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Accueil Forums Forum général Cinéma – page 5

  • Ce sujet contient 655 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Guéguette, le il y a 1 année et 5 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #21450 Répondre
      Ostros
      Invité

      Parce que la page 4 peine à s’ouvrir
      Parce que certains sitistes ne peuvent plus écrire
      Parce que seldoon et Julien ont des choses à (se) faire et à se dire.
      Et parce que la nouvelle GO est sortie ce matin et qu’il va falloir de l’espace pour en parler.
      https://m.soundcloud.com/la-gene-occasionnee/episode-61-killers-of-the-flower-moon/s-GTY3jyycxqJ?si=d675fccc283e480586bc099ba1f55225&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing&fbclid=IwAR0Ne0PunJS7JBqgoNO4YZ2wJEukGfc2chGbxxHbj6MBr5uJ0kmozpe1-tc

    • #21463 Répondre
      Charles
      Invité

      Merci Ostros.
      Je reposte mon avis sur le Bellochio afin qu’on puisse discuter du film sur cette page.
      Je sors de l’enlèvement, de Bellocchio qui m’a passionné. Le film est curieux comme un Bellocchio. Il est d’un classicisme manifeste – certains pourraient même l’accuser d’académisme – mais son récit est troué de scènes curieuses, psychanalytiques, parfois grotesques et pas toujours réussi. C’est par exemple un dessin satirique qui se met à bouger, le cauchemar d’excision du pape, un Christ en croix qui prend vie et en descend. Ou des équivalences, des échos entre deux scènes : l’enfant qu’on cache sous la robe de sa mère, puis sous celle du pape. Si la mise en scène est sinon classique, je n’ai pas ressenti la lourdeur du film historique, de sa reconstitution. Beaucoup de plans sont très picturaux, simples mais très beaux, avec une grande profondeur de champ qui donnent du relief, de la vie aux plans et une singularité à ce qui est filmé alors que les décors (églises, palais, jardins, dortoir) ont déjà été vus mille fois. Les rites et decorum catholiques sont montrées dans toute leur bizarrerie, vus par l’enfant juif, même si la parenté avec le rite judaïque est dans le même temps habilement montrée. Le film fait aussi preuve d’une certaine retenue dans le portrait des différents religieux qui vont s’occuper de l’enfant et qui ne sont pas la caricature de tyrans qu’on aurait pu craindre. Celui-ci n’est pas maltraité, ni par ses nouveaux maîtres, ni par ses camarades. Reste le personnage du pape, pas tout à fait réussi car pour le coup assez chargé, même s’il n’est pas non plus univoque. Mais on sent que Bellocchio ne sait pas tout à fait quoi en faire. Il est montré comme un homme de pouvoir méprisant, orgueilleux mais affectueux et bienveillant avec l’enfant. On en fait assez vite le tour mais Bellocchio lui donne beaucoup de scènes. Un autre choix de mise en scène peut paraître discutable mais qui m’a convaincu. Bellocchio utilise la musique de façon parfaitement emphatique dans les moments de tension et d’émotion (mais aussi de façon un peu satirique dans d’autres scènes), ce qui est entièrement assumé puisqu’on vise alors clairement l’opéra – la musique est d’ailleurs magnifique et contribue à rendre très émouvante une scène de retrouvaille surveillée entre le fils et la mère. Evidemment, on a le droit de trouver ça un peu lourd, voire grossier par certains moments, mais Bellocchio va jusqu’au bout, risque le mauvais goût à plusieurs reprises, ce qui me plait bien. Plus important, cette histoire, que j’ignorais totalement, est passionnante et Bellocchio lui rend justice en maintenant notre intérêt pendant tout le récit.

      • #21513 Répondre
        Ostros
        Invité

        Charles, je réserve la lecture de ton texte pour après mon visionnage du film. Si j’arrive à me sortir de cet état d’hibernation précoce qui s’est emparé de moi et me cloue dans mon appart.

    • #21471 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      Je profite de cette nouvelle page pour signaler la venue prochaine du festival des étoiles de la Scam au MK2 Bibliotheque. Une petite quarantaine de films documentaires à voir gratuitement pendant le week end du 2-3 décembre, sur simple réservation d’une place (déjà ça ça fout presque la larme à l’oeil).
      Y passera notamment « Détruire rajeunit » en présence du réalisateur. Ca traite de la grande grève générale belge de 60-61. Peut être que c’est susceptible d’intéresser quelques un au moment au disparait Charles Piaget.

      Synopsis :
      L’hiver 1960-1961 fut le théâtre de la plus longue grève générale qu’ait connue la Belgique, contre une loi d’austérité : 2 mois d’immobilisation totale du pays. Une vingtaine de personnes racontent en détail les actions qu’elles perpétrèrent alors, entre manifestations, saccages, blocages et sabotages. Mais à la place d’anciens grévistes chenus, ce sont des enfants et des adolescents qui nous racontent ces fragments de lutte, comme s’ils y étaient.
      bande annonce: https://www.youtube.com/watch?v=l9d3Ms1A5ig

      • #21473 Répondre
        Mr. Patate
        Invité

        (le lien vers la page du festival était trop gros et ne passait pas, taper juste « festival vrai de vrai scam mk2 » pour le trouver)

    • #21478 Répondre
      Pierre
      Invité

      Intéressante rétrospective sur l’exercice critique en France parue dans Libé.

      http://www.liberation.fr
      De Serge Daney au cinéma asiatique, «Libé» ou l’esprit critique
      Didier Péron
      12 – 15 minutes

      «Stop à la violence» : pendant trois mois (novembre 1999-janvier 2000), une bruyante polémique a fait rage en France non pour protester contre les coups de matraque de la police mais contre la critique de cinéma, son rôle, sa compétence (en l’occurrence «son incompétence»), ses réseaux, son langage, ses réflexes, son pouvoir de nuisance, sa part corrosive dans l’effritement de l’écosystème d’un cinéma français craignant pour ses parts de marché, et pourquoi pas, ses habitudes alimentaires ou sa santé mentale… Plus jamais depuis il n’y eut un tel concert de hululements ulcérés, des articles par dizaines pour savoir s’il fallait ouvrir d’urgence des cursus universitaires de critiques constructives après avoir arraché à pleines brassées les «plumes» autosatisfaites en place et trop en verve : «Il y a cette jubilation, quasiment palpable, dans le plaisir de détruire, d’abîmer, cette joie qu’on devine à écrire telle ou telle exécution, à imaginer tel ou tel titre fracassant», pouvait-on lire ainsi dans un manifeste à la diable écrit à plusieurs mains par des cinéastes en colère, issus des rangs de l’ARP (la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs), ayant une mauvaise gestion de ce qui n’était alors qu’un téléphone-fax (au point d’envoyer par erreur leur missive en chantier à différents médias incriminés) et réunis autour de l’aimable Patrice Leconte (les Bronzés, Monsieur Hire, Maigret…), initiateur de cette conjuration anti-violence critique qui avait allumé la mèche… dans Libération : «J’aimerais penser que les critiques soient non plus des ennemis systématiques mais des partenaires attentifs», déclarait-il dans une interview que l’on publiait en double page, le 25 octobre 1999, Libé étant explicitement l’un des principaux points de fixation de cette cohorte de cinéastes estimant que non seulement nous ne prenions pas la pleine mesure de leurs talents mais qu’ils étaient de surcroît tournés en ridicule ou traînés dans la boue. A partir de cette publication, et suite à une réunion mi-catharsis collective mi-conseil de guerre des membres de l’ARP (Claude Miller, Claude Lelouch, Bertrand Tavernier, Jean-Jacques Beineix, Claude Berri, Cédric Klapisch pour les plus remontés), la querelle va enfler déraisonnablement et tout le monde, par interviews, tables rondes, tribunes, indiscrétions interposées, ira de son opinion, en s’envoyant des noms d’oiseaux à la figure. On ressort les vieux dossiers, les vieilles rengaines (Truffaut aussi était dur mais… c’était Truffaut) et les valises de reproches remplies à craquer de bonbonnes de sentiments vinaigrés. Libé prend cher avec, entre autres, le sempiternel exemple devenu running gag de crime de lèse-auteur digne (et de gauche) toujours pas digéré douze ans plus tard, le canonique «Chronique d’une merde annoncée» en titre de la descente en flèche par Gérard Lefort, le 9 mai 1987, du nouveau film de Francesco Rosi adapté de Gabriel García Márquez et présenté à Cannes : «Riche, comme les pâtes, en casting et en budget (12 millions de dollars), Chronique d’une mort annoncée rend hommage à la célèbre pub Nescafé : images spécial filtre, acteurs lyophilisés, arôme colombien. Café bouillu, café foutu.»

      Autre date symptômatique, le 8 mai 1997. En ouverture du 50e festival de Cannes, Luc Besson projette son film de science-fiction à gros budget, le Cinquième Elément, tentative de concurrencer le cinéma américain mainstream sur son propre terrain et avec ses propres stars (Bruce Willis). Le film est incendié par la critique américaine mais ici, Libé ne sera pas en reste comme souvent avec l’auteur du Grand Bleu (qui finira même par nous faire un procès en diffamation après un article publié en 2003 sur Fanfan la Tulipe qu’il avait produit et dont nous avions dénoncé «le racisme», procès qu’il perdra). Olivier Séguret pointe le «canevas puéril que le cinéaste se vante d’avoir imaginé à 16 ans» pour un «film difforme mais pas assez malade pour être intéressant». Or, six jours plus tard, et alors que le blockbuster remplit les salles en France (400 000 entrées en une semaine), le journal fait sa une avec le film et titre «le vote Besson». L’orientation légèrement idéologique – et a priori très «décalée» par rapport à la ligne éditoriale cinéphile en usage dans nos colonnes – des différents articles ainsi publiés ensemble se lit d’emblée avec une interview de Michel Ciment et Jacques Zimmer, deux journalistes du mensuel Positif, titrée : «Ce qu’écrit la critique n’a plus d’importance.» Il s’agit d’ailleurs à chaque page de souligner à quel point le public n’en fait qu’à sa tête, comme s’il s’agissait d’un fait nouveau qui méritait d’être analysé. La légende veut – et dit vrai pour une fois – que le staff de journalistes de la rubrique cinéma toujours envoyés spéciaux à Cannes n’avait pas du tout été mis au parfum de cette mise au point en forme de coup de couteau dans le dos sur le criant divorce entre critique et public, perfidement pilotée depuis Paris par une fraction de la direction d’alors avec des concepts faiblards et une malveillance décontractée.

      Le procès de la critique est constitutif de la critique elle-même. Il semble qu’elle ne puisse survivre et prospérer qu’en milieu hostile. Tenez-la pour acceptable, légitime en toutes circonstances, en phase avec le marché et le public, elle s’étiole ou survit sous la forme quasi médicale de la «prescription» (la critique comme guide du consommateur culture). Il lui faut un écart, une marge, une dissonance. Du moins c’est ainsi qu’elle est vécue, pensée, transmise dans le champ du cinéma par le legs offensif des années 50-60, d’André Bazin à Godard. L’ébullition du champ cinéphile après-guerre et l’avènement en France de la génération turbulente des cinéastes de la Nouvelle Vague, puis dans les années 70, aux Etats Unis la crise des studios et le choc engendré par ce qu’on nommera le Nouvel Hollywood, produisent un rapport aux films jalonné d’incessantes déductions théoriques, morales, politiques, elles-mêmes à l’origine de schismes, de brouilles à mort, d’invectives et de libelles vengeurs. On finirait presque par oublier qu’il s’agit par ailleurs d’un travail et même, dans le meilleur des cas, d’un travail de fond. Les films ne sont pas que des œuvres à aimer ou détester selon le critère expéditif des «étoiles» qu’on leur colle comme un sticker mais des faits aussi objectifs à bien des égards que le vote d’une loi à l’Assemblée, un accident industriel dans une usine pétrochimique ou une performance au saut à la perche.

      Dès 1973, Libération publie des articles sur le cinéma et la question de la nature réelle de ce qui est représenté est d’emblée soumise à la question. On y lit notamment une polémique sur les Aventures de Rabbi Jacob avec Louis de Funès, Pascal Bonitzer (devenu scénariste et cinéaste depuis) pointant dans la comédie populaire à succès de Gérard Oury des enjeux politiques sous la couche de rire rassembleur : «Et puis quand même si l’on veut être exigeant : 1) l’Arabe sympathique […] est donc joué par un acteur français (le personnage de Mohamed Larbi Slimane interprété par Claude Giraud, ndlr). 2) Les méchants sont des Arabes, très typés qui font constamment le geste d’égorger.» Dans un article publié en mars 1990 sur le premier film de l’Iranien Abbas Kiarostami, Où est la maison de mon ami ?, qui s’apprête alors à sortir sur les écrans français, Gérard Lefort écrivait : «Il est très rare en effet que le cinéma soit pris pour ce qu’il est : une machine à voir le voir, à trier la vision, quitte à contester ce tri et même à le disqualifier.» Cet effort pour «voir le voir» et voir comment ça va ou pourquoi ça déconne, ou montre mal en ayant l’air de montrer juste, s’applique précisément à la critique, et par-delà tout le folklore et l’écume des punchlines ou des titres accrocheurs, est, et demeure, le nerf sinon de la guerre, du moins du métier.

      Quand Serge July en 1981 embauche Serge Daney qui a derrière lui huit années à la tête des Cahiers du cinéma pour ce qui restera comme une des périodes théoriques les plus hardcore de la revue (les années Mao et la suite sous influence Derrida-Deleuze), il entérine l’idée qu’un quotidien encore jeune peut intégrer dans ses pages une ambition cinéphile qui ne lui garantit ni les faveurs du marché ni l’adhésion d’un lectorat qui, à l’orée des années 80, avec l’arrivée de Canal+, peut commencer à glisser délicieusement du côté de la pure consommation hédoniste. Olivier Séguret a une vingtaine d’années quand il débarque dans l’équipe : «Il faut quand même se souvenir que la presse ne brillait pas par son avant-gardisme. Daney a beaucoup œuvré pour neutraliser l’attrait toujours possible de l’anti-intellectualisme alors qu’un mensuel comme Première naît et s’impose justement sur une défense “cool” du cinéma commercial, en tout cas en rupture avec la politique des auteurs. D’un autre côté, c’est l’époque où le cinéma rentre à l’université, dans les écoles, et où la volonté politique de la gauche au pouvoir crée un climat favorable à l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs français avec laquelle Libé sera synchrone.» Toujours pris en tenaille entre l’industrie – et donc le marketing – d’un côté (dont Leconte et consorts se faisaient les porte-voix sous couvert de vertues pacificatrices) et la société (le «vote du public», le box-office), le journalisme critique – et pas seulement sur le champ du cinéma évidemment – se développe là où «la distinction entre le monde des faits indiscutables et des valeurs discutables», pour reprendre les catégories de Bruno Latour, ne peut exister, où il faut au contraire travailler ensemble l’information et le jugement selon une alchimie assez étrange où la mémoire cinéphile, l’intuition personnelle, les mises en perspectives sociales, morales, esthétiques sont mobilisées et juxtaposées. «Il fallait tendre la main aux petits, et castagner les puissants», résume aujourd’hui Gérard Lefort, qui fut à partir des années 90 le chef d’orchestre d’une ligne éditoriale et d’une écriture qui rapidement tranche dans le paysage (jusqu’à l’invention d’un vrai-faux critique, Bill Chernaud qui met sur les dents tous les attachés de presse), montant un service cinéma en bonne et due forme. En 1987, sort un hors-série monstre piloté par Louis Skorecki, Pourquoi filmez-vous? avec les réponses recueillies au téléphone, par la Poste ou par fax de 700 cinéastes depuis 70 pays. Quelques réponses : Bergman («Je ne filme pas»), Godard («Je filme pour éviter la question du pourquoi»), Altman («C’est mon boulot. Je pense que c’est une question stupide. Je n’ai aucune envie d’y répondre»)…

      Très tôt, il s’agira d’arpenter un territoire qui ne peut se réduire à l’articulation cinéma français versus Hollywood. D’où une vigilance errante, qui ne s’est jamais démentie, pour tout ce qui peut émerger n’importe où et surtout hors de portée de l’attention du plus grand nombre, ainsi qu’un investissement presque vital à ne pas louper les premiers films, à trouver les talents avant qu’ils n’explosent ou ne fassent consensus. La parole donnée dès 1978 au jeune Italien Nanni Moretti (Je suis un autarcique), les articles sur une inconnue néo-zélandaise (Sweetie de Jane Campion, en 1990), ou les premiers pas d’un Taïwanais mélancolique (les Rebelles du dieu Néon de Tsai Ming Liang), la révélation de cinéastes chinois en marge, indépendants (Xiao Wu, artisan pickpocket de Jia Zhangke, les huit heures d’A l’ouest des rails de Wang Bing), d’un auteur portugais illuminé (O Fantasma de João Pedro Rodrigues), le premier film d’un musicien french touch (Steak de Quentin Dupieux) ou la première fiction d’une brillante documentariste (le récent Saint-Omer d’Alice Diop) grillent d’autorité et régulièrement la priorité à des productions plus identifiées, plus riches ou plus marketées. Comme le dit Jean-Marc Lalannne, passé lui aussi des Cahiers du cinéma à Libé pour trois ans à l’orée des années 2000, et aujourd’hui aux Inrocks, «il ne s’agit pas d’écrire pour la postérité mais il ne faut surtout pas louper le présent, ce en quoi il y a une dimension pop très spécifique et sans doute un rapport plus personnel qu’ailleurs à ce qu’on peut s’autoriser à écrire». Dans une interview récente au site Critikat, Camille Nevers, le dit aussi tout en le pratiquant puisqu’elle est une signature régulière et très singulière des pages cinéma d’aujourd’hui : «La critique, je crois, cherche, le plus en phase possible avec la chose vue, à rendre compte d’une subjectivité et d’une objectivité du cinéma. […]. La question demeure : comment trouver une forme de joie renouvelée, ou de colère.»

    • #21491 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Merci de t’y être collé Ostros, Julien et moi avions besoin de cette page blanche. Je remets ici mon post polémique sur la Gêne :
      Merci à la Gêne de rétablir la vérité sur la grandeur de The Irishman, don’t j’étais depuis sa sortie le seul défenseur tricolore. Merci de bien éclairer au passage Killers, j’en ressors beaucoup plus solide et éclairé sur mon enthousiasme. En revanche j’ai supprimé tous mes abonnements et likes quand j’ai entendu que Martin Scorsese n’était pas un grand cinéaste parce qu’il ne fait pas que des grands films. J’entends bien l’euphémisme mais je ne vois pas trop ce que la fiabilité a à voir avec la grandeur. Il y a une partie subjective qui me pousse à défendre cette école : je remarque que j’ai tendance à sauver un film pour une grande scène plutôt qu’à le condamner pour trois mauvaises, et à avoir de la sympathie pour une filmographie qui part dans tous les sens. Vous m’avez d’ailleurs vu défendre le Scorsese des années 2000 et 2010, parfois seul en ces lieux sans pour autant considérer qu’il y avait fait de grands films. Je sentais que la flamme et le talent étaient encore là même s’ils s’y fourvoyaient et non seulement ça suffisait à mon plaisir mais je me disais aussi “vous verrez, il reviendra.” Il y a néanmoins quelque chose de plus fondamental. Sans partir dans le lexique libéral de la prise de risque, est-ce qu’on pourrait pas soutenir que cette grandeur artistique aurait quand même plus à voir avec la recherche, et donc les déchets et impasses qui vont avec ? Pour le cas Scorsese, y aurait-il eu ses deux derniers films s’il n’y avait pas eu les 20 années précédentes ? Pour le cas Jean Monnaie, y’aurait-il eu cet émouvant éclair de lucidité à propos d’un article de Lordon « Tellement nul que je me demande si quelque chose m’échappe » s’il n’avait auparavant lu de travers l’intégralité des posts du forum ?

      • #21492 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Et j’ajoute à destination de K. :
        En autre exemple de l’adoption de coutumes blanches par les Osages, certaines de leur tenues pourtant traditionnelles montrent des signes de métissage. Je crois que c’est pendant le mariage qu’on peut remarquer des épaulettes sur leurs costumes.

        • #21501 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Bon, en te lisant je me dis que notre pataugeage sur le sujet tient peut être à l’inconsistance du sujet : Scorsese est il un grand cinéaste est une question déjà bien floue, qui n’appelle que des réponses bidons (genre la mienne, bassement quantitative)
          En revanche je suis assez sensible à ton argument du ratage comme passage obligé d’un art qui cherche, d’un grand art qui se cherche. Et j’aime assez l’idée que scorsese ait du en passer par l’épuisement de sa forme-Affranchis pour en revenir au génial artisanat de Killers. J ene sais pas si c’est vrai (il a mis du temps à s’épuiser…) mais j’aime

      • #21493 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Collée.

        • #21495 Répondre
          Tony
          Invité

          Sur ses deux derniers films il ne faudrait pas occulter le clivage que cela a provoqué chez des fans de la première heure de Scorsese,par exemple Burdeau est très remonté:

          Scorsese encore : PPS

          Il me semble assez naturel de considérer qu’une des beautés d’un film est de pouvoir exister à côté d’autres, et même d’accroître la place pour ces autres, d’accroître la place et la possibilité qu’il y ait par ailleurs, non loin, différents mais comparables : d’autres films.

          Quand je vois ‘ Killers of ‘, j’ai l’impression d’un film qui remplit tout l’espace filmique possible et imaginable, qui le remplit et qui le sature, je vois ces têtes énormes, ce cuir tanné des visages, et je n’en imagine aucun à ses côtés. C’est un film pour le cinéma, tout le cinéma, ce n’est pas un film pour les films. Je crois que c’est un souci, un film qui pense à tout le cinéma à la fois.

          D’où mon reproche au sujet des images d’archives : pourquoi ne pas en avoir utilisé de vraies ? pourquoi ne pas laisser passer un peu d’air, un peu de cinéma non signé, non labellisé Martin-Scorsese ?

          En ce sens, et bien que Scorsese soit une présence toujours très belle, j’aurais bien fait l’économie de son caméo final. (Je sais que, quand on parle d’un film, on ne doit pas dire comment il aurait pu être différent, mais le prendre tel qu’il est. J’arrête, donc.)

          A l’opposé, c’est une des raisons qui peuvent faire qu’on aime tant Hong Sang-soo : chacun de ses films ouvre un espace pour d’autres films, de lui, mais pas seulement ; un film de HSS ne vaut pas grand-chose seul, il a sa place dans une série.

          (A l’âge des séries télé, le véritable esprit de série a-t-il encore sa place ? C’est une question.)

          *

          Dans un de ses livres, F. Lordon cite un passage éthéré d’un livre de Marielle Macé sur les cabanes et la lutte des oiseaux, la politique du cui-cui, et il ajoute, très cruellement, pour donner la mesure de son accablement :  » Exercice de pensée : Imaginez Lénine lisant cela.  » C’est méchant mais assez drôle, et pas tout à fait dénué de sens. Voyant ‘ Killers of the Flower Moon ‘, plus d’une fois je me suis dit in petto : Imaginons JC Biette devant ce film. Exercice de pensée (critique) non moins cruel. Ni instructif.

          (Je prends ici Biette comme le nom de l’amour pour ce qui, dans le cinéma, passe et file, ne s’attarde pas, ne fait pas monument, est sans poids (auteur d’un livre sur Billy Wilder intitulé Gravité, je crois pouvoir affirmer que, par principe, je n’ai rien contre le poids)  ; art transitoire, même s’il ne fait transition et passage que vers lui-même, une autre version de lui-même, d’autres films).

          *

          Je crois aussi une chose un peu délicate à dire. Scorsese a pu faire des films géniaux : ‘ Taxi Driver ‘, qu’on peut trouver odieux, reste ; ‘ King of Comedy ‘ aussi ; ‘ Le Temps de l’innocence ‘, grande chose ; d’autres encore. Mais ses idées ont toujours été courtes, sa vision du monde se partage purement et simplement entre réussir ou rester un plouc. Il n’a qu’une pensée : la pensée de la gagne, tu wines tu loses. Son imaginaire tourne beaucoup autour de la tune (plus que de l’argent). Ça ne va pas loin-loin.

          *

          Je vais même parfois jusqu’à penser que ce cinéaste dont l’influence a été et demeure gigantesque n’aura pas une grande postérité.

          • #21496 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Oui je vois bien ce qui s’est passé en France. Pour le dire vite, Marty a perdu la critique intello au fur et à mesure des années 2000 à la recherche de son oscar et son public plus récent (en gros ceux qui pensent que Wolf of Wall Street est un sommet de modernité) en enchainant 3 films lents. Aux états-unis c’est différent il est vu comme un vieux sage intouchable dont les années 2000 et 2010 n’ont jamais été attaquées avec la virulence qu’on a vues ici. Ses trois derniers sont donc accueuillis avec un enthousiasme polie, institutionnel, limite obsequieux. Et peu de reflexion à part sur la question de la représentation des minorités.
            Sinon j’ai acheté le numéro des cahiers sur l’art du montage.

            • #21504 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              L’idée des idées courtes de Scorsese, je crois pouvoir dire que Burdeau me la doit. Je me souviens très bien lui dire dans les années 2000 : je crois que scorsese est bête. En tout cas politiquement bête.
              Mais il arrive ici à Scorsese ce qu’il est arrivé à bien d’autres cinéastes américains : qu’un livre adapté, un scénario subtil, irradie d’intelligence leur cinéma. Killers est film très intelligent politiquement, je crois avoir contribué à le démontrer. Pour in fine retomber sur ses pattes chrétiennes binaires : les blancs le diable et Molly la crucifiée.

              Le caméo final de scorsese peut déplaire. Il est juste dommage qu’il occulte ici les merveilleuses minutes de conte bruité qui précèdent. A l’image de ces lignes un rien surplombantes et un rien codées – qui a lu les critiques de Biette? Tony tu les as lues?

              • #21508 Répondre
                Tony
                Invité

                Non je ne connais pas les textes de Biette,je sais seulement que c’est un contemporain de Daney.

                • #21530 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Oui, fondateur avec lui de Trafic.
                  Et cinéaste aussi. Cinéaste dont les films sont… particuliers.
                  Bref je ne sais pas si ces lignes qui en passent par lui sont de nature à nous éclairer.

            • #21526 Répondre
              Charles
              Invité

              @Seldoon : tu as raison sur la soif de reconnaissance académique des années 2000 avec ses gros pâtés indigestes et sans inspiration. C’est pour ça que j’ai du mal à voir une continuité ou un terrain d’expérimentation pour ses derniers films. Pour moi à ce moment-là Scorsese fait des films historiques parce qu’il cherche à sortir des genres mafia et films de marginaux plus ou moins psychopathes dans lesquels il excellait et qu’il veut jouer au cinéma de prestige « culturel ». Toutefois, la critique française ne fait pas tout à fait la fine bouche devant, y compris les Cahiers, qui voit une forme de maturité devant le renoncement au virtuose de la mise en scène et veut croire au renouvellement avec le duo Scorsese-Dicaprio remplaçant celui avec De Niro (à tort).

              • #21531 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Oui on avait défendu Aviator par exemple
                Mais j’étais sceptique.

                • #21536 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  @François : Oui on sent bien qu’à l’époque la critique française veut y croire encore, car elle l’a reconnu tardivement et donc s’accroche même si on sent qu’elle n’est pas tout à fait dupe et qu’une ère est en train de s’achever pour lui.

                  • #21600 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    C’est régulier la demi décennie de décalage de la critique avec les cinéastes dont le travail s’étend sur plusieurs décennies. On a l’exemple Eastwood : le consensus critique a eu deux ou trois films de retard pendant toute sa carrière.

              • #21534 Répondre
                Charles
                Invité

                Scorsese est aussi devenu prisonnier de son statut de super auteur prestigieux, comme Tarantino à un moment (copyright François B.). C’est comme ça qu’il se retrouve à transformer des projets de série B en film obèse de 2h30, avec des gros effets et un gros sujet d’arrière-plan, comme dans Shutter island, son pire film de la période je pense. On imagine bien comment un Welles, un Lang ou un Wilder aurait pu en faire un film malin et racé d’1h30 mais non là c’est un Martin Scorsese Picture, forcément un classique en devenir donc il faut que ça claque. Pendant ses vingt-années, il aura hésité entre resucées de ses films cultes (A tombeau ouvert, version dévitalisée et artificielle de Taxi Driver ; Loup de Wall street, version hystérique de ses films de mafia ; idem pour Departed) et fresques historiques de luxe. Il est ironique qu’il ait obtenu l’oscar avec Departed qui le replace sur son terrain de prédilection, où il use des mêmes trucs qui ont fait son succès, très loin de ses films à oscar proprets. Mais je me souviens qu’à l’époque de la sortie du film la presse américaine se demandait si l’humour du film ne l’empêchait pas d’être un grand film, ce qui dit bien où il en était à l’époque, dans quelle cour de blaireaux il prétendait jouer.
                Sur la bêtise politique de Scorsese, il me semble que Scorsese n’est jamais passé pour un grand cinéaste politique. Déjà, il a été reconnu tardivement, notamment par les Cahiers. Et ensuite, il n’était pas vraiment perçu comme le cinéaste emblématique du Nouvel Hollywood. Thoret a toujours eu un problème à ce titre d’ailleurs : pour lui, il se distingue très nettement de Coppola, De Palma, Friedkin et cie et l’a toujours considéré comme un cinéaste qui n’avait pas grand-chose à dire.

                • #21719 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Comme Thoret n’a de critère critique sur le cinéma américain que sa dimension politique, et plus spécifiquement encore sa dimension de film sur l’Amérique, seul sujet à ses yeux, alors il se trouve bien démuni devant Scorsese qui de fait ne prend pas les choses par ce bout. Sauf un peu dans Killers, donc.
                  Oui Scorsese n’a jamais eu grand chose à dire, et c’est peut etre aussi pour ça qu’on l’aime plus que les autres cités. Dans Taxi-driver, c’est Schrader qui a tout un tas de trucs à dire, et des trucs assez creux. Pendant ce temps De Niro et Scorsese font un film, un film inspiré dans tous ses plans.

    • #21507 Répondre
      Anna H
      Invité

      Il y a plein de courts et moyens métrages de O. Iosseliani restaurés à regarder sur le site Henri de la Cinémathèque :
      https://www.cinematheque.fr/henri/film/70507-sapovnela-otar-iosseliani-1959/

      • #21509 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité
        • #21517 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Dans un autre genre, bressonien, et qui a peut-être inspiré Louis Malle pour son Humain, trop humain :
          https://www.cinematheque.fr/henri/film/70508-la-fonte-otar-iosseliani-1964/

          • #21522 Répondre
            Charles
            Invité

            Tu vas aller voir le Bellochio Hervé? Curieux de connaître ton avis.

            • #21523 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Non pas encore vu mais j’y compte bien, tout comme d’aller découvrir son Marx peut attendre.
              En attendant, je recommande à mon tour les deux films que j’ai découverts en salle ces derniers jours : le Radu Jude (N’attendez pas trop la fin du monde) et Le Ravissement d’Iris Kaltenbäck

              • #21529 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Peut-être les deux films à voir de cet automne en effet
                Mais pas vu le Bellochio.

                • #21537 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  En attendant le Rohrwarcher début décembre.

          • #21535 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Mais Louis Malle répand-il le Bien?

            • #21551 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Pas sûr car comme disait Freud au sujet de Louis, « quoi que vous fassiez, vous ferez malle ».
              J’ajoute un troisième film, dont j’ai déjà parlé, et que je situe plus haut encore que les belles œuvres de Hey Jude et Iris Coffee : L’arbre aux papillons d’or, qui permettra à cet automne cinématographique d’être le printemps de l’hiver.

              • #21679 Répondre
                GaelleS
                Invité

                « quoi que vous fassiez, vous ferez malle »
                Mais oui, on a reconnu ton imitation de l’Homme qui n’a pas de prénom

    • #21532 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je vois tout le monde parler de Bellochio, qui est-il

      Des recommendations peut-être ?

      • #21540 Répondre
        Anna H
        Invité

        Tu peux commencer par son premier long métrage (1965), Les poings dans les poches. On le trouve sur plein de plateformes.
        https://www.cinematheque.fr/article/967.html

      • #21599 Répondre
        lison
        Invité

        Moi je te conseille Vincere et Le traître parmi ses réalisations plus récentes.

        • #21602 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          +1. Grâce à la Gêne faite sur le sujet à l’époque j’avais gardé ce titre en tête. Le film est même sur Netflix pour info. Difficile d’en dire grand chose d’intéressant sans dévoiler l’histoire. La scène finale est très forte et efface bon nombre d’objections possibles contre le film (objections que je ne manquais pas de me faire de plus en plus au fil des minutes ).

          • #21607 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            (PS : je parle du Traître^^)

        • #21658 Répondre
          Ourson
          Invité

          Oooh mais oui le traître j’avais pas fait le rapprochement ! Le film était déjà dans ma watchlist et en plus j’ai adoré l’acteur dans le film Suburra, qui est peut-être un de mes films mafieux préférés, en tout cas à l’époque où je l’ai vu.
          Il faudrait que je me le retape, je le trouverais peut-être un peu conventionnel, americanoïde et caricatural maintenant

    • #21709 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Viens de sortir de ma séance « Le garçon et le héron ».
      Et j’ai été comme Parfaitement à l’eau un peu perdu dans tous ces mondes différents.
      Le monde réel, le monde des pélicans, le monde des perruches.
      On ne comprend pas tout.
      À la fois conte initiatique, onirique, psychédélique, quête des origines.
      Retrouvez à la fois sa mère morte, Mahito sait que sa mère est morte mais le héron le persuade qu’il peut l’aider à la retrouver, qu’elle a besoin d’être sauvé, Mahito doit la retrouver.
      Sa belle mère qui est sa tante et est avec le père de Mahito, attend un enfant, elle a aussi disparu, Mahito part à sa recherche et franchit les portes de différents mondes.
      Toujours entre deux mondes.
      Un univers à la fois à la « Alice aux pays des merveilles » et Matrix.
      Visuellement c’est magnifique, complètement psychédélique et poétique.
      Ce film m’a fait pensé à IQ84 de Murakami, pas par rapport à l’histoire mais par rapport aux deux mondes, deux univers différents, le monde de 1984 au Japon et le monde de IQ84 et la navigation et l’interpénétration entre les deux mondes.
      On retrouve cela ici.

      • #21720 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je suis d’accord avec la confusion du film, et elle m’interroge.

      • #21736 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Le film est perturbant je dirais même. Son père qui prend pour nouvelle compagne la soeur de sa femme tuée. Qui elle même est enceinte (du père ?).
        La perruche qui affute son couteau devant Mahito attaché je m’en pas encore remis…
        Ça me rassure qu’on semble être une majorité à ne pas avoir compris, Miyazaki nous prévient que si l’on cherche à le faire nous périrons, donc attention.
        C’est dommage quand même, j’ai pas eu ce plaisir de me laisser porter sans forcément tout saisir.
        PS : j’ai revu une image de Mahito sur une affiche, du côté de son crâne rasé, les yeux froncés et menaçant. J’ai tout de suite pensé à un indien. Hasard ? Mmmh je ne sais pas…

        • #21792 Répondre
          L’inconnu
          Invité

          Le film est confus et ça fait partie de son programme mais si on fait confiance à l’indice que nous laisse Miyazaki avec la citation de la Divine Comédie à l’entrée du couloir, « Fecemi la divina potestate », « J’ai été créé par le pouvoir divin » (le grand-oncle érudit sûrement) alors on comprend un peu mieux la structure et l’intention de la seconde partie (bien que le film est d’abord inspiré du Livre des choses perdues de John Connolly)

          Si on poursuite l’analogie, le héron et Kiriko jouent un peu le rôle de Virgil et sa mère / sa tante, le rôle de Béatrice.
          C’est d’autant plus clair qu’un pélican évoque l’enfer avant de mourir, et une perruche décrit la forêt de l’oncle comme le paradis.
          Cet extrait de La Divine Comédie est très parlant :

          Et si on est attentif, on remarque que tous les motifs de la première partie se retrouvent en miroir dans la seconde, de manière évidente avec la belle-mère au lit et l’écho entre les deux scènes, mais même des moins évidents, comme le héron avalant goulûment un poisson, Mahito faisant élimer un couteau, ou saluant respectueusement des soldats japonais, les cockpits d’avion en miroir du cercueil de verre de Himi etc. Les effets de miroir de la seconde partie éclairent rétrospectivement ceux de la première. C’est comme si la première partie contient la seconde mais sur un mode mineur.

          On peut ajouter à ça qu’il est dit que la chute de la météorite a lieu au moment de la Restauration de Meiji (1868, considérée comme l’entrée dans la modernisation, l’occidentalisation et la militarisation du Japon, et le recouvrement des pouvoirs de l’empereur – aux pouvoirs divins – empereur qui renoncera à ses pouvoirs divins en 1946) qui peut éclairer les choses sous un aspect politique ou historique. « J’ai été créé par le pouvoir divin »

          Le film est plus qu’une chasse aux signes mais il l’est en partie.

          • #21795 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Merci beaucoup L’inconnu pour ces éclairages et je pense qu’il faut plusieurs visionnages

            • #21801 Répondre
              L’inconnu
              Invité

              De rien 🙂

              Je pense que cette structure crée une forme poétique où les choses deviennent multiples, à l’image de la mère qui fond en eau sur le canapé, qui est à ce moment là à la fois la mère et la belle-mère (d’après ses vêtements et le fait que Mahito l’appelle Maman – à moins qu’il ait déjà accepté sa belle-mère comme sa nouvelle mère mais dans ce cas ça tue le récit dit initiatique…) .
              Ou la parabole des warawara qui est aussi bien une image de la chaine alimentaire que de la guerre (voire plus ?). Etc.
              Miroir du monde, mais donc commentaire du monde, à l’image des perruches qui semblent être des caricatures satiriques de soldats (le point de vue de l’oncle, qui trouve le monde réel « stupide », et a créé ce monde ?)
              Bref !

        • #21841 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Il y a quelque chose qui m’empêche de trouver ce film génial et je ne sais pas exactement quoi. On plonge dans un récit où « qui cherche à comprendre périra », et où pourtant fait beaucoup d’efforts sont faits pour nous montrer qu’il y a quelque chose à comprendre. Le film n’est pas une pure rêverie, je trouve qu’il repose tout de même pas mal sur l’ordre narratif et son cortège logique. Je vais faire une étrange comparaison mais j’ai revu Mulholland Drive dernièrement : structure onirique, mélanges de mondes et de temps, personnages parfois cauchemardesques, etc… Mais j’ai trouvé que le lâcher prise était plus intense car l’ordre narratif n’est pas ce qui fait tenir le film, les scènes se tiennent presque toutes seules.

          Cela dit, les dessins et les mondes sont si sublimes dans le Miyazaki que ça fonctionne : tous ces bâtiments fossilisés dans la verdure, ces jeux de lumière incroyables, les plans de paysages… C’est quelque chose… Sans doute à revoir une deuxième fois en effet

    • #21738 Répondre
      Charles
      Invité

      Y a une rétrospective Sacha Guitry en ce moment dans quelques cinémas. Je comptais voir le roman d’un tricheur et la poison, est-ce qu’ils valent le coup?

      • #21776 Répondre
        Monami
        Invité

        Roman d’un tricheur : film très curieux formellement pour son époque, qui a intrigué un certain Orson welles. J’ai trouvé ça pas mal.

        La poison : pour moi une des meilleures comédies françaises. Les fans d’Audiard doivent sûrement pas connaître Guitry, car en termes de dialogues on est très au dessus

    • #21784 Répondre
      Tony
      Invité

      Super nouvelle Patricia Mazuy est en tournage, scénario François Begaudeau et casting royal, ça sera peut-être prêt pour Cannes?
      https://cineuropa.org/fr/newsdetail/452265/#cm

      • #21785 Répondre
        Ostros
        Invité

        C’est une nouvelle sûre ? Ça fait longtemps qu’elle le tourne j’ai pas l’impression que ça avance. Si c’est une real news alors je suis contente qu’il aboutisse enfin.

        • #21786 Répondre
          Tony
          Invité

          D’après l’article le tournage a commencé le 17 octobre avec un changement de producteur.

          • #21787 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ils avaient annoncé le tournage pour début 2023 sur le site d’Arte mais y avait eu l’échec de Bowling Saturne qui avait eu un impact. C’est super qu’elle ait pu rebondir. Le film est bien soutenu : pré-achat de grandes chaînes, aide d’une région, etc. Fin novembre c’est dans la boîte et bientôt devant nos yeux.

            • #21789 Répondre
              Tony
              Invité

              Mazuy avec un bon scénario et un bon casting ça va faire un grand film, très content aussi pour François.

    • #21880 Répondre
      Malice
      Invité

      Je viens de découvrir la version filmique des » Gouines à suivre » d’Alison Bechdel,
      je recommande donc « Go fish » de Rose Troche
      Résumé : Max cherche l’amour, mais n’arrive pas à dédaigner très longtemps Ely jugée hideuse au premier regard.
      Scènes de copines et de drague qui m’ont frappée par leur réalisme, en particulier une séquence de dîner aboutissant à un premier baiser.

    • #21892 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      J’ai revu Pee-Wee cette semaine (que j’avais vu enfant sans vraiment de souvenir). Ce film est tout bonnement l’un des plus drôles que j’ai jamais vu : Ce mélange de candide et de rebelle, ses mimiques, son rejet de l’amour, sa dévotion au vélo. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ris à plein poumons devant un écran.

      Vous partagez ce bonheur qu’il procure?

      • #22163 Répondre
        Jean-Marie Bigard
        Invité

        J’ai gardé le même souvenir. Je crois avoir entendu Chabat dire dans une interview qu’il tenait ce film pour le plus drôle jamais réalisé

    • #21968 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Bonsoir
      Sur Tënk je recommande Southern Belle – avec une riche héritière texane
      https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/portrait/southern-belle

    • #21977 Répondre
      Graindorge
      Invité
      • #21978 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Tu l’as vu ? Aimé ?

