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Accueil Forums Forum général Culture littéraire/ cinéma

  • Ce sujet contient 30 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Carpentier, le il y a 1 année et 4 mois.
Vous lisez 9 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #78300 Répondre
      Vinicius Luka
      Invité

      Bonjour toustes,
      Des profs/ passionnés de littérature du forum pourraient-ils me conseiller des livres théorisant sur la littérature? J’aimerais bien acquérir des balises histoire d’avoir des bases sur les courants littéraires, où poser mon oeil quand je regarde une phrase ; quelque chose qui brasse large et qui est efficace et qui va pas me décourager. Je pense que vous avez saisi.
      Si vous avez la même chose pour le cinéma, je suis preneur.
      J’ai consulté des listes sur senscritique mais elles souffrent le problème inhérent à toute création de liste : son auteur, par pulsion d’accumulation ou d’exhaustivité, je ne sais pas trop, finit par mettre tous les livres qui lui passent par la tête et on se retrouve avec une liste de 100 livres sans savoir lequel est plus utile que les autres pour commencer.

      C’est ma première intervention sur le forum et peut-être pas la dernière, j’avais pour habitude de débattre en commentaire youtube mais je vais sûrement ramener ma fraise ici de temps en temps

      Studieusement et paresseusement vôtre

    • #78314 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Il serait logique de commencer par les pages sur la littérature de Comme une mule, puisque toute la pensée occidentale en a découlé.

    • #78321 Répondre
      Arnaud
      Invité

      Ne t’offense pas de la réponse de François, il bizute tous les arrivants sur ce forum.
      Une lecture à mon avis indispensable c’est Le démon de la théorie d’Antoine Compagnon, quoi qu’on pense de l’auteur. C’est rigoureux, carré, ça pose les bases.
      Il y a une tonne de bouquins sur la littérature, je conseille La littérature française de Taddié en 2 tomes.
      Pour l’oeuvre de FB, tu peux écouter les podcasts de François la Gêne occasionnée, pour la méthode. Par exemple celles sur Vuillard et Mathieu, excellents. Je ne recommanderais pas forcément l’Antimanuel de littérature qui a mon avis n’est pas l’un de ses meilleurs bouquins, même s’il y a des choses à piocher dedans.
      Plus scolaire, le site mediaclasse. De bons commentaires composés.

      • #78337 Répondre
        Vinicius Luka
        Invité

        Ok merci Arnaud je prends note de tes recos!! Et pourquoi as-tu glissé un bémol sur monsieur Compagnon dans ton message?

        • #78340 Répondre
          Arnaud
          Invité

          C’est un mandarin pénible et réactionnaire, accusé de muséifier les oeuvres, pour aller vite. Mais ce bouquin est vraiment une prouesse, d’une rigueur polytechnicienne.

    • #78323 Répondre
      Arnaud
      Invité

      Pour le ciné je connais moins. Il y a toute une littérature universitaire d’analyse filmique, ça ne m’intéresse pas tellement. Tu peux t’orienter vers les hors séries des Cahiers. J’ai ceux sur Bresson et Antonioni, c’est pas mal. J’imagine qu’il doit y avoir des recueils de critiques de Daney et autres. Je crois que François avait pour projet de publier ses critiques.

    • #78324 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Je dirais La dissertation de philo de Raphaël Enthoven, trop souvent sous-estimé.

      • #78325 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je suis d’accord sur l’antimanuel. Même si les pages qui concernent vraiment le style ne sont pas trop mal
        Je suis moins d’accord sur le bizutage.

        • #78326 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          et donc tout bizutage et blague mis à part, je crois qu’il n’est pas complètement idiot de recommander les pages littérature de Comme une mule.

          • #78477 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            @François ne perd pas le nord. Mais c’est de l’humour, dira-t’il.

        • #78327 Répondre
          Arnaud
          Invité

          Les pages qui concernaient le style et l’humour sont celles qui m’avaient plu. D’ailleurs, en train de lire CUM, force est de constater une grande cohérence.

