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Accueil Forums Forum général Cinéma-Page 23

Vous lisez 70 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #147015 Répondre
      Tony
      Invité

      Nouvelle page pour enfin oublier Pascal Praud,
      Intéressant Dumont, grand cinéaste et drôle de bonhomme,

    • #147022 Répondre
      Ostros
      Invité

      Bonne idée
      Je remets les sorties de la rentrée :
      12 août – Soudain de Hamaguchi
      19 août – Fjord de Mungiu (sur conseil d’un sitiste)
      26 août – L’inconnue de Harari
      23 septembre – Les roches rouges de Dumont
      30 septembre – Notre salut de Marre
      14 octobre – Minotaure de Zviaguintsev (real de Leviathan. 2015), a suggéré Antonin
      Route algéricaine de RAZ devrait aussi sortir à la rentrée
      Toujours pas de date pour Journal d’une femme de chambre de Jude
      Et on avait dit Serra en 2027
      Ainsi que le Ostlund

      • #147105 Répondre
        Ostros
        Invité

        Pour 2027 – j’anticipe
        Fonda le nouveau Triet
        Fatale de Lanthimos : « Une jeune veuve dissimule son identité pour devenir tueuse à gages ».
        Et finalement le nouveau de Rabah, malgré l’avant première au FIDMarseille (du 07 au 12 juillet)
        J’ai rien qui concernerait un prochain film chez Glazer ou chez Schaublin ou Frammartino (ce dernier ayant un rythme d’à peu près un long tous les 10 ans par là)

    • #147070 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      Je me permets de rajouter une avant première.
      Christian Mungiu va entreprendre d’ici fin 2026 un remake de la série des 7ème compagnie.
      Il tournera en France et comme acteurs il a déjà choisi Gilles Lelouch dans le rôle du chef, auparavant Pierre Mondy, puis François Civil, Arnaud Ducret, Vincent Dedienne, Thomas N’Gigol… Blanche Gardin y jouera un personnage récurent de collabo, de film en film et Florence Foresti la compagne de Gilles Lelouch.
      Ce n’est plus vraiment une avant-première, depuis quelques jours. Voici un extrait du paragraphe rajouté sur sa page Wikipedia.
      PROJETS FUTUR
      J’avais vraiment besoin de me divertir (c’est Mungiu qui parle), j’ai pris un peu de vacances mais c’est surtout l’envie de faire un cinéma plus divertissant, plus populaire dans le sens de plus grand public, ce qui n’empêchera nullement de travailler la mise en scène.
      Dans ma jeunesse, j’ai tellement ri avec la série des 7ème compagnie, jusque l’extase avec au clair de lune, que quand j’ai suggéré de reprendre la série à mon producteur, il n’a eu aucun doute et m’a de suite suggéré de contacter Radu Jude pour m’accompagner au scénario. J’ai trouvé l’idée excellente, j’ai contacté Radu qui a trouvé l’idée excellente. Nous avons de suite tous les trois pensés à inclure des personnages roumains et même faire un épisode en Roumanie. C’est comme ça que tout a commencé. Qu’une grande aventure commence…
      .
      Projet à suivre.
      Ainsi suggérait Belkekett…

    • #147084 Répondre
      Stéphanie
      Invité


      Lucreca Martel sur PDH

    • #147148 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Revenant de Cannes je peux confirmer que Mauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année, si ce n’est le meilleur film tout court.
      Sinon, mes préférences vont sans surprise aux films des auteurs attendus : Hamaguchi, Marre, Cavalier, Radu Jude.
      Les enflammades critiques dont il faut se méfier : La Bola Negra, Minotaure, La vie d’une femme et dans une certaine mesure La Gradiva.
      Beaucoup de ces films sont repris à Paris, ne les loupez pas.

      • #147150 Répondre
        Charles
        Invité

        Tout est déjà complet ou presque depuis une semaine malheureusement.
        La Gravida c’est pas si bien?

        • #147154 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Pas autant que l’annoncent certains, mais assez admirable pour un premier long.

          • #147173 Répondre
            Fatigue
            Invité

            Mauvaise Étoile est le meilleur premier film de l’année. Pffffff

      • #147214 Répondre
        stephanie
        Invité

        Toni Erdmann, je rajouterai Double Freedom de L. Alonso.
        Acid :Virages et Promised Spaces sont très bons aussi, on en parlera ici je pense.

      • #147241 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je sors de Minotaure et L’Inconnue. La médiocrité de Minotaure est parfaite. Heureusement que la dernière demi heure a quelques idées drôles. Vincent Lindon jouera dans le remake français. L’Inconnue est une auto-adaptation assez décevante, il y a un refus catégorique d’avoir une quelconque interaction entre les personnages – la quasi intégralité des dialogues de la BD sont évacués et ça va tellement loin dans l’évitement que j’ai eu du mal à savoir qui jouait la mère du protagoniste alors que je connaissais l’histoire –, j’ai vite déchanté après l’ouverture que je trouve réussie. On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. Pris par morceaux, il y a des idées formelles qui ont maintenu mon attention.

        • #147243 Répondre
          MooM
          Invité

          « On ne peut jamais réussir un film si on demande à son acteur de devenir squelettique. » Je me suis dit la même chose et tu viens renforcer mon idée que Harari aime davantage le fétichisme à l’artisanat. Bon après, je ne suis pas une adepte de son cinéma que je trouve faussement profond et très prétentieux.

      • #148370 Répondre
        Dwl
        Invité

        Très déçu par le Hamaguchi. Il fantasme complètement. La forme aseptisée, douce et aconflictuelle ne va pas du tout avec ce qu’il filme et, en plus, fait la part belle à la patronne « visionnaire » avec sa méthode révolutionnaire (évidemment bullshit) qui, bien sûr, va sauver le monde, n’en déplaise à l’infirmière de 25 ans d’expérience (connaît mieux le terrain qu’elle 🙂 )

        Marre est très fort. Il confirme, après Rien à foutre, que les deux films ne sont finalement pas si différents. Il filme le N+1 d’Adèle Exarchopoulos et présente une vision beaucoup plus juste d’un dominant que le fantasme de douceur zen qu’est Soudain.

        La Gradiva très bonne surprise. Elle prend son temps sur beaucoup de scènes pour donner naissance aux moments qu’elle filme. Il y a quelque chose de letourneurien, avec moins de trivialité quand même. En tout cas, je n’ai pas le souvenir que quelqu’un ait mieux filmé ce genre de voyage scolaire bravo.

        • #148374 Répondre
          stephanie
          Invité

          je te rejoins totalement pour Notre salut et La Gradiva même si, pour ce dernier, j’ai trouvé la fin un peu trop longue et un poil sentimental ( mais c’est un détail) bien vu la réf Letourneurien .

          • #148375 Répondre
            Dwl
            Invité

            ouai sur la fin j’suis plutôt d’accord c’est pas là que le film est à son meilleur

    • #147163 Répondre
      Ostros
      Invité

      Merci d’être venu (Cavalier)
      Déjà 3 dates annoncées pour juin
      .
      jeu., 11 juin
      Reflet Médicis
      20:30
      .
      sam., 13 juin
      mk2 Beaubourg
      14:40
      .
      dim., 14 juin
      Forum des images
      19:00

    • #147170 Répondre
      Shiva
      Invité

      Contre-attaque – Liste noire de Canal + après la tribune «Zapper Bolloré» : le groupe assigné en justice pour discrimination
      .
      La Ligue des droits de l’homme et la CGT spectacle ont annoncé, ce samedi, engager une action en justice à Nanterre face à la volonté affichée par le directeur général de la chaîne de ne plus travailler avec les signataires du texte publié par «Libération».
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/liste-noire-de-canal-apres-la-tribune-zapper-bollore-le-groupe-assigne-en-justice-pour-discrimination-20260523_DX5MWOYV3NDVBEJVT33D6OC3MQ/

      • #147291 Répondre
        MooM
        Invité

        C’est très signifiant de constater à nouveau que cette grande famille agit dès lors qu’elle sent que ces acquis financiers sont menacés.

        • #147297 Répondre
          Tony
          Invité

          On s’est bien marré durant cette quinzaine cannoise avec cette géniale trouvaille de Gilles Lelâche accolé à celui qui interprète Jean Moulin,des fois les réseaux ont du génie,il faut le reconnaître aussi.

          • #147313 Répondre
            MooM
            Invité

            Je ne trouve pas cela marrant dans la mesure où Lellouche est un personnage insignifiant et insipide, Louche ? Même pas, tout est clair chez lui. il n’y a rien à attendre d’un tel personnage qui sévit pour le fric. Je me répète, sa filmo est insignifiante.
            N’est pas Emmanuel Marre qui veut.

            • #147315 Répondre
              Ostros
              Invité

              Moom a un côté cinema qui avait un côté amour-louizz-charivari-blabla, c’est drôle.

            • #147317 Répondre
              Tony
              Invité

              La drôlerie ici ne vient pas des qualités d’acteur de Lellouche mais de l’aveu de la vacuité du projet,on incarne une figure de la résistance en la dépolitisant,en ne gardant que le martyr sans se demander quel rapport on peut en faire avec notre époque où tant de gens se couchent pour conserver leurs biens et leur position dominante,donc oui c’est très vrai qu’il y a de la lâcheté et très drôle qu’on lui fasse jouer Jean Moulin.

              • #147318 Répondre
                MooM
                Invité

                Oui oui Tony, très juste. Cela ne m’a pas échappé.
                Lellouche est un homme d’affaires avant tout.
                Pour qui l’argent n’a pas d’odeur.

                • #147336 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  J’adhère…
                  G. Lellouche était une fois invité, je crois bien que c’était un JT. Autour de la table était aussi V. Lindon. Ils présentaient chacun leur film et Lindon présentait un film qu’on dit engagé, puisque je crois que c’est le film où il prend un migrant sous son aile. Bref Lindon disserte sur son côté engagé et de gauche, puis le présentateur, je crois que c’était Delahousse, se tourne vers Lellouche et lui demande si lui il pourrait clairement s’engager de cette manière ?
                  Pour toute réponse Lellouche dit précisément ceci :
                  Vincent lui il est courageux, très courageux. Nous dans l’ensemble on a tellement peur de s’aliéner une partie de notre public. Fin de citation.
                  Je pense que depuis le temps il n’a pas changé dun poil sa réflexion.

                  • #147342 Répondre
                    MooM
                    Invité

                    C’est marrant ce que tu racontes. Un autre exemple du gabarit. Je crois que c’est chez Carlito, Niney lui fait un canular et lui parle d’oseille, environ 300000euros, pour faire un truc de pub de naze en trottinette, il était prêt à accepter pour pour la thune. Voilà le mec.

              • #147356 Répondre
                Franck
                Invité


                De l’eau au Moulin

                • #147612 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Quand même quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
                  – la politique electorale et non la politique
                  – le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste

                  • #147617 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    On peut noter aussi que ce déjà-là fasciste coexiste avec un déjà-là communiste et que ce dernier se réduira(jusqu’où?)si Mélenchon est battu, évidemment quand on n’est pas concerné par la protection sociale on peut faire dans la radicalité, ça ne coûte rien à celui là et ça le fait paraître plus intelligent que le pauvre militant qui,lui, passe pour un con.

                    • #147618 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      On aurait pu dire tout ça or rien n’en est dit dans ce live. Dans ce live : quelle étrangeté pour des militants radicaux se réclamant de l’avant-garde antiraciste de réduire la discussion à deux axes aussi pauvrement conservateurs (pour ne pas employer le gros mot qui me vient avec beaucoup spontanéité et un poil de mauvaise foi : SOS Racisme) :
                      – la politique electorale et non la politique
                      – le fascisme qui vient et non le déjà-là fasciste

                      • #147619 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité, eux oui – et en ont souvent fait preuve jusqu’ici, mais certainement pas dans ce live où quelle étrangeté pour des militants radicaux, etc.

                      • #147621 Répondre
                        MooM
                        Invité

                        Oui Seldoon, c’est juste et donc ? Le constat est peut-être juste suffisant. Parfois, la justification et l’analyse ne mènent pas plus loin que l’état de faits.
                        Pour rappel je ne me réclame d’aucune radicalité.
                        En ce moment, on a quand même des belles pépites de sottises, voir Zadi qui finalement prétend avoir mal lu la pétition contre Bolloré et Canal.
                        Spectacle affligeant et très surtout peu étonnant.

                      • #147629 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Et donc ? » Bah et donc c’est limitant et dommage, ce recul intellectuel tout comme ce recentrage/cette droitisation de leur analyse.
                        J’ajouterais bien, avec comment s’occuper un dimanche d’election (et à sa façon avec l’âme noire de la démocratie), que cette régression est la conséquence de la surfocalisation sur l’élection présidentielle. Mais je ne l’ajouterai pas car je sens Tony prêt à mordre.

                      • #147638 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Rire non je mords pas t’inquiète,je râle un peu car on a avec les décoloniaux des gens qui sauvent l’honneur des classes populaires,certes je les trouve parfois un peu pénibles, surtout quand ils parlent de cinéma, pour le reste et ce qui nous intéresse ici ils ont,avec cette question, créé une situation intéressante,ils ont fait dérailler une grosse machine,moi j’applaudis.

                      • #147640 Répondre
                        MooM
                        Invité

                        « cette droitisation de leur analyse. » je vois pas trop mais bon.
                        J’applaudis aussi.

                      • #147715 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        S’il n’y a pas morsure, alors je le dis !
                        Je ne suis pas le dernier à défendre les décoloniaux malgré leurs excès et dérives. Mais je commence à dire que je vais vraiment me débrancher de cette bande jusqu’à la fin du second tour.

    • #147289 Répondre
      Shiva
      Invité

      Cinéastes à Gaza – Entretien avec Rashid Masharawi
      .
      Présent actuellement à Cannes où il défend plusieurs œuvres du cinéma palestinien, Rashid Masharawi est un réalisateur et producteur né à Gaza. Il revient ici sur ses propres films autant que sur ceux tournés à Gaza ces derniers mois par des réalisateurs palestiniens qu’il a produits, dans le cadre des projets « From ground zero » et « From ground zero+ ». Dans le cadre du festival, il rendra hommage à Mohammad Bakri, acteur et réalisateur palestinien récemment décédé ; il présentera également son projet de créer une école de cinéma à Gaza, qu’il expose dans cet entretien mené par Vivian Petit.

      Cinéastes à Gaza – Entretien avec Rashid Masharawi

    • #147314 Répondre
      Ostros
      Invité

      Je suis passée à côté de la sortie du nouveau docu de Hassen Ferhani (dans ma tête un rond-point, 143 rue du désert), sorti en 2025.
      C’est un court intitulé STUDIO BAUMETTES. Savez-vous où je peux le voir ?
      .
      Il vient aussi de finir un nouveau long : Alea Jacarandas.
      Apparemment il sera visible au festival visions du réel 2027 (du 9 au 18 avril) qui a lieu à Nyon (Suisse), si jamais vous avez vent d’une sortie en amont, n’hésitez pas à communiquer !

      • #147316 Répondre
        Ostros
        Invité

        Wait : Il aurait gagné un prix à ce festival cette année. bonne nouvelle ! ça veut dire que le film va sortir. Mais quand ? Et où ?

        • #147490 Répondre
          Ostros
          Invité

          Alea Jacarandas sort à la fin de l’année youhou

    • #147337 Répondre
      Riviere
      Invité

      Salut, quelqu’un a vu Hayat svp?
      Vous le recommandez ? Merci et bonne soirée

    • #147379 Répondre
      Shiva
      Invité

      EN IMAGES – Festival de Cannes 2026 : Virginie Efira, Javier Bardem, Swann Arlaud… arrêt sur visages
      Envoyé spécial sur la Croisette, le photographe de «Libé» Julien Mignot revient sur deux semaines intenses à tirer le portrait des festivaliers.
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/en-images-festival-de-cannes-2026-virginie-efira-javier-bardem-swann-arlaud-arret-sur-visages-20260522_QLOUUUUTOVCGPOLW5AZGA3DWJ4/

      • #147413 Répondre
        Four
        Invité

        Toujours intéressant, un étranger qui s’intéresse à la presse française.

    • #147473 Répondre
      Charles
      Invité

      T’as vu l’Inconnue à Cannes, Toni E.?
      K, contrairement à toi je n’ai pas lu la BD et j’ai trouvé le film assez dingue bien qu’imparfait. Schneider n’est pas dans une performance de la maigreur à la Christian Bale, ça prolonge plutôt ce qu’il faisait dans Diamant noir où il était déjà (relativement) méconnaissable. Schneider tel que filmé par des réalisateurs superficiels comme Dolan a une allure d’éphèbe pas très intéressante et qui n’accroche pas vraiment la pellicule au-delà de la surprise initiale de sa beauté. Ici, il ressemble à une sorte de Vincent Gallo cheap, étrange et inquiétant (surtout au début), qui permet de mettre en valeur ce qui intéresse manifestement Harari chez lui, à savoir son regard perdu, à moitié fou.
      C’est un beau film fantastique, d’un fantastique littéraire, du côté de l’inquiétante étrangeté, de Kafka et Poe plutôt que de que Carpenter. C’est un film d’ambiance, d’atmosphère (mais pas que), profondément déprimant et inconfortable, long mais nécessairement long. Le film part dans beaucoup de directions mais ne se perd jamais. Même quand il prend une bifurcation, il arrive à en faire une super scène – cf celle avec une autre victime de body swap et son frère où une tension de thriller s’installe en quelques plans.
      Il est très riche et généreux de ce point de vue-là, on n’est pas dans une fable de série B à la It follows ni à l’inverse dans un film de genre étiré à la the Substance. Cela a été dit un peu partout, le film est fragile, parfois bancal, peut-être un peu trop théorique par endroits mais il essaie tellement de choses, il est tellement incarné par moments (y compris par Radu Jude!). Il part de motifs cinéphiles et de références assez visibles (une femme blonde mystérieuse qu’on suit, Vertigo etc.) mais il va tellement loin qu’il ne ressemble en définitive qu’à lui-même, dans une sorte de long cauchemar dont on ne sort presque jamais, à l’exception d’un épilogue assez dispensable avec notamment deux derniers plans qui ne sont pas du tout au niveau du reste.

      • #147477 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je ne sais pas si j’aurais été autant frustré sans avoir lu la BD, mais Harari a vraiment pris le parti pris de faire les scènes en coupant les dialogues. Sauf que ça réduit les personnages ici et donne des moments où l’on a l’impression que les acteurs ont oublié leur dialogue. Le passage au café avec la femme dont on ignore qu’elle est l’ex de David, parce que l’information a également disparue, m’a étonné. Ça n’aurait vraiment rien coûté de la faire parler. Il y a une coupe majeure avec la mère, j’imagine qu’il a pensé que c’était trop explicatif, on a donc dans le film une visite sans réel enjeu dramatique. La fin est symptomatique, c’est une invention du film – les derniers plans une manière très, très cryptique d’évoquer la dernière très belle case de la BD.
        Ce qui est bien traduit de la BD au film, c’est la place importante donnée aux espaces urbains dans le cadre. Le film rajoute d’ailleurs une couche à ce sujet.

        • #147480 Répondre
          Charles
          Invité

          Tu recommandes donc la BD?
          Pour les derniers plans, attention je spoile, j’y ai vraiment un truc très banal de faire des enfants pour prolonger une partie de soi.

          • #147522 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Oui, je recommande la BD, surtout si tu as aimé le film.
            (Tu me diras pour la fin de la BD, j’y ai vu une manière justement de montrer encore plus d’éloignement à soi, une dimension supplémentaire d’éloignement. Ça arrive beaucoup plus rapidement que dans le film et à travers une photo.)

      • #147547 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Oui Charles, j’ai vu L’Inconnue et je te rejoins assez. Je ne m’attendais pas à ce que l’un des grands atouts du film soit précisément son versant thriller, presque hitchcockien. Il y a un plaisir de la narration : celui de suivre cette étrange enquête avec des bifurcations réussies, dans une ambiance fantistico-dépressive.
        Mais c’est justement ce côté trop dépressif qui me sort un peu du film aussi. Certaines longues scènes de personnages plongés dans la pénombre de l’appartement, affalés sur un canapé ou se mouvant avec lenteur, finissent par me peser un peu.
        Après, je comprends aussi pourquoi Harari fait durer cela. Le concept même du film autorise des plans très simples sur les acteurs, parce que le spectateur travaille constamment : on voit quelqu’un tout en imaginant quelqu’un d’autre. Ce va-et-vient permanent rend chaque visage et chaque plan fascinants.
        Et puis Harari fait quand même des choix très étranges, et je ne sais pas encore si je les mets au crédit ou au discrédit du film. Notamment le fait de confier à Radu Jude, cinéaste allergique aux grandes scènes sérieuses et dramatiques, une scène quasiment injouable (spoiler) : celle où un père est interpellé par un homme qui se fait passer pour sa fille disparue.

        • #147578 Répondre
          Charles
          Invité

          Scène injouable mais dont se sort très bien Jude, à une réplique près (« quoi, qu’est-ce que vous dites? » avec une intonation forcée de téléfilm ou de série type Plus belle la vie), car le fait qu’il ait un accent à couper au couteau le restreint dans une interprétation qui pourrait autrement virer dans le mélo. Mais les meilleurs plans de lui sont quand il est silencieux, l’air abattu sans en faire trop. Il arrive à être très émouvant par sa seule présence de père rondouillard déboussolé qui essaie de donner le changer tant bien que mal. Idem quand il est isolé et perché dans sa cabine de grue.
          Je ne sais pas si je dirais que sa force est son versant thriller même si je vois bien ce que tu veux dire car j’aime beaucoup que le film freine des quatre fers voire se détourne du genre, avec ses explications et ses personnages mystérieux qui révèlent le fond de l’intrigue. Il y a cette scène géniale que j’ai évoquée plus haut mais elle est forte car elle garde le meilleur du genre, à savoir la tension, le suspense et ne s’embarrasse de ce qui plombe en général ce type de films (les dialogues nuls par exemple, les rebondissements bidons, les personnages archétypaux etc.).

          • #147622 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            C’est anecdotique mais la présence de Jude m’a gêné dans le sens où c’est une famille maghrébine dans la BD, particularité qui est donc évincé par le film. Je sais qu’Harari l’a fait pour caster un cinéaste ami – et ce n’est pas fondamental dans l’œuvre originale non plus – sauf que ça rajoute une couche au « race swap » du cinéma français.
            Le côté dépressif que tu mentionnes Toni est présent dans la BD, c’est ce vers quoi on plonge parce que toutes les pistes sont avortées, mais c’est allégé par le fait que nos colocataires de fortune échangent davantage.
            Il faut dire que Seydoux est à la hauteur du challenge. J’ai critiqué la scène du café parce que je trouve absurde de la garder sans que les personnages se parlent vraiment, mais ça réussit presque à passer entièrement par son visage.

    • #147524 Répondre
      Finot
      Invité

      Tout autre ton,
      ai vu un documentaire délicat, d’Anne Lorrière, « De la poussière dans les yeux ».
      Certes, en raison de la position du Sénat, l’ADMD met le film en avant, mais c’est plus que cela, et le personnage de la mère est chouette (visible en fin de bande-annonce). Quelques dates disséminées.

      Désolé, pour le doublon, si vous en avez déjà parlé.

    • #147545 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      J’ai vu 3 films de Balagov
      Tesnota, Une grande fille et Butterfly Jam.
      Il y a qqchose qui ne prend pas sur moi mais je ne serai dire quoi exactement.
      Même si je trouve ses films très réussis d’un point de vue esthétique, du format, les personnages ne m’enporte pas tant qu’ils devraient..
      Qu’en pensez vous ?

    • #147610 Répondre
      Charlie
      Invité

      Bonjour,
      Parmi les films vus à Cannes qui valent le coup d’œil selon moi :
      – Fjord, celui-là tout le monde va aller le voir j’imagine.
      – La Gradiva, très réussi.
      – Gentle Monster, étonnamment très peu commenté, c’est un de ses films qui nous interroge constamment sur nos certitudes de nos spectateur.rices et nous oblige à réanalyser ce qu’on a vu.
      – Notre salut, très drôle, The Office à Vichy, un peu long peut-être.
      – Teenage Sex at Camp Miasma, très marrant si on aime ce genre de cinéma, très pop et référencé. Ambiance A24 et Mubi.
      – Quelques mots d’amour, très réussi, pour moi il réussit là où le Toledano-Nakache rate dans la restitution d’une époque et de ses enjeux.
      – La Bola Negra, beaucoup de très belles choses mais des longueurs
      – Paper Tiger, James Gray reste au top même si l’époque de la Nuit nous appartient est révolue.

    • #147957 Répondre
      Tony
      Invité

      Est-ce que quelqu’un a vu Obsession réalisé par un jeune venu de youtube et dont tout le monde parle, ça vaut le coup ou pas?

      • #147958 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Non (que VF) mais il y eu tentation.

      • #148052 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Pas vu, il y a moyen que je tente sans immense espoir cette semaine, mais tout comme Jordan Peele : je conseille une plongée dans ses sketchs.

    • #148047 Répondre
      Martin
      Invité

      Je compte pas voir histoires parallèles mais je serais curieux de savoir comment le 13 novembre s’insère dans le récit. Quelqu’un qui l’a vu peut me dire ?

      • #148048 Répondre
        Charles
        Invité

        Ça n’a rien à voir avec le 13 novembre il me semble.

    • #148055 Répondre
      Martin
      Invité

      Ah bon j’ai vu passer plusieurs articles anglophones et français (tf1 info et figaro) qui disaient que le film abordait le sujet. Il y a même un article anglophone qui relaie une déclaration de Vincent cassel qui disait qu’il jouait un flic de la BRI https://www.worldofreel.com/blog/2025/5/11/1lxjlji1iie8ljuehzl26t741ot66n j’imaginais qu’il trollait complètement

      • #148056 Répondre
        Charles
        Invité

        Ces articles remontent à un an, Niney a démenti depuis.

    • #148102 Répondre
      Ostros
      Invité

      Sait-on jamais, si quelqu’un ici n’a pas encore vu Entre les murs
      le film sera diffusé dimanche 7 juin à 21h00
      sur la chaîne parlementaire (LCP)

      • #148135 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        petite rentrée d’argent en perspective
        merci la télé
        merci la pulsion de répétition

        • #148160 Répondre
          stephanie
          Invité

          peut on parler de ruissellement ?