        • #22229 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Ah oui! Beaucoup! Un film fluide! C’est le mot qui m’est venu. Tous les acteurs sont justes, jouent juste. Tous au service de l’histoire. Je n’en connais aucun. Et les gamins, je les trouve tous incroyables. Comment on obtient d’eux de jouer comme ça, ça reste pour moi un mystère. Il aurait gagné à être un peu plus long. Mais ça coûte cher de faire un film.

          • #22230 Répondre
            Graindorge
            Invité

            ce sont tous des non professionnels et de vrais agriculteurs.

    • #22148 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      Qu’est ce que ça pense de The Killer la commu ?
      La citation explicite des Google, Uber, Wework, Amazon, Airbnb (et autres que joublie surement) qu’utilise le tueur pour se « faciliter » la vie m’a réjoui.
      Beaucoup aimé ses « cuts fixes » pour passer du jour à la nuit, j’avais jamais vu ça. La scène de combat, censé être remarquable, je n’ai rien vu c’est trop sombre…
      La fin m’a laissé une drôle d’impression, limite un foutage de gueule, curieux d’avoir d’autres avis. Mais je conseille !

      • #22162 Répondre
        Charles
        Invité

        Je n’en attendais pas grand-chose. J’ai été intrigué par le début assez lent, monotone, presque volontairement ennuyeux comme si Fincher renonçait à sa virtuosité et même à une certaine efficacité avec son personnage qui déjoue les attentes de super tueur et puis une fois que la scénario s’enclenche avec la vengeance qui démarre le film devient beaucoup plus banal. Le tueur est remis sur les rails du surhomme classique dans le genre- celui qui prépare tout minutieusement et exécute parfaitement sa mission de façon totalement irréelle. Les scènes de meurtre n’ont rien d’original, y compris la scène de baston centrale (où Fassbender devrait être assommé dix fois et ne jamais se relever) qui reprend les codes du genre : l’arme tombe sous le fauteuil et devient inaccessible, on passe de pièce en pièce et on se sert de tout ce qui traine comme arme etc. Le film court alors après une efficacité a minima qui n’a plus beaucoup d’intérêt alors que l’ensemble paraît dévitalisé. La fin n’a pas beaucoup de sens. J’ai aussi noté les marques contemporaines et la presse française délire depuis quelques jours sur le film comme critique du capitalisme contemporain et de l’ère du jetable. C’est sans doute la seule façon de rehausser le film.

        • #22164 Répondre
          Charles
          Invité

          La vraie surprise du film c’est cet hommage improbable à la blague favorite de Michel Boujenah : https://youtu.be/vAL3GY_XZc8?si=aryr0dRLZ7JNNIsF

          • #22166 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Force à vous deux de regarder un nouveau Fincher le jour de sa sortie.

            • #22182 Répondre
              Charles
              Invité

              C’est l’intérêt de Netflix, tu peux voir les films le jour de leur sortie sans faire l’effort de se lever de son canapé.

        • #22174 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          C’est pour être prêt pour la critique dithyrambique de capturemag.

        • #22184 Répondre
          Seldoon
          Invité

          La seule originalité du film est effectivement ce début. Le film ne fait pas semblant d’être autre chose après ça, et le résultat est inégal. Je note que style Fincher sied mieux à certains environnements qu’à d’autres. Il est à son aise aux États Unis mais paraît déplacé dans les rues parisiennes ou devant un taxi tout rond en République dominicaine. Je note aussi que sa principale force, la façon dont en général je me retrouve à observer avec intensité le moindre frémissement ou geste de ses personnage, est considérablement diluée quand trop de choses bougent à l’écran. Ici Fassbender se retrouve en déplacement tout le temps. C’est pourquoi le début et la scène de Tilda Swinton fonctionnent mieux que le reste.
          Les cuts fixes jour/nuit c’est toujours sympa, mon préféré est dans Hot Fuzz.

          • #22187 Répondre
            Charles
            Invité

            La scène avec Swinton m’a un peu ennuyé, je l’ai trouvée dans grand intérêt – pas de tension, dialogues banals etc.
            J’aime beaucoup Fassbender dans le film, si inexpressivité et surtout sa fatigue, très présente au début. Il est entre deux âges, plus jeune mais pas encore vieux, avec un corps sec mais pas malade, des gestes précis et rapides mais qui semblent lui coûter.
            J’aurais aimé que le film ne soit que ça, que lui à Paris en train d’attendre, d’essayer de ne pas dormir, de se maintenir à l’affût.

      • #22218 Répondre
        Doug
        Invité

        J’ai aimé cette opération du film qui serait d’actualiser la figure du tueur à gages (j’ai pensé au Samouraï de Melville dans cette introduction parisienne) à l’époque contemporaine en lui prêtant des synergies avec le capitalisme de services. Ce plan où par transparence on réalise que le tueur s’était niché non plus dans un appartement ou un chantier mais dans un espace WeWork m’a semblé une belle note d’intention, qui se poursuit quand des données matérielles manquent de faire dérailler son exécution (le verrou grippé du scooter en libre-service), et que le reste du film illustre en disposant Amazon Lockers, boxes à louer, béquilles de circulations de flux variés d’un côté, et données matérielles et relationnelles vécues comme des contraintes de l’autre.

        @ Charles – Je pense qu’il ne tue pas le milliardaire car c’est un client, au contraire de ses concurrents (Swinton et la brute) et de son commanditaire (assimilable à un employeur ou à un agent) – en somme déjà freelance du meurtre il se libéralise au carré ?

      • #22409 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Le film est très bavard. Je me demande ce que ça aurait donné sans voix off, je pense que ça aurait fonctionné. La seule utilité de celle-ci éclaire la conclusion, dans le monologue intérieur sur l’élite et la masse, dans lequel le tueur reconnaît finalement faire partie de la masse. Mais c’est vraiment du surlignage au stabilo fluo. On l’a vu travailler pendant tout le film, le fond était là (aux dépens de toute crédibilité).
        Sinon il ne tue pas le client (meilleure scène du film) parce qu’il ne veut pas tuer le Capital, ne veut pas d’une révolution. Le tueur n’est qu’un bourgeois dérangé dans sa routine, d’abord par son erreur professionnelle puis par ses conséquences immédiates, puis par sa crise de conscience de classe : celle-ci s’achèvera avec le choix réactionnaire final.
        Aux yeux du client, il n’est qu’un prolétaire. D’ailleurs, le client manifeste la seule émotion authentique parmi les cibles, la surprise. Ce moment où un roturier dégueulasse le tapis – ce moment éphémère et sans conséquence. Meilleure réplique : « ah, l’immeuble est bien gardé, eh bien ! Les étrennes seront maigres cette année ». Pas un moment il ne songe qu’il peut mourir.
        Niveau réalisation, certains plans – aéroports, mobilier, accessoires – ressemblent beaucoup à Fight Club. Il y a un fétichisme de l’accessoire un peu rigolo. C’est peut-être la singularité de Fincher comme les squelettes et le macabre celle de Tim Burton. Enfin on n’est pas chez Roland Barthes non plus.

        • #22420 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Sur la voix off je me suis surtout demandé, notamment à Paris, pourquoi elle n’était pas sur les plans subjectifs, quitte à la noyer dans la musique forte (de toute façon elle fonctionne souvent mieux en bruit de fond musical avec ses répétitions qu’en véritable texte à suivre mot à mot). Au lieu de la mettre sur les plans du tueur, quand on n’entend que la musique qui s’échappe de son casque. Le jeu du subjectif/objectif n’est pas mené à son terme. Il est possible que ça ne marchait pas, je sais qu’ils ont pas mal experimenté de ce côté mais tel quel on est dans un drôle d’entre deux.
          Le fétichisme de l’accessoire c’est surtout que le sujet de Fincher c’est souvent le travail. Quand ce travail est physique ça l’arrange, il peut filmer autre chose que des claviers et des écrans.

    • #22185 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Critikat soulève la prédominance de déchet dans le film, il passe son temps a casser, jeter des trucs; consommer du papier, plastique, des produits qui servent qu’une fois. Je trouve que le film n’en fait rien de ça, c’est juste plus pratique, moins cher de faire comme ça mais cela n’a pas d’impact dans l’histoire. Même constant avec son empreinte carbone monumentale. Mais pourquoi cette fin complètement con ?!

      • #22186 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Le millionnaire à la fin est le meilleur acteur du film, je retrouve mon Fincher dans cette scène je suis rivé à ce qui s’y passe. Si tu parles de la fin sur la plage, toutes les scènes avec la copine sont les pires et les plus désinvesties.

        • #22188 Répondre
          Charles
          Invité

          Spoilers. Mais pourquoi il ne tue pas ce boss de fin? Par peur de représailles ? J’avoue ne pas comprendre.
          La meilleure critique que j’ai lue sur le film est celle d’Orignac dans les Cahiers dont on peut lire un extrait ici : https://www.facebook.com/646007245/posts/10161260286542246/?mibextid=rS40aB7S9Ucbxw6v

          • #22189 Répondre
            Tony
            Invité

            Oui la première partie parisienne est une réussite,on pense évidemment à Hitchcock,le cadrage et la tonalité de la photo sont superbes,le soliloque intérieur du personnage est intéressant,on croit entendre le credo de l’individu libéral contemporain(l’homme est un loup pour l’homme,l’élite exploite la masse,la masse rêve d’appartenir à l’élite,à chaque action se demander ce que j’ai à y gagner etc…)
            L’arrivée à Saint Domingue est réussie aussi quand on le voit tel un fauve s’approcher de sa maison mais il est vrai que la suite fait carte postale.
            Il y a quand même une séquence de meurtres très réussi quand il exécute ses employeurs,je ne vais pas la déflorer mais elle est impressionnante de tension.
            Comme Charles je trouve dommage aussi que cette scène de combat soit aussi peu réaliste(un coup de poing qui fracasse un mur sans faire trop de mal à celui qui le reçoit ça déréalise le combat,il ne reste plus que la chorégraphie ce qui peut être plaisant aussi comme dans certains films que l’on faisait à une époque à Hong Kong mais là ça ne fonctionne pas).
            Force est de reconnaître que l’on ne s’ennuie pas,il y a une patte Fincher,une efficacité qui permettent au film de tenir malgré ses invraisemblances et un récit minimal qui ne prétend pas raconter autre chose que ce que l’on voit.On pourrait gloser sur la fascination de Fincher pour les tueurs,psychopathes dangereux dans certains films et,ici,métier devenu utile dans un monde libéral.

          • #22190 Répondre
            Tony
            Invité

            Selon moi il épargne le boss à la fin car il n’a rien à gagner,au contraire il sait qu’il y aura une enquête sérieuse et qu’il y a un risque(caméras etc..)

          • #22192 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Charles : ça m’a surpris mais il me semble qu’il l’annonçait en amont, en disant que ça attirerait trop la police. Il y a une phrase en voix off quand il traine autour de l’immeuble sur l’attention des flics proportionnelle au compte en banque.
            Tony : j’aime beaucoup cette scène aussi, globalement quand le film veut mettre de la tension il en met. La scène de combat m’a bien plu, elle est d’une banalité légèrement déprimante mais dans le style je m’y suis amusé. Je crois qu’au fond l’action n’a jamais tant intéressé Fincher (il y en a particulièrement peu dans une filmographie faite de thrillers et de tueurs et en série) et qu’il s’est plutôt demandé comment faire une scène très pro plutôt que comment faire une scène. Elle est précise et plutôt drôle.
            Le soliloque libéral qui se met à douter de lui-même c’est sympa mais dans le style il y avait moyen de faire mieux.

          • #22201 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Bon texte d’Orignac, dommage qu’il ne creuse finalement pas la question annoncée sur Facebook : celle du son du film. C’est le Fincher qui l’utilise le plus.

          • #22224 Répondre
            Tony
            Invité

            Elle est pas mal la critique de Chessel dans Libé, j’avais pas fait le rapprochement avec le film de Soderbergh mais c’est bien vu.

            • #22264 Répondre
              Lassou
              Invité

              Quelqu’un peut partager la critique ici svp ?

              • #22272 Répondre
                Tony
                Invité

                Je ne suis pas abonné à la version numérique,je crois que Charles peut le faire svp.

                • #22421 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Leo L pose la bonne question : est ce que le film était possible sans voix off. La réponse est oui, et il en eût été bien meilleur. Car ce texte est insupportable, j’y retrouve les accents stupides de Fight club, et tous les clichés du genre. J’ai cru à un pastiche, et le fait que la voix disparaisse ensuite, n’étant plus réduite qu’à des mantras qu’il est en train de nier – ne fais que ce pour quoi tu es payé, or ce n’est pas ce qu’il est en train de faire- pourrait le laisser penser. Comme ce personnage est un cliché ambulant, jusqu’à sa façon de se faire craquer les os du cou.
                  Sans voix off le film serait allé au bout de lui même : un film post humain. Un film qui ne brille que par ces objets, sa matérialité non-humaine. Tout ce qui est humain dans le film ne marche pas : le personnage central est un robot mille fois vu – et Fassbender n’est humain que dans la mesure où on commence à lui trouver un petit air de Jean-Claude Vandamme-, la brute porte bien son nom, l’épouse n’existe pas, et le numéro de « l’experte » experte de rien est au fond sans surprise. Par contre ce film est un festival d’objets et de sons liés à ces objets. Il est d’une minutie sonore – y compris dans le mixage entre BO et sons in – exceptionelle. Ce film globalement muet m’a captivé de bout en bout pour ça. Jusqu’à la scène du milliardaire qui est effectivement très bien – même si le texte aurait pu y être plus fort (à comparer au génial monologue du commanditaire Matt Damon dans No sudden move.)
                  Fincher n’est pas doué pour l’humain. Seul le mécanique l’intéresse (le soin avec lequel il film et sonorise les bagnoles est dingue, fétichiste oui sans doute) S’il va au bout de ce tropisme, il a sous le pied le grand film qu’il n’a pas encore fait.

                  • #22426 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    La voix-off est pénible mais effectivement on comprend vite que Fincher a beaucoup plus d’ironie et de distance à son sujet que dans Fight Club, et elle est vite abandonnée.
                    Je ne suis pas d’accord sur Fassbender qui ne correspond pas tout à fait au cliché du tueur. Il a peu à voir avec JCVD quand même, il n’est pas du tout bodybuildé et ne grimace pas, il n’a pas ce petit sourire en coin qui caractérise l’acteur belge. Il n’est pas hiératique comme Delon, pas flippant comme le tueur d’Henry, pas burlesque et inquiétant comme Dillon dans le Lars Von Trier. Il n’est pas mythique ni séduisant mais est juste un fonctionnaire du crime, sec et fatigué, trop pour suivre ses mantras. J’aime beaucoup la comparaison avec le touriste allemand, assez drôle et bien vue.

                    • #22428 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Ca marcherait mieux avec un type moins beau (comme dans la bd), quand même. Là il fait touriste Berlinois qui est venu à Paris pour la fashion week.

                      • #22436 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Rires. Sa beauté ne me dérange pas car elle n’est pas irréelle comme celle de Brad Pitt ou aseptisée comme Tatum, c’est finalement une beauté assez passe-partout.

                      • #22458 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        un peu hiératique quand même
                        souvent muet, souvent raide, souvent immobile
                        et drole une seule fois – quand il sort un truc à raper du tiroir de cuisine pendant la baston.

                    • #22429 Répondre
                      Parfaitement a l’eau
                      Invité

                      Qu’avez vous pensé de la fin (scène de clôture à lanplage) ? Qui tombe comme un cheveu sur la soupe, durant laquelle il explique qu’il fait partie du grand nombre en acceptant l’incertitude de la vie (à l’opposé total de la 1ere séquence parisienne). Le parcours du tueur ne laisse pas présager se genre de retournement à mon sens. Arrêter le film juste après la scène avec le milliardaire aurait été préférable non ?

                      • #22430 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Couper toutes les scènes liée à sa copine serait préférable.

                      • #22460 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Et couper ce texte, fumeux comme du Fight club. Ca a l’air de dire un truc profond et en fait c’est de la bouillie.
                        On dirait un pastiche de la voix off finale des affranchis.

                        En revanche la femme est utile pour montrer à quel point elle n’existe pas.
                        Totalement inutile dans ce cinéma de garçons.

                      • #22461 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        C’est vrai que cette voix off est curieuse,je me suis souvent gratté la tête pour en comprendre le sens et pourquoi serait-elle davantage justifiée dans le film de Von Trier?Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce qu’il a vu sur la paire de chaussettes du gars croisé dans l’avion, drôle de scène paranoiaque en tout cas?

                      • #22464 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        La chaussette c’était très bien, j’aurais aimé plus de détails comme ça dans le film. Pour moi il se demandait si ce mec était vraiment ce qu’il semblait être. On n’aura jamais la réponse.

                      • #22465 Répondre
                        Parfaitement a l’eau
                        Invité

                        Le truc des chaussettes j’ai bien aimé, ça a un côté facile pour montrer que le tueur a toujours un coup d’avance ou est ultra observateur (on peut supposer qu’il a déjà croisé ces chaussettes). Mais ça marche bien, et c’est assez marrant à froid.

                      • #22462 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        D’ailleurs Fincher coupe court à toute surinterpretation des marques présentes dans le film :

                        Ce sont des éléments matériels. Amazon répond à « comment se procurer ce dont il a besoin », alors que « pour James Bond je ne me pose jamais la question, il a accès à un budget et un arsenal illimité ». WeWork c’est effectivement ironique, mais Fincher précise bien que ce n’est pas la satire la plus mordante du capitalisme.
                        Dans le même Q&A il évoque rapidement le son du film, dont la référence était un vieux programme de la BBC (je crois) dans lequel le micro était toujours sur la caméra. Il y avait donc des cuts sonores brutaux et une tendance à mettre en avant tout ce qui se trouve dans l’axe de la caméra. Un son plus documentaire (il lache le mot).
                        Pour le reste, on apprend que le film est quand même un compromis entre une version « pas d’intrigue, on regarde juste un assassin assassiner » et « on garde quand même une sorte de fil narratif pour Netflix ».

                  • #22431 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Fincher a quand même su montrer des humains par le passé, il semblerait qu’il s’en détache de plus en plus. Mais ce qui me marque surtout c’est sa capacité à faire exister en deux secondes un certain type très particulier d’humains : les hommes des hautes sphères. Le millionaire ici est criant d’incarnation et de réalisme dès son premier plan. Dans The Social Network, à la fin quand Mark rentre dans le bureau des financiers qui vont effectivement le financer, on comprend du premier coup d’oeil tout ce qu’il y a à savoir sur les hommes – qui n’auront pourtant pas de scène. Leurs différences (chemises, langage corporel, sourire, coupes de cheveux…) avec les nombreux hommes en costumes qu’on croise dans tout le film saute aux yeux.

                    • #22459 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      On peut alors se dire qu’il est très bon pour filmer des humains inhumains
                      Qui le fascinent comme une sorte d’horizon à atteindre : un cinéma sans sentiment, dénué d’empathie. Moi ça m’intéresse. Encore un effort David, je t’attends au bout du chemin. Je t’attends depuis si longtemps.

        • #22196 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          Je parle plus de la scène de fin à la plage et le discours où il contredit tout ce qu’il est et à fait précédemment. Le discours devant le milliardaire se tient dans le sens où il tape où ça fait mal (le sentiment de sécurité, le besoin de contrôle, la limitation de tous les risques).
          Concernant la scène de combat, le gros problème est la lumière, je l’ai vu sur vidéo-projecteur (oui je suis un nabab) et j’ai quasiment rien vu. Pas sur qu’au cinéma La scène soit visible.

          • #22198 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Tu l’as vu en journée, non ? De nuit sur ma tv (pas super haut de gamme) c’est sombre mais parfaitement lisible.

            • #22199 Répondre
              Parfaitement a l’eau
              Invité

              Oui je l’ai vu à midi, mais volets et portes fermées. Peut être que j’aurais gagné un peu de nuit.

              • #22202 Répondre
                Ostros
                Invité

                Excusez-moi. J’interromps une petite seconde car quelque chose vient de m’apparaitre qui nécessite une confirmation – ou pas. Rien à voir avec la conversation en cours.
                -> Parfaitement à l’eau = parfaite menthe à l’eau ? Ou rien à voir ?

                • #22203 Répondre
                  Parfaitement a l’eau
                  Invité

                  Oui c’est l’idée. Bon on ne contrôle pas toujours son humour.

                  • #22207 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Je ressens une petite fierté à l’avoir décodé.

                    • #22209 Répondre
                      Parfaitement a l’eau
                      Invité

                      Bien joué

    • #22193 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Pour revenir sur la scène de baston : son manque de réalisme ne m’a pas dérangé le film ne fait pas de mystère : on est dans le pulp. D’autres incohérences plus scenaristiques me gênent. Les tueurs qui vont jusqu’à leur cible en taxi et laisse le chauffeur en vie. Fassbender qui compte sur le fait que l’ascenseur du livreur arrivera avant les 7 secondes que durent la fermeture de la porte du bureau de l’avocat. Etc.

    • #22194 Répondre
      Tony
      Invité

      Le coup des 7 secondes c’est assez jubilatoire,on comprend aussi à ce moment là la raison de l’envoi FedEx la veille et on se dit que tout est calculé c’est assez génial je trouve.La scène de combat aurait gagné en tension si elle avait été plus matérialiste.

      • #22197 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Le combat m’a beaucoup fait penser à celui entre Charlize Theron et Tom Hardy du dernier Mad Max. Mais celui la était plus jouissif, plus ludique, avec des objets étonnants (portière de voiture…) et devenait un combat à 3 avec des alliances temporaires.
        J’ai l’impression que la BD the killer est très inspirée de la série de jeux vidéo Hitman, dont tout le principe est de prévoir ce genre de petits détails, utiliser les systèmes en place (livraison…) pour anticiper les actions de chacun, poser un objet dans un coin pour modifier une trajectoire et s’introduire où on veut. On y gagne même des points quand les cadavres ne sont pas découverts ou que les victimes paraissent accidentelles. Ces jeux ont même une raideur toute fincherienne.

    • #22220 Répondre
      Tony
      Invité

      Elle a l’air bien cette série signée par un des frères Safdie

      “The Curse” : Emma Stone exceptionnelle dans une folie signée Benny Safdie 

      • #22221 Répondre
        Mathieu
        Invité

        En tout cas Théo Ribeton arrête pas de se branler dessus ces derniers jours, que ce soit sur Twitter ou dans son podcast
        Je sais pas si c’est bon signe, ceci dit

        • #22223 Répondre
          Tony
          Invité

          Ah bon?je trouve qu’il est plutôt fiable,c’est une belle plume aussi.

      • #22561 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        J’ai regardé le premier épisode hier. J’ai bien aimé. Mais ensuite, j’ai voulu me renseigner davantage sur ce Nathan Fielder. J’ai regardé le premier épisode de Nathan for You (disponible via MyCanal) et désormais cet homme obsède mon esprit. Est-ce que certains ici le connaissent depuis longtemps ? Si oui, qu’attendiez-vous pour nous en parler ?

        • #22562 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          J’en ai déjà parlé. C’est un génie et un grand malade.

          • #22608 Répondre
            Isd
            Invité

            Je fais moi-même partie du fan-club de Nathan Fielder : Nathan For You, The Rehearsal et maintenant The Curse, on assiste à l’événement d’un grand auteur comique… Et d’un comédien d’une grande puissance d’incarnation, provoquant autant le rire que le malaise. Après avoir vu le pilote de « The Curse », cela fait plaisir de retrouver son ton si singulier dans un dispositif de fiction. Quel bonheur d’assister à de vraies scènes qui nous font parfois penser à Lynch et son inquiétante étrangeté. Hâte de voir la suite !

            • #22609 Répondre
              Isd
              Invité

              J’avais d’ailleurs posté une critique de « Nathan For You » sur une ancienne page du forum, que je me permets de reposter ici, si tu veux en savoir davantage sur la série @Toni Erdmann

              Nathan, diplômé d’une grande école de commerce, vient en aide à des petites entreprises en difficulté pour redorer leur business. Sauf que les solutions qu’il propose sont tellement créatives qu’elles en deviennent absurdes voire dangereuses et donc complètement improductives.
              Dans le segment le plus connu du programme, qui a valu à la série sa renommée, Nathan ouvre un faux café Starbucks appelé “Dumb Starbucks” pour attirer les clients curieux. Les noms de tous ses produits sont préfixés par “Dumb”, et la boutique propose des goodies imitant les vrais produits Starbucks à vendre. Nathan parvient à convaincre que le café est légal car il est considéré comme une œuvre d’art parodique, mais les représentants de Starbucks menace de le traîner en justice, ce qui met à mal l’expérience…
              La série s’inspire des méthodes de la télé-réalité, dans le sens où les entreprises présentées sont réelles et ont consenti à être filmées. Sauf que les employés ne sont pas au courant que c’est pour une émission de comédie. Leurs réactions aux improvisations de Nathan Fielder sont 100% authentiques. De même, on apprend en découvrant les méthodes de fabrication de la série que les épisodes sont constamment réécrits en fonction des interactions entre les personnes “piégées” et le personnage de Nathan. Ce qui donne à la série une très grande liberté narrative. Tout peut arriver à n’importe quel moment et prendre des directions aléatoires. Par exemple, dans l’épisode “Mechanic, Realtor”, Nathan convainc un agent immobilier en difficulté de vendre des maisons en affirmant que les maisons ne sont pas hantées et qu’il n’y a donc pas de fantômes à l’intérieur. Il va même faire appel à un exorciste pour prouver que la maison est un endroit tranquille. Mais l’exorciste commence à ressentir la présence d’esprits ce qui remet complètement en question les plans de Nathan.
              La série n’est pas qu’une simple farce. Les obstacles que rencontrent Nathan Fielder, sorte de figure parodique du startupeur démiurge, vont souvent faire ressurgir l’humanité des personnes piégées, des américains de tout âge, de toute classe sociale et de toute communauté. Par exemple, dans l’épisode “Claw of Shame”, Nathan tente d’aider une personne à surmonter sa dépendance à l’alcool en créant un dispositif de verrouillage de la boisson appelé “The Claw”. Le dispositif ne peut être déverrouillé qu’après avoir couru un parcours d’obstacles, ce qui oblige la personne à se mettre en forme pour pouvoir boire.
              “Nathan for you” regarde d’un œil satirique les pratiques commerciales modernes mais sur un mode régressif. Nathan Fielder pousse la logique de l’entreprenariat jusqu’à l’absurde, il utilise ses idées de marketing farfelues pour révéler les absurdités du capitalisme, la manipulation des consommateurs et les limites de la publicité.
              La série se situe quelque part entre Borat, Pimp My Ride et The Eric André Show, elle mélange télé-réalité, documentaire, humour cringe et satire pour offrir une expérience de visionnage unique et hilarante, que je vous conseille !

              • #22615 Répondre
                Toni Erdmann
                Invité

                Merci Isd. Notre mission est désormais de répandre ce savoir, légitimer cet homme en France, le faire connaître et reconnaître.

                • #22652 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  je ne connais pas
                  je vais découvrir
                  une sorte de Dava anglo-saxon?

                  • #22673 Répondre
                    Isd
                    Invité

                    Ce ne serait pas impertinent de les rapprocher. Sauf que l’humour de Dava se repose davantage sur le texte, là où Nathan Fielder crée de véritables situations, à travers des dispositifs filmiques très alambiqués. On est davantage dans une forme à la Sacha Baron Cohen, où il devient de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux. Mais sans le côté scato et border, dans un style davantage new-yorkais dandy à la Charlie Kaufman. Surtout dans « The Rehearsal », que j’aime moins que « Nathan For You » pour cette emballage un peu trop chic. Mais là où Fielder est fascinant, c’est dans le personnage qu’il incarne, sorte de clown entrepreneurial névrotique. Contrairement aux Dava, c’est un vrai personnage fait de chair, qui suit une vraie logique, bien que complètement flinguée de l’intérieur. Bref, je ne peux que t’encourager à découvrir son travail.

                    • #22675 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Question pour les connaisseurs de Fielder : est-ce que vous savez si certains passages sont de la vraie caméra cachée ou si c’est 100% de la fiction ? Dans Nathan for you (qui est sa seule série que je connais un peu) on se demande en voyant les réactions de certains figurants.

                      • #22676 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        C’est pas de la caméra cachée : la caméra n’est justement pas cachée. C’est le concept de l’émission qui est vrai-faux : les entrepreneurs croient à une émission pour aider leur business. C’est justement parce que la caméra n’est pas cachée qu’ils acceptent certaines choses insensées. Les épisodes les plus sophistiqués injectent des acteurs, mais les personnes impliquées dans les situations sont réelles.

                      • #22677 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Oui caméra cachée n’est pas le terme, mais donc les réactions sont réelles ? Par exemple le caricaturiste qui est amené à faire des caricatures racistes sur la plage ?

                      • #22680 Répondre
                        Isd
                        Invité

                        Nathan Fielder conserve le secret sur la fabrication de son show. A en croire les réactions des personnes piégées, j’ose croire que 90% des personnes filmées sont réelles, car la plupart des réactions paraissent authentiques Il semble difficile de « jouer » la gène ou le malaise de manière aussi réaliste. Malgré tout, il se peut parfois que Nathan fasse appel à des acteurs, comme dans l’épisode où il engage les sosies de Johnny Depp et Bill Gates (?!) pour booster la clientèle d’une boutique. Mais c’est toujours explicitement dit. Là où j’ai eu le plus gros doute, c’est dans l’épisode « Gaz Station ». Fielder propose à une station service de vendre l’essence la moins chère de Los Angeles en échange que les clients se rendent de l’autre côté de la ville pour gravir une colline et décrocher le bon de réduction. Jusque-là, on peut y croire. Mais quand l’épisode twiste sur Fielder qui annonce que les personnes doivent également dormir sur place en camping, j’avoue avoir eu un doute. A moins qu’il y a pour chaque épisode des dizaines de tentatives… Et le montage ne garde que le meilleur ?

                      • #22681 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Les réactions sont réelles dans le sens où elles sont influencées par la caméra. La série creuse ces questionnements.

                      • #22820 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        https://the-take.com/read/how-much-of-nathan-for-you-is-real-is-anything-scripted

                        Il semblerait donc que presque tout soit « réel » mais qu’il y ait un jeu de billard à 4 bandes dans lequel personne ne joue le même jeu. Afin d’obtenir certains comportement, il ne dit pas la même chose aux participants et au public. Ainsi un des personnages pense être dans un « daring show », or l’épisode ne le mentionne pas. Je viens de regarder un épisode dans lequel il engage un gardien pour un magasin et les actions du gardien semblent préparées d’avance et ne collent pas avec ce qu’il lui dit à l’écran. Il doit lui avoir dit d’autres choses en off.

    • #22232 Répondre
      Ostros
      Invité

      Sans toit ni loi sur Arte en ce moment ainsi que Cléo de 5 à 7 et 11 autres films dans une rétrospective dédiée à Agnès Varda.

    • #22276 Répondre
      Tony
      Invité

      News ciné très étonnante,Linklater s’apprête à tourner un film en français sur la nouvelle vague et le tournage d’A bout de souffle,il travaillerait sur le casting pour les rôles de Truffaut,Godard,Rohmer etc…
      https://www.worldofreel.com/blog/2023/11/11/qxdthzijyxjbhb0tmdh65wuy0bjtzq

      • #22281 Répondre
        Ostros
        Invité

        Intéressant ça merci.
        A l’opposé du spectre une réalisatrice française dans la veine de Nakache et Toledano est en train de préparer une série TV sur la nouvelle vague où Godard, Truffaut, Pialat, Varda, Marker, Rohmer, etc. seront vus comme une bande de joyeux copains qui traversent des épreuves ensemble à la manière des bandes de potes des films de Guillaume Canet. Comment un tel projet peut-il obtenir des financements c’est un mystère. Tout ça pour dire que le long de Linklater fait vachement envie, lui.

        • #22283 Répondre
          Tony
          Invité

          Moi j’ai toujours pas vu le film d’Hazanivius sur Godard…mais oui le Linklater est très très intriguant.

          • #22286 Répondre
            Tony
            Invité

            Et une dernière news,Huppert vient de tourner un film avec Hong sang-soo,ils n’étaient que 3 sur le tournage,hss faisant aussi la lumière et une fille tenant la perche son,la caméra était tellement petite qu’on ne la voyait pas…

            • #22292 Répondre
              Ostros
              Invité

              C’est une heureuse nouvelle merci.

    • #22433 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je viens enfin de voir le film Farang que je n’avais pas pu voir à l’époque de sa sortie.

      En gros : c’est un peu un « The Raid » à la française, on est clairement dans le film de genre. Le genre « fighter déter’ et énervé qui fracasse tout le monde » (alla Old Boy, Ong Bak, Man from Nowhere, John Wick, Equalizer, le Jeu de la Mort, j’en passe… On sent aussi une pointe de Irréversible).
      Et comme beaucoup de films de genre, il y a du cochage de cases (le fameux « 1 vs 10 dans un couloir sombre » pour ne reprendre que celle-là)

      En tant que grand fan du genre, ça ne m’a absolument pas dérangé, mais je pense avoir décelé d’autres qualités au film qui le singularisent un peu par rapport à ceux que j’ai cités.
      La première partie a le mérite de l’ancrer un peu dans la réalité.
      On part de la vie d’un prolo qui sort de taule, qui essaie de mettre un pied devant l’autre, et la violence dans laquelle il évolue est relativement crédible et inhérente à son milieu social. Le « prétexte » qui va faire basculer le film de « drame social » à « film de bastion » tient plutôt la route en ce sens. On est loin du héros qui veut buter tout le monde parce que le boss de telle ou telle mafia a tué son chien ou kidnappé sa femme.

      Ensuite, rien que pour les dix minutes de la scène du combat de muay thai, je trouve que le film mérite d’être vu de tous.
      En tant que fan et pratiquant d’arts martiaux, je crois ne jamais avoir vu le muay thai filmé de la sorte au cinéma, on sent qu’il y a un vrai intérêt de l’auteur pour cette discipline. Il pose tranquillement la caméra sur les combattants dans les vestiaires, les bookmakers qui prennent les paris, le ram muay avant les combats, la musique très singulière, les danses de préparation, etc…
      Je pouvais presque sentir le baume du tigre à travers l’écran tellement la réalité du sport à bien été retranscrite à l’écran.
      On peut en dire autant du combat : on sent que les chorégraphes ont « lissé » un peu le tout pour que ça reste lisible, mais pas tant que ça, les techniques sont plus ou moins respectées, on a des phases de clinch, des coups de coude qui ressemblent à des coups de coude, des coups de genou qui ressemblent à des coups de genou, etc…

      Et puis vient le fameux « élément déclencheur » qui bascule le film dans du John Wick : patron de pègre, check. Héros traumatisé, check. Bastons sous les néons dans des boîtes de nuit : check. La bonne nouvelle : c’est que c’est quand même vachement bien fait. On délaisse un peu le muay thai, on part plus sur du Tae Kwon Do et des combats au sabre, mais c’est jouissif, violent et généreux : on a des mutilations, des os qui craquent, de belles projection, de belles chorégraphies… Mais ça tranche un peu avec l’image du banlieusard qui fait quelques galas semi-pro entre deux chantiers : on passe brusquement au tueur qui se bat comme un robot et qui arrive à massacrer des dizaines de thaïlandais tel un protagoniste de jeu vidéo.
      D’ailleurs, tout est un peu filmé comme un jeu vidéo à ce stade du film, avec des niveaux, des boss de fin et des décors en CGI. On a d’ailleurs très souvent cet effet de caméra qui consiste à synchroniser le corps du combattant à la position de la caméra ce qui donne un aspect très « robotique » qui avait d’ailleurs été utilisé dans le film « Upgrade » (même style de film version SF, où le héro est possédé par une IA de combat

      En bref, je recommande ce film aux fans du genre, peut-être un peu moins aux autres qui vont être déçus par la bascule au milieu du film.
      Je pense qu’il y avait vraiment moyen de reprendre le format « John Wick » en réaliste, avec des combats moins spectaculaires, mais plus crus et plus réalistes chose qui n’aurait peut-être été jamais faite. On sent que le réalisateur a tordu son scénario pour prétexter ses scènes de combat, ce qui annule presque la première moitié du film et la petite backstory dramatique qui sert juste de justification au plaisir coupable qu’on va ressentir en voyant tous ces malfrats se faire déchiqueter

      (Le film est dispo 3€ à la location sur à peu près toutes les plateformes de VOD)

      • #22437 Répondre
        Ourson
        Invité

        Quelques précisions sur les acteurs du film : l’acteur principal, Nassim, n’en fait pas des caisses et est relativement discret, mais je trouve que ça renforce cet aspect « jeu vidéo » qui désenclenche un peu toute la tension dramatique du film.
        Il n’y a quasiment aucune présence féminine, mais on pourra remarquer les rares combattantes du film sont mises en avant et sont parmi les plus cruelles et les plus dangereuses opposantes du héros. En dehors de ça, il y a bien sûr la femme et la fille qui comme je l’ai dit servent surtout de prétexte au speed-run du protagoniste… Tout comme le boss de fin joué par Olivier Gourmet. Tous doivent cumuler 10-15 minutes de temps d’écran, pas plus, donc pas grand chose à en dire.
        Reste les deux « support character » thaïlandais du héro que j’ai trouvés convaincants et justes, voire touchants

    • #22463 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Je le mets dans Cinéma. Clip réalisé par Paul Thomas Anderson :

      • #22479 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Merci, sympa. Un peu lynchéen.

        • #22480 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Les clips sont aussi la seule manière de voir PTA filmer le contemporain depuis… plus de vingt ans.

          • #22482 Répondre
            Seldoon
            Invité

            On l’y voit aussi tester des config techniques qu’on retrouve ensuite dans ses films. Pour le contemporain, il semble que ça ne sera toujours pas dans son prochain, les rumeurs parlant de Vineland.

            • #22538 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Si tu as quelques minutes pour indiquer ce qu’on peut retrouver des films de PTA dans ce clip ou dans Anima je veux bien te lire, je ne sais pas quoi/où regarder pour le voir…

              • #22544 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Hello Xavier, semaine un peu chargée de mon côté mais un meilleur point de départ pour toi serait de regarder les clips qu’il fait pour HAIM. Notamment pour les morceaux Valentine et Man From The Magazine, mais il en a fait un paquet d’autres. Ca ressemble plus à du cinéma et c’est donc plus facile de voir les liens (outre la musicienne/comédienne).

                • #22545 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Dans Wall of eyes je reconnais au moins dans quelques cadres une caméra qui espionne de loin, qui n’est jamais aussi près qu’elle devrait/voudrait l’être, avec des choses entre le sujet et la caméra. Ca donne un certain type de cadres larges mais qui sont en fait des gros plans. Une façon de rendre la caméra physiquement présente dans la pièce, comme un spéctateur.

                  • #22559 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Merci pour ces pistes !

    • #22477 Répondre
      Cyril
      Invité

      Je me demande, François, quand on a une telle passion du réel, du documentaire, pourquoi on ne passe pas sa journée dans la rue, au café, à observer des gens plutôt que de regarder des films ? N’est-ce pas dans la réalité la plus brute qu’on trouve le meilleur miel ?
      Oui certes, le cinéma nous donne à voir des choses auxquelles on aurait du mal à assister. Mais en se donnant un peu de mal…

      • #22488 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        L’un n’empêche pas l’autre. Et je ne passe pas ma vie à regarder des films. Je passe plutot ma vie à lire ou écrire.
        Mais, comme souvent dit, le cinéma offre un dispositif de concentration sur le réel extraordinaire. Un dispositif d’observation comme le réel ne nous en donne jamais – même à une terrasse de café, où je suis distrait par plein de choses, et où mon regard ne sait où donner des yeux.

        • #22494 Répondre
          deleatur
          Invité

          Bien vu. On lit non pas parce qu’on aime lire mais parce qu’on aime vivre. Idem pour le cinéma : de la vie à rallonge. Les livres, les films exhausse notre puissance d’exister. Ce n’est pas une vie par procuration, mais à chaque fois toute la vie.
          Mes expériences ont toujours été beaucoup plus pauvres que ce qu’un film ou un livre m’ont donné à vivre. Je ne comprends d’ailleurs pas le discours actuel sur la prévalence du vécu et de l’expérience sur les autres modes de rapport au réel. Faut interdire l’accrobranche, le trek et l’ASMR, moi je dis !

          • #22524 Répondre
            Ourson
            Invité

            C’est magnifique ce que vous dites et je suis premier degré

    • #22521 Répondre
      Charles
      Invité

      Le daron des darons de la critique ciné vient de passer l’arme à gauche ; on espère une minute de silence au ciné-club demain. Le premier qui sifflera fera l’objet d’un signalement au Procureur.

      • #22532 Répondre
        Claire N
        Invité

        J’aime beaucoup cette oraison funèbre Charles ; elle m’a fait rire avec tendresse

        • #22549 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je lancerais bien une minute de silence ce soir mais je crains que 97 % des présents ne connaissent pas le mort.

          Paix à ton âme, Michel, toi qui n’auras pas compris grand chose au domaine auquel tu consacras ta vie.

          • #22551 Répondre
            AxisBoldAsLove
            Invité

            Peut-être était-il destiné à une carrière dans le bâtiment? (Je sors)

          • #22552 Répondre
            Charles
            Invité

            Seulement 3% du public certes jeune le connaitrait? Je ne peux le croire.

            • #22554 Répondre
              amour
              Invité

              Combien ça rapporte de défendre Benalla ?

            • #22557 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Les auditeurs du Masque et la Plume + les lecteurs de Positif (c’est-à-dire les rédacteurs de Positif) + moi et quelques autres ça fait 3%.

              • #22560 Répondre
                Graindorge
                Invité

                sa dernière phrase, à une infirmière « ce soir je vais aller voir un film ». Je ne le connaissais pas mais je me demande quel film on joue en ce moment dans l’au-delà. Bon film monsieur Ciment!

          • #22553 Répondre
            amour
            Invité

            Gros sabots. Trop gros.

