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- Ce sujet contient 78 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 1 année et 7 mois.
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Elou35
InvitéJe pense ne pas être seul dans ce cas, 1ère année et demie de licence en histoire, je lis des textes de cours toute la journée, je fais du sport (handball), je rentre chez moi et…..rien, souvent je joue un peu à fifa sur la console et je regarde YouTube. J’adore lire, j’ai défoncé des bouquins de fantastique quand j’étais plus jeune (Ewilan, Ellana, Artemis Fowl, etc.). Depuis 3-4 ans, j’ai perdu le goût de la lecture, jaimerais me plonger dans des romans comme avant, jaimerais lire de la littérature et me cultiver. J’ai essayer Nietsche avec lantechriste, un pote me l’avait conseillé, au bout de 20 minutes vers 22h45, j’en avait déjà plein le dos, il faut relire 6 fois une page pour la comprendre. J’aimerais savoir si des gens parmi les actifs de ce forum avait des idées de solutions pour renouer avec la lecture? Des horaires propices à la lecture en journée ? Des solutions pour lire des livres « compliqués » dans perdre ses cheveux? Voilà jattend vos réponses.
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Carpentier
InvitéBonsoir,
Es-tu/Êtes-vous lecteur de François ?
Car lire du François Bégaudeau est peut-être un bon remède à ton questionnement, si toutefois je l’ai bien compris: après, si relire 6 fois une de ses pages serait de la boulimie, s’y arrêter, y traîner et la reprendre une seconde de fois, ça s’fait bien 🙂
En ce qui me concerne, ce peut être à toute heure du jour ou de la nuit et d’ailleurs, après un Begaudeau, j’ai remarqué que je vais facilement lire 2 ou 3 ouvrages d’un.e autre auteur.e, des romans essentiellement et puis après, souvent mon activité lecture se tarrit au profit d’autre chose, sans complexe.
Jusqu’à ce que le gars qui détient les clefs de ce site nous reponde un truc: it’s a Kind of magic, non? -
Charles
InvitéJe pense que le meilleur moyen de se lancer dans Nietzsche si on a du mal avec ses essais c’est de lire des synthèses. Telerama et Philosophie magazine avaient en leur temps sorti de très bons hors-séries mais je ne suis pas sûr qu’ils existent encore. Sinon, tu peux essayer de lire Force majeure de Clément Rosset, très court et très clair, qui est une interprétation de la notion de joie qu’on retrouve chez Nietzsche (même si le livre ne s’y limite pas). Je crois qu’il existe aussi un « Que sais-je » sur Nietzsche. Sinon tu dois pouvoir trouver des vidéos sur Youtube.
Après, ce n’est pas grave de ne pas lire. Si tu n’arrives pas à lire, c’est que ton désir de lire n’est pas suffisamment important pour empiéter sur le reste de tes activités (ou alors que tu es contraint par un travail qui te rend indisponible à la lecture), ce qui n’est en aucun cas un jugement de ma part. Tu sembles vouloir lire pour te cultiver mais je pense que si lire n’est pas une fin en soi, tu verras forcément ça comme une tache à effectuer, une de plus, une corvée. Lire n’a rien de nécessaire. Mais si tu veux malgré tout t’y remettre, peut-être que tu pourras y parvenir en abordant la littérature par le genre que tu affectionnais quand tu lisais adolescent.-
Rad
InvitéIl n’y pas d’impératif à lire Nietzsche.
Effectivement, le hors série de philosophie magazine était excellent, il y avait un article de Rosset d’ailleurs. J’ai commencé par ça aussi. La généalogie de la morale est très accessible, tout comme le crépuscule des idoles ou encore Zarathoustra.
Je n’ai jamais lu avant mes 20 ans, je n’y arrivais pas, c’était barbant, et cancre comme j’étais je n’arrivais pas à m’astreindre au temps de lecture. D’autant plus que se coltiner Madame Bovary à 13 ans, c’est véritablement difficile d’y trouver quelque chose pour soi. La seule méthode pour lire, enfin démarrer la machine, parce qu’une fois lancée on ne rencontre que peu de difficultés, c’est trouver des livres faciles et qui te saisissent. Zweig est un très bon début pour se mettre dans la lecture. Faut monter crescendo, avec pour ligne de mire lire Dostoievsky, chez qui d’ailleurs tu retrouveras beaucoup d’idées qui seront reprises plus tard par Nietzsche, comme la mort de Dieu, la figure du criminel et d’autres encore. Pour commencer, trouve un temps, où tu sais qu’il ne sera pas rompu. Au moins une heure. Il n’y a pas pire que lire deux pages et être pris par autres choses.
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Key
InvitéAhah Il est sympa ton pote. Est-ce qu’il t’a recommandé « Phénoménologie de l’Esprit » de Hegel et « Ulysse » de Joyce aussi ? C’est parfait pour les débutants.
Plus sérieusement, je conseille souvent « Le vieux qui lisait des romans d’amour » à mes amis qui ne lisent peu ou plus. Ça fait une centaine de pages et ça se boit comme du petit lait. Vu que t’es en licence d’histoire, il y a « Guillaume le Maréchal » de Georges Duby qui se lit comme un roman et qui est incontournable en médiévale.
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Tony
InvitéJusqu’en troisième j’étais un bon lecteur,après avoir dévoré Jules Verne,Dumas mais aussi des BD j’ai découvert dans la pauvre bibliothèque de mon village des séries noires qui me fascinaient et prolongeaient par leur écriture cinématographique le plaisir que j’avais en regardant les films de cinéma que je decouvrai parmi les 3 chaînes hertziennes de l’époque,ma scolarité étant un calvaire la seule matière où je me démarquais était naturellement le français,bien aidé donc par mon goût pour la lecture.En troisième un prof de français m’a fait remarquer,quand il m’a rendu une rédaction où j’avais cité des auteurs de polar,qu’il était dommage de passer d’Alexandre Dumas à James Hadley Chase(c’était mon auteur préféré à cette époque et je l’ai lu en quantité),il me fait comprendre qu’il me faut passer à autre chose,comme un coach qui souhaite élever ton niveau de jeu,et je ne me souviens plus très bien si c’est par défi ou par suggestion de sa part,j’ai lu très sérieusement Jacques le fataliste,je me souviens d’un certain plaisir à sa lecture et le compte rendu que j’en ai fait a été remarqué,je m’étais vraiment appliqué et j’ai dès lors tourner le dos à tout ce que j’avais aimé jusqu’alors pour me lancer dans la lecture des classiques mais avec toujours un calcul sur ma réussite scolaire,cela devenait des lectures utiles desquelles j’arrivais à trouver du plaisir mais ce plaisir était gâché par ce calcul que je ne connaissais pas autrefois.Je me rends compte que ça ne répond pas à ta question,je crois que lire sans calcul sur l utilité de ce qu’on lit est le début,la curiosité fera le reste.