    • #148176 Répondre
      tristan
      Invité

      Non, cela ne profite qu’à lui.

      • #148200 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ah?
        et comment en es tu si sûr?
        tu connais sans doute mes a-valoir pour Du mépris

        • #148376 Répondre
          tristan
          Invité

          Tu expliqueras clairement si ce que j’avance est erroné.

    • #148213 Répondre
      Charles
      Invité

      Vu l’épisode TVB sur Salvadori-Sorogoyen-Farhadi. Pas d’accord sur la première analyse de l’être aimé comme symptôme de la prédominance de l’écriture scénaristique car Sorogoyen fait à mon sens l’inverse de la série. Il est tout d’abord relativement courant que les films méta, les films qui racontent des tournages, ne se limitent pas à des récits de tournage mais y entremêlent des intrigues ou des lignes narratives sur la vie personnelle des artistes, leur vie en dehors du plateau et qui rejaillit sur le plateau (de la nuit américaine à sex is comedy en passant par mia madre). Je ne vois donc pas de spécificité d’écriture sérielle dans le fait de raconter l’histoire d’un tournage et d’un rapport père (cinéaste)-fille (actrice). Par ailleurs, cette situation, ce noeud est exposé dès la première scène, le film repose uniquement là-dessus. J’irai même plus loin en disant que le film est particulièrement concentré sur cette situation et cherche (au contraire des séries) à éviter les sous-intrigues, les digressions. Il n’y a d’ailleurs pas de rebondissement à proprement parler, pas de retournement de situation. On pourrait éventuellement reprocher au film d’être trop focalisé sur ce rapport père-fille et regretter l’absence de véritables personnages secondaires, tous les autres personnages étant ultra secondaires, y compris Foïs qui a trois petites scènes. On imagine très bien quel miel scénaristique on aurait pu faire avec le postulat initial. D’ailleurs, François regrette la place de la mère dans le récit mais celle-ci est invisible et n’a que peu d’importance dans les scènes mêmes, ce n’est pas du tout du parasitage scénaristique tel qu’on peut voir dans les séries. Sorogoyen faisait également l’inverse de la plupart des séries dans Los anos nuevos, puisqu’il resserrait là aussi son récit en limitant le nombre de personnages secondaires, de sous-intrigues, en multipliant les scènes longues, souvent en plan-séquence etc.
      Je suis d’accord avec l’énumération des qualités du film, l’ayant aimé, ce qui m’a fait penser à la réserve idiote mais d’époque d’Ariane Allard au Masque et la plume qui trouvait que le film était ambivalent (au discrédit du film!) car Bardem était trop beau, trop charismatique. Encore heureux que le film est ambivalent, sinon il n’y a pas de film.
      Je suis aussi d’accord, mais en étant beaucoup moins sévère, qu’on ne sait pas trop ce que vaut Sorogoyen en tant que cinéaste, qu’il fonctionne beaucoup à l’épate (avec souvent pas mal d’afféteries comme les changements de format ici, les passages en noir et blanc) mais je trouve que ça marche quand même très souvent, notamment dans la première scène, très bien dialoguée (notamment dans sa précision, j’adore la mention de Kill bill 2!). Oui elle est chargée mais justement cette condensation donne une tension très efficace et lance parfaitement le film, elle évite justement de faire 4 ou 5 scènes laborieuses pour nous emmener sur le plateau. Pour le coup, Bardem donne l’impression d’être un ogre, le film n’aurait pas pu tenir en continuant sur le même rythme (Samir a donc raison de dire que les autres scènes contredisent cette introduction) mais en nous faisant très clairement ressentir cette violence sous-jacente, elle donne le ton mais nous induit un peu en erreur car après les scènes viennent la nuancer.
      Oui Sorogoyen, avec son épouse co-scénariste, n’a pas d’idées formelles très arrêtées. Mais c’est un putain de faiseur de scènes de tension, voire de suspense (l’ouverture de Madre, la scène de retour de boite dans Madre aussi, les joutes verbales dans le bar dans As bestas, la scène de drogues dans el reino). Y en a dans presque tous ses films (sauf dans Dios nos perdone, son plus mauvais) et peu de cinéastes contemporains ont cette maitrise-là.

      • #148224 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ce qui me rend moins enthousiaste que toi, y compris aux scènes de tension qui sont de fait le fort de Sorogoyen, c’est qu’il y a toujours, même dans celles ci, surtout dans celles ci, une double couche. Je n’ai pas vu Madre, mais sur la scène du café d’As bestas, il y a écrit « attention tension » dans tous les plans. Toujours un poil de surjeu chez les acteurs, toujours un silence très silencieux, toujours une super mouche qui super vole. Ces défauts étant cumulés dans cette première scène de l’Etre aimé, qui a d’abord à dire : attention je fais une putain de première scène
        Ce qui rejoint mes réserves sur sa facture : si Sorogoyen était un cinéaste, s’il avait une idée ferme des moyens de cinéma qu’il emploie, il n’aurait pas à forcer ainsi. Il devrait regarder des Haneke, et voir comment des plans simples, mais pensés , mais cadrés, mais fermes, créent une tension dingue.
        Alors, miracle, il pourrait débrancher ses acteurs – les deux de Los anos nuevos m’ont épuisé, j’ai démissionné à l’épisode 6.

        • #148405 Répondre
          Le mec là
          Invité

          Oui Sorogoyen s’y colle…mais je ne trouve pas que ses effets soient si spectaculaires ou surchargés, la caméra se tient quand même un peu. Je suis partagé sur Los anos nuevos, et suis assez surpris que des gens pas ultra cinéphiles est autant adoré cette série (pas forcément facile d’accès avec cette quasi unité de temps etc…). Je trouve qu’il fait mariner un peu trop longtemps les errements des personnages, comme si leurs failles étaient à la fois trop appuyées (afin de justifier les aller/retour du couple) et un peu bâclées (sur ce qu’on en fait à la fin).
          En terme de série Antidisturbios était pour moi bien meilleur.
          Je m’égare François ou à un moment tu évoques que faire un film en costume est forcément problématique? Je trouve ça un peu fort de café mais je me trompe peut-être.

      • #148227 Répondre
        Alexandre
        Invité

        « les joutes verbales dans le bar dans As bestas »
        C’est vrai que ces scènes m’avaient paru incroyablement plus tendues que dans bon nombre de films qui se veulent horrifiques.

        • #148239 Répondre
          MA
          Invité
          • #148929 Répondre
            Schnoups
            Invité

            Je n’avais pas lu cette critique du Rayon Vert qui fait aussi très très plaisir à lire. Ça ne passe pas si inaperçu que ça finalement. On est bien en phase.

            • #148934 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Oui enfin ils n’y vont pas de main morte avec la métaphore du coq. C’est bien le diable si on a pas compris.

              • #148937 Répondre
                Schnoups
                Invité

                Comme je n’ai pas vu L’être aimé je parle surtout de son point de vue plus général sur le cinéma de Sorogoyen. Et l’anecdote rapporté sur le vilain petit coq me plaît bien.
                Quand au fait de ne pas y aller de main morte, encore une fois, c’est certainement justifié.

      • #148464 Répondre
        Schnoups
        Invité

        Je regarde Madre et je me dis, il a fait de la pub avant, c’est un réalisateur de publicité en fait. Je vois une constante chez ce réalisateur que définitivement je n’aime vraiment pas, c’est très mal écrit, le dialogue entre le fils et la mère détruit la tension qui pourtant montait très bien dans cette fameuse scène d’ouverture (où on voit que décidément, il aime envoyer du lourd d’emblée). On y croit pas à ce petit garçon. Puis les panoramiques lents qui balaient le décor lorsqu’elle s’en va puent le surlignage lourdingue avec la mère restée seule qui entre dans le plan. Je trouvais les scènes d’As Bestas (soit disant sous tension extrême) assez nanardesque – c’est vraiment le mot qui m’étais venue en tête, et là c’est immédiatement mauvais. Le reste est équivalent, les plans en mouvements lents, la musique qui dit les choses pour toi, la lumière du soleil pendant la balade entre femme et ado qui donne le ton, c’est une pub Rip curl ? Quicksilver peut être ? Ah non, après shampooing jolies bouclettes.
        Les scènes en groupe rappellent Los Anos, il sait vraiment pas faire, quand on est chez son mec maraîcher avant qu’il la conduise à son bus, pendant le repas, ils parlent tous en même temps en souriant absorbés, rieurs, waou, on s’y croirait pas du tout. Par contre pour une pub de bonnes pâtes italiennes ce serait parfait. Une fois qu’on a vu ça on ne voit que ça. Ce garçon a bien un style, mais pas celui qu’on préfère.

        • #148473 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          le pire chez lui, c’est la suractivité ds comédiens dans les scènes de discussion de groupe
          dans Los anos nuevos c’est insupportable
          il y a notamment un repas chez les parents qui est infernal : jamais un blanc, tout le monde a toujours un truc à dire, et d’ailleurs en toute transparence (tous parlent comme des scénaristes)
          je me demande s’il n’y a pas là, en effet, une précipitation publicitaire

        • #148481 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Si seulement nos cinémas pouvaient être saturés de nanards de pubards comme Madre alors les villes s’éclabousseraient de bleu. Gardons quand même les proportions, Schnoups. Sorogoyen n’est pas non plus cet enfoiré de danseur de Fernando.
          Tout comme As Bestas, Madre a quelques limites. Et notamment le refus du réalisateur de laisser ouverte toute ambiguité alors même que son cinéma s’y épanoui plutôt pas mal tant que c’est ouvert, justement. Restent des scènes, reste une actrice, restent des partis pris forts. Y compris des partis pris qui sur le papier collent avec ta description (par exemple l’usage systématique du grand angle en steadycam) et qui dans le film, en fait, donnent autre chose. De mon côté pendant tout le visionnage je me suis dit : on dirait le film d’un élève de Franco. Ca ne fait pas un film de Franco, mais est-ce qu’on n’a pas besoin d’un peu plus d’élèves de Franco en ce monde de brutes ?

          • #148498 Répondre
            Schnoups
            Invité

            Eh bien c’est marrant j’ai bien pensé à Franco justement, il doit bien se marrer en regardant ça, parce que Sorogoyen c’est une grosse entourloupe, c’est le Jean-Baptiste Thoret du cinéma espagnol. Il aura déjà été trois fois président du jury à Cannes que François aura même pas terminé de ranger sa bibliothèque.
            Ce n’est pas un défaut de « proportion » Seldoon, je trouve que cette esthétique publicitaire saute aux yeux, dans Madre c’est frappant, je ne vois pas pourquoi je ferais dans la nuance.
            Quelles scènes du coup? En quoi sont-ils forts ces partis pris ? Qu’est ce que ça donne ?

            • #148503 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je pense que ce n’est pas le JB Thoret, c’est le Hitler du cinéma espagnol, pour ne pas dire la Shoah personnifiée, pour ne pas dire 1915 personnifié. Si on n’était pas au masque et la plume, je citerais de mémoire les scènes suivantes : la première, la discussion avec l’ex au resto, le départ en rando avec les jeunes en bagnole, le final en voiture si on passait au large extérieur un peu plus tôt.
              Je citerais aussi tout un paquet de « moment Franco » où en une réplique petit vertige et tout change par surprise… ou au contraire qu’on attendait la réplique de clarification depuis une heure : quand on découvre que le jeune savait qu’elle l’avait suivi, ou qu’il savait pour le fils. Quand enfin le copain explique qu’il comprend tout ce qui se trame. Etc. Ces moments créent ils le retournement à la Franco qui crée un second film entier rétrospectivement à chaque fois ? Non. Mais ils le frolent et c’est déjà plus que pas mal. C’est déjà du cinéma et du bon.
              Le découpage en steadycam grand angle qui a mis un peu de temps à me gagner me demanderait un peu plus de temps. Tu peux déjà remarquer que ce sont des plans aussi précis que longs sans recherche de virtuosité (à part l’ouverture) qui se situent à au croisement de Malick et de Franco – la double hérédité est quand même assez évidente, le fait qu’elle soit (doublement) récupérable par la pub est une chose notable, mais à ne pas inverser non plus.

              • #148504 Répondre
                Seldoon
                Invité

                On n’a pas pensé à Franco par hasard, hein. L’inspiration scénaristique, formelle, thématique est frappante.

                • #148506 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Pas vu Madre. Va falloir que j’y aille.
                  Je compte aussi revoir La guerre des mondes, en vue du prochain TVB
                  Je suis vraiment un bon gars.

                  • #148508 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Cette histoire de divorcé à la dérive qui retrouve le sens du mot père va te toucher profondemment.

                    • #148510 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      La guerre des mondes n’est vraiment pas le pire (il y a même quelques visions assez frappantes), si on arrête le film au bout d’une heure.
                      Son familialisme à tout crin est ce que je déteste le plus chez lui et donnerait presque envie de me ranger du côté des aliens.

                      • #148512 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        d’ailleurs, ça serait quoi le grand film de Spielberg des années 2000? Minority Report?

                      • #148515 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il n’y en a pas de grand. Pour moi, en maniment de caméra et placement des acteurs, c’est à dire en termes de filmage « classic hollywood des années 50 » plus que dépoussieré : Minority Report, Munich et la Guerre des mondes sont son apogée toutes périodes confondues.
                        Ca en fait des films particulièrement ludiques. Même Munich.

                      • #148518 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Munich, je suis d’accord mais il faut passer outre beaucoup de scènes pénibles voire ridicules (notamment la fameuse scène de sexe, la première en 30 ans de carrière!, où le héros repense à l’attaque terroriste), sans parler évidemment du fond.

                      • #148521 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Quelle scène, cette scène de sexe. Je suis sûr que HSS la prend en modèle quand il prépare les siennes.

                      • #148522 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « sans parler évidemment du fond » mais en général avec Steven il vaut mieux ne pas trop en parler.

                      • #148524 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Il y a de très bon moments techniques dans La Guerre des mondes , pour focaliser sur celui-ci, et au premier chef, les apparitions inaugurales des engins qui crèvent le macadam, etc.. Ça, c’est quelque chose. C’est techniquement fort séduisant et bien mis en scène. Est-ce que du cinéma advient à ce moment-là? Oui, au sens où cette mise en scène, corrélée au génie technique, donne à ressentir l’ébahissement d’un badaud qui vivrait cette expérience.
                        Montagne russe appréciative typique de ce qui émane des réalisations du bonhomme, on passe de cette brillance à des effets plus normatifs, enlaidis par les 20 années qui se sont écoulées, comme lorsque les gens courent paniqués en se faisant désintégrés par les rayons. Des caméscopes tombent à terre et on voit ces exactions à travers l’œilleton numérique.
                        Et tout le capital cinéma collecté juste avant sombre dans la laideur.

                      • #148514 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Mais pourquoi personne ne se range jamais du côté de Tim Robbins ???
                        Je redis platement ce que je dis toujours : à part le plan séquence un peu ridicule (et adoré par Kassovitz CQFD) de la voiture et une séquence ou deux qui ont formellement mal vieilli, c’est du Steven au top de sa forme narrative et expressive. Si tu t’ennuies, il suffit de compter les plans « 45 en un » et prendre un plaisir fou à cette économie de moyens (oui, c’est le mot clef de ce blockbuster tout comme « thoret » est le mot clef de Madre).

                      • #148516 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Dans mes souvenirs, le film s’effondre à partir de la scène (beaucoup trop longue) avec Tim Robbins, après ça déroule et les visions d’horreur disparaissent pour laisser place à un blockbuster plus convenu.

                      • #148519 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Pour moi ça s’effondre après cette scène. Elle n’atteint pas son potentiel, mais elle reste. Après, on passe à de l’horreur convenue (erreurs/absences de scénario comprises) et on finit en blockbuster convenu. La partie chiante des blockbusters convenus : l’enchainement de « résolutions ». Ca finit même par peser sur le découpage technique et là Steven me perd.

                      • #148534 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je voulais revoir La guerre des mondes parce qu’il est justement considéré comme un de ses meilleurs.
                        Je ne vais quand pas me retaper Pentagon papers
                        Peut etre jetterai je aussi un oeil à son West side – film qui depuis qu’il existe suscite en moi une curiosité de niveau zéro

                      • #148567 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Tu devrais aussi voir ou revoir Rencontre du troisième type dont Disclosure Day semble être l’actualisation et qui peut nous faire voir les invariants et les changements d’approche de l’art de Spielberg, d’ailleurs ce qui étonne en le revoyant aujourd’hui, pour un cinéaste que l’on dit familialiste, c’est la trajectoire du père de famille joué par Richard Dreyfus qui, comme dans The mastermind,abandonne femme et enfants pour rejoindre,ici,la vie extraterrestre,en plus la représentation qu’il en fait est à la fois kitch et sublime,la dernière demi heure,la rencontre, est magnifique.

                  • #148550 Répondre
                    Schnoups
                    Invité

                    Madre est sur France TV.
                    Seldoon, j’ai pensé à Franco parce que langue espagnole et parceque c’est du très très mauvais sous Franco. On pense aux Fille d’Avril en se disant, t’es tellement en dessous mon pauvre Sorogoyen.
                    Il essaie de faire comme, ce qui est quand même un brin pathétique en soi, tout comme son sous sous Chiens de paille est pathétique.
                    Dans ce même élan de goût pour l’esthétique publicitaire il doit avoir un bon calcul commercial instinctif, on va dire. Va pour un remake de Peckinpah sauce écolo style Franco qui envoie du bois, ou va pour le drame ambiguë avec maman/ado sauce Franco bord de plage. Et on pense souvent au dernier de Breillat, mille fois plus intéressant.
                    C’est un bon technicien qui veut faire grand en piquant des choses à des grands mais sans un vrai talent. Il est – à côté, c’est mal pensé, donc mal joué, le conceptuel en terme d’écriture et de réalisation est là un cache misère de ses incapacités. Bien surprenant que ça passe inaperçu. D’où la grosse entourloupe, oui.

                    • #148552 Répondre
                      Le mec là
                      Invité

                      Je le trouve un peu plus nuancé que Simon West quand même.

                      • #148554 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        C’est son problème on dirait. 50 nuances de grands pour un bon technicien qui se cherche.

                    • #148558 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Mouais. Il y a du vrai dans tes réserves, mais c’est porté à un drôle de niveau de virulence pour un réalisateur objectivement intéressant et doué. Je trouve ça dommage – pour toi – de tout jeter pour 3 lourdeurs quand même assez relatives.
                      L’opération centrale du film c’est cette hésitation permanente entre maternité et inceste. Le point amour inconditionnel. Qui ne cesse de créer des situations tendues, dans lesquelles on n’arrive pas à décider de quel côté penche chacun des personnages. Personnages qui eux même ne sont pas au clair là-dessus. On joue tous les rapports possibles dans ce microcosme – jalousie/protection des parents, de la copine, du copain, des amis. La mère passe de mère à grande soeur cool à séductrice d’un bout de scène à l’autre. Le spectateur en permanence scrute les visage, les rapprochements, les attitudes, se demande de quel côté ça va tomber, de quel côté penchent chacun des personnages, ce que sait chaque personnage de la réalité de la tension.
                      Le film a des défauts et des grossieretés. Même dans son opération centrale il n’est pas aussi aboutit que ce que mon paragraphe précédent pourrait laisser entendre. Et croyant aller au bout de sa force s’abime, s’annule presque à la fin. Dans « élève de Franco » il y a aussi « élève ». Par contre je ne sais pas quel chaîne de TV tu regardes, Schnoups. Mais je t’envie ses pubs qui fabriquent un tel spectateur.

                      • #148568 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Bon, je vais passer vite sur « le drôle de niveau de virulence » et le « dommage pour toi », dont on pourrait se passer et qui ne font que refléter la violence avec laquelle tu reçois mes propos. Ce que je comprends puisque « esthétique de publicité » quand on trouve qu’un réalisateur est « objectivement intéressant et doué », c’est compliqué. Argument béton qui me fait sourire parce que ce n’est « objectivement » pas mon avis. Ce que je trouve intéressant par contre c’est le gros décalage entre son cinéma et sa réception.
                        Encore une fois ce n’est que mon avis, évitons de se mettre la rate au court bouillon, je ne te reproche pas l’intérêt que tu portes à Sorogoyen.
                        Tu vois j’ai hésité à poster hier soir après avoir vu Madre, je me suis dit ça va passer pour de la grosse provoc’ et ça va être mal reçu. Et pourtant ce que je partage ici c’est ce qui m’a frappée en regardant Madre, ça m’a véritablement sauté aux yeux, « publicité » me suis-je dit. C’est mon truc ça, tu le sais je pense à force, ce qui me vient en tête je le partage toujours par écrit parce que j’écoute ce qui me vient en tête, je fais confiance à ce qui me vient en tête. J’ai donc été attentive à ça, et contrairement à la connotation de ressentiment qui accompagne ce « drôle de niveau de virulence » ça m’a fait plaisir de voir enfin à qui j’avais affaire. De bien comprendre pourquoi il ne me revient pas depuis le début, de voir que se confirme un cinéma que je sentais fortement comme très bancal, « à côté de la plaque » je disais à propos d’As Bestas, « désincarné » pour Los Anos et As Bestas, catastrophique par moments (les scènes de groupe qui s’accumulent dans Los Anos, la tension qui tombe à plat dans As Bestas). Donc je suis contente d’avoir vu ce film et j’y vais fort parce que c’est Madre que j’ai vu hier soir, j’avais été bien plus sympa avec As Bestas (après première vision). Madre, le fait est qu’en plus, au bout d’1h30 je trouvais même que le film devenait glauque. Chose qu’on ne ressent jamais chez Franco malgré l’accumulation des drames.
                        Voilà, je vais pas répéter ce que j’ai dit dans les post précédents, ça faisait donc beaucoup face à cette réception qui me parait à des lieux de ce que je vois. Tu vois bien que ce n’est pas « 3 lourdeurs assez relatives » que je relève, c’est bien plus.

                      • #148570 Répondre
                        CharolotteauSfeng
                        Invité

                        Chez Daniel y Ana, on frise parfois la glauquitude. Mais comme j’aime Franco, ça passe allègrement. La même sensation chez un mec que je déteste ou dans les violets me coupe l’appétit.

                      • #148571 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je précise : aucune violence ressentie ici, tout va bien. Aucune accroche sentimentale particulière avec Sorogoyen, et j’espère bien que tu souris à « objectivement ».
                        Pour revenir au film, je ne vois pas le côté publicitaire dont tu parles. Ou très à la marge. C’est la gueule de l’ado et ses bouclettes ? Ce sont les rares plans en longue focale qui s’attardent sur son corps ?
                        « Désincarné » : effectivement c’est le risque de son cinéma d’après ce que j’ai vu (trois fois rien / as bestas et madre). Et avec deux acteurs comme le fils, le film aurait été plus désincarné qu’un Challengers. Mais il y a cette actrice pour la mère et une certaine opacité de son personnage, et moi je crois alors regarder un être humain pendant 2 heures.

                      • #148572 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Et par film glauque tu veux dire complaisance dans le glauque ?

                      • #148576 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Complaisance non, je pense qu’il le fait pas exprès si c’est le sens de la question, c’est juste qu’il n’arrive pas à tenir son film. ça lui échappe je pense.
                        Tous ces problèmes que je relève rendent la vision du film plus compliquée pour moi. L’effet de lourdeur que ça entraîne globalement et l’ennui important qui l’accompagne, passé plus d’une heure, avec un sujet et une héroïne pas spécialement joyeux ça devient un peu glauque oui.
                        Je te répondrai sur l’aspect publicitaire quand j’aurais un peu plus de temps.

                      • #148634 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Parfait. En attendant je commence à répondre sur le grand angle, et il y a peut être des ponts. Donc je ne suis en général pas fan du très grand angle. Et évidemment quand tu le mets sur un steadicam tout le long, je me méfie. Or ici c’est systématique. J’ai mis un peu de temps mais une fois ma préférence personnelle ravalée, c’est quoi un grand angle ? C’est ce qui permet de choper plus de choses dans le plan, et de bien marquer des échelles différentes. Donc ici on a en général notre actrice en gros plan et qui prend beaucoup de place. En tout intimité. Et loin, à la fois éloignés et attrapés par le grand angle, l’environnement, les autres personnages. Ça fait des plans, ça fait des cadres. Ça évite le champ contrechamp. Ça permet la durée. Ça permet aussi les recompositions régulières, quand l’actrice s’écarte, s’éloigne. Ou quand au contraire on la suit : tout change.
                        Et étrangement, la caméra est tenue. Retenue malgré le Steadicam, qui se cantonne toujours au minimum de mouvement possible. Alors oui on pense Malick – parce que c’est ce que Malick va chercher aussi, l’intimité du gros plan et la richesse de l’environnement dans le même cadre. Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). Chez Malick aussi le plan ne dure pas et est bien plus mobile. Des films aux grand angle il y en a des tas, mais des films avec ce très grand angle, néanmoins non déformant, légèrement flottant (il y a plus de panoramiques que de travellings) je n’en ai pas en tête.
                        Une fois que j’ai dit ça, il n’y a pas beaucoup de plans du film qui me resteront longtemps en tête : le premier évidemment, le plan où on entend le vrai fils caché/agressé, le plan de la voiture dans le foret à la fin. Mais le cadre m’a intéressé tout le long.
                        Quant au glauque, je ne l’ai pas ressenti du youth alors que j’aurais pu. Je passe à côté grâce à cette histoire d’amour inconditionnel.

