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  • Ce sujet contient 1,647 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Samuel II, le il y a 1 semaine et 2 jours.
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  • Auteur
    Messages
    • #1504 Répondre
      marc
      Invité

      Y a t-il ici des fans de Straub et Huillet pour me transmettre leur passion (je pense que François et ses amis n’ont pas nommé le collectif othon par pur hasard…)? J’en ai entendu parler de façon très élogieuse dans les cahiers, qui décrivent leur cinéma comme très singulier et pourtant accessible, et ai filé voir la rétrospective qui leur est dédiée. Autant la visite au Louvre est assez géniale car elle nous prépare aux incursions de nature et nous fait voir un arbre comme on ne le regarde jamais, autant je suis assez dubitatif sur Moïse et Aaron et sur Introduction à la musique d’accompagnement pour une scène de film d’Arnold Schoenberg. Il y a dans les deux une omniprésence de la parole qui m’empêche de regarder, d’autant plus que les personnages y parlent allemand. Pourtant, je sens dans Moïse et Aaron que la diction des personnages est particulière mais je n’y prête pas une grande attention puisque je cours après les sous-titres.

    • #1505 Répondre
      Buster
      Invité

      Salut !
      Personnellement, je n’ai pas vu grand chose parce que j’essaye de découvrir leurs films dans les meilleures conditions possibles (en salles notamment mais n’habitant pas en France pour suivre la rétrospective qui leur est consacrée…). Cependant, j’aime beaucoup lire les entretiens ou textes qu’ils ont pu faire/écrire ici et là. C’est tout aussi passionnant de les écouter et de les lire que de voir leurs films (pour le peu que j’en ai vu).
      Aussi, voici un lien pour un court métrage qu’ils ont adapté d’un texte de Marguerite Duras (« Ah! Ernesto »).
      Lien : https://www.youtube.com/watch?v=2pu36xuYEMs

      • #1506 Répondre
        Buster
        Invité

        Exemple de ce qu’on peut y lire:
        « Jean-Marie Straub : Il faut apprivoiser les espaces avant de les filmer. Fritz Lang disait qu’un cinéaste devrait être un peu architecte ; lui il avait étudié l’architecture. Et un cinéaste devrait aussi être un peu arpenteur. Les gens ne savent plus filmer une plaine ou une colline. Parce qu’ils ne savent pas où se mettre, ils filment n’importe comment. Pour filmer un village, il faut savoir exactement où l’on se trouve, il faut savoir où est le clocher de l’église, où est la mairie, où est le château d’eau, comment le village est construit, comment il se situe dans une vallée ; il faut tourner autour pendant un certain temps avant de trouver, pour déployer un vocabulaire militaire, un point stratégiquement juste. Il n’y en a pas beaucoup. Quand on fait le tour de la question plusieurs fois, en y retournant pendant quelques mois, on s’aperçoit qu’il n’y en a un seul, en général, mais il faut le trouver. »

        Extrait tiré de « Rencontres avec Jean-Marie Straub et Danièle Huillet » ; Editions. Beaux-arts de Paris ; 2008 ; p.18

        • #1507 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Pour définir la position de la caméra ils parlent aussi de point moral
          Marc : sur l’omniprésence de la parole, deux aspects :
          -Tu parles de l’obligation de lire les sous-titres. Mais ceci n’est pas propre aux Straub. Il y a énormément de films, parfois très populaires, où les sous-titres abondent. Tu remarqueras aussi, dans pas mal de leurs films, de longues plages de silence – par exemple la charrette dans De la nuée à a résistance. Ou les plans sur la campagne française dans Trop tot trop tard.
          -le plus important : les mots, la langue, sont ici traités comme une matière. D’abord Danièle est très pointilleuse sur le rythme de la diction, qui veut respecter au plus près la métrique, d’où cette étrangeté, mais qui dé-banalise la langue. L’idée est toujours de la faire entendre, et pour ça de casser la familiarité, d’où par exemple dans Othon le fait de faire jouer du Corneille par des comédiens étrangers.
          Important aussi : la parole ce n’est pas la sortie du voir. Ici on regarde des gens parler. Faire ce geste là. parler. Cet effort. Ce travail. La parole c’est du travail. Tout ça n’est pas « intellectuel » mais le contraire : très concret, très physique. Ce que j’aime par-dessus tout chez eux c’est ça : le concret du monde.

    • #1519 Répondre
      Marc
      Invité

      Je trouve que ce rythme de diction ne nous remet face a la matérialité de la langue que lorsque celle-ci nous est déjà familière et qu’il faut nous la présenter autrement. Celui qui ne parle pas allemand peine a simplement remarquer que la diction varie…

    • #1527 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      de ne pas comprendre une langue est aussi une façon de la prendre comme matière, de la saisir comme musique
      mais j’insisterai plutot, à nouveau, sur la parole comme acte, comme effort, c’est ça qui est tangible dans ce cinéma

    • #1538 Répondre
      Marc
      Invité

      Et bien merci à vous deux, c’est avec un regard neuf que je file voir Othon

    • #1617 Répondre
      Zérojanvier
      Invité

      Un avis sur le cinéma de Shyamalan. Je crois qu’il est ass apprécié des cahiers mais j’ai jamais trop adhéré a sson univers.

    • #1618 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Shyamalan réalise-t-il autre chose que des twists à gros budget ?

    • #1630 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Oui hélas ça a fini par se résumer à ça. Mais il faut voir ses premiers, qui témoignaient d’un grand sens, quasi classique, du cadre.
      Parfois ça réapparait. Dans le dernier, qui était globalement rien, il y avait quelques cadres.

      • #1637 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bonjour François,
        Cru lire quelque part que La Gêne ciné pourrait consacrer son premier numéro 2023 au dernier du réal de Vincent n’a pas d’écailles.
        Vu hier la bande annonce de La montagne, juste avant Les Banshees sur lequel je vous avais lu (merci) et, en plus du plaisir à retrouver Bourgoin sur grand écran, ça me tente bien cette idée pour votre podcast.
        Tu confirmes?

    • #1642 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je confirme
      Pas encore vu le film mais j’ai pas trop de doutes.

      • #1643 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Yes 🤘
        Ça c’est chouette.

    • #1828 Répondre
      Louise Michel
      Invité

      Bonjour François,

      As tu écris sur A most violent year ?

    • #1857 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Non, mais il faudrait. Vu l’incompréhension qui entoure le film
      Peut-etre est ce le film en rapport avec Boniments que je commenterai à Auch le dix mai. Peut etre le programmerai je à l’Arlequin. On va voir.

    • #1874 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Les amis, j’ai besoin de vos lumières, je cherche un court métrage coréen qui avait été posté sur l’ancien forum, mais j’ai oublié le titre et le réal. J’ai un vague souvenir que c’est un hommage au cinéma ou qu’il y a cinéma dans le titre. C’est un film très calme. La première scène c’est un homme et une femme qui marche dans un parc en discutant. Ils sont loin, on ne les voit presque pas. Au premier plan, on voit surtout des mamies faire de lents mouvements de yoga tandis que la caméra panote peu à peu, puis on finit par apercevoir le couple qui vient doucement vers la caméra puis qui monte un escalier bordé d’une petite cascade. C’est dans le top 3 des plus belles scènes de début du monde. Après, le milieu, je me souviens plus trop du coup. Mais à la fin y’a un écran de cinéma qui diffuse un film sur un radeau qui vogue sur l’eau dans la nuit. Et ça c’est dans le top 3 des scènes de fin. Voilà, si vous voyez de quoi je parle, n’hésitez pas!

      • #1875 Répondre
        Anna H
        Invité

        C’est un court de Gu Xiaogang. Je te le cherche.

    • #1880 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai tenté le dernier Shyamalan en souvenir du bon vieux temps et parce qu’il y a toujours quelque chose à voir dans ses films. Bon, c’est assez décevant. Le film mélange pas mal de thèmes (la destinée, la croyance dans des forces surnaturelles) et modes de récit de Shyamalan (le récit lardé de flashbacks). J’ai pas grand-chose à reprocher à la mise en scène que je trouve toujours efficace, précise, avec un soin habituel apporté aux cadres. Le problème réside dans le scénario, prévisible (un comble pour Shyamalan) et univoque – on est loin des ambiguités d’un Signes. Shyamalan a toujours fait un cinéma au premier degré, de croyant, quasi mystique mais auquel il apportait parfois de l’ironie ou une certaine équivocité. Rien de tout cela ici, j’ai attendu en vain jusqu’au dernier plan un retournement de situations, un grain de sable dans ce récit de fin du monde. Je trouve ça intéressant de prendre un couple homosexuel comme héros et d’en faire un vrai enjeu scénaristique (pour le coup un peu ambigu pendant une petite partie du film). Mais le film m’apparait anachronique, à côté de la plaque pour le reste, surtout dans une période où les fantasmes de complots tiennent une place aussi importante – je ne pouvais m’empêcher de voir les 4 cavaliers de l’Apocalypse comme des quidams quanonnisés. Le film est par ailleurs trop bavard, trop lourdement explicatif. C’est dommage parce qu’il y a des scènes pas mal (j’aime l’idée des avions qui chutent du ciel même si ça ne vaut pas les plans mémorables de Phénomènes où l’on voit des gens se jetaient dans le vide) et que Shyamalan arrive toujours aussi facilement à planter une scène, une situation, des personnages à qui on croit rapidement. Mais il tourne clairement en rond, il radote même. Il a déjà tout dit tout filmé dans ses 5-6 premiers films.

      • #1888 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Accord total avec tout ce que tu dis. Je me permets juste d’ajouter un truc au crédit du film : la performance de Bautista, très impressionnante, tout de puissance physique ambiguë ( on ne sait jamais si le personnage va exploser ou pas ) et de justesse avec pourtant des lignes pas faciles à sortir. Il est vraiment excellent et ça me réjouit assez de le voir aussi bon, lui qui se bat pour avoir une légitimité à Hollywood et avoir des propositions de rôles plus étoffés que ce qu’on lui propose. C’est un peu l’anti Dwayne Johnson dans sa vision de l’acting et du cheminement d’une carrière et j’espère ce premier grand rôle va le propulser encore plus.

        • #1895 Répondre
          Charles
          Invité

          Tout à fait, ça joue d’ailleurs souvent très bien chez Shyamalan (sauf avec cette endive de Mark Whalberg).

    • #1884 Répondre
      Votre sainteté
      Invité

      Personne ici ne parle de Tar ? C’est quand même le film le plus fascinant de ce début d’année. Je craignais le film à Oscar mais c’est un objet vraiment étrange, singulier et ambigu
      Non ?

      • #1887 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas encore vu.

      • #1951 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Vu ! Et en effet, je pense qu’il ne faudrait pas passer à côté.

        Je note une chose à propos de ce film : l’absence de scènes de concert. Cette lacune, je la tiens comme une grande qualité. Tout d’abord, c’est une audace de ne pas céder aux scènes trop faciles. Il est toujours impressionnant de voir des chefs d’orchestre au cinéma (comme en témoigne une scène du film Annette qui s’en donne à coeur joie sur le caractère pompeux d’un chef d’orchestre). Éviter ces scènes, c’est se recentrer sur la matière première du film qui est de documenter des procédés de domination. Et puis surtout, en offrant très peu de scène de musique, on idéalise moins Tar, on la met moins dans sa position préférée qui est de singer la grande artiste. Ainsi, le film peut creuser l’élément que je trouve le plus passionnant : Tar n’est peut-être pas autant une génie que le prétend son entourage ou que le suggère la scène d’intro.

        Plusieurs scènes viennent etayer cette thèse : la scène d’intro durant laquelle Tar dit principalement des débilités, les scènes de cours où les indications qu’elle donne sont toujours très floues, une scène où il est dit qu’elle a obtenu son poste avec l’aide de sa femme, la scène où son étudiante parvient à deviner les lieux communs qu’elle va enchaîner en conférence. Et surtout : lorsqu’elle choisit de jouer un morceau uniquement pour s’attirer les faveurs de sa nouvelle étudiante. Quel réel passionné de l’art ferait le choix du favoritisme plutôt que celui de la pertinence esthétique ?

        En somme, il est possible d’affirmer que Tar n’est pas une grande cheffe d’orchestre. Et le refus de faire des belles scènes de concert participe à cela car on voit que son statut de femme vénérée relève plutôt de ces manigances en dehors de l’estrade. Ce film évite donc le piège d’un film qui aborderait la cancel culture de façon très bête et qui consisterait à raconter la déchéance d’un génie qui ne pourrait plus exprimer son art à cause d’un tribunal populaire.

        • #1957 Répondre
          Charles
          Invité

          Le film est effectivement très intéressant même s’il n’est pas entièrement réussi. Il est extrêmement singulier en tant que film hollywoodien. On parle de haute culture européenne de façon assez pointue, les scènes peuvent être longues, bavardes avec un dialogue dense, le récit met du temps à s’installer, bref c’est du cinéma pour adulte comme on n’en voit plus que rarement à Hollywood. Ca m’a fait penser à du Haneke de luxe (j’ai beaucoup pensé à Caché), sous stéroïdes (dans le sens où il montre parfois un peu trop ses muscles), du Haneke américain en somme. J’aime vraiment que le film prenne au sérieux le milieu qu’il montre, qu’il n’ait pas peur de perdre le spectateur, qu’il y aille à fond. Je ne sais pas du tout où le film part pendant une durée assez importante, ce qui est agréable aussi. Cate Blanchett ne bouffe pas toutes les scènes car s’il est indéniable qu’elle fait une performance, le réalisateur a la bonne distance et résiste par exemple aux gros plans presque jusqu’au bout. Tàr est filmé comme une star, comme quelqu’un qui s’écoute parler, qui s’est construit un personnage mais cette construction est prise au sérieux et le film ne se contente pas de se payer le personnage. Le personnage est très réussi, car s’il est évidemment moralement très peu recommandable, on ne met pas en question son amour sincère pour son art. Toni Erdmann, je ne suis pas d’accord, je pense qu’on peut tout à fait être un grand artiste et avoir ce genre de comportements, surtout que le film est suffisamment subtil pour montrer que si Tàr favorise une musicienne celle-ci n’est pas nulle pour autant, au contraire cette dernière convainc tout le monde au moment de l’audition. Tàr est donc suffisamment intelligente pour ne pas sacrifier son art mais pour se débrouiller pour avoir les deux : une artiste sous sa coupe qui pourrait finir sous son lit et une excellente interprète.
          Effectivement, les rapports de domination sont finement montrés et le film ne cède pas à la tentation du spectaculaire. Il réussit aussi à garder une part de mystère, d’irrésolution de certains pans de l’intrigue (comme dans Caché), voire de bizarrerie. Ainsi, cette scène en plan-séquence où Tàr humilie un étudiant woke assez arrogant mais en même temps impressionné au point de ne pouvoir contrôler sa jambe qui ne cesse de bouger ; au début, voyant cette jambe je me dis que c’est une façon assez grossière de montrer la timidité de l’étudiant sauf que personne ne le remarque dans la scène à l’exception de Tàr à un moment qui pose la main dessus, ce n’est pas vraiment utilisé par la scène et ça vient même contredire l’attitude de l’étudiant qui ne se laisse pas faire. Ca dure, Tàr l’arrête mais ça ne fait pas récit, c’est étonnant, on ne sait pas quoi en penser.
          Le problème c’est qu’au 2/3 du récit, le film ne sait plus trop quoi faire de son histoire et conclut de façon assez attendue et sans beaucoup de subtilité – par exemple cette scène où elle pleure en gros plan (le seul du film?) devant une vidéo de Bernstein. En revanche, j’aime assez la scène où on propose une « masseuse » à Tàr et qu’elle se retrouve à reproduire ce qu’elle faisait avant en choisissant une jeune femme mais de façon plus crue, ce qui la rend malade. La descente aux enfers est beaucoup trop rapide et brutale, pas très réaliste, le film se repose alors beaucoup sur des ellipses qui apparaissent bien commodes pour expédier la fin.

          • #2135 Répondre
            Bronsky
            Invité

            Le mérite du film c’est avant tout de dessiner un très grand personnage, ambigu car Cate blanchet lui donne un charisme magnétique et le film le tire vers une certaine monstruosité. Tar est aussi un pur personnage de son époque, et de son milieu. Je trouve ça très ancré même si on est dans un cinéma psychologique.
            L’écriture et notamment les ellipses sont vraiment vicieuses, ça crée une ambiguïté permanente entre ce qu’on voit et ce qu’on devine. On peut même trouver ça trop tordu et manipulateur.
            Je suis d’accord avec vous sur les scènes, très réussies. C’est long, extrêmement bien cadré, avec un travail sur le son qui fait penser à certains Fincher. Haneke aussi genre La pianiste, même si je préfère Huppert à Blanchett la dedans.
            Je connais pas ce Todd Field, je sais pas si quelqu’un a vu ses autres films. Même s’il a l’air d’être passé par là bonne école ayant été acteur dans Eyes wide shut

            • #2136 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Bonjour, ce post me convainc à l’instant d’aller le voir.

              • #2157 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Dans l’Esprit Critque, podcast de Médiapart qui fait patienter entre deux Gênes, Alice Leroy indique à juste titre que le film est « kubrickien. » Chacun y verra si c’est une louange ou une lourdeur. La première partie de cette courte émission-podcast parle bien du film, dommage que la seconde se perde dans des histoires de polémique sans grand intérêt.
                https://shows.acast.com/l-esprit-critique/episodes/lesprit-critique-n53-autour-de-tar-de-todd-field

                • #2161 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Je vais écouter ça mais je ne trouve pas ça kubrickien : pas assez visuel, trop précis sur le milieu, trop bavard pour du Kubrick.

    • #2121 Répondre
      Jojojo
      Invité

      Aftersun me semble faire l’objet d’une certaine unanimité. En tout cas dans le registre «  yeux mouillés et bouleversant « .
      Certains l’ont vu ?

      • #2137 Répondre
        Bronsky
        Invité

        C’est pas mal, très typique d’un cinéma inde genre sundace. J’ai pensé au film moyen de Jonah hill mais en mieux. C’est un film de souvenirs où tout est revu sous le prisme de la nostalgie, de la mélancolie. Ce qui fait que les scènes sont jolies, mais où rien ne dépasse de ce petit ton sentimental, un peu touchant. Il n’y a aucune aspérité, juste des indices sur les sentiments cachés que les gens se font un plaisir de décrypter sur Youtube. Le pari derrière c’est que plus les sentiments sont secrets, plus ils seront émouvants : c’est très pudique. Je viens de revoir A nos amours qui est lui assez peu pudique. Bref c’est un joli film, très agréable mais un peu trop gentil.

        • #2142 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          eh bien il y a là de quoi me faire fuir
          je sens le film gentil
          le film sans-pathos c’est à dire avec plein de pathos
          je sens l’émotion rentrée, les silences qui en disent long, et une ambiance générale de hug

          je ne crois pas qu’A nos amours soit impudique. je pense qu’il est trivial, et qu’il n’enjolive pas la vie, qu’il n’adoucit pas là où c’est dur. Qu’il va dans le dur. Qu’il n’est pas là pour rendre la vie vivable mais pour la capter

          jonah hill a renoncé à la cruauté depuis longtemps, tant pis pour lui

          • #2143 Répondre
            Bronsky
            Invité

            C’est un peu ça malheureusement. Mais le film n’en fait pas trop sur les silences, sur la joliesse. Ni trop sur les petites chialades et les petites disputes. Ce qui fait que ça se regarde sans trop d’agacement. Dans le genre y a pire quoi. Mais c’est pas grand chose.
            D’accord sur A nos amours bien sûr, je voulais dire qu’on est dans le contraire d’Aftersun quoi.

            • #2153 Répondre
              Jojojo
              Invité

              Merci pour ton retour.
              Je vais attendre de pouvoir le voir gratuit donc.
              Effectivement ce que j’en ai vu et ton retour laisse présager une esthétique Polaroid et un film tout joli tout gentil.

              Je vais plutôt aller voir L’Envol ce soir. Qui ne semble pas manquer de joliesse, mais au moins je suis à peu prêt sûr de voir un truc bizarre et qui tente.

              • #2158 Répondre
                Bronsky
                Invité

                J’approuve la décision. J’ai beaucoup aimé L’envol

    • #2125 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      pas vu

    • #2186 Répondre
      Gwendoline
      Invité

      Bonjour,

      En vue de la rétrospective Hong Sang-Soo à la cinémathèque, quels films conseillez-vous de voir en premier? Je connais seulement, grâce à la Gêne, Conte de cinéma.
      Merci par avance

      • #2187 Répondre
        Tony
        Invité

        Loin d’avoir tout vu mes préférés parmi la dizaine que j’ai dû voir sont Night and Day,film qu’Il a tourné à Paris,et Le jour d’après.

      • #2210 Répondre
        Charles
        Invité

        Oui, ils sont tous à voir, peu importe l’ordre.

    • #2203 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on peut taper au hasard dans le tas, la pêche ne peut etre que bonne

    • #2235 Répondre
      Gwendoline
      Invité

      D’accord, merci!

    • #2337 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi Starship Troopers jouit en ce moment d’une aussi grosse campagne de réhabilitation? Passage sur Arte, chronique de Rouyer, et bien sûr tout le Twitter Youtube Ciné qui se branle: les critiques pédantes de 97 qui l’ont descendu ont eu tort, le temps a fait son oeuvre pour reconnaitre ce grand film, blablabla. Du coup je le tente et putain mais je suis consterné encore. Qu’est-ce que c’est que ce film? Et surtout, par quel miracle est-il vu comme une critique de l’Amérique, comme un truc contestataire? Parce qu’ils ont mis un Ken et une Barbie archétypaux? C’est ça la contestation? Ou alors la surcouche Journal Télévisé en mode We Want You, propagande de recrutement? Parce qu’on a pris que des acteurs de télé de seconde zone de l’époque? Parce que en fait winx winx c’est du second degré tout ça. Sauf tout ce que fait concrètement le film, il le fait premier degré, et c’est des soldats qui se battent contre insectes, avec des discours patriotiques, des punitions au fouet pour le jeune commandant qui a fauté (WTF), et des grands blonds aux yeux bleus partout qui jouent mal. Parce que armée égale uniformisme égale nazisme, évidemment. Franchement c’est niveau d’un seconde générale option cinéma qui a trop vu Star Wars. Ça a été fait en 97 et on dirait un film des années 80 style Top Gun. En plus, l’histoire générale ça reste une amourette à distance, avec une double relation qu’on voit venir à 10000. J’ai trouvé vraiment ça ultra nul.

      • #2340 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je te soutien dans ta croisade. Le film a toujours eu sa petite communauté de défenseurs, outrés dès sa sortie ciné qu’on prenne le film au premier degré alors que la satire est évidente dans les scènes de Neil Patrick Harris… et comme tu l’as noté, nulle part ailleurs dans le film. C’est vrai qu’on n’entend plus que ce son de cloche aujourd’hui, mais en même temps, qui d’autre parle de Starship Trooper ? Il s’agit d’ailleurs plus généralement d’un effort de réhabilitation de Paul Verhoeven tout entier, Robocop etant maintenant décrit lui aussi comme un grand film contestataire et Showgirl le nouveau Porte du Paradis : grand film maudit massacré par les studios et qui a coûté sa carrière à un petit génie. Pour moi on est devant le cas d’un réalisateur très mal aimé par ses fans, au sens où ils n’identifient pas du tout ce qu’ils aiment vraiment chez lui.

        • #2341 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Et même, je te soutiens.

          • #2349 Répondre
            Tony
            Invité

            J’ai adoré revoir ce film,c’est vraiment un féministe Verhoeven,c’est quand même très rare de voir des personnages féminins aussi puissants,aussi sûrs de leurs désirs et sans mièvrerie alors que le personnage masculin lui est au contraire vu comme un crétin,déjà pour un film soit disant guerrier c’est étonnant,en plus visuellement c’est génial,c’est de la bonne sf.

            • #2356 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              Verhoeven vaut mieux que cette critique rapide.
              Par ailleurs, Starship Troopers a joui en France dès sa sortie d’une bonne critique de la part des cinéphiles de l’establishment.
              On peut être écœuré par cette esthétique fascistoïde mais on peut aussi y voir l’acte grandiose d’un Verhoeven farceur qui exalte cette esthétique sans la juger directement- à l’inverse des dystopies moralisatrices qui sortaient au même moment type Bienvenue à Gattaca.
              Verhoeven adore filmer le sexe et la violence en toute surenchère – son echec La Chair et le Sang ne montrait quasiment que ça. À se demander si toute cette gratuité est bien gratuite.
              Je trouve dans Starship Troopers trois niveaux de lecture.
              1) Le gros film d’action très con.
              2) La critique très démonstrative.
              3) La joie brute de la violence cinématographique : le vrai sujet.
              Verhoeven se fout de ses personnages concepts et de son scénario. Il pousse la violence et la bêtise à son paroxysme, comme il le fera ensuite avec Showgirls en tentant de mettre le maximum de sexe dans un film non porno. Je ne crois pas qu’il y ait une critique de « la société américaine » mais plutôt une exaltation d’Hollywood, une envie de dépasser les limites, une performance.

              • #2360 Répondre
                Charles
                Invité

                Je suis d’accord pour regretter cette réhabilitation tout à fait excessive de Verhoeven – j’ai vu la Chair et le sang récemment et c’est tout de même assez consternant de violence gratuite. Je partage un peu l’avis de Leo Landru sur Starship Troopers en ce que je pense que la critique et l’aspect satirique et parodique est bien réel (il me semble par exemple que l’insigne de l’armée américaine ressemble volontaire à une croix gammée, je crois aussi me souvenir de plans Riefenstahlien). Verhoeven a aussi casté des acteurs de série télé très lisses et proprets qui jouent volontairement de façon très candide. Déguiser une critique antiaméricaine voire antihollywoodienne sous les oripeaux d’un film qui pourrait être aimé au premier degré par les spectateurs américains vaut peut être comme geste réflexif mais pas vraiment au-delà. Une fois qu’on a compris le truc, c’est-à-dire très rapidement, on s’ennuie un peu car tout ça ne fait pas du cinéma très intéressant. Ok les acteurs jouent volontairement mal mais en attendant on doit supporter leur piètre interprétation qu’on ne peut donc sauver qu’intellectuellement, au second degré. Et une fois qu’on a fait un parallèle entre le militarisme américain et l’imaginaire nazi, on en fait quoi? Oui c’est osé quand c’est depuis un film hollywoodien mais artistiquement ça donne quoi? Pas grand-chose. Mais ça permet aux fans du genre d’aimer sans complexe un film de SF bourrin sans complexe puisqu’on le prend pour un grand film subversif. Pour moi, c’est du cinéma de sale gosse qui reste adolescent.

            • #2358 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              Je te rejoins Tony sur le plaisir simple de voir un beau film d’action ultra violent.
              Et je pense que l’ultra violence au cinéma est même le sujet du film. Que peut-on montrer, comment et peut-on y accoler une idéologie ?
              Parce que soyons clairs, un bon film d’action est toujours de droite. On ne veut pas voir les méchants partir en prison, on veut les voir mourir (Die Hard film matrice).
              Verhoeven pose : « ah, vous aimez la violence et le fascisme ? Voyons ce que vous allez penser de ce film ultra violent et de son fascisme total ». Et le résultat est beau.
              Et crée le malaise : le but du cinéaste est atteint.

              • #2361 Répondre
                Charles
                Invité

                Je ne trouve pas Starship Troopers particulièrement beau, surtout avec des effets spéciaux aussi moches, sauf si on a une attirance pour les membres coupés et plus généralement le gore (même si je ne vois pas en quoi c’est mieux filmé de ce point de vue-là que n’importe quel film de ce niveau de violence).

                • #2364 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Par beau film on entend un film intelligent qui parie sur l’intelligence du spectateur et pas sa bêtise,il est toujours intéressant Verhoeven même quand il fait un film de commande,c’est ce qu’on appellait autrefois un contrebandier,un grand directeur d’acteur aussi.Je crois aussi que l’esthétique gore est une esthétique matérialiste.
                  Après concernant ta remarque sur le  film d’action qui serait nécessairement de droite là je suis un peu dubitatif,Yael Saldat a écrit un livre ‘Vigilante’ que j’ai bien envie de lire d’ailleurs.

                  • #2365 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Starship Troopers mise en réalité sur les deux, sur la part de bêtise qui se réjouit de cette violence graphique, sur la part qui se croit intelligente en répétant l’ironie.
                    Pour ma part, j’ai tendance à considérer que le gore déréalise par son outrance la matière, à savoir les corps qui sont réduits à l’état de geysers de sang.

                    • #2366 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Je me souviens que dans Caché on y voyait un geyser de sang aussi et ça paraissait très réel.

                      • #2367 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Justement, je trouve une ressemblance entre Haneke et Verhoeven dans l’adresse au spectateur. Starship Troopers est le Funny Games de Verhoeven, un film à question avec un climax efficace.
                        Concernant les corps, pas d’accord du tout. Verhoeven adore montrer les mutilations et surtout leur caractère irréversible. Robocop comme premier exemple mais on trouve ça dans toute son œuvre. La violence sur les corps est son sujet – de nouveau, renvoi à Elle où l’agression est avant tout physique.

                      • #2369 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui Verhoeven est fasciné par la violence mais je ne vois pas en quoi ça en fait un grand cinéaste. Je l’aime bien hein mais je trouve qu’on en fait un peu trop avec lui alors que son œuvre est très inégale.

                      • #2368 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        La caractéristique des films gores ou des films ayant de nombreuses scènes gores, c’est la répétitivité de la violence graphique très souvent exagérée. Ce qui est l’opposé de ce que fait Haneke avec cette scène qui surprend précisément parce qu’elle tranche – si je puis dire – avec le reste du film.

                      • #2370 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        La comparaison avec Caché ne me semble pas pertinente non plus – je garde cependant celle que je fais avec Funny Games.
                        Mais le gore – et le sexe – chez Verhoeven, c’est vraiment son sujet (ou son fonds de commerce si on veut le dénigrer). L’intervention du réel dans un système idéaliste : le capitalisme dans Robocop, avec la multinationale qui détruit physiquement les corps, et cela va du cadre fusillé par erreur par un robot au début du film à la goutte de pisse dans le pantalon de celui qui se hâte d’uriner quand un cadre de la direction arrive aux toilettes de l’entreprise ; l’idéologie guerrière confrontée à ses gueules cassées dans Starship Troopers ; la compétition sexuelle et la cheville cassée dans Showgirls – les exemples sont légion. Le cinéma de Verhoeven nous montre des personnages qui croient en un système puis le subissent. Mais Verhoeven ne juge pas. Starship Troopers n’est pas une charge antimilitariste, c’est une réflexion sur la propagande, la violence et ses séquelles. Jamais il ne blâme ses héros d’être des imbéciles va-t-en guerre.
                        À l’inverse dans Robocop, le personnage principal est christique – et la chrétienté et le sacrifice occupent une place de choix chez le Hollandais. Murphy meurt, il est ressuscité et rachète les péchés des capitalistes.
                        Je grossis et j’accumule mais il y a tant à dire sur ce cinéma que ce n’est pas lui rendre justice de le ramener à un bête echantillonnage satirique.

                      • #2375 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Verhoeven est peut-être un vitaliste mais pas vraiment un réaliste, en tout cas dans sa période américaine où s’exerce son goût pour la satire et la parodie. Ce n’est pas l’intervention du réel qu’on voit dans ses films mais une violence outrée, ce qui n’est pas la même chose. De même que les scènes de sexe de Showgirls sont moins crues que parodiques et grossières (l’héroïne baise comme elle danse sur scène) – ce qu’il y a de plus cru c’est quand l’héroïne dit qu’elle ne peut pas baiser parce qu’elle a ses règles. Le film a été moqué à sa sortie non pas parce qu’il était sexuellement explicite mais over-the-top tout le temps voire franchement ridicule notamment dans ses scènes de sexe (la fameuse scène dans la piscine).

                      • #2406 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Vu à sa sortie, j’avais moins de 20 ans, pas un goût très affiné à l’époque (et peut-être pas plus maintenant hum) mais je garde le souvenir d’un film malin, d’un réalisateur qui ne voulait certainement pas être le premier de la classe, mais plutôt le petit con qui pouvait regarder le prof droit dans les yeux avec un sourire narquois en disant « bah quoi ? j’ai fais tout ce que vous m’avez appris… »

                        J’avais bien aimé la brutalité nue des rapports sociaux, notamment le fait que la note à la sortie détermine si oui ou non vous ferez partie de la race des seigneurs (« bah quoi ? c’est la méritocratie en marche… »), qu’une des héroïnes laisse tomber le soldat « prolétarisé » pour l’aviateur auréolé d’une bonne note pour cette même raison (« bah quoi ? c’est ça l’amour m’sieur… »), que l’accident menant à la séance de fouet soit expliqué par un équipement (casque) pourri et que la hiérarchie s’en lave les mains, et qu’à la scène de fin les soldats hurlent hystériquement devant la pauvre bête-cheffe apeurée, on voit que l’armée a transformé ces braves gars qui ne pensent qu’à flirter (scène de classe hilarante au début où le prof pontifie sur la démocratie et la distinction civils/citoyens mais les élèves s’en foutent ouvertement et préfère s’envoyer des oeillades) en écervelés, ce qui génère toute notre empathie (mais pas notre sympathie).

                        J’avais aimé aussi la dissonance entre esthétique kitsch, visages lisses, sourires ultrabrights, et grand enjeux de batailles interplanétaires, et le fait que les humains une fois encore vont faire chier la nature, fût-elle sur une autre planète.

                        La scène de fouet est plus contestable, peut-être une référence aux temps barbares des gladiateurs ?

                        Pour l’esthétique fascistoïde, j’ai une question, comment on fait pour filmer l’armée de manière critique sans tomber sur l’esthétique facile du plan qui claque ? Une série de personnes alignées en uniforme, ça fait toujours son effet, tout critique ou distant ou antimilitariste qu’on puisse être. (Me souviens d’une mention de FB dans Microciné sur Kubrick à ce sujet). Pour sauver le film, je crois d’ailleurs qu’il y a plus souvent des scènes de soldats désorganisés et en panique que l’inverse.

                        Bon sinon passionnantes lectures par ici !

            • #2359 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              D’ailleurs, le malaise ramènera Verhoeven en Europe. Concernant Showgirls, le point du réalisateur était plutôt confirmé : on peut montrer la violence à Hollywood, on peut montrer le fascisme, mais on ne peut pas montrer de sexe cru et amoral.
              Finalement, son film le plus populaire, Basic Instinct, est peut-être le plus faible – un scénario vraiment mauvais comme matériau de départ n’aide pas.
              L’histoire de Starship Troopers et celle de Showgirls se télescopent : des jeunes gens vont explorer la violence / le sexe jusqu’à plus soif. Voyons comment les spectateurs réagissent. J’extrapole certainement mais je vois dans chaque Verhoeven une expérience de communication avec son spectateur, un dialogue. L’inverse d’un Kubrick : Verhoeven questionne son audience. Dans Elle cela deviendra évident.

              • #2371 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Je suis désolé mais l’argument « on ne peut pas montrer… » ne porte jamais quand le film n’est pas convaincant. Il faudrait un Showgirl sans les énormes défauts du Showgirl qui existe pour démontrer que « on ne peut pas montrer de sexe cru et amoral ». C’est comme si on disait qu’on ne peut pas faire de comédie populaire en France parce qu’Asterix a du mal à rembourser son budget. Je ne dis pas que Showgirl ne vaut pas mieux qu’Asterix, hein.

                • #2376 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Je suis assez client de Verhoeven mais je dois avouer que j’ai un peu participé à sa surestimation. Comme quoi il ne faut jamais se croire exempt des affects collectifs
                  D’où vient ce volontarisme? Pourquoi une partie de la critique à tellement envie de l’adorer, et de le faire plus grand qu’il n’est? Encanaillement de bourgeois?
                  Il faudrait tout revoir.
                  Deux choses dont je suis sûr : 1 ce cinéma est d’une réjouissante amoralité 2 Black book est un grand film.

                  • #2378 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Je pensais d’ailleurs à Black Book, qui est celui que je préfère dans ce que j’ai vu. L’amoralité de Verhoeven est effectivement une de ses forces et fait que même quand tout est raté, il reste quelque chose qui grate le spectateur. A mon avis un autre aspect qui t’attire chez lui est une froideur qui est beaucoup plus visible maintenant mais qui au fond était déjà présente même dans sa période hollywoodienne, même cachée derrière une réalisation plus classiquement « à effets » comme celle de Basic Instinct.

                    Très subjectivement, le côté un peu cheap de son image, souvent de ses comédiens, ses lumières plus TV que cinoche me tiennent toujours à l’écart. Moins subjectivement, j’ai aussi l’impression que c’est quelqu’un qui travaille très vite à toutes les étapes. C’est souvent un peu baclé et donc très inégal. Dans Black Book ça marche parce qu’il va directement à l’os de chaque scène, sans fioriture, et que l’os est solide. Mais dès qu’il est sur un terrain plus flottant, ça fait n’importe quoi (les scènes dans le studio de jeux vidéos dans Elle).

                    • #2387 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Black book est effectivement un de ses meilleurs films, avec Elle.
                      Je pense que l’oeuvre de Verhoeven a réuni, schématiquement, deux catégories de cinéphiles. La première, ce sont les adeptes du cinéma de genre – la bande Djoumi, Dahan et celle plus jeune d’Ecran large, par exemple – qui ont loué la violence gratuite, le côté sale gosse-mauvais goût de Verhoeven. Ils ont pu d’autant plus assumer et le porter aux nues qu’ils pouvaient légitimer ce goût par la référence au sous-texte plus ou moins politique ou subversif de ses films (Robocop n’est pas que fun, c’est aussi une critique de la privatisation à tous crins des années 80). Ce sont les mêmes qui adorent voir des nanars, sauf que là ils pouvaient se targuer d’une lecture plus adulte avec les films de Verhoeven. La deuxième catégorie de critiques, la plus élitiste, a aimé Verhoeven dans une tradition très française qui adore voir Hollywood critiquer Hollywood, l’Amérique critiquer l’Amérique depuis le coeur du système. Le cinéma est impur, le cinéma hollywoodien est impur au carré et il est réjouissant de voir des films se retourner contre le système qui les fait naître dans ce fantasme de subversion par la bande. Et puis, il existe cette grande tradition des critiques français qui apprennent aux américains à repérer le génie dissimulé dans des films de divertissement hollywoodien. Rivette a tiré le premier, dans cette catégorie, quand il loue Showgirls comme un des plus grands films américains. Evidemment, cela n’a aucun sens, mais la réhabilitation cinéphile a pu être lancée sous un tel patronage. Il faut aussi dire que cette critique adore le contrepied. Les femmes chez Verhoeven sont très souvent ultra sexualisés et dénudés? C’est en réalité le cinéaste le plus féministe d’Hollywood car lui montre des femmes froides, puissantes et déterminées qui en remontrent aux hommes. Cette réhabilitation a d’autant plus pu fonctionner que la trajectoire de Verhoeven s’y prêtait parfaitement, avec un narratif comme on dit impeccable : le furieux batave a commencé sa carrière en Hollande mais ses films étaient trop subversifs, il s’est exilé à Hollywood où il a donc pu continuer son entreprise de subversion de l’intérieur jusqu’à ce que ça devienne impossible (alors que c’est surtout parce que ses films ne marchaient plus) et qu’il doive donc revenir en Europe, seul continent à même de saisir son génie – je force un peu mais c’est à la mesure de cette surestimation. Et il se trouve que Verhoeven sort alors un très bon film avec Black book puis qu’il enchaine avec Elle, déroutant parfois bancal mais passionnant.

                      • #2412 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Tout ça me semble assez juste.
                        Surtout pour la première catégorie.
                        Je me souviens quand même qu’à une époque un pan de la critique le détestait comme « fasciste ». C’était tout aussi con
                        Décidément, manque de calme autour de ce cinéaste.

                      • #2456 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Aux amateurs de Black book je conseille son film « Katie Tippel », dont l’héroïne rappelle beaucoup le personnage de Carice Van Houten

                      • #2484 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je te remercie pour ce partage
                        La beauté du personnage principal
                        Crève les yeux
                        Les dominants la remarque
                        Entre chasse et domestication
                        Je trouve que le film pose bien la
                        Grammaire de la domination dans
                        Les coordonnées et sociales et du désir
                        L’ascension sociale « grâce à l’amour « 
                        Fable a mettre en parallèle de la méritocratie
                        Y est bien dépeinte je trouve

                      • #2502 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Dans la famille  » galérienne pauvre vulgaire et sexy » tu peux aussi demander la vendeuse de frites/boulettes de son film de bikers,  » Spetters » ( sosie blond de Geena Davis)
                        C’est un peu son « la vie de Jesus » ( persos racistes, homophobes et tentative de contact avec la grâce divine)

                      • #2523 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Rire , ah oui je vois qu’il a pas lâché le morceau
                        Je note, merci

    • #2357 Répondre
      Charles
      Invité

      François, tu as vu Tàr ou ta détestation du jeu de Blanchett te tient désormais éloigné de ses films?

    • #2374 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      pas vu
      manque de temps pour la salle en ce moment
      je vais essayer de rattraper
      et aussi Aftersun, dont on me parle

    • #2382 Répondre
      Ostros
      Invité

      J’indique que La Romancière, le Film et le Heureux Hasard le dernier Hong Sang-soo sort aujourd’hui.

      • #2433 Répondre
        riviere
        Invité

        Je l’ai vu hier soir et ça m’a beaucoup plu, des êtres de solitude et des rencontres, de beaux plans d’escaliers gravis ensemble sans savoir où cela mène, le retour du passé, l’oubli, l’ivresse.

        • #2437 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je vais essayer d’y aller demain.

          • #2469 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui le film est très beau même si peut-être moins émouvant que les précédents.

            • #2510 Répondre
              Bronsky
              Invité

              histoire de lancer le débat j’ai trouvé ce nouveau HSS assez en dessous des précédents. La magie est encore là, mais ça tourne à la recette, je vois mal ce qu’on peut y trouver à part le plaisir superficiel de retrouver le foklore HSS sans énormément de substance : alcool, cinéma, rencontres du hasard. Tout ça tourne un peu au gimmick. La fin est assez belle en revanche.

              • #2515 Répondre
                Charles
                Invité

                La fin est belle et HSS n’a pas son pareil pour faire exister des personnages en deux minutes – ici ceux de l’actrice et de la romancière. Même si je l’aime moins que le précédent, chaque scène m’intéresse, je ne m’ennuie jamais même si les motifs sont similaires à d’autres de ses films. La scène sur la langue des signes est très belle par exemple, de même que les dialogues sur le gâchis. C’est un HSS plus mélancolique que d’autres (comme le précédent et Hotel by the river), moins joueur dans le récit. Mais ses plans, ses cadres, la qualité de son (produite par le silence entre plusieurs phrases) me suffisent en vérité – je me demande même s’il n’est pas le meilleur cadreur en activité dans le sens où c’est celui qui arrive à faire exister, à faire ressentir la présence de ce qu’on voit le plus fortement.

                • #2539 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Je sors du Hong Sang-soo très émue. Cette fin comme réponse à la demande du poète « Et comment tu vas t’y prendre pour me tenir avec cette histoire qui ne raconte rien ? ». Demande-pique de consommateur de drames.
                  C’est un métafilm qui raconte le cinema de Hong Sang-soo, le travail minutieux, calme, précis de la caméra. L’attention qu’il porte à ces personnages, qui nous permet de nous immerger dans les plans. De tout voir et tout entendre. De regarder où on veut quand on veut. De voir et d’entendre le ténu, lieu de la vérité. Les mots de la romancière qui formule son idée de film à l’étudiant en cinéma disent tout cela mieux que moi. Un amour pour le cinéma. J’ai adoré le personnage de la romancière, son intransigeance face aux mots qu’ils soient des signes à reproduire dans le silence total ou une remarque faite à une jeune actrice qui a décidé de s’éloigner du cinéma mainstream, un mensonge quant au fait qu’on n’ait pas voulu faire un film avec elle. Et cette balade avec ses rencontres hasardeuses qui, la ramenant dans la librairie de son amie, permet de vivre une autre conversation, de dire ivre ce qu’elle ne lui a pas dit lorsqu’elles se sont revues la première fois, qu’elle n’arrive plus à écrire. D’avoir ensuite au même endroit, dehors, une discussion plus naturelle sans qu’on sache réellement si cela est vrai. Le jeu entre les vérités et les mensonges (« ne dis pas que je te l’ai dit » qui ponctue des échanges). Cette rigueur à l’écriture des dialogues qui reproduit nos attitudes dans la vie, nos façons de nous raconter (et de nous omettre) à des personnes différentes et de raconter les autres. La minutie des détails dans les phrases qui font comprendre l’hypocrisie, le malaise, l’amitié qui naît. L’étudiant qui répond à la romancière ok je vois tu veux faire un documentaire et elle qui essaie de faire comprendre que non on n’est pas là-dedans du tout. Qui se défend. L’incompréhension autour de son travail que ce soit ce qu’elle écrit (« j’adore ce que vous faites », sans qu’on sache ce qu’ils ont aimé précisément / vous êtes connue je vous adore) ou ce qu’elle veut réaliser (l’étudiant qui exprime sur le toit qu’il n’a pas compris ce sur quoi il a bossé et qui rappelle tellement de cas où les acteurs ou techniciens parlent d’un réalisateur selon une grille mainstream en passant à côté de ce qu’il a fait. « Toi qui aimes les films particuliers tu devrais aimer ce film que je désavoue » dit-il à demi-mots à la programmatrice). L’actrice qui nous regarde en sortant de la salle où elle a vu seule le film dans lequel elle à joué – il n’y avait que 2 spectateurs à la séséance d’avant – nous qui ne sommes 8 dans une salle parisienne. Nous regardons un réalisateur qui nous dit : je sais ce qu’est mon cinéma, je sais ce que beaucoup en pense, je sais ce que je fais, comment je le fais et pourquoi je le fais, je continuerai à le faire comme ça pour vous 8. Et pour elle. Et ces bribes du film de la romancière qui font irruption sans prévenir, se raccordant à l’histoire en cours comme un cours d’eau qui en rejoint un autre qui vient nous éclabousser la gueule d’un été frais alors que c’est pas l’été.
                  Quel beau film. Quelle beau personnage cette femme qui insiste. Têtue. Qui tient fort au sens des mots, à la beauté du langage autant qu’à son désir – aller voir une ancienne amie, aller visiter une tour, aller se balader, boire, faire un film.
                  Dont le seul désir suffit à porter une narration, à faire un film.

                  • #2545 Répondre
                    SoR
                    Invité

                    Moi je me suis jurée après avoir vu une trilogie de ses débuts que jamais plus de la vie je ne voudrais voir un de ses films, on m’a dit qu’il avait changé entre 1990 (ceux que j’avais vus) et ses derniers et on m’a dit de regarder plutôt celui de 2013 avec Huppert. Pas encore fait sachant qu’il m’avait littéralement traumatisée tellement son univers me paraissait vraiment très cafardeux, fade et sans poésie justement, ou malsain (mais aussi je crois que je n’ai pas le même rapport esthétiques aux films que vous sur ce forum, j’essaie de m’y mettre mais je n’arrive pas à aimer ce que vous trouvez beau, comme j’ai du mal avec le « cinéma d’auteur » qui en général est un rébus autant que l’art abstrait pour moi. Ex, je m’ennuie devant Godard alors qu’il est apparemment le meilleur cinéaste de tous les temps. A te lire ça me donne envie de tenter les plus récents comme on m’a déjà proposé, peut être que j’y trouverai la poésie que je pensais trouver en commençant par la trilogie.

                    • #2546 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Je préconise d’aller le voir.
                      Et puis comme ça tu pourras te faire ton avis sur les choses qu’on t’a dites à son sujet. Et voir si ton oeil a lui aussi changé depuis tes premiers visionnages. Moi mon goût a changé pour certains réalisateurs depuis mes 18 ans et premières expériences de spectatrice.

                      • #2548 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Je précise, je regardais des films avant 18 ans. J’ai regardé autre chose que les films grand public à partir de cet âge-là.

                      • #2549 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Ok je tenterai car ce que tu écris donne vraiment envie. Avec ta traduction aussi je verrai plus de choses. Non j’ai honte, je n’ai vu cette trilogie que l’année dernière donc je n’ai pas dû beaucoup changer et évoluer depuis (on fait ce qu’on peut) ! 😂 Mais je vais tenter des récents comme celui-là, déjà la bande annonce semble montrer un film qui n’a rien à voir avec l’univers sombre de ceux que j’ai vus.

                  • #2557 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    C’est bien la voix de Hong Sang-soo qu’on entend dans le fragment de l’autre film ? Je l’ai prise comme telle. Comme une effraction de leur intimité à tous les deux à l’intérieur de la narration initiale. C’est ça l’eau fraîche dans la gueule.

    • #2438 Répondre
      Ostros
      Invité

      Depuis 1999 Francis de Smedt dit Francis Alÿs réalise des courts métrages sur les jeux des enfants dans les pays où il voyage. Les 32 courts métrages sont visibles sur son site :
      https://francisalys.com/category/childrens-games/
      (En s’y baladant on peut aussi y consulter les dossiers de ces autres travaux).

    • #2460 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Vous connaissez le critique Vincent Malausa? C’est un gros débile ou c’est moi? Je le suis sur Twitter, il me parait cata, il passe son temps à insulter ou à se moquer du monde. Il publie tout le temps des tweets par ailleurs, c’est à se demander quand il bosse.

      • #2468 Répondre
        Charles
        Invité

        Je le lis depuis une bonne dizaine d’années donc je connais un peu l’animal. Il faisait initialement partie de la bande de Chronicart avant de migrer vers les Cahiers, période Delorme. Il fut l’un des rares de l’équipe à ne pas démissionner au moment du changement de direction et d’investisseur. Il est resté mais ne doit écrire qu’une ou deux critiques par numéro, j’ai l’impression qu’il est un peu isolé, ce qui explique qu’il ait autant de temps.
        Sur Twitter il joue à la petit frappe adolescente en se moquant et insultant tout le monde et en donnant ses avis à l’emporte-pièce. Il déteste ou adore sans qu’on sache où commence et s’arrête le second degré . Par exemple, il a détesté l’interview de François par Critikat mais a semble-t-il apprécié la Gêne sur la Montagne, comprenne qui pourra.
        On pourrait d’ailleurs faire le lien avec ce qui précède, comme s’il avait pété un câble depuis la nouvelle mouture des Cahiers.
        Ce n’est pas un mauvais critique franchement, ses articles dans les Cahiers sont pas si mal, c’est un très bon connaisseur du cinéma américain et du cinéma de genre mais il a des goûts iconoclastes et parfois je le suspecte de surtout chercher le contre-pied. C’est par exemple un fan de Ridley Scott, ce qui aux Cahiers détonne quelque peu. C’est un peu une version snob de Djoumi et Dahan.

        • #2475 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Pour avoir un peu échanger avec lui en privé ( et une pote aussi ) il est très cordial et sympa. Je pense il joue juste un jeu sur twitter ou il s’amuse de manière un peu puérile quoi. Mais oui, il a fait toujours des excellents papiers je suis d’accord ( même dans Mad Movies ), il a souvent des formules assez inédites, qui resituent bien certains films, leurs atmosphères. Mais je trouve qu’il a pas vraiment de structure intellectuelle proprement dite, enfin c’est plus difficile de le suivre dans ses avis qu’un françois par exemple, que je trouve plus construit, avec plus d’idées établies

          • #2476 Répondre
            Alexandre
            Invité

            échangé°

            • #2487 Répondre
              Mathieu
              Invité

              OK merci à vous pour les réponses. Tout bon critique a t-il pu être ou est-il encore, je l’ai mis en sourdine, il m’insupporte. Pire que les tweets non sollicités de Musk.

              • #2492 Répondre
                Charles
                Invité

                Le twitter-ciné est de toute façon assez insupportable dans l’ensemble, notamment dans sa façon de réhabiliter des daubes au forceps. Dans le lot, c’est peut-être Théo Ribeton le moins pénible.

                • #2512 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  C’est quoi ton pseudo toi Charles par curiosité ?
                  De toute façon, c’est à peu près impossible de parler cinéma de manière intéressante en 300 caractères. Le réseau condamne intrinsèquement à livrer des opinions à l’emporte pièce et des réactions à chaud bidons sur ce qui passe dans le fil. Même moi ce que je raconte n’a aucun intérêt, je le prends juste comme un amusement maintenant et une manière de rencontrer d’autres passionnés – ce qui est arrivé et est un effet positif à mettre au crédit de Twitter quand même.

                  • #2513 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Twitter présente ce type de danger pour tout le monde, et la cinéphilie a toujours eu cette pente (de mémoire Pennac a écrit quelque chose comme « un mépris et une superbe qui ne pousse qu’en terre de cinéphilie »). Une rencontre explosive.

                  • #2514 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Je ne tweete pas (j’ai créé un compte il y a 7 ans pour des raisons professionnelles pour retweeter 4-5 trucs et depuis je ne l’utilise plus, il ne me sert qu’à voir ce que les autres tweetent)

                    • #2533 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Twitter abêtit, c’est inévitable. Dans une tout autre catégorie, le droit, on a vu la triste déchéance de Maître Eolas, qui tenait un blog admirable mais préfère maintenant lâcher des piques sans intérêt et étaler ses opinions politiques tièdes.

    • #2481 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      si on pouvait dire « idées muries » plutot qu »idées établies », ça m’arrangerait
      tout corps a une certaine cohérence, le travail du critique est de ressaisir toujours mieux la cohérence de son corps, ce qui finit, avec les années (muries), par donner une certaine cohérence à son discours
      voilà comment moi je le dirais

      Un écrivain balzacien pourrait faire un roman sur les gens qui ont trouvé dans Twitter une nouvelle vie .
      Gens que la vie d’avant laissait plutot sur le carreau – Malausa je l’ai connu tout petit.

      • #2511 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Oui je disais  » établies  » dans ce sens là, pas au sens du type bardé d’idées qui n’évoluent plus. Muries est mieux en effet.

    • #2522 Répondre
      riviere
      Invité

      Peut-être serez-vous intéressé.e.s: La femme est l’avenir de l’homme de Hong Sang-soo ; La leçon de cinéma : Le vent nous emportera
      de Mojdeh Famili dispo jusqu’au 23 sur https://www.mk2curiosity.com/

      • #2524 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci rivière

      • #2526 Répondre
        Buster
        Invité

        Merci !

      • #2530 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        un des plus beaux films de Kia, un des plus beaux films de Hong

        • #2623 Répondre
          Charles
          Invité

          Très intéressant de comparer celui-ci avec les derniers HSS, on mesure bien la trajectoire parcourue : plus grande simplicité narrative, plus grande économie de moyens, personnages féminins devenus centraux, plus grande attention aux gestes. Plus radical et plus dépouillé en somme.

      • #2532 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci !

      • #2728 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Vu « La Femme… », merci pour cette suggestion, mon premier HSS ! J’ai beaucoup aimé être dérouté, jamais très sûr de ce qui est le présent, le passé, et le fantasme.

    • #2531 Répondre
      Cyril
      Invité

      Est-ce que Bergman est un cinéaste que tu affectionnes François ?

      • #2603 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        sur l’ensemble plutot pas – trop théorique pour moi
        mais il y a des films de lui que j’aime beaucoup dans sa période 65-80

    • #2570 Répondre
      SoR
      Invité

      Bonjour, quelqu’un a t-il été entendre la critique de la vie au ranch ? Que faut-il en retenir de ce film? Merci à vous

      • #2571 Répondre
        Ostros
        Invité

        C’est mardi 21 à 20h à l’Arlequin.

        • #2578 Répondre
          SoR
          Invité

          Oh pardon! merci je croyais que c’était déjà passé, je ne fais pas trop attention car je ne peux jamais y aller car très compliqué pour rentrer la nuit d’où je viens, j’espère que toi ou d’autres pourrez nous ramener des éléments de la séance la semaine prochaine !

          • #2579 Répondre
            Ostros
            Invité

            J’ai moi aussi un problème de transports qui s’arrêtent autour de 23h et qui limite mes sorties ciné nocturnes…

            • #2622 Répondre
              Carpentier
              Invité

              J’ai bien un plan de voiture partagée, une petite peugeot 3008, dont je pourrais vous faire bénéficier mais depuis mon dernier deal avec un certain Pierre P, il y a une semaine, toujours pas récupéré le véhicule.
              On se tient au jus,

              • #2626 Répondre
                SoR
                Invité

                Oh! Merci Carpentier si tu t’adresses aussi à moi, ça serait génial que je puisse y aller une fois grâce au co-voiturage mais si ça se trouve on habite toutes très loin l’une de l’autre, j’habite Fontainebleau donc ça fait loin en voiture.😥

                • #2628 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Si j’y vais, promis, je raconterai.
                  As-tu déjà vu un film de Sophie Letourneur?

                  • #2660 Répondre
                    SoR
                    Invité

                    Merci beaucoup Carpentier ! Non je ne crois pas en avoir vu, je vois peu de films de manière générale même si j’aime beaucoup le cinéma.

                    • #2933 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Préféré mon confort bourgeois hier soir, j’espère que quelqu’un pourra raconter.

    • #2630 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Tant mieux pour ceux qui verront La vie au ranch
      Mais les autres pourront voir bientot Voyage en Italie, qui est une sorte d’événement esthétique

      • #2633 Répondre
        Charles
        Invité

        Letourneur aurait donc réussi à rendre à nouveau supportable Philippe Katerine?

        • #2668 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          c’est la première fois qu’il existe au cinéma

          • #2710 Répondre
            Juliette B
            Invité

            La bande-annonce est super chouette déjà

    • #2644 Répondre
      Nox
      Invité

      J’ai essayé de regarder Sonate d’Automne de Bergman et… je n’y arrive pas ; je trouve le film trop bavard, trop monologueur, trop dans l’exposition et pas assez dans le silence et la subtilité. Peut-être que je suis passé à côté de quelque chose…

      • #2669 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        le film devient subtil si on commence à se dire que la fill est aussi monstrueuse que la mère

        • #2692 Répondre
          Nox
          Invité

          Je trouve justement les deux femmes tout aussi antipathiques l’une que l’autre, car toutes deux enfermées dans une fausse ambition de réconciliation alors qu’on se rend compte rapidement qu’elles se forcent à se parler, à se voir, à communiquer. La scène avec la pauvre petite sœur paraplégique en est une belle illustration : la mère, comme la fille font semblant d’être toutes les deux là pour elle non par amour, mais par pitié.

    • #2696 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On peut au moins reconnaitre au film son épure. On est à l’os, on va directement au coeur de la pathologie, sans chichi. Une épure dont le théatre est capable, quand il consent à etre du théatre.
      Bergman en vient.

      • #2699 Répondre
        Nox
        Invité

        C’est effectivement la meilleure scène du film, à mes yeux. L’actrice qui joue la paraplégique m’a scotché.

        • #2700 Répondre
          Charles
          Invité

          Le septième sceau, Scènes de la vie conjugale et les Fraises sauvages sont assez simples et pas vraiment théoriques à mon sens. En revanche Cris et chuchotements, c’est pas évident (ça n’a pas l’air très différent de Sonate d’automne que je n’ai pas vu, compte tenu de ce que vous en dites). Persona est plus théorique mais il m’avait fait forte impression. Sinon y a aussi l’Oeuf du serpent qui est une sorte de blockbuster pour lui ou en tout cas son film le plus grand public, sur la montée du nazisme en Allemagne. Ce n’est pas mon cinéaste de chevet mais il est tout de même incontournable car très marquant.

          • #2701 Répondre
            Anna H
            Invité

            Je recommande pour ma part Monika (1953), un de mes films préférés,

            • #2706 Répondre
              Ostros
              Invité

              J’aime beaucoup Monika aussi ainsi que Jeux d’été. Ils sont moins chargés esthétiquement et moins sombres même si durs que ceux évoqués. Ils te conviendront sans doute mieux.
              Je me souviens avoir été supsendue au 7e sceau quand je l’ai découvert. J’aimais bien ce qui était symbolique et obscur à l’époque. La honte aussi m’avait marquée.

          • #2722 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Scènes de la vie conjugale, vu pour la première fois il y a 2 ou 3 ans, m’a scotché de bout en bout par surprise. Persona, à part peut être son montage abstrait d’ouverture est particulièrement fort. C’est devenu un cliché de le dire, mais c’est une leçon de cadrage : dans ce film chaque cadre te fait ressentir qu’il était le seul possible et que tout autre choix était une erreur.

            En revanche j’ai eu plus de mal il y a peu avec les fraises sauvages, qui a de très belles choses (dont les accents de cruauté bergmanienne signalées plus haut) mais dont le traitement des flashbacks en saynètes kitsches de théâtre m’a bien tenu à l’écart.

            • #2755 Répondre
              Anna H
              Invité

              Dans les Fraises sauvages, je me souviens surtout des deux magnifiques scènes de rêve.

      • #2708 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Il est magnifiquement cruel pour les deux personnages. Ce qui est bien et pas si fréquent (on pense à certain roman en l’écrivant).
        Je crois que je n’aurais pas su aimer Haneke aussi bien si je ne l’avais pas vu un soir il y a longtemps tard le soir à la télé. Je me souviens qu’en plus de me retenir d’aller pisser, je retenais aussi sans le vouloir ma respiration.

        • #2709 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Je parle de Sonate d’automne.

    • #2730 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai revu Piégée de Soderbergh et je ne comprends toujours pas ce que vous lui trouvez. C’est une série B sympathique qui se regarde sans déplaisir mais que je trouve curieusement sous-investie, comme étouffée. Ca me fait l’effet d’un exercice de style bien exécuté dans ses scènes d’action mais un peu vain, avec un scénario assez cheap et pas loin d’être risible. Très en dessous d’un Mémoire dans la peau, dans un registre similaire, dont le personnage central est mille fois plus intéressant et incarné que cette action girl dénuée de personnalité.
      Sait-on où est passée Schnoups d’ailleurs? C’est elle de mémoire qui m’avait loué ce film.

      • #2751 Répondre
        Tony
        Invité

        Moi j’ai revu récemment l’anglais, sacré film,et hors d’atteinte aussi, toujours aussi bon, Piégée c’est de la bonne série b,on se fout du scénario c’est que de la mise en scène.

        • #2752 Répondre
          Charles
          Invité

          Ok mais rien de génial quoi.

          • #2753 Répondre
            Tony
            Invité

            Rien à voir mais hier soir j’ai vu Bowling Saturn c’est vraiment très bizarre,c’est l’envers négatif de Peaux de vaches,je ne sais pas quoi en penser,si le sujet c’est la violence masculine je ne suis pas convaincu…

          • #2756 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Si l’idée c’est de dire que Piégée n’est pas un chef d’oeuvre, très bien – ce serait intéressant de voir comment le cinéma mineur de Soderbergh ne cherche précisément pas le chef d’oeuvre, mais cherche autre chose, -comme Rohmer par exemple.
            Ce film il faut le prendre scène par scène, puisque c’est simple elles sont toutes réussies, et d’abord les scènes de baston (et je m’étonne que Tony ne voit pas l’intelligence politique au travail dans ce film)
            Je l’ai déjà dit? Mais c’est toi Charles aussi qui tiens régulièrement à venir me signifier que Chandor bof et que Soderbergh on va pas en faire un fromage non plus
            On pourrait peut etre décider à ce stade que tu renonces à aimer ces deux cinéastes, et renonces à répéter que tu les aimes moyennement comme si tu t’en voulais.
            Alors que c’est pas grave
            Moi non plus je n’ai pas d’yeux pour tout.

            • #2759 Répondre
              Charles
              Invité

              Vous trouvez que Soderbergh est un grand cinéaste et moi je reste incrédule mais je fais l’effort de revoir un de ses films qui m’ont le moins plu. Et je ne suis toujours pas convaincu et exprime mon incompréhension, c’est tout. C’est loin d’être du trolling.
              Le procédé narratif consistant à raconter une histoire par flashbacks à un inconnu est une convention assez grossière. De même que les scènes avec Paxton n’ont rien de très intéressantes et que j’ai trouvé forcés les soudains remords de l’héroïne quand elle voit mourir Tatum sous prétexte qu’elle a couché avec lui alors que deux scènes avant elle n’a pas hésité à lui coller une raclée. Les scènes de Douglas sont aussi assez convenues. Je me demande aussi l’intérêt de convoquer autant de stars pour leur faire jouer 5 lignes et demie de dialogue.
              Mais on peut aussi arrêter de débattre quand on n’est pas d’accord, c’est effectivement plus simple.
              Je vais attendre le retour de Schnoups, peut être qu’elle sera plus disposée que toi à m’expliquer ce qu’elle voit de puissant dans ce film.

              • #2802 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                « J’ai revu Piégée de Soderbergh et je ne comprends toujours pas ce que vous lui trouvez. » Une telle formule n’est pas une invitation au débat.
                D’autant que ce film a déjà été évoqué il y a peu.
                On avait déjà parlé de la scène de baston dans la chambre, que je trouve géniale et toi non. Tu veux quoi? Que je redise qu’elle est géniale et que tu me redises qu’elle est nulle et banale?
                Tu veux que je te redise que j’adore la fuite sur les toits et que tu me redises que toi non bof?

                La seule façon de sortir de ça serait que je revoie le film et que j’en fasse une analyse longue et précise, ce dont je n’ai pas le temps.
                Il est possible que je programme un Soderbegh au ciné-club avant la fin de l’année, cela t’éclairera peut etre, comme il semble que des gens présents à Margin Call y aient trouvé une force qu’ils n’avaient pas vue auparavant.

                • #2809 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Ben c’était pensé comme une invitation à me dire ce que vous trouvez de remarquable au film.
                  Jamais dit que les scènes d’action étaient nulles, c’est ce qu’il y a de plus réussi dans le film. Je n’ai jamais considéré que Soderbergh était un cinéaste moyen ou médiocre, plusieurs de ses films récents m’ont bien plu, notamment Logan Lucky sur lequel j’avais écrit un peu plus longuement. Seulement, il tourne énormément et ce n’est pas toujours du plus grand intérêt. Ce n’est pas un Rohmer et ou un HSS qui creuse le même sillon même si c’est un auteur et que ses films sont reconnaissables, ils sont aussi assez variés. Tu as souvent loué ses motifs et notamment son implacable lucidité sur la circulation de l’argent bon bah là dans Piégée c’est très limité.
                  J’attendrai donc un ciné-club.

                • #2811 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Je valide cette idée d’un Soderbergh au ciné club et d’y creuser la question d’un cinéma qui ne vise pas le chef d’oeuvre. Comme Charles son dilettantisme me refroidit, et me devient particulièrement antipathique quand il filme directement des choses séduisantes (le glamour des Ocean’s Eleven, les corps musclés de Magic Mike). Je pense aussi qu’il faut avoir un goût pour la série B pour se sentir parfaitement chez soi dans le Soderbegh de ces dernières années, maintenant que cet aspect est plus à nu dans son cinéma, débarassé du verni chic/malin qu’il y mettait jusqu’à la fin des années 2000. La Gêne Occasionnée sur Logan Lucky m’avait aidé à passer un cap avec Steven, que je continue de le préférer quand il va explicitement vers l’experimental (l’anglais).

    • #2762 Répondre
      Anna H
      Invité

      Merci à Rivière pour le partage du docu de Mojdeh Famili sur « Le vent nous emportera » d’A. Kiarostami, docu que je recommande vraiment . On y voit Kiarostami décortiquer plusieurs séquences de son film, quitte à critiquer certains de ses choix formels. Une belle « Leçon de cinéma » ou comment un cinéaste parle de son travail avec simplicité et profondeur :
      https://www.mk2curiosity.com/film/la-lecon-de-cinema–le-vent-nous-emportera

      • #2763 Répondre
        Anna H
        Invité

        Cela m’a permis aussi de constater que l’ensemble de la filmographie – voire l’intégralité ? (je n’ai pas vérifié mais Hervé confirmera si sa mémoire hypermnésique fonctionne encore) -, courts métrage et documentaires inclus, est accessible en location sur ce site :
        https://www.mk2curiosity.com/collection/cycle-abbas-kiarostami?fbclid=IwAR2gWQBfW5ZRPM8wJu0EbhHEz8B3cB9egLPuyhfRwpcL76W-USxaYbgKPbI

        • #2764 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Il n’y a pas l’intégralité mais quasiment les trois-quarts et c’est déjà pas si mal, ou pour l’écrire plus positivement, c’est déjà très bien.

        • #2771 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci pour ce lien tant recherché.

        • #2777 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Merci beaucoup Anna H pour le lien pour voir le docu et revoir la filmographie de Kiorastami.
          Fan de ce réalisateur,.
          Sa façon de symboliser la mort, le souffle du vent, si j’ai bonne mémoire, très poétique, très subtil.

      • #2776 Répondre
        MA
        Invité

        J’ajoute aussi cette leçon de cinéma que j’avais trouvé intéressante sur Close Up : https://www.dailymotion.com/video/x16tqp9

    • #2826 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut les amis,
      Sami de Microciné organise un festival de cinéma sur deux jours ce week-end, la programmation a l’air top

      La chaîne Youtube Microciné organise son premier festival de cinéma à Paris

    • #2837 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Mexique? Sombrero
      Ford? Thoret.

      • #2860 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Aussi automatique que dans Pyramides, oui.
        Il a vraiment préempté le cinéma classique hollywoodien, ce con
        Tout ça pour dire un peu toujours pareil en plus.
        Bien joué JB

    • #2846 Répondre
      JBM
      Invité

      Je ne suis pas un grand connaisseur de ce qui se fait dans le monde du court-métrage. Par curiosité, j’ai regardé les 4 films sélectionnés pour le César du meilleur court de fiction espérant y voir de nouvelles formes et l’émergence, peut-être, de nouveaux regards. Un film m’a vraiment agacé par sa vanité, sa petite musique niaise et l’antipathie de ses personnages (cherchez les noms connus dans le casting…). Deux autres films sont, disons, généreux mais brouillons. Mais un m’a particulièrement plu : ‘Le roi David’ de Lila Pinell, avec une jeune actrice, Eva Huault, très juste. Un corps, une manière de parler, de s’habiller (les espèces de chaussons avec de la moumoutte là !) qu’on ne voit que rarement à l’écran, si ce n’est dans la télé-réalité. Et l’impression de voir le Paris et les parisiens que j’observe quand j’y vais, et que là aussi on voit trop peu. Lauréat du prix Jean Vigo 2021 (je comprends rien aux processus de nomination selon les années aux Cesars).

      • #2863 Répondre
        Mathieu
        Invité

        J’ai aussi trouvé ce film super pour les raisons que tu dis, j’espère que c’est lui qui gagnera.
        Le film agaçant, c’est Partir un jour, bien sûr. Je comprends qu’il puisse irriter, mais je ne l’ai pour autant pas détesté. En fait je trouve surtout la musique parfaitement bien placée dans la narration, et parfaitement arrangée par le compositeur. C’est la grande force du film pour moi, malgré une histoire vue 100 fois. Faire à ce point entendre Tu M’oublieras de Larusso dans la scène finale, c’est quand même beau. Mais peut-être est-ce un braquage facile sur mon coeur d’artichaut, je veux bien l’admettre aussi.

        • #2877 Répondre
          JBM
          Invité

          Je n’espère rien pour ma part, les Césars m’intéressent très peu mais ça m’a permis un petit coup de projecteur sur l’actualité d’un ‘format’ que je suis de loin. Enfin je zieute quand même les nominations histoire de voir ce que l’Académie retient de l’année cinéma. Apparemment ils préfèrent le cinéma de Klapisch à celui de Thierry De Peretti, grand bien leur fasse…

          C’était pas difficile à trouver mais c’est bien ‘Partir un jour’. Encore heureux que la musique soit parfaitement placée dans la narration dans une comédie musicale – pardon un ‘film musical d’Amélie Bonnin’, comédie c’est pas assez digne. Si on avait eu ‘La tribu de Dana’ au moment où il achète ses pépitos ça aurait été tout de suite moins pertinent. Le compositeur peut arranger les chansons comme il veut, il y a ce parti-pris douteux de laisser les acteurs chanter exagérément faux et absolument rien dans la mise en scène ne valorise ses parties chantées. Par contre on fait un gros plan face caméra sur Juliette Armanet quand elle a sa chanson solo. Mais bon le problème principal ça reste quand même les personnages : le gars est carrément débile (il n’a pas une réplique intelligente), elle est antipathique au possible. J’ai détesté avant tout parce que je les trouve détestables tous les deux. Et la cerise sur le gâteau c’est de savoir que des 4 films, c’est le seul fait par une personne passée par la FEMIS.

          Sur la musique, c’est amené de façon bien plus intelligente dans ‘Le roi David’ même si c’est très (trop ?) référencé. Lors de la fête il y a ‘New Slaves’ de Kanye West, sorte de bizarrerie anar aux accents anti-consuméristes. Et revient de plus en plus au fil du film le 3ème mouvement de la symphonie n°3 de Brahms. Mouvement magnifique repris dans la chanson ‘Quand tu dors près de moi’ d’Yves Montand (cf les paroles) et ‘After L’ du rappeur Soklak (cf les paroles bis).

      • #2880 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai tenté le coup,j’ai tenu 20 minutes,c’est insupportable,je vois pas ce qu’on peut sauver là dedans.

        • #2881 Répondre
          Tony
          Invité

          Je parle du Roi David,les autres j’ai pas regardé.

        • #2883 Répondre
          JBM
          Invité

          Si c’est possible de développer, qu’est-ce qui est insupportable ?

          • #2889 Répondre
            Tony
            Invité

            Selon moi rien ne tient debout dans ce que j’ai vu,on dirait une parodie des émissions de télé-réalité genre les marseillais ou autres,je n’ai aucune empathie pour le personnage,très inconsistant malgré l’actrice,et je n’arrive pas à la situer socialement,en tout cas ça me paraît très fabriqué et caricatural.

            • #2921 Répondre
              JBM
              Invité

              Entendu.
              Je ne sais pas si ce que je vais dire est pertinent mais pour avoir connu des gamines plus ou moins paumées comme Shana, je trouve que le film touche juste. La situation sociale importe peu, ça n’apporte pas grand chose au sujet, elles viennent de presque tous les milieux sociaux. Comme je le disais plus haut, plus qu’un film qui tient debout et totalement mature, je recherchais quelque chose de rafraîchissant, de neuf. Celui-ci n’est pas parfait et je peux me laisser emporter par ma bienveillance à l’égard de ce type de personnalités mais dire qu’il n’y a rien à y sauver, je trouve cela dur.

    • #2950 Répondre
      Mopi
      Invité
    • #2958 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Bon je vais faire hurler Tony, mais comme je le pressentais, j’ai pas beaucoup aimé The Fabelmans. Ma critique croisera à peu près ce que François avait dit à l’époque du Cercle sur le film dans l’Ombre de Mary Poppins ( oui je me souviens de ça, j’étais très assidu du Cercle à l’époque), c’est à dire qu’au lieu de nous servir vraiment la génèse technique de Spielberg cinéaste – les meilleurs scènes du film sont les scènes de tournage entre ados, les petites idées de dégradations de la pellicule avec les épingles etc etc, le petit Steven qui créée autour de lui une communauté de copains qui aime faire des films, qui devient populaire grâce à ce talent alors qu’il ne l’était pas vraiment, qui attire les filles à lui, tout ça est très bien, sauf que c’est 20 pourcent du film, et le reste c’est la génèse psychologique, papa-maman, papa ingénieur tout gentil, maman artiste contrarié adultère. Les personnages du père et de la mère ne sont vraiment pas bons, sans relief, unidimensionnel, et puis ça donne des scènes déjà vu 100 fois genre le père qui s’oppose aux velléités de cinéma de son fils, le tonton doux-dingue qui dit des trucs niais sur ce qu’est un artiste, est-ce que je me mets dans les pas de ma mère ou de mon père?, et Williams et Dano sont vraiment pas bons, mal servis par des personnages creux et des dialogues constamment niais – j’avais déjà parlé sur l’ancien forum de la première scène du film, où Dano et Williams qui s’accroupissent au niveau de leur fils inquiet pour dire à quel point c’est beau le cinéma, mais à peu près tout leur dialogue sont de cette teneur là. Et on a l’impression que Williams joue dans une tragédie genre Sarah Bernahrdt ou je ne sais pas trop quoi, elle dit toutes ses répliques soit avec un grand sourire béat soit avec des larmes de tragédienne éplorée, aucune mesure aucune juste milieu, aucune sobriété, elle est vraiment insupportable.

      • #2959 Répondre
        Mathieu
        Invité

        PS j’ai aussi quand même vachement aimé la scène finale avec Ford et le recadrage. D’ailleurs je me suis dit: « mais il filme au milieu, ce con, il vient de dire que… » et là recadrage. C’est classe. Charlotte Wells devrait en prendre de la graine.

        • #2960 Répondre
          Tony
          Invité

          A la base je ne suis pas un fan de Spielberg,je l’ai été gamin par contre,j’ai le même âge que François et E.T. je l’ai vu au ciné à sa sortie,c’est mon film culte de Steven,je l’ai revu depuis avec mes filles et ça continue à le faire,pour moi c’est un chef d’oeuvre,maintenant je ne suis pas sûr d’être objectif car lorsque je le revois les émotions ressenties enfant semblent remonter aussi à la surface donc c’est compliqué,et puis bien sûr ado Indiana Jones a suivi,culte aussi,j’ai commencé à me détacher de Spielberg un peu plus tard au moment de La couleur pourpre,film que j’avais trouvé dégueulasse et après ça je suis passé à autre chose,je m’y suis à nouveau intéressé au moment de Minority Report,mais The Fabelmans j’avoue j’ai bien aimé,j’ai un peu la flemme de gloser dessus et puis j’attends l’avis de Maître Seldoon!

          • #2961 Répondre
            Seldoon
            Invité

            La pression

      • #2995 Répondre
        JBM
        Invité

        Vu ‘The Fabelmans’ en AVP il y a quasi 1 mois donc je n’ai plus tout en tête.
        Assez d’accord avec Mathieu. Je n’en avais pas grand chose à faire de sa relation avec ses parents, ni de la relation de ses parents entre eux. Merci de ramener à ma mémoire la partie avec l’oncle parce que je l’avais totalement oublié. Je me demande si dans ce genre de scène, c’est pas Kushner qui prend la main sur le film. Je n’arrive pas à recoller les morceaux des deux premier tiers du film tant ça m’est passé au-dessus. Je garde en tête seulement la partie lycée, qui est pour moi la meilleure du film. En fait dès que Spielberg sort de chez lui, de sa famille, j’avais la sensation d’enfin respirer. Cette vie en vase clos, ça m’a étouffé. Concernant les acteurs, je sauverais Paul Dano. J’ai trouvé ce personnage de père assez touchant dans ses obsessions et sa manière de voir sa famille lui échapper. Il y a un peu plus de complexité et d’attention, de craintes pour son fils aîné que chez la mère. J’aime bien Michelle Williams ordinairement mais là il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Son jeu n’est pas bon comme il est dit, son personnage est tête à claques. La scène de danse, apparemment le grand climax du film et déjà rangé au panthéon du cinéma, elle m’a fait ni chaud ni froid. Enfin si, je l’ai trouvé intéressante dans les regards multiples posés sur elle.

        Et vu ce soir sur le Twitter de Richard Brody, critique US au New-Yorker : « I’m amazed that France is overcome by Fabelmania, with rapturous rave reviews even in the most film-serious places; tempted to cite a decades-behind confidence in (and need for) Hollywood classicism, together with the need for a cinematic father—a nice one, a movie Dad. » BOUM !
        Et en réponse au titre de Libération ‘ « The Fabelmans » : aux frontières du réal’, il a mis en français : « Il ne les a pas traversées. »
        Ca tire à balles réelles comme disent les jeunes. Réception vraiment différente du cinéma récent de Spielberg entre les US et la France.

    • #2963 Répondre
      Pierre
      Invité

      retranscription un peu plus articulé que d’habitude de la séance a l’alerquin hier soir. IL faut dire que le film m’a beaucoup plut.
      La vie au ranch de Sophie Letourneur.

      Hommage au 21ème siècle de François Begaudeau.

      il s’agit la d’un 1er film à la radicalité tranquille. Oxymore qui recoupe le profil de Sophie Letourneur qui selon François serait d’une ferme bonhomie. Réalisatrice qui a connu un petit succès public récemment avec son film énorme. Arrive fin mars un prochain film, Voyage en Italie. Très réussi selon François qui a pu le voir en avance. Ce qui fait d’elle, une des réalisatrices les plus accomplies en France.

      Le film ? une jeune femme de trente ans raconte sa vie a vingt ans . Ses héroïnes à l’écran ce sont elles et ses copines. Radical et singulier à l’époque en 2009. Moins maintenant; et pourtant ça continue à la faire, pas perdu de sa superbe malgré les année

      Film

      Reprise par François :

      À sa sortie, avait marqué par ce réel encore tout a fait inouit qu’il se proposait de montrer, celui de la bande de fille. Mécaniquement beaucoup de filles à l’écran puisque Sophie raconte sa vie. Seulement première fois qu’on les voit ainsi. Pas la première réalisatrice pourtant à montrer des récits féminins, et donc des créatures féminines; et La Vie au ranch s’inscrit là-dedans. Mais originalité du fait du parti pris de la bande. Le ranch c’est une collocation entre Manon et Pamella autour de laquelle gravitent 4 ou 5 femmes (et deux ou trois mecs). Depuis on en a vu. Dans les années 2010, c’est presque devenu un genre à part entière. Film de sororité. Mais ici, Sophie Letourneur film la bande en tant que bande, non comme moment de vie d’individualité séparé. Elle va plus loin que le film de Sciamma, Bande de filles, par exemple, ou s’individualise des personnages que l’on va suivre séparé du groupe. Plus qu’un film choral, où chacun est suivi individuellement par moment. Ici on capte le pluriel. Voila le projet formel : capter la pluralité dans le plan. Pas de systématisme puisque rare scène ou Lola et Paméla sont parfois seules mais le Plan étalon du film reste la surcharge, la saturation du plan par les corps. Et souvent au ranch. Vrai courage formel. Ainsi le film commence par une soirée où l’on suit Paloma dans une soirée. Elle se retrouve toujours bousculée du fait du trop de corps. Rejoint l’expérience usuelle de qui a participé à ce genre de soirée.

      Autre particularité, qui fait singularité : la crudité.
      Importer des récits féminins là où ils étaient invisibilisés, c’est raconter des récits jamais entendus encore au cinéma. Des récits très organiques. Paloma cache une culotte dans le frigo parce volée à une copine. (Pas d’histoire de règle je pense, hypothèse de François juste de vêtement prêté non rendu a mon sens)Devient presque une tendance aujourd’hui, mais à l’époque cette crudité est tout à fait nouvelle. Y compris dans le langage qui fait trivialité, voire vulgarité si l’on y tient et selon où l’on se place face au film. Conquête puisque jusqu’ici les femmes au cinéma se tiennent, sont tenues. Corps cadré vs ici corps relâché. Pas beaucoup d’exemples de corps féminin relâchées jusqu’aux années 2000,même dans les personnages émancipés. Ce truc très physique de la posture, marque La Vie au ranch. Cf. Scène de Paloma qui pisse dans la rue. Plan large. On y va, pas de trucage évidemment. Jusqu’ici injonction à la pudeur, devoir de croiser les jambes. La vulgarité chez les femmes est une conquête, et elle l’est au carré au cinéma où on les aura beaucoup filmées contraintes.

      Autres aspects à noter plus modérément singuliers mais tout de même. Ces jeunes ont 20 ans. Les acteurs se connaissent dans la vie mais ne sont pas des potes de la réalisatrice. Voit-on tant de gens de cet âge au cinéma ?Souvent des trentenaires a l’écran puisque c’est souvent l’âge du premier film pour un réalisateur, qui a tôt fait de thématiser la trentaine et ses problèmes (d’engagement, etc. vu et revu jusqu’à plus soif). Et beaucoup d’ados et d’enfants. Mais des gens de 20 ans qui font des études ? Pas si souvent. Ici bourgeois parisien. Pourtant François s’y reconnaît. Dans ces années d’étude supérieur qui sont en fait plutôt des années de non-études, des années où l’on branle rien, ou en tout cas l’ont fait autre chose que de travailler. Période informe que ces premières années post-bac. Où ça redouble beaucoup d’ailleurs, on est post bridage scolaire. Grand film sur ce lâcher-prise sur cette période ou l’ont lâche le pulsionnel, enfin libéré de l’école caserne et de la famille protectrice . S’il n’était qu’une chose, ce film serait prise en charge de ce moment de l’informe. Cf les scènes de lits. En lendemain de soirée, le lit devient lieu de zonage de créatures mal reposées de la soirée de la veille, pas tout à fait rendues sobres et encore pulsionnelles. Lit ou l’on bouffe du gros gâteau dans les draps. Ça pue ici. Odeur du ranch souvent rappelée. On s’autorise du crade de la mauvaise haleine. Lit investi contre l’habitude régulatrice, le manger familial : pas au lit et ensemble à heure réglée. Ici ça mange et ça boit tout le temps et à n’importe quelle heure. Y compris à la bouteille ou sans couvert. Mange sur le pouce et sans table. Permet une économie spéciale des plans qui donne sa forme spéciale au film. Forme qui doit on le rappeler n’est pas autre chose, pas plus, que la réalité matérielle du film. Ici donc la forme se donne pour tâche de contenir le chaos des corps dans le plan. D’ailleurs l’appellation Ranch suggère un peu ça : moins connotation western (même si retournement d’un vocable à connotation masculine pas inintéressant) que connotation de bordel. Ça sent le ranch veut dire C’est le bordel et ça pue mais c’est pour ça que l’on aime; retournement du stigmate.

      Tout est informe dans leur vie, et paradoxalement ça produit une forme esthétique. Projet de Letourneur. Capter l’informe presque de manière documentaire. Captation de la fête et de ses à-côtés, de celle où l’on se motive pour y aller a la scène de réveil, en passant par celle ou l’on se casse de la soirée. Pas la un documentaire en propre pourtant d’abord parce que captation d’un temps qui n’est plus plus, en différé. Le film reprend ainsi les moments de la vie de la réalisatrice, en témoigne les portables pas encore smart alors que film date de 2009. Letourneur n’a aujourd’hui plus 20 ans mais 30. Elle ne fait pas jouer ses amis donc, mais des comédiens amateurs. Et d’ailleurs impression d’impro permanente. Alors qu’en réalité tout est écrit au mot près. Simplement écrit à partir d’impro. Souci du réel. Texte constitué à partir de notes prises à même des scènes de fête. Réel dialectique entre le vrai et le joué. Facon qui sera repris sous une autre forme dans Énorme, ou Sophie Letourneur fait jouer ses acteurs avec pour contrechamp une femme médecin vraiment médecins s’adressant à de vrais patients. Technique tout à fait originale qui demande une grande adaptation de la part des acteurs. Le réel s’établit ainsi comme maître étalon pour guider le débord fictionnel. Film ainsi produit depuis l’improvisation, mais pas en improvisation donc.

      Manière qui permet filmage documentaire de la fiction. Documentaire étiqueté comme genre alors que pour François dichotomie fallacieuse. Préférer plutôt parler de protocole. Il y aurait un protocole documentaire et des protocoles qui empruntent à la fiction. Ainsi, typiquement les documentaires Netflix sont souvent filmés avec des protocoles de fictions. (D’autres protocoles sont possibles et utilisés par ailleurs, plus formalistes )Ce protocole qui n’a pas pour but de rhabiller le réel de le rééclairer. D’ailleurs l’une des première scène du film est particulièrement mal éclairée . Faire de l’Art ce ne sera pas ici faire de la cosmétique. La direction artistique consistera plutôt à déshabiller qu’à rhabiller d’ailleurs. Sans peur de la crudité, sans peur non plus de la répétition. Seule manière de choper de la vie, surtout lorsqu’il s’agit de la vie d’un groupe. Celle ci s’organise autour de choses qu’on aime faire et que l’on aime donc a répéter : se retrouver, manger, etc. Si le film est répétitif, c’est par fidélité au réel. De même il ne s’agit pas rendre les choses plus explicites; maintient de l’opacité de ce qui se trame au sein de la vie en groupe durant tout le film. Les situation ne sont jamais éclaircie et reste a moitié opaque. Ainsi les héroïne ne se présentent pas directement. (Il me semble que dans les premières scènes un peu tout de même, ca discute des prénoms tout au moins.) Le spectateur chopera ce qu’il peut.

      Enfin, dans cette manière Letourneur, ce qui importe peut-être le plus : la captation de la parole. et ce dés le générique du début en forme de bouches dessinées qui se parlent onctueusement. ( // Le marin masqué. Où Sophie Letourneur s’amuse de la post-synchro par goût de la parole, paradoxalement et non par peur d’effet de réalité). Durant tout le film, la matérialité de la parole est disséquée pour mieux la faire percevoir. Elle le dit dans une interview d’ailleurs ‘’ la conversation est une matière à travailler’’. Peu importe le sens des paroles donc. D’ailleurs plutôt qu’une conversation (mot qui sonne somme toute trop philosophique, ou en tout cas trop tenu), il y va d’une polyphonie ou peu importe le contenu. D’ailleurs des que ça ambitionne de dire quelque chose, projet de vie, littérature, où ambition professionnelle ça s’interrompt, ça se fait interrompre, ça se brouille. Le téléphone comme agent d’une cacophonie encore supérieure. Permet parfois des discussions à trois. Polyphonie qui se voit très peu au cinéma où les scènes de conversation sont habituellement très plan-plan. On isole le parleur, on fait du champ contre champ dans le but de faire entendre ce qui se dit, pour faire parvenir aux oreilles du spectateur le sens intégré par le scénariste à ces paroles . On fait avancer l’intrigue. Ici, parole très décousue : de l’Ermitage, leur école a la chate poivre et sel, précédant la chute du poil, ca parle à tort et à travers . Et parfois ça parle seul ça tente de lancer des choses qui ne trouveront pas d’écho. La puissance de Faulkner, par exemple. Prendre la parole par sa physique, c’est l’envisager d’un point de vue érotique c’est envisager le parler qui satisfait un plaisir. C’est d’ailleurs ce que dit Jud.’’ Pourquoi je dis mytho, parce que j’adore dire mytho’’ Plaisir de la private joke aussi, du lexique interne à la bande. C’est ainsi que se cimente une bande de vingtenaire, par la langue par la joie de la langue. Cette dimension auto-érotique de la parole, ce plaisir de bouche est décuplé dans le film par la prise d’accent ou d’intonation. Cf. Le batteur du groupe. Qui choppe 4 fois sur 5 et qui se plaint de la comparaison vis-à-vis du chantier qui choppe 5 fois sur 5 (quid du bassiste?) Lancera plus tard le chant « Amélie Mauresmo » plutôt qu' »I believe I can fly » sur un air bien connu de R Kelly. S’amuse ainsi avec sa propre bouche, ce qu’il refera plus tard avec un slam/poème avec des rimes itz.
      Cette truculence, cette joie au travail passe par cette drôlerie intrinsèque de la [parole](http://parole.de). Et c’est Lola, Meilleure amie de Paloma, qui est championne de cela. En témoigne cette scène ou elle laisse des messages à Fritz et ou elle débriefe ensuite à Paloma son message. Comique de l’anglais mieux maitrisé en parlant à sa pote qu’avec son petit copain. Et cette trouvaille en fin de message à Paloma.’’ À part rien foutre, je ne sais pas quoi foutre.’’ Une autre de ses manières comiques : l’hyperbolisation, comme autre manière de prendre plaisir à parler. « Il connaît hyper bien les arbres. Il est trop fort. » Plus tard, a l’évocation de la cystite elle soutiendra que l’ananas est la cause et c’est par l’intonation qu’elle fera la réplique.

      Un des films les plus drôles alors que pas étiqueté comédie. Souvent, les films les plus drôles sont ceux qui ne cherchent pas à produire du rire par le gag. Drôlerie objective de la vie, de la parole. De, par exemple, le peu de chose a dire dans un message laissé à un mec rencontré quelques minutes. Pas d’intention de gag. Tout passe en mineur. Pas d’agencement de blague écrit par des scénaristes et adressé à des spectateurs, gag dont les acteurs ne seraient que les porteurs. Constitue le schéma de base de la comédie française. Ici, les copines se font rire entre elles. Si il fallait distinguer; on a affaire a de la drôlerie donc plutôt que du gag. Tient beaucoup à la disposition des personnages vis-à-vis d’eux-mêmes. Jamais dupes de ce qu’ils font. Toujours tentent de commenter ce qu’ils font. Ainsi de la scène de concert avec Benjamin Siskou grimé en BB Brune alike. Les filles vont jouer aux gouppy. En toute conscience et parce que c’est drôle de faire ainsi. Théâtralisation en conscience qui empêche toute dramatisation, même durant les scènes de dispute entre couple. On ne peut jamais être sérieux. Reproche de Bart d’ailleurs à Paloma. Chaque scène produit presque automatiquement son deuxième degré. Effet d’absorption d’un esprit global de comédie qui refuse le drame. Drolerie aussi dans la brutalité des raccords. Absence de transitions, bout mis les uns à côté des autres, ce qui participe de cette non-dramatisation pour le spectateur. La mort de la grand-mère au milieu de deux scènes de ranch sans scène de coupe de l’hôpital. Produit un effet de contraste qui ne permet pas le drame. Et d’ailleurs, quand on interroge Paloma en soirée sur l’état de santé de sa grand-mère, elle va dire ‘’ bah elle va die(rire). Je me sens horrible de le dire comme ça.( Tout cela dit dans un encre plus grand rire)’’

      Ici, François témoigne d’une bifurcation dans sa perception du film vis-à-vis de la réalisatrice elle-même. Sophie Letourneur témoigne avoir voulu capter un cauchemar, celui de l’Impossibilité de parler en ce groupe. Vraie malédiction du deuxième degré. François perçoit cela mais retient aussi la drôlerie , on est en présence d’un cinéma très ouvert. Letourneur tient la drôlerie et le pan cauchemardesque du groupe ensemble et chacun fera le bilan qu’il veut.

