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- Ce sujet contient 936 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 1 année et 7 mois.
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Dr Xavier
InvitéJ’ouvre une page 2, la première page est longue de 1500+ posts, les téléphones rament.
Arte propose 4 Godard d’ici au 30 septembre, si on n’a le temps de n’en voir qu’un ou deux que suggérez-vous ?
– Sauve qui peut (la vie)
– Masculin, féminin
– La Chinoise
– Je vous salue Marie -
Tony
InvitéRegarde la chinoise,c’est d’une modernité stupéfiante (« contre les idées vagues il faut des images claires »)
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K. comme mon Code
InvitéD’ici au 30 septembre, t’as le temps de voir les quatre. Mais Sauve qui peut (la vie) : les autres passent plus souvent. Je n’ai pas encore vu Je vous salue Marie, cela dit.
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Dr Xavier
InvitéMerci Tony et K. Si tu savais la liste longue comme le bras de films que je dois voir, entre le boulot, les impératifs familiaux, et les passionnantes vidéos à ne pas manquer de type Bascar on n’a plus le temps pour rien.
Je me connais avec ces cycles Arte, oui oui j’ai le temps, résultat je vois rien. -
Tony
InvitéLa période années 80 de Godard me laisse perplexe,esthétiquement il y a des plans magnifiques,beaucoup de jeunes femmes dénudées,des personnages abstraits qui ne dialoguent plus,quelques fulgurances parfois,bon il me reste à voir Passion que je n’ai pas vu et Nouvelle vague mais je préfère de loin sa dernière période avec film socialisme,adieu au langage et le livre d’images.
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Buster
InvitéPas encore tout vu des années 80 mais « Sauve qui peut (la vie) » est vraiment fort. Déjà pour le parallèle entre la prostitution et le travail à la chaîne (pour ne pas en dire plus/trop). Formellement, Godard est un cadreur incroyable et aussi le film est (parfois) assez drôle (on parle pas assez de l’humour chez lui alors que ça innerve quand même tout son cinéma, même les derniers qui peuvent paraître plus austères).
« Masculin, Féminin » est génial aussi. D’ailleurs Skolimowski va lui reprendre Jean-Pierre Léaud, Catherine Duport et son chef opérateur William Kurant pour tourner « Le départ » (1967).-
Buster
InvitéArte a publié un reportage sur Godard d’ailleurs :
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=BlFzUwVCtMk -
Tony
InvitéD’accord sur l’humour,potache dans les années 60 et amer ou absurde dans les années 80,’sauve qui peut’est un film charnière et oui cette scène de pornographie dans le bureau du patron mafieux est frappante, se vendre pour travailler ou vendre son corps produisent la même aliénation.
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Maud
InvitéJ’ai découvert hier la bataille de Solferino et adoré sa structure en 2 temps. Je n’avais pas du tout aimé Victoria, vu quelques mois avant, que je trouvais trop propre, trop faussement dramatique, en un mot trop bourgeois. Je peux le dire, j’ai fréquenté un peu Justine Triet et sa bande quand elle était aux Beaux-Arts. Or on en retrouve une partie dans La bataille, parmi les acteurs et l’équipe technique, ce qui est aussi très réjouissant et peut-être à relier aux amitiés travailleuses dont parle GDL (Carpentier, je t’arrête tout de suite : nulle frime de ma part, c’était il y a 20 ans et dans une autre vie). On pourrait résumer le talent de Triet dans sa capacité à organiser le chaos. Ou plus exactement à constituer une structure au milieu du chaos. Toute la partie dans les rues bondées l’illustre parfaitement. Il doit falloir un sens de l’organisation hors norme pour parvenir à anticiper les scènes, placer ses acteurs et ses caméras pour les produire en une prise parmi une foule en liesse. Mais la longue scène entre les hommes dans l’appart, c’est pareil (ce qui distingue Triet d’un Cassavetes). Cerise sur le gâteau, chaque personnage a son intérêt propre. J’ai beaucoup aimé le personnage du baby-sitter, par exemple. Et le titre des Dead man’s bones, que je ne connaissais pas, est coolissime. Vraiment ravie d’avoir vu ce film. J’irai voir le prochain à sa sortie.
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Maud
InvitéJe perçois un grand sens du rythme aussi, mais c’est il daudrait creuser.
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Maud
Invité*mais il faudrait creuser (c’est juste une intuition).
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Carpentier
InvitéComme tu as bien fait de me stopper tout net.
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Maud
InvitéTu es à l’affût.
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Carpentier
InvitéToujours, un vrai chien de berger.
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charivari
InvitéMerci Maud, je l’ai vu y a un bail maintenant. Je suis d’accord avec toi sur l’ordre des choses dans le bordel. C’est un peu sa marque de fabrique. J’ai envie de penser que ce serait peut-être l’axe de conduite de tous ces films. Je reconnais son talent, mais je suis pas une grande adepte. En tout cas, j’ai du mal à revoir ses films. Trop beaux-arts pour moi, sans savoir qu’elle y était. C’est un peu la même trempe formelle que Letourneur, et assez cousin de Kerven et Delépine. Même si je les préfère, car je me sens plus proche de leur humour.
J’aime encore beaucoup Laetitia Dosch qui porte le film, comme je pouvais aimer Efira à ses débuts qui malheureusement devient un vrai produit carrefour.-
Maud
InvitéOui, un rapprochement avec Letourneur s’impose, et l’effet nationalo-socio-générationnel y contribue sans doute aussi. Chez Letourneur on se retrouve parfois dans un joyeux bazar où les personnages parviennent à se frayer un chemin original comme chez Triet, mais on a aussi souvent des situations où soudain ça s’enraye. De ce point de vue-là, je trouve les films de Letourneur à la fois plus calmes et plus angoissés (ca roule, puis d’un coup quelque chose se grippe et il faut agir). Je trace à gros traits. Du coup si le comique de Letourneur est plus classique, il est aussi redoutablement efficace. Kerven et Delepine sont sur un comique absurde c’est bien ca ? En tout cas, les 3 que tu cites m’ont facilement mise dans leur poche en me faisant mourir de rire de nombreuses fois.
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charivari
InvitéAh oui, carrément juste Letourneur a plus de calme et d’angoisse dans son art, notamment dans les deux derniers. Oui, l’absurde me fait rire. Rire aux éclats. C’est le meilleur moyen de garder les pieds sur terre je trouve. Chez Kerven et Delepine, même leur dernier qui n’est pas aussi bon que les autres a de l’effet sur moi. Chez eux aussi, la distribution est toujours très intéressante. Je trouve que ces derniers se rapprochent parfois davantage de Dupieux.
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Dr Xavier
InvitéVu La Bataille de Solférino sur vos conseils, si la première partie m’a tout à fait emporté, je suis resté dubitatif sur la deuxième partie, ou plutôt sur l’articulation entre la première et la deuxième : la scène dans l’appartement semble se dérouler ‘comme si’ toute la journée de la première n’avait pas vraiment eu lieu (en tous cas pas dans des proportions aussi exceptionnelles), et la semi-réconciliation de fin me paraît un peu artificielle. La deuxième partie reste tout à fait intéressante (notamment sur le côté inquiétant de Vincent et Arthur), mais avec cette première partie, on dirait presque deux moyens-métrages combinés ?
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Maud
InvitéOui et non.
On peut en effet prendre La bataille comme un collage de deux grandes scènes. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait au début (je soupçonne Triangle of sadness, littéralement coupé en deux et vu la veille, d’avoir influencé ma lecture) ; mais ce n’est finalement pas trop le souvenir que je garde. Je vois davantage le film comme le déploiement d’une seule intrigue : comment, pour les parents, s’accorder sur la visite des enfants ?Sur cette base, on a presque la règle des trois unités théâtrale : même sujet, même journée, mais c’est vrai, deux espaces différents. Toutefois, les personnages principaux se retrouveront dans le lieu B, rue de Solférino. En fait, le conflit se poursuit de lieu en lieu, au gré des allers et venues de Vincent. Ça me fait penser à ces photos de nains de jardin qu’on retrouve dans toutes les villes du monde. J’exagère mais il y a un peu cet effet, absurde : Vincent au pied de l’immeuble, Vincent chez son avocat, Vincent au milieu de la foule…
Dans la dernière partie, retour au lieu A, l’appartement, où commence un huis-clos. Mais on ne passe pas à autre chose pour autant. Au contraire : plus d’échappatoire, le week-end va finir dans quelques heures, le père doit voir ses filles et le conflit se résoudre (fait notable : sans la femme, partie promener le chien. C’est Virgile, survenu on ne sait pas pourquoi mais en fait pour ça, qui en mettant les pieds dans le plat, dénoue). À cela il faut ajouter que tout le monde est rincé par sa journée et que cet épuisement pèse dans l’attitude des uns envers les autres. La violence vient vite, par exemple. Or je ne vois pas de meilleure manière de tenir compte du passage à Solférino : la tension s’est accumulée, il faut qu’elle sorte. La violence vient vite mais le besoin de boire et de fumer aussi. Ce trop long développement pour souligner que je ne ressens pas de véritable rupture dans le déroulement du film mais plutôt un creusement. On va au bout de quelque chose.
Ce qui est artificiel, c’est que ça finit bien alors que dans la vie, un tel cocktail d’affects se termine en général plutôt mal. On pourrait en conclure qu’au drame réaliste Triet a préféré faire une tragi-comédie : selon la définition, une « pièce » comportant une intrigue tragique (des parents séparés se déchirent), des événements romanesques (la quête des enfants dans la ville, la bagarre dans la rue, la triple visite au milieu de la nuit) et une fin heureuse.
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Dr Xavier
InvitéJe ne trouve pas ta réponse trop longue au contraire je te remercie de prendre le temps de développer ta pensée. Ok je vois mieux l’articulation. J’en profite pour dire que j’ai aussi aimé la collision complète, physique, entre les trois vies publiques, professionnelles, et personnelles rue de Solférino. Et que j’ai aimé ce personnage de Vincent, égocentré, presque toxique, et pourtant touchant : que Laetitia le laisse aller recoucher sa (leur) fille (ça on le voit pas, on peut juste le comprendre dans le montage), et qu’il y parvienne sans peine, c’est une scène émouvante. C’est peut-être aussi un autre fil directeur qui articule le film : ces enfants qui passent de bras en bras, et puis cette chienne placide et drôle qui elle aussi est échangée, on est dans une économie affective transactionnelle (allez les gros mots sont de sortie).
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charivari
InvitéEconomie affective transactionnelle, et bien on se croit au TPE. Vous me donnez envie de le revoir. Je vais donc essayer, surtout pour le plaisir de voir Dosch dans sa façon de dévorer l’espace.
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Maud
InvitéPar contre, je suis moins enthousiaste pour Sibyl. Je retiendrai les scènes de tournage sur l’île, que j’ai trouvé précieuses car elles ont une fonction quasi documentaire et redonnent droit à la matière : il y a du vent qui gêne, le soleil assomme, les mains bégaient des gifles, la mer et les rochers encadrent les plans… Cette partie doit faire un bon tiers du film et reproduit de façon assez réjouissante le schéma narratif que j’évoquais plus haut.
Mais pour le reste, sauf quelques scènes ici et là je suis restée indifférente : plus aucun corps, mais une succession de tableaux fixés (en plus !) chaque fois très brièvement. La plupart du temps tout passe par les dialogues – par les dialogues uniquement. C’est comme si on était devant une succession sans fin de torses qui parlent. En fait, si je devais résumer ce serait là tout ce qui fait que je suis incapable de suivre une série. Les scènes défilent et je n’arrive à m’accrocher à rien.
Toutefois je perçois dans l’ensemble quelque chose de l’ordre de l’expérimentation, via le montage notamment. Triet a peut-être réellement voulu faire ici un film incluant en partie la structure de la série – le personnage de Sibyl se vit de toute façon comme une fiction ; entre les scènes de sexe clicheteuses et le film dans le film à Stromboli (!), ça aurait du sens qu’elle se perçoive comme l’héroïne d’un feuilleton. À chaque épisode sa péripétie, son ajout scénaristique ou sa révélation. Même si je m’y suis plutôt ennuyée, tout ça constitue une tentative formelle intéressante. Et pour le coup, j’ai trouvé qu’Efira jouait vraiment bien.
J’ai lu le commentaire de K. comme mon code et reste curieuse de la suite.
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charivari
InvitéJ’ai préféré Sibyl a Victoria, car je le trouve plus peaufiné, plus abouti. Histoire de sensibilité.
Sur la série, je ne vois pas bien ce qui te fait dire ça. Après, je ne suis pas très branchée Série, donc il me manque des billes;)
Pour Efira, faire le Grand écart entre Verhoeven et Donzeli, faut être sacrément souple non ?
Le dernier de Donzeli, est la pire vidéo que j’ai vu depuis des années.-
Maud
InvitéOui, j’ai préféré aussi Sibyl à Victoria !
Je n’ai vu que 3 films avec Efira : les deux Triet et un Mouret. Son jeu dans Sibyl était une bonne surprise.-
Anna H
Invité@Maud : J’en profite pour te remercier d’avoir signalé la tenue du séminaire du Réseau Salariat concernant les tiers-lieux, que tu as animé avec des membres de La clé Revival notamment. J’ai trouvé que c’était très riche. Voici le lien pour celles et ceux que ça intéresse :
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Sarah G
InvitéMerci Anna H
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Hervé Urbani
InvitéVu et beaucoup apprécié aussi, en premier lieu la partie historique et tout le passage sur le « bénévolat »
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charivari
InvitéMaud, je te conseille le cinéma de Ulrich Seidl. Tu as récemment Rimini et actuellement à l’affiche Sparta.
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Maud
InvitéJe note, merci beaucoup !
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Maud
InvitéMerci, Anna et Hervé ! Participer à cette soirée a été un plaisir. La discussion sur le bénévolat mériterait d’être prolongée.
Le séminaire continue avec une conférence demain soir sur l’enseignement artistique public et une conférence gesticulée le 3 juillet sur l’éducation populaire.-
Claire N
InvitéOui merci ! J’ai appris
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Desgaddi
InvitéHello hello,
Je découvre l’existence de ce blog qui fait du bien au jus de cerveau.
Je reviens un instant sur Godard parce que j’ai (re)découvert Notre Musique et Le Livre d’Image (2 chefs d’oeuvres à mes yeux), et je me demandais pourquoi la période post-Histoire(s) du Cinéma était si redoutée et rarement explorée / commentée (à l’image du docu d’ARTE diffusé pour la rétro) ?Vous auriez des références (autres que Critikat) qui ont produit un contenu solide ?
D’ailleurs François si tu me lis, ça m’intéresse aussi de connaître ton rapport au « dernier » Godard (celui du XXIe).Bonne journée tout le monde !
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Buster
InvitéEn terme de référence, Nicole Brenez a récemment sorti un livre (« Jean-Luc Godard » chez De L’incidence éditeur). Elle l’avait aidé sur « Le Livre d’Image » et notamment dans les derniers projets avant sa mort. Je te mets un lien vers un entretien d’elle avec le média Négatif où elle y parle de sa collaboration avec lui (Lien : https://www.youtube.com/watch?v=Etrpeh40wY4 ).
Je dois avouer avoir trouver quelques passages de « Notre Musique » un peu douteux (notamment la comparaison entre les juifs et les palestiniens, ça pourrait donner à réfléchir mais c’est quand même très lourd comme propos).
Concernant la dernière période de Godard, je pense que ce qui « décourage », c’est qu’il part dans des explorations esthétiques, politiques et linguistiques qui sont loin devant ce qui peut se produire majoritairement en France dans ces dernières décennies. Ce qui n’est pas nouveau en soit mais je pense qu’il atteint un degré assez inégalé (pour les autres et pour lui) avec ses derniers films. Il est totalement à contre-courant et, aussi, je crois que cette dernière période est plus acerbe, plus déroutante plastiquement et plus citationnelle/référencielle (à en donner le tournis) que les autres.
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Leo Landru
InvitéJe ne sais plus où, quelqu’un parlait de Mocky. De lui je n’avais vu qu’À mort l’arbitre avec Eddy Mitchell et Michel Serrault (dans le rôle d’un hooligan !), et j’avais bien aimé malgré un montage que j’avais trouvé foutraque. La misanthropie du propos m’avait peut-être davantage séduit que le film dont je me rappelle surtout des scènes de course-poursuites pas hyper maîtrisées, et une mise en scène de la bêtise de groupe plutôt convaincante, dans la lignée de Dupont-Lajoie sorti probablement à la même époque.
Grâce à Arte TV, rattrapage de La Cité de l’indicible peur, ou La Grande frousse, avec Bourvil et une palanquée de vedettes. Je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai été surpris en bien par l’espèce d’anarchie joyeuse qui ressort de la vision de cette comédie policière. Réalisation au cordeau avec de magnifiques plans expressionistes figurant une ville-théâtre façon Cabinet du Dr Caligari ou une décharge publique aux horizons surnaturels. Dialogues poétiques et drôles, avec force traits d’esprits mais traits d’esprits digestes à mille lieues des Tontons Flingueurs. Bourvil fait du Bourvil, il le fait bien et ça s’apprécie – son cabotinage s’accorde avec l’artificiel général. Pour le reste, il me manque du vocabulaire, je répèterai juste le film est beau, séduisant sans exagérer, donc charmant. Et venant de Mocky, dépeint souvent comme une sorte de brouillon colérique aux films bordéliques, j’ai été étonné par le sérieux de la réalisation.
Si d’autres l’ont vu et savent mieux en parler.-
The Idiot
InvitéJe l’ai vu et ne saurais pas mieux en parler. J’ai beaucoup aimé aussi Un drôle de paroissien mais je ne sais pas s’il passe encore sur Arte tv. Deux beaux films de folie douce. Dans la foulée Mocky, j’ai aussi regardé Le témoin et Solo que je n’ai pas aimés et carrément interrompu le visionnage des dragueurs. J’ai trouvé ces films plutôt ennuyeux.
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Leo Landru
InvitéJe note Un drôle de paroissien, merci The Idiot. J’hésite à regarder Noir comme le souvenir, encore disponible.
J’ai bien aimé dans La Cité de l’indicible peur le charme désuet du générique, et l’ambiance fantastique et fantaisiste des situations romanesques assumées comme telles. Et aussi que Bourvil soit un faux benêt et un vrai romantique doublé d’un fin limier, jamais dupe, un Columbo en plus doux. Je n’ai pas souvenir de l’avoir vu dans un meilleur rôle.-
Sarah G
InvitéIl y a aussi Le Miraculé avec Michel Serreault et Les Saisons du plaisir
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The Idiot
InvitéJ’ai bien aimé aussi le petit saut et le son que fait sans arrêt Bourvil, un drôle de tic.
Mention spéciale à la bête. Dans ce film tout est drôle, second degré et inquiétant.
J’ai aussi trouvé que le film faisait pièce de théâtre.
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Le C
InvitéHello tout le monde.
Je me permets de faire une petite recommandation pour ceux qui ont aimé Il Buco, L’odeur du vent de Hadi Mohaghegh, film iranien minimaliste. Eloge de la lenteur et mise en avant de la beauté des paysages iraniens, le film a des airs de fables qui le rend captivant, qui met en scène une entraide calme, tendre et avec des moments qui peuvent rappeler Beckett, notamment à travers ses personnages estropiés.
Il sera surement peu vu, mais le réalisateur, déjà à son troisième film, a l’air assez débrouillard pour produire, jouer et réaliser un film surement fait avec un budget ultra minimal.-
Ostros
InvitéMerci beaucoup Le C pour ce film qui tel que tu le décris m’intéresse vivement. Et le réal aussi.
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riviere
InvitéMerci de la recommandation Le C. Très beau film. Le hasard qui sert ou ajoute des difficultés aux personnages qui persévèrent. C’est au-delà de l’entraide, une sorte de providence humaine. Vraiment allez le voir.
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François Bégaudeau
Maître des clésIntéressant de voir L’odeur du vent et Il Buco la même semaine
Beaucoup de points communs. Mais dans le premier manquent cruellement :
-la matière. Les plans auraient tout pour faire éprouver la matière du monde et ils ne le font pas. Je ne sens pas grand chose. Et où est le son? Où est le son du monde, qu’ici rien ne parasitait?
-les gestes. Pourquoi des personnages si apathiques, si éteints ? Pourquoi ces silences? Il y a là quelque chose d’affecté, d’injustifié, de poseur.Beckett oui sans doute. L’obstination.
Et cette sainteté tranquille.
C’est ce que je retiendrai.-
Ostros
InvitéIdem.
Je préfère la radicalité de Frammartino où les hommes et le temps sont bons et mauvais. Audacieux et lâches. Sa radicalité dans le traitement sonore. Trop de musique dans l’odeur du vent. Trop de morale aussi. J’ai effectivement ressenti le côté affecté et poseur. J’ai apprécié des plans intéressants souvent ceux en hauteur. Mais Frammartino ne va pas rechercher le plan fiction tandis qu’ici on a pas trop foi en sa forme donc on retombe sur des plans épaules. Des plans voitures quon connaît bien. Et ce personnage bon et beau gosse de bout en bout (joué par le réalisateur je crois ?) a quelque chose de pas possible.
Je mettrai ce film en comparaison avec Il Dono plutôt que Il Buco, par rapport à la thématique du don.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn m’en a parlé dans les mêmes termes qu’on m’avais parlé d’Il Buco, en effet.
Il va falloir voir ça -
Sarah G
InvitéComme recommandation, il y a aussi Only the River Flows de Wei Shujun, Sélection Un Certain Regard 2023, Film policier atypique et contemplatif..
Sortie prochainement.-
Buster
InvitéMerci pour la reco !
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Ostros
InvitéDe la part de Cyril :
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La Polyphonie Anarchiste de Li Tavor.
I composed (and performed) this piece for the award winning feature film « Unrueh »/ »Unrest » by director Cyril Schäublin (2022). The text is from an original anarchist song, sang by Swiss anarchists in Jura in the end of the 19th century.
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Choir: Caroline Ann Baur, Monika Stalder, Gessica Zinni, Li Tavor
.
https://on.soundcloud.com/iPNeC3FS7S9oRiTT9
.
Les paroles (pour pouvoir la chanter tous ensemble et la transmettre) :
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Bâtard de la riche Industrie,
L’ouvrier n’a ni feu
Ni lieu.
L’ouvrier n’a pas de patrie,
Misérable ouvrier, lève aujourd’hui ta main.
Et nous t’acclamerons demain.
République de genre humain.
.
Mais les rois ont mis des frontières
Entre les peuples travailleurs:
Ils ont des haines meurtrières
Déchaîné les viles fureurs.
.
Les bourgeois ont des républiques
Où le capital tout-puissant
Courbe sous ses lois despotiques
Le travail sombre et frémissant.-
Ostros
InvitéEt la passionnante thèse de Florian Eitel qui a servi de base pour l’écriture du scénario.
Le Vallon horloger et ses anarchistes
une micro-histoire de Saint-Imier et Sonvilier aux débuts de la mondialisation
traduit et adapté par Marianne Enckell et l’auteur ; avant-propos de Julien Steiner
.-
Sarah G
InvitéMerci beaucoup Ostros pour ce partage
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Julien Barthe
InvitéMerci, Ostros.
J’espère que tu connaissais Cyril Schaüblin avant et que tu n’as pas été obligée de te PACSer pour obtenir toutes ces informations.-
Ostros
InvitéJe vous en prie.
Julien, merci pour le rire. Tu sais bien que dans ce milieu très libre qu’est celui du cinéma on n’a pas besoin de se connaître avant et ça nous engage pas à une relation sous contrat après.-
Julien Barthe
InvitéNon, je ne sais pas bien et je n’aimerais pas que tu aies une raison de chercher des informations sur moi. Ton efficacité et ta persévérance en la matière pourraient paraître inquiétantes.
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Ostros
InvitéAlors moi je faisais une blague en sous-sous-entendu sur une activité pas catholique qui ne nécessite pas de se connaître avant ni de s’engager après.
Je le répète : c’était une blague.
Je pensais que tu blaguais aussi.
Par ailleurs c’est Cyril (qui se trouve être le réalisateur du film) qui me les a filé (sans contrepartie évidemment), je ne vois pas bien – et à plusieurs niveaux – pourquoi ce message paranoïaque.-
Julien Barthe
InvitéJe déconnais aussi.
Par contre, – prends en bien note pour m’éviter de me répéter – quand tu proposes une thèse, pense à fournir un fichier PDF.-
Ostros
InvitéLe niveau est trop haut pour moi. En plus tu sais que j’ai des difficultés dans ce domaine.
Je m’excuse pour le lien j’étais persuadée que c’était un PDF qui se téléchargeait directement quand on clique. Je tâcherai de faire gaffe.-
K. comme mon Code
InvitéC’est tout à fait un fichier pdf.
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Julien Barthe
InvitéN’empêche que c’est bien d’y penser quand même, pour la prochaine fois, pour la prochaine thèse.
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Seldoon
InvitéOstros, si tu savais le niveau de perversité de Julien, rien ne t’étonnerait de cet homme. Il m’a fait tenir 3 pages de débat sur Lordon avant d’avouer qu’il gardait sous le coude depuis le début un papier du même Fredo avec la réponse à toutes nos interogations.
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Julien Barthe
InvitéTu es naïf, Seldoon.
C’est Ostros qui m’avait indiqué l’article après que Lordon – auquel elle retranscrit régulièrement nos échanges – le lui avait signalé.-
Ostros
InvitéEn revanche évite de révéler d’autres de mes liaisons particulières stp Julien.
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Dr Xavier
InvitéVu Conte d’Été, j’imagine que presque tout le monde a déjà vu ici, mais quelle lumière, quels espaces avec toutes ces plages ! Et ces peaux toutes bronzées… Il y a une érotisme platonique fou avec Margot, et c’est souvent drôle.
Obligé de regarder sur l’ordi, j’ai le son au casque. C’est impressionnant tout ce foisonnement de bruit, comment on fait techniquement pour faire des plans larges où les acteurs sont à 5 mètres de la caméra, il y a du vent partout, et pourtant les voix sont parfaitement nettes sans pour autant étouffer les cris de joie des plagistes ?
En tous cas ça vaut vraiment le coup, même sur un écran d’ordinateur (oui Leo c’est pour toi !)-
charivari
InvitéEtrange ce que tu dis de ce film.
Etrange la réduction que tu en fais, même si ce n’est pas mon préféré.-
Dr Xavier
InvitéTu es dur (dure ?), j’en ai dit trois mots, je veux rien dire de l’intrigue pour ne pas gâcher (vu que je ne savais rien du film en le lançant et j’étais bien content), du coup il reste la lumière, la musique aussi, la ferme indécision de la jeunesse… dis-moi plutôt ce que toi tu en dirais.
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Malice
InvitéDr Xavier si tu aimes les peaux au soleil tu peux continuer le cycle avec « Pauline à la plage » et « La collectionneuse ».
Dans un registre plus habillé mais aussi ensoleillé il y a aussi » conte d’automne » et « Astrée et Céladon », dont les paysages sont des personnages à part entière. -
charivari
InvitéRelis-toi.
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Dr Xavier
InvitéTu parais plus enclin à démarrer des feux de forêts qu’à échanger tes impressions sur ce film, ce doit être de saison mais soit, moi je retourne dans mes rêveries indécises et mes sentiers côtiers avec Gaspard et Margot.
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charivari
InvitéJe réponds rapidement car tu m’agaces. Cela fait un temps que je lis tes interventions que je trouve souvent dénuées de sens. Tu as récemment dit des sottises en matières politiques;) Et maintenant tu t’épanches sur un des plus grands films de la planète. Tu n’as pas beaucoup de respect pour l’art.
Relis-toi, relis tes mots à propos et tu te rendras compte par toi même que tu uses de mots que je collerais volontiers à un Martine à la plage. Tu ne donnes aucune impression sur le film.
Hier, mes deux petites phrases ne sont aucunement dures.
A nouveau, tu emplois des mots comme on mangerait de la bouillie.Ces deux phrases auraient pu te servir si François te les avait donnés.
