skip to Main Content

Accueil Forums Forum général Cinéma – page 7

  • Ce sujet est vide.
Vous lisez 58 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #40763 Répondre
      Cyril
      Invité

      Il est temps d’ouvrir une nouvelle page car le précédent topic met du temps à charger sur mobile.
      .
      J’ai revu pour la troisième fois The Master hier mais j’y suis entré pour la première fois. C’est un film moins accessible que Phantom, TWBB ou Licorice, qu’on pourrait rapprocher de Inherent Vice. Même acteur d’ailleurs. Je ne sais pas trop quoi penser de sa prestation. Est-ce qu’il en fait des caisses ?
      J’ai été fort intéressé par le personnage du Maître, parce qu’il n’est pas un dogmatique (ses proches le sont), mais un expérimentateur. Et je trouve ça audacieux de la part de PTA, plutôt que de nous montrer des pratiques sectaires rebutantes, qui n’appeleraient que la condamnation, montre des expériences psychologiques intéressantes, exploratoires.
      Y a-t-il un écrit de François sur ce film, ou autre critique ?

    • #40856 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Qu’est-ce qu’on pense de Jacques Becker ici ? J’entends rarement son nom dans les discussions cinéphiles et ses films sont peu cités dans les classements des meilleurs films français. Mais j’ai vu Le Trou récemment qui m’a vraiment marqué. Est-ce que le reste de sa filmographie vaut le coup ?

      • #40867 Répondre
        lassou
        Invité

        Je suis justement en train de découvrir sa filmographie. Edouard et caroline c’est presque aussi formidable que le Trou, a part ces deux là j’ai vu seulement Rue de l’estrapade et Antoine et antoinette, un poil moins bon mais valent largement le coup d’œil aussi.

        Pour continuer sur ta lancée après le trou tu peux aussi regarder (si tu connais pas) du rififi chez les hommes de Jules Dassin. C’est un milliard de fois moins bien que le Becker, et je trouve que ça mérite pas sa réputation, mais il y a plusieurs scènes géniales dont une de casse d’une demi-heure que tu devrais adorer.

        • #40871 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          Ok c’est bien noté. Tu as vu ses plus connus, Casque d’Or et Touchez pas au Grisbi ?

          • #40875 Répondre
            lassou
            Invité

            Non pas encore, je compte les regarder bientôt.

      • #40872 Répondre
        Seldoon
        Invité

        J’ai entendu parler du Trou par une dizaine de personnes différentes au cours des dernier mois. Il se passe quelque chose. Becker sort un nouveau film ?

        • #40874 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          Deux hypothèses :
          Il a été dans une sélection LaCinetek récente
          Sur Letterboxd, réseau social autour du cinéma, c’est le film français le mieux noté.

          • #40878 Répondre
            Hervé Urbani
            Invité

            Troisième hypothèse : Joy Sorman a consacré deux pages à ce grand film dans son dernier (grand) livre.

            • #40879 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Quatrième hypothèse, cumulative avec les précédentes : il correspond à ce à quoi je m’intéresse ces temps-ci. Deux personnes différentes me l’ont évoqué quand je leur vantais Il Buco, et plusieurs autres quand je leur parlais d’un projet de long.

              • #40885 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Le trou a toujours été un film un peu culte, quand même très à part dans la filmo de Becker.

          • #40897 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            Oui effectivement sur Letterboxd et senscritique il est très très haut. Je l’ai vu grâce à ça d’ailleurs et j’admets que c’était bien agréable.

      • #40881 Répondre
        Nicolas
        Invité

        Je garde un excellent souvenir de Goupi mains rouges de mon côté

    • #40905 Répondre
      Ostros
      Invité

      Victoria et Sibyl de Triet
      Et
      La Favorite de Lanthimos
      Portrait de la jeune fille en feu de Sciamma
      Sur Netflix

    • #40917 Répondre
      lassou
      Invité

      Quelqu’un aurait en entier l’interview de Cameron pour le monde : https://www.lefigaro.fr/cinema/avatar-doit-me-mener-jusqu-en-2031-les-confidences-de-james-cameron-au-figaro-20240404 ?

      Merci d’avance.

      • #40971 Répondre
        Mambo Shake
        Invité

        Le Figaro (site web)
        jeudi 4 avril 2024 – 21:23 UTC +02:00 1505 mots
        Culture ; Cinéma

        «Avatar doit me mener jusqu’en 2031»: les confidences de James Cameron au Figaro

        Sorin, Etienne

        ENTRETIEN – La Cinémathèque française met à l’honneur le cinéaste canadien à travers une rétrospective et une exposition foisonnante.

        La mère de James Cameron a été sa première collectionneuse. Elle a gardé tous ses dessins d’enfant. Lui a jeté plus qu’il n’a gardé les croquis, esquisses et story-boards qui précèdent et accompagnent son œuvre de cinéaste. Heureusement, il en a archivé. Sur les 300 pièces rassemblées à la Cinémathèque française, 250 sont de sa main. Ils forment la matrice de Terminator, Aliens, Titanic ou Avatar. Rencontre avec un artiste visionnaire de 69 ans dont les rêves et les cauchemars hantent le cinéma.

        LE FIGARO. – Vous parlez de l’exposition comme d’une autobiographie. Pourriez-vous raconter votre jeunesse et la naissance de votre vocation dans un film, comme Spielberg avec The Fabelmans ?

        JAMES CAMERON. - Non, je ne ferai jamais un film sur mon histoire personnelle. Ce serait trop ennuyeux. Je préfère susciter des vocations à travers mes dessins. J’ai l’impression qu’il y a une crise de confiance chez les jeunes artistes. Ils se sentent submergés par un bombardement d’images et de médias. Ils subissent un flux continu de films, séries et jeux vidéo. Il est difficile pour eux de croire qu’ils peuvent faire entendre leur voix. Ces artistes sont parfois très bons mais ils rechignent à partager et à montrer leur travail. Mes propres enfants ont du talent mais sont réticents à s’exposer. Donc, faire un film sur mon passé, cela ne m’intéresse pas. J’aime aller de l’avant.

        » LIRE AUSSI – À la Cinémathèque, «L’art de James Cameron» plonge dans les visions d’un génie du cinéma

        L’exposition est pourtant une façon de vous retourner sur votre œuvre…

        C’est formidable de déambuler dans ce parcours quelques heures, mais les autres ont fait ce travail rétrospectif à ma place. Je continue Avatar , cela doit me mener jusqu’en 2031. Je suis en pleine postproduction du troisième volet, seul dans une pièce à retravailler les performance capturesdes acteurs. Le quatrième est en partie tourné. Le cinquième est écrit et prêt. Il faudra ensuite que je laisse d’autres metteurs en scène entrer dans l’univers d’ Avatar . J’envisage tout à fait de passer la main.

        Vous ne citez pas Dune, le cycle romanesque de Frank Herbert, parmi vos influences. Vous ne l’avez pas lu?

        Si, bien sûr. Le roman date de 1965 et j’ai dû le lire en 1970. Et je m’en suis souvenu immédiatement en voyant Star Wars. Lucas s’en est inspiré à plusieurs niveaux. Plus tard, la version de David Lynch m’a déçu. Elle manquait de puissance. Celle de Denis Villeneuve m’a convaincu. Les personnages sont incarnés, je peux les identifier avant même de connaître leur nom. C’est du pur cinéma. Nous nous parlons beaucoup, avec Denis, de cinéaste à cinéaste. Et nous enregistrons nos échanges, comme Truffaut et Hitchcock.

        Jake Sully, le soldat colonisateur devenu Na’vi d’Avatar, doit beaucoup à Paul Atréides, héritier recueilli par les Fremen, peuple autochtone d’Arrakis…

        Oui, les deux incarnent un individu propulsé sur un territoire étranger. Leur source d’inspiration commune est Lawrence d’Arabie. J’adorais cette histoire quand j’étais enfant. Tout comme Tarzan et John Carter of Mars… Dans Avatar 2 , Jake se préoccupe avant tout de protéger sa famille. Il n’est plus cet étranger qui foule une planète inconnue. Mais Avatar m’a permis de rencontrer des peuples indigènes à travers le monde. Amérindiens au Canada, en Amazonie, Maoris en Nouvelle-Zélande… On peut les aider. Mais c’est à eux de décider la façon de se réapproprier leur culture et leur espace. Ils savent mieux que nous ce qui est bon pour eux.

        En 1977, vous voyez Star Wars, et vous vous lancez dans Xenogenesis, un projet de science-fiction abandonné…

        Xenogenesis est une réaction immédiate à Star Wars. J’emmagasinais plein d’idées depuis des années, et tout à coup je découvre Star Wars. Ce fut comme une épiphanie. Si Star Warspeut rapporter autant d’argent, c’est que les gens ont faim de ce genre de films. Lucas avait les mêmes références que moi. On avait lu les mêmes livres de science-fiction, les mêmes comic-books. Dark Vador s’inspire directement du personnage de Marvel Doctor Doom. Je me suis donc dit: «Je peux faire pareil!»

        Avec mon meilleur ami, Randall Frakes, on s’est lancé dans cette aventure épique. On n’avait encore rien fait. Pour trouver des financiers, il fallait montrer des choses. J’ai plaqué mon boulot de conducteur de camion et j’ai commencé à dessiner des planches et des tableaux en plus d’écrire le scénario de Xenogenesis. Le script était d’ailleurs plutôt bon pour un premier essai. Nous ne l’avons jamais tourné mais tout ce travail graphique préparatoire m’a permis de me faire embaucher chez le producteur Roger Corman.

        Roger Corman, le roi de la série B, a essayé de vous virer plusieurs fois…

        J’ai commencé à construire des maquettes pour un space opera. Corman a viré le décorateur. Il me voyait travailler jour et nuit sur mes maquettes et m’a dit: «Tu vas être le type qui a les réponses à toutes les questions.» Alors que je ne faisais que jeter des idées sans me préoccuper du reste. J’ai dit oui sans me rendre compte dans quel enfer je m’embarquais. Roger m’a viré deux fois en disant: «Démolissez-moi tout ça, c’est nul!» Et la productrice Mary Ann Fischer me courait après dans la rue pour me rattraper. C’était fou et drôle à la fois. Cette expérience m’a beaucoup appris. Notamment qu’il fallait agir à l’instinct. L’ambiance était assez dingue, avec tous ces gens en train de fabriquer des films d’horreur en prenant de la drogue. Moi, je carburais au café.

        À propos d’instinct, votre agent vous a fortement déconseillé de tourner Terminator pour votre première réalisation. Vous ne l’avez pas écouté…

        Mon agent et plein d’autres personnes m’ont déconseillé de faire Terminator. Mais je savais que ça pouvait être un bon film. J’avais un scénario qui tenait la route, une direction artistique à la hauteur. Tout s’est enclenché quand on a casté Arnold Schwarzenegger. Le producteur Dino De Laurentiis l’a retenu sur Conan le destructeur et on a dû l’attendre huit mois. Cela m’a laissé du temps et je n’ai jamais aussi bien préparé un film. Heureusement, car je n’avais que quarante-deux jours de tournage.

        Vous revendiquez l’influence des Mad Max de George Miller sur Terminator…

        Quand j’ai vu Mad Max 2: Le Défi, je me suis dit: «Miller a lu dans mon esprit.» J’ai dit à mon voisin dans la salle, que je ne connaissais pas: «C’est génial!» J’étais mordu de bagnoles, je faisais même des courses de rue. J’ai crashé beaucoup de voitures! On retrouve cette adrénaline dans Terminator.

        » LIRE AUSSI – James Cameron: «Titanic a été pour moi un grand 8 émotionnel»

        L’exposition montre un de vos dessins de Spider-Man. «Le plus grand film que je n’ai jamais réalisé», indique le cartel. Pourquoi n’avez-vous pas réussi à le tourner?

        Je venais de faire Terminator 2 avec Mario Kassar et Andy Vajna, de la société de production Carolco. Je leur ai dit: «Les gars, on va faire Spider-Man .» Aucun autre super-héros ne m’intéressait. Adolescent, je voulais être Spider-Man. J’étudiais religieusement les dessins de Steve Ditko, son cocréateur avec Stan Lee. J’essayais d’imaginer des lance-toiles. Et je faisais des tractions pour escalader les immeubles! J’ai commencé à travailler sur mon Spider-Man. Je le voyais comme un lycéen qui sent son corps changer. Je voulais que ses toiles soient biologiques, comme une métaphore de la puberté et de l’entrée dans l’âge adulte. Sam Raimi gardera mon idée quand il mettra en scène Spider-Man en 2001. Pour moi, l’histoire s’est arrêtée quand Carolco a aussi fait faillite.

        Les dessins de Rose par Jack dans Titanic sont de vous. Est-ce une façon d’affirmer qu’un film catastrophe au budget pharaonique reste un film personnel?

        Oui, même si Kate Winslet n’a pas posé nue pour moi mais pour un photographe. J’aime ces dessins et ceux du portfolio de Jack parce que l’on voit le monde à travers les yeux de ce jeune homme. Et c’est grâce à ses esquisses des autres passagers que Rose remarque la sensibilité de Jack. Sa curiosité, son intérêt pour les gens. Bien sûr, il dessine une danseuse sexy. Mais il s’attache aussi à d’autres personnages et a le souci du détail. Je suis très fier du carnet de croquis de Jack.

        • #40974 Répondre
          Lassou
          Invité

          Merci beaucoup !

    • #40959 Répondre
      Cyril
      Invité

      Les Cahiers du mois d’avril reviennent sur La zone d’intérêt. Preuve de l’importance de ce film, on n’est pas encore passé à autre chose. La discussion vaut vraiment le détour. Je ne connaissais pas Raphaël Nieujaer, il fait les meilleures interventions à mon avis.

      • #40966 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Te serait-il possible de le partager ici s’il te plaît ?
        Ou si d’autres peuvent le faire.
        Merci

    • #40961 Répondre
      Tony
      Invité

      Super, le film de Patricia Mazuy s’appelle maintenant La prisonnière de Bordeaux et il est dans les favoris pour la prochaine compétition cannoise, François bientôt sur les marches?

      100 films pour Cannes 2024 : classement de 1 à 20

      • #40963 Répondre
        Ostros
        Invité

        Faut voir ce que signifie « dans une veine plus ‘mainstream’ que son cinéma récent ».

    • #41410 Répondre
      eaucourant(e)
      Invité

      pour ceux que ça intéresse, j’étais présent au Week end avec Richard Linklater au centre Pompidou et j’ai donc pu voir ces 3 dernier long métrage :

      – Bernadette a disparu : une comédie dramatique tout ce qu’il y a de plus sympathique, drôle et touchante. une fin a peut trop larmoyante à mon gout cela dit. Le tout suivi d’un échange entre Linklater et Sophie Letourneur ( la pauvre avait la voix cassée…). Le film est disponible en VOD sur canal je crois…

      – Apollo 10 et demi : toujours aussi bien. il y a une gêne occasionnée dessus.

      – Hit Man: j’avais lu plein de critique positive dessus et c’est mérité, le film est extra. un des meilleurs de Linklater je pense.

      • #41487 Répondre
        Eustache
        Invité

        Linklater, à Paris depuis quelques mois car il tourne un long sur le tournage d’A bout de souffle. En noir et blanc, en numérique et en pellicule à la fois. Avec toute la clique des Cahiers de 1959. J’ai vu un bout du tournage, le faux Godard est étonnant de mimétisme. Je redoute un peu tout ça, d’autant que je suis très familier de toute cette mythologie. Mais j’ai davantage confiance en Linklater qu’en Hazanavicius…

        • #41495 Répondre
          Tony
          Invité

          Tu as des infos sur le casting ou pas?

          • #41500 Répondre
            Eustache
            Invité

            Essentiellement des inconnus ou peu connus je crois. Une chance, on va s’éviter Garrel cette fois ou Léa Seydoux grimée en Jean Seberg

            • #41504 Répondre
              Tony
              Invité

              Ok merci, hâte de voir le résultat, très casse gueule comme projet.

              • #41556 Répondre
                Eaucourant(e)
                Invité

                Apparemment le film s’appelle nouvelle vague et devrait être prêt pour le printemps 2025.

        • #41553 Répondre
          Eaucourant(e)
          Invité

          Comment as tu fait pour assister au tournage?!
          Ça devait être super.

          • #41610 Répondre
            Eustache
            Invité

            Oui, marrant à voir, Linklater détendu, on ne sentait pas trop la hiérarchie militaire des plateaux.
            J’ai l’impression qu’on va voir un Godard touchant, à l’aube de la création, pas encore idôlatré…
            En revanche, j’ai une réserve sur le fait d’émuler une époque avec du noir et blanc numérique, je suis particulièrement sensible à la texture de la photo et j’ai toujours trouvé le côté « flashback » en noir et blanc numérique raté.

    • #41551 Répondre
      Eaucourant(e)
      Invité

      C’est zoey deutsch , déjà vu dans everybody wants some, qui jouera jean sévère.
      Elle était presente dans la salle pour hit man (dans son costume semblerait t’il) et franchement la ressemblance est la.

    • #41552 Répondre
      Eaucourant(e)
      Invité

      Jean seberg pardon

    • #41558 Répondre
      Eaucourant(e)
      Invité

      Sinon il semblerait que memory de Michel franco soit bel et bien acter pour le 29 mai. Par contre hit man la sortie en salle c’est pas pour tout de suite….

      • #41593 Répondre
        Ostros
        Invité

        Au moins une bonne nouvelle.

    • #41579 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      Dans cette vidéo j’ai été étonné du fait que Quentin Tarantino soit si mauvais acteur (cf 3min40). Comment peut-on expliquer qu’il réussisse aussi bien à diriger ses acteurs, alors qu’il est incapable d’afficher la moindre subtilité dans son jeu (cf également sa performance dans Pulp fiction). Les directeurs d’acteurs ne sont-ils finalement pas si important que ça ? Est-ce qu’un bon acteur est toujours bon, comme dirait Pialat à propos de Depardieu ?

      • #41611 Répondre
        Eustache
        Invité

        Moi je dirais que je ne suis pas si sûr qu’il dirige si bien ses acteurs, je pense surtout qu’il croque des personnages très forts et qu’il a des castings bétons. Renoir me surprend plus là-dessus, c’est un acteur pataud et maladroit et pourtant…

      • #41651 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Quitte à devoir choqué plus d’un mais je n’ai jamais aimé Quentin Tarantino comme acteur. Je ne sais pas pourquoi mais son jeu d’acteur ne passe jamais avec moi. Même si ça se veut drôle. Je le préfère nettement comme réalisateur même si je n’aime pas tout son oeuvre

        • #41670 Répondre
          Malice
          Invité

          Dans Une nuit en enfer j’aime son perso de fétichiste psychopathe

    • #41614 Répondre
      Eustache
      Invité

      Qui était à l’Arlequin ce soir? Brillante présentation du documentaire Roubaix avec des points de comparaison avec l’adaptation qu’en a fait Desplechin (les 2 méritent vraiment d’être vus). Bégau a bien insisté sur le fait que les personnages féminins du documentaires avaient une force incomparable avec ce qu’en font leurs interprètes chez Desplechin (Sarah Forestier et Léa Seydoux, qui sont très honorables ceci-dit.)
      Certes, mais il est difficile de ne pas voir que le personnage de Roshdy Zem est lui bien plus profond, épais, incarné que son original (je suis plus sceptique sur l’autre flic en crise de foi). Je dirais donc match nul!

      • #41618 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je trouve que l’un rend l’autre encore plus fascinant et réciproquement. J’ai d’abord vu le Depleschin.

        • #41625 Répondre
          Billy
          Invité

          Comme le disais François, le docu Roubaix nous donne matière à penser. C’est à nous, spectateurs, de fictionner le réel (de rêver la vie du bossu fan de Séverine Ferrer).
          La fiction de Desplechin déroule des dizaines de fils de sens (Roschdy Zem est à la fois flic, accoucheur, cinéaste, prêtre, soignant et psychanalyste). La matière à penser de la fiction de Desplechin se gagne par l’excès de sens : des sens qui se complètent et se contredisent.
          Là où le docu soustrait le sens (elle a un plâtre ça ne veut rien dire, il y a un poster Assassin dans le commissariat ça ne veut rien dire, juste que les flics ont des goûts de ciné de flic.)
          Il reste que le couple de filles est plus fort en docu, comme un match de foot est plus fort qu’un film sur le foot. Leur corps éprouvé est plus fort. Comme un nageur a le corps modelé par des années de nage, les filles ont le corps, la voix, le visage et le pull modelés par leur vie.

          • #41629 Répondre
            Billy
            Invité

            Je dis ça à gros traits, parce que je soupçonne Mosco Boucault d’aimer ajouter du sens, comme ça, et le spectateur en fait ce qu’il veut. Je soupçonne Mosco d’être joueur. Par exemple, la séquence des flics en civil dans le métro pour tenter d’arrêter le violeur, ne me semble être gardée au montage que pour le flic en civil qui tient un journal titré « Le piège ».

            • #47186 Répondre
              Titouan R
              Invité

              Impayable effectivement, ce détail du journal « le piège »

          • #41648 Répondre
            Eustache
            Invité

            Surtout, je ne vis pas la même expérience. Dans un cas, la matière à penser et à imaginer prime ; dans l’autre, c’est l’expérience donnée, esthétique, plastique, sonore (simplement le sous-titre « Une lumière ») qui compte avant tout. Ce n’est pas les idées de Desplechin qui me tiennent, c’est autre chose.

            Je pense plus devant Mosco Boucault mais j’ai plus d’émotions devant Desplechin pour le dire trop vite.

            « Leur corps éprouvé est plus fort. » C’est vrai pour elles. Mais Desplechin s’intéressent moins à elle qu’à lui. Et pour ce commissaire, j’ai le sentiment inverse, le visage et le corps de Roshdy Zem subliment son original, plus vrai mais plus banal.

            • #41649 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Tu es plus ému par Sara Forestier que par Annie?

              • #41652 Répondre
                Eustache
                Invité

                non, certainement pas. Mais plus ému par Roshdy Zem que Haroun. Et plus ému globalement par la forme que prend le cinéma de Desplechin.

                • #41653 Répondre
                  Eustache
                  Invité

                  (j’ai toujours regretté qu’il n’ait pas poursuivi cette « veine sociale ». Il s’est un peu enlisé dans ses derniers films…

                  • #41657 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Desplechin n’a pas de veine sociale
                    Faisant Roubaix, son idée n’est pas du tout sociale. Son idée est psychanalytique, et métaphysiquement patriarcale : un homme s’en vient sauver deux femmes qui, livrées à elles-mêmes, sans autorité symbolique, sont vouées à la destruction.

                    • #41658 Répondre
                      Eustache
                      Invité

                      C’est dur vu comme ça mais malheureusement valable. Ceci-dit, pour cette seule fois dans sa filmo, je lui accorde ce crédit, d’avoir voulu sortir de sa zone de confort, filmer le Roubaix qu’il n’avait pas montré, sortir de son milieu. Avec sa mystique à lui, certes mais il a eu cette pente qu’il n’a pas dévalée par la suite.

                      • #41678 Répondre
                        Juliette B
                        Invité

                        Passionnant,merci à vous.
                        Dans « Les fantômes d’Ismaël », tourné juste avant, il tentait déjà une approche plus serrée de la misère roubaisienne, les plans longs sur les rues grises, la maison d’enfance en briques, désormais délabrée, les vues sur les toits des maisons collées les unes contre les autres, le jardin familial abandonné à la poule. On retrouve bien une réalité spécifique du Nord dans ce qu’on voit à l’écran, ça exsude, et en même temps on ne la pénètre pas autrement que par le regard nostalgique et défait d’Amalric/Desplechin sur son enfance morte. De la ville on ne pourra voir que ça.

                      • #41679 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Ah je ne me souviens pas bien des Fantômes d’Ismael, j’ai préféré l’oublier celui là! Il y avait aussi le personnage de Samir Guesmi dans un conte de Noël, il faisait un petit peu sortir du cadre familial bourgeois, c’était l’un des rares personnages de la film « qui vient d’ailleurs ». Je ne le reproche pas à Desplechin, j’aime autant qu’il filme ce qu’il connaît que prétendre s’intéresser et travestir un milieu qui n’est pas le sien.

                      • #41685 Répondre
                        Juliette B
                        Invité

                        Oui, mais pour recentrer sur le sujet Conte de Noël ne prétend pas filmer centralement autre chose que cette vie familiale bourgeoise là, que l’auteur connaît bien. Dans Roubaix une lumière, il y a captation d’une vitalité centrale, celle des deux meurtrières vivant dans une courée de la ville, au profit du personnage magnifié de Zem qui, comme l’écrit François, s’en vient les sauver.

                    • #41766 Répondre
                      Ducoup
                      Invité

                      Ce cas est-il sa loi?

              • #41703 Répondre
                Cyril
                Invité

                En ce qui me concerne, je ne sais pas si je suis plus ému par Sara Forestier et Léa Seydoux mais j’ai une meilleure mémoire des scènes jouées par elles. Elles ont plus imprimé en moi. Et j’ai vu les deux films une fois. Et le docu en deuxième. Peut-être aussi parce que je connais les actrices.

    • #41732 Répondre
      Ostros
      Invité

      Quelques Haneke arrivent sur Arte en avril :
      Le 15/04 caché, happy end, la pianiste, benny’s video et le ruban blanc.
      Le 17/04 amour.

      • #41738 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Très bonne nouvelle, merci Ostros pour l’info

      • #41777 Répondre
        Cyril
        Invité

        Documentaire sur Haneke qui vient d’arriver sur Arte/Youtube. Pas encore vu. Voici le lien :

    • #41736 Répondre
      Sarah G
      Invité

      https://diaphana.fr/film/evil-does-not-exist/.
      Le Mal n’existe pas de Hamaguchi sort en salles à partir de demain.

      • #41786 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        La GO portera dessus.

      • #41906 Répondre
        graindorge
        Invité

        Le Mal n’existe pas sort le 1er mai dans les grandes villes de la péninsule. Aux Canaries, on patientera encore un peu plus. J’écouterai la G.o

      • #41912 Répondre
        Delphine
        Invité

        Quand on voit la bande-annonce, le titre du film semble énigmatique (d’autant plus que « Mal » porte une majuscule). Le film paraît être reposant, calme, avec de beaux paysages. On y retrouve aussi peut-être la lenteur tranquille du cinéma asiatique.

    • #41780 Répondre
      Delphine
      Invité

      Aujourd’hui sort au cinéma le film « Pas de vagues », un (énième) film sur l’école. Ce n’est pas le sujet du film qui m’a interpellée (problème de harcèlement supposé), mais le fait que le professeur enseigne les lettres. J’ai l’impression que, très souvent, dans les films sur l’école, le professeur est un professeur de français ou de littérature (« Entre les murs », « Le Cercle des poètes disparus » et, il y a quelques années, un film avec Denis Podalydes, dans lequel ce dernier interprétait, je crois, un prof de lettres qui passait du lycée Henri IV, à Paris, à un établissement de Saint-Denis). Est-ce parce que cette matière est plus inspirante, permet de dire plus de choses ? Un peu comme les films français sur l’école qui se passent pour beaucoup d’entre eux dans des zones sensibles ( Aubervilliers pour « Pas de vagues », le 19eme arrondissement pour « Entre les murs », Saint-Denis, je crois, pour le film avec Denis Podalydes) ?

      • #41787 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Ils le remarquaient aussi dans Sortie de secours Et se disaient que c’était une façon de rejouer le paternalisme républicain -on va enseigner la langue aux sauvages. Suis assez d’accord, meme si je pense qu’Entre les murs foutait assez en l’air ce schéma. En tout cas, coté livre, c’était le contraire du schéma républicain : quand bien même mon prof de français aurait voulu édifier les sauvages en les élevant à sa belle langue, le livre, lui, faisait accueil à la leur.

      • #41788 Répondre
        Ema
        Invité

        Oui c’est ce qu’avait relevé Sortie de Secours dans leur dernier épisode je crois.
        Moi Il me semblerait que le professeur de lettre constitue le choix le plus judicieux pour donner au film une tournure pro école sans le côté autoritariste : ouverture au monde du sensible plutôt que passation de savoir rigide. Mentor plutôt que prof. Voilà.

        • #41792 Répondre
          Delphine
          Invité

          Concernant « Entre les murs », je suis d’accord sur le terme « mentor », pris au sens de « guide attentif et sage (dans le sens du fait d’avoir du bon sens) », pour qualifier le prof. Plutôt que « mentor » pris au sens de « coach » (comme dans les entreprises, pour faire évoluer les employés, surtout les cadres). Même si, dans « Entre les murs », le prof souhaite également faire évoluer ses élèves, mais de manière autonome (à l’encontre du modèle purement républicain).

          • #41793 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Peut être aussi que c’est réel. Personnellement j’ai eu deux prof de français qui se sont intéressés à mon style. J’avais du style dans ma plume mais je ne savais pas l’utiliser. Et ça je l’ai compris que bien plus tard. En tout cas contrairement à beaucoup de film sur l’école Entre Les Murs vieillit très bien (malheureusement ?)

