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Hervé Urbani
InvitéJe me suis permis d’ouvrir un nouveau topic parce que, me semble-t-il, ce livre a une place particulière ici.
J’ai mis du temps.
Il fallait l’infusion et aussi que ma copine le finisse pour que je puisse récupérer mes notes écrites directement sur le bouquin, pratique barbare à laquelle je me suis livré pour la première fois de ma vie, moi qui me croyais incapable de désacraliser le saint objet livre, le souiller de notes, même un Beigbeider ça se respecte même si ça se fout à la poubelle non-recyclable juste après.
Si j’ai salopé mon bouquin, c’est parce que, lisant, je savais déjà que j’écrirais quelque chose. Peut-être que ce quelque chose serait une critique.
Critique que voici :Comme promis, j’y vais de mon retour sur Dans la ville.
Je vais employer, je l’annonce direct, un style anaphorique dans la veine d’Hollande mettant KO Sarkozy, mon objectif n’étant pas de saouler de coups les sitistes mais juste de devenir Président de la République.
J’aime Dans la ville.
J’aime les aller-retour constants entre la narratrice et les personnes qu’elle va côtoyer, que ce soit son équipe, les SDF, son fils, la nuit ou la pluie – je considère l’heure qu’il est et le temps qu’il fait dans la ville comme deux personnages en ce qu’ils sont incontournables et omniprésents puisque tout se passe à l’extérieur.
Ce va-et-vient permanent entre la narratrice et les « autres » nous permettra d’accéder immédiatement à l’identification.
Élodie ne tombant pas dans l’écueil du personnage analysant sa propre démarche, nous serons épargnés des pièges de la moraline et du processus narcissique pour simplement vivre avec elle ces maraudes qui la font beaucoup penser, qui lui font analyser la ville.
Moi qui n’ai, mais moi qui ai quand même, participé qu’à quatre maraudes dans ma vi(ll)e, je reconnais certains rites, certaines pratiques, beaucoup de personnages me sont familiers qu’ils soient maraudeurs ou sans-abris.
Effectivement, les maraudeurs et les démunis ne sont pas forcément celles et ceux qu’on pourrait se représenter de prime abord. Il est assez casse-gueule d’en dessiner les sociotypes. Et ici, il s’agit de raconter, pas d’analyser ou expliquer.
L’objectif est la précision, pas la commisération.Revenons à l’anaphore car les élections approchent :
– j’aime le type qui n’a pas compris que la coupe du monde au Qatar a déjà eu lieu
– j’aime « contiennent un rire plein d’anecdotes »
– j’aime « généralement je suis une femme »
– j’aime « les sans domicile fixe sont fixes »
– j’aime le SDF qui a un « call » avec son téléphone portable imaginaire
– j’aime « couchée à côté de mon mari, j’aurais dû prendre une douche et je m’endors »
– j’aime « il laisse le silence me répondre »
– j’aime « on se jauge un peu trop longtemps sans savoir ce que cette durée veut dire. Elle contient un début d’hostilité et de séduction dans des proportions encore inconnues »
– j’aime la répartie catch : « faut pas te faire chier, elle t’avait mal parlée la dame ? »
– j’aime « bien que sensible à la pauvreté, le bénévolat auquel je participe est aveugle au sacré et à la politique, il est une recherche d’intensité »
– j’aime « le corps se fait à tout » qui semble un écho du Souvenirs de la maison des morts où Dostoïevski nous balance d’emblée que la meilleure définition que l’on puisse donner de l’homme est celle d’un être qui s’habitue à tout. Les bagnards de Fiodor n’étaient pas tous complètement morts et étaient tous des hommes ; les sans-abris d’Élodie sont encore en vie ou presque, être homme ou femme a son importance, ses conséquences, et s’il ne fait aucun doute qu’ils soient humains, à un mouton près, il ne fait pas de doute non plus que cette humanité n’est plus qu’un bibelot blennorragique piétiné, rejeté, mis à l’écart.
Pour les extraits que j’ai choisi de dévoiler, sachez que je me suis arrêté au tiers de la totalité de l’ouvrage, non pas parce que j’aime moins le reste mais parce que ce reste est à découvrir, à lire.
Parce que ça me gêne d’exhumer quelques bouts de phrases, quelques fragments d’un tout qui m’a enchanté par son unité et une force stylistique d’une sobriété et économie bienvenues compte tenu du sujet abordé.
Je m’arrête là, les bureaux de vote vont bientôt fermer, j’ai voté pour Dans la ville et c’est à vous désormais d’accomplir votre devoir de citoyen. -
Graindorge
Invitémerci Hervé Urbani d’avoir pris le temps. Ce n’était donc pas une infusion mais bel et bien une décoction.
Merci aussi de lui consacrer un fil, un topic car dans Avis littéraires, il y a quand même pas mal de brouhaha certains jours. Voir ce fil rien que pour Dans la ville et le découvrir un dimanche matin dans le silence d’une grise journée ça fait plaisir. Comme un petit oiseau gris assorti au ciel et à notre époque
« …quelques fragments d’un tout qui m’a enchanté par son unité et une force stylistique d’une sobriété et économie bienvenues compte tenu du sujet abordé. »
J’ajoute 2 petits extraits.
« Et je me vois déçue, j’espérais les aider, les réchauffer, me réchauffer à leur intensité, aux épreuves qu’ils ont traversées, à leur vie d’autant plus éprouvée qu’elle est éprouvante. Et je me cogne au flegme. »
« Le corps s’habitue à moins, moins de nourriture, moins de chaleur, moins d’hygiène. Le corps se fait tout petit, se fait à tout, puis il meurt. » -
l’homme qui n’a pas de renom
InvitéEst-ce un roman ou un récit? Élodie Fiabane a-t’elle vécu dans la rue?
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Dans ce registre, je préfère les récits d’une expérience réellement vécue aux romans, comme celui de Brigitte (pas de nom) « J’habite en bas de chez vous ».
https://www.babelio.com/auteur/-Brigitte/3722
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Et puis on lira aussi « Les naufragés » de Patrick Declerck.-
françois bégaudeau
InvitéJe propose que dans ce fil n’interviennent que des gens qui ont lu le livre.
1 Elodie Fiabane raconte des maraudes. La question est donc plutot de savoir si elle a fait des maraudes. Or il semblerait qu’elle tire ce livre de son expérience des maraudes.
2 Je note au passage que la narratrice ne s’appelle jamais Elodie. Elle ne s’appelle pas. Un passage très subtil le signale.
3 de 1 on peut déduire qu’il ne s’agit pas d’une fiction. Ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas un roman. Beaucoup de romans sont non-fictionnels. L’adversaire est un roman non fictionnel. Donc appelons Dans la ville un roman.
4 D’être un roman ou non n’engage à rien quant à la qualité d’une oeuvre, y compris de Dans la ville, dont l’évaluation ne saurait se jouer que dans le vif de sa lecture, ligne après ligne, page après page. Ce qui me renvoie à ma phrase introductive. ET me permet de remercier Hervé d’avoir rendu compte précisément et textuellement de sa lecture.-
l\’homme qui n\’a pas de renom
InvitéUne « gène occasionnée » sur l’ouvrage est la bienvenue.
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Graindorge
Invitél’homme qui n’a pas de renom:
je partage cette vidéo de l’autrice Elodie Fiabane. En plus du travail de Hervé Urbani et des clarifications de François Bégaudeau
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=eWU2KnEXxWY?si=UcCiUL0oeqYmjt_R&w=560&h=315%5D-
l’homme qui n’a pas de renom
InvitéMerci beaucoup Graindorge.
Le sujet me tient, alors je ferai la démarche d’acquérir l’ouvrage.
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Petite incise:
Je note que qu’Elodie Fiabane est monteuse, notamment des deux derniers documentaires de François (dont Autonomes). Je comprends que François ait voulu la défendre dans le présent fil, dans le contexte de l’amitié qui l’unit à Élodie. Ce qui m’invite davantage à découvrir le livre.
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéAlors je vais me procurer le livre et reviendrai dans ce fil plus tard. Merci.
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françois bégaudeau
Invitéon n’est pas contre
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Cat
InvitéIl y a des livres qui gagnent à être lus d’une traite. D’une traite la répétition devient légère et rythme la lecture, augmente le réel, d’une traite j’aime ces situations qui se répètent, « Café, soupe, pull ? » et ses variantes. Le rituel de prise de contact réchauffe comme dans la cuisine d’une maman idéale, sans cuisine ni maman. En lieu et place, des maraudeurs et un camion aménagé, fonctionnel, un uniforme pour être reconnu, confortable, des gestes précis commandés par les « recos », des sans-abris tels que souvent croisés dans la rue ou les asso avec cette révélation constamment prouvée dans le livre que « Personne ne vit nulle part, pas même ceux que l’on ne voit pas ».
Nuit après nuit, Dans la ville réunit maraudeurs et sans-abris à égalité de traitement littéraire. « Égalité de traitement littéraire », l’expression est bizarre mais elle convient je crois. Si l’auteure raconte les défaillances des uns elle raconte aussi les défaillances des autres. Si elle se permet de raconter l’intimité de Stella et Mick, elle racontera aussi celle de la narratrice, et ses peurs des contaminations et sa honte d’en avoir peur et son cynisme dont elle ne sait que faire, que j’appellerai plutôt humour et qui rappelle Ma cruauté. « Personne ne vit nulle part » et personne ne vient de nulle part, c’est aussi valable pour la narratrice, les chefs et les « chaufs » que pour les sans-abris, c’est ce qui fait de ce livre un roman.
Si le livre est court et aussi dense, c’est qu’il vise la précision comme l’écrit Hervé, c’est qu’il révèle des situations.