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Graindorge
InvitéBonsoir,
voici un extrait des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. Un roman historique.
« Peu à peu, cette lettre commencée pour t’informer des progrès de mon mal est devenue le délassement d’un homme qui n’a plus l’énergie nécessaire pour s’appliquer longuement aux affaires d’État, la méditation écrite d’un malade qui donne audience à ses souvenirs. Je me propose maintenant davantage : j’ai formé le projet de te raconter ma vie. A coup sûr, j’ai composé l’an dernier un compte rendu officiel de mes actes, en tête duquel mon secrétaire Phlégon a mis son nom. J’y ai menti le moins possible. L’intérêt public et la décence m’ont forcé néanmoins à réarranger certains faits. La vérité que j’entends exposer ici n’est pas particulièrement scandaleuse, ou ne l’est qu’au degré où toute vérité fait scandale. Je ne m’attends pas à ce que tes dix-sept ans y comprennent quelque chose. Je tiens pourtant à t’instruire, à te choquer aussi. Tes précepteurs, que j’ai choisis moi-même, t’ont donné cette éducation sévère, surveillée, trop protégée peut-être, dont j’espère somme toute un grand bien pour toi-même et pour l’État. Je t’offre ici comme correctif un récit dépourvu d’idées préconçues et de principes abstraits, tiré de l’expérience d’un seul homme qui est moi-même. J’ignore à quelles conclusions ce récit m’entraînera. Je compte sur cet examen des faits pour me définir, me juger peut-être, ou tout au moins pour me mieux connaître avant de mourir. Comme tout le monde, je n’ai à mon service que trois moyens d’évaluer l’existence humaine : l’étude de soi, la plus difficile et la plus dangereuse, mais aussi la plus féconde des méthodes ; l’observation des hommes, qui s’arrangent le plus souvent pour nous cacher leurs secrets ou pour nous faire croire qu’ils en ont ; les livres, avec les erreurs particulières de perspective qui naissent entre leurs lignes. J’ai lu à peu près tout ce que nos historiens, nos poètes, et même nos conteurs ont écrit, bien que ces derniers soient réputés frivoles, et je leur dois peut-être plus d’informations que je n’en ai recueilli dans les situations assez variées de ma propre vie. La lettre écrite m’a enseigné à écouter la voix humaine, tout comme les grandes attitudes immobiles des statues m’ont appris à apprécier les gestes. » -
Alexandre
InvitéSalut Elou, ton message me parle parce que je suis sans doute à peu près dans ta zone d’âge et j’ai traversé un peu la même période quand je suis rentré dans les études supérieures. Avec les cours et les sorties, je me suis mis à délaisser la lecture de romans petit à petit, ce qui a fini par me peiner et m’appauvrir je le sentais. J’avais le temps parfois mais juste je passais à regarder des vidéos à la con sur youtube ou à parler aux potes le soir. Du coup, récemment, je me suis imposé à moi même – truc un peu bête hein – de au moins lire un peu chaque soir. Je me suis acheté une lampe de chevet et vers 23h, chaque soir je me pose une demi heure, je ferme l’ordi et le tel et j’essaie de me focus uniquement sur le livre. Et franchement, déjà ça aide à dormir et ça m’a remis dedans. Le fait de ritualiser un peu le truc.
Et après, sur le plan des livres en eux mèmes, si t’aimes le fantastique mec et que t’as bouffé la littérature ado sur ça, je te conseille de lire les classiques du genre qui sont assez accessibles : Edgar Allan Poe, Lovecraft, ou un mec comme Dan Simmons qui a fait des sagas de SF très réussis. Moi, tout ça c’est ma came aussi et ça se lit très bien.J’espère que ça a pu t’aider vieux
j’ai réussi
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai pas trop de recommandations dans ce domaine.
Il faudrait peut etre trouver un auteur qui te renverrait à d’autres, et ainsi de suite
Peut-être aussi faire dans le court. Des nouvelles de Carver. Ou de Borgès. Le livre de sable, tiens. -
Juliette B
Invité« Apprendre si par bonheur » de Becky Chambers. Un petit roman de 135 pages au titre merdique comme un livre de développement personnel et sans prétention, littéraire par ailleurs mais on s’en fout, essaie pour le plaisir.
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Juliette B
InvitéEt on enlève la virgule après prétention, c’est une coquille.
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Carpentier
InvitéSinon, Elou35, j’y pense: à Inisherin, tu as Siobhán qui a laissé ses livres à Padráic avant de partir bosser sur la grande Île, pu de place dans sa valise et une façon aussi pour eux de lui laisser ce qu’elle a de plus précieux lui a-t-elle dit, après lui; pour lui assurer qu’elle reviendra? ou pour qu’il puisse se (re-)mettre à lire? comme il l’a annoncé à Colm quand celui-ci lui a demandé ce qu’il allait bien pouvoir faire de ses journées maintenant que lui compose et dirige les étudiants violonnistes du conservatoire depuis le pub?