      Film anti-dramatique et donc non disposé de manière à pouvoir raconter quelque chose. Pas de drame donc d’événement. Rien n’a jamais lieu , le présent contre le récit. Cf. Le déménagement de Pamella. Typiquement, c’est là un évènement dont on peut attendre une progression dans l’histoire. Décision scénaristique qui fait avancer le film. Paloma déménage du ranch. Seulement, le conducteur est mignon, et il se passera tout de même quelque chose au présent, contre le faire scénario qui était gentiment en train de se mettre en place. Ça commence à draguer, Paméla se rend dispo, fume sa cigarette de manière un peu trop démonstrative, trouve Berlin incroyable. Grande cruauté contre le petit ami qui attend sur le trottoir pour l’accueillir chez lui. ‘’Un peu court cette conversation non ? Bah, accélère alors’’ Et Paméla de se cacher sous le pare-brise. Film ainsi organisé pour ne pas avoir de scénario. Et pourtant, enregistre quelque chose, enregistre le délitement. On arrive en Auvergne. Sans déploiement de la panoplie habituelle qui expliquerait le pourquoi de la rupture, on l’a sent arrivé. On n’en connaîtra jamais précisément la raison d’ailleurs, seulement du temps est passé on s’est lassé. La vie au ranch, on s’en lasse, difficile de tenir cette énergie surtout. C’est ce qui se joue en Auvergne. Sophie Letourneur hérite ici de Pialat. Cf. Passe ton bac d’abord. On ressent la tension tout de suite. Existe très très vite. // Réplique dans À nos amours. « Tes personnages en deux lignes existent » Pialat parle de lui-même, de lui-même mais aussi de Letourneur donc puisque sans passer par de l’exposition elle parvient a enregistrer du un délitement . Préfère passer par la matérialité en elle-même . Cf. La posture de Manon, au départ de Paméla. Le moment des adieux, Manon fait la gueule. Poignant ces deux amies qui n’arrivent plus à se parler. Body language de Manon plus efficace que tout discours qu’on aurait pu lui mettre en bouche. Letourneur qui a fait des arts plastiques comme Pialat d’ailleurs, ne produit pourtant pas des scènes picturales (au sens usuel d’harmonie plastique dans les plans). Non, peintres, ils le sont dans la puissance figurative qu’ils parviennent à apporter à leurs plans. // Défi de la peinture, faire exister les choses charnellement alors que réduction à l’immobilité par le dessein. (spécialement le cas avec les peintures mortes d’ailleurs.) C’est ici ce qu’elle arrive a faire. Ainsi, de cette scène d’habillage. Où Paloma est accusée de pute par Jade parce qu’elle veut aller a un vernisage avec une robe léopard un peu courte. Le girofard sur la tête sera de trop.’’ Stop ! ‘’Et l’on comprend qu’il y a une tension rivale entre Paloma et Jade

      Film se finit à Berlin, on va voir Paloma. On sent vite que c’est quelque chose est fini, l’énergie n’est plus la même, y compris entre Lola et Paloma. Et c’est poignant. C’est calme, c’est froid, on est après la bataille, après la vie. Très violent, très affectant tant c’est charnel. On a, à Berlin exactement, ce que l’on n’avait pas dans le ranch. De l’ordre, de l’art, du calme. Le film termine par cette scène de valise au mur, installation de Paloma dans sa chambre (où ne semble plus habiter le beau déménageur d’ailleurs). Œuvre d’art, art d’installation, dont elle est plutôt fière d’ailleurs. « C’est beau. » dit elle confusément. elle parvenue a faire naitre de l’art, un art à soi, à elle. Surtout que la valise la caractérise bien. Cela aura raconté aussi ça en creux. Comment une jeune femme aura trouvé une vocation artistique. En se perdant dans la vie et en la rendant à la beauté. Par son saisissement singulier. Confession autobiographique de Letourneur. Histoire d’une rupture amicale et de l’avènement d’une vocation. Cauchemars joyeux.

      Question :

      Pas de sexe. Et pas tant de fête. Pourquoi ?
      Fermeté des choix de Letourneur. Ce qui l’intéresse : l a bande en tant qu’elle parle donc pas dans le sexe et pas lors de la danse puisqu’on n’y est pas en groupe et on n’y cause pas.
      Autre optique que Mektoub. Autre film de bande de filles.

      Films plus joyeux qu’elle ne croit pas. Pas seulement un cauchemar.
      Les coquillettes. Voyage en Italie. Le small talk.

      • #2967 Répondre
        Louise Michel
        Invité

        super, merci Pierre. Je n’ai pas pu être présent hier

      • #2983 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci beaucoup Pierre pour cette retranscription étoffée et précise de la soirée d’hier, n’ayant pas pu être présente hier n’habitant pas Paris ni région parisienne, j’apprécie beaucoup le travail que tu as fait pour nous tous.

      • #3020 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci Pierre ! C’est très intéressant tout ça.

        • #3036 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          J’ai fini par griller mes mois d’essai Mubi pour La Vie au Ranch et je n’aurais pas pu mieux choisir. C’est difficile de décrire une adéquation totale avec un film, chaque plan, ligne de dialogue, intonation et l’émotion provoquée crescendo tout du long en remarquant que ça ne descend pas, jusqu’à trouver une réplique d’apparence anodine — « En plus cet après-midi, je vais aller acheter des chaussures » — belle à en pleurer. L’impression que tout est distinct dans l’apparente cacophonie. Toujours curieux et précis et spécifique. Le gars à table qui parle de la meuf qui n’arrête pas de l’appeler : j’ai envie de savoir comment ça a été fait pour qu’on ait autant l’impression que cette personne existe. Écriture inspirée par l’acteur ? Improvisation ? Mix des deux ? En même temps, c’est tellement un personnage composé pour contraster l’anxiété de Lola que ça ne peut pas tomber du ciel. Et c’est pareil pour tous les personnages du film, même ceux qui ont deux minutes à l’écran. En Auvergne : émerveillement à l’apparition de la sœur (?) d’une des filles. Petit sourire en coin quand elle les écoute débattre sur le cas Paloma.
          Ce que ça nous raconte dans la succession brute d’événements me passionne tout autant que la succession brute d’événements. C’est beau, oui. Très.
          J’avais entendu parler de ce film à sa sortie, vu des extraits : je ne m’attendais pas à un tel plaisir à écouter / regarder.
          C’est parti pour regarder tout Letourneur cette semaine.

          • #3037 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je suis très heureux que tu ressentes ça. Qui correspond assez bien à la façon dont ce film me prend : amitié matérielle permanente entre lui et moi.
            Mardi j’ai cité un personnage d’A nos amours disant d’un roman : en deux lignes, les personnages existent. Dans la vie au ranch, comme chez Pialat, les personnages existent en trois secondes – même ceux qui sont hors champ, en effet.
            Le marin masqué et Les coquillettes me réjouissent aussi, mais plus théoriques
            Gaby Baby doll est un essai non concluant. Mais un essai.
            Enorme a de grands moments et un dispositif fou
            Mais c’est surtout Voyages en Italie qui te ravira.

            • #3114 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Goût également pour Les Coquillettes et Le Marin Masqué : j’ai particulièrement aimé les voix qui se superposent à l’action filmée dans les deux, qui finissent par devenir une action en soi plus qu’une manière d’éclairer autrement les événements racontés. Le Marin m’a surpris au premier abord par sa « déréalisation ». Finalement, en plus de l’aspect comique du post-syncro, l’isolation spécifique de certains sons les rend audibles d’une autre manière. Et confirmation que ça me fait aussi beaucoup rire.
              Hâte de découvrir Voyages en Italie.

      • #3042 Répondre
        SoR
        Invité

        Malgré tout je me questionne. Est-ce que la vulgarité est une réelle conquête ? Est-ce que ressembler à un homme vulgaire (car, on sait bien, l’homme dès l’adolescence doit être vulgaire pour faire partie de la bande) est un gage d’émancipation et de réelle libération ou est-ce la même fausse idée que reprendre les défauts dits « masculins » (être virile c’est être soi disant impudique : ex on pisse dans la rue sans craindre les regards ni de dégoûter les passants, c’est être non sentimental : on trompe à tout va, c’est fumer, c’est boire comme un homme…Au début la femme dans le cinéma a aussi commencé à fumer et les autres pensaient s’émanciper en le faisant parce qu’elles voyaient à l’écran et sur des pubs des femmes fatales fumer, mais est-ce que ça vient vraiment d’elles de vouloir se pourrir les poumons comme un homme ou n’a t-on pas créé le besoin en disant : regardez comment doit être la femme libre : elle fume …). Je ne vois pas en quoi ces femmes sont plus femmes émancipées que les femmes pudiques ou qui ne ressemble pas à l’image de l’homme viril que le ciné nous abreuve depuis les westerns, je vois juste des femmes imiter des hommes qui se disent « virils ». Il y a des hommes pudiques qui doivent se cacher de l’être et des femmes pudiques qui doivent se sentir « moins bien » parce qu’on ne leur montre quasiment tout le temps que personne normalement ne doit l’être. J’ai toujours l’impression qu’on reste dans des injonctions sur ce que « doit » être la femme émancipée, un discours aux allures publicitaires et non touchant la réalité, l’altérité des personnes. Ce qui me renforce cette impression aussi c’est qu’elles sont absolument toutes ici de type mannequin, celles qu’on voit sur les magazines de mode, lisses et belles comme dans les Kechiche. Je ne l’ai pas vu mais la bande annonce me disait déjà ce que tu expliques et me confirme au contraire que ce n’est pas nouveau mais que c’est la continuité de ce que je voyais déjà au ciné ces dernières 30 années, je ne vois moi rien de neuf ou de très étonnant.

        • #3047 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Si je peux me permettre tu prends les choses par le mauvais bout. Tu fais plein de noeuds et du coup tu t’emmêles
          Le plus simple :
          1 serait de voir le film avant de commenter un commentaire de commentaire du film. Par exemple tu te rendrais compte que les trois héroines du Ranch ne sont pas belles. Que l’une des trois a même un physique assez ingrat, avec un nez impossible. Ce qui casse un code cinématographique – et patriarcal.
          2 serait de prendre les choses quantitativement. Pendant des siècles certains gestes sont interdits aux femmes par une sorte de règle de décence-controle. Puis certaines femmes épousent ces gestes. Tu spécules sur leurs intentions (et donc tu ne t’en sors pas), moi je m’en tiens à une chose simple : elles ne faisaient pas certaines choses, maintenant elles le font. Elles ont donc élargi leur spectre de gestes, postures, plaisirs. On ne les autorisait pas, elles s’autorisent. C’est un gain.
          C’est étrange : on interdit aux femmes de boire, et quand elles se mettent à boire, toi tu dis : ouais mais bon l’alcool c’est pas bien.

          Le soubassement de cette discussion étant comme d’habitude éminemment subjectif, affectif, érotique : il se trouve que moi j’ai du gout pour la trivialité. Donc voir des femmes triviales me plait en soi.
          Tu ne sembles pas avoir le même gout, d’où ta réticence. C’est ton corps, c’est le mien.

          • #3068 Répondre
            SoR
            Invité

            Oui, mais au delà de ça, du fait qu’on soit tous différents, ça ne change pas ce que je dis et je vais essayer de reprendre point par point plus clairement ce que tu me reproches d’être embrouillé:
            -je revenais sur les exemples cités du film qui ferait de lui une nouveauté par rapport à l’attitude de la femme dans le cinéma : pour moi à part dans les détails (c’est à dire dans le degré de la vulgarité, rien de nouveau, or on est bien forcé de forcer sur la vulgarité si on veut du nouveau sur ce point-là : ici en effet on n’avait pas encore vu une femme uriner dans la rue, mais est-ce que ça rend réellement le film novateur?). Sur ce point je ne suis pas en train de condamner le fait de montrer qu’une femme puisse être aussi vulgaire qu’un homme et avoir les mêmes attitudes, on peut tous le faire et c’est très bien de ne pas montrer une différence de nature, je dis que la réalisatrice n’a rien trouvé de neuf à montrer, ça date d’il y a très longtemps dans le principe.
            -Pour le reste je pointais juste du doigt le fait que dans le cinéma et dans la publicité, dans les magazines de modes et dans les médias de masse de manière générale, ce qui domine de manière écrasante (comme donc aussi dans ce film selon les critiques que j’ai, les extraits), c’est une seule image type de la femme accomplie depuis presque un siècle : celle qui commence avec par ex Scarlett O’hara : la femme qui a du charme (comme l’homme qui a du charme avant elle) est celle qui se comporte en homme viril de son temps : Scarlett se goinfre comme un porc, trompe, préfère l’argent à l’amour, boit comme un trou et jure, frappe, délaisse sa fille. Mélanie qui est tout l’inverse est déjà le faire valoir, déjà là on est pas dans : « il existe des femmes comme Scarlett » on est dans : « Scarlett est une vraie femme accomplie et vivante et les hommes comme Retz qui n’ont aucun principe, boivent, trompent, savent se battre et se faire obéir sont de vrais hommes aussi vrai que Ashley est un fantôme d’homme, Mélanie un fantôme de femme ».
            L’image de la femme complètement impudique on l’a eu aussi dès l’entrée en cinéma de Madona qui se sèche les aisselles transpirantes au sèche cheveux devant tout le monde dans les toilettes publiques. J’adore le film qui la met en scène donc ce n’est pas un jugement contre ces films, elle est en effet lumineuse dedans, son charme est mis en avant et son admiratrice là encore ne peut atteindre ce charme qu’en la copiant.
            Pour moi la nouveauté maintenant serait de passer au delà de cet acquis : la femme qui se comporte comme un homme dit « viril » et qui est donc de type désinhibée, impudique, maladroite, non maternelle, non sentimentale, qui peut frapper, boire, voler, fumer n’est pas la seule femme ni le seul corps qui vit tout en étant libre et émancipé sur Terre.
            Cite moi une dizaine de films grand public et médiatisé de ces 10 ou 20 dernières années mettant en scène une bande d’amis de 20 à 30 ans (hommes et/ou femmes) qui ne reprend pas ce même schéma : une jeune émancipée c’est 1/celle qui n’a aucun souci avec le sexe, qui ne le refuse pas mais au contraire en est très curieuse et friande, 2/elle est jolie (pardon mais regarde l’affiche du film : c’est une parfaite pancarte pour aller faire les soldes chez H&M (et je connais beaucoup de gens qui arrivent à me répondre quand je dis « Mélanie Thierry est une bombe » : « mais non si tu regarde bien elle est petite et a une trop grosse bouche » ils prennent aussi des mannequins qui ne sont pas dans le moule…) 3/c’est une femme qui boit et fume comme un pompier. C’est les 3 critères les plus importants et qui ressortent obligatoirement. On voit donc ça dans Lol et tous les films je dis bien grand public qui mettent en scène de jeunes femmes d’aujourd’hui en bandes. Je sais que tu n’as pas voulu voir la série de Florence Foresti en disant qu’elle ne parlait que d’elle et de ses amies en train de boire et faire la fête et que sa vie te paraissait vide, je ne vois pas ici la différence flagrante, sauf que Florence Foresti a une vraie grosse dans sa série et qu’elle ne prend pas au sérieux tout ça, elle se moque elle même de son attitude et remet donc par là en question le fait qu’elle représente quoique ce soit d’autre qu’elle même.
            -Pour l’aspect qui me paraît répondre aux injonctions de la publicité depuis aussi les années 1950′ : on sait très bien que les pubs et le cinéma de ces années mettaient en avant des femmes et leur proposait de fumer pour se donner une attitude émancipée. (cf ex parmi 100 000 https://www.lejoursanspub.fr/blog/wp-content/uploads/2015/03/lucky-strike.jpg) . Je crois qu’on n’est jamais revenu de cette idée où pour être « femme » il faut consommer comme un homme, c’était une injonction publicitaire qui je trouve a été adoptée et s’est maintenue sans remise en cause jamais alors qu’on aurait très bien pu dire aux hommes dans le cinéma : être émancipé c’est ressembler à la femme qui ne boit pas, pourquoi jamais dans ce sens en effet ? Il n’y a rien de naturel ou inné dans le fait de fumer ou boire, c’est un besoin qu’on a créé comme d’autres pour le marché. Là aussi on est passé de la pub : « la femme est une bonne ménagère » à « la femme c’est celle qui fume et boit comme un homme ». Qui remettrait en question ça dans un film grand public?
            Ce qui m’embête ici c’est pas l’altérité, la preuve je ne viendrai pas sur ce Forum et ne lirais pas tes livres si je ne voulais pas connaître ce qui m’est étranger car j’y trouve une manière de penser étrangère à tout ce que j’ai lu et ça m’enrichit et me modifie souvent, c’est juste le fait d’être à ce point tourné vers une seule manière d’être femme à chaque époque. Si on avait proposé dans l’explication de la nouveauté de ce film « il y a une femme dans la bande, une seule qui ne boit pas et ne fume pas, quand on se moque d’elle elle répond avec assurance qu’elle n’aime pas » j’aurais tourné un peu plus mon regard car je me serais dit « tient on sort enfin de Lol et de Foresti » on atteint un truc qui est moins cliché. Si on avait vu une femme avec la couperose ou une autre qui soit très introvertie et n’adopte pas toutes les attitudes du groupe, qui préfère aller lire que de faire la fête, j’aurais sauté de joie car il y en a combien en vrai quand on regarde qui ne sont jamais représentée sauf en faire valoir ou pour s’en moquer ?

            • #3069 Répondre
              SoR
              Invité

              « son admiratrice » je parle évidemment de la fille qui suit Madona dans le film (« Recherche Suzanne désespérément » je crois pour le titre), elle est l’inverse de Madona mais la copie et se libère en même temps dans le film.

              • #3115 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                En fait, je crois que le malentendu vient du fait que tu penses que La Vie au Ranch propose un modèle féminin ou une voie émancipatrice. C’est plus simple et riche. Le film a une veine autobiographique, Letourneur dit qu’elle s’est inspirée de situations réelles, de ses amies, alors il s’agit avant tout de capter des manières d’être dont elle a témoin — les siennes et celles des autres. On n’est pas du tout dans l’idée de masculiniser le féminin, le « rebranding ». On a aussi des manières d’être en groupe, des manières d’être individuelles qui diffèrent et fluctuent au sein du film. L’univers sociologique est plutôt uniforme, je dirais, mais ça n’empêche pas les variations et dynamiques et, quoi qu’il en soit, je reviens au point d’origine : le film n’est pas du tout dans la construction ou l’apologie d’une image de la femme contre une autre, pas de dichotomie ou l’idée que les gestes qu’on filme sont positifs. Plutôt l’idée que filmer les gestes qu’on voit est en soi une action positive.

                • #3168 Répondre
                  SoR
                  Invité

                  ça marche merci. Oui c’est bien possible, peut être malentendu car je n’ai pas vu en entier, je ne savais pas que c’était autobiographique et donc en effet une vue personnelle qui n’a pas prétention à montrer tout des jeunes femmes. Je pense en réfléchissant que mes lectures encore récentes d’un certain bord féministe et les réellement tristes destins que j’ai suivi de jeunes femmes intellectuelles qu’on a tellement brimé et moqué dans l’histoire (car la femme n’est globalement représentée et souhaitée que comme un corps infantile et frivole depuis des siècles justement), tout ça m’a aussi influencée dans ma réserve et réaction présentes, mon regard est peut être trop modifié et trop irrité par ces lectures encore à l’esprit. Merci à toi pour ces précisions et le repositionnement de ce film.

    • #2970 Répondre
      Plume C
      Invité

      Pierre , un grand merci pour ta retranscription précise et ce chouette partage que permet aussi ce site. Gardé en mémoire La vie au ranch, vu au moment de sa sortie mais pas pu assister hier à la séance ciné club de François .
      Je me demande d’ailleurs si François n’avait pas écrit un texte critique dans Transfuge? À confirmer ou non .

    • #2976 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      non je n’avais pas écrit sur le film

    • #3003 Répondre
      Alexandre
      Invité

      J’espère que la prochaine gène sera sur ce bon vieux the Fabelmans. J’étais sorti du film il y a quelques mois relativement ennuyé et indifférent face à un truc que je qualifierais de, au mieux, mineur dans la carrière de Spielberg, mais la génuflexion critique absolue ( 4.9 sur allociné niveau presse , je n’ai jamais vu ça ) depuis quelques jours est entrain de passablement m’emmerder. Ca m’emmerde d’autant plus que j’ai la conviction que le film est mauvais et fade mais je n’arrive pas vraiment à comprendre et expliciter convenablement pourquoi.

    • #3009 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      le film n’est pas mauvais ; il est bête, pathétique, et falsificateur comme du Spielberg
      c’est étrange à dire mais je n’arrive pas à penser autre chose de Spielberg que : tu fais pitié.

      • #3023 Répondre
        Tony
        Invité

        Je fais partie de ceux qui ont aimé le film mais je trouve exagéré l’accueil critique,il y a un côté funèbre dans cette célébration et je ne sais pas pourquoi il y a un tel engouement,qu’est-ce que cela dit en creux de la cinéphilie actuelle?

    • #3027 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      cela dit beaucoup de choses de la cinéphilie actuelle – ou plutot de la critique, ce qui n’est pas la même chose
      et je veux bien que tu me dises que ce que tu as aimé dans ce film (tu peux y aller, je ne te violenterai pas, je garde mes analyses pour la Gene)

      • #3028 Répondre
        Tony
        Invité

        Je te réponds en fin de journée

    • #3065 Répondre
      Tony
      Invité

      Je ne vais pas faire ici une analyse du film,je m’en sens bien incapable,mais je vais évoquer simplement ce que j’ai aimé.En vérité j’ai été conquis dès le début,dans la file d’attente du cinéma,ce petit garçon qui appréhende sa première séance au cinéma(et,de suite,je me mets moi aussi à tenter de me souvenir de cette première fois) et ses parents qui tentent de le rassurer,le père lui parle de façon scientifique de la  persistance rétinienne et de l’illusion du mouvement et sa mère d’un beau rêve,en quelques phrases on comprend aussitôt ce qu’ils sont(on me dira que c’est misogyne mais je ne le crois pas).La séance de cinéma qui suit est très belle,j’ai rarement vu ça,je ne vais pas disserter sur le film  des frères lumière sur l’arrivée du train mais on peut imaginer que les premières projections devaient ressembler à ce que voit le petit Sam.J’ai aimé aussi toutes les ellipses temporelles qui nous montrent Sam passer de l’enfance à l’adolescence,les petits films bricolés avec ses sœurs et ses camarades au collège(et cette scène qui fait signature de Spielberg où on les voit sur leur vélo,en bande,croiser des filles et aller au cinéma voir’l homme qui tua liberty valance’)
      J’ai aimé aussi tous les acteurs,mention spéciale à Michèle Williams excellente en mère juive et dont j’ai aimé l’étrangeté dans ces belles scènes où on la voit danser au camping,s’approcher d’une tornade ou adopter un singe!
      La période au lycée en Californie est elle aussi très riche,on y voit Sam faire l’expérience de l’antisémitisme,le flirt tres drôle avec la petite amoureuse du Christ(qu’elle trouve sexy!)
      Le film d’ailleurs est assez caustique sur le christianisme(quand Sam lui offre un pendentif avec une croix elle lui dit:t’as trouvé Jésus?oui,dans une bijouterie!)
      Je m’arrête là mais,oui,j’ai aimé voir ce film,plus complexe qu’il n’en a l’air.

    • #3066 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ok, merci

    • #3070 Répondre
      Buster
      Invité

      Salut tout le monde,
      Déjà, je partage l’incompréhension quant à l’accueil presse et public.
      Concernant le film, je préfère m’arrêter sur ce qui m’a le plus interpellé et il y aurait beaucoup d’autres choses à dire.
      D’abord, je le trouve terriblement dématérialisé. Ce qui me marque c’est que le film commence sur une sorte d’explication technique et scientifique du cinéma (24 images par seconde, persistance rétinienne, …) – scène que j’ai trouvée ridicule d’emblée mais c’est personnelle – et que tout le film élude complétement la technique du matériel qu’il utilise. On voit Samy utiliser des caméras et des tables de montages mais on ne le voit jamais apprendre à les utiliser (je dis bien apprendre à utiliser et pas simplement utiliser. J’entends donc à faire des erreurs, à recommencer, encore et encore..) D’ailleurs, à 6 ans, le gamin a une conscience du cadre et de l’exposition de la pellicule plutôt élevée pour réussir à avoir des résultats pareils tout seul. Durant tout le film je l’ai pas vu prendre une seule mesure de lumière et pourtant obtenir des rendus à la limite de la « perfection » (limite beaucoup plus que le type de pellicule et de caméra qu’il utilise). J’insiste sur ce point car je crois que cela accentue quelque chose de sous-jacent, c’est que Samy a le cinéma en lui. Il ne galère jamais et il trouve toujours des trucs, des astuces et des techniques depuis gamin. Je reprécise d’ailleurs qu’on ne le voit pas faire l’expérience des trous dans la pellicule, tout comme on ne le voit jamais préparer ses tournages. Aussi, il arrive à diriger des plateaux d’adolescents seul comme personne (c’est un leader Samy, cf. la scène où son père lui dit que le cinéma c’est pareil que son métier, c’est diriger des équipes) et enfin il ne fait aucun bide durant ces projections et tout le public est pris dans ses films (c’est tout de suite « bigger than life »).
      Ce qui me fait dire deux choses. D’abord que Fabelmans n’est pas un film initiatique de Samy au cinéma, tout simplement parce qu’il ne s’initie à rien. Il ne fait l’expérience que de ses réussites et tout est en lui dès le départ puisqu’il a « l’art en lui » comme dit son oncle. Et donc quand on se rappelle que le film est censé être autobiographique, ça fait quand même un sacré egotripe à quelques millions de dollars.

      Ps. Spielberg a signé une série pour HBO sur Napoléon en se basant sur le scénario et le travail de Kubrick…

      • #3071 Répondre
        Alexandre
        Invité

        C’est tout à fait juste.
        Par certains aspects, le film m’a fait penser au dernier James gray qui était lui aussi un film que j’avais trouvé médiocre. Deux films qui revisitent l’enfance de leur réalisateur, l’un façon découverte du merveilleux, l’autre des responsabilités d’adultes. Deux chroniques, une légère et lumineuse, l’autre grave et empesée. Et pourtant, deux films rongés par le même poison fatal : le didactisme. Face à ces deux films, onctueusement choyés par la critique, j’ai ressenti le même ennui morbide face à des films morts – car programmatiques de A à Z. La plongée dans l’enfance est le véhicule dans les deux cas pour enquiller des scènes comme autant de petits marqueurs
         » d’étapes de vies » supposément symboliques et qui ne reposent que sur le fil de l’attendu, du convenu, du simplisme outrancier ( pour le Spielberg) ou du faussement complexe pour le Gray. Et qui dit enfance dit évidemment pour eux course à l’abstraction totale : Rarement vu
        personnes de parents plus abstraits, théoriques, privés de chair et réduits à une pure fonction symbolique qui sert la construction d’une imaginaire désespérément binaire. C’est paroxystiquement le cas dans le film de Spielberg, accentué par la performance de Michelle Williams, dont le surjeu permanent traduit une direction hors de toute réalité.

        • #3163 Répondre
          Buster
          Invité

          Je suis tout à fait d’accord avec toi pour les parents !
          J’ai pas encore vu le James Gray, ça m’inspirait pas grand chose quand il est sorti.

      • #3073 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        tu touches là au coeur du problème

      • #3846 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Je me joins à l’incompréhension quant à l’accueil de la presse. Je l’ai vu en avant première donc je n’ai pas eu l’occasion d’être biaisé par les critiques avant de le voir. J’ai failli partir avant la fin (j’oserais presque dire que j’ai passé un meilleur moment devant le Navi-Navet Avatar 2). Tout est si lisse, si aseptisé. On parle d’un film « testament » sur l’amour de Spielberg pour le cinéma, mais quelle vision du cinéma déploie-t-il? Une mise en avant de la question des « effets spéciaux », et pas tellement grand chose d’autre (il faudrait creuser mais j’épargnerai à ce forum un pavé qui n’intéressera personne. Je vais écouter la gêne de François pour, sans doute, me sentir un peu moins seul. Je ne sais pas si j’ai déjà vu des notes presse+spectateurs Allociné aussi immenses. Je n’ai jamais autant peu compris)

        • #3851 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Dans la Gene tu trouveras une ou deux hypothèses pour expliquer ce phénomène anthropologique

        • #3853 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Question des effets spéciaux qui prend aussi une place démesurée dans le montage/hommage de fin de Babylon.

    • #3074 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Mes enfants, vous me ravissez
      Je pourrai bientot me retirer de la scène sereinement.

      • #3075 Répondre
        Tony
        Invité

        Il est passé où seldoon?

        • #3077 Répondre
          Tony
          Invité

          Concernant l’abstraction supposée des parents je crois qu’il est difficile pour Spielberg,et peut-être pour chacun de nous,de concevoir autrement ses propres parents,quel que soit notre âge la  représentation abstraite que l’on s’en ait fait enfant subsiste toute la vie.

          • #3078 Répondre
            Ostros
            Invité

            Pas d’accord avec ça. J’ai « tué » ces représentations dans ma vingtaine.

            • #3079 Répondre
              Tony
              Invité

              Et t’as tué ton inconscient aussi?

              • #3083 Répondre
                Ostros
                Invité

                Tu parles de représentations.
                Peut-être qu’il s’est modifié. En tout cas oui j’ai détruit l’image que j’avais d’eux et leur influence sur moi. J’ai imposé d’autres rapports.
                Subsiste un attachement fort. Et parfois des conditionnements dans des situations dans lesquelles je ne peux pas agir comme ça, au travail. Si tu parles aussi de désirs et de manières d’attachement je considère qu’ils ont toujours été les miens.

      • #3091 Répondre
        Mélanie
        Invité

        On dirait ma grand-mère, qui ponctuait un certain nombre de ses phrases par : « si je suis encore là »

    • #3080 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Concernant l’abstraction supposée des parents je crois qu’il est difficile pour Spielberg,et peut-être pour chacun de nous,de concevoir autrement ses propres parents,quel que soit notre âge la représentation abstraite que l’on s’en ait fait enfant subsiste toute la vie. »
      Ce que tu dis signe l’impossibilité de toute autobiographie intéressante
      Heureusement que Sartre ne pensait pas comme toi.

      « Et t’as tué ton inconscient aussi? »
      On ne fait pas forcément de l’art avec son inconscient. Ce que Spielberg n’a pas compris, qui hélas s’en est toujours tenu là, au prix d’une auto-limitation suicidaire. Le type qui voulait etre un artiste et a fait exactement tout ce qu’il faut pour ne pas l’etre.

      • #3082 Répondre
        Tony
        Invité

        Concernant l’autobiographie du film c’est complexe aussi,c’est la famille fabelmans,c’est à la fois Steven et un autre qui s’appelle fabelman.

    • #3087 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Que Steven ait fabulé son enfance et sa vocation, c’est une évidence
      La vérité n’est pas son sport favori

      • #3093 Répondre
        Charles
        Invité

        Critique très intéressante de Richard Brody du New-Yorker (oui, il faut lire la presse américaine pour trouver des avis mitigés à propos de ce film), dont voici quelques extraits :

        « He takes satisfaction in looking back at his origins from the standpoint of where he is now. Insofar as Spielberg made a Holocaust drama with a happy ending, it was foreordained [prévisible] that his autobiographical film would be downright triumphalist. »

        « Yet, for all its tenderness, empathy, warmth, and verve, “The Fabelmans” has the feel of mythmaking—a feature-length promotional video for an authorized biography of a filmmaker who, if far from self-made, is in any case self-propelled.
        What’s missing is a sense of history. Spielberg himself certainly doesn’t lack one; many of his most acclaimed films are explicitly political and historical. Most of “The Fabelmans” takes place between 1962 and 1965, consequential years in American life. Yet there’s almost nothing in the film that suggests that the Fabelmans’ lives have any connection to events in the world around them. The civil-rights movement, the Cold War, the John Birch Society, the beginnings of war in Vietnam? The simple fact that young men were eligible to be drafted into military service? Atomic-bomb drills? The Cuban missile crisis? The March on Washington? The assassination of John F. Kennedy? Were there any Black or Hispanic people in Arizona, in California? If so, Spielberg must have found them very shy and quiet. There’s also no sense of the Fabelmans’ own Jewish identity, no family stories of migration, no connection of anti-Semitism to history or to the politics of the time, no notion of the cultural or moral specifics of the family’s religion. What Spielberg offers is a narrative span of time that takes place within the isolation of personal concerns that are wholly detached from the civic ones. It’s the myth of a private life that can even exist in such isolation—America without graffiti. »

        « Above all, though, Spielberg’s foundational myth is the cinema itself. If I had to define his career while standing on one foot, it would be this: to put the emotional world of prime-time television into the form of classic Hollywood cinema. Spielberg expressly renders unto himself the cultural heritage of classic Hollywood […]. Crucially missing, though, is television. There’s not a word or a scene about the seemingly thousands of hours that young Sammy spent watching television before he became the self-conscious high-school auteur. […] But Spielberg denies the déclassé influence of popular network prime time and children’s television of the nineteen-fifties and early sixties in favor of the venerated tradition of Hollywood’s auteurs. Erasing television from his mythology is, for Spielberg, analogous to the working-class directors Erich Stroheim and Josef Sternberg adding the aristocratic “von” to their names.  »

        Lien vers l’article : https://www.newyorker.com/culture/the-front-row/steven-spielbergs-the-fabelmans-is-long-on-verve-and-short-on-history

        • #3139 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Tu lis quoi en presse critique américaine pertinente généralement Charles ?

          • #3152 Répondre
            Charles
            Invité

            J’en lis peu pour tout te dire mais en général le New-Yorker (pour Brody justement même s’il n’est pas toujours fiable) et Indiewire mais ce dernier a tendance à m’agacer, du genre à adorer Sciamma et Aftersun.

            • #3166 Répondre
              Tony
              Invité

              T’as raison,ça a pas l’air d’être une flèche,je viens de regarder son fil Twitter,le film génial qu’il conseille de voir sans attendre c’est…’à plein temps’ avec Laure Calamy,’un thriller d’un réalisme méticuleux’!Moi entre Spielberg et Laure Calamy j’ai fait mon choix.

    • #3106 Répondre
      Doug
      Invité

      Impatient d’écouter la Gêne !

      A fortiori car le cinéma de Spielberg m’intéresse et me plaît et que sur ce cinéaste en particulier, par François, il me semble que l’exercice critique peut être particulièrement fertile. Je crois qu’on peut noter qu’il y a effectivement au cœur du cinéma de Spielberg une contrariété avec le réel. Il y est toujours question de choc entre la beauté d’une Idée (majuscule) et la laideur de sa matérialisation voir son impossibilité d’advenir dans le réel, et son cinéma interroge quoi faire de cette rugosité en donnant plusieurs réponses : fuir le réel, s’y confronter, falsifier, mourir… Je crois que plus encore que sur l’enfance c’est sur cette abrasivité entre réel et fiction, en tout cas sa foi personnelle dans une telle abrasivité, que tout son cinéma s’arrime, et dont l’origine est explorée dans The Fabelmans – au risque de n’intéresser qu’un public qui connaît bien son cinéma et à qui le film n’apprendra du coup que peu. Les références à cette contrariété avec le réel sont partout dans ses films et ces 20 dernières années ne sont plus si connectées à l’enfance comme ç’eut été le cas dans E.T. ou Hook – Entre le faussaire professionnel d’Arrête-Moi Si Tu Peux, la mise en scène du foyer dans Le Terminal, l’idée d’une vengeance symbolique de Munich, les bordels en VR de Minority Report, l’OASIS de Ready Player One, même la chanson America dans West Side Story est surlignée, comparée à sa version par Wilder, en tant que confrontation entre l’idée de l’Amérique et sa matérialité.

      Ce sont des sujets qui me touchent et dont le traitement me touche chez lui mais quand on connaît l’attachement de François à la matière et au réel je me dis qu’il y aura beaucoup à commenter.

    • #3109 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Avec retard j’ai pu voir la nuit du 12. Je me souviens qu’on n’avait pas été tendre ici et je n’en attendais donc pas grand chose mais c’est vraiment très mauvais, non ? C’est maladroit et lourdingue comme un téléfilm de base. Les métaphores sont sur-explicitées par des dialogues au ras des pâquerettes (dialogues dans lesquels traînent de nombreuses scories d’école primaire). Les champ/contrechamp qui montrent systématiquement la personne qui parle en gros plan. La grosse maladresse des qu’on sort du champ/contrechamp. Très surpris par le bas niveau général du film : je pensais me trouver devant du chic surfait et j’ai presque vu Meurtre à Meribel.

      • #3112 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        @Seldoon, pas vu, mais tu avais vu Seules les bêtes ? C’était un film bizarre, je le trouvais déséquilibré, j’y retrouve des éléments de ta critique (notamment le côté téléfilm), et puis ça brosse trop de sujets (un psychopathe nécrophile, un adultère, un brouteur en Côte d’Ivoire, dont d’ailleurs la copine veut partir en France, etc.), mais il y avait aussi quelques plans assez beau d’une ferme et de la Lozère.

      • #3120 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Oui, pareil je l’ai vu récemment en vu des Cesars là et j’ai tenu a peu près 30 min tant tout le monde joue faux dans ce truc, à part peut-ètre Lanners. Accueil critique incompréhensible pour moi.

    • #3119 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Qui parmi vous ont vu Reprise en main de Gilles Perret. Et pour ceux qui l’ont vu, qu’est ce qui vous a plu, dérangé, que vous n’avez pas aimé, qu’est ce que vous avez le plus apprécié ?

      • #3121 Répondre
        Mao
        Invité

        Vu en salle. J’ai trouvé ça complètement raté. Je n’ai jamais cru à rien, ni à l’histoire, ni à l’usine, ni aux personnages. C’est un feel good movie terne, d’un ennui mortel. La salle n’a pas bronché une seule fois durant toute la séance. Pierre Deladonchamps qui a certes du talent ne peut décemment pas se faire passer pour un ouvrier. Le talent a des limites. Idem pour d’autres rôles.
        Il y a un vrai problème de rythme, de direction d’acteurs, de mise en scène. Les comédiens jouent quasi tous en dessous de leur niveau. Je dois dire que j’ai été très embêté parce que dans les réseaux dans lesquels j’évolue il est absolument impossible d’émettre publiquement de telles réserves. Gilles Perret est un type admirable qui fait des choses très importantes par ailleurs mais malheureusement il s’est mis en tête de faire des films de fiction. Peut-être que je suis passé à côté. Votre avis m’intéresse. Je serai absolument ravi de pouvoir réviser mon jugement.

        • #3122 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Je l’ai vu moi aussi en salle, on était peu nombreux mais vu l’heure, cela pouvait se comprendre.
          C’est vrai que les acteurs étaient en dessous de leurs talents.
          Mais je ne pense pas que cela soit complètement raté mais je pense qu’avec une meilleure direction d’acteur et une meilleure mise en scène, cela aurait pu être un bon film social à la Ken Loach.
          Et je te rassure, dans mes réseaux aussi, comme c’est un film social, qui parle des ouvriers qui ont réussi à se battre contre la finance, que cela donne de l’espoir etc etc, donc pas possible d’émettre de critiques.
          C’est un film divertissant qui parle des ouvriers mais je trouve que Gilles Perret est bien meilleur dans le documentaire que dans la fiction.

          • #3123 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Et pour améliorer également il aurait fallu un scénario beaucoup plus grinçant, mordant, moins lisse et plus applus affrondie, moins à la surface des choses.
            C’est un bon téléfilm quoi.

            • #3124 Répondre
              Sarah G
              Invité

              *plus approfondie

            • #3127 Répondre
              Mao
              Invité

              Un téléfilm très dispensable.

              C’est un vrai cas d’école. Comment fait-on pour ne pas froisser un ami qui vient de produire un truc qu’on trouve pas terrible ? J’ai l’impression que c’est impossible. Un critique doit fatalement se faire beaucoup d’ennemies. On a tous plus plus ou moins connu ça. Un pote qui écrit des poèmes ou fait des vidéos médiocres. En général on biaise.
              Sinon il doit bien y avoir quelque chose à trouver du côté du « concept » de cruauté chez Nietzsche pour justifier de dire les choses telles qu’on les a vraiment perçues.

              • #3128 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Oui c’est vrai que c’est compliqué, on ose pas dire ce que l’on pense vraiment de son travail, on veut malgré tout l’encourager, on agit avec lâcheté.
                C’est très dur à vivre en effet.Les critiques se font fatalement des ennemis, c’est certain.
                N’ayant pas lu Nietzsche, je ne peux me prononcer

    • #3125 Répondre
      Sarah G
      Invité

      J’aimerais bien avoir l’avis de François.
      François, as-tu vu Reprise en main de Gilles Perret ?

    • #3145 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Non je ne l’ai pas vu. Aucune envie
      Les docus de Perret ont une utilité politique, mais ils témoignent dans le même temps d’une indifférence totale à la forme, aux questions de forme. Ils adoptent donc la forme bourgeoise du docu-télé, où l’image est un support indifférent. Des films anticapitalistes coulés dans la forme de l’ennemi.
      Dans le docu ça me gene déjà beaucoup, mais disons que le geste militant fait un peu passer la pilule. Je me suis dit que dans la fiction ce ne serait pas supportable.

      La nuit du 12 est une toute petite chose très médiocre
      As bestas à coté c’est du Haneke.

      • #3154 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci François pour ta réponse

    • #3157 Répondre
      Ostros
      Invité

      Charles, qu’est ce que tu as pensé d’aftersun ?
      Moi c’est encore en train d’infuser.

      • #3229 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas beaucoup de bien mais faut dire que François m’en avait dit du mal juste avant, ce qui a pu m’influencer, surtout vis-à-vis de la fin. Je développe demain.

    • #3221 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai trouvé Énorme tout autant génial que La vie au Ranch. Je reconnais la réalisatrice du Ranch et des autres, mais il y a en plus un agencement d’éléments tellement imprévisibles (on a un shaman) et spécifiques que seule Letourneur aurait pu le faire, celui-ci : jamais vu ça avant, vraiment. Le rapport entre les deux est passionnant parce qu’il ne s’agit pas d’une simple inversion des genres tels qu’ils sont définis classiquement. Et dans ce nœud ils sont pris au sérieux jusqu’au bout du burlesque.
      Très envie de le faire voir à ma cousine sage-femme maintenant.

      • #3226 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je m’immisce pour remercier La Gêne d’avoir suggéré ce film, plusieurs fois je ne savais pas s’il fallait rire ou pleurer, je passais des rires aux larmes aux rires en un temps record. La scène d’accouchement reste un immense moment.
        (Parenthèse, la seule autre fois qu’une oeuvre m’a fait un tel effet sur le corps – rires et pleurs mêlés – c’est la lecture d’Un Cœur Synthétique de Chloé Delaume.)

        • #3235 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne connais pas ce livre là de Chloé Delaume. Ca parle de quoi?

          • #3248 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Racontée à la 3ème personne, c’est l’histoire d’Adélaïde (déjà, ce prénom…), 46 ans, Parisienne attachée de presse, sans enfant et tout juste divorcée, qui va découvrir qu’elle est déclassée sur le marché de l’amour. Elle gère mal sa solitude, heureusement elle a ses copines qui elles aussi sont un peu en crise et un peu barrées, mais elles se serrent les coudes.

            C’est écrit de manière musicale, pas de morale, pas de surplomb, Delaume raconte pas à pas comment Adélaïde vit sa nouvelle vie de célibataire et comment divaguent ses pensées. Delaume s’inspire bien sûr de sa propre expérience mais ce n’est pas autobiographique.

            Deux extraits au début pour donner envie :

            « Que faire quand on est seule, où sortir à Paris quand on est seule, bars de quartier ou bars d’hôtel, elle pense aux clubs branchés, aussi. Elle connaît les adresses, elle est attachée de presse, et plutôt dégourdie. Mais elle le sait très bien : s’accouder au comptoir, être à l’aise dans un bar, se lier à des inconnus, elle ne pourra jamais. Quelque chose de l’ordre du blocage, enfant elle était très timide, elle a dû se faire violence pour enfin s’affirmer. Se jeter dans la foule sur une piste de danse, s’y déhancher seulette, entrer en connivence avec les corps annexes, elle ne saura pas faire, et ses jambes se dérobent rien qu’à cette évocation. Adélaïde se demande si saoule et défoncée elle en serait néanmoins capable, parce que ce serait quand même pratique si elle le pouvait. »

            Au risque de passer pour celui qui explique une blague ce qui la rend inopérante, ce « saoule et défoncée » était mon premier éclat de rire. Adélaïde fait tout une entrée sur les différentes places de marché pour rencontrer l’amour, puis évoque sa grande timidité d’enfance, tout ça prend la direction d’un récit psychologisant, féministe et un peu grinçant sur la condition des femmes célibataires de la quarantaine… et puis paf pas du tout, virage complet, Adélaïde part dans le trivial et surgit de nulle part cette pensée que peut-être qu’en se bourrant la gueule elle pourrait avoir du succès. Quel contrepied !

            « Elle invente des histoires dans sa tête, des histoires qui permettent de supporter le présent. Dans l’une d’entre elles, elle sort ce soir dans un club chic et croise l’âme soeur. Il est grand, émacié, et s’appelle Vladimir. Il se reconnaîtront et il lui sourira, ses jours se conjugueront à la deuxième personne enroulée de pluriel. »

            Ce « il est grand, émacié, et s’appelle Vladimir » est tellement fort. En un alexandrin, elle évoque toutes les rêveries de filles sur l’amant artiste exotique, j’adore.

            Bon je sais que j’ai perdu toute crédibilité littéraire sur ce Forum en osant dire que j’aimais bien Fred Vargas, mais là ça n’a rien à voir, ce bouquin là est très beau, quelle musique, Adélaïde nous trouble, Adélaïde on l’aime…

            • #3249 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              François un avis sur Delaume ? C’est le premier bouquin que j’ai lu d’elle pour l’instant.

    • #3228 Répondre
      Charles
      Invité

      Vu Fabelmans, que j’ai trouvé gentillet et anecdotique. Comme souvent chez Spielberg, j’ai l’impression en voyant ses films de chausser des pantoufles : c’est confortable, prévisible, lourdement explicatif, jamais dérangeant avec un optimisme de bon aloi. Toujours un peu long aussi.
      Le film ne vaut pas grand-chose comme film d’apprentissage, comme teen-movie (avec tous les passages obligés du genre et leurs personnages archétypiques : le sportif populaire, la brute qui terrorise le héros, la lycéenne mignonne, la catho avec qui il découvre la sexualité etc.) ou comme drame familial. Sur ce dernier versant, le père est inexistant, écrit d’une traite et joué sur une note. La mère est un personnage plus complexe a priori mais m’agace vite en raison du jeu outré et grimaçant de Williams (à mille lieues de ce qu’elle fait chez Reichardt). Les soeurs sont inexistantes.
      Le film n’est intéressant que parce qu’il est l’autobiopic de Spielberg. Mais là aussi il est décevant. Il est assez étonnant qu’on en apprenne aussi peu sur la cinéphilie du jeune Spielberg, sur ce qui lui plait au cinéma dans sa jeunesse. A part le premier film plus ou moins traumatique on ne sait pas ce qu’il voit, ce qui est pour le moins bizarre pour le récit d’un apprenti cinéaste et ce qui rend la scène finale avec Ford un peu incongrue et artificielle, arrivant comme un cheveu sur la soupe.
      Le film est étonnant en cela car il prend la question de la vocation de cinéaste par une bande presque théorique. Si le jeune Spielberg veut tourner des scènes au départ c’est pour réorganiser le trauma originel et ainsi ne plus avoir peur. Plus tard, lors de son adolescence, on évoque le pouvoir des images et leur rapport à la vérité. Une première fois quand Spielberg ado monte son film de vacances et découvre la relation adultérine de sa mère. C’est la meilleure scène du film car la moins spielbergienne. Là on est du côté du cinéma des 70s paranoïaques et de Blow out de De Palma sauf qu’ici s’exprime une foi un peu naïve dans la vérité des images (perçues comme dangereuses). La seconde fois quand au bal de promo l’apprenti cinéaste montre son film et on découvre qu’il a embelli et déifié le lycéen beau gosse qui le brutalise, au désarroi de celui-ci. Là Spielberg tenait quelque chose d’ambigu, de complexe. Pourquoi le personnage a fait ce choix alors que dans le même film il ridiculise l’autre brute antisémite (dessinée comme un méchant de bande-dessinée, au passage)? C’est hélas vite expédié. A ce moment j’ai fait le lien avec un article fort intéressant du Monde sur les rapports entre les Juifs et Hollywood où il était expliqué que durant l’entre-deux-guerres les premiers se faisaient discrets et ne mettaient pas en avant leur identité religieuse pour essayer de plaire aux goys dans une forme d’acculturation voire de reniement. Le film l’esquisse mais sans plus. La question de la judéité n’est de toute façon pas vraiment traitée. Dans la première partie elle n’est présente que sous une forme folklorique, pittoresque. Dans la seconde partie relative à l’adolescence et avec l’arrivée en Californie l’antisémitisme est évoqué mais très superficiellement via des personnages caricaturaux ressemblant aux jeunesses hitlériennes. C’est dommage quand on parle d’un cinéaste juif dont une partie de l’oeuvre est hantée par la Shoah…Pour en revenir à la conception du cinéma spielbergien véhiculée par le film, les quelques dialogues mis dans la bouche des soeurs m’ont un peu interrogé. Tout d’abord quand l’une d’elles tente de cacher sa mère qui danse dans une robe rendue transparente par les phares de la voiture tandis que le jeune Spielberg la filme avec le père et l’oncle hilares à ses côtés. Je me suis demandé si Spielberg ne faisait pas ici référence au male gaze mais je ne sais pas selon quel point de vue. On a une jeune fille qui essaie de protéger une actrice de l’oeil concupiscent du cinéaste et de ses spectateurs. Soit c’est une autocritique de Spielberg, soit au contraire il tente d’expliquer qu’il a conscience de ces problématiques depuis son enfance grâce à ses soeurs et que ce ne sont surement pas les théoriciennes féministes qui vont lui apprendre quoi que ce soit. Pareillement, quand il montre son film de guerre à sa famille, ses soeurs lui font remarquer qu’il n’y a jamais de personnages féminins dans ses films. On ne peut pas dire que la filmo de Spielberg brille par leur présence non plus. Là encore serait-ce une autocritique? J’en doute un peu parce que le film n’égratigne pas beaucoup son héros, à l’inverse de Gray dans Armageddon time dont la (fausse) autoflagellation était lassante. Comme l’a écrit un critique, The fabelmans c’est « Spielberg’s love letter to himself ». Le film n’a en définitive pas beaucoup de recul sur le personnage de Spielberg-Fabelmans, sur sa vocation de cinéaste. Les questionnements théoriques amorcés ne sont que des leurres, comme en témoigne cette scène finale avec Ford, mise au pinacle par toute la critique qui y voit exactement ce que Spielberg voulait : le jeune Spielberg comme continuateur d’un certain classicisme hollywoodien. La scène est anecdotique, rigolote mais sans beaucoup d’intérêt et qui se finit par des plans finaux d’une naïveté parfaitement spielbergienne. En conclusion, avec ce film on ne comprend pas pourquoi ce jeune homme a fait ET, Jaws, Jurassic Park et la liste de Schindler. Pourquoi il sera un de ceux à avoir participé à la révolution du Nouvel Hollywood avant d’incarner un de ceux à l’avoir tué et remplacé. En fait, je pense que Spielberg se prend pour un génie du cinéma (ce qu’il est peut-être sous certains aspects), comme son père était un ingénieur génial. Et le génie ça ne s’explique pas. C’est pour ça qu’on ne montre pas Spielberg bosser d’arrache-pied ou apprendre auprès d’autres personnes (si on met de côté la blague de Ford). Non, il a ça en lui et tout ce qui a pu faire obstacle ce sont les malheurs de sa mère. Une fois ceux-ci réglés, il peut enfin déployer tout son talent. C’est ce que raconte le film, en somme.

    • #3234 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Il est assez étonnant qu’on en apprenne aussi peu sur la cinéphilie du jeune Spielberg, sur ce qui lui plait au cinéma dans sa jeunesse. A part le premier film plus ou moins traumatique on ne sait pas ce qu’il voit, ce qui est pour le moins bizarre pour le récit d’un apprenti cinéaste et ce qui rend la scène finale avec Ford un peu incongrue et artificielle, arrivant comme un cheveu sur la soupe. »
      J’ai ma petite idée là dessus. C’est à dire que je pense qu’au fond il n’y a là rien d’étonnant. Que c’est parfaitement logique par rapport auj reste.

      Lettre d’amour à soi : c’est tellement ça.

      Sur les répliques des soeurs, je crois que là encore c’est pas bien compliqué (rien n’est compliqué avec Spielberg) : ce monsieur a toujours injecté dans ses films répétitifs des variables qui puisent dans les tendances de l’époque. Lui qui se fout du féminisme comme de sa première caméra, injecte ici quelques éléments de langage de l’époque. Spielberg, c’est sa limite, c’est sa lacheté, ne veut facher personne.

      • #3278 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Le rapport à la caméra dans le film n’est pas cinématographique mais thérapeutique et tout le projet de The Fabelmans est (bêtement) thérapeutique.
        J’ai aimé les nappes en carton. Je me demande si son film sur l’adolescent aryen qui le harcèle montre son pouvoir de falsification ou une admiration permise par la caméra ? La scène qui suit dans le couloir est horriblement écrite, mais j’ai pas l’impression qu’elle répond à cette question, et c’est ce que je retiens avant tout du film. Je penche pour la falsification du jeune homme qui, même harcelé, a envie de plaire.
        Les autres films fabriqués sont de l’Entertainment contenant des trouvailles techniques, donc oui : je pense qu’il se considère comme un ingénieur du cinéma et un entertainer. The Greatest Show on Earth. Je ne vois pas de prétention de cinéaste chez Spielberg, c’est son outil technique pour en mettre plein les yeux pour plaire, ça s’arrête là. Il n’est donc pas surprenant qu’on n’ait pas de cinéphile dans The Fabelmans. L’anecdote sur Ford racontée par Spielberg est plus intéressante que ce qui est dans le film : en gros, il lui a pas dit un truc aussi con que « l’horizon c’est intéressant en haut et en bas du cadre ». Il n’empêche que le film se termine sur un conseil pour faire des films « intéressants » pour l’industrie.
        Spielberg a voulu en mettre plein les yeux dans Ready Player One et ça sentait autant la naphtaline que ses autres films récents. West Side Story, je ne sais pas, personne ne l’a vu.
        Il a annoncé qu’il réaliserait une série HBO sur Napoléon, le projet de Kubrick. Généralement, quand un homme âgé commence à s’intéresser à Napoléon, c’est que le déclin est bien entamé.

        • #3286 Répondre
          Tony
          Invité

          Ce qui est étrange ou révélateur c’est que lorsqu’il filme sans falsifier,la journée au camping,il ne supporte pas ce qu’il découvre et ce que la caméra a filmé à son insu,et il laisse tomber suite à ça sa caméra qu’il va revendre,et il ne reprend la caméra pour filmer la journée buissonnière qu’en falsifiant et en truquant.

          • #3297 Répondre
            Tony
            Invité

            Pour avoir vu récemment West side story je ne comprend pas ce qu’il a voulu faire,des scènes brillamment mises en scène avec des chorégraphies splendides mais film complètement creux,très abstrait pour le coup et sans émotion possible.

            • #3328 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je crois qu’il a juste voulu se faire plaisir tout seul, et ça m’a fait du bien de voir ça après son Ready Player One qu’il a fait pour tenter de plaire aux jeunes (quelle tristesse).

        • #3327 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je ne sais pas si on voit un Spielberg qui s’aime tant que ça. Je me demande si on ne voit pas un Spielberg qui a trop lu sur lui même et ce que ses fans défendent comme les marques de fabrique qui font de lui un auteur : le divorce, le rapport à l’enfance, au judaisme et même le « mauvais goût » (très relatif). Alors qu’il n’a toujours pas grand chose à dire de tout ça. Le résultat est un film sur les traumatismes du pauvre Steven qui montre que des traumatismes, il n’en a pas vécu tant que ça : un divorce parental, un père qui n’aimait pas trop son « hobby », et deux mecs qui l’ont embeté quelques mois.
          Désolé Tony, je suis donc assez d’accord avec tout ce qui a été dit ici sur ce film. Il faut aussi signaler que c’est un film très foutraque, très bavard, qui passe d’époque en époque un peu arbitrairement (et en profite pour se réinventer), qui survole un peu tout, qui aborde quantité de thèmes au détour d’une réplique (le féminisme a été mentionné ici mais en fait c’est constant dans le film) sans rien traiter. Il est très dommage que dans tout ça, le seul truc qui soit à peu près traité soit le mariage des parents. Il y a des bonnes scènes, qui ont toujours de mauvais éléments à l’intérieur, et des mauvaises scènes, qui ont presque toujours au moins deux ou trois bonne répliques. En outre, on n’a pas affaire à la fluidité géniale du Spielberg des grands moments. Il y a des idées de cinéma un peu partout, mais c’est souvent laborieux, et même quand ça marche, on le voit travailler. Le plan séquence d’ouverture par exemple est très bien vu, mais on voit les soudures : on voit bien Paul Dano déplacer l’enfant et le positionner exactement sur les bonnes marques, ce n’est pas complètement naturel. Idem pour la scène dans le cinéma dans laquelle le jeune Sammy est avec ses potes et passe de rangée en rangée par dessus les sièges en s’approchant de la caméra au fur et à mesure du dialogue, d’abord pour rejoindre le groupe, puis pour s’en écarter : le cadre se recompose à chaque fois, c’est malin, c’est typiquement ce que j’aime dans sa mise en scène mais l’execution est assez poussive. Spielberg retrouve sa virtuosité formelle ici et là, par exemple quand Sam monte le film de camping et decouvre les indices de la tromperie de sa mère : il y a de très beaux gros plans, avec notamment l’oeil de Sam cadré pile entre les trous de la molette avec laquelle il manipule le banc de montage. Un peu partout dans le film on trouve aussi des effets de narration qu’il maîtrise bien et qui sont invisibles, comme plans larges qui se transorment en gros plan (Sam contre un mur en large, il glisse le long du mur et se retrouve partiellement caché par le comptoir de la cuisine : ne subistent dans le plan toujours large plus que le haut de son visage, on est passé en très gros plan sans bouger la caméra, sans changer d’echelle).
          Au dela des effets de caméra, on est toujours dans du Spielberg complètement artificiel. On ne croit jamais à cette famille, aux rapports entre les personnages, on voit du cinoche. On est loin des atmospheres familiales de ET ou même de la guerre des mondes. Et ne parlons pas des inombrables gros plans de visages bouleversés, en pleurs (alors que le regard de Sam gamin devant l’accident de train est parfait : on est plus souvent figés devant un choc, quel qu’il soit, que larmes aux yeux bouche tordue pose dramatique).
          Le son du film m’a été physiquement désagréable, avec des micros très près des bouches, l’impression d’entendre un film fait de pleurnicheries, chuchotements, frottements. Pas uniquement les dialogues, tout le sound design, avec une amplification très marquée des mains sur les machines, des rouages des projecteurs, tout ça toujours feutré. Je vois bien ce qui était tenté, de faire un écrin sonore délicat qui rend merveilleux et sacré tout ce qui a un rapport au cinéma et l’incarnation des parents, mais c’est raté pour moi car constant, presque vulgaire.
          J’ai laissé murir une journée et je n’ai pas grand chose d’autre à dire : un bazar qui patine beaucoup et donne de belles choses. J’ai donc beaucoup aimé la scène de montage (alors qu’on la voit venir à 1000 kilomètres), l’oncle dans la chambre, à peu près tout avec la petite amie (alors que sur le papier je n’aurais rien aimé, mais c’est sauvé par l’actrice qui réussit à amener de la vie dans toute cette naphtaline), les bouts de tournages amateurs qu’on aurait aimé être beaucoup plus longs… surtout qu’à la place on passe d’interminables moments de mélodrame raté sur la relation des parents. Je le reverrai, il est possible qu’il y ait assez de choses sympas pour que j’arrive à fermer les yeux sur ce qui m’y embete : c’est le super pouvoir qu’a eu le Steven des années 2000 sur moi.

          • #3330 Répondre
            Tony
            Invité

            J’ai bien aimé la musique et toi?

            • #3331 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Oui plutôt ! Plus léger que les dernières compositions de Williams pour Spielberg, ce qui fait du bien. Et beaucoup de morceaux pré-existants qui font du bien. Tu avais noté walk on by au bal qui m’a fait sourire, mais outre ça et les morceaux de piano de la mère il y a pas mal de musiques de films et vieux classiques d’americana. J’ai cru entendre que John Williams voulait arrêter après celui là, j’ai l’impression qu’il s’est fait plaisir, avec bea

              • #3332 Répondre
                Seldoon
                Invité

                qu’il s’est fait plaisir, point.

              • #3333 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Ah si j’ai retrouvé l’idée qui était ébauchée en fin de post : ça m’a parfois fait penser à ce que Carter Burwell fait. Par exemple le morceau « Mitzi’s dance » a de gros accents de bons baisers de bruges.

              • #3334 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Ou encore plus à A Serious Man.

    • #3244 Répondre
      Ostros
      Invité

      Charles, j’ai des réserves aussi sur aftersun. La séance a été assez ennuyeuse. La fin m’a embêtée c’était trop. Puis après la séance le film m’est revenu en mémoire et certains éléments me font dire qu’il y a quand même des choses intéressantes. Déjà voir une relation père-fille complices dans un film de cinéma c’est une première pour moi. C’est rare. Et j’ai bien aimé le traitement de la relation au père par les gestes affectifs qui sont parfois dérangeant, trop, répétitifs. Les postures dans lesquelles la fille reçoit les caresses de son père qui posent question, qui distillent un malaise. Ce fil-là qui court tout le long avec la fille qui ne souhaite plus sentir ses mains sur son dos et cherche à se mettre de la crème solaire toute seule. Cette évolution de son coprs de pré adolescente qui s’érotise et est appelé vers d’autres corps (le jeune qu’elle embrassera, les grands qu’elle veut suivre).
      La manière de la filmer sur la moto est trop selon moi car beaucoup d’éléments suffisent déjà à saisir son état d’esprit.
      Intéressant aussi que ces gestes et nouvelles rencontres se passent dans une torpeur liée au climat, l’ennui de ces complexes hôteliers cheap dont on ne sort pas. Les trois moments à l’extérieur n’étant pas des échappées, les corps lestés et habitués des vacanciers et les cadres serrés annulant cette possibilité. La fille en vacances n’arrête pas de dire qu’elle s’éclate alors que clairement non.
      Le père est assez caricatural (mégot pris par terre pour le fumer, etc) et m’a échappé par moment quand il crache sur le miroir de la salle de bains par exemple. Ou son histoire avec son tapis. Trop le fait qu’il pleure après qu’on ait déjà bien vu qu’il était un raté. La fille j’ai trouvé parfois qu’elle jouait trop aussi. J’ai trop vu le scénario se déroulé.
      Le grand drame du film étant que son dispositif est inutile. Le fait qu’elle filme tout le temps n’apporte rien que de permettre la fin avec sa vie de lesbienne en couple avec une métisse et un bébé et le repassage des bandes qui visiblement l’affectent. Et cette boîte de nuit où elle cherche son père pour lui gueuler dessus.
      Il y a de belles trouvailles de plans avec les parapentes en reflet dans la piscine ou qui passent derrière eux. Mais tout est trop tiré, trop montré, trop film qui se veut minimaliste mais qui n’est basé que sur ce qu’il montre, ce qui est visible. Trop d’affects artificiellement vécus par les protagonistes et les compositions de plans alors appuient trop, font des effets. Travail scénario / plan redondant.
      Les scènes de la fille devenue femme alourdissent le film, le desservent même.
      Si le film se targue de travailler le souvenir, la forme n’en fait rien. Montrer une caméra, des gens qui l’utilisent et l’enfant devenue adulte qui regarde ne suffit pas à faire un film sur le souvenir. Le montage est le grand oublié de ce dispositif ce qui est une erreur à mon sens quand on bosse sur le dispositif mémoriel.
      La fin est à interpréter ce qui ajoute de la lourdeur. Donc je me suis essayé à l’interpréter. Déjà je me suis dit j’espère que ce n’est pas une signification d’abus dont elle se serait souvenu. Ça collerait pas avec tout ce qui a été mis en place et ce serait vraiment stupide du point de vue du lesbianisme de la fille. Donc je me suis basée sur ce que montre le film puisqu’il ne fait que ça, montrer. Et on a donc un père vu comme un raté, isolé, qui aime danser et s’alcoolise bien comme il faut. Qui est pauvre (vacances en Turquie, plans pro qui foirent) et dépressif. Et plus tard sa fille, elle, semble installée avec femme et bébé. Aimantes, dans un bel appartement. Elle a réussi sa vie. Donc ce qu’elle peut faire dans cette scènes de boîte de nuit qui mêle passé et présent c’est d’aller gueuler sur son père qu’il a quand même bien raté son rôle de père et qu’au lieu d’aller se murger en boîte et passer sa vie de looser à danser, à perdre contact avec ses responsabilités, il aurait mieux fait de se donner les moyens de se sortir de là. On ne sait pas si le père est décédé. On se dit que oui vu qu’elle a récupéré les bandes de la caméra mais c’est pas sûr. C’est pas dit. Le film montre tout ce qu’il veut dire sauf à la fin. Sans doute il fallait encore une fois injecter de l’émotionnel. Donc mettre un effet flou comme ça chacun interprète et ca sauve les choses. Comme les attitudes obscures du père dont j’ai parlé qui ne semblent être là que pour faire personnage qui nous échappe alors que ces idées d’attitudes chelou sont juste du scénario, avec un objectif de faire croire que et le rendu encore une fois artificiel.
      Hâte de lire ton retour sur ce film !

      • #3246 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je me demande si ce fil du contact physique avec le pere n’est pas aussi juste un trait de scénario, un effet qui n’a pas l’intention de creuser cette zone grise d’une relation trop proche entre les deux, mais juste pour provoquer un intérêt qui ne sera pas suivi. Le film semble bien lisse, j’ai presqu’envie de dire moral au vu de cette fin avec la vie cadrée de la fille devenue femme. Je veux dire que même la forme ne cherche rien et ne va pas chercher ce qu’il y aurait d’amoral, pour l’interroger, travailler autour de ça, creuser, dialoguer avec.

        • #3252 Répondre
          Ostros
          Invité

          Là dedans il y a d’autres scènes intéressantes dont j’ai apprécié la fugacité comme les gamins qui tapent sur Le toit en verre quand les deux s’embrassent à la piscine et la simplicité de ce baiser « i like you / me too ». Ou quand la grande donne son bracelet all inclusive à la petite.
          Le karaoké aussi où elle fait son trip seule et on sent qu’on est entre le plaisir de chanter sa chanson et le manque d’entrain du fait d’être seule à la chanter. Je me suis dit à ces moment-là que la scène était bien foutue, économe.

      • #3274 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je crois que la « scène » de boite de nuit n’existe pas. C’est une scène mentale. Dans la nuit du temps, une fille « part à la recherche de son père », c’est à dire le tire du puits du passé (il est sans doute mort). La dispositif est analytique (quand je vous dis que c’est une religion, je pèse mes mots) : cette jeune femme a du faire le deuil (sic) de son père pour pouvoir se construire (sic), et faire sa vie – laquelle vie semble vouloir conjurer le male, l’hétéro, et le blanc, trois traits constitutifs de ce père toxique (sic)
        Un film parfaitement de son temps, jusqu’au chic visuel, et donc dument primé.

        A noter cependant : un plan de cinéma génial – qui m’a fait croire qu’on tenait là quelque chose comme une Michel Franco écossaise.

        • #3294 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci de replacer cette scène de boîte de nuit dans le dispositif formel du film, le dispositif analytique, qui m’avait échappé.
          Tu parles de quelle scène à la Franco ? Moi celle qui m’a surprise c’est celle où on voit les parapentes passer derrière le père quand ils sont en train de prendre un verre dans un petit espace de terrasse.

          • #3303 Répondre
            Charles
            Invité

            Concernant Aftersun, j’ai été au départ agréablement surpris car je me sens tout de suite bien dans le film. J’avais cru lire que le film était très joli et chic, fétichisant les années 90 et ça ne m’a pas frappé, je ne l’ai pas trouvé pénible de ce point de vue là. J’aime son rythme, ses acteurs, sa langueur, son absence de dramaturgie. L’alchimie entre le père et la fille est parfaite, je crois aux situations. Bon équilibre entre le quotidien routinier des vacances et le rien. J’aime bien la scène de dispute, le refus du père de monter sur scène pour chanter en karaoké. Je me dis que n’importe quel cinéaste aurait fait craquer le père qui aurait fini par rejoindre sa fille sur scène. Mais non, la cinéaste tient cette scène cruelle (n’est-ce pas François?) : la fille chante faux, est seule, les spectateurs sont indifférents, le père lui fait remarquer qu’elle pourrait prendre des cours de chant et elle répond du tac au tac qu’il est inutile de promettre des choses qu’il ne peut pas payer. Le problème c’est que c’est à partir de cette scène que le film commence sa bascule, qu’il est rattrapé par de la dramaturgie. On comprend que le père en a gros sur la patate, qu’il ne va pas bien du tout et que sa fille ne s’en est jamais remise. On suspecte alors que quelque chose de terrible va se passer, ce qu’on nous annonce lourdement. Il se dirige vers la mer la nuit d’un pas décidé, prêt à en finir. Le crachat sur la glace n’était donc pas un simple dédain pour la propreté mais un rejet de soi. Le père fond en larmes, à côté d’une carte d’adieux adressé à sa fille. Bon. Je me dis que tout est mis en place pour préparer un suicide du père ou un abandon. Sauf qu’on est dans du cinéma indie donc on laisse l’acte final en hors-champ car sa monstration serait trop commune, trop vulgaire. C’est d’ailleurs l’ironie de ce type de cinéma de jongler entre le très lourd visible (la fille devenue adulte repense à tout ça parce qu’elle est devenue elle-même mère) et le non-dit, non-vu. Ainsi, on ne saura jamais pourquoi le père va mal. Parce qu’il n’arrive pas à bien gagner sa vie (ceci dit les vacances passées ne sont pas non plus le summum du cheap)? Parce qu’il regrette la séparation d’avec la mère? Parce qu’il est un homo refoulé (je me suis demandé ça quand je l’ai vu discuter avec le mec qui lui donne des conseils pour la plongée)? Cette dépression du père me semble parfaitement artificielle et même fake. Il est jeune et beau et s’entend quand même très bien avec sa fille. Evidemment, on peut être dépressif avec la meilleure situation objective du monde mais l’intérêt de dépeindre un tel état réside tout de même dans sa capacité à nous la faire toucher du doigt. J’ai alors repensé à deux films. D’abord, Sundown où là aussi on a un homme blanc aux raisons mystérieuses qui fait sécession. Sauf que dans Sundown cette sécession est synonyme de joie ou tout du moins d’une certaine placidité. Et même si Franco ne donne que quelques indices et pas de clé définitive on arrive à comprendre le personnage, à saisir quelque chose de sa volonté de fuir – c’est la grande réussite du film a posteriori, que cette décision n’apparaisse pas comme un coup de force du scénario, qu’on sente une force poussant ce personnage, une nécessite à se barrer (même si entre nous la simple perspective de passer des vacances avec Charlotte Gainsbourg devrait suffire). Là, chez ce personnage d’Aftersun, je n’arrive pas à comprendre et je sens le coup de force. La joliesse redoutée finit en fait par arriver par la bande, quand il s’agit de figurer la mélancolie de la fille devenue adulte. Là le film devient plus m’as-tu-vu, avec une bande-son plus badante. Et je me dis que tout ça (avec l’aide de François qui m’y avait préparé, tel Dicaprio dans Inception en train d’implanter une idée dans l’inconscient) pour ça. Que le film ne visait que ça, cette mélancolie contemporaine. Ce qui caractérise la mélancolie c’est qu’on ne sait pas d’où elle vient, qu’elle n’a pas de cause. C’est la peur d’une absence, d’un vide – on craint quelque chose qui n’arrive pas. Eh bien le film m’a fait cet effet. On nous prépare à quelque chose de terrible, qu’on ne nous montrera pas vraiment. J’ai alors repensé à Melancholia de LVT. Là aussi, on avait un personnage qui n’allait pas bien sans raison précise. Sauf que cette mélancolie était motrice de scènes, de confrontations avec d’autres personnages. Le problème de ce film c’est que la fêlure du père ne provoque rien, elle a lieu en aparté. La dispute autour du karaoké est au départ banale, elle pourrait très bien avoir lieu entre n’importe quel père et n’importe quelle fille. Je finis donc par trouver malhonnête le film, son procédé dramaturgique qui me semble creux. Et c’est bien dommage car beaucoup de scènes sont réussies et que les acteurs sont supers.

            • #3337 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci Charles. C’est intéressant et tu as bien relevé les choix de scénario ou mise en scène qui avaient tout pour donner un bon premier film. J’ai tiqué lorsque j’ai vu la compagne métisse. Je me suis dit tout de suite que c’était un choix marketing comme ce qu’on retrouve dans les séries / produits formatés de la TV. Mais je n’ai pas osé le mentionner car je pensais que sans doute j’avais un regard trop critique sur ce choix, qu’après tout bon c’est possible. Mais avec ton retour et la remise sur pied du dispositif du film par François je réalise que c’était bien la direction. C’est à dire un choix de film qu’aurait pu produire et diffuser TF1 ou SND. Heureusement comme tu dis qu’il reste de beaux plans qui sauvent un peu le massacre. Ça reste frustrant.

              • #3339 Répondre
                Ostros
                Invité

                Précision : j’avais relevé lesbianisme + compagne métisse + vie de famille calme et conditions de vie plutôt aisées vs père pauvre, raté. Mais je n’avais pas du tout fait le rapprochement avec une éviction / remplacement du père blanc hétéro toxique.

    • #3251 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Va falloir que je me force de dingue pour aller voir le Spielberg.
      Mais comme j’aime bien écouter le duo de La gêne en ayant, moi aussi, un peu du contenu choisi en tête, je dois.
      Quelqu’un aurait un palan à troquer contre 1/2 plat de gratin dauphinois et un quart de tarte aux pommes?

      • #3277 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Récemment j’ai regardé Drunk pour pouvoir écouter la gêne associée. Honnêtement ça ne valait pas le coup. Maintenant je préfère directement écouter le podcast sans passer par la case purge (idem pour Joker punaise que c’était chiant !).

        • #3295 Répondre
          Ostros
          Invité

          Ah oui fallait pas s’infliger Joker, mon pauvre…

          • #3305 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            La sinistre émeute finale m’a évoqué une œuvre beaucoup plus intéressante, Chaos d’anthologie : Woodstock 99, que j’avais vu sur Netflix.
            On y voit mourir la faible contre-culture MTV, étouffée par le merchandising et la stupidité de son biotope. Je recommande.

            • #3338 Répondre
              Ostros
              Invité

              Dommage c’est une série. Un unitaire j’aurais été jeter un coup d’oeil.

              • #3341 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Une série documentaire de 3 fois une heure. Je n’en regrette aucun instant.

    • #3353 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      j’avais commencé à regarder mais je ne voyais pas bien l’enjeu
      tu en donnes un

    • #3358 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Enfin un article critique sur The Fablemans : https://www.rayonvertcinema.org/the-fabelmans-steven-spielberg/
      « C’est la fable des héritiers qui doivent justifier de leur héritage en le lestant de douleurs »

      • #3562 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Et un commentaire que m’écrit une connaissance non française mais sympa quand même :

        « The Spielberg project is all about the discovery that childhood is an illusion (an illusion that can be dispelled by a divorce, sure, but that’s just one excuse. If there had never been a divorce SS would still have had to find an inciting incident to account for the end of his innocence). But the real world offers little Stevie no comfort, so it’s best to use cinema to recreate the illusions of childhood whenever possible. Which is why Stevie is always making movies for kids. And he makes good ones, but he doesn’t have much to offer adults.

        As a filmmaker for children he only has one flaw, his need to explain, which usually takes the form of the Big Speech somewhere in each of his films. Schindler’s List is ruined by the protagonist’s mawkish I-should-have-sold-my-car-to-buy-another-life speech at the end. In The Fabelmans things are nearly undone by the I-see-what-you-did-there speech the bully makes at the prom. We’re supposed to believe that a high school student of average intelligence not only reads Stevie’s achievement correctly but is also both able and WILLING to articulate the fact to the filmmaker? How convenient. Stevie at that point is getting dangerously close to Rupert Pupkin territory it seems to me. Happily, John Ford is waiting in the wings to correct course (as in, It’s All About Craftsmanship).

        Interestingly, SS’s one perfect film, Jaws, uses the Big Speech in exactly the right way. Robert Shaw, of course, delivers the USS Indianapolis monologue to give everybody the proper spine-tingling moment before we all rush out to take on Moby Dick. After that there’s not a dry pair of BVDs in the house.

        Stevie would like us all to believe that filmmaking for him is a way to order the world, but it’s really about manipulating space and time to convince himself that the fantasies he makes for others are actually true. He is his own best audience. Most of the rest of us, though, have had to grow up, which means we need something more substantial when we go out to the cinema. »

        • #3565 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          He is his own best audience.

          assurément

          • #3566 Répondre
            Tony
            Invité

            François t’as écouté le podcast de Burdeau posté sur le forum ?

            • #3593 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              juste une partie
              c’est bien, et très clair
              mais je trouve qu’il lui en faut peu pour sauver ce film médiocre

              • #3594 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                je trouve aussi qu’il se trompe en dédouanant S du discours de la genèse doloriste
                le film en transpire
                c’est parce que le pauvre petit Steven a découvert que sa maman avait un sexe qu’il est devenu cinéaste

    • #3429 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut à tous,
      Quelqu’un se souvient-il du titre du reportage documentaire qui avait été fait pour les 10 ans d’Entre les Murs où les acteurs du film étaient interviewés sur le mode  » que sont-ils devenus ». Je me rappelle que c’était pas terrible, mais je voudrais réécouter Rabah raconter sa deuxième rencontre avec De Niro aux Oscars. Je me souviens qu’il lui avait lâché un « Hé De Niro, remember me? » en référence au fait qu’ils s’étaient déjà croisés à Cannes, ça m’avait fait hurler de rire.

      • #3430 Répondre
        Ostros
        Invité

        Les marches de Belleville.

    • #3436 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Merci

    • #3439 Répondre
      Isd
      Invité

      Ruben Östlund président du jury au festival de Cannes, très hâte du bruit que ça va créer (ou pas…)

    • #3622 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      « Est-ce qu’on fait quoi ? »

      • #3675 Répondre
        Charles
        Invité

        K, je ne sais pas si tu as vu mais PTA tourne son prochain film cet été avec DiCaprio et selon un journaliste cela pourrait être une adaptation de Vineland de Pynchon.

        • #3676 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Il y a beaucoup de rumeurs contradictoires qui circulent sur le prochain PTA : la seule info concrète, c’est qu’ils recherchaient une adolescente spécialisée en arts martiaux pour un tournage prévu cet été. Ça pourrait être Vineland. Il y a des ninjas. Mais déjà que j’ai du mal à imaginer quel studio aujourd’hui accepterait de perdre de l’argent avec un nouveau film de Paul Thomas Anderson, alors une adaptation de Pynchon… surtout qu’Inherent Vice est grand public comparé à Vineland. J’ai également du mal à imaginer DiCaprio accepter de jouer dans un flop commercial garanti, je l’imagine vaniteux, mais Anderson le veut quasiment à chaque fois depuis plusieurs années : il a fait jouer son père dans Licorice Pizza, d’ailleurs. C’est pas un acteur qui me réjouit mais il ne m’a pas toujours déplu.

          Mais je veux dire… dans quel Hollywood financer ça : « La jeune Prairie, qui a quatorze ans en 1984, moment où se dénoue l’histoire rocambolesque racontée dans ce livre, recherche sa mère, Frenesi Gates, qui est un personnage quasi mythique des mouvements radicaux qui s’étaient développés au début des années 1970, notamment après les révoltes de Berkeley.

          Mais le grand personnage du livre, le représentant du Mal et des forces flamboyantes de la répression, c’est évidemment le persécuteur des gauchistes, l’amant fou de Frenesi Gates, Brock Vond, le procureur fédéral, obsédé sexuel délirant, qui rêve de rafler une fois pour toutes les «rouges» réfugiés dans les vallées de Vineland : anciens du Mouvement, gauchistes, fumeurs de joints, ex-hippies, funambules communistes, bûcherons anarcho-syndicalistes, et autres réparateurs de gouttières itinérants.

          Le livre est un immense flash-back, ludique et hautement coloré, dans l’histoire de la gauche américaine, un lent glissando mélancolique – sur fond de blues à l’harmonica et de rock and roll frénétique – dans les archives poisseuses (sexe et politique) du pays : c’est le temps de la paranoïa et de la trahison. »

          • #3680 Répondre
            Charles
            Invité

            DiCaprio a plus souvent cherché les réalisateurs prestigieux que les succès commerciaux, même s’il n’a jamais cherché les réalisateurs en marge du système. Ce qui est sûr c’est que PTA tourne cet été avec lui et qu’il a très souvent parlé de sa volonté d’adapter Vineland. Voici la source : https://www.worldofreel.com/blog/cwpt4b84a0geai0nno95vp9659bhoq

          • #3688 Répondre
            Toni Erdmann
            Invité

            Ça fait longtemps que les films de PTA sont une anomalie au sein de l’économie hollywoodienne. Aucune raison que ça s’arrête maintenant plus qu’après Inherent Vice par exemple.

    • #3668 Répondre
      Ostros
      Invité

      François, stp quel était le plan dans aftersun où tu t’es dit c’est du Franco ?

    • #3679 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      celui, vu de la chambre le premier soir, où il fume sur le balcon, et commence à s’agiter bizarrement

      • #3681 Répondre
        Ostros
        Invité

        D’accord merci. Je ne l’avais pas perçu comme tel en effet.

    • #3682 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je ne sais pas si c’est du Franco pur jus, mais en tout cas ce plan est dingue

    • #3684 Répondre
      Tony
      Invité

      Géne intéressante,d’accord sur la clarté du cinéma de Spielberg qui n’en fait pas un cinéaste passionnant,cependant dommage que ses qualités de ‘filmeur’ ne soient pas évoquées car même si il s’agit d’une forme classique il y a une sophistication dans la mise en scène et le montage qui dépasse la simplicité du propos et la caractérisation sommaire des personnages.Je me suis dis aussi en voyant le film que ce côté destin et vocation est lié à sa judéité et tout ce qu’elle implique(peuple élu persécuté par l’extérieur etc…)

    • #3686 Répondre
      Adamou
      Invité

      Je viens de voir holy motors, quel grand film! Je retrouve cette étrangeté envoutante que j’adore dans un film, l’impression de voir surgir (presque) a chaque séquence quelque chose que je n’ai jamais vu. J’ai toutefois du mal à cerner la position de Carax. Il semble à la fois dresser un monde post-humain, se débarrasser de l’homme et pourtant être plutôt matérialiste. Il montre en effet une bien triste salle de cinéma, un public dévitalisé dans une ambiance sonore métallique et grinçante. De même, je crois voir un certain sarcasme dans la dernière mission de Monsieur Oscar(il termine toutes ses interactions humaines de la journée avec des singes, et c’est là qu’il semble manifester le plus de tendresse).
      Et pourtant, malgré cet apparent désintérêt pour l’humain, le film nous montre le corps noueux de Denis Lavant sous toutes ses coutures, nu puis habillé, déguisé, ses façons de se mouvoir, agile en motion capture, boiteux en mendiant…
      Il y a quelque chose de matérialiste là dedans. Enfin, la scène de motion capture est passionnante. Derrière chaque avatar, c’est d’abord un corps qui se meut, qui a parfois du mal a suivre. La course et la chute du tapis roulant font office de retour au réel.

      Je me dis donc que le monde quasi post humain d’holy motors est peut être le révélateur de toute la vie qu’il abandonne. Nous montrer du dévitalisé pour que l’on capte mieux les surgissements de vie?(l’entracte à l’accordéon me fait éprouver une de ces joies)

      • #3687 Répondre
        Tony
        Invité

        Moi aussi je suis fan de ce film mais je crois qu’ici on sera bien les seuls.

        • #3689 Répondre
          Adamou
          Invité

          Je serais curieux de savoir pourquoi

    • #3710 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je suis en effet assez insensible à l’art de Carax en général, mais des amateurs de ce cinéma existent ici

    • #3731 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Besoin de votre aide :
      Je cherche des scènes de débats d’idées au cinéma. Des scènes où il y a du répondant des deux côtés, ça s’éternise un peu et le débat est réellement stimulant.

      Quelques exemples :
      – Débat entre Jules et Vincent sur le caractère sexuel d’un massage de pied dans Pulp Fiction
      – Débat sur l’écologie avec Arielle Dombasle dans L’Arbre, le Maire, et la médiathèque
      – Débat sur l’art dans Mort à Venise

      Merci d’avance !

      • #3734 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Il y a trop de films pour que je me lance dans une recommandation exhaustive qui ne le serait jamais de toute façon, donc simplement celui qui me vient tout de suite à l’esprit parce que le film n’est que ça pendant une heure cinquante, n’est que discussion – débat – dialectique. Et que ça reste un de mes films vu et revu préférés, pas loin du top 10.
        Il n’y a que deux personnages et ce sont les acteurs qui ont écrit eux-mêmes les dialogues :
        My dinner with André, de Louis Malle, sorti en 1981.

        • #3735 Répondre
          Anna H
          Invité

          Il y a cela dans tous les Rohmer, par exemple dans Le beau mariage, la séquence sur la condition de femme mariée entre Arielle Dombasle et Béatrice Romand (la sœur de Jean-Claude).

        • #3744 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Ainsi que le très bon épisode de la série Community qui parodie ce film (« critical film studies »).

          • #3745 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Je parle de My Dinner with Andre. Film qu’on trouve d’ailleurs gratuitement sur YouTube : https://youtu.be/O4lvOjiHFw0

            • #3747 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Merci Seldoon. Et la version avec sous-titres français de My dinner with Andre (je me corrige, j’avais écrit André alors que c’est Andre, comme Agassi)

              • #3749 Répondre
                Hervé Urbani
                Invité

                Bien que le lien mette à tort l’accent à Andre, comme Lajoinie)

                • #3752 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  Je pense aussi à Crimes et délits de Woody Allen, la discussion de Judah avec l’ophtalmologue sur Dieu, le bien, le mal… et d’autres scènes du film. Et d’autres films de la grande période 77-92 de Woody.

                  • #3753 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Il faudrait que les revois, et en revoyant justement le début de Annie Hall l’autre jour je suis tombé sur la scène dans la file d’attente du cinéma, où il imagine un « débat » avec le type de derrière et finit par sortir de derrière un poster l’auteur dont ils parlaient. C’est assez symptomatique des débats chez Woody Allen : il n’y a en général aucune communication entre les deux personnes, chacun débite son truc et il s’agit plutôt de deux monologues parallèles. Pas de dialectique.

                    • #3760 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      Pour l’anecdote, Woody Allen, concernant cette séquence fameuse du cinéma, avait d’abord écrit sur une prise de tête au sujet d’un film de Bunuel et demandé à celui-ci d’intervenir en personne. Mais comme Luis, mon petit Luis, n’appréciait pas du tout les premiers films de Woody (sa période burlesque de 69 à 75) qui ne laissait pas présager de son brusque virage bergmanien, il refusa. Plus tard il vit Annie Hall et trouva le film très mauvais, donc sans regret au final.

        • #3767 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Je suis pas très fan de Louis Malle mais ça m’intrigue beaucoup. Je note, merci !

      • #3736 Répondre
        Malice
        Invité

        Dans « Chasing amy » de Kevin Smith:
        – Débat sur les techniques sexuelles hétéro et homo
        – Débat sur Archie : est-il l’amant de Jughead
        – Débat sur la sexualité féminine: une femme a-t-elle le droit de forniquer sans sentiments?

        • #3768 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Je n’ai jamais entendu parler ni du réal, ni du film. Merci pour le conseil

          • #3805 Répondre
            Malice
            Invité

            Son meilleur film à mes yeux est son premier, « clerks » ( sur deux employés de superette qui passent leur journée à glandouiller et bavarder derrière leur comptoir)

      • #3737 Répondre
        Bronsky
        Invité

        Je crois qu’on peut pas faire mieux que cet immense film. 3h30 de débats (en français) on n’a plus qu’à se servir.

        • #3769 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Ça a l’air très intriguant, mais 3h30 va falloir que je me mate ça en salle. Je guetterai ses passages

      • #3743 Répondre
        Charles
        Invité

        Les débats entre les deux familles sur qui est responsable de la fausse couche dans Une séparation de Farhadi

        • #3748 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Cette recommandation Farhadi serait l’occasion de préciser. Veut-on des débats « in abstracto »? Parce que chez Farhadi, et c’est là qu’il est fort, le « débat » n’en est pas un, c’est plutot une lutte de points de vue et d’intérets dans une situation donnée, où tous les jugements sont orientés, biaisés, intéressés. Le contenu du débat est en somme un prétexte.

          • #3763 Répondre
            Charles
            Invité

            Tout à fait c’est d’ailleurs une joute où tout le corps s’engage car on y joue son avenir, sa sérénité, sa situation sociale.

          • #3770 Répondre
            Toni Erdmann
            Invité

            En effet, je suis moins intéressé par des disputes ou des règlements de compte que des débats purement théoriques. Mais on peut toutefois imaginer que des parties prenantes d’une situation mobilisent des principes abstraits pour légitimer leurs intérêts.

            La recommendation de Farhadi me fait penser que je trouverai mon bonheur dans le cinéma iranien. Merci Charles

      • #3751 Répondre
        Seldoon
        Invité

        – puis que j’evoquais Community, je ne peux pas ne pas mentionner l’épisode Debate 109 qui est centré sur le débat « l’homme est il bon? ». C’est de la comédie à la frontière de la sitcom, et c’est plus un délire sur les débats qu’un vrai débat.

        – Toujours en série il y en a énormément chez Louis CK. Dans sa série Louie, déjà, mais je serais bien en peine de retrouver les scènes et les épisodes. Dans Horace and Pete il y a un très bon débat sur la nécessité ou non pour les transexuels d’annoncer leur transexualité en amont à leurs partenaires sexuels. Je crois que c’est le type de scènes que tu cherches.

        – Dans à peu près toute l’œuvre de Aaron Sorkin en tant que scénariste (faut pas s’approcher de ce qu’il fait comme réalisateur) tu trouveras aussi beaucoup de débats. Ça s’éternise bien plus dans les films que dans ses séries. Dans tous les cas il s’agit plus de joutes oratoires et de concours de rhétorique à l’américaine que de vrais débats d’idées. Mais il y a « du répondant ». Ça dépend de ce que tu cherches.

        – Très beau débat sur les langues locales à l’heure de l’Union européenne dans l’Auberge Espagnole.

        – Chez Tarantino dans Boulevard de la mort: (1) entre une fille qui veut faire une cascade sur une voiture et son amie qui refuse de l’aider. Ça part dans de l’analyse d’une phrase prononcée longtemps auparavant par la cascadeuse. (2) Il y a un excellent échange plus tôt dans le film sur le port d’arme pour les femmes mais je ne me rappelle plus s’il s’agit d’une vraie scène ou si ça passe parmi d’autres sujets dans une discussion de groupe.

        – garde à vue de Claude Miller, qui, comme my dinner with Andre, n’est discussion, débat, dialectique en huis clos et date aussi de 1981.

        Attention une unique blague s’est glissée dans cette réponse.

        • #3755 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Il y a aussi quelques débats dans A Serious Man des Coen. Le prologue (le rabbin est il un démon ou juste un rabbin ?). La discussion avec le premier rabbin (pourquoi Dieu envoie-t-il des épreuves au « serious man » ?). La discussion avec l’élève asiatique qui aurait triché (ou non).

          • #3761 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Cette scène dans Hunger :

            • #3765 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              au passage on ira voir la gueule de Bobby Sands
              ça situera un peu le film

            • #3772 Répondre
              Toni Erdmann
              Invité

              Ah j’y avais pas pensé ! J’ai vu le film il y a longtemps et j’avais davantage vu de la posture de cinéaste dans cette scène qu’un réel déploiement de complexité. Je tenterai de le revoir car j’aime beaucoup le film Shame.

            • #3776 Répondre
              Seldoon
              Invité

              J’avais oublié cette scène. J’avais beaucoup aimé le début du film, quand on suit le gardien chez lui, les mains dans l’évier, la maison British proprette, la peur de la bombe sous la voiture. Pour moi le défaut dont parle François n’a fait que s’amplifier film après film chez ce réalisateur. De plus en plus surfait, de plus en plus de mannequins, de plus en plus creux.

        • #3771 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          J’ai regardé tout Louie et j’ai pas trop de souvenir de débat.