            • #41826 Répondre
              Ema
              Invité

              Entre les murs est quand même un peu à part, le dispositif semi documentaire et les acteurs amateurs aidant à faire obstruction au déroulement classique du narratif jeune prof de littérature passionné s’en va donner le goût de la lecture aux sauvageons des quartiers difficiles, qui est soi dit en passant est presque devenu un sous genre cinématographique à part entière au Etats Unis encore plus qu’ici (je pense notamment à Detachment avec Adrian Brody, Esprit Rebelle, et l’autre truc dont le nom m’échappe avec Hilary Swank. Des prof de lettre à chaque fois).

              • #41830 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Écrire pour exister aussi comme film américain qui parle d’un prof qui dit que les embrouilles qui se passent entre eux sont amateurs comparer à ce qui s’est passé dans la vraie vie. Un passage très fort quand la prof décide de les amener à Auswitz. Il faut voir la tête des élèves quand ils voient le mur avec toutes les photos des personnes qui ont été tués durant cette guerre. Et je te rejoins pour Entre Les Murs.

                • #41845 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Il y a dans Entre les murs une scène qui va totalement à rebours de la figure du prof qui y croit. C’est celle où un collègue d’histoire lui propose de faire des ponts entre leurs matières. Lui répond que ouais pourquoi pas mais bon. A aucune minute du film il n’est fait mention de ce que serait son ambition humaniste, pédagogique, etc. Et ne parlons pas du livre.

                  • #41846 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Oui c’est vrai et qui pourtant aurait été une bonne idée de construire ces ponts car ça aurait pu montrer que les matières sont complémentaires

            • #41902 Répondre
              graindorge
              Invité

              Entre les murs : beaucoup copié, pas encore égalé. Gràce à la grâce de chacun de ces ados et de chaque prof + directeur + employés ( le responsable de la machine à café, ah ah ah!) grâce à Cantet, le chef d’orchestre derrière la caméra et grâce à FB, le 1er violon. Peu d’égo. Tout le monde joue en équipe et ça a donné ça. Point barre

              • #41905 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Celui qui a le plus copié sur le film La Vie Scolaire dans un affreux long clip vidéo. Tellement du déjà vu et vide à la fois. Il y a Être et Avoir qui reste touchant. Ce prof dans les campagnes qui essaient d’amener un minimum de savoir aux enfants des agriculteurs. Très beau film.

                • #41957 Répondre
                  graindorge
                  Invité

                  Ah oui Peggyslam Être et avoir! Très beau, oui, oui, oui!

    • #41827 Répondre
      Lafricain
      Invité

      Cela s’explique aussi en partie car ce sont souvent des récits autobiographiques qui sont portés à l’écran par des réalisateurs ancien profs de lettres. Le cas pour « Pas de vague » et « Entre les murs ».
      La vraie question étant donc, pourquoi les profs de technologies ne passent jamais derrière la caméra ?

      • #41844 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Effectivement on tient une explication. Les profs de français ont une propension plus grande à écrire leur vie, laquelle sera adaptée au cinéma.
        Je précise quand même que dans le cas d’Entre les murs le prof en question a écrit un livre mais n’est pas « passé derrière la caméra ». Le film est réalisé par Laurent Cantet et n’aurait jamais existé si ledit Cantet n’en avait pas pris l’initiative.

        • #41960 Répondre
          graindorge
          Invité

          Je n’ai d’ailleurs pas saisi pourquoi il y a écrit palme
          d’or sur le livre. Livre que j’ai bien aimé mais c’est
          le film qui a été palmé, pas le livre, aussi bon soit-il

    • #41829 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Car le cinéma français est un outil de propagande anti-blanche à l’idéologie coloniale civilisatrice. Les marrons sont français comme vouzémoi, par la littérature pardi!
      __
      Qui montre tout sauf la réalité
      __
      Pas de vagues, c’est le blanc encore qui est tri tri michon.
      __
      J’reviens j’vais vomir

      • #41831 Répondre
        Ludovic Bourgeois
        Invité

        L’universalisme arrogant de merde.
        Differencialisme ou crève

        • #41833 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          J’ai degueulé ma haine sur la fronce.
          Ça va maintenant
          Salut

    • #41847 Répondre
      JÔrage
      Invité

      Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
      .
      L’histoire d’une rupture douloureuse qui tourne à la fable féministe. On rit, on pleure, on réfléchit et à la fin on passe un très bon moment.
      .
      Ma note: 7.75 / 10

    • #41871 Répondre
      JÔrage
      Invité

      La liste de Schindler
      .
      L’histoire d’un nazi qui se découvre une conscience. Enfin je crois. Je n’avais pas 3 heures devant moi, juste une, donc je l’ai regardé en accéléré et je ne suis pas sûr d’avoir tout compris car c’était un peu plus compliqué que Titanic.

      • #41872 Répondre
        Delphine
        Invité

        Je ne sais pas si ton post est sérieux ou plutôt léger (comparaison avec Titanic). Sur un thème similaire, il y a par exemple « Au revoir les enfants », qui dure moins longtemps (environ 1h45). Le côté poignant (le film étant centré sur des enfants) te dissuadera peut-être de le voir en accéléré, en étant happé par l’histoire.

    • #41911 Répondre
      graindorge
      Invité

      j’avais bien apprécié La liste de Schindler et Au revoir les enfants mais c’est des films que je vois une fois pour toutes. Impossible de les revoir.

    • #42129 Répondre
      Cyril
      Invité

      Vu Senses de Hamaguchi. Quel film magnifique ! Un des plus beaux sur l’amitié. J’ai réécouté la GO sur Drive my car. François tu disais ne pas avoir encore vu Senses. Et depuis ?
      J’aime mieux encore que Drive my car dans lequel je sens, peut-être à tord, l’envie de plaire à un public européen, de décrocher une palme, de monter en gamme. Un peu comme le Anatomie d’une chute de Triet comparé à La bataille de Solférino, à la fois plus modeste et plus génial.

      • #42131 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas sûr qu’on puisse qualifier un film en 5 parties de modeste mais effectivement c’est un film magnifique.
        Je ne peux que recommander son dernier, le mal qui n’existe pas. Après les Contes du hasard c’est le second film sur un mode mineur, presque expérimental, mais génial d’Hamaguchi, à croire que c’est là qu’il est le plus fort, loin des morceaux de bravoure que sont Drive my car et Senses.
        Le mal qui n’existe pas est à la fois un film très frontal et très mystérieux, parfaitement cohérent et totalement ouvert. C’est un peu Drive my car, sans la dernière partie mélodramatique qui nous avait un peu déçus, avec ce personnage de petite fille qui reste entre la marge et le centre de la narration, sans développement narratif, jusqu’au bout, à l’inverse de la chauffeure dans Drive. C’est un mélange très réussi entre une forme qui apparait totalement déliée, avec ces longs inauguraux de frondaisons, cette musique sublime qui revient sans cesse, cette captation très simple et très belle de la nature, et un sens de la longue scène dialoguée qu’on lui connait et qui éclate lors du conseil du village et du voyage en voiture entre les deux salariés de l’entreprise. Il parvient alors à injecter beaucoup de densité, de nuance, de précisions matérielles à un canevas qui aurait pu être grossier. Evidemment, la dernière partie est un coup de force, voué à polariser en ce qu’elle déchire le récit mais qui en même temps apparait avec une forme de cohérence presque souterraine avec le reste de ce qu’on a vu.
        Hamaguchi est tranquillement en train de devenir le cinéaste le plus passionnant du moment.

        • #42132 Répondre
          Tony
          Invité

          Moi il m’est arrivé un drôle de truc,une torpeur m’a envahi et j’ai failli m’endormir,je ne sais pas encore si cela est dû au rythme du film, à la musique(qui n’est pas sublime, plutôt étrange),au mutisme du personnage,seules les 10 dernières minutes m’ont réveillé et estomaqué,je me suis dit en sortant qu’il me faudrait le revoir tant j’avais l’impression de sortir d’une sieste et ce qui m’étonne,alors que je croyais avoir dormi, c’est de ne pas cesser d’y penser depuis, très bizarre.

          • #42428 Répondre
            Ostros
            Invité

            Le thème qui revient fait de « ding » réguliers et de cordes répétitives sur les long travellings donnent un effet hypnotique, ils bercent en quelque sorte.

            • #42436 Répondre
              Ostros
              Invité

              Je suis impressionnée par le sens du cadre de ce réalisateur, sa maîtrise et son calme, ses plans séquences et trouvailles formelles mineures sont impeccables, que ce soit le pano lorsque le père coupe du bois, la caméra embarquée à l’arrière de la voiture, ce plan sublime du père qui marche seul en forêt à la recherche de sa fille, accélère en même temps que le travelling, est caché par le bord du terrain et réapparaît avec sa gosse sur le dos, les travellings ou les rares plans fixes que les personnages sillonnent qui rappellent Kusturica par endroit.
              On ne comprend pas immédiatement les relations entre les personnages du village, qui fait quoi. Le serveur et pourquoi ils prélèvent de l’eau.
              Les situations entre les agents artistiques et les locaux sont bien cernées (on dirait du ostlund dans ses tous premiers films) : les sommes investies auprès de consultants chers, pour un projet bourré d’erreurs alors que les habitants eux savent très bien quelles seront les conséquences du fait de leur expérience sur le terrain, la ruse. J’apprécie les nuances qu’il injecte tout le temps, que ce soit dans les discours des locaux (ce coin n’a pas d’histoire donc on ne va pas faire comme ci on défendait un site historique, si vous respectez le lieu on n’a pas de raison de s’opposer au projet, on est tous des étrangers ici vu que nos ancêtres se sont vus offrir les terres qui n’étaient à personne, ce sont majoritairement des résidences secondaires, etc), ou dans ceux des agents là pour vendre le projet en l’état sans dévier du cahier des charges : jusqu’où sont-ils malhonnêtes lorsqu’ils disent vouloir rester là bas. Ils exagèrent les attentions et les compliments, leur intérêt pour ce lieu, et le discours « je veux être le futur gardien » on se dit pourquoi pas après tout, mais on sent que les locaux eux ne marchent pas. La scène dans la voiture où le père explique que des cerfs passent sur la zone du futur camping est édifiante, immédiatement le relfexe commercial de l’agente : « c’est bon pour les touristes ça » : ils ne perdent pas le nord. Ils savent que ce projet est mauvais, ils ne lâchent pas. Ces saillies d’affect marchand dans leurs discours et l’exagération de leur intérêt (la salle riait chaque fois qu’ils ouvraient la bouche) nous empêchent de les croire sur parole.
              Le personnage du maire est juste dans son approche. Il s’exprime publiquement en faveur de son village contre le projet en l’état puis dans la voiture ménage les deux agents, ouvert il leur donne une astuce pour amadouer l’homme à tout faire.
              Il y a une juste restitution de ces rapports de force qui passent par les paroles, un travail autour de la vérité des mots qui m’a fait penser à certains Hong Sang soo.
              Talent de Hamaguchi aussi avec cette injection du mystère dans un scénario qui a l’air de donner toutes les clés. Lorsque la petite fille dort, cut et on accède à une scène de balade avec son père, à moins que ce ne soit la suite de la scène où il la raccompagne vue précédemment, ou un autre moment. On ne peut pas affirmer qu’il s’agit d’un rêve, du sien, sur le simple fait que ce plan arrive juste après un plan sur elle qui dort. On n’a pas de certitude car la scène est très réaliste, on se raconte ce qu’on veut à partir des éléments donnés et tus.
              La fin est d’une grande densité dramatique pourtant faite de trous.
              Qui a reçu la balle du coup de feu entendu ?
              Le cerf blessé est-il réel ou une vision telle que ce qui apparaît après ce plan de la petite qui dort ?
              Que se passe-t-il en hors champ lorsque l’agent s’élance vers elle ? Etait-elle déjà morte ?
              A-t-elle passé toute la nuit éveillée ?
              Qu’est ce qui est possible, probable, que nous dit le scénario qui pourrait nous aider ? Doit-on le croire ?
              Lors du premier coup de feu le père fait remarquer au serveur que les tirs ne les concernent pas car ça chasse beaucoup plus loin. Hypothèse possible pour la fin : le cerf blessé en amont est venu jusqu’ici où la petite a fait sa rencontre / l’a suivi.
              Pourtant elle a l’air d’être décédée depuis longtemps, elle est pâle, saigne du nez, on ne sait pas où elle est blessée, et nous n’avons pas eu accès ne serait-ce par le son à une information pouvant corroborer la thèse de l’attaque du cerf. Alors que le son a une grande valeur dans ce film qui nous fait entendre tous les pas, tous les bruits d’oiseaux, etc par dessus la musique, en permanence.
              Le père a raconté plus tôt que les cerfs attaquent rarement, lorsqu’ils sont blessés ou avec leur petit, sils se sentent en danger. Là on a un combo blessure + petit qui accompagne. Pourtant ce cut est trouble. Volontairement. Le corps, la disparition des deux bêtes.
              Et en amont les deux agents sont-ils la cause de l’énième retard du père à l’école, lui qui semble l’oublier souvent et même manquer des rdvs personnels ?
              On est laissés à ce mystère et pourtant l’action qui elle – sur le moment – ne fait aucun doute à nos yeux du fait de sa durée en brut, c’est l’étranglement de l’agent par le père. Comme un truc qui cède enfin. Une rage contenue qui s’exprime. Au creux d’une nature indifférente, qui offre un magnifique paysage.
              En quelques plans seulement, et à partir d’un échantillon de personnages, le film noue un scénario assez complexe et dense sous des atours de simplicité, simplement par l’ajout minutieux de quelques plans qu’on ne peut pas raccorder à la diegèse, des ellipses ou en tout cas des cuts chargés de mystère qui entoure la petite fille, qui renferment la clé de cette scène finale, et des dialogues, quelques exagérations dont on ne peut déterminer si elles disent la vérité ou la cachent. On n’a pas vraiment de repères sur l’agencement du village non plus. On voit la salle de la réunion qui a l’air de se dérouler dans l’école primaire, la cour de l’école, le restaurant, le salon du père et c’est tout. On ne saura rien du background des personnages, de la mort de la mère, qu8 ils sont en dehors de ce moment, ce qui n’empêche pas qu’ils soient très bien dessinés). On a aucun plan général comme chez Frammartino qui nous permette de situer les lieux les uns par rapport aux autres. On est dans une forme d’épure dans la sélection des lieux et pourtant chacune d’elle contient des situations aux nombreux plis dramatiques, qui viennent complexifier les choses.

        • #42135 Répondre
          Cyril
          Invité

          Je veux dire modeste dans ses effets, dans son rythme. Drive my car a plus peur d’étirer les scènes et même quand il le fait (la longue scène de voiture au 2/3 du film), il introduit un élément dramatique (la suite de l’histoire interrompue par la mort de sa femme) qui suscite l’attention par une espèce de truc scénaristique. Alors que la première partie de Senses se clôt sur une longue conversation dans un bus, très agréable à suivre mais purement « gratuite ».

          • #42141 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            J’ai vu Senses depuis. Et des moments m’ont effectivement sidéré.
            Je pense que je saisirais encore mieux, à le revoir maintenant, à quoi nous avons affaire.
            Bien d’accord avec Charles pour dire que H est en train de « devenir le cinéaste le plus passionnant du moment » – même si bien sûr il n’atteint pas le niveau du dernier Mann

        • #42541 Répondre
          Eustache
          Invité

          Hâte d’entendre cette O! Bien plus touché ici que par Drive my car.
          J’aime comment le film déjoue nos attentes, le film travaille vraiment son spectateur et fournit plein de sensations (rarement, j’ai eu autant l’envie de boire de l’eau fraîche pendant un film)
          J’ai vécu des moments étranges, quelque chose entre l’hypnose et la léthargie, puis j’ai été captivé et c’était d’autant plus fort alors. Par exemple, lorsque l’urbain coupe le bois, plan séquence fort d’autant qu’on a éprouvé avec longueur cette opération plus tôt dans le film. Je reste avec des questions, que je n’ai pas besoin de résoudre, ça me va très bien ainsi. ceci-dit, je serais curieux de savoir le pourquoi, selon vous de certains procédés. La caméra subjective arrière de la voiture (2 fois). Les ruptures abruptes de la musique. Le choix de rester de dos ou 3/4 dos dans la longue scène dialoguée dans la voiture? La décision du hors champ entre la petite fille et le cerf (y a t-il une magie que le film ne saurait dévoiler, quelque chose d’infilmable à ce moment?)
          Avis aux uns et autres (enfin surtout les uns), je serais curieux d’avoir vos pistes là-dessus!

    • #42196 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Films vus récemment
      – Roubaix, commissariat central: Peu de choses à ajouter à la discussion que j’ai eu la joie de lire ici même. C’est beau (les gens flmés), ambigu (la police et le sous-prolétariat), surprenant (dialogues et adaptation toujours étonnants des gens aux situations), déchirant ( Stéphanie et Annie, la fille agressée dans le métro, le dialogue rompu par l’incompréhension entre des parents et leur fille) comme l’est le réel. Assez pris par la scène où la jeune fille témoigne de dos et toute l’émotion passe par les visages et les voix des policiers qui cherchent à reconstruire l’agression dans le métro
      – La bataille de Solférino: 2ème fois que je le vois. Film très agréable et joyeux grâce à la mise en scène vitaliste de Triet, sorte de petit écrin de réel disposé par J. Triet (avec des scènes de foule qui se paradoxalement sont dans une totale continuité avec le dispositif intimiste de Triet) dans lequel on profite pleinement des acteurs et des situations disposées. Film de grand Artisan(e). (Je n’ai pas encore écouté le passage du ciné club mis sur youtube)
      – The descent: Le choix de filmer un groupe de femmes, liées par la passion des sports extrêmes en extérieur, lors de l’exploration d’une grotte qui tourne mal : je suis plutôt emballé au départ. Je n’ai cependant pas aimé ce film. J’ai commencé à me désintéresser au moment où Becca fait une traversée au dessus du vide. Elle se maintient au surplomb/ toit grâce à des « friends » (outils d’escalade qui permettent de se fixer dans des fissures) et en même temps on l’entend hurler (cliché franchement sexiste je trouve). Il y a au moins 2 trucs qui vont pas dans cette scène: les grimpeuses expertes qui crient de façon spectaculaire au lieu de se concentrer, le fait de faire comme si une traversée où l’on se suspend partout avec des friends serait un challenge d’escalade. Là j’ai compris qu’il en aurait rien à foutre du réel et ça s’est confimé: la protagoniste Juno qui court à toute allure dans une grotte où l’on ne voit rien; des scènes de pluie à l’intérieur d’une grotte (?) digne du cinéma d’action coréen. Film con et poisseux toute la seconde partie. Incompatibilité sans doute entre l’envie de filmer une grotte et le cinéma mainstream.
      – Contes du hasard et autres fantaisies: J’ai adoré. Art mineur en comparaison à Drive my car comme ça a été dit plus haut. C’est tout l’inverse de the descent: au troisième conte, j’ai commencé par me demander ce que c’était que ce bins, puis on finit par y entrer comme dans un « conte » où les renversements et les étrangetés nous dévoilent plein de choses. L’art d’être disponible aux autres pour s’épanouir.
      Dans le conte 2, j’ai pensé à ce que racontait Fanny du forum à propos du cours de sport et de l’école, comme dans un flash. Au moment où Sagawa et Nao parlent d’un rejet qui ne s’explique par rien d’autre que le fait d’être soi. Et où les deux protagonistes « brisent » par leur échanges le cycle du rejet et de la bêtise crasse.

      • #42205 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        J’ai beaucoup aimé L’affaire de Solférino. La scène que j’ai trouvée le plus impressionnante celle de la manifestation avec tout la famille qui s’embrouille et tout.

        Roubaix, désolée j’ai pas du tout accroché par contre. Sans doute trop réaliste pour moi

      • #42404 Répondre
        oxi
        Invité

        Merci, super critiques, de quoi me diriger au bon endroit.
        Mais pour The Descent, t’as écrit ça parce que c’était samedi et que t’as pas vu The Descent Part 2, où tout s’explique, même la pluie à l’intérieur de la grotte. En fait, les gobelins, c’est une métaphore pour…

        • #42538 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Merci oxi,
          En ce moment je suis pas dans une disponibilité à tout épreuve lorsque je regarde des films. Pas sûr d’avoir le regard très vif pour aucun des 4 films.
          En tous cas Hamaguchi, comme ça a été dit plus haut, il faut y aller sans hésiter. Comme Ostlund, tu peux prendre la filmo par n’importe quel bout et paf.

          Oui, the Descent, je suis peut être pas très juste, je ne sais pas. J’ai surtout été déçu par la tournure qu’a pris le film à partir de la traversée. Je l’ai pris 100% littéralement ( je suis pas trop quelqu’un qui cherche à interpréter lorsque je regarde quelque chose) et c’est peut être ça qui explique que je suis resté en plan à un moment. Je me suis même pas posé de question à la fin sur la signification de quoi que ce soit. Je crois que je voulais voir un autre film que celui de Marshall. Je me suis intéressé à la grotte et je crois qu’a partir d’un moment je voulais plus voir un film d’exploration et de sport conduit par ce groupe de femmes un peu éclaté (au sens d’avoir des approches différentes pour chacunes) qu’un film d’horreur avec des gobelins.
          J’aurais pu regarder 4 heures de galère dans la grotte sans problème lol, mais je comprends que c’est pas ce que fait le film.
          Je trouve que ça rentre dans les clous du cinéma d’horreur à un moment et j’aurais bien aimé que soit introduit autrement le danger.

          • #42542 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            Sur la mise en place, avec le deuil de la protagoniste principale et la caractérisation de ses amies, je trouvais ça bien. Mêlé aux « sports de roche », pas vraiment du « sport » au sens strict me dira-t-on et c’est vrai et tant mieux, y avait vraiment de quoi me faire plonger dedans.

            • #42552 Répondre
              oxi
              Invité

              Non, non, je plaisantais : t’as cent fois raison.
              Et puis, tu m’as l’air de t’y connaître bien mieux que moi en cinéma.
              The Descent, je l’ai vu quand il est sorti.
              Vague souvenir d’un film d’horreur pas trop mal foutu, mais loin d’un chef-d’œuvre du genre.
              La suite, par contre : rien à sauver, navet complet.

    • #42203 Répondre
      Ema
      Invité

      Moi j’ai vu the Square d’Ostlund hier. J’ai beaucoup aimé. Mais bien que je saches vaine la tentative de vouloir absolument tout décrypter, je suis restée très intriguée par la scène de performance avec l’homme singe. Le « débordement » était il prévu par l’artiste ? La question m’a pas mal taraudée, je ne pouvais pas m’empêcher d’attendre une scène de résolution qui trancherait.

      • #42245 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Vu il y a quelques temps, deux fois d’affilée je crois. Sacrée baffe.
        Je crois que l’homme-singe figure Ostlund et le cinéma, le propos du film qui s’accomplit, alors forcément le débordement est voulu, le malaise volontaire. La transgression s’interrompra quoiqu’il arrive. Le spectateur en gardera un sentiment de gêne ou de culpabilité.
        Pas de résolution possible entre l’œuvre et son public donc pas d’explication à donner, pas de réconciliation. L’honneur sali du petit Arabe ne sera pas lavé ni la mauvaise conscience du bourgeois, dans aucun élan de réconciliation entre deux mondes dont l’un bouffe l’autre. En termes de décryptage j’arrive à ça, peut-être que je me goure. Ce côté « débrouillez-vous avec ça » me séduit en tous cas. Ostlund est exigeant avec son public, il défie, ça pique, le cerveau garde tout. L’inverse d’un Vinterberg.

        • #42251 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          TU en parles très bien
          Surtout pas dissiper le malaise
          Le malaise demeure.

        • #42253 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui – c’est tout à fait ça – malaise !
          La scène du préservatif m’a fait également le même effet ; ma première idée étant de penser à la fécondation sauvage de la part du personnage féminin – puis le doute quand à sa bonne foi
          Comme si je lisais en mode «  scénario «  initialement puis me faisait complètement déroutée par la suite – avec l’impression de sortir du «  cadre «  du film et culpabiliser authentiquement de ce que j’ai pu mécaniquement penser

          • #42266 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            c’est exactement le genre de cheminement que cherche à provoquer Ostlund, cinéaste qui fabrique tout en fonction de son spectateur (filiation Hitchcock)

          • #42285 Répondre
            Ema
            Invité

            Oui dans beaucoup de scènes il y a déception de l’attente de résolution, d’élucidation, c’est agréablement déroutant. La scène de la capote avec la maitresse, son chimpanzé de compagnie, la chute dans l’escalier du gamin énervé… C’est presque une lecon d’humilité en tant que spectateur. C’était moins frappant sur Sans Filtre, moins elliptique je trouve.

            • #42286 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Sans filtre j’ai tellement aimé là où beaucoup d’influenceur se senti pointé du doigt moi j’ai beaucoup ri

        • #42288 Répondre
          Ema
          Invité

          Merci pour l’éclairage, çà m’aide a mieux apprécier cette scène, que j’ai vécu comme une épreuve douloureuse.
          Oui ça pique, c’est une bonne devise pour promouvoir ce cinema : ça pique et on en redemande.

        • #118941 Répondre
          BlaiseC
          Invité

          Même ressenti que Leo Landru, et même lecture je crois. Un peu nietzschéenne. Mise en tension avec ce que l’on pourrait appeler le « petit cadre conventionnel et confortable » : cet espace balisé dans lequel nous aimons croire que nos valeurs d’altruisme, de tolérance ou de liberté peuvent s’exercer sans heurts.

          Le carré lumineux qui donne son titre au film devient ainsi le symbole de ce périmètre artificiel. On y proclame de grandes idées — égalité, solidarité, confiance — mais ces valeurs ne tiennent qu’aussi longtemps qu’elles demeurent contenues, ritualisées, mises en scène « encadrées ». Dès qu’un imprévu surgit — l’homme atteint du syndrome de Tourette qui interrompt la conférence, la mendiante qui refuse le sandwich à cause des oignons, l’artiste incapable d’incarner la radicalité qu’on attend de lui — la limite de ces beaux principes apparaît aussitôt. Ce que le film pointe à mon avis : notre tendance à réduire l’existence à des zones sécurisées, à croire que l’altérité peut être confinée dans un carré lumineux, et que nous pouvons continuer à nous percevoir comme des « chic types » tant que cette altérité ne déborde pas.

          Pas de linéarité : et la mollesse de l’homme occidental face à la violence (là encore je retrouve Nietzsche) apparaît dans la logique fragmentaire d’Östlund qui est presque aphoristique (intérêt de la scène plus que du scénario). En ressort une mise à l’épreuve du confort moral : The Square agit comme un miroir en révélant que ce que nous appelons générosité, tolérance ou courage n’est bien souvent qu’une version domestiquée et limitée, qui cesse d’opérer dès que le cadre protecteur se fissure.

          L’art dans l’optique de Nietzsche ou même Deleuze n’est jamais ce qui rassure, mais ce qui expose, ébranle, confronté à l’ivresse et à l’abîme. Or le carré d’Östlund, censé incarner un sanctuaire de valeurs universelles dans l’art lui-même, apparaît comme une caricature d’espace artistique : périmètre réglementé, ritualisé, presque administratif, à l’opposé de la puissance déstabilisatrice de l’art. Les moments de gêne les plus marquants — le happening de l’homme singe, les interruptions du spectateur atteint de la Tourette, la scène de la mendiante — illustrent ce paradoxe : on accepte la transgression lorsqu’elle est prévue et domestiquée, mais on la rejette dès qu’elle franchit la limite du cadre.

          Impression qu’ Östlund ne s’en prend pas à l’art contemporain en tant que tel, mais plutôt à l’antiart, c’est-à-dire à l’art neutralisé, vidé de sa force, réduit à un rituel social confortable pour une élite bien-pensante. The Square serait ainsi moins une satire qu’un plaidoyer indirect pour un art qui retrouve sa puissance de trouble, de mise en danger, ligne de fuite « à la Deleuze », le carré c’est la limite.

          J’adore aussi la scène du discours « improvisé » répété dans les toilettes, discours vide écouté avec fascination, et le désintérêt immédiat pour le cuisinier qui a préparé un menu original bien réel. Là encore l’art est un discours institué (comme poser un sac dans un musée en ferait une œuvre) c’est le carré, le statut, le musée qui fait l’art, et pas le geste réel de l’artiste.

          Vu dans la préface de On the road de Kérouac : the square = carré et honnête, antithèse du beat, The square = celui qui témoigne de sa décence et de ses valeurs dans le confort : Le Bourgeois. Le mensonge social.

