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- Ce sujet contient 949 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Tony, le il y a 20 heures et 35 minutes.
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AuteurMessages
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Tony
InvitéNouvelle page pour enfin oublier Pascal Praud,
Intéressant Dumont, grand cinéaste et drôle de bonhomme,
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Ostros
InvitéBonne idée
Je remets les sorties de la rentrée :
12 août – Soudain de Hamaguchi
19 août – Fjord de Mungiu (sur conseil d’un sitiste)
26 août – L’inconnue de Harari
23 septembre – Les roches rouges de Dumont
30 septembre – Notre salut de Marre
14 octobre – Minotaure de Zviaguintsev (real de Leviathan. 2015), a suggéré Antonin
Route algéricaine de RAZ devrait aussi sortir à la rentrée
Toujours pas de date pour Journal d’une femme de chambre de Jude
Et on avait dit Serra en 2027
Ainsi que le Ostlund-
Ostros
InvitéPour 2027 – j’anticipe
Fonda le nouveau Triet
Fatale de Lanthimos : « Une jeune veuve dissimule son identité pour devenir tueuse à gages ».
Et finalement le nouveau de Rabah, malgré l’avant première au FIDMarseille (du 07 au 12 juillet)
J’ai rien qui concernerait un prochain film chez Glazer ou chez Schaublin ou Frammartino (ce dernier ayant un rythme d’à peu près un long tous les 10 ans par là)
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Samuel_Belkekett
InvitéJe me permets de rajouter une avant première.
Christian Mungiu va entreprendre d’ici fin 2026 un remake de la série des 7ème compagnie.
Il tournera en France et comme acteurs il a déjà choisi Gilles Lelouch dans le rôle du chef, auparavant Pierre Mondy, puis François Civil, Arnaud Ducret, Vincent Dedienne, Thomas N’Gigol… Blanche Gardin y jouera un personnage récurent de collabo, de film en film et Florence Foresti la compagne de Gilles Lelouch.
Ce n’est plus vraiment une avant-première, depuis quelques jours. Voici un extrait du paragraphe rajouté sur sa page Wikipedia.
PROJETS FUTUR
J’avais vraiment besoin de me divertir (c’est Mungiu qui parle), j’ai pris un peu de vacances mais c’est surtout l’envie de faire un cinéma plus divertissant, plus populaire dans le sens de plus grand public, ce qui n’empêchera nullement de travailler la mise en scène.
Dans ma jeunesse, j’ai tellement ri avec la série des 7ème compagnie, jusque l’extase avec au clair de lune, que quand j’ai suggéré de reprendre la série à mon producteur, il n’a eu aucun doute et m’a de suite suggéré de contacter Radu Jude pour m’accompagner au scénario. J’ai trouvé l’idée excellente, j’ai contacté Radu qui a trouvé l’idée excellente. Nous avons de suite tous les trois pensés à inclure des personnages roumains et même faire un épisode en Roumanie. C’est comme ça que tout a commencé. Qu’une grande aventure commence…
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Projet à suivre.
Ainsi suggérait Belkekett… -
Stéphanie
Invité
Lucreca Martel sur PDH -
Toni Erdmann
InvitéRevenant de Cannes je peux confirmer que Mauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année, si ce n’est le meilleur film tout court.
Sinon, mes préférences vont sans surprise aux films des auteurs attendus : Hamaguchi, Marre, Cavalier, Radu Jude.
Les enflammades critiques dont il faut se méfier : La Bola Negra, Minotaure, La vie d’une femme et dans une certaine mesure La Gradiva.
Beaucoup de ces films sont repris à Paris, ne les loupez pas.-
Charles
InvitéTout est déjà complet ou presque depuis une semaine malheureusement.
La Gravida c’est pas si bien?-
Toni Erdmann
InvitéPas autant que l’annoncent certains, mais assez admirable pour un premier long.
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Fatigue
InvitéMauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année. Pffffff
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stephanie
InvitéToni Erdmann, je rajouterai Double Freedom de L. Alonso.
Acid :Virages et Promised Spaces sont très bons aussi, on en parlera ici je pense. -
K. comme mon Code
InvitéJe sors de Minotaure et L’Inconnue. La médiocrité de Minotaure est parfaite. Heureusement que la dernière demi heure a quelques idées drôles. Vincent Lindon jouera dans le remake français. L’Inconnue est une auto-adaptation assez décevante, il y a un refus catégorique d’avoir une quelconque interaction entre les personnages – la quasi intégralité des dialogues de la BD sont évacués et ça va tellement loin dans l’évitement que j’ai eu du mal à savoir qui jouait la mère du protagoniste alors que je connaissais l’histoire –, j’ai vite déchanté après l’ouverture que je trouve réussie. On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. Pris par morceaux, il y a des idées formelles qui ont maintenu mon attention.
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MooM
Invité« On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. » Je me suis dit la même chose et tu viens renforcer mon idée que Harari aime davantage le fétichisme à l’artisanat. Bon après, je ne suis pas une adepte de son cinéma que je trouve faussement profond et très prétentieux.
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Dwl
InvitéTrès déçu par le Hamaguchi. Il fantasme complètement. La forme aseptisée, douce et aconflictuelle ne va pas du tout avec ce qu’il filme et, en plus, fait la part belle à la patronne « visionnaire » avec sa méthode révolutionnaire (évidemment bullshit) qui, bien sûr, va sauver le monde, n’en déplaise à l’infirmière de 25 ans d’expérience (connaît mieux le terrain qu’elle 🙂 )
Marre est très fort. Il confirme, après Rien à foutre, que les deux films ne sont finalement pas si différents. Il filme le N+1 d’Adèle Exarchopoulos et présente une vision beaucoup plus juste d’un dominant que le fantasme de douceur zen qu’est Soudain.
La Gradiva très bonne surprise. Elle prend son temps sur beaucoup de scènes pour donner naissance aux moments qu’elle filme. Il y a quelque chose de letourneurien, avec moins de trivialité quand même. En tout cas, je n’ai pas le souvenir que quelqu’un ait mieux filmé ce genre de voyage scolaire bravo.
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stephanie
Invitéje te rejoins totalement pour Notre salut et La Gradiva même si, pour ce dernier, j’ai trouvé la fin un peu trop longue et un poil sentimental ( mais c’est un détail) bien vu la réf Letourneurien .
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Dwl
Invitéouai sur la fin j’suis plutôt d’accord c’est pas là que le film est à son meilleur
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Homme à la trompette
InvitéHamaguchi, ça a toujours été à la fois lourdingue et aseptisé. J’ai rarement vu un film qui pesait aussi lourd que Drive my car. Et, dans le dernier, le mec dans sa forêt est filmé comme dans une de ces bulles instagram, qui insistent tellement sur le détail et les petites choses que les ailes du papillon deviennent des pattes d’éléphant. Cinéma d’encadreur.
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Ostros
InvitéMerci d’être venu (Cavalier)
Déjà 3 dates annoncées pour juin
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jeu., 11 juin
Reflet Médicis
20:30
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sam., 13 juin
mk2 Beaubourg
14:40
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dim., 14 juin
Forum des images
19:00 -
Shiva
InvitéContre-attaque – Liste noire de Canal + après la tribune «Zapper Bolloré» : le groupe assigné en justice pour discrimination
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La Ligue des droits de l’homme et la CGT spectacle ont annoncé, ce samedi, engager une action en justice à Nanterre face à la volonté affichée par le directeur général de la chaîne de ne plus travailler avec les signataires du texte publié par «Libération».
https://www.liberation.fr/culture/cinema/liste-noire-de-canal-apres-la-tribune-zapper-bollore-le-groupe-assigne-en-justice-pour-discrimination-20260523_DX5MWOYV3NDVBEJVT33D6OC3MQ/-
MooM
InvitéC’est très signifiant de constater à nouveau que cette grande famille agit dès lors qu’elle sent que ces acquis financiers sont menacés.
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Tony
InvitéOn s’est bien marré durant cette quinzaine cannoise avec cette géniale trouvaille de Gilles Lelâche accolé à celui qui interprète Jean Moulin,des fois les réseaux ont du génie,il faut le reconnaître aussi.
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MooM
InvitéJe ne trouve pas cela marrant dans la mesure où Lellouche est un personnage insignifiant et insipide, Louche ? Même pas, tout est clair chez lui. il n’y a rien à attendre d’un tel personnage qui sévit pour le fric. Je me répète, sa filmo est insignifiante.
N’est pas Emmanuel Marre qui veut.-
Ostros
InvitéMoom a un côté cinema qui avait un côté amour-louizz-charivari-blabla, c’est drôle.
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Tony
InvitéLa drôlerie ici ne vient pas des qualités d’acteur de Lellouche mais de l’aveu de la vacuité du projet,on incarne une figure de la résistance en la dépolitisant,en ne gardant que le martyr sans se demander quel rapport on peut en faire avec notre époque où tant de gens se couchent pour conserver leurs biens et leur position dominante,donc oui c’est très vrai qu’il y a de la lâcheté et très drôle qu’on lui fasse jouer Jean Moulin.
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MooM
InvitéOui oui Tony, très juste. Cela ne m’a pas échappé.
Lellouche est un homme d’affaires avant tout.
Pour qui l’argent n’a pas d’odeur.-
Samuel_Belkekett
InvitéJ’adhère…
G. Lellouche était une fois invité, je crois bien que c’était un JT. Autour de la table était aussi V. Lindon. Ils présentaient chacun leur film et Lindon présentait un film qu’on dit engagé, puisque je crois que c’est le film où il prend un migrant sous son aile. Bref Lindon disserte sur son côté engagé et de gauche, puis le présentateur, je crois que c’était Delahousse, se tourne vers Lellouche et lui demande si lui il pourrait clairement s’engager de cette manière ?
Pour toute réponse Lellouche dit précisément ceci :
Vincent lui il est courageux, très courageux. Nous dans l’ensemble on a tellement peur de s’aliéner une partie de notre public. Fin de citation.
Je pense que depuis le temps il n’a pas changé dun poil sa réflexion.-
MooM
InvitéC’est marrant ce que tu racontes. Un autre exemple du gabarit. Je crois que c’est chez Carlito, Niney lui fait un canular et lui parle d’oseille, environ 300000euros, pour faire un truc de pub de naze en trottinette, il était prêt à accepter pour pour la thune. Voilà le mec.
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Franck
Invité
De l’eau au Moulin-
Seldoon
InvitéQuand même quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
– la politique electorale et non la politique
– le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste-
Tony
InvitéOn peut noter aussi que ce déjà-là fasciste coexiste avec un déjà-là communiste et que ce dernier se réduira(jusqu’où?)si Mélenchon est battu, évidemment quand on n’est pas concerné par la protection sociale on peut faire dans la radicalité, ça ne coûte rien à celui là et ça le fait paraître plus intelligent que le pauvre militant qui,lui, passe pour un con.
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Seldoon
InvitéOn aurait pu dire tout ça or rien n’en est dit dans ce live. Dans ce live : quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
– la politique electorale et non la politique
– le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste-
Seldoon
InvitéPour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité, eux oui – et en ont souvent fait preuve jusqu’ici, mais certainement pas dans ce live où quelle étrangeté pour des militants radicaux, etc.
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MooM
InvitéOui Seldoon, c’est juste et donc ? Le constat est peut-être juste suffisant. Parfois, la justification et l’analyse ne mènent pas plus loin que l’état de faits.
Pour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité.
En ce moment, on a quand même des belles pépites de sottises, voir Zadi qui finalement prétend avoir mal lu la pétition contre Bolloré et Canal.
Spectacle affligeant et très surtout peu étonnant. -
Seldoon
Invité« Et donc ? » Bah et donc c’est limitant et dommage, ce recul intellectuel tout comme ce recentrage/cette droitisation de leur analyse.
J’ajouterais bien, avec comment s’occuper un dimanche d’election (et à sa façon avec l’âme noire de la démocratie), que cette régression est la conséquence de la surfocalisation sur l’élection présidentielle. Mais je ne l’ajouterai pas car je sens Tony prêt à mordre. -
Tony
InvitéRire non je mords pas t’inquiète,je râle un peu car on a avec les décoloniaux des gens qui sauvent l’honneur des classes populaires,certes je les trouve parfois un peu pénibles, surtout quand ils parlent de cinéma, pour le reste et ce qui nous intéresse ici ils ont,avec cette question, créé une situation intéressante,ils ont fait dérailler une grosse machine,moi j’applaudis.
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MooM
Invité« cette droitisation de leur analyse. » je vois pas trop mais bon.
J’applaudis aussi. -
Seldoon
InvitéS’il n’y a pas morsure, alors je le dis !
Je ne suis pas le dernier à défendre les décoloniaux malgré leurs excès et dérives. Mais je commence à dire que je vais vraiment me débrancher de cette bande jusqu’à la fin du second tour.
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Shiva
InvitéCinéastes à Gaza – Entretien avec Rashid Masharawi
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Présent actuellement à Cannes où il défend plusieurs œuvres du cinéma palestinien, Rashid Masharawi est un réalisateur et producteur né à Gaza. Il revient ici sur ses propres films autant que sur ceux tournés à Gaza ces derniers mois par des réalisateurs palestiniens qu’il a produits, dans le cadre des projets « From ground zero » et « From ground zero+ ». Dans le cadre du festival, il rendra hommage à Mohammad Bakri, acteur et réalisateur palestinien récemment décédé ; il présentera également son projet de créer une école de cinéma à Gaza, qu’il expose dans cet entretien mené par Vivian Petit. -
Ostros
InvitéJe suis passée à côté de la sortie du nouveau docu de Hassen Ferhani (dans ma tête un rond-point, 143 rue du désert), sorti en 2025.
C’est un court intitulé STUDIO BAUMETTES. Savez-vous où je peux le voir ?
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Il vient aussi de finir un nouveau long : Alea Jacarandas.
Apparemment il sera visible au festival visions du réel 2027 (du 9 au 18 avril) qui a lieu à Nyon (Suisse), si jamais vous avez vent d’une sortie en amont, n’hésitez pas à communiquer !-
Ostros
InvitéWait : Il aurait gagné un prix à ce festival cette année. bonne nouvelle ! ça veut dire que le film va sortir. Mais quand ? Et où ?
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Ostros
InvitéAlea Jacarandas sort à la fin de l’année youhou
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Riviere
InvitéSalut, quelqu’un a vu Hayat svp?
Vous le recommandez ? Merci et bonne soirée -
Shiva
InvitéEN IMAGES – Festival de Cannes 2026 : Virginie Efira, Javier Bardem, Swann Arlaud… arrêt sur visages
Envoyé spécial sur la Croisette, le photographe de «Libé» Julien Mignot revient sur deux semaines intenses à tirer le portrait des festivaliers.
https://www.liberation.fr/culture/cinema/en-images-festival-de-cannes-2026-virginie-efira-javier-bardem-swann-arlaud-arret-sur-visages-20260522_QLOUUUUTOVCGPOLW5AZGA3DWJ4/-
Four
InvitéToujours intéressant, un étranger qui s’intéresse à la presse française.
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Charles
InvitéT’as vu l’Inconnue à Cannes, Toni E.?
K, contrairement à toi je n’ai pas lu la BD et j’ai trouvé le film assez dingue bien qu’imparfait. Schneider n’est pas dans une performance de la maigreur à la Christian Bale, ça prolonge plutôt ce qu’il faisait dans Diamant noir où il était déjà (relativement) méconnaissable. Schneider tel que filmé par des réalisateurs superficiels comme Dolan a une allure d’éphèbe pas très intéressante et qui n’accroche pas vraiment la pellicule au-delà de la surprise initiale de sa beauté. Ici, il ressemble à une sorte de Vincent Gallo cheap, étrange et inquiétant (surtout au début), qui permet de mettre en valeur ce qui intéresse manifestement Harari chez lui, à savoir son regard perdu, à moitié fou.
C’est un beau film fantastique, d’un fantastique littéraire, du côté de l’inquiétante étrangeté, de Kafka et Poe plutôt que de que Carpenter. C’est un film d’ambiance, d’atmosphère (mais pas que), profondément déprimant et inconfortable, long mais nécessairement long. Le film part dans beaucoup de directions mais ne se perd jamais. Même quand il prend une bifurcation, il arrive à en faire une super scène – cf celle avec une autre victime de body swap et son frère où une tension de thriller s’installe en quelques plans.
Il est très riche et généreux de ce point de vue-là, on n’est pas dans une fable de série B à la It follows ni à l’inverse dans un film de genre étiré à la the Substance. Cela a été dit un peu partout, le film est fragile, parfois bancal, peut-être un peu trop théorique par endroits mais il essaie tellement de choses, il est tellement incarné par moments (y compris par Radu Jude!). Il part de motifs cinéphiles et de références assez visibles (une femme blonde mystérieuse qu’on suit, Vertigo etc.) mais il va tellement loin qu’il ne ressemble en définitive qu’à lui-même, dans une sorte de long cauchemar dont on ne sort presque jamais, à l’exception d’un épilogue assez dispensable avec notamment deux derniers plans qui ne sont pas du tout au niveau du reste.-
K. comme mon Code
InvitéJe ne sais pas si j’aurais été autant frustré sans avoir lu la BD, mais Harari a vraiment pris le parti pris de faire les scènes en coupant les dialogues. Sauf que ça réduit les personnages ici et donne des moments où l’on a l’impression que les acteurs ont oublié leur dialogue. Le passage au café avec la femme dont on ignore qu’elle est l’ex de David, parce que l’information a également disparue, m’a étonné. Ça n’aurait vraiment rien coûté de la faire parler. Il y a une coupe majeure avec la mère, j’imagine qu’il a pensé que c’était trop explicatif, on a donc dans le film une visite sans réel enjeu dramatique. La fin est symptomatique, c’est une invention du film – les derniers plans une manière très, très cryptique d’évoquer la dernière très belle case de la BD.
Ce qui est bien traduit de la BD au film, c’est la place importante donnée aux espaces urbains dans le cadre. Le film rajoute d’ailleurs une couche à ce sujet.-
Charles
InvitéTu recommandes donc la BD?
Pour les derniers plans, attention je spoile, j’y ai vraiment un truc très banal de faire des enfants pour prolonger une partie de soi.-
K. comme mon Code
InvitéOui, je recommande la BD, surtout si tu as aimé le film.
(Tu me diras pour la fin de la BD, j’y ai vu une manière justement de montrer encore plus d’éloignement à soi, une dimension supplémentaire d’éloignement. Ça arrive beaucoup plus rapidement que dans le film et à travers une photo.)
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toni Erdmann
InvitéOui Charles, j’ai vu L’Inconnue et je te rejoins assez. Je ne m’attendais pas à ce que l’un des grands atouts du film soit précisément son versant thriller, presque hitchcockien. Il y a un plaisir de la narration : celui de suivre cette étrange enquête avec des bifurcations réussies, dans une ambiance fantistico-dépressive.
Mais c’est justement ce côté trop dépressif qui me sort un peu du film aussi. Certaines longues scènes de personnages plongés dans la pénombre de l’appartement, affalés sur un canapé ou se mouvant avec lenteur, finissent par me peser un peu.
Après, je comprends aussi pourquoi Harari fait durer cela. Le concept même du film autorise des plans très simples sur les acteurs, parce que le spectateur travaille constamment : on voit quelqu’un tout en imaginant quelqu’un d’autre. Ce va-et-vient permanent rend chaque visage et chaque plan fascinants.
Et puis Harari fait quand même des choix très étranges, et je ne sais pas encore si je les mets au crédit ou au discrédit du film. Notamment le fait de confier à Radu Jude, cinéaste allergique aux grandes scènes sérieuses et dramatiques, une scène quasiment injouable (spoiler) : celle où un père est interpellé par un homme qui se fait passer pour sa fille disparue.-
Charles
InvitéScène injouable mais dont se sort très bien Jude, à une réplique près (« quoi, qu’est-ce que vous dites? » avec une intonation forcée de téléfilm ou de série type Plus belle la vie), car le fait qu’il ait un accent à couper au couteau le restreint dans une interprétation qui pourrait autrement virer dans le mélo. Mais les meilleurs plans de lui sont quand il est silencieux, l’air abattu sans en faire trop. Il arrive à être très émouvant par sa seule présence de père rondouillard déboussolé qui essaie de donner le changer tant bien que mal. Idem quand il est isolé et perché dans sa cabine de grue.
Je ne sais pas si je dirais que sa force est son versant thriller même si je vois bien ce que tu veux dire car j’aime beaucoup que le film freine des quatre fers voire se détourne du genre, avec ses explications et ses personnages mystérieux qui révèlent le fond de l’intrigue. Il y a cette scène géniale que j’ai évoquée plus haut mais elle est forte car elle garde le meilleur du genre, à savoir la tension, le suspense et ne s’embarrasse de ce qui plombe en général ce type de films (les dialogues nuls par exemple, les rebondissements bidons, les personnages archétypaux etc.).-
K. comme mon Code
InvitéC’est anecdotique mais la présence de Jude m’a gêné dans le sens où c’est une famille maghrébine dans la BD, particularité qui est donc évincé par le film. Je sais qu’Harari l’a fait pour caster un cinéaste ami – et ce n’est pas fondamental dans l’œuvre originale non plus – sauf que ça rajoute une couche au « race swap » du cinéma français.
Le côté dépressif que tu mentionnes Toni est présent dans la BD, c’est ce vers quoi on plonge parce que toutes les pistes sont avortées, mais c’est allégé par le fait que nos colocataires de fortune échangent davantage.
Il faut dire que Seydoux est à la hauteur du challenge. J’ai critiqué la scène du café parce que je trouve absurde de la garder sans que les personnages se parlent vraiment, mais ça réussit presque à passer entièrement par son visage.
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Finot
InvitéTout autre ton,
ai vu un documentaire délicat, d’Anne Lorrière, « De la poussière dans les yeux ».
Certes, en raison de la position du Sénat, l’ADMD met le film en avant, mais c’est plus que cela, et le personnage de la mère est chouette (visible en fin de bande-annonce). Quelques dates disséminées.
Désolé, pour le doublon, si vous en avez déjà parlé. -
Stéphanie
InvitéJ’ai vu 3 films de Balagov
Tesnota, Une grande fille et Butterfly Jam.
Il y a qqchose qui ne prend pas sur moi mais je ne serai dire quoi exactement.
Même si je trouve ses films très réussis d’un point de vue esthétique, du format, les personnages ne m’enporte pas tant qu’ils devraient..
Qu’en pensez vous ? -
Charlie
InvitéBonjour,
Parmi les films vus à Cannes qui valent le coup d’œil selon moi :
– Fjord, celui-là tout le monde va aller le voir j’imagine.
– La Gradiva, très réussi.
– Gentle Monster, étonnamment très peu commenté, c’est un de ses films qui nous interroge constamment sur nos certitudes de nos spectateur.rices et nous oblige à réanalyser ce qu’on a vu.
– Notre salut, très drôle, The Office à Vichy, un peu long peut-être.
– Teenage Sex at Camp Miasma, très marrant si on aime ce genre de cinéma, très pop et référencé. Ambiance A24 et Mubi.
– Quelques mots d’amour, très réussi, pour moi il réussit là où le Toledano-Nakache rate dans la restitution d’une époque et de ses enjeux.
– La Bola Negra, beaucoup de très belles choses mais des longueurs
– Paper Tiger, James Gray reste au top même si l’époque de la Nuit nous appartient est révolue.-
François Bégaudeau
Maître des clésConcernant le Marre, la piste The office allèche
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stephanie
Invitéje ne connais pas The Office, que veux tu dire par là Charlie?
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Tony
InvitéEst-ce que quelqu’un a vu Obsession réalisé par un jeune venu de youtube et dont tout le monde parle, ça vaut le coup ou pas?
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Alexandre
InvitéNon (que VF) mais il y eu tentation.
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Seldoon
InvitéPas vu, il y a moyen que je tente sans immense espoir cette semaine, mais tout comme Jordan Peele : je conseille une plongée dans ses sketchs.
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Martin
InvitéJe compte pas voir histoires parallèles mais je serais curieux de savoir comment le 13 novembre s’insère dans le récit. Quelqu’un qui l’a vu peut me dire ?
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Charles
InvitéÇa n’a rien à voir avec le 13 novembre il me semble.
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Martin
InvitéAh bon j’ai vu passer plusieurs articles anglophones et français (tf1 info et figaro) qui disaient que le film abordait le sujet. Il y a même un article anglophone qui relaie une déclaration de Vincent cassel qui disait qu’il jouait un flic de la BRI https://www.worldofreel.com/blog/2025/5/11/1lxjlji1iie8ljuehzl26t741ot66n j’imaginais qu’il trollait complètement
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Charles
InvitéCes articles remontent à un an, Niney a démenti depuis.
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Ostros
InvitéSait-on jamais, si quelqu’un ici n’a pas encore vu Entre les murs
le film sera diffusé dimanche 7 juin à 21h00
sur la chaîne parlementaire (LCP)-
François Bégaudeau
Maître des cléspetite rentrée d’argent en perspective
merci la télé
merci la pulsion de répétition-
stephanie
Invitépeut on parler de ruissellement ?
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tristan
InvitéNon, cela ne profite qu’à lui.
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François Bégaudeau
Maître des clésah?
et comment en es tu si sûr?
tu connais sans doute mes a-valoir pour Du mépris-
tristan
InvitéTu expliqueras clairement si ce que j’avance est erroné.
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Charles
InvitéVu l’épisode TVB sur Salvadori-Sorogoyen-Farhadi. Pas d’accord sur la première analyse de l’être aimé comme symptôme de la prédominance de l’écriture scénaristique car Sorogoyen fait à mon sens l’inverse de la série. Il est tout d’abord relativement courant que les films méta, les films qui racontent des tournages, ne se limitent pas à des récits de tournage mais y entremêlent des intrigues ou des lignes narratives sur la vie personnelle des artistes, leur vie en dehors du plateau et qui rejaillit sur le plateau (de la nuit américaine à sex is comedy en passant par mia madre). Je ne vois donc pas de spécificité d’écriture sérielle dans le fait de raconter l’histoire d’un tournage et d’un rapport père (cinéaste)-fille (actrice). Par ailleurs, cette situation, ce noeud est exposé dès la première scène, le film repose uniquement là-dessus. J’irai même plus loin en disant que le film est particulièrement concentré sur cette situation et cherche (au contraire des séries) à éviter les sous-intrigues, les digressions. Il n’y a d’ailleurs pas de rebondissement à proprement parler, pas de retournement de situation. On pourrait éventuellement reprocher au film d’être trop focalisé sur ce rapport père-fille et regretter l’absence de véritables personnages secondaires, tous les autres personnages étant ultra secondaires, y compris Foïs qui a trois petites scènes. On imagine très bien quel miel scénaristique on aurait pu faire avec le postulat initial. D’ailleurs, François regrette la place de la mère dans le récit mais celle-ci est invisible et n’a que peu d’importance dans les scènes mêmes, ce n’est pas du tout du parasitage scénaristique tel qu’on peut voir dans les séries. Sorogoyen faisait également l’inverse de la plupart des séries dans Los anos nuevos, puisqu’il resserrait là aussi son récit en limitant le nombre de personnages secondaires, de sous-intrigues, en multipliant les scènes longues, souvent en plan-séquence etc.
Je suis d’accord avec l’énumération des qualités du film, l’ayant aimé, ce qui m’a fait penser à la réserve idiote mais d’époque d’Ariane Allard au Masque et la plume qui trouvait que le film était ambivalent (au discrédit du film!) car Bardem était trop beau, trop charismatique. Encore heureux que le film est ambivalent, sinon il n’y a pas de film.
Je suis aussi d’accord, mais en étant beaucoup moins sévère, qu’on ne sait pas trop ce que vaut Sorogoyen en tant que cinéaste, qu’il fonctionne beaucoup à l’épate (avec souvent pas mal d’afféteries comme les changements de format ici, les passages en noir et blanc) mais je trouve que ça marche quand même très souvent, notamment dans la première scène, très bien dialoguée (notamment dans sa précision, j’adore la mention de Kill bill 2!). Oui elle est chargée mais justement cette condensation donne une tension très efficace et lance parfaitement le film, elle évite justement de faire 4 ou 5 scènes laborieuses pour nous emmener sur le plateau. Pour le coup, Bardem donne l’impression d’être un ogre, le film n’aurait pas pu tenir en continuant sur le même rythme (Samir a donc raison de dire que les autres scènes contredisent cette introduction) mais en nous faisant très clairement ressentir cette violence sous-jacente, elle donne le ton mais nous induit un peu en erreur car après les scènes viennent la nuancer.
Oui Sorogoyen, avec son épouse co-scénariste, n’a pas d’idées formelles très arrêtées. Mais c’est un putain de faiseur de scènes de tension, voire de suspense (l’ouverture de Madre, la scène de retour de boite dans Madre aussi, les joutes verbales dans le bar dans As bestas, la scène de drogues dans el reino). Y en a dans presque tous ses films (sauf dans Dios nos perdone, son plus mauvais) et peu de cinéastes contemporains ont cette maitrise-là.-
François Bégaudeau
Maître des clésCe qui me rend moins enthousiaste que toi, y compris aux scènes de tension qui sont de fait le fort de Sorogoyen, c’est qu’il y a toujours, même dans celles ci, surtout dans celles ci, une double couche. Je n’ai pas vu Madre, mais sur la scène du café d’As bestas, il y a écrit « attention tension » dans tous les plans. Toujours un poil de surjeu chez les acteurs, toujours un silence très silencieux, toujours une super mouche qui super vole. Ces défauts étant cumulés dans cette première scène de l’Etre aimé, qui a d’abord à dire : attention je fais une putain de première scène
Ce qui rejoint mes réserves sur sa facture : si Sorogoyen était un cinéaste, s’il avait une idée ferme des moyens de cinéma qu’il emploie, il n’aurait pas à forcer ainsi. Il devrait regarder des Haneke, et voir comment des plans simples, mais pensés , mais cadrés, mais fermes, créent une tension dingue.
Alors, miracle, il pourrait débrancher ses acteurs – les deux de Los anos nuevos m’ont épuisé, j’ai démissionné à l’épisode 6.-
Le mec là
InvitéOui Sorogoyen s’y colle…mais je ne trouve pas que ses effets soient si spectaculaires ou surchargés, la caméra se tient quand même un peu. Je suis partagé sur Los anos nuevos, et suis assez surpris que des gens pas ultra cinéphiles est autant adoré cette série (pas forcément facile d’accès avec cette quasi unité de temps etc…). Je trouve qu’il fait mariner un peu trop longtemps les errements des personnages, comme si leurs failles étaient à la fois trop appuyées (afin de justifier les aller/retour du couple) et un peu bâclées (sur ce qu’on en fait à la fin).
En terme de série Antidisturbios était pour moi bien meilleur.
Je m’égare François ou à un moment tu évoques que faire un film en costume est forcément problématique? Je trouve ça un peu fort de café mais je me trompe peut-être.
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Alexandre
Invité« les joutes verbales dans le bar dans As bestas »
C’est vrai que ces scènes m’avaient paru incroyablement plus tendues que dans bon nombre de films qui se veulent horrifiques.-
MA
InvitéJe crois qu’ils n’ont pas aimé: https://www.rayonvertcinema.org/l-etre-aime-rodrigo-sorogoyen/
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Schnoups
InvitéJe n’avais pas lu cette critique du Rayon Vert qui fait aussi très très plaisir à lire. Ça ne passe pas si inaperçu que ça finalement. On est bien en phase.
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Alexandre
InvitéOui enfin ils n’y vont pas de main morte avec la métaphore du coq. C’est bien le diable si on a pas compris.
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Schnoups
InvitéComme je n’ai pas vu L’être aimé je parle surtout de son point de vue plus général sur le cinéma de Sorogoyen. Et l’anecdote rapporté sur le vilain petit coq me plaît bien.
Quand au fait de ne pas y aller de main morte, encore une fois, c’est certainement justifié.
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Schnoups
InvitéJe regarde Madre et je me dis, il a fait de la pub avant, c’est un réalisateur de publicité en fait. Je vois une constante chez ce réalisateur que définitivement je n’aime vraiment pas, c’est très mal écrit, le dialogue entre le fils et la mère détruit la tension qui pourtant montait très bien dans cette fameuse scène d’ouverture (où on voit que décidément, il aime envoyer du lourd d’emblée). On y croit pas à ce petit garçon. Puis les panoramiques lents qui balaient le décor lorsqu’elle s’en va puent le surlignage lourdingue avec la mère restée seule qui entre dans le plan. Je trouvais les scènes d’As Bestas (soit disant sous tension extrême) assez nanardesque – c’est vraiment le mot qui m’étais venue en tête, et là c’est immédiatement mauvais. Le reste est équivalent, les plans en mouvements lents, la musique qui dit les choses pour toi, la lumière du soleil pendant la balade entre femme et ado qui donne le ton, c’est une pub Rip curl ? Quicksilver peut être ? Ah non, après shampooing jolies bouclettes.
Les scènes en groupe rappellent Los Anos, il sait vraiment pas faire, quand on est chez son mec maraîcher avant qu’il la conduise à son bus, pendant le repas, ils parlent tous en même temps en souriant absorbés, rieurs, waou, on s’y croirait pas du tout. Par contre pour une pub de bonnes pâtes italiennes ce serait parfait. Une fois qu’on a vu ça on ne voit que ça. Ce garçon a bien un style, mais pas celui qu’on préfère.-
François Bégaudeau
Maître des clésle pire chez lui, c’est la suractivité ds comédiens dans les scènes de discussion de groupe
dans Los anos nuevos c’est insupportable
il y a notamment un repas chez les parents qui est infernal : jamais un blanc, tout le monde a toujours un truc à dire, et d’ailleurs en toute transparence (tous parlent comme des scénaristes)
je me demande s’il n’y a pas là, en effet, une précipitation publicitaire -
Seldoon
InvitéSi seulement nos cinémas pouvaient être saturés de nanards de pubards comme Madre alors les villes s’éclabousseraient de bleu. Gardons quand même les proportions, Schnoups. Sorogoyen n’est pas non plus cet enfoiré de danseur de Fernando.
Tout comme As Bestas, Madre a quelques limites. Et notamment le refus du réalisateur de laisser ouverte toute ambiguité alors même que son cinéma s’y épanoui plutôt pas mal tant que c’est ouvert, justement. Restent des scènes, reste une actrice, restent des partis pris forts. Y compris des partis pris qui sur le papier collent avec ta description (par exemple l’usage systématique du grand angle en steadycam) et qui dans le film, en fait, donnent autre chose. De mon côté pendant tout le visionnage je me suis dit : on dirait le film d’un élève de Franco. Ca ne fait pas un film de Franco, mais est-ce qu’on n’a pas besoin d’un peu plus d’élèves de Franco en ce monde de brutes ?-
Schnoups
InvitéEh bien c’est marrant j’ai bien pensé à Franco justement, il doit bien se marrer en regardant ça, parce que Sorogoyen c’est une grosse entourloupe, c’est le Jean-Baptiste Thoret du cinéma espagnol. Il aura déjà été trois fois président du jury à Cannes que François aura même pas terminé de ranger sa bibliothèque.
Ce n’est pas un défaut de « proportion » Seldoon, je trouve que cette esthétique publicitaire saute aux yeux, dans Madre c’est frappant, je ne vois pas pourquoi je ferais dans la nuance.
Quelles scènes du coup? En quoi sont-ils forts ces partis pris ? Qu’est ce que ça donne ?-
Seldoon
InvitéJe pense que ce n’est pas le JB Thoret, c’est le Hitler du cinéma espagnol, pour ne pas dire la Shoah personnifiée, pour ne pas dire 1915 personnifié. Si on n’était pas au masque et la plume, je citerais de mémoire les scènes suivantes : la première, la discussion avec l’ex au resto, le départ en rando avec les jeunes en bagnole, le final en voiture si on passait au large extérieur un peu plus tôt.
Je citerais aussi tout un paquet de « moment Franco » où en une réplique petit vertige et tout change par surprise… ou au contraire qu’on attendait la réplique de clarification depuis une heure : quand on découvre que le jeune savait qu’elle l’avait suivi, ou qu’il savait pour le fils. Quand enfin le copain explique qu’il comprend tout ce qui se trame. Etc. Ces moments créent ils le retournement à la Franco qui crée un second film entier rétrospectivement à chaque fois ? Non. Mais ils le frolent et c’est déjà plus que pas mal. C’est déjà du cinéma et du bon.
Le découpage en steadycam grand angle qui a mis un peu de temps à me gagner me demanderait un peu plus de temps. Tu peux déjà remarquer que ce sont des plans aussi précis que longs sans recherche de virtuosité (à part l’ouverture) qui se situent à au croisement de Malick et de Franco – la double hérédité est quand même assez évidente, le fait qu’elle soit (doublement) récupérable par la pub est une chose notable, mais à ne pas inverser non plus.-
Seldoon
InvitéOn n’a pas pensé à Franco par hasard, hein. L’inspiration scénaristique, formelle, thématique est frappante.
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François Bégaudeau
Maître des clésPas vu Madre. Va falloir que j’y aille.
Je compte aussi revoir La guerre des mondes, en vue du prochain TVB
Je suis vraiment un bon gars.-
Seldoon
InvitéCette histoire de divorcé à la dérive qui retrouve le sens du mot père va te toucher profondemment.
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Charles
InvitéLa guerre des mondes n’est vraiment pas le pire (il y a même quelques visions assez frappantes), si on arrête le film au bout d’une heure.
Son familialisme à tout crin est ce que je déteste le plus chez lui et donnerait presque envie de me ranger du côté des aliens.-
Charles
Invitéd’ailleurs, ça serait quoi le grand film de Spielberg des années 2000? Minority Report?
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Seldoon
InvitéIl n’y en a pas de grand. Pour moi, en maniment de caméra et placement des acteurs, c’est à dire en termes de filmage « classic hollywood des années 50 » plus que dépoussieré : Minority Report, Munich et la Guerre des mondes sont son apogée toutes périodes confondues.
Ca en fait des films particulièrement ludiques. Même Munich. -
Charles
InvitéMunich, je suis d’accord mais il faut passer outre beaucoup de scènes pénibles voire ridicules (notamment la fameuse scène de sexe, la première en 30 ans de carrière!, où le héros repense à l’attaque terroriste), sans parler évidemment du fond.
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Seldoon
InvitéQuelle scène, cette scène de sexe. Je suis sûr que HSS la prend en modèle quand il prépare les siennes.
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Seldoon
Invité« sans parler évidemment du fond » mais en général avec Steven il vaut mieux ne pas trop en parler.
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Alexandre
InvitéIl y a de très bon moments techniques dans La Guerre des mondes , pour focaliser sur celui-ci, et au premier chef, les apparitions inaugurales des engins qui crèvent le macadam, etc.. Ça, c’est quelque chose. C’est techniquement fort séduisant et bien mis en scène. Est-ce que du cinéma advient à ce moment-là? Oui, au sens où cette mise en scène, corrélée au génie technique, donne à ressentir l’ébahissement d’un badaud qui vivrait cette expérience.
Montagne russe appréciative typique de ce qui émane des réalisations du bonhomme, on passe de cette brillance à des effets plus normatifs, enlaidis par les 20 années qui se sont écoulées, comme lorsque les gens courent paniqués en se faisant désintégrés par les rayons. Des caméscopes tombent à terre et on voit ces exactions à travers l’œilleton numérique.
Et tout le capital cinéma collecté juste avant sombre dans la laideur. -
Seldoon
InvitéMais pourquoi personne ne se range jamais du côté de Tim Robbins ???
Je redis platement ce que je dis toujours : à part le plan séquence un peu ridicule (et adoré par Kassovitz CQFD) de la voiture et une séquence ou deux qui ont formellement mal vieilli, c’est du Steven au top de sa forme narrative et expressive. Si tu t’ennuies, il suffit de compter les plans « 45 en un » et prendre un plaisir fou à cette économie de moyens (oui, c’est le mot clef de ce blockbuster tout comme « thoret » est le mot clef de Madre). -
Charles
InvitéDans mes souvenirs, le film s’effondre à partir de la scène (beaucoup trop longue) avec Tim Robbins, après ça déroule et les visions d’horreur disparaissent pour laisser place à un blockbuster plus convenu.
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Seldoon
InvitéPour moi ça s’effondre après cette scène. Elle n’atteint pas son potentiel, mais elle reste. Après, on passe à de l’horreur convenue (erreurs/absences de scénario comprises) et on finit en blockbuster convenu. La partie chiante des blockbusters convenus : l’enchainement de « résolutions ». Ca finit même par peser sur le découpage technique et là Steven me perd.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe voulais revoir La guerre des mondes parce qu’il est justement considéré comme un de ses meilleurs.
Je ne vais quand pas me retaper Pentagon papers
Peut etre jetterai je aussi un oeil à son West side – film qui depuis qu’il existe suscite en moi une curiosité de niveau zéro -
Tony
InvitéTu devrais aussi voir ou revoir Rencontre du troisième type dont Disclosure Day semble être l’actualisation et qui peut nous faire voir les invariants et les changements d’approche de l’art de Spielberg, d’ailleurs ce qui étonne en le revoyant aujourd’hui, pour un cinéaste que l’on dit familialiste, c’est la trajectoire du père de famille joué par Richard Dreyfus qui, comme dans The mastermind,abandonne femme et enfants pour rejoindre,ici,la vie extraterrestre,en plus la représentation qu’il en fait est à la fois kitch et sublime,la dernière demi heure,la rencontre, est magnifique.
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Schnoups
InvitéMadre est sur France TV.
Seldoon, j’ai pensé à Franco parce que langue espagnole et parceque c’est du très très mauvais sous Franco. On pense aux Fille d’Avril en se disant, t’es tellement en dessous mon pauvre Sorogoyen.
Il essaie de faire comme, ce qui est quand même un brin pathétique en soi, tout comme son sous sous Chiens de paille est pathétique.
Dans ce même élan de goût pour l’esthétique publicitaire il doit avoir un bon calcul commercial instinctif, on va dire. Va pour un remake de Peckinpah sauce écolo style Franco qui envoie du bois, ou va pour le drame ambiguë avec maman/ado sauce Franco bord de plage. Et on pense souvent au dernier de Breillat, mille fois plus intéressant.
C’est un bon technicien qui veut faire grand en piquant des choses à des grands mais sans un vrai talent. Il est – à côté, c’est mal pensé, donc mal joué, le conceptuel en terme d’écriture et de réalisation est là un cache misère de ses incapacités. Bien surprenant que ça passe inaperçu. D’où la grosse entourloupe, oui.-
Le mec là
InvitéJe le trouve un peu plus nuancé que Simon West quand même.
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Schnoups
InvitéC’est son problème on dirait. 50 nuances de grands pour un bon technicien qui se cherche.
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Seldoon
InvitéMouais. Il y a du vrai dans tes réserves, mais c’est porté à un drôle de niveau de virulence pour un réalisateur objectivement intéressant et doué. Je trouve ça dommage – pour toi – de tout jeter pour 3 lourdeurs quand même assez relatives.
L’opération centrale du film c’est cette hésitation permanente entre maternité et inceste. Le point amour inconditionnel. Qui ne cesse de créer des situations tendues, dans lesquelles on n’arrive pas à décider de quel côté penche chacun des personnages. Personnages qui eux même ne sont pas au clair là-dessus. On joue tous les rapports possibles dans ce microcosme – jalousie/protection des parents, de la copine, du copain, des amis. La mère passe de mère à grande soeur cool à séductrice d’un bout de scène à l’autre. Le spectateur en permanence scrute les visage, les rapprochements, les attitudes, se demande de quel côté ça va tomber, de quel côté penchent chacun des personnages, ce que sait chaque personnage de la réalité de la tension.
Le film a des défauts et des grossieretés. Même dans son opération centrale il n’est pas aussi aboutit que ce que mon paragraphe précédent pourrait laisser entendre. Et croyant aller au bout de sa force s’abime, s’annule presque à la fin. Dans « élève de Franco » il y a aussi « élève ». Par contre je ne sais pas quel chaîne de TV tu regardes, Schnoups. Mais je t’envie ses pubs qui fabriquent un tel spectateur.-
Schnoups
InvitéBon, je vais passer vite sur « le drôle de niveau de virulence » et le « dommage pour toi », dont on pourrait se passer et qui ne font que refléter la violence avec laquelle tu reçois mes propos. Ce que je comprends puisque « esthétique de publicité » quand on trouve qu’un réalisateur est « objectivement intéressant et doué », c’est compliqué. Argument béton qui me fait sourire parce que ce n’est « objectivement » pas mon avis. Ce que je trouve intéressant par contre c’est le gros décalage entre son cinéma et sa réception.
Encore une fois ce n’est que mon avis, évitons de se mettre la rate au court bouillon, je ne te reproche pas l’intérêt que tu portes à Sorogoyen.
Tu vois j’ai hésité à poster hier soir après avoir vu Madre, je me suis dit ça va passer pour de la grosse provoc’ et ça va être mal reçu. Et pourtant ce que je partage ici c’est ce qui m’a frappée en regardant Madre, ça m’a véritablement sauté aux yeux, « publicité » me suis-je dit. C’est mon truc ça, tu le sais je pense à force, ce qui me vient en tête je le partage toujours par écrit parce que j’écoute ce qui me vient en tête, je fais confiance à ce qui me vient en tête. J’ai donc été attentive à ça, et contrairement à la connotation de ressentiment qui accompagne ce « drôle de niveau de virulence » ça m’a fait plaisir de voir enfin à qui j’avais affaire. De bien comprendre pourquoi il ne me revient pas depuis le début, de voir que se confirme un cinéma que je sentais fortement comme très bancal, « à côté de la plaque » je disais à propos d’As Bestas, « désincarné » pour Los Anos et As Bestas, catastrophique par moments (les scènes de groupe qui s’accumulent dans Los Anos, la tension qui tombe à plat dans As Bestas). Donc je suis contente d’avoir vu ce film et j’y vais fort parce que c’est Madre que j’ai vu hier soir, j’avais été bien plus sympa avec As Bestas (après première vision). Madre, le fait est qu’en plus, au bout d’1h30 je trouvais même que le film devenait glauque. Chose qu’on ne ressent jamais chez Franco malgré l’accumulation des drames.
Voilà, je vais pas répéter ce que j’ai dit dans les post précédents, ça faisait donc beaucoup face à cette réception qui me parait à des lieux de ce que je vois. Tu vois bien que ce n’est pas « 3 lourdeurs assez relatives » que je relève, c’est bien plus. -
CharolotteauSfeng
InvitéChez Daniel y Ana, on frise parfois la glauquitude. Mais comme j’aime Franco, ça passe allègrement. La même sensation chez un mec que je déteste ou dans les violets me coupe l’appétit.
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Seldoon
InvitéJe précise : aucune violence ressentie ici, tout va bien. Aucune accroche sentimentale particulière avec Sorogoyen, et j’espère bien que tu souris à « objectivement ».
Pour revenir au film, je ne vois pas le côté publicitaire dont tu parles. Ou très à la marge. C’est la gueule de l’ado et ses bouclettes ? Ce sont les rares plans en longue focale qui s’attardent sur son corps ?
« Désincarné » : effectivement c’est le risque de son cinéma d’après ce que j’ai vu (trois fois rien / as bestas et madre). Et avec deux acteurs comme le fils, le film aurait été plus désincarné qu’un Challengers. Mais il y a cette actrice pour la mère et une certaine opacité de son personnage, et moi je crois alors regarder un être humain pendant 2 heures. -
Seldoon
InvitéEt par film glauque tu veux dire complaisance dans le glauque ?
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Schnoups
InvitéComplaisance non, je pense qu’il le fait pas exprès si c’est le sens de la question, c’est juste qu’il n’arrive pas à tenir son film. ça lui échappe je pense.
Tous ces problèmes que je relève rendent la vision du film plus compliquée pour moi. L’effet de lourdeur que ça entraîne globalement et l’ennui important qui l’accompagne, passé plus d’une heure, avec un sujet et une héroïne pas spécialement joyeux ça devient un peu glauque oui.
Je te répondrai sur l’aspect publicitaire quand j’aurais un peu plus de temps. -
Seldoon
InvitéParfait. En attendant je commence à répondre sur le grand angle, et il y a peut être des ponts. Donc je ne suis en général pas fan du très grand angle. Et évidemment quand tu le mets sur un steadicam tout le long, je me méfie. Or ici c’est systématique. J’ai mis un peu de temps mais une fois ma préférence personnelle ravalée, c’est quoi un grand angle ? C’est ce qui permet de choper plus de choses dans le plan, et de bien marquer des échelles différentes. Donc ici on a en général notre actrice en gros plan et qui prend beaucoup de place. En tout intimité. Et loin, à la fois éloignés et attrapés par le grand angle, l’environnement, les autres personnages. Ça fait des plans, ça fait des cadres. Ça évite le champ contrechamp. Ça permet la durée. Ça permet aussi les recompositions régulières, quand l’actrice s’écarte, s’éloigne. Ou quand au contraire on la suit : tout change.
Et étrangement, la caméra est tenue. Retenue malgré le Steadicam, qui se cantonne toujours au minimum de mouvement possible. Alors oui on pense Malick – parce que c’est ce que Malick va chercher aussi, l’intimité du gros plan et la richesse de l’environnement dans le même cadre. Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). Chez Malick aussi le plan ne dure pas et est bien plus mobile. Des films aux grand angle il y en a des tas, mais des films avec ce très grand angle, néanmoins non déformant, légèrement flottant (il y a plus de panoramiques que de travellings) je n’en ai pas en tête.
Une fois que j’ai dit ça, il n’y a pas beaucoup de plans du film qui me resteront longtemps en tête : le premier évidemment, le plan où on entend le vrai fils caché/agressé, le plan de la voiture dans le foret à la fin. Mais le cadre m’a intéressé tout le long.
Quant au glauque, je ne l’ai pas ressenti du youth alors que j’aurais pu. Je passe à côté grâce à cette histoire d’amour inconditionnel. -
Schnoups
InvitéAlors, le mot publicité ne m’est pas venu tout de suite. D’abord sur la première séquence l’échange entre la mère et son fils ne m’ont pas paru crédibles, la réaction de l’enfant, le dialogue où il parle de cet homme qui s’approche, ce ton qui descend pour souligner le mystère/angoisse, c’est forcé, le gros plan sur la mère qui s’agite et pleure, ça transpire la performance, et je commence à trouver tout ça beaucoup trop appuyé et pouffff le soufflet retombe d’emblée. Le dernier mouvement du long plan sur ce couloir et le contre champ avec la mère qui rentre dans le plan c’est pour moi le grand final d’une chorégraphie bien visible d’un plan séquence de 15 minutes qui veut envoyer du lourd. A partir de là je vois comme un effet de décollement très factice, une couche épaisse qui fausse tout et tout le temps.
Par la suite, sur la plage, un groupe d’ado passe devant la caméra et il les filme de dos, sur le dos d’une combinaison je vois Rip Curl, là je me dis, eh eh bon placement de produit, bien visible. C’est monnaie courante au cinéma je sais bien, mais là je me dis que ça lui va bien de placer une pub et je me dis, ah oui, publicité, il a un style de publicitaire en fait. C’est à dire que le steady cam dans un film où tout est trop appuyé, trop forcé, mal joué, c’est la cerise sur le gâteau conceptuel. Quand le steady cam s’en mêle ça précipite cette avalanche de fausseté.
Puis sont venus les plans subjectifs quand elle suit l’ado et qu’il retrouve sa famille pour le repas, là carrément ça me fait sourire tellement ce moment famille est surfait, « plans d’une famille heureuse » les gars : expressions adéquates en mouvement, interaction constante. Puis le repas chez le maraicher évoqué dans le premier post a confirmé cette esthétique, j’ai vraiment pensé à une pub de pâtes hein. En fait le tout donne quelque chose de tellement faux que ça donne des plans que je voyais bien insérés dans une pub avec un produit en tête. Par exemple quand elle marche en forêt avec lui, avec cette belle lumière du soleil et ces plans lents proches du sol, qui accompagne ce couple insolite et magique. Tiens, Evian aimerait bien ce genre de plans.
Quand on constate qu’en plus il emprunte à droite à gauche bien maladroitement, pour faire comme les grands, ça ressemble à une recette du bon technicien Sorogoyen qui construit son film comme on construit un produit, comme on vend un bon produit. C’est vraiment l’effet que ça me fait. Sorogoyen se prend pour quelqu’un qu’il n’est pas et pense faire vrai quand il fait très très faux. Il pense faire grand quand il ne fait rien. Je me demande pourquoi il a voulu absolument faire du cinéma. Famille dans le cinéma, évidemment.
J’ai potassé un peu parce que je ne savais rien de lui, je voulais d’abord voir son âge et sa tronche et j’ai écouté un entretien où il parle de Los Anos. Comme j’ai arrêté au troisième épisode je vois qu’il explique que la fin de sa série se termine, par, je vous le donne en mille, « un long plan séquence » qui montre d’ailleurs vachement que les acteurs sont très très talentueux pour tenir ce long plan et tout et tout qu’il nous dit. Pour lui des acteurs qui tiennent un plan séquence de 15 minutes sont forcément prodigieux, c’est un gage de qualité, touche des grands de faire des longs plans qui rendent les acteurs talentueux, non ?. Il est on ne peut plus dans la démonstration et la surenchère virtuose. Il est exemplairement là dedans. Et ensuite il ajoute qu’il cherche à montrer le réel, c’est son maitre mot dans l’entretien, il dit que des gens qui pendant 10 ans se quittent et se remettent ensemble c’est le réel, c’est comme ça dans la vie. Que les discussions avec ses scénaristes ont donné ce formidable bijou de réel. Moi ces soirées entre jeunes qui jalonnent ses épisodes ne m’ont jamais paru crédibles. Des gens qui passent 10 ans à être ensemble et pas ensemble j’en ai jamais connu.
» Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). »
Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. D’Une vie cachée j’ai plein de plans en tête moi, contrairement à toi avec Madre, plein de passage et de plans de ce film sont dans ma tête. Et si c’est bien plus radical chez Malick, c’est surtout que Malick a le talent de faire tenir son film et la forme de sa réalisation avec son récit, les lectures des lettres, des scènes, des personnages. Celui qui est désincarné et vautré dans la fausseté sous couvert d’idée techniques et conceptuelles qui ne donnent rien c’est Sorogoyen. -
Seldoon
Invité« Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. »
Parce qu’il peut y avoir un défaut, une limite et pourtant rester fort, mais peut etre que c’est justement notre point de désaccord depuis le début. Or chez Malick, oui, le côté pub pour parfum même dans le superbe une vie cachée est présent, moins que dans sa triologie précédente, plus que dans la balade sauvage, et pour moi bien plus que dans Madre, qui est pourtant on est d’accord un film inférieur. Jusqu’à présent les publicitaires ne s’y sont pas trompés et on plus pompé Malick que Sorogoyen mais dès qu’ils sauront prononcer le nom de ce dernier ça peut s’inverser. Sérieusement je les vois bien s’inspirer du premier plan. Et je peux voir le côté publicitaire dans les rares plans longue focale dont je parlais (pour info : il y en avait beaucoup plus dans le film, ces gros plans sur le corps du garçon, les prods les ont fait virer au grand regret de Sorogoyen). Mais ça reste à la marge pour moi, tout comme le côté placement de produit : je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire.
N’ayant pas vu la série (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série) mais uniquement deux de ses films je te rejoins jusqu’à un certain point sur une forme d’artificialité, de cinoche qui croit faire du réel. -
Schnoups
Invité« je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire. »
Mais je ne dis pas qu’une marque pourrait s’associer à ce genre d’histoire. Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. Je le verrais bien faire des graphiques émotionnels en lignes rouges avec les éléments techniques qui vont les accompagner en bleu dessous, avec la réplique de ouf qui va retourner les choses, climax, événement, retournement de situation, ouverture de l’angle et mouvements façon Malick, absence explicative façon Franco (mais beaucoup de musique, de ton faux, de voix qui t’orientent, de longs plans qui disent fort oulala elle va parler avec son ex, attention les yeux). Je ne dis pas que son film est un produit auquel une marque pourrait s’associer mais qu’il pense et construit son film comme un produit, et que sa fausseté généralisée empruntant au tout venant talentueux ne donne rien, désincarne son récit et dévitalisent ses plans. Le côté très pub de certains de ses plans, exemplairement les plans de repas, ne sont qu’une manifestation très remarquable dans cette absence de style, dans ce naufrage formel et se placeraient bien dans des pubs de pâtes ou de Home vidéo que la petite famille est très très heureuse d’accueillir.
» (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série) »
M’enfin Seldoon, je ne juge pas ce cinéaste entier uniquement sur sa série, c’est faux. Sa série et l’entretien dont je parle sont aussi un bon exemple pour compléter le tableau de ce cinéma et la manière de penser de Sorogoyen. -
Seldoon
Invité(Pour ta première phrase : je répondais à ta remarque placement de produit et non à la pub, mais laissons tomber c’est annexe.)
« Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. »
Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-etre même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève.
Gide lui-même vient alors à sa rescousse dans De l’influence en littérature qui est une longue défense des imitateurs, des suiveurs, des influencés. Quelques fragments que ce pauvre Rodrigo suivant Terrence et Michel a inspiré à André :
——
« Messieurs : TANT MIEUX ! C’est là ce qui permet une École.
Une École est composée toujours de quelques rares grands esprits directeurs – et de toute une série d’autres subordonnés, qui forment comme le terrain neutre sur lequel ces quelques grands esprits peuvent s’élever. Nous y reconnaissons d’abord une subordination, une sorte de soumission tacite, inconsciente, à quelques grandes idées que quelques grands esprits proposent, que les esprits moins grands prennent pour Vérités.
– Et, s’ils suivent ces grands esprits, peu m’importe ! car ces grands esprits les mèneront plus loin qu’ils n’eussent su aller par eux-mêmes. Nous ne pouvons savoir ce qu’eût été Jordaens sans Rubens. Grâce à Rubens, Jordaens s’est élevé parfois si haut, qu’il semble que mon exemple soit mal choisi et qu’il faille placer Jordaens au contraire parmi les grands esprits directeurs. »
——
« Autre chose : souvent une grande idée n’a pas assez d’un seul grand homme pour l’exprimer, pour l’exagérer tout entière; un grand homme n’y suffit pas ; il faut que plusieurs s’y emploient, reprennent cette idée première, la redisent, la réfractent, en fassent valoir une dernière beauté. »
——
« Enfin, disons que si toute une suite de grands esprits se dévouent pour exalter une grande idée, il en faut d’autres, qui se dévouent aussi, pour l’exténuer, la compromettre et la détruire. »
——
« – Et, comme l’humanité fait et doit faire une consommation effroyable d’idées, il faut être reconnaissant à ceux-ci qui, en épuisant enfin ce qu’une idée avait encore de généreux en elle, en la faisant redevenir IDÉE, de VÉRITÉ qu’elle semblait, la vident enfin de tout suc, et forcent ceux qui viennent à chercher une idée nouvelle, – idée qui, à son tour, paraisse pour un temps Vérité. »
—— -
Seldoon
Invité(tant qu’à être scolaire, je cite sans vergogne)
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Schnoups
Invité« Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-être même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève. »
Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non et c’est toujours la nuance ou une histoire de degrés qui tentent de sauver Sorogoyen. Il n’y a pas de « degrés de « scolarité » » qui tienne pour sauver ce cinéma. Il est dans un académisme de scénariste de série si si, et de formatage de cette école là couplé à une ambition cinéma des grands, le tout sans dépasser son geste, sans trouver sa singularité. Je ne vois pas de singularité formelle intéressante dans ce que j’ai vu de lui jusqu’à présent, je vois même bien pire. Le manque de cinéastes sur la terre du milieu ne le sauvera pas non plus à mes yeux. Je ne le mettrai même pas « au milieu » moi d’ailleurs ce cinéma, si vraiment cette hiérarchie existe. Rester « nuancé » parce qu’au milieu c’est le vide, ne se pose même pas d’ailleurs, il est voué à s’épanouir puisqu’il est très bien reçu ce cinéma. Pas besoin de vendre son âme pour le défendre, il n’a pas besoin de nous. -
Seldoon
Invité« Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non » et autres commentaires sur mes appels à « rester nuancé » :
Alors pour le coup je serai dans le non ces phrases sont fausses et pas très fair play. On dirait un coup de Fernando. Bien compris ton point de vue une fois enfin explicité. Point de vue qui est, objectivement, exagéré. -
François Bégaudeau
Maître des clésDrole de film que Madre
On sent qu’il a eu l’idée de cette première scène où une femme perd son enfant au tel, et l’envie de la faire, comme un projet en soi. Et après, eh bien il ne sait pas quoi faire de ce truc (comme au fond il ne sait pas trop quoi faire de la comédienne dans L’etre aimé). Elle attirée par lui parce qu’il ressemble à son fils, il ne sait pas quoi faire, à l’écran ce couple aberrant ne fonctionne – comment croire que lui est si attiré par elle, et de cette façon décomplexée? Psychologiquement le film est très pauvre, et très très loin des vertiges de Franco – qui lui n’aurait pas commencé par cette scène coup de poing. Nous aurions vu ce couple se former, avoir lieu vraiment, et peu à peu nous aurions compris que cette femme a perdu un enfant. Oui le couple aurait eu lieu vraiment, alors que là cette femme reste dans ma bonne mesure du trouble, classe dans toute circonstance, souffrante puis résiliente (et bien sur le père, qui aurait pu etre un personnage intéressant, est laminé)
Une bonne scène : celle dans la voiture avec les mecs qui filment. Le reste du temps, pas mal d’ennui
Et pour cette fois oui c’est Malick Grandangle, que S, qui n’a aucune personnalité de cinéma ça se confime , choisit d’imiter. On a droit aussi au plan-séquence-quand-j’ai-pas-d’autre-idée, dans la première scène (qui se regarde) et dans une scène ridicule de crise familiale où le réglage des mouvements aura dispensé S de se poser des questions sur cette scène invraisemblable où tout sonne faux. -
Charles
InvitéLa première scène était initialement un court-métrage. Je suis assez d’accord pour dire que le film a du mal à se remettre de l’intensité de cette première scène même si j’en aime bien d’autres dans le film (notamment celle dans la voiture de retour de boîte).
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François Bégaudeau
Maître des clésl’intensité excessive de cette première scène
le coup de l’adulte qui se rapproche est de trop (et l’enfant qui se cache sous un tronc – on se fout de qui?)
et bien sur l’actrice est en surchauffe, comme toujours chez lui -
Alexandre
InvitéRapport au côté suiveur ou copiste de Sorogoyen, j’ai noté la reproduction presqu’éhontée du Mépris avec cette musique symphonique et poignante qui elle -même copie celle de Georges Delerue. Et bien entendu, il est à chaque fois question d’un tournage.
C’est d’ailleurs assez efficace : dans la scène du restaurant, ou plutôt catering, qui montre Esteban, écouteurs aux oreilles, regarder intensément sa fille, qui ne se sait pas observée, il se passe quelque chose.
Mais pour qu’il ne se passe rien armé d’ une musique aussi prenante qu’on plaque sur des images, faudrait vraiment être un manche.
Tout ça pour dire que j’aime bien le film et épouse sans problèmes le point de vue TVBesque.
Petit pinaillage : François ne sait pas trop pourquoi diable Esteban déboule de mauvais poil avec les conséquences que l’on sait sur le tournage de la fameuse scène des maquereaux. L’idée qu’il somatise l’éventuelle médiocrité actorale de sa fille est intéressante. Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler? Et surtout, qu’elle lui rappelle ses comportements de merde passés : « Moi au moins, je ne fais souffrir personne » ?
En ce sens, Samir restitue mal la note sur laquelle cette scène précédente se clôt : Esteban ne se marre pas. Du tout. Et sa façon de dire « A demain » n’augure rien de bon pour la journée de travail à venir.
Il faut se le faire l’Esteban. -
François Bégaudeau
Maître des clés» Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler? »
Oui c’est fort possible
A la lumière de Madre, vu hier, je me dis que mon analyse psychologique de L’etre aimé est beaucoup plus subtile que le film. -
Alexandre
InvitéEt c’est là que je vais poser une question idiote et pas vraiment cruciale mais qui m’a accaparé en cours de projection comme un sparadrap mental impossible à décoller. Si quelqu’un pouvait se dévouer pour apaiser mon tourment, je lui en saurais gré pour l’éternité.
Emilia, quand elle tourne, à une certaine coupe de cheveux, épaisse mais mi-longue, à la mode des années 1930.
Or on la voit, hors prises, avec des cheveux longs. Sa coupe rétro, qui par ailleurs lui va plutôt bien, peut difficilement constituer perruque.
Entorse au réalisme? Maniérisme de plus?
Merci d’avance pour l’élucidation. -
Seldoon
InvitéC’est l’ado qui est mal défini plutôt que le couple, je dirais. Il est alternativement rebel et tout sage, empetré dans un mal-être dévorant et d’une sérénité à toute épreuve sans jamais constituer un personnage. Il est une figure. Et, oui, des bouclette de pub pour shampoing.
Pour moi la mère fonctionne, ainsi que son attirance sexuelle. On peut se raconter plein de truc, et le film me laisse libre de tout ça puisqu’il se contente de m’y faire croire. Cette attirance peut donc etre, par exemple et de façon non exclusive :
– un pis aller : amour absolu mais je ne suis pas sa mère, que fais-je de ce trop plein ?
– une façon d’accompagner d’aussi pres que possible la vie d’un fils qu’elle n’aura jamais pu accompagner
– l’inceste autorisé : l’amour que nous ne ferons jamais ensemble, mais en fait on n’est pas parents, donc on peut.
J’apprécie que le film nous laisse bosser là dessus en se contentant du côté de la mère de montrer une soif de présence et de tendresse.
Enfin, ça ne m’étonne pas qu’un garçon soit attiré par une femme beaucoup plus vieille qui parait entreprenante. Son assurance à lui, cette presque insolence disait Barbara, est moins fausse que non cohérente avec d’autres facettes qu’on voit de lui. Elle permet surtout de créer une forme d’évidence de leur relation, ce qui en retour ajoute de l’ambiguité pendant une bonne partie du film (est-il le fils perdu ?).
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Toni Erdmann
InvitéSi quelqu’un a une place non-utilisée pour le ciné-club de ce soir, je suis preneur, c’est complet.
Merci d’avance ! Je peux rembourser.-
Alexandre
InvitéC’est le fameux ciné-club surprise?
