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  • Auteur
    Messages
    • #47647 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Je cherche des penseurs, et des pensées, du conflit. Dans la perspective de monter avec deux ados un atelier philo sur ce thème.
      Le conflit peut être abordé sous tous ses angles: guerrier, politique, interindividuel.
      Il y a le passionnant « Art de la guerre » de Sun Tzu :

      Contributions bienvenues.

    • #47648 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      J’ai bien des noms qui me viennent en tête, mais leurs œuvres me paraissent extrêmement compliqués pour des adolescents (Hegel, Marx, Nietzsche, Héraclite).
      Pour Hegel, il y a peut-être une version extrêmement simplifiée de la dialectique du maître et de l’esclave.
      Il y a aussi Kant et son texte sur l’insociable sociabilité entre les hommes et entre les Etats.
      Voilà ce qui me passe par la tête.

      • #47649 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Voici aussi un texte de Pascal : au commencement de toute société est le conflit en vue du pouvoir :
        « Les cordes qui attachent le respect des uns envers les autres, en général, sont cordes de nécessité ; car il faut qu’il y ait différents degrés, tous les hommes voulant dominer, et tous ne le pouvant pas, mais quelques-uns le pouvant.
        Figurons‑nous donc que nous les voyons commençant à se former. Il est sans doute qu’ils se battront jusqu’à ce que la plus forte partie opprime la plus faible, et qu’enfin il y ait un parti dominant. Mais quand cela est une fois déterminé, alors les maîtres, qui ne veulent pas que la guerre continue, ordonnent que la force qui est entre leurs mains succédera comme il leur plaît ; les uns le remettent à l’élection des peuples, les autres à la succession de naissance, etc.
        Et c’est là où l’imagination commence à jouer son rôle. Jusque‑là le pouvoir force le fait : ici c’est la force qui se tient par l’imagination en un certain parti, en France des gentilshommes, en Suisse des roturiers, etc.
        Ces cordes qui attachent donc le respect à tel et à tel en particulier, sont des cordes d’imagination »
        On peut peut-être se pencher sur les mythes : le meurtre d’Abel par Caïn qui fait une hypothèse sur les sentiments originels qui déterminent la conflictualité interpersonnelle (jalousie, etc.). Il y a aussi le conflit Antigone/Créon, etc.

        • #47654 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Merci Émile.
          Ce que je comprends de ce texte de Descartes c’est qu’il y est question d’une lutte pour la domination et, à l’intérieur de cette lutte, des attributs physiques versus les attributs sociaux. Au départ, le gagnant est celui qui possède la plus grande force physique. A la fin, c’est celui qui possède la plus grande force sociale. Entre-temps, le winner par k.o. (physique) s’est employé à légitimer sa victoire en la parant de vertu sociale.
          Dans le mythe de Promethée, l’humain, dépourvu de griffe et de croc, est le plus faible des animaux. Cette faiblesse physique sera compensée par la possession du feu, c’est-à-dire de la technicité et – plus largement- de l’intelligence.
          Dans le texte de Descartes comme dans le mythe de Promethée, l’on observe qu’il existe une différence profonde, déterminante, entre la force et la brutalité.
          Pour qui veut dominer, la brutalité peut être utile mais elle ne saurait suffire

          • #47682 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @Jeanne
            Je lis ce texte comme toi : comment la force physique et matérielle se justifie dans un dispositif symbolique et politique qui ne met pas fin au conflit et à l’oppression, mais qui la conserve en gagnant les esprits.
            Ps: C’est un texte de Pascal, mais peu importe.

            • #47703 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Ok.
              (Pascal, oui).

    • #47661 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Le classique Art d’avoir toujours raison de Schopenhauer me semble essentiel pour ce qui est de la joute verbale. Le livre est facile à trouver et à lire et toujours pertinent.

    • #47663 Répondre
      gaut
      Invité

      Ni penseur ni pensée mais «Pour un oui pour un non» de Sarraute est une pièce de théâtre accessible tournant autour du conflit

    • #47674 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Leo et gaut merci, je prends aussi.

    • #47675 Répondre
      Gaëtan
      Invité

      « Le conflit n’est pas une agression » de Sarah Schulman.

