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  • Ce sujet contient 1,343 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Quentin, le il y a 1 semaine et 6 jours.
Vous lisez 197 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #147015 Répondre
      Tony
      Invité

      Nouvelle page pour enfin oublier Pascal Praud,
      Intéressant Dumont, grand cinéaste et drôle de bonhomme,

    • #147022 Répondre
      Ostros
      Invité

      Bonne idée
      Je remets les sorties de la rentrée :
      12 août – Soudain de Hamaguchi
      19 août – Fjord de Mungiu (sur conseil d’un sitiste)
      26 août – L’inconnue de Harari
      23 septembre – Les roches rouges de Dumont
      30 septembre – Notre salut de Marre
      14 octobre – Minotaure de Zviaguintsev (real de Leviathan. 2015), a suggéré Antonin
      Route algéricaine de RAZ devrait aussi sortir à la rentrée
      Toujours pas de date pour Journal d’une femme de chambre de Jude
      Et on avait dit Serra en 2027
      Ainsi que le Ostlund

      • #147105 Répondre
        Ostros
        Invité

        Pour 2027 – j’anticipe
        Fonda le nouveau Triet
        Fatale de Lanthimos : « Une jeune veuve dissimule son identité pour devenir tueuse à gages ».
        Et finalement le nouveau de Rabah, malgré l’avant première au FIDMarseille (du 07 au 12 juillet)
        J’ai rien qui concernerait un prochain film chez Glazer ou chez Schaublin ou Frammartino (ce dernier ayant un rythme d’à peu près un long tous les 10 ans par là)

    • #147070 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Je me permets de rajouter une avant première.
      Christian Mungiu va entreprendre d’ici fin 2026 un remake de la série des 7ème compagnie.
      Il tournera en France et comme acteurs il a déjà choisi Gilles Lelouch dans le rôle du chef, auparavant Pierre Mondy, puis François Civil, Arnaud Ducret, Vincent Dedienne, Thomas N’Gigol… Blanche Gardin y jouera un personnage récurent de collabo, de film en film et Florence Foresti la compagne de Gilles Lelouch.
      Ce n’est plus vraiment une avant-première, depuis quelques jours. Voici un extrait du paragraphe rajouté sur sa page Wikipedia.
      PROJETS FUTUR
      J’avais vraiment besoin de me divertir (c’est Mungiu qui parle), j’ai pris un peu de vacances mais c’est surtout l’envie de faire un cinéma plus divertissant, plus populaire dans le sens de plus grand public, ce qui n’empêchera nullement de travailler la mise en scène.
      Dans ma jeunesse, j’ai tellement ri avec la série des 7ème compagnie, jusque l’extase avec au clair de lune, que quand j’ai suggéré de reprendre la série à mon producteur, il n’a eu aucun doute et m’a de suite suggéré de contacter Radu Jude pour m’accompagner au scénario. J’ai trouvé l’idée excellente, j’ai contacté Radu qui a trouvé l’idée excellente. Nous avons de suite tous les trois pensés à inclure des personnages roumains et même faire un épisode en Roumanie. C’est comme ça que tout a commencé. Qu’une grande aventure commence…
      .
      Projet à suivre.
      Ainsi suggérait Belkekett…

    • #147084 Répondre
      Stéphanie
      Invité


      Lucreca Martel sur PDH

      • #157328 Répondre
        Urdanivia
        Invité

        Super, je n’ai plus vu de film d’elle depuis « La mujer sin cabeza »(j’ai raté Zama)…

    • #147148 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Revenant de Cannes je peux confirmer que Mauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année, si ce n’est le meilleur film tout court.
      Sinon, mes préférences vont sans surprise aux films des auteurs attendus : Hamaguchi, Marre, Cavalier, Radu Jude.
      Les enflammades critiques dont il faut se méfier : La Bola Negra, Minotaure, La vie d’une femme et dans une certaine mesure La Gradiva.
      Beaucoup de ces films sont repris à Paris, ne les loupez pas.

      • #147150 Répondre
        Charles
        Invité

        Tout est déjà complet ou presque depuis une semaine malheureusement.
        La Gravida c’est pas si bien?

        • #147154 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Pas autant que l’annoncent certains, mais assez admirable pour un premier long.

          • #147173 Répondre
            Fatigue
            Invité

            Mauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année. Pffffff

      • #147214 Répondre
        stephanie
        Invité

        Toni Erdmann, je rajouterai Double Freedom de L. Alonso.
        Acid :Virages et Promised Spaces sont très bons aussi, on en parlera ici je pense.

      • #147241 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je sors de Minotaure et L’Inconnue. La médiocrité de Minotaure est parfaite. Heureusement que la dernière demi heure a quelques idées drôles. Vincent Lindon jouera dans le remake français. L’Inconnue est une auto-adaptation assez décevante, il y a un refus catégorique d’avoir une quelconque interaction entre les personnages – la quasi intégralité des dialogues de la BD sont évacués et ça va tellement loin dans l’évitement que j’ai eu du mal à savoir qui jouait la mère du protagoniste alors que je connaissais l’histoire –, j’ai vite déchanté après l’ouverture que je trouve réussie. On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. Pris par morceaux, il y a des idées formelles qui ont maintenu mon attention.

        • #147243 Répondre
          MooM
          Invité

          « On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. » Je me suis dit la même chose et tu viens renforcer mon idée que Harari aime davantage le fétichisme à l’artisanat. Bon après, je ne suis pas une adepte de son cinéma que je trouve faussement profond et très prétentieux.

      • #148370 Répondre
        Dwl
        Invité

        Très déçu par le Hamaguchi. Il fantasme complètement. La forme aseptisée, douce et aconflictuelle ne va pas du tout avec ce qu’il filme et, en plus, fait la part belle à la patronne « visionnaire » avec sa méthode révolutionnaire (évidemment bullshit) qui, bien sûr, va sauver le monde, n’en déplaise à l’infirmière de 25 ans d’expérience (connaît mieux le terrain qu’elle 🙂 )

        Marre est très fort. Il confirme, après Rien à foutre, que les deux films ne sont finalement pas si différents. Il filme le N+1 d’Adèle Exarchopoulos et présente une vision beaucoup plus juste d’un dominant que le fantasme de douceur zen qu’est Soudain.

        La Gradiva très bonne surprise. Elle prend son temps sur beaucoup de scènes pour donner naissance aux moments qu’elle filme. Il y a quelque chose de letourneurien, avec moins de trivialité quand même. En tout cas, je n’ai pas le souvenir que quelqu’un ait mieux filmé ce genre de voyage scolaire bravo.

        • #148374 Répondre
          stephanie
          Invité

          je te rejoins totalement pour Notre salut et La Gradiva même si, pour ce dernier, j’ai trouvé la fin un peu trop longue et un poil sentimental ( mais c’est un détail) bien vu la réf Letourneurien .

          • #148375 Répondre
            Dwl
            Invité

            ouai sur la fin j’suis plutôt d’accord c’est pas là que le film est à son meilleur

        • #150053 Répondre
          Homme à la trompette
          Invité

          Hamaguchi, ça a toujours été à la fois lourdingue et aseptisé. J’ai rarement vu un film qui pesait aussi lourd que Drive my car. Et, dans le dernier, le mec dans sa forêt est filmé comme dans une de ces bulles instagram, qui insistent tellement sur le détail et les petites choses que les ailes du papillon deviennent des pattes d’éléphant. Cinéma d’encadreur.

    • #147163 Répondre
      Ostros
      Invité

      Merci d’être venu (Cavalier)
      Déjà 3 dates annoncées pour juin
      .
      jeu., 11 juin
      Reflet Médicis
      20:30
      .
      sam., 13 juin
      mk2 Beaubourg
      14:40
      .
      dim., 14 juin
      Forum des images
      19:00

    • #147170 Répondre
      Shiva
      Invité

      Contre-attaque – Liste noire de Canal + après la tribune «Zapper Bolloré» : le groupe assigné en justice pour discrimination
      .
      La Ligue des droits de l’homme et la CGT spectacle ont annoncé, ce samedi, engager une action en justice à Nanterre face à la volonté affichée par le directeur général de la chaîne de ne plus travailler avec les signataires du texte publié par «Libération».
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/liste-noire-de-canal-apres-la-tribune-zapper-bollore-le-groupe-assigne-en-justice-pour-discrimination-20260523_DX5MWOYV3NDVBEJVT33D6OC3MQ/

      • #147291 Répondre
        MooM
        Invité

        C’est très signifiant de constater à nouveau que cette grande famille agit dès lors qu’elle sent que ces acquis financiers sont menacés.

        • #147297 Répondre
          Tony
          Invité

          On s’est bien marré durant cette quinzaine cannoise avec cette géniale trouvaille de Gilles Lelâche accolé à celui qui interprète Jean Moulin,des fois les réseaux ont du génie,il faut le reconnaître aussi.

          • #147313 Répondre
            MooM
            Invité

            Je ne trouve pas cela marrant dans la mesure où Lellouche est un personnage insignifiant et insipide, Louche ? Même pas, tout est clair chez lui. il n’y a rien à attendre d’un tel personnage qui sévit pour le fric. Je me répète, sa filmo est insignifiante.
            N’est pas Emmanuel Marre qui veut.

            • #147315 Répondre
              Ostros
              Invité

              Moom a un côté cinema qui avait un côté amour-louizz-charivari-blabla, c’est drôle.

            • #147317 Répondre
              Tony
              Invité

              La drôlerie ici ne vient pas des qualités d’acteur de Lellouche mais de l’aveu de la vacuité du projet,on incarne une figure de la résistance en la dépolitisant,en ne gardant que le martyr sans se demander quel rapport on peut en faire avec notre époque où tant de gens se couchent pour conserver leurs biens et leur position dominante,donc oui c’est très vrai qu’il y a de la lâcheté et très drôle qu’on lui fasse jouer Jean Moulin.

              • #147318 Répondre
                MooM
                Invité

                Oui oui Tony, très juste. Cela ne m’a pas échappé.
                Lellouche est un homme d’affaires avant tout.
                Pour qui l’argent n’a pas d’odeur.

                • #147336 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  J’adhère…
                  G. Lellouche était une fois invité, je crois bien que c’était un JT. Autour de la table était aussi V. Lindon. Ils présentaient chacun leur film et Lindon présentait un film qu’on dit engagé, puisque je crois que c’est le film où il prend un migrant sous son aile. Bref Lindon disserte sur son côté engagé et de gauche, puis le présentateur, je crois que c’était Delahousse, se tourne vers Lellouche et lui demande si lui il pourrait clairement s’engager de cette manière ?
                  Pour toute réponse Lellouche dit précisément ceci :
                  Vincent lui il est courageux, très courageux. Nous dans l’ensemble on a tellement peur de s’aliéner une partie de notre public. Fin de citation.
                  Je pense que depuis le temps il n’a pas changé dun poil sa réflexion.

                  • #147342 Répondre
                    MooM
                    Invité

                    C’est marrant ce que tu racontes. Un autre exemple du gabarit. Je crois que c’est chez Carlito, Niney lui fait un canular et lui parle d’oseille, environ 300000euros, pour faire un truc de pub de naze en trottinette, il était prêt à accepter pour pour la thune. Voilà le mec.

              • #147356 Répondre
                Franck
                Invité


                De l’eau au Moulin

                • #147612 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Quand même quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
                  – la politique electorale et non la politique
                  – le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste

                  • #147617 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    On peut noter aussi que ce déjà-là fasciste coexiste avec un déjà-là communiste et que ce dernier se réduira(jusqu’où?)si Mélenchon est battu, évidemment quand on n’est pas concerné par la protection sociale on peut faire dans la radicalité, ça ne coûte rien à celui là et ça le fait paraître plus intelligent que le pauvre militant qui,lui, passe pour un con.

                    • #147618 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      On aurait pu dire tout ça or rien n’en est dit dans ce live. Dans ce live : quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
                      – la politique electorale et non la politique
                      – le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste

                      • #147619 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité, eux oui – et en ont souvent fait preuve jusqu’ici, mais certainement pas dans ce live où quelle étrangeté pour des militants radicaux, etc.

                      • #147621 Répondre
                        MooM
                        Invité

                        Oui Seldoon, c’est juste et donc ? Le constat est peut-être juste suffisant. Parfois, la justification et l’analyse ne mènent pas plus loin que l’état de faits.
                        Pour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité.
                        En ce moment, on a quand même des belles pépites de sottises, voir Zadi qui finalement prétend avoir mal lu la pétition contre Bolloré et Canal.
                        Spectacle affligeant et très surtout peu étonnant.

                      • #147629 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Et donc ? » Bah et donc c’est limitant et dommage, ce recul intellectuel tout comme ce recentrage/cette droitisation de leur analyse.
                        J’ajouterais bien, avec comment s’occuper un dimanche d’election (et à sa façon avec l’âme noire de la démocratie), que cette régression est la conséquence de la surfocalisation sur l’élection présidentielle. Mais je ne l’ajouterai pas car je sens Tony prêt à mordre.

                      • #147638 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Rire non je mords pas t’inquiète,je râle un peu car on a avec les décoloniaux des gens qui sauvent l’honneur des classes populaires,certes je les trouve parfois un peu pénibles, surtout quand ils parlent de cinéma, pour le reste et ce qui nous intéresse ici ils ont,avec cette question, créé une situation intéressante,ils ont fait dérailler une grosse machine,moi j’applaudis.

                      • #147640 Répondre
                        MooM
                        Invité

                        « cette droitisation de leur analyse. » je vois pas trop mais bon.
                        J’applaudis aussi.

                      • #147715 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        S’il n’y a pas morsure, alors je le dis !
                        Je ne suis pas le dernier à défendre les décoloniaux malgré leurs excès et dérives. Mais je commence à dire que je vais vraiment me débrancher de cette bande jusqu’à la fin du second tour.

    • #147289 Répondre
      Shiva
      Invité

      Cinéastes à Gaza – Entretien avec Rashid Masharawi
      .
      Présent actuellement à Cannes où il défend plusieurs œuvres du cinéma palestinien, Rashid Masharawi est un réalisateur et producteur né à Gaza. Il revient ici sur ses propres films autant que sur ceux tournés à Gaza ces derniers mois par des réalisateurs palestiniens qu’il a produits, dans le cadre des projets « From ground zero » et « From ground zero+ ». Dans le cadre du festival, il rendra hommage à Mohammad Bakri, acteur et réalisateur palestinien récemment décédé ; il présentera également son projet de créer une école de cinéma à Gaza, qu’il expose dans cet entretien mené par Vivian Petit.

      Cinéastes à Gaza – Entretien avec Rashid Masharawi

    • #147314 Répondre
      Ostros
      Invité

      Je suis passée à côté de la sortie du nouveau docu de Hassen Ferhani (dans ma tête un rond-point, 143 rue du désert), sorti en 2025.
      C’est un court intitulé STUDIO BAUMETTES. Savez-vous où je peux le voir ?
      .
      Il vient aussi de finir un nouveau long : Alea Jacarandas.
      Apparemment il sera visible au festival visions du réel 2027 (du 9 au 18 avril) qui a lieu à Nyon (Suisse), si jamais vous avez vent d’une sortie en amont, n’hésitez pas à communiquer !

      • #147316 Répondre
        Ostros
        Invité

        Wait : Il aurait gagné un prix à ce festival cette année. bonne nouvelle ! ça veut dire que le film va sortir. Mais quand ? Et où ?

        • #147490 Répondre
          Ostros
          Invité

          Alea Jacarandas sort à la fin de l’année youhou

    • #147337 Répondre
      Riviere
      Invité

      Salut, quelqu’un a vu Hayat svp?
      Vous le recommandez ? Merci et bonne soirée

    • #147379 Répondre
      Shiva
      Invité

      EN IMAGES – Festival de Cannes 2026 : Virginie Efira, Javier Bardem, Swann Arlaud… arrêt sur visages
      Envoyé spécial sur la Croisette, le photographe de «Libé» Julien Mignot revient sur deux semaines intenses à tirer le portrait des festivaliers.
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/en-images-festival-de-cannes-2026-virginie-efira-javier-bardem-swann-arlaud-arret-sur-visages-20260522_QLOUUUUTOVCGPOLW5AZGA3DWJ4/

      • #147413 Répondre
        Four
        Invité

        Toujours intéressant, un étranger qui s’intéresse à la presse française.

    • #147473 Répondre
      Charles
      Invité

      T’as vu l’Inconnue à Cannes, Toni E.?
      K, contrairement à toi je n’ai pas lu la BD et j’ai trouvé le film assez dingue bien qu’imparfait. Schneider n’est pas dans une performance de la maigreur à la Christian Bale, ça prolonge plutôt ce qu’il faisait dans Diamant noir où il était déjà (relativement) méconnaissable. Schneider tel que filmé par des réalisateurs superficiels comme Dolan a une allure d’éphèbe pas très intéressante et qui n’accroche pas vraiment la pellicule au-delà de la surprise initiale de sa beauté. Ici, il ressemble à une sorte de Vincent Gallo cheap, étrange et inquiétant (surtout au début), qui permet de mettre en valeur ce qui intéresse manifestement Harari chez lui, à savoir son regard perdu, à moitié fou.
      C’est un beau film fantastique, d’un fantastique littéraire, du côté de l’inquiétante étrangeté, de Kafka et Poe plutôt que de que Carpenter. C’est un film d’ambiance, d’atmosphère (mais pas que), profondément déprimant et inconfortable, long mais nécessairement long. Le film part dans beaucoup de directions mais ne se perd jamais. Même quand il prend une bifurcation, il arrive à en faire une super scène – cf celle avec une autre victime de body swap et son frère où une tension de thriller s’installe en quelques plans.
      Il est très riche et généreux de ce point de vue-là, on n’est pas dans une fable de série B à la It follows ni à l’inverse dans un film de genre étiré à la the Substance. Cela a été dit un peu partout, le film est fragile, parfois bancal, peut-être un peu trop théorique par endroits mais il essaie tellement de choses, il est tellement incarné par moments (y compris par Radu Jude!). Il part de motifs cinéphiles et de références assez visibles (une femme blonde mystérieuse qu’on suit, Vertigo etc.) mais il va tellement loin qu’il ne ressemble en définitive qu’à lui-même, dans une sorte de long cauchemar dont on ne sort presque jamais, à l’exception d’un épilogue assez dispensable avec notamment deux derniers plans qui ne sont pas du tout au niveau du reste.

      • #147477 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je ne sais pas si j’aurais été autant frustré sans avoir lu la BD, mais Harari a vraiment pris le parti pris de faire les scènes en coupant les dialogues. Sauf que ça réduit les personnages ici et donne des moments où l’on a l’impression que les acteurs ont oublié leur dialogue. Le passage au café avec la femme dont on ignore qu’elle est l’ex de David, parce que l’information a également disparue, m’a étonné. Ça n’aurait vraiment rien coûté de la faire parler. Il y a une coupe majeure avec la mère, j’imagine qu’il a pensé que c’était trop explicatif, on a donc dans le film une visite sans réel enjeu dramatique. La fin est symptomatique, c’est une invention du film – les derniers plans une manière très, très cryptique d’évoquer la dernière très belle case de la BD.
        Ce qui est bien traduit de la BD au film, c’est la place importante donnée aux espaces urbains dans le cadre. Le film rajoute d’ailleurs une couche à ce sujet.

        • #147480 Répondre
          Charles
          Invité

          Tu recommandes donc la BD?
          Pour les derniers plans, attention je spoile, j’y ai vraiment un truc très banal de faire des enfants pour prolonger une partie de soi.

          • #147522 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Oui, je recommande la BD, surtout si tu as aimé le film.
            (Tu me diras pour la fin de la BD, j’y ai vu une manière justement de montrer encore plus d’éloignement à soi, une dimension supplémentaire d’éloignement. Ça arrive beaucoup plus rapidement que dans le film et à travers une photo.)

      • #147547 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Oui Charles, j’ai vu L’Inconnue et je te rejoins assez. Je ne m’attendais pas à ce que l’un des grands atouts du film soit précisément son versant thriller, presque hitchcockien. Il y a un plaisir de la narration : celui de suivre cette étrange enquête avec des bifurcations réussies, dans une ambiance fantistico-dépressive.
        Mais c’est justement ce côté trop dépressif qui me sort un peu du film aussi. Certaines longues scènes de personnages plongés dans la pénombre de l’appartement, affalés sur un canapé ou se mouvant avec lenteur, finissent par me peser un peu.
        Après, je comprends aussi pourquoi Harari fait durer cela. Le concept même du film autorise des plans très simples sur les acteurs, parce que le spectateur travaille constamment : on voit quelqu’un tout en imaginant quelqu’un d’autre. Ce va-et-vient permanent rend chaque visage et chaque plan fascinants.
        Et puis Harari fait quand même des choix très étranges, et je ne sais pas encore si je les mets au crédit ou au discrédit du film. Notamment le fait de confier à Radu Jude, cinéaste allergique aux grandes scènes sérieuses et dramatiques, une scène quasiment injouable (spoiler) : celle où un père est interpellé par un homme qui se fait passer pour sa fille disparue.

        • #147578 Répondre
          Charles
          Invité

          Scène injouable mais dont se sort très bien Jude, à une réplique près (« quoi, qu’est-ce que vous dites? » avec une intonation forcée de téléfilm ou de série type Plus belle la vie), car le fait qu’il ait un accent à couper au couteau le restreint dans une interprétation qui pourrait autrement virer dans le mélo. Mais les meilleurs plans de lui sont quand il est silencieux, l’air abattu sans en faire trop. Il arrive à être très émouvant par sa seule présence de père rondouillard déboussolé qui essaie de donner le changer tant bien que mal. Idem quand il est isolé et perché dans sa cabine de grue.
          Je ne sais pas si je dirais que sa force est son versant thriller même si je vois bien ce que tu veux dire car j’aime beaucoup que le film freine des quatre fers voire se détourne du genre, avec ses explications et ses personnages mystérieux qui révèlent le fond de l’intrigue. Il y a cette scène géniale que j’ai évoquée plus haut mais elle est forte car elle garde le meilleur du genre, à savoir la tension, le suspense et ne s’embarrasse de ce qui plombe en général ce type de films (les dialogues nuls par exemple, les rebondissements bidons, les personnages archétypaux etc.).

          • #147622 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            C’est anecdotique mais la présence de Jude m’a gêné dans le sens où c’est une famille maghrébine dans la BD, particularité qui est donc évincé par le film. Je sais qu’Harari l’a fait pour caster un cinéaste ami – et ce n’est pas fondamental dans l’œuvre originale non plus – sauf que ça rajoute une couche au « race swap » du cinéma français.
            Le côté dépressif que tu mentionnes Toni est présent dans la BD, c’est ce vers quoi on plonge parce que toutes les pistes sont avortées, mais c’est allégé par le fait que nos colocataires de fortune échangent davantage.
            Il faut dire que Seydoux est à la hauteur du challenge. J’ai critiqué la scène du café parce que je trouve absurde de la garder sans que les personnages se parlent vraiment, mais ça réussit presque à passer entièrement par son visage.

    • #147524 Répondre
      Finot
      Invité

      Tout autre ton,
      ai vu un documentaire délicat, d’Anne Lorrière, « De la poussière dans les yeux ».
      Certes, en raison de la position du Sénat, l’ADMD met le film en avant, mais c’est plus que cela, et le personnage de la mère est chouette (visible en fin de bande-annonce). Quelques dates disséminées.

      Désolé, pour le doublon, si vous en avez déjà parlé.

    • #147545 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      J’ai vu 3 films de Balagov
      Tesnota, Une grande fille et Butterfly Jam.
      Il y a qqchose qui ne prend pas sur moi mais je ne serai dire quoi exactement.
      Même si je trouve ses films très réussis d’un point de vue esthétique, du format, les personnages ne m’enporte pas tant qu’ils devraient..
      Qu’en pensez vous ?

    • #147610 Répondre
      Charlie
      Invité

      Bonjour,
      Parmi les films vus à Cannes qui valent le coup d’œil selon moi :
      – Fjord, celui-là tout le monde va aller le voir j’imagine.
      – La Gradiva, très réussi.
      – Gentle Monster, étonnamment très peu commenté, c’est un de ses films qui nous interroge constamment sur nos certitudes de nos spectateur.rices et nous oblige à réanalyser ce qu’on a vu.
      – Notre salut, très drôle, The Office à Vichy, un peu long peut-être.
      – Teenage Sex at Camp Miasma, très marrant si on aime ce genre de cinéma, très pop et référencé. Ambiance A24 et Mubi.
      – Quelques mots d’amour, très réussi, pour moi il réussit là où le Toledano-Nakache rate dans la restitution d’une époque et de ses enjeux.
      – La Bola Negra, beaucoup de très belles choses mais des longueurs
      – Paper Tiger, James Gray reste au top même si l’époque de la Nuit nous appartient est révolue.

    • #147957 Répondre
      Tony
      Invité

      Est-ce que quelqu’un a vu Obsession réalisé par un jeune venu de youtube et dont tout le monde parle, ça vaut le coup ou pas?

      • #147958 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Non (que VF) mais il y eu tentation.

      • #148052 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Pas vu, il y a moyen que je tente sans immense espoir cette semaine, mais tout comme Jordan Peele : je conseille une plongée dans ses sketchs.

    • #148047 Répondre
      Martin
      Invité

      Je compte pas voir histoires parallèles mais je serais curieux de savoir comment le 13 novembre s’insère dans le récit. Quelqu’un qui l’a vu peut me dire ?

      • #148048 Répondre
        Charles
        Invité

        Ça n’a rien à voir avec le 13 novembre il me semble.

    • #148055 Répondre
      Martin
      Invité

      Ah bon j’ai vu passer plusieurs articles anglophones et français (tf1 info et figaro) qui disaient que le film abordait le sujet. Il y a même un article anglophone qui relaie une déclaration de Vincent cassel qui disait qu’il jouait un flic de la BRI https://www.worldofreel.com/blog/2025/5/11/1lxjlji1iie8ljuehzl26t741ot66n j’imaginais qu’il trollait complètement

      • #148056 Répondre
        Charles
        Invité

        Ces articles remontent à un an, Niney a démenti depuis.

    • #148102 Répondre
      Ostros
      Invité

      Sait-on jamais, si quelqu’un ici n’a pas encore vu Entre les murs
      le film sera diffusé dimanche 7 juin à 21h00
      sur la chaîne parlementaire (LCP)

      • #148135 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        petite rentrée d’argent en perspective
        merci la télé
        merci la pulsion de répétition

        • #148160 Répondre
          stephanie
          Invité

          peut on parler de ruissellement ?

    • #148176 Répondre
      tristan
      Invité

      Non, cela ne profite qu’à lui.

      • #148200 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ah?
        et comment en es tu si sûr?
        tu connais sans doute mes a-valoir pour Du mépris

        • #148376 Répondre
          tristan
          Invité

          Tu expliqueras clairement si ce que j’avance est erroné.

    • #148213 Répondre
      Charles
      Invité

      Vu l’épisode TVB sur Salvadori-Sorogoyen-Farhadi. Pas d’accord sur la première analyse de l’être aimé comme symptôme de la prédominance de l’écriture scénaristique car Sorogoyen fait à mon sens l’inverse de la série. Il est tout d’abord relativement courant que les films méta, les films qui racontent des tournages, ne se limitent pas à des récits de tournage mais y entremêlent des intrigues ou des lignes narratives sur la vie personnelle des artistes, leur vie en dehors du plateau et qui rejaillit sur le plateau (de la nuit américaine à sex is comedy en passant par mia madre). Je ne vois donc pas de spécificité d’écriture sérielle dans le fait de raconter l’histoire d’un tournage et d’un rapport père (cinéaste)-fille (actrice). Par ailleurs, cette situation, ce noeud est exposé dès la première scène, le film repose uniquement là-dessus. J’irai même plus loin en disant que le film est particulièrement concentré sur cette situation et cherche (au contraire des séries) à éviter les sous-intrigues, les digressions. Il n’y a d’ailleurs pas de rebondissement à proprement parler, pas de retournement de situation. On pourrait éventuellement reprocher au film d’être trop focalisé sur ce rapport père-fille et regretter l’absence de véritables personnages secondaires, tous les autres personnages étant ultra secondaires, y compris Foïs qui a trois petites scènes. On imagine très bien quel miel scénaristique on aurait pu faire avec le postulat initial. D’ailleurs, François regrette la place de la mère dans le récit mais celle-ci est invisible et n’a que peu d’importance dans les scènes mêmes, ce n’est pas du tout du parasitage scénaristique tel qu’on peut voir dans les séries. Sorogoyen faisait également l’inverse de la plupart des séries dans Los anos nuevos, puisqu’il resserrait là aussi son récit en limitant le nombre de personnages secondaires, de sous-intrigues, en multipliant les scènes longues, souvent en plan-séquence etc.
      Je suis d’accord avec l’énumération des qualités du film, l’ayant aimé, ce qui m’a fait penser à la réserve idiote mais d’époque d’Ariane Allard au Masque et la plume qui trouvait que le film était ambivalent (au discrédit du film!) car Bardem était trop beau, trop charismatique. Encore heureux que le film est ambivalent, sinon il n’y a pas de film.
      Je suis aussi d’accord, mais en étant beaucoup moins sévère, qu’on ne sait pas trop ce que vaut Sorogoyen en tant que cinéaste, qu’il fonctionne beaucoup à l’épate (avec souvent pas mal d’afféteries comme les changements de format ici, les passages en noir et blanc) mais je trouve que ça marche quand même très souvent, notamment dans la première scène, très bien dialoguée (notamment dans sa précision, j’adore la mention de Kill bill 2!). Oui elle est chargée mais justement cette condensation donne une tension très efficace et lance parfaitement le film, elle évite justement de faire 4 ou 5 scènes laborieuses pour nous emmener sur le plateau. Pour le coup, Bardem donne l’impression d’être un ogre, le film n’aurait pas pu tenir en continuant sur le même rythme (Samir a donc raison de dire que les autres scènes contredisent cette introduction) mais en nous faisant très clairement ressentir cette violence sous-jacente, elle donne le ton mais nous induit un peu en erreur car après les scènes viennent la nuancer.
      Oui Sorogoyen, avec son épouse co-scénariste, n’a pas d’idées formelles très arrêtées. Mais c’est un putain de faiseur de scènes de tension, voire de suspense (l’ouverture de Madre, la scène de retour de boite dans Madre aussi, les joutes verbales dans le bar dans As bestas, la scène de drogues dans el reino). Y en a dans presque tous ses films (sauf dans Dios nos perdone, son plus mauvais) et peu de cinéastes contemporains ont cette maitrise-là.

      • #148224 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ce qui me rend moins enthousiaste que toi, y compris aux scènes de tension qui sont de fait le fort de Sorogoyen, c’est qu’il y a toujours, même dans celles ci, surtout dans celles ci, une double couche. Je n’ai pas vu Madre, mais sur la scène du café d’As bestas, il y a écrit « attention tension » dans tous les plans. Toujours un poil de surjeu chez les acteurs, toujours un silence très silencieux, toujours une super mouche qui super vole. Ces défauts étant cumulés dans cette première scène de l’Etre aimé, qui a d’abord à dire : attention je fais une putain de première scène
        Ce qui rejoint mes réserves sur sa facture : si Sorogoyen était un cinéaste, s’il avait une idée ferme des moyens de cinéma qu’il emploie, il n’aurait pas à forcer ainsi. Il devrait regarder des Haneke, et voir comment des plans simples, mais pensés , mais cadrés, mais fermes, créent une tension dingue.
        Alors, miracle, il pourrait débrancher ses acteurs – les deux de Los anos nuevos m’ont épuisé, j’ai démissionné à l’épisode 6.

        • #148405 Répondre
          Le mec là
          Invité

          Oui Sorogoyen s’y colle…mais je ne trouve pas que ses effets soient si spectaculaires ou surchargés, la caméra se tient quand même un peu. Je suis partagé sur Los anos nuevos, et suis assez surpris que des gens pas ultra cinéphiles est autant adoré cette série (pas forcément facile d’accès avec cette quasi unité de temps etc…). Je trouve qu’il fait mariner un peu trop longtemps les errements des personnages, comme si leurs failles étaient à la fois trop appuyées (afin de justifier les aller/retour du couple) et un peu bâclées (sur ce qu’on en fait à la fin).
          En terme de série Antidisturbios était pour moi bien meilleur.
          Je m’égare François ou à un moment tu évoques que faire un film en costume est forcément problématique? Je trouve ça un peu fort de café mais je me trompe peut-être.

      • #148227 Répondre
        Alexandre
        Invité

        « les joutes verbales dans le bar dans As bestas »
        C’est vrai que ces scènes m’avaient paru incroyablement plus tendues que dans bon nombre de films qui se veulent horrifiques.

        • #148239 Répondre
          MA
          Invité
          • #148929 Répondre
            Schnoups
            Invité

            Je n’avais pas lu cette critique du Rayon Vert qui fait aussi très très plaisir à lire. Ça ne passe pas si inaperçu que ça finalement. On est bien en phase.

            • #148934 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Oui enfin ils n’y vont pas de main morte avec la métaphore du coq. C’est bien le diable si on a pas compris.

              • #148937 Répondre
                Schnoups
                Invité

                Comme je n’ai pas vu L’être aimé je parle surtout de son point de vue plus général sur le cinéma de Sorogoyen. Et l’anecdote rapporté sur le vilain petit coq me plaît bien.
                Quand au fait de ne pas y aller de main morte, encore une fois, c’est certainement justifié.

      • #148464 Répondre
        Schnoups
        Invité

        Je regarde Madre et je me dis, il a fait de la pub avant, c’est un réalisateur de publicité en fait. Je vois une constante chez ce réalisateur que définitivement je n’aime vraiment pas, c’est très mal écrit, le dialogue entre le fils et la mère détruit la tension qui pourtant montait très bien dans cette fameuse scène d’ouverture (où on voit que décidément, il aime envoyer du lourd d’emblée). On y croit pas à ce petit garçon. Puis les panoramiques lents qui balaient le décor lorsqu’elle s’en va puent le surlignage lourdingue avec la mère restée seule qui entre dans le plan. Je trouvais les scènes d’As Bestas (soit disant sous tension extrême) assez nanardesque – c’est vraiment le mot qui m’étais venue en tête, et là c’est immédiatement mauvais. Le reste est équivalent, les plans en mouvements lents, la musique qui dit les choses pour toi, la lumière du soleil pendant la balade entre femme et ado qui donne le ton, c’est une pub Rip curl ? Quicksilver peut être ? Ah non, après shampooing jolies bouclettes.
        Les scènes en groupe rappellent Los Anos, il sait vraiment pas faire, quand on est chez son mec maraîcher avant qu’il la conduise à son bus, pendant le repas, ils parlent tous en même temps en souriant absorbés, rieurs, waou, on s’y croirait pas du tout. Par contre pour une pub de bonnes pâtes italiennes ce serait parfait. Une fois qu’on a vu ça on ne voit que ça. Ce garçon a bien un style, mais pas celui qu’on préfère.

        • #148473 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          le pire chez lui, c’est la suractivité ds comédiens dans les scènes de discussion de groupe
          dans Los anos nuevos c’est insupportable
          il y a notamment un repas chez les parents qui est infernal : jamais un blanc, tout le monde a toujours un truc à dire, et d’ailleurs en toute transparence (tous parlent comme des scénaristes)
          je me demande s’il n’y a pas là, en effet, une précipitation publicitaire

        • #148481 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Si seulement nos cinémas pouvaient être saturés de nanards de pubards comme Madre alors les villes s’éclabousseraient de bleu. Gardons quand même les proportions, Schnoups. Sorogoyen n’est pas non plus cet enfoiré de danseur de Fernando.
          Tout comme As Bestas, Madre a quelques limites. Et notamment le refus du réalisateur de laisser ouverte toute ambiguité alors même que son cinéma s’y épanoui plutôt pas mal tant que c’est ouvert, justement. Restent des scènes, reste une actrice, restent des partis pris forts. Y compris des partis pris qui sur le papier collent avec ta description (par exemple l’usage systématique du grand angle en steadycam) et qui dans le film, en fait, donnent autre chose. De mon côté pendant tout le visionnage je me suis dit : on dirait le film d’un élève de Franco. Ca ne fait pas un film de Franco, mais est-ce qu’on n’a pas besoin d’un peu plus d’élèves de Franco en ce monde de brutes ?

          • #148498 Répondre
            Schnoups
            Invité

            Eh bien c’est marrant j’ai bien pensé à Franco justement, il doit bien se marrer en regardant ça, parce que Sorogoyen c’est une grosse entourloupe, c’est le Jean-Baptiste Thoret du cinéma espagnol. Il aura déjà été trois fois président du jury à Cannes que François aura même pas terminé de ranger sa bibliothèque.
            Ce n’est pas un défaut de « proportion » Seldoon, je trouve que cette esthétique publicitaire saute aux yeux, dans Madre c’est frappant, je ne vois pas pourquoi je ferais dans la nuance.
            Quelles scènes du coup? En quoi sont-ils forts ces partis pris ? Qu’est ce que ça donne ?

            • #148503 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je pense que ce n’est pas le JB Thoret, c’est le Hitler du cinéma espagnol, pour ne pas dire la Shoah personnifiée, pour ne pas dire 1915 personnifié. Si on n’était pas au masque et la plume, je citerais de mémoire les scènes suivantes : la première, la discussion avec l’ex au resto, le départ en rando avec les jeunes en bagnole, le final en voiture si on passait au large extérieur un peu plus tôt.
              Je citerais aussi tout un paquet de « moment Franco » où en une réplique petit vertige et tout change par surprise… ou au contraire qu’on attendait la réplique de clarification depuis une heure : quand on découvre que le jeune savait qu’elle l’avait suivi, ou qu’il savait pour le fils. Quand enfin le copain explique qu’il comprend tout ce qui se trame. Etc. Ces moments créent ils le retournement à la Franco qui crée un second film entier rétrospectivement à chaque fois ? Non. Mais ils le frolent et c’est déjà plus que pas mal. C’est déjà du cinéma et du bon.
              Le découpage en steadycam grand angle qui a mis un peu de temps à me gagner me demanderait un peu plus de temps. Tu peux déjà remarquer que ce sont des plans aussi précis que longs sans recherche de virtuosité (à part l’ouverture) qui se situent à au croisement de Malick et de Franco – la double hérédité est quand même assez évidente, le fait qu’elle soit (doublement) récupérable par la pub est une chose notable, mais à ne pas inverser non plus.

              • #148504 Répondre
                Seldoon
                Invité

                On n’a pas pensé à Franco par hasard, hein. L’inspiration scénaristique, formelle, thématique est frappante.

                • #148506 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Pas vu Madre. Va falloir que j’y aille.
                  Je compte aussi revoir La guerre des mondes, en vue du prochain TVB
                  Je suis vraiment un bon gars.

                  • #148508 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Cette histoire de divorcé à la dérive qui retrouve le sens du mot père va te toucher profondemment.

                    • #148510 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      La guerre des mondes n’est vraiment pas le pire (il y a même quelques visions assez frappantes), si on arrête le film au bout d’une heure.
                      Son familialisme à tout crin est ce que je déteste le plus chez lui et donnerait presque envie de me ranger du côté des aliens.

                      • #148512 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        d’ailleurs, ça serait quoi le grand film de Spielberg des années 2000? Minority Report?

                      • #148515 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il n’y en a pas de grand. Pour moi, en maniment de caméra et placement des acteurs, c’est à dire en termes de filmage « classic hollywood des années 50 » plus que dépoussieré : Minority Report, Munich et la Guerre des mondes sont son apogée toutes périodes confondues.
                        Ca en fait des films particulièrement ludiques. Même Munich.

                      • #148518 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Munich, je suis d’accord mais il faut passer outre beaucoup de scènes pénibles voire ridicules (notamment la fameuse scène de sexe, la première en 30 ans de carrière!, où le héros repense à l’attaque terroriste), sans parler évidemment du fond.

                      • #148521 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Quelle scène, cette scène de sexe. Je suis sûr que HSS la prend en modèle quand il prépare les siennes.

                      • #148522 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « sans parler évidemment du fond » mais en général avec Steven il vaut mieux ne pas trop en parler.

                      • #148524 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Il y a de très bon moments techniques dans La Guerre des mondes , pour focaliser sur celui-ci, et au premier chef, les apparitions inaugurales des engins qui crèvent le macadam, etc.. Ça, c’est quelque chose. C’est techniquement fort séduisant et bien mis en scène. Est-ce que du cinéma advient à ce moment-là? Oui, au sens où cette mise en scène, corrélée au génie technique, donne à ressentir l’ébahissement d’un badaud qui vivrait cette expérience.
                        Montagne russe appréciative typique de ce qui émane des réalisations du bonhomme, on passe de cette brillance à des effets plus normatifs, enlaidis par les 20 années qui se sont écoulées, comme lorsque les gens courent paniqués en se faisant désintégrés par les rayons. Des caméscopes tombent à terre et on voit ces exactions à travers l’œilleton numérique.
                        Et tout le capital cinéma collecté juste avant sombre dans la laideur.

                      • #148514 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Mais pourquoi personne ne se range jamais du côté de Tim Robbins ???
                        Je redis platement ce que je dis toujours : à part le plan séquence un peu ridicule (et adoré par Kassovitz CQFD) de la voiture et une séquence ou deux qui ont formellement mal vieilli, c’est du Steven au top de sa forme narrative et expressive. Si tu t’ennuies, il suffit de compter les plans « 45 en un » et prendre un plaisir fou à cette économie de moyens (oui, c’est le mot clef de ce blockbuster tout comme « thoret » est le mot clef de Madre).

                      • #148516 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Dans mes souvenirs, le film s’effondre à partir de la scène (beaucoup trop longue) avec Tim Robbins, après ça déroule et les visions d’horreur disparaissent pour laisser place à un blockbuster plus convenu.

                      • #148519 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pour moi ça s’effondre après cette scène. Elle n’atteint pas son potentiel, mais elle reste. Après, on passe à de l’horreur convenue (erreurs/absences de scénario comprises) et on finit en blockbuster convenu. La partie chiante des blockbusters convenus : l’enchainement de « résolutions ». Ca finit même par peser sur le découpage technique et là Steven me perd.

                      • #148534 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je voulais revoir La guerre des mondes parce qu’il est justement considéré comme un de ses meilleurs.
                        Je ne vais quand pas me retaper Pentagon papers
                        Peut etre jetterai je aussi un oeil à son West side – film qui depuis qu’il existe suscite en moi une curiosité de niveau zéro

                      • #148567 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Tu devrais aussi voir ou revoir Rencontre du troisième type dont Disclosure Day semble être l’actualisation et qui peut nous faire voir les invariants et les changements d’approche de l’art de Spielberg, d’ailleurs ce qui étonne en le revoyant aujourd’hui, pour un cinéaste que l’on dit familialiste, c’est la trajectoire du père de famille joué par Richard Dreyfus qui, comme dans The mastermind,abandonne femme et enfants pour rejoindre,ici,la vie extraterrestre,en plus la représentation qu’il en fait est à la fois kitch et sublime,la dernière demi heure,la rencontre, est magnifique.

                  • #148550 Répondre
                    Schnoups
                    Invité

                    Madre est sur France TV.
                    Seldoon, j’ai pensé à Franco parce que langue espagnole et parceque c’est du très très mauvais sous Franco. On pense aux Fille d’Avril en se disant, t’es tellement en dessous mon pauvre Sorogoyen.
                    Il essaie de faire comme, ce qui est quand même un brin pathétique en soi, tout comme son sous sous Chiens de paille est pathétique.
                    Dans ce même élan de goût pour l’esthétique publicitaire il doit avoir un bon calcul commercial instinctif, on va dire. Va pour un remake de Peckinpah sauce écolo style Franco qui envoie du bois, ou va pour le drame ambiguë avec maman/ado sauce Franco bord de plage. Et on pense souvent au dernier de Breillat, mille fois plus intéressant.
                    C’est un bon technicien qui veut faire grand en piquant des choses à des grands mais sans un vrai talent. Il est – à côté, c’est mal pensé, donc mal joué, le conceptuel en terme d’écriture et de réalisation est là un cache misère de ses incapacités. Bien surprenant que ça passe inaperçu. D’où la grosse entourloupe, oui.

                    • #148552 Répondre
                      Le mec là
                      Invité

                      Je le trouve un peu plus nuancé que Simon West quand même.

                      • #148554 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        C’est son problème on dirait. 50 nuances de grands pour un bon technicien qui se cherche.

                    • #148558 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Mouais. Il y a du vrai dans tes réserves, mais c’est porté à un drôle de niveau de virulence pour un réalisateur objectivement intéressant et doué. Je trouve ça dommage – pour toi – de tout jeter pour 3 lourdeurs quand même assez relatives.
                      L’opération centrale du film c’est cette hésitation permanente entre maternité et inceste. Le point amour inconditionnel. Qui ne cesse de créer des situations tendues, dans lesquelles on n’arrive pas à décider de quel côté penche chacun des personnages. Personnages qui eux même ne sont pas au clair là-dessus. On joue tous les rapports possibles dans ce microcosme – jalousie/protection des parents, de la copine, du copain, des amis. La mère passe de mère à grande soeur cool à séductrice d’un bout de scène à l’autre. Le spectateur en permanence scrute les visage, les rapprochements, les attitudes, se demande de quel côté ça va tomber, de quel côté penchent chacun des personnages, ce que sait chaque personnage de la réalité de la tension.
                      Le film a des défauts et des grossieretés. Même dans son opération centrale il n’est pas aussi aboutit que ce que mon paragraphe précédent pourrait laisser entendre. Et croyant aller au bout de sa force s’abime, s’annule presque à la fin. Dans « élève de Franco » il y a aussi « élève ». Par contre je ne sais pas quel chaîne de TV tu regardes, Schnoups. Mais je t’envie ses pubs qui fabriquent un tel spectateur.

                      • #148568 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Bon, je vais passer vite sur « le drôle de niveau de virulence » et le « dommage pour toi », dont on pourrait se passer et qui ne font que refléter la violence avec laquelle tu reçois mes propos. Ce que je comprends puisque « esthétique de publicité » quand on trouve qu’un réalisateur est « objectivement intéressant et doué », c’est compliqué. Argument béton qui me fait sourire parce que ce n’est « objectivement » pas mon avis. Ce que je trouve intéressant par contre c’est le gros décalage entre son cinéma et sa réception.
                        Encore une fois ce n’est que mon avis, évitons de se mettre la rate au court bouillon, je ne te reproche pas l’intérêt que tu portes à Sorogoyen.
                        Tu vois j’ai hésité à poster hier soir après avoir vu Madre, je me suis dit ça va passer pour de la grosse provoc’ et ça va être mal reçu. Et pourtant ce que je partage ici c’est ce qui m’a frappée en regardant Madre, ça m’a véritablement sauté aux yeux, « publicité » me suis-je dit. C’est mon truc ça, tu le sais je pense à force, ce qui me vient en tête je le partage toujours par écrit parce que j’écoute ce qui me vient en tête, je fais confiance à ce qui me vient en tête. J’ai donc été attentive à ça, et contrairement à la connotation de ressentiment qui accompagne ce « drôle de niveau de virulence » ça m’a fait plaisir de voir enfin à qui j’avais affaire. De bien comprendre pourquoi il ne me revient pas depuis le début, de voir que se confirme un cinéma que je sentais fortement comme très bancal, « à côté de la plaque » je disais à propos d’As Bestas, « désincarné » pour Los Anos et As Bestas, catastrophique par moments (les scènes de groupe qui s’accumulent dans Los Anos, la tension qui tombe à plat dans As Bestas). Donc je suis contente d’avoir vu ce film et j’y vais fort parce que c’est Madre que j’ai vu hier soir, j’avais été bien plus sympa avec As Bestas (après première vision). Madre, le fait est qu’en plus, au bout d’1h30 je trouvais même que le film devenait glauque. Chose qu’on ne ressent jamais chez Franco malgré l’accumulation des drames.
                        Voilà, je vais pas répéter ce que j’ai dit dans les post précédents, ça faisait donc beaucoup face à cette réception qui me parait à des lieux de ce que je vois. Tu vois bien que ce n’est pas « 3 lourdeurs assez relatives » que je relève, c’est bien plus.

                      • #148570 Répondre
                        CharolotteauSfeng
                        Invité

                        Chez Daniel y Ana, on frise parfois la glauquitude. Mais comme j’aime Franco, ça passe allègrement. La même sensation chez un mec que je déteste ou dans les violets me coupe l’appétit.

                      • #148571 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je précise : aucune violence ressentie ici, tout va bien. Aucune accroche sentimentale particulière avec Sorogoyen, et j’espère bien que tu souris à « objectivement ».
                        Pour revenir au film, je ne vois pas le côté publicitaire dont tu parles. Ou très à la marge. C’est la gueule de l’ado et ses bouclettes ? Ce sont les rares plans en longue focale qui s’attardent sur son corps ?
                        « Désincarné » : effectivement c’est le risque de son cinéma d’après ce que j’ai vu (trois fois rien / as bestas et madre). Et avec deux acteurs comme le fils, le film aurait été plus désincarné qu’un Challengers. Mais il y a cette actrice pour la mère et une certaine opacité de son personnage, et moi je crois alors regarder un être humain pendant 2 heures.

                      • #148572 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Et par film glauque tu veux dire complaisance dans le glauque ?

                      • #148576 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Complaisance non, je pense qu’il le fait pas exprès si c’est le sens de la question, c’est juste qu’il n’arrive pas à tenir son film. ça lui échappe je pense.
                        Tous ces problèmes que je relève rendent la vision du film plus compliquée pour moi. L’effet de lourdeur que ça entraîne globalement et l’ennui important qui l’accompagne, passé plus d’une heure, avec un sujet et une héroïne pas spécialement joyeux ça devient un peu glauque oui.
                        Je te répondrai sur l’aspect publicitaire quand j’aurais un peu plus de temps.

                      • #148634 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Parfait. En attendant je commence à répondre sur le grand angle, et il y a peut être des ponts. Donc je ne suis en général pas fan du très grand angle. Et évidemment quand tu le mets sur un steadicam tout le long, je me méfie. Or ici c’est systématique. J’ai mis un peu de temps mais une fois ma préférence personnelle ravalée, c’est quoi un grand angle ? C’est ce qui permet de choper plus de choses dans le plan, et de bien marquer des échelles différentes. Donc ici on a en général notre actrice en gros plan et qui prend beaucoup de place. En tout intimité. Et loin, à la fois éloignés et attrapés par le grand angle, l’environnement, les autres personnages. Ça fait des plans, ça fait des cadres. Ça évite le champ contrechamp. Ça permet la durée. Ça permet aussi les recompositions régulières, quand l’actrice s’écarte, s’éloigne. Ou quand au contraire on la suit : tout change.
                        Et étrangement, la caméra est tenue. Retenue malgré le Steadicam, qui se cantonne toujours au minimum de mouvement possible. Alors oui on pense Malick – parce que c’est ce que Malick va chercher aussi, l’intimité du gros plan et la richesse de l’environnement dans le même cadre. Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). Chez Malick aussi le plan ne dure pas et est bien plus mobile. Des films aux grand angle il y en a des tas, mais des films avec ce très grand angle, néanmoins non déformant, légèrement flottant (il y a plus de panoramiques que de travellings) je n’en ai pas en tête.
                        Une fois que j’ai dit ça, il n’y a pas beaucoup de plans du film qui me resteront longtemps en tête : le premier évidemment, le plan où on entend le vrai fils caché/agressé, le plan de la voiture dans le foret à la fin. Mais le cadre m’a intéressé tout le long.
                        Quant au glauque, je ne l’ai pas ressenti du youth alors que j’aurais pu. Je passe à côté grâce à cette histoire d’amour inconditionnel.

                      • #148790 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Alors, le mot publicité ne m’est pas venu tout de suite. D’abord sur la première séquence l’échange entre la mère et son fils ne m’ont pas paru crédibles, la réaction de l’enfant, le dialogue où il parle de cet homme qui s’approche, ce ton qui descend pour souligner le mystère/angoisse, c’est forcé, le gros plan sur la mère qui s’agite et pleure, ça transpire la performance, et je commence à trouver tout ça beaucoup trop appuyé et pouffff le soufflet retombe d’emblée. Le dernier mouvement du long plan sur ce couloir et le contre champ avec la mère qui rentre dans le plan c’est pour moi le grand final d’une chorégraphie bien visible d’un plan séquence de 15 minutes qui veut envoyer du lourd. A partir de là je vois comme un effet de décollement très factice, une couche épaisse qui fausse tout et tout le temps.
                        Par la suite, sur la plage, un groupe d’ado passe devant la caméra et il les filme de dos, sur le dos d’une combinaison je vois Rip Curl, là je me dis, eh eh bon placement de produit, bien visible. C’est monnaie courante au cinéma je sais bien, mais là je me dis que ça lui va bien de placer une pub et je me dis, ah oui, publicité, il a un style de publicitaire en fait. C’est à dire que le steady cam dans un film où tout est trop appuyé, trop forcé, mal joué, c’est la cerise sur le gâteau conceptuel. Quand le steady cam s’en mêle ça précipite cette avalanche de fausseté.
                        Puis sont venus les plans subjectifs quand elle suit l’ado et qu’il retrouve sa famille pour le repas, là carrément ça me fait sourire tellement ce moment famille est surfait, « plans d’une famille heureuse » les gars : expressions adéquates en mouvement, interaction constante. Puis le repas chez le maraicher évoqué dans le premier post a confirmé cette esthétique, j’ai vraiment pensé à une pub de pâtes hein. En fait le tout donne quelque chose de tellement faux que ça donne des plans que je voyais bien insérés dans une pub avec un produit en tête. Par exemple quand elle marche en forêt avec lui, avec cette belle lumière du soleil et ces plans lents proches du sol, qui accompagne ce couple insolite et magique. Tiens, Evian aimerait bien ce genre de plans.
                        Quand on constate qu’en plus il emprunte à droite à gauche bien maladroitement, pour faire comme les grands, ça ressemble à une recette du bon technicien Sorogoyen qui construit son film comme on construit un produit, comme on vend un bon produit. C’est vraiment l’effet que ça me fait. Sorogoyen se prend pour quelqu’un qu’il n’est pas et pense faire vrai quand il fait très très faux. Il pense faire grand quand il ne fait rien. Je me demande pourquoi il a voulu absolument faire du cinéma. Famille dans le cinéma, évidemment.
                        J’ai potassé un peu parce que je ne savais rien de lui, je voulais d’abord voir son âge et sa tronche et j’ai écouté un entretien où il parle de Los Anos. Comme j’ai arrêté au troisième épisode je vois qu’il explique que la fin de sa série se termine, par, je vous le donne en mille, « un long plan séquence » qui montre d’ailleurs vachement que les acteurs sont très très talentueux pour tenir ce long plan et tout et tout qu’il nous dit. Pour lui des acteurs qui tiennent un plan séquence de 15 minutes sont forcément prodigieux, c’est un gage de qualité, touche des grands de faire des longs plans qui rendent les acteurs talentueux, non ?. Il est on ne peut plus dans la démonstration et la surenchère virtuose. Il est exemplairement là dedans. Et ensuite il ajoute qu’il cherche à montrer le réel, c’est son maitre mot dans l’entretien, il dit que des gens qui pendant 10 ans se quittent et se remettent ensemble c’est le réel, c’est comme ça dans la vie. Que les discussions avec ses scénaristes ont donné ce formidable bijou de réel. Moi ces soirées entre jeunes qui jalonnent ses épisodes ne m’ont jamais paru crédibles. Des gens qui passent 10 ans à être ensemble et pas ensemble j’en ai jamais connu.
                         » Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). »
                        Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. D’Une vie cachée j’ai plein de plans en tête moi, contrairement à toi avec Madre, plein de passage et de plans de ce film sont dans ma tête. Et si c’est bien plus radical chez Malick, c’est surtout que Malick a le talent de faire tenir son film et la forme de sa réalisation avec son récit, les lectures des lettres, des scènes, des personnages. Celui qui est désincarné et vautré dans la fausseté sous couvert d’idée techniques et conceptuelles qui ne donnent rien c’est Sorogoyen.

                      • #148792 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. »
                        Parce qu’il peut y avoir un défaut, une limite et pourtant rester fort, mais peut etre que c’est justement notre point de désaccord depuis le début. Or chez Malick, oui, le côté pub pour parfum même dans le superbe une vie cachée est présent, moins que dans sa triologie précédente, plus que dans la balade sauvage, et pour moi bien plus que dans Madre, qui est pourtant on est d’accord un film inférieur. Jusqu’à présent les publicitaires ne s’y sont pas trompés et on plus pompé Malick que Sorogoyen mais dès qu’ils sauront prononcer le nom de ce dernier ça peut s’inverser. Sérieusement je les vois bien s’inspirer du premier plan. Et je peux voir le côté publicitaire dans les rares plans longue focale dont je parlais (pour info : il y en avait beaucoup plus dans le film, ces gros plans sur le corps du garçon, les prods les ont fait virer au grand regret de Sorogoyen). Mais ça reste à la marge pour moi, tout comme le côté placement de produit : je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire.
                        N’ayant pas vu la série (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série) mais uniquement deux de ses films je te rejoins jusqu’à un certain point sur une forme d’artificialité, de cinoche qui croit faire du réel.

                      • #148822 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        « je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire. »
                        Mais je ne dis pas qu’une marque pourrait s’associer à ce genre d’histoire. Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. Je le verrais bien faire des graphiques émotionnels en lignes rouges avec les éléments techniques qui vont les accompagner en bleu dessous, avec la réplique de ouf qui va retourner les choses, climax, événement, retournement de situation, ouverture de l’angle et mouvements façon Malick, absence explicative façon Franco (mais beaucoup de musique, de ton faux, de voix qui t’orientent, de longs plans qui disent fort oulala elle va parler avec son ex, attention les yeux). Je ne dis pas que son film est un produit auquel une marque pourrait s’associer mais qu’il pense et construit son film comme un produit, et que sa fausseté généralisée empruntant au tout venant talentueux ne donne rien, désincarne son récit et dévitalisent ses plans. Le côté très pub de certains de ses plans, exemplairement les plans de repas, ne sont qu’une manifestation très remarquable dans cette absence de style, dans ce naufrage formel et se placeraient bien dans des pubs de pâtes ou de Home vidéo que la petite famille est très très heureuse d’accueillir.
                         » (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série)  »
                        M’enfin Seldoon, je ne juge pas ce cinéaste entier uniquement sur sa série, c’est faux. Sa série et l’entretien dont je parle sont aussi un bon exemple pour compléter le tableau de ce cinéma et la manière de penser de Sorogoyen.

                      • #148826 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        (Pour ta première phrase : je répondais à ta remarque placement de produit et non à la pub, mais laissons tomber c’est annexe.)
                        « Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. »
                        Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-etre même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève.
                        Gide lui-même vient alors à sa rescousse dans De l’influence en littérature qui est une longue défense des imitateurs, des suiveurs, des influencés. Quelques fragments que ce pauvre Rodrigo suivant Terrence et Michel a inspiré à André :
                        ——
                        « Messieurs : TANT MIEUX ! C’est là ce qui permet une École.
                        Une École est composée toujours de quelques rares grands esprits directeurs – et de toute une série d’autres subordonnés, qui forment comme le terrain neutre sur lequel ces quelques grands esprits peuvent s’élever. Nous y reconnaissons d’abord une subordination, une sorte de soumission tacite, inconsciente, à quelques grandes idées que quelques grands esprits proposent, que les esprits moins grands prennent pour Vérités.
                        – Et, s’ils suivent ces grands esprits, peu m’importe ! car ces grands esprits les mèneront plus loin qu’ils n’eussent su aller par eux-mêmes. Nous ne pouvons savoir ce qu’eût été Jordaens sans Rubens. Grâce à Rubens, Jordaens s’est élevé parfois si haut, qu’il semble que mon exemple soit mal choisi et qu’il faille placer Jordaens au contraire parmi les grands esprits directeurs. »
                        ——
                        « Autre chose : souvent une grande idée n’a pas assez d’un seul grand homme pour l’exprimer, pour l’exagérer tout entière; un grand homme n’y suffit pas ; il faut que plusieurs s’y emploient, reprennent cette idée première, la redisent, la réfractent, en fassent valoir une dernière beauté. »
                        ——
                        « Enfin, disons que si toute une suite de grands esprits se dévouent pour exalter une grande idée, il en faut d’autres, qui se dévouent aussi, pour l’exténuer, la compromettre et la détruire. »
                        ——
                        « – Et, comme l’humanité fait et doit faire une consommation effroyable d’idées, il faut être reconnaissant à ceux-ci qui, en épuisant enfin ce qu’une idée avait encore de généreux en elle, en la faisant redevenir IDÉE, de VÉRITÉ qu’elle semblait, la vident enfin de tout suc, et forcent ceux qui viennent à chercher une idée nouvelle, – idée qui, à son tour, paraisse pour un temps Vérité. »
                        ——

                      • #148827 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        (tant qu’à être scolaire, je cite sans vergogne)

                      • #148843 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        « Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-être même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève. »
                        Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non et c’est toujours la nuance ou une histoire de degrés qui tentent de sauver Sorogoyen. Il n’y a pas de « degrés de « scolarité » » qui tienne pour sauver ce cinéma. Il est dans un académisme de scénariste de série si si, et de formatage de cette école là couplé à une ambition cinéma des grands, le tout sans dépasser son geste, sans trouver sa singularité. Je ne vois pas de singularité formelle intéressante dans ce que j’ai vu de lui jusqu’à présent, je vois même bien pire. Le manque de cinéastes sur la terre du milieu ne le sauvera pas non plus à mes yeux. Je ne le mettrai même pas « au milieu » moi d’ailleurs ce cinéma, si vraiment cette hiérarchie existe. Rester « nuancé » parce qu’au milieu c’est le vide, ne se pose même pas d’ailleurs, il est voué à s’épanouir puisqu’il est très bien reçu ce cinéma. Pas besoin de vendre son âme pour le défendre, il n’a pas besoin de nous.

                      • #148848 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non » et autres commentaires sur mes appels à « rester nuancé » :
                        Alors pour le coup je serai dans le non ces phrases sont fausses et pas très fair play. On dirait un coup de Fernando. Bien compris ton point de vue une fois enfin explicité. Point de vue qui est, objectivement, exagéré.

                      • #148878 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Drole de film que Madre
                        On sent qu’il a eu l’idée de cette première scène où une femme perd son enfant au tel, et l’envie de la faire, comme un projet en soi. Et après, eh bien il ne sait pas quoi faire de ce truc (comme au fond il ne sait pas trop quoi faire de la comédienne dans L’etre aimé). Elle attirée par lui parce qu’il ressemble à son fils, il ne sait pas quoi faire, à l’écran ce couple aberrant ne fonctionne – comment croire que lui est si attiré par elle, et de cette façon décomplexée? Psychologiquement le film est très pauvre, et très très loin des vertiges de Franco – qui lui n’aurait pas commencé par cette scène coup de poing. Nous aurions vu ce couple se former, avoir lieu vraiment, et peu à peu nous aurions compris que cette femme a perdu un enfant. Oui le couple aurait eu lieu vraiment, alors que là cette femme reste dans ma bonne mesure du trouble, classe dans toute circonstance, souffrante puis résiliente (et bien sur le père, qui aurait pu etre un personnage intéressant, est laminé)
                        Une bonne scène : celle dans la voiture avec les mecs qui filment. Le reste du temps, pas mal d’ennui
                        Et pour cette fois oui c’est Malick Grandangle, que S, qui n’a aucune personnalité de cinéma ça se confime , choisit d’imiter. On a droit aussi au plan-séquence-quand-j’ai-pas-d’autre-idée, dans la première scène (qui se regarde) et dans une scène ridicule de crise familiale où le réglage des mouvements aura dispensé S de se poser des questions sur cette scène invraisemblable où tout sonne faux.

                      • #148884 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        La première scène était initialement un court-métrage. Je suis assez d’accord pour dire que le film a du mal à se remettre de l’intensité de cette première scène même si j’en aime bien d’autres dans le film (notamment celle dans la voiture de retour de boîte).

                      • #148890 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        l’intensité excessive de cette première scène
                        le coup de l’adulte qui se rapproche est de trop (et l’enfant qui se cache sous un tronc – on se fout de qui?)
                        et bien sur l’actrice est en surchauffe, comme toujours chez lui

                      • #148889 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Rapport au côté suiveur ou copiste de Sorogoyen, j’ai noté la reproduction presqu’éhontée du Mépris avec cette musique symphonique et poignante qui elle -même copie celle de Georges Delerue. Et bien entendu, il est à chaque fois question d’un tournage.
                        C’est d’ailleurs assez efficace : dans la scène du restaurant, ou plutôt catering, qui montre Esteban, écouteurs aux oreilles, regarder intensément sa fille, qui ne se sait pas observée, il se passe quelque chose.
                        Mais pour qu’il ne se passe rien armé d’ une musique aussi prenante qu’on plaque sur des images, faudrait vraiment être un manche.
                        Tout ça pour dire que j’aime bien le film et épouse sans problèmes le point de vue TVBesque.
                        Petit pinaillage : François ne sait pas trop pourquoi diable Esteban déboule de mauvais poil avec les conséquences que l’on sait sur le tournage de la fameuse scène des maquereaux. L’idée qu’il somatise l’éventuelle médiocrité actorale de sa fille est intéressante. Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler? Et surtout, qu’elle lui rappelle ses comportements de merde passés : « Moi au moins, je ne fais souffrir personne » ?
                        En ce sens, Samir restitue mal la note sur laquelle cette scène précédente se clôt : Esteban ne se marre pas. Du tout. Et sa façon de dire « A demain » n’augure rien de bon pour la journée de travail à venir.
                        Il faut se le faire l’Esteban.

                      • #148891 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                         » Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler?  »
                        Oui c’est fort possible
                        A la lumière de Madre, vu hier, je me dis que mon analyse psychologique de L’etre aimé est beaucoup plus subtile que le film.

                      • #148896 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Et c’est là que je vais poser une question idiote et pas vraiment cruciale mais qui m’a accaparé en cours de projection comme un sparadrap mental impossible à décoller. Si quelqu’un pouvait se dévouer pour apaiser mon tourment, je lui en saurais gré pour l’éternité.
                        Emilia, quand elle tourne, à une certaine coupe de cheveux, épaisse mais mi-longue, à la mode des années 1930.
                        Or on la voit, hors prises, avec des cheveux longs. Sa coupe rétro, qui par ailleurs lui va plutôt bien, peut difficilement constituer perruque.
                        Entorse au réalisme? Maniérisme de plus?
                        Merci d’avance pour l’élucidation.

                      • #148917 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        C’est l’ado qui est mal défini plutôt que le couple, je dirais. Il est alternativement rebel et tout sage, empetré dans un mal-être dévorant et d’une sérénité à toute épreuve sans jamais constituer un personnage. Il est une figure. Et, oui, des bouclette de pub pour shampoing.
                        Pour moi la mère fonctionne, ainsi que son attirance sexuelle. On peut se raconter plein de truc, et le film me laisse libre de tout ça puisqu’il se contente de m’y faire croire. Cette attirance peut donc etre, par exemple et de façon non exclusive :
                        – un pis aller : amour absolu mais je ne suis pas sa mère, que fais-je de ce trop plein ?
                        – une façon d’accompagner d’aussi pres que possible la vie d’un fils qu’elle n’aura jamais pu accompagner
                        – l’inceste autorisé : l’amour que nous ne ferons jamais ensemble, mais en fait on n’est pas parents, donc on peut.
                        J’apprécie que le film nous laisse bosser là dessus en se contentant du côté de la mère de montrer une soif de présence et de tendresse.
                        Enfin, ça ne m’étonne pas qu’un garçon soit attiré par une femme beaucoup plus vieille qui parait entreprenante. Son assurance à lui, cette presque insolence disait Barbara, est moins fausse que non cohérente avec d’autres facettes qu’on voit de lui. Elle permet surtout de créer une forme d’évidence de leur relation, ce qui en retour ajoute de l’ambiguité pendant une bonne partie du film (est-il le fils perdu ?).

    • #148268 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Si quelqu’un a une place non-utilisée pour le ciné-club de ce soir, je suis preneur, c’est complet.
      Merci d’avance ! Je peux rembourser.

      • #148274 Répondre
        Alexandre
        Invité

        C’est le fameux ciné-club surprise?

        • #148275 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Yep

          • #148276 Répondre
            Sylvain
            Invité

            @ Toni @ Alexandre : donc j’ai raté le « Mean Steeet » ? Je sais que je n’ai pas été très assidu ces dernières semaines, mais vous en avez parlé ici ? Il y a une captation vidéo de la discussion ?

            • #148290 Répondre
              Ostros
              Invité

              Y a pas eu mean street, y a eu le Buster Keaton à la place et ce soir c’était Film surprise de Miró

              • #148326 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Le film surprise a pour titre Je regarde.
                Film sans distrib ni prod, réalisé avec 1000 euros, et qui je crois a beaucoup plu

                • #148379 Répondre
                  stephanie
                  Invité

                  et Je regarde on pourra le regarder ? la soirée a été enregistrée comme dab ? mais le film ?
                  que de questions ce soir

                  • #148394 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    échange avec le réalisateur filmé, mais pas le film
                    espérons qu’il y aura d’autres projections

                • #148577 Répondre
                  Astrim
                  Invité

                  quelqu’un a un lien vers le film (pour le regarder ou juste une page dessus)
                  J’ai beau cherché ça me renvoi vers d’autres films du même nom

    • #148284 Répondre
      Fabien
      Invité

      C’est à quelle heure et quel programme pour ce ciné club ?

    • #148286 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pourquoi le cinéma nous importe-il ? | France Culture https://share.google/1DmQxqZWY0fgkLOQN

    • #148389 Répondre
      Stéphanie
      Invité


      D’un château à l’autre

      • #148569 Répondre
        Seb
        Invité

        Merci pour le lien. Un grand moment.

    • #148393 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je recommande vivement

    • #148400 Répondre
      Shiva
      Invité

      Alice au pays des colons, ce film que l’occident refuse de voir
      .
      Alice au pays des colons est un film documentaire essentiel, qui ouvre nos yeux sur une réalité qu’on essaie de nous faire oublier. Aller voir ce film au cinéma est une façon de lutter pour lui permettre de se maintenir le plus longtemps dans les salles, et une façon de dire notre détermination face au système qui refuse de diffuser ses images dans nos salles.
      https://blogs.mediapart.fr/agathe-jasmine/blog/020626/alice-au-pays-des-colons-ce-film-que-loccident-refuse-de-voir

    • #148523 Répondre
      stephanie
      Invité

      François, ça serait chouette de faire un TVB sur les 2 films et le court de Emmanuel Marre.

    • #148545 Répondre
      stephanie
      Invité

      Rien à foutre et Notre salut

    • #148583 Répondre
      Tony
      Invité

      Obsession m’a fait un drôle d’effet, j’ai failli quitter la salle tant je l’ai trouvé dégueulasse mais il est quand même intéressant sur ce qu’il documente de la gen Z,en particulier sur le consentement et cette vision très actuelle du couple comme étant le lieu d’une oppression et d’une emprise où on ne peut qu’y laisser sa peau.
      La première scène m’a plutôt emballé,on y voit en gros plan un jeune homme, attablé dans une salle de restauration rapide,timide et cherchant ses mots,avouer sa flamme à celle qui lui fait face et qui reste hors champ,il bafouille,les mots ont du mal à sortir et une voix masculine l’interrompt alors,la caméra panote sur sa droite et on voit son camarade,assis sur un tabouret près du comptoir,lui donner des conseils et l’aider à accoucher de ce qu’il faut dire dans cette situation,et on aperçoit aussi la chevelure de celle qui lui fait face,il se reprend et arrive à formuler ce qu’il a sur le cœur(genre dès que je t’ai vu je n’ai plus cessé de penser à toi,quand j’écoute de la musique c’est toi que j’entends,quand je marche dans la rue je crois te voir etc ..)et contre champ sur elle dont on se rend compte, après quelques secondes d’hésitation, qu’elle n’est qu’une employée du restaurant,qui ne tarde pas à se lever et à reprendre son service.
      La suite prend une tournure assez bizarre,on comprend que celle qu’il convoite le considère comme un ami,qu’il n’arrive pas à transformer cette relation en une relation qu’il souhaiterait plus intime,on se demande s’il n’est pas un peu puceau,il la raccompagne après une soirée arrosée et elle lui envoie des signes assez clairs dont il pourrait profiter et il n’en fait rien,on sent chez lui la peur de commettre un impair,la peur de la forcer qui le rend incapable de toute initiative,il est carrément paralysé.Alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle un deus ex machina va lui permettre d’exaucer un voeu, d’être celui qu’elle aimera plus que tout au monde.Ce début de film est très réussi, peu de mouvements de caméra,des plans assez lents et des situations intéressantes, pour un jeune de 26 ans venant de YouTube ça m’a plutôt étonné.Malheureusement la suite est beaucoup plus convenue et sans rien dévoiler on va se retrouver dans une sorte de film d’horreur où cette jeune femme est possédée par un désir qui agit ici comme une force démoniaque qui va terroriser et briser la vie de celui qui la convoitait.Là où le film m’a paru assez insupportable c’est dans cette représentation,d’un autre temps,de ce qu’on appelait autrefois l’hystérie féminine qui prend ici les atours d’une possédée que l’on croirait venir d’un film tel que l’exorciste.Cinéaste à suivre malgré tout.

      • #148869 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Eh bien de mon côté ce fut l’inverse. J’ai eu beaucoup de de mal avec tout le début où je vois YouTube/Tiktok dans tous les plans, répliques, dans le jeu comme dans le montage (avec ce systematisme du « montée…… rupture brutale en contrepoint »). Il faut dire que je connais les sketches de ce type et de son comparse (ici : le meilleur ami), donc identifier leurs tics fut immédiat. En tout cas le lien entre leurs sketches et ce film est bien plus facile à établir que celui entre les Key and Peele et Get Out.
        Ensuite j’ai marché. Des qu’on est « de l’autre côté », de plein pied dans l’épouvante, je me suis fait mener par la tension et l’humour avec plaisir.
        Tu as raison, il y a un truc Gen Z (et américain ?) dans cette vision des rapports hommes femmes aussi empêchés que quasi transactionnels. Où l’intimité n’existe pas.

        • #148919 Répondre
          Tony
          Invité

          Oui la partie horreur est réussie, d’ailleurs moi ça m’a bien secoué et j’ai failli partir,je ne m’attendais pas à un truc aussi viscéral, j’ai bien aimé ce qu’il fabrique dans ce jeu entre le premier plan et l’arrière plan,y a vraiment des idées intéressantes,par exemple au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque, ça c’est vraiment pas mal.
          Sur la Gen Z et cette angoisse de la relation toxique c’est dans l’air du temps,au fond c’était aussi le sujet de The Drama avec une autre sorte de voeux,des voeux de mariage qui allaient semer le doute et faire de Zendaya un autre type de monstre.

          • #148939 Répondre
            Seldoon
            Invité

            « au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque »
            C’est typiquement dans ce genre de plan qu’on sent bien Ari Aster (dont le chef op ne cesse de se réclamer) et le fait que ce monsieur a ramené dans le cinéma d’horreur la recherche de cadres. A noter que ça faisait longtemps qu’un film d’horreur qui fait du bruit le fait sans passer par l’elevated horror. Au contraire même, le film assume tranquillement son côté grand huit. On est là pour bien se marrer et avoir tout oublié le lendemain (ce qui est mon cas).

    • #148703 Répondre
      Pedri
      Invité

      Content de l’annonce du prochain TVB, il est temps d’ouvrir le dossier Spielberg et de dire les termes.
      Je ne lis pas trop la critique de cinéma mais je sais que SS est très défendu dans certaines revues, c’est quoi leur principaux arguments ? pour ceux qui sachent.
      Et j’aime plutôt bien le Steve hein, j’adore son Tintin, Munich, Catch me, de très bons films d’aventures, efficaces, certaines séquences vraiment virtuoses, des idées de cinéma, et oui c’est souvent gentil, familiale, 1er degré, les gentils sont bien gentils, les méchants bien méchants, mais le petit petit garçon que je redeviens devant certains de ses films, accepte le deal, c’est Stevie quoi.
      Par contre de là à le défendre aussi savamment, comme si c’était Godard, je comprends pas, West side c’est catastrophique et faire Ready player one à 70 ans je trouve ça très gênant

    • #148709 Répondre
      Shiva
      Invité

      Marjane Satrapi et le cinéma

    • #148780 Répondre
      Rigolus
      Invité

      La petite dernière : une zoulette tombe amoureuse d’une Chinoise. Cette dernière la quitte. Elle passe le film à lécher des chattes. Heureusement, ça se finit bien. Elle pardonne à la Chinoise. 1/10
      Sirat : un père cherche, avec son fils, sa fille toxico au Maroc, qui fait des rave parties.
      Première partie : des punks à chien dansent sur de la techno pendant 30 minutes, et là, le titre apparaît enfin. Et là, tu te dis : bon, l’histoire va commencer. Eh bien non : aucune histoire. Sa fille, on ne la voit pas. Son fils meurt en tombant de la montagne, puis il y a des mines qui tuent les nouveaux amis punks à chien du père. La fin zoome sur son visage pendant qu’il prend le train. bonus : spectacle de marionnettes avec le moignon d’un punk handicapé pardon en situation de handicap. De la poésie pur je vous dit.
      2/10. Les explosions ont bien explosé les corps, c’était bien fait.
      Garçon chiffon : 0/10. Même pas, j’en parle. Pire film de l’année. Bio d’un acteur homo prétentieux. Je vous donne une réplique : « J’ai goûté au sperme de ton slip. Ce n’est pas le tien, donc tu m’as trompé. »

      le cinéma français se porte bien 🙂

      • #148782 Répondre
        Barsurien
        Invité

        Critique du figaro ou de libé ?
        On ne sait plus

        • #148818 Répondre
          Rigolus
          Invité

          Les deux ont mis 4 étoiles pour garçon chiffon. Libé et figaro même combat en critique de film.

      • #148783 Répondre
        Claire N
        Invité

        S’il te plaît arrête de mâcher des cailloux
        N’est deprimable que ce qui est deprimable
        Là c’est tes dents , ça fait bien un bruit de casse
        Mais tu devrais t’en inquiéter

      • #149412 Répondre
        Tof
        Invité

        Eh bien non: aucune histoire.

    • #148859 Répondre
      Charles
      Invité

      Comme prévu, Notre salut est l’antithèse du Rayon et des ombres, tant formellement que politiquement. On est très loin du cinoche de Gianolli, le film est très original sans passer en force. Je dois dire que j’ai un peu résisté au film pendant un temps sur un plan politique avant de me laisser convaincre mais si ça doit un peu mûrir en moi. Le film est évidemment trop long mais il est, autrement, passionnant. Pas vraiment de découvrir Peretti dans un petit rôle, les grands cinéastes se rencontrent.

      • #148860 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas vraiment surpris*

        • #148914 Répondre
          Seldoon
          Invité

          On t’appelle « Charles les bon tuyaux mais trop tard ». C’était quoi cette projection ?

          • #148915 Répondre
            Charles
            Invité

            Haha désolé, il y a eu quelques projections parisiennes des films cannois dont celle d’hier pour Notre salut (avec Bruno Dumont dans la salle mais aussi…Dominik Moll). C’était je crois la deuxième projection du film.

            • #148918 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Quand je pense qu’à la place je suis allé voir Obsession.

              • #148920 Répondre
                Charles
                Invité

                Une erreur de plus dans ta vie de cinéphile. Tu pourras te rattraper avec une autre séance le 9 juillet au Majestic Bastille.

    • #148885 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      François, je parlais de TVB des 2 films de Marre
      Rien à foudre et Notre salut , et son doc D’un château..
      Un TVB consacré à son travail en somme .

      • #148886 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui ce serait une bonne idée Mais on réduira la jauge. Déjà Notre salut me parait un gros morceau.

      • #148897 Répondre
        Antonin
        Invité

        Attention, c’est pas un doc « d’un château l’autre » mais bien une fiction.

        • #148909 Répondre
          Bigarade
          Invité

          @Antonin, rappel qui peut être utile

        • #148921 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          Exact .
          C’est pas rien mon « erreur », une fiction très proche du doc, du réel.

          • #148928 Répondre
            Antonin
            Invité

            Pas d’malaise hein

    • #148912 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      Pour ne pas polluer le fil Peinture je mets ici cet article concernant Windward un film vu et aimé au Réel

      Sharon Lockhart, déplier le monde

    • #149012 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Je reviens rapidos sur la Vénus Électrique pour en sauver ce qui peut l’être, puisqu’il s’est plutôt fait descendre ici (sauf Charles).

      Je suis d’accord avec bon nombre de défauts soulevés dans le TVB, mais je ne retiens pas le grief de « scénario-centrisme » et j’en dirai les raisons plus loin. Je dois aussi préciser que c’est mon premier Salvadori, d’où mon imperméabilité à la possible répétition formelle de l’auteur dans son œuvre. Pour le meilleur et pour le pire, peut-être, j’ai vu ça d’un œil totalement neuf.

      Le film est un curieux mélange de choses qui m’ont beaucoup déplu et d’autres le contraire, si bien que j’en sors embarrassé. Dès le départ j’ai peu goûté aux dialogues, au jeu de Demoustier ou encore à celui de Marmaï bourré. Longue séance à venir, me disais-je. D’accord aussi quant au comique : ne pas prendre le film en tant que « comédie » sans quoi l’on risque une déception (j’exclus quelques très bons passages avec Lellouche en effet), ou quelques autres qui font tout de même sourire. De même c’est vrai que le scénario est très présent — on oscille entre une très bonne rythmique (les allées et venues temporelles sont bien fichus) et sur-sophistication narrative (trop de rebondissements finaux tuent les rebondissements).

      Il semble en revanche y avoir chez Salvadori un goût du détail, que Charles a relevé d’ailleurs, qui m’est apparu à plusieurs reprises, si bien que mon impression générale du film en sort très modifiée — de par ma tendance à surtout retenir ce qui m’enthousiasme, « là où je trouve le film fort », si enthousiasme quelque part il y a. D’où le fait que je m’interdise de qualifier le film de scénario-centré. Une accumulation de petits détails qui ne sont pas sur-soulignés, qui passent et s’en vont, et me donnent l’impression d’un cinéaste qui de façon très étonnante oscille entre académisme corseté et grande joie ludique.

      D’abord je veux bien qu’un jeu de transitions temporelles n’ait en soi rien d’original, mais des films qui en réussissent plusieurs comme ça ne me semblent pas majoritaires. Mais parti pour assister à un pénible car forcé pseudo suicide du personnage de Demoustier dans le lac, je me retrouve avec tout autre chose, et dont je me souviendrait — artificiel mais réussi : au vu de l’esprit général du film, j’achète. Je n’attends pas ici des cuts-vertiges à la Dao.

      Des idées toutes simples aussi. Ce petit truc de la vue subjective des lentilles pour regarder le tableau, pas mal. Antoine peint sa maîtresse en robe à fleur, robe qui dans un même mouvement finit jetée sur la toile : une seconde, pas deux, suffisent ici à faire la jonction de l’art en train de se faire et de la situation. Simple, beau, j’ai trouvé ça excellent. Le tableau qui se finit sur le mur aussi, tout bête. Un clin d’œil au doigt pointé de Vimala Pons lorsqu’elle sonne et qu’on ouvre la porte — Vimala Pons qui, en dehors de toute question liée à l’écriture de son personnage, s’en sort très bien, ce qu’on ne peut dire d’Anaïs Demoustier, bien plus à l’aise dans le meilleur film français de ces 102 dernières années qu’était le Comte de Monte-Christo, seul autre endroit où je pense l’avoir vue. Quelques plan voilages sont quand même bien meilleurs que la moyenne des plans voilages — j’en profite pour signaler, techniquement, une très belle photographie.

      Et puis cette scène de « départ » d’Irène, quittant Armand, descendant l’escalier. Scène attendue, tire-larme qu’on voit venir à cent bornes — de toute façon je ne pleure jamais, ce dont je ne suis pas sûr de m’honorer —, tout ça jusqu’à ce petit geste, ce petit jeu avec l’espace, cet au-revoir coin-coin du bout de la main, qui dépasse. Je me suis dit : qu’est-ce que j’aurais aimé voir ça, qu’on me fasse ça, dans ma vie — si possible sans finir sous le bus. C’est pour des choses comme ça, pour pas grand chose, pour des choses qui certainement ne rattraperont pas tout, que je sauve ce film du néant dans lequel vous autres pisse-froids devant l’éternel comptiez le jeter.

      • #149014 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        *dont je me souviendrai

        et autres coquilles

    • #149026 Répondre
      Charles
      Invité

      Que pense-t-on ici du boycott/ de la censure de Lapid, invité en tant que membre du jury à la FID Marseille et à y donner une masterclass, parce que son dernier film a été financé par l’Israel film fund et qu’il maintient certains rapports avec le milieu du cinéma israélien et ses institutions (alors même qu’il vit à Paris)?
      Yousfi et Orignac ont chacun donné des avis étayés et intéressants sur facebook, l’une en soutien du boycott, l’autre en opposition à ce qu’il appelle une censure. Je suis beaucoup plus convaincu par le texte d’Orignac que par celui de Yousfi (assez typique de l’antiracisme politique actuel et de sa façon de donner des leçons de pureté), même si la prose d’Orignac est souvent pénible.

      • #149027 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Attention choisissez bien votre camp, car :
        Arthur Harari, réalisateur
        Judith Lou Lévy , productrice
        Laurent Moissonnier, salarié d’une école de cinéma
        Morgan Pokée, programmateur
        Marcos Uzal, critique de cinéma
        SRF – Société des réalisatrices et réalisateurs de films
        Saïd Ben Saïd, producteur
        Charline Bourgeois-Tacquet, réalisatrice
        Stéphane Demoustier, réalisateur
        Claire Denis, réalisatrice
        Arnaud Desplechin, réalisateur
        Alice Diop, réalisatrice
        Mati Diop, réalisatrice
        Pauline Ginot-Slacik, déléguée générale de l’ACID
        Miguel Gomes, réalisateur
        Stéphane Goudet, directeur artistique du Cinéma Le Méliès à Montreuil et critique à Positif
        Alain Guiraudie, réalisateur
        Mia Hansen-Løve, réalisatrice
        Catherine Hass, anthropologue et écrivaine
        Radu Jude, réalisateur
        Emmanuelle L. Thequiet, programmatrice
        Emmanuel Marre, réalisateur
        Kleber Mendonça Filho, réalisateur
        Dominik Moll, réalisateur
        Olivier Père, directeur général d’Arte France Cinéma
        Thierry de Peretti, réalisateur
        Louise Rinaldi, programmatrice
        João Pedro Rodrigues, réalisateur
        Axelle Ropert, réalisatrice
        Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de L’UNESCO
        Charles Tesson, critique de cinéma
        Justine Triet, réalisatrice
        Régine Vial, distributrice Les Films du Losange
        Apichatpong Weerasethakul, réalisateur
        Yolande Zauberman, cinéaste
        et plus de 300 signataires disent :
        https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html

        • #149029 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          S’il s’agit d’un film, le boycott culturel me semble logique. S’il s’agit de sa présence dans un jury, ça ne l’est plus.

          • #149037 Répondre
            Sylvain
            Invité

            @ K comme Code : très juste.

            • #149038 Répondre
              Sylvain
              Invité

              Mais en l’occurence c’est bien sa présence dans un jury qui est « annulée ». Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. Je note qu’il se retire de lui-même et le geste est pas mal.

              • #149147 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                « Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant »
                J’adore ce genre de mec. Je parle de Sylvain, pas de Lapid. Sylvain, une autorité papale.
                Lapid lapidé par superSylvain en un rien de temps.
                Synonyme, de la merde…
                Le genou d’Ahed, de la merde.
                Désertion, un chef d’œuvre littéraire… Sylvain o’ grand guide, montre nous le chemin.
                Lapid, un con mais pas pro Netanyahu faut pas exagérer, a dit superSylvain.
                Conclusion :
                Sylvain devrait commencer ses phrases par :
                Je vous le dis en vérité…

                • #149149 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Seldoon, un peu moins niais nous dit :
                  Attention choisissez bien votre camp, car :
                  Puis nous livre la liste des signataires.
                  Mais pourquoi, « choisissez bien votre camp »? La liste est-elle supposée interfèrer sur notre point de vue ? Va-t-elle rétroagir sur notre avis initial ? La qualité des signataires finirait elle de nous convaincre.
                  Snobs sommes nous, snobs resteront nous, que nous avons besoin de noms tels Bégaudeau ou autres Justine Triet et de Peretti pour savoir quoi penser ?
                  Ou Seldoon ne se rend pas compte qu’il ne parle que de lui.

                  • #149150 Répondre
                    Midlle
                    Invité

                    Ça c’est du com.

                • #149157 Répondre
                  Sylvain
                  Invité

                  Qu’est ce que tu veux que je réponde à cela ? Rien. T’as plié le game, comme tout ce que tu touches ici : c’est à dire absolument tous les sujets. Modestement, je me contente de m’exprimer sur les quelques thèmes que je maitrise un minimum.

                  • #149158 Répondre
                    Remy
                    Invité

                    Tu ne maîtrises pas le sujet sinon tu saurais que Lapid devait aussi présenter des films financés par les genocidaires.

                    • #149163 Répondre
                      Sylvain
                      Invité

                      @Remy : si il ya bien deux sujets que je maîtrise ceux sont cela : ce qui se passe en Palestine depuis 1948 (il se trouve, pauvre Remy qui j’y ai tourné un film, en y passant des mois, à deux reprises – et t’imagines bien que que je n’étais pas en Israel) et le cinéma (notamment les festivals). Donc : si, si je sais bien qu’il devait aussi présenter un film. « Financé par des génocidaires » tu dis ?. Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça. Que veux tu m’expliquer ? Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. Qui maitrise le sujet ? Viens me chercher là-dessus, on va rigoler…

                      • #149175 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        « Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça.  »
                        Tu aurais écris quoi l’expert ?
                        On va monter dans la hiérarchie de la connerie (je ne suis pas né en Palestine, mais ma mère oui)
                         » Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. » Rassurant, que tu nous rappelle ce constat.
                        « Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. » Tu me diras d’où viennent ces gens ?

                      • #149179 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        « Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. » Tu expliqueras cette phrase par la même occasion si tu veux bien

                      • #149234 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Moi ce qui me dérangeait c’est le côté Lapid mauvais cinéaste.
                        Mauvais cinéaste incluant d’emblée l’ensemble de ses films.
                        Sylvain dit que le cinéma c’est son truc, alors c’est qu’il a dû réfléchir à la question. Moi ça me paraît très présomptueux.
                        La question étant : De quoi pourrait nous priver le BDS sur Israël ?
                        Faut-il l’appliquer (le BDS) de façon systématique ?
                        Ce systématisme peut-il devenir un dogmatisme ?
                        Et enfin : Le BDS peut-il fonctionner efficacement s’il n’est pas appliqué systématiquement ?
                        En clair FB a bien flairé que l’affaire donne de suite mal à la tête et éventuellement de l’urticaire.
                        Cependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation.

                      • #149236 Répondre
                        Gogo
                        Invité

                        Bon ou mauvais, ce qui est certain c’est que Lapid est un cinéaste mineur

                      • #149240 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        Cependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation.
                        Je te suggère d’avoir voir plus précisément le financement des films de Lapid qui réside en France avec sa femme depuis des années.

                      • #149266 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Si Remy connait les tenants et les aboutissants du financement du film de Lapid qu’il nous donne des infos.
                        Moi je sais juste que le film a été financé à hauteur de 12% par des fonds publics. J’avais dit privés mais c’est public. En tous cas pas gouvernemental.
                        Quant à gogo, Lapid cinéaste mineur, et c’est quoi le contraire de mineur ? Majeur ? Si l’on devait se contenter des cinéastes majeurs on raterait tout un cinema de la « marge » me semble-t-il. Mineur ne me paraît pas péjoratif et Lapid rentre bien dans ce cinéma de la marge, artisanal et en recherche formelle. Ça me paraît facile « Lapid mauvais cinéaste ». Par rapport à Spielberg oui il est mauvais. C’est curieux cette attitude de critiquer la grosse industrie formatée et quand un petit artisan en recherche de créativité formelle pointe son nez, d’être aussi méprisant. D’autant que ni synonymes ni le genou d’Ahed ne ressemblent à Oui. Lapid n’est pas embourgeoisé comme Assayas que je sache. Il n’a pas la prétention d’un Gianoli non plus.
                        Je ne dis pas ça pour militer contre le sort que lui réserve le BDS mais d’un point de vue cinématographique, Oui il est mineur, Oui il ne produit pas de chef d’œuvre, Oui il ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais Oui il y a du plaisir à voir ses films et Non on ne peut pas se contenter d’un dédain aristocratique d’un simple « pouh, mauvais cinéaste ».

                      • #149264 Répondre
                        Sylvain
                        Invité

                        @Remy : on ne va pas se battre. Je vois bien que tu es, comme moi, révolté par ce qui se passe là-bas. Pas sur que Lapid soit le plus à même de cristalliser ce qu’il s’y passe. Même son pays ne veut plus de lui… pas assez nationaliste (mais mauvais cinéaste, je maintiens). Le boycott, effectivement meilleure arme, à utiliser encore et toujours. Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier.

                      • #149302 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        Je constate juste qu’il n’y a pas d’intérêt pour cette censure.
                        https://sceneweb.fr/le-maire-rn-de-castres-deprogramme-passeport-dalexis-michalik/?fbclid=IwY2xjawSWKc1leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBaaXlOd1R4N1hzTXU1S202c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHvF1IZQb7m3IYTbcg_GNd_OA-i0zIx17wISpxtwtxvSw3IO9pKaK8VKqe08M_aem_xniOvent4qLXyyt9QGQK2g

                        Dans cette situation, pas besoin d’en échanger, c’st assumer par la mairie RN
                        « Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier »
                        BDS, ne fait pas le tri. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

        • #149049 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          En tout cas s’il faut juger une pétition à la qualité des signataires, j’adhère grandement à celle-ci

        • #149069 Répondre
          Ballon
          Invité

          Quelle est la liste des réalisateurs qui ont menacé de retirer leurs films du festival ?

      • #149054 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Charles : je veux bien le texte de LY, si tu as

        • #149057 Répondre
          Charles
          Invité

          Posté par Stéphanie plus bas.

      • #149220 Répondre
        Remy
        Invité
    • #149045 Répondre
      Rigolus
      Invité

      Je regardais bref 2, meilleur note allociné. La série à un seul défaut. Elle est extrêmement immature et narcissique. Ce qui m’a fait arrêter la série. L’intelligence n’est pas suffisante pour continuer.
      C’est pour quand une France d’adulte ?
      https://x.com/i/status/2064071212054245391

    • #149046 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Le collectif


      On n’en parle pas de ce collectif dans Le monde Libé

    • #149047 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Le collectif ne parle pas de censure mais de boycott culturel

      • #149048 Répondre
        Seldoon
        Invité

        D’où le texte d’Orignac dont parlait Charles :

        « Sur le boycott de Nadav Lapid au FID, deux choses. La première est qu’il s’agit plus que d’un simple boycott, et qu’on est ici en droit de parler d’un acte de censure. Je sais que les défenseurs de la mesure tiennent à se distancer du terme, tant il ne fait pas bon genre. La censure, en son acception juridique, serait un acte émis par une autorité publique, et rien d’autre. Mais ce juridisme me paraît bien étroit en ce cas d’espèce : Lapid, de fait, se retrouve interdit de présenter son œuvre à un festival. On peut détailler autant qu’on veut la mécanique qui a abouti à cette situation, à la fin rien ne change : une œuvre et son interdiction. On devrait penser que la réduction historico-juridique du terme (imaginé par une doctrine libérale dans des sociétés d’Ancien Régime où règne le Droit Divin) le défigure aujourd’hui conceptuellement. Parce que la censure dans les sociétés contemporaines ressort plus largement d’une écriture constante d’un partage entre le dicible et l’indicible. Et que cette écriture, tout le monde y participe, à sa manière, dans un champ structural, comme dirait Bourdieu. Dans une société libérale-démocratique, on peut envisager que des micro-pouvoirs se forment ponctuellement, pour soutenir une cause, et que ce micro-pouvoir se dissout aussitôt son objectif atteint. C’est ce que font les groupes militants après tout, et leurs actions participent de cette écriture collective, même à petite échelle, sur le dicible et l’indicible. Dans le cas Lapid, il y a bien eu mobilisation d’opinions pour les transformer en un agent collectif à même de peser sur les décisions d’une institution. Pour en faire un pouvoir, donc. Une pression collective a ainsi été exercée pour que cette institution produise un acte de censure. Les personnes mobilisées ont obtenu gain de cause. Donc, oui, parlons de censure, même si ça sonne désagréablement aux oreilles.