                      • #148790 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Alors, le mot publicité ne m’est pas venu tout de suite. D’abord sur la première séquence l’échange entre la mère et son fils ne m’ont pas paru crédibles, la réaction de l’enfant, le dialogue où il parle de cet homme qui s’approche, ce ton qui descend pour souligner le mystère/angoisse, c’est forcé, le gros plan sur la mère qui s’agite et pleure, ça transpire la performance, et je commence à trouver tout ça beaucoup trop appuyé et pouffff le soufflet retombe d’emblée. Le dernier mouvement du long plan sur ce couloir et le contre champ avec la mère qui rentre dans le plan c’est pour moi le grand final d’une chorégraphie bien visible d’un plan séquence de 15 minutes qui veut envoyer du lourd. A partir de là je vois comme un effet de décollement très factice, une couche épaisse qui fausse tout et tout le temps.
                        Par la suite, sur la plage, un groupe d’ado passe devant la caméra et il les filme de dos, sur le dos d’une combinaison je vois Rip Curl, là je me dis, eh eh bon placement de produit, bien visible. C’est monnaie courante au cinéma je sais bien, mais là je me dis que ça lui va bien de placer une pub et je me dis, ah oui, publicité, il a un style de publicitaire en fait. C’est à dire que le steady cam dans un film où tout est trop appuyé, trop forcé, mal joué, c’est la cerise sur le gâteau conceptuel. Quand le steady cam s’en mêle ça précipite cette avalanche de fausseté.
                        Puis sont venus les plans subjectifs quand elle suit l’ado et qu’il retrouve sa famille pour le repas, là carrément ça me fait sourire tellement ce moment famille est surfait, « plans d’une famille heureuse » les gars : expressions adéquates en mouvement, interaction constante. Puis le repas chez le maraicher évoqué dans le premier post a confirmé cette esthétique, j’ai vraiment pensé à une pub de pâtes hein. En fait le tout donne quelque chose de tellement faux que ça donne des plans que je voyais bien insérés dans une pub avec un produit en tête. Par exemple quand elle marche en forêt avec lui, avec cette belle lumière du soleil et ces plans lents proches du sol, qui accompagne ce couple insolite et magique. Tiens, Evian aimerait bien ce genre de plans.
                        Quand on constate qu’en plus il emprunte à droite à gauche bien maladroitement, pour faire comme les grands, ça ressemble à une recette du bon technicien Sorogoyen qui construit son film comme on construit un produit, comme on vend un bon produit. C’est vraiment l’effet que ça me fait. Sorogoyen se prend pour quelqu’un qu’il n’est pas et pense faire vrai quand il fait très très faux. Il pense faire grand quand il ne fait rien. Je me demande pourquoi il a voulu absolument faire du cinéma. Famille dans le cinéma, évidemment.
                        J’ai potassé un peu parce que je ne savais rien de lui, je voulais d’abord voir son âge et sa tronche et j’ai écouté un entretien où il parle de Los Anos. Comme j’ai arrêté au troisième épisode je vois qu’il explique que la fin de sa série se termine, par, je vous le donne en mille, « un long plan séquence » qui montre d’ailleurs vachement que les acteurs sont très très talentueux pour tenir ce long plan et tout et tout qu’il nous dit. Pour lui des acteurs qui tiennent un plan séquence de 15 minutes sont forcément prodigieux, c’est un gage de qualité, touche des grands de faire des longs plans qui rendent les acteurs talentueux, non ?. Il est on ne peut plus dans la démonstration et la surenchère virtuose. Il est exemplairement là dedans. Et ensuite il ajoute qu’il cherche à montrer le réel, c’est son maitre mot dans l’entretien, il dit que des gens qui pendant 10 ans se quittent et se remettent ensemble c’est le réel, c’est comme ça dans la vie. Que les discussions avec ses scénaristes ont donné ce formidable bijou de réel. Moi ces soirées entre jeunes qui jalonnent ses épisodes ne m’ont jamais paru crédibles. Des gens qui passent 10 ans à être ensemble et pas ensemble j’en ai jamais connu.
                         » Mais chez Malick pour le coup c’est plus publicitaire (et fut récupéré par la pub) et moins tenu (c’est aussi plus radical et plus fort chez Malick, hein). »
                        Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. D’Une vie cachée j’ai plein de plans en tête moi, contrairement à toi avec Madre, plein de passage et de plans de ce film sont dans ma tête. Et si c’est bien plus radical chez Malick, c’est surtout que Malick a le talent de faire tenir son film et la forme de sa réalisation avec son récit, les lectures des lettres, des scènes, des personnages. Celui qui est désincarné et vautré dans la fausseté sous couvert d’idée techniques et conceptuelles qui ne donnent rien c’est Sorogoyen.

                      • #148792 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Comment tu peux penser que chez Malick c’est plus radical et plus fort quand tu me dis juste avant que c’est publicitaire et moins tenu que Sorogoyen. »
                        Parce qu’il peut y avoir un défaut, une limite et pourtant rester fort, mais peut etre que c’est justement notre point de désaccord depuis le début. Or chez Malick, oui, le côté pub pour parfum même dans le superbe une vie cachée est présent, moins que dans sa triologie précédente, plus que dans la balade sauvage, et pour moi bien plus que dans Madre, qui est pourtant on est d’accord un film inférieur. Jusqu’à présent les publicitaires ne s’y sont pas trompés et on plus pompé Malick que Sorogoyen mais dès qu’ils sauront prononcer le nom de ce dernier ça peut s’inverser. Sérieusement je les vois bien s’inspirer du premier plan. Et je peux voir le côté publicitaire dans les rares plans longue focale dont je parlais (pour info : il y en avait beaucoup plus dans le film, ces gros plans sur le corps du garçon, les prods les ont fait virer au grand regret de Sorogoyen). Mais ça reste à la marge pour moi, tout comme le côté placement de produit : je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire.
                        N’ayant pas vu la série (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série) mais uniquement deux de ses films je te rejoins jusqu’à un certain point sur une forme d’artificialité, de cinoche qui croit faire du réel.

                      • #148822 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        « je ne vois pas quelle marque autre qu’une plateforme de psychiatrie en ligne accepterait de s’associer à ce genre d’histoire. »
                        Mais je ne dis pas qu’une marque pourrait s’associer à ce genre d’histoire. Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. Je le verrais bien faire des graphiques émotionnels en lignes rouges avec les éléments techniques qui vont les accompagner en bleu dessous, avec la réplique de ouf qui va retourner les choses, climax, événement, retournement de situation, ouverture de l’angle et mouvements façon Malick, absence explicative façon Franco (mais beaucoup de musique, de ton faux, de voix qui t’orientent, de longs plans qui disent fort oulala elle va parler avec son ex, attention les yeux). Je ne dis pas que son film est un produit auquel une marque pourrait s’associer mais qu’il pense et construit son film comme un produit, et que sa fausseté généralisée empruntant au tout venant talentueux ne donne rien, désincarne son récit et dévitalisent ses plans. Le côté très pub de certains de ses plans, exemplairement les plans de repas, ne sont qu’une manifestation très remarquable dans cette absence de style, dans ce naufrage formel et se placeraient bien dans des pubs de pâtes ou de Home vidéo que la petite famille est très très heureuse d’accueillir.
                         » (mais c’est pas très juste de juger un cinéaste entier sur sa série)  »
                        M’enfin Seldoon, je ne juge pas ce cinéaste entier uniquement sur sa série, c’est faux. Sa série et l’entretien dont je parle sont aussi un bon exemple pour compléter le tableau de ce cinéma et la manière de penser de Sorogoyen.

                      • #148826 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        (Pour ta première phrase : je répondais à ta remarque placement de produit et non à la pub, mais laissons tomber c’est annexe.)
                        « Il s’agit de ces plans en famille, de groupe, ou de la fausseté de l’interprétation et des dialogues, de cette façon systématique et bien huilée chez lui de faire du long plan séquence qui doit en mettre plein la gueule. De cette façon scolaire de construire un film sur des effets, des idées conceptuelles, des influences de grands réalisateurs. »
                        Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-etre même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève.
                        Gide lui-même vient alors à sa rescousse dans De l’influence en littérature qui est une longue défense des imitateurs, des suiveurs, des influencés. Quelques fragments que ce pauvre Rodrigo suivant Terrence et Michel a inspiré à André :
                        ——
                        « Messieurs : TANT MIEUX ! C’est là ce qui permet une École.
                        Une École est composée toujours de quelques rares grands esprits directeurs – et de toute une série d’autres subordonnés, qui forment comme le terrain neutre sur lequel ces quelques grands esprits peuvent s’élever. Nous y reconnaissons d’abord une subordination, une sorte de soumission tacite, inconsciente, à quelques grandes idées que quelques grands esprits proposent, que les esprits moins grands prennent pour Vérités.
                        – Et, s’ils suivent ces grands esprits, peu m’importe ! car ces grands esprits les mèneront plus loin qu’ils n’eussent su aller par eux-mêmes. Nous ne pouvons savoir ce qu’eût été Jordaens sans Rubens. Grâce à Rubens, Jordaens s’est élevé parfois si haut, qu’il semble que mon exemple soit mal choisi et qu’il faille placer Jordaens au contraire parmi les grands esprits directeurs. »
                        ——
                        « Autre chose : souvent une grande idée n’a pas assez d’un seul grand homme pour l’exprimer, pour l’exagérer tout entière; un grand homme n’y suffit pas ; il faut que plusieurs s’y emploient, reprennent cette idée première, la redisent, la réfractent, en fassent valoir une dernière beauté. »
                        ——
                        « Enfin, disons que si toute une suite de grands esprits se dévouent pour exalter une grande idée, il en faut d’autres, qui se dévouent aussi, pour l’exténuer, la compromettre et la détruire. »
                        ——
                        « – Et, comme l’humanité fait et doit faire une consommation effroyable d’idées, il faut être reconnaissant à ceux-ci qui, en épuisant enfin ce qu’une idée avait encore de généreux en elle, en la faisant redevenir IDÉE, de VÉRITÉ qu’elle semblait, la vident enfin de tout suc, et forcent ceux qui viennent à chercher une idée nouvelle, – idée qui, à son tour, paraisse pour un temps Vérité. »
                        ——

                      • #148827 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        (tant qu’à être scolaire, je cite sans vergogne)

                      • #148843 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        « Ca me va très bien comme description. Après il y a des degrés de « scolarité », et il me semble qu’on n’est pas non plus dans l’académisme et le formatage. D’où je redis qu’on est en « cinéma du milieu » plutôt en manque d’autres Sorogoyen qu’en excès. Mais oui, ce n’est pas un grand, peut-être même pas un cinéaste comme dit François, et il est sage. Il y a bien quelque chose de scolaire ici. Bon élève. »
                        Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non et c’est toujours la nuance ou une histoire de degrés qui tentent de sauver Sorogoyen. Il n’y a pas de « degrés de « scolarité » » qui tienne pour sauver ce cinéma. Il est dans un académisme de scénariste de série si si, et de formatage de cette école là couplé à une ambition cinéma des grands, le tout sans dépasser son geste, sans trouver sa singularité. Je ne vois pas de singularité formelle intéressante dans ce que j’ai vu de lui jusqu’à présent, je vois même bien pire. Le manque de cinéastes sur la terre du milieu ne le sauvera pas non plus à mes yeux. Je ne le mettrai même pas « au milieu » moi d’ailleurs ce cinéma, si vraiment cette hiérarchie existe. Rester « nuancé » parce qu’au milieu c’est le vide, ne se pose même pas d’ailleurs, il est voué à s’épanouir puisqu’il est très bien reçu ce cinéma. Pas besoin de vendre son âme pour le défendre, il n’a pas besoin de nous.

                      • #148848 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Tu es beaucoup dans le oui d’accord mais quand même non » et autres commentaires sur mes appels à « rester nuancé » :
                        Alors pour le coup je serai dans le non ces phrases sont fausses et pas très fair play. On dirait un coup de Fernando. Bien compris ton point de vue une fois enfin explicité. Point de vue qui est, objectivement, exagéré.

                      • #148878 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Drole de film que Madre
                        On sent qu’il a eu l’idée de cette première scène où une femme perd son enfant au tel, et l’envie de la faire, comme un projet en soi. Et après, eh bien il ne sait pas quoi faire de ce truc (comme au fond il ne sait pas trop quoi faire de la comédienne dans L’etre aimé). Elle attirée par lui parce qu’il ressemble à son fils, il ne sait pas quoi faire, à l’écran ce couple aberrant ne fonctionne – comment croire que lui est si attiré par elle, et de cette façon décomplexée? Psychologiquement le film est très pauvre, et très très loin des vertiges de Franco – qui lui n’aurait pas commencé par cette scène coup de poing. Nous aurions vu ce couple se former, avoir lieu vraiment, et peu à peu nous aurions compris que cette femme a perdu un enfant. Oui le couple aurait eu lieu vraiment, alors que là cette femme reste dans ma bonne mesure du trouble, classe dans toute circonstance, souffrante puis résiliente (et bien sur le père, qui aurait pu etre un personnage intéressant, est laminé)
                        Une bonne scène : celle dans la voiture avec les mecs qui filment. Le reste du temps, pas mal d’ennui
                        Et pour cette fois oui c’est Malick Grandangle, que S, qui n’a aucune personnalité de cinéma ça se confime , choisit d’imiter. On a droit aussi au plan-séquence-quand-j’ai-pas-d’autre-idée, dans la première scène (qui se regarde) et dans une scène ridicule de crise familiale où le réglage des mouvements aura dispensé S de se poser des questions sur cette scène invraisemblable où tout sonne faux.

                      • #148884 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        La première scène était initialement un court-métrage. Je suis assez d’accord pour dire que le film a du mal à se remettre de l’intensité de cette première scène même si j’en aime bien d’autres dans le film (notamment celle dans la voiture de retour de boîte).

                      • #148890 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        l’intensité excessive de cette première scène
                        le coup de l’adulte qui se rapproche est de trop (et l’enfant qui se cache sous un tronc – on se fout de qui?)
                        et bien sur l’actrice est en surchauffe, comme toujours chez lui

                      • #148889 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Rapport au côté suiveur ou copiste de Sorogoyen, j’ai noté la reproduction presqu’éhontée du Mépris avec cette musique symphonique et poignante qui elle -même copie celle de Georges Delerue. Et bien entendu, il est à chaque fois question d’un tournage.
                        C’est d’ailleurs assez efficace : dans la scène du restaurant, ou plutôt catering, qui montre Esteban, écouteurs aux oreilles, regarder intensément sa fille, qui ne se sait pas observée, il se passe quelque chose.
                        Mais pour qu’il ne se passe rien armé d’ une musique aussi prenante qu’on plaque sur des images, faudrait vraiment être un manche.
                        Tout ça pour dire que j’aime bien le film et épouse sans problèmes le point de vue TVBesque.
                        Petit pinaillage : François ne sait pas trop pourquoi diable Esteban déboule de mauvais poil avec les conséquences que l’on sait sur le tournage de la fameuse scène des maquereaux. L’idée qu’il somatise l’éventuelle médiocrité actorale de sa fille est intéressante. Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler? Et surtout, qu’elle lui rappelle ses comportements de merde passés : « Moi au moins, je ne fais souffrir personne » ?
                        En ce sens, Samir restitue mal la note sur laquelle cette scène précédente se clôt : Esteban ne se marre pas. Du tout. Et sa façon de dire « A demain » n’augure rien de bon pour la journée de travail à venir.
                        Il faut se le faire l’Esteban.

                      • #148891 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                         » Mais plus prosaïquement, n’a t-il pas mal vécu que sa fille l’envoie chier la veille après son conseil paternel de moins picoler?  »
                        Oui c’est fort possible
                        A la lumière de Madre, vu hier, je me dis que mon analyse psychologique de L’etre aimé est beaucoup plus subtile que le film.

                      • #148896 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Et c’est là que je vais poser une question idiote et pas vraiment cruciale mais qui m’a accaparé en cours de projection comme un sparadrap mental impossible à décoller. Si quelqu’un pouvait se dévouer pour apaiser mon tourment, je lui en saurais gré pour l’éternité.
                        Emilia, quand elle tourne, à une certaine coupe de cheveux, épaisse mais mi-longue, à la mode des années 1930.
                        Or on la voit, hors prises, avec des cheveux longs. Sa coupe rétro, qui par ailleurs lui va plutôt bien, peut difficilement constituer perruque.
                        Entorse au réalisme? Maniérisme de plus?
                        Merci d’avance pour l’élucidation.

                      • #148917 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        C’est l’ado qui est mal défini plutôt que le couple, je dirais. Il est alternativement rebel et tout sage, empetré dans un mal-être dévorant et d’une sérénité à toute épreuve sans jamais constituer un personnage. Il est une figure. Et, oui, des bouclette de pub pour shampoing.
                        Pour moi la mère fonctionne, ainsi que son attirance sexuelle. On peut se raconter plein de truc, et le film me laisse libre de tout ça puisqu’il se contente de m’y faire croire. Cette attirance peut donc etre, par exemple et de façon non exclusive :
                        – un pis aller : amour absolu mais je ne suis pas sa mère, que fais-je de ce trop plein ?
                        – une façon d’accompagner d’aussi pres que possible la vie d’un fils qu’elle n’aura jamais pu accompagner
                        – l’inceste autorisé : l’amour que nous ne ferons jamais ensemble, mais en fait on n’est pas parents, donc on peut.
                        J’apprécie que le film nous laisse bosser là dessus en se contentant du côté de la mère de montrer une soif de présence et de tendresse.
                        Enfin, ça ne m’étonne pas qu’un garçon soit attiré par une femme beaucoup plus vieille qui parait entreprenante. Son assurance à lui, cette presque insolence disait Barbara, est moins fausse que non cohérente avec d’autres facettes qu’on voit de lui. Elle permet surtout de créer une forme d’évidence de leur relation, ce qui en retour ajoute de l’ambiguité pendant une bonne partie du film (est-il le fils perdu ?).

    • #148268 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Si quelqu’un a une place non-utilisée pour le ciné-club de ce soir, je suis preneur, c’est complet.
      Merci d’avance ! Je peux rembourser.

      • #148274 Répondre
        Alexandre
        Invité

        C’est le fameux ciné-club surprise?

        • #148275 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Yep

          • #148276 Répondre
            Sylvain
            Invité

            @ Toni @ Alexandre : donc j’ai raté le « Mean Steeet » ? Je sais que je n’ai pas été très assidu ces dernières semaines, mais vous en avez parlé ici ? Il y a une captation vidéo de la discussion ?

            • #148290 Répondre
              Ostros
              Invité

              Y a pas eu mean street, y a eu le Buster Keaton à la place et ce soir c’était Film surprise de Miró

              • #148326 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Le film surprise a pour titre Je regarde.
                Film sans distrib ni prod, réalisé avec 1000 euros, et qui je crois a beaucoup plu

                • #148379 Répondre
                  stephanie
                  Invité

                  et Je regarde on pourra le regarder ? la soirée a été enregistrée comme dab ? mais le film ?
                  que de questions ce soir

                  • #148394 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    échange avec le réalisateur filmé, mais pas le film
                    espérons qu’il y aura d’autres projections

                • #148577 Répondre
                  Astrim
                  Invité

                  quelqu’un a un lien vers le film (pour le regarder ou juste une page dessus)
                  J’ai beau cherché ça me renvoi vers d’autres films du même nom

    • #148284 Répondre
      Fabien
      Invité

      C’est à quelle heure et quel programme pour ce ciné club ?

    • #148286 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pourquoi le cinéma nous importe-il ? | France Culture https://share.google/1DmQxqZWY0fgkLOQN

    • #148389 Répondre
      Stéphanie
      Invité


      D’un château à l’autre

      • #148569 Répondre
        Seb
        Invité

        Merci pour le lien. Un grand moment.

    • #148393 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je recommande vivement

    • #148400 Répondre
      Shiva
      Invité

      Alice au pays des colons, ce film que l’occident refuse de voir
      .
      Alice au pays des colons est un film documentaire essentiel, qui ouvre nos yeux sur une réalité qu’on essaie de nous faire oublier. Aller voir ce film au cinéma est une façon de lutter pour lui permettre de se maintenir le plus longtemps dans les salles, et une façon de dire notre détermination face au système qui refuse de diffuser ses images dans nos salles.
      https://blogs.mediapart.fr/agathe-jasmine/blog/020626/alice-au-pays-des-colons-ce-film-que-loccident-refuse-de-voir

    • #148523 Répondre
      stephanie
      Invité

      François, ça serait chouette de faire un TVB sur les 2 films et le court de Emmanuel Marre.

    • #148545 Répondre
      stephanie
      Invité

      Rien à foutre et Notre salut

    • #148583 Répondre
      Tony
      Invité

      Obsession m’a fait un drôle d’effet, j’ai failli quitter la salle tant je l’ai trouvé dégueulasse mais il est quand même intéressant sur ce qu’il documente de la gen Z,en particulier sur le consentement et cette vision très actuelle du couple comme étant le lieu d’une oppression et d’une emprise où on ne peut qu’y laisser sa peau.
      La première scène m’a plutôt emballé,on y voit en gros plan un jeune homme, attablé dans une salle de restauration rapide,timide et cherchant ses mots,avouer sa flamme à celle qui lui fait face et qui reste hors champ,il bafouille,les mots ont du mal à sortir et une voix masculine l’interrompt alors,la caméra panote sur sa droite et on voit son camarade,assis sur un tabouret près du comptoir,lui donner des conseils et l’aider à accoucher de ce qu’il faut dire dans cette situation,et on aperçoit aussi la chevelure de celle qui lui fait face,il se reprend et arrive à formuler ce qu’il a sur le cœur(genre dès que je t’ai vu je n’ai plus cessé de penser à toi,quand j’écoute de la musique c’est toi que j’entends,quand je marche dans la rue je crois te voir etc ..)et contre champ sur elle dont on se rend compte, après quelques secondes d’hésitation, qu’elle n’est qu’une employée du restaurant,qui ne tarde pas à se lever et à reprendre son service.
      La suite prend une tournure assez bizarre,on comprend que celle qu’il convoite le considère comme un ami,qu’il n’arrive pas à transformer cette relation en une relation qu’il souhaiterait plus intime,on se demande s’il n’est pas un peu puceau,il la raccompagne après une soirée arrosée et elle lui envoie des signes assez clairs dont il pourrait profiter et il n’en fait rien,on sent chez lui la peur de commettre un impair,la peur de la forcer qui le rend incapable de toute initiative,il est carrément paralysé.Alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle un deus ex machina va lui permettre d’exaucer un voeu, d’être celui qu’elle aimera plus que tout au monde.Ce début de film est très réussi, peu de mouvements de caméra,des plans assez lents et des situations intéressantes, pour un jeune de 26 ans venant de YouTube ça m’a plutôt étonné.Malheureusement la suite est beaucoup plus convenue et sans rien dévoiler on va se retrouver dans une sorte de film d’horreur où cette jeune femme est possédée par un désir qui agit ici comme une force démoniaque qui va terroriser et briser la vie de celui qui la convoitait.Là où le film m’a paru assez insupportable c’est dans cette représentation,d’un autre temps,de ce qu’on appelait autrefois l’hystérie féminine qui prend ici les atours d’une possédée que l’on croirait venir d’un film tel que l’exorciste.Cinéaste à suivre malgré tout.

      • #148869 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Eh bien de mon côté ce fut l’inverse. J’ai eu beaucoup de de mal avec tout le début où je vois YouTube/Tiktok dans tous les plans, répliques, dans le jeu comme dans le montage (avec ce systematisme du « montée…… rupture brutale en contrepoint »). Il faut dire que je connais les sketches de ce type et de son comparse (ici : le meilleur ami), donc identifier leurs tics fut immédiat. En tout cas le lien entre leurs sketches et ce film est bien plus facile à établir que celui entre les Key and Peele et Get Out.
        Ensuite j’ai marché. Des qu’on est « de l’autre côté », de plein pied dans l’épouvante, je me suis fait mener par la tension et l’humour avec plaisir.
        Tu as raison, il y a un truc Gen Z (et américain ?) dans cette vision des rapports hommes femmes aussi empêchés que quasi transactionnels. Où l’intimité n’existe pas.

        • #148919 Répondre
          Tony
          Invité

          Oui la partie horreur est réussie, d’ailleurs moi ça m’a bien secoué et j’ai failli partir,je ne m’attendais pas à un truc aussi viscéral, j’ai bien aimé ce qu’il fabrique dans ce jeu entre le premier plan et l’arrière plan,y a vraiment des idées intéressantes,par exemple au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque, ça c’est vraiment pas mal.
          Sur la Gen Z et cette angoisse de la relation toxique c’est dans l’air du temps,au fond c’était aussi le sujet de The Drama avec une autre sorte de voeux,des voeux de mariage qui allaient semer le doute et faire de Zendaya un autre type de monstre.

          • #148939 Répondre
            Seldoon
            Invité

            « au restaurant quand il se lève pour téléphoner et qu’il jette un coup d’oeil pour la regarder,il disparaît de sa vue en se collant sur le coin du mur et dans le même plan,qui se divise alors,on la voit debout dans l’allée regardant dans sa direction et on ne sait pas si cela relève d’une projection paranoïaque »
            C’est typiquement dans ce genre de plan qu’on sent bien Ari Aster (dont le chef op ne cesse de se réclamer) et le fait que ce monsieur a ramené dans le cinéma d’horreur la recherche de cadres. A noter que ça faisait longtemps qu’un film d’horreur qui fait du bruit le fait sans passer par l’elevated horror. Au contraire même, le film assume tranquillement son côté grand huit. On est là pour bien se marrer et avoir tout oublié le lendemain (ce qui est mon cas).

    • #148703 Répondre
      Pedri
      Invité

      Content de l’annonce du prochain TVB, il est temps d’ouvrir le dossier Spielberg et de dire les termes.
      Je ne lis pas trop la critique de cinéma mais je sais que SS est très défendu dans certaines revues, c’est quoi leur principaux arguments ? pour ceux qui sachent.
      Et j’aime plutôt bien le Steve hein, j’adore son Tintin, Munich, Catch me, de très bons films d’aventures, efficaces, certaines séquences vraiment virtuoses, des idées de cinéma, et oui c’est souvent gentil, familiale, 1er degré, les gentils sont bien gentils, les méchants bien méchants, mais le petit petit garçon que je redeviens devant certains de ses films, accepte le deal, c’est Stevie quoi.
      Par contre de là à le défendre aussi savamment, comme si c’était Godard, je comprends pas, West side c’est catastrophique et faire Ready player one à 70 ans je trouve ça très gênant

    • #148709 Répondre
      Shiva
      Invité

      Marjane Satrapi et le cinéma

    • #148780 Répondre
      Rigolus
      Invité

      La petite dernière : une zoulette tombe amoureuse d’une Chinoise. Cette dernière la quitte. Elle passe le film à lécher des chattes. Heureusement, ça se finit bien. Elle pardonne à la Chinoise. 1/10
      Sirat : un père cherche, avec son fils, sa fille toxico au Maroc, qui fait des rave parties.
      Première partie : des punks à chien dansent sur de la techno pendant 30 minutes, et là, le titre apparaît enfin. Et là, tu te dis : bon, l’histoire va commencer. Eh bien non : aucune histoire. Sa fille, on ne la voit pas. Son fils meurt en tombant de la montagne, puis il y a des mines qui tuent les nouveaux amis punks à chien du père. La fin zoome sur son visage pendant qu’il prend le train. bonus : spectacle de marionnettes avec le moignon d’un punk handicapé pardon en situation de handicap. De la poésie pur je vous dit.
      2/10. Les explosions ont bien explosé les corps, c’était bien fait.
      Garçon chiffon : 0/10. Même pas, j’en parle. Pire film de l’année. Bio d’un acteur homo prétentieux. Je vous donne une réplique : « J’ai goûté au sperme de ton slip. Ce n’est pas le tien, donc tu m’as trompé. »

      le cinéma français se porte bien 🙂

      • #148782 Répondre
        Barsurien
        Invité

        Critique du figaro ou de libé ?
        On ne sait plus

        • #148818 Répondre
          Rigolus
          Invité

          Les deux ont mis 4 étoiles pour garçon chiffon. Libé et figaro même combat en critique de film.