      • #47704 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Merci Gaetan

      • #47851 Répondre
        Jeanne
        Invité

        A la médiathèque, une bonne grappe d’ados turbulents. Je m’approche pour leur faire la morale à base de « Faut arrêter de faire du bruit et ici on ne boit pas de canettes et quand je parle on m’écoute « .
        Comme j’ai l’air pas commode, ça se calme un peu.
        « Eh Madame, on parle politique « . « Ah bon, c’est une bonne idée ça, et vous dîtes quoi? ».
        Que la guerre en Ukraine, que Poutine avec un ours, que quand on assiste trop les gens ça donne des pays où on est ramolli, que les homos ils s’affichent trop sur les réseaux sociaux, que si j’ai un fils homo je le renie ». Beaucoup de bonheur, quoi.
        Je demande des précisions, je contrargumente, j’interromps des envolées parce que ça c’est un autre sujet, je dis oui mais si tu dis ceci alors ça veut dire cela, je dis ça serait bien que vous organisiez un atelier philo. Là, deux paires d’yeux me fixent intensément. Je sens que j’ai dit un truc. « Oui Madame « . « Mais il faut que vous animiez le débat, tous les deux, ça veut dire distribuer la parole ». « Oui on va faire ça « .
        Quelque temps plus tard, rendez-vous est fixé en juillet (« Madame je suis libre tout le mois de juillet je viens quand vous voulez ») avec moi et deux autres bibliothécaires pour voir comment on organise l’atelier. Thème choisi : le conflit.
        .
        (Putain mais n’importe quoi, qu’est-ce que je me suis mise dans cette histoire, moi!).

        • #47852 Répondre
          Claire N
          Invité

          Courage à toi
          Ma modeste contribution

        • #47871 Répondre
          Malice
          Invité

          Samedi, fête du livre : conversation de bouquinistes bourrés ( volume sonore : marchand de poisson) « moi quand j’étais gosse je prenais des coups de règles et j’avais pas intérêt à la ramener en rentrant à la maison sinon c’était la même; les gosses d’aujourd’hui tu leur dis un truc ils courent pleurer chez leur mère; Nael bien fait, et pour les kanaks rétablissement de la peine de mort, moi j’ai le fusil, le premier qui veut rentrer chez moi i se fait canarder. »

          • #47874 Répondre
            baptiste
            Invité

            ce que la souffrance peut racornir les gens

          • #47906 Répondre
            Claire N
            Invité

            « moi j’ai le fusil, le premier qui veut rentrer chez moi i se fait canarder. » alors que statistiquement il a plus de chance que ce soit les pompiers pour ramasser sa gueule en bas de l’escalier…

          • #47907 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Rire
            (Mieux vaut en rire).

            • #47910 Répondre
              Jeanne
              Invité

              C’était surtout pour Malice, mon post.
              Ce qui n’empêche pas que je te remercie, Claire, pour ta (modeste) contribution.

    • #47880 Répondre
      baptiste
      Invité

      Merci pour les recommandations de lecture. Quelle est l’utilité du conflit ? Quels en sont ses ressorts affectifs ? Il me semble que c’est un des thèmes de Bégaudeau. Rappeler que le réel est hétérogène et conflictuel, rappeler l’existence et la nécessité de la lutte des classes, rappeler que le désir est violent. A tel point que ça fait son style : écriture resserrée, sans concession, envoyée en punchline, voire dérangeante, voire provocatrice, attitude amusée, amateur de débat, de répartie, de mettre en boîte l’interlocuteur. Le travail de Bégaudeau ne se résume pas à cela mais il me semble que c’est une quasi constante, presque même dans L’amour où la narration sans embage, le mot taillé à la serpe, l’ironie mise en sourdine audible est le moyen d’exprimer sa tendresse. Au « procès de Bégaudeau » il portait une chemise rose d’après Mediapart. Sa façon de piquer, un peu cruelle, assez drôle, qui me fait me poser la question : quelle est l’utilité du conflit ? que fait-on des blessures collatérales ?