          • #22588 Répondre
            Jean-Louis Béton
            Invité

            « Je lancerais bien une minute de silence ce soir mais je crains que 97 % des présents ne connaissent pas le mort.
            Paix à ton âme, Michel, toi qui n’auras pas compris grand chose au domaine auquel tu consacras ta vie. »

            Mouais, ce genre de commentaire ne grandit pas celui qui l’écrit.
            Déjà, sur la notoriété, ça vaut ce que ça vaut mais on note que Michel squatte les trending topics de Twitter depuis 24h (ça fait bizarre). Ce qui n’arrive pas tous les jours. Pas le souvenir que ç’ait été la même pour Douchet, pour ne citer que lui. Alors je sais bien que personne ne lit Positif aujourd’hui, mais il faut croire que Michel avait quand même une certaine aura. Probablement la radio, son livre sur Kubrick, et d’autres choses encore.

            Ensuite, on peut dire sans problème que Michel n’a rien compris à Godard ou Straub, entre autres, mais de là à parler du cinéma. Parce que son cinéaste préféré était Kubrick ? Michel a dit et écrit beaucoup de conneries, mais aussi de belles choses – si on l’avait lu, au temps éloigné où il écrivait encore, on l’aurait su. Il a parfois eu le nez fin. Et certains cinéastes très aimés ici (de Tarantino à Soderbergh) le savent et ont dit leur admiration pour lui.

            Allez, bonne nuit Michel.

            • #22589 Répondre
              amour
              Invité

              Voilà un commentaire en béton.

            • #22590 Répondre
              Parfaitement à l’eau
              Invité

              97% ?

            • #22591 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Le trending Twitter est établi en fonction des tweets qu’on lit.

              • #22596 Répondre
                Jean-Louis Béton
                Invité

                Non, plus exactement en fonction des abonnements et centres d’intérêt. Mais ça ne change rien à l’affaire. Dans le petit cercle du Twitter cinéphile (au sens large), ça cause de la mort de Michel. Ce qui n’arrivera pas demain si c’est mettons un Jean Narboni qui y passe (je lui souhaite bien sûr encore plein de belles années).

            • #22658 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Merci pour la leçon morale, Jean-Louis.
              Mais dans 4 jours, période de deuil passée, je redirai une conviction nourrie par 30 ans d’observation de l’animal : il n’a pas compris grand chose à l’art qui a occupé sa vie. J’en dis autant de son vieux complice Tavernier – cinéphile absolu qui n’a jamais su faire un plan.
              Plutot que des arguments d’autorité (Soderbergh le salue donc il est saluable), j’aimerais que tu me donnes UNE idée sur le cinéma qui soit propre à Ciment, et qui t’ait marqué, fait réfléchir, t’ait fait mieux voir les films – et accessoirement la vie.
              Une.

              PS : si je dis que 97% des gens de la salle de l’Arlequin ne connaissent pas Ciment, c’est que l’immense majorité a moins de trente ans, n’écoute pas le Masque et la plume, ne lit pas Positif.
              Tu ignorais cette donne? Tu es intervenu quand même.

              • #22711 Répondre
                Jean-Louis Béton-Armé
                Invité

                Avec plaisir. En espérant qu’il y ait aussi un peu de vraie curiosité dans cette demande et que ce ne soit pas juste un défi stupide.
                Les idées sur LE cinéma ne m’intéressent pas tellement. Douchet (que j’aimais bien par ailleurs) avait plein d’idées générales sur le cinéma et ça ne l’aidait pas toujours à bien voir les films. Ce qui m’intéresse, c’est qu’un texte m’aide à mieux voir un film, à mieux le comprendre. Partons d’un texte, donc. Je copie-colle ci-dessous in extenso un texte sur L’Impératrice rouge de Sternberg paru dans Positif en 1966 et repris dans son livre Les Conquérants d’un nouveau monde. Ensuite on peut discuter. Est-ce nul ? Imprécis ? Dénué de remarques formelles ? Est-ce le texte de quelqu’un qui n’a rien compris à ce qu’il avait sous les yeux ?

                • #22712 Répondre
                  Jean-Louis Béton-Armé
                  Invité

                  L’IMPERATRICE ROUGE (Josef von Sternberg)

                  Qui ne voit combien est abusive la prétention de certains à faire partir du cinéma moderne (dont il n’est pas question de nier les réussites, ni l’intérêt profond) le mépris de l’anecdote ou l’expression directe d’un auteur dans son œuvre ? Dans le cinéma américain des années trente, par exemple, des films comme Steamboat Round the Bend (John Ford), Fury (Fritz Lang), Sylvia Scarlet (Cukor) ou The Dictator (Chaplin) révèlent, sous l’écorce d’un récit aux séductions certaines, la rêverie de leur créateur, ses hantises profondes, un discours cohérent et constant. Pour ne pas être aussi évidente au premier regard que dans les œuvres actuelles, cette préoccupation n’en existe pas moins. De cela, rien ne témoigne davantage que les œuvres de Josef von Sternberg, et en premier lieu L’Impératrice rouge. De l’histoire ou de l’Histoire, Sternberg ne se soucie guère, simple prétexte qu’elle est pour lui, semblable à l’argument du librettiste pour le compositeur d’opéra. Excellente occasion pour les critiques « sérieux » de rejeter son film au nom d’une vérité dont il n’a que faire puisque c’est la sienne qu’il recherche obstinément. Tout à l’effort d’exprimer les démons et les merveilles de son imagination, Sternberg ignore le contexte politique de la Russie du XVIIIe siècle, où se heurtent les ambitions d’États rivaux : France, Autriche, Angleterre ou Prusse. Encore faut-il savoir avant de parler de trahison que si Sternberg s’arrête à la prise du pouvoir par Catherine, c’est que les Mémoires, très lâche support de son scénario, s’achèvent eux-mêmes peu avant le coup de force, comme si leur auteur accordait elle-même une importance capitale à la formation de sa personnalité, à ce qui a précédé l’événement. « La fortune, déclare-t-elle, est un résultat de qualités de caractère et de la conduite personnelle. » Et, puisque les détracteurs de L’Impératrice rouge reprochent essentiellement au film de n’être qu’une suite d’images plus ou moins somptueuses, donnons-leur ce thème plus captivant que bien d’autres : la découverte par une femme de son pouvoir de séduction et de la façon dont elle peut l’exercer. À cet égard, la fin du film est véritablement une conclusion, l’aboutissement d’une prise de conscience en même temps que l’épanouissement d’un personnage. Il faut d’autre part bien souvent remonter aux sources historiques pour trouver l’origine d’idées en apparence on ne peut plus sternbergiennes. Pierre perçait effectivement des trous dans le mur pour suivre le dîner de sa tante en robe de chambre avec un de ses amants, et il faisait même passer en jugement et pendre un rat pour avoir rongé les sentinelles d’amidon de sa forteresse de carton. Les libertés que Sternberg prend avec ses modèles sont donc plus complexes qu’il n’y paraît. Au-delà des simplifications outrancières, des inventions délirantes, Sternberg ne retrouve-t-il pas une certaine vérité qu’une reproduction scrupuleuse ne lui eût jamais permise ? Sans que cela fût jamais son but, ne s’approche-t-il pas d’un rendu fidèle de celle qui avouait : « J’avais l’âme trop fière et la seule idée d’être malheureuse m’était insupportable » ? De même cette Russie « made in Hollywood » ne nous apparaît-elle pas dans certaines séquences aussi synthétiquement évocatrice que celle qu’Eisenstein fit revivre plus tard ? Tout est faux ici mais en même temps plus vrai que la réalité.

                  Il est certain que Sternberg trouvait largement son compte dans le goût américain pour le dépaysement. Il devenait libre de s’adonner à l’exotisme dont le recul spatial ou temporel (ou les deux à la fois) lui permettait de retrouver l’atmosphère idéale pour la satisfaction de ses désirs ou de donner une forme concrète à ses fantaisies. L’exotisme est chez lui quotidien. Chine, Russie ou Espagne, autant de mondes idéaux où l’artifice peut régner en maître, libérant l’imagination en l’éloignant des contraintes du milieu ambiant. Mario Praz a analysé les constantes et les métamorphoses du romantisme décadent au XIXe siècle auquel se rattache Sternberg. L’amour de l’exotisme est pour tous les écrivains, de Gautier à D’Annunzio, en passant par Swinburne et Pater, « une projection imaginaire d’un désir sexuel ». Sternberg nie ce rattachement aux symbolistes, à Baudelaire par exemple, et revendique l’influence des naturalistes, de Flaubert et de Zola en particulier. Mais comment faire confiance à l’auteur lorsque son œuvre pose aussi clairement l’équation exotisme = érotisme ? Ce serait limiter singulièrement Sternberg que de vouloir le faire entrer dans une catégorie artistique ou une autre. Disons qu’il peut contenir son contraire (voir ses films muets), comme Flaubert est le peintre des mœurs de son temps ainsi que l’évocateur passionné d’Hérodiade et de Salammbô. Et les personnages féminins de Sternberg ne sont-ils pas tous comme Marie, la courtisane de Novembre qui, songeant à Catherine II justement, confesse : « Être reine, me disais-je, et rendre la foule amoureuse de toi. Eh bien ! j’ai été reine, reine comme on peut l’être maintenant… Je dominais tout par l’insolence de ma beauté. » L’art est donc au centre de tout, le mensonge aussi, et comme pour Wilde, c’est la nature qui imite l’art, le justifiant par là même.

                  L’univers de L’Impératrice rouge est un univers baroque qui joue des formes avant de jouer des êtres. Sternberg y exprime comme un maître les variations de la lumière et de l’atmosphère, créant une architecture vivante où tous les sens à la fois sont sollicités. Ce monde de l’illusion est celui des tulles de gaze, des miroirs, des bougies, des meubles et des décors, spectacle permanent où s’abolissent les personnages. Cet univers que les individus ont déserté est avant tout celui des statues. On n’a pas manqué de remarquer leur importance, leur rôle de commentateurs de l’action. Souvent, christs crucifiés dans des positions incroyables, elles témoignent d’un monde en convulsion. Souvent aussi elles « doublent » l’action, se voilent la face devant les méfaits dont elles sont les témoins, jugent les protagonistes. Il n’est pas de séquence qui ne les représente, proliférant à l’extrême, plus nombreuses que les acteurs, dominant les sièges où ils s’assoient, les lits où ils se couchent. Elles sont aussi, pétrifiées, une représentation de la mort. Sternberg alterne par deux fois la fête et l’agonie, le mouvement et l’immobilité ; à l’homme qui se heurte à l’intérieur d’une cloche dans la vision de l’enfant succède le balancement joyeux de l’escarpolette, et plus tard, tandis que veillées et prières se suivent pour le salut de l’impératrice, la jeune Catherine joue à colin-maillard avec des soldats autour des bosquets. Cet accompagnement mortuaire, cette pompe funèbre se trouvent liés intimement à l’action dans la grande séquence du repas de mariage qui s’ouvre sur un squelette posé là parmi les détritus de la table, qu’un travelling découvre lentement pour s’élever ensuite et, dans son mouvement de retour, nous découvrir les convives, figés comme dans un banquet funéraire, dont un troisième travelling, latéral celui-là, fouillera les visages. Dans cette prodigieuse « vanité », le mort saisit le vif. Ces statues, ces gisants, témoins de la déchéance, ignorés des hommes, les voilà symptômes de cette même déchéance, réduits à la dimension des soldats de plomb que Pierre traite avec une sollicitude particulière. Elles n’en restent pas moins des figures de l’homme qui n’est qu’un jouet, idée que précise la conduite mécanique de la plupart des personnages. Deux plans, ni plus ni moins remarquables que bien d’autres, dans ce film, révèlent le réseau serré des images qui hantent Sternberg. Le premier, tout au début du film, nous montre une porte qui se referme sur la petite Sophie, une poupée dans les bras, et la laisse libre de rêver. Le second, tout à la fin, voit l’ouverture d’une porte qui interrompt le sommeil et les rêves de Pierre, l’enfant attardé dont les mains tiennent une figurine. Entre ces deux parenthèses, se déroule la naissance de Catherine ; la petite fille deviendra femme, et l’empereur cédera la place à son épouse. C’est que Catherine ne jouera plus, elle, à la poupée, qu’elle saura manier les hommes comme l’autre ses jouets, réalisant ainsi ses rêves. Sophie, au début, n’est qu’un corps, on l’ausculte par deux fois, elle n’est qu’un instrument dont le parfait état de marche doit assurer l’avenir de la Russie. Mais elle refuse d’être objet. À son départ de Saint-Pétersbourg, une nuée de chevaux l’entoure ; quand son mari l’insulte en public, la porte se referme sur une peinture d’un cheval menaçant qui se cabre ; puis le martèlement des chevaux dans l’escalier éclipse, pour la première fois, le monde des statues, et Catherine, nouvelle amazone ivre de joie, caresse sa monture. Indépendamment de toute symbolique aisément déchiffrable, il y a là comme l’intrusion de la vie dans un univers de morts et d’ombres.

                  Mais cette liberté acquise, nul doute qu’elle ne doive s’exercer à l’intérieur d’un cadre strict. L’univers de Sternberg est celui du lieu clos. Le Palais d’Hiver est un monde à part, loin de la vie du peuple, séparé de tout comme la jungle d’Anatahan ou la maison de jeu de Shanghai Gesture. Même les jardins, où Catherine parfois s’égare, sont enchevêtrés, formant obstacle, lourds et oppressants. Le palais, lui-même, à l’air raréfié, n’est qu’une suite de couloirs, d’escaliers, innombrables et inquiétants, de gigantesques portes protectrices que plusieurs préposés suffisent à peine à mouvoir et qui « favorisent une connaissance intime des êtres, exacerbant les passions dans une atmosphère de complot. Les personnages eux-mêmes se dérobent derrière des écrans de voiles ou de tentures, livrés à leurs fantasmes et à l’assouvissement de leurs désirs, au cœur d’un labyrinthe dont Sternberg se propose dans son livre de nous donner la clé (le premier titre prévu par Sternberg pour ses Mémoires était A Guide to a Labyrinth). Le resserrement, l’étouffement, ne conduisent nullement ici à l’avance inéluctable de la tragédie comme chez Lang. L’espace fermé suspend le temps et donne un sentiment d’éternité. Dix-huit années pour la conquête du trône se réduisent ici à l’attente infinie, à la fois brève et interminable, que crée le désir. Car le désir règne ici en maître, désir du plaisir comme désir du pouvoir auquel il se trouve étroitement associé. Catherine d’ailleurs n’acceptera d’être maîtresse qu’aux deux sens du terme, lorsque l’amant pourra être aisément transformé en pantin, lorsqu’elle sera assurée de le dominer entièrement. L’Impératrice rouge est aussi, comme d’autres films de Sternberg, Anatahan (le mari), La Femme et le Pantin (Don Pascual), L’Ange bleu (Unrath), l’histoire d’une frustration. Sternberg se complaît à revêtir de toutes les vertus (intelligence, beauté, ironie) l’homme auquel, précisément elle se refusera par deux fois, dans la paille et sur son lit, le comte Alexei, et qu’elle narguera en le bafouant lors de la visite d’une chambrée. Alexei sait ce que furent les rêves de jeune fille de Catherine puisqu’il a peint à son image le fiancé qui se révélera si décevant. Il a prise sur elle et elle ne peut l’ignorer. Sternberg joue parfaitement à cet égard de l’image de la bougie, symbole efficace puisqu’il se trouve doté d’une pluralité de significations, échappant à toute définition précise. Mais il crée autour de ses personnages des échos poétiques qui enrichissent le sens de leurs rapports. Tandis qu’elle monte l’escalier, Alexei souffle les bougies, puis plus tard dans sa chambre, renversant les rôles et imitant l’impératrice, il lui demandera d’éteindre à son tour les bougies, prélude au rituel qui conduit un mâle à l’appartement royal. Alexei aura vu pendant le mariage dans la cathédrale de Kazan le visage de Catherine, à travers le voile, au milieu de l’encens, fixer la flamme d’une bougie qui brûle devant elle. Flamme qui s’éteint puis renaît, écho du combat qui se livre dans le cœur de la femme qui, alors que des larmes embuent ses yeux, vient de se transformer, nous le sentons, en ambitieuse décidée. Comment ne pas penser à Bachelard : « La flamme isolée est le témoignage d’une solitude […], un rêveur de volonté verticalisante qui prend sa leçon devant une flamme apprend qu’il doit se redresser. Il retrouve la volonté de brûler haut, d’aller de toutes ses forces au sommet de l’ardeur. » Catherine, déjà, a renoncé à Alexei et lance vers lui un dernier regard de regret. À leur prochaine rencontre (dans l’escalier justement), elle maniera pour la première fois ouvertement l’ironie (« mon mariage d’amour »), une arme favorite de Sternberg et de ses personnages. Le comte Alexei, qui avant leur arrivée à la cour proposait un fouet à Sophie pour qu’elle le punisse de l’avoir embrassée, deviendra le jouet masochiste de celle-ci, ainsi que tout naturellement son soutien le plus sûr, « victime impuissante de la rage furieuse d’une belle femme », comme un personnage de Swinburne et comme tant d’autres héros de Sternberg. À Octavio Paz, on peut donc emprunter le beau titre, borgésien aussi bien, d’un de ses essais, Le Labyrinthe de la solitude. Car les personnages de Sternberg sont solitaires, excluant à leur propos toute idée d’amour fou. Il n’y a jamais chez lui d’amour partagé, d’union libre de deux êtres, mais toujours un rapport de soumission de l’homme à la femme, parée bien souvent des traits de l’androgyne, telle Marlene à la fin de L’Impératrice rouge. Sternberg curieusement renverse les termes de ces rapports en faisant du docteur Omar dans Shanghai Gesture un homme fatal, sensuel, qui choisit ses maîtresses et les abandonne insatisfaites. L’Impératrice rouge est une exaltation de la femme jamais possédée, l’expression d’un désir fou. Parallèlement à l’expérience cruelle d’Alexei se déroule la frustration de Pierre qui rêve de tuer Catherine, tantôt faisant pointer les baïonnettes de sa garde sur elle, tantôt décapitant symboliquement une figurine, mais qui ne réalise jamais son projet. Les deux personnages principaux de la vie de Catherine sont ainsi les spectateurs complémentaires d’un amour impossible, d’une mort impossible ; les autres, anonymes ou quasiment, deviendront ses victimes consentantes.

                  En sourdine de ces grandes orgues érotiques et funèbres, Sternberg module la note ironique qui assure le recul nécessaire et désamorce toute tentative de hausser les « grands » dans une sphère supérieure. Il s’agit d’une ironie baroque, car elle informe le propos tout entier, ne se limitant pas à tel ou tel « aspect, et se retournant contre l’auteur. Comme Welles (en particulier Citizen Kane, La Dame de Shanghai, Monsieur Arkadin), Sternberg passe aisément du tragique au grotesque, sans qu’il y ait véritablement rupture de ton, comme en témoigne la musique guillerette, très Vienne fin de siècle, qui ponctue certaines séquences. Le but recherché par l’auteur n’est pas de suspendre la croyance du spectateur dans les faits et gestes de ses personnages, mais d’introduire la dimension supplémentaire de l’humour au cœur du drame, d’enrichir comme chez tous les baroques le flux perpétuel de la vie. Ainsi, comme pour démentir René Char (« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant — cycle bas ») ; tout ce qui peut paraître insignifiant (tout, diront les adversaires) concourt à formuler l’essentiel. L’Impératrice rouge : cycle haut.

          • #22594 Répondre
            Claire N
            Invité

            Ça fait quand même 3/100 qui peuvent siffler du coup

            • #22595 Répondre
              amour
              Invité

              Siffler de quoi ? De sa mort ?
              Sérieusement madame.

              • #22597 Répondre
                amour
                Invité

                Heureusement qu’on est sur un forum vitaliste.
                Allez, je vais voir les arabes à la tv.
                Bonne soirée madame.

              • #22598 Répondre
                Claire N
                Invité

                Non siffler une minute de silence pour un mort
                C’est un costume trop sérieux dont s’habillent les vivants

      • #22540 Répondre
        amour
        Invité

        Quel humour, wouah. Et tu te permets de critiquer GMeurice.
        C’est de l’humour de défendre Benalla ?

        • #22543 Répondre
          amour
          Invité

          Quel humour, wouah. Et tu te permets de critiquer GMeurice.
          C’est de l’humour de défendre Benalla ?
          Je vais prendre un bain.
          Tiens bien ta bouche.

          • #22546 Répondre
            amour
            Invité

            Quel humour, wouah. Et tu te permets de critiquer GMeurice.
            C’est de l’humour de défendre Benalla ?
            Je vais prendre un bain.
            Tiens bien ta bouche.

    • #22522 Répondre
      Lassou
      Invité

      Vous avez parlez de Misanthrope ici ou pas ? Quelqu’un l’a vu ? Vous en pensez quoi ?

      • #22592 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        J’ai pas du tout aimé, on voit tout venir a des km. Je ne m’en souviens plus mais je me souviens qu’il y avait des trucs compliqués à avaler, notamment la policière qui se fait recruter par le FBI en 3s et le speech finale du tueur maléfique qui est un pauvre gars en fait. Et c’est comme souvent vendu comme un film d’action/policier dynamique où c’est essentiellement du dialogue filmé de nuit avec des reflets.

        • #22605 Répondre
          Cyril
          Invité

          Je crois que le post était ironique, non ?

          • #22606 Répondre
            Cyril
            Invité

            Je parlais de l’attaque des titans

    • #22525 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je viens de finir ‘Attaque des Titans » et franchement c’est trop de la balle
      Si vous trouvez que les séries qu’on voit partout en ce moment sont enfermées dans la dictature de la narration, donnez sa chance à Attaque des Titans et à tous les animée en vogue de manière générale : on est très loin de ça !
      On est pas du tout dans la gerbe scénaristique, dans les sous-scénarios, les plot twists, les flash forward, les flashbacks, la démultiplication de personnages, etc etc… Loin de là !
      D’ailleurs l’Attaque des Titans offre une histoire ancrée dans le réel avec des personnages à hauteur d’homme (lol) qui ne sont pas du tout, mais alors pas du tout des marionnettes à la solde d’un récit à rallonge.
      En plus ils en font pas du tout des caisses en termes de larmoiement et de sentimentalisme (coucou Eren).
      On croirait presque que tous ces auteurs de manga à succès sont des Bressoniens invétérés.
      Non sérieusement foncez, matez l’attaque des titans, matez des animé, on est très très loin des écueils sériels dénoncés par Begaudeau et les dizaines (ou plutôt centaines) d’épisodes de ces œuvres passent comme une lettre à la poste 😉

      • #22593 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Mmmh, j’ai essayé le manga, et bien au tome 3 j’ai dit stop. La sur-dramatisation dans les manga ça me gêne pas spécialement mais la ça va trop loin, une simple décision ça devient une annonce grandiloquente, et ça revient beaucoup trop dans les premiers chapitres.
        Sinon, le dessin de perso principal transformé en titan est plutôt cool. Mais je n’y retournerais pas. Avant ça j’ai reussi a tenir jusqu’au tome 16 de Vinland Saga qui malgré quelques tomes faibles, parvient à maintenir un intérêt, et c’est une jolie performance notamment lorsque le héros décide de ne plus utiliser la violence.

        • #22607 Répondre
          Cyril
          Invité

          Je crois que le post était ironique non ?

          • #22614 Répondre
            Parfaitement a l’eau
            Invité

            Ah merde je me suis fait avoir. J’ai la carte team 1er degré…

    • #22556 Répondre
      Titouan R
      Invité

      François, tu évoques Silence dans la dernière Gêne, avec une certaine réprobation visiblement. Aurais-tu écrit dessus?

      • #22566 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non, je l’ai découvert récemment. Et je n’ai pas pu finir, ce qui est très rare.

        • #22655 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Dommage. Il me semblait qu’on pouvait tirer quelque chose du film

        • #22716 Répondre
          Edouard Delors
          Invité

          Pourquoi n’avez-vous pas pu finir ?

          • #22721 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Comme déjà dit des prêtres portugais et avec la gueule d’Adam Driver qui échangent en anglais avec des paysans japonais au dix septième siècle, c’est trop pour moi. Je ne crois à rien de ce que je vois.
            Et puis le film patauge dans une problématique morale bien binaire.

            • #22724 Répondre
              Edouard Delors
              Invité

              Moi j’ai réussi à pardonner à Haneke d’avoir fait parler des viennois en français dans La Pianiste, à Pialat d’avoir ôté son accent néerlendais à Van Gogh, à Fincher de faire parler des suédois en américains, alors dans le même geste, j’ai accepté aha. Mais je reconnais qu’il pisse allègrement sur le réel.

    • #22565 Répondre
      Cédric
      Invité

      Oyé les habitués de l’Arlequin. Si quelqu’un ou quelqu’une se sent de nous retranscrire les grandes lignes de l’intervention post « Ceux qui vont bien » on vous lira avec grand intérêt 🙂

      • #22567 Répondre
        amour
        Invité

        Pierre postera sûrement un texte d’ici quelques jours 🙂

        • #22587 Répondre
          amour
          Invité

          Combien ça rapporte de défendre Benalla amour ?

    • #22576 Répondre
      Tony
      Invité

      Podcast étonnant de Burdeau sur le dernier film de Guediguian,cinéaste dont je n’ai vu aucun film,j’en ai presque honte maintenant,aurais-je fait preuve de snobisme?

      • #22722 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ça m’étonne un peu aussi
        ou en fait pas vraiment
        je vais écouter

      • #22726 Répondre
        deleatur
        Invité

        J’ai vu pas mal de films jusqu’au milieu des années 2000. À un moment, il a cessé de m’intéresser : je sentais trop la patte et la pâte. Sans doute Marius et Jeannette est-il encore regardable (je ne voudrais pas bouder mon plaisir de l’époque).

        Quant à Burdeau, voilà un théoricien du cinéma très intéressant. Génial son livre sur la comédie américaine et Apatow, son livre sur Minelli ; voilà quelqu’un qui toujours cherche à penser le cinéma à travers les films, qui connaît son sujet, qui cherche à renouveler les concepts.

        Il n’a pas fait long feu au Masque et la plume : trop d’envolées spéculatives que lui seul comprenait. Et puis il s’était fait virer des Cahiers, en même temps que l’équipe Frodon (dont François était) vers 2009, et étrangement Jérôme Garcin ne l’a pas reconduit à partir de ce moment-là. Il m’a alors manqué.

        • #22732 Répondre
          deleatur
          Invité

          Quand on a Guiraudie, on n’a plus besoin de Guédigian : le Sud sans le gnan-gnan, moyennant un léger déplacement géographique et cinématographique.

    • #22586 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Cool la future gêne sur Le garçon et le Héron !

    • #22603 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que pensez-vous des films de Ceylan ?
      J’ai vu Sommeil d’hiver et Il était une fois en Anatolie.
      Je ne serai pas étonné que Ceylan soit marxiste. Dans ces deux films il fait bien ressortir les rapports de classe.
      Il me rappelle Kiarostami mais avec moins de légèreté, son versant grave. Il y a quelque chose de mozartien chez Kiarostami. Ça tient à l’humour, aux jeux formels, à l’enfance, à la grâce. Le cinéma de Ceylan serait plus XIXe siècle pour prolonger l’analogie.

      • #22728 Répondre
        deleatur
        Invité

        Une grande claque quand j’ai vu Uzak, impression d’aimer d’emblée ce cinéma, de m’y sentir chez moi (Moretti me fait le même effet). Mais je n’ai jamais vraiment compris ce qu’il cherchait à faire ensuite : Les Climats m’avait impressionné par la force plastique des plans, la beauté et la littéralité des ciels (au sens plastique et pictural du terme) ; la suite, je n’en ai aucun souvenir (aucune image qui reste).

        Tu le compares à Kiarostami, il me fait penser à Tarkovski, celui du Sacrifice ; peut-être son rapport au temps, la durée dans les plans.

        • #22760 Répondre
          Cyril
          Invité

          C’est Il était une fois en Anatolie qui m’a fait penser à Kiarostami. Winter Sleep beaucoup moins. J’ai pensé aussi à Moretti, notamment dans les scènes de disputes entre des intellectuels bourgeois, le frère et la sœur dans Winter Sleep. Je trouve que cette bourgeoisie turc a beaucoup de ressemblance avec la bourgeoisie italienne et probablement avec toutes les bourgeoisie du monde.
          J’aime moins dans Winter Sleep le côté dramatique, d’ailleurs le personnage est un ancien comédien de théâtre. Le film tombe presque dans le mélo, surtout la toute fin. Mais quand même cette scène de dispute avec la sœur, je l’ai trouvé aussi forte et bien écrite que la dispute de couple dans le dernier Triet.

          • #22771 Répondre
            deleatur
            Invité

            La suite en dessous.

    • #22731 Répondre
      Edouard Delors
      Invité

      François que pensez-vous de l’actrice Sophie Marceau ? Trouvez-vous que ce soit une bonne actrice ? Ne pourrait-on pas dire que c’est la pire carrière du cinéma français ? Êtes vous sous le charme de cette actrice extrêmement séduisante ? Est-elle stupide ?

      • #22737 Répondre
        deleatur
        Invité

        Moi, je l’ai kiffée dans au moins deux films : L’Etudiante et Anthony Zimmer.
        Et puis une actrice choisie par Pialat ne peut être hors du cinéma.
        Sa sincérité me touche souvent, son sex-appeal me plaît. Elle me plaît comme présence, incarnation, minois, bombasse ; je me fiche un peu des acteurs et des actrices, je veux dire de leur jeu.
        Elle est une comédienne populaire et aimé des cinéastes auteurs. Peu peuvent s’en prévaloir.
        J’aurais aimé la voir dans un Godard.

        • #22761 Répondre
          Edouard Delors
          Invité

          Moi j’ai un problème avec sa filmographie : quand elle tourne avec un auteur, c’est toujours son pire film (de l’auteur). Ex : Antonioni avec Par-delà les nuages, Pialat avec Police, Tavernier avec La Fille de d’Artagnan. Quand elle tourne dans un Bond, c’est un Bond nul : Le Monde ne suffit pas. Quand elle se met en couple avec un cinéaste auteur, c’est un cinéaste auteur nul : Zulawski. Elle a tourné dans le plus mauvais film du XXème siècle, qui est Fanfan d’Alexandre Jardin. Tout ça est dommage, car elle est incontestablement le plus charmante de toutes les actrices françaises et avec plus d’intelligence de carrière, elle aurait pu prendre un dimension similaire à une Binoche, car elle sait jouer.

          • #22762 Répondre
            deleatur
            Invité

            Moretti, je crois que je l’aime surtout quand il cesse de faire dialoguer (ou se disputer) ses personnages, ce n’est jamais ce qui m’intéresse dans ses films (même si Palombella Rossa, même si La messe est finie), et j’aime tous les à-côtés ; j’aime la douceur des plans et ce qui vient la rompre. Il y a toujours un moment où quelque chose ou quelqu’un surgit dans le cadre (parfois c’est son personnage, Michele ou Nanni, par exemple lorsqu’il s’empare du micro pour chanter dans la scène du bal populaire de Journal intime, ou lorsqu’il rencontre Jennifer Beals peu avant). J’aime quand son personnage se met à gueuler sur les gens, sur tout le monde et que lui seul sait pourquoi. Moretti sait aussi saisir sur le vif des moments d’actualité (une manifestation, une soirée électorale, un débarquement de migrants), mais il m’a souvent donné le sentiment de rester en dehors de la scène, comme un filmeur qui la regarde à distance. Et je dois bien reconnaître que j’ai été moins convaincu par son cinéma depuis le Caïman, comme s’il avait continué à s’éloigner de ses sujets ou à les édulcorer. Mais je me trompe sans doute.

            Le début de Il était une fois en Anatolie, je pense que c’est un hommage à Tarkovski ; c’est peut-être une affaire de travelling.

            • #22766 Répondre
              deleatur
              Invité

              Désolé, ce message aurait dû remonter plus haut.

          • #22769 Répondre
            deleatur
            Invité

            Tout cela n’est pas faux.

          • #22777 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Il faut bien dire que le bilan de 40 ans de carrière est très mince, vertigineusement mince. Deleatur dit « aimée des auteurs », c’est très peu vrai. Elle aura eu au contraire cette capacité à ne jamais jouer ou presque avec les cinéastes de talent. C’est un mystère. Cette inappétence pour le cinéma est un mystère.
            NB: Police, où Marceau est comme jamais elle ne sera, est un très bon Pialat – il n’y a pas de mauvais Pialat.
            NB bis : La fille de D’Artagnan est effectivement un mauvais Tavernier, mais il n’y a pas de bons Tavernier.

            • #22779 Répondre
              Tony
              Invité

              Il reste Zulawski dont le culte que lui vouent certains m’a toujours paru mystérieux,j’ai essayé récemment de regarder La fidélité(visible sur TV 5) mais j’ai pas tenu longtemps et pourtant les thuriféraires de Zulawski le considèrent comme un chef d’oeuvre,mystere.

            • #22806 Répondre
              Edouard Delors
              Invité

              Je ne pense pas que ce soit un mystère, il y a une explication toute simple qui nous est offerte sur un plateau, (un brin misogyne peut-être mais je n’espère pas) : Sophie Marceau est vraiment stupide. Pour l’avoir entendu parler quelques fois, c’est assez édifiant, elle ne dit que des banalités et prend des airs inspirés quand elle croit dire quelque chose d’intelligent. Par exemple, elle a dit récemment être sapiosexuelle, attirée par l’intelligence (tentez votre chance François), et elle est sortie avec Christophe Lambert et Cyril Lignac aha. Je plaisante bien sûr, mais je crois qu’elle ne sait pas reconnaître un cinéaste quand elle en voit un.

              • #22808 Répondre
                deleatur
                Invité

                Je me souviens de la pluie de merde qui lui est tombée sur la tête quand elle a dit, à la fin des années 80 ou au début des années 90 dans l’émission 7 sur 7, après avoir été interrogée sur la défense de la cause animale qu’elle ne comprenait même pas la question parce que les animaux sont des êtres humains comme tout le monde.

                Elle a le mérite d’une certaine sincérité, de penser ce qu’elle dit. L’argument apodioxique (pour faire mon malin) me paraît toujours un peu condescendant (pour faire mon populo).

                • #22812 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  C’est quoi « apodioxique » ?

                  • #22815 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Un vieux truc, l’apodioxis, un argument qui consiste à rejeter un propos (ou une personne) en le (la) déclarant fou ou stupide.
                    Lu dans le manuel d’ancienne rhétorique de Barthes.

                    • #22816 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Merci. C’est couramment utilisé en plus.

                    • #22817 Répondre
                      K. comme mon Code
                      Invité

                      C’est un argument d’autant plus faible dans notre cas parce que la stupidité n’a pas empêché des comédiens de faire de grandes carrières.

                • #22822 Répondre
                  Edouard Delors
                  Invité

                  Les animaux sont des êtres humains comme les autres aha, je ne la connaissais pas celle-là. Elle s’était également couverte de ridicule à Cannes, en 1997, en disant des âneries sur des enfants malades guéris par le cinéma qui lui avaient values les sifflets de la salle. C’est un peu le cliché de l’actrice bécasse, bébête, qui est un cliché misogyne certes, mais parfois vrai. Comme disait le rappeur Ashe 22 : « C’est une bombe mais elle est cher bête. »

                  • #22833 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Je vois pas trop l’intérêt de la couvrir de stupidité
                    Surtout si c’est pour bander dessus

                    • #22848 Répondre
                      Edouard Delors
                      Invité

                      L’un n’empêche pas l’autre.
                      PS : je suis pas sûr que l’expression « couvrir de stupidité » existe.

                      • #22851 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Bon. Édouard. Dehors.

                      • #22860 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je l’ai composée spécialement pour toi..

            • #22807 Répondre
              Edouard Delors
              Invité

              PS : je n’ai pas dit que Police de Pialat était un mauvais film, j’ai dit que c’est le pire de Pialat, mais le pire de Pialat est toujours bon.

              • #22914 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                si j’avais voulu signifier cela je n’aurais pas utilisé « pire »

                • #22943 Répondre
                  Edouard Delors
                  Invité

                  Et bien vous auriez eu tort.

                  • #23116 Répondre
                    Cyril
                    Invité

                    Nuance entre le plus mauvais et le moins bon ?

                    • #23320 Répondre
                      Edouard Delors
                      Invité

                      Nein, es gibt keine nuancen, ich verbiete es.

            • #22854 Répondre
              propater
              Invité

              C’est marrant, de Tavernier, j’ai vu La vie et rien d’autre il y a qques mois et j’avais encore bien aimé. Il n’y a effectivement pas de plan marquant mais j’ai apprécié la scène ou le prof revenu du front vient récupérer sa place, tout le chipotage autour de la sélection du cadavre pour le soldat inconnu, le ridicule de la cérémonie de tirage au sort, la mention de l’entente entre les grands industriels et les politiques par delà les lignes de front, la scène finale, où les deux personnages bourgeois finissent l’une dans le New York des années folles et l’autre dans son domaine viticole. Mais c’est peut-être plus de l’écriture que du cinéma…

              • #22915 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Tavernier parfois s’est emparé de sujets riches et en a tiré quelques scènes parlantes. Seulement c’est mal joué, mal dialogué, et filmé on ne sait trop comment. Cinéaste qui me donne toujours l’impression de ne pas du savoir quoi faire avec sa caméra.

                • #23052 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Tu penses à « L’appât »?

            • #75770 Répondre
              Guéguette
              Invité

              Oui Marceau est simple. Peut-être une piètre artiste, sans doute un peu trop saine pour ce milieu à son époque.

    • #22778 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Que pensez-vous de Guy Ritchie ?

      • #22797 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        De mon expérience : très apprécié des gens qui ne regarde que des blockbusters, qui a une certaine légitimé « film de » grâce à Snatch ou Arnaques crimes et botanique (que la plupart on vu ados).
        Vu de maintenant, ses films ne m’intéressent pas.

      • #22818 Répondre
        deleatur
        Invité

        J’aime bien ses chansons
        – Hello (qu’est-ce que j’ai pu emballer là-dessus)
        – All Night Long

        • #22819 Répondre
          AxisBoldAsLove
          Invité

          Forum – 2
          Guy Ritchie – 0
          Lionel Richie – 1?

          • #22821 Répondre
            deleatur
            Invité

            Pour être tout à fait juste, j’ai bien aimé les deux Sherlock Holmes, l’hybridation des genres qui n’était pas si courante à l’époque (comme Mr. and Mrs Smith de Doug Liman quelques années plus tôt) et la mélancolie du second opus.

    • #22832 Répondre
      Sarah G
      Invité

      https://sanosi.live/fr/
      Vous pouvez voir sur cette plateforme la série Autrement de Michel Toesca en accès libre jusqu’au 3 décembre, série en 6 épisodes qui suit le déroulé du projet de Cédric Herrou pour un Emmaüs agricole dans la vallée de la Roya.
      On peut voir aussi sur cette même plateforme le film documentaire Libre ( pas en accès libre par contre) qui suit Cédric Herrou et son action auprès des migrants si certains.nes ne l’ont pas encore vu.
      Bon visionnage à vous toustes

      • #22845 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Merci Sarah G

      • #22929 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Grand Merci Sarah ! Je termine le 1er épisode, c’est quelque chose.

        • #22940 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Il faut surtout remercier les journalistes du journal La Croix qui ont mis en avant cette série car je serais passée sûrement à côté.
          Et découvert une plateforme très intéressante.

    • #23169 Répondre
      Ema
      Invité

      Bonjour à tous
      Je profite de ce forum et de ce fil ciné pour poser une question à François. Je t’ai de ci de la entendu ddéfendre le cinéma de Judd Apatow, ce qui me laisse assez perplexe car dans mon souvenir, c’est un cinéma balisé, je trouve que les ressorts humoristiques sont sensiblement toujours les mêmes, au point que ça a fini par créer une sorte de standard dans la comédie américaine (avec plein de sous Apatow qui émergent)
      Par ailleurs sur ses scénario et thématiques, je trouve qu’il exerce un regard très « normatif », avec beaucoup de perso archetypaux qui reviennent :le loser incapable de gérer sa vie, la bombe sexuelle/femme fatale qui fait baver tous les mecs, le « bully », le gentil garçon qui se fait emmerder par le Billy et qui arrive pas à pecho… Et tous ça se décline très bien au féminin aussi bien sur. Donc voilà j’aurais aimé savoir ce que tu trouvais à ce cinéma qui m’aurait échappé, et sous quel prisme regarder ses films pour leur laisser un deuxième chance…

      • #23278 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je lui trouvais d’etre extremement drole, je lui trouvais des répliques vertigineusement subtiles
        ça suffisait à mon bonheur
        mais il faudrait que j’en revoie et que je prenne des exemples

      • #23296 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Je m’immisce pour donner mon avis, Judd Apatow réussi très bien à m’émouvoir avec des personnages défaillant ou dans une mauvaise passe : Pete Davidson dans The king of staten island où il joue un fils d’un pompier mort (ce qu’il est vraiment) ou encore Adam sandler dans Funny People qui joue un acteur en depression.
        Pour l’humour, je le préfère en producteur d’adam mckay (Ron burgundy, Ricky Bobby, Frangins malgré eux)

      • #23326 Répondre
        deleatur
        Invité

        Comme réalisateur ou producteur, Judd Apatow a contribué au renouveau de la comédie américaine au début des années 2000. Ses films sont fins et bien écrits, et très drôles, en effet. Judd Apatow a été le déclencheur des carrières des acteurs qui ont contribué à ce renouveau : Steve Carrell, Will Ferrell, Ben Stiller, Adam Sandler, ce dernier dont la maison de production « Happy Madison Production » (une machine a cash) a plus que servi la carrière de réalisateurs comme Dennis Dugan, Frank Coraci, Steven Brill, Nicholas Stoller. Dans le genre comédie potache et parfois lourdingue (à la limite de la misogynie et du copinage appuyé), on est parfois loin de la finesse d’Apatow. Adam Sandler a même contribué à être identifié à un sous-genre aux E.U : « le film avec Adam Sandler ». Du coup, j’ai vu tous ses films.
        Plus jeunes, les acteurs Seth Rogen, Jonah Hill, Jason Segel, Michael Sera sont aussi issus de l’écurie Apatow.
        Il serait sans doute intéressant de voir la série qu’Apatow a produite au tout début des années 2000, Freeks and Geeks.