        Deuxième chose : les défenseurs de l’éviction de Lapid la justifient en expliquant que ce n’est jamais le contenu qui est visé, mais simplement le mode de financement (son film Oui a été en partie financé par un organisme indépendant israélien). Je ne milite pas pour l’exceptionnalité des œuvres d’art, mais pour le regard différentialisé sur les objets dont on parle. Un avocat (le fruit) produit en Israël est un avocat : vert, mûr, crémeux, noiseté. Il ne dit rien sur Israël, autant manger un péruvien. Un film israélien peut dire quelque chose sur la société israélienne. Le rabattre sur son financement, c’est ignorer ce qu’il est : pas un avocat, mais un film qui écoule un imaginaire. On ne peut pas dire que Lapid écoule un imaginaire à la gloire d’Israël. Reste que ça n’a pas d’importance aux yeux de ceux qui ont souhaité sa censure. L’idée sous-jacente, j’imagine, est que ce qui compte, c’est le soutènement économique : qu’importe ce que le film a à dire, le fait qu’il le dise en partie avec de l’argent israélien le rend suspect. Autrement dit : Nadav Lapid est l’idiot utile d’Israël. Très bien, alors il va falloir être cohérent : que dire aux signataires de la Tribune anti-Bolloré dont les films sont financés par Canal+ ? Qu’ils sont les idiots utiles du fascisme ? Subtile manière de s’accorder avec les réacs quand ces derniers les invitent à se taire. Arrêtons d’exiger un héroïsme des pratiques aux cinéastes : Lapid a toujours été clair dans ses interventions, il s’est exilé de son pays pour ne pas avoir à participer à sa décomposition morale, pas la peine en plus de servir la rhétorique d’extrême-droite sur les traîtres qui profitent du système en lui demandant de se taire. »

        • #149063 Répondre
          poissonvache
          Invité

          Pour ce qui est de la forme, parler de censure c’est vraiment fort de café, la censure est du côté du pouvoir, le boycott de l’autre point. Pour ce qui est de la polémique, elle me donne vraiment de plus en plus envie de voir Oui pour me faire un avis.

          • #149065 Répondre
            Seldoon
            Invité

            L’expérience risque dêtre compliquée. Pour des raisons esthétiques avant tout.

          • #149072 Répondre
            Charles
            Invité

            Non, comme dit Orignac, la censure n’a plus depuis longtemps le sens le cantonnant à des mesures étatiques. On l’utilise depuis pour des opérateurs privés ou parapublics quand des artistes sont déprogrammés dans des concerts ou quand Canal + refuse de produire des films en opposition aux valeurs réactionnaires de Bolloré. A partir du moment où le boycott ne se limite pas aux refus de certaines personnes de participer à un événement mais qu’il conduit à l’exclusion d’un artiste, on peut dire a minima que le boycott a produit des effets de censure.

            • #149078 Répondre
              Fleur
              Invité

              Faudrait arrêter de propager de telles inepties Charles.

              • #149117 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                excellent argumentaire, Fleur

                • #149119 Répondre
                  Fleur
                  Invité

                  Vous parlez de censure, de racisme politique. Vous ne validez pas le boycott, pourtant il fait ses preuves. Vous avez une posture social démocrate. On ne peut pas lutter avec vous.
                  Grand bien vous fasse.

                  • #149131 Répondre
                    Fleur
                    Invité

                    Lundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner.

                    • #149168 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      je ne sais pas bien qui désigne ce vous
                      et il me semble que ce pronom relatif composé est bancal (la nervosité, sans doute)

                  • #149133 Répondre
                    Cabruelino
                    Invité

                    lutter ? Pour interdire un réalisateur d’aller dans un festival
                    pour vous c’est donc ça le grand horizon politique de la lutte pour la palestine, un misérable festival, c’est un sujet qui mérite des ambitions plus haute et une plus grande dignité que ça, c’est une guerre ou des gens meurt, ce festival tout le monde s’en branle
                    au lieu de traiter de socdem, vous devriez réfléchir au fait que vos sujet de « lutte » sont toujours centré sur des sujets culturel car vous n’êtes que des étudiants immature derrière votre clavier, le paris n’est pas risqué

                    • #149139 Répondre
                      Fleur
                      Invité

                      Lundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner

                      • #149140 Répondre
                        Cabruelino
                        Invité

                        d’accord le perroquet

                      • #149143 Répondre
                        Fleur
                        Invité

                        Lundi matin dit des mots moins Grotesques que ceux sur Lesquels vous vous êtes empressés de cautionner…

                      • #149144 Répondre
                        Cabruelino
                        Invité

                        vous êtes une ia ?

        • #149122 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Texte bizarre. À quoi bon différencier le boycott de la censure pour in fine juger tout boycott culturel illégitime ?

          • #149134 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Il y a un autre pan glissant dans son argumentaire et je ne sais pas s’il s’en rend compte, presque comme s’il avait oublié sa critique du film sur Hors-Série à l’époque : je parle de la comparaison du film et de l’avocat.

            Orignac disait dans sa critique, entre autres : « Le 07 octobre a disparu, Israël a disparu, Gaza a disparu : à l’instant même où Lapid pensait déchirer son film d’un boulet de réel, ne reste symptomatiquement que la jouissance d’un spectacle« . Orignac, comme d’autres, était très sévère quant à « l’imaginaire » charrié par le film et ses effets de recouvrement du réel politique dont il traite. Il retombe alors dans les griffes du raisonnement de Yousfi plus bas sur la décidabilité des critères de boycott (interprétatifs vs. financiers). Quand on lit sa critique, on se dit qu’il n’est pas pleinement au clair sur son histoire d’avocat.
            .
            Sinon je trouve intéressante la distinction entre boycott de la participation d’un artiste à un Jury et boycott d’un film pour questions de financement. Et puis la comparaison financement Bolloré vs financement d’argent public israélien, bon, comment dire, ça ne tient que par un gros effort d’abstraction, quand même…

    • #149056 Répondre
      Stéphanie
      Invité
    • #149060 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      tu peux le reporter ici? problème de connexion avec facebook

      • #149064 Répondre
        Charles
        Invité

        « 2-3 remarques au sujet des accusations de « censure » suscitées par la déprogrammation du film de Nadav Lapid au FID.
        Je veux prendre au sérieux l’inquiétude ceux dont je ne doute pas de la sincérité, et qui se situent, selon moi, du bon côté de l’histoire. Alors résumons : le BDS culturel ne s’applique pas au contenu des œuvres, mais aux conditions matérielles de leur production. J’entends l’objection selon laquelle que c’est là que résiderait le problème, puisqu’on se priverait alors de films, certes financés par des fonds israéliens, mais qui porteraient une critique courageuse d’Israël, comme Lapid donc, et que cette indifférence vis-à-vis du contenu serait dangereuse car elle met sur le même plan un produit marchant lambda et un produit culturel (je veux même bien entendre l’idée que la culture jouisse d’un statut particulier et que ramener cette idée à une simple conception bourgeoise est une facilité).
        Je prétends, pour ma part, que c’est l’inverse qui serait dangereux car si on suivait cette logique jusqu’au bout, le boycott ne devrait concerner que les œuvres explicitement sionistes, ce qui ouvrirait d’interminables querelles d’interprétation. Après avoir passé tant de temps à défendre l’idée qu’une œuvre n’est jamais réductible à son message politique, qu’elle constitue un monde singulier dont la valeur excède toujours les intentions de son auteur, il faudrait soudainement nous convaincre de rompre avec ce principe élémentaire avec lequel nous créons et consommons tous les jours la culture. Dès lors, chacun viendrait défendre sa lecture du film, démontrer qu’il est un allié ou, au contraire, qu’il demeure problématique. Une telle situation me paraît infiniment plus redoutable pour l’autonomie relative de l’art que le fait de s’en tenir à la question des financements. C’est même tout l’inverse : en refusant d’arbitrer le contenu des œuvres, le boycott protège cette autonomie à laquelle beaucoup demeurent légitimement attachés. Dès lors qu’on commence à juger les films sur leur degré de conformité politique, il n’existe plus aucune limite claire.
        D’ailleurs si de tels critères étaient employés, en vérité, le champ d’action du BDS culturel serait réduit à peau de chagrin au point de n’être plus qu’un tampon de validation idéologique des films engagés sur la question palestinienne, tandis que le boycott se conçoit politiquement comme la volonté déclarée d’engager un rapport de force qui nous oblige à regarder l’asymétrie des rapports de force là où nous préférerions parler d’idées, de récits ou d’intentions, et nous intime à nous situer face à un appel historique concret, et non plus seulement face à des principes abstraits auxquels il est toujours plus facile de souscrire.
        Il faudrait faire confiance au pouvoir subversif et sensibilisateur d’un film israélien alors même que le génocide le plus documenté de l’histoire contemporaine est également l’un des plus largement tolérés ? Allons donc, les amis ! Les images ne manquent pas, les preuves s’accumulent, les récits abondent, et pourtant les institutions continuent de soutenir Israël tandis que la moindre expression de solidarité avec la Palestine fait l’objet d’une répression croissante. Je ne compte plus autour de moi le nombre de camarades poursuivis, intimidés ou menacés pour leurs prises de position. Nous pesons chacun de nos mots. Nous vivons sous la menace permanente d’accusations d’apologie du terrorisme. Notre parole est surveillée, contrainte, littéralement étouffée. Dans ce contexte, il faudrait en plus s’entendre accuser d’être les censeurs de l’histoire ?
        Si vous pensez réellement avoir raison sur ce coup-là, si vous tenez réellement à cette idée que la culture ne se boycotte pas, souffrez seulement d’entendre que votre vérité n’est pas audible pour ceux qui luttent concrètement, souffrez que ceux-là qui luttent parviennent parfois, de temps en temps, maigrement, misérablement, à faire basculer les choses en leur faveur, pour une fois, deux fois, allez peut-être trois fois seulement, et que cette fois seulement, on se met à les considérer avec sérieux, cette fois seulement où il est question de parler non pas de Palestine dans le cinéma et blablabla mais de la Palestine qui empêche POUR UNE FOIS notre petit monde feutré de tourner.
        Prenez acte également de cette chose fondamentale : le BDS culturel n’est pas une invention de militants occidentaux excessifs ou déconnectés. Il répond à un appel formulé par la société civile palestinienne elle-même, qui demande que sa lutte soit soutenue selon des modalités élaborées à partir de son expérience concrète de l’oppression et de ses propres analyses stratégiques. Et si nous nous révélons infiniment impuissants ici en Occident à aider à ce que cesse le massacre et la colonisation, nous leur devons AU MOINS ÇA, c’est-à-dire s’aligner derrière leur campagne dictée selon leurs besoins et leurs termes.
        Cette déprogrammation a d’ailleurs été demandée par des réalisateurs palestiniens et arabes qui refusaient que leur parole soit placée à équidistance de celle de cinéastes financés par des fonds israéliens, aussi critiques soient-ils du régime israélien. C’est un point essentiel, parce qu’on parle beaucoup de Nadav Lapid et très peu de celles et ceux qui ont estimé que leur présence dans le festival devenait impossible dans ces conditions.
        C’est aussi pour cette raison que la comparaison que j’ai croisée ici et là avec les artistes travaillant avec Canal+ ne tient pas. Personne ne réclame qu’un cinéaste quitte Canal+ ou rompe tout lien avec une institution française. Le BDS n’est pas une théorie générale de la pureté politique. Il répond à une situation historique précise, à un appel précis, formulé par une société civile précise. La France n’est pas concernée par le BDS. Israël l’est. On peut ne pas être d’accord avec cette stratégie mais alors il faut avoir l’honnêteté de dire qu’on conteste la stratégie des Palestiniens eux-mêmes, et non prétendre parler en leur nom contre eux. Le boycott ne dit pas aux artistes ce qu’ils doivent penser, écrire ou filmer mais leur pose une question beaucoup plus concrète : quels liens acceptez-vous d’entretenir avec les institutions d’un État qui mène une politique d’occupation, d’apartheid et aujourd’hui de destruction massive à Gaza ?
        Certains réalisateurs israéliens ont déjà répondu à cette question. Ils ont choisi de faire des films sans financement institutionnel israélien (Eyal Sivan, par exemple). Ils ont choisi de ne pas participer à certains événements soutenus par l’État israélien. Ces choix existent. Ils sont difficiles, très coûteux, mais ils existent. Nadav Lapid aurait pu faire ce choix lui aussi. Il a fait un autre choix. C’est son droit le plus strict. Mais il faut alors accepter que ce choix puisse être discuté, critiqué et qu’il ait des conséquences dans le cadre d’une campagne de boycott dont les règles sont connues depuis longtemps.
        C’est précisément ce qu’est un boycott : une tentative de créer un rapport de force politique en refusant certaines formes de collaboration institutionnelle. On peut difficilement réclamer que ce rapport de force existe tout en exigeant qu’il ne produise jamais le moindre effet. »

        • #149068 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          merci

          • #149155 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            J’adore ! C’est vraiment super…
            Il était 9h43 quand Charles a posté le texte, sur demande de François Bégaudeau.
            A 10h34, Bégaudeau n’a qu’un mot… Merci.
            Depuis, silence radio. Il en faut du temps pour voir l’avis des uns, l’avis des autres. Qui dit quoi qui dit qu’est-ce ?
            Il vaut mieux que les choses se tassent un peu.
            Bégaudeau se demande très probablement ce qu’elle en pense Justine, elle qui a signé le support à Lapid. Et de Peretti, il en pense quoi lui ? Même Charles Tesson ? Bah merde alors. Et moi alors j’en pense quoi au fait. Je ne vais quand même pas passer pour un mou dans cette histoire ?! Mais je ne veux pas passer non plus pour un politimane.
            Merde ! Qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je vais dire ? Putain tout le monde m’attend au tournant… Faut surtout pas dire de connerie. Je vais bien trouver un truc pour pas me mouiller. Fait chier ce festival à la con que personne ne connaît. Oh et puis Lapid qu’est ce qu’il nous aura fait chier çuila.

            • #149156 Répondre
              Midlle
              Invité

              Ce commentaire est encore plus affûté.
              Il y a aussi le mari de Justine, celui-là même qui a signé la tribune contre Bolloré et qui bégaie dès qu’on l’interroge sur le sujet. Bon, il a pas fait une Zadiste.
              Cela dit, il n’ira sans doute pas jusqu’à se comporter comme l’attachée de presse officielle de Niels Schneider avec les journalistes de France 24. Je ne parle même pas de De Peretti, dont les liens avec la famille Sarkozy-Bruni sont bien connus.
              Tout ce beau monde s’indigne qu’on puisse ne pas avoir envie de verser le moindre centime à l’État d’Israël.

            • #149169 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Les opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
              Mon sentiment le plus net sur cette affaire étant qu’elle me fatigue, et que prendre connaissance des dernières arguties me donne immédiatement envie d’écouter un vieux Screeching Weasel

              • #149200 Répondre
                M’idolâtre
                Invité

                D’après begaudeau
                Les opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
                Partant du constat qu’il s’identifie comme homme de gauche, on peut penser qu’il adhère au boycott. Mais non, il n’est pas favorable à cela car il est interdit d’interdire. Peut-être une idée du futur qui l’attend. Une phrase prémonitoire

                • #149239 Répondre
                  Cabruelino
                  Invité

                  Interdit d’interdire
                  Drôle de slogan, je me demande à quel camps politique il était rattacher déja ? J’ai oublié…

    • #149120 Répondre
      Tony
      Invité

      Demain étant le jour des Steven, j’ai revu quelques uns de leurs films,je déconseille catégoriquement Empire du soleil(Christian Bale était déjà, à 12 ans, insupportable et plein de grimaces,beurk),et j’ai commencé à lire le Steven Soderbergh de Mercier et Chabert, meilleur livre de cinéma lu depuis très longtemps, très très bien écrit,au plus près de la matière des films, d’une très grande richesse dans l’analyse et,en parallèle,je revois les premiers films de Steven,bref ça va m’occuper pendant un moment !
      Et vivement demain !

      • #149170 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pour ma part, revu Munich, qui est encore plus une saloperie, nourrie de betise bien sûr, que ce que j’avais ressenti à sa sortie
        Spielberg est tout uniment un adversaire de cinéma et un adversaire politique
        Pas encore vu le nouveau.

        • #149171 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Revu aussi The insider, qui est un sommet.

          • #149176 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Et pourtant derrière ton dos une réconciliation :
            « Après avoir vu Les Dents de la mer, j’ai su que je deviendrais cinéaste » – Steven Soderbergh
            https://www.lefigaro.fr/cinema/steven-soderbergh-apres-avoir-vu-les-dents-de-la-mer-j-ai-su-que-je-deviendrais-cineaste-20260609
            @François : question sérieuse. Quand Soderbergh met tout son artisanat de cadreur et de monteur au service de la narration, comme il le fait très régulièrement dans des scènes entières de The Insider (par exemple la première scène de restaurant où on rencontre l’équipe avant qu’ils aillent chez le couple – scène au découpage assez passionnant, mais /et scène réduite à de la narration pure), pique obsessionnellement des trucs chez Spielberg et Fincher, tu ne te dis pas que tu as en face de toi un ami de cinéma pas entièrement aligné ? En fait je me demande si ce qui te repousse chez d’autres mais est présent chez ce Steven là participe ou non, dans cette cuisine particulière, à ce que tu défends dans son cinéma.
            @Tony: Je m’associe aux louanges sur le Mercier/Chabert dont je picore les deux tomes depuis un an au lieu de les lire d’une traite – un tout petit peu trop exhaustif et érudit pour rester digeste.
            Merci d’admirer le champ lexical culinaire de ce ce message.

            • #149184 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Tu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. Eh bien dans les deux films revus ces jours ci, qui passent pour deux de ses meilleurs, ça ne me frappe pas. Il y a meme des scènes que, d’un strict point de vue de conteur visuel, il rate
              L’autre Steven donne évidemment dans cet artisanat – que cinéaste américain ne le fait pas- mais :
              1 il le fait mieux
              2 il ne fait pas que ça – son inventivité formelle consiste en bien d’autres choses qu’en ça
              3 dans le plan cadré-classique (parfois) de Steven, il n’y a pas des acteurs qui jouent comme des culs et délivrent un texte niais. Ca aide à apprécier sa grammaire classique.
              4 là où Steven s’échine à rendre tout explicite et clair pour les grands enfants qui le regardent, Steven excelle à obscurcir le transparent – et The insider est un film définitvement rempli de points d’opacité
              etc etc

              • #149185 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                et les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce

                • #149190 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « Tu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. »
                  Toi même ne le niait pas en GO te demandant même si le Spielberg que tu préférerais ne serait pas l’entertainer pur, celui des Aventuriers de l’Arche perdue.
                  Ce en quoi je souscris, ayant revu avec un plaisir non feint cet autre « ennemi de cinéma  » (eh oui, paradoxe) que constitue Indiana Jones et le Temple maudit, peut être le meilleur de la franchise.

                  • #149194 Répondre
                    lassou
                    Invité

                    Pourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ?

                    • #149204 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « Pourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ? »

                      Parce qu’il coche toutes les cases de l’infantilisation du cinéma hollywoodien , et le devenir hégémonique de cette infantilisation qui commence quelque part avec Les Dents de la mer, pour asseoir son règne avec ce Temple maudit : pillage/copie des poncifs des vieux films d’aventure et des serials qu’on embourgeoise à coup d’effets spéciaux, inflation des péripéties jusqu’au non sens, etc..
                      A l’époque on disait « films faits par ordinateur »
                      On dirait IA aujourd’hui.

                  • #149199 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    En effet je ne l’ai jamais nié. Et j’ai toujours dit que ça ne suffisait pas à faire un cinéaste (sauf à occulter mille choses, comme tel individu rencontré récemment qui prétendait ADORER MUNICH tout en se foutant royalement de ce que ça raconte). Cette conception « vierge » du savoir faire de cinéaste est typiquement… spielbergienne. Que le cinéma soit cette espèce de bulle enfantine qui ne veut rien savoir du reste. Qu’un plan soit une chambre d’enfant où bien dormir.
                    Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. Et ce n’est pas une nuance.

                    • #149201 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. « 
                      En plus c’est vrai.

                  • #149205 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Par ailleurs malgré le goût de Spielberg pour l’image il y a une certaine matérialité (souvent carton-pâte, mais le carton ça reste de la matière et non des pixels) qui a progressivement disparu de son cinéma en même temps que du reste d’Hollywood. Un peu moins chez lui, mais quand même. Dans Indiana Jones 123, quand un tank tourne devant la caméra, on sait à tout jamais à quoi ça ressemble un tank qui tourne, quel est son poids, ce que ça fait aux cailloux. Tout ça est beaucoup plus visuel et moins matériel aujourd’hui chez Spielberg. Ca partipe au fait que ça tourne plus à vide en XXIeme siècle qu’avant, même sur de l’entertainment pur, même avec un brio technique plus affirmé.

                    • #149206 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      C’est juste mais c’est aussi tout simplement la dictature des pixels et des fonds verts que tu peux incriminer.
                      Les 3 premiers Indy sont des films en dur.

                      • #149207 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        En même temps c’est ce que tu dis (rires)

                      • #149209 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Alors dictature des pixels et fond vert oui c’est ce que disais mais il s’est passé autre chose chez Steven en plus je pense. Par exemple : avec les années, il a perdu son intérêt pour les visages humains. Il a passé une décenie à filmer Tom Cruise, DiCaprio et Eric Bana, choisis surtout pour leur statut de star (ça demande un effort mais il faut bien se souvenir que Bana était alors une star). Ses castings dans leur intégralité sont devenus plus lisses (physiquement), il suffit de se concentrer sur ses jeunes comédiens pour que ce soit flagrant.

                      • #149210 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Un Tom Hanks est quand même plus lisse que Harisson Ford, Sam Neil, Ralph Fiennes ou Robin Williams.

                      • #149228 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui mais Tom Hanks était lisse comme une figure de l’américain moyen qui a gravi ou non les échelons, avec un visage humain, sans avoir une beauté irréelle à la Pitt ou publicitaire à la Cruise, à la limite de l’androgynie. C’est le James Stewart des années 90. Les autres que tu cites n’ont pas incarné grand-chose, à l’exception de Ford qui serait une version virile de Hanks.

                • #149203 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  « et les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce » Bien sûr, ça m’a juste fait rire que ce soit le premier résultat Google aujourd’hui sur « Steven Soderbergh ». Reste que le pont existe. Tu sais bien qu’il dissèque l’artisanat de Fincher et Spielberg (et d’autres), cf Indiana Jones en noir et blanc, etc.
                  Je passe sur le point 1 qui est un désaccord à jamais acté comme sur les 2, 3 et 4 sur lesquels il y a accord total. Ce n’était pas exactement ma question. C’était plutôt : est-ce que ce savoir faire là de Soderbergh, très présent dans The Insider et qui à mon avis utilise une bonne part de son énergie sur le plateau, participe à la grandeur de son cinéma ? Est-ce entremêlé à ses autres talents ou est-ce parfaitement distinct ? Est-ce que c’est sur ce terreau classique voire classiciste de haute qualité que doit s’épanouir son opacité, sa capture du reel, son inventivité formelle ? (Il est évident que ce talent pour la grammaire classique aide sa carrière et donc favorise l’existence de ses films, mais ce n’est pas le sujet)
                  En y repensant j’avais The Girlfriend Experience en tête. De ce que j’ai vu un de ses rares films où l’artisanat hollwoodien est en gros absent et qui est peut être son plus fort. Ce qui pousserait à dire que c’est dissocié, voire même peut-être un frein. Mais de l’autre côté je pense à l’incroyable quantité de série B qu’il fabrique, où on voit bien que le cadre – scénaristique et visuel – hollywoodien/cinoche/académique offre à ce monsieur un terrain de jeu idéal. Il y a quelque chose de profondement ludique à tous les étages chez ce Steven là.

        • #149195 Répondre
          lassou
          Invité

          T’aimes rien du tout ? Même pas les indy ou la guerre des mondes ? Faut que je le revois mais grand souvenir de celui-ci.

          • #149218 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai revu La guerre des mondes il y a trois jours, que je trouve plutot un très bon film catastrophe (et non pas d’action, car il n’y a pas d’action), mais d’une insignifiance totale (et d’une grande laideur chromatique, ajouté-je)

            • #149221 Répondre
              lassou
              Invité

              Revisionnage de plusieurs Spielberg donc, pour préparer le Tout va bien sur discolure day ?

              Insignifiant en quoi ?

              Rien à voir, fin pas totalement, j’ai souvenir d’une critique de toi où tu compares le film à La Vie est belle de Benigni, avec Cruise qui transforme l’événement en jeu. Tu ne saurais pas où je peux retrouver ça, par hasard stp, si tu te souviens dans quel mag ça avait été publié.

      • #149198 Répondre
        lassou
        Invité

        Je fais pareil, sur les premiers films, on sent qu’ils n’ont quand même pas grand-chose à dire, mais se focaliser sur des détails simples et véridiques ça suffit (genre pour le premier : scène d’un type qui range ses courses est suivie d’une scène de discussions, la discussion commence en off pendant que le type range, les scènes s’emboîtent sans arrêt avec la discussion en voix off, je retranscris sûrement très mal).

        Le premier, je le trouve chouette, on y trouve déjà le « swing » de Soderbergh, peut-être à cause du dispositif sur le son, l’actrice est jolie, il y a le côté « entertainement » dans la mise en scène, à chaque fois lors de la « discussion finale »/du climax je me dis quand même que le film est un peu vide. Kafka je déteste, et le troisième (je me suis arrêté là), le « à la spielberg » selon le livre, c’est mon préféré pour le moment. En dehors des qualités ou non, grosse sympathie à chaque fois, parce que tu sens, et c’est ce qui ressort du bouquin, que c’est un type qui se cherche.

        Et ouais, je trouve aussi que the insider c’est un sommet, c’est lui qui m’a donné envie de faire sa filmo (je connais très mal) et de lire le livre.

        • #149213 Répondre
          Tony
          Invité

          En effet King Of the Hill gagne à être connu,il y a un peu de Spielberg,de l’émotion,mais en beaucoup plus fort car saisi dans un ancrage social,à la Dickens,et déjà une description réaliste,d’époque et reconstituée,qui nous fait voir quels types de rapports sociaux sont produits par l’économie,et il y a aussi cet aspect, plutôt rare dans ses films suivants, où on sent une inquiétude sur sa judéité avec une scène magnifique où il est dans un train et il aperçoit son voisin,amaigri,qui avait été expulsé et qui vit maintenant dans un bidonville et il le salue de loin alors que le train continue à rouler et on a cette image qui nous vient d’un camp de concentration, c’est assez stupéfiant.

          • #149214 Répondre
            Tony
            Invité

            Kafka est pas si mal que ça si on accepte qu’il ne s’agit pas de l’écrivain en tant que personne mais de sa mythologie.

      • #149229 Répondre
        Charles
        Invité

        Les deux Steven qui se sont bien fait défoncer par le binôme Joudet-Denouette dans les midis de culture. Joudet exagère évidemment car les films de Soderbergh sont quand assez reconnaissables même quand ils sont sous influence.

        • #149233 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je me souviens de Soderbergh au début des années 2000 (probablement pendant le bide Solaris) qui remarquait que son côté touche à tout déstabilisait certainement la critique qui avait alors du mal à le considérer comme un cinéaste et à la prendre au sérieux. Il revendiquait alors de ne justement pas être reconnaissable. C’était alors plus vrai qu’aujourd’hui.

          • #149241 Répondre
            Tony
            Invité

            Je viens de voir Disclosure Day et je vais écouter les deux larrons des midis de culture,je me demande si le TVB va être maintenu,je ne sais pas ce que François va pouvoir en dire,ça risque d’être sanglant, c’est vraiment un drôle de truc, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.

    • #149230 Répondre
      Momo
      Invité

      En terme d’entertainment pur, je ne suis pas loin de penser que Catch Me If You Can (Arrête moi si tu peux) n’est pas loin d’être le meilleur film de Spielberg, ou du moins son plus sous-estimé.

    • #149232 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      On ne me fera pas croire qu’il s’agit d’une coïncidence.
      Alors qu’hier soir FB demande à voir le texte de soutien au boycott de Lapid, dit que cette histoire l’intéresse, que ce matin il dit dit qu’il va décevoir les « onpiniocentriques » mais que cette affaire lui prend la tête et qu’il n’a pas d’opinion là-dessus, ne voilà-t-il pas qu’à 8h10 précise, il s’en prend on ne peut plus violemment à Munich, de Steven Spielberg. Film qui en fait, je le cite, un adversaire politique. Et qu’un individu (François nous précise bien que ce n’est même pas un ami) qui prétend avoir adoré Munich, se fout royalement de ce que ça raconte.
      Je n’ai aucun problème à reconnaître que Spielberg est une bonne tête de Turc.
      Traduction : Attention ! Nous rappelle l’ami Bégaudeau,
      je ne suis pas si neutre que ça ! C’est pas vrai, je ne suis pas neutre c’est pas vrai ! Voyez ce que je fais d’un film comme Munich…
      Faut pas me chercher très longtemps avec les problèmes d’idéologie moi. Je sais les décrypter moi. Les sionistes je les sens 100 mètres à la ronde. Et puis si on n’a pas compris de quel côté je suis, la prochaine fois je vous parlerai de la 7ème Compagnie, et au clair de lune en plus ! Faut pas m’chercher longtemps moi !

      • #149237 Répondre
        poissonvache
        Invité

        Il y a pas à chercher 12h à 14h, je pense que François veut un peu avoir le beurre et l’argent du beurre, à la fois l’apanage du penseur critique, contre l’ordre dominant tout en se gardant de trop s’engager sur les sujets militants « chauds » (qu’il considère indigne d’intérêt, lui qui aime toujours refroidir les situations pour les décortiquer). C’est pour cela d’ailleurs qu’il développe tout son discours autour du déterminisme qu’on lui connait bien: « si tout est déterminé, à quoi bon s’engager et militer ? »
        .
        Néanmoins à la question « est ce que Bégaudeau est un camarade » ? Bien sûr. Ses essais politiques, les sujets et la littérature qu’il développe dans ses romans, son travail dans la critique de cinéma etc.. tout transpire la gauche sans oublier toutes les interventions sur le web et son bagou qui a gauchisé pas mal de confus sur internet..
        .
        Si on devait chercher des raisons à son positionnement, faudrait aller voir du côté de son passé, l’expérience avec Ségolène Royal en 2007 (dont il parle peu) qui l’a un peu dégouté de l’engagement politique ? Peut être un intérêt boutiquier ? En effet, des Ernaux ou Vuillard, du haut de leur prix littéraires qui leur assurent des ventes confortables peuvent se permettre leur prise de position, François accommode donc son mépris du militantisme au fait que ça pourrait en plus lui amener des emmerdes (là je connais pas suffisamment le milieu littéraire et les ventes de chacun pour avoir un avis) ? Peut être aussi qu’il a vécu d’une époque où les artistes engagés se sont fait plus rares et que ça l’a influencé (chute du mur, fin de l’histoire etc) ?
        .
        Alors bon, il a la volonté de confort petit bourgeois de l’artiste qui souhaite rester dans son petit environnement cotonneux de l’art, c’est compréhensible, mais lui en faire grief n’est ce pas en attendre un peu trop de lui ? Est ce que ce n’est pas aussi parce qu’il fait du bien à la gauche su les autres plans que l’on voudrait le voir en artiste/intellectuel engagé « total », aussi engagé sur des piquets de grève, les manifs, signant des tribunes, se ralliant à un parti etc ?

        • #149238 Répondre
          Cabruelino
          Invité

          Si on le lit bien il dit que Spielberg est un adversaire, et rajoute ensuite pas un ennemi

          Les boycotteurs voient Lapid comme leurs ennemi

          Le point est la je pense

          • #149255 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Bien dit, bien vu dans l’ensemble.
            D’ailleurs cette idée de l’écrivain engagé a été façonnée de plusieurs façons. Même par Sartre à qui revient la palme du concept.
            La première mouture était du temps ou il était encore complice avec Camus.
            C’est personnellement cette version là que je préfère. Qui consiste à dire que tout écrivain est engagé, et même toute écriture. Ne serait-ce par la posture que prend l’écrivain dans et par ce qu’il raconte. Dans le jeu de l’époque et des forces en présence.
            Autrement dit, qu’il y a une éthique de l’engagement inhérente à ce qu’on raconte et la façon dont on le raconte. C’est l’existence qui rayonne et qui va à l’encontre de l’esprit militant qui voudrait que tout soit explicité.
            C’est plus tard en devenant compagnon de route du PC que l’engagement sous la plume de Sartre s’est épaissi. Faut dire que l’époque était différente.
            Quoi qu’il en soit c’est le politique qu’on voit poindre en filigrane de l’art, parce que l’art en filigrane du politique, ça, il n’y a que le militantisme qui en fait le pari.
            .
            L’expérience avec Ségolène Royale ?
            Quelle expérience ? Expérience… traumatisante ?

            • #149291 Répondre
              poissonvache
              Invité

              Je suis d’accord qu’il y a plusieurs moutures de « l’artiste engagé » et il me semble que ce sujet a été très travaillé (malheureusement j’ai peu lu sur ce sujet).
              « Faut dire que l’époque était différente. »: C’est effectivement un paramètre important dans cette discussion. Il y a effectivement des moments de l’histoire où l’heure est au choix, à l’engagement, et où il est compliqué de rester dans le domaine éthéré de l’artiste.
              D’ailleurs du côté de François, sa production artistique et intellectuelle s’en fait ressentir, la repolarisation politique des dernières années l’a conduit à sortir des essais (Histoire de ta bêtise, Notre Joie ..) clairement marqués à gauche, en rupture avec l’ordre établi.
              Donc oui, il s’inscrit dans cette tendance structurelle de repolarisation, il a choisi (ou il s’est fait traversé par des déterminismes qui l’y ont conduit comme il le dirait). Néanmoins il ne passe pas totalement le pas en allant jusqu’à l’engagement militant. D’un côté on peut le blâmer de ne pas « faire sa part » et participer pleinement à la dynamique de la gauche, de l’autre il faut aussi constater que la gauche n’est pas encore assez puissante pour faire en sorte qu’il deviennent normal et inconcevable pour lui de ne pas prendre parti dans ce moment (car puisque François est 100% déterminé, il suivra le mouvement si la dynamique est bonne).
              Concernant Ségolène Royal, c’est en lien avec un doc qu’il avait réalisé avec ses amis où ils expliquaient qu’ils voteraient PS en 2007. Je ne connais pas cette époque donc c’est dur pour moi de recontextualiser. Lui n’a, à ma connaissance jamais trop développé sur cette épisode de sa vie (pas de souvenir dans son livre Deux singes ou ma vie politique, ni dans ses interventions sur internet, peut être que je me trompe).

              • #149307 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Intéressant ce que tu dis. Néanmoins il a raison de ne pas passer le cap du militantisme. D’ailleurs ça veut dire quoi « faire sa part »? On peut militer pour une cause très précise sans pour autant revêtir l’uniforme intégral du militant. Un écrivain se doit d’être dégagé. On peut être marqué à gauche sans être militant. Maintenir la distance nécessaire pour inscrire les faits sociaux dans une vision plus large que le pur et simple politique. Un projet littéraire ne doit pas ressembler à un plan de carrière, mais bien souvent c’est le militant qui s’enferme dans des schémas rationnels répétitifs, une fétichisation du discours, aveugles aux subtilités qui habitent les phénomènes.
                Ce qui m’intrigue bien, c’est ce que tu dis de 2007, parce qu’à l’époque il y avait une grosse préoccupation à gauche de l’élection de Sarkozy. C’est pourquoi sans connaître cet épisode, ce doc dont tu parles et ce vote, je me demandais si aujourd’hui, l’urgence de la situation le déterminerait à aller voter. Tout comme Shiva.

              • #149597 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Permets moi de donner ma version
                La publication d’essais n’a rien à voir chez moi avec une nécessité de « s’engager » liée à un certain état des choses.
                Il se passe qu’on m’a commandé un essai en 2017, lequel est devenu Histoire de ta betise, et que, l’écrivant, j’ai entrevu un espace d’écriture fécond et qu’il m’intéressait d’explorer, comme un cinéaste découvrirait qu’il se sent bien dans le genre western et peut y faire des belles choses.
                Je signale en outre que ce mode d’écriture je l’avais pratiqué précédemment, par exemple dans D’ane à zèbre, écrit en 2012 (et dont un des fragments est consacrée à déconstruire la valeur mérite, un autre à décrire ce que pourrait etre une raport bourgeois au monde), mais beaucoup à travers des articles ou textes, dont une toute petite partie a été republiée l’an dernier dans l’ouvrage nommé Interlope – et que je trouvais intéressant de republier dans la mesure où précisément il permet de restituer la réalité d’un « parcours » (le mien)
                Aussi bien, à un individu qui récemment me reprochait d’etre quasi exclusivement centré sur la question des classes, je signalais, pour sa gouverne, que nombre de mes productions théoriques des années 2000 portait sur les questions de race et de genre (ce que Interlope archive aussi)

                • #149689 Répondre
                  poissonvache
                  Invité

                  Oui, on a compris.. tu n’es pas un militant (pas suffisamment cool dans la cour de récré) et tu as depuis toujours été un fieffé marxiste, décolonialo-féministe. D’aucun diraient que tu essayes de cacher des atermoiements de jeunesses (Pas de dépliement de ce qui s’est passé avec Ségo en 2007) ? Moi je dirais, avec une certaine provocation, que tu es en train de réécrire ta biographie par esprit de boutiquerie (« biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire »).
                  Hate en tout cas que tu obtiennes ton Nobel en 2026 pour ne plus en avoir rien à foutre et qu’on te voit faire les premières partis des meeting du vieux en 2027.

                • #149690 Répondre
                  poissonvache
                  Invité

                  Sans rire, avec l’habileté que tu as à t’ausculter et déplier les choses qui te traversent, je serais très intéressé de savoir ce qu’il y a eu autour de ce docu en 2007. Ou alors c’est plus facile d’admettre qu’on est traversé par des affects raciste en regardant l’EDF que d’admettre qu’on a milité pour le PS en 2007 ? (te braques pas pitié, je rigole François)

    • #149250 Répondre
      Charlie
      Invité

      Après peut être qu’il est possible de concevoir, à part pour les begaudien radicaux ou les antis (dont je me demande tout le temps ce qu’ils ont comme vie pour être autant présents ici) et qui attendent une opinion pour pouvoir soit suivre aveuglément la parole sacrée soit lapider le faux prophète, qu’il est un peu laborieux d’avoir une opinion tranchée sur ce sujet ?

      Pour ma part le texte de Sylvain George et les deux pétitions se répondent bien, je peux comprendre qu’il soit nécessaire qu’il y ait des dommages collatéraux dans une position de boycott qui doit être totale comme je peux concevoir qu’il est regrettable qu’on ne réduise un cinéaste à sa seule nationalité. D’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?

      Difficile donc de s’exprimer sur cette affaire, la seule chose que je sais c’est que le FID a toujours eu l’air ultra-chiant.

      • #149253 Répondre
        Remy
        Invité

        D’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?
        https://www.bdsfrance.org/un-eclairage-bds-sur-nadav-lapid/

        • #149254 Répondre
          Remy
          Invité

          Invité à participer au jury du festival international du cinéma de Marseille (FID), le réalisateur Nadav Lapid vient d’annoncer l’annulation de sa participation à la suite d’appels au boycott. Des personnalités du cinéma s’émeuvent qu’un cinéaste ouvertement critique du régime israélien se retrouve « censuré » au nom de la contestation du régime en question [1]. D’autres au contraire, estiment que les milieux culturels ne peuvent faire exception, c’est l’avis défendu ici par le cinéaste Sylvain George qui propose une réflexion sur cette « vieille théologie de l’art », c’est-à-dire l’idée bourgeoise et réactionnaire selon laquelle les œuvres, les artistes et les institutions culturelles pourraient être soustraits aux conditions politiques, économiques et historiques de leur existence. Il propose ainsi de déplacer la discussion du terrain des personnes vers celui des institutions, des financements, des régimes de visibilité et des responsabilités qui accompagnent toujours la circulation des œuvres.
          —-
          ///Le symptôme du FID Marseille ///
          Ce qui s’est passé autour du FID Marseille est révélateur. Nadav Lapid devait participer au jury de la prochaine édition du festival, du 7 au 12 juillet 2026. Plusieurs cinéastes sélectionné·es ont alors menacé de retirer leur film, en raison de ses liens avec des financements institutionnels israéliens. Le festival a d’abord tenté de déplacer sa présence vers une simple séance autour de son film Policier, avant que Lapid ne renonce finalement à venir. Selon Le Monde, près d’une dizaine de films auraient été retirés ou menacés de l’être dans ce contexte. [2]
          Il ne s’agit pas ici de savoir si Nadav Lapid est, subjectivement, un partisan ou non du gouvernement israélien. Il ne l’est manifestement pas. Il s’est souvent présenté en effet comme critique de la société israélienne, et son dernier film, Oui, a été reçu par une partie de la bourgeoisie culturelle européenne comme un « brûlot » anti Israël – ce qu’il n’est pourtant en aucun cas. [3] Mais c’est précisément là que commence le problème. Car le boycott culturel, tel qu’il est pensé par BDS, ne repose pas sur l’examen moral des consciences individuelles. Il repose sur une analyse institutionnelle. La question n’est pas de savoir si un cinéaste est critique, sympathique, dissident ou progressiste. Elle est de savoir si son travail circule avec le soutien, le financement ou la légitimation d’institutions liées à l’État israélien.
          /// Ce que vise le boycott ///
          Au regard des critères PACBI, [4] la question n’est donc pas l’identité israélienne de Nadav Lapid, ni sa seule présence individuelle, mais le statut institutionnel de cette présence, les financements mobilisés par ses films, la projection envisagée du Policier et la manière dont un festival international peut, même malgré lui, reconduire une normalisation culturelle de l’État israélien au moment même où celui-ci poursuit une politique coloniale et génocidaire. Le boycott, tel que l’envisage BDS, ne vise pas les artistes en tant qu’individus, ni leur nationalité, ni leurs opinions personnelles. Il vise les institutions, les financements, les parrainages, les opérations de représentation et les dispositifs de blanchiment politique. En aucun cas il ne s’agit d’une chasse aux sorcières, ni de la mise au pilori d’un homme. Réduire le débat à une querelle personnelle autour de Nadav Lapid reviendrait précisément à manquer ce qui est en jeu. La question n’est pas celle d’une conscience individuelle, mais celle des rapports entre culture, institutions et pouvoir. C’est pourquoi il faut être extrêmement précis. Refuser Lapid comme personne ne serait pas, en soi, conforme à l’esprit du boycott. Interroger sa présence comme figure invitée, dans un festival, avec une œuvre soutenue par des fonds israéliens et une projection envisagée, relève en revanche d’une critique des conditions institutionnelles de circulation des films.
          /// Un État colonial, un monde détruit ///
          Aujourd’hui plus que jamais, accepter des fonds institutionnels israéliens ne peut plus être traité comme un simple détail administratif. Nous ne sommes pas dans une situation abstraite, ni dans un conflit symétrique entre deux récits. Nous sommes face à un État dont le premier ministre, Benyamin Netanyahou, est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité [5], tandis que son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure d’extrême droite, est interdit d’accès au territoire français depuis le 23 mai 2026 [6]. Nous sommes face à un droit international constamment bafoué, à des arrestations arbitraires, à la détention sans jugement, aux violences répétées contre les prisonniers palestiniens, aux accusations de tortures et de viols sexuels, y compris avec des chiens, mais aussi à des dispositifs d’exception qui cherchent à rendre juridiquement possible la peine de mort uniquement contre des Palestiniens. Nous sommes face à un génocide en cours à Gaza, c’est-à-dire à une politique d’extermination documentée par de nombreuses instances internationales, dans un contexte où la Cour internationale de justice a ordonné dès janvier 2024 [7] à Israël de prévenir les actes relevant de la Convention sur le génocide, tandis qu’une commission d’enquête indépendante de l’ONU a conclu en septembre 2025 [8] qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza.
          À cela s’ajoute l’urbicide, c’est-à-dire la destruction méthodique des conditions urbaines de l’existence. Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui sont détruits, mais des milieux de vie, des hôpitaux, des écoles, des archives, des quartiers, des cimetières, des infrastructures d’eau, de soin, de circulation, de transmission [9]. L’écocide accompagne ce processus, car la destruction de Gaza est aussi celle d’un environnement rendu inhabitable. Il ne s’agit donc pas seulement de morts, mais d’attaques répétées contre la possibilité même de vivre, d’habiter, de respirer, et de transmettre un patrimoine culturel.
          Ce processus ne se limite pas à Gaza. Le Liban est lui aussi pris dans une logique d’expansion militaire, d’occupation et d’annexion de fait. En 2026, Israël a de nouveau étendu ses opérations dans le sud du Liban, jusqu’à reprendre le château de Beaufort, lieu emblématique de l’ancienne occupation israélienne de 1982 à 2000 [10]. Plusieurs observateurs ont immédiatement souligné le risque d’une occupation prolongée et d’un enlisement colonial renouvelé. [11]
          Dans cette configuration, recevoir l’argent d’un fonds israélien n’est pas neutre. Cela revient, qu’on le veuille ou non, à participer à l’économie symbolique d’un État engagé dans des politiques coloniales, militaires et exterminatrices. Ce n’est pas une simple affaire d’intégrité, voire de pureté individuelle. C’est une affaire de responsabilité institutionnelle. Un artiste peut se dire contre le gouvernement, un film peut se présenter comme critique, mais cela ne signifie pas pour autant que l’institution qui finance, soutient, exporte et valorise ce film ne participe pas à une stratégie de normalisation. Cela permet de dire au contraire que la culture israélienne continue, que le débat existe, que la démocratie critique fonctionne encore, alors même que les structures matérielles de l’existence palestinienne sont détruites.
          /// « Un artiste n’est pas une orange » ///
          C’est là que le débat sur la liberté artistique devient profondément hypocrite. Une partie du monde culturel accepte très bien le boycott lorsqu’il vise la Russie, l’Iran, ou d’autres États désignés comme infréquentables. Elle l’accepte aussi, parfois, lorsqu’il s’agit de produits issus de l’agriculture israélienne ou de l’économie coloniale. Mais lorsqu’il s’agit d’artistes, elle se révolte aussitôt, comme si l’art changeait magiquement la nature du problème. Nombre d’arguments se font alors entendre du type « un artiste n’est pas une orange ». La formule paraît de prime abord généreuse. Mais elle est surtout révélatrice d’un mépris profond pour les travailleurs, les paysans, les ouvriers agricoles, comme si eux pouvaient être boycottés sans dommage parce qu’ils n’auraient pas la dignité symbolique de l’artiste. Elle reconduit surtout une hiérarchie ancienne entre les formes nobles de la culture et les formes supposées ordinaires de la production matérielle. Le boycott ne compare pas les « artistes à des oranges. » Il rappelle simplement qu’aucune production, qu’elle soit agricole, industrielle, universitaire ou artistique, n’est innocente lorsqu’elle est prise dans des circuits institutionnels qui servent à normaliser un État colonial.
          /// La vieille théologie de l’art ///
          Ce qui se défend ici, sous couvert de protection de l’art, c’est donc un partage beaucoup plus ancien entre les œuvres et le monde qui les rend possibles. À la production agricole, industrielle ou commerciale, on reconnaîtrait des circuits, des intérêts, des dépendances, des responsabilités. À l’art, en revanche, on accorderait une sorte d’exemption symbolique, comme si une œuvre cessait d’être prise dans des financements, des institutions, des États, des marchés et des stratégies de prestige dès lors qu’elle pouvait invoquer la liberté de création. C’est ce partage qu’il faut refuser. Non pour réduire l’art à ses conditions matérielles, mais pour rappeler qu’il ne s’en affranchit jamais absolument.
          Le problème n’est donc pas seulement le deux poids deux mesures. Il est le partage qui rend ce deux poids deux mesures possible. Un partage entre la culture et le reste du monde, entre l’œuvre et ses conditions de possibilité, entre l’artiste et les autres travailleurs, entre l’esthétique et les rapports de pouvoir qui organisent sa visibilité. C’est parce que l’art est encore pensé comme une région séparée, presque soustraite au commun, que l’on peut considérer comme légitime le boycott d’un fruit produit dans une colonie et comme scandaleuse l’interrogation des fonds, des institutions et des circuits diplomatiques qui rendent possible la circulation d’un film.
          Derrière cette distinction se maintient une vieille théologie de l’art [12]. D’un côté, il y aurait le monde ordinaire de la production, des échanges, des dépendances et des rapports de force. De l’autre, un domaine supposément supérieur où l’œuvre circulerait affranchie de ses conditions d’existence. L’artiste y apparaîtrait comme une figure à part, plus fragile, plus précieuse, plus digne de protection que celles et ceux qui produisent, récoltent, transportent, nettoient, bâtissent, soignent ou survivent dans les régions directement touchées par les politiques coloniales. Ainsi se reconstitue, au cœur même des discours progressistes, une aristocratie implicite de la culture.
          Cette aristocratie ne dit presque jamais son nom. Elle se présente comme défense de la liberté d’expression, parle d’autonomie de l’art, de complexité des œuvres, de refus des amalgames etc. – on ne connait que trop bien ce discours. Mais elle produit elle-même les amalgames qu’elle prétend dénoncer. Elle confond la critique d’un dispositif institutionnel avec l’attaque d’un individu, transforme l’examen d’un financement en un procès moral, rabat la mise en cause d’une opération de normalisation culturelle sur une hostilité envers les artistes. Elle inverse ainsi la charge de la violence. Ceux qui interrogent les conditions politiques de circulation des œuvres deviennent des censeurs, tandis que les institutions qui blanchissent un État colonial deviennent les garantes de la liberté. Du vertige de l’inversion.
          /// L’indignation sélective ///
          C’est précisément dans cette inversion que se loge l’indignation sélective. Lorsqu’un boycott vise des produits, des entreprises, des banques, des universités ou des institutions identifiées comme parties prenantes d’un système de domination, il peut être reconnu comme un geste politique. Lorsqu’il touche la sphère culturelle israélienne, il est immédiatement soupçonné de dérive morale, d’essentialisation, de censure ou de haine. Le principe change selon l’État concerné, mais aussi selon la valeur symbolique accordée à ceux qui sont touchés par le boycott. Ce n’est donc pas le boycott qui est sélectif, mais bel et bien l’indignation contre le boycott.
          Ce boycott à deux vitesses révèle un partage conceptuel plus profond encore. D’un côté, il y aurait les conflits qui engagent pleinement la responsabilité des artistes et des institutions. De l’autre, il y aurait Israël, que l’on voudrait maintenir dans une zone d’exception, au nom de la complexité, de l’histoire, de la souffrance juive, ou de la prétendue autonomie de la culture. Mais cette autonomie devient alors un privilège politique. Elle ne protège pas l’art, elle protège certaines institutions de l’obligation de répondre de leurs conditions d’existence.
          /// Ce qu’un film emporte avec lui ///
          C’est précisément ce que le collectif La Palestine sauvera le cinéma [13] entend faire résonner avec un grand courage depuis le début de son existence à l’été 2025. Non pas faire de la Palestine un thème obligatoire, ni assigner les films à une fonction militante, mais rappeler que le cinéma ne saurait être séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence. L’enjeu est d’inviter les festivals, les cinéastes, les critiques, les producteurs et les spectateurs à regarder ce qu’ils préfèrent souvent ne pas voir : un film n’arrive jamais seul. Il arrive avec ses financements, ses alliances, ses circuits de légitimation, ses silences, et ses conditions de visibilité.
          Refuser les institutions culturelles israéliennes impliquées dans la normalisation d’un État colonial et génocidaire, ce n’est certainement pas haïr les artistes. Ce n’est certainement pas refuser les œuvres. Ce n’est certainement pas interdire la pensée. C’est au contraire rappeler que la culture n’est pas au-dessus du monde, mais en fait partie. Elle peut servir à le contester. Mais elle peut aussi servir à le blanchir. Et il ne faut pas l’oublier.
          Le cas du FID Marseille aura au moins eu cette vertu. Il aura rendu visible une ligne de fracture. Certains veulent continuer à penser le cinéma comme un espace séparé, miraculeusement préservé des rapports de domination qui traversent le monde. Ils reconduisent ainsi l’idée d’un art hors sol, séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence, comme si l’esthétique pouvait être abstraite de ses usages, de ses financements et des récits qu’elle permet de faire circuler. D’autres considèrent au contraire qu’un festival, un jury, un financement, une invitation, une sélection, sont aussi des actes politiques. La question n’est pas de « purifier » le cinéma, comme on l’entend ici ou là. La question est de savoir de quel côté il accepte de se tenir lorsque l’histoire ne permet plus lce qu’on nommera ici l’extraterritorialité morale.
          Car aucune image ne traverse impunément un monde en ruines. Elle y prend place, elle y répond, elle y engage quelque chose de ceux qui la font circuler. Et lorsque les villes sont détruites, lorsque les corps sont affamés, ensevelis, brûlés, lorsque les archives disparaissent sous les décombres et que les morts eux-mêmes sont privés de repos et de sépulture, le cinéma ne peut plus prétendre n’être qu’un art de la distance et habiter un dehors de l’histoire. Il devient, qu’il le veuille ou non, l’un des lieux où se décide ce qui sera encore regardé, ce qui sera encore nommé, ce qui sera encore sauvé du mensonge et de l’effacement, de la falsification et de la nuit calcinée. Car il est des moments où ne pas choisir revient déjà à choisir le camp de l’oubli et de l’irresponsabilité. Lorsque l’histoire brûle, l’art qui se prétend « innocent » travaille pour les cendres.
          Sylvain George- lunidmatin

          • #149262 Répondre
            Pedri
            Invité

            C’est fort

            • #149317 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Ah, Sylvain George…. Tant à dire.
              Mais déjà ceci : que moi je ne trouve pas ça fort du tout. Et qu’incriminer la « théologie de l’art », c’est vraiment avoir 20 voire 50 ans de retard. C’est vraiment ne rien comprendre à la misère que l’époque, tous camps confondus, fait à l’art.

              • #149322 Répondre
                Pedru
                Invité

                C’est encore plus fort

              • #149668 Répondre
                poissonvache
                Invité

                Je pense qu’une petite analyse matérialiste s’impose.
                Affirmer que critiquer la téléologie de l’art serait « avoir 20 ou 50 ans de retard », croire que l’histoire de l’art aurait déjà réglé ses comptes avec ses propres mythologies. Or la téléologie revient sans cesse parce que les conditions matérielles qui la soutiennent — institutions, marchés, récits nationaux, industries culturelles — continuent de se recomposer.
                Dire que ce débat est dépassé, c’est refuser de voir que l’époque maltraite l’art justement parce qu’elle tente de lui réassigner des finalités — morales, identitaires, politiques — qui relèvent d’une téléologie réactivée sous d’autres formes.
                Si l’époque « fait misère à l’art », c’est justement parce que les anciens récits téléologiques — progrès, autonomie, mission civilisatrice — ne tiennent plus face à la fragmentation des marchés, à la précarisation des artistes, à la globalisation des pratiques et aux injonctions politiques contradictoires.
                Je n’ai pas toute la bibliographie de la téléologie de l’art en tête, et je ne sais pas si tu as dit « 20 ans/50ans » à l’emporte pièce ou pour parler d’époques précises. Mais si oui, ces périodes sont à mettre en perspectives avec les périodes de critique, et recomposition de l’art.

                • #149671 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  confusion
                  précisons
                  la théologie de l’art qu’évoque Sylvain Geroege se définit dans les stricts termes de : l’art pour l’art
                  Selon cette religion, l’art serait autonome, et n’aurait à répondre que de lui – sans référence au réel
                  Remarque 1 : dans sa pratique, dans son concret, l’art n’a jamais été fidèle à cette théologie, à laquelle souscrivent seuls ceux qui n’entendent rien à l’art – et pour tout dire l’ignorent. Tout art est référé au réel.
                  Remarque 2 : ce que nous observons depuis bien de décennies maintenant, c’est combien l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques : des attentes sociales, morales, etc. Des attentes de la société. Ce que j’appelais, dans Comme une mule, sociocentrisme. Si cela ne t’est pas apparu, je m’étonne. Et je veux bien que tu me donnes des exemples, dans l’espace social majoritaire, de lieux où l’art est traité comme une fin en soi

                  • #149673 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    PS : l’analyse matérialiste que tu appelles de tes voeux, je l’esquisse dans Du mépris. C’est celle de la déculturation de la bourgeoisie, à laquelle je donne des causes d’abord économiques et matérielles, et qui produit ceci : s’il a pu etre possible, pendant un siècle ou deux, que la bourgeoisie en pleine prospérité puisse s’intéresser à l’art pour lui-même, et donc définir un gout légitime qui faisait une part à la mythologie de l’autonomie, ceci est désormais bien révolu. L’art doit servir : une cause, un discours. Il n’est vendable que s’il peut etre rapportée à des questions sociales, sociétales, morales.
                    Dans les éléments de communication délivrés par les marchands d’art (de cinéma, de littérature, etc), un impératif : qu’il n’y soit jamais question, d’art, d’esthétique, de forme. Il faut un sujet, il faut un enjeu – il faut pouvoir idéalement biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire, etc. C’est ainsi que le marketing littéraire prise de plus en plus, chez Gallimard comme chez Robbert Laffont, le témoignage.

                    • #149679 Répondre
                      poissonvache
                      Invité

                      Ce que je voulais pointer en parlant d’analyse matérialiste, c’était peut être plutôt réinjecter du matérialisme dialectique (je sais jamais si je dois employer juste matérialisme, matérialisme dialectique, matérialisme historique ..). Dans le sens où à certaines époques, en fonction des conditions matérielle dans lesquelles s’exprime l’art, il va émerger une certaine téléologie de l’art (en tout cas dans les paroles, car dans les faits, tu as raison :tout art est référé au réel). Et face à des contradictions émergentes, du mode de production qui légitime cette téléologie, il émergera une critique, que l’art dominant, inscrit dans le capitalisme, tentera d’absorber pour la dépasser.

                  • #149674 Répondre
                    poissonvache
                    Invité

                    là tout de suite, je dirais l’installation de JR au Pont Neuf ?

                    • #149675 Répondre
                      Charles
                      Invité
                      • #149677 Répondre
                        poissonvache
                        Invité

                        J’ai du mal à faire le clair dans mes réponses car j’ai l’impression qu’un mélange est fait entre plusieurs sujets.
                        .
                        J’évoquais l’œuvre de JR était en réponse à la proposition de François : « l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques (sociales, morales) ». Or il ne me semble pas que La Caverne en soit pourvue. Il parle beaucoup d’expérience sensorielle etc http://www.paris.fr/pages/la-caverne-du-pont-neuf-de-jr-l-incroyable-projet-sera-devoile-dans-100-jours-33164. Sur les pub qu’il a mis dans le Métro du pont neuf, JR a inscrit une phrase qui m’avait même rappelé une phrase de Klee « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. ». Donc il ne me semble pas qu’il ai particulièrement assujetti son œuvre à une attente extrinsèques.
                        .
                        Un autre sujet et celui de la marchandisation de l’art qui sert des intérêts capitalistes (comme le prouve le communiqué de presse clignotant de sponsors partagé par Charles, dans le cas de JR).
                        .
                        Un autre sujet encore est celui de la « déculturation » de la bourgeoisie, phénomène qui a par ailleurs très bien été décrit d’un point de vue sociologique par la chaine yt George Simpson (https://youtu.be/ooCrn4wTTFc).
                        .
                        Des analyses croisées peuvent être faites entre les différents sujets, mais j’ai un peu l’impression que le dernier message de François fait un peu un gloubi blouga de tout ça.

                      • #149680 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        L’oeuvre de JR n’est pas purement formelle et ensuite récupérée et vendue par les marchands de l’art mais une oeuvre conçue en partenariat avec la ville de Paris dans une perspective patrimoniale. Ce n’est pas exactement de l’art pour l’art.

          • #149666 Répondre
            poissonvache
            Invité

            Je le trouve bien l’article. Pour ajouter un petit surplus matérialiste à l’analyse, on peut aussi se questionner sur l’exposition médiatique des différentes positions. On note, côté NL, DEUX tribunes dans Le Monde, des interviews sur France Inter, France Culture, Arte et de nombreux articles. Un emballement médiatique dans lequel se succèdes les mêmes schèmes:
            – dépolitisation et individualisation (très peu de questionnement sur les arguments de fond à savoir le financement, pour transformer la question en : NL est boycotté pcq israélien => antisémite),
            – Invisibilisation des organisations/collectifs/cinéastes qui portent le boycott (aucun relais dans ces médias qui dénoncent pourtant le boycott au titre qu’il faudrait « discuter », « débattre » ..),
            – faire du pathos: La dénonciation d’un boycott “violent”, “cruel”, “pervers” alors qu’on est quand même en train de parler d’un génocide.
            .
            Côté du boycott, outre les articles sur le site de BDS, le site de « La Palestine Sauvera le Cinéma », il faut vraiment aller voir du côté des tout petits médias indépendants, des personnalités de gauches qui globalement n’ont pas de voix au chapitre.
            .
            Face à cette asymétrie structurelle (qui n’étonne personne au vu de ce à quoi on était habitué depuis le 7 octobre et avant) la question qu’on peut donc se poser c’est: de quel côté je me place ?

        • #149263 Répondre
          Charlie
          Invité

          Du coup ?

    • #149259 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Pas encore eu la force d’attaquer les deux Steven de la semaine, j’ai commencé par le court Dupieux, et la fraude atteint un sommet sans précédent. D’habitude les Dupieux sont une idée de court-métrage péniblement étirée en long. Là j’ai l’impression que c’est encore pire: ce n’est même pas une idée de court, c’est simplement une phrase qui est répétée sans cesse par Chabat souhaitant persuader Cohen que: « on vit dans une simulation ». Et ça ne va pas plus loin pendant ‘1h07. Dès lors, le comique serait supposé naitre des graphismes Playstation 1 du truc. J’écris serait supposé car évidemment, comme pour le Salvadori, pas un rire de ma part durant toute la projo. Et je suis très bon public en général.
      Je reste soufflé qu’un truc aussi nul et vide, un truc qui est à ce point rien, puisse obtenir des feux verts, des financements, des acteurs partants pour le tourner, des producteurs pour le monter, que ce soit sélectionné à Cannes… Première fois que la formule Dupieux me fait à ce point l’effet d’un foutage de gueule vis-à-vis du spectateur.

      • #149260 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Déjà dans la bande-annonce, il y a la même scène trois fois.

        • #149261 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          (Je rajoute que toute la promo en 3D m’a donné l’impression qu’ils ont dû mettre trois jours avec de longues pauses clopes pour animer ce court long métrage, mais pourquoi pas ? Un film n’est pas contraint d’être fait dans la difficulté.)

    • #149283 Répondre
      Ostros
      Invité

      Ti amo, le prochain Sean Baker est prévu pour 2027.
      Il s’agirait de « la suite d’Anora » d’après les internets
      Pas plus d’info pour le moment

      • #149285 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Moi je l’aurais titré Amora

        • #149295 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est joli

          • #149296 Répondre
            Ostros
            Invité

            C’est François qui va être content.

            • #149297 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Oui.
              Amora pour l’amour du goût.
              Il y avait l’amour à la machine, il y aura l’amour à la moutarde, Amora.
              Avec tartinage généreux bien sûr

              • #149298 Répondre
                Alexandre
                Invité

                .. et certaines scènes seront tournées à Dijon.
                Arrêtons-nous pendant qu’il est temps.

                • #149315 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Plus c’est con, plus ça me fait rire
                  François, sixième B

                  • #149439 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Mais ? Après Colin Maillard, qu’est-il donc arrivé au mépris pour les jeux de mots ?
                    Comme en politique, les digues sautent et les barrages s’effondrent.
                    .
                    En tous les cas Anora aura réussi à me faire aimer Greatest Day, ce gros morceau de guimauve dégoûlinant de Robin Schultz.

                    • #149442 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      En tout cas, pour ceux qui ont Mycanal,je vous conseille le premier film de Sean Baker Take out, c’est un petit bijou et comme dans l’Histoire de Souleymane on est dans les roues d’un immigré chinois,sur une journée,qui livre des repas et doit récolter suffisamment de pourboires pour pouvoir rembourser une dette à des mafieux qui lui ont fixé un ultimatum à la nuit tombée, très fort et très intéressant sur cette communauté d’immigrés travaillant dans un petit restaurant familial.

      • #149287 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Et en attendant, pour voir Mikey Madison, il faudra se taper la suite de The Social Network, dont la BA, sortie hier, n’augure rien de bon: Fincher et Eisenberg n’ont pas voulu revenir, Sorkin prend les manettes et, comme souvent avec lui, tout a l’air daté et ringard comme si on était dans un film des années 70 – qu’est ce que c’est que cette lumière? qu’est-ce que c’est que cette coiffure de Mikey Madison? Jérémy Strong a l’air d’avoir 120 ans de plus que le rôle, immense erreur de casting qui s’annonce. Alors que Jeremy Allen White, qui joue le journaliste, aurait précisément fait un Mark Zuckerberg bien plus crédible. Je vous laisse juger mais c’est inquiétant, aux antipodes de la modernité du premier.

        • #149290 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Outre le fait qu’ils ont réussi à éviter de montrer le moindre « dialogue à la Sorkin » en 2min40 de parlote, ça a l’air aussi moderne et naturel que ce générique :

          • #149400 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Rah oui c’est fou. On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran, genre Notre Belle Famille.

            • #149406 Répondre
              Alexandre
              Invité

              « On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran »
              Tu sais, tu peux facilement remonter aux années 60, genre Bonanza.

              • #149432 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Mais tout ça c’est l’ADN Sorkin. C’est son univers esthétique, c’est ce qu’il aime.

    • #149308 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      au cas où comme moi vous envisagez d’aller voir le nouveau RAZ au FID, vous pouvez acheter vos billets pour la soirée du 11/07 : https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine

    • #149309 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      si vous envisagez comme moi d’aller voir le nouveau RAZ (le 11/07) au FID https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine

      • #149311 Répondre
        Ostros
        Invité

        Vous aurez aussi la chance de voir le Hassen Ferhani en avant première

    • #149316 Répondre
      Alban
      Invité

      Je voudrais remercier chaleureusement Charles pour ses positions courageuses et nuancées, qui font un bien fou à la gauche radicale. Oui le Hamas est un groupe islamiste ! Oui nous le condamnons ! Oui Israël a le droit de se défendre ! Non à la censure ! Longue vie à la seule démocratie du moyen-orient ! Longue vie à la plus grande utopie du XXeme siècle ! Bravo à tous ceux qui luttent de concert contre ce fléau qu’est l’antisionisme qui n’est rien d’autre qu’un antisémitisme déguisé ! Bravo Charles, Bravo Sophia, Bravo Raphael, Bravo Nora !
      https://x.com/Enthoven_R/status/2065011680195613182#m

      • #149323 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        tu es content de toi?
        content de ton idiot amalgame?

        • #149324 Répondre
          MooM
          Invité

          Oui j’ai besoin d’honneur, car je ne suis pas assez grand pour m’en passer : Merci pour le rire, le premier étant pour ton commentaire assez juste

        • #149371 Répondre
          Alban
          Invité

          Je ne fais que constater la convergence et d’une certaine manière la cohérence de la gauche non-mélenchoniste. La gauche Naulleau-Bégaudeau.

          • #149377 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Il y a dans tout homme providentiel…
            Un haut degré d’enfumage.

          • #149394 Répondre
            Shiva
            Invité

            Soutenir le génocide des Palestiniens au nom des Juifs favorise l’antisémitisme

            • #149398 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Mais pourquoi dans Cinéma?

      • #149424 Répondre
        Charlie
        Invité

        Bonjour Alban,
        Si c’est de moi qu’il s’agit je ne fais aucune nuance sur la situation de Gaza qui n’est ni plus ni moins qu’un génocide. L’antisionisme n’est pas un antisémitisme déguisé. Mais je pense que tout ça vous le savez déjà

    • #149433 Répondre
      M’idolâtre
      Invité

      C est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites.
      Charles, begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là.

      • #149438 Répondre
        nefa
        Invité

        « C est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites. »
        t’as merdé dans ta phrase, sais pas où, mais t’as merdé

        • #149441 Répondre
          M’idolâtre
          Invité

          Faudra me dire

          • #149444 Répondre
            nefa
            Invité

            je viens de le faire
            aide-moi

            • #149451 Répondre
              M’idolâtre
              Invité

              Sacrée répartie
              C’est trop pour un seul homme

            • #149452 Répondre
              M’idolâtre
              Invité

              les anti sionistes d’être des antisemites
              Adieu

              • #149459 Répondre
                nefa
                Invité

                tu commences par la fin mais ça reste
                peut-être qu’en remontant

                • #149460 Répondre
                  nefa
                  Invité

                  par exemple :
                  rapport à : « les anti sionistes d’être des antisemites »
                  « tu vas à la fin et ça reste
                  peut-être qu’en remontant ? »
                  c’est mieux

                  • #149469 Répondre
                    M’idolâtre
                    Invité

                    qui ne se prétendent pas antisémites et qui accusent sans gêne les anti sionistes de l’être*
                    C’est mieux
                    tu me diras si tu veux

                    • #149476 Répondre
                      nefa
                      Invité

                      c’est carrément mieux
                      à moi
                      avec autant de sérieux que t’as fait pour ta phrase, dis moi (les citer) celles de Charles, de Bégaudeau, des suiveurs qui t’ont conduit à conclure : «Charles, Begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là »

                      • #149489 Répondre
                        M’idolâtre
                        Invité

                        leurs remarques ici même
                        si t’as pas suivi je comprends que tu suives pas

        • #149681 Répondre
          Ema
          Invité

          Moi j’aime bien les antisionistes d’été, l’anti sionisme à la plage c’est quand même plus gai.

    • #149528 Répondre
      martin
      Invité

      Lu quelque part qu’il y avait un ref à La liste de Schindler dans Disclosure Day. Elle est où?

      • #149529 Répondre
        Tony
        Invité

        Ce sont sans doute les images d’archives en noir et blanc où l’on voit des cadavres d’aliens,le film divise beaucoup, même des Spielbergiens hardcore ont du mal à cacher leur consternation et d’autres,plus étonnant, trouvent que c’est un des meilleurs Spielberg, comme Théo Ribeton par exemple
        https://x.com/i/status/2064611065850216632

        • #149592 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Mais Théo Ribeton n’est-il pas une boussole-sud en terme de critique?

          • #149594 Répondre
            Charles
            Invité

            La plupart du temps en effet.

    • #149542 Répondre
      Alphonse
      Invité

      Les Frères Larrieu tournent en ce moment sur la collinette qui est juste au bout de mon champ.
      Quelqu’un a un message à leur faire passer ? Je les ai eus au café, tout à l’heure.
      Blague à part, ils ont l’oeil, parce que cette collinette, c’est vraiment un endroit formidable et on ne devine pas vraiment à quel point elle l’est depuis la route d’Aydius. Ils sont passés devant, un sous régisseur est venu me voir qui arrosais. Ensemble nous sommes allés déranger Annie et Laurence qui les ont reçus circonspecte et amusée, leur ont montré la collinette.
      Laurence : « quand ils sont venus, je les connaissais pas. C’est le lendemain dans La Republique que j’ai su que c’étaient les Frères Larrieu. ça les a fait rire quand je leur ai raconté. »
      Annie : « ils nous ont donné 200 € on a rien demandé ». Moi : Ben sur un budget à 3 millions y a bien 200 € pour emprunter la colline pendant 2 jours. Elles : mais on leur a rien demandé !
      Laurence : « on a dû serrer les brebis dans ce coin là, sinon y aurait eu de la merde partout, et les gens qui travaillent faut les respecter un peu, quoi. Et puis l’odeur. Mais là faudrait qu’ils finissent parce que c’est sec sec sec »

    • #149577 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a vu le Soderbergh?

      • #149631 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai pas grand chose à en dire,ne l’ayant pas vu dans de très bonnes conditions à cause d’un crétin avec qui je me suis embrouillé, ça ne m’a pas passionné et je ne suis pas sûr qu’une seconde vision me ferait changer d’avis.

        • #149632 Répondre
          Charles
          Invité

          Ok parce que le film se fait globalement défoncer par la critique, plus que les autres Soderbergh, donc je me demandais si on était plutôt du côté de Presence que d’Insider.

          • #149633 Répondre
            Tony
            Invité

            Non les deux films que tu cites n’ont rien à voir avec celui là, c’est un film très bavard qui confronte un vieil artiste imbu de lui-même et une jeune femme noire précaire qui a plus ou moins renoncé à l’être mais qui a des talents de faussaire,on croit au début que ça va être une sorte de satire sur un vieux boomer et une woke,il est fait allusion par exemple à Weinstein et son peignoir,des choses comme ça mais en fait ça va pas plus loin,on est aussi dans la satire du marché de l’art et d’autres choses sur l’art en tant que pratique qui me sont passés au-dessus, j’ai pas compris de quoi ça parle exactement.

            • #149636 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Je suis plutôt sous le charme. Nouvelle contribution à l’élégante versatilité de Soderbergh, le film parle surtout de transmission et de sensibilité.
              On aurait aimé voir un peu plus de peinture mais après tout, le Van Gogh de Pialat en montrait il plus? Certes Pialat brossait un environnement je dirais impressionniste qui rendait sensible l’acte de peindre.
              En réalité, ce Soderbergh s’inscrit dans une tradition très britannique et un peu surannée de jeu du chat et de la souris dont l’épicentre est une pointure de l’interprétation d’outre-manche. On en a vu d’autres jadis, se prêter à l’exercice: de Laurence Olivier à Tom Courtenay en passant par Albert Finney ou Peter O’Toole.
              Retrouver cette tradition nourrie à l’ADN de sophistication typique de Soderbergh n’est pas antipathique.
              D’autant que Ian McKellen est assez merveilleux et le film pourrait constituer document sur son métier de comédien.
              L’actrice noire est sympa mais joue un peu trop sur une seule note.
              Le décor de l’intérieur de la maison particulière du peintre marque la rétine, donc la mémoire.

              • #149639 Répondre
                Tof
                Invité

                Le film discourt beaucoup mais je n’ai pas trop compris ce qu’il voulait dire.

                > jeu du chat et de la souris
                On serait proche de Ocean’s Two, un heist movie à 2 (ou 2 contre 2 ça dépend) à l’envers: il s’agit d’introduire les tableaux dans le musée

                • #149719 Répondre
                  MA
                  Invité

                  Les dialogues sont denses, eu un peu du mal a tout suivre. D’accord sur le jeu un peu monocorde de l’actrice principale.

                  • #149737 Répondre
                    Cynthia Lennon
                    Invité

                    mais l’impassibilité du personnage féminin n’est-elle pas à l’origine de bien des questionnements qui raniment Sklar ? et qui nous tiennent d’un bout du film à l’autre ?
                    oui c’est bien dense (et bavard) : origine du geste artistique, désir d’exposition, vanité de la concurrence, continuité d’une oeuvre, captation du marché, « droits » sur les oeuvres etc.
                    moi j’envisage de retourner le voir (je pense avoir laissé passer des subtilités), il fait bien écho avec Je regarde du dernier ciné-club et d’autres travaux qui me parviennent en ce moment.

                    • #149739 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Je crois que celles et ceux d’entre nous qui ont vu le film ont toutes et tous le point commun d’avoir pas mal crapahuté après les dialogues.
                      C’est d’ailleurs il me semble une petite constante chez Soderbergh même quand il s’agit d’action pure. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris de ce qui se dit dans les coulisses de Piégée, par exemple.
                      Je dirais que ça va trop vite pour moi. C’est encore le cas avec The Christophers mais pour le coup, dans un registre à la Harold Pinter.

    • #149591 Répondre
      Charlie
      Invité

      Sur France Tv en ce moment je vous conseille Love & Mercy, biopi de Brian Wilson des Beach Boys. Enfin un biopic qui parle de la conception musicale et du cheminement créatif d’un artiste avec ici l’album Pet Sounds

      • #149595 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        noté
        je crois bien connaitre cette affaire, mais comme d’habitude je vais me rendre compte que je n’en connais rien

      • #149601 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Vu à sa sortie au ciné et j’avais été déçu, le film tourne quand même beaucoup autour des problèmes psy de Wilson et de sa relation avec son manager toxique, encore plus fou que lui, qui profite de son argent.
        La partie sur la génèse artistique et technique de Pet Sounds m’avait semblé très légère. On voit un ou deux trucs sur les expérimentations de Wilson, son perfectionnisme maladif, le fait qu’il préfère être en studio qu’en tournée à cause de son autisme- ce qui reconduit un peu lourdement le cliché de l’artiste coupé du monde.
        Dano et Giamatti sont quand même biens de mon point de vue, mais je pense François, que c’est n’est pas le type de jeu qui va te plaire.
        Et puis le générique de fin m’avait quand même fait découvrir la belle balade éponyme du film, Love and Mercy. Je sauve donc les 2 minutes 30 de ce film qui ne sont pas de la fiction. C’est un peu léger.

        • #149615 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Pareil que Mathieu, j’ai le souvenir d’un film qui s’éloigne un peu artificiellement des canons habituels du biopic musical pour finalement ne pas avoir à parler musique.
          Je pense qu’il va falloir un jour ou l’autre se risquer à lister les biopics réussis.
          Et puis il y a biopics et biopics. Trucmuche, sa vie, son œuvre n’équivaut pas à tel angle précis uniquement couvert par le scénario.

          • #149617 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’avais oublié c’était Dano qui officiait ici
            Fin du débat
            Je fuis.

            • #149730 Répondre
              Charlie
              Invité

              Dommage, alors que pour une fois il en fait pas trop des caisses comme dans There will be blood.

    • #149598 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      J’ai vu Le journal d’une femme de chambre Radu Jude pour la 2ème fois.
      Jouissif.

      • #149618 Répondre
        Ostros
        Invité

        Ça fait plaisir à lire

        • #149628 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne suis pas à l’origine de ce message

          • #149634 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ben si je suis carrément à l’origine de ce message
            Mais pas du tien du coup
            Essaye encore

    • #149637 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Vu en avant première De la comédie française, écrite et réalisée par la bande de Broute (Usclat, Darondeau, Clément)
      Très excessif et over-the-top, les acteurs actorisent pas mal évidemment, mais ça reste sympathique et drôle – en tout cas très très au-dessus du dernier Salvadori, du dernier Dupieux, et du dernier Tolénado-Nakache de ce point de vue. Très différent de Guermantes d’Honoré: beaucoup plus scénarisé et mainstream, moins improvisé et foutraque, mais quand même plaisant. On est un peu dans la veine du film Ne Coupez Pas de Hazanavicius, appliqué au théâtre.
      PS: mon avis est sans doute aussi un peu biaisé par le fait que je suis amoureux de Pauline Clément

    • #149638 Répondre
      stephanie
      Invité

      je viens de voir Les Roches rouges B.Dumont
      un film immense sur l’enfance, tout est grand , de regards, de mimiques, des gamins qui ne cessent de bouger, des espaces, la mer .
      tous les plans à hauteur d’enfants , la violence inévitable quand on est amoureux de la même fille.
      j’ai adoré .

      • #149642 Répondre
        Ostros
        Invité

        Vraiment hâte de retrouver BD avec ce film
        Tu as pu les voir où (le jude et le dumont) ?

        • #149657 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          A Cannes pour R.Jude et revu avec le super ciné club niçois Cinéma Sans Frontières.
          Le B.Dumont est passé en avant 1ere hier à Nice ( un des 2 ciné art et essai).

          • #149660 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ok je déménage.

          • #149734 Répondre
            graindorge
            Invité

            Les Roches Rouges. Je viens de voir la B.A. Ça donne envie. Sortie dans les salles le 23 septembre. Noté sur mon agenda

    • #149654 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai été ébahi plusieurs fois par la stupidité du dernier Spielberg et j’ai bien ri pendant les passages nanardesques.

      • #149662 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Content qu’enfin quelqu’un parle du coté nanar.

        • #149696 Répondre
          Benoît
          Invité

          Oui, je trouve que c’est souvent du nanard ou pas loin. J’essaye d’être simple.
          De mon côté, j’ai un problème immédiat de croyance qui tient à quatre choses principalement :
          1.⁠ ⁠à la véracité des scènes : je ne crois jamais aux scènes d’actions, au découpage des poursuites. En particulier dans l’espace qui sépare les agents armés des héros. Exemplairement, la scène où le héros traverse un champs pour venir se cacher derrière une barricade et voler une voiture, que j’ai trouvée absolument ridicule. Alors même que je peux acheter ces scènes dans d’autres films du même réal moins fatigué. Là, elles ne sont pas du tout réussies et assez « grossières ». Idem quand cette même scène d’action se termine par les deux héros cachés derrière un rocher. Idem enfin quand il s’agit des échanges de tirs etc. Je ne crois à rien.
          2.⁠ ⁠À la bêtise des scènes et du film. Incarnée d’abord par des dialogues qui sont catastrophiques. Si j’avais moins de 15 ans, j’aurais sans doute été intéressé par ces discussions qui se veulent centrales autour de la religion, mais n’étant pas le public cible, c’est-à-dire le spectateur-américain-décérébré-in-god-we-trust-de-12-ans, j’ai trouvé que c’était tout à fait idiot et pas très à même de fabriquer une réflexion au bout du compte intéressante. Idiotie qui trouve son climax dans les scènes où chaque citoyen arrête de faire ce qu’il fait à la fin du film. J’avais envie de faire une parodie pour ajouter une scène du chirurgien qui, en pleine opération, arrête d’opérer. Enfin, idiotie générale du « méchant », Colin Firth dont je ne vois jamais le personnage, et dont la première scène d’apparition est cheap à souhait : réunion mafieuse sur un parking de nuit comme on n’en fait plus que dans les mauvais films. Couplé à une forme de laideur générale : ces animaux-aliens, ces images d’archives déjà évoquées etc.
          3.⁠ ⁠Au scénario. La base pourtant pour 115 millions de budget. Le device silex qui sert comme arme de dissuasion pour prendre la fuite dans la scène 2 du film, n’est plus utilisé comme tel par la suite, alors même que nos deux héros sont en sa possession lors de la course poursuite déjà évoquée. A moins que j’ai loupé quelque chose ? Bref, sentiment qu’on nous prend pour des jambons. Et que la connaissance que Colin Firth a de ce device semble tout à fait fluctuante pour servir le scénario dans un tour de passe-passe.
          4.⁠ ⁠C’est encore une putain d’histoire de clé USB comme 90% des films de ce type, américano-décérébré du dernier Jimenez à Lucie de Besson etc. Qui concentrent leur énergie à « dévoiler LA vérité ». Bref, j’aurais bien aimé un film sur cet alien qui semble avoir réussi à s’en sortir, enfermé depuis 70 ans dans le Guantanamo 51. Sorte d’E.T blessé qui se saurait fait choper.

          Je sauve du film :
          Les 10 premières secondes
          La drôlerie du perso d’Emily Blunt, dont j’aime bien l’inexpressivité post opératoire chirurgie esthétique qui correspond à sa fonction sociale de miss météo refaite. Bref, elle est drôle.
          La scène du cassage du téléphone où le film semble assumer son côté farcesque dans un éclair de lucidité.

          Hier, promenant mon chien, j’ai croisé un couple s’embrouillant sur un film dont je mets ma main à couper qu’il s’agissait de Disclosure Day. La conversation tenait à trois argument du côté contre : « je comprends rien à ce qui se passe, on comprend à ce qui se passe et pourquoi ça se passe ».

          • #149699 Répondre
            Tony
            Invité

            Intrigué par un entretien sur Mediapart avec un sociologue qui voit dans Disclosure Day un film ‘sur le complot au prisme de la pensée de Deleuze’je suis allé voir sur sa chaîne youtube un documentaire qu’il a réalisé sur l’affaire Roswell, c’est très intéressant et je ne connaissais pas du tout cette idéologie du grand partage qui serait un des fondements du colonialisme,un fondement rationaliste qui ne verrait chez l’indigène qu’un être pré logique dénué de pensée critique

          • #149702 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Quand on voit Keller prendre soin de retirer les indices de l’emplacement du motel puis oublier le papier dans sa main, je me suis dit que le film montrerait qu’il a un coup d’avance et a révélé un faux endroit à l’Agence pour les piéger – astuce scénaristique classique que même ChatGPT a dû digérer. Sauf que non. Le film est souvent bête à ce point. Il s’étire avec des séquences de ce genre comme s’il n’était pas suffisamment long. Je n’étais pas le seul à rire dans la salle mais ce n’était pas toujours à cause d’un comique de situation. Qui passe en effet surtout par Blunt.


            Il faudrait aussi se pencher sur « l’empathie », c’est un terme que je retrouve dans plusieurs retours critiques ; si j’étais capable de prendre le film au sérieux, je le trouverais particulièrement odieux… De quelle empathie me parle-t-on ? Spielberg filme les foules humaines comme des êtres translucides décérébrées et dénigre l’humanité au profit d’aliens anonymes.

            • #149750 Répondre
              Toni Erdmann
              Invité

              Je sors du film et je commente rarement ces éléments mais parlons tout de même de la DA : la photographie bleutée polluée par des halos lumineux, les accessoires (en particulier les oreillettes pour passer des appels), la musique (les violons à chaque apparition du méchant), le design des aliens. Tout crie le film loué au Video Futur en 2008.

              • #149788 Répondre
                eustache
                Invité

                vu dimanche au Max Linder à Paris, dans une salle visiblement à l’unisson (qui n’a pas ri mais a applaudi à la fin…). J’ai passé la dernière demie heure du film les larmes au yeux (sans doute l’énergie de la salle n’y est pas pour rien). Je comprends en vous lisant, comme tout ça pourrait être ringard réalisé pas beaucoup d’autres, mais je ne vois ici que l’élégance dans la mise en scène, du découpage, du montage (même si j’admets que les jeux de flair, transparence, lumière bleutés tournent un peu à l’autoparodie mais sasn doute car ça a été trop repris ailleurs). Et je serais d’habitude plus sévère avec ce regard politique bas du front, mais voilà, je ne peux qu’être fidèle à mes émotions, et ici cette naïveté me touche profondément. (le film agit encore encore moi 2 jours après)
                Il y a une foi dans le cinéma, dans son peu et son plein d’effet, j’y ai retrouvé un plaisir de l’aventure que je n’avais pas ressenti depuis longtemps et à l’heure où hollywood fait essentiellement du post-néo-classique-virtuel cynique, cette croyance simple dans le cinéma me bouleverse.

                • #149812 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Si c’était la séance de 18h, j’ai entendu des applaudissements, mais aussi un « … mais ils sont complètement débiles ? » derrière moi. Il y a, je crois, chez certains Spielbergiens, un lien affectif ancré dans l’enfance qui peut être restitué contre vents, marées et script absurde. La foi dans le cinéma serait alors surtout le souvenir d’une émotion de cinéma. Parce qu’il n’en est jamais question ici. Le film ne s’intéresse jamais sérieusement au pouvoir des images – et si je prenais Spielberg au sérieux, je pourrais même trouver ça particulièrement odieux de croire aussi aveuglément qu’une horreur commise par des humains aurait la capacité de mobiliser l’humanité. Qu’il s’agisse par dessus le marché d’horreurs commises sur des extraterrestres aussi anonymes que les humains rajoute une couche désagréable. Quant à l’aventure, on a quand même des personnages qui se cachent derriere un petit rocher, une voiture qui fonce dans le tas sans embarras, un silex magique aux propriétés diverses et variées en fonction des nécessités scénaristiques : il y a une immatérialité qui n’a rien à envier aux blockbusters contemporains. Tout en étant, oui, un film des années 90 qu’on aurait pu louer en 2008 au Vidéo Futur. J’imaginais Colman Domingo se demander en apprenant ses lignes de dialogue en quelle année il était. Et j’avais un véritable trouble anachronique en le regardant.

                  • #149837 Répondre
                    eustache
                    Invité

                    c’était la séance de 15H35, avec un public pas forcément jeune à qui Spielberg envoie des signes bien sûr. Mais mon ado de fils, largement marvelisé est sorti éhabi, donc il n’y a a pas que ça.
                    Les années 80 et 90 étant les sommets des films d’action, ce n’est pas une mauvaise référence!
                    La naïveté de Spielberg est aussi là, j’ai justement trouvé fort ce moment du rocher, on est même bien avant les 90’s, dans un film d’aventure des années 30 à vrai dire mais ça fait partie de cette croyance dans le cinéma qui a été celui d’Hicthcock et Ford pour le dire vite. C’est étrange de défendre quelqu’un par sa naïveté mais pourtant…
                    Et justement, je trouve que c’est matériel ce rocher, il y a ce jeu alternant immatériel/matériel dans le film (tourné en 35mm, cela signifie aussi quelque chose…). Simplement si on liste les décors mais c’est un sentiment que j’ai eu, de l’alternatif, réel/virtuel, visible/invisible (qui fait l’objet d’une séquence forte), motel/station service/appartement/studio de construction du décor maison vs studio tv/espace Wardex/espace du conte.
                    J’entendais Joudet dire que les animaux étaient assez mal modélisés, c’est vrai, mais c’est sans soute parce qu’ils sont modélisés par des alien justement… Bref, le film joue beaucoup avec les simulacres, ce n’est pas nouveau d’ailleurs, mais moi j’y vois de la joie, de l’entertainment et ça m’empêche de juger le film à l’aune d’un premier dégré qu’il n’a pas.

                    Reste cette fin, la révélation, ces millions de gens rivés à leur smartphone. Là je ne sais pas à quel point Spielberg est capable d’ironie dans tout ça mais il n’est pas impossible qu’il y en ait, d’autant plus avec cette fin abrupte. Cet alien en fauteuil roulant, bon, j’ai l’impression que parfois son truc, c’est de chercher à raconter quelque chose de très peu croyable (et de d’un goût peu sûr qui plus est) comme un défi. Bref, ce ET à la retraite, je ne sais aps trop ce que j’en pense. Mais l’emotion était venu avant en fait, avec ce snuff movie extraterreste. J’ai trouvé très beau tous ces plans docu, lui qui a si bien filmé en embelli les vaisseaux et les aliens, de finir par du found footage, revenir à son imaginaire de base en fait.

    • #149658 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Les films de la quinzaine sortent en avant 1ere dans certaines salles
      https://www.quinzaine-cineastes.fr/fr/quinzaine-en-salle

    • #149694 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      J’ai enfin pu voir La Porte du Paradis. C’est si massif (et il y a un TVB qui y revient) que je prendrai le film par un petit bout, un tout petit bout, d’une image qui me reste en tête depuis la séance. C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher.

      • #149708 Répondre
        Alexandre
        Invité

        « C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher »
        Wolcott, puisqu’il est ainsi nommé dans le film, propriétaire terrien toujours collé aux basques du méchant Clanton est interprété par Ronnie Hawkins, dit « The Hawk », rocker rockab fameux de la fin des années 50 qui sera à un moment le patron des futurs membres de The Band, auxquels Scorsese consacra un magnifique docu, The Last Waltz. Ronnie Hawkins en était.
        Son personnage de La Porte du Paradis présente des variations de traitement entre la version courte de 1981 (que j’ai longtemps fréquentée) et la définitive.
        Dans la version courte, juste avant la bataille finale à coup de dynamites, Wolcott baisse son froc et montre son derrière au camp adverse. « Tirez moi dans le cul tas de salauds. Je vous chie à la gueule » lance-t-il au bloc migrant.
        James Averill le regarde faire et confie à son voisin: « Cet homme est l’ami du Président »
        Ce bout de scène n’a pas été conservé pour le Director’s Cut.

        • #149751 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Ça alors, major Wolcott dans The Last Waltz, ça m’en bouche un coin (j’ai l’album mais toujours pas vu le film). Wolcott est aussi celui qui prononce la phrase qui offre un très court relâchement de la tension (éclat de rire général dans la salle), à peu près au même moment que tu décris : « God damn Romans… ».
          .
          Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant. Nous qui parlions dernièrement de personnages féminins – et je mentionnais Thunderbolt and Lightfoot comme exemple de très bon film dans lequel les pseudo-personnages féminins ne sont ni faits ni à faire —, j’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route. S’il y a bien une rêverie sur le sur-homme chez Cimino comme dit dans le TVB, cela peut tourner au handicap si un personnage féminin essentiel et présent à l’écran finit par n’être qu’un faire-valoir, un enjeu de lutte ou de protection (et peut dévier en rapport sur-homme/sous-femme). On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) mais en réalité, Cimino fait aussi d’Ella, à sa manière, une sur-femme, en plus de lui laisser beaucoup d’espace d’expressivité, de vie. Très beau personnage.

          Cet aspect est à l’image du reste et me donne l’impression d’un film « complet ». Même l’hyper-agentivité des personnages principaux — qu’il faut bien appeler des héros, même défaits — n’est pas non plus univoque, car très largement contrebalancée (si ce n’est sapée) par ces scènes remarquables et conséquentes : je pense à cette formidable danse populaire en patins, je pense à tout le processus qui démarre la rébellion où Averill est absent, et où Ella et Bridges, comme perdus, finissent par suivre le flot — et ce faisant, je ne pense pas complètement trahir Cimino disant cela, par « choisir leur peuple » (un peuple sans drapeau). Le mot « choix » est même sujet à caution puisque le film prend bien le temps de disséquer des « processus », et c’est en particulier vrai de cette séquence.

          Ces sur-humains empêtrés dans leur humanité m’émeuvent bien plus que n’importe quel (super)héro décrété « faillible » ou « imparfait » — rendu humain, dont les failles ne sont que des ratures.
          .
          On m’avait vendu un grand film et je ne suis pas déçu.

          • #149764 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant »
            Et pourtant qu’est ce que ça revient quand tu glanes des critiques américaines d’époque cette notion d’ennui!
            Et c’est dans le meilleur des cas tant la haine envers le film est indescriptible. Pour faire court, on a affaire au navet le plus couteux de l’Histoire, point marre. Et il n’y en a pas un pour nuancer à la hausse.

            « J’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route »
            Même moi qui n’avait que 15 ans à l’époque de la sortie post cannoise du film, je voyais les photos dans Première, lisait l’article et me disait qu’Isabelle Huppert serait la potiche frenchy de service (je ne me le disais pas en ces termes).
            Or elle est resplendit là dedans et « existe » vraiment comme tu le dis.
            Je suis fier qu’elle ait jouer dans ce film. En d’autres temps, elle aurait joué dans Autant en emporte le vent que ç’aurait été pareil. Ç’aurait même été moins bien.

          • #149782 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) »
            Spoilers
            Les scènes qui empruntent cette voie me paraissent généralement corrélées à Kris Kristofferson, personnage si sûr de lui en certaines occurrences, et pourtant si fragile en d’autres. Il estourbit d’un coup de poing un mercenaire comme moi je me gratte le coude, dégomme d’un coup d’un seul, et en contreplongée s’il vous plaît, deux ou trois mecs qui viennent de violer Isabelle Huppert, donne de formidables leçons de stratégie militaire aux immigrants (ce qui énervait beaucoup Bertrand Tavernier)..
            Le film emprunterait alors une pente légèrement schizophrène, oscillant entre virilisme westernien et mélancolie presque pathologique (Kristofferson qui pleure comme un ado quand Huppert lui annonce qu’elle ne part pas avec lui).