      • #47895 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Cette description y va aussi à la serpe. Elle amalgame l’oral et l’écrit, les romans et les essais. Elle plaque une notion orale (la punchline) sur l’écrit qui n’en veut pas, etc
        Je n’avais pas de chemise rose au procès. C’est une des nombreuses approximations du compte-rendu de Mediapart qui hélas te sert de donnée objective. Le fait est le suivant : on m’a remis, en arrivant, le dossier du procès, qui se trouvait être rose. Quelle histoire. Vraiment de quoi gloser.
        Je n’avais aucune intention de conflit dans ce procès, pas plus que je n’ai d’intention conflictuelle quand j’écris un roman. J’ai du le dire 1000 fois mais il semble que ça ne suffise pas. L’essai de l’automne le redira, sans doute en pure perte. On n’écrit pas contre, on écrit avec. Ma cruauté s’écrit avec les réseaux sociaux, avec la confusion. Une vidéo récente déplie cette affaire.
        Mon gout du conflit, c’est un autre dossier. Je l’ai longuement analysé dans Deux singes ou ma vie politique, et ailleurs. Le conflit m’excite parce qu’il est vrai, et parce qu’il densifie la vie. Ce qui en revient à peu près au même ; le conflit est vrai en tant que concentré de vie. Dans le conflit la vie RESSORT.

        • #47913 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Oui, le conflit peut faire ça. Ressortir la vie. Pour peu qu’un peu de calme, quand-même, y préside. Me semble-t-il.

          • #48058 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Oui soeur Jeanne, bien soeur Jeanne
            Avec modération, c’est noté. C’est promis.

            • #48065 Répondre
              Jeanne
              Invité

              comme je ne suis pas une femme emmerdante, je ne vais pas dire que je compte sur toi
              mais je compte sur toi quand-même

              • #48066 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Oui soeur Jeanne
                Merci pour ton intervention indispensable.

                • #48067 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je te resignale juste que ton calme à toi, péniblement ostentatoire, est souvent percu comme relevant du passif-agressif.

                  • #48085 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    mon calme à moi est mon calme à moi.
                    dossier suivant

                    • #48180 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      faut te prendre comme tu es, quoi

                      • #48189 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        ça paraît un peu fou mais pourquoi pas

        • #47955 Répondre
          baptiste
          Invité

          Mediapart est un journal bien curieux. Je ne fais pas le procès de tes intentions ni de ton écriture, je remarque que ce sujet t’attire et ce n’est pas un blâme. Je ne crois pas que l’oral et l’écrit soient deux dossiers différents par ce que c’est bien avec et à partir de ton corps que tu travailles. Quelle que soit ton intention, avec on contre M, avec ou contre Juliette, tu performes dans la lutte. Une forme de lutte. Mais je vais te relire. Peut-être cette lutte est-elle un ballet ; « qui aime bien, châtie bien », comme ne le disent jamais ceux qui se font châtier.
          La vie ressort du conflit : quelle vie ? de quel conflit ? je vais relire tes nuances. Car prise comme telle, je réfute cette assertion. Avoir à se battre pour se sentir vivant n’est pas l’affirmation d’une vitalité mais d’une anesthésie et d’une impuissance. Dans la jouissance du conflit, on jouit moins de contempler les forces et leur agilité que d’en voir le triomphe et l’extinction – sinon rien n’est violent et « conflit » n’a plus de sens. De là que l’affrontement n’est pas une jouissance très puissante.

          • #48049 Répondre
            Fanny
            Invité

            Je crois que le vrai est important dans l’équation. Je ne crois pas que la jouissance soit devant l’issue du conflit, avec vainqueur et vaincu, mais devant le conflit lui-même en tant que chacun s’y implique avec intensité, s’y révèle, s’y trouve mis à nu, poussé dans ses retranchements, donc aux prises avec le vrai et la vie.

            • #48061 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              J’ajoute qu’il appartient au b-a-ba du marxisme de considérer que la conflictualité sociale est la vérité du corps social.
              S la vérité est dialectique, alors c’est bien dans les moments où deux poles s’actualisent l’un l’autre en se heurtant qu’elle s’éclaire.

          • #48060 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Tu réfutes donc le point que je t’accordais – mon gout du conflit.
            …. Et tu reconduis le point que je te discutais. Je « performe dans la lutte ». Mais de quoi donc parles tu? A quoi donc, me concernant, s’applique cette expression de management ou de boxe anglaise? Aux passages sur Juliette dans Ma cruauté? Il est vraiment adéquat de dire que le narrateur y « performe dans la lutte »?
            D’ailleurs au passage ton « tu » est inadéquat. C’est un narrateur, il a 33 ans et s’appelle Paul.
            On voit le problème, qu’on connait bien : amalgame total entre écrit et oral, entre débat youtube et roman. Confusion.