      • #42271 Répondre
        nefa
        Invité

        Ema, tu m’as donné envie de le regarder, merci.
        Vraiment super ce film. J’ai bien rigolé.
        La performance acteur pendant le dîner mondain. La gêne et surtout, l’incapacité de répondre des bourgeois face à un mec qui ne se déploie pas comme eux, qui agit selon des codes qu’eux ont anesthésiés (on le verra plus tard), leur mutisme (genre en prière), leur docilité pour peu qu’il y ait un peu de tension dans l’air, une prise de pouvoir manifeste, par la force (brute). Et à la fin, le pourquoi de cet espèce de putsch. Le vieux bourgeois, le premier à s’en rendre compte qui se décide de réagir, c’est pas possible et les autres mâles qui le suivent. On pourrait croire que c’est parce que l’autre (le primaire) il fait mal, parce que la jeune fille, elle demande de l’aide, mais non, on a vu (autres scènes du film) comment les bourgeois géraient ceux qui le faisaient (quel que soit le demandeur). Grosse éclate.
        Maintenant, l’auteur, on ne le sent pas porter un regard optimiste sur l’espèce humaine. Cerveau supérieur vs cerveau reptilien : pareils.
        Aussi, c’est peut-être cette vieille approche qui m’a tant fait rire. en tout cas, je suis sûr que ça a participé.
        En fait j’ai rigolé presque du début à la fin.
        Enfin, j’avoue avoir expérimenté une fois ce type de performance dans un contexte bourgeois branché, à l’occasion d’une crise où ça commençait à se chauffer : le regard fixe, peut-être exorbité, l’absence de mots (je ne disais rien, je ne pensais à rien), le corps ramassé qui balance pas trop mais suffisamment, on tourne autours, on regarde dans les yeux, on soulève par saccades la lèvre supérieure, juste ce qu’il faut, on fait durer, j’étais tout seul, du coup, énorme malaise dans le camp adverse, grosse frayeur, ça les avait figés, ils se parlaient entre eux, se consultaient. Je suis parti sans porter un coup (vu leur nombre, je me serais fait défoncer la gueule).
        Et dans un autre contexte, moins bourgeois, peut-être que ça aurait déclenché le rire. Autre façon de désamorcer une crise.

      • #42316 Répondre
        nefa
        Invité

        Sinon, il y a le dispositif à la Ostros. Quand le gars démissionne à cause de la vidéo un doute plane. Laquelle des vidéos est postée sur youtube ? Celle que le gars a fait pour le gamin ou celle de la prod ? Et c’est là que le film fait preuve de réalisme, quand on apprend que c’est celle de la prod qui est incriminée, quand je me rend compte que l’auteur m’a tendu un piège, que je suis tombé dedans. Le gamin dans la vraie vie ne pouvait pas rendre public cette vidéo, pour la bonne et simple raison qu’en bagarre, la vraie, on ne prévient pas, on agit. Or le gamin avait dit qu’il ferait de la vie du gars un chaos. Trop tard, il lui avait parlé, il l’avait menacé, ce qui très logiquement l’empêcha de mettre sa menace à exécution.
        Pareil pour le vieux bourgeois, pendant le dîner, il ne s’indigne pas, il se lève et va direct au contact
        Et à la fin, quand on voit la gamine, pour le moins bagarreuse, se taire, alors qu’elle a été témoin de la bêtise crasse de son père, des conséquences sur l’autre, cela n’augure rien de bon de leur future relation père, fille.
        C’est cette vision (pas applicable à tout) que l’auteur me propose.
        Moi j’en rigole, ceux qui ont des enfants, peut-être moins.

        • #42325 Répondre
          nefa
          Invité

          Les deux filles d’ailleurs.

          • #42334 Répondre
            nefa
            Invité

            sinon ,aucune ironie dans tout ce que je viens d’écrire.

      • #42359 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Cette performance de l’homme-singe est effectivement très déroutante. C’est la première fois, devant un film, que je me suis dit à moi-même avec beaucoup d’insistance et de sérieux : « j’aimerais bien que ça s’arrête maintenant, ça va un peu trop loin ».. Et pourtant, je restais focalisé sur l’image, avec une très forte tension, un certain « malaise », en effet. Comme si le pacte entre l’acteur et le spectateur était totalement rompu.
        Mon regret restera de ne pas avoir vu pour la première fois cette scène dans un cinéma avec tout un public dans la salle. J’ai vu ce film chez moi. Maintenant, c’est trop tard : je connais ce moment, je ne pourrais plus jamais le voir pour la première fois.

        • #42363 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          Et à propos de cette scène de l’homme-singe dans The Square : certains l’ont-ils vu dans une salle de cinéma? Quelle fut la réaction du public?

          • #42700 Répondre
            nefa
            Invité

            je m’associe à ta requête

    • #42252 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Un petit appel à l’expertise collective : d’aucuns nous suggèrent, pour la prochaine GO (après Hamaguchi), de traiter Civil War. Est-ce que certains l’ont vu? Est ce que c’est nul mais intéressant / nul et meme pas intéressant / moyen mais pensable / vraiment pas dégueu, etc.
      De l’extérieur comme ça je sens que ça peut ne pas me déplaire dans le genre action.

      • #42258 Répondre
        Tony
        Invité

        Pas vu mais j’envisageais de le voir suite à une rumeur sur les réseaux et puis j’ai lu quelques avis de critiques ciné qui semblent dire que le film fait le procès des journalistes,que s’ils avaient bien fait leur travail la catastrophe aurait pu être évitée, à vérifier mais si tel est le cas c’est pas très engageant,sinon en action on vous attend de pied ferme pour Mad Max.

        • #42261 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          mais ça sort quand Mad Max?

          • #42263 Répondre
            Ostros
            Invité

            22 mai.

            • #42264 Répondre
              Ostros
              Invité

              « Alors que le monde s’écroule, la jeune Furiosa tombe entre les mains d’une horde de motards dirigée par le seigneur de la guerre Dementus. En traversant le Wasteland, ils tombent sur la Citadelle présidée par l’Immortan Joe. Alors que les deux tyrans se battent pour la domination, Furiosa doit survivre à de nombreuses épreuves pour trouver le moyen de rentrer chez elle. »
              …..

              • #42265 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                le Franco aussi
                Miller-Franco, y a match

                • #42267 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  A peu près autant qu’entre Mann et Hamaguchi.

                • #42279 Répondre
                  finnegan fox
                  Invité

                  Est-ce de l’ironie ?

                  • #42293 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Il faudrait bien mal me connaitre, ou mal connaitre Charles, pour en douter.

                    • #42294 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Mad max serait assurément un bon sujet de Gene. Parce qu’il y a quand même des gens, toujours en liberté, qui prétendent que c’est du génie. La patrouille doit intervenir.

                      • #42296 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Je la veux cette gêne alors ! Je me sentirais moins seule dans ce cas là…

                      • #43937 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je vois sur les réseaux que la patrouille va donc intervenir le premier mai. Je me joins à une question lue sur les mêmes réseaux : quels sont les grands films d’action ?

                      • #43938 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Dans un sens restreint de la catégorie, je dirais Speed, les Die Hard de McTiernan, les deux premiers Jason Bourne, the Raid

                      • #43939 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Un condamné à mort s’est échappé.
                        La bataille de Solferino.

                        Plus classiquement j’avais beaucoup aimé Volte face de John Woo, Kiss of Death, de Schroeder, Mission impossible 1 et 2 (pas vu les autres), La mémoire dans la peau (au moins le premier)
                        ET le plus grand : Essential killing.

                      • #43940 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        D’accord sur les autres
                        The raid, pas vu.

                      • #43941 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Démineurs.
                        Black book.

                      • #43942 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Faudrait que tu vois le dernier mission impossible,un des meilleurs films d’action vu récemment.

                      • #43946 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Vu dernièrement Old Boy de P.C Wook, bien aimé. Beaucoup aimé les premiers Bourne aussi (mais j’ai trouvé le dernier raté)

                      • #43949 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        oui je l’ai raté bêtement

                      • #43951 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je n’ai pas encore vu Un condamné à mort s’est échappé ni Essential killing.
                        De mon côté j’ai mon Cameron préféré, le très classique Terminator 2.

                      • #44577 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Après avoir vu ou revu à peu près tout Haneke je change mon vote, mon film d’action préféré est la pianiste.

                      • #44583 Répondre
                        GaelleS
                        Invité

                        Rires

                      • #43969 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Essential killing, évidemment.
                        Volte/Face n’a pas bien vieilli je trouve – ces ralentis avec colombe qui s’envole, ces acteurs grimaçants, ce sentimentalisme etc.

                      • #43952 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        @Charles : The Raid est bourré de scènes impressionnantes (en gros toutes celle où ça ne parle pas) mais il est interminable, non ?

                      • #43954 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Memoria

                      • #43967 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Memoria 2 : judgement day ou Memoria 3 : rise of the machines ?

                      • #43971 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Rire.

                      • #43970 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Peut-être mais il ne faiblit pas.

                      • #43975 Répondre
                        dizzy
                        Invité

                        Je profite de mon anonymat pour mentionner le petit cousin geek et mal-aimé de Fury Road : Speed Racer.

                        Et certains Johnnie To m’avaient convaincu à leur sortie (Exilé, Election 2), faudrait que je les revois.

                      • #43976 Répondre
                        Arnaud
                        Invité

                        Gilroy a réintroduit la matière dans le cinéma d’action. J’ai bien aimé Andor.

                      • #43979 Répondre
                        Arnaud
                        Invité

                        Il opère au coeur de la matrice, on sera donc indulgent.

                    • #42321 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Je n’en doutais pas François.

                      • #42322 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Pardon, c’était pas adressé à moi.

                    • #42345 Répondre
                      finnegan fox
                      Invité

                      Miller est tellement porté au pinacle par tout le monde que je ne savais pas. Mais ça me rassure aha.

                • #42340 Répondre
                  François
                  Invité

                  Mad Max le 22 mai, Memory le 29. Possibilité de faire les 2 ?

        • #42290 Répondre
          Ema
          Invité

          Tu as aimé le dernier, celui de 2015? Je l’avais vu au ciné et j’étais plutôt jeune et impressionnée mais je n’ose pas le revoir depuis, peur de gâcher le souvenir plaisant que j’en ai.

          • #42291 Répondre
            Ema
            Invité

            *question pour Tony

            • #42301 Répondre
              Tony
              Invité

              Ben moi en fait c’est le contraire,faut que je le revois car, à l’époque, j’étais un peu passé à côté alors que j’étais fan des trois premiers films, j’étais ressorti de la salle avec un bon mal de tête…

              • #42306 Répondre
                Ema
                Invité

                Ok. Dans mon souvenir, c’est un film où l’action vaut pour elle même, sans boursouflure scénaristique, ce qui m’avait plu à l’époque. Ce que je redouterais là aujourd’hui c’est l’esthetisme « cool » du film, avec ses guitares électriques et sa lumière orange instagram. Le mutisme des personnages aussi, trop excessif pour etre honnête.

                • #42309 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  A voir à nouveau à mon avis,le film est régulièrement cité dans les listes sight and sound des cinéastes, faudrait avoir l’avis d’un expert, maître Seldoon par exemple.

          • #42299 Répondre
            Cyril
            Invité

            J’avais adoré à l’époque. Je le tenais pour le plus sensationnel des films d’action.

            • #42305 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Pour ma part, à chaque fois que je le revois c’est toujours une longue traversée du désert…

              • #42310 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Deux traversées. Aller retour.
                J’aime beaucoup l’action jouissive de Fury Road, son minimalisme scénaristique, son exubérance dans tout le reste. Ce qui m’y gêne est son éco-féminisme de boomer à base de mannequins et pubs pour parfum. Le film est fait pour s’amuser à éclater des voitures et des skinheads de festival dans le désert en écoutant du hard rock et du Verdi, il ne fallait pas faire semblant qu’il s’agissait d’autre chose. J’aurais aussi bien aimé qu’on supprime la nuit de pause (elle aussi gênante) et qu’on tienne les 2h d’action en quasi temps réel puisque c’était la raison d’être de ce film.
                J’imagine que s’il y avait une Gêne elle attaquerait « le visuel = le cinéma pur » et le genre pour le genre ?

                • #42315 Répondre
                  toni Erdmann
                  Invité

                  Prêt à défendre avec les crocs Mad max Fury Road.
                  Je pense que Civil War serait inappropriée pour une gêne qui voudrait évoquer les films d’action. Ça sent l’allégorie politique, la réflexion sur les médias et la désinformation etc.
                  Fall Guy à la limite ? Par le réalisateur de Bullet Train. En salle le 1er mai.

                  • #42319 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Avec de vrais crocs, ou avec les fausses dents de Toni Erdmann, tu défendrais des répliques comme « Who killed the world? » et des plans comme celui de Furiosa qui s’effondre dans un vent de sable pour hurler sa douleur ?

                    • #42401 Répondre
                      toni Erdmann
                      Invité

                      Je préfère le plan de Furiosa qui s’effondre sur les genoux qu’un monologue prononcé avec douleur pour créer artificiellement une back-story et exprimer tout son désespoir. Dans Fury Road, seule l’action qui se déploie sous nos yeux compte et pas des grands arcs narratifs, des destinées de personnages, des passés difficiles pour justifier des acteurs qui froncent les sourcils. Ça ne veut pas dire que les personnages sont des coquilles vides mais plus des individus qui doivent se dépatouiller d’une situation très concrète et matérielle. Il n’est jamais question d’un passé abstrait mais toujours du présent très concret. La relation Max-Furiosa est par exemple une négociation permanente en fonction de nouvelles informations et de nouveaux dangers qui apparaissent. Elle naît avec le film, n’est conditionnée que par les évènements du film et fonctionnent à tâtons, par des regards, par des intérêts mutuels à un instant précis.

                      Le film est composé majoritairement de cela et très peu de ces répliques et scènes pompeuses que tu sembles déplorer. Combien de temps de désespoir de Furiosa pour combien de temps d’action ?

                      • #42412 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Sans aucun doute ces moments sont rares, mais d’un grand ridicule. Ils abiment le film, que j’aime bien par ailleurs et que j’aurais aimé beaucoup sans.

                • #42317 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Personnellement le truc que j’ai aimé dans ce madmax c’est le côté se battre pour avoir les ressources pour vivre même si c’est du déjà vu. Mais en revanche tout ce que tu décris c’est tout xe que je n’aime pas. Comme quoi la subjectivité encore une fois

                  • #42320 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Tu avais vu le 2 ?

                    • #42323 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Le premier j’ai essayé mais j’ai pas réussi. J’ai vu surtout le Madmax Fury Road

                      • #42324 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        J’y aimais bien cet aspect : lutte pour les ressources qui te permettent de continuer à lutter pour d’autres ressources pour continuer à lutter…
                        Chacun des Madmax est assez unique, le premier est du cinéma d’exploitation, les budgets n’ont fait que grimper après ça. L’inspiration principale du 2 est le western classique.

                      • #42326 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Du coup tu m’as donné envie de leur redonner une chance à ces Madmax. Merci !

                  • #42327 Répondre
                    Ema
                    Invité

                    Disons que subjectivité mise a part, le « contrat » spectateur cineaste quand on regarde un film, c’est de voir si on peut l’apprécier pour ce qu’il est, et non pour ce qu’on aurait voulu qu’il soit. Dans la « franchise » Mad Max on est prioritairement face à du cinema d’action débridée, dans lequel le contexte post apocalyptique n’a pour seule vocation que de créer un cadre propice à générer des situations explosives. On aime ou on aime pas. C’est réussi ou non. Point. Dès lors, regretter qu’un tel film tente, entre deux scènes d’action gratuites et outrancières, d’esquisser un discours meta filmique sur la societé de consommation, la répartition des richesses et des ressources, la place des femmes ou que sais-je, c’est en fin de compte regretter que le cineaste lui-même n’assume pas pleinement la nature de son film et tente de tromper son monde. C’est une démarche commerciale et assez malhonnête. Après je ne sais pas si çà vaut pour Fury Road, faudrait que je revois, pour le côté eco-feministe mentionné par Seldoon.

                    • #42329 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      « c’est en fin de compte regretter que le cineaste lui-même n’assume pas pleinement la nature de son film et tente de tromper son monde. »
                      Tromper son monde, lui-même et son film. C’est bien ce que je lui reproche.

                      • #42330 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Ben c’est vrai que, maintenant que tu nous le rappelles, le « who killed the world » ( reponse: les hommes?) tombe en plein dans ce que je décris plus haut, c’est difficile de ne pas y voir du macro commentaire sur la vie-l’homme-la nature.
                        Dommage en effet.

                      • #42337 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Oui et non. Comme je disais récemment dans un commentaire sous une vidéo youtube, je laisse toujours des chances à des films que j’ai pas aimé. Car on peut évoluer entre la première fois qu’on a vu le film et par rapport à notre vécu. On peut adorer des réalisateurs étant jeune et quand on les voit avec un regard plus adulte on peut ne plus les aimer. Et puis on évolue aussi dans les lectures de films. À l’ala où je détestais quand les documentaires touché à la fiction aujourd’hui j’adore. Parce que c’est plus intimiste et je suis moins dans les films « m’as tu vu » comme m’a dit dans un entretien que j’ai avec François sur le fond et la forme. Nous sommes acquis nous évoluons tout le temps et avec ce qui nous entoure également.

                        Par contre par rapport à ce que vous lui reprochez au film je vous rejoins. C’est ce qui m’a coincé au premier visionnage et je veux voir si je bloque toujours par rapport à ça. D’où ma raison du pourquoi que je dis que ça a été une longue traversée du désert pour moi…

                    • #42336 Répondre
                      David Watts
                      Invité

                      @Ema
                      On rappelle quand même que George Miller n’est pas totalement un avatar de Robert Rodriguez et n’a pas attendu Fury Road pour parler universalisme ou devenir du monde. Tous ses films dissertent plus ou moins autour du parcours du Héros, de la Communauté (basiquement des thèmes du western classique, très visibles dans Mad Max 2 comme relevé plus haut), du Cosmos et de l’intime (le macro – justement – et le micro sont le point d’orgue de Happy Feet 2)…
                      On peut s’en gausser et classer ça dans les « grands thèmes tarte à la crème » mais les faits sont là et les propositions souvent pertinentes, à défaut d’être subtilement subtiles (mais c’est ce qui arrive quand son créneau d’artiste est de travailler au corps les archétypes – coucou James Cameron)

                      • #42338 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Tout à fait comme la saga Dune par exemple comme on disait avec un pote pas plus tard qu’aujourd’hui

                      • #42339 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        @David
                        Tu as sans doute raison, mais il me semble que certains themes universels peuvent être inscrits dans l’action elle même, dans Mad Max exemplairement, la lutte pour les ressources constitue à la fois un motif d’action filmique ET par extension de la matière a réflexion, si on veut. Je mets çà en opposition aux insertions artificielles de commentaire politique ou philosophique, qui n’emanent naturellement du scenario. Concernant Fury Road, je n’ai pas tranché. Je rejoignais juste Seldoon sur la lourdeur et la grandiloquence de cette replique.

                      • #42341 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il ne suffit pas de balancer quelques signaux et symboles (en l’occurrence grossiers mais ce n’est pas la question) comme la femme qui cache une graine germée dans son sac dans un film pour qu’il traite une sujet. Je passe sur ces plans à la gloire des femmes mais qui en fait des égéries Paco Rabanne (pour beaucoup d’entre elles ce sont des mannequins, et Paco Rabanne a fini par en faire de vraies campagnes de pub). D’autre part peut être que si on se gausse c’est justement parce que le film « disserte », comme tu l’écris, au lieu de travailler au corps. Je suis agacé contre cet aspect du film parce que j’aime le reste, qui se fait bien abîmer au passage.
                        Si tu veux des films qui travaillent au corps la question des archétypes (tout en jouant pleinement leur jeu, parce que c’est de ça qu’on parle), alors il faut chercher ceux qui les travaillent vraiment. En toute objectivité et aussi parce que quel que soit le débat je ne pense qu’à eux je pense à Il était une fois dans l’Ouest, ou même à Mon Nom est personne : Jack Beauregard qui tire 6 fois sur le chapeau de Personne malgré sa myopie de vieux, l’autre qui cache un trou en trop avec le doigt en annonçant « 6 coups et un seul trou, comme au bon vieux temps » et Jack qui lui dégage le doigt d’un coup, découvrant alors un 3eme trou et donc sa faiblesse « il n’a jamais existé le bon vieux temps », ça c’est une scène qui travaille au corps les archétypes et note rapport à eux. Le tout camouflé en concours de bite, sans annoncer de grandes phrases emphatiques que attention on traite du mythe, là. Dans Fury Road ces choses là ressemblent à un alibi. Comme tu le signales entre les lignes il est possible que cet alibi trompe même Miller, ce qui ne joue pas non plus en faveur du film.

                      • #42342 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        C’est ça pour Madmax Fury Road. J’ai ressenti plus à du forcing que vraiment aller jusqu’au bout de la réflexion

                      • #42344 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        @Seldoon
                        En même temps tu cites 2 des meilleurs films du monde, qu’est-ce que tu veux que je te dise…
                        Pas grand chose à dire sur les inserts « malickiens » qui, s’ils ne me dérangent pas trop, n’en élèvent pas le film c’est clair. C’est pas pour dédouaner le bon George mais à vérifier si ce serait pas une volonté du studio quand même, genre donner quelques repères oraux dans un film quasi-muet. On rappelle que le director’s cut de Miller est la version N&B (pardon, « Black & Chrome ») et que ce dernier n’a donc pas l’air de rechigner à plus de radicalité, tout entertainer soit-il.
                        Ensuite, les physiques de jeunes fille en fleur et de nouvelle Eve ne m’emmerdent pas spécialement au vu de leur contexte et de leur utilisation évidente, la renaissance d’un monde, tout ça, tout ça… (spoiler alert : je suis un spectateur très perméable à plein de choses et 1000 fois trop gentil, donc doutez constamment de mes modestes écrits) Et au passage, la beauté de ces demoiselles est beaucoup moins ostentatoire dans le director’s cut, c’est con mais c’est vrai.
                        Enfin oui comme tu le soulignes, j’ai pas utilisé le terme « disserter » pour rien, la filmo de Miller peut s’apparenter à une forme de corpus, où il explore toutes les variations possibles de ses marottes dont on a parlé ci-dessus. Pas innocent non plus que le bonhomme ait réalisé 5 suites de film sur 11 longs-métrages, d’où mon emploi de « travailler au corps » et repartir de zéro.
                        Les deux Happy Feet ont un côté presque film à thèse c’est vrai, les Mad Max beaucoup moins, faut pas déconner. Les films sont blindés de symboles, certes, mais la plupart du temps tellement fulgurants qu’on a pas tellement le temps de s’appesantir dessus (Cuarón sait très bien faire ça aussi). Après j’ai du mal à comprendre si tu reproches à Fury Road de « trop disserter » ou de ne pas « traiter son sujet », tu as utilisé les deux formules…
                        Peace

                      • #42346 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je trouve qu’il fait semblant de traiter un sujet et dans les faits ne fait que balancer des symboles alibis (et à côté de la plaque) et des grandes phrases creuses – au lieu de construire des scènes là-dessus. Le vrai film ne se situe pas là et ne fait pas ça, il aurait gagné à se séparer de ces faux semblants. Par contre on est bien alignés sur la version noir et blanc.

                      • #42353 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        Oui j’ai l’impression que tu évoques pas mal l’introduction du film, où on te présente en speed le contexte, les enjeux, les persos, à la manière d’un film muet sous coke (accélération de l’image incluse) qui ne lésine pas sur des vignettes d’Epinal grossières pour gagner du temps et où effectivement il ne peut pas y avoir de situations

                        Il y a après les deux-trois pauses ou « respirations » espacées au coeur du film (avec ce plan tout bressonnien de Charlize Furiosa les bras au ciel zébré d’éclairs). C’est vrai que la rythmique de la « seule et unique course-poursuite » peut en prendre en coup, je n’ai pas revu le film depuis bien trois ans j’ai pas la mémoire fraîche. Le souvenir quand même d’une traversée de marais nocturne où on devine des silhouettes sur échasses au loin, grande force d’évocation perso le tout en un plan et demi

                        Je vais aller choper la GO sur « Titane » itou

                      • #42357 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je parlais d’un peu toutes les histoires d’eco-feminisme éparpillées dans le film, dont et surtout les dialogues avec les vieilles et tous les plans qui heroïsent le groupe de mannequins (jusqu’au coup de pied dans la ceinture de chasteté).
                        Quand puissance d’évocation il y a, pour de vrai, je suis client. Bon exemple les échasses, j’aime aussi.

                      • #42347 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je ne sais pas si tu as écouté la Gêne Occasionnée sur Titane, c’est beaucoup plus clair sur le cinéma de signes (et non de scènes) même si pour une raison inconnue ni François ni l’homme qui n’a pas de prénom n’évoquent Leone.

                      • #42348 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Tiens je ne l’ai pas écouté celle là je vais le faire

                      • #42350 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        @Seldoon peux tu stp partager cette critique car je ne la trouve pas et elle m’intéresse ? car j’ai beaucoup aimé le film comme son premier. En te remerciant

                      • #42358 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je ne vois pas non plus, l’aurais-je fantasmée ? Je ne sais plus où j’ai lu ou entendu François au sujet de ce film, désolé.

                      • #42361 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        C’est bien ce qui me semblait car j’ai regardé et j’ai pas vu. Pas de soucis et merci

                      • #42400 Répondre
                        Chauffe-eau Sauvage
                        Invité

                        Peut être dans le podcast Pardon le Cinéma ? Mes recherches Google m’amènent en tout cas vers cette piste. Je ne peux pas le confirmer, l’épisode avec François est réservé aux abonnés.

                      • #42415 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Ca devait etre dans le podcast nommé Chez françoise, parce qu’en effet la GO n’a jamais traité Titane.

    • #42370 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      François : voilà pourquoi ça me paraissait crédible que tu aimes Mad Max.

      • #42389 Répondre
        Cyril
        Invité

        À l’époque, en 2015, j’étais pourtant déjà très réticent aux blockbusters tous fait dans le même moule, surtout les marvels. Mais je me souviens être sorti de Madmax ébouriffé. Je l’avais apprécié comme un pur film d’action sans même réfléchir aux enjeux idéologiques qu’il pouvait y avoir derrière, d’ailleurs je n’en sais toujours rien. Mais oui, une pyrotechnie saisissante.

        • #42417 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Mais je n’aime pas tout Tarantino. Et je n’aime surtout pas l’ensemble des 546 films dont Tarantino a dit que c’était des chefs d’oeuvre absolus.
          D’ailleurs à y repenser, est ce que la cinéphilie gigantesque de Tarantino ne serait pas un peu étriquée?

          • #42418 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Mais aussi et surtout surjouée. Il s’est calmé ces dernières années, mais il reste tout aussi mythomane que bon nombre de ses personnages.

            • #42419 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je pense que dès qu’il ouvre la bouche il est en train de tester des histoires et des façons de les raconter à un public. Il fait du Hitchcock en permanence.

              • #42423 Répondre
                Charles
                Invité

                Faudrait quand même revoir Tarantino pour voir si ça vieillit bien ou pas. Pas de problème pour sa triplette magique du début mais à partir de Kill bill je ne suis pas sûr que ça tienne à la colle.

                • #42427 Répondre
                  Eustache
                  Invité

                  Marrant je trouvais justement ses premiers films vraiment pénibles, il fait moins son petit malin avec le temps, ses films s’approfondissent, ses personnages aussi, le meilleur de son oeuvre pour moi, c’est ses films récents.

                  • #42431 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Comme beaucoup de réalisateurs c’est un réalisateur qui a voulu sans doute changer de public aussi et donc a essayé autre choses. Pour moi ses chef d’oeuvre sont Réservoir Dogs, Killian Bill 1 et 2 et Once Upon A Time In Hollywood. Je dis bien pour moi et suis pas fan de tout son oeuvre non plus mais s’aime sa passion pour le cinéma et son soutien pour les salles de cinéma

                  • #42442 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Eustache : tu veux bien essayer d’etre le premier individu de l’histoire de humanité à expliquer ce qu’il entend par « faire son malin »?
                    En tout cas selon moi le grand Tarantino est dans les années 90 ensuite c’est moins bien -sauf Once upon. Et je ne crois pas que la coupure ait à voir avec faire son malin. Elle a peut-être à voir avec Los Angeles (peut-être parce que ce territoire, le seul que Tarantino connait, éprouve, a l’effet de territorialiser son cinéma)

                    • #42468 Répondre
                      Eden Lazaridis
                      Invité

                      François tu oublies Death Proof, dont tu as dit que tu le considérais comme son meilleur, qui n’est pas tourné à LA mais à Austin, Texas et à Lebanon, Tennessee.

                      • #42469 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Pour ma part Death Proof une claque lors de la découverte et je le regardais souvent à l’époque de sa sortie en physique. Aujourd’hui je trouve qu’il a plutôt vieilli même si j’aime beaucoup toujours sa fin.

                      • #42470 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Mais tourné dans des coins qu’il connait et fréquente. Il est un habitué, par exemple, des deux bars où est tournée la première partie.

                      • #42486 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Bars dans lesquels il a déplacé tous les meubles, ajouté un juke box, une terrasse, un parking, donc bars bien modifiés. Mais il connait l’esprit de ces lieux, leur faune, et a su les incarner à l’écran.