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Toni Erdmann
InvitéYep
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Sylvain
Invité@ Toni @ Alexandre : donc j’ai raté le « Mean Steeet » ? Je sais que je n’ai pas été très assidu ces dernières semaines, mais vous en avez parlé ici ? Il y a une captation vidéo de la discussion ?
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Ostros
InvitéY a pas eu mean street, y a eu le Buster Keaton à la place et ce soir c’était Film surprise de Miró
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François Bégaudeau
Maître des clésLe film surprise a pour titre Je regarde.
Film sans distrib ni prod, réalisé avec 1000 euros, et qui je crois a beaucoup plu-
stephanie
Invitéet Je regarde on pourra le regarder ? la soirée a été enregistrée comme dab ? mais le film ?
que de questions ce soir-
François Bégaudeau
Maître des cléséchange avec le réalisateur filmé, mais pas le film
espérons qu’il y aura d’autres projections
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Astrim
Invitéquelqu’un a un lien vers le film (pour le regarder ou juste une page dessus)
J’ai beau cherché ça me renvoi vers d’autres films du même nom
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Fabien
InvitéC’est à quelle heure et quel programme pour ce ciné club ?
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..Graindorge
InvitéPourquoi le cinéma nous importe-il ? | France Culture https://share.google/1DmQxqZWY0fgkLOQN
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Stéphanie
Invité
D’un château à l’autre-
Seb
InvitéMerci pour le lien. Un grand moment.
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François Bégaudeau
Maître des clésje recommande vivement
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Shiva
InvitéAlice au pays des colons, ce film que l’occident refuse de voir
.
Alice au pays des colons est un film documentaire essentiel, qui ouvre nos yeux sur une réalité qu’on essaie de nous faire oublier. Aller voir ce film au cinéma est une façon de lutter pour lui permettre de se maintenir le plus longtemps dans les salles, et une façon de dire notre détermination face au système qui refuse de diffuser ses images dans nos salles.
https://blogs.mediapart.fr/agathe-jasmine/blog/020626/alice-au-pays-des-colons-ce-film-que-loccident-refuse-de-voir -
stephanie
InvitéFrançois, ça serait chouette de faire un TVB sur les 2 films et le court de Emmanuel Marre.
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François Bégaudeau
Maître des clésles 2 films?
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stephanie
InvitéRien à foutre et Notre salut
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Tony
InvitéObsession m’a fait un drôle d’effet, j’ai failli quitter la salle tant je l’ai trouvé dégueulasse mais il est quand même intéressant sur ce qu’il documente de la gen Z,en particulier sur le consentement et cette vision très actuelle du couple comme étant le lieu d’une oppression et d’une emprise où on ne peut qu’y laisser sa peau.
La première scène m’a plutôt emballé,on y voit en gros plan un jeune homme, attablé dans une salle de restauration rapide,timide et cherchant ses mots,avouer sa flamme à celle qui lui fait face et qui reste hors champ,il bafouille,les mots ont du mal à sortir et une voix masculine l’interrompt alors,la caméra panote sur sa droite et on voit son camarade,assis sur un tabouret près du comptoir,lui donner des conseils et l’aider à accoucher de ce qu’il faut dire dans cette situation,et on aperçoit aussi la chevelure de celle qui lui fait face,il se reprend et arrive à formuler ce qu’il a sur le cœur(genre dès que je t’ai vu je n’ai plus cessé de penser à toi,quand j’écoute de la musique c’est toi que j’entends,quand je marche dans la rue je crois te voir etc ..)et contre champ sur elle dont on se rend compte, après quelques secondes d’hésitation, qu’elle n’est qu’une employée du restaurant,qui ne tarde pas à se lever et à reprendre son service.
La suite prend une tournure assez bizarre,on comprend que celle qu’il convoite le considère comme un ami,qu’il n’arrive pas à transformer cette relation en une relation qu’il souhaiterait plus intime,on se demande s’il n’est pas un peu puceau,il la raccompagne après une soirée arrosée et elle lui envoie des signes assez clairs dont il pourrait profiter et il n’en fait rien,on sent chez lui la peur de commettre un impair,la peur de la forcer qui le rend incapable de toute initiative,il est carrément paralysé.Alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle un deus ex machina va lui permettre d’exaucer un voeu, d’être celui qu’elle aimera plus que tout au monde.Ce début de film est très réussi, peu de mouvements de caméra,des plans assez lents et des situations intéressantes, pour un jeune de 26 ans venant de YouTube ça m’a plutôt étonné.Malheureusement la suite est beaucoup plus convenue et sans rien dévoiler on va se retrouver dans une sorte de film d’horreur où cette jeune femme est possédée par un désir qui agit ici comme une force démoniaque qui va terroriser et briser la vie de celui qui la convoitait.Là où le film m’a paru assez insupportable c’est dans cette représentation,d’un autre temps,de ce qu’on appelait autrefois l’hystérie féminine qui prend ici les atours d’une possédée que l’on croirait venir d’un film tel que l’exorciste.Cinéaste à suivre malgré tout.-
Seldoon
InvitéEh bien de mon côté ce fut l’inverse. J’ai eu beaucoup de de mal avec tout le début où je vois YouTube/Tiktok dans tous les plans, répliques, dans le jeu comme dans le montage (avec ce systematisme du « montée…… rupture brutale en contrepoint »). Il faut dire que je connais les sketches de ce type et de son comparse (ici : le meilleur ami), donc identifier leurs tics fut immédiat. En tout cas le lien entre leurs sketches et ce film est bien plus facile à établir que celui entre les Key and Peele et Get Out.
Ensuite j’ai marché. Des qu’on est « de l’autre côté », de plein pied dans l’épouvante, je me suis fait mener par la tension et l’humour avec plaisir.
Tu as raison, il y a un truc Gen Z (et américain ?) dans cette vision des rapports hommes femmes aussi empêchés que quasi transactionnels. Où l’intimité n’existe pas.-
Tony
InvitéOui la partie horreur est réussie, d’ailleurs moi ça m’a bien secoué et j’ai failli partir,je ne m’attendais pas à un truc aussi viscéral, j’ai bien aimé ce qu’il fabrique dans ce jeu entre le premier plan et l’arrière plan,y a vraiment des idées intéressantes,par exemple au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque, ça c’est vraiment pas mal.
Sur la Gen Z et cette angoisse de la relation toxique c’est dans l’air du temps,au fond c’était aussi le sujet de The Drama avec une autre sorte de voeux,des voeux de mariage qui allaient semer le doute et faire de Zendaya un autre type de monstre.-
Seldoon
Invité« au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque »
C’est typiquement dans ce genre de plan qu’on sent bien Ari Aster (dont le chef op ne cesse de se réclamer) et le fait que ce monsieur a ramené dans le cinéma d’horreur la recherche de cadres. A noter que ça faisait longtemps qu’un film d’horreur qui fait du bruit le fait sans passer par l’elevated horror. Au contraire même, le film assume tranquillement son côté grand huit. On est là pour bien se marrer et avoir tout oublié le lendemain (ce qui est mon cas).
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Pedri
InvitéContent de l’annonce du prochain TVB, il est temps d’ouvrir le dossier Spielberg et de dire les termes.
Je ne lis pas trop la critique de cinéma mais je sais que SS est très défendu dans certaines revues, c’est quoi leur principaux arguments ? pour ceux qui sachent.
Et j’aime plutôt bien le Steve hein, j’adore son Tintin, Munich, Catch me, de très bons films d’aventures, efficaces, certaines séquences vraiment virtuoses, des idées de cinéma, et oui c’est souvent gentil, familiale, 1er degré, les gentils sont bien gentils, les méchants bien méchants, mais le petit petit garçon que je redeviens devant certains de ses films, accepte le deal, c’est Stevie quoi.
Par contre de là à le défendre aussi savamment, comme si c’était Godard, je comprends pas, West side c’est catastrophique et faire Ready player one à 70 ans je trouve ça très gênant -
Shiva
InvitéMarjane Satrapi et le cinéma
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Rigolus
InvitéLa petite dernière : une zoulette tombe amoureuse d’une Chinoise. Cette dernière la quitte. Elle passe le film à lécher des chattes. Heureusement, ça se finit bien. Elle pardonne à la Chinoise. 1/10
Sirat : un père cherche, avec son fils, sa fille toxico au Maroc, qui fait des rave parties.
Première partie : des punks à chien dansent sur de la techno pendant 30 minutes, et là, le titre apparaît enfin. Et là, tu te dis : bon, l’histoire va commencer. Eh bien non : aucune histoire. Sa fille, on ne la voit pas. Son fils meurt en tombant de la montagne, puis il y a des mines qui tuent les nouveaux amis punks à chien du père. La fin zoome sur son visage pendant qu’il prend le train. bonus : spectacle de marionnettes avec le moignon d’un punk handicapé pardon en situation de handicap. De la poésie pur je vous dit.
2/10. Les explosions ont bien explosé les corps, c’était bien fait.
Garçon chiffon : 0/10. Même pas, j’en parle. Pire film de l’année. Bio d’un acteur homo prétentieux. Je vous donne une réplique : « J’ai goûté au sperme de ton slip. Ce n’est pas le tien, donc tu m’as trompé. »le cinéma français se porte bien 🙂
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Barsurien
InvitéCritique du figaro ou de libé ?
On ne sait plus-
Rigolus
InvitéLes deux ont mis 4 étoiles pour garçon chiffon. Libé et figaro même combat en critique de film.
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Claire N
InvitéS’il te plaît arrête de mâcher des cailloux
N’est deprimable que ce qui est deprimable
Là c’est tes dents , ça fait bien un bruit de casse
Mais tu devrais t’en inquiéter -
Tof
InvitéEh bien non: aucune histoire.
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Charles
InvitéComme prévu, Notre salut est l’antithèse du Rayon et des ombres, tant formellement que politiquement. On est très loin du cinoche de Gianolli, le film est très original sans passer en force. Je dois dire que j’ai un peu résisté au film pendant un temps sur un plan politique avant de me laisser convaincre mais si ça doit un peu mûrir en moi. Le film est évidemment trop long mais il est, autrement, passionnant. Pas vraiment de découvrir Peretti dans un petit rôle, les grands cinéastes se rencontrent.
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Charles
InvitéPas vraiment surpris*
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Seldoon
InvitéOn t’appelle « Charles les bon tuyaux mais trop tard ». C’était quoi cette projection ?
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Charles
InvitéHaha désolé, il y a eu quelques projections parisiennes des films cannois dont celle d’hier pour Notre salut (avec Bruno Dumont dans la salle mais aussi…Dominik Moll). C’était je crois la deuxième projection du film.
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Seldoon
InvitéQuand je pense qu’à la place je suis allé voir Obsession.
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Charles
InvitéUne erreur de plus dans ta vie de cinéphile. Tu pourras te rattraper avec une autre séance le 9 juillet au Majestic Bastille.
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Stéphanie
InvitéFrançois, je parlais de TVB des 2 films de Marre
Rien à foudre et Notre salut , et son doc D’un château..
Un TVB consacré à son travail en somme .-
François Bégaudeau
Maître des clésOui ce serait une bonne idée Mais on réduira la jauge. Déjà Notre salut me parait un gros morceau.
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Antonin
InvitéAttention, c’est pas un doc « d’un château l’autre » mais bien une fiction.
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Bigarade
Invité@Antonin, rappel qui peut être utile
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Stéphanie
InvitéExact .
C’est pas rien mon « erreur », une fiction très proche du doc, du réel.-
Antonin
InvitéPas d’malaise hein
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Cynthia Lennon
InvitéPour ne pas polluer le fil Peinture je mets ici cet article concernant Windward un film vu et aimé au Réel
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I.G.Y
InvitéJe reviens rapidos sur la Vénus Électrique pour en sauver ce qui peut l’être, puisqu’il s’est plutôt fait descendre ici (sauf Charles).
Je suis d’accord avec bon nombre de défauts soulevés dans le TVB, mais je ne retiens pas le grief de « scénario-centrisme » et j’en dirai les raisons plus loin. Je dois aussi préciser que c’est mon premier Salvadori, d’où mon imperméabilité à la possible répétition formelle de l’auteur dans son œuvre. Pour le meilleur et pour le pire, peut-être, j’ai vu ça d’un œil totalement neuf.
Le film est un curieux mélange de choses qui m’ont beaucoup déplu et d’autres le contraire, si bien que j’en sors embarrassé. Dès le départ j’ai peu goûté aux dialogues, au jeu de Demoustier ou encore à celui de Marmaï bourré. Longue séance à venir, me disais-je. D’accord aussi quant au comique : ne pas prendre le film en tant que « comédie » sans quoi l’on risque une déception (j’exclus quelques très bons passages avec Lellouche en effet), ou quelques autres qui font tout de même sourire. De même c’est vrai que le scénario est très présent — on oscille entre une très bonne rythmique (les allées et venues temporelles sont bien fichus) et sur-sophistication narrative (trop de rebondissements finaux tuent les rebondissements).
Il semble en revanche y avoir chez Salvadori un goût du détail, que Charles a relevé d’ailleurs, qui m’est apparu à plusieurs reprises, si bien que mon impression générale du film en sort très modifiée — de par ma tendance à surtout retenir ce qui m’enthousiasme, « là où je trouve le film fort », si enthousiasme quelque part il y a. D’où le fait que je m’interdise de qualifier le film de scénario-centré. Une accumulation de petits détails qui ne sont pas sur-soulignés, qui passent et s’en vont, et me donnent l’impression d’un cinéaste qui de façon très étonnante oscille entre académisme corseté et grande joie ludique.
D’abord je veux bien qu’un jeu de transitions temporelles n’ait en soi rien d’original, mais des films qui en réussissent plusieurs comme ça ne me semblent pas majoritaires. Mais parti pour assister à un pénible car forcé pseudo suicide du personnage de Demoustier dans le lac, je me retrouve avec tout autre chose, et dont je me souviendrait — artificiel mais réussi : au vu de l’esprit général du film, j’achète. Je n’attends pas ici des cuts-vertiges à la Dao.
Des idées toutes simples aussi. Ce petit truc de la vue subjective des lentilles pour regarder le tableau, pas mal. Antoine peint sa maîtresse en robe à fleur, robe qui dans un même mouvement finit jetée sur la toile : une seconde, pas deux, suffisent ici à faire la jonction de l’art en train de se faire et de la situation. Simple, beau, j’ai trouvé ça excellent. Le tableau qui se finit sur le mur aussi, tout bête. Un clin d’œil au doigt pointé de Vimala Pons lorsqu’elle sonne et qu’on ouvre la porte — Vimala Pons qui, en dehors de toute question liée à l’écriture de son personnage, s’en sort très bien, ce qu’on ne peut dire d’Anaïs Demoustier, bien plus à l’aise dans le meilleur film français de ces 102 dernières années qu’était le Comte de Monte-Christo, seul autre endroit où je pense l’avoir vue. Quelques plan voilages sont quand même bien meilleurs que la moyenne des plans voilages — j’en profite pour signaler, techniquement, une très belle photographie.
Et puis cette scène de « départ » d’Irène, quittant Armand, descendant l’escalier. Scène attendue, tire-larme qu’on voit venir à cent bornes — de toute façon je ne pleure jamais, ce dont je ne suis pas sûr de m’honorer —, tout ça jusqu’à ce petit geste, ce petit jeu avec l’espace, cet au-revoir coin-coin du bout de la main, qui dépasse. Je me suis dit : qu’est-ce que j’aurais aimé voir ça, qu’on me fasse ça, dans ma vie — si possible sans finir sous le bus. C’est pour des choses comme ça, pour pas grand chose, pour des choses qui certainement ne rattraperont pas tout, que je sauve ce film du néant dans lequel vous autres pisse-froids devant l’éternel comptiez le jeter.
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I.G.Y
Invité*dont je me souviendrai
et autres coquilles
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Charles
InvitéQue pense-t-on ici du boycott/ de la censure de Lapid, invité en tant que membre du jury à la FID Marseille et à y donner une masterclass, parce que son dernier film a été financé par l’Israel film fund et qu’il maintient certains rapports avec le milieu du cinéma israélien et ses institutions (alors même qu’il vit à Paris)?
Yousfi et Orignac ont chacun donné des avis étayés et intéressants sur facebook, l’une en soutien du boycott, l’autre en opposition à ce qu’il appelle une censure. Je suis beaucoup plus convaincu par le texte d’Orignac que par celui de Yousfi (assez typique de l’antiracisme politique actuel et de sa façon de donner des leçons de pureté), même si la prose d’Orignac est souvent pénible.-
Seldoon
InvitéAttention choisissez bien votre camp, car :
Arthur Harari, réalisateur
Judith Lou Lévy , productrice
Laurent Moissonnier, salarié d’une école de cinéma
Morgan Pokée, programmateur
Marcos Uzal, critique de cinéma
SRF – Société des réalisatrices et réalisateurs de films
Saïd Ben Saïd, producteur
Charline Bourgeois-Tacquet, réalisatrice
Stéphane Demoustier, réalisateur
Claire Denis, réalisatrice
Arnaud Desplechin, réalisateur
Alice Diop, réalisatrice
Mati Diop, réalisatrice
Pauline Ginot-Slacik, déléguée générale de l’ACID
Miguel Gomes, réalisateur
Stéphane Goudet, directeur artistique du Cinéma Le Méliès à Montreuil et critique à Positif
Alain Guiraudie, réalisateur
Mia Hansen-Løve, réalisatrice
Catherine Hass, anthropologue et écrivaine
Radu Jude, réalisateur
Emmanuelle L. Thequiet, programmatrice
Emmanuel Marre, réalisateur
Kleber Mendonça Filho, réalisateur
Dominik Moll, réalisateur
Olivier Père, directeur général d’Arte France Cinéma
Thierry de Peretti, réalisateur
Louise Rinaldi, programmatrice
João Pedro Rodrigues, réalisateur
Axelle Ropert, réalisatrice
Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de L’UNESCO
Charles Tesson, critique de cinéma
Justine Triet, réalisatrice
Régine Vial, distributrice Les Films du Losange
Apichatpong Weerasethakul, réalisateur
Yolande Zauberman, cinéaste
et plus de 300 signataires disent :
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html-
K. comme mon Code
InvitéS’il s’agit d’un film, le boycott culturel me semble logique. S’il s’agit de sa présence dans un jury, ça ne l’est plus.
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Sylvain
Invité@ K comme Code : très juste.
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Sylvain
InvitéMais en l’occurence c’est bien sa présence dans un jury qui est « annulée ». Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. Je note qu’il se retire de lui-même et le geste est pas mal.
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Samuel_Belkekett
Invité« Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant »
J’adore ce genre de mec. Je parle de Sylvain, pas de Lapid. Sylvain, une autorité papale.
Lapid lapidé par superSylvain en un rien de temps.
Synonyme, de la merde…
Le genou d’Ahed, de la merde.
Désertion, un chef d’œuvre littéraire… Sylvain o’ grand guide, montre nous le chemin.
Lapid, un con mais pas pro Netanyahu faut pas exagérer, a dit superSylvain.
Conclusion :
Sylvain devrait commencer ses phrases par :
Je vous le dis en vérité…-
Samuel_Belkekett
InvitéSeldoon, un peu moins niais nous dit :
Attention choisissez bien votre camp, car :
Puis nous livre la liste des signataires.
Mais pourquoi, « choisissez bien votre camp »? La liste est-elle supposée interfèrer sur notre point de vue ? Va-t-elle rétroagir sur notre avis initial ? La qualité des signataires finirait elle de nous convaincre.
Snobs sommes nous, snobs resteront nous, que nous avons besoin de noms tels Bégaudeau ou autres Justine Triet et de Peretti pour savoir quoi penser ?
Ou Seldoon ne se rend pas compte qu’il ne parle que de lui.-
Midlle
InvitéÇa c’est du com.
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Sylvain
InvitéQu’est ce que tu veux que je réponde à cela ? Rien. T’as plié le game, comme tout ce que tu touches ici : c’est à dire absolument tous les sujets. Modestement, je me contente de m’exprimer sur les quelques thèmes que je maitrise un minimum.
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Remy
InvitéTu ne maîtrises pas le sujet sinon tu saurais que Lapid devait aussi présenter des films financés par les genocidaires.
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Sylvain
Invité@Remy : si il ya bien deux sujets que je maîtrise ceux sont cela : ce qui se passe en Palestine depuis 1948 (il se trouve, pauvre Remy qui j’y ai tourné un film, en y passant des mois, à deux reprises – et t’imagines bien que que je n’étais pas en Israel) et le cinéma (notamment les festivals). Donc : si, si je sais bien qu’il devait aussi présenter un film. « Financé par des génocidaires » tu dis ?. Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça. Que veux tu m’expliquer ? Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. Qui maitrise le sujet ? Viens me chercher là-dessus, on va rigoler…
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Remy
Invité« Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça. »
Tu aurais écris quoi l’expert ?
On va monter dans la hiérarchie de la connerie (je ne suis pas né en Palestine, mais ma mère oui)
» Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. » Rassurant, que tu nous rappelle ce constat.
« Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. » Tu me diras d’où viennent ces gens ? -
Remy
Invité« Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. » Tu expliqueras cette phrase par la même occasion si tu veux bien
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Samuel_Belkekett
InvitéMoi ce qui me dérangeait c’est le côté Lapid mauvais cinéaste.
Mauvais cinéaste incluant d’emblée l’ensemble de ses films.
Sylvain dit que le cinéma c’est son truc, alors c’est qu’il a dû réfléchir à la question. Moi ça me paraît très présomptueux.
La question étant : De quoi pourrait nous priver le BDS sur Israël ?
Faut-il l’appliquer (le BDS) de façon systématique ?
Ce systématisme peut-il devenir un dogmatisme ?
Et enfin : Le BDS peut-il fonctionner efficacement s’il n’est pas appliqué systématiquement ?
En clair FB a bien flairé que l’affaire donne de suite mal à la tête et éventuellement de l’urticaire.
Cependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation. -
Gogo
InvitéBon ou mauvais, ce qui est certain c’est que Lapid est un cinéaste mineur
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Remy
InvitéCependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation.
Je te suggère d’avoir voir plus précisément le financement des films de Lapid qui réside en France avec sa femme depuis des années. -
Samuel_Belkekett
InvitéSi Remy connait les tenants et les aboutissants du financement du film de Lapid qu’il nous donne des infos.
Moi je sais juste que le film a été financé à hauteur de 12% par des fonds publics. J’avais dit privés mais c’est public. En tous cas pas gouvernemental.
Quant à gogo, Lapid cinéaste mineur, et c’est quoi le contraire de mineur ? Majeur ? Si l’on devait se contenter des cinéastes majeurs on raterait tout un cinema de la « marge » me semble-t-il. Mineur ne me paraît pas péjoratif et Lapid rentre bien dans ce cinéma de la marge, artisanal et en recherche formelle. Ça me paraît facile « Lapid mauvais cinéaste ». Par rapport à Spielberg oui il est mauvais. C’est curieux cette attitude de critiquer la grosse industrie formatée et quand un petit artisan en recherche de créativité formelle pointe son nez, d’être aussi méprisant. D’autant que ni synonymes ni le genou d’Ahed ne ressemblent à Oui. Lapid n’est pas embourgeoisé comme Assayas que je sache. Il n’a pas la prétention d’un Gianoli non plus.
Je ne dis pas ça pour militer contre le sort que lui réserve le BDS mais d’un point de vue cinématographique, Oui il est mineur, Oui il ne produit pas de chef d’œuvre, Oui il ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais Oui il y a du plaisir à voir ses films et Non on ne peut pas se contenter d’un dédain aristocratique d’un simple « pouh, mauvais cinéaste ». -
Sylvain
Invité@Remy : on ne va pas se battre. Je vois bien que tu es, comme moi, révolté par ce qui se passe là-bas. Pas sur que Lapid soit le plus à même de cristalliser ce qu’il s’y passe. Même son pays ne veut plus de lui… pas assez nationaliste (mais mauvais cinéaste, je maintiens). Le boycott, effectivement meilleure arme, à utiliser encore et toujours. Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier.
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Remy
InvitéJe constate juste qu’il n’y a pas d’intérêt pour cette censure.
https://sceneweb.fr/le-maire-rn-de-castres-deprogramme-passeport-dalexis-michalik/?fbclid=IwY2xjawSWKc1leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBaaXlOd1R4N1hzTXU1S202c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHvF1IZQb7m3IYTbcg_GNd_OA-i0zIx17wISpxtwtxvSw3IO9pKaK8VKqe08M_aem_xniOvent4qLXyyt9QGQK2gDans cette situation, pas besoin d’en échanger, c’st assumer par la mairie RN
« Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier »
BDS, ne fait pas le tri. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.
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toni Erdmann
InvitéEn tout cas s’il faut juger une pétition à la qualité des signataires, j’adhère grandement à celle-ci
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Ballon
InvitéQuelle est la liste des réalisateurs qui ont menacé de retirer leurs films du festival ?
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François Bégaudeau
Maître des clésCharles : je veux bien le texte de LY, si tu as
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Charles
InvitéPosté par Stéphanie plus bas.
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Remy
Invité@Charles, j’aimerais que tu expliques ce qu’est l’antiracisme politique ?
Je te mets ce lien, certain que cela va t’intéresser
https://sceneweb.fr/le-maire-rn-de-castres-deprogramme-passeport-dalexis-michalik/?fbclid=IwY2xjawSWKc1leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBaaXlOd1R4N1hzTXU1S202c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHvF1IZQb7m3IYTbcg_GNd_OA-i0zIx17wISpxtwtxvSw3IO9pKaK8VKqe08M_aem_xniOvent4qLXyyt9QGQK2g
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Rigolus
InvitéJe regardais bref 2, meilleur note allociné. La série à un seul défaut. Elle est extrêmement immature et narcissique. Ce qui m’a fait arrêter la série. L’intelligence n’est pas suffisante pour continuer.
C’est pour quand une France d’adulte ?
https://x.com/i/status/2064071212054245391 -
Stéphanie
Invité
On n’en parle pas de ce collectif dans Le monde Libé -
Stéphanie
InvitéLe collectif ne parle pas de censure mais de boycott culturel
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Seldoon
InvitéD’où le texte d’Orignac dont parlait Charles :
« Sur le boycott de Nadav Lapid au FID, deux choses. La première est qu’il s’agit plus que d’un simple boycott, et qu’on est ici en droit de parler d’un acte de censure. Je sais que les défenseurs de la mesure tiennent à se distancer du terme, tant il ne fait pas bon genre. La censure, en son acception juridique, serait un acte émis par une autorité publique, et rien d’autre. Mais ce juridisme me paraît bien étroit en ce cas d’espèce : Lapid, de fait, se retrouve interdit de présenter son œuvre à un festival. On peut détailler autant qu’on veut la mécanique qui a abouti à cette situation, à la fin rien ne change : une œuvre et son interdiction. On devrait penser que la réduction historico-juridique du terme (imaginé par une doctrine libérale dans des sociétés d’Ancien Régime où règne le Droit Divin) le défigure aujourd’hui conceptuellement. Parce que la censure dans les sociétés contemporaines ressort plus largement d’une écriture constante d’un partage entre le dicible et l’indicible. Et que cette écriture, tout le monde y participe, à sa manière, dans un champ structural, comme dirait Bourdieu. Dans une société libérale-démocratique, on peut envisager que des micro-pouvoirs se forment ponctuellement, pour soutenir une cause, et que ce micro-pouvoir se dissout aussitôt son objectif atteint. C’est ce que font les groupes militants après tout, et leurs actions participent de cette écriture collective, même à petite échelle, sur le dicible et l’indicible. Dans le cas Lapid, il y a bien eu mobilisation d’opinions pour les transformer en un agent collectif à même de peser sur les décisions d’une institution. Pour en faire un pouvoir, donc. Une pression collective a ainsi été exercée pour que cette institution produise un acte de censure. Les personnes mobilisées ont obtenu gain de cause. Donc, oui, parlons de censure, même si ça sonne désagréablement aux oreilles.
Deuxième chose : les défenseurs de l’éviction de Lapid la justifient en expliquant que ce n’est jamais le contenu qui est visé, mais simplement le mode de financement (son film Oui a été en partie financé par un organisme indépendant israélien). Je ne milite pas pour l’exceptionnalité des œuvres d’art, mais pour le regard différentialisé sur les objets dont on parle. Un avocat (le fruit) produit en Israël est un avocat : vert, mûr, crémeux, noiseté. Il ne dit rien sur Israël, autant manger un péruvien. Un film israélien peut dire quelque chose sur la société israélienne. Le rabattre sur son financement, c’est ignorer ce qu’il est : pas un avocat, mais un film qui écoule un imaginaire. On ne peut pas dire que Lapid écoule un imaginaire à la gloire d’Israël. Reste que ça n’a pas d’importance aux yeux de ceux qui ont souhaité sa censure. L’idée sous-jacente, j’imagine, est que ce qui compte, c’est le soutènement économique : qu’importe ce que le film a à dire, le fait qu’il le dise en partie avec de l’argent israélien le rend suspect. Autrement dit : Nadav Lapid est l’idiot utile d’Israël. Très bien, alors il va falloir être cohérent : que dire aux signataires de la Tribune anti-Bolloré dont les films sont financés par Canal+ ? Qu’ils sont les idiots utiles du fascisme ? Subtile manière de s’accorder avec les réacs quand ces derniers les invitent à se taire. Arrêtons d’exiger un héroïsme des pratiques aux cinéastes : Lapid a toujours été clair dans ses interventions, il s’est exilé de son pays pour ne pas avoir à participer à sa décomposition morale, pas la peine en plus de servir la rhétorique d’extrême-droite sur les traîtres qui profitent du système en lui demandant de se taire. »
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poissonvache
InvitéPour ce qui est de la forme, parler de censure c’est vraiment fort de café, la censure est du côté du pouvoir, le boycott de l’autre point. Pour ce qui est de la polémique, elle me donne vraiment de plus en plus envie de voir Oui pour me faire un avis.
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Seldoon
InvitéL’expérience risque dêtre compliquée. Pour des raisons esthétiques avant tout.
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Charles
InvitéNon, comme dit Orignac, la censure n’a plus depuis longtemps le sens le cantonnant à des mesures étatiques. On l’utilise depuis pour des opérateurs privés ou parapublics quand des artistes sont déprogrammés dans des concerts ou quand Canal + refuse de produire des films en opposition aux valeurs réactionnaires de Bolloré. A partir du moment où le boycott ne se limite pas aux refus de certaines personnes de participer à un événement mais qu’il conduit à l’exclusion d’un artiste, on peut dire a minima que le boycott a produit des effets de censure.
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Fleur
InvitéFaudrait arrêter de propager de telles inepties Charles.
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François Bégaudeau
Maître des clésexcellent argumentaire, Fleur
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Fleur
InvitéVous parlez de censure, de racisme politique. Vous ne validez pas le boycott, pourtant il fait ses preuves. Vous avez une posture social démocrate. On ne peut pas lutter avec vous.
Grand bien vous fasse.-
Fleur
InvitéLundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner.
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne sais pas bien qui désigne ce vous
et il me semble que ce pronom relatif composé est bancal (la nervosité, sans doute)
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Cabruelino
Invitélutter ? Pour interdire un réalisateur d’aller dans un festival
pour vous c’est donc ça le grand horizon politique de la lutte pour la palestine, un misérable festival, c’est un sujet qui mérite des ambitions plus haute et une plus grande dignité que ça, c’est une guerre ou des gens meurt, ce festival tout le monde s’en branle
au lieu de traiter de socdem, vous devriez réfléchir au fait que vos sujet de « lutte » sont toujours centré sur des sujets culturel car vous n’êtes que des étudiants immature derrière votre clavier, le paris n’est pas risqué-
Fleur
InvitéLundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner
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Cabruelino
Invitéd’accord le perroquet
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Fleur
InvitéLundi matin dit des mots moins Grotesques que ceux sur Lesquels vous vous êtes empressés de cautionner…
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Cabruelino
Invitévous êtes une ia ?
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K. comme mon Code
InvitéTexte bizarre. À quoi bon différencier le boycott de la censure pour in fine juger tout boycott culturel illégitime ?
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I.G.Y
InvitéIl y a un autre pan glissant dans son argumentaire et je ne sais pas s’il s’en rend compte, presque comme s’il avait oublié sa critique du film sur Hors-Série à l’époque : je parle de la comparaison du film et de l’avocat.
Orignac disait dans sa critique, entre autres : « Le 07 octobre a disparu, Israël a disparu, Gaza a disparu : à l’instant même où Lapid pensait déchirer son film d’un boulet de réel, ne reste symptomatiquement que la jouissance d’un spectacle« . Orignac, comme d’autres, était très sévère quant à « l’imaginaire » charrié par le film et ses effets de recouvrement du réel politique dont il traite. Il retombe alors dans les griffes du raisonnement de Yousfi plus bas sur la décidabilité des critères de boycott (interprétatifs vs. financiers). Quand on lit sa critique, on se dit qu’il n’est pas pleinement au clair sur son histoire d’avocat.
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Sinon je trouve intéressante la distinction entre boycott de la participation d’un artiste à un Jury et boycott d’un film pour questions de financement. Et puis la comparaison financement Bolloré vs financement d’argent public israélien, bon, comment dire, ça ne tient que par un gros effort d’abstraction, quand même…
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Stéphanie
Invité -
François Bégaudeau
Maître des cléstu peux le reporter ici? problème de connexion avec facebook
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Charles
Invité« 2-3 remarques au sujet des accusations de « censure » suscitées par la déprogrammation du film de Nadav Lapid au FID.
Je veux prendre au sérieux l’inquiétude ceux dont je ne doute pas de la sincérité, et qui se situent, selon moi, du bon côté de l’histoire. Alors résumons : le BDS culturel ne s’applique pas au contenu des œuvres, mais aux conditions matérielles de leur production. J’entends l’objection selon laquelle que c’est là que résiderait le problème, puisqu’on se priverait alors de films, certes financés par des fonds israéliens, mais qui porteraient une critique courageuse d’Israël, comme Lapid donc, et que cette indifférence vis-à-vis du contenu serait dangereuse car elle met sur le même plan un produit marchant lambda et un produit culturel (je veux même bien entendre l’idée que la culture jouisse d’un statut particulier et que ramener cette idée à une simple conception bourgeoise est une facilité).
Je prétends, pour ma part, que c’est l’inverse qui serait dangereux car si on suivait cette logique jusqu’au bout, le boycott ne devrait concerner que les œuvres explicitement sionistes, ce qui ouvrirait d’interminables querelles d’interprétation. Après avoir passé tant de temps à défendre l’idée qu’une œuvre n’est jamais réductible à son message politique, qu’elle constitue un monde singulier dont la valeur excède toujours les intentions de son auteur, il faudrait soudainement nous convaincre de rompre avec ce principe élémentaire avec lequel nous créons et consommons tous les jours la culture. Dès lors, chacun viendrait défendre sa lecture du film, démontrer qu’il est un allié ou, au contraire, qu’il demeure problématique. Une telle situation me paraît infiniment plus redoutable pour l’autonomie relative de l’art que le fait de s’en tenir à la question des financements. C’est même tout l’inverse : en refusant d’arbitrer le contenu des œuvres, le boycott protège cette autonomie à laquelle beaucoup demeurent légitimement attachés. Dès lors qu’on commence à juger les films sur leur degré de conformité politique, il n’existe plus aucune limite claire.
D’ailleurs si de tels critères étaient employés, en vérité, le champ d’action du BDS culturel serait réduit à peau de chagrin au point de n’être plus qu’un tampon de validation idéologique des films engagés sur la question palestinienne, tandis que le boycott se conçoit politiquement comme la volonté déclarée d’engager un rapport de force qui nous oblige à regarder l’asymétrie des rapports de force là où nous préférerions parler d’idées, de récits ou d’intentions, et nous intime à nous situer face à un appel historique concret, et non plus seulement face à des principes abstraits auxquels il est toujours plus facile de souscrire.
Il faudrait faire confiance au pouvoir subversif et sensibilisateur d’un film israélien alors même que le génocide le plus documenté de l’histoire contemporaine est également l’un des plus largement tolérés ? Allons donc, les amis ! Les images ne manquent pas, les preuves s’accumulent, les récits abondent, et pourtant les institutions continuent de soutenir Israël tandis que la moindre expression de solidarité avec la Palestine fait l’objet d’une répression croissante. Je ne compte plus autour de moi le nombre de camarades poursuivis, intimidés ou menacés pour leurs prises de position. Nous pesons chacun de nos mots. Nous vivons sous la menace permanente d’accusations d’apologie du terrorisme. Notre parole est surveillée, contrainte, littéralement étouffée. Dans ce contexte, il faudrait en plus s’entendre accuser d’être les censeurs de l’histoire ?
Si vous pensez réellement avoir raison sur ce coup-là, si vous tenez réellement à cette idée que la culture ne se boycotte pas, souffrez seulement d’entendre que votre vérité n’est pas audible pour ceux qui luttent concrètement, souffrez que ceux-là qui luttent parviennent parfois, de temps en temps, maigrement, misérablement, à faire basculer les choses en leur faveur, pour une fois, deux fois, allez peut-être trois fois seulement, et que cette fois seulement, on se met à les considérer avec sérieux, cette fois seulement où il est question de parler non pas de Palestine dans le cinéma et blablabla mais de la Palestine qui empêche POUR UNE FOIS notre petit monde feutré de tourner.
Prenez acte également de cette chose fondamentale : le BDS culturel n’est pas une invention de militants occidentaux excessifs ou déconnectés. Il répond à un appel formulé par la société civile palestinienne elle-même, qui demande que sa lutte soit soutenue selon des modalités élaborées à partir de son expérience concrète de l’oppression et de ses propres analyses stratégiques. Et si nous nous révélons infiniment impuissants ici en Occident à aider à ce que cesse le massacre et la colonisation, nous leur devons AU MOINS ÇA, c’est-à-dire s’aligner derrière leur campagne dictée selon leurs besoins et leurs termes.
Cette déprogrammation a d’ailleurs été demandée par des réalisateurs palestiniens et arabes qui refusaient que leur parole soit placée à équidistance de celle de cinéastes financés par des fonds israéliens, aussi critiques soient-ils du régime israélien. C’est un point essentiel, parce qu’on parle beaucoup de Nadav Lapid et très peu de celles et ceux qui ont estimé que leur présence dans le festival devenait impossible dans ces conditions.
C’est aussi pour cette raison que la comparaison que j’ai croisée ici et là avec les artistes travaillant avec Canal+ ne tient pas. Personne ne réclame qu’un cinéaste quitte Canal+ ou rompe tout lien avec une institution française. Le BDS n’est pas une théorie générale de la pureté politique. Il répond à une situation historique précise, à un appel précis, formulé par une société civile précise. La France n’est pas concernée par le BDS. Israël l’est. On peut ne pas être d’accord avec cette stratégie mais alors il faut avoir l’honnêteté de dire qu’on conteste la stratégie des Palestiniens eux-mêmes, et non prétendre parler en leur nom contre eux. Le boycott ne dit pas aux artistes ce qu’ils doivent penser, écrire ou filmer mais leur pose une question beaucoup plus concrète : quels liens acceptez-vous d’entretenir avec les institutions d’un État qui mène une politique d’occupation, d’apartheid et aujourd’hui de destruction massive à Gaza ?
Certains réalisateurs israéliens ont déjà répondu à cette question. Ils ont choisi de faire des films sans financement institutionnel israélien (Eyal Sivan, par exemple). Ils ont choisi de ne pas participer à certains événements soutenus par l’État israélien. Ces choix existent. Ils sont difficiles, très coûteux, mais ils existent. Nadav Lapid aurait pu faire ce choix lui aussi. Il a fait un autre choix. C’est son droit le plus strict. Mais il faut alors accepter que ce choix puisse être discuté, critiqué et qu’il ait des conséquences dans le cadre d’une campagne de boycott dont les règles sont connues depuis longtemps.
C’est précisément ce qu’est un boycott : une tentative de créer un rapport de force politique en refusant certaines formes de collaboration institutionnelle. On peut difficilement réclamer que ce rapport de force existe tout en exigeant qu’il ne produise jamais le moindre effet. »-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
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Samuel_Belkekett
InvitéJ’adore ! C’est vraiment super…
Il était 9h43 quand Charles a posté le texte, sur demande de François Bégaudeau.
A 10h34, Bégaudeau n’a qu’un mot… Merci.
Depuis, silence radio. Il en faut du temps pour voir l’avis des uns, l’avis des autres. Qui dit quoi qui dit qu’est-ce ?
Il vaut mieux que les choses se tassent un peu.
Bégaudeau se demande très probablement ce qu’elle en pense Justine, elle qui a signé le support à Lapid. Et de Peretti, il en pense quoi lui ? Même Charles Tesson ? Bah merde alors. Et moi alors j’en pense quoi au fait. Je ne vais quand même pas passer pour un mou dans cette histoire ?! Mais je ne veux pas passer non plus pour un politimane.
Merde ! Qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je vais dire ? Putain tout le monde m’attend au tournant… Faut surtout pas dire de connerie. Je vais bien trouver un truc pour pas me mouiller. Fait chier ce festival à la con que personne ne connaît. Oh et puis Lapid qu’est ce qu’il nous aura fait chier çuila.-
Midlle
InvitéCe commentaire est encore plus affûté.
Il y a aussi le mari de Justine, celui-là même qui a signé la tribune contre Bolloré et qui bégaie dès qu’on l’interroge sur le sujet. Bon, il a pas fait une Zadiste.
Cela dit, il n’ira sans doute pas jusqu’à se comporter comme l’attachée de presse officielle de Niels Schneider avec les journalistes de France 24. Je ne parle même pas de De Peretti, dont les liens avec la famille Sarkozy-Bruni sont bien connus.
Tout ce beau monde s’indigne qu’on puisse ne pas avoir envie de verser le moindre centime à l’État d’Israël. -
François Bégaudeau
Maître des clésLes opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
Mon sentiment le plus net sur cette affaire étant qu’elle me fatigue, et que prendre connaissance des dernières arguties me donne immédiatement envie d’écouter un vieux Screeching Weasel-
M’idolâtre
InvitéD’après begaudeau
Les opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
Partant du constat qu’il s’identifie comme homme de gauche, on peut penser qu’il adhère au boycott. Mais non, il n’est pas favorable à cela car il est interdit d’interdire. Peut-être une idée du futur qui l’attend. Une phrase prémonitoire-
Cabruelino
InvitéInterdit d’interdire
Drôle de slogan, je me demande à quel camps politique il était rattacher déja ? J’ai oublié…
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Tony
InvitéDemain étant le jour des Steven, j’ai revu quelques uns de leurs films,je déconseille catégoriquement Empire du soleil(Christian Bale était déjà, à 12 ans, insupportable et plein de grimaces,beurk),et j’ai commencé à lire le Steven Soderbergh de Mercier et Chabert, meilleur livre de cinéma lu depuis très longtemps, très très bien écrit,au plus près de la matière des films, d’une très grande richesse dans l’analyse et,en parallèle,je revois les premiers films de Steven,bref ça va m’occuper pendant un moment !
Et vivement demain !-
François Bégaudeau
Maître des clésPour ma part, revu Munich, qui est encore plus une saloperie, nourrie de betise bien sûr, que ce que j’avais ressenti à sa sortie
Spielberg est tout uniment un adversaire de cinéma et un adversaire politique
Pas encore vu le nouveau.-
François Bégaudeau
Maître des clésRevu aussi The insider, qui est un sommet.
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Seldoon
InvitéEt pourtant derrière ton dos une réconciliation :
« Après avoir vu Les Dents de la mer, j’ai su que je deviendrais cinéaste » – Steven Soderbergh
https://www.lefigaro.fr/cinema/steven-soderbergh-apres-avoir-vu-les-dents-de-la-mer-j-ai-su-que-je-deviendrais-cineaste-20260609
@François : question sérieuse. Quand Soderbergh met tout son artisanat de cadreur et de monteur au service de la narration, comme il le fait très régulièrement dans des scènes entières de The Insider (par exemple la première scène de restaurant où on rencontre l’équipe avant qu’ils aillent chez le couple – scène au découpage assez passionnant, mais /et scène réduite à de la narration pure), pique obsessionnellement des trucs chez Spielberg et Fincher, tu ne te dis pas que tu as en face de toi un ami de cinéma pas entièrement aligné ? En fait je me demande si ce qui te repousse chez d’autres mais est présent chez ce Steven là participe ou non, dans cette cuisine particulière, à ce que tu défends dans son cinéma.
@Tony: Je m’associe aux louanges sur le Mercier/Chabert dont je picore les deux tomes depuis un an au lieu de les lire d’une traite – un tout petit peu trop exhaustif et érudit pour rester digeste.
Merci d’admirer le champ lexical culinaire de ce ce message.-
François Bégaudeau
Maître des clésTu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. Eh bien dans les deux films revus ces jours ci, qui passent pour deux de ses meilleurs, ça ne me frappe pas. Il y a meme des scènes que, d’un strict point de vue de conteur visuel, il rate
L’autre Steven donne évidemment dans cet artisanat – que cinéaste américain ne le fait pas- mais :
1 il le fait mieux
2 il ne fait pas que ça – son inventivité formelle consiste en bien d’autres choses qu’en ça
3 dans le plan cadré-classique (parfois) de Steven, il n’y a pas des acteurs qui jouent comme des culs et délivrent un texte niais. Ca aide à apprécier sa grammaire classique.
4 là où Steven s’échine à rendre tout explicite et clair pour les grands enfants qui le regardent, Steven excelle à obscurcir le transparent – et The insider est un film définitvement rempli de points d’opacité
etc etc-
François Bégaudeau
Maître des cléset les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce
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Alexandre
Invité« Tu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. »
Toi même ne le niait pas en GO te demandant même si le Spielberg que tu préférerais ne serait pas l’entertainer pur, celui des Aventuriers de l’Arche perdue.
Ce en quoi je souscris, ayant revu avec un plaisir non feint cet autre « ennemi de cinéma » (eh oui, paradoxe) que constitue Indiana Jones et le Temple maudit, peut être le meilleur de la franchise.-
lassou
InvitéPourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ?
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Alexandre
Invité« Pourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ? »
Parce qu’il coche toutes les cases de l’infantilisation du cinéma hollywoodien , et le devenir hégémonique de cette infantilisation qui commence quelque part avec Les Dents de la mer, pour asseoir son règne avec ce Temple maudit : pillage/copie des poncifs des vieux films d’aventure et des serials qu’on embourgeoise à coup d’effets spéciaux, inflation des péripéties jusqu’au non sens, etc..
A l’époque on disait « films faits par ordinateur »
On dirait IA aujourd’hui.-
lassou
InvitéOk je vois merci.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn effet je ne l’ai jamais nié. Et j’ai toujours dit que ça ne suffisait pas à faire un cinéaste (sauf à occulter mille choses, comme tel individu rencontré récemment qui prétendait ADORER MUNICH tout en se foutant royalement de ce que ça raconte). Cette conception « vierge » du savoir faire de cinéaste est typiquement… spielbergienne. Que le cinéma soit cette espèce de bulle enfantine qui ne veut rien savoir du reste. Qu’un plan soit une chambre d’enfant où bien dormir.
Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. Et ce n’est pas une nuance.-
Alexandre
Invité« Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. «
En plus c’est vrai.
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Seldoon
InvitéPar ailleurs malgré le goût de Spielberg pour l’image il y a une certaine matérialité (souvent carton-pâte, mais le carton ça reste de la matière et non des pixels) qui a progressivement disparu de son cinéma en même temps que du reste d’Hollywood. Un peu moins chez lui, mais quand même. Dans Indiana Jones 123, quand un tank tourne devant la caméra, on sait à tout jamais à quoi ça ressemble un tank qui tourne, quel est son poids, ce que ça fait aux cailloux. Tout ça est beaucoup plus visuel et moins matériel aujourd’hui chez Spielberg. Ca partipe au fait que ça tourne plus à vide en XXIeme siècle qu’avant, même sur de l’entertainment pur, même avec un brio technique plus affirmé.
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Alexandre
InvitéC’est juste mais c’est aussi tout simplement la dictature des pixels et des fonds verts que tu peux incriminer.
Les 3 premiers Indy sont des films en dur.-
Alexandre
InvitéEn même temps c’est ce que tu dis (rires)
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Seldoon
InvitéAlors dictature des pixels et fond vert oui c’est ce que disais mais il s’est passé autre chose chez Steven en plus je pense. Par exemple : avec les années, il a perdu son intérêt pour les visages humains. Il a passé une décenie à filmer Tom Cruise, DiCaprio et Eric Bana, choisis surtout pour leur statut de star (ça demande un effort mais il faut bien se souvenir que Bana était alors une star). Ses castings dans leur intégralité sont devenus plus lisses (physiquement), il suffit de se concentrer sur ses jeunes comédiens pour que ce soit flagrant.
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Seldoon
InvitéUn Tom Hanks est quand même plus lisse que Harisson Ford, Sam Neil, Ralph Fiennes ou Robin Williams.
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Charles
InvitéOui mais Tom Hanks était lisse comme une figure de l’américain moyen qui a gravi ou non les échelons, avec un visage humain, sans avoir une beauté irréelle à la Pitt ou publicitaire à la Cruise, à la limite de l’androgynie. C’est le James Stewart des années 90. Les autres que tu cites n’ont pas incarné grand-chose, à l’exception de Ford qui serait une version virile de Hanks.
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Seldoon
Invité« et les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce » Bien sûr, ça m’a juste fait rire que ce soit le premier résultat Google aujourd’hui sur « Steven Soderbergh ». Reste que le pont existe. Tu sais bien qu’il dissèque l’artisanat de Fincher et Spielberg (et d’autres), cf Indiana Jones en noir et blanc, etc.
Je passe sur le point 1 qui est un désaccord à jamais acté comme sur les 2, 3 et 4 sur lesquels il y a accord total. Ce n’était pas exactement ma question. C’était plutôt : est-ce que ce savoir faire là de Soderbergh, très présent dans The Insider et qui à mon avis utilise une bonne part de son énergie sur le plateau, participe à la grandeur de son cinéma ? Est-ce entremêlé à ses autres talents ou est-ce parfaitement distinct ? Est-ce que c’est sur ce terreau classique voire classiciste de haute qualité que doit s’épanouir son opacité, sa capture du reel, son inventivité formelle ? (Il est évident que ce talent pour la grammaire classique aide sa carrière et donc favorise l’existence de ses films, mais ce n’est pas le sujet)
En y repensant j’avais The Girlfriend Experience en tête. De ce que j’ai vu un de ses rares films où l’artisanat hollwoodien est en gros absent et qui est peut être son plus fort. Ce qui pousserait à dire que c’est dissocié, voire même peut-être un frein. Mais de l’autre côté je pense à l’incroyable quantité de série B qu’il fabrique, où on voit bien que le cadre – scénaristique et visuel – hollywoodien/cinoche/académique offre à ce monsieur un terrain de jeu idéal. Il y a quelque chose de profondement ludique à tous les étages chez ce Steven là.
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lassou
InvitéT’aimes rien du tout ? Même pas les indy ou la guerre des mondes ? Faut que je le revois mais grand souvenir de celui-ci.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai revu La guerre des mondes il y a trois jours, que je trouve plutot un très bon film catastrophe (et non pas d’action, car il n’y a pas d’action), mais d’une insignifiance totale (et d’une grande laideur chromatique, ajouté-je)
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lassou
InvitéRevisionnage de plusieurs Spielberg donc, pour préparer le Tout va bien sur discolure day ?
Insignifiant en quoi ?
Rien à voir, fin pas totalement, j’ai souvenir d’une critique de toi où tu compares le film à La Vie est belle de Benigni, avec Cruise qui transforme l’événement en jeu. Tu ne saurais pas où je peux retrouver ça, par hasard stp, si tu te souviens dans quel mag ça avait été publié.
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lassou
InvitéJe fais pareil, sur les premiers films, on sent qu’ils n’ont quand même pas grand-chose à dire, mais se focaliser sur des détails simples et véridiques ça suffit (genre pour le premier : scène d’un type qui range ses courses est suivie d’une scène de discussions, la discussion commence en off pendant que le type range, les scènes s’emboîtent sans arrêt avec la discussion en voix off, je retranscris sûrement très mal).
Le premier, je le trouve chouette, on y trouve déjà le « swing » de Soderbergh, peut-être à cause du dispositif sur le son, l’actrice est jolie, il y a le côté « entertainement » dans la mise en scène, à chaque fois lors de la « discussion finale »/du climax je me dis quand même que le film est un peu vide. Kafka je déteste, et le troisième (je me suis arrêté là), le « à la spielberg » selon le livre, c’est mon préféré pour le moment. En dehors des qualités ou non, grosse sympathie à chaque fois, parce que tu sens, et c’est ce qui ressort du bouquin, que c’est un type qui se cherche.
Et ouais, je trouve aussi que the insider c’est un sommet, c’est lui qui m’a donné envie de faire sa filmo (je connais très mal) et de lire le livre.
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Tony
InvitéEn effet King Of the Hill gagne à être connu,il y a un peu de Spielberg,de l’émotion,mais en beaucoup plus fort car saisi dans un ancrage social,à la Dickens,et déjà une description réaliste,d’époque et reconstituée,qui nous fait voir quels types de rapports sociaux sont produits par l’économie,et il y a aussi cet aspect, plutôt rare dans ses films suivants, où on sent une inquiétude sur sa judéité avec une scène magnifique où il est dans un train et il aperçoit son voisin,amaigri,qui avait été expulsé et qui vit maintenant dans un bidonville et il le salue de loin alors que le train continue à rouler et on a cette image qui nous vient d’un camp de concentration, c’est assez stupéfiant.
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Tony
InvitéKafka est pas si mal que ça si on accepte qu’il ne s’agit pas de l’écrivain en tant que personne mais de sa mythologie.
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Charles
InvitéLes deux Steven qui se sont bien fait défoncer par le binôme Joudet-Denouette dans les midis de culture. Joudet exagère évidemment car les films de Soderbergh sont quand assez reconnaissables même quand ils sont sous influence.
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Seldoon
InvitéJe me souviens de Soderbergh au début des années 2000 (probablement pendant le bide Solaris) qui remarquait que son côté touche à tout déstabilisait certainement la critique qui avait alors du mal à le considérer comme un cinéaste et à la prendre au sérieux. Il revendiquait alors de ne justement pas être reconnaissable. C’était alors plus vrai qu’aujourd’hui.
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Tony
InvitéJe viens de voir Disclosure Day et je vais écouter les deux larrons des midis de culture,je me demande si le TVB va être maintenu,je ne sais pas ce que François va pouvoir en dire,ça risque d’être sanglant, c’est vraiment un drôle de truc, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.
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Momo
InvitéEn terme d’entertainment pur, je ne suis pas loin de penser que Catch Me If You Can (Arrête moi si tu peux) n’est pas loin d’être le meilleur film de Spielberg, ou du moins son plus sous-estimé.
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Samuel_Belkekett
InvitéOn ne me fera pas croire qu’il s’agit d’une coïncidence.
Alors qu’hier soir FB demande à voir le texte de soutien au boycott de Lapid, dit que cette histoire l’intéresse, que ce matin il dit dit qu’il va décevoir les « onpiniocentriques » mais que cette affaire lui prend la tête et qu’il n’a pas d’opinion là-dessus, ne voilà-t-il pas qu’à 8h10 précise, il s’en prend on ne peut plus violemment à Munich, de Steven Spielberg. Film qui en fait, je le cite, un adversaire politique. Et qu’un individu (François nous précise bien que ce n’est même pas un ami) qui prétend avoir adoré Munich, se fout royalement de ce que ça raconte.
Je n’ai aucun problème à reconnaître que Spielberg est une bonne tête de Turc.
Traduction : Attention ! Nous rappelle l’ami Bégaudeau,
je ne suis pas si neutre que ça ! C’est pas vrai, je ne suis pas neutre c’est pas vrai ! Voyez ce que je fais d’un film comme Munich…
Faut pas me chercher très longtemps avec les problèmes d’idéologie moi. Je sais les décrypter moi. Les sionistes je les sens 100 mètres à la ronde. Et puis si on n’a pas compris de quel côté je suis, la prochaine fois je vous parlerai de la 7ème Compagnie, et au clair de lune en plus ! Faut pas m’chercher longtemps moi !-
poissonvache
InvitéIl y a pas à chercher 12h à 14h, je pense que François veut un peu avoir le beurre et l’argent du beurre, à la fois l’apanage du penseur critique, contre l’ordre dominant tout en se gardant de trop s’engager sur les sujets militants « chauds » (qu’il considère indigne d’intérêt, lui qui aime toujours refroidir les situations pour les décortiquer). C’est pour cela d’ailleurs qu’il développe tout son discours autour du déterminisme qu’on lui connait bien: « si tout est déterminé, à quoi bon s’engager et militer ? »
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Néanmoins à la question « est ce que Bégaudeau est un camarade » ? Bien sûr. Ses essais politiques, les sujets et la littérature qu’il développe dans ses romans, son travail dans la critique de cinéma etc.. tout transpire la gauche sans oublier toutes les interventions sur le web et son bagou qui a gauchisé pas mal de confus sur internet..
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Si on devait chercher des raisons à son positionnement, faudrait aller voir du côté de son passé, l’expérience avec Ségolène Royal en 2007 (dont il parle peu) qui l’a un peu dégouté de l’engagement politique ? Peut être un intérêt boutiquier ? En effet, des Ernaux ou Vuillard, du haut de leur prix littéraires qui leur assurent des ventes confortables peuvent se permettre leur prise de position, François accommode donc son mépris du militantisme au fait que ça pourrait en plus lui amener des emmerdes (là je connais pas suffisamment le milieu littéraire et les ventes de chacun pour avoir un avis) ? Peut être aussi qu’il a vécu d’une époque où les artistes engagés se sont fait plus rares et que ça l’a influencé (chute du mur, fin de l’histoire etc) ?
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Alors bon, il a la volonté de confort petit bourgeois de l’artiste qui souhaite rester dans son petit environnement cotonneux de l’art, c’est compréhensible, mais lui en faire grief n’est ce pas en attendre un peu trop de lui ? Est ce que ce n’est pas aussi parce qu’il fait du bien à la gauche su les autres plans que l’on voudrait le voir en artiste/intellectuel engagé « total », aussi engagé sur des piquets de grève, les manifs, signant des tribunes, se ralliant à un parti etc ?-
Cabruelino
InvitéSi on le lit bien il dit que Spielberg est un adversaire, et rajoute ensuite pas un ennemi
Les boycotteurs voient Lapid comme leurs ennemi
Le point est la je pense
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Samuel_Belkekett
InvitéBien dit, bien vu dans l’ensemble.
D’ailleurs cette idée de l’écrivain engagé a été façonnée de plusieurs façons. Même par Sartre à qui revient la palme du concept.
La première mouture était du temps ou il était encore complice avec Camus.
C’est personnellement cette version là que je préfère. Qui consiste à dire que tout écrivain est engagé, et même toute écriture. Ne serait-ce par la posture que prend l’écrivain dans et par ce qu’il raconte. Dans le jeu de l’époque et des forces en présence.
Autrement dit, qu’il y a une éthique de l’engagement inhérente à ce qu’on raconte et la façon dont on le raconte. C’est l’existence qui rayonne et qui va à l’encontre de l’esprit militant qui voudrait que tout soit explicité.
C’est plus tard en devenant compagnon de route du PC que l’engagement sous la plume de Sartre s’est épaissi. Faut dire que l’époque était différente.
Quoi qu’il en soit c’est le politique qu’on voit poindre en filigrane de l’art, parce que l’art en filigrane du politique, ça, il n’y a que le militantisme qui en fait le pari.
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L’expérience avec Ségolène Royale ?
Quelle expérience ? Expérience… traumatisante ?-
poissonvache
InvitéJe suis d’accord qu’il y a plusieurs moutures de « l’artiste engagé » et il me semble que ce sujet a été très travaillé (malheureusement j’ai peu lu sur ce sujet).
« Faut dire que l’époque était différente. »: C’est effectivement un paramètre important dans cette discussion. Il y a effectivement des moments de l’histoire où l’heure est au choix, à l’engagement, et où il est compliqué de rester dans le domaine éthéré de l’artiste.
D’ailleurs du côté de François, sa production artistique et intellectuelle s’en fait ressentir, la repolarisation politique des dernières années l’a conduit à sortir des essais (Histoire de ta bêtise, Notre Joie ..) clairement marqués à gauche, en rupture avec l’ordre établi.
Donc oui, il s’inscrit dans cette tendance structurelle de repolarisation, il a choisi (ou il s’est fait traversé par des déterminismes qui l’y ont conduit comme il le dirait). Néanmoins il ne passe pas totalement le pas en allant jusqu’à l’engagement militant. D’un côté on peut le blâmer de ne pas « faire sa part » et participer pleinement à la dynamique de la gauche, de l’autre il faut aussi constater que la gauche n’est pas encore assez puissante pour faire en sorte qu’il deviennent normal et inconcevable pour lui de ne pas prendre parti dans ce moment (car puisque François est 100% déterminé, il suivra le mouvement si la dynamique est bonne).
Concernant Ségolène Royal, c’est en lien avec un doc qu’il avait réalisé avec ses amis où ils expliquaient qu’ils voteraient PS en 2007. Je ne connais pas cette époque donc c’est dur pour moi de recontextualiser. Lui n’a, à ma connaissance jamais trop développé sur cette épisode de sa vie (pas de souvenir dans son livre Deux singes ou ma vie politique, ni dans ses interventions sur internet, peut être que je me trompe).-
Samuel_Belkekett
InvitéIntéressant ce que tu dis. Néanmoins il a raison de ne pas passer le cap du militantisme. D’ailleurs ça veut dire quoi « faire sa part »? On peut militer pour une cause très précise sans pour autant revêtir l’uniforme intégral du militant. Un écrivain se doit d’être dégagé. On peut être marqué à gauche sans être militant. Maintenir la distance nécessaire pour inscrire les faits sociaux dans une vision plus large que le pur et simple politique. Un projet littéraire ne doit pas ressembler à un plan de carrière, mais bien souvent c’est le militant qui s’enferme dans des schémas rationnels répétitifs, une fétichisation du discours, aveugles aux subtilités qui habitent les phénomènes.
Ce qui m’intrigue bien, c’est ce que tu dis de 2007, parce qu’à l’époque il y avait une grosse préoccupation à gauche de l’élection de Sarkozy. C’est pourquoi sans connaître cet épisode, ce doc dont tu parles et ce vote, je me demandais si aujourd’hui, l’urgence de la situation le déterminerait à aller voter. Tout comme Shiva. -
François Bégaudeau
Maître des clésPermets moi de donner ma version
La publication d’essais n’a rien à voir chez moi avec une nécessité de « s’engager » liée à un certain état des choses.
Il se passe qu’on m’a commandé un essai en 2017, lequel est devenu Histoire de ta betise, et que, l’écrivant, j’ai entrevu un espace d’écriture fécond et qu’il m’intéressait d’explorer, comme un cinéaste découvrirait qu’il se sent bien dans le genre western et peut y faire des belles choses.
Je signale en outre que ce mode d’écriture je l’avais pratiqué précédemment, par exemple dans D’ane à zèbre, écrit en 2012 (et dont un des fragments est consacrée à déconstruire la valeur mérite, un autre à décrire ce que pourrait etre une raport bourgeois au monde), mais beaucoup à travers des articles ou textes, dont une toute petite partie a été republiée l’an dernier dans l’ouvrage nommé Interlope – et que je trouvais intéressant de republier dans la mesure où précisément il permet de restituer la réalité d’un « parcours » (le mien)
Aussi bien, à un individu qui récemment me reprochait d’etre quasi exclusivement centré sur la question des classes, je signalais, pour sa gouverne, que nombre de mes productions théoriques des années 2000 portait sur les questions de race et de genre (ce que Interlope archive aussi)-
poissonvache
InvitéOui, on a compris.. tu n’es pas un militant (pas suffisamment cool dans la cour de récré) et tu as depuis toujours été un fieffé marxiste, décolonialo-féministe. D’aucun diraient que tu essayes de cacher des atermoiements de jeunesses (Pas de dépliement de ce qui s’est passé avec Ségo en 2007) ? Moi je dirais, avec une certaine provocation, que tu es en train de réécrire ta biographie par esprit de boutiquerie (« biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire »).
Hate en tout cas que tu obtiennes ton Nobel en 2026 pour ne plus en avoir rien à foutre et qu’on te voit faire les premières partis des meeting du vieux en 2027. -
poissonvache
InvitéSans rire, avec l’habileté que tu as à t’ausculter et déplier les choses qui te traversent, je serais très intéressé de savoir ce qu’il y a eu autour de ce docu en 2007. Ou alors c’est plus facile d’admettre qu’on est traversé par des affects raciste en regardant l’EDF que d’admettre qu’on a milité pour le PS en 2007 ? (te braques pas pitié, je rigole François)
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Charlie
InvitéAprès peut être qu’il est possible de concevoir, à part pour les begaudien radicaux ou les antis (dont je me demande tout le temps ce qu’ils ont comme vie pour être autant présents ici) et qui attendent une opinion pour pouvoir soit suivre aveuglément la parole sacrée soit lapider le faux prophète, qu’il est un peu laborieux d’avoir une opinion tranchée sur ce sujet ?
Pour ma part le texte de Sylvain George et les deux pétitions se répondent bien, je peux comprendre qu’il soit nécessaire qu’il y ait des dommages collatéraux dans une position de boycott qui doit être totale comme je peux concevoir qu’il est regrettable qu’on ne réduise un cinéaste à sa seule nationalité. D’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?
Difficile donc de s’exprimer sur cette affaire, la seule chose que je sais c’est que le FID a toujours eu l’air ultra-chiant.
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Remy
InvitéD’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?
https://www.bdsfrance.org/un-eclairage-bds-sur-nadav-lapid/-
Remy
InvitéInvité à participer au jury du festival international du cinéma de Marseille (FID), le réalisateur Nadav Lapid vient d’annoncer l’annulation de sa participation à la suite d’appels au boycott. Des personnalités du cinéma s’émeuvent qu’un cinéaste ouvertement critique du régime israélien se retrouve « censuré » au nom de la contestation du régime en question [1]. D’autres au contraire, estiment que les milieux culturels ne peuvent faire exception, c’est l’avis défendu ici par le cinéaste Sylvain George qui propose une réflexion sur cette « vieille théologie de l’art », c’est-à-dire l’idée bourgeoise et réactionnaire selon laquelle les œuvres, les artistes et les institutions culturelles pourraient être soustraits aux conditions politiques, économiques et historiques de leur existence. Il propose ainsi de déplacer la discussion du terrain des personnes vers celui des institutions, des financements, des régimes de visibilité et des responsabilités qui accompagnent toujours la circulation des œuvres.