      • #148783 Répondre
        Claire N
        Invité

        S’il te plaît arrête de mâcher des cailloux
        N’est deprimable que ce qui est deprimable
        Là c’est tes dents , ça fait bien un bruit de casse
        Mais tu devrais t’en inquiéter

      • #149412 Répondre
        Tof
        Invité

        Eh bien non: aucune histoire.

    • #148859 Répondre
      Charles
      Invité

      Comme prévu, Notre salut est l’antithèse du Rayon et des ombres, tant formellement que politiquement. On est très loin du cinoche de Gianolli, le film est très original sans passer en force. Je dois dire que j’ai un peu résisté au film pendant un temps sur un plan politique avant de me laisser convaincre mais si ça doit un peu mûrir en moi. Le film est évidemment trop long mais il est, autrement, passionnant. Pas vraiment de découvrir Peretti dans un petit rôle, les grands cinéastes se rencontrent.

      • #148860 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas vraiment surpris*

        • #148914 Répondre
          Seldoon
          Invité

          On t’appelle « Charles les bon tuyaux mais trop tard ». C’était quoi cette projection ?

          • #148915 Répondre
            Charles
            Invité

            Haha désolé, il y a eu quelques projections parisiennes des films cannois dont celle d’hier pour Notre salut (avec Bruno Dumont dans la salle mais aussi…Dominik Moll). C’était je crois la deuxième projection du film.

            • #148918 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Quand je pense qu’à la place je suis allé voir Obsession.

              • #148920 Répondre
                Charles
                Invité

                Une erreur de plus dans ta vie de cinéphile. Tu pourras te rattraper avec une autre séance le 9 juillet au Majestic Bastille.

    • #148885 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      François, je parlais de TVB des 2 films de Marre
      Rien à foudre et Notre salut , et son doc D’un château..
      Un TVB consacré à son travail en somme .

      • #148886 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui ce serait une bonne idée Mais on réduira la jauge. Déjà Notre salut me parait un gros morceau.

      • #148897 Répondre
        Antonin
        Invité

        Attention, c’est pas un doc « d’un château l’autre » mais bien une fiction.

        • #148909 Répondre
          Bigarade
          Invité

          @Antonin, rappel qui peut être utile

        • #148921 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          Exact .
          C’est pas rien mon « erreur », une fiction très proche du doc, du réel.

          • #148928 Répondre
            Antonin
            Invité

            Pas d’malaise hein

    • #148912 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      Pour ne pas polluer le fil Peinture je mets ici cet article concernant Windward un film vu et aimé au Réel

      Sharon Lockhart, déplier le monde

    • #149012 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Je reviens rapidos sur la Vénus Électrique pour en sauver ce qui peut l’être, puisqu’il s’est plutôt fait descendre ici (sauf Charles).

      Je suis d’accord avec bon nombre de défauts soulevés dans le TVB, mais je ne retiens pas le grief de « scénario-centrisme » et j’en dirai les raisons plus loin. Je dois aussi préciser que c’est mon premier Salvadori, d’où mon imperméabilité à la possible répétition formelle de l’auteur dans son œuvre. Pour le meilleur et pour le pire, peut-être, j’ai vu ça d’un œil totalement neuf.

      Le film est un curieux mélange de choses qui m’ont beaucoup déplu et d’autres le contraire, si bien que j’en sors embarrassé. Dès le départ j’ai peu goûté aux dialogues, au jeu de Demoustier ou encore à celui de Marmaï bourré. Longue séance à venir, me disais-je. D’accord aussi quant au comique : ne pas prendre le film en tant que « comédie » sans quoi l’on risque une déception (j’exclus quelques très bons passages avec Lellouche en effet), ou quelques autres qui font tout de même sourire. De même c’est vrai que le scénario est très présent — on oscille entre une très bonne rythmique (les allées et venues temporelles sont bien fichus) et sur-sophistication narrative (trop de rebondissements finaux tuent les rebondissements).

      Il semble en revanche y avoir chez Salvadori un goût du détail, que Charles a relevé d’ailleurs, qui m’est apparu à plusieurs reprises, si bien que mon impression générale du film en sort très modifiée — de par ma tendance à surtout retenir ce qui m’enthousiasme, « là où je trouve le film fort », si enthousiasme quelque part il y a. D’où le fait que je m’interdise de qualifier le film de scénario-centré. Une accumulation de petits détails qui ne sont pas sur-soulignés, qui passent et s’en vont, et me donnent l’impression d’un cinéaste qui de façon très étonnante oscille entre académisme corseté et grande joie ludique.

      D’abord je veux bien qu’un jeu de transitions temporelles n’ait en soi rien d’original, mais des films qui en réussissent plusieurs comme ça ne me semblent pas majoritaires. Mais parti pour assister à un pénible car forcé pseudo suicide du personnage de Demoustier dans le lac, je me retrouve avec tout autre chose, et dont je me souviendrait — artificiel mais réussi : au vu de l’esprit général du film, j’achète. Je n’attends pas ici des cuts-vertiges à la Dao.

      Des idées toutes simples aussi. Ce petit truc de la vue subjective des lentilles pour regarder le tableau, pas mal. Antoine peint sa maîtresse en robe à fleur, robe qui dans un même mouvement finit jetée sur la toile : une seconde, pas deux, suffisent ici à faire la jonction de l’art en train de se faire et de la situation. Simple, beau, j’ai trouvé ça excellent. Le tableau qui se finit sur le mur aussi, tout bête. Un clin d’œil au doigt pointé de Vimala Pons lorsqu’elle sonne et qu’on ouvre la porte — Vimala Pons qui, en dehors de toute question liée à l’écriture de son personnage, s’en sort très bien, ce qu’on ne peut dire d’Anaïs Demoustier, bien plus à l’aise dans le meilleur film français de ces 102 dernières années qu’était le Comte de Monte-Christo, seul autre endroit où je pense l’avoir vue. Quelques plan voilages sont quand même bien meilleurs que la moyenne des plans voilages — j’en profite pour signaler, techniquement, une très belle photographie.

      Et puis cette scène de « départ » d’Irène, quittant Armand, descendant l’escalier. Scène attendue, tire-larme qu’on voit venir à cent bornes — de toute façon je ne pleure jamais, ce dont je ne suis pas sûr de m’honorer —, tout ça jusqu’à ce petit geste, ce petit jeu avec l’espace, cet au-revoir coin-coin du bout de la main, qui dépasse. Je me suis dit : qu’est-ce que j’aurais aimé voir ça, qu’on me fasse ça, dans ma vie — si possible sans finir sous le bus. C’est pour des choses comme ça, pour pas grand chose, pour des choses qui certainement ne rattraperont pas tout, que je sauve ce film du néant dans lequel vous autres pisse-froids devant l’éternel comptiez le jeter.

      • #149014 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        *dont je me souviendrai

        et autres coquilles

    • #149026 Répondre
      Charles
      Invité

      Que pense-t-on ici du boycott/ de la censure de Lapid, invité en tant que membre du jury à la FID Marseille et à y donner une masterclass, parce que son dernier film a été financé par l’Israel film fund et qu’il maintient certains rapports avec le milieu du cinéma israélien et ses institutions (alors même qu’il vit à Paris)?
      Yousfi et Orignac ont chacun donné des avis étayés et intéressants sur facebook, l’une en soutien du boycott, l’autre en opposition à ce qu’il appelle une censure. Je suis beaucoup plus convaincu par le texte d’Orignac que par celui de Yousfi (assez typique de l’antiracisme politique actuel et de sa façon de donner des leçons de pureté), même si la prose d’Orignac est souvent pénible.

      • #149027 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Attention choisissez bien votre camp, car :
        Arthur Harari, réalisateur
        Judith Lou Lévy , productrice
        Laurent Moissonnier, salarié d’une école de cinéma
        Morgan Pokée, programmateur
        Marcos Uzal, critique de cinéma
        SRF – Société des réalisatrices et réalisateurs de films
        Saïd Ben Saïd, producteur
        Charline Bourgeois-Tacquet, réalisatrice
        Stéphane Demoustier, réalisateur
        Claire Denis, réalisatrice
        Arnaud Desplechin, réalisateur
        Alice Diop, réalisatrice
        Mati Diop, réalisatrice
        Pauline Ginot-Slacik, déléguée générale de l’ACID
        Miguel Gomes, réalisateur
        Stéphane Goudet, directeur artistique du Cinéma Le Méliès à Montreuil et critique à Positif
        Alain Guiraudie, réalisateur
        Mia Hansen-Løve, réalisatrice
        Catherine Hass, anthropologue et écrivaine
        Radu Jude, réalisateur
        Emmanuelle L. Thequiet, programmatrice
        Emmanuel Marre, réalisateur
        Kleber Mendonça Filho, réalisateur
        Dominik Moll, réalisateur
        Olivier Père, directeur général d’Arte France Cinéma
        Thierry de Peretti, réalisateur
        Louise Rinaldi, programmatrice
        João Pedro Rodrigues, réalisateur
        Axelle Ropert, réalisatrice
        Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de L’UNESCO
        Charles Tesson, critique de cinéma
        Justine Triet, réalisatrice
        Régine Vial, distributrice Les Films du Losange
        Apichatpong Weerasethakul, réalisateur
        Yolande Zauberman, cinéaste
        et plus de 300 signataires disent :
        https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html

        • #149029 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          S’il s’agit d’un film, le boycott culturel me semble logique. S’il s’agit de sa présence dans un jury, ça ne l’est plus.

          • #149037 Répondre
            Sylvain
            Invité

            @ K comme Code : très juste.

            • #149038 Répondre
              Sylvain
              Invité

              Mais en l’occurence c’est bien sa présence dans un jury qui est « annulée ». Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. Je note qu’il se retire de lui-même et le geste est pas mal.

              • #149147 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                « Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant »
                J’adore ce genre de mec. Je parle de Sylvain, pas de Lapid. Sylvain, une autorité papale.
                Lapid lapidé par superSylvain en un rien de temps.
                Synonyme, de la merde…
                Le genou d’Ahed, de la merde.
                Désertion, un chef d’œuvre littéraire… Sylvain o’ grand guide, montre nous le chemin.
                Lapid, un con mais pas pro Netanyahu faut pas exagérer, a dit superSylvain.
                Conclusion :
                Sylvain devrait commencer ses phrases par :
                Je vous le dis en vérité…

                • #149149 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Seldoon, un peu moins niais nous dit :
                  Attention choisissez bien votre camp, car :
                  Puis nous livre la liste des signataires.
                  Mais pourquoi, « choisissez bien votre camp »? La liste est-elle supposée interfèrer sur notre point de vue ? Va-t-elle rétroagir sur notre avis initial ? La qualité des signataires finirait elle de nous convaincre.
                  Snobs sommes nous, snobs resteront nous, que nous avons besoin de noms tels Bégaudeau ou autres Justine Triet et de Peretti pour savoir quoi penser ?
                  Ou Seldoon ne se rend pas compte qu’il ne parle que de lui.

                  • #149150 Répondre
                    Midlle
                    Invité

                    Ça c’est du com.

                • #149157 Répondre
                  Sylvain
                  Invité

                  Qu’est ce que tu veux que je réponde à cela ? Rien. T’as plié le game, comme tout ce que tu touches ici : c’est à dire absolument tous les sujets. Modestement, je me contente de m’exprimer sur les quelques thèmes que je maitrise un minimum.

                  • #149158 Répondre
                    Remy
                    Invité

                    Tu ne maîtrises pas le sujet sinon tu saurais que Lapid devait aussi présenter des films financés par les genocidaires.

                    • #149163 Répondre
                      Sylvain
                      Invité

                      @Remy : si il ya bien deux sujets que je maîtrise ceux sont cela : ce qui se passe en Palestine depuis 1948 (il se trouve, pauvre Remy qui j’y ai tourné un film, en y passant des mois, à deux reprises – et t’imagines bien que que je n’étais pas en Israel) et le cinéma (notamment les festivals). Donc : si, si je sais bien qu’il devait aussi présenter un film. « Financé par des génocidaires » tu dis ?. Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça. Que veux tu m’expliquer ? Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. Qui maitrise le sujet ? Viens me chercher là-dessus, on va rigoler…

                      • #149175 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        « Même moi, pro palestinien jugé hardcore et cela bien avant le 07 octobre, je n’aurais pas osé écrire ça.  »
                        Tu aurais écris quoi l’expert ?
                        On va monter dans la hiérarchie de la connerie (je ne suis pas né en Palestine, mais ma mère oui)
                         » Je sais qu’il y a depuis 3 ans un génocide en Palestine. » Rassurant, que tu nous rappelle ce constat.
                        « Je ne suis pas sur que ceux qui ont financé Lapid en fassent partie. » Tu me diras d’où viennent ces gens ?

                      • #149179 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        « Lapid, mauvais cinéaste, mais pas pro Netanyahu pour autant, ne méritait peut-être pas cela. » Tu expliqueras cette phrase par la même occasion si tu veux bien

                      • #149234 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Moi ce qui me dérangeait c’est le côté Lapid mauvais cinéaste.
                        Mauvais cinéaste incluant d’emblée l’ensemble de ses films.
                        Sylvain dit que le cinéma c’est son truc, alors c’est qu’il a dû réfléchir à la question. Moi ça me paraît très présomptueux.
                        La question étant : De quoi pourrait nous priver le BDS sur Israël ?
                        Faut-il l’appliquer (le BDS) de façon systématique ?
                        Ce systématisme peut-il devenir un dogmatisme ?
                        Et enfin : Le BDS peut-il fonctionner efficacement s’il n’est pas appliqué systématiquement ?
                        En clair FB a bien flairé que l’affaire donne de suite mal à la tête et éventuellement de l’urticaire.
                        Cependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation.

                      • #149236 Répondre
                        Gogo
                        Invité

                        Bon ou mauvais, ce qui est certain c’est que Lapid est un cinéaste mineur

                      • #149240 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        Cependant Remy disant que le film de Lapid est financé par des génocidaires alors qu’on sait que tout le financement venait de fonds privés, revient à dire que tout israélien est génocidaire. Ce qui certes, simplifie l’équation.
                        Je te suggère d’avoir voir plus précisément le financement des films de Lapid qui réside en France avec sa femme depuis des années.

                      • #149266 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Si Remy connait les tenants et les aboutissants du financement du film de Lapid qu’il nous donne des infos.
                        Moi je sais juste que le film a été financé à hauteur de 12% par des fonds publics. J’avais dit privés mais c’est public. En tous cas pas gouvernemental.
                        Quant à gogo, Lapid cinéaste mineur, et c’est quoi le contraire de mineur ? Majeur ? Si l’on devait se contenter des cinéastes majeurs on raterait tout un cinema de la « marge » me semble-t-il. Mineur ne me paraît pas péjoratif et Lapid rentre bien dans ce cinéma de la marge, artisanal et en recherche formelle. Ça me paraît facile « Lapid mauvais cinéaste ». Par rapport à Spielberg oui il est mauvais. C’est curieux cette attitude de critiquer la grosse industrie formatée et quand un petit artisan en recherche de créativité formelle pointe son nez, d’être aussi méprisant. D’autant que ni synonymes ni le genou d’Ahed ne ressemblent à Oui. Lapid n’est pas embourgeoisé comme Assayas que je sache. Il n’a pas la prétention d’un Gianoli non plus.
                        Je ne dis pas ça pour militer contre le sort que lui réserve le BDS mais d’un point de vue cinématographique, Oui il est mineur, Oui il ne produit pas de chef d’œuvre, Oui il ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais Oui il y a du plaisir à voir ses films et Non on ne peut pas se contenter d’un dédain aristocratique d’un simple « pouh, mauvais cinéaste ».

                      • #149264 Répondre
                        Sylvain
                        Invité

                        @Remy : on ne va pas se battre. Je vois bien que tu es, comme moi, révolté par ce qui se passe là-bas. Pas sur que Lapid soit le plus à même de cristalliser ce qu’il s’y passe. Même son pays ne veut plus de lui… pas assez nationaliste (mais mauvais cinéaste, je maintiens). Le boycott, effectivement meilleure arme, à utiliser encore et toujours. Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier.

                      • #149302 Répondre
                        Remy
                        Invité

                        Je constate juste qu’il n’y a pas d’intérêt pour cette censure.
                        https://sceneweb.fr/le-maire-rn-de-castres-deprogramme-passeport-dalexis-michalik/?fbclid=IwY2xjawSWKc1leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBaaXlOd1R4N1hzTXU1S202c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHvF1IZQb7m3IYTbcg_GNd_OA-i0zIx17wISpxtwtxvSw3IO9pKaK8VKqe08M_aem_xniOvent4qLXyyt9QGQK2g

                        Dans cette situation, pas besoin d’en échanger, c’st assumer par la mairie RN
                        « Dommage que cela tombe sur lui : ce n’est pas celui que j’aurais visé en premier »
                        BDS, ne fait pas le tri. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

        • #149049 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          En tout cas s’il faut juger une pétition à la qualité des signataires, j’adhère grandement à celle-ci

        • #149069 Répondre
          Ballon
          Invité

          Quelle est la liste des réalisateurs qui ont menacé de retirer leurs films du festival ?

      • #149054 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Charles : je veux bien le texte de LY, si tu as

        • #149057 Répondre
          Charles
          Invité

          Posté par Stéphanie plus bas.

      • #149220 Répondre
        Remy
        Invité
    • #149045 Répondre
      Rigolus
      Invité

      Je regardais bref 2, meilleur note allociné. La série à un seul défaut. Elle est extrêmement immature et narcissique. Ce qui m’a fait arrêter la série. L’intelligence n’est pas suffisante pour continuer.
      C’est pour quand une France d’adulte ?
      https://x.com/i/status/2064071212054245391

    • #149046 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Le collectif


      On n’en parle pas de ce collectif dans Le monde Libé

    • #149047 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Le collectif ne parle pas de censure mais de boycott culturel

      • #149048 Répondre
        Seldoon
        Invité

        D’où le texte d’Orignac dont parlait Charles :

        « Sur le boycott de Nadav Lapid au FID, deux choses. La première est qu’il s’agit plus que d’un simple boycott, et qu’on est ici en droit de parler d’un acte de censure. Je sais que les défenseurs de la mesure tiennent à se distancer du terme, tant il ne fait pas bon genre. La censure, en son acception juridique, serait un acte émis par une autorité publique, et rien d’autre. Mais ce juridisme me paraît bien étroit en ce cas d’espèce : Lapid, de fait, se retrouve interdit de présenter son œuvre à un festival. On peut détailler autant qu’on veut la mécanique qui a abouti à cette situation, à la fin rien ne change : une œuvre et son interdiction. On devrait penser que la réduction historico-juridique du terme (imaginé par une doctrine libérale dans des sociétés d’Ancien Régime où règne le Droit Divin) le défigure aujourd’hui conceptuellement. Parce que la censure dans les sociétés contemporaines ressort plus largement d’une écriture constante d’un partage entre le dicible et l’indicible. Et que cette écriture, tout le monde y participe, à sa manière, dans un champ structural, comme dirait Bourdieu. Dans une société libérale-démocratique, on peut envisager que des micro-pouvoirs se forment ponctuellement, pour soutenir une cause, et que ce micro-pouvoir se dissout aussitôt son objectif atteint. C’est ce que font les groupes militants après tout, et leurs actions participent de cette écriture collective, même à petite échelle, sur le dicible et l’indicible. Dans le cas Lapid, il y a bien eu mobilisation d’opinions pour les transformer en un agent collectif à même de peser sur les décisions d’une institution. Pour en faire un pouvoir, donc. Une pression collective a ainsi été exercée pour que cette institution produise un acte de censure. Les personnes mobilisées ont obtenu gain de cause. Donc, oui, parlons de censure, même si ça sonne désagréablement aux oreilles.

        Deuxième chose : les défenseurs de l’éviction de Lapid la justifient en expliquant que ce n’est jamais le contenu qui est visé, mais simplement le mode de financement (son film Oui a été en partie financé par un organisme indépendant israélien). Je ne milite pas pour l’exceptionnalité des œuvres d’art, mais pour le regard différentialisé sur les objets dont on parle. Un avocat (le fruit) produit en Israël est un avocat : vert, mûr, crémeux, noiseté. Il ne dit rien sur Israël, autant manger un péruvien. Un film israélien peut dire quelque chose sur la société israélienne. Le rabattre sur son financement, c’est ignorer ce qu’il est : pas un avocat, mais un film qui écoule un imaginaire. On ne peut pas dire que Lapid écoule un imaginaire à la gloire d’Israël. Reste que ça n’a pas d’importance aux yeux de ceux qui ont souhaité sa censure. L’idée sous-jacente, j’imagine, est que ce qui compte, c’est le soutènement économique : qu’importe ce que le film a à dire, le fait qu’il le dise en partie avec de l’argent israélien le rend suspect. Autrement dit : Nadav Lapid est l’idiot utile d’Israël. Très bien, alors il va falloir être cohérent : que dire aux signataires de la Tribune anti-Bolloré dont les films sont financés par Canal+ ? Qu’ils sont les idiots utiles du fascisme ? Subtile manière de s’accorder avec les réacs quand ces derniers les invitent à se taire. Arrêtons d’exiger un héroïsme des pratiques aux cinéastes : Lapid a toujours été clair dans ses interventions, il s’est exilé de son pays pour ne pas avoir à participer à sa décomposition morale, pas la peine en plus de servir la rhétorique d’extrême-droite sur les traîtres qui profitent du système en lui demandant de se taire. »

        • #149063 Répondre
          poissonvache
          Invité

          Pour ce qui est de la forme, parler de censure c’est vraiment fort de café, la censure est du côté du pouvoir, le boycott de l’autre point. Pour ce qui est de la polémique, elle me donne vraiment de plus en plus envie de voir Oui pour me faire un avis.

          • #149065 Répondre
            Seldoon
            Invité

            L’expérience risque dêtre compliquée. Pour des raisons esthétiques avant tout.

          • #149072 Répondre
            Charles
            Invité

            Non, comme dit Orignac, la censure n’a plus depuis longtemps le sens le cantonnant à des mesures étatiques. On l’utilise depuis pour des opérateurs privés ou parapublics quand des artistes sont déprogrammés dans des concerts ou quand Canal + refuse de produire des films en opposition aux valeurs réactionnaires de Bolloré. A partir du moment où le boycott ne se limite pas aux refus de certaines personnes de participer à un événement mais qu’il conduit à l’exclusion d’un artiste, on peut dire a minima que le boycott a produit des effets de censure.

            • #149078 Répondre
              Fleur
              Invité

              Faudrait arrêter de propager de telles inepties Charles.

              • #149117 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                excellent argumentaire, Fleur

                • #149119 Répondre
                  Fleur
                  Invité

                  Vous parlez de censure, de racisme politique. Vous ne validez pas le boycott, pourtant il fait ses preuves. Vous avez une posture social démocrate. On ne peut pas lutter avec vous.
                  Grand bien vous fasse.

                  • #149131 Répondre
                    Fleur
                    Invité

                    Lundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner.

                    • #149168 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      je ne sais pas bien qui désigne ce vous
                      et il me semble que ce pronom relatif composé est bancal (la nervosité, sans doute)

                  • #149133 Répondre
                    Cabruelino
                    Invité

                    lutter ? Pour interdire un réalisateur d’aller dans un festival
                    pour vous c’est donc ça le grand horizon politique de la lutte pour la palestine, un misérable festival, c’est un sujet qui mérite des ambitions plus haute et une plus grande dignité que ça, c’est une guerre ou des gens meurt, ce festival tout le monde s’en branle
                    au lieu de traiter de socdem, vous devriez réfléchir au fait que vos sujet de « lutte » sont toujours centré sur des sujets culturel car vous n’êtes que des étudiants immature derrière votre clavier, le paris n’est pas risqué

                    • #149139 Répondre
                      Fleur
                      Invité

                      Lundi matin dit des mots moins grotesques que ceux sur lesquels vous vous êtes empressés de cautionner

                      • #149140 Répondre
                        Cabruelino
                        Invité

                        d’accord le perroquet

                      • #149143 Répondre
                        Fleur
                        Invité

                        Lundi matin dit des mots moins Grotesques que ceux sur Lesquels vous vous êtes empressés de cautionner…

                      • #149144 Répondre
                        Cabruelino
                        Invité

                        vous êtes une ia ?

        • #149122 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Texte bizarre. À quoi bon différencier le boycott de la censure pour in fine juger tout boycott culturel illégitime ?

          • #149134 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Il y a un autre pan glissant dans son argumentaire et je ne sais pas s’il s’en rend compte, presque comme s’il avait oublié sa critique du film sur Hors-Série à l’époque : je parle de la comparaison du film et de l’avocat.