        • #23327 Répondre
          deleatur
          Invité

          Tiens, j’aurais dû signer Michel Ciment, ou mieux encore : Pierre Murat.
          François aurait adoré.

        • #23349 Répondre
          Ema
          Invité

          Bon vous m’avez convaincu y rejeter un œil plus bienveillant, il faut dire que beaucoup de ses films je les ai vu ado donc peut être grille de lecture un peu sommaire à l’époque. J’ai revu Sans Sarah rien de va récemment par contre et je trouve ça vraiment nul, on me l’enlèvera pas, c’est vraiment un humour dont je vois très bien ce qu’il essaye de faire, je vois les clin d’œil appuyés au spectateur en mode « t’as compris t’as compris c’est du second degré la hein t’as compris t’as la ref ?  » et j’ai vraiment du mal avec celui là. This is 40 en revanche passe beaucoup mieux. Je commence en vous lisant à comprendre que ce que reproche à Apatow ce ne sont peut être pas tant (tous) ses films à lui mais plutôt son héritage, l’impression qu’il a créé des code humoristiques que d’autres moins talentueux que lui se contentent de pomper sans aucune inspiration. Et puis c’est parce que je porte haut dans mon cœur l’humour des américains que je suis si tatillon ! D’ailleurs dans le genre parodie un peu originale et qui renouvelle le genre je recommande Tucker And Dale fight VS Evil don’t Je garde un très bon souvenir

          • #23367 Répondre
            deleatur
            Invité

            Oui, Apatow a pu donner le meilleur et le pire dans la nullité. Mais le mauvais goût, la niaiserie, l’imbécilité, la scatologie et les gamineries, c’est un genre aux E.U. Et ça a donné plein de films joyeux et régressifs (Frangins malgré eux, les films des frères Farrelly ou d’Adam Mckay).
            En France, on a Dany Boon et Besson (la série Taxi), ou encore les comédies franchouillardes : là est la vraie nullité selon moi. Mais je ne suis pas objectif, car j’adore les conneries de Sandler.

            • #23369 Répondre
              deleatur
              Invité

              Les films de gogoles aussi, Sandler est très fort.

            • #23376 Répondre
              Ema
              Invité

              C’est un phénomène connu : on regarde avec beaucoup plus d’indulgence voir de tendresse les daubes étrangères que celles de chez nous, et je sais effectivement que Sandler est aux américains ce que Boon est aux français : un type qui a les moyens de produire ses films à la chaînes en y jouant systématiquement le premier rôle et avec la même recette, succès populaire à la clef.

              • #23378 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Il y a une petite différence due à la taille des marchés nationaux : Sandler aux USA est confortable mais pas dominant. Boon a étouffé le marché français et l’offre comique pendant un moment. A l’inverse, Marvel, dominant-écrasant, ne bénéficie d’aucune bienveillance de la part de ses détracteurs français.

                • #23385 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  Oui c’est ce que j’ai pense après sur ma comparaison : Sandler ne prend la place de personne, il s’est taillé sa petite de marché de son côté, proportionellement beaucoup moins hégémonique que Boon chez nous.

                  • #23393 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Mais est ce ce que Sandler fait toujours autant de films? est toujours aussi suivi?
                    J’ai en tout cas l’impression qu’il est, dans les hiérarchies de gout, descendu de trois crans.
                    Il faut se souvenir d’un temps où on l’estimait un génie. J’ai l’impression que ce temps est révolu.
                    En tout cas je ne l’aime pas du tout dans le Safdie-Netflix.

                    • #23396 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Je crois qu’il a eu un deal Netflix sur un paquet de films, mais faudrait vérifier. Si c’est vrai ça lui a rapporté beaucoup d’argent mais avec l’effet de finir en fond de catalogue et loin des regards.

                    • #23403 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      J’ai lu que ce sont ses différents échecs commerciaux depuis 10 ans qui l’ont conduit à signer ces contrats de 3 ou 4 films à chaque fois avec Netflix.

              • #23384 Répondre
                deleatur
                Invité

                Oui, mais pas que.
                J’aurais envie de dire de ce cinéma ce que j’ai lu (ou crois avoir lu) un jour sous la plume de Sartre (dans Qu’est-ce que la littérature ?) à propos des auteurs américains des années 40-50 (Dos Passos, Hemingway, Miller, etc.) : avec eux, on est dans la vie, pas dans l’imitation de la vie (Vian en France).
                Sandler est bien meilleur que Boon pour cette raison.
                En France, jamais un James Hutt n’arrivera à la hauteur d’un Frank Coraci (pour citer peut-être le plus nul).

                • #23386 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  J’ajoute que les premiers Marvel étaient fortement intéressants, avant de devenir effectivement dominants.
                  Mais la comédie américaine déjantée a été dominante de 1995 (Wayne’s word) a 2020.

                • #23387 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  Qui est James Hutt?

                  • #23388 Répondre
                    Ema
                    Invité

                    James Huth okay j’ai trouvé

                • #23390 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Oui, James Huth.
                  Dans le genre comédie franchouillarde, on a les Tuches et Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?
                  Chabat et les Robins des bois auraient peut-être pu s’ils avaient voulu ou pu.
                  Ou pas.

                  • #23392 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    On a eu quand même la cité de la peur, Astérix et Obélix Mission Cléopâtre et rrrrrrrr.

                    • #23476 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      Oui, Ostros, et c’est pour cela que je disais que Chabat aurait pu continuer.
                      Il avait la troupe de Canal au moment de Asterix et Cléopâtre.
                      Il a pratiquement lancé Hazanavicius (le réalisateur des Nuls) que j’ai honoré comme un génie quand j’ai vu le premier OSS 117, que j’ai aimé ensuite jusqu’à The Artist, et que j’ai abandonné définitivement quand j’ai vu quel sale con il était pour faire sa daube sur Godard ! Non seulement il a fait cette merde mais il a tenu des propos d’une rare connerie sur Godard.

                      • #23477 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Ça fait trois films d’Hazanavicié que j’ai aimés, ça va, je ne vais pas mourir de honte.

    • #23267 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Carla Simón la directrice du film a perdu son père a 3 ans et sa mère a 6 ans tous les 2 morts du sida
      Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans, Anna.
      C’est « L’été 93 »
      Un très beau film. Carla Simón. Je retiens son nom et je vais aussi mieux rendre justice à l’autre film que j’avais partagé vite fait

      [youtube https://www.youtube.com/watch?v=Ub8xFDSvTlI?si=_q8_xFO1SUq3TgOc&w=560&h=315%5D

    • #23270 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Cette oeuvre d’art est sorti en France sous le titre « Nos soleils »
      un film déjà partagé ici mais après avoir vu L’été 93″, le premier long métrage de Carla Simón, j’ai cherché et trouvé la Bande Annonce vost et un digne résumé du film

      [youtube https://www.youtube.com/watch?v=dCDHUbdFi8I?si=g9I_V_NKCOdg069s&w=560&h=315%5D

      À Alcarràs, en Catalogne, la famille Solé cultive des pêches depuis des décennies. Leurs droits sur la terre qu’il cultive ne reposent sur aucun contrat écrit, mais sur une promesse orale entre eux et la famille voisine : un de leurs ancêtres a en effet sauvé la vie d’un membre de cette famille pendant la guerre d’Espagne.
      Leur voisin leur annonce qu’ils vont devoir renoncer à l’agriculture, et que des panneaux solaires vont être installés sur leurs terres. Il propose à Quimet de changer de métier et de s’occuper de l’entretien des panneaux, un travail moins pénible et mieux rémunéré que l’agriculture selon lui. Mais Quimet tient à son métier d’agriculteur, même si les prix d’achat proposés par la grande distribution ne permettent pas de lui assurer un revenu convenable, le poussent à embaucher moins d’ouvriers agricoles, à multiplier les heures de travail, lui causant de fortes douleurs dorsales.
      Cette situation difficile provoque des tensions dans la famille. À la fin de l’été, une fois l’ultime récolte achevée, les bulldozers arrivent pour arracher les pêchers.

    • #23315 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Bonsoir très chers et chères
      J’ai bien vérifié et il me semble, à propos de Bellocchio, que sa mini-série « Esterno Notte » sur Aldo Moro et les brigades rouges n’a pas été évoquée ici, ni sur cette page ni sur les précédentes. Après « Le Traître » (++) il y a deux semaines et l’Enlèvement (+++), je m’y suis mis hier et je trouve que ça fonctionne très bien (il ne me reste qu’un épisode). J’ai parfois eu le sentiment que le thème était trop psychologisé, puis j’ai changé d’avis. Le rapport de ce monsieur à la religion est décidément subtil et noueux. Il y a quelques mois j’ai pensée qu’il me faudrait voir tous les Wenders (après avoir vu l’Ami Américain et Paris, Texas), là je suis en train de me dire qu’il faudrait voir tous les Bellocchio. On ne va pas s’en sortir…

      • #23319 Répondre
        Dune
        Invité

        Il me semble que si, cette excellente série a été évoquée lors de sa diffusion sur Arte. Son Buongiorno Notte (2004) serait sans doute un bon complément sur le même sujet pour prolonger sa filmo.
        Et pour creuser le thème je recommande l’excellente série documentaire (2 épisodes) de Mosco Boucault, Ils étaient les brigades rouges, construite autour des témoignages de ses « acteurs ».

        • #23324 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui on avait parlé de la série, qui ne m’a pas du tout convaincu. Je n’ai toujours pas bien vu l’intéret par rapport à toute la documentation existante.
          Le Traitre a fait l’objet d’une Gene occasionnée
          Pas encore vu L’événement.

          • #23356 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            ok, pas trouvé les références sur les 5 pages cinéma de ce forum, c’était sur l’ancien site? Je n’ai pas de « documentation existante sur le sujet ». Oui concernant la gêne du Traître je l’avais bien sûr écoutée (longtemps avant de voir le film)

            • #23394 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              sur l’affaire Aldo Moro tu trouveras 456 docus, 7 fictions, 564 livres

              • #23531 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Oui ça j’imagine haha, je n’en ai pas voulant évidemment dire « je n’en ai pas étudié »^^

        • #23357 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          je regarderai, merci!

        • #23364 Répondre
          Anna H
          Invité

          Oui, on a longuement parlé de cette série lorsqu’elle a été diffusée sur Arte. Je l’ai trouvée décevante. J’en profite pour recommander à nouveau ce magnifique documentaire sorti en de 1997 de L. Bianconi sur 4 femmes membres des Brigades rouges, une vingtaine d’années après leur arrestation. Juste de longs entretiens face à la caméra. On retrouve Adriana Faranda, un des personnages de la série, qui est la seule encore en détention.
          https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/les-films-de-loredana-bianconi/do-you-remember-revolution

          • #23368 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Ok, dommage que l’ancien forum soit hors ligne. J’aurais été curieux de voir si les reproches qui lui ont été faits sont les mêmes que ceux qui me sont venus à l’esprit au visionnage ^^

          • #23395 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Oui voilà par exemple

    • #23321 Répondre
      Ostros
      Invité

      Je remercie Charles d’avoir évoqué l’enlèvement. Beaucoup d’émotions et aussi de réflexions pendant la projection. Les liens entre l’éducation religieuse intra familiale et l’autre enseignement forcé des catholiques. La mise en scène avec ces corps qui toujours se soumettent à des institutions, des obligations. Les lieux de culte semblables entre eux dans leur dispositif, et eux-mêmes semblables aux institutions publiques (catéchisme, synagogue, tribunal) : de larges salles froides plus ou moins ornées de symboles, leurs bancs de bois raide, les textes qui font loi, les êtres soumis qui obéissent aux dominants qui dirigent leur parole.
      Les relations sont tissés avec complexités. Les personnages ne sont pas facilement cernables. On les voit vulnérables parfois, hantés, agis (scène du cercueil du pape qu’Edgardo veut finalement foutre dans le fleuve et plus tôt quand l’adolescent lui saute dessus sans qu’on sache si c’était de la ferveur ou de la rage). Lui-même ne se comprend pas et subit les écarts entre ses actes qu’il appellent ses choix et ses affects. Ça pose la question du libre arbitre. Et de la marge de plaisir qu’on peut tirer dans nos contraintes.
      Et aussi la question de son rapport à Jésus. Car Jésus endure. C’est le martyr. Et l’enfant lui-même vit un martyr dans lequel il est guidé par la figure du Christ. Cet effet miroir est-il le vice de cet enlèvement ou peut-il donner à voir une lumière dans la tragédie de l’enfant ? Dans son martyr serait sa délivrance.
      C’est un film profond qui emmène la réflexion au-delà de l’émotion première que provoque cet arrachement d’un jeune garçon à sa famille. Et qui ne marque aucun jugement pour cet enfant. Contrairement comme l’a dit Charles au pape qui est parfois une caricature comme sur celles qu’il consulte.
      J’aime beaucoup cette scène où l’enfant juif à qui ont a dit que le Christ a été tué par les juifs le libère de ses clous. C’est poignant. D’une simplicité enfantine. Emprunte de grâce.
      Et aussi les tours grave des mères pour obtenir de voir leur enfant. Celle qui se converti sans quoi elle n’avait pas le droit de voir son fils mourant et au dernier moment lui glisse une mezouzah dans la manche.
      En écho le jeune prêtre essaiera lui aussi de convertir sa mère mourante sur son lit de mort. Au nom de l’amour.
      Le réalisateur a vraiment réussi à rendre compte de la complexité de ce vécu en ne créant aucun manichéisme. Les scènes sont pesées et finement pensées pour donner à réfléchir quand elles résonnent les unes avec les autres. La première exemplairement apparaissant à la fin du film comme particulièrement dense. Ce sont ces frères qui jouent naturellement.
      Et dont la mère interrompt le jeu.
      Pour les réunir dans la chambre, leur dire de mettre leur kippa et de réciter la prière du soir.
      La religion qui se transmet, forcée, dans le coeur de la famille, nouée à l’amour maternelle.
      Et plus tard une autre religion forcée elle aussi et nouée à une institution qui porte en elle dit-elle le message d’amour du Christ.
      L’amour est au coeur du film. Débattu avec une violence inouïe.
      Le film appelle à une réflexion plus épaisse. Il demande de prendre le temps de tout décortiquer. De donner une valeur égale à chacun sans juger. C’est ce qui fait qu’il retourne autant. Ça remue le ventre et la tête.
      On n’oublie pas la transcription renseignée, juste, des détails historiques sur comment les catholiques considéraient les juifs à cet époque, la soumission des synagogues au pape, etc.
      .
      Breaking news : Steven Spielberg va adapter lui aussi l’enlèvement d’Edgardo Mortara.
      Le film est prévu pour 2027. Y aura matière à comparer.
      https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228441.html

      • #23350 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        +1 sur la « scène des clous », marquante

        • #23375 Répondre
          Ostros
          Invité

          Repensant au retour de Charles plus haut et à la scène du cache cache sous les jupes (mère – pape) on se rend compte que le pape extrait l’enfant une deuxième fois à son groupe social. En le camouflant il l’extrait du jeu. Il est l’incarnation du pouvoir. Effrayant. L’autre enfant n’ose pas dire à haute voix qu’il l’a vu se cacher dans la robe du pape. Le pape fait tricher l’enfant et il gagne. Alors que plus tôt la mère avait échoué dans le sauvetage désespéré de son fils en le cachant modestement sous sa jupe. Le pape gagne toujours à cette période-là. Et l’enfant est toujours exclu du groupe par sa main.
          Lorsque j’écris : l’amour est au coeur du film. Débattu avec une violence inouïe.
          Je parle de l’amour qu’affirment les personnages. Et c’est cet élan qui justifie leurs actions violentes. Ces actes d’amour sont sous-tendus par le pouvoir exercé sur le corps des enfants. Et plus largement d’une instituon sur une autre. L’enfant est toujours la possession de quelqu’un, d’une idéologie incarnée. Mais il y a aussi l’amour inconditionnel des parents, des frères et sœurs, l’amour de dieu qui passe dans ces couches de pouvoir et de violences. Il y a une phrase très belle d’un homme du pape au père qui vient de perdre son fils, pour lui donner du courage il lui dit « dieu est là pour tout le monde ». Cette phrase immédiatement aboli le mur qui sépare les deux religions.
          Ce sujet est brûlant car il entremêle des enjeux politiques, religieux, familiaux, communautaires, la question de l’amour, du droit de l’enfant, de dieu, du choix (de la liberté) de culte lorsque le culte doit être transmis, de la bonté aussi.
          Le personnage simple et aimant de la bonne est touchant. Au fond tout le monde pense qu’il fait le bien. Qu’il agit pour le bien de l’enfant. Et pour son propre bien. Tous subissent la souffrance de la séparation physique ou spirituelle d’avec l’enfant. (l’attachement à l’enfant de la mère, du père, du frère, de la bonne. Le devoir de la bonne et du pape pour sauver l’âme de l’enfant et ne pas soi-même commettre une erreur. Et les attachements de l’enfant à toutes ces figures de soin, d’amour et de pouvoir.)
          Il est dit dans le résumé de l’histoire vraie qu’Edgardo n’a jamais eu un discours cohérent par rapport à ce qu’il avait vécu. Comme s’il n’avait pas pris conscience des enjeux politiques à l’oeuvre dans son enlèvement. Et je pense que ça aussi est intéressant à prendre en compte. Comment il a accueilli son expérience et ce qu’il en a fait. Ça fait lien avec cette citation de triste tigre « que faisons-nous de ce qu’on a fait de nous ».

    • #23381 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Je signale un film de 2022 peu (ou pas) distribué en salles, The House (Skinamarink) de Kyle Edward Ball que j’ai eu le bonheur de regarder sur Shadowz mais qui doit se télécharger assez facilement de manière parfaitement illégale aux endroit dédiés.
      Ce long-métrage part d’une idée : réaliser ce qui pourrait être le cauchemar d’un enfant de six ans, réveillé en pleine nuit et errant en compagnie de sa petite sœur dans une maison plongée dans le noir. On est proches d’un cinéma expérimental qui lorgne vers Chantal Akerman et bien sûr Lynch. De longs plans fixes et sombres, une esthétique de l’obscurité, peu de texte. Le film est lent, beaucoup s’y sont ennuyé si j’en crois internet, d’autres dont moi ont apprécié le dispositif, le minimalisme contemplatif lié à une ambiance oppressante qui rend chaque plan important et effrayant.

      • #23414 Répondre
        Anna H
        Invité

        Tiens, Ackerman / Lynch, je n’aurais pas rapproché ces 2 cinéastes spontanément.

        • #23421 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Je songeais à La Chambre et pour Lynch à Inland Empire, les plans en intérieur tout en lenteur.

          • #23428 Répondre
            Anna H
            Invité

            ah ok, des 2, je ne connais que La chambre.

      • #23423 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Y’en a pas marre des cauchemars?
        Certes ce n’est QUE du cinéma…

        • #23425 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Si tu es capable de me citer du grand cinéma fait exclusivement de bons sentiments, je suis intéressé.

          • #23426 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            Idem.
            S’il n’y en a pas ça soulève de lourdes questions sur nous autres qui aimons se vautrer dans le mal ^^

    • #23441 Répondre
      Le Mal nécessaire
      Invité

      Bonjours chers amis,

      Je vous propose, si ça vous intéresse, et si vous les avez vus, de classer les films du plus grand réalisateur en vie, Paul Thomas Anderson. C’est un des exercices les plus stupides et abstraits du monde, mais prenez le comme un jeu. Je me lance :

      1. Inherent vice
      2. Phantom Thread
      3. Licorice Pizza
      4. The Master
      5. There will be blood
      7. Boogie Night
      8. Magnolia
      9. Punch-Drunk love
      10. Hard Eight

      • #23540 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je n’aime pas faire des classements, mais je me demandais récemment si Phantom Thread n’était pas son meilleur film. En tout cas, j’ai envie de le revoir. There Will Be Blood me paraît plutôt parfait, aussi. Certaines de ses meilleures scènes sont dans Inherent Vice. The Master est fascinant mais bancal dans sa seconde partie. Magnolia tient miraculeusement bien. C’est intéressant de revoir du PTA des années 90, il n’y avait pas *que* du Scorsese : il était déjà en partie là.

        • #23607 Répondre
          Charles
          Invité

          Phantom Thread est aussi mon préféré, je crois. C’est le plus émouvant, le plus dense. Le seul où la figure de maître, récurrente dans sa filmo, est fragilisée d’une façon qui me touche. Dans Magnolia, quand Cruise s’effondre en larmes au chevet de son père mourant, c’est du mélo, pas loin du soap. Ici quand Day-Lewis voit un fantôme de sa mère (ou ex femme?) mourante alors qu’il est en pleine crise de délire suite à un empoisonnement, je trouve ça bouleversant.
          Viendrait après The Master, car c’est le plus fou, le plus radical, le plus singulier. Chaque scène me surprend, c’est vraiment comparable à rien de ce que fait le cinéma américain à l’époque.
          There will be blood juste après, film quasiment parfait, plus attendu peut-être, notamment dans la composition d’ogre de Day-Lewis, mais encore une fois, beaucoup de scènes géniales, de répliques cultes (« I drink your milkshake »).
          Licorice pizza, scènes de comédie superbes (les plus réussies de sa filmo), film solaire, acteurs parfaits même quand ils cabotinent – une façon décontractée pour PTA de montrer que c’est le meilleur à Hollywood.
          Inherent Vice ensuite, film qui me résiste mais que j’aime davantage après chaque visionnage. Film épuisant à suivre, trop long, avec trop d’informations mais qui est fascinant et qui même dans son délire arrive à émouvoir au finish.
          Boogie nights est un film assez facile, plus classique d’apparence, un peu juke-box, très référencé (Scorsese, Altman, Tarantino) même si je veux bien vous l’accorder, on y perçoit une certaine singularité, un génie des seconds rôles, un brio des dialogues.
          Magnolia, j’aime moins – démonstration de force, mélo larmoyant, virtuosité épuisante, propos un peu bête.
          Hard eight, bon polar dans une veine Coenesque, pas hyper ambitieux et ne laisse pas vraiment présager le grand cinéaste qu’il va être mais réelle attention aux personnages, pas de surplomb.
          Punch Drunk Love – revu récemment, le film est intéressant et drôle mais cette romance est improbable, je ne crois pas une seule seconde au couple formé, trop théorique, trop abstrait

          • #23620 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Un ciné-club prochain essaiera d’habiliter Punch-drunk.

            • #23664 Répondre
              Charles
              Invité

              Voyez-vous ça. Très curieux d’assister à ça.

            • #23690 Répondre
              Professeur Mélanie
              Invité

              Oui je like

          • #23702 Répondre
            Graindorge
            Invité

            c’est bien le fantôme de sa mère

      • #23689 Répondre
        Edouard Delors
        Invité

        Le meilleur réalisateur en vie c’est Kechiche mon bon ami, Kechiche est du niveau de Tarkovski, de Proust. Hasta pronto.

        • #23697 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Mais Kechiche est-il en vie ?

        • #24275 Répondre
          amour
          Invité

          Carrément d’accord.
          Sauf, qu’il tient un handicap de taille. Son arabité.

      • #23698 Répondre
        Seldoon
        Invité

        J’avais tout revu aux alentours de la sortie de Licorice Pizza, et je sais maintenant que le seul classement valable est :
        1. There will be blood
        2. Phantom Thread
        3. The Master
        4. Licorice Pizza
        5. Punch-Drunk love
        6. Inherent vice
        7. Magnolia
        8. Boogie Night
        9. Hard Eight
        Je pense qu’il serait assez difficile de tenir dans un débat sérieux que The Master n’est pas le meilleur, en tout cas le plus riche, celui dont on pourrait discuter des jours sans l’épuiser, sans jamais le mettre totalement à jour. Mais on a tous nos tropismes. Et malgré une performance qui passe en force, je pourrais écouter les yeux fermés There Will Be Blood en boucle juste pour le timbre de voix de DDL.

        • #23699 Répondre
          Charles
          Invité

          Est-ce que PTA n’est pas d’ailleurs le cinéaste qui aura réussi à tirer le meilleur des pires acteurs cabotins d’Hollywood? Penn, Seymour Hoffmann, Phoenix, DDL ont peut-être livré leur meilleure interprétation chez lui. Pas la plus sobre, mais la plus contenue par une mise en scène et une scénario qui n’étaient pas cannibalisés par elle. Souvent grâce à la confrontation avec d’autres acteurs qui ne s’en laissaient pas conter : c’est Paul Dano face à DDL, Seymour Hoffmann face à Phoenix. Ou alors quand le cabotinage est filmé comme tel avec Penn en vieux beau.

          • #23700 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il y a quelque chose à aller chercher par là. Je ne sais pas comment il fait. On voit qu’il a un goût pour la perf de cinoche, mais il parvient presque toujours à la maintenir dans quelque chose d’adulte et de complexe.

            • #23826 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Il a le goût de la performance et filme souvent des personnages performers. La performance et ses coulisses. C’est l’occasion de partager l’une de mes scènes préférée de sa filmographie. J’entends souvent que PTA ne fait plus de plan-séquence : eh bien, il s’agit ici d’un plan de quatre minutes. L’harmonie entre le jeu de Wilson — calme et « naturaliste » — et celui de Phoenix — cartoonesque — est parfaite.

              • #23830 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Je pense qu’en fait il tourne beaucoup de plans séquence mais qu’il ne les monte pas forcément tel quel. Il se laisse des options. Dans Inhérent Vice tu as aussi le dialogue dans la villa avec la vieille qui met très très longtemps à quitter le plan large, alors que Joaquin est de dos et que le plan semble appeler un contrechamp tout ce temps, ou au moins des visions des têtes des personnes qui viennent interagir (une domestique, le coach….).

                • #23831 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Et évidement la scène de sexe.

                  • #24302 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Très intéressant tout ça
                    La performance est un sujet central chez PTA. Je suis sur la ligne Charles : elle est ici passionnante parce quelle est assumée comme telle. Performons mais alors performons vraiment. Fabriquons un moment. La performance de PTA consiste souvent à ça : je t’offre un moment où tu vas performer. A toi de jouer.

                    • #24303 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      J’en profite pour demander un truc : est ce que des camarades d’ici auraient vu un film intéressant avec A. Sandler ces dix dernières années?
                      (inutile de signaler le Safdie, j’ai dit ce que j’en pensais)

                      • #24306 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Aucun depuis Funny people.
                        Tout à fait dispensable, Men, Women and Children, de Jason Reitman.

                      • #24310 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        The Meyerowitz stories de Baumbach est sans doute le moins inintéressant de ses films de la dernière décade.

                      • #24323 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        J’ai la meme impression de ce film sans pour autant en avoir le moindre souvenir précis.

    • #23442 Répondre
      Ema
      Invité

      Pas tous vus mais je m’essaie à l’exercice avec ceux que j’ai vus
      1-punch drunk love
      2-inherent vice
      3-phanthom thread
      4-there will be blood
      5-magnolia
      6-the Master

      • #24283 Répondre
        amour
        Invité

        Phantom Thread-Punch drunk love
        There will be blood
        Licorice Pizza-Magnolia
        Inherent vice-Boogie Night-The Master-Hard Eight

    • #23484 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      Plus grand réalisateur en vie j’irais pas jusque là pour ma part. J’aime beaucoup 2 de ses films :
      1. There Will be blood
      2. Phantom Thread
      J’apprécie assez :
      3. Licorne Pizza
      4. The Master
      5. Boogie Night
      6. Magnolia
      J’ai du mal :
      7. Inhérent Vice
      8. Punch drunk love
      9. Hard eight

      • #23748 Répondre
        Olivier
        Invité

        J’ai du mal à départager Phantom Phread, The Master, There were be blood et Licorice Pizza, passionnants et sources de grand plaisir.
        Il faut que je revois Inherent vice.
        Et que je vois Punch Drunk love.
        Les autres films (il y en a pas tellement) sont nettement inférieurs pour moi.
        Vivement le prochain !

        • #23832 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Faudrait que je revois The Master, le 1er visionnage était assez difficile et perturbant, j’en garde un souvenir de malaise. Ce qui est plutôt largement positif vu le sujet du film.
          Punch Drunk Love sera habilité dans un ciné-club de François ! Ca sera l’occasion de le revoir et le (re)découvrir et de mieux le voir peut être.

    • #23539 Répondre
      Cyril
      Invité

      Je me lance un documentaire arte sur « L’algérie sous Vichy » et je vois qu’il a été écrit par Jacques Attali.
      Vous regarderiez ?

    • #23665 Répondre
      Ema
      Invité


      Dans cette vidéo ce youtubeur, visiblement adepte de la lecture des films en mode « décryptage pour initiés », fait une analyse pour le moins étonnante de Magnolia, quasi ésotérique, et même si je n’apprécie habituellement pas cette façon de regarder les œuvres, ça semble tenir debout. Du coup ça m’a un peu perturbée… Si ça intéresse quelqu’un de jeter un œil et me dire ce qu’il/elle en pense

    • #23687 Répondre
      Incognito
      Invité

      François, que penses-tu du cinéma de Wong Kar-Wai ?

      • #23701 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        WKW a déboulé dans nos vies de façon fulgurante dans les années 92-94
        Trois films sont arrivés presque en même temps, qui portaient une forme complètement inédite pour nos yeux de cinéphiles français. Je me souviens avoir compté alors Les anges déchus pour un de mes films préférés de tous les temps.
        Et puis d’autres films sont arrivés qui ont connu un gros succès, notamment In the modd for love, qui ma paraissait à la fois moins bien que les précédents et surtout bloqué dans les redites.
        Sous ce jour, revoir les premiers arrivés s’avérait terrible : je ne voyais plus que la pose, la frime, le branché, le chic – sans parler d’une très pénible ritournelle dépressive.
        On avait cru que WKW était en avance, en fait il était en retard. Il était la queue de comète honk-kongaise de la branchitude morbide des années 80
        La suite a montré que ce deuxième verdict était le bon. La fausse valeur s’est dissoute sur place.

      • #23982 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Pour la blague, sur In The Mood for Love : incessants plans montants… sur le postérieur de Maggie Cheung. Rarement vu à ce point. Une version asiatique de Mektoub My Love? C’est vrai que dans l’ensemble c’est un film si esthétisant qu’il tourne à la démonstration chic. Cela dit je n’ai pas passé un « mauvais moment ». À voir les autres.

        • #24276 Répondre
          amour
          Invité

          In the mood for love, est la panoplie du film erotico-romantico-esthético préféré de la frange bourgeoise ultra méga cool.
          Mektoub my ove, étant le film le moins accessible à cette frange de la population.

          • #24582 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Le fait que les deux films n’ont presque rien à voir était sous-entendu, s’agissant d’une blague

    • #23836 Répondre
      Edouard Delors
      Invité

      Cher François,

      Vous êtes fan de Tarantino et de PTA, et pourtant je ne crois pas vous avoir entendu dire que vous appréciez les frères Coen. Pourtant tous ces cinéastes me semblent assez proches : l’humour, l’absurde, un certaine lenteur, etc. Ne les appréciez vous pas ? Et si oui, qu’est-ce qui les distinguent en qualité des deux autres cinéastes ?

      • #23860 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        1 je ne dirais pas que je suis « fan » de Tarantino. Il y a des éléments de sa filmo que j’aime moins, après ses parfaites années 90.
        2 Je n’ai pas souvenir d’un Coen qui m’ait vraiment satisfait, à part peut etre Inside LLewin Davis, peut-être Barton Fink (en fait je crois que j’aime leur veine kafkaienne). L’ensemble est très inégal, avec bien 6 ou 7 films qui m’ennuient.

        • #23872 Répondre
          Charles
          Invité

          La triplette No country-A serious man-Inside Llewyn Davis est quand même très forte, un peu le sommet de leur riche mais inégale filmographie.
          En parlant de Kafka, notre GDL sort en janvier un essai intitulé « se méfier de Kafka » qui se présente comme une espèce de déconstruction du kafkaisme et de ses implications politiques. Curieux de lire ça.

          • #23874 Répondre
            Charles
            Invité
            • #23879 Répondre
              Edouard Delors
              Invité

              Ça a l’air, comme d’habitude pour Lagasnerie, original et fulgurant : hâte de lire ça.

          • #23881 Répondre
            Edouard Delors
            Invité

            Oui la triplette est excellente, mais tout le reste l’est aussi à mon humble avis (Burn after, Big Lebowski, Fargo…). Ils ont aussi l’immense qualité d’être drôles, et ils arrivent, comme PTA, à me donner des fous rires (ex : la crise cardiaque dans A serious man, la mort de Brad Pitt dans Burn after…), ma grande question c’est de savoir s’ils sont plus drôles que PTA, et je ne pense pas. PTA est tellement drôle, et je trouve qu’on ne le dit pas assez (ex : l’homme qui parle anglais à sa femme japonaise avec un accent japonais mais ne parle pas japonais dans Licorice Pizza, Joaquin Phoenix qui hurle en voyant la photo de l’enfant dans Inherent Vice, les bastons de Joaquin Phoenix dans The Master, « Chinichito, molto panaceco » dans Inherent vice, etc etc etc)

            • #24020 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Les films des Coen m’intéressent quand ils me font rire. Mais leur veine la plus noire me laisse un peu indifférente. Par exemple dans No country for old men, le personnage du psychopathe me semble taillé pour plonger le spectateur dans la fascination, mais c’est une fascination qui tourne à vide je trouve. Ce personnage a des yeux tristes et il joue à pile ou face la vie et la mort des gens devant lui, ok, ça fait peur, et c’est bizarre. Mais qu’est-ce que ça ouvre en nous à part la peur, et un vague étonnement ? Je ne crois pas vraiment à ce personnage, je ne lui aperçois pas de profondeur.
              Tandis que Burn after reading ou A serious man, en plus de me faire rire, me semblent recéler autre chose que des manettes déclencheuses d’émotions et autres ficelles scenaristiques.
              Là, dans leur veine drôle, je goûte quelque chose de plus singulier.

              • #25689 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Ravi de voir que des gens ont aimé A Serious Man, Coen pas des plus connus et qui m’a pourtant bien plu. Bizarre ovni dans lequel des sortes de monades se rencontrent et se disent des choses sans jamais vraiment « se parler » ni encore moins se comprendre, les choix musicaux comme dans cette longue séquence « dentiste » sur fond de l’incroyable Machine Gun de Hendrix… Je n’ai pas le sentiment d’avoir vu un « grand film » et pourtant, je le trouve assez fascinant!

    • #23844 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Tropical Malady en 35mm au Christine à Paris. La première séance demain à 16h30, ce n’est pas le plus pratique du monde…

      • #23845 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Cette info consiste-t-elle uniquement à briser le cœur de ceux qui subissent le monde du travail ?

        • #23847 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          C’est un cycle jusqu’au 19 décembre, donc espérons qu’ils pensent un peu à nous.

    • #23854 Répondre
      Tony
      Invité

      Y en a qui ont vu Simple comme Sylvain?C’est assez marrant cette romance entre une prof de philo et un ouvrier,on est très accroché à ce qu’on voit et aussi à ce qu’on entend avec ces paysages magnifiques du Québec et cette langue si proche et si pittoresque,si drôle mais bon on en ressort un peu avec un goût amer,un peu l’impression d’être resté en surface sans dépasser les clichés de classe(le bourgeois qui lit les jambes croisées et peu habile au lit contre l’ouvrier plein de fougue sexuelle mais manquant de vocabulaire et prenant Sardou pour un poète)

    • #23943 Répondre
      Tony
      Invité

      Spielberg quelle légende!Des ados séquestrent un critique qui n’a pas aimé The Fabelmans,la ressemblance avec François n’est peut-être pas une coincidence…

      • #24182 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Tout ça m’accable. Tout ce que je déteste.
        Et le contentieux avec Spielberg n’y est pour rien.

      • #24197 Répondre
        Edouard Delors
        Invité

        Aaaaah les adolescents, cette merveille de la création…

      • #24677 Répondre
        deleatur
        Invité

        Dès que l’Éducation nationale s’empare d’un truc de la culture populaire (ou de la contre-culture), elle le fout en l’air, elle déglingue tout, elle salit tout.
        La grande mode au début des années 2000 : le rap. Ça a produit de le merde.
        Aujourd’hui, le cinéma : avec les téléphones portables, rien de plus facile que de demander aux élèves de se filmer, de filmer. On cherche à en faire des YouTubeurs frimeurs. On ferait mieux de leur faire voir un film d’Alain Cavalier.
        Le cinéma, ça a été ma contre-culture, mon école buissonnière : ma prof de lettres en seconde (pourtant admirée, vénérée) nous incitait à regarder à la télé des nanars à deux balles (avec Jean Gabin ou Fernandel) quand j’étais en train de découvrir (complètement halluciné) un film des Straub, un autre d’Antony Mann.

        • #24679 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Sur public sénat, la 13, La conquête, pour info.
          J’essaye.

    • #23962 Répondre
      propater
      Invité

      J’ai vu dernièrement Noche de fuego de Tatiana Huezo. Je suis assez partagé sur le film. J’ai bien aimé les scènes d’écoute des sons du village (même si trop courtes), la mine de la montagne voisine, les dépatouillages des villageois, le personnage du grand frère d’une des gamines, le rendu assez « tactile » de certaines scènes, le départ.
      J’ai moins aimé la caméra perpétuellement tremblotante, les scènes souvent coupées trop vite et certaines peut-être dispensables, le cadrage qui me semble souvent approximatif et l’impression que le film est qque part raté mais sans trop arriver à mettre le doigt dessus (p-e juste le contraste défavorable après 3 films de Michel Franco)

    • #24084 Répondre
      Alexandre
      Invité

      J’ai vu le Napoléon de Scott. M’est avis que beaucoup de gens ici vont, étonnamment, beaucoup aimer.
      Je vais pas dire grand chose parce que ça vient tout juste de sortir mais disons que c’est probablement l’un des films hollywoodiens les plus décontenançant que j’ai vus de ma vie. C’est une comédie à 250 patates, littéralement. Une farce sur un clown qui, cette fois, n’a pas de carte dans sa poche mais une bicorne. Prenez – le comme tel sous peine de ne pas piger grand chose à ce qu’à fait Scott, ou d’errer à la recherche du biopic flamboyant ou des erreurs historiques comme une grande partie de la presse. Si on le regarde comme ça, le film trouve un intérêt, certes mineur, mais assez divertissant dans l’audace et la drôlerie grotesque.

      Mais, tout de même, quand je pense que papy est venu présenter ça en grandes pompes à Paris. Sacré culot.

      • #24092 Répondre
        Charles
        Invité

        Oui c’est ce que dit une partie de la presse : raté mais suffisamment bizarre pour présenter une relatif intérêt. Pas sûr que ce soit suffisant pour me donner envie de m’infliger Phoenix en train de marmonner pendant 2h30 quand il y a tant de bons films à voir ou rattraper.

      • #24160 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Tu sous entends que c’est un nanar assumé à 220 millions ? :O
        J’ai du mal à croire que Scott possède ce genre de 2nd degré

        • #24164 Répondre
          Ostros
          Invité

          Oui, moi aussi. Ca sent surtout le film raté.

        • #24168 Répondre
          Charles
          Invité

          Il ne ressort pas spécialement des interviews de Scott qu’il ait voulu faire une comédie. D’ailleurs, il explique Phoenix ne savait pas comment jouer Napoléon et que le scénario a été largement récrit à sa demande. Je vois Scott comme une sorte d’entrepreneur, de producteur plutôt que comme un pur metteur en scène et encore moins un auteur. Il travaille toujours sur 3-4 films en même temps, il lance comme ça des chantiers à droite, à gauche, il voit lequel avance le mieux et s’y met. Il n’écrit pas ses scénarios. Il tourne et monte ses films relativement vite. Donc je ne pense pas que ce soit quelqu’un qui ait une grosse vista, c’est plutôt le genre à s’adapter et à faire en sorte que le boulot soit fait. Un faiseur quoi.

          • #24178 Répondre
            Tony
            Invité

            Je ne crois pas que Scott soit un simple faiseur, même si il n’écrit pas ses scénarios il a une vision bien personnelle dans ses meilleurs films:Duelliste,Alien,Blade runner et Cartel dernièrement,non ça n’est pas l’oeuvre d’un faiseur,ce qui est bizarre avec Scott c’est cet attrait droitier sur la médiocrité humaine et en même temps une sorte de féminisme avec des personnages féminins très forts(Thelma et Louise c’est pas rien et ça a déjà plus de 30 ans).

            • #24215 Répondre
              Charles
              Invité

              Un faiseur peut être doué. Oui, tropisme pour les personnages féminins forts, mais pas grand-chose d’autre. D’ailleurs les films que tu cites ont plus de 30 ans, sauf Cartel dont la singularité est largement due à son scenariste-écrivain et ses acteurs en roue libre.

          • #24192 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            C’est un industriel. Son seul intérêt consiste à produire. Il produit. Il est heureux.

            • #24217 Répondre
              Charles
              Invité

              Pas mieux.

        • #24266 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Pour moi, oui totalement.