            • #149784 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Les attaques pour ennui sont prévisibles, non ? Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. Il a les atours d’un film grand public et ne l’est en fait pas du tout. Encore moins dans sa version longue – que je préfère car plus radicale et donc moins empêchée.
              Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War

              • #149785 Répondre
                Seldoon
                Invité

                C’est aussi un film qui souvent ne fait pas ce qu’il est supposé faire. Même sans partir sur la scène des patins ou la cérémonie d’ouverture, beaucoup plus simplement : souvent un plan est maintenu sur la longueur juste pour le plaisir de filmer la fumée. Il perd alors sa valeur narrative (arrivée des mercenaires) ou spectaculaire (le rythme des scènes d’action en patit régulièrement). Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher.

              • #149787 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « Les attaques pour ennui sont prévisibles, non ? »
                « Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher. »
                Mais complètement!
                Il ne s’agit d’ailleurs pas d’en vouloir à qui que ce soit mais plutôt de se dire à soi-même qu’il y a tout là-dedans pour que l’on ne s’y ennuie pas une seconde, à partir du moment où l’on adhère de façon tripale.
                Je reconnais des défauts à ce film mais l’ensemble m’est si cher que l’absence même de ces défauts me semble inconcevable.

                « Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. »
                Mais en même temps il est bien plus spectaculaire que Le Guépard! Et de ce fait pas si européen que cela.
                Je crois en revanche que Cimino n’évite pas toujours les afféteries qui sont la rançon de la version intégrale (le bon côté , c’est la liberté que tu évoques). La version courte de la sortie 81 avait le mérite justement, je trouve, de resserrer le rythme.

                • #149789 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  Quand je dis qu’il ne s’agit pas d’en vouloir à qui que ce soit, enfin si, on peut quand même un peu en vouloir à des critiques US aussi aveugles aux qualités réelles d’un film dont je comprends par ailleurs qu’ils n’y aient pas adhérés.

                • #149790 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Je vais vite me retrouver sans munitions pour comparer les deux dans le détail, c’est un film que je n’ai pas vu assez souvent pour être sûr de ce qui est dans l’une et non dans l’autre.
                  Mais oui, film passionnant. Loin de la quasi perfection de Deer Hunter, et c’est là, dans son bordel/son foisonnement/sa liberté qu’est son prix. Un peu comme le bordelique All that jazz par rapport au parfait Sweet Charity.

                  • #149804 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Deer hunter ? Ah oui, Voyage au bout de l’enfer.
                    Puisqu’on parle de ce film et de la critique, par curiosité j’avais consulté la crititque des Cahiers et il se fait méchamment démolir, ça m’a étonné.

                    • #149805 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Les Cahiers de l’époque n’étaient pas encore tout à fait sortis de leur période maoïste (sauf erreur) et The Deer Hunter avait une réputation de film raciste donc facho.

                      • #149806 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Bien vu, c’est le souvenir gardé de la critique que j’avais lue.

                      • #149813 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        La réputation sulfureuse de « fond raciste/fasciste » de Cimino est restée, non ?

                      • #149814 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Oui pour L’Année du dragon.
                        Mais même un film réputé « marxiste » (réputé avant tout mauvais) comme Heaven’s Gate essuyait aux USA des critiques axées sur l’ethno folklore de Cimino.
                        La célèbre critique du New Yorker, Pauline Kael, aurait écrit que les immigrants évoquaient les figurants d’une opérette de Sigmund Romberg.
                        Je ne suis pas sûr d’être tout à fait en désaccord avec elle sauf que ça ne m’a jamais dérangé.

                      • #149825 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Dans cette veine, on ne peut pas dire que le Chasseur de cerfs offre au Vietnam l’occasion de montrer sa face la plus lumineuse. Même pas un plan pour dire que c’est le pays où on y mange les meilleurs bo buns de la planète.

                      • #149832 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ce qui m’interroge surtout, dans toute la filmographie de Cimino, c’est l’absentement farouche du Génocide arménien. Pourtant en 1915 il y avait de jolies fumées à filmer au-dessus d’Erzurum.

                      • #149833 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Même dans Sunchaser il se trompe de montagne sacrée.
                        mont ararat

              • #149800 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War »
                Fait divers qui renvoie à d’innombrables westerns qui traitent de l’hostilité des Cattle Barons envers les petits éleveurs. Bien loin de l’étrange conflit ethnique que déploie Cimino.
                En revanche on retrouve pas mal de noms du film dans cette fiche Wiki.

                • #149802 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  La cerise sur le gateau est le sauvetage des milices des barons par l’armée.

                  • #150051 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Réponse tardive, navré.

                    Concernant le procès en ennui, je ferais la comparaison par la négative avec un autre film qui, du moins je crois, pour beaucoup de gens (et peut-être/probablement pas les mêmes que les amateurs de Cimino?), a un statut assez culte (4è film le mieux noté de tout IMDB c’est pas rien) et n’a donc pas ennuyé tant que ça alors même qu’il est presque aussi long (3h22), et dont on pourrait dire qu’il contient presque moins « d’action » que LPDP (disons HG, je tiens à ma vie) : je parle de The Godfather II. Film qui m’a… pas mal ennuyé lorsque je l’ai enfin rattrapé très récemment, alors que je n’avais pas ce mauvais souvenir du 1.

                    Je me dis que l’absence d’ennui chez beaucoup dans ce film doit donc tenir ni à sa longueur, ni à son étirement (en l’occurrence des dialogues) ni à son manque d’action, mais à sa narrativité presque intégrale — on pourrait ajouter les décors, sauf que sur ce point le Cimino avec ses décors naturels à couper le souffle n’est pas en reste et c’est peu de le dire. La mise de TG2 est tout de même très statique, même les scènes de foule (notamment l’émeute à Cuba) ont incomparablement moins de physicalité que celles de HG (comme François l’a souligné d’ailleurs dans l’émission, je crois que ça tient aussi beaucoup… au son).

                    Je pense que la comparaison des deux films — alors que sa raison première est calendaire : je les ai vus à deux semaines d’intervalle — n’est pas insignifiante.

                    • #150052 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      *La mise en scène de TG2 ….

                      • #150062 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Et d’accord Alexandre avec le côté un peu schizophrène en matière de virilisme, ça rend le personnage de Kristofferson et le film bien plus intéressant

                    • #150069 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Je souscris totalement – la force de Cimino c’est l’incarnation ; tout pu la vie chez lui. Coppola est plus… littéraire.
                      Me donne envie de revoir les deux Parrain, dont je flaire comme ça betement, animalement, qu’ils sont surestimés.
                      (de même que le Parrain 3, dont un certain snobisme incurable aura poussé certains à dire que c’était le meilleur ; mais peut etre suis je snob aussi en pensant que le meilleur Coppola est, de très loin, Conversation secrète)

                      • #150070 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        tout pue
                        du verbe puer
                        passe simple : je puai, il pua, vous puâtes

                      • #150078 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Les parrains, que j’aime beaucoup, sont surestimés. Le plus frappant quand on revoit le premier est sa linéarité systématique : tous les enchaînements sont scenaristiques. C’est toujours :
                        Scène n : va parler avec le turc
                        Scène n+1: il parle avec le turc
                        La dernière fois je me suis dit que contrairement à ce qu’on a beaucoup dit l’héritage principal du parrain c’est l’efficacité de la série tv de l’époque.
                        Reste avant tout dans les 3 une collection de scènes fortes, parfois très fortes. Il est évident qu’elles ont été pensées uniquement comme des démonstration de force pour en mettre plein la vue, et quand même très régulièrement sur 9h de film ça marche. On est entre gens bien donc inutile de la préciser mais je le fais quand même : reste aussi John Cazale.

                      • #150086 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Les parrains, que j’aime beaucoup, sont surestimés. » Si tu prends la globalité du relationnel entre la critique et cette saga au fil des décennies, il devrait y avoir moyen de trouver un équilibre.
                        Il faudrait avoir en tête que la critique (surtout française) avait tendance à « condescendre » ces films à leur sorties.
                        On parlait du Parrain comme in parlait des Dents de la mer ou de L’Exorciste : des films à la technique impeccable mais sans rien dans le crâne. Des gros machins hollywoodiens.
                        A l’époque (j’étais petit, je m’en souviens), on disait : « C’est bien fait ». Qu’est ce que j’ai pu l’entendre.
                        Le retour de balancier, bien après, à consister à célébrer l’ampleur shakespearienne de cette geste maffieuse.
                        Du tout, on passait à son contraire.
                        Je pense pour ma part, qu’on est plus proche de la seconde proposition bien qu’il faille raison garder.
                        On reste quelque part, dans la belle ouvrage.
                        En revanche Seldoon,
                        « Le plus frappant quand on revoit le premier est sa linéarité systématique : tous les enchaînements sont scenaristiques. C’est toujours :
                        Scène n : va parler avec le turc
                        Scène n+1: il parle avec le turc
                        La dernière fois je me suis dit que contrairement à ce qu’on a beaucoup dit l’héritage principal du parrain c’est l’efficacité de la série tv de l’époque. »

                        ….je suis un poil gêné , même si ce n’est pas tout à fait faux, par la relativisation des qualités des films que tu opères en invoquant cela.
                        On peut voir ça sous un angle plus flatteur.
                        Coppola, de façon assez crâne, c’est-à-dire à l’encontre du tout venant de l’époque, déploie un classicisme formel, lequel, parce qu’il relève plus de la calligraphie que d’un académisme pesant et sans imagination (pléonasme), crée quelque chose qui nourrit le pouvoir de fascination et l’envoûtement généré par la narration.
                        Pour faire court, je ne trouve pas du tout que les Parrains soient surestimés en ce terrain.
                        Il le seraient pour moi en ce pour quoi on les attaquait à l’époque: une certaine superficialité idéologique.

                      • #150089 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Le classicisme formel même rentre dedans et même creux, je peux acheter. Par exemple la scène d’ouverture du premier, j’ai toujours cru en l’Amérique, tout ça. Mais l’efficacité narrative des serials c’est plus difficile à défendre et c’est surtout genant à la vision. Le 2 en prend le contrepied avec sa construction alambiquée, et se faisant il est possible qu’il dévoile le pot au rose : le parrain tenait peut-être par son efficacité de série B.
                        C’est vrai pour la critique, j’ai lu des choses de l’époque qui attaquaient les ficelles des futurs blockbuster qu’ils voyaient déjà dans le Parrain. J’ai failli le mentionner mais mes souvenirs en sont trop flous, merci d’avoir reprécisé. Il n’empeche qu’aujourd’hui le lien esthétique entre Le Parrain et les dents de la mer me frappe (toute proportion gardée, hein). Le lien économique est lui averé, ça fait quelques temps qu’on sait que ce sont les succès du parrain, de jaws et de star wars qui ont attiré une floppé de financiers parmi les cadres des studios.
                        Encore une fois j’aime les 3 films, mais les dérrives soap-operesques du 3 ne viennent pas de nulle part.

                      • #150091 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Les dérives « soap operesque » du 3 (ce pour quoi il a toujours été celui que j’aime le moins- content d’échapper à ce snobisme!) viennent de la « sagaïsation  » des deux premiers opus nettement après leurs sorties, soit très précisément en 1984, sous forme d’une série TV compilant les deux films en un montage chronologique que je n’aimais pas.
                        D’abord, parce que c’était tout moche et aussi parce que ça édulcorait les détails violents.
                        Ce coté saga n’existe pas (ou dans une nette moindre mesure) quand sortent les deux premiers films.
                        Il me semble que tu confonds côté feuilletonnesque (plus que serialesque) qui viendrait du (mauvais) roman de Mario Puzo et que fatalement, mais aussi avec intelligence, répercute la mise en scène et facture formelle qui est sciemment classique.
                        Je ne vois pas ce que tu trouves gênant en l’occurrence.
                        Le 2 est plus alambiqué et audacieux (fort du succès du précédent, Coppola chope la confiance) mais l’écriture -au sens d’écriture cinématographique- des deux films est similaire.
                        Et il y a beaucoup d’intelligence dramaturgique dès Le Parrain avec notamment cette ellipse saisissante qui nous fait passer de la Sicile à Pacino à New York, déjà métamorphosé en parrain .

                      • #150105 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je suis d’accord avec à peu près tout :
                        – ça vient de Puzo, qui marque l’ADN des 3 films ainsi que, je l’ai réalisé il y a peu, leur héritage.
                        – le 3eme fait saga et n’a été fait que pour le fric, et a été conçu en bonne machine a fric par Coppola, on a les documents qui le prouvent.
                        – le 2eme est plus ambitieux, et aussi plus chiant, et possède les plus belles scènes de relations familiales. D’où d’ailleurs son classement « institutionnel » en général au-dessus du premier.
                        – très belle ellipse.
                        Et donc ce qui me gène, c’est que derrière l’apparat brillant, les grosses scènes, le raffinement affiché, en fait on avance à marche forcée comme dans une série B/un feuilleton. Et donc scène n entraine scène n+1, et donc un assassasinat toutes les 15min entre deux scènes de dialogue en cravate dans un bureau sombre. Il faudrait que je revoie le 2 mais il me semble aussi que si tu le découpais en 2 films (un pour De Niro et un pour Pacino) tu aurais exactement la même chose.
                        Ca n’empeche pas les grandes qualités des films, qui ne se nichent pas uniquement dans les grands marriages et montages en parallèle sur musique religieuse mais aussi dans les petits détails comme le pullover de Pacino pendant son AVC.

                      • #152381 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Je repars de cette notion d’incarnation comme grande force de Cimino pour approfondir un peu sur Heaven’s Gate que je viens de revoir en deux temps :
                        1- la version courte telle que sortie en 1981
                        2- la Director’s Cut de 2013
                        J’en profite pour mettre un coup de projo sur la chronologie des différentes versions.
                        Celle de 2h29 a régné de la sortie du film en 81 à 1989, date à laquelle nous eûmes enfin droit à une version intégrale de 3h30 environ.
                        Cette version aura fait autorité pendant quelque 24 ans. Amoureux du film depuis sa sortie, cette première intégrale enfin révélée fit mon bonheur, ma jubilation pendant des années, tant et si bien que, tout à ma joie de me l’approprier, la revisionnant au gré des projections festivalières ainsi que d’un enregistrement VHS du Cinéma de Minuit, je mis du temps, presque tout ce temps imparti, à prendre conscience de la chose suivante, à l’occasion d’une ultime projection de cette version en une copie bien abîmée, et que la dite détérioration aura rendue flagrante : le tirage de cette version 1989 n’aura jamais cessé d’être autre chose que dégueulasse.
                        Verdâtre, tourbeux, aquariumesque (oui, oui, je crée des mots), il ne reproduisait en aucun cas la colorimétrie à la fois sombre et solaire, plombée mais luxuriante, de 1981.
                        Soyons heureux. Cette colorimétrie est retrouvée dans le montage définitif, celui de 2013 supervisé par Cimino en personne et présenté au Festival Lumière de Lyon à l’automne de cette même année, en présence du réalisateur et d’Isabelle Huppert.
                        Je me rends compte avec le recul que ce tirage déplorable de la fin des années 80 alourdissait une œuvre qui de par sa nature ne présentait déjà que peu de légèreté diaphane, nous n’allons pas nous mentir.
                        Elle l’alourdissait thématiquement (la séquence des patins à roulettes devenait sépia comme pour contredire son naturalisme) et l’enlaidissait dans le champ de l’esthétique.
                        Résultat des courses, je ne trouve plus rien à reprocher à la version 2013 qui élague, refonde, harmonise, et vire le sépia de la scène des patins, et envoie chier l’intermission stupidement mal placée qui benhurisait (oui, oui, encore un mot qui n’existe pas) le film avec une incongruité dommageable.
                        En revanche, et comme beaucoup l’ont dit, ne pas compter sur la plus fidèle des versions aux intentions de l’auteur pour rendre moins opaques l’écriture des personnages.
                        On ne saura pas plus pourquoi et comment James Averill (Kris Kristofferson) aura fait sécession avec sa classe sociale, rencontré une pute française pour tomber amoureux d’elle, comment pendant tout ce temps il aura géré sa vie maritale avec son épouse légitime, celle qu’il rencontre dans le prologue d’Harvard et qui réapparaît à la fin de la version intégrale (alors que plus jamais on ne le revoyait dans la version courte).
                        De même qu’on ne saura toujours pas pourquoi et comment Nate Champion, amoureux aussi d’Ella, est plus humain et sentimental que ses collègues mercenaires et est ami avec James Averill.
                        Tout cela reste à la discrétion de l’imagination du spectateur et c’est tant mieux.
                        La suite au prochain épisode.

                      • #152565 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        On aura beau dire que ces affaires de photographie ou de tirage peuvent relever du détail, mais dans tout un tas de situations ça n’est pas le cas. Que serait Pacification avec une image merdique et un son dégueu? Etc…

                      • #152568 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        C’est même vrai de films faits avec de petits moyens vidéo (Dans « Je Regarde » du dernier ciné club l’image n’est pas du tout laissée au hasard; il y aurait aussi à traiter le cas assez hors norme qu’est Inland Empire, dans lesquel, si la qualité de captation est volontairement dégradée (mais pas l’éclairage), c’est en réalité tout le contraire pour le son, ce que mon premier visionnage en salle de ce film l’an dernier m’a rendu encore plus évident)

                      • #152589 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Le décor est posé. Passons à l’incarnation.
                        Lorsque Heaven’s Gatearrive chez nous, via le festival de Cannes 1981 à la compétition duquel cette version courte participe et quelques jours après l’élection de François Mitterand, je l’attends déjà de pied ferme. Mon Première du mois sur les genoux, j’explore de long en large les prometteuses photos que le magazine expose. On nous montre les portrais promotionnels, plutôt souriants, du trio principal Kristofferson-Huppert-Walken, qu’accompagnent de très spectaculaires vues d’ensemble (la ville de Casper, entièrement reconstituée). Facilement excité par l’annonce d’une superproduction, et celle-ci se posait là de ce que les lignes de Première en révélait, l’eau me vint aux pupilles. Je me dois de préciser que j’étais alors aussi attiré par les films pleins de fric que la pie voleuse par les bijoux de la Castafiore, mon imaginaire Playmobil n’étant pas encore tout à fait supplanté par mon devenir esthète. Et Indiana Jones n’avait qu’à patienter trois mois avant de ne faire de moi qu’une bouchée. Je ne perdais rien pour attendre.
                        Alors donc me voilà à contempler les photos dans Première et à m’imprégner de l’argument qui structurera la narration et une première sensation s’insinue : la barbe poivre et sel de Kristofferson, les patins à roulettes, les incroyables et véristes costumes…tout cela fomente en moi la sensation que
                        Heaven’s Gate sera pastoral ou ne sera pas.
                        Il y aura du sentiment, de jolis personnages, des immigrants artistement photographiés, de chouettes paysages et décors et peut-être un peu d’action sur la fin puisque je comprenais bien que le film manquait s’intituler The Johnson County War. D’ailleurs une autre photo ne montrait elle pas l’escouade des mercenaires posant tout sourire face à l’objectif? Ces sympathiques gaillards allaient bien tôt ou tard faire claquer leurs six coups histoire de justifier les 40 millions de dollars engloutis! Décidemment, cette Porte du Paradis qui m’évoquait déjà cet autre film vu deux ans plus tôt, Les Moissons du Ciel (« heaven »/ « ciel », j’étais d’anglais depuis la sixième donc je l’avais) deuxième opus de Terrence Malick. Mêmes émanations pastorales, similaires embruns iconographiques.
                        Puis vint la bande originale achetée en 33 tours pour patienter avant le fatidique 22 mai 1981. De temps à autre, j’aimais bien faire ça. J’allais d’ailleurs remettre le couvert avec la BO de John Williams quelques jours avant que ne sorte Les Aventuriers de L’Arche perdue.
                        Bref celle de Heaven’s Gate était signée David Mansfield et croyez moi, jamais je n’ai connu (sauf peut-être avec la BO de Barry Lyndon) une telle immédiate et hypnotique adhésion à une bande originale de film avant même qu’il sorte. Je ne parle pas que de moi mais aussi des autres membres de la famille. Un après-midi, mon meilleur copain du collège et moi nous étions même défoulés en sautant comme des forcenés sur l’air de la polka qui accompagnerait le bal aux patins à roulettes. Je ne savais pas encore tout à fait à quoi tout cela allait ressembler exactement. Encore quelques jours et j’allais être fixé.
                        La suite au prochain épisode.

                      • #152619 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        J’avais, plus haut, omis d’évoquer la puissance de suggestion, en amont même d’une sortie tant attendue, du seul nom du réalisateur, Michael Cimino, dont je n’avais encore rien vu. Alors qu’il aurait suffi de n’en voir qu’un.
                        Deux ans plus tôt était sorti The Deer Hunter. Je n’y étais pas. Comment ai-je pu oser ne pas y être? Quel sortilège avait bien pu présider à cette carence? Pourquoi diable pose je la question alors que j’en connais la réponse?
                        A deux ans et quelques près avant mai 81, j’étais trop jeune. C’était interdit aux moins de treize ans et à douze – treize ans je suivais les consignes. Je n’allais pas y voir. Je me contentais de regarder les photos et les noms sur l’affiche. Je ne me souviens même pas en avoir vu un seul extrait à la télé. De plus, j’étais suffisamment à l’affût des retours pour percevoir qu’on en disait pas tellement du bien. Que le film était raciste, réac, facho. Nationaliste.
                        Il n’empêche.
                        J’avais intégré qu’un film de 3 heures traitait de la guerre du Viet Nam (c’était quoi réellement ce Viet Nam encore inédit, en tout cas pour moi, au cinéma?) sans s’afficher en film de guerre. Que sa première heure était consacrée à des noces et que des scènes de roulette russe occasionnaient de poignants témoignages de spectateurs livides et traumatisés.
                        Ne serais-je pas, d’aventure, passé à côté d’une claque potentielle? Assurément, oui, de celle que m’aurait administrée la caissière dès qu’elle aurait entraperçu ma frimousse de pré-ado. Car il faut le savoir, la caissière de 1979 était intraitable («T’as pas l’âge mon coco, va donc te coller devant Bernard et Bianca»-pardon pour l’anachronisme). Encore quelques mois et j’allais mettre fin à ce pucelage en allant mâter Alien puis Apocalypse Now et en bande s’il vous plaît!
                        Toute cette digression pour dire que Cimino, c’était ce réal dont je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler le style et qui avait déjà fait un mammouth que je n’étais pas allé voir. Je n’allais pas rater le suivant, l’on pouvait me faire confiance.
                        Arrive le 22 mai et la bête montre le bout de son nez. Ma grande sœur qui habite Paris le voit avant moi. Elle est sous le choc. Son choc m’excite. Son choc m’exalte. Nettement plus âgée mais encore bien jeune, La Porte du Paradis serait le film « le plus dur » qu’elle ait jamais vu. Et le bougre écope aussi d’une interdiction aux moins de treize ans. Cimino les cumule.
                        De toute évidence, il sera moins pastoral que je l’imaginais, à ma très grande joie.
                        La suite au prochain épisode.

                      • #152698 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Je disais plus haut ignorer à quel style j’allais avoir à faire avant les premières minutes de projection. Bien que lisant peu à l’époque sur les films à l’affiche, sorti des notices du magazine Première, je comprenais que quand Monsieur Cimino avait un truc en tête, il ne l’avait pas ailleurs. En l’occurrence, l’animal reprenait une structure similaire au film précédent (dont je rappelle que je ne l’avais pas vu), articulée autour d’un rituel inaugural qu’un plus ou moins brusque enchaînement faisait basculer vers un autre espace temps. Ici, des noces à la lituanienne (The Deer Hunter), là, un raout d’étudiants huppés de la seconde moitié du XIX ème siècle qui fêtent la fin de leurs études.
                        Commence le film et d’instinct, je ressens une réelle et troublante fraternité avec les dits étudiants alors même que je termine à peine le collège. Telle que se présente la mise en scène, il m’est donné à éprouver ce mélange d’exaltation et de mélancolie que j’avais possiblement ressenti le dernier jour de mon CM2 avant les vacances d’été, dernier rempart de tranquillité qui me préserverait encore un peu du tumulte affolant de l’entrée au collège.
                        La séquence qui ouvre Heaven’s Gate m’immerge immédiatement en ce sentiment. L’effet est immédiat. Et seule la mise en scène l’autorise.
                        Un mouvement d’appareil descendant caresse le clocher d’une chapelle, élargit le champ vers un chemin en contrebas et accueille le jeune homme fringant et dégingandé qui sera le héros du film. Il court à en perdre haleine et pénètre dans l’enceinte de la prestigieuse université d’Harvard. Il est à la bourre comme tous les gens qui s’affolent au dernier moment. Comme moi, tiens.
                        Courant le long des allées du campus, croisant d’élégants gandins et autres attelages stendhaliens, il rejoint le gros d’une colonne de jeunes rupins surexcités qu’une fanfare entraîne vers l’amphithéâtre principal, au son d’un « Battle Hymn of the Republic » joué d’une façon presque swinguante.
                        Ce swing, dont la prise de son nous révèle d’abord les échos avant qu’elle n’en précise les contours, n’est pas le dernier à contribuer à ma joie de spectateur au moment où je rentre dans ce film.
                        L’instinct toujours me fait comprendre que jamais une telle scène n’a existé au cinéma et qu’elle existe dorénavant. Avec une telle entrée en matière, le film me met sans coups férir dans sa poche. J’exulte.
                        Seul Visconti aurait su restituer cela avec maestria. Et encore. Il aurait pourvu la séquence d’une solennité opératique que Cimino nous épargne. Ce prologue dans le prologue palpite d’une vie plus vraie que la vraie, nous donne à réentendre cet hymne archi rabâché d’une oreille nouvelle tout comme il le fera du Beau Danube bleu, sur lequel, quelques instants plus tard, tourbillonneront par centaine des couples de danseurs dans la cour centrale de l’université. A rendre jaloux Kubrick qui faisait déjà valser sur cette même musique ses astronefs du futur dans son 2001.
                        Le somptuaire, le dispendieux, le luxe des costumes n’empèse à aucun moment la séquence. La caméra se fait exploratrice du temps. Nous assistons à un documentaire sur une fête de fin d’études dans une université américaine de 1870, comme si H.G. Wells avait prêté sa machine à Frederick Wiseman.
                        Les physiques des figurants sont à l’avenant: rigolards, dickensiens pour les mecs. Composites et virginales pour les filles. Chapeau au directeur de casting spécial figuration de Cimino. Assurément un génie.
                        Louons les physiques mais aussi l’implication de ces figurants, la vérité de leurs attitudes, la crédibilité de leurs rires quand Billy Irvine (John Hurt), le brillant bouffon et orateur du campus, fait le pitre.
                        La fin de ce prologue nous laisse, sur le sentiment mitigé de l’idéalisme et du désenchantement, positivement fourbus mais inquiets. Le sang ne fait-il pas déjà son apparition quand nous le voyons couler du nez de Billy Irvine, à l’instar de la tâche de vin qui vient maculer la robe de la mariée dans The Deer Hunter ? Mais pour l’heure, le chasseur de daim ne m’avait pas encore livré ses secrets.
                        Toute la thématique du film, articulée autour d’un insondable sentiment de nostalgie, du passage du temps, du constat que tout est déjà derrière, la jeunesse, l’insouciance, la camaraderie virile, les jolies filles, tout cela est contenu et déployé dans ce prologue génial.
                        Et Cimino y installe le principe stylistique qui régira la plupart des scènes de foule de Heaven’s Gate : la focale privilégiant la netteté du motif en fond de plan au détriment plus flou de tout ce qui se trouve au milieu du champ.
                        Je vais être honnête, je ne suis pas sûr que la suite du film n’atteigne ce sommet, il est vrai stratosphérique. Mais le bien était fait.
                        Il ne faisait aucun doute à ce stade qu’un portail majestueux m’introduisait dans l’enceinte d’une œuvre de cinéma que je n’étais pas prêt d’oublier. Et dont je n’allais pas ressortir de sitôt.
                        A suivre

                      • #152905 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        On l’aura plus ou moins compris, ce prologue époustouflant arbore fièrement, telle une figure de proue, les deux mamelles qui définiront la plasticité de Heaven’s Gate: un certain naturalisme entrelacé à un sens du spectacle qui m’aura pris, je le confesse, par surprise au moment où je découvre le film.
                        Effet découverte que j’ai à cœur de décrire mais que n’importe quel visionnage contemporain n’empêchera nullement de perdurer, que l’outrage du temps n’affectera que superficiellement.
                        La Porte du Paradis -et je reviens au titre français par caprice- m’aura marqué en profondeur, comme le ferait le fer rouge sur la peau d’un maverick, par l’entremise d’une saisie inédite.
                        Je vais donner, pour les besoins de la démonstration, exprès dans la facilité puisque la remarque à venir ne peut être qu’une fantaisie d’après-coup, mais La Porte, c’est un peu comme si David O. Selznick avait donné les clés à Maurice Pialat sur le tournage d’Autant en emporte le vent.
                        C’est quelque chose comme ça, sachant que Heaven’s Gate (et hop) est remarquablement plus spectaculaire que le film que signe seul Victor Fleming (alors qu’ils s’y sont mis à plusieurs) et dont le succès sera inscrit dans le marbre.
                        Maurice Pialat, carrément! Et bien oui: qu’y puis-je si certains moment de Van Gogh m’évoquent La Porte du Paradis? Si le batifolage éthylique de Dutronc parmi les putes me renvoie à ces plans qu’une certaine efficacité américaine rendent fugaces où un immigrant moldo-austro-slovaque divertit d’accortes filles de joie de ses mélopées slavo-folk?
                        Qu’y puis-je si la «Marche» du lupanar de Van Gogh me ramène à la fête aux patins à roulettes de Heaven’s Gate, dans sa félicité unanimiste?
                        Bien sûr, la comparaison s’arrête là et il faut raison garder. La puissance de La Porte est celle d’un porte avions à 40 millions de dollars- de 1980 s’il vous plaît- soit l’équivalent d’un Cameron de nos jours. Et ce porte-avions est tenu par des folkeux, des joueurs de mandoline, par T-Bone Burnett qui officie dans l’orchestre qui surexcitera les danseurs aux patins à roulettes. A ce stade, laissons Pialat tranquille. Restons bassement hollywoodien car en l’occurrence, cet «hollywoodien»-là nous exhalte.
                        A suivre

                      • #152907 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        La comparaison de Heaven’s gate et Pialat nest pas bête du tout.
                        Surtout qu’avec Heaven’s gate nous sommes à la fin du nouvel Hollywood mais l’ombre de celui-ci plane encore largement sur le film.
                        Cependant, une autre comparaison serait plus pertinente à mon avis.
                        Que Cimino ait été influencé par la 7ème compagnie au clair de lune me semble d’une évidence telle, que seule une méconnaissance profonde de l’histoire du cinéma peut aveugler.
                        Je m’en remets à votre bon sens à tous et à toutes pour parfaire cette évidente analogie.

                      • #153291 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Interrogeons ce «naturalisme».
                        S’il conservait, dans The Deer Hunter, une texture «behavioriste» soumise à une certaine éthique de représentation à laquelle nous avaient habitués les années 70 de chaque côté de l’Atlantique, il devait, avec Heaven’s Gate, se frayer un chemin parmi les moellons qu’une intense recherche historique préalable ne manquerait pas de déposer sur son passage.
                        Au risque d’un académisme sur lequel le prologue tel que décrit plus haut nous rassurait en deux coups de cuillère à pot.
                        Pour autant, le naturalisme ici à l’œuvre, à la portée expérimentale déjà illustrée chez Jerry Schatzberg, Robert Altman, John Cassavetes, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Arthur Penn, se frotte de facto à un film en costume, plus qu’à un simple western nous y reviendrons, et qui plus est, aussi contemplatif que mouvementé.
                        Ce qui ne manque pas de générer, sous cette tumultueuse surface, des courants contradictoires, contrastés, provoquant par endroits des éruptions de kitsch (ces immigrants passablement folkloriques que fustigeait Pauline Kael), comme autant de réactions cutanées résiduelles à l’inoculation puissante d’un vérisme que l’ossature du mammouth en présence n’a pas complètement les moyens d’absorber.
                        Ces effets secondaires sont la rançon de la folle ambition d’un film qu’ils rendent d’autant plus passionnant, retors.
                        Cette Porte du Paradis, terre de contraste, s’incarne en un festival de scènes, d’agencements de situations, de bouts de partitions pour solistes ou grand orchestre, selon l’humeur, au service d’un foisonnement naturaliste qui est la première, et peut être principale , raison d’aimer le film. Est à l’œuvre ici une sophistication dans le naturel ou un naturel dans la sophistication, on ne saurait dire, qui finit par faire univers. Univers sur lequel nous reviendrons avant de clore.
                        Pour l’heure, on se contentera d’ouvrir ce grand roman filmique au hasard des pages. Celle-ci nous replonge dans des ambiances de bordel que n’aurait pas désavoué Maupassant alors qu’au détour d’un paragraphe, une catin, qu’une envie pressante rend de mauvais poil marche sur une bouse de vache juste avant qu’elle n’atteigne les chiottes. Scène absente de la version courte et dont je ne pourrais plus jamais me passer.
                        Celle-là nous immerge dans une effervescente quincaillerie de Casper où des mercenaires patibulaires viennent s’acheter un beau costume et se fournir en armes, sorte de déclinaison westernienne et inquiétante d’Au bonheur des dames, de Zola.
                        Et que dire de cette autre où un vieux chasseur de loups, seulement de passage et non concerné par les turpitudes de l’action, explique devant Ella et Nate (Christopher Walken) que pour immobiliser un loup avant qu’il vous morde, il faut lui choper la langue. Suit alors l’illustration concrète de la tactique dont le pauvre (et jeune) Mickey Rourke fera les frais. Moment de pur génie, nerveux, légèrement anxiogène, visité par l’imaginaire d’un Jack London ou d’A.B. Guthrie, qui instille, juste avant que les événements du film ne s’accélèrent en embardées funestes, un sentiment diffus de barbarie.
                        Mais que serait cette constellation sans son épicentre féminin: Isabelle Huppert et son personnage de maquerelle au grand cœur, Ella.
                        Nimbée d’amoureux arpèges de David Mansfield, nous la voyons nue, légèrement potelée, de dos, de face, courant les fesses à l’air se mettre au lit précédant son amant moins pressé car occupé à finir la tarte qu’elle lui a préparée. Sensuelle, mutine, champêtre, elle incarne à elle seule l’influence d’une certaine peinture française sur le film. La dite séquence, qui se termine par la remise de son cadeau d’anniversaire, une Studebaker, est un de ses sommets dans ce registre naturaliste. Averill (Kristofferson) offre la Studebaker à Ella, Cimino offre la scène à Isabelle. Elegiaque et mélancolique, elle nous donne à sentir l’air vif du matin, le rayonnement de la jeune actrice, sans doute consumée par la joie de ce tournage, et le déchirant sursis avant l’apocalypse.
                        Au moment où je découvre Heaven’s Gate, et sans doute impressionnable à cet âge, tout cela se bouscule et m’enivre. Je perçois néanmoins les hiatus entre les différents régimes de représentation tout en les intégrant de façon organique. Après tout, Heaven’s Gate est aussi un grand film populaire, généreux, accueillant, auquel l’échec plus que cinglant qu’il subit confère une dimension tragique parce qu’inscrite à même les images.
                        A suivre

                      • #153296 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        « Jerry Schatzberg, Robert Altman, John Cassavetes, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Arthur Penn »
                        Voilà l’Amérique qu’on aime.
                        Le Scorcese du début.
                        Coppola, dans la durée, c’est encore un autre problème.
                        Je ne faisais que pointer le bout de mon nez.
                        De mon nez-nez.

                      • #153318 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Le gros élément de surprise à la découverte de Heaven’s Gate en 1981, et je conçois que cela puisse pourtant ne pas surprendre venant d’un film aussi cher, placé sous les oripeaux de la fresque, fut son caractère éminemment spectaculaire. On en avait pour son argent, selon la triviale expression consacrée.
                        Comment expliquer que je n’aie pas vu cela venir?
                        Pour des raisons déjà invoquées en amont, à savoir que lorsque le film s’annonçait, je le concevais luxueux mais contemplatif. Je le visualisais en épigone d’ampleur certes adjuvante des Moissons du ciel, de Terrence Malick.
                        Rétrospectivement, d’après coup puisque je ne l’avais pas vu à ce moment, The Deer Hunter n’est que de justesse un film à grand spectacle. Il l’est par son ampleur conceptuelle au sens où Cimino jouit des moyens de son ambition mais guère par ses scènes d’action. Où plutôt, lorsqu’elles déboulent (quelques plans guerriers fort brutaux et l’évasion du camp de prisonniers), elles se posent là mais restent cantonnées aux contingences du trauma.
                        Ce que je ne pouvais deviner était que Cimino, dans l’absolu, fut un maître de la scène d’action. Sans doute LE maître de tout le «Nouvel Hollywood» avec Steven Spielberg tout de même et aussi le scénariste-cinéaste John Milius dont l’assurance pour l’action pure fait merveille dans au moins un film: Le Lion et le Vent.
                        Concernant Cimino, on trouve déjà de furieuses embardées sur la fin du Canardeur et bons nombres de critiques se sont extasiés, à juste titre, sur la maestria à l’œuvre dans L’Année du Dragon. Le pourtant anecdotique Desperate Hours présentera lui aussi de beaux restes quant à cela.
                        Mais La Porte du Paradis aligne les planètes. Le spectacle est ici tellement total qu’il se paye le luxe de ruisseler sur les scènes intimistes à deux, ou trois personnages, dont le film est truffé.
                        Fait que les détracteurs n’en finissent plus d’ignorer, préférant invoquer l’ennui que leur inspirent les dites séquences. Pourtant empli d’une respiration qui se déploie par ailleurs au grand air, cet intimisme frémit, même en vase clos, de tout ce qui vibrionne et palpite d’ampleur à l’extérieur, et qui s’en vient résonner dans des intérieurs que le chef décorateur aura conçu dans la minutie d’une authenticité fruste. C’est ainsi que nous apparaît la cabane misérable de Nate (Walken) que ce dernier a tapissé de pages de journaux, en guise de papier mural, pour «décorer ce qui est nu». Trouvaille merveilleuse qui permet une scène dans la scène: à la vue de ce papier de guingois, Ella en conçoit une émotion, laisse affleurer des larmes et moi spectateur accuse réception de l’étrange jubilation que tout cela provoque. Avec trois fois rien, suprême insolence venant d’un film à 44 millions de dollars, le spectacle s’invite entre quatre murs.
                        Car sorti de ces refuges frugaux, ce sont le bruit et la fureur que Cimino et son bataillon de monteurs orchestrent sans compter tantôt au milieu d’un fabuleux décor, déjà, digne des plus grandes démesures du cinéma muet, des films de Stroheim ou de Murnau. Celui de la ville de Casper, que nous arpenterons du regard à deux reprises. La première, d’un approfondissement sans fin, décrivant l’immersion de James Averill (Kristofferson)au sein d’un affolement du flux urbain dans ce décor de fou qu’aucun western n’a jamais imaginé montrer: immigrants qui débarquent du train, allées et venues de figurants par centaines dont le moindre sera doté d’un accoutrement qui en révélera la statut social (nous distinguons très nettement les plus fortunés), va-et-viens des attelages qui se croisent en un oppressant fracas.
                        Plus tard dans le récit, lorsque le chef de gare quittera son poste pour aller porter l’alerte que l’intervention punitive des mercenaires est imminente, c’est une ville déserte que nous contemplons (un dimanche, sans doute), saisissant contraste qui n’est qu’une idée de mise en scène de plus.
                        Dans ces moments d’effervescence, le film se fait débauche. Il lâche tout, crache son ampleur aux confins de l’obscénité, du réjouissant étalage. Jouant de la focale, le directeur de la photo Vilmos Zsigmond fait bouillir l’intérieur du cadre, laissant éructer dans le flou du premier plan d’abstraites et rageuses silhouettes.
                        Et comme si tout cela ne suffisait pas, il y a l’action proprement dite. Plus précisément, une action pyrotechnique tenue par une logistique de pointe, le gratin des professionnels sur la place en 1980. Maquilleurs astucieux, artificiers de haute compétition, cascadeurs impétueux et monteurs virtuoses: tous mettent la main à la pâte, ne ménageant aucun effort pour restituer le rendu brut de l’affrontement balistique, que porte une inspiration homérique.
                        Aussi longitudinale que latitudinale, la puissance spectaculaire de La Porte s’insinue donc un peu partout, fait feu de tous bois, nous immerge dans un monde à la fois oxygéné et étouffant, que la mise en scène déploie autant qu’elle le cantonne sous une chape d’oppression pré-industrielle que vient soutenir un sound design presque irréel (crachotements dantesques des locomotives, bruits d’usine, affolant tumulte urbain).
                        A quoi avons-nous réellement à faire?
                        A un western, vraiment?
                        Voilà qui sera abordé dans le commentaire ultime et terminal de cette célébration. Ouf.
                        A suivre
                        A suivre

                      • #153506 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Spoilers inside

                        Le western nous a installé dans le confort douillet de ses topos. Topos urbains avec leur saloon, leur hôtel miteux, leur banque et leur bureau du shérif flanqué de sa prison.
                        Et aussi les trottoirs en bois et les abreuvoirs à chevaux.
                        Plus généralement, nous nous sommes laissés bercer par des configurations tissées de frontière sans cesse repoussée toujours plus à l’Ouest, de conflit permanent entre l’anarchie et la Loi, la zone de non-droits et la législation, l’open range et les barbelés.
                        Il ne faudrait pas pousser beaucoup pour que l’on affirme haut et fort que le western ne parle que de cela.
                        Galvanisés par cette assurance crâne, l’on poussera encore un peu Mémé qui n’en demandait pas tant en proclamant que le western plus ou moins traditionnel ne traite QUE du conflit entre gros éleveurs et petits fermiers, bouviers et bergers, propriétaires et squatters, cattle barons et petits colons imprudemment égarés sur leurs terres.
                        Et l’on aura forcément tort. Encore que.
                        La Porte du Paradis fait d’autant moins exception à la règle qu’elle traite d’un événement situé à mi-chemin entre l’Histoire et le fait divers: la guerre du Comté de Johnson. Ce conflit, qui s’étale sur une période allant de 1889 à 1893, s’avère une sorte de vache à lait, à lui seul de pourvoyeur souterrain de scénarios mille fois absorbés devant nos écrans petits ou grands. Cette célèbre guerre de pâturage qui a ensanglanté le Wyoming a bien dû essaimer aussi du côté de Lucky Luke, on ira vérifier.
                        L’originalité du film de Cimino ne se situe pas là où un événement occulte nous serait révélé. Ce que nous avions tendance à croire. La guerre du Comté de Johnson a durablement marqué les esprits, transformé la législation, fourbi la jurisprudence. Mais pour en avoir conscience , il eût fallu naître américain, ou historien spécialisé. Historien spécialisé aurait peut-être même été nécessaire autant que suffisant tant les critiques négatives d’outre-Atlantique ne semblaient pas, sauf erreur car je n’en ai qu’un retour superficiel, mentionner frontalement un fait qui allait au-delà de l’accusation de laideur, de monstruosité incohérente, de ridicule, en un mot de ratage total, un fait tout simple: l’inexactitude historique de ce qui est narré à l’écran (indépendamment du réalisme, nous y reviendrons). Ou bien alors cela a été dit et l’on considérera que l’on tient là une bonne raison de conspuer le film, n’était que tout cela indiffère le spectateur égoïste que je suis, accueillant à bras ouverts la licence mégalomaniaque d’un cinéaste qui réécrit l’Histoire à sa convenance.
                        Si la Stockgrower Association, qui planifie l’assassinat d’un certain nombre de supposés (ou avérés) voleurs de bétail et autres «anarchistes», a parfaitement existé, si son commandant en chef est bien l’ignoble Canton, et si il est avéré qu’une escouade de mercenaires est constituée pour commettre les exactions similaires à celles que nous montre le film et à raison d’une semblable rétribution (5 $ par jour plus 50 $ de prime pour chaque tête de pipe abattue), si le vrai Nate Champion (Christopher Walken à l’écran) fut tué dans les mêmes circonstances qu’à l’image, éviter de prendre pour argent comptant le fait inique que des immigrants venus d’Europe Centrale se soient faits dézingués par de richissimes oppresseurs, flanqués de leurs séides assassins, pourrait faire office de conseil d’ami.
                        La lecture «marxiste» de cette page d’Histoire nous paraît quelque peu hors sol, à la lumière des faits.
                        Certes, c’est bien l’accointance des gros éleveurs avec le Grand Capital qui permet leur très coûteuse, autant que risquée, expédition punitive qui consiste à envahir, tels une horde de Huns, un comté entier sur lequel ils n’ont légalement aucun droit. Re certes, cette guerre est bien déclarée par des puissants à dessein de préserver cette puissance. Certes encore, les poursuites fédérales à leur encontre, puisqu’ils agissent dans l’illégalité et puisque poursuites il y aura (ce que le film ne suggère aucunement), n’auront que peu d’impact en termes d’application de peines qu’ils ne subiront pas.
                        Oui, on peut parler d’injustice.
                        Mais sinon, contre qui se sont-ils battus? Certainement pas de pauvres immigrants affamés, qui n’avaient «qu’un pot pour pisser» mais bien plus sûrement des colons en majorité anglo-américains (comme dans n’importe quel western) bien plus organisés et installés que ce que nous montre Cimino. Et bien plus protégés aussi, notamment par un shérif qui pourrait équivaloir le James Averill de La Porte si ce n’est que le vrai Jim Averell n’était qu’un petit éleveur pendu avec sa compagne putain, Ella Watson (une photo d’elle vous décevra si vous pensez retrouver Isabelle Huppert, je préviens en gentleman), à l’orée de cette guerre.
                        Ce shérif donc, du nom de «Red» Angus, forma une milice de 200 hommes très aguerris et armés pour atomiser l’escouade des mercenaires, laquelle ne trouva qu’à se réfugier dans une grange et sera secourue (et arrêtée) par l’armée, venue pour rétablir l’ordre.
                        D’une manière générale, le camp des colons n’apparaît pas comme aussi fragile et exposé que dans le film et cette guerre de 5 ans qui n’aura fait que 40 morts à tout casser (en l’espace de quelques heures, le film doit bien en comptabiliser autant sinon plus) aura plus sûrement revêtu les atours d’une grosse vendetta à la sicilienne ou à la corse, avec son cortège de règlements de comptes, y compris après coup lorsque des colons, avides de vengeance, retrouvèrent plus tard des mecs de la Stockgrower pour qu’ils ne l’emportent pas au paradis.
                        Cimino suggère un peu tout cela mais par l’ambiance (magnifique) plus que par les faits dont il se fiche comme d’une guigne.
                        Les faits, il en fait son affaire et les contraint à épouser sa fibre romanesque, les plie à son imagination d’écrivain dont la plume est une caméra.
                        A suivre pour une ultime fois, juré.

                      • #155028 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Spoilers inside
                        Il aura suffi d’une primale approche de Heaven’s Gate en 81 pour qu’aussitôt, une manière de connivence s’établisse. Une proximité qui a trouvé à s’exprimer bien des années plus tard mais qui n’en était pas moins ressentie sur le moment. Ces paysages du Wyoming -du Montana en réalité- ont l’ampleur requise et impressionnent. Ils évoquent Anthony Mann plus que tout autre cinéaste. Mais les choses en ce film se configuraient de telle sorte que le terrain que j’investissais mentalement s’en trouvait comme reformulé. L’ambition démesurée, la mégalomanie de l’homme aux commandes lui donnaient les ailes (horriblement plombées diront -ont dit- les détracteurs) d’inventer un univers. Plus encore mais de la même manière que dans The Deer Hunter, nous nous mouvions en Ciminie. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur la sérénité des retrouvailles avec les codes du western classique.
                        Je parlais plus haut de proximité et vais m’en expliquer car je ne peux faire l’économie de taire l’importance, quant à l’envoûtement généré par le film, d’un certain continuum «icono-mental» entre l’univers à l’écran et la réalité géographique de mon environnement au moment où je découvre Heaven’s Gate.
                        Enfant du Territoire de Belfort, j’en connaissais bien les confins vosgiens, ses sentiers bordés de mûres, ses parcours pédestres entre plaines et vallonnements, ses gîtes ruraux, ses cabanes en rondins, son Ballon d’Alsace et sa tarte aux myrtilles, aussi goûteuse que semble l’être celle que concocte Ella (Huppert) pour son amant James (Kristofferson). Peu de temps après la sortie du film, j’y partais camper avec des copains et psychiquement, le film s’en trouvait prolongé. Il ne quittait pas mes pensées et commerçait secrètement avec le petit séjour entre quatre potes que je vivais (l’entremise de Heaven’s Gate étant ici préférable à celle de Délivrance).
                        Expérience et perception toute personnelles pour dire à quel point Cimino m’immergeait en un pays de cinéma à prendre comme un ersatz hyperbolique et décentré de l’Amérique. Porte-avion ivre et funèbre, rebelle et renégat, le vaisseau Gate du skipper n’entendait rendre de comptes qu’à lui-même.
                        Cimino s’appliquant à parsemer son espace westernien de figures que des décennies de déclinaisons avaient lestées de routine. Il les restituait par la tangente, le chemin de traverse, réinvestissait ce que la convention avait travesti, dévoyé.
                        C’est ainsi qu’il s’appropriait différents niveaux de réalité, qu’il incorporait aux flux aléatoires de son imagination, au risque du ridicule si l’on aborde la composante la plus discutable du film: la présence/représentation des immigrants.
                        Outre, et ce fut développé en amont de cet hommage, la mystification que constitue le rôle que le scénario leur fait jouer puisque ces immigrants d’Europe Centrale n’ont aucunement pu être concernés par la Guerre du Comté de Johnson, ou alors très marginalement, Cimino les bichonnent à la kitsch, leur affuble un pittoresque que rehausse une batterie d’accents à «couper au couteau», les imagine en corpus choral d’une tragédie qui emporte tout ses protagonistes.
                        A titre personnel, je n’ai jamais eu à me plaindre de mon commerce avec ces immigrants tant ces derniers participaient de cette invention constitutive de l’univers «gatien» dont je me suis repu dès l’heure de la découverte. Une invention protéiforme que les immigrants pourvoyaient en teneur baroque, bigarrée. Femmes, hommes barbus ou non (on porte beaucoup la barbe dans La Porte et comme l’aurait écrit Audiard, «un barbu, c’est un barbu, vingt barbus c’est Heaven’s Gate»), toques en peau de moutons, casquettes de voleurs de poules, fichus austères de paysannes slaves cohabitant avec de plus coquettes tenues arborées par d’ex citadines déplacées par le destin, tout cela agglomère ces conventions iconographiques à cette grande fête du foisonnement ourdie par Michael Cimino.
                        Auberge espagnole somptuaire, Heaven’s accueille le trait grossier (ces tirades shakespeariennes un peu lourdes, ce folklore sus-décrit) autant que l’extrême délicatesse de nombre de scènes intimistes, inocule à même le spectacle des idées de folie que la réalité seule a pu documenter: ce bal aux patins à roulettes trop beau pour ne pas être vrai et dont l’Histoire du cinéma ne se remettrait pas, ces machines de guerre lors de l’assaut final qui ont réellement été utilisées lors de l’historique attaque du ranch où se sont réfugiés les mercenaires.
                        De folklore à folk, il n’y a qu’un pas que Cimino et son compositeur David Mansfield nous invitent à franchir pour une contribution de taille à l’originalité de l’œuvre.
                        Grand film folk, Heaven’s tangue au gré d’une musique qui l’irrigue tel un ADN souterrain. Résolument acoustique (à quelques arrangements orchestraux près) la géniale contribution de Mansfield à l’Histoire de la musique de film prolonge, de façon plus volontariste et lyrique, les travaux de Stanley Myers sur The Deer Hunter. Et accentue les contours boisés d’une œuvre de cinéma tissée d’arpèges libertaires que régurgitent directement 10 années de contre-culture, accueillies ici pour un ultime baroud avant extinction.
                        C’est ainsi que, métissée et offerte à la bigarrure, une musique d’obédience tantôt slave, tantôt cajun, tapisse les boiseries formelles d’Heaven’s d’un imaginaire que nous faisons nôtre et qui achève d’asseoir sa puissante liberté de ton.
                        La présence physique d’une certaine catégorie de «zicos» entérine ce complot enchanteur de même que leur visibilité dramaturgique.
                        Si David Mansfield, transfuge de la fameuse «Rolling Thunder Review» de Bob Dylan, se taille la part du lion dans le rôle du petit violoniste (et employé d’Ella) qui anime l’orchestre de la salle qui donne son titre au film, ce même orchestre nous gratifie de la présence de T-Bone Burnett, érudit et virtuose praticien d’une pop folk capiteuse, lui aussi ex contributeur de la Review de Dylan.
                        Côté méchants, Ronnie Hawkins interprète le ventripotent Major Wolcott. Ronnie Hawkins dit «The Hawk», rocker canadien de la première heure et premier patron des futurs soldats de The Band avant qu’ils ne soient débauchés par Bob Dylan.
                        Ronnie Hawkins qui aurait prédit à Robbie Robertson: «Petit, tu vas pas gagner lourd mais je te promets que tu baiseras plus que Frank Sinatra».
                        Jolie compagnie, en vérité, que nous côtoyons là.
                        Et le périmètre ciminien, qui n’en est pas à une générosité près, de nous en réserver encore de belles, nous surprenant de sa cohérence interne, disposant des personnages de telle sorte que chacun trimballe avec lui sa petite dramaturgie, qu’aperçu une fois au détour d’un plan, nous soyons sûrs de le revoir plus tard, peut-être transformé par les événements. Ainsi, certains characters sont vus au sein d’une assistance, présentant des blessures qui suggèrent que du mauvais leur est arrivé hors champ sans que nous sachions comment, ni dans quelle circonstance.
                        Aux trous narratifs qui en ont crispés plus d’un, Cimino oppose insolemment une stupéfiante précision dans le vérisme des habitus. Attardons nous sur la topette à whisky de James, qui lève le coude plus d’une fois dans le film jusqu’à se mettre minable. Lors de son entretien avec Billy (John Hurt), autour d’un billard, alors que ce dernier lui apprend la funeste décision votée à l’unanimité par les éleveurs, James pose sa topette sur le bord de la table et au son, nous comprenons qu’elle est vide. Juste après, dans le saloon de J.B. (Jeff Bridges), à l’heure où James relaie la terrible information auprès de son ami tenancier, celui-ci, machinalement, comme allant de soi, fait résonner la même topette d’une pichenette qui confirme sonorement le vide du réceptacle, avant de le remplir à l’aide d’un entonnoir.
                        Grand petit exemple de la maniaquerie d’un cinéaste qui veut régner en maître sur la traçabilité des faits survenant dans le périmètre de cet imaginaire-là, véritable caisse de résonance où tournent en boucle d’obsessionnels rabâchages, ou répétitions d’une formule, comme dans la vraie vie, qu’un personnage emprunte à un autre pour se l’approprier.
                        Mercenaire barbu à Nate: «Ella, c’est pas ton amie, c’est l’amie de personne»
                        Nate à Ella: «Jim, c’est pas ton ami. C’est l’ami de personne»
                        Motifs de la boucle, ici relayé par les dialogues, ailleurs par l’image comme tout à fait perçu par les critiques français de l’époque, bien plus favorables au film que leurs homologues américains.
                        Il n’est pas jusqu’à la représentation de la violence qui ne soit pas dictée par l’intensité visionnaire de la réalisation. Rarement un film relativement peu sanglant-à une ou deux exceptions près-aura été aussi violent dans sa restitution de l’insécurité balistique, d’une brutalité létale qui n’épargne pas plus les hommes que les femmes. Une première vision a même quelque chose de tétanisant.
                        Autre manifestation du contrôle insensé du spectacle, la mise en scène des affrontements est à l’opposé du mode opératoire à la Peckinpah. Point de ralentis chez Heaven’s mais du raffinement artificier jusque dans le subliminal comme ce plan insensé où un homme fauché par une balle voit le jour, en une fraction de seconde, passer à travers lui.
                        C’est sur ces considérations non verbalisées, et d’autres encore, que dans les mois qui ont suivi la première sortie du film, porté par un programme de français de Seconde estampillé XIXème, dont un certain roman de Flaubert fut l’objet d’un exposé, j’affublais Heaven’s Gate d’une distinction connue de moi seul, plutôt puérile et peu justifiable si ce n’est comme balise fixant l’inclassable: le «Salammbô du western».
                        «C’était vers Sweetwater, Wyoming, devant la maison d’Ella.. »
                        Fin du feuilleton

                      • #155090 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je vais faire un ctrl-C ctrl-V sur tout ça dans un bloc note et me le garder pour les vacances, c’est plus simple

                      • #155130 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Et bien merci à toi.
                        En espérant que ça complète tes impressions récentes, toi qui a déclenché mon envie de commenter ce film si matriciel pour moi!

                    • #150073 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Passionnant commentaire que je ne sais pas par quel bout prendre.
                      La mise en vis-à-vis des deux films est parfaitement pertinente parce que tous deux représentent à mon sens une sorte d’apothéose et de point d’orgue de ce que l’esprit « Nouvel Hollywood » (j’invoque ça un peu paresseusement) à apporté au cinéma de l’époque en termes de moyens artistiques et techniques. Pour faire court, on serait là en face de deux blockbusters idéaux (ce qui ne veut pas dire parfaits, heureusement), de deux blockbusters selon nos cœurs.
                      Je ne m’ennuie pas au Parrain, 2ème partie mais je vois ce que tu veux dire. Et si je suis honnête, je dois bien reconnaître qu’une fois le climax somptueux du meurtre de Fanucci par le jeune Vito Corleone passé, le film peine à se remettre sur des rails. La batterie ne se recharge pas suffisamment. La loco a épuisé sa vapeur. Et les règlements de compte terminaux ne sont que l’ombre de ce qu’ils étaient dans Le Parrain, au moment où Michael faisait baptiser son fils. On peut donc dire que c’est le côté saga qui tient le spectateur plus qu’un rythme et une construction volontairement aleatoires, et risqués.
                      Je pense tout simplement que La Porte du Paradis fait plus que prendre des risques en termes de narratif. Le film en réalité se soucie comme d’une guigne que le spectateur s’y retrouve tellement les ellipses sont gigantesques, tant il nous faut nous mêmes consentir à l’effort de combler les trous.
                      Personnellement, ça ne m’a jamais gêné d’autant que contrairement au Parrain 2, une montée en puissance de la tension est ici à l’œuvre et sa résolution, presque tarantinienne, se fait dans une explosion de violence qui voit advenir la mort d’à peu près tout le monde.
                      Comment puis-je m’ennuyer dans ces conditions à moins que quelque chose en moi ait décidé, dès le départ, qu’il y aurait ennui?
                      Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la « raideur » du Parrain qui est aussi un principe caractéristique de son esthétique.
                      En revanche, j’attire ton attention sur le fait que le grand point commun entre les deux films est leur extraordinaire mise en son.
                      Chez Cimino, la mise en son est tout aussi remarquable dans The Deer Hunter.
                      Chez Coppola elle l’est sur toute la filmo, du Parrain à Megalopolis, en passant évidemment par Conversation secrète.
                      Il faudrait que je revoie Les Gens de la pluie, film modeste, pour vérifier si cette caractéristique est déjà présente.

                    • #150094 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « La mise de TG2 est tout de même très statique, même les scènes de foule (notamment l’émeute à Cuba) ont incomparablement moins de physicalité que celles de HG « 
                      Oui, évidemment.
                      Mais ne leur faisons pas un mauvais procès : ces séquences de Cuba sont faites pour être fonctionnelles. Elles rendent compte de façon certes précipitées, catapultées même, d’un fait d’Histoire et partant, de l’immense ambition du film d’embrasser cette Histoire.
                      Pour rester dans le comparatif Cimino/Coppola, elle annoncerait pour moi les scènes de la chute de Saïgon dans The Deer Hunter, certes supérieures en termes de mise en scène.

                      • #150095 Répondre
                        MA
                        Invité

                        Bel echange. Merci

                      • #150142 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je mets tout ici.

                        « reste aussi John Cazale » : oui. Mais de manière générale je pourrais vraiment, dans son genre, défendre le premier Parrain. Entre autres la scène d’ouverture : ça danse vraiment, ça bouffe vraiment, les figurants ne font pas que figurer, on se balade, tout ça me va. De même qu’on y voit de mémoire bien plus de scènes fortes, classiques ou non, que dans le II.

                        « ces séquences de Cuba sont faites pour être fonctionnelles » : oui, et ça se sent. C’est toute la différence avec par exemple la scène du I dont je parle juste avant. Pour rester dans le II, on y trouve aussi plusieurs scènes de fête qui sont bien pâles et symptomatiques, à mon avis, des impasses de ce volet. Fête de nuit avant l’attaque, au bord de l’eau : débauche de moyens, orchestre, dizaines/centaines de figurants, le tout pour à peu près rien (une discussion à table sans intérêt, une scène pénible pour montrer les faiblesses de Cazale avec une femme ivre random); idem, qui m’a beaucoup frappé : la scène au restaurant-cabaret, dont l’unique fonction est de nous montrer Cazale grillé par Pacino à propos de Johnny Ola, débauche de moyens, cabaret complet sur scène pour en fait nous le montrer…20 secondes, et enchaîner sur d’énièmes mondanités et intrigues masculino-spaghettiques. Le cabaret tout entier devient simple un plan de coupe — j’en viens à oser espérer qu’ils se sont greffé sur un cabaret qui « passait ce soir là » : serait-ce plausible de la part de Coppola? (question sincère). Ça me frappe car on sait pourtant Coppola capable de « se faire plaisir » avec des scènes de ce type : démesurées (mariage du I), avec de la danse (une ou deux très bonnes longues scènes de danse dans Coup de Cœur, film difficile pour moi par ailleurs), et ainsi de suite.

                        Reste tout de même dans le II cette étonnante insertion de la scène du procès, incise qui m’a indéniablement réveillé (même l’éclairage change).

                      • #150154 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Reste tout de même dans le II cette étonnante insertion de la scène du procès, incise qui m’a indéniablement réveillé (même l’éclairage change). »
                        Ahhh restent beaucoup de choses quand même.
                        A commencer par l’évocation de Little Italy: arrivée des immigrants, passage par Ellis Island, scènes de rue hyper crédibles, fêtes populaires, caf conc de guingois, etc..
                        C’est pour moi la meilleure évocation des quartiers ethniques new yorkais du début XXème. Meilleure que celles de Ragtime et Il était une fois en Amérique.
                        Ce que tu dis de la partie Pacino n’est pas faux mais je prendrais deux paramètres en compte pour en atténuer la charge.
                        D’abord leur côté plus fonctionnel, moins incarné que leurs équivalentes du Parrain reflètent aussi le changement d’époque. L’opulence un peu froide n’est pas que celle de Coppola disposant de moyens plus conséquents qu’en 72, elle caractérise aussi l’installation au sommet de Michael Corleone, ses relations policées (et hypocrites) avec des sénateurs, son positionnement sociétal.
                        Ensuite je crois que quelque chose est à louer, et possiblement admirer dans les deux Parrains (le troisième reproduit ces qualités mais il vient trop tard, il est autre) : Coppola y invente une gestuelle « Parrain », toute une batterie comportementale que personne n’a jamais osé imiter.
                        On a bien sûr, et ad nauseam, singer Brando et ses cotons dans les joues mais c’est autre chose. Et je ne m’arrêterais pas sur la possible surestimation pour le coup de Marlon Brando, comédien.
                        Je parle ici de tout un univers dont les personnages se comportent physiquement comme les marionnettes qu’on imagine se balancer au bout des fils qui font le motif graphique des affiches des deux films.
                        Petiot, à l’occasion de longs déplacements en voiture, je me souviens avoir été fasciné par les 4×3 du Parrain, 2ème partie sporadiquement perchées en bord de route. Plus énigmatique encore que l’affiche de L’Exorciste, celle du Parrain ne laissait pas de m’intriguer. De quoi ce film pouvait-il parler? D’une histoire de famille dans un atelier de marionnettiste (sic)? Je n’étais pas si loin de la vérité.
                        Aucun autre film de gangsters en amont, comme en aval, n’aura ne serait-ce qu’imaginer reproduire cette invention inépuisable d’attitudes physiques, de positionnements dans le cadre, que ce soit dans l’action ou les palabres, de personnages saisis entre humanité et « marionnettisme ».
                        Avec les deux premiers Parrains, Coppola invente les humarionnettes.
                        C’est là dès Le Parrain mais comme tu le mentionnes, il y a encore trop de vie, trop d’électrons libres (James Caan, chien fou). Dans Le Parrain, 2ème partie, les humarionnettes ont enfin un film tout à elles.
                        C’est un festival de gestuelles « à la Parrain », de corps qui se raidissent soudainement ou au contraire s’affalent, de tueurs lourds et félins, d’assassinés saisis dans leur stupeur, de gestes bruts mais économes. Même l’utilisation parcimonieuse du sang participe d’une économie baroque de la mise en scène qui nous plonge dans un univers que Coppola s’est plu à inventer.
                        Il y a une planète Parrain.

                      • #150176 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        A peu près toutes les scènes d’assassinat du I et du II sont des modèles du genre – que ce soit les grandes et baroques ou les sobres. On voit tellement de scènes de mise à mort au cinéma qu’on oublie de rendre grâce aux rares qui nous font croire au passage de vie à trépas.

                      • #150183 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Absolument.
                        Et il est piquant de se demander pourquoi, et surtout comment, ça n’opère plus dans Le Parrain, 3ème partie, qui reste pourtant un film somptueusement mis en scène et inventif.

                      • #150184 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Cela dit le côté « passage de vie à trépas » auquel on croit dans les deux premiers Parrains est à nuancer.
                        Je ne suis pas sûr qu’on y croit beaucoup plus qu’ailleurs. Ce à quoi on croit en revanche, ou plutôt ce sur quoi la réalisation nous focalise, n’est autre que la mesquinerie vénéneuse de la mise à mort. Les plus beaux trous de balles du cinéma (ou autres avanie), parce que discrets, non insistants, pas pyrotechniques pour un sou, secs et précis à la fois, c’est dans les Parrains 1 et 2 qu’on les trouve.

                      • #150204 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « Coppola y invente une gestuelle Parrain, toute une batterie comportementale que personne n’a jamais osé imiter » : je ne saurais pas trancher, par manque d’expérience, le caractère inimité (hors Brando) de la gestuelle Parrain au cinéma, en revanche j’ai retrouvé ce bon article du NYT qui résumait brièvement la curieuse circulation fiction-réalité-fiction (et vice-versa) du Parrain dans le crime organisé new-yorkais et ailleurs. Il aborde justement cette affaire de « palette comportementale ».

                        J’aime bien « humarionnettes », et le côté « Planète Parrain » me paraît toucher quelque chose (qui se retourne en partie contre le film). Ça peut sans doute ce relier aux questions sérielles dont vous parliez plus haut.

                        Concernant Brando, je comprends et rejoins les critiques à propos de la « patate dans la bouche » et du surjeu afférent, qui pour ainsi dire fait primer la Planète Parrain sur la Mafia. Il n’empêche que d’un point de vue purement cinématographique je trouve que le personnage apporte comme un contrepoint, un équilibre que je ne retrouve pas dans le II. Sa vulnérabilité, son âge, quelque chose de ce genre, qui donnent lieu à deux excellentes scènes au moins (la scène de sauvetage à l’hôpital, la scène de sa mort). Je ne suis bien sûr pas dupe du fait qu’on assiste là, dans tout le film, à la constitution de Vito en grande figure morale — sur un plan plus politique, d’une moralité seigneuriale.

                      • #150197 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il en reste quelques uns dans le 3.
                        La scène de l’hélicoptère par exemple. Par contre le meurtre par lunettes plantées dans la gorge on ne croit à rien (ni le sacrifice ni les lunettes mortelles). Pourtant quand tu écoutes l’équipe en parler (Walter Murch je crois) c’est présenté comme une scène de meurtre typique des 3 parrains. Mais à l’évidence c’est devenu du cinoche s’auto-référençant. Même les astuces à l’opéra (je tiens le corps du garde mort contre moi en le faisant passer pour vivant) font nanard. Pas vu le Spielberg mais il semble qu’il s’y joue un peu la même chose : des trucs qui fonctionnaient dans Indiana Jones quand bêtement appliqués comme des recettes ne font plus que du nanard.

                      • #150215 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Mais à l’évidence c’est devenu du cinoche s’auto-référençant. « 
                        Oui, c’est exactement ça.
                        A son AP au Max Linder en 91 (je me rappelle qu’il y avait Alain Chabat), j’étais ressorti déçu à cause de ça. Depuis j’ai appris à bien l’aimer mais comme Coppola isolé pas comme digne successeur.
                        @I.G.Y.
                        Sur Brando, disons que je fais partie de ceux qui ne se pâment pas devant sa prestation (et plus généralement de ceux qui ne se pâment pas devant Brando). Pour autant, il ne met pas le film par terre. Son personnage existe et participe du charme baroque.
                        « j’ai retrouvé ce bon article du NYT qui résumait brièvement la curieuse circulation fiction-réalité-fiction (et vice-versa) du Parrain dans le crime organisé new-yorkais et ailleurs. Il aborde justement cette affaire de « palette comportementale » »
                        Je n’arrive pas à le lire mais ce que tu en retournes suscite l’inquiétude qu’on ne parle pas de la même chose.
                        S’il s’agit de reproductions comportementales dont la plus courue serait une imitation de Brando, je ne parle pas de ça.
                        J’aborde expressément quelque chose qui a trait à la mise en scène, la réalisation, le parti-pris esthétique.

                      • #150225 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        N’importe quoi c’est Andy Garcia, pas Alain Chabat.

                      • #150227 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « S’il s’agit de reproductions comportementales dont la plus courue serait une imitation de Brando, je ne parle pas de ça. » : justement non, c’est plus fin que ça, plus large (c’est très étrange cela fait plusieurs personnes qui ont des problèmes avec FileVert ici, alors que de mon côté le lien marche très bien, il suffit de cliquer sur « tout télécharger »).

                      • #150228 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        C’est bon je l’ai. Je vais lire ça.

                      • #150231 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Bon j’ai lu et je confirme (mais je m’y attendais) qu’on ne parle pas de la même chose.
                        L’article cause mythologie, moi stylistique.
                        Et en effet, la mythologie ne joue pas en faveur du film. Cela a de toutes façons été dit dès la sortie du film, qui était taxé de complaisant, de familialiste, cultivant un « romantisme » seigneurial (« Moi Monsieur, je ne touche pas à la drogue! »).
                        Tu remarqueras à la lecture de l’article qu’il n’y a aucune référence au Parrain 2, qui est moins aimable dans ses implications, plus abrasif.
                        Mais ma « planète Parrain » concerne tout autre chose.

                      • #150234 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        L’article mentionne précisément des changements dans les manières de bouger, de s’embrasser, de parler, de décisions en matière d’habillement ou de comportement, qui ne sont pas pour moi de la mythologie mais quelque chose de très concret et profondément lié à l’esthétique développée dans le film. C’est justement, à tous les sens du terme, du style. Partiellement puisé dans les codes mafieux existants mais brassés dans la popote affective de Puzo et Coppola, le répertoire de gestes et d’attitudes offert par le film nourrit en retour le « milieu », son « code ». Ne l’invente pas mais l’infléchit, en fournit une structure, un référent possible (c’est exactement comme ça qu’en parle l’un des intervenants).

                      • #150240 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Attention avec Brando !!!
                        Le premier qui aurait un mot de travers avec Brando aura affaire à moi.
                        Je préfère prévenir à l’avance.
                        ON NE TOUCHE PAS À BRANDO !!!
                        Ou alors il faudra passer sur mon cadavre.
                        Ne vous pâmez pas devant Brando si vous ne voulez pas. D’ailleurs ça veut dire quoi se pâmer devant Brando.
                        On ne se pâme pas devant Brando, on est sidéré par Brando.
                        Sidéré par la présence de Brando.

                      • #150241 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Je ne sais pas si c’est humoristique mais il est notoire que François déteste Brando et le courant Actors studio qu’il représente,ce que l’on peut comprendre puisque c’est un jeu qui feint d’être naturel et,surtout,fait de l’acteur un créateur qui va donner un sens et des intentions à tout ce qu’il interprète,ce qui peut donner des résultats éblouissants(De Niro dans Taxi Driver)ou grotesques(Brando est au bord de l’être dans Le parrain)

                      • #150262 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Alors là… Si tu me lances sur Brando, l’actor studio si tu veux.
                        On n’a pas fini. Ça va être un putain de pavé…
                        Je vais essayer d’être synthétique. Je vais essayer.
                        Oublie l’actor studio.
                        Mon hypothèse, qui est bien plus qu’une hypothèse. Mais une stricte vérité :
                        C’est que Brando est à l’actorat, ce que Charlie Parker était au jazz.
                        .
                        Personne dans le jazz, aucun musicien ni listeners consciencieux diront « Bof Charlie Parker bof, pas terrible » Miles Davis dans son autobiographie disait qu’il n’utilisait jamais le terme « génie » trop abstrait sauf pour Parker. Parce qu’il pouvait être absent de toutes les répètes, arriver défoncé au dernier degré le jour du concert et le type jouait 100% juste et en osmose avec les autres.
                        Brando c’est le même genre. Il n’a rien, je dis bien rien besoin de faire pour crever l’écran. Il a qu’à faire un moindre geste pour que l’émotion soit là.
                        Y’a pas si longtemps je revoyais « La vengeance aux 2 visages » un western, le seul film qu’il a réalisé. Un moment il est avec un autre type à une table de saloon. L’autre type lui explique que le mec que Brando cherche (Karl Malden) est dans une ville et qu’il veut taper la banque de cette ville et propose un marché à MB… Pendant toute la scène Brando ne dit pas 1 mot, c’est l’autre qui parle, juste à la fin de la scène Brando fait ouais, c’est tout. Pourtant durant toute la scène on ne voit pas le mec qui parle, on ne voit que Brando, qui pourtant ne fait rien, ne bouge pas un cil. La présence est incommensurable.
                        La première image du dernier tango. Brando est sous un pont à Paris, en une fraction de seconde le personnage est là tout entier. En une fraction de seconde.
                        Dans « on the waterfront » Il y’a vers le début, un plan en hauteur. Il y’a tout un tas de dockers dans le cadre. Un flic arrive dans le dos de Brando, il lui touche l’épaule et Brando reconnaît le flic au même moment. Observe le mouvement qu’il fait pour chasser la main du flic. Un déhanchement de la hanche et de l’épaule, ça dure moins d’une seconde mais personne ne fait ça aussi naturellement. Personne. Tu parles de l’actor studio. La méthode stanislavsky consiste en la « sense memory » rien à voir avec donner un sens. C’est retrouver dans sa propre expérience sensible les données de l’instant sensible. Il n’y a pas de sens là-dedans. En clair, quand Brando dans sa jeunesse a eu affaire aux flics, ou quelqu’un qu’il n’aime pas lui a touché l’épaule, c’est exactement comme ça qu’il devait réagir. Le même mouvement d’épaule.
                        Je n’y peut rien si Bégaudeau qui se méfie de la théorie en a plein la tête concernant le cinéma, qu’il ne voit plus les choses simples.
                        J’ai vu un extrait de cet entretien où il parle de Brando. Mais là c’était trop pour moi, j’ai coupé au moment précis où Bégaudeau dit « heu je ne sais pas si c’est l’actor studio lui, si je crois, peut-être pas, enfin à vérifier ». Alors qu’il est le premier à avoir testé la méthode Stanislavsky. Mais bon, rien que la présence ! La présence bon dieu. Elle est incroyable cette présence ! On ne pourra jamais objecter à Brando d’en faire trop, puisque précisément il ne fait rien. Il n’a juste qu’à être là. Puis quand je parle de Charlie Parker et sa légende. Légende véridique. Je suis loin d’être le seul à partager ce point de vue. De Niro lui rend hommage à la fin de Raging Bull, et tous les bons acteurs le disent, de Dustin Hoffman à Pacino en passant pas Day Lewis, sans parler des actrices comme Jean Seberg et des tonnes d’autres le savent très bien.
                        Le fait est qu’il ne faut pas se tromper de cinéma non plus.
                        Brando chez Hong Sang Soo prendrait trop de place. Chez Rohmer… que dire.
                        Mais demandez à Hong Sang Soo ce qu’il pense de Brando.
                        Pour ne pas voir le génie de Brando, il faut d’une part ne pas avoir envie de le voir et surtout, surtout avoir dans la tête quelque chose qui bloque.

                      • #150276 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        J’oubliais le fait que Bégaudeau aurait dit de Brando que c’est un con.
                        Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire exactement, mais on en connaît beaucoup des acteurs qui refusent l’oscar ? Et en ce qui le concerne, en envoyant une native américaine pour le refuser ? On connaît l’histoire de Coppola qui pour Apocalypse Now a dû insister pour avoir Brando parce qu’aucun producteur ne voulait en entendre parler. Pour dire que c’est plus qu’un acteur, c’est un personnage.
                        Je ne sais pas ce qu’il entend par con Bégaudeau, mais une fois, il y a eu un entretien d’une ex de Brando, actrice aussi, qui disait que malgré l’entente, elle en avait marre qu’il la trompe. Alors elle a accepté un rôle dans un film avec Elvis, l’autre king a-t-elle dit, et elle a eu une aventure avec Presley. Puis elle a dit qu’un mois plus tard elle en a eu marre de Presley, c’était un bouseux comparé à Brando qui lui était un penseur, et je la cite texto.
                        Moi qui aime beaucoup Jean-Pierre Léaud, je me souviens qu’il a dit que sur le tournage du Dernier tango, il ne voulait pas voir Brando parce qu’il aurait été trop impressionné. Denis Hopper a dit la même chose sur le tournage d’apocalypse now. La seule raison en est le charisme extraordinaire du mec.
                        .
                        Maintenant la méthode stanislavsky, l’actor studio et Lee Strasberg, je ne considère pas que c’est l’unique voie pour le cinéma. Mais la mémoire sensitive qui en est la base, n’est pas cette distance dont parle Tony.
                        « c’est un jeu qui feint d’être naturel et,surtout,fait de l’acteur un créateur qui va donner un sens et des intentions à tout ce qu’il interprète »
                        Moi j’aimerais beaucoup savoir d’où vient cette analyse.
                        Si quelqu’un ici me donne la moindre référence qui puisse confirmer qu’un jour quelqu’un a pu dire une connerie de ce genre, j’aimerais bien en connaître l’auteur. Si ça sort uniquement de l’esprit fertile de Bégaudeau, alors qu’il développe un peu. Mais comme d’habitude, la fuite en avant sera sa seule réponse. Le fait est que j’ai passé quelques années aux US et qu’à LA mon pote et coloc suivait des cours au Lee Strasberg institute, nous en parlions longuement et beaucoup aussi des exercices de yoga et de méditation que cela exigeait, et non du tout ce que suggère Tony via le maestro Bégaudeau qui aurait selon vous toujours raison, sans jamais questionner quoi que ce soit.
                        .
                        Maintenant si vous, vous vous forcez à penser comme Bégaudeau parce que vous avez besoin d’un maître à penser. Libre à vous.
                        Mais c’est aussi votre sensibilité qui est en jeu.
                        Généralement on ne triche que moyennement avec le monde sensible.
                        Donc revoyez les films avec Marlon, revoyez Sur les quais par exemple. Un Tramway nommé Désir. La vengeance aux 2 visages… Et on en reparle.

                      • #150279 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Rires(désolé)si j’ai dit une connerie sur la méthode je m’en excuse,je ne suis pas un spécialiste ou, plutôt, j’ai tout oublié puisqu’à une époque je fréquentais une fille qui prenait des cours et elle avait ce livre de Stanislawski que j’ai un peu feuilleté,en effet la méthode c’est d’aller chercher dans notre mémoire émotionnelle les émotions du personnage et les revivre dans son interprétation pour justement supprimer toute distance entre l’interprète et le personnage.

                      • #150281 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Voilà !
                        C’est ça la mémoire sensitive ou sense memory.
                        Mais la différence c’est que si pour bien des acteurs ça demande un travail de concentration énorme, lui Brando ça lui était particulièrement facile.
                        Sauf pour le Dernier Tango ou il a, dit-il, beaucoup donné de lui-même.
                        .
                        Pour finir…
                        .
                        Prend ça dans la gueule Bégaudeau…

                      • #150320 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        oh oui ce moment d’Oscars mille fois vu et revu est une vraie calque dans ma gueule
                        toutes mes excuses Marlon
                        tu n’es pas un pitre, tu es un génie

                      • #150308 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        @I.G.Y.
                        J’entends bien ce que toi et l’article développent.
                        Mon emploi sans doute maladroit de « mythologie » ne faisait rien d’autre que d’aller dans ce sens. Je ne peux m’empêcher de penser que tout cela ne va pas au delà d’un certain folklore. Il est un moment question d’italianité dans l’article. Il est évident que beaucoup de gens d’origine italienne au sens large (y compris le père d’un cousin côté maternel- donc mon parrain -qui par ailleurs se foutait du cinéma) pouvaient adorer Le Parrain pour sa façon de titiller parfois finement la fibre originelle.
                        Que les intuitions talentueuses (et documentées) des auteurs aient induit des affects similaires au sein même du Milieu au point comme tu le dis d’infléchir leurs comportements n’étonne pas et adoube la crédibilité du film en même temps qu’elle en interpelle l’idéologie. Ce que tu as laissé entendre par ailleurs. Les gangsters, les vrais, reprennent des phrases, des éléments de langage, des attitudes et des comportements, des positionnements d’autorité (« Avant de parler, tu te tais et tu écoutes! ») que le film semble inscrire dans le marbre et qui finissent par nourrir la fibre romanesque (sic) des mobsters
                        Ce que toi et l’article commentez me paraît relever de l’anthropologie même si cette dernière est inextricablement corrélée à la mise en scène.
                        Moi je ne parle QUE de mise en scène. Je n’ai fait qu’énoncer mais je n’ai pas développé. Intérêt personnel pour l’originalité et l’unicité de ce propose Coppola dans le champ genré du « film de gangsters » et qui est plus systématisé dans le Parrain 2 par lequel Coppola extrapole et approfondi des figures de style qui ne sont qu’ébauchées (enfin, un peu plus qu’ébauchées quand même) dans le premier opus.
                        Sans vouloir leur manquer de respect (je ne voudrais pas retrouver la tête de mon hamster dans mon lit), je ne suis pas persuadé que les gangsters aient été en mesure de réinsuffler et d’infléchir des figures stylistiques dont seul le cinéma peut se prévaloir.

                      • #150336 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Rire, ok, je comprends mieux, merci. Ta dernière thèse est forte et me demanderait beaucoup de travail pour être discutée, j’en suis à l’heure qu’il est bien incapable. Mon pif, ma péninsule qui petit à petit j’espère se piffise, m’indique qu’une telle chose est possible. Du moins si l’on suppose que les films de gangsters parviennent, formellement, à capter le renouvellement considérable du rapport au monde des gangstérismes (et l’on en revient toujours, entre autres, à la question des changements de mode de circulation de l’information via ladite « dématérialisation »; on pourrait ajouter « l’ubérisation », qui y est aussi à l’œuvre, etc…)

    • #149695 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Tout de suite, maintenant c’est difficile mais je nous prédit à très court terme des échanges des plus nourris au sujet d’un film avec lequel je n’ai jamais cessé de convoler.

    • #149725 Répondre
      Ostros
      Invité

      La programmation du ciné club 2026 – 2027 est arrivée !
      .
      – au travers des oliviers (1994) – kiarostami – mardi 29 septembre
      – mean streets (1973) – scorsese – mardi 10 octobre
      – Sicilia ! (1999) – straub et huillet – mardi 05 novembre
      – éléphant (2003) – GVS – mardi 08 décembre
      – goodbye south, goodbye (1996) – HHH – jeudi 28 janvier
      – l’homme qui tua liberty valance (1962) – Ford- mercredi 24 février
      – la chinoise (1967) – godard – mardi 30 mars
      – la dernière piste (2010) – reichardt – jeudi 29 avril
      – double messieurs (1986) – stévenin – mardi 18 mai
      – mercuriales (2014) – vernier – mardi 01 juin
      Des classiques et des découvertes

      • #149731 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Ostros

      • #149740 Répondre
        eustache
        Invité

        formidable de variété! (même si ça manque d’un muet allez!)
        On sait tout de suite que le Straub (quoiqu’un des plus accessible), ce Godard-là et le Vernier ne vont pas faire consensus et c’est tant mieux!

        • #149765 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Mean streets 20 octobre – et non 10

          • #149815 Répondre
            Charles
            Invité

            Goodbye south, goodbye en janvier, c’est à marquer d’une croix sur le calendrier.

        • #149830 Répondre
          Cynthia Lennon
          Invité

          J’ai lu « même si ça manque d’un mulet »

      • #149807 Répondre
        poissonvache
        Invité

        J’aime beaucoup la manière dont François fait de la critique. Ca qui m’a vraiment ouvert à cette pratique à laquelle je suis longtemps resté hermétique malgré un vrai amour du cinéma. Et j’ai remarqué depuis quelques années que son domaine d’expertise était très axé sur les films occidentaux ou apparenté (à forte dominance france/USA). Je me retrouve donc un peu orphelin quand je m’aventure dans d’autres contrés cinématographiques car j’aime bien ma petite loupiotte bégaudienne pour éclairer le film. Quelqu’un aurait d’autre références de critique étant dans la même veine ? Je parle français anglais et portuguais. Merci d’avance !

        • #149996 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Cette forte prédominance France USA je ne peux la nier. Heureusement un iranien et un taiwanais sauvent l’honneur – et un suisse.
          Affaire de génération, de sociologie – et de longue domination objective de ces deux cinématographies, selon des modalités différentes

          • #150050 Répondre
            Homme à la trompette
            Invité

            Moi c’est plutôt l’absence quasi-totale du cinéma d’avant les années 1950 (dans les films traités comme dans les références convoquées) qui m’attriste… Bégaudeau a-t-il déjà parlé de Feuillade, de Stroheim, de Griffith, de Tourneur, de Dwan, de Ulmer, de Walsh, de Borzage, etc. ? J’ai l’impression que ce cinéma ne l’intéresse pas…

            • #150208 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Peut-etre ne faudrait il pas tirer de deux années de ciné-club, composées de vingt films, des grandes conclusions sur les gouts de Begaudeau.
              Begaudeau, que je connais un peu, programme en tenant compte de plusieurs critères :
              1 ses gouts, bien sur
              2 les films disponibles
              3 la durée : moins de deux heures (et donc des films comme Les Rapaces, que j’aime, passent à la trappe)
              4 l’intéret de ce que j’envisage pouvoir en dire (par exemple je pensais programmer La règle du jeu, un de mes films préférés, mais je ne vois pas ce que j’ai à en dire qui n’ait pas été mille fois dit et bien dit)
              Je signale aussi que sur 10 films, cette année, figuraient un muet (Keaton) et un Hitch de 54.
              Je signale aussi qu’en effet, ma culture est lacunaire, et qu’il y a des périodes ou des cinéastes que je connais mieux que d’autres. Je ne suis pas critique H24, comme tu sais (ou pas), et oui j’ai vu peu de Walsh, très peu de Borzage, zéro Ulmer, etc. Pardon de n’etre pas encyclopédique.

              • #150211 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Une fois ceci posé, qui me semblait devoir l’etre, nous pouvons maintenant aborder calmement ce que tu suggères rudement. Pour avoir revu quelques films de l’age classique récemment, il m’est apparu que oui fondamentalement ce que j’attends du cinéma est davantage susceptible d’etre satisfait dans le cinéma post-années 50. Et oui l’abstraction codifiée de la syntaxe classique n’est pas mon lieu de base – de même que oui à tout prendre mon affinité physique va davantage à la peinture post 1850 qu’à celle qui précède. Avec bien sur moults exceptions – de Poussin à Lubitsch en passant par Chardin et Hawks.

                • #150321 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Je suis bien d’accord avec cette appréciation sur le cinéma ante années 50. Beaucoup de ces films m’intéressent plus du point de vue de l’histoire du cinéma qu’en tant que tels. Nombre d’entre eux ont mal vieilli ou apparaissent aujourd’hui limités car ils ont été depassés par des oeuvres ultérieures, notamment les films de Hawks tant Scarface que Rio Bravo.

                  • #150322 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Ce sont bien entendu les films de genre qui souffrent le plus de cette péremption.

              • #150264 Répondre
                Stéphanie
                Invité

                Ne n’être pas encyclopédique
                Ouf
                J’ai vu Goodbye South Goodbye hier soir : superbe
                A distance, on peut aussi prendre les meilleurs
                Et que vivent les cinés clubs
                Merci le Bègue ( on t’appelle comme ça à la maison)

      • #149816 Répondre
        Mao
        Invité

        La chinoise

    • #149726 Répondre
      Ostros
      Invité

      Et le ciné club sur je regarde est dispo !

    • #149746 Répondre
      lison
      Invité

      Réjouissez vous, le prochain Radu Jude « Journal d’une femme de chambre » est super ! Précis, mordant, drôle, très fin sur les rapports de classe, sur le rapport au temps ( choisi/ contraint) , sur l’argent, sur ce qu’on achète (la vie des autres) pour mieux vivre la sienne.
      j’aime ces quelques jours qui défilent de septembre à décembre, ces vitres, ces miroirs, ces vitrines nettoyées,
      J’aime ce qu’il a filmé de Bordeaux (les dorures, l’esclavage, les pauvres , le miroir d’eau),
      j’aime son traitement de cette bourgeoisie culturelle, qui « ne sait pas ce qu’elle ferait sans elle » ( la domestique roumaine), et ce repas entre amis où l’on interpelle la domestique pour avoir son avis sur la guerre en Ukraine,
      j’aime que cette roumaine les insulte dans sa langue( l’enfant, la grand mère) , récupère l’argent, ne donne pas d’argent aux plus pauvres qu’elle, voilà enfin une travailleuse immigrée qui n’a pas toutes les qualités de la terre,
      j’aime les scènes de théâtre et encore plus les scènes qui réunissent le groupes de théâtre et leurs discussions sur la nudité, le bien être animal, et les migrants , rien vu d’aussi juste et moqueur sur ce milieu là,
      j’aime le rapport de ce couple à cette jeune roumaine ( tellement compréhensif…jusqu’à ce qu’il le soit moins), et Macaigne et Mélanie Thierry sont parfaits dans leur rôle,
      j’aime l’usage des vidéos sur téléphones portables( appels en visio, images de guerre,…)
      et incroyable scène de conte ! Conte dit à Bordeaux et images de la Roumanie,
      La fin est géniale, qui ne boucle rien,
      Et j’aimerai une suite qui pourrait avoir quelque chose de « Parasite », si..
      J’aime tout de ce film, j’en suis sortie euphorique, et je demande officiellement un TVB pour sa sortie en octobre .

    • #149791 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Pour les abonnés de la plateforme Bref cinéma (destinée aux courts-métrages), vous trouverez un autre court d »Emmanuel Marre: Le Film de l’été
      Et je conseille également fortement le court-métrage documentaire Car Wash de Lais Decaster

    • #149817 Répondre
      Victor
      Invité

      « Le film de l’été » est également disponible sur arte pour les non abonnés à Bref, (je recommande vivement au passage)

      • #149827 Répondre
        Ostros
        Invité

        Thanks folks

      • #149828 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Chouette ! Merci Victor
        Je remets ce lien au cas zou

    • #149818 Répondre
      Charles
      Invité

      La critique du Spielberg par Rayon vert c’est quelque chose, difficile de faire plus pédant et amphigourique : https://www.rayonvertcinema.org/steven-spielberg-analyse/
      On est à la limite du pastiche.

      • #149821 Répondre
        MA
        Invité

        amphigourique: joli

        • #149822 Répondre
          Tony
          Invité

          En effet là on est au sommet de la philosophie, c’est irrespirable,on comprend quand même quelques idées simples qui n’avaient pas besoin de Kant et Leibniz pour être énoncées,et qu’il y ait du gâtisme dans Disclosure Day c’est ce que je me suis souvent dit lors de la projection comme je me l’étais déjà dit en voyant Megalopolis de Coppola, même génération, cinéastes vénérés qui pontifient sur l’humanité.

          • #149823 Répondre
            Charles
            Invité

            Comment est-ce possible autrement quand on dit depuis 30 ans que tu es un génie du cinéma?

            • #149829 Répondre
              Tony
              Invité

              Ce qui fait mal dans Disclosure Day c’est de voir cet alien, à la fin,sur une chaise roulante,il a un message à nous faire passer alors que la troisième guerre mondiale est à nos portes et alors j’y ai vu un vieillard venu nous dire,à nous autres enfants,que ça suffit les conneries, arrêter de vous mettre sur la gueule,on n’est pas seul dans l’univers,triste fin de carrière.

              • #149868 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Dans le genre sauvons l’insauvable en recourant à l’herméneutique, je signale le texte de Joshué Morel de Critikat . Gloser un film reste vraiment la meilleure façon de ne pas le voir.
                TVB en ligne ce soir.

                • #149877 Répondre
                  Schnoups
                  Invité

                  C’est le style des « Nouvelles du front cinématographique ». J’ai lu leur critique d’Echos d’un sombre empire et c’est assez indigeste aussi. Quand j’étais mauvaise langue je disais de ce genre de critique ciné que c’était de la critique d’agrégé de lettres.
                  C’est vraiment amphigourique Charles – et pas amphibourique, premier mot que je cherchais dans le dico.

                  • #149888 Répondre
                    MA
                    Invité

                    Pareil pour la recherche dans le dico du mot.

                    • #149890 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      « c’était de la critique d’agrégé de lettres. »
                      Cette attaque sous la ceinture est hélas pertinente.
                      Le texte de JM procède effectivement de l’analyse littéraire. Enfin de celle qui se proclame telle au lycée et à la fac, et qui n’est jamais qu’une interprétation des signes et symboles qui jalonnent le texte , sans davantage de rapport avec la textualité que la critique de JM n’en a avec la facture cinématographique du Spielberg

                      • #149898 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Tes critiques sont bien entendu à l’opposé de ces amphigouris.

                      • #149930 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Mon préféré reste : « cabalistique apophtegme » (trouvé dans la bondissante BD De cape et de crocs, ça m’est resté)

                      • #149944 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Donc si on écrit « amphigouri cabalistique » c’est carrément destructeur, ça atomise un pays entier.

                      • #149945 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        C’est mal ce que vous faites – la lecture est un acte automatique – ma tête est petée

    • #149850 Répondre
      Selina
      Invité

      Bonsoir, je vois partout que le film Autonomes de François Bégaudeau dure 1h52, or celui que j’ai en ma possession n’affiche que 52 minutes. Est-ce ma version qui n’est pas la bonne ou internet qui se trompe ?

      • #149855 Répondre
        Cynthia Lennon
        Invité

        C’est le montage fait par et pour la télé et qui n’a rien à voir

        • #149863 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          en effet, autant s’en passer
          pour voir la vraie version, la seule, me contacter sur messenger

    • #149894 Répondre
      Travis Bickle
      Invité

      Bonjour, quelqu’un aurait un lien de téléchargement pour À l’Ouest des rails de Wang Bing en 1080p / Vostfr ?

    • #149921 Répondre
      Léo
      Invité

      Vu le dernier Soderbergh que j’ai trouvé excellent.

      Très déçu par les critiques françaises méprisantes autour du film, j’ai néanmoins découvert le podcast Drapeau Rouge qui en parle très bien et pertinemment. Je recommande le podcast bien que je n’ai pas écouté d’autres épisodes à ce jour.

    • #149994 Répondre
      KDB
      Invité

      Salut François,

      Je me questionne beaucoup sur ce qui me semble être ton principe critique cardinal : le réel et son dévoilement.