Les faits ici ne sont pas seulement liés à une simple distribution de nourriture, ils sont liés aussi aux soins, il faut toucher les corps meurtris, sales, malades. Il faut savoir utiliser un défibrillateur, il faut avoir donné de son temps pour acquérir ce savoir-faire, un certain professionnalisme du bénévole. Engagement.
Les faits ce sont les raisons matérielles qui président au choix d’un lieu, celui choisi par Aymen pour la facilité de sa connexion Wi-fi, celui choisi par Thomas pour sa proximité avec un chantier bourré de matos isolant. Système D.
Les faits ce sont aussi les rencontres avec une boulangère, un mouton, la police, un oisillon, la pluie qui mouille, chacune étant une source d’information ou de réflexion. Les faits parlent presque d’eux-mêmes et jamais la narratrice ne se fait porte-parole de qui que ce soit. -
Charles
InvitéJ’exhume ce topic à l’occasion de la notule de Libé sur le livre dont la réception médiatique est autrement d’un silence assourdissant. La critique est élogieuse, à juste titre; mais on peut légitimement se demander pourquoi elle est si courte alors qu’on consacre dans la même édition 3 fois plus d’espace au livre posthume de Bobin pour gentiment s’en moquer. Drôle de priorités. Toutefois, le Témoin avait eu droit au même sort.
Je me joins aux éloges d’Hervé et Cat. Je ne sais pas si j’aurais pu lire le livre d’une traite car il a quelque chose d’oppressant, de dur qui tient sans doute à la netteté de son trait, à sa sècheresse aussi et non à une quelconque complaisance envers le sordide. La variété des situations m’a par ailleurs surpris et a quelque chose de glaçant dans la familiarité qu’on peut ressentir avec certains des sans domicile et avec les lieux et quartiers parcourus. L’autrice arrive aussi remarquablement a évité tout effet catalogue, toute petite sociologie qui voudrait faire synthèse sur le sujet, ce qui tient essentiellement au style. Les chapitres – non numérotés – sont courts, comme souvent dans les romans contemporains, mais ici ce n’est pas pour tenir le lecteur dans un effet d’accumulation et de scansion, mais relève d’une certaine morale de la narratrice qui s’en tient à ce qu’elle voit, à ce qu’elle constate.
Beaucoup d’habileté dans la narration, notamment dans sa façon de nous faire rentrer dans ce monde d’une façon presque phénoménologique, sans gras et en contournant la lourdeur du personnage du nouveau venu servant à nous faire découvrir un milieu. Pareillement, j’ai aimé que la narratrice n’absente pas son corps, sa vie, qu’elle fasse entendre les échos, les résonances de ce qu’elle voit avec sa vie diurne, quotidienne sans pour autant ramener ce qu’elle voit à soi pour mieux parler d’elle. De même, ses analyses sur ce qu’elle voit, sur le fonctionnement de l’Institution (qu’on aurait pu appeler autrement que par cette hypostase (?) trop transparent, à l’inspiration lordonnienne un peu marquée) sont justes tant dans leur contenu que dans la place qu’elles occupent dans la narration : elles ne viennent pas en surplomb mais découlent de ce que la narratrice vit et des questions qui viennent à elle).
On a fait ici le rapprochement avec le livre de Sorman qui est justifié même si Sorman est plus romancière avec le personnage de Bart et que ce livre-ci parait plus dépouillé, plus documentaire aussi peut-être, comparaison qu’on retrouve dans la façon d’introduire les dialogues, le style indirect libre, le refus – pas systématique – de revenir à la ligne avec tirets qui crée un entremêlement, une continuité dans le flux de l’action, parfois une indistinction.-
françois bégaudeau
InvitéJoy est plus romancière, Elodie est plus styliste.
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Julien Barthe
InvitéEt donc je suppose que tu as l’intention d’expliciter ceci dans la gêne à venir.
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Mélanie
InvitéLu Dans la ville et je suis très jalouse.
En plus du plaisir de lire toutes ces situations et personnages finement racontés, je trouve le livre très vivant et très honnête, notamment sur la posture de maraudeur au sein d’une « Institution », sur les motivations à marauder et sur ce travail en lui-même.
Et j’ai bien ri au pas que drôle « Pourtant il y a presque autant de femmes que d’hommes à la rue d’après ma formation Maraude et solidarité niveau 1 ».-
Mélanie
InvitéElle arrive aussi à faire honneur à la fois à ceux qui ne demandent rien, préfèrent qu’on les laisse tranquille, acceptent les dons, font des demandes précises, dépassent la honte (cf la liste d’Aymen, le prince télépathe). A la fois aux forts, aux débrouillards, aux joyeux, et aux plus fatigués.
Je me demande comment le livre est perçu par les maraudeurs.-
françois bégaudeau
InvitéLes maraudeurs le lisent-ils?
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Ostros
InvitéJe suis encore aux prises avec des entretiens épuisants, mais bientôt je le lis et je vous dirai.
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Mélanie
Invitéok
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Mélanie
InvitéDe la même façon qu’A la folie n’a pas dû être beaucoup lu, mais que certains soignants d’une Institution ont été au moins au courant de l’existence du livre, j’imagine que les maraudeurs autour d’Élodie sont plus ou moins au courant, et je me demande quelle est leur réaction. Joy était de passage à l’hôpital, était spectatrice ; là Élodie est, semble-t-il, la maraudeuse-narratrice. Je me demande comment réagissent les coéquipiers.
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Mélanie
InvitéDe la même façon qu’A la folie n’a pas dû être beaucoup lu par des soignants, j’entendais
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françois bégaudeau
InvitéJe ne sais pas si les coéquipiers d’Elodie sont au courant de la sortie. Je lui demanderai.
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Tocard
InvitéEt les SDF ont eu le droit à un exemplaire?
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Mélanie
Invitépfff
je t’en poste un si tu veux, je sais plus quoi faire de tout mon fric-
Tocard
InvitéMélanie: Ca te dérange qu’on puisse se poser la question de savoir ce qu’en pensent les SDF?
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françois bégaudeau
Invitéet qui va y répondre?
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Tocard
Invitéfrançois bégaudeau: Sujet sensible?
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Seldoon
InvitéTocard, c’est le sujet du livre qui est visiblement sensible : il est à peu près impossible d’en parler sans que quelqu’un qui ne l’a pas lu se sente obligé de marquer son indignation pour les sans-abris, à la place des sans-abris (se rendant ainsi coupable de ce qu’il ou elle reproche aussi implicitement qu’imprécisement à l’auteure, mais on n’est pas à une ironie près). Lis Dans la Ville et peut-être trouveras-tu matière à t’indigner. En attendant c’est du vent et c’est pénible pour ceux qui essaient de parler du livre.
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Mélanie
InvitéTocard non ça ne me dérange pas. Je t’ai pfff, ce qui ne signifie pas que ça me dérange mais autre chose : pfff.
ça ne t’intéressera pas et tu ne seras pas d’accord, mais moi je trouve qu’elle fait des SDF un tableau beau et digne, qu’elle leur rend bien hommage. Et si tu veux faire des calculs moraux et marchands, elle a fait ce bénévolat, qui d’après le livre doit faire pas mal d’heures, et on verra mais je ne suis pas sûre qu’elle puisse se payer un manoir grâce au bouquin.
Au fait, tu vas éternellement prendre des pseudos où tu t’auto-insultes ? -
Tocard
InvitéMélanie: Tu penses quoi de l’idée que les SDF sont très bien dehors?
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Mélanie
InvitéPrince La Bile, t’as lu le livre ou pas ?
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Mélanie
InvitéSi ce point de réflexion t’intéresse, il tourne notamment autour de ça. Franchement il est classe comme livre.
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Mélanie
InvitéMais bon, si c’est pour faire des remarques aussi zéro que tes questions, vaut peut-être mieux que t’abstiennes de lire. On arrive au point où tu me dis que je suis une infirmière psy de merde ou pas encore ? J’espère, j’aime bien moi.
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Tocard
InvitéMélanie: C’est quoi le problème avec ma question? Parce qu’elle n’a rien de stupide. Enfin sauf si on croit qu’il faut être con pour envisager que certains SDF feraient tout pour rester SDF.
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Mélanie
InvitéPrince La Bile : tu penses que les SDF préfèrent rester SDF ?
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Tocard
InvitéMélanie: Ca me semble évident.
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françois bégaudeau
InvitéLe problème avec a question, c’estg qu’elle n’est pas une question, puisque sa réponse va sans dire.
A la question « Et les SDF ont eu le droit à un exemplaire? », la réponse est évidemment non.
Cette question qui n’est pas une question est donc une affirmation. L’affirmation est un jugement. Qui dit : bravo l’écrivaine bourgeoise de faire et vendre ton livre sur le dos des SDF.
Cette affirmation-jugement, évidemment produite sans avoir lu le livre, et sans avoir aucune intention de le lire, procède d’un vieux ressentiment bien connu contre l’art.
Elle confirme en cela ce que nous avions pressenti dès la première intervention de Tocard : qu’il est l’énième pseudo de la pathétique boule de fiel qui s’exprime ici depuis des années sous des noms divers. -
Tocard
Invitéfrançois bégaudeau: « A la question « Et les SDF ont eu le droit à un exemplaire? », la réponse est évidemment non. »
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Pour moi ça n’a rien d’évident donc je serais curieux de savoir ce qui justifie que ce soit aussi évident à tes yeux.