    • #78332 Répondre
      Vinicius Luka
      Invité

      « Comme une mule » ça fait pas vraiment titre d’un ouvrage d’essai littéraire ça ahaha???
      Ok intéressant pourquoi pas

      • #78342 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        Tout dépend de l’effort que tu es prêt à consentir.
        Un conseil : fuir la théorie universitaire, et partant les éditions universitaires sur la théorie littéraire.
        Chercher les auteurs écrivains.
        Lire, pour le plaisir : Barthes, Genette, Jean-Pierre Richard (Proust et le monde sensible).
        Bataille, La littérature et le mal. Blanchot, Le Livre à venir.
        Même chose pour le cinéma : les Cahiers plutôt que Positif.
        La petite bibliothèque des Cahiers du cinéma est parfaite : lire Bazin, Truffaut, Godard, Rohmer, Rivette, Bonitzer et Burdeau.
        Aller au plus haut et au plus vif, toujours.
        C’est à peu près tout !

        • #78343 Répondre
          essaisfragiles
          Invité

          Oups, Daney !!

          • #78476 Répondre
            Vinicius Luka
            Invité

            Oui j’imagine que dans la TEAM Begaudeai, on est plutôt cahiers que positif… J’aime pourtant énormément les interventions de Frédéric Mercier dans les tables rondes qu’il effectuait chez transfuge (avec l’ami François), et ce dernier a travaillé chez Positif il me semble
            Merci pour les recos en tout cas

            • #78491 Répondre
              essaisfragiles
              Invité

              Oui, tu as raison, tu as même le droit de t’en moquer. N’empêche…
              Les Cahiers pour aller plus vite aux bases de la critique et aux bases du cinéma.
              Positif pour les dossiers et les thématiques. Mais quand je lis positif, j’ai l’impression soit de lire de la critique littéraire chiante, soit de lire de la critique universitaire minutieuse et chiante. Bref, c’est chiant.
              Je ne connais pas Mercier, mais c’est très bien s’il est à Positif. Peut-être que la ligne éditoriale de Positif a changé, je ne le lis plus depuis 15 ans. Il y avait quelques plumes, des gens bien à Positif, noyées dans le chiant. Il n’y a qu’à lire le livre pour les 50 ans de Positif : je n’y ai jamais appris une once de cinéma.
              Les Cahiers, au contraire, il y a du cinéma à chaque page, dans chaque phrase.
              Si tu ne connais pas du tout et que tu veux vraiment commencer, lis Truffaut. Lis Douchet aussi. Lis Rohmer.
              Enfin, le meilleur manifeste critique que je connaisse en forme de dialogue, c’est le premier entretien entre Samir de Microciné et François : on y apprend ce qu’est la critique, comment se fait la critique et ce que fait la critique (autant à celui qui l’écrit qu’à celui à qui elle s’adresse). Un sommet !

              • #78535 Répondre
                Vinicius Luka
                Invité

                Oui le premier entretien microciné de François et Samir est clair, concis, pertinent, drôle… du grand art! D’ailleurs ils en ont publié un autre récemment… je vais aller découvrir ça! life is good

                • #78724 Répondre
                  essaisfragiles
                  Invité

                  Microciné a pris un abonnement frais de livraison offert chez François.
                  François, c’est le Uber de Microciné : il doit bien en avoir fait 42 jusqu’à présent et on en annonce encore 47 pour 2025, sur les 272 prévus.

    • #78341 Répondre
      MA
      Invité

      Les cours de littérature de Nabokov.

    • #78483 Répondre
      Charles
      Invité

      Je trouve ça dommage d’aborder la littérature et le cinéma sous l’angle de manuels, de règles à suivre. Il y a évidemment un vocabulaire minimal à maîtriser pour comprendre une oeuvre (champ/contre-champ, plan séquence, métaphore, allitérations, chiasme etc.) mais cela s’apprend un peu sur le tas, en voyant des films et en lisant des romans. La critique oeuvre par oeuvre me semble aussi être un excellent outil et la GO est très bien pour ça. Si on aime bien Kubrick, je recommande le livre de Michel Chion qui analyse toute sa filmographie, film par film avec parfois des analyses de scènes.