Dommage.-
Dr Xavier
Invité(Lu, c’est plus clair même si toujours peu amène, et je pressentais bien que tu avais une purge à vider. J’étais ému par le film et je reconnais qu’il était précipité de venir le dire ici de manière sans doute maladroite, pour tout dire je voulais partager ma joie entre autres avec Léo qui s’est déjà exprimé sur sa perception des personnages masculins. Je ne sais toujours pas ce que tu penses du film, à part que c’est un des plus grands films de la planète. Je ne vois pas pourquoi tu te drapes de l’autorité de François. Sincèrement intéressé de te lire sur lesdites sottises dans les topics concernés. Sinon ne nous lisons plus. Ce sera ma dernière intervention ici.)
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Ostros
InvitéDr Xavier, j’espère continuer à te lire moi. Sur ce topic ou les autres. Donc stp ne t’arrête pas. Et, oui, une telle assurance donne envie de lire l’analyse de charivari. J’ai hâte d’apprendre plein de choses grâce à elle.
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charivari
InvitéAu début, ça part de là
« Etrange ce que tu dis de ce film.
Etrange la réduction que tu en fais, même si ce n’est pas mon préféré. »
Je passerai d’ici peu te dire ce que j’pense de ce film. Déjà j’y mets le mot amour.Ostros, au vu de ton autorité envers les gens qui passent par là pour une info (cf Désordres) ou envers Graindorge, je pense que tu ferais mieux d’éviter de jouer encore la poli(c)e.
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Ostros
InvitéMon autorité envers les gens qui passent par là ou un ras le bol envers les gens qui insultent François ou les autres ?
Si déjà tu n’arrives pas à distinguer je donne pas cher de tes analyses filmiques.
Pour désordres et l’info en question je n’ai pas compris. Mais quelque chose me dit que c’est toi qui a manqué une info.
Ce que tu appelles poli(c)e dans la situation c’est mon soutien à Dr Xavier qui suite à ton intervention s’est dit qu’il n’avait plus le droit de livrer ses retours ici. Soutien qui t’emmerde visiblement.
Et, oui, j’ai hâte de lire ton analyse charivari.
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Carpentier
Invité👋
Euh, allô Docteur ? 🤔 C’est la noiraude à l’appareil:
Faîtes ce que vous voulez pour ce topic (dernier post dans cette discuté, ok, je sais pas trop comment ça a disjoncté et vous êtes grands) mais, euh, comment dire?
Ça m’arrange quand même vachement bien d’avoir un documentaliste en contact ici 😇🤗
Et puis ça partage le taf avec certaine Céline.
ps: aujourd’hui, c’est mon anniversaire et moi j’attends que Docteur Xav. partage 2 articles dans le topic 💥
Est-ce que vous pouvez lui fiche la paix, svp? ☺️-
Sarah G
InvitéBon anniversaire Carpentier
Et moi également, je souhaite continuer à lire Dr Xavier dans ce topic ou dans les autres.-
Carpentier
InvitéMerci
Mais ce que j’aime particulièrement c’est la fanfare, Sarah
🎷🎺🪇🥁🥁
Hésite jamais avec les cuivres pour mon prochain anniv 🤣
Et les gamelles, les popottes, du coup, benh oui, on est tous amie.s
Bercée et élevée à ça, le grand père paternel notamment qui, tambour, berçait ses petits enfants en leur jouant de la musique sur les boîtes à gâteaux de mémère, en métal – les boîtes à gâteaux pas mémère – (sa méthode pour être tranquille et ne pas les bercer trop près du mur peut-être 😅😉)
Voilà d’où je viens.
Eh oui.
PS: merci. -
Sarah G
InvitéPromis je vais y penser pour la prochaine fois 😀😉
Oui je crois que tu avais dit sur le forum que tu étais du Ch’Nord non? -
Carpentier
InvitéDe l’enfer, oui Sarah, comme on dit dans la pédale.
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charivari
InvitéCarpentier, quand tu t’amuses à poster ou ouvrir des topics inintéressants soit (sors pas de la classe), Bégaudeau te l’a dit, tu t’en es pas offusquée. Je compte sur toi pour en faire de même aujourd’hui. En revanche, venir là, ajouter de l’huile sur le feu, pourquoi ?
Ça te plaît ? Tu t’ennuies ?
Allez, basta, vous m’avez fatigués, on se croirait vraiment dans une cours de récré.-
Carpentier
InvitéOn arrête avec ce truc d’ajouter de l’huile sur le feu, stp, ok?
J’ai fait exprès de ne pas écrire quelque chose comme une réserve, une phrase précisant que j’aurais peut-être l’air de me mêler ou quoi qu’est-ce mais que bla bli bla blo
et je sais que si on me lit bien – justement- on la lit bien mon intention de ne pas ajouter d’huile.
Moi, je buggue surtout de fermer ma gueule côté ciné, ici.
Ça me fout un seum, t’imagines même pas.
Alors, je vous lis et voilà t’y pas 🤣 bref.
Tu es abonnée au Monde ou à Libé, Charivari? -
Carpentier
InvitéQuant aux topics inintéressants, le pire, c’est que je pense réellement, en les proposant, que c’est pas plus con qu’autre chose.
C’est dire le niveau de la meuf 😂
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Graindorge
Invité¡Muy Feliz Cumpleaños Carpentier!
Lo mejor esta por venir! ¡Salud!-
Carpentier
InvitéGracias 😘
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charivari
InvitéDr Xavier, si tu veux bien je t’enverrai par mail ce que je pense du film ?
Je te laisse me dire si tu veux. Ma critique sera frugale car ce n’est pas mon métier.
Mais je te transmettrai mes quelques lignes avec grand plaisir.
clairdelunedete@yahoo.com-
Ostros
InvitéRavie que mon intervention t’ait tout à coup rendue amène envers Dr Xavier. Bonne journée.
P.s : Graindorge attend ta réponse de l’autre côté.-
charivari
InvitéOui, merci de ton intervention utile.
Je ne sais pas ce que je préfère chez toi, les sarcasmes ou les coups de fouet.-
François Bégaudeau
Maître des clésCharivari – comme son nom l’indique : On espère que tu seras de meilleure humeur en ce dimanche
Si ce n’est pas le cas, tache de ne pas écrire ici mais plutot de taper contre un matelas ou briser une assiette. Notre paix s’en trouvera bien aise. -
charivari
InvitéFrançois Begaudeau, mon humeur ?
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François Bégaudeau
Maître des cléssi ce n’était pas une humeur, alors l’heure est grave
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charivari
InvitéFrancois Bégaudeau, en partant du fait qu’un de tes copains à quitté la classe parce que sa voisine charivari l’a embêté en lui disant qu’il parlait étrangement d’un film et de ce fait lui demande de se relire, tu en déduis que je suis de mauvaise humeur et pire tu me sanctionnerais d’une exclusion de la classe-chantier.
Euh, comment te dire que tes 4 phrases me vont droit au coeur et je les trouve aussi douces, aussi agréables que celles de ton amie Ostros.
Un seul mot : Bravo à vous deux.Ps : la derni!re phrase dans le jugement, c’est un peu la cerise. Merci
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charivari
Invité*a quitté
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François Bégaudeau
Maître des clésrelisons: « Je réponds rapidement car tu m’agaces. Cela fait un temps que je lis tes interventions que je trouve souvent dénuées de sens. Tu as récemment dit des sottises en matières politiques;) Et maintenant tu t’épanches sur un des plus grands films de la planète. Tu n’as pas beaucoup de respect pour l’art.
Relis-toi, relis tes mots à propos et tu te rendras compte par toi même que tu uses de mots que je collerais volontiers à un Martine à la plage. »Je redis : si ces lignes ne procèdent pas de la mauvaise humeur, comme il arrive qu’on y soit sujet furtivement, alors l’heure est grave.
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charivari
InvitéTon ami est revenu, il a tout lu à distance pendant qu’une pétition se faisait entendre ici et il a compris son soutien indéfectible.
Maintenant, il est temps de passer à autre chose. Cet incident pour lequel j’ai transmis un mail pour échanger prend la tournure d’une affaire d’Etat. Compte pas sur moi pour renchérir sur cet échange stupide et inintéressant où ton ami est central.
Je sors du ciné, j’ai vu Wahou, pas mal du tout. Notamment sur la propriété et comment on y accède.
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gebege
InvitéJe te propose de la poster ici.
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charivari
InvitéDebege, j’ai retrouvé mes vieilles notes et j’aurais volontiers posé ici ce que je vois dans ce film. Cependant, avec l’amabilité de voter collègue Ostros, je n’ai pas la force. Trop peu de me faire huée et qu’elle me pose le bonnet d’âne.
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gebege
InvitéDans ce cas je te propose de ne pas être si prompt à le poser sur la tête des autres à l’avenir ! Dommage, car je trouve moi aussi que c’est le plus beau film du monde.
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charivari
InvitéJe prends note et te remercie de tes précieux conseils.
Je pense ne pas trop prendre de risque – quoi que- si je te dis qu’il est temps de s’en remettre, de passer à autre chose.
Le « débat » stérile est clos. En ce qui me concerne.
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Dr Xavier
Invité(Remerciements et gratitude)
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Leo Landru
InvitéJe vais essayer de louer ça d’une façon ou d’une autre. Mais pas question de voir un Rohmer (ni aucun autre film) sur un écran d’ordinateur. Merci d’avoir pensé à moi néanmoins, tu m’as fait sourire, et tu me donnes envie de poursuivre la filmo d’Éric.
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Anna H
InvitéÉpisode 57 de la Gêne occasionnée : Mes petites amoureuses de Jean Eustache. Bon week-end !
https://on.soundcloud.com/yX9uV1ce3R5rCd217-
Tony
InvitéAnalyse intéressante sur la pulsion scopique que l’on pourrait aussi trouver chez Spielberg,n’en déplaise à ses contempteurs,ce qui ne laisse pas de m’étonner d’Eustache c’est l’aspect taiseux de ce film qui prend le contre-pied de la maman et la putain mais dont la synthèse pourrait être son film suivant,une sale histoire, à la fois monologue et histoire de la genèse de cette pulsion.
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Seldoon
InvitéMerci Anna ! Il faut que je revois ce film avant de lancer la gêne, ça fait trop longtemps. A propos d’Eustache : Thierry de Peretti présente Numéro Zéro au km2 beaubourg ce vendredi.
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Carpentier
Invité👋 je sors du Mes petites amoureuses, souvent ramenée à LBLV notamment, cette fois, en filant à vélo sur les pentes descendantes.
Je m’en vais écouter le duo de La gêne dédiée 🙂et j’ai, dans mon sac, le HS du Socialter.
Ouaip, je me la pète pas mal là.-
Carpentier
InvitéVu la b.a. du Vers un avenir radieux hier, au MK2 Beaubourg, avec Moretti – le film pas le MK2.
Tout à fait le genre de film dont je pourrai être friande.
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Sarah G
InvitéMerci Anna
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Mathieu
InvitéTombé sur ça ce matin sur les réseaux. Ça vient d’un genre de BFM britannique mais ça pourrait être du Ostlund.
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Carpentier
Invitéou du Dumont aussi 🤗
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François Bégaudeau
Maître des clésdeux choses tout à fait ostlundiennes :
-l’arrivée des sauveteurs par la profondeur de champ.
-le passage, à l’arrière plan d’un autre groupe de brancardiers transportant un mec semblable ; en trois secondes on entrevoit l’hecatombe (à cause de la chaleur?)-
Dr Xavier
InvitéJuste pour signaler – si ça n’a pas déjà été fait – qu’Incident Bancaire, court-métrage d’Östlund (12 minutes), est sur Arte Replay, jusqu’au 10 août. Parenté frappante.
https://www.arte.tv/fr/videos/043370-000-A/incident-bancaire/
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Buster
InvitéSalut tout le monde,
Petit partage du site d’Avi Mograbi qui a posté depuis quelques temps certains de ses films !
Pour celles et ceux que ça intéresse !
Bonne fin de dimanches à tous.tes !
Lien : https://www.avimograbi.org/z32-
Ostros
InvitéJ’avais raté ça, merci !
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Graindorge
InvitéJ’ai regardé le documentaire. La » formation du soldat », celui- ci la raconte lui-même: 1% d’entraînement physique à la dure, très dure et 99% d’humiliations.
Je n’ai pas regardé jusqu’au bout.
Ce n’est pas un » conflit ». Ce n’est pas une guerre. C’est un carnage. Un de plus.-
Buster
Invité@Graindorge, de qui est le film ?
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Graindorge
InvitéAvi Mograbi?
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Buster
InvitéAh drôle je ne retrouve pas « La formation du soldat » dans sa filmographie, c’est pour ça.
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Graindorge
InvitéBuster: regardez bien: après le mot » docunentaire » il y a un point final. Je ne dis donc pas que « formation du soldat » est le titre mais que le jeune homme raconte sa formation de soldat
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Graindorge
Invité*docuMentaire
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Buster
InvitéAh ok je n’avais pas bien compris !
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Graindorge
InvitéPas de soucis Buster. Et merci aussi pour le partage. Et sachez bien que si je n’ai pas pu aller jusqu’au bout, c’est juste que c’est trop douloureux. Rien à voir avec la qualité du documentaire.
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne vois ici qu’un film mis en ligne
il y a un truc qui m’échappe?-
Buster
InvitéIl faut cliquer sur « watchfilms » et choisir celui que tu veux
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Graindorge
Invité1) documentaire Z32 de Avi Mograbi
2) Soy Cuba de Kalatozov
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne vois ici qu’un film mis en ligne
il y a un truc qui m’échappe?
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Leo Landru
InvitéTrouvé sur YouTube il y a peu, Soy Cuba en entier, de Kalatozov (Quand passent les cigognes).
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Leo Landru
InvitéJ’y ai songé en voyant cette vidéo qui en parle. Bonne vision.
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Anna H
InvitéMerci ! De lui, je n’ai vu que Quand passent les cigognes.
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Leo Landru
InvitéMoi aussi. Je vais regarder Soy Cuba ce soir, il a vraiment l’air incroyable.
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Leo Landru
InvitéJe suis passé à côté de cette version avec des sous-titres français. Ce sera plus confortable à regarder.
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Graindorge
Invité¡Gracias!
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Charles
InvitéVu le procès Goldman de Cédric Kahn en avant-première – le film sort à la rentrée. J’en parlerai plus longuement à sa sortie en salles mais je peux d’ores et déjà dire qu’il est très réussi, bien plus que Saint-Omer notamment parce qu’il ne commet pas l’erreur de sortir de la salle d’audience ou plutôt de la Cour parce que certaines scènes se passent au dépôt. Il est dense, tendu et remarquablement interprété (et assez juste sur sa représentation des avocats). Assez classique dans sa facture de film de procès avec son lot de rebondissements, de témoins qu’on retourne, d’envolées lyriques des avocats etc. mais si celles-ci ne sont jamais glorifiées – on ne fait pas les malins comme dans un film hollywoodien. Kiejman est réussi, il est montré comme un bourgeois de gauche, en prise avec un client beaucoup trop radical pour lui et imprévisible. Très juste aussi sur les rapports avocat-client. Goldman est à la fois insupportable et convaincant, un peu minable et digne, bref ambivalent.
Pas un chef d’oeuvre mais un très bon film. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe le sens bien ce film.
Mais je sens bien aussi les intentions de Kahn, qui a le chic pour prendre des personnages radicaux et les regarder en social-démocrate.-
Charles
InvitéLe film n’est pas fasciné par Goldman (qui n’est aucunement romantique), ce qui me semble un bon point, mais il n’est pas contre lui. Il fait droit à sa puissance, à son brio intellectuel mais aussi à sa fougue, à son imprévisibilité. Je pense qu’on peut dire sans forcer que le film adopte le point de vue de Kiejman qui est à la fois attaché à Goldman, qui reconnait son intelligence mais qui est aussi excédé par lui. Ce qui m’a plu c’est qu’on montre bien la ligne de partage entre eux : l’un veut jouer selon les règles (Kiejman) tandis que l’autre prône une défense de rupture (Goldman). Même si le film me semble plus proche de Kiejman, il n’infantilise ni ne méprise Goldman qui bien que souvent montré en train de crier, n’est pas filmé comme un hystérique non plus. Goldman marque souvent des points, malgré la tempérance de son avocat.
Sur le un « peu minable », peut-être excessif, je fais référence à un moment précis du début à l’évocation de sa personnalité par la Cour.
Ca m’a donné envie de voir Roberto Succo. C’est bien?-
Charles
Invitéaucunement dépeint comme un héros romantique*
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François Bégaudeau
Maître des clésPar exemple je pense que Goldman était tout sauf minable.
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Julien Barthe
InvitéDans la lutte pas très classe, David Snug écrit : « Pierre Goldman sans lutte des classes, c’est Jean-Jacques Goldman ».
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François Bégaudeau
Maître des clésRoberto Succo est un grand film. Le seul grand film de Kahn, qui a toujours pris beaucoup trop de précautions avec ses sujets pour aller dans le grand.
Le choix du « point de vue de Kiejman » ne m’étonne pas, et ne me fait pas du tout rêver.
J’ai vu Kahn sur un plateau demander à Laure Adler, qui à l’époque était bien plus à gauche : comment expliquer que toute la gauche se soit pâmée devant ce type?
On voit d’où il parle.-
Charles
InvitéCorrige-moi si je me trompe mais la gauche socedem de l’époque, celle représentée par Kiejman, n’avait pas complètement coupé les ponts avec la gauche radicale – il existait encore des liens entre elle, ce qui peut expliquer que l’une ait défendue l’autre.
Je comprends bien ta réticence mais je crois que c’est fait avec suffisamment de subtilité. Par ailleurs, ça crée une tension dans le film qui est intéressante, peut-être plus que si le film avait été en adéquation totale avec Goldman.-
ouvrard
InvitéAvant le film, c’est peut-être le moment de lire ou re- Souvenirs d’un juif polonais né en France, écrit par PIerre Goldman en prison.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, assurément Et je sens que ce film ne va pas me déplaire
Mais l’évolution politique de Kahn est tellement navrante.
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Cat
InvitéSouvenirs obscurs d’un juif polonais né en France, pour être précise et remettre mon nom à jour.
Et au passage merci pour le rire Julien Barthe-
Julien Barthe
InvitéFaut remercier David Snug qui écrit aussi, comme si cela était destiné à François et Hervé :
« John Lennon sans lutte des classes, c’est Sir Paul Mc Cartney ».
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Sarah G
Invitéhttps://www.facebook.com/175916025827309/posts/pfbid0pnSTJKovndMReTur42wKwis2TK8yACbxUzvDi34Y5CwkhJna17ZWSg1VAfuwNDyl/?app=fbl événement le 17 juin au Reflet Médicis.
Pour les parisiens.nes et pour ceux et celles de passage à Paris. -
Sarah G
InvitéHello les sitistes, qui parmi vous a vu Fifi de Paul Saintillan et Jeanne Aslan.
D’autres films ?
Merci -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne vois pas ce que c’est.
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Sarah G
InvitéVoici le synopsis :
À Nancy, Sophie, dite Fifi, 15 ans, est coincée dans son HLM dans une ambiance familiale chaotique. Quand elle croise par hasard son ancienne amie Jade, sur le point de partir en vacances, Fifi prend en douce les clefs de sa jolie maison du centre-ville désertée pour l’été. Alors qu’elle s’installe, elle tombe sur Stéphane, 23 ans, le frère ainé de Jade, rentré de manière inattendue. Au lieu de la chasser, Stéphane lui laisse porte ouverte et l’autorise à venir se réfugier là quand elle veut.
C’est avec Céleste Brunnquell dans le rôle de Fifi et Quentin Dolmaire le rôle de Stéphane.
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François Bégaudeau
Maître des clésintrigant pitch
content de revoir Quentin Dolmaire -
lison
InvitéQuelqu’un a vu le doc « Le vrai du faux » ?
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François Bégaudeau
Maître des cléstu l’as vu?
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gebege
InvitéJ’ai vu ! Il faut bien avouer que je suis séduit. Le film se construit en deux parties, la première qui se concentre sur la traque de son usurpateur d’identité, la seconde sur les interactions qu’il aura avec son double africain. Armel Hostiou débarque à Kinshasa et se filme dans un dispositif a priori documentaire, un peu sous la forme d’un journal. Tirant quelques maigres ficelles, on remonte jusqu’au malfaiteur, c’est assez excitant à suivre et souvent amusant. On se demande à quel point tout cela est documentaire parce que Hostiou orchestre des situations pour rendre compte de chacune des avancées de l’enquête, comme par exemple la scène où les 3 filles écrivent un message pour « piéger » l’usurpateur. Ca aurait pu devenir chiant mais on finit par trouver le faux Armel Hostiou (même si une maigre tentative vise à réinstituer le doute), et ce juste avant que ça ne patauge dans la semoule. A partir de là, je trouve que ça prend une autre dimension, particulièrement les 10 dernières minutes, qui sont d’une grande beauté ! Tellement qu’on aurait quand même aimé qu’elles prennent plus de places dans la 2e partie du film. Le bilan est donc positif de mon côté même si un autre montage aurait pu, je pense, donner plus d’ampleur à l’ensemble.
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Mao
Invité« la première qui se concentre sur la traque de son usurpateur d’identité » : ça fait vachement penser à Monsieur Klein.
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Mao
InvitéPar association d’idées, François, tu penses quoi de Joseph Losey ? Immense cinéaste ou pas tant que ça ?
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François Bégaudeau
Maître des cléspas d’avis net sur lui
en fait j’ai du mal à voir le fil conducteur dans cette carrière disparate
bon souvenir de Monsieur Klein et du Messager
voilà le très peu que j’ai à en dire-
Anna H
InvitéCe ne sont vraiment pas les meilleurs.
J’aime beaucoup Losey dont j’ai vu une bonne partie des films. Je recommande pour ma part en premier le génial The Servant (1963), Pour l’exemple (1964) les 2 avec l’immense Dirk Bogarde ainsi que « Deux hommes en fuite » 1970-
Tony
InvitéMoi aussi je connais assez peu,cependant j’ai gardé un bon souvenir d’un de ses premiers films vu il y a très longtemps’le garçon aux cheveux roux’(pas sur du titre),j’ai vu aussi quelques polars genre’les criminels’ que j’ai trouvé assez moyen ou celui avec Jeanne Moreau qui a du mal vieillir mais Monsieur Klein me paraissait être au dessus du lot,pas vu The servant par contre ni les autres dont tu parles.
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Hervé Urbani
Invité@Tony, les cheveux du garçon sont verts
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Hervé Urbani
InvitéEt Losey fait partie des plus grands réalisateurs du free cinema, la nouvelle vague anglaise, avec Tony Richardson et Karel Reisz
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Tony
InvitéMerci Hervé!
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Anna H
InvitéLosey, marxiste conséquent, fut victime du maccarthysme. Un extrait de mon préféré, le très malsain The Servant, dans lequel les rapports de domination entre le valet Barrett et son maître s’inversent progressivement :
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Carpentier
Invité🤓
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lison
InvitéLe Vrai du faux , oui je l’ai vu et plutôt aimé, même si je pense que ça aurait pu être plus long, plus dense et plus cruel.
J’ai pensé à Ma cruauté dans les meilleurs moment, notamment la rencontre avec un mec qui conseille au réal de devenir le faux ( lui même) pour tenter de retrouver celui qui usurpe son identité. et de fait c’est bien en jouant le jeu du faux qu’il va atteindre celui qu’il recherche et une certaine vérité.
Dans les meilleurs moments , quand ça commence à donner un peu la vertige ( les castings, le piège) on pense à Close up, mais peut être qu’un peu plus de temps sur certaines scènes et un peu plus de travail sur son propre personnage auraient été nécessaires.
Mais ça me ferait plaisir d’avoir d’autres avis.
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gebege
Invité*séduis, bien sûr
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gebege
Invité*séduit, j’ai fumé
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François Bégaudeau
Maître des cléson va tacher de voir
très bon titre, quoi qu’il arrive-
Cat
InvitéJe pensais que Lison évoquait le docu Le vrai du faux qui s’intéresse au « cours d’autodéfense intellectuelle » inventé par une prof de Seine saint Denis. Il a circulé en Bretagne et on m’en a dit du bien mais je ne l’ai pas vu.
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Zyrma
InvitéLe film dont parlent Lison et gabege j’aimerais bien le vvoir mais je pense que je n’aurai pas le temps (déjà que les Eustache …) mais j’ai assisté à une étape intermédiaire lors d’un « Cinéaste au travail » au Centre Pompidou et le réal me semblait intéressant. Cette façon de faire du docu me plaît.
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Zyrma
Invitéje rajoute que j’y trouve des similitudes avec le procédé d’écriture de Grégoire Bouillier pour au moins son roman Le coeur ne cède pas même si je n’en suis qu’au début de la lecture
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Adrien
InvitéQuelqu’un a déjà vu le dernier Wes Anderson ?
J’ai voulu y aller hier mais la foule du Louxor pour l’avant première m’a un peu rebuté.
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Leo Landru
InvitéJe ne veux pas m’attirer trop d’inimitié mais suis-je le seul à trouver Wes Anderson ennuyeux ? Dans la forme, tellement de couleur et de cadres sophistiqués, chaque film que j’ai vu de lui m’a fait l’effet d’un livre d’images pour enfants. Je suis ressorti du dernier que j’ai vu, Moonrise Kingdom, avec la désagréable sensation de m’être fait infantiliser, de fait. Et sur la bande-annonce du dernier, on a l’impression qu’il a poussé les potars au maximum, on est à la limite du Pixar avec des humains.
Pourtant ça me dérange moins chez Noah Baumbach – je prends pour exemple White Noise, là non plus nous ne sommes pas dans la capture du réel mais il y a une écriture un peu complexe et des travellings qui perturbent au lieu d’arrondir.-
Malice
InvitéJ’ai du mal avec Wes Anderson moi aussi, principalement parce-que je me sens anesthésiée par ses films. Devant « Fantastic mr Fox », par exemple, je me disais que les illustrations de Quentin Blake me semblaient plus vivants que les personnages animés. J’ai vu « Darjeeling limited » à sa sortie mais je ne me souviens que d’une scène avec Angelica Huston ( un dialogue muet entre elle et ses fils).
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Carpentier
InvitéL’impression de (re-) voir la gueule de Quentin partout en moment 😅
S’passe un truc spécial avec Tarentino ou bien?-
Carpentier
Invité-
Carpentier
InvitéBon, m’en vais demander l’intégralité de cet article à Dr Xav en topic dédié du coup (bien éduqué, Carpentieeeeer)
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Carpentier
InvitéEn attendant, trouvé 26 lignoulinettes – juste le bon quota pour moi, n’est-ce pas, Tony? – qui m’éclairent sur pourquoi gros Quentin en gros plan partout ( en vrai, Tarentino a moins pris que moi en 6 mois, pourrais faire Père Noël en décembre sans rajout de bouée cette année, chic)
https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/quentin-tarantino-la-mue-dune-legende-20230616_RK24YHXSYVG3ZMKI36LD4RB7H4/
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Tony
InvitéC’est le meilleur d’entre nous(je sens que François va me tomber dessus).
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charivari
InvitéJ’ai pas lu mais vu cette une hier. Il a grossi dans tous les sens du terme.
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Carpentier
InvitéBah, moi j’trouve pas que François a grossi
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Sarah G
InvitéJe ne trouve pas moi non plus concernant François mais je crois que Charivari parlait plutôt de Tarentino.
C’est bien cela Charivari ?-
Carpentier
InvitéBlague ratée donc, cette fois.
Ah oui, en fait, tu n’en recup qu’une sur deux 😉
Pas assez de pratique d’un sport co donc.-
Sarah G
InvitéNon pas assez de pratique dans le sport co Carpentier
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Carpentier
InvitéJamais trop tard pour, si jamais.
Sauf à briguer une participation aux prochains j.o. parisiens 😉
Paraît d’ailleurs que Paris est super au point pour accueillir tous les visiteurs qui voyageront en transports en commun pour l’occase 🤣-
Carpentier
InvitéCette fois, Barbara, sérieux, je retourne t’écouter en conf 😙
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Sarah G
InvitéOui on a vu cela, en effet, une organisation magnifique, les visiteurs vont pouvoir utiliser les transports en commun les yeux fermés, d’une efficacité redoutable, d’une précision incroyable.
Vive les transports en commun à Paris 😄
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Sarah G
InvitéPuis fatigue aussi, d’habitude, les blagues ça me fait réagi et je rebondis.
Là que dalle-
Carpentier
InvitéQuelqu’un pour proférer quelques petites insanités à Sarah?