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« (…) procède d’un vieux ressentiment bien connu contre l’art. »
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Je n’ai pas d’avis sur le bouquin. Je ne l’ai pas lu et je n’ai même pas vu de page de pub. Ceci dit quand je vois que Mélanie en dit du bien, quand je vois qu’elle range ça dans le même sac que « Joy », je me dis que c’est effectivement peu probable que je lise le bouquin. Si c’est du même tonneau, je vais trouve ça gerbant. Prétend que c’est parce que j’ai un problème avec l’art si ça te chante, ça ne change rien au fait que j’aurais la gerbe.
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« Elle confirme en cela ce que nous avions pressenti dès la première intervention de Tocard »
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T’es le seul à avoir douté du fait que Tocard et Demi Habile pouvait être une seule et même personne. Le seul. C’est rigolo. -
Mel
InvitéLa Bile Qui Tient A Garder Sa Gerbe Et A Le Faire Savoir, François n’est peut-être pas passionné par tes changements de pseudos pas passionnants.
Je te donne envie de ne pas lire ; je ne me savais pas si influente. Qu’as-tu trouvé de gerbant dans le livre de Joy ? -
Tocard
InvitéMel: Tu ne veux pas répondre à la question que je t’ai posée? A minima expliquer pourquoi tu la trouves bête? Parce que je me suis abstenu de faire remarquer que ce n’était pas poli de répondre à une question par une question en faisant le pari qu’en échange de ma réponse tu te donnerais la peine de me répondre mais là je me sens baisé.
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Mélanie
InvitéTocard je quitte cette non-conversation chiante que tu nous fais
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Tocard
InvitéMélanie: Je comprends, tu tiens à ce que je te rappelle que tu es ratée dans le genre infirmière psychiatrique.
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Mélanie
InvitéAh ben quand même
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Tocard
InvitéMélanie: T’as tort de jouer la maline de cette façon car j’aurais bien aimé que tu m’expliques où tu voulais en venir là:
« Mais bon, si c’est pour faire des remarques aussi zéro que tes questions, vaut peut-être mieux que t’abstiennes de lire. »
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Mélanie
InvitéNon tu ne veux pas discuter, tu veux chercher des noises
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Tocard
InvitéMélanie: Ouin, ouin, ouin.
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Mélanie
InvitéTu t’ennuies de gens à qui casser les bonbons toi
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Mélanie
InvitéPour t’occuper : comment tu décris, en 10 lignes, ce qu’est selon toi une infirmière de psychiatrie réussie ?
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Tocard
InvitéMélanie: C’est une infirmière qui prend la peine de m’expliquer ce que ça signifie que ma question serait “zéro”. Une infirmière qui prend la peine de répondre au lieu de me pointer du doigt et de prétendre que je suis un méchant taré qui ne cherche qu’à passer ses nerfs.
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C’est tout le contraire de toi quoi. -
Mélanie
Invitéc’est vrai que t’as l’air de bonne humeur
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Tocard
InvitéMélanie: Si tu n’as rien à répondre sur le fond, contente toi de fermer ta gueule non?
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Mélanie
Invitéde super bonne humeur
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Tocard
InvitéMélanie: Moi je crois que si.
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Mélanie
InvitéSur la visibilité générale du livre, je me demande aussi quel effet a la description qu’Elodie fait des maraudes Institutionnelles.
Par exemple dans le chapitre Si tout le monde était comme vous, ou plus loin : « On s’organise pour les maintenir. Et les maintenir c’est les laisser là. »
Ou dans cette phrase que j’adore et que je pourrais aussi dire de mon travail en psychiatrie : « En maraude me vient parfois dans les doigts la sensation réel d’aider, d’agir bien ».
Dans les doigts : par les gestes : nourrir, réparer des lunettes, donner des vêtements propres, une couverture sèche. Parfois.
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MA
InvitéCela me rappelle qu’il y avait eu le témoignage d’un SDF, Jean-Marie Roughol écrit avec Jean-Louis Debré, Je tape la manche :une vie dans la rue.
Je ne sais pas ce que le livre vaut. -
Claire N
InvitéJe vais de moins en moins dans les grandes villes
Mais comme le souligne le livre qui le fait « arpenter c’est connaître «
J’ai aimé cette géographie l’analyse fine et sensible qu’elle fait de la rue , ceux qui l’utilisent dans sa destination première / ceux qui l’occupent
Je ne savais pas que les maraudeurs s’appelaient « l’institution « et l’analyse de son corps de maraudeuse en uniforme témoigne de sa lucidité précieuse avec tendresse
J’ai aimé quand ça se mélange ; quand le jeune homme bouffe un sandwich « réservé « pour les SDF par exemple
J’ai aimé « parfois ils acceptent un gâteau par politesse « « je lui sauve la vie et il est mort de rire »parce qu’elle aussi:c’était bon à ressentir et elle l’a partagé-
Claire N
InvitéJ’ai aussi adoré les passages avec les animaux
L’oisillon prénommé « méchant « m’a foudroyé de rire
J’aime qu’elle soit attentive à l’élan vital
le passage sur l’anesthésie des corps assez court, pudique m’a beaucoup émue ; j’aime ses yeux grands ouverts – -
Carpentier
InvitéJe vais de moins en moins dans les grandes villes/ …
Mmmmmh, ok, vaut mieux lire le bouquin, alors, en effet-
Carpentier
InvitéÀ Paris, ce qu’il y a de pratique (hi hi) – et c’est peut-être pareil dans la plupart des villes où il y a le métro, le tram – ce qu’il y a de pratique donc, c’est que les sdf viennent à toi dans le métro: et de beaucoup, on se demande même comment ils ont pu monter dans la rame.
Quand l’une n’a pu vraiment de pieds, voire de jambes, l’autre se déplace à 3 mètres/heure, l’autre tournoie sur lui-même en disant que Dieu va te niquer et un autre sent tellement un truc rude mais rude, tu vois, mais degeulassement rude, qu’il y a des matins où, pour pas lui vomir dessus, vaut mieux descendre de la rame et cracher dans une des poubelles du quai.
Après, quand t’as la forme, lui dire bonjour, lui sourire, lui proposer une clémentine, sur les 2 de ton plateau que t’as pas eu le temps de manger à midi, tu peux toujours, pas besoin de formation pour ça.
Faut juste savoir te retenir quand le gars te dit ‘ qu’est-ce tu veux que je fasse (si si) avec une clémentine ? ‘ de lui répondre:
(réponse retenue: ) Benh,te la mettre dans le cul, voyons.-
Graindorge
InvitéCarpentier: c’est arrivé à mon collègue quand il était à Paris: un gars est monté faire la manche. Mon collègue qui n’avait pas de monnaie lui a tendu un sachet de dattes biologiques. Le gars lui a tapé sur l’épaule et l’a désigné aux gens « le pauvr il a rien, il donne sa nourriture »… mon collègue avec sa tête de Pierrot lunaire en a oublié de fermer sa machoire! » Elles étaient bio en plus, tu t’rends compte?! »
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Carpentier
InvitéTu sais, Graindorge, quand tu prends 2 ou 4 fois/jour les transports, selon le moment de la semaine et tes horaires de boulot et que, par exemple:
– sur un trajet de 12 stations, ligne 5, 10 personnes mendient
– sur un trajet de 10 stations, ligne 2, autant le font aussi
et bien bios ou pas bios, tu n’as en effet pas chaque fois l’argent, la disponibilité, l’humeur, pour.
Bien que plus roboratives qu’un clémentine, j’aurai la bêtise de croire que les personnes qui aiment les dattes sont moins nombreuses que celles qui mangent vite fait une clémentine en route.
Pas de tickets restau par l’intermédiaire de mon boulot, une carte d’abo RATP pour mes trajets, je ne suis dotée, la plupart du temps, que de ce que j’ai dans mon sac (sans tickets restau ni de métros donc)
Souvent ce sont des fruits, rarement des sandwichs au pâté, désolée.
Et quand on me dit ‘ j’ai faim ‘ ou ‘ pour manger ‘ , stupide comme je suis, je pige au premier degré.
Ah, cte parisienne que je suis devenue.-
Carpentier
InvitéEt parfois j’ai assez de monnaie pour avoir le sentiment de ne pas me foutre de la gueule de celle ou celui qui a le courage de mendier.
Là, ça m’allége, mais en effet, je n’ai pas toujours la magnifique photo iconique de ce brave Abbé Pierre à l’esprit et souvent, trop souvent, les mendiants du métro m’irritent, me dérangent, m’encombrent.
J’ai honte mais c’est ainsi.-
graindorge
InvitéMais bien sûr Carpentier! On fait comme on peut point barre et aucun compte à rendre à personne. Le gars n’a pas voulu des dattes. Tant pis. Surtout pas culpabiliser! Moi y’en a même qu’il m’est arrivé d’envoyer paître! Quand la guerre économique nous conduit à ces conditions là on demeure des êtres humains dont parfois casse- pieds et c’est bien que les relations restent humaines. Moi je prends quelques pièces et quand y’en a plus y’en a plus. Ou je donne des fruits biologiques si j’en ai. Point
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Mélanie
InvitéAh, merci, j’attendais précisément de connaître vos pratiques avec les SDF à toutes les deux.
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Carpentier
InvitéEt à quelles fins, svp?
Encore à te foutre du monde?-
Julien Barthe
InvitéPeut-être afin de vous rappeler que le thread créé par Hervé était originellement destiné à accueillir des témoignages de lecture du récit Dans la ville et non toutes les informations, anecdotes et liens que votre esprit frénétiquement associatif et hypertextuel ne cesse de générer en rapport avec l’idée que vous vous en faites.
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Carpentier
InvitéAh dans celui-ci on fait la police à plusieurs ?
Dans celui-ci, vous tenez, à plusieurs, à ce qu’on ne s’éloigne pas de la ligne de départ?
pfffff, c’est vraiment quand ça vous arrange.