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///Le symptôme du FID Marseille ///
Ce qui s’est passé autour du FID Marseille est révélateur. Nadav Lapid devait participer au jury de la prochaine édition du festival, du 7 au 12 juillet 2026. Plusieurs cinéastes sélectionné·es ont alors menacé de retirer leur film, en raison de ses liens avec des financements institutionnels israéliens. Le festival a d’abord tenté de déplacer sa présence vers une simple séance autour de son film Policier, avant que Lapid ne renonce finalement à venir. Selon Le Monde, près d’une dizaine de films auraient été retirés ou menacés de l’être dans ce contexte. [2]
Il ne s’agit pas ici de savoir si Nadav Lapid est, subjectivement, un partisan ou non du gouvernement israélien. Il ne l’est manifestement pas. Il s’est souvent présenté en effet comme critique de la société israélienne, et son dernier film, Oui, a été reçu par une partie de la bourgeoisie culturelle européenne comme un « brûlot » anti Israël – ce qu’il n’est pourtant en aucun cas. [3] Mais c’est précisément là que commence le problème. Car le boycott culturel, tel qu’il est pensé par BDS, ne repose pas sur l’examen moral des consciences individuelles. Il repose sur une analyse institutionnelle. La question n’est pas de savoir si un cinéaste est critique, sympathique, dissident ou progressiste. Elle est de savoir si son travail circule avec le soutien, le financement ou la légitimation d’institutions liées à l’État israélien.
/// Ce que vise le boycott ///
Au regard des critères PACBI, [4] la question n’est donc pas l’identité israélienne de Nadav Lapid, ni sa seule présence individuelle, mais le statut institutionnel de cette présence, les financements mobilisés par ses films, la projection envisagée du Policier et la manière dont un festival international peut, même malgré lui, reconduire une normalisation culturelle de l’État israélien au moment même où celui-ci poursuit une politique coloniale et génocidaire. Le boycott, tel que l’envisage BDS, ne vise pas les artistes en tant qu’individus, ni leur nationalité, ni leurs opinions personnelles. Il vise les institutions, les financements, les parrainages, les opérations de représentation et les dispositifs de blanchiment politique. En aucun cas il ne s’agit d’une chasse aux sorcières, ni de la mise au pilori d’un homme. Réduire le débat à une querelle personnelle autour de Nadav Lapid reviendrait précisément à manquer ce qui est en jeu. La question n’est pas celle d’une conscience individuelle, mais celle des rapports entre culture, institutions et pouvoir. C’est pourquoi il faut être extrêmement précis. Refuser Lapid comme personne ne serait pas, en soi, conforme à l’esprit du boycott. Interroger sa présence comme figure invitée, dans un festival, avec une œuvre soutenue par des fonds israéliens et une projection envisagée, relève en revanche d’une critique des conditions institutionnelles de circulation des films.
/// Un État colonial, un monde détruit ///
Aujourd’hui plus que jamais, accepter des fonds institutionnels israéliens ne peut plus être traité comme un simple détail administratif. Nous ne sommes pas dans une situation abstraite, ni dans un conflit symétrique entre deux récits. Nous sommes face à un État dont le premier ministre, Benyamin Netanyahou, est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité [5], tandis que son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure d’extrême droite, est interdit d’accès au territoire français depuis le 23 mai 2026 [6]. Nous sommes face à un droit international constamment bafoué, à des arrestations arbitraires, à la détention sans jugement, aux violences répétées contre les prisonniers palestiniens, aux accusations de tortures et de viols sexuels, y compris avec des chiens, mais aussi à des dispositifs d’exception qui cherchent à rendre juridiquement possible la peine de mort uniquement contre des Palestiniens. Nous sommes face à un génocide en cours à Gaza, c’est-à-dire à une politique d’extermination documentée par de nombreuses instances internationales, dans un contexte où la Cour internationale de justice a ordonné dès janvier 2024 [7] à Israël de prévenir les actes relevant de la Convention sur le génocide, tandis qu’une commission d’enquête indépendante de l’ONU a conclu en septembre 2025 [8] qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza.
À cela s’ajoute l’urbicide, c’est-à-dire la destruction méthodique des conditions urbaines de l’existence. Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui sont détruits, mais des milieux de vie, des hôpitaux, des écoles, des archives, des quartiers, des cimetières, des infrastructures d’eau, de soin, de circulation, de transmission [9]. L’écocide accompagne ce processus, car la destruction de Gaza est aussi celle d’un environnement rendu inhabitable. Il ne s’agit donc pas seulement de morts, mais d’attaques répétées contre la possibilité même de vivre, d’habiter, de respirer, et de transmettre un patrimoine culturel.
Ce processus ne se limite pas à Gaza. Le Liban est lui aussi pris dans une logique d’expansion militaire, d’occupation et d’annexion de fait. En 2026, Israël a de nouveau étendu ses opérations dans le sud du Liban, jusqu’à reprendre le château de Beaufort, lieu emblématique de l’ancienne occupation israélienne de 1982 à 2000 [10]. Plusieurs observateurs ont immédiatement souligné le risque d’une occupation prolongée et d’un enlisement colonial renouvelé. [11]
Dans cette configuration, recevoir l’argent d’un fonds israélien n’est pas neutre. Cela revient, qu’on le veuille ou non, à participer à l’économie symbolique d’un État engagé dans des politiques coloniales, militaires et exterminatrices. Ce n’est pas une simple affaire d’intégrité, voire de pureté individuelle. C’est une affaire de responsabilité institutionnelle. Un artiste peut se dire contre le gouvernement, un film peut se présenter comme critique, mais cela ne signifie pas pour autant que l’institution qui finance, soutient, exporte et valorise ce film ne participe pas à une stratégie de normalisation. Cela permet de dire au contraire que la culture israélienne continue, que le débat existe, que la démocratie critique fonctionne encore, alors même que les structures matérielles de l’existence palestinienne sont détruites.
/// « Un artiste n’est pas une orange » ///
C’est là que le débat sur la liberté artistique devient profondément hypocrite. Une partie du monde culturel accepte très bien le boycott lorsqu’il vise la Russie, l’Iran, ou d’autres États désignés comme infréquentables. Elle l’accepte aussi, parfois, lorsqu’il s’agit de produits issus de l’agriculture israélienne ou de l’économie coloniale. Mais lorsqu’il s’agit d’artistes, elle se révolte aussitôt, comme si l’art changeait magiquement la nature du problème. Nombre d’arguments se font alors entendre du type « un artiste n’est pas une orange ». La formule paraît de prime abord généreuse. Mais elle est surtout révélatrice d’un mépris profond pour les travailleurs, les paysans, les ouvriers agricoles, comme si eux pouvaient être boycottés sans dommage parce qu’ils n’auraient pas la dignité symbolique de l’artiste. Elle reconduit surtout une hiérarchie ancienne entre les formes nobles de la culture et les formes supposées ordinaires de la production matérielle. Le boycott ne compare pas les « artistes à des oranges. » Il rappelle simplement qu’aucune production, qu’elle soit agricole, industrielle, universitaire ou artistique, n’est innocente lorsqu’elle est prise dans des circuits institutionnels qui servent à normaliser un État colonial.
/// La vieille théologie de l’art ///
Ce qui se défend ici, sous couvert de protection de l’art, c’est donc un partage beaucoup plus ancien entre les œuvres et le monde qui les rend possibles. À la production agricole, industrielle ou commerciale, on reconnaîtrait des circuits, des intérêts, des dépendances, des responsabilités. À l’art, en revanche, on accorderait une sorte d’exemption symbolique, comme si une œuvre cessait d’être prise dans des financements, des institutions, des États, des marchés et des stratégies de prestige dès lors qu’elle pouvait invoquer la liberté de création. C’est ce partage qu’il faut refuser. Non pour réduire l’art à ses conditions matérielles, mais pour rappeler qu’il ne s’en affranchit jamais absolument.
Le problème n’est donc pas seulement le deux poids deux mesures. Il est le partage qui rend ce deux poids deux mesures possible. Un partage entre la culture et le reste du monde, entre l’œuvre et ses conditions de possibilité, entre l’artiste et les autres travailleurs, entre l’esthétique et les rapports de pouvoir qui organisent sa visibilité. C’est parce que l’art est encore pensé comme une région séparée, presque soustraite au commun, que l’on peut considérer comme légitime le boycott d’un fruit produit dans une colonie et comme scandaleuse l’interrogation des fonds, des institutions et des circuits diplomatiques qui rendent possible la circulation d’un film.
Derrière cette distinction se maintient une vieille théologie de l’art [12]. D’un côté, il y aurait le monde ordinaire de la production, des échanges, des dépendances et des rapports de force. De l’autre, un domaine supposément supérieur où l’œuvre circulerait affranchie de ses conditions d’existence. L’artiste y apparaîtrait comme une figure à part, plus fragile, plus précieuse, plus digne de protection que celles et ceux qui produisent, récoltent, transportent, nettoient, bâtissent, soignent ou survivent dans les régions directement touchées par les politiques coloniales. Ainsi se reconstitue, au cœur même des discours progressistes, une aristocratie implicite de la culture.
Cette aristocratie ne dit presque jamais son nom. Elle se présente comme défense de la liberté d’expression, parle d’autonomie de l’art, de complexité des œuvres, de refus des amalgames etc. – on ne connait que trop bien ce discours. Mais elle produit elle-même les amalgames qu’elle prétend dénoncer. Elle confond la critique d’un dispositif institutionnel avec l’attaque d’un individu, transforme l’examen d’un financement en un procès moral, rabat la mise en cause d’une opération de normalisation culturelle sur une hostilité envers les artistes. Elle inverse ainsi la charge de la violence. Ceux qui interrogent les conditions politiques de circulation des œuvres deviennent des censeurs, tandis que les institutions qui blanchissent un État colonial deviennent les garantes de la liberté. Du vertige de l’inversion.
/// L’indignation sélective ///
C’est précisément dans cette inversion que se loge l’indignation sélective. Lorsqu’un boycott vise des produits, des entreprises, des banques, des universités ou des institutions identifiées comme parties prenantes d’un système de domination, il peut être reconnu comme un geste politique. Lorsqu’il touche la sphère culturelle israélienne, il est immédiatement soupçonné de dérive morale, d’essentialisation, de censure ou de haine. Le principe change selon l’État concerné, mais aussi selon la valeur symbolique accordée à ceux qui sont touchés par le boycott. Ce n’est donc pas le boycott qui est sélectif, mais bel et bien l’indignation contre le boycott.
Ce boycott à deux vitesses révèle un partage conceptuel plus profond encore. D’un côté, il y aurait les conflits qui engagent pleinement la responsabilité des artistes et des institutions. De l’autre, il y aurait Israël, que l’on voudrait maintenir dans une zone d’exception, au nom de la complexité, de l’histoire, de la souffrance juive, ou de la prétendue autonomie de la culture. Mais cette autonomie devient alors un privilège politique. Elle ne protège pas l’art, elle protège certaines institutions de l’obligation de répondre de leurs conditions d’existence.
/// Ce qu’un film emporte avec lui ///
C’est précisément ce que le collectif La Palestine sauvera le cinéma [13] entend faire résonner avec un grand courage depuis le début de son existence à l’été 2025. Non pas faire de la Palestine un thème obligatoire, ni assigner les films à une fonction militante, mais rappeler que le cinéma ne saurait être séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence. L’enjeu est d’inviter les festivals, les cinéastes, les critiques, les producteurs et les spectateurs à regarder ce qu’ils préfèrent souvent ne pas voir : un film n’arrive jamais seul. Il arrive avec ses financements, ses alliances, ses circuits de légitimation, ses silences, et ses conditions de visibilité.
Refuser les institutions culturelles israéliennes impliquées dans la normalisation d’un État colonial et génocidaire, ce n’est certainement pas haïr les artistes. Ce n’est certainement pas refuser les œuvres. Ce n’est certainement pas interdire la pensée. C’est au contraire rappeler que la culture n’est pas au-dessus du monde, mais en fait partie. Elle peut servir à le contester. Mais elle peut aussi servir à le blanchir. Et il ne faut pas l’oublier.
Le cas du FID Marseille aura au moins eu cette vertu. Il aura rendu visible une ligne de fracture. Certains veulent continuer à penser le cinéma comme un espace séparé, miraculeusement préservé des rapports de domination qui traversent le monde. Ils reconduisent ainsi l’idée d’un art hors sol, séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence, comme si l’esthétique pouvait être abstraite de ses usages, de ses financements et des récits qu’elle permet de faire circuler. D’autres considèrent au contraire qu’un festival, un jury, un financement, une invitation, une sélection, sont aussi des actes politiques. La question n’est pas de « purifier » le cinéma, comme on l’entend ici ou là. La question est de savoir de quel côté il accepte de se tenir lorsque l’histoire ne permet plus lce qu’on nommera ici l’extraterritorialité morale.
Car aucune image ne traverse impunément un monde en ruines. Elle y prend place, elle y répond, elle y engage quelque chose de ceux qui la font circuler. Et lorsque les villes sont détruites, lorsque les corps sont affamés, ensevelis, brûlés, lorsque les archives disparaissent sous les décombres et que les morts eux-mêmes sont privés de repos et de sépulture, le cinéma ne peut plus prétendre n’être qu’un art de la distance et habiter un dehors de l’histoire. Il devient, qu’il le veuille ou non, l’un des lieux où se décide ce qui sera encore regardé, ce qui sera encore nommé, ce qui sera encore sauvé du mensonge et de l’effacement, de la falsification et de la nuit calcinée. Car il est des moments où ne pas choisir revient déjà à choisir le camp de l’oubli et de l’irresponsabilité. Lorsque l’histoire brûle, l’art qui se prétend « innocent » travaille pour les cendres.
Sylvain George- lunidmatin-
Pedri
InvitéC’est fort
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François Bégaudeau
Maître des clésAh, Sylvain George…. Tant à dire.
Mais déjà ceci : que moi je ne trouve pas ça fort du tout. Et qu’incriminer la « théologie de l’art », c’est vraiment avoir 20 voire 50 ans de retard. C’est vraiment ne rien comprendre à la misère que l’époque, tous camps confondus, fait à l’art.-
Pedru
InvitéC’est encore plus fort
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poissonvache
InvitéJe pense qu’une petite analyse matérialiste s’impose.
Affirmer que critiquer la téléologie de l’art serait « avoir 20 ou 50 ans de retard », croire que l’histoire de l’art aurait déjà réglé ses comptes avec ses propres mythologies. Or la téléologie revient sans cesse parce que les conditions matérielles qui la soutiennent — institutions, marchés, récits nationaux, industries culturelles — continuent de se recomposer.
Dire que ce débat est dépassé, c’est refuser de voir que l’époque maltraite l’art justement parce qu’elle tente de lui réassigner des finalités — morales, identitaires, politiques — qui relèvent d’une téléologie réactivée sous d’autres formes.
Si l’époque « fait misère à l’art », c’est justement parce que les anciens récits téléologiques — progrès, autonomie, mission civilisatrice — ne tiennent plus face à la fragmentation des marchés, à la précarisation des artistes, à la globalisation des pratiques et aux injonctions politiques contradictoires.
Je n’ai pas toute la bibliographie de la téléologie de l’art en tête, et je ne sais pas si tu as dit « 20 ans/50ans » à l’emporte pièce ou pour parler d’époques précises. Mais si oui, ces périodes sont à mettre en perspectives avec les périodes de critique, et recomposition de l’art.-
François Bégaudeau
Maître des clésconfusion
précisons
la théologie de l’art qu’évoque Sylvain Geroege se définit dans les stricts termes de : l’art pour l’art
Selon cette religion, l’art serait autonome, et n’aurait à répondre que de lui – sans référence au réel
Remarque 1 : dans sa pratique, dans son concret, l’art n’a jamais été fidèle à cette théologie, à laquelle souscrivent seuls ceux qui n’entendent rien à l’art – et pour tout dire l’ignorent. Tout art est référé au réel.
Remarque 2 : ce que nous observons depuis bien de décennies maintenant, c’est combien l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques : des attentes sociales, morales, etc. Des attentes de la société. Ce que j’appelais, dans Comme une mule, sociocentrisme. Si cela ne t’est pas apparu, je m’étonne. Et je veux bien que tu me donnes des exemples, dans l’espace social majoritaire, de lieux où l’art est traité comme une fin en soi-
François Bégaudeau
Maître des clésPS : l’analyse matérialiste que tu appelles de tes voeux, je l’esquisse dans Du mépris. C’est celle de la déculturation de la bourgeoisie, à laquelle je donne des causes d’abord économiques et matérielles, et qui produit ceci : s’il a pu etre possible, pendant un siècle ou deux, que la bourgeoisie en pleine prospérité puisse s’intéresser à l’art pour lui-même, et donc définir un gout légitime qui faisait une part à la mythologie de l’autonomie, ceci est désormais bien révolu. L’art doit servir : une cause, un discours. Il n’est vendable que s’il peut etre rapportée à des questions sociales, sociétales, morales.
Dans les éléments de communication délivrés par les marchands d’art (de cinéma, de littérature, etc), un impératif : qu’il n’y soit jamais question, d’art, d’esthétique, de forme. Il faut un sujet, il faut un enjeu – il faut pouvoir idéalement biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire, etc. C’est ainsi que le marketing littéraire prise de plus en plus, chez Gallimard comme chez Robbert Laffont, le témoignage.-
poissonvache
InvitéCe que je voulais pointer en parlant d’analyse matérialiste, c’était peut être plutôt réinjecter du matérialisme dialectique (je sais jamais si je dois employer juste matérialisme, matérialisme dialectique, matérialisme historique ..). Dans le sens où à certaines époques, en fonction des conditions matérielle dans lesquelles s’exprime l’art, il va émerger une certaine téléologie de l’art (en tout cas dans les paroles, car dans les faits, tu as raison :tout art est référé au réel). Et face à des contradictions émergentes, du mode de production qui légitime cette téléologie, il émergera une critique, que l’art dominant, inscrit dans le capitalisme, tentera d’absorber pour la dépasser.
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poissonvache
Invitélà tout de suite, je dirais l’installation de JR au Pont Neuf ?
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Charles
InvitéJe t’invite dans ce cas à lire le communiqué de presse autour de cette oeuvre :
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poissonvache
InvitéJ’ai du mal à faire le clair dans mes réponses car j’ai l’impression qu’un mélange est fait entre plusieurs sujets.
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J’évoquais l’œuvre de JR était en réponse à la proposition de François : « l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques (sociales, morales) ». Or il ne me semble pas que La Caverne en soit pourvue. Il parle beaucoup d’expérience sensorielle etc http://www.paris.fr/pages/la-caverne-du-pont-neuf-de-jr-l-incroyable-projet-sera-devoile-dans-100-jours-33164. Sur les pub qu’il a mis dans le Métro du pont neuf, JR a inscrit une phrase qui m’avait même rappelé une phrase de Klee « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. ». Donc il ne me semble pas qu’il ai particulièrement assujetti son œuvre à une attente extrinsèques.
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Un autre sujet et celui de la marchandisation de l’art qui sert des intérêts capitalistes (comme le prouve le communiqué de presse clignotant de sponsors partagé par Charles, dans le cas de JR).
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Un autre sujet encore est celui de la « déculturation » de la bourgeoisie, phénomène qui a par ailleurs très bien été décrit d’un point de vue sociologique par la chaine yt George Simpson (https://youtu.be/ooCrn4wTTFc).
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Des analyses croisées peuvent être faites entre les différents sujets, mais j’ai un peu l’impression que le dernier message de François fait un peu un gloubi blouga de tout ça. -
Charles
InvitéL’oeuvre de JR n’est pas purement formelle et ensuite récupérée et vendue par les marchands de l’art mais une oeuvre conçue en partenariat avec la ville de Paris dans une perspective patrimoniale. Ce n’est pas exactement de l’art pour l’art.
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poissonvache
InvitéJe le trouve bien l’article. Pour ajouter un petit surplus matérialiste à l’analyse, on peut aussi se questionner sur l’exposition médiatique des différentes positions. On note, côté NL, DEUX tribunes dans Le Monde, des interviews sur France Inter, France Culture, Arte et de nombreux articles. Un emballement médiatique dans lequel se succèdes les mêmes schèmes:
– dépolitisation et individualisation (très peu de questionnement sur les arguments de fond à savoir le financement, pour transformer la question en : NL est boycotté pcq israélien => antisémite),
– Invisibilisation des organisations/collectifs/cinéastes qui portent le boycott (aucun relais dans ces médias qui dénoncent pourtant le boycott au titre qu’il faudrait « discuter », « débattre » ..),
– faire du pathos: La dénonciation d’un boycott “violent”, “cruel”, “pervers” alors qu’on est quand même en train de parler d’un génocide.
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Côté du boycott, outre les articles sur le site de BDS, le site de « La Palestine Sauvera le Cinéma », il faut vraiment aller voir du côté des tout petits médias indépendants, des personnalités de gauches qui globalement n’ont pas de voix au chapitre.
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Face à cette asymétrie structurelle (qui n’étonne personne au vu de ce à quoi on était habitué depuis le 7 octobre et avant) la question qu’on peut donc se poser c’est: de quel côté je me place ?
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Charlie
InvitéDu coup ?
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Mathieu
InvitéPas encore eu la force d’attaquer les deux Steven de la semaine, j’ai commencé par le court Dupieux, et la fraude atteint un sommet sans précédent. D’habitude les Dupieux sont une idée de court-métrage péniblement étirée en long. Là j’ai l’impression que c’est encore pire: ce n’est même pas une idée de court, c’est simplement une phrase qui est répétée sans cesse par Chabat souhaitant persuader Cohen que: « on vit dans une simulation ». Et ça ne va pas plus loin pendant ‘1h07. Dès lors, le comique serait supposé naitre des graphismes Playstation 1 du truc. J’écris serait supposé car évidemment, comme pour le Salvadori, pas un rire de ma part durant toute la projo. Et je suis très bon public en général.
Je reste soufflé qu’un truc aussi nul et vide, un truc qui est à ce point rien, puisse obtenir des feux verts, des financements, des acteurs partants pour le tourner, des producteurs pour le monter, que ce soit sélectionné à Cannes… Première fois que la formule Dupieux me fait à ce point l’effet d’un foutage de gueule vis-à-vis du spectateur.-
K. comme mon Code
InvitéDéjà dans la bande-annonce, il y a la même scène trois fois.
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K. comme mon Code
Invité(Je rajoute que toute la promo en 3D m’a donné l’impression qu’ils ont dû mettre trois jours avec de longues pauses clopes pour animer ce court long métrage, mais pourquoi pas ? Un film n’est pas contraint d’être fait dans la difficulté.)
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Ostros
InvitéTi amo, le prochain Sean Baker est prévu pour 2027.
Il s’agirait de « la suite d’Anora » d’après les internets
Pas plus d’info pour le moment-
Alexandre
InvitéMoi je l’aurais titré Amora
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Ostros
InvitéC’est joli
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Ostros
InvitéC’est François qui va être content.
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Sarah G
InvitéOui.
Amora pour l’amour du goût.
Il y avait l’amour à la machine, il y aura l’amour à la moutarde, Amora.
Avec tartinage généreux bien sûr-
Alexandre
Invité.. et certaines scènes seront tournées à Dijon.
Arrêtons-nous pendant qu’il est temps.-
François Bégaudeau
Maître des clésPlus c’est con, plus ça me fait rire
François, sixième B-
Dr Xavier
InvitéMais ? Après Colin Maillard, qu’est-il donc arrivé au mépris pour les jeux de mots ?
Comme en politique, les digues sautent et les barrages s’effondrent.
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En tous les cas Anora aura réussi à me faire aimer Greatest Day, ce gros morceau de guimauve dégoûlinant de Robin Schultz.-
Tony
InvitéEn tout cas, pour ceux qui ont Mycanal,je vous conseille le premier film de Sean Baker Take out, c’est un petit bijou et comme dans l’Histoire de Souleymane on est dans les roues d’un immigré chinois,sur une journée,qui livre des repas et doit récolter suffisamment de pourboires pour pouvoir rembourser une dette à des mafieux qui lui ont fixé un ultimatum à la nuit tombée, très fort et très intéressant sur cette communauté d’immigrés travaillant dans un petit restaurant familial.
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François Bégaudeau
Maître des clésje confirme
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Mathieu
InvitéEt en attendant, pour voir Mikey Madison, il faudra se taper la suite de The Social Network, dont la BA, sortie hier, n’augure rien de bon: Fincher et Eisenberg n’ont pas voulu revenir, Sorkin prend les manettes et, comme souvent avec lui, tout a l’air daté et ringard comme si on était dans un film des années 70 – qu’est ce que c’est que cette lumière? qu’est-ce que c’est que cette coiffure de Mikey Madison? Jérémy Strong a l’air d’avoir 120 ans de plus que le rôle, immense erreur de casting qui s’annonce. Alors que Jeremy Allen White, qui joue le journaliste, aurait précisément fait un Mark Zuckerberg bien plus crédible. Je vous laisse juger mais c’est inquiétant, aux antipodes de la modernité du premier.
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Seldoon
InvitéOutre le fait qu’ils ont réussi à éviter de montrer le moindre « dialogue à la Sorkin » en 2min40 de parlote, ça a l’air aussi moderne et naturel que ce générique :
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Mathieu
InvitéRah oui c’est fou. On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran, genre Notre Belle Famille.
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Alexandre
Invité« On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran »
Tu sais, tu peux facilement remonter aux années 60, genre Bonanza.-
Seldoon
InvitéMais tout ça c’est l’ADN Sorkin. C’est son univers esthétique, c’est ce qu’il aime.
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Cynthia Lennon
Invitéau cas où comme moi vous envisagez d’aller voir le nouveau RAZ au FID, vous pouvez acheter vos billets pour la soirée du 11/07 : https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine
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Cynthia Lennon
Invitési vous envisagez comme moi d’aller voir le nouveau RAZ (le 11/07) au FID https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine
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Ostros
InvitéVous aurez aussi la chance de voir le Hassen Ferhani en avant première
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Alban
InvitéJe voudrais remercier chaleureusement Charles pour ses positions courageuses et nuancées, qui font un bien fou à la gauche radicale. Oui le Hamas est un groupe islamiste ! Oui nous le condamnons ! Oui Israël a le droit de se défendre ! Non à la censure ! Longue vie à la seule démocratie du moyen-orient ! Longue vie à la plus grande utopie du XXeme siècle ! Bravo à tous ceux qui luttent de concert contre ce fléau qu’est l’antisionisme qui n’est rien d’autre qu’un antisémitisme déguisé ! Bravo Charles, Bravo Sophia, Bravo Raphael, Bravo Nora !
https://x.com/Enthoven_R/status/2065011680195613182#m-
François Bégaudeau
Maître des cléstu es content de toi?
content de ton idiot amalgame?-
MooM
InvitéOui j’ai besoin d’honneur, car je ne suis pas assez grand pour m’en passer : Merci pour le rire, le premier étant pour ton commentaire assez juste
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Alban
InvitéJe ne fais que constater la convergence et d’une certaine manière la cohérence de la gauche non-mélenchoniste. La gauche Naulleau-Bégaudeau.
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Samuel_Belkekett
InvitéIl y a dans tout homme providentiel…
Un haut degré d’enfumage. -
Shiva
InvitéSoutenir le génocide des Palestiniens au nom des Juifs favorise l’antisémitisme
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Mathieu
InvitéMais pourquoi dans Cinéma?
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Charlie
InvitéBonjour Alban,
Si c’est de moi qu’il s’agit je ne fais aucune nuance sur la situation de Gaza qui n’est ni plus ni moins qu’un génocide. L’antisionisme n’est pas un antisémitisme déguisé. Mais je pense que tout ça vous le savez déjà
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M’idolâtre
InvitéC est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites.
Charles, begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là.-
nefa
Invité« C est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites. »
t’as merdé dans ta phrase, sais pas où, mais t’as merdé-
M’idolâtre
InvitéFaudra me dire
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nefa
Invitéje viens de le faire
aide-moi-
M’idolâtre
InvitéSacrée répartie
C’est trop pour un seul homme -
M’idolâtre
Invitéles anti sionistes d’être des antisemites
Adieu-
nefa
Invitétu commences par la fin mais ça reste
peut-être qu’en remontant-
nefa
Invitépar exemple :
rapport à : « les anti sionistes d’être des antisemites »
« tu vas à la fin et ça reste
peut-être qu’en remontant ? »
c’est mieux-
M’idolâtre
Invitéqui ne se prétendent pas antisémites et qui accusent sans gêne les anti sionistes de l’être*
C’est mieux
tu me diras si tu veux-
nefa
Invitéc’est carrément mieux
à moi
avec autant de sérieux que t’as fait pour ta phrase, dis moi (les citer) celles de Charles, de Bégaudeau, des suiveurs qui t’ont conduit à conclure : «Charles, Begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là »-
M’idolâtre
Invitéleurs remarques ici même
si t’as pas suivi je comprends que tu suives pas
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Ema
InvitéMoi j’aime bien les antisionistes d’été, l’anti sionisme à la plage c’est quand même plus gai.
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martin
InvitéLu quelque part qu’il y avait un ref à La liste de Schindler dans Disclosure Day. Elle est où?
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Tony
InvitéCe sont sans doute les images d’archives en noir et blanc où l’on voit des cadavres d’aliens,le film divise beaucoup, même des Spielbergiens hardcore ont du mal à cacher leur consternation et d’autres,plus étonnant, trouvent que c’est un des meilleurs Spielberg, comme Théo Ribeton par exemple
https://x.com/i/status/2064611065850216632-
Mathieu
InvitéMais Théo Ribeton n’est-il pas une boussole-sud en terme de critique?
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Charles
InvitéLa plupart du temps en effet.
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Alphonse
InvitéLes Frères Larrieu tournent en ce moment sur la collinette qui est juste au bout de mon champ.
Quelqu’un a un message à leur faire passer ? Je les ai eus au café, tout à l’heure.
Blague à part, ils ont l’oeil, parce que cette collinette, c’est vraiment un endroit formidable et on ne devine pas vraiment à quel point elle l’est depuis la route d’Aydius. Ils sont passés devant, un sous régisseur est venu me voir qui arrosais. Ensemble nous sommes allés déranger Annie et Laurence qui les ont reçus circonspecte et amusée, leur ont montré la collinette.
Laurence : « quand ils sont venus, je les connaissais pas. C’est le lendemain dans La Republique que j’ai su que c’étaient les Frères Larrieu. ça les a fait rire quand je leur ai raconté. »
Annie : « ils nous ont donné 200 € on a rien demandé ». Moi : Ben sur un budget à 3 millions y a bien 200 € pour emprunter la colline pendant 2 jours. Elles : mais on leur a rien demandé !
Laurence : « on a dû serrer les brebis dans ce coin là, sinon y aurait eu de la merde partout, et les gens qui travaillent faut les respecter un peu, quoi. Et puis l’odeur. Mais là faudrait qu’ils finissent parce que c’est sec sec sec » -
Charles
InvitéQuelqu’un a vu le Soderbergh?
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Tony
InvitéJ’ai pas grand chose à en dire,ne l’ayant pas vu dans de très bonnes conditions à cause d’un crétin avec qui je me suis embrouillé, ça ne m’a pas passionné et je ne suis pas sûr qu’une seconde vision me ferait changer d’avis.
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Charles
InvitéOk parce que le film se fait globalement défoncer par la critique, plus que les autres Soderbergh, donc je me demandais si on était plutôt du côté de Presence que d’Insider.
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Tony
InvitéNon les deux films que tu cites n’ont rien à voir avec celui là, c’est un film très bavard qui confronte un vieil artiste imbu de lui-même et une jeune femme noire précaire qui a plus ou moins renoncé à l’être mais qui a des talents de faussaire,on croit au début que ça va être une sorte de satire sur un vieux boomer et une woke,il est fait allusion par exemple à Weinstein et son peignoir,des choses comme ça mais en fait ça va pas plus loin,on est aussi dans la satire du marché de l’art et d’autres choses sur l’art en tant que pratique qui me sont passés au-dessus, j’ai pas compris de quoi ça parle exactement.
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Alexandre
InvitéJe suis plutôt sous le charme. Nouvelle contribution à l’élégante versatilité de Soderbergh, le film parle surtout de transmission et de sensibilité.
On aurait aimé voir un peu plus de peinture mais après tout, le Van Gogh de Pialat en montrait il plus? Certes Pialat brossait un environnement je dirais impressionniste qui rendait sensible l’acte de peindre.
En réalité, ce Soderbergh s’inscrit dans une tradition très britannique et un peu surannée de jeu du chat et de la souris dont l’épicentre est une pointure de l’interprétation d’outre-manche. On en a vu d’autres jadis, se prêter à l’exercice: de Laurence Olivier à Tom Courtenay en passant par Albert Finney ou Peter O’Toole.
Retrouver cette tradition nourrie à l’ADN de sophistication typique de Soderbergh n’est pas antipathique.
D’autant que Ian McKellen est assez merveilleux et le film pourrait constituer document sur son métier de comédien.
L’actrice noire est sympa mais joue un peu trop sur une seule note.
Le décor de l’intérieur de la maison particulière du peintre marque la rétine, donc la mémoire.-
Tof
InvitéLe film discourt beaucoup mais je n’ai pas trop compris ce qu’il voulait dire.
> jeu du chat et de la souris
On serait proche de Ocean’s Two, un heist movie à 2 (ou 2 contre 2 ça dépend) à l’envers: il s’agit d’introduire les tableaux dans le musée-
MA
InvitéLes dialogues sont denses, eu un peu du mal a tout suivre. D’accord sur le jeu un peu monocorde de l’actrice principale.
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Cynthia Lennon
Invitémais l’impassibilité du personnage féminin n’est-elle pas à l’origine de bien des questionnements qui raniment Sklar ? et qui nous tiennent d’un bout du film à l’autre ?
oui c’est bien dense (et bavard) : origine du geste artistique, désir d’exposition, vanité de la concurrence, continuité d’une oeuvre, captation du marché, « droits » sur les oeuvres etc.
moi j’envisage de retourner le voir (je pense avoir laissé passer des subtilités), il fait bien écho avec Je regarde du dernier ciné-club et d’autres travaux qui me parviennent en ce moment.-
Alexandre
InvitéJe crois que celles et ceux d’entre nous qui ont vu le film ont toutes et tous le point commun d’avoir pas mal crapahuté après les dialogues.
C’est d’ailleurs il me semble une petite constante chez Soderbergh même quand il s’agit d’action pure. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris de ce qui se dit dans les coulisses de Piégée, par exemple.
Je dirais que ça va trop vite pour moi. C’est encore le cas avec The Christophers mais pour le coup, dans un registre à la Harold Pinter.
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Charlie
InvitéSur France Tv en ce moment je vous conseille Love & Mercy, biopi de Brian Wilson des Beach Boys. Enfin un biopic qui parle de la conception musicale et du cheminement créatif d’un artiste avec ici l’album Pet Sounds
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François Bégaudeau
Maître des clésnoté
je crois bien connaitre cette affaire, mais comme d’habitude je vais me rendre compte que je n’en connais rien -
Mathieu
InvitéVu à sa sortie au ciné et j’avais été déçu, le film tourne quand même beaucoup autour des problèmes psy de Wilson et de sa relation avec son manager toxique, encore plus fou que lui, qui profite de son argent.
La partie sur la génèse artistique et technique de Pet Sounds m’avait semblé très légère. On voit un ou deux trucs sur les expérimentations de Wilson, son perfectionnisme maladif, le fait qu’il préfère être en studio qu’en tournée à cause de son autisme- ce qui reconduit un peu lourdement le cliché de l’artiste coupé du monde.
Dano et Giamatti sont quand même biens de mon point de vue, mais je pense François, que c’est n’est pas le type de jeu qui va te plaire.
Et puis le générique de fin m’avait quand même fait découvrir la belle balade éponyme du film, Love and Mercy. Je sauve donc les 2 minutes 30 de ce film qui ne sont pas de la fiction. C’est un peu léger.-
Alexandre
InvitéPareil que Mathieu, j’ai le souvenir d’un film qui s’éloigne un peu artificiellement des canons habituels du biopic musical pour finalement ne pas avoir à parler musique.
Je pense qu’il va falloir un jour ou l’autre se risquer à lister les biopics réussis.
Et puis il y a biopics et biopics. Trucmuche, sa vie, son œuvre n’équivaut pas à tel angle précis uniquement couvert par le scénario.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’avais oublié c’était Dano qui officiait ici
Fin du débat
Je fuis.-
Charlie
InvitéDommage, alors que pour une fois il en fait pas trop des caisses comme dans There will be blood.
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Stéphanie
InvitéJ’ai vu Le journal d’une femme de chambre Radu Jude pour la 2ème fois.
Jouissif.-
Ostros
InvitéÇa fait plaisir à lire
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Ostros
InvitéJe ne suis pas à l’origine de ce message
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Ostros
InvitéBen si je suis carrément à l’origine de ce message
Mais pas du tien du coup
Essaye encore
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Mathieu
InvitéVu en avant première De la comédie française, écrite et réalisée par la bande de Broute (Usclat, Darondeau, Clément)
Très excessif et over-the-top, les acteurs actorisent pas mal évidemment, mais ça reste sympathique et drôle – en tout cas très très au-dessus du dernier Salvadori, du dernier Dupieux, et du dernier Tolénado-Nakache de ce point de vue. Très différent de Guermantes d’Honoré: beaucoup plus scénarisé et mainstream, moins improvisé et foutraque, mais quand même plaisant. On est un peu dans la veine du film Ne Coupez Pas de Hazanavicius, appliqué au théâtre.
PS: mon avis est sans doute aussi un peu biaisé par le fait que je suis amoureux de Pauline Clément -
stephanie
Invitéje viens de voir Les Roches rouges B.Dumont
un film immense sur l’enfance, tout est grand , de regards, de mimiques, des gamins qui ne cessent de bouger, des espaces, la mer .
tous les plans à hauteur d’enfants , la violence inévitable quand on est amoureux de la même fille.
j’ai adoré .-
Ostros
InvitéVraiment hâte de retrouver BD avec ce film
Tu as pu les voir où (le jude et le dumont) ?-
Stéphanie
InvitéA Cannes pour R.Jude et revu avec le super ciné club niçois Cinéma Sans Frontières.
Le B.Dumont est passé en avant 1ere hier à Nice ( un des 2 ciné art et essai).-
Ostros
InvitéOk je déménage.
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graindorge
InvitéLes Roches Rouges. Je viens de voir la B.A. Ça donne envie. Sortie dans les salles le 23 septembre. Noté sur mon agenda
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K. comme mon Code
InvitéJ’ai été ébahi plusieurs fois par la stupidité du dernier Spielberg et j’ai bien ri pendant les passages nanardesques.
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François Bégaudeau
Maître des clésContent qu’enfin quelqu’un parle du coté nanar.
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Benoît
InvitéOui, je trouve que c’est souvent du nanard ou pas loin. J’essaye d’être simple.
De mon côté, j’ai un problème immédiat de croyance qui tient à quatre choses principalement :
1. à la véracité des scènes : je ne crois jamais aux scènes d’actions, au découpage des poursuites. En particulier dans l’espace qui sépare les agents armés des héros. Exemplairement, la scène où le héros traverse un champs pour venir se cacher derrière une barricade et voler une voiture, que j’ai trouvée absolument ridicule. Alors même que je peux acheter ces scènes dans d’autres films du même réal moins fatigué. Là, elles ne sont pas du tout réussies et assez « grossières ». Idem quand cette même scène d’action se termine par les deux héros cachés derrière un rocher. Idem enfin quand il s’agit des échanges de tirs etc. Je ne crois à rien.
2. À la bêtise des scènes et du film. Incarnée d’abord par des dialogues qui sont catastrophiques. Si j’avais moins de 15 ans, j’aurais sans doute été intéressé par ces discussions qui se veulent centrales autour de la religion, mais n’étant pas le public cible, c’est-à-dire le spectateur-américain-décérébré-in-god-we-trust-de-12-ans, j’ai trouvé que c’était tout à fait idiot et pas très à même de fabriquer une réflexion au bout du compte intéressante. Idiotie qui trouve son climax dans les scènes où chaque citoyen arrête de faire ce qu’il fait à la fin du film. J’avais envie de faire une parodie pour ajouter une scène du chirurgien qui, en pleine opération, arrête d’opérer. Enfin, idiotie générale du « méchant », Colin Firth dont je ne vois jamais le personnage, et dont la première scène d’apparition est cheap à souhait : réunion mafieuse sur un parking de nuit comme on n’en fait plus que dans les mauvais films. Couplé à une forme de laideur générale : ces animaux-aliens, ces images d’archives déjà évoquées etc.
3. Au scénario. La base pourtant pour 115 millions de budget. Le device silex qui sert comme arme de dissuasion pour prendre la fuite dans la scène 2 du film, n’est plus utilisé comme tel par la suite, alors même que nos deux héros sont en sa possession lors de la course poursuite déjà évoquée. A moins que j’ai loupé quelque chose ? Bref, sentiment qu’on nous prend pour des jambons. Et que la connaissance que Colin Firth a de ce device semble tout à fait fluctuante pour servir le scénario dans un tour de passe-passe.
4. C’est encore une putain d’histoire de clé USB comme 90% des films de ce type, américano-décérébré du dernier Jimenez à Lucie de Besson etc. Qui concentrent leur énergie à « dévoiler LA vérité ». Bref, j’aurais bien aimé un film sur cet alien qui semble avoir réussi à s’en sortir, enfermé depuis 70 ans dans le Guantanamo 51. Sorte d’E.T blessé qui se saurait fait choper.Je sauve du film :
Les 10 premières secondes
La drôlerie du perso d’Emily Blunt, dont j’aime bien l’inexpressivité post opératoire chirurgie esthétique qui correspond à sa fonction sociale de miss météo refaite. Bref, elle est drôle.
La scène du cassage du téléphone où le film semble assumer son côté farcesque dans un éclair de lucidité.Hier, promenant mon chien, j’ai croisé un couple s’embrouillant sur un film dont je mets ma main à couper qu’il s’agissait de Disclosure Day. La conversation tenait à trois argument du côté contre : « je comprends rien à ce qui se passe, on comprend à ce qui se passe et pourquoi ça se passe ».
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Tony
InvitéIntrigué par un entretien sur Mediapart avec un sociologue qui voit dans Disclosure Day un film ‘sur le complot au prisme de la pensée de Deleuze’je suis allé voir sur sa chaîne youtube un documentaire qu’il a réalisé sur l’affaire Roswell, c’est très intéressant et je ne connaissais pas du tout cette idéologie du grand partage qui serait un des fondements du colonialisme,un fondement rationaliste qui ne verrait chez l’indigène qu’un être pré logique dénué de pensée critique
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K. comme mon Code
InvitéQuand on voit Keller prendre soin de retirer les indices de l’emplacement du motel puis oublier le papier dans sa main, je me suis dit que le film montrerait qu’il a un coup d’avance et a révélé un faux endroit à l’Agence pour les piéger – astuce scénaristique classique que même ChatGPT a dû digérer. Sauf que non. Le film est souvent bête à ce point. Il s’étire avec des séquences de ce genre comme s’il n’était pas suffisamment long. Je n’étais pas le seul à rire dans la salle mais ce n’était pas toujours à cause d’un comique de situation. Qui passe en effet surtout par Blunt.
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Il faudrait aussi se pencher sur « l’empathie », c’est un terme que je retrouve dans plusieurs retours critiques ; si j’étais capable de prendre le film au sérieux, je le trouverais particulièrement odieux… De quelle empathie me parle-t-on ? Spielberg filme les foules humaines comme des êtres translucides décérébrées et dénigre l’humanité au profit d’aliens anonymes.-
Toni Erdmann
InvitéJe sors du film et je commente rarement ces éléments mais parlons tout de même de la DA : la photographie bleutée polluée par des halos lumineux, les accessoires (en particulier les oreillettes pour passer des appels), la musique (les violons à chaque apparition du méchant), le design des aliens. Tout crie le film loué au Video Futur en 2008.
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eustache
Invitévu dimanche au Max Linder à Paris, dans une salle visiblement à l’unisson (qui n’a pas ri mais a applaudi à la fin…). J’ai passé la dernière demie heure du film les larmes au yeux (sans doute l’énergie de la salle n’y est pas pour rien). Je comprends en vous lisant, comme tout ça pourrait être ringard réalisé pas beaucoup d’autres, mais je ne vois ici que l’élégance dans la mise en scène, du découpage, du montage (même si j’admets que les jeux de flair, transparence, lumière bleutés tournent un peu à l’autoparodie mais sasn doute car ça a été trop repris ailleurs). Et je serais d’habitude plus sévère avec ce regard politique bas du front, mais voilà, je ne peux qu’être fidèle à mes émotions, et ici cette naïveté me touche profondément. (le film agit encore encore moi 2 jours après)
Il y a une foi dans le cinéma, dans son peu et son plein d’effet, j’y ai retrouvé un plaisir de l’aventure que je n’avais pas ressenti depuis longtemps et à l’heure où hollywood fait essentiellement du post-néo-classique-virtuel cynique, cette croyance simple dans le cinéma me bouleverse.-
K. comme mon Code
InvitéSi c’était la séance de 18h, j’ai entendu des applaudissements, mais aussi un « … mais ils sont complètement débiles ? » derrière moi. Il y a, je crois, chez certains Spielbergiens, un lien affectif ancré dans l’enfance qui peut être restitué contre vents, marées et script absurde. La foi dans le cinéma serait alors surtout le souvenir d’une émotion de cinéma. Parce qu’il n’en est jamais question ici. Le film ne s’intéresse jamais sérieusement au pouvoir des images – et si je prenais Spielberg au sérieux, je pourrais même trouver ça particulièrement odieux de croire aussi aveuglément qu’une horreur commise par des humains aurait la capacité de mobiliser l’humanité. Qu’il s’agisse par dessus le marché d’horreurs commises sur des extraterrestres aussi anonymes que les humains rajoute une couche désagréable. Quant à l’aventure, on a quand même des personnages qui se cachent derriere un petit rocher, une voiture qui fonce dans le tas sans embarras, un silex magique aux propriétés diverses et variées en fonction des nécessités scénaristiques : il y a une immatérialité qui n’a rien à envier aux blockbusters contemporains. Tout en étant, oui, un film des années 90 qu’on aurait pu louer en 2008 au Vidéo Futur. J’imaginais Colman Domingo se demander en apprenant ses lignes de dialogue en quelle année il était. Et j’avais un véritable trouble anachronique en le regardant.
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eustache
Invitéc’était la séance de 15H35, avec un public pas forcément jeune à qui Spielberg envoie des signes bien sûr. Mais mon ado de fils, largement marvelisé est sorti éhabi, donc il n’y a a pas que ça.
Les années 80 et 90 étant les sommets des films d’action, ce n’est pas une mauvaise référence!
La naïveté de Spielberg est aussi là, j’ai justement trouvé fort ce moment du rocher, on est même bien avant les 90’s, dans un film d’aventure des années 30 à vrai dire mais ça fait partie de cette croyance dans le cinéma qui a été celui d’Hicthcock et Ford pour le dire vite. C’est étrange de défendre quelqu’un par sa naïveté mais pourtant…
Et justement, je trouve que c’est matériel ce rocher, il y a ce jeu alternant immatériel/matériel dans le film (tourné en 35mm, cela signifie aussi quelque chose…). Simplement si on liste les décors mais c’est un sentiment que j’ai eu, de l’alternatif, réel/virtuel, visible/invisible (qui fait l’objet d’une séquence forte), motel/station service/appartement/studio de construction du décor maison vs studio tv/espace Wardex/espace du conte.
J’entendais Joudet dire que les animaux étaient assez mal modélisés, c’est vrai, mais c’est sans soute parce qu’ils sont modélisés par des alien justement… Bref, le film joue beaucoup avec les simulacres, ce n’est pas nouveau d’ailleurs, mais moi j’y vois de la joie, de l’entertainment et ça m’empêche de juger le film à l’aune d’un premier dégré qu’il n’a pas.Reste cette fin, la révélation, ces millions de gens rivés à leur smartphone. Là je ne sais pas à quel point Spielberg est capable d’ironie dans tout ça mais il n’est pas impossible qu’il y en ait, d’autant plus avec cette fin abrupte. Cet alien en fauteuil roulant, bon, j’ai l’impression que parfois son truc, c’est de chercher à raconter quelque chose de très peu croyable (et de d’un goût peu sûr qui plus est) comme un défi. Bref, ce ET à la retraite, je ne sais aps trop ce que j’en pense. Mais l’emotion était venu avant en fait, avec ce snuff movie extraterreste. J’ai trouvé très beau tous ces plans docu, lui qui a si bien filmé en embelli les vaisseaux et les aliens, de finir par du found footage, revenir à son imaginaire de base en fait.
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Stéphanie
InvitéLes films de la quinzaine sortent en avant 1ere dans certaines salles
https://www.quinzaine-cineastes.fr/fr/quinzaine-en-salle -
I.G.Y
InvitéJ’ai enfin pu voir La Porte du Paradis. C’est si massif (et il y a un TVB qui y revient) que je prendrai le film par un petit bout, un tout petit bout, d’une image qui me reste en tête depuis la séance. C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher.
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Alexandre
Invité« C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher »
Wolcott, puisqu’il est ainsi nommé dans le film, propriétaire terrien toujours collé aux basques du méchant Clanton est interprété par Ronnie Hawkins, dit « The Hawk », rocker rockab fameux de la fin des années 50 qui sera à un moment le patron des futurs membres de The Band, auxquels Scorsese consacra un magnifique docu, The Last Waltz. Ronnie Hawkins en était.
Son personnage de La Porte du Paradis présente des variations de traitement entre la version courte de 1981 (que j’ai longtemps fréquentée) et la définitive.
Dans la version courte, juste avant la bataille finale à coup de dynamites, Wolcott baisse son froc et montre son derrière au camp adverse. « Tirez moi dans le cul tas de salauds. Je vous chie à la gueule » lance-t-il au bloc migrant.
James Averill le regarde faire et confie à son voisin: « Cet homme est l’ami du Président »
Ce bout de scène n’a pas été conservé pour le Director’s Cut.-
I.G.Y
InvitéÇa alors, major Wolcott dans The Last Waltz, ça m’en bouche un coin (j’ai l’album mais toujours pas vu le film). Wolcott est aussi celui qui prononce la phrase qui offre un très court relâchement de la tension (éclat de rire général dans la salle), à peu près au même moment que tu décris : « God damn Romans… ».
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Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant. Nous qui parlions dernièrement de personnages féminins – et je mentionnais Thunderbolt and Lightfoot comme exemple de très bon film dans lequel les pseudo-personnages féminins ne sont ni faits ni à faire —, j’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route. S’il y a bien une rêverie sur le sur-homme chez Cimino comme dit dans le TVB, cela peut tourner au handicap si un personnage féminin essentiel et présent à l’écran finit par n’être qu’un faire-valoir, un enjeu de lutte ou de protection (et peut dévier en rapport sur-homme/sous-femme). On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) mais en réalité, Cimino fait aussi d’Ella, à sa manière, une sur-femme, en plus de lui laisser beaucoup d’espace d’expressivité, de vie. Très beau personnage.Cet aspect est à l’image du reste et me donne l’impression d’un film « complet ». Même l’hyper-agentivité des personnages principaux — qu’il faut bien appeler des héros, même défaits — n’est pas non plus univoque, car très largement contrebalancée (si ce n’est sapée) par ces scènes remarquables et conséquentes : je pense à cette formidable danse populaire en patins, je pense à tout le processus qui démarre la rébellion où Averill est absent, et où Ella et Bridges, comme perdus, finissent par suivre le flot — et ce faisant, je ne pense pas complètement trahir Cimino disant cela, par « choisir leur peuple » (un peuple sans drapeau). Le mot « choix » est même sujet à caution puisque le film prend bien le temps de disséquer des « processus », et c’est en particulier vrai de cette séquence.
Ces sur-humains empêtrés dans leur humanité m’émeuvent bien plus que n’importe quel (super)héro décrété « faillible » ou « imparfait » — rendu humain, dont les failles ne sont que des ratures.
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On m’avait vendu un grand film et je ne suis pas déçu.-
Alexandre
Invité« Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant »
Et pourtant qu’est ce que ça revient quand tu glanes des critiques américaines d’époque cette notion d’ennui!
Et c’est dans le meilleur des cas tant la haine envers le film est indescriptible. Pour faire court, on a affaire au navet le plus couteux de l’Histoire, point marre. Et il n’y en a pas un pour nuancer à la hausse.« J’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route »
Même moi qui n’avait que 15 ans à l’époque de la sortie post cannoise du film, je voyais les photos dans Première, lisait l’article et me disait qu’Isabelle Huppert serait la potiche frenchy de service (je ne me le disais pas en ces termes).
Or elle est resplendit là dedans et « existe » vraiment comme tu le dis.
Je suis fier qu’elle ait jouer dans ce film. En d’autres temps, elle aurait joué dans Autant en emporte le vent que ç’aurait été pareil. Ç’aurait même été moins bien. -
Alexandre
Invité« On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) »
Spoilers
Les scènes qui empruntent cette voie me paraissent généralement corrélées à Kris Kristofferson, personnage si sûr de lui en certaines occurrences, et pourtant si fragile en d’autres. Il estourbit d’un coup de poing un mercenaire comme moi je me gratte le coude, dégomme d’un coup d’un seul, et en contreplongée s’il vous plaît, deux ou trois mecs qui viennent de violer Isabelle Huppert, donne de formidables leçons de stratégie militaire aux immigrants (ce qui énervait beaucoup Bertrand Tavernier)..
Le film emprunterait alors une pente légèrement schizophrène, oscillant entre virilisme westernien et mélancolie presque pathologique (Kristofferson qui pleure comme un ado quand Huppert lui annonce qu’elle ne part pas avec lui).-
Seldoon
InvitéLes attaques pour ennui sont prévisibles, non ? Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. Il a les atours d’un film grand public et ne l’est en fait pas du tout. Encore moins dans sa version longue – que je préfère car plus radicale et donc moins empêchée.
Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War-
Seldoon
InvitéC’est aussi un film qui souvent ne fait pas ce qu’il est supposé faire. Même sans partir sur la scène des patins ou la cérémonie d’ouverture, beaucoup plus simplement : souvent un plan est maintenu sur la longueur juste pour le plaisir de filmer la fumée. Il perd alors sa valeur narrative (arrivée des mercenaires) ou spectaculaire (le rythme des scènes d’action en patit régulièrement). Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher.
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Alexandre
Invité« Les attaques pour ennui sont prévisibles, non ? »
« Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher. »
Mais complètement!
Il ne s’agit d’ailleurs pas d’en vouloir à qui que ce soit mais plutôt de se dire à soi-même qu’il y a tout là-dedans pour que l’on ne s’y ennuie pas une seconde, à partir du moment où l’on adhère de façon tripale.
Je reconnais des défauts à ce film mais l’ensemble m’est si cher que l’absence même de ces défauts me semble inconcevable.« Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. »
Mais en même temps il est bien plus spectaculaire que Le Guépard! Et de ce fait pas si européen que cela.
Je crois en revanche que Cimino n’évite pas toujours les afféteries qui sont la rançon de la version intégrale (le bon côté , c’est la liberté que tu évoques). La version courte de la sortie 81 avait le mérite justement, je trouve, de resserrer le rythme.-
Alexandre
InvitéQuand je dis qu’il ne s’agit pas d’en vouloir à qui que ce soit, enfin si, on peut quand même un peu en vouloir à des critiques US aussi aveugles aux qualités réelles d’un film dont je comprends par ailleurs qu’ils n’y aient pas adhérés.
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Seldoon
InvitéJe vais vite me retrouver sans munitions pour comparer les deux dans le détail, c’est un film que je n’ai pas vu assez souvent pour être sûr de ce qui est dans l’une et non dans l’autre.
Mais oui, film passionnant. Loin de la quasi perfection de Deer Hunter, et c’est là, dans son bordel/son foisonnement/sa liberté qu’est son prix. Un peu comme le bordelique All that jazz par rapport au parfait Sweet Charity.-
Dr Xavier
InvitéDeer hunter ? Ah oui, Voyage au bout de l’enfer.
Puisqu’on parle de ce film et de la critique, par curiosité j’avais consulté la crititque des Cahiers et il se fait méchamment démolir, ça m’a étonné.-
Alexandre
InvitéLes Cahiers de l’époque n’étaient pas encore tout à fait sortis de leur période maoïste (sauf erreur) et The Deer Hunter avait une réputation de film raciste donc facho.
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Dr Xavier
InvitéBien vu, c’est le souvenir gardé de la critique que j’avais lue.
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Seldoon
InvitéLa réputation sulfureuse de « fond raciste/fasciste » de Cimino est restée, non ?
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Alexandre
InvitéOui pour L’Année du dragon.
Mais même un film réputé « marxiste » (réputé avant tout mauvais) comme Heaven’s Gate essuyait aux USA des critiques axées sur l’ethno folklore de Cimino.
La célèbre critique du New Yorker, Pauline Kael, aurait écrit que les immigrants évoquaient les figurants d’une opérette de Sigmund Romberg.
Je ne suis pas sûr d’être tout à fait en désaccord avec elle sauf que ça ne m’a jamais dérangé. -
Dr Xavier
InvitéDans cette veine, on ne peut pas dire que le Chasseur de cerfs offre au Vietnam l’occasion de montrer sa face la plus lumineuse. Même pas un plan pour dire que c’est le pays où on y mange les meilleurs bo buns de la planète.
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Seldoon
InvitéCe qui m’interroge surtout, dans toute la filmographie de Cimino, c’est l’absentement farouche du Génocide arménien. Pourtant en 1915 il y avait de jolies fumées à filmer au-dessus d’Erzurum.
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Seldoon
InvitéMême dans Sunchaser il se trompe de montagne sacrée.
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Alexandre
Invité« Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War »
Fait divers qui renvoie à d’innombrables westerns qui traitent de l’hostilité des Cattle Barons envers les petits éleveurs. Bien loin de l’étrange conflit ethnique que déploie Cimino.
En revanche on retrouve pas mal de noms du film dans cette fiche Wiki.-
Seldoon
InvitéLa cerise sur le gateau est le sauvetage des milices des barons par l’armée.
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I.G.Y
InvitéRéponse tardive, navré.
Concernant le procès en ennui, je ferais la comparaison par la négative avec un autre film qui, du moins je crois, pour beaucoup de gens (et peut-être/probablement pas les mêmes que les amateurs de Cimino?), a un statut assez culte (4è film le mieux noté de tout IMDB c’est pas rien) et n’a donc pas ennuyé tant que ça alors même qu’il est presque aussi long (3h22), et dont on pourrait dire qu’il contient presque moins « d’action » que LPDP (disons HG, je tiens à ma vie) : je parle de The Godfather II. Film qui m’a… pas mal ennuyé lorsque je l’ai enfin rattrapé très récemment, alors que je n’avais pas ce mauvais souvenir du 1.
Je me dis que l’absence d’ennui chez beaucoup dans ce film doit donc tenir ni à sa longueur, ni à son étirement (en l’occurrence des dialogues) ni à son manque d’action, mais à sa narrativité presque intégrale — on pourrait ajouter les décors, sauf que sur ce point le Cimino avec ses décors naturels à couper le souffle n’est pas en reste et c’est peu de le dire. La mise de TG2 est tout de même très statique, même les scènes de foule (notamment l’émeute à Cuba) ont incomparablement moins de physicalité que celles de HG (comme François l’a souligné d’ailleurs dans l’émission, je crois que ça tient aussi beaucoup… au son).
Je pense que la comparaison des deux films — alors que sa raison première est calendaire : je les ai vus à deux semaines d’intervalle — n’est pas insignifiante.
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I.G.Y
Invité*La mise en scène de TG2 ….
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I.G.Y
InvitéEt d’accord Alexandre avec le côté un peu schizophrène en matière de virilisme, ça rend le personnage de Kristofferson et le film bien plus intéressant
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François Bégaudeau
Maître des clésJe souscris totalement – la force de Cimino c’est l’incarnation ; tout pu la vie chez lui. Coppola est plus… littéraire.
Me donne envie de revoir les deux Parrain, dont je flaire comme ça betement, animalement, qu’ils sont surestimés.
(de même que le Parrain 3, dont un certain snobisme incurable aura poussé certains à dire que c’était le meilleur ; mais peut etre suis je snob aussi en pensant que le meilleur Coppola est, de très loin, Conversation secrète)-
François Bégaudeau
Maître des cléstout pue
du verbe puer
passe simple : je puai, il pua, vous puâtes -
Seldoon
InvitéLes parrains, que j’aime beaucoup, sont surestimés. Le plus frappant quand on revoit le premier est sa linéarité systématique : tous les enchaînements sont scenaristiques. C’est toujours :
Scène n : va parler avec le turc
Scène n+1: il parle avec le turc
La dernière fois je me suis dit que contrairement à ce qu’on a beaucoup dit l’héritage principal du parrain c’est l’efficacité de la série tv de l’époque.
Reste avant tout dans les 3 une collection de scènes fortes, parfois très fortes. Il est évident qu’elles ont été pensées uniquement comme des démonstration de force pour en mettre plein la vue, et quand même très régulièrement sur 9h de film ça marche. On est entre gens bien donc inutile de la préciser mais je le fais quand même : reste aussi John Cazale. -
Alexandre
Invité« Les parrains, que j’aime beaucoup, sont surestimés. » Si tu prends la globalité du relationnel entre la critique et cette saga au fil des décennies, il devrait y avoir moyen de trouver un équilibre.
Il faudrait avoir en tête que la critique (surtout française) avait tendance à « condescendre » ces films à leur sorties.
On parlait du Parrain comme in parlait des Dents de la mer ou de L’Exorciste : des films à la technique impeccable mais sans rien dans le crâne. Des gros machins hollywoodiens.
A l’époque (j’étais petit, je m’en souviens), on disait : « C’est bien fait ». Qu’est ce que j’ai pu l’entendre.
Le retour de balancier, bien après, à consister à célébrer l’ampleur shakespearienne de cette geste maffieuse.
Du tout, on passait à son contraire.
Je pense pour ma part, qu’on est plus proche de la seconde proposition bien qu’il faille raison garder.
On reste quelque part, dans la belle ouvrage.
En revanche Seldoon,
« Le plus frappant quand on revoit le premier est sa linéarité systématique : tous les enchaînements sont scenaristiques. C’est toujours :
Scène n : va parler avec le turc
Scène n+1: il parle avec le turc
La dernière fois je me suis dit que contrairement à ce qu’on a beaucoup dit l’héritage principal du parrain c’est l’efficacité de la série tv de l’époque. »
….je suis un poil gêné , même si ce n’est pas tout à fait faux, par la relativisation des qualités des films que tu opères en invoquant cela.
On peut voir ça sous un angle plus flatteur.
Coppola, de façon assez crâne, c’est-à-dire à l’encontre du tout venant de l’époque, déploie un classicisme formel, lequel, parce qu’il relève plus de la calligraphie que d’un académisme pesant et sans imagination (pléonasme), crée quelque chose qui nourrit le pouvoir de fascination et l’envoûtement généré par la narration.
Pour faire court, je ne trouve pas du tout que les Parrains soient surestimés en ce terrain.
Il le seraient pour moi en ce pour quoi on les attaquait à l’époque: une certaine superficialité idéologique. -
Seldoon
InvitéLe classicisme formel même rentre dedans et même creux, je peux acheter. Par exemple la scène d’ouverture du premier, j’ai toujours cru en l’Amérique, tout ça. Mais l’efficacité narrative des serials c’est plus difficile à défendre et c’est surtout genant à la vision. Le 2 en prend le contrepied avec sa construction alambiquée, et se faisant il est possible qu’il dévoile le pot au rose : le parrain tenait peut-être par son efficacité de série B.
C’est vrai pour la critique, j’ai lu des choses de l’époque qui attaquaient les ficelles des futurs blockbuster qu’ils voyaient déjà dans le Parrain. J’ai failli le mentionner mais mes souvenirs en sont trop flous, merci d’avoir reprécisé. Il n’empeche qu’aujourd’hui le lien esthétique entre Le Parrain et les dents de la mer me frappe (toute proportion gardée, hein). Le lien économique est lui averé, ça fait quelques temps qu’on sait que ce sont les succès du parrain, de jaws et de star wars qui ont attiré une floppé de financiers parmi les cadres des studios.
Encore une fois j’aime les 3 films, mais les dérrives soap-operesques du 3 ne viennent pas de nulle part. -
Alexandre
InvitéLes dérives « soap operesque » du 3 (ce pour quoi il a toujours été celui que j’aime le moins- content d’échapper à ce snobisme!) viennent de la « sagaïsation » des deux premiers opus nettement après leurs sorties, soit très précisément en 1984, sous forme d’une série TV compilant les deux films en un montage chronologique que je n’aimais pas.
D’abord, parce que c’était tout moche et aussi parce que ça édulcorait les détails violents.
Ce coté saga n’existe pas (ou dans une nette moindre mesure) quand sortent les deux premiers films.
Il me semble que tu confonds côté feuilletonnesque (plus que serialesque) qui viendrait du (mauvais) roman de Mario Puzo et que fatalement, mais aussi avec intelligence, répercute la mise en scène et facture formelle qui est sciemment classique.
Je ne vois pas ce que tu trouves gênant en l’occurrence.
Le 2 est plus alambiqué et audacieux (fort du succès du précédent, Coppola chope la confiance) mais l’écriture -au sens d’écriture cinématographique- des deux films est similaire.
Et il y a beaucoup d’intelligence dramaturgique dès Le Parrain avec notamment cette ellipse saisissante qui nous fait passer de la Sicile à Pacino à New York, déjà métamorphosé en parrain . -
Seldoon
InvitéJe suis d’accord avec à peu près tout :
– ça vient de Puzo, qui marque l’ADN des 3 films ainsi que, je l’ai réalisé il y a peu, leur héritage.
– le 3eme fait saga et n’a été fait que pour le fric, et a été conçu en bonne machine a fric par Coppola, on a les documents qui le prouvent.
– le 2eme est plus ambitieux, et aussi plus chiant, et possède les plus belles scènes de relations familiales. D’où d’ailleurs son classement « institutionnel » en général au-dessus du premier.
– très belle ellipse.