          • #24267 Répondre
            Alexandre
            Invité

            ( réponse à parfaitement à l’eau )

            • #24274 Répondre
              Parfaitement a l’eau
              Invité

              Ça peut être rigolo alors. J’ai un excellent souvenir de The Predator, du grand n’importe quoi à 90 millions.
              Bon après je vais pas payer une entrée pour Napoléon

    • #24161 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      François (et les autres),
      J’ai très récemment regardé L’argent et Pickpocket de Bresson (j’avais déjà vu il y a quelques mois au hasard Balthazar), j’ai aimé, je ne pourrais pas expliquer clairement pourquoi mais c’est captivant (surtout pickpocket), je n’étais pas du tout dérangé par le non professionnalisme des acteurs, ni par la proposition qui devait être radicale à l’époque mais un peu moins aujourd’hui je trouve. Je compte continuer la filmo de Bresson.
      Cela dit je m’interroge, si on aime ce qu’il propose et sa démarche de sortir de la représentation (je suis pas expert c’est ce que j’en ai compris) c’est à dire de pousser la volonté de réel au maximum, est-ce qu’on peut toujours aimer le reste du cinéma (voyage au bout de l’enfer et sa panoplie d’acteurs issus du théâtre ou de la méthode Actor’s Studio par exemple) ? N’est ce pas trahir ce qu’a voulu faire Bresson ? Est-ce que aimer Pickpocket peut il détériorer le plaisir qu’on a eu devant d’autres films ?
      Questions un peu bizarres je l’admets, on est tous pétri de contradiction et on peut aimer plusieurs choses qui se contredise, ça fait partie de la beauté du corps humain. Mais voila j’ai eu cette réflexion.

      • #24176 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ce ne sont pas des contradictions, c’est une question de spectre sensible
        Heureusement notre spectre sensible est large, et de même que nous pouvons jouir d’un massif de fleurs et d’un grand prix de formule 1, nous pouvons jouir d’un Bresson et d’un Deer hunter. La preuve.
        Dans la sensibilité il n’y a jamais de contradiction. Il y a des modalités sensibles qui cohabitent, qui alternent, qui parfois se mixent. Tout cela est vaste. Chacun est un monde.

        • #24232 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Oui chacun ce construit son propre mix.
          La où je m’interroge c’est que certains cinéastes ont des propositions fortes et affirmés (Hong Sang-soo, Weerasetakul pour ceux que j’ai regardé), et creuse un sillon dans leurs idées sans jamais en sortir ou explorer d’autres choses. C’est l’opposé de la démarche du spectateur qui passe parfois du coq à l’âne ou du Rhomer à Fincher. Ça donne parfois l’impression de repartir de zéro avec le cinéaste.
          Est-ce qu’on peut envisager un « spectateur artiste » qui aurait un type de film dans lequel il excelle en termes de compréhension/sensation ?

          • #24233 Répondre
            Parfaitement à l’eau
            Invité

            Nota : Je fais exprès de faire des fautes d’orthographe, c’est de l’art

            • #24252 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              En dépit des fautes (moi-même n’étant pas étranger à cet art que l’on peut qualifier de premier), la question m’interpelle mais, ou parce que, je ne la comprends pas bien.
              Je reformule et tu me dis si j’ai bon : existe-t-il un grand cinéma avec un style propre à l’auteur qui néanmoins se renouvelle sans s’auto-copier ? Clint Eastwood en somme ?
              Et serions-nous capables d’identifier un Eastwood (ou un Fincher) en un quart d’heure de film sans indication préalable de la même manière qu’on retrouverait aisément un Ozu ou un Tati ?

              • #24273 Répondre
                Parfaitement a l’eau
                Invité

                Le questionnement porte plutôt sur le rapport du spectateur au film. Je me suis rendu compte que le fait de voir un film au style fort pouvait me faire moins aimer au autre film vu précédemment de façon quasi quantique (quand j’en vois un l’autre change de statut dans mon esprit).
                Bien sur c’est normal d’aimer des choses différentes, mais si on pousse l’idée, on peut imaginer ne voir que des films qui sont fait du même moule, c’est une façon de se façonner volontairement dans un sens. Si je regarde que des films de Bresson je ne serais pas le même que si je regarde que films de Luc Besson.

    • #24173 Répondre
      adamou
      Invité

      Certains ont-ils vu La Rivière de Dominique Marchais ? Pas vu ses précédents docus mais la captation tranquille de la rivière qu’on nous promet dans la bande-annonce m’attire pas mal…

      • #24177 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je le conseillerais à quelqu’un qui n’a jamais vu de Marchais
        A quelqu’un qui a vu les précédents je dirais : rien de nouveau
        (et surtout rien de nouveau sous le ciel de l’écologie)

        • #24247 Répondre
          adamou
          Invité

          et bien dans ce cas j’irai

    • #24234 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Vu Règne animal, lu et souscrit à tout ce qui a été écrit en ces lieux à son sujet, mais pas encore écouté la GO, j’espère donc ne pas enfoncer de fenêtres ouvertes, qui plus est à contretemps.
      Le plan final de la chasse à l’homme m’est resté collé dans la rétine, en un instant ressurgit toute l’histoire pratique et tout l’imaginaire de la chasse à l’homme. Le choix de monter les chasseurs sur des échasses m’a paru simple et génial pour en faire des créatures monstrueuses (d’autant plus que je pense que jamais dans l’histoire de l’humanité les chasses à l’homme n’ont été pratiqué sur des échasses).
      J’ai aussi trouvé intéressant le choix de ne pas faire participer les chiens à cette chasse. Il y a une très longue histoire d’association entre les chiens et l’humanité pour pratiquer cet art de la chasse à l’homme (la cynégétique, pour faire pédant). Le réalisateur a choisi de les mettre en dehors (il n’y a qu’un chien, qui prend vite ses pattes à son encolure) comme pour rappeler par leur absence qu’en fait ils n’y sont pour rien dans cette pratique.
      Dernier scène forte pour moi, la mère repoussant sont fils : bon choix du réalisateur de ne pas faire un happy end avec des retrouvailles câlins-papouilles, mais plutôt montrer la mère devenue pleinement bête, avec sa vitalité de bête.

      • #24555 Répondre
        Cyril
        Invité

        Moi j’ai trouvé assez hideuse cette scène filmée en drone, avec des hommes aux échasses sortis de nulle part. J’avais l’impression d’être devant un film de Tim Burton ou un épisode de Stranger Things.
        Je reconnais qu’il y a des beautés dans ce film et je partage presque tout ce qui est dit dans la GO. Mais cette scène en particulier m’a assez consterné surtout qu’elle vient après la scène tout aussi consternante du lycéen qui devient subitement et sans aucune vraisemblance un gros sadique et utilise sa télécommande pour torturer Émile.

    • #24268 Répondre
      Edouard Delors
      Invité

      François,
      Cela doit certainement vous agacer que chaque jour des gens vous demandent ce que vous pensez de tel ou tel réalisateur, aussi je vous présente mes excuses car je m’apprête à le faire. Que pensez-vous d’Andrei Tarkovski ? Vous qui aimez les cinéastes qui donnent à voir, alors vous ne pouvez qu’aimer puisqu’il filme toute chose comme si elle était une émanation du Saint Esprit (dans une conception très orthodoxe du monde), tout est filmé comme un évènement, une apparition, vous qui, en tant que nietzschéen, êtes critiques du rationalisme ne pouvez qu’aimer sa conception irrationnelle du monde et de la foi. Vous qui appréciez chez Paul Thomas Anderson le fait qu’il joue en mode mineur, et refuse par exemple dans Phantom Thread de se livrer à « une orgie costumière », vous ne pouvez qu’être sensible à quelqu’un qui, pour Nostalghia, a failli refuser de tourner en Italie, car il y avait « trop de beautés ». Ce que j’aime aussi beaucoup chez lui c’est l’absence totale de symbolisme, il convoque des motifs, comme l’eau qui coule, les maisons qui brulent, les chignons de femmes, sans que cela n’est la moindre signification narrative, mais plutôt comme des mystères, comme une certaine présence du Sacré dans le plan. Ce qui est fascinant chez Tarkovski c’est que son regard médiéval, anti-moderne, réactionnaire, vient investir le réel d’une puissance que nous autres modernes avons depuis longtemps oubliée.

      • #24490 Répondre
        amour
        Invité

        Navrée Edouard, tu as trahi begaudeau, tu n’auras pas de réponse.
        Et puis n’insiste pas, tu pourrais t’attirer les foudres élégantes du romancier.
        Sache aussi, que plus personne ne te parlera dans la secte.
        Tu as trahi le pacte.
        Mais sois tranquille, tu es un mec apparemment donc tu seras pas traité de pute.

      • #24545 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On me pose souvent la question. J’observe avec plaisir que les films de Tarkovski circulent bien, alors qu’il était un peu passé aux oubliettes depuis trente ans. Mais du coup je me trouve à contretemps. Je n’en ai pas revu depuis très longtemps et en l’état je n’ai rien de bien intéressant à en dire. Il faudra que je m’en refasse trois ou quatre un de ces jours.

        • #24547 Répondre
          amour
          Invité

          putain il ose.

          • #24552 Répondre
            amour
            Invité

            vraiment la tête comme le cul😂

        • #24578 Répondre
          Edouard Delors
          Invité

          Ma porte d’entrée à Tarkovski a été Melancholia de Lars Von Trier. J’avais été frappé extrêmement par les plans de Kristen Dunst immobile, et j’avais appris par la suite que c’était inspiré d’un certain Tarkovski, dont il disait que c’était son cinéaste préféré. Rétrospectivement, je constate qu’à part ces plans ultra esthétisants, (et qui ne sont pas ce qu’il y a de mieux chez Tarkovski, car je pourrais imaginer un Winding Refn les reproduire également, ayant une dimension publicitaire) Von Trier n’a pas grand chose de commun avec Tarkovski, n’étant pas un cinéaste de la durée, ni un cinéaste de la foi, ni enfin du miracle, car dans Breaking the Waves il ne « croyait pas au miracle » pour citer un de vos anciens collègues à Transfuge, le sympathique Jean-Christophe Ferrari.

        • #24640 Répondre
          Seldoon
          Invité

          J’ai l’impression qu’il a connu un grand renouveau avec l’ère des réseaux sociaux. On le croisait sur Facebook et YouTube, dans des vidéos de type top 10 plans séquence, ou encore le making of de la scene de la maison qui brûle. Mais c’est avec Instagram et maintenant TikTok que je l’ai vu exploser. Ses cadres y sont adaptés, alliant une force de frappe (l’effet « stop scrolling ») avec poésie. Je ne pense pas que ça ne se joue que la, mais les nouveaux chemins de la cinéphile ne sont pas à négliger.

          • #25016 Répondre
            propater
            Invité

            Il y a 8-9 ans, Cinefix, une chaine youtube US, faisait preuve d’un certain prosélytisme sur Tarkovsky, surtout autour du Miroir, de Stalker et Solaris.

      • #24558 Répondre
        amour
        Invité

        Edouard, j’en rajoute. Je m’en doutais. Bon délire😂

    • #24486 Répondre
      Ema
      Invité

      Je viens de regarder The Banshees of Inisherin, je sais qu’il en a été déjà un peu question sur le forum mais j’aimerais revenir dessus. Le film m’a sacrement remuée, en ce qu’il reussi le pari improbable de me faire ressentir de l’empathie et même une totale adhesion au personnage pouvant a priori passer pour le monstre froid, inhumain et irrationel, Colm, dont la demarche initiale paraît infantile, comme c’est d’ailleurs souligné par la soeur qui lui dit quelque chose comme « t’as quel age? ». A l’inverse, le sympathique Padraic me semble être le vrai monstre de l’histoire. Monstrueux non pas parce qu’il serait mechant, mais parce que son incapacite (contre laquelle il ne peut rien, le film ne juge pas ses personnages) à abandonner l’idée de son amitie fantasmée avec Colm, l’amène a s’imposer à lui encore et encore, comme un amoureux éconduit ne voulant pas entendre raison, jusqu’a le pousser dans des retranchements radicaux. Et effectivement si la facon dont on dispose de ce court temps sur terre est la seule chose que nous ayons, pourquoi ne pourrions nous pas choisir absolument a qui et a quoi nous le consacrons? Et vu comme ca, ca ne parait plus du tout puérile de s’acharner a exercer ce petit libre arbitre, quitte a y laisser des plumes, enfin des doigts en l’occurrence, et a passer pour fou. Il y aurait certainement plein d’autres choses intéressantes à dire sur le film, notamment le rôle de la soeur, des animaux, du pub, du flic, de ce decor a la fois oppressant et pourtant très ouvert , mais voila moi je reste surtout bloquée sur cette petite épiphanie assez bouleversante sur la notion de « consentement » aux relations sociales, et son inevitable violation en communeaute.

    • #24520 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Je me suis barré du Dupontel au bout de 50 minutes, c’est incroyable. Plus jamais Dupontel.
      Le coup du jumeau caché, de l’adoption d’un frère sur deux, et que les mecs en fait c’est des roumains fils de femme de ménage, putain mais c’est ridicule.
      Et en plus, si j’ai bien compris l’autre machination, le mec fait en réalité semblant d’être de droite depuis 40 ans (lol) pour s’attirer les faveurs des argentiers, être élu avec leur soutien, et une fois au pouvoir légalement, faire une politique de gauche. Putain mais c’est d’une débilité.
      Je n’en reviens pas. Comment des prods peuvent valider cette double intrigue aussi naze?
      Franchement, c’est niveau CE2 en terme d’écriture – tout est turbo cliché ( le hacker, mon dieu…)
      Sans parler de l’esthétique – il ne s’est toujours pas calmé sur les mouvements de caméra qui servent à rien visiblement – mais de toute façon on voit pas grand chose vu que le film est constamment dans le noir
      Je pense que j’ai ri à une blague de Marié qui lit sur les lèvres en parlant des insultes des footeux
      PS: la salle était pleine et les gens avaient l’air de kiffer

    • #24549 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Comment des prods peuvent valider cette double intrigue aussi naze? »
      Neuf mois, Au revoir la haut, Adieu les cons
      Les argentiers donnent de l’argent à l’argent.

      • #24556 Répondre
        amour
        Invité

        Comment un romancier peut traiter une femme de pute ?
        Comment ?

        • #24579 Répondre
          Edouard Delors
          Invité

          Je ne sais pas si tu es une troll ou si tu es psychologiquement instable mais ton comique de répétition, à base de spams sur le fait qu’on t’ait traitée de pute, me fait beaucoup rire.

          • #24580 Répondre
            amour
            Invité

            Les deux mon capitaine !

          • #24635 Répondre
            amour
            Invité

            Je me demande si les effets thérapeutiques pourraient permettre à ces gens minables de guérir
            * François Bégaudeau
Jean Monnaie parle et amour applaudit, telle bimbo aux bras de son milliardaire.
Oh mon Jeannot tu es si spirituel.
Et Jeannot qui pourtant la paye pour ça la croit et s’en revigore.


            * 25 novembre 2023 à 18 h 32 min #24474
RÉPONDRE


amour

Bimbo = escort
L’escort devient pute si elle suce à la fin.
Tu suces après avoir escorté Jean ?
            amour
            C’est Samia qui l’a balancé il n’a rien dit là-dessus.
Parce que c’est une femme qui a de l’éthique.
Comme son papa.
            Julien Barthe
            Tu te trompes lourdement sur moi, mais ça on s’en carre. Je t’aurais bien donné rendez-vous pour te montrer que je ne suis ni blafard, ni suisse, mais j’aurais des problèmes. Puisque tu commences un peu à me casser les couilles, je te propose un défi: tu dégages maintenant et moi aussi et on voit qui a davantage besoin de triturer le sexe des anges; tant que je ne reviens pas tu ne reviens pas, et inversement. Et si ça dit aussi à l’autre hyène, ça me va; une accrochée à chaque mollet, je vous emporte. Ça prend effet maintenant.
            * 25 novembre 2023 à 15 h 17 min
            Je pense que c’est peine perdue, car ces trois minables absorbent déjà pas mal de film et certains les critiquent.
            Alors, je me dis que la thérapie -et peu importe sa forme- ne porte ses fruits que si on a conscience de sa chair mauvaise et qu’on souhaite s’en défaire
            Delors, tu viens d’arriver et tu es déjà dans le diagnostic psy. Tu es au bon endroit. Tu seras aimé.
            Quel crétin tu fais toi aussi.

            • #24662 Répondre
              Habile Entier
              Invité

              Tu veux bien me dire ce qui vous oppose tous les deux? Parce que t’as l’air de les connaître mieux que moi donc j’imagine qu’il y a une vraie histoire.

              • #24667 Répondre
                amour
                Invité

                L’éthique. La confiance.

                • #24700 Répondre
                  Habile Entier
                  Invité

                  Pourquoi ne pas en parler ouvertement? T’en fous partout donc j’ai tendance à croire que t’en as gros sur la patate et que ça doit avoir une raison.

                  • #24701 Répondre
                    amour
                    Invité

                    Habile, tu en penses quoi toi ?
                    L’ami comparse de begaudeau qui demande à une femme qu’il a traité de pute, si elle suce ?
                    Tu le prendrais comment et ferais quoi ?
                    Si tu veux bien me donner ton avis.

                    • #24709 Répondre
                      Habile Entier
                      Invité

                      Moi je t’avoue que j’aimerais bien comprendre ce qui explique ton entêtement. Parce que c’est tout à fait mon genre de jouer le jeu que tu joues et par conséquent je peux envisager que si tu en es là c’est parce que tu en as vraiment gros sur la patate donc essayer d’en parler franchement ça peut peut être t’aider à passer à autre chose.
                      .

                      • #24852 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Tu es inattentif, Habile. L’histoire a été ici souvent contée, et amour, dans sa grande honnêteté n’a jamais eu un mot pour la démentir, et pour cause.
                        Ca commence par un projet d’adapter En guerre qui, malgré mon soutien, n’aboutira pas.
                        Ca continue par des messages et textos d’insultes, hachés de messages et textos de déclarations, tout ça se mélangeant dans la furie, et se poursuivant à l’infini malgré mes deux ou trois coups de fil pour calmer ladite furie.
                        Ca se poursuit sur les sites accolés à mon nom, depuis maintenant trois ou quatre ans, mais aussi sur les pages d’un maximum de gens liés à moi, toute cette matière étant largement suffisante, je le répète, à monter un dossier de plainte.

                        Pour ma part j’ai vu « amour » deux fois trois minutes dans ma vie.
                        Julien je crois que c’est zéro minute.

                      • #24854 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je crois que ces faits ne te paraitront pas incrédibles, étant toi même un champion dans la persistance toxique.

                      • #24861 Répondre
                        Patate
                        Invité

                        L’érotomaniaque traverse successivement trois phases. La première est celle de « l’espoir » : c’est la phase de plénitude où l’érotomane tombe amoureux. Ce dernier manifeste sa présence par l’envoi de lettres, de messages, d’appels téléphoniques qui vont devenir de plus en plus fréquents. « L’un de mes patients m’avait fait lire une lettre dans laquelle une femme érotomane était persuadée qu’elle avait fait l’amour avec lui. Elle lui avait écrit un message dans lequel elle décrivait son sexe et la scène qu’elle pensait avoir vécue. Mais rien de tout ça n’était réel », raconte le Pr Corman.

                        Dans un second temps survient la phase de déception. L’érotomane, rejeté par la cible de son amour (absence de réponse, coupure de toute forme de communication etc…), développe un sentiment d’échec ou de désillusion. Cela engendre des formes de dépression et éventuellement des conduites agressives. Le Dr Anne Marie Lazartigues, sexologue psychiatre et thérapeute de couple, explique que les diverses formes de refus sont parfois interprétées comme des « stratagèmes pour cacher le lien des amants au reste du monde, ou comme des épreuves que la personne désirée lui inflige pour exprimer son amour secret. ». Le psychanalyste français Jacques Lacan parlera d’ailleurs de la dimension héroïque de l’érotomanie ou, devrait-on plutôt dire « hérotomanie », car dans l’esprit de l’érotomane, la dénégation est perçue comme un affront qu’il « brave à la manière d’un héros ».

                        Plus rarement, l’érotomane vient à sombrer dans la rancune, phase la plus sévère de la maladie. À ce moment-là, il se sent en proie à une profonde haine envers la personne qui l’a rejeté(e). L’autre devient la cause de son malheur, ce qui peut conduire à des formes de paranoïa, de harcèlement poussé, des menaces suicidaires et, de façon exceptionnelle, une atteinte à la vie d’autrui.

                      • #24862 Répondre
                        Edouard Delors
                        Invité

                        Aaaaah d’accord donc pour résumer Amour est tombée love de François ? D’où l’envie d’adapter En guerre peut-être, car c’est un peu son histoire. Son pseudo prend tout son sens, cet amour c’est évidemment l’amour qu’elle a pour François. Je pense qu’il faudrait penser à porter plainte parce qu’un jour elle va débarquer dans le 11ème avec de mauvaises intentions. Believe me.

                      • #24893 Répondre
                        amour
                        Invité

                        Contenu ta provocation à 2 balles.
                        Avec les menaces de ton ami, tes insultes sexistes et celles de tes amis, j’ai hâte d’être au printemps.
                        Tes fanatiques attendent avec impatience les titres et le noms des ouvrages irrecevables sur l’homosexualité et les arabes.
                        On se demande aussi, le sens réel de cette phrase douteuse.
                        Si tu veux porter plainte, fais-le. J’attends de voir avec impatience ton dossier et le mien.
                        Patate, ton analyse est pertinente. Begaudeau a du bol de te compter parmi ses amis. Tes patients, si vraiment tu en as ont de la chance.
                        Edouard, t’as pris le bon plis en si peu de temps. Je dis bravo. Et la loyauté va compter pour ton ami au printemps prochain.
                        Signée : la pute qui suce et qui dit ne pas combien elle prend. De peur des menaces de Barthes .

                      • #24915 Répondre
                        amour
                        Invité

                        Habile, le message ci-dessous de la personne qui me traite de pute avec l’aide de ses amis pour préciser si je suce ou pas et en m’intimidant physiquement, n’est pas très juste. La réalité est un peu moins à l’avantage de la personne qui m’a traité de pute. Injure sexiste publique. Sans compter un précédent de la même veine en ayant donner des informations intimes et confidentielles à des personnes présentes ici.
                        Je ne dirai pas plus pour le moment, mais en temps voulu, on fera les comptes. Nous verrons bien ce qui est punissable. Nous verrons bien comment agit une pute, qui suce, erotomane, bi polaire, alcoolique….
                        Hâte d’être au printemps.

                      • #24918 Répondre
                        Habile Entier
                        Invité

                        “Ca continue par des messages et textos d’insultes, hachés de messages et textos de déclarations, tout ça se mélangeant dans la furie, et se poursuivant à l’infini malgré mes deux ou trois coups de fil pour calmer ladite furie.”
                        .
                        Soit tu ne racontes pas tout, soit t’es un pauvre type. Parce que faudrait vraiment que ça aille très très loin et qu’elle fasse de gros dégâts dans ma vie pour que je me crois autorisé à laisser les gens qui m’entourent se comporter avec la nana comme le font les deux abrutis au dessus. Et si c’est bien ça amour, il ne faut pas rêver, pour te respecter il faudrait que François apprenne à se respecter et il est bien trop convaincu d’être le retour du Christ pour envisager de se mettre au travail donc la vérité c’est qu’à part ramasser tes dents et fermer ta gueule il n’y a rien à faire. Tu peux refuser de l’entendre mais t’y gagneras rien.

    • #24835 Répondre
      lison
      Invité

      Je viens d’écouter la gêne occasionnée sur Le Garçon et le héron , et je suis absolument d’accord sur le fait que ce film est plus facile à aborder par un enfant qu’un adulte , et qu’évoquer sa complication pour dire que c’est plus pour grands que petits une erreur.
      Je l’ai vu avec un enfant de 7 ans , quand on est sorti de la salle, je lui ai dit que j’avais trouvé ça bien mais que j’étais souvent bien perdue, que chaque fois que j’avais l’impression de comprendre on tombait dans un autre monde et que j’essayais de trouver mes repères, de comprendre la nouvelle situation. Il m’a écouté et dit tranquillement, non ça va , en fait y’a différents espaces, à chaque espace correspond une époque, et faut pas essayer de trop comprendre faut se laisser aller !

      • #24873 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Même expérience, les enfants dans la salle n’ont visiblement pas été génés par cette confusion que décrit François.
        Tous étaient très enthousiastes, alors que les adultes se grattaient le menton en émettant des hypothèses et des théories.

    • #24843 Répondre
      lison
      Invité

      Sur Arte en ce moment, des films d’OZU:
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-024365/yasujiro-ozu-en-dix-chefs-d-oeuvre/
      avec un de mes films préférés, « Bonjour », où l’on a un bel exemple d’enfance au cinéma.

    • #24877 Répondre
      Tony
      Invité

      Bon alors Napoleon,bon film,grand film ou nanar?je pencherai pour ma part sur un bon film a qui il n’a pas manqué grand chose pour être grand,la faute certainement à un scénario qui veut tout montrer de façon chronologique et à cette version longue promise sur la plateforme Apple et qui contraint la version cinéma à des coupes et de brusques accélérations.Le film vaut surtout pour le portrait qui est fait de Napoleon,non pas le grand homme auquel on s’attend mais un petit homme rustre,souvent ridicule,et comme absent,presqu’idiot parfois,ne pouvant se retenir de somnoler.
      Sa relation avec Josephine est le nerf du film et on ne comprend pas très bien ce qui peut les unir tant la sensualité de l’une s’oppose à celui qui ne voit en elle qu’une fonction de reproduction et de fait,pour Napoléon ,Josephine est une sorte de figure maternelle et les meilleures scènes sont celles qui les réunissent(drôles de scènes où on le voit la prendre par derrière comme un lapin,se retirer en gemissant et s’affaler sur le lit les bras en croix ou réclamer une étreinte en begayant comme un enfant)ou celles où on les entend se répondre à travers leur correspondance mais là aussi on aurait aimé en savoir plus sur Josephine qui finalement reste opaque,on ne la voit qu’à travers les yeux de l’empereur,la version longue développera peut-etre davantage le personnage.
      Pour le reste,comme attendu,les scènes de bataille sont spectaculaires,grandioses,et valent d’être vues en salle,un bémol cependant sur la photo du film,ce bleu gris numérique que l’on voit partout,on est presque par moment plus proche du noir et blanc que de la couleur,ça donne un côté funèbre et peu naturel au film.Au final on se demande quelle mouche a piqué tous ces gens de droite pour qui Napoleon est une idole quand on voit le désastre qu’il a causé et que le film souligne en denombrant plus de 3 millions de morts dus aux guerres entreprises sous son règne,quel bilan accablant!

      • #24897 Répondre
        Parfaitement a l’eau
        Invité

        L’idolâtrie pour Napoléon de la droite est plus du côté de la personnalité de l’homme plutôt que ses résultats. Il arriverait probablement à lever des milliards pour créer une start up à potentiel licorne de nos jours.

        • #24903 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          C’est surtout que Napoléon incarne certaine grandeur perdue de la France. Les années Napoléon, c’est des années où la France domine l’Europe, par les armes, par la démographie, par l’économie, les trois étant liés. Pour la droite Napoléon est cet homme qui a rendu crédible l’idée d’une grandeur propre de la patrie française.
          Il incarne aussi le grand homme qui nanti d’une virilité de conquête arrive à plier le monde à ses désirs. Ce qui recoupe l’imaginaire fondamentalement aristo-masculiniste de la droite.

          • #24904 Répondre
            Seldoon
            Invité

            C’est exactement ça : grandeur de la France et self made man total, avec pour enjoliver quelques images qui doivent beaucoup aux tableaux de l’époque (le costume, le sacre, la charge en première ligne tête nue sur le pont d’Arcole…). Pour le reste ils ne le connaissent pas, ils sont même infoutus de le décrire.

            • #24906 Répondre
              Tony
              Invité
              • #24909 Répondre
                Parfaitement à l’eau
                Invité

                Voila l’argument qui fait mouche, faut voir ça

                • #24911 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Débat critique intéressant avec lucille commeaux

                  • #24929 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Oui la question est vraiment celle de la position de Scott par rapport à son personnage.
                    Là-dessus j’ai mon idée.

                    • #24932 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Les gauchards pourraient être eux aussi de très mauvaise humeur quant au traitement réservé à la Révolution, au peuple de Paris, à Robespierre.

                      • #24934 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Mais que pouvait-on attendre d’une superproduction anglo-américaine sur le sujet ? Que pouvait-on attendre d’un film de Scott?

                      • #24936 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Scott,en bon anglais,est un défenseur de la monarchie et se paie aussi la révolution à travers Napoléon,qui en est le produit,avec le résultat accablant que le film ne se prive pas de souligner.

                      • #24943 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        D’ailleurs j’ai bien aimé cette réplique de Napoléon:
                        Les anglais disent que vous faites la guerre pour l’argent alors qu’eux font la guerre pour l’honneur.
                        On ne fait la guerre que pour ce qui nous manque,répond-il!

                      • #24944 Répondre
                        Ludovic Bourgeois
                        Invité

                        C’est une citation historique du corsaire français Surcouff.

                      • #24945 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Ok merci pour l’info.

                      • #24947 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        ce n’es donc pas une trouvaille du dialoguiste
                        citation archi connue

                      • #24967 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Pas grand chose en effet
                        Mais je ne pensais pas que le film serait autant dans le rien

          • #24966 Répondre
            deleatur
            Invité

            La France dominait aussi l’Europe et le monde par la langue et la culture (au moins depuis le 18e s. et les despotes éclairés).
            Puissance militaire, économique et culturelle (ou linguistique et sémantique) sont les trois éléments de l’impérialisme en train de se mettre en place au moment de Napoléon, avec l’Empire comme réalité supranationale susceptible de diriger le concert des Nations en train de naître (et de contenir l’égoïsme des Nations).
            Choisir un Napoléon parlant anglais est un signe.
            Voilà la grandeur napoléonienne : une France conquérante, dominante, impérialiste !

    • #24917 Répondre
      Cyril
      Invité

      Un certain cinéma français…

      • #24939 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Il faudra quand même un jour parler du naufrage Bourdon
        Bourdon est souvent épargné, parce que sa rondeur inspire la sympathie, et parce que tout le monde sait que 80% du talent des Inconnus c’était lui. Mais ce serait peut etre lui rendre service que de lui signaler qu’il ne fait que de la merde depuis trente ans.
        De la merde droitière, accessoirement
        Mais les Inconnus avaient déjà de très bonnes bases sur ce point.

        • #24940 Répondre
          AxisBoldAsLove
          Invité

          En ce moment, il y va à grand coup de « on peut plus rien dire » dans le figaro. Destin tragique pour l’inventeur du Jorétapo

        • #24964 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je crois qu’il sait très bien ce qu’il fait : de l’argent.

        • #24982 Répondre
          Edouard Delors
          Invité

          Le problème des Inconnus c’est que tout leur humour repose sur des clichés, le resort comique est d’imiter une catégorie sociale en accentuant les prétendus attributs de cette dernière. C’est peut-être drôle (même si beaucoup de leurs sketchs sont médiocres), mais il n’y a aucune créativité, c’est presque le niveau zéro du comique, et cela crée une pulsion conformiste. Et beaucoup de leurs sketchs, notamment sur les arabes, sont irregardables aujourd’hui.

        • #25722 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Ces bases droitières ont infusé dans leurs héritiers (reconnus comme tels) : le Palmashow.
          Le sport favori de ce petit monde : se foutre de la gueule des fonctionnaires.

    • #24923 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      C’est vraiment génial Arte. Merci pour le titre , le réal et le lien c’est cool je connaissais pas.
      ___
      Une fois j’avais vu sur Arte « les frères champolion » un docu-animé sur le déchiffrement des Hiéroglyphes, c’était fou.
      Je ne le retrouve plus mais ça m’avait passionné.
      ___
      Sinon, J’suis chof mais je déteste Narboléon perso.
      C’est le précurseur de la destruction de la France Celto-Germanique, la raie-publique du bavassage huileux sudiste.
      Tjrs plus au Sud la devise implicite.
      Déjà quand tes ennemis c’est la prusse, les tchèques machin, ça sent pas bon.
      Alors qu’il y avait l’Amérique à conquérir et qu’on avait la démographie pour.
      Bref, ignoble Bonaparte. C’est les droitards de salon, de bibliothèque qui le kiffe.

      • #24927 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Très bon document sur l’idéalisme chof.
        On voit ici à l’oeuvre les constructions et contre-contre-constructions romanesques.
        Par exemple celto-germanique. Une pure construction verbale, portée par un verbe en vase clos et qui se fait jouir dans le jeu de mots – raie-publique.

        • #24937 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          Recensement de l’armée napoléonienne :
          59% des soldats ont les yeux bleus (recensement sur un nombre + que n’importe quel sondage d’aujourd’hui)
          Aujourd’hui : 20% des français.
          https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1970_num_25_3_14630
          Gauchiste de salon = Droitards de salon = idéalisme

        • #24963 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Et croyance dans le verbe performatif. Je dis raie-publique et la raie-publique est.

          • #25025 Répondre
            Ludovic Bourgeois
            Invité

            Oui j’ai ris.
            Je me rends compte que quand je commence à changer les noms, c’est que je troll.
            Je le fais souvent.

    • #24962 Répondre
      lassou
      Invité

      Bonjour, vous pensez quoi de Made in USA de Godard ? Il me fait de l’œil mais je vois un peu partout qu’il est considéré comme un Godard mineur.

      • #24968 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Comme un Godard un peu chiant, en tout cas
        Impression qu’il ne croit pas lui-même à ce qu’il fait, qu’il s’ennuie très vite dans son film.
        A la même époque deux ou trois choses est beaucoup plus intéressant

        • #24980 Répondre
          lassou
          Invité

          Ha ouais ok, c’est a peu prés les retours que j’ai eu oui.
          Je me note plutôt deux ou trois choses du coup merci.

    • #24989 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Où il est question de beaucoup de choses, mais pas de cinéma.
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      === Les raids de l’extrême droite pour torpiller les films qui lui déplaisent ===
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      Plusieurs films récents ont été ciblés par des raids numériques d’extrême droite, qui investissent les réseaux sociaux et la plateforme AlloCiné. Ces campagnes de dénigrement sont relayées par des médias et comptes réactionnaires, dont certains évoluent dans la galaxie Bolloré.
      .
      Yunnes Abzouz et Marine Turchi – Mediapart – 28 novembre 2023
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      « C’est un film sur une famille maghrébine endeuillée par les violences policières et qui s’organise politiquement pour faire éclater la vérité. Et ça, l’extrême droite n’en veut pas. » Peu avant la sortie en salles de Avant que les flammes ne s’éteignent, son réalisateur, Mehdi Fikri, se doutait bien que son film ne serait pas épargné par les attaques de la « fachosphère », mais certainement pas dans ces proportions-là.
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      Tout a commencé par une avalanche de commentaires racistes, insultants, menaçants de la part d’internautes anonymes. « Dès qu’on a posté la bande-annonce, avant même les premiers visionnages de la presse, des messages d’une violence inouïe ont commencé à affluer », explique le distributeur David Grumbach, patron de BAC Films. Le déferlement de haine est tel qu’AlloCiné et BAC Films décident de fermer sur YouTube l’espace commentaires disponible sous la bande-annonce. Dans ces attaques, le film est dépeint comme un « navet pro-racaille […] subventionné par l’argent public », coupable de répandre la « haine anti-flic » et la « détestation de la République », pouvait-on lire dans des commentaires sur AlloCiné et YouTube, supprimés depuis. Un internaute promet même de venir crier avec une barre de fer « vive la police, vive Zemmour et vive la France » si le film est diffusé dans le duplex de sa ville.
      .
      Au centre de la vague haineuse, la comédienne et chanteuse Camélia Jordana, tête d’affiche du film, et cible régulière de l’extrême droite sur les réseaux sociaux depuis ses prises de position contre le racisme et les violences policières en 2020 sur le plateau de « On n’est pas couché ». Elle avait à l’époque notamment déclaré « ne pas se sentir en sécurité face à un flic en France », comme « des milliers de personnes ».
      .
      Mais les trolls d’extrême droite n’en restent pas là. Ils investissent AlloCiné, plateforme prescriptrice incontournable du cinéma en France, et font chuter, en seulement vingt-quatre heures, la note « spectateurs » du film à 1,4/5. Cette note est cruciale, car elle a un impact sur les entrées : plus elle est basse, moins le film a de chances d’être mis en avant par les algorithmes de recommandation.
      .
      Parallèlement, plusieurs fausses informations sont diffusées, sur ce que raconte le film (présenté faussement comme une adaptation sur grand écran de l’affaire Adama Traoré), comme sur son financement. Nombre de commentaires ont avancé, à tort, que le film avait été subventionné à hauteur de 900 000 euros, pour un budget total d’environ 2,5 millions d’euros. Dans un communiqué publié sur Facebook, l’antenne mosellane de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, dénonce ainsi un emploi « scandaleux » des deniers publics et fustige « un film à la gloire de la famille Traoré ».
      .
      En réalité, le réalisateur a bénéficié d’un subside de 70 000 euros du fonds Images de la diversité du CNC (Centre national du cinéma) et d’une subvention de 340 000 euros de la région Grand Est. France 3 a également contribué au financement du film, mais dans le cadre d’un accord de coproduction, qui permettra à la chaîne de diffuser le long métrage sur son antenne après son exploitation en salles. Netflix et OCS devraient aussi proposer le film sur leur plateforme.
      .
      Cette campagne de dénigrement trouve un élan supplémentaire lorsque Pascal Praud et ses chroniqueurs reprennent à leur compte ces attaques sur CNews. Le 16 novembre, au lendemain de la sortie du film, son émission présente la fiction de Mehdi Fikri comme un « film inspiré de l’affaire Adama Traoré » avec « de l’argent public ». Cet argumentaire a été ensuite abondamment repris et a contribué à façonner l’image publique de l’œuvre.
      .
      Pour le réalisateur et son producteur, les raids de l’extrême droite expliquent en partie le mauvais démarrage du film, qui a attiré 20 000 spectateurs la première semaine, soit cinq fois en dessous des attentes. « La fachosphère s’est emparée du film, et a créé un climat nocif alors que le film se veut lumineux et fort », regrette David Grumbach, qui précise que plusieurs émissions TV ou radios ont annulé leurs invitations, par crainte d’attirer l’attention de la « fachosphère ». Les efforts des équipes pour rassurer les exploitants de salle, pris de frilosité après les révoltes urbaines suivant la mort de Nahel, n’ont pas suffi. « Avec le drame de Nahel, le sujet des violences policières est devenu encore plus inflammable et presque impossible à traiter », selon David Grumbach.
      .
      Ancien journaliste pour la première fois aux commandes d’un film, Mehdi Fikri estime que ces attaques de trolls d’extrême droite traduisent une volonté de « dénier aux cinéastes leur droit à la fiction et à l’art » : « L’accusation mensongère d’être un biopic sur Assa Traoré, leur manière de se focaliser uniquement sur le sujet et non sur l’œuvre, est une manière de dire que ces “sujets-là” ne peuvent pas être des objets artistiques. »
      Cinq mois d’attaques pour le film « Rodeo » et sa réalisatrice
      .
      Ces dernières années, plusieurs films ont connu des raids similaires d’extrême droite, tels qu’Amin de Philippe Faucon (2018), qui relate la liaison entre un travailleur sénégalais et une femme française, Les Engagés d’Émilie Frèche (2022), sur le parcours d’un jeune exilé poursuivi par la police à Briançon, ou encore Rodeo (2022) de Lola Quivoron, qui met en scène une jeune femme s’imposant dans le milieu du cross bitume – une pratique acrobatique et en bande de la moto venue des quartiers populaires américains.
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      La réalisatrice de 34 ans a subi, entre mai et septembre 2022, une campagne particulièrement violente après la projection au festival de Cannes de ce premier long-métrage, fruit de cinq années de travail. En mai 2022, Rodeo remporte le Prix coup de cœur du jury de la sélection Un certain regard à Cannes et, salué par la presse française et étrangère, il se vend dans plus de vingt-cinq pays.
      .
      Mais durant le festival, des comptes anonymes d’extrême droite s’emparent massivement d’une phrase issue d’une interview de la réalisatrice à Konbini : « Les accidents sont souvent causés par les flics qui prennent en chasse et qui poussent les riders vers la mort » (phrase que Lola Quivoron estime « sortie de son contexte », « déformée » par le montage et sur laquelle elle s’est expliquée dans Le Parisien). Alors que l’actualité est marquée par plusieurs accidents dramatiques liés au rodéo urbain, ce sujet prend le dessus, et la cinéaste est accusée de faire l’apologie de cette pratique illégale de la moto. Des syndicats de policiers, des élus de droite et d’extrême droite s’emparent de la polémique, dont le maire (LR) de Cannes, David Lisnard. La réalisatrice a beau expliquer que les rodéos urbains qui font l’actualité « n’ont rien à voir » avec son film et la communauté qu’elle met en scène, l’amalgame est fait. « Mes propos ont été caricaturés, surinterprétés, extrapolés au fil des articles et des plateaux TV par des journalistes, qui n’avaient eux-mêmes pas vu mon film », expliquera-t-elle au Parisien.
      .
      S’ensuit une vague de cyberharcèlement (menaces de mort, appels au viol, insultes sexistes, lesbophobes, racistes) et de désinformation, sur les réseaux sociaux, sur sa page Wikipédia, enrichie d’une mention « woke », sur le forum jeuxvideo.com, où l’extrême droite est très présente, mais aussi sur YouTube où des vidéos anonymes, tout en dénonçant un « ensauvagement dans le pays » et « du racisme anti-blanc », la traitent de « pompeuse de racailles », de « tête de crasseuse », « d’antifa », « de bourge », de « bobo de merde », « d’actrice porno », du « genre [à] se faire prendre par une racaille sur une moto » ou à « faire une tournante dans une cité ».
      .
      « C’était des attaques très violentes et personnelles, sur son physique, sa provenance sociale, ses parents », se souvient Charles Gillibert, qui a produit le film avec Romain Blondeau. Ces comptes d’extrême droite ont créé une nouvelle fiction autour du film, en déformant les propos de la réalisatrice, en racontant par exemple qu’elle était issue des beaux quartiers alors qu’elle est née en banlieue, dans une vraie volonté de tuer le film. » Cette campagne de dénigrement a eu « un vrai impact », selon le producteur. Pas une interview sans que la réalisatrice ne soit questionnée sur la polémique ; des salles qui refusaient de projeter le film par peur de problèmes ; une note spectateur tombée à 1/5 sur AlloCiné et 37 000 entrées à l’arrivée. « On aurait dû faire le double », estime Charles Gillibert, qui déplore que ce « beau film, féministe, qui montre les banlieues sous un autre angle » n’ait pas pu « exister ». À rebours de la France, la réalisatrice a reçu une « immense reconnaissance de l’industrie » à l’étranger, souligne-t-il, où elle a reçu « de nombreuses propositions », y compris de l’une des plus grandes agences d’Hollywood.
      .
      Aujourd’hui, Lola Quivoron ne souhaite pas revenir sur cet épisode qu’elle a vécu comme « intimement et politiquement choquant », explique-t-elle à Mediapart. Si elle a accepté de nous fournir des éléments sur les attaques subies, elle n’a pas souhaité s’exprimer personnellement.
      Un fonctionnement « propre à l’extrême droite » L’équipe de Rodeo dit s’être sentie très seule au moment de ces attaques : aucune réaction publique du monde du cinéma ou de la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), pourtant alertée par la réalisatrice. « On a un peu loupé le coche sur ce cas en se saisissant du sujet trop tard, reconnaît Chloé Folens, déléguée générale adjointe de la SRF. Mais c’est ce qui a initié notre prise de conscience. » À l’époque en effet, l’organisation contacte AlloCiné au sujet de ces manipulations de la note spectateurs. La plateforme leur explique les mesures mises en place pour contrer ces effets : l’algorithme de pondération (qui permet de valoriser les critiques des utilisateurs les plus fiables et non celles issues de comptes nouveaux mettant des notes extrêmes) ; le message d’alerte affiché sur les pages des films concernés par une répartition « inhabituelle » des notes spectateurs, accompagné d’un article de décryptage ; la modération 7 jours sur 7 des commentaires et une vigilance renforcée sur les films jugés « à risque ».
      .
      « Sur le coup, le fait que des garde-fous existent nous a rassurés, explique Chloé Folens. Mais aujourd’hui, on s’inquiète de constater que ces raids continuent, qu’ils s’intensifient et qu’ils parviennent à faire plonger la note spectateur du film de Mehdi Fikri. Ce sont des cas qui nous sont fréquemment signalés, actuellement d’ailleurs, il y a aussi le cas du film Monsieur, le maire. »
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      Pour « alerter toute l’industrie » et qu’une « solidarité » se mette en place, la SRF a dénoncé publiquement ces attaques « de l’extrême droite » le 22 novembre, y voyant des « manœuvres d’intimidation » pour « pratiquer une censure de fait qui ne dit pas son nom ». « Ces manipulations visent à intimider les cinéastes, les distributeurs, pour qu’ils n’osent plus aborder certains sujets, filmer certains récits, certaines personnes », explique Chloé Folens.
      .
      Plusieurs personnes interrogées soulignent la facilité avec laquelle les trolls d’extrême droite parviennent à contourner l’algorithme en attribuant des notes pas désastreuses, mais suffisamment mauvaises pour plomber le film. « Ils vont mettre 2 au lieu de 0, et concentrer leurs critiques sur la performance des acteurs plutôt que de parler d’un film “anti-flic”, ou diffusant une “haine anti-France” », explique Mélanie Simon-Franza, gérante de la Grande Distribution, qui accompagne le film de Mehdi Fikri en salles.
      .
      Questionné par Mediapart, le directeur général d’AlloCiné, Julien Marcel, affirme que deux effets contraires ont eu lieu sur le film de Mehdi Fikri : « Le jour de la sortie, avant même la première séance de 9 heures, on a observé une avalanche de notes maximum émanant de comptes nouveaux, puis une série de très mauvaises notes d’autres comptes. On a donc affiché le message d’alerte “note inhabituelle”. »
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      Pour lui, ce long métrage fait partie de ceux qui « font se mobiliser feux et contre-feux » et qui, en raison du traitement de médias d’opinion comme CNews, deviennent des films « qui polarisent, et pas sur leurs qualités intrinsèques ». « Ce qu’on peut faire à notre niveau, c’est améliorer en permanence notre algorithme, modérer, alerter, poursuivre le dialogue avec les organisations de la profession, mais on ne va pas étudier les profils des gens qui notent, et les classer gauche/droite, ce serait d’ailleurs illégal », ajoute-t-il.
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      De son côté, Mehdi Fikri reproche à la plateforme de refuser de qualifier « d’extrême droite » les attaques coordonnées contre son film, alors même que des commentaires racistes et sexistes visant le film et ses acteurs ont été supprimés sur la plateforme. Pour la SRF, le « mode opératoire », « la cohérence des films attaqués » ne « laissent planer aucun doute sur l’origine de ces attaques ».
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      Plusieurs des personnes interrogées y voient même un « fonctionnement propre à l’extrême droite ». En témoigne l’effet booster dont ont à l’inverse bénéficié, avant même leur sortie, Sound of Freedom (2023), thriller sur le trafic sexuel d’enfants, soutenu par Elon Musk, Donald Trump, le réseau complotiste QAnon et les médias conservateurs américains ; ou Vaincre et mourir, produit par le Puy du Fou et StudioCanal, qui propose une relecture biaisée des guerres de Vendée au service de la droite identitaire.
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      « Les films qui pourraient être estampillés “extrême gauche”, soutenus par des associations, etc., ne créent pas ce type de dynamiques », souligne Charles Gillibert, qui y voit une spécificité de l’extrême droite, qui mène « une forme de guerre d’opposition ». Cette « guerre » est aussi menée, de manière plus insidieuse, par le compte anonyme sur X (ex-Twitter) Destination Ciné. Ce profil, créé en 2012 et suivi par près de 22 000 personnes, dont un grand nombre de professionnels du secteur, livre l’actualité du monde du cinéma et les chiffres du box-office. Ces dernières années, il a opéré un virage très politique, s’en prenant désormais à la culture « woke », à « l’extrême gauche » qui « noyaute » le cinéma français et aux films réalisés par – ou mettant en scène – des femmes, des personnes racisées ou LGBT+.
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      Son objectif : démontrer que ces films, soutenus par des financements publics et la « presse de gauche », seraient des échecs en salles. Dès la sortie, il diffuse des chiffres – contestés – destinés à montrer que le film ferait un « flop ». C’est ce qu’il a entrepris par exemple avec Rodeo (évoqué dans une demi-douzaine de tweets) ou avec Avant que les flammes ne s’éteignent (ciblant particulièrement sa comédienne Camélia Jordana) et, avec moins de succès, avec Anatomie d’une chute, la Palme d’or de Justine Triet. Lorsque la SRF a dénoncé les attaques de l’extrême droite, il a immédiatement réagi : « Pour la Société des réalisateurs de films français, si vous n’allez pas voir leurs films c’est que vous êtes… d’extrême droite. »
      .
      Qui se cache derrière Destination Ciné ? La question agite le monde du cinéma, où ce compte est accusé de diffuser des chiffres « faux » ou « manipulés », « sans contexte ». Nos sollicitations auprès de Destination Ciné sont restées sans réponse. Seule certitude, le compte émanait, à l’origine, d’un site de critiques de cinéma créé par l’animatrice de Canal+ Laurie Cholewa à l’époque où elle travaillait sur une autre chaîne du groupe Bolloré, Direct 8. Pendant plusieurs années, il a été alimenté par une petite équipe dans laquelle figurait un proche de Vincent Bolloré, David Gauthier, ex-directeur de Direct 8 et ancien des chaînes CinéCinéma du groupe Canal+. Jointe par Mediapart, Laurie Cholewa explique ne plus gérer Destination Ciné depuis son départ de Direct 8, « il y a une dizaine d’années » et assure n’avoir aucune sympathie politique pour les idées promues aujourd’hui par ce compte. De son côté, David Gauthier assure qu’il n’a « plus rien à voir avec ce compte depuis 2018-2019 » : « C’était un truc de passionnés de cinéma, j’ai vu que ça avait dévié. » Depuis, Destination Ciné a étendu son influence en créant des comptes affiliés, qui manient des tonalités tantôt plus véhémentes, tantôt plus policées.