Dans tous les cas, je suis sure que Padráic te laissera découvrir la sélection de sa sœur et, au coin du feu, il pourra même te raconter ce qu’il y a dans la merde de son cheval 🙂Dans une petite sélection de hasard, ici, celle de Siobhán, ou dans de quoi lire ce qui a été déposé dans une bibli ouverte tu sais, du genre de celle qu’on trouve parfois dans la rue, dans un abribus, une ancienne cabine téléphonique, entre les boîtes aux lettres d’un immeuble ou que sais-je encore, on trouve parfois, à lire quelque chose qui fasse que ça (ré-)enclenche
ou encore, dans le cadre d’un achat-roulettedecasino, en librairie de gare vite fait, quand tu crains de faire un voyage en train qu’on pourrait trouver lourd…
En revanche, n gare, crois bien que je n’ai jamais vu de Begaudeau 😏 -
o
InvitéSalut Elou35, moi je te dirais de suivre les recommandations de quelqu’un que tu aimes bien, une amie, (ou une personne publique que tu suis). L’avantage c’est que tu lis un peu pour toi et un peu pour l’autre / pour la discussion que tu pourras avoir sur le bouquin. L’inconvénient c’est que les amies ne connaissent pas forcément tes goûts. Deuxième astuce : ne pas insister sur un livre. Si tu t’ennuies, tu peux en essayer un autre. Pour ma part je lis un peu tous les matins, c’est une douce façon de commencer sa journée.
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Toni Erdmann
InvitéUn principe que j’applique à moi-même : ne jamais se forcer à lire un livre au seul motif qu’il soit un incontournable ou un classique. Si le livre me tombe des mains, si c’est un effort de le continuer, j’abandonne aussitôt et choisit un autre bouquin. Je n’ai jamais réussi à aller plus loin que le 50ème page de La Chartreuse de Parme, je l’accepte désormais. Je ne me forcerai pas.
Quelques livres que j’arrive à faire lire à des amis pas très lecteurs : les Nicolas Mathieu (si tu lis Connemara, tu auras même le plaisir d’un podcast de notre hôte ensuite), Lolita de Nabokov, L’adversaire d’Emmanuel Carrère et Le Chant d’Achille de Madeline Miller.
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Carpentier
InvitéPour la Chartreuse, peut-être passer par le Mercure de Nothomb 😉
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Demi Habile
InvitéPourquoi lire? Il y a tellement d’autres activités constructives à faire dans ce monde 🙁
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Carpentier
InvitéLigne 9: assise de travers, jambes croisées dans le passage, une de mes quasi-voisines fronce ses sourcils en vrai circonflexe devant les pages de son ‘ I promissi -ses doigts cachent la suite.
Face à elle, mon voisin de droite, protégé d’un manteau en poils genre de lama brossé sourit devant les siennes, ah merde, il vient de faillir rater sa station d’arrivée Richelieu Drouot.
Heureusement que ce souriant joueur de xylo vient tous de nous réveiller: I promissi a refermé son bouquin, rangé ses jambes, elle boude maintenant contre la vitre et mon ex-voisin en poils de lama va continuer son livre, dont le titre me restera à jamais inconnu, ailleurs.
La lecture comme zone d’heteropie, zone d’intime où que l’on soit.-
Carpentier
Invité*heterotopie
pardon, Michel
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Dr Xavier
InvitéSalut Elou35, ce n’est peut-être pas tout à fait clair, est-ce que tu souhaites retrouver le goût de lire « en général » et pour le plaisir, ou le goût de lire « des livres où on apprend des trucs » ? Tu dis que tu adorais le fantastique quand tu étais plus jeune, pourquoi ne pas s’y remettre ? Comme suggestion il y a le « classique » de Damasio, La Horde du Contrevent, livre de fantastique magnifique… ou boursouflé, selon le point de vue. (en tous les cas je déconseille vivement son dernier, Les Furtifs, on frise la cata).
Sinon les polars ça marche à tous les coups normalement, je m’y connais pas trop mais la trilogie Norek devrait te plaire (Code 93, Territoires,
Surtensions), tout Fred Vargas (ça frise un peu avec le fantastique et en plus on apprend des trucs), les Pierre Lemaître également.
Sinon si l’histoire t’intéresse un peu je te conseille le dernier Chapoutot, « Libres d’obéir. Le management du nazisme à aujourd’hui » : je l’ai lu d’une traite !
Dernière chose, je sais que c’est l’école (du primaire au supérieur) qui a dévasté mon plaisir de lire ; il m’a fallu des années avant de pouvoir saisir un livre sans me sentir obligé de tout comprendre, tout connaître, parce qu’il y aurait une interro sur le sujet d’une manière ou d’une autre. L’école c’est vraiment une saloperie pour ça. -
Mélanie
InvitéMoi je crois qu’une bonne partie de mon capital lecture a aussi été pris par l’école. Il a été vite clair que je n’irai pas en filière L, parce que me forcer à lire des livres était rédhibitoire.
Il y a aussi les BD, je me disais. -
Barthelby
InvitéLis Martin Eden.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe suis d’accord que pour lire tout est bon, tout livre est bon M’enfin je trouve un peu injuste de conseiller la prose si lourde et académique de Fred Vargas. Allez pas nous le dégouter
Quant à Martin Eden, il faudra un jour dire pourquoi c’est un livre très mal branlé.-
Barthelby
InvitéLe moment est peut-être venu, François. Je me souviens d’une lecture intense et d’un truc assez mal branlé en effet. Mais intense. De plus il y est question de Nietzsche.
Tu crois que je suis en train de conseiller le -livre qu’il -faut -avoir -lu. Pas du tout. Je me dis que Martin Eden peut convenir d’après le faisceau d’indices laissés par Elou dans son post.
Non mais des fois?-
Barthelby
InvitéElou 35,
Tu auras à peu près un mois pour lire absolument tout ce qui t’a été conseillé ici et établir un classement commenté des meilleurs conseils de lecture. Alors, nous verrons.-
Juliette B
InvitéOui mais alors il a le droit d’abandonner un de ces livres en cours de route parce que sinon c’est pas du jeu, c’est l’école à nouveau.
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Barthelby
InvitéTu veux dire un seul de ces livres ?
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Juliette B
InvitéNon tous bien sûr.
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Juliette B
InvitéJe veux toutes les propositions de livres ici proposés.
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Juliette B
InvitéJe veux dire toutes les propositions de livres ici proposés, voulais-je écrire. Ha Ha.
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Barthelby
InvitéTu n’as pas besoin de l’alcool pour écrire sur le forum. Nous en avons déjà parlé.
Sinon, c’est bien ce que j’imaginais. Elou prend un bouquin conseillé et s’il n’est pas pris par le bouquin, il le balance. ( et ceux qui le peuvent pourraient lui envoyer leur conseil de lecture)
Je déconnais pour le classement commenté.-
Juliette B
InvitéJ’ai encore sous-estimé ton humour, pardon.