Ou un mars au fond d’un sac à dos peut-être ?-
Sarah G
InvitéOui car grâce à vot’bon cœur M’ssieurs dames, je vais repartir.
Car un mars et ça repart.
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charivari
InvitéOui Sarah G, Tarentino est de plus en plus gras. Et ce dans tous les sens du terme;)
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Sarah G
InvitéJ’ai pris mon mars grâce au bon cœur de Carpentier et maintenant ça repart 🤣🤣
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Carpentier
InvitéQuelqu’un peut-être pour dire la soirée dédiée à Il Bucco?
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Sarah G
InvitéOui si quelqu’un pouvait en faire un résumé,.
Merci par avance-
Carpentier
InvitéTu as dû, comme moi, pratiquer un sport co, Sarah 🙂
Tu marques bien ton joueur 🤣-
Sarah G
InvitéNon je n’ai pas pratiqué de sport collectif.
Juste durant un an du tennis et sinon sport durant ma scolarité.
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Carpentier
InvitéIl Buco qui, par ailleurs, tout comme mathieu avec son cheveu, n’a qu’un seul c
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Carpentier
InvitéMe dire ses impressions, ce qu’il veut bien dire de ce ciné-rencontre, me va plus, à moi, plutôt qu’un ’ résumé ’
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Rose
InvitéEst-ce que parmi vous se trouve des amateurs du cinéma de Guy Gilles ? J’ai découvert ses films récemment avec Au pan coupé, puis l’Amour à la plage et Absences Répétées.
Pourquoi ces protagonistes hantés par une certaine mélancolie me bouleversent ? Au cinéma souvent le personnage mélancolique est mystérieux, taiseux, quelque chose de sa psyché reste inaccessible. Ici, le problème est abordé de façon crue, tout est clair : je ne supporte pas que la vie puisse finir. Je ne supporte pas que le présent devienne instantanément un souvenir. Je ne supporte pas que le temps s’écoule, indifférent. Chez Guy Gilles, la finitude est obsessionnelle. Ce qui me fascine c’est que cela se traduit par une quête, vaine, d’absolu. Et c’est principalement sous la forme d’un processus d’accumulation de vie : photos, cartes postales, chansons, poèmes, noms de fleur… il faut tout montrer. Voyez comme la vie est belle. Voyez par conséquent comme elle est insupportable. Ces deux choses en même temps et à chaque instant.
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charivari
InvitéJe ne connais pas Guy Gilles, mais tu en parles tellement bien que ça donne très envie de regarder son travail. Merci.
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charivari
InvitéJ’ai vu 41 secondes de Au Pan coupé, j’ai failli pleurer. Pleurer de beauté.
Ça lui va bien à Macha Méril. -
charivari
InvitéOù peut-on voir ses films ? (le lien trouvé n’a pas fonctionné)
Merci-
Rose
InvitéJe l’ai ai vu sur la médiathèque numérique d’Arte accessible avec une adresse étudiante mais je crois qu’ils proposent aussi de les louer en VOD. Bonne découverte et au plaisir d’en discuter !
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charivari
InvitéJe viens de voir Au pan coupé. Un bar où Il y a à la fois du Bresson, du Godard et du Rohmer. Comment ne pas aimer tout ça.
J’ai adoré les moments de noir et blanc entre coupés de couleurs. Les plans de coupe sont d’une grande fluidité.
Cette histoire d’amour qui est interrompue coupée, par la tristesse de Jean. Cette obsession sur la finitude.
Jeanne est habitée par son amour, hantée par le souvenir, les reflets des photos dans le miroir…
Les gros plans sur les visages sont aussi très puissants. La photo est sublime et montre bien la joie de vivre de Jeanne (les couleurs). Jean le taciturne, le révolté. A propos du travail et le retour à Paris, jean se montre triste et convaincu du non sens de ce foutu travail.
Les souvenirs, la mélancolie de Jeanne sont évoqués avec du désespoir mais jamais de tristesse. Elle est dans la mélancolie et veut faire durer son histoire dans le souvenir. C’est super beau, c’est parlant. Très touchant.
J’ai beaucoup aimé.
Guy Gilles n’écrivait pas de scénar, tout comme Godard et les autres du même moment. Il n’écrivait pas, mais le rythme des dialogues, et la narration font une sorte d’artisanat de l’art magnifique.
A nouveau merci pour cette grande découverte;)-
charivari
InvitéJ’y trouve du Godard, Bresson et Rohmer, mais je trouve que ce film est unique. J’aime trop comparé car je trouve qu’on enlève de la consistance à une oeuvre. Il a aussi la particularité d’aborder une belle histoire d’amour par un prisme sans égal.
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charivari
Invité*j’aime pas trop comparer…
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Rose
InvitéCorrection : c’est L’amour à la Mer et non à la plage ça c’est Pauline
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charivari
InvitéL’amour à la mer, est aussi très beau, je le préfère même. Dans ce long, Guy Gilles revient à nouveau sur le départ (son propre départ) d’Algerie. Il nous parle de la guerre forcément, et de ces héros de la marine qui cachent peut-être une homosexualité (la sienne).
Dans celui ci, l’esthétique est encore plus précise, avec des clins d’oeil à Demy (les parapluies). J’aime pas trop le cinéma de Demy, et là je trouve que c’est beau. Son montage de collage, j’adore les changements de couleurs. Le travail sur les enseignes de Pigalle c’est sublime.
Il y a énormément de poésie dans son oeuvre. De la douceur et de la réflexion subtile sur l’engagement, l’amour. Les prise de vue du tunnel avec le bruit du train qui nous empêche d’entendre leur discussion , leur corps face à face, très érotisés, ça fait aussi penser à Genet. J’ai lu, qu’il état aussi une référence pour lui.Dans Au pan coupé, il y a aussi la réflexion sur les mots, qui me fait penser à Sarraute?
J’ai également vu le court « le partant », et je me suis rendue-compte que le fil rouge narratif de son cinéma est le départ. Le voyage, l’amour de Paris.
Je vais poursuivre la découverte.-
Rose
InvitéJ’ai aussi préféré L’Amour à la mer, moins bavard. J’aime la façon dont il filme Brest, petite ville de province en reconstruction, avec la même délicatesse que pour filmer Paris.
L’attention qu’il porte à des éléments banals, comme ce plan furtif d’un bocage à la fenêtre d’un train. On en reprendrait pour 2 heures.
Oui, ses films sont traversés par le départ comme hypothèse de solution à l’insatiabilité. Dans chaque film on a affaire au même personnage mais chacun explore une de ses « modalités psychologiques » plus en détails.Jean pleure dans les bras de Jeanne après avoir joué le mort sur la plage dans Au Pan coupé et ce sont les mêmes larmes que celles de François dans Absences Répétées. Ici, la fuite est plus brutale : un rejet total du monde, cloîtré dans une chambre, fenêtres closes, et la drogue. « dégoût » écrit sur un miroir, puis effacé, puis inscrit à nouveau. Le décompte des amis déjà perdus, et du nombre de jours écoulés depuis. Ces impasse existentielle me passionne. Ça m’a donné envie de le revoir. « Mon cœur refroidit ne vous entend plus » savoureuse cruauté qui conclut ce film.
Je n’ai jamais lu Sarraute, ça t’a fait penser à quoi en particulier cette réflexion ? Je suis curieuse
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charivari
InvitéOui beaucoup de délicatesse dans sa façon de nous donner à voir sur la ville de Brest.
J’ai beaucoup aimé les plans sur les miroirs pour marquer les souvenirs, le passé. Un jeu qui peut paraitre facile, mais qui là est d’une grande finesse, car c’est ponctué avec le présent. C’est cette force aussi qu’on retrouve dans Absences Répétées, avec François qui se rend malade d’exister. J’ai été éprouvé de voir ce film. Tellement réaliste et tellement triste. Avec un regard philosophico psychologique très fort. Seul le vivant a cette capacité.
J’ai cette intuition que finalement la dope n’est pas le problème, ou devient un prétexte qui accen-tue. D’ailleurs, rares sont les moments où la caméra va balayer les scènes de shoot. Je pense que le choix de s’enfermer dans sa chambre et d’échapper à la douleur du présent est le « vrai sujet ». Il aurait pu s’adonner à autre chose. Si on considère que la dope, est souvent le repère de l’errance, on peut penser que la prise de drogue est présente pour accentuer cette errance, cette mélancolie qui l’empêche d’aller au dehors. Toujours ce rapport au travail, à la bourgeoisie. Ce qui est fascinant, c’est aussi le montage qui rend les acteurs assez libres et jamais vus comme des vecteurs de message ou d’intention. Il y a chez lui, une politique de l’esthétique très radicale.
A propos de la référence à Sarraute, il y a chez lui à partir de phrases « collages » comme « Je croyais que la vie était un poème » et d’autres tout au long des films, de monter l’invisible.
Plus visible, dans Au pan coupé, le narrateur dit que les mots ne disent pas l’essentiel et que l’on pourrait se passer de parler.
Aussi, certaines répliques en forme de jeu de mots (Allo-Péra), lors des conversations au téléphone. C’est en ça que la référence m’intéressante.
« C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire »-
Rose
InvitéMerci pour ces retours charivari, contente d’avoir pu échanger sur ce cher Guy Gilles
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charivari
InvitéEnvie de concourir au concours de politesse (tellement rare la politesse). Merci à toi Rose, ça faisait longtemps que je n’avais pas découvert un nouveau réalisateur aussi particulier, aussi grand.
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lison
InvitéComme je l’ai mal placé plus haut , je remets ici ce commentaire .
Le Vrai du faux , oui je l’ai vu et plutôt aimé, même si je pense que ça aurait pu être plus long, plus dense et plus cruel.
J’ai pensé à Ma cruauté dans les meilleurs moment, notamment la rencontre avec un mec qui conseille au réal de devenir le faux ( lui même) pour tenter de retrouver celui qui usurpe son identité. et de fait c’est bien en jouant le jeu du faux qu’il va atteindre celui qu’il recherche et une certaine vérité.
Dans les meilleurs moments , quand ça commence à donner un peu la vertige ( les castings, le piège) on pense à Close up, mais peut être qu’un peu plus de temps sur certaines scènes et un peu plus de travail sur son propre personnage auraient été nécessaires.
Ça me ferait plaisir d’avoir d’autres avis.-
lison
InvitéDans les trucs qui manquent dans le film il y a la question du fric, sujet assez tabou dans le doc, on sait que le faux real demande 5 ou dix dollars aux filles qui veulent participer au casting ( d’un film qui n’existera jamais) mais combien le vrai réal a t il donné ( ou pas) à tous ceux qui l’accompagnent dans sa recherche et jouent pour son film à lui. Qu’il intègre ses transactions/ négociations là, ça m’aurait intéressée.
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Malice
InvitéDésolée de la digression Lison, je profite que tu cites « Close up » pour remercier les gens qui m’ont recommandé Kiarostami…
Je cherche à savoir des détails sur la vie d’Hossain après son arnaque : est-ce que le fan club d’Abbas sait ce qu »il a fait de sa vie?
Et quels films de Mohsen Makhmalbaf sont à voir?
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Graindorge
InvitéEntretien avec Michel Franco pour son film Sundown
Quelle est la genèse de ce film, et qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir raconter cette histoire en particulier ?
Il s’agit d’un ensemble d’éléments. J’ai écrit ce film alors que je traversais une profonde crise existentielle. Je faisais une sorte de bilan de ma vie personnelle, et pour la première fois j’ai réalisé que la vie n’est pas éternelle, que les choses ont une fin. Ceci s’est produit après un voyage à Acapulco avec une amie, et alors que nous avions quitté l’hôtel en voiture pour aller dîner, un peu après 20h, j’ai été arrêté par des policiers fédéraux au comportement très agressif, qui braquaient leurs armes sur moi. Ils se demandaient si mon amie était en danger – si elle était avec moi contre son gré. Ils voulaient me sortir du véhicule, mais je savais que c’était ce qu’il ne fallait surtout pas faire. Mon amie ne comprenait pas ce qu’il se passait, elle me disait d’obtempérer. J’ai réussi à m’en sortir en repartant, et ils nous ont suivis en nous menaçant, mais nous avons réussi à rentrer à l’hôtel sains et saufs. Cela m’a vraiment attristé car Acapulco est un de mes endroits préférés.
Qu’est-ce qui fait d’Acapulco un endroit qui vous attire tant ?
C’est une des villes du Mexique que je connais le mieux car j’y suis beaucoup venu quand j’étais plus jeune, parfois j’y restais jusqu’à un mois autour du nouvel an. Cela me brise le cœur de voir combien elle a changé. Elle est souvent classée parmi les villes les plus dangereuses au monde, ce qui peut toucher les touristes, mais pas si souvent que cela. Le paradis qu’elle a un jour été est aujourd’hui délabré, et je ne parle pas de l’Acapulco de Sinatra ou d’Elvis Presley. Sa déchéance symbolise plus généralement la déchéance de mon pays. Il y a beaucoup de tensions à Acapulco ces temps-ci mais au final, pendant le tournage, elle a été très accueillante. J’imagine que je cherchais à prouver que c’était la même Acapulco que celle de mes souvenirs de jeunesse.
C’est une nouvelle collaboration avec Tim Roth, qui tenait le rôle principal de votre film intitulé Chronic. Pourquoi vous a-t-il semblé être le bon choix pour Neil, d’ailleurs avez- vous écrit le film spécifiquement pour lui ?
Je l’ai effectivement écrit pour lui. Je voulais que l’histoire se passe à Acapulco, et elle ne pouvait se dérouler nulle part ailleurs. J’ai immédiatement su que le film serait pour Tim. J’ai donc écrit le scénario avec ces deux éléments en tête. Nous nous connaissons depuis neuf ans, et nous avons traversé un certain nombre de choses ensemble, dont les tournages de Chronic et de 600 Miles. Nos sensibilités sont similaires, et je me suis dit qu’il serait réceptif à cette histoire.
J’ai écrit le scénario en quelques semaines, contrairement à Nouvel Ordre, qui m’avait pris des années. Dès la fin de l’écriture du scénario, j’ai pensé à tout ce que je n’avais pas décrit, ce qui est toujours le cas pour un scénariste, surtout quand on a écrit d’une traite. Mais je savais que ce ne serait pas un souci pour Tim, alors je le lui ai envoyé et il a compris exactement où le film voulait en venir. Il m’a dit : ne change rien, on le filme tel quel.
Pourquoi avez-vous souhaité travailler avec Charlotte Gainsbourg ?
J’ai toujours voulu travailler avec elle, j’ai adoré son jeu dans Antichrist, l’intensité qu’elle dégage. À l’origine, son rôle dans Sundown était moins développé. Mes responsables casting se sont pourtant mis à lancer le nom de Charlotte et cela ne me serait jamais venu à l’idée parce que c’est une des meilleures actrices de notre époque et je ne me voyais pas lui proposer un second rôle. Mais on l’a contactée et elle a tout de suite accepté. Je lui ai laissé beaucoup de liberté ; elle a beaucoup apporté au rôle et mis une grande part d’elle-même dans son personnage.
Pouvez-vous décrire la dynamique tout à fait unique de cette famille ? Il semblerait qu’un certain type de famille vous fascine – fortunée, guindée, quasi- oligarchique…
J’imagine en fait qu’au final tous ces moyens qu’ils sont supposés avoir, et qui proviennent de l’argent, de leurs études, d’une vie de privilèges, ne représentent pas grand-chose, parce qu’ils ne cessent de faire les erreurs les plus fondamentales et sont incapables de communiquer les uns avec les autres. J’ai toujours trouvé fascinant de voir combien on peut faire du mal à quelqu’un qu’on aime. Ici encore, on a des individus qui sont censés avoir la capacité d’exprimer leurs idées et leurs sentiments, mais en fait ils passent leur temps à tout gâcher.
Ce film est l’histoire d’une famille bien spécifique mais il évoque aussi des questions plus vastes, telles que les inégalités économiques, les ruptures dans la communication, diverses formes de violence.
C’est une famille très particulière. J’espère que les spectateurs se retrouveront dans les thèmes plus universels, mais cette famille, elle, existe dans son propre univers, notamment au regard des relations qu’ils entretiennent entre eux.
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Nox
InvitéBonsoir à tous. Je viens vous partager quelques considérations autour du Joker, le fameux ennemi juré de Batman et notamment le film de 2019, de Todd Phillips.
J’espère que ça vous plaira !
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La (grosse) saucisse du JokerComme tous les geeks au moins niveau 1, j’aime Batman. Et comme tous les fans basiques du Chevalier Noir nés à la fin du siècle dernier, j’ai grandi devant la série animée, ses dérivés et ses nouvelles versions du milieu des années 2000 ; je me suis également farci la trilogie Dark Knight de Nolan en DVD et j’ai récemment feuilleté en ligne le fameux one-shot The Dark Knight Returns de Frank Miller, le même auteur de Sin City. Ça, c’est pour expliciter mon rapport avec l’homme chauve-souris. Mais on n’est pas vraiment là pour parler de lui, aujourd’hui – comme le titre de mon édito l’indique, aujourd’hui, c’est à sa némésis le clown que mon texte est dédié ; notamment comment notre chère culture numérique memesque en a fait un symbole plus ou moins avéré de tout ce ne qui va pas dans notre saucisse – ahem, je voulais dire société, pas saucisse. Et qu’est-ce qui ne va pas, me demanderez-vous ? Tout et rien à la fois. Peut être tout. Peut-être rien. On s’en branle, en fait. Pourquoi poser des questions ? Why so serious ? Les gens qui posent des questions font partie du problème. Ils veulent tout comprendre alors qu’il n’y a rien à comprendre. Le monde est absurde. Il n’a pas de règles. Pourquoi les respecter alors ? Il a raison, le Joker : la folie est la plus saine des mentalités. Devenons fous, mes amis, devenons fous ! Ouais-ouais-ouais… sauf que non, en fait ; le Joker n’a rien à voir avec toutes ces conneries de saucisse à la base. Sans même prendre comme exemple le simple malfrat clownesque qu’il était à ses débuts et qui ne faisait que commettre des braquages et tuer des innocents au nom de sa méchanceté méchante, sa version plus nihiliste venue du one-shot The Killing Joke d’Alan Moore et dont Nolan s’inspirera plus tard pour écrire le Joker de Heath Ledger dans son Dark Knight n’avait qu’un seul but en tête : montrer que Batman est malade – et qu’il est toujours à deux doigts de le réaliser, malgré des gesticulations mentales pseudo-nobles pour justifier ses méthodes peu orthodoxes avec les criminels de Gotham qui ont tout d’un héros pas loin de devenir le Mal qu’il a juré d’occire en enfilant le costume de sa phobie la plus intime, histoire de bien appuyer le fait que notre ami Bruce Wayne a de sérieux problèmes. Le milliardaire orphelin se fiche de sauver Gotham City, en réalité : c’est ça, le véritable message que la figure du Joker incarne. Batman essaye désespérément de se sauver lui-même à travers Gotham, sauf que telle Thèbes aux yeux de Sophocle, cette ville est maudite et est vouée à le rester. Elle ne peut être sauvée. Pas plus que la santé mentale de notre beau justicier en cape noire. J’en viens donc au Joker de Todd Phillips, incarné cette fois-ci par Joaquín Phoenix que j’ai vu à sa sortie au cinéma : son réalisateur, comme son acteur principal, n’ont rien compris au personnage, à sa fonction et à ce qu’il est censé symboliser. Et pour cause : Todd Phillips ne voulait pas vraiment faire un film sur le Prince du Crime, au départ. Ses deux inspirations principales pour le film sont en réalité Taxi Driver et The King of Comedy, deux films de Martin Scorsese, réalisés en 1976 et en 1982, respectivement (merci Wikipédia). Sauf que le grand public a adoré Joker et moi-même, j’avais plutôt apprécié mon visionnage, sur le moment. C’est ainsi que les memes autour de la saucisse du Joker se sont multipliés comme jamais auparavant en ligne ; d’où la rédaction de cet édito et ma lassitude, face à des gens qui érigent ce film en véritable satire sociale du capitalisme marchand devenu sans foi ni loi et de la société du spectacle (Debord avait raison !), tandis que Arthur Fleck passe son temps à chouiner les trois quarts du film et à se faire maltraiter,, tandis que le reste de la société autour de lui ne semble être qu’un vulgaire arrière-plan censé accompagner sa transformation en Joker et faire de lui, le roi des marginaux, le porte-voix des sans-voix, de ceux qui ne croient plus en rien et qui n’ont donc plus rien à perdre – tout comme Fight Club de Fincher, Joker n’est plus qu’une triste chose désormais : un attrape-couillons. Risible.
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Leo Landru
InvitéLe film Joker est effectivement une entourloupe. Le fond m’a rappelé le ridicule Chute libre de Joel Schumacher avec un Michael Douglas énervé en cadre de la classe moyenne qui se venge contre la société. On peut pousser un peu et trouver aussi Vigilante de William Lustig (qui a le mérite de rester ambigu), et tous les nanars avec Charles Bronson nettoyant les rues de New York en canardant des délinquants. Ou L’Inspecteur Harry, ou tant d’autres. Ce sont des films de vengeance. Au fond, Joker est un film fasciste qui descend de ces nanars pour Blancs réacs. Son soi-disant modèle Taxi Driver est un film sur le fascisme. Grosse différence donc. Je ne peux que te recommander la gêne occasionnée associée à Joker, elle te donnera raison sur son propos imbécile.
En revanche, je sens peu de critiques sur la trilogie Nolan, et même beaucoup de sympathie pour son second opus, The Dark Knight, donc, avec le regretté Heath Ledger.
Si on peut apprécier l’incarnation, pour autant le film est grotesque. Je me souviens avoir été heurté par l’idiotie de certaines ellipses et l’académisme général. Mais ça pourrait passer pour un honnête divertissement sans prétention si l’intention de Nolan n’était pas ambitieuse, à savoir l’installation de Batman et du Joker dans un univers réaliste et cohérent. Le pari est perdu dès les ellipses qui envoient ce Joker omnipotent et invulnérable se téléporter un peu partout. Puis les poursuites et les explosions – même spectacle amené sans raison scenaristique, qui annule aussi le dernier Batman avec Pattinson dans son dernier tiers – il faut des explosions, c’est dans le cahier des charges. Le Joker peut faire à peu près ce qui lui chante pour la bonne raison qu’il est le Joker, donc il fait n’importe quoi avec une grande facilité et nous rappelle que Batman est le gentil – zéro ambiguïté et surtout zéro respect de la note d’intention.
Puis la morale du film lorsque Batman et Gordon taisent le dévoiement (absurde et précipité) de Harvey Dent par le Joker : le négationnisme est acceptable si c’est pour le plus grand bien – pure relève de Schumacher.
Je fais peut-être mon con mais les meilleurs Batman au ciné restent ceux de Burton. Pas fidèles aux comics, ils misaient tout sur la beauté et la poésie. Pas intellos et tant mieux car à moins d’être un auteur de la trempe d’Alan Moore ou de quelques autres rares (Greg Rucka, Warren Ellis, Ennis & Dillon…), on se casse vite la gueule à tenter de mettre de la pensée complexe chez les superhéros. Au ciné, le Watchmen de Snyder parvient à me convaincre un peu même si désavoué par Moore. Pour le reste on se souviendra de triste mémoire du surestimé et fascisant Frank Miller qui, après avoir produit The Dark Knight returns qui valut à Batman sa retape dark des années 80 sur laquelle on est encore, commettra le scénario de l’indigent Robocop 3. Pas pire que The Dark Knight.-
Nox
InvitéJ’aime bien The Dark Knight, oui, je plaide coupable. Je l’ai d’ailleurs revu dans un UGC pas loin de chez moi et j’ai pris mon pied parce qu’au moins, c’est un film efficace qui va à l’essentiel.
Quant à Frank Miller, ce que je trouve fascinant (et non pas fascisant, laule) chez lui, c’est justement que The Dark Knight Returns déconstruit l’héroïsme de Batman en en faisant un taré psychopathe casseur de bouches et qui se fiche désormais de tuer quiconque se tient sur sa route. Il dénonce justement le caractère fascisant de Batman et comment, pris à l’extrême, il en devient terrifiant.
Et puis j’aime bien l’idée de prendre Superman et d’en faire un toutou de la Maison Blanche, toujours dans cette idée d’extrêmiser le héros jusqu’à son paroxysme.
J’ai quand même l’impression qu’Alan Moore et Frank Miller arrivent à tirer les mêmes conclusions, au sujet des super-héros : heureusement qu’ils n’existent pas. C’est d’autant plus intéressant quand on sait que Miller est un gros libertarien des familles.-
Nox
InvitéSinon, j’ai déjà vu la chronique de François sur Joker et tu penses bien qu’elle m’avait déjà pas mal inspiré, au moment de sa sortie, alors que j’étais dans une espèce de brouillard affectif, vis-à-vis de ce film.
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Leo Landru
InvitéJe crois que tu te goures sur Miller. Tout comme Nolan, il aime vraiment le fascisme de Batman. Pas une once de recul. L’esthétique hyper virile, le Superman minable et aux ordres contre le rebelle libertarien (lire William Blanc sur les ressorts politiques des comics – Superman comme allégorie de l’immigration), la force physique comme botte secrète, la nostalgie réac.
Tim Burton avait capté la fantaisie du concept de l’homme chauve-souris, il en avait fait une créature fantasque et improbable, saisie par Vicky Vale/Kim Basinger. Son Batman restait un mystère romantique. Nolan (et Miller) en font un castagneur névrosé qui se soigne en castagnant et on applaudit. Il n’y a pas de personnage ou de point de vue équilibré pour contre-balancer la folie du personnage, seulement des encouragements à la violence – hypocrisie poussée au max chez Nolan avec le baratin autour du code de conduite morale qui interdit le meurtre mais pas de laisser mourir les vilains. Dans le second opus nolanien, le Batman est dépassé par la folie du Joker qui devient pour un temps le protagoniste que l’on préfère suivre, avant la conclusion de la trilogie avec son Bane altermondialiste aux plans incohérents. L’œuvre de Nolan préfigure Joker – la gloire des antihéros réacs.
Miller, dans les comics (sauf Année Un, le seul qui raconte une histoire au lieu d’une thèse), il est à deux doigts de faire de Batman le Punisher, il a envie de frapper sur les gauchistes. D’où le passage obscène avec le psy progressiste qui veut réhabiliter le Joker dans The Dark Knight Returns. Idem avec le traitement réservé à Catwoman devenue maquerelle.https://www.editionslibertalia.com/catalogue/ceux-d-en-bas/super-heros-une-histoire-politique
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Nox
InvitéJe vois ce que tu veux dire. Perso, je vois tout ce que tu me dis au second degré ; surtout quand on sait que les auteurs peuvent parfois être sacrément à côté de leurs pompes. J’irai lire ton article en détail.
Après, au pire des cas, ça voudra dire que j’aurai juste ma lecture personnelle de The Dark Knight Returns… ce qui me va, après tout.
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Leo Landru
InvitéFight Club je n’arrive pas à détester. J’aime que le film nomme les choses qu’il combat, même si c’est de l’esbroufe. Je crois que c’est le meilleur Fincher – une grosse BD. Pour le coup, un divertissement réussi dont la prétention ne me gêne pas car elle dit : les banques, et nos héros font sauter des banques. Le film ne dit pas « le système », il dit « la société de consommation ». Ce n’est pas pour rien si Le Figaro le considère comme un film fasciste.
À contrario, j’aurais beaucoup à dire sur les films des Wachowski, et sur l’obscène V pour Vendetta en particulier (Matrix je me suis endormi à chaque tentative).-
Charles
InvitéOui mais sans doute le film préféré des soraliens. Ça sent un peu trop la couille pour moi. Et c’est effectivement traversé par des affects fascistes.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est vraiment le film dont revait – et sur quoi rêve- l’internationale mascu
(et l’internationale du ressentiment, ce qui en revient au même)PS :
« La société de consommation » est une notion droitière.