      • #25001 Répondre
        Tony
        Invité

        Cette semaine Napoléon se fait descendre par l’ED avec des notes minables sur AlloCiné et ça n’empêche pas le film de faire 1 million d’entrées sur sa première semaine,je ne crois pas du tout que ce système de notes puisse nuire à la carrière d’un film,les mauvaises critiques idem,je ne vois pas quel est l’intérêt de cet article.

        • #25002 Répondre
          Tony
          Invité

          La seule chose qui peut nuire à la carrière d’un film c’est le manque d’écrans ou sa médiocrité.

          • #25062 Répondre
            Charles
            Invité

            Je ne suis pas d’accord avec toi Tony.
            Pour certains films qui justement ne jouissent pas de beaucoup de copies et n’ont pas des acteurs et actrices bankables, un bouche-à-oreille catastrophique peut leur nuire considérablement.
            Anatomie d’une chute avait lui à la fois une reconnaissance festivalière, critique et publique – beaucoup trop d’avis positifs de spectateurs pour que sa note AlloCiné soit plombée.
            Rodéo était portée par quelques bonnes critiques mais faute d’écrans et de stars, il était une proie parfaite pour ce type de campagne.

            • #25067 Répondre
              Tony
              Invité

              Sur le bouche à oreilles je crois qu’on est tous pareils,soit on a des proches,des amis,des connaissances en qui on a confiance soit des critiques auxquels on peut se fier mais des avis anonymes postés ne vont pas me décider à voir ou ne pas voir un film si rien au départ ne me séduit.Pour avoir vu Rodeo je ne suis pas surpris de son échec,je n’y vois pas l’effet d’un complot mais bien de sa médiocrité.

              • #25068 Répondre
                Charles
                Invité

                Non, un certain nombre de gens regardent aussi les notes des spectateurs pour se décider à voir un film, surtout ceux qui ne sont pas cinéphiles et qui n’ont pas nécessairement dans leur entourage des gens qui l’ont vu.

                • #25073 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Asterix a la pire note sur AlloCiné(1,7) et c’est le plus grand succès français de l’année.

                  • #25087 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Astérix n’a pas besoin du bouche-à-oreille pour marcher, son spectatorat est presque captif (parents qui vont le voir avec les enfants, patrimoine national, acteurs bankables). C’est la situation précaire d’un film qui le rend sensible aux avis des spectateurs, comme expliqué ci-dessus.

                  • #25089 Répondre
                    Toni Erdmann
                    Invité

                    L’exemple dessert ton propos Tony. Astérix fait un meilleur premier jour et une meilleure première semaine que Barbie et Super Mario, et finit pourtant en dessous. Il y avait de quoi s’attendre à un triomphe pouvant atteindre les 10 millions.
                    En lisant la page Wikipedia, j’apprends que c’est le meilleur démarrage d’un film français depuis 2008.
                    Or le film ne finit qu’à 4,5 millions, car lors des semaines 2 et 3, le bouche à oreille prend le dessus sur le marketing et tout le monde se rend compte que c’est irregardable.
                    À l’inverse et à d’autres échelles, des exemples récents comme Le Consentement ou Le Règne animal prouvent l’existence d’un réel bouche à oreille.

                    • #25090 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Mais je n’ai jamais dit que le bouche à oreilles n’existait pas, j’ai simplement dit que les notes allocine ne sont pas déterminantes dans le succès ou l’insuccès d’un film, aujourd’hui de façon plus générale rien ne me permet de distinguer un commentaire anonyme d’un discours publicitaire,le bouche à oreilles vient de personnes que l’on connait.

        • #25048 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Je te trouve quelque peu sévère avec l’article, plutôt bien informé sur certaines pratiques de raids numériques. Napoléon n’est peut-être pas le meilleur exemple : on pourrait dire que le film fait ses entrées en dépit de ses notes médiocres, et sans doute que le réalisateur bankable, l’acteur super-bankable, le gros budget promo, le sujet historique boum-boum, et la bande annonce boum-boum-boum, y sont pour quelque chose. Est-ce que les films quantitativement moyens (qui peut s’objectiver par un budget modéré, la bankabilité moyenne de l’acteur/actrice, la bankabilité du sujet) sont autant immunisés des mauvaises notes ?
          Mais peut-être voulais-tu dire que tu ne vois pas l’intérêt de poster cet article dans ce thread, et je ne te donne pas tort, son sujet n’est pas la qualité des films, et il a un peu pourri la page par sa longueur (mea culpa, quand je le copiais je le voyais plus court…)

          • #25058 Répondre
            Tony
            Invité

            Non du tout aucun reproche sur le fait de poster l’article,je le trouve inintéressant sur l’effet qu’il induit entre les commentaires de réseaux et la carrière commercial d’un film, à ce compte là des commentaires unanimement positifs pourraient faire le succès d’un film et ce n’est pas ce que l’on constate non plus, d’ailleurs comme mentionné dans l’article la palme d’or cette année est un succès alors qu’elle a subi des appels au boycott etc…ce qui lui a aussi fait de la publicité avec une couverture médiatique incessante les mois précédents sa sortie sur plus de… 700 salles!

            • #25060 Répondre
              Tony
              Invité

              Après ce genre d’article on en trouve aussi sur le Figaro,c’est l’idée qu’il y aurait une bataille culturelle,une guerre des idées et qu’elle serait déterminante.

    • #24991 Répondre
      Alexandre
      Invité

      https://www.facebook.com/profile.php?id=100008315210334&locale=fr_FR

      Je me permets de vous partager un texte que j’ai écrit sur mon mur Facebook autour de ce Napoléon, sur lequel j’ai un peu cogité. Je le copie- colle pas ici car ça envahirait un peu l’espace.
      Le texte a été salué par le grand Frédéric mercier en commentaires, ce qui me fait penser que il est pas si claqué que ça.

      • #24992 Répondre
        Tony
        Invité

        Merci c’est un super texte,t’as réussi à saisir le film par le bon bout et à le rattacher à la filmo de Scott,bravo!on retrouve ici tout l’art de la critique condensé dans ton texte,beau boulot!

        • #25007 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Tony me l’a recommandé
          Je le trouve très bon comme texte
          Je trouve juste sa thèse un peu univoque.
          1 Le film n’est pas intégralement satirique. Les batailles, notamment, sont traitées avec le plus grand sérieux. Le film y reconduit au moins pour partie le mythe.
          2 Je ne suis pas sur que l’effet satire soit du à Scott. Mais plutot à l’interprétation de Phénix. On développera dans la Gene
          3 Si le film liquéfie certaines, figures, il en promeut d’autres. Par exemple Marie-Antoinette En suivant ce fil on verra que le film se positionne idéologiquement, et notamment par sa forme.
          Il n’est donc pas l’intégral ricanement que tu dis.

          • #25096 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Oui, sur le plan des batailles, je me suis effectivement demandé pendant le film si il allait aller jusqu’à les tourner aussi en mascarade, ce qu’il ne fait pas. Reste que je trouve qu’elles prennent finalement assez peu de place dans ce gros film de 2H40. Seul Waterloo doit dépasser la dizaine de min à l’écran. J’ai plus eu le sentiment qu’il cochait cette case attendue pour mieux en offrir le contre- champ dans toutes les autres scènes.
            Et sur Phoenix, j’ai du mal à m’imaginer qu’il ait pu à ce point pirater le film tout seul. Mais pourquoi pas, finalement. Je suis d’accord sur l’aspect que la thèse rentre un peu au chausse pied.
            Merci pour ta lecture en tout cas, et hâte d’entendre la gène.

      • #24993 Répondre
        deleatur
        Invité

        Alexandre, tu peux coller ton texte ici ? Je n’ai pas FB.

        • #25094 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Le texte donne ça. Excusez sa longueur, et les fautes :

           » A la fin de ma séance de Napoléon, un phénomène étrange s’est produit.
          Il n’y eut pas le flottement habituel qui suit d’ordinaire le moment ou les lumières se rallument dans la salle. Ni le silence circonspect face aux œuvres qui partagent ou encore moins les applaudissements qui accueillent les grands films.
          Non, dès le générique lancé, le public s’est immédiatement levé pour sortir. Comme s’il voulait vite oublier ce moment passé en compagnie du plus grand Homme de leur Histoire. En sortant, je tends l’oreille et entends des réactions saisies sur le fil. Presque toutes suintent l’étonnement, la déception, l’incompréhension, parfois la colère envers le film. Phrase qui revient le plus dans la bouche des spectateurs : “ Je ne m’attendais pas à ça “.
          Mais à quoi donc s’attendaient les spectateurs ?
          A de la fresque, évidemment. Du Sang, du Bruit, de la Politique, de la Grandeur. L’Histoire avec une grande hache. Un film digne de l’Empereur aux 10 000 livres écrits depuis sa mort.
          C’est que Napoléon ne s’appartient plus tout à fait depuis 2 siècles. Il est devenu une matière mythologique extra – historique, un personnage du roman national ( célébré, puis dorénavant conspué ), un personnage patrimonial, un personnage de films, de romans, de séries. Autant de Napoléon que de supports, autant de Bonaparte que d’auteurs.
          Mais, revenons au début du film. Première scène, 1793, pleine Terreur : C’est la tête de Marie Antoinette qui est guillotinée mais c’est bien celle de Napoléon, simple témoin de la scène, qui va rouler pendant 2H40. Voici la grande ambition du film, le seul programme qu’il suit : Faire descendre l’Empereur de son trône, jusqu’à la fange et la farce.
          Inventaire non exhaustif : Bonaparte est bleu de peur avant de monter à l’assaut. Il ne réussit pas à monter ses chevaux ( le premier finit en chair à canon lors de la bataille de Toulon ), fait tout tomber autour de lui, les chaises, son bicorne. Jusqu’au dernier plan, il sera ridicule. C’est un fade, un médiocre, un immature. Le visionnaire politique devient un ahuri qui s’assoupit lors des réunions avec Barras. L’amant passionné, un adolescent qui barbouille des lettres d’amour sans réponses et baise mal sa femme. Le leader d’action, un homme qui subit tous les évènements, ne décide de rien, est manipulé par tout le monde.
          Phoenix était attendu comme l’acteur ayant la stature pour porter un tel rôle. Il est le premier vecteur de cette guignolerie. Le charisme du personnage ne l’intéresse pas. Son jeu de corps tantôt avachi ou inutilement hyperactif, sa voix chevrotante, ses colères volontairement risibles : Le comédien, dans une excroissance presque burlesque de son rôle de Joker, compose un pauvre type, un pantin, un pitre, bien loin de la stature colossale que son nom évoque. “ Le destin m’a mené à cette côtelette d’agneau “ dit-il à une table en s’empiffrant.
          La seule ligne de vie sur laquelle Scott s’arrête est celle qui la relie avec son épouse Joséphine. Rappelons que le projet, au tout départ, devait se nommer kitbag et se centrer exclusivement sur le couple. Le film au final n’en est pas loin, cloitré qu’il est dans les murs de la chambre à coucher. C’est une rom com dans des palais luxueux, parfois aérée de scènes de batailles en extérieur, dont la dérision est l’unique carburant. Toutes ses autres pistes narratives et thématiques s’évaporent sur place.
          La politique intérieure de la France ? Expédiée en quelques lignes de dialogue évasives. Les conquêtes dans toute l’Europe ? Des ellipses en Russie, l’Italie zappée, l’Egypte révisée en quelques plans montée en parallèle de la tromperie de Joséphine. L’accomplissement administratif de Napoléon, fondateur de la France moderne ? Le rôle de l’homme dans la crucifixion ou le sauvetage de la Revolution ? Rien. Scott s’en fout. Scott regarde de loin ( aucun plan rapproché ) et regarde ailleurs. Le vrai territoire du film n’est pas la France mais un royaume obscur et inattendu appelé la satire. Après Une Bonne Année, Napoléon est la deuxième comédie de la carrière du réalisateur. Peu de gens ont prêté attention à la musique du film, qui pourtant, partout, presque à chaque scène, trahit l’intention parodique du cinéaste. D’Edith piaf aux chœurs russes lors de la campagne de 1812, elle joue toujours comme un méta – récit, déjoue les images, le programme de la légende. Napoléon observe un spectacle de théâtre au début du film. Tout le film tient là. Jamais de grandiose, toujours du grand-guignolesque.
          Sous ce prisme là ( le seul viable lors d’un visionnage lucide de l’œuvre), les accumulations d’erreurs historiques, les raccourcis scénaristiques grossiers, le désintérêt manifeste pour toute forme de romanesque dans la trajectoire du héros, prennent un tour nettement moins gênant. L’Histoire cesse soudain d’apparaitre comme ce gros mammouth solennel et grave à la faveur d’un pur bac à sable irrévérencieux, dans lequel toutes les provocations sont permises et le second degré, indispensable.
          Si l’on se demande tout du long “ mais comment un tel nigaud a-t-il pu faire accomplir tout cela ? “ c’est parce que c’est là que se situe le cœur théorique du film, qui vient se greffer en prolongement des derniers travaux de Scott. Déjà, dans Covenant, le Xénomorphe culte du premier film se trouvait bazardé par l’anglais comme une vulgaire bestiole numérique, totalement indifférent à la charge mythologique du monstre charriée depuis quarante ans. Dans The Last Duel, il s’interrogeait, via une narration scindée en trois points de vue contradictoire, sur les mirages des hommes vis-à-vis de leur propre légende, la grande fabrique à illusions dont ils se bercent pour s’aimer. “ Est-ce que je ressemble à mon tableau ? “ demande Joaquin Phoenix, apeuré, à me toute jeune Marie Louise. Il y a chez le cinéaste, depuis une dizaine d’années, autant une misanthropie chronique qu’une invitation frontale à dégrader les mythes, déboulonner les idoles, faire tomber les Dieux du ciel.
          Napoléon pousse la logique du britannique jusqu’à un point de fusion absolument inédit. Et terriblement kamikaze. Rarement aura-t-on vu un film possédant un aussi gros budget être si différent de sa promotion. Si déréglé des attentes. Situé à l’extrême opposé de ce qu’il devait incarner. Ridley Scott vient d’inventer la rigolade à 300 millions de dollars.
          Alors, Napoléon, chef d’œuvre incompris ou navet ? Ni l’un ni l’autre. Juste une proposition artistique, la queue de comète d’une carrière qui se radicalise, un authentique point de vue singulier qui jamais ne se détourne. Le film a déplu, va déplaire, et continuera à le faire. Il n’est pas fait pour être aimé. Mais son audace extraordinaire a quelque chose qui me le rend sympathique.
          Quelque chose de Napoléonien finalement.  »

          • #25097 Répondre
            deleatur
            Invité

            Merci Alexandre !
            Très bonne critique du film.
            Je précise d’emblée que je n’ai pas vu le film.
            Tu parles beaucoup du piètre personnage, du pitre Napoléon, du déboulonnage du mythe, mais très peu de la forme du film.
            Dirais-tu par exemple que l’image est laide, mal cadrée ?
            Film hollywoodien à grand budget ou forme mineure pour restituer l’époque ?
            Le problème avec les films historiques, c’est que souvent la véracité est inversemment proportionnelle avec le soin de la reconstitution (décor, costumes). Au risque de passer pour un cuistre, je n’ai jamais été autant emporté que dans les films historiques de Rohmer (faits avec deux bouts de ficelle, marabout de ficelle, La Marquise d’O…, Perceval le Gallois, Triple Agent), parfois avec le choix délibéré d’une certaine artificialité, voire d’un minimalisme de moyen. Si c’est pour faire jouer Depardieu en Colomb et le faire parler avec sa femme comme un homme du 20e siècle dans sa kitchen du 15e s., je ne marche pas.

            • #25164 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Ecoute deleatur, si je parle peu de la forme, c’est qu’elle est à peu près similaire à ce que fait Scott depuis 20 ans. Il y a toujours cette vision picturale chez lui et des schémas de valeurs de plans relativement similaires de films en films. La seule exception notable de celui là je dirais – et je le mentionne très succinctement dans le texte – c’est l’absence quasi totale de plans de visages rapprochés. Une observation qui mériterait un regard plus détaillé sur sa carrière d’ailleurs, car pour avoir vu les Duellistes hier ( son premier film, 1977 ), il opérait de manière inverse avec une grande focalisation sur les close up.
              Sinon, c’est un film hollywoodien classique dans sa reconstitution et ses scènes de combats. Après, chez Scott, ce que j’ai toujours trouvé brillant, c’est sa narration et son découpage. Dans Napoléon, c’est tellement rushé faute à cette version salles rabotée que ces deux qualités ont peu l’occasion de briller. Ce n’est donc pas sur sa forme que il faut trouver la singularité de celui là mais plutôt dans tout une série de micro éléments dans le cadre qui viennent parasiter ce périmètre habituel et lui donner sa saveur inattendue : dialogues, jeu d’acteurs, musique.

              • #25170 Répondre
                deleatur
                Invité

                Merci pour ces précisions que je trouve très utiles, ça me donne du coup envie de voir le film.
                Je me disais aussi que depuis Gladiator, et en fait depuis bien avant, Scott ne se renouvelle pas et ça me ferait presque regretter les films de son frère.

    • #25095 Répondre
      Mr.Patate
      Invité

      Je passe par ici pour vous signaler un peu tardivement que Le Diable probablement… de Bresson est diffusé ce soir au cinéclub de l’ENS. Le thème et le réalisateur pourront peut être en intéresser quelques un. Le prix de la place (3€) attirer ceux qui peinent à mettre 10 ou 12€ dans une séance normale.

      Le lien de la séance avec les infos et le synopsis. https://www.cineclub.ens.fr/?fbclid=IwAR3RPxB_sl0vNKpBr3LHcKekfQ45sC6y-x7CrMyDyuugWE-HCpp80stub8I
      Un groupe d’adolescents parisiens en lutte forment un groupe écologiste et se préoccupent de l’avenir du monde ; Michel cherche à militer, tandis que Charles, dégoûté par la société, refuse l’engagement.vant-dernier film lunaire de Robert Bresson, situé quelque part entre La Chinoise de Godard et un Jacques Tati, d’un cinéaste âgé de 77 ans qui semble partager les convictions de Michel, issu d’une génération post-68 désillusionnée, tout en exposant ses contradictions (ses convictions chrétiennes lui empêchent d’adhérer au nihilisme de Michel). Une œuvre qui, dans son portrait du désespoir politique, spirituel et écologique, semble encore plus proche de notre époque que de la sienne, tant la situation du monde s’est aggravée sur tous les plans.Bresson résume très bien sa position et son identification avec les jeunes : « Ce qui m’a poussé à faire ce film, c’est le gâchis qu’on a fait de tout. C’est cette civilisation de masse où bientôt l’individu n’existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C’est aussi la stupéfiante indifférence des gens, sauf de certains jeunes actuels, plus lucides. » Richard Hell, le leader des Voidoids, l’a qualifié avec admiration de « film le plus punk jamais réalisé ».

      • #25100 Répondre
        Hervé Urbani
        Invité

        J’aime beaucoup ce Bresson sous influence Eustache, impression que j’avais ressentie en le voyant en tout cas. Je lui trouve aussi une proximité avec Passe ton BAC d’abord, sorti quelques semaines plus tard, en 1978. Et comme Pialat fit l’acteur pour Eustache qui adorait Bresson, tout se tient.
        Très marqué par la fin du film, par ce contrat fou, le lieu où il se noue, l’argent que récupère l’exécutant juste après une dernière phrase inachevée dont on ne saura jamais si elle était une remise en question dudit contrat.

      • #25103 Répondre
        Professeur Mélanie
        Invité

        Je fus moi aussi fort marquée par ce film.

        • #25159 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Sans doute la meilleure comédie de Bresson.

          • #25163 Répondre
            Professeur Mélanie
            Invité

            Comédie si drôle que je me rappelle m’être demandée, ce lundi-matin-là, vraiment, si j’avais bien fait d’avoir passé cette paire d’heures à le regarder (ce qui ne veut pas dire que je ne l’avais pas aimé).

            • #25503 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              Malgré mon 180 de QI, je ne comprends pas ce dernier message

              • #25509 Répondre
                Professeur Mélanie
                Invité

                Disons qu’il me faut peut-être alterner avec du léger
                A cette période je m’étais fait tous les Bresson
                Cette année c’est les Kervern-Delépine, et j’ai par exemple eu le même questionnement avec Near Death Experience, que j’ai trouvé vachement bien mais devant lequel j’avais peu sautillé

                • #25513 Répondre
                  Professeur Mélanie
                  Invité

                  Et c’est pourquoi le Professeur Mélanie recommande d’alterner : un film de Bresson, un album des Wampas, etc.

                  • #25546 Répondre
                    Hervé Urbani
                    Invité

                    Puisque tu t’es fait tous les Bresson, peux-tu me dire où tu as réussi à dégoter Une femme douce et Quatre nuits d’un rêveur ? Impossible de les retrouver.
                    Et tu as réussi à voir Les Affaires publiques qui n’est disponible qu’à la cinémathèque ?

                    • #25548 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Je te révèlerai le grand secret par mail
                      melanie.aaa@outlook.fr

                    • #25553 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Et dire que pendant tout ce temps j’ai cru qu’Hervé était un référent Bresson valable !

    • #25123 Répondre
      Pope
      Invité

      Salut tout le monde,
      J’ai besoin de conseils, j’aimerais offrir un abonnement à une plate-forme cinéma.
      Pour vous donner une idée de ce que je cherche, je vous indique que nous venons de finir les Pialat et que nous aimerions poursuivre avec Rohmer. C’est en les cherchant que je suis tombé sur Univers-ciné. Vous connaissez ? C’est bien ? Y’a mieux ?
      Merci d’avance,

      • #25127 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui c’est bien universciné. J’y ai trouvé pas mal de films. Ou sur laCinetek.

        • #25128 Répondre
          Ostros
          Invité

          MUBI est souvent cité aussi.

          • #25138 Répondre
            POPE
            Invité

            Merci Ostros.

            • #25141 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              (je signale en passant qu’il est possible qu’avec ta médiathèque de quartier tu aies accès à Médiathèque Numérique, qui elle-même regroupe une partie du catalogue de Univers Ciné et de Cinetek (il y a quelques Rohmer). je réponds toujours présent pour faire de la pub pour les bibliothèques municipales – https://vod.mediatheque-numerique.com/ )

    • #25501 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Je vous signale ce festival qui aura lieu du 2 au 8 décembre.
      Festival Manière d’habiter la terre, voici le programme.
      https://www.nouvelodeon.com/evenement/2116228-manieres-d-habiter-la-terre

    • #25515 Répondre
      Pope
      Invité

      Ah ben je viens de voir ta recommandation Doc’.
      Merci, je vais voir si ma médiathèque municipale a ça en rayons.
      Une preuve de plus que les métalleux ne mangent pas les enfants, surtout lorsqu’ils sont bibliothécaires.

    • #25600 Répondre
      Claire N
      Invité

      Post copie de Charles, bien rangé
      Enfin vu Killers of the flower moon. J’ai été agréablement surpris, le film m’a davantage plu que ce que j’en attendais. Je pourrais même dire que le film est assez irréprochable sur pas mal de niveaux, notamment politique. Mais j’ai quand même quelques réserves. Si je reconnais que le film est assez surprenant dans son début – comme c’est très bien rappelé dans la GO – avec ces indiens bourgeois, ces morts inexpliquées et paisibles, je regrette qu’on retrouve après la logique du cinéma mafieux qu’on a souvent vu avec sa grande violence sèche. Je trouve que François à ce titre force un peu sur la violence et la captation qui passeraient par le droit. C’est dit, un peu montré mais vraiment rattrapé par les meurtres mafieux qui sont très nombreux. Certes ces meurtres sont filmés de façon moins hystérique qu’avant mais on retrouve tout de même la scène brève, initialement anodine, interrompue sèchement par l’homicide – refus du suspense, de la situation créée par une installation, une lenteur.
      De même, je trouve dommage qu’on abandonne en cours de route les indiens, Mollie – meilleur personnage féminin chez Scorsese depuis 20 ans – qui est réduite à un corps souffrant avant de revenir à la fin et retrouver sa puissance. J’aurais bien aimé qu’on creuse un peu le personnage d”indien mélancolique” (je crois rarement avoir autant entendu le mot dans un film américain), qu’on devine rendu malade par la situation, la domination etc. Au lieu de ça, le film se focalise – évidemment – sur ses deux stars, De Niro et Dicaprio. J’aime bien De Niro dans le film, assez tenu et sec, mais son personnage n’est pas si intéressant, il est purement méphistophélique. C’est d’ailleurs ce qui étonne dans le récit : tout est dit dès le début, le stratagème de son personnage est énoncé dans les premières scènes et ainsi longuement déployé (Il est également assez surprenant qu’on discute fréquemment aussi explicitement et bruyamment de meurtre en plein jour, dans la rue) Pour Ernest, le personnage est un peu plus complexe, même si lui aussi est dès le début complice, partie prenante des meurtres. Je ne trouve pas qu’il soit assez ambigu, je suis un peu fatigué par sa bêtise et les grimaces de Dicaprio même si je reconnais que son interprétation a une certaine force. Son personnage ne me semble pas vraiment être une figure de la banalité du mal, contrairement à ce qui est dit dans la GO. La banalité du mal, chez Arendt, n’est précisément pas le mal ordinaire, le mal de n’importe qui mais est un produit de la modernité, de la bureaucratie administrative – elle est donc historiquement située – qui passe par une déshumanisation du langage – le langage devient vide, creux, il ne dit plus rien et permet en cela toutes les horreurs, c’est là qu’intervient la banalité du mal.
      Ces deux personnages aspirent le film et mon opinion ne varie pas sur eux pendant 3h30 – durée que je sens vraiment pour cette raison et aussi le caractère répétitif du film mafieux -, ce qui est un problème. Je ne demande pas que les personnages évoluent mais a minima qu’ils soient suffisamment complexes, riches pour qu’on ne puisse pas les saisir en 5 minutes.
      Je retiens en faveur du film des plans et des scènes fortes : le jaillissement du pétrole au début – manne et malédiction comme le dit bien l’homme qui n’a pas de prénom -, l’arrestation de Dicaprio en plein séquence calme et tendu à la fois, le conciliabule chez Hale avec tous les notables pour retourner Ernest, la dernière scène entre Mollie et Ernest etc.

      • #25603 Répondre
        Charles
        Invité

        Merci Claire!

    • #25668 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je sors de Mars Express, et je crois que je n’avais jamais vu des personnages de dessin animé « jouer »aussi bien. Le doublage y est pour beaucoup, mais j’ai l’impression qu’il y a eu un vrai travail d’animation sur les mimiques subtiles de ces personnages.
      Pour le reste on est sur un film de SF assez classique dans sa narration et dans sa forme. C’est un film qui « coche les cases » de son genre bien qu’il prenne un tournant différent de ce à quoi on pouvait s’attendre

    • #25793 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Écouté la Gêne sur le Héron (et le Garçon) : même expérience d’incompréhension trouble au bout d’une heure et demi, quand les perruches se baladaient dans tous les sens, mais je reste perplexe sur l’idée qu’on sorte ici de l’ordre narratif. En sortant du film, j’avais surtout l’impression que c’était le film d’un monsieur fatigué. On a des débris de Miyazaki enrobant un récit de deuil classique. La mère n’est pas morte et vivante, elle retourne dans le passé : le garçon accepte qu’elle vive, c’est-à-dire qu’elle meure dans son futur et le présent du garçon. La fin abrupte m’a surpris mais l’enjeu principal du récit est bouclé : ça y est, le garçon n’est plus en PLS, FIN.

      Ensuite, on a de drôles d’effets. Le personnage du patriarche en quête d’héritier sort de nulle part, semble donner une autre direction au film, mais pas vraiment, d’où cette impression d’être perdu dans un film à la trame classique mais mal foutu. Aurais-je aimé qu’il soit mieux foutu ? Non. Est-ce que je pense qu’il tente délibérément de faire autre chose ? Non. J’ai une affection pour le bordel, alors j’ai une affection pour ce film raté (qui n’aurait pu être que raté ?).

      • #25845 Répondre
        L’inconnu
        Invité

        J’ai l’impression que comme dans Inherent Vice le deuil est double, à la fois celui de la mère et d’une époque, la fin de l’enfance, forcément, mais aussi la fin d’un certain Japon, ce qui concerne plus l’oncle dans ce cas là. Mais aussi ouvertement un appel au spectateur à faire le deuil de notre civilisation de consommation de masse actuelle comme le dit Miyazaki. Il l’a d’ailleurs dit texto. On dirait que le film donne l’idée que l’histoire humaine ou nationale est traversée par des blocs historiques, comme des tours amenées à être détruites puis reconstruites lorsqu’elles ne sont plus pertinentes, si elles l’ont jamais été. Ou plutôt serait des blocs ideologiques, les idées dominantes d’une epoque, ce qui ferait lien avec l’imaginaire du lieu. Il y a l’idée curieuse qu’il faudrait oublier le passé à la fin. Lui qui a dit dans d’autres films qu’il ne faut pas oublier le passé…

      • #25854 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        J’ai pensé quelque chose de similaire en écoutant la Gêne, avec laquelle je suis par ailleurs assez largement raccord. Je n’ai vraiment pas non plus l’impression que l’on sorte de l’ordre narratif (cela dit, sous certaines conditions, je n’ai aucun problème à y rester). Ou plutôt, on est tellement dans le « film à mystères », « le film à codes » dont il faudrait trouver la clé nichée au beau milieu d’un grand dédale temporel et spatial, le film à symboles, la dernière « grande œuvre du maître », que tout ça peut finir par fatiguer. J’avais un peu ressenti ça avec Les Ailes du Désir, où l’on sent un Wenders obnubilé par le désir d’en faire son magnum opus (surtout dans la première partie) — j’avais largement préféré un Paris, Texas pourtant moins ambitieux. L’impression que ça me fait, c’est qu’un film comme Le Garçon et le Héron qui repose à ce point sur l’énigme scénaristique à tiroirs est très ancré dans un certain « ordre narratif » — quoique « désordonné »^^ Mais je reste complètement subjugué par sa poésie graphique (en particulier, décidément, cette manière incroyable de fossiliser des bâtiments dans la végétation, etc….)

        • #25870 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Si vraiment Miyasaki voulait nous enroler dans l’ordre narratif, je crois qu’il n’ouvrirait pas tant de tiroirs, pour n’en refermer aucun.
          Raconter il sait faire, tout le monde sait faire (plus ou moins bien). Je crois que là il est dans autre chose – ce qui produit un résultat sur lequel je suis partagé.

    • #25805 Répondre
      Ema
      Invité

      Tant qu’on est sur l’animation, vous pensez quoi des dessins animés de Wes Anderson (Fantastic Mr Fox et Isle of Dog)? J’en garde un bien meilleur souvenir compares à ses films, j’avais vraiment le sentiment qu’il avait trouvé sa meilleure forme avec ce média.

      • #25806 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je pense l’inverse mais ne saurais dire pourquoi — ses films d’animation sont ceux qui me plaisent le moins, peut-être parce que j’aime les acteurs chez lui. Des personnes ont vu ses adaptations de Dahl ?

        • #25809 Répondre
          Seldoon
          Invité

          J’avais oublié qu’elles étaient disponibles, merci pour le rappel.

        • #25813 Répondre
          Anna H
          Invité

          J’avais bien aimé Fantastic Mr Fox même si vu il y a longtemps. Pareil pour Isle of Dogs (je crois pas que ce soit adapté de R. Dahl).

        • #25821 Répondre
          Charles
          Invité

          Je me suis endormi devant l’adaptation de Dahl au bout de 10 minutes et j’ai eu la flemme de recommencer le film. Je précise qu’il s’agit d’un moyen métrage de 40 minutes. Voilà.

      • #25808 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Je trouve que ses films convergent de plus en plus vers une forme hybride entre la prise de vue réelles et l’animation.
        Pas pour le meilleur selon moi.
        Préférence pour ses 1ers films Rushmore, Tenebaums, la vie aquatique.

      • #25820 Répondre
        Charles
        Invité

        Très bon souvenir de Fox, comme toi je m’étais dit qu’il avait trouvé sa forme. J’avais trouvé ça enlevé, charmant sans être trop mignon, drôle avec la très bonne voix de Clooney. Moins complaisamment chic que les autres films. En revanche, je me suis bien ennuyé devant Isle of dogs, que j’avais presque trouvé sinistre et laborieux.

      • #25823 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je fais une entorse à l’étiquette numérique – qui veut qu’on ne poste pas deux fois le même contenu sur un Forum – pour remettre cette courte vidéo que je trouve excellente sur ses 8 premiers films (l’ayant postée au milieu de la torpeur estivale j’ai une excuse).

        • #25842 Répondre
          Anna H
          Invité

          On a donc affaire à un grand fan.

    • #25865 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Bizarre, j’aime pas du tout les films d’animation, notamment japonais.
      C’est naze en fait, j’ai jamais compris le délire.
      Lapin compris ce qu’il y a de beau ou d’intéressant dans ces trucs

    • #26154 Répondre
      Albert Bloch
      Invité

      Vu La chimère hier. Je recommande grandement à ceux qui ne l’ont pas encore vus et serai intéressé d’entendre vos avis sur ce beau film.
      J’ai l’impression qu’il s’y joue quelque chose d’intéressant entre d’une part l’art/le mystique et d’autre part un réel très ancré.

      • #26155 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        C’est prévu
        Même si je n’ai été pleinement convaincu par aucun de ses films.

        • #26165 Répondre
          Isd
          Invité

          Vu également ! C’est un film étrange, bordélique, qui porte bien son titre. J’ai beaucoup aimé les moments où la cinéaste prend le temps de nous faire intégrer la bande d’amis du héros. Les scènes de profanation sont très belles. Le film ne cesse d’osciller entre la grâce d’un Paola Sorrentino et le trivial d’un Bruno Dumont période « la vie de Jésus ». On aime se laisser embarquer dans ce petit village où de super créatures de cinéma surgissent (l’ancienne chanteuse d’opéra, le guitariste et son triangliste, la gouvernante…). J’ai moins été touché par le film quand la cinéaste usait d’effets de style, très clipesques, très « pop ». Mais je suis circonspect car c’est ce qui alimente le coté foutraque du film. Parfois ça tombe juste : les courses poursuites filmés en accéléré, qui donnent un côté burlesque. Et parfois c’est un peu énervant : la caméra qui se retourne, la rupture du quatrième mur, le changement de format pour les scènes de « flash-back » où l’on voit l’amour perdu du héros. Cela m’a fait un peu penser à Kirill Serebrennikov, avec tout ce que ça comporte de bon et de mauvais. A voir tout de même !