Et donc ce qui me gène, c’est que derrière l’apparat brillant, les grosses scènes, le raffinement affiché, en fait on avance à marche forcée comme dans une série B/un feuilleton. Et donc scène n entraine scène n+1, et donc un assassasinat toutes les 15min entre deux scènes de dialogue en cravate dans un bureau sombre. Il faudrait que je revoie le 2 mais il me semble aussi que si tu le découpais en 2 films (un pour De Niro et un pour Pacino) tu aurais exactement la même chose.
Ca n’empeche pas les grandes qualités des films, qui ne se nichent pas uniquement dans les grands marriages et montages en parallèle sur musique religieuse mais aussi dans les petits détails comme le pullover de Pacino pendant son AVC. -
Alexandre
InvitéJe repars de cette notion d’incarnation comme grande force de Cimino pour approfondir un peu sur Heaven’s Gate que je viens de revoir en deux temps :
1- la version courte telle que sortie en 1981
2- la Director’s Cut de 2013
J’en profite pour mettre un coup de projo sur la chronologie des différentes versions.
Celle de 2h29 a régné de la sortie du film en 81 à 1989, date à laquelle nous eûmes enfin droit à une version intégrale de 3h30 environ.
Cette version aura fait autorité pendant quelque 24 ans. Amoureux du film depuis sa sortie, cette première intégrale enfin révélée fit mon bonheur, ma jubilation pendant des années, tant et si bien que, tout à ma joie de me l’approprier, la revisionnant au gré des projections festivalières ainsi que d’un enregistrement VHS du Cinéma de Minuit, je mis du temps, presque tout ce temps imparti, à prendre conscience de la chose suivante, à l’occasion d’une ultime projection de cette version en une copie bien abîmée, et que la dite détérioration aura rendue flagrante : le tirage de cette version 1989 n’aura jamais cessé d’être autre chose que dégueulasse.
Verdâtre, tourbeux, aquariumesque (oui, oui, je crée des mots), il ne reproduisait en aucun cas la colorimétrie à la fois sombre et solaire, plombée mais luxuriante, de 1981.
Soyons heureux. Cette colorimétrie est retrouvée dans le montage définitif, celui de 2013 supervisé par Cimino en personne et présenté au Festival Lumière de Lyon à l’automne de cette même année, en présence du réalisateur et d’Isabelle Huppert.
Je me rends compte avec le recul que ce tirage déplorable de la fin des années 80 alourdissait une œuvre qui de par sa nature ne présentait déjà que peu de légèreté diaphane, nous n’allons pas nous mentir.
Elle l’alourdissait thématiquement (la séquence des patins à roulettes devenait sépia comme pour contredire son naturalisme) et l’enlaidissait dans le champ de l’esthétique.
Résultat des courses, je ne trouve plus rien à reprocher à la version 2013 qui élague, refonde, harmonise, et vire le sépia de la scène des patins, et envoie chier l’intermission stupidement mal placée qui benhurisait (oui, oui, encore un mot qui n’existe pas) le film avec une incongruité dommageable.
En revanche, et comme beaucoup l’ont dit, ne pas compter sur la plus fidèle des versions aux intentions de l’auteur pour rendre moins opaques l’écriture des personnages.
On ne saura pas plus pourquoi et comment James Averill (Kris Kristofferson) aura fait sécession avec sa classe sociale, rencontré une pute française pour tomber amoureux d’elle, comment pendant tout ce temps il aura géré sa vie maritale avec son épouse légitime, celle qu’il rencontre dans le prologue d’Harvard et qui réapparaît à la fin de la version intégrale (alors que plus jamais on ne le revoyait dans la version courte).
De même qu’on ne saura toujours pas pourquoi et comment Nate Champion, amoureux aussi d’Ella, est plus humain et sentimental que ses collègues mercenaires et est ami avec James Averill.
Tout cela reste à la discrétion de l’imagination du spectateur et c’est tant mieux.
La suite au prochain épisode. -
I.G.Y
InvitéOn aura beau dire que ces affaires de photographie ou de tirage peuvent relever du détail, mais dans tout un tas de situations ça n’est pas le cas. Que serait Pacification avec une image merdique et un son dégueu? Etc…
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I.G.Y
InvitéC’est même vrai de films faits avec de petits moyens vidéo (Dans « Je Regarde » du dernier ciné club l’image n’est pas du tout laissée au hasard; il y aurait aussi à traiter le cas assez hors norme qu’est Inland Empire, dans lesquel, si la qualité de captation est volontairement dégradée (mais pas l’éclairage), c’est en réalité tout le contraire pour le son, ce que mon premier visionnage en salle de ce film l’an dernier m’a rendu encore plus évident)
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Alexandre
InvitéLe décor est posé. Passons à l’incarnation.
Lorsque Heaven’s Gatearrive chez nous, via le festival de Cannes 1981 à la compétition duquel cette version courte participe et quelques jours après l’élection de François Mitterand, je l’attends déjà de pied ferme. Mon Première du mois sur les genoux, j’explore de long en large les prometteuses photos que le magazine expose. On nous montre les portrais promotionnels, plutôt souriants, du trio principal Kristofferson-Huppert-Walken, qu’accompagnent de très spectaculaires vues d’ensemble (la ville de Casper, entièrement reconstituée). Facilement excité par l’annonce d’une superproduction, et celle-ci se posait là de ce que les lignes de Première en révélait, l’eau me vint aux pupilles. Je me dois de préciser que j’étais alors aussi attiré par les films pleins de fric que la pie voleuse par les bijoux de la Castafiore, mon imaginaire Playmobil n’étant pas encore tout à fait supplanté par mon devenir esthète. Et Indiana Jones n’avait qu’à patienter trois mois avant de ne faire de moi qu’une bouchée. Je ne perdais rien pour attendre.
Alors donc me voilà à contempler les photos dans Première et à m’imprégner de l’argument qui structurera la narration et une première sensation s’insinue : la barbe poivre et sel de Kristofferson, les patins à roulettes, les incroyables et véristes costumes…tout cela fomente en moi la sensation que Heaven’s Gate sera pastoral ou ne sera pas.
Il y aura du sentiment, de jolis personnages, des immigrants artistement photographiés, de chouettes paysages et décors et peut-être un peu d’action sur la fin puisque je comprenais bien que le film manquait s’intituler The Johnson County War. D’ailleurs une autre photo ne montrait elle pas l’escouade des mercenaires posant tout sourire face à l’objectif? Ces sympathiques gaillards allaient bien tôt ou tard faire claquer leurs six coups histoire de justifier les 40 millions de dollars engloutis! Décidemment, cette Porte du Paradis qui m’évoquait déjà cet autre film vu deux ans plus tôt, Les Moissons du Ciel (« heaven »/ « ciel », j’étais d’anglais depuis la sixième donc je l’avais) deuxième opus de Terrence Malick. Mêmes émanations pastorales, similaires embruns iconographiques.
Puis vint la bande originale achetée en 33 tours pour patienter avant le fatidique 22 mai 1981. De temps à autre, j’aimais bien faire ça. J’allais d’ailleurs remettre le couvert avec la BO de John Williams quelques jours avant que ne sorte Les Aventuriers de L’Arche perdue.
Bref celle de Heaven’s Gate était signée David Mansfield et croyez moi, jamais je n’ai connu (sauf peut-être avec la BO de Barry Lyndon) une telle immédiate et hypnotique adhésion à une bande originale de film avant même qu’il sorte. Je ne parle pas que de moi mais aussi des autres membres de la famille. Un après-midi, mon meilleur copain du collège et moi nous étions même défoulés en sautant comme des forcenés sur l’air de la polka qui accompagnerait le bal aux patins à roulettes. Je ne savais pas encore tout à fait à quoi tout cela allait ressembler exactement. Encore quelques jours et j’allais être fixé.
La suite au prochain épisode. -
Alexandre
InvitéJ’avais, plus haut, omis d’évoquer la puissance de suggestion, en amont même d’une sortie tant attendue, du seul nom du réalisateur, Michael Cimino, dont je n’avais encore rien vu. Alors qu’il aurait suffi de n’en voir qu’un.
Deux ans plus tôt était sorti The Deer Hunter. Je n’y étais pas. Comment ai-je pu oser ne pas y être? Quel sortilège avait bien pu présider à cette carence? Pourquoi diable pose je la question alors que j’en connais la réponse?
A deux ans et quelques près avant mai 81, j’étais trop jeune. C’était interdit aux moins de treize ans et à douze – treize ans je suivais les consignes. Je n’allais pas y voir. Je me contentais de regarder les photos et les noms sur l’affiche. Je ne me souviens même pas en avoir vu un seul extrait à la télé. De plus, j’étais suffisamment à l’affût des retours pour percevoir qu’on en disait pas tellement du bien. Que le film était raciste, réac, facho. Nationaliste.
Il n’empêche.
J’avais intégré qu’un film de 3 heures traitait de la guerre du Viet Nam (c’était quoi réellement ce Viet Nam encore inédit, en tout cas pour moi, au cinéma?) sans s’afficher en film de guerre. Que sa première heure était consacrée à des noces et que des scènes de roulette russe occasionnaient de poignants témoignages de spectateurs livides et traumatisés.
Ne serais-je pas, d’aventure, passé à côté d’une claque potentielle? Assurément, oui, de celle que m’aurait administrée la caissière dès qu’elle aurait entraperçu ma frimousse de pré-ado. Car il faut le savoir, la caissière de 1979 était intraitable («T’as pas l’âge mon coco, va donc te coller devant Bernard et Bianca»-pardon pour l’anachronisme). Encore quelques mois et j’allais mettre fin à ce pucelage en allant mâter Alien puis Apocalypse Now et en bande s’il vous plaît!
Toute cette digression pour dire que Cimino, c’était ce réal dont je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler le style et qui avait déjà fait un mammouth que je n’étais pas allé voir. Je n’allais pas rater le suivant, l’on pouvait me faire confiance.
Arrive le 22 mai et la bête montre le bout de son nez. Ma grande sœur qui habite Paris le voit avant moi. Elle est sous le choc. Son choc m’excite. Son choc m’exalte. Nettement plus âgée mais encore bien jeune, La Porte du Paradis serait le film « le plus dur » qu’elle ait jamais vu. Et le bougre écope aussi d’une interdiction aux moins de treize ans. Cimino les cumule.
De toute évidence, il sera moins pastoral que je l’imaginais, à ma très grande joie.
La suite au prochain épisode. -
Alexandre
InvitéJe disais plus haut ignorer à quel style j’allais avoir à faire avant les premières minutes de projection. Bien que lisant peu à l’époque sur les films à l’affiche, sorti des notices du magazine Première, je comprenais que quand Monsieur Cimino avait un truc en tête, il ne l’avait pas ailleurs. En l’occurrence, l’animal reprenait une structure similaire au film précédent (dont je rappelle que je ne l’avais pas vu), articulée autour d’un rituel inaugural qu’un plus ou moins brusque enchaînement faisait basculer vers un autre espace temps. Ici, des noces à la lituanienne (The Deer Hunter), là, un raout d’étudiants huppés de la seconde moitié du XIX ème siècle qui fêtent la fin de leurs études.
Commence le film et d’instinct, je ressens une réelle et troublante fraternité avec les dits étudiants alors même que je termine à peine le collège. Telle que se présente la mise en scène, il m’est donné à éprouver ce mélange d’exaltation et de mélancolie que j’avais possiblement ressenti le dernier jour de mon CM2 avant les vacances d’été, dernier rempart de tranquillité qui me préserverait encore un peu du tumulte affolant de l’entrée au collège.
La séquence qui ouvre Heaven’s Gate m’immerge immédiatement en ce sentiment. L’effet est immédiat. Et seule la mise en scène l’autorise.
Un mouvement d’appareil descendant caresse le clocher d’une chapelle, élargit le champ vers un chemin en contrebas et accueille le jeune homme fringant et dégingandé qui sera le héros du film. Il court à en perdre haleine et pénètre dans l’enceinte de la prestigieuse université d’Harvard. Il est à la bourre comme tous les gens qui s’affolent au dernier moment. Comme moi, tiens.
Courant le long des allées du campus, croisant d’élégants gandins et autres attelages stendhaliens, il rejoint le gros d’une colonne de jeunes rupins surexcités qu’une fanfare entraîne vers l’amphithéâtre principal, au son d’un « Battle Hymn of the Republic » joué d’une façon presque swinguante.
Ce swing, dont la prise de son nous révèle d’abord les échos avant qu’elle n’en précise les contours, n’est pas le dernier à contribuer à ma joie de spectateur au moment où je rentre dans ce film.
L’instinct toujours me fait comprendre que jamais une telle scène n’a existé au cinéma et qu’elle existe dorénavant. Avec une telle entrée en matière, le film me met sans coups férir dans sa poche. J’exulte.
Seul Visconti aurait su restituer cela avec maestria. Et encore. Il aurait pourvu la séquence d’une solennité opératique que Cimino nous épargne. Ce prologue dans le prologue palpite d’une vie plus vraie que la vraie, nous donne à réentendre cet hymne archi rabâché d’une oreille nouvelle tout comme il le fera du Beau Danube bleu, sur lequel, quelques instants plus tard, tourbillonneront par centaine des couples de danseurs dans la cour centrale de l’université. A rendre jaloux Kubrick qui faisait déjà valser sur cette même musique ses astronefs du futur dans son 2001.
Le somptuaire, le dispendieux, le luxe des costumes n’empèse à aucun moment la séquence. La caméra se fait exploratrice du temps. Nous assistons à un documentaire sur une fête de fin d’études dans une université américaine de 1870, comme si H.G. Wells avait prêté sa machine à Frederick Wiseman.
Les physiques des figurants sont à l’avenant: rigolards, dickensiens pour les mecs. Composites et virginales pour les filles. Chapeau au directeur de casting spécial figuration de Cimino. Assurément un génie.
Louons les physiques mais aussi l’implication de ces figurants, la vérité de leurs attitudes, la crédibilité de leurs rires quand Billy Irvine (John Hurt), le brillant bouffon et orateur du campus, fait le pitre.
La fin de ce prologue nous laisse, sur le sentiment mitigé de l’idéalisme et du désenchantement, positivement fourbus mais inquiets. Le sang ne fait-il pas déjà son apparition quand nous le voyons couler du nez de Billy Irvine, à l’instar de la tâche de vin qui vient maculer la robe de la mariée dans The Deer Hunter ? Mais pour l’heure, le chasseur de daim ne m’avait pas encore livré ses secrets.
Toute la thématique du film, articulée autour d’un insondable sentiment de nostalgie, du passage du temps, du constat que tout est déjà derrière, la jeunesse, l’insouciance, la camaraderie virile, les jolies filles, tout cela est contenu et déployé dans ce prologue génial.
Et Cimino y installe le principe stylistique qui régira la plupart des scènes de foule de Heaven’s Gate : la focale privilégiant la netteté du motif en fond de plan au détriment plus flou de tout ce qui se trouve au milieu du champ.
Je vais être honnête, je ne suis pas sûr que la suite du film n’atteigne ce sommet, il est vrai stratosphérique. Mais le bien était fait.
Il ne faisait aucun doute à ce stade qu’un portail majestueux m’introduisait dans l’enceinte d’une œuvre de cinéma que je n’étais pas prêt d’oublier. Et dont je n’allais pas ressortir de sitôt.
A suivre -
Alexandre
InvitéOn l’aura plus ou moins compris, ce prologue époustouflant arbore fièrement, telle une figure de proue, les deux mamelles qui définiront la plasticité de Heaven’s Gate: un certain naturalisme entrelacé à un sens du spectacle qui m’aura pris, je le confesse, par surprise au moment où je découvre le film.
Effet découverte que j’ai à cœur de décrire mais que n’importe quel visionnage contemporain n’empêchera nullement de perdurer, que l’outrage du temps n’affectera que superficiellement.
La Porte du Paradis -et je reviens au titre français par caprice- m’aura marqué en profondeur, comme le ferait le fer rouge sur la peau d’un maverick, par l’entremise d’une saisie inédite.
Je vais donner, pour les besoins de la démonstration, exprès dans la facilité puisque la remarque à venir ne peut être qu’une fantaisie d’après-coup, mais La Porte, c’est un peu comme si David O. Selznick avait donné les clés à Maurice Pialat sur le tournage d’Autant en emporte le vent.
C’est quelque chose comme ça, sachant que Heaven’s Gate (et hop) est remarquablement plus spectaculaire que le film que signe seul Victor Fleming (alors qu’ils s’y sont mis à plusieurs) et dont le succès sera inscrit dans le marbre.
Maurice Pialat, carrément! Et bien oui: qu’y puis-je si certains moment de Van Gogh m’évoquent La Porte du Paradis? Si le batifolage éthylique de Dutronc parmi les putes me renvoie à ces plans qu’une certaine efficacité américaine rendent fugaces où un immigrant moldo-austro-slovaque divertit d’accortes filles de joie de ses mélopées slavo-folk?
Qu’y puis-je si la «Marche» du lupanar de Van Gogh me ramène à la fête aux patins à roulettes de Heaven’s Gate, dans sa félicité unanimiste?
Bien sûr, la comparaison s’arrête là et il faut raison garder. La puissance de La Porte est celle d’un porte avions à 40 millions de dollars- de 1980 s’il vous plaît- soit l’équivalent d’un Cameron de nos jours. Et ce porte-avions est tenu par des folkeux, des joueurs de mandoline, par T-Bone Burnett qui officie dans l’orchestre qui surexcitera les danseurs aux patins à roulettes. A ce stade, laissons Pialat tranquille. Restons bassement hollywoodien car en l’occurrence, cet «hollywoodien»-là nous exhalte.
A suivre -
Samuel_Belkekett
InvitéLa comparaison de Heaven’s gate et Pialat nest pas bête du tout.
Surtout qu’avec Heaven’s gate nous sommes à la fin du nouvel Hollywood mais l’ombre de celui-ci plane encore largement sur le film.
Cependant, une autre comparaison serait plus pertinente à mon avis.
Que Cimino ait été influencé par la 7ème compagnie au clair de lune me semble d’une évidence telle, que seule une méconnaissance profonde de l’histoire du cinéma peut aveugler.
Je m’en remets à votre bon sens à tous et à toutes pour parfaire cette évidente analogie. -
Alexandre
InvitéInterrogeons ce «naturalisme».
S’il conservait, dans The Deer Hunter, une texture «behavioriste» soumise à une certaine éthique de représentation à laquelle nous avaient habitués les années 70 de chaque côté de l’Atlantique, il devait, avec Heaven’s Gate, se frayer un chemin parmi les moellons qu’une intense recherche historique préalable ne manquerait pas de déposer sur son passage.
Au risque d’un académisme sur lequel le prologue tel que décrit plus haut nous rassurait en deux coups de cuillère à pot.
Pour autant, le naturalisme ici à l’œuvre, à la portée expérimentale déjà illustrée chez Jerry Schatzberg, Robert Altman, John Cassavetes, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Arthur Penn, se frotte de facto à un film en costume, plus qu’à un simple western nous y reviendrons, et qui plus est, aussi contemplatif que mouvementé.
Ce qui ne manque pas de générer, sous cette tumultueuse surface, des courants contradictoires, contrastés, provoquant par endroits des éruptions de kitsch (ces immigrants passablement folkloriques que fustigeait Pauline Kael), comme autant de réactions cutanées résiduelles à l’inoculation puissante d’un vérisme que l’ossature du mammouth en présence n’a pas complètement les moyens d’absorber.
Ces effets secondaires sont la rançon de la folle ambition d’un film qu’ils rendent d’autant plus passionnant, retors.
Cette Porte du Paradis, terre de contraste, s’incarne en un festival de scènes, d’agencements de situations, de bouts de partitions pour solistes ou grand orchestre, selon l’humeur, au service d’un foisonnement naturaliste qui est la première, et peut être principale , raison d’aimer le film. Est à l’œuvre ici une sophistication dans le naturel ou un naturel dans la sophistication, on ne saurait dire, qui finit par faire univers. Univers sur lequel nous reviendrons avant de clore.
Pour l’heure, on se contentera d’ouvrir ce grand roman filmique au hasard des pages. Celle-ci nous replonge dans des ambiances de bordel que n’aurait pas désavoué Maupassant alors qu’au détour d’un paragraphe, une catin, qu’une envie pressante rend de mauvais poil marche sur une bouse de vache juste avant qu’elle n’atteigne les chiottes. Scène absente de la version courte et dont je ne pourrais plus jamais me passer.
Celle-là nous immerge dans une effervescente quincaillerie de Casper où des mercenaires patibulaires viennent s’acheter un beau costume et se fournir en armes, sorte de déclinaison westernienne et inquiétante d’Au bonheur des dames, de Zola.
Et que dire de cette autre où un vieux chasseur de loups, seulement de passage et non concerné par les turpitudes de l’action, explique devant Ella et Nate (Christopher Walken) que pour immobiliser un loup avant qu’il vous morde, il faut lui choper la langue. Suit alors l’illustration concrète de la tactique dont le pauvre (et jeune) Mickey Rourke fera les frais. Moment de pur génie, nerveux, légèrement anxiogène, visité par l’imaginaire d’un Jack London ou d’A.B. Guthrie, qui instille, juste avant que les événements du film ne s’accélèrent en embardées funestes, un sentiment diffus de barbarie.
Mais que serait cette constellation sans son épicentre féminin: Isabelle Huppert et son personnage de maquerelle au grand cœur, Ella.
Nimbée d’amoureux arpèges de David Mansfield, nous la voyons nue, légèrement potelée, de dos, de face, courant les fesses à l’air se mettre au lit précédant son amant moins pressé car occupé à finir la tarte qu’elle lui a préparée. Sensuelle, mutine, champêtre, elle incarne à elle seule l’influence d’une certaine peinture française sur le film. La dite séquence, qui se termine par la remise de son cadeau d’anniversaire, une Studebaker, est un de ses sommets dans ce registre naturaliste. Averill (Kristofferson) offre la Studebaker à Ella, Cimino offre la scène à Isabelle. Elegiaque et mélancolique, elle nous donne à sentir l’air vif du matin, le rayonnement de la jeune actrice, sans doute consumée par la joie de ce tournage, et le déchirant sursis avant l’apocalypse.
Au moment où je découvre Heaven’s Gate, et sans doute impressionnable à cet âge, tout cela se bouscule et m’enivre. Je perçois néanmoins les hiatus entre les différents régimes de représentation tout en les intégrant de façon organique. Après tout, Heaven’s Gate est aussi un grand film populaire, généreux, accueillant, auquel l’échec plus que cinglant qu’il subit confère une dimension tragique parce qu’inscrite à même les images.
A suivre -
Samuel_Belkekett
Invité« Jerry Schatzberg, Robert Altman, John Cassavetes, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Arthur Penn »
Voilà l’Amérique qu’on aime.
Le Scorcese du début.
Coppola, dans la durée, c’est encore un autre problème.
Je ne faisais que pointer le bout de mon nez.
De mon nez-nez. -
Alexandre
InvitéLe gros élément de surprise à la découverte de Heaven’s Gate en 1981, et je conçois que cela puisse pourtant ne pas surprendre venant d’un film aussi cher, placé sous les oripeaux de la fresque, fut son caractère éminemment spectaculaire. On en avait pour son argent, selon la triviale expression consacrée.
Comment expliquer que je n’aie pas vu cela venir?
Pour des raisons déjà invoquées en amont, à savoir que lorsque le film s’annonçait, je le concevais luxueux mais contemplatif. Je le visualisais en épigone d’ampleur certes adjuvante des Moissons du ciel, de Terrence Malick.
Rétrospectivement, d’après coup puisque je ne l’avais pas vu à ce moment, The Deer Hunter n’est que de justesse un film à grand spectacle. Il l’est par son ampleur conceptuelle au sens où Cimino jouit des moyens de son ambition mais guère par ses scènes d’action. Où plutôt, lorsqu’elles déboulent (quelques plans guerriers fort brutaux et l’évasion du camp de prisonniers), elles se posent là mais restent cantonnées aux contingences du trauma.
Ce que je ne pouvais deviner était que Cimino, dans l’absolu, fut un maître de la scène d’action. Sans doute LE maître de tout le «Nouvel Hollywood» avec Steven Spielberg tout de même et aussi le scénariste-cinéaste John Milius dont l’assurance pour l’action pure fait merveille dans au moins un film: Le Lion et le Vent.
Concernant Cimino, on trouve déjà de furieuses embardées sur la fin du Canardeur et bons nombres de critiques se sont extasiés, à juste titre, sur la maestria à l’œuvre dans L’Année du Dragon. Le pourtant anecdotique Desperate Hours présentera lui aussi de beaux restes quant à cela.
Mais La Porte du Paradis aligne les planètes. Le spectacle est ici tellement total qu’il se paye le luxe de ruisseler sur les scènes intimistes à deux, ou trois personnages, dont le film est truffé.
Fait que les détracteurs n’en finissent plus d’ignorer, préférant invoquer l’ennui que leur inspirent les dites séquences. Pourtant empli d’une respiration qui se déploie par ailleurs au grand air, cet intimisme frémit, même en vase clos, de tout ce qui vibrionne et palpite d’ampleur à l’extérieur, et qui s’en vient résonner dans des intérieurs que le chef décorateur aura conçu dans la minutie d’une authenticité fruste. C’est ainsi que nous apparaît la cabane misérable de Nate (Walken) que ce dernier a tapissé de pages de journaux, en guise de papier mural, pour «décorer ce qui est nu». Trouvaille merveilleuse qui permet une scène dans la scène: à la vue de ce papier de guingois, Ella en conçoit une émotion, laisse affleurer des larmes et moi spectateur accuse réception de l’étrange jubilation que tout cela provoque. Avec trois fois rien, suprême insolence venant d’un film à 44 millions de dollars, le spectacle s’invite entre quatre murs.
Car sorti de ces refuges frugaux, ce sont le bruit et la fureur que Cimino et son bataillon de monteurs orchestrent sans compter tantôt au milieu d’un fabuleux décor, déjà, digne des plus grandes démesures du cinéma muet, des films de Stroheim ou de Murnau. Celui de la ville de Casper, que nous arpenterons du regard à deux reprises. La première, d’un approfondissement sans fin, décrivant l’immersion de James Averill (Kristofferson)au sein d’un affolement du flux urbain dans ce décor de fou qu’aucun western n’a jamais imaginé montrer: immigrants qui débarquent du train, allées et venues de figurants par centaines dont le moindre sera doté d’un accoutrement qui en révélera la statut social (nous distinguons très nettement les plus fortunés), va-et-viens des attelages qui se croisent en un oppressant fracas.
Plus tard dans le récit, lorsque le chef de gare quittera son poste pour aller porter l’alerte que l’intervention punitive des mercenaires est imminente, c’est une ville déserte que nous contemplons (un dimanche, sans doute), saisissant contraste qui n’est qu’une idée de mise en scène de plus.
Dans ces moments d’effervescence, le film se fait débauche. Il lâche tout, crache son ampleur aux confins de l’obscénité, du réjouissant étalage. Jouant de la focale, le directeur de la photo Vilmos Zsigmond fait bouillir l’intérieur du cadre, laissant éructer dans le flou du premier plan d’abstraites et rageuses silhouettes.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, il y a l’action proprement dite. Plus précisément, une action pyrotechnique tenue par une logistique de pointe, le gratin des professionnels sur la place en 1980. Maquilleurs astucieux, artificiers de haute compétition, cascadeurs impétueux et monteurs virtuoses: tous mettent la main à la pâte, ne ménageant aucun effort pour restituer le rendu brut de l’affrontement balistique, que porte une inspiration homérique.
Aussi longitudinale que latitudinale, la puissance spectaculaire de La Porte s’insinue donc un peu partout, fait feu de tous bois, nous immerge dans un monde à la fois oxygéné et étouffant, que la mise en scène déploie autant qu’elle le cantonne sous une chape d’oppression pré-industrielle que vient soutenir un sound design presque irréel (crachotements dantesques des locomotives, bruits d’usine, affolant tumulte urbain).
A quoi avons-nous réellement à faire?
A un western, vraiment?
Voilà qui sera abordé dans le commentaire ultime et terminal de cette célébration. Ouf.
A suivre
A suivre -
Alexandre
InvitéSpoilers inside
Le western nous a installé dans le confort douillet de ses topos. Topos urbains avec leur saloon, leur hôtel miteux, leur banque et leur bureau du shérif flanqué de sa prison.
Et aussi les trottoirs en bois et les abreuvoirs à chevaux.
Plus généralement, nous nous sommes laissés bercer par des configurations tissées de frontière sans cesse repoussée toujours plus à l’Ouest, de conflit permanent entre l’anarchie et la Loi, la zone de non-droits et la législation, l’open range et les barbelés.
Il ne faudrait pas pousser beaucoup pour que l’on affirme haut et fort que le western ne parle que de cela.
Galvanisés par cette assurance crâne, l’on poussera encore un peu Mémé qui n’en demandait pas tant en proclamant que le western plus ou moins traditionnel ne traite QUE du conflit entre gros éleveurs et petits fermiers, bouviers et bergers, propriétaires et squatters, cattle barons et petits colons imprudemment égarés sur leurs terres.
Et l’on aura forcément tort. Encore que.
La Porte du Paradis fait d’autant moins exception à la règle qu’elle traite d’un événement situé à mi-chemin entre l’Histoire et le fait divers: la guerre du Comté de Johnson. Ce conflit, qui s’étale sur une période allant de 1889 à 1893, s’avère une sorte de vache à lait, à lui seul de pourvoyeur souterrain de scénarios mille fois absorbés devant nos écrans petits ou grands. Cette célèbre guerre de pâturage qui a ensanglanté le Wyoming a bien dû essaimer aussi du côté de Lucky Luke, on ira vérifier.
L’originalité du film de Cimino ne se situe pas là où un événement occulte nous serait révélé. Ce que nous avions tendance à croire. La guerre du Comté de Johnson a durablement marqué les esprits, transformé la législation, fourbi la jurisprudence. Mais pour en avoir conscience , il eût fallu naître américain, ou historien spécialisé. Historien spécialisé aurait peut-être même été nécessaire autant que suffisant tant les critiques négatives d’outre-Atlantique ne semblaient pas, sauf erreur car je n’en ai qu’un retour superficiel, mentionner frontalement un fait qui allait au-delà de l’accusation de laideur, de monstruosité incohérente, de ridicule, en un mot de ratage total, un fait tout simple: l’inexactitude historique de ce qui est narré à l’écran (indépendamment du réalisme, nous y reviendrons). Ou bien alors cela a été dit et l’on considérera que l’on tient là une bonne raison de conspuer le film, n’était que tout cela indiffère le spectateur égoïste que je suis, accueillant à bras ouverts la licence mégalomaniaque d’un cinéaste qui réécrit l’Histoire à sa convenance.
Si la Stockgrower Association, qui planifie l’assassinat d’un certain nombre de supposés (ou avérés) voleurs de bétail et autres «anarchistes», a parfaitement existé, si son commandant en chef est bien l’ignoble Canton, et si il est avéré qu’une escouade de mercenaires est constituée pour commettre les exactions similaires à celles que nous montre le film et à raison d’une semblable rétribution (5 $ par jour plus 50 $ de prime pour chaque tête de pipe abattue), si le vrai Nate Champion (Christopher Walken à l’écran) fut tué dans les mêmes circonstances qu’à l’image, éviter de prendre pour argent comptant le fait inique que des immigrants venus d’Europe Centrale se soient faits dézingués par de richissimes oppresseurs, flanqués de leurs séides assassins, pourrait faire office de conseil d’ami.
La lecture «marxiste» de cette page d’Histoire nous paraît quelque peu hors sol, à la lumière des faits.
Certes, c’est bien l’accointance des gros éleveurs avec le Grand Capital qui permet leur très coûteuse, autant que risquée, expédition punitive qui consiste à envahir, tels une horde de Huns, un comté entier sur lequel ils n’ont légalement aucun droit. Re certes, cette guerre est bien déclarée par des puissants à dessein de préserver cette puissance. Certes encore, les poursuites fédérales à leur encontre, puisqu’ils agissent dans l’illégalité et puisque poursuites il y aura (ce que le film ne suggère aucunement), n’auront que peu d’impact en termes d’application de peines qu’ils ne subiront pas.
Oui, on peut parler d’injustice.
Mais sinon, contre qui se sont-ils battus? Certainement pas de pauvres immigrants affamés, qui n’avaient «qu’un pot pour pisser» mais bien plus sûrement des colons en majorité anglo-américains (comme dans n’importe quel western) bien plus organisés et installés que ce que nous montre Cimino. Et bien plus protégés aussi, notamment par un shérif qui pourrait équivaloir le James Averill de La Porte si ce n’est que le vrai Jim Averell n’était qu’un petit éleveur pendu avec sa compagne putain, Ella Watson (une photo d’elle vous décevra si vous pensez retrouver Isabelle Huppert, je préviens en gentleman), à l’orée de cette guerre.
Ce shérif donc, du nom de «Red» Angus, forma une milice de 200 hommes très aguerris et armés pour atomiser l’escouade des mercenaires, laquelle ne trouva qu’à se réfugier dans une grange et sera secourue (et arrêtée) par l’armée, venue pour rétablir l’ordre.
D’une manière générale, le camp des colons n’apparaît pas comme aussi fragile et exposé que dans le film et cette guerre de 5 ans qui n’aura fait que 40 morts à tout casser (en l’espace de quelques heures, le film doit bien en comptabiliser autant sinon plus) aura plus sûrement revêtu les atours d’une grosse vendetta à la sicilienne ou à la corse, avec son cortège de règlements de comptes, y compris après coup lorsque des colons, avides de vengeance, retrouvèrent plus tard des mecs de la Stockgrower pour qu’ils ne l’emportent pas au paradis.
Cimino suggère un peu tout cela mais par l’ambiance (magnifique) plus que par les faits dont il se fiche comme d’une guigne.
Les faits, il en fait son affaire et les contraint à épouser sa fibre romanesque, les plie à son imagination d’écrivain dont la plume est une caméra.
A suivre pour une ultime fois, juré. -
Alexandre
InvitéSpoilers inside
Il aura suffi d’une primale approche de Heaven’s Gate en 81 pour qu’aussitôt, une manière de connivence s’établisse. Une proximité qui a trouvé à s’exprimer bien des années plus tard mais qui n’en était pas moins ressentie sur le moment. Ces paysages du Wyoming -du Montana en réalité- ont l’ampleur requise et impressionnent. Ils évoquent Anthony Mann plus que tout autre cinéaste. Mais les choses en ce film se configuraient de telle sorte que le terrain que j’investissais mentalement s’en trouvait comme reformulé. L’ambition démesurée, la mégalomanie de l’homme aux commandes lui donnaient les ailes (horriblement plombées diront -ont dit- les détracteurs) d’inventer un univers. Plus encore mais de la même manière que dans The Deer Hunter, nous nous mouvions en Ciminie. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur la sérénité des retrouvailles avec les codes du western classique.
Je parlais plus haut de proximité et vais m’en expliquer car je ne peux faire l’économie de taire l’importance, quant à l’envoûtement généré par le film, d’un certain continuum «icono-mental» entre l’univers à l’écran et la réalité géographique de mon environnement au moment où je découvre Heaven’s Gate.
Enfant du Territoire de Belfort, j’en connaissais bien les confins vosgiens, ses sentiers bordés de mûres, ses parcours pédestres entre plaines et vallonnements, ses gîtes ruraux, ses cabanes en rondins, son Ballon d’Alsace et sa tarte aux myrtilles, aussi goûteuse que semble l’être celle que concocte Ella (Huppert) pour son amant James (Kristofferson). Peu de temps après la sortie du film, j’y partais camper avec des copains et psychiquement, le film s’en trouvait prolongé. Il ne quittait pas mes pensées et commerçait secrètement avec le petit séjour entre quatre potes que je vivais (l’entremise de Heaven’s Gate étant ici préférable à celle de Délivrance).
Expérience et perception toute personnelles pour dire à quel point Cimino m’immergeait en un pays de cinéma à prendre comme un ersatz hyperbolique et décentré de l’Amérique. Porte-avion ivre et funèbre, rebelle et renégat, le vaisseau Gate du skipper n’entendait rendre de comptes qu’à lui-même.
Cimino s’appliquant à parsemer son espace westernien de figures que des décennies de déclinaisons avaient lestées de routine. Il les restituait par la tangente, le chemin de traverse, réinvestissait ce que la convention avait travesti, dévoyé.
C’est ainsi qu’il s’appropriait différents niveaux de réalité, qu’il incorporait aux flux aléatoires de son imagination, au risque du ridicule si l’on aborde la composante la plus discutable du film: la présence/représentation des immigrants.
Outre, et ce fut développé en amont de cet hommage, la mystification que constitue le rôle que le scénario leur fait jouer puisque ces immigrants d’Europe Centrale n’ont aucunement pu être concernés par la Guerre du Comté de Johnson, ou alors très marginalement, Cimino les bichonnent à la kitsch, leur affuble un pittoresque que rehausse une batterie d’accents à «couper au couteau», les imagine en corpus choral d’une tragédie qui emporte tout ses protagonistes.
A titre personnel, je n’ai jamais eu à me plaindre de mon commerce avec ces immigrants tant ces derniers participaient de cette invention constitutive de l’univers «gatien» dont je me suis repu dès l’heure de la découverte. Une invention protéiforme que les immigrants pourvoyaient en teneur baroque, bigarrée. Femmes, hommes barbus ou non (on porte beaucoup la barbe dans La Porte et comme l’aurait écrit Audiard, «un barbu, c’est un barbu, vingt barbus c’est Heaven’s Gate»), toques en peau de moutons, casquettes de voleurs de poules, fichus austères de paysannes slaves cohabitant avec de plus coquettes tenues arborées par d’ex citadines déplacées par le destin, tout cela agglomère ces conventions iconographiques à cette grande fête du foisonnement ourdie par Michael Cimino.
Auberge espagnole somptuaire, Heaven’s accueille le trait grossier (ces tirades shakespeariennes un peu lourdes, ce folklore sus-décrit) autant que l’extrême délicatesse de nombre de scènes intimistes, inocule à même le spectacle des idées de folie que la réalité seule a pu documenter: ce bal aux patins à roulettes trop beau pour ne pas être vrai et dont l’Histoire du cinéma ne se remettrait pas, ces machines de guerre lors de l’assaut final qui ont réellement été utilisées lors de l’historique attaque du ranch où se sont réfugiés les mercenaires.
De folklore à folk, il n’y a qu’un pas que Cimino et son compositeur David Mansfield nous invitent à franchir pour une contribution de taille à l’originalité de l’œuvre.
Grand film folk, Heaven’s tangue au gré d’une musique qui l’irrigue tel un ADN souterrain. Résolument acoustique (à quelques arrangements orchestraux près) la géniale contribution de Mansfield à l’Histoire de la musique de film prolonge, de façon plus volontariste et lyrique, les travaux de Stanley Myers sur The Deer Hunter. Et accentue les contours boisés d’une œuvre de cinéma tissée d’arpèges libertaires que régurgitent directement 10 années de contre-culture, accueillies ici pour un ultime baroud avant extinction.
C’est ainsi que, métissée et offerte à la bigarrure, une musique d’obédience tantôt slave, tantôt cajun, tapisse les boiseries formelles d’Heaven’s d’un imaginaire que nous faisons nôtre et qui achève d’asseoir sa puissante liberté de ton.
La présence physique d’une certaine catégorie de «zicos» entérine ce complot enchanteur de même que leur visibilité dramaturgique.
Si David Mansfield, transfuge de la fameuse «Rolling Thunder Review» de Bob Dylan, se taille la part du lion dans le rôle du petit violoniste (et employé d’Ella) qui anime l’orchestre de la salle qui donne son titre au film, ce même orchestre nous gratifie de la présence de T-Bone Burnett, érudit et virtuose praticien d’une pop folk capiteuse, lui aussi ex contributeur de la Review de Dylan.
Côté méchants, Ronnie Hawkins interprète le ventripotent Major Wolcott. Ronnie Hawkins dit «The Hawk», rocker canadien de la première heure et premier patron des futurs soldats de The Band avant qu’ils ne soient débauchés par Bob Dylan.
Ronnie Hawkins qui aurait prédit à Robbie Robertson: «Petit, tu vas pas gagner lourd mais je te promets que tu baiseras plus que Frank Sinatra».
Jolie compagnie, en vérité, que nous côtoyons là.
Et le périmètre ciminien, qui n’en est pas à une générosité près, de nous en réserver encore de belles, nous surprenant de sa cohérence interne, disposant des personnages de telle sorte que chacun trimballe avec lui sa petite dramaturgie, qu’aperçu une fois au détour d’un plan, nous soyons sûrs de le revoir plus tard, peut-être transformé par les événements. Ainsi, certains characters sont vus au sein d’une assistance, présentant des blessures qui suggèrent que du mauvais leur est arrivé hors champ sans que nous sachions comment, ni dans quelle circonstance.
Aux trous narratifs qui en ont crispés plus d’un, Cimino oppose insolemment une stupéfiante précision dans le vérisme des habitus. Attardons nous sur la topette à whisky de James, qui lève le coude plus d’une fois dans le film jusqu’à se mettre minable. Lors de son entretien avec Billy (John Hurt), autour d’un billard, alors que ce dernier lui apprend la funeste décision votée à l’unanimité par les éleveurs, James pose sa topette sur le bord de la table et au son, nous comprenons qu’elle est vide. Juste après, dans le saloon de J.B. (Jeff Bridges), à l’heure où James relaie la terrible information auprès de son ami tenancier, celui-ci, machinalement, comme allant de soi, fait résonner la même topette d’une pichenette qui confirme sonorement le vide du réceptacle, avant de le remplir à l’aide d’un entonnoir.
Grand petit exemple de la maniaquerie d’un cinéaste qui veut régner en maître sur la traçabilité des faits survenant dans le périmètre de cet imaginaire-là, véritable caisse de résonance où tournent en boucle d’obsessionnels rabâchages, ou répétitions d’une formule, comme dans la vraie vie, qu’un personnage emprunte à un autre pour se l’approprier.
Mercenaire barbu à Nate: «Ella, c’est pas ton amie, c’est l’amie de personne»
Nate à Ella: «Jim, c’est pas ton ami. C’est l’ami de personne»
Motifs de la boucle, ici relayé par les dialogues, ailleurs par l’image comme tout à fait perçu par les critiques français de l’époque, bien plus favorables au film que leurs homologues américains.
Il n’est pas jusqu’à la représentation de la violence qui ne soit pas dictée par l’intensité visionnaire de la réalisation. Rarement un film relativement peu sanglant-à une ou deux exceptions près-aura été aussi violent dans sa restitution de l’insécurité balistique, d’une brutalité létale qui n’épargne pas plus les hommes que les femmes. Une première vision a même quelque chose de tétanisant.
Autre manifestation du contrôle insensé du spectacle, la mise en scène des affrontements est à l’opposé du mode opératoire à la Peckinpah. Point de ralentis chez Heaven’s mais du raffinement artificier jusque dans le subliminal comme ce plan insensé où un homme fauché par une balle voit le jour, en une fraction de seconde, passer à travers lui.
C’est sur ces considérations non verbalisées, et d’autres encore, que dans les mois qui ont suivi la première sortie du film, porté par un programme de français de Seconde estampillé XIXème, dont un certain roman de Flaubert fut l’objet d’un exposé, j’affublais Heaven’s Gate d’une distinction connue de moi seul, plutôt puérile et peu justifiable si ce n’est comme balise fixant l’inclassable: le «Salammbô du western».
«C’était vers Sweetwater, Wyoming, devant la maison d’Ella.. »
Fin du feuilleton -
I.G.Y
InvitéJe vais faire un ctrl-C ctrl-V sur tout ça dans un bloc note et me le garder pour les vacances, c’est plus simple
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Alexandre
InvitéEt bien merci à toi.
En espérant que ça complète tes impressions récentes, toi qui a déclenché mon envie de commenter ce film si matriciel pour moi!
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Alexandre
InvitéPassionnant commentaire que je ne sais pas par quel bout prendre.
La mise en vis-à-vis des deux films est parfaitement pertinente parce que tous deux représentent à mon sens une sorte d’apothéose et de point d’orgue de ce que l’esprit « Nouvel Hollywood » (j’invoque ça un peu paresseusement) à apporté au cinéma de l’époque en termes de moyens artistiques et techniques. Pour faire court, on serait là en face de deux blockbusters idéaux (ce qui ne veut pas dire parfaits, heureusement), de deux blockbusters selon nos cœurs.
Je ne m’ennuie pas au Parrain, 2ème partie mais je vois ce que tu veux dire. Et si je suis honnête, je dois bien reconnaître qu’une fois le climax somptueux du meurtre de Fanucci par le jeune Vito Corleone passé, le film peine à se remettre sur des rails. La batterie ne se recharge pas suffisamment. La loco a épuisé sa vapeur. Et les règlements de compte terminaux ne sont que l’ombre de ce qu’ils étaient dans Le Parrain, au moment où Michael faisait baptiser son fils. On peut donc dire que c’est le côté saga qui tient le spectateur plus qu’un rythme et une construction volontairement aleatoires, et risqués.
Je pense tout simplement que La Porte du Paradis fait plus que prendre des risques en termes de narratif. Le film en réalité se soucie comme d’une guigne que le spectateur s’y retrouve tellement les ellipses sont gigantesques, tant il nous faut nous mêmes consentir à l’effort de combler les trous.
Personnellement, ça ne m’a jamais gêné d’autant que contrairement au Parrain 2, une montée en puissance de la tension est ici à l’œuvre et sa résolution, presque tarantinienne, se fait dans une explosion de violence qui voit advenir la mort d’à peu près tout le monde.
Comment puis-je m’ennuyer dans ces conditions à moins que quelque chose en moi ait décidé, dès le départ, qu’il y aurait ennui?
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la « raideur » du Parrain qui est aussi un principe caractéristique de son esthétique.
En revanche, j’attire ton attention sur le fait que le grand point commun entre les deux films est leur extraordinaire mise en son.
Chez Cimino, la mise en son est tout aussi remarquable dans The Deer Hunter.
Chez Coppola elle l’est sur toute la filmo, du Parrain à Megalopolis, en passant évidemment par Conversation secrète.
Il faudrait que je revoie Les Gens de la pluie, film modeste, pour vérifier si cette caractéristique est déjà présente. -
Alexandre
Invité« La mise de TG2 est tout de même très statique, même les scènes de foule (notamment l’émeute à Cuba) ont incomparablement moins de physicalité que celles de HG «
Oui, évidemment.
Mais ne leur faisons pas un mauvais procès : ces séquences de Cuba sont faites pour être fonctionnelles. Elles rendent compte de façon certes précipitées, catapultées même, d’un fait d’Histoire et partant, de l’immense ambition du film d’embrasser cette Histoire.
Pour rester dans le comparatif Cimino/Coppola, elle annoncerait pour moi les scènes de la chute de Saïgon dans The Deer Hunter, certes supérieures en termes de mise en scène.-
MA
InvitéBel echange. Merci
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I.G.Y
InvitéJe mets tout ici.
« reste aussi John Cazale » : oui. Mais de manière générale je pourrais vraiment, dans son genre, défendre le premier Parrain. Entre autres la scène d’ouverture : ça danse vraiment, ça bouffe vraiment, les figurants ne font pas que figurer, on se balade, tout ça me va. De même qu’on y voit de mémoire bien plus de scènes fortes, classiques ou non, que dans le II.
« ces séquences de Cuba sont faites pour être fonctionnelles » : oui, et ça se sent. C’est toute la différence avec par exemple la scène du I dont je parle juste avant. Pour rester dans le II, on y trouve aussi plusieurs scènes de fête qui sont bien pâles et symptomatiques, à mon avis, des impasses de ce volet. Fête de nuit avant l’attaque, au bord de l’eau : débauche de moyens, orchestre, dizaines/centaines de figurants, le tout pour à peu près rien (une discussion à table sans intérêt, une scène pénible pour montrer les faiblesses de Cazale avec une femme ivre random); idem, qui m’a beaucoup frappé : la scène au restaurant-cabaret, dont l’unique fonction est de nous montrer Cazale grillé par Pacino à propos de Johnny Ola, débauche de moyens, cabaret complet sur scène pour en fait nous le montrer…20 secondes, et enchaîner sur d’énièmes mondanités et intrigues masculino-spaghettiques. Le cabaret tout entier devient simple un plan de coupe — j’en viens à oser espérer qu’ils se sont greffé sur un cabaret qui « passait ce soir là » : serait-ce plausible de la part de Coppola? (question sincère). Ça me frappe car on sait pourtant Coppola capable de « se faire plaisir » avec des scènes de ce type : démesurées (mariage du I), avec de la danse (une ou deux très bonnes longues scènes de danse dans Coup de Cœur, film difficile pour moi par ailleurs), et ainsi de suite.
Reste tout de même dans le II cette étonnante insertion de la scène du procès, incise qui m’a indéniablement réveillé (même l’éclairage change).
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Alexandre
Invité« Reste tout de même dans le II cette étonnante insertion de la scène du procès, incise qui m’a indéniablement réveillé (même l’éclairage change). »
Ahhh restent beaucoup de choses quand même.
A commencer par l’évocation de Little Italy: arrivée des immigrants, passage par Ellis Island, scènes de rue hyper crédibles, fêtes populaires, caf conc de guingois, etc..
C’est pour moi la meilleure évocation des quartiers ethniques new yorkais du début XXème. Meilleure que celles de Ragtime et Il était une fois en Amérique.
Ce que tu dis de la partie Pacino n’est pas faux mais je prendrais deux paramètres en compte pour en atténuer la charge.
D’abord leur côté plus fonctionnel, moins incarné que leurs équivalentes du Parrain reflètent aussi le changement d’époque. L’opulence un peu froide n’est pas que celle de Coppola disposant de moyens plus conséquents qu’en 72, elle caractérise aussi l’installation au sommet de Michael Corleone, ses relations policées (et hypocrites) avec des sénateurs, son positionnement sociétal.
Ensuite je crois que quelque chose est à louer, et possiblement admirer dans les deux Parrains (le troisième reproduit ces qualités mais il vient trop tard, il est autre) : Coppola y invente une gestuelle « Parrain », toute une batterie comportementale que personne n’a jamais osé imiter.
On a bien sûr, et ad nauseam, singer Brando et ses cotons dans les joues mais c’est autre chose. Et je ne m’arrêterais pas sur la possible surestimation pour le coup de Marlon Brando, comédien.
Je parle ici de tout un univers dont les personnages se comportent physiquement comme les marionnettes qu’on imagine se balancer au bout des fils qui font le motif graphique des affiches des deux films.
Petiot, à l’occasion de longs déplacements en voiture, je me souviens avoir été fasciné par les 4×3 du Parrain, 2ème partie sporadiquement perchées en bord de route. Plus énigmatique encore que l’affiche de L’Exorciste, celle du Parrain ne laissait pas de m’intriguer. De quoi ce film pouvait-il parler? D’une histoire de famille dans un atelier de marionnettiste (sic)? Je n’étais pas si loin de la vérité.
Aucun autre film de gangsters en amont, comme en aval, n’aura ne serait-ce qu’imaginer reproduire cette invention inépuisable d’attitudes physiques, de positionnements dans le cadre, que ce soit dans l’action ou les palabres, de personnages saisis entre humanité et « marionnettisme ».
Avec les deux premiers Parrains, Coppola invente les humarionnettes.
C’est là dès Le Parrain mais comme tu le mentionnes, il y a encore trop de vie, trop d’électrons libres (James Caan, chien fou). Dans Le Parrain, 2ème partie, les humarionnettes ont enfin un film tout à elles.
C’est un festival de gestuelles « à la Parrain », de corps qui se raidissent soudainement ou au contraire s’affalent, de tueurs lourds et félins, d’assassinés saisis dans leur stupeur, de gestes bruts mais économes. Même l’utilisation parcimonieuse du sang participe d’une économie baroque de la mise en scène qui nous plonge dans un univers que Coppola s’est plu à inventer.
Il y a une planète Parrain. -
Seldoon
InvitéA peu près toutes les scènes d’assassinat du I et du II sont des modèles du genre – que ce soit les grandes et baroques ou les sobres. On voit tellement de scènes de mise à mort au cinéma qu’on oublie de rendre grâce aux rares qui nous font croire au passage de vie à trépas.
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Alexandre
InvitéAbsolument.
Et il est piquant de se demander pourquoi, et surtout comment, ça n’opère plus dans Le Parrain, 3ème partie, qui reste pourtant un film somptueusement mis en scène et inventif. -
Alexandre
InvitéCela dit le côté « passage de vie à trépas » auquel on croit dans les deux premiers Parrains est à nuancer.
Je ne suis pas sûr qu’on y croit beaucoup plus qu’ailleurs. Ce à quoi on croit en revanche, ou plutôt ce sur quoi la réalisation nous focalise, n’est autre que la mesquinerie vénéneuse de la mise à mort. Les plus beaux trous de balles du cinéma (ou autres avanie), parce que discrets, non insistants, pas pyrotechniques pour un sou, secs et précis à la fois, c’est dans les Parrains 1 et 2 qu’on les trouve. -
I.G.Y
Invité« Coppola y invente une gestuelle Parrain, toute une batterie comportementale que personne n’a jamais osé imiter » : je ne saurais pas trancher, par manque d’expérience, le caractère inimité (hors Brando) de la gestuelle Parrain au cinéma, en revanche j’ai retrouvé ce bon article du NYT qui résumait brièvement la curieuse circulation fiction-réalité-fiction (et vice-versa) du Parrain dans le crime organisé new-yorkais et ailleurs. Il aborde justement cette affaire de « palette comportementale ».
J’aime bien « humarionnettes », et le côté « Planète Parrain » me paraît toucher quelque chose (qui se retourne en partie contre le film). Ça peut sans doute ce relier aux questions sérielles dont vous parliez plus haut.
Concernant Brando, je comprends et rejoins les critiques à propos de la « patate dans la bouche » et du surjeu afférent, qui pour ainsi dire fait primer la Planète Parrain sur la Mafia. Il n’empêche que d’un point de vue purement cinématographique je trouve que le personnage apporte comme un contrepoint, un équilibre que je ne retrouve pas dans le II. Sa vulnérabilité, son âge, quelque chose de ce genre, qui donnent lieu à deux excellentes scènes au moins (la scène de sauvetage à l’hôpital, la scène de sa mort). Je ne suis bien sûr pas dupe du fait qu’on assiste là, dans tout le film, à la constitution de Vito en grande figure morale — sur un plan plus politique, d’une moralité seigneuriale.
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Seldoon
InvitéIl en reste quelques uns dans le 3.
La scène de l’hélicoptère par exemple. Par contre le meurtre par lunettes plantées dans la gorge on ne croit à rien (ni le sacrifice ni les lunettes mortelles). Pourtant quand tu écoutes l’équipe en parler (Walter Murch je crois) c’est présenté comme une scène de meurtre typique des 3 parrains. Mais à l’évidence c’est devenu du cinoche s’auto-référençant. Même les astuces à l’opéra (je tiens le corps du garde mort contre moi en le faisant passer pour vivant) font nanard. Pas vu le Spielberg mais il semble qu’il s’y joue un peu la même chose : des trucs qui fonctionnaient dans Indiana Jones quand bêtement appliqués comme des recettes ne font plus que du nanard. -
Alexandre
Invité« Mais à l’évidence c’est devenu du cinoche s’auto-référençant. «
Oui, c’est exactement ça.
A son AP au Max Linder en 91 (je me rappelle qu’il y avait Alain Chabat), j’étais ressorti déçu à cause de ça. Depuis j’ai appris à bien l’aimer mais comme Coppola isolé pas comme digne successeur.
@I.G.Y.
Sur Brando, disons que je fais partie de ceux qui ne se pâment pas devant sa prestation (et plus généralement de ceux qui ne se pâment pas devant Brando). Pour autant, il ne met pas le film par terre. Son personnage existe et participe du charme baroque.
« j’ai retrouvé ce bon article du NYT qui résumait brièvement la curieuse circulation fiction-réalité-fiction (et vice-versa) du Parrain dans le crime organisé new-yorkais et ailleurs. Il aborde justement cette affaire de « palette comportementale » »
Je n’arrive pas à le lire mais ce que tu en retournes suscite l’inquiétude qu’on ne parle pas de la même chose.
S’il s’agit de reproductions comportementales dont la plus courue serait une imitation de Brando, je ne parle pas de ça.
J’aborde expressément quelque chose qui a trait à la mise en scène, la réalisation, le parti-pris esthétique. -
Seldoon
InvitéN’importe quoi c’est Andy Garcia, pas Alain Chabat.
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I.G.Y
Invité« S’il s’agit de reproductions comportementales dont la plus courue serait une imitation de Brando, je ne parle pas de ça. » : justement non, c’est plus fin que ça, plus large (c’est très étrange cela fait plusieurs personnes qui ont des problèmes avec FileVert ici, alors que de mon côté le lien marche très bien, il suffit de cliquer sur « tout télécharger »).
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Alexandre
InvitéC’est bon je l’ai. Je vais lire ça.
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Alexandre
InvitéBon j’ai lu et je confirme (mais je m’y attendais) qu’on ne parle pas de la même chose.
L’article cause mythologie, moi stylistique.
Et en effet, la mythologie ne joue pas en faveur du film. Cela a de toutes façons été dit dès la sortie du film, qui était taxé de complaisant, de familialiste, cultivant un « romantisme » seigneurial (« Moi Monsieur, je ne touche pas à la drogue! »).
Tu remarqueras à la lecture de l’article qu’il n’y a aucune référence au Parrain 2, qui est moins aimable dans ses implications, plus abrasif.
Mais ma « planète Parrain » concerne tout autre chose. -
I.G.Y
InvitéL’article mentionne précisément des changements dans les manières de bouger, de s’embrasser, de parler, de décisions en matière d’habillement ou de comportement, qui ne sont pas pour moi de la mythologie mais quelque chose de très concret et profondément lié à l’esthétique développée dans le film. C’est justement, à tous les sens du terme, du style. Partiellement puisé dans les codes mafieux existants mais brassés dans la popote affective de Puzo et Coppola, le répertoire de gestes et d’attitudes offert par le film nourrit en retour le « milieu », son « code ». Ne l’invente pas mais l’infléchit, en fournit une structure, un référent possible (c’est exactement comme ça qu’en parle l’un des intervenants).
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Samuel_Belkekett
InvitéAttention avec Brando !!!
Le premier qui aurait un mot de travers avec Brando aura affaire à moi.
Je préfère prévenir à l’avance.
ON NE TOUCHE PAS À BRANDO !!!
Ou alors il faudra passer sur mon cadavre.
Ne vous pâmez pas devant Brando si vous ne voulez pas. D’ailleurs ça veut dire quoi se pâmer devant Brando.
On ne se pâme pas devant Brando, on est sidéré par Brando.
Sidéré par la présence de Brando. -
Tony
InvitéJe ne sais pas si c’est humoristique mais il est notoire que François déteste Brando et le courant Actors studio qu’il représente,ce que l’on peut comprendre puisque c’est un jeu qui feint d’être naturel et,surtout,fait de l’acteur un créateur qui va donner un sens et des intentions à tout ce qu’il interprète,ce qui peut donner des résultats éblouissants(De Niro dans Taxi Driver)ou grotesques(Brando est au bord de l’être dans Le parrain)
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Samuel_Belkekett
InvitéAlors là… Si tu me lances sur Brando, l’actor studio si tu veux.
On n’a pas fini. Ça va être un putain de pavé…
Je vais essayer d’être synthétique. Je vais essayer.
Oublie l’actor studio.
Mon hypothèse, qui est bien plus qu’une hypothèse. Mais une stricte vérité :
C’est que Brando est à l’actorat, ce que Charlie Parker était au jazz.
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Personne dans le jazz, aucun musicien ni listeners consciencieux diront « Bof Charlie Parker bof, pas terrible » Miles Davis dans son autobiographie disait qu’il n’utilisait jamais le terme « génie » trop abstrait sauf pour Parker. Parce qu’il pouvait être absent de toutes les répètes, arriver défoncé au dernier degré le jour du concert et le type jouait 100% juste et en osmose avec les autres.
Brando c’est le même genre. Il n’a rien, je dis bien rien besoin de faire pour crever l’écran. Il a qu’à faire un moindre geste pour que l’émotion soit là.
Y’a pas si longtemps je revoyais « La vengeance aux 2 visages » un western, le seul film qu’il a réalisé. Un moment il est avec un autre type à une table de saloon. L’autre type lui explique que le mec que Brando cherche (Karl Malden) est dans une ville et qu’il veut taper la banque de cette ville et propose un marché à MB… Pendant toute la scène Brando ne dit pas 1 mot, c’est l’autre qui parle, juste à la fin de la scène Brando fait ouais, c’est tout. Pourtant durant toute la scène on ne voit pas le mec qui parle, on ne voit que Brando, qui pourtant ne fait rien, ne bouge pas un cil. La présence est incommensurable.
La première image du dernier tango. Brando est sous un pont à Paris, en une fraction de seconde le personnage est là tout entier. En une fraction de seconde.
Dans « on the waterfront » Il y’a vers le début, un plan en hauteur. Il y’a tout un tas de dockers dans le cadre. Un flic arrive dans le dos de Brando, il lui touche l’épaule et Brando reconnaît le flic au même moment. Observe le mouvement qu’il fait pour chasser la main du flic. Un déhanchement de la hanche et de l’épaule, ça dure moins d’une seconde mais personne ne fait ça aussi naturellement. Personne. Tu parles de l’actor studio. La méthode stanislavsky consiste en la « sense memory » rien à voir avec donner un sens. C’est retrouver dans sa propre expérience sensible les données de l’instant sensible. Il n’y a pas de sens là-dedans. En clair, quand Brando dans sa jeunesse a eu affaire aux flics, ou quelqu’un qu’il n’aime pas lui a touché l’épaule, c’est exactement comme ça qu’il devait réagir. Le même mouvement d’épaule.
Je n’y peut rien si Bégaudeau qui se méfie de la théorie en a plein la tête concernant le cinéma, qu’il ne voit plus les choses simples.
J’ai vu un extrait de cet entretien où il parle de Brando. Mais là c’était trop pour moi, j’ai coupé au moment précis où Bégaudeau dit « heu je ne sais pas si c’est l’actor studio lui, si je crois, peut-être pas, enfin à vérifier ». Alors qu’il est le premier à avoir testé la méthode Stanislavsky. Mais bon, rien que la présence ! La présence bon dieu. Elle est incroyable cette présence ! On ne pourra jamais objecter à Brando d’en faire trop, puisque précisément il ne fait rien. Il n’a juste qu’à être là. Puis quand je parle de Charlie Parker et sa légende. Légende véridique. Je suis loin d’être le seul à partager ce point de vue. De Niro lui rend hommage à la fin de Raging Bull, et tous les bons acteurs le disent, de Dustin Hoffman à Pacino en passant pas Day Lewis, sans parler des actrices comme Jean Seberg et des tonnes d’autres le savent très bien.
Le fait est qu’il ne faut pas se tromper de cinéma non plus.
Brando chez Hong Sang Soo prendrait trop de place. Chez Rohmer… que dire.
Mais demandez à Hong Sang Soo ce qu’il pense de Brando.
Pour ne pas voir le génie de Brando, il faut d’une part ne pas avoir envie de le voir et surtout, surtout avoir dans la tête quelque chose qui bloque. -
Samuel_Belkekett
InvitéJ’oubliais le fait que Bégaudeau aurait dit de Brando que c’est un con.
Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire exactement, mais on en connaît beaucoup des acteurs qui refusent l’oscar ? Et en ce qui le concerne, en envoyant une native américaine pour le refuser ? On connaît l’histoire de Coppola qui pour Apocalypse Now a dû insister pour avoir Brando parce qu’aucun producteur ne voulait en entendre parler. Pour dire que c’est plus qu’un acteur, c’est un personnage.
Je ne sais pas ce qu’il entend par con Bégaudeau, mais une fois, il y a eu un entretien d’une ex de Brando, actrice aussi, qui disait que malgré l’entente, elle en avait marre qu’il la trompe. Alors elle a accepté un rôle dans un film avec Elvis, l’autre king a-t-elle dit, et elle a eu une aventure avec Presley. Puis elle a dit qu’un mois plus tard elle en a eu marre de Presley, c’était un bouseux comparé à Brando qui lui était un penseur, et je la cite texto.
Moi qui aime beaucoup Jean-Pierre Léaud, je me souviens qu’il a dit que sur le tournage du Dernier tango, il ne voulait pas voir Brando parce qu’il aurait été trop impressionné. Denis Hopper a dit la même chose sur le tournage d’apocalypse now. La seule raison en est le charisme extraordinaire du mec.
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Maintenant la méthode stanislavsky, l’actor studio et Lee Strasberg, je ne considère pas que c’est l’unique voie pour le cinéma. Mais la mémoire sensitive qui en est la base, n’est pas cette distance dont parle Tony.
« c’est un jeu qui feint d’être naturel et,surtout,fait de l’acteur un créateur qui va donner un sens et des intentions à tout ce qu’il interprète »
Moi j’aimerais beaucoup savoir d’où vient cette analyse.
Si quelqu’un ici me donne la moindre référence qui puisse confirmer qu’un jour quelqu’un a pu dire une connerie de ce genre, j’aimerais bien en connaître l’auteur. Si ça sort uniquement de l’esprit fertile de Bégaudeau, alors qu’il développe un peu. Mais comme d’habitude, la fuite en avant sera sa seule réponse. Le fait est que j’ai passé quelques années aux US et qu’à LA mon pote et coloc suivait des cours au Lee Strasberg institute, nous en parlions longuement et beaucoup aussi des exercices de yoga et de méditation que cela exigeait, et non du tout ce que suggère Tony via le maestro Bégaudeau qui aurait selon vous toujours raison, sans jamais questionner quoi que ce soit.
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Maintenant si vous, vous vous forcez à penser comme Bégaudeau parce que vous avez besoin d’un maître à penser. Libre à vous.
Mais c’est aussi votre sensibilité qui est en jeu.
Généralement on ne triche que moyennement avec le monde sensible.
Donc revoyez les films avec Marlon, revoyez Sur les quais par exemple. Un Tramway nommé Désir. La vengeance aux 2 visages… Et on en reparle. -
Tony
InvitéRires(désolé)si j’ai dit une connerie sur la méthode je m’en excuse,je ne suis pas un spécialiste ou, plutôt, j’ai tout oublié puisqu’à une époque je fréquentais une fille qui prenait des cours et elle avait ce livre de Stanislawski que j’ai un peu feuilleté,en effet la méthode c’est d’aller chercher dans notre mémoire émotionnelle les émotions du personnage et les revivre dans son interprétation pour justement supprimer toute distance entre l’interprète et le personnage.