          D’ailleurs Seldoon, ça me permet de t’interpeller sur son actualité.
          As-tu vu « 4th of July » ? Je le trouve assez consternant. Typiquement, c’est un film où le débat n’a jamais lieu. Seulement des grands monologues censés extérioriser des névroses dissimulées depuis l’enfance. Un personnage parle, et l’autre l’écoute, estomaqué, puis fuit la conversation. Avant de revenir et faire à son tour son monologue.
          En termes formels, il tente des trucs avec les crises d’angoisse de son personnage principal, ce qui rompt un peu avec la sobriété si charmante de Louie. J’ai été très déçu

          Mais sa campagne de promo lui a permis de parler de la façon dont il s’auto-produit (à la fois ses films et ses spectacles), et je trouve ça toujours admirable. Il me semble que c’est chez Joe Rogan qu’il décrit la manière dont les sociétés de billetterie profitent du rayonnement des artistes et que les contourner lui a permis d’avoir un contact direct avec son public, propice à l’autonomie.

          Par ailleurs, j’avais vu son dernier spectacle à Paris que j’ai adoré.

          • #3774 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Pas vu 4th of July, j’avais vu I Love you daddy qu’il a fait juste avant (sortie annulée en plein dans son scandale me too) et qui ne valait pas grand chose. De l’imitation de Woody Allen 40 ans après.

          • #3775 Répondre
            Seldoon
            Invité

            On aurait pu se croiser à ce spectacle ! Il y avait aussi au moins une autre sitiste.
            Oui Louis a toujours bossé vers son autonomie, il parle régulièrement de la façon dont il s’est affranchi des intermédiaires tout en récupérant plus de marge pour lui.
            Si tu m’envoies ton adresse je peux t’envoyer Horace and Pete, que personne ici n’ai aimé a part moi, mais je crois que la scène de débat avec la transsexuelle a fait l’unanimité.

      • #6645 Répondre
        Doug
        Invité

        Je me permets d’ajouter tardivement le récent « One Night in Miami » de Regina King, qui imagine le débat d’une nuit entre 4 figures du mouvement des droits civiques, Malcolm X, Mohamed Ali, Sam Cooke et Jim Brown – ils parlent essentiellement de lutte et de leurs positions stratégiques respectives.

    • #3738 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      chez Rohmer tu en trouveras beaucoup
      -sur le pari pascalien (entre Vittez et Trintignant dans Ma nuit chez Maud)
      -sur la grace (dans Conte d’hiver)
      -sur le transcendantal (conte de printemps)

      Tu as le paradigmatique « débat » entre Antigone et Créon dans Antigone des Straub

      • #3742 Répondre
        Anna H
        Invité

        C’est récurrent chez Nanni Moretti aussi, notamment sur la politique, par exemple dans Ecce Bombo.

      • #3773 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Je me disais bien qu’il y avait de quoi faire dans Rohmer. Merci !

        • #3813 Répondre
          Anna H
          Invité

          Je pense aussi aux discussions entre Emmanuelle Riva et Belmondo dans « Léon Morin, prêtre » de Melville portant sur les dogmes du christianisme.

    • #3810 Répondre
      Charles
      Invité

      K, tu t’es lancé dans le Passager de Cormarc McCarthy ? Je sens que c’est en partie illisible mais les quelques recensions que j’ai lues ont tout de même aiguisé ma curiosité.

      • #3829 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        C’est mon McCarthy préféré avec Suttree : j’y ai retrouvé l’écrivain que j’aimais complètement. C’est très épisodique, surtout centré sur des dialogues, des rencontres avec des personnages fascinants. Le « pitch » pourrait faire croire à un roman mortifère mais ce n’est pas du tout le cas : il y a une profonde tristesse qui est traversé par le style à la fois taciturne et comique de McCarthy. Ça alterne avec des passages où la sœur du personnage principal qui dialogue avec une hallucination, ces passages sont ludiques et composés quasi entièrement de dialogues. Il est tout à fait lisible.

        • #3860 Répondre
          Charles
          Invité

          Merci, tu achèves de me convaincre. Mais peut-être que je m’y plongerai après le Bret Easton Ellis.

          • #3862 Répondre
            Ostros
            Invité

            Tu en penses quoi Charles du dernier Bret Easton Ellis ?

            • #3867 Répondre
              Charles
              Invité

              Pas encore lu, j’attends finalement la version française qui paraît la semaine prochaine.

              • #3872 Répondre
                Ostros
                Invité

                Ok. J’attends ton avis pour voir si je le prends aussi.

    • #3934 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      En ce jour d’intense lutte des classes, je partage ce chef-d’œuvre de Satyajit Ray sorti en 1964, le court-métrage (12mn) « Two ».

      • #3935 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Précision : c’est présenté en anglais mais le film ne comportant aucun dialogue autre que les regards que s’adressent les deux enfants, il est compréhensible par tout le monde, sauf les aveugles.

        • #3955 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci,
          J’ai aimé ce court-métrage, et particulièrement
          La scène où l’enfant d’en bas- dehors ramène son cerf volant abattu

    • #3958 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      S’il y en a d’entre vous qui ont vu Blonde d’Andew Dominik sur Netflix, ça m’intéresserait de lire vos pensées. C’est un drôle de film, qui essaye plein de choses formelles : va-et-vient de couleur et noir et blanc, format carré, format classique, format cinémascope, et sans doute plein d’autres éléments qui m’ont échappé. Des plans très étranges aussi, on se demande où on (elle) est, qui m’ont évoqué les moments troublants de Mullholland Drive (c’est moi ou son grain de beauté a quelque chose de bizarre ? une sorte de trucage raté volontairement pour souligner son anomalie). On est souvent dans un film d’horreur mais qui n’a pas vocation à faire peur. Certaines scènes sont plutôt réussies (celle dans l’avion vers le dernier quart du film). Je sais pas trop qu’en penser, peut-être que le film empile trop de choses à la fois pour être bien saisi. Au moins ça change des biopics formatés. Si seulement la musique n’était pas aussi pesante.
      J’aime bien la critique de Critikat.
      https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/blonde/
      [Et merci à Hervé Urbani pour le court-métrage]

      • #3985 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Ça doit être le film qui m’a le plus agacé ces dernières années.
        « Ce qui frappe en premier lieu devant Blonde tient au fait que la souplesse et le foisonnement de sa forme contrastent radicalement avec l’excessive rigidité de la thèse sur laquelle s’appuie le récit (toute la vie de Monroe est hantée par l’ombre d’un père absent et les sentiments contrariés que suscite chez elle la perspective de devenir mère). Sans minorer cet écueil – le film a vraiment la main lourde en la matière –, le centre de gravité de Blonde se trouve ailleurs, dans la façon dont chaque scène ou presque déplie une logique formelle qui lui est propre, mue par une soif d’expérimentation faisant ponctuellement mouche. »
        Le patchwork de pastiches ne crée pourtant aucun autre centre de gravité tant on asphyxie dans l’idiotie du postulat original. Marilyn appelle tous les hommes « daddy » parce que son père l’a quitté et Marilyn est folle parce que sa mère est schizophrène. Je ne vois pas ce qu’un changement de cadre ou de colorimétrie apporte, surtout que l’on est confiné dans une imagerie qu’on connaît par cœur : une reconstitution de morts-vivants.
        Il y a aussi le fait que le film nous rabâche sans cesse qu’il y a DEUX femmes là-dedans : l’une vraie, l’une fausse… autre raccourci classique sur les célébrités. Sauf que la VRAIE femme nous est constamment montrée à travers l’imagerie de l’actrice. On n’a donc jamais l’impression une seule seconde qu’elle existe. Le film croit nous dévoiler les tréfonds d’Hollywood et la femme derrière Marilyn. En l’occurence, on ne verra jamais un tournage. Et Norma Jeane n’est nulle part.
        Point positif : très utile pour tester un téléviseur OLED. Demo technique de rêve.
        Autre point positif : donner envie de revoir Mulholland Drive.

        • #4071 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Merci ! Je ne serais pas si dur, il reste des choses intéressantes. Monroe ne devient pas folle seulement parce que sa mère l’est, mais aussi je crois parce que les violences sexuelles et morales des hommes l’enfolise (oui j’invente des mots). Je n’ai pas vu deux femmes, mais plutôt zéro, ou comment sa vie publique et tous les fantasames projetés sur elle la dépossède de de toute vie intérieure. Et j’aime bien ce moment étrange sur l’archi-connue scène de Sept ans de réflexion avec la robe qui se soulève, c’est censé être un moment glamour, alors que c’est une scène de profond malaise. Mais je crois que tu me donnes une bonne clé avec le téléviseur OLED : je l’ai plus regardé comme un long moment de démonstration technique, je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotion, même pas de l’agacement.

          • #4072 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            *l’enfolisent* – oui j’invente des mots qui en plus ne respectent pas la grammaire usuelle.

    • #3989 Répondre
      Nicolas
      Invité

      Hello la team !

      Je viens de découvrir le documentaire « l’affaire fourniret : dans la tête de Monique Olivier » sur Netflix. Je ne connais pas très bien ce sous-genre (?) du documentaire, qui s’intéresserait aux faits divers et affaires criminelles, et ne suis pas non plus un expert en histoire des procès français.

      Toutefois, j’aimerais bien recueillir vos avis si vous l’avez vu ou vous y connaissez un peu en la matière. Je trouve ça quand même assez étrange et gênant d’avoir un générique, une musique qui souligne tout et n’importe quoi, une segmentation d’épisodes avec un pseudo-suspense… et d’un autre côté, reprocher ça à cette série parce qu’elle est un documentaire basé sur une histoire réelle, est-ce pertinent ?

      Entre la fascination morbide, le plaisir de quelques personnes qui prennent la parole à se raconter, rappeler comment cela s’est déroulé, et les paroles de parents, je vois plein de questions éclore, et ne sais pas vraiment comment prendre la série au final.

      • #3993 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Pour le coup, moi qui suis d’ordinaire friand de documentaires criminels, j’ai trouvé celui-ci médiocre. Les procédés dramatiques sont à la limite du ridicule, par exemple les jeunes femmes dont l’image disparaît d’une photo lorsque leur mort est annoncée. L’ensemble est indigeste comme un Faites entrez l’accusé de 5 heures, dans lequel on présente la principale protagoniste avec un biais d’accusation. Le film dit « on ne sait pas si elle est victime ou bourreau » et la montre uniquement bourreau.
        D’ailleurs le document ne porte pas sur Monique Olivier mais bien sur Fourniret. Elle ne joue dans ce film que le rôle de faire-valoir du monstre. De la femme, de son passé, on ne saura pas grand-chose. Uniquement les conclusions des psychiatres et des policiers pour qui elle est aussi diabolique que son époux. C’est bancal.
        Et les larmes des familles des victimes, toujours pour racoler. Ambiance Le Nouveau Détective pour cette série mineure.

        • #4005 Répondre
          Nicolas
          Invité

          Ah oui oui, je suis bien d’accord ! tous ces effets de style me dérangent surtout !
          Mais si tu es friand de ce genre de documentaires, t’en penses quoi de manière générale ? Les procédés de mise en scène de celui-ci sont vraiment douteux ou pas plus qu’un autre ? Et d’ailleurs, comment (bien) mettre en scène de tels documentaires ? En tout cas merci d’avoir pris le temps de donner ton ressenti, que je partage. Même le nom du docu quoi : « dans la tête de Monique Olivier »….

          • #4008 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Il y a quasiment toujours racolage sur ce type de production. C’est inhérent au genre de produire du sensationnalisme, après c’est plus ou moins savamment dosé. Sur Netflix j’ai apprécié les documentaires Don’t fuck with cats, Sins of our mother, L’Arnaqueur de Tinder et surtout The Puppet Master. Je les ai trouvé captivants et honnêtes.
            En français, il y a un doc sur Guy Georges avec le parti pris de n’interroger que des femmes également. Il est intéressant puisqu’il tente justement de raconter l’affaire en évitant tout ressort artificiel. Il y a aussi un doc sur l’affaire Gregory qui se regarde un peu péniblement- je préfère te suggérer l’exhaustif bouquin de Denis Robert à ce sujet.
            Pour un exemple qui parle ici, je te renvoie à L’Affaire Chris Watts et à La gêne occasionnée qui y est associée. François a produit une analyse fine, comme d’habitude, qui traduit à mon avis sa fascination pour le réel.

            • #4024 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Suis en panne de Netflix, sinon j’aurais vu le Fourniret depuis longtemps.

            • #4046 Répondre
              Nicolas
              Invité

              en tout cas, gêne très intéressante, je rattrape l’affaire Watts très vite.

              Si vous êtes djeuns, Canal+ fait une offre « rat+ » en ce moment pour avoir accès à plus ou moins tous les services de streaming pour 19€ / mois (désolé François, il faut avoir moins de 26 ans, t’es plus éligible depuis quelques jours…………….) !

          • #4033 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Je me suis mal exprimé concernant le doc Guy Georges. Il y a des artifices importants mais qui justement réfutent le sensationnalisme. À voir donc.

    • #4028 Répondre
      Mopi
      Invité

      Le docu Netflix sur l’affaire Grégory m’a sacrèment captivé. Les images des obsèques, les témoignages de Jean Ker, Denis Robert, du flic misogyne… Et puis ça peut paraître un peu bête de dire ça, mais c’est la première fois que je remarquais à quel point Jean-Marie V. et Christine V. étaient beaux, à chaque fois qu’ils apparaissent à l’écran, ça rayonne de partout

      • #4041 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Je ne sais pas. Peut-être que j’ai trop lu sur l’affaire avant de voir le doc, je connaissais les travers repugnants de Jean Ker, du commissaire Corazzi, l’intervention absurde de Duras, les manquements grossiers de Lambert…
        Je n’ai pas vu ce que ce documentaire avait de spécial concernant l’affaire elle-même, si ce n’est son sous-texte flagrant, le fait que chacun voulait sa part du gâteau Grégory et que presque tout le monde a perdu la tête dans cette affaire. Manque des éléments d’importance majeure concernant l’histoire, entre autres le fait que la médiatisation n’a permis aux Villemin que de payer les honoraires de leur avocat d’extrême-droite, maître Garaud, lequel sera remplacé trop tard par le débutant Arnaud Montebourg qui aura, une fois n’est pas coutume, effectué un important travail de réparation financière et judiciaire. Sauf erreur, seul Moser reste perçu comme l’avocat du couple. Manque aussi les pistes les plus importantes de l’enquête : les déclarations des témoins tardifs. Il y a une affaire de mœurs de voisinage en parallèle de l’affaire Grégory, les témoignages d’amants adultères ne s’étant pas signalés à l’époque pour des raisons évidentes, Marcelle Claudon et Claude Colin – c’est le début de la piste Jacob-Laroche-Bolle, à mon humble avis la plus pertinente aujourd’hui. Cette histoire-la me semble plus forte. Imaginer être le témoin d’un meurtre et ne rien dire pour dissimuler une aventure. C’est une histoire plus puissante que les commentaires de Corazzi sur le physique de Christine Villemin. De nouveau, lire Denis Robert.
        Bref il y avait des choses intéressantes mais le doc a mis en avant le spectaculaire, les larmes, reproduisant l’obscénité originelle de Paris-Match tout en la dénonçant.
        En fait, ce doc m’apparaît comme une sorte de publicité, le true crime made in France pour les pays anglo-saxons clients de Netflix.

    • #4120 Répondre
      Charles
      Invité

      https://linktr.ee/sortie_secours

      Deuxième épisode du podcast de la bande à Ribeton, beaucoup plus convaincant que le premier – ils ont manifestement compris que d’autres personnes que leurs potes étaient susceptibles d’écouter l’émission. Pas vu les films discutés mais ils en profitent, avec Goutter d’or, pour parler plus généralement d’un certain cinéma français et c’est très intéressant.

      • #4132 Répondre
        Tony
        Invité

        Intéressante cette petite bande,bon goutte d’or on le voyait venir à des kilomètres,tout ça pour ne filmer que la nuque de Leklou et flouter le quartier avec toujours cette manie du surnaturel,comme d’hab.
        C’est vrai que y a de plus en plus de podcast critique sur le cinéma,tant mieux pour nous les cinéphiles mais je me demande quel est le modèle économique de ces nouveaux médias,j’imagine qu’il y a des coûts mais y a-t-il des revenus,François si t’es par là ça m’intéresse,est-ce que comme sur YouTube c’est monétisé?(mais bon je ne vois pas comment ça pourrait l’être sans publicité?)

    • #4144 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      De notre côté, il n’y a aucune tractation commerciale. Donc aucune rentrée d’argent – si ce n’est très indirectement pour moi, mais ce revenu indirect est difficile à quantifier, et sans doute assez dérisoire.
      Mon acolyte pensait au départ que nous aurions assez vite des propositions d’hébergement (quelque chose comme ça). J’étais dubitatif, sachant trop bien que la critique n’intéresse pas les marchands. Ça s’est confirmé.

    • #4152 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Quelqu’un ici qui aurait vu le Service public de Brakhlia & Achour peut-être?

    • #4158 Répondre
      so
      Invité

      Avez vous regardé la mini série de Bellocchio sur Arte ?

    • #4172 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on va

    • #4222 Répondre
      Ostros
      Invité

      Live Microciné avec François vendredi 12 mai à 20h autour de Tous les garçons et les filles de leur âge, collection de neuf téléfilms français sur le thème de l’adolescence, commandée par la chaîne Arte et diffusée durant le dernier trimestre 1994. Parmi eux le superbe Travolta et moi de Patricia Mazuy.

      https://m.youtube.com/live/pr8vm2E10_I?feature=share&fbclid=IwAR2tcCjCcppIgmpblB1cQDCGxC-rOmxhTPXpp4fV7FJ1v_vpPVi_lR7784g

      • #4223 Répondre
        Ostros
        Invité

        Et le superbe Portrait d’une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles de Chantal Akerman.

        • #4226 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Très intéressant comme programme.
          Merci Ostros pour l’info.
          Et les recommandations de téléfilms.
          Sait-tu où on peut les voir ? Merci

          • #4230 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je crois que j’ai encore Travolta et moi ainsi que Portrait d’une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles. Je fouille mes disques durs et te les transmets par mail demain dans la journée. Pour les autres je vais les rechercher sur mes sites pirates de prédilection, je te tiens au courant.

            • #4231 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Merci beaucoup Ostros

        • #4236 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          c’est un. de ceux que je suis très curieux de revoir oui

          • #4242 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je te l’envoie aussi quand je mets la main dessus.

    • #4232 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Récemment programmé dans le ciné club de Microciné, La mort de Danton d’Alice Diop est visible en intégralité ici jusqu’au 22 mars
      https://www.kubweb.media/page/mort-de-danton-comedien-banlieu-scam-alice-diop/

      • #4234 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Mathieu

    • #4237 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salutations, je cherche des idées pour des films avec un enfant de 9 ans, un peu craintif, qui ne soit pas une plaie à regarder pour les parents. Exemple de film-plaie vu récemment : En corps.
      Je parle bien de film, en film d’animation tous les Miyazaki y sont passés.
      Titanic ? Tintin de Steven ?

      • #4238 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        (pour préciser, en VOD, pas en salle actuellement)

      • #4241 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        J’imagine que tu y as pensé mais au cas où, tout Chaplin (qui est au cinéma ce que les Beatles sont à la musique), tout Keaton (Buster, pas Diane ni Michael), tout Tati, Laurel et Hardy, et comme films, vite fait, Jeux interdits (même si un peu traumatisant), La Guerre des Boutons d’Yves Robert ou l’Empire des sens tiens pourquoi pas…

      • #4243 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Je te balance quelques titres qui ont bercé mon enfance et qui sont encore visible à l’âge adulte en étant indulgent: Rasta Rockett, les 3 Retour vers le futur, Babe 1 et 2, Harry Potter 1, Sherlock Junior, The Kid, Le Petit Fugitif, La Vie est belle de Capra, The Princess Bride, Chevalier, Billy Elliot, Matilda, Charlie et la chocolaterie ( le vieux, mais celui de Burton est pas mal non plus), Edward aux mains d’argent, Hook ( le combo infantile Spielberg-Williams), Jack, Jumanji, Madame Doubtfire, Rush Hour 1 et 2, Shanghai Kid 1 et 2, Ace Ventura 1 et 2, The Mask, Dumb and Dumber, The Truman Show, Last Action Hero, L’Histoire sans fin 1 2 3, Le Magicien d’Oz, Les vieux Superman avec Reeves, Un jour sans fin, Tootsie. Plus récents qui pourraient coller: Paddington 1 et 2, Hugo Cabret, Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, Tintin de Steven en effet, E.T, beaucoup de Steven et de Burton en fait, très enfantins, notamment les derniers Burton sous l’égide de Disney, qui ne sont pas aussi nuls qu’on le dit: Dumbo, Miss Pérégrine et les enfants particuliers, Frankenweenie.
        Après en anim’ il n’y a pas que Miyazaki non plus: Le Monstre des mers sur Netflix c’est super, Les Burton Selick encore: James et la Grosse Pêche, Les Noces Funèbres, L’étrange Noel de Mr Jack, Coraline ( ces deux là font peur un peu peut-être), les courts de Wallace et Gromit, Le mystère du Lapin-Garou, Les Pirates bons à rien mauvais en tout, les Pixar tout est bien de Toy Story 1 à Toy Story 3, Zootopie, Tarzan, La Planète aux Trésors, les films de Remi Chayé Tout en Haut du monde et Calamity, une enfance de Calamity Jane; les films de Tomm Moore: le chant de la mer, Brendan et le secret de kells, le peuple loup. Que du lourd.

        • #4245 Répondre
          Ostros
          Invité

          J’ajoute Les goonies. Et les 2 Ace Ventura.

          • #4246 Répondre
            Ostros
            Invité

            Oh j’ai lu vite tu as mis les Jim Carey Mathieu !

            • #4248 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Hé oui, une enfance sans Jim Carrey serait bien tristoune
              Et parce que je viens de voir son Vidéo Club Konbini, Okja bien sûr. Et aussi des Anderson, surtout l’île aux chiens et fantastique maitre renard.

              • #4376 Répondre
                Charles
                Invité

                Je repensais récemment pour une raison que j’ignore à la fin d’Ace Ventura. C’est un peu violent quand même sur le trans’, non? Je ne suis pas du tout en faveur d’un lissage de l’humour mais cette humiliation d’un personnage transsexuel parce que transsexuel me semble très pénible à voir aujourd’hui. Pour rappel, Ace Ventura se rend compte que la flic femme qu’il a embrassée était auparavant un mec (et qu’elle a gardé un pénis) et le méchant de l’histoire. S’ensuit une longue scène comique où Ventura se fait vomir, se ventouse la bouche par dégoût d’avoir embrassé un trans’. Lors de la dernière scène, Ventura révèle à tout le monde que cette flic était un mec en la déshabillant : elle se retrouve en petite culotte et on voit la forme d’un pénis et des testicules comprimés le long des fesses, provoquant des mines de dégoût de tous les flics.
                Pas sûr que ce soit très adapté pour un enfant.

                • #4378 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  J’avais pas vu le film. Le capitalisme numérique étant merveilleux, on peut revoir la scène sur Youtube. C’est effectivement très dérangeant ! Ventura lui arrache son chemisier, lui arrache sa jupe, sous le regard perplexe et vaguement circonspect de l’audience, pas un.e pour dire stop. Et la « découverte » faite, c’est plus que des mines de dégoût, les personnages vomissent. Même le dauphin approuve… Brrrrrr.

                  • #4380 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Bon souvenir de miracle a milan petite
                    Mais possible que ça ai l’air « boomer »

                    • #4382 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      C’est très bien pour les enfants, Miracle à Milan.
                      Même si pour les admirateurs de De Sica, ça vole pas très haut comparé au Voleur de Bicyclette, Sciuscià et Umberto D.

                      • #4415 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Et tu fais partie de ces admirateurs ?
                        Je ne connais pas Sica, autrement que par ce souvenir. Je n’avais pas prévu de m’y replonger
                        Mais ta remarque ressemble à une recommandation

                      • #4420 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Ah oui, grand admirateur de cette période-là. Umberto D. et Le Voleur de bicyclette, je les considère comme dignes des Rossellini de cette époque (Rome, Paisa, Allemagne année zéro). Le De Sica tardif est un naufrage, en revanche. Même si j’ai de bons souvenirs d’ado (sic) du Jardin des Finzi-Contini, son tout dernier film, Le Voyage, avec Sofia Loren et Richard Burton (1974, de mémoire hypermnésique) peut rivaliser avec les pires nanards seventies.

                      • #4421 Répondre
                        Seldoon
                        Invité
                      • #4423 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Sergio Leone, dans sa période look à la Woody Allen.

                      • #4424 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Quel homme. Presque rien à voir mais un ami proche raconte souvent qu’en soirée il y a quelques années un type l’a coupé pour lui dire :
                        « Tu me fais penser à cet acteur, là… Celui qui réalise aussi ses films… »
                        « Euh… »
                        « … Clint Eastwood ! »
                        Gêné car il a plutôt le gabari de Michel Blanc que celui de l’inspecteur Harry, mon ami bredouille :
                        « C’est flatteur, mais en général on me compare plutôt à Woody A- »
                        « WOODY ALLEN! »

                • #4379 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Oui on est dans un esprit anti homo anti trans (comme on pu l’être les Friends dans ces année-là). C’est ce que j’allais écrire aussi que certains éléments vont sûrement choquer le fils de Dr X. C’est aussi un personnage qui harcèle dans mon souvenir, que ce soit les femmes avec drague lourdingue et rapport à leur corps régressif mais aussi les méchants bourgeois. Mais en même temps c’est une sorte de OSS 117 dans l’immaturité et la bêtise donc le fait qu’il soit homophobe, harcelant, très porté sur le cul et les les blagues potaches vont bien avec le fait qu’il soit très con.

                  • #4381 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Sauf qu’on ne rit pas de lui mais avec lui, contrairement à OSS 117. Ainsi, les flics ne sont pas consternés par la réaction de Ventura mais au contraire ils sont au diapason.

                    • #4383 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      En général dans les Ace Ventura les gens se foutent de lui il passe pour un desaxé, un tordu, un pas sortable. Toujours en décalage. Dans la scène que tu as décrite je n’ai pas ri et mon frère non plus n’avait pas ri. C’est une scène très gênante car tout le monde est contre cette femme-homme. Après dans OSS et Ace Ventura ce n’est pas pour moi la question de rire avec lui ou avec les autres : c’est un tout. Ça se mélange. Ce sont des situations. Dans les deux on a un con jusqu’au boutiste en guise de héro contre des méchants, avec une mission et des situations drôles. C’est à dire des scènes où se confrontent ces personnages et leurs degré d’intelligence / de lucidité sur la situation, mais surtout des gags qui convoquent les différents profils. Soit le gag vient de OSS ou Ace Ventura soit il vient d’un élément extérieur qui va obliger le héro à agir, d’une confrontation avec un autre personnage etc. On a des degrés différents d’humour et chacun peut en rire ou pas (certaines situations censées être drôles dans oss ou Ace Ventura ne m’ont jamais fait rire). Donc c’est assez périlleux de partir sur une analyse de qui ou de quoi dans l’entièreté d’un film comique.

                      • #4384 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Donc c’est assez périlleux de partir sur une analyse de qui ou de quoi on rit dans l’entièreté d’un film comique.

                      • #4385 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Et puis quand c’est Ace Ventura qui agit comme un zouave qui me fait rire est-ce que je ris par ce que j’adhère à l’objet de son acte ou est-ce parce qu’il agit comme un détraqué en faisant cette action ? Ou la somme des deux ? Encore une fois cela est variable. J’ai pu rire du fait qu’il partage un moment romantique avec sa chérie en Afrique en envoyant des boulette de papier avec une sarbacane sur les homme perchés en haut de poteaux sans bouger durant des jours et des nuit dans un but initiatique ou spirituel. Pourtant dans cette scène Ace Ventura et sa copine son très calmes et ont une conversation profonde. C’est ce décalage qui participe au rire en plus du fait de perturber ces types perchés qui sont très concentré et ce moment important, sérieux, de leur vie. Donc je ne ris pas toujours « avec » Ace Ventura. C’est vraiment composite.

                      • #4387 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Je parlais de ces scènes en particulier, pas de tout le film. Dans OSS, le comique repose beaucoup sur la bêtise du personnage qu’on nous désigne et dont on rit. Ace Ventura est montré comme un personnage excentrique excessif mais intelligent et doué, à la repartie cinglante. Dans cette scène, comme dans beaucoup d’autres, on est toujours du côté de Ventura et on attend qu’une chose c’est qu’il arrive à démontrer ce qu’il souhaite (le transsexualisme du personnage) car c’est la clé de l’enquête qu’en bon héros il a réussi à résoudre. Et quand au final il y arrive, il n’y aucune distance mise avec le dégoût généralisé censé provoquer le rire.

                      • #4388 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        La scène dont tu parles, le dénouement du film, Ace Ventura démasque le méchant qui est ce personnage trans. Le dégoût des hommes autour et de Ace Ventura (qui rend la scène gênante pas drôle donc) est basé sur le fait d’apprendre que la femme sur laquelle ils ont tous (Ace Ventura compris) tant fantasmé (c’est un fil rouge du film, leur attirance pour ce corps et l’autorité de la cheffe) est en fait un homme. C’est un point important. On a certes un personnage trans mais qui est pourri (le méchant), autoritaire / odieux et qui se sert de son corps de femme pour soumettre les hommes qui travaillent avec lui. Donc ils sont autant dégoûtés que Ace Ventura car ce sont des hommes tous roulés dans la farine par un autre homme sur le plan de leurs désirs et qu’ils sont homophobes. Tout ce pour dire que leur réaction est liée aux péripéties et ne tombe pas comme ca, se basant sur rien, en accord avec celle de Ace Ventura.

                      • #4391 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Jai posté avant de lire ta dernière réponse donc les parenthèses : qui rend la scène gênante pas drôle donc, ne sont pas de l’insistance de ma part.

                      • #4392 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Il me semble d’ailleurs que Ace Ventura est le seul qui ne peut pas blairer cette cheffe tyrannique, qui va finir par l’embrasser de force je crois, car il lui résiste. Je suis pas sûre sûre. On a quand même un personnage trans qui veut dominer les hommes. Les soumettant par le sexe (leur désir, leurs fantasmes). Les posséder en quelque sorte comme une chasseuse. Et dont l’autorité de cheffe passe toute entière par son corps de femme. Qui est un corps d’homme.

                      • #4394 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Le corps du méchant dévoilé violemment à la fin est un des objets qui structurent le corps du film : sportif de haut niveau qui se transforme en femme, qui intègre je sais plus quelle section de police ou autre, a un poste de cheffe, qui règne par son corps autoritaire et suscite des remarques sexistes autant que des fantasmes, etc.

                      • #4395 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Je ne comprends pas bien ton point Ostros, on doit donc plaindre ces hommes abusés par leur chef?

                      • #4396 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Tu avais l’air de dire qu’ils sont dégoûtés parce qu’ils découvrent le sexe masculin de leur cheffe. Je dis que ce n est pas ça qui le dégoûte mais le fait qu’ils aient longtemps fantasmé un corps et un sexe de femme.
                        Et aussi je me demande si la transformation du sportif est faite pour qu’il puisse se cacher ou par véritable besoin d’être une femme ? Je ne me souviens plus de ce point. Je crois que c’est l’option une.

                      • #4397 Répondre
                        Mathieu
                        Invité

                        Oui c’est l’option une. Et pour moi, ils sont dégoutés car ils l’ont tous embrassés au moins une fois, comme Ace à qui elle a fait du gringue.

                      • #4398 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est une interprétation que le visionnage de cette scène ne permet pas, seul, de corroborer. Mais au fond, ça ne change pas grand-chose.

                      • #4399 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Si ça rend ce personnage plus épais et les relations / situations plus intéressantes. On a une femme cheffe dont le harcèlement sexuel qu’elle impose à ses hommes les emoustille bien qu’ils ne l’aiment pas trop. Donc en tant que femme elle reste un objet sexuel même cheffe et même autoritaire / violente. Dès que les hommes apprennent que c’est un homme ça les rend malades. Je trouve que c’est intéressant à étudier. Et ça dit que le film n est pas si évident.

                      • #4389 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        « Le voleur de Bagdad » de Michael Powell Tim Whelan et Ludwig Berger
                        « Les aventures du baron de Munchausen  » de Terry Gilliam

                • #4390 Répondre
                  Mathieu
                  Invité

                  Oui sauf qu’il n’y a aucune revendication pro-trans dans Ace Ventura. Le stratagème de Ray Finkel est simplement de se travestir pour passer inaperçu afin de se venger de Dan Marino, qu’il accuse d’avoir mal placé le ballon du drop. En aucun cas, il ne fait ça parce qu’il se sent mal en tant qu’homme et qu’il veut devenir femme au plus profond de lui. C’est un coup monté. A la limite, c’est plus insultant pour sa folie, qui est complètement traitée par dessus la jambe. Folie dans laquelle Finkel aurait sombré après avoir loupé le drop, jurant de se venger de Marino, se travestissant pour ça. Enfin, on voit bien que c’est n’importe quoi, tout ça, et je ne trouve pas ça très grave.

                  Je me souviens très bien que quand j’étais enfant – je l’ai vu autour de 9-10 ans comme le fils de Xavier – cette révélation ne me faisait ni chaud ni froid. Je devais même la trouver un peu conne, comme aujourd’hui, mais en fait je m’en fichais. D’une manière générale, j’en avais rien à faire du scénario global, de l’enquête et de sa résolution, dont je voyais déjà bien qu’ils n’étaient qu’un prétexte. Je voulais juste voir Jim parler avec son cul, faire des grimaces, tomber dans l’aquarium d’un requin, simuler un cosmonaute dans l’aquarium du dauphin, simuler la folie pour intégrer l’asile, se battre avec la mascotte de l’équipe de foot, provoquer les footballeurs pour se prendre un pain et vérifier la forme de la bague de champion, etc etc

                  • #4393 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Je ne pense pas qu’on puisse parler de travestissement pour un homme qui s’est fait faire des seins pour ressembler à une femme. Il n’y a pas de déguisement ici (pas de perruque, de maquillage outrancier soulignant le fake, de faux seins). La question n’est pas celle d’une revendication pro-trans mais de la réaction de dégoût d’Ace et des autres qui est un ressort comique important de la fin du film.

                    • #4402 Répondre
                      Mathieu
                      Invité

                      En fait pour moi, on est juste dans la potacherie beauf très masculino-centré. Il est évident que cette scène ne serait jamais refaite comme ça aujourd’hui. C’est très années 90, en réalité. Comme Friends a été récemment traitée de grossophobe avec le personnage de Monica jeune qui pèse 150 kilos. Et malgré tout, je continue de trouver ce gag drôle ( grosse Monica) car il y a une part de moquerie dans le comique, et que tous les personnages jeunes de Friends, lors du bal de promo, ont des styles improbables ( la moustache de Ross, le grand nez de Rachel, la coupe de Chandler). C’est l’outrance du comique. C’est les couilles au menton de Hugh Jackman dans Movie 33. En forçant un peu, on pourrait ranger la révélation finale de Ventura et la réaction des flics dans cette catégorie. Et puis là, allez c’est 5 plans rapides entre la révélation des couilles à l’arrière et le dégout des flics, dont je persiste à penser que c’est d’autant plus un gag qu’ils l’ont tous précédemment embrassé ( ils crachent et se frottent les dents), donc leur gêne est plus sur ce baiser que sur le pénis en lui-même. Y’en a pour 7 secondes. Revu récemment je suis bien plus gêné par la série H par exemple, dont la misogynie est constante envers les personnages féminins, présentées comme la gourdasse d’un côté et la cheffe autoritaire de l’autre, dont il est constamment répété qu’elles sont mal baisées.

                      • #4403 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Tu oublies les scènes qui précèdent durant lesquelles Ventura vomit, se ventouse la bouche, se bourre de chewing-gum pour faire passer le goût etc.

                        Le problème n’est pas de se moquer d’un personnage trans’ mais de l’associer aussi frontalement à quelque chose de dégoûtant.

                      • #4404 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui mais dans H, tout le monde est con, non?

                      • #4407 Répondre
                        Mathieu
                        Invité

                        Mais justement pour moi ça passe parce que voir Carrey se ventouser le visage et manger 1000 chewing gum, c’est matériellement super drôle. C’est typiquement l’outrance comique. Je suis sûr qu’ils ont raisonné à l’envers genre qu’est ce qu’on va bien pouvoir trouver pour que tu te ventouses le visage? Allez, tu vas embrasser une fille qui se révèlera être un mec. C’est pas très finaud mais allons-y.

                      • #4405 Répondre
                        Mathieu
                        Invité

                        Je me dis aussi que ça ramène à la question plus large des personnages faire-valoir, repoussoirs. C’est ce que sont les filles de H, la rousse de OSS 2, la trans de Ace Ventura. Et jusqu’à quel point c’est drôle ou non. Le problème, c’est surtout que toutes ces femmes sont mal écrites, mal caractérisées, car le véhicule numéro 1, ce sont les mecs à chaque fois ( Eric Ramzy Jamel, Dujardin, Carrey)

                      • #4408 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Le trope d’Ace Ventura est plutôt classique : une inversion de genre représentée comme une dissimulation. Un imaginaire qui n’a pas grand-chose de trans et peut être *so nineties* ou se métaboliser de manière *bienveillante* quelques décennies plus tard dans un film comme Titane qui exploite le même filon. Sans les blagues. Jim Carrey aurait dû remplacer Lindon.

      • #4349 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Titanic ici une a eu peur et l’autre pas et moi j’ai pleuré – je ne sais plus, quand un homme de l’équipage se suicide, peut-être ?
        Le père de mes filles leur passe parfois des films qu’il aime bien avec De Niro jeune, ou Depardieu jeune, etc. Elles aiment bien aussi.
        J’ajoute Les misérables (1958 avec Jean Gabin), L’appel de la forêt (1972, dur à trouver en streaming j’avais fini par acheter le dvd sur le bon coin), Maman j’ai raté l’avion (ça fait peur quand un des cambrioleur se fait cramer le haut du crâne mais il s’en remet), je suis allée jusqu’à Un flic à la maternelle, que je trouve presque intéressant, pour le personnage de Schwarzenegger en policier qui est complètement dépassé et épuisé quand il se retrouve instit puis devient un super instit grâce à : ses compétences de policier. Mais le méchant fait peur, il est vraiment pas sympa.
        M’enfin l’autre jour ma petite est restée regarder Les chants de Mandrin, et un documentaire iranien sur Tenk : Le camionneur et le renard, que je recommande.
        Non, pour Titanic j’ai pleuré quand un père dit en mentant parfaitement à ses enfants que oui oui, il va monter sur un canot de sauvetage, c’est de l’autre côté pour les hommes – pour que son enfant monte dans le canot avec la mère.

      • #4410 Répondre
        Carpentier
        Invité

        L’homme bicentenaire de Chris Columbus, que je ne vois pas parmi la belle liste de recos que tu as déjà glanée, il me semble.
        J’y aurais ajouté Hook, les 2 sont avec Williams, oui, mais il t’a déjà été proposé celui-là.
        Cet enfant de 9 ans va se régaler.

    • #4252 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Merci pour toutes ces suggestions c’est adorable ! Oui les Chaplin on en a vu beaucoup, il faudrait que je me mette aux Buster. Je valide toutes les suggestions, merci de me les avoir (re)mises en tête, ça va occuper nos soirées. Un bémol sur Billy Elliot revue récemment : je trouve qu’il a mal vieilli, son succès d’époque avait peut-être plus à voir avec le sujet que pour ses qualités cinématographiques. Okja un peu trop tôt je pense ; comme Edward aux mains d’argent.
      Finalement on a vu « Les aventures de Tintin : apologie de l’alcool », très drôle et irrévérencieux, c’était la fête de la matière !
      Je vois que J-B Thoret en a fait une critique assassine sur Charlie Hebdo, ça ne m’étonne pas, si quelqu’un dispose de cette critique ça m’intéresserait pour mon édification personnelle.

    • #4272 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Peu lectrice de mag ciné et du genre à cliquer très occasionnellement sur la rubrique cinéma dans l’onglet culture pas si facile d’accès du libé, je découvre à l’instant, sur l’une des façades du mk2 voisin, l’affiche du L’Eden de Andrés Ramirez Pulido.
      Tandis que le chien de ma fille pisse soulagé mais pas si convaincu sur deux branches de feuillages erratiques, du style amélanchier qui fleurira jamais, je la mate et me dit que ça peut être bien.
      Vite fait, j’y déniche un logo de la sacd, je m’attarde, quoi, allez deux secondes, puisque le meilleur ami de l’homme, qui est donc ma fille, repart, queue dressée et cette fois plutôt guilleret, vers un os déjà bien mis à nu et coincé sous une grille qui encage un tronc d’arbre urbain.
      J’ai vite fait gardé en rétine les quatre jeunes corps erreintés du visuel, qui ne sont sans doute pas pour rien dans l’intérêt qui m’a détourné du jet d’urine de mon animal de compagnie éphémére, l’environnement super ensoleillé qui semble les cuire non plus et, ce qui couronne le tout, c’est le putain de patronyme du réal: Andrés Ramirez Pulido.
      Voilà comment parfois je choisis d’utiliser ma carte d’abonnée ugc.
      Quelqu’un qui en saurait plus sur ce film peut-être?
      (entre temps, je vais chercher bien sûr, mais bon, ne serait-ce que pour savoir s’il rejoindra le fil ouvert par Arnaud en dédicace aux films classés mauvais par François, si un.e internaute ici veut dire à propos )

    • #4368 Répondre
      Carpentier
      Invité

      j’espère que tu ne parles pas de celui qui mène au même endroit qu’un certain ascenseur

    • #4374 Répondre
      Ostros
      Invité

      Sarah G, François, avec un peu de retard les films sont dans votre boîte.

      • #4406 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Ostros, j’ai bien reçu ton mail.

      • #4425 Répondre
        Cyril
        Invité

        Tu as trouvé Travolta et moi ? Sur quel site ?

        • #4426 Répondre
          Mathieu
          Invité

          https://archive.org/details/travolta-et-moi-mazuy
          salut cyril,
          je me permets de répondre car j’avais trouvé travolta et moi ici
          la qualité n’est pas ouf, peut-être que ostros a mieux

          • #4454 Répondre
            Cyril
            Invité

            Merci, la qualité est plus que correcte !

        • #4428 Répondre
          Ostros
          Invité

          Cyril donne un mail je te l’envoie.
          .
          Sarah G je t’ai envoyé la liste.

          • #4455 Répondre
            Claire N
            Invité

            Si ça ne t’embête pas Ostros
            Je veux bien que tu me l’envoies aussi

    • #4430 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Merci beaucoup pour la liste

      • #4431 Répondre
        Ostros
        Invité

        De rien, comme ça tu es prête pour le Microciné.

    • #4435 Répondre
      Buster
      Invité

      Salut tout le monde,
      Je ne sais pas si le sujet a déjà été abordé mais est-ce que des personnes ont vu « Gigi la legge » d’Alessandro Comodin (« Les aventures de Gigi la loi » en français). Le film est sorti en octobre en France si je ne me trompe pas et il n’est sorti que ce mois-ci en Belgique donc petit décalage…
      J’aimerai avoir des avis sur le film et la critique des Cahiers ne m’a pas totalement convaincue.
      Il y a une recherche formelle plutôt intéressante (durée des cadres, éléments narratifs importants laissés hors champs, travaille des ellipses, jeu entre le documentaire et la fiction), en tout cas je le conseille fortement.

      • #135597 Répondre
        perove
        Invité

        je viens de le voir à la cinématek

        ai été bluffé

        paola quelle sensualité

        gigi quelle sympathie oisif paranoiaque magnifique

    • #4440 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci pour ton aiguillage !

      • #4449 Répondre
        Claire N
        Invité

        Réponse à Hervé
        perdue dans le fil

    • #4443 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salutations, pour ma part je réagis à contretemps au sujet de Trainwreck / Woodstock 99 sur Netflix. Je ne peux pas dire que j’ai été emballé. Pour paraphraser un commentaire vu sur Facebook au sujet de Fabelmans, c’est un documentaire Stabilo Boss. Il ne cesse de rappeler que le festival court à la catastrophe, et quand la catastrophe arrive oh là regardez la catastrophe ! Mais l’avez-vous bien vue ? Exemple 1 : les festivaliers courent vers les stands pour les saccager en changant « fuck you I won’t do what you tell me » (d’aucuns auront reconnu l’ennéasyllabe peu inspiré de Rage against the machine), plan suivant sur une personne interviewée en 2022 pour dire que les les festivaliers courent vers les stands pour les saccager en changant « fuck you I won’t do what you tell me », retour sur l’archive vidéo des festivaliers courent vers les stands etc. avec EN PLUS la musique originale ajoutée par dessus ! Exemple 2 : sur un plan un camion explose, ça fait boum, attention musique dramatique, attention plan suivant, une autre personne interviewée en 2022 dit que ça a fait BOOOUUUMMMM ! Et à la fin, trois minutes pour dire qu’il y a eu des viols et agressions sexuelles, c’est traité par-dessus la jambe, on dirait qu’il y avait une case à cocher dans le cahier des charges, yes we are conscious of gender violence, next. C’est d’autant plus dommage qu’il y aurait eu matière à faire un autre documentaire, composé presqu’exclusivement des archives, et laisser le spectateur ressentir les ambiances du festival et se faire son avis.

      • #4447 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Ah, c’était moi qui avait conseillé ce documentaire.
        Effectivement ce teaser permanent (« olala ça va péter ») peut agacer. On peut aussi le voir comme un spoiler permanent : la destruction finale n’est pas le sujet.
        Je trouve que l’ensemble témoigne bien des limites de la subversion commerciale MTV – la fausse subversion donc. De fait, on assiste à la fin du simulacre.
        La chronologie et les témoignages montrent très bien comment l’entreprise s’est considérée elle-même comme le paroxysme du détroussage du client jeune Blanc middle class.
        Des forces contradictoires se mettent en place : le lieu désastreux, la marchandisation de tout, et surtout la contrainte des corps sales, assoiffés, frustrés – et alors évidemment la musique violente vient enrager cette masse de clients réduits à leur plus basse humanité.
        MTV organise un hold-up, et quand les victimes se révoltent, leur envoie les flics. Voilà l’apothéose : MTV est du côté de l’autorité.
        Tous les incidents divers, même les plus graves comme les viols, forment l’accumulation de malaise qui nécessitera la force. L’arrivée des flics est le moment de vérité. Et les témoignages, conscients ou non, racontent comment le merchandising a finalement eu la peau de MTV.

      • #4448 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Après, formellement on est pas sur un chef-d’œuvre, je te le concède volontiers !

        • #4451 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Oui, j’avais lu que tu soulignais (en plus succinct) ces éléments plus haut, mais même en ayant ces lignes en tête je dois bien dire que je n’ai pas bien vu ces éléments dissonnants qui pourraient m’interpeller. Je l’écris en toute amitié, soit j’ai mal regardé (très possible), soit il me semble que peut-être tu vois des éléments de réflexion plus profonds dans un documentaire qui n’en contient pas tant que ça (alors qu’il y aurait de quoi), et ta critique ennoblit ce documentaire. Merci en tous cas d’avoir précisé ta pensée.

    • #4466 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Quelqu’un a parlé de Goutte d’Or, non ? Une personne malintentionnée dont le nom commence par Bil et finit par ly m’a emmené voir cette catastrophe. Certains disent de Bergman que son grand talent est que quoi qu’il arrive, sa caméra est toujours exactement où il faut. Ici c’est l’inverse. Imperturbablement, la caméra est au mauvais endroit, avec le mauvais objectif pointé dans la mauvaise direction. Une mise en scène qui obscursit tout et annule les scènes. Et tout est tellement flou que le fameux quartier de la goutte d’or est réduit à une simple texture. Mais littéralement. Sinon c’est « joli », il y a des bonnes gueules (quitte à sacrifier la qualité de la performance), et je pense qu’il y avait un séquencier de polar vraiment sympa (mais ça s’est effondré dès le dialogué). Pas mal de bonnes idées gachées.

      • #4469 Répondre
        Charles
        Invité

        J’ai posté plus haut le lien du podcast de Ribeton qui parle de Goutte d’or et m’a grandement dissuadé d’aller le voir. Tu confirmes que j’ai bien fait.

        • #4474 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Ah oui c’était ça ! Je vais aller écouter, merci.

          • #4532 Répondre
            Billy
            Invité

            Oui c’était pas un super choix mais tu voulais aller voir The Son, j’ai paniqué.
            Je trouvais l’idée de Goutte d’or, géniale : filmer le travail d’un marabout à la Goutte d’or. Comment marche son petit commerce, qui est aussi un vrai don. Un don qu’il ne maitrise pas, qu’il ne comprend pas, qu’il nie même.

            Cogitore n’aime pas le réalisme. Il aime la chorégraphie, l’opéra. Du chantier, il filme la chorégraphie des gros camions, la fumée, les lumières, pas le travail, et il rajoute de la musique à ces plans pour masquer le son direct et finir de les déréaliser.
            Dans Goutte d’or, l’aspect pratique l’intéresse pas vraiment. Les rares scènes où ça l’intéresse, où il arrive à maintenir le réalisme et le mystique, c’est bien (le fils qui doit dire une prière au père pour entrer chez lui. Père qui a été marabout et qui a transmis le don. Les séquences avec l’air inspiré du jeune marabout-arnaqueur, parfois je me demande s’il a le don ou pas.)
            Mais il aurait fallu un film réaliste qui s’interroge sur ce don. Pas un film d’imaginaire où tous les personnages ont des noms improbables (Ramses). Pourtant, il avait un super sujet, un super lieu (l’appart où il exerce la voyance, la MJC cheap où il fait ses spectacles de voyance, l’arrière-boutique où ils fondent le métal des ordis)

            Comme Cogitore n’aime pas le réalisme, les dialogues sont pas crédibles, ils donnent ostensiblement des infos au spectateur (En début de scène dans une salle d’attente bondée, deux personnes assises côte à côte :
            – vous attendez depuis combien de temps ?
            – Je sais pas… 4h et vous ?
            – 5h.)

            Comme Cogitore n’aime pas le réalisme, on voit pas le quartier, c’est une texture comme tu dis. D’ailleurs « Goutte d’or » ce sera le pseudo du marabout qui a un pendentif en forme de goutte d’or. Pas le nom du quartier.
            Même procédé que Les Olympiades. Le film a le nom d’un quartier, mais c’est pas la vie du quartier qui intéresse le cinéaste. C’est le mythe, l’imaginaire qu’il en tire. J’ai pensé à Audiard en voyant ce film, aussi parce que les meufs sont absentes ou figures lointaines de l’apaisement. Il y a une scène avec une mère qui vient chercher son fils et ça le fait fuir. Et l’assistante du Marabout qui sert du thé en salle d’attente. Je prenais Cogitore pour un cinéaste expérimental, en fait il est entre Romain Gavras et Audiard : Filmer un imaginaire, filmer viril, et ville dépolitisée pour devenir un décor de garçons, pour les intrigues du scénar.

      • #4470 Répondre
        Carpentier
        Invité

        ah benh on a trouvé un film que je n’ai pas encore vu et qui est quand même à classer dans le topic récent ouvert par Arnaud 🤣
        Je me sens moins seule d’un coup et du coup envisage moins le suicide

    • #4481 Répondre
      Ostros
      Invité

      Claire N si tu n’as rien reçu c’est que je suis dans tes spams.

      • #4482 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’ai oublié de préciser que les 2 wetransfer sont valables jusqu’au 19 mars.

        • #4483 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Au fait, Anna H, je t’ai envoyé un mail un avec le lien.

          • #4484 Répondre
            Anna H
            Invité

            Merci Hervé, je vais regarder dans ma boite de courriel alors.

            • #4485 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Super !

        • #4487 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Ostros, bien reçu

          • #4488 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je t’en prie.

    • #4519 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      Quand j’ai appris que L’Etabli, le grand récit de Linhart père, allait être adapté au cinéma, je me suis réjouis. Trop vite, peut-être, car la bande-annonce laisse craindre le pire, voire même pire encore. Quelqu’un a déjà vu quelque chose du cinéaste Mathias Gokalp ?

      • #4574 Répondre
        Anna H
        Invité

        Concernant Robert Linhart, je recommande ces deux entretiens passionnants datant de 2019 dans lesquels, contredisant sa fille Virginie (« Le Jour où mon père s’est tu  » 2008), Robert retrouve la parole et raconte très longuement son itinéraire de maoïste :

        • #4575 Répondre
          Anna H
          Invité

          • #4579 Répondre
            Anna H
            Invité

            Virginie Linhart qui a également réalisé en 2008 un documentaire remarquable « 68, mes parents et moi » que je n’ai pas retrouvé en ligne mais qui se trouve sur le dvd « Vincennes, l’Université perdue »

          • #4585 Répondre
            MA
            Invité
            • #4591 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Oh merci MA.

              • #4600 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                beaux cadeaux

                • #4639 Répondre
                  lison
                  Invité

                  Je pense que L’Etabli en film fera une bonne gêne , une bonne gêne sur comment rater l’adaptation d’un bon livre .

                  • #4651 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Je le sens un peu comme ça aussi

                    L’entretien avec Robert est assez pénible, presque douloureux
                    Outre le son à chier, l’homme est fatigué, malade, parler lui coute, et il ne dit pas grand chose. Sans compter la grande gueule des Tropiques, toujours prêt à couper le sifflet de tout le monde. Je ne savais pas que c’était lui, je l’ai reconnu en deux syllabes

    • #4590 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      Je vous partage ce documentaire en anglais facilement compréhensible (même pour les aveugles, ce coup-ci) sur Bresson.
      Réalisé en 1983, au moment où Bresson présente à Cannes ce qui sera son dernier film de cinématographe, L’Argent.
      Avec des témoignages de Louis Malle, Dominique Sanda, Andreï Tarkovski, Paul Schrader et des apparitions d’Orson Welles et … Yves Mourousi. Avec aussi de longs extraits de films et des passages bien choisis de Notes sur le cinématographe.
      Acmé du docu, Bresson « accorde » un entretien aux deux jeunes réalisateurs-admirateurs, en acceptant de ne répondre qu’à … une seule question et en terminant sur une formule de Stendhal.
      Je n’en dis pas plus – pas mon genre de spoiler – sinon que ça vaut le coup d’être vu.

      • #4593 Répondre
        Ostros
        Invité

        On est gâté aujourd’hui.

      • #4690 Répondre
        GaelleS
        Invité

        Merci Hervé j’ai toujours rêvé d’entendre la grosse voix d’Yves Mourousi parler de Bresson

        • #4726 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Oui, moi aussi. Même si c’était déjà un bonheur de l’entendre dire tous les jours « bonjour Marie-Laure ». Toute ma jeunesse.

    • #4594 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Mais vous nous gâtés aujourd’hui.
      Merci à tous.tes

    • #4736 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Je n’ai pas vu si le sujet avait été évoqué, enfin je n’ai rien trouvé, donc : le nouveau À l’Ouest rien de nouveau, d’Edward Berger, a été nominé 9 fois aux Oscars. Ce qui ne démontre absolument rien. Le film est une véritable purge, un clip électro improbable de 2h30 au scénario indigent, aux dialogues affligeants, avec des rebondissements dignes des pires films de Christopher Nolan croisés avec les meilleurs Max Pecas. Aucun lien avec le bouquin de Remarque hormis les noms des personnages et le contexte, et encore. On est très proche du Doberman de Jan Kounen en termes de cinéma. À ne voir que par masochisme ou pour mieux apprécier le film original de Lewis Milestone.

    • #4748 Répondre
      Charles
      Invité

      Je recommande le dernier documentaire de Laura Poitras, qui vient de sortir en salles, sur la vie de Nan Goldin. Très dense, en ce qu’il mélange le récit de la vie intime et artistique de Goldin et son récent combat contre la famille Sackler, émouvant et même bouleversant. Les thématiques abordées sont très connues (sida, New-Tork underground avec mon chouchou Wojnarowicz, le scandale des opiacés) mais le film arrive à bien mettre en valeur le travail de Goldin et a ainsi donné vie à cette époque bénie et maudite. Beaucoup d’archives, de photos, de matériaux, ce qui permet d’éviter le défilé d’intervenants qui témoignent face caméra d’une époque révolue. On pourra sans doute reprocher au docu de trop embrasser au risque d’aller trop vite (notamment sur la façon dont les opiacés ont explosé aux US) mais Poitras arrive à capter des moments tellement beaux et forts – les Sackler obligés d’écouter le témoignage des victimes, par exemple – qui saisissent et résument de façon bouleversante les sujets traités que ça n’en est pas un problème. Quel titre magnifique, d’autant plus quand on en découvre l’origine.

      • #4749 Répondre
        Charles
        Invité

        J’en oublie d’ailleurs de donner le titre : Toute la beauté et le sang versé.

      • #4869 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Difficile de résister à ce film, en effet. Mais je tiens à y résister un peu.
        D’abord pour dire qu’il n’y a pas beaucoup de grands moments dans ce film, qui est quand même un défilé d’images – photos, images. La seule véritable scène, c’est celle que tu dis , la conversation visio où sont présents les Sackler mère et fils. Là il se passe un truc.
        Il se passe un truc, mais qui est binaire à souhait. Evidemment la situation est binaire : ces gens ont empoisonné des millions de gens, point. Mais fait on de bons films avec une situation binaire?
        Même si la forme est plus chiadée, le film mieux écrit, et les photos une vraie valeur ajoutée, il y a dans tout ça un truc fondamentalement netflixien, dans le sens où je le définis dans Boniments. L’humanité des gens bien contre les grands méchants. L’humanité sensible contre les insensibles. L’humanité hug (fin dans le musée) contre l’humanité raide.
        Et je passe sur les standards netflixiens qui y sont tous : cette humanité est queer, et tout ça s’origine dans un rosebud-trauma (le suicide de la soeur). Laure Poitras a bien compris comment ça marche.
        Dans un genre approchant, la série sur Warhol avait au moins le mérite de mettre un peu d’ambivalence dans la peinture du New-York interlope des années 70 et 80: tout ça était joyeux, libérateur, inventif, créatif (dans tous es sens du terme), mais aussi parfaitement morbide, superficiel, gorgé de drogues et de violences.

        • #4875 Répondre
          Charles
          Invité

          On en reparlera.

          • #4881 Répondre
            Juliette B
            Invité

            Je trouve que le film renseigne bien les cercles d’amitié qui ont toujours primé dans la vie de Nan Goldin, voire la scène où on voit Cookie Mueller gravement malade et chez qui une amie s’est installée pour s’occuper d’elle : « Pour moi, c’est ça l’amour », dit sobrement Goldin.
            Cette Cookie, ex égérie de John Waters et dont le film tait opportunément qu’elle était aussi une grande pourvoyeuse de coke de cette petite communauté, est une fille assez fascinante de fantaisie et de vitalité.
            J’ai lu d’elle un jour par hasard « Comme une version Arty de la réunion de couture ». Elle y raconte au début que ses parents l’envoyaient régulièrement petite passer ses après-midi après l’école à la bibliothèque municipale pour calmer sa trop grande énergie, et comment là-bas elle a découvert et commencé à aimer intensément les livres. A 11 ans, elle écrit donc à la main son premier ouvrage, le relie patiemment chez elle avec du carton et du scotch, puis va discrètement le glisser dans les rayons de la bibliothèque en question, en respectant bien sûr sur l’ordre alphabétique. J’adore cette anecdote.

    • #4758 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je l’ai sous la main
      je vais regarder

    • #4849 Répondre
      Eliot
      Invité

      salut François, j’aimerais avoir ton avis sur Después de Lucía de Franco. Je crois savoir que tu tiens le film pour chef-d’oeuvre mais j’aimerais savoir plus précisément pourquoi stp.

      • #4868 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Difficile de te livrer la critique ici
        A l’économie je pourrais dire que le premier plan suffit déjà à poser un grand film.

        • #4882 Répondre
          Eliot
          Invité

          T’as pas écrit un texte dans Transfuge ou autre à l’époque qui pourrait m’en dire plus ? ça m’intéresse vraiment.

    • #4894 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      j’avais fait un texte à partir du film mais plus générique (sur le point de vue)
      je vais le mettre en ligne ici bientot (dans « Cinéma »)

      • #4933 Répondre
        Billy
        Invité

        ce qu’en pense papa ?
        Texte où l’on apprenait que Michel Franco c’est pas notre papa. Et Hitchcock non plus. Comme ça, ça a pas l’air d’un scoop, mais en fait si

    • #4931 Répondre
      Billy
      Invité

      Pour les parisiens, le festival Cinéma du réel commence cette semaine et la prog est bien sexy. Le texte de Momci sur la rétro Zabat :
      https://www.cinemadureel.org/sections/olivier-zabat

      Je préviens les paragraphes sur le « motif » et « faire signe » ne sont pas bons. « motif » et « faire signe », ça peut pas parler du cinéma de Zabat. Ça peut pas parler de cinéma du tout.
      Et l’analyse du premier plan de buée dans Yves, c’est pas possible « le flou déposé par son handicap sur l’entendement du spectateur ». J’ai ri.

      Texte inégal parce qu’il n’écrit pas assez près des films, mais il a de bonnes intuitions.
      Je me méfie d’une critique qui commence par des citations de cinéastes, et pas par les plans. Je me méfie de la citation parce qu’il y a le risque de broder longuement des théories loin du film. Mais j’admets qu’ « entendement » pour les films de Zabat, ça marche très bien.
      J’aime aussi quand le texte note l’oxymore cinématographique « Voilà un cinéma cramponné au réel avec des manières un peu frustes, un peu art pauvre, limite renfrogné, fasciné par les abîmes et par la force, enclin à filmer surtout les hommes (surtout le prolétariat, des hommes à grosses mains, bouffies par l’usine et la boxe), et néanmoins étrangement doux, toujours aimant, obsédé par l’invisible »
      Et la fin sur Arguments et Fading est super. Plus proche des films, qu’on ira voir.

      Quelqu’un avait retranscrit le ciné-club de François sur Zabat ?

      • #4938 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Mieux que transcrite, filmée. Olivier le voulait. Et m’a envoyé la video récemment. Il a monté, et je trouve plutot bien monté, mais je ne suis pas le meilleur juge.

        • #4940 Répondre
          Billy
          Invité

          Mille mercis, je vais regarder.
          Espérons que le montage se soit pas totalement nul. Je serai magnanime.
          Je crois qu’il a un talent fou pour le montage, et pour le cadre aussi. Il a le don. Je me demande s’il a un rapport inquiet au cadre, ou si c’est simple pour lui, si ça lui vient, si ça lui est donné (phrase à prononcer avec la voix de RAZ en faisant un geste de la main du ciel vers soi ).

          • #4945 Répondre
            Ostros
            Invité

            Merci Billy et merci François pour ces partages.

        • #4944 Répondre
          Billy
          Invité

          Les séquences magnifiques d’Arguments me sont revenues au fur et à mesure de la vidéo. Je pensais pas être aussi émue pendant une analyse de film

          • #5009 Répondre
            Seldoon
            Invité

            C’était le plus beau ciné club parmi ceux que j’ai vu. Plus beau film, plus belle analyse.

            • #5010 Répondre
              Zyrma
              Invité

              J’y étais à tous et je suis d’accord. En le revoyant je ressens à nouveau l’attention que François porte aux films de Zabat et son émotion à nous en parler. Il y a un article sur sa rétrospective au Cinéma du réel dans le numéro d’Art Press qui vient de paraître.

      • #4947 Répondre
        Zyrma
        Invité

        Je vais à la masterclass lundi, aux projos de mardi soir 18h au forum des images, 21h au Centre, mercredi 20h45 au Centre si je me mélange pas les pinceaux
        si vous achetez un carnet de places, il faut le faire aux guichets du centre et pas dans les autres lieux (où vous pouvez par contre l’utiliser)

    • #4932 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Belle interview, sur un type qu’on entend plus du tout me semble t-il.

      https://www.critikat.com/panorama/entretien/sur-un-art-toujours-ignore-questionnaire-michel-mourlet/

    • #4939 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je ne connais pas du tout ce monsieur
      merci Alexandre

    • #5008 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Il y a une avant-première du nouveau Letourneur lundi au mk2 quai de seine.

      • #5011 Répondre
        Anna H
        Invité

        Il y en a une aussi au Mélies le 30 mars en sa présence.

    • #5053 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      et on fera la Gene dessus
      (il semblerait que la presse française, encore toute émoustillée du chef d’oeuvre de Spielberg, ne soit pas très disposée à s’enthousiasmer pour ce film)

    • #5058 Répondre
      amit g
      Invité

      bonsoir françois
      as-tu lu les deux romans (ou l’un d’eux) d’Alain Guiraudie, lesquels sont des continuités / extensions de tous ses films depuis l’inconnu du lac ?
      (son prochain film, qui entre en tournage fin d’année, est aussi inspiré de la fin de son dernier roman rabalaïre)
      la façon qu’il a de transformer ses écrits littéraires en scénarios puis en films – parfois pas dans cet ordre mais concomitamment – est très a part et interessant dans le cinéma français (mondial ?) actuel. Malheureusement son travail à tout ces niveaux est très peu commenté, analysé et débattu – critiqué – aujourd’hui.
      principalement des textes qui occultent l’ensemble autour de l’oeuvre commentée.

      …au-delà de sa réception, il y a surtout un style!

      • #5209 Répondre
        Isd
        Invité

        À ce propos, j’ai eu l’opportunité de présenter une conférence à Prague, sobrement intitulé « l’écriture chez Bruno Dumont », en la présence du principal intéressé. Cela a été l’occasion de discuter autour de la méthode de travail unique du meilleur cinéaste français vivant. Méthode qui n’est pas sans rappeler celle de l’autre meilleur cinéaste français vivant, Alain Guiraudie donc. En effet, les scénarios de B. Dumont sont écrits comme des romans : dans leur forme initiale, ils sont sans découpage, sans séquences. Ce sont ses producteurs qui, pour démarcher les financements, demandent à des assistants de les retranscrire sous la forme d’une continuité dialoguée. Pour les plus curieux, La vie de Jésus, L’humanité et P’tit Quinquin ont été édités sous la forme de romans. Je conseille leur lecture car outre la qualité de la langue on est projetés dans l’univers de ses films. L’un communique avec l’autre. Ma masterclass consistait à comparer les extraits des « scénarios » de Dumont (qui n’en sont donc pas !) avec les scènes telles qu’elles apparaissent dans ses films. Si jamais cela intéresse des aficionados de Bruno (« aficionados de Bruno », qui est aussi le nom de mon groupe de rock), je peux retranscrire notre discussion, ou du moins tenter d’en faire une synthèse.

        • #5210 Répondre
          Zyrma
          Invité

          Moi ça m’intéresse beaucoup ! J’ai lu le ptit quinquin

          • #5215 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ça m’intéresse aussi. Ainsi qu’un lien vers ta musique !

        • #5522 Répondre
          amit g
          Invité

          Merci pour cette découverte, et en me renseignement je vais sans aucune hésitation me plonger dans ces lectures.
          Pour les accompagner je serai très ravi de pouvoir lire la transcription de votre conférence!

    • #5063 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      J’ai lu le premier et écrit dessus dans Transfuge.
      Le travail littéraire est très peu commenté en général. De quelque auteur que ce soit.

    • #5068 Répondre
      Charles
      Invité

      Je lis de bonnes critiques sur Chili 1976, quelqu’un l’a vu?

      • #5106 Répondre
        Nicolas
        Invité

        Hello !
        Vu et vraiment pas aimé. Affreuse sensation d’un premier film prouveur, qui a besoin de prouver qu’il met en scène de la mise en scène grâce à sa mise en scène (colorimétrie générale, habillage sonore, les scènes sur la peinture rose). Après, il reste un petit vacillement avec un personnage que le personnage principal soigne, ce qui l’amènera à une scène où elle doit livrer des informations secrètes, il se passait une petite chose. Vraiment déçu par le film, mais peut-être que le suivant me plaira plus !

    • #5105 Répondre
      lison
      Invité

      Merci à ceux qui ont parlé des Banshees of Inisherin. Pas sûre que j’y serai allée sans vos recommandations.
      Je l’ai vu et aimé. Savez vous a quelle page je peux retrouver vos échanges ? et avez vous lu des critiques intéressantes sur ce film ?
      Et vivement la sortie du film De Sophie Letourneur (avec en plus une Gêne occasionnée).

    • #5107 Répondre
      Nicolas
      Invité

      De mon côté, je finis Esterno Notte de Marco Bellochio. C’est très bien dans l’ensemble ! Un beau contre-champ à son film Buongiorno, Notte. Vous avez vu ? Aimé ?

    • #5116 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      moi pas encore
      vais plus tarder

    • #5117 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      il en a été pas mal question ici, avec des verdicts divers

    • #5153 Répondre
      Carpentier
      Invité

      ah benh tiens, au fait, quelqu’un ici a-t-il, comme moi, vu le Nos frangins de Bouchareb?
      Et on en dit quoi?

      • #5161 Répondre
        Nicolas
        Invité

        vu, soufflé, déjà oublié. Un coup dans l’eau, avec vraiment rien de convainquant. Je me souviens vaguement d’un Kateb qui en fait des tonnes et d’une Khoudri qui fait l’affaire sans plus. On en dit plutôt du mal de mon côté donc.

    • #5226 Répondre
      Adamou
      Invité

      Bonjour à tous. Je me suis rendu compte que je regardais très peu de documentaires. Lesquels me recommanderiez vous?

      D’ailleurs François, à quand une gêne sur un documentaire (je ne les ai pas toutes écoutées peut-être en a tu déjà faite) ?

      • #5228 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        J’en profite aussi pour aborder Adam Curtis (documentariste à la BBC). Microciné en a fait une vidéo récemment dans la continuité de la rétrospective aux forum des images.
        Je me suis laissé prendre à plusieurs de ses séries documentaires mais je ne sais pas si c’est du simili complotisme teinté d’une forme aguicheuse ou si c’est du contenu honnête…

      • #5230 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Découverte récente pour moi (due à un ciné club de François) : Olivier Zabat. Dont tu peux voir les films pendant encore quelques jours :

        http://www.cinemadureel.org/sections/le-monde-autre/olivier-zabat/

        • #5233 Répondre
          Tony
          Invité

          Au fait Seldoon,en tant que spécialiste du nouvel Hollywood le Tarantino devrait t’intéresser,j’en ai commencé la lecture et sa passion est tellement communicative que chaque fois qu’il parle d’un film ça me donne envie de le voir ou de le revoir,ce qui fait que j’ai revu Bullit pour ensuite lire ce qu’il en disait,puis l’inspecteur Harry,idem pour Délivrance(quel chef d’oeuvre celui là),là j’hésite à revoir Guet apens et je n’en suis qu’au début,le cinéma américain des années 70 est vraiment passionnant même si Tarantino le voit surtout à travers ses stars emblématiques et la représentation de la violence,c’est très riche en anecdotes,l’analyse est un peu rapide,très centrée sur le jeu d’acteur et le scénario,la dimension politique malheureusement n’est pas vraiment étudiée.

          • #5304 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Spécialiste du nouvel Hollywood, carrément !
            Merci pour la reco, je vais me le garder pour cet été. N’hésite pas à revoir Guet Apens, revois le ! Ce n’est pas un grand film mais il propose de très belles choses. Et d’autres moins belles mais très réussies.

            • #5313 Répondre
              Tony
              Invité

              J’ai craqué,je l’ai revu hier soir,j’ai adoré,encore meilleur que dans mon souvenir,dès les premières scènes en prison où on voit Mc Queen travailler à l’usine,débroussailler des champs avec les matons qui lui donnent des ordres puis rentrer se coucher dans sa cellule on a une métaphore parfaite du monde dans lequel on vit et la seule histoire qui vaut le coup d’être vécue et de s’échapper c’est l’histoire d’amour et le film ne raconte que ça en faisant subir à ce couple toutes les épreuves les plus dingues,vraiment un grand film,en plus les scènes d’action sont magistrales,la fusillade finale est grandiose.

              • #5333 Répondre
                Seldoon
                Invité

                J’aime bien les scènes très malsaines du méchant qui prend en otage le couple. Et j’aurai toujours en tête la séquence dans la rivière, montée « dans le désordre », dont j’avais parlé en détail il y a un moment sur l’ancien forum.

                • #5349 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Je me souviens un peu de ce que t’avais écrit sur la scène du lac,très belle scène où le personnage est encore dans ses pensées comme il l’était dans sa cellule,on se demande en effet si ce que l’on voit est fantasmé ou si cela se passe vraiment,les doutes étant levés quand ils arrivent à l’appartement,belle scène de renaissance.

                  • #5351 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Ca vaut ce que ça vaut mais j’ai eu la chance de me balader quelques jours dans le coin où le film a été tourné et je crois que c’est une vision assez juste de la tronche qu’avait le Texas de ces années là. Sauf les fusillades de gangsters, très exagerées, mais ça c’est Sam. D’ailleurs ça fait un moment que je ne l’ai pas vu mais il me semble que c’est un des rares films de Peckinpah dans lesquels les tireurs sont glorifiés. En général il met des ralentis spectaculaires sur les victimes des balles mais n’érige pas en héros ceux qui tirent au moment où ils tirent ; dans get appens j’ai des visions de Steve McQueen clairement « classe » en tueur. Tu confirmes ?

                    • #5352 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Après avoir lu ce qu’en dit Quentin et il est très documenté car il a interrogé le scénariste Walter Hill et l’ex femme de MC Queen qui lisait les scénarios pour lui,c’est pour Pekhinpah un film de commande et le premier réalisateur envisagé était Bogdanovitch que Mc Queen à viré car il n’avait pas su répondre à cette question:’quel genre de flingues j’aurais dans ce film?’
                      Ce que dit Quentin sur la genèse du film est très intéressant,il a des réserves sur le film,sur l’interprétation du méchant dont tu parles,sur l’écart qu’il y a entre le film et le livre de Thompson dont il est adapté,sur l’ambiguite sexuelle qui fait défaut avec le personnage de Beynon(le notable qui l’a fait libérer)etc…mais au final c’est son Peckinpah préféré.

                      • #5353 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ce que tu dis de la genèse du film est assez connu (j’avais oublié l’annecdote Bogdanovitch). Si ça t’interesse je peux te mettre en rapport avec un spécialiste allemand (anglais courant) de Peckinpah. Il est surtout interessant pour son erudition sur la question plus que pour son analyse. Mais il a produit et réalisé un paquet de documentaires et bonus pour les différentes éditions vidéos des films de Sam, il a interviewé pas mal de ses collaborateurs.
                        Je sens un peu le calcul d’image de la part de Quentin qui continue lui aussi de fabriquer sa propre légende à chaque prise de parole. Tu le sens vraiment sincère dans ses choix de films ?

                      • #5354 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Je n’ai pas assez de connaissances sur Tarantino pour mesurer son degré de sincérité,ce qui est sur c’est qu’il part de son enfance et de son adolescence pour évoquer ces films là qui sortaient au moment où il les a vus,ce qui est troublant c’est qu’il tente de retrouver les impressions que lui ont fait ces films,comme si il essayait de se remettre dans la peau de l’enfant qu’il était et sa découverte précoce d’un cinéma qu’il n’aurait pas du voir à cet âge là(sa mère l’emmenait régulièrement voir des films interdits aux moins de 13 ou 16 ans alors qu’il en avait 8 ou 9).Ce qu’il dit sur le cinéma américain des années 80,qu’il déteste à quelques exceptions près, et la tournure morale qu’il a pris,fait pencher la balance en faveur de sa sincérité.Il me reste encore plus de la moitié à lire donc je ne peux rien en conclure pour l’instant,j’ai juste été étonné d’une remarque faite sur Godard,alors qu’il se plaint qu’un livre de Westlake n’a pas été respecté par son adaptation,il dit aussi de Made in USA’la non adaptation de Godard qui gâche le livre de Stark,le temps du spectateur et beaucoup de pellicule Kodak’!

                      • #5355 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Retour de bâton après avoir été traité de faquin par Jean-Luc, je suppose.

                      • #5356 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ca en a l’odeur.

      • #5231 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Il y a une gêne sur le documentaire L’Affaire Watts visible sur Netflix.
        Quand à te conseiller des documentaires, c’est délicat car il y en a autant et d’autant de genres que de fictions.
        À titre personnel, je te recommande les films de Depardon, d’Agnès Varda ou encore Fred Wiseman.
        À titre culturel, tu peux commencer par Jean Rouch, voire par Nanouk l’esquimau de Flaherty si tu veux voir l’origine du format.

      • #5264 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Parce que c’est dans le docu qu’il aura été le meilleur, ce qui n’invalide pas quelques grands films de fiction dont beaucoup ont été malle compris, je te conseille « Calcutta », « L’Inde Fantôme », « Place de la République » et son plus grand : « Humain trop humain » de Louis Malle.

        • #5266 Répondre
          Ostros
          Invité

          Tu as vu les documentaires d’Ophuls et de Resnais ?

          • #5268 Répondre
            Ostros
            Invité

            @Hervé Urbani _Î

            • #5292 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Quelques uns mais peu par rapport à l’ensemble de leur production ; du chagrin par-ci et de la pitié par-là, çà et là de la nuit et du brouillard…
              En revanche, d’Alain Cavalier, pratiquement tout. Et j’espère qu’il y en aura encore.

              • #5300 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci. J’ai fait un lapsus j’ai écrit Resnais au lieu de Rohmer…
                J’ignorais qu’il avait aussi fait du documentaire (en plus du long métrage fiction, de la serie et du clip). Et comme tu as une grande culture je me suis dit que tu pourras me dire si ca mérite un téléchargement illégal ou pas.
                Ophuls ça me tente de le découvrir dans cet exercice aussi. Comme Bunuel d’ailleurs dont je découvre qu’il en a réalisé pas mal.
                Moi aussi j’espère que notre discret Alain va filmer encore et encore. C’est qu’il est précieux.

                • #5307 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  Ça me gêne quand on me dit que j’ai une « grande » culture, je préfère qu’on utilise l’adjectif « immense » qui me paraît plus juste.
                  Rohmer, tout vu, il fait partie de ces artistes pour qui c’est au dessus de l’amour, c’est de la monomanie névrotique alors on ira même jusqu’à voir son documentaire sur Nancy au XVIIIème siècle alors qu’on est de Metz-la-ville-ennemie, et plus indéfendable encore, ses clips pour Rosette et Dombasle alors qu’Arielle cumule trois tares : actrice (et chanteuse) (et être humain) insupportable, femme de l’autre et nom de famille d’une commune rattachée à Nancy.

                  • #5308 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Immense culture alors que tu n’as même pas vu tout Tarantino.

                    • #5327 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      Oui, mais ceux que j’ai pas vus sont moins bien que ceux que j’ai vus, ce qui explique pourquoi je les ai pas vus, Môssieur le « Spécialiste-du-Nouvel-Hollywood ».

                      • #5334 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Tu as raison, tu nous laisses essuyer les platres et tu peux ensuite te concentrer sur les chefs-d’oeuvre.

                  • #5346 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Je suis assez fan de Rohmer aussi (ex monomaniaque). J’hésite encore à me lancer pour satisfaire ma curiosité. Merci pour ta réponse tu m’as donné envie de revoir le clip d’Arielle D. et une bise à ton immense culture.

    • #5250 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Une autre Gene porte sur le documentaire de Gianfranco Rosi.

      • #5260 Répondre
        Ostros
        Invité

        Adamou pour ma part je te conseille aussi les docus de Jean Rouch et j’ajoute La sociale de Gilles Perret, les docus d’Alain Resnais, de Chris Marker, Jean Vigo, Georges Franju, Henri-Georges Clouzot, ceux de Jean-Daniel Pollet, ceux du collectif Othon et ceux de François.

        On est en démocratie ! enfin gratuit.

        • #5261 Répondre
          Ostros
          Invité

          Et Alain Cavalier.

          • #5263 Répondre
            Ostros
            Invité

            Et Joris Ivens misère au Borinage.

        • #5498 Répondre
          Maud
          Invité

          Jean Rouch, trois fois oui. Et son fameux Maîtres fous, quelle claque.
          Puisque vous parlez de docs, je signale celui-ci, sur un dompteur de chevaux mongol. Le film est plutôt de facture classique (ceci dit, le réalisateur a le don de s’effacer, parfois c’est presque incompréhensible). Mais c’est surtout son personnage principal qui est incroyable. Il sait tout faire, crapahute partout pour sauver des familles et des chevaux, tout ça sur fond de tensions économiques inter-ethniques. En fait il ne fait que du bien autour de lui. C’est rare, c’est beau.
          https://www.arte.tv/fr/videos/084688-000-A/le-cavalier-mongol/

          Autre chose : dans le cadre du festival Cinéma du réel, Mediapart diffuse en ce moment une quinzaine de documentaires en accès libre.

    • #5275 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Quelqu’un a vu Magic Mike 2 ?

    • #5402 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu les Coquillettes de Tourneur et j’ai été un peu déçu, c’est pour moi le moins réussi des trois films que j’ai vus (Enorme, Vie au Ranch et celui-ci). Je trouve que les gags et les situations sont trop répétitifs, que les trois personnages féminins sont trop unidimensionnels et que globalement c’est pas très drôle. C’est amusant de voir les critiques ciné jouer des rôles plus ou moins secondaires et c’est plutôt bien joué mais ça va pas très loin. Ca n’a pas la bizarrerie d’Enorme, ni la force comique ni la vitalité de la Vie au Ranch. J’ai l’impression que sur celui-ci Letourneur est un peu empêchée – parce qu’elle joue dedans ou parce qu’elle filme des gens de son âge et milieu?

      • #5404 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Letourneur il me semble,
        Mais voilà que tu as résolu le problème de cette écriture inclusive, bravo.

        • #5409 Répondre
          Charles
          Invité

          Effectivement, Letourneur. Pas compris la vanne sur l’écriture inclusive en revanche.

          • #5414 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Blague ratée donc, pas grave.

            • #5416 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Moi j’ai compris. On est là, on lache rien.

          • #5500 Répondre
            Maud
            Invité

            Letourneur porte bien son nom.

      • #5508 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Ça n’a pas la bizarrerie d’Énorme, ni la vitalité de La Vie au Ranch, mais Les Coquillettes m’a beaucoup fait rire. Je crois que la manière dont l’actrice dit « ça m’a rappelé ma vie de bad girl » restera gravé dans ma mémoire. Et j’aurais j’aurais pu écouter Letourneur raconter cinq fois de plus sa rencontre miraculeuse avec Louis Garrel. L’empêchement perçu est peut-être tout simplement la retenue de ces personnages adultes ? La retenue qui les contrarie toutes lors de ce séjour en festival.
        Sinon, plus généralement, j’ai toujours pensé que « personnage unidimensionnel » ne disait rien de concret : qu’en fait, réclamer des personnages trois dimensionnels, c’était un cliché creux et une convention. Déjà parce que je pense qu’en général les relations interpersonnels ne donnent la plupart du temps accès à des dimensions limitées d’autrui. On est souvent à peu près pareil à quelques variations près : mais ce n’est pas grave parce qu’une dimension, on l’oublie, mais c’est beaucoup. Dans le cadre de ce festival, je trouve qu’on voit ce qu’il y a à voir : c’est autant ce qui constitue les personnages en tant que personnes, les circonstances, et ce qui se passe autour qui participent aux dimensions des gens et des choses. Mais je dévie…
        Le Marin Masqué utilise à peu près le même dispositif narratif et m’a plus plu que Les Coquillettes.
        J’ai hâte de voyager en Italie ce week-end.

        • #5510 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          (Quand je dis « on est souvent à peu près pareil », je parle pas de l’espèce humaine mais d’une personne. Et c’est tout à fait discutable, alors je parlerai de moi : je pense que si on me filmait cinq ans, je verrais souvent la même chose. Et ça me décevrait forcément m’imaginant riche intérieurement, etc.)

    • #5407 Répondre
      Paul
      Invité

      Salut camarades,
      Quels sont pour vous les jeunes pépites du cinéma à suivre? (acteur et actrices/ réal)

    • #5411 Répondre
      Ostros
      Invité

      Qui a vu Atlantic bar et peu en faire un retour svp ?

      • #5412 Répondre
        Ostros
        Invité

        Et peut avec un t comme t.*

      • #5547 Répondre
        Nicolas
        Invité

        Hello !
        J’ai adoré tout simplement. Le documentaire est super intéressant durant un premier temps, au cours duquel on cherche un peu quel est le sujet du documentaire : ce bar en tant que lieu de vie ? ses contraintes et sa précarité économique ? et en fait, au fur et à mesure, le documentaire se dirige vers les piliers du bar, uns à uns, en parlant de leur alcoolisme, mais pas que. Alors la forme semble un peu pauvrette, en alternant d’une part entre des entretiens avec (j’imagine) la documentariste, qui n’essaie pas de dissimuler sa présence, lorsqu’ils s’adressent à la caméra, on le comprend, et c’est vraiment pas si mal ; et d’autre part avec des scènes capturées, très grossièrement, à la Wiseman je dirais, où les personnes filmées oublient complètement la présence d’une caméra (désolé pour la pauvreté de ma description).
        Mais à l’arrivée, en une heure et quart, on a quand même fait un beau bout de chemin, on a passé du temps avec elles et eux au bar, on les connaît bien, on a envie d’aller à Arles avec eux. J’imagine que la forte personnalité des personnes à l’écran et leur franc parler qu’ils n’essaient jamais de dissimuler pour la caméra, ça apporte quelque chose de précieux (entendre : on se dit enculé, on se dit ta gueule, on fête les 18 ans du petit, etc). Bref, un vrai coup de coeur de mon côté, même si j’aurais adoré en avoir encore plus !

    • #5413 Répondre
      Charles
      Invité

      La bande à Ribeton sur Voyages en Italie de Letourneur :

      https://podcasts.apple.com/fr/podcast/sortie-de-secours/id1670512992

      Ils sont tous intéressants, sauf Rauger, ce qui n’est pas vraiment une surprise. Rien compris à sa distinction entre nullité et insignifiance.

      • #5415 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Merci, je vais écouter. Le film est vraiment réussi.

        • #5521 Répondre
          Pierre
          Invité
          • #5562 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Merci, je t’ai répondu sur un point plus bas (à tes notes) mais je vais lire ton texte !

            • #5570 Répondre
              Pierre
              Invité

              Quand je parle de drôlerie, j’emprunte a François son vocable pour parler de cette sorte d’humour qu’il oppose a la blague dans sa conf sur la vie au ranch et . Connsiste moins a faire rire, qu’à se faire rire en utilisant le verbe comme une matière verbale presque dénué de sens. Le fameux amelie Moresmo, ou la copine de Paloma qui a part rien foutre ne sais pas quoi foutre. On dit des trucs parce ce qu’on aime bien se les mettre en bouche. Une copine me disait que ça appartenait pas tellement au couple cette humour la. Dont acte puisque dans le film ça n’apparaît presque pas ( le bibite a la limites, mais il n’est même pas prononcé. Produit juste un rire.de connivence presque élégant, peut être que l’on cherche encore trop a plaire dans le coupl pour se permettre la drôlerie )

              • #5571 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Ah pardon, je comprends tout du coup. Alors oui je te suis.
                Par contre je suis coupable de drolerie en couple, mais promis je vais changer.

              • #5572 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Pas sûr cependant que ce couple là essaie de se plaire l’un l’autre, ils m’ont l’air d’être au stade d’après.

      • #5518 Répondre
        Pierre
        Invité

        Beaucoup aimé le film, et un peu écris dessus durant le générique. Notes un peu complétées ensuite, je me lance donc.

        La structure du film mêle les deux manières Letourneur . D’abord le cinéma vérité façon vie au ranch; qui s’attaque cette fois aux cauchemars joyeux qu’est non pas la bande mais le couple, et plus précisément le couple avec enfant (vs celui qui fait le tour du monde sans enfant). Puis en milieu de film, il se retourne en cinéma diariste conversationnel façon les coquillettes. Ce qui a un peu pour effet de briser l’immersion mais me plaît quand même.

        Et à partir de cette structure, plein de thèmes : les galères des voyages, la micro politique du couple, la fête de l’insignifiance et du corps, ce que l’enfant fait au couple et le rosebud érotique.

        Micro politique du couple : les mimiques, le changement de nuisette, les accès de sincérité qui blessent, les white lies (bah tu m’as pas vu, bah non), la jalousie aussi évidemment. La question sans cesse recommencée du choix (plage et volcan ou volcan puis plage, tour du cratère ou non, douche ou non). Le scooter. La « perte du libre arbitre » quand on est à deux (mimique exaspérée en réponse de Sophie à cet « accès de sincérité »). Les défis envoyés à l’autre (je reviendrai avec Raoul, mais c’est horrible de me dire ça. Bah pourquoi. Non mais dans ce cas-là je le fais), les petites mythologies personnelles dévoilées, tu me dis que tu as le vertige mais tu n’as jamais le vertige en fait. Le faisage de gueule enfin évidemment, cette arme ordinaire du couple.

        La galère de ce que peut être un voyage derrière la carte postale et les promesses des voyagistes. La chambre d’hôtel pas comme sur le site, l’odeur d’œuf pourri, les plages de galets. Le volcan impossible d’accès sauf pour un couple « parfait », on ne sait pas comment ils sont arrivé là. Les autres touristes qui font des selfies, de la poussière.

        Ce que l’enfant fait au couple . Pudeur dans son traitement puisqu’il est laissé hors champs. Et pourtant toujours là, dans l’inquiétude dans la conversation, de par sa présence sonore. Pédagogie positive ? Soucis constant en tout cas et attention qui mange le couple et détermine la valorisation des parents, entre ceux qui savent faire, à qui il est habitué, et ceux qui ne savent pas faire. Avec qui il risque de faire de la bille ou du glaire. Empeche de faire couple, et en tout cas d’avoir la vie parfaite de ceux qui font des tours du monde ‘’ sans enfants’’

        Le couple en voyage ou la fête de l’insignifiance, et ce n’est pas si grave. On se raconte des trucs rein de passionant. Letourneur va jusqu’a organiser une fuite du sens. Ainis propos sur l’urbanisme, trope rhomérien, n’aboutira pas à grand-chose, sinon à une crise de vertige de Sophie. On est loin et c’est fait à dessein, de la philosophie pascalienne et kierkegaardienne de chez Rohmer, qimplanté dans la bouche de ses personnages . Non, ici on laisse place à une insignifiance tranquille des conversations, déclassée en bavardage, mais ce n’est pas si grave. C’était déjà le cas dans la vie au ranch. Caractère phatique du langage, moins de drôlerie cependant. Sophie Letourneur Rohmérienne anti-Rohmer d’un certain point de vue. Met en scène des conversations pour mieux ne rien les faire signifier.

        Laisse place à autre chose, au corps en particulier. Grosse place du corps durant tout le film, la limonade, les moments du coucher, les frictions , la pommade pour éviter que le corps qui fait de la graisse au mauvais endroit brûle, les moustiques, la chaleur. Le corps de l’enfant évidemment aussi ; mal au cœur, et en fait au sternum, ce qui n’empêche pas de produire des glaires. Le bain de boue.

        Le rose bud du film, son suspense, vont-ils faire l’amour ? Mal parti, il est tout le temps fatigué, elle a ses règles. Nuisette mise puis enlevée. On ne la reverra plus. Attouchement sur le scooter. Qui finit pratiquement dans le fossé. Avant de coucher enfin ensemble, après une soirée morne à boire un verre, sans préméditation. Parce que le corps le veut. Et le volcan qui s’allume au loin. Ironie signifiante.

        Retour sur la forme adoptée à la mi-film, la forme diariste conversationnelle. Plus grand plaisir dans la reprise que dans le vécu lui-même. Très grand plaisir en tout cas dans la ressaisie d’un réel toujours un peu maladroit. Inattendu, empêché, pataud. « C’est toujours les plus grandes galères que l’on prendra le plus de plaisir à raconter ensuite » quelque chose de Montaigne. Bonheurs de la reprise. De la réjouissance ; et en l’occurrence de la co-rejouissance puisque forme diariste ET conversationnelle

        D’ailleurs, morceau de musique’’ juste une mise au point sur quelques moments de la vie.’’ Valeur métonymique de cette chanson; nombreux zoom tout au long du film sur des petits détailles. ‘’Bibite’’

        « Retourner l’insignifiance en réflexion sur le couple et le cinéma. »

        Moins de drôlerie que dans les autres films de le Tourneur cependant, D’où ma catégorie critique un peu étrange du kiff, le film ressenti au premier degrés. Me dérange pas en propre mais je l’enregistre on kiff moins que devant les coquillettes ou la vie au ranch.

        • #5540 Répondre
          Seldoon
          Invité

          C’est étonnant que tu dises « moins de drôlerie ». J’avais le même sourire constant pendant toute la projection + quelques eclats de rire que pour les coquillettes ou la vie au ranch. L’oralité est plus discrète dans Voyages, est-ce que ce n’est pas ça qui te fait moins rire ? Ce qu’on perd en bavardage constant on le gagne en humour dans le montage… sans compter les lents zooms sur les zizis sous toutes les formes (en chair en bronze en pierre en jeu de mot) qui scandent le film. Le traitement de la visite du temple, qui réunit ces deux éléments, est un grand moment, et notamment un grand moment de comédie.

      • #5533 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Momci est le seul qui me semble avoir à peu près compris le film.
        Joudet y voit de l’ironie, et c’est la meilleure façon de rater le film
        Rauger n’y voit rien. Un cas de cécité.