La critique de la « société de consommation » soutient à tous les coups une humeur contestataire droitière. Et souffle un doux esprit de « révolution conservatrice » par quoi Bourdieu conceptualisa le nazisme.-
Seldoon
InvitéFight Club est un film psychologique et non politique (la politique a toujours été un grand angle mort du cinéma de Fincher et, je suppose, de sa vie). Une fois que ce deuil est fait, que produit cette une plongée dans la psyché du ressentiment ? Est-ce qu’on en fait le portrait ou on s’y complet ? Pour moi Fight Club s’est toujours beaucoup plus dérobé à l’analyse que ce qu’on dit. On ne sait jamais vraiment de quel côté il est, comment il regarde vraiment ce qu’il filme, s’il se moque de ses deux héros ou pas, s’il est traversé effectivement par des pulsions fascistes ou s’il observe des gens qui y plongent, s’il fait effectivement une critique de la société de consommation ou se moque de ceux qui la font. C’est très indécidable. Pour ce que ça vaut, David Fincher parle aujourd’hui de son film avant comme d’une satire. C’est peut-être une réécriture a posteriori, il ne détaille jamais vraiment. Pendant des années je ne l’ai pas cru, aujourd’hui je suis à peu près de son côté. Quand on regarde scène par scène, il y a quand même beaucoup d’éléments concrets qui vont dans le sens, à minima, d’un recul du film sur son sujet et au mieux d’une vraie moquerie. Lorsque Pitt et Norton entrent un bus et se foutent des pub Calvin Klein tout en faisant des mines de tough guys, non seulement je ris d’eux, mais il me semble entendre Fincher glousser à mes côtés. Parce que si c’est du premier degré Norton joue comme un pied, et il est difficile de prendre au sérieux Pitt, qui a exactement le même corps que les mannequins de la pub et est ultra looké comme un mannequin paco rabanne.
On va me dire que factuellement, le film passe du temps dans des salles sombres avec des mecs torse nus qui se foutent sur la gueule, balancent des dialogues bad ass, finissent par mettre des uniformes et commettre des actes terroristes en attendant qu’une femme les remarque enfin et les sauve, et que ça c’est un cinéma de couilles. D’ailleurs les mascus ne s’y sont pas trompé. Tout cela est quand même plus compliqué. Pour un film qui s’appelle Fight Club, il y a quand même assez peu de scènes de baston. Il n’y a que trois vraie scènes qui montrent frontalement une bagarre (le reste c’est du background, ou alors on élude la bagarre elle même, on n’a que son déclenchement ou ses conséquences). Regardons les
– Une scène de comédie : Norton s’automutile dans le bureau de son supérieur tétanisé. On n’est pas du tout dans la glorification couillue.
– Une quasi execution : Norton massacre Leto, dans une des rares scènes dans laquelle le film est moralement très explicite (il condamne sans nuance)
– Le grand combat de fin, qui est une convention hollywoodienne et est largement en dessous du niveau du reste du film. J’y sens un Fincher peu impliqué. De manière générale, dans toute son oeuvre, David Fincher, qui aime filmer la torture, les conséquences de la violence et se complet dans le cinéma de genre… s’est presque toujours désinteressé des scènes de combat. Il y en a peu dans son oeuvre, il préfère largement filmer des cadavres ou des gens qui courent. On peut l’attaquer sur son rapport à la violence, mais il y a quand même un décallage avec les mascus (qui d’ailleurs fantasment sur la création de fight clubs dans la vraie vie, mais jamais ne parlent des scènes de bagarre du film, pour l’action ils préfèrent revoir Braveheart). Fight Club regarde avec beaucoup plus d’intensité les corps mutilés que les combats.
Pour les mecs torses nus dans des caves, j’y trouve Fincher beaucoup plus interessé par le glauque, l’humidité, l’obscurité, la fumée, la pourriture, que par les combattants aux cranes rasés. On peut trouver ses flaques d’eau publicitaires, clipesques, , en tout cas, le coeur de l’esthetique du film là dedans et non dans le muscle. C’est encore plus explicite sur les cranes rasés, les uniformes et les actes terroristes : à partir de là, le film ne les regarde plus, n’arrive même plus à les voir. On est du côté de Norton, qui en est effrayé puis les cherche en courant partout, ses jambes de freluquet qui dépassent de son caleçon, et c’est ça qu’on regarde.
Là où le film est unalitéralement un film de couilles, en revanche, c’est dans son humour. C’est de la vanne couillue en permanence, de la punchline parfois au troisième degré mais toujours pour en jouir, c’est « ouais le mec se défonce la gueule dans le bureau du manager en chemisette ». Ce que François a écrit du style Despentes peut être reproduit mot pour mot dans l’analyse de l’humour de Fight Club… comme dans le traitement du personnage féminin. Personnage qui a des vraies scènes, qui est une figure que le film fait semblant de mettre en périphérie tout en sachant très bien qu’elle est la clef de la détresse du mascu, mais qui est un personnage de Despentes.
Une fois que tout cela est dit, pour moi on passe quand même à côté de ce que fait vraiment Fight Club, de la raison pour laquelle Fincher fait ce film et qui est celle qui fait que je l’ai toujours aimé : c’est un film qui jouit de la narration. Il ne fait que ça. Inventer de nouvelles façons de raconter. C’est le film d’un conteur qui a vu le livre de Palahniuk comme le terrain de jeu idéal. D’ailleurs sa première modification sur la v1 du scénario fut de réintegrer la voix off.-
Mopi
InvitéTrès bon développement. J’ai toujours pensé que Fight Club devrait être considéré comme une comédie noire, et non comme un « film à message ».
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Charles
InvitéSeldoon, je suis d’accord avec le début de ton message. Je ne pense pas que Fight club soit frontalement fasciste mais qu’il est politiquement inconséquent et qu’il ne se rend pas tout à fait compte de ce qu’il filme. Il est compliqué de parler d’ironie pour Fincher, surtout à cette période de sa filmo tant il me semble très peu capable de filmer avec un recul critique. On ne peut pas soutenir que Fincher glousse avec nous de Norton et Pitt alors que ce dernier n’a jamais été aussi érotisé, coolifié à l’écran. Ils incarnent tous deux un duo, la belle gueule et le petit malin, qui est assez constamment valorisé dans le récit. Rien que l’utilisation de la voix off de Norton me semble peu compatible avec cette distance ironique dont tu parles, tant elle cherche à créer un rapprochement avec le spectateur, une identification.
Et si on ne peut totalement juger une oeuvre sur la base de sa réception, on ne peut manquer de s’interroger sur sa solubilité dans une imaginaire virilo-fascistoïde. Pour le dire plus frontalement, ce n’est peut-être pas un hasard si c’est ou ce fut le film préféré des incels trentenaires.-
Seldoon
Invité« ’il est politiquement inconséquent et qu’il ne se rend pas tout à fait compte de ce qu’il filme. »
C’est vrai. Néamoins il va bien dans le détail et le film est un bel objet d’étude pour qui s’intéresse au ressentiment des incels. Il ne le ferait pas aussi bien s’il n’était vraiment pas conscient de ce qu’il filme.
L’érotisation de Brad Pitt dans Fight Club est dans le regard de Norton, ça s’amenuise par la suite. Je suis forcé de reconnaître que ça a joué pour beaucoup de monde, mais absolument jamais sur moi, c’est pourquoi j’ai du mal avec cet argument. Pour moi le Brad Pitt de Fight Club est à peu près autant un repoussoir que le mauvais goût des mafieux dans les Affranchis. Je regarde la fascination de Norton comme celle de Liotta avec beaucoup de recul. Je suis (ainsi que David ?) fasciné par leur fascination plus que par l’objet de leur fascination. Mais ça c’est mon bon goût légendaire qui m’a encore une fois sauvé de la tentation fascistoïde.
Pour sauver (un peu) le film de ses fans, on pourrait quand même dire que ce ne serait pas la première fois que ces gens là fantasment un film (et des bastons) qui n’est pas devant leurs yeux. Je me souviens d’un identitaire au lycée dont Fight Club était le film préféré et qui se vantait de partir en ratonnade tous les samedis soirs. Il ne m’a jamais parlé d’autre chose dans Fight Club que des bagarres dans les caves, qui ne sont pas du tout aussi centrales dans le film que le titre ne laisse entendre..-
Leo Landru
InvitéÇa me fait penser au Scarface de De Palma cette histoire de réception vaseuse.
Mais si réception vaseuse il y a, c’est que le lancer initial est vaseux aussi.
À ma décharge je ne suis ni un incel ni un fan hardcore du film. Je le sauve pour la sympathie qu’il m’inspire – sympathie que je commence à remettre en question, merci le forum (emoji triste). -
François Bégaudeau
Maître des clésFaudra-t-il encore que je ressasse qu’on ne filme jamais contre, mais toujours avec?
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François Bégaudeau
Maître des clésSi Fincher a filmé ça, disposé ça, c’est que son corps s’est trouvé bien de le disposer
Ceci est une prise de position affective qui est une prise de position politique, et peu m’importe qu’elle soit consciente ou pas. (Jimenez non plus ne se rend pas compte qu’il fait des films de droite)Il n’y a d’ailleurs rien dans l’ensemble de son cinéma masculin qui soit venu nuancer cette primale prise de position
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Seldoon
Invité« Faudra-t-il encore que je ressasse qu’on ne filme jamais contre, mais toujours avec? »
Il me semblait y répondre en allant dans le détail. Il y a la toile de fond d’un côté et de l’autre il y a ce que fait effectivement le film, il y a les corps et situations dont il fait vraiment quelque chose et ceux et celles qu’il cache dans la pénombre.
« Ceci est une prise de position affective qui est une prise de position politique, et peu m’importe qu’elle soit consciente ou pas. »
On est bien d’accord, je commençais par là et pensais à Bac Nord/Athena en écrivant ces lignes.
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Leo Landru
InvitéIl y a dans Fight Club les mêmes affects que je moque dans Chute Libre ou Joker – la rancœur, la vengeance, le virilisme blanc. Ce qui le sauve à mes yeux est l’ironie du dernier tiers, après la révélation Tyler Durden. Le fight club reste une bande de cinglés entraînée par le double fantasmé d’un type pourri de frustration, indigne de confiance. Mais j’admets que le fond revanchard m’a séduit. Peut-être en le revoyant aujourd’hui le trouverais-je complètement con, mais même si c’est le cas, j’aime sa photographie, ses acteurs et son ambiance de fin du monde.
Sur la société de consommation comme notion droitière, je n’y avais jamais pensé comme ça mais ça se tient – fantasme spartiate des identitaires. En revanche il faut bien des mots pour désigner la société marchande – garde-t-on la société marchande ?-
Seldoon
InvitéJ’ai décrit au-dessus un peu en détail ce que je pense que fait Fight Club. Mais je regrete de ne pas avoir écrit le mot « ironie ». A la rigueur on peut dire que sur le fond, Fight Club n’est qu’ironie. C’est à la fois sa force et sa faiblesse car si ça lui donne toute son ambiguité, c’est aussi une forme d’évitement : si on ne fait que de l’ironie on ne produit que du bavardage.
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Leo Landru
InvitéJe pense que ça se tient. J’aime Fight Club comme j’aime une comédie ou un film d’horreur, pour l’aspect et pour le fun suscité. Ce n’est pas un chef-d’œuvre mais un bon film pop-corn.
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Leo Landru
InvitéQuoi qu’il en soit, je trouve Fight Club sacrément moins toxique et moins sérieux que Batman et Joker.
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Nox
InvitéC’est fou, mais moi, dès mon premier visionnage de Fight Club, j’ai saisi immédiatement à quel point le narrateur et Tyler Durden étaient tous les deux des caricatures et donc, étaient parfaitement ridicules. C’est effectivement un super objet d’analyse sur les incels, surtout quand on rappelle que le narrateur est un pauvre type insomniaque qui se fait chier dans sa vie et manque de sensations fortes.
J’ai un peu du mal à croire que Fincher soit aussi bête qu’on le dit sur cette discussion, surtout quand on retient tout le dernier segment du film qui déconstruit tout l’imagerie viriliste et burnée qu’il a lui-même mise en avant.
Je maintiens mon point de vue sur une chose néanmoins : c’est devenu un sacré attrape-couillons et effectivement Seldoon, les combats dans le film sont au final assez secondaires et plein de gens oublient que le Project Mayhem a tout d’une secte déshumanisante, dans le film ; c’est très explicite.-
François Bégaudeau
Maître des clés10 minutes de supposée ironie n’annuleront jamais 90 minutes où Fincher se plait dans cet univers là, parmi ces gens là, avec ce texte là.
L’argument du deuxième degré est, en art comme partout, la meilleure façon de ne pas voir ce qu’il y a à voir.-
Nox
InvitéJe ne couperai pas le film aussi binairement entre 90 minutes de kiff pour Fincher et le dernier segment. Les éléments d’ironie sont présents dans tout le film : les thérapies de soutien où le narrateur vient juste soigner son insomnie alors que tous les autres gens (sauf Marla) sont vraiment malades, le détournement des pubs Ikea, le fait que Norton a une gueule de camé durant tout le film et qu’il a un train de vie morne, peu désirable et même repoussant. J’ai pas l’impression d’inventer tout ça.
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Charles
InvitéPersonne ne nie qu’il y ait des éléments de comédie dans le film mais ceux que tu soulignes sont désignés comme tels par le personnage principal et ne visent pas le ressort mascu du film. Quand Pitt dit que « la première règle du Fight club est qu’on ne parle pas du Fight club » il n’y a plus d’ironie. Idem dans les envolées lyriques de Norton sur « la société de la consommation ».
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Nox
InvitéJ’ai pas l’impression que ce sont les aspects du film que je mettais en avant dans mon appréciation positive. C’est pas un chef-d’œuvre hein, on est d’accord ; et tout le délire autour de la « société de consommation » est politiquement inepte, on est aussi d’accord. Je cherchais juste à nuancer un peu la discussion qui semblait aller vers un rejet global du film et du fait qu’il n’est pas assez incisif contre les mascus selon certains.
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Seldoon
InvitéC’est toute la question et je suis loin d’en être si sûr.
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Seldoon
Invité(Je répondais à Charles)
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François Bégaudeau
Maître des clésMais précisément il n’est jamais pris comme un film pop-corn, et il prétend à bien plus que ça. Sa postérité, sa légitimité, est infiniment supérieure à celle de Batman et Joker. Il est donc objectivement beaucoup plus toxique que ces deux là. Il a pété beaucoup plus de cerveaux.
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Seldoon
InvitéComplètement, il prétend ouvertement être un chef d’oeuvre et pas du pop corn. Aujourd’hui encore quand Fincher en parle il le met du côté « cinéma » de sa filmographie (par opposition à ceux de ses films qu’il range dans la case divertissement). Après, côté cerveaux pétés, je ne suis pas certains qu’il soit l’arme du crime, je dirais plutôt un cri de ralliement. Sa véritable victime a été la production des facs de ciné : on a eu droit à 10 ans de courts métrages cyniques, sous-exposés avec voix off fière d’elle-même et adresse caméra.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe syntagme société marchande a au moins le mérite d’inclure les agents principaux de tout ça, à savoir les marchands. Que la notion de consommation absente, à leur grande joie.
Le texte off de Fight club est typiquement un texte a-dialectique : l’ensemble de l’humanité, de l’époque, du monde, embrassé dans une même déploration. Tous les humaines équitablement coupables dans la submersion par la marchandise.-
Nox
InvitéMoi, j’ai vu la fin du film comme la dernière balle tirée (jeu de mots intentionnel) sur le Project Mayhem : on fait péter les banques… mais ça ne résout rien, ça ne débouche sur rien.
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François Bégaudeau
Maître des clésla fin d’un film ne dit à soi seule rien du film
ce qu’il faut voir c’est ce qu’il fait, ce qu’il fait concrètement pendant deux heures-
Nox
InvitéJe trouve le film beaucoup plus nuancé que tu le dis, justement. Je vois un narrateur pathétique et émasculé, selon les dires de Tyler Durden qui représente justement le fantasme masculiniste ultime pour le mec insomniaque dépressif et existentiellement vide que le narrateur est, dans les faits. Je sens cette ironie constante dans TOUT le film et pas juste à la fin qui est la synthèse du nihilisme conservateur du film qui en fait certes un film de droite, mais pas un hymne bête et méchant à la virilité décérébrée. Les combats dans le film sont dans la même tonalité pathétique que celle du narrateur ; les coups sont aléatoires, les mecs ne savent pas se battre et ils sont remplis de bleus à la fin des combats. Pareil pour le Projet Chaos : alors qu’ils pensaient pouvoir échapper à une nébuleuse « société de consommation », les mecs du Fight Club font des tâches ménagères, occupent un taudis dégueu, pendant qu’un Tyler Durden leur souffle au mégaphone « vous n’êtes pas des jolis flocons de neige, vous n’êtes pas spéciaux » en se foutant clairement de leur gueule, le tout enrobé dans une ambiance ouvertement sectaire.
Que les mascus y trouvent leur compte montrent à quel point ils ne voient pas que ce film se fout clairement de leur gueule.
Encore une fois : je ne dis pas que ce film est autre chose que conservateur. Par contre, je maintiens que si les mascus considèrent que le film est de leur côté, ils sont alors à côté de la plaque.-
Nox
InvitéPlus globalement, je trouve que ce film est un très bon cas d’étude d’à quoi ça ressemble, un incel. Que les mascus y trouvent donc leur compte est assez triste, en réalité ; ça confirme la thèse du film qui est que le virilisme décérébré n’est que l’autre nom d’une certaine haine de soi masculine. C’est en cela que je trouve Fight Club pertinent ; peu importe ce que Fincher ressent dans son froc quand il prend sa caméra.
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Nox
InvitéPuisqu’il faut d’ailleurs toujours en revenir à soi pour éclaircir la sensibilité positive ou négative qu’on a vis-à-vis d’un film : j’ai parcouru quelques sphères incel en ligne, à la fin de mon adolescence et au début de mon âge adulte ; j’ai eu des doutes sur les sensibleries qui pouvaient être les miennes plus jeune et mon hostilité primaire vis-à-vis de toute forme de virilité, en ayant des moments peu agréables de « et si mon grand frère macho avait raison et que bomber le torse, foutre des tartes aux autres gars qui me regardent mal à la première occasion, c’était ça la solution, dans la vie ? » – Fight Club m’a rappelé à quel point les mascus sont peu enviables et pathétiques, dans leur tentative constante de prouver au monde entier que tout le monde est à leurs pieds alors que se regarder dans le miroir ne serait-ce que deux secondes leur est insupportable. Voilà ce que j’en ai tiré et voilà pourquoi j’ai apprécié le voir et revoir, récemment.
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Bronsky
InvitéJe crois que le film dans mon mon souvenir a une approche plus existentielle que politique et sociale. Il dépeint vraiment quelque chose qu’on avait commencé à ressentir dans le décennie de la « fin de l’histoire », qui est l’individu type de la société américaine capitaliste, l’employé du tertiaire devistalise. C’est bien ce vide existentiel dont le film fait le portrait, avec un personnage qui préfère encore prendre des coups de poings et en donner que continuer cette non existence, ce qui dérape évidemment dans sa deuxième partie, quand cette rage négative commence à muer en secte. Tout ça est fait avec pas mal de maîtrise et d’humour par Fincher, même si ce n’est pas le chef d’œuvre que je trouvais à 20 ans. C’est plus ambigu que vous en dites, le fait qu’il soit adulé par des jeunes hommes « en crise » ne le condamne pas, ça révèle même paradoxalement quelques traits de la psyché masculine.
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Nox
InvitéAssez d’accord avec ce point de vue.
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François Bégaudeau
Maître des clésCette psychologisation sommaire de la scène sociale, à renfort d’adages génériques, est typique de la rhétorique droitière
C’est exactement l’opération de Houellebecq.
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Carpentier
InvitéViens de voir l’affiche d’Astéroïd City.
‘ mélancolique et merveilleux – la vie en mieux ‘ en disent certains.
C’est l’été – on se laisserait presqu’aller à dire que c’est dommage puisque beaucoup d’émissions ritualisées sur un ‘ calendrier scolaire ‘ s’arrêtent.
On aurait même bien vu un La gêne dessus, tiens.-
Carpentier
InvitéLa vie en mieux 🤮
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Carpentier
Invitéah benh je viens de piger que c’est le Wes Anderson dont quelqu’un parle plus haut 😅
Ok, je retourne me backer.-
Carpentier
InvitéWes Anderson, dont je crois bien n’avoir vu que son Le grand Budapest hôtel qui, c’est vrai, m’avait fait grand effet.
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Nox
InvitéEn complément de mon texte précédent sur Joker, j’en ai pondu un sur la toxicité de la culture geek et comment certains geeks, en voulant farouchement se distinguer de la masse aimant le MCU et les jeux vidéos Nintendo, ont fini par devenir le symptôme d’un « poison geek ». J’espère que ça vous plaira.
…
Le poison geekSuite à mon texte précédent sur la figure du Joker et comment ce dernier servait désormais de symbole pour des nihilistes désespérés voyant en lui une espèce de prophète – à l’instar des masculinistes en face de Fight Club –, il m’est venu une réflexion entamée en réalité de longue date sur un sujet difficile… mais nécessaire à aborder : le poison de la culture geek et notamment de certains geeks un peu trop fébriles et soucieux de porter leur passe-temps principal, à savoir manger de la pop-culture par cargaisons, au rang d’activité esthétique élégante et respectable. Mais c’est quoi, être un geek, exactement ? On ne sait plus trop. C’est pourquoi je vais m’en tenir à une définition un peu large : le geek est quelqu’un qui s’est forgé et développé devant des objets culturels de masse, qu’ils soient audiovisuels, vidéo-ludiques ou littéraires et en a retiré une appréciation très personnelle et intime, confinant à une forme de fan attitude le poussant à se procurer le plus possible de nouveaux objets de ses univers favoris, encore et encore. C’est moi et Pokémon, par exemple ; Pokémon étant un fabuleux exemple d’une méga licence conçue pour enfermer ses fans dans une pulsion infinie d’achat avec ses peluches, ses cartes, ses séries animées, ses jeux principaux, ses spins-off, sa voiture et son avion Pikachu que les Pokéfans envient aux Japonais. Ce qui me permet d’aborder un point assez prévisible quand on parle de ce que c’est que d’être un geek : quand j’étais gamin, aimer Pokémon, à l’école, c’était pas ouf. Dès le CM2, les insultes du type gros bébé ! et autres t’es qu’un gamin ! commencèrent à fuser dans ma cour d’école. Un des passages obligés des geeks nés entre les années 80 jusqu’à la fin des années 90, c’est de voir leurs objets culturels favoris se faire moquer copieusement à la cour de récré par les gens branchés de la classe comme ceux qui faisaient de la Tektonik avec du Vivel Dop dans les cheveux, quand j’avais dix piges. On comprend donc pourquoi pendant très longtemps, le geek et / ou le nerd dans le cinéma hollywoodien était dépeint comme une espèce de loser asocial, pustuleux et repoussant : dans la vraie vie, les meufs geek avec qui je traînais en primaire et au collège étaient un peu vues comme ça par les princesses de ma classe. Ça partait donc d’une certaine réalité : les geeks foutaient le seum à ceux qui n’en étaient pas, avant – harcèlement scolaire à la clé. Beaucoup d’entre nous étions autistes sans le savoir, aussi ; autisme qui favorise pas mal le fait d’avoir des centres d’intérêt bien précis et des objets culturels favoris bien particuliers. Sauf que voilà : la culture geek, aujourd’hui, n’est plus une culture underground. Il faudrait même se demander si la culture geek a réellement été de niche un jour, quand on connaît par exemple les ambitions originellement propagandistes d’un Captain America ou d’un Superman dans le monde des comics ou comment dans leur terre natale, les mangas, animés et les jeux vidéos produits par exemple par Nintendo sont très rapidement devenus massifs et omniprésents dans la culture nippone. Il y a donc un léger biais ethnocentrique évident quand on parle de la persécution que les jeunes geeks des gens de ma génération ont subi : l’Occident a été un peu plus lent que le Japon à intégrer nos œuvres favorites dans le mainstream, et donc à nous considérer, nous les fans de ces œuvres, comme des gens socialement acceptables et intégrables dans le vacarme extatique des centres commerciaux. Désormais, les bars geek existent, l’e-sport, les politiciens américains et autres tech guys à la Elon Musk ou Jeff Bezos affichent fièrement leur geek attitude et on a eu au cinoche, le Marvel Cinematic Universe, parachevant l’intégration complète des comics dans la culture de masse ; en d’autres termes, aujourd’hui, être un geek, c’est affreusement banal, admis et même dans l’air du temps. C’est pourquoi aujourd’hui, la culture geek semble être en crise d’identité : autrefois objet de marginalité, désormais objet de majorité ; certains geeks peinent à renoncer à la distinction sociale – fût-elle motif de souffrance – que leurs objets culturels favoris leur ont en quelque sorte toujours apporté. À une certaine époque, faire des vannes du style on se croirait dans le multivers ! aurait été considéré comme ringard, moqué et même ridiculisé par les normies qui voulaient toujours avoir l’air plus cool que les autres, à la cour de récré. Aujourd’hui, je peux faire rire mes profs de philo à la fac avec de telles vannes (aussi parce que je suis putain de drôle, faut bien l’admettre). Il y a donc des geeks qui ne veulent pas accepter ce qui relève de l’évidence de nos jours : la plupart des objets culturels qu’ils aiment sont majoritaires, dans le marché actuel de la culture. Et ces geeks ont l’air d’avoir trouvé le remède idéal pour se distinguer de la masse grouillante adoubant par exemple The Big Bang Theory : se donner des airs d’élite ; I was a geek before it was cool, en somme. Ce qui donne des discussions en ligne interminables dans de ce qu’on appelle désormais les fandoms où le jeu principal semble être une compétition pour savoir qui sera le plus geek d’entre tous en chopant les allusions crypto-marxistes dans la page 346 du cinquième livre de Harry Potter ou en remarquant cet easter egg que personne n’avait remarqué dans la bande-annonce du prochain Marvel, ou encore en défendant mordicus que les comics et les jeux vidéos ont une profondeur philosophique et esthétique qu’aucun autre passe-temps ne saurait avoir. On en vient ensuite à des chaînes YouTube comme Wisecrack aux US et Bolchegeek en France qui se mettent à produire à la chaîne des essais vidéo sur par exemple le message post-moderniste de la série Netflix Daredevil ou le caractère fascisant du Roi Lion (oui, cette vidéo existe vraiment). Les vrais geeks, les vrais de vrai, sont des moines exégètes, soucieux d’extraire le véritable sens profond de leurs œuvres bien-aimées et de mépriser ceux qui ne semblent pas comprendre ce même sens profond qu’ils portent aux nues et avec lequel ils jouissent généreusement. Ces vrais geeks ont pour certains aussi commencé à cultiver une peur viscérale de la conformisation ou standardisation de leurs œuvres favorites… et ça donne à la fin des scandales comme le célèbre Gamergate montrant que tout un tas de gamers n’avaient pas envie de voir des filles se pointer en masse dans leur monde vidéo-ludique de mecs hétéro marginaux et soucieux de le rester. Sans parler bien sûr du rapport de ces mêmes mecs aux queers qu’ils accusent continuellement de tous les maux au sujet de la wokisation supposément promulguée à tout bout de champ par Disney et Netflix – et donc en lien avec les œuvres que ces pauvres loulous chérissent. Être geek et surtout chercher à en être un pas comme les autres, aujourd’hui, c’est toujours devenir l’ennemi que l’on a juré de combattre ; c’est devenir un gatekeeper forceur toujours en avance sur les idiots qui aiment les X-Men mais qui ne comprennent pas que si ça se trouve, Magnéto, il a raison et qu’en fait, les méchants de comics, ils ont souvent raison, quand on y réfléchit ! Appelons ça le Syndrome Magnéto ! Quel génie je fais ! Je pourrais même en faire un livre, avec un peu de chance ! C’est aussi oublier qu’étant des objets culturels de masse, les licences que l’on aime sont remplis d’opus passables, voire oubliables et que l’intelligence esthétique n’est pas toujours là où on le croit. C’est également substituer des œuvres de philosophie morale et politique possiblement ronflantes et chiantes à mourir aux comics d’Alan Moore et de Frank Miller qui font réfléchir sur la saucisse dans laquelle nous vivons tous. Le tout jusqu’à oublier l’essentiel : est-ce qu’on passe un bon moment, devant ces œuvres que l’on aime tant ? À trop réfléchir au nom d’une distinction d’un geek narcissique montrant que ce dernier n’est pas vraiment comme les autres, est-ce que ce même geek est encore capable d’aimer simplement les œuvres qu’il vénère ou prétend vénérer ? La culture geek aujourd’hui semble être vide de sens et fade ; le geek exégète le sait, le sent, le voit. Et celui-ci, plutôt que de faire face à un ressentiment en grande partie irrationnel de ne plus être différent, a préféré muter son ressentiment en pseudo-élitisme sectaire, toxique et névrotique : il est passé du côté obscur de la Force.