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Samuel_Belkekett
InvitéVoilà !
C’est ça la mémoire sensitive ou sense memory.
Mais la différence c’est que si pour bien des acteurs ça demande un travail de concentration énorme, lui Brando ça lui était particulièrement facile.
Sauf pour le Dernier Tango ou il a, dit-il, beaucoup donné de lui-même.
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Pour finir…
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Prend ça dans la gueule Bégaudeau…
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François Bégaudeau
Maître des clésoh oui ce moment d’Oscars mille fois vu et revu est une vraie calque dans ma gueule
toutes mes excuses Marlon
tu n’es pas un pitre, tu es un génie -
Alexandre
Invité@I.G.Y.
J’entends bien ce que toi et l’article développent.
Mon emploi sans doute maladroit de « mythologie » ne faisait rien d’autre que d’aller dans ce sens. Je ne peux m’empêcher de penser que tout cela ne va pas au delà d’un certain folklore. Il est un moment question d’italianité dans l’article. Il est évident que beaucoup de gens d’origine italienne au sens large (y compris le père d’un cousin côté maternel- donc mon parrain -qui par ailleurs se foutait du cinéma) pouvaient adorer Le Parrain pour sa façon de titiller parfois finement la fibre originelle.
Que les intuitions talentueuses (et documentées) des auteurs aient induit des affects similaires au sein même du Milieu au point comme tu le dis d’infléchir leurs comportements n’étonne pas et adoube la crédibilité du film en même temps qu’elle en interpelle l’idéologie. Ce que tu as laissé entendre par ailleurs. Les gangsters, les vrais, reprennent des phrases, des éléments de langage, des attitudes et des comportements, des positionnements d’autorité (« Avant de parler, tu te tais et tu écoutes! ») que le film semble inscrire dans le marbre et qui finissent par nourrir la fibre romanesque (sic) des mobsters
Ce que toi et l’article commentez me paraît relever de l’anthropologie même si cette dernière est inextricablement corrélée à la mise en scène.
Moi je ne parle QUE de mise en scène. Je n’ai fait qu’énoncer mais je n’ai pas développé. Intérêt personnel pour l’originalité et l’unicité de ce propose Coppola dans le champ genré du « film de gangsters » et qui est plus systématisé dans le Parrain 2 par lequel Coppola extrapole et approfondi des figures de style qui ne sont qu’ébauchées (enfin, un peu plus qu’ébauchées quand même) dans le premier opus.
Sans vouloir leur manquer de respect (je ne voudrais pas retrouver la tête de mon hamster dans mon lit), je ne suis pas persuadé que les gangsters aient été en mesure de réinsuffler et d’infléchir des figures stylistiques dont seul le cinéma peut se prévaloir. -
I.G.Y
InvitéRire, ok, je comprends mieux, merci. Ta dernière thèse est forte et me demanderait beaucoup de travail pour être discutée, j’en suis à l’heure qu’il est bien incapable. Mon pif, ma péninsule qui petit à petit j’espère se piffise, m’indique qu’une telle chose est possible. Du moins si l’on suppose que les films de gangsters parviennent, formellement, à capter le renouvellement considérable du rapport au monde des gangstérismes (et l’on en revient toujours, entre autres, à la question des changements de mode de circulation de l’information via ladite « dématérialisation »; on pourrait ajouter « l’ubérisation », qui y est aussi à l’œuvre, etc…)
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Alexandre
InvitéTout de suite, maintenant c’est difficile mais je nous prédit à très court terme des échanges des plus nourris au sujet d’un film avec lequel je n’ai jamais cessé de convoler.
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Ostros
InvitéLa programmation du ciné club 2026 – 2027 est arrivée !
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– au travers des oliviers (1994) – kiarostami – mardi 29 septembre
– mean streets (1973) – scorsese – mardi 10 octobre
– Sicilia ! (1999) – straub et huillet – mardi 05 novembre
– éléphant (2003) – GVS – mardi 08 décembre
– goodbye south, goodbye (1996) – HHH – jeudi 28 janvier
– l’homme qui tua liberty valance (1962) – Ford- mercredi 24 février
– la chinoise (1967) – godard – mardi 30 mars
– la dernière piste (2010) – reichardt – jeudi 29 avril
– double messieurs (1986) – stévenin – mardi 18 mai
– mercuriales (2014) – vernier – mardi 01 juin
Des classiques et des découvertes-
Sarah G
InvitéMerci Ostros
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eustache
Invitéformidable de variété! (même si ça manque d’un muet allez!)
On sait tout de suite que le Straub (quoiqu’un des plus accessible), ce Godard-là et le Vernier ne vont pas faire consensus et c’est tant mieux!-
François Bégaudeau
Maître des clésMean streets 20 octobre – et non 10
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Charles
InvitéGoodbye south, goodbye en janvier, c’est à marquer d’une croix sur le calendrier.
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Cynthia Lennon
InvitéJ’ai lu « même si ça manque d’un mulet »
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poissonvache
InvitéJ’aime beaucoup la manière dont François fait de la critique. Ca qui m’a vraiment ouvert à cette pratique à laquelle je suis longtemps resté hermétique malgré un vrai amour du cinéma. Et j’ai remarqué depuis quelques années que son domaine d’expertise était très axé sur les films occidentaux ou apparenté (à forte dominance france/USA). Je me retrouve donc un peu orphelin quand je m’aventure dans d’autres contrés cinématographiques car j’aime bien ma petite loupiotte bégaudienne pour éclairer le film. Quelqu’un aurait d’autre références de critique étant dans la même veine ? Je parle français anglais et portuguais. Merci d’avance !
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François Bégaudeau
Maître des clésCette forte prédominance France USA je ne peux la nier. Heureusement un iranien et un taiwanais sauvent l’honneur – et un suisse.
Affaire de génération, de sociologie – et de longue domination objective de ces deux cinématographies, selon des modalités différentes-
Homme à la trompette
InvitéMoi c’est plutôt l’absence quasi-totale du cinéma d’avant les années 1950 (dans les films traités comme dans les références convoquées) qui m’attriste… Bégaudeau a-t-il déjà parlé de Feuillade, de Stroheim, de Griffith, de Tourneur, de Dwan, de Ulmer, de Walsh, de Borzage, etc. ? J’ai l’impression que ce cinéma ne l’intéresse pas…
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François Bégaudeau
Maître des clésPeut-etre ne faudrait il pas tirer de deux années de ciné-club, composées de vingt films, des grandes conclusions sur les gouts de Begaudeau.
Begaudeau, que je connais un peu, programme en tenant compte de plusieurs critères :
1 ses gouts, bien sur
2 les films disponibles
3 la durée : moins de deux heures (et donc des films comme Les Rapaces, que j’aime, passent à la trappe)
4 l’intéret de ce que j’envisage pouvoir en dire (par exemple je pensais programmer La règle du jeu, un de mes films préférés, mais je ne vois pas ce que j’ai à en dire qui n’ait pas été mille fois dit et bien dit)
Je signale aussi que sur 10 films, cette année, figuraient un muet (Keaton) et un Hitch de 54.
Je signale aussi qu’en effet, ma culture est lacunaire, et qu’il y a des périodes ou des cinéastes que je connais mieux que d’autres. Je ne suis pas critique H24, comme tu sais (ou pas), et oui j’ai vu peu de Walsh, très peu de Borzage, zéro Ulmer, etc. Pardon de n’etre pas encyclopédique.-
François Bégaudeau
Maître des clésUne fois ceci posé, qui me semblait devoir l’etre, nous pouvons maintenant aborder calmement ce que tu suggères rudement. Pour avoir revu quelques films de l’age classique récemment, il m’est apparu que oui fondamentalement ce que j’attends du cinéma est davantage susceptible d’etre satisfait dans le cinéma post-années 50. Et oui l’abstraction codifiée de la syntaxe classique n’est pas mon lieu de base – de même que oui à tout prendre mon affinité physique va davantage à la peinture post 1850 qu’à celle qui précède. Avec bien sur moults exceptions – de Poussin à Lubitsch en passant par Chardin et Hawks.
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Charles
InvitéJe suis bien d’accord avec cette appréciation sur le cinéma ante années 50. Beaucoup de ces films m’intéressent plus du point de vue de l’histoire du cinéma qu’en tant que tels. Nombre d’entre eux ont mal vieilli ou apparaissent aujourd’hui limités car ils ont été depassés par des oeuvres ultérieures, notamment les films de Hawks tant Scarface que Rio Bravo.
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Charles
InvitéCe sont bien entendu les films de genre qui souffrent le plus de cette péremption.
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Stéphanie
InvitéNe n’être pas encyclopédique
Ouf
J’ai vu Goodbye South Goodbye hier soir : superbe
A distance, on peut aussi prendre les meilleurs
Et que vivent les cinés clubs
Merci le Bègue ( on t’appelle comme ça à la maison)-
François Bégaudeau
Maître des clésd’ailleurs je bégaye souvent
notamment devant les chats
dont l’aisance me laisse coi
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Mao
InvitéLa chinoise
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Ostros
InvitéEt le ciné club sur je regarde est dispo !
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lison
InvitéRéjouissez vous, le prochain Radu Jude « Journal d’une femme de chambre » est super ! Précis, mordant, drôle, très fin sur les rapports de classe, sur le rapport au temps ( choisi/ contraint) , sur l’argent, sur ce qu’on achète (la vie des autres) pour mieux vivre la sienne.
j’aime ces quelques jours qui défilent de septembre à décembre, ces vitres, ces miroirs, ces vitrines nettoyées,
J’aime ce qu’il a filmé de Bordeaux (les dorures, l’esclavage, les pauvres , le miroir d’eau),
j’aime son traitement de cette bourgeoisie culturelle, qui « ne sait pas ce qu’elle ferait sans elle » ( la domestique roumaine), et ce repas entre amis où l’on interpelle la domestique pour avoir son avis sur la guerre en Ukraine,
j’aime que cette roumaine les insulte dans sa langue( l’enfant, la grand mère) , récupère l’argent, ne donne pas d’argent aux plus pauvres qu’elle, voilà enfin une travailleuse immigrée qui n’a pas toutes les qualités de la terre,
j’aime les scènes de théâtre et encore plus les scènes qui réunissent le groupes de théâtre et leurs discussions sur la nudité, le bien être animal, et les migrants , rien vu d’aussi juste et moqueur sur ce milieu là,
j’aime le rapport de ce couple à cette jeune roumaine ( tellement compréhensif…jusqu’à ce qu’il le soit moins), et Macaigne et Mélanie Thierry sont parfaits dans leur rôle,
j’aime l’usage des vidéos sur téléphones portables( appels en visio, images de guerre,…)
et incroyable scène de conte ! Conte dit à Bordeaux et images de la Roumanie,
La fin est géniale, qui ne boucle rien,
Et j’aimerai une suite qui pourrait avoir quelque chose de « Parasite », si..
J’aime tout de ce film, j’en suis sortie euphorique, et je demande officiellement un TVB pour sa sortie en octobre .-
François Bégaudeau
Maître des cléscette fois on ne ratera pas Radu
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..Graindorge
InvitéSuper Merci lison
Enthousiasme contagieux
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Mathieu
InvitéPour les abonnés de la plateforme Bref cinéma (destinée aux courts-métrages), vous trouverez un autre court d »Emmanuel Marre: Le Film de l’été
Et je conseille également fortement le court-métrage documentaire Car Wash de Lais Decaster -
Victor
Invité« Le film de l’été » est également disponible sur arte pour les non abonnés à Bref, (je recommande vivement au passage)
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Ostros
InvitéThanks folks
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Stéphanie
InvitéChouette ! Merci Victor
Je remets ce lien au cas zou
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Charles
InvitéLa critique du Spielberg par Rayon vert c’est quelque chose, difficile de faire plus pédant et amphigourique : https://www.rayonvertcinema.org/steven-spielberg-analyse/
On est à la limite du pastiche.-
MA
Invitéamphigourique: joli
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Tony
InvitéEn effet là on est au sommet de la philosophie, c’est irrespirable,on comprend quand même quelques idées simples qui n’avaient pas besoin de Kant et Leibniz pour être énoncées,et qu’il y ait du gâtisme dans Disclosure Day c’est ce que je me suis souvent dit lors de la projection comme je me l’étais déjà dit en voyant Megalopolis de Coppola, même génération, cinéastes vénérés qui pontifient sur l’humanité.
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Charles
InvitéComment est-ce possible autrement quand on dit depuis 30 ans que tu es un génie du cinéma?
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Tony
InvitéCe qui fait mal dans Disclosure Day c’est de voir cet alien, à la fin,sur une chaise roulante,il a un message à nous faire passer alors que la troisième guerre mondiale est à nos portes et alors j’y ai vu un vieillard venu nous dire,à nous autres enfants,que ça suffit les conneries, arrêter de vous mettre sur la gueule,on n’est pas seul dans l’univers,triste fin de carrière.
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François Bégaudeau
Maître des clésDans le genre sauvons l’insauvable en recourant à l’herméneutique, je signale le texte de Joshué Morel de Critikat . Gloser un film reste vraiment la meilleure façon de ne pas le voir.
TVB en ligne ce soir.-
Schnoups
InvitéC’est le style des « Nouvelles du front cinématographique ». J’ai lu leur critique d’Echos d’un sombre empire et c’est assez indigeste aussi. Quand j’étais mauvaise langue je disais de ce genre de critique ciné que c’était de la critique d’agrégé de lettres.
C’est vraiment amphigourique Charles – et pas amphibourique, premier mot que je cherchais dans le dico.-
MA
InvitéPareil pour la recherche dans le dico du mot.
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François Bégaudeau
Maître des clés« c’était de la critique d’agrégé de lettres. »
Cette attaque sous la ceinture est hélas pertinente.
Le texte de JM procède effectivement de l’analyse littéraire. Enfin de celle qui se proclame telle au lycée et à la fac, et qui n’est jamais qu’une interprétation des signes et symboles qui jalonnent le texte , sans davantage de rapport avec la textualité que la critique de JM n’en a avec la facture cinématographique du Spielberg-
Schnoups
InvitéTes critiques sont bien entendu à l’opposé de ces amphigouris.
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Dr Xavier
InvitéMon préféré reste : « cabalistique apophtegme » (trouvé dans la bondissante BD De cape et de crocs, ça m’est resté)
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Schnoups
InvitéDonc si on écrit « amphigouri cabalistique » c’est carrément destructeur, ça atomise un pays entier.
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Claire N
InvitéC’est mal ce que vous faites – la lecture est un acte automatique – ma tête est petée
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Selina
InvitéBonsoir, je vois partout que le film Autonomes de François Bégaudeau dure 1h52, or celui que j’ai en ma possession n’affiche que 52 minutes. Est-ce ma version qui n’est pas la bonne ou internet qui se trompe ?
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Cynthia Lennon
InvitéC’est le montage fait par et pour la télé et qui n’a rien à voir
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François Bégaudeau
Maître des clésen effet, autant s’en passer
pour voir la vraie version, la seule, me contacter sur messenger
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Travis Bickle
InvitéBonjour, quelqu’un aurait un lien de téléchargement pour À l’Ouest des rails de Wang Bing en 1080p / Vostfr ?
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Léo
InvitéVu le dernier Soderbergh que j’ai trouvé excellent.
Très déçu par les critiques françaises méprisantes autour du film, j’ai néanmoins découvert le podcast Drapeau Rouge qui en parle très bien et pertinemment. Je recommande le podcast bien que je n’ai pas écouté d’autres épisodes à ce jour.
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MA
InvitéMerci, je vais l’écouter
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Eva
InvitéÉcouté ce matin et je confirme, bien plus pertinent que toute la critique francaise sur ce film réunie
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François Bégaudeau
Maître des cléspas encore vu le film
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Alexandre
InvitéFrançois l’a-t-il vu?
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Alexandre
InvitéEuh pardon. Je viens de voir le post.
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Homme à la trompette
InvitéIl y a toute de même une excellente critique sur AOC ! Texte qui saisit merveilleusement le geste de Soderbergh
Mystification ou l’Histoire des portraits – sur The Christophers de Steven Soderbergh
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KDB
InvitéSalut François,
Je me questionne beaucoup sur ce qui me semble être ton principe critique cardinal : le réel et son dévoilement.
Avec le sentiment que la manière dont tu mobilises cette notion de réel reste parfois prise dans une syntaxe assez classique : faire la lumière sur, dissiper les illusions, arracher les voiles. La critique comme opération de révélation ; le cinéma comme pratique de véridiction.
Tu commentais une scène de The Fabelmans : ce moment où le jeune Spielberg découvre, à travers un petit film, que sa mère entretient une relation extraconjugale. Tu lis cette scène comme une forme de révélation presque antispielbergienne: le jeune Steven frôle une conception antonionienne du cinéma comme machine à faire surgir le vrai, à extraire le réel de ses médiations.
Cette perspective critique me convainc moyennement. Non pas seulement parce que la scène spielbergienne est assez pauvre dans sa construction, mais aussi parce qu’Antonioni me semble ici assez éloigné du régime de pensée que tu lui prêtes implicitement.
On a certes souvent lu Antonioni comme un cinéaste de l’objectivation — parfois même dans une grille quasi marxiste du dévoilement. Deleuze propose un déplacement décisif dans L’Image-Temps : « Antonioni est beaucoup plus proche de Nietzsche que de Marx ; il est le seul auteur contemporain à avoir repris le projet nietzschéen d’une véritable critique de la morale, et cela grâce à une méthode “symptomatologiste”. » Il ajoute que ses images relèvent moins d’une logique de révélation que d’un régime de devenir, traversé de « rapides ruptures, intercalages, infinitésimales injections d’a-temporalité ». Trouver un symptôme c’est découvrir des forces plus que le monde-vérité – que Nietzche déclare aboli dans son Crépuscule des idoles.
Ce qui m’intéresse dans ce déplacement, c’est qu’il desserre précisément l’alternative entre révélation et illusion. Même chez Antonioni — que l’on pourrait spontanément ranger du côté de l’objectivation — l’enjeu n’est pas tant de mettre au jour un réel caché que de capter des variations de régime perceptif, des discontinuités internes aux corps et à leur manière de voir et de sentir.
C’est peut-être pour cela que je suis particulièrement sensible à ton usage de la chair. Car les corps ne me semblent pas relever d’un réel qu’il s’agirait de dégager sous les apparences ou les idéologies. Ils sont plutôt pris dans ce type de variations, de décalages, de compositions instables, où quelque chose se forme et se défait simultanément.
C’est d’ailleurs ce que Deleuze allait chercher chez Nietzsche lorsqu’il réhabilitait le simulacre : non pas une copie dégradée du réel, mais une production de forces nouvelles. « À nous les beaux simulacres ! »
Évidemment, cela ne sauve pas les rêveurs ni les divertisseurs dont les valeurs restent souvent assez médiocres — généralement démocrates-majoritaires, libéraux-conservateurs. Mais j’ai parfois l’impression que certaines de tes formules sur l’entretien ou la sortie de l’illusion ou de retour au réel continuent de faire entendre, malgré tout, une image assez classique de la critique.
Je sais, pour t’avoir entendu parler Serra, Hamaguchi, un peu de Lynch (soit des cinéastes chez qui le fantastique travaille discrètement le monde, la psyché), que ce qui t’intéresse est la puissance des situations, des rapports et des corps que j’évoquais plus haut. Il n’empêche qu’il y a parfois, dans certaines critiques négatives dirigées contre ceux qui “évitent le réel” ou “fuient le corps”, un léger flottement conceptuel. Mais cela tient peut-être simplement à nos mauvaises habitudes d’animaux parlants (nos mensonges au sens extra-moral) qu’à un vice de pensée.
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François Bégaudeau
Maître des clés1 si j’ai fourché et parlé d’Antonioni plutot que de Rossellini, c’est… un fourchage (mais qui m’étonne)
ce que je développe est d’inspiration rosselinienne, et non pas antonionienne
antonioni, cinéaste qui m’intéresse de moins en moins
(ou alors si j’ai parlé d’Antonioni pour ce moment précis de Fabelmans. c’est au sens strictement Blow up : c’est par une photo qu’on se rend compte d’un truc qui à l’oeil nu n’apparaissait pas)
ce qui annule la moitié de ton post, désolé
2 « faire la lumière sur, dissiper les illusions, arracher les voiles. La critique comme opération de révélation ; le cinéma comme pratique de véridiction. » Je ne me reconnais pas vraiment dans ce lexique. Je ne crois pas du tout que la vérité se révélerait en soulevant un voile. Tout juste puis je utiliser parfois des mots comme cru, crudité, cruauté, à cru. Ou la série des nus : mettre à nu, à nu, l’enfance nue, .
Des mots qui me sont chers seraient plutot : la saisie, le rendu, la captation, la documentation, etc.
Je ne suis pas obsédé par le fait que le cinéma doive saisir le vrai. Les puissances du faux m’intéressent. Je l’écrivais dans d’Ane à zèbre et ça n’a pas changé en 12 ans : j’ai deux passions : le vrai et le faux. Je me méfie juste très rigoureusement d’un cinéma qui, prétendant dire le vrai, falsifie à plein. Pour ça le dernier Spielberg est un cas d’école (voir le TVB)-
Samuel_Belkekett
Invité@KDB
Moi en tout cas je trouve ton post, sacrément intéressant.
Pas au sens critique de la critique Bégaudienne, mais au sens analytique, dont tu perçois les choses.
Il est tout de même intéressant de noter que François considère de moins en moins intéressant un cinéaste qui le devient de plus en plus, ne serait-ce qu’en rapport à un moment de notre histoire où précisément le sens nous échappe.
Rosselini qui a fait évènement en son temps et avec qui il est bien plus confortable de dialoguer aujourd’hui, plus bien plus facile en tout cas qu’Antonioni, marque à mon avis l’intérêt de Bégaudeau pour un réel dans une définition ontologiquement assez classique. Si pour lui le réel nous échappe dans son émergence, en définitive notre tâche reste de l’objectiver, en effet. On peut même dire que les idées claires et distinctes sont pour lui la condition sine qua none pour avancer. Lui demander d’aller au-delà du couple sujet-objet, semble une requête aux limites du compréhensible pour lui. En revanche il sera très difficile à prendre en défaut sur ce point.
Vois comme il se défend comme un lion :
« Je ne crois pas du tout que la vérité se révélerait en soulevant un voile. Tout juste puis je utiliser parfois des mots comme cru, crudité, cruauté, à cru. Ou la série des nus : mettre à nu, à nu, l’enfance nue, .
Des mots qui me sont chers seraient plutot : la saisie, le rendu, la captation, la documentation, etc. »
Avec ça mon ami, nous comprenons de suite à qui nous avons affaire.
Bon sur piste comme en hors piste, ce slalommeur par nature sait y faire avec la culture. Et les mots bien sûr.
Mais pour rester sur Antonioni, Deleuze analysant Antonioni, ça reste du Deleuze. Moi je vois Antonioni un peu différemment, bien que ce que dit Deleuze est intéressant, a le mérite de nous sortir du classique « cinéaste de l’incommunicabilité », mais encore une fois, faire d’Antonioni l’illustrateur des concepts de Deleuze me semble limité et je pense Antonioni encore plus pertinent que ce que Deleuze en fait.
Ne pas oublier que le lieu privilégié d’Antonioni est le « désert ». Le désert et la modernité. Entièrement d’accord pour dire qu’Antonioni est le cinéaste du simulacre. Tu dis :
« Même chez Antonioni — que l’on pourrait spontanément ranger du côté de l’objectivation — l’enjeu n’est pas tant de mettre au jour un réel caché que de capter des variations de régime perceptif, des discontinuités internes aux corps et à leur manière de voir et de sentir »
C’est fort pertinent mais moi j’irais voir du côté de Roland Barthes également. Grand antonionien lui aussi. Donc du côté du « signe », plus précisément du devenir du signe. Simulacre oui mais pas dans le sens deleuzien, dans le sens du devenir du signe comme simulacre. A savoir que simulacre comme « production de forces nouvelles » « A nous les beaux simulacres ! » semble être ce à quoi Antonioni ne croit pas beaucoup, en tant que les forces du post moderne s’opposent à ce devenir. Le simulacre n’étant pas une copie dégradée du réel, mais bien une pure disparition du sujet.
Bref, tout cela est de toute façon pertinent. Deleuze, Barthes, Bégaudeau, heureusement qu’il nous reste ceux-là pour ne pas étouffer sous notre condition.
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Charlie
InvitéBonjour à toutes et tous,
Le premier épisode de la Lumière dans le fond à Cannes est disponible avec notamment un entretien de 30 minutes de Lola Cambourieu et Yann Berlier pour Mauvaise Étoile présenté à L’Acid : https://feeds.acast.com/public/shows/la-lumiere-dans-le-fond-
Ostros
InvitéCool !
Tu en fais partie ?-
Charlie
InvitéTout à fait
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Gerard Manfroy
InvitéJe ressors de Backrooms et c’était génial !
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Shiva
InvitéTu peux développer stp ?
Donne moi envie d’aller le voir, « génial » c’est vague.
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Identifier un mouvement de fond dans l’histoire du cinéma, et en particulier du cinéma d’horreur – genre qui se prête facilement aux effets de mode (« post-Scream slashers », « torture porn »), demande un peu de recul. Aujourd’hui en 2025, il semble possible de reconnaître que quelque chose de nouveau s’est passé dix ans auparavant autour des années 2014-2015, et se poursuit jusqu’à aujourd’hui : une nouvelle manière de faire du cinéma d’horreur.-
François Bégaudeau
Maître des clésj’irai voir ce film, et Obsession sur quoi on me tanne
le problème c’est qu’on m’a tanné tout pareil sur It follows, sur Hérédité, sur Midsommar, qui tous trois ont une grosse capacité à partir en couille en deuxième moitié-
Tony
InvitéOui Obsession c’est intéressant, curieux d’avoir ton retour.
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I.G.Y
InvitéJe déconseille malheureusement Backrooms, où l’on m’a emmené ce soir, et qui ne tire pas grand chose de sa matière. J’ai cru à quelques moments dans la toute première partie qu’il en serait autrement, mais non, voire pas du tout. La personne qui m’y a convié était d’accord avec moi à la sortie de la salle, déception nette (je précise que ce pote a en revanche aimé Obsession, que je n’ai pas vu).
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François Bégaudeau
Maître des clésje vais le voir, d’une part parc que je suis d’une honnêteté inégalée, d’autre part parce que y a la clim
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I.G.Y
InvitéFrançois, je te rappelle que la gauche a un problème avec la climatisation.
(personnellement je ne saurais trop conseiller le ventilateur de plafond, ce qui fait de moi non seulement un homme qui dort bien, mais aussi et surtout un homme de gauche).
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Gerard Manfroy
InvitéJe suis beaucoup moins enthousiaste pour ces 3 films que pour Backrooms 🙂 Mais le film mérite un ticket et même un podcast à mon avis, jdcjdr 🙂
Je chercherais plus tard sur le net ou la presse, je suis sûr qu’il doit y avoir de bonnes critiques à en faire.
+ Obsession est pas mal, bien foutu, un bon film d’horreur, même si ça reste un peu trop dans le genre, cliché américain, y a une scène de meurtre qui est tellement cliché qu’on la voit venir à des km, alors le film joue bien de ça psychologiquement mais bon, quand un film « joue avec les codes du genre » comme on dit, c’est qu’il a rien d’autre à dire en général.
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Gerard Manfroy
InvitéJ’ai posté juste avant de dormir donc j’avais pas la tête allumée. Donner envie de le voir ? Disons que je vais simplement dire ma propre expérience. Je ne suis pas fan des films d’horreur en général, je trouve que c’est un plaisir triste ou douteux dans la majorité des cas, mais j’aime quand une idée fantastique sert de métaphore, sert un discours. Et puis, visuellement le film tient vraiment quelque chose, on est pas loin de l’installation d’art contemporain. Qui reste pop culture et produit pour faire de la thune certes, film de genre oblige. Mais les petites histoires fantastiques ou horrifiques les plus intéressantes sont toujours des métaphores de quelque chose. Des métaphores même inconscientes souvent. J’ai vu bon nombre de courts métrages des Backrooms sur Youtube et j’ai fini par avoir ma certitude sur ce dont c’était la métaphore : Internet tout simplement. Et le film m’a confirmé dans cette idée, ce qui m’a beaucoup plus même si ce n’est pas la seule interprétation valable.
Et je n’aime pas citer des grands noms pour vanter de la pop culture parce que ça n’est que de l’emballage marketing autour d’un produit de merde dans la majorité des cas, mais pour parler des Backrooms, du film comme de la multitude des vidéos sur Internet, les noms de Kafka ou même de Heidegger sont tout à fait pertinents.
J’ai presque pas lu Heidegger (je devrais le lire), et j’ai lu Kafka il y a longtemps, mais tout le monde connait le mot « kafkaïen ». C’est quoi « kafkaïen » ? C’est quand une organisation rationnelle produit des situations absurdes. Et quand un système rationnel n’est plus du tout compris par qui que ce soit, même par ceux qui en font partie, plus personne n’en voit l’ensemble ni n’en comprend la finalité. Internet est kafkaïen en ce sens…
Et de Heidegger, je ne vais pas me lancer dans des paroles un peu trop compliquées pour moi mais je citerais ceci depuis Wikipédia : Le phénomène de l’« angoisse » détruit, selon Heidegger, toutes les déterminations (familiarité, significativité, habitation), qui faisaient du monde un Monde pour le Dasein. Avec l’angoisse, les structures, les réseaux et les finalités apaisants disparaitraient, il ne resterait que l’idée d’une perte, d’une absence qui jetterait le Dasein face à la pure nudité de son existence et qui par contre-coup lui dévoilerait, non le monde mais sa propre existence comme « être au monde », écrit Marlène Zarader[64],[N 23].
C’est ça cette petite mode des images « d’espace liminaire » sur internet. Des espaces construits par et pour l’humain, mais vidé de toute présence humaine, ne reste plus qu’un non-lieu, pas même un désert mais un lieu oppressant dans son hospitalité, et qui suggère le néant, l’angoisse du néant.
Internet est un non-lieu à l’infini. Un lieu qui peut être tout ce que tu demandes qu’il est, où tu peux habiter toutes les projections mentales que tu veux. Un lieu à la fois hospitalier et hostile, peuplé et désert, moderne et obsolète, présent et absent…
Voilà, je pense que pour ce matin c’est pas trop mal 🙂-
Gerard Manfroy
InvitéD’ailleurs depuis le début je trouve que les monstres sont la moins bonne idée des Backrooms. C’est les lieux qui comptent. Les monstres, c’est le truc ajouté pour rendre acceptable, pour rendre rythmé une expérience qui aurait pu être non-narrative et donc vraiment contemplative et radicale, mais bon, on fait pas des brouettes de dollars avec de l’art contemporain qui ne raconte rien.
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Gerard Manfroy
InvitéEt merci pour ton article posté Shiva, je le lirais, je suis lent à la détente, d’ailleurs même en prenant le temps d’écrire et de relire j’écris quand même « espace liminaire » au lieu de « liminal » donc bon XD
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François Bégaudeau
Maître des clésJe me disais que ce film, assez proche du nimp pour moi, ne pouvait etre sauvé par ceux qui le sauvent, que par sa saisie métaphorique. Eh bien c’est que tu fais, Gérard, et tu sais ou pas que jamais la saisie métaphorique d’une matière-film ne sauvera ladite matière. Ni le fait qu’on puisse y plaquer du Heidegger ou du Cantona
Tu dis Internet, je songe plutot que cet immeuble infini symbolise le cerveau (ou la mémoire), on pourra en discuter des heures amicalement, mais nous serons très loin du film (dont le coup du capitaine Crochet, effectivement, souligne l’absence de sérieux)-
Alexandre
InvitéAprès je vais dire un truc qui me fait un peu rougir mais peut on attendre quelque chose de sérieux d’un réal qui n’a que 20 ans ?
C’est une question.-
Mathieu
InvitéNe va pas trop vite en besogne, Alexandre. Suzanne Lindon existe.
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François Bégaudeau
Maître des cléset les court-métrages de Lamine Yamal sont très prometteurs
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Alexandre
InvitéJe vois qu’on est taquin.
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Gerard Manfroy
InvitéAh bah voilà, j’aurais du réviser mon begaldisme, j’ai foncé tête baissé et j’ai commis l’erreur du débutant : « les métaphores au cinéma, c’est pour les Jacky. » Loi n°11 des principes du Bégaldisme à l’usage des gens simples.
Qu’à cela ne tienne, j’ai encore quelques missiles dans mes soutes qui feront la démonstration de ma capacité à dire des trucs intelligent et validés par les Cahiers du Cinéma (mon plus doux rêve [spoiler](mais non les gens évidemment JE RIGOLE).[/spoiler])PS : je suis d’accord en plus pour dire qu’une métaphore ne donne pas en soi de la valeurs à une oeuvre, au cinéma peut-être plus qu’ailleurs, mais je ne crois pas non plus qu’une métaphore rende un film abstrait et empêche sa matérialité…
Après oui, c’est un film de genre fait pour rameuter les djeuns en salle, c’est pas une dissertation sur l’angoisse heidegerienne du monde de la technique. Mais bon, c’est une expérience sensible qu’on aime ou pas, moi j’aime 😉Merci de cette réaction quand même.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe film vaut effectivement pour son décor. Ces pièces qu’on traverse, ce mobilier résiduel – très bonne idée le magasin de meubles. On voit bien qu’il est parti de là, de ces visions là. Et ne sait pas quoi en faire. Narrativise stupidement son décor. Et le tire betement vers le genre
Pris comme installation de musée le film tient
Me demande d’ailleurs si ce jeune homme ne devrait pas plutot devenir plasticien.-
I.G.Y
InvitéSachant que l’essentiel de l’esthétique backroom ne vient pas du film mais… des backrooms elles-mêmes (reddit &co). J’ai l’impression qu’il profite à peine du trésor qu’est le principe du décor « backroom », notamment dans les scènes de poursuite (exemple : poursuite finale avec le géant, l’élément qui freine la psy : se fouler la cheville dans une forêt de canapé… bon, est-ce qu’à l’image du reste il n’y avait pas mieux à faire avec de telles potentialités spatiales?). Il n’y a presque pas de jeu avec l’espace, on ne fait que « voir ». Et puis une ou deux fautes hyper éliminatoires, comme cette caméra posée sur la table par Clark poursuivi, de façon tellement arbitraire qu’il n’y a aucune surprise à voir le poursuivant s’en saisir…
C’est dommage parce qu’il y a aussi quelques bonnes choses éparses : j’ai beaucoup aimé cette scène très bizarre et toute simple avec l’électricien qui découvre le switch de travers dans le compteur, bien aimé le cadre très bizarre avec lequel on filme la découverte par la psy de Clark à l’intérieur de la backroom (cette conversation à mi-distance hyper désagréable). Mais en définitive, gros pschitt.
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I.G.Y
InvitéEt ce plan sur Clark dont on découvre par un simple décalage qu’il dort dans son magasin
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Gerard Manfroy
InvitéY avait cette phrase de Deleuze, dans l’abécédaire à « R comme Résistance », que j’avais pas compris sur le coup : « peut-être qu’on assassinera le cinéma ça c’est possible ». Je ne voyais pas d’emblée comment c’était possible, mais comme d’habitude avec le grand Gilles, ce sont nos expériences concrètes dans le temps et l’espace qui nous font saisir le sens de ses paroles abstraites.
Le cinéma, c’est poser une caméra quelque part pour dire quelque chose. Internet, c’est poser ses caméras partout pour ne jamais dire quelque chose. C’est toujours frustrant, Internet. On peut y écouter quelqu’un pendant 45 heures et ne pas avoir avancé d’un pas. « …tandis que dans les sociétés de contrôle on n’en finit jamais avec rien… »
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eustache
InvitéAprès l’écoute de François sur Disclosure Day :
– c’est toujours très éclairant, j’ai cependant eu le sentiment que François était dans le jugement de goût plus que d’habitude (sans doute parce que je suis généralement plutôt raccord avec lui). En tous cas, je continue à adhérer totalement au film, on ne saurait être infidèle à ses émotions (et j’en ai eu beaucoup);
– l’accusation de navet sur le critère du de l’histoire ne peut pas tenir. Les grands cineastes dépassent des scénario très peu crédibles sur le papier. Sur le papier, Vertigo ou Psycho sont probablement des navets. C’est la génie d’une réalisateur qui transforme l’essai. Donc oui l’histoire a tout d’un nanar mais combien de grands films ainsi? ;
– la naïveté de Spielberg, stylistique, tantôt années 50, tantôt, années 90, le fameux plan du rocher, je crois que tout ça m’émeut particulièrement, dans la croyance qu’il y a dans le cinéma, sa simplicité parfois. Et décidément encore lui, Hitchcock n’était pas le dernier à laisser au montage du kitsch, des transparences foireuses, du cabotinage de comédiens par modernité, par amour de la forme pourrait-on dire. Il y a un peu de ça chez Spielberg, l’audace ludique d’aller un peu trop loin. Ces clés usb, ça a un côté macGuffin, je ne peux m’empêcher d’y voir un 2d degré. Bref, accordons lui son ludisme, je crois qu’il joue très surement avec le spectateur, ce qui passe ou ne passe pas, et justement, ne le prend pas pour un idiot mais pour quelqu’un capable de différente approches. En bref, je crois que la naïveté n’est qu’apparente. Il y a chez Spielberg un grand faiseur d’émotions, qui reste son premier souci (son fonds de commerce diront certains). Mais je crois que cette émotion est forte et durable, parce qu’elle est riche de bien d’autres choses (ce n’est pas l’émotion ToledanoNakache disons), de niveau de lecture, de mise à distance possible;
– J’ai l’impression qu’il ne faudrait pas sous-estimer l’ironie dont il est capable. Je dirais qu’il y en a notamment dans toute cette séquence finale de la populace hypnotisés par leurs smartphone. Pas un seul niveau de lecture, Spielberg enregistre le temps présents, la technologie actuelle, mais je pense qu’il n’y adhère pas bêtement.
– J’ai plusieurs fois pendant le film pensé à ces cinéastes vieillissants qui versent dans l’autoparodie. Je me disais que Spielberg n’était jamais loin ici. Et pour revenir à lui, les derniers Hitchcock (dès Marnie) me font cet effet, poussifs, grand-guignol, désincarnés. Les derniers Bressons sont séniles un système autosuffisant à bout. Les derniers Chabrol m’insupportent de leur rengaine de vague style lapidaire. Le dernier Coppola est écoeurant. Je juge clairement Spielberg loin de ça, il y a certes à boire et à manger dans ses derniers films ((le summum du grotesque étant la soucoupe volante dans Indiana Jones 4 pour moi) mais ici, une élégance intacte de mise en scène et de sens rythmique, une curiosité de rendre compte de son époque.
– Le jeu matériel/virtuel, simulacre/réalité, visible/invisible est particulièrement riche et étendu ; dans le scénario, le découpage, les jeux de lumière, Spielberg filme souvent une chose et son contraire, rien n’est jamais réductible à une pensée univoque ou un scénario béta selon moi, le sens du film m’échappe sans cesse mais ça demanderait beaucoup de développement et une revisitation du film;
– les camps, je n’ai pas vu ça moi, plutôt un rapport à la souffrance animale, les expériences en laboratoire etc (d’autant que les animaux ostensiblement faux numérique ou vrais sont bien présents dans le film). Si l’intention était d’évoquer la Shoah, ce n’est pas du meilleur goût mais ça, on en sait hélas Spielberg capable.
– J’étais bouleversé par les plans de docu sur les Aliens et les soucoupes, et ça devrait plaire à François d’ailleurs, l’idée de la supériorité de l’image documentaire, comme si Spileberg le cinéaste, maitre de l’illusion, des vfx, ne pouvait faire mieux que ça (évidemment avec une malice certaine puisque c’est du documentaire mis en scène). Je suis du coup plus circonspect sur le vieil ET, là Spielberg pêche par excès de gourmandise (même si j’aime du coup beaucoup ce que ça entraine, ce cut net sur le dernier plan). Mais tout de même, incroyable film sur la croyance, qui me demande de croire à l’au-delà pour croire au cinéma. Ou l’inverse.-
Charles
InvitéIl ne semble pas que l’accusation tienne au contenu du scénario mais à ce qui en est montré, à ce qu’on voit concrètement à l’écran.
Hitch a pu verser dans le kitsch mais ses images sont travaillées par quelque chose de beaucoup plus trouble et pervers et inconscient (c’est tarte à la crème mais c’est vrai). Le sauvetage de Spielberg par la critique française consiste notamment à reproduire ou prolonger l’opération seminale et matricielle de la critique des années 50 légitimant Hitch en prétendant qu’il existe aussi dans ce cinéma quelque chose de complexe et interlope derrière la façade idiote et naïve.-
Charles
InvitéAccusation de navet*
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Claire N
InvitéDans Hitch
Il y a quand même une scène qui , oui est peut etre inconsciente mais pour le coup d’une impuissance abissale : celle de l’hôpital, elle est tres courte- mais lorsqu’il se précipite dans les pattes de l’équipe en leur donnant des « ordres « qui sont debiles – un peu comme un petit garçon qui répéterait des paroles entendues dans « urgences « – il est gênant, pateau et encombrant
Ça jure vrai avec le reste -
Seldoon
Invité« Le sauvetage de Spielberg par la critique française consiste notamment à reproduire ou prolonger l’opération seminale et matricielle de la critique des années 50 légitimant Hitch en prétendant qu’il existe aussi dans ce cinéma quelque chose de complexe et interlope derrière la façade idiote et naïve. »
Ca restera un immense mystère. Pourquoi défendre un truc que tu aimes en le faisant passer pour ce qu’il n’est pas ? Ainsi tu trahis tout le monde et au premier chef ce que tu voulais défendre. Sans compter qu’un oeuvre a souvent les défauts de ses qualités et inversement : en défendant des qualités inexistantes tu vas vite te retrouver à nier ses qualités réelles. Contente-toi de dire pourquoi tu l’aimes.-
Alexandre
InvitéAprès la critique des années 50 -et donc je crois qu’on fait tous référence essentiellement aux Cahiers et à la Politique des Auteurs, et à Truffaut, et à….- savait expliquer que derrière le divertissement inconséquent, il pouvait y avoir du style, une attention au réel, une riche grammaire..
Cette défense « politique » était contemporaine des Hitchcock les plus aboutis et accompagnait leurs sorties.
Le « sauvetage » de Spielberg, bien tardif du reste, me paraît relever d’autre chose.-
Seldoon
InvitéDe mon côté je m’étonnais de la drôle de montée en théorie autour de Spielberg, complètement disjointe de ce que ces gens ou moi pouvons réellemement aimer chez lui. Sur Hitchcock il me semble qu’on n’a pas raconté que n’importe quoi, ni sur son artisanat (et par exemple les fameux entretiens avec Truffaut) ni sur son art.
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eustache
InvitéLa « montée en théorie » regarde la critique et libre à eux de voir les profondeurs qu’ils veulent dans une oeuvre, je n’ai rien à y redire moi. Je dirais même, tant mieux pour eux.
L’idée des cahiers 1950 c’était essentiellement de dire qu’un grand cinéaste était un auteur, aussi important que Balzac ou Boticcelli, et que dans le système controlé par le studio, émergeaient de grands artistes. Les montées en théorie n’allaient pas très loin dans les texte, c’est venu plus tard ça.
Là où je verrais davantage un mimétisme, c’est que l’idée trainait que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste (je me souviens de Douchet disant ça), et les exégètes du vieux Spielberg pourraient reprendre ce bidonnage. Spielberg, c’est en dents de scie ces dernière année, Fabelmans me laisse froid et même gêné, mais je trouve Disclosure grand.Sans monter en théorie, pour ma part, je ne trouve pas que les films d’Hitchcock soient plus profonds que ceux de Spielberg (mais le sentiment de la profondeur, ça ne se prouve pas hein). En revanche, je reconnais qu’Hitch est un metteur en scène plus formaliste, plus inventif, voire révolutionnaire.
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Jeanne
InvitéVous êtes encore plus bêtes en cinéma qu’en politique. Décidément irrécupérables.
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Jeanne
InvitéLa question qui me vient est la suivante, est-ce que vous vous touchez le zizi en parlant de la sorte ou le simple fait de parler vous procure une érection ?
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Alexandre
InvitéIl y a d’abord érection. On se touche à la suite. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs.
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Jeanne
InvitéÇa ne répond nullement à la question. Celle-ci étant la place et l’importance de la parole dans votre stimulation sexuelle. Ainsi que le degré d’auto-érotisation.
Je crains malheureusement que vous ne vous en rendiez même pas compte. -
Dr Xavier
InvitéEt donc ?
Et quand bien même ?
Inonde-nous de ton intelligence sur le cinéma pour voir. -
Dr Xavier
Invité@Jeanne
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eustache
Invitépour te répondre, rien de plus érotique que la parole, quand elle est orale.
Mais l’écrit ne provoque malheureusement rien chez moi.
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Alexandre
Invité« c’est que l’idée trainait que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste (je me souviens de Douchet disant ça), et les exégètes du vieux Spielberg pourraient reprendre ce bidonnage. »
Bidonnage en effet, sauf exceptions;
La plus impressionnante pour moi se situant hors juridiction des Cahiers 50 : Les Gens de Dublin, de Huston.-
François Bégaudeau
Maître des clés« que les films tardifs des grands auteurs étaient encore plus importants que le reste »
Bidonnage en effet. L’étau plus important que Vertigo?
Grande tendresse pour Douchet mais peu d’estime pour son travail critique.-
Eustache
InvitéOui et je crois que c’est avec les ciné clubs de douchet que j’ai arrêté les ciné clubs. Et avec ceux de François que j’ai repris (et Stéphane Goudet)
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Samuel_Belkekett
Invité« Grande tendresse pour Douchet mais peu d’estime pour son travail critique. »
Quelle classe !
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Seldoon
Invité@eustache : pour clarifier, je ne critique pas la montée en théorie en générale ni même sur Spielberg, je dis que celle qu’on voit passer dans les défenses de Steven – la guerre des mondes grand film sur l’Amérique post 2001 par exemple – est souvent hors sujet, relève d’une certaine hypocrisie et peut finir par nier les véritables qualités de ses films.
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François Bégaudeau
Maître des clés« grand film sur l’Amérique post 2001 »
Tellement con et faux de dire ça.
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François Bégaudeau
Maître des clésHitch est tout ça oui
Il est aussi un poil plus fin sur la psyché humaine non? Un poil plus intéressant sur a question de la morale non? Sur ces plans là, Spielberg, lui, a 5 ans et demi.-
Alexandre
InvitéSpielberg rédime (le requin meure)
Hitchcock déprime (les oiseaux gagnent)-
Alexandre
Invitémeurt, pardon
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Eustache
InvitéHitch est en effet beaucoup plus tordu, ça le rend jouissif. A côté Spielberg est lisse mais il est des profondeurs lisses
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François Bégaudeau
Maître des clésBelle défense
Mais
-ce n’est pas tant l’invraisemblance en soi du récit qui fait le navet. Tu as raison de noter que Hitch a beaucoup donné là dedans, et j’avais commencé mon intervention de ciné club sur L’inconnu du Nord express par là. Mais pour aussitot dire une chose : ce qui importe, c’est l’image que produit le récit aberrant, et chez Hitch elles sont presque toujours magnétique. Les images produites par le récit aberrant de Spielberg c’est les acteurs en convulsion, ou planqué derrière un rocher, ou pris dans une poursuite sans queue ni tête – et dont l’infantilisme BD convient mal au sérieux du propos.
-tu as recours à deux reprises à l’argument du « second degré ». Je ne crois jamais au second degré en art. Du moins je tache toujours de prendre les images dans leur littéralité. Que S ne croie qu’à moitié à sa reverie finale n’empêche pas que ce final soit objectivement joué comme un climax émotionnel… qui ne fonctionne pas. Je t’accorde qu’il peut y avoir là une distance de S par rapport à la communauté planétaire qu’il forge ici. Cette distance tiendrait de l’amertume que j’ai dite : mon rêve d’unanimisme, ce sont les GAFAM désormais qui l’ordonnent, et non plus le cinéma, et non plus moi Steven, roi déchu.-
François Bégaudeau
Maître des clés(mon post et celui de Charles se sont croisés)
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Eustache
Invitébien-sûr, Spielberg voudrait être le cinéaste universel, unanimiste, on peut y voir autant de générosité et de foi en une certaine idée du cinéma que d’une tendance fasciste.. La fascination par la grande toile est remplacée par la fascination par des millions d’écrans de poche, Spielberg acte ça tout en faisant oeuvre de cinéma, en demandant au spectateur de croire encore un peu à l’incroyable du cinéma plutôt que l’incroyable des gafam, sous la forme d’un film d’aventure tantôt obsolete, charmant, efficace, too much. (son conservatisme de s’inscrire dans la continuité en tournant en pellicule comme PTA ou Tarantino, contrairement à Cameron et tous les autres en dit quelque chose)
Ce mouvement de dépit et d’espoir tout à la fois est sans doute ce qui me serre la gorge dans le dernier tiers du film.-
François Bégaudeau
Maître des clésDisons qu’au choix on trouvera ça poignant (toi) ou pathétique (moi). Ca se joue à rien.
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bmh
InvitéBonjour,
Est-ce que Je regarde de Grégoire Benoist-Grandmaison est disponible quelque part ?
Quelqu’un avait déjà posé la question mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de réponse…-
Ostros
InvitéIl a été conseillé de le contacter directement 😉
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Ostros
InvitéTest
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Shiva
InvitéLa canicule au secours des salles obscures, et après ?
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Depuis mi-juin, la fréquentation des salles de cinéma a fait un bond remarquable de 40 %. Un succès circonstanciel ou un retour aux salles obscures ? L’été nous le dira.
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« … c’est à partir de mi-août que va se poser la question qui nous importe vraiment : les films les plus forts et ambitieux de l’année, pour la plupart découverts à Cannes (Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, L’Inconnue d’Arthur Harari, Notre salut d’Emmanuel Marre…), vont-ils atteindre leur public ? Cette reprise globale bénéficie-t-elle à la part la plus ambitieuse artistiquement du cinéma ? Ce sera l’enjeu crucial de l’automne. » -
toni Erdmann
InvitéJe vois que le forum reste assez dubitatif devant le diptyque Obsession – Backrooms, qui, à l’inverse, met Hollywood en émoi.
Pour ma part, je jubile de voir des premiers films de jeunes réalisateurs mettre à l’amende au Box Office des marques jadis hégémoniques comme Star Wars ou Spielberg.
Certains parlent de Nouveau Nouvel Hollywood et je suis à deux doigts de penser que ce n’est pas exagéré.
Alors, bien évidemment, c’est très faible sur certains aspects, mais j’en retiens certaines choses :
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D’abord, une attention bien plus grande à la composition, au cadrage et au découpage que dans le tout-venant hollywoodien. Étant tous deux issus de YouTube, on pourrait s’attendre au raccourci « réseaux sociaux = vitesse = montage frénétique » (qui est d’ailleurs vrai la plupart du temps). Or je trouve au contraire leur découpage assez calme. Dans Obsession, les champs-contrechamps font exister les plans avant le raccord. Les premières scènes avancent avec un rythme assez surprenante, un calme qui témoigne d’une certaine sérénnité dans son concept. Toujours dans Obsession, on peut certes trouver les jeux de lumière lourdement métaphoriques, je les trouve malgré tout assez audacieux, comme ce champ-contrechamp où le visage de l’actrice demeure presque totalement invisible.
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Surtout, leurs plans vivent au-delà de leur simple fonction narrative. Ils ne sont pas conçus comme des mots dans une phrase dont le sens devrait être immédiatement épuisé. Ce sont des plans qui invitent à la scrutation, à la recherche de détails. Deux exemples me reviennent : dans Obsession, ce plan nocturne où une silhouette se dessine subtilement dans l’obscurité ; dans Backrooms, cette scène où la psychologue retrouve son patient et l’on apperçoit discrètement sa main au détour d’un couloir.
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Dans Backrooms, les espaces sont filmés de manière à être immédiatement lisibles. On peut le déplorer mais moi j’aime cette idée de comprendre directement la géographie d’un pièce, ce qui permet au spectateur de jouer mentalement avec le personnage : moi, j’irais plutôt par là ; cette sortie, je la garde en tête. C’est précisément cette lisibilité qui permet au film d’exploiter pleinement la dimension labyrinthique de son décor et surtout cette idée que dans chaque pièce, l’issue est toujours un peu insolite, incertaine (une trappe, un couloir trop étroit).
(Après je dois avouer que je baigne beaucoup dans cette culture geek fascinée par ces espaces liminaires et je trouve que le film rend beaucoup justice à cette esthétique dont je pourrais détailler l’originalité une prochaine fois)
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Au delà de tout ça, je trouve que les réals ne sont pas complètement débiles sur le fond, même si leur goût pour la métaphore les dessert. Dans Backrooms, je suis frappé par le fait qu’un Américain d’une vingtaine d’années aborde avec une certaine virulence les ravages de l’idéal propriétaire sur la psyché. Peu de critiques l’ont relevé, mais les deux personnages semblent définis par l’affect propriétariste. L’un est obsédé par le fait d’avoir été expulsé de chez lui par sa compagne et ne cesse de regretter d’avoir poursuivi le modèle du bon père de famille provider. L’autre est hantée par un traumatisme lié à la peur du dehors transmise par sa mère. Et tout cela se rattache bien avec le fait que l’étrangeté des Backrooms naît précisément de la déformation de l’espace domestique. C’est une intuition certes ancienne, mais toujours féconde : le familier devient le vecteur de l’étrangeté. Ce sont les chaises, les vêtements, les couloirs, les objets les plus ordinaires qui deviennent inquiétants.
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En revanche, je leur vois deux défauts majeurs. D’abord, un habillage sonore beaucoup trop chargé d’effets. Ensuite, un rejet de ce qu’il peut y avoir de sexuel dans leur concept, particulièrement sensible dans Obsession. Le film effleure sans cesse les rapports de domination et de manipulation, mais n’ose jamais véritablement les explorer du point de vue érotique. Il y avait là, je crois, matière à des scènes bien plus dérangeantes.-
Gerard Manfroy
InvitéMerci pour cette critique et tout à fait d’accord, ce sont deux films de jeunes qui ont de vrais idées de cinéma, de réalisateurs. Des images qu’ils ont sûrement rêvés.
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Charlie
InvitéTrès bonne analyse de Backrooms. Il me reste encore à voir Obsession. Mais il me paraît assez évident que la scène d’horreur américaine est la plus intéressante chez eux dans les constats qu’elle dresse de la situation locale.
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I.G.Y
InvitéToni : « je trouve que le film [Backroom] rend beaucoup justice à cette esthétique dont je pourrais détailler l’originalité une prochaine fois ». Je ne suis pas si familier de cette culture même si un longue conf de Blast il y a quelque temps m’a fait plonger dedans l’espace de quelques heures, mais j’ai des amis qui m’ont dit connaître des gens « assez à fond » dans ces histoires et auxquels le film a déplu. Bien sûr j’imagine que se jouent des clivages quant à « ce que doit être » une backroom (vide? pas vide? etc…). Tu dois en savoir plus que moi là-dessus.
Tu dis aussi aussi que les plans rendent très lisible la géographie du lieu (et c’est vrai), mais n’ai pas trouvé que cela permettait tant que ça de jouer mentalement avec le personnage (alors que ç’aurait pu). Tu dis par exemple « moi j’irais par là », mais plusieurs fois dans le film j’ai eu l’impression d’un parcours déjà fléché (la psy qui s’échappe par l’escalier dans le vide après l’entorse-canapé, la scène où Clark s’échappe par la seule issue qui est la toute petite porte en haut d’une pente).
Quant à l’aspect politique, j’aime assez l’idée que tu dis selon laquelle la Backroom dérive d’une déformation du domestique, ce qui appuie mon sentiment que l’un des meilleurs plans du films, un peu inexploité, est celui où la caméra descend d’étages en étages et où les géométries s’épurent étrangement). Mais j’ai cru comprendre que l’un des sous-jacents de la « culture backroom » est de présenter des espaces dont l’étrangeté vient de leur caractère de ruine moderne intacte : un lieu parfaitement propre, où il y a eu de la vie, des hommes, une activité, et où il n’y en a plus. C’est-à-dire un lieu qui appartient au monde réel, et qui littéralise d’une manière originale des aspects dystopiques de la modernité usuelle. Un lieu qui appartient au monde social et non pas à un monde psychique intérieur (« The Window Within ») — ni une découverte surnaturelle scrutée par une sorte de Big Pharma (Big IRM) quelconque. Est-ce que cette fracture traverse la culture backroom-reddit?
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François Bégaudeau
Maître des clés» C’est-à-dire un lieu qui appartient au monde réel, et qui littéralise d’une manière originale des aspects dystopiques de la modernité usuelle. »
Superbement dit, et c’est là que le film, les options plastiques du film, m’ont intéressé (ses options scénaristiques étant calamiteuses). Ces plans pris littéralement, donnent à voir quelque chose de l’état de nos vies, et par exemple la force des objets, et notamment des meubles (la force morbide des meubles, peut-être, ne tout cas leur inquiétante familiarité). Partant de là, je trouve l’interprétation de TE non seulement un peu plaquée, mais plus pauvre, comme souvent, que la littéralité. (non je ne crois pas que Backrooms soit un film sur l’affect propriétaire, ne lui en demandons pas trop, et contentons nous de le voir)
Sinon d’accord avec toi, TE, sur la précision du travail du cadre dans les deux films. Elle fait du bien. Dommage qu’elle soit gatée, dans l’un par le scénario confus et nul, dans l’autre par une lumière et des teintes laides et arbitraires. -
toni Erdmann
InvitéIGY, sur l’aspect ludique du film, je te rejoins : lorsqu’un personnage est en fuite face à un danger, la question de l’itinéraire ou de l’issue se pose finalement assez peu. Ce type de séquence est souvent très linéaire.
Je pense surtout à la scène de découverte des Backrooms, qui est selon moi la plus réussie du film. Le personnage les explore progressivement, prend conscience de leur immensité, et le spectateur est amené à imaginer son propre itinéraire. Et on est également incité à mémoriser le parcours. Le fait que cette scène soit en temps réel permet une sensation vidéo-ludique où le spectateur doit bien garder en tête le chemin pour savoir comment revenir au point d’origine et ne pas s’égarer.
Par ailleurs, le choix de bien délimiter chaque pièce par des plans larges épouse parfaitement l’esthétique des Backrooms : filmer un espace potentiellement infini, mais composé d’une multitude de cellules finies, aussi bien horizontalement que verticalement, qu’on parvient à comprendre immédiatement. L’infini n’est alors plus suggéré par une immense profondeur de champ, mais par la répétition d’un même motif dont chaque occurrence présente une légère variation.
J’aime ce que tu dis sur le Backrooms, qui rejoint des thématiques qui reviennent régulièrement dans les discussions de cette commu.
Mais, désolé de dire un cliché : in fine, ce qui fait la richesse de cette culture, c’est l’idée qu’une photo puisse être immédiatement catégorisée comme « backroom » ou comme représentant un « espace liminaire » sans qu’on parvienne complètement à circonscrire théoriquement ce qu’est la définition de ces lieux.
À titre personnel, ce que je cherche dans les Backrooms c’est la sensation très proche de celle que j’éprouvais dans certains jeux vidéo : ce vertige étrange qui surgit lorsqu’on franchit par erreur les limites du monde prévu par les développeurs, qu’on découvre des zones inaccessibles ou qu’on a l’impression d’entrevoir, derrière le décor, un espace numérique qui se prolonge à l’infini.
Et même lorsque le jeu prétend à l’infini comme Minecraft, une forme de monotonie inquiétante peut surgir, à force de traverser sans fin des espaces qui varient, mais toujours selon un schéma prédéfini.
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François, je plaque peut-être un peu une interprétation sur le film, mais j’ai quand même le sentiment qu’il est traversé par une légère acidité à l’égard de l’American Way of Life et de l’idéal pavillonnaire. Ne serait-ce que par cette mise en étrangeté de la domesticité dont on parlait, ou encore par la répétition absurde de ces teintes que tu n’aimes pas mais dont je ne suis sûr que tu n’as pas loupé le fait qu’il s’agissait des papiers peints bien dégueus que l’on retrouve dans les domiciles américains.-
Alexandre
InvitéToni,
Il me semble que François parlait plutôt d’Obsession rapport aux teintes. Ce qu’il fustige de Backrooms est le scénario.
Le film ne m’a pas du tout déplu, pour les raisons dites, mais aussi malgré les limites évidentes.
J’ai adoré la qualité de l’angoisse pendant les premières 45 minutes.
Je ne connais pas le background des Backrooms. Ce qui m’a intéressé voire ému est l’étrange connexion de cet imaginaire avec des choses de mon enfance. Choses oniriques. Kane Parsons semble tout connaître de certains cauchemars que je faisais petit et que je ne fais plus du tout adulte. C’est sous cet angle ci que le film marque des points. Ce qui me paraît réussi l’est pour la direction artistique, ce qui a été dit. Plus intimement, et dans le prolongement de cette plastique, je ressens que Parsons se paie une rêverie vintage. Une date (1990) qui s’affiche en début de parcours met la puce à l’oreille : nous sommes dans le passé. Nous voyons des cassettes audio, des disquettes d’un autre âge et surtout, surtout, le lieu du film est un magasin de meubles.
Qu’un jeune cinéaste de 19 ans situe son film en un tel lieu me fascine car les magasins de meubles n’existent pratiquement plus, hormis certaines très grosses enseignes. Mon père en tenait un jadis et je les connais ces surfaces en préfabriqué. Je les remets ces dépôts situés à l’arrière dans lesquels j’allais jouer au milieu des montagnes de meubles bâchés ou encartonnés et dans les effluves de vernis.
Retrouver cela dans un film fait par un très jeune geek de 2026 est une étrange surprise. -
François Bégaudeau
Maître des clésl’acidité, très classique, par rapport à la vie pavillonnaire en Amérique, n’a pas grand chose à voir avec une critique de la propriété
ce sont deux échelons de la critique très différents
l’un pourrait etre Houellebecquien, l’autre marxiste-
I.G.Y
InvitéTE : Oui, concernant les bonnes scènes c’est vrai que, dans l’ensemble, la première partie du film est plus réussie (Alexandre dit 45min, moi je ne me souviens plus du minutage; j’ai quand même l’impression que le film s’effondre à partir du moment où Clark étrangle la psy, et ce alors même que le plan d’avant est super).
A propos des années 90, je me demande tout de même si, notamment du fait des raisons évoquées plus haut, le film n’aurait pas été plus fort situé en 2020. Je soupçonne A24 ou le réal ou les deux d’avoir surtout visé la palette « colorée/saturée » qui peut s’arrimer à un « univers 90’s », ajouté à la présence de caméras vidéos basse définition. Quitte à se placer pour cette raison dans les 90’s, il aurait même pu faire tout le film en caméra DV comme l’est la scène d’ouverture (Lynch a bien fait tout Inland Empire comme ça; mais il était légèrement plus installé dans le métier). Scène d’ouverture vraiment pas mal de mémoire.
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Alexandre
Invité« j’ai quand même l’impression que le film s’effondre à partir du moment où Clark étrangle la psy »
Oui sans doute encore qu’il y ait deux ou trois choses pas mal comme cette vue vertigineuse de l’espèce de tour centrale. Et je ne déteste pas ce croque-mitaine assez inattendu.
A part ça j’ai rien compris au fin mot de l’histoire.
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William E
InvitéJ’aimais bien la série youtube, j’ai vu le film, voila quelques trucs dessus:
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Couloir jaunâtre, piscine bizarre, effet VHS, et combinaison Hazmat. C’est tout le répertoire classique de l’imagerie des backrooms que le film, qui aurait pu se sous-titrer Greatest Hits, nous donne à voir. Être la vitrine de dix ans de créations collectives tentaculaires au gré des forums et de milliers de textes aux auteurs anonymes est une lourde tâche. A24 offre l’honneur ou le devoir à Kane Parson, réalisateur de la série web éponyme, qui offrait déjà au phénomène sa matérialité vidéo. A l’annonce du film je me suis demandé ce que le cinéma, au-delà d’un public moins niche, avait à offrir à la représentation des backrooms.
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La série avait pour elle une multiplication des régimes d’images qu’on ne retrouve pas dans le film. Sur le tout petit écran le spectateur était mis face à des documents de travail scientifique sortis de leur contexte, des prises de vues robotiques empruntées directement à l’exploration spatiale ou nucléaire, des rapports d’analyse photo et audio sur la composition des tubes néons jonchant le plafond, ou encore des bribes quasi inaudibles de réunion de crise. Autant de documents qui dessinaient une lente et méthodique exploration monotone des backrooms. On partait de personnages en combinaison Hazmat anonyme qu’on définissait petit à petit à force de réentendre leur prénom. Le dispositif permettait à Kane Parson de ne jamais rien expliquer, et d’ouvrir dans sa narration toujours plus de question que de réponse. Pourtant il était rattrapé par une envie irrépressible de scénariser la série, jusqu’au ridicule climax de stand-off mexicain avec fusil à pompe, sortie de nulle part.
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Dans le film, le problème de la scénarisation a outrance pèse dix millions de dollars de plus. Pour éviter du bruit mal maîtrisé on va quand même porter le scénario sur un mode mineur. Alors on raconte l’histoire de Clark, architecte raté vendeur de meubles, plein de ressentiment envers son ex-compagne. Sa psychologie sera explorée au moyen d’un autre personnage, Mary, sa psychologue. On y verra aussi la mère de Mary sous forme de flash-back pour expliquer la psychologie de la psychologue. Puis un jeune couple de caméras qu’on utilise aussi comme chair à canon. Et enfin il y a Phil, apparemment il a crée les backrooms. C’est pauvre et malvenu.
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Je dois d’abord dire avoir visionné le film comme les backrooms sont originalement visionnées, sur mon ordinateur, partageant l’expérience cinématographique avec les ombres du public se levant devant la caméra filmant la salle de cinéma. L’image passait de jaunâtre à bleu, le son saturait, les ombres des spectateurs toussaient, riaient, ou partaient. Le film se coupe juste avant le générique de fin, le temps de ranger discrètement la caméra avant que la lumière ne s’allume. Le compteur affichait plus de deux cent cinquante mille vues. Je n’ai pas l’impression d’avoir moins bien vu le film que si j’étais dans la salle.