Mais bonsoir JB, que me vaut l’honneur que tu interagisses à la suite d’un de mes posts, adressé pourtant à celle qui se contente d’ordonner qui doit débarrasser la table?
Dans tous les cas, merci de ne pas isoler,dans les échanges de ‘ toutes les deux ‘, ce qui vous arrange.
Les intentions de départ sont bien plus nuancées comme chacun.e peut-être le lire.
Et ça adoucira l’allure générale de ce qui s’échange, souvent sans ‘ toutes les deux ‘, ici, merci.
ps: un manque éventuel de frénésie générale commencerait-il à vous peser?
On va finir par le croire. -
Carpentier
Invité* peut le lire.
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Mélanie
InvitéC’était en effet ironique, comme Julien prend la peine de l’expliciter.
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Carpentier
InvitéEt oui, les hommes bons expliquent l’humour aux femmes.
Quel Saint Homme.
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Claire N
InvitéEh bien dans le livre , Elodie Fiabane développe
Un axe intéressant sur la facon « propriétaire « d’habiter une ville – je ne sais pas si son intensité
Varie selon qu’on est plus ou moins usager de ladite grande ville-
françois bégaudeau
Invitéet la façon « domiciliée »
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Claire N
InvitéOui merci , c’est bien ça que je cherchais !
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Claire N
InvitéEt pour faire écho a la discussion sur le don- il y pour moi de ce don impossible dans l’acte de rendre grâce
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Claire N
InvitéPuisque tout le reste est partage
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graindorge
Invité« Le corps s’habitue à moins, moins de nourriture, moins de chaleur, moins d’hygiène. Le corps se fait tout petit, se fait à tout, puis il meurt. » »
Esperons que nos sociétés ne s’habitueront jamais à voir des hommes, des femmes et des enfants mourir à
petit feu dans nos rues. Puisqu’on entend qu’on s’habitue à tout. Espérons que dans nos villes nous ne nous habituerons jamais. Que ça nous paraitra toujours insupportable et scandaleux-
françois bégaudeau
InvitéLecture morale, et donc complètement à coté, de ce qui dans le livre est une notation physique, médicale.
Tout est dit de l’incapacité graindorgienne à lire ce livre – qu’elle n’a d’ailleurs pas l’intention de lire (elle a seulement l’intention de le commenter)-
Graindorge
InvitéOh comme tu es Francesco!
Il ne peut pas y avoir de LECTURE morale puisqu’il n’y a pas eu de LECTURE. On est d’accord sur ce point. Tu rebéguètes camarade.
Je n’ai rien dit sur le livre Dans la ville même si j’ai participé à sa visibilisation… si, si. Allez, un p’tit chouya. Non ? Bon. Non alors. Je suis pas contrariante.
Là je voulais juste dire ce que j’ai dit sur ce sujet des personnes qui se retrouvent dans ces situations: INSUPPORTABLES ET SCANDALEUSES
Allez, va… rien de grave. Je te fais une grosse bise sur ton joli nez que j’adore. Tu veux pas échanger? Je te donne le mien qui n’est pas mal et tu me donnes le tien. Je l’ai d’ailleurs dessiné en rêvant que le mien deviendra pareil… La vie est faite aussi de rêves.
« graindorgienne » waow, ça, ça fait plaisir à mon égo.-
Carpentier
InvitéTout ça pour l’embrasser sur le bout du nez 🤣
Parcque franchement, Graindorge, me dis pas que tu l’attendais pas ta fessée : D
même moi, j’ai failli te la mettre,
mais comme je savais bien que, pas attendu longtemps, tant mieux.
1) prends au moins une phrase qu’il se propose de penser/d’analyser, d’en scruter la texture, parmi celles qu’il a extrait sur la page facebook de la gêne o dédiée prochainement sinon, si c’est plus fort que toi de parler du sujet et pas du bouquin
2) pas encore ouvert celui de Sorman (je finis le Bellanger avant – Tony, si tu lis ici : ) – mais ce sera, je l’espère, bientôt mon actu, comme tu dis que dit, on sait pu trop qui
https://www.facebook.com/lageneoccasionneeps: à cet instant, les 4 dernières participations proviennent des trolls officiels du chantier, allez, on stoppe enfin, je stoppe.
Veillons à ne point leur donner raison à défaut d’espérer déconstruire un peu leurs certitudes erronées sclérosées.-
Tocard
Invité“La maladie soignée par Médecins du monde est celle de la propriété.“
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Qu’est ce que c’est con putain.-
Carpentier
InvitéSur laquelle de tes fesses, Bile boy, la petite tape?
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Amandine Y.
InvitéC’est un très très beau livre et moi j’aime bien ces gens qui le font loin des caméras de télévision, sans annonce, sans être sur Facebook avec trompette et machin et qu’on voit partir deux minutes après une fois que tout est passé à la télé. Puis je trouve qu’il faut un courage puisque moi quand je les vois, à la fois on a le côté “j’aimerais bien les aider” et puis il y a un côté peur aussi, on ose pas passer la barrière et j’ai beaucoup d’admiration pour ces gens qui passent cette barrière et qui vont les aider et je trouve qu’on est un peu ridicule par moment de pas oser. Enfin ridicule, ça fait partie de la vie mais je trouve que j’ai beaucoup de tendresse pour ces gens car ce sont des êtres humains.
Je me sens un peu gênée en général d’intervenir, je n’ai pas le sentiment d’avoir grand chose à apporter aux discussions même si j’apprécie les lire mais vous n’avez rien à apporter non plus et pourtant vous ne vous privez jamais donc pour une fois je m’autorise en espèrant que Mr Bégaudeau me pardonnera.
Et un bon dimanche aux autres.
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Tocard
InvitéAmandine: T’as raison de croire que c’est mieux de t’abstenir d’intervenir.
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Carpentier: Je passe mon tour pour la fessée.-
Carpentier
Invité@Bile Boy
Tant pis pour moi
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Ostros
InvitéAmandine,
Si tu souhaites aider mais ne sait pas comment faire tu as un truc tout bête c’est en entrant dans ton supermarché « bonjour, vous avez besoin de quelque chose ? » Et de leur prendre le produit d’hygiène ou le plat préparé / sandwish qu’ils peuvent pas se payer, ou offrir des bouteilles d’eau en été, les plans des points d’eau potable et des douches publiques (que tu trouves auprès de ta mairie), demander comment ça va aujourd’hui, discuter si tu sens que le mec n’est pas en train de délirer et risque de devenir violent.
Et si vraiment tu n’y arrives pas tu as une formation pour approcher les sdf dispensée par les Institutions qui t’expliquera tout.-
Tocard
InvitéOstros: « Et si vraiment tu n’y arrives pas tu as une formation pour approcher les sdf dispensée par les Institutions qui t’expliquera tout. »
.
Rassure moi et dit moi que tu ne voulais pas dire « formation » mais « thérapie »…-
Ostros
InvitéJ’ai failli ajouter « une formation pour approcher les sdf – sans se faire mordre » pour marquer ma circonspection vis-à-vis du contenu de cette formation qui en gros t’apprend à dire bonjour, à leur demander poliment si tu peux échanger avex eux et à ne surtout pas réveiller un sdf endormi.
Mais comme des gens ont véritablement appris à approcher un sdf durant cette formation je me suis dit que j’allais filer l’info telle qu’elle et elle en fera bien ce qu’elle veut.
Moi j’avais trouvé intéressant de comprendre comment la vie dans le rue détruit la pensée et participe au fait qu’ils y stagnent. Et aussi de constater que la marginalisation des sdf se fait en plus par cette perte de politesse et des basiques relationnels les concernant.
On dit bonjour comment allez vous au boulanger, à la caissière, à la voisine mais pas au mec que tu vois tous les jours assis sur le trottoir en bas de chez toi.
Il y a une volonté de ne pas se lier avec lui.
Ça se serait à étudier.
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Carpentier
InvitéPas 4 mais 5 sujets, putain (comme écrit initialement)
– Pour toi:
.. La maladie soignée par Médecins du monde est celle de la propriété/… (p.26).-
Graindorge
Invitéchère Carpentier, tu as dit que tu étais une « fan » de François et c’est très bien.
« sinon, si c’est plus fort que toi de parler du sujet et pas du bouquin »
je comprendrais qu’il m’enguirlande si je parlais de ce livre mais j’ai le droit de parler du sujet. Et je n’en dis pas grand chose de ce sujet si ce n’est que je souhaite que ça reste scandaleux et insupportable. On devrait même accuser les pouvoirs en place de Non assistance à personnes en danger. Je m’arrête là.
Je n’ai pas accès aux gênes occasionnées et crois bien que je le regrette. Je ne suis pas une crack de l’informatique.
Sinon oui, dans une prochaîne vie, je demanderai au Bon Dieu d’avoir son nez qui est pour moi le plus beau nez du monde.-
Carpentier
InvitéOn se l’achète ensemble le ‘ Dans la ville ‘ si tu veux.
Je te partage les phrases sélectionnées après mon ciné, si tu veux : )– Pourquoi ce truc nauséabond de ‘ fan ‘ revient ici, en revanche?
D’un coup et par ta voie/voix, en plus?
Chelou, mais pas grave.
Une fan, si fan, avec un cerveau qu’elle muscle, en revanche.
Merci. -
françois bégaudeau
InvitéParle du sujet autant que tu veux, mais ne le fais pas en dévoyant une phrase du livre
Tu protèges les sans-abris, je protège les livres.-
Graindorge
Invitéje ne l’ai pas dévoyée cette phrase « Le corps s’habitue à moins, moins de nourriture, moins de chaleur, moins d’hygiène. Le corps se fait tout petit, se fait à tout, puis il meurt. » Tu n’as pas le droit de mentir.