          • #26328 Répondre
            o
            Invité

            C’est marrant parce que je lis qu’il serait bordélique alors que c’est vraiment pas la première chose qui m’ait frappé. En tout cas, si bordélique, peut-être dans sa forme (je crois que Pietro Marcello est dans les crédits, ils se connaissent et ont travaillé ensemble) mais pas dans son scénario ? Ce qui m’a frappé 1. c’est ce début très long où on est franchement perdu, 2. c’est ce scénario, cette capacité à fabriquer des personnages originaux et des situations complexes, ce qui était déjà le cas dans Corpo Celeste, dans Les Merveilles et Heureux comme Lazzaro. François reprochait à Lazzaro une faible mise en scène je crois. En voyant celui-ci j’ai l’impression que c’est peut-être justement la force de Rohrwacher, de ne pas faire des plans. Il n’y a presque pas de plan fixe, tout est toujours dans le mouvement, souvent dans la musique, comme si le plus important c’était la douceur. Je ne suis pas fan de la pellicule, ni de son maniérisme (il y avait moins d’effets dans ses précédents), ni de cette espèce de nostalgie qui se dégage du film, mais j’adore les histoires qu’elle raconte. Enfin, je vois bien à quel point ça peut être problématique comme hypothèse mais ça m’est venu : j’ai eu le sentiment de voir du cinéma féminin. (Un peu comme Varda ?). Peut-être justement pour cette absence de mise en scène, pour le côté artisanal et organique, à la fois dans la facture du film mais aussi dans ce qui est montré (la cabane, les squats, composer avec ce qui est là plutôt que d’imaginer du neuf ?)…

    • #26159 Répondre
      Charles
      Invité

      François, tu as vu Three times de Hou Hsiao-Hsien? Si oui, t’en as pensé quoi? Je l’ai vu hier, s’il est formellement assez éblouissant, il me semble être toutefois un peu dans la redite par rapport à ses précédents films.

      • #26160 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Ah je savais bien que j’en avais vu un, quand même.

        • #26162 Répondre
          Charles
          Invité

          Pas aimé?

          • #26163 Répondre
            Seldoon
            Invité

            De mémoire si, beaucoup, malgré un premier abord un peu concept/film étudiant (l’idée des 3 fois, les cartons pour les dialogues…). Mais c’était il y a très longtemps, j’étais étudiant. Il me reste surtout des souvenirs de la scène de billard.

            • #26190 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Il se répète sans doute , mais enfin ce triptyque est inédit.
              Et puis cette répétition n’est elle pas la redite d’une manière, celle qui distingue un cinéaste, un peintre, etc?

      • #26166 Répondre
        Zyrma
        Invité

        je sens que la réponse est non mais tu l’as vu en salle Charles ? (et si oui laquelle ?)

        • #26167 Répondre
          Charles
          Invité

          Non, en VOD, hélas.

    • #26237 Répondre
      Cyril
      Invité

      Quelqu’un a vu le Rohrwacher ?
      Je viens de voir ses deux premiers films, tous deux magnifiques. Cette réalisatrice méritait une GO, il me semble que son cinéma rassemble tout ce qui est valorisé dans le podcast.

      • #26240 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        et pourtant il ne m’a jamais complètement convaincu
        Mon acolyte a vu le nouveau sans etre emballé, tout en reconnaissant que etc
        je le vois cette semaine

        • #26370 Répondre
          POPE
          Invité

          Vu La chimère. Et pas emballé tout en reconnaissant que certains trucs m’ont intéressé, tout comme l’Homme qui n’a pas de prénom. J’ai aussi écouté Emmanuel Burdeau dans son podcast consacré au film. Et c’est clair que ce n’est pas plus clair pour moi après l’avoir entendu. Le film propose des choses qui m’intéressent immédiatement, suivre des pilleurs de tombes, quel bonheur ! Mais il me semble qu’il n’assume pas ce plaisir. Que cela suffit en soi, être heureux de voir l’immontrable, l’irregardable, d’ailleurs une réplique du film dit que les trousseaux funéraires ne sont pas pour le regard des Hommes. Il faut que tout soit métaphores, symboles, et je me suis senti parfois un peu con, aurais-je bien compris le sens crypté ? Il est bien possible que j’aie compris, mais ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.
          Le film m’a semblé naviguer entre terre et ciel, entre matières et idées. Bref, tout ça me paraît confus. François, si le cœur t’en dit, n’hésite pas à replacer l’église au milieu du village.

      • #26407 Répondre
        Cyril
        Invité

        En effet, il n’y a pas que du bon chez Rohrwacher. Je viens de voir son troisième, Heureux comme Lazzaro, presque consternant dans sa deuxième moitié. Le personnage de Lazzaro suscite d’abord de la curiosité, mais devient rapidement tête à claque avec sa mono-expression. Je pense que l’évocation du sacré demande une grande subtilité au risque de tomber dans le ridicule.
        Étonnamment c’est le film de Rohrwacher le plus apprécié du public sur Mubi. La mièvrerie est populaire…

    • #26250 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Hello, des avis sur le premier film de Sam Esmail (Le Monde après nous) sur Netflix ?
      J’admets avoir été partagé par l’abus d’esthétisme (plans alambiqués et mouvements de caméra parfaitement inutiles) et de musique, mais séduit quand la forme se tempère lors des dialogues, et convaincu par le casting, Julia Roberts parfaite en garce insupportable. Les références aux Oiseaux ou à La Mort aux trousses m’ont amusé.
      Néanmoins la photo m’a fait penser au Killer de Fincher et au Rebecca de Wheatley (autre hitchcockien) – toujours cette uniformisation netflixienne. Quitte à s’autoréférencer (détails évoquant Mr Robot et Julia Roberts / Homecoming), j’aurais apprécié la lumière craspec et le goût du silence de Mr Robot. Comme si le climax était assujetti au son.
      Le final est réussi.

      • #26253 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai arrêté de regarder au bout de 50 minutes,tout m’a insupporté dans ce que j’ai vu,on voit bien ici que tout n’est que scénario conceptuel avec des acteurs sans personnages et une musique omniprésente qui souligne toutes les intentions,bref encore un nanar Netflix produit cette fois-ci par le couple Obama.

        • #26256 Répondre
          Tony
          Invité

          Et puis on en a plus que marre de ce sociotype,elle cadre sup dans la pub et lui prof d’université,soit le couple témoin des démocrates,qui loue 2000 euros le week-end une maison avec piscine en s’extasiant sur le volume des pièces,le luxe de la literie etc…et qui marchande avec le proprio en voulant regarder les conditions générales…et ce concept soit disant catastrophique que serait un monde où les réseaux telecom seraient hackés et nous priveraient de téléphone et d’internet,le cauchemar des libéraux en quelque sorte.

          • #26276 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            C’est l’un des angles. Le système s’effondre et le personnage misanthrope interprété par Julia Roberts se rend compte que ce système sur lequel elle daube maintenait sa classe à son niveau d’aisance. Si tu avais poussé jusqu’à la fin, tu aurais peut-être obtenu satisfaction sur le fond. Mais je comprends que la forme t’ait déplu, néanmoins je me demande si elle n’est pas sauvable sous l’angle romantique – l’être humain minuscule, d’où les nombreux plans en plongée, dont un dézoom qui va jusqu’à la lune.

          • #26277 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            J’ajoute aussi que ce « cauchemar des libéraux » est le cauchemar des personnages mais pas du cinéaste – là encore, une vision totale de l’œuvre aurait pu t’en convaincre.
            En revanche si le vrai problème c’est les Obama producteurs parce que tu cherches de l’argent cinématographique éthique, je crois que tu peux balancer quasi tout Hollywood à la poubelle. Voire 99 % de l’industrie cinématographique tout court.
            Je ne vais pas m’interdire les premiers Tarantino parce qu’ils étaient produits par Weinstein.

            • #26281 Répondre
              Tony
              Invité

              Il est vrai que je n’en ai vu que 50 minutes,je me demande quand même si ça vaut le coup de poursuivre,sur le côté misanthrope du personnage c’est pas très clair,elle dit détester les gens mais ça reste abstrait on ne sait pas exactement ce qu’elle déteste, à moins que la suite nous l’apprenne,enfin je m’attendais à autre chose que cette inquiétude sur notre dépendance aux technologies,par exemple lorsque le pétrolier s’échoue sur la plage je me suis dit qu’on allait avoir droit à une catastrophe écologique,mais non la catastrophe n’arrive pas,si le pétrolier s’échoue c’est parce que le GPS ne fonctionne plus…
              Sur le fait que le film soit produit par Obama je ne suis pas d’accord avec toi,ici Obama ne finance pas il développe un projet que Netflix finance,je crois en effet que l’implication d’Obama est totale et n’a rien à voir avec ce que peut produire l’industrie hollywoodienne.

              • #26293 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Moui on ne peut pas gloser sur la suite du film et la nature de la catastrophe si tu n’es pas allé jusqu’à l’arrivée de l’autre famille du film – en l’occurence une famille noire qui révèle le personnage de Julia R. Je ne peux que t’inviter à regarder la suite pour confirmer ou infirmer ta déception.

                • #26329 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Salut Leo Landru,bon j’ai poursuivi jusqu’à la fin et je suis encore plus perplexe, ça me fait penser un peu à ces vieux films américains qui jouaient à nous faire peur avec la menace nucléaire,ici l’ennemi n’est pas clairement identifié mais en frappant les réseaux Telecom et Satellite il peut s’emparer du pays,ok merci pour ce moment Barack!

                  • #26334 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Je ne pense pas que l’origine de la catastrophe ait une quelconque importance. C’est dit assez clairement dans le film et cela prend même le titre d’une partie (The Curve) : la civilisation américaine se voue à l’autodestruction. Ce qui amène les défaillances visibles – les Tesla : impasse, internet : impasse – et dépouille les bourgeois de l’histoire d’une partie de leur humanité (l’antagonisme entre les deux femmes, la scène de bredouille avec la femme hispanique) avant de les amener vers quelque chose de primitif : marchander, supplier, agresser, crier fort pour éloigner les menaces. Et cette fin est parfaite mais il faut goûter son symbolisme : un pays qui s’empiffre, replié sur lui-même, sourd au reste du monde, qui se divertit dans l’abondance en visionnant « la nostalgie d’une période qui n’a jamais existé ».
                    Alors probable qu’on puisse y voir de l’obamisme, mais je préfère y voir des ouvertures. Du côté des mecs, l’agression et la radicalisation, chez les filles, la coopération, et chez les enfants, rien à foutre de la catastrophe planétaire si ce n’est qu’elle les prive de Netflix. Le choix de ne pas clôturer les arcs narratifs m’a paru judicieux. Aussi celui de ne pas montrer les probables carnages durant le film : ce qui se passe ne se passe pas. Jusqu’au dernier tiers du film, les personnages vivent une panne de réseau. Ils bronzent, lisent, finissent par s’inquiéter par la force des choses.
                    Pour ça aussi, le film ne fonctionne qu’avec des riches – des Américains qui ont réussi, qui se paient le luxe de danser, fumer et picoler, en attendant un impossible retour à la normale.

                  • #26335 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Également, je ne pense pas, pour avoir suivi Sam Esmail, que le film s’inscrive dans une démarche obamiste de mise en garde (à l’inverse du pénible Don’t look up). Esmail met en scène sa vision de l’effondrement, il n’est plus dans l’avertissement. Je crois que si obamisme il y a, c’est dans la coopération aléatoire entre persos noirs et blancs, mais Esmail – qui n’est pas un misanthrope – termine avec une telle noirceur ce film qu’il est difficile d’y voir une leçon de morale.

      • #26506 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je vous ai lu. Il faudrait préciser ce qu’est « cette uniformisation netflixienne », car les liens avec la photo de Fincher sont quand même extremement ténus et tiennent plus à une certaine froideur pas du tout netflix friendly. Pour la photo du Monde après nous il faudrait parler d’une réalisation photoshop, faite de collages de bouts de plans, dans tous les sens du terme : à la fois deux plans collés ensemble qui en font un long et aussi un premier plan tourné séparement du second plan tourné séparement de l’arrière plan. D’où l’aspect extremement désincarné, sans matière : les personnages sont incapables d’interagir avec leur environnement. D’abord, je n’aime pas du tout cette forme ; mais elle ne produit pas rien. Et surtout le film n’a pas peur de sembler cheap, il filme frontalement ses effets spéciaux (le bateau…) sans tenter de les cacher. Ca foire pas mal mais c’est une position esthetique assumée, à contrecourant de ce qu’on fait dans ce genre de films (ou chez Fincher).

        • #26509 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Désolé je manque un peu de précision. Disons que j’ai été surpris par l’éventail dynamique des plans, leurs angles alambiqués (d’où ma comparaison avec Fincher qui utilise des artifices identiques dans Panic Room par exemple), les travellings longs.. Dans Homecoming et Mr Robot, Esmail effectue aussi des plans décadrés mais il y met moins de panache, il y a recherche du malaise sans étalage de moyens. Ce que je nomme uniformisation netflixienne est une photo très propre, neutre, que je décorrèle de Robot et Homecoming qui avaient un grain un peu sale, sombre, avec des jeux plus contrastés sur la profondeur.
          Mais je suis assez d’accord sur le côté cheap assumé des effets spéciaux, l’objectif n’est pas de rendre le cargo crédible ; les Tesla le sont davantage. Dans cette non-rencontre entre les personnages et leur environnement se trouve le sujet du film résumé par la fin, un isolement.

        • #26510 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Enfin, la vraie faiblesse du film c’est la musique, et c’est dommage. Elle est omniprésente et ça gâche la solitude des protagonistes.

        • #26511 Répondre
          Tony
          Invité

          Pour rester sur la forme, j’aimerais bien comprendre ce que ça peut produire ces drôles de cadre où les personnages au premier plan sont au bord du cadre et l’arrière plan prend presque toute la place ou ces plans qui cadrent les personnages à l’envers ou alors ce plan dont tout le monde parle quand Julia Roberts prend l’escalier pour visiter les chambres avec une caméra qui semble faire un salto, à quoi ça rime tout ça?

          • #26512 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il faudrait prendre ces plans un par un, mais en général il s’agit déjà d’un décadrage qui produit un effet d’etrangeté, de l’inquietude par avance. Si je ne dis pas de bêtise, ces plans disparaissent progressivement quand les phénomènes prennent plus de temps à l’écran et qu’on n’a plus besoin de teaser de l’étrangeté.

            • #26514 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              C’est aussi la réflexion que je me suis faite. Plus on avance et plus ça se calme. Comme si Esmail avait caché son jeu pendant une heure et quelques, avant d’enfin donner dans la mesure.
              Après, le montage en parallèle sur plusieurs scènes peut irriter mais je le trouve intéressant. La scène où Hawke est aux prises avec la femme hispanique est constituée de plans académiques dans un décor vaste et minimal, ça sent le cameo de La Mort aux Trousses, quand d’un autre côté on a Mahershala Ali dans la maison en bord de mer, et soudain l’avion surgit d’où on ne l’attendait pas. Le souci, et je rejoins Tony là-dessus, c’est qu’effectivement la musique me dit quoi ressentir. De même pour la charge symbolique parfois trop explicite, beaucoup de démonstration.
              Pourtant je marche quand même, j’ai pris du plaisir devant ce film et je continue de le ressasser mentalement. J’aime la sécheresse de certains moments. Les ouvertures qui expriment clairement des possibilités de survie si coopération. L’absence de développement moral me convient, pas de châtiment ni de récompense pour les personnages – seulement l’arbitraire. L’enjeu est l’entraide : vont-ils parvenir à fonctionner ensemble ? C’est une bonne question, j’aime qu’elle reste à peu près en suspens. Les trois points de vue finaux, hommes, femmes, fille, donnent chacun une réponse différente faite de ressources différentes. Je pense qu’Esmail finit sur la scène la plus effrayante parce que c’est celle à laquelle il s’identifie avec embarras, et il nous la renvoie à la tronche aussi. Et bon, cette scène-là, cette conclusion-là, vaut le film.

    • #26266 Répondre
      Henry
      Invité

      Bonjour qqn aurait la critique de François à propos de La Vie d’Adèle svp ? J’ai vu le film il y a peu et j’aimerais bien la lire. Je peine à la trouver. A vrai dire, je ne sais pas si elle disponible en ligne.

      Et qui a vu Conan de Mandico ? J’aie bien son jeu avec la matière et toute son esthétique plastique, bien que je me sois un peu perdu dans l’intrigue du film entre les prolepses et analepses et son changement d’espace.

      • #26272 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’avais été très déçue par les garçons sauvages donc je n’ai pas voulu voir les autres. Toi tu avais vu les garçons sauvages Et les suivants Ultra pulpe et After blue ?
        Si le dernier dont tu parles est de même facture ça me tente pas des masses.

        • #26344 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne suis pas déçu par le cinéma de Mandico
          Je suis navré

          • #26424 Répondre
            Henry
            Invité

            Qu’est-ce qui te navre dans son cinéma ? Ça m’intéresse.

            • #26446 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              A peu près tout
              Désolé de ne pas être plus précis, je ne saurais par quel bout commencer.

              • #26478 Répondre
                Henry
                Invité

                Peut-être le fait qu’on son cinéma soit totalement hors-sol ? Totalement dénué d’ancrage sociale, ça c’est sûr. Mais j’aime bien sa façon appréhender la matière, le jeu qu’il en fait. Ce n’est pas tellement (même pas du tout) une matière contraignante où les corps sont obligés de composer avec étant donné qu’il n’y a pas de contraintes, en tout cas pas comme celles de la vie réelle, pas de règles ni de valeurs à respecter. Je trouve que c’est une matière ludique où Mandico s’amuse à jouer sur l’enchevêtrement entre la matière et ses personnages, leurs liens, s’il y en a (ou pas (en tout cas dans Conan et After Blue, pas vu les deux autres)), bien que ce soit une matière fangeuse, de la matière grossière, visible, qui attire l’œil du spectateur, qui ne peut pas lui échapper. C’est peut-être ça qui te déplaît ? Un manque de subtilité dans son approche ? Je crois que ce qui lui importe avant tout c’est une esthétique, très plastique et kitsch, et sa trame narrative se met au service de son esthétique et non l’inverse. Je le vois fasciné par la matière mais simplement en tant que matière, de son « sourdissement » si je peux me permettre, mais non ce qu’elle engendre, où alors très à la marge.

                • #26480 Répondre
                  Toni Erdmann
                  Invité

                  Devant les films de Mandico, j’en viens presque à me transformer en droitard et m’indigner du financement public du cinéma.
                  Plus sérieusement, j’ai relevé deux éléments qui me sortent automatiquement de ses films.
                  1. Les postures : toutes les actrices prennent des postures aguichantes. Les corps sont contraints comme des mannequins devant un photographe. On a vraiment la panoplie de l’acteur qui prend une pose : les yeux plissés, l’air défiant et provocateur, la manipulation d’un objet (épée, hache, fusil, cigarette) censé donné un « style ». On notera que les armes chez Mandico ne sont jamais utilisées pour des scènes d’action. Il n’y a pas d’action chez Mandico. Elles ont pour seule fonction d’être un signe de fantaisie, de fantastique.
                  2. Les dialogues : toutes les répliques, toujours déclamées de façon solennelle, contiennent un grand concept qui fait référence à la thématique du film. La vengeance, la brutalité, la barbarie. Et il ne s’agit en réalité jamais de dialogues dans le sens où un personnage parlerait à un autre personnage. Il s’agit davantage d’une parole auto-centrée qui viserait, encore une fois, à placer le personnage dans une posture.

        • #26423 Répondre
          Henry
          Invité

          Je n’ai ni vu Les Garçons sauvages ni Ultra pulpe. Mais j’ai vu After Blue, que je préfère à Conan. La trame narrative est bcp moins alambiquée. Mais son esthétique et sa mise en scène restent à mon sens les même que dans Conan. Au regard des quelques extraits que j’ai vu des Garçons sauvages, ça a l’air assez similaire à ce qu’il fait ajd. Si les Garçons sauvages t’as déçu, je te déconseille d’aller voir Conan.

          Et merci bcp Malice pour la critique !

          • #26432 Répondre
            Malice
            Invité

            De rien, surtout merci à François de l’avoir postée sur l’ancien site; et au passage de m’avoir donné envie de mieux connaître Kechiche et Adèle ( le personnage comme l’actrice)

    • #26291 Répondre
      Malice
      Invité

      Politique du désir
      ( François Bégaudeau)
      Sur un banc, Emma explique à Adèle que selon Sartre l’existence précède l’essence. Pensée qui l’a beaucoup aidé à devenir libre, conclut-elle. Adèle, l’écoute religieusement mais trouve la problématique un peu vaine : c’est comme la poule et l’œuf, on ne saura jamais.
      On ne saura jamais par quoi commence l’amour entre Adèle et Emma. Quel en est le creuset psychologique ou biologique, et s’il y en a un. Adèle a un « manque », c’est tout. Pour le reste, préfère-t-elle les filles depuis toujours sans le savoir ? Peine-t-elle à jouir avec Thomas parce que la vision d’Emma dans la rue l’a foudroyée ? Nait-on homosexuel ou le devient-on ? L’existence d’un amour précède-t-il son essence ? L’amour est-il une cause ou un effet ? Une poule ou un œuf ? Bonnes questions de philo, mauvaises questions de ciné. A l’écran seul compte ce qui a lieu.
      A l’écran a lieu du désir. On ne raconte pas sa généalogie, on enregistre son actualisation. La vie d’Adèle s’installe d’emblée au cœur du brasier. En un coup de foudre plus ou moins réciproque, nous y sommes. Les deux filles se scrutent, se parlent, se revoient. Puis baisent pour de bon, et droit au but. Pas de préliminaires narratifs  — voilà c’est mon appartement, oh il est chouette ce vase, j’te sers un verre ? Tout de suite le vif (du sujet) : deux corps déjà nus et qui s’entreprennent, caressent, empoignent, agrippent, lèchent, doigtent, embrassent, donnent du plaisir par tous les bouts. Réjouissances dans quoi la plus jeune, que son inexpérience dans le saphique assigne a priori à la place de l’initiée, se révèle aussi dégourdie que sa partenaire. Comme si l’expertise du désir était spontanée. Comme si coïncidaient son être et son exercice. Le désir est toujours déjà un agir.
      En mai dernier nous était parvenu un grognement cannois : et l’amour là-dedans ? Eh bien il est là-dedans. Dans le désir et ses actes. Il n’a pas d’autre lieu. L’amour et le désir sont un, comme Dieu et la nature chez Spinoza. Nul réductionnisme dans cette équivalence, puisque le désir c’est tout. C’est l’ensemble des forces de vie.
      « Vie d’Adèle » s’entend au sens, biographique, où nous suivons ladite sur plusieurs années, de la première L à ses débuts professionnels, du début de la passion à sa fin. Mais doit se lire aussi comme : ce qui vit en elle. L’énorme part de feu qui lui est échue. Vitalité d’Adèle. Dans quelque situation que la caméra la trouve, muette ou loquace, active ou passive, ça vit, ça vibre. Même endormie ça vibre, allez comprendre.
      On dit d’un acteur qu’il est intense. On fait bien. Adèle est intense. Elle est le point de confluence de flux énergétiques. En ce point fusionnent le personnage et l’interprète, le jeu et l’être, à fortiori quand ce corps est nouveau dans le paysage cinématographque. Adèle est indissociablement le prénom de la lycéenne fictionnelle et de l’actrice. Procédé certes pas nouveau, mais notons qu’Emma est quant à elle interprétée par une Léa. Quelque chose est scindée en l’une, qui ne l’est pas en l’autre. Nous verrons bientôt quoi.
      Il faut d’abord revenir au départ, au désir. Le désirocentrisme de Kéchiche conditionne le découpage de son récit (1) et de ses scènes (2).
      1 Sur une trajectoire narrative, ne retenir que les moments d’intensité. Ne pas s’obliger à traiter chaque jalon de l’histoire s’il n’y a rien à en tirer de vital. La vie d’Adèle ellipse par exemple l’emménagement des deux filles, qu’un cinéaste plan-plan s’emmerderait à filmer en baillant. Kéchiche s’arrête sur un moment s’il sent qu’une scène est possible ; s’il flaire que la situation recèle assez d’énergie potentielle pour faire carburer du cinéma pendant trois, quatre, sept, dix minutes. Ici, comme dans les films précédents, très peu de fragments de transition, et encore moins d’ersatz de scènes cuttées dès que ça devient complexe. Kéchiche commence une scène là où Ozon la termine.
      2 Entrer dans une scène par le vif –par le milieu, eut dit Pialat. Pas de plan large de situation. Pas la devanture du café de leur ultime rendez-vous. Pas de plan d’ensemble du lycée ou de la classe pour engager une scène de cours. D’entrée, plan serré sur un visage, puis succession de cadres homogènes.

    • #26292 Répondre
      Malice
      Invité

      ( suite)
      90 % des plans de La vie d’Adèle ont cette valeur et ce contenu : serré, visage. Pourquoi ? Parce que c’est là que ça se passe. Le désir. La vie. La vie qui coule dans un dialogue —90% des scènes de La vie d’Adèle sont dialoguées. L’espace formé par l’articulation des gros plans pleine face (rarement de profil) recoupe le périmètre d’intensité délimité par deux personnes qui se parlent. C’est ce que fait ressentir, par rétrocation, le plan large qui clôt l’ardente première discussion entre Adèle et Emma. Subitement il nous rappelle que cette scène a eu lieu au comptoir d’une boite lesbienne. Nous l’avions oublié. Nous l’avions oublié parce que nous étions immergés dans l’espace intersubjectif des deux filles. Celui que dessine la ligne raccordant les points de frottements de leurs désirs.
      Par où ça passe le désir ? Avant qu’on s’autorise à se toucher, par où ça transpire ? Yeux, bouches. Tant que les gestes sont retenus, on se regarde en se parlant, et vice-versa. Parfois on oublie ce qu’on se dit tant le regard est intense – Adèle : « je sais plus ce que je disais ». Parfois la parole est, non pas une diversion ou un prétexte pour mieux se tripoter des yeux, mais elle-même un vecteur érotique. A ce moment, c’est la bouche qui devient l’épicentre énergétique. Prérogative qu’elle conservera tout au long d’une relation, puisque c’est elle qui exhale les mots d’amour, les requêtes du désir, les gémissements, halètements, suffocations, vociférations, insultes. A la fin les lèvres s’humecteront de larmes incontrôlées, se saliront de morve, et La vie d’Adèle aura documenté tous les états, fonctions, facultés, contorsions de la bouche. Qu’il s’agisse d’embrasser, lécher, sucer — et le sexe lesbien plus qu’un autre met la bouche à contribution —, ou de manger – et Kechiche choisit parmi les aliments ceux qui font bien bosser la bouche : couscous dans La graine et le mulet, ici spaghettis qui s’aspirent, glissent entre lèvres, se mâchent, s’avalent, et, épiphanie matérialiste, laissent des traces rouges et grasses.
      En général le cinéma ne se foule pas pour restituer l’insatiable vigueur juvénile : course éperdue, mobylette en travelling, danse extravertie. On se contente d’une plate équivalence entre énergie et mobilité. Animée, allumée, Adèle est énergique sans mouvement, mobile sur place. Elle bout, sans les singeries actorales de la bouilloire. Peu d’expressions, peu de cris, pas de mobylette. Un torrent fixe. Les fois où elle danse, son corps nous est dérobé, la caméra ne cadre que le haut, là où s’animent ses prunelles et tremblent insensiblement ses lèvres si singulières.
      C’est le courage du film, sa radicalité obtuse : le pari qu’on peut tenir trois heures là-dessus. Que dans les visages se tient toute l’énergie, toute la vie.
      Extérieur jour, terrasse de café à Lille. Alternance rapide entre visage de Thomas et visage d’Adèle. Leurs bouches doublement actives : mâchent et articulent. Ca cause, ça mange. Ca cause de Laclos en gobant un kebab. Ca cause pour ne pas se dire qu’on se plait. Qu’on se plait d’autant plus qu’on cause, et dans les bouches se mélangent mots et viande de mouton. Toute la vie.
      Et le social dans tout ça ? A priori évacué par les partis-pris formels. Par définition, le plan serré absente le contexte, et le visage est la partie visible la moins socialement marquée d’un individu, puisque vierge de vêtements, meubles, voitures, fauteuils, et autres signes extérieurs d’appartenance. Il faut donc d’abord rappeler une évidence que les contenus à forte connotation sociétale de l’Esquive, La graine et Vénus noire avaient tendance à masquer : Kéchiche est un cinéaste vitaliste avant que politique. Chez lui, la distribution des forces et des oppositions est avant tout ordonnée à la distribution des désirs.
      Certes, La vie d’Adèle ne cesse de décliner le contraste de classes. Coté Léa : Klimt, Sartre, huitres, fameux vin blanc, tolérance sexuelle. Coté Adèle : Bob Marley, ciné américain, spaghetti, morale étriquée (un vrai métier, un bon parti). Mais ces identifiants sont périphériques. La plupart du temps, ils s’invitent fortuitement dans la scène, furtifs dans l’arrière-plan ou l’arrière-son – Julien Lepers. Plus centraux dans une scène, ils ne le sont pas dans le récit. Le fait qu’Adèle dissimule sa relation lesbienne à sa famille et à ses collègues est un des enjeux du repas chez elle, mais ne grossira pas en moteur dramatique. Par ailleurs si les classiques déterminations intéressaient au premier chef Kéchiche, il aurait mentionné le métier des parents des deux amantes, et livré un plan large de leurs maisons respectives. Décidément le large n’est pas son échelle. Cette macrosociologie, à quoi il fait accueil pour peu qu’elle s’ajuste aux dimensions de son cadre en se convertissant en détail, n’est pas son premier souci.
      Or le cinéma de Kéchiche est archi-social. Simplement, il se tient là où le social n’est pas une strate superposée à celle du désir, mais est lui-même une affaire de désir – et le désir une affaire socialisée. Là où la lutte des classes recoupe le heurt des corps.
      Il y a deux manières de nouer rapports de classes et rapports sexuels. La première, Kéchiche ne fait qu’en reprendre le flambeau successivement porté par Renoir, Mizoguchi, Lang, Bunuel, Losey, Chabrol, Beauvois et des marxo-freudiens comme Jacquot ou Brisseau. L’opération en est simple : cheviller l’absolu de l’amour à la relativité des données sociales. La durée de leur relation l’atteste : Emma aime-désire Adèle. Mais une fois entrée sur le marché de l’art, ses affects amoureux sont parasités, contrariés, altérés, par sa libido sociale. Une question advient qu’elle n’osera (se) formuler mais qui transpire de son attitude dans le chapitre 2 : m’imposerai-je comme peintre si je suis publiquement associée à une jeune inculte qui, non contente de n’être qu’institutrice de maternelle, n’aspire pas à davantage, c’est-à-dire, selon l’ordre des valeurs d’Emma, à une vie d’artiste. La jeune bourgeoise de gauche s’arrange alors plus ou moins consciemment — chacun évaluera son degré de machiavélisme — pour pourrir la situation. Plus précisément : se fait distante pour qu’Adèle esseulée se jette dans les bras du premier venu, fournissant à sa maitresse une raison légitime de la virer. En un crime d’amour parfait, le meurtrier fait porter le chapeau à sa victime. Emma fera plutôt sa vie avec une fille sociologiquement homogène, dont elle profitera du capital symbolique. Tout rentre dans l’ordre, chacun sa place, chacun sa classe. La vie sexuelle s’est réajustée à la vie sociale.
      La seconde manière cristallise ce que le cinéma Kéchiche a de plus redoutable, de plus savoureusement inacceptable. Pour la comprendre s’impose un petit crochet par Marivaux, qui hantait l’Esquive et qui ressurgit via La vie de Marianne qu’adore Adèle. Une lecture heureuse du verdict des déguisements expérimentaux du Jeu de l’amour et du hasard veut que si le prince aime la princesse déguisée en servante, c’est qu’il l’aime pour elle-même et non pour son rang. Les sentiments échappent aux déterminismes, happy end, chansons. Or une lecture diamétralement opposée est permise, qui conclura que le conditionnement social se niche partout, intériorisé, assimilé. Le prince aime la princesse dévêtue de ses oripeaux parce ce qu’il est doué d’un sixième sens social, doté d’une truffe de dominant qui lui permet de flairer une semblable. Il existe un métabolisme de classe, et, par extension, une typologie sociale des corps et des désirs.
      Entre Emma et Adèle, il n’y a pas une scène sexuelle fusionnelle que des injonctions sociales viendraient fissurer et diviser. Cette scène est d’emblée clivée. Leurs désirs ne sont pas de même nature. Tombé du ciel, celui d’Adèle est plein, immédiat, sans calcul, assuré de son éternité. Celui d’Emma est sinueux, malin, contourné, aguicheur – et donc réversible, périssable, révocable. Un désir en seconde main. Emma n’est pas tout à ce qu’elle fait. Emma est en partie absente à elle-même, en partie scindée. En Emma on voit le jeu ; on voit Léa. Adèle est une, est d’un bloc, est sans malice, n’arrive pas à mentir plus de trente secondes lorsque l’autre la somme d’avouer qu’elle fréquente un mec. S’ensuit une scène de ménage où éclate l’écart d’intensité entre les deux désirs, et indissociablement, entre les deux actrices. Voyant Emma forcer sa colère pour se débarrasser de l’encombrante, c’est Léa qu’on voit afficher ses limites dans un certain registre. Très à l’aise dans le détachement et la désinvolture, Seydoux sonne faux lorsqu’il s’agit de contrefaire des sentiments extrêmes. L’extrême, elle ne connaît pas, il y a toujours un recul ; un calcul ; un trop plein de conscience, de malice, de maitrise des codes.
      Dans l’Esquive puis La graine et le mulet courait l’idée, reconduite ici par un monologue un peu fumeux sur le surcroit d’intensité de l’orgasme féminin, qu’une dose supérieure de vitalité échoit aux femmes. Comme La vie d’Adèle se joue entre deux fille, c’est la classe qui y trace la ligne de front énergétique. Adèle est plus vivante qu’Emma. Vielle antienne des classes dominantes dévitalisées à quoi ferait contrepoint la pleine vigueur populaire ? N’ayons pas peur de prêter une si trouble intuition à un cinéaste qui n’a peur de rien.
      Ce qui n’empêche pas une formulation plus sage du clivage. Emma est artiste ; pas Adèle. Emma peint, Adèle pose. Nouvel aspect de la domination ? Emma vampirise sa « Muse » ? Sans doute, mais cela peut s’inverser. Si Emma suce le sang d’Adèle, c’est qu’elle en manque et que sa Muse en déborde. C’est que le foyer énergétique se trouve là. La nantie tient le pinceau, mais c’est à distance qu’elle appréhende le cœur qui bat en Adèle. Elle vit par délégation, par procuration.
      Il n’aura échappé à personne que le seul type avec qui Adèle sympathise, parmi les artistes, est arabe. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus et j’en parlais hier encore avec Isa. Mais retenons avant tout qu’il est acteur. Acteur donc lui aussi dirigé, lui aussi marionnette, et parfois de cinéastes américains qui lui font gueuler Allah Akhbar. Reste que l’acteur est le cœur nucléaire d’un film réaliste. C’est lui qui tout irradie. Aussi dominateur et tyrannique soit-il, le cinéaste est dépendant de lui. Comme un pays sans matière première dépend d’un pays qui en possède, la vie d’un film dépend de la vitalité de ses acteurs. La vie d’Adèle dépend de la vie d’Adèle. Alors le cinéaste fera bien ne pas s’éloigner, de ne pas s’embourgeoiser. Au contraire rompre la distance, se tenir au plus près des corps, des visages, du peuple. Cadrer serrer et ne plus reculer. C’est là que ça brule.

    • #26295 Répondre
      Adamou
      Invité

      Bonsoir, quelqu’un aurait l’article de François « rêveries d’un cinéphile féministe » dont il est question dans la gene sur Killers sous la main??

    • #26455 Répondre
      Cyril
      Invité

      Super je vais devoir m’infliger tout le cinéma de Toledano/Nakache. Bon j’avoue Le sens de la fête m’a fait rire. Mais politiquement… c’est la quintessence du cinéma centre-gauche. Avec ce mélange bizarre de satire de la bourgeoisie de droite et « en même temps », d’apologie de l’entreprise, familiale, avec de l’autorité attention ! Mais où on s’entend bien. On est contents de bosser ensemble. Et puis finalement on peut bien déconner avec la bourgeoisie de droite. On est pas si éloignés ! La frontière entre employés et clients disparaît dans une sorte d’utopie égalitaire bourgeoise.
      La dernière fois qu’un film m’avait autant navré politiquement c’était En Corps de Cédric Klapisch. Je sais pas si quelqu’un l’a vu…

      • #26457 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Cyril, concernant « Le sens de la fête  » je ne rejoins pas ta critique (que j’ai, certes, entendue ailleurs aussi). Je ne vois pas l’intérêt de faire une lecture politique de ce film. De mon point de vue, c’est à la fois lui faire trop d’honneur (T et N , me semble-t-il, ne revendiquent rien d’autre que de faire du drôle et du Feelgood) et (pardonne-moi) se fâcher un petit pour rien (je veux dire: se fâcher politiquement). « Le sens de la fête  » documente deux trois faits qui paraissent un peu incontestables voire un peu représentatifs:
        – Les petits patrons ont tendance à bosser dur.
        – Ils sont souvent proches de leurs employés.
        – Financièrement les petites boîtes peinent beaucoup plus que les grosses, fiscalement favorisées. (Fiscalement et d’autres adverbes aussi, j’écris vite).
        Ce n’est pas bien méchant, ne montons pas sur nos grands chevaux…
        La critique que je fais au « Sens de la fête  » c’est plutôt ça :
        1. Bacri est grand. La première scène par exemple, celle où on le voit s’énerver contre des clients puis tenter maladroitement et lamentablement de faire machine arrière, est non seulement hilarante mais parfaitement originale, ou inédite (ça ressemble à rien).
        2. La naissance d’une relation amoureuse entre deux personnages est telephonée, peu crédible, par trop simpliste (le simplisme est toujours l’écueil de ces cinéastes).
        Pour les 3, 4 etc on verra un autre jour.
        Et quand bien même le film porterait inconsciemment un discours politique pas trop méchant sur les petits entrepreneurs, quand bien même il reconduirait, sans la penser, une vision attendrie du petit patron, je ne verrais pas qu’il faille s’en émouvoir.
        Je pense qu’en 2023 nous avons d’autres chats – que les petits patrons – à fouetter.

        • #26460 Répondre
          Ostros
          Invité

          Jeanne,
          J’ai l’expérience des PME et à ces deux item :
          – Les petits patrons ont tendance à bosser dur.
          – Ils sont souvent proches de leurs employés.
          C’est faux.
          On ne peut pas être « proche » de quelqu’un qui t’utilise à moins d’être aveugle au rapport de force. Mais crois moi qu’il se rappelle à toi assez rapidement en cas de nécessités propres à la bonne croissance de la société.
          J’ai eu des patrons et des patronnes qui se pensaient « sympa » et même parfois se croyaient axés social et féministes mais c’était encore plus insupportable tellement tous les jours avaient leur lot de condescendances, d’écrasement, de mensonges.

          • #26461 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Ostros, je vais dire une chose simple: ils sont proches géographiquement. Matériellement, donc.
            Moi aussi j’en connais.
            Proche ne signifie pas frère ni même ni copain ni allié.

            • #26462 Répondre
              Ostros
              Invité

              Non plus.
              Mes deux dernières patronnes vivaient dans le 16e. Leurs salariées en banlieue (manutentionnaires dans le 93, infirmières dans un appartement ou pavillon à crédit dans le 91, 95 ou le 77, ou dans des zones pas agréables avec insécurités.
              Leur quotidien matériel n’avait pas à voir avec le nôtre.

              • #26464 Répondre
                Ostros
                Invité

                Et puis quand bien même elles habitaient en banlieue elles aussi, leur niveau de vie est tellement différent. Elles gagnent x fois plus que nous. Et surtout elles nous dirigent. En tant que mères elles se prenaient toutes les vacances scolaires et comme elles avaient des commerciales, des directrices et directeurs de services et des assistantes pour gérer leurs rdv pro elles venaient tard le matin et partaient tôt dans l’après-midi parfois prenaient leur journée, leur matinée entière ou leur après-midi pour honorer un rdv perso. Se versaient toutes les primes car salariées de leur boîtes. Ainsi que tous les tickets resto alors qu’elles étaient absentes très souvent.

                • #26468 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  Ces patronnes là effectivement n’étaient pas des bonnes personnes mais des ordures. Un chat est un chat. J’espère que ce n’est plus qu’un mauvais souvenir pour toi Ostros

            • #26463 Répondre
              Claire N
              Invité

              Peut-être qu’ils n’ont juste pas les moyens matériels pour opprimer plus ; quand mon fils me raconte le comportement du patron du garage
              J’ai juste l’impression de voir quelqu’un qui a pas les moyens d’élever des poulets en batterie et qui fait avec son terrain un mini élevage en plein air , où matériellement il doit lâcher du lest sur les allées et venues ou le choix de la musique où tolérer un mec n’immunisa de promiscuité entre les employés
              Si les repas sont pris ensemble c’est peut-être parce qu’il y a pas de cantine….