            Orignac disait dans sa critique, entre autres : « Le 07 octobre a disparu, Israël a disparu, Gaza a disparu : à l’instant même où Lapid pensait déchirer son film d’un boulet de réel, ne reste symptomatiquement que la jouissance d’un spectacle« . Orignac, comme d’autres, était très sévère quant à « l’imaginaire » charrié par le film et ses effets de recouvrement du réel politique dont il traite. Il retombe alors dans les griffes du raisonnement de Yousfi plus bas sur la décidabilité des critères de boycott (interprétatifs vs. financiers). Quand on lit sa critique, on se dit qu’il n’est pas pleinement au clair sur son histoire d’avocat.
            .
            Sinon je trouve intéressante la distinction entre boycott de la participation d’un artiste à un Jury et boycott d’un film pour questions de financement. Et puis la comparaison financement Bolloré vs financement d’argent public israélien, bon, comment dire, ça ne tient que par un gros effort d’abstraction, quand même…

    • #149056 Répondre
      Stéphanie
      Invité
    • #149060 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      tu peux le reporter ici? problème de connexion avec facebook

      • #149064 Répondre
        Charles
        Invité

        « 2-3 remarques au sujet des accusations de « censure » suscitées par la déprogrammation du film de Nadav Lapid au FID.
        Je veux prendre au sérieux l’inquiétude ceux dont je ne doute pas de la sincérité, et qui se situent, selon moi, du bon côté de l’histoire. Alors résumons : le BDS culturel ne s’applique pas au contenu des œuvres, mais aux conditions matérielles de leur production. J’entends l’objection selon laquelle que c’est là que résiderait le problème, puisqu’on se priverait alors de films, certes financés par des fonds israéliens, mais qui porteraient une critique courageuse d’Israël, comme Lapid donc, et que cette indifférence vis-à-vis du contenu serait dangereuse car elle met sur le même plan un produit marchant lambda et un produit culturel (je veux même bien entendre l’idée que la culture jouisse d’un statut particulier et que ramener cette idée à une simple conception bourgeoise est une facilité).
        Je prétends, pour ma part, que c’est l’inverse qui serait dangereux car si on suivait cette logique jusqu’au bout, le boycott ne devrait concerner que les œuvres explicitement sionistes, ce qui ouvrirait d’interminables querelles d’interprétation. Après avoir passé tant de temps à défendre l’idée qu’une œuvre n’est jamais réductible à son message politique, qu’elle constitue un monde singulier dont la valeur excède toujours les intentions de son auteur, il faudrait soudainement nous convaincre de rompre avec ce principe élémentaire avec lequel nous créons et consommons tous les jours la culture. Dès lors, chacun viendrait défendre sa lecture du film, démontrer qu’il est un allié ou, au contraire, qu’il demeure problématique. Une telle situation me paraît infiniment plus redoutable pour l’autonomie relative de l’art que le fait de s’en tenir à la question des financements. C’est même tout l’inverse : en refusant d’arbitrer le contenu des œuvres, le boycott protège cette autonomie à laquelle beaucoup demeurent légitimement attachés. Dès lors qu’on commence à juger les films sur leur degré de conformité politique, il n’existe plus aucune limite claire.
        D’ailleurs si de tels critères étaient employés, en vérité, le champ d’action du BDS culturel serait réduit à peau de chagrin au point de n’être plus qu’un tampon de validation idéologique des films engagés sur la question palestinienne, tandis que le boycott se conçoit politiquement comme la volonté déclarée d’engager un rapport de force qui nous oblige à regarder l’asymétrie des rapports de force là où nous préférerions parler d’idées, de récits ou d’intentions, et nous intime à nous situer face à un appel historique concret, et non plus seulement face à des principes abstraits auxquels il est toujours plus facile de souscrire.
        Il faudrait faire confiance au pouvoir subversif et sensibilisateur d’un film israélien alors même que le génocide le plus documenté de l’histoire contemporaine est également l’un des plus largement tolérés ? Allons donc, les amis ! Les images ne manquent pas, les preuves s’accumulent, les récits abondent, et pourtant les institutions continuent de soutenir Israël tandis que la moindre expression de solidarité avec la Palestine fait l’objet d’une répression croissante. Je ne compte plus autour de moi le nombre de camarades poursuivis, intimidés ou menacés pour leurs prises de position. Nous pesons chacun de nos mots. Nous vivons sous la menace permanente d’accusations d’apologie du terrorisme. Notre parole est surveillée, contrainte, littéralement étouffée. Dans ce contexte, il faudrait en plus s’entendre accuser d’être les censeurs de l’histoire ?
        Si vous pensez réellement avoir raison sur ce coup-là, si vous tenez réellement à cette idée que la culture ne se boycotte pas, souffrez seulement d’entendre que votre vérité n’est pas audible pour ceux qui luttent concrètement, souffrez que ceux-là qui luttent parviennent parfois, de temps en temps, maigrement, misérablement, à faire basculer les choses en leur faveur, pour une fois, deux fois, allez peut-être trois fois seulement, et que cette fois seulement, on se met à les considérer avec sérieux, cette fois seulement où il est question de parler non pas de Palestine dans le cinéma et blablabla mais de la Palestine qui empêche POUR UNE FOIS notre petit monde feutré de tourner.
        Prenez acte également de cette chose fondamentale : le BDS culturel n’est pas une invention de militants occidentaux excessifs ou déconnectés. Il répond à un appel formulé par la société civile palestinienne elle-même, qui demande que sa lutte soit soutenue selon des modalités élaborées à partir de son expérience concrète de l’oppression et de ses propres analyses stratégiques. Et si nous nous révélons infiniment impuissants ici en Occident à aider à ce que cesse le massacre et la colonisation, nous leur devons AU MOINS ÇA, c’est-à-dire s’aligner derrière leur campagne dictée selon leurs besoins et leurs termes.
        Cette déprogrammation a d’ailleurs été demandée par des réalisateurs palestiniens et arabes qui refusaient que leur parole soit placée à équidistance de celle de cinéastes financés par des fonds israéliens, aussi critiques soient-ils du régime israélien. C’est un point essentiel, parce qu’on parle beaucoup de Nadav Lapid et très peu de celles et ceux qui ont estimé que leur présence dans le festival devenait impossible dans ces conditions.
        C’est aussi pour cette raison que la comparaison que j’ai croisée ici et là avec les artistes travaillant avec Canal+ ne tient pas. Personne ne réclame qu’un cinéaste quitte Canal+ ou rompe tout lien avec une institution française. Le BDS n’est pas une théorie générale de la pureté politique. Il répond à une situation historique précise, à un appel précis, formulé par une société civile précise. La France n’est pas concernée par le BDS. Israël l’est. On peut ne pas être d’accord avec cette stratégie mais alors il faut avoir l’honnêteté de dire qu’on conteste la stratégie des Palestiniens eux-mêmes, et non prétendre parler en leur nom contre eux. Le boycott ne dit pas aux artistes ce qu’ils doivent penser, écrire ou filmer mais leur pose une question beaucoup plus concrète : quels liens acceptez-vous d’entretenir avec les institutions d’un État qui mène une politique d’occupation, d’apartheid et aujourd’hui de destruction massive à Gaza ?
        Certains réalisateurs israéliens ont déjà répondu à cette question. Ils ont choisi de faire des films sans financement institutionnel israélien (Eyal Sivan, par exemple). Ils ont choisi de ne pas participer à certains événements soutenus par l’État israélien. Ces choix existent. Ils sont difficiles, très coûteux, mais ils existent. Nadav Lapid aurait pu faire ce choix lui aussi. Il a fait un autre choix. C’est son droit le plus strict. Mais il faut alors accepter que ce choix puisse être discuté, critiqué et qu’il ait des conséquences dans le cadre d’une campagne de boycott dont les règles sont connues depuis longtemps.
        C’est précisément ce qu’est un boycott : une tentative de créer un rapport de force politique en refusant certaines formes de collaboration institutionnelle. On peut difficilement réclamer que ce rapport de force existe tout en exigeant qu’il ne produise jamais le moindre effet. »

        • #149068 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          merci

          • #149155 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            J’adore ! C’est vraiment super…
            Il était 9h43 quand Charles a posté le texte, sur demande de François Bégaudeau.
            A 10h34, Bégaudeau n’a qu’un mot… Merci.
            Depuis, silence radio. Il en faut du temps pour voir l’avis des uns, l’avis des autres. Qui dit quoi qui dit qu’est-ce ?
            Il vaut mieux que les choses se tassent un peu.
            Bégaudeau se demande très probablement ce qu’elle en pense Justine, elle qui a signé le support à Lapid. Et de Peretti, il en pense quoi lui ? Même Charles Tesson ? Bah merde alors. Et moi alors j’en pense quoi au fait. Je ne vais quand même pas passer pour un mou dans cette histoire ?! Mais je ne veux pas passer non plus pour un politimane.
            Merde ! Qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je vais dire ? Putain tout le monde m’attend au tournant… Faut surtout pas dire de connerie. Je vais bien trouver un truc pour pas me mouiller. Fait chier ce festival à la con que personne ne connaît. Oh et puis Lapid qu’est ce qu’il nous aura fait chier çuila.

            • #149156 Répondre
              Midlle
              Invité

              Ce commentaire est encore plus affûté.
              Il y a aussi le mari de Justine, celui-là même qui a signé la tribune contre Bolloré et qui bégaie dès qu’on l’interroge sur le sujet. Bon, il a pas fait une Zadiste.
              Cela dit, il n’ira sans doute pas jusqu’à se comporter comme l’attachée de presse officielle de Niels Schneider avec les journalistes de France 24. Je ne parle même pas de De Peretti, dont les liens avec la famille Sarkozy-Bruni sont bien connus.
              Tout ce beau monde s’indigne qu’on puisse ne pas avoir envie de verser le moindre centime à l’État d’Israël.

            • #149169 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Les opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
              Mon sentiment le plus net sur cette affaire étant qu’elle me fatigue, et que prendre connaissance des dernières arguties me donne immédiatement envie d’écouter un vieux Screeching Weasel

              • #149200 Répondre
                M’idolâtre
                Invité

                D’après begaudeau
                Les opiniocentriques ne comprendront jamais qu’on ne se sente pas obligé d’avoir une opinion sur tout, ni, a fortiori, de la formuler publiquement.
                Partant du constat qu’il s’identifie comme homme de gauche, on peut penser qu’il adhère au boycott. Mais non, il n’est pas favorable à cela car il est interdit d’interdire. Peut-être une idée du futur qui l’attend. Une phrase prémonitoire

                • #149239 Répondre
                  Cabruelino
                  Invité

                  Interdit d’interdire
                  Drôle de slogan, je me demande à quel camps politique il était rattacher déja ? J’ai oublié…

    • #149120 Répondre
      Tony
      Invité

      Demain étant le jour des Steven, j’ai revu quelques uns de leurs films,je déconseille catégoriquement Empire du soleil(Christian Bale était déjà, à 12 ans, insupportable et plein de grimaces,beurk),et j’ai commencé à lire le Steven Soderbergh de Mercier et Chabert, meilleur livre de cinéma lu depuis très longtemps, très très bien écrit,au plus près de la matière des films, d’une très grande richesse dans l’analyse et,en parallèle,je revois les premiers films de Steven,bref ça va m’occuper pendant un moment !
      Et vivement demain !

      • #149170 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pour ma part, revu Munich, qui est encore plus une saloperie, nourrie de betise bien sûr, que ce que j’avais ressenti à sa sortie
        Spielberg est tout uniment un adversaire de cinéma et un adversaire politique
        Pas encore vu le nouveau.

        • #149171 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Revu aussi The insider, qui est un sommet.

          • #149176 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Et pourtant derrière ton dos une réconciliation :
            « Après avoir vu Les Dents de la mer, j’ai su que je deviendrais cinéaste » – Steven Soderbergh
            https://www.lefigaro.fr/cinema/steven-soderbergh-apres-avoir-vu-les-dents-de-la-mer-j-ai-su-que-je-deviendrais-cineaste-20260609
            @François : question sérieuse. Quand Soderbergh met tout son artisanat de cadreur et de monteur au service de la narration, comme il le fait très régulièrement dans des scènes entières de The Insider (par exemple la première scène de restaurant où on rencontre l’équipe avant qu’ils aillent chez le couple – scène au découpage assez passionnant, mais /et scène réduite à de la narration pure), pique obsessionnellement des trucs chez Spielberg et Fincher, tu ne te dis pas que tu as en face de toi un ami de cinéma pas entièrement aligné ? En fait je me demande si ce qui te repousse chez d’autres mais est présent chez ce Steven là participe ou non, dans cette cuisine particulière, à ce que tu défends dans son cinéma.
            @Tony: Je m’associe aux louanges sur le Mercier/Chabert dont je picore les deux tomes depuis un an au lieu de les lire d’une traite – un tout petit peu trop exhaustif et érudit pour rester digeste.
            Merci d’admirer le champ lexical culinaire de ce ce message.

            • #149184 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Tu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. Eh bien dans les deux films revus ces jours ci, qui passent pour deux de ses meilleurs, ça ne me frappe pas. Il y a meme des scènes que, d’un strict point de vue de conteur visuel, il rate
              L’autre Steven donne évidemment dans cet artisanat – que cinéaste américain ne le fait pas- mais :
              1 il le fait mieux
              2 il ne fait pas que ça – son inventivité formelle consiste en bien d’autres choses qu’en ça
              3 dans le plan cadré-classique (parfois) de Steven, il n’y a pas des acteurs qui jouent comme des culs et délivrent un texte niais. Ca aide à apprécier sa grammaire classique.
              4 là où Steven s’échine à rendre tout explicite et clair pour les grands enfants qui le regardent, Steven excelle à obscurcir le transparent – et The insider est un film définitvement rempli de points d’opacité
              etc etc

              • #149185 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                et les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce

                • #149190 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  « Tu ne cesses de dire que Spielberg aurai au moins pour lui une sorte de brio classique, un talent d’expressivité visuelle. »
                  Toi même ne le niait pas en GO te demandant même si le Spielberg que tu préférerais ne serait pas l’entertainer pur, celui des Aventuriers de l’Arche perdue.
                  Ce en quoi je souscris, ayant revu avec un plaisir non feint cet autre « ennemi de cinéma  » (eh oui, paradoxe) que constitue Indiana Jones et le Temple maudit, peut être le meilleur de la franchise.

                  • #149194 Répondre
                    lassou
                    Invité

                    Pourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ?

                    • #149204 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « Pourquoi le temple maudit est un ennemi de cinema ? »

                      Parce qu’il coche toutes les cases de l’infantilisation du cinéma hollywoodien , et le devenir hégémonique de cette infantilisation qui commence quelque part avec Les Dents de la mer, pour asseoir son règne avec ce Temple maudit : pillage/copie des poncifs des vieux films d’aventure et des serials qu’on embourgeoise à coup d’effets spéciaux, inflation des péripéties jusqu’au non sens, etc..
                      A l’époque on disait « films faits par ordinateur »
                      On dirait IA aujourd’hui.

                  • #149199 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    En effet je ne l’ai jamais nié. Et j’ai toujours dit que ça ne suffisait pas à faire un cinéaste (sauf à occulter mille choses, comme tel individu rencontré récemment qui prétendait ADORER MUNICH tout en se foutant royalement de ce que ça raconte). Cette conception « vierge » du savoir faire de cinéaste est typiquement… spielbergienne. Que le cinéma soit cette espèce de bulle enfantine qui ne veut rien savoir du reste. Qu’un plan soit une chambre d’enfant où bien dormir.
                    Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. Et ce n’est pas une nuance.

                    • #149201 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      « Par ailleurs j’ai parlé d’adversaire et non d’ennemi. « 
                      En plus c’est vrai.

                  • #149205 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Par ailleurs malgré le goût de Spielberg pour l’image il y a une certaine matérialité (souvent carton-pâte, mais le carton ça reste de la matière et non des pixels) qui a progressivement disparu de son cinéma en même temps que du reste d’Hollywood. Un peu moins chez lui, mais quand même. Dans Indiana Jones 123, quand un tank tourne devant la caméra, on sait à tout jamais à quoi ça ressemble un tank qui tourne, quel est son poids, ce que ça fait aux cailloux. Tout ça est beaucoup plus visuel et moins matériel aujourd’hui chez Spielberg. Ca partipe au fait que ça tourne plus à vide en XXIeme siècle qu’avant, même sur de l’entertainment pur, même avec un brio technique plus affirmé.

                    • #149206 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      C’est juste mais c’est aussi tout simplement la dictature des pixels et des fonds verts que tu peux incriminer.
                      Les 3 premiers Indy sont des films en dur.

                      • #149207 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        En même temps c’est ce que tu dis (rires)

                      • #149209 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Alors dictature des pixels et fond vert oui c’est ce que disais mais il s’est passé autre chose chez Steven en plus je pense. Par exemple : avec les années, il a perdu son intérêt pour les visages humains. Il a passé une décenie à filmer Tom Cruise, DiCaprio et Eric Bana, choisis surtout pour leur statut de star (ça demande un effort mais il faut bien se souvenir que Bana était alors une star). Ses castings dans leur intégralité sont devenus plus lisses (physiquement), il suffit de se concentrer sur ses jeunes comédiens pour que ce soit flagrant.

                      • #149210 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Un Tom Hanks est quand même plus lisse que Harisson Ford, Sam Neil, Ralph Fiennes ou Robin Williams.

                      • #149228 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui mais Tom Hanks était lisse comme une figure de l’américain moyen qui a gravi ou non les échelons, avec un visage humain, sans avoir une beauté irréelle à la Pitt ou publicitaire à la Cruise, à la limite de l’androgynie. C’est le James Stewart des années 90. Les autres que tu cites n’ont pas incarné grand-chose, à l’exception de Ford qui serait une version virile de Hanks.

                • #149203 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  « et les phrases comme « j’ai su que je deviendrais cinéaste », aussi connes que du Fabelmans, sont des fraudes y compris quand c’est Steven Sod. qui les prononce » Bien sûr, ça m’a juste fait rire que ce soit le premier résultat Google aujourd’hui sur « Steven Soderbergh ». Reste que le pont existe. Tu sais bien qu’il dissèque l’artisanat de Fincher et Spielberg (et d’autres), cf Indiana Jones en noir et blanc, etc.
                  Je passe sur le point 1 qui est un désaccord à jamais acté comme sur les 2, 3 et 4 sur lesquels il y a accord total. Ce n’était pas exactement ma question. C’était plutôt : est-ce que ce savoir faire là de Soderbergh, très présent dans The Insider et qui à mon avis utilise une bonne part de son énergie sur le plateau, participe à la grandeur de son cinéma ? Est-ce entremêlé à ses autres talents ou est-ce parfaitement distinct ? Est-ce que c’est sur ce terreau classique voire classiciste de haute qualité que doit s’épanouir son opacité, sa capture du reel, son inventivité formelle ? (Il est évident que ce talent pour la grammaire classique aide sa carrière et donc favorise l’existence de ses films, mais ce n’est pas le sujet)
                  En y repensant j’avais The Girlfriend Experience en tête. De ce que j’ai vu un de ses rares films où l’artisanat hollwoodien est en gros absent et qui est peut être son plus fort. Ce qui pousserait à dire que c’est dissocié, voire même peut-être un frein. Mais de l’autre côté je pense à l’incroyable quantité de série B qu’il fabrique, où on voit bien que le cadre – scénaristique et visuel – hollywoodien/cinoche/académique offre à ce monsieur un terrain de jeu idéal. Il y a quelque chose de profondement ludique à tous les étages chez ce Steven là.

        • #149195 Répondre
          lassou
          Invité

          T’aimes rien du tout ? Même pas les indy ou la guerre des mondes ? Faut que je le revois mais grand souvenir de celui-ci.

          • #149218 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai revu La guerre des mondes il y a trois jours, que je trouve plutot un très bon film catastrophe (et non pas d’action, car il n’y a pas d’action), mais d’une insignifiance totale (et d’une grande laideur chromatique, ajouté-je)

            • #149221 Répondre
              lassou
              Invité

              Revisionnage de plusieurs Spielberg donc, pour préparer le Tout va bien sur discolure day ?

              Insignifiant en quoi ?

              Rien à voir, fin pas totalement, j’ai souvenir d’une critique de toi où tu compares le film à La Vie est belle de Benigni, avec Cruise qui transforme l’événement en jeu. Tu ne saurais pas où je peux retrouver ça, par hasard stp, si tu te souviens dans quel mag ça avait été publié.

      • #149198 Répondre
        lassou
        Invité

        Je fais pareil, sur les premiers films, on sent qu’ils n’ont quand même pas grand-chose à dire, mais se focaliser sur des détails simples et véridiques ça suffit (genre pour le premier : scène d’un type qui range ses courses est suivie d’une scène de discussions, la discussion commence en off pendant que le type range, les scènes s’emboîtent sans arrêt avec la discussion en voix off, je retranscris sûrement très mal).

        Le premier, je le trouve chouette, on y trouve déjà le « swing » de Soderbergh, peut-être à cause du dispositif sur le son, l’actrice est jolie, il y a le côté « entertainement » dans la mise en scène, à chaque fois lors de la « discussion finale »/du climax je me dis quand même que le film est un peu vide. Kafka je déteste, et le troisième (je me suis arrêté là), le « à la spielberg » selon le livre, c’est mon préféré pour le moment. En dehors des qualités ou non, grosse sympathie à chaque fois, parce que tu sens, et c’est ce qui ressort du bouquin, que c’est un type qui se cherche.

        Et ouais, je trouve aussi que the insider c’est un sommet, c’est lui qui m’a donné envie de faire sa filmo (je connais très mal) et de lire le livre.

        • #149213 Répondre
          Tony
          Invité

          En effet King Of the Hill gagne à être connu,il y a un peu de Spielberg,de l’émotion,mais en beaucoup plus fort car saisi dans un ancrage social,à la Dickens,et déjà une description réaliste,d’époque et reconstituée,qui nous fait voir quels types de rapports sociaux sont produits par l’économie,et il y a aussi cet aspect, plutôt rare dans ses films suivants, où on sent une inquiétude sur sa judéité avec une scène magnifique où il est dans un train et il aperçoit son voisin,amaigri,qui avait été expulsé et qui vit maintenant dans un bidonville et il le salue de loin alors que le train continue à rouler et on a cette image qui nous vient d’un camp de concentration, c’est assez stupéfiant.

          • #149214 Répondre
            Tony
            Invité

            Kafka est pas si mal que ça si on accepte qu’il ne s’agit pas de l’écrivain en tant que personne mais de sa mythologie.

      • #149229 Répondre
        Charles
        Invité

        Les deux Steven qui se sont bien fait défoncer par le binôme Joudet-Denouette dans les midis de culture. Joudet exagère évidemment car les films de Soderbergh sont quand assez reconnaissables même quand ils sont sous influence.

        • #149233 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je me souviens de Soderbergh au début des années 2000 (probablement pendant le bide Solaris) qui remarquait que son côté touche à tout déstabilisait certainement la critique qui avait alors du mal à le considérer comme un cinéaste et à la prendre au sérieux. Il revendiquait alors de ne justement pas être reconnaissable. C’était alors plus vrai qu’aujourd’hui.

          • #149241 Répondre
            Tony
            Invité

            Je viens de voir Disclosure Day et je vais écouter les deux larrons des midis de culture,je me demande si le TVB va être maintenu,je ne sais pas ce que François va pouvoir en dire,ça risque d’être sanglant, c’est vraiment un drôle de truc, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.

    • #149230 Répondre
      Momo
      Invité

      En terme d’entertainment pur, je ne suis pas loin de penser que Catch Me If You Can (Arrête moi si tu peux) n’est pas loin d’être le meilleur film de Spielberg, ou du moins son plus sous-estimé.

    • #149232 Répondre
      Samuel_Belkekett
      Invité

      On ne me fera pas croire qu’il s’agit d’une coïncidence.
      Alors qu’hier soir FB demande à voir le texte de soutien au boycott de Lapid, dit que cette histoire l’intéresse, que ce matin il dit dit qu’il va décevoir les « onpiniocentriques » mais que cette affaire lui prend la tête et qu’il n’a pas d’opinion là-dessus, ne voilà-t-il pas qu’à 8h10 précise, il s’en prend on ne peut plus violemment à Munich, de Steven Spielberg. Film qui en fait, je le cite, un adversaire politique. Et qu’un individu (François nous précise bien que ce n’est même pas un ami) qui prétend avoir adoré Munich, se fout royalement de ce que ça raconte.
      Je n’ai aucun problème à reconnaître que Spielberg est une bonne tête de Turc.
      Traduction : Attention ! Nous rappelle l’ami Bégaudeau,
      je ne suis pas si neutre que ça ! C’est pas vrai, je ne suis pas neutre c’est pas vrai ! Voyez ce que je fais d’un film comme Munich…
      Faut pas me chercher très longtemps avec les problèmes d’idéologie moi. Je sais les décrypter moi. Les sionistes je les sens 100 mètres à la ronde. Et puis si on n’a pas compris de quel côté je suis, la prochaine fois je vous parlerai de la 7ème Compagnie, et au clair de lune en plus ! Faut pas m’chercher longtemps moi !

      • #149237 Répondre
        poissonvache
        Invité

        Il y a pas à chercher 12h à 14h, je pense que François veut un peu avoir le beurre et l’argent du beurre, à la fois l’apanage du penseur critique, contre l’ordre dominant tout en se gardant de trop s’engager sur les sujets militants « chauds » (qu’il considère indigne d’intérêt, lui qui aime toujours refroidir les situations pour les décortiquer). C’est pour cela d’ailleurs qu’il développe tout son discours autour du déterminisme qu’on lui connait bien: « si tout est déterminé, à quoi bon s’engager et militer ? »
        .
        Néanmoins à la question « est ce que Bégaudeau est un camarade » ? Bien sûr. Ses essais politiques, les sujets et la littérature qu’il développe dans ses romans, son travail dans la critique de cinéma etc.. tout transpire la gauche sans oublier toutes les interventions sur le web et son bagou qui a gauchisé pas mal de confus sur internet..
        .
        Si on devait chercher des raisons à son positionnement, faudrait aller voir du côté de son passé, l’expérience avec Ségolène Royal en 2007 (dont il parle peu) qui l’a un peu dégouté de l’engagement politique ? Peut être un intérêt boutiquier ? En effet, des Ernaux ou Vuillard, du haut de leur prix littéraires qui leur assurent des ventes confortables peuvent se permettre leur prise de position, François accommode donc son mépris du militantisme au fait que ça pourrait en plus lui amener des emmerdes (là je connais pas suffisamment le milieu littéraire et les ventes de chacun pour avoir un avis) ? Peut être aussi qu’il a vécu d’une époque où les artistes engagés se sont fait plus rares et que ça l’a influencé (chute du mur, fin de l’histoire etc) ?
        .
        Alors bon, il a la volonté de confort petit bourgeois de l’artiste qui souhaite rester dans son petit environnement cotonneux de l’art, c’est compréhensible, mais lui en faire grief n’est ce pas en attendre un peu trop de lui ? Est ce que ce n’est pas aussi parce qu’il fait du bien à la gauche su les autres plans que l’on voudrait le voir en artiste/intellectuel engagé « total », aussi engagé sur des piquets de grève, les manifs, signant des tribunes, se ralliant à un parti etc ?