Ce serait tellement chouette d’avoir le pouvoir de « protéger les sans abris » rien qu’en disant que c’est scandaleux et insupportable.
Merci à toi de protéger les livres, c’est l’une de tes missions sur terre et elle est belle mais PAS en dévoyant mes mots. Je te l’interdis
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Carpentier
InvitéJe ne suis pas une crack de l’informatique. / ….
C le jour où vous êtes tous et toutes drôles, le dimanche ou bien?
Me demande si Dupieux est pas moins lourd que certain.e d’ici finalement 🫥 -
riviere
InvitéGraindorge
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Mélanie
InvitéOui, et si tu n’as pas accès on doit pouvoir te mettre des MP3 sur oui-tranfère
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Carpentier
Invité😅 🤣 vraiment bien le duo 😘
Le ‘ oui-transfert ‘ 😭 une blague de psychanalyste, tiens
Pfffff
. Alors, voyons:
@Graindorge:
– Je ne donne mon prénom, le prénom de la narratrice, que si on me le demande. Ils ne le feront pas. p.81
– Nos métiers et nos chômages nous donnent le droit de consacrer un soir par semaine et certains samedis à l’institution. p.24
– On est content de rencontrer un nouveau sans-abri. C’est de la curiosité – que d’aucuns pourraient trouver mal-placée – pour ce nouveau qui nous offrira peut-être son histoire. Un nouveau nous offre aussi l’espoir de pouvoir aider. p.161 / ….
La suite plus tard (qqn prendra peut-être la relève d’ici là)-
Carpentier
InvitéÀ propos des demandeurs d’emplois https://www.humanite.fr/social-et-economie/chomeurs/emploi-15-million-de-controles-des-chomeurs-a-quoi-ca-va-servir
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Carpentier
InvitéArbeit macht frei 🫥
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Delphine
InvitéEffectivement, intéressant le passage où il est dit qu’un SDF en plus, c’est malheureux, mais ça fait une histoire en plus pour les personnes effectuant les maraudes. Ce qui peut être considéré comme de la curiosité malsaine par la société, de prime abord. C’est également une manière de s’interroger, en journée, lorsque l’on voit des personnes s’arrêter dans la rue pour discuter avec les personnes faisant la manche.
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Julien Barthe
InvitéSalut Delphine,
Est-ce que tu peux préciser (si tu le souhaites) ? Tu t’interroge sur le caractère trouble des motifs qui poussent à s’arrêter ou sur la difficulté ou l’impossibilité d’aider comme y insiste le livre ? -
Julien Barthe
Invité*t’interroges
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Delphine
InvitéBonjour Julien, Je n’ai pas lu le livre, mais je me suis basée sur ce qui a été dit dans l’épisode de la Gêne occasionnée, donc je ne saurais pas dire si le livre insiste sur ce sujet. C’est juste que j’ai trouvé intéressant, parce que je n’y avais jamais pensé, qu’il puisse y avoir inconsciemment une curiosité malsaine à entendre des personnes sans abri raconter leur histoire. Je pense plutôt à un motif de trouble intérieur, ou alors à une réaction réprobatrice de la part de la société si, par exemple, ce sentiment de curiosité était évoqué dans les médias ou les emissions consacrées aux SDF. En voyant quelqu’un discuter avec un SDF, je n’ai jamais pensé à de la curiosité malsaine. Je me suis toujours dit que les personnes discutant avec des SDF avaient du temps ou, plus exactement, prenaient le temps de s’arrêter sur leur chemin. Pour moi, c’est différent de l’aide concrète, matérielle, qui pourrait leur être apportée.
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graindorge
InvitéMerci aussi Mélanie!
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graindorge
InvitéTrès très beau cadeau! Grand Merci Rivière
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Carpentier
InvitéBenh tu vois que t’es une crack en informatique 🤣
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graindorge
InvitéCrack boum uuuh!!
Merci à toi Carpentier et crois bien que non seulement je sais que tu as un cerveau mais je crois aussi qu’il est plus musclé que le mien: tu as beaucoup plus de vocabulaire, tu sais plein de choses, tu es crack en musique etc.. Moi pour bien m’exprimer, bien c’est-à- dire niveau cm2 je dois ramer sur un radeau en plein Pacifique🥴🫣-
Carpentier
InvitéJe t’ai partagé (recopié) quelques phrases parmi celles choisies par le duo de la Gêne o. dédiée à ‘ Dans la ville ‘
Pas toutes.
J’imagine qu’outillée comme tu l’es maintenant, tu les as toutes.
Dans l’une de celles que je t’ai recopiées, une tournure de phrase pourrait être dans un texte de François Bégaudeau, tiens.Bonne lecture.
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graindorge
InvitéMerci à toi Carpentier! J’écouterai 2 gênes ce soir
😍 -
Carpentier
Invité👍
mais je crois qu’on parle un peu de 2 choses différentes quand-même
Pas grave mais, pour mieux dire, la gêne occasionnée dédiée au bouquin de Fiabane est pas encore accessible, pour l’instant pas en ligne, quoi, Graindorge (elle a été enregistrée par les 2 compères de l’émission vendredi, si je lis bien.)
Du coup, as-tu les phrases choisies pour être regardées et dépecées comme il se doit par François et son ami?
Car l’échange auquel je participe démarre à ce sujet, celui sur des gênes ciné ou antérieures, ça, c’est autre chose.
Bref, 2 autres, allez, du coup (au cas où):
– p.23, … Généralement, je suis une femme.
– p.138, … On lui a évité un accident sur les Maréchaux et on l’a privé de sa liberté. On l’a aidé et contenu. Il ne veut pas de ce rapport à l’institution. Il est vraiment anarchiste. / …
Le duo de ce podcast critique partage quelques phrases justement pour les personnes qui n’ont pas lu le livre.
Pour que l’écoute de la Gêne dédiée sonnent mieux encore à l’esprit, c’est chouette, non?
Ainsi, les posts et échanges plus haut d’ici se liront peut-être un peu différemment pour toi, moi et d’autres, si jamais on en a l’envie. -
graindorge
InvitéMerci Carpentier. Il y a plein de G.O à écouter
Merci pour toutes ces phrases. Je vais les noter afin de les avoir sous les yeux en écoutant la G.O Au moment
dû. Ça fait devoir scolaire ( choisi) Prenez vos cahiers. J’aime bien -
Carpentier
InvitéAvé Graindorge 👸
Oui, allez, salut romain et tout l’bazar ce soir: on va quand même pas se laisser abattre sans rien dire et faire, si?
J’ai récupéré mon Dans la ville en rentrant du boulot 🙂
Hâte, avant d’écouter après lecture, donc, la gêne dédiée, de lire à propos notamment du contexte, de la/des situation.s qui font écrire ceci à Fiabane (entre autres):
… Généralement je suis une femme /…
Est-ce une observation de la narratrice que les sdf saluent, selon chacune de leur évaluation respective, tantôt en disant ’ madame ’ tantôt ’ monsieur ’ ?
Cette phrase, une fois notées sa singularité littéraire et la surprise, l’étonnement qu’elle provoque, m’évoque ça: une maraudeuse (?) à qui on peut attribuer un genre différent, selon l’état de la personne à la rue qu’elle aborde/rencontre (selon son état de fatigue, d’endormissement, de faiblesse, d’ébriété) ou selon l’éclairage de l’endroit, la silhouette entraperçue ….
Mais assez de suppositions, ça suffit: je lis.
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Seldoon
InvitéLa Gêne nouvelle est arrivée :
https://on.soundcloud.com/V1gRcEFEwZdqWY7Y7Je partage la réserve sur la phrase de commentaire. J’avais tiqué à la lecture, puis avait nuancé ma réprobation : ce qui est commenté est une des opérations centrales du roman, opération qui est effectuée l’immense majorité du temps par discrète torsion de phrase ici et là. Ces quelques mots sont donc moins un commentaire de la phrase qui précède que de tout le roman. L’extrême rigueur de Dans la ville est mise entre parenthèses une fois au profit d’un éclairage général pour des yeux moins attentifs que ceux du duo de la Gêne. J’ai pardonné ce sacrifice et depuis Élodie et moi, même si ce n’est plus comme avant, on s’est reparlé.
Pour le reste, Faulkner Lordon Spinoza, je suis sur la ligne officielle.-
Tocard
InvitéIl faut aimer la branlette putain.
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« Nan, nan, finalement le raccourci est très très juste, si on abolissait la propriété (…) bah il y aurait pas de gens qui vivent dehors, ou alors vraiment en pleine volonté de le faire, ce qui peut arriver, mais sûrement pas quand il fait froid, je pense pas. »
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Ok Miss France. Quoi que, je dis ça mais Miss France elle sait que ça pisse pas loin ce qu’elle nous raconte, c’est pas comme François qui est convaincu d’être le Zouave de la pensée critique.-
Seldoon
InvitéAu jeu de la paluche tu es difficile à battre, comme le montre à nouveau ce nième message vide de tout si ce n’est d’autoerotisme.
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Tocard
InvitéSeldoon: Si celui qui a la plus grosse est celui qui se finit le plus vite alors c’est clair que je mets François minable. 15 secondes vs 1h30, c’est pas utile de faire appel à l’arbitrage vidéo. Je veux dire que c’est une version du lièvre et la torture dans laquelle la tortue se prend pour le lièvre là où le lièvre fait la tortue. C’est si brutal comme différence de niveau que je crois qu’on peut carrément aller jusqu’à parler de biffle.