            • #26466 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Jeanne tu dis « ils sont souvent proches de leurs employés » puis Non je voulais dire « géographiquement »
              Lorsqu’on entend qu’un patron est  » proche » de ses employés personne n’entend, jamais, proche géographiquement
              Pas grave du tout

            • #26467 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Jeanne tu dis « ils sont souvent proches de leurs employés » puis Non je voulais dire « géographiquement »
              Lorsqu’on entend qu’un patron est  » proche » de ses employés personne n’entend, jamais, proche géographiquement
              Pas grave du tout
              Ce petit point clarifié, à propos des  » petits patrons » peut-on généraliser? Il faudrait leur demander. C’est toujours tellement facile de juger. Je ne m’y risque. J’entends des témoignages et je peux dire à la rigueur: oui ceux là où celles là sont des salopards. Ceux là celles là des bonnes personnes. La violence est partout. La bonté aussi

            • #26471 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je prends quant à moi très au sérieux la politique de TN, précisément parce qu’elle opère sous l’écrin du « feelgood », et qu’elle passe encore pour centre-gauche, alors qu’elle est beaucoup plus agressive, et strictement libérale-autoritaire. Sur ce sujet le dernier ne laisse plus aucun doute, qui témoigne d’une hargne contre la militance de gauche.
              Si je suis d’humeur vendredi je parlerai aussi de leur racisme, dont j’ai déjà touché un mot dans la GO sur En thérapie.

              • #26502 Répondre
                Jeanne
                Invité

                Merci pour vos posts.
                (Là je ne peux pas répondre).

                • #26504 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Sur les « petits patrons » que notre rage marxiste devrait épargner, quelques repères :
                  – Ruffin avait évoqué que la défense du « petit patron » plus petit que patron s’originait dans un viei l’argument de défense du bon curé de village contre les grands cadres du clergé.
                  -nous voulons bien admettre que nombre de petits patrons sont objectivement en situation de prolétaires, n’ayant au fond plus aucune autonomie. Le problème c’est qu’ils ne se vivent pas comme tels (voir Notre joie sur l’auto-fable des « indépendants », et en grande majorité votent pour les mêmes candidats que les grands patrons, et contre le mouvement ouvrier. Il y a même un vote RN extrêmement significatif du petit patronat
                  -si le patron trouve qu’il bosse trop, il n’a qu’à trouver un boulot où il bosse moins. Ce qui suppose de se défaire des valeurs mérite et travail chevillées au petit commerçant, que glorifie Jablonka dans son livre sur Goldman, et que je moque dans mon texte sur ledit livre.

                  • #26507 Répondre
                    Xavier
                    Invité

                    J’ajoute sur le Sens de la fête (que j’ai aimé malgré tout, j’ai bien ri) qu’il passe en contrebande cette saloperie que les intérêts du patron et du salarié serait nécessairement alignés, double nécessité au sens de ce qui est et de ce qui doit être. Le salarié dilettante ne serait qu’un fainéant égoïste, un adolescent revêche à mener sur la bonne voie de l’effort, il y a tout un recoupement entre Bacri-patron et Bacri-papa-ronchon-d’une-grande-famille-de-gamin.es-indisciplinés. Ce qui est aligné avec la manière dont se vivent la plupart des patrons. Sauf erreur, il n’y a pas une seule scène qui tempère ce discours, par exemple où l’on verrait la conséquence familiale pour une salariée de bosser des nuits de weekend pour des mariages.

      • #26458 Répondre
        Claire N
        Invité

        Pas vu , mais si le navrant provient de la récolte d’un gros navet il peut être intéressant de s’intéresser au terrain qui l’a fait pousser et à quelle sauce il est accommodé ? C’est l’occasion d’exercer ton goût ; ton flair
        Je trouve que cette démarche m’apporte de l’autonomie

        • #26459 Répondre
          Claire N
          Invité

          Parce qu’un chasseur. Sachant chasser sait chasser sans son chien

    • #26484 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Le visionnage de Killers of the Flower Moon m’a donné envie de voir des westerns, bien qu’il n’en soit pas un. Ainsi je me suis régalé de My Darling Clementine de Ford hier soir (ou La Poursuite infernale en VF, on aurait difficilement pu trouver titre plus a coté de la plaque). Lui aussi inspiré d’une histoire vraie, bien que moins rigoureux dans les faits visiblement, mais qui montre tout autant la grande violence des relations humaines à l’époque dans l’Ouest américain. Il est affaire de vengeance, de tromperie, de vol. Chaque personnage ayant son lot de traits sombres. Les femmes sont relégués au second plan, c’est plutôt les relations entre hommes qui interessent Ford ici. Et je dois admettre qu’il se dégage une certaine humanité malgré la violence, particulièrement entre Wyatt Earp et Doc Holliday. Les plans en N&B des nuages sont parmi les plus beaux que j’ai vu.

      • #26485 Répondre
        Tony
        Invité

        Je crois bien que François a écrit un texte sur ce film, à confirmer.

      • #26489 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Pas très rigoureux dans les faits et pourtant Ford a toujours raconté qu’il avait assez bien connu Wyatt Earp, et que ce dernier lui avait raconté en détail le fameux gunfight de OK Corral. Il semble que les grands noms de l’Ouest aient été les premiers à créer leur propre mythologie, bien avant que le cinéma vienne s’en emparer.

        • #26492 Répondre
          Tony
          Invité

          Salut Seldoon,tu l’as vu le monde après nous?

          • #26497 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Hello Tony, oui je me le suis découpé en plusieurs déjeuners, je l’ai fini à midi, je ne vous ai pas encore lu à ce sujet, je rergarde tout ça demain.

            • #26498 Répondre
              Tony
              Invité

              Ok merci, j’attends ton expertise sur le cadre, les mouvements de caméra et le reste.

        • #26494 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          Oui les (legeres) libertés qu’il a prise (d’après wikipedia, j’ai pas vérifié plus loin) sont là pour mieux raconter l’histoire de son film.

    • #26550 Répondre
      Cyril
      Invité

      « Ali Baddou : qu’est-ce que ça veut dire d’être cinéaste aujourd’hui ?
      Eric Toledano : Ben… ça veut dire d’essayer de saisir une réalité. Essayer de la traduire.
      Baddou : Mais au cinéma tout est faux !
      Eric : Bah oui mais il y a une phrase que j’aime beaucoup, de Picasso, qui dit « l’art est un mensonge qui dit la vérité. »

      Petit instant bégaudien au milieu des banalités de l’entretien. L’apologie du mérite républicain par Baddiou en début d’entretien est particulièrement lamentable.
      Youtube : « Hors Normes » d’Eric Toledano et Olivier Nakache sélectionné à Cannes: »on vit ça comme une surprise »

      • #26554 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Le microciné est reporté.

        Etrange protestation de vérité venant de gens dont l’art consiste en permanence à la masquer. Et par exemple à masquer les autistes. Plus précisément à les casquer.

    • #26610 Répondre
      Théodore
      Invité

      Un film qui montre qu’il suffit de croire en soi et de s’affirmer, même si on est différent des autres…

      • #26612 Répondre
        Ostros
        Invité

        Et surtout ne pas parler. Laisser parler la dame.
        Etre beau, se laisser prendre en charge par une bourge, être gentil et danseur.
        C’est émouvant.
        P.s : le motif de la bourgeoise veuve qui prend en charge un sdf, un migrant ou les deux c’est très apprécié des scénaristes et des prods, je remarque.
        Quoi qu’il y a aussi eu un film avec un gros reac (Poelvoorde) qui prend en charge un indien différent mais très gentil.

    • #26617 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu la Chimère, je ne sais pas trop quoi en dire si ce n’est qu’il m’a beaucoup plu. Je comprends les réserves émises çà et là mais je ne les partage pas car j’ai été emballé tout du long. Ou plutôt ses imperfections n’ont pas entaché mon plaisir car je me sens bien dans ce film. J’ai craint une certaine lourdeur sur le deuil de l’amie disparue – toujours un sujet casse-gueule – mais j’ai trouvé que AR s’en sortait bien, qu’elle dosait correctement la chose même s’il est vrai qu’on peut se demander si cet aspect (à la fois central et absent de la narration) était indispensable.
      Tous les acteurs sont justes. J’aime la gueule de l’anglais, sa démarche, son sourire quand il feint la maladie au moment de se débarrasser d’un paysan gênant ; j’aime cette bande, pleine de vitalité mais aussi inquiétante et au final partie prenante d’un système de prédation, de captation violemment capitaliste. J’aime cette dynamique, cette dialectique entre la pulsion de vie, de jouissance de la bande et l’élan beaucoup plus mortifère de l’Anglais. AR propose plein de choses pour rendre ses scènes intéressantes : caméra qui se renverse, adresse à la caméra, changement de format, mélange des genres et des registres. L’oeil est constamment sollicité sans non plus être abruti par du pur stimulus visuel.
      Cela donne une belle densité à la mise en scène et des plans souvent très beaux. Je vois le film comme une « joyeuse fête du regard » pour reprendre une expression qui a déjà utilisée ici par François je crois à propos d’un autre film.

      • #26701 Répondre
        Pope
        Invité

        Oui, j’ai senti comme toi. Et mes réserves tiennent plus au fait que quelque chose m’échappe. C’est pour ça que j’appelais François à la rescousse. J’aurais aimé y voir plus clair…
        Mais pour l’heure, je pars en campagne avec l’homme qui n’a pas de prénom et qui vous savez.

        • #26703 Répondre
          Charles
          Invité

          Il y a sans doute des choses qui m’échappent à moi aussi mais ça ne m’a pas dérangé. Je trouve même le film assez accessible. C’est un grand film populaire en fait, très ambitieux formellement mais aussi très ouvert, très divertissant.

          • #26705 Répondre
            Pope
            Invité

            Et rien ne t’a un peu agacé ? comme ce fil rouge cousu du fil blanc, j’ai pas pu m’empêcher de trouver ça un peu ridicule.

            • #26711 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Suis moins enthousiaste que toi.
              Evidemment la chair de ce film devrait me paire, a tout pour me plaire : prolo-catho-Italie-matière-crasse-cabane, combo gagnant. Et oui je commence toujours pas me sentir très bien dans les films de AR. Sauf que précisément le film n’arrête pas de faire l’article de ce combo. Dans tous les plans je sens une monstration. Tout plan est double: ce qui est et la désignation de ce qui est Pas seulement le conte mais aussi le conteur. Pas seulement la caméra mais un « regarde moi ça ». Toute chose qui apparait est immédiatement frappé de sens, ou plutot frappé de son intention, et parfois même explicitement (on aura tout dit en notant que la femme du film s’appelle Italia) Et alors ce truc a priori très charnel, très incarné, devient complètement idéel. Je ne vois plus que des idées partout? Je ne vois plus que des intentions qui en général se contentent d’elles-mêmes (c’est fou comme elle sous-explore ce qu’elle dispose, et souvent le coupe tot). Ces personnages sont des idées sur pattes. D’ailleurs il est bien entendu que ces gens n’existent plus, voire n’ont jamais existé même dans les années 70. Nous sommes nulle part, nous sommes dans un conte, dans une chanson italienne. Nous sommes dans un monde totalement façonné par Rohrwacher en fonction de ses reveries, reveries qui m’intéressent un peu mais 1 sont strictement les mêmes de film en film et ça commence à, me lasser (les Etrusques étaient déjà au coeur des Merveilles) 2 sont quand meme aussi schématiques qu’un conte ou que la chanson finale.
              Tout ca est au fond très infantile – AR voudrait enfantin comme les Evangiles mais je dis infantile. Je crois que si ces films étaient des livres ils seraient des ivres pour enfants. Ou peut etre du théatre de rue pour enfants. Avec ce que ça comporte de charmant et de limité.

              • #26713 Répondre
                Pope
                Invité

                C’est ce que j’exprimais dans mon tout premier post. Je me suis senti coincé entre matières et idées. J’avais envie de rester dans la terre mais le film s’évertuait à me hisser, par ses métaphores pénibles.

    • #26631 Répondre
      Cyril
      Invité

      François, tu dis dans l’entretien avec A gauche qu’une chose qui t’a indigné dans Hors normes, c’est ce parallèle entre handicap social des jeunes de cité et handicap « réel » des autistes. Est-ce que tu pourrais développer là-dessus ?
      Je me questionne parce que bien qu’ayant remarqué ce parallèle, il ne m’a pas suscité d’indignation sur le moment. Je dois avoir des conceptions républicaines encore trop ancrées en moi.
      Je devine que ce parallèle vient heurter ta sensibilité anarchiste. Ces jeunes n’ont pas de « manque » en eux-mêmes, c’est la société qui les assigne à cette position de manquants. Alors que des associatifs viennent suppléer l’État dans sa police en pensant faire le bien est chagrinant.
      Mais je ne prêterais pas sur ce point à Toledano/Nakache de mauvaises intentions de droite (ou alors tout non-anarchiste est de droite). Il y a peut-être même une générosité un peu naïve. Ils s’imaginent certainement que des jeunes « intégrés » auront une vie plus épanouie. Des républicains de gauche comme Mélenchon ou Barbara Stiegler ne rejetteraient probablement pas comme toi ce parallèle.

    • #26639 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      1 un entretien encore – plutot que le fragment de Boniments sur Hors normes, beaucoup plus clair
      2 il m’étonnerait fort que j’ai prononcé le mot « indignation » dans cet entretien. Toi les mots tu t’en fous, moi ça m’importe, car les mots sont des choses. Je n’aime pas l’indignation. J’ai essayé de dire pourquoi, à partir de Nietzsche, dans Notre joie.
      3 ces choses étant dites, tu poses une bonne question. Tu parles de l’intention de TN. Leur intention est sans doute très bonne. Ou plutot ces deux là sont absolument persuadés d’oeuvrer au bien. Au bien des autistes, des jeunes des quartiers, de la société en général. Et d’ailleurs oui avec ce genre de projets la société gagnerait. Elle serait plus harmonieuse, plus ordonnée. Oui TN songent au bien de la société, et pour eux une société bonne est une société ordonnée. Et ce sont là effectivement les deux piliers d’une pensée « républicaine » au sens contemporain du terme : 1 penser depuis la société 2 établir une équivalence entre bien de la société et ordre de la société.
      Le démocrate intégral, c’est à dire l’individu de gauche, oppose à ce double programme deux choses. 1 il ne pense pas depuis la société mais depuis les individus. 2 il pense que l’exercice de la politique n’est pas de stabiliser l’ordre mais de le déstabiliser, à l’infini.
      Il est probable en effet que de ce point de vue Melenchon et bien des gens dits de gauche appartiennent à « l’arc républicain ». Qui serait l’arc de la police, et auquel il ne resterait plus grand monde pour opposer la politique. Je le disais de mes parents dans Deux singes : sous couvert d’etre des communistes c’était avant tout des extreme-républicains. On comprend mieux Roussel sous ce jour.
      4 Une figure revient tout le temps chez TN, et notamment dans Hors Normes, et qui dit tout, c’est celle du sermon. Sermon d’un individu responsable, dépositaire de la règle, à des individus mal éduqués. Visiblement ces scènes, qui cristallisent une sorte de scène-type libérale autoritaire, ne t’ont pas gêné, te faisant rester sur une vision cool de TN. Si elles ne t’ont pas gêné c’est sans doute en effet que persistent en toi des affects autoritaires. On comprend peut etre alors mieux ta réaction à l’envers lorsque j’ai invité chacun à repérer en lui des micro-affects autoritaires : tu t’es senti visé.

      • #26681 Répondre
        Cyril
        Invité

        Les mots m’importent mais tu sais je fais mon possible pour atteindre la justesse mais c’est pas facile. T’es un peu comme le prof de violon qui râle à chaque fausse note.
        Sinon merci c’était intéressant.

        • #26688 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Prof à part (ça c’est la comparaison obsessionnelle dans laquelle tu as choisi de t’envaser), oui ça me fait exactement le même effet qu’une fausse note. Ca me casse les oreilles.
          Mais de me mettre dans la bouche un mot repoussoir, là c’est carrément tout le concert qui devient inaudible.

          • #26694 Répondre
            Cyril
            Invité

            Tu penses tout savoir de moi mais tu ne me connais pas. C’est toi qui est extrêmement réducteur puisque tume réduis a un pauvre idéaliste incapable de sentir. Mais je sais mieux que toi que je peux être sensible au style puisque j’ai été souvent ému par un style.
            Tu dis que le rôle de la critique est de nous donner à voir des choses comme on ne les aurais pas vu avant. C’est exactement ce que m’ont produit tes propos sur Hors normes et tu trouves encore le moyen de me reprocher (ou d’ironiser, ou de faire me culpabiliser de… je te laisse choisir l’expression la plus juste) de ne pas l’avoir senti comme toi avant.
            Je me demande si tu ne tombes pas toi-même dans un travers théorique en découpant de manière binaire le monde entre des êtres qui ne seraient mus que par des idées, et d’autres, affectifs, sensibles. Pour quelqu’un qui aime la multiplicité, tu classes beaucoup… Tu t’es très rapidement fait une « idée » de moi, à laquelle tu m’as réduit. Le danger idéaliste te guette !

            • #26698 Répondre
              Claire N
              Invité

              « Tu penses tout savoir de moi mais tu ne me connais pas » ça ne me semble pas juste ; parfois j’ai l’impression que tu sembles vouloir réduire et circonscrire François dans des chemins déjà tracés par toi ,je trouve normal qu’il s’en défende ; je vivrai assez mal cette assignation à résidence ; ce que tu énonce plus haut

              • #26725 Répondre
                Cyril
                Invité

                Comment t’appelles un écrivain, qui passe sa journée à manier des mots et qui va chipoter sur les mots qu’utilisent les autres, pas assez justes, pas assez précis à son goût. Ça s’appelle un prof de littérature. Je n’y peux rien.

                • #26730 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Non – par exemple la c’est tout pourrit le personnage que tu me fait lire et je crois bien que t’y peux quelque chose ; même la description d’une amibe est plus complexe

            • #26716 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je ne sais et ne commente de toi que ce que tu dis ici.
              Bien des choses que tu as dites ici témoignent d’une incapacité à saisir le pli que le mot littérature désigne. J’ai souvent dit précisément en quoi tu t’égarais, chaque fois tu n’as su que répondre que je te faisais une leçon, et manifesté le syndrome de la tourette qui te fait prononcer le mot prof comme d’autres disent fils de pute.
              Il ne tient qu’à toi de ne pas persister dans cette surdité volontaire au point que bornée
              A moins qu’il ne tienne pas qu’à toi.

              • #26723 Répondre
                Cyril
                Invité

                « témoignent d’une incapacité… »
                Merci pour le diagbostiaue, docteur. Pour changer.
                Je maintiens tout ce que j’ai dit. Tu nies ma capacité à sentir des choses, ma nature d’être sensible. Quoi de plus violent ? Prof à côté c’est de la rigolade.
                Je répète que tu n’en sais rien, que tu te trompes, je suis une boîte noire pour toi, et ta prétention à savoir ce qui s’y passe avec tes petits diagnostiques est ridicule et le signe d’une appréhension réduite du réel. Tu as la théorie mais pas encore la pratique.

                • #26724 Répondre
                  Cyril
                  Invité

                  Enfin, pour être plus juste, c’est le médium forum qui te fait tomber à côté de la plaque. Parce que devant un film tu es plus convaincant.
                  Je ne sais pas comment tu peux être aussi sûr de toi quand tu n’as pas affaire à une personne en chair et en os. Tu juges sur quelque chose d’assez desincarné, des mots sur un forum.

                  • #26746 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Je rectifie : tu as un vrai gros problème avec le mot.
                    J’écris : « incapacité à saisir le pli que le mot littérature désigne. »
                    Tu écris :  » Tu nies ma capacité à sentir des choses, ma nature d’être sensible »
                    Un vrai gros problème avec l’écrit.
                    Le docteur ne sait plus quoi faire pour toi.
                    Peut-être le réécrire, comme un ophtalmo remontrerait une ligne de lettres à déchiffrer :
                    Je ne sais et ne commente de toi que ce que tu dis ici. Bien des choses que tu as dites ici témoignent d’une incapacité à saisir le pli que le mot littérature désigne.

                    • #26762 Répondre
                      Cyril
                      Invité

                      « Ainsi tu parles toujours très théoriquement des affects, avec du Spino et du Lordon plein la tête, mais des cas affectifs précis ça ne t’intéresse pas. D’où ton incapacité à VOIR ce qui se joue concrètement, à fleur de vie, dans Hors normes. Voir par ailleurs. »
                      Tu peux utiliser tous les subterfuges rhétoriques que tu veux, c’est ce que tu dis de moi.
                      J’aurais une incapacité à voir ce qui se joue concrètement, à fleur de vie.
                      Alors que je dis avoir été souvent ému par un style, ma parole ne compte pas, le docteur déclare que je suis incapable de saisir le pli que le mot littérature désigne.
                      Et de continuer à me faire passer pour un décérébré qui ne comprend même pas les mots.
                      Quand est-ce que tu m’envoies à l’asile ?

                      • #26767 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Rien à faire, le mal persiste.
                        J’écris: « D’où ton incapacité à VOIR ce qui se joue concrètement, à fleur de vie, dans Hors normes »
                        Tu écris : « J’aurais une incapacité à voir ce qui se joue concrètement, à fleur de vie. »
                        Le mal résidant sans doute aussi dans ton incapacité à comprendre le gouffre de sens qu’il y a entre ces deux phrases.

                    • #26763 Répondre
                      Cyril
                      Invité

                      Puisqu’on a le docteur, l’ophtalmo, convoquons le psychiatre !
                      « La personne qui est victime du pervers narcissique :

                      ressent de la culpabilité ;
                      se sent dévalorisée ;
                      reçoit de nombreuses critiques ;
                      ne se sent plus elle-même ;
                      sent qu’elle doit faire attention à tout ce qu’elle dit et fait pour ne pas contrarier l’autre. »

                      • #26851 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Cyril, je suggère :
                        – que tu fasses un stage où tu examinerais comment ça se passe avec les gens jaloux, possessifs, violents et dominants, et après tu reviens nous dire si tu valides encore ton post sur « pervers narcissique » ;
                        – que tu nous racontes ton bref parcours de prof, ce qui t’a déplu, ce qui t’a décidé à quitter, comment tu t’y es pris pour quitter, ce dont tu ne t’es pas remis ; ça m’intéresserait et d’autres aussi sûrement. Si tu l’as déjà raconté ici, je suis passée à côté, dans ce cas, désolée, je comprendrais que tu n’aies pas envie de te répéter.

                      • #27009 Répondre
                        Cyril
                        Invité

                        Mais si je voulais jouer au petit jeu de Bégaudeau, je te dirais que tu as une incapacité à voir que je ne l’ai pas qualifié de pervers narcissique. En effet, je n’ai fait que le suggérer.
                        En fait, de manière assez subtile il repère ce qui touche chez l’autre et appuie appuie (voir ses trois derniers posts). Méthode assez discrète qui permet de ne pas trop attirer l’attention.
                        Mais comme je n’aime pas essentialiser les gens, je dirais qu’il se situe sur un spectre entre le casse-couille et le pervers narcissique.
                        En ce qui concerne mon histoire, pour aller vite, j’ai été prof stagiaire de musique au collège, j’ai eu des mauvais rapports avec les encadrants, INSPE et tuteurs, par refus de me plier à certains attendus absurdes et chronophages, je sechais la fac, je ne remplissais pas le cahier de texte etc. Et de la promo j’étais le plus avancé musicalement, les élèves m’aimaient bien, mais ça ils s’en fichaient. J’ai subi des rappels à l’ordre, de menaces de retenues sur salaire et pendant les vacances d’avril j’ai fait une grosse régression sur mon agoraphobie, crises d’angoisse etc. J’ai été en arrêt jusqu’à la fin du stage.

          • #26695 Répondre
            Cyril
            Invité

            Je pense que quand on a été prof pendant 10 ans après avoir premier de la classe pendant x ans, élève de prépa etc. ça laisse des marques dans la complexion affective.
            J’ai été prof pendant 7 mois, j’ai bien senti que des transformations étaient entrain de s’opérer. J’ai arrêté à temps ! Parce que mon corps s’est refusé (je ne m’en fait pas un mérite, et je ne suis toujours pas remis)…

      • #26682 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je ne le suis pas senti visé, j’ai juste une intuition due à ma lecture de Foucault.
        Dailleurs ici c’est moi qui m’étonne de ne pas avoir perçu ce que tu as perçu, qui en fait l’analyse, et qui l’expose devant vous. Alors on verra mieux comme personne qui se sent visée et reste cloîtré dans ses principes.

        • #26750 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Cyril, tu as été prof et a arrêté ? Tu nous racontes ?

    • #26693 Répondre
      Doug
      Invité

      Bonjour à tous !

      Petite bouteille à la mer, je cherche à découvrir les films de Nikolaus Geyrhalter, notamment Matter Out of Place (Exogène) son avant-dernier qui se consacre aux déchets et aux éboueurs qui les trouvent, traitent et acheminent dans différents espaces. En vérité si quelqu’un a des pistes je serais heureux de pouvoir voir ses précédents, la plupart des bandes-annonces et extraits de son travail font très envie… Et pourraient intéresser d’autres sitistes ?

      • #26720 Répondre
        Graindorge
        Invité

        « Petite bouteille à la mer… » Ça m’a fait sourire. Pas en plastique j’espère ta petite bouteille à la mer!
        Merci Doug. Angoissant mais bien utile de voir nos déchets

    • #26710 Répondre
      Malice
      Invité

      Au sujet de « Tar », évoqué dans la gêne occasionnée: le réalisateur est Todd Field et il a réalisé ce film, que j’ai déjà vu trois fois

      • #26715 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Donc tu le recommandes?

        • #26721 Répondre
          Malice
          Invité

          Toutafait
          (Même si « Tar » m’a paru encore meilleur)
          Le personnage masculin principal m’a fait parfois penser Emmanuel – surtout une scène récurrente où il regarde des adolescents s’amuser sur leur skate. J’ai pensé au passage d’Un enlèvement où le père voit des garçons jouer sur la plage.
          Soit dit en passant, la bande-annonce se concentre sur l’intrigue amoureuse et n’évoque pas du tout un arc très intéressant du film, celle qui contemple la « réinsertion » d’un pédocriminel dans le quartier où se déroule l’histoire.

      • #26733 Répondre
        Edouard Delors
        Invité

        90% des réalisateurs américains s’appellent Todd c’est pas possible.

    • #26732 Répondre
      Nicolas
      Invité

      On est en live avec François jusque 22h !! :))

      https://www.twitch.tv/revue_tsounami

      • #26807 Répondre
        Tony
        Invité

        Merci pour cette soirée vécue par procuration,juste une remarque sur L’agence que j’ai courageusement regardé après leur passage sur Quotidien, c’est vraiment fascinant ce qu’on y voit,des transactions immobilières à plusieurs millions d’euros sans que le prix ne soit jamais discuté avec dans cet épisode 2 sociotypes très intéressants,un couple de dentistes et leurs enfants visitant 2 maisons de ville avec piscine, à Bordeaux,et valant près de 3 millions d’euros et,sur Paris,un créateur de start up,genre ingénieur froid et impénétrable,qui achète sans sourciller et sans gaité de coeur particulière un appart à 12 millions d’euros avec vue sur les Tuileries, très étonnant tout ça…Sur le concept de l’émission on est bien sur de la téléréalité commerciale où l’on passe d’un repas en famille chez les agents aux visites faites avec les clients et c’est win win comme on dit,Netflix leur apporte de la visibilité et une audience mondiale sur des biens à vendre qui peuvent attirer des investisseurs internationaux et récupère peut-être ou certainement un pourcentage sur les ventes…
        Pour finir une anecdote entendue sur Chabrol,on l’interroge sur l’importance des scènes de repas dans ses films et il répond :
        ‘Mais si mes personnages ne mangent pas ils meurent!’

      • #26811 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Excellent! Cela dit François tu ne t’es pas proprement justifié quant à cette bévue, cette bavure, de n’avoir pas mis le RAZ dans ton top 5 Gêne 2023. Cela sera retenu contre toi aux portes du paradis.

        Très amusant de voir évoqué Staircase aussi. Je me suis toujours senti seul en en parlant. J’ai vu ça gamin et j’en suis resté traumatisé

        • #26813 Répondre
          Tony
          Invité

          Staircase moi aussi ça m’a frappé surtout que le gars il ressemble un peu à Woody Allen, tellement sympa et pourtant on arrive à douter,on se dit que l’hypothèse criminelle est possible,probable, impossible on est sans arrêt dans ce grand écart c’est très fort.

          • #26916 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Descendant les escaliers bitumeux et menaçants des gares RATP, j’y pense encore

        • #27089 Répondre
          Nicolas
          Invité

          Merci pour vos retours, on a essayé de ne pas trop se couper la parole et être quand même un peu intéressants, on a fait comme on a pu..!

          La série en question est-elle bien celle-ci (https://fr.wikipedia.org/wiki/Soup%C3%A7ons_(mini-s%C3%A9rie,_2004) ? Si oui, il y a eu de nouveaux épisodes des années après et un remake de fiction… les true crime en plusieurs saisons, ça me dépasse oh là là… en revanche, vous m’avez bien donné envie de la regarder cette série !

          • #27117 Répondre
            Tony
            Invité

            Oui il s’agit bien de cette série dont je n’ai vu que la première saison,celle de 2004,j’avais raté les nouveaux épisodes qui avaient été diffusés,en leur temps,par canal plus et là je viens de me rendre compte que Netflix les diffuse,donc je vais à nouveau replonger…

    • #26747 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Salut !

      Avez-vous vu le dernier Wim Wenders? qu’en avez-vous pensé? Je me suis endormi vers la fin du film (comme la moitié de la salle) et je me demande si le film est pas calibré pour

      • #26749 Répondre
        AxisBoldAsLove
        Invité

        Ce qui me questionne est : Est-ce que le film montre que la vie d’un travailleur prolétaire est suffisamment bonne pour ne pas se plaindre? Et donc exit les rapports de classe?

        • #26815 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Du coup évite surtout l’avis ceux qui aiment les deux, tu seras bien emmerdé pour choisir (En soi, proportionnellement, je connais mieux Transformers que Wenders, m’enfin bon). Je donne aussi des avis cuisine et présidentielles 2027 pour aider les indécis

      • #26758 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Intéressé par les avis aussi. J’hésite à y aller, Wenders m’a conquis sur deux de ses films mais celui là ne me tente pas a priori. J’aimerais voir Alice dans les Villes aussi

        • #26779 Répondre
          Billy
          Invité

          N’y va pas c’est horrible.
          A priori ça a l’air intéressant : la vie d’un homme qui nettoie les toilettes publiques à Tokyo, sa routine solitaire. Et l’opération du film consiste à essayer d’enjoliver ce quotidien, de le réhausser avec de la nostalgie cool (Lou Reed, Patti Smith, cassettes magnétiques dans l’auto-radio et photo argentique des feuilles des arbres) et des habitudes charmantes (sa camionnette carré japonaise où il a plein de petits tiroirs et de petites brosses différentes, la taille du bonsaï). Ce besoin de rehausser m’a semblé crade, révélatrice d’un mépris pour ce personnage. Un personnage qui est plus une figure. Le cinéaste estime que cette vie doit être embellie par du pittoresque, du Lou Reed sur des jolis plans de Tokyo, et peut-on avoir confiance en un homme qui écoute Lou Reed ?
          L’expérience prouve que non

          • #26784 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je n’aurais certes aucune confiance dans un homme qui aime Wenders.
            Mais un grande confiance dans un homme qui tient Transformers pour un grand album de rock. Genre au hasard moi.

            • #26786 Répondre
              AxisBoldAsLove
              Invité

              Qu’est ce qui te parait aussi mauvais chez Wenders?

              • #26830 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Tout. Mais j’avoue que je n’ai rien vu depuis longtemps, à part son film sur Pina Bausch qui était pas mal, grace à Pina Bausch

                • #26835 Répondre
                  Isd
                  Invité

                  C’était chouette quand même Paris, Texas… Du moins la première moitié avec cet homme amnésique revenu du désert. Ainsi que le face à face final entre le père et la mère dans le peep show.

                  • #26836 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Les deux meilleures parties

                    • #27129 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Dès la sortie ça m’avait semblé bien poseur, bien empesé
                      Surtout c’était du cinéma à sens, du cinéma qui avait des trucs à dire, la philosophie suintait de tous les plans. Et ce n’est pas du tout ce que je cherchais dans le cinéma. J’avais assez de l’hypokhâgne.
                      Puis Les ailes du désir (rien que le titre) allaient pousser notre désaccord à un degré irréconciliable.

                      • #27139 Répondre
                        AxisBoldAsLove
                        Invité

                        C’est marrant je n’en ai pas le même souvenir. Peut-être parce que je suis pas un grand connaisseur en philosophie. J’ai au contraire le souvenir de moments extrêmement simples : Deux hommes dans une voiture dont l’un ne parle pas, un père et son fils qui cherchent la mère dans un parking, une femme dans un Peep-show etc… Tout un tas de scènes concrètes qui n’ont pas activé une machine à faire sens chez moi, peut-être à tord.

                      • #27140 Répondre
                        AxisBoldAsLove
                        Invité

                        tort*

                      • #27157 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Il n’y a parfois rien de plus bavard qu’un silence.

                      • #27159 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Oh un faux François Bégaudeau.
                        Dans trois jours un faux père Noël je parie.
                        Qu’est-ce qu’on rigole.

                      • #27150 Répondre
                        Daniel
                        Invité

                        Je vous verrais bien, François, en parler dans un podcast ciné de la filmo Wenders. Pourquoi pas chez Microciné.? Je crois l’avoir entendu dire tout le bien qu’il pensait de ce cinéaste. Juste une suggestion.

                      • #27156 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        ça impliquerait que je revoie et voie ses films, c’est beaucoup me demander

      • #26770 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Le postulat me faisait très envie. Qu’est-ce qui t’a endormi pendant ce film ?

        • #26777 Répondre
          AxisBoldAsLove
          Invité

          Et bien il y a un côté extrêmement calme et répétitif dans le film. Les sons, la musique sont très doux (les bruits de la route également sont ronronnant, très doux). J’associe la répétition à quelque chose de l’ordre du rassurant. Ce qui fait qu’au bout d’un moment, je me suis assoupi ce qui n’était pas si déplaisant que ça.

          C’était aussi vendredi soir et j’avais bien mangé avant. Mais bon le fait de voir que je ne sois pas le seul à piquer du nez m’a questionné.

    • #26748 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salut François, par chance aurais-tu écris un texte sur Amour, de Haneke, et par double chance serais-tu disposé à le partager ?
      (je vois aussi une critique du film dans le Transfuge no. 61, si quelqu’un.e pourrait partager ?)

      • #26831 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        pour ma part je ne l’ai pas sous la main

      • #26919 Répondre
        Mélanie
        Invité

        sur le site de ma médiathèque j’y ai accès par un truc qui s’appelle Cafeyn
        si tu n’as pas je peux faire des copies d’écran mais ce sera pas super lisible

    • #26771 Répondre
      Henry
      Invité

      Bonjour, qqn sait où on peut voir Désordres de Schäublin? Je n’arrive pas à me le procurer.

      • #26775 Répondre
        Claire N
        Invité

        Il est en vente / location sur les mutins de pange

      • #26859 Répondre
        Pope
        Invité

        Pour les délinquants culturels, le film est disponible en téléchargement illégal sur Zone téléchargement.

    • #26773 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      La communauté va te dire ça. Je pense que c’est trouvable.
      Si tu me donnes un mail je te file le vimeo de son premier, qui est presque aussi fort.

      • #26792 Répondre
        Benoît
        Invité

        Il est aussi présent sur le dvd de Désordres distribué par shellac, il est sorti cette semaine je crois.

        • #26798 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Bonne nouvelle!!! 2 films en un! même si grâce à un.e sitiste j’ai eu le privilège de voir Ceux qui vont bien mais je le reverrai bien volontiers. ¡Muchas gracias!

      • #26793 Répondre
        Benoît
        Invité

        Et je viens de l’ouvrir à l’instant et je vois que François tu as écrit dans le livret haha

        • #27138 Répondre
          Ostros
          Invité

          Qu’est-il écrit Benoît, stp ? (Sous réserve de l’accord de François sur la diffusion du texte)

      • #26847 Répondre
        Henry
        Invité

        Ah oui je veux bien stp !
        elioduf@gmail.com

    • #26883 Répondre
      Seb karlier
      Invité
      • #26918 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Avis aux parisiens qui traînent ici, Désordres est encore en salle au Saint-André des Arts, le 21 et le 26, à des horaires certes pas extrêmement pratiques pour ceux qui bossent loin

        • #27081 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Étonnant film. L’horlogerie comme mouvement réel du communisme. Je ne sais pas si c’était intentionnel, mais que ça le soit ou non, c’est assez beau. Rarement vu autant de figurants en action dans des plans fixes aussi (à part peut être dans Playtime pour ma part, mais comme je suis très loin d’avoir tout vu…). Je ne l’aurais sans doute jamais vu sans le Gêne et ce forum

    • #27013 Répondre
      Henry
      Invité

      Merci François pour le film et Claire et Benoit pour les infos !

    • #27166 Répondre
      martin
      Invité

      Personne ne va ici à l’enregistrement du masque et la plume ? Rebecca Manzoni ne t’a appelé François ? Apparemment seuls Camille Nevers et Eric Neuhoff quittent l’émission. J’aimais bien Camille Nevers et l’humour beauf d’Eric Neuhoff va me manquer.

      • #27178 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Une nuance importante, d’après mes informations : Neuhoff part de lui-même, Nevers est conviée à ne plus revenir.
        Elle intuite que c’est pour ses positions féministes, j’intuite plutot que c’est pour son tempérament : une intellectuelle, comme ils disent. Avec la sécheresse afférente. Rebecca, elle, veut des gens sympas. Parce que Rebecca est sympa. Rebecca a inventé la bourgeoisie cool. Rebecca lancera un Masque sur les séries.

        • #27192 Répondre
          deleatur
          Invité

          J’hésite encore : en finir avec le Masque ou pas. Si c’est pour continuer à se taper Xavier Leherpeur (aka Bob l’éponge) et Pierre Murat (aka rien), ce sera sans moi. J’avais même fini par apprécier les analyses de Ciment, qui au moins continuait à parler de cinéma — mais son retour n’est pas prévu ! Camille Nevers, et avant elle Sophie Avont, Jean-Marc Lalanne gardent mon entière sympathie.
          La simple idée d’un Masque sur les séries me désole, à la hauteur du succès que cela aura. Quand je vois la nullité de l’émission « Le Cercle série », quand j’ai le malheur de zapper dessus, ça me fout la gerbe à chaque fois !

          • #27209 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Merci pour le rire sur aka rien
            C’est tellement injuste. Et tellement juste.

            Rebecca prévoit aussi un Masque musique, car Rebecca aime la musique.
            Rebecca voudrait aussi donner davantage la parole au public, car Rebecca aime les gens.

          • #27250 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Sophie Avon, tu es bien indulgent

            • #27252 Répondre
              Charles
              Invité

              Idem, Avon était du genre à aimer toutes les merdes à la mode et rejeter tous les films un peu exigeants.

              • #27253 Répondre
                deleatur
                Invité

                Je ne me suis jamais dit ça en l’écoutant. Elle avait peut-être une approche différente des films, plus thématique, avec une sensibilité et un nuancier peut-être plus psychanalytique ou psychologique, mais cela ne me dérangeait pas. Ses critiques m’importaient plus que bien d’autres.
                Quant à être exigeant avec les films faciles ou exigeants, je ne me suis jamais fié qu’à un seul goût : le mien. C’est facile de dire ça, mais c’est la seule chose qui a jamais compté quand j’écoute le Masque cinéma.
                J’étais plus poreux aux critiques de livres et le Masque a été beaucoup plus prescripteur pour moi, même si je n’en avais pas besoin pour aller vers des auteurs Minuit, Verticale ou POL.
                Les seuls Masques qui me laissaient indifférents étaient ceux consacrés au théâtre, pas simplement parce que c’était de l’entresoi parigot tête de veau : c’est juste que je n’ai jamais eu de corps pour le théâtre.

    • #27211 Répondre
      martin
      Invité

      Je savais pas pour le public. J’espérais justement qu’ils arrêtent avec les interventions du public qui sont rarement pertinentes. J’aime bien Ariane Allard dans les critiques cinéma. J’espère qu’elle continue.

      • #27232 Répondre
        deleatur
        Invité

        Le public du Masque est un public qui a du goût et je trouve que c’est presque toujours intéressant à écouter — et cela traverse toute la palette des goûts, du mauvais goût au goûtu, du dégoûtant au goulu, de l’arrière-goût à l’avant-goût.

    • #27212 Répondre
      martin
      Invité

      Je suis content sinon que la plupart des critiques littéraires restent. Je trouve que l’humour fait souvent mouche avec eux même si je trouve curieuse leur propension à parler en termes de scènes comme s’il s’agissait de films ou de séries.

      • #27233 Répondre
        deleatur
        Invité

        J’aime bien Arnaud Viviant et Michel Crépu.
        Merci d’attirer mon (notre) attention sur le tropisme de la scène. J’approuve.

    • #27223 Répondre
      Charles
      Invité

      Je recommande le film chilien Les colons, implacable sur le génocide indien en Amérique du sud et sur le mensonge de tout récit national. On peut certes lui reprocher une certaine univocité, voire une lourdeur démonstrative, quelques afféteries de mise en scène notamment dans sa première partie ultraviolente, mais c’est à voir, rien que pour sa charge anticapitaliste frontale et sa seconde partie, moins violente pas moins glaçante.

      • #27224 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Le film passe dans quelle ciné Charles? J’ai ma meilleure amie d’origine peruvienne qui est à Paris en ce moment. Je lui file l’info

        • #27230 Répondre
          Charles
          Invité

          Montparnasse-les Halles-Odeon dans des UGC, Mk2 et salles indépendantes comme le Sept Parnassiens.

          • #27231 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Merci Charles! Joyeux Noël!

      • #27242 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        On compte bien le voir. On aurait du se dispenser de Past lives, ce serait déjà fait.

        • #27248 Répondre
          Charles
          Invité

          Rien ne t’oblige à te faire du mal pendant les fêtes François.

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