    • #5531 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      merci Pierre

    • #5607 Répondre
      riviere
      Invité
      • #5619 Répondre
        Maud
        Invité

        Merci beaucoup pour le lien !
        Je ne sais pas comment fait Letourneur. C’est comme dans la vie, tout, les dialogues (un peu vache, Laetitia, non ?), les légers décalages dans les interactions, les petits détails qui produisent un effet de réel/pas réel (les deux en même temps). La poussière dans la chambre, par exemple, juste du côté de Sophie, c’est c’est génial. C’est l’exemple le plus spectaculaire mais en fait des « trucs » (au sens de trick) comme ça, il y en a plein.
        Et ce réel reconstitué à l’identique est comme « magnifié » ou redoublé par d’autres toutes petites choses (les voix off qui anticipent ce qu’on va voir une demi-seconde après ou bien commentent ce qu’on vient de voir, la musique, le silence total, les cadrages repris à l’identique).
        Ma grande interrogation pour ce film, c’est pourquoi la répétition de phrases dans le film et en voix off a un effet aussi puissant. Ça doit faire quelque chose dans le cerveau (c’est peut-être juste chimique) mais c’est un gros mystère.
        Bref j’ai beaucoup aimé : en plus d’être plein d’un humour diffus et d’autodérision, le film plonge dans une grande concentration. Il happe.

        • #5621 Répondre
          Maud
          Invité

          Et désolée pour les fautes incessantes, quand je vais dans le cadre « répondre » je ne vois que la moitié de ce que j’écris. C’est pas grave du tout mais je préfère préciser 😉

        • #5623 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui
          Tu as raison, comme rivière ( merci) je n’ai vu que
          Énorme, mais l’effet «  lampe torche dans la tente « et l’histoire qui vraiment touche à ce que les copines entre elles se disent, fait un effet chimique , un peu comme un « film dans la tête « 

          « Mais Virginie pourquoi tu romps le pacte secret des filles qui se font des films sur un mec ! »cette atteinte à la street crédibility des filles est tellement impardonnable ! Elle me fait d’autant plus rire

        • #5625 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je partage cet enthousiasme.
          Et je partage cette profonde question esthétique – c’est à dire cette question concrète, physique, matérielle:  » pourquoi la répétition de phrases dans le film et en voix off a un effet aussi puissant. Ça doit faire quelque chose dans le cerveau (c’est peut-être juste chimique) mais c’est un gros mystère. » Nous ne serons pas trop de deux, pas trop de trente, pour y réfléchir.
          Voyages en Italie reconduit en partie ce dispositif, occasion de creuser la question.

          • #5633 Répondre
            Claire N
            Invité

            Juste pour la répétition des phrases :
            Je tente;
            Cela crée peut être un phénomène de « déjà vu, déjà vécu « 
            C’est quelque chose qui peut arriver lorsque les circuits de la mémoire sont «  court circuites «  et
            Qu’un élément du présent, passant par erreur dans le circuit souvenir, est perçu comme souvenir .
            Le présent devient étrangement familier

            • #5638 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ça me fait penser à un article que je viens de lire sur les bienfaits de la musique sur le cerveau.
              « Le rythme de la musique, parce qu’il est régulier, permet au cerveau d’anticiper ce qui le stimule et favorise la synchronisation des neurones ».
              Peut-être que la répétition dans le film permet aussi la synchronisation des neurones dès que la phrase répétée commence puisque le cerveau la connaît déjà (il peut anticiper la suite de la phrase).
              .
              Si ça intéresse Le documentaire d’Arte est disponible en replay :
              Les Super Pouvoirs de la musique est disponible sur arte.tv du 25 mars au 30 mai, qui éclaire la façon dont la musique répare le cerveau humain.
              https://www.la-croix.com/Culture/Super-Pouvoirs-musique-quand-musique-repare-2023-03-30-1201261335?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1680157028

              • #5643 Répondre
                Claire N
                Invité

                En parlant de musique Ostros
                J’ai bien ri à la fin en me rendant compte
                Que le titre est «  Words don’t come easy « 
                Et que j’avais toujours chanté «  girl don’t come easy
                Petite parenthèse qui n’as rien à voir
                Merci pour le lien je regardais

              • #5646 Répondre
                Maud
                Invité

                C’est amusant, il y a une autre doc sur Arte, les super-pouvoirs de la danse, où il est dit qu’il y a un lien entre apprentissage vocal (de la parole et d’une langue étrangère) et sens du rythme.
                J’ai fait ma thèse sur la répétition en littérature, et après mille détours j’étais arrivée à l’idée très simple que 2, c’est le début du rythme et que c’est ce phénomène, effectivement très physique, qui crée l’émotion. Avec tout ce que vous avez dit, Claire N et toi, j’ai bien l’impression qu’on touche quelque chose. L’intégration d’une info nouvelle et son ancrage redoublé qui le transforme immédiatement en souvenir (le déjà-vu), sa musicalité et sa cadence, l’apaisement enfin qui y sont liés.
                Ça reste forcément des conjectures mais c’est déjà riche, je trouve.

                • #5667 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Vos remarques sur la musique me font mouliner
                  Je remarque aussi d’autres formes de répétition :
                  – la play liste du café
                  – le circuit : café – boîte
                  – le message sur le répondeur du marin masqué
                  Qui prépare l’appel en live
                  – le rapport au souvenir avec l’histoire de la serviette Mickey où la mère a pour le coup un faux souvenir
                  – le faux souvenir aussi où elle pense avoir dit au
                  Marin masqué « enlève tes lunettes « , avant de lui enlever pour de vrai

                  • #5686 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Vu, suis tout ému, je sais pas pourquoi je retiens le moment où Laetitia est accoudée au comptoir avec sa CB et essaye de commander.
                    Sur la répétition voix off, je tente une relance sur l’idée de Claire N, est-ce que ça ne convoque pas en un instant ces moments qu’on a tous eu avec un.e ami.e où on rejoue une scène qui nous lie, rejouant la scène nous sommes acteurs et commentateurs de cette scène, on s’aime rejouer et commenter cette scène, la peaufiner, la revivre.
                    Peut-être aussi que ça joue sur trois registres, c’est ludique, il y a la scène (elle lui enlève ces lunettes), il y a la voix rejouée, et en plus il y a le commentaire (ridicule, avec ce ton désopilant), ça émoustille le cerveau, ça peut reprendre le point d’Ostros sur la musique.
                    (Sinon je veux bien une piste pour raccrocher ce Marin Masqué à Énorme, je ne vois pas comment on peut deviner que c’est la même réalisatrice ?)

                    • #5687 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Peut-être un autre début de réponse par Sophie elle-même (à 20:22, Parler du film dans le film)

                      • #5700 Répondre
                        riviere
                        Invité

                        merci. Elle dit beaucoup de ce qu’on ressent en voyant le marin masqué. J’ai pensé spontanément à la peinture et à la couture car elle assemble et superpose des bouts de phrase, elle joue avec les motifs qu’elle répète, ou qu’elle distord. Et oui sa présence à l’écran, la faiseuse est dans le champ, elle dirige Laetitia « enlève lui ses lunettes »
                        Une autre chose aussi: c’est un moment particulier, les vacances où Laetitia revient dans la région de son adolescence flanquée de Sophie, et Sophie va donner un goût différent au choses, aux souvenirs. Elle est une tierce partie qui écoute et à qui on livre son témoignage et qui invente ou découvre le film au fur et à mesure.
                        Dernier point: la famille est interrogée, les parents séparés mais pas en conflit.

      • #5706 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Merci pour le partage du Marin masqué qui aura eu pour effet de me plaire immensément autant que de m’impressionner, notamment techniquement (le son, la post-synchro et les millions de bonnes idées condensées en 35 minutes)
        Cela donne bien envie de voir l’interview postée par Seldoon – ce sera fait demain
        Cela donne bien envie d’aller découvrir Voyages en Italie – ce sera fait la semaine prochaine
        Cela donne bien envie de voir tous ses autres films – ce sera fait dans ce qu’il nous reste de 2023
        Et cela me donne aussi l’envie d’avoir envie de me réconcilier avec Enorme – ce sera fait quand je me sentirai prêt ; la surprise de mon énorme déception est toujours vive et il faudra encore du temps

        • #5707 Répondre
          Tony
          Invité

          T’as du pain sur la planche.

          • #5721 Répondre
            Ostros
            Invité

            Tu vas adorer voyages en Italie.
            J’en sors. J’avais arrêté de suivre le fil cinéma pour ne rien savoir du film. J’ai passé un très bon moment et je me suis franchement marrée tout le long. Plus que pendant Énorme qui allait chercher le gag. Là c’est de l’humour dans le quotidien, le « il s’est rien passé de spécial » ressassé par Katerine, ce sel-là. Amoureusement saisi. Grand kiff ce film. Grande simplicité. Économie. Joie des corps. Joie du poulet en barquette.

            • #5792 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Je n’ai pas encore vu Voyage en Italie mais contrairement à toi Ostros, j’ai continué à lire le fil cinéma et à lire tous vos retours, j’avais envie d’aller voir ce film mais là j’en ai encore bien plus envie.

        • #5744 Répondre
          Claire N
          Invité

          Hervé Tu as fait un message ritournelle !
          C’est contagieux l’énvie finalement
          Merci rivière pour l’interview
          Je retiens aussi qu’elle nous montre ce qui est
          Saillant , elle semble assembler les vrais trésors
          Qu’elle attrape sans chercher à les faire rentrer
          Dans un scénario.

    • #5615 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      c’est davantage qu’un court
      je le tiens pour un film à part entière, qui indique bien sa « méthode »

    • #5617 Répondre
      riviere
      Invité

      je n’ai vu qu’Enorme, je n’ai pas pu aller à l’Arlequin, je bossais ce soir-là hélas.
      Ce petit film me plaît beaucoup : les dialogues, les voix off, les corps, les répétitions aussi, l’oeuf miroir dans deux endroits, plusieurs marins masqués finalement. Le temps qui s’insinue, les moments manqués.

    • #5668 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Voyages en Italie : j’ai juste envie de dire sur le trajet du retour que je me suis rarement pris un uppercut aussi fort et inattendu — inattendu mais qui découle pourtant logiquement de ce que je viens de voir — que les dernières secondes avant le générique.

      • #5669 Répondre
        Claire N
        Invité

        T’en as trop dit, maintenant je suis curieuse

        • #5670 Répondre
          Sarah G
          Invité

          oui comme Claire N, très curieuse d’en savoir plus.
          Vous me donner grâce à vos retours, très envie d’aller voir Voyage en Italie.

          • #5672 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Pendant le film, je me suis dit : tout est racontable. Tout devrait se raconter. Il y a l’idée que « fiction », ce serait les gros engins huilés qui vous racontent QUELQUE CHOSE alors que ça ne serait pas plutôt les choses qui se racontent ? Rien qu’en revenant de la séance dans un Paris rempli de touristes, ce n’étaient pas les choses qui manquaient. J’ai lu Letourneur dire que dans un monde où l’on consommait énormément de séries, il y avait moins l’envie d’être dans la fiction : mais ses films sont de la fiction.
            Dans Le Marin Masqué, les Coquillettes et à nouveau Voyages, on trouve aussi le simple plaisir de raconter. Raconter entre amants. Raconter entre amies. Dans ce plaisir-là, il n’est pas uniquement question, je crois, de restitution. C’est la parole en action qui dégage sa propre force.
            Regardant quelques critiques, je lis « grossièreté du quotidien », « insignifiance du quotidien » dans des textes positifs : je ne comprends pas ces termes étant donné que le film n’est ni grossier ni insignifiant. Les images à la fin prouvent à quel point l’acte esthétique de Letourneur donne une importance vitale à tout ce qu’elle montre.

            • #5673 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Merci beaucoup pour ton retour et ton avis sur ce film

              • #5674 Répondre
                Claire N
                Invité

                Donc le «  bain de langage » dans lequel
                Tu as été plongé t’as donné envie de parler le vivant,
                Si je plonge toutes les impressions sus cité dans l’algorithme de mon cerveau malade
                Ça me fait penser aux premiers emois face au langage,
                Le rythme du cœur, la répétition des mots pour les acquérir et la sécurité d’une mère

                • #5675 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Pas que le langage. L’une de mes scènes préférée du film, c’est sur une boisson au citron.

            • #5678 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              je suis très exactement sur cette ligne
              et je crois que le clivage de tempérament est radical entre ceux qui trouvent tout ça vulgaire, et ceux qui comme toi pensent que n’importe quoi fait récit

              • #5679 Répondre
                Claire N
                Invité

                Il existe des artistes qui considèrent que la vie est vulgaire ? C’est une vrai question

            • #5722 Répondre
              Ostros
              Invité

              Oui ! C’est tellement enthousiasmant !

              • #5723 Répondre
                Ostros
                Invité

                (Réponse au retour de K.)

    • #5676 Répondre
      Claire N
      Invité

      Oui , quand je parle de bain de langage je parle de ce moment où toutes les sensations vont être peu à peu accompagnée en sécurité par la musique
      Du langage, comme une nouvelle respiration de la vie .mais je ne sais pas si cela correspond
      A ton ressenti sur cette scène en particulier
      Peut-être qu’il y a d’autres pistes

    • #5683 Répondre
      Charles
      Invité

      Expérience de visionnage assez étonnante que Voyages en Italie – moins immédiatement séduisant que la Vie au Ranch mais plus riche et abouti que les Coquillettes. Comme Momcilovic, je sais gré à Letourneur de nous rendre en quelque sorte Philippe Katerine, unanimement loué et donc domestiqué par le cinéma français comme une sorte de doux dingue, rêveur et poétique. Ce que fait Letourneur avec lui est assez cruel : il est filmé de façon très crue, pris dans sa laideur (son ventre bedonnant, sa pilosité inégale, ses tenues de touriste allemand de 50 ans, ses lunettes de comptable, sa transpiration permanente). Il ne cesse de se plaindre, de geindre dans le film, assez sa voix qui part dans les aigus et qui donne des accents enfantins à son personnage – obsédé par les appels de sa mère. Il représente à la fois l’homme vieillissant, radotant, quasi inapte à la vie en dehors du foyer (et encore, chez lui il n’est pas non plus à son aise, quand il remarque qu’il n’y a plus « aucun bon couteau ») et l’enfant jamais content, impatient, impulsif, boudeur. Il est évidemment très drôle et heureusement sinon son personnage que je trouve à la limite du sinistre serait franchement insupportable. Letourneur est elle plus érotisée, même si pas toujours filmée à son avantage non plus, et serait plutôt du côté de l’adolescence avec son phrasé si particulier : trainant, lent, incertain, équivalent masculin de celui d’Orelsan.
      Letourneur a fait le choix de retenir les dialogues les plus vides et creux en apparence, effectivement le plus souvent insignifiants (sauf au début et à la fin où ils évoquent le bénéfice ou non du voyage sur leur couple). Ce couple échange beaucoup mais ne se dit pas grand-chose, les discussions sont décousues et filandreuses dès que l’un essaie d’évoquer autre chose que son humeur. Le film est drôle parce qu’il est amusant de voir des personnages aussi souvent empêchés, qui butent sur à peu près tout – on a l’impression que les deux personnages sont toujours dans une forme d’inconfort comme s’ils avaient été sortis de leur cocon, contre leur gré. C’est une sorte de burlesque, j’imagine. Letourneur met beaucoup l’accent dessus, les deux ont l’air assez souvent de se donner en spectacle devant les autres (à la plage, en randonnée, en scooter), d’ailleurs ils bouffent l’écran, je ne vois souvent qu’eux.
      Par contre, le lien avec Hong que Momcilovic trouve évident et surligné, fraudra m’expliquer, à part peut-être un zoom avant à un moment.

      • #5689 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Tu auras des éléments de réponse ici (et les zooms en font partie) : https://youtu.be/WokBfup8M4M

      • #5739 Répondre
        Ostros
        Invité

        Des personnages empêchés oui, et aussi des personnages pas biens dans le lieu où ils se trouvent. Dès qu’ils arrivent à leur point de destination l’un d’entre eux est bien et l’autre veut bouger, puis l’un des deux change d’avis et suit le mouvement de l’autre sans grande conviction. Et c’est dans ces décalages de désirs qu’on percoit physiquement la fin de leur couple. On observe des corps qui se ratent, tentent l’effort de s’unir puis abandonnent (la tenue sexy enfilée par Letourneur dans le dos de Keterine qu’elle ôte dès qu’il dit qu’il veut dormir pour passer tout aussi vite son tshirt). Ils n’insistent pas. Ils traînent. Ils ne sont plus au même rythme, échangent leur place sur le scooter, râlent à tour de rôle. C’est pas la comédie romantique servie habituellement avec ces chorégraphies huilées et séquences harmonieuses, fake.
        On voit aussi et surtout des corps d’une quarantaine d’années subir le réel. Leur âge, elle qui a eu des enfants, la chaleur, la fatigue, les règles, les moustiques, les autres, les ratés des organisations de vacances, les déceptions par rapport aux photos du guide des routards. On s’identifie tout de suite à ces moments que vivent tous les couples lorsqu’ils organisent un voyage : l’argent, quelle compagnie aérienne, cet ennui, cette pesanteur sous le cagnard. Niveau procédé j’ai pensé à rien à foutre et me suis demandé si son équipe ultra réduite avait filmé en cachette elle aussi.

    • #5688 Répondre
      Cyril
      Invité

      Avez-vous vu Kimi de Soderbergh ? Le film mérite mieux à mon sens que sa faible notoriété. J’étais un peu agacé par le scénario résilience qui comme le dit François est écrasant par son hégémonie actuelle mais je me dis que, le film étant produit par HBO, faisait certainement parti du cahier des charges cet élément scénaristique. La happy end tarantinesque (probablement aussi commandée) m’a semblé tournée avec beaucoup d’ironie.
      Politiquement de notre bord avec des entrepreneurs détestables et des manifestants à l’honneur dans la scène réjouissante où ils sortent Angela du van et lui permettent de s’échapper (pas pour longtemps).
      Un truc bizarre : si quelqu’un peut m’éclairer sur la fonction scénaristique de son mal de dent, je n’ai pas compris. Tout élément de doit pas avoir nécessairement une fonction scénaristique bien sûr mais le mal de dent n’est pas tellement intéressant en soi.
      Le suspens est intense, la référence à Hitchcock évidente : agoraphobie (acrophobie dans vertigo) et plans sur le voisinage (fenêtre sur cour). Cette dernière référence assez subtile puisqu’on n’est plus du point de vue de l’homme aux jumelles mais de la femme dont on va chercher à se débarrasser. Quelle idée charmante de donner le bon rôle au gros type voyeuriste !
      J’ai adoré la scène où elle sort enfin de chez elle pour porter l’enregistrement, l’effet visuel agoraphobique est très réussi et l’étant moi-même je peux témoigner que le rasage de mur est factuel.
      J’ai trouvé intriguant aussi la gestuelle de l’actrice principale métissée qui se déplace comme on pourrait l’imaginer une japonaise. Je raccroche cela aux métropoles de la tech américaines (Seattle) où le mélange des cultures se réalise en toute harmonie. L’actrice est d’ailleurs bien choisie pour illustrer cela avec ses origines ukrainiennes, afro-américaines, haitiennes et bahaméennes (wiki).

      • #5690 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Bsr, tu y as vu plus de chose que moi, je retiens juste les marottes de Soderbergh, le flux (d’information ici), la capture du flux, et la critique du capitalisme. Mais pas de hold-up pour une fois (ou alors inversé, c’est le fondateur qui veut faire une sorte de hold-up avec l’entrée en bourse de sa boîte, et par sa morale Angela l’en empêche). Aussi un côté intéressant, Angela est plutôt dépeinte au début comme une caricature de jeunesse connectée et narcissique, mais se révèle plus complexe. Le mal de dents c’est peut-être pour insister sur son agoraphobie et son refus de sortir.

      • #5695 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ce film est sous estimé comme à peu près 3 Soderbergh sur 4 depuis quinze ans

      • #5708 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Vu. La dernière partie m’a quand même moyennement plu, le changement de genre n’est pas passé. J’ai surtout en mémoire quelques mouvements de caméra bien sentis.
        Mais il y a un élément sur le personnage de Kimi qui m’a interrogé durant tout le film : comment a t’elle pu se payer cet appartement ? Elle travaille dans la tech mais à un poste de simple employée sur une tâche plutôt basique. Les parents peut être derrière mais ce n’est pas plus détaillé.
        Après des recherches, le salaire dans la tech tourne autour de 100k$ l’année et le prix de l’immobilier autour de 8000$/m². L’appartement fait bien dans les 100-120m², avec les frais de scolarité américain et au vue de son âge j’ai du mal à croire qu’elle peut se payer ça toute seule.
        En résumé : J’ai fait une fixette !

        • #5731 Répondre
          Cyril
          Invité

          Elle est peut-être locataire ? C’est vrai que l’appart est démesurément grand, au point qu’on ne peut pas ne pas y voir une intention du réalisateur. Peut-être parce qu’elle est agoraphobe elle a besoin d’un vaste espace intérieur pour se déplacer à grandes enjambées ? Ça renforce peut-être la scène d’extérieur qui aurait paru être une bouffée d’air si on l’avait vu confinée tout le film ?

          • #5734 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            C’est possible mais c’est de l’ordre 3000$ de loyer minimum. Au début j’ai cru qu’on allait apprendre qu’elle possédait la start up ou qu’elle avait écrit un code qui lui générait du revenu mais non simple employée chargée de contrôle (assez barbant d’ailleurs). Kimi a besoin d’un appart le plus grand possible par rapport a son agoraphobie donc elle a mis la paquet ça peut se tenir.
            Les scènes en appartement ont été tournées à Los Angeles probablement en studios, c’est donc probablement un choix délibéré d’avoir choisi ce standing.
            Je ne connais pas assez le cinéma de Soderbergh pour savoir s’il est ultra pointilleux, qu’il contrôle chaque détail, dans ce cas il y a une info que je n’ai pas (ça paye peut être un max de dire à un algorithme quand il se trompe) ou alors il y avait ce decor dispo et il est parti là dessus tout simplement.

            • #5736 Répondre
              Parfaitement à l’eau
              Invité

              Dans girlfriend expérience le décor de l’appartement collait bien au profil de l’escort. Dans Kimi il y a un truc qui cloche, il ne correspond pas à sa personnalité (pourtant elle semble l’adorer), c’est le genre d’appartement qu’on imagine d’un yes man hypster de la tech.

              • #5752 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Je crois que le choix de l’appartement est essentiellement cinématographique : d’abord il permet des variations pendant le moment huis clos, ensuite il permet la scène d’action finale.
                C’est un appartement de cinéma.
                Soderbergh est assez pointilleux sur le réalisme, mais il y aussi chez lui l’idée d’un film comme petite machine autonome. Un esprit « série B ». Kimi est une série B. Je ne vois que Soderbergh qui, à l’heure de la boursouflure généralisée, à l’heure du nolanisme, porte encore haut cet esprit là, ce genre là, ce format là.

                • #5768 Répondre
                  Parfaitement à l\’eau
                  Invité

                  Le choix de l’appartement c’est fait pour s’amuser dans la dernière partie, dans un esprit de série B ça se tient.

    • #5694 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Mais pas de hold-up pour une fois »
      Ce serait pas un peu inéquitable comme jugement ça?

      • #5703 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Inéquitable au sens d’injuste ? J’étais plutôt factuel, j’aime bien les hold-up en général, et je constatais juste que comparé aux récents Logan Lucky, Laudromat, High Flying Birds, il n’y avait pas de casse/hold-up.

    • #5705 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      y. a un hold up dans High flying birds?

      • #5709 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Latto sensu oui, j’y vois le motif : les joueurs sont en grève mais les patrons de franchise s’asseoient sur le coffre-fort parce qu’ils ont tout leur temps, eux-mêmes veulent renégocier les droits TV. They invented a game on top of the game. Se rangeant du côté des faibles, l’agent Ray emploie la ruse pour menacer le modèle économique de la franchise NBA et littéralement faire sauter la banque, les patrons se couchent, l’argent coule de nouveau. It’s the revolt of the black athlete. Ces patrons ont été défaits par la ruse du dominé esclave.
        Shit.
        I love the Lord, and all his black people.

        • #5753 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Tu joues sur les mots, donc.
          Moi qui suis bas de plafond, je note que sur trente films, Soderbergh a fait très peu de films de braquages (en fait essentiellement deux, qui se regardent : Ocean’s / Logan.)

          • #5770 Répondre
            Cyril
            Invité

            Che aussi qui est un bracage de l’état cubain. Bracage XXL en somme.

    • #5710 Répondre
      Maud
      Invité

      Je vous remercie, à commencer par François avec ton annonce de la prochaine gène. Sans l’enthousiasme pour Letourneur de ce blog, je n’aurais sans doute pas eu la motivation pour faire 50 km pour voir le film. Je l’ai juste adoré ! La première partie, d’installation, est hilarante. Puis un lien, qui est celui d’une sorte d’accoutumance au couple, aux corps, aux personnalités (nonchalance chez Sophie, angoisse chez Jean-Christophe, brefs agacements, décompression soudaine et rires partagés) nous attache plus profondément encore à ces personnages.

      Je crois que Letourneur fait du redoublement permanent, de la répétition des répliques, des situations et des comportements le ciment même de l’amour dans le couple. C’est sa thèse non formulée, mais montrée. Et mettant en scène ce phénomène (l’amour au sein du couple se solidifie dans la répétition de situations vécues à deux, ou de leur légère variation, comme par exemple les excursions à la plage, les restos ratés, la route en voiture ou en scooter, la marche vers le cratère, les maux de ventre de chacun.e, le lit et le Wi-Fi, les questions à la con qui reviennent, inchangées), elle crée quelque chose de similaire – toute proportion gardée – entre le spectateur et les personnages eux-mêmes. Les souvenirs vécus puis recomposés du couple deviennent nos souvenirs (de spectateurs). Et dans la dernière partie du film, où il suffit d’esquisser les visions de situations toutes déjà vaguement connues (ce sont presque des flashs), on est comme bercé. C’était un peu mon état en tout cas en fin de parcours : flottant.

      Dans ces conditions, le banal, les petits riens ne sont pas simplement une matière de récit parmi d’autres. Ils sont indispensables à la constitution même du sentiment (amoureux non passionnel, amical, de sympathie ou d’identification). C’est dans ce film la fonction très spécifique que j’ai cru trouver à ces mises en boucle incessantes.

      La réalisatrice était présente à la séance. Je lui ai parlé des répétitions parce que j’étais curieuse de savoir ce qu’elle-même en disait. Elle a confirmé qu’elle travaillait beaucoup les effets de résonance (elle fait répéter certains mots, cadrages, prend soin d’associer phrases et images pour qu’elle se reflètent, bref : tout est calculé pour créer des liens sous-jacents. Elle a parlé à plusieurs reprises de construction souterraine).

      Je suis aussi revenue sur la dernière image, celle que K comme mon code tu as évoquée en sortant du ciné, et qui m’a beaucoup émue. Plus exactement : l’image et la phrase qui l’accompagne. Pour moi elles sont du même ordre que l’accouchement dans Énorme. J’y vois aussi un hommage hyper touchant. Apparemment en regardant cette image dans la vraie vie SL a tout de suite pensé que celle-ci terminerait le film. Elle a alors dit quelque chose de très beau : elle procède beaucoup par collages. Collages d’images, de sons, « mais aussi collages d’émotions ». Cette dernière image EST une émotion. Puis elle a ajouté que c’était comme un « précipité (chimique) du reste du film ».

      Bon, on a de quoi se réjouir : deux autres films du même type devraient arriver dans les prochaines années.

      • #5711 Répondre
        Maud
        Invité

        Et j’oubliais, à propos de la musique : SL dit avoir choisi Katerine notamment parce que c’est un chanteur. Elle voulait qu’il « interprête » ce qu’elle lui faisait entendre.

        • #5715 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Maud, tu as non seulement tout synthétisé
          Mais aussi menée l’enquête

      • #5755 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Cela confirme que l’art de Letourneur est très sophistiquée. Elle invente le trivial-sophistiqué. C’est cela qui la met vraiment dans la même catégorie (y compris en talent) que Hong sang-soo.
        Sur la photo finale, je crois comprendre en quoi elle est le précipité de tout le film.

        • #5759 Répondre
          Charles
          Invité

          Oui elle partage sans doute le même goût pour le trivial que HSS, reste que la mise en scène de Letourneur fonctionne davantage à partir de collage, d’emboitement, de mise en abime alors que celle de HSS est plus simple et linéaire – la différence des niveaux de récit ne se marquant pas dans la mise en scène alors que Letourneur nous montre les coutures. Et ils ont un rapport très différent à la parole et donc aux dialogues. Chez HSS, il y a une quête de vérité par la parole (de plus en plus le cas dans ces derniers films) qui doit presque être accouchée au moyen de longues scènes plus ou moins alcoolisées en plan fixe où les personnages se disent le fond de ce qu’ils pensent. Chez Letourneur, on se dit des trucs en passant (je pense au petit laïus sur le libre arbitre alors qu’on essaie des casques de scooter), on est beaucoup moins dans la confrontation ou dans le discours. La parole est arrimée au réel, à ce qui arrive matériellement aux personnages, elle est réactive.

          • #5767 Répondre
            Billy
            Invité

            Dans son rapport au trivial, je trouve qu’elle a un truc très ludique, très enfantin (toutes les bites de statues, l’affiche « bibitte » qui fait marrer le couple). Il y a un quelque chose de l’enfance dans son art, et dans ce couple. La naïveté de l’enfance. Etre en couple depuis longtemps c’est être vieux et être des gosses.

            J’ai aimé comment les merveilles sont planquées dans le quotidien, le zoom sur le soleil couchant sur l’autoroute vers Stromboli, le super coucher de soleil caché dans tous les « qu’est-ce qu’on fait ?’, ou le volcan à contre-jour quand le resto est fermé.

            J’ai aussi pensé à Hong sang-soo pour ses zooms dans les plans, et pour le montage en 3 parties (la dernière typique Hong Sang Soo, où ils décrivent ce qu’ils ont fait, le revivent, tombent de sommeil, en rêvent ). J’aime comment elle documente son dispositif, pour en jouir, pour réécouter le voyage en Italie (qui devient ainsi voyages au pluriel grâce aux réécoutes)

            L’enfant hors champ, c’est un sacré parti-pris aussi. L’enfant hors-champ qui perturbe le couple, appelle sa mère dans la chambre, est sujet de discussion en Italie… ce que l’enfant produit comme couple.

            Letourneur travaille le comique de répétition (les lunettes de soleil qu’on enlève et qu’on remet, les phrases répétées), qui est un comique qui épuise d’abord la vanne pour qu’elle redevienne drôle, qu’elle gagne en intensité en allant au-delà de l’épuisement.
            Je me suis demandé si son couple c’était pas ça aussi. De la tendresse de répétition. De l’amour épuisé ou du désir épuisé, qui gagne en intensité parce qu’il va au-delà de l’épuisement. Le fait que les acteurs disent 30 fois dans le film que le volcan s’éveille toutes les 20minutes me semble la métaphore de ça, de leur amour épuisé qui va au-delà de l’épuisement.
            Je trouve l’usage des métaphores pourri pour les analyses de film, sauf quand il s’agit de Letourneur car elle en met volontairement dans son cinéma pour rigoler, pour jouer encore : dans le Marin masqué, la pote fait une marche arrière en disant « j’aimerais revenir en arrière ».
            Ou dans Voyages en Italie, la chanson « juste une mise au point sur les plus belles images de ma vie » quand elle enlève et remet 12 fois ses lunettes précisément dans cette scène, et qu’elle fait un film pour comprendre son propre couple.

            Ça m’a ému qu’elle parle d’un couple sans histoire de rencontre, juste de l’amour quotidien. (Et Pierre, je n’ai pas senti de suspense dans ce couple qui se connait trop bien. Pas de « vont-ils faire l’amour ? » ça arrive et c’est beau.)

            Pour cette figure de la répétition, dans la 3ème partie où le couple décrit et on voit ce qu’il se passe, j’y ai vu un jeu avec la matière sonore, comme une gribouillage d’enfant, où il y a le plaisir de repasser sur le même trait pour le voir mieux. Letourneur prend conscience de son quotidien, et m’en fait prendre conscience comme spectatrice.
            Quand elle répète les mots dans le Marin masqué aussi, j’y ai vu quelque chose du jeu avec la matière pour mieux voir, de l’invocation au présent, de chercher à garder, à s’approprier ces bouts de présents.
            J’ai repensé aux invocations de Jean Rouch dans la chasse au lion à l’arc. Il répète lililiboto pour vivre aussi l’invocation comme ses personnages, pour avoir sa part de leur magie.
            Je vois bien que Letourneur et Jean Rouch sont formellement des cinéastes très différents. Mais les répétitions de Letourneur, bien que marrantes et ludiques, ont le même rapport au réel que Rouch. L’invoquer, conserver le vivant, sa magie.
            Comme pour la photo finale de Rosalia. Letourneur demande : « comment son visage est resté ? »
            Et la réponse de la pote, pour garder la vie sur le visage de Rosalia : « ils font des techniques »
            Voilà le taf de Letourneur, elle fait des techniques.

            • #5769 Répondre
              Juliette B
              Invité

              Merci Billy. Moi je le vois présent en filigrane le « vont-ils faire l’amour ? » Et je pense que c’est tout à fait voulu par la réalisatrice, qui s’amuse par exemple avec l’épisode nuisette sexy lors de leur première nuit à l’hôtel – je la mets, zut il s’endort, zou je remets mon vieux tee-shirt pourri -, le regard soudain rêveur de Katerine qui répète le 69 prononcé par Sophie quand elle cherche frénétiquement sur son ordi et au lit leur lieu de villégiature, ou le moment où elle lui fait remarquer agacée qu’il se touche tout le temps la bite sous les draps… Les zizis omniprésents – ouille ça brûle -, les gros plans appuyés sur les jeunes bras virils qui sauvent Sophie de son vertige en rando, le mec qui la draguouille en lui proposant de garer la voiture, celui du comptoir de l’hôtel qui la sauve des moustiques avec sa crème et lui dit qu’elle peut revenir quand elle veut, l’attention que porte chaque jour Sophie à ses tenues, etc. , etc. Le désir est là tout le temps, frustré mais bien vivant chez les deux personnages et leurs petites scènes de jalousie. En décalé dans leur couple aussi. Il est traité avec légèreté et humour, oui, mais ces signaux répétés envoyés aux spectateurs rendent d’autant plus belle et libératrice la scène de sexe, qui « arrive » sans qu’on sache pourquoi en effet, mais qu’on a quand même attendue parce que la réalisatrice a installé en sourdine cette tension. Elle est forte je trouve.

              • #5778 Répondre
                Billy
                Invité

                Je finis mon post en dérapage sur Jean Rouch, heureusement que t’es là pour me recentrer sur l’essentiel !
                Je vois ce que tu veux dire, et je crois qu’on n’a pas vécu le film pareil. Le meilleur d’entre nous dirait que ça dépend de nos tempéraments (ce qui veut dire que je suis moins désirante, c’est horrible.)
                Le désir est un élément dans la vie de ce couple, un désir toujours présent, souvent pas synchrone, mais c’est pas un suspense pour moi.
                Les bites semées dans le film m’ont fait rire comme une conne, plus que susciter mon désir. J’ai vu les scènes que tu décris, et aussi le pelotage maladroit de Jean-Phi sur le scooter. Je n’y ai pas vu de suspense. J’ai vu le désir comme un des éléments de leur vie, de leur amour. Comme la tendresse quand ils s’endorment côte à côte à la fin en se racontant qu’ils ont croisé des amis. Comme leur intimité quand ils se discutent pendant que Sophie pisse. Comme la douceur quand Jean-Phi met de la crème en bas du dos de Sophie en disant « c’est horrible ! », comme leur ennui dans le bateau, puis leur désir quand ils se baignent et s’embrassent dans la mer, puis fatigue sous le soleil, puis…
                Je crois que j’ai vu un couple sans suspense, sans attente. C’est parce qu’il n’y a pas d’attente que les scènes durent des plombes : les « on va où en vacances ? en Espagne ? en Italie ? » et les « qu’est-ce qu’on fait quoi ? » une fois qu’ils sont en Italie. Alors ils boivent une citronnade.
                C’est pas parce qu’il n’y a pas de suspense qu’il n’y a pas d’histoire à raconter.

                Et est-ce que la jalousie de Jean-Phi envers les autres hommes qui touchent Sophie, c’est du désir ? Hum ça se discute. Moi je dis non. C’est de la possession, c’est sa femme.

                • #5780 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Zizi Jet.

                • #5782 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  J’avais oublié de citer la scène du scooter, tu fais bien de la rappeler. Je ne dirais pas que c’est tendre là, elle l’engueule de la déséquilibrer, s’assoit allègrement sur son désir à lui en évitant soigneusement d’aborder de front le sujet une fois le scooter arrêté, par exemple en disant Ah non j’ai pas envie moi là, ou alors Courons donc dans les fourrés. Il y a de la tension un bref moment, de l’évitement. Là son désir à lui la dérange, ça la fait pas rire, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’en a pas par ailleurs, Letourneur nous le signifie assez.
                  C’est un endroit où ils se rencontrent rarement. Ca n’est pour autant pas dramatique pour eux nous montre génialement le film, leur couple n’est pas réductible à ça, mais c’est là, comme des petits rendez-vous manqués. Il y a plein de rendez-vous manqués dans la vie des couples, et des plaisirs nouveaux partagés liés à la durée aussi, à la douceur de l’habitude. La sexualité n’est pas centrale dans le film, et c’est tant mieux, mais elle est rendue suffisamment présente aux yeux du spectateur par les petits cailloux semés par la réal pour qu’il se demande si leurs désirs sexuels vont ou pas être synchrones à un moment… Pour les zizis, rassure-toi, je ne pense pas qu’ils soient là pour susciter notre désir, mais plutôt pour signifier qu’il est là, partout, comme un furet qui court.
                  La jalousie n’est pas que le fait de Jean-Phi, elle fronce le nez à chaque fois qu’il parle d’une ex, soudain suspicieuse. Mais c’est comme un jeu entre eux, « on disait que j’étais jaloux, parce que les couples qui s’aiment le sont dans le récit commun de l’amour ».
                  Tu refais un peu l’histoire je trouve dans ta présentation de la préparation au voyage: ça n’est pas « on va où en vacances ? », c’est plutôt « ça va pas, on a des problèmes, il faut qu’on parte tous les deux quelques jours sans les enfants pour aller mieux ». Ca c’est la version de Sophie. Sa version à lui, dans le bus, c’est « je vois pas ce que ça changera, quand on reviendra nos problèmes seront toujours là, à quoi bon partir ? ». C’est elle au départ qui est demandeuse d’un dépaysement de l’affaire. Et sa valise pleine de robes m’a bien amusée.

                  • #5785 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Leurs rendez-vous manqués, leurs décalages, je les ai pris comme des marques formelles (esthétiques) signifiant la fin de leur couple. Il n’ont que deux moments où ils sont bien ensemble, goûtent le moment de la même façon : la baignade où ils pensaient que ça allait être nul puis quand ils baisent enfin. Je dis enfin car Letourneur est celle qui veut récupérer son couple et l’autre l’entrave par son pessimisme, son à quoi bon et même elle est pas non plus déterminée. Elle veut lui faire plaisir sur la destination, elle se plaint que le lit de la chambre n’est pas le lit matrimonial qu’elle avait demandé. Il y a souvent des allusions à des choses qu’elle avait préparé en amont pour que le séjour soit bon et qui foirent arrivés sur les lieux. La tenue sexy qu’elle a amenée exprès puis qu’elle bazarde sans insister. Il y a un petit champ lexical de l’amour matrimonial qui fait un contre point ironique qui ponctue le film (des mariés dans le pub, de jeunes amoureux, une robe de mariée, le lit matrimonial qu’elle n’a pas eu). C’est pas vraiment un suspense suspense c’est un objectif paresseux, un désir mou. J’ai un peu écrit sur leurs décalages plus haut, sous un post de Charles si jamais (je fais ma pub). Le films a plusieurs couches comme une bonne pâtisserie.

                    • #5787 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Les mariés dans lA pub*

                  • #5789 Répondre
                    Billy
                    Invité

                    Je ne dis pas que ce film absente le désir du couple. Je dis que ce désir ne fait pas suspense, pas narration. Il est là, fluctuant.

                    • #5791 Répondre
                      Billy
                      Invité

                      Je trouve leur scène de sexe belle, douce, pas du tout spectaculaire, dans le noir, un couple qui se connait bien. J’aime aussi le beau plan du volcan à la fin (Letourneur aime les métaphores).

                      Je vois le désir dans le film, c’est pour ça que je citais la scène du scooter (désir de Jean-Phi, vs non-désir de Sophie). Cette scène n’est évidemment pas un exemple de tendresse. Je vois de la tendresse quand ils s’endorment l’un sur l’autre en se parlant à la toute fin.

                      “on va où en vacances ?” => c’est la discussion devant l’ordi au lit, je crois que c’est assez futile « on va à Malaga ? » (tandis que la discussion « il faut qu’on parte, on se fait bouffer par l’ordinaire » je crois que c’est la 1ère scène dans le bus)
                      Et la préparation du voyages, c’est plusieurs scènes de discussions au téléphone ou en vrai avec les copains/copines, le plaisir de parler du voyage, de la destination, toujours l’érotique du langage chez Letourneur.

                      • #5795 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Pour le désir là et fluctuant. Message mal placé.
                        Pour le voyage y a quand même le frère qui la conseille lui dit pense à lui d’abord. Si ce n’est pas l’objectif paresseux du film c’était celui de Letourneur dans sa vie, retranscrit en film. Après c’est ce qu’elle fait de la narrarion traditionnelle qui est intéressant. En réstituant la narrarion cabossée voire la non narration, les objectifs foireux, abandonnés en cours de route, repris puis bof, de nos vies.

                      • #5796 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Il y avait un ordre dans mes posts.

                      • #5806 Répondre
                        Billy
                        Invité

                        Certes, dans la scène de bus on comprend que Sophie veut partir en voyage, pour retrouver son couple hors du quotidien, hors de l’ordinaire (sans l’enfant quoi), alors que Jean-Phi pense que l’extraordinaire est déjà dans l’ordinaire. Il veut bien partir mais il se fout un peu de ce voyage.
                        Alors quel serait « l’objectif paresseux du film » dont tu parles ? ce serait disons « Sophie va-t-elle sauver son couple grâce à ce voyage? »
                        Alors le film n’en conclut rien. C’est insoluble comme question. C’est pas parce qu’ils couchent ensemble que le désir est retrouvé dans l’absolu, que le couple est sauvé ou changé… Le film ne fait pas la narration de ça. C’est un couple qui semble s’aimer depuis longtemps, qui a un enfant, qui part en vacances en Italie. Le film documente de quoi est fait leur amour présent : de foirades, de désir, d’homme pas assez musclé, de nuisette inutile, de porte des chiottes laissée ouverte pour discuter, d’un scooter pour deux, de colin dans la mer, de crème posée sur les plaques rouges horribles en bas du dos de Sophie…
                        Et le film ne dit pas si le couple est sauvé. Je ne sais pas s’ils s’aimeront toute la vie (je le leur souhaite). Mais le film arrive à capter leur amour vivant.

                      • #5812 Répondre
                        Billy
                        Invité

                        Hé hé, je voulais dire « de câlins dans la mer »
                        (il y a aussi du colin dans la mer, mais ça n’a rien à voir)

                      • #5841 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « C’est pas parce qu’ils couchent ensemble que le désir est retrouvé dans l’absolu, que le couple est sauvé ou changé… Le film ne fait pas la narration de ça. »
                        Oui c’est ce que j’entends par objectif paresseux. Il y a cette impulsion de depart qui est on va partir quelque part pour essayer de se retrouver et ensuite il y a la chaleur, les plans qui foirent, les décalages d’envies etc. Je me suis dit quand on a un collage plan du volcan en éruption que c’était pas forcément du premier degré car ok il baisent mais est-ce qu’ils prennent du plaisir on saura pas au final.
                        Moi en tout cas j’ai perçu la fin du couple, à travers le film. Même si c’est pas dit explicitement à la fin. J’ai pas vu un amour vivant par contre. J’ai senti la fin, la rupture inévitable qui est dans l’air, dans leur dynamique.

                      • #5842 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Je me répète. C’est pour créer une cadence. Pas parce que je ne me suis pas relue.

                      • #5843 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        En tout cas tu m’as donné faim avec ton colin.

                      • #5854 Répondre
                        Juliette B
                        Invité

                        Bien d’accord. La question sexuelle est en filigrane comme je l’ai écrit. Je n’entends pas pour autant l’évacuer du film puisqu’il ne le fait pas. La foirade est partout, y compris là. Et c’est très juste comme ça.

                      • #5799 Répondre
                        Billy
                        Invité

                        Peut-être que je me suis mal partie en développant sur le désir dans le film, sur lequel on est assez d’accord. Il est là, il fluctue.
                        Le point de désaccord, je crois c’est la question du suspense.
                        Le film ne crée aucune attente narrative chez moi. Je prends chaque séquence pour ce qu’elle est, pour le moment qu’elle est. Je ne sais jamais quelle sera la séquence suivante, tellement tout fait cinéma chez elle (le trajet en voiture où elle enlève ses lunettes dans le tunnel puis les remet au soleil, les enlève les remet…
                        Un moment où ils boivent une citronnade et Letourneur cinéaste-personnage fait durer la séquence « attend, on profite »). Je ne sais pas si dans chaque resto où ils s’installent ça va bien ou mal se passer. Ah et puis finalement cette fois-là le resto est fermé, ils font demi-tour, alors il y a un coucher de soleil et c’est beau.

                    • #5794 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Oui d’accord avec toi

            • #5838 Répondre
              Maud
              Invité

              « Je me suis demandé si son couple c’était pas ça aussi. De la tendresse de répétition. De l’amour épuisé ou du désir épuisé, qui gagne en intensité parce qu’il va au-delà de l’épuisement. »

              Bonsoir Billy,
              Ce que tu écris me semble assez proche de ce que je disais au sujet de la répétition comme ciment de l’amour du couple. Mais ce terme d' »épuisement », c’est carrément beau. Et c’est ce qui donne toute sa force AUSSI tragique, ou bouleversante, à cette étrange comédie sentimentale.
              Je te suis aussi totalement sur SL qui fait des techniques pour maintenir le vivant vivace. C’est peut-être ça le fameux précipité. On va demander à François.

        • #5840 Répondre
          Maud
          Invité

          Est-ce que tu veux nous dire à quoi tu penses ou tu préfères la garder pour la Gène ?
          De mon côté je voudrais faire un billet de blog sur cette dernière séquence, ainsi que sur le bleu à la cuisse de Letourneur.

        • #6078 Répondre
          lison
          Invité

          Cette dernière scène et la réponse de la femme à la question comment on peut donner cet aspect là à une enfant morte … »il y a des techniques » me semble aussi déterminante dans le film, et dans la méthode de Sophie Letourneur.
          Ce film est magnifique et au delà de cette dernière scène il a une quelques angoisses de mort qui traînent , le Tchoupi où il est question d’une alerte attentat ( pas vu cet épisode !), la peur de mourir en laissant un enfant orphelin, et cet photo à la fin donc.

          Dans les choses qu’on voit peut ou qu’on entend peu dans les films : une fille sur les chiottes, une fille qui parle de ses règles, un mec qui parle de symptôme pré menstruel.

          Hâte d’écouter la gêne.

    • #5724 Répondre
      Ostros
      Invité

      Apparemment voyages en Italie est le premier épisode d’une trilogie ? J’ai hâte de voir les deux autres !

      • #5757 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ….dont un pourrait mettre en scène Brad Pitt, m’a-t-elle dit. Mais je crois qu’elle ne l’avait pas encore contacté
        Letourneur-Pitt, on prend. A part un film d’Amyl Taylor avec Kevin de Bruyne, je ne vois pas plus désirable.

        • #5786 Répondre
          Ostros
          Invité

          Il est suffisamment intelligent pour savoir qu’il ne peut pas refuser cette proposition.

        • #5904 Répondre
          Gaëtan
          Invité

          Pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de connaître Sophie et Brad personnellement, c’est aussi évoqué à la fin de cet entretien pour Négatif : https://www.youtube.com/watch?v=3gTJsP6iF0U
          >>> 00:27:00 – Une trilogie
          + Les bases pour patienter avant la prochaine Gêne…
          00:00:55 – Autoproduction et artisanat
          00:04:36 – Déprofessionnaliser le tournage
          00:08:36 – Tendresse et amour du vieux couple
          00:13:14 – La maquette comme premier objet
          00:17:03 – Image hyperréelle
          00:20:51 – Un film de collage
          00:25:33 – Matière et instinct

          • #5932 Répondre
            Pierre
            Invité

            https://melodious-adasaurus-5f9.notion.site/Itw-Sophie-Letourneur-e9705a75f1a041408ebda6b6e5243f50
            retranscription faite par une AI, je précise pour ne pas passer pour un copiste effréné.
            En profite pour répondre à Billy, Juliette, Ostros et consœur, dont j’ai beaucoup aimé lire les développements. Je crois que je parle de Rosebud érotique dans mon texte, qui a pour particularité d’être tout a la fois un support au suspens et en même temps un prétexte au récit. Important et pas important donc. Soutient un récit plutôt qu’une narration ai je envie de tenter d’ailleurs, je ne sais pas bien si la distinction conceptuelle tient bien le choc, mais j’ai l’impression que c’est ce que défend SL, faire récit contre la narration en empruntant des voix moins balisé pour faire film, par exemple oui les voies du documentaire.

            Petite question par contre, ce déficit de sexappeal entre Jean Phi et Sophie a effrayé une amie, qui ne comprend pas bien ce qu’ils font ensemble. Et c’est vrai que je me suis, moi, pas trop posé la question, mais qu’une fois celle-ci soulevé, elle parait assez évidente. Pourtant, je ne trouve pas que ce soit tellement traité dans le film (sauf la fuite due au vertige dans les bras de deux jeunes, où le faire semblant de ne pas le voir, mais ça reste fugace). On en pense quoi ?

            • #5933 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Je pense ce qu’en avait dit Letourneur au sujet d’Énorme pour qui on faisait une remarque similaire : Il y a plein de couples dans la vie dont on se demande ce qu’ils font ensemble.

            • #5939 Répondre
              Charles
              Invité

              Moi non plus je ne comprends pas trop ce qu’ils font ensemble ni ne vois de véritable alchimie de couple.
              D’ailleurs, j’ai le sentiment que le personnage de Letourneur se fait aussi un peu la remarque. J’aime bien la scène où Katerine sort dans la rue pour la retrouver et ne la voit pas, alors qu’elle est assise dans l’ombre et qu’elle, elle le voit, malgré ce qu’elle dit. On observe alors Katerine avec ses yeux, presque depuis sa place, ou plutôt c’est elle qui prend notre place de spectateur. Et lui paraît complètement perdu, comme un poulet sans tête.

              • #5950 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                J’aime cette scène parce qu’elle prend du plaisir à regarder son mari — qu’elle aime — la chercher, et c’est un petit moment en retrait du rythme soutenu qu’ils s’imposent. Je suis surpris de votre regard sur ce couple, Ostros et Charles, dont la tendresse ressentie l’un pour l’autre est présente à l’écran dans plusieurs plans / passages. La scène du lit étant le bouquet final qui n’annonce en rien leur fin.

                • #5951 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  La scène de sexe ne me paraît pas avoir beaucoup d’intérêt en elle-même, je veux dire autrement que narratif. En tout je n’y vois pas là un climax de complicité entre eux. Pour moi, tu aurais mis n’importe qui dans cette situation (acteur ou personnage) et tu avais le même résultat à l’écran.

                  • #5956 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    Je ne parlais pas de la scène de sexe, mais de toute la séquence en 35mm dans le lit quand ils se remémorent les vacances qui se termine avec la main de Sophie sur le torse de Jean-Fi.

                    • #5957 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Au temps pour moi.

            • #5947 Répondre
              Maud
              Invité

              C’est amusant je trouve au contraire qu’ils vont très bien ensemble. Ils sont juste occupés par mille autre choses que leur corps. Comme plein de gens, il me semble. Mais ça ne paraît pas un problème : quand JC envisage de se mettre à la muscu pour se faire moins mal elle lui dit qu’il est très bien comme ça. Et puis la scène d’amour change tout, non ? Ils sont très mignons ensemble dans ce moment.

              • #5948 Répondre
                Maud
                Invité

                *JP

              • #5952 Répondre
                Charles
                Invité

                En fait je trouve que Katerine est complètement désérotisé, asexué et franchement laid alors que Letourneur, même si elle n’est pas toujours mise en valeur, garde un aspect séduisant (ce qui permet de justifier les tentatives de drague des italiens), attirant. Katerine m’a beaucoup fait rire mais il y a quelque chose de monstrueux chez lui que Letourneur pousse au maximum, en filmant notamment sans filtre son corps.

                • #5966 Répondre
                  Maud
                  Invité

                  Oui, désérotisé, Katerine, complètement et sciemment (le maillot qui tombe, le ventre, les trois cheveux ramenés sur le front… ). Mais je les trouve les deux personnages en réalité très « normaux ». Ce sont des corps banals de personnes de 50 ans environ. Elle est plus jeune, c’est une femme donc l’injonction à la joliesse fait qu’elle fait sans doute plus attention à elle – je parle toujours des personnages. Et en plus de ça, Jean-Fi est vraiment mal, au début du film (très angoissé, on le sent à bout). C’est pour ça que j’aime bien le terme d' »épuisement » de Billy. Leurs corps aussi arrivent à une forme d’épuisement. Mais ils parviennent à aller au-delà, à trouver de l’amour dans cet affaissement du corps. À mon sens ça crée un mélange de burlesque, de touchant et de beau.

                  • #5967 Répondre
                    Maud
                    Invité

                    Pour l’anecdote : j’avais vu Katerine en concert avant qu’il soit vraiment connu. Je crois que c’est une des personnes les plus élégantes que j’ai vues (je m’étais fait la remarque à l’époque). La part de jeu est immense chez lui. Ou alors c’est à l’époque qu’il jouait.

            • #5970 Répondre
              Juliette B
              Invité

              Déficit de sex-appeal je ne dirais pas ça. Ils en ont tous les deux et se sont aussi séduits pour ça. Jean-Phi a une voix très douce, elle peut faire fondre. Et il est drôle, et assez mystérieux au fond, tellement tranquille, c’est reposant quelqu’un comme ça pour une Sophie plus électrique. Mais oui, comme tu dis je crois, les mots pour eux ne sont pas moins érotiques que les corps, c’est ça qui fait que ça tient je crois, ils prennent plaisir à s’écouter l’un l’autre et à s’écouter eux-mêmes parlant à l’autre. Ca tient à quoi un couple qui dure ? A plein de petits riens. Letourneur renseigne ça, assez merveilleusement pour moi. Parce qu’elle ne hiérarchise pas leurs plaisirs ou déplaisirs. Ils sont ensemble à vivre longuement la vie et c’est déjà énorme. Énormément beau à regarder et à entendre. Je pense tout à coup au couple de vieux qui accueille l’enfant dans L’enfance nue, j’avais ressenti quelque chose de cet ordre là face à eux. Faudrait que je revois.

    • #5726 Répondre
      lison
      Invité

      Si Voyages en Italie ne passe encore dans votre ville, vous pouvez aller regarder cette autre merveille sur Arte :
      https://www.arte.tv/fr/videos/064395-000-A/quatre-nuits-avec-anna/

      • #5977 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Merci pour la recommandation Lison.
        J’ai beaucoup aimé ce film qui nous impose aussi une position de voyeur, met mal à l’aise et en même temps montre cet homme émouvant dans son amour, sa douceur, sa gentillesse. Avec le chat aussi. (Oui je m’inquiète toujours des chats dans les films depuis que j’ai vu, dans L’enfance nue, le gamin balancer un chat du haut d’un escalier).

      • #6021 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Toujours sur Arte, j’ai bien aimé aussi les journaux intimes de Marta Meszaros (trois films) sur sa jeunesse en Hongrie communiste dans les années 50.

    • #5756 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Curieux de revoir ce film formaliste.

    • #5816 Répondre
      Nom (obligatoire)
      Invité

      Oyé oyé, je cherche à ecrire un texte sur la danse et suis en quête de romans, de films où ça se trémousse. Des idées ?

      • #5826 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Flashdance, qui a quand même provoqué une pandémie de jambières. Fluo.

      • #5829 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Les Magic Mike.

      • #5832 Répondre
        MA
        Invité

        Les chaussons rouges
        Jeux d’été

        • #6343 Répondre
          MA
          Invité

          Et Frances Ha
          Cunningham de Kovgan
          Pina de Wenders

      • #5833 Répondre
        Malice
        Invité

        « les derniers jours du disco »
        « Damsels in distress »
        « Climax »
        « Les chaussons rouges »
        « Ema »
        Les films de Minelli
        Ceux de Bubsy Berkeley

        La bd « Polina »

        • #5834 Répondre
          Malice
          Invité

          Pardon j’ai fait un doublon des « Chaussons rouges »

        • #5849 Répondre
          Nom (obligatoire)
          Invité

          Ema je me le garde pour le prochain ciné club à l’Arlequin

      • #5971 Répondre
        so
        Invité

        le grand bal (documentaire)

      • #6112 Répondre
        Seldoon
        Invité

        N’ont pas été cités :
        – Little Miss Sunshine
        – Sweet Charity, du grand Bob Fosse, que je n’arrive à trouver nulle part et qui propose mon numéro de danse préféré de tous les temps :

        [youtube https://www.youtube.com/watch?v=DSSlWfOCgLw&w=560&h=315%5D

        • #6115 Répondre
          Seldoon
          Invité

          (bien qu’il rate son final)

          • #6122 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Oh benh du coup, parce que j’aime choisir ce rôle et que j’imagine que pas grand monde a osé poster sur cette daube, je m’y colle (mes fans remarqueront que je fais un lourdaud pas de côté chaussé 41 avec, s’il en est une, ma scène préférée, de loin, au regard de la plus connue) 😎

            PS: dû voir ce film il y a 15 ans tout au plus, en réponse d’une reco sidérée de Carole (ça c’est une belle bourgeoise) collègue â l’origine d’un presque trauma pro (genre Transfuge avec François) qui n’en revenait pas que je ne l’ai jamais vu (le film pas François)
            Voilà aussi d’où je viens Mumu 😘

            • #6125 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Mais j’ai cru comprendre, juste en lisant, que la personne qui sollicitait quelques recos pour un article était largement comblée (l’article est même déjà écrasé en ligne par d’autres lignes, j’imagine.)
              De mion côté, lisant aussi qu’elle envisageait des recos bouquins, j’ai d’abord cherché de ce côté, malgré ma catégorie poids léger dans ce domaine.
              Très étonnée du manque de recos litté d’ailleurs, je pensais avoir affaire à plus fort par ici.

      • #6205 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Et bien j’ai trouvé un truc littéraire pour la demande de passages sur la danse:
        .. Qu’est-ce qu’on va faire alors?
        – Rien. On va danser.
        – D’accord. Pas tout de suite. On reste un peu comme ça.
        – On ira au moment des slows.
        Il continuait de tenir ma main comme un objet, en parcourant mes doigts avec les siens. Je posais ma tête contre son épaule. Je regardais sa bouche. Il avait enlevé ses lunettes, il avait des petits yeux vifs, très noirs, qui me rappelaient quelqu’un. Mais qui ?
        C’étaient les yeux de quelqu’un que j’avais bien connu, je ne retrouvais pas qui. Ils étaient très en amande, petits et vifs, luisant comme un velours brillant et très profonds. Noirs, scintillants, mais tristes, bizarres, très vivants.
        On allait sur la piste. Je m’appuyais contre lui puis je levais la tête vers son visage, on prenait un petit baiser rapide et très bon.
        – Tu triches.
        On retournait s’asseoir. / … Le marché des amants, Christine Angot, p.44, éd.du Seuil 2008.
        Très surprise de n’y trouver que cela. Beaucoup de lignes sur la musique, son partage, les écoutes en duo, pas mal de scénes de baise mais peu – pas – de danse.
        Ici, c’est un extrait du passage où Bruno et Christine se remémorent leur première rencontre, un an plus tôt.

    • #5822 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Chantons sous la pluie
      Saturday night fever
      La porte du paradis

      • #5835 Répondre
        Malice
        Invité

        Hommage à Night Fever

      • #5969 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Super choix. J’ajoute la scène de bal dans le Van Gogh de Pialat.

        • #5976 Répondre
          Malice
          Invité

          Est ce que tu répondais au choix de François ou suis-je enfin tombée sur une autre fan de Whit Stilman?

          • #5979 Répondre
            Juliette B
            Invité

            Je réagissais aux choix de François mais je vais réécouter jusqu’au bout ton Whit

            • #5990 Répondre
              Malice
              Invité

              Dans son film  » Barcelona » on trouve cette scène de danse improbable qui mêle Glenn Miller et la Bible

    • #5848 Répondre
      Nom (obligatoire)
      Invité

      Merci pour ces réponses !

      • #5972 Répondre
        Anna H
        Invité

        Les bals dans les premiers films de Milos Forman (L’as de pique, Les amours d’une blonde, Au feu les pompiers) et aussi Hair.

      • #5973 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        La Graine et le mulet, de Kechiche
        On achève bien les chevaux, de Sydney Pollack
        Le Salon de musique, de Satyajit Ray
        Je t’aime, moi non plus, de Gainsbourg (le film)
        Et en bonus, la danse inventée par le même Gainsbourg :

        • #5974 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Et Mektoub my love, Bande à part de Godard, la scène du bal du Guépard, celle de Mme Bovary, et même les Bronzés…
          Mais y en a trop et il est tard alors comme dit Jean-Claude Dusse :
          « Bon, ben j’vais m’coucher. »

        • #5975 Répondre
          Anna H
          Invité

          Les temps modernes.

    • #5853 Répondre
      Ostros
      Invité

      C’est pas banal. Aucun retour sur Vaurien projeté le 21 mars ? J’ai pu voir le film. Je veux savoir ce qui a été dit. S’il vous plaît.

      • #5900 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Pas pu non plus.
        Mais quelqu’un a posté un truc, si, si.
        Peut-être dans le forum général, je regarde, pote des Slits.

        • #5927 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci Carpentier.

          J’ai vu qu’Holy Pierre avait tenté de poster quelque chose que j’imagine être la transcription de la soirée tant désirée.
          Sauf que bug. Pas de post de Pierre.
          Pierre, si je vois juste et si tu galères trop d’abord Merci encore ensuite ceci est mon mail : madmrspi@gmail.com ne crains pas de m’importuner.

          • #5968 Répondre
            Carpentier
            Invité

            pas trouvé, déso, dû réver.

            • #6029 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci quand même d’avoir cherché.

      • #5906 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Oui j’aimerais bien savoir également

    • #5898 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Pas de duo d’affiches de film dans mes couloirs de métro today, juste plein de panneaux pour une expo au Jeu de paume, le parc Astérix et des trucs pour Ambre Chalumeau.
      Merde, qu’aller voir au ciné cette semaine ?

      • #5901 Répondre
        Carpentier
        Invité

        🤣 station d’arrivée : affiche x 2 du les 3 mousquetaires d’artagnan, ouf

      • #5930 Répondre
        Nicolas
        Invité

        J’ai vu et adoré About Kim Sohee. L’emballement n’est vraisemblablement pas partagé par l’ensemble de la presse que je lis mais bon… Un super film sur un fait divers survenu en Corée, à partir de harcèlement au travail, avec une jeune arrivant en tant que stagiaire. Un de mes coups de coeur de l’année.

        • #5964 Répondre
          Carpentier
          Invité

          ok, merci, je note.

    • #6020 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Pour ceux qui ont vu les 3 mousquetaires et lu le roman, peuvent ils m’indiquer si l’adaptation est fidèle ? L’esprit du livre et des personnages s’y retrouvent ? Tout cela m’a paru très hollywoodien, de la musique aux combats shakycam en passant par cette photographie grise-bleu très game of thrones. Je suis aussi assez curieux de savoir si ils ont coupé des trucs importants du bouquin

    • #6026 Répondre
      thierry
      Invité

      Salut,
      L’établi. Quelqu’un a vu?

      • #6028 Répondre
        Ostros
        Invité

        Vu. Lisse. Les acteurs jouent qu’ils jouent. Le trait connard des pions est caricaturé.
        Les scénaristes ont ajouté des touches d’émotions téléfilm par-ci par là.
        Et inventé des scènes qui n’y sont pas pour alléger, créer un gag, justifier les actes de Linhart.
        On aurait dit que le réal a choisi Swann Arlaud à défaut d’avoir Amalric.
        La famille est belle parce qu’elle est unie et qu’elle s’aime.
        Il y a une scène à l’Université de Vincennes qui me paraît très ordonnée (rapport prof-élève vertical – étonnant de voir ça ici), calme et propre comparée à ce qu’elle était en vrai.
        Je te conseille plutôt les archives si ces évènements t’intéressent. Le film a tout édulcoré.

        • #6031 Répondre
          Ostros
          Invité

          D’ailleurs sa fille Virginie Linhart a réalisé le documentaire Vincennes, l’Université perdue.

        • #6040 Répondre
          thierry
          Invité

          Merci beaucoup Ostros.

          Je vais y aller ce soir et compléterai tout ça avec des archives.
          J’avais connaissance de ce documentaire que je n’ai pas vu mais j’ignorais que la réalisatrice était la fille de Linhart.

    • #6043 Répondre
      Cyril
      Invité

      Aujourd’hui, j’ai dû pour la première fois choisir ma place au cinéma et ça m’a démoralisé.

      • #6044 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui moi aussi pour l’Etabli. Je me suis assise ailleurs. C’est nouveau ce truc ? Moi c’était un UGC.
        Déjà que j’y vais pas souvent, ça donne pas envie d’y retourner.

      • #6045 Répondre
        Carpentier
        Invité

        ? 🙂
        C’était la première fois que tu y allais seul?

        • #6047 Répondre
          Ostros
          Invité

          Carpentier pour éclairer le post de Cyril : les UGC ont mis en place le système de place numérotées a sélectionner dès que tu achètes ta place. Je ne sais pas si c’est dans tous leurs multiplex.

      • #6046 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Ah ok, pardon, grâce au post d’Ostros je viens de comprendre 🤪
        c’est dans une salle de multiplex ça souvent et la majorité des gens change de place en effet 😅

        • #6048 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est terrible.

          • #6049 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Je te le fais pas dire

          • #6050 Répondre
            Carpentier
            Invité

            En vrai, si on suit les reco de François, on est pas du tout concerné par ce genre de truc 🤣
            À part quand il se sacrifie sur Joker ou Avatar 😀
            Â Paris, on a pas ce genre de problèmes, on en a d’autres, mais pas la place à choisir et valider sur écran: je sais, on est des privilégié.es.

            • #6051 Répondre
              Ostros
              Invité

              Oui j’y étais pas retournée depuis Avatar d’ailleurs à UGC. D’habitude c’est les d’arts et d’essai. C’est exceptionnel. Ca reste chiant.

              • #6056 Répondre
                Sarah G
                Invité

                oui j’ai vu ça, le choix des places dans les multiplex UGC
                Je suis comme toi Ostros, je suis plus arts et essais que Multiplex, ça fait un moment que j’ai pas mis les pieds dans un Multiplex.
                Ils ont donné une explication, pourquoi maintenant il faut choisir nos places ?

                • #6061 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Pour faire comme Gaumont apparemment.

                  • #6064 Répondre
                    Sarah G
                    Invité

                    Ok, je constate que ça fait longtemps que je suis allée dans un Multiplex car je ne savais même pas que Gaumont faisait ça aussi 😂😂😂, c’est pour te dire.

                    • #6074 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Moi non plus d’ailleurs. J’ai cherché sur Google le pourquoi de la chose.

            • #6070 Répondre
              Cyril
              Invité

              À Lille les deux principaux cinémas d’art et d’essai ont été rachetés récemment par l’ugc lesquels ont appliqué le nouveau système…

              • #6073 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Nan?
                Les 2 seules fois où j’ai choisi les places, comme tu l’as partagé, c’est â Lomme, au Kinepolis et tu m’apprends donc que ça sera la même à Lille maintenant, ok.
                Dorénavant, je rirai aussi en le faisant car je penserai sans doute quelque temps à mon incompréhension de départ, lue comme une bizarrerie peut-être par qui n’a jamais repéré les pérégrinations des couples, duos, groupes qui discutent parfois longuement du meilleur endroit pour prendre place.
                Moi, ça me fait la préface du film quasi chaque fois.
                Du coup, je te voyais momentanément perdu/seul devant toutes les places qui s’offraient à toi, sans avoir à argumenter auprès de quelqu’un avant de t’installer où tu voulais.

              • #6075 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Ça risque de durer cinq jours leur truc dans les UGC, le temps que les mecs qui ont imaginé que choisir sa place donnait un certain « standing » légitimant le prix de la place aux yeux des consommateurs comprennent que ça donne envie de rester chez soi ou de se battre avec quelqu’un qui réclame sa place.

                • #6076 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Ou pour justifier commercialement une première classe et une seconde ? En induisant une concurrence qui n’existait pas ?

                  • #6139 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Y a pas de raison que les salles de spectacle soient les seules privilégiées à pouvoir appliquer des Catégories VIP, 1, 2, 3, derrière le poteau. Je parie d’ici trois ans sur une formule St-Valentin avec canapé et coupe de champagne.

    • #6091 Répondre
      Julien Mouraud
      Invité

      Un avis sur une histoire vraie de lynch ?

      • #6127 Répondre
        Adrien
        Invité

        Ah tiens justement j’hésitais à le regarder.

      • #6137 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Souvenir d’un film très beau, tout simple, calme, doux.

        • #6146 Répondre
          Seldoon
          Invité

          En parlant de douceur, j’ai revu First Cow, encore plus fort et doux la deuxième fois, et réécouté l’exellente Gêne à son sujet.

      • #6138 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Très beau film. Et oui un naturalisme inattendu chez Lynch et surtout qu’on découvre étonnament adapté à son cinéma. Une piste qui sera creusée avec encore plus de succès dans les meilleurs moments de Twin Peaks the return.

    • #6147 Répondre
      Julien Mouraud
      Invité

      Oui, j’ai été complètement décontenancé, une beauté s’en dégage mais j’ai le sentiment d’avoir n’été que très peu affecté par sa forme et j’en suis très surpris. Comme une nécessité d’un visionnage ultérieur.

    • #6150 Répondre
      Julien Mouraud
      Invité

      Oui, j’ai été complètement décontenancé, une beauté s’en dégage mais j’ai le sentiment de n’avoir été que très peu affecté par sa forme et j’en suis très surpris. Comme une nécessité d’un visionnage ultérieur.

    • #6163 Répondre
      Charles
      Invité

      Petite devinette : quel grand cinéaste français a dit « la pratique d’un art c’est quelque chose qui apaise une douleur intime, existentielle »?

      • #6164 Répondre
        Tony
        Invité

        Moi je sais,OA

        • #6208 Répondre
          Ostros
          Invité

          Rire. C’est vrai.

        • #6209 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Assayas?

    • #6235 Répondre
      T
      Invité

      Une gêne occasionnée sur Super Mario le film?

      • #6315 Répondre
        Jacques Scepte
        Invité

        Il faudrait le réserver pour une critique écrite, cela est plus prudent, vu la délicatesse de l’objet.

    • #6251 Répondre
      Cedric
      Invité

      Lucie Borleteau sort un nouveau film mais la distribution le réserve pour l’instant à quelques happy few. Des retours par ici ?

      • #6252 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai prévu de le voir ce week-end.

      • #6370 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Oui, vu et bien aimé.

        • #6376 Répondre
          Tony
          Invité

          Bien aimé aussi,film très gonflé et surprenant qui remet le désir au centre sans aucun jugement moral avec une invitation à ‘prendre des risques sans avoir peur de finir en morceaux dans une valise’,les chorégraphies en club sont très marrantes,les filles mènent la danse,les clients en jouissent(avec un cameo de Wiseman),les scènes de comédie sont assez hilarantes et la mise en scène est intéressante.

          • #6388 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Oui, ce que j’ai préféré ce sont les scènes drôles. Ainsi que le personnage principal qui change de trajectoire professionnelle, ou le deuxième personnage qui deviendra actrice par un chemin autre que celui du concours, et d’autres choses aussi.
            J’ai passé une bonne soirée, cependant je me suis dit assez vite que, pour ma part, je n’en garderai pas un très fort souvenir.

            • #6390 Répondre
              Tony
              Invité

              Oui c’est vrai le film s’oublie assez vite, ça demanderait analyse mais je crois qu’il y a un problème de scénario,la sous intrigue conservatoire et Melvil Poupaud est un peu bizarre,restent des scènes réussies comme la coloc,la soirée avec les sortants d’école de commerce et d’autres plus faibles comme la soirée d’incruste sur la fête de fin de tournage que j’aurais aimé un peu plus développée etc..

    • #6279 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      faudrait voir ça oui

    • #6286 Répondre
      Julien Mouraud
      Invité

      Et Tarkovski on en pense quoi ?

    • #6309 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On ne sait pas trop, parce que c’est loin
      Mais on a de grands souvenirs d’Andrei Roublev, entre autres

      • #6334 Répondre
        Julien Mouraud
        Invité

        Désolé pour ce  »on » forumal, j’ai vu le sacrifice qui n’a pas l’air d’être le plus plébiscité de sa filmo. Une boursouflure métaphysique qui m’a un peu gênée mais une théâtralité avc un hors champ omniprésent comme ligne formelle. Andreï roublev pour creuser alors, merci François.

        • #6338 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          « Boursouflure métaphysique » me paraît très sévère voire très très très sévère et carrément injuste pour le cinéma de Tarkovski où presque tout est grâce. Y compris dans le Sacrifice. Plus encore dans son premier film qui n’a de soviétique que le contexte historique, le merveilleux L’Enfance d’Ivan. On trouve aussi ce mélange unique de poésie mise au service de la Beauté, du surnaturel et du cauchemar dans tous ses autres films (j’excepte Solaris pas parce qu’il en serait dépourvu mais parce que je l’ai pas vu). Tarkovski est aussi le maître dans l’art si casse-gueule de nous pondre des fins inoubliables et qui seront le sommet de chacun de ses longs-métrages : de celle du rire à la Rock Bottom du Miroir à la maison en feu du Sacrifice en passant par l’inouï défi du héros de Nostalghia (mon préféré de lui) avec la flamme de sa bougie sans oublier le verre sur la table de Stalker.

        • #6379 Répondre
          Maud
          Invité

          Stalker est un film magnifique. Très simple et très lent.

    • #6318 Répondre
      Charles
      Invité

      Pour la prochaine GO, le dernier Ari Aster, Beau is afraid ? Ok c’est un film de 3h avec Joaquin Phoenix et y a un risque que tout y soit en roue libre. Mais bon c’est un des cinéastes américains les plus intéressants apparus récemment. Et puis il n’y pas grand-chose qui sort en avril.

      • #6328 Répondre
        Zyrma
        Invité

        Sur l’Adamant non ?

        • #6331 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci, je l’aurais raté.

        • #6332 Répondre
          Charles
          Invité

          Par celui qui a réalisé Être et avoir? Pas sûr que ce soit intéressant mais pourquoi pas.

      • #6330 Répondre
        Ostros
        Invité

        Sur ce site il y a les 7 courts métrages d’Ari Aster.
        Sauf Beau (2011) dont Beau is afraid (2023) est l’aboutissement. Banni de YouTube pour une question de droit d’auteur bafoué.
        Une mise en bouche si comme moi vous n’avez vu aucun film de lui.
        https://fr.ihorror.com/watch-ari-asters-7-short-films-while-we-wait-for-his-next-opus/

        • #6337 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Ah merci ! Des courts je n’ai vu que La chose étrange à propos des Johnson, qui est vraiment fidèle à ce qu’on retrouve dans ses deux longs.

      • #6355 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Pourquoi pas Jeanne Dielman qui ressort ?

    • #6336 Répondre
      lison
      Invité

      Je voulais revenir un peu sur Voyages en Italie.
      Je suis d’accord avec beaucoup de choses que vous avez dîtes et sur ce qualificatif de « trivial sophistiqué » que François a proposé. Pour moi l’extraordinaire du film , c’est la cohabitation entre trois niveaux :
      -Le trivial, le quotidien, ce qu’on ne voit jamais dans d’autres films qui abordent l’amour et la vie de couple. Par exemple, voyant ce film on essaie de se rappeler des films où des femmes et des hommes évoquent les règles… J’en ai deux « La maman et la putain » et « Comment je me suis disputée ». Et pas les règles exceptionnelles, pas j’ai pas mes règles suis je enceinte, non les règles « normales ». Et c’est aussi un film très réussi sur le tourisme.
      -Une forme recherchée ( les deux moments montrer et raconter, et comprendre que ce qui est montré est ce qui s’est passé et ce qui est raconté a posteriori par le couple) qui permet de raconter plus que les vacances d’un couple, leur remémoration, et de faire cohabiter des temps et des sentiments différents.
      -Et encore autre chose qui serait la somme des deux et son au delà , une forme de métaphysique qui concernerait la vie ( et l’angoisse de mort) et le cinéma, qui se trouve vraiment dans la dernière scène , et cette phrase « il y a des techniques » qui répond à la question sur la conservation de cette petite fille morte, et à son apparence de vivante .
      Qu’un film puisse à ce point nous faire rire et à ce moment là nous donner envie de pleurer, et nous déplacer encore ailleurs, c’est merveilleux.
      Désolée pour les tirets et les retours à la ligne, qui ne rendent pas grâce à ce film qui mêle tout ça de manière si fine.

      • #6341 Répondre
        Charles
        Invité

        Ca fait quelques années que les règles sont montrées au cinéma et qu’elles sont notamment devenues un motif de comédie – chez Apatow et dans des comédies romantiques plus mainstream genre Sex friends. Et on se souvient de la scène de tampon usagé qui finit dans une tasse au café dans Vaurien. Ce qui n’est pas étonnant tant l’invisibilisation des règles est un thème féministe bien connu.
        Je ne trouve le film moins original dans ce qu’il raconte (du tourisme, de l’usure du couple où il n’y a rien de neuf) que dans sa manière, même si contrairement à vous il ne m’a pas vraiment ému.

        • #6353 Répondre
          lison
          Invité

          Je ne suis pas hyper calée en comédie américaines , romantiques ou non, et la scène de Vaurien est pas mal du tout. Mais pas rapport à ce que je souligne du film de Letourneur , on n’est pas exactement dans le même registre. C’est beaucoup moins spectaculaire, ici j’insiste les règles sont évoquées dans leur banalité ( j’ai mal au bide, ça me rend grognon, y aurait pas un Dafalgan dans le coin) comme est évoqué tranquillement le fait de se gratter les couilles.
          Et Charles, oui c’est la manière qui est différente, et quelle manière, et quelle différence.

        • #6359 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Le syntagme « usure du couple » n’est pas aussi précis que le film.

          Les règles en effet sont devenues un topos contemporain, mais leur mode d’apparition ici est spécifique.
          (nul que Letourneur (nul que la vie) ne songerait à les placer lors de l’ascension du volcan)

      • #6358 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        D’accord sur tout, et surtout sur le troisième point dont je m’étonne qu’il n’ait pas été plus souvent signalé. On en parle dans la Gêne

    • #6339 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Alexandre, tu demandais pour les 3 mousquetaires, je ne l’ai pas lu, mais je peux dire que le film est très raté. Premièrement, il baigne dans une photo marronnasse assez moche, mais ça à la limite c’est subjectif. Ce qui m’a surtout agacer, c’est qu’il est une mauvaise copie d’un blockbuster américain. On y retrouve une sorte d’humour à la Disney, avec des petites phrases de désamorçage comiques après l’action. Romain Duris par exemple fait une sorte de numéro à la Jack Sparrow, en mousquetaire séducteur cool. Il y a de manière générale beaucoup de cabotinage de la part des acteurs, Duris et Cassel en tête. Un jeu et des effets très appuyés. Eva Green aussi est insupportable, à nous refaire le coup de la femme fatale comploteuse qu’elle ressert dans tous les films depuis 10 ans. Civil n’en fait pas des caisses, mais je ne le trouve toujours pas bon acteur. Seul Louis Garrel est très bien, comme d’hab. C’est l’unique atout du film.

      Surtout la mise en scène est une catastrophe, qui souffre de deux défauts opposés, à la fois trop appuyée et trop illisible. Trop appuyée dans les scènes d’exposition: par exemple, quand le cardinal et ses sbires complotent, on a le droit à 7 plans sur des mecs qui font des regards en coin pour être sûr qu’on comprend bien que c’est eux les méchants. Et surtout, trop illisibles dans les scènes d’action où Bourboulon fait toujours le choix du plan-séquence, sans le maitriser, et cela donne une vraie bouillie filmique, un truc de cinéma américain mal digéré et mal recraché – une sorte de sous sous The Revenant de Inarritu. Le tout englobé dans une musique tonitruante digne de celle que Hans Zimmer compose pour Nolan, avec ces gros cors et ses grosses trompettes qui tâchent. Tout cela donne une sorte de gloubiboulga sans personnalité, où tous les éléments cités (musique, filmage, actorat) ne se mélangent pas bien ensemble.

      De ce Bourboulon, je n’ai vu que Eiffel et D’artagnan et les deux sont nuls. Je vais tenter les Papa ou Maman, dont François a dit beaucoup de bien. En tout cas, les récits épiques à gros budget, ce n’est pas pour lui.

      • #6342 Répondre
        Charles
        Invité

        Oui Papa ou maman c’est très bien mais je ne pense pas que cela tienne à la mise en scène de Bourboulon.
        Je suis globalement d’accord avec toi sur les Trois mousquetaires même si je trouve que ça tient quand même la route. Si on va dans le détail c’est pas terrible mais ce n’est pas indigent dans son ensemble. Garrel est bien, Cassel aussi (Duris et Marmaï font de la figuration en réalité) et Eva Green rejoue la même partition mais pour une fois sans trop d’effets. Pour les scènes d’action, il a le mérite de tenter un truc, d’avoir un parti pris qui sacrifie hélas la lisibilité. Comme relevé par beaucoup, il est ridicule que Civil (l’acteur français à la palette de jeu la moins étendue) soit sale dans toutes les scènes mais il est crédible en tant qu’homme d’action prêt à sa battre pour un oui ou un non. Et le film a une écriture moins bourrine que ce qu’on aurait pu craindre.

        • #6350 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Maintenant faut aller voir le 2eme volet et les deux séries spin-off en préparation sinon on n’aura plus jamais de cinéma à gros budget en France.

        • #6373 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Oui je suis assez d’accord avec toi Charles, le film n’est pas aussi mauvais que ce à quoi je m’attendais. C’est déjà bien mieux que Eiffel de Bourboulon, sans doute principalement d’ailleurs parce que là il peut s’appuyer sur l’intrigue assez géniale des trois mousquetaires plutot qu’un scénario original. Et ça lui donne du rythme, une certaine énergie dopée au rebondissements incessants.
          Après, au niveau des dialogues j’aime assez le fait qu’il essaie de se farcir ceux de Dumas. J’ai eu l’impression ( encore une fois n’ayant pas lu le roman, je présume ) qu’il y avait finalement peu de volonté de les moderniser. Ca colle un peu aux dents des acteurs à certains moments mais à d’autres ça marche très bien.
          Après, bon je sais que la partie 2 a déjà été tournée et le prochain gros projet de Pathé ça sera Le comte de Monte Cristo avec le duo La Patellière + mathieu delaporte qui sont eux aussi issus de la comédie. Je vois pas l’intérêt de donner ses gros projets à des cinéastes tout à fait novices en la matière d’action dans un pays qui compte des alexandre aja, louis leterrier, Christophe Gans etc.. .

          • #6375 Répondre
            Charles
            Invité

            Aja c’est plutôt l’horreur, le gore ; Gans est tricard j’ai l’impression et peut-être encore trop singulier pour Pathé. Bourboulon est je pense un Yes man et Pathé ne veut prendre aucun risque j’imagine tant ils sont persuadés de jouer l’avenir de l’industrie.

    • #6363 Répondre
      so
      Invité

      Il y a apparemment une « rareté » en ce moment sur Arte
      https://www.arte.tv/fr/videos/110885-000-A/le-mur/
      Connaissez vous ?

      • #6432 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        J’ai vu ton message avant-hier, So, et ça a attiré mon attention à tel point que j’ai rêvé cette nuit que je le regardais. Je me souviens de quelques scènes où des comédiens s’expriment avec la voix blanche de Bresson, je trouve ce film très bon, digne de Bresson etj’engueule un copain qui squatte chez moi et dont je me demande ce qu’il fout là parce qu’il trouve la diction ridicule puis je me réveille brusquement en colère.
        Donc je le regarderai ce soir (après Réal-Chelsea)

        • #6550 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Vu à l’instant Le Mur, la fameuse « rareté », beau film qui me donne envie de relire la nouvelle de Sartre dont j’ai très peu de souvenirs. L’influence de Bresson est énorme mais le cinéaste Serge Roullet qui le sort en 1967 ne fait pas qu’imiter le Maître. Sartre a signé les dialogues et, très heureux du résultat final, écrira ceci à Roullet à la sortie du film : « On a porté à l’écran, déjà, quelques-unes de mes œuvres mais je ne me suis jamais reconnu dans ces films. Dans le vôtre, je me reconnais entièrement. Je viens pour me mettre à vos cotés et soutenir une œuvre dont j’aime à la fois la fidélité et l’originalité. »

          • #6560 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Relu la nouvelle récemment, qui est un chef d’oeuvre -et d’abord un sommet de psychologie. Je l’ai relue après avoir écrit Notre joie, et j’aurais sans doute gagné à la relire avant.
            Le cliché qui veut que Sartre soit un mauvais écrivain de fiction, cliché de propagandiste il est vrai, en prend un sacré coup.
            Je vais voir le film.

            • #6562 Répondre
              Seldoon
              Invité

              C’est une des rares nouvelles que je relis régulièrement et à laquelle je pense très souvent. C’est un chef d’œuvre.

              • #6573 Répondre
                Hervé Urbani
                Invité

                Entre 18 et 22 ans, j’ai lu tout Sartre et le présentai comme mon écrivain préféré. L’amour est toujours resté, mais la mémoire a effacé beaucoup de souvenirs.
                Mes souvenirs les plus forts, ça reste son théâtre et des pièces comme Les mains sales et Le Diable et le Bon Dieu..

    • #6408 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Il y aussi une rareté qui sort demain en salles, Désordres.
      Mal distribué, évidemment, mais que ceux qui peuvent le voir ne se gênent pas. Presque aussi bien que les Trois mousquetaires.

      • #6409 Répondre
        Charles
        Invité

        Oui, j’ai lu un bon papier dans les Cahiers à ce sujet. On va vite aller le voir avant qu’ils ne disparaissent dans une semaine.

        • #6417 Répondre
          Ostros
          Invité

          J’y vais jeudi si dieu veut.

        • #6420 Répondre
          Charles
          Invité

          Il disparaisse* suffira.

      • #6416 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Je voulais voir ce film mais il n’est programmé dans aucun cinéma à Lille, même pas dans les salles art et essai.

        • #6418 Répondre
          Ostros
          Invité

          Y a pas moyen de les mettre en contact avec le distrib du film ? Parfois les salles ne sont pas au courant de sorties et attendent juste d’être contactées.

          • #6441 Répondre
            The Idiot
            Invité

            J’ai finalement trouvé un cinéma qui le programme. À Douai. Fin avril.
            C’est peut-être l’émergence de tous ces petits cinémas qui sauvera ces films ? Les gros films pour les gros groupes et les petits films pour les cinémas indépendants. Ils auront peut-être moins de visibilité mais est-ce qu’ils en ont de toute façon actuellement.

    • #6426 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Hélas les salles n’ont pas cette latitude. Elles sont en général tout à fait dépendantes des distribs, qui les dominent économiquement. Les distribs qui négocient avec les exploitants, c’est l’industrie agro-alimentaire qui négocie avec l’épicier du coin
      Seydoux est en train de gagner : il n’y aura bientot plus grand monde dans les salles, mais uniquement du monde pour les trois mousquetaires

      • #6428 Répondre
        Charles
        Invité

        Des nouvelles de la sortie du RAZ d’ailleurs?

      • #6473 Répondre
        Ostros
        Invité

        Du coup me vient une question : la raison pour laquelle un distrib ne va pas demander à une salle de passer son film est-elle économique – Ça lui reviendrait plus cher de placer de la com dans le cinéma que le bénéfice des places vendues ? Ou il s’agit d’autre chose ?

    • #6431 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Les nouvelles sont qu’il ne trouve pas de distributeur

      • #6474 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui, mes infos de l’année dernière au sujet de Potemkine étaient pétées. Je ronge mon frein.

    • #6454 Répondre
      The Idiot
      Invité
      • #6456 Répondre
        Tony
        Invité

        Super!y a carrément un cycle Godard avec Je vous salue Marie et Sauve qui peut(la vie),
        j’ai trouvé de mon côté un cycle Chabrol avec quelques raretés que je voulais voir depuis un bout de temps
        https://www.tv5mondeplus.com/fr/mosaic/0c30975f-83e5-4942-af14-fff7d66d3f8d

        • #6457 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Merci The Idiot et Tony

        • #6458 Répondre
          Anna H
          Invité

          Et moi qui pensais les avoir tous vus… Merci !

          • #6459 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Oui moi aussi, je croyais avoir tout vu de Chabrol, je vais regarder ces raretés.
            Encore merci

        • #6528 Répondre
          Buster
          Invité

          Trop bien merci !
          Je viens de voir qu’il y a « Film Socialisme » de Godard dans la partie documentaire de TV5Monde

        • #6740 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Merci Tony, ça m’a permis d’enfin voir Une Partie de plaisir (1975), film méconnu et injustement sous-estimé de Chabrol écrit par ce grand fou déroutant de Paul Gégauff, interprété de façon convaincante par … Paul Gégauff ainsi que son ex-femme et même leur fille – et Gégauff, encore lui, joue les parties musicales (Mozart) au piano comme c’était déjà le cas dans Week-end de Godard.
          Film où Chabrol se fait discret mais dont on reconnaît la papatte pour permettre à Gégauff de construire une dinguerie de film d’amour (ou plutôt sur la part d’asservissement et d’autodestruction d’une relation passionnelle). C’est terrifiant, ironique, pathétique. Et Gégauff démontre qu’il était bien plus profond et ambivalent que l’image de l’anar de droite complètement perché et irresponsable qu’on lui aura collée sur la plume, se livrant à une autocritique sidérante de sa misogynie, de sa posture réactionnaire et de sa jalousie pathologique.
          A voir, à voir, à voir !!!

          • #6818 Répondre
            Tony
            Invité

            Je viens de le voir et t’as raison ce film est complètement dingue,le personnage de Gegauff est à la fois fascinant et répugnant,j’étais loin d’imaginer une fin aussi violente et pessimiste,incompréhensible que ce film de Chabrol soit aussi méconnu,par ailleurs les dialogues sont excellents et les scènes de soirée entre amis à la campagne sont savoureuses(je repense à ces échanges sur la liberté et sur Gandhi),je crois que si on veut comprendre ce qu’est la masculinité toxique,et pour une fois dans un milieu bourgeois,c’est très intéressant.

            • #6957 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Oui je me demande si nous n’avons pas affaire mine de rien au Chabrol le plus radical de toute sa filmo, y compris dans la qualité – ce qui le distingue de certaines expérimentations pas complètement abouties comme Alice ou la dernière fugue.

          • #6978 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Hervé,
            peux-tu confirmer que la mort de Gégauff, dont nous cause la notice Wikipédia, fut aussi romanesque ?

            • #6983 Répondre
              Anna H
              Invité
              • #6997 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Merci, Anna.
                Et sinon, est-ce que Hervé peut quand même confirmer que la suggestion d’Anna est valable?

                • #7001 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Oh, moi ce que j’en dis, c’est pour arranger tes bidons.

                  • #7003 Répondre
                    Julien Barthe
                    Invité

                    Je déconnais.

                    • #7005 Répondre
                      Anna H
                      Invité

                      Très drôle

                      • #7040 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Oui c’est vrai, j’ai montré la voie … en m’inspirant de Julien Barthe sur feu « dis-moi »

                • #7032 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  Je confirme pour wikipédiAnna et te conseille d’écouter cette bonne émission qui rend hommage à Paul Gégauff et surtout de regarder le film

                  • #7036 Répondre
                    Julien Barthe
                    Invité

                    Très bien. Ce sera fait.

                    • #7037 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      Sinon, rien à voir : où est donc passé Bartleby ? (sans doute le meilleur pseudo de l’histoire du site)

                      • #7038 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Barthelby, pardon.

                      • #7039 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Je suis trop vieux pour ces conneries et puis tu as montré la voie.

                      • #7041 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Et tandis que tu crées désormais des topics innovants et inventifs, je régresse en répondant au mauvais endroit

    • #6462 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      effectivement il y en a dont je n’ai jamais entendu parler
      coté Godard, Sauve qui peut et La Chinoise sont vraiment des sommets
      Je vous salue Marie je vais aller y revoir

    • #6470 Répondre
      Mélanie
      Invité

      A propos du film de RAZ qui ne trouve pas de distributeur. Désolée, ma question est peut-être con et a sûrement déjà été répondue ici.
      Je pense par exemple à Trotski Nautique, dont la musique est écoutable et téléchargeable sur Bandcamp, contre argent ou pas.
      Existe-t-il un système comparable pour les films?
      Et pour les livres?
      Des contrebandiers qui courent le pays avec des clés USB à vendre?

      • #6471 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je crois que la 25e heure propose des sorties cinéma à domicile. Mais bon moi je veux voir le gang sur grand écran.

        • #6472 Répondre
          Ostros
          Invité

          Et pour les livres tu as le format Kindle pour les liseuses. Et edilivre and co pour l’auto édition.

    • #6477 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      RAZ pourrait mettre son film sur une petite plateforme payante. Il peut aussi le mettre en ligne et faire payer l’accès.
      Cette contrebande est possible, mais elle le condamne à une sorte d’anonymat définitif, et à ne plus être projeté en salle. C’est une bascule quand même un peu difficile à faire.