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Julien Barthe
InvitéIci c’est le topic Dans la ville. Si tu veux on te crée un thread « style masculiniste et arrêt du tabac ».
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Tocard
InvitéJulien Barthe: Ecoute, pourquoi pas.
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Hami Debile
InvitéIl vient mon thread Julien?
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Carpentier
InvitéUn ‘ thread ‘ ‘le festival du film de fesses ‘ avec son armée d’émoticônes et emojis végétaux piaffe d’être réactualisé
Plutôt que d’en avoir un nouveau
Quand j’peux aider
(sinon ‘ intégral ‘ on y retrouve pu ses petits t’façons-
Carpentier
Invité* ouvrir
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Julien Barthe
InvitéTu devrais te créer un thread intitulé « Carpentier »; comme ça tu bats le record d’occurrences de « « Carpentier » sur la page de menu du forum.
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Carpentier
InvitéAh mince, le Maître es humour, Expert en pédagogie féminine
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Carpentier
InvitéDans moins d’une heure, maintenant, mon film commence.
Courage, Homme saint et bon.-
Julien Barthe
InvitéÇa doit te laisser le temps de poster 245 messages ayant un rapport avec le thème de la ville. Et surtout n’hésite pas à poster pour faire un point sur ta première minute de film . À tout à l’heure.
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Carpentier
InvitéIl me semble entendre Mélanie qui t’appelle
C’est ton tour de débarrasser la table -
Ostros
Invité« Je comprends pas pourquoi les sitistes ne m’apprécient pas trop et qu’il y en a qui disent que je troll »
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Carpentier
InvitéBenh, encore ces histoires de trolls?
Là on est sur une fixette j’ai l’impression.
En croisant les doigts pour que cela ne glisse pas vers une manie pathologique ou une sorte de crainte psychotique paranoïaque. -
Mélanie
InvitéRemets-toi, BS
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Carpentier
InvitéDe la connerie, Mélanie, parfois on ne se remet pas, non.
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Carpentier
InvitéBonsoir JB,
J’espère que tu n’attends pas – tel un amoureux transis, selon l’expression consacrée dont n’use que les gens très peu inspirés – depuis samedi 16h35: 52h sous la pluie à m’attendre, ça me convaincrait direct que tu n’es pas bien mon genre et ne me flatterait aucunement.
Donc, comme évidemment tu n’as pas fait cela, sache juste qu’à la suite de plusieurs imprévus plutôt joyeux, c’est finalement dimanche, à peu près au même horaire de séance visé la veille, que je suis allée voir La salle des profs – en lieu et place du Dumont envisagé la veille.
Le Çatak m’a beaucoup plu, de nombreuses séquences sont ostlundiennes, enfin, mon œil s’y est trouvé en familiarité avec des plans d’Ostlund notamment certains de Snowtherapy, dans l’hôtel avec l’espace, les escaliers au centre, les plans où on est comme en surveillance des déambulations dans les couloirs.
Leonie Benesch est formidable dans son rôle de jeune prof, nouvelle et investie dans un collège (lycée le nom peut-être en Allemagne) et son jeu, tout en nuances et complexité retenue mais intense occupe l’écran.
Il y a beaucoup de tensions dans cette fiction qui frise le thriller et les enfants sont en place.
Je recommande. -
Carpentier
InvitéEn revanche, mince, je n’ai aucun souvenir de la première minute dis donc,
Peut-être que la prof entre dans sa classe, mais ce dont je suis sûre c’est qu’on ne la suit pas, collé serré dans la rue, après son café bu au comptoir jusqu’à l’entrée du bahut.
On est pas chez Cantet, quoi. -
Carpentier
InvitéAlors ça c marrant: tu te trompes d’une lettre sur ton adresse mail, ça passe mais avec une autre icône
Faut que je fasse gaffe avec mes gros doigts sur le petit clavier du tel -
Tony
InvitéC’est aussi bien que la syndicaliste?
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Carpentier
InvitéTony, tu tombes bien, je lis que tu t’impatientes que certain Burdeau fasse une analyse croisée Burdeau fasse une analyse croisée sur je sais pu trop quels films.
En attendant, invitée par certain Mr Wilkes, j’avais fait sérieusement une analyse croisée du Menu de Mylod et du Sans Filtre d’Ostlund.
Franchement, je l’ai relue récemment et j’en suis pas peu fière.
Je te la recommande (vers les premières pages du forum) -
Carpentier
InvitéÊtre critique, c’est penser le rapport que le cinéma entretient avec le monde. / .. dit-il.
Mouais, Emmanuel, ça va pas péter loin mais ok. -
Tony
InvitéJe préfère attendre que Carpentier.fr soit en ligne
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Carpentier
InvitéJe commencerai par une critique de L’aménagement du territoire, promis.
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françois bégaudeau
InvitéNotons accessoirement qu’il n’y a sans doute pas plus opposé que le filmage d’Ostlund et le filmage de La salle des profs – qu’il faudrait davantage comparer à du Farhadi, à la fois dans le filmage et le nouage scénaristique.
Quant à l’actrice, elle montre une impossibilité assez pénible mais courante à ne pas exprimer. -
Ostros
InvitéDu coup la salle des profs ça vaut quand même le déplacement ? (Jamais vu de film de Farhadi).
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françois bégaudeau
InvitéLe film est plutot habilement tressé (comme du sous-Faradhi), mais à la fin plutot épuisant – trop de mines, trop d’expressions, trop de gravité
Je le soupçonne aussi d’être un peu réac. -
françois bégaudeau
InvitéNon ma grande recommandation pour ce mois ci c’est Comme un fils.
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Ostros
InvitéLindon prof qui veut éduquer un Rom ?
C’est ironique ? -
françois bégaudeau
Invitéévidemment pas
pour moi c’est le pic d’une carrière déjà immense -
Carpentier
InvitéSeule réserve de mon côté, nette et malaisante:
Le statuquo (?) entre l’élève et la prof devant la réussite au Rubik’s Cube:
Le gosse veut surtout que sa mère soit réhabilitée, que la prof s’excuse publiquement, que sa mère puisse retravailler et ne soit pas contrainte de dépenser des congés en attendant un verdict quelconque provenant de l’instance pertinente (règlement intérieur ou que sais-je?)
Mais non, pas de l’établissement car rien n’est prouvé du tout, le bout de film est noyé en plus (ordi dans la flotte) et cette jeune prof enthousiaste a une situation bancale qui lui a complètement échappé (filmage à l’insu de tous) , la personne qu’elle soupçonnait a du plomb dans la cervelle et ira en justice: mal joué, partie perdue, quel merdier.
Et le sourire de connivence ‘ de toutes façons tu y arriveras tu es doté de qualités exceptionnelles ‘ ide la prof avec le garçon, ci, ça pue pas mal.
J’aime la scène où la jeune prof court dans la rue après son ordi, celle où elle fait au mieux pour pas laisser son groupe sans surveillance et aller voir ce qu’il se trame ailleurs (une fille dévient arbitre, elle cherche ceux qui ont quitté le terrain du gymnase)
Et une speciale dédicace aux psychotiques qui voient des trolls partout:
Passant dans un couloir passage sous verrière (comme ceux du printemps parisien pour les happy few) elle est progressivement entourée de personnes, élèves et autres adultes, qui tous portent le fameux chemisier à étoiles, plan/filmage cauchemardesque qui fonctionne, je trouve.
Étoiles jaunes, tu dis? non?
Me dis pas que ?
Quand même pas ?
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Carpentier
Invité@
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dizzy
InvitéToujours un plaisir. Quelques remarques :
« On ne peut pas savoir si Élodie est plutôt métier plutôt chômage au moment où elle a maraudé, elle ne le signalera jamais ». Elle le signale clairement au lecteur dans le chapitre précédent. Mais oui, la narratrice qui n’a pas de prénom ne le signale pas aux SDF lors des maraudes.
La réflexion écologique autour de la ville qui tomberait en panne me gêne terriblement.
Sinon je suis étonné de ne pas voir mentionné ici ou dans la conclusion du podcast cette rue du Château-des-Rentiers, titre de chapitre et début de la quatrième de couverture.
C’est peut-être trop évident mais ça marque quand on a déjà arpenté cette rue, souvent tiqué devant son nom décortiqué, et parfois visualisé les remparts toujours plus hauts qu’érigent les propriétaires bailleurs, laissant un goût amer (mais pas trop longtemps, j’avais tennis)-
françois bégaudeau
Invité« La réflexion écologique autour de la ville qui tomberait en panne me gêne terriblement. »
Le genre de phrase qu’une éthique minimale devrait inciter à ne jamais lacher seule au milieu d’un post.
Merci, donc., soit de la développer, soit de l’effacer-
dizzy
InvitéC’est peut-être pas plus mal finalement, puisque j’ignorais que le Vilain Forum* allait manger mes sauts de paragraphe.
Tout d’abord elle me gêne parce qu’elle me bouscule dans mes choix de vie actuels. Ensuite, il me serait peut-être utile avant de réécouter le passage du podcast pour développer (pas le choix !) de savoir ce que recouvre le terme de ville souvent utilisé : Paris et les villes-mondes ? les grandes villes ? toutes les villes ?
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*en parlant de vilain mouton, c’est assez triste de réaliser subitement que l’élément le moins vraisemblable du roman est sans doute que Paris laisse, ne serait-ce qu’une soirée, une de ses ouailles non domiciliée.-
françois bégaudeau
InvitéRien compris
Passons-
dizzy
InvitéDésolé c’est plus frais pour un auditeur, je parle du passage commençant à la 53ème minute.