        • #149238 Répondre
          Cabruelino
          Invité

          Si on le lit bien il dit que Spielberg est un adversaire, et rajoute ensuite pas un ennemi

          Les boycotteurs voient Lapid comme leurs ennemi

          Le point est la je pense

          • #149255 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Bien dit, bien vu dans l’ensemble.
            D’ailleurs cette idée de l’écrivain engagé a été façonnée de plusieurs façons. Même par Sartre à qui revient la palme du concept.
            La première mouture était du temps ou il était encore complice avec Camus.
            C’est personnellement cette version là que je préfère. Qui consiste à dire que tout écrivain est engagé, et même toute écriture. Ne serait-ce par la posture que prend l’écrivain dans et par ce qu’il raconte. Dans le jeu de l’époque et des forces en présence.
            Autrement dit, qu’il y a une éthique de l’engagement inhérente à ce qu’on raconte et la façon dont on le raconte. C’est l’existence qui rayonne et qui va à l’encontre de l’esprit militant qui voudrait que tout soit explicité.
            C’est plus tard en devenant compagnon de route du PC que l’engagement sous la plume de Sartre s’est épaissi. Faut dire que l’époque était différente.
            Quoi qu’il en soit c’est le politique qu’on voit poindre en filigrane de l’art, parce que l’art en filigrane du politique, ça, il n’y a que le militantisme qui en fait le pari.
            .
            L’expérience avec Ségolène Royale ?
            Quelle expérience ? Expérience… traumatisante ?

            • #149291 Répondre
              poissonvache
              Invité

              Je suis d’accord qu’il y a plusieurs moutures de « l’artiste engagé » et il me semble que ce sujet a été très travaillé (malheureusement j’ai peu lu sur ce sujet).
              « Faut dire que l’époque était différente. »: C’est effectivement un paramètre important dans cette discussion. Il y a effectivement des moments de l’histoire où l’heure est au choix, à l’engagement, et où il est compliqué de rester dans le domaine éthéré de l’artiste.
              D’ailleurs du côté de François, sa production artistique et intellectuelle s’en fait ressentir, la repolarisation politique des dernières années l’a conduit à sortir des essais (Histoire de ta bêtise, Notre Joie ..) clairement marqués à gauche, en rupture avec l’ordre établi.
              Donc oui, il s’inscrit dans cette tendance structurelle de repolarisation, il a choisi (ou il s’est fait traversé par des déterminismes qui l’y ont conduit comme il le dirait). Néanmoins il ne passe pas totalement le pas en allant jusqu’à l’engagement militant. D’un côté on peut le blâmer de ne pas « faire sa part » et participer pleinement à la dynamique de la gauche, de l’autre il faut aussi constater que la gauche n’est pas encore assez puissante pour faire en sorte qu’il deviennent normal et inconcevable pour lui de ne pas prendre parti dans ce moment (car puisque François est 100% déterminé, il suivra le mouvement si la dynamique est bonne).
              Concernant Ségolène Royal, c’est en lien avec un doc qu’il avait réalisé avec ses amis où ils expliquaient qu’ils voteraient PS en 2007. Je ne connais pas cette époque donc c’est dur pour moi de recontextualiser. Lui n’a, à ma connaissance jamais trop développé sur cette épisode de sa vie (pas de souvenir dans son livre Deux singes ou ma vie politique, ni dans ses interventions sur internet, peut être que je me trompe).

              • #149307 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                Intéressant ce que tu dis. Néanmoins il a raison de ne pas passer le cap du militantisme. D’ailleurs ça veut dire quoi « faire sa part »? On peut militer pour une cause très précise sans pour autant revêtir l’uniforme intégral du militant. Un écrivain se doit d’être dégagé. On peut être marqué à gauche sans être militant. Maintenir la distance nécessaire pour inscrire les faits sociaux dans une vision plus large que le pur et simple politique. Un projet littéraire ne doit pas ressembler à un plan de carrière, mais bien souvent c’est le militant qui s’enferme dans des schémas rationnels répétitifs, une fétichisation du discours, aveugles aux subtilités qui habitent les phénomènes.
                Ce qui m’intrigue bien, c’est ce que tu dis de 2007, parce qu’à l’époque il y avait une grosse préoccupation à gauche de l’élection de Sarkozy. C’est pourquoi sans connaître cet épisode, ce doc dont tu parles et ce vote, je me demandais si aujourd’hui, l’urgence de la situation le déterminerait à aller voter. Tout comme Shiva.

              • #149597 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Permets moi de donner ma version
                La publication d’essais n’a rien à voir chez moi avec une nécessité de « s’engager » liée à un certain état des choses.
                Il se passe qu’on m’a commandé un essai en 2017, lequel est devenu Histoire de ta betise, et que, l’écrivant, j’ai entrevu un espace d’écriture fécond et qu’il m’intéressait d’explorer, comme un cinéaste découvrirait qu’il se sent bien dans le genre western et peut y faire des belles choses.
                Je signale en outre que ce mode d’écriture je l’avais pratiqué précédemment, par exemple dans D’ane à zèbre, écrit en 2012 (et dont un des fragments est consacrée à déconstruire la valeur mérite, un autre à décrire ce que pourrait etre une raport bourgeois au monde), mais beaucoup à travers des articles ou textes, dont une toute petite partie a été republiée l’an dernier dans l’ouvrage nommé Interlope – et que je trouvais intéressant de republier dans la mesure où précisément il permet de restituer la réalité d’un « parcours » (le mien)
                Aussi bien, à un individu qui récemment me reprochait d’etre quasi exclusivement centré sur la question des classes, je signalais, pour sa gouverne, que nombre de mes productions théoriques des années 2000 portait sur les questions de race et de genre (ce que Interlope archive aussi)

                • #149689 Répondre
                  poissonvache
                  Invité

                  Oui, on a compris.. tu n’es pas un militant (pas suffisamment cool dans la cour de récré) et tu as depuis toujours été un fieffé marxiste, décolonialo-féministe. D’aucun diraient que tu essayes de cacher des atermoiements de jeunesses (Pas de dépliement de ce qui s’est passé avec Ségo en 2007) ? Moi je dirais, avec une certaine provocation, que tu es en train de réécrire ta biographie par esprit de boutiquerie (« biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire »).
                  Hate en tout cas que tu obtiennes ton Nobel en 2026 pour ne plus en avoir rien à foutre et qu’on te voit faire les premières partis des meeting du vieux en 2027.

                • #149690 Répondre
                  poissonvache
                  Invité

                  Sans rire, avec l’habileté que tu as à t’ausculter et déplier les choses qui te traversent, je serais très intéressé de savoir ce qu’il y a eu autour de ce docu en 2007. Ou alors c’est plus facile d’admettre qu’on est traversé par des affects raciste en regardant l’EDF que d’admettre qu’on a milité pour le PS en 2007 ? (te braques pas pitié, je rigole François)

    • #149250 Répondre
      Charlie
      Invité

      Après peut être qu’il est possible de concevoir, à part pour les begaudien radicaux ou les antis (dont je me demande tout le temps ce qu’ils ont comme vie pour être autant présents ici) et qui attendent une opinion pour pouvoir soit suivre aveuglément la parole sacrée soit lapider le faux prophète, qu’il est un peu laborieux d’avoir une opinion tranchée sur ce sujet ?

      Pour ma part le texte de Sylvain George et les deux pétitions se répondent bien, je peux comprendre qu’il soit nécessaire qu’il y ait des dommages collatéraux dans une position de boycott qui doit être totale comme je peux concevoir qu’il est regrettable qu’on ne réduise un cinéaste à sa seule nationalité. D’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?

      Difficile donc de s’exprimer sur cette affaire, la seule chose que je sais c’est que le FID a toujours eu l’air ultra-chiant.

      • #149253 Répondre
        Remy
        Invité

        D’autre part je suis assez étonné de l’argument de dire qu’il a bénéficié du soutien financier du gouvernement israélien (bien qu’il semble que le seul financement qu’il ait eu vienne d’une ONG), justement est ce que ça n’est pas très bien joué d’utiliser l’argent du gouvernement pour le critiquer ?
        https://www.bdsfrance.org/un-eclairage-bds-sur-nadav-lapid/

        • #149254 Répondre
          Remy
          Invité

          Invité à participer au jury du festival international du cinéma de Marseille (FID), le réalisateur Nadav Lapid vient d’annoncer l’annulation de sa participation à la suite d’appels au boycott. Des personnalités du cinéma s’émeuvent qu’un cinéaste ouvertement critique du régime israélien se retrouve « censuré » au nom de la contestation du régime en question [1]. D’autres au contraire, estiment que les milieux culturels ne peuvent faire exception, c’est l’avis défendu ici par le cinéaste Sylvain George qui propose une réflexion sur cette « vieille théologie de l’art », c’est-à-dire l’idée bourgeoise et réactionnaire selon laquelle les œuvres, les artistes et les institutions culturelles pourraient être soustraits aux conditions politiques, économiques et historiques de leur existence. Il propose ainsi de déplacer la discussion du terrain des personnes vers celui des institutions, des financements, des régimes de visibilité et des responsabilités qui accompagnent toujours la circulation des œuvres.
          —-
          ///Le symptôme du FID Marseille ///
          Ce qui s’est passé autour du FID Marseille est révélateur. Nadav Lapid devait participer au jury de la prochaine édition du festival, du 7 au 12 juillet 2026. Plusieurs cinéastes sélectionné·es ont alors menacé de retirer leur film, en raison de ses liens avec des financements institutionnels israéliens. Le festival a d’abord tenté de déplacer sa présence vers une simple séance autour de son film Policier, avant que Lapid ne renonce finalement à venir. Selon Le Monde, près d’une dizaine de films auraient été retirés ou menacés de l’être dans ce contexte. [2]
          Il ne s’agit pas ici de savoir si Nadav Lapid est, subjectivement, un partisan ou non du gouvernement israélien. Il ne l’est manifestement pas. Il s’est souvent présenté en effet comme critique de la société israélienne, et son dernier film, Oui, a été reçu par une partie de la bourgeoisie culturelle européenne comme un « brûlot » anti Israël – ce qu’il n’est pourtant en aucun cas. [3] Mais c’est précisément là que commence le problème. Car le boycott culturel, tel qu’il est pensé par BDS, ne repose pas sur l’examen moral des consciences individuelles. Il repose sur une analyse institutionnelle. La question n’est pas de savoir si un cinéaste est critique, sympathique, dissident ou progressiste. Elle est de savoir si son travail circule avec le soutien, le financement ou la légitimation d’institutions liées à l’État israélien.
          /// Ce que vise le boycott ///
          Au regard des critères PACBI, [4] la question n’est donc pas l’identité israélienne de Nadav Lapid, ni sa seule présence individuelle, mais le statut institutionnel de cette présence, les financements mobilisés par ses films, la projection envisagée du Policier et la manière dont un festival international peut, même malgré lui, reconduire une normalisation culturelle de l’État israélien au moment même où celui-ci poursuit une politique coloniale et génocidaire. Le boycott, tel que l’envisage BDS, ne vise pas les artistes en tant qu’individus, ni leur nationalité, ni leurs opinions personnelles. Il vise les institutions, les financements, les parrainages, les opérations de représentation et les dispositifs de blanchiment politique. En aucun cas il ne s’agit d’une chasse aux sorcières, ni de la mise au pilori d’un homme. Réduire le débat à une querelle personnelle autour de Nadav Lapid reviendrait précisément à manquer ce qui est en jeu. La question n’est pas celle d’une conscience individuelle, mais celle des rapports entre culture, institutions et pouvoir. C’est pourquoi il faut être extrêmement précis. Refuser Lapid comme personne ne serait pas, en soi, conforme à l’esprit du boycott. Interroger sa présence comme figure invitée, dans un festival, avec une œuvre soutenue par des fonds israéliens et une projection envisagée, relève en revanche d’une critique des conditions institutionnelles de circulation des films.
          /// Un État colonial, un monde détruit ///
          Aujourd’hui plus que jamais, accepter des fonds institutionnels israéliens ne peut plus être traité comme un simple détail administratif. Nous ne sommes pas dans une situation abstraite, ni dans un conflit symétrique entre deux récits. Nous sommes face à un État dont le premier ministre, Benyamin Netanyahou, est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité [5], tandis que son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure d’extrême droite, est interdit d’accès au territoire français depuis le 23 mai 2026 [6]. Nous sommes face à un droit international constamment bafoué, à des arrestations arbitraires, à la détention sans jugement, aux violences répétées contre les prisonniers palestiniens, aux accusations de tortures et de viols sexuels, y compris avec des chiens, mais aussi à des dispositifs d’exception qui cherchent à rendre juridiquement possible la peine de mort uniquement contre des Palestiniens. Nous sommes face à un génocide en cours à Gaza, c’est-à-dire à une politique d’extermination documentée par de nombreuses instances internationales, dans un contexte où la Cour internationale de justice a ordonné dès janvier 2024 [7] à Israël de prévenir les actes relevant de la Convention sur le génocide, tandis qu’une commission d’enquête indépendante de l’ONU a conclu en septembre 2025 [8] qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza.
          À cela s’ajoute l’urbicide, c’est-à-dire la destruction méthodique des conditions urbaines de l’existence. Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui sont détruits, mais des milieux de vie, des hôpitaux, des écoles, des archives, des quartiers, des cimetières, des infrastructures d’eau, de soin, de circulation, de transmission [9]. L’écocide accompagne ce processus, car la destruction de Gaza est aussi celle d’un environnement rendu inhabitable. Il ne s’agit donc pas seulement de morts, mais d’attaques répétées contre la possibilité même de vivre, d’habiter, de respirer, et de transmettre un patrimoine culturel.
          Ce processus ne se limite pas à Gaza. Le Liban est lui aussi pris dans une logique d’expansion militaire, d’occupation et d’annexion de fait. En 2026, Israël a de nouveau étendu ses opérations dans le sud du Liban, jusqu’à reprendre le château de Beaufort, lieu emblématique de l’ancienne occupation israélienne de 1982 à 2000 [10]. Plusieurs observateurs ont immédiatement souligné le risque d’une occupation prolongée et d’un enlisement colonial renouvelé. [11]
          Dans cette configuration, recevoir l’argent d’un fonds israélien n’est pas neutre. Cela revient, qu’on le veuille ou non, à participer à l’économie symbolique d’un État engagé dans des politiques coloniales, militaires et exterminatrices. Ce n’est pas une simple affaire d’intégrité, voire de pureté individuelle. C’est une affaire de responsabilité institutionnelle. Un artiste peut se dire contre le gouvernement, un film peut se présenter comme critique, mais cela ne signifie pas pour autant que l’institution qui finance, soutient, exporte et valorise ce film ne participe pas à une stratégie de normalisation. Cela permet de dire au contraire que la culture israélienne continue, que le débat existe, que la démocratie critique fonctionne encore, alors même que les structures matérielles de l’existence palestinienne sont détruites.
          /// « Un artiste n’est pas une orange » ///
          C’est là que le débat sur la liberté artistique devient profondément hypocrite. Une partie du monde culturel accepte très bien le boycott lorsqu’il vise la Russie, l’Iran, ou d’autres États désignés comme infréquentables. Elle l’accepte aussi, parfois, lorsqu’il s’agit de produits issus de l’agriculture israélienne ou de l’économie coloniale. Mais lorsqu’il s’agit d’artistes, elle se révolte aussitôt, comme si l’art changeait magiquement la nature du problème. Nombre d’arguments se font alors entendre du type « un artiste n’est pas une orange ». La formule paraît de prime abord généreuse. Mais elle est surtout révélatrice d’un mépris profond pour les travailleurs, les paysans, les ouvriers agricoles, comme si eux pouvaient être boycottés sans dommage parce qu’ils n’auraient pas la dignité symbolique de l’artiste. Elle reconduit surtout une hiérarchie ancienne entre les formes nobles de la culture et les formes supposées ordinaires de la production matérielle. Le boycott ne compare pas les « artistes à des oranges. » Il rappelle simplement qu’aucune production, qu’elle soit agricole, industrielle, universitaire ou artistique, n’est innocente lorsqu’elle est prise dans des circuits institutionnels qui servent à normaliser un État colonial.
          /// La vieille théologie de l’art ///
          Ce qui se défend ici, sous couvert de protection de l’art, c’est donc un partage beaucoup plus ancien entre les œuvres et le monde qui les rend possibles. À la production agricole, industrielle ou commerciale, on reconnaîtrait des circuits, des intérêts, des dépendances, des responsabilités. À l’art, en revanche, on accorderait une sorte d’exemption symbolique, comme si une œuvre cessait d’être prise dans des financements, des institutions, des États, des marchés et des stratégies de prestige dès lors qu’elle pouvait invoquer la liberté de création. C’est ce partage qu’il faut refuser. Non pour réduire l’art à ses conditions matérielles, mais pour rappeler qu’il ne s’en affranchit jamais absolument.
          Le problème n’est donc pas seulement le deux poids deux mesures. Il est le partage qui rend ce deux poids deux mesures possible. Un partage entre la culture et le reste du monde, entre l’œuvre et ses conditions de possibilité, entre l’artiste et les autres travailleurs, entre l’esthétique et les rapports de pouvoir qui organisent sa visibilité. C’est parce que l’art est encore pensé comme une région séparée, presque soustraite au commun, que l’on peut considérer comme légitime le boycott d’un fruit produit dans une colonie et comme scandaleuse l’interrogation des fonds, des institutions et des circuits diplomatiques qui rendent possible la circulation d’un film.
          Derrière cette distinction se maintient une vieille théologie de l’art [12]. D’un côté, il y aurait le monde ordinaire de la production, des échanges, des dépendances et des rapports de force. De l’autre, un domaine supposément supérieur où l’œuvre circulerait affranchie de ses conditions d’existence. L’artiste y apparaîtrait comme une figure à part, plus fragile, plus précieuse, plus digne de protection que celles et ceux qui produisent, récoltent, transportent, nettoient, bâtissent, soignent ou survivent dans les régions directement touchées par les politiques coloniales. Ainsi se reconstitue, au cœur même des discours progressistes, une aristocratie implicite de la culture.
          Cette aristocratie ne dit presque jamais son nom. Elle se présente comme défense de la liberté d’expression, parle d’autonomie de l’art, de complexité des œuvres, de refus des amalgames etc. – on ne connait que trop bien ce discours. Mais elle produit elle-même les amalgames qu’elle prétend dénoncer. Elle confond la critique d’un dispositif institutionnel avec l’attaque d’un individu, transforme l’examen d’un financement en un procès moral, rabat la mise en cause d’une opération de normalisation culturelle sur une hostilité envers les artistes. Elle inverse ainsi la charge de la violence. Ceux qui interrogent les conditions politiques de circulation des œuvres deviennent des censeurs, tandis que les institutions qui blanchissent un État colonial deviennent les garantes de la liberté. Du vertige de l’inversion.
          /// L’indignation sélective ///
          C’est précisément dans cette inversion que se loge l’indignation sélective. Lorsqu’un boycott vise des produits, des entreprises, des banques, des universités ou des institutions identifiées comme parties prenantes d’un système de domination, il peut être reconnu comme un geste politique. Lorsqu’il touche la sphère culturelle israélienne, il est immédiatement soupçonné de dérive morale, d’essentialisation, de censure ou de haine. Le principe change selon l’État concerné, mais aussi selon la valeur symbolique accordée à ceux qui sont touchés par le boycott. Ce n’est donc pas le boycott qui est sélectif, mais bel et bien l’indignation contre le boycott.
          Ce boycott à deux vitesses révèle un partage conceptuel plus profond encore. D’un côté, il y aurait les conflits qui engagent pleinement la responsabilité des artistes et des institutions. De l’autre, il y aurait Israël, que l’on voudrait maintenir dans une zone d’exception, au nom de la complexité, de l’histoire, de la souffrance juive, ou de la prétendue autonomie de la culture. Mais cette autonomie devient alors un privilège politique. Elle ne protège pas l’art, elle protège certaines institutions de l’obligation de répondre de leurs conditions d’existence.
          /// Ce qu’un film emporte avec lui ///
          C’est précisément ce que le collectif La Palestine sauvera le cinéma [13] entend faire résonner avec un grand courage depuis le début de son existence à l’été 2025. Non pas faire de la Palestine un thème obligatoire, ni assigner les films à une fonction militante, mais rappeler que le cinéma ne saurait être séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence. L’enjeu est d’inviter les festivals, les cinéastes, les critiques, les producteurs et les spectateurs à regarder ce qu’ils préfèrent souvent ne pas voir : un film n’arrive jamais seul. Il arrive avec ses financements, ses alliances, ses circuits de légitimation, ses silences, et ses conditions de visibilité.
          Refuser les institutions culturelles israéliennes impliquées dans la normalisation d’un État colonial et génocidaire, ce n’est certainement pas haïr les artistes. Ce n’est certainement pas refuser les œuvres. Ce n’est certainement pas interdire la pensée. C’est au contraire rappeler que la culture n’est pas au-dessus du monde, mais en fait partie. Elle peut servir à le contester. Mais elle peut aussi servir à le blanchir. Et il ne faut pas l’oublier.
          Le cas du FID Marseille aura au moins eu cette vertu. Il aura rendu visible une ligne de fracture. Certains veulent continuer à penser le cinéma comme un espace séparé, miraculeusement préservé des rapports de domination qui traversent le monde. Ils reconduisent ainsi l’idée d’un art hors sol, séparé des conditions politiques, économiques et institutionnelles de son existence, comme si l’esthétique pouvait être abstraite de ses usages, de ses financements et des récits qu’elle permet de faire circuler. D’autres considèrent au contraire qu’un festival, un jury, un financement, une invitation, une sélection, sont aussi des actes politiques. La question n’est pas de « purifier » le cinéma, comme on l’entend ici ou là. La question est de savoir de quel côté il accepte de se tenir lorsque l’histoire ne permet plus lce qu’on nommera ici l’extraterritorialité morale.
          Car aucune image ne traverse impunément un monde en ruines. Elle y prend place, elle y répond, elle y engage quelque chose de ceux qui la font circuler. Et lorsque les villes sont détruites, lorsque les corps sont affamés, ensevelis, brûlés, lorsque les archives disparaissent sous les décombres et que les morts eux-mêmes sont privés de repos et de sépulture, le cinéma ne peut plus prétendre n’être qu’un art de la distance et habiter un dehors de l’histoire. Il devient, qu’il le veuille ou non, l’un des lieux où se décide ce qui sera encore regardé, ce qui sera encore nommé, ce qui sera encore sauvé du mensonge et de l’effacement, de la falsification et de la nuit calcinée. Car il est des moments où ne pas choisir revient déjà à choisir le camp de l’oubli et de l’irresponsabilité. Lorsque l’histoire brûle, l’art qui se prétend « innocent » travaille pour les cendres.
          Sylvain George- lunidmatin

          • #149262 Répondre
            Pedri
            Invité

            C’est fort

            • #149317 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Ah, Sylvain George…. Tant à dire.
              Mais déjà ceci : que moi je ne trouve pas ça fort du tout. Et qu’incriminer la « théologie de l’art », c’est vraiment avoir 20 voire 50 ans de retard. C’est vraiment ne rien comprendre à la misère que l’époque, tous camps confondus, fait à l’art.

              • #149322 Répondre
                Pedru
                Invité

                C’est encore plus fort

              • #149668 Répondre
                poissonvache
                Invité

                Je pense qu’une petite analyse matérialiste s’impose.
                Affirmer que critiquer la téléologie de l’art serait « avoir 20 ou 50 ans de retard », croire que l’histoire de l’art aurait déjà réglé ses comptes avec ses propres mythologies. Or la téléologie revient sans cesse parce que les conditions matérielles qui la soutiennent — institutions, marchés, récits nationaux, industries culturelles — continuent de se recomposer.
                Dire que ce débat est dépassé, c’est refuser de voir que l’époque maltraite l’art justement parce qu’elle tente de lui réassigner des finalités — morales, identitaires, politiques — qui relèvent d’une téléologie réactivée sous d’autres formes.
                Si l’époque « fait misère à l’art », c’est justement parce que les anciens récits téléologiques — progrès, autonomie, mission civilisatrice — ne tiennent plus face à la fragmentation des marchés, à la précarisation des artistes, à la globalisation des pratiques et aux injonctions politiques contradictoires.
                Je n’ai pas toute la bibliographie de la téléologie de l’art en tête, et je ne sais pas si tu as dit « 20 ans/50ans » à l’emporte pièce ou pour parler d’époques précises. Mais si oui, ces périodes sont à mettre en perspectives avec les périodes de critique, et recomposition de l’art.