            • #48062 Répondre
              Claire N
              Invité

              Dans ma cruauté – moi j’aime les passages sur la lionne et le gnou – je remarque que le gnou ne «  gonfle pas ses poils » pour éviter le «  conflit «  il sait où est le rapport de force

            • #48096 Répondre
              baptiste
              Invité

              Non, pas de confusion. Ton goût du conflit à l’oral, tes façons de l’écrire et d’en faire l’apologie comme révélateur de vie et de vérité sont un alignement cohérent. C’est toi qui parle à travers Paul. C’est toi qui invente le rire Mercier que j’interprète comme le rire de Zarathoustra le prophète de la force. Le « conflit » traverse ton travail d’écrivain comme d’intervenant politique et c’est à la fin du « conflit » dans l’absolu qu’on parle, quelle que soient tes façons de le décliner, parce qu’entre ta façon de mettre en boîte Juliette (à travers Paul…) et de mettre en boîte le bourgeois je vois une même opération : une performance. La performance de mettre l’interlocuteur à terre, toi au-dessus ; démontrer d’avoir la force de ton côté. Pas de confusions donc.

              Ce qui m’intéresse dans ton travail et le conflit c’est bien en ce qu’il est un choc, une démonstration de force. C’est un procédé fréquent à la fois dans ton écriture et ton expression. Par exemple parce que sous ta plume Romain, M, Juliette ne sont que ridicules (tu « performes dans la lutte » en déployant si méticuleusement leur ridicule). Faute de temps aujourd’hui je ne vais pas détailler mais il faudrait le faire, j’en reviens à ma question initiale : à quoi sert le conflit ? Dans ton écriture, je pense qu’il ne sert ni à révéler la vérité ni à concentrer de la vie, je veux dire pas seulement. Il y a une gourmandise du conflit pour lui-même, pour ce qu’il brutalise de tes personnages, de tes lecteurs, de tes interlocuteurs, au prix je crois d’une part de vérité et de « vie » si on peut le dire comme ça, et que c’est cela qui te plaît aussi.

              Ce n’est pas un crime. Je partage cette gourmandise. Je ne refais pas la théorie de la conflictualité : je veux parler de la violence qu’implique le conflit. Je veux savoir bien précisément les ressorts affectifs du conflit, sa part d’ombre, sa puissance d’occultation, et pas seulement le considérer comme étant la meilleure modalité d’expression de la vérité, du relief du réel, de la vitalité.

              Est-ce que tu distribues le mot « confusion » parce qu’il y a « con » dedans ?

              • #48122 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Je distribue le mot confusion quand j’ai affaire à de la confusion. Dont la phase 1 est toujours de confondre deux plans.
                Je maintiens que tu confonds, au bas mot, l’oral et l’écrit.
                Je maintiens que tu confonds aussi l’essai et le roman
                Des romans tu ne retiens que Ma cruauté, et seulement, dans ma Cruauté, le segment interlocutoire, qui occupe 10% du livre.
                Tu omets surtout une chose, qui est pourtant décisive: le rire Mercier, que tu appelais un rire de la force, ne se déclenche pas en imprimant une force sur autrui, mais tout à fait le contraire : lorsque le sujet Paul plie devant une force. Lorsqu’il est piégé, fait, floué, emporté, porté par une force supérieure.
                Dommageable oubli
                Je développe cet aspect, central en art et en littérature, dans le prochain essai. A travers Genet, Proust, et le monologue de Molly.
                Je ne sais pas si le Romain dont tu parles est celui d’En guerre, mais là encore tu te méprendrais. Je n’ai aucune intention de bastonner Romain ne écrivant En guerre. J’ai envie de le restituer, y compris d’ailleurs dans sa noblesse. C’est un personnage qui m’est plutot très sympathique. Simplement c’est un mortel : il est limité. Comme Jacques. Comme du reste Louisa.
                « parce qu’entre ta façon de mettre en boîte Juliette (à travers Paul…) et de mettre en boîte le bourgeois je vois une même opération : une performance. » Contresens total sur mon travail de romancier. « Mettre en boite » n’y est jamais l’objectif. Tout le contraire : déplier. Déployer. Déployer de la vie. Sortir de la boite.
                Et meme dans mes essais, mon but n’est pas de mettre en boite. Même s’agissant de M. Mettre en boite ce fut, peut-être, à la table lyonnaise le jour de a rencontre. Mais l’écriture de Notre joie, elle, fait autre chose. Livre qui s’appelle d’ailleurs Notre joie.
                Tu peux persister dans cette vision de mon travail. Mais au moins tu sais que 1 l’auteur réfute totalement cette lecture 2 l’auteur déteste cette lecture.
                Tu me diras : ça n’engage que lui.
                En effet.