                      • #42852 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Je ne connaissais pas cette anecdote d’avoir tout déplacé. Aujourd’hui avec mes yeux d’adulte c’est alors ça que je ressens. Le côté superficiel du lieu. D’habitude ça marche (exemple once Upon a Time in Hollywood) mais chez moi là ça prend pas. Je le préfère quand il est sur la route avec ces fous du volant

                    • #42851 Répondre
                      Eustache
                      Invité

                      Faire son malin, j’entends que je sens beaucoup de frime là dedans, satisfait de ses effets, comme si les films faisait leur auto-marketing. J’avais en tous cas cette sensation à l’époque et j’étais ado et j’avais l’impression de regarder les films d’un autre ado insupportable et provoc pour pas grand chose, qui jouait à être John woo, Melville, Godard (enfin la partie la plus faible de Godard d’ailleurs) . Après il y a la construction du récit, l’humour mais ça ne m’a jamais excité chez lui. Quand il s’est mis à réécrire l’histoire, en une manière de  »revenge movies », j’ai trouvé ça beaucoup plus fort.

                      • #42855 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Comme quoi on peut très bien se passer de l’expression « faire le malin ».
                        Mais je ne vois pas en quoi Jackie Brown entre dans ta description.

                • #42452 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  J’ai tout revu l’année dernière et n’ai changé de point de vue sur aucun des films. Ceux des années 90 sont magiques, par la suite il n’y a que trois films : Boulevard de la Mort (très bon), hateful eight (raté) et Once Upon a Time (très grand). Le reste est une collection de scènes inégales, dont quelques unes incroyables mais aussi des catastrophes. Dans tout ça je ne retrouve son génie de dialoguiste des années 90 que dans Boulevard. Je suis très surpris de ma capacité à revoir Django Unchained, que je n’ai jamais envie de défendre mais qui se trouve être celui des années 2000/2010 que je revois le plus. Dès que je tombe dessus, je reste.

          • #42426 Répondre
            finnegan fox
            Invité

            Ce que je trouve dommage c’est que cet homme qu’on nous présente comme le plus grand cinéphile de la terre, qui a tout vu, a finalement les mêmes goûts que tout le monde (taxi driver et blow out en films préférés + mad max fury road en film de la décennie 2010…) : c’était bien la peine de voir la totalité de la production cinématographique mondiale…

            • #42429 Répondre
              Cyril
              Invité

              Je pensais que c’était Scorsese le plus grand cinéphile de la Terre lol

            • #42443 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Ce que j’essayais de pointer, justement, c’est que T n’a pas tout vu du tout. Il a en fait vu tous les films américains + des asiatiques + quatre films de la Nouvelle vague.
              On aimerait bien voir sa gueule devant Sous le soleil de satan, Close-up, ou Play

              • #42453 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Il a une quête du « fun », de la gratification immédiate et un anti intellectualisme qui fait qu’il n’imagine probablement même pas lancer un Pialat. Mais attention, je redis qu’il ment énormément. Je ne crois pas, par exemple, qu’il pense sincèrement que Dunkerque contient le meilleur plan de tous les films de guerre de l’histoire.

                • #42460 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  De fait, je ne l’ai jamais pris au mot.
                  Pour ça, il serait un peu le desplechin américain : quand je dis un truc, entends le contraire.

                  • #42465 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Je crois que c’est moins pervers que Desplechin, c’est plus du showmanship à l’américaine – mais presque à un niveau maladif. J’ai lu plusieurs témoignages d’inconnus qu’il avait rencontré au hasard (restaurant, avion…) à qui il avait raconté en entier le scénario des films sur lesquels il travaillait. A chaque fois il est noté qu’il vivait les-dits films et était en fait en train de tester la façon de raconter la chose, en scrutant les réactions. Idem, on sait qu’il aime être dans la pièce quand un acteur lit son script pour la première fois. Je le soupçonne de faire la même chose quand il construit sa propre légende en interview et en podcast. On ne le voit essaimer au cours de plusieurs mois son « top de l’année » en gardant jalousement le #1 pour la fin de l’histoire. On l’a beaucoup vu affirmer son immense cinéphilie, notamment en cinéma d’exploitation, mais j’ai entendu des fans de ces genres là assez remontés contre lui, ils trouvent qu’il se plante souvent (d’année, de casting…). On sait, enfin, qu’il pense énormement son oeuvre en terme de carrière, de construction de carrière, de postérité. Ma théorie est donc que quand il parle, il construit sa légende et son personnage. Il y va doucement, au compte goutte, il teste des trucs, amplifie énormement (une bonne idée de plan devient le meilleur plan de l’histoire, j’aime bien les séries Z devient j’ai vu toutes les séries Z de l’univers), observe les réactions, est-ce que ça prend, il modifie, module, revient à la charge. Ce n’est pas par hasard qu’il est devenu le seul cinéaste rock star.

                    • #42466 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Je note d’ailleurs qu’il parle beaucoup moins de cinéma d’exploitation maintenant que ce n’est plus distinctif.

                      • #42473 Répondre
                        toni Erdmann
                        Invité

                        Sur la difficulté à démêler le vrai du faux sur les goûts déclarés publiquement de Desplechin et Tarantino, un indicateur peut nous aider, même si limités par plusieurs facteurs : les choix qu’ils ont fait lorsqu’ils étaient au jury à Cannes.

                        Tarantino président n’est pas passé à côté de Tropical Malady. Il donne la Palme d’Or à Fahrenheit 9/11 (je ne pourrais pas me prononcer sur la pertinence de ce choix, je ne l’ai pas vu).

                        Desplechin dans le jury c’est catastrophique par contre. Mon ressentiment est grand à son égard car il a participé à un jury qui est passé à côté d’un chef d’oeuvre dont le titre à avoir avec mon pseudo. Ils récompensent Ken Loach, Dolan pour son plus mauvais (Juste la fin du Monde), Andrea Arnold pour son plus mauvais, Assayas et passent à côté de Elle, Ma Loute, Rester Vertical, Aquarius et The Neon Demon.

                      • #42481 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui enfin on dit quand même que Tarantino a aussi donné la Palme à Moore par fidélité à Weinstein.

                      • #42555 Répondre
                        Linconnu
                        Invité

                        (J’ai lu que c’est Emmanuelle Béart qui a quémandé un prix pour Tropical Malady, Tarantino a finit par lui concéder.)

                      • #42556 Répondre
                        toni Erdmann
                        Invité

                        J’aime beaucoup cette info. Si tu en retrouves la source, je serais curieux de lire cela.

                      • #42557 Répondre
                        toni Erdmann
                        Invité

                        À moins que je me sois fait avoir par ce qui peut tout à fait s’apparenter à une blague, et que la politique « pas de suppression » de ce forum entérinera à jamais ma bêtise.

                      • #42562 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Difficile de déduire quoi que ce soit des choix d’un jury.
                        Mais Desplechin étant un concurrentiel pathologique, je le vois très bien promouvoir des films ou cinéastes dont il sait qu’ils ne jouent pas dans la même cour que lui. En revanche Dumont, Verhoeven, Refn, Mendoça, c’est des rivaux.
                        Tout est logique, donc.

                      • #42569 Répondre
                        finnegan fox
                        Invité

                        Tu n’as pas l’air d’avoir une haute opinion de l’homme qu’est Desplechin François aha : menteur, compétiteur, truqueur, méchant etc…

                      • #42856 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Très basse opinion de l’homme, et très haute opinion de, disons, quatre de ses films.
                        Mais je crois avoir creusé tout ça dans le Microciné à lui consacré.

                      • #42857 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Dirais tu à peu près pareil de Kechiche?

                      • #42867 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        L’oeuvre de Kechiche me semble plus constante. Je n’y vois pas grand chose de faible. Cela dit celle de Desplechin a été d’une grande tenue pendant au moins dix ans.
                        L’homme Kechiche, j’ai pu voir à une ou deux reprises que ce n’était pas un ange. Mais je n’en sais pas assez pour avoir un avis digne de ce nom.
                        Mon dossier Desplechin est plus épais.

                      • #42869 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        En revanche j’ai entendu dire que Philippe Lacheau est un amour.

    • #42390 Répondre
      Charles
      Invité

      Je partage les réticences de Seldoon sur Mad max fury road – je me souviens avoir éclaté de rire au moment de la scène mannequins Paco Rabanne – mais même le pur spectacle avait fini par me lasser, ou devrais-je plutôt dire m’abrutir. En sortant de la salle, j’ai eu l’impression de m’être fait rouler dessus pour pas grand-chose. Quand le scénario est aussi inexistant, que le héros est aussi peu incarné et le tout avec très peu d’humour, avec un tel niveau de déréalisation pour moi ce genre de spectacles atteint ses limites.
      C’est comme pour John Wick. Je viens de voir le 4, bon bah 2h40 de baston et gunfights, même quand c’est inventif (et encore pas tout le temps), ça finit par m’épuiser tant c’est bête et dépourvu d’enjeux.

      • #42391 Répondre
        David Watts
        Invité

        Pierre Murat ?

        Fury Road on en reparle dans 40 ans, John Wick 4 c’est moins sûr.

        • #42392 Répondre
          Charles
          Invité

          C’est gentil de me répondre en m’insultant. Sinon il est impossible de prévoir la postérité d’une oeuvre mais celle de John Wick tient pour l’instant (hélas) bien la route. C’est devenu un personnage culte, comme John Maclane en son temps. Furiosa, je ne suis pas sûr.

          • #42393 Répondre
            Charles
            Invité

            Mcclane*

          • #42411 Répondre
            David Watts
            Invité

            J’avoue c’était bas, merci de ton sang froid.
            Blague à part, ton désintérêt (légitime) pour les gros actioners contemporains t’égare un petit peu dans ton échelle de valeurs. Si les visions de George Miller, qu’on aime ou qu’on déteste, sont pour toi la même tisane que la franchise froidement plan plan de Chad machintruc, c’est quand même un peu triste.
            Sans faire le fanboy absolu (j’aime beaucoup Fury Road, pas moins, pas plus), on peut remarquer que le film a pas mal dépassé son public cible (les djeuns, les geeks) pour marquer des cinéphiles ou cinéastes (Desplechin) pas forcément familiers du gros cinéma de genre qui tâche. Rétrospectivement, ça reste aussi comme la plus grosse singularité du paysage blockbuster 2010’s (certes bien moribond). Le temps nous le dira mais je pense que le film restera à terme et pour longtemps dans la plupart des tops futurs de 2015 ; est-ce que ça veut dire que le film est irréprochable ? Fort heureusement non.
            John Wick, lui, restera au mieux dans la catégorie plaisir coupable stevenseagalien, avec sa même chorégraphie répétée ad nauseam sur 4h27 (ça limite déjà vachement l’envie de le revoir) et son pire acteur de la A-List hollywoodienne, toutes périodes confondues (John McClane peut dormir tranquille)
            Mais la direction artistique est jolie, ah ça

            • #42421 Répondre
              Charles
              Invité

              J’admets qu’il y a plus de virtuosité, d’inventivité et de folie dans Mad max mais ça a le même effet d’abrutissement sur moi. Je suis moins consterné mais après m’avoir assommé, j’oublie ça assez vite. Le triomphe critique de Mad max ne m’a pas échappé, jusqu’aux Cahiers du cinéma. Je ne vois pas trop d’influence sur le reste du cinéma contemporain (et il faut prendre avec des maxis pincettes tout ce que dit Desplechin) mais je vois peu de blockbusters.

      • #42397 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Pareil pour moi ainsi que devant le Dune 1 de Villeneuve (pas vu encore le 2)

      • #42416 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Ce qui m’a le plus surpris dans John Wick 4 est que sur 2h40 on a bien 1h30 de discussions stériles, statiques et sans intérêt. A quelques plans rapides près (uen vague cavalcade au début, expédiée), il faut attendre plus de 20 minutes pour voir une première scène d’action. Il est pourtant évident que le réalisateur s’ennuie autant que nous pendant ces dialogues, je ne sais pas pourquoi ils les font trainer.
        L’action a ses moments sympathiques mais je ne comprendrais jamais le parti pris de ces 4 films de ne jamais jouer sur les décors, d’en faire des décors vide de jeux vidéos d’il y a 10 ans. Ils font de la déco jolie et tout en néon mais les personnages ne les utilisent jamais, ou alors aussi basiquement que possible (il y a des escaliers à montmartre et des voitures à étoile). Les foules ne paniquent jamais malgré les coups de feu, les voitures continuent de rouler normalement malgré le massacre et les carambolages… Ils vident l’action de 50% de son intérêt. Je crois avoir vu les 4 John Wick, il ne me reste que 4 ou 5 morceaux de scènes d’action en tête.

        • #42422 Répondre
          Charles
          Invité

          Tout à fait mais c’est à l’image de la saga complètement contradictoire : on réduit le scénario à peau de chagrin qui est un pur prétexte à bastons mais en même temps on parle beaucoup ; zéro enjeux scénaristique sérieux mais un esprit de sérieux permanent avec zéro vanne ; on veut filmer des cascades à l’ancienne et on prend l’acteur le plus lent, empoté et vieillissant pour ça ; on veut filmer l’impact physiques des corps à corps tout en montrant un mec tuer à lui seul 1000 personnes etc.

        • #42472 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          Ces dialogues étant un écueil dans lequel Fury Road ne tombe jamais.
          Concernant l’accusation de pub de parfum. Charles, il me semble que ton rire n’est pas malvenu car la scène est cocasse en soi. Un mec qui lutte pour sa survie, qui vient de traverser une tempête de sable, et qui tombe sur 5 meufs fraîches et jeunes, en train de s’abreuver d’une eau abondante dans un désert aride. Cette image, par contraste, provoque du rire et ne doit pas être lue au premier degré comme une envolée lyrique ou une célébration de la beauté primitive des femmes. Et a fortiori, cette accusation de pub est toujours limitée quand on ne contextualise pas l’image, comme le font par exemple tous les détracteurs de Malick qui s’en tiennent à deux trois plans de Jessica Chastain dans le désert pour décrédibiliser Tree of Life.
          Après quand on parle de scénario inexistant, en effet c’est le cas à l’échelle du film mais pas à l’échelle d’une scène. Le Mécano de la Générale peut se résumer à « un mec fait un aller retour pour séduire une meuf ». Mais au sein d’une scène, il y a un agencement des contraintes matérielles et des dangers qui rendent l’action passionnante. Dans Fury Road, aucune scène ne peut se résumer à « A se bat contre B » mais il s’y déploie toujours de nombreux enjeux : une femme a des contractions, pendant que Furiosa essaye de revenir dans l’habitacle, pendant que Max se fait tirer dessus, pendant que un autre gars tente de réparer le camion. Les scènes sont multi-couches, ce qui rend tout cela moins unidimensionnel. À titre personnel, c’est ce qui m’évite la sensation de me faire marcher dessus.

          • #42482 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Les accusation d’absence de scénario dans Fury Road sont déplacées et montrent surtout l’ignorance de ce qu’est un scénario. On peut critiquer le scénario en question, et je ne m’en prive pas sur certains points, mais il existe et est développé. C’est un film qui scénarise très bien l’action. Par exemple la scène suivante, qui n’est pas que de la chorégraphie et quelques idées visuelles, c’est (bien) scénarisé :

            • #42483 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Le problème avec le mot « scénario » c’est qu’on ne sait jamais de quoi on parle : l’intrigue, les idées, les situations, les dialogues, les thèmes… Tout cela est compris dans « le scénario » et souvent on rejette un scénario dans son ensemble parce qu’il n’y a qu’un seul de ces éléments qu’on n’aime pas.

              • #42484 Répondre
                toni Erdmann
                Invité

                Tu prêches un convaincu. Je faisais cette remarque par rapport à un post plus haut de Charles qui parlait d’un « scénario inexistant ».

                • #42485 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Oui j’ai bien vu, c’est une critique que le film a beaucoup reçu, qui marche pour Wick mais pas Fury Road (ni Gravity, même période, mêmes attaques). Une attaque confuse je pense, qui demande la précision à laquelle Charles nous a habitués. Néanmoins, et là je repasse de son côté, les embrouilles éco-féministes plombent ce scénario à l’intrigue minimaliste. Ca passerait peut-être mieux mélangé dans la tambouille d’un autre film, ici c’est tout ce qu’on a à se mettre sous la dent en dehors de l’action et du world building et ça prend donc beaucoup plus d’espace dans la reception du film que le temps effectif à l’écran.

                • #42487 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Il s’agit surtout d’une affaire de goût là.
                  On peut pardonner à un scénario des faiblesses. En général quand on n’aime pas un scénario c’est bien que l’écriture est mauvaise (c’est à dire l’intrigue et les « idées » qu’elle véhicule, parfois malgré elle. Les situations c’est de l’intrigue et les thèmes ça en découle – un scénario à thème c’est déjà casse gueule)
                  Sinon on dit je n’ai pas aimé le scénario mais je sauve quelques dialogues etc…

                  • #42488 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Faire des scènes d’action léchées dans un film (scénario / mise en scène) pauvre ne rend pas le film moins mauvais, selon moi.

                    • #42490 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Il s’agit d’une affaire de goût, mais il faut bien circonscrire ce qu’on n’aime pas dans le scénario en question. On est bien d’accord qu’il ne s’agit pas de dire « Intrigue 8/10, dialogue 4/10, thèmes 3/10… », tout cela est lié, et une réplique de type « passe moi le sel » ou « qui a tué le monde ? » peut devenir géniale dans la bonne situation. Je dis simplement que « mauvais scénario » est aussi flou que « mauvaise mise en scène ».
                      Par contre je ne comprends pas ton dernier point : léchées ou pas, si ce sont de bonnes scènes d’action, alors ce sont de bonnes scènes et ça rend donc le film moins mauvais, non ?

                      • #42492 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Eh bien non car je prends le travail global effectué sur le film et je sens déjà quel type d’objet on me donne à regarder. Les éléments grossiers que tu as donnés (eco féminisme, etc) sont des choix de scénariste, toutes les situations ont été pensées, pesées pour rendre les effets tels qu’on les éprouve. Ça aussi c’est un élément fondamental. Le balisage des sensations. Ça situé immédiatement le film dans mon jugement. Ensuite s’il y a des éléments plus pointus comme les scènes d’action, ils sont travaillés dans cette matrice déjà gâtée. Donc je dirais le scénario, le film ne sont pas bons, mais dans cet assemblage de formatages et de gras j’ai pris plaisir à voir ceci ou cela. Je trouve ça plus honnête.
                        On peut objectivement trouver (prouver) qu’un scénario est mauvais et qu’une mise en scène est mauvaise. Dire qu’un mauvais scénario est aussi flou que parler de « mauvaise mise en scène » ça m’étonne quand même. Ce serait faire preuve d’un manque de quelque chose (de rigueur dans l’analyse, dans le balisage, mauvaises dispositions au moment de voir le film, ou autre), je trouve.

                      • #42499 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je reformule ce que je comprends pour en être bien sûr : tu dis que si un film est mauvais, alors il ne peut y avoir de bonne(s) scène(s) dedans, c’est ça ?
                        Concernant ton dernier paragraphe, oui, on peut prouver qu’un scénario et/ou une mise en scène sont mauvais. Tant qu’on n’a pas décrit en quoi, en revanche, on n’a rien dit. Et là ça demande un peu de détail, de précision. C’est tout ce que je dis et ce n’est pas particulièrement polémique.

                      • #42503 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Quand tu reformules tu éteins ce que j’ai écrit :
                        les scènes d’action sont travaillées dans cette matrice déjà gâtée. Donc je dirais
                        « le scénario, le film ne sont pas bons, mais dans cet assemblage de formatages et de gras j’ai pris plaisir à voir ceci ou cela. Je trouve ça plus honnête. » Plus honnête que dire « ça rend le film moins mauvais ».
                        Donc je dis bien qu’il peut y avoir de bonnes scènes, qu’il est plus honnête de les restituer dans le travail du film entier lorsqu’on en parle, que ces bonnes scènes ne rendent pas un film mauvais « moins mauvais ».
                        Point de polémique deon côté au sujet du flou, il manquait une précision à ta phrase, j’avais mal compris.

                      • #42510 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je tente une nouvelle extinction : plus honnête ou simplement plus juste ? Je ne comprends pas trop ce que cette notion d’honnêteté vient faire là-dedans.

                      • #42512 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Si tu prends le dernier post de Charles, il illustre précisément ce que j’ai écrit plus haut. C’est à dire choix des mots, justesse : honnêté. Il s’agit d’essayer de s’exprimer le plus justement quand on affirme quelque chose. Cela donne à lire un texte qui tente d’être honnête envers l’objet dont il parle et c’est agréable, engageant. Ici l’honnêteté du langage est sa justesse.
                        Honnêté pourrait être tentative d’atteindre une forme d’objectivité lorsqu’on parle un sujet surtout lorsque ce sujet nous prend affectivement. Et que ça aurait tendance à nous faire occulter des éléments.

                      • #42516 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Donc justesse et non honnêteté. Sauf si tu penses que d’autres textes écrits ici tentent volontairement de camoufler des choses. Auquel cas, honnêteté et non justesse.

                      • #42518 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Non vraiment : honnêteté (intellectuelle).
                        Qui se traduit par rigueur, justesse, précision.
                        Posture face à l’objet commenté.
                        Autant quand on parle de l’honnêteté du jeu des acteurs ça ne signifie rien (vrai / faux). Autant lorsqu’on parle de l’honnêteté d’un discours ça dit bien ce que ça dit. Un mot nomme une chose.
                        Donc ton paragraphe sur le scénario manque d’honnêteté, de rigueur, de justesse.

                      • #42582 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je suis désolé, je ne comprends toujours pas ce que tu veux dire. Honnêteté, rigueur, justesse, précision. Ces mots ne sont pas du tout synonymes. À propos de mon paragraphe, j’aurais plutôt écrit « plate évidence sur ce qu’est un scénario ». Puisqu’on s’embourbe et qu’on ne dit plus rien du film, on peut peut-être arrêter là.

                      • #42588 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        On s’embourbe parce que tu t’obstines à ne pas comprendre un truc tout simple, qui aurait dû durer juste le temps d’un seul échange. Et que tu fais durer et durer et durer en jouant sur les mots, en restant volontairement hermétique à leur sens. Tu as vraiment du mal avec les mots donc oui autant arrêter là. Et je vais essayer de m’y faire, même quand tu affirmes des choses fausses comme étant des vérités, avec autant de certitude.

                      • #42595 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Mais parce que je ne peux te laisser dire n’importe quoi non plus – et pour ton érudition perosnnelle :
                        « Honnêteté, rigueur, justesse, précision. Ces mots ne sont pas du tout synonymes. »
                        Définition « Exactitude »
                        n.f.
                        Caractère de ce qui est précis et net.
                        Synonymes :
                        honnêteté, justesse, précision, rigueur, véracité, etc
                        -> référence : ouvrir un dictionnaire.

                      • #42504 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Il faudrait que je revoie le film pour étayer ce que je pense du scénario. Dans mes souvenirs, c’était l’aspect aller-retour que je trouvais à la limite du foutage de gueule alors même qu’on nous bassine sur l’originalité de l’univers ou la mythologie de Mad max je me disais « tout ça pour ça ». Mais il est vrai qu’un des mes films d’action préférés, Speed, n’a pas un scénario très subtil ni très riche. Mais dans son développement il y a quelque chose de plus satisfaisant, peut-être du fait d’une réelle progression des enjeux.

                      • #42515 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il y a d’actuellement un truc à la limite du foutage de gueule dans cet aller-retour. Il sent la blague à l’écriture qui s’est transformée en « eh bah pourquoi pas ? » et en effet, c’est un peu gonflé, un peu naze.
                        Ceux qui disent que le scénario du film est génial et jamais vu défendent une forme de radicalité : peu de dialogues, presque tout passe par l’action (y compris les développements des personnages et la description du monde). Donc ils aiment cet aller retour, qui participe du refus d’un certain classicisme. Un côté sale gosse : ça ne se fait pas ? Eh bah on va le faire. Le réflexe m’est sympathique, meme si je comprends bien que ce n’est pas pour rien que ça ne se fait pas. Fury Road navigue pas mal sur cette crête, et tombe régulièrement des deux côtés. Comme d’habitude on serait bien moins remonté contre lui si ça avait moins hurlé au génie en face, surtout qu’il me semble qu’il y a deux lignes de front bien différentes :
                        – le film s’affirme contre les blockbusters de l’époque
                        – ses défenseurs l’affirment contre tout cinéma non visuel-first

                      • #42523 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        Assez étonné que ce fameux aller-retour (qui constitue le coeur thématique et libertaire du film) ne titille pas plus que ça la fibre de certain(e)s ici…
                        « On arrête la fuite en avant et on revient reconquérir notre dû, se réaffirmer dans son chez soi », le discours est simple mais c’est quand même loin d’être l’idéologie dominante dans le petit monde du blockbuster

                      • #42525 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        Sans compter que beaucoup ici veulent à tout prix des films qui se rebellent contre leur scénario, dans ce cas précis je sais pas ce qu’il vous faut

              • #42491 Répondre
                Claire N
                Invité

                Merci
                C’est vrai qu’il y a un truc qui m’a plu
                Le coup de pied rageux – gratuit – de la nana dans casque à la fin de la bastonnade quand les autres filles sont tendues sur des objectifs super sérieux
                – c’était drôle

    • #42494 Répondre
      lison
      Invité

      Je ne retrouve pas le début de discussion sur Le mal n’existe pas.
      On peut entendre ici où là qu’il est une fable écologique… Oui puisque une partie du film concerne l’installation d’un glamping (contraction de glamour et camping ) et les résistances qui l’accompagnent, et que cela donne lieu à une super scène entre les communicants (avec power point) et les habitants (avec leur connaissance du lieu). Mais le film ne commence pas là et ne se terminera pas là dans cette histoire d’installation et de refus d’installation du glamping. Là où le film me semble le plus « écologique » c’est dans le fait qu’il donne à voir et ressentir des rapports au temps très différents (parmi les humains) et entre humains et non humains. Rarement j’ai senti comme dans ce film le déroulement de temps différents suivant les protagonistes, hommes, femmes, enfant, cerfs, ruisseau ou arbre ( temps long, temps « événementiel », temps intemporel..), et j’ai rarement éprouvé aussi cette sensation d’être de passage dans un monde qui a vécu et vivra (dans quel état.. certes..) sans nous.
      Fable écologique peut être mais surtout grand film sur le temps et l’ existence, sur le temps qu’on prend pour traverser la forêt et nommer les arbres, sur l’attention qu’on porte à ce que l’on fait (couper du bois, remplir des jerricans d’eau, repérer le wasabi sauvage), sur le jour ou la nuit qui tombe.
      Sur le temps bien sûr, quelle bonne idée de re-jouer les mêmes scènes ( bois/ eau/ balade) une fois avec la petite fille et l’autre fois avec les communicants, une manière de nous faire apprécier les gestes, le quotidien, la routine, ce qui est permanent ( les actions du père) et ce qui change ( celle/ ceux avec qui il les accomplit) ; et aussi le père qui oublie toujours l’heure d’aller chercher sa fille ( et qui fait ce drôle de geste de se tenir la tête les deux fois où il reprend sa voiture), l’évocation d’un temps passé récent (avec les deux photos de la femme et mère de la petite) ou plus lointain ( le temps des « pionniers »).
      La dernière partie est incroyable, la nuit, la recherche de la petite fille, la lutte entre les hommes ( d’autant plus surprenante que plus tôt dans le film le protagoniste avait retenu le geste violent d’un habitant) , l’immobilité et le silence de l’enfant face aux cerfs.
      Enfin lors de la première balade, quel magnifique travelling latéral quand le père retrouve sa fille dans la forêt , il est seul, puis ils sont deux..entre les deux moments un bord de route aura pris tout le cadre, nous dissimulant le moment des « retrouvailles » .

      Et aussi , il faudrait parler de la voiture et de son usage dans le film, et de son usage filmique notamment ( je pense notamment à la marche arrière à l’école).

      Dernière chose , j’ai lu récemment « Le versant animal » de Jean Christophe Bailly, le livre commence avec la rencontre d’un chevreuil une nuit sur la route, et l’ensemble du livre pourrait être mis en relation avec ce film.

      J’ai hâte d’écouter la Gêne pour prolonger la vision de ce film.

      • #42497 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        La Gene Occasionnée en ligne samedi est à peu près sur la même ligne que toi.

        • #42511 Répondre
          Tony
          Invité

          Sur le temps,j’ai vu hier soir le film d’Eastwood sur Arte,un monde parfait,et il y a une scène,en voiture, où Costner explique à l’enfant comment le temps se matérialise lorsque l’on est dans une voiture,la route les dirige vers l’avenir,la route qui disparaît à l’arrière c’est le passé et il freine brusquement pour s’arrêter et lui dit là c’est le présent,il y a aussi cette idée là dans les quelques plans où l’on regarde sur la banquette arrière,les deux en train de discuter avec la route devant eux et cet autre plan où l’on voit longuement la route disparaître à l’arrière.