      • #6502 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Une bascule plus facile à accepter quand l’artiste en question a pendant son temps « dans la lumière » atteint un public un peu large. Ainsi Louis CK peut se permettre de se replier dans l’auto distribution sans disparaître totalement (ni culturellement ni financièrement).

      • #6574 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Est-ce que c’est la bascule qu’il fera s’il ne trouve pas de distributeur?

        J’ai vu tous les RAZ sans lui verser un euro, certains sur le site de la bibliothèque, d’autres en streaming – ç’aurait pu être en DVD, mais mon ordi qui avait encore un lecteur vient de rendre l’âme. Et puis un DVD c’est plus cher qu’une place de cinéma, me connaissant j’aurais encore été les acheter sur Le bon coin. Je n’utilise que très rarement les plateformes VOD, les locations pour 48h m’agacent.
        Avec le boulot les gosses, j’ai peu de temps pour aller au ciné. Et comme j’habite en région, les films que j’ai envie de voir ne sont pas programmés très longtemps, et il n’y a pas beaucoup de séances. Par exemple, j’ai dernièrement raté le dernier HSS, et là je suis pas sûre d’arriver à choper Voyages en Italie.
        Donc c’est surtout en streaming que je regarde des films. Exemple : il y a une séance de Voyages en Italie ce soir, mais ce soir je serai avec mais enfants + ceux d’une copine qui bosse. J’irai donc pas au ciné mais je peux regarder un film chez moi et garder les gosses. Qui entre deux jetteront peut-être d’ailleurs un coup d’œil au film.
        Ainsi les séances en ligne de la 25ème heure ne résolvent pas mes problèmes d’emploi du temps (je travaille souvent le soir et le week-end) (infirmière). Je n’ai pas de liseuse. Mon ordi ouvre encore les PDF. Je vais regarder ce qu’est Edilivre and co.
        Je ne suis pas sûre d’être représentative d’une grande proportion des cinéphiles, mais en ce qui me concerne si les films sortaient directement en ligne ou si RAZ me vendait une clé USB en main propre, ça me permettrait de voir plus de films au moment de leur sortie.

        • #6575 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Mes enfants, pas mais enfants. A cette heure nous ne disposons pas de suffisamment d’informations pour dire s’il s’agit ou non d’un lapsus.

          J’opterais bien aussi pour une consigne de clés USB, mais je crois que je suis has been.

          • #6578 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Ce que tu décris est la pratique de bien des gens. La salle est devenue très très minoritaire dans la consommation de films, et ça ne va plus cesser
            Donc la bascule est déjà en cours, voire déjà faite
            Juste une chose : je crois pouvoir dire que tu n’aurais pas prêté attention à RAZ si je n’en avais pas si souvent parlé, ni fait le récent Microciné. Or moi ma découverte de RAZ s’est faite par la salle, dans les années 2000.
            Ce qui en revient à ce que disait Seldoon : on prospère d’autant mieux dans le périmètre autonome qu’on y arrive avec un très bon capital notoriété accumulé dans l’économie mainstream.

            • #6582 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Et je n’aurais pas non plus entendu parler de toi si mon mari ne t’avait pas vu sur Youtube au moment HDTB.

              • #6668 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                mais ce que tu appelles youtube, c’est souvent (c’était, dans mon cas) des reprises de passages télé

                • #7061 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Oui, par youtube je voulais dire mainstream
                  Youtube étant ce qu’il y a de plus mainstream chez moi

            • #6589 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Ça m’a surpris de n’avoir jamais entendu parler de RAZ avant que tu n’évoques la sortie de Terminal Sud alors que j’aurais dû ; s’il n’y avait pas eu de salle du tou dans sa carrière, je pense qu’on n’aurait tout simplement pas eu le droit à plus d’un film, voire deux. Pas de Terminal Sud ou de Gang à distribuer.

              On trouve un extrait en ligne :

              • #6590 Répondre
                Adamou
                Invité

                A propos de RAZ, je l’ai découvert avec François et j’ai pu voir le gang des bois du temple en salle. C’était le premier film de lui que je regardais et j’ai adoré. La séquence d’introduction est juste géniale et n’aurais sûrement pas été si belle sur petit écran…

                • #6597 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Je suis pour les salles et les grands écrans et les rencontres. J’y vais quand des films que j’ai envie de voir passent à des heures où je peux y aller.
                  Là, j’ai juste envie de voir le film.
                  En ce qui me concerne, je peux regarder un film sur un écran de téléphone sans perdre en intensité. C’est peut-être parce que je suis petite.

                  • #6598 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    et myope.

            • #6605 Répondre
              riviere
              Invité

              Tu ne crois pas que le ciné-club puisse renouveler le genre ?
              Les seules fois où j’ai vu des salles combles ces derniers temps c’est à l’Arlequin ou dans d’autres salles où un débat était organisé suite à la projection d’un documentaire.
              Les gens présents – moi la première – sont heureux de se retrouver physiquement pour entendre une analyse filmique, une critique, un débat politique et les échanges qui s’ensuivent.

              • #6611 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Que peut apporter la salle que les écrans n’apportent pas?
                -du plein la gueule : c’est la stratégie des grandes franchises d’exploitation. Marvel, Avatar, Trois mousquetaires.
                -de l’échange, de la réflexion. Ca fait très longtemps (20 ans) que les exploitants « art et essai » les plus lucides ont compris que la salle ne survivrait que comme ça. C’est bien le for intérieur de l’Arlequin en me demandant d’animer ce ciné club.
                On s’achemine donc vers un parc de salles radicalement fracturée, entre des salles suréquipées proposant des spectacles familiaux immersifs qu’on appellera films ou non, et des salles indépendantes devenues des salles d’échange et de rencntres par la médiation de films.

                • #6623 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Je ne pense pas que les projections s’opposent au fait de rendre les films disponibles en ligne dès leur sortie, si?
                  Si je prend l’exemple des projections que tu fais depuis qq mois François, c’est une chronologie contraire, la projection-rencontre après voir très après la sortie.

                • #6639 Répondre
                  The Idiot
                  Invité

                  Je vais peu au cinéma, 3 à 4 fois par an, financièrement je n’arrive pas à faire davantage. C’est peut-être pour cette raison que la salle a conservé pour moi la magie que je lui trouvais déjà quand ado, j’y allais une seule fois par an, l’été, en vacances. C’est un environnement doux, feutré.
                  J’y éprouve toujours une sorte d’excitation que je n’éprouve jamais devant un écran chez moi.

                • #6815 Répondre
                  Nicolas
                  Invité

                  Hello François !

                  Tu ne penses pas qu’il serait chouette de présenter Le Gang à un prochain ciné-club à l’Arlequin ? Est-ce qu’une salle pleine pourrait aider le film à trouver un distrib ? Est-ce que nos bonnes volontés pourraient agir en la faveur du prochain RAZ ? Je trouve ça toujours aussi délirant que ce réal ne trouve pas de distributeur ; d’un point de vue purement « stratégique », on sait quand même que la critique sera plutôt emballée, le réalisateur est déjà assez situé chez les cinéphiles… enfin ce n’est pas le film le plus difficile à distribuer quand même… si ? Ou je parle comme un livre sans connaître la réalité du métier ?

                  • #6816 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    RAZ n’est pas du tout le chouchou de la critique, ses films font l’objet d’un accueil globalement positif, poli pourrait-on dire mais guère plus depuis quelques années. Ces deux derniers films n’ont pas vraiment été loués par la critique y compris par celle qui l’a mis au pinacle au début. Et le cinéma d’auteur ambitieux en ce moment sans soutien critique et tournée en festival, c’est très difficilement sortable en salles.
                    Désordres a pu être distribué car il avait bien marché en festival je crois.
                    RAZ fait des films trop peu identifiables, trop peu pitchables et trop en décalage avec l’époque pour être vraiment soutenu.

                  • #6817 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    J’avais les mêmes interrogations que toi Nicolas. Je me disais quand même un mec comme RAZ c’est pas possible que ca prenne pas. Et je me suis renseignée. Et on m’a appris que oui c’est très compliqué de distribuer un film de Rabah. Encore plus aujourd’hui où les distrib ne peuvent plus se permettre de sortir un film si « niche dans une niche ». On en a déjà parlé ici et sur l’ancien forum. Ça fout la rage mais c’est la réalité du milieu en ce moment. Avec un Rabah qui garde son tempérament et n’est pas prêt à faire des concessions. Mais puisqu’on est quelques un.e.s à vouloir le voir sorti ce film, pourquoi on créerait pas une distrib juste pour ce film ? Chacun.e met un peu de thune on réunit 20 000e, on embauche les bonnes personnes (attaché de presse etc) et on le sort.
                    J’ai le feu sacré avec ce mec donc je sais que je peux aller au bout du processus.

            • #6982 Répondre
              Mao
              Invité

              Pour ce qui me concerne je confirme. Je ne foutais pratiquement plus les pieds dans les salles de cinéma. J’y retourne essentiellement grâce à la gène et François. Il a fallu et suffit que François évoque RAZ au détour d’une phrase (bien avant le génial microciné) pour que je m’y intéresse et découvre l’immense cinéaste qu’il est. Entre les plateformes, les séries, les blockbusters j’avais fini par perdre complètement le fil. François a complètement revitalisé ma cinéphilie qui jusque là s’était pour des raisons qui m’échappent quasi exclusivement concentrée sur les classiques du cinéma japonais (Kurosawa, Mizoguchi, Shindo, Ozu etc).

    • #6487 Répondre
      riviere
      Invité

      salut, apparemment pas mal de plateformes de VOD proposent cela à présent.
      Exemple: https://vimeo.com/ondemand/
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      • #6599 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Ok, merci. 10 % ; je le savais que j’aurais dû faire codeuse.

    • #6495 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Pas encore pris le temps de voir Voyages en Italie.
      Tout le monde l’a vu ici?

      • #6508 Répondre
        riviere
        Invité

        non plus. Bizarrement il ne passe pas encore dans ma banlieue.

      • #6509 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Non pas encore eu le temps.
        J’espère pouvoir le voir ce week-end ou alors la semaine prochaine sur Paname, si c’est toujours à l’affiche.

        • #6565 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Encore à l’affiche sur la Capitale, oui, au moins jusqu’à mardi.

          • #6568 Répondre
            Sarah G
            Invité

            OK merci Carpentier

    • #6626 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Je viens de capter que Désordres est Unrueh – moi qui m’était réjouie de noter deux films sur ma liste.

      Une critique trouvée sur Allociné, où la personne n’a mis qu’une étoile :

      « Ce film est un chef d’oeuvre du RIEN : il ne se passe RIEN ! C’est assez extraordinaire d’arriver à montrer, pendant une heure trente, des ouvriers en train de fabriquer des montres, soit-disant pour expliquer la montée de l’anarchisme à la fin du XIXe siècle, rien de plus réglé qu’une montre, donc par anti-thèse l’anarchie serait évoquée en sous – texte ? De plus les cadrages sont les plus improbables qu’il m’ait été donné de voir depuis que j’ai abandonné les courts-métrages du GREC… C’est assez incroyable qu’un tel film arrive sur les écrans. Je pense que c’est une excellente leçon pour les scénaristes, montrer à quel point on n’a aucun élément auquel s’accrocher, pas de protagoniste, pas d’intrigue… C’est donc quelque part un chef d’oeuvre du non-film ! « 

      • #6655 Répondre
        o/
        Invité

        C’est plutôt une bonne critique en fait. J’ai vu que Télérama aussi trouvait « des effets de cadrages parfois inutilement conceptuels ». Alors oui, le cadre est différent de ce dont on a l’habitude :
        – premier plan : on voit beaucoup la forêt et très peu les jeunes bourgeoises un peu écrasées en bas du cadre. Il y a une diagonale aussi dans ce plan, je ne me souvient pas exactement mais en tout cas oui les proportions sont inhabituelles et c’est très beau. Ensuite on plonge directement sur des gros plans des visages, pas de valeur de plan intermédiaire et c’est très beau encore.
        – le plan dans le village : on a une grosse forme floue en haut à droite, puis une première rue devant, puis un mur, et sur une deuxième rue les personnages dont on entend les dialogues (j’espère ne pas me tromper), il y a d’autres plans comme ça où les choses entrent et sortent du cadre, sont coupées, bref, elles ne sont pas au centre.
        – le plan à contre-jour à la fin quand il faut réparer le télégraphe : ça donne un liseré lumineux au poteau et aux protagonistes, la forêt au fond est grise, tout est un peu désaturé mais on ne perd rien en lisibilité. Là où la critique sur le cadre est malhonnête c’est qu’il y a aussi des cadrages très classiquement composés : sur le moulin, et à la fin, sur Piotr et l’ouvrière dans la forêt le soir, les contrastes sont prononcés, les proportions très stables. C’est ce mélange des deux que je trouve très beau.
        Il y a plein d’autres choses à dire sur ce film, qui se lance ?

        • #6696 Répondre
          thierry
          Invité

          Merci pour cette lecture fine Ostros qui m’apporte certains éclaircissements.
          .
          Je vais tenter de donner mon avis. Mon ressenti plutôt parce que c’est plus de ça dont il s’agissait au sortir de la salle. Je regarde peu de films, pas de séries. Ça reste donc l’avis humble de quelqu’un avec une relativement pauvre culture du cinéma.
          .
          J’en suis sorti un peu décontenancé. Le film m’intéressait d’autant plus que j’ai grandi à 20 minutes de St-Imier où il se déroule, que ma maman a grandi dans le Jura Suisse, que mon grand-père a été ouvrier dans l’horlogerie dans le coin et que j’ai moi-même beaucoup travaillé pour l’horlogerie suisse.
          Déjà sur le fond, j’ai été étonné qu’il n’ait pas été fait mention de Bakounine qui a joué un rôle crucial dans la fédération Jurassienne. J’imagine que l’autre Russe (rasé à béret) est Bakounine. Mais pas certain. Si qqn a l’info…
          .
          Le traitement de l’image pourquoi pas? Les floues donnent des aspects de peintures impressionnistes. La grande époque des impressionnistes étant 1874 – 188quelquechose. Le film se passe en 1877 je crois. Ça colle. J’ai trouvé ça plutôt beau. Avant de s’endormir, ma copine a par contre été très agacée par les plans inhabituels, coupés aux chevilles. Je soupçonne également que certains plans « étranges » soient directement contraints par le fait d’éviter les anachronismes.
          .
          En sortant, cette même copine qui n’a pas aimé du tout me demande ce que j’en ai pensé. Je n’ai pas su dire autre chose que je venais de voir un fiilm durant lequel je ne m’étais étonnement pas ennuyé bien que sur le papier il y aurait eu de quoi. En fait je l’ai regardé comme on observe un oiseau sur branche. Durant presque deux plombes.
          .
          Le réalisateur est Suisse Allemand. A part les flics, beaucoup d’autres acteurs le sont aussi apparemment, et leur français n’est pas représentatif du français jurassien. Je dois admettre que j’ai trouvé que les dialogues sonnaient faux et que c’était globalement mal joué. J’ai par contre adoré la scène de l’explication du fonctionnement du balancier. En fait, à vouloir être pudique et loin du spectacle de l’ostentatoire, le film en fait un peu trop à l’envers. Le licenciement par exemple. Aucunes réactions des concernées. Etonnant.
          .
          Sinon j’ai kiffé, la notion du temps et de l’espace, du rendement pour parler du début du capitalisme industriel. L’ironie de l’utilisation des montres, productions des ouvriers, pour les soumettre. La boîte d’allumette tout ça. Pas mal !
          .
          Bref très subtil. (Trop pour moi certainement). J’ai le sentiment que pas mal de choses m’ont échappés et je partage un peu le sentiment de ma copine qui ne peut pas s’empêcher de ressentir une forme de malaise face au monde (trop?) intellectuel qui regarde le monde ouvrier et qui parle de lui dans un langage qui n’est bien souvent pas le sien.

          • #6702 Répondre
            o/
            Invité

            « Je soupçonne également que certains plans « étranges » soient directement contraints par le fait d’éviter les anachronismes. »
            C’est très probable et ça n’enlève pas à la qualité du film, au contraire.

      • #6659 Répondre
        o/
        Invité

        aussi je suis à la recherche de tout enregistrement et/ou partition du chant L’ouvrier n’a pas de nation, qu’on entend pendant la fête des anarchistes et que je voudrais tellement revivre.

        • #6667 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je n’ai pas la partition, mais comme il est bon, et utile à l’heure des confus, de la rappeler. L’ouvrier n’a pas de nation. Le prolétaire n’a pas de patrie
          J’ai fait un entretien sur le film. Sera bientot en ligne je pense.

          • #6673 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je te remercie encore une fois François de nous avoir parlé de ce film magnifique. Quel plaisir d’entendre ces femmes parler calmement des événements politiques, des enjeux en cours dès l’ouverture et tout au long du film, exprimer fermement leur position, en discuter, Joséphine qui a le temps de détailler le mécanisme d’horlogerie qu’elle travaille à Piotr. C’est tellement rare de ne pas avoir des femmes passives sans avis politique sans intelligence sur ce qu’elles vivent. Ça a été un grand moment pour moi. Les anarchistes calmes qui calmement se font exclure des lieux de vie, de leur travail, emprisonnés, perde leur droit de vote. Des conséquences graves subies sans excitations à revers de tout ce qui se fait sur l’esprit révolutionnaire et qui a fini par le caricaturer. Le soutien calme, émouvant du barman offrant quand même un verre aux exclus au troquet. Le don de la boîte d’allumettes qui crée un doux effet comique et qui est en fait une tractation invisible dont la discrétion rend compte en fait de l’oppression subie par les anarchistes. Et comment cette tractation est reçue sans effet par le politicien. Des plans toujours intéressants pour l’oeil, suffisamment larges pour contenir des situations politiques comme chez RAZ et nous permettre de voir le décor, le paysage impassible. Des dialogues ciselés qui renseignent précisément sur les intérêts des classes de ce lieu comme lorsque l’élu conseille à l’Italien de lire la presse anarchiste pour anticiper des événements et protéger ses intérêt. Les enjeux, leur gravité physique, leurs effets concrets, vécus dans le calme et les politesses sympathiques. Les accords pour obtenir des produits contre la livraison d’un anarchiste. Le lien entre le balancier des horloges et l’équilibre des organisations sociales dont on attend qu’il bascule. On observe les rapports de classes minutieusement retranscrits, et on voit le capitalisme à l’oeuvre dans la fabrique. C’est très simple : un pion et un chronomètre, une travailleuse et ses outils, la paie en fonction du rendement. Les enjeux économiques, politiques, liés à ces 4 heures differentes qui contraignent les corps. A qui appartiennent l’espace / le territoire et le temps. Ces distances qu’on mesure pour rendre plus productives ses employées ou pour produire une carte anarchistes c’est à dire avec rendus visibles les lieux dits, les zones qui appartiennent encore aux habitants. Le temps et le territoires, des lieux d’enjeux politiques. Le mec qui n’a pas de thunes obligé d’accepter de participer à une manifestation hommage à la nation. Une organisation autonome qui fait balancier, travaille pour produire ce qui est nécessaire, un accord non tenu leur permettant de vendre leurs réveils au politicien et d’imposer de ne pas produire pour un usage militaire. Tout est société, tout est politique. Il y a un montage discret et très beau qui rapproche Piotr et Joséphine au fil du film qui échappe à cela sans y échapper totalement car tous deux se reconnaissent. Il y a le temps de l’amitié et de l’amour – qui sont fait du même sentiment – qui perce partout, qui est pris pour soi contre le quotidien balisé. On est dans une épure qui est en fait un foisonnement d’éléments précis, passionnants de densité. J’étais déçue qu’il se termine comme lorsque je vis un bon moment au ciné où le réalisateur me donne tellement à penser, a pour moi une considération chaleureuse telle que je n’ai pas envie de le quitter. Me reste en tête ces femmes inspirante, ces gueules dont une dont je suis tombée amoureuse. Leurs discours putain. J’ai failli bondir de mon siège en entendant ça. Je me suis dit enfin !
            Et oui cette chanson que je trouve moi aussi très belle et que je recherche également pour la chanter.

            • #6679 Répondre
              Ostros
              Invité

              J’ai oublié l’objet fil rouge que sont les photographies. Et le danger qu’elles représentent autant qu’elles sont une source d’inspiration. J’ai oublié le plaisir des objets fait ou utilisés à la main, les mécanismes, leurs matières, cette beauté là des objets, des gestes, des méthodes. La photographie à l’ancienne filmée dans le temps long dont on peut voir les étapes. Les mécanismes d’horlogerie. C’est tout le travail documentaire du film qui détaille les outils d’une époque et d’un lieu, le plaisir de les découvrir, les observer, d’apprendre. Il participe à en faire un objet esthétique pasionnant.

              • #6690 Répondre
                Juliette B
                Invité

                Eo est là dedans non ?

                • #6691 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  Pardon pas à la bonne place. Je réfléchissais à la question de François plus bas.

                  Pour Désordres merci Ostros pour ton retour et merci François d’avoir parlé au départ de ce film, qui m’a rendu coite en sortant tant il m’avait bouleversée. Putain c’est super fort. Je crois n’avoir pas vu beaucoup de films où le silence était une douce rébellion à l’écran, et où la parole – je t’explique mon métier dans les bois en faisant confiance à ton intelligence – était un geste amoureux. Ca restera pour moi comme une des plus belles scènes d’amour au cinéma.

                  • #6694 Répondre
                    Barthelby
                    Invité

                    Si je devais produire un texte critique sur le film, j’essaierais de ramasser (en partir et les orienter vers) l’ensemble de mes intuitions dans la grande impression de calme (qui a saisi Ostros) qui me saisit à chaque plan.
                    Unruhe est l’agitation en allemand et le film donne à voir et à entendre une tranquillité sur le point de cesser.
                    – grands plans statiques dans lesquels les jambes des personnages cèdent de l’espace aux frondaisons (évoqué par O)
                    – un seul travelling dans le dernier plan
                    – un traitement de la conflictualité politique qui est a-dramatique et la piste du biopic qui est un leurre
                    – la douceur du son des frondaisons dont le pendant est la douceur du son de la fabrique (sic)
                    L’agitation ou le désordre n’est pas révolutionnaire comme on pourrait l’attendre, elle est le fruit du capitalisme naissant et d’un proto-taylorisme qui, allié à l’Etat viennent inquiéter un anarchisme serein et efficace. La citation de Kropoktine en exergue dit combien sa politisation et la forme théorique qu’elle prendra doivent à la pratique solidement ancrée des anarchistes jurassiens.

                    A quoi j’ai eu du mal à rattacher la thématique de l’usage politique de divers modes de représentation qui traverse aussi le film; il peut être autoritaire ou émancipateur:
                    – la carte du géographe dont Kropoktine prône un usage populaire
                    – la photographie comme outil de politisation ou comme outil de promotion capitaliste. La demande (comique) de sortir du cadre qui est faite aux promeneurs est récurrente.
                    -la représentation historique nationaliste à laquelle certains sont conviés à participer
                    Si je devais rattacher absolument à la premier idée-force, je dirais que photo et cartographie sont des pratiques fixatrices.
                    Elle participent à l’immobilité ou en tout cas à la lenteur dominante que le capitalisme comme accélération va venir perturber.

                    • #6700 Répondre
                      Barthelby
                      Invité

                      Je précise parce que mon post pourrait prêter à confusion qu’il ne s’agit pas d’idéaliser un éden précapitaliste qui serait calme et harmonieux mais de produire une tonalité calme avec des moyens cinématographiques et d’exprimer les les événements, l’action, les conflits selon ces modalités.

                    • #6701 Répondre
                      o/
                      Invité

                      Ostros oui, je trouve que tu as bien balisé tout ce qu’il y a dans le film, et Barthelby Julien oui, c’est un choix intelligent d’avoir choisi de montrer ce moment où l’industrie vient remplacer la production artisanale. Ce que tu soulèves sur les outils est vraiment passionnant : la photographie (omniprésente, on sent vraiment l’excitation qui les parcourt toutes à prendre et faire circuler les images), et la montre qui est à la fois l’objet produit et celui par lequel on contrôle la production. Il y a bien un nœud qui concentre tout ça au même endroit au même moment donc très bonne idée de se placer là.
                      Ensuite ce que j’aime aussi c’est, je dirais pas le calme, mais l’impassible des personnages qui ont l’air comme étrangères à tout ce qui leur arrive (et d’ailleurs étrangères aussi dans la langue, ça rajoute encore un décalage). Elles ont l’ait de découvrir le fonctionnement du système police-usine en même temps que les informations leur tombent dessus : vous ne pouvez pas voter, vous serez licenciée, vous ne pouvez pas boire, et aussi, la photo qui coûtait 0,20 est maintenant à 1 franc. On perçoit qu’elles ont leurs habitudes et que c’est le monde autour qui change. Enfin ce qui est beau c’est que le film donne aussi des pistes pour résister à ça, des gestes très simples qui sont souvent des écarts entre la loi et l’acte : je vous lit l’arrêté d’interdiction de boisson et je vous sers à boire, j’entends que la carte municipale est la version officielle et je fais voter pour la carte anarchiste, j’entends que je vais rentrer dans la prise de vue et je traverse quand même. Et après, qu’est-ce que ça change ? Rien, le garde siffle et le temps passe, la rivière coule, il suffit de suivre son cours.
                      Deux autres choses : j’ai été étonné de ne pas voir trace du clergé dans cette petite société, mais peut-être qu’historiquement ça n’était pas si prépondérant dans ce coin de la Suisse.
                      Enfin « l’histoire d’amour » entre Piotr et l’ouvrière est très bien traitée et presque complètement hors champ (je suis d’accord avec toi Juliette sur le monologue de la montre qui est vraiment une déclaration d’amour magnifique, et drôle en même temps). Pourtant, pour moi c’est presque encore trop. Puisque cette esquisse est là, et avec toutes les histoires d’amour qu’on a vues depuis l’enfance, on la voit, on la reconstruit même si elle n’est pas montrée, et d’ailleurs on finit par cet amour consommé ce qui immanquablement recentre le film là-dessus. Oui, la passion comme un dérèglement, oui l’amour une dérive mais je dois bien remarquer que je trouve ça de trop, que ça ne m’embarque pas. Un peu comme dans La montagne ça ne m’embarquait pas. Du coup question : est-ce que cette « histoire d’amour » c’est pas du faux au milieu de tout ce vrai ? Existe-t-il vraiment des « histoires d’amour » ?

                      • #6704 Répondre
                        Barthelby
                        Invité

                        o/,
                        serais-tu prêt à concéder qu’il arrive que des rencontres aient lieu que l’on peut qualifier d’amoureuses : « l’histoire d’amour » n’est pas seulement hors champ comme tu le dis mais hors film, selon moi, car elle n’est qu’une hypothèse.
                        Le film se conclut sur cette rencontre qui laisse supposer une sortie du cheminement balisé que les deux personnages avaient la tâche de chronométrer (double rupture avec l’espace et le temps économiques).

                      • #6711 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Vous avez tout dit sur ce merveilleux film qui est déjà un des sommets esthétiques et politiques de 2023. Je n’ai jamais vu un film politique aussi calme, riche, qui nous fasse aussi subtilement et pleinement éprouver les idées et phénomènes dont il parle – la cohabitation dans un même espace, le ridicule de la notion de patrie, la placidité et la détermination des anarchistes, la bouffonnerie des forces de l’ordre. C’est un film qui a la force des récits d’origine, presque archéologique dans ce sens, sans la monumentalité et le lyrisme bidon habituels. La scène de chant anarchiste est bouleversante (d’autant plus en regard avec le chant patriotique glauque et mortifère quelques moments auparavant) alors qu’elle est d’une simplicité désarmante.
                        Pas ennuyé un instant alors que je m’attendais à quelque chose d’un peu raide, le film donne envie de croire encore au cinéma et à la lutte. Renversant.

                      • #6732 Répondre
                        Maud
                        Invité

                        Pourquoi pas une Gène sur ce film qui a l’air excellent ? Vous m’avez donné bien envie d’aller le voir cette semaine, en tout cas.

                      • #6731 Répondre
                        o/
                        Invité

                        Mais je suis tout à fait disposé à tout concéder.
                        Je ne dirais pas que l’histoire d’amour est une hypothèse puisque le montage va dans ce sens et la fin est :
                        – elles partent en balade ensemble,
                        – au milieu des bois elle lui raconte son métier dans le détail,
                        – elles se dévisagent,
                        – le chronomètre est abandonné sur une branche, pour moi c’est aussi explicite que le train dans le tunnel de la mort aux trousses. Mais j’ai peut-être l’esprit mal tourné (sauf qu’apparemment je suis pas le seul).
                        Je pense que ce qui me gêne, aussi bien dans La montagne qu’ici, c’est de se trouver dans des films aussi précis sur leur sujet, très explicites, très matériels, et tout à coup un peu nunuche sur la relation amoureuse. Je suis gêné que dans un cas comme dans l’autre, la rencontre amoureuse « sauve » le personnage, je trouve ça peu précis et trop attendu (voir Douze mille, qui est quand même une autre façon d’aborder le sujet, mais je pourrai dire Rohmer). Voilà, je pense que ce fil « amourette » n’est pas au niveau du reste, et que de là vient la (micro-)déception.

                      • #6760 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Je n’ai pas été clair. Pour moi « histoire d’amour » signifie plutôt ce qui suit la rencontre,
                        les péripéties, le couple comme continuation plus ou moins heureuse de celle-ci.
                        Je ne niais pas qu’il y ait eu rencontre des deux corps; je disais que rejetée en fin de film elle peut être un refus de verser dans l’histoire d’amour comme cliché narratif.

                      • #6761 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        o/,
                        et si, magnanime, tu admettais plutôt que j’ai raison :
                        – tu éviterais que notre échange interminable ne lasse les lecteurs du site,
                        – que je sois forcé d’en venir à des coups bas rhétoriques
                        – tu me ménagerais une issue narcissiquement acceptable alors que je ne suis pas très en forme en ce moment.

          • #6692 Répondre
            o/
            Invité

            Super nouvelle l’entretien sur le film !
            D’ailleurs je me suis planté, le chant s’appelle en fait « l’ouvrier n’a pas de patrie ».

            • #6859 Répondre
              Anna H
              Invité

              Pas encore partagé, il me semble

              • #6861 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci Anna H !

                • #6862 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Le wikipedia de Cyril Schäublin nous informe qu’il descend d’une famille horlogère du Jura suisse. A travers ce film sans doute s’agit-il aussi de rendre hommage à ses aïeux que j’imagine anarchistes.

            • #6866 Répondre
              Anna H
              Invité

              Et Rencontre avec Cyril Schäublin : https://www.youtube.com/watch?v=bp1TZX6eINI

    • #6629 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Très bonne Gêne sur Voyages en Italie, dont la majorité des idées déployées seront confirmées dans un entretien avec la réalisatrice qui sortira sous peu. En revanche je dois contredire l’homme qui n’a pas de prénom : on est vraiment du côté de la peinture et non de la photographie dans sa façon de travailler. Elle repasse sur l’ouvrage, couche par couche, rajoute une touche de réel, de comédie, de Covid, c’est vraiment pas de la photo. Ça a un lien avec tous les arts plastiques qui sont en rapport direct avec la matière dans leur processus de création.

    • #6641 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Une plasticienne en cinéma, oui
      Sans que ça ait jamais l’air d’un « cinéma de plasticienne ».

      Ce serait intéressant de lister les cinéastes qui n’ont pas un rapport si fort au cinéma ; qui pensent d’abord à travers les coordonnées d’un autre art.
      Je ne dis pas que ce soit une qualité. Ca peut même être une faiblesse. Mais ça m’intéresse.

      • #6646 Répondre
        Doug
        Invité

        J’ai souvenir que dans la toute première Gêne, à propos de Portrait de la Jeune Fille en Feu, tu précisais ton désintérêt pour la picturalité des images au cinéma – De même je crois que tu soulevais que les coordonnées de la photographie pouvaient limiter Kubrick dans l’épisode sur Shining ? Je serais curieux en tout cas de la même liste ! Carax et le spectacle vivant, ou tous les cinéastes qui entrent par le théâtre, Joe Wright, Florian Zeller ? Les clippeurs et la musique ?

        • #6648 Répondre
          Tony
          Invité

          Je crois que tu te méprends sur Carax,à propos de cinéastes qui ne viennent pas du cinéma on pense aussi aux écrivains qui s’y sont essayés,Alice Zenitzer vient de réaliser son premier film et les premiers échos ne font pas envie…

        • #6666 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Au cas où tu pointes là une contradiction, je pense que la Gene résout cette contradiction.
          Kubrick est pictural au sens où pictural désigne un certain travail d’organisation harmonieuse du plan, et de perfection technique, qui précisément m’indiffère – d’autant plus depuis 40 ans que l’iconographie publicitaire est inégalable dans ce registre.

          • #6683 Répondre
            Doug
            Invité

            Au contraire c’était en te lisant parler de potentielle faiblesse que me revenaient ces deux passages, je me demandais s’il y avait là à tes yeux deux bons exemples.

        • #6675 Répondre
          Maud
          Invité

          Justine Triet a fait les Beaux-arts
          Et Steve MC Queen était dans l’art contemporain avant Hunger (beaucoup de plans fixes, images léchées).
          Mais je crois que je ne les ai jamais vu faire autre chose que des vidéos avant leurs longs métrages, je ne sais pas si ça compte.

          • #6676 Répondre
            Charles
            Invité

            Steve McQueen fait du cinéma pictural exactement comme Kubrick, ce dernier venant d’ailleurs de la photographie.

            • #6678 Répondre
              Maud
              Invité

              Bien d’accord, enfin pour ma part je suis assez indifférente à ses films ; je trouvais ses vidéos d’art c. plus intéressantes.

              • #6688 Répondre
                Ostros
                Invité

                Et que vaut Atlantic bar réalisé par une photographe aimée des rencontres d’Arles ?

                • #6693 Répondre
                  Maud
                  Invité

                  Je découvre la BA. Ça a l’air bien. Mais est-ce qu’il est humainement possible de rater un documentaire sur la fermeture d’un petit bar de Provence ?

                  • #6695 Répondre
                    Maud
                    Invité

                    Et si la réalisatrice parle d’Arles, j’espère qu’elle y montre bien, par le menu, comment la spéculation immobilière à laquelle s’adonnent de riches entrepreneurs et acteurs du milieu culturel – celui-là même qui lui décerne des prix pour ses créations – contribue à reléguer les plus pauvres, dont les populations immigrées, dans des quartiers sinistres.

                    • #6699 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      ça donne envie d’en faire un livre

                      • #6708 Répondre
                        Maud
                        Invité

                        Je connais bien Arles et son fonctionnement. La gentrification est un phénomène commun mais c’est vrai qu’il y a une spécificité arlésienne – d’autant plus cruelle que la ville a été communiste 20 ans et qu’elle a cette vitrine artistique a priori réjouissante. La dernière fois que j’y suis allée j’ai trouvé les contrastes sociaux vraiment durs à encaisser. J’aurais adoré écrire un chapitre pour votre collectif. Je n’ai pas lu le résultat : il faut que je choisisse mes achats. Mais je suis heureuse de savoir que vous avez parlez.

                      • #6719 Répondre
                        Maud
                        Invité

                        *en avez

            • #6689 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Steve McQueen je trouve qu’on voyait bien le plasticien, au sens noble, dans la première moitié de Hunger. Ça s’est transformé en photographie léchée de film en film, pour arriver à une esthétique de série TV.

      • #6671 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je pense à Martin McDonagh (theatre), a Lynch (encore un plasticien pour lequel comme pour Letourneur, le cinéma vient ajouter une dimension musicale à l’image), à Julian Schnabel.

    • #6686 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut François,
      Dans la conversation avec Houria, je t’ai entendu parler d’une critique sur « Etre et Avoir » intitulée « Dans mon paradis blanc ». Aurais tu encore cette critique dans ton ordi stp? Je serai curieux de la lire car à l’époque, j’avais beaucoup aimé ce film, notamment grâce au petit Jojo, comme tout le monde. Je n’ai pas du tout vu l’aspect blanc dont tu parles, qui en fait me saute aux yeux maintenant. Le succès du film à l’époque tient peut-être un peu à ça, de manière plus ou moins inconsciente: le côté école à l’ancienne, dans un petit village à clocher, chez les paysans, des agriculteurs, avec un maître à sévèremaisjuste, issue de l’immigration espagnole si je me souviens bien, pour qui devenir instituteur constituait une ascension sociale. Après, dans mon souvenir, il y a quand même une élève chinoise et un arabe, mais on les voit peu. Ce sont vraiment deux tout-petits. En plus évidemment à un moment, l’arabe pousse Jojo et passe pour le méchant. Même à 3 ans on leur fait une réput’ de merde.
      Et aussi, autre question tant que j’y suis: pourquoi faire de cette blanchité un critère négatif? Je demande car tu dis toi-même que pour Entre les murs par exemple, tu aurais dû écrire à propos d’un collège plus moyen, avec plus de blancs, ainsi on aurait mieux vu l’école à nue, les situations n’auraient pas été si différentes, et justement on n’aurait pas mis les situations difficiles sur le compte de « c’est des noirs et des arabes qui savent pas se tenir ».
      Même si le côté image d’Epinal est présent dans Etre et Avoir, je pense quand même que ce qui emporte le film, c’est le naturel des enfants: les deux grands CM2 qui sont en conflit, les difficultés de la fille retardée, Jojo qui fait n’importe quoi H24, l’instit’ qui parfois le punit mais parfois le trouve quand même drôle et ne peut pas s’empêcher de rigoler, la vie quotidienne de la classe quoi. Je ne sais même pas si les gens qui y ont été en masse ont vu l’aspect que tu soulèves à l’époque.

      • #6745 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        « Le succès du film à l’époque tient peut-être un peu à ça, de manière plus ou moins inconsciente: le côté école à l’ancienne, dans un petit village à clocher, chez les paysans, des agriculteurs, avec un maître à sévère mais juste, issue de l’immigration espagnole si je me souviens bien, pour qui devenir instituteur constituait une ascension sociale. »
        C’est bien ça le sujet
        Et j’avais vu que l’engouement autour du film, qu’il soit conscient ou non, tenait d’abord à ça. C’était le début d’une sorte de général virage conservateur-nostalgique. Les baby-boomers atteignaient 60 ans, ils commençaient à chanter la France d’avant – ils avaient un barde qui était Vincent Delerm, avec ses Fanny Ardant et autres fixettes seventies. Des gens de gauche se reconvertissaient laicards. Tout le monde devenait gaulliste. Ce film arrivait à pic. Un film où se célébrait ce que j’appelais déjà à l’époque « la France d’avant les arabes ».
        Quelques années plus tard la même communion blanche allait avoir lieu autour de Des hommes et des dieux, et cette fois même notre héritage chrétien était recyclé, y compris à gauche, dans le roman national : ces prêtres qu’on aurait conspués trente ans plus tot, dans l’air rouge de 68, ces prêtres c’était nous, c’était la France, c’était une enclave de civilisation dans la barbarie, c’était « les aspects positifs des colonies » (même époque). J’en avais beaucoup voulu à Beauvois d’avoir été l’idiot utile de tout ça. Mais sans doute au fond savait il très bien ce qu’il faisait.
        La fin de ma vie color-blind est largement documentée dans le chapitre 98 de Deux singes. 98 comme 1998. C’est à partir de ce moment que je m’appelle moi meme un blanc. Cela donnera à la même époque une chanson qui s’appelle Frenchless, écrite en 1998.

        Ce que je dis sur l’Entre les murs idéal n’a rien à voir avec tout ça. Je dis : s’il s’agissait de faire un film sur l’école en tant que telle, l’école comme structure, alors il eut fallu se poster dans un espace « neutre », c’est à dire blanc. Ainsi le fait immigré n’aurait pas fait écran à la démonstration de l’iniquité structurelle de l’école. Mais certes ce n’était pas l’intention de Cantet, qui croit en l’école.

        Le texte est paru dans Cosmopolitiques, une revue d’écologie politique où j’écrivais sur le cinéma. En 2002 je pense. Perdu dans les limbes.

        • #6771 Répondre
          Ostros
          Invité

          Mathieu, j’ai trouvé le début d’un texte de François sur le film :
          .
          Cosmopolitiques – François Bégaudeau – Là-haut sur la République – dimanche 14 janvier 2007
          .
          Au début d’Être et Avoir, on voit des bovins puis des écoliers, les premiers maintenus sur le droit chemin par le bâton d’agriculteurs durs à la tâche, les seconds par celui, virtuel, du divin M. Lopez, l’instituteur en charge de la classe unique du village. Entre les deux, transition sans à-coups : de grands sapins à peine mus par le vent du plateau, puis deux tortues pédagogiques arpentant le sol de la salle de classe à un rythme de dérive des continents. Gestes rares dans le froid, bruits étouffés de la vie enneigée, mouvements statiques : un (faux) rythme s’installe qui ne variera plus, même à l’été qui clôt l’année scolaire et le film. On est dans une temporalité sans événement ni rupture, dans une poche a-historique où rien ne s’ébranle ni ne s’altère, où les hommes éclosent comme les blés avant de laisser la place à d’autres, identiques à l’âge près, ne collant pas encore totalement aux canons de l’espèce (mais c’est l’affaire de quelques cycles de récoltes), minuscules parmi les chaises bientôt libérées par les CM2 admis au collège. Là haut sur la montagne toute différence est provisoire ; là-haut le singulier est du « même » en germe. Le petit Julien, enrobé comme son oncle, conduit déjà le tracteur dudit et reprendra la ferme familiale, comme à peu près tous ses condisciples, qui sinon, aimeraient bien faire la classe, comme celui qu’ils appellent « Maître », lui-même soucieux d’honorer la mémoire de son père, immigré espagnol assimilé sans heurt (c’était le bon temps) par la République française. Le film n’a pas d’autre, la classe pas de dehors ou presque. La caméra s’y blottit les neuf-dixièmes du temps, parti pris radical et auto-satisfait.
          .
          Que l’ordinaire de l’école des années 2000 ne ressemble pas à cette petite classe pacifique (comme on dit de certains mammifères), que les bancs de l’immense majorité des établissements ne soutiennent pas que des petits blancs loyaux à l’autorité traditionnelle, qu’on ne puisse en général pas s’y faire entendre ni respecter sans hausser le ton, contrairement à ce que peut se permettre le très doux, grand-paternel et monotone M. Lopez, Nicolas Philibert ne veut pas le savoir.
          (J’essaie de trouver la suite).

          • #6773 Répondre
            Ostros
            Invité

            (La suite – première parution était en février 2003)
            .
            Son film est nostalgique et fier de l’être. Le Massif Central est ce qu’était Montmartre à Amélie: un enclos préservé , un jardin d’avant le péché, d’avant la souillure décisive, d’avant on ne sait trop quelle bascule tout en craignant de comprendre. Parmi les élèves, il y a bien une petite d’évidente origine asiatique, mais le film affecte de ne pas éclaircir le mystère de sa présence au milieu d’une bande de petits d’homme nés sur place et fortifiés par les sains pâturages locaux. La classe, rien que la classe, martèle visuellement le documentaire, la salle de classe comme pur espace idéal de transmission du savoir. Ici n’entrent que les g é o m è t res, pas les identités. Vieille antienne républicaine, re d o u t a b l e m e n t séduisante pour qui fantasme l’agora. Vieille antienne qu’on aimerait dire utopique si elle n’était pas régressive, qu’on aimerait dire égalitaire si, re f usant de considérer les inégalités sociales, ethniques, psychologiques, celles
            qui ont cours au-delà des murs de l’édifice, dans la vallée, dans les villes,
            elle n’avait pas pour conséquence de les approfondir (l’objection est bien
            connue mais il est des époques où il faut re p re n d re à zéro les démonstra-
            tions qu’on croyait définitives). Il est vrai que rien dans le vécu scolaire de
            n o t re petite jaune des montagnes, brillante et appliquée, ne nécessite
            qu’on s’inquiète de son hors-champ, de sa biographie personnelle ; mais
            que resterait-il du parti-pris séparatiste, le savoir rien que le savoir, s’il
            venait à se confronter aux enfants chinois non-francophones parachutés
            dans les collèges des arrondissements populaires de Paris –l’universel est
            à géographie variable – ? Il faut voir, déjà, comment, butant sur le cas de
            Nathalie, hermétique aux mathématiques, le maître et le documentariste
            refusent de concert d’admettre que son cas relève, sinon de la psychologie,
            du moins de données parascolaires. Et certes, appréhender la petite comme
            si de rien n’était témoigne d’une certaine humanité (M. Lopez en est infi-
            niment pourvu), il y a de la noblesse dans cette décision de penser qu’en
            elle, rien ne diff è re au fond, que les mêmes pansements peuvent être
            appliqués sur des plaies diverses. Mais cette bonté se soutient d’un aveu-
            glement, double-fond terrible de l’humanisme, et envoie la marge à l’ab a t t o i r. De même que certains des «g r a n d s» que M. Lopez laisse entrer en
            sixième vont s’y empaler et échouer. Cela, le film refuse en connaissance
            de cause de le voir. Il s’arrête à l’aube de la déconvenue, en juillet, à la fin
            des moissons, juste avant que les faits révèlent l’imposture dans l’utopie.
            Pourtant, à l’occasion d’une journée d’information, la caméra s’aventure jusqu’au collège qui les accueillera. Mais rien n’accroche alors, rien qui
            fasse conflit ni ride à la surface du long fleuve tranquille de la maturation.
            Pas une scène qui inquiète les petits montagnards, pas une découvert e
            qui leur fasse prendre conscience que la vraie école (la grande) n’est pas
            simple comme le blé qui pousse. Nous re t rouvons nos écoliers tels qu’en
            eux-mêmes, s’égayant dans les couloirs où plus tard la plupart d’entre eux
            courberont le dos de désarroi. Avant cette –f a u s s e – sortie au collège, nous avons droit à une pare n t h è s e domestique, tout aussi peu désireuse d’accro î t re le volume identitaire de l’enfant concerné. Passé le bref insert-tracteur (et encore a-t-on déjà noté qu’il ne s’agit pas vraiment d’une ligne de fuite), Julien est saisi à domicile dans les mêmes postures studieuses qu’à l’école, avec en lieu et place du maître toute la famille penchée par-dessus son épaule, sur une multip l i c a t i o n: père, oncle, mère et petit frère savamment disposés par le documentariste sur un seul côté de la table de la salle à manger, pour faire tenir
            tout le monde sur la photo et que rien ne manque à ce tableau allégorique
            de la transmission harmonieuse. Quelque chose comme une vignette édi-
            fiante des almanachs du X I Xe s i è c l e. Voilà comment Ê t re et Av o i r achète sa paix : en ramenant le dehors au dedans et l’autre au «m ê m e » ; en occultant, escamotant ou re p e i g n a n t les réalités hétérogènes à la pure situation de classe ; en lui soustrayant ce qui pourrait entacher sa quiétude d’un autre temps. La principale mais consentante victime de cette opération purificatrice, est l’instituteur lui-même, presque toujours filmé dans l’exercice de sa mission, à l’exception d’une brève interview dont aucun mot n’excède le
            c a d re du bon roman d’un hussard de la République. Pas d’inform a t i o n
            p a r a s i t a i re sur l’homme, rien qui l’incarne. Et tout le film à l’avenant. S’il
            est bien question à un moment d’une certaine Tatiana, nom échappé de
            la bouche maladroite d’un écolier, pour le reste il s’agit de laisser suppo-
            ser M. Lopez seul. M. Lopez est un et indivisible. Il est complètement ce
            qu’il est et l’a toujours été. L’école est sa maison à tous points de vue, une
            e x c roissance de lui-même. Même si c’est factuellement faux, on est fondé
            à penser qu’il l’a toujours habitée. Sa pre m i è re apparition le voit dressé sur
            le perron, humble et souriant mais minéral, attendant que viennent à lui
            (ça ne marche jamais dans l’autre sens) les écoliers déposés par le ramas-
            sage scolaire, et c’est depuis toujours qu’il attend là pour accueillir, form e r
            puis restituer à leurs géniteurs les jeunes pousses. Il est le gardien du tem-
            ple, le dépositaire de l’intangible langue nationale, charpentée depuis la
            nuit des temps par ses deux fleurons, les indétrônables auxiliaires qui,
            symétriquement articulés l’un à l’autre, donnent au film son titre. Un titre
            infinitif, parce que «ê t re » c’est être et « a v o i r » c’est avoir. Il n’y a pas à
            t r a n s i g e r. Le savoir ne se conjugue pas à toutes les personnes.
            .
            I n c a rné, M. Lopez l’est si peu qu’il est le plus souvent hors-cadre. Cela
            tient aux difficultés inhérentes au filmage documentaire (les enfants sont
            petits, il est grand, cadrer les uns implique de ne pas cadrer l’autre, et la
            prise sur le vif, à une caméra, prive le futur monteur de contre – c h a m p ) ,
            mais il était tout de même envisageable d’englober maître et élèves en
            cadrant plus large. Nous en déduisons que la contrainte arrange bien le
            documentariste, qu’il lui sied que son héros soit ainsi nulle part et donc
            p a rtout, invisible et donc omnipotent. Rien ne l’empêchait de se re c u l e r
            un peu pour englober les trois acteurs, tous assis et à hauteur les uns des
            a u t res, à l’instant où l’instituteur s’entremet pour régler un contentieux
            e n t re deux élèves bagarreurs. Or l’occasion est providentielle, qui met
            spontanément en scène deux frères ennemis bibliques, tournés vers un
            hors-champ depuis lequel le juge, armé du seul attribut de la voix comme
            Dieu au commencement, délivre la bonne parole. D’autres fois, c’est une
            dictée que la voix répand sur ses ouailles. Et ils notent, impert u r b a b l e s ,
            indéfectiblement respectueux du contrat patriarcal, attentifs à ne pas écor-
            c h e r, en le matérialisant, le Ve r b e .
            Il arrive cependant que l’instituteur redescende parmi le troupeau et se
            re t rouve, au prix d’endurantes génuflexions, sur le même plan que les
            enfants, tout en bas, dans le bain de la difficulté. Dans ces moments, une
            r é c i p rocité émerge entre eux et Lui ; la vie lui rejaillit dessus, les mots
            qu’il distille d’ord i n a i re sans opposition lui reviennent cette fois dans la
            f i g u re : modifiés, déformés, dénaturés. Lorsqu’il somme le dénommé
            Yohan de simplement prononcer le mot «a m i » inscrit sur une étiquette
            devant lui, c’est «c o p a i n» qui lui est re t o u rné, et «c o p i n e » quand, une
            fois le mot juste enfin émis, l’instituteur en demande le féminin. Étrange
            autant qu’involontaire obstination dans l’erre u r, énigmatique surdité à la
            dictée du bon sens.
            C’est à ce genre d’écarts que le film doit ses meilleurs moments, et espé-
            rons-le, son succès (même s’il est à craindre que l’époque commencée au
            printemps dernier jouisse davantage de l’ord re que du désord re ) .
            Moments où un cadre pour une fois large découvre un espace, la classe,
            b ruissant de chuchotements qui sont autant de bémols à la parole du maî-
            tre. Moments où loisir est laissé à l’œil las de se détourner de la situation
            d’enseignement centrale pour s’intére s s e r, au second plan, à un détail
            e x c e n t r i q u e: petite fille qui renifle au-dessus de son dessin, chaise qui bas-
            cule, chipage d’une gomme en marge de la dictée et la victime muette-
            ment offusquée, déclaration d’amitié impro m p t u e etc. Moments où, à
            leur corps défendant mais leur corps se défendant, les enfants restent her-
            métiques à ce que, légitimement mais la loi n’est pas tout justement, on
            s ’ e ff o rce de leur appre n d re. Moments où ça coince, où ça ne veut pas,
            comme on dit, crêpe ou jaune d’œuf échoués hors du récipient attitré, luge biaisant par rapport à la ligne de pente, etc. Moments où en ratant,
            l’élève accède à la singularité, se disjoint du troupeau.
            La marche au pas vers le même n’est pas à pro p rement parler une his-
            toire. Un corps d’enfant n’est un corps de fiction que s’il préserve en lui
            une part dégingandée, un morceau mal dégrossi, un membre mal ajusté
            au moule. C’est à force de rater que, de vache qu’il était, le désorm a i s
            célèbre Jojo se hisse au statut de personnage. C’est, par définition, en se
            soustrayant au mimétisme programmatique qu’il sort du lot et impose son
            roman, celui d’un cancre irréductible à toute identité répertoriée, drôle
            de corps, drôle de gueule, grimaces surgies de nulle part et en diagonale
            par rapport aux situations. Se déploie sous nos yeux, et contre toute
            attente dans un espace aussi verrouillé, la série des aventures de Jojo :
            Jojo photocopie un livre à l’envers, Jojo barbouille ses mains et son front
            plutôt que l’approximatif sapin qui s’étale sur sa feuille, Jojo ouvre grand
            la porte qu’on le somme de ne pas ferm e r, Jojo complète par « z o n t a l e »
            le nom d’un doigt qu’on lui dit commencer par « a u r i » et ainsi de suite.
            Jojo ne manque jamais de manquer. Le plus beau réside dans ce que l’im-
            muable Maître Lopez s’émeut de toutes ces bêtises. Peu à peu Jojo se
            révèle son élève préféré, hommage de la vertu au vice, de l’Un au mul-
            tiple. Entre ces deux-là circule une parole autrement sinueuse, retorse et
            surtout bilatérale que celle qui devrait avoir cours entre un maître incor-
            ruptible et un sujet réfractaire. Lors de la journée au collège, l’adulte s’as-
            soit par terre, aux pieds de l’enfant grimpé sur une chaise et l’invite à
            s’élever dans la suite des nombres en trouvant à chaque fois celui qui sera
            supérieur au dernier évoqué : mille puis dix mille puis cent mille puis
            cent milliards. Le but de l’opération est évidemment pédagogique (don-
            ner à l’enfant l’idée de l’infini) et disciplinaire (prévenir son ennui et les
            c a t a s t rophes aff é rentes), mais il y a alors plus que du volontarisme dans
            l’impassibilité tenace du maître : s’il consacre tant de temps au seul Jojo,
            c’est, par-delà sa fonction, par-delà le sens du sacrifice du missionnaire de
            l’État, parce qu’il l’aime résistant et échappant, parce qu’il aime que
            quelque chose le déborde. À ce moment, il est démocrate.

    • #6707 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Vu Voyages en Italie.
      Merci pour la recommandation et la GO.

      Ci-dessous je raconte ma vie ; si vous n’avez pas envie de connaître ma vie merci de ne pas lire :
      Alors ici, on avait fait le voyage en Sicile plus tôt : dès notre première année de couple.
      On était montés sur l’Etna où j’ai eu le vertige, et sur le Stromboli où on avait passé une nuit triste dans une très agréable chambre d’hôte avec de superbes fleurs dans le jardin.
      17 ans plus tard, quand je radote, mon compagnon me charie encore avec la bresaola de Palerme, car pendant le séjour j’avais répété trop de fois que vraiment c’était très bon la bresaola de Palerme.

      Je trouve très justes les zooms et autres trucs drôles qui font penser au cul et dont on ne parle pas. « Lourd-léger », comme tu dis François. Sortie par le haut.
      Très juste aussi le truc de manger plus car moins de désir, ainsi que la remarque de l’homme qui n’a pas de prénom disant que l’inverse se voit aussi, que l’appétit peut aussi se joindre au désir, peut-être même dans des formes de désir puissant, durable? Je pense par exemple aux scènes de repas de L’empire des sens, et à Nabokov qui décrivait par moment l’appétit d’Humbert Humbert.
      Je trouve moins juste sa remarque évoquant des rondeurs sur les fesses de Sophie – certes elle les évoque elle-même.
      Je n’ai pas encore écouté la suite de la GO.

      • #7063 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Fini d’écouter La GO sur Voyages en Italie. « Scènes de la vie conjugales », oui. Anthropologie.

    • #6720 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Rien à voir avec tout ce qui précède mais je revoyais le premier western de Eastwood, Josey Wales, pas revu depuis mon adolescence. Stylistiquement, et c’est connu, c’est son film le plus influencé par Leone et les western spaghetti. Mais c’est la proximité du cinéma d’Eastwood avec celui de Cimino qui m’a sautée aux yeux (dans ce film et en fait en général). Il se trouve que Cimino a bossé sur le scénario (et avait réalisé Thunderbolt and Lightfoot avec et produit par Eastwood deux ans plus tôt). Il y aurait aussi des choses à dire sur l’auteur du livre qui a passé sa vie littéraire à décrire avec humanisme les pauvres Cherokees martyrisés par le gouvernement (sous pseudo et sous couvert d’influence autobiographique inventée de toutes pièces) tout en passant sa vie politique au KKK. Dans cet oxymore tout libertarien se glisse probablement la politique d’Eastwood.

      • #6733 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Eastwood libertarien, je ne sais pas. Ses positions personnelles parfois droitières/constitutionnalistes le classent là-dedans mais c’est réducteur je trouve.
        Josey Wales fait la part belle à la communauté, à contre-courant justement du cow-boy solitaire expéditif ou de l’inspecteur Harry. On est presque sur un éloge de l’autogestion.
        Même si le bonhomme a eu ses accointances à droite – dont il est revenu – son cinéma est avant tout rebelle. Il promeut l’opprimé contre l’oppresseur, et son rapport à la race est surprenant dès son premier film (Un cri dans la nuit) avec la scène du festival de jazz, un ensemble de Noirs élégants dans un contexte formel et décontracté en totale opposition au rock champêtre et déglingué de Woodstock. Eastwood est du côté des Noirs et des pauvres plutôt que des Blancs de la middle class. Sans pour autant oublier d’où il parle.
        Je crois que le débat de politique politicienne sur Eastwood est oubliable. C’est sûrement un mec qui comme tant d’autres n’aime pas payer ses impôts, mais surtout qui affiche une défiance face à un État qu’il considère illégitime. Si on enlève la partie impôts, on a affaire à un anarchiste plutôt qu’à un libertarien. Le rapport aux femmes et aux minorités n’est pas libertarien du tout chez Clint : on n’achète pas les gens (tiens, revoir L’Homme des hautes plaines et Richard Jewell).

        • #6735 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Mais tout ça c’est ce que proclament les libertarians, à l’origine. Dans les faits les libertarians actuels passent leur temps à voter républicain et a être d’accord avec les républicains sur tous les sujets, à l’exception parfois de l’avortement et de la question des frontières.
          Avant de revenir à Eastwood, tu as déjà lu Forrest Carter, l’auteur du livre dont est tiré Josey Wales ? C’est très étonnant, c’est quasi pro autogestion comme tu dis, défense des minorités, des pauvres. Le grand méchant est l’état fédéral, les institutions. Et tout ça est écrit par un supremaciste du KKK.

          • #6737 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Mon téléphone insiste pour l’orthographe anglaise de libertarien, je n’y suis pour rien.

      • #6746 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        « tout en passant sa vie politique au KKK. »
        putain je savais pas

        • #6884 Répondre
          Cyril
          Invité

          Putain il a même dirigé un groupe du KKK qui a tabassé Nat King Cole !

    • #6734 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu la série documentaire Netflix « Le journal d’Andy Warhol », recommandée par François et que je recommande à mon tour. Série en six épisodes d’une heure, très riche et assez émouvante. Les extraits du journal de Warhol sont lus par une intelligence artificielle qui recrée sa voix, procédé rigolo car très warholien et même vertigineux puisqu’on finit par oublier qu’il s’agit d’une recréation. La série retrace toute sa vie mais on peut regretter que le début de sa carrière artistique soit si rapidement évoquée, l’essentiel de la série se focalisant sur la dernière décennie de Warhol. Je ne l’ai jamais tenu pour un grand artiste et la série, parfois à son corps défendant, m’a confirmé dans cette opinion. Si en effet beaucoup d’intervenants sont extrêmement élogieux sur son oeuvre, il apparait néanmoins clairement pour moi que celle-ci était souvent assez superficielle et s’inscrivait avant tout dans une logique de production commerciale, que Warhol assumait pleinement. Il se voyait comme un businessman, à la tête d’une entreprise devant être profitable. Il est frappant de voir la congruence presque parfaite de Warhol avec son temps – la mise en scène de soi, la quête effrénée de notoriété, sa transformation en une marque. Il est présent aux débuts de MTV, d’Apple, il n’hésite pas à jouer dans des publicités ou des séries du type la Croisière s’amuse, il est partout et fréquente tout le monde. On doit lui reconnaitre un certain flair, notamment quand il va à la rencontre de Keith Haring et Basquiat, ce que le documentaire montre bien. Sont également intéressantes les quelques critiques de certains intervenants sur son positionnement par rapport au sida, sa vision pas loin d’être raciste de l’oeuvre de Basquiat, son appropriation culturelle etc.
      La série réussit surtout à rendre émouvant Warhol, qui apparait finalement assez pathétique, au sens premier et non péjoratif. On perçoit bien sa solitude, son côté pas loin d’être glauque quand il vampirise ou tente de séduire des mecs 20 ans plus jeunes que lui, son obsession pour son apparence, ses complexes. La série s’achève sur une espèce de mystère de la personnalité de Warhol qui resterait à jamais entier. Sans doute qu’on n’arrive jamais à percer à jour personne mais pas moins Warhol qu’un autre. On a beaucoup d’images, d’oeuvres, de dits de Warhol, plus que pour la plupart des artistes. Ses thuriféraires le considérant comme un génie partent du principe que ses commentaires en interview, dans son journal intime, dans ses apparitions télévisées étant souvent laconiques et décevants c’est parce qu’il cachait son jeu, qu’il ne voulait pas se livrer mais qu’il n’en pensait pas moins. Je ne suis pas sûr du tout, je pense au contraire qu’il disait exactement ce qu’il pensait, à savoir pas grand-chose. Je pense qu’il avait senti tout un tas d’évolutions de la société, de possibilités esthétiques dans la pop culture mais que cela n’allait pas au-delà de quelques intuitions qu’il a usées ad nauseam. Ca me semble assez frappant à la vision du documentaire. Il est d’ailleurs assez révélateur qu’un de ses proches, le photographe Christopher Makos soit à ce point incapable d’interpréter une des dernières oeuvres de Warhol autour du Christ et notamment le « big C » qui y figure et dont il ne comprend pas le sens pourtant évident, y compris après que l’intervieweur lui a expliqué. Warhol n’était sans doute pas aussi inconscient de ce qu’il faisait mais je ne pense pas qu’il ait une vision très riche de son art, si ce n’est dans un sens pécuniaire.

      • #6738 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci pour la suggestion ! J’espère pourvoir regarder prochainement.
        J’en profite pour suggérer de lire le pamphlet parfaitement misandre de Valérie Solanas, SCUM Manifesto, qui tenta d’assassiner W. Oui c’est essentialiste contre les hommes (c’est la partie la plus mauvaise du texte), mais c’est surtout provocant, drôle, outrancier, scandaleux, dérangeant, et anti-capitaliste, anti-sexe… un fort curieux objet littéraire, on n’en sort pas indifférent.

      • #6749 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pathétique est bien le mot, et dans le sens que tu dis
        M’a frappé son indéfectible haine de soi, qui se verra notamment dans sa passivité (au bas mot) lors des années Sida.
        C’est fou comme ne pas se trouver beau fut le malheur incurable de sa vie. Une vie de moche.
        Sur son art je serai moins sévère. L’épisode Basquiat, où, nonobstant le calcul économique il retrouve gout à la peinture, montre bien qu’il y a un peintre en lui. Un peintre qui s’est comme auto-soustrait dans l’art sérigraphique. Art qui justement établit ceci : il n’y a pas d’artiste, il n’y a que de l’art.

        • #6755 Répondre
          Charles
          Invité

          Oui mais l’épisode Basquiat montre bien de quel côté se trouve la vitalité, l’inspiration artistiques. C’est d’ailleurs bien dit par l’artiste noir aux lunettes de soleil (qui est le plus lucide de tous les intervenants) : Basquiat n’avait pas besoin de Warhol alors que l’inverse est moins vrai même si le pouvoir se trouvait du côté de ce dernier.

          • #6756 Répondre
            Charles
            Invité

            Trouvent*

      • #140498 Répondre
        Samuel II
        Invité

        Yo, une analyse sympa de Keith Haring: https://youtube.com/watch?v=mYMHkSMYtQI&is=jI33ZAkgYTeqYZkq

        J’ignorais de le connaître, comme quoi, les algos de YTB veulent m’élever. Spa comme le PAF. Ou plutôt le EAF, Égoût Audiovisuel Public, comme dit le grand Berruyer. Pas Jacky.

    • #6741 Répondre
      Zérojanvier
      Invité

      Vous suivez l’émission esprit critique de Mediapart ?

      • #6765 Répondre
        Maud
        Invité

        Je suis assez fan de cette émission, notamment parce que j’apprécie beaucoup Confavreux et certaines critiques (femmes) régulières.
        D’ailleurs dans l’émission d’hier, il était question du traitement de la temporalité dans Désordres, quoique de manière beaucoup moins aboutie que dans l’analyse qu’en faisait Julien Barthes – tu as vu ça, mon sens de la sooooooolidarité. A été évoqué aussi un film sur le point de sortir et apparemment intéressant : chien de la casse.

    • #6748 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      pas abonné à Mediapart, qui me le rend bien
      qui anime ce podcast?

      • #6757 Répondre
        Charles
        Invité

        Joseph Confavreux.

    • #6801 Répondre
      zerojanvier
      Invité
      • #6829 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ok merci
        Plutot bon niveau de débat sur Desordres. Où l’on retrouve d’ailleurs l’ami Nieuwjaer

    • #6824 Répondre
      o/
      Invité

      L’ouvrier n’a pas de patrie les amies : https://soundcloud.com/li-tavor/polyphonie-anarchiste?si=651c513e25e14f35af1296811b7f83dd&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing
      merci à Chantal Scheiner de Seeland Film pour sa gentille réponse.

      • #6845 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Merci o/
        Ostros, un nouveau défi pour toi ? Nous dégotter un moyen de voir le premier long de Cyril Schäublin, « Dene wos guet geit » (« Those Who are fine ») sorti en 2017; pas trouvé moi.
        https://europeanfilmawards.eu/en_EN/film/those-who-are-fine.11532

        • #6852 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          le père noel est passé dans ta boite mail
          tu sauras donc bientot qu’un grand cinéaste nous est né

          • #6853 Répondre
            Ostros
            Invité

            Juliette, veinarde, fais tourner 😉
            madmrspi@gmail.com

          • #6920 Répondre
            Guillaume P
            Invité

            Vu aujourd’hui après avoir vu Desordres hier, et oui, je confirme, il y a un très grand cinéaste devant nous.
            Merci pour la découverte, je ne connaissais pas son nom il y a encore deux semaines.

            • #6922 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Moi non plus
              Quelle plus grande joie que de voir naitre un artiste? Quelle plus grande joie que de se voir augmenté d’un ami?

          • #6954 Répondre
            Hervé Urbani
            Invité

            Bien que terrifié par la perspective que mon adresse mail ne dévoile mon identité, j’assume et je prends mon risque : hervurbani@yahoo.com

          • #7452 Répondre
            Bilal
            Invité

            Bonjour, je viens de découvrir Désordres ce matin et je suis très curieux de découvrir son premier film si c’est encore possible, merci! voici mon mail : bilalzergour@gmail.com

    • #6830 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Spéciale dédicace aux quatre derniers souverainistes de gauche – qu’on retrouvera bientot à droite, comme tous leurs prédécesseurs.

    • #6885 Répondre
      Cyril
      Invité

      Pardon pour la trivialité mais : y a quoi à voir au ciné en ce moment ?
      Déjà vu et apprécié Voyages en Italie.
      L’établi ça vaut quelque chose ? J’avais aimé le bouquin.

      • #6896 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ici tous ceux qui ont vu Désordres n’en sont pas revenus
        Tu peux aussi aller voir l’Adamant, que pourtant je ne sens pas

        • #6897 Répondre
          Tony
          Invité

          Quand on a vu Arguments et que l’on voit la bande annonce de L’adamant on est dans un drôle d’état,autant les entendeurs de voix nous paraissaient avoir une puissance insoupçonnable et presque enviable autant ceux que l’on voit dans la bande annonce de L’adamant nous paraissent avoir une case en moins,drôle de contraste.

        • #6898 Répondre
          Tony
          Invité

          Quand on a vu Arguments et que l’on voit la bande annonce de L’adamant on est dans un drôle d’état,autant les entendeurs de voix nous paraissaient avoir une puissance insoupçonnable et presque enviable autant ceux que l’on voit dans la bande annonce de L’adamant nous paraissent avoir une case en moins,drôle de contraste.

          • #6899 Répondre
            Tony
            Invité

            Désolé pour le doublon,je ne sais pas ce qui s’est passé

    • #6888 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Pour ceux qui sont allés voir Ema hier, qu’est ce qui fut dit sur les nombreux passages de danse dans la ville très « clip » ?

      • #6933 Répondre
        riviere
        Invité

        Je ne sais pas si cela répondra à ta question Seldoon mais voici quelques notes de ce que j’ai retenu de la présentation de François hier. J’ai passé une super soirée aussi je prolonge le plaisir et du plaisir et du désir il y en a dans ce film. Je ne serai pas exhaustive.
        Attention spoiler, si vous n’avez pas vu Ema, ne lisez pas.

        François a mentionné la présence d’un clip unique au milieu du film, cet élément à part entière des procédés utilisés par Larrain: le clip comme addition d’endroits multiples pendant qu’on entend un seul morceau de musique, fait partie du kaléïdoscope construit par Larrain, nous donnant à voir les multiples facettes d’Ema et bâtissant ce personnage.
        Les volontés contradictoires d’Ema, ses caresses et ses injures, « je suis amour » « je suis le mal », l’anaphore à Gaston « c’est de ta faute », « tu as gâché ma vie et j’ai gâché la tienne », je pars je reste, on rend l’enfant puis on met tout en œuvre pour le récupérer, je divorce puis je chasse la nouvelle femme.
        Le côté fécond de transporter avec soi cette dialectique, l’image du feu qui détruit mais aussi féconde la terre.
        Un kaleïdoscope de séquences courtes, de dialogues avec champ – contrechamp à 180° donnant à voir des oppositions: séquence dans le bus où l’on voit deux femmes de dos, proches et lovées l’une contre l’autre, renversement on les voit de face c’est en fait Ema et sa mère, l’entente est imparfaite et les souvenirs divergent.
        Dialogue de la bande de filles sur la plage se poursuivant dans le plan suivant dans un autre endroit et la nuit, donc plus tard.
        François a souligné l’équivoque ou le multivoque du personnage, le trouble qui nous gagne quand on comprend que la situation n’est pas simplement une femme victime qui a adopté un enfant dix mois, enfant que les méchantes institutions ont repris et fait adopté par une autre famille jugée plus stable.
        Ema ne sourit jamais, elle n’affiche aucune empathie, elle insulte en dessous de la ceinture. Elle use de sa séduction pour tisser sa toile.
        Les multiples véhicules de l’émancipation d’Ema: elle quitte son conjoint/chorégraphe et va vivre avec une bande de filles à Valparaiso, pratiquer le reggaetone, danse populaire, danse de rue dont aucun leader ne dirige les pas, c’est le groupe qui s’organise. Elle vise aussi un autre dessein, réapparaître dans la vie de Paulo.
        Elle passe de l’hétérosexualité au polyamour. Elles incendient la nuit du mobilier urbain. Pas d’utilité saisissable dans ces incendies, si ce n’est la propre vibration et l’action du groupe de filles.
        Ema hyper désirante, dont le désir effraie. Elle sème le feu par le napalm et on pressent que la source de ce carburant est sans fin.
        Ema a toujours quatre coups d’avance et use de son charme, de sa réflexion pour tourner les situations à son avantage. Le spectateur est appâté par le dispositif lui-même, le plan que Ema met en œuvre calmement et dont on est témoin, voire complice.
        Je finis par le premier mouvement du film où Larrain pose l’histoire et les personnages sans aucune lourdeur, dans une séquence où alternent des tableaux courts, de courts dialogues posant l’histoire, et la chorégraphie autour d’une boule qui change de couleur (peut-être un ovule a dit une amie de François) et les danseurs (des spermatozoïdes) hommes et femmes androgynes habillés de couleur chair, exécutant le spectacle de danse jusqu’aux aplaudissements.
        Les changements de coloration, c’est encore la manifestation des multiples facettes du même que Larrain nous livre sans cesse. Sa forme serait une diffraction, des angles différents, un jeu de miroirs pour cerner un personnage et cependant l’opacité persiste.

        • #6934 Répondre
          riviere
          Invité

          Désolée erreur dans la position de ce post…

          Une note personnelle:
          Ema m’a fait penser à Tartuffe dans le sens où c’est elle qui mène la danse, l’action et de l’application minutieuse d’un plan pour subvertir toute la famille, de l’usage de la séduction et de la vitalité en elle-même pour arriver à ses fins.
          Après elle a des fins radicalement différentes de celles de Tartuffe qui veut arracher ce que la société promeut. Ema poursuit des fins plus émancipatrices, elle sème le désordre, elle fait exploser la famille elle en sort pour y revenir et elle a tout transformé, elle a couché avec la mère et fait un enfant dans le dos du père. Tout le monde a succombé à son désir. Ils ne semblent pas si fâchés.

        • #6937 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Merci beaucoup !

    • #6895 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      que la forme « clip » faisait partie d’une stratégie formelle plus générale

      • #6900 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Et tu en dirais un peu plus ? De Larraín je n’ai vu que sa trilogie de portraits de femmes, et la proposition formelle est à chaque fois aussi marquée que différente. Peut-être calquée sur la personnalité de son personnage.

        • #6901 Répondre
          Zyrma
          Invité

          si j’ai bien compris, la causerie de François a été enregistrée et sera accessible à ceux qui s’inscrivent à la newsletter de l’Arlequin

          • #6902 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ils ont finalement cédé.
            La séance sur Vaurien a-t-elle été enregistrée elle aussi ? (J’insiste parce que ça m’embête vraiment de n’avoir eu aucun retour)

            • #6909 Répondre
              Zyrma
              Invité

              je pense pas, et hier quelques soucis techniques de micro donc j’espère que je ne vous vend pas du rêve pour rien
              parce que c’était bien

          • #6903 Répondre
            Juliette B
            Invité

            Merci Zyrma !
            Tu connais la date et de le film du prochain ciné-club ?

            • #6908 Répondre
              Zyrma
              Invité

              Magic Mike le 23 mai
              pour info le 25 il y a un cine club aussi Le grand soir à Fontenay sous bois (événement facebook)

              • #6911 Répondre
                Zyrma
                Invité

                mais vous aviez quoi à faire hier soir tous ?

                • #6915 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Certains sitistes n’habitent pas la région parisienne 😀😉

                • #6916 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  On était tous à une contre soirée organisée par Juan Branco, on a parlé de l’Empereur, c’était super sympa.

                  • #6931 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    avec comme clou de la soirée, m’a rapporté un espion, une projection de l’inoubliable Monsieur N, d’Antoine de Caunes, cinéaste

                    • #6938 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      En 20 ans on n’a pas trouvé d’esthetique plus puissante que celle de Monsieur De Caunes.

                      • #6943 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Par de Plekszy Gladz les moustaches, je vois bien messieurs que dans la nauséabonde ironie vous vous répandez mais par l’Histoire vos avariées provocations seront jugées, trembler vous pouvez, anéantis vous finirez.

              • #6919 Répondre
                Juliette B
                Invité

                Magic Mike, bel enchainement !

                (Anniversaire d’une proche pour moi, pas réussi à la convaincre que le sous-sol de l’Arlequin se transformait en dance floor après le ciné-club)

                • #6924 Répondre
                  Zyrma
                  Invité

                  Vos trois excuses sont valables. Enfin Sarah pourrait faire un effort, ça passe pour cette fois

                  • #6925 Répondre
                    Sarah G
                    Invité

                    ah mais j’ai fait un effort hier soir car étant sur Paris, j »y étais.
                    Ayé, je suis pardonné?

                    • #6942 Répondre
                      Sarah G
                      Invité

                      * pardonnée

          • #6910 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Ah très bien merci !

        • #6929 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Il y a cependant un pont, au moins entre Neruda, Jackie et Ema : un portrait diffracté
          (la diffraction de la forme clip s’inscrivant donc là-dedans)

    • #7000 Répondre
      Charles
      Invité

      Momcilovic très en forme sur le film de Philibert : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/sortie-de-secours/id1670512992

      • #7077 Répondre
        Ostros
        Invité

        Tu peux me résumer ce qu’il en dit stp Charles ? Je n’ai pas le temps d’écouter le podcast..

        • #7340 Répondre
          Graindorge
          Invité

          google me dit que je dois finir de configurer l’adresse électronique graindorge. Donc, svp Ostros ou une autre personne, désolée de re-déranger merci de me ré-envoyer le 1er long métrage de Chäulin à l’adresse principale: donaram85@gmail.com.

    • #7088 Répondre
      lison
      Invité

      Un beau doc actuellement sur Arte , Prendre place :
      https://www.arte.tv/fr/videos/095814-000-A/prendre-place/
      et j’espère voir bientôt ce Désordres .

    • #7094 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on note

    • #7199 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Microciné avec Olivier Zabat :

      • #7205 Répondre
        Anna H
        Invité

        Ooooh merci, Seldoon.

        • #7207 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je n’ai pas encore pu regarder, j’ai découvert ça sur le Facebook de Zabat (qui ajoutait qu’il craignait ne pas avoir été très clair).

    • #7215 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Vais voir Désordres lundi soir

    • #7216 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      L’Espagne est en train de subir une sécheresse exceptionnelle, ainsi je me suis dit qu’il serait pas inintéressant de voir ce qu’il se fait coté cinoche la bas sur les nouvelles conditions de vies qui se profilent chez eux (ils font un peu les cobayes pour nous). Je suis rapidement tombé sur Nos Soleils, ours d’or 2022 tout de même et dont voici le synopsis :
      À Alcarràs, en Catalogne, la famille Solé cultive des pêches depuis des décennies. Leurs droits sur la terre qu’il cultive ne reposent sur aucun contrat écrit, mais sur une promesse orale entre eux et la famille voisine : un de leurs ancêtres a en effet sauvé la vie d’un membre de cette famille pendant la guerre d’Espagne.
      Leur voisin leur annonce qu’ils vont devoir renoncer à l’agriculture, et que des panneaux solaires vont être installés sur leurs terres. Il propose à Quimet de changer de métier et de s’occuper de l’entretien des panneaux, un travail moins pénible et mieux rémunéré que l’agriculture selon lui. Mais Quimet tient à son métier d’agriculteur, même si les prix d’achat proposés par la grande distribution ne permettent pas de lui assurer un revenu convenable, le poussent à embaucher moins d’ouvriers agricoles, à multiplier les heures de travail, lui causant de fortes douleurs dorsales.
      Cette situation difficile provoque des tensions dans la famille. À la fin de l’été, une fois l’ultime récolte achevée, les bulldozers arrivent pour arracher les pêchers.
      Quelqu’un l’a vu ou à un avis ?

    • #7239 Répondre
      o/
      Invité

      Merci Anna H pour l’entretien de François sur Désordres que tu as publié plus tôt (https://www.youtube.com/watch?v=qpASzpCQGWk) c’est toujours un bonheur de continuer l’expérience d’un film avec des discours et des lectures…

      – sur le statut ambigu du photographe, je retiens aussi cette phrase qu’il prononce : « vous les anarchistes, on ne sait pas ce qu’il adviendra de vous ». Ça ressemble à la fois une menace (ce qu’il adviendra de vous = la mort), mais peut-être aussi une future notoriété et donc un potentiel profit pour le photographe ? C’est assez indécidable.

      – sur le chronomètre à la fin, c’est un employé communal qui demande à Joséphine et Piotr de mesurer eux-mêmes leur temps, comme une sorte de version ancestrale du big data.

      – pour moi il y a vraiment de l’humour dans le film : les flics qui sont des figures burlesques, notamment celui qui siffle à la fin ; la blague des horloges avec différentes heures, mais aussi la dictée du message télégraphique de Piotr qui doit dire tout haut un message transgressif, et bien sûr le monologue final de Joséphine qui semble terminé mais recommence à deux reprises, et puis ses « vous comprenez ? » alors que bien sûr on comprend rien.

      @François : comment ça s’est passé alors le festival ? Des découvertes ?
      Aussi, je veux bien voir le premier film de Cyril si possible. Mon adresse commence par lugo, puis arobase, et enfin hotmail point fr.

    • #7266 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Toujours intéressant de voir une quinzaine de films à la suite. Tous des courts métrages, certains atteignant 25 minutes, et un 52 minutes
      Les membres de l’équipe de sélection ont un fort tropisme expérimental, donc j’ai pu voir ce que ça excluait : de la fiction pure, c’est entendu, mais aussi du docu pour (capter des trucs quoi), mais, moins souvent dit, du dialogue. Il aura fallu attendre le dernier film pour voir une scène où deux personnes se parlent. En revanche : de la voix off partout, des journaux intimes, des deuil de parents, etc. Visiblement le comité de sélection aime les projets personnels, les sujets où on sent que le-la cinéaste parle de lui – d’elle. Moi qui n’aime rien tant que l’impersonnel j’étais pas gaté.
      Bilan? Eh bien le jury, qui était pourtant très très hétérogène, s’est entendu sur les deux seuls films qui produisaient un geste documentaire simple, et qui de toute évidence explosaient tous les autres. Puis sur un autre qui, construit par montages d’images trouvées sur le Web, finissait par avoir une grande puissance de captation (sur l’armée)

      • #7271 Répondre
        Sarah G
        Invité

        C’était quel festival de cinéma ?

      • #7274 Répondre
        o/
        Invité

        bon alors deux gagnantes déjà c’est n’importe quoi ;p
        j’avais assisté au festival du film jeune de Lyon l’année dernière et ce que tu décris m’y fait penser. Des trucs en stop-motion, des dessins animés, des espèces de clips, un maxi court-métrage de je sais plus quelle école belge qui était beaucoup plus riche (dans le sens friqué) que tout le reste et donc s’imposait un peu, et le court-métrage d’un ami qui en plus de tenter des choses formellement raconte une histoire (http://www.grec-info.com/fiche_film.php?id_film=1829), je vais voir si j’ai le droit de filer le lien.

      • #7335 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        « Visiblement le comité de sélection aime les projets personnels, les sujets où on sent que le-la cinéaste parle de lui – d’elle. » Pas un grand spécialiste mais il me semble que c’est exactement le même mouvement dans la BD, parce que le lecteur doit pouvoir « s’identifier » (C’est au moins ce que m’a indiqué un ami dessinateur de BD). Quelle plaie.

    • #7275 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Les images d’armée c’est une meuf ?

      • #7277 Répondre
        Zyrma
        Invité

        j’ai répondu quelque part ailleurs merde

        • #7278 Répondre
          Zyrma
          Invité

          ou ça a pas marché, ça me saoule
          je suis larguée

          • #7279 Répondre
            Zyrma
            Invité

            bref c’est pas la même chose

      • #7296 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non, un Suisse
        En ce moment l’épicentre du cinéma mondial est en Suisse, il faut le savoir.
        D’ailleurs j’ai vu que Federer préparait un film.

        • #7554 Répondre
          Maud
          Invité

          Ça m’aurait intéressé de le voir, celui-là. J’espère qu’il sera disponible ou passera sur Arte un de ces quatre

          • #7556 Répondre
            Maud
            Invité

            Le montage sur l’armée (le film de Federer, je suis moins pressée. Quoique il ne faut préjuger de rien : Brad Pitt est devenu sculpteur et il paraît que c’est très bien).

    • #7342 Répondre
      Graindorge
      Invité

      un documentaire que j’ai bien aimé. Elles ne savaient pas que c’était impossible alors elles l’ont fait

    • #7380 Répondre
      Charles
      Invité

      Sacré bazar le film de Corsini, dont je ne sais quoi penser :

      « Après plusieurs alertes sur les conditions de travail, dont une plainte pour agression sexuelle et des incidents en série impliquant une mineure, le CNC a décidé de suspendre l’aide à la dernière réalisation de la cinéaste, «le Retour». Enquête sur le tournage chaotique d’un film toujours pressenti pour Cannes.

      Des mails anonymes envoyés à des destinataires choisis – dont le Festival de Cannes et Unifrance – promettant de «tout dire» si le Retour de Catherine Corsini était sélectionné à Cannes ; un film soustrait de la compétition officielle quelques heures avant qu’elle ne soit annoncée ; deux lettres de soutien précipitamment adressées au délégué général du Festival, Thierry Frémaux, afin de démentir tout dysfonctionnement notable pendant le tournage et témoigner de l’absence de scène de sexe problématique : c’est peu dire qu’avant même d’exister, le douzième long métrage de Catherine Corsini connaît des hauts très hauts et des bas rarement atteints. «Le tournage a connu de nombreux rebondissements, des moments de joie et de plaisir mais aussi des moments de tensions», peut-on lire dans l’une des lettres-pétitions soumises ce samedi à l’ensemble de l’équipe technique, dont certains membres qui ont été obligés de quitter leur poste avant terme, «essorés». Premier effet de la peur d’être blacklisté et d’une panique déferlante qui frôle l’irrationnel : la totalité de nos interlocuteurs ont requis l’anonymat.

      Ce n’est pourtant pas la crainte du scandale, ni «de simples rumeurs propagées par des personnes malveillantes», comme le répètent Catherine Corsini et sa productrice, qui ruinent pour l’instant la possibilité pour le Retour de concourir à la palme d’or comme son précédent film, la Fracture. Mais bien la difficulté pour le plus grand festival de cinéma du monde d’accueillir un film pour lequel le procureur de la République a été saisi en novembre dernier par le CNC, «sur le contexte sexualisé de ce tournage avec des actrices et acteurs adolescents». Selon nos informations, le parquet n’a pas encore déterminé si les griefs concernent des conditions de travail ou des atteintes à la personne. Fait rarissime, en attendant les conclusions de l’enquête, le film a été privé de la quasi-totalité des aides publiques du CNC – soit 580 000 euros sur un budget total de 4,7 millions –, une situation susceptible de mettre en grande difficulté la société Chaz Productions dirigée par Elisabeth Pérez, la compagne de Catherine Corsini, qui produit ses films.

      L’agrément au film, qui détermine sa sortie en salle, est encore à l’étude. En cause notamment, une scène de masturbation qui n’apparaît pas dans la version du scénario envoyée à la Commission des enfants du spectacle ni dans celle de la jeune actrice Esther Gohourou, âgée de 15 ans au moment du tournage. Deux versions différentes du même scénario ont-elles circulé en fonction des destinataires ? Ou la scène a-t-elle été réinsérée et réécrite pendant le tournage, comme l’a expliqué Elisabeth Perez au Parisien, sans que la production ne prenne le soin d’en avertir la commission ? «C’est une toute petite scène, très pudique. Catherine l’avait déjà enlevée à la demande de France 3 qui jugeait qu’elle était inutile», assure-t-on dans l’entourage amical de la cinéaste. La même voix temporise : «On dépose très tardivement les scénarios à la commission. On a toujours peur d’être empêchés de tourner, donc les modifications sont très fréquentes.» Une directrice de casting adhérente du collectif féministe 50/50 s’étonne cependant : «J’ai vu des cinéastes changer un mot par crainte de ne pas entrer dans les clous, mais c’est la première fois qu’on me parle de la totalité d’une séquence expurgée !» Le retranchement surprend en effet : pourquoi, puisqu’il s’agit d’une scène «off» cadrée sur le haut du corps des acteurs, ne pas avoir tout simplement décrit dans le script la façon dont il était prévu qu’elle soit tournée ? Selon un technicien, durant les multiples prises, les deux jeunes acteurs étaient «normalement» mal à l’aise. Il précise : «La manière dont on a tourné cette scène ne me semble pas problématique – on aurait d’ailleurs refusé de travailler si c’était le cas. En revanche, j’ignore comment la jeune actrice a vécu ce moment et s’il a toujours été certain que la scène serait off.» Selon nos informations, une doublure était prévue. Puis congédiée. Puis plus disponible lorsqu’elle a été rappelée. Ladite scène aurait nécessité 17 prises, si l’on en croit le PV de la première commission d’agrément du CNC, le 8 mars.

      Le tournage du film a eu lieu en Corse du 14 septembre au 8 novembre, en période scolaire, loin du domicile d’Esther Gohourou à la Courneuve. Selon plusieurs témoins, il semblerait que la jeune fille n’ait pas été accompagnée par un parent ou tenant lieu de parent, et n’ait pas bénéficié d’un suivi éducatif conséquent – celui-ci ayant été dévolu à un infirmier, référent Covid. Selon nos informations, il a marqué son opposition aux conditions de tournage de la mineure en le quittant le 19 octobre. Par ailleurs, les journées de travail à rallonge étaient-elles compatibles avec les règles strictes qui encadrent le travail des enfants – à partir de 12 ans, pas plus de quatre heures par jour et de deux heures consécutives ? Comme par un fait exprès, une série d’accidents d’une gravité variable ont émaillé ce tournage dont les participants pouvaient difficilement s’extraire, et en particulier l’actrice mineure. Ainsi la jeune fille a-t-elle confié à sa partenaire de jeu Suzy Bemba qu’un cascadeur avait profité à plusieurs reprises du réglage d’une scène nocturne durant laquelle elle était plaquée contre un mur pour lui toucher les fesses. L’affaire a-t-elle été banalisée ? Alertée par Suzy Bemba, la productrice Elisabeth Perez, référente en matière des violences sexistes et sexuelles sur le tournage, et la cinéaste ont mené l’enquête, et ont toutes deux estimé qu’il s’agissait d’un geste professionnel mal compris. Aucune plainte n’a été déposée à ce jour. «On savait par ouï-dire qu’une mineure avait dénoncé une agression sexuelle. Le tournage continuait comme si de rien était, se souvient un membre de l’équipe. On a su bien plus tard qu’Esther avait été questionnée par la productrice.» Le délégué du Comité central d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de la production cinématographique (CCHSCT), Didier Carton, est intervenu sur le tournage à la demande des partenaires sociaux le 7 novembre et a tiré de sa visite un rapport incitatif destiné notamment à Chaz Productions. Son devoir de réserve lui interdit de s’exprimer spécifiquement sur le Retour. Tout juste souffle-t-il qu’il ne lui semble pas judicieux que la référente en matière des violences sexuelles et sexistes soit ainsi partie prenante avec le tournage et la cinéaste.

      Ni Esther Gohourou ni aucune des actrices que nous avons cherché à joindre ces derniers mois n’ont souhaité répondre à nos questions. Il n’est pas aisé de s’exprimer en confiance‚ même lorsque la cinéaste est une figure des combats portés par la gauche, féministe, par ailleurs puissante femme de réseaux – elle fait partie du conseil d’administration de la Société des réalisateurs de films. Lors des répétitions avant le début du tournage, le 24 août, Esther a été témoin d’un autre événement qui a fait l’objet d’une plainte le 3 octobre 2022. Une jeune actrice, alors pressentie pour jouer l’un des rôles principaux, raconte dans sa déposition avoir été attrapée lors d’une scène de danse «par les hanches» par le coach chargé de les exercer au jeu. Celui-ci aurait «frotté» son sexe contre le sien «en entamant de vigoureux mouvements de va-et-vient». Choquée, l’actrice a confié à la cinéaste son malaise et son souhait que le coach soit recadré. Catherine Corsini aurait coupé court à l’échange. La jeune actrice a été suspendue, puis convoquée et remerciée dans la foulée. L’inexpérience du coach a été plaidée, et tout en le maintenant dans son poste, la productrice lui a demandé d’obtenir l’autorisation de toute personne qu’il était amené à manipuler.

      La liste des problèmes qu’ont dû affronter l’équipe, la cinéaste et la production ne se laisse pas épuiser. L’inspection du travail a été appelée après un accident de la route – des figurants avaient choisi de reprendre leur voiture au petit matin après une longue scène de fête nocturne où ils auraient selon plusieurs témoins été incités à consommer de l’alcool. «Mais cela aussi, c’est relativement courant, minimise-t-on chez les professionnels du cinéma. Même si l’alcool est interdit sur les lieux de travail, il est fréquent que par souci de réalisme, pour aider le jeu, il n’y ait pas que de la grenadine sur les buffets.» Contacté, le responsable du casting de la figuration n’a pas souhaité répondre à nos questions, pas plus que le référent Covid chargé du suivi éducatif d’Esther. Tous deux ont quitté le tournage avant son terme, tout comme une machiniste et la seconde assistante réalisation, en raison d’humiliations répétées. Une scène en particulier a marqué les esprits. Elle a eu lieu à la cantine, une dizaine de jours avant la fin du tournage : des techniciens ont lu à Catherine Corsini une lettre signée par seize d’entre eux et deux des jeunes actrices afin de lui faire entendre, notamment, la souffrance au travail de ses collaborateurs. «La participation des actrices a été prise comme de la haute trahison. Elles ont été sévèrement recadrées. Des plans qu’on aurait dû tourner ont été supprimés. Catherine répétait : “Comment je vais monter mon film maintenant ? Je n’ai plus envie de les filmer”», raconte un témoin. Selon une autre source, l’une des actrices et son agent ont été peu de temps après convoqués dans le bureau de la productrice afin que dorénavant, elle se taise. Ambiance.

      Etre sommés de choisir son camp, garde rapprochée ou traître, et être traité en renégat dès lors qu’on refuse d’assister sans mot dire à des humiliations : tel est le dilemme qui a selon plusieurs personnes transformé des incompréhensions en conflits stériles puis en guerre de tranchée. Pourtant, contrairement à ce que semblent croire la productrice et la cinéaste, le silence autour du tournage a bien été respecté. Les témoins ou personnes en souffrance n’ont pas choisi de le briser en s’adressant aux médias, mais, fait rarissime, ont fait appel aux institutions compétentes – que ce soit le CCHSCT, l’inspection du travail, ou la justice.