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Malice
InvitéEst-ce que des gens ont vu le documentaire de Volker Schlondorff » The forest maker? »
( Résumé : En 1981, l’Australien Tony Rinaudo, jeune agronome, arrive au Niger pour lutter contre l’extension croissante du désert et la misère de la population et découvre les ravages d’une agriculture intensive héritée de l’époque coloniale. Il remarque alors sous ce sol considéré comme mort, un immense réseau de racines. Une découverte qui sera à l’origine d’une politique de reverdissement sans précédent, redonnant espoir à toute une population. Cette approche a eu un tel succès qu’elle a été appliquée dans au moins 24 pays africains, assurant la subsistance de milliers d’agriculteurs.) -
Charles
InvitéBande-annonce du prochain film de Chandor : https://youtu.be/rze8QYwWGMs
Quelle tristesse.-
Seldoon
InvitéJe ne vois pas quel auteur pourrait avoir la force de tenir le coup aux manettes d’une franchise. Tarantino, peut-être (et ce n’est pas pour rien qu’on lui a refusé les manettes plusieurs fois).
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Charles
InvitéAbsolument personne. Le fait qu’il se tape Crowe avec un accent slave à couper au couteau dit bien le rapport de force. Chandor disait en 2019 qu’il ne ferait sans doute pas de film Marvel…espérons que cela lui permette de financer un film plus personnel.
Jeff Nichols, qui n’avait pas tourné depuis 2008, a un temps été attaché à un film de franchise, faute de pouvoir trouver le financement de son prochain film, pour finalement jeter l’éponge et trouver in fine l’argent requis pour son projet.-
K. comme mon Code
InvitéL’économie hors franchises s’étant écroulée, réaliser un Marvel ou n’importe quoi d’autre (Barry Jenkins qui fera Le Roi Lion 2, ça m’a pas mal fait rire) semble être avant tout le moyen de continuer à être payé sans devenir totalement anonyme aux yeux du grand public en faisant uniquement de la pub. Tous les jeunes balancés dans une franchise dès leur deuxième film ont disparu de la circulation. Les studios s’achètent un « nom » pour vendre leurs films comme potentiellement autre chose que des purs produits pré-fabriqués, je ne sais pas si ça fonctionne réellement… mais ils continuent de piocher dans la réserve de petits réalisateurs indépendants pour leurs remakes. Ils sont moins chers que Ron Howard.
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François Bégaudeau
Maître des clésPourquoi, Charles, espérer qu’un cinéaste que tu n’aimes fasses un film personnel?
Pourquoi faire semblant de te désoler d’un moment d’égarement d’un cinéaste dont tu te branles?
Laisse ça aux chandoriens, dont nous avons bien compris que tu n’étais pas (je veux dire : inutile de le redire tous les trois mois)-
Charles
InvitéCurieux post qui me reproche à la fois de faire semblant de m’intéresser à Chandor et de redire que je ne l’aime pas. Pour la énième fois, j’ai aimé deux films sur 4 de lui, ce qui ne fait pas de moi un chandorien mais pas non plus un anti Chandor puisque je vais voir tous ses films avec intérêt.
Mais ce n’était pas le propos de ce post qui constatait simplement que les auteurs US du ciné indépendant en étaient réduits à faire des films de franchise pour survivre dans le système ; propos bien compris par les autres sitistes puisque la discussion n’a aucunement porté sur la valeur des précédents Chandor.
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Carpentier
InvitéEn particulier au sitiste, que ses émotions devant Chien de la casse avaient chahuté, je recommande le Parent: un vrai bonhomme, sur France 2 TV.
Isabelle Carré y joue – on aime ou pas, mais celui qui joue le fils aîné, celui qui, donc – ok, c bon, je dis pas qu’en fait il est 😷
l’acteur qui joue Léo, donc, je surkiffe.-
Carpentier
InvitéBenjamin Voisin.
Benh si j’l’avais comme voisin, comme je me demerderais pour être en même temps que lui dans la cage d’escalier, dans l’ascenseur, au Franprix d’à côté, dans le parking, dans l’jardin.
Ce film est magnifique.-
Sarah G
InvitéBenjamin Voisin, celui qui a joué dans Été 85 et Illusions perdues ?.
Si c’est lui, je comprends Carpentier, je comprends, surtout que dans Illusions perdues, tu as pu le voir sous toutes les coutures, dans son plus simple appareil, hein Carpentier ? 😜😉-
Carpentier
Inviténan nan, je l’ai découvert dans ce Un vrai bonhomme.
Les hommes habillés m’excitent davantage et ça tombe bien, c’est, le plus souvent, comme ça qu’on fait leur connaissance.-
Sarah G
InvitéOui cela commence toujours comme cela en effet.
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Carpentier
InvitéQuelqu’un ici qui, contrairement à moi, a vu En roue libre peut-être? – oui, je sais, il y a encore Macaigne -mais dans un rôle de toubib ou psy, sa gueule, son phrasé, ça va me faire rire, je sais (délit de facies oui, j’avoue)
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François Bégaudeau
Maître des clésTu as bien de la chance que Macaigne puisse encore te faire rire, moi il a plutot tendance à me faire pitié.
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Carpentier
InvitéTe lisant, je constate que ce terme de pitié me vient rarement, même si mes mots vis à vis de ce Vincent prenaient, au départ, un chemin plus féroce.
Cette pitié que tu écris pour Macaigne acteur, a-t-elle aussi chez toi la saveur du ridicule, avec lequel tu accuses aussi parfois réception de certains de mes posts par exemple ? où est-ce de la pitié d’une autre nature ? -> :
– en dirais- tu plus sur cette pitié dont tu parles ce matin ?
– as-tu vu ce En roue libre?
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Nox
InvitéBonjour à tous,
J’ai réussi à me procurer le film suisse Désordre en DVD. Je voulais savoir si ça intéressant des gens que je partage un fichier MP4 du film ou si c’est pas très la morale et l’éthique par rapport aux films indépendants, même si le film demeure introuvable à l’heure actuelle dans la plupart des cinémas et des plateformes VOD.-
Graindorge
Invitéici, il est passé juste 3 soirs début avril au centre d’Art Contemporain et pas pu y aller à cause de l’horaire et du travail.
On peut voter. Si la majorité trouve que c’est ni moral ni éthique, je m’incline sinon youpiii! -
Graindorge
InvitéEt quelque soit la décision de la majorité, un grand merci Nox pour ta généreuse proposition.
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Graindorge
InvitéSnif! Mon collègue vient de me dire que comme je vais aller bientôt en France, vaut mieux attendre et acheter le Dvd à la Fnac ou autre pour aider un jeune et talentueux directeur de cinéma. Quitte â manger moins de cerises et de myrtilles! Mais encore grazie mile cher Nox
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diegomaradona
InvitéLes croyances morales ne faisant que porter sur d’illusoires faits moraux qui n’existent en réalité pas, je suis tout à fait pour le partage de ce fichier MP4.
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Graindorge
InvitéEt puis tu nous raconteras ce que tu n’as pas aimé du film dis?
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Furnarius
InvitéJe vote pour le partage du MP4, quitte à se rattraper plus tard, en achetant le DVD, si jamais le film est plaisant. Qu’en dîtes-vous ?
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Graindorge
InvitéBon alors moi aussi. Je ne vais en France qu’en septembre. On a déjà donné 3 caisses de Dvds et de livres à la bibliothèque de TEA On en a encore pas mal. Surtout pour virer un maximum d’objets..
Je l’achèterai ou pas en septembre. Merci Nox. Il faut te donner une adresse électronique? -
Titouan R
InvitéPour les nantais de l’étape, le film passe (une seule fois) au Cinématographe le 17 juillet à 20h45.
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Sarah G
InvitéJe suis aussi pour le partage MP4 de Désordres.
Quitte à acheter le DVD plus tard ou le louer en VOD. -
François Bégaudeau
Maître des clésOn peut peut-être se demander ce que Schaublin en penserait
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Graindorge
InvitéSchaublin penserait que les plus riches de la gauche radicale et/ou anarchisants au lieu de juger et critiquer les plus pauvres de ce forum devraient acheter une vingtaine de Dvds pour les offrir à des membres de leurs familles, à des amis véritables etc.
Puisque pour la gauche radicale et les anarchisants parler d’argent n’est pas un tabou n’est-ce pas? je dirais à Schaublin que si j’ai réussi à gros coups de sacrifices, de luttes non stop, en risquant de perdre littéralement la vie, à me mettre à l’abri sous 40m2 et un jardin, ayant toujours refusé hypothèque de banques, n’ayant jamais eu de crédit de quoi que ce soit. Toutefois, le capitalisme est tellement féroce que même avec ma petite entreprise, je ne rentre même pas 1000€ par mois pour 2 personnes. Notre vie est frugale. Les légumes du jardin nous suffisent avec un peu de fromage. A l’occasion un peu de poisson, très rare. De l’eau, des fruits. On ne va jamais au cinéma. Ça tombe bien, il n’y a que des cagades ici et les films rarement intéressants c’est une fois par mois, en w.ends et le soir et à la capitale. Pas de concerts non plus, ni de théâtre. C’est pour ça que j’ai raté ton film Schaublin lorsqu’il est passé début avril. Et Schaublin qui est un homme de tête et surtout de coeur me dirait No problem, i understand. Parce que Schaublin est un révolutionnaire. Il n’y a aucune honte à être pauvre. Même Jésus dont on parle sur ce forum était pauvre. Cela ne l’a pas empêché. Rien n’empêche. Malgré les difficultés, j’espère pouvoir acheter vos livres Monsieur Bégaudeau parce que je pense sincèrement ( et j’espère que vous savez que je suis quelqu’un d’un peu fou – à qui la faute?- mais très sincère) que le monde n’a pas encore saisi votre importance. Moi, si. J’espère pouvoir acheter le DVD de Schaublin en septembre, lorsque je serais à Nice. Il me suffira de manger moins. Un copain me prête son appart sans salle de bains et avec toilettes sur le palier. C’est le prix de ma liberté. Ne pas loger chez ma mère. Graindorge a beaucoup de défauts mais ne manque ni de bonté ni de générosité. C’est pour ça que les insultes glissent. -
Nox
InvitéJ’espère au moins qu’il pourrait me remercier pour les 28 balles que j’ai dépensés pour son DVD. :’)
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Nox
InvitéDépensées* zut
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai dit ce que j’ai dit
(comme disait Pilate)-
Graindorge
InvitéEt vous avez entièrement raison cher Maître mais les pauvres et surtout les jeunes pauvres n’ont pas tort.
Dans un monde bien plus juste, par exemple puisqu’on parle de Dvds, je proposerais que le prix soit en fonction des revenus. Par exemple sur présentation de la carte d’étudiant, de pôle emploi ou autre, on paye un prix. Le plus riche paye 28€, l’étudiant 10€ ou 5€ L’artiste en sortirait largement gagnant. Je sais plus qui avait dit mais cyniquement je crois, » si tu veux gagner de l’argent, vise les acheteurs pauvres, il n’ont pas beaucoup mais ils sont très nombreux ». Pour cette idée de prix selon revenus, on me dira Ouais mais y’aura toujours des p’tits malins qui vont se faire passer pour pauvres car ils sont radins etc… La belle affaire! L’artiste en sortira quand même gagnant et pourra vraiment vivre et se consacrer à son art pour la joie de tous.
Je pense à l’Ami Van gogh ( même si je préfère plutôt l’abstrait) un très grand talent. Des petits malins de capitalistes savaient ce qu’il valait mais ils l’ont laissé crever dans la misère et peu de temps APRÈS sa mort, PAF, par ici la monnaie!!
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Graindorge
InvitéJ’avais pas lu ton message Nox car je suis allée faire de beaux rêves juste après avoir écrit. Personnellement, je ne sais pas piraté ni voulu apprendre mais par pure paresse. Nous avons acheté une vieille télé à tube, celles qui ont un gros derrière, juste pour pouvoir regarder des dvds. L’image est très bonne et moins dagnine pour les yeux que les nouveaux écrans. Surtout pour les yeux clairs à lunettes, les plus fragiles. Un copain plein de commisération était venu un jour à la maison, « je te branche, avec ça, je t’installe ça avec ça et tu vas pouvoir avoir des centaines de chaînes et voir plein de films et…et….et… je le laissais épuisé son enthousiasme et ses vains efforts pour me convertir aux joies du progrès permanent. Il s’est arrêté tout seul, quelque chose dans mon regard peut-être… « t’en as rien à ciré, comme d’hab. » Ben ouais, si j’apprends tout ça, quand est-ce que je vais pouvoir rêvasser? étudier les nuages? papoter avec les arbres? Et puis je me suis remise à lire beaucoup plus grâce au « maître des clefs. Sarraute, ma soeur Sarraute, Maître Sarraute, ne vois-tu rien venir? » Enfance, portrait d’un inconnu. Là je viens de commencer Vous les entendez? J’ai aussi un bouquin de peinture à feuilleter car la céramique, j’adore mais tu te retrouves avec plein d’objets, tu les offres. Vendre? Pouaf, pouaf. Et puis, si Dieu frappe à ma porte pour me prouver Son existence, j’aurais pas l’air con avec un casque sur la tête entrain d’écouter Tous les bâteaux, tous les oiseaux…
Pour les 28€, ce que je propose c’est que tu nous donnes un nº de compte ( à vite noter su un papier et effacer d’internet) 3 d’entre les sitistes dont moi te font un virement de 7€ et comme ça le Dvd nous reviendra a 7€ chacun. Si on est 8, ça ferait 3,50€ chacun mais bon. Comme je l’ai dit, en septembre, si je peux je me l’offrirai. C’est pas du chiqué. En général, une fois qu’on a regardé un Dvd quelques fois, on le donne à la bibliothèque de TEA pour que tout le monde en profite, même nous si on veut un jour l’ emprunter. C’est vrai que 28€, 187,60 Frs (!!!) bonjour l’accès révolutionnaire à la culture.
Mon adresse: donaram85@gmail.com. P.s: je n’oublierai pas de regarder dans les SPAMS
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Sarah G
InvitéOui demandons à Schäublin et concernant le partage. acheter si on en a les moyens un DVD pour quelqu’un qui n’en a pas les moyens.
Chacun dans son réseau.
Je suis certaine que certains.nes le font déjà, que certains.nes ont déjà eu cette idée.
Je ne suis pas contre le partage en MP4, idée généreuse, d’en faire profiter à un maximum de personnes qui galèrent en ce moment niveau fric.
Mais un cinéaste doit pouvoir vivre du fruit de son travail également.-
Tony
InvitéLe piratage c’est un sujet complexe,l’exploitation commerciale en salle est terminée,le film n’est plus diffusé,sur le dvd les acheteurs potentiels l achèteront qu’il soit piraté ou pas,le manque à gagner pour Schaublin sera sur la vod et encore c’est discutable car le piratage contribue aussi à la diffusion du film,au bouche à oreilles et les retombées peuvent se faire sentir aussi sur son film suivant car des spectateurs auront connu son travail en piratant et,peut-être,seront prêts à payer une place pour son prochain film.
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Carpentier
InvitéBonjour,
Sur Paris, deux cinémas au moins le projettent encore, par exemple à l’Arlequin dans le 10e, avant de laisser place aux fesses du festival du film de,-
Carpentier
InvitéL’archipel, pardon 😂
l’Arlequin c’est l’autre, celui où pas besoin de festival puisque François y chauffe la salle à blanc
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Nox
InvitéVoilà ma réponse :
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Graindorge
InvitéComme je suis bête et 1er degré j’ai pas compris. Tu retires donc ta proposition de partage? Ainsi que la proposition de partager le prix de 28€. Personne n’en mourra mais juste pour savoir.
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Graindorge
InvitéNota bene: Nox, y’a 2 minutes, j’ai transmis l’idée de mon copain AVANT de lire ta réponse » voilà ma réponse »
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Nox
InvitéOn recommence depuis le début : je voulais partager le film gratos en MP4 mais le webmestre ne semble pas approuver l’idée. J’ai payé le film 28 euros en DVD sur le site du distributeur original, trigon-film. Donc si vous êtes prêts à débourser à votre tour 28 euros (avec les frais de livraison, du coup) sur le site de trigon-film, voilà le lien :
https://www.trigon-film.org/fr/shop/DVD/Unrueh_-_Unrest-
Graindorge
InvitéUn grand merci Nox!
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Carpentier
InvitéBonsoir,
Who is the webmestre, please? J’aurai, par ailleurs, une question à lui poser. Merci.
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Anna H
InvitéA propos de Schaublin, j’ai trouvé ce court-métrage réalisé en 2013. Pas besoin de piratage, il est ici :
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Anna H
InvitéEt un autre :
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Ostros
InvitéMerci Anna H, ça me remonte le moral en ce jeudi de grisaille et de malaise vagal.
Quand j’aurais retrouvé l’intégralité de mes fonctions cognitives je regarderai.-
Sarah G
InvitéSoutien Ostros, courage à toi.
Bises-
Ostros
InvitéMerci ça a fini par passer.
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Graindorge
InvitéJe t’envoie un gros bol d’air marin de l’Atlantique, une grosse tasse d’énergie volcanique de notre Volcan Teíde et l’infinie gentillesse canarienne, Ostros. Courage. ¡Ánimo!
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Ostros
InvitéMerci.
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Graindorge
InvitéUn grand merci Anna!!!
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GaelleS
InvitéMerci Anna
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Sarah G
InvitéMerci Anna H, oui sur son site on peut retrouver quelques court-métrage et découvrir son travail, notamment son travail de photographe.
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Carpentier
Invité👋 en remerciement de tout ce qui se partage ici, j’héberge – sans contrepartie, Sarah 😂 – quiconque vient sur Paris pour voir Désordres.
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Graindorge
InvitéApplaudissements
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Sarah G
InvitéBravo Carpentier 👏👏👏
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Graindorge
InvitéMon collègue propose quand même de faire un courrier commun sur le site de Schaublin pour lui demander son avis de révolutionnaire et lui soumettre l’idée qui pourrait faire son petit chemin de prix selon les revenus de chacun.
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Sarah G
InvitéOui c’est une très belle idée.
Au cinéma, il y a aussi des tarifs réduits selon si on est jeune et étudiant, ou si on a carte qui permet un tarif réduit, pourrait être la même chose pour les DVD, voir même comme tu le propose selon les revenus.
Tout le monde pourrait si retrouver.
Je ne sais pas si tu avais vu ma proposition, cela pourrait se compléter.-
lison
InvitéEt aussi vous pouvez surveiller le site Mediathèque Numérique auquel vous êtes relié si vous êtes abonné à une médiathèque.
Là ce sera gratuit .
Et va savoir votre médiathèque aura peut être même acquis le DVD.-
Sarah G
InvitéOui il y a aussi tout le réseau des mediathèques et bibliothèques qui acquièrent beaucoup de DVD cinéma indépendant, et il est possible de leurs faire des suggestions pour les acquisitions.
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Graindorge
InvitéMerci chère Sarah. Oui, ça fait longtemps qu’existent les tarifs réduits pour étudiants et autres et c’est génial. L’idée de régler les objets culturels comme les Dvds, les livres, bds selon les revenus m’a traversé comme ça. Ça pourrait même s’élargir aux produits de première nécessité. Bernard Arnaud paierait ses spaghettis 28€ les 100 grammes et nous 10 centimes, hi,hi,hi…
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Sarah G
InvitéMais oui carrément.
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charivari
InvitéCertains cinémas mettent des places suspendues, comme les cafés… Pourquoi pas pour le reste, on peut rêver.
Puis sur le duplicata, pourquoi se poser la question pour cet artiste en particulier, alors qu’on n’arrête pas de s’envoyer des liens. Bref, sinon ce serait sympa de faire la même chose pour l’opéra, pour les livres etc-
charivari
InvitéEt pour le fric aussi, mais là, je crains que ce soit déserté.
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Graindorge
Invité» alors qu’on n’arrête pas de s’envoyer des liens. »
Je vous rappelle charivari que vous aviez poussé les hauts cris » Quoi? personne pour partager le lien de l’autodéfense intellectuelle?! Y’a que des profs ici? » Lorsqu’un vrai gars de gauche vous l’a passé et que j’ai juste voulu vérifié si vous-même alliez partager à votre tour, votre réponse a été un NON POINTÉ. Ça m’a fait ni chaud ni froid. Comme je l’ai dit à Demi Habile, dans ce forum il y a assez de générosité. Je suis sûre que vous devez en avoir aussi de la générosité et la volonté de participer à un monde moins injuste, moins violent. Plus beau, quoi. Désolée mais je pouvais laisser passer votre » on n’arrête pas de s’envoyer des liens »-
charivari
InvitéJe n’ai que ça à faire ce soir, ou presque Graindorge (drôle de pseudo, on dirait la soupe aux choux, bref)
Je t’ai répondu : NON.
Il me semble que ma réponse était suffisante.
Maintenant, si tu vas te faire vacciner, je t’envoie le pdf de Socialter. A toi de voir ?
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I.G.Y
InvitéSalut à tous,
L’autre jour, j’ai vu Fish Tank d’Andrea Arnold, et j’ai trouvé ça époustouflant. Quelqu’un en aurait un autre de sa filmo à conseiller, ou même une suggestion qui partirait de cela?
Toute cette séquence de fin, je ne m’en remets toujours pas^^-
Buster
InvitéPersonnellement, concernant le reste de la filmographie d’Andrea Arnold, je dois avouer avoir été refroidi par « Cow ». Je trouve que ce film représente bien la conception qu’ont certains.es cinéastes du documentaire, à savoir bien montrer qu’iels font du docu en adoptant un « style »: Caméra épaule, énormément de bougé, très peu de profondeur de champs et surtout on colle au plus près. Je me souviens m’être dit à plusieurs reprises, que l’équipe technique devait fortement participer aux stress des animaux dans certaines séquences, ce qui est très paradoxal pour un film qui veut « changer le regard qu’on porte » sur eux. Et puis, on pourrait discuter de ce besoin de tout scénariser logiquement et ici le réel (toutes les scènes se répondent, tout s’explique et s’explique émotivement, psychologiquement,…). Bref, c’est un film qui veut montrer qu’il fait du docu tout en restant bien ordonné, comme l’exploitation laitière en fait.
En tout cas, j’essayerais de voir « Fish Tank » prochainement !
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François Bégaudeau
Maître des clésJe suis moins client que toi de Fish Tank, mais j’avais aimé son film suivant, une adaptation très incarnée des Hauts de Hurlevent.
Le suivant, American honey, m’avait plutot agacé.-
I.G.Y
InvitéIntriguant ! Pourtant j’aurais parié que ça t’aurait plu davantage. Je regarderai l’adaptation un de ces 4
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Bernard
InvitéBonjour camarades,
Que pense-t-on de Koji Fukada par ici ?
Je n’ai pas vu ses films précédents mais je sors de Love life et je suis plutôt convaincu. Hormis quelques moments trop tire-larmes avec un fond musical dont on se serait bien passé, je trouve qu’il traite avec beaucoup de simplicité et de douceur la question du deuil et des relations qui ressurgissent de manière impromptue. Plusieurs scènes s’étirent longuement (parfois dans un beau silence) et sont disposées avec une précision réjouissante. Sans trop me hasarder dans cette comparaison, j’y ai trouvé une certaine ressemblance avec le magnifique Drive my car.
Par ailleurs, cette semaine j’ai également apprécié Fifi, évoqué plus haut ici, avec notamment 2 jeunes acteurs impeccables !-
Buster
InvitéSalut !
J’aimerais bien approfondir sa filmo également ! J’ai juste vu « L’Infirmière » qui était pas mal dans mes souvenirs ! Je ne sais pas pourquoi mais j’ai été marqué par le plan large d’une rue avec un métro. Il ne se « passait » pas grand chose de plus et il y avait quelque chose dans la durée du plan qui m’avait interpelé. Mais il faudrait que je le revois pour savoir pourquoi. Enfin voilà, j’irai voir celui dont tu parles, merci pour la reco !-
François Bégaudeau
Maître des clésJe le suis de près. Fait partie de la famille des moralistes – dans le sens précis du terme. La famille des cruels.
Plutot adhéré à Love life.
Mes préférés restent Harmonium et L’infirmière.
J’attends qu’il fasse enfin un grand film.
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Mélanie
InvitéL’année dernière j’ai vu Le soupir des vagues, dont je garde peu de souvenir.
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I.G.Y
Invité+1 pour Love Life, j’en sors. Quelques longueurs, mais vraiment très beau. Il m’a rappelé par moments La Chambre du Fils que j’ai vu il y a quelques mois.
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Mopi
InvitéFrançois, tu penses quoi de Sexe, Mensonges et Vidéo (de Soderbergh) ? Je pose la question parce que Justine Triet, invitée de l’émission Le Cercle, a confié que c’était son film palmé préféré, et je suis curieux de connaître ton avis, vu que t’en as jamais fait mention les quelques fois où je t’ai entendu parler de Steven.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn effet
J’ai vu Sexe mensonges à sa sortie, j’avais trois ans de moins que Steven
Je ne l’ai jamais revu depuis. il faudrait que je le fasse
Le fait est que sur le moment le film m’a laissé une impression de confusion un rien poseuse. Ont suivi 15 années où j’ai suivi l’oeuvre sans jamais être vraiment convaincu, juste intéressé. Je voyais bien qu’il cherchait, expérimentait, mais n’avait pas encore trouvé. L’accroche a lieu au moment où S trouve son style. Bubble, puisqu’il s’agit de ce film, ouvre une grosse décennie où tout ce que S livre est grand, à commencer par le diptyque Che et Girlfriend experience. -
Dr Xavier
InvitéSalut, je signale un Microciné sur PTA avec Thierry de Pinsun et @souffleurdecoffrets (pas encore regardé et je dois bien avouer n’avoir jamais entendu parler de ces deux comparses).
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Charles
InvitéMerci beaucoup, je vais regarder ça.
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Sarah G
InvitéMerci beaucoup, vais regarder ça.
Et moi également jamais entendu parler de Thierry de Pinsun et @souffleurdecoffrets.
L’occasion
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Tony
InvitéLuc Moullet est vraiment un drôle d’énergumène,comme je suis en train de lire ses mémoires,savoureuses et souvent hilarantes(‘mémoires d’une savonette indocile’),je découvre ses films et deux chefs-d’œuvre incontestables pour l’instant(‘anatomie d’un rapport’et ‘genèse d’un repas’),des petits films très drôles aussi dont celui-ci que l’on peut voir sur YouTube,documentaire plein d’humour sur la capitale de l’Iowa,Des Moines(400000 habitants),ville qu’il a choisie de filmer pour représenter la médiocrité américaine telle qu’il l’a vue lors d’un séjour aux US où il a été choqué par’le côté médiocre,uniforme,triste,incolore,des petites communes ou cités des USA,qui se ressemblaient toutes(…)C’est ce que j’ai voulu montrer dans ce film,ainsi que la dichotomie complète entre le cinéma américain actuel,fondé sur la fantaisie et l’action époustouflante,et la triste réalité américaine’
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Graindorge
InvitéC’est vraiment le ventre de l’Amérique. Bravo!
Pas carte postale
Merci Tony
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François Bégaudeau
Maître des clésLongtemps que je n’ai pas vu un Moullet
Merci -
Mélanie
InvitéBonjour
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On avait dit ici un mot de A mon seul désir, de Lucie Borleteau.
Si le sujet vous intéresse, je recommande Live Nude Girls Unite!, sur Tënk en ce moment. Il raconte l’histoire de strip-teaseuses à San Francisco, qui avaient été les premières à s’unir en syndicat pour améliorer leurs conditions de travail.
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Sexe, mensonges et vidéos est un film dont je garde un fort souvenir.-
charivari
InvitéJ’ai vu le Borteleau que j’ai trouvé affligeant. Alors, qu’elle m’avait régalée avec son précédent.