        • #43334 Répondre
          lison
          Invité

          Super Gêne occasionnée !
          Très bien comment vous parlez des trois parties et des reprises entre la première et la troisième, et le temps qu’il prend pour les scènes (et en particulier le remplissage des jerricanes ).
          La fin reste assez opaque et j’aime bien que tu l’emmènes vers le fantastique .
          J’étais assez d’accord avec ton comparse sur le geste du père , qui empêche le mec du glamping de s’approcher de sa fille de peur d’effrayer les cerfs et qu’ils s’en prennent à elle, mais entre empêcher le mec de s’approcher et tuer le mec..évidemment on change de registre, de narration, et même de genre . On est ailleurs.
          Je suis aussi la piste de Pierre (plus bas) quand il pense que la petite a pu quand même être percuté par un animal et que son saignement de nez en soit la conséquence. Mais ce n’est que supposition car on ne voit rien , on n’entend rien…et j’aime bien ce que tu proposes sur le fait qu’étant du côté des animaux, elle saigne comme eux.
          Très intéressant la manière dont tu parles de la relations père / fille dans le film et comment la fin peut être vu comme un « rappel à l’ordre » de la petite qui inciterait / télé- commanderait cet assassinat .
          Super film et super gêne , souvent ça va ensemble.
          Et tu sais où on peut retrouver cette notion de « différé » chez Derrida, ça m’intéresse.

    • #42529 Répondre
      graindorge
      Invité

      Vu hier Oppenheimer. J’ai mis un peu de temps
      à bien m’accrocher mais j’ai été attrapée vers 1:40 du film et plus lâchée même si certains acteurs auraient
      pu mieux faire, mieux être.
      J’irai chercher s’il n’y a pas eu une G.O sur ce film
      Pour cette histoire d’EGO lu ici et là. Bien évidemment, on ne peut pas vivre sans ego, béni soit-il mais un acteur.actrice gagnerait à le laisser dans les vestiaires pour revêtir entièrement celui du rôle.

    • #42566 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      Caché disponible en intégral sur la chaîne youtube d’arte, à voir ou à revoir absolument :

      • #42567 Répondre
        finnegan fox
        Invité

        En fait tous les films d’Haneke vont être disponible sur arte !

        • #42568 Répondre
          finnegan fox
          Invité

          *disponibles

          • #42608 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Merci du tuyau! Par quoi commencer ? Vu aucun à ce jour, ça va me décider à agir. Funny Games?

            • #42611 Répondre
              David Watts
              Invité

              Dieu sait que j’achète pas tout chez Haneke mais « Le Septième Continent » est un grand premier film. Une introduction logique et imparable à sa filmo. Inutile de dire que c’est pas fun.

              • #42698 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                C’est noté!

              • #42981 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                [Attention spoil] « Inutile de dire que c’est pas fun ». J’y étais préparé mais peut être pas à ce point (j’ai voulu ne pas lire une ligne sur le film, ni même de synopsis). Cette manière d’installer une normalité, cette attention appuyée aux gestes anodins qui finissent comme transmutés et pourtant filmés à l’identique, c’est quelque chose. Pas sûr que je puisse regarder un film comme ça tous les quatre matins cela dit. La posologie Haneke se surveille de près.
                .
                J’ai pensé à ces Gênes Occasionnées où il est question du cinéma d’horreur. Où l’angoisse monte non pas dans le gore mais au sein d’une normalité. J’ai ressenti ça. Les dix dernières minutes, c’est un film d’horreur

                • #42982 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  C’est bon,t’es prêt pour Benny’s video et après tu pourras sauter par la fenêtre.

                  • #42983 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Génial. J’achèterai un Xanax avant. Un seul, pas la boîte entière. Histoire de ne pas finir dans le septième continent.

                • #43216 Répondre
                  David Watts
                  Invité

                  Oui, à titre personnel, c’est le Haneke « pur jus » que je préfère. Le film post-punk ultime, répétitif, vénéneux, nauséeux, et pourtant je suis pas du genre à bouffer de l’ascèse au petit déjeuner. Les deux autres volets de sa « trilogie de la glaciation émotionnelle » (c’est lui qui le dit) me sont moins percutants ; Benny’s Video a une deuxième partie bien en deçà de la première et 71 fragments blabla est un film de montage théorique et chiant (commentaires lapidaires sur des films vus qu’une seule fois). Funny Games quant à lui m’emmerde bien car cohabitent ensemble un bloc d’intensité quasi sans égale dans l’histoire du Cinéma ainsi qu’un film à thèse mal dégrossi, couillon comme un projet de fin d’études et réac comme du Moretti, avec des clins d’oeil brechtiens lourdissimes. Il faut le voir évidemment.

                  Son vrai chef d’oeuvre est pour moi La Pianiste, et je mettrai en troisième Le Ruban Blanc. Des films où l’ouverture sur le mélo ou sur l’Histoire font beaucoup de bien au cinoche du pépère autrichien, aidés par quelques éléments accessoires comme une actrice en état de grâce ou un noir et blanc sublime…

                  Enfin, et ça n’engage que moi, Caché « cache » sûrement un grand thriller symbolique derrière ce jeu d’acteur franchouillard (il faut vraiment que je le revoie), pas réceptif à Amour (Riva joue très mal aussi, qu’elle repose en paix, et rarement film a aussi mal porté son titre – mais bon c’est pas comme si on s’y attendait pas), pas réceptif au Temps du Loup (ratage de compète avec quelques plans très forts) et Happy End relève de la croûtasse intégrale qui pue le renoncement. Ce serait bien qu’il ne termine pas là dessus.

                  • #43219 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    J’ai été très réceptive à Amour ; et je trouvais justement qu’il était particulièrement bien nommé – la scène notamment où il s’agace de la façon dont elle a été maquillée et couetté comme une poupée – elle ne parle plus , lui si et avec amour justement

                    • #43314 Répondre
                      David Watts
                      Invité

                      J’ai peur d’avoir vu un peu plus de complaisance que d’amour, mais je peux me tromper. Première fois que je ressentais ça chez le monsieur d’ailleurs – Funny Games mis à part, mais ça fait partie du dispositif.

                      Puis bon, Haneke qui fait un film qui s’appelle Amour, c’est un peu comme si Roland Emmerich faisait un film appelé Finesse ou Rohmer un film titré Grosse Déglingue, y’a un truc qui colle pas et j’ai du mal à m’en dépatouiller derrière.

                      • #43322 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        @ David
                        Je profite de ton intervention pour poser une question qui me vient à chaque fois que je lis cette expression : qu’est ce que c’est la complaisance au cinéma ?

                      • #43324 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Marrant de relire ce que disait Rivette d’Haneke et de quelques autres

                        Jacques Rivette – La séquence du spectateur

                      • #43331 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        C’est Cannibal Holocaust.
                        (Je t’offre une réponse plus fournie plus tard)

                      • #43340 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        @Ema
                        Oui c’est une bonne question mais ça va être dur d’en faire le tour. On va d’abord souligner que c’est – comme d’habitude – une sensation souvent subjective, un affect de spectateur, un procès d’intention à l’artiste qui peut plus ou moins bien se démontrer objectivement. Je peux schématiquement décrire la (suspicion de) complaisance comme l’impression d’un intérêt – voire un plaisir – manifeste du cinéaste à filmer/détailler/valoriser le morbide, le trivial, le désagréable, le malaisant (et là c’est les poupées russes, vu que tout le monde aura sa définition du morbide, du trivial, etc).
                        Que cette volonté se traduit souvent par le biais d’une ostentation quelconque (excès de gros plans, musique lacrymale, étalement dans la durée, suresthétisation, direction d’acteurs souffreteux…)
                        Et que le tout se dispense – proportionnellement – d’une petite résonance artistique régulièrement d’usage (sens, émotion…). Un contrepoids qui justifierait la gratuité du geste.

                        Mais toi qu’en penses-tu ?

                        Ma bafouille sur Amour se plaçait par rapport à son titre (en vrai on s’en fiche) mais surtout à sa réception critique, où la plupart des gens découvraient Haneke et décrivaient une histoire d’amour « bouleversante », chose que je n’ai pas du tout éprouvé au visionnage.
                        En partie du fait des acteurs ; Riva très très inégale, du moins dans la première partie, et Trintignant toujours juste mais qui renvoie beaucoup trop une image de mort-vivant rongé par la peine et le ressentiment depuis 2003.
                        Et aussi du fait de Haneke, dont la mise en scène usuelle me paraît bien plus à sa place pour disséquer la violence que pour générer de la compassion (c’est du ressenti perso hein, moi je suis plutôt fleur bleue et je crache pas sur les violons) (d’autant plus que – même si dans un autre genre – La Pianiste EST un film bouleversant)
                        Du coup, ne me reste (surtout) que le sentiment d’une observation glacée et minutieuse sur la déchéance physique d’un couple (c’est quand même le grand projet du film), agrémentée de quelques moments de complicité/tendresse greffés plus ou moins artificiellement pour faire passer la pilule. Et assez logiquement vient l’impression de complaisance, alors que Haneke fait du Haneke comme il a toujours fait.

                      • #43411 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        @David
                        Merci pour tes éclaircissement. Je t’avoue qu’intuitivement comme çà, l’usage que je ferais a la rigueur du mot complaisant pour décrire une oeuvre aurait plus à voir avec une complaisance vis a vis du spectateur, donc un film qui flatterait/assouvirait les attentes spontanées du spectateur lambda. Ce qui nous ramènerait plutôt à un cinéma commercial, consensuel. D’où ma stupéfaction lorsque je vois ce terme utilisé pour décrire le cinema d’Haneke, mais aussi parfois Ostlund ou Lanthimos.

                      • #43430 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        @Ema

                        Oui c’est sûrement dans le cinéma d’exploitation le plus vénal et le plus craspec que la « complaisance » est la plus facile à relever et à détacher de soi. Cinéma consensuel pas vraiment mais c’étaient des films fabriqués pour faire des entrées ; j’ai cité Cannibal Holocaust pour de rire mais c’est un exemple très parlant qui fait quand même partie du corpus des grands films radicaux et controversés sur le « voyeurisme » et la manière de filmer la violence – avec Funny Games donc. C’est à voir au moins une fois mouahaha

                      • #43336 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je sais pas trop – j’ai pris premier degré moi
                        – j’ai aimé les passages la nuit, juste sur la respiration ; juste avec ça il met le doigt sur cette angoisse si particulière : un jour je sais pas quand il se pourrait que je n’entende plus cette respiration
                        – j’ai aimé l’incrédulité des deux lors de la première attaque avec le son du robinet qui lorsqu’il s’arrête lui redonne signe de vie
                        – j’ai aimé cette lutte lorsqu’il lui donne à manger de l’un pour l’autre mêlée à l’un contre l’autre
                        – cet espace qui se réduit, la façon dont ils tentent de s’isoler tous les deux malgré toute la difficulté de la tâche – c’est appartement de plus en plus clos comme si ils étaient en planque
                        J’´ai trouve aussi que le film était très bien documenté ; par exemple effectivement le risque de complications de chirurgie de la carotide est bien de 5/100
                        Et aussi la scène où il apprend à changer la couche qui sans transition bascule sur elle lorsqu’elle jouait au piano, ce n’est pas de la nostalgie nulle ; c’est toute la mesure de la fragilité d’un être

                  • #43335 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Je serais tout de même moins sévère sur Happy End que « croûtasse intégrale ». J’ai trouvé le personnage de la fille et en particulier sa complicité suicidaire tacite avec le grand père assez réussie. Quelques scènes fortes (en particulier à l’hôpital après la TS de la petite, à la plage lorsqu’elle comprend que son père appelle son amante, le « c’est notre esclave marocaine elle cuisine comme Ducasse », le grand père qui tente de convaincre des africains à côté du PMU de l’aider au suicide etc…).
                    .
                    Ça n’est pas un film qui me soulève mais tout de même, il capte quelque chose. Il fait partie de ces films qui captent assez bien le non-dit. Il n’y a plus qu’à « montrer les choses de loin » pour qu’on comprenne (plusieurs scènes fonctionnent sur ce mode)

                    • #43341 Répondre
                      David Watts
                      Invité

                      Oui tu pointes le doigt sur ce qui me tracasse sur celui-là, je pense.
                      Je crois pas que Haneke soit un bon cinéaste du « non-dit » ou de « l’observation de loin », mais plutôt exactement l’inverse.
                      Je le vois comme un cinéaste extrêmement cash et agressif (dans ses beaux jours et même si ça se voit pas toujours du premier coup), dont les non-dits sont tellement hénaurmes qu’ils en disent un max et qui ne met que très peu de filtres à ce qu’il montre – et démontre.
                      Je le préfère dans son observation « de près », impitoyable, dans la pièce, à deux mètres de la personne et où ça sent la mort (bon avec des réticences sur Amour du coup, mais je le reverrai)

                      • #43342 Répondre
                        Ambroise
                        Invité

                        Pas agressif, mais incisif comme il se doit. Comme on espèrerai le vivant.

                      • #43343 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Le personnage du grand-père dans Happy End c’est parmi les persos les plus drôles que j’ai vu au cinéma. Dès la première réplique « Allez vous cessez de vous chamailler » ou un truc comme ça, avec son ton de grand bourgeois pontifiant, il est énorme. Chaque apparition est magique, le summum étant le dialogue dans le bureau avec Eve: du grand art. De l’arrivée de la petite fille où il lui propose du fromage, au moment où il évoque son épouse jusqu’à l’anecdote du poisson, c’est stratosphérique. Meilleur personnage de grand bourgeois qui déraille.
                        La réplique de fin aussi: « tu peux me laisser  » ou un truc comme ça, suivi des derniers plans.

                        La manière dont est traité la situation de la mère d’Eve est vraiment incroyable aussi, dans cette famille mortifère. La visite de l’appartement…

                        Toutes les prises de paroles des personnages sont évocatrices, de l’avocat de la famille au discours d’Huppert, et traitées avec une grande nudité. Grand film

                      • #43345 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        @Papo2ooo le duo entre la fille et le grand père est effectivement pour moi la force du film. Le dialogue dans le bureau + la fin, c’est fort.
                        .
                        @David je serai incapable de généraliser à ce stade sur Haneke, mais j’ai tout de même perçu une vraie parenté entre son premier et son dernier — seuls vus à ce jour — sur ces histoires de non-dit. Non-dits énormes et violents en effet, dans le Septième Continent comme mais aussi dans Happy End. D’une certaine façon, ça n’est qu’à la fin du premier cité que la monstration devient agressive et violente, tout le reste du film est dans un non-dit feutré — à tel point que j’ai mis bien du temps à être certain de ce qui allait se passer (c’était si énorme, j’avais du mal à croire qu’il irait jusque là!). Le non-dit du dernier va moins loin mais tout de même, je ne vais pas re-raconter la dernière scène ou même la première mais… c’est du brutal quand même, non?^^

                      • #43360 Répondre
                        David Watts
                        Invité

                        Reformulons tout ça : oui Happy End reste malgré tout un film de Haneke, ça se voit à l’écran et il y a une cohérence par rapport à ce qu’il a filmé avant ; ça n’en élève pas le film mais pas de problème.

                        Mais quand tu mates ça dans la foulée proche de beaucoup de précédents (ce qui a été mon cas, pendant le confinement), le fossé est beaucoup trop grand pour que j’ai envie de nuancer mon appréciation. L’impression que le père Michel peut nous pisser des films comme ça au kilomètre sans trop se forcer, d’une paresse dans la forme comme dans la farce qui m’ont bien blasé.
                        J’ai bien cru voir quelques éclairs de méchanceté et autres répliques assassines, mais tout ça m’a semblé facile et convenu (j’ai bouffé trop de films extrêmes), et pour tout dire je me rappelle vaguement de la gamine, d’un autrichien bourré qui danse, et de Trintignant qui spoile très cyniquement Amour (cynisme qui va bien peu à Haneke, et puis rétroactivement ça fout un sacré coup à un film censé être « bouleversant »). Mais cette galerie de branleurs qui n’arrive jamais à communiquer – c’est bien explicité jusqu’à saturation – ne m’a fait ni chaud ni froid.
                        Le plan final sur la plage (assez joli comme tous les plans finaux sur une plage) fait très « ultime plan d’une fin de filmo », j’espère que ce ne sera pas le cas.
                        Le problème est aussi que tellement d’oeuvres sont bien plus impactantes autour de ce même créneau (films et séries confondues), de Chabrol à Buñuel en passant par Verhoeven, Östlund ou The White Lotus… La comparaison n’est pas à l’avantage du premier.

                        Après quand je parle de cinéaste « agressif », je parle à l’échelle d’un film en entier et pas scène par scène. Et on boxe bien sûr dans la catégorie violence froide, qui retient ses coups et tape mal en même temps. L’impact reste généralement très agressif.

                        Enfin je reviens un peu sur mes mots : Haneke peut être un cinéaste du non dit, mais rarement du mystère. On n’est pas trop là pour décrypter ou interpréter – on est grosso modo plus chez Cronenberg que chez Lynch. Il y a souvent cet équilibre et cette contradiction assez forts entre des zones d’ombre plus ou moins récurrentes, un flou des comportements, mais exhibés cash dans un dépouillement, une frontalité des cadres et une crudité de l’éclairage – très peu d’ombres dans les films d’Haneke, Le Ruban Blanc inclus. Rien de cotonneux ou d’onirique.
                        La focale plus éloignée qu’à l’ordinaire de Happy End, plus adaptée à des tentatives d’humour distancié, ne m’a point convaincu. Elle dilue les personnages et le propos et décharge le film physiquement. Sûrement parfaitement conscient et volontaire mais pas pour moi.

                      • #43393 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ok je comprends mieux.

                        « j’ai bouffé trop de films extrêmes » : amusant, je ne te connais pas mais à la base j’avais écrit « tu as dû voir trop de films extrêmes » comme conclusion de mon message précédent!

                        Pour ce qui est de savoir si c’est une fin de filmo, il y aurait deux ou trois indices qui iraient dans ce sens, dont : le titre, et une référence explicite à son premier (le « je ne vois plus rien » du fils dans son studio la nuit avec Huppert), ça sent le bouclage de boucle, mais peut être que pas du tout.
                        .
                        Et pour ce qui est de pisser des films comme ça au kilomètre, je n’ai pas encore vu assez des siens mais je vois l’idée. C’est peut être pour ça que je n’ai pas l’impression d’avoir vu un grand film, mais un bon film, pour ma part. Peut être pas vu assez de films extrêmes et/ou froids (quoique, Ostlund, Cronenberg, P.C Wook, voire Lanthimos dans un autre genre, parmi d’autres, j’en ai quelques uns au compteur)

    • #42570 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Juste queste une question comme ça autour du cinéma. Et pour tout le monde. Vous arrive t il d’aimer une oeuvre cinématographique dont pourtant vous n’avez pas compris le film ? Personnellement ça peut m’arriver. Deux exemples totalement différent. The Tree Of Life que je considère comme un chef d’oeuvre et il m’a fallu plus de cinq ans avant de le comprendre et encore aujourd’hui je pense que je n’ai pas tout compris encore et je pense que ça se veut ainsi. Et Dune de Lynch que je considère pas du tout comme un chef d’oeuvre mais j’aime ce qu’il a essayé de faire. En vous remerciant

      • #42575 Répondre
        Tony
        Invité

        Je crois que la compréhension,au sens intellectuel,et l’expérience esthétique peuvent être séparé, parfois même je me dis qu’à vouloir tout comprendre on passe à côté du plus important qui serait justement de retrouver un rapport au monde un peu primitif, où l’on écouterai à nouveau notre instinct,une sorte de mémoire que l’on aurait en nous et que l’expérience esthétique serait seule capable de faire ressurgir.

        • #42590 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          C’est beau ce que vous dîtes et je suis assez d’accord. Merci pour votre réponse

          • #42596 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            C’est excitant d’être un peu désorienté, comme c’est le cas chez Larrain ou Lynch parmi tout un tas d’autres.
            Comme de toute façon on ne comprend à mon avis jamais tout à une oeuvre puissante, même quand elle paraît pourtant simple, mais que les bouts qu’on arrive à saisir ou qui nous traversent plus ou mois intensément, c’est un parti pris intéressant de jouer avec cette donnée.

            • #42597 Répondre
              Ostros
              Invité

              Moi ça me fait ça avec les films d’Apichatpong Weerasethakul, ils ouvrent d’autres dimensions que celles du film, qui communiquent avec mes souvenirs, les morts qui me hantent, mes rêves, mes prières. Et il reste toujours une part d’inconnu.

              • #42599 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Je vous rejoins tous les deux. Le dernier film qui m’a fait cet effet la bien qu’il ait beaucoup divisé le public c’est Babylon de Chazelle

                • #42953 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  Vous m’avez donné envie de revoir The Square.
                  Je partage l’enthousiasme autour du film.
                  Impression assez étrange d’un film dont les scènes individuelles sont d’une grande précision et donnent superbement à voir le réel, mais dont le propos général est assez insaisissable pour moi. Comme si c’était un film un peu fragmenté.
                  A la fin du film je serais incapable de dire de manière compacte ce que nous raconte Ostlund. C’est assez agréable de sentir son esprit tourner dans un espace aussi ouvert.

                  • #42954 Répondre
                    Papo2ooo
                    Invité

                    (pour faire un petit peu le lien avec la question de PeggySlam, mais avec un cas de figure différent)

      • #42589 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        Un autre film qui m’est passé dessus comme beaucoup:
        -Le ravissement de Iris Kaltenbäck
        On y suit Lydia, sage femme de son métier et ayant récemment rompu avec son ex, alors qu’elle voit sa meilleure amie Salomé tomber enceinte et mettre au monde une petite fille baptisée Esme. Le bébé va occuper une place particulière dans la vie de Lydia.

        (Dans la suite, je divulgâche un petit peu)
        J’aurais besoin de vous. J’ai trouvé le film bien. Le personnage de Salomé notamment est très convainquant (même physiquement) et le ravissement se commet avec intelligence et de subtilité – toujours par dérivation. Les situations sont ce qui détermine les états d’âme et les gestes des trois personnages principaux, dont aucun ne s’appartient vraiment, en prise avec leur condition.
        La tension s’installe et se module tout du long pour varier entre basse intensité et pics. La mise en scène est très élégante et assez mélancolique, de la photo aux cadres, tout en laissant émerger des moments « critiques », notamment la scène de l’accouchement ou l’incursion fatidique de la famille de Milos.
        Néanmoins, le film ne m’a pas capté totalement. Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui ferait la beauté de ce film, hormis la tentative de description un peu factuelle ci-dessus.
        Qu’est-ce qui fait que ce film est spécial ?
        Si vous avez le temps de m’ouvrir les yeux, même en une phrase ou deux, ça me ravirait comme le fut Esme.

        • #42591 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          (désolé Peggy, mon message s’est par inadvertance glissé sous le tien. Je propose de me répondre plus bas, si certains le souhaitent)

          • #42598 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ce qui fait que le film est spécial c’est deux choses qui n’en sont qu’une :
            -Hafsia Herzi, actrice la plus magnétique et juste en activité en Europe minimum.
            -le vertige psychologique qu’instaure son comportement
            Et donc à la synthèse : le genie avec lequel cette actrice incarne ce vertige.

            • #42607 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              D’accord.
              Est-ce que le jeu d’Hafsia Herzi est caractérisé dans ce film par une forme opacité, sous la tendresse qui transparait dans ces moindres gestes, pour parvenir à accentuer le vertige psychologique ?
              Ce n’est en rien un défaut, mais je trouve le profil psychologique de Lydia assez désarçonnant dans le film, et qui laisse pas mal d' »espace » à combler (ou à ne pas combler) entre plusieurs traits dominants qui me semblent être: de la tendresse, un calme qui est parfois menacé par le vide et le fait d’être capable d’aller à des extrémités très poussées pour jouir d’un moment de pur bonheur.
              Est-ce dans un espace vide laissé là que réside le génie d’Herzi ?

              • #42609 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                (c’est sans doute un peu bête de vouloir définir un génie qu’on a pas réussi à saisir au vol)
                je retenterai dans quelques mois

                • #42781 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  « Est-ce dans un espace vide laissé là que réside le génie d’Herzi ? » Laissé par le scénario aussi. Un acteur a besoin d’un film qui le soutienne. C’est une collaboration.
                  Herzi a ce truc fou d’etre à la fois très incarnée et très opaque. Elle n’est pas opaque par évanescence facile – ça c’est pas de l’opacité c’est de la pose.

        • #42594 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Comme vous je n’ai pas réussi à rentrer complètement dedans. Quand je ressens un film comme ça c’est souvent que le film est (pour moi) trop personnel de la part de la réalisatrice. Et qu’elle a oublié de parler au spectateur. En tout cas c’est ce qu’au ressenti en regardant le film. Et pourtant y a d’autres films tout aussi personnel comme Bardo de Alejandro Inaritu qui a su me capter et m’inviter dans son voyage de son questionnement sur sa double identité. Ou peut être pour Le Ravissement tout est dit. Tout est raconté donc nous avons rien à rajouter. Je sais pas très bonne question

    • #42579 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      François, concernant le scénario que tu as écrit pour Patricia Mazuy (La prisonnière de Bordeaux), as-tu écrit les dialogues ou simplement la trame narrative ? As-tu influé sur le choix des acteurs ?

      • #42580 Répondre
        finnegan fox
        Invité

        Et autre question : pourquoi ne pas avoir tenté de le mettre toi-même en scène ?

        • #42601 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          -J’ai écrit le scénario en collaboration avec Patricia Mazuy, sur une idée originale de Pierre Courrège
          -J’ai écrit tous les dialogues
          Ceci posé, il est fort possible que le scénario et les dialogues aient été modifiés dans le travail préparatoire du tournage. Je pourrai en dire plus quand j’aurai vu le film.
          Je n’ai pas choisi les actrices, mais elles se sont engagées très tot, et donc le scénario a été largement pensé avec elles en tête.

          • #42602 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Sur la mise en scène : ce film est écrit pour Mazuy. La question ne s’est donc jamais posée. Et de toute façon je n’ai pas un énorme désir de mise en scène de fiction, en tout cas pas dans ce genre de conditions de production.

            • #42605 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Même Autonome n’est pas une mise en scène de vous ?

              • #42668 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Ah si, totalement
                Mais c’est un docu, réalisé dans des conditions de production qui me vont.

                • #42672 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Je comprends totalement

          • #42616 Répondre
            finnegan fox
            Invité

            Je me posais la question des actrices car il me semble qu’Isabelle Huppert et Hafsia Herzi sont pas loin d’être tes deux actrices françaises préférées, donc il me semblait que tu étais à la manoeuvre. Si le casting avait été Juliette Binoche et Sophie Marceau, j’aurais pas eu besoin de demander aha. J’espère que Patricia Mazuy ne te fera pas une Natural born killers. Est-ce qu’avoir ces actrices en tête a modifié ton écriture ? Est-ce que tu t’es imprégné de leur façon de parler, de leurs qualités d’actrices etc ? Et pourquoi tu as davantage un désir de documentaire que de fiction ? Par amour du réel ?

            • #42669 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              J’ai eu la révélation Herzi en voyant Le Ravissement, donc c »est plutot une heureuse coincidence
              Huppert n’est pas exactement une actrice que je défendrais envers et contre tout, mais sa filmographie parle pour elle.
              D’avoir les actrices en tête affecte sans doute l’écriture oui. Les corps sont là et je suppose qu’on infléchit le ton en fonction.

              • #42670 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                La fiction m’intéresse, mais c’est tout de suite une autre logistique, un autre budget, et tout un tas de gens avec lesquels il faut composer – à commencer par les financiers et les acteurs, qui ont partie liée.

              • #42740 Répondre
                finnegan fox
                Invité

                Je suis étonné que tu formules de réserves sur Huppert, pourquoi donc ? S’il y a bien une actrice qui est IRRÉPROCHABLE dans ce métier c’est Isabelle : toujours infiniment juste, ne tombe jamais dans la surenchère, capable de jouer une bourgeoise comme une prolo, enfin bref la classe internationale (sans parler de sa carrière mais sur ça nous n’avons pas de désaccords). Je comprends tes réserves sur la fiction mais j’aimerais VRAIMENT un jour voir un film écrit et réalisé par toi, je pense que tu pourrais faire de belles choses.

                • #42763 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  C’est mal barré. Je vais essayer de refaire un docu, déja.
                  Je n’ai pas de réserves particulières sur Huppert, si ce n’est peut-être de se cantonner dans un certain type de roles depuis maintenant vingt ans. Mais oui c’est une excellente actrice. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de faire une lecture du scénario pour Mazuy avec elle, et elle s’est montrée aussi intelligente qu’on suppose qu’elle est.

                  • #42783 Répondre
                    finnegan fox
                    Invité

                    Moi je suis favorable à ce que les acteurs restent dans leur couloir et ne s’essayent à rien d’autre qu’à ce que leur physique et leur élocution leur permettent. Or ce personnage de femme froide, bourgeoise, perverse voire cruelle qu’elle interprète depuis 20 ans est celui qui lui va le mieux. Elle a donc raison de s’y cantonner selon moi. Je ne veux plus jamais voir Di Caprio jouer un idiot de toute ma vie (cf Killers). Je ne veux plus jamais voir Jack Gyllenhaal jouer un comique de toute ma vie (cf Okja).
                    J’ai eu l’occasion de la rencontrer et j’ai été également bluffé par son intelligence.

                    • #42786 Répondre
                      David Watts
                      Invité

                      Tu arrives encore à discerner des personnages et non pas des acteurs avec cette vision des choses ?