      Aujourd’hui, l’affaire divise le milieu du cinéma. Des professionnels reconnus se disent «stupéfaits» par la sévérité de la sanction qui accable Chaz Productions. Et de citer des accidents de parcours beaucoup plus graves survenus sur des tournages le plus souvent dirigés par des cinéastes masculins, sans que les médias, le CNC ou les grands festivals ne s’en émeuvent. Du reste, ce serait bien la première fois qu’un film serait exclu de la fête cannoise pour des motifs qui tiennent à sa fabrication. «Catherine instaure avec les techniciens des relations qui peuvent dégénérer en maltraitance, mais elle n’est pas perverse», remarque une collègue de la cinéaste. Qui pointe un gouffre : «Elle a obtenu cette place en combattant le machisme, mais elle n’a pas compris ce qui se joue aujourd’hui. Elle reproche aux jeunes de s’arc-bouter sur les horaires. Certes, le droit du travail leur importe et tant mieux ! Cela ne signifie pas qu’ils font plus mal leur travail. On n’est plus dans une époque où le geste artistique justifie tous les dérèglements» – comme l’envoi d’une bouteille d’eau au visage de sa première assistante. «Elle est comme ça, Catherine, elle se laisse emporter… Mais elle n’est pas méchante», excusent les plus âgés.

      Cette farandole de problèmes est-elle soluble dans un conflit de générations ? Elle permet en tout cas de s’interroger sur le milieu du cinéma français, pressé d’en finir avec un certain «folklore» hexagonal, pour reprendre le mot d’un témoin, tout en étant désespérément attaché à une vision romantique de l’artiste qui se consume et brûle au passage celles et ceux qui se dévouent à ces côtés. Sauf erreur, c’est la première fois que Catherine Corsini travaille avec des actrices très jeunes, au point que le travail de l’une est encadré par une réglementation spécifique aux enfants. Avec ce film tourné en grande partie en Corse, dans des lieux intimes reliés à son histoire, son propre village, la maison de son père, Catherine Corsini a-t-elle eu envie de proposer sa version autobiographique du A nos amours, le film phare de Maurice Pialat qui révéla il y a quarante ans, Sandrine Bonnaire ? Le film demeure un modèle pour nombre de cinéastes de sa génération en ce qu’il inaugure une trajectoire entre un cinéaste et son actrice. Film mythique aussi, par sa manière de faire feu de tout bois, de se nourrir d’imprévus dans une fabrication pourtant douloureuse et interrompue. Peut-on aujourd’hui, et comme semble le souhaiter Catherine Corsini, tourner à la façon de Pialat ou comme le Kechiche de l’Esquive, autre inspiration de la cinéaste, en espérant saisir l’inattendu, la vie même, à l’heure où des intercesseurs d’intimité (1) se chargent de contenir les zones floues, propices aux transgressions – intercesseurs dont deux comédiennes ont demandé en vain l’intervention, selon nos informations ?

      La fixation à une époque révolue est une hypothèse pour saisir l’indulgence des proches à l’égard des débordements. L’absence de contre-pouvoirs dans une équipe constituée de fidèles chefs de poste unis à deux autorités – la productrice et la cinéaste – qui font corps, est également questionnable. D’après plusieurs voix, une telle structure a intensifié les conflits et une souffrance au travail d’autant moins prise au sérieux qu’elle s’exprime dans un contexte où les excès en tout genre sont valorisés. Le délégué général du Festival de Cannes a déjà fait savoir qu’il ne se laisserait pas intimider par des lettres de corbeaux. Le film sera-t-il vu à Cannes ? Catherine Corsini et Elisabeth Perez attendent «patiemment» leur heure et nous ont priés de faire de même. Elles ont refusé de répondre pour l’instant à nos interrogations.

      (1) Essentiellement présents sur les tournages aux Etats-Unis, ces intermédiaires sont chargés de faire valoir aux cinéastes les requêtes des acteurs lors des scènes de sexe. »

      Source : https://www.liberation.fr/culture/plainte-pour-agression-sexuelle-humiliations-lettres-anonymes-le-tournage-sous-haute-tension-du-dernier-film-de-catherine-corsini-20230419_Y4BAZ4AGH5CVFMOHXFPKUTD3DY/

      • #7449 Répondre
        Maud
        Invité

        « Catherine répétait : “Comment je vais monter mon film maintenant ? Je n’ai plus envie de les filmer» ». C’est incroyable, cette phrase, tout est là. Tout le cirque dont Corsini est le centre.

    • #7388 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Les questions posées dans les dernières lignes sont intéressantes
      Non pas : les cinéaste ont ils encore le droit de se comporter comme des connards sur un plateau? A ça la réponse est catégoriquement non. Et on espère que Corsini ravalera ses proverbiales humeurs de connasses
      La question serait : peut-on, avec les nouveaux protocoles de controle des tournages, retrouver cette sauvagerie, cette crudité, cette porosité entre hors champ et champ qui nous a donné tant de grandes scènes?
      Je suis sûr que le tournage de l’Etabli a été sain et safe. Et voyez le résultat.

      • #7389 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas osé jeter un oeil à l’Etabli. On pourrait dire la même chose pour le cinéma de Sciamma.
        Je pense quand même que le cinéma français est plus armé pour y résister que le cinéma anglo-saxon pour le meilleur et le pire. Mais chez Kechiche, si tu enlèves les scènes de cul où je comprends qu’il y ait pu avoir débat sur la méthode de tournage mais qui représentent une infime partie de ce qu’il a tourné dans sa filmo, est-ce que les autres scènes pourraient vraiment pâtir de ces nouvelles règles ? J’ai pas l’impression qu’il ait traumatisé Sara Forestier et Hasfia Herzi.

        • #7499 Répondre
          o/
          Invité

          évidemment non, il faudrait regarder précisément qui il a traumatisé et d’où viennent ces gens. Comment on filme un lever de soleil sans se réveiller avant le lever du soleil ? Comment on filme un nuage qui fonce sur la montagne sans monter sur la montagne (celle de Salvadori) ?

      • #7392 Répondre
        Tony
        Invité

        On se demande si Pialat pourrait faire A nos amours aujourd’hui et quel merdier tous ces guichets de production qui interviennent sur le scénario, j’aurais aimé savoir pourquoi France 3 juge une scène inutile.

        • #7396 Répondre
          Charles
          Invité

          On en revient toujours au même constat : l’époque du cinéma du milieu prestigieux est terminée, les grands films se font/feront dans les marges.

          • #7437 Répondre
            Seldoon
            Invité

            La méthode de travail de Kechiche mène aussi à des conditions de travail un peu compliquées pour les équipes techniques, d’après ce qu’on entend. Ce genre de choses ne fait pas encore scandale en France mais aux États Unis ça a commencé (il y a deux ans je crois ?) avec la mort (de trop) sur la route d’une personne revenant d’un tournage avec gros dépassements d’horaires.

            • #7450 Répondre
              Toni Erdmann
              Invité

              Quand on parle du loup…
              Un article vient de sortir, exactement sur cette question : https://sofilm.fr/montages-a-repetition-problemes-judiciaires-et-temoignages-accablants-enquete-sur-la-methode-kechiche/

              • #7459 Répondre
                Maud
                Invité

                « J’ai presque l’impression qu’un film est un puzzle que l’on doit trouver, mais qu’il n’en existe qu’un, et souvent j’ai le sentiment de ne jamais avoir trouvé le bon. » 
                Ça je garde, c’est trop beau.

                • #7462 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  La comparaison entre l’article sur Corsini et la papier de So Film n’est pas à l’avantage de ce dernier.

                • #7463 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  « Moi de mon vivant, je n’ai pas envie de montrer Intermezzo, mais rien ne dit que mes héritiers après ma mort n’aient pas envie de le montrer… »
                  Je garde ça aussi mais c’est plus triste.

                  • #7471 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Mais comme disait Charles, c’est un certain type de budget qui ne colle plus avec un certain type de cinéma. La méthode Kechiche pourrait très bien être adaptée dans une économie plus pauvre. On peut trouver du temps sur un plateau et respecter les conventions collectives. Il suffit d’accepter des équipes bien plus réduites, des caméras bien moins chères. Albert Serra peut tourner avec 3 caméras mais il prend des Blackmagic Pocket et non 3 Alexa. Qui dit petite caméra dit aussi moins d’équipement (machinerie, etc… jusqu’au trépied qui devient beaucoup moins cher et encombrant que celui d’une « caméra de cinema »), et/donc moins de techniciens, et/donc moins de transports, bus, camions, et/donc plus de rapidité sur le plateau. On gagne à la fin énormement d’argent avec ce genre de décision.

                    • #7498 Répondre
                      o/
                      Invité

                      La comparaison avec Serra est intéressante parce qu’il a sorti un film qui s’appelle Liberté et qui allait beaucoup plus loin dans l’explicite que Intermezzo. Et quand il revient après ça avec Tourments sur les îles, il est adoubé par la critique. Mais effectivement, Kechiche n’a pas l’air intéressé pour produire un film qui n’aurait pas l’opportunité d’être un film populaire (comme a pu l’être La graine, ou La vie d’Adèle), et peut-on lui reprocher ? alors que Serra, on sent qu’il s’en fout pas mal de qui verra son film ?
                      De l’article je retiens cette phrase qui m’émeut : « Déjà en 2017, Kechiche avait vendu sa Palme d’or aux enchères pour achever la post-production de Mektoub ». A part ça je trouve l’article plutôt élogieux. Intéressant la différence de méthode par rapport au théâtre, et le niveau d’exigence.

              • #7460 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Merde j’ai parlé trop fort

              • #7461 Répondre
                Maud
                Invité

                Par contre l’article mélange tout, franchement c’est pas rigoureux.

                • #7466 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Comme pas mal d’articles à charge contre Kechiche. A part l’histoire de la fameuse scène sur Intermezzo, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’histoires « limites » mais aucune qui par elle seule soit véritablement scandaleuse.

              • #7464 Répondre
                Ostros
                Invité

                L’article est sorti le mois dernier, je pense qu’ils le republient pour surfer sur l’affaire Corsini (= gagner de l’audimat)

                • #7476 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  De So Film, je retiens surtout la seconde équipe qui incite une femme à se frotter contre une autre pendant le tournage : ce qu’on peut rapprocher aux membres (synecdoque ?) du tournage chez Corsini qui en profitent pour toucher les adolescentes. Le reste est évidemment un entremêlas d’anecdotes sans queue ni tête qui mélange tout entre critiques artistiques et hypothèses psychologiques. L’idée que Kechiche ne s’intéresse pas à l’image m’a bien fait rire.

                  • #7477 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Je ne comprends pas qu’il ait parlé/bossé avec un type comme Emmanuel Pampuri, qui selon toute vraissemblance est extremement sympathique mais pas du tout adapté/perméable à du cinéma d’auteur.

                    • #7481 Répondre
                      K. comme mon Code
                      Invité

                      J’imagine que les personnes plus adaptées ne veulent plus travailler avec lui parce qu’il a tendance à ne pas payer les gens.

        • #7400 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Effectivement ces affaires ont le grand mérite pédagogique de faire découvrir le système de financement des films, où tout une chaine de blaireaux est fondé à donner son avis. Tout cela entrainant une chaine de rectifications corrections ajustements repassages réécritures qui ESSORENT les scénarios et donnent ce qu’on sait.

        • #7453 Répondre
          Maud
          Invité

          Perso dans A nos amours, que j’ai découvert récemment, il y a une scène ou deux qui me posent problème. Je crois qu’on sent qu’il a été fait a une autre époque, comme on dit. Mais comme on crée d’abord dans une société donnée, en fonction de ses critères, etc, on peut penser que si Pialat vivait encore et devait faire ANA aujourd’hui, il le ferait de lui-même différemment. Je ne sais pas si je suis claire.

          L’article est intéressant, parce qu’il aborde à la fois la question du droit du travail ET celle de la violence peut-être inhérente à tout processus de création. Et surtout il ne tranche rien.

      • #7402 Répondre
        lison
        Invité

        Tu l’as donc vu .
        Le film auquel j’ai le plus pensé en le voyant c’est Uranus , ce qui n’est pas exactement un compliment
        Quel effort et quelle dépense dans les décors, dans les costumes, et tout paraît tellement faux, et cette femme ( la femme de Linhart), je ne me souviens même pas qu’elle était évoquée dans le livre…
        La seule scène que je pourrai sauver si j’étais gentille c’est quand Linhart commence à bosser et se blesse.

        • #7407 Répondre
          Ostros
          Invité

          Il fallait l’atout famille avec petite fille mignonne et grand-mère solidaire pour élargir la cible spectateur.

          • #7436 Répondre
            Graindorge
            Invité

            C’est vraiment pas important du tout mais juste signaler que pas reçu à mon adresse mail le 1er film de Chäulin.
            À Paris vous êtes tous sûrement très gâtés et vous voyez plein de bons films qui enrichissent vos intelligences et élargissent vos coeurs mais ici c’est quand même un bled. Un film sort à la cinémathèque du musée d’Art Contemporain mais c’est le soir et faut aller à la capitale. Comme c’est une proposition et que plein de sitistes ont donné leurs adresses électroniques j’ai donné aussi la mienne.

          • #7489 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Tout à fait

          • #7491 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Reçu. Super. Merci

            • #7497 Répondre
              o/
              Invité

              je veux pas faire le forceur mais moi non plus. en échange je m’engage à le regarder (:

        • #7488 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Il faudrait faire la liste des films qui mettent en scène des communistes et s’emploient méthodiquement à neutraliser-aseptiser-normaliser-banaliser les personnages et situations qu’ils prétendent exhumer. Par exemple Les anarchistes, par exemple De nos frères blessés. Et maintenant L’Etabli. Où le role féminin et son incarnation gagesque par Mélanie Thierry servent à ça : féminiser le casting, ca va de soi, mais surtout le rendre familier, c’est à dire l’embourgeoiser. Et le sujet disparait devant cette forme invariante : le film français du milieu, où tout finit par ressembler à tout, quelle que soit l’époque, quel que soit le thème.

          • #7490 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Et merci pour Prendre place, film un peu incertain sur ses choix formels, mais rempli de réel

    • #7467 Répondre
      Ostros
      Invité

      Le film de Corsini est bien sélectionné en compétition officielle à Cannes.

      • #7468 Répondre
        Ostros
        Invité
        • #7470 Répondre
          Charles
          Invité

          Le Corsini plutôt que le Dumont ou le Campillo. Ok. Une compétition pas très excitante sur le papier.

          • #7472 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Un nouveau film de Campillo ?
            Vais vite regarder ça ainsi que du côté de Dumont du coup

            • #7479 Répondre
              Ostros
              Invité

              L’empire. The pitch : Sous les dehors de la vie commune d’habitants d’un village de pêcheurs de la Côte d’Opale, surgit la vie parallèle et épique de chevaliers d’empires interplanétaires. En proie aux luttes sanguinaires de ces clans à l’annonce de la naissance du Margat, Prince résurgent, mauve et immonde, Bête de la Fin des Temps, sis ici sur la Côte et marmot d’un jeune couple séparé, à l’ordinaire de leur condition dans un quartier résidentiel.

              • #7486 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Et bin.
                Les films de Dumont démarrent dès le pitch 🤣

              • #7492 Répondre
                Malice
                Invité

                Van der weyden et Carpentier reprennent du service paraît-il

                • #7495 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Ça tombe bien, ils commençaient à s’emmerder sérieux.

          • #7473 Répondre
            Tony
            Invité

            Quota de femme cinéaste oblige ?

      • #7474 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Des hommes qui profitent d’un tournage pour se frotter contre des adolescentes : il n’en fallait pas plus à Thierry pour voler à la rescousse de l’intégrité artistique du cinéma français.

        • #7475 Répondre
          Charles
          Invité

          Fremeaux n’est pas certes seul à décider mais je pense qu’il a une voix prépondérante et qu’il n’aime rien moins qu’on lui force la main pour des raisons extra-estéthiques, pour le meilleur et pour le pire. Je me demande même si la polémique n’a pas achevé de convaincre Thierry-bats-les-couilles. Ceci dit j’ai cru comprendre que pour Allen il avait dû faire machine arrière.

          • #7478 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Ouvrir le Festival avec Johnny Depp sur le tapis rouge me fait plutôt pencher sur son penchant naturel pour défendre n’importe quel connard/connasse contre la « cancel culture ». Qu’il se dise que c’est une défense de l’Art : tant mieux pour lui.

            • #7480 Répondre
              Tony
              Invité

              C’est surtout une défense des sponsors du festival

              • #7482 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Ce qui serait tout autant extra-esthétique.

                • #7487 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  On espère que Johnny ne laisse pas un cadeau souvenir aux femmes de chambre du Martinez

            • #7485 Répondre
              Carpentier
              Invité

              T’inquiète, Amber va débouler à skis sur le tapis rouge pour le dégommer vénère le Johnny.

    • #7496 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      Je ne retrouve plus l’endroit où Lison a conseillé Prendre place, que je vais essayer de voir bientôt, mais puisqu’il est question des films Arte du mois, j’en profite pour conseiller Tourments (1953) de Bunuel, film aussi appelé couramment Él. Un peu comme Sueurs froides/Vertigo, et d’ailleurs concernant les années 50, je trouve bien des parentés entre Hitchcock et Bunuel. En tout cas Tourments/Él est pour moi le meilleur film de sa période mexicaine.
      Pour l’anecdote, Lacan a trouvé tellement précis le traitement de la paranoïa du personnage principal qu’il s’en est servi pour son séminaire de Sainte-Anne.
      Beaucoup de points communs aussi avec L’Enfer et une Partie de plaisir de Chabrol.

      • #7511 Répondre
        Malice
        Invité

        Je vais suivre ton conseil et regarder El
        Il y a Viridiana aussi (que j’aime énormément)

        • #7524 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Ses deux meilleurs films mexicains en effet. Et deux de ses meilleurs
          Prendre place vaut effectivement le coup.

          • #7542 Répondre
            Malice
            Invité

            Et les meilleurs films français sont :
            « Le fantôme de la liberté »
            « La voie lactée »
            « La femme et le pantin » heu « Cet obscur objet du désir »

        • #7665 Répondre
          Maud
          Invité

          Pour prolonger, une archive de 1961 sur la genèse du film :
          « Comment est née l’idée de Viridiana ?
          – Viridiana est une sainte méconnue de l’époque de saint François d’Assise et dont, il y a longtemps le nom m’avait frappe J’ai pensé, au Mexique, à l’histoire du film, qui est né d’une image. Ainsi chaque fois je procède, et l’œuvre ensuite jaillit comme une fontaine.

          Quelle était cette image ?
          – Une jeune femme  » narcotisée  » par un vieillard : elle devient alors à la merci d’un être qui, en d’autres circonstances, n’aurait jamais pu la tenir dans ses bras. J’ai pensé que cette femme devait être pure, et j’en ai fait une novice. L’idée des mendiants est venue après, parce que j’ai trouvé naturel qu’ils fussent recueillis par une ancienne nonne dans sa propriété. Puis je me suis dit que j’aimerais voir ces mendiants dîner dans la salle à manger du manoir sur la grande table recouverte d’une nappe brodée et de chandelles. Tout à coup, j’ai eu conscience qu’ils occupaient la position d’un tableau, et j’ai évoqué la Cène de Léonard de Vinci. Enfin j’ai associé l’alléluia du Messie de Hændel à l’orgie et à la danse des mendiants, plus frappante ainsi que soulignée d’un rythme de rock and roll. Cet effet me plaisait. De même, j’ai eu envie de placer le Requiem de Mozart au moment de la scène d’amour entre le vieillard et la jeune femme et d’opposer à la douce oraison de l’Angélus le travail des ouvriers. »

          • #7687 Répondre
            Malice
            Invité

            Pour illustrer le post de Maud, une des si belles scènes du film

      • #7575 Répondre
        Maud
        Invité

        Je viens de voir mon premier Bunuel, et contre toute attente, me suis retrouvée happée par le film. Difficile de ne pas penser à Hitchcock, en effet. La paranoïa du personnage y est bien saisie, c’est vrai. Mais plus encore, ai-je trouvé, ses lubies de propriétaire – de sa femme, de ses terres -, ainsi que la complaisance de son entourage (c’est que monsieur a réussi).
        Merci beaucoup pour le conseil

    • #7520 Répondre
      Tony
      Invité

      Je partage un court métrage de 2 minutes qui vient de gagner plusieurs prix et qui a été réalisé avec une IA,c’est très perturbant et très fort,
      https://www.festivalnikon.fr/video/2022/2404

      • #7552 Répondre
        Maud
        Invité

        Merci Tony.
        Efficace. Et malin : « /imagine » c’est la commande pour faire générer une image par midjourney. La réa lit le texte qu’elle est censée avoir envoyé à l’application.
        Je trouve que c’est surtout le texte qui est intéressant.

        • #7557 Répondre
          Tony
          Invité

          Oui en effet ce texte et l’étrangeté de ces images ça crée quelque chose d’assez fort.

          • #7559 Répondre
            Maud
            Invité

            Arrhhh…. les images non je ne les aime pas des masses – mais pas parce qu’elles sont artificielles, c’est autre chose. Peut-être un effet pub ? À cause du défilé ? Le côté glauque ?

      • #7582 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je ne sais pas si le texte a été écrit par une IA, mais ce dont je suis sûr c’est que le ton, éthiquement parfait, n’est le fait que d’une humaine.
        Vraiment fort oui.

    • #7608 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      Je ne peux que me joindre au concert de louanges concernant Désordres, vu hier soir dans une salle quand même remplie au tiers de la jauge. Phénomène physique insolite : quand est apparu le générique de fin, j’ai ouvert grand la mâchoire pour pousser un cri muet de protestation tant j’aurais eu envie que le film dure au moins trois heures de plus.

      • #7613 Répondre
        Charles
        Invité

        J’en profite pour poster le lien vers la critique de Critikat, qui partage ta protestation muette, Hervé.

        https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/desordres/

        • #7667 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Je rejoins également le chœur enthousiaste à propos de Désordres. Quel ravissement.

      • #7633 Répondre
        Cyril
        Invité

        Il ne passe même pas à Lille alors que nous avons prétendument plusieurs cinémas d’art & essai…
        Pas moyen de le visionner sur internet ? Pas présent non plus sur les réseaux P2P.

        • #7641 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Oui c’est très étonnant que Désordres ne soit pas (plus?) programmé à Lille… Il passe à Douai à 20h30 ce soir je vois, mais c’est pas tout près.

    • #7610 Répondre
      Jules
      Invité

      Bonjour, je suis en temps normal un simple lecteur/observateur de ce forum mais j’ai besoin de savoir si quelqu’un a vu Chien de la Casse le premier film d’un réalisateur s’appelant Jean-Baptiste Durand. Si c’est le cas, est-ce que quelqu’un arriverait à mettre des mots sur ce film ? Je suis sorti de la séance compètement bouleversé. Croyez bien que si personne n’a le temps de répondre à ma question, je comprendrai sans difficulté.

      • #7617 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bonjour,
        J’aime beaucoup Antony Bajon et espère pouvoir m’organiser pour le voir (toujours pas vu le dernier Letourneur mais qu’est-ce que je fous, putain)
        Est-ce que je vais/peux pleurer devant ce Chien de la classe, dis?
        Car parfois, j’aime pas pleurer au ciné.
        J’avais adoré Bajon dans son perso de lou garou urbain.

        • #7618 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *casse
          ouais, no comment

      • #7619 Répondre
        Isd
        Invité

        Bonjour. Je ne peux pas dire que j’ai particulièrement aimé le film que j’ai trouvé sur des rails, sans aspérités, sans zones grises… La plupart des bonnes idées m’ont fait pensé à du Bruno Dumont, l’ambiguïté, la force d’incarnation et la mystique en moins. Ce qui fait déjà beaucoup en moins. Me restent quand même quelques scènes plutôt bien fichues en termes de tensions. Je pense par exemple à l’engueulade au restaurant, peut-être le seul moment du film où on est surpris des tournures que prend la scène. Sinon, le reste du temps, j’ai trouvé cela programmatique, sur-signifiant, et passant à côté de son sujet (l’amitié masculine à l’épreuve de la jalousie).

        • #7690 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Sur l’amitié masculine, elle y est complexe et intense, un peu comme si le pote à grande gueule qu’est Mirales voulait préserver Dog d’un chagrin d’amour de vacances, truc comme ça, il est plus protecteur que jaloux, j’ai l’impression.
          Et j’aime beaucoup l’astuce du running-plan (oui j’ai envie d’appeler ça comme ça) qui, à 3 reprises, nous montre Miralés de dos, plan sur sa nuque lorsqu’il quitte Dog qui a mieux à faire que traîner comme dhab avec son pote de collège. En mode grand frère qui rumine mais laisse le plus jeun faire son expérience alors qu’on ronge son frein en attendant que ça passe.

          J’aime beaucoup le plan large sur le plateau, la lande, lorsque les deux potes sont garés pour se parler, à l’initiative de Miralés, et que Dog quitte la voiture, et le champ par la gauche du même coup, pour regagner le village parce que ça donne rien.
          Et puis Antony Bajon est quand même sacrément lumineux comme mec.
          Son duo avec Quenard est pétillant de malice, vraiment ils m’ont filé envie de me marrer avec eux.

          • #7784 Répondre
            Isd
            Invité

            Je ne vois pas de « complexité » dans la relation masculine centrale. Ta première phrase résume ce qui se joue entre Miralés et Dog pendant 1h30. Le film ne rabat jamais les cartes. C’est ce que je retiens de l’engueulade au restaurant : le réalisateur aurait peut-être dû s’en tenir à un court-métrage. Je n’ai pas évoqué non plus la conclusion que j’ai trouvé très simpliste. Est révélée au spectateur « la faille » de Miralès : la jalousie qu’il éprouve envers Dog-Elsa vient du fait qu’il n’a jamais eu de copine, qu’il est probablement puceau. Quand un film, supposément « complexe et intense », assène à son spectateur la clé du personnage, difficile d’avoir envie de le défendre. Mais je te rejoins sur Antony Bajon, toujours impeccable dans ses rôles de personnages en réaction.

            • #7790 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Surtout compris que, depuis le collège, Dog suit Mirales, éprouve sa protection et sa compagnie, en redemande sans vraiment questionner leur relation qui, pour ce qui en est dit et montré, ressemble bien à ce qu’on peut appeler une amitié profonde.
              De celle remise en question par personne, d’où, justement, les quelques scènes de confrontation-mise au point-mini rupture durant l’épisode court d’amour de vacances qui attirent même l’attention de tout le village.
              La scène du restau: Mirales explose face au manque d’expressivité générale de Dog, il dit bien comment il s’est investi pour cette soirée d’anniv. et voir un Dog gêné, timide, taiseux ou que sais-je, une fois encore, et bien pour lui et les potes à table, Mirales trouve que cette fois, c’est trop.
              Perso, c’est plus lorsque le couple débutant est tranquillement installé devant un café et une bière que la scène m’oriente vite fait sur un agacement peut-être teinté de jalousie, oui, ou plutôt d’envie – il peut plus passer de temps seul avec Dog – et même pas, non (pourtant tu vois, j’y réfléchis)
              Même dans cette scène, Mirales a envie que Dog apprenne à l’ouvrir un peu, à moins subir, à manifester un désaccord ou quelque chose (le film démarre d’ailleurs déjà comme ça) il est agacé et provoque, est bien tête à claques dans cette scène, sans doute pour éprouver comment Dog peut faire face à la/sa connerie.
              En analyse rapide, ce duo semble être celui d’un mariole grande gueule accompagné d’un faire valoir, duo dans lequel une fois les rôles inversés avec Dog qui prend de l’avance sexuellement et sentimentalement, on pourrait s’attendre au pire -une rupture sèche – mais les deux sont très attentifs l’un à l’autre (cf. l’attention de Dog au portable qui sonne pendant l’enroulade sexuelle avec la rennaise) on croit même voir souvent chez Mirales une attention à son pote plus grande, un peu comme si c’était lui le plus attaché, le plus dépendant à cette amitié.
              Et leur attention amicale intense tient donc pour moi dans la grande scène ou eux deux, seuls, enterrent et rendent hommage à Malabar.
              Eux 2 seuls peuvent dignement accomplir cela ensemble et c’est juste beau.

      • #7677 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Salut, Jules
        Et merci de me l’avoir actualisé ce film: j’en sors.
        Misnà part le boulot que finit (?) par prendre le pote de Dog, rien ne m’a paru déjà écrit, à moi.
        Celui qui donne la réplique à Bajon, celui qui mène la danse est formidable je trouve.
        Beaucoup ri devant sa tchatche et puis, vous savez quoi ? – j’ai énormément pensé au perso de Greg (je crois) dans La blessure la vraie
        Quant au chat qui s’appelle François – respect- alors que dans la vie c’est Moka 😌 j’ai choisi de le prendre comme un clin d’oeil pour moi.
        Malabar, lui, c’est bien Malabar dans la vie et on est maintenant fan aussi de cet acteur.

      • #7696 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Et puis il y a la grande scène de l’adieu à Malabar.

    • #7673 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut les sitistes,
      Y’en a qui ont vu Chien de la casse? C’est vraiment bien, tel que les critiques le disent, ou c’est le film français random que la bande annonce laisse présager? J’hésite avec l’Etabli qui a l’air très moyen malgré le sujet. J’ai un créneau pour aller au ciné entre ajd et demain, j’ai pas envie de voir de la merde. Je précise que j’ai déjà vu les bons films du moment Désordres et Voyages en Italie. Par ailleurs, y’en a qui ont vu Habib la grande aventure? ça a l’air un peu moyen aussi, mais quand même un peu marrant et original. Merci pour votre orientation!

      • #7676 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Je ne l’ai pas vu mais des amis ont vu le Bleu du caftan, ils ont beaucoup aimé ce film, si c’est toujours à l’affiche par chez toi.
        Sinon sur les sorties de cette semaine, je ne me suis pas assez penchée sur ce qui sort ces jours ci pour te conseiller un bon film.

      • #7678 Répondre
        Carpentier
        Invité

        On recommande ce Chien de la casse.
        Est-ce que tu m’expliquerais quoiqu’il en soit le concept de film random stp? ne serait-ce que pour réfléchir à ta question à ce sujet.
        Merci,

        • #7681 Répondre
          Mathieu
          Invité

          C’est assez à l’instinct et c’est un peu pour faire mon kéké, mais maintenant que tu demandes je vais essayer de creuser:
          La bande annonce me donne l’impression du film d’auteur français typique, c’est à dire avec des aspects vaguement « auteuristes » ( belle lumière, acteurs à la mode, arène atypique, personnages de marginaux, sérieux des dialogues) mais surtout des aspects très balisés ( scénario cadenasé, histoire de frères ou d’amis qui s’aiment mais qui se déchirent, filmage moyen, mise en scène générale vue et revue) J’ai l’impression d’être face à un premier film Fémis dans le style de Rodéo, Le Prix du Succès ou Compte tes Blessures. Je sais bien que le réal en question n’a pas fait la Fémis mais je pressens ce type de formatage.

          • #7688 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Les persos n’ont rien de marginaux 🤔 c’est les vacances, ou alors j’ai vraiment rien compris encore: la fille arrose les plantes et occupe l’appart de sa tante 1 mois sinon elle habite Rennes où elle vient de valider un diplôme universitaire, un master en littérature comparée et par exemple à ce propos, ça joue avec une scène plutôt drôle -au restau – sur le contenu des études et les connaissances, la curiosité, l’intelligence quasi au faciés.
            Le perso de Bajon va partir à l’armée et le perso principal joué par Quenard, qui moi me fait vraiment marrer, deale pour les proches et va bosser dans le restau qu’ouvre un couple de potes au village.
            Ce sont que des enfants du pays, ils sont encore en âge de se marrer dehors quand ils se retrouvent; ah c’est pas la grande ville Le Pouget c’est sûr mais ça m’a pas paru factice tout ça.
            Ça me rappelle bien Corte par exemple.

          • #7692 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Après, je me dis que peut-être il faudrait qu’on prenne le temps de se dire ce qu’est un marginal-des marginaux pour chacun de nous deux.

      • #7680 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Salut Mathieu, moi j’ai vu « About Kim Sohee » avant-hier et j’ai trouvé que ça documentait assez remarquablement la vie au travail des jeunes Coréens. Assez haletant par ailleurs, on est tenus par l’enquête et un personnage central, une jeune fille, doté au départ d’une belle vitalité.

        • #7691 Répondre
          Cédric
          Invité

          About Kim Sohee donne en effet très bien à voir la condition des employés de ces plateformes d’assistance téléphonique et fait monter le malaise chez nous spectateur. La deuxième partie du film me semble par contre trop explicative et m’ennuie plutôt. On aurait aimé que le film s’arrête au lac.

        • #7694 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Quelqu’un d’autre en a parlé aussi il y a quelques jours, et ce film est encore bien à l’affiche, contrairement à Voyages en Italie par exemple.
          Après, le travail sur les plates-formes téléphoniques, d’assistance et autres services, on en a aujourd’hui pas mal de témoignages d’un peu partout.
          La pression sur les téléacteur.rices coréen.nes est vraiment singulière?

          • #7749 Répondre
            Cédric
            Invité

            Oui on connait ce fonctionnement avilissant mais on y découvre la corrélation entre le système éducatif coréen et ce genre de boites et ça en rajoute une couche dans la dégueulasserie.

    • #7674 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Ah bin je viens de voir le post de Jules, qui en est sorti bouleversé. Merde alors.
      Après revisionnage de la bande annonce et du synopsis, j’hésite quand même.

    • #7675 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Faut dire que j’aime pas la gueule et la voix de Raphael Quenard, et sa hype soudaine depuis 2-3 films.
      Ça joue

      • #7683 Répondre
        Ostros
        Invité

        A la vue de la bande annonce je vois surtout Quenard se forcer à parler avec une sorte d’intonation de teubé pour faire prolétaire du sud. Cette caricature de mec teubé qui te sort des phrases profondes (qui sont en fait du vide censé donner une dimension poétique au film) me donne des hauts le coeur. Ils ont cuté les scènes pour les besoins du rythme de la bande annonce et c’est déjà intenable. Je ne m’infligerai pas ça.

        • #7684 Répondre
          Carpentier
          Invité

          benh vous allez juste un peu rater l’humour et l’émotion que diffuse ce film.
          Rien de bien grave en somme.

          • #7685 Répondre
            Ostros
            Invité

            Tu as vu désordres ?
            Niveau émotion on est haut.

            • #7686 Répondre
              Carpentier
              Invité

              – pas encore, me suis très mal organisée pour le ciné ces dernières semaines, sais vraiment pas ce que j’ai fichu.
              La petite meuf de passage au Pouget joue bien aussi, dans Chien de la casse, et on est pas dans les potes qui se déchirent, nan, plutôt dans la.les bande.s qui se soutien.nent, veillent, la bande qui s’apprend, s’émancipe, l’éducation par les amis, y compris doucement vis à vis des aînés, tentez-le, et on pourra en reparler.
              Comme écrit un peu avant, l’humour et cette bande m’ont même ramenée à la blessure la vraie

              • #7776 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Carpentier, précise aux gens qu’on est là pile dans ton créneau de cinéma : le film français commercial d’auteur
                Sinon des gens vont y aller et revenir véner contre toi

                • #7793 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Ok mon Capitaine.
                  N’empêche que j’étais à la séance de 10h15 tout à l’heure au mk2 beaubourg qui programme encore Voyages en Italie et que je te/vous remercie pour la reco.
                  M’en vais écouter la gêne dédiée.

                • #7806 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Juste le temps de me prendre le café qui ira bien avec, et je m’installe.
                  Envie quand même, avant de vous écouter, de poser d’emblée combien Sophie est définitivement sexy déjà.
                  Je sais combien tu as souvent mis en avant, François, comment les scènes de vie de couple pouvaient manquer de quotidien, de beaucoup de ce que Sophie Letourneur n’absente pas de son film où ça cause, ça fait du quotidien en causant, aussi bien d’urbanisme que d’irritation dermato, sans cut, comme dans la vie, quand on se lève pour pisser, se changer, se doucher, quand on cause, rassure son môme et reprend ce qu’on se disait.
                  Cette fiction à tiroirs – je pense aux vidéos de famille de Letourneur aux génériques mais aussi au travail oral sur le scènar dans le lit – dit bien l’ordinaire du couple qu’on emmène aussi en voyage avec quelle réplique dans la bouche de Katerine déjà sur l’ordinaire, son extraordinaire et vice versa?
                  Sur-ce, je me tais, et j’écoute votre podcast.

                • #7813 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Et benh tu vois, François, ça m’a filé envie de lire ton Un deux, Un deux.

    • #7689 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Le nouveau Campillo sort le 31 mai. L’absence de toute sélection à Cannes est d’autant plus surprenante maintenant que la sortie s’annonce imminente.

      Bande-annonce :

      • #7716 Répondre
        Charles
        Invité

        Peut-être le premier bon film de Nadia T.

        • #7778 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          est ce qu’il y a des films français où elle ne joue pas?
          ou plutot : des films français où ne joue ni elle ni la calamiteuse Rebecca Marder?

      • #7777 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je crois que c’est précisément parce qu’il n’est pas à Cannes qu’il sort là

    • #7697 Répondre
      Hervé Urbani
      Invité

      J’ai eu envie soudain de revenir à mes premières amours dans le genre du documentaire, et je suis très étonné d’aimer Calcutta (1968) de Louis Malle plus encore que quand je l’avais découvert ado…
      Accès libre sur YouTube, je vous conseille d’en profiter – peut-être cela vous donnera envie d’aller découvrir ses autres docus majeurs – et tous d’un marxisme sans concession – comme Humain trop humain et God’s country (et d’autres encore mais ces trois-là en priorité).

    • #7708 Répondre
      Nicolas
      Invité

      Hello !
      J’essaierai de développer un peu demain, mais L’amitié d’Alain Cavalier… quel film ! pour les chanceux-ses qui peuvent aller le voir, foncez !

      • #7761 Répondre
        Anna H
        Invité

        Prévu d’aller le voir prochainement. J’aime beaucoup Cavalier.

        • #7766 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci de signaler ce film de mon cher Alain. Je vais essayer de pas le louper.

    • #7735 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      J’ai vu La collectionneuse avant-hier pour la première fois, beaucoup aimé, vous connaissez ? (humour).
      Il y a une chose qui me travaille depuis. Adrien lit Rousseau, on nous montre le livre 2 fois, clairement. Ça ne peut pas être innocent, donc c’est à interpréter non ?
      Mon interprétation de non expert en philosophie de rousseau : Adrien considère le comportement d’Haydée comme non convenable pour la vie en société (le non engagement d’une femme avec un seul homme pourrait remettre en cause l’ordre social ?). Du moins c’est ce qu’il essaye de croire puisqu’il est très attiré par elle et lutte tout le long du film contre son désir.
      J’ai pas trouvé grand chose sur l’analyse par le prisme de rousseau sur internet (j’ai pas cherché des heures non plus mon lave vaisselle est HS j’ai plus le temps de rien…).
      Quoi t’est-ce que vous en pensez ?
      Nota : il y a aussi les livres d’Haydée (un essai sur le romantisme allemand et Dracula) qui doivent être à interpréter je pense.

      • #7741 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas le meilleur Clara Morgane mais pas mal quand même.

        • #7745 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Je connais pas Clara Morgane, c’est qui ?

          • #7746 Répondre
            Charles
            Invité

            Une actrice au jeu quasiment rohmérien et aux talents multiples.

            • #7748 Répondre
              Parfaitement à l’eau
              Invité

              J’irais voir puisque tu en parles.

              • #7755 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Après, son jeu est moulé pas mal femis quand même

                • #7764 Répondre
                  Parfaitement à l\’eau
                  Invité

                  Fémis de table je dirais même plus.

                  • #7779 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Je ris d’une joie mauvaise et aigre : Charle vient un peu de toucher à ce que signifie vieillir
                    Des questions comme « c’est qui Clara Morgane? », tu en auras de plus en plus, Charles
                    Puis viendront les « c’est qui Sarkozy? » « c’est qui Jacques Audiard? »

                    Dans la Collectionneuse je pense que Rousseau est à rapprocher du motif qu’Adrien revendique haut et fort (ce qui est déjà une contradiction) sans en être capable : la solitude auto-suffisante. Le dialogue seul à seul avec les éléments. Nul autre que moi et le monde.
                    Rousseau version Reveries du promeneur… solitaire.

                    • #7783 Répondre
                      Parfaitement à l’eau
                      Invité

                      Ahah je jouais l’innocent, CM est une icône (la preuve en est qu’on peut la caser dans un même paragraphe avec Rohmer), elle doit être connue de nom chez les ado encore aujourd’hui. Pour ma part j’ai moins de 10 ans d’écart avec elle.
                      Entendu pour Rousseau, la lecture par le promeneur solitaire est plus logique que par le contrat social. Et pour le romantisme allemand d’Haydée ? Pour sa lecture de Dracula, j’ai lu quelque chose d’intéressant : « Ce qui évoque quelque part une rencontre entre naturel et surnaturel. Haydée ramène chaque soir un jeune homme différent, qui ressort de sa chambre le matin l’air épuisé… métaphore de la séductrice vampirique ».

                      • #7823 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        J’aime bien ton analyse de la succube Haydée, peut-être qu’il faut y voir un clin d’oeil ironique aux figures de femmes fatales mangeuses d’homme; il faudrait voir combien de personnages de femmes jouisseuses et libres sont aussi solaires qu’Haydée

                  • #7807 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Je te sais grè de ne point me laisser sur la touche.
                    Sinon il y a Katsuni qui, elle, est plus badminton.

                    • #7819 Répondre
                      Parfaitement à l’eau
                      Invité

                      En attendant tout le monde sauf François se dérobe à l’analyse du film en invoquant le cul. elle est belle la jeunesse !

                      • #7821 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Moi j’ai jamais réussi à le voir encore, il y a Ovidie, c’est bien ça?
                        Ou je confonds? (grand âge + dilettante participation + beaux jours qui clapotent à mes fenêtres dès tôt le matin)
                        Tu l’as visionné par quel canal?

                      • #7822 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Je suis perdu, Ovidie c’est une star du X aussi ?
                        C’est très beau La Collectionneuse, paysage comme acteurs comme propos. Je l’ai vu grâce à un œil bande, un perroquet sur l’épaule et un drapeau tête de mort (mais chut !)

                      • #7824 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Oui Ovidie est aussi une star du X

                      • #7827 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        « Ovidie c’est une star du X? » Là je me sens vieux, François.

                      • #7830 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Elle est pas si vieille, je suis passé à côté de sa carrière.

                      • #7871 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        rire

                      • #7828 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Oh putain, Sarah, j’étais partie sur un Bonello, Le pornographe 🙃
                        Fonction annuler, please? Où c’est?
                        Quant à Ovidie, dernière fois qu’on l’a évoquée avec François, elle promouvait plutôt une sorte de no sex.
                        Toutou rien, quoi.
                        Mais next!

                      • #7829 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Damned 🤗 un pirate 🥰

                      • #7833 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Je peux te faire un grosfichier stuveux.

                      • #7834 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Je vais demain en médiathèque-cinémathèque-culturothèque, je vais regarder (mais merci pour la propale, chez moi, la piraterie n’est qu’un gentil fantasme)

    • #7810 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Des gens ont vu le dernier Ari Aster ? Je lis tout et son contraire et n’ayant pas vu les 2 premiers, difficile de me décider.
      J’en profite quand même pour faire une recommandation : Misanthrope, sorti en catimini ce mercredi alors que c’est le real des Nouveaux Sauvages – qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque – une sorte de thriller autour d’un tueur de masse que j’ai trouvé tenu de bout en bout, et impeccablement joué ( Ben Mendelsohn notamment, sans doute le second rôle le plus doué d’hollywood ). C’est pas loin d’être l’un des meilleurs polars que j’ai vu depuis plusieurs années au ciné.

      • #7811 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Et le Nos cérémonies de Simon Rieth?
        Quelqu’un qui saurait déjà des trucs dessus?
        Retours de visionnage ou pressentis post-visionnage, genre. (je parle pas du pitch ou de la b.a. vu ce matin au MK2)

        • #7812 Répondre
          Carpentier
          Invité

          * pré-visionnage les pressentis, argh 😅

        • #8159 Répondre
          gebege
          Invité

          Nos cérémonies, c’est notamment des acteurs amateurs qui auraient pu donner quelque chose si le réalisateur n’était pas obsédé par la facture des jolis images ensoleillées de son long clip dans lequel rien ne se passe. Nos cérémonies, c’est aussi pile dans le créneau de ce nouveau cinéma d’auteur de genre français chic et choc, que tout le monde va défendre sous prétexte de nouveauté, mais d’une nouveauté qui n’est que marketing, et qui repose sur un public « cinéphile » qu’on fabrique dans les revues type So Film depuis quelques années maintenant, et dont Grave constituait le fer de lance. Voilà, en quelques mots, je dirais que ça n’a pas grand intérêt à part se tenir au courant de ce que s’arrache les festivals de cinéma aujourd’hui, convaincu de trouver là un renouveau dont je me passerais bien.

          • #8176 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Ok, je t’ai lu avec attention.
            Et tu ressors le chic et choc des 80’s pour Nos cérémonies 😉 j’avoue ne pas y avoir pensé du tout au visionnage de sa b.a.
            Dans tous les cas, mon focus n’est actuellement qu’après une séance pour Désordres.

          • #8200 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Très bon point socio-topographique sur les modes du temps

      • #8232 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Je n’entends que du bien de ce film depuis qu’il est sorti, je vais le tenter

    • #7814 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Moi j’ai pas compris si Carpentier était BS. Carpentier est BS?

      • #7842 Répondre
        Charles
        Invité

        Évidemment.

        • #7843 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je pensais aussi. Je lui ai demandé il y a quelques jours elle m’a dit que non.

          • #7844 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je viens de retrouver la conversation en question. Et de prendre connaissance du message de feu begodositiste invoquée le 7 avril. Donc c’est bien elle. Je passe à côté de plein de messages. Je vis des émotions fortes en décalage.
            Je suis contente de t’avoir débusquée. Depuis le début je t’avais flairée j’osais pas demander.

            • #7846 Répondre
              Mélanie
              Invité

              BS ça balançait comme pseudo, je trouve.
              Mystère levé alors, merci.

          • #7888 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Salut,
            Il se passe quoi en vrai avec ce.s pseudo.s?
            Il y a une méga dette qui apparaît en débit sur son/ses compte.s ou bien? 🙂

            • #7890 Répondre
              Tony
              Invité

              Un débit de boissons

              • #7891 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Of course

              • #7893 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Figure-toi que je m’en jette un petit au Café des Arts 😅
                Faut au moins ça si on veut causer un peu de François
                Mais je te prends après au flipper Chez Tony, si t’es dispo

      • #7900 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Du coup présentation, non? S’il y a pas mal d’anciens de Bégaudeau.info ici 🙂
        Comme ça on saura à peu près pour combien réserver

        • #7902 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Je rebondis Carpentier et vais donc me présenter.
          Sarah G, pas du tout sur Begaudeau.info ancien site, uniquement sur celui ci.
          Habitant à Angers.
          Pas d’ancien dossier donc.
          Et pour les réservations, ça serait bien les anciens et les nouveaux non?.

          • #7904 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Benh voui, enchantée.
            Surtout que perso, j’ai jamais dit que j’étais qui que se soit d’autre que Carpentier.
            Et on embrasse la personne qui a fait le coup du ‘je vais bien ne t’en fais pas’ tiens, au passage.

            • #7906 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Enchantée également Carpentier.

            • #7907 Répondre
              Ostros
              Invité

              Bizarre bizarre. Tu ressembles vachement à BS. Même frénésie – plus débridée que sur l’ancien forum certes. Même orthographe.

              • #7908 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Pas d’accord avec toi Ostros. Begodositiste tordait la syntaxe, éludait, sous-entendait au point qu’il fallait parfois la traduire. Ceci dit sans méchanceté aucune.

                • #7911 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Rien à voir mais,si ça n’a pas déjà été fait,je vous conseille de faire un tour dans la rubrique littérature du site,un beau cadeau vous attend…

                  • #7912 Répondre
                    Sarah G
                    Invité

                    Oui j’ai lu ce cadeau, et c’est un très beau cadeau en effet

                  • #7913 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    ouais, mieux, enfin quelque chose d’intéressant, heureusement que tu es là,Tony.

              • #7910 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Frénésie? Débridée ? 🙂
                Relou, quoi 🤣

            • #7937 Répondre
              begodositiste
              Invité

              bons baisers de Russie

    • #7854 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je viens de comprendre ce que BS signifiait vraiment dans votre échange

      • #7901 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Moi je dis que SarahG c’est So What, nan?

        • #7903 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Carpentier, j’ai répondu à ta proposition de présentation et non Carpentier, je ne suis pas So What ni BS ou autres.
          Je n’ai jamais pu m’inscrire sur l’ancien site, donc pas pu poster quoi que ce soit et j’ai appris l’existence de Bégaudeau.info que très tardivement.
          Voilà un problème de résolu

          • #7905 Répondre
            Carpentier
            Invité

            🙂 👋

    • #7945 Répondre
      Charles
      Invité

      https://www.bfmtv.com/people/cinema/on-a-fait-un-peu-le-deuil-de-paris-pourquoi-les-comedies-francaises-font-plus-rire-en-regions_AV-202304290120.html

      Intéressant même si curieusement on n’envisage pas l’hypothèse selon laquelle c’est précisément parce qu’il y a beaucoup de moins de choix de films en salles dans le territoires qu’on va voir ce type de comédies (alors qu’inversement, à Paris, les choix pléthoriques les diluent beaucoup plus). J’ai un peu de mal à croire à ce gouffre culturel analysé à la serpe par les professionnels dans l’article.

    • #7946 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Un bon shoot de ce qu’on appelait jadis, à juste titre pour le coup, le populisme. Qui est une version identitaire de la lutte des classes.
      Dès lors ce qu’on appelle le populisme culturel serait un pléonasme.
      L’article néglige évidemment de se demander ce que valent ces comédies. Or c’est bien ce qu’il faudrait faire, pour peut-etre retourner le populisme culturel contre lui même. C’est ça que tu revendiques? Eh ben y a pas de quoi être fier.

      • #7947 Répondre
        Charles
        Invité

        Ça n’arrivera évidemment pas, par crainte d’être accusé de mépris culturel. C’est d’ailleurs plutôt l’inverse que certains veulent faire : parler davantage de ces comédies puisque c’est ce que le « vrai » peuple du « pays réel » regarde et apprécie.

        • #7948 Répondre
          Charles
          Invité

          Par ailleurs, l’article ne se pose pas non plus la question de savoir si les spectateurs les ont vraiment aimées, en confondant comme souvent nombre de spectateurs et nombre de personnes ayant aimé. Sauf que quand on fait un tour sur AlloCiné, qui n’est pas exactement un repère de cinéphiles bobos, on constate que des films comme Les municipaux ou les Bodins sont aussi mal notés par la presse que par les spectateurs.

          • #7949 Répondre
            Carpentier
            Invité

            What? Les municipaux et Les bodins existent aussi en film?
            Dire que je ne les ai pas encore vus, secoue-toi, Carpentier, secoue-toi

    • #8003 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Vu Désordres, et c’est un film magnifique, un ravissement.
      Chef d’oeuvre
      Je remercie les sitistes et François pour cette recommandation.
      Et vais écouter l’interwiew de François sur ce film par Shiva Faloudi du mag cinéma.

      • #8005 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Toi aussi tu le recommandes donc?
        Ce film est-il long?

        • #8006 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Oui je le recommande.
          Le film dure 1 h 33 minutes.

      • #8008 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Shiva FOULADI

        • #8009 Répondre
          Sarah G
          Invité

          oups, merci Graindorge pour la correction

          • #8013 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Ok, je ne sais pas pourquoi j’avais en tête qu’il durait quasi 3 heures et, à part demain, je ne savais pas trop comment m’organiser pour voir un film de cette durée.
            Là, c’est déjà plus envisageable (les jours prochains vont être quelque peu intenses pour moi)
            Et donc, toi, c’est Sarah avec un h?

            • #8014 Répondre
              Sarah G
              Invité

              oui c’est bien ça avec un h, mais je peux comprendre les erreurs, il y a plusieurs façons d’écrire Sarah, sans h ou h au milieu.

              • #8018 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Sara aussi, sans h.
                Tout le monde n’est pas bûcheron 🤣

            • #8016 Répondre
              Sarah G
              Invité

              J’espère que tu vas pouvoir trouver des solutions pour ton organisation car cela vaut vraiment le coup de le voir ce film, ça serait dommage de le manquer.
              Je te souhaite un bon moment

              • #8019 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Ok, je me débrouille pour 🙏

        • #8011 Répondre
          Graindorge
          Invité

          mais de rien chère Sara G. Tout le monde ne s’appelle pas Dupont

    • #8027 Répondre
      Charles
      Invité

      Après la GO sur le Michon, le Reichardt (Showing up qui sort mercredi)?

      • #8029 Répondre
        Cédric
        Invité

        Ce Jeanne Dielman qu’on nous ressort ?

        • #8033 Répondre
          Charles
          Invité

          Ah oui pourquoi pas. Pas encore vu.

    • #8040 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Pas bête oui Jeanne Dielmann
      Le Reichardt sort un peu tot pour notre timing.

      • #8045 Répondre
        Zyrma
        Invité

        mais Jeanne Dielman est ressorti 2 semaines avant Showing up

      • #8046 Répondre
        Charles
        Invité

        A condition de te signer à chaque fois que tu prononces le nom de sa sainte réalisatrice.

        • #8047 Répondre
          Tony
          Invité

          J’ai peur de voir ce film,j’y renonce à chaque fois,voir toutes ces patates se faire éplucher ça m’angoisse.

      • #8051 Répondre
        Cédric
        Invité

        Jeanne du Barry un peu tard. Non vraiment je vois que la belge auréolée les gars.

      • #8234 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je suis entrain de regarder le film. L’économie de paroles me frappe. Est-ce un choix esthétique ou les gens parlaient-ils si peu à l’époque ? J’ai l’impression par contraste de baigner dans une parole permanente.

    • #8233 Répondre
      Max
      Invité

      Hello. Quelqu’un a vu « Quand tu seras grand » ? J’en sors, j’ai absolument adoré et je ne comprends pas ses critiques mollement négatives. J’y ai vu les poncifs scénaristiques déjoués (même si ok la fin cède un chouilla de terrain mais rien de grave), une belle documentation du travail en Ehpad, même la folie légèrement fantastique qui vient au bout du naturalisme (et chère à François) y est, c’est dire. Donc j’ai pensé qu’ici peut-être j’aurais des amis ?

      • #8259 Répondre
        Mathieu
        Invité

        J’ai tenté, je suis resté 20 minutes. C’est on ne peut plus niais, un plan sur deux c’est des vieux qui sourit aux bêtises des enfants, le conflit Macaigne-Maiga est ultra surjoué, il y a tout le bingo des soignants-bienveillants-mais-à-bout-par-manque-de-moyens dès les premières secondes, et c’est fait de manière très lourde, avec des engueulades constantes pour tout et rien, tel la clique du Polisse de Maiwenn. Les dialogues mettent mal à l’aise tellement ils sont lourds quand il s’agit de parler de la situation de l’ehpad et tombent à plat quand il s’agit d’envoyer des petites punchlines rigolotes. Et puis j’ai vu le truc de la réconciliation venir à 10000, avec l’aspect vivre-ensemble, partage du lieu de vie entre les jeunes et les vieux, on peut chacun s’apporter quelque-chose blabla. Et surtout, cette histoire de cantine indisponible pour les enfants obligés de manger à l’Ehpad m’a paru une diversion forcée pour justement, ne pas traiter frontalement l’Ehpad, ce dont Le Bescond est incapable tel que me l’a dit une amie qui travaillait au Film du Kiosque à l’époque de l’écriture très compliquée du scénario. Elle et/ou ses prods tenaient absolument à être en Ehpad car ils appelaient ça un « sujet porteur » ( notez le cynisme). Voyant Lebescond ramer, mon amie nous disait même à l’époque que si nous, petits scénaristes inconnus, avions un projet de « scénario Ehpad » dans nos tiroirs, on serait lu par les prods du Kiosque même si on n’était pas recommandé… Bref ils voulaient l’Ehpad sans trop d’Ehpad, alors ils ont dû créér cet artifice pour faire un truc « rencontre de deux mondes » à la Intouchables. Mais comme ils ont oublié un détail, à savoir que Lebescond n’est pas drôle, hé bien le film perd sur tous les tableaux. Mais encore une fois, je suis resté que 20 minutes. Vous pouvez essayer quand même mdr.

        • #8264 Répondre
          Max
          Invité

          Je pourrais te dire que 20 minutes c’est trop peu, car justement le scénario se retourne de manière inhabituelle à peu près au bout de cette durée là, mais en fait même les 20 premières minutes j’ai aimé.
          Mon discours, ce n’est pas de dire que c’est le film du siècle (j’étais un peu fatigué, et je pense que je me suis facilement fait emmené par mes émotions) mais plutôt qu’il est bizarrement méjugé. À la réflexion ce matin je me dis que sans doute ne trouve-t-il ni le public toledanien puisque tu le cites ni le public bégaudien.
          Oui il y a quelques clichés mais ils sont presque tous désarmorcés. Et puisque tu parles des conflits au début, je trouve justement que ceux entre les employés de l’EHPAD sont assez fins. Il y a par exemple le sujet pas clair entre eux du partage des tâches : Faut-il en faire un peu plus pour aider les copains ou rester sur son périmètre pour pas se faire niquer ? Ça revient beaucoup et on ne sait jamais vraiment quoi en penser, le film ne répond pas. C’est fin.
          Oui il y a quelques ficelles toledaniennes, avec des résolutions positives aux enjeux (le gamin skateur aïe on enfile un peu les clichés), mais il y a quelque chose en plus de très tangible dans ce film, vraiment. D’abord on reste presque 100% dans le périmètre de l’Ehpad même si ça aujourd’hui c’est plus très original, et surtout il y a une petite punkitude dans le traitement, une manière de couper les plans un peu plus tard ou tôt que d’habitude, d’inclure des dialogues un peu inutiles a priori au scénario mais qui ajoutent autre chose, un peu à la Letourneur. Un exemple plutôt discret : dans la scène de chant qui sert de résolution à la première partie du film, on voit clairement mais discrètement le prof de chant se faire chier. Il a pas envie d’être là et on le comprend. Dans cette scène ça ne sert à rien, voire c’est à rebours de son propos. Et c’est un peu comme ça tout le film, ça part bcp plus dans tous les sens formellement que le genre le voudrait. Bon ok je dis punkitude mais ce serait plus du greenday que les wampas… et à bien y réfléchir au bout du compte je ne pense pas que ça plaise à François d’ailleurs, on est sans doute malgré tout du mauvais côté de la barrière, mais disons qu’il y a pour moi une sorte de flou sur ce film. Une sorte de passerelle improbable entre Toledano et Letourneur.
          Mathieu je pense que ton anecdote de tournage t’a malheureusement conduit justement à juger à 20min de film. Et mdr toi même mon gars

          • #8266 Répondre
            Max
            Invité

            Et effectivement, je le mettrais du côté de Polisse de Maïwenn (que j’ai bien aimé) ou, dans un autre genre, de Guy d’Alex Lutz (que j’ai adoré). Un peu cette tonalité mi-figue mi-raisin tout le temps.

          • #8269 Répondre
            Max
            Invité

            Et autre chose : « Le bingo des soignants bienveillants ». Non ils ne sont pas si bienveillants, on les voit clairement se faire chier à s’occuper des vieux, mais pas que évidemment. Après oui un des sujets c’est l’Ehpad, et des moyens manquants, donc oui ça parle de ça en partie

    • #8246 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Alors là tu me retournes. S’il y.a un film que je n’ai en aucun cas envie de voir c’est bien celui là. Tu conseilles donc vraiment?
      Test : quel est ton cinéaste préféré? Si tu me dis Haneke, je fonce voir le Bescond, outrepassant le quasi mépris que m’inspire désormais Macaigne. Si tu me dis Sautet, je réfléchis.

      • #8254 Répondre
        Max
        Invité

        Comme je fais pas trop d’interview j’avais jamais sérieusement réfléchi à la question d’un seul réal mais sans trop chercher je dirais Tarantino.
        Ce film c’est pas Kechiche ou Letourneur (tiens Les coquillettes un de mes petits films pref) non plus bien sûr. C’est un naturalisme la plupart du temps chorégraphié (mais pas tout clairement) et ça tire pas mal au bon sentiment à partir d’un moment. Mais il y a quand même une fabrication, une façon qui est plutôt inhabituelle pour un film français moyen budget, aussi bien dans certains dialogues que dans le montage. J’ai du mal à te trouver l’exemple précis qui fera mouche mais disons qu’il y a plein de bizarreries qui auraient été polishés dans d’autres films et qui là font pour moi sa qualité : Oui j’aurais bien aimé avoir ton avis j’avoue.

        • #8257 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Je suis allé voir Écrit sur le vent de Sirk hier à l’institut lumière, séance suivie d’une analyse d’une historienne du cinéma plutôt intéressante.
          Un spectateur à fait une remarque sur la fin du film qui a semblé diviser la salle (attention spoiler pour la suite). On voit Marylee observer le départ de l’homme aimé avec une femme depuis la fenêtre puis elle s’installe au bureau de feu son père pour reprendre la tête de l’empire pétrolier et caresse une torchère miniature sur la bureau de façon assez suggestive. Cette personne, repris par plusieurs autres dans la salle, considère que cette fin est positive pour Marylee, qui a changé de look et a finalement obtenu le pouvoir (son geste érotique pourrait signifier que le pouvoir pourrait être une alternative a son désir pour Mitch, ça c’est mon interprétation). Je ne partage pas ce point de vue, la fin est totalement triste et la maison me fait penser à une prison (les barreaux du portail d’entrée) et le bureau une cellule (le père est systématiquement en intérieur et observe le monde depuis la fenêtre, comme Marylee à la fin). Enfin voila, c’était une discussion assez stimulante.

    • #8316 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Bonsoir,
      Jeanne Dielman est un film que je n’avais pas regardé en entier, pour diverses raison dont sa durée.
      Pourriez-vous me conseiller un ou deux autres films plus courts de sa réalisatrice?

      • #8317 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je te conseille Portrait d’une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles qui fait 1h et Je, tu, il, elle qui fait 1h20.
        De mon côté je galère à trouver ses premiers films. Si vous avez une piste.

      • #8350 Répondre
        Charles
        Invité

        Moi j’ai vu Toute une nuit qui m’avait bien plu. La folie Almayer, un ces derniers, aussi intéressant même si je dois reconnaître que j’ai somnolé devant durant plusieurs minutes.

        • #8353 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Je note aussi alors
          Merci

          • #8357 Répondre
            Anna H
            Invité

            Je n’ai vu que L’homme à la valise, un téléfilm de 1984 sur un mode burlesque : l’histoire d’une cohabitation forcée avec un ami lointain qui s’incruste dans son appart, ce qui la pousse à se replier dans sa chambre. J’avais trouvé ça pas mal du tout.

            • #8363 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              En fait, je connais un peu mais j’ai juste effleuré
              Je vais m’y mettre vraiment
              merci

    • #8351 Répondre
      Charles
      Invité

      Très intéressant épisode de Sortie de secours sur Showing up qui donne bien envie de le voir.
      Ça serait bien qu’ils invitent François une fois.

      • #8356 Répondre
        Jojojo
        Invité

        J’ai vu plusieurs fois Theo Ribeton racler François sur Twitter, pas certain qu’il soit en odeur de sainteté

      • #8399 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ce serait bien surprenant en effet

        • #8415 Répondre
          Charles
          Invité

          Pourtant il avait demandé ton texte sur Etre et avoir, je l’avais alors redirigé vers ces lieux. Il avait aussi reconnu que la GO n’était pas avare en idées, de manière générale, contrairement à celui de Burdeau, jugé assez paresseux.

          • #8459 Répondre
            Mopi
            Invité

            Non, c’est l’inverse. C’est François qu’il vise, en l’accusant notamment de « mégalomanie » parce qu’il n’y a pas de débat contradictoire dans le Gêne. Drôle d’argument. https://twitter.com/theoddore/status/1648613397317943297?s=20

            • #8461 Répondre
              Charles
              Invité

              Ah pour moi il était évident que c’était Burdeau le fumeur de pipe tant ses analyses dans son podcast ne vont jamais plus loin que ce que peut penser le tout-venant de la critique.

              • #8462 Répondre
                Tony
                Invité

                Burdeau et le tout venant de la critique c’est la meilleure.

                • #8464 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Je trouve que son podcast n’apporte pas grand -chose à ce qu’on peut déjà lire ailleurs, contrairement à celui de François, c’était frappant pour le Spielberg ou pour Tar ou pour la nuit du 12.

                  • #8465 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Alors, Charles (bonsoir)
                    Ce couronnement ?

                    • #8466 Répondre
                      Simon Parker Bowles
                      Invité

                      Contente que tu aies retrouvé mon père

                      • #8509 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        merci pour le rire et la reprise de balle 👍

                    • #8505 Répondre
                      Boal Neurazzi
                      Invité

                      Toujours aussi drôle, la mouche BFS

                      • #8508 Répondre
                        Simon Parker Bowles
                        Invité

                        ??? Si tu peux traduire, je prends. Puisque je j’ai sous la main, j’en profite. Comment fait-on pour changer de pseudo ? Merci

                      • #8510 Répondre
                        Boal Neurazzi
                        Invité

                        Ce message ne t’est pas adressé
                        C’est pour Carpentier = la mouche BFS

                      • #8511 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Bonjour BN,
                        Peux-tu laisser tomber ta tapette à mouches 2 secondes stp et y aller tout doux?
                        Manifestement, il y a un pseudo/quelqu’un d’ailleurs ou du passé ou que sais-je qui vous obsède quelque peu – enfin, quelques un.es d’entre vous du moins.
                        Et si vous passiez à autre chose ?
                        Ça simplifierait peut-être les choses pour tout le monde ici maintenant que ce site est tranquille d’accès, non?

    • #8360 Répondre
      Nicolas
      Invité

      Pour celles et ceux qui sont sur Paris, une projection du gang des bois du temple à la filmothèque ! RAZ is back ??

      https://www.facebook.com/events/257842699973546/?ref=newsfeed

      • #8361 Répondre
        Tony
        Invité

        Apparemment il a trouvé un distrib,une date de sortie est annoncée le 6 septembre

        • #8362 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci merci merci !

          • #8365 Répondre
            Ostros
            Invité

            C’est Les Alchimistes Films qui le distribuent. Qu’ils soient bénis.
            https://www.alchimistesfilms.com/

            • #8366 Répondre
              Tony
              Invité

              Je partage un bon plan,Mubi est à 4 euros pour 4 mois,ça vaut vraiment le coup.

              • #8376 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Merci Tony pour l’info sur la sortie du dernier RAZ et pour la promo Mubi.
                Et Merci à Alichimistes Films de le distribuer.Merci, Merci, Merci

                • #8400 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Bonne nouvelle en tout cas
                  Qui n’effacera pas le fait principal : un cinéaste de cette dimension met deux ans à trouver un distrib

      • #8373 Répondre
        Guillaume P
        Invité

        Mince, il semblerait que ce soit le même soir que le prochain Arlequin

    • #8388 Répondre
      Cyril
      Invité

      J’étais un peu déçu que ça ne cause pas ici de Beau is afraid, parce que j’avais été très impressionné par Midsommar à l’époque, et j’ai trouvé que c’était un gros ratage. La première heure est captivante ensuite ça devient très lourd, un rythme plus lent à mesure qu’on s’approche de la fin alors qu’on commence à avoir mal au dos (3h !), mal écrit, un histoire de mère castratrice et sa ribambelle de clichés freudiens, une complication prétentieuse à la Nolan, des scènes hystériques qui se vautrent dans le grotesque…
      Je n’avais pas été aussi fan que d’autres ici du Letourneur et pourtant ce soir j’aurais tellement préféré le revoir !

      • #8392 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Vu hier et j’en pense plus ou moins la même chose. Le type est très doué donc il y a de superbes réussites régulièrement mais je crois qu’il n’y avait pas de film à faire. Et certainement un film de trois heures.

        J’ai vu son vidéo club konbini et il y parlait de l’influence de Tati dans l’utilisation des figurants. C’est très frappant ici, mais c’était déjà présent dans Midsommar.

      • #9957 Répondre
        Ourson
        Invité

        Je ne peux pas m’empêcher de vous demander le sens que vous avez trouvé à ce film, mais en vrai : est-ce que ça vaut la peine de se poser la question ?

        J’imagine que ce n’est pas un fil à « énigmes » à décrypter mais juste une (longue) expérience sensorielle ?

    • #8403 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Je ne sais pas si certains suivent Capturemag, ils ont fait une émission sur Kubrick récemment. Le contenu n’est pas inintéressant car Rafik et Julien sont assez riches en informations sur la prod et le tournage. Au delà de ça, les quelques analyses qui sont tentés ne sont pas très intéressantes selon moi, mais il n’y en a peu.
      Et autre info sur Kubrick lu récemment qui m’a surpris : a l’époque de 2001 il avait contacté Osamu Tezuka pour être le directeur artistique sur le film. Je n’aurais imaginé un pont entre les 2 vu la différence de traitement de leurs personnages (chez Tezuka c’est souvent très chargé en émotions et souvent dans le pire).

      • #8445 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Capture c’est souvent très intéressant pour les infos sur les coulisses des films, les anecdotes de tournage, de prod etc.. . Après, l’analyse ciné est plus limité et ils sont très cinéma de genre.
        Je me souviens qu’ils avaient fait une émission sur nomadland notamment ou ils se trouvaient tous un peu comme des cons en mode  » ce genre de films on le traite mais ça nous parle pas en fait « . Et ils posaient la question de : un critique peut-il finalement traiter tous les films ?

        • #8446 Répondre
          Charles
          Invité

          « Je me souviens qu’ils avaient fait une émission sur nomadland notamment ou ils se trouvaient tous un peu comme des cons en mode ” ce genre de films on le traite mais ça nous parle pas en fait “. »
          Ah oui quand même. De grands enfants.

        • #8447 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Ouais je suis d’accord, c’est pas avec eux qu’on verra traité Dumont ou Letourneur. Par contre les Stalonne sont épluchés.

    • #8408 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ce brave Rafik
      si fragile

      • #8427 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Son émission sur la musique de film est coolos

    • #8548 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      C’est quand même admirable de rater à ce point l’art dont on passe pour spécialiste.
      Mais justement Rafik serait ça : un spécialiste. Un spécialiste n’est pas un spectateur. Les musiques de film c’est typiquement un sujet de spécialiste.

      • #8553 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Je ne dirais pas qu’il rate le cinéma (puisqu’il semble tout à fait en jouir, en apprécier la vision et même peut en vivre) mais qu’il a des goûts différents 😉
        Sur la musique de film c’est comme avec capture il apporte des informations sur la conception, exprime parfois un avis et roule.
        Je ne le considère pas comme un grand critique mais oui le terme spécialiste est adapté.
        J’attends pas la même chose d’une Gêne que d’un épisode de Capture, ça participe à la diversité.

        • #8556 Répondre
          Charles
          Invité

          Djoumi donne des infos sur le contexte de production des films, sur la carrière du cinéaste et des acteurs, beaucoup d’anecdotes en réalité. Tout ce que fait déjà Wikipédia. Mais il représente une école de la critique qui déteste le cinéma d’auteur, le « naturalisme » (avec tout ce qu’il met dedans, à savoir le cinéma qui n’est pas de genre) avec une forme d’aveuglement ou de sectarisme proprement stupéfiant. Beaucoup plus que la critique « intello » qu’il méprise.
          Ce n’est pas un mec sympa et ouvert qui enrichit notre vision du cinéma quoi.

    • #8555 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Un petit bol de consensus dès le matin.
      Que je ne bois pas
      Je maintiens que Djoumi rate le cinéma. Au bas mot il en rate un énorme pan, engoncé qu’il est dans son populisme culturel.

      • #8560 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        D’accord d’accord, dommage pour lui effectivement. il n’empêche que Capture fait le boulot pour défoncer les Marvels et touche une certaines parties du public cible donc participe à l’opposition contre cette industrie. Après je suis bien conscient des limites de l’émission. Pour rigoler on peut aller sur un de leur live twich et leur demander de parler de Hong Sang Soo.

    • #8564 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      j’ajoute que des accents consensuels sont particulièrement déplacés s’agissant d’un guerrier ressentimental comme RD

      • #8566 Répondre
        Seldoon
        Invité

        A noter que son mode de guerre joue en permanence au dernier carré de la garde, seul contre tous doublé de « je vous l’avais bien dit ». Je suis tout seul à dire que Michael Mann est un grand auteur, cinéaste du contemporain et pionnier du numérique sauf qu’en fait c’est le consensus actuel et d’ailleurs je vous l’avais bien dit. Je suis tout seul à dire que le Seigneur des Anneaux/Matrix fera date dans l’histoire du cinéma et d’ailleurs tout le monde le dit et je vous l’avais bien dit. C’est intenable et ne peut donc tenir que dans la réponse, dans la réaction, jamais dans l’affirmation.
        Je ne fais que développer « populisme culturel » et « guerrier ressentimental ».

      • #8567 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Il y a visiblement un historique que je ne connais pas sur RD…

        • #8573 Répondre
          Charles
          Invité

          Encore une fois, RD crache à la gueule de toute une tradition critique et cinématographique très appréciée ici, il n’est donc pas anormal qu’on ne l’accueille pas avec des roses.

          • #8575 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            Reçu. Merci des précisions 🙂

    • #8570 Répondre
      Marwan
      Invité

      François, je crois savoir que tu as fait une critique de « Vincent n’a pas d’écailles » de T. Salvador dans Transfuge. Y aurait-il moyen de la trouver quelque part ? Merci !

    • #8580 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on peut toujours compter sur des gens compétents

    • #8595 Répondre
      GaelleS
      Invité

      Relaxe passe ce soir pas trop trop loin de ma campagne, si vous l’avez vu, est ce que vous le conseillez ? Je n’ai pas trouvé de discussion sur ce doc dans ces pages. Merci !

    • #8601 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      deux personnes m’en ont parlé. Une de confiance, et une autre pas du tout de confiance.
      à toi de voir

      • #8646 Répondre
        GaelleS
        Invité

        Je ne sais pas si mon avis se range à celui de la personne de confiance ou de pas confiance mais je ressors du film mitigé. Il y avait pourtant 1000 pistes intéressantes qui auraient pu en faire un bon documentaire, mais elles sont souvent effleurées, avec un montage que j’ai vite trouvé désagréable. D’entrée je n’ai pas aimé la première scène avec un procédé bateau pour poser le contexte – Manon explique à des enfants pourquoi elle est inculpée – et une façon de filmer qui s’est voulue moins bateau avec une caméra qui bouge tout le temps avec des flous répétés vraiment pénibles à regarder. Reste la déclaration de Manon aux juges qui au delà de son plaidoyer montre à quel point ces 10 années de mise en examen ont eu un impact sur sa vie, le petit aperçu des activités autour du Magasin général à Tarnac qui mériteraient à elles seules un docu, la petite mise en exergue de la mise en examen d’individus alors que c’est un collectif qui est incriminé, l’évocation sans trop creuser des dissensions ou de l’absence de solidarité entre la plupart des mis en examen et d’un autre côté les soutiens qu’ont pu avoir chacun des mis en examen – ici Manon – mais qui je trouve ne sont pas très bien rendus par le doc. C’est dommage.

    • #8607 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Bon, faut que j’aille voir Désordres, moi.

    • #8665 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour ceux qui ne connaissent pas,je vous conseille ce grand film de Pontecorvo où Brando excelle(oui François il arrive à Brando d’être un grand acteur)en agent du capital envoyé sur une île des caraïbes pour fomenter un coup d’état,’libérer’le commerce en libérant le travail(où un travailleur est comparé à une prostituée bien plus rentable qu’une épouse)et in fine augmenter les taux de profit.Film marxiste limpide et passionnant.

      https://www.arte.tv/fr/videos/033520-000-A/queimada/

      • #8694 Répondre
        Maud
        Invité

        Un grand merci, Tony, j’ai découvert un extrait de ce film très récemment et regrettais de ne pas l’avoir vu.
        Brando a raté beaucoup de choses, bien plus qu’il n’en a réussi. Mais ce qu’il a réussi à faire est tellement fort que je considère son apport au cinéma comme majeur. Hâte de voir ce qu’il a réussi (et/ou pas !) dans Queimada.
        François, il me semble qu’il ne l’aimait pas beaucoup lui non plus. Quant à son corps, n’en parlons pas.

        • #8695 Répondre
          Tony
          Invité

          Cadeau Maud(je ne connais pas beaucoup d’acteurs qui réussissent à être crédible à la fois en docker ou en Jules César!)
          https://www.arte.tv/fr/videos/052440-009-A/c-etait-quoi-marlon-brando/

          • #9479 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            et moi si je ne le trouve crédible nulle part je fais quoi devant cette assertion ?
            je me tais, c’est mieux

            • #9483 Répondre
              Maud
              Invité

              Moi je veux bien avoir une discussion à son sujet parce que je trouve que c’est un acteur drôlement complexe – il n’a jamais caché, en effet, qu’il jouait quand il jouait. Mais je ne veux rien imposer car je vois bien qu’il t’agace. En tout cas c’est rare qu’on n’ait pas le même avis sur un.e comédien.ne.

              • #9487 Répondre
                Maud
                Invité

                Non mais laissons tomber, c’est pas si important.

      • #9473 Répondre
        Maud
        Invité

        Vu ! Film bizarrement fait, mais que j’ai plutôt bien aimé. Intéressant comme Brando maintient son personnage dans une indécision presque totale (sauf à la fin, qui du coup m’a moins plu). On ne comprend jamais sa motivation, c’est volontaire et c’est très fort. Merci encore.

    • #8676 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Noté
      Quoi qu’il arrive ça ne me réconciliera pas avec Brando, dont je n’aime tout simplement pas la gueule, mais peut-être avec Pontecorvo, drole de type.

      • #8680 Répondre
        Charles
        Invité

        Plus ou moins insupportable que James Dean? Je lance le débat.

        • #8681 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Marlon a le handicap d’avoir duré, et pourtant Dean est si loin devant en 3 films…

          • #8682 Répondre
            Tony
            Invité

            Dean c’est surtout des posters dans des chambres d’ado,Brando a duré et tant mieux pour Apocalypse Now,Le parrain et quelques autres chefs d’oeuvre(la poursuite impitoyable,les révoltés du bounty etc…)

            • #8685 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Tony tu me rappelles que je voulais revoir la poursuite impitoyable (après avoir revu Little Big Man qui n’en finit pas de bien vieillir).

              • #8686 Répondre
                Tony
                Invité

                Tu peux le revoir,ça tient bien le coup et Brando y est pour beaucoup.

                • #8687 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Par contre j’ai revu Bonnie and Clyde cette année et j’ai trouvé que ça avait mal vieilli,Little Big Man y a longtemps que je l’ai pas vu,je vais tenter.

            • #8702 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              C’est vrai qu’on peut aimer ses prestations comiques dans le Parrain et Apocalypse now.

              • #8707 Répondre
                Maud
                Invité

                Pas d’avis sur le Parrain, que je n’ai jamais pu voir plus de 20 minutes d’affilée tant ce film m’ennuie. Quel était le problème avec Brando ?
                Dans Apo. now, il joue 4 scènes. 2 où il est ridicule, 2 où il est magistral. Mais en réalité c’est à l’image de tout le film qui est très inégal (sublime/pénible). Je crois qu’avec Ford Coppola ils se sont bien trouvés, ils étaient tous les deux dans une expérimentation, avec les risques que ça comportait.

          • #8684 Répondre
            Charles
            Invité

            J’ai quand même beaucoup de mal avec les mines geignardes de Dean, son côté ado torturé. Brando surjoue aussi la blessure mais au début surtout avec une moue boudeuse. Ce sont deux façons pénibles mais différentes de jouer.

            • #8726 Répondre
              Charivari
              Invité

              James Dean est mort à l’adolescence. Compliqué de juger sur une personne sur si peu de prestations.

    • #8688 Répondre
      Charles
      Invité

      Seldoon, je crois que c’est toi qui avais parlé en bien des Daniels et de leur film oscarisé, Everything everywhere all at once.
      Je l’ai rattrapé sur Prime (une paternité toute récente me tenant éloigné des salles obscures, je me contente momentanément des plateformes) et j’ai plutôt été séduit même si le film n’est pas sans gros défauts. Je m’attendais à une espèce de bouillie visuelle, un montage hystérique et des plans de 2 secondes qui le rendraient irregardable, et en fait non. Ce n’est pas du Bresson mais j’ai trouvé le film somme toute assez lisible même s’il va évidemment assez vite et qu’il nous bombarde d’informations. Il faut un peu s’accrocher au début mais passé les premières 20 minutes, on s’y habitue. Le film a pour lui une certaine inventivité visuelle, une générosité des situations et idées, avec des gags franchement drôles (celui du plug anal m’a beaucoup fait rire), même si tout ça est très référencé – je me doute bien que la plupart me passent au-dessus de la tête. Les saynètes dans l’univers des doigts en forme de saucisses de hot dogs sont par exemple très réussies parce qu’on part d’une idée saugrenue, qu’on tient et développe, pour la rendre finalement assez belle et émouvante. J’aime aussi que malgré ses références le film ne soit pas racoleur avec son public comme Ready player one de Spielberg (qui prend un sacré coup de vieux) ou un pur fantasme d’adolescent geek comme Scott Pilgrim. Il est ainsi agréable d’avoir un personnage principal qui ne soit pas cool, jeune avec un physique irréel. Ce n’est pas une heroïne qui la ramène tout le temps (comme souvent dans ce genre de films) avec des punchlines qu’une douzaine de scénaristes a écrites mais une mère de famille désabusée et à bout de nerfs qui essaie de survivre. Le film n’est évidemment pas avare en clichés mais centrer le récit sur une famille asiatique de classe moyenne est plutôt rare et donc rafraichissant. Ce qui l’est nettement moins, c’est le dernier tiers quand arrivé à un tel foisonnement de récits, de situations, de grand n’importe quoi (pour le meilleur et pour le pire), le film retombe comme un soufflé pour reconduire pour la millième fois la petite dramaturgie du conflit intra-familial et des rapports mère-fille. Ce n’est pas fait sans talent, grâce notamment aux acteurs, mais il est frustrant de voir qu’on part d’une lutte à mort de multivers pour retomber sur l’acceptation par une mère de son adolescente de fille. On ne peut alors s’empêcher de repenser à cette grande leçon hitchcockienne qu’Hollywood retourne malheureusement de plus en plus souvent : il vaut mieux partir du cliché qu’y arriver.

      • #8689 Répondre
        Seldoon
        Invité

        On est bien alignés la dessus sauf la pique gratuite pour Scott Pilgrim alors même qu’Edgar Wright est l’homme le plus drôle au monde, c’est vérifiable.
        Très décevant qu’un film aussi libre finisse dans le familialisme le plus convenu. A noter que le film a aussi été bricolé très librement, à coup de tournages improvisés de stockshots a l’iPhone pour remplir les fonds verts et que l’équipe de post-production est une bande très réduite de youtubeurs au lieu d’un gros studio spécialisé. Ce genre d’astuces associées à une écriture qui optimise le budget (la blague des saucisses que tu signales et qui, progressivement, prend une place intégrale dans le récit) permet à ce quasi film de potes (a l’échelle anglo-saxonne) de jouer dans la cour, non pas des grands, mais des chers.

        • #8709 Répondre
          Charles
          Invité

          Je croyais qu’on s’était mis d’accord pour dire que Wright faisait un cinéma de puceau.
          Pour EEAAO, je pensais pas que le film était à ce point bricolé. Le rendu est vraiment convaincant. Content qu’un tel film ait eu l’Oscar du meilleur film, ça nous change des biopics de merde et autres pensums académiques.

          • #8712 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Tu as fait planter le forum pendant deux jours avec ton blasphème.

            • #8714 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Le forum aurait planté à cause de Charles et de son blasphème ? C’est une grave accusation à laquelle je ne crois pas une seconde et je lui apporte ici tout mon soutien (au blasphème).
              Charles a planté le forum, ça c’est évident, mais pour une autre raison. Il a parlé de paternité récente.
              Le site chronophage ou le biberon : l’un des deux était de trop.

              • #8715 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                C’est mon message de félicitations qui a tout fait planter. Comme si le site avait été conçu par Lagasnerie.

                • #8716 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Ca fait trois théories, et leur point commun est que le pécheur originel est Charles.

                  • #8718 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

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                  • #8720 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

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                    • #8721 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      C’était de la neige, mais le forum refuse mon dessin.

                      • #8723 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        (ça ressemblait à une très jolie chute de neige, avant que je clique sur Envoyer.)

                        Bienvenue au nouvel humain.

                  • #8737 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Je pense que c’est François qui a eu du mal à supporter la nouvelle et a décidé de planter son site le temps de la digérer.

                    • #8753 Répondre
                      Serpenthere
                      Invité

                      Bienvenue au petit Charlot ou à la petite Charlotte.

                  • #8754 Répondre
                    Eric Z.
                    Invité

                    Le pêcheur, pas le pécheur !

          • #8755 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Last night in Soho de Wright est visible en ce moment sur Netflix. Fantasy horrifique.
            Moi qui suis fan de cinéma de genre (suis-je seul.e ici ?), j’ai été flatté par l’esthétique mais déçu par le scénario. Le film promet beaucoup dans sa première heure, inattendue, et déçoit beaucoup dans la seconde, très convenue.

            • #8777 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Tu n’es pas seul.
              La première heure m’a mis en joie pour une semaine. C’est la comédie musicale que Wright n’avait pas réussie avec Baby Driver. Et ca fait énormément de bien à son cinéma de de puceau comme dit le blasphémateur de se centrer sur une femme. Malheureusement cette féminisation finit par se traduire en un pseudo féminisme d’un autre âge lors de la seconde heure qui est plus convenue qu’un Chair de Poule et beaucoup moins effrayante. Je ne connais pas d’autre film dont j’aime autant une partie sans pouvoir supporter le reste.

    • #8717 Répondre
      warlock
      Invité

      Bonjour,
      Vous pensez quoi de Rivette sur ce forum ?
      Pour ma part je viens de mettre un pied dans sa filmographie hier soir avec Celine et Julie s’en vont en bateau qui a été une grosse claque.
      Soufflé par la liberté, la joie, les actrices, la relation des personnages et la richesse de la structure.

      • #8724 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        Je pense beaucoup de bien de ses démarches, audaces, et ses compétences de cinéaste sont immenses mais dans tous les films que j’ai vus de lui, je trouve deux problèmes récurrents : la direction d’acteur (par exemple, désolé, je ne veux pas te gâcher la fête qu’a été pour toi la découverte de Céline et Julie, mais c’est pas très bien joué, surtout les deux jeunes demiurges, en particulier celle qui n’est pas Juliett Berto). Second souci, la qualité très inégale des séquences dans le même film (Céline et Julie, encore, La Fille du pont) qui tient souvent à des scénarios pas suffisamment costauds. Cavalier, qui a eu aussi sa phase «  »j’écris le film avec mes acteurs et actrices » a fait beaucoup plus fort d’après moi (
        Un étrange voyage, Martin et Léa, le Plein de super). Je termine par du positif : le dernier plan de Céline et Julie avec le chat est absolument génial.

        • #8738 Répondre
          warlock
          Invité

          « désolé, je ne veux pas te gâcher la fête qu’a été pour toi la découverte de Céline et Julie »
          Pas de problème, le film m’a fait un bien fou, je viens ici pour avoir des pistes de réflexion pour clarifier mon ressenti, tous les types de pistes me vont.
          Tu reproches quoi aux actrices ? L’Exubérance ? Parce que je trouve que c’est jamais pour occuper la place, quand elles rigolent tu sens que c’est parce qu’elles ont la trouille. Fin si c’est pour occuper la place, mais c’est le personnage qui veut l’occuper par l’actrice, je veux dire Julie (Dominique Labourier) qui crie parce qu’elle voit son reflet mal coiffé dans le miroir c’est le perso qui extériorise.
          Quelles séquences tu trouves en dessous dans Céline et Julie ?
          Ok merci pour les films de Cavalier que tu cites, pas vu, je note.

          • #8758 Répondre
            Malice
            Invité

            Warlock je te rejoins complètement sur Céline et Julie, moi aussi je suis amoureuse de ce film ( vu trois fois de suite après sa découverte).
            Et de la scène où Dominique Labourier remplace Juliet Berto sur scène pour faire la clown.
            Tu aimes aussi son Jeanne D’arc?

            • #8761 Répondre
              warlock
              Invité

              ha oui pareil il m’est déjà arrivé de plus prendre mon pied devant un film mais j’ai rarement autant eu envie de revoir le film juste après le visionnage.
              Non je découvre Rivette, j’ai juste vu celui là et Paris nous appartient, tu recommandes son Jeanne d’Arc du coup ?
              Et ouais c’est vrai que le dernier plan sur le chat est énorme, mais pourquoi il fait autant d’effet ?

              • #8770 Répondre
                Malice
                Invité

                Son Jeanne d’Arc m’a beaucoup plu oui
                A la fois j’avais l’impression d’un mystère qui me prenait tout en douceur et d’un réel très cru. Sandrine Bonnaire ne joue pas les possédées, les rêveuses ou les hystériques, elle vit ses miracles comme on va au boulot, comme si c’était une activité comme une autre d’être une sainte.
                Comme dans « Céline et Julie », il y a un équilibre entre le concret, le banal, et le mystère qui le fait soudain chatoyer.

                J’ai aussi été captivée par « La belle noiseuse » qui prend le temps de capter presque en temps réel les croquis de l’artiste ( chaque coup de crayon, de plume, de pinceau).

            • #8764 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Je ne reproche vraiment rien aux actrices, simplement je trouve que le duo Labourier-Berto est trop outré, que ça sonne faux mais c’est peut-être moi, mes yeux et oreilles car je connais pas mal de gens qui trouvent leur interprétation réussie.
              J’ai aussi un souci avec le rythme, je pense que le film n’est pas suffisamment tenu et que Rivette n’a malheureusement pas le génie d’un Eustache pour alterner scènes d’intensité et passages plus contemplatifs ou expérimentaux.
              Mais comme je salue vraiment l’audace de Rivette d’avoir fait un film aussi libertaire et novateur, je m’arrête là et je suis bien ravi que le film plaise et traverse les époques tout en restant dans l’air de son temps.

    • #8731 Répondre
      Ostros
      Invité

      On n’oublie pas à 20h le Microciné avec François autour de la collection de films Tous les garçons et les filles de leur âge : https://www.youtube.com/live/pr8vm2E10_I?feature=share

      • #8745 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Ostros pour le rappel.

        • #8746 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Eh non je n’ai pas oublié, mais les piqures de rappel sont toujours bienvenues

          • #8759 Répondre
            Malice
            Invité

            Trop de bonheur

    • #8743 Répondre
      Robert Pirès
      Invité

      Salut à tous,
      est-ce que certains savent comment voir les films d’Olivier Zabat? En dehors d’Arguments qui lui est disponible en location sur Tenk. Merci !

      • #8748 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’en ai quelques uns dans ma besace. Donne-moi ton mail, cinéphile.

        • #8771 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Oh bonne nouvelle, je les veux bien aussi :
          melanie.aaa@outlook.fr

        • #8772 Répondre
          Robert Pirès
          Invité

          un grand merci, paulric85@gmail.com

        • #8778 Répondre
          HibouDebout
          Invité

          Je suis également preneur ! Merci beaucoup ! leonard7054@gmail.com

        • #8811 Répondre
          Victor
          Invité

          J’aimerai aussi beaucoup voir les films de Zabat ! victor.audier05@gmail.com

        • #8916 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Merci Ostros pour le partage des films: je rappelle mon adresse.e: donaram85@gmail.com

        • #9040 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Ostros: pas encore reçu les films de Zabat à mon a.el

        • #9120 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Dommage. Mais c’est pas grave du tout Ostros. J’aurai certainement l’occasion de voir ces films ou d’autres. Je ne suis ni intellectuelle ni parleuse mais très cinéphile. J’avais juste cru que vous les passiez à toutes les personnes qui vous passaient leurs adresses électroniques… J’avais oublié un point important: la liberté de chacun.e de faire ce que bon lui semble. Choisir de partager avec x et pas avec y. Ça se respecte sans juger. Et merci pour ceux qui ont pu profiter de la gentillesse de votre partage.

    • #8775 Répondre
      Louise
      Invité

      En parlant de films de genre qui abordent la folie de la maternité :

    • #8782 Répondre
      Malice
      Invité

      Est-ce que quelqu’un pourrait m’indiquer où trouver « Peau de vache » de Patricia Mazuy?
      Merci d’avance

    • #8783 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a vu Showing up ? Faites-moi rêver un peu.

      • #8789 Répondre
        Bronsky
        Invité

        je l’ai vu, c’est du très bon. On peut trouver que c’est un peu « dilettante » pour le dire gentiment, mais c’est cette épure narrative qui permet la grande finesse du portrait psychologique très juste qui est dressé du personnage, qui est fait uniquement de petites contrariétés et de petites frustrations dont je trouve qui auraient pu être les miennes. Y a une vague ironie là dedans voire même des moments plutôt drôles. Le scénario ne prépare aucune « transformation » pour le personnage et rien d’autre ne se passe que l’ordinaire de la vie ce qui n’empêche pas une forme de grâce à la fin, et ce qui fait dire à certains qu’il ne se passe rien. C’est un film très fin, sans doute trop pour certains, d’après ce que j’ai pu lire ici ou là

        • #8790 Répondre
          Charles
          Invité

          Ça me rassure car effectivement j’avais lu quelques critiques mitigées, notamment de la part de Reichardtien de la première heure.