                • #149671 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  confusion
                  précisons
                  la théologie de l’art qu’évoque Sylvain Geroege se définit dans les stricts termes de : l’art pour l’art
                  Selon cette religion, l’art serait autonome, et n’aurait à répondre que de lui – sans référence au réel
                  Remarque 1 : dans sa pratique, dans son concret, l’art n’a jamais été fidèle à cette théologie, à laquelle souscrivent seuls ceux qui n’entendent rien à l’art – et pour tout dire l’ignorent. Tout art est référé au réel.
                  Remarque 2 : ce que nous observons depuis bien de décennies maintenant, c’est combien l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques : des attentes sociales, morales, etc. Des attentes de la société. Ce que j’appelais, dans Comme une mule, sociocentrisme. Si cela ne t’est pas apparu, je m’étonne. Et je veux bien que tu me donnes des exemples, dans l’espace social majoritaire, de lieux où l’art est traité comme une fin en soi

                  • #149673 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    PS : l’analyse matérialiste que tu appelles de tes voeux, je l’esquisse dans Du mépris. C’est celle de la déculturation de la bourgeoisie, à laquelle je donne des causes d’abord économiques et matérielles, et qui produit ceci : s’il a pu etre possible, pendant un siècle ou deux, que la bourgeoisie en pleine prospérité puisse s’intéresser à l’art pour lui-même, et donc définir un gout légitime qui faisait une part à la mythologie de l’autonomie, ceci est désormais bien révolu. L’art doit servir : une cause, un discours. Il n’est vendable que s’il peut etre rapportée à des questions sociales, sociétales, morales.
                    Dans les éléments de communication délivrés par les marchands d’art (de cinéma, de littérature, etc), un impératif : qu’il n’y soit jamais question, d’art, d’esthétique, de forme. Il faut un sujet, il faut un enjeu – il faut pouvoir idéalement biographiser la chose et ainsi vendre l’auteurice davantage que le livre – car l’auteurice a une histoire, etc. C’est ainsi que le marketing littéraire prise de plus en plus, chez Gallimard comme chez Robbert Laffont, le témoignage.

                    • #149679 Répondre
                      poissonvache
                      Invité

                      Ce que je voulais pointer en parlant d’analyse matérialiste, c’était peut être plutôt réinjecter du matérialisme dialectique (je sais jamais si je dois employer juste matérialisme, matérialisme dialectique, matérialisme historique ..). Dans le sens où à certaines époques, en fonction des conditions matérielle dans lesquelles s’exprime l’art, il va émerger une certaine téléologie de l’art (en tout cas dans les paroles, car dans les faits, tu as raison :tout art est référé au réel). Et face à des contradictions émergentes, du mode de production qui légitime cette téléologie, il émergera une critique, que l’art dominant, inscrit dans le capitalisme, tentera d’absorber pour la dépasser.

                  • #149674 Répondre
                    poissonvache
                    Invité

                    là tout de suite, je dirais l’installation de JR au Pont Neuf ?

                    • #149675 Répondre
                      Charles
                      Invité
                      • #149677 Répondre
                        poissonvache
                        Invité

                        J’ai du mal à faire le clair dans mes réponses car j’ai l’impression qu’un mélange est fait entre plusieurs sujets.
                        .
                        J’évoquais l’œuvre de JR était en réponse à la proposition de François : « l’art n’a voie au chapitre que s’il répond à des attentes qui lui sont extrinsèques (sociales, morales) ». Or il ne me semble pas que La Caverne en soit pourvue. Il parle beaucoup d’expérience sensorielle etc http://www.paris.fr/pages/la-caverne-du-pont-neuf-de-jr-l-incroyable-projet-sera-devoile-dans-100-jours-33164. Sur les pub qu’il a mis dans le Métro du pont neuf, JR a inscrit une phrase qui m’avait même rappelé une phrase de Klee « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. ». Donc il ne me semble pas qu’il ai particulièrement assujetti son œuvre à une attente extrinsèques.
                        .
                        Un autre sujet et celui de la marchandisation de l’art qui sert des intérêts capitalistes (comme le prouve le communiqué de presse clignotant de sponsors partagé par Charles, dans le cas de JR).
                        .
                        Un autre sujet encore est celui de la « déculturation » de la bourgeoisie, phénomène qui a par ailleurs très bien été décrit d’un point de vue sociologique par la chaine yt George Simpson (https://youtu.be/ooCrn4wTTFc).
                        .
                        Des analyses croisées peuvent être faites entre les différents sujets, mais j’ai un peu l’impression que le dernier message de François fait un peu un gloubi blouga de tout ça.

                      • #149680 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        L’oeuvre de JR n’est pas purement formelle et ensuite récupérée et vendue par les marchands de l’art mais une oeuvre conçue en partenariat avec la ville de Paris dans une perspective patrimoniale. Ce n’est pas exactement de l’art pour l’art.

          • #149666 Répondre
            poissonvache
            Invité

            Je le trouve bien l’article. Pour ajouter un petit surplus matérialiste à l’analyse, on peut aussi se questionner sur l’exposition médiatique des différentes positions. On note, côté NL, DEUX tribunes dans Le Monde, des interviews sur France Inter, France Culture, Arte et de nombreux articles. Un emballement médiatique dans lequel se succèdes les mêmes schèmes:
            – dépolitisation et individualisation (très peu de questionnement sur les arguments de fond à savoir le financement, pour transformer la question en : NL est boycotté pcq israélien => antisémite),
            – Invisibilisation des organisations/collectifs/cinéastes qui portent le boycott (aucun relais dans ces médias qui dénoncent pourtant le boycott au titre qu’il faudrait « discuter », « débattre » ..),
            – faire du pathos: La dénonciation d’un boycott “violent”, “cruel”, “pervers” alors qu’on est quand même en train de parler d’un génocide.
            .
            Côté du boycott, outre les articles sur le site de BDS, le site de « La Palestine Sauvera le Cinéma », il faut vraiment aller voir du côté des tout petits médias indépendants, des personnalités de gauches qui globalement n’ont pas de voix au chapitre.
            .
            Face à cette asymétrie structurelle (qui n’étonne personne au vu de ce à quoi on était habitué depuis le 7 octobre et avant) la question qu’on peut donc se poser c’est: de quel côté je me place ?

        • #149263 Répondre
          Charlie
          Invité

          Du coup ?

    • #149259 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Pas encore eu la force d’attaquer les deux Steven de la semaine, j’ai commencé par le court Dupieux, et la fraude atteint un sommet sans précédent. D’habitude les Dupieux sont une idée de court-métrage péniblement étirée en long. Là j’ai l’impression que c’est encore pire: ce n’est même pas une idée de court, c’est simplement une phrase qui est répétée sans cesse par Chabat souhaitant persuader Cohen que: « on vit dans une simulation ». Et ça ne va pas plus loin pendant ‘1h07. Dès lors, le comique serait supposé naitre des graphismes Playstation 1 du truc. J’écris serait supposé car évidemment, comme pour le Salvadori, pas un rire de ma part durant toute la projo. Et je suis très bon public en général.
      Je reste soufflé qu’un truc aussi nul et vide, un truc qui est à ce point rien, puisse obtenir des feux verts, des financements, des acteurs partants pour le tourner, des producteurs pour le monter, que ce soit sélectionné à Cannes… Première fois que la formule Dupieux me fait à ce point l’effet d’un foutage de gueule vis-à-vis du spectateur.

      • #149260 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Déjà dans la bande-annonce, il y a la même scène trois fois.

        • #149261 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          (Je rajoute que toute la promo en 3D m’a donné l’impression qu’ils ont dû mettre trois jours avec de longues pauses clopes pour animer ce court long métrage, mais pourquoi pas ? Un film n’est pas contraint d’être fait dans la difficulté.)

    • #149283 Répondre
      Ostros
      Invité

      Ti amo, le prochain Sean Baker est prévu pour 2027.
      Il s’agirait de « la suite d’Anora » d’après les internets
      Pas plus d’info pour le moment

      • #149285 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Moi je l’aurais titré Amora

        • #149295 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est joli

          • #149296 Répondre
            Ostros
            Invité

            C’est François qui va être content.

            • #149297 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Oui.
              Amora pour l’amour du goût.
              Il y avait l’amour à la machine, il y aura l’amour à la moutarde, Amora.
              Avec tartinage généreux bien sûr

              • #149298 Répondre
                Alexandre
                Invité

                .. et certaines scènes seront tournées à Dijon.
                Arrêtons-nous pendant qu’il est temps.

                • #149315 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Plus c’est con, plus ça me fait rire
                  François, sixième B

                  • #149439 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Mais ? Après Colin Maillard, qu’est-il donc arrivé au mépris pour les jeux de mots ?
                    Comme en politique, les digues sautent et les barrages s’effondrent.
                    .
                    En tous les cas Anora aura réussi à me faire aimer Greatest Day, ce gros morceau de guimauve dégoûlinant de Robin Schultz.

                    • #149442 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      En tout cas, pour ceux qui ont Mycanal,je vous conseille le premier film de Sean Baker Take out, c’est un petit bijou et comme dans l’Histoire de Souleymane on est dans les roues d’un immigré chinois,sur une journée,qui livre des repas et doit récolter suffisamment de pourboires pour pouvoir rembourser une dette à des mafieux qui lui ont fixé un ultimatum à la nuit tombée, très fort et très intéressant sur cette communauté d’immigrés travaillant dans un petit restaurant familial.

      • #149287 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Et en attendant, pour voir Mikey Madison, il faudra se taper la suite de The Social Network, dont la BA, sortie hier, n’augure rien de bon: Fincher et Eisenberg n’ont pas voulu revenir, Sorkin prend les manettes et, comme souvent avec lui, tout a l’air daté et ringard comme si on était dans un film des années 70 – qu’est ce que c’est que cette lumière? qu’est-ce que c’est que cette coiffure de Mikey Madison? Jérémy Strong a l’air d’avoir 120 ans de plus que le rôle, immense erreur de casting qui s’annonce. Alors que Jeremy Allen White, qui joue le journaliste, aurait précisément fait un Mark Zuckerberg bien plus crédible. Je vous laisse juger mais c’est inquiétant, aux antipodes de la modernité du premier.

        • #149290 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Outre le fait qu’ils ont réussi à éviter de montrer le moindre « dialogue à la Sorkin » en 2min40 de parlote, ça a l’air aussi moderne et naturel que ce générique :

          • #149400 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Rah oui c’est fou. On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran, genre Notre Belle Famille.

            • #149406 Répondre
              Alexandre
              Invité

              « On est franchement pas loin des génériques des séries des années 80-90 où l’acteur souriait à la caméra pendant que son nom apparaissait sur l’écran »
              Tu sais, tu peux facilement remonter aux années 60, genre Bonanza.

              • #149432 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Mais tout ça c’est l’ADN Sorkin. C’est son univers esthétique, c’est ce qu’il aime.

    • #149308 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      au cas où comme moi vous envisagez d’aller voir le nouveau RAZ au FID, vous pouvez acheter vos billets pour la soirée du 11/07 : https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine

    • #149309 Répondre
      Cynthia Lennon
      Invité

      si vous envisagez comme moi d’aller voir le nouveau RAZ (le 11/07) au FID https://fidmarseille.org/festivals/festival-37/films/route-algericaine

      • #149311 Répondre
        Ostros
        Invité

        Vous aurez aussi la chance de voir le Hassen Ferhani en avant première

    • #149316 Répondre
      Alban
      Invité

      Je voudrais remercier chaleureusement Charles pour ses positions courageuses et nuancées, qui font un bien fou à la gauche radicale. Oui le Hamas est un groupe islamiste ! Oui nous le condamnons ! Oui Israël a le droit de se défendre ! Non à la censure ! Longue vie à la seule démocratie du moyen-orient ! Longue vie à la plus grande utopie du XXeme siècle ! Bravo à tous ceux qui luttent de concert contre ce fléau qu’est l’antisionisme qui n’est rien d’autre qu’un antisémitisme déguisé ! Bravo Charles, Bravo Sophia, Bravo Raphael, Bravo Nora !
      https://x.com/Enthoven_R/status/2065011680195613182#m

      • #149323 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        tu es content de toi?
        content de ton idiot amalgame?

        • #149324 Répondre
          MooM
          Invité

          Oui j’ai besoin d’honneur, car je ne suis pas assez grand pour m’en passer : Merci pour le rire, le premier étant pour ton commentaire assez juste

        • #149371 Répondre
          Alban
          Invité

          Je ne fais que constater la convergence et d’une certaine manière la cohérence de la gauche non-mélenchoniste. La gauche Naulleau-Bégaudeau.

          • #149377 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Il y a dans tout homme providentiel…
            Un haut degré d’enfumage.

          • #149394 Répondre
            Shiva
            Invité

            Soutenir le génocide des Palestiniens au nom des Juifs favorise l’antisémitisme

            • #149398 Répondre
              Mathieu
              Invité

              Mais pourquoi dans Cinéma?

      • #149424 Répondre
        Charlie
        Invité

        Bonjour Alban,
        Si c’est de moi qu’il s’agit je ne fais aucune nuance sur la situation de Gaza qui n’est ni plus ni moins qu’un génocide. L’antisionisme n’est pas un antisémitisme déguisé. Mais je pense que tout ça vous le savez déjà

    • #149433 Répondre
      M’idolâtre
      Invité

      C est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites.
      Charles, begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là.

      • #149438 Répondre
        nefa
        Invité

        « C est Tsedek qui fait une très bonne analyse de ces gens à gauche qui se prétendent antisemites et accusent sans gêne les anti sionistes d’étés des antisemites. »
        t’as merdé dans ta phrase, sais pas où, mais t’as merdé

        • #149441 Répondre
          M’idolâtre
          Invité

          Faudra me dire

          • #149444 Répondre
            nefa
            Invité

            je viens de le faire
            aide-moi

            • #149451 Répondre
              M’idolâtre
              Invité

              Sacrée répartie
              C’est trop pour un seul homme

            • #149452 Répondre
              M’idolâtre
              Invité

              les anti sionistes d’être des antisemites
              Adieu

              • #149459 Répondre
                nefa
                Invité

                tu commences par la fin mais ça reste
                peut-être qu’en remontant

                • #149460 Répondre
                  nefa
                  Invité

                  par exemple :
                  rapport à : « les anti sionistes d’être des antisemites »
                  « tu vas à la fin et ça reste
                  peut-être qu’en remontant ? »
                  c’est mieux

                  • #149469 Répondre
                    M’idolâtre
                    Invité

                    qui ne se prétendent pas antisémites et qui accusent sans gêne les anti sionistes de l’être*
                    C’est mieux
                    tu me diras si tu veux

                    • #149476 Répondre
                      nefa
                      Invité

                      c’est carrément mieux
                      à moi
                      avec autant de sérieux que t’as fait pour ta phrase, dis moi (les citer) celles de Charles, de Bégaudeau, des suiveurs qui t’ont conduit à conclure : «Charles, Begaudeau, et la plupart des suiveurs sont de cette facture là »

                      • #149489 Répondre
                        M’idolâtre
                        Invité

                        leurs remarques ici même
                        si t’as pas suivi je comprends que tu suives pas

        • #149681 Répondre
          Ema
          Invité

          Moi j’aime bien les antisionistes d’été, l’anti sionisme à la plage c’est quand même plus gai.

    • #149528 Répondre
      martin
      Invité

      Lu quelque part qu’il y avait un ref à La liste de Schindler dans Disclosure Day. Elle est où?

      • #149529 Répondre
        Tony
        Invité

        Ce sont sans doute les images d’archives en noir et blanc où l’on voit des cadavres d’aliens,le film divise beaucoup, même des Spielbergiens hardcore ont du mal à cacher leur consternation et d’autres,plus étonnant, trouvent que c’est un des meilleurs Spielberg, comme Théo Ribeton par exemple
        https://x.com/i/status/2064611065850216632

        • #149592 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Mais Théo Ribeton n’est-il pas une boussole-sud en terme de critique?

          • #149594 Répondre
            Charles
            Invité

            La plupart du temps en effet.

    • #149542 Répondre
      Alphonse
      Invité

      Les Frères Larrieu tournent en ce moment sur la collinette qui est juste au bout de mon champ.
      Quelqu’un a un message à leur faire passer ? Je les ai eus au café, tout à l’heure.
      Blague à part, ils ont l’oeil, parce que cette collinette, c’est vraiment un endroit formidable et on ne devine pas vraiment à quel point elle l’est depuis la route d’Aydius. Ils sont passés devant, un sous régisseur est venu me voir qui arrosais. Ensemble nous sommes allés déranger Annie et Laurence qui les ont reçus circonspecte et amusée, leur ont montré la collinette.
      Laurence : « quand ils sont venus, je les connaissais pas. C’est le lendemain dans La Republique que j’ai su que c’étaient les Frères Larrieu. ça les a fait rire quand je leur ai raconté. »
      Annie : « ils nous ont donné 200 € on a rien demandé ». Moi : Ben sur un budget à 3 millions y a bien 200 € pour emprunter la colline pendant 2 jours. Elles : mais on leur a rien demandé !
      Laurence : « on a dû serrer les brebis dans ce coin là, sinon y aurait eu de la merde partout, et les gens qui travaillent faut les respecter un peu, quoi. Et puis l’odeur. Mais là faudrait qu’ils finissent parce que c’est sec sec sec »

    • #149577 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a vu le Soderbergh?

      • #149631 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai pas grand chose à en dire,ne l’ayant pas vu dans de très bonnes conditions à cause d’un crétin avec qui je me suis embrouillé, ça ne m’a pas passionné et je ne suis pas sûr qu’une seconde vision me ferait changer d’avis.

        • #149632 Répondre
          Charles
          Invité

          Ok parce que le film se fait globalement défoncer par la critique, plus que les autres Soderbergh, donc je me demandais si on était plutôt du côté de Presence que d’Insider.

          • #149633 Répondre
            Tony
            Invité

            Non les deux films que tu cites n’ont rien à voir avec celui là, c’est un film très bavard qui confronte un vieil artiste imbu de lui-même et une jeune femme noire précaire qui a plus ou moins renoncé à l’être mais qui a des talents de faussaire,on croit au début que ça va être une sorte de satire sur un vieux boomer et une woke,il est fait allusion par exemple à Weinstein et son peignoir,des choses comme ça mais en fait ça va pas plus loin,on est aussi dans la satire du marché de l’art et d’autres choses sur l’art en tant que pratique qui me sont passés au-dessus, j’ai pas compris de quoi ça parle exactement.

            • #149636 Répondre
              Alexandre
              Invité

              Je suis plutôt sous le charme. Nouvelle contribution à l’élégante versatilité de Soderbergh, le film parle surtout de transmission et de sensibilité.
              On aurait aimé voir un peu plus de peinture mais après tout, le Van Gogh de Pialat en montrait il plus? Certes Pialat brossait un environnement je dirais impressionniste qui rendait sensible l’acte de peindre.
              En réalité, ce Soderbergh s’inscrit dans une tradition très britannique et un peu surannée de jeu du chat et de la souris dont l’épicentre est une pointure de l’interprétation d’outre-manche. On en a vu d’autres jadis, se prêter à l’exercice: de Laurence Olivier à Tom Courtenay en passant par Albert Finney ou Peter O’Toole.
              Retrouver cette tradition nourrie à l’ADN de sophistication typique de Soderbergh n’est pas antipathique.
              D’autant que Ian McKellen est assez merveilleux et le film pourrait constituer document sur son métier de comédien.
              L’actrice noire est sympa mais joue un peu trop sur une seule note.
              Le décor de l’intérieur de la maison particulière du peintre marque la rétine, donc la mémoire.

              • #149639 Répondre
                Tof
                Invité

                Le film discourt beaucoup mais je n’ai pas trop compris ce qu’il voulait dire.

                > jeu du chat et de la souris
                On serait proche de Ocean’s Two, un heist movie à 2 (ou 2 contre 2 ça dépend) à l’envers: il s’agit d’introduire les tableaux dans le musée

                • #149719 Répondre
                  MA
                  Invité

                  Les dialogues sont denses, eu un peu du mal a tout suivre. D’accord sur le jeu un peu monocorde de l’actrice principale.

                  • #149737 Répondre
                    Cynthia Lennon
                    Invité

                    mais l’impassibilité du personnage féminin n’est-elle pas à l’origine de bien des questionnements qui raniment Sklar ? et qui nous tiennent d’un bout du film à l’autre ?
                    oui c’est bien dense (et bavard) : origine du geste artistique, désir d’exposition, vanité de la concurrence, continuité d’une oeuvre, captation du marché, « droits » sur les oeuvres etc.
                    moi j’envisage de retourner le voir (je pense avoir laissé passer des subtilités), il fait bien écho avec Je regarde du dernier ciné-club et d’autres travaux qui me parviennent en ce moment.

                    • #149739 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Je crois que celles et ceux d’entre nous qui ont vu le film ont toutes et tous le point commun d’avoir pas mal crapahuté après les dialogues.
                      C’est d’ailleurs il me semble une petite constante chez Soderbergh même quand il s’agit d’action pure. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris de ce qui se dit dans les coulisses de Piégée, par exemple.
                      Je dirais que ça va trop vite pour moi. C’est encore le cas avec The Christophers mais pour le coup, dans un registre à la Harold Pinter.

    • #149591 Répondre
      Charlie
      Invité

      Sur France Tv en ce moment je vous conseille Love & Mercy, biopi de Brian Wilson des Beach Boys. Enfin un biopic qui parle de la conception musicale et du cheminement créatif d’un artiste avec ici l’album Pet Sounds

      • #149595 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        noté
        je crois bien connaitre cette affaire, mais comme d’habitude je vais me rendre compte que je n’en connais rien

      • #149601 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Vu à sa sortie au ciné et j’avais été déçu, le film tourne quand même beaucoup autour des problèmes psy de Wilson et de sa relation avec son manager toxique, encore plus fou que lui, qui profite de son argent.
        La partie sur la génèse artistique et technique de Pet Sounds m’avait semblé très légère. On voit un ou deux trucs sur les expérimentations de Wilson, son perfectionnisme maladif, le fait qu’il préfère être en studio qu’en tournée à cause de son autisme- ce qui reconduit un peu lourdement le cliché de l’artiste coupé du monde.
        Dano et Giamatti sont quand même biens de mon point de vue, mais je pense François, que c’est n’est pas le type de jeu qui va te plaire.
        Et puis le générique de fin m’avait quand même fait découvrir la belle balade éponyme du film, Love and Mercy. Je sauve donc les 2 minutes 30 de ce film qui ne sont pas de la fiction. C’est un peu léger.

        • #149615 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Pareil que Mathieu, j’ai le souvenir d’un film qui s’éloigne un peu artificiellement des canons habituels du biopic musical pour finalement ne pas avoir à parler musique.
          Je pense qu’il va falloir un jour ou l’autre se risquer à lister les biopics réussis.
          Et puis il y a biopics et biopics. Trucmuche, sa vie, son œuvre n’équivaut pas à tel angle précis uniquement couvert par le scénario.

          • #149617 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’avais oublié c’était Dano qui officiait ici
            Fin du débat
            Je fuis.

            • #149730 Répondre
              Charlie
              Invité

              Dommage, alors que pour une fois il en fait pas trop des caisses comme dans There will be blood.

    • #149598 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      J’ai vu Le journal d’une femme de chambre Radu Jude pour la 2ème fois.
      Jouissif.

      • #149618 Répondre
        Ostros
        Invité

        Ça fait plaisir à lire

        • #149628 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne suis pas à l’origine de ce message

          • #149634 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ben si je suis carrément à l’origine de ce message
            Mais pas du tien du coup
            Essaye encore

    • #149637 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Vu en avant première De la comédie française, écrite et réalisée par la bande de Broute (Usclat, Darondeau, Clément)
      Très excessif et over-the-top, les acteurs actorisent pas mal évidemment, mais ça reste sympathique et drôle – en tout cas très très au-dessus du dernier Salvadori, du dernier Dupieux, et du dernier Tolénado-Nakache de ce point de vue. Très différent de Guermantes d’Honoré: beaucoup plus scénarisé et mainstream, moins improvisé et foutraque, mais quand même plaisant. On est un peu dans la veine du film Ne Coupez Pas de Hazanavicius, appliqué au théâtre.
      PS: mon avis est sans doute aussi un peu biaisé par le fait que je suis amoureux de Pauline Clément

    • #149638 Répondre
      stephanie
      Invité

      je viens de voir Les Roches rouges B.Dumont
      un film immense sur l’enfance, tout est grand , de regards, de mimiques, des gamins qui ne cessent de bouger, des espaces, la mer .
      tous les plans à hauteur d’enfants , la violence inévitable quand on est amoureux de la même fille.
      j’ai adoré .

      • #149642 Répondre
        Ostros
        Invité

        Vraiment hâte de retrouver BD avec ce film
        Tu as pu les voir où (le jude et le dumont) ?

        • #149657 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          A Cannes pour R.Jude et revu avec le super ciné club niçois Cinéma Sans Frontières.
          Le B.Dumont est passé en avant 1ere hier à Nice ( un des 2 ciné art et essai).

          • #149660 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ok je déménage.

          • #149734 Répondre
            graindorge
            Invité

            Les Roches Rouges. Je viens de voir la B.A. Ça donne envie. Sortie dans les salles le 23 septembre. Noté sur mon agenda

    • #149654 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai été ébahi plusieurs fois par la stupidité du dernier Spielberg et j’ai bien ri pendant les passages nanardesques.

      • #149662 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Content qu’enfin quelqu’un parle du coté nanar.

        • #149696 Répondre
          Benoît
          Invité

          Oui, je trouve que c’est souvent du nanard ou pas loin. J’essaye d’être simple.
          De mon côté, j’ai un problème immédiat de croyance qui tient à quatre choses principalement :
          1.⁠ ⁠à la véracité des scènes : je ne crois jamais aux scènes d’actions, au découpage des poursuites. En particulier dans l’espace qui sépare les agents armés des héros. Exemplairement, la scène où le héros traverse un champs pour venir se cacher derrière une barricade et voler une voiture, que j’ai trouvée absolument ridicule. Alors même que je peux acheter ces scènes dans d’autres films du même réal moins fatigué. Là, elles ne sont pas du tout réussies et assez « grossières ». Idem quand cette même scène d’action se termine par les deux héros cachés derrière un rocher. Idem enfin quand il s’agit des échanges de tirs etc. Je ne crois à rien.
          2.⁠ ⁠À la bêtise des scènes et du film. Incarnée d’abord par des dialogues qui sont catastrophiques. Si j’avais moins de 15 ans, j’aurais sans doute été intéressé par ces discussions qui se veulent centrales autour de la religion, mais n’étant pas le public cible, c’est-à-dire le spectateur-américain-décérébré-in-god-we-trust-de-12-ans, j’ai trouvé que c’était tout à fait idiot et pas très à même de fabriquer une réflexion au bout du compte intéressante. Idiotie qui trouve son climax dans les scènes où chaque citoyen arrête de faire ce qu’il fait à la fin du film. J’avais envie de faire une parodie pour ajouter une scène du chirurgien qui, en pleine opération, arrête d’opérer. Enfin, idiotie générale du « méchant », Colin Firth dont je ne vois jamais le personnage, et dont la première scène d’apparition est cheap à souhait : réunion mafieuse sur un parking de nuit comme on n’en fait plus que dans les mauvais films. Couplé à une forme de laideur générale : ces animaux-aliens, ces images d’archives déjà évoquées etc.
          3.⁠ ⁠Au scénario. La base pourtant pour 115 millions de budget. Le device silex qui sert comme arme de dissuasion pour prendre la fuite dans la scène 2 du film, n’est plus utilisé comme tel par la suite, alors même que nos deux héros sont en sa possession lors de la course poursuite déjà évoquée. A moins que j’ai loupé quelque chose ? Bref, sentiment qu’on nous prend pour des jambons. Et que la connaissance que Colin Firth a de ce device semble tout à fait fluctuante pour servir le scénario dans un tour de passe-passe.
          4.⁠ ⁠C’est encore une putain d’histoire de clé USB comme 90% des films de ce type, américano-décérébré du dernier Jimenez à Lucie de Besson etc. Qui concentrent leur énergie à « dévoiler LA vérité ». Bref, j’aurais bien aimé un film sur cet alien qui semble avoir réussi à s’en sortir, enfermé depuis 70 ans dans le Guantanamo 51. Sorte d’E.T blessé qui se saurait fait choper.