                      • #42788 Répondre
                        finnegan fox
                        Invité

                        Grâce à la suspension d’incrédulité j’arrive quand même à voir les personnages honnêtement, mais quand bien même je ne verrais que l’acteur/l’actrice en train d’être lui-même ou elle-même à l’écran ça ne me dérangerais pas car je verrais quand même un corps dans sa pleine vérité.
                        PS : François, je pense qu’une adaptation de « l’amour » en film pourrait faire un film tout en pudeur et en puissance, comme Amour d’Haneke, idée à creuser…

                      • #42957 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Une adaptation est prévue.
                        On verra.

    • #42653 Répondre
      Cyril
      Invité

      Vu Dune 2 au cinéma. Il atteint un maximum dans le film testostéroné. Paradoxalement, l’acteur au centre est un minet jamais crédible.
      Si on pouvait visualiser un spectre sonore du film on serait majoritairement dans les ultra-graves. L’imagerie fasciste est exacerbée. Les dialogues ne tournent qu’autour de : l’honneur, l’allégeance, le pouvoir, la lignée etc.
      Un film qui se prend vraiment au sérieux. J’ai pensé à Nietzsche, à sa critique de la tragédie, et j’ai ris devant ce film, comme je ris devant un défilé militaire.
      Deux scènes m’ont plu, l’embuscade d’un engin par les fremens, belle scène d’action, et la scène de gladiateurs en noir et blanc, tellement outrancière que j’en ai été soufflé.
      Je me dis qu’une population qui prendrait ce film au premier degré, avec gravité, serait disponible à un retour du fascisme.

      • #42673 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        C’est ce que j’essaie d’expliquer à mes camarades Cinéphiles et comment dire c’est compliqué. Je vois ce retour de genre de film depuis les années 2000 et c’est impossible d’en parler. Je crois que c’est Cocteau qui disait que le problème d’une passion comme le cinéma cela peut aveugler le spectateur et empêcher ce genre de réflexion. Il a complètement raison malheureusement…

        • #42697 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Particulièrement surpris de voir que parmi tous les cercles que je côtoie, des cercles assez différents, je n’ai pas encore entendu une critique négative sur ce film.
          .
          Concernant le « j’ai ri », je m’étais surpris à être le seul dans la salle à éclater de rire lorsque le random-gros-chauve-méchant-habillé-en-noir-harkonen (son nom semble être Rabban) éclate la tête de son random-comparse-chauve-etc… sur la console de commande, dans un élan de sérieux et de premier degré rageur presque touchant. Pas content, Rabban, méchant Rabban.

    • #42709 Répondre
      Charles
      Invité

      Le Peretti et le Mazuy à la Quinzaine des cinéastes, enfin des films qui font envie à Cannes cette année.

    • #42715 Répondre
      Damien
      Invité

      J’ai regardé hier soir It Follows de David Robert Mitchell , il passait à la télé . Je l’avais déjà vu lors de sa sortie en salles , il y a une dizaine d’année . Je n’en avais plus vraiment de souvenirs précis , hormis quelques images qui me revenaient , et le sentiment général que je l’avais alors bien aimé .
      Ce sentiment perdure suite à ce second visionnage .
      Une des choses qui m’intéresse en ce moment , et de déplier , de comprendre ce sentiment . Pourquoi tel film m’a plu , pourquoi tel autre , moins .
      Je ne suis pas très bon pour analyser un film , une œuvre d’art de manière générale , je ne sais jamais trop par où commencer , par quel bout le prendre. J’essaie de voir ce que le film à produit chez moi , et par quels moyens il y est parvenu mais je rame un peu . Délices de la stimulation intellectuelle , mais résultat généralement peu probants pour l’instant … bref je m’égare , je reviens au film de Mitchell .
      It Follows , donc .
      Sentiment d’avoir vraiment aimé le film , il m’a tenu de bout en bout .
      J’ai aimé cette atmosphère particulière , cette étrangeté teintée de mélancolie qui plane sur les protagonistes durant tout le film , cette espèce d’économie de moyen , en montrer peu mais en suggérant beaucoup , la simplicité de la mise en scène , la beauté des cadres , ces moments qui prennent le temps , ici de suivre les deux sœurs en ballade , là une discussion anodine entre deux personnages .
      L’angoisse est distillée de manière quasi continue , je pense que ça tiens au dispositif du film , qui rejoue sans cesse le retour de la menace , encore et encore , comme des vagues qui reviennent inlassablement à l’assaut d’une plage .
      Là où je suis moins sur , c’est de comprendre où souhaite nous amener le réalisateur , vis à vis du sexe , qui , il me semble , est montré à la fois comme un danger , mais aussi comme un libération . Là dessus ma religion n’est pas faite , sur ce que nous dis le film du sexe , des émois adolescents . Il faut encore que je creuse , sur bien des aspects .
      Des personnes ici l’ont elles vu ?

      • #42716 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Nous en avons parlé sur le topic Cinéma – page 6 (ou peut-être page 5). Si tu comprends l’anglais, je te conseille la vidéo Youtube de la chaine Cinefix qui s’intitule « 3 brillant moments of horror » et qui analyse minutieusement trois scènes du film.

        • #42718 Répondre
          Damien
          Invité

          Je vais aller fouiller un peu sur le topic cinéma alors .
          Mon anglais est très approximatif , mais j’irai jeter un œil sur la vidéo dont tu parles .
          Merci Toni .

      • #42743 Répondre
        Cyril
        Invité

        Le « message » du film sur la sexualité m’indiffère totalement. Je trouve qu’il réussit sur l’angoisse grâce à son idée géniale qui génère une intense paranoïa.

        • #42759 Répondre
          Damien
          Invité

          Je te rejoins sur le fait qu’il réussisse parfaitement son programme , l’angoisse irrigue vraiment le film du début à la fin .
          Concernant le « message » sur la sexualité , il y a chez moi un travers qui est de souvent vouloir absolument comprendre le sous-texte du film , la métaphore , plutôt que d’accepter de ne pas tout saisir et de me laisser porter … Mais j’me soigne …
          Tu as probablement raison , on s’en fout un peu du message .

          • #42762 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            On en a parlé récemment. Et conclu que le film était une sorte de brillant exercice de style, auquel je crois qu’il ne faut pas chercher trop de fond – sauf d’ailleurs à trouver des trucs vraiment pas ragoutants.

            • #42780 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Une petite note sur : comment penser un film? Par où commencer? Par quel bout le prendre?
              Je propose deux voies :
              1 décrire le film. Tout simplement. Nommer ses traits distinctifs. C’est très simple et ça lance très bien la pensée, car dans l’effort de décrire s’échauffe la pensée. La pensée d’un film ne sera que sa description intensifiée, densifiée.
              2 partir d’un élément, même dérisoire, intrigant
              Exemple 1 : dans It follows on ne voit pas de parents. Quand la mère est dans une scène, son visage est dérobé. Pourquoi. Ou plutot: qu’est ce que c’est que ça?
              Exemple 2: Je revois Le diable probablement (au passage quelle drole de force que celle de Bresson). Je retrouve un aspect connu de son cinéma : les bruits de pas. Or lors de la marche finale, les deux marcheurs ont des semelles de plastique, ou de crèpe, et leurs pas font le même bruit que des talons sur le bitume. Qu’est ce que c’est que ce trucage sonore? Pourquoi Bresson tient-il tant à ce que les pas rendent un son?
              Exemple 3 : Le mal n’existe pas. Travelling sur le père marchant, puis dans la continuité du travelling le père se retrouve avec sa petite fille sur les épaules. Sorte d’effet magique. Qu’est-ce que c’est que ça?

              • #42801 Répondre
                Damien
                Invité

                Sur comment penser un film …
                Concernant ton point n°1 , j’aime beaucoup l’idée que tu esquisses ici ,apparemment simple ( nous verrons qu’elle n’est pas si évidente que ça pour moi ) , sur le fait de s’attacher à décrire ce que l’on voit . Je digresse en faisant une analogie sur le sportif qui en s’échauffant , répétant ces gammes et suivant sa routine , va progressivement rentrer dans la vérité de l’instant et s’approcher de l’intensité du match . C’est simple , mais implacablement pertinent . Lançons la machine en décrivant , et comme dirait l’autre , la suite suivra .
                Concernant le second point , et pour rebondir sur l’exemple It Follows , bien évidemment que j’ai vu qu’il n’y avait pas de parents puisque j’étais devant le film … Pour autant , à aucun moment je ne l’ai relevé … Ça m’apparait , de manière limpide , mais une fois que tu l’as énoncé . Je suis passé à coté du nez au milieu de la figure . Toujours est-il que la question est pertinente … Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? Pourquoi fait il ça ? Voilà qui va me donner matière à penser . J’adore !
                Matière à penser toujours , et à ressentir , j’ai vraiment envie de me pencher plus avant sur le cas Bresson. Tellement de lacunes à combler et seulement une seule vie pour çà … Mon dieu c’est trop injuste .
                Enfin , le Hamaguchi , ça sera pour ce week-end , et je serai attentif à la sorte d’effet magique .
                Merci François pour ces quelques pistes de réflexion , qui sont pour moi autant de chemins broussailleux à défricher .

                • #42811 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Le Hamaguchi sera une bonne entrée dans la matière de Bresson.

    • #42725 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Pour la Gêne Occasionnée.
      Vu que c’est bientôt Cannes, en attendant le festival vous pourriez pas faire une émission sur un vieux film primé ? Merci

      • #42795 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Ah oui bonne idée un film primé à Cannes : moi je suggère Roma.
        (mi-troll mi-sérieux et plein d’espoir)

        • #42799 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Roma en ciné club ?

          • #42805 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            trop long

            • #42825 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Roma – ou Cuaron – en microciné ? Pour ce film, ouvrons toutes les portes.

              • #42840 Répondre
                Billy
                Invité

                Avant que t’enfonces toutes les portes, il y avait cette vidéo de l’époque transfuge sur Roma (cette vidéo n’a pas la durée nécessaire de la GO ou du Microciné. Je milite donc avec Seldoon et Arnaud) :

          • #42809 Répondre
            Arnaud
            Invité

            Il y aura forcément une GO sur Roma un jour.

            • #42841 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Moi j’aimerais bien sûr The Tree Of Live mais bon les rêves c’est comme l’espoir ça fait vivre

              • #42843 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Tree Of life de Terrence Malick pardon pour la faute.

                • #42844 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Pour Malick il y a – et cette fois je ne l’invente pas – une GO sur une vie cachée.

                  • #42846 Répondre
                    Arnaud
                    Invité

                    Pas sûr aue FB soit fan de Malick, pompeux et grandiloquent pour le peu que j’ai vu. Il y a une GO sur son dernier film, flemme de le regarder.
                    Roma est l’un des grand chef d’œuvre de ces dernières années. Une GO s’impose !
                    Cela dit j’aime bien l’idée de faire la critique de films « médiocres mais intéressant « . Aiguiser son regard sans rogner sur le plaisir. A la fois convaincu par la critique de Heat et de Kubrick et capable de prendre du plaisir à revoir les films premier degré. Double kiffe.

                    • #42848 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Yep je sais pour Une Vie Cachée un film que je dois lui laisser une seconde chance car la première fois que je l’ai vu malgré le sujet fort il ne m’a pas emporté

                      • #42928 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        est-ce que des gens font comme moi une fixette sur  » A la merveille »?
                        Je ne sais pas si c’est pare-que c’est le premier Malick que j’ai vu mais je ne peux pas m’empêcher d’y revenir

            • #42842 Répondre
              Malice
              Invité

              Sinon « y tu mama tambien » fait seulement 1h46

              • #42847 Répondre
                Zapatate
                Invité

                Ou est ce que je peux trouver ce film Malice ? Ca m’intéresse.

                • #42927 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  En version sous titrée anglais ici
                  https://ok.ru/video/1697894697519

                  • #42931 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    La bonne d’un des deux ados ( celui qui a du fric) est évoquée tout au long du film, faisant référence à celle de Roma je crois.

    • #42925 Répondre
      Piere
      Invité

      Je sors du Hamaguchi
      Étrange titre, j’avais en tête la piste épicurienne, on ne rencontre pas le mal. Puis en cours de film, plutôt celle de la nature qui a son propre système, son écosystème. Par-delà le bien et le mal donc.

      En l’occurrence, une enterprise cherche a vendre un projet de glamping dans une réserve naturelle pour bénéficier de subventions covid. Projet fruit de ces entrepreneurs toujours à l’affût d’un bon coup, d’un moyen de FAIRE de l’argent. Seulement ce n’est pas à eux que l’on aura affaire, mais à l’agence artistique en charge de communiquer sur le projet. Plus précisément à un duo féminin/masculin, un peu perdu, un peu confus dans leur vie de citadin, cherchant l’amour ou ce qui y ressemble, l’agitation de fait. L’un est un ancien acteur, destitué en agent d’acteur après une certaine affaire (dont on ne saura rien) puis donc en communiquant d’entreprise. Elle, ancienne infirmière, change de cap, ne veut pas se marier et apprécie le climat moins formel de ce nouveau job, malgré les persistants conseils de son collègue  » tu n’es pas faite pour ce métier  ».
      Ils ne sont pourtant pas si tête à claques que ça. Respectueux au contraire, des habitants et de leur nature. Eux qui voulaient convertir les habitants à leur projet, les voilà en retour convertis à la nature. Lui surtout, qui a comme trouvé un maître en l’homme à tout faire du village, qu’il doit convaincre de devenir le gardien du camping à venir. Le but est ainsi d’amadouer une population hostile à l’arrivée de ce projet et en particulier à la construction d’une fosse sceptique sous-dimensionnée et dont les reflux ont toutes les chances de contaminer l’eau du village. Cette même eau qui permet de cuisiner de si bons udons et qui fait beaucoup pour la qualité de vie du village.

      Seulement la nature ne va pas leur rendre cet amour qui leur naît à sa fréquentation. Au contraire, elle sera blessée profondément à la main, quand lui sera tout bonnement étranglé par l’homme à tout faire qu’il avait pris pour maître. Celui-ci occupe une place centrale dans le film. Plus qu’homme à tout faire il est la nature, ou son agent. Il vit en osmose avec elle, connaît tous ses codes, sait reconnaître les différentes espèces d’arbres, les traces des animaux, leurs zones d’habitation. Il agira comme un sphinx auprès de ces deux visiteurs, leur adressant des questions depuis la nature auxquelles ils seront bien incapables de répondre.  »Mais où iront les cerfs ? » Il finira même par incarner son bras armé. De fait celle-ci aura recraché ces agents de la ville, qui bien que charmés ne la comprennent pas, comme en témoigne la bétise de leurs questions et la maladress de leurs gestes. Avant eux, déjà, les chasseurs faisaient sentir une sorte de tension dans le film, comme le risque d’un effondrement de cette Arcadie éloignée, préservé de tout. C’est d’ailleurs par eux qu’arrivera le drame, la mort de la jeune fille de l’homme à tout faire, fauchée par un cerf blessé par balle. Rien n’est moins sûr cependant puisque la scène qui ponctue ce drame à la fin d’un film très calme par ailleurs et réaliste, est comme hallucinée. Nombreux effets cinématographiques qui marquent d’un doute le spectateur. Que s’est-il réellement passé ? Le film finit sur cet effet de suspense.

      Pas sûr cependant que ce soit le plus intéressant. À mon sens, il sert surtout à marquer le mysticisme plutôt discret, mais présent (notamment à travers la captation de la brume, magnifique scène) du film. Car mystique il y a, fable écologique indique la bande annonce, a raison sans doute. Ce qui m’intéresse surtout c’est l’effet de mise en abyme qu’opère le film vis-à-vis du spectateur. Nous sommes ces deux citadins habitués à l’agitation, et le film nous impose son rythme lent. Bien loin de nous ennuyer au contraire, la beauté et la sérénité de l’endroit et de ses habitants nous captent. Nous sommes nous aussi charmés. Ce qui leur arrive nous est dès lors tout comme adressé. Beware cependant le mal n’existe pas mais la nature a son propre système de valeurs, et, chers citadins, vous risquez votre vie à vouloir détruire son équilibre.

      Je n’insiste pas assez sur le fait central de ce film, sa captation de la nature, qui n’est pas un effet arty mais la manifestation de la puissance et de la force de cette eco système. Accompagné en cela par la musique, qui connait des arrêts brusques, comme une rupture d’harmonie au moment des prises de paroles.

    • #42929 Répondre
      Ema
      Invité

      François, je sais que tu n’aimes pas trop la trilogie des Before de Linklater, (évoqué dans la gêne sur Apollo) que reproches tu a ces films ? Pour ma part J’avais adoré d’où ma curiosité.

      • #42937 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’impression d’un très pénible bavardage, avec deux comédiens qui s’y surimpliquent, dépensant une énergie folle qui siphonne la mienne.
        C’aurait été tellement plus beau, dans le même dispositif, que le dialogue flotte, qu’il soit troué, lacunaire.
        Mais acteurs et cinéastes ont eu peur du vide.
        Ils auraient du regarder 42 Hong sang-soo avant de se lancer.

        • #42942 Répondre
          Ema
          Invité

          C’est sur que c’est un film assez logocentré, le charme opére bien sur moi car j’aime les films bavards qui me stimulent plus qu’ils ne me fatiguent.

          • #42959 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ce n’est pas le logos qui me rebute. C’est ce logos là, incarné comme ça, qui me laisse dehors

    • #42939 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      D’ailleurs François que pensez-vous de ce débat Qu’est-ce que la cinéphilie ? Je trouve que dans ce genre de débat on juge beaucoup sans s’en rendre compte la vie sociale d’autres gens. Mon humble avis bien sûr. Mais comme je ne vous ai jamais entendu sur ce sujet, je voulais savoir. Merci

      • #42960 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        La cinéphilie ou la critique de cinéma?

        • #43002 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Voilà c’est ce que je ressens beaucoup dans ce débat c’est qu’on confond Cinéphilie et Critique de cinéma. J’aimerais vous entendre de vive voix sur ce débat

          • #43027 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Effectivement la vie réelle d’un critique de cinéma est totalement méconnue. D’où les clichés qui l’entourent. Les mêmes que ceux, si bêtes, qui ont cours sur « les parisiens ».

            • #43129 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Merci pour votre franchise. Je pense comme vous. Un jour faudrait faire un débat Cinéphile versus Critique de cinéma ^^

    • #42999 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      Connaissez-vous ce sketch des inconnus sur les films d’Alain Delon (cf 6min50) ? Quand j’ai revu Heat l’autre jour, j’ai eu l’impression de voir la version américaine des films d’Alain Delon des années 80 (avec les voix graves, la musique de suspens à deux balles) à savoir un cinéma QUI A DES COUILLES. Or, ne réveillez surtout pas les couilles d’un flic qui dort…

      • #43028 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je dois à nouveau témoigner que dans les années 80, Mann – et notamment Miami Vice- est vu par la critique comme relevant du polar beauf. Assez semblable en effet aux pathétiques films de Delon de l’époque.
        Delon qui aura réussi à tourner dans 4 bon films en 40 ans. Ca vaut bien une légende.

        • #43076 Répondre
          Eustache
          Invité

          Et la critique française passe à côté Manhunter, l’un des premiers films de Mann dans les années 80 (peut-être son meilleur pour moi). C’est bien plus tard qu’il y aura cet emballement assez inconcevable autour de Mann (même si l’on ne peut lui retirer son audace technique sur Collateral avec l’utilisation du numérique)

        • #43112 Répondre
          finnegan fox
          Invité

          Pour les 4 bons films de Delon je pense que tu fais référence à Rocco, L’Éclipse, Le guépard et Le Samouraï ? Déjà pour moi ce ne sont que des « bons films » et certainement pas des chef-d’oeuvres et ensuite il faut remarquer qu’ils ont tous été tournés en début de carrière, presque par accident, à l’époque où on le prenait encore pour un jeune éphèbe intéressant, avant qu’il ne montre son vrai visage de gros beauf viriliste et stupide.

          • #43183 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Je n’ai pas un souvenir ébloui des Visconti. L’éclipse faut revoir. Eventuellement le Melville. Monsieur Klein. Nouvelle vague. On a fait le tour.

            • #43189 Répondre
              Eustache
              Invité

              Jamais vu mais L’Insoumis de Cavalier pourrait valoir le coup. Et Plein soleil reste assez fort à mon souvenir.

              • #43197 Répondre
                Anna H
                Invité

                J’aime les 2. L’insoumis est un beau film, le deuxième long métrage de Cavalier. Delon y est très bon, Lea Massari aussi. Une bonne partie du film est un huis clos, une histoire de séquestration (de l’avocate Dominique Servet) et de traque, Delon blessé par balle est recherché à la fois par la police et par ses anciens copains de l’OAS. Dans mon souvenir, le film reste assez opaque quant aux motivations des personnages, notamment l’insoumission de Delon. Dans une interview, Cavalier avait dit que c’était son film le plus bressonien, un hommage à Un condamné à mort s’est échappé. Mais la fin du film ne m’avait pas vraiment convaincue.

                • #43200 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Pas vu L’insoumis
                  Revu récemment Plein soleil, et ça m’a mis très en colère contre ceux qui, criant au chef d’oeuvre, m’avaient mis un doute.
                  On ne peut compter que sur ses yeux.

                  • #43229 Répondre
                    finnegan fox
                    Invité

                    Plein Soleil n’a eu de succès que par le physique de Delon. Vous mettez Régis Laspalès en acteur principal, c’est un direct to dvd et en on parle plus. J’ai préféré la version de Minghella, bien que très académique, pour les deux acteurs principaux, Matt Damon et Jude Law, qui sont d’une justesse admirable.

                  • #43339 Répondre
                    Ambroise
                    Invité

                    Ça t’a mis très en colère. Tes affects sont bouleversés de façon désordonnés et surtout inplacés.

        • #43114 Répondre
          finnegan fox
          Invité

          Un tel changement de registre d’acteur, de jeune premier à gros beauf viriliste est INÉDIT dans l’histoire du cinéma, c’est comme si dans 15 ans Timothée Chalamet devenait Andrew Tate. Incroyable !

    • #43032 Répondre
      Delphine
      Invité

      L’autre légende du cinéma français, Belmondo, concurrent et/ou ami de Delon, a-t-il fait mieux ? Le film « Peur sur la ville », que j’ai vu pour la première fois vers l’âge de 10 ans, m’a marquée, pas pour les cascades de Belmondo, mais j’avais été impressionnée par l’œil de verre du meurtrier.

      • #43230 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Déjà il a milité à la CGT ce qui le rend plus sympathique que les autres. Ensuite Godard, Melville, et du divertissement valable si on aime Philippe de Broca.
        Mais à partir de la moitié des années 70 il faut commencer à creuser pour trouver autre chose que des navets. Dont tous les Verneuil que j’ai vus (inclus Peur sur la ville) et que je ne recommande pas.

    • #43066 Répondre
      Charles
      Invité

      Très intéressant sur ce que cela dit d’un certain type de spectatorat adepte du cinéma de genre (et qu’on savait déjà un peu, mais je m’empresse de dire que cela ne concerne pas tous ceux qui aiment le genre)
      https://www.rtbf.be/article/apres-des-injures-lesbophobes-au-bifff-le-festival-de-cinema-va-devoir-sadapter-la-sonnette-dalarme-avait-deja-ete-tiree-lan-dernier-11359591

      • #43135 Répondre
        Cyril
        Invité

        « Des bénévoles seront présent·es lors de chaque séance pour surveiller ce qu’il se dit. Les personnes qui font des remarques déplacées seront sorties et auront droit à une discussion. »
        Citoyens vigilants

    • #43231 Répondre
      Ostros
      Invité

      Les sitistes musicien.ne.s, savez-vous quel est le dernier morceau joué au piano par Magimel dans la pianiste ? C’est du Schubert. C’est la scène où elle lui fait cours et il veut l’embrasser dans le cou donc elle lui donne la lettre. Ça n’apparaît pas au générique. Merci pour votre aide.

      • #43233 Répondre
        Ostros
        Invité

        Mon obstination a payé. Je vais pouvoir écouter ça en boucle :

    • #43235 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      c’est aussi la musique récurrente d’Au hasard Balthazar
      la famille est cohérente

      • #45365 Répondre
        SophieM
        Invité

        et dans Winter Sleep de Ceylan si mes souvenirs sont bons

    • #43330 Répondre
      Ostros
      Invité

      La voilà ! La GO sur Le mal n’existe pas :

      • #43412 Répondre
        lison
        Invité

        Je remets là un message posté plus haut mais un peu enfoui, pour poursuivre la discussion sur Le mal n’existe pas : Super Gêne occasionnée !
        Très bien comment vous parlez des trois parties et des reprises entre la première et la troisième, du temps qu’Hamaguchi prend pour les scènes (et en particulier le remplissage des jerricanes ), de la différence entre ancrage et identité.
        La fin reste assez opaque et j’aime bien que François l’emmène vers le fantastique .
        J’étais assez d’accord avec ton comparse sur le geste du père , qui empêche le mec du glamping de s’approcher de sa fille de peur d’effrayer les cerfs et qu’ils s’en prennent à elle, mais entre empêcher le mec de s’approcher et tuer le mec..évidemment on change de registre, de dimension, et même de genre . On est ailleurs.
        Je suis aussi la piste de Pierre (plus haut) quand il pense que la petite a pu quand même être percuté par un animal et que son saignement de nez en est la conséquence. Mais ce n’est que supposition car on ne voit rien , on n’entend rien…et j’aime bien ce que tu proposes sur le fait qu’étant du côté des animaux, elle saigne comme eux.
        Très intéressant la manière dont tu parles de la relations père / fille dans le film et comment la fin peut être vu comme un « rappel à l’ordre » de la petite qui inciterait / télé- commanderait cet assassinat .
        Super film et super gêne , souvent ça va ensemble.
        Et tu sais où on peut retrouver cette notion de « différé » chez Derrida, ça m’intéresse.

      • #43437 Répondre
        nefa
        Invité

        Tu veux que je te dise ? Et ça c’est rare que j’en démorde. Même si je suis dans ma voiture. Même si je me déplace d’un point a à un point b. Même si je sens l’air qui caresse mon avant-bras quand mon coude est à la portière. Ou mon dos qui s’enfonce dans le siège conducteur à fur et à mesure que mon pied appuie sur l’accélérateur. Même si tout à coup, je freine. Tu vois : mon corps qui part en avant. Laisser passer un piéton qui ne sait même pas qu’il évolue dans la rue à Paris en pleine heure de pointe. Malgré tout ces signes. Et putain, il y en a. Qui se disent être des preuves. Incontournables. Impossible à contester. Qui me racontent : « nous sommes la réalité. On est la vérité. Voilà : on est des faits ».  Et qui me le rabâchent, je ne sais pas trop pourquoi. Tout le temps que je suis dans mon véhicule, à livrer mes clients. Malgré tous ces flashes qui m’expliquent : « chef ! Tu te déplaces. Tu bouges. » Malgré tous ces éléments, quitte à passer pour un gros con, je ne les écouterais pas. Tout ça c’est rien. C’est de la merde. Conclure : je suis dans la dimension d’un corps qui se déplace dans l’espace est fondé sur rien. Au mieux des sensations. Une accumulation de sensations. Une succession de sensations. Les grands nombres. Et dieu sait que je m’en méfie. Surtout s’ils ont l’air réglés comme du papier musique. Tout ça c’est rien. Difficile de l’envisager autrement. Je n’y arrive pas.
        Et tu veux que je continue ? Pire encore, j’aurais même tendance à penser que dès que j’aurais posé mon cul dans ma voiture, que j’aurais tourné la clé pour la démarrer et pour tout le temps que durera ma journée de livraisons, il y a toutes les chances que je ne bouge pas d’un iota. Figé.

    • #43410 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Intéressante cette Gêne, je suis globalement sur la même ligne. Pour la première partie, la question de l’opposition brutale ville montagne mais « bémolisée » — pour reprendre tes termes — de ci de là de façon assez subtile. Et heureusement, car sur ce qui se dit explicitement — en dehors de la très bonne scène de réunion glamping à la salle commune —, ça ne casse pas trois pattes à un cerf non plus. La force du film se cherche ailleurs.
      .
      Concernant la dernière partie, je trouve très fine cette hypothèse — je n’y avais certes pas réfléchi depuis mais celle là, je ne l’avais pas du tout — du devenir-animal d’Hana, son a-spatialisation, la fille de la forêt, c’est très bien vu. Poussons cette hypothèse plus loin : une dernière scène (la meilleure du film pour moi) qui scellerait non pas seulement le devenir-animal d’Hana mais l’être-animal des humains? Toute la scène finale est animale, y compris le meurtre, bestial à vrai dire. Instinct de conservation etc… Le souffle de Takumi marchant dans la forêt sous la lune dans le dernier plan va dans ce sens, l’humain est bien loin là dedans. C’est une autre interprétation possible du titre (pas vraiment la tienne dans la Gêne pour le coup). Les personnages sont peu à peu happés par la forêt dans le scénario, tous. Une étrange fusion.
      .
      M’a marqué cet extraordinaire plan fixe sur Mayuzumi sur la terrasse, crépuscule, fumée blanche qui traverse les derniers rayons du soleil. Un plan-miracle

      • #43479 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        oui ce plan est peut etre LE plan du film.

