierie déployée précocement par le capitalisme pour casser les ouvriers.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Organisation_scientifique_du_travail-
..Graindorge
InvitéMerci PE. Excuse la répétition de la question.
Tu dis que tu prendrais suggestions/ techniques/ métabolismes des gens de ce forum qui écrivent des livres? Ou qui simplement écrivent? Ou autre?-
PE
InvitéIci je parlais de lecture. Je demandais des expériences d’hygiène de lecture, des idées de dispositifs qui aident à ruser contre le tiraillement de soi hors du livre que pourtant l’on aimerait lire, et tout ça.
Mais même question pour l’écriture (contention de l’esprit et du corps qui me semble encore plus ardue)-
Ourson
InvitéJe trouve que se servir d’un guide visuel c’est pas mal ça permet de garder du jus de cerveau pour la compréhension et l’attention plutôt que pour la synchronisation visuelle. Le simple doigt peut suffir
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françois bégaudeau
InvitéJe ne vois pas de meilleure manière de trouver la concentration que de cultiver le gout de lire
Le cultiver passerait peut-être par la capacité à y mettre des enjeux
Un livre porte, malgré soi ou non, tout un tas d’enjeux, qui sont des enjeux éthiques, ontologiques, politiques, etc. Je veux dire : dans la forme même
Lire est intense quand des faits de langage sont perçues comme hautement conséquents.-
..Graindorge
Invité« lire est intense quand des faits de langage sont perçus comme hautement conséquents »
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Paul Bäumer
InvitéHallo, Hallo Getreidegerste. Du sprichst ins Leere ?
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deleatur
InvitéMerci, PE, pour ce beau témoignage dans lequel beaucoup pourraient se reconnaître.
Garder la bonne distance, le bon rapport, l’harmonie entre la passion qui fascine et aliène, et la lucidité qui émancipe.
Concernant la pratique de la lecture, j’ai entendu un jour cette belle proposition de Mona Ozouf (j’espère que son nom ne va pas m’attirer les foudres du forum), elle aussi grande lectrice (la comparaison s’arrête là) : il faut aussi savoir ne pas lire. Elle comparait cela à faire du vélo : quand on arrive dans un paysage qui plaît moins, on accèlère pour le parcourir rapidement ; quand on prend plaisir à traverser un lieu, on prend son temps, on ralentit, on s’arrête, on revient en arrière. La lecture est donc une affaire de rythme, de corps, de dispositions physiques, d’affects.
Il me semble que le « cadre » importe aussi beaucoup, le fait d’essayer de ritualiser des moments dans la journée, le fait de se mettre en condition. Les grands lecteurs et lectrices disent souvent que le temps qu’ils consacrent chaque jour à la lecture est un temps où ils ne sont disponibles pour rien d’autre, téléphone coupé, divertissements éloignés. Se donner à soi-même un cadre de lecture propice, un temps choisi, le calme. Ne pas forcément viser le confort (on peut lire assis à un bureau, de manière austère, sans thé), mais le dispositif qui convient le mieux à la lecture elle-même.-
PE
InvitéMerci deleatur.
J’aime bien l’image du vélo. Ceci dit, même si je ne pratique pas tant que ça, je crois que la traversée de beaux paysages a tendance à me faire accélérer, à les déchirer à toute vitesse, comme pour m’incorporer à cette beauté presque en ne la regardant plus, plutôt qu’à me faire ralentir pour « profiter du paysage ». Le plaisir du beau produit l’envie de vitesse et celle-ci intensifie la jouissance de celui-là, faut croire. Mais j’accepte volontiers que Mona et moi n’ayons pas la même pratique du vélo. Et qu’elle ait la jouissance plus calme. Dans la lecture, c’est variable : très souvent la belle page, tel le beau paysage, accélère ma lecture, emporte mes yeux dans l’hyperactivité – mais, trop grande rapidité dans la lecture signifie perte, or pas envie de perdre la belle page, alors je la relis, la goûte, là lentement. Faudra que j’y pense pour mes prochaines balades à vélo : m’autoriser à revenir en arrière, pour redécouvrir le paysage, après l’élan.
À l’inverse les pages ennuyeuses provoquent l’inertie – celle de la ligne relue trois fois, celle des paupières qui tombent alors qu’on n’était pas fatigué. Difficile d’accélérer quand on s’endort. Enfin je garde le conseil et essayerai de mettre en pratique, pour voir ce que ça donne sur moi.
Et surtout la nécessité de ritualiser, quasiment de sanctuariser. C’est là qu’est mon défi. Lâcher ce foutu téléphone – et autres parasites plus immatériels. J’aime la distinction que tu fais entre confort et dispositif de disponibilité à la lecture, ça décomplexe, ça facilite un peu l’affaire (oui, pas besoin de thé ni de fauteuil grassouillet). L’obstacle-
PE
Invité*L’obstacle premier à cette santé reste encore le manque de temps dans mon cas. Quand j’y pense, c’est peut-être en partie mon désir frustré de lire qui m’a amené du côté du camp de l’émancipation. (Ça sonne bourgeois, ça l’est un peu, mais pas que)
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deleatur
InvitéJe crois que c’est à chacun de trouver ses modalités propres. Il n’y a pas de modèle à suivre, et surtout il n’y a pas à ériger les pratiques de François en modèle — ne pas oublier que lire est son métier, qu’il n’a que ça à faire, sans sortir de chez lui, donc sans perte de temps dans les transports, sans épuisement lié à l’emploi et sans dépendance aux objets technologiques (pour lui et les gens de sa génération qui ont appris à lire quand il n’y a avait que ça à faire dans sa chambre).