Son précédent que j’ai revu y a peu et que je trouve remarquable. Je trouve remarquable d’adapter une écriture aussi compliquée.
Sexe mensonges et vidéos, m’avait éprouvé sur sa forme. J’ai tenté de le voir à nouveau et impossible. Peut-être un jour.-
Tony
InvitéQu’est-ce que t’as trouvé d’affligeant dans ce film?Alors certes il y a peut-être un problème de scénario mais globalement c’est un cousin de Magic Mike,plein de fantaisie,
d’un érotisme jamais vulgaire par lequel une émancipation est possible avec les scènes de stand up et très drôle aussi.-
charivari
InvitéAh non, j’ai trouvé ça mal mis en scène et surtout mal interprété. Tu parles de quel Magic Mike ? Si c’est dernier je te rejoins, sinon t’abuses. Oui très drôle mais pas profond, je la trouve très peu sûre d’elle. Après, elle relève un défi compliqué. Ce qui m’a gênée, c’est qu’elle survole et plie sur le féminisme.
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Mélanie
InvitéTrois films de Luc Moullet sont aussi sur Tenk en ce moment (pas encore vus – regardé hier Anatomie d’un rapport que je like, merci je ne connaissais pas)
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Mélanie
InvitéVu et aimé les trois
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Tony
InvitéJe les ai pas encore vu ceux-là,ça va pas tarder car ‘la terre de la folie’ a l’air assez fameux,comme ça t’interesse je reproduis ci-dessous ce que Moullet en dit dans ses mémoires:
Une fois, nous dûmes filmer à la sauvette depuis la voiture qui roulait lentement, et où se cachait notre informateur, qui avait baissé la tête pour ne pas être vu. La litote était courante chez nos témoins. Ils ne nommaient pas l’assassin, pourtant arrêté et jugé. Ils disaient « l’individu » ou « ce monsieur ». L’expression « Il avait fait son travail » voulait dire « Il venait de tuer ». Finalement, en interrogeant des personnes très diverses, nous obtînmes un échantillonnage très significatif de l’espèce humaine. Parfois, on découvrait que les témoins, les gens « normaux », étaient plus fous que les fous patentés, à l’image du psychiatre pourri de tics de L’Impossible Monsieur Bébé.
Face à cette accumulation d’horreurs (dont plus d’une quarantaine de suicides ou de meurtres cruels évoqués), le réflexe a toujours été d’en rire, ne serait-ce que par l’incongruité des actes criminels, parfois à la pioche, à la pelle, à la hache, au vitriol. Et nous avions axé l’ensemble sur l’humour, la meilleure défense contre l’horreur. Humour parfois involontaire : la buraliste de Digne, nous parlant de l’homme qui avait coupé sa fille en morceaux, nous précisa qu’elle n’était pas du tout d’accord avec ce qu’il avait fait.
J’avais pu noter l’importance de la folie, qui avait créé une forme d’industrie locale : des asiles (pardon, des hôpitaux spécialisés), avec tous les soignés et les soigneurs, faisaient vivre des petites bourgades entières grâce à tout le travail de placement d’anciens malades chez des paysans accueillants et bien rémunérés, et à la fréquence des curatelles (beaucoup de fumeurs ne payaient pas leurs cigarettes en les achetant, mais présentaient à leur civette leur carnet à souches, ce qui permettait ensuite à la buraliste d’être remboursée par la DDASS).
Je n’ai pas tout mis dans le film, qui a un grave défaut. Je n’ai pas évoqué le cas de Joël Gaillard, qui avait tué le compagnon (83 ans) de sa grand-mère à coups de hache, et qui venait de s’échapper de l’asile. Je n’avais pas eu vent de son appartenance au fameux pentagone, où il avait déjà commis un forfait. Il avait tué à Gap, mais était né à La Saulce, village pentagonal. Tout s’explique.
L’âge venant, je recourus maintes fois à l’habilité de mes collaborateurs : mon ingénieur du son, qui trouvait parfois le meilleur lieu où filmer, mon monteur Anthony Verpoort (qui avait « l’inverse » de mon âge, 27 au lieu de 72), que j’avais connu alors que j’étais moniteur à Calais en 2001 et qui me paraissait très doué. Je lui fis brûler les étapes. À un moment, je lui laissai carte blanche, m’absentant de la salle de montage plusieurs jours. Il trouvait des modes de construction originaux, plus fluides, plus impromptus, (du genre comment vas-tu/tuyau de poêle/poils du cul), améliorant mon système trop rationnel, trop teuton (ce qu’avait bien perçu mon beau-père, malgré ou à cause de son Alzheimer) et qui m’a déniché plus tard (pour Toujours moins) des boutiques intéressantes à filmer, comme cet ensemble avec lavage de bagnole, blanchisserie, pompe à essence et UV en self-service.
Le film fut sélectionné, devant une salle comble, à la Quinzaine des Réalisateurs. Et j’obtins, grâce à l’humour du président du jury au Festival de Groland, Jean-Pierre Mocky, un prix d’interprétation masculine (interprétation a plusieurs sens : cela peut être celle d’une loi, de la Bible, d’un oracle, de Finnegans Wake…). Je suis, avec Samuel Fuller, le seul cinéaste à avoir reçu un prix d’interprétation. Et je demeurerai probablement jusqu’au Jugement dernier le seul cinéaste à l’avoir reçu pour un documentaire… Bravo, Luc(…)
Il y eut des réactions insolites : à Clermont-Ferrand, une spectatrice s’aperçut que l’homme qui, à Eourres (Hautes-Alpes), avait éventré sa maîtresse enceinte de lui était un de ses anciens amants… Vous imaginez sa frousse rétrospective. Certains spectateurs croient que j’ai tout inventé. Ou bien ils comprennent quand, vers la fin du film, je parle de l’affaire Dominici, restée célèbre en France.
L’élément le plus fort du film nous fut offert par l’intervention de Catherine, une Dignoise qui parlait à toute vitesse et avec beaucoup de justesse. Un mélange étonnant de lucidité et d’anormalité. Sagesse et folie sont indissolublement liées dans la vie, tout comme le comique et le tragique. J’eus beaucoup de chance, car les détours de certains entretiens nous apprirent des faits nouveaux. Ainsi, l’homme qui avait sauvé sa femme des griffes d’un criminel maniaque était aussi celui qui l’avait blessée physiquement en voulant la délivrer. À la fin, on en arrive à un événement qui me touche d’assez près : quelqu’un de ma famille, parent au dixième degré, avait tué le maire de Séderon, sa femme et le garde-champêtre coupable d’avoir déplacé sa chèvre de quelques mètres…
Comme dans Anatomie, l’ultime plan constituait une critique du film, une discussion entre moi et ma femme, terminée par un zoom arrière qui révélait notre situation au sommet d’une montagne. J’avais été influencé par le finale de La Montagne sacrée (filmé par Jodorowsky en 1973) et celui de Solaris (1972) tourné par Tarkovski.-
Mélanie
InvitéMerci !
J’aime comme il parle dans ses films, et maintenant je vois que j’aime aussi comme il écrit.
La terre de la folie est un sacré film en effet 🙂
Et quelle histoire aussi, que celle de la spectatrice découvrant qu’un des tueurs est un de ses anciens amants.-
Mélanie
InvitéEt les plans où ils parlent du film en cours avec sa femme me rappellent la fin de Voyages en Italie.
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Tony
InvitéD’ailleurs il me semble bien avoir entendu Letourneur évoquer Moullet comme étant un de ses modéles,oui j’adore aussi la façon à la fois simple et pleine d’esprit avec laquelle il écrit,sur son activité de critique aux cahiers c’est assez savoureux comme en témoigne cet extrait:
Mais, très vite, j’ai essayé d’être plus posé, et surtout d’être toujours compréhensible. Le grand chic alors, aux Cahiers, c’était d’écrire des textes illisibles. Demonsablon était le champion de cette littérature. Il y avait un snobisme de l’hermétisme. Si le lecteur ne comprenait pas un texte imprimé sur le beau papier glacé de la revue, ça voulait dire que le rédacteur lui était supérieur. Même Bazin cédait parfois aux sirènes de l’obscurité.
Mon ingénuité apportait un bol de fraîcheur.
Godard m’avait fait remarquer que mon point fort c’était l’art de la formule, l’art de trouver le bon titre, plutôt que de m’égarer dans de longues périodes à la Faulkner, mon dieu littéraire de l’époque. Et j’ai essayé de suivre ce conseil.
Mes premiers textes étaient désordonnés, des suites de phrases toutes faites, déjà lues quelque part, des effets de style à l’emporte-pièce un peu gratuits, de jolis ronds de jambe et des positions agressives pour me faire remarquer (les tout premiers articles de Truffaut, ceux de l’année 1953, et ceux de Godard étaient d’ailleurs du même tonneau), jusqu’à ce que, début 1957, Rohmer me fasse refaire complètement mon texte sur Eisenstein. Il m’a expliqué que chaque phrase devait avoir une cohérence interne, et que chacune d’entre elles devait posséder un lien organique avec les suivantes. Le b.a.-ba, me direz-vous. Mais, ça, aucun de mes profs de lycée ou d’université ne me l’avait dit. Ils étaient trop square, toujours appliqués à enseigner des lois stupides (pas de « je », introduction thèse antithèse synthèse). Bref, c’est Rohmer qui m’a appris à écrire. Et c’était très gentil de sa part de ne pas avoir refusé carrément mon texte.
Mes textes essaient de reprendre le principe de Truffaut : partir du particulier (pittoresque si possible) — un détail du film — pour dévier sur le Général. Jamais le contraire, comme les mauvais critiques qui d’ailleurs s’arrêtaient au Général (surtout dans les années 58-69).La règle d’or : tout bon film engendre une approche critique spécifique.
Faire rire, intéresser le lecteur, c’était mon souci premier. Avant d’écrire un texte, j’établissais la liste des calembours possibles. Pour faciliter mon inspiration, Rohmer m’avait offert le dernier almanach Vermot.
J’essayais d’être simple (j’ai pas toujours réussi), de raconter l’histoire du film en quelques lignes, ce qui demeure un excellent exercice.
Avant chaque critique de film important, je lisais le roman original, en totalité ou en diagonale. Ce que peu faisaient. Même Bazin, qui était un gars sérieux, avait pondu cinq pages des Cahiers sur The Red Badge of Courage sans avoir lu le livre, pourtant aussi célèbre aux USA que Le Grand Meaulnes chez nous.
Je ne devrais pas vous le dire, mais je m’arrangeais toujours pour faire une remarque négative lorsque je disais énormément de bien d’un film, et je pratiquais aussi l’inverse. Ça donne au lecteur l’impression (trompeuse) que le critique est objectif.
De même j’accumulais les informations techniques — nombre et durée des plans et du tournage, budget, box office du film, etc. —, ce qui faisait passer pour plus objectives les positions subjectives qui les jouxtaient.
Je me débrouillais pour placer une phrase choc qui pourrait servir à la publicité d’un film, valorisant donc le film et moi-même. Mon principal défaut, s’agissant d’un bon film d’un grand cinéaste, c’était d’attribuer tout ce qu’il y avait de bien à mon auteur chéri et tout ce qu’il y avait de mauvais à ses collaborateurs. La réalité n’est pas aussi simple.
Mes premières années de critique (1956-1960) furent celles qui m’attirèrent le plus d’attention de la part des lecteurs, sans doute parce qu’alors on s’intéressait plus à la critique, moins tiède, moins œcuménique et laudatrice qu’aujourd’hui, sans doute aussi parce que je collaborais à une revue-phare qui concentrait les bons papiers.
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Mélanie
InvitéOui, comme il le dit, je le trouve très « compréhensible »
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Jacques Sceptes
Invitéhttps://www.youtube.com/@DERENSKAIA/videos
Je suis tombé sur cette chaine youtube avec des dizaines de vidéos qui accumule à peine les 100 vues où on voit le propriétaire de la chaine discuter longuement avec Jean Marie Straub.-
Juliette B
InvitéOh oui merci
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Hervé Urbani
InvitéC’est cocasse, le petit passage où Straub croise Tavernier dans la rue.
Et puisque Jean-Marie évoque brièvement Fassbinder, voici le premier court-métrage de celui-ci, Le Clochard, hommage au Signe du lion de Rohmer :
https://archive.org/details/derstadtstreicher1966
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci Jacques
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charivari
InvitéJe remercierais presque le con-fit-pote de Pomme, de m’avoir « peut-être » incité à voir un chef d’oeuvre
La pomme de Samira Makhmalbaf. Film réalisé en 1998, la cinéaste à peine âgée de 17 ans pond un chef d’oeuvre absolu.
Assez remarquable sur l’esthétique, la narration et la lumière. Les enfants, encore eux, sont beaux et ont le désir d’échapper à leur réel.
Une cruelle résonance avec l’actualité. Sur un autre territoire, les pratiques sociales, donc politiques sont identiques toujours non adaptées, voire violentes.
L’enfermement de la famille, son attrait pour le religieux les rend faillibles devant la réalité.
Les admirateurs de Kiarostami et de Ferhani y trouveront sûrement du plaisir à voir ce film. -
Charles
InvitéIntéressant dernier numéro de Sortie de secours, avec Nicolas Pariser comme invité qui se révèle critique assez subtil et féroce : https://linktr.ee/sortie_secours
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Maud
InvitéSuper podcast, que je découvre grâce à Charles. Le numéro sur John Wick, quoique pas assez critique à mon goût, est très intéressant aussi.
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lison
InvitéEt vous avez vu Vers un avenir radieux de Moretti ?
Moi pas encore.-
Anna H
InvitéJ’hésite en ce qui me concerne. C’est un cinéaste que j’aime beaucoup mais j’ai été très déçue par son dernier Tre Piani.
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François Bégaudeau
Maître des cléssuis dans la même hésitation
me semble bien fatigué, Nanni
en plus je me demande s’il a pas un devenir Sardou-rital-
Charles
InvitéPariser parle d’un devenir éditorialiste des héros morettiens, avec une tendance vieux con. Je passe mon tour. Sur Cinetek, la sélection du mois comprend la messe est finie, que je n’ai jamais vu. Je vais donc plutôt voir celui-là.
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Anna H
InvitéJ’adore La messe. Il faudrait que je revoie.
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Hervé Urbani
InvitéJe conseille tout de lui du début (« Je suis un autarcique ») à Habemus papam, même si les premiers signes de manque d’inspiration apparaissent dans ce dernier. Et Moretti n’est jamais aussi bon que lorsqu’il écrit seul, sans trame narrative extérieure à lui-même et où il se donne le premier rôle, ce qui n’est plus le cas et explique le ratage complet de Tre piani.
Dans son dernier, ils s’y sont mis à quatre et c’est Amalric la tête d’affiche. Je vais donc passer mon tour.
Pour finir sur une note positive, je recommande son documentaire La Cosa, autopsie publique de feu le Parti communiste italien.
Pour 2,99€ sur cinetek ou gratuit pour qui comprend l’italien :
https://archive.org/details/LaCosa_201812
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Hervé Urbani
Invité« en plus je me demande s’il a pas un devenir Sardou-rital » : en somme, un devenir Barzotti, quoi…
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lison
Invitéet ce serait quoi Le France de Barzotti ? La Italie ?
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Hervé Urbani
Invité« La Ritalie » !
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Carpentier
InvitéCrois bien que, là où il est, il a en effet arrêté sa ritaline
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lison
InvitéComme toi je n’ai pas beaucoup aimé Tre Piani, mais tellement aimé les deux précédents Habemus papam et Mia madre (et d’autres avant eux) que je vais allé voir celui là.
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Anna H
InvitéJ’aime beaucoup ses premiers Je suis un autarcique, Ecce Bombo, Sogni d’Oro, revus il y a peu. Celui que j’aimerais voir c’est Santiago, Italia. L’as-tu vu ?
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lison
InvitéNon, je ne l’ai pas vu.
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Anna H
InvitéVu aussi un documentaire de 2020 pas intéressant : La politique de Nanni Moretti, avec beaucoup d’archives sur les événements politiques en Italie depuis les années 60 et un long entretien où il revient sur ses engagements personnels et ceux de sa génération et comment il l’a exprimé dans ses films.
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Anna H
Invité« Pas inintéressant »
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Carpentier
InvitéJe devais y aller hier et on a préféré faire cramer des trucs.
Suite au visionnage de la bande annonce du Moretti, je l’envisageais mais quelqu’un a plutôt parlé de Love life, je crois.
(je propose plutôt ça pour ce soir) -
Carpentier
Invité🪰
À propos/à partir d’un avenir radieux
https://lundi.am/Le-cinema-l-insurrection-du-temps -
Adam
InvitéJ’ai vu et je pense qu’on est loin du glissement reac. Là où un Sardou vient dire que tout fout le camp et qu’on-a-plus-rien-fait-de-bien-depuis-Bebel, Giovanni (le héros du film) serait plus un dépassé mélancolique qui regarde le monde lui passer sous les yeux, avec une certaine autodérision de la part de Moretti. Le film est donc assez ample dans sa narration et contient des moments de liberté du vieux réal qui se permet ce qu’il veut parce qu’il en a plus grand chose a foutre.
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Carpentier
Invité🪰 ok, merci.
Le paradoxe du plus en avoir rien ou grand chose à foutre et que, justement, on peut tout lui faire dire, donc rien.
Mises à part ces pauvres couilles battues en quasi permanence qui peinent.
Bien contente de ne point en être dotée en vrai.
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I.G.Y
InvitéMon dieu je suis allé le voir avec un grand enthousiasme et je suis ressorti douché^^ J’ai trouvé ça vraiment faible, pas ri une seule fois, sans rythme, et complètement auto-centré (s’il était toujours bon acteur tout irait bien ; il m’a semblé au contraire être une caricature de lui-même). Je suis même ressorti triste haha
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lison
InvitéEt un bon doc sur Arte :
Taming the garden de Salomé Jashi -
François Bégaudeau
Maître des cléson prend
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François Bégaudeau
Maître des cléson prend mais on ne trouve pas
tu donnes le lien?-
lison
Invité-
Sarah G
InvitéComme je le disais, la vidéo n’est plus disponible apparemment.
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lison
InvitéDésolée
Le film est resté longtemps…il y était encore la semaine dernière.-
Sarah G
InvitéPas de soucis Lison, je vais pouvoir le regarder par un autre canal, sur Tenk, donc tout va bien.
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Sarah G
InvitéJe ne trouvais pas non plus mais malheureusement il n’est plus disponible sur le site d’Arte.
Disponible sur Prime Vidéo.
Si certains ont un lien, je suis preneuse.
Merci
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François Bégaudeau
Maître des clésgage pour Lison : trouver dans les vingt-quatre heures un autre documentaire intéressant, et disponible
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François Bégaudeau
Maître des clésy’en a qui comprennent que la punition
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lison
InvitéDisponible dans les salles : Welfare de Frederick Wiseman !
Et il paraît même que le film vient d’être adapté en pièce de théâtre , à Avignon.
Oui tu l’as déjà vu, oui c’est en salles et pas sur ton ordi, oui c’est payant, oui c’est même pas vraiment disponible puisqu’il ne ressort en salles que mercredi.
Oui j’essaie de noyer le poisson et de gagner du temps.-
François Bégaudeau
Maître des clésMon indulgence légendaire t’absout.
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lison
InvitéTant d’indulgence mérite récompense .
C’est pas un doc (quoique) mais c’est quelque chose ( vraiment) :
Soleil O de Med Hondo, qui n’a pas été que la voix française de Eddy Murphy.-
François Bégaudeau
Maître des clésça m’intrigue
je prends
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Mélanie
Invité-
Sarah G
InvitéMerci beaucoup Mélanie pour le lien.
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Ostros
InvitéJ’informe les personnes qui n’ont pas vu passer l’info sur fb
que François est l’invité du live Microciné du mardi 11 juillet 21h30.
Avec aussi Antoine Goya, Jules Trassard et Kephren Montoute.
On a pas encore le détails des films / axes qui seront abordés pour fêter les 7k abonné.e.s de la chaîne.
Le lien : -
François Bégaudeau
Maître des clésil s’agit de parler de la critique
avec pour base des extraits d’ancêtres critiques
ce sera plus débridé et informel que d’habitude-
Ostros
InvitéMerci.
(Ajout de mots entre parenthèses pour duper le blocage de mon Merci, trop répétitif au goût de la machine) -
Warlock
InvitéTu les trouves bien les autres invités présents ?
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Cyril
Invitéhttps://www.arte.tv/fr/videos/105449-001-A/artem-eva/
Je recommande ce docu sur un jeune couple de russes, stars du porno, qui filme leur étrange quotidien, sans musique ajoutée et voix off (à mon souvenir).
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Malice
InvitéPuisqu’on est dans le romantisme, je partage la conférence de Murielle Joudet sur Leo McCarey spécialiste de l’amour et du burlesque car réalisateur de films de Laurel et Hardy et des Marx Brothers mais aussi d' »Elle et lui »:
https://www.cinematheque.fr/video/1294.html -
Mélanie
InvitéVu et bien aimé Artem et Eva.
Il y a aussi sur Tenk un doc sur des suisses qui font du porno « éthique et dissident »
(https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/portrait/ardente-x-s)
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour tout ça
Sur la soirée microciné, je ne connais qu’Antoine Goya. Je vais essayer de jeter un oeil à ce que font les autres. -
K. comme mon Code
InvitéSeldoon, tu n’avais pas un entretien avec Letourneur en préparation ?
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Ostros
InvitéNon c’est avec Rabah Ameur-Zaïmèche pour la sortie du gang à la rentrée.
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GaelleS
InvitéEt Haneke en décembre pour l’ensemble de son œuvre
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Seldoon
InvitéRabah on ne va pas le sortir, en soutien aux forces de l’ordre. Et Michael, pas au niveau. Mais Sophie est prête depuis 2 semaines, on attend le go.
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Maud
InvitéSeldoon, est-ce que tu travailles pour un magazine de cinéma ? Une émission ?
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Seldoon
InvitéRien de tout ça mais avec une amie on fait des entretiens de réalisateurs. Un pluriel quasi usurpé puisque un seul épisode est sorti à l’heure actuelle : https://youtu.be/T7iXfDBw9Qw
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François Bégaudeau
Maître des clésle desplechin on en reve toujours
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Seldoon
InvitéC’était un cauchemar. Mais Letourneur est bien.
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François Bégaudeau
Maître des cléson attend
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Seldoon
InvitéCa sort donc mercredi.
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Seldoon
InvitéOuah, les posts Instagram aussi sont intégrés dans ce forum high tech !
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Hervé Urbani
InvitéIl a une belle perruque, Rabah Ameur-Zaimeche
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Anna H
InvitéRire
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Charles
Invité« Episode 3 »? Et De Perreti, « épisode 2 »?
Quel est l’épisode 1? Ca pue la fake news ça. -
Hervé Urbani
InvitéD’après des sources fiables, c’est le Gang des bois du temple, de RAZ
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Charles
InvitéDonc l’épisode 1 serait celui qui n’est pas encore sorti? Pas très clair tout ça.
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Ostros
InvitéMerci pour le rire.
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Ostros
InvitéCharles,
L’épisode 1 est avec A. Desplechin mais pour une raison obscure nous ne le verrons jamais.
L’épisode avec RAZ arrive pour septembre en même temps que le gang. Si, c’est vrai. -
Seldoon
InvitéD’après mes infos à moi :
– L’épisode 1 est un mystère non encore élucidé
– L’épisode Desplechin, non numéroté, ne sortira pas, pour une raison qu’il faut éclaircir tout de suite : la faible qualité de la chose, dont nous prenons toute la responsabilité.
– Il n’y a pas d’épisode RAZ de prévu pour le moment. Mais nous en discutons : la prophétie pourrait tout de même se réaliser. Si ça se fait, il faudra régler en amont la question de la perruque.
– L’épisode Soso sort bien mercredi.
– En résolution de nouvelle année de juillet, nous nous engageons à passer plus de temps par la suite à réaliser des entretiens qu’à discuter de ceux que nous ne sortons/faisons pas. -
Ostros
InvitéJe m’occupe de la perruque. Voilà c’est réglé.
Hâte d’être en septembre moi. -
Anna H
InvitéVivement mercredi alors !
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Maud
InvitéPetite question. Les films de Lars Von Trier ressortent bientôt en intégralité. De lui je connais Dancer in the dark, Dogville, Breaking the waves et Melancholia. J’aimerais bien voir un ou deux autres films à cette occasion. Selon vous lesquels faut-il voir en priorité ?
Ps : ya un Tarkovsky en ce moment sur France tv.
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charivari
InvitéMaud, les idiots aussi !
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Leo Landru
InvitéJe n’arrive pas à déconseiller un Lars Von Trier. J’ai mes préférés, Antichrist, Melancholia et The House that Jack built – à voir en dernier après la trilogie incluant Nymphomaniac. Et si tu as quelques heures de plus, je sur-recommande Riget (vf L’Hopital et ses fantômes), son incursion sérielle tout à fait géniale.
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Malice
InvitéJ’ai revu « l’hôpital et ses fantômes » récemment; toujours aussi bon. J’avais oublié à quel point c’était drôle
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Maud
InvitéMerci pour toutes ces réponses !
Contente notamment de savoir que ses films les plus récents sont si bons. Les quelques films de LVT que j’ai vus font partie de ceux qui m’ont procuré les sentiments les plus contrastés et les plus emmêlés – mais je crois que ça fait pleinement partie de leur intérêt. J’ai hâte de voir ce que donnent les tout derniers.
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François Bégaudeau
Maître des clésLars devient surtout très bon dans les années 2000-2010 : Melancholia en effet, mais aussi Antechrit, Nymphomaniac, The house that Jack Built
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Charles
InvitéDogville et Manderlay font pour moi partie de ses meilleurs.
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K. comme mon Code
InvitéThe House That Jack Built est mon préféré. (Mais j’ai pas tout vu les tout premiers.)
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Carpentier
Invité😂 et moi c’est le seul que j’ai vu, Jack built, c’est donc le meilleur.
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Mélanie
InvitéNymphomaniac est peu long pour mon planning mais j’en garde de forts souvenirs.
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K. comme mon Code
InvitéNympho, j’ai trouvé le film très enthousiasmant les deux fois où je l’ai vu, mais de nombreux morceaux me laissent perplexe. En tout cas, j’admire la capacité de Lars à s’amuser et son inventivité dans les situations présentées : The House that Jack Built étant parfait, selon moi, à ce niveau. Rien que l’idée d’un serial-killer maniaque m’achève.
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Graindorge
Invitéà l’Espace des Arts de Santa Cruz on nous propose de Lars Van Trier Europa, Element du crime et Epidemic. Quel voir?
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Leo Landru
InvitéLes trois. Epidemic est mon préféré mais dans l’absolu, si tu le peux, vois les trois dans leur ordre de sortie.
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Graindorge
Invitéun grand merci Leo Landru
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Tony
InvitéEntretien passionnant avec Burdeau sur Tarantino,
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Tony
Invité+premières images de la nouvelle série de Soderberg(il n’arrête pas!)
Et une question pour François sur le dernier opus de Magic Mike,est-ce que tu l’as vu et qu’en as-tu pensé?Les critiques parlent d’un film raté et sans intérêt,c’est pas le sentiment que j’ai eu en le voyant,certes la fin est déconcertante,une sorte de happy end que,pour ma part,je ne prends pas au sérieux et probablement Soderbergh non plus,on retrouve bien la patte Soderbergh dans la structure(le recrutement d’une équipe,ici pour un show,ailleurs pour un casse etc..),la caractérisation sociale des personnages et les processus économiques bien visibles,certes on peut être allergique au surjeu de Salma Hayek mais on peut aussi se dire que Mme Pinault est l’interprète idéale d’un personnage qu’elle incarne aussi dans sa vie d’épouse de milliardaire.-
charivari
InvitéElle est bien cette série ? Tu en parles pas…
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Tony
InvitéJe crois que la diffusion commence le 15 juillet sur HBO avec 2 épisodes par semaine.
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charivari
InvitéGrande adepte de Soder, je trouve comme je l’avais dit sur le post à propos de Lucie Borteleau, que ce film est raté. Mais, j’y ai pris du plaisir. J’y ai pris du plaisir sachant que c’est Soder, sinon j’aurais peut être pas été jusqu’au bout? Très juste sur Salma. Sauf, pour la première scène de rencontre où là elle assure le rôle à la perfection.