    • #43466 Répondre
      Tony
      Invité

      Borgo m’a laissé un peu perplexe,je me souviens du fait divers dont il s’inspire,un article du monde l’avait relaté et la matone en question était fascinée par le banditisme,ayant même eu des relations avec des détenus.Ce qui est surprenant dans le film c’est cette drôle d’idée du couple formé par Hafsia Herzi et Moussa Mansaly,soit une arabe et un black,déjà on a du mal à croire en leur couple et,encore plus invraisemblable,sur leur projet d’installation dans un territoire où le métissage ne paraît pas aller de soi.D’ailleurs on aura confirmation de cette difficulté dans les premiers jours de leur arrivée puisqu’un banal conflit de voisinage révélera rapidement le racisme légendaire des corses avec des bananes déposées devant la porte de leur logement.Jusque là on est conforté dans nos croyances et on le sera aussi dans la légende entourant les prisons corses, souvent décrites comme des Club Med.Bref rien de surprenant,les truands corses correspondent bien, eux aussi, à l’image d’épinal qu’on en a.Sans spoiler,la corruption sera possible par volonté d’intégration,nulle motivation financière même si l’opportunité financière est présentée comme un cadeau qui ne se refuse pas.Un peu léger malheureusement alors que l’affaire initiale paraissait beaucoup plus complexe.
      Sur le film en lui-même peu de choses à en dire,on est sur une réalisation assez efficace,Hafsia Herzi est toujours aussi fascinante,sa seule présence est suffisante pour nous captiver,les scènes de comédie avec le commissaire joué par Michel Fau et l’enquêteur sont très drôles,presque burlesques,avec une sorte d’absurdité du travail d’enquête dans le contexte corse,un film dans le film qui finit par devenir plus intéressant que le reste.

      • #43478 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je suis également partagé sur le film, mais je trouve ses limites assez intéressantes à étudier, assez symptomatiques.

        • #43487 Répondre
          Charles
          Invité

          J’hésitais à le voir. C’est mieux que la fille au bracelet? Je l’ai vu hier et c’est guère mieux qu’un téléfilm (hormis une scène d’ouverture presque digne d’un Franco).

          • #43490 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ce que tu appelles « téléfilm » est plutot affiliable à un certain cinéma qualité française des années 70 -Sautet, Truffaut, Corneau, Granier-Defferre- que prise le jeune auteurisme français, qui a choisi son camp.
            C’est là qu’il y a pour moi un sujet.

            • #43512 Répondre
              Charles
              Invité

              Peut-être, je connais moins que toi ce cinéma-là même si la fille au bracelet est plus sec, moins sentimental que Truffaut-Sautet-Corneau. Ce qui m’a étonné ce sont les correspondances avec Anatomie d’une chute : même procès réduit à un affrontement entre l’avocat général et la défense avec l’avocat général dépeint en tête à claques, agressif et de mauvaise foi (joué par Anaïs Demoustier tout d’un bloc, de façon très appuyée), même rôle du petit garçon qui innocente l’accusée de façon ambiguë (bien que je ne sois pas sûr que l’ambiguïté soit ici tout à fait réelle et que ce ne soit pas tout simplement une faiblesse dans l’écriture), même portrait de la justice en instance patriarcale etc. Evidemment, c’est très largement en dessous du Triet en termes d’écriture, de dialogues. Ca m’a permis de mieux comprendre le choix de direction d’acteur de Triet avec l’avocat général qui, de façon pas très réaliste, tourne autour de l’accusée au lieu de rester sur son estrade. Anaïs Demoustier fait l’inverse et cela donne un statisme aux nombreuses scènes de confrontation avec l’accusée où chacune est filmée en plan moyen en champ/contre-champ qui finit par ennuyer et dévitaliser les plans.

              • #43641 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                J’avais plutot un bon souvenir de ce film – les parents notamment m’avaient intéressé. Mais c’est vraiment très flou.
                Je pense que Borgo est moins sec. Vraiment très Sautet.
                Mais Sautet + Hafsia. Ca sauve.
                Hafsia vous rendrait intéressant un Jeff Nichols.

                • #43654 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  En voyant Hafzia dans Borgo il m’est venu l’image de Charles Bronson, c’est complètement con,mais est-ce le côté seventies du film,le petit sourire qu’ils ont en commun,leur mutisme,une force intérieure,sans déconner je me suis dit que ce film avec Bronson en maton ça aurait pu le faire.

                • #43658 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Le problème des parents c’est qu’en deux scènes ils sont réglés, surtout celui de Roschdy Zem. Celui de Mastroianni est plus complexe mais il a droit à sa grande scène, lors de son audition par la Cour, où il peut tout déballer et après ça il ne reste plus rien à en dire. Je me suis d’ailleurs dit en voyant cette scène que le film de procès servait parfois à ça, à expliciter, à faire tout dire du personnage par le personnage, à tout révéler du récit et de ses enjeux en plan moyen par les comédiens. Le procès filmé comme instance d’explicitation du discours du film.

                  • #43678 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Chez Triet, le procès est plutot un lieu où s’ajoutent des couches d’obscurité.
                    Le langage chez elle est toujours une couche en plus.

      • #44337 Répondre
        Pempie
        Invité

        « Sans spoiler,la corruption sera possible par volonté d’intégration,nulle motivation financière même si l’opportunité financière est présentée comme un cadeau qui ne se refuse pas.Un peu léger malheureusement alors que l’affaire initiale paraissait beaucoup plus complexe. »

        Je crois que le film vient justement creuser quelque chose d’assez trouble, qui passe de beaucoup la volonté d’intégration.
        A moins d’entendre celle ci au sens érotique. L’héroine est de mon point de vue avant tout motivé par son gout des hommes corses. Je ne sais pas comment le dire autrement, mais le film est tout a fait suggestif de ce point de vue. C’est le désir qui la guide dans la compromission.
        Et de ce point de vue c’est assez intriguant comme films. Hafsia Herzi filmait déja ca dans tu mérites un amour, et c’est vrai que son antijeu rend le tout passionnant

        • #44338 Répondre
          Pempie
          Invité

          De ce point de vue, la scène ou le chœur des hommes chantent en son honneur dans la prison est vraiment très belle.
          Ensuite effectivement toutes les scènes ne sont pas à cette hauteur. On frise le téléfilm avec MIchel Fau (même cette monstration des directeurs de prison ou de commissariat en non faisant qui cherche juste à afficher une certaine contenance n’est pas pour me déplaire).

          J’hesite a parler de female gaze mais il y a un peu de ca

          • #44339 Répondre
            Pierre
            Invité

            *meme si

            • #44340 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              « L’héroine est de mon point de vue avant tout motivé par son gout des hommes corses.  »
              Oui c’est en ce point que le film est intéressant. Et cruel. Cruel avec son mari, ce pauvre type gentil et faible – et qu’on la comprend tellement de ne plus désirer. C’est d’ailleurs très intéressant de voir comment il sort peu à peu du film. Ejecté par une puissance supérieure.

              • #44352 Répondre
                pierre
                Invité

                C’est vrai que c’est passionnant. Et le fait que ce soit un grand black n’est anodin. Prenez un chantre apparent de la virilité et enlever lui ses repère et il nous semble a lui comme a elle un petit garcon.
                En contrepoint le bandit garçon qui semble si jeune apmlui apparaît trout a fait viril au fur et à mesure qu’il semble intégré et en place.
                Le passage au tutoiement ne commence d’ailleurs que lorsque celui ci est encore en Corse.
                La virilité comme le charisme, affaire de situation

                • #44353 Répondre
                  pierre
                  Invité

                  C’est vrai que c’est passionnant. Et le fait que ce soit un grand black n’est anodin. Prenez un chantre apparent de la virilité et enlever lui ses repère et il nous semble a lui comme a elle un petit garcon.
                  En contrepoint le bandit garçon qui semble si jeune apmlui apparaît trout a fait viril au fur et à mesure qu’il semble intégré et en place.
                  Le passage au tutoiement ne commence d’ailleurs que lorsque celui ci est en Corse.
                  La virilité comme le charisme, affaire de situation

            • #44344 Répondre
              Tony
              Invité

              Sur le regard qu’elle porte sur les hommes corses j’ai du mal à y voir de l’érotisme, plutôt un regard maternel,d’ailleurs le sexe est complètement absenté,que ce soit avec son mari ou les détenus,aucune allusion graveleuse non plus de leur part,assez étonnant dans un tel contexte,le seul érotisme que je vois dans ce personnage c’est peut-être dans son rapport aux armes à feu et encore c’est pas vraiment exploré.

              • #44346 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                ce n’est pas très « maternel » de rester à danser ivre toute une nuit à la paillotte
                il y a là une vraie béance

                • #44348 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Après une séance de tir aussi.

              • #44357 Répondre
                pierre
                Invité

                Même avec ses enfants elle me semble a moi pas si maternelle. .ce n’est d’ailleurs a priori pas leur père genetique.
                Elle ne sacrifie pas son désir a la maternité. Elle est encore tenu par ça, tendu vers.

                • #44359 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  C’est avec son mari qu’elle est maternelle,elle va le chercher quand il est bourré,elle le met dans son lit,elle le console etc…

                  • #44360 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    En abusant un peu je dirais qu’on est toujours dans le stéréotype misogyne,la femme est soit une maman soit une putain,jamais les deux à la fois.

                    • #44362 Répondre
                      pierre
                      Invité

                      Terme que j’aime bien, parce que précis bdh pour  » bandeuse d’homme « . C’est apparut dans le langage des vingtenares et il a pour lui d’être descriptif.

                      Ibiza est a n’en pas douter une bandeuse d’homme

                      . Il va sans dire que je ne vois pas la problème.

                      • #44363 Répondre
                        pierre
                        Invité

                        En témoigne son dégoût quand elle se voit rediriger vers la prison pour femme.

                      • #44364 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui mais c’est réversible, c’est aussi parce qu’elle craint de ne plus être utile et de ne plus rien avoir à monneyer.

                      • #44416 Répondre
                        Pierre
                        Invité

                        le film montre bien qu’il n’y a que très peu de raison à ce monnayage.
                        Elle a déjà obtenu ce qu’elle pouvait espérer, la paix de ses voisins et la formation pour son mari.
                        Film érotique je maintiens. Les amies qui ont vu le film, en discutent encore..

                      • #45162 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        vu Borgo aussi.
                        Je trouve pas par contre que le mari de Hafsia soit repoussant ou spécialement peu désirable
                        c’est un grand classique le combo déménagement + absence de boulot qui créer une crise de confiance. il est paumé certes, mais dans le fond ça ne dépend pas de lui à mon avis, si hafsia nourrit une fascination ou un désir pour les voyous corses
                        l’impression qu’il n’entre pas tellement en ligne de compte et c’est peut être ça aussi l’originalité du traitement ou la cruauté
                        il pourrait être banquier avec des copains, ça serait pareil
                        film aussi cruel avec Hafsia à qui on dit bonjour ou pas en fonction de si elle fait le job.

                      • #45163 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        plus que gentil et faible, le mari est banal

                      • #45237 Répondre
                        Pierre
                        Invité

                        À lire l’article ce matin du Monde sur l’affaire ( https://melodious-adasaurus-5f9.notion.site/Deux-assassinats-la-complicit-d-une-matonne-le-proc-s-de-la-vendetta-de-Bastia-Poretta-s-ouv-262ce285e75f4b12a541c7b6dc9b6eaa?pvs=4) c’est bien cette banalité qui l’aurait poussé dans la compromission.

                        La véritable matonne invoque le piquant de toute cette histoire comme motivation.

                        Écho dans le film, on a connu enfants et mari mieux traité cinématographiquement

                      • #45263 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        on est d’accord

    • #43493 Répondre
      JeanMonnaie
      Invité

      Je viens de voir Killers of the Flower Moon. C’était vraiment moyen. L’histoire peut se résumer en deux lignes : un soldat, interprété par DiCaprio, rentre au pays et va se marier avec une riche Indienne. Sous l’emprise du personnage joué par De Niro, il va tuer toute la famille de sa femme en embauchant des hommes de main pendant deux heures. La dernière heure est consacrée au procès où il est témoin, avant de changer d’avis sous la pression des pétroliers, pour finalement redevenir témoin suite à la mort de son fils. Le principal défaut du film réside que l’on ne s’attache pas aux personnages. À aucun moment il ne semble y avoir d’enjeux ; on subit l’histoire. Le film, dans l’air du temps, dénonce le racisme et la cupidité de l’homme blanc. Scorsese semble s’être trop reposé sur la minutie de sa reconstitution historique et sur une approche didactique, pensant que cela suffirait à captiver son audience. Il est surprenant de voir qu’il n’arrive pas à susciter d’émotion avec une histoire qui, en théorie, pourrait faire pleurer dans les chaumières.

      • #43552 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Et pourtant le plus Scorsesien avec Irish Man de ses dernières années de carrière et ça fait du bien de le revoir dans sa source. Enfin mon humble avis

      • #43573 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Un grand critique est né.

        • #43585 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Je n’ai aucune prétention à être un grand critique. La raison que j’ai donnée est valable.

          • #43634 Répondre
            JeanMonnaie
            Invité

            Tous les personnages sont médiocres. Bien que ce traitement fonctionne parfaitement dans Fargo, où l’on voit la misère morale et intellectuelle tout au long du film, ici, je trouve que cela ne fonctionne pas. De plus, le film montre l’homme blanc subvertir les Indiens, un thème déjà traité mille fois auparavant. J’aurais trouvé plus original d’aborder la subversion à travers des exemples comme Kinsey et la Fondation Rockefeller, qui ont transformé la perception de la dépravation sexuelle chez les Américains, ou la subversion des Berlinois par des minorités dans les années 20. On pourrait également explorer le thème de la propagande LGBT, comme la transidentité qui, bien que touchant des milliers de personnes, suscite beaucoup de discussions et montre comment les réseaux s’activent pour la promouvoir. Un Mad City mais pour adultes. Ainsi, nous pourrions avoir un film vraiment subversif. Il y a l’embarras du choix, mais une énième histoire d’Indiens et de méchants pétroliers, pitié.
            A la limite j’aurais préféré un film sur la création de la Standard Oil avec Rockefeller si je devais faire un film faussement subversif. Cela aurait été intéressant de voir sa psychologie et ses mécanismes d’achats car le personnage est vraiment fascinant.

            • #43637 Répondre
              JeanMonnaie
              Invité

              La création de la Réserve Fédérale sur l’île de Jekyll, voilà un sujet passionnant pour la gauche. Andrew Jackson fut le seul président qui lutta contre le pouvoir bancaire tout en orchestrant l’extermination des Indiens. Là aussi, tu trouves des sujets de gauche subversifs.
              Il faut juste une paire de couille. Cela se trouve en cherchant bien.

    • #43502 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Bon bin Civil War c’est nul. Sur tous les plans, politique comme cinématographique. Et même pas vraiment sauvable sur la mise en scène de l’action, comme a pu le pressentir François.
      Premier truc on ne peut plus bancal: on ne comprend rien aux parties opposées dans cette guerre. En gros, c’est l’armée de l’ouest contre le gouvernement si j’ai bien compris, mais alors qui quoi comment pourquoi on n’en sait rien. C’est un énorme problème dans le film de ne jamais rien savoir de cette guerre civile qui est pourtant le titre. Elle agit juste comme un décorum pour une succession de scène de violences, par conséquent sans grand enjeu. Ça ne va pas du tout, c’est très confus et on finit par avoir a là un imaginaire très Joker, très prise du Capitole.
      Et puis je suis peut-être complètement inculte, mais j’aimerais bien qu’on me dise dans quel monde une armée pourrait ainsi se retourner contre son employeur, contre le gouvernement, et ce avec autant de force, au point de prendre Washington d’assaut et de gagner?
      La dernière fois que j’ai entendu vaguement un truc pareil, c’est le Russe complètement fou qui a voulu défier Poutine avec une partie de l’armée en disant qu’il allait envahir Moscou, résultat son petit sketch a duré 3 jours et il a rien envahi du tout donc bon…
      En plus je suis pas sûr d’avoir compris qui était qui dans cette guerre, aucun camp ne parle jamais, hormis le Président pour dire des phrases bateau de retour à l’ordre. J’ai vaguement senti que le gouvernement était peut-être un peu trumpiste – il a bombardé une partie de son peuple et il tire à vu sur les journalistes – et que les miliciens avait une couleur politique plus progressistes. Mais si c’est le cas, je me demande encore plus dans quel monde une armée qui vote massivement à l’extrême-droite pourrait d’autant plus se rebeller contre son Président. Donc ça pourrait aussi bien être l’inverse: un président progressiste et une armée dissidente plus réac. C’est ainsi la vague ligne de front qu’esquisse le film autour de quelques scènes où il met en scène des vilains pas beaux: les rednecks hautement clichés de la station service qui pendent leurs opposants, et le patriote raciste aux lunettes roses – seule bonne scène du film, qui crée enfin de la tension tout en étant un peu drôle.
      Le film a donc ce paradoxe incroyable de déployer un fric et des moyens monstres pour une guerre absolument décorative.
      Tous les problèmes découlent de cela, car pour la suite, en tant que spectateur, on est que très peu concerné, par le sort des journalistes que l’on suit. Dommage car faire des personnages principaux des photographes de guerre, c’est vraiment une super idée. Cette immersion par le pas de côté de la photographie et du journalisme, ça aurait vraiment pu donner des bons dialogues avec du répondant, de la dialectique… Et puis il y a des ponts intéressants entre photographie et guerre: le geste de viser pour prendre une photo ressemble à viser pour appuyer sur une gâchette, on règle l’objectif comme on règle une lunette de tir, le verbe to shoot vaut pour les deux…Ça c’est vraiment la bonne idée, mais il n’en sort donc pas grand-chose. Les scènes d’actions tournent à vide, et sont filmées de manière immersive-standard caméra à l’épaule. L’assaut de fin est plus assourdissant qu’autre chose et à ce moment-là, j’en avais déjà marre donc j’étais énervé. Kirsten Dunst joue mal tout du long, et son personnage n’échappe pas à la règle de la trajectoire académique hollywoodienne, alors que le dispositif du film pouvait laisser penser qu’on y échapperait. Voilà donc pour résumer en quelques mots, et schématiquement: creux et bête sur le fond, et standard as fuck sur la forme. Curieux de connaitre vos avis.

    • #43516 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      Suis-je le seul à trouver la musique du film d’Hamaguchi un peu cul-cul ? J’ai eu l’impression d’entendre On The Nature Of Daylight de Max Richter, un musique de mélo abusant des violons. Je sais qu’il a écrit le film à partir de la musique, alors comment expliquer ce choix ? Lui qui est un cinéaste bressonien, je trouve absolument hallucinant qu’il ait choisi une musique qu’Hans Zimmer ne renierait pas… Certes il la désamorce avec des cuts brutaux, car il est sceptique lorsque la musique transmet les émotions à la place des images mais pourquoi choisir une telle musique alors ? N’est-ce pas se tirer une balle dans le pied ?

      • #43536 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        C’est pas mal comme comparaison. Je trouve que chez Richter on tombe davantage dans le mélo du fait des vibratos, qui me semblent vraiment plus prononcés. Par le fait que le/les premiers violons ressortent davantage, ça remet une couche de lyrisme. Chez Ishibashi, c’est plus sobre. Et il y a des accords et des modulations plus habiles (par exemple si tu prends la bande annonce, ce qui se passe entre 7s et 17s n’a pas son équivalent chez Richter).

        Cela dit, l’entrée du petit motif typique-mélo à 3 notes du premier violon chez Ishibashi fricotte avec le mélo, c’est vrai. Mais la musique m’a globalement soit plu, soit ne m’a pas posé problème (et pourtant ça me gâche vite un film). Quant à Zimmer…

        • #43572 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          La grande différence avec d’autres BO, c’est qu’ici la musique n’est jamais un fond : elle a deux moments à elle où elle est au centre du jeu, et c’est tout. Après, on peut diversement l’aimer. Je ne la trouve pas si magnifique que certains le disent, mais elle me plait.

          • #43583 Répondre
            finnegan fox
            Invité

            Non mais arrêtez cette musique est une sucrerie de mauvais goût, à classer aux côtés de Time de Hans Zimmer ou Experience de Ludovico Einaudi aha. Si cette musique vous plaît c’est que votre goût musical n’est pas assez affûté. Xavier Dolan aurait pu l’utiliser dans Mommy…

          • #43584 Répondre
            finnegan fox
            Invité

            Certes elle est bien utilisée mais pourquoi l’utiliser ? Dans ce cas, je propose que Weerasethakul utilise une musique de David Guetta pour son prochain film, je pense que c’est une bonne idée !!

            • #43588 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              J’ai dû mal écouter David Guetta. Mais promis je m’y remets

              • #43592 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                 » Si cette musique vous plaît c’est que votre goût musical n’est pas assez affûté. »
                Je note
                Je promets de m’améliorer – si je le peux.

                • #43616 Répondre
                  finnegan fox
                  Invité

                  Sois pas susceptible François je disais ça avec légèreté

                  • #43679 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    relisons :
                    « Si cette musique vous plaît c’est que votre goût musical n’est pas assez affûté »
                    Je scrute tous les mots un par un et je ne vois pas la légèreté. Serais-je aussi mauvais en lecture qu’en musique?

                    • #43690 Répondre
                      stupide
                      Invité

                      Pourquoi alimenter ce genre d’interventions ?
                      Vraie question.

                      • #43696 Répondre
                        finnegan fox
                        Invité

                        Et « stupide » occupe toi de tes oignons.

                      • #43699 Répondre
                        stupide
                        Invité

                        Question à FB.

                      • #43700 Répondre
                        finnegan fox
                        Invité

                        J’avais compris gne, tu portes bien ton nom.

                      • #43701 Répondre
                        finnegan fox
                        Invité

                        Interviens sur le site, enrichis la communauté au lieu de venir jouer les redresseurs de torts, à publier tes petites piques inutiles.

                    • #43695 Répondre
                      finnegan fox
                      Invité

                      Mais qu’il est susceptible celui-là ! Une petite remarque qui remet en question ses extraordinaires capacités et il se braque. On est pas obligé de tout prendre comme une attaque, tu sais c’était ta ligne de défense au tribunal !

                    • #43697 Répondre
                      finnegan fox
                      Invité

                      Interprète ma phrase comme de l’humour, de l’humour beauf !!

    • #43801 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      J’ai enfin rattrapé Napoléon de Ridley Scott et ça faisait un petit moment que ça ne m’était pas arrivé mais je rejoins plutôt la Gêne Occasionnée pour la critique du film Napoléon de Ridley Scott. Des scènes qui en jettent parfois mais qui amène malgré tout à de faux accord avec la vraie histoire. Il fut intéressant même si je rejoins les gens qui disaient que celui qui gênent c’est Joaquin Phoenix car trop vieux pour le rôle. Après ça reste du grand spectacle mais pas forcément dans le sens de la propagande ce que je craignais le plus. Enfin j’ai beaucoup apprécié cette proposition plutôt que celle de The Last Duel que j’avais trouvé tellement hypocrite et peu d’enjeu. D’ailleurs un truc que j’ai jamais entendu dans les critiques mais y a des scènes qui me faisaient penser à des films muets à la fois par le choix de la musique et de la colorimétrie. Je ne sais pas si quelqu’un est d’accord avec ça. En tout cas on ressent chaque ambiance. La chaleur. Le froid. Et qu’est-ce ça fait du bien de voir de vraies acteurs pour chaque rôle. Après j’ai beaucoup oublié de mes cours d’histoire de cette époque et j’avais oublié que Napoléon c’était seulement moins de dix ans que la révolution française et que c’était bien pire comme on disait avec ma mère

      • #43956 Répondre
        Arnaud
        Invité

        Cyril Schaublin est en train de tourner un film sur Napoléon qui sortira en novembre 2025.

        • #43982 Répondre
          Ostros
          Invité

          Excellente nouvelle.

          • #44021 Répondre
            Ostros
            Invité

            Arnaud, es-tu sûr ?
            Moi j’ai trouvé ça comme info :
            Mi Di (in development, CH and others, 2027, 100′) by Cyril Schäublin.
            Ce qui est aussi une excellente nouvelle.

    • #43978 Répondre
      jacques sceptes
      Invité

      RIP Laurent Cantet

      • #43980 Répondre
        Ducoup
        Invité

        Certes, il était déjà au fond du trou sur son dernier tournage…

        • #44000 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Bravo, Ducoup. Très classe.

          • #44046 Répondre
            Ducoup
            Invité

            Si tu veux, c’est juste pour dire que c’était attendu malheureusement. J’aurais du faire preuve de coercition.

            • #44047 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Coercition n’est pas le mot. Plutot retenue. Ou éthique. Ou style – au fond du trou, pour un homme qu’on va enterrer, n’est pas du meilleur gout.

              • #44050 Répondre
                Ducoup
                Invité

                Ok pour le style stv. Après le côté « mon dieu il est mort si jeune ce formidable gentleman quel drame, qui aurait pu prévoir? » me saoule aussi.

                • #44053 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je te suggère de n’en pas dire plus sur le sujet.

                  • #44062 Répondre
                    Ducoup
                    Invité

                    Quelle dignité. C’est seulement avec les hommes?

                    • #44081 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      bien joué

        • #44004 Répondre
          laclasse
          Invité

          C’est assez incroyable comme ce site devient progressivement de plus en plus crade.

          • #44010 Répondre
            maelstrom
            Invité

            a gauche on aime le crade selon certain

            • #44011 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              selon qui?

              • #44016 Répondre
                maelstrom
                Invité

                je voulais faire référence a histoire de ta bétise

                • #44017 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  je n’ai pas souvenir qu’il soit écrit, dans HDTB, que « la gauche aime le crade »
                  mais ça m’a peut-être échappé

                  • #44019 Répondre
                    maelstrom
                    Invité

                    effectivement c’était un raccourci vague sur toute la partie du livre sur l’appartement « ici la règle est le sale » ect, juste une blague pas ouf

                    • #44025 Répondre
                      laclasse
                      Invité

                      Merci de renforcer ce que je pense.

                      • #44026 Répondre
                        maelstrom
                        Invité

                        de rien, si mes ratages humoristique peuvent vous aider

                      • #44027 Répondre
                        laclasse
                        Invité

                        Pas vraiment, car votre intervention est non avenue. Vous avez fait preuve de bêtise crasse. D’empressement aveuglé.
                        Bonne continuation.

                      • #44028 Répondre
                        maelstrom
                        Invité

                        j’en prends note pour essayer de ne pas récidiver, bonne continuation a vous aussi

    • #44012 Répondre
      maelstrom
      Invité

      j’avais pas lu le message dessus je m’excuse

    • #44013 Répondre
      maelstrom
      Invité

      *du dessus

    • #44015 Répondre
      maelstrom
      Invité

      sa m’apprendra a essayer de faire des blagues sans voir le contexte des messages

    • #44581 Répondre
      Ostros
      Invité

      Quelles sont les sorties ciné en ce moment ? Je ne les suis plus, je crains de rater encore un film attendu.

      • #44585 Répondre
        Tony
        Invité

        Le Bonitzer me tentait et, n’ayant jamais vu aucun de ses films, j’ai commencé à regarder Rien sur Robert que j’ai abandonné avant la fin,un entre soi petit bourgeois et nombriliste détestable,des acteurs qui cabotinent, parfois avec hystérie,des situations vaguement psychanalytiques, c’est vraiment bizarre de savoir qu’il s’agit du film d’un plutôt bon critique des cahiers,assez féroce,dans les textes que j’ai pu lire,sur le cinéma bourgeois,en tout cas ça m’a pas donné envie d’aller voir son dernier film.
        Sinon,en film d’action, celui avec Ryan Gosling me tente bien,les avis semblent contrastés,je ne sais pas si ça vaut le coup…

        • #44589 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Oui le film du réal de Bullet train on a envie de le voir
          Bonitzer est une sorte de mystère, double mystère :
          -comment un si bon critique peut faire des films, non pas médiocre, mais anodins?
          -comment l’auteur de film anodins dont jamais personne ne parle, que personne ne cite, qui arrivent à l’affiche puis en repartent aussi routinièrement, a pu faire constamment des films, depuis trente ans. 9 films en 27 ans, plus exactement. Un tous les trois ans, c’est un très bon rythme. Avec des castings plutot chers. Sur la même période ou presque Kechiche n’a fait que 6 films.
          Une explication socio-économique : très bon produit pour les sexagénaires et plus, qui assurent encore la vie économique minimale d’un film. français. Mais on revient à la question de base : comment le si exigeant Bonitzer a pu se contenter de ça?

          Je précise qu’avec Rien sur Robert, qui respirait encore le fumet lacanien des films qu’il avait scénarisés (Ruiz ou autres), tu as sans doute vu son meilleur.