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L’effet hypnotisant de l’architecture est bien présent. Les plans sont larges et la profondeur de champs laisse le regard dériver et s’accrocher sur des points de tensions anecdotiques. Tout est toujours à la limite du familier, un pas trop loin, et provoque le fantastique. A la manière de certains épisodes de la série, les personnages déambulent avec leurs cameras DV dont on nous donne à voir l’enregistrement. La patine VHS permettait à la série web d’atteindre un rendu photoréaliste en cachant entre les trames les coutures 3D. Dans le film on fait étonnamment l’inverse. On reconstitue un vrai décor qu’on filme avec des caméras très haute définition avant d’y appliquer un effet VHS, pour présenter le regard des personnages. Le film ne sait pas quoi faire du grand écran et se retrouve ainsi à copier la formule fonctionnant pour le petit plutôt que se chercher de nouvelle modalité d’image.
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Cette nouvelle modalité elle n’est pas à allez chercher dans les backrooms mais dans le monde réel auquel on transpose les codes visuels des backrooms. L’océan de néon du magasin de meuble, l’enfoncement des mains dans le béton frais, jusque dans le décadrage, amenant le fantastique, le malaise, dans le monde réel.
On aurait préféré que le scénario ne soit qu’un prétexte à l’exploration, mais le besoin de sens et d’unité du film amène à une sur-écriture. Sacrifié sur l’autel de la scénarisation, le complexe architectural à l’origine du film est relégué au rang de manifestation physique de la psyché des personnages. Tout doit faire sens dans la narration, tout doit se reboucler et se répondre, même si on en perd le mystère. Les maigres ouvertures à interprétation permettront de s’amuser à théoriser ou échanger sur la signification de ci ou de ca, mais jamais un puzzle n’a rendu une photo plus belle. Heureusement le film arrive en dépit de son scénario à suinter quelques images.
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Dans la série comme dans le film, comme dans toutes les itérations du phénomène backroom, il n’y a rien à raconter, il y a juste un concept architectural à explorer. Chacun y verra ce qu’il veut bien théoriser. Tantôt une réflexion sur les visuels étranges de l’intelligence artificielle, Tantôt une nouvelle esthétique gothique échangeant les manoirs victoriens post 1932 avec les open space post 2008. Aucune des itérations concrètes des backrooms ne s’intéresse à ces réflexions, la plupart se contente de prendre pour acquis la sensation de malaise que déclenchent les visuels architecturaux et tente à sa manière de l’amplifier, souvent en ajoutant des monstres, et en y accolant un narratif inspiré des codes du jeu vidéo.
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La singularité de la version de Kane Parson est d’y ajouter une origine artificielle, faisant de l’exploration des backrooms une exploration d’une création inexpliquée, un genre de Frankenstein monde accidentel. Me reste principalement la question de voir comment le créateur va retourner à la série web après cette parenthèse à plusieurs millions de dollars.
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I.G.Y
InvitéMerci, je note de jeter un coup d’œil à la série un de ces quatre
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Tof
InvitéMerci pour cette analyse et en particulier ce commentaire lumineux
« Dans la série comme dans le film, comme dans toutes les itérations du phénomène backroom, il n’y a rien à raconter, il y a juste un concept architectural à explorer. »
La genèse du phénomène est une photo « unsettling », déstabilisante. La légende imaginée qui l’accompagnera est déjà est une invitation à la scénariser, bien qu’elle reste ouverte il est déjà question de monstres. J’ai l’impression que par essence tout ajout scénaristique est voué à affaiblir la puissance déstabilisante de l’iconographie des espaces liminaires.
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Gerard Manfroy
InvitéIl vous a plus le film En compagnie d’Antonin Arthaud ? Moi oui, c’est pas un chef d’oeuvre mais y a beaucoup de qualités. J’aime le détail de la reconstitution non-parfaite de 1946, les voitures sont toutes des années 90 dans la rue… et on s’en fout ! j’adore ça. François l’a dit quelque part, les reconstitutions où tu mets tout le monde dans la rue bien costumé, les modèles de voitures bien raccord et puis : les tubes de cette époque en musique de fond bien sûr XD résultat : ça fait toc. Ou mieux : ça fait IA. (Hi-Ha ! comme disait l’âne dans Zarathoustra).
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Shiva
Invité« Jupiter », la redécouverte d’un film inédit
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Dans ce film réalisé par Jean-Pierre Prévost en 1970, Georges Perec apparaît aux côtés de plusieurs personnalités du monde des lettres et des arts. Jamais sorti en salles et pratiquement invisible pendant plus de cinquante ans, Jupiter a récemment été retrouvé et numérisé. Sa projection offre l’occasion de découvrir cette œuvre rare.
https://www.bnf.fr/fr/agenda/jupiter-la-redecouverte-dun-film-inedit
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BNF
Mercredi 14 octobre 2026
17 h – 20 h
Entrée gratuite – Réservation conseillée – Ouverture des réservations un mois avant l’événement
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation). -
Malice
InvitéNos amis de La Phase sont de retour, avec une critique du dernier Dupieux, bon complément de Tout va bien:
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François Bégaudeau
Maître des cléschouette
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Stéphanie
InvitéLe film Bait est un chef d’œuvre..
Ça se passe dans la région des Cornouillas , un village de pêcheurs.Martin est un pêcheur sans bateau, son frère utilise le bateau de leur père à des fins touristiques et lucratives.
Le plus impressionnant dans ce film au multiples thèmes ( travail, artisanat, la transmission)et le travail du montage , le film n’avance pas dans la continuité narrative classique , des scènes se déroulent dans l’après coup . Ça donne un aspect artisanale au film quasi documentaire parfois.
Tourné en noir et blanc , des gros plans sur les objets les mains ( de pêcheurs) des visages . Une matérialité.
Un chef d’œuvre. -
martin
InvitéVous avez vu le film « Jim Queen ». C’est moi où il y avait un pb avec le mixage sonore ? J’entendais pas toujours très bien les répliques. Ou ca vient peut être de la salle.
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Charlie
InvitéVu j’ai pas remarqué ça, je pense que ça vient plutôt de la salle en effet
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Modique somme
InvitéAh non non je suis bien d’accord, le son était complètement claqué au sol. J’ai mis ça sur le compte du côté un peu artisanal et niche du film, d’ailleurs les animations laissaient plutôt à désirer, je veux dire à certains moments c’était vraiment visible quoi, mais j’ai l’impression que le film assumait bien ça, que c’était pas un pixar avec 1500 personnes pour chaque personnage.
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I.G.Y
InvitéEst-ce que quelqu’un s’est farci les deux De Gaulle? Est-ce que ça vaut le coup ? J’entends des avis moins catastrophiques que ce que j’aurais pensé mais j’avoue ne pas être chaud.
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Alexandre
InvitéDes défauts gros comme le nez au milieu de la figure mais….. quelque chose fonctionne pas mal. C’est visible. Et les scènes de la libération de Paris m’ont arraché de menus frissons.
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Samuel_Belkekett
InvitéSi Onfray Michel a adoré à ce point là, il a dit que c’est le chef d’œuvre de l’année, c’est que ça doit pas être si mal quand même.
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Gerard Manfroy
Invité
Je l’ai retrouvé ! Je l’avais confectionné moi-même, on peut l’améliorer mais c’est une bonne base déjà.
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Samuel_Belkekett
InvitéHa c’est pas mal !
En lisant on a souvent l’impression d’entendre sa voix.
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I.G.Y
InvitéAlexandre : merci, je verrai si je tente une « Journée De Gaulle » pendant mes vacances pour me faire un avis (dit comme ça c’est rude). Les sons de cloche sont suffisamment divergents pour que ça devienne peut-être intéressant
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Malice
InvitéAvis aux personnes travaillant ou connaissant des personnes dans l’industrie du cinoche : est-ce que quelqu’un(e) aurait des témoignage de premières main sur les métiers des vfx/flame artists? Je voudrais en savoir plus sur le salaire, le quotidien, les différentes taches qui incombent aux artistes de cette branche professionnelle. Merci d’avance!
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Samuel_Belkekett
InvitéAvis aux personnes travaillant ou connaissant des personnes dans l’industrie du cinoche : est-ce que quelqu’un(e) aurait des témoignage de premières main sur les métiers des sosies artists? Je voudrais en savoir plus sur le salaire, le quotidien, les différentes taches qui incombent aux artistes de cette branche professionnelle. Merci d’avance!
Car je suis le sosie parfait de Bernard Blier.
J’espère faire carrière dans ce métier. Merci de m’aider à me lancer… -
Seldoon
InvitéMalice : écris-moi à seldoon2 sur yahoo France, je peux te mettre en contact.
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Malice
InvitéMerci, j’ai envoyé un mail avec ce que j’ai compris de tes indications, j’espère qu’il est passé!
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Mathieu
InvitéJe signale le très très beau film d’animation de Louis Clichy, vu en avp aujourd’hui. Il ne sortira que fin octobre mais peut-être que certaines villes le programme déjà. A Bordeaux, il y a toutes une série de séances sur le mois de juillet. Si c’est le cas à Paris, ne le loupez pas. Il y a quelques lourdeurs et stéréotypes ( la campagne, la famille d’agriculteurs endettés, une relation père/fils conflictuelle) mais l’idée de départ est très simple (un enfant de 10 ans a une scoliose et doit porter un corset très encombrant) très belle, et très bien traitée. De très simples et belles idées de mise en scène également, notamment dans des parallélismes entre jouer d’un orgue et conduire un tracteur. Un très beau dernier plan également en ce sens.
J’ai par moments pensé à la simplicité, à la limpidité et à la beauté de Tomboy ou plutôt Ma Vie de Courgette écrit par Sciamma. Il y a du Sciamma dans ce film en tout cas, c’est certain. Et le style graphique de Louis Clichy est également très beau et très singulier, dans la lignée de son tout premier court-métrage « A quoi ça sert l’amour? » Et quelle surprise de voir que Cécile Guillard, dessinatrice de Une vie de moche, est attachée au projet comme directrice artistique.
Un gros coup de coeur ici !-
François Bégaudeau
Maître des cléstu ne dis pas le titre
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Mathieu
InvitéHa oui mince
Le Corset-
François Bégaudeau
Maître des clésok merci
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Mathieu
InvitéBon après discussion avec moi-même et réflexion subséquente, je tempère un peu mon enthousiasme. J’ai dit qu’il y avait du Sciamma, je maintiens, mais il y a aussi du Courvoisier, d’une certaine façon. En tout cas, les défauts que j’ai présentés comme minoritaires dans mon premier post sont quand même moins petits que ce que j’ai laissé penser, notamment en ce qui concerne la relation père-fils, finalement assez structurante. Un défaut de scénario-centrisme, et de scénario très mainstream.
Mais je persiste, tout ce qui tourne autour du corset lui-même est super: cette idée du gamin qui penche sans s’en rendre compte, le corset encombrant qui l’empêche de bouger pour les gestes du quotidien et qui couine comme pas possible, sa rencontre avec la petite nageuse et les vols qui s’ensuivent. Tout ça est en outre fait de manière très économe en dialogue
Et j’en dirais presque autant de la relation de Christophe avec Michel son prof d’orgue, également simple, belle et sans drame, où Michel n’est jamais un père de substitution.
Donc bon, je me calme un peu et je dis: film émouvant, drôle, simple et beau assurément, mais qui aurait pu être encore plus original et singulier en absentant ou en minorant la place de la famille du héros
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Shiva
Invité
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MA
InvitéLe décalogue c’est plutôt du cinéma.
L’abécédaire déjà généreusement partagé par IGY, s’il veut bien se dévouer une nouvelle fois.-
MA
InvitéJe répondais à Abruti
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Alexandre
InvitéC’était quand même de l’affiche ça, hein ma bonne dame..!
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Malice
Invité@Alexandre Et cet enfoiré de Giraud n’a probablement pas eu besoin de faire des crayonnés à cause de son génie
Le film est drôle, à part ça-
Alexandre
InvitéOui, j’aime bien.
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abruti
Invitébonjour,
pas vraiment du cinéma mais je cherche deux séries actuellement indisponibles en ligne dans les réseaux de distribution traditionnels
– le décalogue de kieslowski
– l’abécédaire de gilles deleuzesi quelqu’un les a sur son ordinateur, je lui serai très reconnaissant
(je n’ai pas de lecteur DVD malheureusement)-
François Bégaudeau
Maître des clésune chose et son contraire
intéressant
l’abécédaire n’est plus en ligne?-
I.G.Y
InvitéPour l’abécédaire je l’ai, j’essaie de penser à l’uploader ce soir ou demain si personne ne l’a fait avant, ne pas hésiter à faire un « up » si j’oublie
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abruti
Invitél’abécédaire n’est plus en ligne depuis un an ou deux non,
de ce que j’ai compris, il y a un projet pour en faire une transcription en livre donc ils ont enlevé tout le contenu vidéo
et pour le Décalogue je ne sais pas, il me semblait qu’on pouvait le dénicher mais je n’ai rien trouvé
merci T. Bickle pour le lien ! reconnaissance éternelle immense et infinie
IGY merci pour la proposition, mais le lien posté fonctionne donc pas besoin de t’embêter à l’uploadersinon pour revenir sur le hiatus entre les deux demandes :
1) vieux souvenir d’un prof nous ayant montré le premier épisode du décalogue, j’ai besoin de me rafraîchir la mémoire (de souvenir plutôt bien aimé, et kieslowski en général aussi)
2) jamais écouté mais entendu parlé d’innombrables fois de cet entretien + amitié pour Deleuze de façon généralemerci encore IGY et T. Bickle (et si quelqu’un a le Décalogue je suis toujours preneur, même si je n’ai rien à offrir en échange)
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François Bégaudeau
Maître des cléssur Kieslowski, je préfère te prévenir : tu vas mourir de rire
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abruti
Invitéc’est effectivement l’un des souvenirs marquants de mon premier visionnage
surtout lorsque le polonais alcoolique se suicide-
François Bégaudeau
Maître des clésqui reste le meilleur gag du film
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Travis Bickle
InvitéTout est dispo via ce lien :
https://drive.google.com/drive/folders/14ks58MFxY7EY8mn5VXg7xYnbrGAxcVVm
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Titouan R
Invitémerci !
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Jules de bxl
InvitéVu avant-hier pour la première fois Mektoub my love canto uno (à Bruxelles). Waouh quelle claque. Ca donne envie de vivre !
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Larivière Sanretour
InvitéJe viens de voir le dernier épisode de TVB et je fais la réflexion suivante : je pense que la série Band of Brothers est peut-être la tentative la plus aboutie de Spielberg de traiter l’Histoire dans son cinéma. Surtout la partie Normandie, elle a le mérite de traiter de vraies choses, contrairement à Il faut sauver le soldat Rayan, une histoire inventée et, qu’on se le dise, parfaitement ridicule. Notamment parce que cette série montre de façon assez rigoureuse l’importance de l’échelon sous-off dans la guerre moderne : la nécessité d’avoir des gens capables de demander à des soldats des choses qu’ils ne feraient certainement pas de leur propre chef tant la létalité des combats est importante. Sur l’esprit de corps qui nait autour d’une expérience traumatisante commune. Attention, je ne dis pas que Spielberg a inventé l’eau chaude, mais au moins il lui arrive dans cette série de parler du réel. Cela me convient mieux que le soldat Rayan ou encore la liste de Schindler dans un autre registre.
Sur l’aspect série en plus je trouve qu’il s’en tire bien : c’est un peu un film en plusieurs épisodes et de ce fait, il ne tombe pas trop dans les défauts inhérents aux séries.-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne connais pas cette série
tu m’en rends curieux-
Larivière Sanretour
InvitéSi jamais tu la regardes, dis moi ce que t’en penses. J’ai pas trouvé ça absolument génial, mais assez peu Spielbergien. C’est peut-être dû au fait qu’il mobilise l’histoire réelle de la 506e et de ses faits d’arme tout au long de la guerre.
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Charles
InvitéOui j’ai gardé un bon souvenir de cette série vue lors de de sa première diffusion en VF à l’été 2002 de mémoire. Elle prend la forme d’une chronique, ce qui la distingue nettement des films de guerre généralement très spectaculaires ou très dramatisés comme effectivement Saving private Ryan. C’était une série de luxe évidemment mais elle avait un petit côté mineur, surtout à une époque où les séries n’étaient pas aussi légitimes comme aujourd’hui (la série avait été toutefois un évènement mais télévisuel).
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martin
InvitéVous pensez que ça a un intérêt la nouvelle version de 4h35 de Kill Bill ? De ce que je comprends c’est le remontage qu’il avait déjà proposé en 2011 mais pas montré en France + un court métrage d’animation un peu moche qu’il a fait récemment avec les créateurs de Fortnite qui met en scène une idée de chapitre qu’il avait depuis longtemps et qui est par ailleurs trouvable sur youtube.
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Charles
InvitéJe ne suis pas fan du film donc je n’irai pas le voir mais il paraît que cela fonctionne pas mal (j’ai lu ça sous la plume de Macheret qui trouve que cela redonne bien une dimension épique au film).
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Seldoon
InvitéJe le verrai plus tard ce mois ci. De ce que je comprends il y a un changement fondamental : ce que dans la version en 2 volumes le spectateur apprend à la fin du volume 1 n’est révélé que durant le final dans la version complète. Ce qui éclaire pourquoi la fin est fabriquée comme elle l’est. Depuis que j’ai compris ça j’ai l’impression de bien mieux comprendre les drôles de choix de la fin de volume 2.
Compliqué d’en parler sans spoiler, je reviendrai confirmer ou infirmer tout ça plus tard.-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai surtout entendu que l’upscaling était particulièrement visible.
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Sylvain
InvitéIl se trouve que, en bon pirate, j’ai vu cette version il y a deux mois. Et contrairement à Charles, j’aime assez les deux « Kill Bill » (avec une légère préférence pour le second). Cette version réunie en un seul et même film, telle qu’envisagée par Tarantino à l’origine, j’aurais donc bien sur du être client. Il se trouve que ça ne m’a pas enthousiasmé. C’est indigeste. C’est un buffet ou tu continues de manger alors que tu n’as plus faim. Intenable pour l’estomac. Le film était finalement bien mieux pensé scindé en deux (tout le monde le sait, les deux ont des tonalités assez différentes). Finalement, cette version de quasi 4h30 m’aura fait revoir « kill bill » à la baisse. Il aurait fallut être Leone – avec un sens de l’épure bien plus développé que chez Tarantino – pour que cela fonctionne.
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Charles
InvitéLe visionnage des deux, même à plusieurs jours d’écart, m’a toujours fait cette impression et la lenteur du rythme du second (en comparaison avec le premier) ne fait que renforcer la lourdeur de la conclusion. En fait le film finit par m’épuiser ou plutôt me lasser. Le premier est surstylisé, très séduisant mais plein comme un oeuf et sans temps mort. Il est très réussi mais à la fin on s’en fout un peu de Bill, on en a eu pour notre argent, on n’attend pas vraiment avec impatience les autres affrontements. Et c’est là que le second arrive, avec ses allures de western qui prend son temps et ses personnages toujours aussi azimutés que dans le premier (pas un qui est normal, à part peut -être Michael Madsen) et qui récite tous leur dialogues avec l’emphase de celui qui sait qu’il est dans un Tarantino voué à devenir culte. Ça tourne parfois au soliloque avec des pauses entre chaque phrase pour bien que le spectateur jouisse de chaque mot. Plus de 4h pour une série d’assassinats c’est évidemment trop, surtout quand le film échoue à faire ressentir une quelconque émotion quant au sort de son héroïne et de sa fille, héroïne qui ne dépasse jamais le stade personnage
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Charles
InvitéPersonnage bad ass, c’est à dire cool mais sans épaisseur. Ça manque un peu de vie quoi.
Ma scène préférée demeure pour cette raison le premier combat, dans la cuisine de l’assassin ,scène interrompue l’arrivée de la fille de celle-ci (elle revient de l’école). Dans cette scène on a a la fois une stylisation très divertissante et amusante d’un combat à partir d’éléments du quotidien (une casserole, un frigo etc.) et un ressort émotionnel qui sonne vrai (on arrête le combat d’un commun accord le temps que la petite fille arrive). Une scène malheureusement assez isolée.-
Sylvain
InvitéPas si isolée que ça, cette scène. Elle est une quasi ouverture du film. La présence impromptue de la petite fille, effectivement, pour la suite, a son importance. Quant au reste : je trouve au contraire que la très (très) longue scène de confrontation finale avec Bill est ce qui fonctionne le mieux dans tout cela. 40 minutes de dialogue, 15 secondes de sabres. C’est peut-être la grande réussite de cette version de 4h30.. A l’époque de « kill bill 2 », nombreux étaient déçus. Il est vrai que c’est l’antithèse des 40 dernières minutes du premier. Voir dans un même film ce bain de sang à mi-parcours puis cette confrontation au calme quand enfin, voici Bill (et ce sera tout sauf spectaculaire) rend une belle conclusion.
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Sylvain
InvitéJ’ajoute que c’est justement parce qu’on connait cette longue scène de confrontation finale avec Bill que j’ai tenu les 4h30. Je voulais voir ce calme arriver. A l’inverse, la fin du premier (donc ici le milieu du film) j’ai trouvé ça beaucoup trop long.
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Charles
InvitéOui le principe de rétention de cette scène génial mais la scène n’est vraiment pas terrible. Déjà parce que le couple est totalement improbable – je sais qu’on est dans un univers non réaliste mais quand on veut figurer un couple il faut quand même qu’il soit un minimum representable, bref qu’il y ait une alchimie – et que les dialogues ne sont pas franchement inoubliables. D’ailleurs tu m’aurais dit que la scène durait 10 minutes que je t’aurais cru.
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Alexandre
InvitéJ’aime bien le laïus de Bill à propos de Superman.
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Sylvain
InvitéPPs : @Charles, toujours : « Personnage bad ass, c’est à dire cool mais sans épaisseur. Ça manque un peu de vie quoi ».
Effectivement mais est-ce si dérangeant ? Tarantino travaille le mythe, plus que la vie. Même Jackie Brown est mythique. Il aime mystifier, ériger. Dans tous ces films. On pourrait objecter que DiCaprio dans « once upon a time… » fait exception. Voici un mec en souffrance, qui doute. Oui, mais il y a la fin…-
Charles
InvitéC’est pas forcément dérangeant sur 2h mais pénible sur 4h30. Et je ne suis pas d’accord sur Jackie Brown, elle n’a pas mythique, en tout cas pas que mythique, il filme et magnifie une noire quinquagénaire qui est lasse de sa vie et, comme elle le dit, veut foutre le camp. C’est le plus beau personnage de sa filmo car le plus humain.
Celui de DiCaprio dans OUATIH pourrait un peu m’intéresser (même si les infortunes des acteurs m’indiffèrent en général) s’il n’y avait le surjeu de celui-ci.-
Sylvain
InvitéDifficile de dire qu’il ne fait pas de Jackie Brown – mais surtout de Pam Grier – une icône… et c’est déjà, entre autre, la force du film. Je maintiens : Tarantino travaille les mythes. Ca ira encore plus loin avec toutes ces relectures de l’Histoire (relecture contre lesquelles je n’ai rien à redire si je dois préciser).
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Charles
InvitéIcone beaucoup plus incarnée que la mariée de Kill Bill dans ce cas et donc pas vraiment une icône.
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Seldoon
InvitéJe dirais qu’il part de l’icône et en fait presque une humaine.
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Malice
Invité» C’est le plus beau personnage de sa filmo car le plus humain. »
Et les copines de Boulevard de la mort, ne les oublions pas
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I.G.Y
InvitéJ’ai rattrapé La Dernière Piste de K. Reichardt et bon Dieu ce que j’avais manqué. Très heureux de possiblement le revoir au ciné-club l’an prochain.
Point de détail qui n’en est pas un : le film me rappelle la grande amitié musicale que j’ai pour les choix de KR depuis que j’ai découvert son cinéma avec First Cow. Aussi, comme souvent chez KR (sauf dans le dernier à mon goût, pourtant vu en salle), du grand art photographique et sonore.
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Là où Laxe dans Sirat faisait de l’épure désertique le lieu de surgissement assumé du démiurge scénaristique, KR fait de la sienne la matière même de la situation historique, géographique et matérielle des personnages. Grâce à cette solide base de cohérence, film ne voit jamais le sol s’écrouler sous ses pieds du fait de ce qui pourtant le traverse en souterrain , à savoir son caractère d’expérience de pensée, de tableau sur lequel se peint, par petites touches sur toile vierge, une scène primitive par excellence — il y avait déjà de ça dans First Cow, mais c’est plus radical ici — : un groupe humain isolé rencontre, tout aussi isolé, l’archétype de l’Étranger. (On eut été curieux de voir KR réaliser Premier Contact, qui a sa manière avait poussé ce dernier aspect très loin — et qui reste, et de loin même s’il m’en manque, le meilleur Villeneuve que j’aie vu). J’écris « scène primitive » mais ça me semble aller si loin que, de ce canevas réaliste et tout à fait crédible, surgirait presque une scène « biblique » — les éléments de religiosité présents ici et là dans le rapport au monde des personnages (Indien inclus) n’amoindrissent pas cette impression. Ce serait peut être par ce biais étonnant que ressurgirait, dans La Dernière Piste, le caractère mythologique qu’on prête souvent au western (j’en ai vu peu)?Le film est économe y compris dans ses effets de subtilité. KR ne compense pas son épure par une surcharge vaguement philosophante du dialogue (travers dans lequel peut tomber un Tarkowsky), ne cherche même pas à introduire de la non-linéarité (si belle dans First Cow). Il y a une scène où Mme Tetherow rapièce le soulier de l’Indien et dit, « s’adressant » à l’Indien, quelque chose comme « ceci est une aiguille, pour coudre […] vous ne pouvez pas imaginer tout ce qu’on a fait, les villes qu’on a bâties » — alors même qu’à l’évidence les souliers de l’Indien sont déjà cousus, et que ces populations faisaient déjà un usage avancé du textile depuis belle lurette. (On pourrait éventuellement dire de l’Indien qu’il est trop silencieux et impassible — trop archétypal — pour être vrai?). Il y a un plan où la cage vide, cadrée de loin et à demi-voilée par le tissu de la caravane, pudiquement, signale la mort de l’oiseau. Il y a des choses comme ça. Et au milieu, nous autres spectateurs, sans avance ni retard par rapport aux personnages quant à la situation qui leur importe, errons dans le vide sublime de ce huis clos ouvert, le danger de mort en moins, mais condamnés comme eux à interpréter des signes pour mesurer le succès ou l’échec à venir.
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François Bégaudeau
Maître des clésDésolé de descendre de 45 marches, mais, puisque tu demandais, j’ai vu le De Gaulle 1.
Comme une sorte de rumeur se répand comme quoi le film serait « pas-si-nul », et politiquement « pas-si-con ». Je me dois donc d’alerter le monde que non : il est si nul, et si con.-
Alexandre
InvitéTu iras voir le 2 ou tu déclares forfait ?
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François Bégaudeau
Maître des clésma perversité légendaire a évidemment très envie de s’assurer que tout ceci est nul et con jusqu’au bout
(outre que, plus sérieusement, il est toujours intéressant de détailler la falsification)
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I.G.Y
Invité« Désolé de descendre de 45 marche » : j’étais pas prêt (badaboum). Le paradoxe étant que tu renforces ma curiosité.
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propater
InvitéPersonellement, j’aurais plutôt tendance à placer le sommet de Villeneuve à Sicarios. Premier contact, même si je le trouve intéressant, marque pour moi le début de la chute vers Dune. (le tournant vers la science-fiction et l’abandon du sujet de la violence qui commençait juste à se complexifier)
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I.G.Y
InvitéC’est en effet pour cela que j’ai introduit un bémol de prudence : j’ai entendu du bien de Sicario et je ne l’ai pas vu. A voir après De Gaulle, sans doute.
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Seldoon
InvitéDrôle de film, Sicario. Revu récemment. Il est maintenant très clair pour moi que c’est une série B fascisante déguisée en film d’auteur par le décentrage vers un personnage passif et extérieur – une femme par ailleurs, et son pote noir, ils sont la caution woke de leurs collègues comme du film. Ça marche bien, Josh Brolin au top (j’aime beaucoup sa capacité à « posséder un endroit, que ce soit une salle de réunion ou un aéroport militaire entier en trois secondes juste par son langage corporel), quelques très bonnes scènes et une grande qui restera, qui est d’ailleurs restée.
Villeneuve savait vraiment y faire.-
Samuel_Belkekett
InvitéSeldoon a bien parlé. Hugh !
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I.G.Y
InvitéQuelle scène est particulièrement restée? J’étais d’humeur cette après-midi pour un blockbuster (je promets à Malice de regarder enfin un Rohmer pendant les vacances).
Je ne sais pas si c’est parce que c’est mon premier DV non-SF depuis très longtemps, mais j’ai l’impression d’avoir mieux perçu ici, du fait du cadre plus « réaliste », la fonction ou du moins l’effet produit par l’une des caractéristiques évidentes de ses films : ces plans larges grandioses et mouvement, souvent vus de (très) haut, accompagnés de nappes musicales tendues — ces sorte de trombones-cors-tubas électroniques qu’on retrouve beaucoup ailleurs. C’est vraiment la construction d’une hostilité fondamentale de l’environnement au sens large du terme : espaces désertiques arides, au milieu desquelles surgissent des villes désincarnées par la distance même des prises de vue (je pense entre autres à ces plans insistants sur les motifs répétitifs des toits de Juarez, ou les habitations vues de loin à travers des grillages), la ville de masse, grouillante, intrinsèquement étrangère, objet d’inquiétude policière. On retrouve un peu ça dans la représentation des foules et des masses dans Dune, ça m’avait frappé. On retrouve beaucoup de choses de Blade Runner 2049 ou des Dune — c’est étonnamment dunesque.
C’est vrai que la mécanique de la mise en tension est parfois très efficace, mais je suis d’accord qu’il faut avoir conscience (percevoir) de quoi l’on « jouit » devant ce genre de mises en scène : le film a beau (certes très classiquement) montrer des militaires qui en gros sont « à la fois la solution et le problème » — avec une certaine radicalité, même si le personnage anti-gang le plus radicalement ravagé… n’est pas américain, ça se note —, le film épouse sacrément le rapport au monde d’un drone policier. Aussi le personnage féminin qui répugne à exercer la violence ferait presque, en effet, office de caution rassurante pour le spectateur : oui c’est dur, c’est très dur, mais il faut ce qu’il faut, etc… « It’s the land of wolves now ». DV cinéaste hobbesien? (rire)
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Malice
Invité@Igy Un rohmer d’été j’imagine ( et c’est pas ça qui manque dans la filmo d’Eric)
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Malice
Invitéça te changera de la grisaille à la Denis Villeneuve ( je dis ça, je n’ai vu que deux films et demi de lui, dont celui où les aliens visitent la Terre dans un grand grain de riz complet)
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I.G.Y
Invitérire, qui risquait de cuire vu le réchauffement climatique, d’où sans doute leur départ.
(je me souviens que toute la partie finale m’avait paru un peu fumeuse — ce qui m’avait intéressé était bien plus la représentation inhabituelle des « aliens », et les enjeux que ça soulève au départ)
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Malice
InvitéL’éternel personnage principal qui a perdu son enfant…et qui trouve résilience dans l’aventure
Je me souviens du moment où les héros entrent dans le grain de riz, quand la gravité change, et des taches d’encre que font les créatures pour s’exprimer, et c’est à peu près tout-
I.G.Y
InvitéLes aliens tâche d’encre, c’est ce qu’il a fait de mieux (me manquent encore ses deux tous premiers + Incendies). C’est possible que, pris dans sa totalité, Premier Contact tienne en effet moins bien la route que Sicario (malgré ce que j’en ai dit plus haut). Mais « ce qu’il y a de bon » dans Premier Contact dépasse vraiment tout le reste à mes yeux.
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Ostros
InvitéNouvelle pour les Breillat lovers
La réalisatrice tournera en 2027 The German Cousin, adaptation du livre de Simenon.
Allemands installés en France depuis plusieurs années, les Krull tiennent une épicerie où les mariniers du canal voisin viennent boire un coup le soir, après le travail.
Mais un jour, le corps d’une jeune fille est retrouvé dans le canal. Elle a été violée et étranglée.
Or c’est Hans Krull, un cousin arrivé depuis peu, qui l’a découvert.
Bientôt de vieilles rancunes refont surface, les accusations se précisent, les langues se délient…
Ces Krull, ce sont des étrangers, non? (Gallimard)
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Adaptation du roman Chez Krull de Georges Simenon.-
Charlie
InvitéIl y a des gens qui avaient apprécié son dernier film l’Été dernier ? Pour moi c’était un nanard
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Charles
Invité@Charlie : L’été dernier a été pas mal défendu ici au moment de sa sortie.
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Malice
InvitéLa seule chose que je critiquerais dans « L’été dernier » : l’écriture de certains dialogues. Des phrases mises dans la bouche du mari et de la femme m’ont paru un peu » fausses » ( Léa Drucker au téléphone demandant que la personne chargée de s’occuper d’un dossier y mette plus de zéle; le mari interrompant les confidences sexuelle des deux soeurs; le jeune homme se mettant soudain, maladroitement à mes oreilles, à employer un langage désuet).
Mais ce sont des détails, j’ai revu le film récemment, enchantée par certaines séquences : par exemple la séquence de la baignade avec les deux petites filles au bord de l’étang et la scène de tatouage.-
Malice
Invité« mises dans la bouche de la femme du mari et du jeune homme », pardon
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Malice
InvitéMerci pour l’info, je me demandais justement si L’été dernier était son dernier chant. Intéressant de la voir revenir avec un film à la Parfait amour! (Qui mettait en scène un féminicide)
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Stéphanie
InvitéEn bas des 45 marches , pourquoi personne ne parle de Bait ce film génial ?
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I.G.Y
Invitéparce que je ne l’ai pas vu, par exemple (rire), mais il est dans ma liste depuis ton signalement ici il y a quelques temps
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Samuel_Belkekett
InvitéBait est un gros nanard prétentieux.
IGY ne perd pas ton temps.
Belkekett a parlé… -
Stéphanie
InvitéAh OK, je suis étonnée que personne ne l’ai vu.
A Nice il est resté à l’affiche 2 semaines donc grouillézi.
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Samuel_Belkekett
InvitéGros navet Bait.
Ça dégouline de bons sentiments en permanence.
Heureux sont les simples d’esprit. -
Mathieu
InvitéVu hier la bataille de Gaulle 1, c’est grotesque, mal dialogué, et tout le monde joue mal en particulier le trio d’acteurs interprétant De Gaulle, Churchill, et le jeune Fernand. Particulièrement déçu de ce dernier, Florian Lesieur, qui m’avait bien fait rire dans la pièce sur Rancière. Là il est constamment dans le surjeu, la surexpression, il ne cesse de faire des mouvements d’yeux, il est toujours en force. Il faut dire qu’il est mal servi par l’écriture de son personnage univoque de résistant idéaliste et par de mauvais dialogues. Par moments, on se croirait dans un truc style Un Village Français, voire même un reconstitution pour enfants, tellement l’écrin années 40 est propret. Tout jusqu’aux gueules des figurants fait passéisme forcé. Et en contrepoint de ça, la musique omniprésente rappelle les compositions tonitruante de Zimmer pour Batman, comme c’était déjà le cas dans les anciennes grosses prods Pathé (Mousquetaires, Monte Cristo). Je ne m’étendrai pas sur l’intrigue à laquelle je ne connaissais rien et qui ne m’a de toute façon pas passionné, elle m’a fait l’effet d’un concours de bite et de cabotinage entre Churchill et De Gaulle, qui meurt s’il ne répète 225 fois les mots France et français au cours du film.
Quelqu’un a vu le 2? Est-ce qu’on voit un peu plus Moulin, la résistance incarnée, un peu moins les états-majors inutiles et bavards? Si vous me dites que c’est mieux, je ferai mon devoir de patriote en ce 14 juillet et j’irai le voir-
Alexandre
InvitéOui, elle me paraît meilleure.
Déjà y a plus Lesieur (rires)-
François Bégaudeau
Maître des clésLe 2 est pire -puisque disparaissent quasi totalement les éléments OSS 117 qui seuls surprenaient dans le 1
Et le truc se révèle définitivement la machine propagandiste qu’il est à tous les plans.-
Alexandre
InvitéMon enthousiasme est tellement tiède (ce n’est donc pas de l’enthousiasme) que je peinerais fatalement à te contredire.
Si ce n’est que je trouve qu’il y a une espèce de faconde dans cette réalisation (les deux parties confondues) qui fait que j’ai regardé ça avec une certaine indulgence.
Matthieu, dans son post, dit un truc qui m’a tilté : il cite les deux hits Pathé Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte Cristo, que j’ai vus.
Et bien alors que j’ai cordialement détesté le premier, qui est peut-être la pire adaptation de Dumas que j’ai vue (la meilleure pour moi restera La Reine Margot de Chéreau et peut-être un muet d’Allan Dwan avec Douglas Fairbanks), j’ai plutôt bien supporté le second, nettement plus comestible à mon goût. Je retrouve cette comestibilité avec De Gaulle. Ce qui a motivé mon déplacement en salle est que je n’avais pas tout à fait haï, de par une certaine tenue technique, le film de sous-marin d’Antoine Baudry, Le Chant du Loup.
Mais il est vrai que ça ne va pas plus loin.-
Mathieu
InvitéJ’ai fait le rapprochement car le dyptique de Gaulle est aussi un film Pathé, et que ça commence à faire une tendance pour la firme, dont Seydoux ne se cache d’ailleurs pas. Il avait donné sa vision dans je ne sais plus quelle interview au moment du premier Mousquetaires. Il ne veut produire que des grosses machines célébrant le patrimoine français, avec un savoir-faire « à l’américaine. »
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Mathieu
InvitéCe que tu appelles comestibilité, je dirais avec mes mots que c’est le côté: « allez, ça se regarde quand même, on est emporté ». Hé bien même là, je trouve que c’est pas le cas. A côté des nombreuses scènes de dialogues indigestes et parfois ridicules (je repense à la scène où De Gaulle casse la chaise devant Churchill et dit: « avec les anglais il suffit de hausser le ton »), très peu de scènes d’actions prenantes . Bir Hakeim et la percée en voiture par exemple, c’est vraiment pas terrible. Pourtant, il y aurait eu moyen de faire une bonne séquence d’actions là: longue, pénible, difficile pour les soldats français déjà très diminués. Mais non, on voit une nénette toute mignonne, à peine décoiffée, avec juste de la terre sur le visage qui conduit à fond en serrant les dents et c’est fini. Je pense que montre en main, ça dure une minute 30. Le discours de Magimel avant, où il demande à ses troupes de choisir leur destin, entrecoupé de plans sur des visages de soldats fatigués mais concernés, est 2 fois plus long.
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Alexandre
Invité« Bir Hakeim et la percée en voiture par exemple, c’est vraiment pas terrible. »
Ce n’est vraiment pas terrible c’est vrai mais l’épisode Mers El-Kebir (très court) utilise les images d’archives avec une certaine habileté, de même que la Libération de Paris.
Autres petites choses : la musique pesante à la Hans Zimmer se nuance un peu dans la deuxième partie d’orchestrations plus insolites.
Et pis Thierry Lhermitte m’a amusé.-
Alexandre
Invité« Ce que tu appelles comestibilité, je dirais avec mes mots que c’est le côté: « allez, ça se regarde quand même, on est emporté » »
Pas tout à fait non. Ce serait « ça se regarde », point.
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Mathieu
InvitéA ce titre, la première réplique du film donne le ton: « ai-je l’air de débander? »
On pressent tout de suite le chef-d’oeuvre qui s’annonce
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bmh
InvitéJe rajoute qu’ils ont réussi l’exploit de ne filmer qu’environ trois Noirs et deux Arabes pendant la bataille de Bir Hakeim, alors que, je le rappelle, les soldats étaient issus aux deux tiers des colonies.
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Charles en rose
InvitéCherchais à voir close-up (Kiarostami) depuis qq mois, indisponible en dvd vostfr.
Un lien ici : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Close_Up_(1990).webm-
Charles en rose
Invitéça s’ouvre pas directement ici… en tous cas j’ai pu le voir facilement. « Close-up wikimedia »
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Samuel_Belkekett
InvitéTu utilises ton IA quand tu regardes du Kiarostami ?
Dis-moi, tu regardes du Kiarostami parce que ton maître à penser dit que c’est bien, ou vraiment ça te tient à cœur ? Mais vraiment ?
Est-ce qu tu as vu Like someone in love ? Son chef d’œuvre ?-
Charles en rose
InvitéNon, pas encore. J’ai commencé par Close-Up, sur le conseil de mon IA, ajusté à mon parcours.
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Samuel_Belkekett
InvitéAjusté à ton parcours, vois « Où est la maison de mon ami ».
Tu vois, il s’avère que je suis plus efficace que ta putain d’IA.
Demande moi la prochaine fois.
Et tu auras droit à…
Un conseil du professeur Belkekett…-
Charles en rose
InvitéProfesseur Belkekett,
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1) Mon IA, à qui je Montretout comme dirait Gérard, a été piquée au vif. Elle me dit qu’elle n’est pas une putain.
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2) Elle a d’ailleurs entièrement validé votre suggestion. Nous sommes actuellement à la recherche de la maison.
Elle m’avait toutefois imposé, au préalable, le visionnage de Mouchette.
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3) La succession Close-up → Mouchette s’est révélée particulièrement intéressante.
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Malheureusement, je ne peux rien dire de plus ici.
On est sur écoute.
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Gerard Manfroy
InvitéEt ben ma foi l’Odyssée de Nolan fut une très bonne séance. J’adore le Agamemnon en armure de Batman XD La reconstitution grecque est magnifique, de bon goût, oui même l’armure Batman ou Dark Vador de Agamemnon, j’adore l’idée.
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De Nolan je souffre surtout devant son premier et troisième Batman à cause de leurs scénarios crétins, mais là c’est Homère. Alors quand Petersen avait adapté Homère, ça dérivait déjà vers le soap opera, trop de sentimentalisme et de sensibilité morale trop moderne. Mais là on sent que Nolan se pose de vrais question sur comment les grecs pensaient leurs mythes.
—
Seul bémol : le rythme hyper pressé du film, avec des évènements qui défilent sur l’écran en allure TGV. J’aime beaucoup l’idée de filmer un épisode de l’épopée depuis la narration d’un personnage, cela permet en effet de gagner en vitesse, et c’est dans l’esprit de l’aède grec. Dommage qu’il n’ait fait qu’un seul long métrage à vrai dire. Le texte homérien mérite plusieurs volumes pour respirer dans son amplitude.-
William E
InvitéL’Odyssée jongle entre deux idéaux du cinéma. Le premier c’est celui du grand spectacle son et lumière, propice à la grandeur du mythe. Dans le cinéma de Christopher Nolan la grandeur est une question de poids.
…
Poids de la caméra Imax. 130 kilos. Les 70mm de largeur de la gigantesque pellicule, au cœur de la communication, doivent induire qu’on est face à un gros film. Pourtant le ratio d’image obtenu, plus ramassé que la normale, n’est visible que dans les rares salles de projection habilitées. L’année dernière, le film Magellan de Lav Diaz filmait une traversée de la mer avec un ratio d’image proche. Le film tourné au gh7, une petite caméra au capteur numérique de largeur 17mm, avait eu le bon goût d’être projeté partout dans le bon ratio longueur/largeur.
…
Poids du décor. En délocalisant les décors hors de l’imaginaire méditerranéen, le film donne une envergure océanique au voyage d’Ulysse. Du palais d’Ithac, monté comme un bloc monolithique, aux plages larges et infinies dans lesquelles les personnages apparaissent comme des fourmis, le film montre un moment du temps où les proportions du monde même étaient différentes, plus imposantes.
…
Poids du son ensuite. Les artifices d’alourdissement sonore qui nous plaquent au siège sont tantôt clichés, les basses présentes depuis Inception sont utilisées pour nous indiquer artificiellement le poids d’une scène, tantôt spectaculaires, les terrifiants hurlements de douleurs du cyclope.
…
Le grand spectacle, de pair avec une intense solennité des dialogues (tous plus graves les uns que les autres), sacrifie totalement l’humour. Le casting hollywoodien pèse aussi dans le poids du film. Si chaque film doit être plus gros que le précédent, chaque personnage finit par être noyé derrière la star qui l’incarne.
…
Un premier carton nous promet la magie, et fait souffler un vent épique, qui se glace bien vite. Cette magie le film n’ose jamais vraiment l’aborder de front (Excepté la scène de Circé, offrant des images absolument tactiles de modelage de métamorphose). Dans une peur de ne pas bien gérer l’irréel, le film cache beaucoup. Il cache la course du cyclope derrière des arbres n’osant pas le montrer en plein jour, il cache l’intérieur du palais d’Ithaque dans un champ contre-champ sur-flou entre Pénélope et Télémaque. Il cache les sirènes aussi, en les maintenant à bonne distance, les mélangeant avec ce qui semble être des phoques. Quand on ne cache pas, on évide. Chaque rive des nouvelles îles ressemble à un désert, de cailloux, de sable, d’herbe haute, la mer. En haut le ciel, en bas le désert, les couleurs et les textures changent, pas la composition, très horizontale (on retombe sur la question du ratio d’image), piquée par les humains, petit bâton bonhommes fourmis perdus dans le cadre. L’imagerie de l’environnement vidé à l’extrême est contrebalancée par un bestiaire bien fourni.
…
Nouveauté bienvenue dans son cinéma, Nolan filme des dauphins aux abords du bateau, on devine l’image imprévue captée sur le moment. C’est le signe d’un autre idéal avec lequel le film jongle, celui du cinéma comme art de l’enregistrement. Décors réels, recours frileux aux effets visuels numériques, à la recherche d’une vérité de la matière. En contrepartie certaines scènes semblent avoir été pensées sans découpage du cadre. La caméra échoue souvent à trouver où se mettre lors des scènes d’action rendues brouillonnes et illisibles.
…
Oscillant entre ces deux modalités sans jamais vraiment perdre l’équilibre, le film arrive in extremis à se corriger d’une ou deux premières demi-heures de montage façon bande-annonce courant à bout de souffle derrière le scénario. Heureusement celui-ci finit par se stabiliser et trouve son rythme dans la succession de scènes-épisodes qui composent le mythe.
…
Tous ces éléments arrivent à insuffler au film le souffle épique qu’il cherchait. Dans la quête de gigantisme qu’est le cinéma de Nolan, le film se fait une place de choix, bien servie par la simplicité du scénario qui permet à Nolan de dérouler ce qui lui plaît : de gros éléments sur une grosse pellicule, projetés sur de gros écrans.-
François Bégaudeau
Maître des clésce film me fatigue d’avance
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Leon
InvitéMerci pour la reco : j’irais le voir. J’avoue être assez friand de ces gros américains jouant aux gros héros aux grosses couilles défiant de gros monstes au milieu de gros décors aux grosses musiques. Comme un retour à l’essence même de l’art
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Samuel_Belkekett
InvitéÇa ne change pas beaucoup du forum finalement.
Ici on a de grosses consciences, qui se la joue grosse bonne conscience.
Qui ont de gros sentiments, qui font de très très grosses dénonciations qui embellissent encore davantage leur grosses bonnes consciences.
Block buster de la bonne conscience.
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I.G.Y
InvitéJ’irai aussi le voir parce que je pressens qu’on va m’en parler. Un effet positif indirect : je vais essayer de lire l’Odyssée avant (en espérant que ça n’est pas trop indigeste…)
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Léon
InvitéJ’en sors, si tu aimes les mecs badass avec d’énormes couilles qui défoncent d’énormes monstres tu vas kiffer
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I.G.Y
InvitéLes énormes couilles de Nolan sont digestes et j’en suis ravi, mais quid de celles d’Homère et Jaccottet ? Ça fait peut-être beaucoup de couilles en un été, prenez votre temps. Je vous dirai.
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K. comme mon Code
InvitéMes couilles sont ailées.
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MA
InvitéL’iliade est beaucoup plys indigeste que l’Odyssee qui se lit bien. Pas essaye par contre la versiob de Jacottet
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Alexandre
Invité« Mes couilles sont ailées. »
Hermès?-
stephanie
InvitéLustucru ?
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Dr Xavier
InvitéIcare ?
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I.G.Y
InvitéTaureau ailé? (c’est Lustucru qui m’a mis sur la piste)
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Samuel_Belkekett
InvitéLéon dit à propos de la lecture de l’odyssée d’Homere.
« J’en sors, si tu aimes les mecs badass avec d’énormes couilles qui défoncent d’énormes monstres tu vas kiffer »
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Encore un pauvre débile mental qui de Bégaudeau à tout lu et ne pense que par son prisme, même pour juger de toute autre œuvre quelle qu’elle soit.
Je rappelle que l’odyssée a été écrit au VIIIème siècle avant notre ère.
Et il y’a toujours un gros moraliste, qui avec ses lunettes de petit gauchiste abruti, viens rappeler que le virilisme en -800 c’était très très mal. Parce que les mythes de cette époque doivent être soumis à la pensée d’aujourd’hui.
Qu’en -800 les gens étaient déjà féministe, antiraciste et dans leur tête exactement comme nous aujourd’hui. Homere doit donc, pour Léon le roi des cons, être jugé par un tribunal de gauche radical. Ainsi soit-il. -
Samuel_Belkekett
InvitéQue les curés bien pensants vivent en leur âme et conscience.
Amen.
Le petit jésus veille… -
bmh
InvitéL’Odyssée de Homère n’est pas l’Odyssée de Nolan, Samuel. Si tu sais lire, Leon parlait dans son message du film de Nolan, fait dans les années 2020. Respire, tout va bien.
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MA
InvitéMicrocine avec Burdeau sur l’Odyssee. https://www.youtube.com/live/dNALz50cI8o?si=YHhZyAWFMTMGOWbF
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eustache
InvitéLourdeur habituelle de Nolan, épuisement du spectateur quarantenaire que je suis (mais pas de l’adolescent subjugué à mes côtés, il faudrait comprendre comment Nolan agit sur les jeunes mâles)
Structure narrative alambiquée mais efficace, Nolan aime décidément les histoires qu’il raconte. Son côté néoclassique boursoufflé est à la fois gênant, à la fois touchant, par sa foi dans le récit, ce n’est plus si courant. (il y a de la foi dans les mécaniques de scénario, mais pas dans les histoires disons)
Musique: beaucoup, trop
Emotion,:un peu (quand les scènes sont tenues, sur la fin notamment)
Bagarres : en bouillie, Nolan confirme chaque fois un peu plus son inaptitude à filmer les scènes d’action (mais pas que d’action finalement)
Lumière intérieure des bougies à l’écoeurement.
Sensation de matérialité, les voiles, les falaises, les casques… Petit bonheur de la pellicule sans doute. Ouf Nolan ne marvelise pas la mythologie greque (ce qui risque d’arriver dans les année à venir)
L’autre bonne surprise, c’est le mea culpa, discours de repentance d’Ulysse sur ses méfaits, petite redéfinition du héros qui fait du bien. (Matt Damon donnant beaucoup de chair et de douceur à ce héros problématique)
Mais ça fait peu pour un film qui semble très littéral, très balourd, empesé pas ses stars, son budget, son idée de grand cinéma.
Ah oui le cinéma tiens, le découpage, le montage… Indigne, on aimerait tant que les plans durent, on aimerait tant que les plans aient du sens, on aimerait sortir des champscontrechamps et des raccords regard.
Pauvreté inouie de ce cinéma riche.-
Gerard Manfroy
InvitéTrès bonne critique.
Mais perso je suis reconnaissant au film de donner envie de lire le livre.-
François Bégaudeau
Maître des clés« L’autre bonne surprise, c’est le mea culpa, discours de repentance d’Ulysse sur ses méfaits, petite redéfinition du héros qui fait du bien. (Matt Damon donnant beaucoup de chair et de douceur à ce héros problématique) »
Tu ne crois pas qu’il y a là un scrupule publicitaire? L’effet d’une vigilance de l’industrie au « problématique ». Le travail des marchands douaniers qui cherchent du problématique dans les coffres, histoire de purifier la marchandise.-
François Bégaudeau
Maître des clésL’odyssée c’est comme l’affaire Barbara Butch : tout le monde dit que ca vaut pas le coup, mais tout le monde participe.
Je veux dire : serait il envisageable de NE PAS voir le film?-
Charles
InvitéMendelsohn a très bien analysé ce nouveau trait d’Ulysse, propre à l’époque : https://legrandcontinent.eu/fr/dimanches/un-cafe-avec-daniel-mendelsohn/
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eustache
InvitéC’est presque sûr, mais ça ne change rien au fond non? Il y a encore 20 ans, après formatage hollywoodien, Ulysse eût été un héros lisse (c’est pas pour faire prétentieux le eût hein, c’est juste plus joli comme ça), aujourd’hui, c’est un héros négatif, qui ne se rachète pas (on échappe assez à la rédemption habituelle), et se rend compte du mal qu’il a fait par ses faits de gloire, c’est presque un décololonial!
Je ne vais pas m’en plaindre. c’est comme les quotas ethniques, le film coche des cases, bon et après….Serait il envisageable de NE PAS voir le film?
Sacrée question. J’y allais sans enthousiasme, mon fils voulait le revoir, toute la propagande Imax avait bien marché, et Nolan, c’est un peu le Kubrick d’aujourd’hui, on ne peut pas passer à côté, pense-t-on, de peur de rater l’évenement. Et là l’événement est moyen.
L’agaçant, c’est ce marketing reposant sur la technique, regardez ma grosse caméra, ces kilomètres de pellicule, il faut le voir dans ces conditions etc. Ce qui n’est pas un argument mince pour moi je précise, car c’est un geste fort a priori de tourner en pellicule aujourd’hui et je pense que ça donne une matérialité à ce film film (matérialité qui s’absente du champ hollywoodien) Au delà de cet argument, j’en suis à me réjouir petitement, qu’il y ait encore des cinéastes stars qui attirent un public sur leur noms. (comme Tarantino, PTA, Almodovar…)Après, ma réponse personnelle: j’irai toujours voir un Nolan, car je tiens Interstellar pour un des grands films du 21e.
Autre chose comme cette question revient un peu sur la populaire majoritaire dont François parle dans Du mépris (que je vais relire pendant les vacances, tans les idées dégainées y sont nombreuses, mais en père consciencieux, je lis tout le programme de 1ère aussi, bref je referme), j’ai l’intuition que ce film n’est pas du tout populaire, dans un sens où il plairait au plus grand nombre. POur notre petit groupe, nous étions 4, le jeune mâle a aimé, moi moyennement, et les 2 femmes très peu et pas du tout (voire ennui mortel pour l’une). UN peu plus tard, 2 gars dans un café en parlaient, je tends l’oreille, trop long, les scènes d’action on comprend rien… Voilà pour ma petite statistique personnelle, parisienne, certes.
Le film me semple absolument répondre à l’économie du majoritaire (on ne peut pas le rater) mais je pense qu’il ne provoque pas d’émotion populaire (sinon chez les ado masculins essentiellement)-
Léon
InvitéEustache : j’ai l’impression que paradoxalement le fait que « ça ne plaise pas à tout le monde » fait partie du marketting. Attention, on a affaire là à un auteur, singulier, c’est spécial, ça ne peut pas plaire à tout le monde. Mais on y va quand meme pour se faire un avis
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eustache
Invitéça tient à nous ça je dirais, ne pas passer à côté de l’événement pour faire notre propre opinion, tout le monde en parle hein.
Mais pour le marketting, je suis moins sûr qu’il y ait l’idée de de faire notre opinion, comme pour certains films chocs en effet dont l’idée est »j’y vais mais je vais peut être détester » (type Orange mécanique ou Funny Games)
Là j’ai l’impression nous enfonce plutôt dans la tête, grosse technique, grand sujet, grand film d’un grand cinéaste, expérience immersive à vivre absolument. Avec en plus la petite élite qui l’aura vu en vrai Imax, ou en 70mm pour les un peu moins happy few etc.
Nolan c’est du lourd pour sûr.
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Alexandre
Invité» et Nolan, c’est un peu le Kubrick d’aujourd’hui, on ne peut pas passer à côté, pense-t-on »
pense-t-on, en effet.
«-
Alexandre
InvitéMon « pense-t-on », rebondissant sur celui d’eustache, s’applique à la notion de « nouveau Kubrick » qui, pour moi, ne repose sur pas grand chose.
Je précise parce que je ne suis pas sûr d’avoir été clair.-
eustache
InvitéIl y aurait nombre de points communs tout de même, les films-evenements, l’idée de passer en revue les genres en faisant le chef d’oeuvre de chaque, la posture du grand artiste jusqu’au boutiste, le fétichisme technologique (mais là où Kubrick va en avant, innove, Nolan revient en arrière sur ce poins, Inception mis à part), le goût de la boursouflure.
En revanche, Kubrick a moins d’empathie pour les humains que Nolan, ça le rend plus intéressant. -
Alexandre
InvitéNon, je m’inscris en faux.
Je ne me sens pas fanatisé par le cinéma de Kubrick mais ce que tu énumères, et que je trouve intéressant, sont des pistes qui sont condamnées à rester des pistes, et à ne pas aboutir. Elles ont un côté Canada Dry (réf spécial boomers-rires) : ça prend le chemin de Kubrick, ça ressemble à du Kubrick, ça fait penser à Kubrick mais…ce n’est pas du Kubrick.
Et la différence essentielle est d’ordre esthétique. Le cinéma de Kubrick est pour moi infiniment plus cristallin, élégant, minéral, dépouillé (ce qui n’équivaut pas à sobre, attention) que celui de Nolan. Il existe une hiérarchie incompressible dans ce domaine, à mon sens.
Par ailleurs, et cela redit ce qui précède, je pense que le cinéma de Kubrick, s’il n’échappe pas toujours à la prétention, au surplomb voire à l’antipathique (j’ai bien dit « voire »), me semble en revanche n’être que très peu sujet à la boursouflure (deux ou trois plans d’Orange Mécanique à tout casser ).
Le gras et Kubrick pour moi, ça fait deux. Tout au plus, on trouve chez Kubrick du grossier, du carnavalesque, de la grimace. De la boursouflure non.
On a le droit d’aimer Nolan comme on a le droit de ne pas s’aplatir devant Kubrick. Les comparer me paraît fallacieux ne serait-ce que parce que Kubrick ne peut se comparer à qui que ce soit. Qu’il y ait de l’émotion à la clé ou non (j’en trouve beaucoup dans Barry Lyndon). -
eustache
InvitéMa comparaison ne mérite pas d’aller très loins je te l’accorde, mais ce n’est pas rien, sur la forme, sur la posture, de voir des points communs. Comme tu le dis, il n’y a qu’un Kubrick, il n’appartient pas à un genre, à une école, est tantôt classique tantôt moderne, on ne le range pas avec d’autres facilement. Mais je ne te parlais pas tant de style (encore que pour la boursouflure, Full Metal ou Shining font le plein) que de toute l’ambiance autour d’un cinéaste. Et dans le genre filmévenement-novateur-du-grand-auteur, ils jouent dans une catégorie similaire.
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Alexandre
Invité« Ma comparaison ne mérite pas d’aller très loins je te l’accorde »
Pas question ici de « mériter ».
Ce qui me fait réagir, et me faisait déjà réagir à l’écoute des interventions de l’ami François dans des GO consacrées à The Shining ou à David Fincher ou à Nolan est cette petite musique que je récuse consistant à inscrire l’ingénierie surplombante des cinéastes cités dans le sillage du contrôle kubrickien.
Il n’est pas impossible que les intéressés n’aient jamais eu d’autre ambition que de rivaliser avec le cinéaste des cinéastes. Et donc?
Et donc rien. La forme kubrickienne, pour toutes sortes de raisons, me semble hors de portée artistique des réalisateurs étudiés. Je crois surtout que le cinéma de Kubrick relève d’un tout autre espace créatif, bien plus « poétisé » par l’imaginaire.« (encore que pour la boursouflure, Full Metal ou Shining font le plein) «
Je vois à quoi tu fais allusion mais je n’appelle pas cela boursouflure pour une raison que j’ai expliquée plus haut.
Chez Kubrick, on est plus dans la surexpressivité. Ce n’en est pas plus léger mais je ne ressens pas ça comme un surpoids, une menance digestive.
Pour moi une boursouflure en art relève de la scorie, de la croute au sens épidermique autant qu’esthétique. On va l’avoir sur l’estomac, continuer de la bouffer la nuit durant.
Tu as le droit de le ressentir face à certains Kubrick mais c’est là que je suis obligé de m’interroger sur le constat suivant.
Comment se fait-il que nous étions quelques uns de tous âges et de toutes origines (copains, « adultes », critiques, un grand mélange comme ça) à ne pas avoir été affligés par les ralentis peu discrets, démonstratifs de Full Metal Jacket en 1987 alors qu’on aurait été prompts à le faire pour un Alan Parker ou un Roland Joffé. Par aveuglement déférent?
Non, je ne crois pas. On percevait plutôt l’étrangeté hypnotique et hallucinée de ces plans sans vraiment pouvoir l’expliciter, lui assurer un substrat moral. Et les plans de cet acabit qui prolifèrent dans The Shining ont une fonction idoine.
Pour moi, taxer Kubrick de boursouflé revient à faire de même pour Tarkovski, qui peut ennuyer, qu’on peut trouver prétentieux ou imbittable. Mais qui en aucun cas ne laisse paraître le moindre embryon de boursouflure. Ou alors on en a vraiment pas la même définition. -
Gerard Manfroy
InvitéA mon avis si il y a eu UN cinéaste qui soit parvenu à conjuguer subtilité et gigantisme, c’est Bondartchouk. Dans Waterloo, je me souviens autant de l’ armée gigantesque à Waterloo que de la main de Napoléon qui s’abaisse devant l’armée française qu’il va reconquérir malgré l’exil.
J’aime aussi comment le Guerre et Paix de Bondartchouk était une correction du Guerre et Paix de Vidor et même une correction de tout Hollywood en général. -
Samuel_Belkekett
Invité@Gérard,
Ne pas oublier un autre film russe, inoubliable !
Requiem pour un massacre. Film de Elem Klimov, sorti en 1985.
C’est la traversée en 43, durant la grande guerre patriotique, d’un jeune garçon en territoire de Biélorussie.
Film inoubliable dont l’interpréte et jeune garçon ne se remettra pas.
Jamais nous ne verrons au cinéma un personnage si vrai que dans ce film.
Ce film est sorti en même temps que Full métal jacket. Qui en partie participa de son insuccès, ça plus la mauvaise distribution du film.
Décennie 80, seules des merdes comme fuel metal jaquette avait toutes les chances de succès.
Requiem pour un massacre étant le titre français.
Le titre original se rapprochant bien mieux de, Va et Regarde… -
eustache
InvitéTu m’as convaincu, la boursouflure nolanienne, ce n’est pas Kubrick et ce terme de surexpressivité me va bien. (qui me laisse souvent froid chez K, surtout Shining et Folamour) Peut etre que s’il fallait comparer leur manière, ce serait la volonté du tout controle mais là, ils ne sont pas seul. Encore une fois, cétait plus les postures qui me semblaient ressemblantes.
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Schnoups
Invité« j’ai l’intuition que ce film n’est pas du tout populaire, dans un sens où il plairait au plus grand nombre. »
C’est toujours bien de le signaler ça, qu’un film vu n’est pas forcément un film aimé. Mais plus le nombre de personnes à aller le voir augmente, plus le nombre de personnes à l’aimer augmente, c’est mathématique. Et même si c’est 1 sur 3, ça augmente quoi. Les producteurs, par ailleurs, s’en branlent complètement que 2 sur 3 ne l’aiment pas, que 80% l’auront oublié, ou ne le reverront jamais de leur vie parce qu’une fois suffit largement. Ceux qui ne l’aiment pas ont quand même acheté leur place, alors même qu’une majorité pressentait qu’elle ne l’aimerait pas, mais on accompagne, tout le monde y va, c’est le film IMAX été, comme Avatar à Noël. ça marche, ça rapporte son pognon, c’est l’essentiel.
Moi même qui n’ait pas accès à plein de films que j’aimerais voir, voyant tout cet intérêt pour ce film, écoutant le bien mauvais micro ciné avec « le meilleur critique français », je me suis dit, bah, faudrait voir. Au bout de quelques minutes à me dire, putain faut aller à Clermont, allez j’y vais, je me suis dit, putain t’es conne, tu le verras dans trois mois en streaming. Donc ça marche, c’est sûr, du grand spectacle épique à la sauce auteur Hollywoodien, avec tous les critiques qui se jettent dessus. Quand j’entends Burdeau dire qu’ils vont peut être faire un PDH là dessus, je me dis ils ont vraiment rien de mieux à foutre que refaire une autre émission qui risque bien d’être inconsistante (encore) là dessus. Samir a souvé l’émission comme il a pu. En tout cas pendant le micro ciné ça a permis à Burdeau de répéter 10 fois le prix spécial de la soirée, 33€ son abonnement substack à l’année ou lieu de 60€. Sympa ! Dès qu’il avait une idée qui pouvait paraitre intéressante, il ne la développait pas, ou se la réservait pour un texte, éventuellement. Sur son Substack donc. C’est tout un savoir faire le commerce. Moi qui me disait, faudrait quand même que tu le lises pour voir.
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Léon
InvitéFrançois Bégaudeau : je crois qu’il en va pour Ulysse comme pour Butch. Si tu aimes les mecs à grosse couilles qui défoncent des gros monstres, va voir l’Odyssée. Si tu aimes les grosses lesbos qui passes des gros sons des eighties, va voir Butch. Sinon on s’abstient.
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Samuel_Belkekett
InvitéJe crois que sur ce forum c’est Léon qui mérite la palme.
Qui déploie sa sensibilité d’un begaudisme mal digéré.
Par ailleurs il y a pas mal de choses mal digérées en ce moment.
Ce titan qu’est Leon et titan est un euphémisme, dans un post d’hier, disait la même chose au mot près du livre d’Homére que du film de Nolan, à savoir cette histoire très américaine de grosses couilles et de gros monstres.