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Carpentier
Invité-
François Bégaudeau
Maître des clésen attendant de donner, dans trois ans, dans le marketing contraire
« je reviens au cinéma, je me suis rendu compte que c’est l’amour de ma vie »-
Carpentier
Invitéune chialeuse, comme dirait peut-être Demi Habile, si je l’ai toutefois et de plus bien compris dans la gentille explication de son utilisation du terme feminazie.
Hâte d’être en 2026 alors.-
Tony
InvitéLa fine équipe de Carpentier.fr
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Carpentier
InvitéBonjour Tony,
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Jean Monnaie
Invité« Je vais construire une maison où je me réfugierai avec mes amis et je vais regarder le monde brûler ».
Encore un bobo éco-anxieux qui veut combler son narcissisme par les applaudissements du public.
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Tony
InvitéSi des malchanceux ont vu le dernier Schrader ça m’intéresserait d’avoir leur avis tant je l’ai trouvé ridicule,c’est un peu le remake du précédent qui lui même etc…Enfin là c’est quand même dur à avaler cette histoire entre un ancien skinhead néonazi,repenti(?),et reconverti en jardinier(pour qui ‘le jardinage est la manipulation du monde naturel.La création de l’ordre là où l’ordre est nécessaire’),et une jeune métisse qu’il va remettre sur le droit chemin en l’aidant à sortir de la toxicomanie et,accessoirement,en brisant les jambes de ses dealers.Variation étrange de La prisonnière du désert où John Wayne se mettrait en couple avec Nathalie Wood,très bizarre.
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Jean Monnaie
InvitéJe me suis senti obligé de vérifier si ce que tu disais était vrai, tellement ton résumé semblait irréaliste, mais non, tout est exact. Mis à part ‘American History X’ qui est très bon, à l’exception de la fin. La scène de famille extraordinaire. Ce genre de film sur les néo nazi est souvent niais et ridicule. Le pire étant ‘L’Homme de la cave’, où là, on touche le fond.
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Jean Monnaie
Invité
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François Bégaudeau
Maître des clésJe m’étonne toujours un peu qu’on accorde tant d’attention à Schrader, qui n’a jamais été un cinéaste fort, et qui ressasse indéfiniment les thématiques qu’il avait posées, parfois avec génie, dans ses premiers scénarios et notamment celui qu’on sait.
Son film précédent était effectivement nul, celui ci aussi visiblement. On peut peut-être arrêter les frais.-
Charles
InvitéSpectaculaire remontada dans le coeur de la critique qui traite ses films comme des joyaux de vieux maître après l’avoir justement ignoré pendant des années. Et peu importe qu’il raconte toujours la même chose, son pseudo bressonisme fait la blague à ses yeux.
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François Bégaudeau
Maître des clésEt puis il fleure les années 70
Tout ce qui fleure les années 70 est sanctifié, de Schrader à Sautet en passant par Giscard.
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François Bégaudeau
Maître des clésQuant à moi je requiers des avis sur Les filles d’Olfa, sur quoi ma religion n’est pas faite – si j’ose dire.
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Bronsky
InvitéVu. Pour commencer par le plus simple, je l’ai trouvé captivant et assez puissant. Mais il arrive quand même à se faire déborder par son dispositif. L’idée de rejouer les scènes au lieu de les raconter ou de les commenter créent indéniablement un surcroît de réel, de romanesque. Non seulement ça fait advenir beaucoup de choses qui échappent au programme féministe du film, dont on peut tirer énormément d’observations et de discussions, mais ça crée aussi pas mal de moments mémorables imprévus, comme celle de l’acteur qui refuse de jouer une scène et qui nous laisse avec le meilleur plan du film.
A mon avis, l’autre côté de la balance : les quelques effets de manche, violons et moments démonstratifs ne pèse pas bien lourd en comparaison
Qu’en as tu pensé ?
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François Bégaudeau
Maître des clésMoins de bien que toi, même si ça m’a passionné
Le dispositif m’a passionné parce que je crois qu’il se cherche, n’est pas au point, se dédit, se perd en chemin, se retrouve. Par exemple l’actrice censée jouer la mère ne fait finalement rien, ou presque rien. Clairement cette épaisseur était inutile.
La question reste ouverte de savoir si cette alambiquage formel était nécessaire et produit quelque chose. Je ne sais pas. Je me demande si l’histoire racontée straight ne m’aurait pas autant ému et intéressé, voire plus-
riviere
InvitéJe signale La belle et la meute de Kaouther Ben Hania sur mk2curiosity. Pas encore vu Les filles d’Olfa mais vous donnez envie. Merci.
https://www.mk2curiosity.com/home -
Bronsky
InvitéJe crois que la présence de l’actrice a évolué par rapport aux intentions initiales. Je crois qu’au départ c’est juste une star locale qui vient « en soutien » puis petit à petit sa présence se révèle superflue par rapport à cette intention. Mais entre temps, ça a au moins permis les scènes d’interactions entre elle et la vraie Olfa, et plus généralement entre les actrices et les non actrices, interactions riches en observations qu’on peut en tirer.
C’est cette souplesse du dispositif qui permet au film d’être intéressant presque tout le temps, malgré les défauts qu’on peut lui trouver
Après l’histoire racontée telle quelle face caméra n’aura pas eu de grande valeur ajoutée pour une histoire que tout le monde connaît la bas
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Adamou
InvitéJe conseille vivement le film au cimetière de la pellicule en salles en ce moment. C’est un documentaire guinéen où le réalisateur se met en quête du premier film tourné en Afrique Subsaharienne. En plus du côté instructif on voit que le docu s’est fait au fur et à mesure du voyage et des rencontres (logiquement puisqu’il ne savent pas ce qu’ils vont trouver) donc on voit des super scènes d’experimentation collective du cinéma avec les gens qu’il croise. J’ai par contre bien peur que le film ne passe qu’à Paris
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gebege
InvitéJe me joins à la recommandation !
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci, noté
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Charles
InvitéQuelqu’un a vu le dernier Ira Sachs, Passage?
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Buster
InvitéOui ! Je l’ai trouvé pas mal, il y a des choses intéressantes dans le montage. Ca m’a parfois ramené à Pialat dans cette façon d’être au cœur des scènes et d’avoir des coupes abruptes et peu claires entre des passages. Mais je précise que ça m’a simplement fait penser à lui, je le compare pas réellement à Pialat. Aussi, certaines situations sont vraiment intéressantes, à la fois brutales et sans « détourner le regard » (j’ai pas d’autres mots) sur ce qu’il filme (particulièrement les scènes de sexe). Et puis Franz Rogowski a un jeu très particulier, ça dénote pas mal (en bien).
Aussi, j’ai constaté qu’il y avait un élément qui était parfois peu abordé dans des critiques ou chez des personnes ayant vu le film. Pour moi, il y avait une évidence qui ne l’était pas du tout, ça m’a pas mal questionné sur la/ma réception du film. Peut-être qu’on pourra en reparler si tu l’as vu ?-
Charles
InvitéJe ne l’ai pas vu. Je sélectionne plus rigoureusement mes sorties ciné, raison pour laquelle je demandais des avis.
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gebege
InvitéDans la hiérarchie des films qui traitent de couples dans lequel l’un des partis est un « pervers narcissique » ou » individu toxique » ou « je-ne-sais-quel-autre-qualificatif-pour-parler-de-quelqu’un-de-pas-sympa-à-fréquenter-mais-tout-de-même-attirant », il se place assez haut : ça gueule pas trop, c’est pas trop pathos, c’est filmé en plan large et on voit un minimum l’environnement dans lequel évolue les protagonistes + ça se termine pas en spirale auto-destructrice. Mais bon, passé ces quelques qualités, on retrouve quand même assez vite les poncifs du genre, à savoir que franchement il est pas sympa, et franchement c’est grave des victimes les gens avec qui il est en couple – ça me laisse donc vite indifférent. En plus il est jamais vraiment question de fric. Par exemple, le fait que Adèle soit une institutrice n’est pas pris en charge par le film. Jamais on n’aura de scène où ils se prennent la tête sur une sortie au restaurant tous les deux au moment de payer l’addition (alors que y’aurait de quoi, vu l’appartement qu’il partage avec son mec). Bref, on sent bien que l’intérêt de Ira Sachs n’est pas là, non, lui ce qu’il veut, c’est dépeindre des drama amoureux chiants et ausculter son personnage de pervers narcissique – pour en sortir rien qu’on ne sache déjà. Reste une séquence de dîner sympa et la voix de Franz Rogowski.
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Buster
InvitéSalut @Gebege !
Justement le « pervers narcissique » est l’élément dont je parlais plus haut. En discutant avec des gens et en lisant quelques critiques, c’est un élément qui n’est parfois pas ou peu repris. Certains.es voient dans le personnage de Tomas, un homme indécis et c’est cette indécision qui provoque la souffrance de Martin et Agathe. Mis à part la possibilité d’avoir discuté avec des tempéraments de pervers.ses. narcissiques (j’exagère), je me dis que si le film arrive à installer ce trouble, c’est quelque part une réussite.
Pour ce qui est du personnage d’Agathe, j’aurais pu te rejoindre après la séance. Mais en y réfléchissant après coup, l’origine de sa condition sociale se comprend par les parents, particulièrement dans les habits et des attitudes corporelles. Je suis d’accord que le film ne donne pas de réponse claire par rapport à ça, mais la piste que j’ai est que tout cela laisse entrevoir un financement des parents dans son mode de vie. Ce qui explique son appartement avec un salaire d’institutrice maternelle ou primaire (je ne me rappelle plus de l’âge des enfants). De plus, c’est un personnage moins évident qu’il n’y parait (comme Martin du reste). Par exemple, elle sait qu’elle risque briser le mariage de Tomas et Martin au tout début du film mais elle décide de coucher avec lui et de continuer à le revoir.
Et tu penses à quelle séquence de dîner ?-
charivari
InvitéBuster, si tu parles à Charles, sois plus rigoureux stp. Charles ne parle pas à n’importe qui;)
Trêve de conneries, tu donnes envie de voir le film. Je vais voir ça.-
charivari
InvitéBrrr, On va dire que je suis une méchante… Désolée Buster, Charles ne parle qu’avec ou presque avec le taulier. Je prie en croix qu’il me fasse mentir.
Gebege, je pense savoir ce que ça vaut aussi. Bonsoir GEBEGE ! l’homme de raison.
Désolée.
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Gebege
InvitéMouais je sais pas tellement si c’est une hésitation. Le film converge plutôt vers le fait de suggérer qu’il aimerait les avoir tous les deux, exemplairement avec sa volonté de vouloir fonder une famille « à trois », avec cette séquence dans la maison où ils les invitent tous les deux et rêve d’avoir un enfant avec la fille tout en ayant sa relation avec le mec. Il me semble aussi que le film utilise le mot « égocentrique » pour le qualifier. Mais j’ai envie de dire, peu importe le sobriquet dont on l’affuble ou pas, reste un personnage qui fait souffrir ceux qu’il prétend aimer, consciemment ou non. Donc pour moi y’a pas de trouble : le film fait ce portrait-là, qu’il soit estampillé ou non, et rien que ce choix limite sa réussite selon moi.
Pour Agathe/Adèle, pourquoi pas ce que tu dis. Cependant, c’est beaucoup trop hors-champ pour en faire des éléments pertinents dans l’analyse critique. Le métier des parents et la relation qu’ils ont avec leur fille est à peine suggérer, donc on peut tout supputer. Et pour son côté « peu évident », pareil je reste dubitatif. A aucun moment l’ambivalence de sa position ne me semble prise en charge, ni par le scénario, ni par la mise en scène. C’est à peine s’ils parlent entre eux de son ancien mec. Et toi ? Tu la vois où son ambivalence ? Je trouve que justement, les deux personnages sont traitées comme des victimes, et le héros, comme victime de lui-même, à défaut d’être un bourreau.
Pour le repas, je pense à la scène où elle l’invite à manger avec ses parents. Là ça devenait un peu intéressait, y’avait de la friction c’était pas mal. Pareil pour les scènes avec l’amant noir : friction. Le reste du temps on est un peu sur des rails…(Salut charivari, j’ai pas tout compris ton intervention me mentionnant, mais salut quand même !)
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charivari
InvitéGEBEGE. ou l’homme exact. Te rends pas plus ridicule que tu ne l’es. Trop jeune pour moi, trop comme j’aime pas. Fin de la discussion.
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Buster
InvitéUn court métrage d’Emmanuel Marre est disponible sur Arte :
https://www.arte.tv/fr/videos/075160-000-A/le-film-de-l-ete/-
Graindorge
Invité« cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays » Dommage
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François Bégaudeau
Maître des clésvraiment à voir
vraiment singulier-
Mélanie
InvitéOui
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Ostros
InvitéMerci j’ai beaucoup aimé.
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Carpentier
InvitéC’est le gars de Rien à foutre, ok.
Faudra que je ré-écoute la gêne à propos à l’occase, à défaut de revoir le film.
Je ne sais plus s’il a été dit, ou écrit que Marre a pensé à Adèle E. en l’ecrivant mais c’est pour moi un des exemples de films où l’actrice au travail est autant dans le film, où une actrice et un film se rencontrent* (aussi simplement et royalement) comme le titreraient peut-être des journalistes fan des marronniers, de type Dugommier.-
Louise Michelle
InvitéIl n’y a pas eu de gêne occasionnée sur Rien à foutre
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Carpentier
InvitéC’est vrai, pardon.
Le film et le plaisir qu’il a procuré au duo est évoqué, dans un de leurs derniers podcasts de l’an dernier – où ils doivent dire 2 ou 3 trucs à propos – tandis qu’une gêne o à propos à été réclamée massivement mais sans qu’existe réellement une gêne dédiée.
Merci de ne pas me laisser prendre mes rêves pour la réalité.
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Cyril
InvitéL’intégral des films de Lars von Trier passe ce mois-ci à Lille et à Paris.
J’ai vu hier Breaking the waves, quel choc ! La première demi-heure est un chef-d’œuvre de sensualité. J’aurais aimé que le film continue comme cela sans introduire l’élément scénarisé de l’accident du mari qui fait entrer le film dans le drame et le morbide.
Que pensez-vous de ce film ?-
Sarah G
InvitéSur Angers également
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charivari
InvitéJ’aimerais bien savoir qui est dans le coup pour faire la série de « en guerre » ??? Merci des infos
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Warlock
InvitéBonjour,
Quelqu’un ici a vu je verrai toujours vos visages de Jeanne Henry ?-
Claire N
InvitéOui
Je n’ai pas beaucoup aimé
Un détails m’a semblé intéressant : qu’un des garçons s’inscrive juste pour avoir une remise de peine
La suite : les victimes se réparent, les voyoux deviennent des bons garçons et on est parti pour la réinsertion
Par contre j’ai trouvé plus intéressant la partie en parallèle avec Adèle qui traite de la reprise de contact d’une jeune fille victime d’inceste de la part de son frère avec lui , mais bon-
Warlock
InvitéOk merci, pas encore vu on m’a vendu un traitement intéressant de la notion de responsabilité
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Claire N
InvitéTu me diras ce que tu en as pensé si tu le vois ?
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Warlock
InvitéOk, ça marche.
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Toni Erdmann
InvitéVu.
On devrait poser une question à la réalisatrice : si vous êtes autant passionnée par la justice restaurative, pourquoi ne pas en avoir fait un documentaire ? Pourquoi préférer la fiction ?
On connaît la réponse d’avance. Il s’agit d’adoucir les heurts et de s’assurer que les scènes ne créent jamais de gêne. Les voyous sont aseptisés et les victimes ne sont jamais agaçantes. À la fin, tout le monde est content. Le monde social est pacifié.-
Claire N
Invité« Le monde social est pacifié. » oui c’est tout à fait ça
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Tony
InvitéCash sur Netflix a réussi à me faire rire,elle est vendue comme une comédie anticapitaliste et c’est évidemment tout le contraire,malgré tout certaines situations sont plutôt hilarantes mais surtout se signale un acteur qui sera probablement une star dans peu de temps,une gouaille de prolo et un naturel qui le rendent immédiatement sympathique,certes il est déjà un peu cabot mais quelle fraîcheur!
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Leo Landru
InvitéMemoria, sur OCS. C’est le premier film de Weerasethakul que je regarde et c’est une sacrée claque. J’ai le sentiment que n’importe quelle description de ce film serait absurde, n’importe quel résumé lui ferait injure. C’est une expérience sensorielle qui provoque une forme d’hyper curiosité dans cette intrigue où l’on se demande comment décrire un son, comment filmer le bruit et le calme. Je recommande si vous pouvez le voir.
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François Bégaudeau
Maître des clésUne GO existe dessus
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Leo Landru
InvitéMerci, je viens de l’écouter. L’opposition à Game of Thrones m’a fait rire. J’ai eu la chance de voir Memoria sans entrer dans la théorie ou l’ennui – j’ai profité du dispositif onirique jusqu’à la fin, j’étais dedans.
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Seldoon
InvitéMicrociné spécial avec Antoine Goya, Jules Trassard, Kephren Montoute et le type d’Entre les murs. Je n’ai vu que le début, Samir ouvre avec un extrait pointu d’Elias Sanbar et Serge Daney, ça commence fort.
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Tony
InvitéOn est resté sur notre faim,la relève critique fait peine à voir,les choix de textes de Samir sont très bizarres,assez marrant de voir la tête de François lorsque Thoret, Truffaut et Carax ont été cités…
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Cyril
InvitéC’était un peu ennuyant cet entretien, Bégaudeau était bien au-dessus des autres.
Mais qu’est-ce qu’on a contre Carax ?!-
gebege
InvitéD’ailleurs est-ce que quelqu’un pourrait nous situer le F. J. Ossang cité en fin de stream ? Parce que je l’avais vu une fois à une projo de la SRF, qu’il présentait avec Marcos Uzal, et il m’avait fait très mauvaise impression.
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Charles
InvitéQuelqu’un a regardé le Microciné sur PTA? J’ai tenu 15 minutes. La relève critique qui sévit sur Youtube et Twitter fait peine à voir.
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Tony
InvitéJe me demande si la critique orale est intéressante ou possible si elle n’est pas précédée d’un travail écrit,plus réflexif et qui permet d’avoir des idées claires lorsqu’on s’exprime oralement.
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François Bégaudeau
Maître des clésCa aide d’écrire, ce n’est pas moi qui vais dire le contreaire. Je pense quand même qu’on peut produire de la critique orale sans. Du moment qu’on veuille vraiment en découdre avec les oeuvres
J’ai un peu regardé le micro ciné, je trouve que les deux intervenants sont aimables, pas péteux pour deux sous, assez honnêtes, mais je ne les sens pas vraiment désireux de piger PTA. D’où une certaine mollesse-
Charles
InvitéOui et puis ce ratio catastrophique de trucs dits intéressants/mots employés…C’est vraiment ce qui me frappe le plus avec la critique YT, ce bavardage qui n’en finit pas, où on fait des vidéos de 3h pour ne presque rien dire.
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Seldoon
InvitéNotre entretien avec Sophie Letourneur à propos de son film Voyages en Italie est enfin disponible ici :
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Buster
InvitéMerci Seldoon !
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Claire N
InvitéMerci ! J’avais jamais vu ça comme manière de faire , quelqu’une ici avait parlé de couture c’était bien vu.
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K. comme mon Code
InvitéMerci pour l’entretien. Évidemment, j’en profite pour me féliciter d’avoir mentionné son existence la semaine dernière. Rien n’aurait été possible sans cette intervention.
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« Je me le suis dit parce que ça m’a été offert. » Très belle manière de terminer.-
Seldoon
InvitéJe n’en ai pas parlé à mon binome mais moi je considère que tu as créé cet épisode.
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Zyrma
InvitéMerci énormément
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Juliette B
InvitéBeau cadeau. Merci merci à vous deux !
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Anna H
InvitéMerci Seldoon !
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Titouan R
InvitéUn avis sur A contretemps ?
Vu hier soir. Plutôt bonne impression sur le corps, encore que le film aurait pu se délester de certains effets pompiers (montage croisé de la fin avec musique emphatique…) et d’une séquence entre une mère et son fils (qui bosse comme journalier dans le bâtiment), qui permet de mettre de la misère au carré et ajouter un peu de mélo.
Mais je trouve que le film se tient.
Anecdotique, mais au tout début, quelques plans de la mère Badia qui plie un pantalon pour sa fille – plan dehors sur les arbres et la rue pour montrer une ellipse – puis plans de la petite qui s’habille et se sert un verre de lait. Le plan « d’ellipse » m’a paru inutile au début – en tant que spectateur, nous n’avons pas (plus) besoin de ces plans d’accompagnement, de didactique – puis finalement intéressant, car on ne sait pas combien de temps a duré l’ellipse. Le plan était sans doute là pour nous suggérer le passage d’une nuit, alors que – manifestement – plusieurs jours se sont écoulés.-
tristan
InvitéJe n’ai pas d’avis sur ce film mais j’ai « plutôt bonne impression sur le corps » de Penelope Cruz, non pas pour de basses raisons sexuelles mais parce qu’elle a des seins magnifiques.
Sinon, j’ai été voir le dernier Nanni Morretti, ironiquement intitulé « Vers un avenir radieux » se caricaturant lui-même avec une certaine joie tragique, dur de la feuille vis-à-vis des émotions de son entourage, bichant devant les script doctors de Netflix, succombant aux sirènes des programmeuses coréennes. Et chantonnant ses souvenirs sans complexes, c’était pas toujours très fin, mais cet excès de cirque hongrois, de scènes de rues avec des calicots du Parti Communiste Italien donnait une sensation de liquidation, d’allègement allégorique intéressant.-
Titouan R
InvitéLa seule chose lointaine que tu aies à dire sur le film avec Cruz tient à une reprise non assumée de blague pas terrible de Desproges (sur Valérie Mairesse me semble-t-il)…
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François Bégaudeau
Maître des clésOn avait fini par croire que votre start-up était une société écran.
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Seldoon
InvitéC’en est une mais le fisc commençait à nous chercher des poux. On a donc dû sortir un entretien écran.
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Anna H
InvitéMerci à tous les deux, c’était passionnant. J’ai beaucoup aimé la fin avec la chasse d’eau qu’il ne faut pas tirer trop fort.
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Seldoon
InvitéC’est une chasse d’eau particulièrement technique : ni trop fort ni trop longtemps sinon ça éclabousse. On fera un épisode dédié.
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Anna H
InvitéSuper, j’ai hâte de voir l’épisode 4, si j’ai bien suivi, avant le 5 avec RAZ.
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GaelleS
InvitéMerci à vous deux pour votre espionnage qui respire la matière et les chemins de la création. Sophie a l’air d’apprécier le moment également, c’est passionnant de l’ecouter
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Hervé Urbani
InvitéBravo pour la vidéo ! Très précieux et instructif d’apprendre comment cette artiste procède, hors les clous du mainstream et en imposant ses méthodes et sa temporalité.
Merci aussi pour les passages que d’autres auraient coupé au montage, la toute fin bien sûr mais aussi le moment où elle reçoit un texto de sa mère. C’est pas parce qu’on est pointu sur un sujet qu’il faut cacher la vie.-
Hervé Urbani
Invitéauraient coupéS*
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Seldoon
InvitéMerci à tous. On s’est dit que tous ces petits moments de vie collaient très bien avec le cinéma de Letourneur.
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lison
InvitéMerci.
On a hâte de voir le film de Letourneur avec des enfants , et de voir d’autres entretiens comme ça .
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François Bégaudeau
Maître des clésCa commence très très bien, avec ce report des échanges messenger (je ne plaisante pas)
Je regarde la suite plus tard. -
PE
InvitéBonjour
M’aventurant en territoires östlundiens, je cherche à lire l’article de François sur The Square… Est-ce qu’un abonné à Transfuge (même si je doute qu’il en existe encore sur ce forum) ou François aurait la version complète à disposition, svp ?-
I.G.Y
Invitéj’avoue que je serais intéressé ^^ Parce que, à titre personnel, j’ai aimé Sans Filtre mais j’ai été un peu déçu par celui-ci, que j’ai vu il y a deux semaines (même si ce type a quand même un certain talent pour créer des scènes, c’est indéniable^^)
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Rose
InvitéÉgalement intéressée !
Et si vous ne l’avez pas vu je vous recommande Play que je tiens pour son meilleur à ce jour
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Louise Michelle
InvitéJ’ai l’article en scann. Quelqu’un peut m’expliquer comment je pourrais partager ce pdf sur le forum ?
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Carpentier
InvitéDes bourgeois pris dans la spirale du situationnisme et qui, en situation d’être secoués lors d’une performance artistique, ne trouve plus ça Amazing du tout
Seule l’intensité de la radicalité de la performance les bougera quelque peu, jusqu’à ce qu’ils agissent en petite meute.-
Carpentier
Invité*trouvENT, c’est avant la ‘ ‘petite meute ‘ donc pluriel
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zerojanvier
Invitépar curiosité, quel critique du Masque et la plume de la tribune cinéma a votre préférence ? Au contraire quel critique vous ne pouvez pas blairer ?J’ai vu cette question sur twitter et ça m’intéressait de la soumettre ici.
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Charles
InvitéJe peux aimer Lalanne même si son dandysme m’agace. Défendre Dolan, c’est marrant 5 minutes mais prétendre que La vie et mort de Donovan est son meilleur film et un chef d’oeuvre, c’est pas possible.
Je ne supporte pas Pierre Murat qui se contente d’assertions, de jugements péremptoires sans argumenter (« c’est bête » « c’est pas bon du tout » et surtout « on n’a pas le droit de faire ça »). Leherpeur peut être très tête à claques même si c’est marrant de le voir se sentir visé par les films d’Ostlund et d’en perdre toute mesure. Neuhoff est une blague, impossible à prendre au sérieux.-
Seldoon
InvitéPareil, Lalanne est le seul que je supporte, le seul qui a l’air à peu près au courant de ce que tentent de faire les films dont ils parlent.
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Skullkiddd
InvitéEric Neuhoff, c’est difficile à écouter il faut le dire
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Seldoon
InvitéJe signale que le film de Brac qui avait vu passer des échanges contradictoires en ces lieux, à l’abordage, est disponible sur Arte. Le film est sous écrit et ne trouve pas toujours la grace qu’il cherche, mais reste sympatique. Quelques scènes sortent très largement du lot, comme les deux garçon observant à travers le grillage leur ami jouant dans l’eau avec sa copine. On regrette que le film n’ait pas plus de scènes centrées sur le regard de ses « galériens ».
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Tony
InvitéSoderbergh sort un nouveau film directement sur son site le 17 juillet alors que sa nouvelle série sur HBO commence à être diffusée (vu les 2 premiers épisodes et vivement les autres),c’est vraiment dingue cette productivité, très étrange cette diffusion sur son site, voici la ba de son film:
https://extension765.com/blogs/soderblog/command-z-
K. comme mon Code
InvitéC’est également une série. Quelqu’un pourra donc regarder les deux réalisées par Soderbergh cet été et se demander pourquoi l’une est diffusée par une chaîne* et l’autre disponible directement sur son site internet.
* En fait, je suis pas certain que ça soit diffusé sur HBO. C’est peut-être uniquement accessible en streaming via HBO Max. Pardon, ils ont renommé le service Max ces derniers mois. HBO faisait trop intello.
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Tony
InvitéSans sous titres moi je suis paumé,j’avais pas capté que c’était aussi une série,en tout cas Full circle ça vaut le coup et celle là je vais devoir attendre des sous titres…
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Charles
InvitéLe Hong Sang-Soo américain.
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Cyril
InvitéY’a une version française (voix françaises) sur Yggtorrent mais bon… moi je peux pas.
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Leo Landru
InvitéOncle Boonmee, sur OCS pour celleux qui ont. Ou ailleurs certainement. Mon deuxième Api, et aussi beau que Memoria, peut-être davantage. Un film merveilleux où les fantômes et les esprits de la forêt côtoient les vivants en bonne intelligence dans une sorte de rêve joyeux et calme sur la vie et la mort. De nouveau je me suis laissé hypnotiser par ce réalisateur. Je recommande à qui ne l’a pas vu ; le cas contraire, j’aimerais bien avoir votre impression sur les dernières minutes.