          • #44591 Répondre
            deleatur
            Invité

            Je partage le même étonnement concernant le cinéma de Bonitzer. J’ai été formé par ses livres (Décadrages et Le champ aveugle surtout), je peux vraiment le dire (autant que Daney à un moment donné) ; je connais moins bien son parcours de scénariste.
            Encore (titre qui fleure bon son Lacan), son meilleur à mes yeux, Rien sur Robert, puis plus rien ; ou si « pas grand chose ».
            J’ai une petite idée : films intellos chics pour public cultivé (psychanalysé et réfléchi), qui cherche à être un peu dérangé par l’inconscient (par ça), mais pas trop (mais qui sait que ça existe). Tu dirais sans doute un public centriste ou bourgeois vieillissant, celui qui va encore au cinéma voir des films moyens (qui ne disent pas tout).
            Comment peut-on à ce point rater sa carrière de cinéaste ? J’ai encore une petite idée : en renonçant à la politique. Non pas comme sujet du film, non pas comme destination du film, mais comme idée du cinéma. Le réel qui intéresse Bonitzer, ce n’est pas la réalité du monde, c’est le réel sur lequel on bute, on achoppe, qu’on rate toujours un peu, qui laisse insatisfait et qui finit par se parler, se dire ou se montrer très peu. S’il était sorti de ce tropisme lacanien (qui en a ravagé quelques-uns aux Cahiers au milieu des années 70 et qui oblitère chacun de ses films), il aurait été un tout autre cinéaste — ou peut-être n’aurait rien filmé du tout, va savoir.

      • #44588 Répondre
        Zyrma
        Invité

        je dirais qu’il y a des docus très tentants

        • #44636 Répondre
          Ostros
          Invité

          Ça m’intéresse Zyrma, c’est lesquels ?

      • #44593 Répondre
        Charles
        Invité

        Moi je vais me laisser tenter par Challengers, parce que le mauvais goût putassier c’est mon dada.

    • #44582 Répondre
      Ostros
      Invité

      Et je viens juste de découvrir qu’il est prévu que l’amour soit adapté au ciné. François, as-tu plus d’informations à ce stade (qui est le ou la réal) ?
      Est-ce qu’on va devoir attendre 5 ans (délai moyen de développement d’un film) ?

      • #44590 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        J’ai déjà lu un « développement » qui me parait pas mal du tout. Les choses avancent donc plutot vite. Artistiquement le film pourrait se tourner cette année, ou l’an prochain. Mais économiquement c’est une autre affaire. Si les chaines de télé n’ne veulent pas, si le CNC n’en veut pas, eh bien il faudra attendre. Attendre peut etre à jamais.

        • #44592 Répondre
          Charles
          Invité

          Vu le succès du livre, le financement devrait se trouver, non? Surtout que ce devrait pas être trop onéreux.
          Tu verrais qui pour jouer les Moreau ? Lindon et Binoche?

          • #44594 Répondre
            Louise Michelle
            Invité

            Je suis surtout curieux de connaître le réal. Klapisch ou Mourret ?

            • #44595 Répondre
              deleatur
              Invité

              Oh put… pourquoi pas Assayas, tant qu’on y est.
              Cela dit, sa compagne, pourquoi pas ?

              • #44596 Répondre
                deleatur
                Invité

                Ah tiens, ils ne sont plus ensemble.

          • #44602 Répondre
            dizzy
            Invité

            Avec le français qui a commis les effets spéciaux de The Irishman pour dé-vieillir Lindon.

        • #44661 Répondre
          Mao
          Invité

          Pour la distribution c’est plié : Jeanne Moreau interprétera le rôle de Jeanne Moreau sinon le film ne pourra pas se faire.

          Pour le rôle de Jacques, on hésite encore entre Pierre Niney et Pierre Deladonchamps. On verra ce que ça donne aux essais. Il y a quand même une palme d’or à aller chercher.

    • #44599 Répondre
      Delphine
      Invité

      Concernant le contenu d’un éventuel film, je me demande comment serait rendue à l’écran la concision du livre « l’amour ». Le livre est court mais dense. Si l’on liste tous les éléments mentionnés dans le livre, ça remplit une vie. L’adaptation cinématographique viserait-elle à équilibrer les différentes périodes de la vie de Jeanne et Jacques, ou alors y aurait-il une sélection des moments de leur vie ? Par exemple, et pour que le film soit ramassé, les éléments concernant les personnes périphériques au couple Jeanne et Jacques, comme le mariage de leur fils, pourraient-ils être laissés de côté ?

      • #44626 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’adaptation pose évidemment mille problèmes. On verra comment Mia Hansen Love s’en sort.

        • #44638 Répondre
          deleatur
          Invité

          C’est vraiment elle qui va le réaliser ? J’avais deviné juste ou c’est une boutade de ta part ?
          MHL filme plutôt les familles bourgeoises des grandes villes qu’elle connaît bien.

          • #44642 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            bien vu
            mais spielberg la replacera avantageusement

            • #44644 Répondre
              deleatur
              Invité

              Si tu continues comme ça, tu vas perdre tout contrôle sur la réalisation et la distribution.
              Avec Canet et Cotillard dans le rôle des Moreau de la maturité.
              Et Françoise Lebrun et Michel Houellebecq pour les rôles plus âgés.
              .
              Cela dit, Françoise Lebrun, moi, je prends.
              .
              Une idée serait de très peu faire vieillir les acteurs. Pas de maquillage, pas d’effets spéciaux, pas de grimage de la vieillesse. Montrer le temps qui passe autrement. Juste dans les corps, les vêtements, les postures, les gestes. À la manière de Bergman dans Scènes de la vie conjugale.

              • #44656 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Mais Bergman ne les trimballe pas sur cinquante ans.

    • #44629 Répondre
      Graindorge
      Invité

      en tous cas, moi, je n’irai pas le voir. Hors de question qu’on me gâche le film que j’ai vu en lisant le livre.

    • #125030 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Vu hier soir  » Le Mal n’existe pas »
      Beaucoup de choses à en dire. Hana représentait l’avenir. Il n’y a pas de hasard: la Nature la fait tuer pour tenter de se préserver de ces prédateurs représentés par les 2 citadins. Elle blesse la jeune femme à la main: avertissement.
      En découvrant sa fille morte, Takumi tue sans hésiter l’envoyé, le porte-parole des prédateurs.
      Evil do not exist: si la Nature doit tuer afin de préserver la vie, elle n’hésite pas.
      Il y a des films qui ne sont jamais tout seuls, isolés mais dans la continuité d’autres films, d’autres histoires qui ont raconté les drames d’ un pays: le Japon. Et les drames de notre planète. Cet oasis: une forêt n’est pas loin de l’infernale Tokio  » si vous partez maintenant, vous y serez pour le déjeuner, offrez-lui une bouteille de saké… »

      Trouvé ça. Et je vais écouter la G.O
      J’ai choisi de mettre cette critique professionnelle ici car en cherchant ce qui s’était dit sur ce film, j’ai été dirigée vers ce topic.

      *******
      Le mal
      n’existe
      pas, Ryûsuke
      Hamaguchi
      L’Œil écoute
      [critique] par Élias Hérody, Thomas Vallois, le 29 mai 2024
      Quelques semaines se sont écoulées depuis la sortie, le 10 avril, du Mal n’existe pas, le dernier film de Ryûsuke Hamaguchi. Largement couvert lors de sa sortie, notamment par le biais d’un entretien fleuve accordé par le cinéaste à Marcos Uzal dans les pages des Cahiers du cinéma, le film paraissait exiger d’y revenir à froid, de prendre le temps de l’analyse pour élucider son fonctionnement. Nous souhaitions déplier, avec précaution, les enjeux d’un film qui nous a tous deux intrigués et fascinés.

      Élias Hérody : L’une des séquences centrales du Mal n’existe pas consiste en une réunion publique où les habitants d’un hameau de la campagne japonaise prennent connaissance d’un projet de glamping, contraction des mots glamour et camping, porté par deux cadres venus de Tokyo. Ces deux personnages, initialement agents de stars, se heurtent vite au scepticisme de la population locale et aux limites environnementales du projet : les discussions s’axent autour de l’emplacement de la fosse septique qui nuirait à une source d’eau potable, essentielle pour le village ainsi que pour les territoires en aval. On peut penser ici aux enjeux qui parcourent les films de Dominique Marchais et, plus généralement, les problématiques de l’écologie politique où l’eau devient un objet social dont les conflits d’usage s’appréhendent de manière holistique, mêlant plusieurs domaines d’analyse et de facteurs. La discussion en elle-même n’a rien de véhémente, et hormis l’un des villageois, tous alimentent de manière constructive la discussion, en particulier le maire du village, une restauratrice et Takumi, « homme à tout faire » du hameau et personnage principal du film.

      Dans cette réunion publique, un détail surprend. Son intervention tardive dans le récit advient après la description d’une journée ordinaire de Takumi, où le mode de vie pastoral de cet homme ressemble, dans un premier temps, à un modèle de relation à la nature. Par conséquent, assez ironiquement, l’un des responsables du glamping se désaltère avec l’eau d’une bouteille en plastique. Une sorte de fil sarcastique se tisse au fur et à mesure du film, tournant en dérision ces personnages venus de la ville. Lorsque l’on découvre leur environnement de travail, c’est d’abord par le biais d’une image en basse définition tirée d’une visioconférence entre le promoteur du projet et l’agence des deux employés sous-traitant son exécution. À Tokyo, le cadrage des plans imite la bi-dimensionnalité des visioconférences. Plus précisément, la perspective se construit sur deux lignes de fuite, rendant l’arrière-plan plat et superficiel. A contrario, lors du retour à la campagne, la perspective ne suit qu’une seule ligne de fuite invitant ainsi à saisir la profondeur de l’image. Ces deux ressorts, thématiques et esthétiques, déploient une opposition structurelle entre le synthétique et le naturel.

      Cette opposition de façade s’étiole progressivement au fil du Mal n’existe pas. L’un des premiers plans du film montre Takumi fendre du bois puis s’éloigner de la caméra pour allumer une cigarette. Enregistrés sans son d’ambiance, les bruitages sont habillés d’un léger effet d’écho, comme absorbés par la neige. Ce plan revient à la moitié du film, lorsque les cadres vont à sa rencontre pour l’associer au projet. Enregistrée à l’identique, l’atmosphère sonore autarcique est vite interrompue par l’irruption d’un son d’ambiance, celui des avions qui survolent le hameau. À d’autres endroits, plusieurs plans, en apparence fixes, se révèlent être extraits du hublot d’une voiture par les tremblements de la caméra. La mise en scène place ainsi en son cœur un rapport subjectif à l’espace et au temps. Film mental, Le Mal n’existe pas évite cependant de préciser la source de cette subjectivité, qui reste abstraite.

      L’environnement se rapporte ainsi à une différence paradigmatique. Le montage du film cherche justement à décorréler les personnages : à plusieurs endroits, Hamaguchi laisse une action en suspens et se concentre sur des récits parallèles pour revenir sur le premier personnage que la narration avait abandonné. Parfois, le laps de temps de cet abandon se mesure en secondes, parfois, c’est en heures que l’écart temporel se produit. La construction elliptique du film cherche justement à créer un entre-deux qui, invisible, oriente le récit vers ses propres béances. Cette conception du montage rend souvent floues les relations entre les plans. Cette indécidabilité, à savoir si les plans entretiennent un rapport de causalité, de simultanéité ou d’équivalence, préside justement à une forme d’écologie de l’attention. Au centre de ce dispositif, le spectateur voit ses sens se décupler, dans un mélange d’hypervision et d’hyperacousie. Le mystère non élucidé du montage du film se ramène à celui d’un espace mental, clos, dont les symboles restent muets.

      Thomas Vallois : Depuis le succès de Drive my car qui a fait de Ryûsuke Hamaguchi le réalisateur japonais incontournable des grands festivals internationaux, son cinéma s’est comme doté d’une patine élégante. Loin des productions indépendantes et relativement précaires de ses débuts, ses derniers films sont impeccablement photographiés, ses cadres élégamment composés, les vêtements de ses acteur·ice·s parfaitement cintrés, etc. Or j’appréciais la simplicité visuelle des premiers films, tout comme les compromis qu’il avait réussi à trouver dans un mode de production plus commercial avec la forme du mélodrame populaire, proche des dramas télévisés, pour Asako I & II. Si on aurait tort de reprocher à un cinéaste d’avoir les moyens de ses ambitions, ce changement de standard m’a conduit à porter rétrospectivement un regard légèrement suspicieux sur la filmographie d’Hamaguchi et je ne peux pas m’empêcher de voir dans son cinéma un certain côté scolaire, bien appliqué : cela tient peut-être à la rigueur de son écriture, et au milieu petit-bourgeois dans lequel évoluent maintenant la plupart de ses personnages.

      J’ai donc accueilli avec quelques réserves Le mal n’existe pas. D’autant plus que, comme tu l’as dit, le film s’articule autour d’enjeux écologiques, or il me semble en cela participer d’un élan d’après confinement, marqué par l’accélération de la crise environnementale, qui a vu des cinéastes citadins investir la campagne en tant qu’espace d’émancipation – une certaine vision des territoires non urbains quelque peu réductrice. Les réalisateur·ice·s, néanmoins, montrent parfois le décalage qu’il peut y avoir entre une représentation idéalisée de la nature et la réalité des populations locales, par exemple en confrontant acteur·ice·s professionnel·le·s aux habitant·e·s des lieux. Hamaguchi d’ailleurs n’hésite pas en entretien à se présenter comme un citadin ayant été « simplement ému par la beauté des paysages [1] » et nous invite à rire de ce personnage de cadre qui au contact de la forêt est pris d’une envie de reconversion professionnelle. Mais malgré ces signes qui manifestent une certaine conscience de cette position d’extériorité, il y a dans ce qu’il filme quelque chose qui m’apparaît comme trop beau, trop propre, notamment lorsqu’il décide de nous montrer ce que la campagne a de plus matériel et de plus trivial. En atteste ce plan sur un tas de fumier bercé d’une lumière douce : l’image est si belle qu’elle contraint Hamaguchi à montrer dans le plan suivant Hana en train de se boucher le nez afin de faire comprendre à qui ne le sait pas que cet amoncellement de déchets organiques dégage une odeur désagréable. De plus, je note que, si l’économie globale du village (son organisation interne et l’écologie du territoire) est au cœur de la séquence centrale de réunion entre les habitant·e·s et les promotteur·ice·s du glamping, ce que nous voyons de son fonctionnement reste très en surface, pas très loin d’une image d’Épinal : Takumi en train de couper du bois ou de récolter l’eau de source nécessaire à la fabrication de nouilles udon, pour un restaurant traditionnel à l’allure soignée.

      Et pourtant, et pourtant, lorsque je revois le film, trop beau, trop propre, il s’avère qu’une certaine présence me saisit. L’importance du hors champ (le bruit d’un avion qui passe, les habitations que l’on devine au loin ou même le grouillement tokyoïte) laisse penser que la vie se joue ailleurs. Les images de cette ferme déserte m’ont rappelé certains plans de No Man’s Zone (Toshi Fujiwara, 2012) qui montraient des villages évacués après la catastrophe de Fukushima [2] et présentait également la voiture comme moyen privilégié d’exploration de ces territoires excentrés. Si le film mettait dès l’ouverture son/sa spectateur·ice face à des images sidérantes de paysages dévastés par le tsunami, il montrait par ailleurs des lieux en apparence paisibles, mais que les radiations ont rendus inhabitables. Sans vouloir nécessairement faire du Mal n’existe pas un film post-Fukushima, je perçois derrière ses images bucoliques un même sentiment d’inquiétude. Cela tient peut-être en premier lieu à l’entre-saison où se déroule le récit, ce moment où les premières lueurs du printemps se font sentir alors que l’hiver tarde à finir : les arbres nus bercés par la lumière qui entoure le village à perte de vue créent une sensation de temps suspendu que vient renforcer le travail sonore. En effet, le point d’écoute fixé au plus près des corps et de la matière donne aux sons un aspect étouffé, tout cela corroborant avec ce que j’essayais de dire plus haut : en plus de se tenir à l’écart du monde, Mizubuki, le village et la forêt qui l’entoure, semble être coupé du temps.

      Il faut alors relever la dimension fantastique du film, et notamment comment celle-ci est intimement reliée à ce personnage mystérieux qu’est Hana, la fille de Takumi. Aux lents travellings introductifs en contre-plongée sur les arbres nus, succède un plan sur le visage de la petite fille, le regard porté en hauteur : le personnage est ainsi d’emblée lié à la forêt. Un peu plus tard, elle apparaît subitement, au détour d’un travelling latéral, sur le dos de son père quand celui-ci marche au milieu des arbres. Cette apparition soudaine anticipe bien sûr sa disparition brutale à la fin du film, mais de façon plus générale elle confère à Hana une présence insaisissable, presque fantomatique. Toujours en mouvement, portée par un élan qui la pousse sans cesse vers l’espace naturel, elle semble évoluer sur une ligne différente des autres protagonistes (ce qui explique peut-être pourquoi Takumi l’oublie à deux reprises) : au montage, Hamaguchi alterne par exemple souvent entre des scènes où les adultes sont en train de discuter et des plans où la petite fille explore les environs. À cet égard, une image en apparence anodine m’a frappée : elle montre un homme fermant la porte au nez d’Hana quand celle-ci s’approche du lieu où se déroule la présentation du projet de glamping, comme s’il ne l’avait pas vue. Le cinéma de Kiyoshi Kurosawa [3] a montré par la précision de sa mise en scène que le fantôme est par essence un être des seuils dont les traces, souvent visibles au fond du cadre, hantent le monde des vivants. Dès lors, le personnage apparaît comme étrangement lié aux signes de mort que le film distille ici et là : les plumes d’oiseaux qu’elle ramasse lors de ses excursions, les cerfs dont les cadavres sont autant de mauvais présages, la photographie de la mère qui imprègne le foyer familial d’une certaine mélancolie. Exclu du lieu de l’intrigue, mais intimement lié à la forêt, le personnage d’Hana est tout aussi ambigu : derrière sa vitalité expansive guette l’ombre de la disparition.

      É.H. : On connaissait Hamaguchi pour sa religion du scénario et sa confiance inébranlable dans la parole. C’est en monteur qu’on le retrouve. À titre personnel, j’émettais des réserves à l’égard de Drive my car car le film me semblait cousu de fil blanc, alors que les sutures du Mal n’existe pas raccordent des objets hétérogènes et mystérieux. Le film donne le sentiment ambivalent d’avancer à la fois pas à pas et de former un tout. Les travellings arrière en contre-plongée au début du film, suivant la cime des arbres de la forêt, résonnent avec cette même forme de travelling, cette fois-ci vers l’avant, à la fin. Cet effet de boucle referme le film sur lui-même tout en le laissant en suspens : là où les travellings inauguraux étaient suivis d’un raccord sur Hana, un râle inconnu se fait entendre en hors-champ sur ce plan final. Ce paradoxe, cultivé par le film, place le spectateur dos à l’intrigue, chaque plan s’examinant à l’aune de celui qui le précède et non en vue de la suite du récit.

      C’est ainsi que se déploie le mystère qui parcourt la troisième et dernière partie du film. Hana, connue pour ses fugues à la sortie de l’école, est cette fois plus difficile à trouver. C’est par des indices morbides insistants (un coup de feu, une goutte de sang) qu’Hamaguchi fait basculer la redondance vers l’urgence : on devine bien vite que cette fugue a mal tourné. En même temps, Hana, à qui Takumi transmettait ses connaissances botaniques et les pistes secrètes de la forêt, semble s’être fondue dans ce décor, sa disparition rimant avec sa dilution dans un espace sans cesse étendu. Aussi est-on presque étonné quand, au bout de leur recherche, Takumi et Takahashi aperçoivent la silhouette de la fillette, debout face à un immense cerf dont une balle a perforé l’épaule. Dans ce plan rapproché, Hana au premier plan est cadrée de dos, au niveau des épaules, et le cerf occupe l’arrière-plan. Après une coupe, nous observons lointainement Takahashi appeler Hana puis Takumi le saisir à la gorge, le plaquer au sol et le laisser pour mort. Puis, nous découvrons Hana étendue, inerte, en plan d’ensemble ; Takumi s’avance vers elle ; le cerf a disparu. Au lieu d’apporter une résolution à la quête de Takumi et Takahashi, la réapparition d’Hana relève de l’énigme parce que son cadrage donne une vision parcellaire du tableau. L’acte de Takumi, à savoir l’étranglement de Takahashi, surprend par sa soudaineté. Dans cet intervalle, l’événement qui préside à la chute et à la mort d’Hana demeure inconnu. Par ce montage laconique, Hamaguchi donne au hors-champ une dimension nouvelle : celui-ci décorrèle les plans entre eux. Aussi en vient-on à se demander si la réapparition d’Hana, aux côtés du cerf, ne s’apparente pas à une métaphore, passage nécessaire avant d’affronter le tragique. Ces trois plans forment trois blocs à partir desquels le spectateur devine des relations et des signes que le film se refuse à donner.

      Revenons au début de la séquence. La recherche d’Hana rassemble à nouveau le hameau. Des haut-parleurs appellent à la retrouver et une foule quadrille la forêt. Mais c’est seul que Takumi va affronter l’image de son cadavre. Thomas, tu parlais de la dichotomie entre l’apparente solidarité des habitant·e·s et la solitude de chacun des personnages. La conclusion du film en vient à préciser cet écart. Si les chasseurs sont relégués en hors-champ tout le long du film, la recherche d’Hana ressemble à une traque, d’autant qu’il s’agit de remonter la piste des cerfs que la petite fille avait appris à suivre. Je connais mal la symbolique japonaise mais il n’en demeure pas moins que le dernier plan du film, revenant sur les cimes inaugurales, nous invite à voir dans ces arbres des ramifications semblables aux bois des cerfs. À l’intersubjectivité du film s’oppose un hors-champ, un en soi apparemment inaccessible, celui d’une nature muette qui exclurait les hommes. Mais la traque d’Hana, tout comme l’arrivée des deux tokyoïtes, rejoint un autre mouvement : celui de la pénétration d’un espace mental, celui de Takumi, par une foule de corps étrangers. S’il rappelle lors de la réunion publique que personne au sein de cette communauté ne semble originaire de cette région, il semble cependant faire de la forêt le lieu de son autarcie, oubliant régulièrement sa fille à l’école et c’est seul, Takahashi étant évanoui, qu’il paie le tribut de cette harmonie rêvée.

      Pour autant, la mort – elle est inanimée à tout le moins – d’Hana devient bien un objet collectif. Comme dit précédemment, les parties de chasse ne sont jamais vues, mais toujours entendues par le prisme de coups de feu qui résonnent dans la vallée. Quand, accompagné des deux tokyoïtes, Takumi entend pour la deuxième fois ces tirs, l’événement paraît anodin. Pour autant, la suggestion de la chasse demeure ambivalente. Traditionnellement représenté comme un fait singulier – quelqu’un tire sur quelqu’un ou quelque chose, un coup de feu est en réalité un fait collectif ne serait-ce que parce que, s’il manque sa cible, il peut atteindre quelqu’un d’autre. En l’occurrence, la résonance de la détonation dans la combe renvoie tout de suite à un environnement englobant. Comme l’eau qu’ils recueillent à la source de la rivière, le tir signale un paysage tissé d’interdépendances : celui de la vallée, son amont et son aval, et celui de la forêt, son chasseur et son chassé. Si la succession de faits qui président à la mort d’Hana demeure inconnue, elle n’a rien d’un dommage collatéral : elle se rapporte à l’effondrement d’un équilibre, écologique, certes, mais surtout intime.

      T.V. : Si la trame narrative oppose deux modes d’appréhension de l’environnement – l’un hors sol, sous l’égide d’un rapport marchand et l’autre au contraire ancré dans la terre – il figure par ailleurs la nature comme une réalité séparée du monde des humains, évoluant à son propre rythme. Je pense que c’est ce que vient signifier la musique de Eiko Ishibashi [4], les violons lancinants donnant au paysage un caractère intemporel. Quand Hamaguchi fait le choix d’interrompre brusquement la mélodie pour nous faire entendre des bruits provoqués par l’activité humaine, il montre la coexistence de la nature et des personnages, sans que toutefois la première perde son aura mystérieuse. Cela tient notamment à l’étrangeté de la matière sonore dont j’ai parlé au-dessus, mais aussi aux lents travellings qui font défiler les arbres à perte de vue, indiquant en cela que les humains n’ont accès qu’à une infime partie de l’espace sauvage. Cette séparation ontologique entre les humains et la nature nous donne à mon avis des clés pour comprendre la fin du film.

      Si j’ai précédemment décrit la manière dont Hamaguchi place à certains endroits des éléments qui nous mettent sur la piste du fantastique, avec cette dernière séquence nous y plongeons pleinement. Tu as décrit avec précision la manière dont le montage brouille les pistes et entraîne la perte des repères spatio-temporels, or cette désorientation semble affecter les personnages eux-mêmes, comme si la forêt se refermait sur eux. Ce moment me renvoie à une scène typique du cinéma de fantômes japonais où le héros masculin, alors séduit par un spectre féminin, se retrouve piégé dans un espace aux coordonnées incertaines. Dans Kuroneko (Kaneto Shindō, 1968), par exemple, la demeure hantée s’entremêle avec l’espace de la bambouseraie environnante par un jeu de surimpression qui entraîne les personnages dans un dédale infernal. Mais là où le fantôme incarnait une figure maléfique identifiable, il est difficile d’établir clairement l’origine du dérèglement provoqué à la fin du Mal n’existe pas. Si piège il y a ici, il fonctionne en miroir, renvoyant aux humains leur propre violence [5] qui, si elle était jusque-là maintenue hors champ, n’en était pas moins prégnante : coups de feu entendus au loin, plans sur le ruisseau alertant sur sa contamination à venir, etc. À cet égard, l’image de l’épine ensanglantée me paraît équivoque : elle met en garde contre une forêt potentiellement dangereuse, mais elle est aussi le symbole d’une forêt blessée.

      Cela nous amène donc au titre. Quand il apparaît au début du film, la négation « not » de la version internationale (Evil does not exist) surgit – d’une façon très godardienne – à contretemps et dans une couleur différente des autres mots, laissant ainsi la possibilité du mal en suspens. J’y vois une manière d’indiquer que celui-ci n’est pas absolu, que la violence n’existe pas en soi, qu’elle est toujours le fruit d’une situation, d’un contexte. C’est d’ailleurs ce qu’explique la longue discussion au sujet des cerfs précédant la recherche d’Hana – l’animal attaque uniquement lorsqu’il se sent en danger – et que la forêt semble appliquer dans la dernière séquence : l’espace naturel piège les humains quand ceux-ci viennent menacer son équilibre. Le titre nous laisse ainsi entendre que ces forces obscures ne sont pas « mauvaises » moralement dans le sens où elles émanent d’une nature indifférente, évoluant selon une logique parallèle, différente de celle des humains, mais elles « existent ».

      En s’attaquant au responsable marketing, Takumi se fait alors protecteur de l’environnement. Tu notais très justement à quel point le personnage avait fait de la forêt le lieu de son autarcie, je dirais même qu’il paraît en être une émanation : il se montre comme elle souvent bienveillant (les ressources naturelles qu’il récolte font vivre le village) mais il reste insaisissable, voire parfois menaçant, comme lorsqu’un plan le montre en contre-plongée en train de découper du bois. Le meurtre est ainsi exécuté avec froideur, dans la même indifférence que celle des arbres. Une fois le crime commis, Takumi porte le corps de Hana et l’emmène en territoire sauvage. Nous revoyons alors un travelling en contre-plongée similaire à celui qui ouvrait le film tandis que le souffle du personnage se fait entendre hors champ, comme s’il faisait corps avec l’environnement. Tu relevais à juste titre l’effet de boucle entre le début et la fin, en précisant qu’il s’agissait d’une boucle ouverte. Or je vois dans cette ouverture une sorte d’appel de la nature car c’est la première fois qu’un plan sur ces arbres me paraît réellement habité. Comme si Takumi, une fois sa « mission » accomplie, quittait définitivement l’humanité pour rejoindre une autre rive. Le film n’aura eu de cesse de le montrer à la frontière entre les humains et la nature, entre les vivants et un au-delà, quel qu’il soit.

      Le mal n’existe pas, un film de Ryûsuke Hamaguchi, avec Hitoshi Omika, Ryo Nishikawa, Ryuji Kosaka…

      Scénario : Ryûsuke Hamaguchi / Image : Yoshio Kitagawa / Montage : Ryûsuke Hamaguchi, Azusa Yamazaki / Musique : Eiko Ishibashi

      Durée : 1h46.

      Sortie française le 10 avril 2024.
      [1] Cahiers du cinéma n°808, p.36.
      [2] On peut rappeler que Hamaguchi a réalisé avec Ko Sakai une trilogie documentaire sur la région du Tohoku, touchée par le séisme, et que dans Asako I & II les deux personnages principaux sont bénévoles auprès des réfugié·e·s de cette même catastrophe.
      [3] Kiyoshi Kurosawa a d’ailleurs été le professeur de Hamaguchi à l’Université des Arts de Tokyo.
      [4] La collaboration entre Eiko Ishibashi et Hamaguchi est à l’origine du film. La compositrice a en effet proposé au réalisateur d’habiller par des images un de ses concerts, à partir desquelles sont nés Le mal n’existe pas et Gift, une version alternative, plus courte et muette.
      [5] Notons à cet égard que la seule action violente qui apparaît dans le champ est le meurtre d’un homme par un autre homme

Vous lisez 58 fils de discussion
Répondre à : Répondre #43135 dans Cinéma – page 7
Vos informations :




Annuler
Back To Top