          • #8794 Répondre
            Zyrma
            Invité

            vu aussi et ressenti la même chose, ce qui n’avait pas l’air d’être le cas pour le reste de la salle quasi exclusivement féminine.
            j’ai aimé que ce soit une histoire de rien, juste quelques jours avec cette artiste, sans que la réal cherche à nous dire ce qui donne l’inspiration ou la vocation au personnage

            • #8795 Répondre
              Zyrma
              Invité

              la même chose que bronsky hein

              • #8829 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Itou, et j’ai beaucoup aimé les plans où l’on voit les artistes au travail, en train de produire de l’art, le geste, le foisonnement des formes. Et pour les gros nigauds comme moi qui stéréotypise les artistes en personnes fantasques, extraverties et fêtardes ça m’a touché de voir ici une artiste toute renfrognée, peu sûre d’elle, habillée comme un sac, et qui s’entend mieux avec les animaux qu’avec ses congénères.

                • #8917 Répondre
                  o/
                  Invité

                  Comme Bronsky, Zyrma et Xavier. Le film est remarquable, je le mettrais dans la même galaxie que Désordres. Je n’avais pas été emballé par First Cow bien que reconnaissant ses qualités indéniables. Ici, le film est encore plus épuré, probablement moins cher, le périmètre est très réduit : une sculptrice, son amie, sa famille et pourtant c’est grand. Je rejoins Bronsky sur la drôlerie que contient le film même si ce n’est pas évident au premier abord. La distance que permet le cinéma est forcément une distance à nous, et peut-être une distance de la réalisatrice sur elle-même. Les contradictions et contrariétés de Lizzie peuvent être amusantes puisqu’elles sont en dehors de notre vie. J’ai pensé à du Woody Allen mais en mille fois mieux. J’aime aussi qu’il n’y ait pas d’évolution du personnage. J’aime la façon dont les personnages s’adressent les uns aux autres, ne réagissent pas aux compliments, sont dans leur monde. J’aime la précision du regard sur les œuvres, c’est aussi visiter une galerie ce film. Enfin je trouve passionnant les différentes modalités de rapport à l’art et au monde qui sont exposées, entre Jo l’artiste hédoniste complètement dans la joie et dans sa propre puissance d’agir, Lizzie plus intellectuelle, dans la négativité à tout et la confrontation à la vie (voir sa réaction devant le « défaut » d’une pièce), et enfin Sean qui est dans la folie.

                  • #8918 Répondre
                    o/
                    Invité

                    et je trouve nulle la phrase sur l’affiche : « l’art nait du chaos ». Je ne vois vraiment aucun rapport ! ça fait sens pour quelqu’un ?

                    • #8925 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      J’avais même pas fait gaffe à cette apophtegme que « l’art naît du chaos » sur l’affiche. C’est un peu grossier pour appâter le chaland. En cherchant il semble que ce soit la traduction qui a été trouvée pour le titre « showing up », le titre original a été gardé et le sous-titre ajouté. Ce me semble un très mauvais choix de traduction, « showing up » est tellement plus ambigu et malin dans sa polysémie.
                      Dans un tout autre registre, ça me fait penser à la traduction de « Revolutionary Road » par Noces rebelles, quoi qu’on pense du film c’est vraiment naze comme traduction. Il faudrait faire un compedium des mauvaises traductions d’oeuvre d’art (films, livres…).

              • #8830 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Discussion pointue !! (Divulgachage : ils ont aimé)

    • #8798 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Je recommande aux amateurs/trices de genre le petit film Something in the dirt, 2022, d’Aaron Moorhead et Justin Benson, passé inaperçu un peu partout. Je l’ai vu sur la plateforme Shadowz.
      Filmé pendant le confinement américain, le film raconte l’histoire de deux voisins témoins d’un phénomène mystérieux et inexplicable dans une résidence californienne – objets en lévitation, projections de lumières fantastiques et températures invraisemblables. Désireux de partager leur découverte, les deux protagonistes décident de la documenter d’en l’espoir de vendre un film à Netflix.
      L’élément merveilleux est dévoilé très rapidement pour que le film puisse se concentrer sur son sujet – deux hommes se rencontrent et pourraient devenir amis, complices dans la contemplation d’un phénomène, mais petit à petit se révèlent incompatibles l’un à l’autre. Les différences sociales et les aspirations divergentes vont peu à peu les opposer et rendre secondaire, voire inutile, la magie qui pourrait les unir.
      C’est un film sur la non-amitié et aussi un film sur la production cinématographique, un objet qui séduit sans en faire trop malgré son esthétique clip et son rythme dynamique, que l’on pourrait qualifier de comédie merveilleuse dramatique, encore qu’il est difficile de catégoriser cette non-aventure.

    • #8805 Répondre
      Gwendoline
      Invité

      Bonjour,

      Je viens de voir Désordres, selon vous, à quoi servent les pastilles (petites billes blanches) que prennent certaines ouvrières (notamment celle qui va aller en prison)? merci pour vos éclairages.

      • #8810 Répondre
        Ostros
        Invité

        Bonjour Gwendoline,
        Ce sont des pastilles qui servent à être mangées.
        Si elles sont à la menthe ou à l’anis j’imagine qu’elles rafraîchisent l’haleine en plus de diffuser un goût sucré agréable – si elles sont sucrées.
        Je t’en prie. Si tu as d’autres questions sur le film n’hésite pas. Quelle taille font les allumettes par exemple.

        • #8834 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Réponse sèche, on dirait
          Quant à moi je veux bien une vraie réponse, parce que je me suis posé la même question.

      • #8848 Répondre
        Anna H
        Invité

        Je me suis posée la même question.
        J’en profite pour partager cet entretien de Cyril Schaüblin pour la radio télévision suisse :
        https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/l-invite-cyril-schaublin-unrueh-25880696.html

        • #8849 Répondre
          Anna H
          Invité

          Posé, oups.

      • #8850 Répondre
        GaelleS
        Invité

        Il n’y est pas question de ces intrigantes pastilles mais voici un autre lien vers une émission (La suite dans les idées dans sa deuxième partie) avec le réalisateur https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/l-economie-avant-l-economie-4486192

        • #8851 Répondre
          Anna H
          Invité

          Merci Gaëlle !

          • #8854 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Merci Anna H et GaelleS

            • #8857 Répondre
              GaelleS
              Invité

              avec plaisir camarades. j’ai tenté quelques recherches pour nous éclairer sur ces fameuses pastilles mais pour l’instant je n’ai rien trouvé. j’ai néanmoins dégoté le texte de Florian Eitel « Le vallon horloger et ses anarchistes » que je viens de parcourir et qui m’a l’air bien intéressant, sur le rapport au temps, le travail des femmes vu par les patrons, et bien sur la constitution de l’anarchisme ouvrier https://www.intervalles.ch/wp-content/uploads/2022/09/vallon-eitel-long.pdf
              j’ai fait une recherche dans le texte ‘pastille’ ‘drogue’ ‘bonbon’ ‘dragée’ sans succès mais peut être qu’il y a dedans une info sur notre sujet de préoccupation du jour

              • #8859 Répondre
                Marwan
                Invité

                Je me demandais justement si ce n’étaient pas des pastilles (homéopathiques) contre le tremblement essentiel (maintien d’une posture et répétition des mêmes gestes). D’où le fait que l’ouvrière plus âgée en consomme plus… Mais ce n’est qu’une hypothèse, je n’ai pas encore trouvé de source assez fiable à ce sujet.

                • #8861 Répondre
                  Riviere
                  Invité

                  Ce que vous décrivez me fait penser aux pastilles au génépi qu’on trouve dans les Alpes. Je n’ai pas encore vu le film…

                  • #8869 Répondre
                    cat
                    Invité

                    Les pastilles qui nous occupent serait peut-être du Saridon, un médicament qui agit sur la douleur, comme l’ibuprofène, en plus violent. Extrait d’un article de Laurent Vogel paru dans Hesamag :

                    … la question de l’alcoolisme a été au centre de débats et de formes d’organisation ouvrière au XIXe et pendant la première moitié du XXe siècle, en particulier dans les pays d’Europe du Nord. De même, la diffusion du travail à la chaîne a été accompagnée, dans un certain nombre de pays, d’une utilisation parfois massive par les services médicaux d’entreprise de médicaments analgésiques ou psychoactifs pour ‘adapter’ les travailleurs à leurs conditions de travail. Par exemple, les ouvrières de l’industrie horlogère du Jura recevaient du Saridon, un médicament extrêmement toxique pour les reins.

                    • #8871 Répondre
                      Julien Barthe
                      Invité

                      Bien joué. Je suppose qu’on peut annuler l’enlèvement de Schäublin ? Vous me dîtes, hein.

                      • #8872 Répondre
                        GaelleS
                        Invité

                        merci Cat ! c’était peut être l’ancêtre du Saridon car il est apparu vers 1930

                      • #8876 Répondre
                        cat
                        Invité

                        @ Gaelle S – tu sais bien que les Suisses ont une longueur d’avance en matière de médoc.

                      • #8873 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        information intéressante cat, cela est une explication intéressante concernant le pourquoi des prises de pastilles blanches car en effet, les ouvrières prenaient ces pastilles uniquement quand elles été au travail

                      • #8874 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        * étaient pardon

                    • #8946 Répondre
                      Gwendoline
                      Invité

                      Merci!

      • #8862 Répondre
        tristan
        Invité

        La prise de la pastille par celle qui va aller en prison, quoi de plus normal ?

    • #8847 Répondre
      Tony
      Invité

      Conférence passionnante de JB Thoret sur Sidney Lumet et cette fois ci je trouve JB très précis et  juste sur ce cinéaste majeur et un peu oublié,un cinéaste de l’indécision et de la réflexion,vraiment très intéressant

    • #8864 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Pourtant le titre n’augure pas d’une conférence de cinéma.
      J’intuite, sans trop m’avancer, qu’ici il n’est pas question une seule fois de forme.

      • #8865 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Tu ne pouvais pas plus te planter : il est question de forme une seule fois.

        • #8866 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          L’occasion néanmoins d’enfin prendre le temps de lire le livre de Lumet (Faire un film) dont le premier paragraphe me plaît presque autant que ses films : « Un jour, j’ai demandé à Akira Kurosawa pourquoi il avait choisi de cadrer comme il l’avait fait un plan de son film Ran. Il m’a répondu que s’il avait déplacé la caméra de deux centimètres vers la gauche, une usine Sony se serait retrouvée dans le champ. Deux centimètres vers la droite, er nous aurions vus l’aéroport — ni l’un ni l’autre n’avaient leur place dans un film d’époque. Seul un réalisateur sait à quoi tiennent les décisions qui vont aboutir au film tel qu’il est. Et cela peut tenir à tout et n’importe quoi, des contraintes budgétaires jusqu’à l’inspiration divine. »

        • #8867 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Il parle de plans larges qui au bout de deux ou trois minutes finissent par se rapprocher d’un objet. J’exagère, il est aussi question tres rapidement de direction en acteurs (tout le travail avec eux a lieu en amont, avec des improvisations en répétitions, plus du tout d’impro pendant le tournage), et du choix assumé d’acteurs fades dans les années 80 au lieu de Pacino et compagnie avant. Pour le reste c’est évidemment l’évolution des thématiques Lumetiennes, surtout la justice et le rapport filial, comment Sidney était donneur de leçon au debut et finit sa carrière à décrire des niveaux de gris, comment tel monologue d’Andy Garcia est en fait un discours de Lumet au spectateur.
          La conférence a l’avantage de rappeler au monde l’existence du film à bout de course, qui a ses ratés mais propose quelques scènes magnifiques et fait infiniment mieux que les tentatives récentes sur le sujet (de type Captain Fantastic ou le très vite irregardable Mosquito Coast).

          • #8870 Répondre
            Tony
            Invité

            Justement il m’a donné envie de voir ou revoir certains films et celui là je vais me le faire dans la semaine,je l’ai jamais vu et ça a l’air génial.

            • #8875 Répondre
              Seldoon
              Invité

              François me refuse en général ce point mais je trouve que Thoret sait bien donner envie de voir des films. Dans celui-la la meilleure scène est un plan séquence qui commence avec des personnages qui font la vaisselle, de mémoire. J’avais trouvé le film sur iTunes pour pas très cher.

              • #8881 Répondre
                Parfaitement à l’eau
                Invité

                Oui ils font la vaisselle en écoutant cette chanson : https://www.youtube.com/watch?v=EbD7lfrsY2s
                Magnifique scène.

                • #8892 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  Elle est là, Charles l’avait partagée autrefois

                  • #8893 Répondre
                    Juliette B
                    Invité

                    Mais moi ma scène de repas en famille préférée c’est celle-là

                    Je radote ouais

                    • #8907 Répondre
                      Anna H
                      Invité

                      J’aime beaucoup celle-ci :

                    • #8923 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      Rien n’égale celle-ci :

                      • #8926 Répondre
                        Juliette B
                        Invité

                        Hé mais c’est pas un dîner en famille ça !

                      • #8930 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Ah oui, pardon, j’ai confondu famille et amitié.
                        J’aurais vraiment pas dû lire Lagasnerie, moi qui étais si rigoureusement structuré jusqu’alors …

                      • #8932 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Tout à fait dans la même veine :

                      • #8933 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Oui, là Béla Tarr s’inspire ouvertement de Woody et de Clavier-Poiré. On est à la limite du plagiat.

                  • #8912 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Fake news, je l’avais partagée.

                    • #8913 Répondre
                      Juliette B
                      Invité

                      Ha Ha pardon Seldoon de me mélanger les pinceaux,
                      Puisque je te tiens, tu nous avais pas parlé il y a quelques temps d’un entretien Desplechin et d’un autres Letourneur bientôt visibles ? Je les ai peut-être ratés sur le site…ou alors ils sont visibles ailleurs ? Dis-moi

                      • #8914 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        En lisant Charles plus bas il semble que tu ne t’es pas mélangée du tout et que les deux partages ont eu lieu, à des moments différents.
                        Il a été décidé en interne que l’entretien Desplechin ne sortira pas, nous n’avons pas réussi à le sauver. L’entretien avec Letourneur est en revanche presque fini, on ressert pour densifier.

                      • #8924 Répondre
                        Juliette B
                        Invité

                        d’ac merci !

          • #8884 Répondre
            Charles
            Invité

            A bout de course ne contient aucun raté et fait même figure d’unique chef d’oeuvre dans la filmo très inégale du monsieur.

            • #8885 Répondre
              Seldoon
              Invité

              J’ai un mauvais souvenir de certaines scènes entre l’ado et son amoureuse, je me trompe peut-être.

              • #8889 Répondre
                Tony
                Invité

                Je confirme le chef d’oeuvre,je l’ai vu ce soir, difficile de ne pas avoir les larmes aux yeux,par contre Lumet a d’autres chefs d’oeuvre à son actif,un après-midi de chien,network,7h58,le gang Anderson mais j’avoue celui là est au dessus du lot.

        • #8868 Répondre
          Tony
          Invité

          Ça y est les mauvaises langues sont de sortie,le titre de la conf n’a rien à voir avec ce que dit Thoret,je sais pas d’où ça sort.

    • #8902 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je pourrais être aussi mauvaise langue sur Lumet. Qui est en train d’avoir une postérité à la Sautet. On s’entendait jadis ppour dire que c’était moyen et j’entends de plus en plus souvent que c’est le grand génie oublié des années 60-70. Merci Thoret, une fois de plus (l’apologie du « gris » mon dieu comme c’est original. Thoret serait il en train de nous dire que « dans l’existence y a pas de blanc y a pas de noir y’a que du gris? »)

      Mais Thoret est sans doute plutot en train de nous dire que Lumet devient un grand cinéaste quand il devient moins de gauche.
      Je ne pense pas qu’aucun des films que tu cites soit un chef d’oeuvre, pas même Un après midi de chien, mon préféré – encore trop bien-pensant.
      Je n’ai jamais vu A bout de course. Sur la seule scène de vaisselle-musique, je vois ce qui n’ira jamais chez Lumet. Chez un grand cinéaste on aurait vaguement remué en desservant les plats et faisant la vaisselle. Le ballet de la vie domestique aurait suffi à faire ballet. Là il faut en rajouter et que vraiment ça tourne à la danse, par ailleurs trop chorégraphiée ( je sens que l’acteur a bossé)

      • #8906 Répondre
        Charles
        Invité

        C’est drôle parce que quand j’ai montré cet extrait d’A bout de course il y a quelques années sur l’ancien site, je me souviens que tu l’avais trouvé géniale et déchirante. Par ailleurs, qualifier trois pas de danse à peine en rythme de chorégraphie me semble un poil excessif, même si je ne doute pas que la scène ait été répétée – on voit toutefois Phoenix en train de se marrer à la fin, semble-t-il pour de vrai.

        • #8991 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          chorégraphiée ça ne veut pas dire qu’ils ont bossé la danse six mois, mais que je sens les marques au sol

          • #9063 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            Hasard ou coïncidence ?
            L’institut lumière programme fin mai A bout de course, Thierry Fremaux le présente comme son Lumet préféré.
            Faites en ce que vous voulez de cette info, mais on est sur écoute.

            • #9069 Répondre
              Tony
              Invité

              Je crois que sur A bout de course la problématique soulevée plaît aux centristes car on y voit l’impossibilité de continuer une action radicale potentiellement violente ou terroriste lorsque l’on a des enfants et les responsabilités qui vont avec,la clandestinité et la fuite ne peuvent durer qu’un temps tandis que,et le critique des cahiers fait bien de le souligner car c’est assez grotesque,leur camarade qui vit seul et continue la lutte,armée si besoin,est montré comme un adolescent attardé,un peu débile,croyant continuer le combat politique en braquant une banque.

      • #8961 Répondre
        Tony
        Invité

        Sur la réévaluation de Lumet c’est en effet intéressant d’y réfléchir car je me souviens aussi que,plus jeune,lorsqu’un film de Lumet sortait en salle ça me laissait plutôt froid
        alors qu’aujourd’hui ça me plaît plutôt bien,est-ce le signe d’un déclin cognitif ou,plus sérieusement,le sentiment que ce cinéma  d’artisan honnête qui s’interroge sur la société du point de vue de figures minoritaires n’existe plus?

        En tout cas j’ai retrouvé la critique des cahiers,peu tendre et assez brève,sur A bout de course lors de sa sortie,je la reproduis même si je n’y adhère pas du tout:

        Ce que Lumet réussit le mieux dans ses films, c’est
        nous rendre sympathiques des comédiens a priori peu attirants, à faire vivre des personnages que tout (langage, attitude) éloigne du public. Un talent qu’un Boisset lui envierait bien. Ce pouvoir de séduction, à partir d’un scénario bancal, Lumet ne l’exploite cependant jamais a fond : Running on Empty décrit la soif d’émancipation du fils ainé d’un couple d’anciens contestataires des années 70, forcé de constamment changer d’identité et de domicile, parce que poursuivi par le F.B.I. apres un attentat raté quinze ans auparavant. Une fois l’histoire posée et le confit enclenché (I’écart se creuse entre le pére militant et son fils), la mise en scéne de Lumet fait du sur-place au détriment d’acteurs tous bien dirigés. Lumet est un cinéaste de la rue, en tous les cas « d’intérieurs ». Ce qui explique pourquoi le film sombre dans la plus terrible des banalités lorsqu’il s’agit pour Lumet de filmer des promenades ou des longues marches au bord de la mer pendant lesquelles se noue la relation entre Danny,
        le fils rebelle, et Lorna, la fille de son professeur de musique. Un traitement banal pour des personnages qui ne le sont pas, ca ne pardonne pas, et le film frise la catastrophe quand Lumet essaie de dresser le constat du militantisme anti- guerre du Vietnam des années 70. Lumet a ce titre rate magistralement la séquence finale de Running on Empty : les parents et le jeune frére de Danny sont obligés une fois de plus de plier bagages par peur d’étre découverts, Danny décide de les suivre et fait ses adieux a Lorna. Arrivé au point de rendez-vous fixé par ses parents, il apprend qu’il est libre de rester et de réaliser son réve (entrer à la Juillard School of Music). La scéne n’a ni émotion ni intensité : au moment du retournement final, Lumet avait déja fait accepter au spectateur le départ de Danny. Lorsque, dans La grande illusion, Dalio le pied foulé, pleure seul en regardant Gabin l’abandonner et que dans le méme plan Gabin revient vers lui (en entrant trés lentement dans le cadre), I’émotion est a son comble. En bref, Lumet n’est pas Renoir, mais il aurait gagné à ne pas suivre Danny, à rester sur Lorna, seule. C’est aussi dans ces choix les plus simples que la force du cinéma se joue…

    • #8992 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Si tu estimes que Lumet produit un « cinéma d’artisan honnête qui s’interroge sur la société du point de vue de figures minoritaires », ça me va très bien. Je ne sors de ma niche que si on commence à crier au génie – comme j’entends qu’on commence à le faire un peu partout, et je le redis, je vois se reproduire le syndrome Sautet, petit maitre des années 70 requalifié en génie par les leaders du gout.

      • #8999 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Sautet est quand même très lié au fameux charme discret de la bourgeoisie, on se sent bien dans ses films, à l’époque on avait de la gueule et on était beaux, l’ambiance générale de ses films plutôt que les films eux même, tout ce que tu as décrit dans histoire de ta bêtise. Lumet je ne sais pas ce qui se joue dans ce retour en grâce. Le premier cinéphile à me l’avoir ressorti comme « le grand oublié des années 70 » est un ultra conservateur déguisé en libertarien. Il me conseillait justement à bout de course (et non un après-midi de chien).
        Ce qui ressort souvent des discussions sur Lumet et a joué contre sa posterité est qu’il est difficile de reconnaître un film de Sidney Lumet sans lire son nom au générique. Il faut vraiment être calé pour trouver un lien entre 12 hommes en colère, network, un après midi de chien et 7h58.

        • #9075 Répondre
          Charles
          Invité

          C’est une réévaluation assez douce tout de même, rien à voir avec l’ampleur de la réhabilitation de Friedkin dans les années 2010 qui a eu droit à des éloges dans les Cahiers, les Inrocks, Le Monde, Libé etc. Lumet c’est plutôt la presse centriste du ciné comme Télérama j’ai l’impression.
          Je pense que cette réévaluation est largement réactive. Lumet représente un cinéma hollywoodien sérieux, adulte, pas formaliste, qui traite de vrais sujets (la corruption, la justice, l’engagement politique, les médias) tout en offrant quelques plaisirs de genre. Une sorte de cinéma humaniste divertissant. C’est un cinéma largement en voie de disparition aujourd’hui.
          Moi je ne crains pas ce cinéma et je garde un bon souvenir de Dog day afternoon et Serpico même si ça ne produit presque jamais de grands films. J’ai vu le Prince de NY récemment et c’est quand même assez raté (la faute en partie à un acteur principal pénible et à un récit confus) alors que c’est censé être une réussite indéniable.

          • #9103 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Oui c’est vrai qu’on n’est pas au niveau de l’assomption de Mann dans les années 2000
            J’aime bien aussi Serpico, qui serait presque un grand film sans les manières de qui on sait.

    • #9004 Répondre
      lison
      Invité

      Les amis, j’ai vu Désordres . Quelle joie.
      Quel calme, quelle précision, quels cadrages ( je me suis dit que le plus souvent dans les films on voit les personnages et le monde derrière, en décor, là le monde est là devant, derrière, autour et les personnages y sont) , quelle leçon de cinéma et de politique ( mais leçon ne convient pas, tant on ne nous fait pas de leçon).
      Merci d’en avoir parlé.
      Je suis tellement contente que je vous remets l’ extrait de Giono, posté ailleurs, où il est question du temps , si important dans Désordres :
      « Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n’ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts : la flèche, la route, la course de l’homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques : le soleil, le monde, Dieu. La civilisation a voulu nous persuader que nous allions vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but , c’est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu’à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l’aube ou un peu après, ou longtemps après , enfin à une heure fixée par le début de leur travail, qu’il s’allonge à travers leur travail, pendant ce qu’ils appellent « toute la journée » ; puis qu’il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent : les jours sont longs.
      Non, les jours sont ronds.
      Nous n’allons vers rien, justement parce que nous allons vers tout, et tout est atteint du moment que nous avons tous nos sens prêts à sentir. Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger, de les goûter doucement ou voracement selon notre nature propre, de profiter de tout ce qu’ils contiennent, d’en faire notre chair spirituelle, et notre âme , de vivre. Vivre n’a pas d’autre sens que ça.
      Tout ce que nous propose la civilisation , tout ce qu’elle nous apporte, tout ce qu’elle nous apportera , rien n’est rien si nous ne comprenons pas qu’il est plus émouvant pour chacun de nous de vivre un jour que de réussir en avion le raid sans escales Paris-Paris autour du monde. »
      Extrait de « La rondeur des jours » Jean Giono

      • #9080 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci beaucoup, Lison.

    • #9104 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « et tout est atteint du moment que nous avons tous nos sens prêts à sentir »

      ce pourrait être un résumé de la pensée de Rancière
      de la politique de rancière

    • #9123 Répondre
      Buster
      Invité

      Bonsoir tout le monde !
      Ça fait longtemps que j’ai rien posté mais je continue de vous lire régulièrement !
      Je viens de regarder « Salò » et j’aurais beaucoup aimé avoir vos avis et réflexions. C’est assez dur de penser le film, surtout après une première vision (qui en appellerait une seconde mais bon…). Je pourrais évidemment dire qu’il est subversif mais j’aimerais mieux saisir en quoi? Je vois bien des raisons pour certaines choses faites à son époque de sortie (notamment avec le caractère graphique des scènes) mais je me questionne plus sur ce qui se joue en sous-couche et sur ce que Pasolini « dit » réellement du fascisme et du pouvoir.
      Enfin voilà, hâte de vous lire !
      D’ailleurs, il y a pas eu beaucoup de discussions sur ce cinéaste ici si je ne me trompe pas ? Je suis curieux de savoir votre rapport avec son œuvre également.

    • #9130 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je ne crois pas que Pasolini soit un grand cinéaste, parfois je doute même qu’il ait été un cinéaste, mais c’est un sacré bonhomme dont on n’a jamais fait le tour
      De Salo je n’ai pas grand chose à dire, si ce n’est le souvenir d’une vision fascinée. Il faudrait que je le revoie. Je crois que c’est un bon exemple de ce que signifie « faire avec ». Le film n’est pas « contre » ce qu’il montre. Il le montre.

      • #9147 Répondre
        Buster
        Invité

        Merci pour ta réponse !
        Je me demande ce que tu veux dire par « Je ne crois pas que Pasolini soit un grand cinéaste, parfois je doute même qu’il ait été un cinéaste » ?
        Personnellement, je crois que la réputation de Pasolini et de « Salò » leur ont plutôt nui, dans la mesure ou leurs mythologies empêchent de les penser. Par exemple, je me rends compte que le film a beau être d’une violence extrême, il n’est absolument pas cruel en soit. Quelque chose d’abstrait l’empêche d’être de la simple violence crue faite pour choquer. En tout cas, je me dis que beaucoup de cinéastes ou de films qui se réclament de lui ou qui pourraient être comparés à lui, sont totalement à côté parce qu’ils en retiennent qu’une forme (mal digérée) de son esthétique ou l’idée qu’il faudrait « aller plus loin ».

        • #9148 Répondre
          charivari
          Invité

          Je te conseille Théorème, constat de là où nous en sommes présentement. L’Évangile selon saint Matthieu, et tout ce qu’il a fait. Les peintures (Graff) aussi de Ernest Pignon-Ernest. T’as des tonnes de rétro en ce moment et sur l’année partout sur le territoire.
          Pasolini j’ai grandi avec, et il ne m’a jamais effrayé. Ce côté morbide qu’on veut lui coller est à mes yeux stupide. Ce touche à tout est souvent oublié, alors qu’il a laissé un oeuvre empreinte de poésie, de politique et d’histoire. Pas rien tout de même. Il était tantôt poète, tantôt cinéaste, à côté des plus grands comme Rosselini. Chez lui pas de charme ou de séduction. Il envoi du cru. On aime ou on aime pas selon notre degré de bourgeoisie, mais on reconnait son art unique.

          • #9161 Répondre
            Claire N
            Invité

            Tombée en amour et possiblement à genou
            Lors du plan sur le regard de Marie dans l’évangile selon saint Mathieu.
            Je ne sais pas comment il a trouvé une actrice capable de CE regard ni comment il l’a dirigé
            Mais même si théorème me fascine, cela reste mon moment de grâce préféré

        • #9151 Répondre
          charivari
          Invité

          J’oublais, je t’invite à voir Accattone.

          • #9153 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Théorème est un film fascinant, mais je ne suis pas certain que ce soit un grand film. Trop univoque, trop programmatique. IL ne s’y passe que ce qui doit se passer, sans faille. Et je me suis toujours demandé ce qu’il m’en resterait si on en retirait la musique.
            Il m’en resterait la lévitation de la bonne, sans doute.

            • #9159 Répondre
              charivari
              Invité

              Je n’ai pas dit que c’est un grand film, c’est un film qui mérite d’être vu à la lumière du jour pour sa forme. En effet, la musique tient le film et en ça, ça peut même être crispant par moment. Mais c’est la forme qui est intéressante et sa nudité. Sa forme est unique.
              Chez Pasolini, ce qui est intéressant c’est qu’il ne se gêne pas de faire noce et la noce entre le sacré et le marxisme. Chez Sorrentino il y a aussi de ça, notamment dans son dernier.
              En effet on parle davantage de Pasolini que de Rosselini. Encore sûrement une mode dont je me passerais bien.

          • #9177 Répondre
            Buster
            Invité

            Merci pour vos retours !
            Je n’ai toujours pas vu « Théorème ». C’est le prochain que je dois voir de lui.
            J’avais adoré « Accatone » et « L’évangile… » mais « Mamma Roma » reste un de mes préférés.
            Apparemment « La trilogie de la vie » (pas encore vu) rejoignent ce que tu dis, c’est-à-dire contredisent l’aspect soit-disant morbide de son œuvre. De plus, on ne dit pas assez que « Salò » ne devait pas être son dernier film. D’autres projets étaient en préparation, donc il n’y a jamais eu la volonté de terminer une œuvre consciemment sur ce film-ci.

            • #9183 Répondre
              charivari
              Invité

              Et oui, c’est arrangeant politiquement de parler de Pasolini en ces termes. En tout cas, pour moi, c’était entre autre un grand réalisateur qui a inventé une forme. Décaméron, c’est enivrant. Tu as La séquence de la fleur de papier et Ricotta aussi pour se dérider. J’ai un peu regardé sa filmo car ça faisait longtemps que je m’étais pas penchée sur lui.

    • #9152 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « souvent oublié », n’exagérons rien
      Tu cites Rossellini qui est globalement moins commenté aujourd’hui. Il y a une très très vaste postérité pasolinienne – aussi protéiforme que lui, d’ailleurs.

      • #9155 Répondre
        Charles
        Invité

        Tu vois qui comme héritiers cinéastes?

    • #9169 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je ne parlais pas forcément de postérité dans ce sens là, dans le sens d’héritage.
      Je parlais plutot de la profusion de livres, expos, émissions, citations diverses.

    • #9170 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      du genre une compagnie de théatre qui s’appelle Les lucioles
      du genre les droitards qui citent sempiternellement son propos sur CRS prolos et manifestants bourgeois en 68
      du genre un de ses recueils de poésie au programme de l’agreg il y a deux ans
      etc

    • #9178 Répondre
      Buster
      Invité

      Mais pour le coup François, qu’est-ce que tu veux dire par « Je ne crois pas que Pasolini soit un grand cinéaste, parfois je doute même qu’il ait été un cinéaste » ? La dernière partie me semble assez forte à dire, non ? C’est pour l’aspect « univoque » et « programmatique » dont tu parlais pour « Théorème » ?

    • #9187 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Buster,
      J’ai vu l’année dernière Salo, et je me retrouve dans ton « une première vision (qui en appellerait une seconde mais bon…) ».
      J’en suis restée là depuis, j’ai été choquée par les dernières scènes et n’ai pas envie de les revoir, c’est un peu trop pour moi.
      J’avais aussi regardé Oedipe roi, dont je garde un bon et assez fort souvenir, et L’évangile, mais qui a été très recouvert par mon visionnage plus récent d’Histoire de Judas.
      François, est-ce que tu as écrit sur Pasolini?

    • #9197 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je ne pense pas non

    • #9216 Répondre
      Ourson
      Invité

      Quelqu’un a vu Disco Boy ici ? ça vaut le coup d’aller le voir ?

      Un film sur un danseur et réfugié biélorusse venu s’engager dans la légion étrangère

      • #9218 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Je me posais la même question.

        • #9532 Répondre
          Ourson
          Invité

          Je l’ai vu pour sa dernière diffusion à Toulouse, j’ai passé un bon moment mais je ne me sens pas encore légitime pour en faire une critique digne de ce nom, je vous invite donc à aller le voir avec la certitude que vous ne serez pas déçus !

    • #9219 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Avec 6 mois de retard j’ai vu le temps d’un déjeuner le début de Mascarade de Bedos. Je n’irai pas plus loin, ça n’est pas regardable. Lui-même ne le regarderait pas s’il ne l’avait réalisé. Je ne finis pas de m’étonner, devant les production de cet homme qui a quand même pas mal de talents et toutes les portes ouvertes, qu’il n’ose pas sortir du dilettantisme. Il ne fait presque jamais rien pour de vrai ; il ébauche, fait semblant de faire et s’arrête en chemin. A l’image de son sketch dans Le Débarquement, lors duquel, stressé, il passait son temps à commenter son jeu et son texte au lieu de le jouer. Je ne doute pas qu’il ait un mode de vie très agréable, c’est quand même plus sympa de filmer directement une v1 en arrivant sur le plateau les mains dans les poches et de toujours se contenter de « pour une quasi impro, c’est bien ». Mais je vois un talent empêché par la lâcheté.

      • #9220 Répondre
        Seldoon
        Invité

        En revanche grâce aux mêmes codes Canal d’un ami j’ai pu revoir Triangle of Sadness et j’en sors plus convaincu qu’après la première vision. Au moins deux courts de Ostlund sont en ce moment disponibles sur Arte.

    • #9223 Répondre
      Charles
      Invité

      Quel est le programme de la prochaine GO? Les Bodin’s ou Jeanne Dielman?

      • #9235 Répondre
        Skullkiddd
        Invité

        Il est vrai qu’il est difficile d’imaginer que François et son anonyme acolyte puissent tenir une heure en glosant de « Super Mario Bros. Le Film ». Peu de chose à dire en vérité.

        • #9251 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          comme on n’arrivait pas à trancher entre ces deux chef d’oeuvre, on a trouvé une diagonale avec Mes petites amoureuses – tous les Eustache sortent le 7 juin

          • #9256 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ca va faire plaisir à Hervé ça.

          • #9556 Répondre
            Buster
            Invité

            Je suis tombé sur un article de Nicole Brenez qui parle de Bresson et d’Eustache, notamment au travers de « Mes petites amoureuses », peut-être que ça peut vous aider ?
            La source c’est : Brenez, Nicole. « 4. « Approche inhabituelle des corps ». Robert Bresson avec Jean Eustache, Philippe Garrel et Monte Hellman », dans De la figure en général et du corps en particulier. L’invention figurative au cinéma, De Boeck, 1998, pp. 67-75.
            (C’est trouvable via Cairn.info)
            En tout cas trop bien pour la gêne sur le film d’Eustache, hâte de vous écouter.

        • #9252 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          comme on n’arrivait pas à trancher entre ces deux chef d’oeuvre, on a trouvé une diagonale avec Mes petites amoureuses – tous les Eustache sortent le 7 juin

        • #9253 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          comme on n’arrivait pas à trancher entre ces deux chef d’oeuvre, on a trouvé une diagonale avec Mes petites amoureuses – tous les Eustache sortent le 7 juin

          • #10085 Répondre
            Skullkiddd
            Invité

            Pour mon anniversaire ! J’ai toujours eu peur de m’y frotter je compte sur la Gêne pour me convaincre

    • #9254 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      désolé pour le triplon
      désolé pour le triplon
      désolé pour le triplon

      • #9365 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Trois fois moins de risques de passer à côté de l’info.
        Je ne connais pas le cinéma d’Eustache, je suis pressée de pouvoir le découvrir.
        Avant l’été il y aura une gêne sur La blessure, la vraie ?

        • #9367 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Je milite pour un enchaînement Les Petites amoureuses – La blessure la vraie. Et l’été.

    • #9296 Répondre
      Charles
      Invité

      Je me suis momentanément soustrait à mes obligations familiales pour attraper Showing up avant qu’il disparaisse des écrans. Je l’ai plutôt aimé, même s’il fait figure d’œuvre mineure dans la filmo de Reichardt – je rejoins en ça les critiques ayant émis des réserves sur ce film après le superbe First cow. Mais contrairement à Momcilovic, je ne mettrais pas First cow et celui-ci dans la même catégorie de films minimalistes qui ne racontent presque rien. C’est le cas pour celui-ci mais pas pour le précédent qui était bien plus dense. Il est vrai qu’avec Showing up, on est dans la chronique (pour le récit) et l’épure (pour la mise en scène), soit donc un double mouvement d’assèchement, de minorisation. Ce n’est toutefois pas inédit chez Reichardt, qu’on pense seulement à Old joy par exemple (bien que la mise en scène ménageait des moments de grande sensualité qui exhaussaient le récit), mais qui est ici porté à un point de quasi rupture – le film menace à tout moment de basculer dans du pas grand-chose. Pour pallier ce risque, Reichardt place au centre de son film un élément de pur scénario, à la limite du cliché, qui peut paraitre lourdement métaphorique : l’arrivée d’un pigeon blessé dont l’artiste va au départ se débarrasser pour finalement traiter et soigner jalousement jusqu’à ce que celui-ci prenne littéralement son envol, malgré elle. On peut évidemment gloser sur ce que représente ce pigeon, sur ce qu’il va apporter à l’artiste et on a peur pendant un moment que ce soit le récit d’un apaisement de l’artiste acariâtre par l’animal sans défense. Sauf que ce n’est pas tout à fait ça (mais un peu quand même). Ce personnage central de sculptrice autour duquel gravite toute cette communauté d’artistes constitue par ailleurs l’attrait principal et la limite la plus évidente du film. Reichardt fait le choix de déromantiser la figure de l’artiste et c’est heureux. Ici, aucune inspiration transcendantale, aucun lourd passé psy censé expliquer la vocation artistique, aucune douleur familiale traumatisante. Pour autant, le personnage n’est rien de moins joyeux. C’est une artiste empêchée. Saoulée en permanence par des tracas du quotidien qui la gênent dans son travail – l’absence d’eau chaude, son frère un peu fou, son père égoïste, sa mère indifférente qui est aussi son employeur etc. Rien de dramatique car Reichardt refuse de grossir le trait, elle veut saisir une artiste lambda dans son quotidien (on nous fait comprendre qu’elle est globalement reconnue dans sa communauté sans non plus être un génie ni très successful) et filme donc une série de tracas qui la gênent. Ce qui est intéressant c’est qu’on ne sait pas dans quelle mesure ces problèmes ne prennent une proportion trop importante parce qu’elle est stressée par son exposition à venir – Reichardt les filme aussi comme des dérivatifs à une certaine frustration de son travail artistique, de sa vie d’artiste même. Ainsi, quand Lizzie s’inquiète de son frère dans la nature le soir de son exposition, on imagine qu’elle est d’autant plus inquiète qu’elle est insatisfaite de sa situation à l’instant même : elle semble gênée par l’exposition, stressée, ne pas savoir comment gérer cet événement moitié mondain-moitié pro (et montré comme tel). Le pigeon pourrait être le dérivatif ultime. Est-ce que Lizzie s’occupe du pigeon parce qu’elle n’avance pas dans son travail ou pas comme elle le veut ? Ou est-ce qu’elle ne préfère pas tout simplement soigner ce pigeon plutôt que finir ses œuvres. Il n’est pas dit que Lizzie aime vraiment ce qu’elle fait, y prenne du plaisir. Elle n’y est évidemment pas indifférente – on lit bien sa déception sur son visage quand sa sculpture ressort à moitié brûlée du four. Mais à aucun moment on nous la montre satisfaite ou fière de ses œuvres. Reichardt filme cela comme un taff que Lizzie fait dans la stricte continuité du reste de son quotidien. Il ne semble pas y avoir de rupture pour Lizzie entre créer, s’occuper de sa famille, s’engueuler avec sa voisine, recueillir un pigeon. La création est une tâche domestique comme une autre, une charge mentale pourrait-on dire avec l’air du temps. Le pigeon semble aussi la distraire de son travail et lors de la scène finale – très écrite, peut-être même trop avec cette réunion et dispute familiale en pleine expo – quand elle part de la galerie pour suivre l’envol du pigeon, elle en profite pour s’échapper et on sent qu’en définitive ça ne l’intéresse pas plus que ça de retourner à son expo. C’est beau et cruel, comme il arrive souvent dans la vie quand on mobilise beaucoup de temps et d’énergie pour une chose qui n’arrive pas à terme pour une raison extérieure à nous-même et qu’on s’en accommode très bien, comme si on était tout d’un coup libéré.
      Le problème, là est la limite formelle importante du film, est ce que ça crée à l’écran. Lizzie fait la gueule, tout le temps. Michelle Williams a été enlaidie pour le film : sous-maquillée (ou plutôt maquillée pour ne pas avoir l’air maquillée), non coiffée, habillée comme une grand-mère qu’on dérange avec des Crocs immondes, elle ressemble à un oiseau tombé de son nid. Pas un sourire pendant 1h50, encore moins un rire, ce qui est une gageure dans un film américain. Cela donne une unité de ton – car c’est elle qu’on voit le plus – un peu lassante à la longue et qui semble un peu forcée. Le personnage n’est pas aimable, ce qui n’est pas un défaut en soi, mais parfois de façon un peu artificielle. Cela parait d’autant plus une limite que ce personnage reste toujours dans cette zone de saoulée-mais-pas-odieuse-non-plus, cet entre-deux où la sent prête à exploser sans que ça n’arrive jamais vraiment – même s’il finit par engueuler sa voisine vers la fin. Et comme Reichardt veut garder cette tonalité, ne jamais basculer dans du drama pur, ne jamais faire déborder les scènes (relativement courtes), le résultat est cette chronique qu’on pourrait hélas qualifier avec ce lieu commun de la critique de douce-amère qui fait du surplace, n’étaient quelques béquilles scénaristiques qui se voient un peu.
      Je retiendrai néanmoins ce portrait éclaté d’une communauté artistique, à moitié sympathique, un peu faux-cul (tout le monde trouve les œuvres de chacun très bien, cool, super sans que l’on sache si c’est sincère – j’aime ainsi beaucoup le moment où le mec ressort du four l’œuvre à moitié brulée et fait semblant – ou pas – de trouver ça joli, de la préférer comme ça plutôt que non brulé). Tout semble bienveillant en même temps qu’indifférent, avec une rivalité sous-jacente qui n’empêche pas l’entraide ou le soutien.
      Pour résumer, même si le film est moins emballant que d’autres réussites de Reichardt, sa vision de l’artiste au travail, de la communauté artistique est très peu vue à l’écran et fait donc le prix de Showing up.

      • #9307 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci, super intéressant, j’aimerais pouvoir écrire autant sur un film, surtout avec avec une seule main (l’autre tenant le biberon) ! Un léger différent peut-être sur l’humeur de Lizzie, je suis content d’avoir vu un film avec une femme qui fait tout le temps la gueule et dont on parvient à s’attacher malgré tout. J’ai trouvé d’ailleurs que ça ajoutait de l’humour dans le film, quand elle se récupère le pigeon, quand son frère crée son Œuvre avec des bouches géantes dans la terre (de l’art pour lui, une grosse fumisterie pour elle, difficile de lui donner tort), quand toute la famille se chamaille sur le fromage (avec un personnage lambda ça aurait été juste une scène réussie d’une comédie lambda, ici avec Lizzie ça donne une autre saveur). Et ça donne aussi une chouette scène quand elle visite l’exposition de sa voisine/proprio : elle fait encore la gueule mais son visage s’illumine quand même.

      • #9321 Répondre
        Maud
        Invité

        Oui c’est impressionnant tout ce que tu as tiré de ce film. Il m’a beaucoup plu, mais je me suis juste laissée bercée du début à la fin – j’ai beaucoup aimé le fait de vivre presque en temps réel avec cette communauté. J’ai pris toutes les paroles pour argent comptant, sans penser à une éventuelle hypocrisie – mais ton soupçon est intéressant, justement. Globalement je n’ai pas perçu l’artificialité des passages que tu évoques, sauf peut-être pour ma part dans les scènes chez le frère que j’ai moins appréciées. Je n’ai pas non plus trouvé Lizzy si ronchonne, en tout cas ça ne m’a pas gênée. Je m’étonnais juste de ne pas voir son stress traduit physiquement (zéro agitation chez elle !!). Mais tu as bien expliqué ce point par ses multiples empêchements.
        Petite anecdote : l’homme noir est Benjamin Andre, le chanteur de feu Outkast. Il avait disparu de la circulation depuis des années et le trouver là m’a fait un plaisir fou. Pour ceux que ça intéresserait, il y a un très chouette documentaire sur la disparition du groupe d’Atlanta et sur l’importance du hip-hop dans les quartiers noirs et pauvres de cette ville : https://youtu.be/lCkM6uJX6D8

        • #9323 Répondre
          Charles
          Invité

          A un moment dans le film tu as je crois le personnage de la voisine qui dit à Lizze que son expo s’est bien passée, que les gens disent qu’ils ont trouvé ses œuvres super « mais bon c’est ce qu’ils disent… » (et on entend les points de suspension), ce qui met aussi la puce à l’oreille.
          D’ailleurs, ce personnage a un rapport très passif/agressif avec Lizzie, dans sa façon de la rembarrer gentiment, de l’écouter à moitié quand l’autre lui fait des reproches ou lui demande des trucs. Elle fait semblant d’être sympa, de façon polie et superficielle.

          • #9342 Répondre
            Maud
            Invité

            Oui tu as raison, j’ai regardé tout ça un peu naïvement. Et l’homme qui dit préférer les œuvres abîmées en sortant l’émail brûlé, c’est aussi probablement pour vite passer à autre chose. Il doit y avoir un pacte tacite de non agression entre ces artistes : les œuvres, on critique pas.
            En revanche, j’ai vraiment bien aimé le personnage de Jo. Outre que c’est le personnage fort du film, qui mène sa barque calmement, prend le temps de sauver un oiseau, fait de grandes et belles œuvres colorées (rien à voir avec les personnages souffreteux de Lizzie), je la trouve au contraire très nette. C’est sûr elle tient Lizzie à distance, mais ça ne me semble jamais gratuit ni mauvais. Elle ne bronche pas pour les 150 $ de véto, lui propose de prendre une douche chez elle si besoin, montre de l’intérêt pour son travail.. Elle se fâche juste 30 secondes parce que Lizzy la harcèle au téléphone – et elle a bien raison. Mais sinon, elle s’avère plutôt coulante (et patiente) avec elle.
            La balade, réconciliatrice, qu’elles entament ensemble en fin de film est un beau moment.

            • #9411 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je suis d’accord avec Maud sur Jo. Et d’accord avec Charles sur les excès de la caractérisation de Lizzy – dont je soupçonne bien sur qu’ils relèvent de propositions de l »actrice, qu’on devine une actrice très proposante.
              Les questions que tu poses, Charles, sont les bonnes. Comment ça joue entre les éléments principaux : art / expo / pigeon / Jo. Il faudrait ajouter Sean le frère.
              Il faut être très délicat avec ce cinéma délicat – le plus délicat du monde. Il ne faut pas le faire signifier, car lui se trouve en dessous. En dessous du récit, en dessous de la signification.
              Le film ne cesse de ne-pas-raconter ce qu’on attendrait qu’il raconte (y compris coté famille, ce que tu appelles dispute n’en est pas une), ne cesse de -ne-pas-signifier ce qu’on a l’impression qu’il pourrait signifier. Ainsi je ne crois pas que soit moquée l’hypocrisie du petit milieu de l’art décrit. Je crois que KR travaille à dessiner un périmètre d’art où la concurrence, la rivalité, la jalousie, n’existent plus. Ce qui est une gageure, et une sorte d’utopie.
              Une sorte de dédramatisation de l’art.
              On aura remarqué que ce périmètre est féminin.
              On attend une rivalité entre les deux artistes femmes, elle n’aura pas lieu. Le contentieux entre elles c’est la chaudière – l’une est la locataire de l’autre. Tu as raison de suggérer que ces enjeux là sont peut-etre des déportations d’enjeux d’art. Il serait donc possible que la rivalité artistique entre elles se soit déportée sur la chaudière. Mais je ne crois pas. A l’aune de l’ensemble du film je ne crois pas
              Reste donc ce truc autour de quoi tourne délicatement le film : l’art, la création. Ce truc sur lequel il bute. Quoi en dire? Quoi en faire? L’expo arrive, et rien n’a lieu. Ce qui ne veut pas dure que ce soit un bide. C’est une réussite. Mais rien de tangible ne se passe. L’art est bien là, mais jamais saisi. L’art est froid – comme Lizzy. Il se pose là comme un pourquoi. Les statuettes, qu’en dire? Les couleurs, et sinon? Pourquoi fait elle ça? Pourquoi saisit-elle une position de sa voisine poussant le pneu? Quel intérêt? L’art est toujours en lisière de l’insignifiance.
              Showing up n’est pas un grand film – d’ailleurs KR vise-t-elle le grand film? – mais je crois qu’il détient un secret, qui est le secret de l’art – ou le non-secret de l’art.

              • #9413 Répondre
                Charles
                Invité

                C’est une utopie et en même temps ce qu’elle montre n’est pas vraiment désirable, tant KR insiste sur l’inconfort de Lizzie. Qui est en même temps l’inconfort de la vie, du quotidien, en cela en effet elle dédramatise tout – tu as raison de dire que la dispute n’en est pas une, même si je trouve que sur le coup c’est amené de façon un peu trop scénarisée.
                Sur JO, il est vrai que le personnage a une certaine force que Lizzie n’a pas vraiment. Ce qui est beau c’est que pendant une partie du récit JO n’est pas montrée de façon sympathique dans son comportement avec Lizzie mais qu’à la fin elle va à l’expo de façon très naturelle et normale et semble vraiment intéressée par les oeuvres dont celle qui la représente (qu’elle regarde avec un regard d’enfant émerveillé). KR aurait pu se payer ce personnage ou faire éclore un véritable conflit mais ne le fait et joue au contraire l’apaisement (j’allais presque écrire la sororité). En témoigne ce plan final (à la grue?) qui m’a beaucoup surpris dans son classicisme – on voit Lizzie et JO de dos cheminer ensemble tandis que la caméra remonte lentement pour saisir l’horizon de leur marche.

                • #9415 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  ca roucoule
                  c’est le point de vue du pigeon

                  • #10104 Répondre
                    Maud
                    Invité

                    Dans L’esprit critique Salima Tenfiche et Raphaël Nieuwjaer (quelle voix il a, cet homme !) centrent leur analyse sur la « mesure ». Le film selon eux pose sans cesse la question de l’échelle de temps et de valeur qu’il faut donner aux choses (aux contraintes du quotidien mais aussi aux œuvres qu’on fabrique). J’ai trouvé cet angle très intéressant. Jo serait celle qui donne de la valeur aux choses (à un pneu, à un pigeon qui mérite d’être sauvé, à son logements qu’elle loue, à son travail). Je crois que c’est exactement ça qui m’a plu dans ce personnage.
                    Il faudrait, je crois creuser encore cette histoire de mesure du geste artistique, qui rejoint ce que disait François.
                    J’ai trouvé hier soir un oiseau à la patte cassée dans ma buanderie. Il est maintenant dans une panière aménagée, protégé de mon chat. Difficile de vivre tout ça sans repenser au film. 🙂

                    • #10113 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Comment tu nous en mets plein la vue, presque l’air de rien, avec ta buanderie, Maud
                      Woaw l’autre, eh

                      • #10140 Répondre
                        Maud
                        Invité

                        Ah oui, j’ai l’air de frimer avec ma buanderie ? Désolée, c’était pas le but. J’ai précisé pour une raison toute bête mais qui effectivement n’intéresse que moi, la lumière dans la pièce était là même que dans la salle de bain de l’héroïne, où elle trouve l’oiseau. J’habite dans une vieille maison de campagne. Presque tous les murs sont à restaurer mais elle a l’avantage d’être grande – d’où le luxe de cette pièce où s’accumule pas mal de linge.

    • #9314 Répondre
      Nox
      Invité

      Bonsoir à tous ! J’ai récemment rédigé un texte consacré au film Divertimento, réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar (atchoum) et qui retrace la jeunesse lycéenne des jumelles Zahia et Fettouma Ziouani, cheffe d’orchestre et violoncelliste, respectivement.
      Usant d’un point de vue assez engagé politiquement – comme à mon habitude -, je me suis heurté à la réaction interloquée d’un internaute se demandant comment Diable est-ce que je pouvais être aussi dur à l’encontre d’un long-métrage pétri de bons sentiments, ce qui m’a incité à pondre une note supplémentaire au sujet de ce que je réprouve dans l’idée d’un cinéma rempli de bons sentiments.
      En voici un extrait :

      Or, voilà que depuis des décennies et des décennies, le monde du cinéma français grand public se pare d’apolitisme en partant du principe que vouloir rassembler, réconcilier, réunir et autres verbes unanimistes… n’est pas un projet politique – que c’est juste du bon sens, en somme, pas de quoi en faire tout un fromage ou tout un saucisson.

      C’est contre ça que je m’inscris en faux ; contre cette idée que je trouve au mieux contestable, au pire, complètement dommageable, à savoir faire de l’art comme on organiserait un apéro ou une crémaillère entre amis, dans l’espoir que tout le monde passe un bon moment et que personne ne se sente lésé, troublé ou embêté et qu’on ne cherche à transmettre que des good vibes qu’un genre filmique comme le feel-good movie résume assez bien.

      Je me souviens d’un film horrifique que j’ai vu à sa sortie au cinéma et qui m’avait beaucoup marqué à l’époque : Midsommar, d’Ari Aster. Alors que j’étais convaincu que le cinéma d’horreur grand public était indigeste, grossier et abrutissant, Midsommar m’a donné l’occasion d’expérimenter un flux de sensations esthétiques contradictoires : peur, fascination, érotisme, dégoût, joie, mélancolie et d’autres que j’oublie. Alors que je pensais avoir un point de vue abouti sur la question des sectes en général, Midsommar m’a permis d’acquérir une nouvelle piste de réflexion à ce sujet que je n’avais jamais pensé pouvoir explorer un jour : et si la secte était la manifestation ultime du bonheur et de l’harmonie entre les individus ?

      Voilà ce que j’attends d’un film : qu’il me fasse percevoir des points de vue inattendus sur tout un tas de questions – y compris les plus banales. Divertimento n’est pas là pour ça, puisque ce film a déjà une conclusion toute prête et cousue de fil blanc, la faute à une réalisation consensuelle où aucune subtilité ne subsiste et à une implication excessive des jumelles Ziouani dans leur propre biopic ; problème analogue à celui d’un film comme Bohemian Rhapsody avec lequel Brian May et Roger Taylor ont eu un gros droit de regard, de sorte à faire du film, un produit pensé pour le plus grand nombre et qui ne flirte pas avec les limites morales du spectateur lambda. En somme, remplir un film de bons sentiments, c’est toujours l’assurance que l’on ne fait pas confiance au spectateur pour qu’il retire d’un long-métrage un sens ou une expérience qui lui sera propre, qui lui sera singulière ; c’est la différence entre l’art et la propagande – aussi excessif que ce mot puisse paraître.

    • #9316 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Les marchands de cinéma fonctionnent sur l’équation : rassembler des gens dans les salles implique de faire des films rassembleurs, et qui scénarisent le rassemblement. Cette équation, commercialement juste ou non, produit à la pelle les films de ce genre. Et depuis longtemps, comme tu l’as dit.

    • #9373 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Tony si tu es dans le coin : j’ai revu la poursuite impitoyable de Penn et c’est encore mieux que dans mes souvenirs. Très riche portrait d’une petite ville américaine, ses determinismes de race, de classe et d’âge. Contrairement à toi, Brando m’y dérange pas mal hors scènes d’action. Je n’aime pas quand il parle, il est ridicule au volant et surtout je ne crois pas une seconde qu’il soit à l’origine un fermier alors qu’on dirait Diego de la Vega pendant tout le film. Mais ça vaut le coup de le supporter juste pour finir par avoir ces deux corps de cinéma, lui et Redford, ensemble dans quelques plans à la fin.

      • #9377 Répondre
        Tony
        Invité

        Oui mais moi j’étais sobre quand j’ai revu le film,non sérieusement j’ai trouvé que Brando incarnait bien ce shérif que tout le monde prend pour un con,on voit bien qu’il n’est pas du même bois que les notables qui l’ont élu,que cette soumission lui est insupportable et oui je suis d’accord c’est un grand film,très fin sur les rapports de classe et la violence latente qui finit par exploser,par contre le personnage de Redford manque un peu de consistance mais ça passe quand même.

        • #9379 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Les scènes de Redford sont souvent maladroites, mais tout est sauvé quand il comprend que sa femme est avec l’autre.

        • #9380 Répondre
          Seldoon
          Invité

          On me dit sur l’autre ligne que le producteur a confisqué le film au montage et que Penn trouvait que souvent les mauvaises prises avaient été choisies.

          • #9382 Répondre
            Tony
            Invité

            Je ne connais rien des conditions de production du film,par contre dans mon oreillette j’entends des avis contradictoires sur le Scorsese à Cannes,si l’informateur de François veut bien nous donner son avis ça m’intéresse.

    • #9431 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Bonjour,

      Certains films de la sélection cannoise seront visibles ce week-end à Pathé Opéra.
      On pourra y voir le nouveau Justine Triet, qui, selon les retours, fait partie des meilleures choses vues pour l’instant. Mais également Salem qui est le second film du réalisateur de Shéhérazade.

      Pour ma part, je reviens de quelques jours à Cannes où j’ai pu voir le Glazer. La comparaison avec Haneke ne tient pas la route à condition de réduire son cinéma à des plans moyens et fixes. Alors que l’Autrichien fait rentrer la violence dans le champ et en étudie les modalités dans le cadre bourgeois, c’est tout l’inverse qui a lieu dans Zone of Interest puisque c’est un film exclusivement sur le hors-champ. C’est original et décontenançant mais ça rend les plans très peu habités et plombés par un symbolisme assez lourd (Critikat en parle très bien).

      • #9432 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci pour les infos, envoyé spécial.

    • #9438 Répondre
      Alexandre
      Invité

      J’ai vu le Jeanne du Barry de Maiwenn que j’ai trouvé pas si mal que ça du tout. Je m’inquiétais un peu de la voir s’attaquer au film d’époque en y perdant ce qui fait la matrice de son cinéma ( l’improvisaton, les multiples caméras, une sorte de chaos vitaliste ) mais le passage à un cinéma plus sobre et académique fait ressortir qu’elle est aussi capable de faire de grands cadres, de trouver le souffle lyrique, d’arranger des scènes mises en scène de manière plus minutieuse. Les 2 premières rencontres avec le roi par exemple, je les trouve très réussies dans le choix des valeurs de plan, le rythme. C’est la première partie qui est la plus exaltante d’ailleurs, lorsque on découvre Versailles ( le film est shooté en pelliculte et assez magnifique en terme de photos ) et l’introduction à l’étiquette avec un coté farce assez amusant. Certains y verront peut-être un ressac de stephane bern mais moi j’aime toutes ses scènes presque docu ou on apprend des choses sur la manière de regarder le roi, de se tenir à la cour, la scène avec la médecin. Le rythme s’amollit dans la seconde partie parce que le film va s’attarder sur des choses moins intéressantes ( la rivalité avec les filles du roi ) et mettre de coté toute la fin de vie de Jeanne du Barry, ou elle sera exécutée par les révolutionnaires ( car traitre à son rang ) ce qui me paraissait une piste passionnante à suivre.
      Après, c’est un film politiquement faible. Beaucoup de structures de scènes manquent de complexité, de cruauté, de logiques de contradictions, le regard pêche un peu par un simplisme et une binarité de conte de fée. Ce qu’elle veut raconter, c’est une histoire d’amour contrariée et c’est un peu tout. Mais j’y ai trouvé de l’intérêt et pas mal de distraction.
      Ah, et Depp est assez fascinant par contre, très magnétique, très subtil. Beaucoup aimé sa prestation.

      • #9542 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Mais est-ce que cela valait 7 minutes de standing ovation à Cannes ?

        • #9557 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Après, tous les films ont des ovations à Cannes, ça ne signifie pas grand chose.

    • #9512 Répondre
      Gebege
      Invité

      Salut tout le monde !
      Dans la lignée du Glazer, que j’ai vu aussi, l’intégralité du monde critique me semble passer à côté de ce qui pourrait faire la grandeur du film. J’ai même un doute sur le fait que Glazer soit lui-même, de façon consciente, à l’origine de la beauté subversive de son œuvre.
      Ma question est en deux temps :
      – est-ce qu’il faut renoncer à voir quelque chose dans un film lorsque personne ne le voit ?
      – est-ce qu’on peut appeler chef d’œuvre un film pour une raison précise – une idée – qui semble ne pas avoir été pensée par le cinéaste ?

      • #9563 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je dirais , amont : est-ce qu’on peut appeler chef d’œuvre un film pour une raison précise, qui se trouve être une idée.
        Ma réponse serait plutot non.

    • #9544 Répondre
      riviere
      Invité

      François,
      J’ai beaucoup apprécié la séance hier à l’Arlequin. Merci de ces analyses filmiques et double réjouissance avec Magic Mike.
      J’espère que le ciné-club se poursuivra l’année prochaine.

      • #9545 Répondre
        Charles
        Invité

        C’était le dernier ciné-club de la saison?

        • #9547 Répondre
          riviere
          Invité

          Non dernière séance avec Il Buco en juin.

          • #9553 Répondre
            Ostros
            Invité

            Lisant cela je me dis qu’il faut que je sois là. J’ignore comment.

            • #9555 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Oui comme toi Ostros, il faut que je sois là, déjà pour le film et j’ai beaucoup apprécié mon dernier ciné-club, envie de renouveler l’expérience.

        • #9564 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Toi Charles tu as choisi ton camp : la famille, la reproduction de la force productive de la nation française. Ne te mêle plus de cinéma.

          • #9566 Répondre
            Charles
            Invité

            Eh oui. Kisséki va payer ta retraite sinon?

    • #9549 Répondre
      Zérojanvier
      Invité

      Vous avez lu l’interview d’Adèle van reeth dans le Monde ? Elle a annoncé le successeur de Garcin au masque et la plume, Rebecca Manzoni. Vous la connaissez ? Par ailleurs, c’est de la com mais je vois papas trop ce qu’elle entend par diversifier la critique culturelle pour le masque et la plume. Est ce que ça veut dire créer une quatrième tribune critique ou musique. Renouveler les membres de la tribune critique et qui sait peut être inviter François Begaudeau ? Comme pour le cercle, on vous a déjà invité, François, a rejoindre la tribune cinéma ou littérature ?

    • #9550 Répondre
      Zérojanvier
      Invité

      Déjà le titre de l’article citant Adèle van reeth est pas mal « France Inter est ni de gauche, ni de droite »

    • #9567 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Garcin m’avait proposé d’intégrer l’émission, en 2014. J’avais dit que je réfléchissais, tout en sachant bien que je n’irais pas. Et ça tombe bien il n’ a jamais rappelé.
      J’interprète sa furtive pulsion d’embauche de deux manières:
      -comme je l’avais pris à partie quelques années plus tot, il voulait me mettre dans la situation du type qui fait moins le malin quand on lui propose la gamelle
      -c’était en 2014, je venais de publier D’ane à zèbre, livre commandé et édité par sa fille Jeanne Garcin, fille d’ailleurs brillante – et beaucoup trop brillante pour ce milieu qu’elle a quitta l’année suivante. M’appelant, papa liait amitié avec son espèce de gendre littéraire, à qui il proposait un job, maintenant que j’étais dans la famille. Dans le même ordre d’idée, la seule invitation radio sur ce livre inaperçu provint de Patricia Martin, amie de papa et membre de la brochette du Masque.
      Ainsi vont ces gens.

      • #9588 Répondre
        zerojanvier
        Invité

        Tu l’avais pris à partie sur quel sujet ?

        • #9593 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je lui avais fait une dédicace un peu salée, qu’il s’était plu à ébruiter dans tout Paris (c’est à dire, pour lui, dans le sixième arrondissement)
          Un truc comme : voilà une nouvelle matière à lynchage. Ne vous retenez pas, blaireau.
          J’étais jeune et fougueux

    • #9568 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      quelqu’un collerait l’article Van Reeth ici?

    • #9570 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Van Reeth qui vient de virer – ou plus perversement, hebdomadairiser- la bande à Charline. Pourtant l’émission montait encore en audience, jusqu’à chatouiller les inaccessibles Grosse têtes
      La raison n’est donc pas l’audience.
      Mais alors quelle est-elle?

      • #9572 Répondre
        riviere
        Invité

        Van Reeth veut être impeccablement assortie à Enthoven ?

        • #9574 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Il fallait que Charline sorte de sa zone de confort, c’est tout.

      • #9576 Répondre
        Charles
        Invité

        Evidemment on peut y voir l’influence de son mari Enthoven mais je pense que la vérité se trouve plutôt dans la phrase « France inter n’est ni de gauche ni de droite! ». La direction ne veut pas que France inter apparaisse comme une station politisée et ce d’autant moins en ce moment avec le niveau d’audience qu’ils ont atteint. Ils se disent qu’à terme, des auditeurs risqueraient de partir, qu’on ne peut être numéro 1 qu’en maintenant un apolitisme de façade (qui est en réalité un centrisme). Et au-delà de la question de l’audimat, je crois qu’Adèle Van Reeth croit profondément que la mission d’une radio publique est d’offrir une diversité de points de vue suffisante qui camoufle toute orientation politique. Or la bande de Charline n’a pas son équivalent de droite sur Inter et elle est trop rentre-dedans, pas assez polie. Adèle, comme Raphaël, veut des débats courtois et policés comme dans un salon du XVIIIème, pas des sales gosses qui se moquent de leurs invités. Elle veut jouer la comédie du débat pour que l’auditeur puisse se faire son avis.

        • #9578 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Je vais être plus « agent rationnel » : Adèle Van Reeth veut faire carrière, quel sera son prochain poste ? Prochaine présidente de Radio France ? Poste chez France TV ? Et pourquoi pas lorgner vers l’audiovisuel privé ? Ou alors conseillère médias du Gouvernement ou du Président ? Mieux vaut montrer patte blanche dès à présent et donner des gages de bonne conduite.

        • #9596 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Tu négliges deux choses, Charles
          1 cette radio publique, ce qui signifie radio d’Etat, est vraiment sous le controle de la macronie (via l’important boulon Veil, amie d’Emmanuel). Il y a une nette volonté de ladite macronie de serrer la vis (a fortiori depuis la séquence retraites)
          2 Adele VR, son mentor, et d’autres sur ces antennes (Guillaume Erner, par exemple, Marc Weitzman, Sonia De Villers) sont eux mêmes en voie de droitisation – (le Printemps républicain est leur lieu). Evidemment ils ne peuvent pas confier une émission à Valls, ça se verrait trop. Mais l’offensive est réelle. Inutile de rappeler que je suis aux premières loges pour l’observer.
          Cela fait dix ans que la station s’accommode tant bien que mal de la petite bande de -très modérés- gauchistes qui pète les scores à 17H. Pourquoi arrêter maintenant?

          • #9602 Répondre
            Bronsky
            Invité

            C’est pas nouveau pour france inter ca j’ail’impression, à l’époque du subversif Val ils avaient viré Guillon et Porte sur ordre du gouvernement. C’était même plus brutal. Là ils ont quand même sorti la vaseline manageriale en leur laissant une chronique chacun, comme ça les concernés ne feront pas trop de vagues. C’est habile, et ça a l’air de marcher.

            • #9609 Répondre
              GaelleS
              Invité

              Plongez une grenouille dans une casserole bouillante: elle s’échappera. Placez-la dans l’eau froide et chauffez à petit feu: elle s’habituera aux variations de température et restera tranquille jusqu’à se retrouver bouillie.
              Ce qui me fait penser à une chanson qui contenait ces paroles « l’inadmissible à petite dose »

    • #9575 Répondre
      Charles
      Invité

      Interview d’Adèle :

      « Scrutées à la loupe chaque année, les premières modifications apportées à la grille de France Inter, figure de proue de l’audiovisuel public, l’ont été en 2023 au microscope. Au-delà de l’arrêt, sous sa forme quotidienne, de « C’est encore nous », l’émission de Charline Vanhoenacker, ou la nomination de Marc Fauvelle à la direction de l’information, la directrice de la station, Adèle Van Reeth, allait-elle apporter des changements structurants à l’antenne la plus écoutée de France ? Premiers éléments de réponse avec l’ancienne productrice de France Culture à qui Sibyle Veil, la présidente de Radio France, a confié il y a un an la succession de Laurence Bloch.

      Quels désirs d’évolution votre première année à la direction de France Inter vous a-t-elle inspirés ?
      D’abord, la matinale. C’est la vitrine et la locomotive de France Inter. Nous l’avons prolongée de trente minutes [en 2022], et les auditeurs ont suivi. La saison prochaine, elle les emmènera jusqu’à 10 heures, toujours portée par nos deux piliers, Léa Salamé et Nicolas Demorand. Sonia Devillers, qui a développé un savoir-faire hors pair dans la manière d’interviewer, reprendra l’interview de 7 h 50. Sa façon de faire permettra de réinventer un rendez-vous emblématique. Au même horaire, chaque vendredi, on retrouvera le débat éco, porté cette saison par Dominique Seux et Thomas Porcher.

      Léa Salamé avait envie de nouveaux challenges. Elle assurera donc une interview quotidienne d’un quart d’heure, à 9 h 20, avec la liberté et le talent qu’on lui connaît. En plus du grand entretien de 8 h 20, Nicolas et Léa inaugureront un nouveau rendez-vous de débat, à 9 h 10, sur la question du jour (société, politique, etc.), avec une équipe d’intervenants réguliers (journalistes, experts, intellectuels) qui confronteront leurs idées. Le débat est consubstantiel à France Inter. L’intelligence collective et la vitalité démocratique passent forcément par la contradiction. Sans clash ni buzz, dans un respect mutuel et un esprit constructif.

      Ses détracteurs reprochent souvent à France Inter d’escamoter la diversité des points de vue. En donnant plus de place au débat, souhaitez-vous faire taire ces remarques ?
      Ces critiques disparaissent dès qu’on prend la peine d’écouter la grille dans son ensemble. France Inter n’est ni de droite ni de gauche ! Toute tentative de récupération politique est mortifère. Nous sommes une radio de service public indépendante, qui préserve le pluralisme et l’esprit de contradiction. Je ne laisserai jamais dire le contraire. Nos équipes et notre rédaction abattent un travail considérable et exemplaire.

      Que devient Rebecca Manzoni, qui présente « Totémic », tous les jours à 9 h 30 ?
      Elle reprendra « Le Masque et la Plume » au départ de Jérôme Garcin, en janvier 2024. Nous sommes impatients de créer cette rencontre entre cette émission patrimoniale et la modernité qu’incarne Rebecca Manzoni, qui est adorée des auditeurs. Elle apportera à l’émission tout l’éclectisme qui la caractérise, et cherchera à diversifier encore davantage la critique culturelle. Pour ce qui est de l’émission « Totémic », on lui a demandé de poursuivre tous les vendredis à 9 heures, pour une heure pleine. Elle fera suite à la matinale du week-end, désormais incarnée par Ali Baddou et Marion L’Hour, du vendredi au dimanche, de 6 heures à 9 heures.

      En déplaçant l’émission de Charline Vanhoenacker au week-end, vous avez pris le risque de vous voir reprocher une décision à caractère politique…
      Chacun croit ou fantasme ce qu’il veut. La seule vérité est qu’il s’agit d’une décision éditoriale que j’assume. Les chiffres d’audience de son émission étaient en baisse depuis quelques années. Il n’aurait pas été responsable de laisser les choses se déliter, sans compter qu’il est naturel qu’une chaîne évolue. Je sais donc que c’est aujourd’hui que se façonnent les succès de demain.

      C’est pourquoi je confie à Charline Vanhoenacker et à ses chroniqueurs une tranche de deux heures, le dimanche à 18 heures, qui se déroulera en public depuis le Studio 104 ou en région, et nous réfléchissons à une touche quotidienne pour que le fil soit maintenu d’un dimanche à l’autre. Et puis, Charline reste une personnalité importante de l’antenne : elle garde son billet dans la matinale du jeudi, et nous lui avons confié un podcast, de même qu’à Guillaume Meurice, d’une heure hebdomadaire. L’humour politique est inséparable de France Inter.

      C’est-à-dire ?
      Nous concevons en ce moment un nouveau rendez-vous pour 17 heures, un programme très fidèle à l’état d’esprit dont nous avons tous besoin sur cette antenne. Un endroit extrêmement libre, extrêmement incisif, où la satire politique, l’outrance, la caricature auront toute leur place. Peut-être avec Matthieu Noël, que l’on retrouvera bien sûr dans la matinale, et « Zoom Zoom Zen ». La décision n’est pas prise.

      Pourquoi avoir nommé Marc Fauvelle à la direction de l’information, malgré une alerte faisant état de « comportements inappropriés en termes d’agressivité » ?
      Parce qu’il n’y a eu aucun témoignage sur des faits ! Il aurait été assez irresponsable de renoncer à un candidat qui était le meilleur pour le poste. Son arrivée est une bonne nouvelle pour Inter. Je ne doute pas un instant, et je m’en porte garante, qu’il travaillera dans le respect, la liberté et le sens du collectif qui caractérisent notre rédaction.

      Comment travaillez-vous avec Laurence Bloch, votre prédécesseure désormais aux côtés de la présidente de Radio France ?
      En toute confiance. Je poursuis le travail qu’elle a amorcé et j’ajoute mes propres intuitions, en accompagnant une grille qui a huit ans et qui doit continuer à être renouvelée.

      L’émission « Histoire de », présentée le dimanche par Patrick Boucheron, s’arrête pour des raisons budgétaires. Jusqu’où avez-vous besoin de faire des économies ?
      La production de podcasts constitue l’équivalent d’un huitième jour de grille chaque semaine, c’est énorme ! A budget constant, nous devons financer une antenne et une offre de podcasts ; tout l’enjeu est de ne sacrifier ni l’une ni l’autre. Il faut tenir les deux bouts, linéaire et numérique, ensemble. C’est ce que nous ferons en diffusant chaque semaine sur l’antenne les productions de Philippe Collin, alors qu’elles sont pensées au départ pour le numérique.

      L’émission de Patrick Boucheron s’arrête et ne sera pas remplacée. Ceux qui veulent y voir « la fin de l’histoire sur Inter » en seront pour leurs frais : entre « Affaires sensibles », de Fabrice Drouelle, « En quête de politique », de Thomas Legrand, et les émissions de Philippe Collin ou « Autant en emporte l’histoire », de Stéphanie Duncan, France Inter demeure la mémoire vive de l’époque.

      Que répondez-vous à ceux qui parlent d’une « RTLisation » de la station ?
      Que c’est absurde ! Nous sommes libres, indépendants, impertinents. Inter a du caractère, Inter dérange, et ce serait manquer de respect aux auditeurs que de la transformer en quelque chose de plus lisse. Inter ne ressemble qu’à elle-même, et c’est nous que les autres imitent. »

    • #9577 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      « Les chiffres d’audience de son émission étaient en baisse depuis quelques années. »
      Pourtant « C’est encore nous » est la 4ème émission la plus écoutée et/ou téléchargée sur l’ensemble des émissions du paysage radiophonique en décembre 2022 d’après Médiamétrie.
      https://www.lalettre.pro/Mediametrie-le-classement-des-replays-des-radios_a31008.html

      • #9581 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Le Diplo, France Inter, écoutez leurs préférences, Août 2020
        .
        << Ni contradiction, ni point de vue alternatif ? Enfin presque. Une bande d’irréductibles humoristes franco-belges résiste au rouleau compresseur. Coproducteurs de « Par Jupiter », Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek sévissent tous les jours entre 17 heures et 18 heures. Ce 27 février 2020, leur complice Guillaume Meurice a choisi le siège national de la CFDT comme décor de son micro-trottoir. Le chroniqueur s’ingénie à tourner en dérision les idées reçues de ses contemporains. « Aujourd’hui enquête au cœur de l’ultraviolence. Reportage choc. J’ai infiltré un groupe parfaitement dangereux qu’on appelle la CFDT. (…) Alors la CFDT, vous connaissez, c’est ce syndicat aux méthodes radicales. On se souvient tous de leur chef charismatique Laurent Berger à la matinale de France Inter. Des images insoutenables, il avait fait toute l’interview sur les genoux de Dominique Seux, qui lui caressait le dos en lui embrassant la nuque, c’était vraiment terrible. » En quelques traits bien sentis, le syndicalisme à l’ère Macron et l’éditorialiste en prennent pour leur grade. Dominique Seux est la tête de Turc préférée de Guillaume Meurice et de Charline Vanhoenacker, qui le prend aussi régulièrement pour cible dans son billet de 7 h 57. Cette liberté de taquiner son voisin de matinale serait la preuve ultime du pluralisme, selon Catherine Nayl. Mais peut-on mettre sur le même plan un discours journalistique construit, ressassé, et des sketchs à caractère politique ? « L’humour est le seul domaine dans lequel France Inter a réussi à marier diversité des origines sociales et des opinions », observe Yann Gallic. >>

      • #9594 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        C’est un mensonge chimiquement pur.

    • #9583 Répondre
      Buster
      Invité

      Rien à voir avec la discussion ci-dessus mais je le reposte ici au cas où tu ne l’aurais pas vu François (le message était beaucoup plus haut).
      Je suis tombé sur un article de Nicole Brenez qui parle de Bresson et d’Eustache, notamment au travers de “Mes petites amoureuses”, peut-être que ça peut vous aider pour la Gêne ?
      La source c’est : Brenez, Nicole. « 4. « Approche inhabituelle des corps ». Robert Bresson avec Jean Eustache, Philippe Garrel et Monte Hellman », dans De la figure en général et du corps en particulier. L’invention figurative au cinéma, De Boeck, 1998, pp. 67-75.
      (C’est trouvable via Cairn.info)
      En tout cas trop bien pour la gêne sur le film d’Eustache, hâte de vous écouter.

      • #9595 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        merci
        les articles sur ce film assez oublié sont rares
        le rapprochement avec Bresson n’est pas déplacé, loin s’en faut

        • #9598 Répondre
          Buster
          Invité

          Tu as aussi le livre d’Alain Philippon « Jean Eustache » édité aux Cahiers. Il était plutôt intéressant dans mes souvenirs. Il y a un chapitre sur « Mes Petites Amoureuses » et plusieurs entretiens avec Eustache. Le livre est facilement trouvable, du moins à Bordeaux…

          • #9617 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            je l’ai lu à la sortie
            je crois qu’il se conclut par deux entretiens terminaux d’Eustache (juste avant sa mort)
            faudrait que je remette la main dessus

            • #9645 Répondre
              Buster
              Invité

              T’as 3 entretiens publiés en 1978 (avec Serge Toubiana), 1981 (avec Serge Le Péron et Serge Toubiana), 1983 (avec Sylvie Blum et Jérôme Prieur mais avant sa mort donc). Si jamais t’arrives pas à le retrouver je peux t’envoyer les entretiens comme tu le souhaites.

    • #9584 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      La maman et la putain est disponible gratuitement sur le site de France TV jusqu’au 30 mai :

      https://www.france.tv/films/longs-metrages/4889974-la-maman-et-la-putain.html#xtor=CS3-1040-%5Bfrancetvarts%5D-%5Blamamanetlaputain%5D-

      • #9586 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Merci K. comme mon Code.
        Mon premier Eustache.

      • #9587 Répondre
        riviere
        Invité

        Merci K. J’aurais bien aimé une GO sur Akerman mais c’est l’occasion de découvrir Eustache.

        • #9632 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          J’ai pas suivi, la prochaine Gêne est annoncée sur Eustache ?

        • #9634 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Avec qui se marie Madame Raztam ? Avec Monsieur Eustache. Raztam-Eustache.
          Pfiou la journée va être longue.

          • #9653 Répondre
            The Idiot
            Invité

            Rire. C’est bien mauvais comme il faut.

        • #9651 Répondre
          riviere
          Invité

          très drôle ; oui annoncé par François sur ce forum, prochaine gêne sur mes petites amoureuses, les Eustache étant repris à partir du 7 juin. Au Reflet Medicis entre autres.

          • #9655 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Vous êtes d’une indulgence à réchauffer le coeur ! Merci pour l’info !

            • #9657 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Je viens de retrouver un « document sonore » : c’est Eustache en 1981 qui raconte une de ses journées pendant l’écriture d’un scénario pour des raisons pratiques (suicide à la fin de l’année). Il nous fait écouter les messages de son répondeur, on dirait une scène de La maman et la putain.

    • #9614 Répondre
      Malice
      Invité

      Sur Arte replay je recommande le magnifique film de Victor Erice,  » L’esprit de la ruche »

      • #9618 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On me conseille couvent Erice, que je ne connais pas
        Son nouveau film est à Cannes, après trente ans d’inactivité.

      • #9621 Répondre
        Anna HD
        Invité

        Je l’ai vu il y a quelque temps. Avec plusieurs acteurs fétiches de Carlos Saura, dont bien sûr Ana Torrent, la petite fille de « Cria Cuervos » (film que je mets nettement au dessus) et Fernando Fernan Gomez, un des 3 freres de « Anna et les loups ». .J’ai plutôt aimé L’esprit de la ruche mais j’ai trouvé qu’il ne tenait pas la longueur..

        • #9622 Répondre
          Anna H
          Invité

          La définition standard me sied mieux.

          • #9629 Répondre
            Malice
            Invité

            Pas vu  » Cria Cuervos » mais s’il est au-dessus ce doit être un chef-d’oeuvre
            J’ai été complètement prise par  » L’esprit de la ruche » du début à la fin; et une scène importante du parcours de la petite Ana, où il est question de fugue, m’a fait pleurer sans que je comprenne tout à fait pourquoi.
            Beaucoup de très belles scènes ( la cueillette des champignons, les enfants qui découvrent « Frankenstein », la scène de la gare où la mère poste une lettre…) et cette Ana Torrent au visage inoubliable…

            • #9630 Répondre
              Malice
              Invité

              Hier soir dans « Affaires culturelles » Lucille Commeaux a fait une critique très positive du dernier film d’Erice, ce qui m’a donné envie de voir La ruche.

            • #9639 Répondre
              Anna H
              Invité
              • #9649 Répondre
                Malice
                Invité

                Je connais mieux la parodie de Joe La mouk!

        • #9637 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Même avis qu’Anna HD (bonjour et bienvenue sur le site) sur l’Esprit de la ruche. Qu’on peut ranger dans la catégorie des grands films ratés , ces œuvres étranges et ambitieuses formellement, charmantes et certainement bourrées de qualités, contenant quelques grands plans … mais se perdant en route et au final ratées alors qu’on aurait tant aimé les aimer notamment parce qu’on sent et sait bien qu’il y a un grand cinéaste quand même dernière.. Dans cette catégorie il y a aussi Le Temps du loup, Viens je t’emmène, Le Jour et la nuit, et en littérature La Femme de trente ans de Balzac ou le Docteur Martino de Faulkner.

          • #9638 Répondre
            Hervé Urbani
            Invité

            Derrière, plutôt que dernière *

            • #9646 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Erice n’a pas été totalement inactif pendant trente ans. Quelques courts-métrages et un film sur Kiarostami hélas introuvable.
              Pour se consoler : https://www.centrepompidou.fr/fr/videos/video/rencontre-avec-victor-erice-et-abbas-kiarostami

              • #9648 Répondre
                Malice
                Invité

                Merci pour la conférence Erice Kiarostami

                Je vais un peu insister quand même : qu’est-ce qui te paraît raté et perdu en route dans « L’esprit de la ruche »?
                La dernière séquence où Ana prononce sa formule magique  » Soy Ana » ne t’a pas paru un final pertinent ( sans mentionner les plans si beaux) ?
                Tu admettras que c’est le plus bel hommage à James Whale depuis  » Frankenstein Junior » de Mel Brooks

                • #9661 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  @Malice, non à la fin j’avais déjà un peu trop décroché pour être saisi par cette scène-là, en revanche j’ai beaucoup aimé la première moitié du film, en particulier la projection ciné dans le village, le rapport des deux sœurs, la grande qui traumatise la petite, le père psychorigide, la mère désinvestie, la fameuse séquence des champignons. Tout s’est gâté dans la seconde partie où le surnaturel s’immisce de façon trop factice et où le film ne tient plus tout ce qu’il avait installé jusque là, y compris dans les scènes avec le prisonnier secouru par la gamine. Je suis sévère mais juste : c’est un film fort et parfois grand mais qui s’essouffle dans sa dernière demi-heure en s’égarant dans trop de directions scénaristiques et formelles.
                  @Lison, j’ai encore plein de souvenirs du Jour et la nuit qui me sont restés alors que je ne l’ai vu qu’une fois et que ça commence à dater. C’est à ça qu’on reconnaît les chefs-d’oeuvre, ils vous marquent au fer rouge. Quand même je vivrais jusqu’à la fin des temps, je n’oublierai pas Alain Delon et sa visière Ikea, Lauren Bacall fredonnant faux un air qu’elle ne semble pas connaître, Beauvois en roue libre qui essaie en vain de comprendre ce qu’il fout dans cette galère, Francisco Rabal monologuant à table et qu’on comprend rien à ce qu’il dit à cause de son accent, Karl Zéro qui livre peut-être la plus ridicule prestation d’acteur que j’aie jamais vue au cinéma – Christophe Lambert et même Francis Huster auraient fait mieux, c’est dire -, la scène d’amour en ombre chinoise où Alain Delon fait jouir Arielle Dombasle, la mort de celle-ci – même Marion Cotillard l’aurait mieux jouée.
                  Tu dis que BHL a voulu exposer au monde entier son amour pour sa muse mais il a surtout exposé son corps dénudé dans neuf scènes sur dix en version « mate ma meuf comme elle est canon ».
                  Ne pas oublier enfin qu’à la base de tout ça, il y a ce scénario d’anthologie coécrit avec Jean-Paul Enthoven (aucun lien avec Raphaël si ce n’est Carla Bruni et aussi que c’est son fils).

                  • #9662 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Tu m’as presque donné envie de le voir mais heureusement wikipédia m’a sauvé,pour le plaisir extrait de la critique de Lefort:

                    le critique Gérard Lefort, également dans Libération, est l’auteur d’un pamphlet sardonique au sujet du film : « L’actrice, c’est l’Actrice, c’est donc Arielle Dombasle, plus pouliche cambrée que jamais, dont on a d’autant plus le loisir d’admirer son admirable plastique de pin-up que l’essentiel de son jeu se résume à deux expressions pour calendrier de routiers : d’une part, « tu l’as vue ma grosse bouche sensuelle ? » ; d’autre part, « tu veux la revoir ma grosse bouche sensuelle ? » ». Il conclut : « BHL pédale dans le guacamole. Tourné au Mexique, le Jour et la nuit aborde quelques thèmes essentiels (l’Art, la Passion, la Politique), avec la légèreté d’un bulldozer. […] Le film avance d’ailleurs comme un bulldozer dans un champ de navets : je suis allé à la séance de 18 h, deux heures plus tard, j’ai regardé ma montre : il était 18 h 20 »[8].

                    • #9715 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Rires. C’est mal de se moquer ainsi des artistes qui donnent de leur personne.

                  • #9668 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Rv
                    J’ai décelé une seule grande ligne dans « La ruche », qui pourrait consister en : les différentes rencontres entre une petite fille et la mort. Il n’y a pour moi pas d’élément fantastique ou alors il réside tout entier dans ce mystère de la mort sur lequel bute l’héroïne en permanence.
                    ( Mille excuses, je relance le débat sur Erice quand il est flagrant que tu préfèrerais que je fasse l’éloge du meilleur film d’Arielle…Mais le seul film où j’ai vu Dombasle à oualp est la sexy comédie de Rohmer « Pauline à la plage »)

          • #9658 Répondre
            lison
            Invité

            @Hervé
            Ah Le jour et la nuit ! Grand film où l’on rencontre Lauren Bacall et Karl Zéro, un hélicoptère et Arielle Dombasle, Alain Delon et Alain Delon, et Xavier Beauvois.
            Je me souviens avoir lu à sa sortie une critique du film très marrante, écrite par Gérard Lefort. Et je me souviens aussi que le film était sorti un jour de Saint Valentin ( bousculant le calendrier qui veut qu’un film sorte toujours un mercredi). Mais BHL peut choisir quand sort son film, et il peut exposer au monde entier ( soit 139 personnes) son idée de l’amour et son AMOUR pour Arielle, il est comme ça BHL.
            Mais quand même notre cerveau retient de ces trucs.

            • #9659 Répondre
              Anna H
              Invité

              Depuis le temps que j’entends parler de ce nanar, j’aimerais vraiment le voir.

              • #9717 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Anna, j’ai posté un lien vers Doutes, dans le topic Comédie, avec Christophe Barbier et Benjamin Biolay. Si tu aimes le nanar, c’est un culte.

          • #9718 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Faire une référence au Jour et la Nuit c’est passible de prison dans certains départements. J’espère que tu as vu Doutes de Yamini Lila Kumar et Alien Crystal Palace, cela peut constituer de bons travaux de désintérêt général.

    • #9616 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci
      Je ne connaissais pas Eustache ,
      J’ai aimé quelque chose par rapport
      Au «  temps libre à prendre «  du film
      Un film qui évoque l’adolescence et qui pourtant
      Ne verse absolument pas dans la nostalgie
      Rien ne nous embarque dans une action future
      Aucune nécessité exprimée par les personnages
      Les lieux mêmes ne laisse sous entendre aucune action a faire, on peut être là

    • #9620 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Qui a vu Next Sohee (ou About Kim Sohee en traduction française, toujours savoureux les traductions d’anglais à anglais pour le marché français) ?
      Le scénario reprend un fait divers en Corée du Sud survenu en 2016. Sans dévoiler le film, il s’agit d’une lycéenne qui est envoyé en stage d’entreprise par son école et cela se passe mal.
      J’ai noté quelques répliques « – Le travail est naze et oppressant, je me sens minable, – c’est ça le monde réel qu’est ce que tu crois »; « – J’aurais du gagner 3500$ ce mois, – Oui en CDI mais tu n’es que stagiaire »; « ça change tout le temps, je comprend rien à leur calcul ».
      Le film présente un système très compétitif que ce soit à l’école ou en entreprise, tu t’adaptes ou tu crèves, la réussite est l’objectif absolu qui justifie tous les comportements. On voit beaucoup de classement, de graphiques, de chiffres. Beaucoup d’alcool également.
      Les lycées en compétition entre eux pour avoir le taux d’emploi le plus élevé, être le plus attractif, avoir le plus de moyens (il est souvent question de primes). C’est un constat visiblement réaliste de la situation du pays.

      • #9626 Répondre
        charivari
        Invité

        Oui Parfaitement à l’eau, les trad sont souvent caricaturales. J’ai vraiment beaucoup aimé ce film. Je le trouve très précis, lent comme j’aime. On y trouve de la saveur d’être non pas témoin mais comme acteur dans cette histoire. July Jung a fait aussi A girl at my door, qui vaut largement d’être vu. Elle a déjà une actrice fétiche qui joue merveilleusement bien Bae Doo-na. Elle montre assez bien comment la Corée du Sud est un pays où l’alcool coule à flot, et où la pudeur de se plaindre concourt au drame. KIM Si-eun sert bien la réal pour montre l’émancipation et la possibilité de ne pas cautionner le fonctionnement du centre d’appel de Korea Telecom. Sur le forum, je ne sais plus qui disait que le film n’était pas intéressant car il traite d’une sujet commun. Je n’ai pas les mêmes références. Au delà de l’angle, je trouve cette jeune réalisatrice prometteuse. Deux films, deux sans faute. As tu trouvé la deuxième heure du film trop explicative ? ou plutôt décisive (quant à la posture de Sohee) ou analytique d’un point de vue sociologique ?

        • #9633 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          La 2ème partie (le film est divisé en 2 en plein milieu) est moins intéressante coté cinéma je trouve. C’est du dévoilement classique de ce qu’il s’est passé. Mais pour ce qui est expliqué ça vaut le coup de la suivre, c’est la qu’on voit le plus de mur rempli de graphiques/ courbes/ classement et où l’on voit le plus de gens en costume qui disent « c’est pas moi c’est l’autre ». Comme dit dans le commentaire en dessous de François je comprend qu’on puisse critiquer cette partie pour son coté explicatif.
          C’est tentant de faire un parallèle avec la situation française sur l’école qui va de réforme en réforme sous l’ère macron, je ne suis pas expert du sujet mais je ne serais pas surpris qu’on se dirige vers plus de privé et plus de compétition.
          Récemment macron a annoncé des réformes du lycée professionnel dont un rapprochement avec le monde de l’entreprise.
          On peut aussi évoquer l’alternance qui se développe massivement, étudiant a qui on demande de faire un boulot de salarié mais payé beaucoup moins.