          Je sauve du film :
          Les 10 premières secondes
          La drôlerie du perso d’Emily Blunt, dont j’aime bien l’inexpressivité post opératoire chirurgie esthétique qui correspond à sa fonction sociale de miss météo refaite. Bref, elle est drôle.
          La scène du cassage du téléphone où le film semble assumer son côté farcesque dans un éclair de lucidité.

          Hier, promenant mon chien, j’ai croisé un couple s’embrouillant sur un film dont je mets ma main à couper qu’il s’agissait de Disclosure Day. La conversation tenait à trois argument du côté contre : « je comprends rien à ce qui se passe, on comprend à ce qui se passe et pourquoi ça se passe ».

          • #149699 Répondre
            Tony
            Invité

            Intrigué par un entretien sur Mediapart avec un sociologue qui voit dans Disclosure Day un film ‘sur le complot au prisme de la pensée de Deleuze’je suis allé voir sur sa chaîne youtube un documentaire qu’il a réalisé sur l’affaire Roswell, c’est très intéressant et je ne connaissais pas du tout cette idéologie du grand partage qui serait un des fondements du colonialisme,un fondement rationaliste qui ne verrait chez l’indigène qu’un être pré logique dénué de pensée critique

          • #149702 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Quand on voit Keller prendre soin de retirer les indices de l’emplacement du motel puis oublier le papier dans sa main, je me suis dit que le film montrerait qu’il a un coup d’avance et a révélé un faux endroit à l’Agence pour les piéger – astuce scénaristique classique que même ChatGPT a dû digérer. Sauf que non. Le film est souvent bête à ce point. Il s’étire avec des séquences de ce genre comme s’il n’était pas suffisamment long. Je n’étais pas le seul à rire dans la salle mais ce n’était pas toujours à cause d’un comique de situation. Qui passe en effet surtout par Blunt.


            Il faudrait aussi se pencher sur « l’empathie », c’est un terme que je retrouve dans plusieurs retours critiques ; si j’étais capable de prendre le film au sérieux, je le trouverais particulièrement odieux… De quelle empathie me parle-t-on ? Spielberg filme les foules humaines comme des êtres translucides décérébrées et dénigre l’humanité au profit d’aliens anonymes.

            • #149750 Répondre
              Toni Erdmann
              Invité

              Je sors du film et je commente rarement ces éléments mais parlons tout de même de la DA : la photographie bleutée polluée par des halos lumineux, les accessoires (en particulier les oreillettes pour passer des appels), la musique (les violons à chaque apparition du méchant), le design des aliens. Tout crie le film loué au Video Futur en 2008.

              • #149788 Répondre
                eustache
                Invité

                vu dimanche au Max Linder à Paris, dans une salle visiblement à l’unisson (qui n’a pas ri mais a applaudi à la fin…). J’ai passé la dernière demie heure du film les larmes au yeux (sans doute l’énergie de la salle n’y est pas pour rien). Je comprends en vous lisant, comme tout ça pourrait être ringard réalisé pas beaucoup d’autres, mais je ne vois ici que l’élégance dans la mise en scène, du découpage, du montage (même si j’admets que les jeux de flair, transparence, lumière bleutés tournent un peu à l’autoparodie mais sasn doute car ça a été trop repris ailleurs). Et je serais d’habitude plus sévère avec ce regard politique bas du front, mais voilà, je ne peux qu’être fidèle à mes émotions, et ici cette naïveté me touche profondément. (le film agit encore encore moi 2 jours après)
                Il y a une foi dans le cinéma, dans son peu et son plein d’effet, j’y ai retrouvé un plaisir de l’aventure que je n’avais pas ressenti depuis longtemps et à l’heure où hollywood fait essentiellement du post-néo-classique-virtuel cynique, cette croyance simple dans le cinéma me bouleverse.

                • #149812 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Si c’était la séance de 18h, j’ai entendu des applaudissements, mais aussi un « … mais ils sont complètement débiles ? » derrière moi. Il y a, je crois, chez certains Spielbergiens, un lien affectif ancré dans l’enfance qui peut être restitué contre vents, marées et script absurde. La foi dans le cinéma serait alors surtout le souvenir d’une émotion de cinéma. Parce qu’il n’en est jamais question ici. Le film ne s’intéresse jamais sérieusement au pouvoir des images – et si je prenais Spielberg au sérieux, je pourrais même trouver ça particulièrement odieux de croire aussi aveuglément qu’une horreur commise par des humains aurait la capacité de mobiliser l’humanité. Qu’il s’agisse par dessus le marché d’horreurs commises sur des extraterrestres aussi anonymes que les humains rajoute une couche désagréable. Quant à l’aventure, on a quand même des personnages qui se cachent derriere un petit rocher, une voiture qui fonce dans le tas sans embarras, un silex magique aux propriétés diverses et variées en fonction des nécessités scénaristiques : il y a une immatérialité qui n’a rien à envier aux blockbusters contemporains. Tout en étant, oui, un film des années 90 qu’on aurait pu louer en 2008 au Vidéo Futur. J’imaginais Colman Domingo se demander en apprenant ses lignes de dialogue en quelle année il était. Et j’avais un véritable trouble anachronique en le regardant.

                  • #149837 Répondre
                    eustache
                    Invité

                    c’était la séance de 15H35, avec un public pas forcément jeune à qui Spielberg envoie des signes bien sûr. Mais mon ado de fils, largement marvelisé est sorti éhabi, donc il n’y a a pas que ça.
                    Les années 80 et 90 étant les sommets des films d’action, ce n’est pas une mauvaise référence!
                    La naïveté de Spielberg est aussi là, j’ai justement trouvé fort ce moment du rocher, on est même bien avant les 90’s, dans un film d’aventure des années 30 à vrai dire mais ça fait partie de cette croyance dans le cinéma qui a été celui d’Hicthcock et Ford pour le dire vite. C’est étrange de défendre quelqu’un par sa naïveté mais pourtant…
                    Et justement, je trouve que c’est matériel ce rocher, il y a ce jeu alternant immatériel/matériel dans le film (tourné en 35mm, cela signifie aussi quelque chose…). Simplement si on liste les décors mais c’est un sentiment que j’ai eu, de l’alternatif, réel/virtuel, visible/invisible (qui fait l’objet d’une séquence forte), motel/station service/appartement/studio de construction du décor maison vs studio tv/espace Wardex/espace du conte.
                    J’entendais Joudet dire que les animaux étaient assez mal modélisés, c’est vrai, mais c’est sans soute parce qu’ils sont modélisés par des alien justement… Bref, le film joue beaucoup avec les simulacres, ce n’est pas nouveau d’ailleurs, mais moi j’y vois de la joie, de l’entertainment et ça m’empêche de juger le film à l’aune d’un premier dégré qu’il n’a pas.

                    Reste cette fin, la révélation, ces millions de gens rivés à leur smartphone. Là je ne sais pas à quel point Spielberg est capable d’ironie dans tout ça mais il n’est pas impossible qu’il y en ait, d’autant plus avec cette fin abrupte. Cet alien en fauteuil roulant, bon, j’ai l’impression que parfois son truc, c’est de chercher à raconter quelque chose de très peu croyable (et de d’un goût peu sûr qui plus est) comme un défi. Bref, ce ET à la retraite, je ne sais aps trop ce que j’en pense. Mais l’emotion était venu avant en fait, avec ce snuff movie extraterreste. J’ai trouvé très beau tous ces plans docu, lui qui a si bien filmé en embelli les vaisseaux et les aliens, de finir par du found footage, revenir à son imaginaire de base en fait.

    • #149658 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Les films de la quinzaine sortent en avant 1ere dans certaines salles
      https://www.quinzaine-cineastes.fr/fr/quinzaine-en-salle

    • #149694 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      J’ai enfin pu voir La Porte du Paradis. C’est si massif (et il y a un TVB qui y revient) que je prendrai le film par un petit bout, un tout petit bout, d’une image qui me reste en tête depuis la séance. C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher.

      • #149708 Répondre
        Alexandre
        Invité

        « C’est celle de ce militaire – à ce qu’on perçoit d’un court dialogue il est bien un militaire de carrière — qui, allié aux miliciens organisés par l’Association des propriétaires, allongé dans l’herbe face à la maison de Nate et fusil en main, prêt à l’assaut, les yeux rivés sur la cible, crapote son cigare sans même y toucher »
        Wolcott, puisqu’il est ainsi nommé dans le film, propriétaire terrien toujours collé aux basques du méchant Clanton est interprété par Ronnie Hawkins, dit « The Hawk », rocker rockab fameux de la fin des années 50 qui sera à un moment le patron des futurs membres de The Band, auxquels Scorsese consacra un magnifique docu, The Last Waltz. Ronnie Hawkins en était.
        Son personnage de La Porte du Paradis présente des variations de traitement entre la version courte de 1981 (que j’ai longtemps fréquentée) et la définitive.
        Dans la version courte, juste avant la bataille finale à coup de dynamites, Wolcott baisse son froc et montre son derrière au camp adverse. « Tirez moi dans le cul tas de salauds. Je vous chie à la gueule » lance-t-il au bloc migrant.
        James Averill le regarde faire et confie à son voisin: « Cet homme est l’ami du Président »
        Ce bout de scène n’a pas été conservé pour le Director’s Cut.

        • #149751 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Ça alors, major Wolcott dans The Last Waltz, ça m’en bouche un coin (j’ai l’album mais toujours pas vu le film). Wolcott est aussi celui qui prononce la phrase qui offre un très court relâchement de la tension (éclat de rire général dans la salle), à peu près au même moment que tu décris : « God damn Romans… ».
          .
          Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant. Nous qui parlions dernièrement de personnages féminins – et je mentionnais Thunderbolt and Lightfoot comme exemple de très bon film dans lequel les pseudo-personnages féminins ne sont ni faits ni à faire —, j’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route. S’il y a bien une rêverie sur le sur-homme chez Cimino comme dit dans le TVB, cela peut tourner au handicap si un personnage féminin essentiel et présent à l’écran finit par n’être qu’un faire-valoir, un enjeu de lutte ou de protection (et peut dévier en rapport sur-homme/sous-femme). On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) mais en réalité, Cimino fait aussi d’Ella, à sa manière, une sur-femme, en plus de lui laisser beaucoup d’espace d’expressivité, de vie. Très beau personnage.

          Cet aspect est à l’image du reste et me donne l’impression d’un film « complet ». Même l’hyper-agentivité des personnages principaux — qu’il faut bien appeler des héros, même défaits — n’est pas non plus univoque, car très largement contrebalancée (si ce n’est sapée) par ces scènes remarquables et conséquentes : je pense à cette formidable danse populaire en patins, je pense à tout le processus qui démarre la rébellion où Averill est absent, et où Ella et Bridges, comme perdus, finissent par suivre le flot — et ce faisant, je ne pense pas complètement trahir Cimino disant cela, par « choisir leur peuple » (un peuple sans drapeau). Le mot « choix » est même sujet à caution puisque le film prend bien le temps de disséquer des « processus », et c’est en particulier vrai de cette séquence.

          Ces sur-humains empêtrés dans leur humanité m’émeuvent bien plus que n’importe quel (super)héro décrété « faillible » ou « imparfait » — rendu humain, dont les failles ne sont que des ratures.
          .
          On m’avait vendu un grand film et je ne suis pas déçu.

          • #149764 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « Quel film, quand même. Comme dit dans le TVB, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse vraiment s’ennuyer devant »
            Et pourtant qu’est ce que ça revient quand tu glanes des critiques américaines d’époque cette notion d’ennui!
            Et c’est dans le meilleur des cas tant la haine envers le film est indescriptible. Pour faire court, on a affaire au navet le plus couteux de l’Histoire, point marre. Et il n’y en a pas un pour nuancer à la hausse.

            « J’ai pendant un temps craint que celui joué par Huppert, qui pour le coup « existe » vraiment et se doit donc d’être réussi, soit trop simple et déséquilibre le film, mais j’ai changé d’avis en cours de route »
            Même moi qui n’avait que 15 ans à l’époque de la sortie post cannoise du film, je voyais les photos dans Première, lisait l’article et me disait qu’Isabelle Huppert serait la potiche frenchy de service (je ne me le disais pas en ces termes).
            Or elle est resplendit là dedans et « existe » vraiment comme tu le dis.
            Je suis fier qu’elle ait jouer dans ce film. En d’autres temps, elle aurait joué dans Autant en emporte le vent que ç’aurait été pareil. Ç’aurait même été moins bien.

          • #149782 Répondre
            Alexandre
            Invité

            « On craint que le film n’emprunte trop cette voie (il y aurait plusieurs scènes à citer) »
            Spoilers
            Les scènes qui empruntent cette voie me paraissent généralement corrélées à Kris Kristofferson, personnage si sûr de lui en certaines occurrences, et pourtant si fragile en d’autres. Il estourbit d’un coup de poing un mercenaire comme moi je me gratte le coude, dégomme d’un coup d’un seul, et en contreplongée s’il vous plaît, deux ou trois mecs qui viennent de violer Isabelle Huppert, donne de formidables leçons de stratégie militaire aux immigrants (ce qui énervait beaucoup Bertrand Tavernier)..
            Le film emprunterait alors une pente légèrement schizophrène, oscillant entre virilisme westernien et mélancolie presque pathologique (Kristofferson qui pleure comme un ado quand Huppert lui annonce qu’elle ne part pas avec lui).

            • #149784 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Les attaques pour ennui sont prévisibles, non ? Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. Il a les atours d’un film grand public et ne l’est en fait pas du tout. Encore moins dans sa version longue – que je préfère car plus radicale et donc moins empêchée.
              Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War

              • #149785 Répondre
                Seldoon
                Invité

                C’est aussi un film qui souvent ne fait pas ce qu’il est supposé faire. Même sans partir sur la scène des patins ou la cérémonie d’ouverture, beaucoup plus simplement : souvent un plan est maintenu sur la longueur juste pour le plaisir de filmer la fumée. Il perd alors sa valeur narrative (arrivée des mercenaires) ou spectaculaire (le rythme des scènes d’action en patit régulièrement). Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher.

              • #149787 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « Les attaques pour ennui sont prévisibles, non ? »
                « Il gagne ainsi toute ma sympathie, mais on ne peut pas trop en vouloir à d’autres de décrocher. »
                Mais complètement!
                Il ne s’agit d’ailleurs pas d’en vouloir à qui que ce soit mais plutôt de se dire à soi-même qu’il y a tout là-dedans pour que l’on ne s’y ennuie pas une seconde, à partir du moment où l’on adhère de façon tripale.
                Je reconnais des défauts à ce film mais l’ensemble m’est si cher que l’absence même de ces défauts me semble inconcevable.

                « Le film est vendu – et se vend lui-même régulièrement – comme une grande fresque historique spectaculaire à la Le Guépard et en fait c’est un film européen qui mélange triangle amoureux (quasi ménage à trois) et politique sur un fait divers aussi passionnant qu’inconnu. »
                Mais en même temps il est bien plus spectaculaire que Le Guépard! Et de ce fait pas si européen que cela.
                Je crois en revanche que Cimino n’évite pas toujours les afféteries qui sont la rançon de la version intégrale (le bon côté , c’est la liberté que tu évoques). La version courte de la sortie 81 avait le mérite justement, je trouve, de resserrer le rythme.

                • #149789 Répondre
                  Alexandre
                  Invité

                  Quand je dis qu’il ne s’agit pas d’en vouloir à qui que ce soit, enfin si, on peut quand même un peu en vouloir à des critiques US aussi aveugles aux qualités réelles d’un film dont je comprends par ailleurs qu’ils n’y aient pas adhérés.

                • #149790 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Je vais vite me retrouver sans munitions pour comparer les deux dans le détail, c’est un film que je n’ai pas vu assez souvent pour être sûr de ce qui est dans l’une et non dans l’autre.
                  Mais oui, film passionnant. Loin de la quasi perfection de Deer Hunter, et c’est là, dans son bordel/son foisonnement/sa liberté qu’est son prix. Un peu comme le bordelique All that jazz par rapport au parfait Sweet Charity.

                  • #149804 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Deer hunter ? Ah oui, Voyage au bout de l’enfer.
                    Puisqu’on parle de ce film et de la critique, par curiosité j’avais consulté la crititque des Cahiers et il se fait méchamment démolir, ça m’a étonné.

                    • #149805 Répondre
                      Alexandre
                      Invité

                      Les Cahiers de l’époque n’étaient pas encore tout à fait sortis de leur période maoïste (sauf erreur) et The Deer Hunter avait une réputation de film raciste donc facho.

                      • #149806 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Bien vu, c’est le souvenir gardé de la critique que j’avais lue.

                      • #149813 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        La réputation sulfureuse de « fond raciste/fasciste » de Cimino est restée, non ?

                      • #149814 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Oui pour L’Année du dragon.
                        Mais même un film réputé « marxiste » (réputé avant tout mauvais) comme Heaven’s Gate essuyait aux USA des critiques axées sur l’ethno folklore de Cimino.
                        La célèbre critique du New Yorker, Pauline Kael, aurait écrit que les immigrants évoquaient les figurants d’une opérette de Sigmund Romberg.
                        Je ne suis pas sûr d’être tout à fait en désaccord avec elle sauf que ça ne m’a jamais dérangé.

                      • #149825 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Dans cette veine, on ne peut pas dire que le Chasseur de cerfs offre au Vietnam l’occasion de montrer sa face la plus lumineuse. Même pas un plan pour dire que c’est le pays où on y mange les meilleurs bo buns de la planète.

                      • #149832 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ce qui m’interroge surtout, dans toute la filmographie de Cimino, c’est l’absentement farouche du Génocide arménien. Pourtant en 1915 il y avait de jolies fumées à filmer au-dessus d’Erzurum.

                      • #149833 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Même dans Sunchaser il se trompe de montagne sacrée.
                        mont ararat

              • #149800 Répondre
                Alexandre
                Invité

                « Au passage ça vaut le coup de se renseigner sur le fait divers en question, pas aussi spectaculaire que dans le film et d’autant plus révoltant : https://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_County_War »
                Fait divers qui renvoie à d’innombrables westerns qui traitent de l’hostilité des Cattle Barons envers les petits éleveurs. Bien loin de l’étrange conflit ethnique que déploie Cimino.
                En revanche on retrouve pas mal de noms du film dans cette fiche Wiki.

                • #149802 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  La cerise sur le gateau est le sauvetage des milices des barons par l’armée.

    • #149695 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Tout de suite, maintenant c’est difficile mais je nous prédit à très court terme des échanges des plus nourris au sujet d’un film avec lequel je n’ai jamais cessé de convoler.

    • #149725 Répondre
      Ostros
      Invité

      La programmation du ciné club 2026 – 2027 est arrivée !
      .
      – au travers des oliviers (1994) – kiarostami – mardi 29 septembre
      – mean streets (1973) – scorsese – mardi 10 octobre
      – Sicilia ! (1999) – straub et huillet – mardi 05 novembre
      – éléphant (2003) – GVS – mardi 08 décembre
      – goodbye south, goodbye (1996) – HHH – jeudi 28 janvier
      – l’homme qui tua liberty valance (1962) – Ford- mercredi 24 février
      – la chinoise (1967) – godard – mardi 30 mars
      – la dernière piste (2010) – reichardt – jeudi 29 avril
      – double messieurs (1986) – stévenin – mardi 18 mai
      – mercuriales (2014) – vernier – mardi 01 juin
      Des classiques et des découvertes

      • #149731 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Ostros

      • #149740 Répondre
        eustache
        Invité

        formidable de variété! (même si ça manque d’un muet allez!)
        On sait tout de suite que le Straub (quoiqu’un des plus accessible), ce Godard-là et le Vernier ne vont pas faire consensus et c’est tant mieux!

        • #149765 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Mean streets 20 octobre – et non 10

          • #149815 Répondre
            Charles
            Invité

            Goodbye south, goodbye en janvier, c’est à marquer d’une croix sur le calendrier.

        • #149830 Répondre
          Cynthia Lennon
          Invité

          J’ai lu « même si ça manque d’un mulet »

      • #149807 Répondre
        poissonvache
        Invité

        J’aime beaucoup la manière dont François fait de la critique. Ca qui m’a vraiment ouvert à cette pratique à laquelle je suis longtemps resté hermétique malgré un vrai amour du cinéma. Et j’ai remarqué depuis quelques années que son domaine d’expertise était très axé sur les films occidentaux ou apparenté (à forte dominance france/USA). Je me retrouve donc un peu orphelin quand je m’aventure dans d’autres contrés cinématographiques car j’aime bien ma petite loupiotte bégaudienne pour éclairer le film. Quelqu’un aurait d’autre références de critique étant dans la même veine ? Je parle français anglais et portuguais. Merci d’avance !

      • #149816 Répondre
        Mao
        Invité

        La chinoise

    • #149726 Répondre
      Ostros
      Invité

      Et le ciné club sur je regarde est dispo !

    • #149746 Répondre
      lison
      Invité

      Réjouissez vous, le prochain Radu Jude « Journal d’une femme de chambre » est super ! Précis, mordant, drôle, très fin sur les rapports de classe, sur le rapport au temps ( choisi/ contraint) , sur l’argent, sur ce qu’on achète (la vie des autres) pour mieux vivre la sienne.
      j’aime ces quelques jours qui défilent de septembre à décembre, ces vitres, ces miroirs, ces vitrines nettoyées,
      J’aime ce qu’il a filmé de Bordeaux (les dorures, l’esclavage, les pauvres , le miroir d’eau),
      j’aime son traitement de cette bourgeoisie culturelle, qui « ne sait pas ce qu’elle ferait sans elle » ( la domestique roumaine), et ce repas entre amis où l’on interpelle la domestique pour avoir son avis sur la guerre en Ukraine,
      j’aime que cette roumaine les insulte dans sa langue( l’enfant, la grand mère) , récupère l’argent, ne donne pas d’argent aux plus pauvres qu’elle, voilà enfin une travailleuse immigrée qui n’a pas toutes les qualités de la terre,
      j’aime les scènes de théâtre et encore plus les scènes qui réunissent le groupes de théâtre et leurs discussions sur la nudité, le bien être animal, et les migrants , rien vu d’aussi juste et moqueur sur ce milieu là,
      j’aime le rapport de ce couple à cette jeune roumaine ( tellement compréhensif…jusqu’à ce qu’il le soit moins), et Macaigne et Mélanie Thierry sont parfaits dans leur rôle,
      j’aime l’usage des vidéos sur téléphones portables( appels en visio, images de guerre,…)
      et incroyable scène de conte ! Conte dit à Bordeaux et images de la Roumanie,
      La fin est géniale, qui ne boucle rien,
      Et j’aimerai une suite qui pourrait avoir quelque chose de « Parasite », si..
      J’aime tout de ce film, j’en suis sortie euphorique, et je demande officiellement un TVB pour sa sortie en octobre .

    • #149791 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Pour les abonnés de la plateforme Bref cinéma (destinée aux courts-métrages), vous trouverez un autre court d »Emmanuel Marre: Le Film de l’été
      Et je conseille également fortement le court-métrage documentaire Car Wash de Lais Decaster

    • #149817 Répondre
      Victor
      Invité

      « Le film de l’été » est également disponible sur arte pour les non abonnés à Bref, (je recommande vivement au passage)

      • #149827 Répondre
        Ostros
        Invité

        Thanks folks

      • #149828 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Chouette ! Merci Victor
        Je remets ce lien au cas zou

    • #149818 Répondre
      Charles
      Invité

      La critique du Spielberg par Rayon vert c’est quelque chose, difficile de faire plus pédant et amphigourique : https://www.rayonvertcinema.org/steven-spielberg-analyse/
      On est à la limite du pastiche.

      • #149821 Répondre
        MA
        Invité

        amphigourique: joli

        • #149822 Répondre
          Tony
          Invité

          En effet là on est au sommet de la philosophie, c’est irrespirable,on comprend quand même quelques idées simples qui n’avaient pas besoin de Kant et Leibniz pour être énoncées,et qu’il y ait du gâtisme dans Disclosure Day c’est ce que je me suis souvent dit lors de la projection comme je me l’étais déjà dit en voyant Megalopolis de Coppola, même génération, cinéastes vénérés qui pontifient sur l’humanité.

          • #149823 Répondre
            Charles
            Invité

            Comment est-ce possible autrement quand on dit depuis 30 ans que tu es un génie du cinéma?

            • #149829 Répondre
              Tony
              Invité

              Ce qui fait mal dans Disclosure Day c’est de voir cet alien, à la fin,sur une chaise roulante,il a un message à nous faire passer alors que la troisième guerre mondiale est à nos portes et alors j’y ai vu un vieillard venu nous dire,à nous autres enfants,que ça suffit les conneries, arrêter de vous mettre sur la gueule,on n’est pas seul dans l’univers,triste fin de carrière.

    • #149850 Répondre
      Selina
      Invité

      Bonsoir, je vois partout que le film Autonomes de François Bégaudeau dure 1h52, or celui que j’ai en ma possession n’affiche que 52 minutes. Est-ce ma version qui n’est pas la bonne ou internet qui se trompe ?

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