      • #78493 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        C’est pour cela que pour ma part je n’ai pas parlé de manuel et j’ai préconisé de fuir les éditions scolaires et universitaires (genre Ellipse).
        Il faut lire Chion sur le son, Bonitzer sur l’image, parce qu’ils font comprendre ce qu’est le cinéma en même temps qu’ils parlent des films.
        Le cinéma a été mon école buissonnière (je pense que pour François aussi et les gens de notre génération, les 50 balais et plus), on ne l’a pas appris dans les manuels, encore moins sur les bancs de l’école, on aurait pas voulu l’apprendre à la fac (même si des cours se mettaient en place depuis une dizaine d’années à la fac), on l’a appris en regardant des films à la télé, sur des créneaux très sélectifs. Cela, je l’ai compris lorsqu’en seconde, des profs ont commencé à parler des films à voir : c’était tellement nul, les films étaient tellement mauvais que j’ai compris que cela se passerait dorénavant ailleurs pour moi, hors l’école, en mieux, dans mes projections secrètes et absolument égocentriques. Sentiment reconduit plus tard en découvrant mes premiers collègues de lycée, qui ne juraient que par le Grand bleu.
        Les Cahiers ont été la fac mieux que la fac, ma fac.
        Et tant pis si c’est discriminant.

        • #78537 Répondre
          Vinicius Luka
          Invité

          Oui je suis tout à fait d’accord avec vous sur votre méfiance à l’égard des rigides méandres dans lesquelles peuvent emmener la théorie… D’ailleurs François en parle à Samir dans leur premier entretien (microciné).
          Néanmoins, j’écoutais Frédéric Mercier parler du film Phantom Thread (table ronde Transfuge avec François) en disant « je suis toujours étonné de où Paul T Anderson pose sa caméra » (grossomodo), bon bah ça c’est le genre de truc qui sont pas évidents à voir je trouve, donc je cherche quoi, je cherche, et je verrai bien où ça nous mène.
          J’en profite pour linker leur table ronde à propos de « the square », Damien et François ont vraiment été excellents sur ce coup (très dommage qu’ils aient du se stopper car Frédéric touchait vraiment quelque chose dans sa dernière intervention sur « la chaîne de solidarité qui est toujours stoppé malgré la bienveillance de ses protagonistes ») : https://www.dailymotion.com/video/x61za0a

    • #78532 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Un ami prof de français m’a conseillé La littérature en péril, de Цветан Тодоров (pour les incultes qui n’ont pas leur licence de Bulgare c’est « Tzvetan Todorov »).
      Pas encore lu, j’ai juste compris que l’auteur est un chercheur et critique littéraire qui regrette l’enseignement de la littérature centrée sur les registres, les figures de style, etc. plutôt que de laisser libre cours aux sentiments.
      Je suis preneur si quelqu’un a un avis sur le livre et a compris comment prononcer son prénom.

    • #78682 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Non toute connerie bue Luka j’te dirais tous les essais de Rancière sur la littérature et le cinéma. En plus d’être un observateur exceptionnel c’est un grand écrivain. Son commentaire est toujours redoublé par sa propre écriture à tel point qu’on ne sait plus qui parle. On pourrait nommer cela mimétisme sensible. Nul plus que lui ne croit qu’une phrase écrite ou une image tournée ouvrent un véritable univers de sens. Son écriture est dense et exigeante. Je suis sorti du Spectateur émancipé agacé par ma propre incapacité à comprendre. J’trouvais ses exemples mauvais, peu parlants. Et à la seconde lecture, un monde s’ouvre. Il faut s’accrocher mais on en sort déplacé. Le fil perdu également, sur la modernité littéraire et la fiction. Sur le cinéma, Les temps modernes. J’voudrais m’étendre et développer… Sinon Au loin la liberté qui est, paraît-il, tout aussi foisonnant que les autres. Je ne l’ai pas encore lu. Sinon William Marx, autre critique hérétique (j’entends par là celui qui n’est pas pris dans les rets de l’université et la froideur de l’écriture affublée de scientificité), avec Le tombeau d’Oedipe et Vie du lettré.
      Mais le mieux comme d’autres l’ont dit c’est de se faire esthète pour devenir critique. Deleuze dans son abécédaire à une définition très démocratique de l’artiste, de l’écrivain, du philosophe, du critique. C’est « celui qui est aux aguets » prêt à faire une découverte esthétique donc sensible. Chaque semaine l’ami Gilles se rendait disponible à une rencontre potentielle à travers un tableau, un film, un livre. J’y ai presque vu personnellement un principe de méthode en plus d’un rapport aux œuvres. Condition nécessaire et évidente : avoir du temps pour soi.
      Sinon il m’est apparu que quasiment tous les films de Radu Jude contenaient l’histoire du cinéma et sa critique. À bientôt

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