Pour Léon, ce très subtil penseur qui nous donne de quoi méditer, peu importe la contextualisation des œuvres, puisque ne devrait compter que la matérialité supposée du contenu. Cet analyste raffiné qui met au même niveau Homere et Nolan et ne tient compte une seconde du contexte 800 ans avant notre ère, puisque seule, je suppose, une matérialité sacrée pour Léon et implacablement signifiante prend le dessus sur tout autre aspect, est tellement sur de lui, qu’après ce que je suppose un relent de doute et de lucidité, pose aujourd’hui la question directement à son maître. Sous entendu, hé François, hein j’ai raison ? Hein oui dit ? Dit moi que j’ai raison, toi Ô grand maître.
Moi l’insensible Belkekett qui a été maintes fois ému par Homere et la seule idée que des mythes datant de 800 ans avant notre ère aient pu être transmis. Ça ou chaque fois qu’en pleine campagne, l’idée qu’un chemin gallo romain inchangé se tenait sous mes pieds, pareil avec Euripide et Sophocle, j’aime beaucoup l’idée d’un Léon qui te rappelle que Homere ce n’est somme toute, rien de plus qu’une histoire de grosses couilles et de monstres.
Béni sois tu Léon…
Tkt maître Bégaudeau viendra très certainement à ta rescousse…-
Leon
InvitéJe ne t’ai ni parlé d’Homère ni demandé l’heure Isaac
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Samuel_Belkekett
InvitéQuestion ouverte à tous sur ce forum.
Aller voir le film Ulysse, de Nolan, dont un enfant de 8 ans sait que c’est un block buster d’action.
Aussi, comment est-il possible de s’étonner à ce sujet ?
A quoi peut-on s’attendre d’autre ?
Pourquoi dire que c’est un film de mecs à grosses couilles qui défoncent des gros monstres, si ce n’est par avance évident ?
Par conséquent je soupçonne tous ceux qui iront voir ce navet, de kiffer les films de mecs à grosses couilles mais d’en être honteux du moins ici.
Pour les bouffeurs de merguez et de kebabs, je les soupçonne d’en parler positivement à leurs potes de merguez kebabs.
Car entre bouffeurs de merguez kebabs, on apprécient les films d’action.
Et les films pornos qu’on mate en douce. -
Léon
InvitéA quel moment ai-je dit que c’était mal les films de mecs à grosses couilles ma samlope ? Relis mes messages pauvre con
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stephanie
InvitéLa chaleur Stéphane Demoustier est un film mauvais selon moi.
La 1ere scène, les corps des jeunes plongeant dans l’océan en maillot, filmée au ralenti est d’un cliché, ça commençait mal.
Puis on voit le jeune Marouan errer pendant tout le film, quasi mutique, paumé. Est ce le geste commis qui fait trauma et qui rend ainsi ? pas sûr mais soit. Le film traine, avec cette incapacité de filmer les tensions, les dialogues sont d’une pauvreté.
La fin est inéluctablement prévisible.-
François Bégaudeau
Maître des clésje pensais le voir
bizarre ce demoustier
pas mauvais mais jamais bon-
stephanie
InvitéUn personnage est intéressant, celui de Noé, ami de Marouan, Noé qui ne pense qu’à baiser les nanas du camping.
il est le contraire de Marouan, plein de vie avec ses kilos en trop qui n’en a que faire. Un geste ambivalent à la fin montre un peu de complexité de son personnage. ( je ne dévoile pas trop )-
Samuel_Belkekett
Invité« Noé qui ne pense qu’à baiser les nanas du camping.
il est le contraire de Marouan, plein de vie »
Pourquoi ? Les mecs qui pensent qu’à baiser les nanas ne sont pas, plein de vie ?
Curieuse pensée ?
C’est le petit jésus qui fait son œuvre ?-
Stéphanie
InvitéLisez mon post précédent et vous comprendrez
Ou mieux voyez le film.-
Samuel_Belkekett
InvitéD’accord…
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Leny
InvitéJ’ai trouvé le film super, ça m’a vraiment rappelé l’inconnu du lac qui est un de mes films préférés. Je suis pas d’accord avec toi, pour avoir été en camping, notamment dans les Landes plusieurs fois dans mon adolescence et pour avoir été particulièrement proche de la situation de Marouan, je dois dire que c’est très bien retranscrit. Le truc d’errer pour pas rester dans la tente avec les parents, d’être trop introverti pour draguer et pourtant plaire en jouant la seule carte qui nous reste, là non-chalance. La pauvreté des dialogues que tu décris elle vient surtout de cette non chalance/ timidité car le mec il sait pas parler aux filles. Le mec était déjà comme ça a début du film avant le moment fatidique, mais ça l’a seulement un peu intensifié (raison pour laquelle il est peu suspecté à mon avis). Les dialogues j’ai trouvé qu’ils étaient intéressants, surtout Noé qui a un parlé de dessin animé, des gens disent que c’est les pires dialogues… Mais qui n’a pas déjà eu une connaissance ou un amis qui parle vraiment de façon étrange ?
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Bob
InvitéBonjour, je ne sais pas trop comment sa marche ici, si on ne doit parler que des sorties ou autres.
Je viens de me faire les 2 premier junk head, toujours entendu parler de cette »saga » maintenant.
Le premier court métrage est génial plein d’idée, le premier film ce veux plus grand, impressionnant,
J’ai quand même l’impression que mon appréciation global est élever car c’est un mec qui a fait sa seul chez lui et que c’est donc impressionnant.
Mais l’humour a bien marcher sur moi et cette exploration n’est pas déplaisante.Sympathique !!
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Leon
InvitéPauvre con de Samuel en quoi j’applique le prisme ee Begaudeau apprends à fermer ta gueule 3 jours et reviens avec des trucs intelligents ordure
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Samuel_Belkekett
InvitéTu vois, toi aussi tu as de grosses couilles qui te permettent de défoncer les monstres.
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Leon
InvitéMerci de le reconnaître
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Samuel_Belkekett
InvitéJ’ten prie.
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Bob
InvitéJe viens de visionner mon premier Altman, The long Goodbye. Et autant je reconnais beaucoup de qualité au film malgré tout ces coter clichéteux. Il y à de vrai belle, bonne scène. Mais je n’est pas vu un chef d’œuvre. Quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi il est tant admirer par beaucoup ? ou un lien d’une critique.
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Malice
InvitéIci on a parlé d’Altman : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/cinema-page-22/
Tu n’as pas commencé par mon préféré, je te laisse regarder les suggestions des camarades via le lien ci-dessus-
Bob
InvitéMerci ! je comprend trop comment naviguer rechercher les topics sur ce forum
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Bob
InvitéJ’ai lu, je suis d’accord sur l’aspect esthétique. Mais dans mes cercles de discussion il est vraiment aduler. Et j’ai pas trouver la matière a sa dans The long goodbye. Sa reste un bon film je pense en mater d’autre.
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Malice
InvitéJ’avoue que je l’adule assez mais encore une fois, il faut que tu en voies d’autres
Juste : pas The gingerbread man ( celui-là je ne sais pas qui l’a réalisé, ça peut pas être Robert)
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Alexandre
InvitéSous Forum général, tu sélectionnes « forums » puis dans la barre de recherche, tu saisis un mot clé.
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Bob
InvitéMerci je naviguais directement dans forum général, parfait !
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Mathieu
InvitéPetite réaction d’humeur à la sortie du Hamaguchi, Soudain, « vu » en avp à Bordeaux, et pour lequel je suis sorti au bout d’1h20 sur les 3h15 (d’où les guillemets à vu). Mais tout de même, j’en ai vu assez pour me faire une idée: un film bavard, explicatif, idéaliste, mal dialogué – il y a quelque chose qui ne passe vraiment pas dans cette délocalisation en France, où les dialogues semblent être écrits comme des dialogues coréens en français – et en définitive, inévitablement, assez mal joué, en dépit du prix cannois, par le duo d’actrices principales, et même les seconds rôles de l’EPHAD – le directeur adjoint en particulier. Je ne me sentais pas de tenir encore deux heures comme ça. Je serais curieux d’avoir vos avis lors de la sortie nationale.
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Tony
InvitéT’avais aimé les précédents d’Hamaguchi?Je le sens pas trop non plus celui-là,en plus avec Effira parlant japonais ça fait pas rêver…
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Mathieu
InvitéJe n’ai vu que Le Mal n’existe pas que j’avais adoré
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Cynthia Lennon
InvitéJ’irai c’est sûr, un peu craintive.
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Mathieu
InvitéJe précise tout de même qu’il y a toujours un sens du cadre et un calme de la mise en scène très appréciable, dans la veine du précédent, et sans doute des autres, simplement cette fois le contenu des dialogues, des situations, du jeu, m’a paru insupportable.
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toni Erdmann
InvitéÉcrits comme des dialogues coréens en français.
Je ne comprends pas ce que vient faire le coréen ici.
À quel moment as-tu abandonné ? Je suis ok pour dire que la première heure est déconcertante, mais une fois que le film se concentre sur les deux protagonistes et qu’un long dialogue s’installe entre elles deux, le film prend une ampleur inédite, notamment dans cette idée de filmer la pensée.
Oui c’est idéaliste, oui c’est explicatif. Mais au moins il fait pas semblant dans ce registre là et il y va franchement. On va nous expliquer des trucs pendant deux heures et moi ça me va. J’aime les conférences, donc pourquoi n’aimerais-je pas une conférence d’Hamaguchi récitée par Efira ?
Mais par ailleurs, ce n’est pas que du pur dialogue : mentionnons ce long travelling le long des quais et de l’esplanade de la BNF qui nous fait voir Paris comme aucun parisien ne sait le faire. Et mentionnons ce gag : une des deux reçoit une crotte de pigeon sur elle. Le trivial après un long monologue sur le capitaliste. Une impureté bienvenue et qui évite l’écueil de l’idéalisme total.-
Mathieu
InvitéOhla oui pardon c’est japonais pas coréen comme film. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit coréen. Par habitude de regarder plus de films coréen que japonais peut-être. M’enfin je voulais signifier par là l’impression que j’ai dans les films asiatiques d’une manière générale, où les personnages expriment souvent leur sentiment de manière très explicite, où tout est très écrit et littéraire (en tout cas quand je lis la traduction en bas de l’écran) et où les intonations peuvent être aussi plus accentuées. Mais ce qui passe très bien dans une langue asiatique passe moins bien en français à mon goût. Sans compter la propension d’Efira à ne faire ici aucune omission de négation quand elle parle, ce qui accentue l’aspect littéraire.
J’ai très vite senti que je ne serai pas bien dans ce film, à vrai dire dès la première intervention de Marie Lou/Efira auprès de la résidente aux marionnettes de doigts. Je ne vois là que de la fausseté et de la bienveillance forcée et mal jouée. Plus tard, Marie-Lou fond en larmes dans le tram, juste après la mort de cette dame, en regardant une des marionnettes qu’elle a prise dans sa chambre. Là encore, je ne vois que de la fausseté, car précisément, au contraire, la proximité et la récurrence de la mort dans ce milieu fait qu’on est plus ou moins immunisé. Surtout pour quelqu’un avec son expérience. Alors l’adjoint dira plus tard que Marie Lou est au bord du burn-out, qu’elle coupe la parole, qu’elle est fragile. Mais peu importe. Cela aurait été plus fort de ne pas la voir pleurer à mon avis.
Ensuite, la conférence post-spectacle m’a semblé souligner lourdement l’intensité de la relation à venir entre les deux – regards intenses et embués d’Efira à l’appui, avec sa question un peu naze sur le possible et l’impossible, où elle s’arroge la parole en japonais pendant 5 minutes dans le public. Je trouve qu’il y a là une très mauvaise gestion dans la construction de la relation. Alors que j’ai plutôt aimé l’incongruité de leur rencontre via le jeune autiste au départ. Ça soulignait encore un peu trop le côté « mère Thérésa » de Marie Lou mais bon admettons, c’était plutôt original. Pour moi, ça aurait été plus fort et plus réaliste qu’elle ne pose pas de question en conférence et qu’elle se signale après, voire qu’elle ne se signale pas mais que le jeune autiste se souvienne d’elle et qu’il attire l’attention de Mari ou de son grand-père sur elle, et qu’elles aient la discussion sur le possible et l’impossible dehors, à deux, sur le parvis de la BNF.
J’ai effectivement bien aimé cette déambulation nocturne parisienne, ce qui a offert au film un petit sursis. En plus je trouve que ce qui se disait là était pas mal sur le lien entre capitalisme, patriarcat et baisse de la natalité – même si bon, ça n’a pas grand chose à faire dans le film à mon avis, exposé de manière aussi magistrale, et puis comment croire que Mari, artiste formé à la philosophie, n’ait pas déjà une idée là-dessus?
Je trouve assez beau aussi que Marie-Lou explique plus tard, dans la chambre, les principes d’Humanitude et que Mari la prenne dans ses bras. Là il y a de la parole en actes. C’est beau. Yeux dans les yeux. La distance entre deux personnes équivalentes à l’écart entre le pouce et le petit doigt tendus. L’alliance toucher-parole-regard. C’est vraiment une belle scène. Mais ensuite, quand Mari prend le tableau blanc et qu’on repart encore pour un tour de cours magistral, où l’autre ne fait qu’acquiescer, non. Là, j’ai lâché je suis parti après cette scène, et je ne sais même pas si je suis d’accord ou pas d’accord avec ce qu’elle a dit, j’étais déjà hors du film.
Et puis merde, Riosuke, montre nous des gestes, bordel !Tu as un matériau en or pour nous montrer des gestes, fais-le. Arrête de parler et filme des gestes. Parce que l’Humanitude, c’est bien gentil, le nom est un peu concon, c’est un peu niais, ça fait concept vide d’école de commerce impraticable, mais surtout, cinématographiquement, ça décale le point de vue lors des scènes de soin. Donc LA scène de soin que j’ai vue en 1h20 dans ce film qui se passe en Ephad, est ratée, puisque la résidente qui reçoit le soin n’est pas filmée. On filme la jolie tête d’Efira et la jolie tête de Tao, toujours en train de parler, avec une voix un peu infantilisante d’ailleurs, et on rate 1/ l’acte de soin 2/ la résidente qui le reçoit.
Décidément, les bons sentiments ne font pas les bons films. C’est ce que je me suis dit en sortant.
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Bob
InvitéJe viens d’être subjuguer par Goodbye, dragon inn de Tsai Ming-liang. Une chorégraphie contemplative poétique, sur le temps qui passe. L’esthétique radicale du film est dingue, c’est magnifique. J’en aurais bien regarder 1h de plus. Plus qu’a découvrir d’autre film de sa filmo, et voir dragon inn au passage aussi.
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Nedjma
InvitéBonjour à tous. Je ne sais pas si cet article a été discuté ici. Dans le doute le voici. J’imagine que personne ne va tomber de haut en apprenant les contraintes qu’impose Netflix aux réalisateurs, qui ne fait probablement qu’appliquer au centuple des procédés qui ont déjà cours chez les producteurs de cinéma « traditionnel » (je suis assez ignorante sur la question, si quelqu’un à des ressources à refiler je suis preneuse) On y parle notamment de projections test filmées où l’IA est utilisée pour scruter les réactions des spectateurs, et des métriques qui calibrent les scénarios à la minute.
Face aux inattentifs, les films priés de simplifier ?
Par VINCENT COQUAZ
NETFLIX Selon Matt Damon, la plateforme impose aux cinéastes de répéter trois ou quatre fois les éléments de l’intrigue. Tout en nuançant les propos de l’acteur, plusieurs réalisateurs français confirment avoir reçu des demandes sur le rythme de leurs longs métrages.«La manière classique de faire un film d’action, celle qu’on nous a apprise, c’est qu’il y a généralement trois grandes scènes d’action. Une dans le premier acte, une dans le deuxième, une dans le troisième. On dépense la plus grande partie de son budget pour celle du troisième acte. C’est le final.» Cette petite leçon sur le cinéma d’action a été donnée par Matt Damon, invité en janvier avec Ben Affleck par Joe Rogan, l’un des podcasteurs les plus suivis du monde. Selon l’acteur américain, cette façon traditionnelle de faire du cinéma d’action serait en train de changer. En tout cas pour les productions Netflix : «Maintenant, ils en sont à nous demander : “Est-ce qu’on peut en mettre une grosse scène dans les cinq premières minutes ? On veut que les gens restent. Et ce ne serait pas plus mal non plus de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone pendant qu’ils regardent.”» La sortie de l’acteur a connu un tel retentissement qu’elle a donné lieu à un sketch lors de la dernière cérémonie des oscars. L’hôte de la soirée, Conan O’Brien, y présentait une version de Casablanca où les personnages insistent en boucle sur les éléments scénaristiques. De quoi contraindre Netflix à répondre, trois jours plus tard : «On a en fait tous ri en regardant ce passage pendant les oscars, mais il n’existe aucun principe de ce genre , a déclaré Dan Lin, le responsable des films de la plateforme, lors d’une conférence de presse, le
18 mars. Enfin, si vous regardez nos films ou nos séries, nous ne répétons pas l’intrigue. Donc je ne sais pas d’où vient ce commentaire. Ce qui est certain, c’est que nous nous concentrons sur la production de grands films.» Et la directrice générale du contenu, Bela Bajaria, d’ajouter: «Je trouve ça très offensant pour les créateurs et les cinéastes de penser que, d’abord, nous leur ferions une remarque aussi absurde, et qu’ensuite ils laccepteraient simplement.»
«L’intrigue doit produire des “effets waouh”» Lors d’un sommet des producteurs à Berlin en 2024, Netflix avait pourtant explicité une vision de la dramaturgie, aussi bien pour les films que les séries, pas très éloignée de ce que décrit Matt Damon. «Le ton, les personnages et leurs motivations doivent être annoncés explicitement dès le départ. L’intrigue, quant à elle, doit “rester sur ses rails”. Produire des “effets waouh”. Etre “pimentée”. Pas de mélange des genres. Pas de structures narratives “inhabituelles”. Tout doit être clair comme de l’eau de roche. La “clarté” est désormais l’alpha et l’oméga de la mise en scène», résumait le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui avait assisté à l’événement.
Pour y voir plus clair, CheckNews a interrogé plusieurs cinéastes français qui ont directement travaillé sur des films avec Netflix (quasiment exclusivement des longs métrages d’action). En leur demandant si, comme Matt Damon l’indique, la plateforme demande aux réalisateurs de commencer leurs films par des scènes percutantes pour les captiver d’entrée, et d’ensuite rabâcher les éléments clés du scénario. Résultat : la plupart des cinéastes nuancent les propos de l’acteur américain, insistant sur la «grande liberté créative» offerte par Netflix. Mais plusieurs confirment que l’entreprise américaine est particulièrement regardante, dans les discussions avant et après diffusion, sur ces éléments. En justifiant les demandes par des «metrics» (mesures chiffrées ou métriques en bon français) très précises.
Un réalisateur, qui a préféré témoigner de manière anonyme, confirme ainsi l’analyse de Matt Damon dans ses grandes lignes : «En gros, ils veulent deux choses : une scène d’accroche dès le départ et une intrigue claire.» «Netflix (mais c’est vrai aussi d’autres plateformes comme Prime) t’explique effectivement que si tu n’accroches pas les gens dès le début, si tu ne les “hook” pas, ils se barrent, ils zappent, détaille-t-il. C’est un marché tellement fou, avec une telle concurrence, une telle guerre entre plateformes… Au cinéma, forcément, c’est différent : les spectateurs ont déjà payé 10 balles, ils sont assis dans le noir.» Dans son cas, Netflix lui a indiqué, à l’étape du montage du film, que le début «était trop lent»: «C’était hyper important pour eux. Ils me disaient : “Les gens vont commencer ton film et se barrer là ! Il faut une scène forte, avec [une star] dès le début, parce que c’est ce que les gens veulent quand ils vont voir le film.”» Les flash-back jugés «trop complexes» Plus largement, le cinéaste estime que les équipes de Netflix «sont très vigilantes sur le rythme parce qu’elles ont des metrics très précises sur quand est-ce que les gens partent.
[Après la sortie du film], on a fait un bilan avec eux, et ils te disent : “Il y a eu une petite baisse à la 28e minute parce que c’était un peu plus lent.”» Quid de la répétition d’éléments du scénario ? «Je dirais que Netflix est hyper vigilant sur le fait que l’intrigue soit assez claire. Un truc marrant, c’est qu’ils n’aiment pas les flash-back. C’est un peu “trop complexe”.» Le risque étant qu’un spectateur distrait soit perdu s’il y a plusieurs lignes narratives. «Mais ce sont des échanges avec les plateformes. Je n’ai pas le souvenir de choses imposées. Il y a des flash-back auxquels je tenais, par exemple, et j’ai pu l’expliquer. Ça s’est bien passé.»
Morgan S. Dalibert, qui a travaillé avec Netflix pour AKA (2023) et Rapide (disponible depuis le 17 juillet sur la plateforme), se souvient qu’à deux reprises, les représentants de la filiale française du géant américain lui ont dit : «Ça, c’est un peu dommage, ça fait trente minutes qu’on n’a pas entendu parler de ce personnage, est-ce qu’on ne peut pas le mentionner pour qu’on comprenne bien ?» «C’est un peu comme avec un diffuseur TV, comme TF1, poursuit le réalisateur. C’est l’idée que comme c’est diffusé à la télévision, il faut que les gens puissent comprendre même s’ils vont aux toilettes ou qu’ils plient leur linge en même temps. Même si on n’aime pas entendre ça en tant que créateur, parce qu’on préfère imaginer que tout le monde regarde nos films dans des conditions parfaites, il y a une certaine logique. Et audelà de ça, mon expérience, c’est qu’ils nous ont laissé carte blanche.»
Comme lui, la plupart des cinéastes français interrogés par CheckNews insistent sur la liberté laissée dans le processus créatif. «J’ai fait trois films d’action avec Netflix et je n’ai aucun contrat avec eux en ce moment, donc ce n’est pas pour les défendre, mais je n’ai jamais eu de directive aussi “simple” [que celles citées par Matt Damon]», juge par exemple Guillaume Pierret. Pour le réalisateur du film d’action Balle perdue (sorti en 2020) et de ses deux suites (2022 et 2025), «il y a des débats avec un diffuseur. Par exemple, Netflix recommande une liste de caméras autorisées, mais moi j’ai fait plein de plans à la GoPro, qui ne figure pas dans cette liste, et ça n’a jamais posé de problème.»
«Mon interlocuteur chez Netflix France me faisait même des retours sur le mode “tu peux pousser le curseur de violence si tu veux”. En général, j’ai eu d’ailleurs plus de mal avec la production et les diffuseurs [en] salles [de cinéma], avec davantage de contraintes», précise Guillaume Pierret. Mais il affirme avoir eu la chance de réaliser son premier film avec Netflix «en 2018» : «On ne pensait pas encore à : “comment accrocher le spectateur alors qu’on est en concurrence avec TikTok ». Et pour les suivants, on se connaît, la confiance, et donc la liberté, augmentent. Finalement, je pense qu’en visant Netflix, Matt Damon vise surtout les spectateurs, et le fait que tout le monde n’a pas la même attention par rapport aux films.»
«Le risque, c’est de niveler par le bas» Xavier Gens a plus ou moins la même vision de sa collaboration avec Netflix : «A partir du moment où ils mettent un budget conséquent sur un projet, ils ont le droit de demander des choses. Mais en France, on a une grande liberté de création, on a le droit d’auteur. Donc c’est plutôt du registre de la discussion. On a le droit de ne pas être d’accord, en gros, explique le réalisateur de Sous la Seine (2024). Par exemple, pour la scène de fin [où Paris finit sous les eaux], tout le monde nous disait “non, c’est pas possible”, mais on l’a fait. Alors qu’aux Etats-Unis, [les réalisateurs] doivent rendre des comptes aux exécutifs [de l’entreprise]. C’est plus industriel comme processus, là où en France c’est généralement plus artisanal.»
Il explique au passage que Netflix dispose d’un outil permettant d’étudier la «ligne d’attention» des spectateurs : «Avant la diffusion publique, on fait une projo, avec des tests, avec des caméras, pour voir les réactions du public [grâce à l’IA, ndlr]. Ensuite, on étudie ça pour ne plus avoir de baisse d’attention.» «C’est vrai qu’ils veulent vraiment accrocher dès le début, ils y tiennent beaucoup, confirme Morgan S. Dalibert. Ils ont une statistique précise qu’ils appellent les “starters” : ils calculent le taux de gens qui arrêtent avant la 12e minute du film, je crois. Ils peuvent par exemple te demander de repenser le montage du début d’un film.» Un des cinéastes français interrogés s’inquiète explicitement de cette approche guidée par les métriques: «Le risque, c’est de niveler par le bas, qu’on ne fasse plus des films mais des produits, calibrés. Alors qu’on sait qu’on peut amener les gens vers des choses plus complexes. Et d’ailleurs, quand on cherche juste à répliquer des formules, des films à succès, souvent ça ne prend pas. D’autant qu’avec l’IA, on est tous un peu flippés…» Une approche algorithmique de la création que Nanni Moretti raillait déjà dans Vers un avenir radieux (2023) : le cinéaste italien y joue Giovanni, un réalisateur confronté à Netflix pour le financement de son prochain film. Dans une scène, deux représentants de la plateforme lui expliquent que «les gens décident de continuer à regarder un film en deux minutes» et qu’il faut donc «avancer l’incident déclencheur» et rendre plus explicite «l’arc narratif» de son personnage. Interrogé sur son rapport à Netflix, Nanni Moretti se montrait alors très clair : «Si des plateformes veulent financer un de mes films, si elles veulent participer à la production, OK, tant qu’elles ne me cassent pas les c*****. Mais moi, les films, je les fais pour le cinéma.» •
«C’est un peu comme avec un diffuseur TV, comme TF1. […] Il faut que les gens puissent comprendre même s’ils vont aux toilettes ou qu’ils plient leur linge en même temps.» Morgan S. Dalibert cinéaste.-
François Bégaudeau
Maître des clésDisons qu’il se passe là une radicalisation de ce qui a toujours été.
Radicalisation radicale.
Le commerce empire.
L’empire empire.-
Samuel_Belkekett
InvitéPourquoi ? Faut-il s’étonner de cette histoire de Netflix ?
Les choses n’étaient-elles pas jouée depuis le début ?
La seule chose qui compte dans cette affaire, c’est, qui a pris un abonnement et qui n’en a jamais pris.
A quoi l’on reconnaît un petit bourgeois de gauche. Celui qui a pris un abonnement Netflix quelle que soit la durée.
Concernant le film de Moretti, Vers un avenir radieux, ce film est un véritable enchantement. Du début à la fin. Et la scène avec les producteurs de Netflix et pas Netflou, est remarquable. Très drôle en plus d’être signifiante.
Un film recommandé par le professeur Belkekett…
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toni Erdmann
InvitéDes gens ici apprécient et connaissent le travail de Ross McElwee ? J’ai vu récemment Sherman’s march et j’ai beaucoup aimé.
C’est un Alain Cavalier américain, très porté sur le sud du pays. Un filmeur acharné, qui enregistre tout ce qui lui arrive et dresse des beaux portraits de ses proches. Comme AC, il accompagne ses films d’une voix off finement écrite.
Je recommande. Ces films sont sur Tenk.-
Bob
InvitéTu aurais un liens, je trouve rien, ta description me donne envie
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toni Erdmann
InvitéSur Tenk, et si tu n’as pas, moi j’ai regardé sur Stremio qui est une plateforme illégale à télécharger pour pouvoir regarder ce que tu veux.
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Bob
InvitéBon pas trouver sur tes truc ou indisponible.
J’ai gratter un torrent a une connaissance !donc je visionnerais Sherman’s March dans les prochains jours
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Bob
InvitéMerci tu ma fait regarder un très beau film.
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François Bégaudeau
Maître des clésje n’avais pas vu la recommandation
je ne connais pas
effectivement il y en a un certain nombre sur Tenk-
Bob
InvitéJe viens de vérifier ils sortait pas sur Tenk car je suis en allemagne, avec un VPN ils sont dispo. Bon le plus important j’ai reussi a voir le film
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Ostros
InvitéTu le transmettrais par mail ?
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Toni Erdmann
InvitéRavi que ça t’ait plu
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Bob
InvitéD’ailleurs j’ai été extrêmement toucher par le discours de Charlène. Elle arrive comme un rats de marrer te philosophe des phrases super puissantes. Et ya un docu sur elle. Me donne envie d’aller le voir.
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K. comme mon Code
InvitéEn anglais : une traductrice de l’Odyssée sur la version de Nolan :
https://www.lrb.co.uk/the-paper/v48/n14/emily-wilson/an-uncomplicated-man
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J’ai été surpris de lire des critiques dire de ce texte qu’il critique injustement Nolan de ne pas être fidèle au texte alors que le quatrième paragraphe vante des versions qui diffèrent plus radicalement de l’original ; j’ai l’impression que sauver le soldat Chris revient à défendre le cinéma pour certains. De mon côté, j’ai bien aimé la séquence de Circé dans ce film sympathiquement ridicule.-
François Bégaudeau
Maître des cléssympathiquement ridicule
on aime
mépris de haut niveau -
Frozen Yogurt
InvitéFranchement super cet article, je trouve qu’elle rentre vraiment dans le cœur de ce qui ne va pas dans le film, l’absence de rêves, les incohérences de représentations des dieux, les mauvaises tentatives de politiser au goût d’aujourd’hui, la ressemblance formelle avec le seigneur des anneaux et surtout Game of Thrones (« à un moment, j’ai cru que tout le monde allait commencer à parler la langue des elfes », elle est drôle en plus !). Et puis ma phrase préférée, qui a l’air d’être au final sa plus grande critique : « Ulysse ne fait jamais l’amour, et la nourriture a l’air dégueulasse. »
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Starfoulard
InvitéMerci d’avoir partagé ce super article, pas vu le film mais je trouve très intéressant ce qu’elle dit de l’Odyssée et de ce qui fait son intérêt. Nolan semble n’en avoir rien perçu et avoir échoué à faire autre chose qu’appliquer laborieusement au récit ses habituelles et pénibles marottes esthétiques et thématiques.
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François Bégaudeau
Maître des clésPas vu le film?
c’est donc possible?-
Samuel_Belkekett
InvitéLa grossière erreur Nolan est de n’avoir pas pris Cheki pour le rôle d’Ulysse. Il s’était pourtant spontanément présenté au casting.
Profondément attristé de ce que Nolan ne lui a même pas répondu, il s’est remis à faire ce qu’il fait de mieux… les kebabs. -
Starfoulard
InvitéJ’ai la flemmasse j’avoue. Peut-être quand il sera dispo je le verrai chez moi.
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Lu’
InvitéBonjour, petite recommandation : j’aimerais vous conseiller Violent Streets (1974) de Gosha, très bon film explorant comment la mafia japonaise a commencé à véritablement se corporiser à l’époque, notamment son intégration dans le monde du divertissement. Un excellent film d’action yakuza qui vaut vraiment le détour
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Fethi
InvitéSuper recommandation. C’est un super film avec mes deux chouchous : Bunta Sugawara et Noboru Ando. Mais entre nous, tu crois vraiment que les gens snobs qui peuplent ce forum vont s’y intéresser ? Ce sont des goûts de cinéphiles de la street, ils ne peuvent pas comprendre. ^^
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Gérard Manfroy
InvitéJ’avais oublié de réviser mon Japon, je me rappelais quand même du nom de Gosha mais j’avais oublié que c’est lui qui a réalisé Hitokiri, le châtiment en 1969, l’un de mes films préférés.
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Dogobay
InvitéIsabelle Huppert : Vous parlez souvent de la violence du regard, Slavoj. Dans vos textes, on dirait que le cinéma ne montre pas seulement : il contraint. Est-ce une manière de dire que le spectateur est déjà pris dans un dispositif ?
Slavoj Žižek : Oui, exactement. Le cinéma fonctionne comme un rêve éveillé. Vous croyez regarder librement, mais le cadre vous parle. Et ce “vous” n’est pas votre identité : c’est une position. Le spectateur devient une fonction dans la machine. C’est pourquoi je dis que le symptôme n’est pas un accident : c’est la logique interne du système.
Isabelle Huppert : Je comprends, mais je suis tentée par une autre idée. Chez beaucoup de personnages que j’ai joués, il y a une forme de résistance silencieuse. Comme si le dispositif échouait, ou du moins se fissurait. Le personnage ne se contente pas de “fonctionner” : il détourne.
Slavoj Žižek : Cette fissure, justement… c’est ce qui est intéressant. La résistance ne survient pas “contre” le dispositif comme un héros contre un méchant. Elle survient plutôt comme une perturbation interne : le système se révèle incapable de clôturer le sens. Le personnage produit une surenchère de signification qui ne retombe jamais dans le cadre.
Isabelle Huppert : Pourtant, si je joue ce trouble-là, je ne le fais pas avec un slogan. Je ne cherche pas à “démontrer”. Je cherche une zone d’indécision. Une sorte de non-savoir assumé. Est-ce que, pour vous, cette indécision est politique ?
Žižek : Oui, mais pas au sens naïf “message à transmettre”. L’indécision est politique parce qu’elle expose l’acte même d’interprétation comme un acte de pouvoir. Celui qui impose une lecture dit : “voilà ce que tu dois voir”. Si votre personnage refuse la lecture univoque, il empêche la réalisation immédiate de l’idéologie.
Isabelle Huppert : Vous dites idéologie, et j’entends comme une force qui cherche à se rendre naturelle. Mais il y a aussi quelque chose de très corporel dans l’idéologie : la manière de respirer, la manière de se tenir, le rythme. Est-ce que vos analyses prennent assez au sérieux la dimension du corps ?
Žižek : Le corps, oui. Mais je veux préciser : l’idéologie n’est pas seulement une croyance, c’est une pratique. C’est exactement comme la manière dont un geste “va de soi” dans un monde donné. Le corps est l’endroit où l’idéologie obtient ses preuves—sans qu’on ait besoin de discours. Le corps est le support de la nécessité.
Isabelle Huppert : Alors, quand j’échoue à être “convaincante” selon certaines attentes—quand je laisse une phrase incomplète, une émotion mal située—je fais, peut-être, ce travail : je refuse la preuve immédiate. Je laisse l’idéologie sans sol.
Žižek : Voilà. Et en même temps, il faut se méfier : l’indécision peut aussi devenir un style. L’obscurité peut devenir une nouvelle clarté—un nouveau confort. La question devient donc : votre indécision fait-elle apparaître le réel, ou produit-elle seulement une esthétique du mystère ?
Isabelle Huppert : Touché. Pour moi, l’objectif n’est pas “le mystère”. C’est plutôt le réel de l’inconfort. Le moment où vous sentez que l’existence ne suit pas la grammaire attendue. Quand je joue une femme qui ne s’excuse pas, qui ne s’aligne pas, je ressens ce réel : ça ne se “comprend” pas parfaitement, mais ça se transmet.
Žižek : Alors vous faites quelque chose que l’idéologie ne peut pas digérer : vous montrez l’écart entre la narration et le vécu. Et cet écart, c’est l’endroit où le spectateur se trouve face à sa propre mise en scène. Il doit décider : qu’est-ce que je fais de ce reste ?
Isabelle Huppert : Mais justement, Slavoj, vous parlez beaucoup du spectateur comme d’un être sommé. Or, il y a des spectateurs qui veulent être consolés. D’autres veulent être choqués. Est-ce que vous pensez que le cinéma doit lutter contre ces attentes ?
Žižek : Pas “contre”, mais à travers. L’idéologie de la consolation existe. Le choc aussi. La vraie question est : est-ce que le film rend visible que ces options sont déjà cadrées ? Souvent, on pense qu’on choisit entre consolation et choc, alors qu’on reste dans la même matrice. Le cinéma doit alors briser la matrice au lieu de seulement permuter les affects.
Isabelle Huppert : Je vois. Donc, si je laisse mon personnage dans une zone ambiguë, je ne cherche pas à produire une émotion précise, mais à rendre le processus de l’émotion visible—comme un mécanisme. Un mécanisme qui tente de se rendre obligatoire.
Žižek : Oui. Et dans cette logique, l’acteur n’est pas seulement un interprète : c’est quelqu’un qui rend tangible l’écart entre la demande du rôle et l’excès du vivant. Votre métier, si je puis dire, est une pratique de cet excès.
Isabelle Huppert : C’est intéressant, parce que j’ai parfois l’impression que l’excès est justement ce que le public veut “rattraper” après coup : mettre un nom, une explication, un diagnostic. Mais le film—et le jeu—peuvent refuser ce rattrapage.
Žižek : Refuser le rattrapage, c’est refuser la clôture. Et sans clôture, l’idéologie perd sa fonction principale : transformer le chaos en histoire cohérente. Votre jeu, souvent, ouvre une brèche dans la cohérence.
Isabelle Huppert : Alors on est d’accord : ce n’est pas seulement ce qui est montré, c’est ce qui n’est pas résolu. Une forme d’obstination qui dit : “je ne me rendrai pas immédiatement lisible”. Et peut-être que c’est là que se loge une responsabilité.
Žižek : Une responsabilité, oui. Pas celle du professeur, pas celle du moraliste. Une responsabilité du geste : forcer la pensée à passer par l’inquiétude plutôt que par la recette.
Isabelle Huppert : Et c’est peut-être ça, l’éthique du trouble.
Slavoj Žižek : Exactement. Le trouble comme condition de possibilité d’une pensée qui ne se contente pas d’obéir.
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Samuel_Belkekett
InvitéPassionnant de bout en bout.
Merci mille fois… -
Benoît
InvitéHello Dogobay, tu as la source de cet interview ? Merci !
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Benoît
InvitéPS. Pour être honnête, j’ai l’impression que c’est un faux interview, car Zizek ne parle pas du tout comme ça…. c’est un truc généré par IA ?
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Mao
InvitéC’est vrai ça. Il ne parle pas du tout. comme ça, Zizek. D’abord, il a un terrible accent slovène, puis surtout, il chuinte et n’arrête pas de postillonner.
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Samuel_Belkekett
InvitéIl y’a un entretien Huppert/Zizek dans un numéro de Philosophie Mag.
Seul le début de l’entretien est en accès libre et je n’ai pas vu ce que Dogobay a reporté.
Cependant Zizek dit la chose suivante dans ce début d’entretien, que je trouve méga pertinent.
S. Z. : Tout à fait. Paradoxalement, on moque Francis Fukuyama, qui a annoncé « la fin de l’histoire » au sens hégélien, sans voir que tout le monde est devenu fukuyamiste. La gauche elle-même ne rêve plus que d’un capitalisme global à visage humain.
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C’est tellement évident.
Il est tout de même curieux que l’on pense toujours à moquer Fukuyama, sans jamais se dire que ce thème de la « Fin de l’histoire » peut se décliner en un bon nombre de versions, dont certaines, paradoxales et non hégélienne.
La fin de l’histoire comme paradigme des paradoxes terminaux…
Ainsi parlait Belkekett…
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Charlie
InvitéDes fans de Will Ferrell ici ? J’ai pas encore regardé sa série sur Netflix mais pour moi c’est le meilleur acteur comique américain actuel.
Mon préféré de lui reste « The Other Guys », moins fan de Step Brothers un peu trop débile, et ‘il faut que je revois Ricky Bobby avec la prière en l’honneur de : »The greatest American who ever lived : Jesus Christ »-
Malice
InvitéFan de Will aussi mais j’aurais juste une petite remarque : Step brothers n’est pas trop débile, il est la pierre philosophale qui change la débilité en or et c’est pourquoi il est en haut de mon podium Ferrell
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eustache
Invitéc’est son chef d’oeuvre pour moi (et autant pour John C. Reilly).
Malheureusment, Will Ferrell aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été.-
Malice
InvitéJ’aime John C Reilly autant ( peut-être même plus) que Will ; je ne suis pas fan du film Magnolia mais il m’est resté en tête à cause de lui.
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sylvain
InvitéJohn C Reilly, ok… mais les grenouilles aussi ? Ou même Tom Cruise en Andrew tâte avant l’heure ? PS : bon, pour être honnête, c’est le PTA que j’aime le moins…
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Malice
InvitéOui, j’ai aimé les choses que tu cites mais j’ai détesté la scène de retrouvailles entre le père et le fils à la fin et j’ai été gênée par la scène de play back sur Aimée Mann
en revanche j’ai beaucoup aimé les séquences qui montrent les galères du petit garçon prodige de jeu télévisé
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Charlie
InvitéJe sais pas ce qui se passe avec le film
Je devais l’aimer plus mais je n’y arrive pas. Il y a un truc qui me fout un peu le cafard. Et le passage avec le père et son bateau me brise le cœur.
Pour Will Ferrell, oui ça fait quelques temps qu’il
ne m’a pas fait rire. Le film sur l’Eurovision était assez affligeant-
Malice
InvitéJe vois ce que tu veux dire au sujet de cet arc très cruel du film ( qui n’est pas le seul car le frangin maléfique est gratiné lui aussi). Pour moi ça fonctionne parce-que j’ai l’impression que ça relève encore plus la comédie ( dans le sens de relever sa saveur mais aussi de la faire monter très haut).
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Samuel_Belkekett
InvitéCharlie,
Tu as un abonnement Netflix.
Donc tu n’as rien à faire ici.
Tu n’es pas le bienvenu. De surcroît fan du sinistre Ferrell.
Ça fait beaucoup pour un seul individu…-
Larivière Sanretour
Invitétu dois vraiment aller très mal dans ta vie pour passer ton temps à commenter sur un forum où personne te calcule. Je te préviens je répondrai pas à ta réponse
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Samuel_Belkekett
InvitéMoi non plus…
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graindorge
Invitévu Sirät
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Stéphanie
InvitéTu as aimé Sirat Graindorge ?
Moi sur le moment beaucoup , car ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film » de ce genre » j’ai été impressionné par le son surtout, l’immensité des images, les décors. Et puis sur le fond et avec du recul, je suis un.peu dubitative sur le message.-
Samuel_Belkekett
Invité« sur le fond et avec du recul je suis un.peu dubitative »
Il est vrai que,
sur le fond
et en plus, avec du recul
on est forcément dubitatif. -
Graindorge
Invité@Stéphanie
Oui » sur le moment » en 2ème degré : vu un bon film. Ce corps n’a rien gardé, ça a glissé.
L’invraisemblance de la mort du gamin et du chien
Sinon oui:
La beauté des paysages, de certains visages comme à la fin sur le train. Les toutous, les ânes. La musique vers la fin.
» chemin initiatique » ? « Comment t’as fait pour pas exploser? Ché pas, je pensais pas. Ah ben on va faire pareil. »
C’est pas faux mais c’est toc. Film déjà oublié-
Samuel_Belkekett
InvitéDonc toi aussi Graindorge, sur le fond et avec du recul en sus, tu as été dubitative.
Moi aussi, mais sur un fond très profond et un recul très reculé, j’ai fini par être très dubitatif. Très…-
Graindorge
InvitéÇa se termine quand le harcèlement permanent?
Imbécile-
Samuel_Belkekett
InvitéVas-tu faire partie de la bande à Émile ?
Contacter le commissariat de police le plus proche de chez toi ?
Ou restes-tu convaincu de la punition. Celle sur une chaise ?
La punition me convient mieux. Mais plus que l’équilibre sur une chaise, je préférerais une bonne fessée déculottée et infligée… par toi bien sûr.-
Graindorge
InvitéVous confondez : Émile à
écrit ceci
« On signalera à Samuel et ses mille pseudos que son comportement ici est considéré par la loi française comme un délit sévèrement puni, passible de très lourdes amendes, pouvant aller jusqu’au pénal, au titre de harcèlement, cyber harcèlement, avec intention de nuire, et volonté de diminuer, blesser, provoquer, insulter une ou plusieurs personnes. »C’est madame MJPM qui a parlé de commissariat
« Merci Emile :
J ai suivi à la lettre ton rappel à la loi, ayant ouïe dire que les magistrats se tournaient un peu les pouces avec ces chaleurs je me suis empressé de saturer un peu la gendarmerie du coin. »
Quant à moi, je me refuse à achever un homme ou une femme à moitié mort.e. Qui s’exprime probablement sous effets de drogues dont l’alcool.
Vos propos sont très chocants et très violents. Juste merci à Émile de l’avoir rappelé et d’avoir été choqué lui-même bien que ces propos ne lui étaient/ ne lui sont pas adressés.
Paix à votre âme-
Samuel_Belkekett
InvitéSous l’effet de drogues dont d’alcool ?
Ça me fait penser à tous ces braves gens de droite qui, quand ils entendent quelque chose qui ne leur convient pas disent, faut arrêter de fumer là, ou il a fumé la moquette lui !
La drogue… Je connais, mais ça fait bien longtemps que c’est derrière moi. Même si je suis toujours sous traitement médical mais qui n’altère nullement mon cerveau. Quant à l’alcool, ça n’a jamais été mon truc.
« Vos propos sont très chocants et très violents. »
Alors là… J’en ai le souffle coupé.
Moi je crois que mes propos sont très choquants et très violents proportionnellement à votre degré d embourgeoisement. Je parle pour la plupart sur ce forum.
C’est curieux ce retour au puritanisme. Qui a mon avis n’a pas fini. Avec l’extrême droite ça vous fait un point commun, ce côté catho.
Quant au commissariat de police, ça dit tout de l’état d’esprit de ce forum.
Quand j’ai parlé de commissariat de police, ici ou sur topic Canicule plusieurs fois, ce n’est pas pour dire que Émile l’avait dit. Encore moins ai-je confondu avec MJPM, c’est une façon, absolument pas RÉALISTE, de formuler ironiquement les choses.
Il n’y en a pas un ici qui ait osé venir sur mon terrain de jeu, tellement vous êtes sur le terrain étriqué du réalisme le plus ordinairement plat. D’une extrême platitude.
Vous êtes totalement formatés par ce réalisme très prégnant aujourd’hui. Non madame. Je ne suis jamais bourré, sachez le.
Que j’ai le cerveau cramé par mes excès passés, certains le disent autour de moi, mais je n’en crois pas un mot. Je crois que mes excès, je ne dis pas tout excès mais les miens ont été d’un enseignement précieux. Très précieux.
Je laisse aux petits bourgeois raisonnables le soin de juger les autres de leur hauteur si précieuse.
Sur ce, mes hommages Madame…-
Emile Novis
Invité@Samuel
L’ironie ne dit pas nécessairement des choses contraires au fait. Mais je suis satisfait de savoir que tu sais bien qu’il n’a jamais été question d’aller au commissariat, qu’évidemment aucune plainte ne sera déposée contre toi, et que l’objectif était simplement de te faire savoir que ton comportement est par moments franchement harcelant (en tout cas selon moi). La loi d’ailleurs reconnaît l’existence du harcèlement en ligne. Je savais bien de mon côté que convoquer la loi à un lecteur du Marquis de Sade avait quelque chose de cocasse.
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C’est dommage : je lis très peu tes messages, puisque tu satures un peu tout l’espace, mais il m’arrive de te trouver intéressant. Sincèrement.
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Moi je ne vais pas sur ce terrain de l’ironie permanente, de la raillerie universelle, puisqu’au fond ça isole le railleur, que c’est une attitude purement négative, un peu vide, totalement dépendante de ce qu’elle nie, et apeurée par l’idée de s’engager, de poser une affirmation, de se situer – apeurée par le jugement des autres, la critique. Tout railler me semble procéder de cette peur tout en isolant l’individu railleur. Ca ne m’intéresse pas.
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Tu regrettes que personne ne soit allé sur ton terrain de l’ironie et de la raillerie. Mais si tout le monde faisait comme toi, il n’y aurait plus rien à railler, plus rien dont on pourrait se moquer, plus de combustible à embraser. Le railleur à besoin du sérieux des valeurs qu’il raille pour exister, il a besoin du « réalisme » des autres pour le tourner en dérision et affecter un air détaché. Si tout le monde faisait comme toi ici, personne ne pourrait adopter ton attitude, à commencer par toi-même.
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Je ne lance pas une discussion en ce qui me concerne, et je ne voudrais pas saturer ce sujet sur le cinéma par des messages qui n’ont rien à voir avec le cinéma.-
Graindorge
InvitéEmile je t’attends chez moi
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Emile Novis
Invité@Graindorge
Un jour peut-être. Mais je crois que tu habites loin, et j’ai assez peu de temps libre! -
Graindorge
Invité@Emile Usurpation de mon pseudo par Samuel B
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Samuel_Belkekett
InvitéIl y a une incompréhension mais c’est de ma faute.
Quand je dis aller sur mon terrain de jeu je voulais dire pour me « rentrer dedans » comme je le fais avec vous, pour me pousser dans mes retranchements, un peu comme tu viens de le faire sauf que c’est là d’un sérieux papal.
Pour le commissariat évidemment que je sais que ce sont là des mots. Mais moi aussi.
Pour la raillerie, elle est une conséquence de la façon dont, vous problématisez les choses. C’est ça qui me fait être railleur. Quand je parle de platitudes réalistes ce ne sont pas les faits, les phénomènes, c’est la façon de les interpréter, d’en rendre compte. Car effectivement vous (en général sur ce forum) le faites comme de purs militants sans vraiment vous revendiquer du militantisme, et même là on ne saurait dire de quel type de militantisme il s’agit. Vous ne le faites pas non plus de façon littéraire, si bien que tout renvoie platement au réel sans y rajouter la moindre épaisseur. Ce qui laisse aux droitistes toute la place pour une querelle gauche droite purement idéologique puisque le terrain du factuel a toujours été celui de la droite.
Je pense très sincèrement qu’il y a eu une bascule.
La gauche qui était amorale, légère et avait pour elle de détourner le factuel pour y rendre une mise en scène à minima artistique auquel il a droit, la gauche, depuis les années 80 est devenu lourde, très morale et se veut plus factuelle que jamais alors que précisément tout ceci appartenait à la droite.
Mais peut-être ne suis-je plus dans le coup et à chacun sa résistance.
Pour le cinéma, c’est vrai et je ne sais pourquoi tout cela se retrouve là.
Au moins j’aurais mis « mise en scène » dans ce post. -
Graindorge
Invité@ Samuel B
C’est aussi ça le harcèlement : usurper mille fois un pseudo. Ce que vous aviez déjà fait il n’y a pas si longtemps. Là pour me faire dire à Émile » je t’attends chez moi » Suis-je une prostituée? » Très mignonne » » donne moi plutôt une fessée »?
Je pensais qu’on allait en rester là. Si c’est la guerre que vous voulez, vous l’aurez. -
Samuel_Belkekett
Invité@Graindorge,
Après avoir écrit ce présent post je n’en ai pas eu le temps Graindorge.
D’usurper ton pseudo.
Cela renvoie formidablement au problème de Samuel et ses 1000 pseudos. -
Samuel_Belkekett
Invité@Emile
Mais j’avais déjà soupçonné que Graindorge n’écrivais pas tous ces posts.
Tu vois cette succession d’usurpation ? Dont je ne suis nullement responsable.
La question est, est-ce que tout ceci ne m’encourage pas à en rajouter une couche ? Et surtout QUI DONC EN EST RESPONSABLE ? -
Emile Novis
Invité@Samuel
Je trouve qu’il y a des gens qui écrivent bien sur ce forum. Léo Landru, Netflou, virgule (,), Claire et ses torsions de la langue, etc. Et l’écriture de FB n’est pas mal non plus.
Je ne suis pas tellement d’accord pour l’association du factuel et de la droite, et je pense que je ne suis pas d’accord sur la manière de comprendre la gauche. Il me semble que si la gauche commençait à tout esthétiser au détriment du factuel, on l’accuserait de s’embourgeoiser. En fait j’ai l’impression que quoi qu’elle fasse, la gauche est accusée d’embourgeoisement.
Je crois en ce qui me concerne qu’un forum peut difficilement donner autre chose que des querelles droite/gauche très idéologiques sitôt qu’il est question de politique. Les gens, en dehors, sont très différents. J’ai pris des remarques ici que je n’avais jamais entendues à mon encontre dans la vraie vie.
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Je m’arrête là, car comme dit plus haut, mon but n’était pas de saturer cet espace cinéma avec une discussion qui n’a rien à voir avec le cinéma. -
Graindorge
InvitéGraindorge
Emile je t’attends chez moi »
@Emile: tu me crois capable de t’écrire cette merde?
Usurpation de mon pseudo par Samuel B
Nouvel harcèlement -
Samuel_Belkekett
InvitéLa seule et vraie victime… c’est MOI…
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Graindorge
InvitéCessez de me harceler monsieur Samuel B.
Merci. Oui je détesterais en passer par la Justice
J’avais même choisi l’humour. La Justice n’en a pas du tout. -
Samuel_Belkekett
InvitéSi je viens vous voir chez vous, chère graindorge, pourrions-nous trouver un terrain d’accord ? Je suis prêt à beaucoup de chose pour vous, que me proposez-vous ?
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Samuel_Belkekett
InvitéEffectivement arrêtons nous là car tes mots renverraient à d’autres mots, tu peux me faire confiance. À commencé par « esthétisation ».
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Tony
InvitéDepuis le temps que je voulais le voir,merci Arte,en plus les deux autres arrivent au mois d’août
https://www.arte.tv/fr/videos/124805-000-A/jeunesse-1-3/-
Bob
InvitéJe viens de finir le premier volet, et comme ce que j’ai déjà vu de lui je suis complètement fan.
Hate de voir les suivants
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Stéphanie
InvitéGénial ! Merci Tony pour la veille.
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Graindorge
InvitéJe n’ai pas Arte.
Vu Man with no name sur Youtube-
Ema
InvitéGraindorge si tu as un accès internet tu as forcément accès à la chaîne de replay d’Arte. C’est gratuit. Ou alors un truc m’echappe ?
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Ostros
InvitéMême sans le replay il y a les films arte sur le site arte, comme on trouve les films MK2 curiosity directement sur le site.
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Bob
InvitéFini de voir le 3eme,
Extraordinaire, pour moi le meilleur des 3, quel trilogie exceptionnel. Le fait des les avoir vu souffrir pendant 8h, puis avoir une courte pose dans leur campagne, cest super fort.
Merci Monsieur Wang Bing
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François Bégaudeau
Maître des clésah oui bonne nouvelle
(n’en ai vu qu’1 sur 3) -
Samuel_Belkekett
InvitéSuper Nouvelle !
Greg Araki revient !
Avec I want your sex…
Je tiens Greg Araki pour un cinéaste indispensable.
Indispensable à quoi ?
Au cinéma. Tout bonnement.
Ce nouveau film parle entre autre d’un certain retour au puritanisme.
Vous entendez ça !? Ça vous concerne. Vous devez tous allez voir le nouveau Greg Araki…
C’est un conseil du professeur Belkekett… -
I.G.Y
InvitéRien que pour les deux blagues de fin de GO, il faut voir Caché de Haneke. Très bonne GO par ailleurs, qui met bien le doigt sur les raisons qui font de ce Haneke mon préféré des trois vus jusqu’à présent. La stratégie de la tension, version autrichienne.
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Malice
Invité@Igy j’aime beaucoup Caché moi aussi; les deux autres que tu as vus, quels sont-ils?
(C’est pour voir si tu fais partie du club des psychopathes adorateurs de Funny Games)-
sylvain
InvitéJ’aime autant « Funny Games » » que « Caché » mais j’ai envie de citer un autre « film français » de Haneke, surtout parce que je trouve qu’il est très rarement mentionné : « Code Inconnu ». Ceci étant dit : je ne l’ai pas revu depuis 15 ans. Quelqu’un ici l’a vu (et encore mieux : revu) ?
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Malice
InvitéJe l’ai vu cette année, bien aimé aussi, surtout la place faite aux travailleurs pauvres/sdf immigrés. La scène où la femme qui a mendié plus tôt dans le film pleure d’humiliation : je ne me souviens pas d’avoir vu ça dans un film avant.
Le contraste entre ce genre de scène et le parcours amoureux de Juliette Binoche était intense; je me souviens d’une séquence au supermarché où le couple en crise a un jeu très peu naturel – du moins j’étais gênée par leurs gestes, leurs façons de parler. ça ressemblait à une parodie de film sentimental mais je ne sais pas si c’est ce que recherchait Haneke.-
Dr Xavier
InvitéJe trouve Code inconnu un peu moins convaincant que le reste, je garde le souvenir que c’était un peu trop démonstratif/théorique. Je tente l’exercice du top :
1. La Pianiste
2. Le Septième Continent / Amour / Benny’s Video / 71 Fragments d’une chronologie du hasard
3. Happy End
4. Le Ruban blanc / Caché
5. Funny Games / Code inconnu
Et on m’a glissé dans l’oreille que Le temps du loup est le moins bon (pas vu).-
Malice
InvitéJe m’aperçois que j’ai des Haneke à rattraper en voyant ta liste
J’ajoute un ps à mon post sur Code Inconnu : la dernière scène était belle, non? Un plan séquence où l’on voit les percussionnistes donner un concert de rue si je me souviens bien
Je me souviens aussi du jeu des enfants sourds ( des devinettes en langue des signes)-
Malice
InvitéJe me trompe, la scène des percus n’est pas la séquence de fin mais vers la fin
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I.G.Y
InvitéMalice : je suis l’individu le plus équilibré du forum voire du continent donc je n’ai pas vu Funny Games (ou l’inverse?). Mon premier a été Le Septième Continent (mon argument sur l’équilibre s’effondre), ensuite Happy End, que j’ai bien aimé en le voyant mais qui ne m’a pas laissé de trace puisqu’hormis la dernière scène et deux images, je ne me souviens de rien. Pour aggraver mon cas l’un des rares cinéclubs loupés cette année était Benny’s Video.
SPOIL : Après la GO j’ai re-regardé ce fameux dernier plan et j’étais en effet passé à côté de ce qui se passait en bas à gauche (piégé par le plan équivalent 1h plus tôt, où le fils arrive par le milieu et va vers la droite dans le même mouvement que le travelling). J’ai remarqué qu’ils se quittaient en se souriant.
Néanmoins je suis plutôt sur la ligne « cassettes = Haneke ». J’ai même cru qu’il avait inventé l’avenue Lénine, parce qu’elle se nomme « Rue de Paris » sur Google Maps, mais c’est une erreur (américaine).
La GO a presque tout dit mais j’ai moi aussi été frappé par la frontalité des cadres, notamment dans les champs contre-champs, dans la scène du dîner, mais en fait presque partout. Les cadres sont à la fois oppressants et ouverts. Même quand ils sont frontaux et isolent un individu, ils sont en fait peu « serrés », et il y a par-dessus tout beaucoup de profondeur de champ même en intérieur, avec la plupart du temps un arrière plan lui aussi très éclairé — en fait, le cadre est chargé d’informations, cette somme de détails dope l’angoisse réaliste. (Dans le genre « vidéo + très lumineux », rien à voir avec un téléfilm des mêmes années par exemple — je m’en suis pris 4 au hasard sur Youtube : aucune profondeur de champ dans les plans serrés; sans parler bien sûr du rythme de coupe et de tout le reste).
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Malice
InvitéJ’aurais pu écrire mot pour mot ce que tu dis de ton expérience avec Happy end; il faudrait que je le revoie mais mon sentiment est qu’il frappe moins fort que Caché, FG, Amour…
La profondeur de champ, chez Haneke, c’est aussi le hors-champ non? Je reviens à Funny Games : la séquence d’arrivée des vacanciers dans leur résidence secondaire montre une succession de plans qui s’arrêtent sur : un escalier, un sac de club de golfs, un frigo, sans que ces plans qui « coupent » le réel de ce moment soient coupés de la vie de la famille. Les dialogues se poursuivent, on sent exister ces personnages. C’est très immersif : on est un membre de ce clan ( quand on investit un lieu en groupe, chacun vaque à la tâche qu’il a choisie ou qu’on lui a attribué, on entend pareillement la voix des amis ou des proches tandis que notre attention se focalise sur des objets précis).
En ce qui concerne la vraie profondeur de champ je n’oublierai jamais les plans où Haneke filme des personnages « de loin »: les tueurs de Funny Games dans le jardin des voisins, l’enfant renvoyé de la ferme dans Caché. La distance décuple dans les deux cas le malaise, la pitié.-
I.G.Y
InvitéC’est vrai qu’il y a aussi ce plan de la ferme. Filmé à la manière des cassettes, mais ostensiblement présenté comme un rêve de Georges. Si on ajoute à ça les dessins d’enfant qui viennent avec ces cassettes, on pourrait dire d’Haneke qu’il se glisse dans la mémoire d’enfant refoulée de Georges. C’est son mode d’intervention surnaturel (autre élément qui pointe nettement vers une absence de coupable « réel », c’est quand même cet épisode de la cassette sur la pas de la porte, déposée alors que Georges est à trois mètres).
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Malice
InvitéJ’avais vu le plan à la ferme non comme un rêve mais comme un flash back donc un plan montrant le réel, c’est marrant
en même temps on a cette séquence de suicide au rasoir « réelle » mais tellement étrange qu’on pourrait encore être hors de la réalité-
I.G.Y
InvitéEn effet ça n’est pas clair : moi-même lorsque j’ai vu la séquence, sachant qu’on avait déjà eu sur le même mode un rêve de Georges (avec la hache) et que le début de la scène dont on parle suit immédiatement son endormissement, ça me paraissait présenté comme un rêve. Sauf qu’au fil de la séquence, longue, le caractère onirique m’était complètement sorti de la tête.
Malgré cette confusion organisée, le film n’est pas confus.
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Malice
InvitéLe sujet rêve ou pas rêve me rappelle une séquence d’un film de Bunuel où on croit assister à un vrai morceau de « vie », qui se révèle rêve ou hallucination ( peut-être dans « Le fantôme de la liberté »)
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I.G.Y
InvitéSur rêve ou pas rêve j’ai toujours Api W. qui me vient en tête. Mon bunuelisme est au point mort depuis bien deux ans
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Malice
InvitéEt moi je n’ai pas encore fait la rencontre d’Api
Tu as vu quels Bunuels? -
Malice
InvitéPost scrotum : tu recommandes quels Api pour commencer?
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I.G.Y
InvitéJe conseille sans réserve Memoria (écoute au casque indispensable). J’ai aussi aimé Boonmee, et plutôt Cemetary of Splendour, même si quelques passages vers la fin m’ont un paru surfaits. Bunuel j’ai vu Journal d’une femme de chambre (dont j’attendais peut-être trop car c’était mon premier B, et ça m’a déçu), et Tourments (dont j’ai un meilleur souvenir, même si très vague). J’avais jeté une bouteille à la mer ici à propos de Bunuel mais elle a pris le large.
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Alexandre
InvitéC’était à propos de quoi précisément ta bouteille?
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François Bégaudeau
Maître des clésDe Bunuel je conseille avant tout Belle de jour, qui donnera idée de sa folle singularité.
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I.G.Y
InvitéAlexandre : ma bouteille, que j’ai retrouvée, était celle-ci (une bouteille presque vide).
Je note Belle de Jour, pour les vacances. Qui démarrent ce soir (bonheur).
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Malice
InvitéAlors là je regrette de ne pas avoir étalé ma science
mon top Bunuel:
( je n’inclus pas Belle de jour puisque c’est un film profondément immoral qui me choque et me dégoûte à chaque fois que je le regarde tous les ans)
Viridiana
Fantôme de la liberté
Cet obscur objet du désir
Le charme discret du prolétariat
L’ange exterminateur
Nazarin -
Alexandre
InvitéOui bah on a les mêmes.
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Malice
InvitéJe sais que tu as bon goût depuis nos conversations au sujet de Milos Forman
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Alexandre
InvitéMais pour I.G.Y., je pense quand même que Le Journal d’une femme de chambre reste un grand titre que tu ne perdrais pas à réessayer.
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Alexandre
InvitéPar contre Malice, il y une erreur dans ta liste.
Ce n’est pas Nazarin mais Mazarin, l’unique (et particulier) biopic de Buñuel. -
I.G.Y
InvitéJe réessaierai, mais je pense qu’avant de réessayer j’essaierai les autres, rire
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Malice
Invité@Alexandre j’ai failli répondre preum deug que c’était bien Nazarin l’histoire du curé, faut arrêter d’être si taquin
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Younès
InvitéBonsoir à tous,
Je me permets de vous joindre un article que j’ai écrit sur notre cher Rabah Ameur-Zaïmeche. Si vous voulez y jeter un œil…
Soyez indulgent, c’est mon premier article publié !
Rétrospective Rabah Ameur-Zaïmeche : Rabah Number One-
Ostros
InvitéMerci Younès
Tu étais à la rétrospective quelle chance !
Et tu as vu les films de Ferhani aussi ?-
Younès
InvitéJe me suis fait la rétrospective chez moi ! Hélas, je ne pouvais pas me rendre au FID…
Je ne connais pas du tout Ferhani, tu peux m’en dire deux mots ?-
Ostros
InvitéRegarde-les
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Stéphanie
InvitéYounès, le lien ne fonctionne pas.
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Ostros
InvitéMoi ça marche – je te le recolle au cas où
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Stéphanie
InvitéMerci Ostros
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Younès
InvitéMerci Ostros, pour le lien et Ferhani.
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Ostros
InvitéMa blague des « deux mots » a fait un flop
C’est le flop de l’été
Ferhani a fait deux longs
2015 : Dans ma tête un rond-point
2019 : 143 rue du Désert
Et ce sont des chefs d’œuvre de réalisation
J’ai une préférence pour le 1er
Je n’arrive pas à trouver ses courts, je crois qu’il faudra attendre une rétrospective pour les voir un jour…
Je te laisse découvrir cet orfèvre-
Younès
Invitérire, j’ai compris la blague avec du retard.
Ok, je note. Merci Ostros pour ces dizaines de mots.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pense que tu aurais gagné à ne retenir qu’un point d’analyse et à le creuser. Par exemple cette opposition entre la nature (est ce le mot?), lieu du possible, et la société où tout est verrouillé. Opposition qui dessine une carte anarchiste, dans la lignée des grands géographes anarchistes, qui à la violence de l’histoire ont opposé l’harmonie du vivant.
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Younès
InvitéC’est vrai, tu as raison. Comme c’était mon premier article (sur un cinéaste que j’admire qui plus est), je pense que je voulais tout faire rentrer dans la boîte… Merci pour ton retour.
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Quentin
InvitéVous avez vu Shanna ? Je crois que c’est mon film favori cette année, pour le moment
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Younès
InvitéIl me donne envie depuis un moment, je le rattraperai.
J’ai peur que ce film s’enferme dans la posture « wesh-wesh ». Mais je ne l’ai pas vu. Donc…-
Quentin
InvitéSi ça l’est, c’est intelligemment fait – en tout cas, pas grossièrement. Je trouve.