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Barthelby
InvitéTes excuses viennent trop tard, j’ai déjà évalué la qualité de notre échange. Désolé.
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Rad
InvitéCe serait intéressant de dire pourquoi.
Hors mis les passages à l’eau de rose sur sa relation amoureuse, le lyrisme excessif qui l’accompagne et le fait que la langue, le style, soit en décalage avec la force vive et manuelle de Martin Eden je ne vois pas trop…
L’ouverture du livre sur la gêne corporelle à se trouver dans un appartement bourgeois, à ne plus savoir où mettre ses mains, avec la peur de faire tomber chaque bibelots, peintures, meubles est excellente. Le premier dîner au cours duquel il contrôle chacun de ses gestes, chacune de ses paroles et de ses intonations l’est tout autant. L’incorporation de la domination, ou pour parler Bourdieusien, l’hexis du dominé y est parfaitement décrite.
La culture lettrée comme objet de distinction chez le Bourgeois s’exprime parfaitement dans l’opposition entre Martin et la famille qu’il rencontre, entre les jeunes qui vivent pauvrement et se retrouvent dans un grenier pour parler de Spencer comme si il en allait de l’avenir du monde, et la famille de Ruth.
Ce passage, où Martin Eden, croise sa soeur qui lui dit de se mettre au boulot, de trouver un job, et qu’il évoque la morale de l’esclave, puis se ravise, pensant que c’est sa soeur, montrant par là même, qu’il y a un écart entre la théorie, sa virulence parfois, et la vie, les liens qui nous tiennent.
Enfin, Eden est un transfuge de classe, qui ne renie pas sa classe, du moins, qui refuse d’intégrer la bourgeoisie. Contrairement à Edouard Louis, pour reprendre tes analyses récentes, il n’accepte pas de rejoindre la place qu’on lui propose, refus qui le conduit à la fin que l’on connaît. -
Dr Xavier
InvitéJe disconviens respectueusement sur Vargas : la lourdeur de sa prose ne m’a pas marqué, et c’est bien parce qu’elle a un style académique que ça s’avale sans douleur. On peut lui reprocher de dépeindre un commissariat tout à fait fantasmé, ayant plus affaire à une bande de bras cassés et super héros, où les défauts (carences) des uns complètent harmonieusement les qualités (supers pouvoirs) des autres. Mais ça ne me dérange pas, je lis Vargas pour rêvasser et apprendre des trucs au passage, pas pour une peinture juste de la police ou d’un pan de la société. C’est sûr qu’on n’est pas chez Manchette.
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Juliette B
InvitéDésolée Dr Xavier, mais moi aussi la grande lourdeur de l’écriture de Vargas m’avait marquée quand j’avais essayé de la lire, j’ai ressenti de l’exaspération face à ça je me souviens, une prétention ridicule à mes yeux, et j’ai très vite abandonné le livre qui me mettait en pétard. Un exemple avec l’extrait ci-dessous. Le bouchon qui roule, « pareil à l’araignée en quête d’inaccessible », les choses, « animées d’un esprit de vengeance légitimement puisé à leur condition d’esclaves », c’est juste pas possible…
« Joss avait compris depuis longtemps que les choses étaient douées d’une vie secrète et pernicieuse. Hormis peut-être certaines pièces d’accastillage qui ne l’avaient jamais agressé, de mémoire de marin breton, le monde des choses étaient à l’évidence chargé d’une énergie tout entière concentrée pour emmerder l’homme. La moindre faute de manipulation parce que offrant à la chose une liberté soudaine, si minime fût-elle, amorçait une série de calamités en chaîne, pouvant parcourir toute une gamme , du désagrément à la tragédie. Le bouchon qui échappe aux doigts en était, sur le mode mineur, un modèle de base. Car un bouchon lâché ne vient pas rouler aux pieds de l’homme, en aucune manière. Il se love derrière le fourneau, mauvais, pareil à l’araignée en quête d’inaccessible, déclenchant pour son prédateur, l’Homme, une succession d’épreuves variables, déplacement du fourneau, rupture du flexible de raccordement, chute d’ustensile, brûlure. Le cas de ce matin avait procédé d’un enchaînement plus complexe, amorcé par une bénigne erreur de lancer entraînant fragilisation de la poubelle, affaissement latéral et épandage du filtre à café sur le sol. C’est ainsi que les choses, animées d’un esprit de vengeance légitimement puisé à leur condition d’esclaves, parvenaient à leur tour par moments brefs mais intenses à soumettre l’homme à leur puissance larvée, à le faire se tordre et ramper comme un chien, n’épargnant ni femme ni enfant. Non, pour rien au monde Joss n’aurait accordé sa confiance aux choses, pas plus qu’aux hommes ou à la mer. Les premières vous prennent la raison, les seconds l’âme et la troisième vie. »
Le livre de Becky Chambers que j’ai imaginé plaire à Elou, une traduction de l’anglais, n’est pas non plus un chef d’oeuvre du point de vue littéraire, loin de là, mais il fait le job de façon moins ampoulée et laisse l’histoire – une expédition spatiale incertaine – se dérouler sans trop l’emmerder je trouve:
« Que ce soit bien clair : quand on se réveille après trois décennies de coma artificiel, avec de la crasse autour de tous les orifices, des ongles en serres d’aigle et une odeur à mi-chemin entre la douche d’hôpital mal astiquée et la cage d’un zoo abandonné, quand on vient d’extirper un tuyau plein d’urine, on a besoin d’avoir un peu la paix.
Et encore, je ne parle là que d’hygiène et d’orgueil. En ces instants, il y a encore plus important. Il s’agit de psychologie. Le miroir. Une fois qu’on se rappelle ce qu’on est, qui on est, où on est, un désir prédomine : se voir. »-
Dr Xavier
InvitéAh que j’aime ces désaccords, c’est vraiment la bataille du goût. Vous y voyez une prose prétentieuse et boursouflée, et même si je comprends pourquoi vous le voyez ainsi, j’y vois plutôt une ironie hyperbolique. En tous les cas grand merci pour m’avoir répondu !