      Avec le sentiment que la manière dont tu mobilises cette notion de réel reste parfois prise dans une syntaxe assez classique : faire la lumière sur, dissiper les illusions, arracher les voiles. La critique comme opération de révélation ; le cinéma comme pratique de véridiction.

      Tu commentais une scène de The Fabelmans : ce moment où le jeune Spielberg découvre, à travers un petit film, que sa mère entretient une relation extraconjugale. Tu lis cette scène comme une forme de révélation presque antispielbergienne: le jeune Steven frôle une conception antonionienne du cinéma comme machine à faire surgir le vrai, à extraire le réel de ses médiations.

      Cette perspective critique me convainc moyennement. Non pas seulement parce que la scène spielbergienne est assez pauvre dans sa construction, mais aussi parce qu’Antonioni me semble ici assez éloigné du régime de pensée que tu lui prêtes implicitement.

      On a certes souvent lu Antonioni comme un cinéaste de l’objectivation — parfois même dans une grille quasi marxiste du dévoilement. Deleuze propose un déplacement décisif dans L’Image-Temps : « Antonioni est beaucoup plus proche de Nietzsche que de Marx ; il est le seul auteur contemporain à avoir repris le projet nietzschéen d’une véritable critique de la morale, et cela grâce à une méthode “symptomatologiste”. » Il ajoute que ses images relèvent moins d’une logique de révélation que d’un régime de devenir, traversé de « rapides ruptures, intercalages, infinitésimales injections d’a-temporalité ». Trouver un symptôme c’est découvrir des forces plus que le monde-vérité – que Nietzche déclare aboli dans son Crépuscule des idoles.

      Ce qui m’intéresse dans ce déplacement, c’est qu’il desserre précisément l’alternative entre révélation et illusion. Même chez Antonioni — que l’on pourrait spontanément ranger du côté de l’objectivation — l’enjeu n’est pas tant de mettre au jour un réel caché que de capter des variations de régime perceptif, des discontinuités internes aux corps et à leur manière de voir et de sentir.

      C’est peut-être pour cela que je suis particulièrement sensible à ton usage de la chair. Car les corps ne me semblent pas relever d’un réel qu’il s’agirait de dégager sous les apparences ou les idéologies. Ils sont plutôt pris dans ce type de variations, de décalages, de compositions instables, où quelque chose se forme et se défait simultanément.

      C’est d’ailleurs ce que Deleuze allait chercher chez Nietzsche lorsqu’il réhabilitait le simulacre : non pas une copie dégradée du réel, mais une production de forces nouvelles. « À nous les beaux simulacres ! »

      Évidemment, cela ne sauve pas les rêveurs ni les divertisseurs dont les valeurs restent souvent assez médiocres — généralement démocrates-majoritaires, libéraux-conservateurs. Mais j’ai parfois l’impression que certaines de tes formules sur l’entretien ou la sortie de l’illusion ou de retour au réel continuent de faire entendre, malgré tout, une image assez classique de la critique.

      Je sais, pour t’avoir entendu parler Serra, Hamaguchi, un peu de Lynch (soit des cinéastes chez qui le fantastique travaille discrètement le monde, la psyché), que ce qui t’intéresse est la puissance des situations, des rapports et des corps que j’évoquais plus haut. Il n’empêche qu’il y a parfois, dans certaines critiques négatives dirigées contre ceux qui “évitent le réel” ou “fuient le corps”, un léger flottement conceptuel. Mais cela tient peut-être simplement à nos mauvaises habitudes d’animaux parlants (nos mensonges au sens extra-moral) qu’à un vice de pensée.

      • #149998 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        1 si j’ai fourché et parlé d’Antonioni plutot que de Rossellini, c’est… un fourchage (mais qui m’étonne)
        ce que je développe est d’inspiration rosselinienne, et non pas antonionienne
        antonioni, cinéaste qui m’intéresse de moins en moins
        (ou alors si j’ai parlé d’Antonioni pour ce moment précis de Fabelmans. c’est au sens strictement Blow up : c’est par une photo qu’on se rend compte d’un truc qui à l’oeil nu n’apparaissait pas)
        ce qui annule la moitié de ton post, désolé
        2 « faire la lumière sur, dissiper les illusions, arracher les voiles. La critique comme opération de révélation ; le cinéma comme pratique de véridiction. » Je ne me reconnais pas vraiment dans ce lexique. Je ne crois pas du tout que la vérité se révélerait en soulevant un voile. Tout juste puis je utiliser parfois des mots comme cru, crudité, cruauté, à cru. Ou la série des nus : mettre à nu, à nu, l’enfance nue, .
        Des mots qui me sont chers seraient plutot : la saisie, le rendu, la captation, la documentation, etc.
        Je ne suis pas obsédé par le fait que le cinéma doive saisir le vrai. Les puissances du faux m’intéressent. Je l’écrivais dans d’Ane à zèbre et ça n’a pas changé en 12 ans : j’ai deux passions : le vrai et le faux. Je me méfie juste très rigoureusement d’un cinéma qui, prétendant dire le vrai, falsifie à plein. Pour ça le dernier Spielberg est un cas d’école (voir le TVB)

        • #150018 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          @KDB
          Moi en tout cas je trouve ton post, sacrément intéressant.
          Pas au sens critique de la critique Bégaudienne, mais au sens analytique, dont tu perçois les choses.
          Il est tout de même intéressant de noter que François considère de moins en moins intéressant un cinéaste qui le devient de plus en plus, ne serait-ce qu’en rapport à un moment de notre histoire où précisément le sens nous échappe.
          Rosselini qui a fait évènement en son temps et avec qui il est bien plus confortable de dialoguer aujourd’hui, plus bien plus facile en tout cas qu’Antonioni, marque à mon avis l’intérêt de Bégaudeau pour un réel dans une définition ontologiquement assez classique. Si pour lui le réel nous échappe dans son émergence, en définitive notre tâche reste de l’objectiver, en effet. On peut même dire que les idées claires et distinctes sont pour lui la condition sine qua none pour avancer. Lui demander d’aller au-delà du couple sujet-objet, semble une requête aux limites du compréhensible pour lui. En revanche il sera très difficile à prendre en défaut sur ce point.
          Vois comme il se défend comme un lion :
          « Je ne crois pas du tout que la vérité se révélerait en soulevant un voile. Tout juste puis je utiliser parfois des mots comme cru, crudité, cruauté, à cru. Ou la série des nus : mettre à nu, à nu, l’enfance nue, .
          Des mots qui me sont chers seraient plutot : la saisie, le rendu, la captation, la documentation, etc. »
          Avec ça mon ami, nous comprenons de suite à qui nous avons affaire.
          Bon sur piste comme en hors piste, ce slalommeur par nature sait y faire avec la culture. Et les mots bien sûr.
          Mais pour rester sur Antonioni, Deleuze analysant Antonioni, ça reste du Deleuze. Moi je vois Antonioni un peu différemment, bien que ce que dit Deleuze est intéressant, a le mérite de nous sortir du classique « cinéaste de l’incommunicabilité », mais encore une fois, faire d’Antonioni l’illustrateur des concepts de Deleuze me semble limité et je pense Antonioni encore plus pertinent que ce que Deleuze en fait.
          Ne pas oublier que le lieu privilégié d’Antonioni est le « désert ». Le désert et la modernité. Entièrement d’accord pour dire qu’Antonioni est le cinéaste du simulacre. Tu dis :
          « Même chez Antonioni — que l’on pourrait spontanément ranger du côté de l’objectivation — l’enjeu n’est pas tant de mettre au jour un réel caché que de capter des variations de régime perceptif, des discontinuités internes aux corps et à leur manière de voir et de sentir »
          C’est fort pertinent mais moi j’irais voir du côté de Roland Barthes également. Grand antonionien lui aussi. Donc du côté du « signe », plus précisément du devenir du signe. Simulacre oui mais pas dans le sens deleuzien, dans le sens du devenir du signe comme simulacre. A savoir que simulacre comme « production de forces nouvelles » « A nous les beaux simulacres ! » semble être ce à quoi Antonioni ne croit pas beaucoup, en tant que les forces du post moderne s’opposent à ce devenir. Le simulacre n’étant pas une copie dégradée du réel, mais bien une pure disparition du sujet.
          Bref, tout cela est de toute façon pertinent. Deleuze, Barthes, Bégaudeau, heureusement qu’il nous reste ceux-là pour ne pas étouffer sous notre condition.

    • #150004 Répondre
      Charlie
      Invité

      Bonjour à toutes et tous,
      Le premier épisode de la Lumière dans le fond à Cannes est disponible avec notamment un entretien de 30 minutes de Lola Cambourieu et Yann Berlier pour Mauvaise Étoile présenté à L’Acid : https://feeds.acast.com/public/shows/la-lumiere-dans-le-fond

      • #150045 Répondre
        Ostros
        Invité

        Cool !
        Tu en fais partie ?

    • #150054 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Je ressors de Backrooms et c’était génial !

      • #150080 Répondre
        Shiva
        Invité

        Tu peux développer stp ?
        Donne moi envie d’aller le voir, « génial » c’est vague.
        .
        Identifier un mouvement de fond dans l’histoire du cinéma, et en particulier du cinéma d’horreur – genre qui se prête facilement aux effets de mode (« post-Scream slashers », « torture porn »), demande un peu de recul. Aujourd’hui en 2025, il semble possible de reconnaître que quelque chose de nouveau s’est passé dix ans auparavant autour des années 2014-2015, et se poursuit jusqu’à aujourd’hui : une nouvelle manière de faire du cinéma d’horreur.

        Le nouveau cinéma d’horreur, de Mister Babadook et It Follows à Substitution : Bring Her Back | Analyse

        • #150084 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          j’irai voir ce film, et Obsession sur quoi on me tanne
          le problème c’est qu’on m’a tanné tout pareil sur It follows, sur Hérédité, sur Midsommar, qui tous trois ont une grosse capacité à partir en couille en deuxième moitié

          • #150085 Répondre
            Tony
            Invité

            Oui Obsession c’est intéressant, curieux d’avoir ton retour.

            • #150139 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Je déconseille malheureusement Backrooms, où l’on m’a emmené ce soir, et qui ne tire pas grand chose de sa matière. J’ai cru à quelques moments dans la toute première partie qu’il en serait autrement, mais non, voire pas du tout. La personne qui m’y a convié était d’accord avec moi à la sortie de la salle, déception nette (je précise que ce pote a en revanche aimé Obsession, que je n’ai pas vu).

              • #150315 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                je vais le voir, d’une part parc que je suis d’une honnêteté inégalée, d’autre part parce que y a la clim

                • #150335 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  François, je te rappelle que la gauche a un problème avec la climatisation.

                  (personnellement je ne saurais trop conseiller le ventilateur de plafond, ce qui fait de moi non seulement un homme qui dort bien, mais aussi et surtout un homme de gauche).

          • #150088 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            Je suis beaucoup moins enthousiaste pour ces 3 films que pour Backrooms 🙂 Mais le film mérite un ticket et même un podcast à mon avis, jdcjdr 🙂
            Je chercherais plus tard sur le net ou la presse, je suis sûr qu’il doit y avoir de bonnes critiques à en faire.
            + Obsession est pas mal, bien foutu, un bon film d’horreur, même si ça reste un peu trop dans le genre, cliché américain, y a une scène de meurtre qui est tellement cliché qu’on la voit venir à des km, alors le film joue bien de ça psychologiquement mais bon, quand un film « joue avec les codes du genre » comme on dit, c’est qu’il a rien d’autre à dire en général.

        • #150087 Répondre
          Gerard Manfroy
          Invité

          J’ai posté juste avant de dormir donc j’avais pas la tête allumée. Donner envie de le voir ? Disons que je vais simplement dire ma propre expérience. Je ne suis pas fan des films d’horreur en général, je trouve que c’est un plaisir triste ou douteux dans la majorité des cas, mais j’aime quand une idée fantastique sert de métaphore, sert un discours. Et puis, visuellement le film tient vraiment quelque chose, on est pas loin de l’installation d’art contemporain. Qui reste pop culture et produit pour faire de la thune certes, film de genre oblige. Mais les petites histoires fantastiques ou horrifiques les plus intéressantes sont toujours des métaphores de quelque chose. Des métaphores même inconscientes souvent. J’ai vu bon nombre de courts métrages des Backrooms sur Youtube et j’ai fini par avoir ma certitude sur ce dont c’était la métaphore : Internet tout simplement. Et le film m’a confirmé dans cette idée, ce qui m’a beaucoup plus même si ce n’est pas la seule interprétation valable.
          Et je n’aime pas citer des grands noms pour vanter de la pop culture parce que ça n’est que de l’emballage marketing autour d’un produit de merde dans la majorité des cas, mais pour parler des Backrooms, du film comme de la multitude des vidéos sur Internet, les noms de Kafka ou même de Heidegger sont tout à fait pertinents.
          J’ai presque pas lu Heidegger (je devrais le lire), et j’ai lu Kafka il y a longtemps, mais tout le monde connait le mot « kafkaïen ». C’est quoi « kafkaïen » ? C’est quand une organisation rationnelle produit des situations absurdes. Et quand un système rationnel n’est plus du tout compris par qui que ce soit, même par ceux qui en font partie, plus personne n’en voit l’ensemble ni n’en comprend la finalité. Internet est kafkaïen en ce sens…
          Et de Heidegger, je ne vais pas me lancer dans des paroles un peu trop compliquées pour moi mais je citerais ceci depuis Wikipédia : Le phénomène de l’« angoisse » détruit, selon Heidegger, toutes les déterminations (familiarité, significativité, habitation), qui faisaient du monde un Monde pour le Dasein. Avec l’angoisse, les structures, les réseaux et les finalités apaisants disparaitraient, il ne resterait que l’idée d’une perte, d’une absence qui jetterait le Dasein face à la pure nudité de son existence et qui par contre-coup lui dévoilerait, non le monde mais sa propre existence comme « être au monde », écrit Marlène Zarader[64],[N 23].
          C’est ça cette petite mode des images « d’espace liminaire » sur internet. Des espaces construits par et pour l’humain, mais vidé de toute présence humaine, ne reste plus qu’un non-lieu, pas même un désert mais un lieu oppressant dans son hospitalité, et qui suggère le néant, l’angoisse du néant.
          Internet est un non-lieu à l’infini. Un lieu qui peut être tout ce que tu demandes qu’il est, où tu peux habiter toutes les projections mentales que tu veux. Un lieu à la fois hospitalier et hostile, peuplé et désert, moderne et obsolète, présent et absent…
          Voilà, je pense que pour ce matin c’est pas trop mal 🙂

          • #150093 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            D’ailleurs depuis le début je trouve que les monstres sont la moins bonne idée des Backrooms. C’est les lieux qui comptent. Les monstres, c’est le truc ajouté pour rendre acceptable, pour rendre rythmé une expérience qui aurait pu être non-narrative et donc vraiment contemplative et radicale, mais bon, on fait pas des brouettes de dollars avec de l’art contemporain qui ne raconte rien.

            • #150099 Répondre
              Gerard Manfroy
              Invité

              Et merci pour ton article posté Shiva, je le lirais, je suis lent à la détente, d’ailleurs même en prenant le temps d’écrire et de relire j’écris quand même « espace liminaire » au lieu de « liminal » donc bon XD

              • #150460 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Je me disais que ce film, assez proche du nimp pour moi, ne pouvait etre sauvé par ceux qui le sauvent, que par sa saisie métaphorique. Eh bien c’est que tu fais, Gérard, et tu sais ou pas que jamais la saisie métaphorique d’une matière-film ne sauvera ladite matière. Ni le fait qu’on puisse y plaquer du Heidegger ou du Cantona
                Tu dis Internet, je songe plutot que cet immeuble infini symbolise le cerveau (ou la mémoire), on pourra en discuter des heures amicalement, mais nous serons très loin du film (dont le coup du capitaine Crochet, effectivement, souligne l’absence de sérieux)

                • #150475 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  Après je vais dire un truc qui me fait un peu rougir mais peut on attendre quelque chose de sérieux d’un réal qui n’a que 20 ans ?
                  C’est une question.

                  • #150493 Répondre
                    Mathieu
                    Invité

                    Ne va pas trop vite en besogne, Alexandre. Suzanne Lindon existe.

                • #150507 Répondre
                  Gerard Manfroy
                  Invité

                  Ah bah voilà, j’aurais du réviser mon begaldisme, j’ai foncé tête baissé et j’ai commis l’erreur du débutant : « les métaphores au cinéma, c’est pour les Jacky. » Loi n°11 des principes du Bégaldisme à l’usage des gens simples.
                  Qu’à cela ne tienne, j’ai encore quelques missiles dans mes soutes qui feront la démonstration de ma capacité à dire des trucs intelligent et validés par les Cahiers du Cinéma (mon plus doux rêve [spoiler](mais non les gens évidemment JE RIGOLE).[/spoiler])

                  PS : je suis d’accord en plus pour dire qu’une métaphore ne donne pas en soi de la valeurs à une oeuvre, au cinéma peut-être plus qu’ailleurs, mais je ne crois pas non plus qu’une métaphore rende un film abstrait et empêche sa matérialité…
                  Après oui, c’est un film de genre fait pour rameuter les djeuns en salle, c’est pas une dissertation sur l’angoisse heidegerienne du monde de la technique. Mais bon, c’est une expérience sensible qu’on aime ou pas, moi j’aime 😉

                  Merci de cette réaction quand même.

                  • #150515 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Le film vaut effectivement pour son décor. Ces pièces qu’on traverse, ce mobilier résiduel – très bonne idée le magasin de meubles. On voit bien qu’il est parti de là, de ces visions là. Et ne sait pas quoi en faire. Narrativise stupidement son décor. Et le tire betement vers le genre
                    Pris comme installation de musée le film tient
                    Me demande d’ailleurs si ce jeune homme ne devrait pas plutot devenir plasticien.

                    • #150566 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Sachant que l’essentiel de l’esthétique backroom ne vient pas du film mais… des backrooms elles-mêmes (reddit &co). J’ai l’impression qu’il profite à peine du trésor qu’est le principe du décor « backroom », notamment dans les scènes de poursuite (exemple : poursuite finale avec le géant, l’élément qui freine la psy : se fouler la cheville dans une forêt de canapé… bon, est-ce qu’à l’image du reste il n’y avait pas mieux à faire avec de telles potentialités spatiales?). Il n’y a presque pas de jeu avec l’espace, on ne fait que « voir ». Et puis une ou deux fautes hyper éliminatoires, comme cette caméra posée sur la table par Clark poursuivi, de façon tellement arbitraire qu’il n’y a aucune surprise à voir le poursuivant s’en saisir…

                      C’est dommage parce qu’il y a aussi quelques bonnes choses éparses : j’ai beaucoup aimé cette scène très bizarre et toute simple avec l’électricien qui découvre le switch de travers dans le compteur, bien aimé le cadre très bizarre avec lequel on filme la découverte par la psy de Clark à l’intérieur de la backroom (cette conversation à mi-distance hyper désagréable). Mais en définitive, gros pschitt.

                      • #150567 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Et ce plan sur Clark dont on découvre par un simple décalage qu’il dort dans son magasin

          • #151862 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            Y avait cette phrase de Deleuze, dans l’abécédaire à « R comme Résistance », que j’avais pas compris sur le coup : « peut-être qu’on assassinera le cinéma ça c’est possible ». Je ne voyais pas d’emblée comment c’était possible, mais comme d’habitude avec le grand Gilles, ce sont nos expériences concrètes dans le temps et l’espace qui nous font saisir le sens de ses paroles abstraites.
            Le cinéma, c’est poser une caméra quelque part pour dire quelque chose. Internet, c’est poser ses caméras partout pour ne jamais dire quelque chose. C’est toujours frustrant, Internet. On peut y écouter quelqu’un pendant 45 heures et ne pas avoir avancé d’un pas. « …tandis que dans les sociétés de contrôle on n’en finit jamais avec rien… »

    • #150167 Répondre
      eustache
      Invité

      Après l’écoute de François sur Disclosure Day :

      – c’est toujours très éclairant, j’ai cependant eu le sentiment que François était dans le jugement de goût plus que d’habitude (sans doute parce que je suis généralement plutôt raccord avec lui). En tous cas, je continue à adhérer totalement au film, on ne saurait être infidèle à ses émotions (et j’en ai eu beaucoup);
      – l’accusation de navet sur le critère du de l’histoire ne peut pas tenir. Les grands cineastes dépassent des scénario très peu crédibles sur le papier. Sur le papier, Vertigo ou Psycho sont probablement des navets. C’est la génie d’une réalisateur qui transforme l’essai. Donc oui l’histoire a tout d’un nanar mais combien de grands films ainsi? ;
      – la naïveté de Spielberg, stylistique, tantôt années 50, tantôt, années 90, le fameux plan du rocher, je crois que tout ça m’émeut particulièrement, dans la croyance qu’il y a dans le cinéma, sa simplicité parfois. Et décidément encore lui, Hitchcock n’était pas le dernier à laisser au montage du kitsch, des transparences foireuses, du cabotinage de comédiens par modernité, par amour de la forme pourrait-on dire. Il y a un peu de ça chez Spielberg, l’audace ludique d’aller un peu trop loin. Ces clés usb, ça a un côté macGuffin, je ne peux m’empêcher d’y voir un 2d degré. Bref, accordons lui son ludisme, je crois qu’il joue très surement avec le spectateur, ce qui passe ou ne passe pas, et justement, ne le prend pas pour un idiot mais pour quelqu’un capable de différente approches. En bref, je crois que la naïveté n’est qu’apparente. Il y a chez Spielberg un grand faiseur d’émotions, qui reste son premier souci (son fonds de commerce diront certains). Mais je crois que cette émotion est forte et durable, parce qu’elle est riche de bien d’autres choses (ce n’est pas l’émotion ToledanoNakache disons), de niveau de lecture, de mise à distance possible;
      – J’ai l’impression qu’il ne faudrait pas sous-estimer l’ironie dont il est capable. Je dirais qu’il y en a notamment dans toute cette séquence finale de la populace hypnotisés par leurs smartphone. Pas un seul niveau de lecture, Spielberg enregistre le temps présents, la technologie actuelle, mais je pense qu’il n’y adhère pas bêtement.
      – J’ai plusieurs fois pendant le film pensé à ces cinéastes vieillissants qui versent dans l’autoparodie. Je me disais que Spielberg n’était jamais loin ici. Et pour revenir à lui, les derniers Hitchcock (dès Marnie) me font cet effet, poussifs, grand-guignol, désincarnés. Les derniers Bressons sont séniles un système autosuffisant à bout. Les derniers Chabrol m’insupportent de leur rengaine de vague style lapidaire. Le dernier Coppola est écoeurant. Je juge clairement Spielberg loin de ça, il y a certes à boire et à manger dans ses derniers films ((le summum du grotesque étant la soucoupe volante dans Indiana Jones 4 pour moi) mais ici, une élégance intacte de mise en scène et de sens rythmique, une curiosité de rendre compte de son époque.
      – Le jeu matériel/virtuel, simulacre/réalité, visible/invisible est particulièrement riche et étendu ; dans le scénario, le découpage, les jeux de lumière, Spielberg filme souvent une chose et son contraire, rien n’est jamais réductible à une pensée univoque ou un scénario béta selon moi, le sens du film m’échappe sans cesse mais ça demanderait beaucoup de développement et une revisitation du film;
      – les camps, je n’ai pas vu ça moi, plutôt un rapport à la souffrance animale, les expériences en laboratoire etc (d’autant que les animaux ostensiblement faux numérique ou vrais sont bien présents dans le film). Si l’intention était d’évoquer la Shoah, ce n’est pas du meilleur goût mais ça, on en sait hélas Spielberg capable.
      – J’étais bouleversé par les plans de docu sur les Aliens et les soucoupes, et ça devrait plaire à François d’ailleurs, l’idée de la supériorité de l’image documentaire, comme si Spileberg le cinéaste, maitre de l’illusion, des vfx, ne pouvait faire mieux que ça (évidemment avec une malice certaine puisque c’est du documentaire mis en scène). Je suis du coup plus circonspect sur le vieil ET, là Spielberg pêche par excès de gourmandise (même si j’aime du coup beaucoup ce que ça entraine, ce cut net sur le dernier plan). Mais tout de même, incroyable film sur la croyance, qui me demande de croire à l’au-delà pour croire au cinéma. Ou l’inverse.

      • #150170 Répondre
        Charles
        Invité

        Il ne semble pas que l’accusation tienne au contenu du scénario mais à ce qui en est montré, à ce qu’on voit concrètement à l’écran.
        Hitch a pu verser dans le kitsch mais ses images sont travaillées par quelque chose de beaucoup plus trouble et pervers et inconscient (c’est tarte à la crème mais c’est vrai). Le sauvetage de Spielberg par la critique française consiste notamment à reproduire ou prolonger l’opération seminale et matricielle de la critique des années 50 légitimant Hitch en prétendant qu’il existe aussi dans ce cinéma quelque chose de complexe et interlope derrière la façade idiote et naïve.

        • #150171 Répondre
          Charles
          Invité

          Accusation de navet*

        • #150175 Répondre
          Claire N
          Invité

          Dans Hitch
          Il y a quand même une scène qui , oui est peut etre inconsciente mais pour le coup d’une impuissance abissale : celle de l’hôpital, elle est tres courte- mais lorsqu’il se précipite dans les pattes de l’équipe en leur donnant des «  ordres «  qui sont debiles – un peu comme un petit garçon qui répéterait des paroles entendues dans «  urgences « – il est gênant, pateau et encombrant
          Ça jure vrai avec le reste

        • #150508 Répondre
          Seldoon
          Invité

          « Le sauvetage de Spielberg par la critique française consiste notamment à reproduire ou prolonger l’opération seminale et matricielle de la critique des années 50 légitimant Hitch en prétendant qu’il existe aussi dans ce cinéma quelque chose de complexe et interlope derrière la façade idiote et naïve. »
          Ca restera un immense mystère. Pourquoi défendre un truc que tu aimes en le faisant passer pour ce qu’il n’est pas ? Ainsi tu trahis tout le monde et au premier chef ce que tu voulais défendre. Sans compter qu’un oeuvre a souvent les défauts de ses qualités et inversement : en défendant des qualités inexistantes tu vas vite te retrouver à nier ses qualités réelles. Contente-toi de dire pourquoi tu l’aimes.

          • #150516 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Après la critique des années 50 -et donc je crois qu’on fait tous référence essentiellement aux Cahiers et à la Politique des Auteurs, et à Truffaut, et à….- savait expliquer que derrière le divertissement inconséquent, il pouvait y avoir du style, une attention au réel, une riche grammaire..
            Cette défense « politique » était contemporaine des Hitchcock les plus aboutis et accompagnait leurs sorties.
            Le « sauvetage » de Spielberg, bien tardif du reste, me paraît relever d’autre chose.

            • #150519 Répondre
              Seldoon
              Invité

              De mon côté je m’étonnais de la drôle de montée en théorie autour de Spielberg, complètement disjointe de ce que ces gens ou moi pouvons réellemement aimer chez lui. Sur Hitchcock il me semble qu’on n’a pas raconté que n’importe quoi, ni sur son artisanat (et par exemple les fameux entretiens avec Truffaut) ni sur son art.

              • #150523 Répondre
                eustache
                Invité

                La « montée en théorie » regarde la critique et libre à eux de voir les profondeurs qu’ils veulent dans une oeuvre, je n’ai rien à y redire moi. Je dirais même, tant mieux pour eux.

                L’idée des cahiers 1950 c’était essentiellement de dire qu’un grand cinéaste était un auteur, aussi important que Balzac ou Boticcelli, et que dans le système controlé par le studio, émergeaient de grands artistes. Les montées en théorie n’allaient pas très loin dans les texte, c’est venu plus tard ça.
                Là où je verrais davantage un mimétisme, c’est que l’idée trainait que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste (je me souviens de Douchet disant ça), et les exégètes du vieux Spielberg pourraient reprendre ce bidonnage. Spielberg, c’est en dents de scie ces dernière année, Fabelmans me laisse froid et même gêné, mais je trouve Disclosure grand.

                Sans monter en théorie, pour ma part, je ne trouve pas que les films d’Hitchcock soient plus profonds que ceux de Spielberg (mais le sentiment de la profondeur, ça ne se prouve pas hein). En revanche, je reconnais qu’Hitch est un metteur en scène plus formaliste, plus inventif, voire révolutionnaire.

                • #150524 Répondre
                  Jeanne
                  Invité

                  Vous êtes encore plus bêtes en cinéma qu’en politique. Décidément irrécupérables.

                  • #150526 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    La question qui me vient est la suivante, est-ce que vous vous touchez le zizi en parlant de la sorte ou le simple fait de parler vous procure une érection ?

                    • #150528 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Il y a d’abord érection. On se touche à la suite. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

                      • #150538 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Ça ne répond nullement à la question. Celle-ci étant la place et l’importance de la parole dans votre stimulation sexuelle. Ainsi que le degré d’auto-érotisation.
                        Je crains malheureusement que vous ne vous en rendiez même pas compte.

                      • #150554 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Et donc ?
                        Et quand bien même ?
                        Inonde-nous de ton intelligence sur le cinéma pour voir.

                      • #150555 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        @Jeanne

                      • #150589 Répondre
                        eustache
                        Invité

                        pour te répondre, rien de plus érotique que la parole, quand elle est orale.
                        Mais l’écrit ne provoque malheureusement rien chez moi.

                • #150527 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « c’est que l’idée trainait que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste (je me souviens de Douchet disant ça), et les exégètes du vieux Spielberg pourraient reprendre ce bidonnage. »
                  Bidonnage en effet, sauf exceptions;
                  La plus impressionnante pour moi se situant hors juridiction des Cahiers 50 : Les Gens de Dublin, de Huston.

                  • #150543 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    « que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste »
                    Bidonnage en effet. L’étau plus important que Vertigo?
                    Grande tendresse pour Douchet mais peu d’estime pour son travail critique.

                    • #150557 Répondre
                      Eustache
                      Invité

                      Oui et je crois que c’est avec les ciné clubs de douchet que j’ai arrêté les ciné clubs. Et avec ceux de François que j’ai repris (et Stéphane Goudet)

                      • #150583 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        « Grande tendresse pour Douchet mais peu d’estime pour son travail critique. »
                        Quelle classe !

                • #150530 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  @eustache : pour clarifier, je ne critique pas la montée en théorie en générale ni même sur Spielberg, je dis que celle qu’on voit passer dans les défenses de Steven – la guerre des mondes grand film sur l’Amérique post 2001 par exemple – est souvent hors sujet, relève d’une certaine hypocrisie et peut finir par nier les véritables qualités de ses films.

                • #150541 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Hitch est tout ça oui
                  Il est aussi un poil plus fin sur la psyché humaine non? Un poil plus intéressant sur a question de la morale non? Sur ces plans là, Spielberg, lui, a 5 ans et demi.

                  • #150544 Répondre
                    Alexandre
                    Invité

                    Spielberg rédime (le requin meure)
                    Hitchcock déprime (les oiseaux gagnent)

                  • #150556 Répondre
                    Eustache
                    Invité

                    Hitch est en effet beaucoup plus tordu, ça le rend jouissif. A côté Spielberg est lisse mais il est des profondeurs lisses

      • #150172 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Belle défense
        Mais
        -ce n’est pas tant l’invraisemblance en soi du récit qui fait le navet. Tu as raison de noter que Hitch a beaucoup donné là dedans, et j’avais commencé mon intervention de ciné club sur L’inconnu du Nord express par là. Mais pour aussitot dire une chose : ce qui importe, c’est l’image que produit le récit aberrant, et chez Hitch elles sont presque toujours magnétique. Les images produites par le récit aberrant de Spielberg c’est les acteurs en convulsion, ou planqué derrière un rocher, ou pris dans une poursuite sans queue ni tête – et dont l’infantilisme BD convient mal au sérieux du propos.
        -tu as recours à deux reprises à l’argument du « second degré ». Je ne crois jamais au second degré en art. Du moins je tache toujours de prendre les images dans leur littéralité. Que S ne croie qu’à moitié à sa reverie finale n’empêche pas que ce final soit objectivement joué comme un climax émotionnel… qui ne fonctionne pas. Je t’accorde qu’il peut y avoir là une distance de S par rapport à la communauté planétaire qu’il forge ici. Cette distance tiendrait de l’amertume que j’ai dite : mon rêve d’unanimisme, ce sont les GAFAM désormais qui l’ordonnent, et non plus le cinéma, et non plus moi Steven, roi déchu.

        • #150173 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          (mon post et celui de Charles se sont croisés)

        • #150177 Répondre
          Eustache
          Invité

          bien-sûr, Spielberg voudrait être le cinéaste universel, unanimiste, on peut y voir autant de générosité et de foi en une certaine idée du cinéma que d’une tendance fasciste.. La fascination par la grande toile est remplacée par la fascination par des millions d’écrans de poche, Spielberg acte ça tout en faisant oeuvre de cinéma, en demandant au spectateur de croire encore un peu à l’incroyable du cinéma plutôt que l’incroyable des gafam, sous la forme d’un film d’aventure tantôt obsolete, charmant, efficace, too much. (son conservatisme de s’inscrire dans la continuité en tournant en pellicule comme PTA ou Tarantino, contrairement à Cameron et tous les autres en dit quelque chose)
          Ce mouvement de dépit et d’espoir tout à la fois est sans doute ce qui me serre la gorge dans le dernier tiers du film.

    • #150573 Répondre
      bmh
      Invité

      Bonjour,
      Est-ce que Je regarde de Grégoire Benoist-Grandmaison est disponible quelque part ?
      Quelqu’un avait déjà posé la question mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de réponse…

      • #150574 Répondre
        Ostros
        Invité

        Il a été conseillé de le contacter directement 😉

    • #150737 Répondre
      Ostros
      Invité

      Test

    • #150738 Répondre
      Shiva
      Invité

      La canicule au secours des salles obscures, et après ?
      .
      Depuis mi-juin, la fréquentation des salles de cinéma a fait un bond remarquable de 40 %. Un succès circonstanciel ou un retour aux salles obscures ? L’été nous le dira.
      .
      « … c’est à partir de mi-août que va se poser la question qui nous importe vraiment : les films les plus forts et ambitieux de l’année, pour la plupart découverts à Cannes (Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, L’Inconnue d’Arthur Harari, Notre salut d’Emmanuel Marre…), vont-ils atteindre leur public ? Cette reprise globale bénéficie-t-elle à la part la plus ambitieuse artistiquement du cinéma ? Ce sera l’enjeu crucial de l’automne. »

      La canicule au secours des salles obscures, et après ?

    • #151116 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Je vois que le forum reste assez dubitatif devant le diptyque Obsession – Backrooms, qui, à l’inverse, met Hollywood en émoi.
      Pour ma part, je jubile de voir des premiers films de jeunes réalisateurs mettre à l’amende au Box Office des marques jadis hégémoniques comme Star Wars ou Spielberg.
      Certains parlent de Nouveau Nouvel Hollywood et je suis à deux doigts de penser que ce n’est pas exagéré.
      Alors, bien évidemment, c’est très faible sur certains aspects, mais j’en retiens certaines choses :

      D’abord, une attention bien plus grande à la composition, au cadrage et au découpage que dans le tout-venant hollywoodien. Étant tous deux issus de YouTube, on pourrait s’attendre au raccourci « réseaux sociaux = vitesse = montage frénétique » (qui est d’ailleurs vrai la plupart du temps). Or je trouve au contraire leur découpage assez calme. Dans Obsession, les champs-contrechamps font exister les plans avant le raccord. Les premières scènes avancent avec un rythme assez surprenante, un calme qui témoigne d’une certaine sérénnité dans son concept. Toujours dans Obsession, on peut certes trouver les jeux de lumière lourdement métaphoriques, je les trouve malgré tout assez audacieux, comme ce champ-contrechamp où le visage de l’actrice demeure presque totalement invisible.

      Surtout, leurs plans vivent au-delà de leur simple fonction narrative. Ils ne sont pas conçus comme des mots dans une phrase dont le sens devrait être immédiatement épuisé. Ce sont des plans qui invitent à la scrutation, à la recherche de détails. Deux exemples me reviennent : dans Obsession, ce plan nocturne où une silhouette se dessine subtilement dans l’obscurité ; dans Backrooms, cette scène où la psychologue retrouve son patient et l’on apperçoit discrètement sa main au détour d’un couloir.

      Dans Backrooms, les espaces sont filmés de manière à être immédiatement lisibles. On peut le déplorer mais moi j’aime cette idée de comprendre directement la géographie d’un pièce, ce qui permet au spectateur de jouer mentalement avec le personnage : moi, j’irais plutôt par là ; cette sortie, je la garde en tête. C’est précisément cette lisibilité qui permet au film d’exploiter pleinement la dimension labyrinthique de son décor et surtout cette idée que dans chaque pièce, l’issue est toujours un peu insolite, incertaine (une trappe, un couloir trop étroit).
      (Après je dois avouer que je baigne beaucoup dans cette culture geek fascinée par ces espaces liminaires et je trouve que le film rend beaucoup justice à cette esthétique dont je pourrais détailler l’originalité une prochaine fois)

      Au delà de tout ça, je trouve que les réals ne sont pas complètement débiles sur le fond, même si leur goût pour la métaphore les dessert. Dans Backrooms, je suis frappé par le fait qu’un Américain d’une vingtaine d’années aborde avec une certaine virulence les ravages de l’idéal propriétaire sur la psyché. Peu de critiques l’ont relevé, mais les deux personnages semblent définis par l’affect propriétariste. L’un est obsédé par le fait d’avoir été expulsé de chez lui par sa compagne et ne cesse de regretter d’avoir poursuivi le modèle du bon père de famille provider. L’autre est hantée par un traumatisme lié à la peur du dehors transmise par sa mère. Et tout cela se rattache bien avec le fait que l’étrangeté des Backrooms naît précisément de la déformation de l’espace domestique. C’est une intuition certes ancienne, mais toujours féconde : le familier devient le vecteur de l’étrangeté. Ce sont les chaises, les vêtements, les couloirs, les objets les plus ordinaires qui deviennent inquiétants.

      En revanche, je leur vois deux défauts majeurs. D’abord, un habillage sonore beaucoup trop chargé d’effets. Ensuite, un rejet de ce qu’il peut y avoir de sexuel dans leur concept, particulièrement sensible dans Obsession. Le film effleure sans cesse les rapports de domination et de manipulation, mais n’ose jamais véritablement les explorer du point de vue érotique. Il y avait là, je crois, matière à des scènes bien plus dérangeantes.

      • #151135 Répondre
        Gerard Manfroy
        Invité

        Merci pour cette critique et tout à fait d’accord, ce sont deux films de jeunes qui ont de vrais idées de cinéma, de réalisateurs. Des images qu’ils ont sûrement rêvés.

      • #151197 Répondre
        Charlie
        Invité

        Très bonne analyse de Backrooms. Il me reste encore à voir Obsession. Mais il me paraît assez évident que la scène d’horreur américaine est la plus intéressante chez eux dans les constats qu’elle dresse de la situation locale.

      • #151268 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Toni : « je trouve que le film [Backroom] rend beaucoup justice à cette esthétique dont je pourrais détailler l’originalité une prochaine fois ». Je ne suis pas si familier de cette culture même si un longue conf de Blast il y a quelque temps m’a fait plonger dedans l’espace de quelques heures, mais j’ai des amis qui m’ont dit connaître des gens « assez à fond » dans ces histoires et auxquels le film a déplu. Bien sûr j’imagine que se jouent des clivages quant à « ce que doit être » une backroom (vide? pas vide? etc…). Tu dois en savoir plus que moi là-dessus.

        Tu dis aussi aussi que les plans rendent très lisible la géographie du lieu (et c’est vrai), mais n’ai pas trouvé que cela permettait tant que ça de jouer mentalement avec le personnage (alors que ç’aurait pu). Tu dis par exemple « moi j’irais par là », mais plusieurs fois dans le film j’ai eu l’impression d’un parcours déjà fléché (la psy qui s’échappe par l’escalier dans le vide après l’entorse-canapé, la scène où Clark s’échappe par la seule issue qui est la toute petite porte en haut d’une pente).

        Quant à l’aspect politique, j’aime assez l’idée que tu dis selon laquelle la Backroom dérive d’une déformation du domestique, ce qui appuie mon sentiment que l’un des meilleurs plans du films, un peu inexploité, est celui où la caméra descend d’étages en étages et où les géométries s’épurent étrangement). Mais j’ai cru comprendre que l’un des sous-jacents de la « culture backroom » est de présenter des espaces dont l’étrangeté vient de leur caractère de ruine moderne intacte : un lieu parfaitement propre, où il y a eu de la vie, des hommes, une activité, et où il n’y en a plus. C’est-à-dire un lieu qui appartient au monde réel, et qui littéralise d’une manière originale des aspects dystopiques de la modernité usuelle. Un lieu qui appartient au monde social et non pas à un monde psychique intérieur (« The Window Within ») — ni une découverte surnaturelle scrutée par une sorte de Big Pharma (Big IRM) quelconque. Est-ce que cette fracture traverse la culture backroom-reddit?

        • #151305 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

           » C’est-à-dire un lieu qui appartient au monde réel, et qui littéralise d’une manière originale des aspects dystopiques de la modernité usuelle. »
          Superbement dit, et c’est là que le film, les options plastiques du film, m’ont intéressé (ses options scénaristiques étant calamiteuses). Ces plans pris littéralement, donnent à voir quelque chose de l’état de nos vies, et par exemple la force des objets, et notamment des meubles (la force morbide des meubles, peut-être, ne tout cas leur inquiétante familiarité). Partant de là, je trouve l’interprétation de TE non seulement un peu plaquée, mais plus pauvre, comme souvent, que la littéralité. (non je ne crois pas que Backrooms soit un film sur l’affect propriétaire, ne lui en demandons pas trop, et contentons nous de le voir)
          Sinon d’accord avec toi, TE, sur la précision du travail du cadre dans les deux films. Elle fait du bien. Dommage qu’elle soit gatée, dans l’un par le scénario confus et nul, dans l’autre par une lumière et des teintes laides et arbitraires.

        • #151380 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          IGY, sur l’aspect ludique du film, je te rejoins : lorsqu’un personnage est en fuite face à un danger, la question de l’itinéraire ou de l’issue se pose finalement assez peu. Ce type de séquence est souvent très linéaire.
          Je pense surtout à la scène de découverte des Backrooms, qui est selon moi la plus réussie du film. Le personnage les explore progressivement, prend conscience de leur immensité, et le spectateur est amené à imaginer son propre itinéraire. Et on est également incité à mémoriser le parcours. Le fait que cette scène soit en temps réel permet une sensation vidéo-ludique où le spectateur doit bien garder en tête le chemin pour savoir comment revenir au point d’origine et ne pas s’égarer.
          Par ailleurs, le choix de bien délimiter chaque pièce par des plans larges épouse parfaitement l’esthétique des Backrooms : filmer un espace potentiellement infini, mais composé d’une multitude de cellules finies, aussi bien horizontalement que verticalement, qu’on parvient à comprendre immédiatement. L’infini n’est alors plus suggéré par une immense profondeur de champ, mais par la répétition d’un même motif dont chaque occurrence présente une légère variation.
          J’aime ce que tu dis sur le Backrooms, qui rejoint des thématiques qui reviennent régulièrement dans les discussions de cette commu.
          Mais, désolé de dire un cliché : in fine, ce qui fait la richesse de cette culture, c’est l’idée qu’une photo puisse être immédiatement catégorisée comme « backroom » ou comme représentant un « espace liminaire » sans qu’on parvienne complètement à circonscrire théoriquement ce qu’est la définition de ces lieux.
          À titre personnel, ce que je cherche dans les Backrooms c’est la sensation très proche de celle que j’éprouvais dans certains jeux vidéo : ce vertige étrange qui surgit lorsqu’on franchit par erreur les limites du monde prévu par les développeurs, qu’on découvre des zones inaccessibles ou qu’on a l’impression d’entrevoir, derrière le décor, un espace numérique qui se prolonge à l’infini.
          Et même lorsque le jeu prétend à l’infini comme Minecraft, une forme de monotonie inquiétante peut surgir, à force de traverser sans fin des espaces qui varient, mais toujours selon un schéma prédéfini.

          François, je plaque peut-être un peu une interprétation sur le film, mais j’ai quand même le sentiment qu’il est traversé par une légère acidité à l’égard de l’American Way of Life et de l’idéal pavillonnaire. Ne serait-ce que par cette mise en étrangeté de la domesticité dont on parlait, ou encore par la répétition absurde de ces teintes que tu n’aimes pas mais dont je ne suis sûr que tu n’as pas loupé le fait qu’il s’agissait des papiers peints bien dégueus que l’on retrouve dans les domiciles américains.

          • #151386 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Toni,
            Il me semble que François parlait plutôt d’Obsession rapport aux teintes. Ce qu’il fustige de Backrooms est le scénario.
            Le film ne m’a pas du tout déplu, pour les raisons dites, mais aussi malgré les limites évidentes.
            J’ai adoré la qualité de l’angoisse pendant les premières 45 minutes.
            Je ne connais pas le background des Backrooms. Ce qui m’a intéressé voire ému est l’étrange connexion de cet imaginaire avec des choses de mon enfance. Choses oniriques. Kane Parsons semble tout connaître de certains cauchemars que je faisais petit et que je ne fais plus du tout adulte. C’est sous cet angle ci que le film marque des points. Ce qui me paraît réussi l’est pour la direction artistique, ce qui a été dit. Plus intimement, et dans le prolongement de cette plastique, je ressens que Parsons se paie une rêverie vintage. Une date (1990) qui s’affiche en début de parcours met la puce à l’oreille : nous sommes dans le passé. Nous voyons des cassettes audio, des disquettes d’un autre âge et surtout, surtout, le lieu du film est un magasin de meubles.
            Qu’un jeune cinéaste de 19 ans situe son film en un tel lieu me fascine car les magasins de meubles n’existent pratiquement plus, hormis certaines très grosses enseignes. Mon père en tenait un jadis et je les connais ces surfaces en préfabriqué. Je les remets ces dépôts situés à l’arrière dans lesquels j’allais jouer au milieu des montagnes de meubles bâchés ou encartonnés et dans les effluves de vernis.
            Retrouver cela dans un film fait par un très jeune geek de 2026 est une étrange surprise.

          • #151387 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            l’acidité, très classique, par rapport à la vie pavillonnaire en Amérique, n’a pas grand chose à voir avec une critique de la propriété
            ce sont deux échelons de la critique très différents
            l’un pourrait etre Houellebecquien, l’autre marxiste

            • #151464 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              TE : Oui, concernant les bonnes scènes c’est vrai que, dans l’ensemble, la première partie du film est plus réussie (Alexandre dit 45min, moi je ne me souviens plus du minutage; j’ai quand même l’impression que le film s’effondre à partir du moment où Clark étrangle la psy, et ce alors même que le plan d’avant est super).

              A propos des années 90, je me demande tout de même si, notamment du fait des raisons évoquées plus haut, le film n’aurait pas été plus fort situé en 2020. Je soupçonne A24 ou le réal ou les deux d’avoir surtout visé la palette « colorée/saturée » qui peut s’arrimer à un « univers 90’s », ajouté à la présence de caméras vidéos basse définition. Quitte à se placer pour cette raison dans les 90’s, il aurait même pu faire tout le film en caméra DV comme l’est la scène d’ouverture (Lynch a bien fait tout Inland Empire comme ça; mais il était légèrement plus installé dans le métier). Scène d’ouverture vraiment pas mal de mémoire.

              • #151480 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « j’ai quand même l’impression que le film s’effondre à partir du moment où Clark étrangle la psy »
                Oui sans doute encore qu’il y ait deux ou trois choses pas mal comme cette vue vertigineuse de l’espèce de tour centrale. Et je ne déteste pas ce croque-mitaine assez inattendu.
                A part ça j’ai rien compris au fin mot de l’histoire.

      • #152025 Répondre
        William E
        Invité

        J’aimais bien la série youtube, j’ai vu le film, voila quelques trucs dessus:

        Couloir jaunâtre, piscine bizarre, effet VHS, et combinaison Hazmat. C’est tout le répertoire classique de l’imagerie des backrooms que le film, qui aurait pu se sous-titrer Greatest Hits, nous donne à voir. Être la vitrine de dix ans de créations collectives tentaculaires au gré des forums et de milliers de textes aux auteurs anonymes est une lourde tâche. A24 offre l’honneur ou le devoir à Kane Parson, réalisateur de la série web éponyme, qui offrait déjà au phénomène sa matérialité vidéo. A l’annonce du film je me suis demandé ce que le cinéma, au-delà d’un public moins niche, avait à offrir à la représentation des backrooms.

        La série avait pour elle une multiplication des régimes d’images qu’on ne retrouve pas dans le film. Sur le tout petit écran le spectateur était mis face à des documents de travail scientifique sortis de leur contexte, des prises de vues robotiques empruntées directement à l’exploration spatiale ou nucléaire, des rapports d’analyse photo et audio sur la composition des tubes néons jonchant le plafond, ou encore des bribes quasi inaudibles de réunion de crise. Autant de documents qui dessinaient une lente et méthodique exploration monotone des backrooms. On partait de personnages en combinaison Hazmat anonyme qu’on définissait petit à petit à force de réentendre leur prénom. Le dispositif permettait à Kane Parson de ne jamais rien expliquer, et d’ouvrir dans sa narration toujours plus de question que de réponse. Pourtant il était rattrapé par une envie irrépressible de scénariser la série, jusqu’au ridicule climax de stand-off mexicain avec fusil à pompe, sortie de nulle part.

        Dans le film, le problème de la scénarisation a outrance pèse dix millions de dollars de plus. Pour éviter du bruit mal maîtrisé on va quand même porter le scénario sur un mode mineur. Alors on raconte l’histoire de Clark, architecte raté vendeur de meubles, plein de ressentiment envers son ex-compagne. Sa psychologie sera explorée au moyen d’un autre personnage, Mary, sa psychologue. On y verra aussi la mère de Mary sous forme de flash-back pour expliquer la psychologie de la psychologue. Puis un jeune couple de caméras qu’on utilise aussi comme chair à canon. Et enfin il y a Phil, apparemment il a crée les backrooms. C’est pauvre et malvenu.

        Je dois d’abord dire avoir visionné le film comme les backrooms sont originalement visionnées, sur mon ordinateur, partageant l’expérience cinématographique avec les ombres du public se levant devant la caméra filmant la salle de cinéma. L’image passait de jaunâtre à bleu, le son saturait, les ombres des spectateurs toussaient, riaient, ou partaient. Le film se coupe juste avant le générique de fin, le temps de ranger discrètement la caméra avant que la lumière ne s’allume. Le compteur affichait plus de deux cent cinquante mille vues. Je n’ai pas l’impression d’avoir moins bien vu le film que si j’étais dans la salle.

        L’effet hypnotisant de l’architecture est bien présent. Les plans sont larges et la profondeur de champs laisse le regard dériver et s’accrocher sur des points de tensions anecdotiques. Tout est toujours à la limite du familier, un pas trop loin, et provoque le fantastique. A la manière de certains épisodes de la série, les personnages déambulent avec leurs cameras DV dont on nous donne à voir l’enregistrement. La patine VHS permettait à la série web d’atteindre un rendu photoréaliste en cachant entre les trames les coutures 3D. Dans le film on fait étonnamment l’inverse. On reconstitue un vrai décor qu’on filme avec des caméras très haute définition avant d’y appliquer un effet VHS, pour présenter le regard des personnages. Le film ne sait pas quoi faire du grand écran et se retrouve ainsi à copier la formule fonctionnant pour le petit plutôt que se chercher de nouvelle modalité d’image.

        Cette nouvelle modalité elle n’est pas à allez chercher dans les backrooms mais dans le monde réel auquel on transpose les codes visuels des backrooms. L’océan de néon du magasin de meuble, l’enfoncement des mains dans le béton frais, jusque dans le décadrage, amenant le fantastique, le malaise, dans le monde réel.
        On aurait préféré que le scénario ne soit qu’un prétexte à l’exploration, mais le besoin de sens et d’unité du film amène à une sur-écriture. Sacrifié sur l’autel de la scénarisation, le complexe architectural à l’origine du film est relégué au rang de manifestation physique de la psyché des personnages. Tout doit faire sens dans la narration, tout doit se reboucler et se répondre, même si on en perd le mystère. Les maigres ouvertures à interprétation permettront de s’amuser à théoriser ou échanger sur la signification de ci ou de ca, mais jamais un puzzle n’a rendu une photo plus belle. Heureusement le film arrive en dépit de son scénario à suinter quelques images.

        Dans la série comme dans le film, comme dans toutes les itérations du phénomène backroom, il n’y a rien à raconter, il y a juste un concept architectural à explorer. Chacun y verra ce qu’il veut bien théoriser. Tantôt une réflexion sur les visuels étranges de l’intelligence artificielle, Tantôt une nouvelle esthétique gothique échangeant les manoirs victoriens post 1932 avec les open space post 2008. Aucune des itérations concrètes des backrooms ne s’intéresse à ces réflexions, la plupart se contente de prendre pour acquis la sensation de malaise que déclenchent les visuels architecturaux et tente à sa manière de l’amplifier, souvent en ajoutant des monstres, et en y accolant un narratif inspiré des codes du jeu vidéo.

        La singularité de la version de Kane Parson est d’y ajouter une origine artificielle, faisant de l’exploration des backrooms une exploration d’une création inexpliquée, un genre de Frankenstein monde accidentel. Me reste principalement la question de voir comment le créateur va retourner à la série web après cette parenthèse à plusieurs millions de dollars.

        • #152121 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Merci, je note de jeter un coup d’œil à la série un de ces quatre

        • #152675 Répondre
          Tof
          Invité

          Merci pour cette analyse et en particulier ce commentaire lumineux
          « Dans la série comme dans le film, comme dans toutes les itérations du phénomène backroom, il n’y a rien à raconter, il y a juste un concept architectural à explorer. »
          La genèse du phénomène est une photo « unsettling », déstabilisante. La légende imaginée qui l’accompagnera est déjà est une invitation à la scénariser, bien qu’elle reste ouverte il est déjà question de monstres. J’ai l’impression que par essence tout ajout scénaristique est voué à affaiblir la puissance déstabilisante de l’iconographie des espaces liminaires.

    • #151134 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Il vous a plus le film En compagnie d’Antonin Arthaud ? Moi oui, c’est pas un chef d’oeuvre mais y a beaucoup de qualités. J’aime le détail de la reconstitution non-parfaite de 1946, les voitures sont toutes des années 90 dans la rue… et on s’en fout ! j’adore ça. François l’a dit quelque part, les reconstitutions où tu mets tout le monde dans la rue bien costumé, les modèles de voitures bien raccord et puis : les tubes de cette époque en musique de fond bien sûr XD résultat : ça fait toc. Ou mieux : ça fait IA. (Hi-Ha ! comme disait l’âne dans Zarathoustra).

    • #151160 Répondre
      Shiva
      Invité

      « Jupiter », la redécouverte d’un film inédit
      .
      Dans ce film réalisé par Jean-Pierre Prévost en 1970, Georges Perec apparaît aux côtés de plusieurs personnalités du monde des lettres et des arts. Jamais sorti en salles et pratiquement invisible pendant plus de cinquante ans, Jupiter a récemment été retrouvé et numérisé. Sa projection offre l’occasion de découvrir cette œuvre rare.
      https://www.bnf.fr/fr/agenda/jupiter-la-redecouverte-dun-film-inedit
      .
      BNF
      Mercredi 14 octobre 2026
      17 h – 20 h
      Entrée gratuite – Réservation conseillée – Ouverture des réservations un mois avant l’événement
      Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation).

    • #151315 Répondre
      Malice
      Invité

      Nos amis de La Phase sont de retour, avec une critique du dernier Dupieux, bon complément de Tout va bien:

    • #151343 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Le film Bait est un chef d’œuvre..
      Ça se passe dans la région des Cornouillas , un village de pêcheurs.Martin est un pêcheur sans bateau, son frère utilise le bateau de leur père à des fins touristiques et lucratives.
      Le plus impressionnant dans ce film au multiples thèmes ( travail, artisanat, la transmission)et le travail du montage , le film n’avance pas dans la continuité narrative classique , des scènes se déroulent dans l’après coup . Ça donne un aspect artisanale au film quasi documentaire parfois.
      Tourné en noir et blanc , des gros plans sur les objets les mains ( de pêcheurs) des visages . Une matérialité.
      Un chef d’œuvre.

    • #151370 Répondre
      martin
      Invité

      Vous avez vu le film « Jim Queen ». C’est moi où il y avait un pb avec le mixage sonore ? J’entendais pas toujours très bien les répliques. Ou ca vient peut être de la salle.

      • #151531 Répondre
        Charlie
        Invité

        Vu j’ai pas remarqué ça, je pense que ça vient plutôt de la salle en effet

      • #151688 Répondre
        Modique somme
        Invité

        Ah non non je suis bien d’accord, le son était complètement claqué au sol. J’ai mis ça sur le compte du côté un peu artisanal et niche du film, d’ailleurs les animations laissaient plutôt à désirer, je veux dire à certains moments c’était vraiment visible quoi, mais j’ai l’impression que le film assumait bien ça, que c’était pas un pixar avec 1500 personnes pour chaque personnage.

    • #151847 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Est-ce que quelqu’un s’est farci les deux De Gaulle? Est-ce que ça vaut le coup ? J’entends des avis moins catastrophiques que ce que j’aurais pensé mais j’avoue ne pas être chaud.

      • #151853 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Des défauts gros comme le nez au milieu de la figure mais….. quelque chose fonctionne pas mal. C’est visible. Et les scènes de la libération de Paris m’ont arraché de menus frissons.

        • #151858 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Si Onfray Michel a adoré à ce point là, il a dit que c’est le chef d’œuvre de l’année, c’est que ça doit pas être si mal quand même.

          • #151860 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            Je l’ai retrouvé ! Je l’avais confectionné moi-même, on peut l’améliorer mais c’est une bonne base déjà.

            • #152135 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Ha c’est pas mal !
              En lisant on a souvent l’impression d’entendre sa voix.

        • #152227 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Alexandre : merci, je verrai si je tente une « Journée De Gaulle » pendant mes vacances pour me faire un avis (dit comme ça c’est rude). Les sons de cloche sont suffisamment divergents pour que ça devienne peut-être intéressant

    • #152210 Répondre
      Malice
      Invité

      Avis aux personnes travaillant ou connaissant des personnes dans l’industrie du cinoche : est-ce que quelqu’un(e) aurait des témoignage de premières main sur les métiers des vfx/flame artists? Je voudrais en savoir plus sur le salaire, le quotidien, les différentes taches qui incombent aux artistes de cette branche professionnelle. Merci d’avance!

      • #152219 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Avis aux personnes travaillant ou connaissant des personnes dans l’industrie du cinoche : est-ce que quelqu’un(e) aurait des témoignage de premières main sur les métiers des sosies artists? Je voudrais en savoir plus sur le salaire, le quotidien, les différentes taches qui incombent aux artistes de cette branche professionnelle. Merci d’avance!
        Car je suis le sosie parfait de Bernard Blier.
        J’espère faire carrière dans ce métier. Merci de m’aider à me lancer…

      • #152228 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Malice : écris-moi à seldoon2 sur yahoo France, je peux te mettre en contact.

        • #152230 Répondre
          Malice
          Invité

          Merci, j’ai envoyé un mail avec ce que j’ai compris de tes indications, j’espère qu’il est passé!

    • #152434 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Je signale le très très beau film d’animation de Louis Clichy, vu en avp aujourd’hui. Il ne sortira que fin octobre mais peut-être que certaines villes le programme déjà. A Bordeaux, il y a toutes une série de séances sur le mois de juillet. Si c’est le cas à Paris, ne le loupez pas. Il y a quelques lourdeurs et stéréotypes ( la campagne, la famille d’agriculteurs endettés, une relation père/fils conflictuelle) mais l’idée de départ est très simple (un enfant de 10 ans a une scoliose et doit porter un corset très encombrant) très belle, et très bien traitée. De très simples et belles idées de mise en scène également, notamment dans des parallélismes entre jouer d’un orgue et conduire un tracteur. Un très beau dernier plan également en ce sens.
      J’ai par moments pensé à la simplicité, à la limpidité et à la beauté de Tomboy ou plutôt Ma Vie de Courgette écrit par Sciamma. Il y a du Sciamma dans ce film en tout cas, c’est certain. Et le style graphique de Louis Clichy est également très beau et très singulier, dans la lignée de son tout premier court-métrage « A quoi ça sert l’amour? » Et quelle surprise de voir que Cécile Guillard, dessinatrice de Une vie de moche, est attachée au projet comme directrice artistique.
      Un gros coup de coeur ici !

      • #152477 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        tu ne dis pas le titre

      • #152519 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Bon après discussion avec moi-même et réflexion subséquente, je tempère un peu mon enthousiasme. J’ai dit qu’il y avait du Sciamma, je maintiens, mais il y a aussi du Courvoisier, d’une certaine façon. En tout cas, les défauts que j’ai présentés comme minoritaires dans mon premier post sont quand même moins petits que ce que j’ai laissé penser, notamment en ce qui concerne la relation père-fils, finalement assez structurante. Un défaut de scénario-centrisme, et de scénario très mainstream.
        Mais je persiste, tout ce qui tourne autour du corset lui-même est super: cette idée du gamin qui penche sans s’en rendre compte, le corset encombrant qui l’empêche de bouger pour les gestes du quotidien et qui couine comme pas possible, sa rencontre avec la petite nageuse et les vols qui s’ensuivent. Tout ça est en outre fait de manière très économe en dialogue
        Et j’en dirais presque autant de la relation de Christophe avec Michel son prof d’orgue, également simple, belle et sans drame, où Michel n’est jamais un père de substitution.
        Donc bon, je me calme un peu et je dis: film émouvant, drôle, simple et beau assurément, mais qui aurait pu être encore plus original et singulier en absentant ou en minorant la place de la famille du héros

    • #152474 Répondre
      Shiva
      Invité

      kkk

      • #152487 Répondre
        MA
        Invité

        Le décalogue c’est plutôt du cinéma.
        L’abécédaire déjà généreusement partagé par IGY, s’il veut bien se dévouer une nouvelle fois.

        • #152488 Répondre
          MA
          Invité

          Je répondais à Abruti

      • #152520 Répondre
        Alexandre
        Invité

        C’était quand même de l’affiche ça, hein ma bonne dame..!

        • #152528 Répondre
          Malice
          Invité

          @Alexandre Et cet enfoiré de Giraud n’a probablement pas eu besoin de faire des crayonnés à cause de son génie
          Le film est drôle, à part ça

          • #152530 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Oui, j’aime bien.

    • #152484 Répondre
      abruti
      Invité

      bonjour,
      pas vraiment du cinéma mais je cherche deux séries actuellement indisponibles en ligne dans les réseaux de distribution traditionnels
      – le décalogue de kieslowski
      – l’abécédaire de gilles deleuze

      si quelqu’un les a sur son ordinateur, je lui serai très reconnaissant
      (je n’ai pas de lecteur DVD malheureusement)

      • #152494 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        une chose et son contraire
        intéressant
        l’abécédaire n’est plus en ligne?

        • #152501 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Pour l’abécédaire je l’ai, j’essaie de penser à l’uploader ce soir ou demain si personne ne l’a fait avant, ne pas hésiter à faire un « up » si j’oublie

        • #152507 Répondre
          abruti
          Invité

          l’abécédaire n’est plus en ligne depuis un an ou deux non,
          de ce que j’ai compris, il y a un projet pour en faire une transcription en livre donc ils ont enlevé tout le contenu vidéo
          et pour le Décalogue je ne sais pas, il me semblait qu’on pouvait le dénicher mais je n’ai rien trouvé
          merci T. Bickle pour le lien ! reconnaissance éternelle immense et infinie
          IGY merci pour la proposition, mais le lien posté fonctionne donc pas besoin de t’embêter à l’uploader

          sinon pour revenir sur le hiatus entre les deux demandes :
          1) vieux souvenir d’un prof nous ayant montré le premier épisode du décalogue, j’ai besoin de me rafraîchir la mémoire (de souvenir plutôt bien aimé, et kieslowski en général aussi)
          2) jamais écouté mais entendu parlé d’innombrables fois de cet entretien + amitié pour Deleuze de façon générale

          merci encore IGY et T. Bickle (et si quelqu’un a le Décalogue je suis toujours preneur, même si je n’ai rien à offrir en échange)

          • #152510 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            sur Kieslowski, je préfère te prévenir : tu vas mourir de rire

            • #152511 Répondre
              abruti
              Invité

              c’est effectivement l’un des souvenirs marquants de mon premier visionnage
              surtout lorsque le polonais alcoolique se suicide

      • #152502 Répondre
        Travis Bickle
        Invité
    • #152515 Répondre
      Jules de bxl
      Invité

      Vu avant-hier pour la première fois Mektoub my love canto uno (à Bruxelles). Waouh quelle claque. Ca donne envie de vivre !

    • #152527 Répondre
      Larivière Sanretour
      Invité

      Je viens de voir le dernier épisode de TVB et je fais la réflexion suivante : je pense que la série Band of Brothers est peut-être la tentative la plus aboutie de Spielberg de traiter l’Histoire dans son cinéma. Surtout la partie Normandie, elle a le mérite de traiter de vraies choses, contrairement à Il faut sauver le soldat Rayan, une histoire inventée et, qu’on se le dise, parfaitement ridicule. Notamment parce que cette série montre de façon assez rigoureuse l’importance de l’échelon sous-off dans la guerre moderne : la nécessité d’avoir des gens capables de demander à des soldats des choses qu’ils ne feraient certainement pas de leur propre chef tant la létalité des combats est importante. Sur l’esprit de corps qui nait autour d’une expérience traumatisante commune. Attention, je ne dis pas que Spielberg a inventé l’eau chaude, mais au moins il lui arrive dans cette série de parler du réel. Cela me convient mieux que le soldat Rayan ou encore la liste de Schindler dans un autre registre.
      Sur l’aspect série en plus je trouve qu’il s’en tire bien : c’est un peu un film en plusieurs épisodes et de ce fait, il ne tombe pas trop dans les défauts inhérents aux séries.

      • #152680 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je ne connais pas cette série
        tu m’en rends curieux

        • #152691 Répondre
          Larivière Sanretour
          Invité

          Si jamais tu la regardes, dis moi ce que t’en penses. J’ai pas trouvé ça absolument génial, mais assez peu Spielbergien. C’est peut-être dû au fait qu’il mobilise l’histoire réelle de la 506e et de ses faits d’arme tout au long de la guerre.

          • #152693 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui j’ai gardé un bon souvenir de cette série vue lors de de sa première diffusion en VF à l’été 2002 de mémoire. Elle prend la forme d’une chronique, ce qui la distingue nettement des films de guerre généralement très spectaculaires ou très dramatisés comme effectivement Saving private Ryan. C’était une série de luxe évidemment mais elle avait un petit côté mineur, surtout à une époque où les séries n’étaient pas aussi légitimes comme aujourd’hui (la série avait été toutefois un évènement mais télévisuel).

    • #152664 Répondre
      martin
      Invité

      Vous pensez que ça a un intérêt la nouvelle version de 4h35 de Kill Bill ? De ce que je comprends c’est le remontage qu’il avait déjà proposé en 2011 mais pas montré en France + un court métrage d’animation un peu moche qu’il a fait récemment avec les créateurs de Fortnite qui met en scène une idée de chapitre qu’il avait depuis longtemps et qui est par ailleurs trouvable sur youtube.

      • #152671 Répondre
        Charles
        Invité

        Je ne suis pas fan du film donc je n’irai pas le voir mais il paraît que cela fonctionne pas mal (j’ai lu ça sous la plume de Macheret qui trouve que cela redonne bien une dimension épique au film).

      • #152673 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je le verrai plus tard ce mois ci. De ce que je comprends il y a un changement fondamental : ce que dans la version en 2 volumes le spectateur apprend à la fin du volume 1 n’est révélé que durant le final dans la version complète. Ce qui éclaire pourquoi la fin est fabriquée comme elle l’est. Depuis que j’ai compris ça j’ai l’impression de bien mieux comprendre les drôles de choix de la fin de volume 2.
        Compliqué d’en parler sans spoiler, je reviendrai confirmer ou infirmer tout ça plus tard.

        • #152684 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          J’ai surtout entendu que l’upscaling était particulièrement visible.

          • #152735 Répondre
            Sylvain
            Invité

            Il se trouve que, en bon pirate, j’ai vu cette version il y a deux mois. Et contrairement à Charles, j’aime assez les deux « Kill Bill » (avec une légère préférence pour le second). Cette version réunie en un seul et même film, telle qu’envisagée par Tarantino à l’origine, j’aurais donc bien sur du être client. Il se trouve que ça ne m’a pas enthousiasmé. C’est indigeste. C’est un buffet ou tu continues de manger alors que tu n’as plus faim. Intenable pour l’estomac. Le film était finalement bien mieux pensé scindé en deux (tout le monde le sait, les deux ont des tonalités assez différentes). Finalement, cette version de quasi 4h30 m’aura fait revoir « kill bill » à la baisse. Il aurait fallut être Leone – avec un sens de l’épure bien plus développé que chez Tarantino – pour que cela fonctionne.

            • #152737 Répondre
              Charles
              Invité

              Le visionnage des deux, même à plusieurs jours d’écart, m’a toujours fait cette impression et la lenteur du rythme du second (en comparaison avec le premier) ne fait que renforcer la lourdeur de la conclusion. En fait le film finit par m’épuiser ou plutôt me lasser. Le premier est surstylisé, très séduisant mais plein comme un oeuf et sans temps mort. Il est très réussi mais à la fin on s’en fout un peu de Bill, on en a eu pour notre argent, on n’attend pas vraiment avec impatience les autres affrontements. Et c’est là que le second arrive, avec ses allures de western qui prend son temps et ses personnages toujours aussi azimutés que dans le premier (pas un qui est normal, à part peut -être Michael Madsen) et qui récite tous leur dialogues avec l’emphase de celui qui sait qu’il est dans un Tarantino voué à devenir culte. Ça tourne parfois au soliloque avec des pauses entre chaque phrase pour bien que le spectateur jouisse de chaque mot. Plus de 4h pour une série d’assassinats c’est évidemment trop, surtout quand le film échoue à faire ressentir une quelconque émotion quant au sort de son héroïne et de sa fille, héroïne qui ne dépasse jamais le stade personnage

              • #152738 Répondre
                Charles
                Invité

                Personnage bad ass, c’est à dire cool mais sans épaisseur. Ça manque un peu de vie quoi.
                Ma scène préférée demeure pour cette raison le premier combat, dans la cuisine de l’assassin ,scène interrompue l’arrivée de la fille de celle-ci (elle revient de l’école). Dans cette scène on a a la fois une stylisation très divertissante et amusante d’un combat à partir d’éléments du quotidien (une casserole, un frigo etc.) et un ressort émotionnel qui sonne vrai (on arrête le combat d’un commun accord le temps que la petite fille arrive). Une scène malheureusement assez isolée.

                • #152744 Répondre
                  Sylvain
                  Invité

                  Pas si isolée que ça, cette scène. Elle est une quasi ouverture du film. La présence impromptue de la petite fille, effectivement, pour la suite, a son importance. Quant au reste : je trouve au contraire que la très (très) longue scène de confrontation finale avec Bill est ce qui fonctionne le mieux dans tout cela. 40 minutes de dialogue, 15 secondes de sabres. C’est peut-être la grande réussite de cette version de 4h30.. A l’époque de « kill bill 2 », nombreux étaient déçus. Il est vrai que c’est l’antithèse des 40 dernières minutes du premier. Voir dans un même film ce bain de sang à mi-parcours puis cette confrontation au calme quand enfin, voici Bill (et ce sera tout sauf spectaculaire) rend une belle conclusion.

                  • #152745 Répondre
                    Sylvain
                    Invité

                    J’ajoute que c’est justement parce qu’on connait cette longue scène de confrontation finale avec Bill que j’ai tenu les 4h30. Je voulais voir ce calme arriver. A l’inverse, la fin du premier (donc ici le milieu du film) j’ai trouvé ça beaucoup trop long.

                    • #152749 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Oui le principe de rétention de cette scène génial mais la scène n’est vraiment pas terrible. Déjà parce que le couple est totalement improbable – je sais qu’on est dans un univers non réaliste mais quand on veut figurer un couple il faut quand même qu’il soit un minimum representable, bref qu’il y ait une alchimie – et que les dialogues ne sont pas franchement inoubliables. D’ailleurs tu m’aurais dit que la scène durait 10 minutes que je t’aurais cru.

                  • #152783 Répondre
                    Alexandre
                    Invité

                    J’aime bien le laïus de Bill à propos de Superman.

    • #152746 Répondre
      Sylvain
      Invité

      PPs : @Charles, toujours : « Personnage bad ass, c’est à dire cool mais sans épaisseur. Ça manque un peu de vie quoi ».
      Effectivement mais est-ce si dérangeant ? Tarantino travaille le mythe, plus que la vie. Même Jackie Brown est mythique. Il aime mystifier, ériger. Dans tous ces films. On pourrait objecter que DiCaprio dans « once upon a time… » fait exception. Voici un mec en souffrance, qui doute. Oui, mais il y a la fin…

      • #152748 Répondre
        Charles
        Invité

        C’est pas forcément dérangeant sur 2h mais pénible sur 4h30. Et je ne suis pas d’accord sur Jackie Brown, elle n’a pas mythique, en tout cas pas que mythique, il filme et magnifie une noire quinquagénaire qui est lasse de sa vie et, comme elle le dit, veut foutre le camp. C’est le plus beau personnage de sa filmo car le plus humain.
        Celui de DiCaprio dans OUATIH pourrait un peu m’intéresser (même si les infortunes des acteurs m’indiffèrent en général) s’il n’y avait le surjeu de celui-ci.

        • #152763 Répondre
          Sylvain
          Invité

          Difficile de dire qu’il ne fait pas de Jackie Brown – mais surtout de Pam Grier – une icône… et c’est déjà, entre autre, la force du film. Je maintiens : Tarantino travaille les mythes. Ca ira encore plus loin avec toutes ces relectures de l’Histoire (relecture contre lesquelles je n’ai rien à redire si je dois préciser).

          • #152764 Répondre
            Charles
            Invité

            Icone beaucoup plus incarnée que la mariée de Kill Bill dans ce cas et donc pas vraiment une icône.

          • #153061 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Je dirais qu’il part de l’icône et en fait presque une humaine.

        • #152790 Répondre
          Malice
          Invité

           » C’est le plus beau personnage de sa filmo car le plus humain. »
          Et les copines de Boulevard de la mort, ne les oublions pas

    • #152870 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      J’ai rattrapé La Dernière Piste de K. Reichardt et bon Dieu ce que j’avais manqué. Très heureux de possiblement le revoir au ciné-club l’an prochain.

      Point de détail qui n’en est pas un : le film me rappelle la grande amitié musicale que j’ai pour les choix de KR depuis que j’ai découvert son cinéma avec First Cow. Aussi, comme souvent chez KR (sauf dans le dernier à mon goût, pourtant vu en salle), du grand art photographique et sonore.
      .
      Là où Laxe dans Sirat faisait de l’épure désertique le lieu de surgissement assumé du démiurge scénaristique, KR fait de la sienne la matière même de la situation historique, géographique et matérielle des personnages. Grâce à cette solide base de cohérence, film ne voit jamais le sol s’écrouler sous ses pieds du fait de ce qui pourtant le traverse en souterrain , à savoir son caractère d’expérience de pensée, de tableau sur lequel se peint, par petites touches sur toile vierge, une scène primitive par excellence — il y avait déjà de ça dans First Cow, mais c’est plus radical ici — : un groupe humain isolé rencontre, tout aussi isolé, l’archétype de l’Étranger. (On eut été curieux de voir KR réaliser Premier Contact, qui a sa manière avait poussé ce dernier aspect très loin — et qui reste, et de loin même s’il m’en manque, le meilleur Villeneuve que j’aie vu). J’écris « scène primitive » mais ça me semble aller si loin que, de ce canevas réaliste et tout à fait crédible, surgirait presque une scène « biblique » — les éléments de religiosité présents ici et là dans le rapport au monde des personnages (Indien inclus) n’amoindrissent pas cette impression. Ce serait peut être par ce biais étonnant que ressurgirait, dans La Dernière Piste, le caractère mythologique qu’on prête souvent au western (j’en ai vu peu)?

      Le film est économe y compris dans ses effets de subtilité. KR ne compense pas son épure par une surcharge vaguement philosophante du dialogue (travers dans lequel peut tomber un Tarkowsky), ne cherche même pas à introduire de la non-linéarité (si belle dans First Cow). Il y a une scène où Mme Tetherow rapièce le soulier de l’Indien et dit, « s’adressant » à l’Indien, quelque chose comme « ceci est une aiguille, pour coudre […] vous ne pouvez pas imaginer tout ce qu’on a fait, les villes qu’on a bâties » — alors même qu’à l’évidence les souliers de l’Indien sont déjà cousus, et que ces populations faisaient déjà un usage avancé du textile depuis belle lurette. (On pourrait éventuellement dire de l’Indien qu’il est trop silencieux et impassible — trop archétypal — pour être vrai?). Il y a un plan où la cage vide, cadrée de loin et à demi-voilée par le tissu de la caravane, pudiquement, signale la mort de l’oiseau. Il y a des choses comme ça. Et au milieu, nous autres spectateurs, sans avance ni retard par rapport aux personnages quant à la situation qui leur importe, errons dans le vide sublime de ce huis clos ouvert, le danger de mort en moins, mais condamnés comme eux à interpréter des signes pour mesurer le succès ou l’échec à venir.

      • #152874 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Désolé de descendre de 45 marches, mais, puisque tu demandais, j’ai vu le De Gaulle 1.
        Comme une sorte de rumeur se répand comme quoi le film serait « pas-si-nul », et politiquement « pas-si-con ». Je me dois donc d’alerter le monde que non : il est si nul, et si con.

        • #152880 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Tu iras voir le 2 ou tu déclares forfait ?

          • #152883 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            ma perversité légendaire a évidemment très envie de s’assurer que tout ceci est nul et con jusqu’au bout
            (outre que, plus sérieusement, il est toujours intéressant de détailler la falsification)

        • #152882 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          « Désolé de descendre de 45 marche » : j’étais pas prêt (badaboum). Le paradoxe étant que tu renforces ma curiosité.

      • #152884 Répondre
        propater
        Invité

        Personellement, j’aurais plutôt tendance à placer le sommet de Villeneuve à Sicarios. Premier contact, même si je le trouve intéressant, marque pour moi le début de la chute vers Dune. (le tournant vers la science-fiction et l’abandon du sujet de la violence qui commençait juste à se complexifier)

        • #152886 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          C’est en effet pour cela que j’ai introduit un bémol de prudence : j’ai entendu du bien de Sicario et je ne l’ai pas vu. A voir après De Gaulle, sans doute.

          • #152892 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Drôle de film, Sicario. Revu récemment. Il est maintenant très clair pour moi que c’est une série B fascisante déguisée en film d’auteur par le décentrage vers un personnage passif et extérieur – une femme par ailleurs, et son pote noir, ils sont la caution woke de leurs collègues comme du film. Ça marche bien, Josh Brolin au top (j’aime beaucoup sa capacité à « posséder un endroit, que ce soit une salle de réunion ou un aéroport militaire entier en trois secondes juste par son langage corporel), quelques très bonnes scènes et une grande qui restera, qui est d’ailleurs restée.
            Villeneuve savait vraiment y faire.

            • #152903 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Seldoon a bien parlé. Hugh !

            • #153086 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Quelle scène est particulièrement restée? J’étais d’humeur cette après-midi pour un blockbuster (je promets à Malice de regarder enfin un Rohmer pendant les vacances).

              Je ne sais pas si c’est parce que c’est mon premier DV non-SF depuis très longtemps, mais j’ai l’impression d’avoir mieux perçu ici, du fait du cadre plus « réaliste », la fonction ou du moins l’effet produit par l’une des caractéristiques évidentes de ses films : ces plans larges grandioses et mouvement, souvent vus de (très) haut, accompagnés de nappes musicales tendues — ces sorte de trombones-cors-tubas électroniques qu’on retrouve beaucoup ailleurs. C’est vraiment la construction d’une hostilité fondamentale de l’environnement au sens large du terme : espaces désertiques arides, au milieu desquelles surgissent des villes désincarnées par la distance même des prises de vue (je pense entre autres à ces plans insistants sur les motifs répétitifs des toits de Juarez, ou les habitations vues de loin à travers des grillages), la ville de masse, grouillante, intrinsèquement étrangère, objet d’inquiétude policière. On retrouve un peu ça dans la représentation des foules et des masses dans Dune, ça m’avait frappé. On retrouve beaucoup de choses de Blade Runner 2049 ou des Dune — c’est étonnamment dunesque.

              C’est vrai que la mécanique de la mise en tension est parfois très efficace, mais je suis d’accord qu’il faut avoir conscience (percevoir) de quoi l’on « jouit » devant ce genre de mises en scène : le film a beau (certes très classiquement) montrer des militaires qui en gros sont « à la fois la solution et le problème » — avec une certaine radicalité, même si le personnage anti-gang le plus radicalement ravagé… n’est pas américain, ça se note —, le film épouse sacrément le rapport au monde d’un drone policier. Aussi le personnage féminin qui répugne à exercer la violence ferait presque, en effet, office de caution rassurante pour le spectateur : oui c’est dur, c’est très dur, mais il faut ce qu’il faut, etc… « It’s the land of wolves now ». DV cinéaste hobbesien? (rire)

              • #153151 Répondre
                Malice
                Invité

                @Igy Un rohmer d’été j’imagine ( et c’est pas ça qui manque dans la filmo d’Eric)

                • #153152 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  ça te changera de la grisaille à la Denis Villeneuve ( je dis ça, je n’ai vu que deux films et demi de lui, dont celui où les aliens visitent la Terre dans un grand grain de riz complet)

                  • #153176 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    rire, qui risquait de cuire vu le réchauffement climatique, d’où sans doute leur départ.

                    (je me souviens que toute la partie finale m’avait paru un peu fumeuse — ce qui m’avait intéressé était bien plus la représentation inhabituelle des « aliens », et les enjeux que ça soulève au départ)

                    • #153177 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      L’éternel personnage principal qui a perdu son enfant…et qui trouve résilience dans l’aventure
                      Je me souviens du moment où les héros entrent dans le grain de riz, quand la gravité change, et des taches d’encre que font les créatures pour s’exprimer, et c’est à peu près tout

                      • #153190 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Les aliens tâche d’encre, c’est ce qu’il a fait de mieux (me manquent encore ses deux tous premiers + Incendies). C’est possible que, pris dans sa totalité, Premier Contact tienne en effet moins bien la route que Sicario (malgré ce que j’en ai dit plus haut). Mais « ce qu’il y a de bon » dans Premier Contact dépasse vraiment tout le reste à mes yeux.

    • #152875 Répondre
      Ostros
      Invité

      Nouvelle pour les Breillat lovers
      La réalisatrice tournera en 2027 The German Cousin, adaptation du livre de Simenon.
      Allemands installés en France depuis plusieurs années, les Krull tiennent une épicerie où les mariniers du canal voisin viennent boire un coup le soir, après le travail.
      Mais un jour, le corps d’une jeune fille est retrouvé dans le canal. Elle a été violée et étranglée.
      Or c’est Hans Krull, un cousin arrivé depuis peu, qui l’a découvert.
      Bientôt de vieilles rancunes refont surface, les accusations se précisent, les langues se délient…
      Ces Krull, ce sont des étrangers, non? (Gallimard)
      .
      Adaptation du roman Chez Krull de Georges Simenon.

      • #152888 Répondre
        Charlie
        Invité

        Il y a des gens qui avaient apprécié son dernier film l’Été dernier ? Pour moi c’était un nanard

        • #152891 Répondre
          Charles
          Invité

          @Charlie : L’été dernier a été pas mal défendu ici au moment de sa sortie.

          • #152893 Répondre
            Malice
            Invité

            La seule chose que je critiquerais dans « L’été dernier » : l’écriture de certains dialogues. Des phrases mises dans la bouche du mari et de la femme m’ont paru un peu  » fausses » ( Léa Drucker au téléphone demandant que la personne chargée de s’occuper d’un dossier y mette plus de zéle; le mari interrompant les confidences sexuelle des deux soeurs; le jeune homme se mettant soudain, maladroitement à mes oreilles, à employer un langage désuet).
            Mais ce sont des détails, j’ai revu le film récemment, enchantée par certaines séquences : par exemple la séquence de la baignade avec les deux petites filles au bord de l’étang et la scène de tatouage.

            • #152894 Répondre
              Malice
              Invité

              « mises dans la bouche de la femme du mari et du jeune homme », pardon

      • #152889 Répondre
        Malice
        Invité

        Merci pour l’info, je me demandais justement si L’été dernier était son dernier chant. Intéressant de la voir revenir avec un film à la Parfait amour! (Qui mettait en scène un féminicide)

    • #152899 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      En bas des 45 marches , pourquoi personne ne parle de Bait ce film génial ?

      • #152901 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        parce que je ne l’ai pas vu, par exemple (rire), mais il est dans ma liste depuis ton signalement ici il y a quelques temps

        • #152904 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Bait est un gros nanard prétentieux.
          IGY ne perd pas ton temps.
          Belkekett a parlé…

        • #152944 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          Ah OK, je suis étonnée que personne ne l’ai vu.
          A Nice il est resté à l’affiche 2 semaines donc grouillézi.

    • #152950 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Gros navet Bait.
      Ça dégouline de bons sentiments en permanence.
      Heureux sont les simples d’esprit.

    • #153027 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Vu hier la bataille de Gaulle 1, c’est grotesque, mal dialogué, et tout le monde joue mal en particulier le trio d’acteurs interprétant De Gaulle, Churchill, et le jeune Fernand. Particulièrement déçu de ce dernier, Florian Lesieur, qui m’avait bien fait rire dans la pièce sur Rancière. Là il est constamment dans le surjeu, la surexpression, il ne cesse de faire des mouvements d’yeux, il est toujours en force. Il faut dire qu’il est mal servi par l’écriture de son personnage univoque de résistant idéaliste et par de mauvais dialogues. Par moments, on se croirait dans un truc style Un Village Français, voire même un reconstitution pour enfants, tellement l’écrin années 40 est propret. Tout jusqu’aux gueules des figurants fait passéisme forcé. Et en contrepoint de ça, la musique omniprésente rappelle les compositions tonitruante de Zimmer pour Batman, comme c’était déjà le cas dans les anciennes grosses prods Pathé (Mousquetaires, Monte Cristo). Je ne m’étendrai pas sur l’intrigue à laquelle je ne connaissais rien et qui ne m’a de toute façon pas passionné, elle m’a fait l’effet d’un concours de bite et de cabotinage entre Churchill et De Gaulle, qui meurt s’il ne répète 225 fois les mots France et français au cours du film.
      Quelqu’un a vu le 2? Est-ce qu’on voit un peu plus Moulin, la résistance incarnée, un peu moins les états-majors inutiles et bavards? Si vous me dites que c’est mieux, je ferai mon devoir de patriote en ce 14 juillet et j’irai le voir

      • #153028 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Oui, elle me paraît meilleure.
        Déjà y a plus Lesieur (rires)

        • #153038 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Le 2 est pire -puisque disparaissent quasi totalement les éléments OSS 117 qui seuls surprenaient dans le 1
          Et le truc se révèle définitivement la machine propagandiste qu’il est à tous les plans.

          • #153039 Répondre
            Alexandre
            Invité

            Mon enthousiasme est tellement tiède (ce n’est donc pas de l’enthousiasme) que je peinerais fatalement à te contredire.
            Si ce n’est que je trouve qu’il y a une espèce de faconde dans cette réalisation (les deux parties confondues) qui fait que j’ai regardé ça avec une certaine indulgence.
            Matthieu, dans son post, dit un truc qui m’a tilté : il cite les deux hits Pathé Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte Cristo, que j’ai vus.
            Et bien alors que j’ai cordialement détesté le premier, qui est peut-être la pire adaptation de Dumas que j’ai vue (la meilleure pour moi restera La Reine Margot de Chéreau et peut-être un muet d’Allan Dwan avec Douglas Fairbanks), j’ai plutôt bien supporté le second, nettement plus comestible à mon goût. Je retrouve cette comestibilité avec De Gaulle. Ce qui a motivé mon déplacement en salle est que je n’avais pas tout à fait haï, de par une certaine tenue technique, le film de sous-marin d’Antoine Baudry, Le Chant du Loup.
            Mais il est vrai que ça ne va pas plus loin.

            • #153057 Répondre
              Mathieu
              Invité

              J’ai fait le rapprochement car le dyptique de Gaulle est aussi un film Pathé, et que ça commence à faire une tendance pour la firme, dont Seydoux ne se cache d’ailleurs pas. Il avait donné sa vision dans je ne sais plus quelle interview au moment du premier Mousquetaires. Il ne veut produire que des grosses machines célébrant le patrimoine français, avec un savoir-faire « à l’américaine. »

            • #153060 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Ce que tu appelles comestibilité, je dirais avec mes mots que c’est le côté: « allez, ça se regarde quand même, on est emporté ». Hé bien même là, je trouve que c’est pas le cas. A côté des nombreuses scènes de dialogues indigestes et parfois ridicules (je repense à la scène où De Gaulle casse la chaise devant Churchill et dit: « avec les anglais il suffit de hausser le ton »), très peu de scènes d’actions prenantes . Bir Hakeim et la percée en voiture par exemple, c’est vraiment pas terrible. Pourtant, il y aurait eu moyen de faire une bonne séquence d’actions là: longue, pénible, difficile pour les soldats français déjà très diminués. Mais non, on voit une nénette toute mignonne, à peine décoiffée, avec juste de la terre sur le visage qui conduit à fond en serrant les dents et c’est fini. Je pense que montre en main, ça dure une minute 30. Le discours de Magimel avant, où il demande à ses troupes de choisir leur destin, entrecoupé de plans sur des visages de soldats fatigués mais concernés, est 2 fois plus long.

              • #153063 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « Bir Hakeim et la percée en voiture par exemple, c’est vraiment pas terrible. »
                Ce n’est vraiment pas terrible c’est vrai mais l’épisode Mers El-Kebir (très court) utilise les images d’archives avec une certaine habileté, de même que la Libération de Paris.
                Autres petites choses : la musique pesante à la Hans Zimmer se nuance un peu dans la deuxième partie d’orchestrations plus insolites.
                Et pis Thierry Lhermitte m’a amusé.

                • #153065 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « Ce que tu appelles comestibilité, je dirais avec mes mots que c’est le côté: « allez, ça se regarde quand même, on est emporté » »
                  Pas tout à fait non. Ce serait « ça se regarde », point.

          • #153055 Répondre
            Mathieu
            Invité

            A ce titre, la première réplique du film donne le ton: « ai-je l’air de débander? »
            On pressent tout de suite le chef-d’oeuvre qui s’annonce

      • #153192 Répondre
        bmh
        Invité

        Je rajoute qu’ils ont réussi l’exploit de ne filmer qu’environ trois Noirs et deux Arabes pendant la bataille de Bir Hakeim, alors que, je le rappelle, les soldats étaient issus aux deux tiers des colonies.

    • #153155 Répondre
      Charles en rose
      Invité

      Cherchais à voir close-up (Kiarostami) depuis qq mois, indisponible en dvd vostfr.
      Un lien ici : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Close_Up_(1990).webm

      • #153156 Répondre
        Charles en rose
        Invité

        ça s’ouvre pas directement ici… en tous cas j’ai pu le voir facilement. « Close-up wikimedia »

        • #153162 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Tu utilises ton IA quand tu regardes du Kiarostami ?
          Dis-moi, tu regardes du Kiarostami parce que ton maître à penser dit que c’est bien, ou vraiment ça te tient à cœur ? Mais vraiment ?
          Est-ce qu tu as vu Like someone in love ? Son chef d’œuvre ?

          • #153180 Répondre
            Charles en rose
            Invité

            Non, pas encore. J’ai commencé par Close-Up, sur le conseil de mon IA, ajusté à mon parcours.

            • #153210 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Ajusté à ton parcours, vois « Où est la maison de mon ami ».
              Tu vois, il s’avère que je suis plus efficace que ta putain d’IA.
              Demande moi la prochaine fois.
              Et tu auras droit à…
              Un conseil du professeur Belkekett…

              • #153290 Répondre
                Charles en rose
                Invité

                Professeur Belkekett,
                .
                1) Mon IA, à qui je Montretout comme dirait Gérard, a été piquée au vif. Elle me dit qu’elle n’est pas une putain.
                .
                2) Elle a d’ailleurs entièrement validé votre suggestion. Nous sommes actuellement à la recherche de la maison.
                Elle m’avait toutefois imposé, au préalable, le visionnage de Mouchette.
                .
                3) La succession Close-up → Mouchette s’est révélée particulièrement intéressante.
                .
                Malheureusement, je ne peux rien dire de plus ici.
                On est sur écoute.

    • #153397 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Et ben ma foi l’Odyssée de Nolan fut une très bonne séance. J’adore le Agamemnon en armure de Batman XD La reconstitution grecque est magnifique, de bon goût, oui même l’armure Batman ou Dark Vador de Agamemnon, j’adore l’idée.

      De Nolan je souffre surtout devant son premier et troisième Batman à cause de leurs scénarios crétins, mais là c’est Homère. Alors quand Petersen avait adapté Homère, ça dérivait déjà vers le soap opera, trop de sentimentalisme et de sensibilité morale trop moderne. Mais là on sent que Nolan se pose de vrais question sur comment les grecs pensaient leurs mythes.

      Seul bémol : le rythme hyper pressé du film, avec des évènements qui défilent sur l’écran en allure TGV. J’aime beaucoup l’idée de filmer un épisode de l’épopée depuis la narration d’un personnage, cela permet en effet de gagner en vitesse, et c’est dans l’esprit de l’aède grec. Dommage qu’il n’ait fait qu’un seul long métrage à vrai dire. Le texte homérien mérite plusieurs volumes pour respirer dans son amplitude.

      • #153512 Répondre
        William E
        Invité

        L’Odyssée jongle entre deux idéaux du cinéma. Le premier c’est celui du grand spectacle son et lumière, propice à la grandeur du mythe. Dans le cinéma de Christopher Nolan la grandeur est une question de poids.

        Poids de la caméra Imax. 130 kilos. Les 70mm de largeur de la gigantesque pellicule, au cœur de la communication, doivent induire qu’on est face à un gros film. Pourtant le ratio d’image obtenu, plus ramassé que la normale, n’est visible que dans les rares salles de projection habilitées. L’année dernière, le film Magellan de Lav Diaz filmait une traversée de la mer avec un ratio d’image proche. Le film tourné au gh7, une petite caméra au capteur numérique de largeur 17mm, avait eu le bon goût d’être projeté partout dans le bon ratio longueur/largeur.

        Poids du décor. En délocalisant les décors hors de l’imaginaire méditerranéen, le film donne une envergure océanique au voyage d’Ulysse. Du palais d’Ithac, monté comme un bloc monolithique, aux plages larges et infinies dans lesquelles les personnages apparaissent comme des fourmis, le film montre un moment du temps où les proportions du monde même étaient différentes, plus imposantes.

        Poids du son ensuite. Les artifices d’alourdissement sonore qui nous plaquent au siège sont tantôt clichés, les basses présentes depuis Inception sont utilisées pour nous indiquer artificiellement le poids d’une scène, tantôt spectaculaires, les terrifiants hurlements de douleurs du cyclope.

        Le grand spectacle, de pair avec une intense solennité des dialogues (tous plus graves les uns que les autres), sacrifie totalement l’humour. Le casting hollywoodien pèse aussi dans le poids du film. Si chaque film doit être plus gros que le précédent, chaque personnage finit par être noyé derrière la star qui l’incarne.