Ce qu’il faudrait absolument éviter, c’est de se chercher des coachs en lecture, d’appliquer des règles, de se positionner par rapport à des normes.
Et surtout, je ne crois qu’on lit parce qu’on aime lire. On lit parce qu’on aime vivre. Donc ce n’est pas grave si ce n’est qu’une demi-heure par jour, ou une heure de temps en temps. Ce qu’il faut, c’est lire attentivement. Et lire absolument. L’inverse donc d’une série que l’on peut suivre en faisant un petit jeu sur son téléphone, envoyer des mails, faire son repassage.
Pour moi, la lecture est depuis toujours une activité solitaire, qui me renvoie absolument à ma solitude. Mais aujourd’hui, il existe plein d’autres pratiques de lecture (partage sur Twitter, Tik Tok, forum de lectrices et lecteurs, rallye de lecture) ; ça m’intéresse que ça existe, mais ce n’est pas du tout ma manière de faire.-
..Graindorge
Invité« je ne crois pas qu’on lit parcequ’on aime lire, on lit parcequ’on aime vivre » Merci deleatur
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..Graindorge
InvitéEt donc je viens de réaliser qu’avec 100 livres lus par an
Francesco adore vivre! Ça c’est très très très bien-
Paul Bäumer
InvitéEt c’est reparti comme en 14, dans les tranchées du déshonneur.
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PE
Invité« Ce qu’il faudrait absolument éviter, c’est de se chercher des coachs en lecture, d’appliquer des règles, de se positionner par rapport à des normes. »
Tu as raison, et j’aimerais te dire que j’en suis tout à fait conscient. Mais ce serait me dissimuler que dans le pourquoi j’ai ici posé cette question, se jouait encore l’ambigu mélange entre volonté de se réapproprier les pratiques émancipatrices de tiers qui m’inspirent, et envie de faire comme eux, quasiment d’être eux (déni de réel, déni de soi évidemment intenable en pratique). C’est donc avec une sorte de répugnance que j’admets que la mise à profit de mon temps ne peut être qu’une quête toute personnelle (en même temps que toute politique, sur un autre plan). Mais je l’admets, comment faire autrement.
Par contre je continue à croire qu’il y a une fécondité de l’imitation, quand elle n’est pas une copie servile mais un enrichissement de soi par l’autre, et si l’on s’efforce de rester lucide sur son statut expérimental, transitoire (de même qu’en art le pastiche, conscient ou non, peut constituer une porte d’entrée vers sa singularité créatrice). Je continue à croire que là où l’on se sent perdu, un modèle peut être salvateur, peut indiquer le chemin, un chemin. Donc ça m’aide de te lire sur ta pratique de lecteur, merci pour tes réponses là dessus.-
françois bégaudeau
InvitéOui au modèle!
Mais surtout : oui aux modèles.
Rancière disant que des maitres il en mille, qui dès lors ne sont pas des maitres.
Hier j’ai lu un petit texte sur Le ravissement d’un type qui a 27 ans, eh bien dedans il y avait une idée géniale, une idée lumineuse que je me suis empressé de mettre dans ma besace-
deleatur
InvitéIl y a maître et maître.
Il faut des maîtres pour apprendre à se passer de maître et devenir à soi-même son propre maître. Il y a des contraintes qui émancipent.
Quand je disais que François ne peut (ou ne doit) pas être un modèle, je voulais dire qu’il a su réunir des conditions de vie, certes inspirantes, mais sans doute peu reproductibles dans l’immédiat (100 livres par an…).
Si j’avais un garçon ou une fille, c’est vrai que j’ai préférerais qu’il ou elle ait dans sa chambre un poster de MBappé ou d’Amandine Henry plutôt que de mon beau-frère.
Il faut se donner des modèles qui comptent, mais il ne faut pas que le modèle finisse pas donner des complexes ou être écrasant. Le risque est donc assez grand, mais que serait la vie s’il n’y avait pas au moins l’idée d’un risque possible et, de temps en temps, la réalité d’un risque couru.
Se constituer son propre carquois — telle est la règle.-
I.G.Y
InvitéOui, ni dieu ni maître mais dieux et maîtres au pluriel infini. De toute manière, il faut assumer que l’art (c’est vrai aussi du savoir, c’est vrai à peu près de tout) est une mimétique enrichie — comment vient cet enrichissement, vaste question, question de « synthèse ».
J’aurais tendance à dire que les bons maîtres, effectivement, apprennent à se passer des maîtres. Leur ouverture est telle qu’en les lisant ou en les écoutant, on a envie d’en écouter ou d’en lire dix autres. Lordon (qui fut un de mes « maîtres » principaux autour de 2016-2018), citait souvent cette anecdote formidable : un jour, lors d’un colloque où il présentait en longueur ses travaux sur la jonction Marx-Spinoza, un type au fond de la salle l’avait apostrophé et lui avait dit que oui, tout ce qu’il disait, c’était sympathique, mais bon, « moi j’ai mon petit Marx, et ça me suffit ». C’est l’expression parfaite du début de la fin. La fossilisation en marche
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