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The Idiot
InvitéJ’ai vécu une panne sèche il y a quelques années, due à des difficultés qui s’amoncelaient. Même mes écrivains préférés ne me tentaient plus. Je suis tombée par hasard sur Le comte de Monte-Cristo. Du château d’If à Paris en passant par l’Italie, 1000 pages de bonheur. Je lisais tout le temps et quand je devais le poser pour accomplir les petites besognes du quotidien, j’avais le sourire aux lèvres. C’était un été spécial mais je m’en souviens comme l’un des plus beaux. Après Monte-Cristo, plus de panne sèche, le moteur était tout neuf.
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Stubb
InvitéJe pense que Mort à crédit de Céline est pas mal pour se remettre à la lecture
Il faut du spectacle pour ouvrir l’appétit
(Sans arrière pensée)-
François Bégaudeau
Maître des clésEn général Céline plait beaucoup aux non-lecteurs. Je me souviens de mon frère avalant tout
Mais dans ce cas je conseillerais plutot de commencer classiquement par « le Voyage », comme on dit.-
Stubb
InvitéJamais lu le voyage je vais m’y mettre, ça me donnera l’occasion de sortir de « performance » de Liberati, sacrée bouillasse
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François Bégaudeau
Maître des clésoui c’est un auteur assez bouillasse
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Seldoon
InvitéJ’étais grand lecteur jusqu’à mes 25 ans, la vie professionnelle (et certainement les smartphones) m’ont très vite coupé de tout ça. Il y a depuis eu des années où je n’ai fini qu’un seul livre. C’est en train de revenir progressivement. J’ai lu l’année dernière plus de livre que les 3 précédentes. Ca reste compliqué mais l’appétit revient vraiment mangeant. Je profite des week-ends, des vacances. Écouter ou lire des gens parler de littérature aide.
Puisque chacun y va de son conseil de lecture, j’ai récemment dévoré (en vacances) en deux jours Indian Creek. Un livre très simple, très beau que j’aurais aimé découvrir beaucoup plus jeune.
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Carpentier
InvitéRepensant à l’excellente reco de ne pas se forcer, de trouver tout à fait sain de ne pas continuer à lire un bouquin quand il nous tombe des mains, hors cause de grosse fatigue, je viens de descendre de l’étagère mon Les années d’Ernaux.
Acheté lors de la commande d’un des ouvrages critiqués par le duo de La Gêne o , auprès de ma librairie de quartier, je dois avouer que c’est le récent prix décerné à la dame, à la fin d’année dernière, qui me l’a mise en tête pour constater que je ne l’avais jamais lue.
Comme son dernier roman, qui faisait une belle pile sur une des tables actus de la librairie, affichait un prix que je ne trouvais pas sexy, j’ai mis le marché dans les mains de la commerçante: j’ai jamais lu Annie Ernaux, on la récompense d’un prix, par curiosité un peu bizarre j’en tenterais bien un, en poche, svp.
N’en ayant pas lu beaucoup, elle me dit se souvenir d’avoir beaucoup aimé Les années et me le sortit d’un rayonnage.Je vois que je lui ai corné son haut de p.41, sans même lui consacrer un marque-pages, pauvre Annie, qui s’en fout, puisqu’elle l’a eu, son prix.
– Et 1 Chartreuse stoppée en p.60!
Et 1 Les années stoppé en 51!
Quelqu’un qui fait mieux peut-être?-
Carpentier
Invité* en 41, pardon, je viens de vérifier 😅
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Carpentier
Invité… Il y avait des enfants morts dans toutes les familles. D’affections soudaines et sans remède, la diarrhée, les convulsions, la diphtérie. La trace de leur bref passage sur terre était une tombe en forme de petit lit aux barreaux de fer avec l’inscription ’ un ange au ciel’, des photos qu’on montrait en essuyant furtivement un pleur, des conversations à mi-voix, presque sereines, qui effrayaient les enfants vivants, se croyant en sursis. / … haut de p.41, Les années, A.Ernaux.
Voilà où je me suis arrêtée en décembre dernier.
Un Paris-Grenoble en train ne m’a pas assez saoulé pour que j’aille plus loin, je m’en souviens maintenant.Faut quand même que je reparle d’Ernaux avec ma libraire à l’occase.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu t’es arrêtée exactement à temps
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Elou35
Invitémerci à tous pour vos retours, ça fait chaud au coeur ce petit forum sympa, là vie quotidienne vous amène parfois à oublier les beaux côtés de l’échange humain. Enfaite, je pense que certains ont vu juste étant à l’université, j’ai peur de « prendre » du retard face aux lecteurs « fous » du fait que j’ai d’autres occupations dans la vie. Toute cette situation est comme une course au savoir. Quand j’écoute François Bégaudeau en interview, parfois, ces connaissances littéraires me donnent le tourni, il a l’air de connaître tellement de choses, on a vite fait de se sentir un peu con. Enfaite, il faut que j’arrête de me forcer à lire des livres « qu’il faut lire » parce que ça mangoisse profondément. Mais c’est vrai que l’université est un cadre malsain, c’est un endroit de la course au savoir, j’ai l’angoisse de devenir un de ces types que l’on regarde de haut dans des débats car il n’a pas suffisamment cultiver sa pensée et se retrouve à 30 ans à déverser des platitudes et des raccourcis sur la vie, la mort, etc. Il faut peut être effectivement que j’apprenne a relire ppur le plaisir, parce que c’est vrai que je pense que ce n’est pas le cas. Parfois, j’arrêtais de lire des livres (exemple eric emmanuel schmit) car je me disais que ce n’était pas un « grand auteur » qui allait me faire cheminer sur le chemin universel. Il faut sans doute que je fasse mon deuil de ce fantasme d’un moment où, après avoir lu tous les livres « importants » de la terre, l’on accède à la sagesse ce ceux qui connaissent. Je crois que je vais essayer de me reprendre un livre de poème (j’ai vu quelques exemples de vote part, merci bcp) ou un roman fantastique piur m’évader un peu ou un autre livre, mais un livre ou je me serais dit à ça a l’air cool et pas il FAUT que je le lise. Exemple, aujourd’hui j’ai commencé « panique à l’université » de Francis Dupuis-déri, un livre bien saignant avec du verbe et du deversage de propos en tout genre, et j’y prend du plaisir, c’est peut être ça l’essentiel finalement. Merci à tous pour vos réponses.