        Un premier carton nous promet la magie, et fait souffler un vent épique, qui se glace bien vite. Cette magie le film n’ose jamais vraiment l’aborder de front (Excepté la scène de Circé, offrant des images absolument tactiles de modelage de métamorphose). Dans une peur de ne pas bien gérer l’irréel, le film cache beaucoup. Il cache la course du cyclope derrière des arbres n’osant pas le montrer en plein jour, il cache l’intérieur du palais d’Ithaque dans un champ contre-champ sur-flou entre Pénélope et Télémaque. Il cache les sirènes aussi, en les maintenant à bonne distance, les mélangeant avec ce qui semble être des phoques. Quand on ne cache pas, on évide. Chaque rive des nouvelles îles ressemble à un désert, de cailloux, de sable, d’herbe haute, la mer. En haut le ciel, en bas le désert, les couleurs et les textures changent, pas la composition, très horizontale (on retombe sur la question du ratio d’image), piquée par les humains, petit bâton bonhommes fourmis perdus dans le cadre. L’imagerie de l’environnement vidé à l’extrême est contrebalancée par un bestiaire bien fourni.

        Nouveauté bienvenue dans son cinéma, Nolan filme des dauphins aux abords du bateau, on devine l’image imprévue captée sur le moment. C’est le signe d’un autre idéal avec lequel le film jongle, celui du cinéma comme art de l’enregistrement. Décors réels, recours frileux aux effets visuels numériques, à la recherche d’une vérité de la matière. En contrepartie certaines scènes semblent avoir été pensées sans découpage du cadre. La caméra échoue souvent à trouver où se mettre lors des scènes d’action rendues brouillonnes et illisibles.

        Oscillant entre ces deux modalités sans jamais vraiment perdre l’équilibre, le film arrive in extremis à se corriger d’une ou deux premières demi-heures de montage façon bande-annonce courant à bout de souffle derrière le scénario. Heureusement celui-ci finit par se stabiliser et trouve son rythme dans la succession de scènes-épisodes qui composent le mythe.

        Tous ces éléments arrivent à insuffler au film le souffle épique qu’il cherchait. Dans la quête de gigantisme qu’est le cinéma de Nolan, le film se fait une place de choix, bien servie par la simplicité du scénario qui permet à Nolan de dérouler ce qui lui plaît : de gros éléments sur une grosse pellicule, projetés sur de gros écrans.

        • #153526 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          ce film me fatigue d’avance

        • #153544 Répondre
          Leon
          Invité

          Merci pour la reco : j’irais le voir. J’avoue être assez friand de ces gros américains jouant aux gros héros aux grosses couilles défiant de gros monstes au milieu de gros décors aux grosses musiques. Comme un retour à l’essence même de l’art

          • #153552 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Ça ne change pas beaucoup du forum finalement.
            Ici on a de grosses consciences, qui se la joue grosse bonne conscience.
            Qui ont de gros sentiments, qui font de très très grosses dénonciations qui embellissent encore davantage leur grosses bonnes consciences.
            Block buster de la bonne conscience.

        • #153566 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          J’irai aussi le voir parce que je pressens qu’on va m’en parler. Un effet positif indirect : je vais essayer de lire l’Odyssée avant (en espérant que ça n’est pas trop indigeste…)

          • #153593 Répondre
            Léon
            Invité

            J’en sors, si tu aimes les mecs badass avec d’énormes couilles qui défoncent d’énormes monstres tu vas kiffer

            • #153596 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Les énormes couilles de Nolan sont digestes et j’en suis ravi, mais quid de celles d’Homère et Jaccottet ? Ça fait peut-être beaucoup de couilles en un été, prenez votre temps. Je vous dirai.

              • #153603 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Mes couilles sont ailées.

                • #153606 Répondre
                  MA
                  Invité

                  L’iliade est beaucoup plys indigeste que l’Odyssee qui se lit bien. Pas essaye par contre la versiob de Jacottet

                • #153610 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « Mes couilles sont ailées. »
                  Hermès?

                  • #153611 Répondre
                    stephanie
                    Invité

                    Lustucru ?

                    • #153808 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Icare ?

                      • #153810 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Taureau ailé? (c’est Lustucru qui m’a mis sur la piste)

                      • #153817 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Léon dit à propos de la lecture de l’odyssée d’Homere.
                        « J’en sors, si tu aimes les mecs badass avec d’énormes couilles qui défoncent d’énormes monstres tu vas kiffer »
                        .
                        Encore un pauvre débile mental qui de Bégaudeau à tout lu et ne pense que par son prisme, même pour juger de toute autre œuvre quelle qu’elle soit.
                        Je rappelle que l’odyssée a été écrit au VIIIème siècle avant notre ère.
                        Et il y’a toujours un gros moraliste, qui avec ses lunettes de petit gauchiste abruti, viens rappeler que le virilisme en -800 c’était très très mal. Parce que les mythes de cette époque doivent être soumis à la pensée d’aujourd’hui.
                        Qu’en -800 les gens étaient déjà féministe, antiraciste et dans leur tête exactement comme nous aujourd’hui. Homere doit donc, pour Léon le roi des cons, être jugé par un tribunal de gauche radical. Ainsi soit-il.

                      • #153818 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Que les curés bien pensants vivent en leur âme et conscience.
                        Amen.
                        Le petit jésus veille…

                      • #154096 Répondre
                        bmh
                        Invité

                        L’Odyssée de Homère n’est pas l’Odyssée de Nolan, Samuel. Si tu sais lire, Leon parlait dans son message du film de Nolan, fait dans les années 2020. Respire, tout va bien.

          • #153607 Répondre
            MA
            Invité

            Microcine avec Burdeau sur l’Odyssee. https://www.youtube.com/live/dNALz50cI8o?si=YHhZyAWFMTMGOWbF

        • #153864 Répondre
          eustache
          Invité

          Lourdeur habituelle de Nolan, épuisement du spectateur quarantenaire que je suis (mais pas de l’adolescent subjugué à mes côtés, il faudrait comprendre comment Nolan agit sur les jeunes mâles)
          Structure narrative alambiquée mais efficace, Nolan aime décidément les histoires qu’il raconte. Son côté néoclassique boursoufflé est à la fois gênant, à la fois touchant, par sa foi dans le récit, ce n’est plus si courant. (il y a de la foi dans les mécaniques de scénario, mais pas dans les histoires disons)
          Musique: beaucoup, trop
          Emotion,:un peu (quand les scènes sont tenues, sur la fin notamment)
          Bagarres : en bouillie, Nolan confirme chaque fois un peu plus son inaptitude à filmer les scènes d’action (mais pas que d’action finalement)
          Lumière intérieure des bougies à l’écoeurement.
          Sensation de matérialité, les voiles, les falaises, les casques… Petit bonheur de la pellicule sans doute. Ouf Nolan ne marvelise pas la mythologie greque (ce qui risque d’arriver dans les année à venir)
          L’autre bonne surprise, c’est le mea culpa, discours de repentance d’Ulysse sur ses méfaits, petite redéfinition du héros qui fait du bien. (Matt Damon donnant beaucoup de chair et de douceur à ce héros problématique)
          Mais ça fait peu pour un film qui semble très littéral, très balourd, empesé pas ses stars, son budget, son idée de grand cinéma.
          Ah oui le cinéma tiens, le découpage, le montage… Indigne, on aimerait tant que les plans durent, on aimerait tant que les plans aient du sens, on aimerait sortir des champscontrechamps et des raccords regard.
          Pauvreté inouie de ce cinéma riche.

          • #153899 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            Très bonne critique.
            Mais perso je suis reconnaissant au film de donner envie de lire le livre.

            • #153903 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « L’autre bonne surprise, c’est le mea culpa, discours de repentance d’Ulysse sur ses méfaits, petite redéfinition du héros qui fait du bien. (Matt Damon donnant beaucoup de chair et de douceur à ce héros problématique) »
              Tu ne crois pas qu’il y a là un scrupule publicitaire? L’effet d’une vigilance de l’industrie au « problématique ». Le travail des marchands douaniers qui cherchent du problématique dans les coffres, histoire de purifier la marchandise.

              • #153904 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                L’odyssée c’est comme l’affaire Barbara Butch : tout le monde dit que ca vaut pas le coup, mais tout le monde participe.
                Je veux dire : serait il envisageable de NE PAS voir le film?

                • #153924 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Mendelsohn a très bien analysé ce nouveau trait d’Ulysse, propre à l’époque : https://legrandcontinent.eu/fr/dimanches/un-cafe-avec-daniel-mendelsohn/

                • #153925 Répondre
                  eustache
                  Invité

                  C’est presque sûr, mais ça ne change rien au fond non? Il y a encore 20 ans, après formatage hollywoodien, Ulysse eût été un héros lisse (c’est pas pour faire prétentieux le eût hein, c’est juste plus joli comme ça), aujourd’hui, c’est un héros négatif, qui ne se rachète pas (on échappe assez à la rédemption habituelle), et se rend compte du mal qu’il a fait par ses faits de gloire, c’est presque un décololonial!
                  Je ne vais pas m’en plaindre. c’est comme les quotas ethniques, le film coche des cases, bon et après….

                  Serait il envisageable de NE PAS voir le film?

                  Sacrée question. J’y allais sans enthousiasme, mon fils voulait le revoir, toute la propagande Imax avait bien marché, et Nolan, c’est un peu le Kubrick d’aujourd’hui, on ne peut pas passer à côté, pense-t-on, de peur de rater l’évenement. Et là l’événement est moyen.
                  L’agaçant, c’est ce marketing reposant sur la technique, regardez ma grosse caméra, ces kilomètres de pellicule, il faut le voir dans ces conditions etc. Ce qui n’est pas un argument mince pour moi je précise, car c’est un geste fort a priori de tourner en pellicule aujourd’hui et je pense que ça donne une matérialité à ce film film (matérialité qui s’absente du champ hollywoodien) Au delà de cet argument, j’en suis à me réjouir petitement, qu’il y ait encore des cinéastes stars qui attirent un public sur leur noms. (comme Tarantino, PTA, Almodovar…)

                  Après, ma réponse personnelle: j’irai toujours voir un Nolan, car je tiens Interstellar pour un des grands films du 21e.

                  Autre chose comme cette question revient un peu sur la populaire majoritaire dont François parle dans Du mépris (que je vais relire pendant les vacances, tans les idées dégainées y sont nombreuses, mais en père consciencieux, je lis tout le programme de 1ère aussi, bref je referme), j’ai l’intuition que ce film n’est pas du tout populaire, dans un sens où il plairait au plus grand nombre. POur notre petit groupe, nous étions 4, le jeune mâle a aimé, moi moyennement, et les 2 femmes très peu et pas du tout (voire ennui mortel pour l’une). UN peu plus tard, 2 gars dans un café en parlaient, je tends l’oreille, trop long, les scènes d’action on comprend rien… Voilà pour ma petite statistique personnelle, parisienne, certes.
                  Le film me semple absolument répondre à l’économie du majoritaire (on ne peut pas le rater) mais je pense qu’il ne provoque pas d’émotion populaire (sinon chez les ado masculins essentiellement)

                  • #153927 Répondre
                    Léon
                    Invité

                    Eustache : j’ai l’impression que paradoxalement le fait que « ça ne plaise pas à tout le monde » fait partie du marketting. Attention, on a affaire là à un auteur, singulier, c’est spécial, ça ne peut pas plaire à tout le monde. Mais on y va quand meme pour se faire un avis

                    • #153934 Répondre
                      eustache
                      Invité

                      ça tient à nous ça je dirais, ne pas passer à côté de l’événement pour faire notre propre opinion, tout le monde en parle hein.
                      Mais pour le marketting, je suis moins sûr qu’il y ait l’idée de de faire notre opinion, comme pour certains films chocs en effet dont l’idée est  »j’y vais mais je vais peut être détester » (type Orange mécanique ou Funny Games)
                      Là j’ai l’impression nous enfonce plutôt dans la tête, grosse technique, grand sujet, grand film d’un grand cinéaste, expérience immersive à vivre absolument. Avec en plus la petite élite qui l’aura vu en vrai Imax, ou en 70mm pour les un peu moins happy few etc.
                      Nolan c’est du lourd pour sûr.

                  • #153930 Répondre
                    Alexandre
                    Invité

                     » et Nolan, c’est un peu le Kubrick d’aujourd’hui, on ne peut pas passer à côté, pense-t-on »
                    pense-t-on, en effet.
                    « 

                    • #153933 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Mon « pense-t-on », rebondissant sur celui d’eustache, s’applique à la notion de « nouveau Kubrick » qui, pour moi, ne repose sur pas grand chose.
                      Je précise parce que je ne suis pas sûr d’avoir été clair.

                      • #153938 Répondre
                        eustache
                        Invité

                        Il y aurait nombre de points communs tout de même, les films-evenements, l’idée de passer en revue les genres en faisant le chef d’oeuvre de chaque, la posture du grand artiste jusqu’au boutiste, le fétichisme technologique (mais là où Kubrick va en avant, innove, Nolan revient en arrière sur ce poins, Inception mis à part), le goût de la boursouflure.
                        En revanche, Kubrick a moins d’empathie pour les humains que Nolan, ça le rend plus intéressant.

                      • #153939 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Non, je m’inscris en faux.
                        Je ne me sens pas fanatisé par le cinéma de Kubrick mais ce que tu énumères, et que je trouve intéressant, sont des pistes qui sont condamnées à rester des pistes, et à ne pas aboutir. Elles ont un côté Canada Dry (réf spécial boomers-rires) : ça prend le chemin de Kubrick, ça ressemble à du Kubrick, ça fait penser à Kubrick mais…ce n’est pas du Kubrick.
                        Et la différence essentielle est d’ordre esthétique. Le cinéma de Kubrick est pour moi infiniment plus cristallin, élégant, minéral, dépouillé (ce qui n’équivaut pas à sobre, attention) que celui de Nolan. Il existe une hiérarchie incompressible dans ce domaine, à mon sens.
                        Par ailleurs, et cela redit ce qui précède, je pense que le cinéma de Kubrick, s’il n’échappe pas toujours à la prétention, au surplomb voire à l’antipathique (j’ai bien dit « voire »), me semble en revanche n’être que très peu sujet à la boursouflure (deux ou trois plans d’Orange Mécanique à tout casser ).
                        Le gras et Kubrick pour moi, ça fait deux. Tout au plus, on trouve chez Kubrick du grossier, du carnavalesque, de la grimace. De la boursouflure non.
                        On a le droit d’aimer Nolan comme on a le droit de ne pas s’aplatir devant Kubrick. Les comparer me paraît fallacieux ne serait-ce que parce que Kubrick ne peut se comparer à qui que ce soit. Qu’il y ait de l’émotion à la clé ou non (j’en trouve beaucoup dans Barry Lyndon).

                      • #153943 Répondre
                        eustache
                        Invité

                        Ma comparaison ne mérite pas d’aller très loins je te l’accorde, mais ce n’est pas rien, sur la forme, sur la posture, de voir des points communs. Comme tu le dis, il n’y a qu’un Kubrick, il n’appartient pas à un genre, à une école, est tantôt classique tantôt moderne, on ne le range pas avec d’autres facilement. Mais je ne te parlais pas tant de style (encore que pour la boursouflure, Full Metal ou Shining font le plein) que de toute l’ambiance autour d’un cinéaste. Et dans le genre filmévenement-novateur-du-grand-auteur, ils jouent dans une catégorie similaire.

                      • #153959 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Ma comparaison ne mérite pas d’aller très loins je te l’accorde »
                        Pas question ici de « mériter ».
                        Ce qui me fait réagir, et me faisait déjà réagir à l’écoute des interventions de l’ami François dans des GO consacrées à The Shining ou à David Fincher ou à Nolan est cette petite musique que je récuse consistant à inscrire l’ingénierie surplombante des cinéastes cités dans le sillage du contrôle kubrickien.
                        Il n’est pas impossible que les intéressés n’aient jamais eu d’autre ambition que de rivaliser avec le cinéaste des cinéastes. Et donc?
                        Et donc rien. La forme kubrickienne, pour toutes sortes de raisons, me semble hors de portée artistique des réalisateurs étudiés. Je crois surtout que le cinéma de Kubrick relève d’un tout autre espace créatif, bien plus « poétisé » par l’imaginaire.

                        « (encore que pour la boursouflure, Full Metal ou Shining font le plein) « 
                        Je vois à quoi tu fais allusion mais je n’appelle pas cela boursouflure pour une raison que j’ai expliquée plus haut.
                        Chez Kubrick, on est plus dans la surexpressivité. Ce n’en est pas plus léger mais je ne ressens pas ça comme un surpoids, une menance digestive.
                        Pour moi une boursouflure en art relève de la scorie, de la croute au sens épidermique autant qu’esthétique. On va l’avoir sur l’estomac, continuer de la bouffer la nuit durant.
                        Tu as le droit de le ressentir face à certains Kubrick mais c’est là que je suis obligé de m’interroger sur le constat suivant.
                        Comment se fait-il que nous étions quelques uns de tous âges et de toutes origines (copains, « adultes », critiques, un grand mélange comme ça) à ne pas avoir été affligés par les ralentis peu discrets, démonstratifs de Full Metal Jacket en 1987 alors qu’on aurait été prompts à le faire pour un Alan Parker ou un Roland Joffé. Par aveuglement déférent?
                        Non, je ne crois pas. On percevait plutôt l’étrangeté hypnotique et hallucinée de ces plans sans vraiment pouvoir l’expliciter, lui assurer un substrat moral. Et les plans de cet acabit qui prolifèrent dans The Shining ont une fonction idoine.
                        Pour moi, taxer Kubrick de boursouflé revient à faire de même pour Tarkovski, qui peut ennuyer, qu’on peut trouver prétentieux ou imbittable. Mais qui en aucun cas ne laisse paraître le moindre embryon de boursouflure. Ou alors on en a vraiment pas la même définition.

                      • #153962 Répondre
                        Gerard Manfroy
                        Invité

                        A mon avis si il y a eu UN cinéaste qui soit parvenu à conjuguer subtilité et gigantisme, c’est Bondartchouk. Dans Waterloo, je me souviens autant de l’ armée gigantesque à Waterloo que de la main de Napoléon qui s’abaisse devant l’armée française qu’il va reconquérir malgré l’exil.
                        J’aime aussi comment le Guerre et Paix de Bondartchouk était une correction du Guerre et Paix de Vidor et même une correction de tout Hollywood en général.

                      • #153968 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        @Gérard,
                        Ne pas oublier un autre film russe, inoubliable !
                        Requiem pour un massacre. Film de Elem Klimov, sorti en 1985.
                        C’est la traversée en 43, durant la grande guerre patriotique, d’un jeune garçon en territoire de Biélorussie.
                        Film inoubliable dont l’interpréte et jeune garçon ne se remettra pas.
                        Jamais nous ne verrons au cinéma un personnage si vrai que dans ce film.
                        Ce film est sorti en même temps que Full métal jacket. Qui en partie participa de son insuccès, ça plus la mauvaise distribution du film.
                        Décennie 80, seules des merdes comme fuel metal jaquette avait toutes les chances de succès.
                        Requiem pour un massacre étant le titre français.
                        Le titre original se rapprochant bien mieux de, Va et Regarde…

                      • #153990 Répondre
                        eustache
                        Invité

                        Tu m’as convaincu, la boursouflure nolanienne, ce n’est pas Kubrick et ce terme de surexpressivité me va bien. (qui me laisse souvent froid chez K, surtout Shining et Folamour) Peut etre que s’il fallait comparer leur manière, ce serait la volonté du tout controle mais là, ils ne sont pas seul. Encore une fois, cétait plus les postures qui me semblaient ressemblantes.

                  • #153945 Répondre
                    Schnoups
                    Invité

                    « j’ai l’intuition que ce film n’est pas du tout populaire, dans un sens où il plairait au plus grand nombre. »
                    C’est toujours bien de le signaler ça, qu’un film vu n’est pas forcément un film aimé. Mais plus le nombre de personnes à aller le voir augmente, plus le nombre de personnes à l’aimer augmente, c’est mathématique. Et même si c’est 1 sur 3, ça augmente quoi. Les producteurs, par ailleurs, s’en branlent complètement que 2 sur 3 ne l’aiment pas, que 80% l’auront oublié, ou ne le reverront jamais de leur vie parce qu’une fois suffit largement. Ceux qui ne l’aiment pas ont quand même acheté leur place, alors même qu’une majorité pressentait qu’elle ne l’aimerait pas, mais on accompagne, tout le monde y va, c’est le film IMAX été, comme Avatar à Noël. ça marche, ça rapporte son pognon, c’est l’essentiel.
                    Moi même qui n’ait pas accès à plein de films que j’aimerais voir, voyant tout cet intérêt pour ce film, écoutant le bien mauvais micro ciné avec « le meilleur critique français », je me suis dit, bah, faudrait voir. Au bout de quelques minutes à me dire, putain faut aller à Clermont, allez j’y vais, je me suis dit, putain t’es conne, tu le verras dans trois mois en streaming. Donc ça marche, c’est sûr, du grand spectacle épique à la sauce auteur Hollywoodien, avec tous les critiques qui se jettent dessus. Quand j’entends Burdeau dire qu’ils vont peut être faire un PDH là dessus, je me dis ils ont vraiment rien de mieux à foutre que refaire une autre émission qui risque bien d’être inconsistante (encore) là dessus. Samir a souvé l’émission comme il a pu. En tout cas pendant le micro ciné ça a permis à Burdeau de répéter 10 fois le prix spécial de la soirée, 33€ son abonnement substack à l’année ou lieu de 60€. Sympa ! Dès qu’il avait une idée qui pouvait paraitre intéressante, il ne la développait pas, ou se la réservait pour un texte, éventuellement. Sur son Substack donc. C’est tout un savoir faire le commerce. Moi qui me disait, faudrait quand même que tu le lises pour voir.

                • #153926 Répondre
                  Léon
                  Invité

                  François Bégaudeau : je crois qu’il en va pour Ulysse comme pour Butch. Si tu aimes les mecs à grosse couilles qui défoncent des gros monstres, va voir l’Odyssée. Si tu aimes les grosses lesbos qui passes des gros sons des eighties, va voir Butch. Sinon on s’abstient.

                  • #153951 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Je crois que sur ce forum c’est Léon qui mérite la palme.
                    Qui déploie sa sensibilité d’un begaudisme mal digéré.
                    Par ailleurs il y a pas mal de choses mal digérées en ce moment.
                    Ce titan qu’est Leon et titan est un euphémisme, dans un post d’hier, disait la même chose au mot près du livre d’Homére que du film de Nolan, à savoir cette histoire très américaine de grosses couilles et de gros monstres.
                    Pour Léon, ce très subtil penseur qui nous donne de quoi méditer, peu importe la contextualisation des œuvres, puisque ne devrait compter que la matérialité supposée du contenu. Cet analyste raffiné qui met au même niveau Homere et Nolan et ne tient compte une seconde du contexte 800 ans avant notre ère, puisque seule, je suppose, une matérialité sacrée pour Léon et implacablement signifiante prend le dessus sur tout autre aspect, est tellement sur de lui, qu’après ce que je suppose un relent de doute et de lucidité, pose aujourd’hui la question directement à son maître. Sous entendu, hé François, hein j’ai raison ? Hein oui dit ? Dit moi que j’ai raison, toi Ô grand maître.
                    Moi l’insensible Belkekett qui a été maintes fois ému par Homere et la seule idée que des mythes datant de 800 ans avant notre ère aient pu être transmis. Ça ou chaque fois qu’en pleine campagne, l’idée qu’un chemin gallo romain inchangé se tenait sous mes pieds, pareil avec Euripide et Sophocle, j’aime beaucoup l’idée d’un Léon qui te rappelle que Homere ce n’est somme toute, rien de plus qu’une histoire de grosses couilles et de monstres.
                    Béni sois tu Léon…
                    Tkt maître Bégaudeau viendra très certainement à ta rescousse…

                    • #154002 Répondre
                      Leon
                      Invité

                      Je ne t’ai ni parlé d’Homère ni demandé l’heure Isaac

                      • #154012 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Question ouverte à tous sur ce forum.
                        Aller voir le film Ulysse, de Nolan, dont un enfant de 8 ans sait que c’est un block buster d’action.
                        Aussi, comment est-il possible de s’étonner à ce sujet ?
                        A quoi peut-on s’attendre d’autre ?
                        Pourquoi dire que c’est un film de mecs à grosses couilles qui défoncent des gros monstres, si ce n’est par avance évident ?
                        Par conséquent je soupçonne tous ceux qui iront voir ce navet, de kiffer les films de mecs à grosses couilles mais d’en être honteux du moins ici.
                        Pour les bouffeurs de merguez et de kebabs, je les soupçonne d’en parler positivement à leurs potes de merguez kebabs.
                        Car entre bouffeurs de merguez kebabs, on apprécient les films d’action.
                        Et les films pornos qu’on mate en douce.

                      • #154028 Répondre
                        Léon
                        Invité

                        A quel moment ai-je dit que c’était mal les films de mecs à grosses couilles ma samlope ? Relis mes messages pauvre con

    • #153433 Répondre
      stephanie
      Invité

      La chaleur Stéphane Demoustier est un film mauvais selon moi.
      La 1ere scène, les corps des jeunes plongeant dans l’océan en maillot, filmée au ralenti est d’un cliché, ça commençait mal.
      Puis on voit le jeune Marouan errer pendant tout le film, quasi mutique, paumé. Est ce le geste commis qui fait trauma et qui rend ainsi ? pas sûr mais soit. Le film traine, avec cette incapacité de filmer les tensions, les dialogues sont d’une pauvreté.
      La fin est inéluctablement prévisible.

      • #153475 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je pensais le voir
        bizarre ce demoustier
        pas mauvais mais jamais bon

        • #153478 Répondre
          stephanie
          Invité

          Un personnage est intéressant, celui de Noé, ami de Marouan, Noé qui ne pense qu’à baiser les nanas du camping.
          il est le contraire de Marouan, plein de vie avec ses kilos en trop qui n’en a que faire. Un geste ambivalent à la fin montre un peu de complexité de son personnage. ( je ne dévoile pas trop )

          • #153487 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            « Noé qui ne pense qu’à baiser les nanas du camping.
            il est le contraire de Marouan, plein de vie »
            Pourquoi ? Les mecs qui pensent qu’à baiser les nanas ne sont pas, plein de vie ?
            Curieuse pensée ?
            C’est le petit jésus qui fait son œuvre ?

            • #153499 Répondre
              Stéphanie
              Invité

              Lisez mon post précédent et vous comprendrez
              Ou mieux voyez le film.

              • #153501 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                D’accord…

      • #155454 Répondre
        Leny
        Invité

        J’ai trouvé le film super, ça m’a vraiment rappelé l’inconnu du lac qui est un de mes films préférés. Je suis pas d’accord avec toi, pour avoir été en camping, notamment dans les Landes plusieurs fois dans mon adolescence et pour avoir été particulièrement proche de la situation de Marouan, je dois dire que c’est très bien retranscrit. Le truc d’errer pour pas rester dans la tente avec les parents, d’être trop introverti pour draguer et pourtant plaire en jouant la seule carte qui nous reste, là non-chalance. La pauvreté des dialogues que tu décris elle vient surtout de cette non chalance/ timidité car le mec il sait pas parler aux filles. Le mec était déjà comme ça a début du film avant le moment fatidique, mais ça l’a seulement un peu intensifié (raison pour laquelle il est peu suspecté à mon avis). Les dialogues j’ai trouvé qu’ils étaient intéressants, surtout Noé qui a un parlé de dessin animé, des gens disent que c’est les pires dialogues… Mais qui n’a pas déjà eu une connaissance ou un amis qui parle vraiment de façon étrange ?

    • #153776 Répondre
      Bob
      Invité

      Bonjour, je ne sais pas trop comment sa marche ici, si on ne doit parler que des sorties ou autres.

      Je viens de me faire les 2 premier junk head, toujours entendu parler de cette  »saga » maintenant.

      Le premier court métrage est génial plein d’idée, le premier film ce veux plus grand, impressionnant,
      J’ai quand même l’impression que mon appréciation global est élever car c’est un mec qui a fait sa seul chez lui et que c’est donc impressionnant.
      Mais l’humour a bien marcher sur moi et cette exploration n’est pas déplaisante.

      Sympathique !!

    • #153844 Répondre
      Leon
      Invité

      Pauvre con de Samuel en quoi j’applique le prisme ee Begaudeau apprends à fermer ta gueule 3 jours et reviens avec des trucs intelligents ordure

      • #153850 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Tu vois, toi aussi tu as de grosses couilles qui te permettent de défoncer les monstres.

        • #153851 Répondre
          Leon
          Invité

          Merci de le reconnaître

          • #153855 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            J’ten prie.

    • #153863 Répondre
      Bob
      Invité

      Je viens de visionner mon premier Altman, The long Goodbye. Et autant je reconnais beaucoup de qualité au film malgré tout ces coter clichéteux. Il y à de vrai belle, bonne scène. Mais je n’est pas vu un chef d’œuvre. Quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi il est tant admirer par beaucoup ? ou un lien d’une critique.

    • #153866 Répondre
      Malice
      Invité

      Ici on a parlé d’Altman : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/cinema-page-22/
      Tu n’as pas commencé par mon préféré, je te laisse regarder les suggestions des camarades via le lien ci-dessus

      • #153867 Répondre
        Bob
        Invité

        Merci ! je comprend trop comment naviguer rechercher les topics sur ce forum

      • #153873 Répondre
        Bob
        Invité

        J’ai lu, je suis d’accord sur l’aspect esthétique. Mais dans mes cercles de discussion il est vraiment aduler. Et j’ai pas trouver la matière a sa dans The long goodbye. Sa reste un bon film je pense en mater d’autre.

        • #153880 Répondre
          Malice
          Invité

          J’avoue que je l’adule assez mais encore une fois, il faut que tu en voies d’autres
          Juste : pas The gingerbread man ( celui-là je ne sais pas qui l’a réalisé, ça peut pas être Robert)

    • #153868 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Sous Forum général, tu sélectionnes « forums » puis dans la barre de recherche, tu saisis un mot clé.

      • #153874 Répondre
        Bob
        Invité

        Merci je naviguais directement dans forum général, parfait !

    • #154020 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Petite réaction d’humeur à la sortie du Hamaguchi, Soudain, « vu » en avp à Bordeaux, et pour lequel je suis sorti au bout d’1h20 sur les 3h15 (d’où les guillemets à vu). Mais tout de même, j’en ai vu assez pour me faire une idée: un film bavard, explicatif, idéaliste, mal dialogué – il y a quelque chose qui ne passe vraiment pas dans cette délocalisation en France, où les dialogues semblent être écrits comme des dialogues coréens en français – et en définitive, inévitablement, assez mal joué, en dépit du prix cannois, par le duo d’actrices principales, et même les seconds rôles de l’EPHAD – le directeur adjoint en particulier. Je ne me sentais pas de tenir encore deux heures comme ça. Je serais curieux d’avoir vos avis lors de la sortie nationale.

      • #154032 Répondre
        Tony
        Invité

        T’avais aimé les précédents d’Hamaguchi?Je le sens pas trop non plus celui-là,en plus avec Effira parlant japonais ça fait pas rêver…

        • #154034 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Je n’ai vu que Le Mal n’existe pas que j’avais adoré

          • #154035 Répondre
            Cynthia Lennon
            Invité

            J’irai c’est sûr, un peu craintive.

            • #154039 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Je précise tout de même qu’il y a toujours un sens du cadre et un calme de la mise en scène très appréciable, dans la veine du précédent, et sans doute des autres, simplement cette fois le contenu des dialogues, des situations, du jeu, m’a paru insupportable.

      • #154058 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Écrits comme des dialogues coréens en français.

        Je ne comprends pas ce que vient faire le coréen ici.
        À quel moment as-tu abandonné ? Je suis ok pour dire que la première heure est déconcertante, mais une fois que le film se concentre sur les deux protagonistes et qu’un long dialogue s’installe entre elles deux, le film prend une ampleur inédite, notamment dans cette idée de filmer la pensée.
        Oui c’est idéaliste, oui c’est explicatif. Mais au moins il fait pas semblant dans ce registre là et il y va franchement. On va nous expliquer des trucs pendant deux heures et moi ça me va. J’aime les conférences, donc pourquoi n’aimerais-je pas une conférence d’Hamaguchi récitée par Efira ?
        Mais par ailleurs, ce n’est pas que du pur dialogue : mentionnons ce long travelling le long des quais et de l’esplanade de la BNF qui nous fait voir Paris comme aucun parisien ne sait le faire. Et mentionnons ce gag : une des deux reçoit une crotte de pigeon sur elle. Le trivial après un long monologue sur le capitaliste. Une impureté bienvenue et qui évite l’écueil de l’idéalisme total.

        • #154064 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Ohla oui pardon c’est japonais pas coréen comme film. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit coréen. Par habitude de regarder plus de films coréen que japonais peut-être. M’enfin je voulais signifier par là l’impression que j’ai dans les films asiatiques d’une manière générale, où les personnages expriment souvent leur sentiment de manière très explicite, où tout est très écrit et littéraire (en tout cas quand je lis la traduction en bas de l’écran) et où les intonations peuvent être aussi plus accentuées. Mais ce qui passe très bien dans une langue asiatique passe moins bien en français à mon goût. Sans compter la propension d’Efira à ne faire ici aucune omission de négation quand elle parle, ce qui accentue l’aspect littéraire.
          J’ai très vite senti que je ne serai pas bien dans ce film, à vrai dire dès la première intervention de Marie Lou/Efira auprès de la résidente aux marionnettes de doigts. Je ne vois là que de la fausseté et de la bienveillance forcée et mal jouée. Plus tard, Marie-Lou fond en larmes dans le tram, juste après la mort de cette dame, en regardant une des marionnettes qu’elle a prise dans sa chambre. Là encore, je ne vois que de la fausseté, car précisément, au contraire, la proximité et la récurrence de la mort dans ce milieu fait qu’on est plus ou moins immunisé. Surtout pour quelqu’un avec son expérience. Alors l’adjoint dira plus tard que Marie Lou est au bord du burn-out, qu’elle coupe la parole, qu’elle est fragile. Mais peu importe. Cela aurait été plus fort de ne pas la voir pleurer à mon avis.
          Ensuite, la conférence post-spectacle m’a semblé souligner lourdement l’intensité de la relation à venir entre les deux – regards intenses et embués d’Efira à l’appui, avec sa question un peu naze sur le possible et l’impossible, où elle s’arroge la parole en japonais pendant 5 minutes dans le public. Je trouve qu’il y a là une très mauvaise gestion dans la construction de la relation. Alors que j’ai plutôt aimé l’incongruité de leur rencontre via le jeune autiste au départ. Ça soulignait encore un peu trop le côté « mère Thérésa » de Marie Lou mais bon admettons, c’était plutôt original. Pour moi, ça aurait été plus fort et plus réaliste qu’elle ne pose pas de question en conférence et qu’elle se signale après, voire qu’elle ne se signale pas mais que le jeune autiste se souvienne d’elle et qu’il attire l’attention de Mari ou de son grand-père sur elle, et qu’elles aient la discussion sur le possible et l’impossible dehors, à deux, sur le parvis de la BNF.
          J’ai effectivement bien aimé cette déambulation nocturne parisienne, ce qui a offert au film un petit sursis. En plus je trouve que ce qui se disait là était pas mal sur le lien entre capitalisme, patriarcat et baisse de la natalité – même si bon, ça n’a pas grand chose à faire dans le film à mon avis, exposé de manière aussi magistrale, et puis comment croire que Mari, artiste formé à la philosophie, n’ait pas déjà une idée là-dessus?
          Je trouve assez beau aussi que Marie-Lou explique plus tard, dans la chambre, les principes d’Humanitude et que Mari la prenne dans ses bras. Là il y a de la parole en actes. C’est beau. Yeux dans les yeux. La distance entre deux personnes équivalentes à l’écart entre le pouce et le petit doigt tendus. L’alliance toucher-parole-regard. C’est vraiment une belle scène. Mais ensuite, quand Mari prend le tableau blanc et qu’on repart encore pour un tour de cours magistral, où l’autre ne fait qu’acquiescer, non. Là, j’ai lâché je suis parti après cette scène, et je ne sais même pas si je suis d’accord ou pas d’accord avec ce qu’elle a dit, j’étais déjà hors du film.
          Et puis merde, Riosuke, montre nous des gestes, bordel !Tu as un matériau en or pour nous montrer des gestes, fais-le. Arrête de parler et filme des gestes. Parce que l’Humanitude, c’est bien gentil, le nom est un peu concon, c’est un peu niais, ça fait concept vide d’école de commerce impraticable, mais surtout, cinématographiquement, ça décale le point de vue lors des scènes de soin. Donc LA scène de soin que j’ai vue en 1h20 dans ce film qui se passe en Ephad, est ratée, puisque la résidente qui reçoit le soin n’est pas filmée. On filme la jolie tête d’Efira et la jolie tête de Tao, toujours en train de parler, avec une voix un peu infantilisante d’ailleurs, et on rate 1/ l’acte de soin 2/ la résidente qui le reçoit.
          Décidément, les bons sentiments ne font pas les bons films. C’est ce que je me suis dit en sortant.

    • #154023 Répondre
      Bob
      Invité

      Je viens d’être subjuguer par Goodbye, dragon inn de Tsai Ming-liang. Une chorégraphie contemplative poétique, sur le temps qui passe. L’esthétique radicale du film est dingue, c’est magnifique. J’en aurais bien regarder 1h de plus. Plus qu’a découvrir d’autre film de sa filmo, et voir dragon inn au passage aussi. Screenplay

    • #154090 Répondre
      Nedjma
      Invité

      Bonjour à tous. Je ne sais pas si cet article a été discuté ici. Dans le doute le voici. J’imagine que personne ne va tomber de haut en apprenant les contraintes qu’impose Netflix aux réalisateurs, qui ne fait probablement qu’appliquer au centuple des procédés qui ont déjà cours chez les producteurs de cinéma « traditionnel » (je suis assez ignorante sur la question, si quelqu’un à des ressources à refiler je suis preneuse) On y parle notamment de projections test filmées où l’IA est utilisée pour scruter les réactions des spectateurs, et des métriques qui calibrent les scénarios à la minute.

      Face aux inattentifs, les films priés de simplifier ?
      Par VINCENT COQUAZ
      NETFLIX Selon Matt Damon, la plateforme impose aux cinéastes de répéter trois ou quatre fois les éléments de l’intrigue. Tout en nuançant les propos de l’acteur, plusieurs réalisateurs français confirment avoir reçu des demandes sur le rythme de leurs longs métrages.

      «La manière classique de faire un film d’action, celle qu’on nous a apprise, c’est qu’il y a généralement trois grandes scènes d’action. Une dans le premier acte, une dans le deuxième, une dans le troisième. On dépense la plus grande partie de son budget pour celle du troisième acte. C’est le final.» Cette petite leçon sur le cinéma d’action a été donnée par Matt Damon, invité en janvier avec Ben Affleck par Joe Rogan, l’un des podcasteurs les plus suivis du monde. Selon l’acteur américain, cette façon traditionnelle de faire du cinéma d’action serait en train de changer. En tout cas pour les productions Netflix : «Maintenant, ils en sont à nous demander : “Est-ce qu’on peut en mettre une grosse scène dans les cinq premières minutes ? On veut que les gens restent. Et ce ne serait pas plus mal non plus de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone pendant qu’ils regardent.”» La sortie de l’acteur a connu un tel retentissement qu’elle a donné lieu à un sketch lors de la dernière cérémonie des oscars. L’hôte de la soirée, Conan O’Brien, y présentait une version de Casablanca où les personnages insistent en boucle sur les éléments scénaristiques. De quoi contraindre Netflix à répondre, trois jours plus tard : «On a en fait tous ri en regardant ce passage pendant les oscars, mais il n’existe aucun principe de ce genre , a déclaré Dan Lin, le responsable des films de la plateforme, lors d’une conférence de presse, le
      18 mars. Enfin, si vous regardez nos films ou nos séries, nous ne répétons pas l’intrigue. Donc je ne sais pas d’où vient ce commentaire. Ce qui est certain, c’est que nous nous concentrons sur la production de grands films.» Et la directrice générale du contenu, Bela Bajaria, d’ajouter: «Je trouve ça très offensant pour les créateurs et les cinéastes de penser que, d’abord, nous leur ferions une remarque aussi absurde, et qu’ensuite ils laccepteraient simplement.»
      «L’intrigue doit produire des “effets waouh”» Lors d’un sommet des producteurs à Berlin en 2024, Netflix avait pourtant explicité une vision de la dramaturgie, aussi bien pour les films que les séries, pas très éloignée de ce que décrit Matt Damon. «Le ton, les personnages et leurs motivations doivent être annoncés explicitement dès le départ. L’intrigue, quant à elle, doit “rester sur ses rails”. Produire des “effets waouh”. Etre “pimentée”. Pas de mélange des genres. Pas de structures narratives “inhabituelles”. Tout doit être clair comme de l’eau de roche. La “clarté” est désormais l’alpha et l’oméga de la mise en scène», résumait le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui avait assisté à l’événement.
      Pour y voir plus clair, CheckNews a interrogé plusieurs cinéastes français qui ont directement travaillé sur des films avec Netflix (quasiment exclusivement des longs métrages d’action). En leur demandant si, comme Matt Damon l’indique, la plateforme demande aux réalisateurs de commencer leurs films par des scènes percutantes pour les captiver d’entrée, et d’ensuite rabâcher les éléments clés du scénario. Résultat : la plupart des cinéastes nuancent les propos de l’acteur américain, insistant sur la «grande liberté créative» offerte par Netflix. Mais plusieurs confirment que l’entreprise américaine est particulièrement regardante, dans les discussions avant et après diffusion, sur ces éléments. En justifiant les demandes par des «metrics» (mesures chiffrées ou métriques en bon français) très précises.
      Un réalisateur, qui a préféré témoigner de manière anonyme, confirme ainsi l’analyse de Matt Damon dans ses grandes lignes : «En gros, ils veulent deux choses : une scène d’accroche dès le départ et une intrigue claire.» «Netflix (mais c’est vrai aussi d’autres plateformes comme Prime) t’explique effectivement que si tu n’accroches pas les gens dès le début, si tu ne les “hook” pas, ils se barrent, ils zappent, détaille-t-il. C’est un marché tellement fou, avec une telle concurrence, une telle guerre entre plateformes… Au cinéma, forcément, c’est différent : les spectateurs ont déjà payé 10 balles, ils sont assis dans le noir.» Dans son cas, Netflix lui a indiqué, à l’étape du montage du film, que le début «était trop lent»: «C’était hyper important pour eux. Ils me disaient : “Les gens vont commencer ton film et se barrer là ! Il faut une scène forte, avec [une star] dès le début, parce que c’est ce que les gens veulent quand ils vont voir le film.”» Les flash-back jugés «trop complexes» Plus largement, le cinéaste estime que les équipes de Netflix «sont très vigilantes sur le rythme parce qu’elles ont des metrics très précises sur quand est-ce que les gens partent.
      [Après la sortie du film], on a fait un bilan avec eux, et ils te disent : “Il y a eu une petite baisse à la 28e minute parce que c’était un peu plus lent.”» Quid de la répétition d’éléments du scénario ? «Je dirais que Netflix est hyper vigilant sur le fait que l’intrigue soit assez claire. Un truc marrant, c’est qu’ils n’aiment pas les flash-back. C’est un peu “trop complexe”.» Le risque étant qu’un spectateur distrait soit perdu s’il y a plusieurs lignes narratives. «Mais ce sont des échanges avec les plateformes. Je n’ai pas le souvenir de choses imposées. Il y a des flash-back auxquels je tenais, par exemple, et j’ai pu l’expliquer. Ça s’est bien passé.»
      Morgan S. Dalibert, qui a travaillé avec Netflix pour AKA (2023) et Rapide (disponible depuis le 17 juillet sur la plateforme), se souvient qu’à deux reprises, les représentants de la filiale française du géant américain lui ont dit : «Ça, c’est un peu dommage, ça fait trente minutes qu’on n’a pas entendu parler de ce personnage, est-ce qu’on ne peut pas le mentionner pour qu’on comprenne bien ?» «C’est un peu comme avec un diffuseur TV, comme TF1, poursuit le réalisateur. C’est l’idée que comme c’est diffusé à la télévision, il faut que les gens puissent comprendre même s’ils vont aux toilettes ou qu’ils plient leur linge en même temps. Même si on n’aime pas entendre ça en tant que créateur, parce qu’on préfère imaginer que tout le monde regarde nos films dans des conditions parfaites, il y a une certaine logique. Et audelà de ça, mon expérience, c’est qu’ils nous ont laissé carte blanche.»
      Comme lui, la plupart des cinéastes français interrogés par CheckNews insistent sur la liberté laissée dans le processus créatif. «J’ai fait trois films d’action avec Netflix et je n’ai aucun contrat avec eux en ce moment, donc ce n’est pas pour les défendre, mais je n’ai jamais eu de directive aussi “simple” [que celles citées par Matt Damon]», juge par exemple Guillaume Pierret. Pour le réalisateur du film d’action Balle perdue (sorti en 2020) et de ses deux suites (2022 et 2025), «il y a des débats avec un diffuseur. Par exemple, Netflix recommande une liste de caméras autorisées, mais moi j’ai fait plein de plans à la GoPro, qui ne figure pas dans cette liste, et ça n’a jamais posé de problème.»
      «Mon interlocuteur chez Netflix France me faisait même des retours sur le mode “tu peux pousser le curseur de violence si tu veux”. En général, j’ai eu d’ailleurs plus de mal avec la production et les diffuseurs [en] salles [de cinéma], avec davantage de contraintes», précise Guillaume Pierret. Mais il affirme avoir eu la chance de réaliser son premier film avec Netflix «en 2018» : «On ne pensait pas encore à : “comment accrocher le spectateur alors qu’on est en concurrence avec TikTok ». Et pour les suivants, on se connaît, la confiance, et donc la liberté, augmentent. Finalement, je pense qu’en visant Netflix, Matt Damon vise surtout les spectateurs, et le fait que tout le monde n’a pas la même attention par rapport aux films.»
      «Le risque, c’est de niveler par le bas» Xavier Gens a plus ou moins la même vision de sa collaboration avec Netflix : «A partir du moment où ils mettent un budget conséquent sur un projet, ils ont le droit de demander des choses. Mais en France, on a une grande liberté de création, on a le droit d’auteur. Donc c’est plutôt du registre de la discussion. On a le droit de ne pas être d’accord, en gros, explique le réalisateur de Sous la Seine (2024). Par exemple, pour la scène de fin [où Paris finit sous les eaux], tout le monde nous disait “non, c’est pas possible”, mais on l’a fait. Alors qu’aux Etats-Unis, [les réalisateurs] doivent rendre des comptes aux exécutifs [de l’entreprise]. C’est plus industriel comme processus, là où en France c’est généralement plus artisanal.»
      Il explique au passage que Netflix dispose d’un outil permettant d’étudier la «ligne d’attention» des spectateurs : «Avant la diffusion publique, on fait une projo, avec des tests, avec des caméras, pour voir les réactions du public [grâce à l’IA, ndlr]. Ensuite, on étudie ça pour ne plus avoir de baisse d’attention.» «C’est vrai qu’ils veulent vraiment accrocher dès le début, ils y tiennent beaucoup, confirme Morgan S. Dalibert. Ils ont une statistique précise qu’ils appellent les “starters” : ils calculent le taux de gens qui arrêtent avant la 12e minute du film, je crois. Ils peuvent par exemple te demander de repenser le montage du début d’un film.» Un des cinéastes français interrogés s’inquiète explicitement de cette approche guidée par les métriques: «Le risque, c’est de niveler par le bas, qu’on ne fasse plus des films mais des produits, calibrés. Alors qu’on sait qu’on peut amener les gens vers des choses plus complexes. Et d’ailleurs, quand on cherche juste à répliquer des formules, des films à succès, souvent ça ne prend pas. D’autant qu’avec l’IA, on est tous un peu flippés…» Une approche algorithmique de la création que Nanni Moretti raillait déjà dans Vers un avenir radieux (2023) : le cinéaste italien y joue Giovanni, un réalisateur confronté à Netflix pour le financement de son prochain film. Dans une scène, deux représentants de la plateforme lui expliquent que «les gens décident de continuer à regarder un film en deux minutes» et qu’il faut donc «avancer l’incident déclencheur» et rendre plus explicite «l’arc narratif» de son personnage. Interrogé sur son rapport à Netflix, Nanni Moretti se montrait alors très clair : «Si des plateformes veulent financer un de mes films, si elles veulent participer à la production, OK, tant qu’elles ne me cassent pas les c*****. Mais moi, les films, je les fais pour le cinéma.» •
      «C’est un peu comme avec un diffuseur TV, comme TF1. […] Il faut que les gens puissent comprendre même s’ils vont aux toilettes ou qu’ils plient leur linge en même temps.» Morgan S. Dalibert cinéaste.

      • #154098 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Disons qu’il se passe là une radicalisation de ce qui a toujours été.
        Radicalisation radicale.
        Le commerce empire.
        L’empire empire.

        • #154108 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Pourquoi ? Faut-il s’étonner de cette histoire de Netflix ?
          Les choses n’étaient-elles pas jouée depuis le début ?
          La seule chose qui compte dans cette affaire, c’est, qui a pris un abonnement et qui n’en a jamais pris.
          A quoi l’on reconnaît un petit bourgeois de gauche. Celui qui a pris un abonnement Netflix quelle que soit la durée.
          Concernant le film de Moretti, Vers un avenir radieux, ce film est un véritable enchantement. Du début à la fin. Et la scène avec les producteurs de Netflix et pas Netflou, est remarquable. Très drôle en plus d’être signifiante.
          Un film recommandé par le professeur Belkekett…

    • #154199 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Des gens ici apprécient et connaissent le travail de Ross McElwee ? J’ai vu récemment Sherman’s march et j’ai beaucoup aimé.
      C’est un Alain Cavalier américain, très porté sur le sud du pays. Un filmeur acharné, qui enregistre tout ce qui lui arrive et dresse des beaux portraits de ses proches. Comme AC, il accompagne ses films d’une voix off finement écrite.
      Je recommande. Ces films sont sur Tenk.

      • #154222 Répondre
        Bob
        Invité

        Tu aurais un liens, je trouve rien, ta description me donne envie

        • #154227 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          Sur Tenk, et si tu n’as pas, moi j’ai regardé sur Stremio qui est une plateforme illégale à télécharger pour pouvoir regarder ce que tu veux.

          • #154238 Répondre
            Bob
            Invité

            Bon pas trouver sur tes truc ou indisponible.
            J’ai gratter un torrent a une connaissance !

            donc je visionnerais Sherman’s March dans les prochains jours

      • #154407 Répondre
        Bob
        Invité

        Merci tu ma fait regarder un très beau film.

        • #154410 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          je n’avais pas vu la recommandation
          je ne connais pas
          effectivement il y en a un certain nombre sur Tenk

          • #154424 Répondre
            Bob
            Invité

            Je viens de vérifier ils sortait pas sur Tenk car je suis en allemagne, avec un VPN ils sont dispo. Bon le plus important j’ai reussi a voir le film

            • #154429 Répondre
              Ostros
              Invité

              Tu le transmettrais par mail ?

        • #154451 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Ravi que ça t’ait plu

          • #154511 Répondre
            Bob
            Invité

            D’ailleurs j’ai été extrêmement toucher par le discours de Charlène. Elle arrive comme un rats de marrer te philosophe des phrases super puissantes. Et ya un docu sur elle. Me donne envie d’aller le voir.

    • #154428 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      En anglais : une traductrice de l’Odyssée sur la version de Nolan :

      https://www.lrb.co.uk/the-paper/v48/n14/emily-wilson/an-uncomplicated-man


      J’ai été surpris de lire des critiques dire de ce texte qu’il critique injustement Nolan de ne pas être fidèle au texte alors que le quatrième paragraphe vante des versions qui diffèrent plus radicalement de l’original ; j’ai l’impression que sauver le soldat Chris revient à défendre le cinéma pour certains. De mon côté, j’ai bien aimé la séquence de Circé dans ce film sympathiquement ridicule.

      • #154445 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        sympathiquement ridicule
        on aime
        mépris de haut niveau

      • #154517 Répondre
        Frozen Yogurt
        Invité

        Franchement super cet article, je trouve qu’elle rentre vraiment dans le cœur de ce qui ne va pas dans le film, l’absence de rêves, les incohérences de représentations des dieux, les mauvaises tentatives de politiser au goût d’aujourd’hui, la ressemblance formelle avec le seigneur des anneaux et surtout Game of Thrones (« à un moment, j’ai cru que tout le monde allait commencer à parler la langue des elfes », elle est drôle en plus !). Et puis ma phrase préférée, qui a l’air d’être au final sa plus grande critique : « Ulysse ne fait jamais l’amour, et la nourriture a l’air dégueulasse. »

      • #154520 Répondre
        Starfoulard
        Invité

        Merci d’avoir partagé ce super article, pas vu le film mais je trouve très intéressant ce qu’elle dit de l’Odyssée et de ce qui fait son intérêt. Nolan semble n’en avoir rien perçu et avoir échoué à faire autre chose qu’appliquer laborieusement au récit ses habituelles et pénibles marottes esthétiques et thématiques.

        • #154526 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Pas vu le film?
          c’est donc possible?

          • #154541 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            La grossière erreur Nolan est de n’avoir pas pris Cheki pour le rôle d’Ulysse. Il s’était pourtant spontanément présenté au casting.
            Profondément attristé de ce que Nolan ne lui a même pas répondu, il s’est remis à faire ce qu’il fait de mieux… les kebabs.

          • #154576 Répondre
            Starfoulard
            Invité

            J’ai la flemmasse j’avoue. Peut-être quand il sera dispo je le verrai chez moi.

    • #154480 Répondre
      Lu’
      Invité

      Bonjour, petite recommandation : j’aimerais vous conseiller Violent Streets (1974) de Gosha, très bon film explorant comment la mafia japonaise a commencé à véritablement se corporiser à l’époque, notamment son intégration dans le monde du divertissement. Un excellent film d’action yakuza qui vaut vraiment le détour

      • #155455 Répondre
        Fethi
        Invité

        Super recommandation. C’est un super film avec mes deux chouchous : Bunta Sugawara et Noboru Ando. Mais entre nous, tu crois vraiment que les gens snobs qui peuplent ce forum vont s’y intéresser ? Ce sont des goûts de cinéphiles de la street, ils ne peuvent pas comprendre. ^^

      • #156545 Répondre
        Gérard Manfroy
        Invité

        J’avais oublié de réviser mon Japon, je me rappelais quand même du nom de Gosha mais j’avais oublié que c’est lui qui a réalisé Hitokiri, le châtiment en 1969, l’un de mes films préférés.

    • #154535 Répondre
      Dogobay
      Invité

      Isabelle Huppert : Vous parlez souvent de la violence du regard, Slavoj. Dans vos textes, on dirait que le cinéma ne montre pas seulement : il contraint. Est-ce une manière de dire que le spectateur est déjà pris dans un dispositif ?

      Slavoj Žižek : Oui, exactement. Le cinéma fonctionne comme un rêve éveillé. Vous croyez regarder librement, mais le cadre vous parle. Et ce “vous” n’est pas votre identité : c’est une position. Le spectateur devient une fonction dans la machine. C’est pourquoi je dis que le symptôme n’est pas un accident : c’est la logique interne du système.

      Isabelle Huppert : Je comprends, mais je suis tentée par une autre idée. Chez beaucoup de personnages que j’ai joués, il y a une forme de résistance silencieuse. Comme si le dispositif échouait, ou du moins se fissurait. Le personnage ne se contente pas de “fonctionner” : il détourne.

      Slavoj Žižek : Cette fissure, justement… c’est ce qui est intéressant. La résistance ne survient pas “contre” le dispositif comme un héros contre un méchant. Elle survient plutôt comme une perturbation interne : le système se révèle incapable de clôturer le sens. Le personnage produit une surenchère de signification qui ne retombe jamais dans le cadre.

      Isabelle Huppert : Pourtant, si je joue ce trouble-là, je ne le fais pas avec un slogan. Je ne cherche pas à “démontrer”. Je cherche une zone d’indécision. Une sorte de non-savoir assumé. Est-ce que, pour vous, cette indécision est politique ?

      Žižek : Oui, mais pas au sens naïf “message à transmettre”. L’indécision est politique parce qu’elle expose l’acte même d’interprétation comme un acte de pouvoir. Celui qui impose une lecture dit : “voilà ce que tu dois voir”. Si votre personnage refuse la lecture univoque, il empêche la réalisation immédiate de l’idéologie.

      Isabelle Huppert : Vous dites idéologie, et j’entends comme une force qui cherche à se rendre naturelle. Mais il y a aussi quelque chose de très corporel dans l’idéologie : la manière de respirer, la manière de se tenir, le rythme. Est-ce que vos analyses prennent assez au sérieux la dimension du corps ?

      Žižek : Le corps, oui. Mais je veux préciser : l’idéologie n’est pas seulement une croyance, c’est une pratique. C’est exactement comme la manière dont un geste “va de soi” dans un monde donné. Le corps est l’endroit où l’idéologie obtient ses preuves—sans qu’on ait besoin de discours. Le corps est le support de la nécessité.

      Isabelle Huppert : Alors, quand j’échoue à être “convaincante” selon certaines attentes—quand je laisse une phrase incomplète, une émotion mal située—je fais, peut-être, ce travail : je refuse la preuve immédiate. Je laisse l’idéologie sans sol.

      Žižek : Voilà. Et en même temps, il faut se méfier : l’indécision peut aussi devenir un style. L’obscurité peut devenir une nouvelle clarté—un nouveau confort. La question devient donc : votre indécision fait-elle apparaître le réel, ou produit-elle seulement une esthétique du mystère ?

      Isabelle Huppert : Touché. Pour moi, l’objectif n’est pas “le mystère”. C’est plutôt le réel de l’inconfort. Le moment où vous sentez que l’existence ne suit pas la grammaire attendue. Quand je joue une femme qui ne s’excuse pas, qui ne s’aligne pas, je ressens ce réel : ça ne se “comprend” pas parfaitement, mais ça se transmet.

      Žižek : Alors vous faites quelque chose que l’idéologie ne peut pas digérer : vous montrez l’écart entre la narration et le vécu. Et cet écart, c’est l’endroit où le spectateur se trouve face à sa propre mise en scène. Il doit décider : qu’est-ce que je fais de ce reste ?

      Isabelle Huppert : Mais justement, Slavoj, vous parlez beaucoup du spectateur comme d’un être sommé. Or, il y a des spectateurs qui veulent être consolés. D’autres veulent être choqués. Est-ce que vous pensez que le cinéma doit lutter contre ces attentes ?

      Žižek : Pas “contre”, mais à travers. L’idéologie de la consolation existe. Le choc aussi. La vraie question est : est-ce que le film rend visible que ces options sont déjà cadrées ? Souvent, on pense qu’on choisit entre consolation et choc, alors qu’on reste dans la même matrice. Le cinéma doit alors briser la matrice au lieu de seulement permuter les affects.

      Isabelle Huppert : Je vois. Donc, si je laisse mon personnage dans une zone ambiguë, je ne cherche pas à produire une émotion précise, mais à rendre le processus de l’émotion visible—comme un mécanisme. Un mécanisme qui tente de se rendre obligatoire.

      Žižek : Oui. Et dans cette logique, l’acteur n’est pas seulement un interprète : c’est quelqu’un qui rend tangible l’écart entre la demande du rôle et l’excès du vivant. Votre métier, si je puis dire, est une pratique de cet excès.

      Isabelle Huppert : C’est intéressant, parce que j’ai parfois l’impression que l’excès est justement ce que le public veut “rattraper” après coup : mettre un nom, une explication, un diagnostic. Mais le film—et le jeu—peuvent refuser ce rattrapage.

      Žižek : Refuser le rattrapage, c’est refuser la clôture. Et sans clôture, l’idéologie perd sa fonction principale : transformer le chaos en histoire cohérente. Votre jeu, souvent, ouvre une brèche dans la cohérence.

      Isabelle Huppert : Alors on est d’accord : ce n’est pas seulement ce qui est montré, c’est ce qui n’est pas résolu. Une forme d’obstination qui dit : “je ne me rendrai pas immédiatement lisible”. Et peut-être que c’est là que se loge une responsabilité.

      Žižek : Une responsabilité, oui. Pas celle du professeur, pas celle du moraliste. Une responsabilité du geste : forcer la pensée à passer par l’inquiétude plutôt que par la recette.

      Isabelle Huppert : Et c’est peut-être ça, l’éthique du trouble.

      Slavoj Žižek : Exactement. Le trouble comme condition de possibilité d’une pensée qui ne se contente pas d’obéir.

      • #154659 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Passionnant de bout en bout.
        Merci mille fois…

      • #155266 Répondre
        Benoît
        Invité

        Hello Dogobay, tu as la source de cet interview ? Merci !

        • #155267 Répondre
          Benoît
          Invité

          PS. Pour être honnête, j’ai l’impression que c’est un faux interview, car Zizek ne parle pas du tout comme ça…. c’est un truc généré par IA ?

          • #155270 Répondre
            Mao
            Invité

            C’est vrai ça. Il ne parle pas du tout. comme ça, Zizek. D’abord, il a un terrible accent slovène, puis surtout, il chuinte et n’arrête pas de postillonner.

            • #155279 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Il y’a un entretien Huppert/Zizek dans un numéro de Philosophie Mag.
              Seul le début de l’entretien est en accès libre et je n’ai pas vu ce que Dogobay a reporté.
              Cependant Zizek dit la chose suivante dans ce début d’entretien, que je trouve méga pertinent.
              S. Z. : Tout à fait. Paradoxalement, on moque Francis Fukuyama, qui a annoncé « la fin de l’histoire » au sens hégélien, sans voir que tout le monde est devenu fukuyamiste. La gauche elle-même ne rêve plus que d’un capitalisme global à visage humain.
              .
              C’est tellement évident.
              Il est tout de même curieux que l’on pense toujours à moquer Fukuyama, sans jamais se dire que ce thème de la « Fin de l’histoire » peut se décliner en un bon nombre de versions, dont certaines, paradoxales et non hégélienne.
              La fin de l’histoire comme paradigme des paradoxes terminaux…
              Ainsi parlait Belkekett…

    • #154632 Répondre
      Charlie
      Invité

      Des fans de Will Ferrell ici ? J’ai pas encore regardé sa série sur Netflix mais pour moi c’est le meilleur acteur comique américain actuel.
      Mon préféré de lui reste « The Other Guys », moins fan de Step Brothers un peu trop débile, et ‘il faut que je revois Ricky Bobby avec la prière en l’honneur de :  »The greatest American who ever lived : Jesus Christ »

      • #154634 Répondre
        Malice
        Invité

        Fan de Will aussi mais j’aurais juste une petite remarque : Step brothers n’est pas trop débile, il est la pierre philosophale qui change la débilité en or et c’est pourquoi il est en haut de mon podium Ferrell

        • #154684 Répondre
          eustache
          Invité

          c’est son chef d’oeuvre pour moi (et autant pour John C. Reilly).
          Malheureusment, Will Ferrell aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été.

          • #154693 Répondre
            Malice
            Invité

            J’aime John C Reilly autant ( peut-être même plus) que Will ; je ne suis pas fan du film Magnolia mais il m’est resté en tête à cause de lui.

            • #154828 Répondre
              sylvain
              Invité

              John C Reilly, ok… mais les grenouilles aussi ? Ou même Tom Cruise en Andrew tâte avant l’heure ? PS : bon, pour être honnête, c’est le PTA que j’aime le moins…

              • #154837 Répondre
                Malice
                Invité

                Oui, j’ai aimé les choses que tu cites mais j’ai détesté la scène de retrouvailles entre le père et le fils à la fin et j’ai été gênée par la scène de play back sur Aimée Mann
                en revanche j’ai beaucoup aimé les séquences qui montrent les galères du petit garçon prodige de jeu télévisé

          • #154701 Répondre
            Charlie
            Invité

            Je sais pas ce qui se passe avec le film
            Je devais l’aimer plus mais je n’y arrive pas. Il y a un truc qui me fout un peu le cafard. Et le passage avec le père et son bateau me brise le cœur.
            Pour Will Ferrell, oui ça fait quelques temps qu’il
            ne m’a pas fait rire. Le film sur l’Eurovision était assez affligeant

            • #154711 Répondre
              Malice
              Invité

              Je vois ce que tu veux dire au sujet de cet arc très cruel du film ( qui n’est pas le seul car le frangin maléfique est gratiné lui aussi). Pour moi ça fonctionne parce-que j’ai l’impression que ça relève encore plus la comédie ( dans le sens de relever sa saveur mais aussi de la faire monter très haut).

      • #154655 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Charlie,
        Tu as un abonnement Netflix.
        Donc tu n’as rien à faire ici.
        Tu n’es pas le bienvenu. De surcroît fan du sinistre Ferrell.
        Ça fait beaucoup pour un seul individu…

        • #154674 Répondre
          Larivière Sanretour
          Invité

          tu dois vraiment aller très mal dans ta vie pour passer ton temps à commenter sur un forum où personne te calcule. Je te préviens je répondrai pas à ta réponse

          • #154675 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Moi non plus…

    • #154677 Répondre
      graindorge
      Invité

      vu Sirät

      • #154695 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Tu as aimé Sirat Graindorge ?
        Moi sur le moment beaucoup , car ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film  » de ce genre  » j’ai été impressionné par le son surtout, l’immensité des images, les décors. Et puis sur le fond et avec du recul, je suis un.peu dubitative sur le message.

        • #154700 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          « sur le fond et avec du recul je suis un.peu dubitative »
          Il est vrai que,
          sur le fond
          et en plus, avec du recul
          on est forcément dubitatif.

        • #154771 Répondre
          Graindorge
          Invité

          @Stéphanie
          Oui  » sur le moment » en 2ème degré : vu un bon film. Ce corps n’a rien gardé, ça a glissé.
          L’invraisemblance de la mort du gamin et du chien
          Sinon oui:
          La beauté des paysages, de certains visages comme à la fin sur le train. Les toutous, les ânes. La musique vers la fin.
           » chemin initiatique  » ? « Comment t’as fait pour pas exploser? Ché pas, je pensais pas. Ah ben on va faire pareil.  »
          C’est pas faux mais c’est toc. Film déjà oublié

          • #154775 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Donc toi aussi Graindorge, sur le fond et avec du recul en sus, tu as été dubitative.
            Moi aussi, mais sur un fond très profond et un recul très reculé, j’ai fini par être très dubitatif. Très…

            • #154782 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Ça se termine quand le harcèlement permanent?
              Imbécile

              • #154799 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Vas-tu faire partie de la bande à Émile ?
                Contacter le commissariat de police le plus proche de chez toi ?
                Ou restes-tu convaincu de la punition. Celle sur une chaise ?
                La punition me convient mieux. Mais plus que l’équilibre sur une chaise, je préférerais une bonne fessée déculottée et infligée… par toi bien sûr.

                • #154860 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  Vous confondez : Émile à
                  écrit ceci
                  « On signalera à Samuel et ses mille pseudos que son comportement ici est considéré par la loi française comme un délit sévèrement puni, passible de très lourdes amendes, pouvant aller jusqu’au pénal, au titre de harcèlement, cyber harcèlement, avec intention de nuire, et volonté de diminuer, blesser, provoquer, insulter une ou plusieurs personnes.  »

                  C’est madame MJPM qui a parlé de commissariat
                  « Merci Emile :
                  J ai suivi à la lettre ton rappel à la loi, ayant ouïe dire que les magistrats se tournaient un peu les pouces avec ces chaleurs je me suis empressé de saturer un peu la gendarmerie du coin. »
                  Quant à moi, je me refuse à achever un homme ou une femme à moitié mort.e. Qui s’exprime probablement sous effets de drogues dont l’alcool.
                  Vos propos sont très chocants et très violents. Juste merci à Émile de l’avoir rappelé et d’avoir été choqué lui-même bien que ces propos ne lui étaient/ ne lui sont pas adressés.
                  Paix à votre âme

                  • #154883 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Sous l’effet de drogues dont d’alcool ?
                    Ça me fait penser à tous ces braves gens de droite qui, quand ils entendent quelque chose qui ne leur convient pas disent, faut arrêter de fumer là, ou il a fumé la moquette lui !
                    La drogue… Je connais, mais ça fait bien longtemps que c’est derrière moi. Même si je suis toujours sous traitement médical mais qui n’altère nullement mon cerveau. Quant à l’alcool, ça n’a jamais été mon truc.
                    « Vos propos sont très chocants et très violents. »
                    Alors là… J’en ai le souffle coupé.
                    Moi je crois que mes propos sont très choquants et très violents proportionnellement à votre degré d embourgeoisement. Je parle pour la plupart sur ce forum.
                    C’est curieux ce retour au puritanisme. Qui a mon avis n’a pas fini. Avec l’extrême droite ça vous fait un point commun, ce côté catho.
                    Quant au commissariat de police, ça dit tout de l’état d’esprit de ce forum.
                    Quand j’ai parlé de commissariat de police, ici ou sur topic Canicule plusieurs fois, ce n’est pas pour dire que Émile l’avait dit. Encore moins ai-je confondu avec MJPM, c’est une façon, absolument pas RÉALISTE, de formuler ironiquement les choses.
                    Il n’y en a pas un ici qui ait osé venir sur mon terrain de jeu, tellement vous êtes sur le terrain étriqué du réalisme le plus ordinairement plat. D’une extrême platitude.
                    Vous êtes totalement formatés par ce réalisme très prégnant aujourd’hui. Non madame. Je ne suis jamais bourré, sachez le.
                    Que j’ai le cerveau cramé par mes excès passés, certains le disent autour de moi, mais je n’en crois pas un mot. Je crois que mes excès, je ne dis pas tout excès mais les miens ont été d’un enseignement précieux. Très précieux.
                    Je laisse aux petits bourgeois raisonnables le soin de juger les autres de leur hauteur si précieuse.
                    Sur ce, mes hommages Madame…

                    • #154885 Répondre
                      Emile Novis
                      Invité

                      @Samuel
                      L’ironie ne dit pas nécessairement des choses contraires au fait. Mais je suis satisfait de savoir que tu sais bien qu’il n’a jamais été question d’aller au commissariat, qu’évidemment aucune plainte ne sera déposée contre toi, et que l’objectif était simplement de te faire savoir que ton comportement est par moments franchement harcelant (en tout cas selon moi). La loi d’ailleurs reconnaît l’existence du harcèlement en ligne. Je savais bien de mon côté que convoquer la loi à un lecteur du Marquis de Sade avait quelque chose de cocasse.
                      _
                      C’est dommage : je lis très peu tes messages, puisque tu satures un peu tout l’espace, mais il m’arrive de te trouver intéressant. Sincèrement.

                      Moi je ne vais pas sur ce terrain de l’ironie permanente, de la raillerie universelle, puisqu’au fond ça isole le railleur, que c’est une attitude purement négative, un peu vide, totalement dépendante de ce qu’elle nie, et apeurée par l’idée de s’engager, de poser une affirmation, de se situer – apeurée par le jugement des autres, la critique. Tout railler me semble procéder de cette peur tout en isolant l’individu railleur. Ca ne m’intéresse pas.

                      Tu regrettes que personne ne soit allé sur ton terrain de l’ironie et de la raillerie. Mais si tout le monde faisait comme toi, il n’y aurait plus rien à railler, plus rien dont on pourrait se moquer, plus de combustible à embraser. Le railleur à besoin du sérieux des valeurs qu’il raille pour exister, il a besoin du « réalisme » des autres pour le tourner en dérision et affecter un air détaché. Si tout le monde faisait comme toi ici, personne ne pourrait adopter ton attitude, à commencer par toi-même.

                      Je ne lance pas une discussion en ce qui me concerne, et je ne voudrais pas saturer ce sujet sur le cinéma par des messages qui n’ont rien à voir avec le cinéma.

                      • #154891 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Emile je t’attends chez moi

                      • #154893 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Graindorge
                        Un jour peut-être. Mais je crois que tu habites loin, et j’ai assez peu de temps libre!

                      • #154894 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        @Emile Usurpation de mon pseudo par Samuel B

                      • #154892 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Il y a une incompréhension mais c’est de ma faute.
                        Quand je dis aller sur mon terrain de jeu je voulais dire pour me « rentrer dedans » comme je le fais avec vous, pour me pousser dans mes retranchements, un peu comme tu viens de le faire sauf que c’est là d’un sérieux papal.
                        Pour le commissariat évidemment que je sais que ce sont là des mots. Mais moi aussi.
                        Pour la raillerie, elle est une conséquence de la façon dont, vous problématisez les choses. C’est ça qui me fait être railleur. Quand je parle de platitudes réalistes ce ne sont pas les faits, les phénomènes, c’est la façon de les interpréter, d’en rendre compte. Car effectivement vous (en général sur ce forum) le faites comme de purs militants sans vraiment vous revendiquer du militantisme, et même là on ne saurait dire de quel type de militantisme il s’agit. Vous ne le faites pas non plus de façon littéraire, si bien que tout renvoie platement au réel sans y rajouter la moindre épaisseur. Ce qui laisse aux droitistes toute la place pour une querelle gauche droite purement idéologique puisque le terrain du factuel a toujours été celui de la droite.
                        Je pense très sincèrement qu’il y a eu une bascule.
                        La gauche qui était amorale, légère et avait pour elle de détourner le factuel pour y rendre une mise en scène à minima artistique auquel il a droit, la gauche, depuis les années 80 est devenu lourde, très morale et se veut plus factuelle que jamais alors que précisément tout ceci appartenait à la droite.
                        Mais peut-être ne suis-je plus dans le coup et à chacun sa résistance.
                        Pour le cinéma, c’est vrai et je ne sais pourquoi tout cela se retrouve là.
                        Au moins j’aurais mis « mise en scène » dans ce post.

                      • #154896 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        @ Samuel B
                        C’est aussi ça le harcèlement : usurper mille fois un pseudo. Ce que vous aviez déjà fait il n’y a pas si longtemps. Là pour me faire dire à Émile  » je t’attends chez moi » Suis-je une prostituée?  » Très mignonne »  » donne moi plutôt une fessée »?
                        Je pensais qu’on allait en rester là. Si c’est la guerre que vous voulez, vous l’aurez.

                      • #154897 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        @Graindorge,
                        Après avoir écrit ce présent post je n’en ai pas eu le temps Graindorge.
                        D’usurper ton pseudo.
                        Cela renvoie formidablement au problème de Samuel et ses 1000 pseudos.

                      • #154899 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        @Emile
                        Mais j’avais déjà soupçonné que Graindorge n’écrivais pas tous ces posts.
                        Tu vois cette succession d’usurpation ? Dont je ne suis nullement responsable.
                        La question est, est-ce que tout ceci ne m’encourage pas à en rajouter une couche ? Et surtout QUI DONC EN EST RESPONSABLE ?

                      • #154898 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Samuel
                        Je trouve qu’il y a des gens qui écrivent bien sur ce forum. Léo Landru, Netflou, virgule (,), Claire et ses torsions de la langue, etc. Et l’écriture de FB n’est pas mal non plus.
                        Je ne suis pas tellement d’accord pour l’association du factuel et de la droite, et je pense que je ne suis pas d’accord sur la manière de comprendre la gauche. Il me semble que si la gauche commençait à tout esthétiser au détriment du factuel, on l’accuserait de s’embourgeoiser. En fait j’ai l’impression que quoi qu’elle fasse, la gauche est accusée d’embourgeoisement.
                        Je crois en ce qui me concerne qu’un forum peut difficilement donner autre chose que des querelles droite/gauche très idéologiques sitôt qu’il est question de politique. Les gens, en dehors, sont très différents. J’ai pris des remarques ici que je n’avais jamais entendues à mon encontre dans la vraie vie.
                        _
                        Je m’arrête là, car comme dit plus haut, mon but n’était pas de saturer cet espace cinéma avec une discussion qui n’a rien à voir avec le cinéma.

                      • #154900 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Graindorge
                        Emile je t’attends chez moi »
                        @Emile: tu me crois capable de t’écrire cette merde?
                        Usurpation de mon pseudo par Samuel B
                        Nouvel harcèlement

                      • #154902 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        La seule et vraie victime… c’est MOI…

                      • #154903 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Cessez de me harceler monsieur Samuel B.
                        Merci. Oui je détesterais en passer par la Justice
                        J’avais même choisi l’humour. La Justice n’en a pas du tout.

                      • #154936 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Si je viens vous voir chez vous, chère graindorge, pourrions-nous trouver un terrain d’accord ? Je suis prêt à beaucoup de chose pour vous, que me proposez-vous ?

                      • #154901 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Effectivement arrêtons nous là car tes mots renverraient à d’autres mots, tu peux me faire confiance. À commencé par « esthétisation ».

    • #154783 Répondre
      Tony
      Invité

      Depuis le temps que je voulais le voir,merci Arte,en plus les deux autres arrivent au mois d’août
      https://www.arte.tv/fr/videos/124805-000-A/jeunesse-1-3/

      • #154808 Répondre
        Bob
        Invité

        Je viens de finir le premier volet, et comme ce que j’ai déjà vu de lui je suis complètement fan.

        Hate de voir les suivants

      • #154811 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Génial ! Merci Tony pour la veille.

      • #154890 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Je n’ai pas Arte.
        Vu Man with no name sur Youtube

        • #155209 Répondre
          Ema
          Invité

          Graindorge si tu as un accès internet tu as forcément accès à la chaîne de replay d’Arte. C’est gratuit. Ou alors un truc m’echappe ?

          • #155269 Répondre
            Ostros
            Invité

            Même sans le replay il y a les films arte sur le site arte, comme on trouve les films MK2 curiosity directement sur le site.

      • #156680 Répondre
        Bob
        Invité

        Fini de voir le 3eme,

        Extraordinaire, pour moi le meilleur des 3, quel trilogie exceptionnel. Le fait des les avoir vu souffrir pendant 8h, puis avoir une courte pose dans leur campagne, cest super fort.

        Merci Monsieur Wang Bing

    • #154792 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ah oui bonne nouvelle
      (n’en ai vu qu’1 sur 3)

    • #154806 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Super Nouvelle !
      Greg Araki revient !
      Avec I want your sex…
      Je tiens Greg Araki pour un cinéaste indispensable.
      Indispensable à quoi ?
      Au cinéma. Tout bonnement.
      Ce nouveau film parle entre autre d’un certain retour au puritanisme.
      Vous entendez ça !? Ça vous concerne. Vous devez tous allez voir le nouveau Greg Araki…
      C’est un conseil du professeur Belkekett…

    • #155089 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Rien que pour les deux blagues de fin de GO, il faut voir Caché de Haneke. Très bonne GO par ailleurs, qui met bien le doigt sur les raisons qui font de ce Haneke mon préféré des trois vus jusqu’à présent. La stratégie de la tension, version autrichienne.

      • #155214 Répondre
        Malice
        Invité

        @Igy j’aime beaucoup Caché moi aussi; les deux autres que tu as vus, quels sont-ils?
        (C’est pour voir si tu fais partie du club des psychopathes adorateurs de Funny Games)

        • #155216 Répondre
          sylvain
          Invité

          J’aime autant « Funny Games » » que « Caché » mais j’ai envie de citer un autre « film français » de Haneke, surtout parce que je trouve qu’il est très rarement mentionné : « Code Inconnu ». Ceci étant dit : je ne l’ai pas revu depuis 15 ans. Quelqu’un ici l’a vu (et encore mieux : revu) ?

          • #155248 Répondre
            Malice
            Invité

            Je l’ai vu cette année, bien aimé aussi, surtout la place faite aux travailleurs pauvres/sdf immigrés. La scène où la femme qui a mendié plus tôt dans le film pleure d’humiliation : je ne me souviens pas d’avoir vu ça dans un film avant.
            Le contraste entre ce genre de scène et le parcours amoureux de Juliette Binoche était intense; je me souviens d’une séquence au supermarché où le couple en crise a un jeu très peu naturel – du moins j’étais gênée par leurs gestes, leurs façons de parler. ça ressemblait à une parodie de film sentimental mais je ne sais pas si c’est ce que recherchait Haneke.

            • #155256 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Je trouve Code inconnu un peu moins convaincant que le reste, je garde le souvenir que c’était un peu trop démonstratif/théorique. Je tente l’exercice du top :
              1. La Pianiste
              2. Le Septième Continent / Amour / Benny’s Video / 71 Fragments d’une chronologie du hasard
              3. Happy End
              4. Le Ruban blanc / Caché
              5. Funny Games / Code inconnu
              Et on m’a glissé dans l’oreille que Le temps du loup est le moins bon (pas vu).

              • #155302 Répondre
                Malice
                Invité

                Je m’aperçois que j’ai des Haneke à rattraper en voyant ta liste
                J’ajoute un ps à mon post sur Code Inconnu : la dernière scène était belle, non? Un plan séquence où l’on voit les percussionnistes donner un concert de rue si je me souviens bien
                Je me souviens aussi du jeu des enfants sourds ( des devinettes en langue des signes)

                • #155303 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Je me trompe, la scène des percus n’est pas la séquence de fin mais vers la fin

              • #155316 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Malice : je suis l’individu le plus équilibré du forum voire du continent donc je n’ai pas vu Funny Games (ou l’inverse?). Mon premier a été Le Septième Continent (mon argument sur l’équilibre s’effondre), ensuite Happy End, que j’ai bien aimé en le voyant mais qui ne m’a pas laissé de trace puisqu’hormis la dernière scène et deux images, je ne me souviens de rien. Pour aggraver mon cas l’un des rares cinéclubs loupés cette année était Benny’s Video.

                SPOIL : Après la GO j’ai re-regardé ce fameux dernier plan et j’étais en effet passé à côté de ce qui se passait en bas à gauche (piégé par le plan équivalent 1h plus tôt, où le fils arrive par le milieu et va vers la droite dans le même mouvement que le travelling). J’ai remarqué qu’ils se quittaient en se souriant.

                Néanmoins je suis plutôt sur la ligne « cassettes = Haneke ». J’ai même cru qu’il avait inventé l’avenue Lénine, parce qu’elle se nomme « Rue de Paris » sur Google Maps, mais c’est une erreur (américaine).

                La GO a presque tout dit mais j’ai moi aussi été frappé par la frontalité des cadres, notamment dans les champs contre-champs, dans la scène du dîner, mais en fait presque partout. Les cadres sont à la fois oppressants et ouverts. Même quand ils sont frontaux et isolent un individu, ils sont en fait peu « serrés », et il y a par-dessus tout beaucoup de profondeur de champ même en intérieur, avec la plupart du temps un arrière plan lui aussi très éclairé — en fait, le cadre est chargé d’informations, cette somme de détails dope l’angoisse réaliste. (Dans le genre « vidéo + très lumineux », rien à voir avec un téléfilm des mêmes années par exemple — je m’en suis pris 4 au hasard sur Youtube : aucune profondeur de champ dans les plans serrés; sans parler bien sûr du rythme de coupe et de tout le reste).

                • #155318 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  J’aurais pu écrire mot pour mot ce que tu dis de ton expérience avec Happy end; il faudrait que je le revoie mais mon sentiment est qu’il frappe moins fort que Caché, FG, Amour…
                  La profondeur de champ, chez Haneke, c’est aussi le hors-champ non? Je reviens à Funny Games : la séquence d’arrivée des vacanciers dans leur résidence secondaire montre une succession de plans qui s’arrêtent sur : un escalier, un sac de club de golfs, un frigo, sans que ces plans qui « coupent » le réel de ce moment soient coupés de la vie de la famille. Les dialogues se poursuivent, on sent exister ces personnages. C’est très immersif : on est un membre de ce clan ( quand on investit un lieu en groupe, chacun vaque à la tâche qu’il a choisie ou qu’on lui a attribué, on entend pareillement la voix des amis ou des proches tandis que notre attention se focalise sur des objets précis).
                  En ce qui concerne la vraie profondeur de champ je n’oublierai jamais les plans où Haneke filme des personnages « de loin »: les tueurs de Funny Games dans le jardin des voisins, l’enfant renvoyé de la ferme dans Caché. La distance décuple dans les deux cas le malaise, la pitié.

                  • #155345 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    C’est vrai qu’il y a aussi ce plan de la ferme. Filmé à la manière des cassettes, mais ostensiblement présenté comme un rêve de Georges. Si on ajoute à ça les dessins d’enfant qui viennent avec ces cassettes, on pourrait dire d’Haneke qu’il se glisse dans la mémoire d’enfant refoulée de Georges. C’est son mode d’intervention surnaturel (autre élément qui pointe nettement vers une absence de coupable « réel », c’est quand même cet épisode de la cassette sur la pas de la porte, déposée alors que Georges est à trois mètres).

                    • #155347 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      J’avais vu le plan à la ferme non comme un rêve mais comme un flash back donc un plan montrant le réel, c’est marrant
                      en même temps on a cette séquence de suicide au rasoir « réelle » mais tellement étrange qu’on pourrait encore être hors de la réalité

                      • #155360 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        En effet ça n’est pas clair : moi-même lorsque j’ai vu la séquence, sachant qu’on avait déjà eu sur le même mode un rêve de Georges (avec la hache) et que le début de la scène dont on parle suit immédiatement son endormissement, ça me paraissait présenté comme un rêve. Sauf qu’au fil de la séquence, longue, le caractère onirique m’était complètement sorti de la tête.

                        Malgré cette confusion organisée, le film n’est pas confus.

                      • #155361 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Le sujet rêve ou pas rêve me rappelle une séquence d’un film de Bunuel où on croit assister à un vrai morceau de « vie », qui se révèle rêve ou hallucination ( peut-être dans « Le fantôme de la liberté »)

                      • #155430 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Sur rêve ou pas rêve j’ai toujours Api W. qui me vient en tête. Mon bunuelisme est au point mort depuis bien deux ans

                      • #155459 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Et moi je n’ai pas encore fait la rencontre d’Api
                        Tu as vu quels Bunuels?

                      • #155462 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Post scrotum : tu recommandes quels Api pour commencer?

                      • #155488 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je conseille sans réserve Memoria (écoute au casque indispensable). J’ai aussi aimé Boonmee, et plutôt Cemetary of Splendour, même si quelques passages vers la fin m’ont un paru surfaits. Bunuel j’ai vu Journal d’une femme de chambre (dont j’attendais peut-être trop car c’était mon premier B, et ça m’a déçu), et Tourments (dont j’ai un meilleur souvenir, même si très vague). J’avais jeté une bouteille à la mer ici à propos de Bunuel mais elle a pris le large.

                      • #155489 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        C’était à propos de quoi précisément ta bouteille?

                      • #155493 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        De Bunuel je conseille avant tout Belle de jour, qui donnera idée de sa folle singularité.

                      • #155498 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Alexandre : ma bouteille, que j’ai retrouvée, était celle-ci (une bouteille presque vide).

                        Je note Belle de Jour, pour les vacances. Qui démarrent ce soir (bonheur).

                      • #155501 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Alors là je regrette de ne pas avoir étalé ma science
                        mon top Bunuel:
                        ( je n’inclus pas Belle de jour puisque c’est un film profondément immoral qui me choque et me dégoûte à chaque fois que je le regarde tous les ans)
                        Viridiana
                        Fantôme de la liberté
                        Cet obscur objet du désir
                        Le charme discret du prolétariat
                        L’ange exterminateur
                        Nazarin

                      • #155505 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Oui bah on a les mêmes.

                      • #155506 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Je sais que tu as bon goût depuis nos conversations au sujet de Milos Forman

                      • #155507 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Mais pour I.G.Y., je pense quand même que Le Journal d’une femme de chambre reste un grand titre que tu ne perdrais pas à réessayer.

                      • #155508 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Par contre Malice, il y une erreur dans ta liste.
                        Ce n’est pas Nazarin mais Mazarin, l’unique (et particulier) biopic de Buñuel.

                      • #155540 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je réessaierai, mais je pense qu’avant de réessayer j’essaierai les autres, rire

                      • #155549 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        @Alexandre j’ai failli répondre preum deug que c’était bien Nazarin l’histoire du curé, faut arrêter d’être si taquin

    • #155197 Répondre
      Younès
      Invité

      Bonsoir à tous,
      Je me permets de vous joindre un article que j’ai écrit sur notre cher Rabah Ameur-Zaïmeche. Si vous voulez y jeter un œil…
      Soyez indulgent, c’est mon premier article publié !
      Rétrospective Rabah Ameur-Zaïmeche : Rabah Number One

      • #155201 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci Younès
        Tu étais à la rétrospective quelle chance !
        Et tu as vu les films de Ferhani aussi ?

        • #155236 Répondre
          Younès
          Invité

          Je me suis fait la rétrospective chez moi ! Hélas, je ne pouvais pas me rendre au FID…
          Je ne connais pas du tout Ferhani, tu peux m’en dire deux mots ?

      • #155239 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Younès, le lien ne fonctionne pas.

        • #155245 Répondre
          Ostros
          Invité

          Moi ça marche – je te le recolle au cas où

          Rétrospective Rabah Ameur-Zaïmeche : Rabah Number One

          • #155249 Répondre
            Stéphanie
            Invité

            Merci Ostros

          • #155259 Répondre
            Younès
            Invité

            Merci Ostros, pour le lien et Ferhani.

            • #155268 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ma blague des « deux mots » a fait un flop
              C’est le flop de l’été
              Ferhani a fait deux longs
              2015 : Dans ma tête un rond-point
              2019 : 143 rue du Désert
              Et ce sont des chefs d’œuvre de réalisation
              J’ai une préférence pour le 1er
              Je n’arrive pas à trouver ses courts, je crois qu’il faudra attendre une rétrospective pour les voir un jour…
              Je te laisse découvrir cet orfèvre

              • #155275 Répondre
                Younès
                Invité

                rire, j’ai compris la blague avec du retard.
                Ok, je note. Merci Ostros pour ces dizaines de mots.

                • #155492 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Je pense que tu aurais gagné à ne retenir qu’un point d’analyse et à le creuser. Par exemple cette opposition entre la nature (est ce le mot?), lieu du possible, et la société où tout est verrouillé. Opposition qui dessine une carte anarchiste, dans la lignée des grands géographes anarchistes, qui à la violence de l’histoire ont opposé l’harmonie du vivant.

                  • #155524 Répondre
                    Younès
                    Invité

                    C’est vrai, tu as raison. Comme c’était mon premier article (sur un cinéaste que j’admire qui plus est), je pense que je voulais tout faire rentrer dans la boîte… Merci pour ton retour.

    • #155285 Répondre
      Quentin
      Invité

      Vous avez vu Shanna ? Je crois que c’est mon film favori cette année, pour le moment

      • #155295 Répondre
        Younès
        Invité

        Il me donne envie depuis un moment, je le rattraperai.
        J’ai peur que ce film s’enferme dans la posture « wesh-wesh ». Mais je ne l’ai pas vu. Donc…

        • #155298 Répondre
          Quentin
          Invité

          Si ça l’est, c’est intelligemment fait – en tout cas, pas grossièrement. Je trouve.

        • #155299 Répondre
          Quentin
          Invité

          Tu me diras ce que tu en penses !

        • #155320 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          J’ai aussi beaucoup aimé Shana, le rythme , les dialogues sont très réussi, le personnage Shana est tout en nuance, ancré dans la réalité, une énergie débordante. La vie d’une jeune adulte , la transmission, la religion , tout est abordé avec subtilité.
          Il paraît que son 1er court est très bien, Le roi David .

          • #155363 Répondre
            Dune
            Invité

            Pas encore vu sont long, mais il aiguise ma curiosité. Son court est disponible ici :

            Le roi David

            • #155412 Répondre
              Ostros
              Invité

              Très heureuse de découvrir cette real merci les gens !
              J’ai zieuté le début voir si ça me plairait et j’adore déjà
              On peut dire que ça filme
              Je vais le regarder en entier ce week-end très très heureuse
              Soleil dans journée de merde

            • #155419 Répondre
              Stéphanie
              Invité

              Oh génial !
              Merci Dune.

              • #155445 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                J’aime bien le personnage, et indissociablement l’actrice.
                Le film est quand même loin d’etre irréprochable, n’évitant pas hélas le point godwin de la blessure – l’auto-destruction du personnage aurait une origine, et une origine évidemment familiale.
                Et la résolution sur la judéité cachée me parait un peu expéditive – un peu surajoutée pour cleaner l’affaire.

                • #155481 Répondre
                  Stéphanie
                  Invité

                  Est ce que tu veux dire que cette auto destruction est liée essentiellement à la famille et donc la mère , que l’on voit ici bien déglinguée ? La judéité est aussi dénoncée ( une interprétation) notamment dans la scène du repas.
                  Ce qui rend Shana si mal aussi.

                  • #155490 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Le film, par la scène entre mère et fille dans le magasin de fringues, nous fait comprendre que tout est parti de cette mère absente. Shana a été « abandonnée ». Elle en a gardé une hostilité à son milieu, qu’elle pousse jusqu’à fréquenter un milieu hostile.

                    • #155491 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Je vais regarder Le roi david car cette réalisatrice m’intéresse.

                    • #155525 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      Oui alors je ne sais pas si ceci explique cela.
                      Toujours est-il qu’il y a du ressentiment, du non-dit et que ce type de relation mère-fille je l’observe au quotidien dans mon travail, en protection de l’enfance. J’ai trouvé ce moment touchant. Mais je t’expliquerai pas forcément le côté « deviant » à « fréquenter les milieux hostiles » dû à cet abandon. Ca paraît si explicite ?

                      • #155585 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ce n’est pas si explicite, et c’est tant mieux, mais c’est là
                        Le Roi David est vraiment une sorte de répétition générale pour le long : tout y est, y compris la trame générale.
                        Le personnage est là tel qu’en lui meme, savoureux et embarrassant (et peut etre, me disais-je, un peu répétitif et donc lassant)
                        En tout cas il y a une façon de découper, de raconter, de monter les scènes, de diriger ou non-diriger, qui laisse espérer que Lila Pinell puisse faire de bons films sans son actrice attitrée. On tient peut etre une sorte de Sean Baker française.

                      • #155616 Répondre
                        Aurel
                        Invité

                        Pour ma part, je garde un bon souvenir du film, et surtout un plan que je trouve très intéressant. Lors de la remise en liberté du copain de Shana. J’ai trouvé que la réalisatrice avait réussi à rendre le charme du personnage du prisonnier en un plan, alors que le personnage est exécrable avec Shana dans de multiples scènes auparavant. Un peu comme si en un plan on adoptait le point de vue de Shana. J’ai trouvé que ça cernait bien le sentiment amoureux. Mais bon c’est peut être un détail.