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Quentin
InvitéTu me diras ce que tu en penses !
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Stéphanie
InvitéJ’ai aussi beaucoup aimé Shana, le rythme , les dialogues sont très réussi, le personnage Shana est tout en nuance, ancré dans la réalité, une énergie débordante. La vie d’une jeune adulte , la transmission, la religion , tout est abordé avec subtilité.
Il paraît que son 1er court est très bien, Le roi David .-
Dune
InvitéPas encore vu sont long, mais il aiguise ma curiosité. Son court est disponible ici :
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Ostros
InvitéTrès heureuse de découvrir cette real merci les gens !
J’ai zieuté le début voir si ça me plairait et j’adore déjà
On peut dire que ça filme
Je vais le regarder en entier ce week-end très très heureuse
Soleil dans journée de merde -
Stéphanie
InvitéOh génial !
Merci Dune.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime bien le personnage, et indissociablement l’actrice.
Le film est quand même loin d’etre irréprochable, n’évitant pas hélas le point godwin de la blessure – l’auto-destruction du personnage aurait une origine, et une origine évidemment familiale.
Et la résolution sur la judéité cachée me parait un peu expéditive – un peu surajoutée pour cleaner l’affaire.-
Stéphanie
InvitéEst ce que tu veux dire que cette auto destruction est liée essentiellement à la famille et donc la mère , que l’on voit ici bien déglinguée ? La judéité est aussi dénoncée ( une interprétation) notamment dans la scène du repas.
Ce qui rend Shana si mal aussi.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe film, par la scène entre mère et fille dans le magasin de fringues, nous fait comprendre que tout est parti de cette mère absente. Shana a été « abandonnée ». Elle en a gardé une hostilité à son milieu, qu’elle pousse jusqu’à fréquenter un milieu hostile.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe vais regarder Le roi david car cette réalisatrice m’intéresse.
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Quentin
InvitéOui alors je ne sais pas si ceci explique cela.
Toujours est-il qu’il y a du ressentiment, du non-dit et que ce type de relation mère-fille je l’observe au quotidien dans mon travail, en protection de l’enfance. J’ai trouvé ce moment touchant. Mais je t’expliquerai pas forcément le côté « deviant » à « fréquenter les milieux hostiles » dû à cet abandon. Ca paraît si explicite ?-
François Bégaudeau
Maître des clésCe n’est pas si explicite, et c’est tant mieux, mais c’est là
Le Roi David est vraiment une sorte de répétition générale pour le long : tout y est, y compris la trame générale.
Le personnage est là tel qu’en lui meme, savoureux et embarrassant (et peut etre, me disais-je, un peu répétitif et donc lassant)
En tout cas il y a une façon de découper, de raconter, de monter les scènes, de diriger ou non-diriger, qui laisse espérer que Lila Pinell puisse faire de bons films sans son actrice attitrée. On tient peut etre une sorte de Sean Baker française. -
Aurel
InvitéPour ma part, je garde un bon souvenir du film, et surtout un plan que je trouve très intéressant. Lors de la remise en liberté du copain de Shana. J’ai trouvé que la réalisatrice avait réussi à rendre le charme du personnage du prisonnier en un plan, alors que le personnage est exécrable avec Shana dans de multiples scènes auparavant. Un peu comme si en un plan on adoptait le point de vue de Shana. J’ai trouvé que ça cernait bien le sentiment amoureux. Mais bon c’est peut être un détail.
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Claire N
Invité« un peu répétitif et donc lassant »
Je me disais que justement c’était intéressant d’avoir provoqué cela ; aller titiller l’endurance du spectateur et justement son point de détachement -
Claire N
InvitéC’est quand même super intéressant
De désactiver les cases nosologiques
Je ne suis pas experte, mais lorsque la case « borderline « s’active c’est quasi un renoncement de tous les acteurs du soin et du social qui se valide. Un abandon scientifiquement approuvé –
Les choses bougent, certains psychiatres l’on vu et « militent «
Shana dans ce court est pourtant pas lâchée par les copines -
nefa
Invitéen espérant que contrarier ne soit pas ma tasse
« insoluble paradoxe »
avec ce qui suit qui le lève, qui, à cloche pieds, le, de tout plat les orteils, le… le saute à un autre
.
Prends cette chaise. Tu vas penser que je suis con mais depuis une heure je n’arrive pas à faire autre chose que la regarder fixement. Sans le moindre plaisir. Avec même un léger petit arrière goût d’amertume. D’insatisfaction. Dans ma bouche. Et aussi dans mon ventre. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Une petite voix à l’intérieure de mon crâne qui me le répète. Elle ne fait que cela. C’est lancinant.
J’aimerai tellement faire ce que j’ai à faire sans me la prendre. Avoir une existence un peu plus. Ne pas bloquer. Avancer. Alors que maintenant, là, tout de suite, à mon grand regret, je fais du sur place. Figé.
Tout en pensant que je dois. Il y a quelque chose qui me bloque. Une sorte de ciment dans mon cerveau. Qui va même jusqu’à se répandre dans tout mon corps.
T’es capable d’envisager ce type sensations ? Qui se produisent à l’intérieur de mon corps. Qui m’obligent à être spectateur de mon corps.
Là je constate avec stupéfaction que tous les liquides qui me composent sont saturés de ciment. Le ciment a pris le dessus. Le ciment. A la fois dans ma tête et dans mon corps. Le ciment a pris. Ça peut durer des heures.
Je suis face à quelque chose.
Et ce quelque chose, je dirais que c’est une espèce de bifurcation. Non pas celle qui consiste à opter entre faire quelque chose et ne rien foutre. Non ! Rien foutre n’est ici qu’un symptôme. Je suis plutôt face à deux gestes. Deux façons de faire. Ça doit décider. Et je le répète, ces deux gestes n’ont strictement rien à voir avec le fait que je n’en branle pas une.
Et puis j’y vais. Et puis ça va mieux. Après tout cela n’est pas si difficile que ça. Cela n’est pas la mort de faire de la comptabilité. De faire des calculs.
Alors je fais la comptabilité. Plus précisément, je fais des calculs. Mon attention est passée sur un mode calcul. Rien ne me distrait. Et ça c’est parce que les dieux sont avec moi. Merci. Ma calculatrice fonctionne. Rien ne m’empêche de la faire fonctionner. Je suis à fond dans mes calculs. Ça déroule.
Il peut arriver n’importe quoi. A partir du moment où ça reste cohérent avec le fait que je suis en train de faire la comptabilité. Rien n’a d’importance.
Aussi quand j’ai besoin d’une feuille. Dessus se trouvent des données importantes. Il me la faut pour que je puisse continuer mes calculs. Mon attention passe en mode recherche de cette feuille. Je ne suis plus dans mes calculs. Mais cela ne change rien.
Je signale – et c’est important que je le fasse – que le fruit des calculs que j’effectuais n’était pas mauvais. Je n’ai pas subis d’affects susceptibles de me faire chier en réveillant d’anciens traumas qui perturberaient la recherche de la feuille dont j’ai besoin. Il n’a pas non plus surgit de signes ni d’indices qui m’auraient indiqués que quelque chose d’étrange est en train de se produire. Je n’ai pas vu la fortune. Pas de sortie du trou dans lequel se trouvent les finances de notre structure. Bref je n’ai pas explosé en route.
Donc, je cherche ma feuille et je ne fais que ça. Rien ne me distrait.
Puis je la trouve. Mon attention passe en mode feuille trouvée.
Et là encore, pas de vague, pas de tsunami. Je n’ai pas passé une heure à chercher cette feuille. Je ne me suis pas énervé. Je ne me suis pas levé de mon siège en me demandant : où ai-je bien pu la mettre ? Je ne me suis pas dit : « c’est encore quelqu’un d’autre qui l’a rangée quelque part. » Je ne me suis pas dit que j’étais un gros connard incapable de gérer ses documents. Je ne me suis pas dit que j’étais quelqu’un qui sait qu’il est un gros connard depuis qu’il a l’âge de six ans mais qui n’a jamais rien fait pour que ça change et qui continue, jour après jour, semaine après semaine, de vivre dans un bordel monstre et qui perd un temps fou ainsi qu’une énergie folle à toujours tout chercher. Non, rien de tout ça. Je dirai que la séquence comptabilité avec tous les modes qui la composent reste intègre. Saine. Les choses passent et s’enchaînent sans tension. A l’abri des bombes.
Et bien, parce que cela se passe sans trop de tension, plutôt calmement, sans affect particulier, sans qu’il y ait franchissement d’un certain seuil.
Et bien, au cœur même de l’instant précis où mes yeux saisissent la feuille que j’étais en train de chercher, se révèle un hiatus.
Mon attention en mode recherche de feuille et mon attention en mode feuille trouvée ne forment plus un bloc rigide et indéformable.
Une sorte de courbe entre les deux me saute dessus.
Une courbe épaisse.
Pas si différente de celle qui vient lors de ce que j’appelle la fiction du trou d’air. Sur un vélo. Fable que gravitations. Portée par l’évidence de l’objet ballotté au gré des bosses.
Une courbe, donc, où mon corps se meut au diapason de la machine.
De la structure.
A laquelle je participe et inversement.
La nacelle, moi, la nacelle.
Qui nous relâchons de concert, en même temps que se relâche tout ce qui faisait de nous un amalgame stable.
Évidence étiolée.
Toutes ces entités disparates que l’on imaginait adhérer les unes aux autres qui perdent leur statut de composites autonomes, modulables à souhait.
Lorsque n’est plus que notre relation – détente, avec un soupçon de tension, histoire de… et empreinte de toutes les conjonctions possibles et imaginables.
« A l’entre de l’adhérence et du démembrement. »
Cohérence chantée.
Moment hyper sensible qui demande à ceux qui y participent beaucoup de délicatesse.
Un mouvement brusque : et la courbe se brise. Brutal et on tombe. Du coté de la cécité, du déni de l’inflexion en cour. Coté : y’a rien à voir. Rien à faire. Ou du coté de la dislocation, de la non-viabilité de notre relation – entre la nacelle et moi – ; bref, de la fin des légumes.
Alors je bascule, mais attention – je le répète –, je ne tombe pas.
Pas de chute.
Le genre de chute qui vous fait remonter l’estomac dans la bouche, chute qui provoque une décharge d’adrénaline.
Rien de tout ça qui serait le signe d’un arrachement en cours.
C’est en épousant habilement le cœur de ce hiatus, de cette chose matérialisée par un point d’inflexion déployant deux situations se saluant l’une l’autre, que ça m’a abandonné. -
Claire N
Invité« T’es capable d’envisager ce type sensations ? »
une si grande délicatesse – ne saurait répondre par je -
nefa
Invitétu veux dire que c’est pas du tout délicat ?
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Claire N
Invité« Moment hyper sensible qui demande à ceux qui y participent beaucoup de délicatesse.«
Rires – pas du tout, juste que j’ai des trop grosses patounes pour pas risquer de tout changer en légume -
nefa
Invitéque tes mains restent fines et tes doigts longs
de fait j’ai écrit ce truc avant de passer par un de tes spots
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Cédric
InvitéEst-ce-que les réals ne vont pas la cantonner à rejouer des variations de Shana ? Je demande à voir.
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Quentin
InvitéTrès bonne question, et je pense que c’est à craindre.
Le film n’en fait jamais trop et c’est ce qui fait se réussite ou en tout cas son charme. Même le personnage de Moise est assez nuancé finalement
Je vois mal des reals français réussirent aussi bien sans tomber dans la caricature ou le grossier -
Quentin
InvitéMerde j’avais mal compris. En ce qui concerne l’actrice j’ai hâte de voir ses futurs projets et persos mais ya un risque en effet
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Graindorge
InvitéMerci Dune!
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Tony
InvitéLa suite vient d’arriver, à ne pas manquer
https://www.arte.tv/fr/videos/132279-000-A/jeunesse-2-3/
Quelques mots sur Jeunesse, c’est en effet éblouissant,ce qui m’a frappé et ce qui en fait, à mes yeux,une expérience inoubliable c’est ce sentiment d’être témoin de la vie de ces jeunes gens, travaillant dans ces ateliers de couture,sans jamais sentir le moindre jugement ni le moindre discours extérieur,et l’art de Wang Bing,et je ne sais pas comment c’est possible,est d’être quasi invisible pour eux comme pour nous,il en ressort quelque chose de vraiment très fort que seule la durée peut faire advenir,on finit par les connaître un peu,s’y attacher véritablement et on est stupéfait, émerveillé même,par cette vitalité et cette drague permanente, drôle et souvent profonde sur les rapports amoureux,on n’est pas près de les oublier!-
Alexandre
InvitéIl faut vraiment que je voie ça.
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François Bégaudeau
Maître des clésquestion technique : le 1 n’est plus en ligne?
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Tony
InvitéOui il est encore là,dispo jusqu’au 28
https://www.arte.tv/fr/videos/124805-000-A/jeunesse-1-3/-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
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Jules de bxl
InvitéC’était mon premier Wang Bing, vu au cinéma à Bruxelles. J’ai été ébloui ! En effet : pas prêt d’oublier ces jeunes
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AL
InvitéAvec Jeunesse de Wang-Bing, l’envie me prend de renouer avec le documentaire ; quelqu’un aurait-il des billes à me donner (ou des grands classiques ou des films plus récents) ? Je ne m’y connais qu’à moitié (qu’au quart, même) par rapport au documentaire. Je connais Tënk de nom, mais je n’ai jamais franchi le pas de l’abonnement, est-ce que ça peut valoir le coup pour un mois ou deux ?
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AL
InvitéEt j’en profite pour signaler l’accès gratuit en ce moment du premier épisode de Six fois deux, une série de Godard, sur CinéMutins.
Je crois que les autres sont réservés aux abonnés. -
Stéphanie
InvitéAL, il y a un topic ( on dit comme ça !?) intitulé Documentaires , ouvert par Rivière en oct 2023 .
Je ne sais pas comment le transférer mais tu pourras le trouver pages précédentes.-
AL
Invitémerci stéphanie, je l’avais perdu dans le fil des sujets ouverts
j’y retourne
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Aurel
InvitéUn documentaire qui m’a beaucoup plu, dans la veine de Retour à Reims.
Qu’est ce qu’on va penser de nous de Lucile Coda, qui raconte sa propre histoire et celle de ses parents.
https://kubweb.media/page/documentaire-quest-ce-quon-va-penser-de-nous-lucile-coda/
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Tony
InvitéJ’ai bien envie d’aller voir ce film,RRR,qui vient de ressortir et dont tout le monde parle, j’ai lu ce matin sur Letterboxd cette review qui m’en a donné l’idée,
‘
Merci Carlotta.
Il fallait que je le redécouvre en salle attentivement, l’esprit, le coeur et le corps ouverts pour enfin mesurer l’ampleur de ce monument instantané.
Je ne suis pas ressorti d’un film avec un tel triple sentiment d’humilité, d’exaltation et d’impression d’avoir assisté à une révolution (ou une renaissance, ce qui revient au même) depuis Mad Max : Fury Road.
Ce qui se passe depuis RRR (et Rajamouli en général) est un vaste spectre de réconciliations inespérées.
Entre les régions télougous de Telangana (de Bheem) et d’Andhra Pradesh (de Raju), entre Tollywood et Bollywood, et même entre le cinéma indien et le monde.
Le Ramayana et le Mahabharata ne font plus qu’un et je n’ai jamais vu un film qui incarne les enseignements de la Baghavad Gita à un tel niveau de jouissance sensorielle, sans pourtant ne jamais dévier d’une intégration profonde des principes qui y sont illustrés depuis 2500 ans.
C’est proprement hallucinant.
Je ressors comme on revient d’un temple ou d’un carnaval : minuscule et vivant.’-
Godot le bègue
Invité-
Tony
InvitéC’est un extrait du film ça ?Tu m’as bien coupé les jambes,je crois que ça va pas le faire.
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Quentin
InvitéIl est dispo sur Netflix hihihi
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Alexandre
InvitéNe te reste plus qu’à te rabattre sur RRRR, d’Alain Chabat
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Dune
InvitéJe ne peux que te conseiller de persister dans sa filmographie avec, notamment, A l’ouest des rails, disponible sur la Cinetek ou gratuitement sur youtube avec des sous-titres Anglais.
M’est arrivé de souhaiter que Wang Bing s’attache enfin les services d’un monteur avant de me lancer dans un de ses films. Mais la longue durée transforme ses films en expérience. J’ai vraiment éprouvé ce voyage en train traversant les paysages enneigés et rencontré ces êtres vivotant dans ces usines décaties. Aussi fort que Jeunesse.
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Dune
InvitéLe message semble s’être perdu, il répondait à AL sur les docus à voir après Jeunesse.
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AL
Invitémerci Dune pour la reco & le lien, mais très content de le voir dispo sur YT
tu recommandes de le regarder d’un seul trait ou bien de le segmenter (un peu comme pour Jeunesse, divisé en trois parties) ?
(non pas que je ne sois pas prêt pour les 9h, mais faut bien trouver le temps)
+ merci Aurel également, je vais regarder ça de près-
I.G.Y
InvitéJe pense à trois choses, hors de celles citées et des grands classiques (que je n’ai pas vus, genre Wiseman) :
– Une guerre civile, Elizabethtown, qui avait été conseillé il y a bien longtemps ici par Mao.
– En films documentaires j’avais vu Saravah en salle, qui m’avait beaucoup ému. Histoire de la bonne vallée, sorti récemment, très bien. J’avais aimé dans un autre genre Le Joli Mai de Pierre Lhomme et Chris Marker.
Mais je suis un peu à la masse en longs métrages documentaires.
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I.G.Y
InvitéMon dieu si, j’oublie (mais c’est un documentaire d’un genre « très particulier », je ne sais même pas si le terme convient) : la série Corpus Christi de Gérard Mordillat.
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Stéphanie
InvitéOui , AL : Histoire de la bonne vallée
Magnifique
https://ok.ru/video/14532122118898
Pas trouvé sous titre mais on devrait peut-être pouvoir le louer .-
Graindorge
InvitéC’est vrai qu’il est magnifique
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Carpentier
Invitémercredi, en soirée, à la tv, il y avait
– Rupture pour tous et La prisonnière de Bordeaux
Pris en cours de route le 2e (quand le perso d’Huppert rentre et découvre la disparition du tableau et sa protégée attachée)
puis, une fois le perso joué par Herzi au parloir avec ses mômes, j’ai bifurqué sur Rupture pour tous
J’avais oublié la scène finale,
peiner à rompre avec la rupture
uh uh -
Younès
InvitéJe tiens à remercier chaleureusement Ostros pour m’avoir parlé de Hassen Ferhani.
J’ai regardé « Dans ma tête, un rond-point » et tu avais raison de le qualifier de chef d’oeuvre. Je regarderais son deuxième long demain.
D’ailleurs, excellent texte de Marie Gueden sur Critikat, « Tourne, tourne ».-
Younès
InvitéJe précise, pour Ostros et vous tous.
Le premier court-métrage de Ferhani, Les Baies d’Alger (2006), est dispo sur Vimeo, sous-titré en français.
Il existe aussi une conversation entre Ferhani et Samir sur « 143 rue du Désert », chez Microciné, donc.
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Quentin
InvitéJe viens de terminer Costa Brava, Lebanon est j’ai réellement très apprécié. Je l’ai trouvé très touchant et je suis agréablement surpris pour une première oeuvre.
J’ai regardé Ecce Bombo hier mais je n’ai pas aimé du tout-
Samuel_Belkekett
InvitéEt ce soir tu vas regarder quoi ?
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Samuel_Belkekett
InvitéMoi je viens de voir ; Les nymphos sauvages du Danemark débarquent au Qatar.
J’ai trouvé ça bouleversant. J’ai été très touché par les personnages féminins du film.
Elles sont tellement émancipées que ce sont elles qui montrent aux hommes la voie d’une sagesse toute intérieure.
Les hommes qui au début sont très austères et taciturnes, au contact de ces femmes très libres et très danoises, se mettent à l’écoute de leurs propres sentiments, puis aiguisent leur regard et se mettent à considérer ces femmes pour ce qu’elles sont vraiment et non plus de simples éléments sociaux qu’on range dans la case d’un familialisme traditionnel.
Tu vois Quentin, ce qui m’a touché, ce sont ces hommes, pétris dans les habitudes d’un conformisme millénaire et qui sont soudain projetés dans un devenir animal. Car ce sont les femmes qui font évènement. Les hommes deviennent si sensibles à ce que leur apportent ces danoises de par leur langue et la chaleur affective de leurs corps, qu’une poésie s’empare de leur être, bouleversant tous leurs repaires.
La beauté de leurs tourments est si belle, si forte, si puissante, que seule une décharge physique peut les soulager d’une telle tension.
j’ai également été très ému par la poésie formelle du film.
Le hors-champ devient signifiant dans la mesure où il est suggéré dans le cadre même. Il y a une mise en abyme des corps et de la lumière, qui comme un parcours fléché, renvoie à une intériorité dont les mouvements de va et vient des corps invitent, de par l’apparition et la disparition successive de certains éléments, à imaginer l’obscurité douce et affectueuse dans laquelle ces éléments organiques tendent à glisser inopinément, pour disparaitre de façon toute aussi soudaine que subite, à l’intérieur des corps, eux-mêmes à l’intérieur du cadre.
Dans le théâtre qu’avait imaginé Antonin Artaud, il y avait en guise de langage, des cris et des borborygmes plus à même de spécifier la métaphysique des corps pris dans le devenir et la métamorphose. N’en doutons pas, Artaud aurait adoré les nymphos sauvages du Danemark. Si tu n’es pas convaincu Quentin, je n’ai plus qu’à te citer la phrase mémorable du réalisateur de Mémoria, le thaïlandais Chapichapong. Qui a dit après la projection des Nymphos sauvages du Danemark ; tous mes films ne sont qu’une rêverie faite de multiples variations autour de Nymphos sauvages devenues depuis… universelles.
Ce film Quentin, n’est résumable qu’en un mot… Indispensable.-
Quentin
InvitéC’est marrant
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Malice
InvitéLes copains de La phase critiquent Ulysse 31 pardon Ulysse 2026
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Dr Xavier
InvitéVu, c’est dans la liste à écouter.
Puisque tu parles du marketing des produits dérivés, je signale qu’une édition bilingue d’Ulysse-Bloom vient de sortir, le bouquin est cher mais c’est une chouette expérience, je lis une page en anglais où je ne comprends pas grand-chose, puis la proposition de page traduite en français. Au rythme d’une page par jour en moyenne je pense finir le livre dans deux ans.-
Malice
InvitéPendant ce temps je vais tâcher de lire L’Eneide pour faire mon originale et pour voir si Dante a raison de teaser son oeuvre dans La divine comédie
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Malice
InvitéL’oeuvre de Virgile pardon
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ziggypop
Invitésalut Malice, merci pour ce petit coup de projo ! je crois avoir lu quelque part que tu cherchais à entrer en contact avec nous, tu peux m’écrire à k.kucek13@gmail.com
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Malice
InvitéMerci Ziggy, je t’ai envoyé un mail
De rien pour la pub, pour parler en macroniste, votre podcast mérite la visibilité
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kenny
InvitéThoret nous parle de l’époque (attention ça pique)
https://www.facebook.com/share/r/1Uay7Q6fQW/ -
Samuel_Belkekett
InvitéAlors, Greg Araki,
Réac pas réac ?
Anti-woke pas Anti-woke ?
Marrant pas marrant ?
On s’en fou grave on s’en fou pas grave ?
Si ça se trouve personne ici ne connaît Greg Araki.
Greg Araki,
Connait connait pas ?-
Quentin
InvitéPas encore vu…
As-tu apprécié I Want Your Sex ? J’ai lu une revue sur le Burdstack dont l’auteur semblait mitigée, voire déçue-
Samuel_Belkekett
InvitéJ’ai vraiment beaucoup aimé Greg Araki.
Je n’ai pas été voir le dernier pour la simple raison que je ne vais plus au cinéma, ou si rarement. D’après ce que j’ai pu entendre ici ou là, I want your sex semble décevoir ceux qui ont aimé le cinéaste. Donc je ne courrai pas le voir.
J’aurai été curieux de relever les appréciations sur le forum, mais il semblerait que l’on soit ici, beaucoup plus pressé de considérer le dernier Gianolli que le dernier Araki.
Ce qui donne à ce forum, un charme supplémentaire.
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Le mec là haut
InvitéLien pour l’intégrale Jia Z, court métrages et docu compris.
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Samuel_Belkekett
InvitéJ’ai revu hier soir, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie.
C’est donc la seconde fois que je le vois et… et je suis très surpris de n’avoir pas vu la première fois, ce qui m’a semblé hyper évident la seconde fois.
Ce qui ce coup-ci m’a paru on ne peut plus évident, est le lien avec un autre film qui m’avait beaucoup, mais beaucoup marqué lors de mon adolescence et qui est, L’homme blessé de Patrice Chéreau. Film de 83 et, détail important, le scénario est de Chéreau et Hervé Guibert. Film qui m’avait longuement travaillé.
Je ne sais pas si L’homme blessé et L’inconnu du Lac pratiquent le même cinéma. À mon avis ils ne sont pas très éloignés cinématographiquement. Mais dans la façon d’aborder leur sujet, je les trouve très proches. La différence entre le personnage de Chéreau joué par le très jeune Jean-Hugues Anglade et celui de Guiraudie joué par Pierre Deladonchamps, est l’époque (oh un gros mot) dans laquelle ces personnages sont insérés et la réception de l’homosexualité dans ces périodes. Début 80 l’homosexualité est encore très marginalisée et le décor ou se retrouvent les homos dans le film de Chéreau est glauque, sombre, et le très jeune Anglade est torturé. Méchamment torturé. En 2013, date de L’inconnu du lac, l’homosexualité est disons plus généralement acceptée qu’en 80 et le décor est bien plus plaisant, cadre hédoniste et le jeune Deladonchamps bien plus décontracté. En revanche dans les 2 films les personnages principaux sont passionnément épris d’un homme ténébreux, froid, mystérieux et d’une grande violence contenue. Là où les 2 films se retrouvent aussi, c’est sur la vision des cinéastes sur l’essence de l’homosexualité, non pas l’essence à proprement parlé mais ce sur quoi elle repose en dernière instance. À savoir, ce dont ont parlé des gens comme Chéreau, Guibert mais aussi Duras, Foucault, Genet, Anger, Almodovar et d’autres, le rapport de l’homosexualité à la mort. Et comment celle-ci se manifeste notamment dans la passion.
Les États-Unis étant, en matière de communautés homosexuelles, bien plus avancés que l’Europe, Chéreau a souvent dit qu’il y avait rencontré de nombreuses résistances à l’aspect principal de son film. Que de jeunes américains homos, bien insérés dans la société lui disaient qu’on peut connaître la passion dans la joie sans qu’aucun aspect morbide n’entâche la relation. A quoi Chéreau disait leur répondre, « Et si c’etait vous qui vous trompiez, et si l’homosexualité c’était ça justement. » en référence à son film.
Ainsi, je me demande si le film de Chéreau et Guibert, ils ont mis 6 ans à écrire le scénario, ne serait pas mal reçu aujourd’hui par les gardiens du temple progressiste.
Si L’homme blessé ne serait pas vu comme un film potentiellement réac.
Le problème étant que si seule l’homosexualité était perçue comme un rapport particulier à la mort, alors oui, il y aurait quelque chose comme une discrimination, mais c’est toute la sexualité qui a un rapport à la mort et dans l’homosexualité, ce rapport est bien plus vif encore dans la mesure où elle peut être bien plus directe, où des lieux de « drague » comme on voit dans L’homme blessé ou L’inconnu du lac, n’existent pas dans les milieux hétéros.
Pourquoi alors L’inconnu du lac reste-t-il plus discret dans son sujet que le Chéreau?
L’aspect morbide y est moins suggéré proportionnellement à ce que les scènes de sexe sont plus présentes. Plus libres. Mais chez Guiraudie il faut pour cela entrer dans un bois. Et le bois est par contraste plus sombre, et quelque chose de métaphoriquement beaucoup plus sombre.
Le lien entre les deux films me semble tellement évident que je resterais étonné d’être le seul à le relever. Mais bon, ça ne serait pas non plus la première fois que je m’emballe pour rien ou pas grand-chose. La question étant, Guiraudie lui, quelle peut bien être sa relation à L’homme blessé? -
Café noir avec biscuit
InvitéQuelqu’un a vu Soudain de Hamaguchi ?
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Tony
InvitéJ’en sors à l’instant et malheureusement ça ne m’a pas emballé, c’est un film très doux, très délicat, à la limite du mielleux ou de la mièvrerie,mais vraiment trop long ou trop mou,on est très loin de Drive my car qui est, pour moi,son meilleur film.
J’en dirai pas plus,je laisse ceux qui l’ont aimé en parler.-
Ostros
InvitéFichtre..
Je pensais qu’il avait trouvé sa forme
Ça me questionne-
Samuel_Belkekett
InvitéEt toi Ostros, tu l’as trouvée ta forme ?
Il serait temps que tu y penses. Pense déjà à trouver la tienne de forme et tu verras plus tard pour Hamaguchi.
C’est un conseil du professeur Belkekett…
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Mathieu
InvitéTu trouveras un échange entre Toni Erdmann et moi à cheval entre le 23 et le 24 juillet. Je n’ai tenu qu’1h20 sur les 3h15, en autres pour la raison que dit Tony. J’ajoute un autre argument auquel j’ai réfléchi entre temps: il y a un problème de caractérisation des personnages. Les deux personnages, Mari et Marie Lou, ont la même personnalité calme et douce. Je trouve que c’est une erreur d’écriture qui se ressent ensuite dans le jeu. Les deux personnages auraient dûs être plus différents. De fait, je trouve dommage de censurer ainsi Efira de sa drôlerie, de sa spontanéité, de sa « belgitude ». Ce sont des éléments qui auraient pu nourrir Marie-Lou, qui en l’état est vraiment trop Mère Thérèsa. On a bien vu lors du discours cannois à quel point les deux actrices avaient des tempéraments différents. Dommage de ne pas se servir de cela et de limiter Efira comme Pogba sous Deschamps. Dans sa défense du film fin juillet, TE mettait en avant une certaine trivialité, faisant référence à la scène du caca d’oiseau. Je pourrais au contraire retourner l’argument à l’aune de ce que j’avance: d’abord, quel tout petit caca, quel oiseau constipé on a là. Par ailleurs, la physique de la chute du caca est un peu bizarre pour atterrir ainsi sur les deux. Pourquoi sur les deux et pas sur une seule? Ne faut-il à ce point froisser personne, et partager équitablement toutes les mésaventures dans une bienveillance constante? Et puis pardon, mais pas un rire, pas une vanne, pas une petite blagounette à cette incongruité de se faire chier dessus? Non désolé ça ne va pas.
(PS: si j’ai l’air de parler en expert sur le sujet c’est que je me suis fait chier dessus par un oiseau une fois. Sur mon bras gauche tendu en jouant au ping-pong. Je vous assure que c’était autrement plus gros que la merdouille en spray de l’oiseau du film. Et évidemment, hilarité générale de tous les joueurs autour de la table, moi compris)-
Ostros
InvitéY a t il un travail de miroir entre ces deux personnages aux prénoms si proches Mari et Marie Lou ?
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Samuel_Belkekett
InvitéHo Ostros !
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Mathieu
InvitéOui sans doute. Mais je ne sais pas trop ce que veulent dire des expressions de ce type, travail de miroir, thématique du double… Ce sont effectivement des formulations qui reviennent au sujet du film et qui me semblent toujours un peu vides. François y faisait d’ailleurs un sort dans la Gène sur Mickey 17 il me semble. Ici, les personnages sont donc très ressemblants, au moins sur le plan psychologique: calmes, douces, réfléchies, cultivées, empathiques, sérieuses, consciencieuses, et par ailleurs, belles comme des astres et apprêtées comme des mannequins printemps-été Laredoute. Malgré leurs origines différentes. Sans doute pour dire que l’empathie, la bienveillance, l’humanité dans le rapport à l’autre va au delà des frontières. N’empêche, il y a finalement un problème de dynamique. Deux personnages tout le temps d’accord, tout le temps sur la même longueur d’onde, ça ne fait pas un film intéressant. D’ailleurs une chose me vient: au fond, ce film entre deux personnages n’est pas un film de dialogues, c’est un film de monologues successifs.
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François Bégaudeau
Maître des clésMais ici la réciprocité est au coeur de tout. Je me fais du bien en te faisant du bien. Nous nous rendons service. Nous nous pretons vie. C’est un film proto-anarchiste.
Donc il faut deux chiures de pigeon car l’idée est que je t’essuie pendant que tu m’essuies. Car pour m’essuyer tu es plus habilitée que moi, car tu vois mon visage et moi non. Tu en sais peut etre plus sur moi même que moi. En tout cas : tu sais quelque chose de moi que je ne sais pas. J’ai donc besoin de toi pour etre moi.
Ce film qui ne cesse de faire ce qu’il dit – et oui certes aussi l’inverse, à ses risques- a fini par complètement m’enroler dans sa cérémonie collective.-
Samuel_Belkekett
InvitéVoilaaa !!!!!
Génial !!!!
Maintenant vous savez tous ce qu’il faut penser du film.
ALLEZ-Y !!! on en a pour des mois à ré entendre ce post répété ad nauseum par les bons disciples…
Super !
Et je me prépare déjà à toutes les leçons que vont donner les disciples à ceux qui n’ont pas aimé le film, ou pas pas encore vu.-
Quentin
InvitéDonc si je comprends bien, le problème c’est que François Begaudeau donne son avis sur un forum et que des personnes sont d’accord avec lui ?
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Dwl
InvitéJe l’ai vu en avp et très grosse déception. Film cocon idéaliste mou. Et accessoirement politiquement nul.
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Ostros
InvitéPour toutes les personnes qui n’ont pas encore vu un film de Wang Bing de leur vie, ce qui était mon cas avant hier soir, je redonne l’info filée plus haut par Tony
Les trois films qui composent la trilogie Jeunesse sont visibles sur Arte, jetez vous sur ce trésor c’est inestimable
Quand je pense que j’ai failli passer à côté-
Tony
InvitéLes deux derniers volets sont beaucoup plus sombres, l’insouciance du premier s’estompe,on voit petit à petit dans quel enfer capitaliste cette jeunesse se fait voler ses années les plus précieuses,et sa force vitale,l’impossibilité de créer un rapport de force sans droit du travail,sans syndicats,la répression de tout regroupement qui sera considéré comme une émeute,un déterminisme social implacable, c’est tout à fait salutaire de nous montrer cette sauvagerie quand on entend si souvent cette petite musique du miracle chinois dont nous sommes les donneurs d’ordre, voilà de quoi est fait notre vie confortable, c’est glaçant et révoltant.
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MA
InvitéJ’avoue que je n’ai pas tellement aimé. J’ai arrêté le visionnage du premier volet en cours. Cette jeunesse-la m’a énervée au bout d’un moment, voire exaspérée.
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Samuel_Belkekett
InvitéAlors moi mon expérience avec Wang Bing est la suivante,
2 choses ;
1) Une fiction, Le fossé. Que je résumerais de la façon suivante ; La joie de puer.
A ceci près, que le mec il sait filmer, ça c’est sûr. Il n’y a pas de doute là-dessus. En revanche, cette façon obsessionnelle de montrer durant quasiment 2 heures des gens crever dans un camp de rééducation, relève de l’obscénité pure. Et pour que moi je dise ça, c’est qu’il y a de sérieuses questions à se poser. D’abord on les voit pendant un quart du film crever de faim au point de bouffer n’importe quoi, jusque se bouffer le vomi les uns des autres. Ensuite une épouse arrive de l’extérieur du camp pour rendre visite à son mari prisonnier, mais il est déjà mort. Donc on va la voir durant presque un autre quart du film chercher le corps de son mari parmi les autres cadavres enterrés dans le désert et tout ça en chialant à corps et à cris. Le camp se situant au milieu d’un désert. Je passe plein de détails sordides et glauquissimes pour en arriver à une pseudo évasion foireuse et encore hyper douloureuse etc. etc…
Quelle facilité, mais quel intérêt aussi ! Si, le seul intérêt est que les prisonniers du camp précisent qu’ils ont été ramenés là à cause d’une chasse aux trolls droitiers. Une campagne antidroitière du régime communiste. Un film à montrer à la Paduteam et ceux qui prennent encore Mao pour un héros.
2) Fengming, Chronique d’une femme chinoise. Alors là en revanche c’est passionnant.
C’est un documentaire de 3 heures sur une ancienne communiste volontaire et engagée, elle et son mari, dans le parti.
Elle est assise sur un fauteuil au fond de son salon, elle a à peu près 70 ans, et elle raconte son aventure au sein du parti, et ce qui va lui arriver n’est guère enviable. Mais ce qu’elle raconte est passionnant, à ceci près que c’est un seul plan fixe, elle est d’ailleurs très centrée dans le cadre, trop à mon humble avis, et que ça dure 3 heures. Moi je l’ai vu en vidéo, donc j’ai pu le voir en 2 ou 3 fois je ne sais plus. Si ça avait été en salle, je ne sais pas. J’aurais surement trouver ça un peu long, mais je ne suis pas sûr. Une expérience à tenter, c’est de regarder ce docu de 3 heures en 1 plan fixe, en VO non sous-titré. Epreuve intéressante à se faire subir pour les masos de mon genre.
Sinon pour l’instant je dirais que le mec est bien mieux pour le docu que pour la fiction.
Sous réserve de voir la suite.
C’était un avis du professeur Belkekett… -
Claire N
InvitéMerci, j’ai commencé à regarder et j’avais une petite question : à plusieurs reprise les « employés « disent qu’ils sont « en résidence « ce qui m’a semblé être un statut particulier , comme si c’était financièrement important et structuré comme un « droit « avec des règles de maintien qui me semblent encore opaques ( peut être est ce explicité au fur et à mesure), quelqu’un a t’il des précisions ?
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Tony
InvitéJ’avais trouvé un article qui l’expliquait mais cette chaîne TV a l’air d’être censuré ici,je te recopié un résumé IA:
En Chine, un paysan travaillant en usine textile est un travailleur migrant rural. Il possède un hukou (statut de résident) agricole. Ce système le prive des droits sociaux et des services publics locaux (santé, école) dans la ville où il travaille (détails sur BFMTV).Le système du HukouChaque citoyen chinois possède un statut d’enregistrement de foyer (hukou).Il existe deux types principaux : agricole (rural) et non agricole (urbain).Ce statut est lié au lieu de naissance des parents.Conséquences pour le travailleurAbsence de protection urbaine : L’ouvrier paysan ne bénéficie pas de la sécurité sociale urbaine complète.Accès restreint : Ses enfants ont du mal à aller à l’école publique dans la ville de l’usine.Logement précaire : Il loge souvent dans des dortoirs fournis par l’entreprise textile.Évolution du statutLes réformes récentes cherchent à assouplir ce système dans les petites et moyennes villes.La discrimination et les inégalités persistent pour les migrants dans les grandes métropoles industrielles.
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Ostros
InvitéIntéressant
J’avais aussi compris que les femmes appartiennent à leur famille comme dans l’ancien temps où tu devais faire ton foyer dans le foyer de tes parents ou bien dans le foyer de ta belle famille (en Inde même principe). Dans le discours de la mère de la mineure enceinte il est aussi question de classe sociale. On dirait que le futur mari vient d’un bled encore plus précaire que la jeune femme et il n’est pas question pour sa famille à elle de la déclasser ainsi que son bébé.
Poser les conditions de l’accouchement en des termes purement économiques c’est hard core.
On accepte qu’elle garde l’enfant s’ils vivent chez nous et si il porte notre nom sinon je la fais avorter.
On comprend les mœurs et les droits de filiation très lourds à travers ces séquences.
Les enfants appartiennent à leurs parents. -
Claire N
InvitéMerci beaucoup Tony
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I.G.Y
InvitéTony : je n’ai vu que 2 et 3 mais la découverte du 2 en salle, mon premier WB, m’a laissé un souvenir extraordinaire. Rien à ajouter sur la sauvagerie, mais j’ai souvenir d’une jeunesse certes sous le charme des iPhones et autres tikToks, exploitée sans vergogne, mais hyper dynamique et n’ayant pas peur de s’organiser collectivement (absence totale de structure étatique dans cette jungle, y compris paradoxalement… de la police). Fascinant de voir ces séances de négo avec les patrons à 11 contre 1.
Et ces étonnants portraits de Mao dans les campagnes.
Sombre et lumineux.
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Claire N
InvitéOui- l’organisation
J’ai été surprise également dans l’atelier
Je pensais que s’y appliquait une forme de taylorisme plus marquée, j’avais imaginé que personne ne connaissait l’ensemble des gestes a faire pour maîtriser la confection d’une pièce
– l’un faisait une couture sur une piece toujours la même
– l’autre faisait une autre en suivant
Mais je constate que chacun d’entre eux a une vision globale du montage et connaît l’ensemble du patron de couture, puisque qu’il passe d’un poste à un autre et qu’il ont aussi une organisation entre eux en fonction de la difficulté des pièces afin au moment de la paye de se reverser des participations .-
Tony
InvitéEn effet c’est pas évident de comprendre comment ça marche, comment se répartit le travail, comment c’est payé,il semblerait que les ouvriers soient payés à la pièce et que leur production quotidienne soit consignée dans un livret,le prix des pièces n’est pas le même selon,entre autres choses je suppose,la complexité et le temps passé, c’est là où la négociation se porte,sur le prix des pièces les plus complexes mais dont la production est plus faible tout en veillant en même temps que le prix de la production la plus importante ne descende pas trop bas,on voit bien que les ouvriers les plus adroits et les plus productifs sont davantage intéressés par un meilleur prix sur la pièce la plus complexe et d’autres c’est le contraire,bref c’est un sacré bordel.
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Ostros
InvitéD’un point de vue post prod le seul point qui me dérange c’est qu’il a accéléré des moments couture alors que ce n’était pas nécessaire. J’aurais aimé les éprouver ces moments. Même si c’est de la redite. Justement.
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K. comme mon Code
InvitéJe rejoins le concert d’éloges concernant la Gradiva.
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Malice
InvitéQui a vu « The end of oak tree » du réalisateur de « It Follows »? J’en sors et je suis agréablement surprise ( bien que fan de DR Mitchell je me demandais ce qu’il allait bien pouvoir bricoler avec des dinos).
Déjà, super idée d’avoir fait entrer les animaux préhistoriques chez des banlieusards, en mettant sur le même plan les querelles de couple, les problèmes de voisinage, et la grandiosité de la nature et des bêtes. Bêtes qui ne sont pas réduites à une fonction de croquemitaines mais vivent, c’est à dire chassent mais aussi ne foutent parfois pas grand chose dans le plan ( réunion de tortues géantes au milieu d’une rue, par exemple). J’ai pensé au « Règne animal » plusieurs fois.
Bien sûr on devine le cahier des charges : cellule familiale, chien; mais Mitchell parvient à tordre les lieux communs et surtout confirme son talent de metteur en scène, jouant avec le hors-champ et la profondeur de champ comme il le faisait dans « It follows ». D’ailleurs une scène reprend le choc de la séquence du début d’ « IF », où une jambe de cadavre subit un traitement radical.
Pas le sommet de sa filmo ( qui est à mes yeux « Under the silver lake » ) mais un film plutôt jouissif ( sans fan service années 80 bien qu’il se situe en 1982)
Ah et sans spoiler, je signale une scène très drôle de jardin pollué par des immondices très particuliers.-
Mathieu
InvitéVu et bien aimé aussi. Effectivement super idée que de transférer un quartier résidentiel tranquille à la préhistoire. Mitchell est très habile pour créer une atmosphère, faire monter la tension, cacher les dinosaures avant de les révéler. Une fois en plein écran, j’ai bien aimé que les dinosaures soient conformes à la réalité, des grands oiseaux à plumes avec des dents, pour la plupart. Ce n’est pas Jurassic Park. La variation du bestiaire finit aussi par être assez drôle, car il y a toujours une menace pire que la précédente. Moi c’est cette espèce de larve blanche et électrique de 12kms de long qui me dégoute encore. Le film maintient la tension et les péripéties, sans jump sacre, et avec ce qu’il faut de gore. Il a un côté très familialiste, tendance Amblin/Spielberg des années 80 (JJ Abrams, spielbergien devant l’éternel, le produit), mais franchement bon film du dimanche soir.
PS: même Anne Hathaway est pas mal – en tout cas mieux que dans l’Odyssée, ce qui n’est certes pas dur.-
Malice
InvitéLe ver ( serpent?) géant était magnifique oui!
Et j’avoue que j’ai eu souvent de l’empathie pour les dinos, même lorsqu’ils poursuivaient leur nourriture c’est à dire nous.
Je me suis demandé quelles étaient les sentiments de Mitchell face au familialisme, lui qui ne filme jamais de parents ( et je l’aime beaucoup pour ça : ses bandes d’enfants, d’ados). J’ai trouvé son traitement des tensions, déceptions, secrets plutôt fin ( dès le début du film, par exemple, la mère fait le constat que » ça n’ira pas » et pourtant si, mais non, mais si…chaque membre de la famille a besoin des autres et étouffe).
A propos des films sans parents, le camping dans le salon m’a rappelé les soirées pyjama du premier film de Mitchell; d’ailleurs comme dans « myth of the american sleepover » le décor d’une banlieue est » pris d’assaut » et en quelque sorte transfiguré : dans un cas, par des ados qui errent toute la nuit, dans l’autre par des prédateurs.
Les dinosaures m’ont semblé porter un besoin/fantasme de mystère et d’aventure auquel le couple, parents de surcroît, aspire secrètement. Ecrire, combattre des animaux fabuleux, même tentative d’échappée du quotidien, du quartier dortoir. Un superbe plan montre la jungle poussée en nuit à côté d’un massif d’hortensias un peu piteux : la force du film est là. Je me disais : le quartier est plus beau comme ça. Comment en sommes nous venus aux parterres de fleurs soignés, aux maisons ennuyeuses, aux emplois frustrants? En cela l’irruption de la préhistoire me paraissait être un cadeau ( je ne parle pas des corps démembrés)-
Mathieu
InvitéOui j’ai adoré ce début qui m’a fait penser à du Tim Burton période Big Fish. Tout est trop beau pour être honnête. Les apparences d’un quartier harmonieux, la fête des voisins où tout va bien, où tout le monde est beau et gentil, un couple idéal, deux enfants, la maison, le chien, alors que sous ce vernis de perfection logent des tensions de couple, de boulot, de famille, de voisinage que les évènements vont classiquement accentués.
Pas vu The Myth Of American Sleepover mais tu me fais envie-
Malice
InvitéTout va bien, tout est propre et puis brusquement ‘( attention pour les personnes qui n’auraient pas vu le film, je spoile) : on apprend que l’adorable petit ado a pété le bras d’un voisin…
« Myth » est un film que j’aime bien ( l’idée de base me plaît beaucoup) mais il est peut-être parfois un peu trop mignon. Par exemple une des actrices minaude non stop et je ne sais pas trop quoi en penser. On est dans un contexte de séduction entre ados cela dit, donc il y a probablement quelque chose de juste là-dedans – ça finit par me crisper quand même.
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Samuel_Belkekett
InvitéVu hier soir, Soudain, de Hamaguchi.
Je trouve que le film est très, mais très très proto anarchiste.
Mais alors, c’est très vite que je me le suis dit.
Y’a pas plus proto anarchiste que ça. C’en est même troublant ce que ça peut être proto anarchiste. D’ailleurs après le film nous sommes allé boire un verre pour discuter de nos premières impressions du film. Nous étions 5. Et un moment, je ne sais plus quelle était la phrase, mais je l’ai terminée par, c’est un film profondément (en insistant sur profondément) proto anarchiste ! Alors je vous le garantis, ça fait son effet. Tous les regards se sont figés vers moi, médusés. Même ceux qui buvaient ce sont figés en un gloussement. Puis il y’en a un, une fille, je ne sais pas si elle a voulu foutre mon effet en l’air, mais elle m’a dit ; qu’est ce que tu entends par là ? Le temps que je fasse ; comment ? Et qu’elle me dise ; qu’est ce que tu veux dire par là ? Je me suis mis à balbutier, heu bah c’est dans heu dans cette réciprocité bienveillante que, que s’érige une heu complicité comme dans une cérémonie collective quoi…
Les regards semblaient encore médusés chez certains, mais moins. Puis un gars qui est en couple avec une des filles a dit ; mais nous (en montrant sa copine) dans notre relation nous sommes aussi proto anarchiste alors?! Et là l’idée géniale m’est venue de dire ; mais après ce film nous pouvons dire, nous sommes tous proto anarchiste. J’ai cru voir alors un pseudo contentement chez toutes et tous.
En y repensant, j’ai complètement oublié de leur parler d’une chose très importante.
A propos de réciprocité, l’importance du don-contredon chez Hamaguchi, depuis au moins Drive my car. Mais ça, c’est largement secondaire par rapport au proto anarchisme. -
Ourson
InvitéJe vois que le film Jim Queen n’a pas été discuté (sauf pour le son, que j’ai trouvé niquel au Pathé Toulouse).
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Je pensais que ce serait une longue private joke par et pour les gays, mais c’est l’inverse : en tant qu’hetero je me suis senti pris par la main, invité à découvrir cette commu le temps d’1h30.
C’est pas un film « vanille » pour autant : le beauf le plus dégénéré de la Manif pour Tous n’aurait pas pu imaginer 1% des blagues grasses et homophobes qu’il y a dans ce dessin animé. On est très loin de la Cage aux Folles là.
Malgré cet étalage d’autodérision et de tapetteries en tous genres, j’ai l’impression que le film garde une certaine finesse, justesse rendant justice à la communauté gay qui – je crois – l’a apprécié.
Un homophobe à l’issue du visionnage ressortira soit deux fois plus homophobe, soit deux fois moins homophobe, pas d’entre-deux possible.
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En termes de forme, c’est du « Les Kassos » long format (même équipe derrière) avec plus de moyens et des inserts parodiques plus discrets, ça marche bien visuellement.
J’ai adoré les rendus de Paname qui captent la vibe de la ville sans en faire des tonnes, j’aurais foutu moins de Tours Eiffel tout de même (peut-être qu’ils veulent s’exporter chez les Amérloques).
Ce film est le petit frère (petite sœur ?) spirituel des Lascars avec cette même ascension web vers cinéma : beaucoup de gags hardcore et bien timés, mais une trame de comédie romantique classique qui n’a pas (totalement) cédé au trash, encore cette méta de l’amour impossible devenu possible entre deux âmes qui n’étaient pas faites pour se rencontrer (blonde aristo / renoi dans les Lascars, twink / gymqueen ici. Dédicace à Trotsky Nautique) -
zzzzzzd
Invité« Soudain » m’a perturbé, j’y adherais pas mais finalement il y a un truc que le film touche sur lequel j’arrive pas a poser de mots, jvous recommande d’aller le voir !
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Quentin
InvitéJ’en sors tout juste et quelle claque !
Alors deja Drive My Car m’avait chamboulé mais alors là.
Le thème central de l’Amour et du soin, la remise en question, la critique du capitalisme, tout y est !Quel maestro ce Hamaguchi. Je recommande et j’espère le revoir au cinéma dans quelques années pour le découvrir à nouveau
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Tony
InvitéHeureusement que Radu Jude existe pour faire des bons films de gauche, c’est pas si facile que ça me suis-je dit en sortant de cette séance pénible.
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Samuel_Belkekett
InvitéIl est dommage que tu ne nous dises rien du film à part quelques vagues sensations don’t on a compris qu’elles étaient si puissantes.
Peux-tu te faire l’exégète d’une ou deux scènes stp ?
Qu’on puisse un peu se rendre compte du film. Ce qui vaudra plus qu’un petit saut de joie.
Et surtout n’oublie pas d’introduire proto anarchiste dans ton commentaire.-
Samuel_Belkekett
InvitéÀ Quentin…
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Quentin
InvitéTu n’es pas allé le voir ? Juste pour pouvoir reprendre les termes de FB et t’en moquer ?
Je croyais au vu de ton dernier post sur ce topic.@tony : c’est fou parce que ce film divise vraiment. Rien que sur ce forum les personnes ne sont pas d’accord, et tant mieux. J’ai personnellement adoré et pas du tout subi, malgré une petite envie de pisser vers la fin. La critique du capitalisme dans le film pourrait tout autant être acceptée par un liberal, qui n’en reconnaîtrait qu’une jolie vulgarisation d’un système qui marche, fonctionne, fait évoluer, mais qui est voué à l’auto destruction. Je sais pas si ça en fait un film de gauche. Peu importe c’est de la bombe
@ptitekekette : la scène, voirea sequence complète, où les deux femmes se découvrent et discutent, il me semble que Virgine Efira réalisé qu’elle fait parti de tout un système qu’elle nourrit en essayant aveuglément de le battre. S
Les scènes de soins, où le corps est massé, carressé, aimé et Hamaguchi le montre sans obscenité aucune, avec la tendresse nécessaire pour accompagner les gestes
La représentation théâtrale au sein de la clinique surtout ! Magnifique avec cette intrusion des personnages pour donner forme et vie au spectacle, et en créer un nouveau, et qui se termine avec Marie qui pleure en criant qu’il n’y a pas plus bon monde que celui-ci.Le couple Marie/Marie-Lou, prenant soin l’une de l’autre, pour que l’une termine sa vie pleine d’amour et que l’autre réalise que dans son système, l’amour et le bien-être doivent régner.
Proto anarchiste-
Tony
InvitéJe suis d’accord avec toi, la meilleure séquence du film se situe lors de la représentation théâtrale à l’intérieur de la résidence avec cette folie qui finit par gagner tout ceux qui sont dans le public et ces jambes qui se lèvent,ces pieds qui sont massés, c’est d’une drôlerie!A part ça y a pas grand chose d’autre?
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Quentin
InvitéAprès je m’attendais pas à rire mais à dea contemplation, et c’est ce qu’on m’a servi. Dommage que ça ne t’ait pas plu
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Samuel_Belkekett
InvitéTu n’expliques rien.
Tu ne fais que reprendre des scènes pour les exhiber tout simplement.
Quel mauvais critique tu ferais !-
Quentin
InvitéEt toi un mauvais proto anarchiste
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Samuel_Belkekett
InvitéVoilà quelqu’un qui a au moins un peu de répondant.
Que les autres en prennent de la graines.
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K. comme mon Code
InvitéQui a vu Blue Heron ici ? La sortie française a été très confidentielle. On m’avait vendu un film avec une approche documentaire, mais il s’agissait, en réalité, d’un énième « self soothing » film. Comme si tous ces jeunes réalisateurs-réalisatrices souhaitaient utiliser les moyens du cinéma pour s’auto-câliner de manière meta.
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Stéphanie
InvitéJ’avais bien envie de le voir mais il n’est pas resté longtemps à l’affiche. Sans regret apparemment.
Je suis étonnée que l’on ait pas discuté ici de L’aventure rêvée.
Une réalisatrice hyper intéressante et singulière, quon pourrait rapprocher de RAZ.
Western son film précédent est super aussi.
Déjà sur la forme, proche du documentaire, on sent qu’elle aime filmer les gens , leur histoire, les paysages.
Et puis, la violence ténue des rapports de domination , la frontière qui menace .
Un des films les plus intéressants cette année. -
Renaud Bigorre
InvitéVu hier Soudain, beaucoup aimé quoique tiraillé par moments.
Me suis aussi attelé à lire dans le TER les avis ici. C’est doublement volcanique : effusif et éruptif !
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Préambule : je ne suis pas solide sur mes appuis, tant en cinéma qu’en littérature. Sûrement ampoulé et illuminé, je ne demande aucune indulgence, mais suis preneur de vos corrections fraternelles et sororales.
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En partant du post de François qui met en lumière la réciprocité (et sans remettre une pièce sur le proto-anarchisme, quoique), je crois que le film tient cette promesse quasi tout du long, sauf à quelques moments qui ont été pointés par d’autres dans ce topic.
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Sans faire une synthèse « hollandaise », je crois voir une dialectique entre deux régimes :
1. un régime égalitaire que je rapproche à gros sabots de la « vérification immédiate » de Rancière dans Le Maître ignorant (le sens se produit dans l’échange lui-même, sans médiation d’un tiers qui viendrait l’autoriser). C’est la scène de la double fiente, la scène du théâtre-drama, et de moult séquences plus anodines.
2. un régime d’« explication en surplomb » : la formation à l’Humanitude, la scène du tableau blanc, où quelqu’un sait et dispense, et où l’autre « ne fait qu’acquiescer » (comme disait Mathieu plus haut).
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Cette dialectique se joue dans la réciprocité et dans la temporalité, entre le soudain et l’attendu, avec le soudain qui prend le dessus.
Le cancer de Mari est incurable, sa mort est attendue, certaine. Pourtant sa venue fonctionne dans le film comme un soudain, quelque chose qu’aucune attente préalable ne désamorce vraiment.
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Je pousse même le bouchon plus (trop) loin, avec un prolongement dialectique entre immanence et transcendance.
Les deux femmes s’appellent Mari et Marie-Lou, soit deux Marie (peut-être biaisé par Efira dans Benedetta).
Si on prend ce doublement marial au sérieux, la rencontre initiale peut être vue comme une apparition faite à Marie/Marie-Lou comme si se rejouait l’Annonciation : la descente d’un ange dans son quotidien et qui la bouleverse. Une transcendance qui fait soudain irruption dans l’immanence.
Et à la fin, un mouvement inverse, avec la mort de Marie/Mari, qu’on peut voir comme une Assomption : un corps qui est élevé plutôt qu’éteint. Une immanence qui s’élève vers la transcendance.
Dans la même veine mystique, Fernando Ganzo Cuesta, dans les Cahiers, parle d’une scène qui « vire à l’extase » à propos de la séquence avec les malades qui viennent apaiser la situation par un massage collectif salvateur. Selon lui, Marie-Lou et Mari, avec leurs comédiens, patients et infirmiers, sont peut-être « la meilleure incarnation contemporaine, totalement inattendue, de saint François d’Assise et de ses fioretti rosselliniens ».
Et de me/vous demander s’il n’y a pas à l’œuvre dans Soudain, un proto-anarchisme chrétien ?
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PS : coïncidence marrante : le post de François duquel je suis parti au début est daté du 15 août !-
François Bégaudeau
Maître des clésTrès intéressant
J’ai un peu bricolé dans ces eaux là pendant le film, parce que tout de même marie-marie ça ne tombe pas dans l’oreille d’un aveugle.
Et puis le proto anarchisme est forcément chrétien, puisque le christianisme primitif (le christianisme, donc, ou plutot disons le Christ) est anarchiste. On s’en fout, et le film vaut mieux que ces mots, mais il faut voir que le film n’est acceptable que si l’on accepte les question rudimentaires, élémentaires, enfantines, primitives, religieuses, qu’il travaille : on fait quoi de la mort, on fait quoi de la douleur, on fait quoi de nos vieux, on fait quoi d’un grand père devenu légume ? Parfois le film est aussi con que ces questions là – et aussi poignant.-
Renaud Bigorre
Invité« ça ne tombe pas dans l’oreille d’un aveugle » rire
Merci du retour et je te suis sur la façon dont le film questionne simplement et radicalement les choses de la vie.
Et je rebondis sur ton « poignant » dans la prolongation de « le film vaut mieux que ces mots » et j’ajoute que le film vaut mieux que ses mots.
Coup sur coup, après Chicas tristes, Soudain m’a aussi touché (pas pu m’en empêcher) au sens propre comme figuré, par son tact et sa monstration du tactile. Les personnages s’empoignent littéralement, s’étreignent, se soutiennent, se nettoient, se massent, se touchent tout du long. Un langage par le toucher qui supplante l’indicible.-
Quentin
InvitéExactement !!
Et ça m’a fait chialer
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Le mec là haut
InvitéIntégrale Hong Sang-Soo (80go)
https://transfer.it/t/jjVKD4h3VB4B-
Graindorge
InvitéBeau cadeau Le mec là haut
Ça c’est du haut! -
Benoît
Invitésuper merci ! c’est sous-titré à chaque fois en français, ou seulement fichier sous-titre anglais ?
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Renaud Bigorre
InvitéToujours sur Soudain, je verse ici un résumé de la critique d’Emmanuel Burdeau (en audio sur son substack).
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Son point principal est que le film est selon ses mots « trop approprié », trop en accord avec trop de choses, trop en reflet de lui-même. Même s’il salue la scène du tram où Marie-Lou croise le jeune autiste comme un rare instant d’incertitude et le Q&A qui suit la pièce de théâtre où il salue l’audace d’intégrer cette séquence « purement didactique », EB reproche au film que tout se correspond, que toutes les frontières tombent (intérieur/extérieur, France/Japon, soin/art, amitié/travail) : « tout est versé dans le même pot ».
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Par rapport à ça, il formule une hypothèse très personnelle et extradiégétique (pas forcément le bon mot), à savoir que Hamaguchi, en venant tourner en France, aurait craint d’apparaître comme un cinéaste « parachuté » (référence à Straub que je n’ai pas), et aurait donc, thématiquement et formellement, gommé les différences plutôt que de les affronter et ce, jusque dans les dialogues, où revient sa phrase fétiche « je suis moi, vous êtes vous » que EB trouve un peu vaine pour un film dont toute la construction fusionne au contraire tout le monde.
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Il regrette que le seul personnage un peu antipathique (l’infirmière jouée par Marie Bunel) soit cantonnée à une raideur et que le seul personnage vraiment confronté à la mort ne soit pas une personne âgée de l’EHPAD mais Mari qui garde « un port de reine » sans aucun signe visible de maladie.
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Enfin, EB porte l’estocade en convoquant Rancière à propos de l’art qui a besoin de rester un espace séparé pour garder une puissance politique, ce qu’il appelle « l’avant-garde ». Pour lui, le film irait « un peu vite en besogne » en dissolvant cette séparation entre art, soin et vie, en ne tranchant pas entre « culte un peu naïf ou utopique de l’art » et « renoncement un peu hâtif aux vertus de l’art comme espace séparé ». Et de conclure de façon abrupte qu’une vision de l’art, du cinéma, du théâtre et du soin comme relevant de la même chose le « navre ».
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Même si je ne le suis pas (ça « décolle » trop du film pour moi), je trouve cette critique intéressante car elle ouvre une autre voie dialectique entre communion et dissolution.-
Tony
InvitéMerci pour ce résumé remarquable,je ne trouve pas qu’il décolle du film,il est très précis et il produit une vraie pensée critique, travail qui n’a pas été fait par ses confrères,que des textes dithyrambiques qui ne pensent rien!
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Dwl
InvitéSur la question du parachutage.
C’est le parti pris d’Hamaguchi qui m’a assez étonné. A l’opposé du précédent film.
Je repensais à la scène du Mal n’existe pas où se jouait l’échange entre les communicants et les habitants du village. Les communicants qui débarquent avec une idée, un projet. Les habitants, garants de la connaissance du territoire. La scène était assez claire : ces gens ne connaissent rien à la région, il faut a minima revoir le projet. Le temps de parole long des habitants s’opposait au phrasé court des communicants, leur sérénité à leur embarras, leur langage au vide du langage managérial : la balance penchait assez clairement du côté des habitants. La fin, nous la connaissons, violente.Ici se jouent à plusieurs reprises des scènes du même acabit. Et je suis assez saisi par la manière dont Hamaguchi prend le parti de la manageuse visionnaire, qui, précarisée par sa hiérarchie, n’hésite pas à empiéter sur sa vie personnelle pour sauver son entreprise (on pourrait faire un parallèle avec Un autre monde). Alors oui, Efiira n’est pas parachutée comme l’étaient les communicants de Glamping. Mais d’une certaine manière, un manager est toujours parachuté. Hamaguchi ne voit-il pas le parallèle entre Effira, Takashi et Mayazumi ? Le parallèle entre le territoire et le terrain ? En tout cas, ici, le ridicule de la langue managériale a disparu. Le temps d’écoute est essentiellement consacré à Effira, sa voix douce et rassurante. Les plans la mettent elle en valeur. Je pense à une scène aux deux tiers du film, dans mes souvenirs : Effira assise décline son discours, son équipe face à elle. Hamaguchi la cadre serrée, longtemps, le visage baigné dans la lumière, les yeux pensifs, . Pas de doute : c’est elle qui a raison, qui voit la possibilité de l’humanitude, blablabla
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Quentin
InvitéOui et certainement parce que le film est centré autour de ce personnage, et sa rencontre avec Marie, sorte d’altérité.
J’ai le sentiment que beaucoup sont déçus de ce film parce qu’il ne repond pas aux attentes. Mais Hamaguchi s’est inspiré de conversations entre deux femmes pour construire son projet.
Et franchement, en comparant avec ce que je vis presque quotidiennement sur mon lieu de travail, je le trouve très proche du réel. Ce qu’essaie Effira, en tant que directrice, à vouloir par dessus tout convaincre ses équipes de la suivre dans le projet Humanitude, est à la fois sensé et réaliste. Peut être voudrions nous entendre la voix des usagers, ou les contradictions des hommes de terrain (il y en a, même si elle est casse pied, puis Effira est suffisamment sur le terrain donc légitime..) mais dans le medico social, on a beau laisser la voix aux usagers, des décisions doivent être prises. Peut être que dans un Soudeux (ref a burdeau) on verra un CVS où les usagers se plaignent de rester debout et Effira sera obligé d’attendre de rencontrer une tierce personne pour se rendre compte qu’elle doit écouter les personnages âgées-
Tony
InvitéMoi aussi j’ai pensé à Un autre monde, surtout au moment du dialogue en visio avec l’actionnaire,et je suis d’accord sur le fait qu’Hamaguchi laisse ici cette parole de management se déployer sans qu’elle soit mise en doute par une petite ironie,on est sommé de la croire comme une parole de pure bienveillance, même cet aménagement du bureau en chambres occupées par du personnel volontaire avec un loyer préférentiel en contrepartie d’une disponibilité de jour comme de nuit n’est pas montré comme un abus mais comme un devoir naturel et moral, c’est très bizarre.De même on peut s’interroger sur la fonction de direction d’Efira,on croit difficilement en la réalité d’un tel personnage,on entend qu’elle est en burn out et on est encore dans la sempiternelle souffrance du cadre, foncièrement bon et bienveillant,qui se heurte à la mauvaise volonté de ses subordonnés et aux injonctions de l’actionnaire,bref la fiction bourgeoise habituelle.
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