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Graindorge
InvitéCher Elou: regarde toutes « les fées » qui se sont penchées sur ton berceau culturel! À qui mieux mieux. en chahutant et en se chamaillant sur le choix des bouquins: ah non pas çui-là! Que dirais-tu de çui là? Quelle idée! Peut-être que… Moi… Tu crois?…Je me souviens…Brouhaha… Elou, à la fac, tu as sûrement assez de » devoirs ». Alors, en dehors laisse-toi guider par le plaisir. Regarde la riche idée que tu as eu de créer cet espace: Comment reprendre goût à la lecture! C’est toi aussi qu’on remercie. Regarde tous les témoignages que ton initiative a permis. Grâce à cette richesse d’interventions, j’ai noté sur mon cahier des titres. Personne n’a de compte à rendre à personne. Il y a des cultivés, des érudits mêmes qui ne sont pas intelligents. La liberté c’est aussi se libérer de l’opinion de qui que ce soit. On est pas là pour briller dans les salons, ni pour étaler notre conficulture mais pour essayer d’ être heureux. On peut être heureux sans lire. On est rarement malheureux en lisant. Bégaudeau parle de non-lecteurs. Il y aussi beaucoup de non-écrivains qui font pleurer les arbres. Bégaudeau n’est ni un non-lecteur ni un non-écrivain. Minuit, déjà?
Je termine avec un extrait de » Si par une nuit d’hiver un voyageur » d’Italo Calvino.
« Dans la vitrine de la librairie, tu as aussitôt repéré la couverture et le titre que tu cherchais. Sur la trace de ce repère visuel, tu t’es aussitôt frayé un chemin dans la boutique, sous le tir de barrage nourri des livres-que-tu-n’as-pas-lus, qui sur les tables et les rayons, te jetaient des regards noirs pour t’intimider. Mais tu sais que tu ne dois pas te laisser impressionner. Que sur des hectares et des hectares s’étendent les livres-que-tu-peux-te-passer-de-lire, les livres-faits-pour-d’autres-usages-que-la-lecture-, les-livres-qu’on-a-déjà-lus-sans-avoir-besoin-de-les-ouvrir-parce-qu’ils-appartiennent-à-la-catégorie-du-déjà-lu-avant-même-d’avoir-été-écrits.
Tu franchis donc la première rangée de murailles : mais voilà que te tombe dessus l’infanterie des livres-que-tu-lirais-volontiers-si-tu-avais-plusieurs-vies-à-vivre-mais-malheureusement-les-jours-qui-te-restent-à-vivre-sont-ceux-qu’ils-sont. Tu les escalades rapidement, et tu fends la phalange des livres-que-tu-as-l’intention-de-lire-mais-il-faudrait-d’abord-en-lire-d’autres, des-livres-trop-chers-que-tu-achèteras-quand-ils-seront-revendus-à-moitié-prix, des livres-idem-voir-ci-dessus-quand-ils-seront-repris-en-poche, des-livres-que-tu-pourrais-demander-à-quelqu’un-de-te-prêter, des-livres-que-tout-le-monde-a-lus-et-c’est-donc-comme-si-tu-les-avais-lus-toi-même. Sous les tours du fortin, face aux efforts d’interception des livres-que-depuis-longtemps-tu-as-l’intention-de-lire, des-livres-que-tu-as-cherchés-des-années-sans-les-trouver, des-livres-qui-concernent-justement-un-sujet-qui-t’intéresse-en-ce-moment, des-livres-que-tu-veux-avoir-à-ta-portée-en-toute-circonstance, des livres-que-tu-pourrais-mettre-de-côté-pour-les-lire-peut-être-cet-été, des-livres-dont-tu-as-besoin-pour-les-aligner-sur-un-rayonnage, des-livres-qui-t’inspirent-une-curiosité-soudaine-frénétique-et-peu-justifiable.
Bon tu as au moins réussi à réduire l’effectif illimité des forces adverses à un ensemble considérable, certes, mais cependant calculable, d’éléments en nombre fini, même si ce relatif soulagement est mis en péril par les embuscades des livres-que-tu-as-lus-il-y-a-si-longtemps-qu’il-serait-temps-de-les-relire et des livres-que-tu-as-toujours-fait-semblant-d’avoir-lus-et-qu’il-faudrait-aujourd’hui-te-décider-à-lire-pour-de-bon.
Tu te libères en quelques zigzags et pénètres d’un bond dans la citadelle des nouveautés-dont-l’auteur-ou-le-sujet-t’attire. Une fois dans la place, tu peux pratiquer des brèches entre les rangées de défenseurs. Tu les divises en nouveautés-d’auteurs-ou-de-sujets-déjà-connus (de toi ou dans l’absolu) et nouveautés-d’auteurs-ou-de-sujets-totalement-inconnus (pour toi du moins). Et tu répartis l’attraction qu’ils exercent sur toi selon le besoin, ou le désir que tu as de nouveauté ou de non-nouveauté (de nouveauté dans le non-nouveau- et de non-nouveau dans le nouveau).
Tout cela pour dire qu’après avoir parcouru rapidement du regard les titres des livres exposés, tu as dirigé tes pas vers une pile de « Si par une nuit d’hiver un voyageur » tout frais sorti de chez l’imprimeur, tu as saisi un exemplaire, et tu l’as porté à la caisse pour qu’on établisse ton droit de propriété sur lui.
En passant, tu as jeté aux livres alentour un regard douloureux (mieux : ce sont les livres qui te regardent de cet air douloureux qu’ont les chiens quand ils voient du fond des cages d’un chenil municipal l’un des leurs s’éloigner, tenu en laisse par son maître venu le reprendre). Et tu es sorti.
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Carpentier
InvitéDu coup, si à un moment c’est par un Begaudeau, voilà ce qui s’offre à toi: https://francoisbegaudeau.fr/bio/ (voir au bas de sa page biodéconnade.)
J’ignore ce que les différents bibliothécaires universitaires et leurs divers fonds budgétaires ont pu choisir parmi tout ça mais si jamais, et sans qu’ils aient ma préférence, peut-être que son Molécules et son Un enlèvement pourraient t’aller.