                      • #155620 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        « un peu répétitif et donc lassant »
                        Je me disais que justement c’était intéressant d’avoir provoqué cela ; aller titiller l’endurance du spectateur et justement son point de détachement

                      • #155665 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        C’est quand même super intéressant
                        De désactiver les cases nosologiques
                        Je ne suis pas experte, mais lorsque la case «  borderline «  s’active c’est quasi un renoncement de tous les acteurs du soin et du social qui se valide. Un abandon scientifiquement approuvé –
                        Les choses bougent, certains psychiatres l’on vu et «  militent « 
                        Shana dans ce court est pourtant pas lâchée par les copines

                      • #155671 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        en espérant que contrarier ne soit pas ma tasse
                        « insoluble paradoxe »
                        avec ce qui suit qui le lève, qui, à cloche pieds, le, de tout plat les orteils, le… le saute à un autre
                        .
                        Prends cette chaise. Tu vas penser que je suis con mais depuis une heure je n’arrive pas à faire autre chose que la regarder fixement. Sans le moindre plaisir. Avec même un léger petit arrière goût d’amertume. D’insatisfaction. Dans ma bouche. Et aussi dans mon ventre. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Une petite voix à l’intérieure de mon crâne qui me le répète. Elle ne fait que cela. C’est lancinant.
                        J’aimerai tellement faire ce que j’ai à faire sans me la prendre. Avoir une existence un peu plus. Ne pas bloquer. Avancer. Alors que maintenant, là, tout de suite, à mon grand regret, je fais du sur place. Figé.
                        Tout en pensant que je dois. Il y a quelque chose qui me bloque. Une sorte de ciment dans mon cerveau. Qui va même jusqu’à se répandre dans tout mon corps.
                        T’es capable d’envisager ce type sensations ? Qui se produisent à l’intérieur de mon corps. Qui m’obligent à être spectateur de mon corps.
                        Là je constate avec stupéfaction que tous les liquides qui me composent sont saturés de ciment. Le ciment a pris le dessus. Le ciment. A la fois dans ma tête et dans mon corps. Le ciment a pris. Ça peut durer des heures.
                        Je suis face à quelque chose.
                        Et ce quelque chose, je dirais que c’est une espèce de bifurcation. Non pas celle qui consiste à opter entre faire quelque chose et ne rien foutre. Non ! Rien foutre n’est ici qu’un symptôme. Je suis plutôt face à deux gestes. Deux façons de faire. Ça doit décider. Et je le répète, ces deux gestes n’ont strictement rien à voir avec le fait que je n’en branle pas une.
                        Et puis j’y vais. Et puis ça va mieux. Après tout cela n’est pas si difficile que ça. Cela n’est pas la mort de faire de la comptabilité. De faire des calculs.
                        Alors je fais la comptabilité. Plus précisément, je fais des calculs. Mon attention est passée sur un mode calcul. Rien ne me distrait. Et ça c’est parce que les dieux sont avec moi. Merci. Ma calculatrice fonctionne. Rien ne m’empêche de la faire fonctionner. Je suis à fond dans mes calculs. Ça déroule.
                        Il peut arriver n’importe quoi. A partir du moment où ça reste cohérent avec le fait que je suis en train de faire la comptabilité. Rien n’a d’importance.
                        Aussi quand j’ai besoin d’une feuille. Dessus se trouvent des données importantes. Il me la faut pour que je puisse continuer mes calculs. Mon attention passe en mode recherche de cette feuille. Je ne suis plus dans mes calculs. Mais cela ne change rien.
                        Je signale – et c’est important que je le fasse – que le fruit des calculs que j’effectuais n’était pas mauvais. Je n’ai pas subis d’affects susceptibles de me faire chier en réveillant d’anciens traumas qui perturberaient la recherche de la feuille dont j’ai besoin. Il n’a pas non plus surgit de signes ni d’indices qui m’auraient indiqués que quelque chose d’étrange est en train de se produire. Je n’ai pas vu la fortune. Pas de sortie du trou dans lequel se trouvent les finances de notre structure. Bref je n’ai pas explosé en route.
                        Donc, je cherche ma feuille et je ne fais que ça. Rien ne me distrait.
                        Puis je la trouve. Mon attention passe en mode feuille trouvée.
                        Et là encore, pas de vague, pas de tsunami. Je n’ai pas passé une heure à chercher cette feuille. Je ne me suis pas énervé. Je ne me suis pas levé de mon siège en me demandant : où ai-je bien pu la mettre ? Je ne me suis pas dit : « c’est encore quelqu’un d’autre qui l’a rangée quelque part. » Je ne me suis pas dit que j’étais un gros connard incapable de gérer ses documents. Je ne me suis pas dit que j’étais quelqu’un qui sait qu’il est un gros connard depuis qu’il a l’âge de six ans mais qui n’a jamais rien fait pour que ça change et qui continue, jour après jour, semaine après semaine, de vivre dans un bordel monstre et qui perd un temps fou ainsi qu’une énergie folle à toujours tout chercher. Non, rien de tout ça. Je dirai que la séquence comptabilité avec tous les modes qui la composent reste intègre. Saine. Les choses passent et s’enchaînent sans tension. A l’abri des bombes.
                        Et bien, parce que cela se passe sans trop de tension, plutôt calmement, sans affect particulier, sans qu’il y ait franchissement d’un certain seuil.
                        Et bien, au cœur même de l’instant précis où mes yeux saisissent la feuille que j’étais en train de chercher, se révèle un hiatus.
                        Mon attention en mode recherche de feuille et mon attention en mode feuille trouvée ne forment plus un bloc rigide et indéformable.
                        Une sorte de courbe entre les deux me saute dessus.
                        Une courbe épaisse.
                        Pas si différente de celle qui vient lors de ce que j’appelle la fiction du trou d’air. Sur un vélo. Fable que gravitations. Portée par l’évidence de l’objet ballotté au gré des bosses.
                        Une courbe, donc, où mon corps se meut au diapason de la machine.
                        De la structure.
                        A laquelle je participe et inversement.
                        La nacelle, moi, la nacelle.
                        Qui nous relâchons de concert, en même temps que se relâche tout ce qui faisait de nous un amalgame stable.
                        Évidence étiolée.
                        Toutes ces entités disparates que l’on imaginait adhérer les unes aux autres qui perdent leur statut de composites autonomes, modulables à souhait.
                        Lorsque n’est plus que notre relation – détente, avec un soupçon de tension, histoire de… et empreinte de toutes les conjonctions possibles et imaginables.
                        « A l’entre de l’adhérence et du démembrement. »
                        Cohérence chantée.
                        Moment hyper sensible qui demande à ceux qui y participent beaucoup de délicatesse.
                        Un mouvement brusque : et la courbe se brise. Brutal et on tombe. Du coté de la cécité, du déni de l’inflexion en cour. Coté : y’a rien à voir. Rien à faire. Ou du coté de la dislocation, de la non-viabilité de notre relation – entre la nacelle et moi – ; bref, de la fin des légumes.
                        Alors je bascule, mais attention – je le répète –, je ne tombe pas.
                        Pas de chute.
                        Le genre de chute qui vous fait remonter l’estomac dans la bouche, chute qui provoque une décharge d’adrénaline.
                        Rien de tout ça qui serait le signe d’un arrachement en cours.
                        C’est en épousant habilement le cœur de ce hiatus, de cette chose matérialisée par un point d’inflexion déployant deux situations se saluant l’une l’autre, que ça m’a abandonné.

                      • #155678 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        « T’es capable d’envisager ce type sensations ? »
                        une si grande délicatesse – ne saurait répondre par je

                      • #155685 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        tu veux dire que c’est pas du tout délicat ?

                      • #155686 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        « Moment hyper sensible qui demande à ceux qui y participent beaucoup de délicatesse.« 
                        Rires – pas du tout, juste que j’ai des trop grosses patounes pour pas risquer de tout changer en légume

                      • #155697 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        que tes mains restent fines et tes doigts longs
                        de fait j’ai écrit ce truc avant de passer par un de tes spots

                • #155641 Répondre
                  Cédric
                  Invité

                  Est-ce-que les réals ne vont pas la cantonner à rejouer des variations de Shana ? Je demande à voir.

                  • #155680 Répondre
                    Quentin
                    Invité

                    Très bonne question, et je pense que c’est à craindre.
                    Le film n’en fait jamais trop et c’est ce qui fait se réussite ou en tout cas son charme. Même le personnage de Moise est assez nuancé finalement
                    Je vois mal des reals français réussirent aussi bien sans tomber dans la caricature ou le grossier

                  • #155681 Répondre
                    Quentin
                    Invité

                    Merde j’avais mal compris. En ce qui concerne l’actrice j’ai hâte de voir ses futurs projets et persos mais ya un risque en effet

            • #155453 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Merci Dune!

    • #155307 Répondre
      Olivier
      Invité

      je viens de voir Jim Queen. Enfin un film où l’on rit beaucoup. Et je viens de découvrir Peepoodo, une petite série créée par la même équipe. c’est pédagogique, trash et souvent hilarant. Peut-être que le lien a déjà été partagé.

    • #155354 Répondre
      Tony
      Invité

      La suite vient d’arriver, à ne pas manquer
      https://www.arte.tv/fr/videos/132279-000-A/jeunesse-2-3/
      Quelques mots sur Jeunesse, c’est en effet éblouissant,ce qui m’a frappé et ce qui en fait, à mes yeux,une expérience inoubliable c’est ce sentiment d’être témoin de la vie de ces jeunes gens, travaillant dans ces ateliers de couture,sans jamais sentir le moindre jugement ni le moindre discours extérieur,et l’art de Wang Bing,et je ne sais pas comment c’est possible,est d’être quasi invisible pour eux comme pour nous,il en ressort quelque chose de vraiment très fort que seule la durée peut faire advenir,on finit par les connaître un peu,s’y attacher véritablement et on est stupéfait, émerveillé même,par cette vitalité et cette drague permanente, drôle et souvent profonde sur les rapports amoureux,on n’est pas près de les oublier!

    • #155387 Répondre
      AL
      Invité

      Avec Jeunesse de Wang-Bing, l’envie me prend de renouer avec le documentaire ; quelqu’un aurait-il des billes à me donner (ou des grands classiques ou des films plus récents) ? Je ne m’y connais qu’à moitié (qu’au quart, même) par rapport au documentaire. Je connais Tënk de nom, mais je n’ai jamais franchi le pas de l’abonnement, est-ce que ça peut valoir le coup pour un mois ou deux ?

      • #155388 Répondre
        AL
        Invité

        Et j’en profite pour signaler l’accès gratuit en ce moment du premier épisode de Six fois deux, une série de Godard, sur CinéMutins.
        Je crois que les autres sont réservés aux abonnés.

      • #155504 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        AL, il y a un topic ( on dit comme ça !?) intitulé Documentaires , ouvert par Rivière en oct 2023 .
        Je ne sais pas comment le transférer mais tu pourras le trouver pages précédentes.

        • #155530 Répondre
          AL
          Invité

          merci stéphanie, je l’avais perdu dans le fil des sujets ouverts
          j’y retourne

      • #155531 Répondre
        Aurel
        Invité

        Un documentaire qui m’a beaucoup plu, dans la veine de Retour à Reims.

        Qu’est ce qu’on va penser de nous de Lucile Coda, qui raconte sa propre histoire et celle de ses parents.

        https://kubweb.media/page/documentaire-quest-ce-quon-va-penser-de-nous-lucile-coda/

    • #155440 Répondre
      Tony
      Invité

      J’ai bien envie d’aller voir ce film,RRR,qui vient de ressortir et dont tout le monde parle, j’ai lu ce matin sur Letterboxd cette review qui m’en a donné l’idée,

      Merci Carlotta.
      Il fallait que je le redécouvre en salle attentivement, l’esprit, le coeur et le corps ouverts pour enfin mesurer l’ampleur de ce monument instantané.
      Je ne suis pas ressorti d’un film avec un tel triple sentiment d’humilité, d’exaltation et d’impression d’avoir assisté à une révolution (ou une renaissance, ce qui revient au même) depuis Mad Max : Fury Road.
      Ce qui se passe depuis RRR (et Rajamouli en général) est un vaste spectre de réconciliations inespérées.
      Entre les régions télougous de Telangana (de Bheem) et d’Andhra Pradesh (de Raju), entre Tollywood et Bollywood, et même entre le cinéma indien et le monde.
      Le Ramayana et le Mahabharata ne font plus qu’un et je n’ai jamais vu un film qui incarne les enseignements de la Baghavad Gita à un tel niveau de jouissance sensorielle, sans pourtant ne jamais dévier d’une intégration profonde des principes qui y sont illustrés depuis 2500 ans.
      C’est proprement hallucinant.
      Je ressors comme on revient d’un temple ou d’un carnaval : minuscule et vivant.’

      • #155452 Répondre
        Godot le bègue
        Invité

        • #155469 Répondre
          Tony
          Invité

          C’est un extrait du film ça ?Tu m’as bien coupé les jambes,je crois que ça va pas le faire.

          • #155476 Répondre
            Quentin
            Invité

            Il est dispo sur Netflix hihihi

    • #155470 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Ne te reste plus qu’à te rabattre sur RRRR, d’Alain Chabat

    • #155511 Répondre
      Dune
      Invité

      Je ne peux que te conseiller de persister dans sa filmographie avec, notamment, A l’ouest des rails, disponible sur la Cinetek ou gratuitement sur youtube avec des sous-titres Anglais.

      A l’ouest des rails VOSTA

      M’est arrivé de souhaiter que Wang Bing s’attache enfin les services d’un monteur avant de me lancer dans un de ses films. Mais la longue durée transforme ses films en expérience. J’ai vraiment éprouvé ce voyage en train traversant les paysages enneigés et rencontré ces êtres vivotant dans ces usines décaties. Aussi fort que Jeunesse.

      • #155512 Répondre
        Dune
        Invité

        Le message semble s’être perdu, il répondait à AL sur les docus à voir après Jeunesse.

        • #155534 Répondre
          AL
          Invité

          merci Dune pour la reco & le lien, mais très content de le voir dispo sur YT
          tu recommandes de le regarder d’un seul trait ou bien de le segmenter (un peu comme pour Jeunesse, divisé en trois parties) ?
          (non pas que je ne sois pas prêt pour les 9h, mais faut bien trouver le temps)
          + merci Aurel également, je vais regarder ça de près

          • #155538 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Je pense à trois choses, hors de celles citées et des grands classiques (que je n’ai pas vus, genre Wiseman) :

            Une guerre civile, Elizabethtown, qui avait été conseillé il y a bien longtemps ici par Mao.

            – En films documentaires j’avais vu Saravah en salle, qui m’avait beaucoup ému. Histoire de la bonne vallée, sorti récemment, très bien. J’avais aimé dans un autre genre Le Joli Mai de Pierre Lhomme et Chris Marker.

            Mais je suis un peu à la masse en longs métrages documentaires.

            • #155539 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Mon dieu si, j’oublie (mais c’est un documentaire d’un genre « très particulier », je ne sais même pas si le terme convient) : la série Corpus Christi de Gérard Mordillat.

            • #155560 Répondre
              Stéphanie
              Invité

              Oui , AL : Histoire de la bonne vallée
              Magnifique
              https://ok.ru/video/14532122118898
              Pas trouvé sous titre mais on devrait peut-être pouvoir le louer .

              • #155627 Répondre
                Graindorge
                Invité

                C’est vrai qu’il est magnifique

    • #155547 Répondre
      Carpentier
      Invité

      mercredi, en soirée, à la tv, il y avait
      – Rupture pour tous et La prisonnière de Bordeaux
      Pris en cours de route le 2e (quand le perso d’Huppert rentre et découvre la disparition du tableau et sa protégée attachée)
      puis, une fois le perso joué par Herzi au parloir avec ses mômes, j’ai bifurqué sur Rupture pour tous
      J’avais oublié la scène finale,
      peiner à rompre avec la rupture
      uh uh

    • #155635 Répondre
      Younès
      Invité

      Je tiens à remercier chaleureusement Ostros pour m’avoir parlé de Hassen Ferhani.
      J’ai regardé « Dans ma tête, un rond-point » et tu avais raison de le qualifier de chef d’oeuvre. Je regarderais son deuxième long demain.
      D’ailleurs, excellent texte de Marie Gueden sur Critikat, « Tourne, tourne ».

      • #155640 Répondre
        Younès
        Invité

        Je précise, pour Ostros et vous tous.
        Le premier court-métrage de Ferhani, Les Baies d’Alger (2006), est dispo sur Vimeo, sous-titré en français.
        Il existe aussi une conversation entre Ferhani et Samir sur « 143 rue du Désert », chez Microciné, donc.

    • #155637 Répondre
      Quentin
      Invité

      Je viens de terminer Costa Brava, Lebanon est j’ai réellement très apprécié. Je l’ai trouvé très touchant et je suis agréablement surpris pour une première oeuvre.
      J’ai regardé Ecce Bombo hier mais je n’ai pas aimé du tout

      • #155643 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Et ce soir tu vas regarder quoi ?

        • #155653 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Moi je viens de voir ; Les nymphos sauvages du Danemark débarquent au Qatar.
          J’ai trouvé ça bouleversant. J’ai été très touché par les personnages féminins du film.
          Elles sont tellement émancipées que ce sont elles qui montrent aux hommes la voie d’une sagesse toute intérieure.
          Les hommes qui au début sont très austères et taciturnes, au contact de ces femmes très libres et très danoises, se mettent à l’écoute de leurs propres sentiments, puis aiguisent leur regard et se mettent à considérer ces femmes pour ce qu’elles sont vraiment et non plus de simples éléments sociaux qu’on range dans la case d’un familialisme traditionnel.
          Tu vois Quentin, ce qui m’a touché, ce sont ces hommes, pétris dans les habitudes d’un conformisme millénaire et qui sont soudain projetés dans un devenir animal. Car ce sont les femmes qui font évènement. Les hommes deviennent si sensibles à ce que leur apportent ces danoises de par leur langue et la chaleur affective de leurs corps, qu’une poésie s’empare de leur être, bouleversant tous leurs repaires.
          La beauté de leurs tourments est si belle, si forte, si puissante, que seule une décharge physique peut les soulager d’une telle tension.
          j’ai également été très ému par la poésie formelle du film.
          Le hors-champ devient signifiant dans la mesure où il est suggéré dans le cadre même. Il y a une mise en abyme des corps et de la lumière, qui comme un parcours fléché, renvoie à une intériorité dont les mouvements de va et vient des corps invitent, de par l’apparition et la disparition successive de certains éléments, à imaginer l’obscurité douce et affectueuse dans laquelle ces éléments organiques tendent à glisser inopinément, pour disparaitre de façon toute aussi soudaine que subite, à l’intérieur des corps, eux-mêmes à l’intérieur du cadre.
          Dans le théâtre qu’avait imaginé Antonin Artaud, il y avait en guise de langage, des cris et des borborygmes plus à même de spécifier la métaphysique des corps pris dans le devenir et la métamorphose. N’en doutons pas, Artaud aurait adoré les nymphos sauvages du Danemark. Si tu n’es pas convaincu Quentin, je n’ai plus qu’à te citer la phrase mémorable du réalisateur de Mémoria, le thaïlandais Chapichapong. Qui a dit après la projection des Nymphos sauvages du Danemark ; tous mes films ne sont qu’une rêverie faite de multiples variations autour de Nymphos sauvages devenues depuis… universelles.
          Ce film Quentin, n’est résumable qu’en un mot… Indispensable.

    • #155800 Répondre
      Malice
      Invité

      Les copains de La phase critiquent Ulysse 31 pardon Ulysse 2026

      • #155819 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Vu, c’est dans la liste à écouter.
        Puisque tu parles du marketing des produits dérivés, je signale qu’une édition bilingue d’Ulysse-Bloom vient de sortir, le bouquin est cher mais c’est une chouette expérience, je lis une page en anglais où je ne comprends pas grand-chose, puis la proposition de page traduite en français. Au rythme d’une page par jour en moyenne je pense finir le livre dans deux ans.

        • #155824 Répondre
          Malice
          Invité

          Pendant ce temps je vais tâcher de lire L’Eneide pour faire mon originale et pour voir si Dante a raison de teaser son oeuvre dans La divine comédie

          • #155825 Répondre
            Malice
            Invité

            L’oeuvre de Virgile pardon

      • #156187 Répondre
        ziggypop
        Invité

        salut Malice, merci pour ce petit coup de projo ! je crois avoir lu quelque part que tu cherchais à entrer en contact avec nous, tu peux m’écrire à k.kucek13@gmail.com

        • #156189 Répondre
          Malice
          Invité

          Merci Ziggy, je t’ai envoyé un mail
          De rien pour la pub, pour parler en macroniste, votre podcast mérite la visibilité

    • #156126 Répondre
      kenny
      Invité

      Thoret nous parle de l’époque (attention ça pique)
      https://www.facebook.com/share/r/1Uay7Q6fQW/

    • #156147 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Alors, Greg Araki,
      Réac pas réac ?
      Anti-woke pas Anti-woke ?
      Marrant pas marrant ?
      On s’en fou grave on s’en fou pas grave ?
      Si ça se trouve personne ici ne connaît Greg Araki.
      Greg Araki,
      Connait connait pas ?

      • #156168 Répondre
        Quentin
        Invité

        Pas encore vu…
        As-tu apprécié I Want Your Sex ? J’ai lu une revue sur le Burdstack dont l’auteur semblait mitigée, voire déçue

        • #156201 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          J’ai vraiment beaucoup aimé Greg Araki.
          Je n’ai pas été voir le dernier pour la simple raison que je ne vais plus au cinéma, ou si rarement. D’après ce que j’ai pu entendre ici ou là, I want your sex semble décevoir ceux qui ont aimé le cinéaste. Donc je ne courrai pas le voir.
          J’aurai été curieux de relever les appréciations sur le forum, mais il semblerait que l’on soit ici, beaucoup plus pressé de considérer le dernier Gianolli que le dernier Araki.
          Ce qui donne à ce forum, un charme supplémentaire.

    • #156184 Répondre
      Le mec là haut
      Invité

      Lien pour l’intégrale Jia Z, court métrages et docu compris.

      https://transfer.it/t/3jr0exwnEBhZ

    • #156249 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      J’ai revu hier soir, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie.
      C’est donc la seconde fois que je le vois et… et je suis très surpris de n’avoir pas vu la première fois, ce qui m’a semblé hyper évident la seconde fois.
      Ce qui ce coup-ci m’a paru on ne peut plus évident, est le lien avec un autre film qui m’avait beaucoup, mais beaucoup marqué lors de mon adolescence et qui est, L’homme blessé de Patrice Chéreau. Film de 83 et, détail important, le scénario est de Chéreau et Hervé Guibert. Film qui m’avait longuement travaillé.
      Je ne sais pas si L’homme blessé et L’inconnu du Lac pratiquent le même cinéma. À mon avis ils ne sont pas très éloignés cinématographiquement. Mais dans la façon d’aborder leur sujet, je les trouve très proches. La différence entre le personnage de Chéreau joué par le très jeune Jean-Hugues Anglade et celui de Guiraudie joué par Pierre Deladonchamps, est l’époque (oh un gros mot) dans laquelle ces personnages sont insérés et la réception de l’homosexualité dans ces périodes. Début 80 l’homosexualité est encore très marginalisée et le décor ou se retrouvent les homos dans le film de Chéreau est glauque, sombre, et le très jeune Anglade est torturé. Méchamment torturé. En 2013, date de L’inconnu du lac, l’homosexualité est disons plus généralement acceptée qu’en 80 et le décor est bien plus plaisant, cadre hédoniste et le jeune Deladonchamps bien plus décontracté. En revanche dans les 2 films les personnages principaux sont passionnément épris d’un homme ténébreux, froid, mystérieux et d’une grande violence contenue. Là où les 2 films se retrouvent aussi, c’est sur la vision des cinéastes sur l’essence de l’homosexualité, non pas l’essence à proprement parlé mais ce sur quoi elle repose en dernière instance. À savoir, ce dont ont parlé des gens comme Chéreau, Guibert mais aussi Duras, Foucault, Genet, Anger, Almodovar et d’autres, le rapport de l’homosexualité à la mort. Et comment celle-ci se manifeste notamment dans la passion.
      Les États-Unis étant, en matière de communautés homosexuelles, bien plus avancés que l’Europe, Chéreau a souvent dit qu’il y avait rencontré de nombreuses résistances à l’aspect principal de son film. Que de jeunes américains homos, bien insérés dans la société lui disaient qu’on peut connaître la passion dans la joie sans qu’aucun aspect morbide n’entâche la relation. A quoi Chéreau disait leur répondre, « Et si c’etait vous qui vous trompiez, et si l’homosexualité c’était ça justement. » en référence à son film.
      Ainsi, je me demande si le film de Chéreau et Guibert, ils ont mis 6 ans à écrire le scénario, ne serait pas mal reçu aujourd’hui par les gardiens du temple progressiste.
      Si L’homme blessé ne serait pas vu comme un film potentiellement réac.
      Le problème étant que si seule l’homosexualité était perçue comme un rapport particulier à la mort, alors oui, il y aurait quelque chose comme une discrimination, mais c’est toute la sexualité qui a un rapport à la mort et dans l’homosexualité, ce rapport est bien plus vif encore dans la mesure où elle peut être bien plus directe, où des lieux de « drague » comme on voit dans L’homme blessé ou L’inconnu du lac, n’existent pas dans les milieux hétéros.
      Pourquoi alors L’inconnu du lac reste-t-il plus discret dans son sujet que le Chéreau?
      L’aspect morbide y est moins suggéré proportionnellement à ce que les scènes de sexe sont plus présentes. Plus libres. Mais chez Guiraudie il faut pour cela entrer dans un bois. Et le bois est par contraste plus sombre, et quelque chose de métaphoriquement beaucoup plus sombre.
      Le lien entre les deux films me semble tellement évident que je resterais étonné d’être le seul à le relever. Mais bon, ça ne serait pas non plus la première fois que je m’emballe pour rien ou pas grand-chose. La question étant, Guiraudie lui, quelle peut bien être sa relation à L’homme blessé?

    • #156316 Répondre
      Café noir avec biscuit
      Invité

      Quelqu’un a vu Soudain de Hamaguchi ?

      • #156330 Répondre
        Tony
        Invité

        J’en sors à l’instant et malheureusement ça ne m’a pas emballé, c’est un film très doux, très délicat, à la limite du mielleux ou de la mièvrerie,mais vraiment trop long ou trop mou,on est très loin de Drive my car qui est, pour moi,son meilleur film.
        J’en dirai pas plus,je laisse ceux qui l’ont aimé en parler.

        • #156335 Répondre
          Ostros
          Invité

          Fichtre..
          Je pensais qu’il avait trouvé sa forme
          Ça me questionne

          • #156361 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Et toi Ostros, tu l’as trouvée ta forme ?
            Il serait temps que tu y penses. Pense déjà à trouver la tienne de forme et tu verras plus tard pour Hamaguchi.
            C’est un conseil du professeur Belkekett…

      • #156347 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Tu trouveras un échange entre Toni Erdmann et moi à cheval entre le 23 et le 24 juillet. Je n’ai tenu qu’1h20 sur les 3h15, en autres pour la raison que dit Tony. J’ajoute un autre argument auquel j’ai réfléchi entre temps: il y a un problème de caractérisation des personnages. Les deux personnages, Mari et Marie Lou, ont la même personnalité calme et douce. Je trouve que c’est une erreur d’écriture qui se ressent ensuite dans le jeu. Les deux personnages auraient dûs être plus différents. De fait, je trouve dommage de censurer ainsi Efira de sa drôlerie, de sa spontanéité, de sa « belgitude ». Ce sont des éléments qui auraient pu nourrir Marie-Lou, qui en l’état est vraiment trop Mère Thérèsa. On a bien vu lors du discours cannois à quel point les deux actrices avaient des tempéraments différents. Dommage de ne pas se servir de cela et de limiter Efira comme Pogba sous Deschamps. Dans sa défense du film fin juillet, TE mettait en avant une certaine trivialité, faisant référence à la scène du caca d’oiseau. Je pourrais au contraire retourner l’argument à l’aune de ce que j’avance: d’abord, quel tout petit caca, quel oiseau constipé on a là. Par ailleurs, la physique de la chute du caca est un peu bizarre pour atterrir ainsi sur les deux. Pourquoi sur les deux et pas sur une seule? Ne faut-il à ce point froisser personne, et partager équitablement toutes les mésaventures dans une bienveillance constante? Et puis pardon, mais pas un rire, pas une vanne, pas une petite blagounette à cette incongruité de se faire chier dessus? Non désolé ça ne va pas.
        (PS: si j’ai l’air de parler en expert sur le sujet c’est que je me suis fait chier dessus par un oiseau une fois. Sur mon bras gauche tendu en jouant au ping-pong. Je vous assure que c’était autrement plus gros que la merdouille en spray de l’oiseau du film. Et évidemment, hilarité générale de tous les joueurs autour de la table, moi compris)

        • #156355 Répondre
          Ostros
          Invité

          Y a t il un travail de miroir entre ces deux personnages aux prénoms si proches Mari et Marie Lou ?

          • #156362 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Ho Ostros !

          • #156371 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Oui sans doute. Mais je ne sais pas trop ce que veulent dire des expressions de ce type, travail de miroir, thématique du double… Ce sont effectivement des formulations qui reviennent au sujet du film et qui me semblent toujours un peu vides. François y faisait d’ailleurs un sort dans la Gène sur Mickey 17 il me semble. Ici, les personnages sont donc très ressemblants, au moins sur le plan psychologique: calmes, douces, réfléchies, cultivées, empathiques, sérieuses, consciencieuses, et par ailleurs, belles comme des astres et apprêtées comme des mannequins printemps-été Laredoute. Malgré leurs origines différentes. Sans doute pour dire que l’empathie, la bienveillance, l’humanité dans le rapport à l’autre va au delà des frontières. N’empêche, il y a finalement un problème de dynamique. Deux personnages tout le temps d’accord, tout le temps sur la même longueur d’onde, ça ne fait pas un film intéressant. D’ailleurs une chose me vient: au fond, ce film entre deux personnages n’est pas un film de dialogues, c’est un film de monologues successifs.

            • #156383 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Mais ici la réciprocité est au coeur de tout. Je me fais du bien en te faisant du bien. Nous nous rendons service. Nous nous pretons vie. C’est un film proto-anarchiste.
              Donc il faut deux chiures de pigeon car l’idée est que je t’essuie pendant que tu m’essuies. Car pour m’essuyer tu es plus habilitée que moi, car tu vois mon visage et moi non. Tu en sais peut etre plus sur moi même que moi. En tout cas : tu sais quelque chose de moi que je ne sais pas. J’ai donc besoin de toi pour etre moi.
              Ce film qui ne cesse de faire ce qu’il dit – et oui certes aussi l’inverse, à ses risques- a fini par complètement m’enroler dans sa cérémonie collective.

              • #156427 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Voilaaa !!!!!
                Génial !!!!
                Maintenant vous savez tous ce qu’il faut penser du film.
                ALLEZ-Y !!! on en a pour des mois à ré entendre ce post répété ad nauseum par les bons disciples…
                Super !
                Et je me prépare déjà à toutes les leçons que vont donner les disciples à ceux qui n’ont pas aimé le film, ou pas pas encore vu.

                • #156455 Répondre
                  Quentin
                  Invité

                  Donc si je comprends bien, le problème c’est que François Begaudeau donne son avis sur un forum et que des personnes sont d’accord avec lui ?

      • #156527 Répondre
        Dwl
        Invité

        Je l’ai vu en avp et très grosse déception. Film cocon idéaliste mou. Et accessoirement politiquement nul.

    • #156418 Répondre
      Ostros
      Invité

      Pour toutes les personnes qui n’ont pas encore vu un film de Wang Bing de leur vie, ce qui était mon cas avant hier soir, je redonne l’info filée plus haut par Tony
      Les trois films qui composent la trilogie Jeunesse sont visibles sur Arte, jetez vous sur ce trésor c’est inestimable
      Quand je pense que j’ai failli passer à côté

      • #156421 Répondre
        Tony
        Invité

        Les deux derniers volets sont beaucoup plus sombres, l’insouciance du premier s’estompe,on voit petit à petit dans quel enfer capitaliste cette jeunesse se fait voler ses années les plus précieuses,et sa force vitale,l’impossibilité de créer un rapport de force sans droit du travail,sans syndicats,la répression de tout regroupement qui sera considéré comme une émeute,un déterminisme social implacable, c’est tout à fait salutaire de nous montrer cette sauvagerie quand on entend si souvent cette petite musique du miracle chinois dont nous sommes les donneurs d’ordre, voilà de quoi est fait notre vie confortable, c’est glaçant et révoltant.

        • #156434 Répondre
          MA
          Invité

          J’avoue que je n’ai pas tellement aimé. J’ai arrêté le visionnage du premier volet en cours. Cette jeunesse-la m’a énervée au bout d’un moment, voire exaspérée.

          • #156441 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Alors moi mon expérience avec Wang Bing est la suivante,
            2 choses ;
            1) Une fiction, Le fossé. Que je résumerais de la façon suivante ; La joie de puer.
            A ceci près, que le mec il sait filmer, ça c’est sûr. Il n’y a pas de doute là-dessus. En revanche, cette façon obsessionnelle de montrer durant quasiment 2 heures des gens crever dans un camp de rééducation, relève de l’obscénité pure. Et pour que moi je dise ça, c’est qu’il y a de sérieuses questions à se poser. D’abord on les voit pendant un quart du film crever de faim au point de bouffer n’importe quoi, jusque se bouffer le vomi les uns des autres. Ensuite une épouse arrive de l’extérieur du camp pour rendre visite à son mari prisonnier, mais il est déjà mort. Donc on va la voir durant presque un autre quart du film chercher le corps de son mari parmi les autres cadavres enterrés dans le désert et tout ça en chialant à corps et à cris. Le camp se situant au milieu d’un désert. Je passe plein de détails sordides et glauquissimes pour en arriver à une pseudo évasion foireuse et encore hyper douloureuse etc. etc…
            Quelle facilité, mais quel intérêt aussi ! Si, le seul intérêt est que les prisonniers du camp précisent qu’ils ont été ramenés là à cause d’une chasse aux trolls droitiers. Une campagne antidroitière du régime communiste. Un film à montrer à la Paduteam et ceux qui prennent encore Mao pour un héros.
            2) Fengming, Chronique d’une femme chinoise. Alors là en revanche c’est passionnant.
            C’est un documentaire de 3 heures sur une ancienne communiste volontaire et engagée, elle et son mari, dans le parti.
            Elle est assise sur un fauteuil au fond de son salon, elle a à peu près 70 ans, et elle raconte son aventure au sein du parti, et ce qui va lui arriver n’est guère enviable. Mais ce qu’elle raconte est passionnant, à ceci près que c’est un seul plan fixe, elle est d’ailleurs très centrée dans le cadre, trop à mon humble avis, et que ça dure 3 heures. Moi je l’ai vu en vidéo, donc j’ai pu le voir en 2 ou 3 fois je ne sais plus. Si ça avait été en salle, je ne sais pas. J’aurais surement trouver ça un peu long, mais je ne suis pas sûr. Une expérience à tenter, c’est de regarder ce docu de 3 heures en 1 plan fixe, en VO non sous-titré. Epreuve intéressante à se faire subir pour les masos de mon genre.
            Sinon pour l’instant je dirais que le mec est bien mieux pour le docu que pour la fiction.
            Sous réserve de voir la suite.
            C’était un avis du professeur Belkekett…

          • #156474 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci, j’ai commencé à regarder et j’avais une petite question : à plusieurs reprise les «  employés «  disent qu’ils sont «  en résidence « ce qui m’a semblé être un statut particulier , comme si c’était financièrement important et structuré comme un «  droit « avec des règles de maintien qui me semblent encore opaques ( peut être est ce explicité au fur et à mesure), quelqu’un a t’il des précisions ?

            • #156476 Répondre
              Tony
              Invité

              J’avais trouvé un article qui l’expliquait mais cette chaîne TV a l’air d’être censuré ici,je te recopié un résumé IA:

              En Chine, un paysan travaillant en usine textile est un travailleur migrant rural. Il possède un hukou (statut de résident) agricole. Ce système le prive des droits sociaux et des services publics locaux (santé, école) dans la ville où il travaille (détails sur BFMTV).Le système du HukouChaque citoyen chinois possède un statut d’enregistrement de foyer (hukou).Il existe deux types principaux : agricole (rural) et non agricole (urbain).Ce statut est lié au lieu de naissance des parents.Conséquences pour le travailleurAbsence de protection urbaine : L’ouvrier paysan ne bénéficie pas de la sécurité sociale urbaine complète.Accès restreint : Ses enfants ont du mal à aller à l’école publique dans la ville de l’usine.Logement précaire : Il loge souvent dans des dortoirs fournis par l’entreprise textile.Évolution du statutLes réformes récentes cherchent à assouplir ce système dans les petites et moyennes villes.La discrimination et les inégalités persistent pour les migrants dans les grandes métropoles industrielles.

              • #156478 Répondre
                Ostros
                Invité

                Intéressant
                J’avais aussi compris que les femmes appartiennent à leur famille comme dans l’ancien temps où tu devais faire ton foyer dans le foyer de tes parents ou bien dans le foyer de ta belle famille (en Inde même principe). Dans le discours de la mère de la mineure enceinte il est aussi question de classe sociale. On dirait que le futur mari vient d’un bled encore plus précaire que la jeune femme et il n’est pas question pour sa famille à elle de la déclasser ainsi que son bébé.
                Poser les conditions de l’accouchement en des termes purement économiques c’est hard core.
                On accepte qu’elle garde l’enfant s’ils vivent chez nous et si il porte notre nom sinon je la fais avorter.
                On comprend les mœurs et les droits de filiation très lourds à travers ces séquences.
                Les enfants appartiennent à leurs parents.

              • #156479 Répondre
                Claire N
                Invité

                Merci beaucoup Tony

                • #156484 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  Tony : je n’ai vu que 2 et 3 mais la découverte du 2 en salle, mon premier WB, m’a laissé un souvenir extraordinaire. Rien à ajouter sur la sauvagerie, mais j’ai souvenir d’une jeunesse certes sous le charme des iPhones et autres tikToks, exploitée sans vergogne, mais hyper dynamique et n’ayant pas peur de s’organiser collectivement (absence totale de structure étatique dans cette jungle, y compris paradoxalement… de la police). Fascinant de voir ces séances de négo avec les patrons à 11 contre 1.

                  Et ces étonnants portraits de Mao dans les campagnes.

                  Sombre et lumineux.

                  • #156485 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Oui- l’organisation
                    J’ai été surprise également dans l’atelier
                    Je pensais que s’y appliquait une forme de taylorisme plus marquée, j’avais imaginé que personne ne connaissait l’ensemble des gestes a faire pour maîtriser la confection d’une pièce
                    – l’un faisait une couture sur une piece toujours la même
                    – l’autre faisait une autre en suivant
                    Mais je constate que chacun d’entre eux a une vision globale du montage et connaît l’ensemble du patron de couture, puisque qu’il passe d’un poste à un autre et qu’il ont aussi une organisation entre eux en fonction de la difficulté des pièces afin au moment de la paye de se reverser des participations .

                    • #156488 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      En effet c’est pas évident de comprendre comment ça marche, comment se répartit le travail, comment c’est payé,il semblerait que les ouvriers soient payés à la pièce et que leur production quotidienne soit consignée dans un livret,le prix des pièces n’est pas le même selon,entre autres choses je suppose,la complexité et le temps passé, c’est là où la négociation se porte,sur le prix des pièces les plus complexes mais dont la production est plus faible tout en veillant en même temps que le prix de la production la plus importante ne descende pas trop bas,on voit bien que les ouvriers les plus adroits et les plus productifs sont davantage intéressés par un meilleur prix sur la pièce la plus complexe et d’autres c’est le contraire,bref c’est un sacré bordel.

                      • #156502 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        D’un point de vue post prod le seul point qui me dérange c’est qu’il a accéléré des moments couture alors que ce n’était pas nécessaire. J’aurais aimé les éprouver ces moments. Même si c’est de la redite. Justement.

    • #156419 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Je rejoins le concert d’éloges concernant la Gradiva.

    • #156466 Répondre
      Malice
      Invité

      Qui a vu « The end of oak tree » du réalisateur de « It Follows »? J’en sors et je suis agréablement surprise ( bien que fan de DR Mitchell je me demandais ce qu’il allait bien pouvoir bricoler avec des dinos).
      Déjà, super idée d’avoir fait entrer les animaux préhistoriques chez des banlieusards, en mettant sur le même plan les querelles de couple, les problèmes de voisinage, et la grandiosité de la nature et des bêtes. Bêtes qui ne sont pas réduites à une fonction de croquemitaines mais vivent, c’est à dire chassent mais aussi ne foutent parfois pas grand chose dans le plan ( réunion de tortues géantes au milieu d’une rue, par exemple). J’ai pensé au « Règne animal » plusieurs fois.
      Bien sûr on devine le cahier des charges : cellule familiale, chien; mais Mitchell parvient à tordre les lieux communs et surtout confirme son talent de metteur en scène, jouant avec le hors-champ et la profondeur de champ comme il le faisait dans « It follows ». D’ailleurs une scène reprend le choc de la séquence du début d’ « IF », où une jambe de cadavre subit un traitement radical.
      Pas le sommet de sa filmo ( qui est à mes yeux « Under the silver lake » ) mais un film plutôt jouissif ( sans fan service années 80 bien qu’il se situe en 1982)
      Ah et sans spoiler, je signale une scène très drôle de jardin pollué par des immondices très particuliers.

      • #156473 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Vu et bien aimé aussi. Effectivement super idée que de transférer un quartier résidentiel tranquille à la préhistoire. Mitchell est très habile pour créer une atmosphère, faire monter la tension, cacher les dinosaures avant de les révéler. Une fois en plein écran, j’ai bien aimé que les dinosaures soient conformes à la réalité, des grands oiseaux à plumes avec des dents, pour la plupart. Ce n’est pas Jurassic Park. La variation du bestiaire finit aussi par être assez drôle, car il y a toujours une menace pire que la précédente. Moi c’est cette espèce de larve blanche et électrique de 12kms de long qui me dégoute encore. Le film maintient la tension et les péripéties, sans jump sacre, et avec ce qu’il faut de gore. Il a un côté très familialiste, tendance Amblin/Spielberg des années 80 (JJ Abrams, spielbergien devant l’éternel, le produit), mais franchement bon film du dimanche soir.
        PS: même Anne Hathaway est pas mal – en tout cas mieux que dans l’Odyssée, ce qui n’est certes pas dur.

        • #156490 Répondre
          Malice
          Invité

          Le ver ( serpent?) géant était magnifique oui!
          Et j’avoue que j’ai eu souvent de l’empathie pour les dinos, même lorsqu’ils poursuivaient leur nourriture c’est à dire nous.
          Je me suis demandé quelles étaient les sentiments de Mitchell face au familialisme, lui qui ne filme jamais de parents ( et je l’aime beaucoup pour ça : ses bandes d’enfants, d’ados). J’ai trouvé son traitement des tensions, déceptions, secrets plutôt fin ( dès le début du film, par exemple, la mère fait le constat que  » ça n’ira pas » et pourtant si, mais non, mais si…chaque membre de la famille a besoin des autres et étouffe).
          A propos des films sans parents, le camping dans le salon m’a rappelé les soirées pyjama du premier film de Mitchell; d’ailleurs comme dans « myth of the american sleepover » le décor d’une banlieue est  » pris d’assaut » et en quelque sorte transfiguré : dans un cas, par des ados qui errent toute la nuit, dans l’autre par des prédateurs.
          Les dinosaures m’ont semblé porter un besoin/fantasme de mystère et d’aventure auquel le couple, parents de surcroît, aspire secrètement. Ecrire, combattre des animaux fabuleux, même tentative d’échappée du quotidien, du quartier dortoir. Un superbe plan montre la jungle poussée en nuit à côté d’un massif d’hortensias un peu piteux : la force du film est là. Je me disais : le quartier est plus beau comme ça. Comment en sommes nous venus aux parterres de fleurs soignés, aux maisons ennuyeuses, aux emplois frustrants? En cela l’irruption de la préhistoire me paraissait être un cadeau ( je ne parle pas des corps démembrés)

          • #156500 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Oui j’ai adoré ce début qui m’a fait penser à du Tim Burton période Big Fish. Tout est trop beau pour être honnête. Les apparences d’un quartier harmonieux, la fête des voisins où tout va bien, où tout le monde est beau et gentil, un couple idéal, deux enfants, la maison, le chien, alors que sous ce vernis de perfection logent des tensions de couple, de boulot, de famille, de voisinage que les évènements vont classiquement accentués.
            Pas vu The Myth Of American Sleepover mais tu me fais envie

            • #156503 Répondre
              Malice
              Invité

              Tout va bien, tout est propre et puis brusquement ‘( attention pour les personnes qui n’auraient pas vu le film, je spoile) : on apprend que l’adorable petit ado a pété le bras d’un voisin…
              « Myth  » est un film que j’aime bien ( l’idée de base me plaît beaucoup) mais il est peut-être parfois un peu trop mignon. Par exemple une des actrices minaude non stop et je ne sais pas trop quoi en penser. On est dans un contexte de séduction entre ados cela dit, donc il y a probablement quelque chose de juste là-dedans – ça finit par me crisper quand même.

    • #156511 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Vu hier soir, Soudain, de Hamaguchi.
      Je trouve que le film est très, mais très très proto anarchiste.
      Mais alors, c’est très vite que je me le suis dit.
      Y’a pas plus proto anarchiste que ça. C’en est même troublant ce que ça peut être proto anarchiste. D’ailleurs après le film nous sommes allé boire un verre pour discuter de nos premières impressions du film. Nous étions 5. Et un moment, je ne sais plus quelle était la phrase, mais je l’ai terminée par, c’est un film profondément (en insistant sur profondément) proto anarchiste ! Alors je vous le garantis, ça fait son effet. Tous les regards se sont figés vers moi, médusés. Même ceux qui buvaient ce sont figés en un gloussement. Puis il y’en a un, une fille, je ne sais pas si elle a voulu foutre mon effet en l’air, mais elle m’a dit ; qu’est ce que tu entends par là ? Le temps que je fasse ; comment ? Et qu’elle me dise ; qu’est ce que tu veux dire par là ? Je me suis mis à balbutier, heu bah c’est dans heu dans cette réciprocité bienveillante que, que s’érige une heu complicité comme dans une cérémonie collective quoi…
      Les regards semblaient encore médusés chez certains, mais moins. Puis un gars qui est en couple avec une des filles a dit ; mais nous (en montrant sa copine) dans notre relation nous sommes aussi proto anarchiste alors?! Et là l’idée géniale m’est venue de dire ; mais après ce film nous pouvons dire, nous sommes tous proto anarchiste. J’ai cru voir alors un pseudo contentement chez toutes et tous.
      En y repensant, j’ai complètement oublié de leur parler d’une chose très importante.
      A propos de réciprocité, l’importance du don-contredon chez Hamaguchi, depuis au moins Drive my car. Mais ça, c’est largement secondaire par rapport au proto anarchisme.

    • #156523 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je vois que le film Jim Queen n’a pas été discuté (sauf pour le son, que j’ai trouvé niquel au Pathé Toulouse).

      Je pensais que ce serait une longue private joke par et pour les gays, mais c’est l’inverse : en tant qu’hetero je me suis senti pris par la main, invité à découvrir cette commu le temps d’1h30.
      C’est pas un film « vanille » pour autant : le beauf le plus dégénéré de la Manif pour Tous n’aurait pas pu imaginer 1% des blagues grasses et homophobes qu’il y a dans ce dessin animé. On est très loin de la Cage aux Folles là.
      Malgré cet étalage d’autodérision et de tapetteries en tous genres, j’ai l’impression que le film garde une certaine finesse, justesse rendant justice à la communauté gay qui – je crois – l’a apprécié.
      Un homophobe à l’issue du visionnage ressortira soit deux fois plus homophobe, soit deux fois moins homophobe, pas d’entre-deux possible.

      En termes de forme, c’est du « Les Kassos » long format (même équipe derrière) avec plus de moyens et des inserts parodiques plus discrets, ça marche bien visuellement.
      J’ai adoré les rendus de Paname qui captent la vibe de la ville sans en faire des tonnes, j’aurais foutu moins de Tours Eiffel tout de même (peut-être qu’ils veulent s’exporter chez les Amérloques).
      Ce film est le petit frère (petite sœur ?) spirituel des Lascars avec cette même ascension web vers cinéma : beaucoup de gags hardcore et bien timés, mais une trame de comédie romantique classique qui n’a pas (totalement) cédé au trash, encore cette méta de l’amour impossible devenu possible entre deux âmes qui n’étaient pas faites pour se rencontrer (blonde aristo / renoi dans les Lascars, twink / gymqueen ici. Dédicace à Trotsky Nautique)

    • #156542 Répondre
      zzzzzzd
      Invité

      « Soudain » m’a perturbé, j’y adherais pas mais finalement il y a un truc que le film touche sur lequel j’arrive pas a poser de mots, jvous recommande d’aller le voir !

      • #156643 Répondre
        Quentin
        Invité

        J’en sors tout juste et quelle claque !
        Alors deja Drive My Car m’avait chamboulé mais alors là.
        Le thème central de l’Amour et du soin, la remise en question, la critique du capitalisme, tout y est !

        Quel maestro ce Hamaguchi. Je recommande et j’espère le revoir au cinéma dans quelques années pour le découvrir à nouveau

        • #156652 Répondre
          Tony
          Invité

          Heureusement que Radu Jude existe pour faire des bons films de gauche, c’est pas si facile que ça me suis-je dit en sortant de cette séance pénible.

        • #156653 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Il est dommage que tu ne nous dises rien du film à part quelques vagues sensations don’t on a compris qu’elles étaient si puissantes.
          Peux-tu te faire l’exégète d’une ou deux scènes stp ?
          Qu’on puisse un peu se rendre compte du film. Ce qui vaudra plus qu’un petit saut de joie.
          Et surtout n’oublie pas d’introduire proto anarchiste dans ton commentaire.

          • #156654 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            À Quentin…

            • #156657 Répondre
              Quentin
              Invité

              Tu n’es pas allé le voir ? Juste pour pouvoir reprendre les termes de FB et t’en moquer ?
              Je croyais au vu de ton dernier post sur ce topic.

              @tony : c’est fou parce que ce film divise vraiment. Rien que sur ce forum les personnes ne sont pas d’accord, et tant mieux. J’ai personnellement adoré et pas du tout subi, malgré une petite envie de pisser vers la fin. La critique du capitalisme dans le film pourrait tout autant être acceptée par un liberal, qui n’en reconnaîtrait qu’une jolie vulgarisation d’un système qui marche, fonctionne, fait évoluer, mais qui est voué à l’auto destruction. Je sais pas si ça en fait un film de gauche. Peu importe c’est de la bombe

              @ptitekekette : la scène, voirea sequence complète, où les deux femmes se découvrent et discutent, il me semble que Virgine Efira réalisé qu’elle fait parti de tout un système qu’elle nourrit en essayant aveuglément de le battre. S
              Les scènes de soins, où le corps est massé, carressé, aimé et Hamaguchi le montre sans obscenité aucune, avec la tendresse nécessaire pour accompagner les gestes
              La représentation théâtrale au sein de la clinique surtout ! Magnifique avec cette intrusion des personnages pour donner forme et vie au spectacle, et en créer un nouveau, et qui se termine avec Marie qui pleure en criant qu’il n’y a pas plus bon monde que celui-ci.

              Le couple Marie/Marie-Lou, prenant soin l’une de l’autre, pour que l’une termine sa vie pleine d’amour et que l’autre réalise que dans son système, l’amour et le bien-être doivent régner.
              Proto anarchiste

              • #156666 Répondre
                Tony
                Invité

                Je suis d’accord avec toi, la meilleure séquence du film se situe lors de la représentation théâtrale à l’intérieur de la résidence avec cette folie qui finit par gagner tout ceux qui sont dans le public et ces jambes qui se lèvent,ces pieds qui sont massés, c’est d’une drôlerie!A part ça y a pas grand chose d’autre?

                • #156669 Répondre
                  Quentin
                  Invité

                  Après je m’attendais pas à rire mais à dea contemplation, et c’est ce qu’on m’a servi. Dommage que ça ne t’ait pas plu

                  • #156673 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Tu n’expliques rien.
                    Tu ne fais que reprendre des scènes pour les exhiber tout simplement.
                    Quel mauvais critique tu ferais !

                    • #156677 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      Et toi un mauvais proto anarchiste

                      • #156737 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Voilà quelqu’un qui a au moins un peu de répondant.
                        Que les autres en prennent de la graines.

    • #156610 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Qui a vu Blue Heron ici ? La sortie française a été très confidentielle. On m’avait vendu un film avec une approche documentaire, mais il s’agissait, en réalité, d’un énième « self soothing » film. Comme si tous ces jeunes réalisateurs-réalisatrices souhaitaient utiliser les moyens du cinéma pour s’auto-câliner de manière meta.

    • #156633 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      J’avais bien envie de le voir mais il n’est pas resté longtemps à l’affiche. Sans regret apparemment.
      Je suis étonnée que l’on ait pas discuté ici de L’aventure rêvée.
      Une réalisatrice hyper intéressante et singulière, quon pourrait rapprocher de RAZ.
      Western son film précédent est super aussi.
      Déjà sur la forme, proche du documentaire, on sent qu’elle aime filmer les gens , leur histoire, les paysages.
      Et puis, la violence ténue des rapports de domination , la frontière qui menace .
      Un des films les plus intéressants cette année.

      • #157397 Répondre
        Corto
        Invité

        Ah merci j’avais oublié que j’avais Western sur mon ordi depuis longtemps et toujours pas vu

    • #156692 Répondre
      Renaud Bigorre
      Invité

      Vu hier Soudain, beaucoup aimé quoique tiraillé par moments.
      Me suis aussi attelé à lire dans le TER les avis ici. C’est doublement volcanique : effusif et éruptif !

      Préambule : je ne suis pas solide sur mes appuis, tant en cinéma qu’en littérature. Sûrement ampoulé et illuminé, je ne demande aucune indulgence, mais suis preneur de vos corrections fraternelles et sororales.

      En partant du post de François qui met en lumière la réciprocité (et sans remettre une pièce sur le proto-anarchisme, quoique), je crois que le film tient cette promesse quasi tout du long, sauf à quelques moments qui ont été pointés par d’autres dans ce topic.

      Sans faire une synthèse « hollandaise », je crois voir une dialectique entre deux régimes :
      1. un régime égalitaire que je rapproche à gros sabots de la « vérification immédiate » de Rancière dans Le Maître ignorant (le sens se produit dans l’échange lui-même, sans médiation d’un tiers qui viendrait l’autoriser). C’est la scène de la double fiente, la scène du théâtre-drama, et de moult séquences plus anodines.
      2. un régime d’« explication en surplomb » : la formation à l’Humanitude, la scène du tableau blanc, où quelqu’un sait et dispense, et où l’autre « ne fait qu’acquiescer » (comme disait Mathieu plus haut).

      Cette dialectique se joue dans la réciprocité et dans la temporalité, entre le soudain et l’attendu, avec le soudain qui prend le dessus.
      Le cancer de Mari est incurable, sa mort est attendue, certaine. Pourtant sa venue fonctionne dans le film comme un soudain, quelque chose qu’aucune attente préalable ne désamorce vraiment.

      Je pousse même le bouchon plus (trop) loin, avec un prolongement dialectique entre immanence et transcendance.
      Les deux femmes s’appellent Mari et Marie-Lou, soit deux Marie (peut-être biaisé par Efira dans Benedetta).
      Si on prend ce doublement marial au sérieux, la rencontre initiale peut être vue comme une apparition faite à Marie/Marie-Lou comme si se rejouait l’Annonciation : la descente d’un ange dans son quotidien et qui la bouleverse. Une transcendance qui fait soudain irruption dans l’immanence.
      Et à la fin, un mouvement inverse, avec la mort de Marie/Mari, qu’on peut voir comme une Assomption : un corps qui est élevé plutôt qu’éteint. Une immanence qui s’élève vers la transcendance.
      Dans la même veine mystique, Fernando Ganzo Cuesta, dans les Cahiers, parle d’une scène qui « vire à l’extase » à propos de la séquence avec les malades qui viennent apaiser la situation par un massage collectif salvateur. Selon lui, Marie-Lou et Mari, avec leurs comédiens, patients et infirmiers, sont peut-être « la meilleure incarnation contemporaine, totalement inattendue, de saint François d’Assise et de ses fioretti rosselliniens ».
      Et de me/vous demander s’il n’y a pas à l’œuvre dans Soudain, un proto-anarchisme chrétien ?

      PS : coïncidence marrante : le post de François duquel je suis parti au début est daté du 15 août !

      • #156699 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Très intéressant
        J’ai un peu bricolé dans ces eaux là pendant le film, parce que tout de même marie-marie ça ne tombe pas dans l’oreille d’un aveugle.
        Et puis le proto anarchisme est forcément chrétien, puisque le christianisme primitif (le christianisme, donc, ou plutot disons le Christ) est anarchiste. On s’en fout, et le film vaut mieux que ces mots, mais il faut voir que le film n’est acceptable que si l’on accepte les question rudimentaires, élémentaires, enfantines, primitives, religieuses, qu’il travaille : on fait quoi de la mort, on fait quoi de la douleur, on fait quoi de nos vieux, on fait quoi d’un grand père devenu légume ? Parfois le film est aussi con que ces questions là – et aussi poignant.

        • #156711 Répondre
          Renaud Bigorre
          Invité

          « ça ne tombe pas dans l’oreille d’un aveugle » rire
          Merci du retour et je te suis sur la façon dont le film questionne simplement et radicalement les choses de la vie.
          Et je rebondis sur ton « poignant » dans la prolongation de « le film vaut mieux que ces mots » et j’ajoute que le film vaut mieux que ses mots.
          Coup sur coup, après Chicas tristes, Soudain m’a aussi touché (pas pu m’en empêcher) au sens propre comme figuré, par son tact et sa monstration du tactile. Les personnages s’empoignent littéralement, s’étreignent, se soutiennent, se nettoient, se massent, se touchent tout du long. Un langage par le toucher qui supplante l’indicible.

          • #156712 Répondre
            Quentin
            Invité

            Exactement !!
            Et ça m’a fait chialer

            • #158819 Répondre
              kenny
              Invité

              proto-anarchiste c’est bien trouvé
              c’est mon côté stal mais quand le film dit arrêtons de réclamer de l’argent j’entends arrêtons la lutte
              au mieux j’y vois l’impasse zadiste
              au pire du développement personnel
              c’est pas la première fois que je ressens cette confusion entre anarchisme et développement personnel

              • #158840 Répondre
                Tony
                Invité

                Par désœuvrement j’ai écouté le podcast drapeau rouge sur Soudain,quelle bande de clowns!

              • #158851 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Cette confusion évidemment dégradante pour l’anarchisme, Kenny, pourrait tenir à la force des deux : ils se soucient des individus, et oui de leur bien-être, et oui de leur bonheur, de leur capacité à aimer etre vivant
                Reste à savoir comment l’un et l’autre le font
                L’anarchisme, qui est un socialisme, tient qu’on ne peut penser ce bien être sans le penser politiquement, collectivement
                Le dev perso, qui est un libéralisme, isole l’individu du corps social
                Il reste qu’une lecture politimane de Soudain n’accède pas au tragique simple du film : il y a ces vieux qu’on maltraite, que faire? Que faire là maintenant avec ces corps, toute revendication sociale mise à part?

                • #158878 Répondre
                  kenny
                  Invité

                  oui il y a ce tragique
                  il y a aussi ce que le film fait politquement, ce qu’il ne cesse de verbaliser (son plus gros défaut)
                  conclusion de l’analyse marxiste: tout est foutu, ne perdons plus notre temps à quémander
                  seule solution: changer le monde sans prendre le pouvoir (politiquement le film a 20 ans de retard, mais allez peu importe)
                  et à la fin on voit quoi? le regard des managers
                  sidérés certes, mais qu’est il suggéré? qu’ils vont laisser faire, tant que ça gêne pas, et puis comme ça elle arrêtera de nous emmerder avec ses augmentations de salaire
                  vont-ils généraliser ce mode de fonctionnement dans le groupe? très probablement non, la maltraitance continuera
                  c’est ça l’impasse, penser collectivement l’individu certes, mais seulement à une certaine échelle
                  – je ne cherche pas à relancer ce vieux débat, seulement à dire que le film montre bien ces limites

        • #157280 Répondre
          Martini
          Invité

          On fait quoi ? On laisse ceux qui dirigent, ceux qui savent, qui ont étudié l’anthropologie et la philosophie, décider, et on tente de convaincre les travailleurs récalcitrants, dont on contient l’expression comme on contient le conflit. J’ai vu film plus anarchiste.

    • #156807 Répondre
      Le mec là haut
      Invité

      Intégrale Hong Sang-Soo (80go)
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      • #156814 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Beau cadeau Le mec là haut
        Ça c’est du haut!

      • #157035 Répondre
        Benoît
        Invité

        super merci ! c’est sous-titré à chaque fois en français, ou seulement fichier sous-titre anglais ?

    • #156811 Répondre
      Renaud Bigorre
      Invité

      Toujours sur Soudain, je verse ici un résumé de la critique d’Emmanuel Burdeau (en audio sur son substack).

      Son point principal est que le film est selon ses mots « trop approprié », trop en accord avec trop de choses, trop en reflet de lui-même. Même s’il salue la scène du tram où Marie-Lou croise le jeune autiste comme un rare instant d’incertitude et le Q&A qui suit la pièce de théâtre où il salue l’audace d’intégrer cette séquence « purement didactique », EB reproche au film que tout se correspond, que toutes les frontières tombent (intérieur/extérieur, France/Japon, soin/art, amitié/travail) : « tout est versé dans le même pot ».

      Par rapport à ça, il formule une hypothèse très personnelle et extradiégétique (pas forcément le bon mot), à savoir que Hamaguchi, en venant tourner en France, aurait craint d’apparaître comme un cinéaste « parachuté » (référence à Straub que je n’ai pas), et aurait donc, thématiquement et formellement, gommé les différences plutôt que de les affronter et ce, jusque dans les dialogues, où revient sa phrase fétiche « je suis moi, vous êtes vous » que EB trouve un peu vaine pour un film dont toute la construction fusionne au contraire tout le monde.

      Il regrette que le seul personnage un peu antipathique (l’infirmière jouée par Marie Bunel) soit cantonnée à une raideur et que le seul personnage vraiment confronté à la mort ne soit pas une personne âgée de l’EHPAD mais Mari qui garde « un port de reine » sans aucun signe visible de maladie.

      Enfin, EB porte l’estocade en convoquant Rancière à propos de l’art qui a besoin de rester un espace séparé pour garder une puissance politique, ce qu’il appelle « l’avant-garde ». Pour lui, le film irait « un peu vite en besogne » en dissolvant cette séparation entre art, soin et vie, en ne tranchant pas entre « culte un peu naïf ou utopique de l’art » et « renoncement un peu hâtif aux vertus de l’art comme espace séparé ». Et de conclure de façon abrupte qu’une vision de l’art, du cinéma, du théâtre et du soin comme relevant de la même chose le « navre ».

      Même si je ne le suis pas (ça « décolle » trop du film pour moi), je trouve cette critique intéressante car elle ouvre une autre voie dialectique entre communion et dissolution.

      • #156832 Répondre
        Tony
        Invité

        Merci pour ce résumé remarquable,je ne trouve pas qu’il décolle du film,il est très précis et il produit une vraie pensée critique, travail qui n’a pas été fait par ses confrères,que des textes dithyrambiques qui ne pensent rien!

      • #156889 Répondre
        Dwl
        Invité

        Sur la question du parachutage.
        C’est le parti pris d’Hamaguchi qui m’a assez étonné. A l’opposé du précédent film.
        Je repensais à la scène du Mal n’existe pas où se jouait l’échange entre les communicants et les habitants du village. Les communicants qui débarquent avec une idée, un projet. Les habitants, garants de la connaissance du territoire. La scène était assez claire : ces gens ne connaissent rien à la région, il faut a minima revoir le projet. Le temps de parole long des habitants s’opposait au phrasé court des communicants, leur sérénité à leur embarras, leur langage au vide du langage managérial : la balance penchait assez clairement du côté des habitants. La fin, nous la connaissons, violente.

        Ici se jouent à plusieurs reprises des scènes du même acabit. Et je suis assez saisi par la manière dont Hamaguchi prend le parti de la manageuse visionnaire, qui, précarisée par sa hiérarchie, n’hésite pas à empiéter sur sa vie personnelle pour sauver son entreprise (on pourrait faire un parallèle avec Un autre monde). Alors oui, Efiira n’est pas parachutée comme l’étaient les communicants de Glamping. Mais d’une certaine manière, un manager est toujours parachuté. Hamaguchi ne voit-il pas le parallèle entre Effira, Takashi et Mayazumi ? Le parallèle entre le territoire et le terrain ? En tout cas, ici, le ridicule de la langue managériale a disparu. Le temps d’écoute est essentiellement consacré à Effira, sa voix douce et rassurante. Les plans la mettent elle en valeur. Je pense à une scène aux deux tiers du film, dans mes souvenirs : Effira assise décline son discours, son équipe face à elle. Hamaguchi la cadre serrée, longtemps, le visage baigné dans la lumière, les yeux pensifs, . Pas de doute : c’est elle qui a raison, qui voit la possibilité de l’humanitude, blablabla

        • #156895 Répondre
          Quentin
          Invité

          Oui et certainement parce que le film est centré autour de ce personnage, et sa rencontre avec Marie, sorte d’altérité.

          J’ai le sentiment que beaucoup sont déçus de ce film parce qu’il ne repond pas aux attentes. Mais Hamaguchi s’est inspiré de conversations entre deux femmes pour construire son projet.
          Et franchement, en comparant avec ce que je vis presque quotidiennement sur mon lieu de travail, je le trouve très proche du réel. Ce qu’essaie Effira, en tant que directrice, à vouloir par dessus tout convaincre ses équipes de la suivre dans le projet Humanitude, est à la fois sensé et réaliste. Peut être voudrions nous entendre la voix des usagers, ou les contradictions des hommes de terrain (il y en a, même si elle est casse pied, puis Effira est suffisamment sur le terrain donc légitime..) mais dans le medico social, on a beau laisser la voix aux usagers, des décisions doivent être prises. Peut être que dans un Soudeux (ref a burdeau) on verra un CVS où les usagers se plaignent de rester debout et Effira sera obligé d’attendre de rencontrer une tierce personne pour se rendre compte qu’elle doit écouter les personnages âgées

          • #157046 Répondre
            Tony
            Invité

            Moi aussi j’ai pensé à Un autre monde, surtout au moment du dialogue en visio avec l’actionnaire,et je suis d’accord sur le fait qu’Hamaguchi laisse ici cette parole de management se déployer sans qu’elle soit mise en doute par une petite ironie,on est sommé de la croire comme une parole de pure bienveillance, même cet aménagement du bureau en chambres occupées par du personnel volontaire avec un loyer préférentiel en contrepartie d’une disponibilité de jour comme de nuit n’est pas montré comme un abus mais comme un devoir naturel et moral, c’est très bizarre.De même on peut s’interroger sur la fonction de direction d’Efira,on croit difficilement en la réalité d’un tel personnage,on entend qu’elle est en burn out et on est encore dans la sempiternelle souffrance du cadre, foncièrement bon et bienveillant,qui se heurte à la mauvaise volonté de ses subordonnés et aux injonctions de l’actionnaire,bref la fiction bourgeoise habituelle.

            • #157431 Répondre
              Alexandre
              Invité

               » je suis d’accord sur le fait qu’Hamaguchi laisse ici cette parole de management se déployer sans qu’elle soit mise en doute par une petite ironie, on est sommé de la croire comme une parole de pure bienveillance »

              On est sommés de croire à pas mal de choses dans ce film. Sommés de croire au couramment parlé nippon d’Efira même si on a l’explication, à son personnage de manageuse en porte à faux avec la direction, au haut intérêt artistique du happening mis en scène par Marie, à cette amitié quasi immédiate entre les deux personnages principaux.
              C’est que le dispositif scénaristique est extrêmement voyant, un peu à la manière d’un Kieslowski, et prête à la lourdeur du pensum.
              Mais pratiquement à la minute où commence le film, on est accueilli par une douceur formelle absolument désarmante, qui ne nous lâchera pas pendant les 3h15 de la projection, quelque puissent être les circonvolutions, plus ou moins démonstratives, plus ou moins adroites, qu’épouse la narration. Et même rendant service à ces dernières, auxquelles profite cette douceur -de la colorimétrie, du cadre, de la prise de son-qui les allègent de tout surpoids didactique.
              C’est ainsi par exemple qu’une démonstration sur tableau blanc pourfendant le capitalisme est sauvée -de justesse il est vrai- par la délicatesse du trait et même une pointe d’humour lorsque déboule le jeune aide-soignant Djibril se retrouvant seul, face au tableau.

    • #157176 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      On entend partout Mungiu nous parler de la société fracturée, des gens qui n’arrivent plus à se parler, de la disparition des valeurs communes, mais j’espère que son est plus intéressant que ça ? L’art est-il à ce point puissant ?

      • #157177 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        * son film

        • #157241 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          « On entend partout Mungiu nous parler de la société fracturée, des gens qui n’arrivent plus à se parler, de la disparition des valeurs communes, mais j’espère que son est plus intéressant que ça ? »
          Ce n’est pas le sujet le plus important.
          Ce n’est jamais le sujet.
          Qui importe. Mais la façon dont on en parle.
          On est pas déjà pas prétentieux ici…

      • #157183 Répondre
        Quentin
        Invité

        Je pense aller le voir ce week end mais je flippe un peu.
        Il s’attend à ce que « ça fasse débat ». Ca me fait penser à l’extrême droite française qui parle de liberté d’expression
        M’enfin on verra bien

        • #157242 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Ne va surtout pas le voir Quentin.
          Tu sais pourquoi ?
          Parce que Mungiu, son film, il ne l’a pas fait pour toi.

          • #157244 Répondre
            Quentin
            Invité

            Bah du coup je vais plus rien à voir alors ça fait suer

            • #157290 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Avec de tels aprioris tu ferais bien d’attendre l’avis de Bégaudeau.
              Comme je suppose qu’il ne doit pas être à l’aise avec ce cinéaste, qu’il n’en dira rien ou pas grand-chose, je serais toi je m’épargnerais un film ou tu ne vas pas savoir quoi penser.

              • #157315 Répondre
                Quentin
                Invité

                Non au contraire, j’ai très envie de me faire mon propre avis – que je développerai certainement très mal – puis de la comparer. Je ne suis pas d’accord avec Begaudeau systématiquement mais je lui reconnais une aisance pour s’expliquer que je trouve admirable. Pareil pour toi d’ailleurs, simplement tu passes trop souvent plus de temps à t’en prendre à nous qu’à développer tes propres idées ou ressentis. Quel gachis !
                Tu es un membre important qui pousse ceux qui le veulent bien à faire face à un avis contraire, plutôt bien construit, je trouve ça engageant ! Des fois relou aussi quand même
                De nx merci p’titekekette mais j’irai voir le film, aurai un avis, le partagerai ici, et le reste on verra. L’as tu vu ?

                • #157324 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Comme d’haaitude Belkeket émet du vent sur du vent, mais Quentin pourquoi engager une discussion sur un film pas vu qu’on craint de voir tant qu’on l’a pas vu sachant que quand même on le verrait bien?
                  On ira voir le Munigiu, ce qui est la meilleure manière de le VOIR, et l’ayant vu, d’en parler le plus précisément possible.
                  Mungiu est une sorte de réactionnaire comme il y en a tant, ça n’empeche pas que certains de ses films se regardent ; et en même temps ça les empeche. Spécifier le degré d’empechement esthétique, pourrait etre, en l’espèce, notre tache critique. A moins que le film nous dispose à d’autres mots.
                  Le Tout va bien de rentrée, deuxième semaine de septembre, reviendra rapidement sur Soudain, et traitera le Mungiu et le Harari (vu aucun des deux)

                  • #157336 Répondre
                    Quentin
                    Invité

                    Parce que c’est même tâche de critique fait partie de la réalité. On a envie d’apprécier le prochain film où figure une actrice fetiche ou réaliser par un cinéaste prometteur, comme on voulait que l’Odyssee de Nolan soit aussi plat et superficiel qu’il l’est finalement.
                    Parce qu’on aime être surpris autant qu’on aime la confirmation. Je pense.

                    J’ai le petit rituel d’aller voir au cinéma toutes les Palmes d’Or depuis Parasites et je pars toujours avec des a priori. Je suis parfois déçu aussi, mais ça vaut le coup. J’espère simplement que les idées réacs de Mungiu, dont je ne suis pas du tout familier, vont me faire parler ! J’espère aussi que je serai toujours autant subjuguer par le jeu d’actrice de Reinate. Enfin, j’ai hâte d’écouter le Microciné parce que si je suis pas d’accord avec toi je m’imaginerai les meilleurs arguments oour te contredire – chose que tu n’accepterais pas évidemment 😂

                    • #157337 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      Ya aussi que j’aime bien dans Microciné les analyses de Samir et toi qui me permettent de voir encore plus loin dans le film. Stimulation intellectuelle dont je suis friand

                      • #157403 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        « Mungiu est une sorte de réactionnaire comme il y en a tant »
                        Peut-être.
                        Et tu as vu ça dès le premier film que tu as vu de lui ?
                        Sinon lequel en particulier ?

                      • #157423 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Est-ce dans RMN la figure symbolique de l’ours à la fin, à titre d’exemple, que tu questionnes ?

                  • #157481 Répondre
                    Benoît
                    Invité

                    Hello François,

                    Content de pouvoir t’entendre sur le Mungiu à la rentrée ! Surtout après la critique de Moreno que je viens de lire sur Frustration. Qui confirme qu’on voit les mêmes films, mais qu’on ne regarde pas les mêmes choses dedans, ou pour mieux le dire, qu’on préfère voir des choses pour mieux en laisser de côté d’autres, selon ce qui nous arrange. Et au fond, c’est peut-être bien normal.

                    Malgré tout, je trouve que les critiques ne se mettent pas assez en danger eux-mêmes sur ce film. J’ai l’impression que ce film pourrait ouvrir une porte – comme dans Psychologies – qui nous embarquerait dans l’analyse de nos propres affects. Sans s’épargner les conclusions qu’on pourrait donner au film. Mais est-ce vraiment possible ?

                    De mon côté, je trouve que le film vaut beaucoup mieux qu’un épisode de Borgen, c’est-à-dire qu’un film centriste. Et qu’à crier au centrisme – peut-être pour compenser le succès d’estime d’une palme d’or et son possible succès public, et éviter de prendre le risque, même minime, de passer pour un réac – on passe à côté de la matière du film en insistant sur le scénario/ voire les intentions, voire les intentions supposées – à moins qu’une intention soit toujours supposée ? – qui certes, peuvent être aussi une matière à penser.

                    Je me demande si la force du film ne se situe pas finalement ici, sur ce face à face/cette tension, entre :
                    1. Des intentions qu’on suppose sans cesse au cinéaste.
                    Et qu’il faudrait plutôt supposer à nous-mêmes, pris que nous sommes dans nos affects moraux et politiques, à s’empresser justement de juger les scènes, avec plus ou moins de bonheur. Le sentiment dans la première heure du film d’être parfois comme un enfant démuni face à des injustices, mais aussi comme un enquêteur. À la source de ce sentiment, on peut mettre en cause des omissions scénaristiques que d’aucuns jugeraient malines, pour nous mettre comme en porte à faux, c’est-à-dire pour nous mener en bateau : nature des bleus sur les enfants à élucider ; hors-champ sur la vie familiale ; paroles des enfants absentées ou coupées dans la scène. Mais on peut aussi trouver ces omissions comme une manière de nous mettre à disposition de la scène et du film. Question de sensibilité sans doute. A ce titre, je trouve que certaines scènes d’interrogatoires sont par exemple coupées trop tôt et d’autres non.
                    2. La chimie de la scène qui dépasse ces intentions.
                    J’ai, par exemple, adoré le jeu des mains dans ce film : main du père de Noora qui rentre dans la chambre de sa fille et la tapote sur le dos ; main de ce même proviseur qui aime glisser sur l’épaule des ados, comme autant de petits gestes de réconforts, mais que j’ai trouvé intrusifs – détestant adolescent être touché ainsi ; main de Noora qui se tranche les veines ; mains plombées de Elia et Emmanuel, toujours le long du corps, comme attirées vers le sol ; main « innocente » de leur père qui pianote un chant chrétien dans un réfectoire scolaire etc.

                    Dans cette continuité, je trouve que le film me met dans une disposition idéale, surtout par ses cadres, pour juger – si j’en ai l’envie – des micro-gestes qui ont cours dans la vie quotidienne. Des « mini-violences » rendues un peu plus concrètes. Par exemple quand le père de Noora, proviseur, donne l’injonction à sa fille, au début du film, de se séparer en classe de sa meilleure amie pour mettre cette adolescente roumaine qui vient d’arriver. Ou par exemple, servir du thé à des invités qui veulent vous enlever vos enfants.

                    Enfin, je trouve que le film est finalement assez clair dans sa conclusion et dans les rapports de forces entre les scènes : sans les parents, en dehors de la famille et de l’école, les enfants sont heureux entre eux. Cette évasion de nuit sur un bateau est la seule scène véritablement joyeuse du film. Et l’amour chrétien, de cette marche sur l’eau en toute fin, vient le re-signifiait dans un dernier geste : ces ados, portés par l’amour qu’ils se portent entre eux, suffiraient à faire un monde, émancipé de l’oppression, des carcans.

                    Ici, ces carcans sont clairs : la famille (les parents de Noora qui ne voient pas les tendances suicidaires de leur fille, même si on ne peut pas supposer totalement que cette famille soit à l’origine de ces maux, dans tout les cas cette famille est ici dans l’incapacité de la protéger), religieux (la famille des Gheorghiu qui frappent leurs enfants – la mère avoue clairement au tribunal leur donner des gifles dans les dialogues qui suivent le mime qu’elle fait d’une scène qu’on cherche à élucider, et qui est en fait secondaire), mais aussi carcans de l’institution scolaire, et surtout judiciaire (la conclusion de la scène de tribunal montre bien que c’est une farce boutiquière, puisque, contre toute attente, il semble que la garde des enfants soit négociée, non au prix de la vérité, mais en loosedé, en fin de séance, entre les parties prenantes, comme on marchande en brocante).

                    Bien sûr, il existe des compensations à l’intérieur de ces carcans, une communauté religieuse solidaire, des signalements faits à l’école qui ont pu sauver des enfants de violences corporelles. Mais ces éléments me semble tout à fait secondaires, voire discursifs, par rapport aux scènes effectives. Est-ce là un point contre le film qui passerait à côté d’une analyse structurelle pour se replier sur le fait divers ? Bref, fait divers vs analyse des structure ? Ou au contraire est-ce que ce fait divers est vraiment à même d’éclairer les structures ?

                    Dans son article, Moreno écrit : « C’est en premier lieu la faute à un refus catégorique du conflit, né d’une absence de point de vue adoptée sur la situation, qui débouche logiquement sur un imaginaire fascisant : une bonne partie du film se déroule au tribunal, que le film transforme aisément en scène où se partagent tour à tour des opinions inébranlables, sans possibilité de friction et de progrès, puisque Fjord a œuvré à supprimer toute preuve concrète. »

                    Il y aurait à redire sur l’ambition d’un tribunal qui permettrait friction et progrès… Malgré tout, je pense qu’il faudrait clarifier un autre point . C’est ce « point de vue vs absence de point de vue » qui est toujours un sacré bordel, et que tu as pu aborder une ou deux fois, mais sans insistance dans tes critiques.
                    En gros, l’absence de point vue d’un cinéaste sur ce qu’il filme peut être une force – nous laissant juge de regarder ce que l’on voit à l’écran, comme un geste d’émancipation du regard – alors que tant de films martèlent justement un point de vue… Pour autant, on peut arguer ici, que la volonté d’un cinéaste qui voudrait défendre une « absence de vue » est en soi un « point de vue « qui peut se confondre in fine avec un centrisme mou, en mode « balle au centre, ça joue ». Et comme pour compenser l’énergie du film, j’ai l’impression que les critiques prennent trop de plaisir à se lover dans leur point de vue, qu’ils veulent aussi tranchés que possible.

                    Désolé si ma réflexion est un peu décousue.

                    • #157491 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      Totalement d’accord.
                      Certainement que la force du film reside dans ce qu’il vient bousculer chez son spectateur, principalement autour des valeurs.
                      Finalement pendant tout le film je me suis senti énervé, agaçé, excité par l’absurdité des personnages. Aucun des adultes dans le film ne vient réellement interroger les enfants afin de savoir ce que eux veulent vraiment.
                      Les valeurs sont sans cesse bousculées, mises à nu pour frustrer le spectateur.
                      Les plans sont souvent rapprochés, les séquences accélérés et parfois coupée rapidement, ce qui exacerbe l’impuissance des personnages, tous trop mués par la certitude que leurs valeurs sont les bonnes.
                      À la rigueur, la voisine avocate vient représenter un semblant de justice, elle qui accompagne sa belle filleà la fin du film, ou qui clame vouloir continuer de défendre les minorités.

                      Enfin, étant moi même un salarié dans la protection de l’enfance, ça m’a permis de réfléchir bien plus profondément sur mes valeurs et ma profession. J’aimerais parler de ce film en formation, tant c’est une preuve de la maltraitance, de la fermeture d’esprit des institutions sur ce qui n’est pas la norme en vigueur. J’en profite aussi, Benoît, pour ajouter qu’il existe les « douces violences » qui viennent définir ce que tu appelais des mini violences.

                      Finalement, j’en retiens un film qui permet de se remettre en question, autant à gauche, qu’à droite, en tant que libéral ou conservateur. Enfin, tous les systèmes sont critiquables et je trouve que c’est ici fait de manière ingénieuse.

                      Pas mal aimé l’humour, quoique subtil. Le drapeau de la Norvège qui se déploie alors que la famille immigrée subir des lois discriminantes, la fille des voisins qui se met constamment en danger et ne respecte pas ses parents, alors que ces derniers reprochent l’éducation de leurs voisins.

                      • #157502 Répondre
                        Benoît
                        Invité

                        j’ai trouvé les cadres plutôt larges et pas si rapprochés

                      • #157506 Répondre
                        Quentin
                        Invité

                        Nan mais je m’exprime vraiment mal techniquement
                        En fait c’est l’impression quee cadre est toujours fermé. Ya un sentiment d’oppression, de manque d’ouverture malgré le paysage .

                        Un autre point qui m’a pas forcément de lien mais les avalanches qui m’étonnent plus personne font penser aux nombreux cas d maltraitance banalisés par les habitants norvégiens, tant ils font partis de la norme.

                        Aussi la voisine avocate est elle même immigrée, de Suède

                        Enfin la place du viel homme est intéressante. Il ne parle qu’avec Renate, n’est jamais vraiment écouté finalement et traiter comme un objet, de la même manière que le sont les enfants qui subissent le traitement des parents, selon leurs croyances/valeurs

                      • #157511 Répondre
                        Benoît
                        Invité

                        oui cette idée d’avalanches répétées est vraiment super, une espèce d’anti snow therapy haha

                      • #157538 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Je n’ai pas vu ce film là, mais il y a chez Mungiu, une façon de nous placer sur un plan de pure immanence. À savoir que plus rien ne transcende la diversité des points de vues, si bien que les valeurs sont ramenées à de l’intersubjectivité, sans qu’un principe de raison ne domine, sinon celui omniprésent de l’état-nation, sans même que les représentants de ces valeurs et de cet état soient eux-mêmes vraiment capables de les exprimer et les soutenir ces valeurs. C’est plutôt qu’ils les portent comme un héritage, comme un pattern, sans même s’en distancier par l’interrogation et la confrontation avec d’autres modalités culturelles.
                        Après y a-t-il chez Mungiu un aspect un peu démonstratif et somme toute plutôt stérile ? Ça se discute. Selon les films.
                        En le voyant en entretien chez PDH, il m’a donné l’impression, soit d’un séminariste jésuite, soit d’un animateur de séance chez les Alcooliques Anonymes.
                        En attendant il sait filmer le mec. C’est le moins qu’on puisse dire.
                        Le moins en attendant Godot. Qui lui, nous en dira plus.
                        On attendra le TVB pour connaître… la vérité sur Mungiu.

                    • #157656 Répondre
                      Martini
                      Invité

                      Entièrement d’accord avec toi Benoît. Fjord est pour moi un film pour les enfants, contre la domination adulte, dans toutes ses manifestations. Je suis d’ailleurs frappé d’entendre nombre de critiques parler d’un affrontement entre « deux camps », comme s’il n’y en avait pas un troisième, celui des enfants (qui ne semblent constituer pour ces critiques que l’enjeu de la lutte), aux intérêts propres et à l’existence autonome. Etrange aussi de lire si souvent que le film dépeindrait un affrontement entre « conservateurs » et « progressistes », comme s’il n’était qu’affaire d’idéologies ou de morales, et non d’incarnations de ces idéologies et de ces morales par des entités spécifiques, à savoir la famille et l’Etat (dès lors, ce n’est pas le progressisme qui est attaqué par Mungiu, c’est ce que l’Etat en fait).

                      • #157739 Répondre
                        Benoit
                        Invité

                        Oui, même si j’aurais aimé voir un peu plus ces enfants à l’écran !
                        Mais j’attends les lumières de François sur cette notion de « point de vue » qui dans le champ critique mais aussi dans les commissions de financements sur scénario, est utilisé sans arrêt, et j’ai l’impression qu’il y a une embrouille autour de cette expression, que j’ai essayé de déplier très légèrement dans mon message. En particulier chez des cinéastes comme Haneke, Franco etc même si Mungiu est pas au niveau de ceux là et apparaît quand même plus binaire.

    • #157286 Répondre
      Bernard
      Invité

      Fjord va mettre tous les politomanes en PLS

    • #157330 Répondre
      Urdanivia
      Invité

      En tous cas pour lui tout le monde va en parler et c’est le film de l’année(même s’il reste 4 mois avant 2027):

    • #157331 Répondre
      Urdanivia
      Invité

      + un « entretien »:

    • #157332 Répondre
      Godot le bègue
      Invité

      Enregistrement clandestin effectué grâce à la technologie utilisée par la DGSE.
      *
      Emmanuel Burdeau :
      Ce qui me frappe d’abord dans Fjord, c’est cette sensation de froid qui n’est pas seulement climatique, mais existentielle. Mungiu a réussi à filmer le silence comme une menace. On sent, à travers le visage dévasté de Renate Reinsve, cette lente agonie d’une cellule familiale qui se fragmente. Il y a une beauté presque cruelle dans ces paysages norvégiens : une immensité qui souligne l’impuissance des parents. C’est un film sur le déracinement, où le droit devient une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas. Le malaise est là, certes, mais c’est un malaise fertile, celui qui nous force à regarder notre propre incapacité à comprendre l’Autre.
      François Bégaudeau :
      Justement, Emmanuel, ce « malaise » me semble être le produit d’une mise en scène très calibrée pour le circuit des festivals. Ce que Mungiu filme ici, ce n’est pas tant « l’Autre » que le choc frontal entre deux modèles de domination. D’un côté, un conservatisme religieux roumain, presque archaïque, et de l’autre, l’hégémonie d’un État-providence norvégien qui s’est octroyé le monopole de la définition de la « normalité » parentale. Le film nous présente cela comme un dilemme moral, alors qu’il s’agit d’une question de pouvoir. La Norvège ne sauve pas des enfants : elle colonise l’intimité d’une famille périphérique pour valider sa propre supériorité morale. Le tribunal n’est pas un lieu de droit, c’est une machine à broyer les singularités culturelles au nom d’un progressisme standardisé.
      Emmanuel Burdeau :
      Je ne pense pas que Mungiu cherche à faire un traité de sociologie. Il est dans la chair, dans le tremblement d’une main, dans le regard d’un enfant. On ne peut pas tout réduire à un rapport de force. Il y a une tragédie shakespearienne dans ce couple qui, en voulant protéger ses enfants selon ses propres codes, finit par les perdre. Le film nous place dans une position inconfortable, car il refuse de nous donner un « bon » camp. On compatit avec des parents dont les méthodes sont condamnables, et on redoute une institution dont les intentions sont louables. C’est là que réside la force du cinéma : dans cette zone d’ombre où la raison ne suffit plus.
      François Bégaudeau :
      Mais c’est précisément là que je tique. En refusant de trancher, en installant ce « gris » permanent, Mungiu évacue la question politique pour se réfugier dans l’esthétique. La photographie est superbe, certes, mais à quoi sert cette beauté froide, sinon à anesthésier la violence réelle du dispositif ? Le film nous demande d’être « inconfortables », mais c’est un inconfort bourgeois, un inconfort de spectateur qui s’amuse à peser le pour et le contre d’une injustice institutionnelle depuis le confort d’une salle obscure. Le vrai drame n’est pas dans le « choix » entre deux valeurs, mais dans la violence d’un système qui considère que le parent roumain est, par définition, suspect.
      Emmanuel Burdeau :
      Peut-être, mais n’est-ce pas là l’essence même de l’art ? Ne pas apporter de réponse, mais poser la question avec une telle justesse plastique que le spectateur est obligé de se confronter à sa propre ambiguïté ? Le jeu de Sebastian Stan, cette vulnérabilité masculine presque pathétique, nous dit quelque chose de l’effondrement d’un monde. Ce n’est pas une analyse, c’est un ressenti. Et c’est ce ressenti qui, je crois, rend le film nécessaire.
      François Bégaudeau :
      Je dirais plutôt qu’il est efficace. Très efficace. Mais je préférerais un film qui, au lieu de nous montrer le tremblement des mains, nous montrerait la structure du mur qui les empêche de se toucher. Fjord est un film sur la mélancolie de la perte, alors qu’il devrait être un film sur la mécanique de l’exclusion.

      • #157366 Répondre
        Dwl
        Invité

        il bug complètement ton enregistreur

      • #157387 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        François Bégaudeau :
        « La Norvège ne sauve pas des enfants : elle colonise l’intimité d’une famille périphérique pour valider sa propre supériorité morale. Le tribunal n’est pas un lieu de droit, c’est une machine à broyer les singularités culturelles au nom d’un progressisme standardisé. »
        On ne comprend pas qui dit ça, si c’est toi contre Mungiu c’est bidon, si c’est Mungiu qui montre ça alors c’est parfait, parce que c’est exactement ce qu’il veut dire.
        .
        « Justement, Emmanuel, ce « malaise » me semble être le produit d’une mise en scène très calibrée pour le circuit des festivals. »
        Démagogie chimiquement pure.
        Si vraiment Mungiu est un cinéaste calculateur, mais que tout fonctionne au poil près et que le monde du cinéma a suivi, donc de deux choses l’une.
        1) soit le dispositif qu’il a mis en place pour séduire les festivaliers fonctionne parce qu’il est cinématographiquement exceptionnel. Donc en définitive il ne sert à rien de parler d’une mise en scène calibrée parce que celle-ci in fine, fonctionne et artistiquement et sociologiquement.
        2) le dispositif s’avère tape à l’œil ou du moins assez creux derrière une façade tout juste bonne à platement séduire les festivaliers, alors là en revanche, tous se sont faits avoir. Sauf quelques-uns comme Bégaudeau par exemple.
        Quoi qu’il en soit, il suffit d’avoir vu quelques films de Mungiu pour s’apercevoir que ces films sont très précisément, à l’épreuve de la politimanie.
        Comme quoi, nombreux sont ceux qui, sans la petite morale de gauche triomphante.
        Sont tout simplement PAUMÉS…

    • #157361 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Je remets ici ma question tombée dans les oubliettes du topic « Pour qui voter? »

      Une comédie sur Macron portée par Lafitte – dont j’avais bien aimé L’Origine du monde – j’aurais beaucoup donné pour voir ça. A chaque fois que je vois ce crétin satisfait qui nous sert de Président, je me dis qu’on a affaire à OSS 117 fait homme. Peux-tu en dire plus sur le ton du film ou l’intrigue ou bien es-tu tenu au secret par un document? Comme ça je vois bien quelque-chose entre OSS et Quai d’Orsay.

      • #157365 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        oui il y avait clairement un coté OSS
        mais je l’avais aussi transformé en ado attardé
        Brigitte était non plus sa compagne mais sa mère, bien sur omniprésente (leur rituel commun. était, chaque samedi soir, de regarder The voice)
        de sorte qu’une papesse du people, suivez mon regard, s’astreignait à lui coller une compagne qui puisse faire première dame, à renfort de publi-reportages plus ou moins bidonnés
        ensuite le gars se prenait un gros mouvement social dans la gueule, auquel il ne comprenait rien, et pour qu’il comprenne mieux, on lui faisait venir un gauchiste à l’Elysée pour lui expliquer les rudiments de la pensée sociale, ca donnait des scènes

        • #157376 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          J’imagine Lordon accepter cette mission par curiosité tout en s’assurant par coquetterie que personne ne soit au courant. (Le #LordonGate étant par la suite inévitable.)

          • #157386 Répondre
            Tony
            Invité

            On sent que K n’apprécie pas beaucoup Lordon pour imaginer ce genre de truc,on est pas étonné.

            • #157427 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Bah non, c’est juste que tu es un gauchiste coincé, Tony. Ça me faisait juste rire d’imaginer les policiers de l’Élysée exfiltrer Lordon car c’est cocasse.

              • #157430 Répondre
                Mathieu
                Invité

                A l’époque des Gilets Jaunes, Lordon avait reçu une invitation de Macron à venir débattre avec lui et d’autres intellectuels, organiques ou vaguement hétérodoxes. Invitation qu’il avait évidemment décliné et l’avait fait savoir en conférence à la Bourse du Travail, me semble t-il.
                Trop radical, Lordon. Donc trop improbable dans le scénario en question. Non, j’aurais plutôt vu un simili Thomas Porcher ou un simili Thomas Guénolé accepter la mission. Un type de gauche mais qui reste dans le moule science-po/ENA quoi. D’ailleurs François, tu ne termines pas ta phrase: « ça donnait des scènes… »

    • #157483 Répondre
      KDB
      Invité

      Je viens de voir l’interview de Mungiu par PDH… Que c’est laborieux et confus. On a droit à la nature humaine, l’enfant innocent, mettre un cadre à un gosse c’est important… Alors j’irai sans doute voir le film en essayant de me laver les yeux pour ne pas lire ça dans chaque plan et les laisser parler, mais j’ai peur: de ne pas y arriver – que le film n’arrive pas par sa puissance propre à faire valoir autre chose qu’une forme de discours du type: « l’accueil c’est difficile, ça serait bien, mais comprenez la nature humaine, c’est complexe et indécidable ».
      Bref que ce film ne soit pas aussi bête que la page du forum ouverte – par des gens de droite – sur les valeurs de gauche.

      • #157485 Répondre
        Benoît
        Invité

        Lu/vu aucun interview de Mungiu, mais est-ce que « la nature humaine, c’est complexe et indécidable » c’est pas ça, qui est intéressant aussi ? Voire que le propre de l’art, c’est de nous mettre face à des formes d’indécisions ? Il y a un comme espace de liberté là-dedans. Qu’il ne faudrait pas confondre avec un « il faut « nuancer » en mode « éloge de la complexité » pour défendre des intérêts. Bien sûr, c’est pas avec la force des indécisions qu’on descend dans la rue, qu’en engage une lutte sociale, un rapport de force. Mais en art, formellement, ce peut être inversement le cas j’ai l’impression ? En tout cas, quand Mungiu fait son film, il décide quand même de tout un tas de chose, par exemple, un cadre et une durée, mais où se joue aussi une forme d’indécision.

        • #157493 Répondre
          Quentin
          Invité

          Je te rejoins Benoît. J’ai pas non plus li ou vu les itw, et je partais moi-même avec une certaine appréhension pour au final être très agréablement surpris par la mise en scène de son propos. L’enfant n’est pas totalement innocent, l’accueil est rendu difficile de façon absurde, l’humain se complexifie la vie. J’en retiens ça

        • #157495 Répondre
          KdB
          Invité

          Non, je pense qu’on a rien à apprendre de la nature humaine. Qu’on a à apprendre des dispositifs sociaux et des passions qui s’y machinent. Mais là nature a peu à voir avec ça.
          Et d’accord avec le thème begaudien (pas que) sur le fait de voir les scènes sans lunettes morales, mais l’interview donne du grain à moudre aux « politimanes ». C’est pour ça que je me sens con d’avoir vu l’interview qui me place dans cette position.
          Et pour ce qui est des choix de Mungiu, il a des takes catastrophique sur la vérité du plan séquence qui est la mise en scène du réel puisque la réalité est « sans montage ». Mais encore une fois, parfois les œuvres disent plus et mieux que leurs auteurs.

          • #157498 Répondre
            Benoît
            Invité

            oui, je te rejoins. J’entendais dans nature humaine, dans ma tête, quelque chose de plus large en effet, que son acception commune qui est celle que tu décris – et qu’on met en opposition à ce que tu dis, que j’englobais aussi bêtement dans mon message, par manque de précision.

            • #157557 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Mais la question est de savoir ce que nature humaine signifie dans l’esprit de Mungiu.
              La réponse est sans aucun doute dans la figure symbolique de l’ours dans RMN.
              Nature humaine pour Mungiu n’est pas l’équivalent d’un discours rationnel, encore moins une construction.
              C’est plutôt une attitude ou un pattern face à l’histoire, aux événements.