                • #48123 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Et il faudra m’expliquer pourquoi 80% de mon travail critique consiste à célébrer des oeuvres – et non à les mettre en boite.

                  • #48195 Répondre
                    baptiste
                    Invité

                    c’est noté. ça appelle qu’on reprenne précisément tes livres et paroles pour convenir de ce qui est ou non de la mise en boîte mais pour ça faudra que je retourne à la bibliothèque. je maintiens que dans la diversité de ce que tu écris/dis tu exprimes une même chose entre toi ou ton avatar et l’interlocuteur : la lutte ; et qu’observer cela n’est pas faire de confusion, c’est identifier un motif. je n’en rajouterai pas sans éléments pour l’étayer. le lecteur lit cela, ça n’engage que lui. et je n’ai pas dit que c’était « tout » ton travail de romancier/essayiste.

                    j’interprète ton message comme ça : écrire contre-avec tes personnages de façon conflictuelle, c’est par amour. qui aime bien châtie bien ?

                    je ne nie pas du tout que ce soit un langage d’amour. mais il me semble que c’est souvent à sens unique.

                    • #48205 Répondre
                      Delphine
                      Invité

                      Concernant le rapport de François avec son lecteur, et le ressenti ou l’interprétation de chaque lecteur en lisant les livres de François, en lisant son essai « Boniments », je me dis que cet essai pourrait être lu par n’importe qui (je ne sais pas si un type de lectorat s’est dégagé depuis sa parution), que le lecteur soit de gauche, de droite, prolétaire ou au contraire bourgeois et proche du capitalisme. Chaque lecteur peut se retrouver dans l’un ou l’autre des thèmes abordés, en fonction de sa vie et de l’environnement dans lequel il évolue. L’ironie est souvent utilisée, et je ne pense pas que quiconque soit offensé par ce qui est écrit ou entre dans une situation conflictuelle. On peut approuver ou pas ce que François écrit, sa vision des choses, mais je crois que chacun peut se sentir familier d’une situation évoquée. Par exemple les promotions dans les magasins, auxquelles on succombe plus ou moins facilement. Ou alors certains éléments apparaissant en italique dans le texte, comme pour les pointer du doigt. Par exemple, à un moment, le terme anglais « slides » est mentionné. C’est un mot que l’on entend souvent dans les entreprises, s’agissant souvent de présentations visant à vendre quelque chose à un client, dans le cadre du développement du business de l’entreprise. Mais, en utilisant ce terme, on ne fait pas forcément d’emblée le lien avec l’environnement marchand auquel il se rattache plus ou moins directement.

                    • #48280 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      TU dis une chose et son contraire : 1 la lutte est le fil conducteur de tout ce que je fais 2 ce n’est qu’un motif parmi d’autres
                      Il faudrait savoir
                      Et par ailleurs tu es bien abstrait – forcément.
                      Concrètement, Au début, on en fait quoi? La blessure la vraie on en fait quoi?

                      Je note aussi que tu ne relèves pas sur ton contresens sur Ma Cruauté. Sur ma force. Contresens pourtant décisif. Car j’entends que l’écrivain organise, par le texte, sa propre destitution (et cette de son. narrateur quand il lui est proche). Ce qui est le contraire du performage dont tu parles. Le débat est donc profond – mais il ne t’intéresse pas. Tu préfères resté confiné dans ton erreur radicale.
                      Tant pis.