– Et son Antimanuel de Littérature, que j’aime particulièrement mais ça c’est en apparté (et non pas en appartement non, non, on arrête de blaguer l’outil de suggestions svp _ j’utilise jamais en aparté ou quasi, et alors? )
son Antimanuel de Littérature, disais-je donc, pourrait te faire marrer tout en t’instruisant (j’aime aussi les slogans à l’ancienne, benh ouaip.)
Tu y trouveras même des sortes de reco de lectures mais pas sous forme de recos lectures, en développés analysés qui claquent.+ Ça sonne bien ton Panique à l’université sinon, un peu comme une série d’explorations en mode Tintin au Tibet qui a copié François ou encore Martine à la montagne, elle, c’est Salvador qu’elle a copié, mais je regarderai peut-être à l’occase.
Pour un prochain voyage en train. -
Elou35
InvitéD’ailleurs désolé pour les fautes d’orthographe dans mes réponses c’est mon téléphone qui ne m’aide pas beaucoup 😅
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Elou35
InvitéOui, pour l’instant, j’ai lu « histoire de ta bétise » que j’ai arrêté vers la page 120, trop de références inconnues pour moi dans le bouquin. J’avoue que le livre, je ne me rappelle plus lequel, mais où en gros, un mec ou une fille des classes populaires et un ou une bourgeoise vivent une histoire d’amour ou le paramètre de classe va les rattraper à l’air pas mal, c’est de François Bégaudeau Je crois.
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The Idiot
InvitéC’est sans doute En guerre, l’un de mes préférés. J’ai un gros faible pour le personnage de Cristiano.
Pour Histoire de ta bêtise, je l’avais lu avec mon ordi à côté pour faire des recherches dès qu’une chose m’était inconnue.-
François Bégaudeau
Maître des clésLes essais sont forcément plus codés que les romans
Je signale quand même que parmi eux, Comment s’occuper est totalement dépourvu de codes. Ca faisait partie du programme.-
The Idiot
InvitéOui mais c’est agréable les codes qui permettent de faire des recherches, c’est agréable une lecture au 1er abord pas forcément limpide, qui coince un peu. Ça fait aussi partie du plaisir de lire et de réfléchir. J’ai parfois ramé sur certains passages de Notre joie que j’ai lu et relu et je n’aimerais peut-être pas autant ce livre si j’avais tout cerné à la première lecture.
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Cat
InvitéEn Guerre et Histoire de ta bêtise, j’ai retrouvé les deux dans Boniments. La forme fractionnée offrant un propos dense mais plus accessible, plus digeste que HDTB, et les récits, la galerie de personnages introduisant le réel, les corps, les humeurs.
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Carpentier
InvitéHistoire de ta bêtise est assez costaud j’ai souvenir, oui, et dans un autre genre, Une certaine inquiétude sera celui de François que je reprendrai prochainement je pense, pour le relire plus tranquille, avec 4 ans de plus, en gros.
J’ai souvent besoin de revenir vers les lignes de notre hóte, une fois l’excitation de la découverte de sa dernière publication un peu retombée.
Et dans son En guerre, celui du gars et de la fille en claire lutte de classe, François n’y joue pas trop avec la rhétorique d’enquėte, la drôlerie dans le suspense, avec ce qui m’a donné envie de te recommander son Molécules.
Mais va vers ce qui t’intrigue le plus bien sûr, en fonction de ce que tu parviens à te procurer plus ou moins facilement aussi.-
Carpentier
Invité👋
Voulant ä l’instant vérifier la date de ton/votre Une certaine inquiétude à Sean et toi, je ne le trouve pas dans ta biodéconnade, tiens, François (? pour info, car pour le reste, impression que c’est plutôt exhaustif)Bon, dans tous les cas, en ce qui me concerne, il me suffira, une fois votre  Arles terminé, de redescendre Une certaine inquiétude de l’étagère, après avoir bien pensé à y redéposer Les années.
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Carpentier
InvitéPour Histoire de ta bêtise, j’ai souvenir que, pour une première, j’ai dû attendre un ré-approvisionnement en librairie avant de pouvoir y mettre le nez.
Alors, rien que pour cela 😅 chaque personne qui l’a doit tout faire pour le lire jusqu’à son dernier mot ’ validant’ , du groupe phrases .. ’ Pour le coup j’aimerais me tromper. J’aimerais que tu me fasses mentir en te reconnaissant dans ce ’tu’.
Fais moi mentir.
Donne tord à ce livre en le validant. / … -
Carpentier
InvitéMais quand même, mauvaise fille suis-je, j’avoue rire en voyant beaucoup découvrir, avec Histoire de ta bêtise, que François Bégaudeau peut être aussi sport à lire que son ami Friedrich Nietzsche
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Lyric
InvitéEt quels livres pour intéresser à la littérature ma sœur de 14 bientôt 15 ans qui lit déjà mais des navets pour ado ?
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Elou35
InvitéEric Emmanuel Schmit moi j’ai trouvé ça sympa ça fait réfléchir dans la mesure où on peut commencer à se questionner sur certains sujets mais ya quand même une trame assez dynamique avec des enjeux simples à comprendre et des histoires classiques avec personnages simples et tt.
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Barthelby
InvitéMartin Eden
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Carpentier
InvitéJournal d’un curé de campagne? 😇
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Dr Xavier
InvitéLu Journal d’un curé de campagne, Sous le soleil de Satan, Les grands cimetières sous la lune, sur les conseils de notre hôte. Bigre que ce fut ardu ! Je sentais bien qu’il y avait là à penser, mais c’était trop vaste ou trop éloigné pour mon petit cerveau (en particulier les cimetières). Je veux bien un guide de lecturer Bernanos pour les nuls comme moi.
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Carpentier
InvitéSouvenir que notre hóte parle surtout de l’émoi que lui a procuré la lecture du journal d’un, vers ses 15 ans.
Pour un guide, un Führer, pas certaine que tu t’en trouves par ici (?)
ou alors, une balade avec François via sa conf autour de Bernanos peut-être,-
Dr Xavier
InvitéUne conf’ de François sur Bernanos ? Je prends ! C’est où ?