              • #157561 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Dire que nous n’avons a apprendre que des dispositifs sociaux, est éradiquer tout aspect métaphysique. Ce que la gauche sait très bien faire à l’aide de la bourgeoisie bien sûr. Pour cela elle se valent très bien.

          • #157510 Répondre
            Quentin
            Invité

            Je comprends pas

            • #157537 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              comme on couperait court à un apero en disant « on passe à table? », je dis : on passe au film?

              • #157558 Répondre
                Benoit
                Invité

                Voir messages plus haut ^^

                • #157570 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  « comme on couperait court à un apero en disant « on passe à table? », je dis : on passe au film? »
                  Hyper autoritaire le mec.

              • #157562 Répondre
                KdB
                Invité

                On l’enlèvera pas le fait que les Monster Munch proposées pour l’occasion étaient pas de première fraîcheur.

                • #157571 Répondre
                  Quentin
                  Invité

                  Ouai puis yavait plus que ça à grignoter et je crois qu’on a assez bu

      • #157527 Répondre
        Dwl
        Invité

        Toute la séquence où il parle de manipulation, de plan séquence, de vérité : très très drôle

    • #157552 Répondre
      martin
      Invité

      Pour ceux qui ont vu Fjord il y a une scène où le personnage marque explicitement son athéisme sa non adhésion à l’éducation religieuse des parents. J’ai lu des critiques en parler. Or j’ai pas le souvenir d’une scène de ce type.

    • #157617 Répondre
      Tony
      Invité

      Le destin de Soudain sera peut-être d’être projeté dans des séminaires d’entreprise, l’analyse de ce consultant le laisse craindre
      https://www.sensduclient.com/2026/08/les-lecons-du-film-soudain-pour-la-relation-client.html

      • #157636 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Comme disent les vieux, si ça fait pas de bien, ça fera pas de mal.
        Et plus sérieusement, ne peut-on imputer qu’à ses supposées limites le fait que ce film inspire et allume, ici ou là, des foyers de réflexion ?
        Et si, à titre exceptionnel et dérogatoire, c’était là un stigmate de génie?

      • #157637 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Ça me donne l’occasion d’ajouter mon grain de sel à ce qui a été dit plus haut, je l’ai vu hier.

        Tout film qui traite de bienveillance et de soin apporté à des personnes en détresse peut toujours être retourné comme un tutoriel de management. Ça ne vaut pas disqualification à soi seul et encore moins ici : notre ami de Sens Client se garde bien de retranscrire les 20 min de tutoriel sur l’autodestruction du capitalisme contenues dans le film (j’y reviendrai). Il se garde bien de beaucoup d’autres choses. J’ai moi aussi été gêné dans un premier temps par la bienveillance presque caricaturale qu’on voit se déployer dans l’EHPAD. Sauf que le film montre bien, et je trouve que cela fait partie des « bons » passages didactiques, à quel point et pourquoi cet excès de bienveillance est requis par la désorientation même des patients. Une désorientation qui n’est pas une vue de l’esprit, qui est l’effet d’un « corps qui dicte sa loi ». Le caractère spécieux de la bienveillance excessive qu’on peut trouver dans le management contemporain est précisément d’en venir à considérer tout salarié, tout être humain, comme un patient Alzheimer qui s’ignore. Comme un désorienté profond, dont le champ de vision bute à un mètre, et qui, même s’il ne le sait pas, même s’il crie le contraire, réclame une assistance médicale sur-mesure. Le film est loin de fabriquer ce niveau d’amalgame.
        .
        Par delà les critiques que je ferai plus bas, Soudain a manqué d’un cheveu d’être le premier film de ma vie à me faire pleurer en salle. Tout simplement, c’est comme ça.

        Dès l’instant où l’on apprend le cancer de Mary-Lou se pose la question de sa mort à la fin du film, et de tous les écueils possibles de cette situation — l’inévitable ratage d’un tire-larme annoncé. Réussir alors ce que fait Hamaguchi de ce personnage, la sublime décence, la lumineuse pudeur avec laquelle il accompagne Mary-Lou vers et au-delà de la mort est tout ce qui distingue un grand artiste du random tocard. Même vidé de tous ses passages critiques, aucun pubard ou blogueur en management positif n’aurai pu réaliser le huitième d’un film comme Soudain. C’est aussi l’exemple même d’un film où peut devenir abyssale la différence entre sa réduction textuelle sommaire et sa facture concrète à l’écran.

        Pudeur aussi, au passage, du traitement de Tomoki, dont j’apprends qu’il s’agit d’un acteur (j’ai vraiment eu un doute). Grande retenue du cadrage, qui se justifierait tout autant du fait qu’il s’agisse d’un acteur que dans le cas contraire.
        .
        Je reconnais que le film prête le flan à la réduction. Les changements dans les régimes de dialogue sont étonnants, y compris jusqu’au ratage. Les passages de discours managérial ne me gênent pas lorsque la situation (managériale) les exige : leur caractère formel tendance mielleux sont même plutôt crédibles en comparaison de certaines scènes forcées du Mal n’existe pas (je pense à la réunion Skype avec le PDG dans sa voiture). Il me semble néanmoins qu’on sous-estime les très nombreux éléments explicites ou implicites qui viennent contredire ce discours (jusqu’à provoquer le départ d’infirmières, le recul de la « réforme », les raisons qui poussent Marie dans cette posture théorique/procédurale, etc…).

        Le film prend tellement le temps de faire autre chose que discourir et palabrer que je ne critiquerai pas la seule présence de passages didactiques, qui pourtant transforment un régime de discours assez naturel (même lorsqu’il est managérial « en situation ») en une sorte de cours qui déroule son programme — dont le contenu est par ailleurs loin d’être si con ; même tout un tas de principes de « l’humanitude » n’ont rien de cons en eux-même. Ça passe, mais ça casse dans la longue scène du paperboard sur le capitalisme. A posteriori je peux trouver intéressant, culotté voire malicieux de traiter sur un même mode managérial de « l’humanitude » et de l’autodestruction du capitalisme. Mais premièrement je ne crois pas du tout à cette scène, deuxièmement elle me sort du film (ce que n’avait pas fait la longue scène de discussion à pied à la sortie du théâtre; je note aussi que trois personnes sur vingt sont physiquement sorties de la salle), et troisièmement elle finit par rattraper mon intérêt pour de mauvaises raisons. Je veux dire par là en un mot que la théorie que Mary-Lou mobilise dans son graphique est critiquable politiquement : s’y joue un mélange d’opposition rural-urbain à la Guilluy-Fourquet dont on sait bien le vaseux (dans les faits statistiques, sans même parler du reste), et l’acception dominante du terme « démocratie » sur laquelle on a déjà tant parlé même ici. Un minimum d’analyse de classe manque. La présence du mot « Marx » dans le film ou celle des propriétaires-actionnaires en visio ne rattrape pas cela.

        Il n’empêche que par delà ces défauts de didactisme, le film est loin d’être si dénué d’intérêt politique. Alors même que je ne découvre pas ces considérations sur l’abolition intérieur-extérieur à propos des « asiles », son dépliage de ces enjeux m’a beaucoup intéressé. Resteraient sans doute des critiques à faire sur les effets anti-documentaires que peuvent aussi produire cette soustraction de ce que le réel (ici de cet établissement) doit avoir d’assourdissant et de tumultueux, dans le comportement même des malades. De ce point de vue le film n’est pas neutre mais cela fait partie de son geste politique. Un geste qu’on ne pourrait qualifier de « purement bourgeois » que si l’on ne le considérait que sous l’angle d’une simple anesthésie. An-esthésie, privation ou affaiblissement de la sensibilité : soit le contraire du film.
        .
        Aucun de ses défauts de ne me fera oublier certaines scènes avant un bon moment. Pas avant Alzheimer.

        • #157642 Répondre
          Tony
          Invité

          N’était-il pas possible pour un film qui dure 3h15 de passer un peu de temps avec ces personnes atteintes d’Alzheimer,qu’on les voit un peu vivre et interragir,qu’on puisse les voir autrement que comme des malades ou des morts en devenir c’est trop demander? C’est trop demander qu’Efira ne soit pas de tous les plans?

          • #157695 Répondre
            Tony
            Invité

            @IGY sur le substack de Burdeau j’ai vu ce commentaire intéressant et marrant je le recopie

            Super critique, merci, merci, merci à Emmanuel Burdeau.

            S’agissant de parachutage — personnellement, je vois Marie-Lou comme une parachutée, et le film n’est pas loin, je trouve, de le dénoncer aussi, à tout le moins de ne pas le camoufler complètement. Cela se passe bien sûr dans le conflit avec l’infirmière en chef. Dans les réunions, la façon dont le point de vue de la direction est exposé, les doléances des un.e.s et des autres brièvement écoutées, la réunion close, merci et à la prochaine fois. À ce moment-là, dans la salle, une voisine de rangée, quelques fauteuils plus loin, s’est mise à rire et n’a plus pu s’arrêter. J’ai eu le sentiment qu’elle avait elle aussi ressenti la violence de ça, elle est d’ailleurs partie avant la fin. Plus tard, encore, quand une aide-soignante qui a perdu son logement demande à pouvoir bénéficier du logement sur place. Accordé. En échange de quoi elle sera plus corvéable que les autres.

            Marie-Lou est la directrice de l’établissement, elle impose la méthode, de la même façon que le cinéaste l’a imposée à tous les membres de son équipe.

            Alors oui, est-ce que dans un monde idéal on aimerait que les barrières s’estompent entre le privé et le professionnel ? S’agissant du monde très dur des Ehpad, des institutions de soin en général, ça me paraît difficile à imposer. Et contrairement à ce qu’affirme le film, c’est une question de budget. Quand une personne est amenée à devoir à elle seule donner à manger à une dizaine d’Alzheimer et puis à les mettre au lit, c’est vraiment très compliqué. Qui plus est quand elle est sous-payée et qu’elle n’a jamais bénéficié que de quelques semaines de formation. Je suis amenée à beaucoup fréquenter un Ehpad en Belgique, la situation est la même qu’ici. Ce sont des métiers très durs.

            Alors, oui, il y a des choses là, dans le film, dans ce qui est expliqué de l’Humanitude, dans le rapport aux pensionnaires, sur la démence, qui méritent d’être entendues dans les Ehpad et qui pourraient faire partie de la formation du personnel soignant.

            Cependant, je ne pense pas que je me risquerais personnellement à leur conseiller d’aller voir le film. Je me demande si ce n’est pas trop caricatural. Ca glisse allègrement sur tous les aspects les plus trash du métier.

            Je me souviens d’une aide-soignante en hôpital qui se fâche sur ma mère et qui lui dit : si vous continuez comme ça, je ne m’occupe plus de vous. Ma mère la frappait alors qu’elle la poussait sur le lit et la déculottait. Ma mère était outrée, et l’aide-soignante aussi. Il a fallu du temps, beaucoup de présence, pour faire comprendre ce qui pouvait se passer dans la tête de ma mère.

            Enfin, à mes yeux, y un truc autrement insupportable : le jeu de Virginie Efira, dont le texte, il faut bien le dire, ressemble souvent à celui d’une brochure Ehpad.

            Cela se voit particulièrement bien dans la bande-annonce.

            Et je n’ai été voir le film que parce qu’il faisait très chaud.

            Sans regret finalement.

            • #157745 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              (je réalise que j’ai inversé les prénoms Marie-Lou et Mari…)

              Le parachutage n’est pas flagrant, et le film donne des détails sur processus qui a mené Marie-Lou à devenir directrice. Un « parachutage » digne de ce nom, c’est pour moi a minima soit 1/ quelqu’un qui vient d’une autre boîte — voire carrément d’un autre secteur d’activité — et qui prend la direction (ce qui arrive assez souvent dans les hauts postes de direction CAC40 &co, comme on sait), ou 2/ quelqu’un qui travaille dans un certain service d’une boîte et qui se retrouve placé directeur d’un autre service assez différent dans lequel il n’a presque pas d’expérience. Marie n’est véritablement dans aucun de ces deux cas. Elle a eu une promotion rapide due à la fois à un concours de circonstance (une personne a refusé le poste), au fait qu’elle a passé un diplôme spécial (alors qu’elle travaillait déjà sur place dans l’équipe soignante), et possiblement au fait que les autres profils ne plaisaient pas aux actionnaires/propriétaire de la « maison mère » (donc à un choix politique). C’est sans rapport avec le parachutage d’un patron, le parachutage d’une équipe de consultants KPMG dans un service de réa, ou même le « parachutage » des proprios de la boîte de glamping du Mal n’existe pas dans le village.
              .
              « J’ai eu le sentiment qu’elle avait elle aussi ressenti la violence de ça » : pourquoi pas oui, en tout cas cette scène est parfaitement réaliste (les réunions d’équipes ont toujours une durée à peu près fixe, où des sujets sont passés en revue, ça n’est pas là que se jouent/résolvent les gros conflits; donc une équipe de direction qui à la fin du temps réglementaire ajourne la réunion même s’il y a des conflits sont en cours, c’est de l’ordre de l’ordinaire. Car le conflit se règle souvent ailleurs : dans une réunion dédiée au sujet précis, ou hors réunion — par exemple dans les couloirs, comme on le voit dans le film. Je me sens un peu con de dire des trucs si évidents mais je les dis quand même).
              .
              Je ne comprends pas trop le parallèle entre Hamaguchi et Marie-Lou. Un directeur, ou même le moindre clampin responsable d’une équipe de deux personnes, impose forcément d’une manière ou d’une autre, plus ou moins (ou pas) concertée, une méthode — c’est la définition même d’un poste de direction ou de n’importe quelle poste de décision : remettre ça en cause, c’est faire un autre film, celui sur un EHPAD en autogestion démocratique; mais alors il ne s’agirait plus de parler d’une description réaliste du monde du soin actuel, ce qui semble pourtant intéresser l’auteur du commentaire. Aussi, tout réalisateur de film a, d’une certaine manière, a le dernier mot sur la méthode. Donc je ne vois pas bien ce que sa remarque apporte.
              .
              Concernant l’éviction des aspects trash il va en effet plutôt dans mon sens. Cela dit, le contenu explicite du film pourrait retourner l’argument : une partie de la violence et du trash est le fait même de la prise en charge par des méthodes plus « classiques » issues d’un système détraqué par le sous-effectif/sous-financement, méthode que non seulement l’EHPAD en question vise à changer, mais a déjà commence à changer. Je reste cela dit en accord avec ses réserves, comme je l’avais écrit.

              Par contre je me demande si en plus d’avoir trop chaud il n’avait pas aussi sommeil, quand il dit : « contrairement à ce qu’affirme le film, c’est une question de budget » (sic!). « Le film » ne dit évidemment pas ça du tout — c’est même le contraire, puisqu’on a droit à des passages hyper didactiques qui posent méthodiquement le personnel/budget comme nerf de la guerre, puisqu’il faut prendre plus de temps par patient. Le point politique porté par Mari lorsqu’elle dit que penser le problème en termes de manque d’argent revient à se mouvoir dans un cercle, consiste à dire que rester coincer dans la pure pensée budgétaire garde totalement intacte la structure politique du problème. Elle dit que le soin doit nécessairement devenir une œuvre plus collective et impliquer davantage de personnes y compris issues de l’extérieur (c’est-à-dire par définition hors du budget de l’établissement au sens strictement comptable, et aussi hors des considérations de budgets de subventions publiques). En revanche, c’est bien vrai que si l’on prend au pied de la lettre la maxime capitaliste par excellence qu’est « le temps c’est de l’argent », alors tout temps passé par quelqu’un — de l’extérieur du lieu de soin comme de l’intérieur, professionnel assermenté ou non — à prendre soin de qui que ce soit est toujours une affaire d’argent. Et donc une affaire de budget. Auquel cas l’argument de Marie-Lou tombe — il tombe plus généralement du fait même de replier le possible sur l’existant. J’ai l’impression que le commentateur a zappé l’un des principaux contenus politiques du film. Ou bien qu’il replie le possible sur l’existant, et ainsi lui refuse son geste politique. (ou bien prend au pied de la lettre la maxime capitaliste, mais j’y crois peu.)
              .
              A propos du jeu d’Effira « brochure d’Ehpad » : elle est directrice d’EHPAD, ça me paraît parfaitement réaliste qu’en situation managériale elle parle comme une brochure d’EHPAD (même si tous les directeurs ne parlent pas comme leurs brochures). Il y a tout un tas d’autres moments où elle ne parle pas comme ça dans le fillm. En revanche c’est vrai — et ça rejoint ce que j’ai écrit —, que ce ton de brochure vient soudainement s’appliquer (avec des variations) à certaines discussions théoriques. Je ne suis pas sûr que les reproches soient à faire à Effira sur ces points.

              Puisqu’il parle de « bande annonce », de façon générale le film pourrait ressortir absolument massacré par un montage différent — la « bande annonce » n’est que le pire des massacres potentiels. Ça me paraît plus vrai pour un Hamaguchi que pour la moyenne des films, même bons. Montage différent qui ne serait plus du tout le film d’Hamaguchi, ce qui règle la question.

              • #157746 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                *Auquel cas l’argument de MARI tombe.

                Bordel

                • #157751 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Pour info le commentaire est celui d’une spectatrice.Je reviens sur le parachutage en question qui n’est pas vraiment ce que tu dis,Efira explique qu’elle a pris la direction de cet Ehpad suite à un changement professionnel, avant cela elle était anthropologue,et cette bifurcation s’est faite suite au décès prématuré de sa mère,faute de soins,dans un autre établissement de la sorte.Elle dit d’ailleurs quelque chose du genre que si elle est là c’est pour réparer,pour que ces décès prématurés ne puissent plus arriver.On comprend qu’elle n’a pas d’autre expérience de direction, qu’elle n’est pas non plus issue du terrain comme on dit dans ces cas-là, c’est ça un parachutage.Ce qui explique ses maladresses ainsi que le fait que son équipe la bouscule un peu sur la réalité de l’activité,le manque de temps,le sous effectif etc…

                  • #157791 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Ça n’est pas en contradiction avec ce que je dis. Ce que tu dis se passe avant se reconversion. Ensuite elle travaille dans l’équipe de soin de l’établissement, passe son diplôme, etc… Ça n’est pas une reconversion où elle se retrouve parachutée directrice. Si je fais une erreur et que son apprentissage du métier « au bas de l’échelle » se fait dans un tout autre établissement, alors ça peut être vu comme un parachutage, mais mon souvenir est que c’est explicitement dit qu’elle travaillait bien dans cet établissement là.

                    • #157797 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      D’ailleurs, elle travaille d’astreinte et on la voit intervenir auprès de deux usagers. Elle sait faire, elle maîtrise. Pour une parachutée, ils sont bien tombés.

                    • #157798 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      sa* reconversion. Ce que je veux juste dire, c’est qu’appeler « parachutage » une évolution rapide au sein de l’entité même où on a fait son apprentissage du métier (c’est à dire quand on est un minimum issu du terrain, comme l’est Marie-Lou, même si en effet moins que d’autres dans l’entité) me semble beaucoup affaiblir la notion de « parachutage ». Par exemple tout changement de boîte ou d’administration à quelque poste que ce soit pourrait devenir un parachutage, pourquoi pas tout changement de poste/service au sein d’une même boîte, puisqu’on a par définition pas d’expérience sur un nouveau poste. Mais n’en faisons pas un fromage.

                      Il n’empêche que l’essentiel est qu’en effet un certain manque d’expérience peut expliquer ses maladresses. Je peux aussi certifier d’expérience que les managers les plus brutaux peuvent tout à fait être (sont souvent) très expérimentés sur leur domaine.

            • #157799 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Et je n’ai été voir le film que parce qu’il faisait très chaud.

              aaaah c’est que j’en ai vu un bon paquet de films comme ça, avec ce motif principal là, moi aussi (mais pas encore le Soudain, un peu peur que Virginie m’agace vraiment.)

              – j’ose venir un peu dans un topic ‘ cinéma ‘ mais je serai discrète, promis –

              Même avec ce motif, quelqu’un a-t-il cependant osé (comme je l’ai fait) voir le film
              Tombé du ciel?
              et s’il veut en causer un peu, on peut même
              (dans le cas contraire, je promets de continuer à la fermer sur le ciné jusqu’à la prochaine vague de canicule)

              • #157871 Répondre
                Quentin
                Invité

                Pas prévu de le voir mais qu’rn as tu pensé ?

                • #157884 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  juste envie pour l’instant de te partager ce sur-scène à Lille

                  Ilyes Djadel a co-écrit (si je comprends bien) ou écrit seul (?) et joue (ça je l’ai bien éprouvé) dans Tombé du ciel

                  – tu trouveras facilement son sketch sur l’école catholique, si tu veux, qui peut illustrer aussi (en + de la bande annonce du film) comment avance cette comédie

                  – Juste envie de dire un peu les moments où, à côté de la soeur (jouée par Balasko) ou seul, il y a plusieurs scènes de ce type, lorsqu’il s’adresse à une des sommités catho au coeur de l’église, Ilyes Djadel me fait rire et pleurer à la fois, tant il est en place pour dire
                  en tout cas, j’entends ça, moi:
                  ‘ on est tous pareils avec notre foi, quoi’ , en gros
                  et il me touche beaucoup ce gars,
                  L’une des plus grosses discriminations/clichés – l’arabe voleur – est triturée comme il faut, c’est parfait
                  – j’ai aussi parfois barbotté dans l’ambiance ‘ La vie est un long fleuve tranquille ‘ par exemple, jamais dans les ‘qu’est qu’on a fait au bon dieu ‘ en revanche, pour un autre exemple.
                  Et avec la scène d’arrivée au lycée, ça démarre super fort, c’est parfait aussi
                  Dans la salle, y compris très directement à ma droite, avec une dame de bien 70 ans, ça riait beaucoup des situations autour des rites et coutumes catho (film vu dans une moyenne ville indus. de Haute Savoie. je précise).

                  La b.a. du film aurait, comme toujours, pu réserver au moins une des drôleries fortes sélectionnées pour la promo, au lieu de la livrer ainsi, mais il y en a bien d’autres et oui, même s’il pleuvait à torrents ce jour-là (d’où ce ciné du mois d’août) je soutiens ce film.

                  Dans la catégorie ‘ film vu pour cause de météo compliquée au vu de ce que je fous là’, je lui mets un 18/20.

                • #157941 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ou pour mieux dire, dire autrement, pas mal de lignes dans la grosse discussion du fil ‘ les gens de gauche existent-ils? ‘ m’ont ramenées, en fait, au film ‘ Tombé du ciel’ , à certains dialogues (le jeune gars exclu de son lycée de Roubaix arrive à Chablis, dans un établissement privé, pour avoir son bac qu’il présente/prépare pour la 3e fois … et ça commence au bar du village
                  ouais, vous y êtes bien …)
                  on rit malaisant parfois, un peu et souvent, mais pas si mal à l’aise quoi, car y sont reprises, et c’est parfait, pas mal d’horreurs racistes en majorité et c’est tellement ça
                  Quelques vérités/clichés (?) sur les gens friqués aussi mais pas le fil rouge …. on les aborde plutôt sur leur aisance, à ceux-là, à vassaliser des gens qui les envieraient,
                  – bon, je me replace dans le public du TDS, on vient de voir la première lady passer;
                  – 8 gars devant elle pour l’instant: Tracé des Ducs de Savoie, 9300 mètres de dénivelés, environ 140 kms ,
                  Des fous du bus, enfin des fous des
                  foulées plutôt
                  C’est beau la folie humaine quand même
                  et ces corps, le corps, quand on l’écoute, le comprend, le développe et/ou l’eprouve
                  1287 sont partis cette nuit de Courmayeur
                  Dingue, juste dingue
                  (quelques voix s’opposent au gros bordel ambiant mais retombées commerciales alléchant beaucoup …)
                  Paradoxe, paradoxe, réfléchissons,

    • #157647 Répondre
      Starfoulard
      Invité

      Bon j’ai vu Fjord, et j’ai pas aimé:
      Je trouve que Miunghu triche trop dans le choix de sa situation de départ pour en tirer un bon film: il prend un fait divers qui représente l’exception et derrière le met en scène comme étant la norme. Non, l’affaire Giorghu n’est pas représentative de la manière dont la Norvège gère les cas de violences faites aux enfants. Et l’idée de choisir comme victimes du progressisme libéral une famille de petits bourgeois conservateurs et protestants (religion à la tête de la première puissance impérialiste du monde) tue dans l’œuf le projet affiché de subversion.
      Pas non plus de critique solide du progressisme libéral a signaler dans le film, qui prend bien son temps pour mettre en scène les souffrances de la famille, mais qui se satisfait trop de réduire la dynamique institutionnelle à la volonté de quelques individus écrits à gros traits (le vilain avocat, la travailleuse sociale sans enfants et frustrée) de promouvoir un wokisme bébette digne d’un reportage Cnews.
      On aurait été en droit d’attendre plus de subtilité et surtout d’équilibre dans l’examen de la situation: en prenant le parti des Giorghu, le film trahit son projet et ne se donne pas la chance d’utiliser jusqu’au bout les moyens du cinéma pour aboutir à une vérité esthétique. Dommage, car lorsqu’on sort un peu des laborieuses scènes de procès, il se passe des choses presque intéressantes, même si mal maîtrisées: les enfants, le vieux, la tristesse infinie de la vie de cette famille Giorghu (même avant le placement à l’ASE des gosses)…
      D’ailleurs, on laisse trop vite tomber les enfants, tout comme ces adultes que le film nous montre en train de parler d’eux et de décider de leur sort sans finalement jamais demander leur avis…
      Voilà, n’est pas Justine Triet qui veut. On notera non sans ironie que la bourgeoise progressiste, qu’elle est sûrement, est capable d’être bien plus subtilement et profondément subversive.
      Pour terminer sur une demi blague, après 2h30 en Norvège j’avais envie de me pendre, et Miunghu aura au moins réussi (involontairement ?) à mettre tout les personnages du film sous ce même régime d’image : plombant, glauque, gris, triste.

      • #157655 Répondre
        Quentin
        Invité

        Tu vois, je pensais que c’était volontaire le fait de ne pas demander l’avis des enfants, ni ceux du vieux d’ailleurs. Et c’était aussi en ça que le progressisme était naze.
        Mais j’ai perçu le film comme une auto critique du libéralisme progressif plus que comme une voix réac contestataire qui en a marre des woke. On voit vraiment ce qu’on veut ahah
        J’ai aimé le film. Justement aussi parce qu’il a réussi à m’énerver

        • #157660 Répondre
          Starfoulard
          Invité

          Je me suis aussi posé la question, tu as peut-être raison, en tout cas ça pose question : on ne demande pas leur avis aux enfants, et le film les efface aussi un peu.
          Autre truc qui m’a frappé: quand Noora se scarifie, j’ai trouvé que ça sortait un peu de nulle part. En soi, je trouve pas que ce soit spécialement un problème de ne pas contextualiser cet acte, tout n’a pas besoin d’être constamment psychologisé ou expliqué. Mais cet acte, pris dans le dispositif du film, semble aussi participer de cette volonté de critiquer (mal et de manière imprécise) le progressisme. « Ha bah regardez ce qui se passe quand les gosses ont pas de limites/ha bah vous voyez malgré leur éducation bienveillante et positive les wokes ont quand même des enfants qui vont mal/ha bah les ados hein on peut jamais savoir hein c’est imprévisible ». On est invités, en tant que spectateur, à des réflexions du niveau du PMU du coin, et c’est la même chose avec la travailleuse de l’ASE: « ha bah elle a pas d’enfants hein elle y connaît rien hein »
          Ces petits moments mesquins et malhonnêtes plombent le film.
          Les pulsions suicidaires du grand père et la scarification de Noora, d’ailleurs, n’ont fait qu’activer chez moi du mauvais esprit concernant la vie dans ce pays que je trouve infiniment déprimant.

          • #157663 Répondre
            Gab
            Invité

            Sur Noora, je ne l’ai vraiment pas lu comme ça. Si le propos était « regardez, même avec leur éducation woke les enfants vont mal », je serais assez d’accord avec toi sur le côté PMU. Mais j’y vois plutôt la même idée que pour l’autre famille : avoir de « bonnes » valeurs ou aimer ses enfants ne veut pas dire qu’on comprend forcément ce qu’ils vivent. Et ça rejoint justement ce que dit Quentin : tous ces adultes sont persuadés de savoir ce qui est bon pour les enfants, alors qu’ils passent assez largement à côté d’eux.
            Pour la travailleuse sociale sans enfants, je l’ai même compris à l’inverse de toi : quand le père lui balance qu’elle n’a pas d’enfants, ça le discrédite surtout lui. Il est incapable d’entendre ce qu’elle lui dit et préfère la disqualifier personnellement. Ça montre encore davantage son enfermement et son côté extrême. Je n’ai vraiment pas eu l’impression que le film nous disait « elle n’a pas d’enfants donc elle n’y connaît rien ». Et ta phrase « le film les efface aussi un peu » pose finalement la bonne question : est-ce que Mungiu oublie les enfants, ou est-ce qu’il montre justement un monde d’adultes qui les oublie ? Moi j’ai vraiment vu la seconde option.

            • #157670 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              Moi je crois à ce que je vois, et ce que je vois c’est: une travailleuse sociale froide, inhumaine, sans enfant, qui prend des décisions injustes et arbitraires vs une famille aimante mais avec des idées un peu à l’ancienne. Je vois une extrême droite roumaine jamais nommée comme telle, juste vaguement caractérisée comme conservatrice.
              Je vois effectivement des adultes parler du sort des enfants et en décider sans leur demander leur avis, et je vous rejoins sur le fait que le film a à peu près réussi ça. Mais le film choisit aussi et avant tout de montrer la souffrance des parents.
              Les enfants, eux, ont l’air de ne pas souffrir plus que ça de ne pas avoir le droit de regarder YouTube, pas le droit de danser, pas le droit d’écouter de musique non religieuse, pas le droit de sortir. Ils sont contents. Leurs parents les aiment. Jesus va les sauver.
              Perso j’y crois pas à ces enfants un peu trop spontanément heureux de vivre sous le joug de ce daron glauque et dans cette abominable tristesse protestante. Mais là je suis volontiers prêt à reconnaître que ce sont mes affects qui prennent le dessus

              • #157680 Répondre
                Gab
                Invité

                Là je pense qu’on a vraiment vu deux films différents 🙂 Je ne vois pas du tout « une famille aimante mais avec des idées un peu à l’ancienne ». Le père frappe ses enfants, contrôle quasiment tout ce qu’ils font, rejette l’homosexualité de sa fille et les scènes du café et de la messe montrent une communauté religieuse franchement radicale qui transforme l’affaire en combat idéologique. Pour moi, Mungiu charge aussi très lourdement ce camp-là.
                Sur les enfants heureux malgré tout, c’est justement un truc que je trouve intéressant : le fait qu’ils aiment leurs parents et ne vivent pas nécessairement leur éducation comme un enfer ne rend pas cette éducation moins problématique. Et inversement, ça empêche de réduire la famille à un simple lieu d’oppression. C’est précisément cette contradiction qui fonctionne chez moi et manifestement beaucoup moins chez toi !

                • #157684 Répondre
                  Quentin
                  Invité

                  Notamment la scène à l’Eglise, où la voisine est invitée, puis montre enfin à son mari en se marrant du moment ringard qu’elle vient de vivre.
                  C’est peut être fragile que tout le crédit de cette famille progressiste ne tienne que grâce à la belle-mère, mais c’est aussi bien bien Renate et son personnage qui rend plus humaine, moins froide, cette famille traditionnelle.

                  L’arrivée du mouvement d’extreme droite me sert finalement à rien qu’à faire du bruit. On sent que ça n’a aucun impact, si ce n’est que de retarder l’avocat. Et il me semble que c’est au moins une fois souligner que ce sont des personnalités extrémistes. Mais je me trompe peut être

                  En tout cas l’affaire est réussie, puisque nos échanges sont riches. C’était l’objectif de l’auteur

                  • #157688 Répondre
                    Gab
                    Invité

                    Oui, et je trouve que la fin renforce encore ça. Une fois les enfants récupérés, les parents décident de repartir en Roumanie alors qu’ils sont intégrés et que leur fille a construit sa relation avec Noora. Et là encore, on ne leur demande pas vraiment leur avis. Le père finit donc par faire exactement ce qu’il reprochait à l’institution : décider à la place de ses enfants de ce qui est bon pour eux.
                    Il y a aussi un truc intéressant sur les femmes, que j’ai lu ou entendu quelque part : ce sont finalement elles qui font bouger les lignes. La mère évolue, la voisine/avocate est capable d’aller vers l’autre camp, et surtout les deux filles finissent par dépasser complètement les oppositions dans lesquelles les adultes sont enfermés. Les hommes, eux, bougent beaucoup moins.
                    Et la dernière image est assez belle pour ça : Noora rejoint son amie en « marchant sur l’eau », alors qu’elle vient justement de la famille rationaliste qui se moquait de cette croyance. Ce sont finalement les deux filles qui franchissent les frontières religieuses, culturelles et familiales que les adultes ont passé tout le film à construire. Là encore, j’ai du mal à voir un film qui donnerait vraiment raison aux conservateurs.

                    • #157689 Répondre
                      Quentin
                      Invité

                      Oui on a carrément vu le même film alors !
                      Mon ami m’avait fait remarquer pour Noora qui marche sur’eau, mais j’avais le même constat.
                      En effet, le film ne va pas donner raison aux conservateurs. C’est plus subtil mais c’est ce qu’il faut pour que ce film parle à tout le monde

                • #157694 Répondre
                  Starfoulard
                  Invité

                  Le père ne « frappe » absolument pas ses enfants: jamais à l’écran, et les seuls coups qu’il mentionne sont présentés comme des petites tapes sur les fesses de temps en temps. Au contraire, les violences sont présentées comme finalement assez raisonnables et ne justifiant absolument pas un placement. Sa fille est lesbienne ? Ça m’a échappé alors…
                  Faudrait voir à pas inventer un film qui n’existe pas.

                  • #157698 Répondre
                    Gab
                    Invité

                    Sur les coups, ok, on ne voit pas le père frapper directement ses enfants à l’écran. Mais le film établit bien qu’il leur donne des fessées et qu’il y a de la violence physique dans cette famille : la mère gifle sa fille et reconnaît au procès avoir déjà donné des gifles spontanément. Donc « le père frappe ses enfants » était peut-être un raccourci, mais je n’invente quand même pas la violence familiale.
                    Et surtout, la violence du père ne passe pas uniquement par les coups. Elle ressort à plusieurs moments : sa réaction quand on vient saisir les enfants, la scène de la hache, ou encore à la fin quand sa fille lui tient tête. Le film construit quand même un personnage autoritaire, capable de réactions très violentes dès qu’il perd le contrôle.
                    Sur « rejette l’homosexualité de sa fille », ma formulation était par contre trop catégorique : le film ne dit pas explicitement qu’elle est lesbienne. Mais la relation entre Elia et Noora est quand même très clairement suggérée : le cœur à la fenêtre, leur rapprochement, le père qui s’inquiète qu’elles deviennent « un peu trop proches », puis toute la fin. J’aurais donc plutôt dû écrire qu’il voit d’un très mauvais œil la relation qui se dessine entre sa fille et Noora.
                    Bref, je veux bien corriger mes deux raccourcis, mais dire que le film montre juste « une famille aimante avec des idées un peu à l’ancienne », ça me paraît pour le coup très réducteur.

                    • #157703 Répondre
                      Starfoulard
                      Invité

                      Ok aussi pour dire que la famille est pas juste unilatéralement aimante, et que le filme travaille à l’humaniser dans le bon comme dans le moins bon. Reste quand même que le projet explicite de s’attaquer au progressisme libéral avec une ambiguïté et un inconfort de réception tombe pour moi à l’eau puisque:

                      1) ce n’est pas le progressisme libéral qui est attaqué, c’est une version malhonnête et caricaturale, ce qui annule la charge critique: je ne reconnais pas la situation de la majorité des progressismes occidentaux dans ce film
                      2) on s’attaque à sa manifestation la plus marginale en la faisant passer pour la norme
                      3) on ne met véritablement en scène qu’un côté de l’affaire: celui des Giorghu.

                      Il y a pour moi une malhonnêteté fondamentale à revendiquer de renvoyer les camps dos à dos, ne pas prendre parti, mettre le spectateur dans l’inconfort et ensuite constamment tricher avec le réel

                      • #157707 Répondre
                        Gab
                        Invité

                        Je comprends mieux, mais je pense qu’on bute toujours sur le même point : toi tu vois le film comme une représentation prétendument générale du progressisme et de la protection de l’enfance, alors que moi j’y vois volontairement un cas limite où ce progressisme peut dysfonctionner.
                        Du coup, le fait que ce soit marginal ne me gêne pas vraiment. Là où je te rejoins, c’est qu’on vit beaucoup plus l’affaire du côté des Gheorghiu et que certains représentants de l’institution sont trop caricaturaux.
                        Et quitte à me répéter, je ne crois pas que Mungiu attaque le progressisme en général. Il attaque plutôt ce qu’il peut devenir quand on est tellement sûr d’avoir raison qu’on finit par ne plus écouter ceux à qui on applique ses principes. Toi tu vois cette exagération comme une tricherie, moi plutôt comme le dispositif du film. Je pense que c’est vraiment là qu’on diverge.

                      • #157709 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        De son propre aveu, le réalisateur n’aime pas les idéologies et veut mettre en scène le conflit entre les idéologies progressistes et conservatrices qui selon lui toujours, est d’ampleur mondial.
                        Voilà, je pense que tout est dit.
                        Pour Mungiu, le progressisme (mot qu’on met d’ailleurs depuis tout à l’heure à toutes les sauces un peu n’importe comment) est donc un tout homogène. À partir de là difficile de dire, à minima, que le film n’invite pas à la généralisation.

                      • #157713 Répondre
                        Gab
                        Invité

                        Je pense qu’on arrive surtout au bout de notre désaccord. Et je te rejoins sur un truc : on a probablement utilisé « progressiste » et « conservateur » un peu à toutes les sauces depuis le début. Ce sont des mots tellement larges qu’à force on ne sait plus toujours très bien de quoi on parle.
                        Mais je continue à voir le film moins comme l’attaque d’un camp que comme une critique de ce qui se passe quand on est tellement sûr d’avoir raison qu’on finit par ne plus écouter les gens à qui on prétend vouloir du bien. Et pour moi ça vaut clairement des deux côtés.
                        Après je comprends que pour toi le choix du cas fausse déjà le truc au départ, alors que moi c’est justement ce que je trouve intéressant. Je pense qu’on ne tombera pas d’accord là-dessus, mais en tout cas c’était vraiment intéressant d’en discuter !

                    • #157704 Répondre
                      Gab
                      Invité

                      Je rajoute un truc parce qu’en y repensant, pour moi il y a en fait assez peu de doute sur le fait que les parents sont violents avec leurs enfants. Ce qui reste flou, c’est la fréquence et le degré de cette violence, pas vraiment son existence.
                      Il y a les traces qui déclenchent le signalement, ce que les enfants racontent ensuite assez naturellement sur les coups et les nombreuses fessées du père, la fille qui demande ce qu’on entend exactement par « châtiment corporel », la mère qu’on voit gifler sa fille et qui reconnaît au procès avoir déjà donné spontanément des gifles à ses enfants.
                      Et à la fin, quand la fille tient tête à son père et lui balance en gros « tu vas faire quoi, tu vas me frapper ? », sa réaction n’est quand même pas anodine non plus.
                      Donc je ne crois vraiment pas que Mungiu nous présente juste « quelques petites tapes raisonnables ». Il choisit plutôt de laisser une bonne partie de cette violence hors champ. Après, est-ce que tout ça justifie le placement et surtout la manière dont il est fait ? C’est une autre question, et c’est justement là que le film devient intéressant.

                      • #157710 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        En tout cas et là où je te rejoins c’est que comme dit un personnage du film, « qui peut savoir ce qui se passe dans une famille? », et effectivement la question ne sera pas tranchée.

      • #157659 Répondre
        Gab
        Invité

        Oui, je vois ton point sur le fait que le film est déséquilibré : il passe beaucoup de temps avec les Gheorghiu et certains représentants de l’institution sont quand même bien écrits à la truelle. Là-dessus, je te rejoins.
        Mais je ne suis pas d’accord quand tu dis que Mungiu « prend un fait divers qui représente l’exception et derrière le met en scène comme étant la norme ». Je ne crois pas qu’il prétende une seconde que c’est la norme. Il prend justement un cas limite pour voir ce qu’il révèle : est-ce qu’une institution qui défend une cause légitime peut quand même devenir injuste, dogmatique ou disproportionnée ? Ça me paraît être une vraie question. Et quand tu dis que choisir comme victimes « une famille de petits bourgeois conservateurs et protestants tue dans l’œuf le projet de subversion », j’aurais presque tendance à penser l’inverse. C’est justement parce que ce ne sont pas les victimes idéales que ça devient intéressant. Le père est autoritaire, ils frappent leurs enfants, contrôlent énormément leur éducation et ont un problème avec l’homosexualité de leur fille. Le film ne cache rien de tout ça. Mais est-ce que ça implique que tout ce que l’institution leur fait devient légitime ? Pour moi, c’est là que le film fonctionne.
        Et sur les enfants, je te rejoins complètement quand tu dis que les adultes passent leur temps « à parler d’eux et à décider de leur sort sans finalement jamais demander leur avis ». Sauf que j’y vois justement un des trucs les plus réussis du film : les deux camps font exactement ça. Chacun est tellement persuadé de savoir ce qui est bon pour eux qu’il finit par ne plus les écouter.
        Donc oui pour le côté parfois caricatural du « progressisme libéral ». Mais je ne crois pas que Mungiu renvoie toutes les valeurs dos à dos. Il dit plutôt un truc assez simple : être persuadé d’être dans le bon camp ne garantit pas qu’on se comporte bien. Et, vu certaines réactions au film, je trouve que la question n’est finalement pas si mal posée.

        • #157665 Répondre
          Starfoulard
          Invité

          Moi je pense qu’en humanisant un camp et en pas l’autre, il ne les renvoie effectivement pas dos à dos, mais qu’au contraire il choisit un point de vue. Tout comme il choisit une situation. Pour moi ça fait tomber un peu à l’eau la possibilité de mettre en scène le problème moral de manière plus dépassionnée.
          Et le film ne montre pas ce cas limite, à mon sens, comme tel. Au contraire, tout nous pousse (et sans aucun doute poussera le public le moins averti sur le sujet) à croire qu’en Norvège, eh bah c’est comme ça, fessée=prison. C’est la que c’est malhonnête.
          Je reviens au choix de la situation: la Norvège est un pays de quelques millions d’habitants, absolument pas représentatif de ce que sont les politiques d’aide sociale à l’enfance en occident, où des millions de gosses subissent des violences physiques, sexuelles et psychologiques à la maison ou à l’école. Et dans ces situations, qui elles sont représentatives du réel tendanciellement, et pas juste à la marge, il y a d’infinies nuances de complexité morale, et des centaines de possibilité de cinéma..
          Mais moi je pense qu’au fond que ça n’intéresse pas Miunghu plus que ça.

          • #157669 Répondre
            Gab
            Invité

            Je comprends mieux ton point, mais c’est justement là qu’on diverge. Je ne vois pas pourquoi le cinéma devrait partir d’une situation « représentative du réel tendanciellement » pour avoir quelque chose d’intéressant à dire. Un cas limite peut justement permettre de tester nos principes là où ils deviennent inconfortables.
            Et je ne suis pas certain que le film dise vraiment « en Norvège, fessée = prison ». Il raconte cette histoire-là, pas le fonctionnement moyen de la protection de l’enfance norvégienne. Après, je te rejoins sur un truc : comme il contextualise très peu le caractère exceptionnel du cas et caricature certains représentants de l’institution, il prend effectivement le risque qu’une partie du public généralise.
            Mais ton autre argument me gêne davantage : dire qu’il existe des millions d’enfants victimes de violences beaucoup plus graves ne rend pas moins intéressant le cas d’une institution qui peut, elle aussi, aller trop loin. Les deux problèmes existent et on n’est pas obligé de choisir lequel mérite du cinéma.
            Et surtout je ne crois toujours pas qu’il « humanise un camp et pas l’autre » aussi simplement. Il humanise la famille, oui, mais il montre aussi de plus en plus clairement ce qu’elle a de problématique. Le père notamment est loin de sortir grandi du film. Pour moi, c’est justement ce qui évite le simple récit « famille normale victime des wokes ».

            • #157672 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              C’est vrai, une situation de mérite pas forcément plus d’être un objet de film que d’autre. Je pense aussi que c’est une affaire de goûts. Et ok pour tester nos principes jusqu’à l’inconfort, mais encore faut-il que ce soit vraiment nos principes qui soient testés. Ici, j’ai plutôt l’impression que c’est une caricature réactionnaire des miens qui l’est. Pour faire cette opération de manière efficace, il aurait fallu éviter les portraits à gros traits, les petits mensonges sur le fonctionnement de l’aide sociale à l’enfance et les généralisations.
              En tout cas je conçoit parfaitement qu’on ait aimé le film, et je trouve cette discussion hyper interessante!

          • #157671 Répondre
            Quentin
            Invité

            Alors pour le coup je vois totalement. Mon ami et sa fiancée juge pour enfants sont allés le voir hier et il m’a dit la même chose que toi, concernant l’ASE. Ils ont été dérangés par la façon dont ce pays progressiste utilise des institutions pour assimiler de force des valeurs, quitte à les retirer aux parents (point de vue film) quand c’est surtout une institution qui protège les enfants en situation de danger
            Et c’est certainement ce que j’ai préféré !
            Parce que je travaille en MECS, en partenariat avec l’ASE, et que je fais face à des situations presque similaires.
            Et que bon nombre d’educ ne laisse justement plus vraiment la parole à l’enfant.
            Alors je suis pas certain que Munghui est au fait de tout ça, je crois même comprendre qu’en tant que conservateur, il a vraiment rendu absurde au possible la mission de l’ASE par conviction (ça se passerait jamais comme ça une audience au tribunal…,j’imagine même en Norvège). Mais si on veut être capable de s’améliorer, en tant que pays progressiste, il faut être capable de faire son auto critique et réaliser qu’on est faillibles. Qu’on est parfois aussi ridicules que Munghui le monte là. Et ça vaut aussi pour l’école et ses valeurs laïques a la définition hasardeuse.
            J’inviterai même à des apprentis éducateurs à le voir, quand j’interviens en formation, justement pour ça.

            Après j’aime aussi beaucoup le rôle de la voisine/avocate qui vient très justement humaniser à nouveau la famille progressiste. Avec ses limites à elle, comme toujours, mais qui montre à plusieurs moments des actes altruistes (fait étrange, elle est elle-même immigrée)

            • #157675 Répondre
              Gab
              Invité

              Oui, c’est exactement ce que j’ai trouvé intéressant dans le film : on peut penser que la protection de l’enfance est absolument essentielle et en même temps accepter de regarder de manière critique la façon dont elle peut parfois être exercée. Et ce que tu dis sur ton expérience de terrain et la place réellement laissée à la parole de l’enfant rend le truc encore plus intéressant.
              Je te rejoins aussi sur la voisine/avocate. Elle est importante justement parce qu’elle évite le schéma « conservateurs humains contre progressistes monstrueux ». Elle reste clairement progressiste, mais elle est capable de douter, d’écouter et surtout d’aider des gens dont elle ne partage pas les valeurs. Et c’est aussi intéressant dans son rapport à sa fille : elle passe manifestement à côté d’une partie de sa souffrance, mais elle finit par l’écouter et l’accompagne à la fin pour qu’elle puisse retrouver celle qu’elle aime. Pour moi, c’est même un peu le personnage qui incarne ce que le film défend : pas l’abandon de ses convictions, mais la capacité à se remettre en question et à ne pas réduire les autres à leurs convictions.
              Par contre, petite réserve sur Mungiu « conservateur ». Je vois cette qualification revenir un peu partout, mais je ne sais pas trop sur quoi elle repose. Il critique clairement une certaine forme de progressisme et le « politiquement correct », mais ça ne suffit pas forcément à en faire un conservateur.

              • #157743 Répondre
                °>°
                Invité

                – Sur les ados, la fille des parents progressistes est peut-être un peu suicidaire ou mal dans sa peau, mais elle parait bien plus vivante que les 2 autres ados qui sont certes très bien éduqués, très sages, mais semblent un peu amorphes pour des ados. En même temps on voit l’ado des norvégiens s’intéresser à la religion avec la chanson sur son tél, certes pcq elle est tombe amoureuse de l’autre fille, mais on se dit qu’elle pourrait trouver quelque chose qui apaiserait ses penchants suicidaires dans la religion.
                – Sur la femme de l’ASE qui a pas d’enfants ca parait caricatural, en même temps lorsqu’on a pas d’enfant on voit les violences envers les enfants plus objectivement. Puisqu’un bon nombre de parents finissent pas foutre une claque a un enfant lorsqu’ils sont dépassés, ou alors en ont au moins l’envie, ils vont être amenés a relativiser. Les deux côtés détiennent une partie de la vérité. Bon aussi ca dépend ce qu’on s’est prit ou non étant enfant et ce que ça nous a fait ou pas.
                – Je trouve très drôle le parallèle des parents qui ont un poele a bois et les autres qui ont le feu sur la tv (même si vu où ils habitent et leur baraque ca parait peu crédible)

            • #157676 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              Moi je veux bien qu’on s’améliore mais je ne pense pas qu’un film puisse faire cela, et surtout pas un film qui se passe en Norvège.

              • #157678 Répondre
                Quentin
                Invité

                Parce que je vois le problème de la famille roumaine en Norvège comme celui de la famille égyptienne en France

      • #157935 Répondre
        Dwl
        Invité

        Ce qui me frappe d’abord dans Fjord, c’est à quel point le film est sur des rails et s’intéresse finalement assez peu à ce qu’il filme du camp dit « traditionnel » et du camp dit « progressiste ». Il fonctionne beaucoup par signes : on est en Norvège, donc on envoie des signes de société progressiste ; on a une famille catholique très traditionnelle, donc on envoie des signes de traditionnalité (les enfants n’ont pas de téléphone, sortent peu etc ) Mais le film ne cherche presque jamais à s’inscrire dans les situations qu’il montre, à regarder ce qu’elles produisent réellement sur les personnages. Il préfère faire avancer son scénario vers quelque chose qui relève presque du fait divers, avec une escalade permanente, plutôt que de s’intéresser aux choses dans leur épaisseur. Et plus le film avance, plus il devient un spectacle de cette situation.

        Ensuite, le choix d’une famille blanche, européenne, catholique et extrêmement traditionnelle comme figure d’une population confrontée à une société « progressiste » peut nous interroger. Dans le réel, ce n’est pas vraiment une population vulnérabilisée en Europe. À l’inverse, on sait très bien qu’il existe, par exemple en France, des populations musulmanes et immigrées dont certaines pratiques religieuses font réellement l’objet de restrictions ou de controverses. Je ne dis évidemment pas qu’il fallait faire un film sur une famille musulmane, mais si le sujet est celui d’une population traditionnelle confrontée à une société qui remet en cause ses pratiques, le choix de cette famille est quand même très particulier.

        D’autant, qu’en plus de choisir cette famille, le film évacue que ces familles très traditionnelles ne sont pas simplement dans une logique de « laissez-nous vivre selon nos traditions ». Une partie de ces milieux est politiquement proche de l’extrême droite, et peut aussi défendre des positions visant à limiter les pratiques culturelles et religieuse d’autres populations. C’est donc assez étrange de les présenter uniquement comme une population qui chercherait à préserver sa culture face à une société qui voudrait la lui enlever, alors que dans le réel, le rapport fonctionne dans l’autre sens.

        Je trouve aussi qu’il y a une tendance chez certains spectateurs à vouloir soit universaliser complètement la situation du film « ça parle de toutes les minorités » soit à l’abstraire en disant qu’il montrerait simplement le retranchement de deux camps qui n’arrivent plus à se parler. Mais il faut quand même rester concret sur ce que le film montre. Ce n’est pas vraiment le mouvement du film. Ce qu’on voit, c’est beaucoup plus une intervention dans une situation concrète qui devient progressivement intrusive et violente, jusqu’à la séparation. On est davantage dans quelque chose qui ressemble à une agression d’un camp sur l’autre que dans un simple malentendu ou un dialogue de sourds.

        Et surtout, je ne vois pas pourquoi il faudrait universaliser cette situation à toutes les minorités. Une famille blanche, catholique et très traditionnelle en Europe, quand bien même immigré, n’occupe pas la même position qu’une famille noire et musulmane qui arrive en France, par exemple.

        Il y a aussi le problème du caractère prétendument subversif du film. Parce que finalement, qu’est-ce que cette famille fait de si fou à l’écran ? Pas grand-chose. Mais il n’y a pas vraiment de situation qui mette profondément en tension le spectateur. C’est un peu comme si je faisais un film anticarcéral en prenant un innocent : évidemment, le spectateur va être contre la justice lorsqu’elle lui fait subir quelque chose. Là où ça devient intéressant, c’est de prendre quelqu’un qui est réellement coupable de quelque chose, qui pose un vrai problème, et de montrer malgré tout la violence ou l’absurdité du système judiciaire.

        Dans Fjord, la famille est tellement peu mise en difficulté moralement que la violence de l’institution devient très facile à ressentir. Le film n’a pas vraiment besoin de nous faire réfléchir : il construit une situation dans laquelle il est évident de prendre parti pour la famille, puis il déroule l’escalade.

        • #157954 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          accord total avec cette vision du film

          • #158000 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Troublante cette analyse, c’est le moins qu’on puisse dire.
            C’est cette analyse qu’on aurait dû appeler, joue là comme Bégaudeau.
            En dehors des formules, je trouve les arguments peu convaincants.
            Déjà les signes,
            « on envoie des signes de société progressiste ; on a une famille catholique très traditionnelle, donc on envoie des signes de traditionnalité »
            Mais chaque film envoie des signes, ce n’est pas un argument en soi. Dire :
            « Mais le film ne cherche presque jamais à s’inscrire dans les situations qu’il montre, à regarder ce qu’elles produisent réellement sur les personnages. »
            Bon, je n’ai pas encore vu le film, c’est vrai, mais ce n’est pas du tout ce que j’ai vu de lui jusque maintenant. Pourrais tu dire que dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours les situations ne produisent rien sur les personnages ? Dans RMN ? Bref comme je n’ai pas vu celui-là…
            « Ensuite, le choix d’une famille blanche, européenne, catholique et extrêmement traditionnelle comme figure d’une population confrontée à une société « progressiste » peut nous interroger. » puis, « Une partie de ces milieux est politiquement proche de l’extrême droite »
            Jusque dire que ce type de famille va jusque dénier aux autres familles de cultures différentes le droit de pratiquer leur culture et religion, semble pour le coup très hasardeux et un argument d’autorité. Le fait de dire :
            « Il préfère faire avancer son scénario vers quelque chose qui relève presque du fait divers »
            Mais c’est exactement ce qu’il fait. Quant à la famille chrétienne il a dit qu’il l’avait vue et qu’il avait parlé à cette famille. Qu’il aurait dû choisir une autre famille est un argument d’autorité mais surtout très tendencieux.
            « Ce qu’on voit, c’est beaucoup plus une intervention dans une situation concrète qui devient progressivement intrusive et violente, jusqu’à la séparation »
            Pourtant c’est bien ce qui fait débat partout et chez tout le monde, le fait que le film refuse de prendre parti, j’ai bien peur que savoir regarder le film, revienne à pouvoir voir que le film prend parti. Pourtant le film semble tenir sa raison d’être de NE PAS prendre parti, mais c’est là que je suis mal placé pour en parler.
            Cependant, j’ai relevé un indice dans ton analyse qui semble recouper tout l’ensemble, c’est le suivant,
            « Il y a aussi le problème du caractère prétendument subversif du film. »
            Donc il y en a qui s’attendaient à des éléments subversif ?
            Pire, qui ont vu du subversif dans le film ?
            Pourtant ça n’a jamais été le but de Mungiu que de chercher la figure subversive.
            Moi j’ai l’impression que ça reflète ton problème, tes attentes à toi sur le cinéma en général. C’est donc toi qui attendait la prise de position subversive. Et si ça se trouve personne d’autre.
            La question de fond étant, sur quoi débouche la position inconfortable dans laquelle nous place Mungiu ? J’y reviendrai.
            Pour conclure sur ton analyse, ce qui est troublant ce sont les éléments de language que tu utilises.
            « Le film qui s’intéresse finalement assez peu à ce qu’il filme » ou « Il fonctionne beaucoup par signes » ou encore « le film ne cherche presque jamais à s’inscrire dans les situations qu’il montre, à regarder ce qu’elles produisent réellement sur les personnages » etc…
            Des éléments de language purement bégaudien, comme si tu avais voulu anticiper ce qu’il va dire. Et apparemment ça marche puisqu’il répond qu’il est en accord total avec toi. Pourtant ces éléments de language ne fonctionnent pas systématiquement. Ou bien c’est notre ami qui se fait passer pour DWL mais alors quel en serait le but ?
            Moi une fois j’ai lu, et je crois bien que c’était dans les cahiers. Un article sur RMN qui disait, en gros, que le dispositif de Mungiu nous place dans la position de l’enfant du film. L’enfant dans RMN est le personnage introverti qui ne peut a peine parler, tirailler entre l’éducation reçu dans le village conservateur et la modernité qui perce dans ce même village. Ce que le critique voulait dire à mon avis, c’est que le dispositif Mungiu nous enferme dans son système sans qu’il ne soit possible de trouver une ligne de fuite apte à pouvoir exercer une penser singulière des situations, puisque nous sommes sans cesse renvoyé à tous les éléments de son système. Mais ça c’est autre chose que de dire qu’il est réac.
            Question pour Bégaudeau et ceux qui ont vu RMN. Cette réunion inouïe qui se passe dans je ne sais plus quel lieu du village entre les habitants très conservateurs et la petite industrie qui fait venir des pakistanais, he oui des pakistanais, est-ce que Mungiu prend parti pour les conservateurs ? Certainement pas. La réponse est définitivement non.
            Or tout l’argument de Dwl consiste à dire que Mungiu prend parti pour la famille. Ça me semble, ne pas tenir debout. C’est plutôt à partir de sa démonstration, celle de ne pouvoir prendre parti qu’il y a peut-être une faiblesse. Est-ce que Mungiu prend parti contre l’avortement dans 4 semaines…? Je ne crois pas. Ça serait bien stupide sinon.
            Ceci dit et pour finir. Je me souviens d’une situation qui est peut être tout à fait similaire à ce que Mungiu nous propose. Ca se passait dans les années 90 ou 2000, ça commence à faire vieux. Le gouvernement avait mis au point un numéro de téléphone qu’on appelait numéro vert. Ce numéro gratuit était à disposition de tous les enfants dont les parents les battaient. Quelques années plus tard il y a eu des témoignages de parents musulmans, généralement plutôt âgés, qui disaient que leurs enfants, ados, avaient abusé de ce numéro vert. Dès que ces enfants se sont sentis menacés ils ont composé ce numéro, et ces pères de familles, qui semblaient être des travailleurs ordinaires, dans le sens de communs, de conclure que la façon d’élever leurs enfants ne regardaient qu’eux et il n’y avait pas à juger de cette éducation. Que ce numéro vert a eu pour effet de déconstruire tout l’aspect culturel de l’autorité parentale. Aussi, en voyant la sincérité, l’impuissance et la résignation de ces parents face à l’autorité de l’état, ce spectacle laissait désarmé. Dans l’impossibilité d’émettre une opinion claire. Tu vois, pourtant ce sont des musulmans. Il aurait pu partir de là pour sa démonstration.

        • #157995 Répondre
          Gab
          Invité

          Je te rejoins assez sur le côté parfois très « programmatique » du film et surtout sur l’asymétrie : on vit énormément avec les Gheorghiu et beaucoup moins avec ceux qui leur font face, donc forcément l’empathie n’est pas distribuée également.
          Par contre je suis beaucoup moins convaincu par la fin de ton raisonnement. Ton exemple du film anticarcéral me paraît même assez bien décrire ce que fait Mungiu : justement, il ne prend pas des innocents. Il prend des parents aimants mais qui ont recours aux châtiments corporels, un père extrêmement autoritaire et contrôlant, une éducation religieuse très restrictive, puis montre la récupération de l’affaire par des mouvements radicaux. Et plus le film avance, moins le père me paraît sympathique.
          Du coup le problème moral est justement là pour moi : est-ce qu’on est encore capable de trouver la réponse de l’institution disproportionnée quand les gens qui la subissent ont réellement des comportements qu’on condamne ? Si la famille était parfaitement innocente, le film serait effectivement beaucoup moins intéressant.
          Et sur le choix d’une famille chrétienne conservatrice plutôt qu’une minorité plus clairement dominée, je pense que c’est justement lié à ça : défendre une famille avec laquelle on partage spontanément les valeurs serait beaucoup plus facile. Là, le film nous oblige à séparer deux questions : ce qu’on pense de leurs valeurs et de leur éducation, et ce qu’on estime légitime de leur faire au nom de l’intérêt des enfants.
          Après, je te rejoins sur le fait que Mungiu facilite quand même un peu son propre dispositif en donnant beaucoup moins de chair au camp institutionnel. C’est probablement pour moi la vraie faiblesse du film.

          • #157997 Répondre
            Gab
            Invité

            Juste pour préciser un point parce que je me suis peut-être mal exprimé : je ne dis évidemment pas qu’une famille roumaine chrétienne en Norvège occupe la même position sociale qu’une famille musulmane immigrée en France. Ce n’est pas du tout mon argument.
            Ce qui m’intéresse justement dans le choix de Mungiu, c’est qu’il prend une famille qu’on n’identifie pas spontanément comme dominée et dont il nous donne en plus de bonnes raisons de désapprouver certaines pratiques. Et malgré ça, il nous demande jusqu’où une institution peut légitimement aller contre elle.
            C’est pour ça que l’analogie avec le film anticarcéral me paraît intéressante : pour moi, les Gheorghiu ne sont justement pas « l’innocent ». Toute la question est de savoir si le fait qu’ils aient réellement des choses à se reprocher suffit à justifier ce qu’ils subissent. Et c’est là que je trouve le film beaucoup moins confortable que vous.

            • #158005 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              On y revient mais non, non et non, vous projetez vraiment sur le film des choses qui n’y sont pas. Le daron est un peu autoritaire mais vraiment rien de bien fou. Il n’émet pas vraiment d’opinions conservatrices, ou alors seulement très implicitement. Il ne tape pas ses enfants à l’écran, et les coups rapportés sont avoués comme étant légers et rares et réservés à des moments de panique parentale somme toute bien compréhensible. Même le moment où le père avoue qu’il préfère une éducation traditionnelle se résume à : « de temps en temps il faut être un peu sévère pour les préparer à la vie ». Les bleus sur Elia ne sont jamais élucidés comme provenant de coups des parents. L’extrême droite qui soutient la famille n’est jamais nommée comme telle. Donc Mungiu prend précisément des gens qui sont montrés explicitement dans le film comme ne méritant pas l’extrémité de leurs circonstances. Si tu préfères te raconter qu’ils ne sont pas présentés comme des innocents c’est ton affaire, mais tout le dispositif met en place le récit bien connu des erreurs judiciaires : discrimination basée sur le caractère des personnes au détriment des faits, police qui tronque les déclarations, application exagérément dure des procédures judiciaires. C’est un fait objectif que les Giorghu sont présentés comme étant les victimes d’une justice aveugle et abusives.
              Et pour cette histoire de film subversif: c’est le projet assumé et déclaré de Mungiu, le film se présente comme tel.
              Peut être que je me trompe mais j’ai l’impression que des discours mal digérés sur le progressisme (on revient encore à ce mot vague, mal utilisé, mal défini), dont Mungiu a critiqué les abus potentiels « quand il va trop loin » en interview, additionnés aux déclarations du réal sur son film (subversif, inconfortable, qui fé réflaichir) ont brouillé le cerveau de pas mal de spectateurs par ailleurs intelligents et les ont conduit à y chercher et à y trouver des choses qui n’y sont pas.

            • #158006 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              J’ajoute que la famille Giorghu est précisément mise en position de minorité, et donc dominée, dans le film: minorité religieuse dans une communauté athée, leur première avocat les regarde de haut et les lâche, le père ne parle pas bien la langue, même le physique du père et des enfants est différent.
              Mungiu lui même a dit en interview qu’il trouvait ça intéressant de prendre une famille qu’on associerait pas normalement à un groupe dominé et de montrer que dans un pays progressiste, les choses sont inversées et qu’ils deviennent de facto la minorité. Je sais pas ce qu’il vous faut après ça.

              • #158029 Répondre
                Gab
                Invité

                Sur ton deuxième message, je te rejoins sur un point : oui, les Gheorghiu sont bien construits comme une minorité dans le contexte norvégien, et ce que tu rapportes de Mungiu le confirme.
                Là où je reste en désaccord  (et je vais me répèter ), c’est quand tu passes de « ils sont victimes d’une injustice » à « ils sont présentés comme innocents ». Pour moi, c’est précisément ce que le film évite.
                Les enfants rapportent quand même des coups du père, notamment des fessées répétées. Mungiu choisit de ne pas les montrer directement, ce qui entretient évidemment l’incertitude sur leur nature et leur gravité. La gifle de la mère est, elle, montrée, mais dans des circonstances qui rendent son interprétation beaucoup plus complexe : elle a le bébé dans les bras, de l’eau bouillante à côté et réagit dans la panique. Bref, le film ne nous donne volontairement jamais le confort d’un dossier parfaitement clair.
                Mais surtout, le problème de cette famille ne se réduit pas aux violences physiques. Il y a tout le contrôle exercé sur les enfants : leur isolement, la religion, les interdictions, la volonté de les maintenir dans une sorte de bulle protectrice. Et c’est là que je trouve le film plus intéressant que le simple récit d’une erreur judiciaire : les parents comme l’institution sont convaincus de savoir ce qui est bon pour les enfants. Les premiers veulent les protéger du monde extérieur en contrôlant leur éducation ; la seconde veut les protéger de leurs parents en les arrachant à leur famille. Et dans les deux cas, les enfants ont finalement très peu voix au chapitre.
                C’est aussi pour ça que je ne pense pas que le film nous demande de choisir simplement entre les « bons » Gheorghiu et la « mauvaise » institution. Il peut très bien nous faire considérer que certaines pratiques éducatives sont condamnables et, en même temps, que la réponse institutionnelle est disproportionnée et finit par produire une violence bien plus grande que celle qu’elle prétend empêcher.
                Au fond, c’est même ce qui rend le choix de cette famille intéressant. Montrer des parents totalement irréprochables broyés par une institution aurait produit une dénonciation assez simple. Mungiu choisit au contraire des gens qu’on peut trouver autoritaires, religieux, conservateurs, voire répréhensibles dans certaines de leurs pratiques, et nous oblige malgré tout à nous demander : qu’est-ce que cela autorise l’État à leur faire ?
                Et sur les bleus, en revanche, je te rejoins : puisqu’ils ne sont jamais clairement attribués aux parents, je ne les utiliserais pas comme argument.

                • #158034 Répondre
                  Quentin
                  Invité

                  Je rejoins Gab à 100%. J’ai le même ressenti, et c’est très cool si nous n’avons pas tous vu la même chose.
                  Je trouve que le point de vue de la voisine/avocate exacerbe ce ressenti dont Gab parle si bein. A la quasi fin du film, posée sur le sofa avec son mari, elle reconnaît se sentir un peu mal à l’aise avec cette famille.
                  Bah nous aussi. Ils sont de bons parents, les enfants semblent pas trop se plaindre (surtout le grand, mais même là c’est debatable, parce qu’ils sont contents d’avoir des tels et youtube quand même), ils ont commis une faute, qu’ils reconnaissent, mais qui ne méritent pas tant d’acharnement et une réponse aussi severe.
                  Finalement, il a fait, selon moi, le pari de dire :
                  On peut critiquer une famille qui ne partage pas vos mœurs, c’est si simple, mais regardez vous.
                  Et dans ce cas il vaut mieux s’attaquer un peu plus fort au progressisme qu’au traditionnalisme. Mais la famille Georghiu ne fait pas rêver. Loin de là. Et j’ai même l’impression qu’ils se rendent compte qu’ils ont deconné, notamment pendant la jugement. Et le peur est violent (froid, coup sur la table, la hache…)
                  Enfin, il me semble, mais à revoir, que les roumains qui interviennent sont considérés comme d’extrême droite, ultra conservateur, et represente une mauvaise image.
                  Ah oui aussi, le choix de roumains je le trouve malgré tout très parlant. Il aurait pu choisir l’islam mais ne serait-ce pas trop facile, ou trop difficile ? Avec des Roumains, ayant vécus le communisme de Ceausescu, proches par la langue (latine) et la religion (quoique orthodoxe je pense), et surtout européens, tu t’amuses plus, t’es moins clivant.
                  La même histoire avec des musulmans en France ou en Allemagne me plairait bien, mais là j’ai vraiment très apprécié par le jeu des subtilités que permet ces personnages

                  • #158046 Répondre
                    Gab
                    Invité

                    Oui, la scène du canapé est très juste, je n’y avais pas repensé. Elle résume presque mieux que tout ce que j’ai écrit ce que j’essaie de dire depuis le début ! Elle les a défendus, elle pense que ce qui leur est arrivé est injuste, et pourtant elle reste profondément mal à l’aise avec eux. Les trois choses peuvent parfaitement être vraies en même temps.
                    Et ce malaise est quand même construit bien avant : la première avocate finit par les lâcher face au comportement du père, et pendant le procès on découvre progressivement quelque chose de beaucoup moins sympathique derrière le simple père victime de l’institution. Puis il y a l’église, la récupération par les ultras, et évidemment la fin avec sa fille. Donc je ne crois vraiment pas qu’on projette entièrement ce malaise sur le film : il me semble que Mungiu l’organise lui-même assez explicitement.
                    C’est pour ça que j’ai du mal avec l’idée que le film rendrait évident de prendre parti pour eux. Il nous met clairement de leur côté au départ, puis rend cette position de plus en plus inconfortable.
                    Et ton point sur le choix des Roumains est intéressant aussi. Ça brouille effectivement beaucoup plus les catégories qu’un cas où on identifierait immédiatement une majorité et une minorité dominée.

                  • #158090 Répondre
                    Starfoulard
                    Invité

                    Le coup sur la table (la table!) alors qu’on vient de lui prendre injustement ses enfants est bien compréhensible et personne n’y verra la marque d’un homme vraiment violent. Pour la hache, toute la scène est calibrée pour nous montrer qu’il a juste peur parce qu’il entend un bruit qu’il ne comprend pas. On est loin d’avoir un portrait d’homme violent, tout juste d’un père en pls et qui a des réactions excessives.
                    Perso j’aurais préféré voir un père plus ouvertement violent, plus ouvertement bigot, conservateur, homophobe, ce que vous voulez. A ces conditions le film aurait peut être mieux réussi son pari. Et non, l’extrême droite n’est pas nommée, tout juste les roumains sont ils des chrétiens conservateurs. Effectivement on a pas tous vu le même film, et celui que vous avez vu n’existe pas.

                    • #158122 Répondre
                      Gab
                      Invité

                      Je crois qu’on arrive juste au cœur de notre désaccord. Toi, tu aurais voulu que Mungiu charge beaucoup plus le père pour que le dilemme fonctionne. Moi, je trouve justement intéressant qu’il n’en fasse pas un salaud évident. Ce qu’il montre suffit à me mettre progressivement mal à l’aise avec lui, manifestement pas toi. Et ça me va très bien
                      Par contre, quand on passe de « je ne vois pas ça dans le film » à « le film que vous avez vu n’existe pas » et que ceux qui ne le voient pas pareil se sont forcément laissé influencer, il ne reste plus beaucoup de place pour discuter.
                      Ce qui est finalement assez drôle pour un film où chacun est tellement certain de sa lecture de la situation qu’il finit par ne plus vraiment entendre celle des autres !

                      • #158126 Répondre
                        Gab
                        Invité

                        Après tous ces échanges, je crois que c’est finalement comme ça que je formulerais ce que j’ai vu dans le film : il ne me demande pas si les Gheorghiu ont raison ou si l’institution a raison. Il me demande si on est capable d’admettre en même temps que des parents peuvent aimer leurs enfants et mal agir envers eux, et qu’une institution peut identifier un vrai problème tout en y apportant une réponse profondément injuste et disproportionnée.
                        C’est cette double possibilité qui fait fonctionner le film pour moi. Et je crois que c’est surtout là que nos lectures divergent.

    • #157711 Répondre
      Godot le bègue
      Invité
      • #157716 Répondre
        Starfoulard
        Invité

        Un réalisateur peut aussi raconter des conneries sur son propre film, c’est arrivé à de plus doués que lui.

    • #157717 Répondre
      Dwl
      Invité

      Quid de Dry Leaf

    • #157718 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Je voudrais faire, concernant le film Fjord, un procès d’intention à M. François Bégaudeau.
      François qui depuis le début du fil concernant Fjord, nous dit qu’il nous faut parler du film, qu’il faut d’abord le voir, que comme lors d’un apéro, on coupe en disant, et si on parlait du film ?!
      Ce même François Bégaudeau, n’a pourtant pas été empêché de dire, alors qu’il n’avait pas vu le film, je le cite : Mungiu est un réac comme il y’en a tant.
      MUNGIU EST UN RÉAC COMME IL Y’EN A TANT.
      N’ayant pas vu le film, il s’est bien inspiré de la filmographie de Mungiu pour porter une accusation aussi grave ?!
      Quel était donc l’objectif de M Bégaudeau en lâchant ce message ?
      Est-ce de l’émotivité ? M. Bégaudeau n’arrive peut-être pas à contenir ses affects ? Ses émotions?
      C’est bien possible. Toutefois, cela a forcément pour effet d’influencer bien des forumeurs. De semer une graine dans l’esprit de ceux qui, déjà en venant sur ce forum, cherchent des empreintes de clés, du maître des clés. Il est fort possible que là ait été les intentions réelles de M. Bégaudeau.

      • #157721 Répondre
        Starfoulard
        Invité

        T’as du caca dans le cerveau l’ami, personne n’a accusé le film d’être réactionnaire ici.
        Personnellement je pense que Mungiu est une sorte de centriste qui n’aime pas les extrêmes et les renvoie dos à dos, et les deux personnes avec qui j’ai discuté du film ici n’ont jamais dit que Mungiu était reac non plus.
        La phrase de Bégaudeau semble donc surtout t’avoir influencé, toi.

        • #157728 Répondre
          Quentin
          Invité

          P’titekekette est interressant sauf quand il parle de Begaudeau. Sauf qu’il parle presque tout le temps de Begaudeau.
          J’aimerais connaître ton avis, à toi Samuel, sur le film

          • #157744 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            On s’est mal compris.
            J’ai bien vu que Gab et Quentin ne voit pas le film ainsi.
            Moi je ne l’ai pas vu le film.
            En revanche je dis que je ne comprends pas pourquoi, dire que Mungiu est réac.
            Pas le film, mais Mungiu. Ce pourquoi je suppose facilement que Bégaudeau référe à sa filmographie puisqu’il n’avait pas encore vu le film. Or ce que j’ai vu de ce cinéaste roumain m’a fortement interpellé formellement. J’ai vu 4 de ses films sur 6 ou 7. Quant à savoir si il est réac il faudra développer. Comme je lui ai posé la question et qu’il ne m’a pas répondu, je suppose qu’il se réserve pour le TVB.
            Ce que je trouve étrange tout de même, c’est de balancer ça, qu’il est « réac comme tant d’autres », sans aucune explication, tout en se réclamant de « parler du film ».
            Dire que Mungiu est centriste et renvoie dos à dos tels ou tels extrêmes, c’est pas impossible, je ne sais pas. Mais son geste cinématographique ne me semble pas être celui-là. Je dirais que sa position à lui, si tant est qu’elle soit affirmée, n’est vraiment pas ce qui le préoccupe ni ce qu’il met en avant.

        • #157753 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          1 en effet, avant de l’avoir vu, je n’ai pas dit que Fjord était réactionnaire, j’ai dit que Mungiu l’était, et je l’ai dit à la lumière des films que j’ai vus de lui, c’est à dire tous sauf Fjord
          cela me parait un matériau suffisant pour en juger
          2 ayant vu Fjord, je maintiens qu’il l’est, et je ne trouve pas que Mungiu renvoie dos à dos les camps – tout juste feint il d’etre neutre, mais c’est plus fort que lui
          cela dit, mon reproche au film n’est pas qu’il soit réactionnaire, plutot qu’il ne le soit pas plus nettement, plus puissamment

          • #157756 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            La politique, la morale, sont bien les préoccupations centrales de Mungiu. Le cinéma ne lui est qu’un support à déplier des sujets de société, des sujets moraux-sociaux. Ce qui en fait un cinéaste pauvre formellement.
            Nous développerons.

            • #157897 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Merci pour ta réponse en attendant les développements.
              J’aurais beaucoup aimé le même genre de pistes pour « La pastorale américaine » de Philip Roth, car je n’en ai très certainement qu’une lecture partielle et il est toujours intéressant d’avoir des pistes de réflexions.
              Malgré le fait que cela demanderait un développement assez long je suppose.

            • #158351 Répondre
              Le mec là
              Invité

              C’est ça qui m’a fasciné. Comment un truc aussi « just » en terme de cinéma avait pu berner le jury. Les scènes avec les ados sont extrêmement limite professionnellement parlant. En tout, jeu, mise en scène, écriture,…appuyant encore l’effet de lourde démonstration, sans aucun accident, contrepied etc…, jusqu’à faire dire à l’avocate mot pour mot ce que Mungiu voulait nous dire. Et c’est pas un twist magique de 5 secondes qui va contrebalancer la forme qu’on s’est pris pendant 2h20.
              La musique a la fin m’a fait exploser de rire. C’est vraiment le move de petit con fier de lui sur un court métrage torché à la va vite.
              J’imagine qu’une austérité générale suffit encore pour donner un crédit artistique (langues bizarres, photo froide, comportements mécaniques,…).

    • #157800 Répondre
      Carpentier
      Invité

      merci pour l’info sur les films qui alimenteront le prochain TVB
      une fois rentrée, je sais comment occuper mon temps libre
      – prévu à quel date le TVB de septembre?

      • #157952 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On enregistre le 9, ce sera en ligne le soir je pense.

        • #158327 Répondre
          Carpentier
          Invité

          ok, merci
          et le ciné-club?
          ça m’intéresse car, à ma demande, je bouge dans le 14e et, si tu le programmes à un horaire raisonnable (selon moi qui vais terminer à 18h30 quand tout ira bien) je pourrai me rendre avec joie, cette année, à cet événement …
          – s’il existe,

          • #158332 Répondre
            MA
            Invité
            • #158365 Répondre
              Carpentier
              Invité

              ah
              benh ça se fera sans moi cette année encore, alors

              • #158371 Répondre
                Tony
                Invité

                Tout arrive, j’ai fait bifurquer ma fille et sa pote qui voulaient aller voir L’odyssée en leur disant que Tombé du ciel devait valoir le coup, j’en ai entendu du bien,une recommandation de Carpentier !

                • #158394 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ouch,
                  heureusement que je ne tiens aucunement à redorer un hypothèque blason
                  La bifurcation est toutefois amusante, plutôt inattendue
                  (et j’espère sincèrement que, tout comme moi, elles n’auront pas le sentiment d’avoir.perdu du temps de vie après visionnage)
                  Elles ont quel âge?

    • #157998 Répondre
      stephanie
      Invité

      J’ai trouvé Fjord trop didactique et appuyé, un cas clinique pour les écoles de travailleurs sociaux et c’est cela , à mon avis, son plus gros défaut.
      Le sujet est très intéressant mais tout est traité trop à charge : éducation maltraitance religion culture
      J’ai trouvé aussi le film mal construit, trop rapide au début ( la prof de gym qui voit la marque sur le dos est grossier ) puis le film s’étire et n’en finit pas ( un peu ennuyeux la fin).
      2 remarques :
      Une des 1ere scènes de Baccalauréat ( que j’avais bcp aimé) on entendait une explosion dans la rue, une fenêtre brisée et cela sans explication. Une sorte de scène annonciatrice des violences sociétales à venir. Dans Fjord, l’avalanche ( répétée 2 fois-de trop ) relève du même procédé.
      J’ai aussi pensé au livre de Constantin Alexandrakis , L’hospitalité au démon sur le traitement radical protocolaire des services sociaux en Scandinavie.

      • #158002 Répondre
        Starfoulard
        Invité

        Les scènes de procès sont effectivement longuettes et très très bavardes.

      • #158036 Répondre
        Quentin
        Invité

        Oui les avalanches qui ne perturbent finalement personne que les non-initiés, et qui témoignent des maltraitances sociales banalisées, enfin je l’interprète comme ça.
        Pour les scènes du jugement, qui ne sont pas vraiment pas réalistes, c’est àa fois agaçant mais aussi amusants. Je crois que Munghui a fait le choix de l’absurde au détriment du réalisme. Et ça me plaît, même en tant que travailleur social

        • #158088 Répondre
          Starfoulard
          Invité

          Non, il a filmé les scènes de jugement et de procès de la manière qu’il estime être la plus réaliste possible. Rien dans la mise ne scène ni dans le scénario ne montre qu’il a « fait le choix de l’absurde ». Tout indique l’inverse. Vraiment je vous en supplie, arrêtez d’inventer des choses pour appuyer votre avis. C’est pas grave de s’être trompé et de s’être laissé influencer par le narratif du réal et d’une partie de la critique sur le film. Ça arrive à tout le monde. On reconnaît qu’on s’est planté, on est gêné deux minutes et on passe à autre chose.

          • #158114 Répondre
            Quentin
            Invité

            Puree ça te tient vraiment à coeur et tu es déterminé à ce que tout le monde soit d’accord. Tu partageras aussi ton top5 a la fin de l’année en avant première afin qu’on soit sûrs de tous avoir le même. Puis pareil pour les critiques en fait.
            Ya pas deux lectures possible ? Ya pas d’interpretation ? Pas même de subjectivité finalement ?

            C’etait sympa de discuter avec toi jusqu’à ce que ça ne le soit plus. C’est dommage. Je retiens quand même que tu dis qu’il ne faut pas se laisser influencer par le narratif du réalisateur. Bientôt tu iras directement contredire un auteur en lui criant « mais c’est pas du tout ce que tu as fait arrête de mentir!!! »
            On sera gené deux minutes puis on passera à autre chose

            • #158123 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Ça c’est envoyé !
              On sent un idéal de l’objectivité chez certains ici.
              L’idée que Mungiu prend parti pour la famille catho intégriste est de toute façon fausse.
              Pourquoi ?
              Parce que depuis son premier film Mungiu créé un système qui ne fonctionne qu’à condition de ne pas prendre parti. Rien de nouveau.
              Questions,
              Dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Mungiu prend-il parti contre l’avortement ?
              Dans RMN prend-il parti pour les conservateurs contre les pakistanais ?
              Dans Baccalauréat prend-il parti pour le père ?
              Non, jamais. Son système n’est pas celui-ci.

            • #158246 Répondre
              Starfoulard
              Invité

              Ok Quentin

    • #158035 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Je viens d’écouter son interview sur france cul.
      Mungiu parle de l’impossibilité à communiquer avec des gens qui ne partagent pas nos valeurs, si c’est entre autre , l’intention du film, alors pourquoi cette fuite à la fin ? Est ce un échec de nos  » incapacités à communiquer  » et la porte ouverte au fascisme ?( une interprétation).

    • #158058 Répondre
      Rigolus
      Invité

      Je ne trouve rien de bien au cinéma, j’ai fais l’effort de regarder les films indépendants, même ceux du top 10 du forum et c’est pas terrible. On ne peut pas dire qu’on soit gâté en ce moment, du coup je regarde les films de Michel Simon : Circonstances atténuantes que j’ai revu hier est vraiment sympa.

      • #158059 Répondre
        Rigolus
        Invité

      • #158074 Répondre
        Godot le bègue
        Invité

        Pas étonné de ton commentaire venant d’un réactionnaire – rire² –
        .
        As-tu vu par hasard « on achève bien les chevaux » de Sydney Pollack, avec Jane Fonda ?
        .
        C’est une réflexion sur l’absurdité de la condition humaine.

        • #158096 Répondre
          Rigolus
          Invité

          C’est réactionnaire d’avoir du gout ?
          Non je n’ai pas vu mais il semble pas très récent non plus ton film. Un peu contradictoire monsieur les bons films sont aussi nombreux en 2026

          • #158113 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Attention !
            Godot le bègue n’est pas bègue Godot, il y a une légère différence.

    • #158073 Répondre
      Godot le bègue
      Invité
    • #158076 Répondre
      Tiphaine
      Invité

      Cette chaine est une pépite

    • #158077 Répondre
      Tiphaine
      Invité

      Male Desire and the S*xual Politics of Modern Cinema
      Like Stories of Old

    • #158086 Répondre
      Godot le bègue
      Invité
      • #158101 Répondre
        Gab
        Invité

        Tribune intéressante parce qu’elle formule beaucoup mieux certaines critiques évoquées ici, notamment sur le hors-champ : on peut effectivement se demander si Mungiu crée de la complexité ou s’il fabrique artificiellement de l’indécidabilité en nous privant des éléments qui permettraient de trancher. Là je trouve l’objection assez forte.
        Par contre je bute toujours sur la même chose : pour faire fonctionner cette lecture, il faut vraiment minimiser tout ce que le film construit progressivement de problématique chez les Gheorghiu. Et la phrase « tous les personnages sont vaccinés du doute » me paraît particulièrement difficile à défendre : les deux avocates ont justement un rapport de plus en plus ambivalent à cette famille.
        Et surtout je ne comprends pas vraiment comment on peut écrire que le film « conclut à l’impossibilité du brassage socio-culturel » en faisant abstraction de sa dernière image, où ce sont précisément les deux gamines qui franchissent la frontière construite par tous les adultes. On peut trouver ça lourdingue, mais ça me paraît quand même difficile d’y voir une conclusion réactionnaire aussi univoque.

        • #158124 Répondre
          Eleonore
          Invité

          « Fort de deux épouvantails, Cristian Mungiu ne prend jamais position pour l’un ou pour l’autre, et préfère plutôt les renvoyer dos-à-dos. » Cette phrase est factuellement, formellement fausse. Mungiu ne cesse de prendre position pour les Gheorghiu. Il faut vraiment que Frustration arrête de parler de cinéma.

          • #158129 Répondre
            Godot le bègue
            Invité

            « Il faut vraiment que Frustration arrête de parler de cinéma. »
            .
            Nicolas Moreno est rédacteur en chef de la revue de cinéma Tsounami et auteur d’un livre récent et remarqué sur les frères Safdie intitulé New York, les Safdie et Uncut Gems. Pour Frustration, il livre son analyse du film Fjord.
            .
            Lire et tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de la ramener…

            • #158131 Répondre
              Eleonore
              Invité

              et je devrais faire la révérence ? Le boug pourrait être triple médaillé d’or de cinéma ça ne changerait en rien la vacuité de son analyse. Il n’a pas su/pas voulu regarder, ça arrive aux meilleur.e.s. Mais j’imagine que pour S. Lebesgue (on vous voit hein) le directeur de l’incontournable Tsounami (dont la qualité reste à prouver, notons-le) est intouchable.

              • #158135 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Tu entends quoi par S. Lebesgue ?

                • #158136 Répondre
                  Eleonre
                  Invité

                  Nous prends pas trop pour des con.ne.s non plus Samsam

                  • #158139 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Ça devient de la persécution cette histoire.
                    Donc tu crois que Samuel B et Godot le Bègue ne font qu’un ?
                    L’idée de te prendre pour une conne ne m’aurait pas traversé l’esprit, mais maintenant, j’avoue hésiter.

                    • #158141 Répondre
                      Godot le bègue
                      Invité

                      Non elle se la pète la gourgandine, sais-tu qu’elle re-lit Proust et Dostoïevski en même temps ? Faut le faire non ?
                      .
                      Eléonore tu peux en vouloir à la revue de cinéma Tsounami, c’est ton droit légitime.
                      Mais écrire, bis repetita, « Il faut vraiment que Frustration arrête de parler de cinéma. » Non, non et non tu ramènes trop ta fraise là, comprends-tu ?
                      .
                      Voilà bonne fin de soirée à toutes et à tous; cultivez-vous bien hein !

                      • #158143 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        La chose qui m’ennuie dans cette histoire c’est moins qu’on me prenne pour Godot le bègue, tout comme on a dû, un moment, me prendre pour Shiva.
                        C’est le temps infernal que je passerais sur le forum si c’était le cas. Là oui il y aurait de quoi s’inquiéter.

          • #158148 Répondre
            Starfoulard
            Invité

            Je pense que les médias politiques sont souvent le mauvais endroit pour entendre parler de cinéma. PDH, souvent excellents sur le reste, passent régulièrement à côté des films qu’ils voient.
            Ça se résume à : le film est il progressiste? Conservateur? Suffisamment décolonial? LGBT?

            • #158152 Répondre
              kenny
              Invité

              sachant qu’un film trop LGBT ne saurait être décolonial

              • #158155 Répondre
                Starfoulard
                Invité

                Et inversement. Ceci dit chacun va chercher ce qu’il veut dans le cinéma. Dans le temps j’avais un coloc qui jugeait tous les films hors genre (action, fantasy, sf) selon leur capacité à le divertir (et du coup ça le dérangeait pas le mois du monde qu’ils aient une esthétique fachisante) mais dès qu’on sortait du genre alors là il fallait que le film soit le plus politiquement Hallal possible.
                Autant dire qu’on était pas souvent d’accord

                • #158156 Répondre
                  Starfoulard
                  Invité

                  (Je voulais dire: il jugeait tous les films de genre selon leur capacité à le divertir, coquille)

                  • #158161 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    et il ne se demandait jamais comment il se faisait qu’une esthétique fascisante le divertisse?

                    • #158260 Répondre
                      Starfoulard
                      Invité

                      Non, il se posait assez peu de questions de cet ordre. En gros y avait le cinéma pour se changer les idées et le cinéma pour réfléchir.

                      • #158265 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Indécrottable dichotomie face à laquelle on ne peut que claironner que tous les films qui nous plaisent sont divertissants, puisqu’on y est bien.
                        Cela dit j’ai bien conscience de la roublardise de mon propos.
                        La notion de divertissement contient celles de l’amusement et de la gaieté.
                        Or devant A l’Ouest des rails, de Wang Bing, on ne se tape pas le cul par terre, indéniablement.
                        Je pense qu’il faudrait alors dire que tous les films qui nous plaisent, quel qu’ils soient, nous apporte de la joie.
                        Ce qui enfonce une porte ouverte.
                        Bigre, on est pas rendus.

                      • #158348 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        oui oui j’ai bien compris mais un cinéma « pour se changer l’es idées » n’est jamais un cinéma pour se changer le corps, puisque le corps on le trimballe partout
                        et donc son corps se délectait d’un spectacle fasciste
                        ça aurait du l’intéresser
                        mais les gens s’intéressent peu à eux mêmes

                      • #158368 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        « mais un cinéma « pour se changer l’es idées » n’est jamais un cinéma pour se changer le corps, puisque le corps on le trimballe partout »
                        « les gens s’intéressent peu à eux-mêmes  »
                        Bravo! Ça c’est juste!

                      • #158372 Répondre
                        Myriam
                        Invité

                        un bon susucre pour la lèche-cul

                      • #158377 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Je prends jamais de sucre.
                        Vous êtes très grossière. Vous l’avez remarqué?
                        Mais là c’est vrai ce que dis FB
                        Et vous Myriam, vous regardez des films pour « vous changer les idées »?

                      • #158384 Répondre
                        Myriam
                        Invité

                        Ne pas prendre de sucre ne vous empêche pourtant pas de faire la lèche-cul. Brave fifille.
                        Quant à ce que dit François c’est évidemment faux. Il n’a en effet qu’une vision extérieure du corps. Or celui-ci est aussi composé des sa partie biologique interne, et regarder un film engendre inévitablement des changements physiques internes, ne serait-ce qu’en terme de neurotransmetteurs, ce qui, de fait, modifie le corps. La vision du corps limitée qu’il a le conduit naturellement à sortir de pareilles contre-verités. Et vous, pas plus futée que lui sur ce point, vous vous empressez d’applaudir en bonne lèche-cul à de pareilles sornettes.
                        En ce qui concerne les films, je m’astreint à regarder au moins deux films par jour, mais aucunement dans le but de me « changer les idées ».

                      • #158390 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        On ne se connait pas et je ne chercherai pas à vous convaincre. Dans la vraie vie, vous n’auriez pas été grossière j’en suis persuadée et vous ne m’auriez pas insultée.

                      • #158392 Répondre
                        Eleonore
                        Invité

                        Dans la vraie vie, Je pense que Myriam s’appelle surtout Samuel

                      • #158416 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Tu me fatigues Eleonore.
                        Non. Myriam n’est peut-être pas Myriam mais n’est pas Samuel.
                        Lèche cul n’est pas le terme que moi j’emploierais dans ce contexte.
                        Concernant ce que dit François de l’esthétique fascisante et du corps, je n’ai qu’une question.
                        Les petits enfants. Notamment les petits garçons qui aiment jouer au cowboys, à la guerre ou reproduire des scènes de bataille, sont-ils dès lors habités par le fascisme ou son esthétisme ? Ou sont-ils déjà habités par la notion très complexe et très occidentale de représentation. Qui n’est pas que d’ordre esthétique ?

                      • #158410 Répondre
                        Myriam
                        Invité

                        Ce n’est point une insulte de dire que vous êtes une lèche-cul, c’est une observation de votre attitude sur ce forum. Plutôt que de vous victimiser vous devriez assumer votre comportement.

                      • #158448 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        Myriam avec tout le respect il faut rentrer à l’EPHAD c’est le soir du bingo en plus.

                      • #158450 Répondre
                        Myriam
                        Invité

                        J’ai l’âge d’être ta mère alors un peu de respect gamin

                      • #158451 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        Tu as l’âge d’être ma grand mère surtout oui.
                        T’écris comme les vieilles racelardes des commentaires YouTube ou de Facebook hahah

                      • #158453 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Moi j’ai une question pour Myriam.
                        Aimes-tu faire du vélo Myriam ?

                      • #158449 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        Eh oui. Je me souviens qu’il adorait Star Wars. Y a aucun mal à ça d’ailleurs, mais en terme d’esthétique autoritaire ça se pose là quand même.
                        Marrant comme cette franchise fédère un spectre politique vaste: ça va vraiment de mon ancien coloc troskard au nazi du coin. Il y a quelques temps c’était la mode sur Twitter de dire aux fachos : “si vous êtes fans de Star Wars alors vous devriez être pour le gauche parce que c’est nous les rebelles et vous l’Empire” (je schématise).
                        Ça montre peut-être que:
                        -On projette bien ce qu’on veut sur les films, et que ce genre de franchise est particulièrement plastique à cet égard
                        -Les fachos ont justement très bien compris (ou senti) Star Wars
                        Je dis ça tout en étant moi même client de la fantasy dite “épique” en littérature (et Star Wars, sous ses habits de Space Opera, c’est avant tout de l’Epic Fantasy)
                        Mais je me raconte pas d’histoires sur ce que j’y trouve et sur le genre en général. C’est ok d’aimer des récits avec une esthétique viriliste et martiale. Ce que je trouve pénible c’est de tenter de les tordre à coup d’essais vidéo de 2h pour les faire rentrer dans les cases de la doxa gauchiste.
                        Je vois tellement passer de trucs débiles sur YouTube affirmant que One Piece, The Boys ou Tolkien sont en réalité des œuvres de gauche.