                      • #48315 Répondre
                        baptiste
                        Invité

                        « Il faudrait savoir » : tu as plusieurs fils conducteurs, il n’y a pas de contradiction à en repérer l’importance de l’un d’entre eux sans dire qu’il te résume. je te parle d’une pratique de narration fréquente, ayant précisé dès le début que tu la modules et qu’elle n’est pas ton seul registre.
                        « Abstrait » : oui je m’en excuse moi-même du fait des circonstances de ces jours, qui me sont un bien vain prétexte pour ne pas travailler sur tes livres
                        Tes autres livres on en fait quoi ? on en répertoriera les occurrences du coup de force et on verra s’ils déploient le réel et destituent leur auteur. si cet échange doit se poursuivre ce n’est pas ici ni maintenant, mais avec tes phrases sous le nez. Ce topic est juste l’occasion de me manifester.
                        Destitution de l’écrivain : j’ai remarqué ça, et que ça n’arrive que dans un second temps; humilité du vainqueur- en tout cas s’il le tempère, il n’est pas le contraire du perfomring de lutte. oui performing, un performing sophistiqué.
                        Le débat ne m’intéresse pas : au contraire c’est pour ça que je suis là, pour comprendre ce qui t’amène à écrire et parler comme tu le fais, et pour contester que ce que je reçois comme violent soit désirable. je n’ai pas arrêté ma pensée en ce qui concerne ton travail sur le conflit, la joie, la vérité, mais je veux le discerner surtout dans sa part de pure force que tu nies. ainsi le saisir et le séparer du reste. ça sonne accusatoire mais comment le dire autrement ? je m’intéresse à l’expression de la force pour m’émanciper de son pouvoir dominateur et ce n’est pas seulement une chose abstraite.
                        = pas tant pis !

                      • #48335 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « Ce n’est pas une chose abstraite », mais voilà encore un post bien abstrait. Au bout du compte je ne sais toujours pas de quoi tu parles, ni surtout de quelle matière tu parles.
                        En tout cas j’espère que tu auras compris que le verbe performer est sans doute le plus négatif (et inapproprié, maintiens-je) pour rendre compte de la littérature en général, et accessoirement de la mienne.

                        La littérature concrètement c’est par exemple cette première phrase de roman.
                        « Le jour venu, débouchant du métro, je me suis arrêté à la brasserie pour ne pas être en avance ».
                        On en fait quoi de ça? Ca performe où, là?

                      • #48345 Répondre
                        baptiste
                        Invité

                        ça doit être ta façon d’utiliser le présent. très affûtée comme une note résonnant en sourdine. ailleurs et plus tard je te le montrerais avec tes textes. je frappe le tatami maintenant.

                        je pensais que performance ne te ferais que rire. ce n’était pas qu’une blague, je trouve un côté très sportif dans ton écriture. y compris dans cette phrase, ces escaliers remontés trop vite et le revirement en fin de phrase. la l’image dans la lettre, la classe. laisse moi du temps pour organiser tout ça, si cet avis ne t’es pas trop odieux. à plus

                      • #48348 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        On est passé de performer à sportif. C’est déjà un peu moins accablant, mais quand même. A-t-on perdu en route le paradigme de la lutte? Peut-être nous diras-tu ce que cette phrase combat
                        D’ailleurs je n’y vois aucun retournement. Mais suis je bien le mieux placé?

                      • #48349 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Petit détail : tu parles de ma façon d’utiliser le présent… dans une phrase au passé composé.
                        Temps-maitre de ce roman ci. Là où précisément les livres sacrifiant à ce genre étaient tous au présent. La première opération de ce roman c’est ça : le passé composé. Que je reprendrai dans Un enlèvement. (pour La politesse j’avais hésité)
                        Qu’attendais-je de ce passé composé ? Précisément une mise à distance. Un. refroidissement de la matière chaude. Un lecteur m’avait dit : ça produit une immédiate mélancolie (on était loin de la lutte, on dirait)

                      • #48352 Répondre
                        baptiste
                        Invité

                        c’est ton post qui était au présent, pas cette phrase, le contraste m’a rappelé ce que j’avais pensé de ton présent et de sa dureté souvent.

                        le revirement c’est ton changement de rythme au milieu de la phrase, en l’occurrence elle n’avait rien à voir avec la lutte, je sais bien que toutes tes phrases ne sont pas habitées par la lutte, je l’ai dit trois fois déjà, est-ce que ça invalide que d’autres de tes phrases relèvent de la lutte.

                      • #48357 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Mouais

                      • #48379 Répondre
                        baptiste
                        Invité

                        toi même

    • #48070 Répondre
      Mao
      Invité

      Sur ce thème, lu récemment, un très beau texte de Jacques Deschamps, philosophe anar : « Eloge de l’émeute ».

      • #48120 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Merci Mao pour l’info, je viens de voir qu’il est à la bibliothèque.

      • #48124 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Merci je note

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