Et puis vous-même, votre ressenti, en êtes-vous sortie émue ? Moi c’était plutôt de la perplexité. Et un peu d’éblouissement, au sens de Quintane, dans Un hamster à l’école, où elle dit (de mémoire) qu’un acte d’autorité est toujours un éblouissement, comme quand le lapin est pris dans les phares, et qu’il est sidéré (oui je me permets une petite pédanterie à citer Quintane, mais ça m’a vraiment fait cet effet).
J’avais aussi écouté le cycle de France Cul’, Avoir raison avec Bernanos, ça m’avait un peu éclairé.
Je viens de voir que Sans oser le demander lui consacre une émission, ça sera pour ce weekend.
PS – La pente est forte ici, je m’attendais pas à ce que le sujet d’étude de Kershaw soit évoqué au bout de deux posts !
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Carpentier
InvitéEn tant que chtie, les pentes que je prends sont plutôt de celles qu’on descend donc 😉
Pas lu son Un hamster à l’école, merci de me le remettre en tête. -
Carpentier
InvitéQuant au journal du, l’édition que j’en ai lue ne comportait pas de préface begaudienne mais plutôt des pages qui quasi s’emiettaient à mesure de ma lecture (un bouquin acheté en braderie, avec les différents cahiers cousus encore, tu visualises?)
Ça ne m’a pas empêché d’en profiter mais pas souvenir d’une émotion supérieure à celle que je ressens chaque fois que je mets le nez dans un Balzac.
+ il faut que je pense à lire cette fameuse préface
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François Bégaudeau
Maître des clésje mettrai ladite préface en ligne bientôt
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Carpentier
InvitéTrès cool, merci Master of the Keys.
C’est/c’était bien à Pau?
(+ y aurait-il, par la même, matière à écrire un prochain Othon/villes, dis-moi? -
Graindorge
Invitébientôt, c’est loin?
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Elou35
InvitéSinon la trilogie du livre des étoiles d’Éric l’Homme je l’avais trouvé merveilleuse quand je l’avais lu vers 12-13 ans.
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Elou35
InvitéSinon dans les classiques le vieil homme et la mer de hemingway c’est vraiment bouleversant mais ça dépend des goûts de chacun
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The Idiot
InvitéDans les courts romans, il y a Le pigeon de Süskind que j’ai bien aimé. Une drôle d’histoire d’un homme qui un matin se découvre une phobie des pigeons.
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Julien
InvitéMoi je lis Histoire populaire de la psychanalyse. C’est pas de la littérature au sens Begaudien du terme mais, pour moi le matin ou pour ne pas avoir à faire avec les petites histoires que nous vend en continu le capitalisme avec les séries, les bd, toute cette culture qui nous dégoûte en fait par sa publicité, j’aime bien lire quelque chose pour juste lire. Juste lire c’est à dire en savoir plus sur un objet. C’est à dire comprendre mieux dans quel monde on vit par une analyse concrète, objective. Peut être que c’est un bon moyen de se remettre à lire. Bien sûr c’est mieux de lire les classiques. Je conseillerais Don Quichotte et Stendhal. L’homme sans qualité est un bon conseil. Dernièrement les livres de Cécile Coulon. Et certains livres de François Begaudeau notamment Notre joie qui est déjà un classique pour moi.
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Zyrma
InvitéA la ligne de Joseph Ponthus (qui est à nos côtés)
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Fanny
InvitéBonjour à tous,
Très heureuse de découvrir le forum d’un auteur qui permet l’échange entre lecteurs. Le sujet du goût de lire m’interpelle parce que je suis aussi passée par cette phase de vide durant plusieurs années, où je ne lisais quasi plus rien. Paradoxal, parce que j’étais prof de français et je devais mettre mon énergie à faire lire mes élèves alors que je ne me sentais plus la même passion de la lecture. Je culpabilisais, je me mettais une pression. La lecture était devenue un devoir, pour tenter de me sentir légitime dans mon boulot, et plus le plaisir qu’elle était autrefois. Puis, j’ai quitté ce métier qui me vampirisait émotionnellement, et j’ai pu me recentrer sur moi. Les livres sont revenus en force. Je n’avais plus la pression de ce qu’il faudrait avoir lu, de ce qui ne vaudrait pas la peine d’être lu, de la qualité littéraire ou non des lectures. J’ai juste suivi mes envies, ma curiosité.
Je ne suis pas sûre que se faire conseiller un auteur soit la solution. Ce serait plutôt de réfléchir aux questions, aux sujets qui nous intéressent dans la vie. Le jour où je me suis rendue compte que je n’étais pas l’unique pour mon amoureux, je me suis mise à lire compulsivement toutes sortes d’essais philosophiques a priori assez indigestes, sur le courage, la liberté… Le jour où j’ai appris que ma soeur allait mourir d’un cancer, j’ai d’abord parcouru toutes sortes d’articles scientifiques sur la maladie, puis plus tard, je suis tombée sur Philippe Forrest et d’autres. Le jour où j’ai été enceinte, mi-heureuse mi-paniquée, j’ai lu Alice Miler, complètement replongée à travers elle dans une relecture de ma propre enfance. Le jour où on m’a annoncé un secret de famille, j’ai trouvé Emmanuel Carrère. J’ai lu Catherine Millet en pleine interrogation sur la sexualité. Je me retrouve à raconter ma vie, mais je crois vraiment que c’est cette capacité des livres, et de la fiction en particulier, à faire écho à nos interrogations personnelles qui peut redonner le goût de lire.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui bien sûr c’est l’entrée la plus simple dans les livres. C’est aussi sans doute comme ça que j’y suis entré à quinze ans : dans le fil d’interrogations extra-littéraires.
Mais je crois qu’on contracte véritablement le gout de LIRE à partir du moment où ce plaisir hétéronome (rapporté à d’autres sujets) devient un plaisir en soi. Le plaisir des phrases en tant que telles. Ledit plaisir ne relevant pas de l’art pour l’art : la vie y est toujours prévalente, et c’est encore bien des problèmes vitaux qui trouvent ici à s’explorer et meme à se résoudre, mais autrement, littérairement. -
Fanny
InvitéUn joli rappel à la littérature, merci ! C’est vrai que ce serait dommage de lire sans jamais LIRE.
« Après Thuram il lira Sartre puis Proust puis les poules auront des dents. »
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