      • #158798 Répondre
        kenny
        Invité

        l’auteur de l’article tombe dans le piège
        mungiu s’imagine peut-être être centriste, et nous avoir fait un film sur lezextrêmes qui s’entre nourrissent
        comme si l’apparition d’antipathiques roumains et des manifs pour tous contrebalançaient les 2h où le film nous pousse à détester ces gonzesses avec des têtes de lesbiennes mal baisées
        d’ailleurs on se demande bien pourquoi la famille persécutée n’est pas arabe
        est ce que ça lui aurait troué le cul d’admettre que si jamais instrumentalisation du progressisme il y a, c’est plutôt contre les musulmans que ça se passe (dommage, il aurait gagné une invitation à pdh)
        ou bien, en bon droitard idéaliste, se foutre du réel lui permet-il de nous dérouler sa thèse sans avoir à se tasser toutes les contradictions propres aux situations concrètes

        • #158800 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          suis d’accord

          • #158804 Répondre
            kenny
            Invité

            soulignons la grossièreté du maquillage centriste: l’arrivée des roumains et des manifs est encore plus improbable que la résurrection de john snow
            le mec de tsounami devait être sous l’eau en rédigeant son texte

            • #158811 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              La pensée de Kenny est foudroyante.
              Si Mungiu ne choisit pas des arabes c’est qu’il n’aime pas les arabes. D’accord.
              Il a expliqué pourquoi il a choisi cette famille. L’identification à une religion que la Norvège connaît déjà rend les choses encore plus délicate qu’une pure altérité.
              Si Mungiu avait choisi des arabes vous auriez dit qu’il est raciste et déteste les arabes.
              Pour PDH faut suivre. Décolle de ton maître à penser. Mungiu a été interviewé par PDH.

              • #158816 Répondre
                Quentin
                Invité

                Suis d’accord.
                Et quand bien même Munghui serait conservateur/raciste, ça n’empêche que dans le film, il maîtrise son sujet, sans tomber dans la caricature du droitardé, au contraire.
                Et si les progressistes ont des têtes de lesbiennes mal baisees, Renate et Stan font pas rêver non plus.

              • #158818 Répondre
                kenny
                Invité

                1 point pour chatbelktt je n’avais pas vu qu’il était passé à pdh
                je vais regarder mais ça commence mal: 2e mn « j’essaie de parler de la nature humaine en général, les histoires doivent être situées quelque part mais ça ce n’est qu’un détail »

                • #158914 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Kenny le typique autodidacte qui bute sur les signifiantes en les prenant pour des concepts. Ce qui permet à tous les niais du monde de croire en savoir plus et mieux que les autres. En clair, essaies tu seulement de comprendre ce que « nature humaine » signifie pour Mungiu, au lieu de faire de « nature humaine » un concept fixe et transcendantal. Pour, les histoires doivent être situées quelque part mais ça ce n’est qu’un détail, eh bien oui, ce qu’il se passe dans le film pourrait se passer ailleurs et avec d’autres communauté, comme par exemple, pour tous les franco-centrés, en France et avec des arabes, et pourquoi pas des noirs puisque vous avez tendance à en négliger l’existence.
                  Maintenant en ce qui concerne chatbelkekett, parce que ce n’est pas la première fois que tu balances ça. Ça prouve en tout cas une bonne chose. C’est que tu es vachement attentif et vachement intuitif comme mec.

    • #158146 Répondre
      Urdanivia
      Invité

      Qu’est-ce qu’être cinéphile? ….question considérée ici(et ailleurs certainement…mais je viens de « tomber « sur ce podcast….enfin c’est l’IA de youtube qui me le propose—> voir minute 1h47)

    • #158220 Répondre
      KDB
      Invité

      J’ai été voir L’Inconnue d’Harari hier soir.
      Expérience inconnue ? Pas tant que ça, tant le film recycle des motifs cinéphiliques. On a alors l’impression que l’inquiétude est d’emblée tenue en laisse par les films passés et leur redite. Je ne ferais pas ici le travail de repérage classique, mais à n’en pas douter, Harari ne se lasse pas de recycler Hitchcock.
      Le scénario est complexe, mais sans jamais imposer de longues explications pour qu’on comprenne ce qui se passe à l’écran. David est photographe. Lors d’une soirée, il reconnaît une femme qu’il avait photographiée auparavant. Elle l’entraîne sans un mot dans un lieu à l’écart. Ils couchent ensemble et, au moment de l’orgasme, leurs âmes passent d’un corps à l’autre. Après l’acte, la femme perd ses repères, se réveille en titubant et tente de rejoindre l’appartement de David. C’est en se regardant dans un miroir qu’on comprend alors que David a changé de corps. On découvre ensuite que le phénomène se répète : une personne en attire une autre par le regard, l’entraîne dans une rencontre sexuelle et, au moment de l’orgasme, prend son corps. Celui qui arrive dans le nouveau corps repart ; celui qui a perdu le sien reste profondément troublé, ne sachant plus qui il est ni comment habiter son corps. La suite du film consiste à retrouver ceux qui ont connu le même passage d’un corps à l’autre et à chercher comment le défaire.
      C’est surtout dans le premier tiers que le film produit son trouble. Les personnages, muets, s’observent longuement ; l’un entraîne l’autre dans des recoins peu amènes, avec quelque chose de froid dans l’échange des regards, puis vient le rapport sexuel. Il est difficile d’y voir tout à fait du désir. Ce ne sont pas tellement les corps qui semblent s’attirer : quelque chose passe d’abord par les regards. La musique travaille d’ailleurs beaucoup plus directement la tension que les corps eux-mêmes. La caméra insiste sur les visages, comme si les victimes étaient happées par quelque chose qu’elles ne comprennent pas encore, sans que le désir n’ait vraiment frayé son chemin. La mise en scène des passages à l’acte repose sur des corps presque inertes du côté de la victime et sur l’ambiguïté assez classique du visage pendant le sexe, où l’expression du plaisir peut facilement se confondre avec celle de la souffrance.
      La seconde partie du film, qui tenait déjà beaucoup à l’intériorité et aux gros plans sur les visages, n’en sort plus. Ce qui avait commencé par une transformation littérale des corps devient ainsi une affaire de mémoire, de filiation et d’identité. Une psychanalyse intérieure, faite de trouble avant tout symbolique : je est un autre, mais surtout dans ma tête. L’hypothèse plus charnelle d’une difficulté à passer d’un corps et d’un genre à un autre est bien présente dans le dispositif même du film ; elle est pourtant assez vite effleurée puis abandonnée au profit de ce qui se joue dans la psyché. Le trouble identitaire se construit alors presque exclusivement dans la tête des personnages, laissant le spectateur multiplier les hypothèses sans jamais pouvoir tout à fait conclure. On peut par exemple suivre le motif de la reproduction, qui traverse le rapport entre photographie et filiation : reproduction du réel sur pellicule, reproduction du passé, reproduction du style du père que l’on aperçoit en photographie, reproduction de son programme de travail et, après quelques hésitations, reproduction de soi-même dans une descendance.
      Or les grands films vraiment inquiétants et émouvants sur cette question ont peut-être toujours été, d’une manière ou d’une autre, plus littéraux : ils montrent les peurs et leurs objets, les communiquent au spectateur en construisant un espace réellement étrange et paradoxal. Envie d’offrir un livre de 1972 à Harari : L’anti-Oedipe. Ça lui ferait beaucoup de bien, à lui, à ses scénarios, à ses films.

      • #158293 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Le parti pris d’avoir des personnages incapables de parler entre eux – même quand ils produisent des mots – continue de me rendre très dubitatif. Énormément de scènes tombent à l’eau à cause de ça. On dirait surtout qu’il s’est mis en tête de faire l’anti Anatomie d’une chute à ce niveau là.

        • #158338 Répondre
          KdB
          Invité

          Oui je n’en ai pas parlé mais ce mutisme devient pénible assez rapidement. Dans la même dynamique, les répliques deviennent absolument vides ou redoublent ce qui, pour le coup, ne nécessite aucune communication: « Vous êtes très jolie » ou « je prends des photos pour voir ce qu’on a perdu »… J’ai presque soufflé

          • #158341 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            La scène où « Léa Seydoux » a un rendez-vous au bar avec l’amie de David (dans la BD, on sait que c’est son ex, ce qui permet au personnage d’exister davantage) est assez lunaire. Elles sont là. Elles disent des trucs. Tout est du vent. J’ai même l’impression que c’est mixé pour que les paroles aient l’air de flotter à côté des corps. C’est dommage, il y avait moyen de faire une buddy comedy désœuvrée, mais on est plutôt dans la caricature du film français cérébral. Cela dit, j’ai beaucoup aimé l’ouverture du film jusqu’au body swap.

            • #158382 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              je n’ai encore rien lu sur le film, mais je ne vois vraiment pas par quel bout, sous quel angle, par quelle arabesque critique on pourrait l’aimer
              je dis bien : l’aimer
              des critiques trouveront sans doute à aimer le déchiffrer, et s’aimer le déchiffrant, mais aimer le film, non, c’est impossible, ce film ne le veut pas

              • #158418 Répondre
                Tony
                Invité

                Rire je me suis dit aussi en sortant que je n’aimerais pas être critique et avoir un papier à rendre,blague à part c’est vraiment étonnant qu’il ait réussi à séduire autant de financiers, et je me demande quelle gueule devait avoir son scénario,quelles attentes pouvait-on en avoir,on peut aussi se réjouir que ce genre de films existe mais j’aimerais bien savoir ce qui s’est passé pour que le résultat soit aussi nanardesque.

                • #158434 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  « c’est vraiment étonnant qu’il ait réussi à séduire autant de financiers, »
                  J’ai eu le même étonnement
                  et je crois que la réponse c’est : Seydoux-Schneider

                  • #158440 Répondre
                    Toni Erdmann
                    Invité

                    C’est difficile à croire mais je pense qu’il existe encore des producteurs prêts à perdre de l’argent à la recherche de prestige symbolique.
                    Je crois que Seydoux est obsédé par le fait de décrocher une palme. Il ne faut pas oublier que Pathé a financé Kechiche, finance Almodovar malgré quelques échecs, et aussi Pawel Pawlikowski ou Sorrentino.
                    Harari jouissait un peu du succès d’Anatomie dont il est co-scénariste et l’aspect fantastique a séduit les américains (il a eu des pré-financement d’un gros distrib EUA). Moi ça ne m’étonne pas que le film soit parvenu à trouver des financements.
                    Après, je pense pas que les financiers en questions soient fans du résultat final.

                    • #158442 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Je crois plutôt qu’il y a une petite industrie de films d’auteur internationaux qui doit se rentabiliser avec des ventes à des plateformes spécialisées dans les films arty(Mubi par exemple)qui ont besoin d’avoir en vitrine ces films dotés de ce prestige symbolique qui ont l’avantage d’avoir une publicité naturelle avec les festivals et autres remises de prix,le retour sur investissement doit être intéressant, c’est aussi, peut-être,ce qui explique les films de Lanthimos financés par Disney et que l’on peut voir maintenant sur Disney+.

                      • #158443 Répondre
                        Myriam
                        Invité

                        Rire, comme tu dis

                      • #158447 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        En tout cas hâte de voir ça, parce qu’après avoir enchaîné sur Onoda, je me demande comment ce type peut rater un film. Reste à vraiment élucider ce qu’il cherche à fabriquer. Deux donnent une idée mais trois c’est mieux.

                      • #158459 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        rétrospectivement je me suis dit qu’Onoda était surcoté
                        valait davantage par son concept que par son contenu
                        mais faudrait revoir

                      • #158506 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        C’est ce que je me suis dit dans les 20-25 premières minutes. J’ai douté, ne retrouvant d’abord pas ce que j’aimais dans Diamant Noir, puis j’ai trouvé ça formidable (qui plus est en salle). Je reconnais que l’histoire vraie sur laquelle se base le film est frappadingue et peut nous biaiser. Mais le film est très juste à l’égard de ses personnages et se tient à la hauteur de la radicalité-opacité d’Onoda — il n’use pas du fameux binarisme vulgaire inculpation-exonération dont j’ai eu à reparler dernièrement. Se pose tout de même la question de ce point de vue si internaliste, de la figure construite par le film etc… Il n’empêche que ce point de vue ouvre beaucoup de pistes.

      • #158689 Répondre
        Mathieu
        Invité

        « La caméra insiste sur les visages, comme si les victimes étaient happées par quelque chose qu’elles ne comprennent pas encore, sans que le désir n’ait vraiment frayé son chemin. » Ces scènes là empruntent quand même beaucoup à Glazer et à son film avec Scarlett, où elle joue une entité placide qui entraine ses victimes dans un liquide noir sur fond blanc. C’est le problème fondamental du film pour moi: beaucoup de citation, peu d’incarnation. On sent que les scénaristes décident à la place des personnages, retiennent inutilement des choses qui devraient être dites, que les acteurs n’ont donc pas grand-chose à jouer et par compensation en font des caisses, d’où l’aspect nanardesque. Dans le jeu de Schneider, j’ai même parfois pensé à Fleuve Noir, le turbo-navet où Duris et Cassel cabotinent comme c’est pas permis.

    • #158560 Répondre
      Carpentier
      Invité

      je vois à l’affiche un docu sur les retrouvailles des frangins Gallagher? ah ok,

      • #158684 Répondre
        Carpentier
        Invité

        et de 1!
        Vu le Fjord dans l’après m’
        l’or à Cannes, j’avais pu ce détail en tête, moi
        bon, vu dans un des 2 grandes salles du MK2, blindée, silencieuse, concentrée
        suis sortie de là avec crampes au bide et douleurs intercostales ++++ tant j’avais perdu l’habitude de rester longtemps immobile au ciné comme ça
        – m’en reste deux à voir pour le TVB de septembre,

    • #158598 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour la première fois,et pour avoir entendu Harari en parler,j’ai vu Dans la peau d’une blonde et c’est vraiment tordant,on s’est marré comme rarement,quelle comédie géniale!Un publicitaire macho se retrouvant dans le corps d’une femme et qui, à l’inverse de l’inconnue,finit par y prendre goût, film profondément féministe avec des dialogues dignes de Billy Wilder,d’une drôlerie à tomber par terre!

      • #158607 Répondre
        Tony
        Invité

        Il m’a dit qu’il était payé 200k par an,plus couverture sociale.Je demande 250k.
        Pourquoi devrais-je vous payer plus que Steve?
        Steve ne vous faisait pas bander.
        -Il est aussi sensible aux besoins d’une femme que Jack l’éventreur.
        -Je ne peux pas penser avec tous ces cheveux sur la tête.

        • #158633 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Et donc Harari, auteur du film le moins marrant et le plus mal-aimable de l’année, parle de ce film?

          • #158636 Répondre
            Tony
            Invité

            Rire Harari, pour qui l’humour est trop vulgaire,m’a filé une ordonnance pour me remettre de son chedeuvrrre,

          • #158640 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « Harari, auteur du film le moins marrant et le plus mal-aimable de l’année »
            Rires- Tu sais donner envie.

            • #158653 Répondre
              Tony
              Invité

              Ou alors Harari est peut-être dans la filiation de Pasolini dont je viens de lire ces lignes dans un entretien:

              Tu t’es embourgeoisé?
              Peut-être oui.En moi s’est développé un sens de l’humour que je n’avais pas auparavant et qui est un caractère typique de la bourgeoisie.
              Pourquoi seulement de la bourgeoisie?Et dans l’Antiquité?
              Je parle de l’époque moderne,depuis l’Arioste.L’humour est une attitude de la classe au pouvoir.Suis-moi:quels sont les caractères de l’humour?Le sens de culpabilité et le réductionnisme.A présent le bourgeois se sent coupable(parce qu’il détient le pouvoir)et tend à vivre en pantoufles.C’est un homme pratique.L’humour est une attitude de défense de celui qui a une vision rapetissée, quotidienne,de la vie.

              • #158676 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Comme quoi le grand PPP peut aussi dire des conneries.
                N’a-t-il donc jamais rencontré de prolos marrants? Ce serait bien triste.

        • #158638 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Blake Edwards, c’est particulier. C’est inégal, parfois pesant, longuet, laborieux et tout soudainement, c’est ce qu’il y a de plus drôle au monde. Il a aussi réalisé deux ou trois films qui n’étaient pas des comédies, dont un western que j’aimais bien.
          Dans la peau d’une blonde, j’ai du le voir mais c’est loin.

          • #158639 Répondre
            Tony
            Invité

            Je le connais peu en fait mais voir ce film m’a donné envie de le connaître,je me souviens avoir vu Elle il y a quelques années et c’était super aussi.

            • #158642 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Même pas les Panthères roses ?

              • #158644 Répondre
                Tony
                Invité

                Eh non j’ai jamais eu envie de voir ça, c’est peut-être bien mais je crains un peu Peter Sellers, c’est pas trop mon truc.

                • #158645 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Victor Victoria a l’air bien aussi, faudrait que je le vois.

                  • #158646 Répondre
                    Alexandre
                    Invité

                    Fait partie des priorités. Et The Party, aussi (mais si tu n’aimes pas Sellers..)

    • #158626 Répondre
      Ostros
      Invité

      Attention le 1er ciné club de la saison 2026-2027 aura lieu mardi 22 septembre à 18h
      Et plus le mardi 29 septembre.
      Mardi 29 septembre ce sera à l’Arlequin la projection du docu sur la préparation de la pièce en rêvant le maître ignorant, écrite par François et mise en scene par Isabelle Duprez.

      • #158634 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        docu signé Thibaut Oskian, Elodie Fiabane, François Bibi.

        • #158635 Répondre
          Ostros
          Invité

          Toujours pas de lien resa sur le site de la salle

          • #158637 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            ça arrive

            • #158654 Répondre
              Stéphanie
              Invité

              Bibi, Ostros , il y aura d’autres dates de cette projection de docu ?

              • #158674 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Oui oui, ici et là
                On informera
                Et ma foi si des salles de France et d’Asie veulent accueillir le film, elles n’ont qu’à se manifester.

    • #158785 Répondre
      Urdanivia
      Invité

      Qui a vu ça:

      Sûr, cela remplacera la GO(rires évidemment)

      • #158945 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        mais pourquoi donc cet âge moyen?
        c’est une vraie question

        • #158964 Répondre
          Ostros
          Invité

          Tu parles du plateau de vieux ?
          Je dirais parce que RTL est une vieille radio dont les auditeurs sont vieux.
          Les jeunes sont sur internet
          Les vieux à la TV ou la radio

    • #158862 Répondre
      Godot le bègue
      Invité
    • #158919 Répondre
      Quentin
      Invité

      Je sors du ciné et de la séance pour le film chilien Degel.
      Très belle mise en scène et le jeu est impeccable, mais le thriller est quand même bien léger. En plus, la scénariste (et real) s’embarque dans des situations qui n’aboutissent pas vraiment (le coach tendancieux, la mère absente, les coéquipiers bruts ou encore les barrières culturelles et linguistiques).
      J’ai trouvé ça dommage, parce que le thème est quand même riche et les possibilités non exhaustives.
      Je regrette aussi de ne pas assez maîtriser les probables references a la fin de la dictature et au difficile et long passage au libéralisme, a part a quelques moments. J’avais eu l’occas de lire une petite itw de la real qui expliquait que le Dégel représentait la mise à nu, ce qui remonte à la surface. Et il est vrai que le film renvoie cela : tout ce qui peut être subi, traumatisant, finit par remonter a la surface ou par être mis à nu, avec le temps, malgré l’énergie utilisait par les institutions, les personnes, la société pour dissimuler. Bah le problème c’est que le film manquait cruellement d’énergie.
      J’avais pas aimé Zone of Interest, qui vit certainement plus par ce qu’il a à dire que par ce qu’il montre. Je crois qu’on est dans le même style.

      • #158939 Répondre
        Quentin
        Invité

        Je suis aussi surpris, cette année j’ai regardé (involontairement) plusieurs films qui traitent d’amitié feminine. Celui ci en fait partie
        J’aime cette anecdote

    • #158921 Répondre
      Le mec là
      Invité

      Sans surprise, The Dog of Stars est une catastrophe. On dirait une fan fiction d’un incel (gentil) de 16 ans. Aucune intensité, ça ne raconte rien (à part des poncifs). Vertigineux.

      • #158923 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Ça n’avait pas l’ai très prometteur… J’ai entendu des bonnes choses, de très loin, du Dernier Duel : est-ce qu’on me tendrait un piège ?

        J’en profite : il se trouve aussi que j’ai vu pour la première fois, en salle, dans les meilleures conditions possibles, le fameux Alien de Scott. En dépit de décors fabuleux et d’effets spéciaux très réussis, j’ai eu l’impression que le film souffrait d’un gros défaut d’écriture (et in fine de mise en scène). Je me suis beaucoup trop souvent dit que les personnages étaient complètement stupides. Pas un pour rattraper l’autre. J’ai pensé entre autres au vieux sketch de Bigard sur les films d’horreur (où les deux mecs font deux groupe de 1). Moi qui suis si frileux (car inhabitué) face aux films d’horreur ou d’épouvante, j’ai à peine eu peur. @Alexandre, mémoire vivante de ce forum, tu as du vivre sa sortie? J’imagine que pour l’époque ça devait être quelque chose. Mais est-ce que le film faisait l’unanimité?

        • #158947 Répondre
          Le mec là
          Invité

          Jeunet détestait parce qu’on voyait très peu la bête. Moi j’ai toujours adoré, notamment grâce au naturel des personnages, des nobody pas adapté à la situation et tout à fait plausibles. D’ailleurs Ripley prend le dessus petit à petit, y’a une sorte de désintérêt dans la façon de tous les filmer qui brouille bien les pistes niveau victimes, héros etc… Assez rare.

          • #158952 Répondre
            sylvain
            Invité

            @I.G.Y : ah non là nous ne serons pas d’accord (sur « Alien »).
            Pour prolonger ce qu’a déjà répondu « le mec là » : il ne faut pas tant voir ce film comme un film de monstre, encore moins d’horreur (l’horreur, comme le monstre occupent à peine 7 minutes d’écran).
            Il faut voir quasiment – j’exagère un peu – un film qui montre avant tout des prolos. Et on les voit travailler. Soumis qui plus est à une « corporation » (toujours surplombante et surtout désincarnée, mais à qui il faut régulièrement rendre des comptes – c’est presque l’histoire d’une délocalisation).
            Et puis bien sur, pour revenir au concret du film : cette femme, seule dans un univers 100% masculin, confrontée à une créature qui multiplie bien les symboles phalliques, joue beaucoup sur la pénétration, la fécondation… et même le viol pas très loin.
            Ceci dit, et tu auras raison, il faut peut-être aussi se méfier de trop d’analyse à posteriori sur ce genre de films. Pas sur que tout cela se trouvaient dans le tête de Ridley Scott en 79 (ce n’est que son deuxième film). Mais le fait est que 40 ans plus tard, nous en parlons encore. Pourtant on a vu depuis du monstre, de l’épouvante et de l’espace.
            On peut dire beaucoup de mal de Ridley Scott, mais ce film compte. Pour ce qu’il pose comme pierre blanche. D’autres ici. Sur 30 long-métrages, je dirais que 5 restent importants.
            Enfin, concernant sa sortie à l’époque : bizarrement, exactement comme « Shining » en 1982 puis avant « l’exorciste » en 73, il était déconseillé d’y aller… aux femmes enceintes. Ma mère avait bravé l’interdit. Ca a donné ce que ça a donné…

            • #158992 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              « Ma mère avait bravé l’interdit. Ça a donné ce que ça a donné…  » : rire. Le neuvième passager.

              Pourquoi pas sur le côté prolo, mais ça ne m’a pas paru si central. Ça n’est pas un film d’horreur, c’est vrai, j’ajoutais plus ce terme à une catégorie large des « films qui font peur » : or effrayer, mettre en tension, voilà des choses auxquelles s’emploie le film. Je ne suis pas un grand familier des « films de monstre » mais il me semble tout de même que c’est bien ici le cœur du sujet (titre + sous-titre), du moins de l’enjeu d’écriture et de mise en scène : qu’est-ce que c’est? où est-il? comment se déplace-t-il? comment le repérer? comment le tuer? comment survivre?

              Un autre thème qui m’a sauté aux yeux serait celui de la « curiosité » (plus que la simple curiosité scientifique). Des films sur une expérience scientifique qui dérape ou un savant qui déconne, il y en a à la pelle, mais il m’a semblé qu’ici la question de la fascination pour l’inconnu est joliment traitée. Avant que les personnages ne deviennent débiles, j’ai remarqué qu’ils étaient avant tout maladivement curieux : le film arrive assez bien à faire sentir cette force inarrêtable qui les poussent à continuer vers l’exploration du vaisseau le plus inquiétant de l’univers exploré. Cette séquence est très longue et très réussie. (Il y a aussi quelque chose de très genré (peut-être un peu cliché) : plusieurs fois ce sont nettement les femmes qui suggèrent d’éviter d’aller plus loin, de ne pas faire la connerie de trop).

              • #158998 Répondre
                sylvain
                Invité

                @I.G.Y : « Je ne suis pas un grand familier des « films de monstre » mais il me semble tout de même que c’est bien ici le cœur du sujet (titre + sous-titre), du moins de l’enjeu d’écriture et de mise en scène : qu’est-ce que c’est? où est-il? comment se déplace-t-il? comment le repérer? comment le tuer? comment survivre? »
                Assez d’accord. Cela a longtemps été le schéma type du « film de monstre » (Prédator en tête). Mais autre film de monstre : « The Host » (évidemment que tu connais) a fait l’inverse : monstre en pleine lumière dès 10 minutes, on comprend qu’il est maladroit sur terre (cette scène de « glissade » au début), mais à l’aise dans l’eau, peut-être aussi dans les airs… la grâce de ce monstre dépend énormément de son environnement. C’est vraiment l’anti « Alien », qui reste une créature bien plus obscure. Et souvent hors-champ (du moins chez Ridley Scott).
                Un autre thème qui m’a sauté aux yeux serait celui de la « curiosité » (plus que la simple curiosité scientifique). Des films sur une expérience scientifique qui dérape ou un savant qui déconne, il y en a à la pelle, mais il m’a semblé qu’ici la question de la fascination pour l’inconnu est joliment traitée. Avant que les personnages ne deviennent débiles, j’ai remarqué qu’ils étaient avant tout maladivement curieux : le film arrive assez bien à faire sentir cette force inarrêtable qui les poussent à continuer vers l’exploration du vaisseau le plus inquiétant de l’univers exploré. Cette séquence est très longue et très réussie ».
                Pas mieux, pas plus à ajouter. Complètement d’accord. Beaucoup diraient que c’est la partie « chiante » du film. Elle est au contraire tout ce que tu décris.

                • #159002 Répondre
                  sylvain
                  Invité

                  @I.G.Y : pardon je reprends encore ton texte : « Je ne suis pas un grand familier des « films de monstre » mais il me semble tout de même que c’est bien ici le cœur du sujet (titre + sous-titre), du moins de l’enjeu d’écriture et de mise en scène : qu’est-ce que c’est? où est-il? comment se déplace-t-il? comment le repérer? comment le tuer? comment survivre? »

                  Et bien très peu de temps il y aura aussi l’autre film d’horreur / huis-clos par excellence : « The Thing ». Mêmes problématiques que tu décris ci-dessus.

                  • #159012 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Tout à fait : et The Thing m’a davantage mis en tension (je l’ai vu l’an dernier, en salle aussi).

                    • #159013 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Et je n’avais pas vu ton post du dessus : concernant The Host, je connais mais ne l’ai pas vu. Tu trouveras la raison honteuse de ce manque dans ma réponse à Alexandre plus bas (raison qui est à peu près la même que celle qui m’a fait voir si tard The Thing et Alien, etc…)

                      • #159014 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Je vas aller te lire.
                        Et au passage : je ne t’ai pas répondu sur un autre sujet, mais j’étais assez d’accord avec toi sur « les intros de Nolan meilleures que ses films ». Argument surtout valable poursces blockbusters (j’insiste : ses plus mauvais), mais argument juste.

        • #158951 Répondre
          Alexandre
          Invité

          « tu as du vivre sa sortie? J’imagine que pour l’époque ça devait être quelque chose. Mais est-ce que le film faisait l’unanimité? »
          @ I.G.Y.
          Oui j’ai vécu sa sortie (ma 4ème venait de commencer) et c’est un énorme souvenir. Je ne me suis jamais retrouvé au cinéma avec autant de copains et copines de ma classe: on l’attendait comme des fous ce film et on avait pile poil l’âge de pouvoir rentrer dans la salle.
          Et on a vraiment eu peur.
          Que toi, tu n’aies pas eu peur est parfaitement normal. Tu es, j’imagine, un grand garçon et Alien a presque 50 ans. Faut être réaliste!
          De plus au cinéma, il y a peur et peur. Il y a des films d’horreur qui sortent et qui pourraient me tenter parce que j’aime le fantastique au sens large et puis tout un jeu d’attraction répulsion existe entre ce genre et moi -il n’y a rien d’exceptionnel- depuis l’enfance.
          Mais, comme Emmanuel Burdeau puisque je l’ai entendu dire ça, je continue d’avoir peur d’avoir peur. J’ai peur de l’agression visuelle et sonore-et les films d’horreur contemporains en sont les grands pourvoyeurs. De sursauter, d’être dans l’intranquillité.
          Pour en revenir à Alien, il me semble bien évident que ce film ne peut faire peur qu’une fois : la première et si possible quand on est petiot.
          Ceci dit, j’estime, de par l’excellence de sa direction artistique- à ce que tu dis à juste titre concernant les décors et les effets spéciaux on peut ajouter la force de la partition de Jerry Goldsmith- que la forme du film produit mécaniquement une peur de qualité, une peur intelligente, et que cela ne s’est pas tout à fait éventé avec le temps.
          Je l’ai vérifié au moment de notre premier échange sur le film, alors que je venais de me procurer le blu-ray.
          Sur la stupidité des personnages, outre que c’est l’apanage de 96,74 % des films qui font peur, on peut nuancer l’écueil avec le personnage de Sigourney Weaver, qui n’est pas la moitié d’une conne dans le film et s’avère même l’incarnation d’un certain féminisme bien avant qu’on ne trouve le mot dans un nombre incalculable de critiques contemporaines.
          Alors c’est vrai que le film fléchit dans son dernier tiers, déclinant des conventions vues mille fois. Mais il se rachète partiellement avec la dernière séquence dans la navette de sauvetage, très réussie et toujours aussi tendue. On marche, encore et encore..
          Je reviens aux personnages.
          Stupides peut-être mais j’ai réalisé quelque chose lors de cette toute récente re vision. Un truc que je ne m’étais jamais dit avant : les acteurs sont bons. TOUS. Tous les sept! Ce qui compense pas mal ce que tu blâmes.
          Regarde ce moment où Sigourney Weaver envoie chier Yaphet Kotto (très grand acteur noir de peau, je l’aime) parce qu’il tergiverse (il tergiverse toujours dans le film). La façon dont elle lui rabat le caquet en haussant le ton (ce qui choque l’oreille car le film est souvent parlé ) et sa façon à lui de brutalement fermer sa gueule, c’est excellement joué. Voilà peut être le film de genre le mieux joué de l’Histoire.
          Sur la réception de l’époque.
          Bon je rappelle que je ne lisais que Première à cet âge-là donc ce que j’en sais pour te répondre est largement rétrospectif.
          Les critiques plutôt intellectuels aimaient peu le film. Exactement de la même façon et pour les mêmes raisons qu’ils avaient pris de haut, conscients du brio technique mais condescendants, Jaws ou Star Wars. Je les comprends aussi, en partie.
          François Truffaut avait trouvé le film intéressant, et Godard aussi je crois.
          Bertrand Tavernier, connaisseur et grand amateur de science-fiction en littérature, avait toujours eu le film à la bonne jusqu’à considérer, sur la fin de sa vie, qu’il était un chef d’œuvre.
          Mais ce sont les revues spécialisées comme Metal Hurlant, qui ont fait la gloire du film de par chez nous. Je me souviens que nous nous passions entre copains le hors-série, que consacrait la revue au film, comme si ça avait été un rhume. Hors-série fameux et resté dans les souvenirs de beaucoup.
          L’imaginaire autour de ce second opus de Ridley Scott était assez puissant. Il passait beaucoup par l’esthétique, à la fois laide et virtuose, du peintre suisse Giger.
          Mon meilleur pote du collège et moi étions imprégnés de tout cela. Il me faisait écouter des disques de Magma, dont Giger avait signé une deux pochettes, pendant qu’on dévorait le hors-série. Magma, j’aimais pas. Et je n’aime toujours pas bien que je sois plus interessé par la composante prog rock.
          Pour l’anecdote, dans les années 90-2000, le pote en question est devenu le bassiste du groupe de Christian Vander.

          • #158955 Répondre
            sylvain
            Invité

            Nos commentaires se sont croisés. Mais se complètent bien, je crois.
            En tout cas 100% d’accord avec toi.

            • #158959 Répondre
              Alexandre
              Invité

              « un film qui montre avant tout des prolos. Et on les voit travailler. Soumis qui plus est à une « corporation » (toujours surplombante et surtout désincarnée, mais à qui il faut régulièrement rendre des comptes – c’est presque l’histoire d’une délocalisation) »
              @Sylvain
              L’aspect assez vite notifié par les critiques de l’époque, même les plus tièdes de l’époque est l’originalité du décorum : ce raffiot spatial qui suinte de partout, cette organicité.
              Le côté politique que tu pointes, toute proportion gardée, est juste et personnellement je le découvre seulement quelque 50 années plus tard.
              Sans parler d’une hypothétique et autoritaire corporation, des différences de classes sont saillantes dans la caractérisation des personnages. Yaphet Kotto et Harry Dean Stanton sont les « damnés » de l’équipage, les mains toujours dans le cambouis, défiants voire hostiles envers la hierarchie.
              De plus, détail intéressant (dont je n’ai pris acte que récemment), c’est le prolo noir qui a de l’ascendant sur le blanc, lequel passe son temps a donner de l’écho à ce que dit l’autre.
              Le film est fin dans cette mesure là.

              • #158972 Répondre
                sylvain
                Invité

                100% d’accord.
                – Sur le vaisseau (nous ne sommes pas dans « star Wars », qui lui aussi aimait bien les vieux rafiots mais dans « Alien » tout cela pue la sueur et le cambouis (la créature elle-même suite beaucoup).
                – Le côté « politique » : d’accord aussi. Il affleure aujourd’hui parce qu’il faut bien continuer à s’intéresser à ce film (qu’on sait depuis « important ») pour X raisons. La politique en est une mais effectivement personne ne l’avait relevé à l’époque.
                – d’accord aussi sur Yaphet Kotto et Dean Stanton. Je pense qu’une part à ne pas négliger est 1) que le film est anglais et pas américain (on donnait peu chère d’un rôle de black à cette époque) et 2) Kotto est peut-être plus une star que Dean Stanton à l’époque.

                • #158973 Répondre
                  sylvain
                  Invité

                  *suinte… et non suite

                  • #158980 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Le meilleur rôle de Stanton c’est employé des urgences dans je ne sais plus quel film, tu peux m’aider Sylvain?

                    • #158982 Répondre
                      sylvain
                      Invité

                      Rires – puisqu’on n’a pas trop droit aux emojis ici.
                      Langage codé toujours : je suis sur le coup. Je peaufine mes lignes et m’excuse pour le retard.

                      • #158983 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        J’essayais juste de faire de la promo pour un documentariste infiltré sur le forum; mais comment s’appelle-t-il déjà?

                      • #158986 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        (Je veux dire que c’était pas un coup de pression de ma part)

                      • #159005 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Et pas du tout reçu comme un coup de pression. Pour les choses que j’aime, je prends du temps à réagir. Sans flatterie aucune.

                      • #159045 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Tu apprendras que mon ego d’écorchée vive ne vit que pour la flatterie

                • #158975 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « le film est anglais et pas américain (on donnait peu chère d’un rôle de black à cette époque) »
                  C’est à prendre en considération, oui.
                  Kotto est peut-être plus une star que Dean Stanton à l’époque.
                  Maintenant que tu le dis, c’est possible..
                  Stanton était excellent acteur d’appoint dès certaines séries télé de la fin des années 60. Kotto aussi. Plus certains films à succès (Stanton est déjà, avec sa même tête, dans Luke la main froide)). Mais Kotto a été LE méchant d’un James Bond en 71, et ça, ça change tout!

                  • #158981 Répondre
                    sylvain
                    Invité

                    « Mais Kotto a été LE méchant d’un James Bond en 71, et ça, ça change tout! »
                    Ah ah ! Oui… le premier Roger Moore non ?
                    Sinon pour Yaphet, je pensais aussi à « meurtres dans la 110ème rue » (ce qui a été quand même un gros carton, Anthony Quinn dans l’affaire) et aussi le Paul Schrader.

                    • #158985 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Le James Bond, c’est en 73 en fait (Vivre et laisser mourir).
                      Mais je viens de vérifier, le beau Blue Collar, premier film de Paul Schrader, date d’avant Alien. Kotto y est impeccable. Vive Kotto.

                      • #158987 Répondre
                        Mathieu
                        Invité

                        Bon les gars, j’ai pas vu le film, seulement un résumé très exhaustif agrémenté de blagues par un youtubeur (la rigolote chaîne 12 Parsecs) mais il y a une chose qui m’a absolument consterné, un twist de scénario niveau CE2: Ian Holm est un robot-traitre.
                        Ça m’a complètement sorti de la vidéo, et je pense que j’aurais arrêté le film à ce moment là si je l’avais vraiment regardé.
                        Qu’avez-vous à dire là-dessus?

                      • #159007 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Sans animosité aucune : rien.
                        Perso, j’aurais préféré que tu vois le film plutôt qu’une vidéo qui parle du film.
                        Et aussi que tu le découvres en salle en 1979. Parce que je t’assure que cette histoire de Ian Holm, à l’époque, personne ne l’avait vu venir (en fait je ne sais pas : j’étais pas né – c’est juste ce qu’on m’en a dit).

                      • #159010 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        Ça c’est comme les visioconférences sloppesques de 2001 Odyssée de l’Espace, à l’époque ça devait être le fin du fin (« tu le crois ? Les mecs ils se parlent ET ils se voient en même temps putain. Hâte d’être dans le futur »)
                        La sf est un genre dont certaines inventions sont vite rendues obsolètes (voire risibles) par l’évolution technologique

                      • #159024 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Parce que je t’assure que cette histoire de Ian Holm, à l’époque, personne ne l’avait vu venir »
                        Confirmation

                      • #159040 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Moi non plus je n’avais pas vu venir Ian

                      • #159008 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Tu as raison pour 73 au lieu de 71.
                        71, c’est le dernier Sean Connery qui clairement n’a plus envie d’être là (je dirais : « les diamants sont éternels », après qu’un Lazemby n’a pas rempilé). Sur James Bond, je sens qu’on pourrait être intarissable toi et moi. Top 5 ?

          • #159011 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            @Alexandre (et Sylvain) : c’est vrai que voir ça en 4ème, ce devait être quelque chose. J’ai un souvenir d’avoir vu, un dimanche soir de pluie seul avec mon père environ en 3ème, Shining. Ça m’a terrifié, et a sans doute beaucoup joué dans le fait que j’ai regardé par la suite peu de « films qui font peur » (horreur, épouvante, tout le tintouin). On m’a offert le DVD d’Alien à 20 ans et je l’ai donc vu à 35.

            En effet, direction artistique stupéfiante : ça suinte et ça fume comme dit Sylvain, c’est très organique, tout ça est très impressionnant même après 50 ans et sans condescendance aucune. Et tout à fait d’accord pour la musique, bien fichue.

            Ta nuance sur Sigourney Weaver est à demi acceptée : certes très intelligente et raisonnable, mais aller chercher son chat en plein Armageddon alors qu’il reste trois pélos en vie, chat dont on nous a en plus bien montré qu’il était louche — je veux dire : bien plus louche que la moyenne des chats —, ben non quoi, merde, non! Le blâme va bien sûr à Ridley et ses acolytes.

            Accord en revanche sur les acteurs : je ne l’ai pas écrit dès le départ pour ne pas faire un énième pavé initial, mais c’est bien pourquoi je parlais strictement d’un problème d’écriture (et de mise en scène, puisque la tension est toujours aussi affaire de mise en scène). Les acteurs sont bons, il y a quelque chose de très naturel qui se dégage (surtout pour un gros film de ce type), un naturel qui s’ajoute à l’organicité du décor. Ça marche.

            Pour moi la scène de la navette va trop loin. J’ai beau ne pas m’être caché les yeux devant ce strip tease gratuit de Weaver, on va pas se mentir, il y a encore un problème d’écriture : c’est trop lourd. Car on sait très bien que l’Alien est dans la navette. J’aurais attendu ce genre de lourdeur dans un film plus bourrin, plus ostensiblement cliché, mais là je trouve ça dommage. (sur ce, je me mets de ce pas en quête des rushs).

            • #159042 Répondre
              Malice
              Invité

              @Igy je suis d’accord sur le côté « naturel » du jeu des acteurs, quand tout va encore bien et qu’ils bavardent autour de la table, ça m’avait agréablement frappée en le revoyant adulte ( je fais partie des gens qui ont été terrifiés de le découvrir à l’adolescence à la télé). Et Ripley/Sigourney m’en a tout de suite mis plein la vue.
              Je signale que les persos de Alien Covenant sont encore plus à l’ouest que ceux du premier alien. Le méchant dit littéralement à un type de se pencher au-dessus d’une urne à magma alien pour qu’un alien lui saute à la tronche et…Le mec le fait, comme dans un Tom et Jerry.

              • #159060 Répondre
                Alexandre
                Invité

                Rire
                Pour la connerie des personnages, et la référence au bon mot de Bigard, voir aussi Prometheus, le reboot prequel machin truc d’Alien. Pour le coup réellement écrit avec les pieds.

                • #159074 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  @Alexandre le seul truc qui m’a un peu tenue dans Prometheus et Covenant est la relation du robot et de l’humaine mais : finalement on n’en fait pas grand chose; il m’est toujours difficile de croire à l’autonomie intellectuelle et émotionnelle d’un robot.
                  Néanmoins j’aurais voulu voir le film qui trace le périple de cette femme et cet androïde, un road movie spatial où le trouble, entre eux, aurait été exploité ( et que les aliens foutent un peu la paix)

              • #159067 Répondre
                Le mec là
                Invité

                J’ai vraiment l’impression que l’aspiration vers le beau, vers l’art de Ridley Scott l’a poussé à chercher dans des zones qui naturellement étaient stimulantes, singulières, un peu abstraites…et que petit à petit son côté réac s’est raffermi en même temps que l’explosion de son ego.

                • #159068 Répondre
                  Le mec là
                  Invité

                  Je voulais dire son fond réac.

                  • #159072 Répondre
                    Quentin
                    Invité

                    Bizarrement il a quand même réalisé Thelma & Louise. Le mec a donc réalisé deux films avec des figures féministes importantes. Mais bon on est loin de résumer sa carrière avec ça

                    • #159073 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      J’ai revu Thelma et Louise récemment et je n’ai pas trouvé ça féministe ( ni un bon film). Disons que jusqu’au premier meurtre ça passe ( les deux copines qui vont pêcher dans la montagne pour échapper à leurs galères et prendre du bon temps, très bon début) mais la suite en fait des personnages assez stupides et hystériques. Si l’horizon du film est « tuons les hommes », ce n’est pas mon féminisme. Récemment deux films m’ont déplu à cause de cette même ligne : « Les femmes au balcon » et « La femme de ménage », où la solution aux maux de l’hétérosexualité est : débarrassons-nous des mecs ou torturons-les comme ils nous torturent.
                      Il m’a semblé qu’un seul personnage de Thelma était regardé avec respect, le flic qui mène l’enquête.

                      • #159075 Répondre
                        Le mec là
                        Invité

                        On est pour un film avec la juste dose de féminisme? Bien équilibré et moral? On peut pas y aller franchement le temps d’un film?

                      • #159077 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        C’est à dire que je suis pour y aller à fond dans le féminisme mais pour moi Thelma et Louise n’en comporte pas. Contrairement par exempel au peu moral « Mademoiselle » de Park Chan Wook ( et quasiment tous ses films mettant au premier plan des femmes)

                      • #159076 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        J’ai toujours été surpris, non par le succès commercial, ça je vois, mais par le prestige de Thelma et Louise auprès de beaucoup d’amateurs de ciné.
                        Je l’avais trouvé estimable mais très fabriqué, notamment cette fin qui publicitarisait le suicide.
                        American Gangster figure parmi mes Scott préférés.
                        Pour répondre à I.G.Y., je ne sais pas trop quoi penser du Dernier Duel, qui présente pas mal d’intérêt, notamment sur une certaine réalité médiévale, mais me laisse comme une lourdeur sur l’estomac.
                        J’avoue un faible un peu coupable (ben oui puisque j’avoue) pour la un peu facho sur les bords Chute du Faucon noir, qui est extrêmement bien réalisé.
                        Il paraît qu’il faut absolument voir la version longue de Kingdom of Heaven.
                        Je trouve que Gladiator est un péplum passionnant et je ne déteste pas la suite sortie fin 2024.
                        Et il y a le sujet qui fâche François je crois. Je n’ose le nommer. Je, j’y vais, allez.. BLADE RUNNER !!
                        Je vais être honnête, je n’ai jamais déliré dessus mais je l’aime bien.
                        Bien avant François, dès la sortie du film, un papier assassin dans Metal Hurlant avait fait grand bruit : il était signé Philippe Manoeuvre.

                      • #159081 Répondre
                        Le mec là
                        Invité

                        1492 est déjà problématique à s’acharner à penser que Colomb était un grand homme (limite un white savior) dont les idéaux auraient été dévoyés. La chute du faucon noir n’en parlons pas. Après tout d’un coup il te sort Kingdom of Heaven, qui aurait presque pu être un grand film avec un autre acteur principal….Depuis c’est quand même très délicat. Au moins sur 1492 et Black hawk down il y avait à boire et à manger. Je retiens aussi le dernier duel. American gangster c’est vraiment le biopic bien fait, carré, sans saveur particulière.

                      • #159089 Répondre
                        Quentin
                        Invité

                        Je ne me rappelle pas qu’elles tuent plus d’un mec ?
                        Par contre au fur et à mesure, elle cherche à prendre le contrôle sur les hommes et leur pouvoir qui se manifeste même a travers des instances (le flic notamment qui finit dans le coffre)
                        Alors elles se font avoir stupidement et terminent par se suicider, donc c’est questionnant
                        Mais ça l’est autant de se dire que la seule issue pour ces femmes, victimes, c’est de ne surtout pas fuir le système mais de continuer à le subir. C’est révoltant. Et puis les femmes sont pas ultra sexualités, en tout cas pas autant que Brad Pitt. J’ai ressenti une nécessité d’égalité et de force feminine.
                        Sachant que de base c’est la scénariste qui devait réaliser le film, mais elle n’a pas trouvé les fonds. Ridley, en bon vieux gentlema repris le projet et a gardé la scénariste pour diriger selon sa vision

                      • #159092 Répondre
                        MA
                        Invité

                        La scène du viol est anti-féministe

                      • #159099 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        @MA quel aspect de la scène te semble anti-féministe? J’ai trouvé que Scott était plutôt du côté de Thelma et pas du violeur, tu ne trouves pas?

                      • #159103 Répondre
                        MA
                        Invité

                        J’ai trouvé qu’aujourd’hui on ne filmerait plus comme cela, avec un côté voyeur. On ellipserait ou pas en plan rapproché.

                      • #159093 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        On pourrait lancer le débat : est-ce que ce que font Thelma et Louise est « fuir le système »? Plutôt l’impression qu’elle défoulent leur rage puis la retournent contre elles. Pas vraiment une façon féministe de « ne plus subir ». ça ne me dérange pas qu’un film raconte cette histoire mais la qualifier de féministe, c’est disqualifier le féminisme à mes yeux. Si c’est tout ce que Ridley Scott et son scénariste ont à proposer en terme d’émancipation des femmes, je préfère qu’ils racontent des histoires de mecs.

                      • #159096 Répondre
                        Quentin
                        Invité

                        Je ne partage pas ton impression mais je comprends ce que tu veux dire. Je m’étais questionné après un second visionnage mais je reste sur l’idée qu’elles fuient et font face à des hommes pourris, sans arrêt, contre lesquels elles se permettent une leçon bien venue. Une reprise de contrôle passagère.
                        J ai évidemment bien plus apprécié, avec ce point de vue 😂

                      • #159101 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Je crois que pour Malice le féminisme c’est s’émanciper de l’hétérosexualité,vous ne tomberez pas d’accord.

                      • #159121 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        @Tony non ce n’est pas s’émanciper de l’hétérosexualité c’est idéalement plutôt trouver des moyens d’émancipation qui ne passent pas par la vengeance et l’autodestruction.
                        Perso je n’ai pas d’empathie pour Thelma et Louise j’ai plutôt pitié ( et pitié des gens qui ont écrit ces scènes où elles agissent débilement – Thelma qui laisse tout son fric sur la table de nuit à côté d’un mec qui vient de lui avouer qu’il était voleur…)
                        A propos d’une femme qui scénarise ce genre de choses, je peux rappeler les deux films de vengeance féminine non féministe que j’ai cités plus haut,  » La femme de ménage » et « Les femmes au balcon », deux oeuvres issues de l’imaginaire de femmes. Comme quoi la féminité n’est pas un gage de conscience féministe

                      • #159104 Répondre
                        Le mec là
                        Invité

                        On vient de te dire que c’était une scénariste et que Ridley est arrivé après. On comprend et accompagne leur voyage, on a de l’empathie pour un truc qui va au crash. C’est le propre du cinéma, et pas de faire un protocole explicatif de comment faudrait bien se comporter.

                      • #159105 Répondre
                        Le mec là
                        Invité

                        c’était pour Malice.

    • #158934 Répondre
      Godot le bègue
      Invité

      Qu’en pensent les happy few et Franbois Mégod’eau de ce film, l’avez-vous vu ? Vous pouvez répondre par oui ou par non.

      • #159166 Répondre
        Godot le bègue
        Invité

        Alors comme ça on me boycotte les fidèles de la coterie Mégod’eau ?
        .
        Personne a vu ce film admirable ? Vous n’êtes donc pas des cinéphiles, désolé bouuuuuh !
        .
        Et El Topo ? personne non plus ? LE western surréaliste par excellence…

        Sortez de votre zone de confort, expérimentez Alejandro Jodorowsky !

    • #158963 Répondre
      Ostros
      Invité

      Grande nouvelle !
      Le journal d’une femme de chambre de Radu Jude sortira bien cette année et ce sera le mercredi 28 octobre !
      .
      Je remets les sorties attendues pour la 2e partie de l’année :
      23 septembre – Les roches rouges de Dumont
      30 septembre – Notre salut de Marre
      14 octobre – Minotaure de Zviaguintsev (une suggestion du sitiste Antonin qui avait l’air sûr de lui)
      .
      2027 :
      Out of this world – Serra
      The entertainment system is down (avec Keanu Reeves) – Ostlund
      Route algéricaine – RAZ
      Fonda – Triet
      Fatale – Lanthimos
      Ti Amora – Sean Baker

      • #159019 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        on note

        • #159087 Répondre
          Tony
          Invité

          Le Radu Jude,que j’ai vu,est un très grand film, très drôle, mérite un TVB.

          • #159123 Répondre
            Cynthia Lennon
            Invité

            exactement de cet avis

      • #159113 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Très moyen, Minotaure. (Et j’ai pondéré mon jugement pour ce post.)

        • #159117 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Je valide. Film qui reprend le scénario de la Femme Infidèle et en enlève toute ambiguïté pour cultiver le seul registre dont est capable ce cinéaste : le fatalisme.

      • #159119 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Ostros n’oublie pas Mauvaise Étoile, sortie prévue en 2027. Et Lee Chang Dong sur Netflix dans quelques mois.
        Je me joins à Pout pour signaler qu’il faut garder Everytime à l’œil.

        • #159124 Répondre
          Cynthia Lennon
          Invité

          Mauvaise étoile est programmé au Luxy le même soir que la reprise du ciné-club

          • #159125 Répondre
            Cynthia Lennon
            Invité
            • #159191 Répondre
              Ostros
              Invité

              mais oui !
              Je m’en veux..

              • #159198 Répondre
                Ostros
                Invité

                10 février 2027 mauvaise étoile

            • #159594 Répondre
              Carpentier
              Invité

              bonjour,
              20h à Ivry sur Seine, j’ai des potes sur Ivry, leur dirai, merci
              après, vais faire ma parisienne tête de chienne mais, terminant au mieux à 18h30, un mardi – journée assez dense pour moi – j’avoue, sans aucune culpabilité, avoir la mega-grosse flemme d’aller à Ivry (même si c’est bien desservi et que beaucoup de personnes font l’aller-retour quotidiennement et que mon titre de transport va jusque là large et bla bla bla et bla bla bli)
              J’ai jadis un peu couru les avant-première mais grandement calmée par les premiers forumeur.ses autour de François Begaudeau, premiers qui s’octroyaient l’exclu de causer de films que personne d’autres avaient vu, ça m’est passé.
              J’attendrai donc sagement, comme mam michu que je suis maintenant, la sortie en salles.

          • #159189 Répondre
            stephanie
            Invité

            il est aussi diffusé à Nice le 9 octobre en présence de l’équipe

            • #159217 Répondre
              Eleonore
              Invité

              Merci Stephanie, j’y serai (déjà que j’ai râté le Dumont…)

              • #159389 Répondre
                stephanie
                Invité

                Eleonore, si tu habites Nice, dimanche Notre salut passe au Rialto en présence d’ E.Marre et le 11 sept Les Roches rouges Dumont sera là aussi .

    • #159023 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Je rajoute
      25 novembre Lisandro Alonso,La libertad doble

      • #159083 Répondre
        Pout’
        Invité

        Pour les avoir déjà découverts, j’ajoute :
        – le documentaire LES RECOMMENCEMENTS – le 14 octobre
        – EVERYTIME – le 28 octobre

    • #159082 Répondre
      Tony
      Invité

      Je ne sais pas si certains d’entre vous ont vu Forêt Rouge,documentaire de Laurie Lassalle,que j’ai vu hier, film magnifique tourné sur plusieurs années au sein de la zad de Notre dame, rarement vu un film aussi intense et beau,le documentaire ici s’élève au niveau de l’art par un savant travail formel qui nous fait ressentir toute la beauté du vivant renfermée dans cette forêt et ce boccage,la force et la joie du collectif,et l’implacable bêtise de la répression,armée de pelleteuses et d’armes létales,un zadiste examine les dégâts de l’attaque,les racines et le réseau végétal ont été fragilisées, certains arbres ne survivront pas,un autre dit tout ce que l’écorce d’un arbre peut nous apprendre sur sa santé et son histoire,bref un grand film politique et poétique.

      • #159136 Répondre
        stephanie
        Invité

        tu l’as vu où Tony ?

        • #159139 Répondre
          Tony
          Invité

          Sur un site de téléchargement en peer to peer.

          • #159190 Répondre
            stephanie
            Invité

            merci

            • #159590 Répondre
              Tony
              Invité

              Rencontre Laurie Lassalle/Burdeau

    • #159162 Répondre
      Godot le bègue
      Invité
    • #159243 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      58 ans?
      62 ans?

      • #159244 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        fils de prof ça j’avais, mais l’âge faut encore affiner

        • #159284 Répondre
          Godot le bègue
          Invité

          Et comment tu affines Mégod’eau ? au doigt mouillé ? Est-ce tellement important ? Où veux-tu en venir ? Et si j’avais menti pour me gausser en utilisant le mentir-vrai ? Et si j’avais trente trois ans comme le Christ ? Ta boule de cristal est-elle fiable ?
          .
          Je remarque que tous les cinéphiles de ce forum y compris toi se taisent à l’unisson – sans concertation préalable – à propos des films de Jodorowsky.
          Vous avez provoqué exactement ce que je veux démontrer. Vous, les cinéphiles en particulier sur ce fil participez à l’effet de meute qui prévaut sur le forum.
          Il existe deux groupes distincts : les fidèles de la coterie et les autres. Et c’est très bien ainsi. Comme je l’ai déjà dis ailleurs, chacun fait ce qu’il lui plait.
          .
          Franbois tu peux continuer de me déstabiliser par jeu autant que tu voudras, je suis aussi un joueur.

    • #159300 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Après avoir découvert tardivement et avec grand enthousiasme Harari comme réal, par Diamant Noir et Onoda, je rejoins plutôt le camp des déçus de l’Inconnue. (Tony : si tu n’as pas supporté Effira dans Soudain, comment es-tu encore vivant après ça?). C’est bien mené mais certaines choses me laissent sur le carreau.

      Le parti pris d’un tel niveau de noirceur finit par peser sur le film, ça a déjà été dit plus haut. Peser au sens d’un affaiblissement. La monotonie de jeu qu’il impose aux acteurs, à ces visages systématiquement et invariablement catastrophés en gros plan, détricote le réalisme du film pourtant revendiqué par Harari lui-même dans une courte interview, la seule que j’ai écoutée. Et puis ça me lasse, tout bêtement. La scène qui m’a le plus intéressé, sans que je sache la tirer au clair, est celle en voiture lorsque ce Chris passe la musique préférée de sa sœur — du fait de ces multiples body swap, il se passe possiblement quelque chose de très bizarre; ça n’a peut-être pas tant d’intérêt mais c’est surprenant.

      L’âme de David, présenté comme très malheureux, prend le corps d’Eva et produit un personnage dévasté. L’âme de Malia, en apparence plutôt heureuse, prend le corps de David et produit un personnage au fond du trou. La sœur de Radu est à ramasser à la petite cuillère — son statut de swap n’est pas clair. Lorsque l’âme de David quitte à la fin le corps d’Eva, je constate pris d’un certain vertige que son visage reste identiquement mortifié (et non pas neutre et/ou désorienté). Ce dernier point, ajouté à la pile, donne presque une dimension ontologique au malheur qui rôde dans ce film — je n’utilise pas ce gros mot à la légère.

      Harari prononçait, hésitant, le mot « possibilité d’émancipation » après avoir évoqué la question de l' »identité » dans son interview. Ça me paraît si éloigné de la radicalité de ce que je vois à l’écran que ça interroge sur ce qui le travaille (lui et son frère?). (Je note aussi : Harari, trois films, trois scènes d’enterrement; même si celle d’Onoda est moins soulignée).

      • #159310 Répondre
        Tony
        Invité

        Intéressant,moi ce qui m’a tenu jusqu’à la fin c’est Léa Seydoux,elle m’a fasciné,je crois qu’elle est une de ces actrices qui excédent toujours les films dans lesquelles elles jouent comme le dirait Murielle Joudet,elle ne fait pourtant rien d’extraordinaire mais on la sent habité par quelque chose alors que Schneider est catastrophique,sur la scène intéressante avec le gars qui l’emmène chez lui pour voir sa sœur c’est tellement prévisible c’est dommage, dès qu’on le voit dans ce café où on ils se sont donnés rendez-vous on comprend qu’il est pas net et tout ce qui suit ne nous surprend pas,on est plutôt surpris par la tournure de nanard que prend le film, ça devient grotesque.
        Et puis il est vrai qu’on se demande assez souvent qui est dans quel corps pour redonner un peu de logique à ce que l’on est en train de voir et en même temps cette logique nous laisse un peu perplexe,est-ce qu’une âme,si tant est que ça existe,est aussi genrée que ça,est aussi attachée à une identité sociale,c’est pas une évidence,au fond ce que l’on comprend c’est que ce swap fait d’eux des orphelins sans famille,l’un se suicide car ça lui est insupportable et l’autre en pleure quand sa mère ne le reconnait plus, tout ça pour ça.

        • #159312 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Ça n’est pas tant le fait que la situation soit louche qui surprend (la manière dont Chris répond sur Reddit est déjà louche, et c’est même suggéré par une ligne de dialogue). C’est le flottement qui s’installe au moment où il allume la radio. Le reste, et la suite, je n’ai pas grand chose à en relever.

          Quant à la famille, c’est vrai, mais Schneider est déjà malheureux alors même qu’il est encore bien en contact, si je ne me trompe pas, avec sa mère (mais son père est mort, si je me souviens bien). Dans Diamant Noir, la famille n’est pas du tout dépeinte comme un lieu d’épanouissement. (Et dans Onoda, la notion de l’affiliation n’est pas biologique).

          • #159316 Répondre
            Tony
            Invité

            Cependant,prises de façon isolée,certaines scènes sont assez fortes, par exemple quand Schneider est dans l’allée du parc,on voit sa main attraper une étoffe accrochée à une branche et sa main devient celle de Léa Seydoux qui se fait face à elle même et on la voit s’embrasser, c’est très beau, très fort,de même le petit court métrage qu’elle regarde sur le pc et où elle poignarde un passager c’est très étrange,sans que l’on sache tout de suite qu’il s’agit d’une fiction, c’est très intéressant ces moments-là,on sort du récit et on ne sait plus vraiment où l’on est.

            • #159320 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              On peut ajouter la question du rapport de Seydoux à son corps (elle qui venait d’accoucher au moment du tournage). Cette collision de calendrier aurait pu donner quelque chose d’extraordinaire, c’est juste dommage que tout soit aussi souligné, uniforme.

      • #159874 Répondre
        Alexandre
        Invité

         » La scène qui m’a le plus intéressé, sans que je sache la tirer au clair, est celle en voiture lorsque ce Chris passe la musique préférée de sa sœur — du fait de ces multiples body swap, il se passe possiblement quelque chose de très bizarre; ça n’a peut-être pas tant d’intérêt mais c’est surprenant. »
        Je crains que cette scène soit faible. On filme des visages d’acteurs et on met une musique par dessus. Une musique plutôt non identifiée de moi mais pas trop mal, groovy.
        Bref, sans avoir complètement détesté le film, parce que je perçois que de la matière est travaillée, il rejoint la cohorte des faux classiques, de ces films dont tu te dis qu’une seule vision suffit, que, sans qu’il soit question de les fuir, tu ne les reverras pas pour autant. La forme n’est pas assez généreuse. Elle se suffit à elle-même. On a ici une âpreté par défaut, sans opulence secrète, ni génie phréatique.
        Quelques images urbaines surnagent.

    • #159340 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Quelqu’un qui connait Christophe Gans peut-être ici?
      Je découvre, à l’instant., que c’est lui qui a ‘ carte blanche ‘ maintenant, au pathé montparnasse
      où j’erre un peu, redécouvrant tranquille en journée le quartier, subissant en vrai, un peu loin de chez moi, mon temps de travail archi morcelé qui, si si. releve d’une certaine pénibilité du travail de ce fait, lui aussi.
      Son prochain invité s’exprimera en visio et je ne vois pas du tout mais alors pas du tout de qui il s’agit.

    • #159364 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Je redecouvre ce cinéaste si immense et si injustement oublié qu’est Shohei Imamura.
      Or tout est dans Imamura, TOUT.

    • #159406 Répondre
      Siné
      Invité

      SERGE DANEY

    • #159466 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Chères forumeuses, chers forumeurs,
      Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s ennemi(e)s,
      Bonjour !
      Ce n’est pas en tant que pauvre mec que je vous parle aujourd’hui, mais en tant que père.
      Car il ne faut pas oublier que je ne suis pas qu’un pauvre mec, mais aussi le père d’une gamine de 20 piges. Or, hier soir, j’ai vu en avant-première, un film dans lequel ma fille joue, pour la première fois. Le film est de Christine Paillard, avec Rochdy Zem en personne, dans le rôle masculin principal.
      Ne vous réjouissez pas trop vite. Surtout toi Godot le B. Ma fille ne fait que 3 apparitions, parlées. Donc elle a bien des scènes, 3 scènes mais 3 scènes dans la première moitié du film. Il ne faut surtout pas arriver en retard à la séance car elle est dans la première scène très rock and roll. Car elle a été prise pour ça, son côté rock and roll. Faut dire qu’elle a de qui tenir.
      Dans le film elle est la meilleure amie de l’actrice principale qui a 16 ans et joue la fille de Rochedy Zem. Une dénommée Bonnie Bouriche Troutaud, qui ne restera pas méconnue longtemps j’espère.
      Le film s’intitule, Billie Melody. Et sort le 09 septembre.
      Le couple Christine Paillard, Chad Chenouga, je les connais un peu. Ils travaillent ensemble et habituellement c’est lui le réalisateur et elle écrit le scénario. Pour une fois c’est l’inverse, ils l’ont écrit et elle passe derrière la caméra.
      Quant à ma fille, je sais que pendant le tournage Rochedy est venu la voir pour lui dire qu’elle s’était très bien démerdée.
      Maintenant ce que j’en pense moi. He bien après avoir vu le film, je lui prédis un longue carrière…

      • #159470 Répondre
        Tony
        Invité

        Félicitations pour ta fille,je lui souhaite d’être remarquée si c’est ce qu’elle veut faire,la bande annonce n’est vraiment pas bandante mais ça peut plaire,moi c’est pas mon truc désolé

        • #159501 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Merci à toi.
          Je n’ai pas encore dit ce que je pense du film.
          Je le résumerai en une formule.
          Il y a tout dans Billie Melody. TOUT.

          • #159502 Répondre
            Samuel Blaireau
            Invité

            Surtout des gros plans.

            • #159503 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Rires-

      • #159510 Répondre
        Godot le bègue
        Invité

        Toutes mes ficelles de caleçon Samuel, fais attention à Mégod’eau il pourrait la dévergonder ta fille ! Mets la en garde.

    • #159476 Répondre
      Alexandre
      Invité

      En tout cas, la jeune actrice principale est plus jolie que son père.

      • #159477 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Je veux dire son vrai père bien sûr..

        • #159514 Répondre
          Samuel_Belkekett
          Invité

          Je pense qu’il y a malentendu, la jeune actrice de 16 ans qui joue la fille de Zem s’appelle Bonnie Bouriche Troutaud. Ma fille n’a que 3 scènes dans le film.
          .
          J’en profite, puisque je connais un peu le couple Paillard-Chenouga, pour vous partager une anecdote que je trouve perso, assez savoureuse, d’un film qu’ils ont tourné ensemble en 2024, qui s’appelle Pourquoi tu souris, et qui regroupe pour la première fois dans les rôles principaux Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi.
          Or j’ai l’impression que personne ne sait (j’espère ne pas faire une connerie), qu’au départ ce n’était pas du tout Quenard qui était prévu. Pas du tout. C’était Vincent Macaigne, qui avait accepté, signé et s’est pointé au début du tournage comme prévu.
          Sauf que ça c’est mal, mais très très mal passé avec lui.
          Le mec, donc Macaigne, n’arrêtait pas de chialer parait-il, tout en disant pour chaque scène, nooon j’y arriverai jamais !!! Je sais pas faire ça, ouin ouin !!! Tous les jours le couple rentrait chez eux en se demandant comment tout ça allait finir. Tous les jours Macaigne était insupportable.
          Interpretation purement perso, quand on m’a raconté ça j’ai tout de suite pensé qu’il avait peut-être d’autres projets arrivés entre-temps et qu’il ne voulait plus faire le film.
          Donc ils ont fini par virer Macaigne et grand coup de bol que Quenard se trouvait dispo à ce moment là.

          • #159517 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « Je pense qu’il y a malentendu, la jeune actrice de 16 ans qui joue la fille de Zem s’appelle Bonnie Bouriche Troutaud. Ma fille n’a que 3 scènes dans le film »
            Mais non, je ne me serais pas permis!
            Je voulais dire qu’elle était plus jolie que son père Bonnie Prince Billy.
            Sur ce je vous souhaite une bonne soirée!

            • #159528 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Bonnie Prince Billy (Will Oldham Je viens de vérifier).
              Faut déjà l’avoir la référence, qui te parais si évidente.
              Ma bonne soirée est donc mal commencée…

              • #159565 Répondre
                sylvain
                Invité

                Et voilà tout ton côté fanfaron qui s’écroule… tu nous reproches régulièrement de ne pas avoir lu tel ou tel auteur, telle ou telle autrice.
                Moi je reste sidéré que tu ne connaisses pas Bonnie Prince Billy. Tu sembles aussi découvrir qu’il s’appelle parfois Will Oldham, parce que wikipedias t’a bien aidé.
                Tu ne connais pas non plus son groupe 90’s : Palace.
                Tu n’as surtout pas vu « Old Joy ».
                On a la référence. Tu ne l’as pas. C’est pas grave (pour une fois que tu la ramènes peu).
                Tiens, je te partage ce beau clip, pour t’élever un peu sur la musique indépendante (il y a un piège : ce n’est pas Will Oldham). Inspires toi.

                • #159567 Répondre
                  Starfoulard
                  Invité

                  De Oldham j’avoue ne connaître que A Minor Place (magnifique chanson et très beau titre) et I See A Darkness, grâce à sa reprise à pleurer par Johnny Cash. Pas surpris que Samuel ne connaisse pas. Je suis en revanche étonné de ce partage de détails intimes.
                  Samuel, tu nous jouerais pas la carte du Papa gâteau pour tenter de nous faire oublier toutes les fois où tu nous a cassé les couilles?

                  • #159681 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Sylvain,
                    Bah oui, si je ne connais pas Billy Prince Bonnie, je vais donc chercher sur Wikipedia, comme tout le monde le ferait. En revanche je connaissais un tout petit peu Will Oldham, mais je ne savais pas qu’on l’appelait Bonnie Prince Billy et sa musique m’ennuie profondément. Le blues le plus tradi à mieux vieilli que ce folk song chiant. Je ne connaissais pas Palace, son groupe, j’ai écouté 2 ou 3 chansons d’un album intitulé Greatest Palce music, probablement une compile, au secours ! Mais au secours ! Toi-même je te ferais remarquer que tu as un comportement étrange, paradoxal puisque dans ton post tu me dis, ha tu ne connais même pas Bonnie Prince Billy, bah tiens je te fais écouter autre chose.
                    D’ailleurs ce n’est sûrement pas un hasard si ce que tu m’as fait écouter, James Yorkston, que je ne connais pas non plus, est bien plus intéressant. Intéressant mais pas indispensable non plus, des ballades comme ça ne manquent pas. Mais bon, c’est pas mal, c’est vrai.
                    Pour Old Joy, Kelly Reichardt, j’ai vu le film il y a un moment, et je n’ai pas percuté que c’est Oldham qui joue mais bon, ce n’est quand même pas ça qui relèvera sa musique. Je n’ai aucun souvenir de la BO du film s’il y’en a une.
                    Sinon je suis surpris que tu dises que « tu nous reproches régulièrement de ne pas avoir lu tel ou tel auteur, telle ou telle autrice. »
                    Je suis bien certain de n’avoir jamais fait un tel reproche à qui que ce soit. Ce n’est pas du tout mon genre. La chose que j’ai pu dire est que, même une vie dédiée à lire n’est pas suffisante pour lire tous les auteurs vraiment pertinents.
                    Il serait étonnant que l’on puisse connaître tout de la musique et de la littérature.
                    Sinon il faudrait dire qu’il y a tout dans Oldham, TOUT. Ce qui personnellement m’étonnerait.

                    • #159701 Répondre
                      sylvain
                      Invité

                      @Samuel : je te préfère comme cela , humble, un peu plus à vif aussi – est-ce le fait que ta fille soit rentrée dans l’affaire ? Je partage la même interrogation que Starfoulard à ce sujet.
                      Mais du coup : tout ton reste était-il bien nécessaire ?

                      • #159705 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        comme c’est touchant ce soudain profil bas
                        en réponse à quoi, attendri, nous nous ferons une joie de ne pas aller voir ce film, et demanderons à cette jeune fille si elle sait quel définitif blaireau est son père?

                      • #159706 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        sans point d’interrogation

                      • #159707 Répondre
                        Godot le bègue
                        Invité

                        Tu es particulièrement têtu, tu n’en démords pas.
                        .
                        Cela me fait penser à ton stupide entêtement lors du clash avec Ludivine Bantigny. Tu t’excusais pour ta bourde sur ce forum et l’affaire était classée.
                        Mais non tu t’entêtes jusqu’à aller au tribunal, lundi 27 mai 2024, jugé pour diffamation. Ce dernier t’a relaxé mais a estimé que tu avais tenu à l’encontre de l’historienne des propos « indéniablement empreints de sexisme ».
                        .
                        Laisse béton Franbois tête de bois, tu es le goat (greatest of all time) de l’écriture gauchiste punk snob actuelle. Cela devrait te suffire non ?
                        Monsieur toujours plus ?
                        .
                        Godot dit, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.

                      • #159718 Répondre
                        Starfoulard
                        Invité

                        Toi tu m’inspires vraiment de la pitié. Comment tu peux passer ta vie (tu postes combien de fois par jour?) à écrire sur le forum d’un type que tu détestes autant? T’as pas des amis? Une meuf? Des hobbies? Un reste de dignité ?
                        À ta place je me ferai couper internet et j’irai voir un psychiatre.

                      • #159732 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        m’enfin Starfoulard, la chose a été élucidée depuis longtemps : pourquoi passe t il son temps à publier sur un site alors qu’il me déteste?
                        parce qu’il ne me déteste pas
                        il me désire
                        je l’excite

                      • #159741 Répondre
                        Quentin
                        Invité

                        Reste à savoir si c’est le côté gauchiste, punk, snob ou actuel qui l’excite comme ça
                        Mais à moi aussi il m’inspire un peu de pitié

                      • #159798 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Je ne suis pas sûr de bien comprendre.
                        C’est de Godot le Bègue que vous parlez ?
                        Soit c’est un complot pour me faire réagir ? Soit c’est de la persécution, soit, pour prendre Godot le Bègue, depuis le temps qu’il poste ici pour Samuel déguisé, alors il faut être parfaitement idiot.
                        La seule chose qui me préoccupe est de savoir si Godot le B. est dans le coup avec vous ou s’il s’est fait instrumentaliser.

                      • #159801 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        « nous nous ferons une joie de ne pas aller voir ce film »
                        Tu ne crois quand même pas que mon intention est d’inciter qui que ce soit à voir ce film ?
                        La formule de Tony est substantiellement parfaite et délicate :
                        « moi c’est pas mon truc désolé »
                        Je n’en attendais pas moins.
                        Ce n’est pas parce que ma fille a 3 scènes dedans que le film est génial. Je ne suis pas papa gâteau, ou plutôt gâteux à ce point là. D’ailleurs, il n’est pas certain, que je conseillerais le film même à mon pire ennemi et comme je ne vous considère pas mes pires ennemis…
                        Non mais bon, le point crucial est la question de Starfoulard. Pourquoi je répands tout ça sur le forum au lieu de le garder pour moi ? Eh oui la question de Starfoulard est légitime. Et oui j’entendais bien lui répondre. Et encore oui j’attendais d’autres réactions avant de formuler ma réponse.
                        Starfoulard,
                        Retiens bien ceci : tout bon sadique, bon et expérimenté, contient en lui une bonne part de masochisme. Ainsi, il se doit d’expérimenter le sadisme sur lui-même. C’est pourquoi je m’attendais à des réactions beaucoup plus agressives.
                        Pour sûr plus moqueuse. Du genre « Mais on en a rien à foutre » « Tu nous racontes ta vie » ou « Et le prochain film, c’est je crie je jouis IV ? » ou encore « Ta fille, tu vas la mettre dans ta liste de tes actrices préférées ? Celle que tu nous a pondu l’autre jour ? » Enfin je ne sais pas mais quelque chose dans le genre. Mais je me suis trompé. Vous êtes de vrais gentils. D’un côté je n’ai pas les adversaires que je mérite, de l’autre c’est une vraie adversité pour moi et votre gentillesse me désarçonne.
                        Enfin,
                        « demanderons à cette jeune fille si elle sait quel définitif blaireau est son père »
                        Je ne pense pas que ma fille soit si sotte.
                        Je crois qu’elle n’a compris la chose qu’à moitié.
                        Elle a compris depuis longtemps le côté blaireau.
                        Mais pas de suite, peut-être pas encore le côté… définitif.
                        D’où son regard, quand elle me regarde moi. Très intéressant.
                        Un mixte d’espoir, de compassion, teinté plus ou moins fortement de pitié.
                        Expression très intéressante, qui mérite un portrait.

                      • #159850 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Oui, oui… en attendant, ce film – probablement merdique – tu nous en parles ici, sur un forum dont tu détestes le sujet. Pour l’unique et seule raison que ta fille y apparaît. Jamais tu n’aurais parlé de ce film autrement. Ton ton a changé. Si vite. C’est cela qui est lamentable. Tu en avais déjà très peu, mais pour moi ta crédibilité est définitivement morte à ce moment là.
                        PS : quant à ton « Sinon je suis surpris que tu dises que « tu nous reproches régulièrement de ne pas avoir lu tel ou tel auteur, telle ou telle autrice. »
                        Je suis bien certain de n’avoir jamais fait un tel reproche à qui que ce soit. Ce n’est pas du tout mon genre. La chose que j’ai pu dire est que, même une vie dédiée à lire n’est pas suffisante pour lire tous les auteurs vraiment pertinents ».
                        Tu postes trop pour te souvenir. Je ne compte plus le nombre de fois où tu m’as sommé de te dire ce que je lisais (sous-entendant que je ne lisais que du Bégaudeau – effectivement, j’en ai lu quelqu’un, d’où ma présence ici). J’ai fini par te faire une liste, vite fait, un soir, tardif. Je n’ai rien affiné. J’ai fonctionné à la mémoire immédiate. Puis toi aussi tu as fini par faire ta liste (la tienne, je l’ai devinée bien plus « pensée »). Mais c’était pas plus impressionnant. Don DeLilo, Kundera… Salman Rushdie (!?)…on continue dans la tarte à la crème ?

                      • #159853 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        A la réflexion, je pense que ta fille n’est même pas dans le film

                      • #159898 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Ho s’il est vain !
                        Tu es peut-être un ceinture noir en bégaudisme, quoi que j’ai trouvé un ceinture noir 7ème dan avec Big gore, mais sorti du bégaudisme tu m’as l’air bien perdu. Complètement paumé serait plus exact. Il n’y a rien qui tienne debout là-dedans. Rien.
                        Déjà, tu dis à propos de ce film :
                        « tu nous en parles ici, pour l’unique et seule raison que ta fille y apparaît. Jamais tu n’aurais parlé de ce film autrement. »
                        OK Einstein.
                        Ensuite tu dis :
                        « Ton ton a changé. Si vite. C’est cela qui est lamentable. Tu en avais déjà très peu, mais pour moi ta crédibilité est définitivement morte à ce moment là. »
                        Ca veut dire quoi au juste ? Qu’à partir du moment où je change de ton, mon peu de crédibilité s’envole ? Admettons, mais on a dû mal à comprendre pourquoi. Et aussi tu nous expliqueras pourquoi on devrait garder le même ton?
                        Je t’ai demandé deux ou trois auteurs du 20ème siècle et oui c’est pour savoir ce qui avait pu te marquer autre que Bégaudeau, c’est tout.
                        Maintenant moi en citant ces auteurs j’étais dans une autre démarche. Je cherchais des auteurs pertinents que je pense que peu ici sinon personne n’a lus. Il est possible que je me sois trompé un auteur sur deux, mais c’est pas grave. J’aurais pu citer Pynchon ou Echenoz et bien d’autres que j’aime bien, mais je sais que beaucoup les ont lus ici. Tu piges Einstein ? Pourquoi, c’est le nom de Rushdie qui t’effraie ? Va falloir drôlement argumenter pour me convaincre que c’est un mauvais. Moi qui ai été marqué par l’Inde je considère son roman « Les enfants de minuit » comme fabuleux. Puis pourquoi tarte à la crème ? Si tu dis les choses dis-les clairement.
                        Si tu veux Sylvain, me rentrer dedans, c’est bien, c’est que tu grandis. Mais affine toi et affûte tes arguments. Ce n’est pas pour te décourager mais y’a du boulot.
                        En conclusion,
                        On sait que le Seigneur distribue inégalement les dons de l’intellect.
                        Mais avec toi, il a été particulièrement radin le salaud !

                      • #159900 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Dorénavant, je ne répondrais à tes délires (si je te réponds) que avec du Bonnie « prince » Billy. Dont je ne suis pas particulièrement fanatique mais je pense que ça te fera du bien.

                      • #159905 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Je traduis,
                        Les posts de Samuel me font tellement mal.
                        Il vise tellement juste comme dit la philosophe Haenel Adèle.
                        Que je dois me passer du Bonnie « prince » Billy pour calmer ma douleur.
                        Tiens, je vais faire croire que c’est pour le calmer lui.
                        .
                        Sinon tu fais quoi comme tournage ?
                        Des docus ?
                        C’était quoi le dernier ?

                      • #159907 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Du Bonnie, je te l’ai dit. Ce sera ma réponse automatique. C’est pour ton bien.
                        Celui-ci – le bien nommé « kids » – est pour tes enfants.

                      • #159908 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        C’est marrant ce focus sur Bonnie bonbon.
                        Moi je pensais que tu dansais sur Michael Jackson devant le miroir du salon.
                        Que tu te trémoussais sur Staying Alive des Beeg Gees façon Travolta années 80. Que tu hurlais Freedom sur du Aretha Franklin en balançant ton caleçon en travers de ta chambre. Et qu’enfin sur une chorégraphie façon James Brown tu te laissais tomber sur ton lit sur This is a man’s world.
                        Non ? Je me suis encore gourer ? Tu en es resté au vieux cow boy solitaire avec sa guitare folk qui puise son inspiration dans le champ des vaches ?
                        Ma fille c’est avec Nick Cave que je l’ai dressée.
                        Un bon coup de Nick Cave tous les matins et que ça saute !
                        Mais toi tu vas me dire que je l’ai mal élevée avec Nick Cave.
                        C’est trop ceci, c’est trop cela et surtout c’est trop poseur. C’est ça?
                        Bonnie lui il est pas poseur. Ni poseur ni bêcheur comme mec, très naturel et authentique. Authentique à lui-même surtout.
                        Allez remets un coup de ce Prince de la folk.

                      • #159909 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Je vais te faire plaisir mais c’est vraiment parce que j’ai de la compassion pour ta fille…

                      • #159910 Répondre
                        sylvain
                        Invité

                        Oh children … lift up your voice !
                        Et vire ton daron Samuel.

                      • #159911 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Bah voilà !
                        En plus je ne connais pas cet album. Mais c’est pas mal.
                        L’histoire c’est que quand ma fille était en primaire, nous on lui faisait écouter de la musique et en premier c’est David Bowie qu’elle a bien aimé avec des morceaux comme Starman ou The man who sold the world, Suffragettes city et plein d’autres. Puis quand je lui ai fait écouter Nick Cave, hou lala ! La passion. Une passion nommée Cave. En CM2 elle connaissait tous les morceaux de Nick Cave alors que dans sa classe ses copines en étaient aux starlettes type Maria Carey ou dans le genre. Des fois on croisaient d’autres parents d’élèves qui nous disaient, mais comment ça se fait que votre fille elle aime Nick Cave à ce point là ? Ils étaient étonnés. Puis après elle s’est mis en tête de trouver tous les albums des groupes précédents de Nick Cave. Des groupes dont les noms m’échappent, et parfois des trucs complètement noise sans la moindre mélodie, un esprit bien punk. Des groupes qui n’ont pas duré. Elle trouvait, à son âge le moyen de bien aimer. Pas tous les morceaux mais certains.
                        Bon maintenant ça lui a passé Nick Cave, mais elle aime toujours bien.
                        C’est peut être comme toi avec Bonnie Prince finalement, Bonnie c’est peut-être bien un amour d’enfance pour toi ?

                      • #160033 Répondre
                        Godot le bègue
                        Invité

                        Je te suce Mégotd’eau le faux devin, espèce de blaireau comme tu dis si bien – rire –

                      • #160036 Répondre
                        Godot le bègue
                        Invité

                        Veux-tu cesser de donner des leçons grand garçon qui se la pète, laisse les gens vivre s’il te plait, tu nous casse les couilles !!! T’as compris où il faut te faire un dessin ?
                        .
                        A ta place je fermerai ma gueule et j’irai me pendre sombre con.
                        .

                      • #160038 Répondre
                        Godot le bègue
                        Invité

                        A l’attention de Starfoullah bien sûr !

    • #159563 Répondre
      Quentin
      Invité

      On parle de HOPE, qui sort fin septembre ? Ca m’intéresse personne ?

      • #159651 Répondre
        Urdanivia
        Invité

        Cela m’intéresse mais forcément pas vu à ce jour ni encore lu quoi ce soit(pas vraiment cherché à vrai dire) mais si tu as des infos, j’écoute/lis..

        • #159742 Répondre
          Quentin
          Invité

          Je n’en ai vraiment aucune idée mais la bande annonce me plaît vraiment beaucoup
          Alors j’attends d’aller voir au ciné et je m’essaierai à une mini revue ici

    • #159584 Répondre
      Siné
      Invité

      What the fuck ! Nos produits sont vus dans 190 pays.

      • #159666 Répondre
        Samuel_Belkekett
        Invité

        Ce film, vers un avenir radieux est un délice.
        Du début à la fin.

    • #159703 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ben c’est émouvant j’aime bien ce post aussi

    • #159767 Répondre
      Tony
      Invité

      Ayant entendu Ajari dire que Dossier 137 est un bon film,un film de gauchiste avec un message ACAB,je me suis décidé à le regarder et mon dieu qu’est-ce que c’est nul! Dominique Moll est une sorte de cinéaste comme il y en avait dans les années 80(et je crois bien que Granier Deferre ou Boisset étaient plus intéressants encore),un cinéma télévisuel qui fuit toute étrangeté,toute ambiguité,il n’y a plus que des archétypes et des lieux stéréotypés,on n’a plus rien à voir puisque rien n’est regardé, le scénario a pris le pouvoir et le cinéaste s’est effacé.

      • #159768 Répondre
        Quentin
        Invité

        Tu n’avais pas aimé son film précédent, la nuit du 12 ?

        • #159770 Répondre
          Tony
          Invité

          C’était aussi nul,pas de cinéma,que de la télé.

          • #159773 Répondre
            Quentin
            Invité

            Je pense que j’avais tellement apprécié le thème que j’ai mis de côté la scénographie banale, morne et le jeu caricatural et forcé. Ca en ferait presque un meilleur livre qu’un film en fait

            • #159774 Répondre
              Quentin
              Invité

              Sur Senscritique, il est au top des meilleurs films français de 2022 devant Coupez! Et As Bestas

              • #159779 Répondre
                Tony
                Invité

                As Bestas est bien meilleur,de toutes façons comme tu le dis je crois que c’est le sujet qui est plébiscité,le reste tout le monde s’en fout.

                • #159789 Répondre
                  kenny
                  Invité

                  ajari c’est la cata depuis qu’il a démissionné pour suivre sa femme à Paris
                  voir sa vidéo Le cinéma français est il raciste?
                  il réact médiocrement à une vidéo très médiocre, ce qui nous donne un résultat extrêmement médiocre
                  il est tombé dans une marmite de slop

                  • #159791 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Je suis malheureusement d’accord. Mais j’aime bien l’honnêteté qu’il a de le reconnaître lui-même. Ceci dit il y a des choses à prendre dans ses lives. Personnage compliqué. Intéressant, compliqué.

                    • #159792 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Oui c’est très inégal,sur le cinéma il est à l’ouest,il a cette idée que l’auteur d’un film n’est pas le cinéaste,qu’il considère comme un manager ou un CEO,mais le collectif qui a œuvré à sa réalisation,que l’auteur est une création des cahiers du cinéma etc…et il salue le travail de Geneviève Sellier,dont je ne suis pas sûr qu’il l’ait lu,bref il est dans cette ligne.
                      Par contre il a quand même fait des belles choses, par exemple ce stream sur Debord est magnifique

      • #159784 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        J’en déduis donc qu’Ajari n’a pas lu mon texte sur le film dans le diplo, où je montrais que ce film était d’un parfait centrisme
        et donc très loin d’ACAB

    • #159804 Répondre
      Malice
      Invité

      Nouvelle critique de La Phase, l’a écoutée sans avoir vu le film, me suis faite spoiler mais on s’en fout

      • #159847 Répondre
        Tony
        Invité

        Excellent,l’analyse est très riche, très précise, c’est tout à fait conforme au film que j’ai vu et je comprends mieux pourquoi il m’a tant rebuté,si on n’est peu sensible à cette mystique chrétienne le film devient vite insupportable, sublime et insupportable c’est tout à fait ça.

        • #159849 Répondre
          Malice
          Invité

          Devant Contes du hasard j’avais eu ce sentiment en voyant le 3e segment : il y avait, me semblait-t-il, un côté mièvre dans le rapprochement des deux femmes, comme dit l’homme qui a un prénom de LaPhase mais en même temps j’étais charmée. Il y a une noblesse dans la grande douceur ( mêlée de sentiments troubles) qui prend les deux femmes. En attendant de voir « Soudain » je vais le revoir, tiens.

          • #159855 Répondre
            Tony
            Invité

            Là où il est très fort dans l’analyse c’est quand il qualifie leur rencontre de miracle,que ça ne pourrait pas arriver dans la réalité,qu’elle est comme appelée à sortir du tram en voyant Tomoki le poursuivre, tout est très juste et bien vu.

            • #159863 Répondre
              Malice
              Invité

              Il y a de toutes façons quelque chose de miraculeux dans l’amitié

              • #159864 Répondre
                Tony
                Invité

                Dans l’amitié oui peut-être mais une rencontre entre deux inconnues évoluant dans des milieux différents et qui ont un coup de foudre amical c’est plus rare.

                • #159885 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  oui j’avais compris cet aspect du film ( que bon encore une fois je n’ai pas vu donc je ne vais pas m’étendre là-dessus) je me demandais juste si Hamaguchi voulait faire sentir cet aspect miraculeux d’une relation qui se noue
                  à vérifier quand j’irai voir Soudain

                  • #159891 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Le vrai exemple de mièvrerie (pour reprendre le terme de La Phase) c’est la scène des deux doigts qui se parlent. Elle m’a paru intenable. Si c’est au prix de ce genre de choses qu’un Hamaguchi est possible, eh bien je prends, tant pis.

                    Je ne vois pas non plus pourquoi être tant surpris qu’il y ait chez lui des « apparitions ». Il avait déjà fait ça dans le Mal n’existe pas. Et décrire le film comme « aberrant dans la fiction » est très exagéré : même l’apparition de Tomoki n’est pas aberrante (à ce petit jeu, je signale que n’importe quel évènement réaliste qui sort de l’ordinaire est « aberrant »; l’histoire vraie de Onoda est 1000 fois plus aberrante que l’apparition de Tomoki, or elle est vraie, etc…). Partant de la prémisse « Tomoki apparaît », il court à côté du Tram (pas aberrant), et Marie-Lou sort du Tram pour le chercher (pas aberrant car elle est une professionnelle du soin de personnes désorientées). En résumé : Tomoki est assez ostensiblement placé là par Hamaguchi comme « apparition », il tombe du ciel, mais c’est tout à fait crédible.

                    « je me demandais juste si Hamaguchi voulait faire sentir cet aspect miraculeux d’une relation qui se noue » : je pense qu’il le veut tout à fait.

                    • #159894 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Et je ne vois pas non plus en quoi la scène du théâtre serait si aberrante. Les aberrations s’il y en ne me paraissent pas être là. Le quasi par cœur des dialogues sur le capitalisme est beaucoup plus aberrant que tout ça (je ne parle pas de leur contenu).

                      (@Malice par ailleurs j’ai tenu ma promesse avant ma reprise, j’ai regardé le Genou de Claire, à discuter sur un autre post sans doute, j’essaierai d’en dire deux mots; pas facile de commenter Rohmer, il faut demander ça à François)

                      • #159956 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        @Igy on peut faire ça dans la page ciné 24 inaugurée par Toni E ( avec un teasing affriolant sur le prochain Nathan Fielder)

                      • #159961 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        « Et je ne vois pas non plus en quoi la scène du théâtre serait si aberrante »
                        Si l’on prend l’adjectif aberrant au sens strict, et pas sous un angle péjoratif, elle l’est.
                        Improbable pourrait en être le synonyme.
                        Comme dit dans le module, si l’on s’en tient à ce que l’on voit, on assiste à l’intégralité d’une représentation qui dure à tout casser 15 minutes. Tu as déjà vu ça, toi? Oui, peut-être lorsque plusieurs compagnies défilent les unes à la suite des autres à l’occasion d’un festival par exemple.
                        Mais là? On voit une 4X3 qui prend toute la façade supérieure du théâtre pour un « spectacle » d’un quart d’heures.
                        Et franchement, de toi à moi, si tu payais pour voir cette représentation si prestigieusement affichée, t’aurais pas un tout petit peu les nerfs à l’issue?? (rires)
                        C’est en effet une aberration qu’autorise le parti-pris du cinéaste.

                      • #159963 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Je confirme la durée: même un spectacle pour les maternelles dure au moins une demi-heure – enfin la compagnie pour laquelle je bosse ne propose pas moins

                      • #159969 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Mais les arguments principaux du podcast (c’est vraiment rare que ma proportion de désaccord avec eux dépasse un seuil si peu négligeable) ne sont pas liés à la durée de la pièce — l’un d’eux dit d’ailleurs qu’il n’est pas sûr qu’Hamaguchi la filme en tant que bloc non coupé, et moi non plus je ne pourrais pas l’affirmer. Cet argument vient presque tard. La séquence de question-réponse leur paraît aberrante par exemple, à moi non. Elle est improbable, en aucun cas suffisamment improbable pour qu’elle devienne aberrante. Loin de là.

                      • #159967 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        C’est vrai que quand on assiste à la représentation on se dit mais c’est quoi cette arnaque?

                      • #159968 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Et PDH a fait un débat intéressant sur Soudain,Pablo dit à un moment qu’il a eu le sentiment,avec l’humanitude,qu’on voulait l’endoctriner et c’est un peu le sentiment que j’ai eu aussi.

                      • #159970 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Quand j’ai assisté à l’Odyssée de Nolan je me suis dit « mais c’est quoi cette arnaque », or le film n’est pas aberrant puisqu’il existe, et qu’il est même projeté dans le monde entier depuis deux mois. Et même très apprécié.

                      • #159972 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Mais pour moi Nolan est une arnaque,je me déplace même pas,pas envie de souffrir pendant 3 heures.

                    • #159921 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « Le vrai exemple de mièvrerie (pour reprendre le terme de La Phase) c’est la scène des deux doigts qui se parlent. Elle m’a paru intenable. Si c’est au prix de ce genre de choses qu’un Hamaguchi est possible, eh bien je prends, tant pis »
                      Ah moi j’ai pris sans regret.
                      Ce petit moment participe, je trouve, de la magie que je qualifie de désarmante, du film.
                      C’est marrant mais je me suis souvenu, en cours de projection, d’un moment similaire, tout aussi « cul cul » et tout aussi magique dans un film de Jerry Lewis. Je crois que c’était Le Zinzin d’Hollywood où il a une conversation toute douce, toute rêveuse avec une marionnette qu’il anime lui même et qui est un oiseau un peu clownesque si mes souvenirs sont bons.

                      • #159922 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Et je te remercie de me remémorer ces petits couvre-doigts (comment ça s’appelle en vrai?) que les deux trois semaines qui se sont écoulées depuis la découverte de Soudain m’avaient fait oublier.

                      • #159923 Répondre
                        Quentin
                        Invité

                        Oui j’ai trouvé la scène niaise mais pas gênante. Douce à l’image du film

                      • #159966 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Et tout bien réfléchi (je n’ai pas les moyens de vérifier), la scène en question du film de Jerry Lewis est muette. Ce qui l’augmente en magie.
                        Les p’tits doigts de Soudain s’expriment.

                      • #160268 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Je reviens sur Hamaguchi pour retirer ce que j’ai dit au sujet de la mièvrerie dans Contes du hasard partie 3 : ce n’est pas niais c’est excessivement charmant, aucune gêne en le revoyant.

    • #159812 Répondre
      Siné
      Invité

      Rabah Ameur Zaimeche

    • #160037 Répondre
      Godot le bègue
      Invité

      Un film que je vais aller voir dès sa sortie le 9 septembre 2026.

      • #160272 Répondre
        Quentin
        Invité

        Donne moi tes réactions avant de savoir si je m’y déplace stp ! Sandra Huller est toujours excellente (même dans project hail Mary) mais ça veut pas dire que le film est bien

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