Dans les sentences « nous savons que la ville est une aberration écologique », « la ville est un non-sens écologique », « nous devrions nous barrer dès maintenant des villes si on était des écolos conséquents », « notre corps conforté décide de rester en ville envers et contre tout diagnostic écologique », de quelles villes est-il question ? Les villes-mondes du livre ou toutes les villes ?
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A ma connaissance, Jancovici (puisqu’il est cité) ne promeut pas spécialement un retour à la campagne, son modèle idéal est la ville moyenne dense, et les écolos beaucoup plus radicaux que lui ne présentent pas une « grande panne » soudaine et complète comme une fatalité et envisagent plutôt une longue et chaotique descente aux enfers, sans grand soir.
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Un petit lien pour réconcilier ville et écologie : https://bonpote.com/faut-il-vivre-en-ville-ou-a-la-campagne-pour-etre-ecolo/-
françois bégaudeau
InvitéIl ne m’avais pas semblé que cette Gene était une conférence sur ville et écologie.
Décidément la débatite est la maladie du siècle.-
dizzy
InvitéOuch. Après m’avoir enjoint de développer….
Décidément l’écologie contre-intuitive braque au carré.-
françois bégaudeau
Invitéce n’est ni l’écologie jaune ou verte ou rouge ou bleue qui « braque », mais le drole de réflexe de constituer en rampe de débat le propos incident et fugace d’une analyse littéraire
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dizzy
InvitéSoit. C’est en partie pour cela que je ne voulais pas m’étendre initialement.
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Claire N
InvitéL’absence de virgule ! Tellement bien vu
J’avoue que oui cette acuité m’a bluffée et enchantée-
Claire N
InvitéJ’´ai pu toucher plus physiquement le » style «
Son rythme son souffle – vraiment ça m’a illuminé
Merci-
Juliette B
InvitéJe plussoie. Cette GO amplifie de façon super notre déjà grand plaisir de lecture.
Une petite remarque sur le passage sur Thomas et son mur triple épaisseur à bulles. Dans le « ça marche bien. Il conseille », en plus de tout ce que vous avez fort justement noté, j’ai aussi entendu en creux cette chose en le lisant : l’idée que nous aussi demain, et la narratrice, on pourrait en être réduit à devoir utiliser ce stratagème malin mais rudimentaire pour nous protéger du froid, que nous aussi demain on pourrait basculer dans cette condition de SDF. Tant il est vrai que les histoires de ceux qui sont à la rue étonnent souvent par la simplicité de la bascule : un divorce, un licenciement, une addiction, un drame familial, une dépression, une intempérie dramatique, etc., et les choses s’enchaînent vers ça.
Il m’a semblé que la narratrice racontait ça aussi là, que la frontière entre les deux mondes tenait parfois à bien moins de choses qu’on imagine. La scène est drôle et un peu grave à la fois.-
françois bégaudeau
InvitéOui c’est vrai
en tout cas une continuité est établie
alors que mentalement le domicilié, à la fois par déni et réassurance, a tendance à clairement marquer la frontière : il y a eux et je n’en serai jamais-
Juliette B
InvitéJe trouve fort comment le livre navigue et nous fait naviguer entre le repoussant et le désirable de la condition.
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Julien Barthe
InvitéSalut Juliette,
Je ne suis pas sûr de comprendre le « désirable de la condition », j’avais noté un désirable- malgré- la condition dans une envie de désir de la narratrice devant le spectacle d’un désir « à baiser à côté du périph » (je cite de mémoire). Elle est en présence d’une vitalité supérieure.-
Juliette B
InvitéC’est délicat et délicatement traité dans le livre, donc pas réductible à mes mots ici. Mais, oui, il y a un désir de vitalité, celle qu’on se découvre parfois avec joie dans des situations plus difficiles que notre quotidien habituel. Et de délaisser la propriété, qui comme on sait ou pressent enchaine et dévitalise.
Versus la fatigue qui épuise nos corps et nos esprits. Avec ne serait-ce qu’un bout de carton, un SDF cherche son espace de repos intérieur, rien qu’à lui. Sa cabane.
Pendant tout le livre on se déplace entre ces différents états. La voiture des maraudeurs c’est aussi par moments leur cabane.
Et parfois ils ont la rage de ne pas pouvoir en sortir parce qu’il n’y a personne à secourir ce soir là.-
Julien Barthe
InvitéComme évoqué dans la gêne, il y a chez les maraudeurs une recherche d’intensité qui prend peut-être la forme d’une recherche de matière narrative pour la narratrice. Des corps dévitalisés par l’habitude et la routine, cherchent à éprouver des sensations nouvelles, oubliées. Ce désir croise le désir de confort minimal (de régularité )dans la survie des SDF. Le livre explore le point d’intersection.
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Julien Barthe
InvitéLa narratrice se rend sensible et nous rend sensibles à la grande vitalité de certains SDF. Elle le fait contre un préjugé ou une habitude de pensée qui voudrait que le SDF ne soit qu’un malade ou un mourant.
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Tocard
InvitéJulien Barthe: J’ai la gerbe quand je te lis.
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Julien Barthe
InvitéC’est marrant. Moi j’ai la gerbe quand tu me lis.
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Tocard
InvitéJulien Barthe: C’est normal, c’est parce qu’au fond de toi tu as un fond de dignité qui t’invite à te laisser envahir par la honte.
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Julien Barthe
InvitéJ’y serai sujet si je continue par mes réponses à te fournir une occasion de réagir et de parasiter ce thread.
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Tocard
InvitéJulien Barthe: Merde, t’as même pas ce fond de dignité? Pauvre de toi.
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Julien Barthe
InvitéMême ta méchanceté n’est pas digne puisqu’elle doit son expression au fait d’être tolérée par celui qu’elle vise.
Et tu tiens le titre de ton autobiographie : le fond de la dignité. -
Julien Barthe
InvitéJe reformule parce que tu n’es pas toujours attentif : s’il t’arrivait de te prendre pour un tigre, souviens-toi que tu as ici une litière.
Ce matin, c’est moi qui nettoie. -
Tocard
InvitéJulien Barthe: La vache, t’es repassé 40 minutes plus tard pour en rajouter et moi il m’aura fallu 3 bonnes minutes pour l’encaisser.
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Tocard
InvitéJulien Barthe: Si un jour j’écris une autobiographie le titre ce sera « L’Homme à la 86 ». Ca fait 20 ans que c’est prévu comme ça donc je ne vais pas tout remettre en cause au prétexte qu’un type sur Internet s’imaginait avoir trouvé un meilleur titre que moi pour mon autobiographie.
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Claire N
InvitéEn te lisant j’ai repensé au personnage d’Esmeralda en robe rouge dans le chapitre « homme autruche «
Je ne sais pas si je sur interprète mais il me semble que son rapport a l’homme aux lunettes cassées et une sorte de vampirisme
C’est très troublant de voir que les maraudeurs qui reçoivent de la vitalité de manière charitables soit confronté à ce type de créature-
Julien Barthe
InvitéSalut Claire,
Il me semble que nous sommes un peu loin de ce que je pointais:
– je ne pense pas que les maraudeurs ou la narratrice siphonnent de la vitalité ou de la puissance. Ils font de cette expérience quelque chose qui a un rapport avec leur vitalité.
-le SDF décrit dans ce chapitre est dans un grand état de faiblesse.
La situation décrite par la narratrice prend un tour comique alors qu’elle était presque intolérable du fait de l’acharnement absurde et inattendu d’Esmé. -
Claire N
InvitéOui
En fait c’est plus Esme que je voyais dans la position de siphoneuse
Et justement le contraste avec les maraudeurs
Sur leur façon de la recevoir
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Graindorge
Invitéde Ashgar Farhadi j’ai vu et aimé Un héros
de Jafar Panahi , j’ai vu et aimé Taxi Téhéran et Trois visages-
Carpentier
InvitéSalut Graindorge, et merci pour le partage de ton récent travail de préparation de la corbeille de fruits pour un mariage.
Pas vu de Farhadi encore, Un héros, tu dis? Je note.
Et pas encore écouté la gêne occasionnée dédiée au Fiabane, très envie de passer en librairie dans la journée.
Bizarrement, je pressens qu’une production comme celle-là, je pourrais la lire avec appétit.
Et je te la filerai après si tu veux.-
graindorge
InvitéSalut Carpentier: j’ai partagé ici mes notes de cette G.O.
C’ est très sympa ton offre de me passer le livre après. Ça me fait très plaisir vraiment! Mais une fois lu je préfèrerais que tu le passes à tes enfants, neveux, etc. Moi avec le FRUIT de la corbeille j’ai mis de côté pour m’en offrir 2 de livres!
Les 2 gars de la G.O sont sincères. D’ailleurs tu t’en rappelles, tu avais parlé un jour d’un livre de Joy écrit avec une collègue et bien qu’elle soit une amie, F.B n’ en avait pas dit du bien de ce livre là. Et puis ça s’entend bien dans leurs voix la sincèrité. Je te recommande aussi la G.O de Licorice pizza et de voir ce film. Je l’ai adoré! Vu le film avant la G.O. Je vois toujours d’abord – si possible – avant d’écouter. Celui-là je le reverrai. La dernière scène alors que commence le générique est une des plus belle scène d’amour du monde! Et je pèse mes mots d’amour-
Carpentier
InvitéOui oui et oui pour suivre tes conseils, Graindorge, et tant mieux si tu peux voir de ton côté pour le Fiabane.
C’est bien aussi.
Pour le podcast de la gêne occasionnée, je leur suis assez fidèle, suis leur rythme, tâche d’aller au maximum voir le film choisi dans le délai que le duo laisse pour écouter ensuite leur.s analyse.s.