        • #9636 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Je vais me procurer A girl at my door si tu le conseilles.
          Et Bae Doo-na m’a impressionné. Quelle intensité dans son regard par exemple dans la scène avec les chefs de l’entreprise elle ne dit pas un mot mais les observe l’un après l’autre calmement.

      • #9654 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        test

    • #9624 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on a parlé brièvement de ce film à sa sortie. Il me semble que les deux ou trois qui en parlaient étaient d’accord pour saluer la précision de l’analyse systémique, mais pour déplorer la deuxième heure uniquement occupée à expliquer la première.

    • #9665 Répondre
      Ostros
      Invité

      Malice, je crois que c’était toi qui avait été très emballée par les films de Breillat tandis que trop de choses me répulsaient dans son style. Elle sort un nouveau film le 20 septembre intitulé L’Été dernier.
      Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d’abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leurs deux filles. Cependant, l’harmonie dans sa famille est perturbée par l’arrivée de Théo, fils de Pierre né d’un précédent mariage, qui emménage chez eux. Anne entame en effet une liaison avec cet adolescent de dix-sept ans rebelle et contestataire, et cela risque de tout détruire.
      .
      Ça nous donnera matière à débattre. J’espère avoir l’étincelle pour celui-là.
      J’aimerais beaucoup avoir l’analyse de François et de l’hqnpdp sur ce film. Je book la case de septembre en avance, si c’est possible.

      • #9666 Répondre
        Ostros
        Invité

        Bon déjà d’emblée je tique sur l’écho opéré dans le scénario : avocate spécialisée dans défense des mineurs victimes d’abus et des adolescents en difficulté / adolescent de dix-sept ans rebelle et contestataire = relation sexuelle entre les deux.
        Ca sent le concept comme on t’apprend à en créer en formation de dramaturgie. Pour créer des émotions fortes.

        • #9669 Répondre
          Malice
          Invité

          Je suis au taquet et très frustrée que le film ne sorte qu’en septembre!
          C’est paraît-il le remake du film danois « Dronningen », que je n’ai pas vu.
          Sur le même thème, en attendant de voir  » L’été dernier » tu peux tenter  » Brève traversée » de Breillat : un adolescent de 16 ans et une adulte se rencontrent et se draguent sur un bateau entre la France et l’Angleterre. Je viens de le revoir et je l’aime toujours autant.

          https://archive.org/details/brief-crossing

          • #9697 Répondre
            Malice
            Invité

            A propos du concept qui t’irrite, je ne sais pas si ça te rassurera mais Breillat s’auto-proclame cinéaste du lieu commun donc ce n’est pas forcément mauvais signe que son film ait pour point de départ un cliché. On sait ce qu’elle est capable de faire des clichés ( exemple, la figure de la femme délaissée et frustrée dans « Romance »)

          • #9714 Répondre
            charivari
            Invité

            Hâte de le voir aussi.
            Très juste ce que tu dis sur ta façon de malaxer, de tordre les clichés.

            • #9722 Répondre
              Malice
              Invité

              Ah ah un autre fan de Catherine
              Tu as vu tous ses films?

              • #9728 Répondre
                charivari
                Invité

                Oh que oui…Mon petit doigt m’a dit que l’été dernier est réalisé d’une grande précision et qu’elle dépeint la bourgeoisie comme il se doit, sans cadeau. Mon petit doigt vient de me dire qu’elle pourrait choper la Palme.

                • #9735 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  En parlant de Palme, selon les échos de Cannes, ça pourrait être soit Anatomie d’une chute, l’enlèvement, les herbes sèches ou l’été dernier.
                  À voir.

                  • #9736 Répondre
                    Sarah G
                    Invité

                    Cela se jouera entre Anatomie d’une chute et l’été dernier
                    Ou pas

          • #9755 Répondre
            Ostros
            Invité

            Comme l’été dernier sort dans longtemps je vais trouver un moment pour caler celui-là que tu me conseilles depuis mes retours déçus sur les autres.

            • #9756 Répondre
              Ostros
              Invité

              Réponse à Malice au sujet de brève traversée.

              • #9758 Répondre
                Ostros
                Invité

                Pour le moment je n’ai pas trouvé qu’elle tordait des clichés car elle retombe dans d’autres. Et toujours elle écrit depuis une base morale dont elle ne sort pas. Je me souviens que nos discussions passées portaient sur ton ressenti d’une réalisatrice de l’émancipation alors que j’y ai vu au contraire une réalisatrice qui n’arrive pas à créer des personnages qui s’émancipent (comme Mazuy peut le faire par exemple). Mais je vais voir brève traversée pour retenter de voir ce que tu y vois. Et cette fois je vais aussi essayer de noter – si ce n’est pas une réalisatrice de l’émancipation, – où se situent les points forts de son cinéma.

                • #9759 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Pour le travail sur l’émancipation chez Breillat, j’ai parlé des personnages mais j’ai aussi noté que formellement il n’y est pas non plus dans les films que j’ai vus.

                  • #9790 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    « Et toujours elle écrit depuis une base morale dont elle ne sort pas »
                    Est-ce que pour toi « Brève traversée » est un film moralisateur?

                    • #9791 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      Au sujet de l’émancipation, oui, les films de Breillat parlent au désir d’émancipation en moi, tout comme les films de Mikio Naruse, même lorsqu’il montre des personnages prisonniers de leur condition. Il y a dans le travail de ces deux cinéastes un rapport à la réalité qui même lorsqu’il produit des situations irritantes ou frustrantes, me libère complètement. Je sais qu’aucun de leurs films ne me consolera des problèmes que je peux rencontrer en tant que femme et pourtant je me sens libérée et revitalisée par leurs oeuvres.

                      • #9793 Répondre
                        charivari
                        Invité

                        Je te rejoins. Le désir, la passion, le sexe, comme des voies d’émancipation, je prends tout. Elle a été jusqu’à faire tourner Rocco Sifredi, cela montre bien qu’elle est dans la vraie émancipation et pas dans les contes du féminisme. sex is comédie pour Catherine Breillat. Je pense qu’elle n’est pas accessible facilement, même si pour moi c’est super facile de l’aimer. Elle est unique.

                      • #9796 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Et je la remercie de ne jamais s’apitoyer sur ses personnages; finalement c’est comme – encore une fois- chez Naruse: quel que soit les galères de ses personnages ( être en surpoids pour Anaïs; délaissée par son mari pour l’héroïne de Romance; infirme et abusée par un arnaqueur dans  » Abus de faiblesse »), ils gardent toujours une fierté qui est sans doute la clé de ma passion. Ils peuvent être ridicules ou énervants, mais jamais mièvres. Elle n’a pas de condescendance pour ses personnages.

                    • #9821 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      J’avais répondu plus haut. Je compte le voir avant la sortie du nouveau. Je te dirai.

    • #9673 Répondre
      Cyril
      Invité

      J’ai regardé le premier épisode de la série produite par les Obama (après l’excellent American Factory). Working, sur Netflix.
      On peut louer déjà le sujet exploré: le travail.
      Malgré le discours soc-dem lénifiant d’Obama, ses courts exposés dont on se passerait bien, on voit des choses dans ce documentaire. Émerge ici et là une conscience de classe, « Ils ont le management, on a le syndicat ».
      Malheureusement, les plans défilent trop vite, le regard n’a pas le temps de s’arrêter, les cadrages sont souvent étroits, étouffants.

      • #9674 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Il est très fort pour souder les Démocrates avant le Super Tuesday, les poussant à abandonner leur campagne et apporter leur soutien à Biden en même temps, sans doute en échange d’une faveur, afin de soutenir un candidat qui était en train de sombrer, tout cela pour barrer la route à Sanders, un véritable défenseur des syndicats. Il est très fort pour interrompre la grève des joueurs de NBA. Il est très fort pour la répression d’Occupy Wall Street. Et il est donc en train de promouvoir ce documentaire Netflix en pleine grève des scénaristes — sa fille, d’ailleurs, qui est à la WGA : mais bon, je suppose qu’il n’en a rien à foutre des conditions des travailleurs. Le gars est l’une des pourritures les plus achevées de notre ère — mais il fut d’une grande aide pour que tout le monde, moi compris, réalise l’étendue de la supercherie ; je hais encore plus la vilenie d’un Obama que celle d’un Républicain, surtout qu’au États-Unis, il y a la Cour Suprême, système absolument délirant avec des élus à vie désignés par le président, et qu’Obama avait tout à fait l’opportunité de remplacer quelqu’un, ce qui aurait pu empêcher l’abolition du droit d’avortement dans tous les États du pays, mais ce connard n’en a rien à foutre, il est plus judicieux politiquement pour ces gens d’être gentil avec les Républicains — leurs plus sûrs alliés — et consolider leur base en jouant les victimes, les losers ; c’est comme ça qu’ils gagnent, gagneront, mourront. En résumé : son entreprise cynique avec Netflix me répugne. L’image avant tout et le reste on en reparlera dans nos cercueils (les plus chanceux qui auront le droit à un cercueil).
        (Oui, j’ai vu une image de Working ce matin, Obama souriant aux côtés d’une femme, tous les deux poussant un caddie dans un supermarché, j’ai eu quelques pensées censurées.)
        Mais oui : si Obama prend la peine de filmer une conscience de classe naissante, c’est qu’elle doit exister de plus en plus, et qu’il est donc sur le front pour la réprimer. Ce connard.

        • #9677 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Mais au fond tu l’aimes bien il est cool ! Il joue au basket quand même, et il fait ses top en fin d’année.

          • #9698 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Tout à fait plus cool que moi.

            • #9702 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Et puis il faisait rire à chaque White House correspondents’ dinner (et je dois bien avouer avoir ri, parfois). Et puis ce sourire. Et puis sa femme toute craquante, avec son livre « Becoming », so inspiring. Et puis quand même ces cheveux orange en face, bouh, berk.
              Réjouissez-vous cinéphiles assidus, ça promet un engorgement de superbes films et séries après sa mort.
              Jacobin – Barack Obama, the Hollow Icon

    • #9686 Répondre
      lison
      Invité

      Une bonne nouvelle : un nouveau film de Jean Bernard Marlin.
      Il s’appelle Salem, présenté à Cannes ces jours ci, il sortira fin août ( pas début septembre).

      • #9696 Répondre
        Zyrma
        Invité

        il y a une projo à l’Arlequin la semaine prochaine, je compte bien y aller (samedi 21h30 à vérifier)

      • #9703 Répondre
        Charles
        Invité

        Une mauvaise nouvelle : les échos cannois sont pour l’instant pas terribles du tout.

        • #9713 Répondre
          charivari
          Invité

          Pas étonnant pour la critique, et très déçue qu’il reprenne un peu le même thème de son premier.
          J’ai cru comprendre que ce n’est pas son projet initial de second film.
          Il a eu des jumeaux, il aussi peut-être dû manquer de fric ou que sais-je.

          • #9723 Répondre
            Malice
            Invité

            On pourra peut-être se consoler avec Jessica Hausner qui est également en lice

            • #9724 Répondre
              Charles
              Invité

              Hahaha le Jessica Hausner fait partie des moins appréciés.

              • #9746 Répondre
                Malice
                Invité

                Et ça vous fait rire monsieur?
                J’ai beaucoup aimé ses films « Amour fou » et « Lourdes » en tous cas

                • #9751 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Méfions nous des verdicts cannois. J’ai entendu du bien de L’amour et les forêts. Par exemple.

                  • #9775 Répondre
                    Anna H
                    Invité

                    Tu as vu le film de V. Donzelli, François ? On m’en a dit du bien hier soir, mais je me méfie du jugement des personnes qui m’en ont parlé.

                    • #9901 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Un Efira film de plus : héroine irréprochable, gros plans sur regard sidéré, programme déroulé, fin du film.

                • #9773 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Je n’ai pas vu « Lourdes », mais j’ai beaucoup aimé « L’amour fou » et surtout son premier long « Lovely Rita », sous influence Hanekienne, mais avec une forme très personnelle. En revanche, pas accroché à son thriller de 2004, Hôtel, que j’ai trouvé raté.

                  • #9797 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Je note Lovely Rita

    • #9719 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Je suis à peu près à la moitié de l’audiobook de Tarantino, Cinema Speculation, disponible gratuitement ici : https://youtu.be/zvnkx3HDRl4

      Je n’ai jamais été client des audiobooks mais je soupçonne ce livre ainsi que son précédent de se prêter bien mieux à ce format qu’à l’écrit tant sa langue est orale, tant sa langue est celle de Tarantino qui parle.
      Jusqu’ici j’aime bien, on a beau n’y parler (presque) que des films des autres, l’intérêt vient de ce qu’on y devine de Tarantino réalisateur.

      • #9720 Répondre
        Tony
        Invité

        En effet en le lisant on l’entend parler,le précédent,lui,était écrit,c’est marrant parce que hier à Cannes personne ne s’attendait à ce que son film surprise soit Rolling Thunder et on sentait bien dans les commentaires que ce genre de film c’est pas la came des habitués du festival mais Quentin a une telle passion communicative qu’on finit par trouver des qualités à  tous les films dont il parle,bon j’ai pratiquement vu tous ceux qui sont passés en revue,le seul qui me reste à voir c’est Rocky 2 mais là je suis vraiment pas emballé.

    • #9846 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Lors de la projection de Magic Mike l’autre soir à l’Arlequin, François a évoqué les deux contrechamps principaux du film : celui de Brooke qui regarde le numéro de Mike, et celui de Mike à la fin qui observe autour de lui. Si le premier est relativement indecidable (moi j’y lis une Brooke qui aime plutôt ce qu’elle voit mais ne s’aime pas aimant, et qui tente alors de conserver une position d’observatrice en surplomb, étudiant autant le spectacle que les spectateur), le second est beaucoup plus clair : Mike y comprend tout. Je dirais que ce qu’il regarde est « le système ». Ce qui est tout aussi clair est, contrairement au reste du film, de quel côté Soderberg se place. Je vais faire mes remarques que vous attendez tous avec une fébrilité mal dissimulée sur les focales utilisées. Dans ce champ-contrechamp, Mike est cadré en gros plan en courte focale, ce qu’il observe est au contraire filmé au téléobjectif. Avant même d’analyser quoi que ce soit, cela signifie que durant tous ces plans, la caméra se trouve proche de Mike et loin du reste. Elle est de son côté, déjà physiquement. Il est de plus filmé en légère contreplongée, ce qui lui donne plus de présence. Mine de rien, après l’avoir évité tout le film Soderberg fait ici l’air de rien son Spielberg (en plus fin, en moins péremptoire, mais quand même) : la caméra indique au spectateur le jugement à effectuer. Mention spéciale au jeu du Kid qui parle dans le vestiaire aux autre stripteaseurs et qu’on n’entend pas : dans son jeu corporel, en deux secondes, on comprend tout de suite qu’il est à fond dans le truc, qu’il n’a cotnrairement à Mike à ce moment aucun recul sur la situation, qu’il vit la fable libérale.

      • #9863 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Seldoon.

      • #9902 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je n’ai pas parlé de ce contre champ, pour la raison simple qu’il a effectivement peu d’intéret, participant d’une grammaire de fin de film, de fin de récit, où faut bien clarifier un peu.
        Effectivement, ce que Spielberg fait dans toutes les scènes, Soderbergh le fait dans une.

        • #9905 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Cette grammaire hollywoodienne est en fait totalement en ligne avec ce que tu as appelé une « décision de cinéma » (celle de Mike à la fin).

    • #9860 Répondre
      tristan
      Invité

      Méfions nous des verdicts cannois.(suite)

      Festival de Cannes ?
      Festival de Connes !

      Simplifier repose la littérature…

      • #9861 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Nique ta mère.

        • #9862 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          (Avec son consentement. Sans son consentement si on doit basculer dans la nécrophilie pour des raisons matérielles.)

      • #9899 Répondre
        Cédric
        Invité

        Ce monsieur Bing est lui aussi passé par Cannes dernièrement. Ses films sont toujours assez passionnants alors on va jeter un oeil sur ce portrait d’une heure visible gratuitement sur MK2 curiosity (attention je tente un lien).
        https://www.mk2curiosity.com/content/wang-bing-tendre-cineaste-du-chaos-chinois-81700

    • #9888 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      De Justine Triet je ne connais que Victoria (2016). J’ai le souvenir d’une bonne comédie romantique bien faite qui déroule son programme, mais rien de foufou. Aurais-je sous-estimé le film ? Peut-on y déceler des choses pour une future palmée ?

      • #9890 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Dans Sibyl, oui. Mais déjà dans Victoria. Les Palmés forment un groupe aléatoire, mais je suis surpris d’aimer autant de Palmes récentes. L’une de mes réserves sur les films de Triet (Eifira) n’est pas présente dans Anatomie d’une chute, et on peut déjà, en tout cas, s’attendre à une structure narrative qui sort des cadres d’une grande majorité de films qu’on voit — je m’étais même fait un nœud au cerveau en me demandant ce qui était proprement littéraire ou cinématographique, non dénoué depuis. Une certaine emphase sur certains dialogues me gêne parfois mais c’est très aisément contrebalancé par un sens de l’humour qui me plaît, je me demande si le prochain conservera cet humour : je fais le pari que oui.

        • #9892 Répondre
          Tony
          Invité

          C’est vraiment un drôle de film Sybil,je l’ai vu hier soir et je m’interroge depuis sur ce que j’ai vu,c’est d’une rare complexité en terme de narration et de montage et je suis tombé sur ce texte très intéressant d’Aurelien Bellanger qui en parle très bien

          https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-conclusion/sibyl-1226273

          • #9896 Répondre
            Carpentier
            Invité

            benh dis donc 🙂
            L’art dirait donc ce qu’on ne peut pas trop dire avec les mots? retiens-je, entre autres, très grossièrement.
            Pas sure de ça, mais je taille à la serpe aussi en extrayant raccourci ça.
            J’espère, de mon côté, pouvoir lire l’intégralité de ses lignes dédiées au périph parisien (dans Libé) car – un peu comme certaines de mon aimé Dans la diagonale de François Bégaudeau – elles me clind’oeillent bien sexy.
            Dans une autre vie, tâcherai de m’accrocher à l’étude des mathématiques appliquées (beaucoup aimé la géométrie, comme beaucoup, jusqu’en 3e presque) pour peut-être exercer un métier là-dedans 🤔🙄🤩 🤞

            • #9929 Répondre
              tristan
              Invité

              Carpentier, si tu as des courbes corporelles non euclidiennes je peux remédier à tes lacunes en géométrie riemannienne en te donnant des cours du soir pour lesquels je te ferai payer moins cher que les autres…uhuhu!

          • #9903 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Aurelien Bellanger qui est ami de Triet et apparait dans le film.

            J’aime toute la filmographie de Triet. Sybil est un film formaliste très sophistiqué. Victoria est un film très subtil aussi.
            Mais il faut d’abord à ce jour retenir ce film génial qu’est La bataille de Solferino.

            • #9920 Répondre
              lison
              Invité

              Pareil.
              Tout est très bien , et je suis bien contente qu’elle est eu cette palme.

              • #9922 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Oui, très heureuse également qu’elle est eu la palme d’or et je la remercie pour son discours, ça fait un bien fou.

                • #9928 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  *eu, c’est mieux

            • #9942 Répondre
              Charles
              Invité

              Oui mais le style plus naturaliste, plus « sur le vif » de la Bataille était semble-t-il le fruit d’une contrainte de production et non d’un choix de mise en scène donc je ne suis pas sûr qu’on le retrouve dans ses prochains films.

            • #10049 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Oh pétard, je regarde la bande annonce de Sibyl et je me rends compte au bout de 10 seconde que je l’avais aussi vu à sa sortie. Pas possible d’avoir aussi mauvaise mémoire. Oui me souviens d’un film à la structure narrative troublante. Vais lire le texte de Bellanger, merci.

    • #9925 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Ca commence à faire beaucoup d’actes courageux de femmes ces derniers temps. On espère que les virilistes l’auront observé.

    • #9926 Répondre
      tristan
      Invité

      Festival de Cannes ?
      Festival de Cons !

      On ne le dira jamais assez….

    • #9927 Répondre
      tristan
      Invité

      qu’elle est(sic) eu la palme d’or

      Il me tarde que les échanges commentaires soient écrits enfin, sincèrement, totalement, formidablement, par les IA/CGPT des pseudos actuels affaiblis mais encore orgueilleux…

      Valeur ? Supérieure !
      Connaissance ? Supérieure !
      Disponibilité ? Infinie !

      A bientôt !…

      • #9931 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Je n’ai écouté qu’en léger décalé la remise de cette palme et ce que je note de particulier c’est la façon de Triet de ne pas s’extraire du système des subventions sans lesquelles, dit-elle, mon/ce film, palmé, n’aurait pu exister.
        Et elle dit très clairement choisir de profiter que sa parole soit un peu amplifiée pour dire, c’est efficace, élégant et circonstancié.
        En revanche, le.s divers procès d’intentions dont elle est l’objet sont chétifs, sans fond, hors de son propos.
        La croisette n’avait peut-être pas fait le plein de potins et polémiques cette année: voilà qui est plié.

        • #9932 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Et dans son discours, elle a parlé également de la réforme des retraites.
          Un discours fort et courageux en tout point.

          • #9934 Répondre
            Carpentier
            Invité

            C’est ce que j’entendais par ‘ Et elle dit très clairement choisir de profiter que sa parole soit un peu amplifiée pour dire, ‘
            J’imaginais bêtement que c’était aujourd’hui implicite pour chacun.e.: Triet Cannes Exception culturelle France Réforme des retraites 👍
            J’ai bien l’info, Sarah, et je parle bien aussi et surtout de cela.
            💥 👋

            • #9936 Répondre
              Sarah G
              Invité

              OK, je t’avais mal compris en te lisant, alors excuse moi .

              • #9939 Répondre
                Carpentier
                Invité

                C’était vraiment pas clair 😊
                La bataille de Solférino, je le reverrais bien, tiens (une programmation à l’Arlequin?)
                Il me semble que c’est là que j’ai découvert Macaigne, bien à l’affiche ces derniers temps.

                Sinon, et toujours quand même à propos d’ambiance à Cannes, je n’ai en revanche pas bien suivi/compris l’origine de l’étonnement médiatique quant au choix du jury et de son président d’Ostlund 🤔
                Je regarderai à l’occasion,

                • #9941 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Je n’ai pas suivi non plus, j’ai plus suivi les réactions concernant le discours de Justine Triet, les réactions indignés des gens de droites et macronistes

              • #9954 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Un chouette papier aussi, co-ėcrit par certains William A. et Manon R. dans les décodeurs, qui détaille le financement d’un film.
                J’avais déjà noté ces derniers temps comment la Région Rhône Alpes Auvergne notamment intervenait pas mal dans la co-prod ciné, et je vois que Triet a tourné quelques séquences sur ces territoires.
                Je vais regarder tiens, le dynamisme des régions dans le ciné, si ça se trouve facilement, sure que la carte des territoires où ça tourne est intéressante.

                • #9955 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Ouest de la France, ça tourne pas mal.
                  Deux films tournés à Nantes, quatre pour le Maine et Loire en 2023.

          • #9935 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Il y avait aussi la tribune de 123 actrices et acteurs dans Libération, je ne sais pas si tu en as entendu parlé Carpentier ?

            • #9940 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Quant à la réforme des retraites?
              Aaaaah ces enfants terribles et gâtés du cinéma qui jouent les radicalisés 😉 quel culot, j’te jure

              • #9943 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Non plutôt contre la complaisance du 7e art avec les agresseurs et agressions sexuelles, par rapport à la venue de Johnny Depp, et que » le cinéma a intégré un système dysfonctionnel qui broie et anéantit », « un système basé sur les principes de domination et de silenciation ».

                • #9944 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Ils ont aussi salué et soutenue dans cette tribune la décision de Adèle Haenel

                  • #9946 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    ah oui, tout à fait, cette chère Adèle H. (parce que l’autre, comme on sait 🙄)
                    Maïwenn va de nouveau s’en prendre plein la, après Joey à l’écran, Johnny, est-ce courant lorsqu’on est fine et comme fragile physiquement d’être aimantée par de la présence virile imposante au ciné quand elle se contient difficilement dans la vie? (ouais, bof, on est pas au café ici, c’est vrai 🤭 d’autant que j’oserais en fait jamais dire ce genre de connerie au troquet donc, oh eh: Carpen-TIER 😡 )
                    C’est Frémaux, en revanche, qu’on pourrait peut-être un peu plus cuisiner (?)
                    Avec des brocolis tiens, à la mode begaudienne.
                    👋 Tiens, au fait, toi qui viens parfois sur Paris, ceci pourrait t’intéresser – sous réserve que ça corresponde à ta grille d’emploi du temps 🙂 :

                    Festival de l’Économie Engagée 2023


                    Ça commence le 1er juin et même moi je pourrais y trouver de quoi me poser, c’est dire 🤗

                    • #9947 Répondre
                      Sarah G
                      Invité

                      Merci pour l’info, très intéressant en effet, faut que je vois avec mon empoi du temps et si je peux déjà venir sur Paris en juin car j’ai des rendez-vous pro dans la région pour ma futur compagnie de théâtre.

                      • #9950 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Plein de bons trucs à toi dans tous les cas et merci pour le rappel des 123: on boit un pot avec des potes et on va bitcher de ce pas sur les signataires qui, peut-être, ont zoné et frayé autour du Thierry F. à Cannes (on vient de me montrer des lignes sur ses démêlés comme dit l’autre tandis qu’il se rentrait en vélo) les 123 sur la Croisette peut-être donc, malgré leur pseudo engagement/paraphé 😎😂
                        C’est parti pour gossiper, Girl 👄

                      • #9951 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Merci beaucoup Carpentier 😘

            • #9952 Répondre
              Carpentier
              Invité

              oui, alors, plus consistant ceci:
              https://www.liberation.fr/culture/cinema/une-forme-de-censure-qui-altere-tout-processus-de-creation-les-cineastes-denoncent-des-entorses-au-droit-dauteur-20230516_IB24KKEC6BEENECG32XKDM62OA/
              si je puis me permettre (et structurellement, pas sure qu’il y ait lien entre les 2)

              Merci pour le fou rire, presque honte en terrasse, qui grossissait à mesure qu’un copain lisait les noms des signataires 😚
              Pardon, mais, à part mon copain A Bajon et 2 ou 3 autres, z’ont signé pour se faire connaître ou quoi, la plupart?

              [Inculte en ciné, ok, je suis, mais là, sérieusement les Gars? 🙄]

              • #9958 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Signe aussi la belle Ophelie Bau par exemple, benh oui.

                • #9960 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Kev Adams également signataire

                  • #9961 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Saraaaah 🤣 Kev est le premier de la tribune que j’ai postée comme étant plus roborative que celle des 123 dont tu me parlais, plus roborative selon moi 😉
                    Et comme Ophelie Bau n’est pas auteure, à ma connaissance, elle ne peu être que concernée par la pétition que tu m’a re-mise en tête, en soutien à Adèle H. donc là, je l’ajoute au nom d’Antony Bajon, la cite comme nom reconnu parmi tous les noms Z’inconnu.es des 123 😶
                    La syntaxe est parfois malmenée sous mon index, beaucoup m’ont déjà parlé de ma façon limite compréhensible d’écrire sur un forum mais bon, voilà: on peut pas tout avoir 😎 être super belle et bien écrire 😉

                    • #9962 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      * peut
                      Ophelie Bau joue dans le pre.ier volet du Mektoub de Kechiche.
                      On ne l’écoute pas trop tiens, Abdellatif, pas plus que sa compagne, en ce moment; se tiennent éloignés du tintamarre ambiant, j’ai l’impression

      • #9965 Répondre
        lison
        Invité

        Tu es (sic) raison de te moquer, et je m’incline devant une telle intelligence, qui seule, sans aide aucune, trouve ce subtil jeu de mots Cannes / Connes.
        Chapeau bas.

    • #9953 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Quand Nicolas Mathieu, Prix Goncourt de littérature remet les horloges à l’heure à propos des réactions outrancières du pouvoir réagissant aux propos de la Palme d’Or, Justine Triet.
      « On est quand même accablé de voir des ministres s’offusquer qu’une artiste critique un pouvoir, une politique, un gouvernement. Alors on va rappeler deux trois fondamentaux.
      -Vous n’êtes pas l’Etat. L’Etat c’est NOUS, peuple de citoyennes et de citoyens libres qui se gouverne par votre truchement. Vous critiquer ne remet nullement en cause les institutions.
      -Vous ne financez pas le cinéma et la culture. NOUS finançons le ciné et la culture via des dispositifs de solidarité collective dont vous n’êtes que les organisateurs temporaires. La main qui nourrit les artistes n’est pas la vôtre. C’est celle de la communauté nationale.
      -Vous n’êtes pas nos patrons mais les serviteurs du bien public et vous n’avez rien à dire des libertés qui nous appartiennent, que nous avons conquises et que nous exerçons exactement selon notre bon vouloir, parmi lesquelles la liberté de nous exprimer et de vous critiquer.
      -Votre pouvoir NOUS appartient. Nous vous le déléguons de manière temporaire. Il vous oblige et vous rend responsables devant nous. Vous n’êtes pas l’encadrement d’une entreprise qui n’aurait à répondre que devant le Comité exécutif qui le nomme. »

    • #9956 Répondre
      Ourson
      Invité

      Chers cinéphiles, question : est-ce que le manichéïsme c’est cool ?

      J’entends plusieurs critiques, notamment François Bégaudeau, déplorer que certains films soient trop « mous », trop peu conflictuels, etc…

      Et effectivement, je constate que dans le cinéma et surtout dans les séries chères à François, le manichéïsme soit ringard. On adore les nuances de gris, les personnages qu’on déteste puis qu’on finit par apprécier parce qu’après tout, tout n’est pas noir ou blanc…

      Est-ce une faute esthétique selon vous ?

      • #9963 Répondre
        Charles
        Invité

        Il faudrait évidemment partir d’exemples pour que cela soit plus clair, ce que j’ai un peu la flemme de faire. Pour moi, ça dépend. Si un personnage est particulièrement chargé afin qu’on soit bien sûr que le spectateur repousse, et donc de façon un peu artificielle, alors oui le manichéisme me pose problème. C’est ce qu’on reproche à Loach : il faut que l’ouvrier soit, en plus d’être objectivement dominé, sympathique et bon pour rendre sa domination d’autant plus inacceptable et réciproquement pour le patron. En revanche, quand la méchanceté ou la bonté est utilisée non pas pour souligner et simplifier un propos mais pour donner une certaine puissance à un personnage, pourquoi pas. Bien évidemment, je tolère comme toute le monde plus facilement le manichéisme dans des films de genre puisque ceux-ci n’ont pas vocation à refléter la réalité. Ainsi, il me semblerait absurde de reprocher au Silence des agneaux d’être un film trop manichéen, on n’imagine pas un scénariste se dire que Lecter est trop méchant. Toutefois, on peut s’interroger sur cette fascination puérile pour le Mal que véhicule ad nauseam les fictions sur les tueurs en série.
        Mais même dans des fonctions réalistes, une telle accusation des traits ne me dérange pas car certains vices ou vertus bien réels s’incarnent de manière paroxystique chez des individus. Le film n’est pas terrible mais par exemple le Loup de Wall Street montre un trader (Dicaprio) cupide et jouisseur sans limites et ça ne me pose aucun problème car ce sont des traits que cette activité professionnelle alimente et il serait ridicule de vouloir contrebalancer ce portrait peu flatteur par des passages positifs.

      • #9976 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Voilà une façon quelque peu… renversante de présenter les termes du débat
        Critiquer la mollesse ne revient en rien à proner le manicheisme, pour lequel je n’ai pas plus de sympathie que quiconque.
        La mollesse n’a rien à voir avec la nuance. Il y a une façon tout à fait grossière et simpliste d’être mou.
        Et il y a une façon très ferme d’être nuancée.
        Et in fine Charles fait bien de prendre des exemples pour nous aider à sortir de cette topographie lexicale abstraite et embrouilleuse.

    • #9966 Répondre
      André-Franck Little
      Invité

      Je n’ai jamais entendu Begaudeau parler de Tarkovski et j’aimerais beaucoup savoir ce qu’il en pense

      • #9967 Répondre
        Ostros
        Invité

        « On ne sait pas trop, parce que c’est loin
        Mais on a de grands souvenirs d’Andrei Roublev, entre autres »
        9 avril – 8h28

    • #9975 Répondre
      Buster
      Invité

      Je l’ai pas encore écouté mais ça a l’air intéressant ! J’avais trouvé le dispositif de « La Bataille de Solférino » très fort quand je l’avais vu.
      MEDIAPART/ « Cinéma et politique, avec Pierre Schoeller et Justine Triet » (2014)
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/070214/cinema-et-politique-avec-pierre-schoeller-et-justine-triet

    • #9978 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Je pétitionne pour une Gêne sur Justine Triet (pourquoi pas La bataille de Solférino ?).
      Je pétitionne pour une Page 2 de la rubrique Cinéma.
      Je pétitionne pour avoir plus de temps pour voir des films, j’arrive pas à suivre votre cadence, faut déjà que je regarde Pacifiction, y a trois Contes de Rohmer sur Arte qui me font de l’oeil et disparaissent dans un mois, et le docu Prendre place, et Eustache, moins vite nom de nom.
      L’humeur est pétitionniste ce soir. C’est toujours mieux que l’humeur pétainiste du SNU.

      • #9982 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Et oui, un tourbillon
        Mais demain, cela va se calmer… ou pas.
        Je pétitionne moi aussi mais pour un ciné-club à l’Arlequin.

      • #9983 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Oh bah eh ça te dit pas d’ouvrir un topic sur Rohmer directement ? Les contes sur Arte, c’est pas les trois premiers contes moraux par hasard ? J’ai l’impression qu’il y a promo dessus en ce moment, je les ai regardé sur OCS y’a peu.

        • #9999 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Ce sont les 4 contes de saison, j’ai dit 3 parce que je n’ai vu que le Printemps jusqu’ici, ils sont disponibles jusqu’à début juillet sur Arte Replay.

          • #10002 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Ça me fait quatre soirées. Merci pour l’information !

            • #10043 Répondre
              riviere
              Invité

              Si vous pouviez partager votre point de vue ensuite, merci d’avance!
              Mon préféré est le conte d’hiver: cette fille m’a émue « je le vois » comme « j’ai la foi » ça m’a fait toucher du doigt la croyance, la certitude, et je suis athée. Son cheminement est christique, comme un apôtre à qui des épreuves ou des expériences sont envoyées.
              J’ai aussi fait attention et apprécié le caractère documenté des choses dans les quatre films, moi aussi j’ai vu que ce que, auparavant, j’avais manqué car trop agacée par le babillage bourgeois entre les personnages. Les appartements, les livres, la rue, tout livre l’époque des différents films.

              • #10083 Répondre
                Malice
                Invité

                Ce que j’adore le soupirant de Félicie, Loïc

                • #10098 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  J’ai regardé Conte de Printemps ce soir. J’aime bien la patine fin 80 ambiance bourgeois PS, le réalisme des décors de l’appartement, de la maison, en décalage avec les dialogues très écrits, et d’ailleurs ça savonne un peu de temps en temps mais c’est comme si c’était voulu. J’aime bien les cadres et l’absence de champ-contrechamp dans ce film de dialogues. Enfin il y a ce jeu sur le face à face Jeanne / Igor, deux plans qui se rejoignent en un plan puis se ravisent. L’histoire m’a amusé, j’ai trouvé drôle les machinations de Natacha qui n’est pas si manipulatrice que ça, le collier perdu, les vantardises philosophiques. Il y a aussi le passage du vouvoiement au tutoiement qui pose de manière intéressante les caractères. Le sous-entendu permanent, concupiscent ou trouble, est prenant. Il est fort probable que je sois passé à côté de plein de choses mais j’ai passé un bon moment, j’ai aimé Jeanne, Natacha et même Ève, et aimé mépriser Igor, qui me débecte comme quasiment tous les mecs dans les films de Rohmer que j’ai vus.

                  • #10138 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Alors ça c’est intéressant, qu’est-ce qui te repousse chez Igor et les hommes de Rohmer?
                    Loïc du Conte d’hiver est un beau personnage non?
                    Et François de « La femme de l’aviateur »; Fabien de « L’ami de mon amie »…
                    Je dis ça tout en aimant beaucoup aussi les garçons plus filous dans le genre d’Octave des « Nuits de la pleine lune »et Hylas d' »Astrée et Céladon ».

                    • #10155 Répondre
                      Leo Landru
                      Invité

                      Je crois que Rohmer saisit avec une grande justesse la vanité des hommes qui tentent de conclure, ces moments de gêne où on ne dit pas qu’on voudrait bien mais où on voudrait. C’est le ridicule du réalisme qui me perturbe, parce qu’il me renvoie à mes propres expériences dans ce domaine, ce côté un peu minable et lâche. Le prototype c’est le héros de La Boulangère de Montceau. Mais je n’ai pas vu Conte d’Hiver, je ne le trouve pas sur Arte Tv.

                      • #10158 Répondre
                        riviere
                        Invité
                      • #10181 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Merci. Je le regarde ce soir.

                      • #10163 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Les hommes ne sont pas pires que les femmes chez Rohmer je trouve : Lena et Solène dans « Conte d’été »; l’héroïne du « Beau mariage »; Eve et Natacha dans « Conte de printemps » me font pas mal grincer des dents ( même si j’aime la vitalité de Béatrice Romand, même si je comprends que Solène s’agace, face à l’indécision de Gaspard et si Eve me paraît touchante quand elle est heureuse que Jeanne la retienne lorsqu’elle veut partir).
                        Igor dans « Conte de printemps » m’intéresse car il paraît souvent mal à l’aise et timide, tout en ayant une réputation de séducteur; il a quelque chose de féminin – comme Céladon qui pousse le bouchon jusqu’à se travestir en femme pour séduire une femme hétérosexuelle…

                      • #10182 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        C’est drôle parce que dans tous les Rohmer que j’ai vu (quatre en tout donc peu), toutes les femmes me séduisent. Je retrouve dans les traits masculins des traits que j’identifie comme des travers auxquels je m’associe, une certaine forme de couardise et d’hypocrisie, alors que l’indécision de Jeanne dans Conte d’Hiver ou de Haydée dans La Collectionneuse me font instantanément tomber amoureux. Quant à Ève, je la trouve touchante. Elle n’est pas si dupe. Et Natacha pas si calculatrice. C’est toujours la concupiscence masculine qui me perturbe. La fausse vertu d’Adrien dans La Collectionneuse est outrageante. Il a envie de baiser mais il se donne de grands airs.

                      • #10183 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Jeanne dans Conte de Printemps *

                  • #10148 Répondre
                    riviere
                    Invité

                    Oui beau personnage singulier que Loïc du conte d’hiver: renversement de la domination, lui le lettré, le dominant naturel voit l’élan vital de Félicie, il devient son ami. Il prie pour elle, et sa prière est exaucée.

                    • #10169 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Oui, et il accepte d’apprendre d’elle

              • #10189 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Après Conte de printemps, vu Conte d’hiver ; en plus de tout ce qui a été écrit ici, il y a une attention à la prise de son qui est très forte. Le bruit de la rue, le bruit des portes, le bruit des tissus portés. Et quand Félicie parle, on entend sa respiration, sa langue qui traîne un peu sur le palais, c’est proche de l’expérience ASMR. Est-ce que ces films ne sont pas destinés à être vu deux fois, la deuxième les yeux fermés ?

                • #10231 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  Je suis triste car impossible de regarder Conte d’Hiver, sauf à le voir sur un écran d’ordinateur ce qui est inconcevable. N’ayant accès qu’à la chaîne YouTube d’Arte, je me rabats sur un téléfilm « librement inspiré du Horla ».
                  Il y a une sorte d’esthétique Arte, le flou perpétuel des amorces et des arrière-plans, c’est assez laid – et bon, après Rohmer, ça picote.
                  Le protagoniste de ce remake du Horla travaille dans une start-up où il fait du design et fait des visios depuis son apparte qu’il partage avec son épouse cadre dans la recherche et leur jolie petite fille. Je sens que Maupassant va en sortir grandi.

                • #10275 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Dr Xavier tu formules ce que j’ai souvent ressenti devant un Rohmer : l’apaisement

                • #10278 Répondre
                  riviere
                  Invité

                  pour ma part c’est presque l’inverse, une étrange inquiétude que j’ai du mal à expliquer.

                  • #10279 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Le seul Rohmer qui m’inquiète un peu est « Conte d’hiver » : la fin est  » trop heureuse » et je n’arrive à penser qu’à ce qui peut faire « retomber le miracle ».

                    • #10282 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      mais pourquoi faudrait il qu’il retombe?
                      c’est un conte de Noël
                      et il faut avant tout voir comment ce miracle survient : dans le contexte le plus prosaïque qui soit

                    • #10283 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      mais pourquoi faudrait il qu’il retombe?
                      c’est un conte de Noël
                      et il faut avant tout voir comment ce miracle survient : dans le contexte le plus prosaïque qui soit

                      • #10286 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        (Attention spoiler pour ceux qui n’ont pas vu le film)
                        Peut-être que j’aime trop le personnage de Loïc pour apprécier la fin, c’est pourquoi pour moi le miracle est doux-amer. Je ne connais pas Charles, je ne sais pas dans quoi s’engage Félicie et le fait qu’elle se soit trompée d’adresse au début du film me perturbe/laisse penser que cet amour devait rester un souvenir.
                        ( Surtout j’ai peur que le prince charmant se révèle être un sale con une fois Félicie dépendante de lui dans le restaurant où il l’engage à bosser à ses côtés)

                      • #10289 Répondre
                        riviere
                        Invité

                        rire c’est vrai que le gars joint très vite l’utile à l’agréable.

                      • #10294 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui mais on a l’impression qu’elle sait comment faire pour ne plus perdre le nord, du coup moi j’ai plutôt confiance

                      • #10297 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Un conte de noel n’est pas censé ouvrir sur une suite.

                      • #10302 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Mais comment éviter de penser à la suite?

                      • #10311 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Tu entends par là que si on y pense ça enlève l’effet ?

                      • #10325 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        En y pensant je me gâche le conte oui;
                        Ce qui est étrange c’est que dans « Le rayon vert », en revanche, je crois à fond au futur bonheur de l’héroïne.

                      • #10333 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Vu le bloc de joie et détermination de Félicie je me fais pas trop de souci pour elle. Et ma foi, Loïc le stoïque sera toujours là pour elle.

                      • #10386 Répondre
                        charivari
                        Invité

                        Le rayon vert, est mon préféré. Si je devais garder deux films, ce serait celui-ci et Et la vie continue.

                      • #10400 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Charbovari, ce qui tombe bien c’est que le seul Kiarostami que j’ai vu est  » Où est la maison de mon ami? » donc j’ai mon programme ciné du soir grâce à toi, car c’est une sorte de suite, si j’ai bien compris?

                      • #10402 Répondre
                        charivari
                        Invité

                        Ah ouais Charbovari… bien joué ! Tu continueras dans l’oliveraie et tu pourras si le coeur t’en dit, poursuivre avec Close up ou un autre. Pioches tu seras ravie.

                      • #10408 Répondre
                        Hervé Urbani
                        Invité

                        Malice, après la vie qui continue, tu dois surtout regarder le troisième volet du triptyque : Au travers des oliviers. Peut-être le plus grand des trois films, avec un plan séquence final dont je ne me remettrai jamais.

                      • #10416 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Merci à vous les fans hard core!
                        A propos d’oliveraie belle séquence du bébé dans le bois dans la première moitié de  » Et la vie ».
                        C’est peut-être un peu trivial mais j’ai été marquée aussi par l’étal à l’abandon de l’épicerie, couverte de bouteilles de soda bouillant.
                        J’aime sa façon de réinventer le road-movie, avec la fenêtre de la voiture qui cadre les paysages, l’activité des survivants…

                      • #10418 Répondre
                        charivari
                        Invité

                        Le bébé dans le hamac est un des plus moments les plus touchants. Le billet glissé sous le tesson…Le marié qui s’est barré avec sa dulcinée… L’école, les devoirs…Le foot tous les 4 ans et les tremblements de terre tous les 40 ans. Il laisse son gamin voir le match. Ce voyage est fantastique. La relation entre ce garçon et son père, à la recherche de koker, de Mohammad. Les road-movies à la Abbas. Dans le rayon vert, j’aime aussi ces mouvements. Chacun à son Jules Verne.

                      • #10438 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Pour rester dans le hardcore, la très très longue dernière séquence de Five (2003) qui consiste en des plans fixes sur la surface d’un étang la nuit, avec la lune qui se reflète, les nuages qui modifient la lumière, les araignées d’eau et les grenouilles qui chantent jusqu’au lever du soleil est pour moi ce qu’il a filmé de plus beau.

      • #10005 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On fera sans doute la Gene de rentrée sur le Triet palmé, qui sort fin aout

        La Bataille de Solferino il est possible que je le programme au Ciné-club l’an prochain.

        • #10211 Répondre
          Zyrma
          Invité

          En attendant je pense que les Triet passés sont sur francetv.fr (si c’est bien ça l’adresse)

          • #10212 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité
            • #10215 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Très cool, merci.
              Moi qui voulais justement revoir son La bataille,

              • #10338 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                J’ai vu Anatomie ce soir : j’ai été très conquis. C’est beau, en tout cas, de voir dans une forme aboutie ce que j’avais trouvé foireux mais néanmoins fascinant dans Sibyl. C’est émouvant le parcours d’une œuvre.

              • #11023 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Et peut-être que L’oncle Boonmee fera l’objet d’un ciné club à l’Arlequin

    • #10048 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai l’impression que l’ami Campillo s’est un peu planté avec son nouveau film, l’Ile rouge…les critiques sont pour l’instant assez mauvaises.

      • #10050 Répondre
        Bronsky
        Invité

        Quelles critiques ? Il est pas encore sorti
        Mais je précise que j’ai eu l’occasion de le voir et que j’ai été assez déçu. J’en discuterais volontiers dès que le gens l’auront vu

        • #10051 Répondre
          Charles
          Invité

          Cahiers du cinéma, le Monde, Critikat.

          • #10052 Répondre
            Bronsky
            Invité

            merci
            Du coup j’ai regardé celle de critikat, je partage en partie

    • #10284 Répondre
      Anna H
      Invité

      Je n’ai malheureusement pas réussi à voir en salle « L’amitié », le dernier film d’Alain Cavalier recommandé par Nicolas.
      En revanche, je découvre pour ceux et celles qui connaissent mal ce cinéaste qu’une dizaine des films de Cavalier sont accessibles sur le site archive.org. Notamment  » Le plein de super » (1976) sur un scénario et avec Patrick Bouchitey, Etienne Chicot, Bernard Crombey et Xavier Saint-Macary (acteur pour lequel j’ai un faible). Xavier X-M qui a aussi co-écrit avec sa compagne Isabelle Ho le scénario de « Martin et Léa » (1979) que je recommande aussi. Mais j’aime beaucoup « Un étrange voyage » (1981) avec Jean Rochefort et Camille de Casablanca et « Pater » (2011) avec Vincent Lindon et Cavalier himself, film dont on a déjà parlé à plusieurs reprises ici.
      https://archive.org/details/le-plein-de-super-cavalier

      • #10285 Répondre
        Anna H
        Invité
        • #10358 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Il n’y a que du très bon dans tous les Cavalier disponibles. À l’exception de La Chamade, film bizarrement raté. Et mention spéciale pour ce que je considère comme rien moins que le meilleur polar français du XXème siècle, à savoir le génial Mise à sac.

          • #10359 Répondre
            Juliette B
            Invité

            Il était au café Potemkine y a pas longtemps, pas encore écouté mais le voilà

            • #10361 Répondre
              Anna H
              Invité

              Oh merci beaucoup, Juliette

            • #10363 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Merci, j’écouterai pour le goûter

              • #10376 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                L’amitié est pas mal, mais ne restera pas comme un grand Cavalier
                Depuis deux ou trois films je trouve sa forme moins tenue.

                • #10387 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Ah dommage. Je ne les ai pas vus car je me suis arrêtée au « Caravage ». J’aime beaucoup sa démarche introspective, quasi ascétique, de simple « filmeur » comme il se définit lui-même, son humilité, sa recherche de pauvreté pour atteindre l’essentiel, lorsqu’il y a juste sa drôle de voix qui commente en direct ce qu’il regarde à travers sa petite caméra vidéo. Mes préférés : « Sept gouttes de sommeil » et « Irène ». Mais, je ne me suis toujours pas remise d’une séquence où il filme son père mort.

            • #10380 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci Juliette !

            • #10388 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Merci beaucoup Juliette

    • #10290 Répondre
      Maud
      Invité

      J’arrive longtemps après la bataille, mais j’ai fini par voir Triangle of sadness, que j’ai trouvé très chouette. Pas aussi subversif que ce que j’attendais, mais pas aussi rude non plus. Surtout j’ai eu l’impression pendant tout le film que tout le monde sur le plateau s’amusait beaucoup, ce qui n’est pas si fréquent. On verrait presque le réal et les comédiens se marrer de ce qu’ils font.
      Même si j’adore Woody Harrelson, j’ai préféré la partie sur l’île. Ce qui se met alors en place est alors super intéressant, et finalement assez subtile – la partie sur le bateau m’a semblé plus didactique.
      J’ai trouvé beaucoup de similitudes avec dogma et sa suite. Pas du tout pour le traitement de l’image, mais pour le côté « on coince un groupe humain, on ôte le verni et on voit ce que ça donne ». Et j’ai retrouvé l’emploi très judicieux de la musique classique d’un Lars vont trier, par exemple.
      Par contre j’ai beau chercher, je ne vois pas du tout pourquoi on a reproché au film d’être mysanthrope ou réac. La fin de Snowtherapy m’avait un peu agacée, mais là non : c’est juste bien bout en bout. Décidément les palmes rendent la scandalisation facile.

      • #10291 Répondre
        Maud
        Invité

        J’oubliais ! Fou-rire à la vue de la tête de l’àne dépassant des herbes hautes, doublé du souvenir de celle du sanglier dans Autonome. 😉

      • #10567 Répondre
        Le ventilateur d’Hegel
        Invité

        Qu’est-ce qui t’avait agacé dans la fin de snowtherapy ? Je viens de le voir hier après avoir découvert Ostlund avec Triangle of sadness puis play (merci François). D’une manière générale, le dispositif naturaliste qu’ostlund installe dans ses films, les rend difficiles à clore. La vie n’est pas un chemin qui se rétrécit ou bout de 2h mais plutôt l’inverse, je pense donc qu’il n’est pas pertinent de juger Ruben sur ses fins mais plutôt profiter de chaque minute des situations qu’il observe avec ses cadres exquis et son humour narquois. Qu’est-ce que j’aime ses cadres… d’ailleurs en voyant le début de snowtherapy (scène de photo de la famille en ski), impossible de ne pas penser au début de de Triangle of sadness. Aussi quel paradis pour ostlund une station de ski avec toutes ses remontées mécaniques automatiques.

        La scène de fin avec le conducteur de bus a-t-elle un lien avec l’esprit « y a t il un pilote dans l’avion » de Ruben ?

        Aussi est-ce qu’il n y aurait pas un peu de snowtherapy dans l’enlèvement de François ?

        • #10608 Répondre
          Maud
          Invité

          La scène du bus est excellente, d’ailleurs j’étais hyper mal en la visionnant c’était très drôle. Et tu as raison, Ostlund fait très bien de laisser ses fins ouvertes (celle de Triangle… est très bien aussi).

          Je parlais en fait de la résolution du conflit. C’est ce qui permet au couple de rentrer réconcilié que j’ai trouvé moyen politiquement. Qu’est-ce qui fait que la femme n’est plus fâchée après la désertion du mari lors de l’avalanche (idée de départ, au passage, géniale) ? Son propre sauvetage, par le mari, avec pour y parvenir un abandon temporaire des enfants. Plus simplement : pendant la dernière randonnée, la femme se retrouve en danger, le mari laisse les enfants sur place et va la secourir. Et hop tout est pardonné. Comme si, finalement, tout ce que la femme reprochait à son mari depuis le début, ce n’était pas d’avoir abandonné la famille pendant l’avalanche comme elle le prétendait, mais de l’avoir abandonnée elle. Dans la vie, je suis quasi sûre que je reprocherais à mon mari d’avoir laissé les enfants 10 minutes au milieu d’une tempête pour me sauver… En tout cas à un moment la question se poserait forcément. Mais ici, on ne discutera plus. Ca n’est plus nécessaire : un certain ordre a été rétabli.

          Après, il y a sans doute des contraintes diverses qui ont amené Ostlund à faire ce choix scénaristique. Il permet notamment cette longue séquence avec les enfants seuls dans la neige. C’est oppressant, le suspense monte, etc. Sur ce plan le choix est efficace. Mais quand même… je trouve que ce que ça dit n’est pas très net, ni tout à fait anodin.

          • #10618 Répondre
            Juliette B
            Invité

            En voyant cette scène, je me suis dit qu’elle était destinée aux enfants et uniquement à eux. Que le couple avait décidé de simuler ce sauvetage de l’épouse par son mari pour restaurer quelque chose de l’ordre familial aux yeux des enfants, qui avaient vu leur père agi par la peur et sauvant seul sa peau auparavant.
            Comme le jour de l’avalanche, il faudra qu’ils aient peur – on les laisse donc mariner – et que le soulagement vienne cette fois des parents apparaissant ensemble
            Mais je n’ai pas considéré que le couple était « réconcilié  » pour autant, ou qu’elle lui avait « pardonné », disons qu’ils se sont accordés pour mettre au point cette mise en scène, presque cruellement drôle de fakitude, et assez dérisoire aussi si l’on veut bien considèrer que leurs enfants ont comme eux des yeux et des oreilles et que comme eux ils en usent.
            On retrouve cette critique à la fois amusée et cruelle de la société suédoise et de ses faux-semblants, exemplairement dans les situations familiales ou scolaires, où l’image qu’il donne est centrale pour l’éducateur et qu’il se débat parfois avec la réalité contradictoire de son corps pas toujours exemplaire. Alors il bidouille pour tenter de faire coller et rien de ce bidouillage ne nous est épargné par Ostlund, qui navigue comme ses personnages quelque part entre la cruauté et l’amour le plus sincère pour le genre humain. Sans oublier d’en rire.

            • #10636 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              cette scène est en effet de toute évidence une mise en scène à l’intention des enfants – et d’eux-mêmes, ce qui est vertigineux.

              • #10644 Répondre
                Maud
                Invité

                D’accord !… j’ai été bien naïve, naïve comme les enfants.
                Je pense que je n’avais pas imaginé que les parents puissent à nouveau trouver un accord, mais effectivement, c’est limpide. Et comme tu dis, Juliette, ainsi la fin reste ouverte. Brillant.

                • #10651 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  François a raison d’ajouter « et d’eux-mêmes » parce qu’on sent ça aussi dans la scène en effet, ils veulent désespérément croire tous les deux à ce brouillage volontaire de la réalité par la fiction.

                  • #10753 Répondre
                    Maud
                    Invité

                    Tout à fait. « Vertigineux », c’est le mot.
                    J’ai dû manquer par mal de subtilités dans le jeu des acteurs la dernière demi-heure. Il faudra que j’essaie de la revoir, cette fin. ^^

            • #10707 Répondre
              charivari
              Invité

              La scène est préparée en amont par les deux parents uniquement pour les enfants. On les voit complices en bas de la piste pleine de brouillard. Elle lui dit t’es sûr de toi, y a du brouillard, et lui répond oui, je passe devant (sous-entendu j’ouvre la voie, je vous protège) et elle lui sourit allègrement, en vraie acolyte. Avant cette scène, on sait qu’il se passe un truc préparé. Après la scène, elle se relève sans difficulté et on comprend ou valide que c’était une ruse pour rassurer les enfants, après qu’ils aient vus le père pleurer à chaudes larmes la veille.

        • #10609 Répondre
          charivari
          Invité

          Le fil conducteur du film, c’est quoi faire ? comment agir quand on a peur ? Quand on peur devant une avalanche, on peut y laisser sa famille et fuir. Quand on a peur dans un car sur un virage en lacet, on met 50 personnes en galère sur la route. On blâme personne.
          L’idée centrale du film est là. Et les fins de films sont fines et délicieuses. On reprend l’ascenseur.

    • #10578 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      La réponse est oui
      Comme rarement.

      Les remontées mécaniques c’est une chose. Mais la coup de génie c’est d’avoir vidé cette station. Il reste alors la pure mécanique, avec l’effet à la fois comique et effrayant que ça crée. Tous les burlesques aiment les machines et Ostlund en est un.

    • #10597 Répondre
      Lertéobeuh
      Invité

      Une pensée pour l’ami Rozier : https://www.youtube.com/watch?v=pKI-QfxE3wM

    • #10599 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      oui

      • #10637 Répondre
        Charles
        Invité

        On recommande quels films de Rozier? Et on pense quoi du fait qu’il soit surcité depuis plusieurs années ?

        • #10638 Répondre
          Buster
          Invité

          J’ai pas encore vu grand chose de lui, ça fait un moment que je dois m’y mettre !
          Cependant il y a ce court métrage disponible sur Henri (et d’autres également), « Paparazzi » où Jacques Rozier suit des paparazzis durant le tournage du « Mépris ». Je l’avais trouvé vraiment intéressant, ça donne une vision assez intéressante de la violence de leur métier.
          Lien : https://www.cinematheque.fr/henri/film/63574-paparazzi-jacques-rozier-1963/

        • #10674 Répondre
          lison
          Invité

          Pour les films : Rentrée des classes ( très beau court métrage sur l’école buissonnière), Adieu Philippine, Maine Océan, Les naufragés de l’île de la Tortue , Du côté d’Orouet..bref tous ceux que j’ai vus ! Mon préféré est certainement Maine Océan, ou Du côté d’Orouet
          Comme Rohmer, il est pas mal cité.. Dès que c’est un film pendant les vacances, un peu drôle , BAM on convoque Rozier, mais on en est souvent loin, très loin . Le seul film où j’ai pensé à lui c’est La loi de la jungle , j’y ai vu une proximité, mais vraisemblablement plus pour le sujet que pour la forme. Le temps de Rozier, cette sensation de pas savoir où on va, comment on y va, cet étirement du temps (dans Maine Océan ou Du coté d’Orouet) lui sont vraiment propres .

          • #10680 Répondre
            Charles
            Invité

            Merci Lison. On l’a aussi convoqué pour Brac ou Letourneur alors que ces derniers font un cinéma très différent l’un de l’autre.
            Belle nécro dans Libé.

            • #10685 Répondre
              Anna H
              Invité

              Je n’ai vu qu’Adieu Philippine et il y a vraiment très longtemps et j’avais beaucoup aimé ce film. La nécro dans Libé, tu aurais le temps de la partager stp, Charles ?

              • #10719 Répondre
                GaelleS
                Invité

                La voici Anna

                Jacques Rozier se barre encore
                Outsider génial de la Nouvelle Vague, le cinéaste bousculait l’ordre établi avec des œuvres loufoques et inclassables. Il est mort vendredi à l’âge de 96 ans

                par Didier Péron
                publié le 4 juin 2023 à 21h39
                Le cinéaste des grandes vacances vient de mourir. Le merveilleux Jacques Rozier, qui était du genre à oublier sa valise sur le quai, à prendre l’avion pieds nus ou à monter à bord d’un bateau qui coule, nous laisse tout seul aborder une nouvelle saison de canicule. Il avait 96 ans, et les dernières fois qu’il a fait parler de lui, c’était au rayon de l’infortune angoissante, expulsé de son appartement, relogé ailleurs et selon des proches, plus vraiment libre de ses mouvements, ayant perdu la tête. On préfère garder de ce cinéaste hors cadre l’image joyeuse du flibustier rigolard qu’on rencontrait vers la place de Clichy en 1996 (il avait déjà 70 ans) alors que quelques-uns des longs métrages ressortaient en salle : «J’ai été désigné par tous comme le cancre de la Nouvelle Vague, le cancre qui empêche les autres de bosser.» Pourquoi «cancre» ? Une manière pour lui de poser pour la postérité en mauvais élève en fond de classe qui n’obéit pas à l’esprit de sérieux qu’on attend de lui, alors qu’il faut bien le dire, tous ses camarades de la Nouvelle Vague, issus des turbulentes années 60, se faisaient de leur art et de leur carrière une haute idée laissant peu de place à l’indiscipline et à l’humour. Louis Skorecki dans Libé le décrivait parfaitement : «Rozier, paresseux comme pas un, semble à tout moment émerger d’une sieste intemporelle. […] Survivant à des échecs répétés, compulsifs, convulsifs (quatre longs métrages en cinquante ans, moins que Jacques Tati, faut le faire), il transforme à force d’entêtement ou de sainteté ces échecs en morale minimaliste, sérénité, joie de vivre.»
                Séjour survivaliste
                Prenez les Naufragés de l’île de la Tortue par exemple. Le pitch est dément : deux employés d’une agence de voyages à Paris imaginent, un soir de biture, un nouveau concept, le forfait vacances «Robinson Crusoé» : «Personne n’a jamais eu l’idée de proposer un programme de vacances sans programme.» Rien à manger, rien à boire, rien à faire, une île déserte et un slogan : «Robinson démerde-toi !» Le patron, qui devrait les lourder à coups de pompes, leur donne un feu vert et Jean Arthur Bonaventure (Pierre Richard) part en reconnaissance aux Caraïbes avec Petit Nono (Jacques Villeret), cuistot dans la marine à Toulon. Ils sont bientôt rejoints par les premiers vacanciers alléchés par cette offre anti-Club Med avant de s’apercevoir, évidemment, que ça ne leur plaît pas du tout d’être livrés aux affres d’un séjour survivaliste supervisé par deux ahuris échevelés. La force de Rozier tient dans la capacité à tenir ensemble le registre de la pure comédie (à l’époque, en 1976, Pierre Richard est la star comique la plus populaire avec Louis de Funès), c’est-à-dire toute la mécanique des gags bien ajustés, et l’étirement temporel de la contemplation digressive. Alliage rare et commun à tous ses films, comme si le petit théâtre des personnages inadaptés était embrassé par l’ample regard d’une vision cosmique, peinturlurant leurs désopilantes gesticulations dans les teintes sublimées de grands monochromes fauves, jaunes ou bleus.
                Pierre Richard nous avait raconté comment durant le tournage, personne ne comprenait où Rozier voulait en venir : «Jacques ne dit jamais “coupez !” à la fin d’une prise, expliquait encore Pierre Richard. Avec Villeret, on n’était pas habitués, on était un peu dans la panade et c’est ce qui donne cette ambiance très particulière, avec ces flottements, ces silences. Jacques n’est jamais fatigué et il joue beaucoup de l’abattement ou de la nervosité grandissante de ses acteurs.» Le plan de travail est largement dépassé et apparemment, Richard finit par être exfiltré par son agent qui se demande dans quel piège il est tombé. C’est pourtant un des plus beaux films de sa carrière par ailleurs objectivement géniale mais prise dans une production de comédies françaises pas spécialement élégantes.
                Mélancolie hédoniste
                Pour son premier long métrage, c’est Jean-Luc Godard qui lui sert de viatique pour approcher le plus important et créatif producteur de l’époque, Georges de Beauregard (A bout de souffle, le Mépris, l’Amour fou, Lola…). Adieu Philippine sera présentée à la Semaine de la critique et Godard sera encore là pour faire la présentation, disant qu’il s’agissait «tout simplement du meilleur film français de ces dernières années», comparant Rozier aux «grands poètes, comme Flaherty, Rouch ou Dovzhenko». Le film était pourtant d’ores et déjà un rescapé, le producteur ayant fini par virer le cinéaste de sa salle de montage, impatienté de le voir perdu aux milieux de ses bobines depuis un an : «On avait perdu les bandes-son, je n’avais aucune trace écrite des dialogues, il a fallu tout redécrypter en lisant sur les lèvres des acteurs.»
                Tourné en Corse, le film raconte le dernier été d’un appelé qui doit partir en Algérie, un trio amoureux pris sur le vif avec deux jeunes filles bientôt rivales. «J’ai toujours dit que je voulais faire un film sur un petit Français à moustaches», expliquera-t-il, embauchant après un casting sauvage un employé de banque dans le rôle principal, incapable de dire le moindre texte écrit mais qui sera idéal de spontanéité dans les longues improvisations en roue libre que conspire Rozier, très certainement en cela une des références peu souvent dite d’un Abdellatif Kechiche dont Mektoub, My Love s’inscrit en droite ligne de cette mélancolie hédoniste : «J’ai construit tout un marivaudage, mais le sujet réel, c’est le départ et l’arrachement.» Ou encore : «Avec Godard, on a fait ça toute notre vie, de façon radicale : l’idée qu’il faut saisir l’instant, même s’il s’échappe tout le temps.»
                Antisystème, n’en faisant qu’à sa tête, obsédé par le désir d’attraper la vie sans apprêt, Rozier veut travailler sans scénario fini, au feeling, mais ses échecs au box-office et sa réputation d’incontrôlable terrifient les producteurs et ralentissent ses projets. Refusant de faire la part entre cinéma et télévision, intéressée très tôt comme Godard par la vidéo, il confectionnera pour le petit écran toutes sortes d’objets inclassables, subvertissant des émissions de variétés, proposant des mini-fictions loufoques tel que Nono, Nénesse avec Bernard Menez et Jacques Villeret en barboteuse dans des décors géants, mais aussi des projets cinéphiles comme pour son Paparazzi, documentaire sur le tournage du Mépris où Bardot est coursée par les photographes, ou encore Vive le cinéma : Jeanne Moreau, dans lequel la comédienne dîne au Ritz avec un Orson Welles parlant français.
                Alter ego du what-the-fuck existentiel
                Son grand film des années 80, Maine Océan, repose sur des confrontations de classes et de langues: une danseuse afro-brésilienne (Rosa-Maria Gomes) s’installe par erreur en première classe et les deux contrôleurs (Luis Rego et Bernard Menez) lui demandent si elle a un billet et qui plus est correctement composté (le fameux «Avez vous fait chtonk à la gare ?»). Une avocate polyglotte en route vers l’île d’Yeu pour défendre un marin pêcheur s’exprimant dans un largue incompréhensible, intervient. De proche en proche, d’une rencontre l’autre, d’un déplacement hasardeux à une heureuse coïncidence, le film constitue moins un récit qu’une communauté improbable où des gens qui n’étaient pas destinés à se connaître, se parler ou s’aimer déambulent dans l’utopie réalisée de la fiction, de plus en plus évasive, vaporeuse, d’une gaîté ivre noyée dans les nuances bleues des grands panoramiques presque proustiens sur l’Atlantique à perte de vue.
                C’est comme si l’instant fugace du Rayon vert d’Eric Rohmer, épiphanie synchrone entre les personnages et le paysage alentour, était déployé dans le temps long, sans impatience, ni but, ni contours, d’une parenthèse ouverte que personne ne songe à refermer. «On ne voyage pas pour le plaisir. On est con mais pas à ce point-là», disait Deleuze, citant Beckett. Chez Rozier, le voyage déroute l’ordre social établi, fait tomber les masques et chaque film semble partir du rangement pour aller vers le désordre, de l’âge adulte pour rejoindre un état d’immaturité, en cousinage impromptu mais possible avec les recherches romanesques d’un Gombrowicz.
                Que Bernard Menez, se pétant au vin blanc dans Du côté d’Orouët ou gigotant du popotin sur l’air du Roi de la samba dans Maine Océan, ait été l’anti-Jean-Pierre Léaud de Rozier, c’est-à-dire son homme sans intensité, exprime encore l’une des intuitions géniales d’un auteur inclassable, transformant ce corps dégingandé, cet air de matheux à la ramasse en irrésistible alter ego du what-the-fuck existentiel. Une leçon de style, inapte par vocation, inadapté par principe, tout Rozier, impénitent et puni pour ça (mais sans amertume, «J’étais fait pour beaucoup filmer, je m’y suis mal pris, tant pis»), unique en son genre, et à qui revient donc de poser définitivement le point final en suspension de la belle Nouvelle Vague abolie.

                • #10722 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Merci Gaëlle ! En échange, ce petit bijou de 1918, La princesse aux huitres de Lubitsch :

                  • #10725 Répondre
                    GaelleS
                    Invité

                    Merci Anna ! Ça vaut le coup de troquer par ici on dirait

          • #10686 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Oui il y a un petit culte Rozier surjoué assez pénible. Et qui tait la tristesse que charrie cette histoire : Rozier n’aura fait que quatre longs en cinquante ans. Cependant qu’Assayas en faisait cinquante en quatre ans. J’exagère à peine.
            Reste que les films cités par Lison -qui sont en fait presque tous les films- sont une grande source de joie.

    • #10687 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Quelqu’un a vu le Campillo, dans la famille?

      • #10694 Répondre
        GaelleS
        Invité

        Pas encore vu mais entendu Campillo dans Plan large samedi et ça m’a donné envie de le voir https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/plan-large/de-droles-de-films-avec-robin-campillo-et-fabrice-aragno-9422948
        Avec aussi une interview de Fabrice Aragno à propos de Godard

        • #10704 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          merci, on va écouter

          • #10823 Répondre
            Bronsky
            Invité

            dans la famille je sais pas, par contre je l’ai vu et il m’en reste pas grand chose, alors que j’avais aimé 120bpm
            Rien d’intéressant à en dire, juste une impression de semi ratage tout le long, ça ne prend pas, il y a un problème de casting je pense le jeu « naturel » est un peu forcé. Quand à la dernière séquence du film, on est vraiment dans la note d’intention illustrée.
            Très déçu même s’il y avait sûrement des trucs bien dans le film, mais je m’en rappelle pas

            • #10842 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Même impression d’un ratage, et notamment pour des histoires de casting. Et toujours l’évidence de la mauvaise piste que représente le-point-de-vue-de-l’enfant.
              Mais la dernière demi-heure justifie le film. Il y a là quand même là une sacrée opération.

              • #10847 Répondre
                GaelleS
                Invité

                «  »Mauvaise piste que représente le-point-de-vue-de-l-enfant »
                En quoi c’est une évidence ? Parce que nécessairement vampirisé par le point-de-vue-adulte – difficile de restituer une forme de candeur qu’il n’a plus ?

                • #10849 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  C’est plus physique que ça. Il y a tout un appareillage du point de vue qui est lourd, qui me fatigue. Typique: l’enfant immobile dans un recoin / cut/ plan sur ce qu’il regarde / re-plan sur l’enfant / re-plan sur ce qu’il regarde. C’est au moins deux plans de trop.
                  Les plans subjectifs depuis la caisse où il lit me fatiguent.
                  Pourquoi Mes petites amoureuses s’en sort avec ça? Parce qu’il radicalise la chose. Cet enfant ne sera qu’un regard. On n’essaiera de restituer ses sensations, ses impressions. Peine perdue.
                  Je me suis demandé ce que L’ile rouge aurait donné sans ce point de vue. L’enfant aurait été là, personnage comme les autres – comme dans Roma. Campillo aurait pu se concentrer sur ce qui importe ici tellement plus que son amour pour sa maman : la peinture de cette drole de petite communauté coloniale.

                  • #10867 Répondre
                    Bronsky
                    Invité

                    pourquoi la dernière demi-heure ? Qu’en as tu pensé ? Moi j’ai trouvé justement qu’elle était platement réductible à l’opération affichée

                  • #10884 Répondre
                    GaelleS
                    Invité

                    Ah dommage, son interview dans Plan large m’avait fait penser que justement que le film se focalisait plus sur la communauté coloniale.
                    Est ce que cette façon de monter le film qui tente de restituer les impressions de l’enfant sont d’après toi propres au fait d’avoir filmé un enfant ? Je serai tentée de dire oui n’ayant pas eu cette impression dans Eastern boys et 120 bpm. Est ce que c’est la combinaison enfant+histoire inspirée de sa propre vie qui l’a conduit à ce procédé de répétition ? Est ce un manque de précision dans le souvenir de ses propres impressions ?
                    Bon faudrait surtout que j’aille voir le film.

    • #10688 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je ne suis pas sûr que les trois Stevenin voyables sur Arte replay aient été signalés. Dont évidemment Passe montagne, un des plus grands films français de tous les temps.

      • #10689 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        D’accord pour Passe montagne et je me permets aussi de conseiller vivement Double messieurs, un des plus grands films de Jean-François Stévenin de tous les temps

        • #10690 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Merci François et Hervé pour l’info et la reco de films.
          Vais regarder

        • #10705 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          alors que mischka est un des moins bons Stevenin de tous les temps

          • #10720 Répondre
            Hervé Urbani
            Invité

            Mischka est moins bien certes, mais je le mets quand même sur le podium

        • #10954 Répondre
          Maud
          Invité

          Vu Passe montagne. J’ai beaucoup aimé la première partie (décidément), la partie dans la maison – et la maison elle-même -, le temps de la réparation de la voiture – et la réparation elle-même ; ainsi que, tout ai long du film, la façon dont on sent se tisser le lien d’amitié entre les deux hommes : paroles, intonations et gestes.

          Double messieurs me laisse plus dans l’interrogation. Par exemple, je ne sais pas quoi penser du changement de duo qui s’y opère (je n’en dis pas trop).
          Les 30 dernières secondes du générique de fin sont extraordinaires.

          Mais il me faudra du temps pour que mon sentiment se fixe un peu. Jamais vu des films pareils !… Merci pour les conseils.

          • #10970 Répondre
            Tony
            Invité

            J’ai vu aussi Passe Montagne cette semaine,c’est vraiment un sacré film et assez dingue comme expérience,je ne sais pas comment c’est possible mais depuis que je l’ai vu j’ai l’impression qu’il infuse un peu en moi,des images me reviennent de temps en temps sans savoir pourquoi,ce qui est bizarre aussi c’est cette impression que j’ai eu de devenir ivre en le voyant et la fin est géniale quand Stevenin se trouve dans sa cabane au petit matin et qu’on l’entend dire ‘aujourd’hui ça va être une belle journée!’,quelle vie intense!

      • #10716 Répondre
        lison
        Invité

        Ah oui ! un de mes films préférés.
        Et si Rozier a une famille, le Stevenin de Passe montagne en fait peut être partie.

    • #10698 Répondre
      Skullkiddd
      Invité

      Bonjour, cela fait plusieurs fois que j’entend François parler de faire une étude sur les comédies françaises récentes pour « enfin en parler comme des films ». Je recommande donc le travail de Daniel Andreyev, un journaliste qui s’est lancé le défi il y a quelques années d’aller voir tous les films de ce genre. Il serait intéressant pour parler de ça avec François (par exemple chez Microciné).

      Son article sur les comédies de 2022 : https://www.slate.fr/story/238241/cinema-meilleur-pire-comedies-francaises-films-2022-classement

    • #10706 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      merci
      il est possible que le prochain Microciné évoque ça en effet

      • #10869 Répondre
        Benoît
        Invité

        J’en profite pour joindre cet article de J.S Massart sur la comédie qui analyse deux sorties : celle d’un film d’Assayas et de Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu 2. J’avais trouvé l’angle pertinent ! Avec cette conclusion :  » Il est possible aussi que le film soit – bien plus que Le Bon Dieu 2 – le représentant exemplaire d’une France intouchable, sans histoire et sans géographie, et qu’au-delà du simple cas d’Assayas, le vide politique, l’immobilisme social et le repli sur un petit capital culturel et symbolique soient surtout l’apanage de la comédie d’auteur – bien plus, en tout cas, que de la comédie populaire ».

        LA CARTE ET LE TERRITOIRE
        NOTES SUR DOUBLES VIES D’OLIVIER ASSAYAS ET QU’EST-CE QU’ON A (ENCORE) FAIT AU BON DIEU ? DE PHILIPPE DE CHAUVERON
        écrit par Jean-Sébastien Massart, le 5 février 2019

        S’il fallait s’en tenir à la fameuse introduction de La Distinction, où Pierre Bourdieu décrit ce qu’il appelle « l’économie des biens culturels », rien ne justifierait l’écriture d’un texte traitant dans le même temps des sorties en salles de Doubles vies d’Olivier Assayas et de Qu’est-ce qu’on a (encore) fait au bon dieu ? de Philippe de Chauveron. Rien, si ce n’est la concomitance des sorties et, si l’on veut vraiment forcer le jeu des comparaisons, le fait que l’on soit devant deux films français se réclamant de la comédie. Si l’on s’en tient donc à l’économie des biens culturels, on organise, par le simple fait de confronter ces deux films, une sorte de choc culturel : d’un côté Doubles vies, parangon de la comédie d’auteur, avec tous les stéréotypes qui lui sont attachés (parisianisme, name-dropping culturel, transmission dans un entre-soi de ce que Bourdieu, citant Claudel, appelle un « pécule intellectuel »), de l’autre, Le Bon dieu 2, suite attendue d’un blockbuster comique (12 millions d’entrées pour le premier volet en 2014) qui flatte, via le personnage de Claude Verneuil (Christian Clavier), le goût de ce que l’on croit être le « public populaire », en déclinant à son attention un certain nombre de préjugés racistes sur la crasse des Chinois, l’esprit festif des Ivoiriens et la barbe des musulmans algériens.

        Chaque film a une conscience aiguë de son public et son écriture, dans les deux cas, pourrait presque être pensée dans la langue du marketing, en termes de target audience (public-cible). De ce point de vue, le Assayas est de loin l’objet le plus sélectif et clivant, pas seulement parce qu’il exhibe à tout instant ses quartiers de noblesse culturelle, mais aussi par son rapport à la géographie : la province est exclue de son champ de représentation. Les déplacements hors de Paris ne manquent pourtant pas (deux personnages se rendent à Arles pour un colloque dédié au nouveau marché du livre numérique) mais la province se réduit à des chambres d’hôtels cosy et des cafés impersonnels que l’on pourrait tout aussi bien trouver à Paris. Cette exclusion fait d’ailleurs l’objet d’une des rares scènes drôles du film, celle où le personnage de Nora Hamzawi revient d’un déplacement à Laval. Passons sur la fausse bonne idée de casting : dans ce film rempli d’acteurs déjà établis dans le champ culturel du cinéma français (et exemplairement représenté ici par la convergence sur l’affiche des noms de Juliette Binoche, Guillaume Canet et Vincent Macaigne), Nora Hamzawi ferait presque figure de « transfuge ». Elle devrait apporter du sang neuf, voire de l’altérité – or c’est précisément le contraire qui se produit, sa diction rapide et son « marquage » urbain, parisien, en faisant une sorte de parvenue dans ce cinéma bourgeois. Au fond, elle est simplement plus jeune et moins établie que ceux qui occupent le haut de l’affiche, mais son tour viendra – fermons la parenthèse.

        Dans Doubles vies, Nora Hamzawi incarne donc un personnage qui travaille dans la communication politique et c’est à ce titre qu’elle voyage – bien qu’aucun de ses déplacements professionnels ne fasse l’objet d’une scène, même purement illustrative. Dans la fameuse séquence, la voilà de retour à Paris et fraîchement accueillie dans une soirée où personne ne sait où se trouve précisément Laval. Un personnage émet l’hypothèse que c’est peut-être dans le Massif Central. Quiproquo : la ville de Laval n’a rien à voir avec le sinistre Pierre Laval, ni avec le régime de Vichy, qui se trouvait en effet dans le Massif Central. Quiproquo doublement révélateur – et dans lequel il faut peut-être voir le signe d’une certaine finesse satirique, à l’opposé du procès que l’on a fait à Assayas sur son repli culturel, ici pleinement assumé. Le quiproquo révèle en effet l’effacement de la carte de France (et de son territoire) dans la conscience parisienne des personnages, mais il souligne aussi – et c’est peut-être ce que le film dit de plus intéressant – la disparition, dans le même temps, de tout ancrage historique, ce qui ne peut manquer d’étonner de la part de bourgeois aussi instruits et cultivés. La confusion ville de Laval/Pierre Laval marque comme une rayure dans l’impeccable champ culturel tracé par le film (incluant Bill Viola, Lars Norén, Bergman, Mallarmé, Lampedusa, Adorno, Phèdre, etc…), comme si ce malentendu était le symptôme à la fois d’un malaise historique (tout aurait été sacrifié au contemporain) et d’un déni de la géographie. Comme si ces petits bourgeois parisiens n’étaient, au fond, de nulle-part, comme s’ils n’avaient aucune racine dans l’histoire nationale, comme s’ils étaient, en somme, de pures créations de leur époque, éphémères et flottantes, et condamnées, en tant que telles, à « l’usure » (le mot revient une demie-douzaine de fois). Nul doute que ces bourgeois pourraient trouver leurs pendants dans n’importe quel film américain indépendant (ceux de Noah Baumbach par exemple) sans que leur mode de vie, leurs sujets de conversation, leurs goûts culturels n’en soient affectés : ce ne sont plus des bourgeois de France, comme l’étaient par exemple ceux de Chabrol.

        Par contraste, Le Bon Dieu 2 cultive, comme son prédécesseur, un ancrage historique et territorial fort, c’est même son unique sujet : moins le racisme (beaucoup plus nuancé et dilué que dans le premier volet) que ce qui menace la maison-France, allégorisée par la famille Verneuil, aujourd’hui mise en péril par les projets d’expatriation des quatre gendres représentatifs de la diversité. De manière transparente et très naïve, le film s’accroche à une certaine idée de la province française – donnons-lui le nom de Chinon – qui a, en réalité, déjà disparu. Une scène le dit exemplairement : heureux comme Ulysse après son long voyage chez les belles-familles respectives de ses filles, Claude Verneuil s’extasie depuis la vitre d’un taxi devant la verdeur de sa Touraine, qu’il décrit comme « le verger de la France ». S’exprime dans cette scène une nostalgie de la campagne et de ses villes moyennes, mais l’objet même de cette nostalgie n’existe plus car Chinon représente aujourd’hui, comme Châteauroux, Niort, Alençon et des dizaines d’autres villes moyennes, une zone économiquement morte ou sinistrée, que le géographe Christophe Guilluy a désigné sous le terme générique de « France périphérique », bien avant qu’on ne parle de « France des ronds-points ». Ni l’une ni l’autre n’ont la moindre chance d’exister dans le rêve nostalgique du Bon Dieu 2 et la scène du « verger de France » servirait plutôt à alimenter la thèse défendue par Jean-Baptiste Thoret dans sa conférence sur la France intouchable, selon laquelle le blockbuster comique français serait incapable de représenter le pays tel qu’il est.

        Dans le détail du Bon Dieu pourtant – et observer le déploiement de ce détail est bien le seul travail critique un tant soit peu intéressant à opérer sur un tel film – on constate qu’on est devant une comédie écartelée entre une sorte d’essence française, incarnée par les produits du terroir (on ne compte pas les références au vin, au jambon, au fromage de pays) et les contingences de l’économie, qui envoie des signes inquiétants de mobilité, représentée par la menace d’exil des quatre filles Verneuil. La thèse de la France intouchable bat donc un peu de l’aile au contact du film car il est évident que ce Bon Dieu 2 cherche à raconter quelque chose de la mondialisation, de l’ouverture de nouveaux marchés (l’un des genres de Verneuil a l’idée assez drôle de créer un marché hallal bio) et peut-être même de la France, dépeinte à la manière de Houellebecq dans La Carte et le territoire, soit comme un pays culturellement proche de la mort – et auquel il ne resterait que la gastronomie. Les gendres entreprenants de Claude Verneuil le savent, mais le couple Verneuil, comme des personnages monomaniaques de Molière, veut les ramener dans son « verger de France » – et quoi de mieux, pour cela, qu’un bon mariage ?

        Contrairement à d’autres blockbusters comiques (Le Sens de la fête ou Le Grand bain) qui travaillent avant tout à fédérer un groupe social hétéroclite (les bourgeois et le petits représentants d’une société ubérisée dans Le Sens de la fête, les mâles solitaires et dépressifs et une handicapée érigée en coach dans Le Grand bain), Le Bon Dieu 2 vise l’utopie sociale : appelons-la la famille Verneuil, cellule où coexistent tradition, régionalisme (Claude Verneuil prépare une biographie sur un obscur écrivain tourangeau du XIXe siècle) et humanisme chrétien (par charité, les Verneuil doivent accueillir un migrant afghan). Voilà les valeurs que le film « vend » à son public, sans adhérer à aucune, l’important étant surtout de démontrer que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Comme la ville de Laval chez Assayas, c’est ici le « monde » qui représente un hors-champ fantomatique et indéterminé, un « monde » fait de pays exotiques plus ou moins menaçants (le récit de Verneuil sur les tensions qu’il a senties à l’aéroport de Tel Aviv vaut son pesant d’or), un « monde » dont l’existence, essentiellement touristique, se fond dans une sorte d’altérité indéterminée où l’on confond le Mexique avec le Brésil, Israel avec la Cisjordanie. Un « monde » où l’absence de géographie se joue à plus grande échelle que chez Assayas – comme si rien n’existait hors de Chinon. La petite ville d’Indre-et-Loire s’est cependant mise à la page d’un point de vue social (ou sociétal), ce qui permet à Verneuil de donner des leçons de tolérance à son homologue ivoirien, qui n’accepte pas que sa fille se marie avec une autre fille. A l’inverse des contes philosophiques du XVIIIe siècle, l’étranger est ici privé de regard et de point de vue ; il n’arrive en France que pour être rééduqué selon les bons vieux principes humanistes des Lumières (tolérance, ouverture).

        Là où Le Bon Dieu 2 apparaît donc comme un blockbuster contrarié par des mutations qu’il tend à englober et surtout à neutraliser dans l’utopie d’un territoire (Chinon) et d’une famille (les Verneuil), Doubles vies plaide surtout pour l’immobilité (sociale, culturelle, territoriale). Ses infimes préoccupations, liées à qu’on appelle la transition numérique, traitée ici à travers le prisme de la « dématérialisation du livre », montrent le confort de son petit monde bourgeois, qui souhaite surtout que rien ne change, sauf peut-être les supports sur lesquels il va reconstruire sa domination culturelle. Paris n’est définitivement pas Chinon : la petite bourgeoisie parisienne de Doubles vies n’a pas les mêmes aspirations et les mêmes inquiétudes que les Verneuil, la seule menace sociale résidant pour elle dans l’évolution technologique et dans la façon dont celle-ci a modifié le rapport au secret, à la confidentialité. Messenger fait ainsi peser sur les petits mensonges bourgeois (des coucheries entretenues plus ou moins régulièrement entre tous les personnages) la menace d’un mauvais vaudeville – et c’est ce qu’est Doubles vies : un vaudeville cruel, où les amants ne peuvent plus se cacher dans les placards parce qu’ils sont trahis par leurs smartphones. L’intérêt relatif du film tient peut-être à cette lucidité qui n’épargne personne, à sa conscience, aussi, du bavardage culturel qui sert de paravent à la médiocrité profonde des personnages. Genre par définition populaire, le vaudeville les ramène à leur dimension de petits bourgeois (cruauté de la comédie), mais le jeu du vaudeville est aussi décrit comme un divertissement qui ne procure plus aucune joie, sauf peut-être celle de rompre le jeu, ce que fait à demi-mots le personnage de Juliette Binoche devant un Vincent Macaigne dont la naïveté et l’éternel air lunaire, ici, ne font plus illusion – car il n’a jamais été dupe.

        Le personnage de Juliette Binoche, qui incarne une sorte de Julie Lescaut badass dans une série policière très appréciée du public – et par ailleurs regardée par ses amis bourgeois (autre trait de satire) – est sans doute celui qui représente mieux la position d’Assayas. Elle avoue « n’en plus pouvoir de cette série », elle aimerait jouer Phèdre au théâtre de l’Odéon : on retrouve là les spectres de Sils Maria, où la même Juliette Binoche répétait gravement un drame à la Bergman pendant que son assistante (Kirsten Stewart) regardait son iPad. Le film de 2014 essayait déjà de raccorder deux trains : celui de la haute culture européenne, prise dans son berceau (Sils Maria : le petit village cher à Nietzsche) et celui des écrans, de google et des clouds (annoncé dans le titre international du film : Clouds of Sils Maria). La grande peur d’Assayas est de rater ce train-là, qui est celui du présent, de l’actuel et c’est ce que redoutent les personnages de Doubles vies : pas tant la dématérialisation des œuvres qui occupent les rayons de leurs bibliothèques que leur propre obsolescence de petits-bourgeois – et avec elle, celle du cinéma qui les fait encore exister. Il est donc possible que Doubles vies soit l’un des meilleurs films d’Olivier Assayas, qu’il marque un point de non-retour dans son oeuvre, qu’on ne puisse plus jamais y prononcer le nom d’un auteur ou d’un marqueur culturel sans courir le risque de l’obsolescence et de la dématérialisation. Il est possible aussi que le film soit – bien plus que Le Bon Dieu 2 – le représentant exemplaire d’une France intouchable, sans histoire et sans géographie, et qu’au-delà du simple cas d’Assayas, le vide politique, l’immobilisme social et le repli sur un petit capital culturel et symbolique soient surtout l’apanage de la comédie d’auteur – bien plus, en tout cas, que de la comédie populaire.

        A suivre.

        • #10871 Répondre
          riviere
          Invité

          merci. Parfois je trouve la critique plus piquante et plus drôle que les films eux-mêmes.

        • #10886 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          L’article est convaincant et stimulant, mais j’ai deux petite réserves (tout en sachant que je n’ai pas vu ces deux films, je n’ai vu que le Keskon a fait au bon dieu numéro 1, donc je prends donc le risque d’écrire des bêtises).
          1. Je prends personnellement cette pique sur Laval. Je sais que c’est une ville à ne pas confondre avec Pierre, mais j’étais infoutu de la situer en Mayenne avant de me renseigner. Je note que c’est la 121ème ville la plus peuplée de France. Je mets au défi le Français moyen – bourgeois ou pas – d’être capable de situer *l’intégralité* des 120 premières villes de France (mais peut-être savez-vous tous.tes le faire pour *toutes* les 120 villes, et je ne fais qu’exposer mon ignorance).
          2. « Claude Verneuil s’extasie depuis la vitre d’un taxi devant la verdeur de sa Touraine, qu’il décrit comme ‘le verger de la France’. S’exprime dans cette scène une nostalgie de la campagne et de ses villes moyennes, mais l’objet même de cette nostalgie n’existe plus car Chinon représente aujourd’hui, comme Châteauroux, Niort, Alençon et des dizaines d’autres villes moyennes, une zone économiquement morte ou sinistrée, que le géographe Christophe Guilluy a désigné sous le terme générique de ‘France périphérique’, bien avant qu’on ne parle de ‘France des ronds-points’. » –> Passons outre le concept de ‘France périphérique’ que l’auteur semble reprendre à son compte et qui est l’objet de nombreuses critiques, universitaires et de ‘la gauche’ en général (cf. Frustration, ‘France périphérique’, une idée fausse au secours de la bourgeoisie, Décembre 2021). Je ne suis pas sûr de voir en quoi idéaliser les vergers (qui existent toujours) soit contradictoire avec la dévastation industrielle qui frappe certains territoires. On peut reprocher au réalisateur de ne parler que des vergers, mais l’auteur semble lui reprocher de les fantasmer alors qu’ils existent bel et bien. Mais surtout, on imagine sans peine Claude Verneuil, qui est quand même un grand bourgeois de mémoire avec son immense baraque bourgeoise et ses costumes, se ballader à Chinon et tout autour des chateaux de la Loire en ne voyant que les vergers, les forteresses et les vignobles, et se foutant éperdument des zones commerciales, chômage et précarité. Est-ce que paradoxalement le film ne capture pas avec justesse le point de vue de la bourgeoisie de province dans cette scène ? (une fois encore n’ayant pas vu le film je peux me prendre les pieds dans le tapis, mais alors l’auteur aurait pu être un peu plus explicite dans la description de la scène ; je note aussi que l’auteur parle de petite-bourgeoisie pour Doubles vies, mais nulle part ne souligne la bourgeoisie de la famille Verneuil dans Keskon a fait au bon Dieu, même juste en passant).
          (et une fois encore j’adhère plutôt aux idées de l’article)

        • #10926 Répondre
          Le trou noir extatique
          Invité

          Merci pour ce partage !

    • #10915 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      L’article est pas mal, mais procéde de cet espèce de néo-populisme culturel qui sévit beaucoup en ce moment, et qui comme d’habitude oublie le troisième protagoniste, à savoir le cinéma d’auteur pas bourgeois, à savoir tout ce qui se fait de bien en France (o classer Voyages en Italie? Ou classer Vaurien? Où classer Le gang du bois du temple?). Ici il oppose-compare deux cinématographies majoritaires: le cinéma d’auteur central et la comédie populaire à succès. Ceci sous-tendu par une opposition effectivement aussi fake que du Guilluy entre Paris et Province. Car la bourgeoisie de province va voir des Assayas, ainsi que les profs de province à la retraite. Ils ne vont même voir que ça – alors qu’inversement la cinéphilie parisienne se fout totalement d’Assayas. Le « milieu littéraire parisien », c’est typiquement le truc qui intéresse le public Telerama de province.
      Bref on est dans de la sociologie à la hache.
      Et on n’est que dans la sociologie. On néglige de signaler que ce Assayas là, plus encore que les autres, est tout simplement nul. Cette indifférence à l’art ne surprendra pas dans un article où le seul critique cité est qui on sait.

    • #90464 Répondre
      Ostros
      Invité

      Je crois qu’il faut laisser une balise ouverte pour enrayer le bot. Je vais essayer, je me souviens plus des balises
      `test

    • #90468 Répondre
      Ostros
      Invité

      Re test

    • #90472 Répondre
      Ostros
      Invité

      Bon si qqun sen souviens…

    • #90476 Répondre
      lumen cor
      Invité
    • Ostros, je crois que le bot est trop lent pour être vraiment chiant mais si tu veux tient
  • #90509 Répondre
    lumen cor
    Invité

    Ça marche pas ?

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    Répondre à : Répondre #2533 dans Cinéma
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