J’ai vu Licorice pizza, au ciné et écouté à propos déjà, comme je te l’avais dit à propos d’Eo également, et ça, tu le sais déjà.
Ils font partie des films que je recommande sans aucune réserve, et le podcast aussi, et on voit bien – avec le livre dont tu (re-parles gentiment et La salle des profs que j’ai cité rapide ce matin ici, dans ce sujet) les dégâts ;- ) quand j’essaye de choisir de mon côté (parfois je suis le groupe de potes après décision à main levée aussi.)
En revanche pour leur choix-lecture, je suis beaucoup plus décalée (budget/temps consacré à la lecture/fatigue visuelle de plus en plus rapide)
Mais ça finit toujours ou quasi par se faire quand même.
Bon aprem à toi, Graindorge (hâte de lire Dans la ville).
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Graindorge
Invitéj’ai écouté la G.O sur Dans la ville et j’ai pris des notes. J’en suis à ma quatrième G.O. Le Sans prénom et F.B forme une équipe de qualité. Je crois que mon Italo Calvino, ce grand inquiet, craignant « l’inconsistance » serait satisfait de les entendre. Cela ne manque ni d’humour ni de consistance et bien sûr ni de littérature « la maraude biaise la rencontre qu’elle permet » même si ce n’est pas une vraie rencontre » le biais crée un écart et dans l’écart s’immisce la littérature. »
…Nos métiers, nos chômages… 2 faces d’une même pièce. Absorbées par le système.
Le soir, la nuit: rite…
Fumet Chrétien: donner, offrir. Charité. Parallèle: institution/église
L’autrice écrit au présent. Elle ne se distingue jamais des maraudeurs ni des Non domiciliés
À qui profite les maraudes? Aux maraudeurs. Don contre don.
Sdf nous donne son histoire
Perversité de la littérature: content d’avoir quelque chose de nouveau à raconter.
L’écriture produit un biais affectif ( que d’aucuns pourraient trouver mal placé)
Auto-commentaire, un bémol pour F.B. C’est à moi que ça fait du bien de faire du bien.
Mille façons d’occuper une ville.
Le réel parle de lui-même
Les mots parlent d’eux-mêmes.
humour
Mohamed hilare: vous bossez pour rien? et veut bien un café « pour vous faire plaisir »… Le rire.
Un sans-abri qui dort au pied d’un immeuble inoccupé. Fond de pensions
La ville qui tient les Sans Domiciles sans leur donner le moyen de vivre.Les corps des citadins confortés. Primauté du corps sur l’esprit, s’ils ont envie de quitter la ville, on les suivra.
Citadins de confort. Mental et physique.
François: on n’arrivera jamais à se comprendre…
Jamais tu ne seras à sa place. La peur viscérale de nos corps de citadins confortés qui attendront que la ville tombe en panne pour la laisser. Notre corps confortés décident de rester. Les corps sont au-devant de nous et on court après.
La perle: généralement, je suis une femme. Dans la rue, la peur. Les pas écoutés derrière nous. Menace possible
Trottoirs, moyens de transport
Un mouton sur la route. La littérature est le lieu des hypothèses. « il est vraiment anarchiste ». Sans » comme si ». J’adore
« La maraude est née à la croisée de la charité et du maintien de l’ordre. Et les maintenir ( tiens, ma phrase commence par ET) c’est les laisser là.
« La maladie soignée par les Médecins du Monde est celle de la propriété » La rue donne des maladies. Conséquence: mal logement ( ou non logement camarades) Cause: propriété.
L’art n’est pas amoral mais invente sa morale. Dans la ville est donc bel et bien de la littérature
Comment ne pas lire ce livre maintenant? Aucune idée.
Et en dessert, mine de rien, mine de crayon, le terrible Bégaudeau sous son air débonnaire dit qu’il va nous offrir une G.O sur TÁR. Je cache ma joie
Merci beaucoup à l’Homme qui n’a pas de prénom et à François Bégaudeau. Merci à Élodie Fiabane dont quelques maladresses dans l’interview ( « ils ont très faim, on leur donne de la soupe ». Lorsqu’on a très faim, chère Élodie, une soupe c’est pas suffisant, voyons! ) m’ont convaincue de sa sincérité. Les 2 gars de la G.O m’ont convaincue de son talent. -
Mao
InvitéEnfin pu me procurer et lire le bouquin. Merci infiniment pour cette grande découverte. Je reviendrai vers vous quand j’aurai eu le temps de vous lire et d’écouter la gêne. Depuis ce matin, des tas de questions se bousculent dans ma tête.
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Mao
InvitéPour commencer, je me permets de préciser que j’ai déjà participé à quelques maraudes. Très peu en réalité. Et très souvent j’ai eu la tentation de raconter cette expérience afin de rendre compte de ce que j’y avais vu. Le moins que je puisse dire c’est que ce texte, qui ne verra jamais le jour, n’aurait jamais ressemblé à celui-ci. Je dis cela pour souligner la grande intelligence de ce récit qui ne tombe dans aucun des écueils qui lui pendaient au nez. Le texte de Fiabane est subtil, sensible, lucide. Il témoigne d’une grande attention aux choses. Un certain rapport au monde qui consiste à se rendre attentif à tous ces gens que la « société » a refoulé dans les marges et qu’on a tous nous-même appris à refouler dans un coin obscure de notre esprit. On décide qu’on va faire attention à toutes celles et ceux auxquels plus personne ne prête la moindre attention. J’ai particulièrement aimé la description de ce qu’elle nomme « l’institution ». La voiture, l’uniforme. les maraudeurs, les protocoles. Ma petite expérience de la maraude a été toute autre. Elle s’est exercée dans un cadre très différent : amateur, militant, politique, une manière non institutionnelle d’appréhender la question de l’exclusion sociale. Fiabane me permet de saisir comment fonctionne ces grosses machines associatives et les gens qui les font fonctionner. Il y a une manière de faire, une « hiérarchie », des rôles, un modus operandi très bien rodé, des gens à aller voir, des gens à ne pas aller voir, une tenue qu’il faut porter ou ne pas porter etc. L’autrice est très lucide sur tout cela et tout ce que cela implique. Vraiment passionnant. Je regrette juste qu’elle ne soit jamais allé voir du côté des centres d’hébergement d’urgence. J’y ai passé une nuit entière que je ne suis pas prêt d’oublier. Il y avait là matière à montrer beaucoup de choses. En même temps je comprends aussi que ces centres ne sont pas à proprement parlé « dans la ville » .
Parmi toutes les rencontres qu’elle a pu faire, il en est une qui m’a particulièrement marqué et dont vous parlez dans la gêne. Le court chapitre consacré à Mohammed qui à mon avis justifie à lui seul tout le livre, son point d’orgue, celui grâce auquel le bouquin change de dimension. Lorsque Mohammed découvre que tous les guignols en uniforme qui, depuis un an, viennent lui offrir une soupe et un café, sont en réalité des bénévoles, il éclate de rire « il va se pisser dessus », il est « mort de rire ». Contrairement à ce que pense la narratrice qui se dit vexée, je ne crois pas que Mohammed se moque d’eux parce qu’ils ne sont même pas payés. Je pense que son rire est infiniment plus puissant et vertigineux que ça. Je pense que son hilarité balaye absolument tout sur son passage. J’imagine cet homme, migrant, qui a donc tout quitté, à qui l’asile politique est refusé, qui se retrouve à la rue et qui travaille en banlieue parisienne pour une bouchée de pain, découvrir que ce monde est tellement fou, tellement malade que les seules personnes qui jusqu’à présent lui ont accordé la moindre assistance ne sont même pas payées pour le faire. Je pense que dans ce rire, il se moque de lui, pour avoir pu oser imaginer que ce semblant de solidarité élémentaire devait nécessairement procéder de ces activités qu’un grand pays comme la France se donnait en devoir d’assumer. Je pense qu’il est pris du vertige de découvrir que dans ce pays si riche, des bénévoles ont le luxe et la générosité de prendre sur leur temps libre pour assurer ces missions en se donnant, ironie extrême, tous les atours d’une structure officielle. Je pense que son rire bouleversant trahit toute la désillusion qui le saisit à cet instant précis. Je pense que dans ce moment précis, il se sait à jamais perdu dans un monde de cinglés. C’est vraiment un très grand moment tragicomique que nous offre dans cette scène Elodie Fiabane.
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françois bégaudeau
InvitéDans le jargon on pourrait appeler ça un rire Mercier.
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Seigneur Momotte
InvitéJ’ai la référence ! Je me sens bien malin.
(Assurément ton meilleur livre)
(j’en a lu que 5)
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Julien Barthe
InvitéDans la gêne, il est question de Bergounioux parlant de Faulkner. Ici aussi https://m.youtube.com/watch?v=9WKmXQWvBeg
. À 41’30´´. Distinction entre « auteurs de plein air » et « auteurs de salon », pas vraiment nouvelle mais opérante. Elle recoupe la question du « primat du corps ». Elle insiste sur la plus ou moins grande proximité de l’auteur.ice avec l’action.
Mais qui pourrait être poussée plus loin pour distinguer des types de narration qui mettent davantage le lecteur à proximité de l’action. Je me hasarde à dire que la proximité de l’auteur.ice avec l’action ne garantit pas la faculté de restituer le réel quasiment tel qu’il a été vécu. Faulkner serait un auteur de salon avec narration de plein air. Elodie serait plein air/ plein air.
Le naturel de l’impression(narration de plein air) de réel, s’obtient par la sophistication des effets stylistiques: Recherche de Vitesse et de mouvement, d’immédiateté, de concision, d’opacité, là ou le récit tendrait à produire assez naturellement de la réflexivité, du surplomb, de l’intellectualité de l’abstraction.
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