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Ostros
InvitéLes dernières minutes je les ai prises comme une nouvelle ouverture du réel sur un au-delà, d’ici bas cette fois. J’étais prise dans l’ambiance des funérailles. Oncle Boonmee était décédé, donc on se dit qu’on n’aura plus accès à ses songes et ses souvenirs. Que cette parenthèse s’est refermée lorsqu’il a trépassé. On revient dans le réel pur. C’est la cérémonie. Les néons froids. Et d’un coup, par un jeu sur les axes de caméras s’immisce une nouvelle étrangeté. Tout d’abord on ne la perçoit pas tout à fait comme telle. Un décalage qui interroge. Il faut qu’elle se reproduise plus frontalement pour qu’on puisse affirmer que oui il y a une scission, deux actions se jouent là en même temps. Une dans la pesanteur, la fatigue et la passivité. L’autre par les corps plus actifs, comme extraits de cette fatalité mus par l’envie d’un plaisir (aller se faire un resto tous les deux au beau milieu de la nuit). La vie continue, dans sa simplicité douce. J’aime beaucoup ce doublement des corps dans le même espace-temps, car il concerne bien les vivants. Plus seulement un homme qui va basculer dans le temps des disparus. Le film porte à la fois la poésie des êtres qui nous ont quittés et qui reviennent nous visiter, à la fois nos vies antérieures,
et aussi dans le présent même : plusieurs possibles. Plusieurs tempos, couleurs, trajectoires. Avec ce nouvel apport métaphysique le film se gorge ici – au cœur du dispositif filmique – d’une émotion particulière. Inattendue. Une saveur nouvelle. Inhabituelle dans un film et particulièrement dans une scène de deuil. Je l’ai pris comme une fin joyeuse. C’est comme s’il ouvrait la fenêtre pour faire un courant d’air. Comme Hong sang soo peut le faire. Ici – et comme il l’a fait tout au long du film – il ne s’apesentit pas dans la situation.
La forme du film rend compte de ces différents niveaux. Et de la matérialité des morts et de l’au-delà. Elle nous trouble et vient toucher en nous des zones qui sont très peu sollicitées par les films habituellement.-
K. comme mon Code
InvitéC’est l’anniversaire de Joe aujourd’hui, je vais revoir Cemetary of Splendour.
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Leo Landru
InvitéC’est le prochain sur ma liste.
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Claire N
InvitéMerci pour ce précieux conseil, je l’ai vu hier
J’ai encore en tête les moulins à eau au milieu du lac, les mouvement des ventilateurs dans la chambre des dormeurs calmes et les mouvements des hommes au milieu du temps
J’ai remarqué/ rêve également l’accélération de certains personnages fugaces a l’arrière plan
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Leo Landru
InvitéMerci Ostros.
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Bee
InvitéPour moi c’est une vision différente que celle de la photo du microciné parce que la place n’est pas vide mais se remplit petit à petit, comme on le voit avec l’apparition de Huey à la table au début. Tout le long du film, il y a un accueil des altérités – qui étaient déjà là mais que l’on peut voir grâce à l’agonie de Boonmee – et la mort est figurée par la présence et non par l’absence. Il n’y a pas de temps des disparus pour moi car ils sont là, parmi les vivants, et partagent le même temps qu’eux. Tout est déjà contenu dans la matière et il s’agit de mieux voir et accueillir. Dans l’épilogue, c’est comme si tous les brouillages opérés depuis le début permettaient, alors qu’on pensait avoir un retour à la linéarité, de faire disjoncter et de voir les trouées dans le réel le plus banal, qui est plein de potentialités et de lignes différentes comme tu dis Ostros. La disjonction est douce mais crée un sentiment d’étrangeté fort et un peu angoissant je trouve. L’immobilité et l’attention des personnages qui regardent l’écran est peut-être ce qui rend possible leur dédoublement et nous renvoie aussi à notre position de spectateur. La seule qui ne se dédouble pas a l’air de s’être endormie devant l’écran alors que les deux autres sont restés statiques et attentifs. Cette posture d’attention est décrite dans la gêne sur Memoria avec l’idée que Jessica apprend à regarder attentivement et libère ainsi les sons contenus dans la matière
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Claire N
InvitéOui , je comprends
Ce qui m’a sauté aux yeux ne concernait pas vraiment la place des
personnes, mais plus l’idée qu’en agençant les photos, les plans , une idée du vivant sortait
Je ne sais pas si c’est clair mais j’ai vu l’option « feuilleté « qu’on pouvait donner à leur agencement .
Merci pour la réflexion sur l’attention j’aime bien l’idée -
Ostros
InvitéMoi aussi j’ai retenu que la mise en scène semble indiquer qu’ils sont déjà là ou qu’ils ont leur place ici-bas dans notre matérialité. Pour moi ça n’évacue pas l’idée d’un au-delà.
Je me souviens qu’A.W fait dialoguer la femme d’Oncle B. avec sa sœur et que cette dernière lui demande si elle a bien reçu les offrandes qu’elle lui a déposées. La femme répond oui et je crois qu’elle évoque son ressenti physique sur le fait d’être morte et dans l’au-delà (il me semble, c’est à revérifier). Lors de cette scène du repas j’avais la sensations qu’elle venait d’ailleurs, qu’elle avait fait un voyage qui l’avait épuisée.
Je pense que les morts chez Api sont partout. Ils se baladent ici et hier, dans l’au-delà et à table avec nous.
« Disparu » était une autre manière de dire mort, pour varier le vocabulaire mais c’est vrai que ça ne colle pas avec l’état de ces corps. Et surtout avec ce que travaille A.W dans ses films, à savoir la cohabitation des morts, des créatures, des humains, des bêtes, du souvenir, du temps.-
Ostros
InvitéJ’ajoute que si j’ai aimé cette fin c’est aussi parce que les premières intrications de l’autre situation par des faux raccords peuvent être d’abord interprétées comme des ellipses – on sent la saute et on continue à se laisser bercer par cette ambiance parce que c’est un effet habituel. Alors qu’elles expriment le contraire d’une ellipse puisque: même temporalité. C’est vraiment fort.
Et puis ces faux raccords et ce champ-contre-champ avec les mêmes protagonistes qui sont ce qu’il y a de plus basique à faire. Et c’est tellement efficace pour créer une étrangeté. On est dans de l’artisanat pur. J’adore.-
Claire N
InvitéMerci pour toutes ces clefs Ostros, tu peux pas t’imaginer comme c’est ludique d’avoir les mots qui décrivent la matière même du film !
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Leo Landru
InvitéOui tu es douée pour traduire en mots la beauté de ce cinéma. Merci infiniment.
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Leo Landru
InvitéJe suis d’accord avec toi sur l’aspect angoissant de cette fin, angoisse qui m’a saisie davantage en voyant tante Jen et Tong au restaurant que dans la chambre d’hôtel cependant. Ça m’évoque la scène du restaurant dans Memoria dont François soulignait le caractère inquiétant. L’anxiété survient aussi lorsque Boonmee raconte son rêve lors de son agonie, avec les images fixes montrant des jeunes en tenue militaire et un singe captif, puis d’autres images de ce singe qui pose au milieu de jeunes hilares.
Je pense qu’Api embrasse ces émotions sans aucun cynisme, il y a une authenticité candide mais déterminée (si ça veut dire quelque chose).
Au risque de la méprise, je ressens le même type d’émotions devant le cinéma de Lynch – quelque chose de très sincère, de très personnel, sans recul ni analyse. Encore que dans Mulholland Drive, j’avais perçu une forme d’aigreur inhabituelle dans le cinéma lynchien, comme un adieu aux armes. Je n’ai pas fini la dernière saison de Twin Peaks, qui pour l’instant me ravit, dans laquelle on sent le peintre plus que le cinéaste. À noter que cette série n’existerait probablement pas sans le prestige du nom David Lynch, elle ne ressemble en rien au modèle sériel courant. Je divague un peu, désolé.-
Bee
InvitéOui je crois qu’avec « au-delà », je voyais tout de suite une séparation et une vision linéaire alors qu’on peut l’intégrer dans la représentation de mondes parallèles et simultanés. Pour moi tout part d’un point, qui serait ici la mémoire de Boonmee, et se déploie. Et plus on se concentre sur ce point, plus on découvre du multiple. Mais tout tient ensemble. Boonmee me fait aussi penser à certains films de Lynch et twin peaks avec l’étrange douceur, le burlesque un peu effrayant et la dilatation, mais j’ai l’impression que l’univers de Lynch fonctionne plus en vase clos. Ça permet peut-être d’aller plus loin dans le trip mental mais je trouve plus captivante la façon dont naturel et merveilleux se mêlent dans oncle Boonmee, toujours dans cette logique d’ouverture et de courant d’air
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Leo Landru
InvitéOh je suis d’accord. Lynch ne me semble pas avoir grand intérêt pour le réel, alors qu’Api le transcende. Pour moi le rapprochement vient de l’onirisme qui façonne certaines scènes – lenteur, cadres picturaux, montage fourvoyant, inserts d’éléments hors diégèse comme la princesse et le poisson-chat dans Boonmee.
Et Lynch met de la musique partout, même si celle-ci ajoute davantage de confusion que de clarté. Je préfère le son « naturel » d’Api.-
Leo Landru
InvitéDiégèse n’est pas le mot. Hors intrigue peut-être. Enfin ce passage onaniste m’a drôlement interrogé.
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Seldoon
InvitéA propos de Lynch : il suffit de regarder une histoire vraie ou la dernieère saison de Twin Peaks pour se convaincre que ce réalisateur sait très bien s’interesser au réel quand ça lui chante.
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Leo Landru
InvitéOui, Une histoire vraie sort du lot. Pas encore vu ma fin de Twin Peaks (16 heures quand même !)
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Claire N
InvitéJe suis désolée, je n’ai plus la fin précisément en tête; mais c’est amusant que tu en parles parce que récemment en visionnant le début du micro ciné consacré à la critique j’ai repensé vivement à l’impression produite par ce film.
La scène du repas en particulier, lorsque la place vide ne l’ai pas de part la présence de l’esprit.
Samir présentait un extrait, deux photos de groupes avec et sans la personne qui faisaient évoquer la mort lors de leur juxtaposition.
J’ai aimé cette juxtaposition dans ce film, la trace indélébile du vivant-
Leo Landru
InvitéOui j’ai adoré ce moment où le merveilleux est admis immédiatement, et mieux encore avec le fils singe-fantôme qui sort de l’ombre et raconte son histoire avec un naturel touchant. On sent l’angoisse de Boonmee à l’approche de la mort, atténuee par le fantôme de son épouse mais aussi par les ouvriers de sa ferme et la douceur de son entourage proche. La phrase de tante Jen à la fin, lorsqu’elle compte l’argent des funérailles sur le lit d’hôtel m’a un peu surpris : « je ne le connaissais pas tant que ça ». Je trouvais la page tournée un peu vite. L’eclairage d’Ostros me rassure.
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Claire N
InvitéOui , Ostros m’a rafraîchi / enrichi la mémoire
J’aime l’analyse des néons froids / nouvelle étrangeté
C’est vrai que sous cette « lumière d’exposition «
L’étrange et d’habitude dissipé
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Claire N
Invité« Je ne le connaissais pas tant que ça «
Tu as raison, cette phrase est très simple
Mais elle embrasse toute la complexité de ce qui fait qu’on aimerait continuer à connaître -
Sarah G
Invitéhttps://reporterre.net/Algues-vertes-un-film-percutant-pour-raconter-le-scandale.
Je vous conseille d’aller voir ce film et de lire la BD également.-
Carpentier
Invitéoui, bien d’accord 👍 prévu de le voir vite.
Je lirai à propos ensuite (merci) -
Carpentier
InvitéJ’en sors, Sarah G. 🙂
Si tu l’as vu, j’en suis 👋-
Sarah G
InvitéNon je ne l’ai pas encore vu
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Claire N
InvitéMerci Sarah
J’ai pu voir le film, un peu déroutée au départ
Par la forme fiction / documentaire sur un sujet
Qui m’avait semblé être une enquête sur les faits.
Certains indices permettent cependant de faire la part des choses.
J’ai bien aimé la façon dont elle découvre les différents niveaux de conflit d’intérêt
J’ai appris aussi que lors de l’installation du « plan Marshall « agricole les agriculteurs qui ne voulaient pas s’engager dans cette forme d’exploitation avaient subi la répression policière
J’ai essayé de trouver l’intérêt de la fiction dans ce film, j’avoue que je ne sais pas trop
Est ce une façon de passer en douce la marchandise relative à ce sujet épineux ?
Est ce pour ouvrir sur les mécanismes qui poussent une journaliste à s’investir dans cette enquête ? Mais dans cette dernière hypothèse il me semble que les motivations sont un peu survolées-
Sarah G
InvitéLes filles d’Olfa utilisent aussi le même procédé, mélanger fiction et documentaire.
Ce que je sais, c’est que le tournage du film a été très compliqué, des maires ont refusé que leurs villages soient utilisés comme lieux de tournage, alors qu’ils étaient au départ ok, et la FNSEA a aussi joué là dedans pour essayer d’empêcher le tournage de ce film.
Cela n’a pas été un tournage facile.-
Sarah G
InvitéSur ce même procédé il y a aussi le moyen-métrage « Dans le silence et dans le bruit » de Clément Roussier et Hadrien Mossaz de 2023x, non encore sorti en salles, présenté au FIDMarseille
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Claire N
InvitéOui , là finalement on voit que les empêchements décrit dans le film sont reels
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Carpentier
InvitéAh, bonjour Claire N, je n’avais pas lu tout de suite que tu étais ’ l’autre ’ qui avait vu ce film 😅 😉
J’aime bien tes lignes, attentives et nuancées.
Du coup, à l’aise dans ces algues durant toute le visionnage, je me trouve, une fois encore, piètre spectatrice.
Le fictionné du film ce serait quoi?
On est sur une sorte de biopic d’une journaliste qui, je suis d’accord sur ça avec toi, s’intéresse à la Bretagne – elle fait des ’ petites chroniques bretonnes ’ – on sait pas trop pourquoi ( sa meuf qui est bretonne, peut- être?) et elle tombe sur le sujet et les morts liées à la toxicité de ces algues en écoutant l’une des personnes qu’elle interviewe à mesure de ses reportages.
Toute cette reconstitution du comment cette histoire est (re-)mise à jour est pas mal à suivre, je trouve.
Sauf le perso du chien.
Qui tombe un peu comme un chien dans la soupe.
Bien cru, du coup et jusqu’à la fin, qu’il y passerait, le pauvre.
Soit:
– pour emmerder le couple, impressionner la journaliste pour qu’elle stoppe ses investigations,
soit:
– dans les algues elle-même ( par accident ou .. pour emmerder le couple, impressionner la ….)
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Carpentier
InvitéSur mon territoire principal, les salles de cinéma qui le projettent sont plutôt bien remplies, et ça y proposé même d’applaudir en fin de séance.
Même peu de gens couverts d’algues vertes pour assister à la projo (j’étais moi-même en fushia 😅) je t’invite à essayer de le voir, Sarah G.
Salette y est assez en place et les paradoxes avancés quant on choisit d’occuper un mandat politique sont intéressants.-
Carpentier
Invité*propsE
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Carpentier
Invité*propOse 🤣
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Carpentier
Invité*même SI
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Carpentier
InvitéNous ne sommes que 2 à l’avoir vu le Jolivet?
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lison
InvitéAvez vous vu Vers un avenir radieux ?
Moi oui, aujourd’hui, et je l’aime plus que ce que j’avais imaginé. Je les ai trouvés bien tristes et bien drôles, le film et Moretti dedans . On retrouve ses obsessions , mais là il s’en moque et essaie même de s’en extraire.
J’ai lu après cet article qui m’a bien plu : https://lundi.am/Le-cinema-l-insurrection-du-temps -
Louise Michelle
InvitéLe nouveau film de RAZ a enfin une date de sortie, le 06 septembre. Il est distribué par Alchimistes Films
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Paul
InvitéQu’avez vous pensé du dernier Ceylan Les herbes sèches? J’en suis sorti tout à fait ému et assez dérouté. Et puis quelle scène à deux heures du film! Le fracassement du 4eme mur le plus époustouflant qu’il m’ait été donné de voir!
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lison
Invitéet un nouveau film d’Hong Sang soo : « De nos jours… » sort ces jours ci.
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Ostros
InvitéMerci. Merci. Et Merci.
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Alexandre
Invitéhttps://www.arretsurimages.net/articles/barbie-des-journalistes-prives-de-projection
Si quelqu’un pouvait partager l’article en entier, il régalerait.
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Tony
InvitéDésolé j’ai essayé mais y a pas moyen de l’envoyer,Barbie doit être blacklistée ici,je vais bientôt aller le voir avec ma fille!
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Alexandre
InvitéJe préviens, le film c’est vraiment une énorme merde hein. J’ai rarement vu un truc aussi cynique et mal foutu scénaristiquement. Les enfants aussi ont droit à du bon cinéma bordel
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charivari
Invitéok
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Bourgeois Ludovic
InvitéLe seul film qui m’a procuré des émotions dans ma vie est Captain Fantastic avec Viggo Mortensen.
Le titre est naze et non représentatif, mais par rapport au reste des films complétement flingos c’est une perle.
Le début est sublime
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Seldoon
InvitéSur un thème similaire, on parlait l’autre jour de A bout de course (Sidney Lumet, 1988). Tu as aussi Mosquito Coast (le film de Weir de 1986, pas la série Apple récente qui n’a aucun interet), dont j’ai entendu du bien mais que je n’ai pas vu.
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéSalut seldoon, aurais-tu la gentillesse de m’indiquer où se situe la discussion à propos d’a bout de course ? J’avais vu ce film récemment sans avoir creusé ensuite j’aimerais bien corriger cette erreur
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Seldoon
InvitéCherche « Conférence passionnante de JB Thoret sur Sidney Lumet » sur la page suivante : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/cinema/
On en parle très rapidement, à propos de Lumet en général. Il y avait eu des discussions plus développées sur le film sur l’ancien site je crois.-
Charles
InvitéRires.
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so
InvitéBonjour Seldoon, est ce que c’est elle ? merci
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéMerci beaucoup, en effet il est surtout question d’une scène, celle du repas qui m’avait plutôt plu, une vraie justesse dans la capture de l’accueil d’une petite amie dans sa belle famille
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Dr Xavier
InvitéVu Happy End de Haneke (sur Amazon Prime, dont le catalogue est évidemment indigent), j’ai beaucoup aimé, que c’est âpre ! François as-tu écrit une critique qui pourrait être partagée ? (rien trouvé sur l’ancien site)
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est pas court
POUR LE FROID
Je suis masochiste. Je l’ai appris dans une critique sur Happy end publiée au lendemain de sa projection à Cannes. La critique parlait des « inconditionnels de Haneke, ces masochistes ». Sur la foi de textes ultérieurs, je dois aussi me tenir pour « étranger à la joie », « sinistre », et pour aimer la « froide maitrise » et les « condescendantes certitudes », celles du « maitre autrichien ».
Maitre autrichien n’est pas un compliment. Un autrichien qui ajoute la maitrise à son tropisme autoritaire local passe la mesure et vire tyran. Mais moi, masochiste, j’aime qu’on me tyrannise. J’aime que les plans soient des cellules où un bourreau de préférence bardé de cuir me séquestre pour m’étouffer.
C’est pourquoi Happy end m’a frustré : les plans y sont désespérément ouverts.Plan 1 (orphelin).
Plutôt large. Sans les systématiser (puisque chez lui rien n’est systématique hélas), Haneke aime assez les plans larges. A l’égal de celui d’Ostlund ou Lanthimos, que ses contempteurs lui affilient pour les enfoncer, ce cinéma laisse entrer beaucoup d’air. Beaucoup d’air circule dans ses images et surtout entre ses images. Encore un manquement à sa réputation.
Incrusté au milieu du film, le plan capte en légère contre-plongée l’estrade d’un karaoké, où un homme danse sur un tube de Sia. Un homme qui est sans doute Pierre, le fils de la riche famille Laurent, méconnaissable dans ce contexte trivial que rien n’a introduit. Ce plan précédé par rien, et suivi d’aucun effet, est un bloc autonome avec lequel, moi qui rêvais qu’on m’en impose, je dois me démerder. Devant ce plan seul, je suis un disciple veuf de maitre. Je dois me raconter l’histoire, comme un grand, comme un enfant bordé par nul parent. L’histoire d’un héritier en pleine déréliction ? Ce faux mouvement qui interrompt sa danse est-il le signe que le rejeton est décidément un incapable ? Ou le signe de rien? Aucun indice ne me le spécifiera. Me voici livré sans clé au corps bizarrement électrifié de Pierre. Le maitre me laisse en plan.Plan 2 (opaque).
Le travelling latéral droite-gauche suit George, le patriarche de la famille, qui remonte le trottoir opposé en fauteuil roulant. Où va-t-il? Que veut-il? Comme ce plan-séquence s’impose sans préalable, un bloc encore, on s’en remet à ce qui va y survenir, à ce qui va se dire après que George a interpellé un groupe de Noirs qui passait par là (des migrants?). Mais le vacarme des véhicules qui défilent au premier plan, escamotant la scène, nous dérobe leur échange. A peine saisit-on, aidé par nos seuls petits yeux orphelins, que les interpellés sont désemparés par la demande, renoncent à y répondre et passent leur chemin.
Peu à peu familiarisé avec l’idée fixe de George de mettre fin à ses jours, il me sera loisible, a posteriori, de songer qu’il a demandé là aux premiers venus de l’aider dans ce projet. Mais ce n’est qu’a postériori. Dans son présent, cette scène est opaque. Réduite à sa surface muette. Le tableau est animé mais muet. Le cinéma de Haneke, prétendu saturé de messages édifiants, refuse de me parler. Ce mutisme glace certains spectateurs – « glaçant » est le terme récurrent du réquisitoire anti-hanekien. Les tenants du « cinéma chaud » – l’expression est authentique – veulent qu’on leur parle. Que les objets se rendent, sinon aimables, familiers. Qu’une rue leur dise quelque chose. Qu’un grabataire en fauteuil roulant leur sourie, et qu’il ait l’amabilité de bien vouloir rester en vie.Plan 3 (cruel)
Thomas passe de pièce en pièce dans une maison où vivaient sa fille et son ex-femme avant l’hospitalisation de cette dernière. Oui la chambre où l’on entrevoit la petite Eve est bien celle où elle scrutait l’agonie de son cochon d’Inde en prologue. Thomas est en train de faire visiter la maison à une acheteuse potentielle. Mais alors son habitante principale n’y revendra plus? Et pour cause : elle est morte. C’est par cette scène, par ce biais, par la force des choses et non par des signaux scénaristiques, qu’on l’apprend. La mort a été ellipsée, ainsi que les scènes à faire : cris des proches, chagrin, enterrement, accolades en noir. Que permet cette ellipse, figure qui concentre tout l’art de Haneke? – pardon : toute sa perversité. Outre la justesse de son approche du deuil par la face matérielle (c’est d’abord par les biens qu’il laisse qu’un mort nous occupe), elle permet que la scène joue deux intensités à la fois : cette compréhension à retardement du décès et la visite menée par un père parti. La cruauté objective de cette visite. La cruauté sans coupable d’avoir, pour les vivants, à solder les morts.
Elle permet surtout une relecture totale d’un plan antérieur, où père et fille entraient dans la chambre d’hôpital, se figeaient au bord du lit, ressortaient. Ce qu’on avait vu comme une visite à la mère dans le coma, visite qu’à cet égard nous avions jugé bien expéditive, était en fait un recueillement devant une dépouille – expéditif aussi, sans doute, mais quoi faire d’autre? Ce plan nous avait donc échappé aussi. Le maitre censé m’emprisonner ne cesse de m’échapper.Plan 4 (cru)
Plein écran ou presque, une conversation MSN. Une réponse est en train de s’écrire, les lettres s’ajoutant aux lettres pour former les mots et les phrases d’une confidence amoureuse et sexuelle. Quel individu s’enflamme ainsi? Qui parle aussi crument et à qui? C’est ouvert – nous comprendrons plus tard, a postériori encore, que c’est Thomas et sa maitresse violoncelliste qui correspondent par ce canal. A cet instant, et si l’on prend ce plan à la lettre comme tout plan devrait l’être, ce texte s’écrit tout seul. Dissocié d’un auteur, il n’appelle pas un jugement ad hominem. Il ne peut s’apprécier – ou se déprécier si la crudité des mots révulse – qu’en lui-même. Haneke filme des faits et non des personnes ; ou des gestes qu’il découple autant que possible des personnes. Car les personnes sont des faits ; sont les maillons d’une chaine de faits.
Que les tenants du chaud soient prévenus : s’ils veulent en découdre avec Haneke, Lanthimos et Franco, ils devront aussi s’expliquer avec Bresson, que tous trois citent à l’envi. C’est en droite ligne de Bresson qu’ils captent des processus objectifs – au sens où les surréalistes parlaient de hasard objectif. Le personnage c’est la situation, dit Ostlund, dont le premier film, The guitar mongoloïd emprunte à la manière surréaliste. L’inhumanité qu’on prête à ces cinéastes ligotés ensemble (sur un peloton d’exécution) tient davantage de l’anti-humanisme. Tient à leur refus d’interposer, entre la situation et le spectateur, un humain médiateur, un corps tampon, qui prenant sur lui les faits et les gestes, les dé-sobjective, et ce faisant les réchauffe, nous les sert tout cuits. Haneke me les sert crus ; à moi de me faire ma petite cuisine. Ce n’est pas très hospitalier de sa part. C’est mal aimable. Ces plans ne m’enjoignent pas de les aimer, je ne les en aime que davantage.Plan 5 (objectif)
Le premier du film, pré-générique. Occupé aux deux tiers par un écran de portable. Un temps Haneke a laissé croire, et s’est fait croire peut-être, que ses fictions intégraient les outils technologiques pour les dénoncer – exemplairement dans Benny’s video. Or un cinéma matérialiste ne fait rien contre, il fait avec, comme The square fait avec les formes de l’art contemporain, comme Lanthimos fait avec les couloirs larges et lisses de l’hôpital. Du portable, Haneke récupère à son compte la puissance d’objectivation. Sur ce prologue, les choses ont l’air de se raconter toute seule, de s’exposer. Peu magistral est le maitre qui à ce point laisse venir.
Comme ceux de la correspondance MSN, les mots style texto qui s’affichent sur l’écran sont de personne. D’un enfant, c’est sûr, puisque c’est sa mère contre laquelle il ou elle peste, mais sans visage et sans corps. La violence qui s’exprime et s’annonce là a son autonomie. Rapporter des violences aux personnes, qui les ont commises, est un travail de juge. Le cinéaste, qui n’est pas juge, les délie. Il laisse les personnes et retient le fait objectif de la violence. La violence est de personne ; elle est un fait.
Le hamster mort que le portable capte ensuite a été empoisonné par le ou la propriétaire de l’appareil, mais qu’il le filme le dissocie de son acte. Un espace bée entre le geste et son auteur supposé. L’espace du geste en soi. Celui des plans main ou des plans pied de Bresson : ça ouvre une porte, ça marche dans la rue.
Installant un différé entre le geste et son effet. l’empoisonnement sied bien à ce cinéma. Pris en soi, l’empoisonnement est un crime sans auteur. Objectivé, le crime n’en est plus un, seul demeure le il y a d’une mort.Plan 6 (dense)
A nouveau, le maitre abandonne son image aux pixels du portable d’Eve. Qui cadre le berceau où dort un bébé, son demi-frère. Sur l’écran s’affichent ses commentaires live : il est trop mignon ; il lui rappelle son frère, mort d’une leucémie.
Jusqu’ici les créatures qu’Eve a cadrées, hamster et mère, ont péri peu après. Aussi l’expression de la tendresse sororale inspire-t-elle un début d’effroi. Ce bébé est-il la prochaine victime de la colère viscérale et muette d’Eve ? Tout est possible, l’horreur et la grâce à parts égales. Tout est possible parce que les plans, d’une densité à proportion de leur épure, recèlent plusieurs récits, admettent plusieurs angles de vue.
Par-delà la vertigineuse contigüité entre aimer et tuer, cette minute suspendue livre deux informations. L’une, temporelle : une grosse ellipse sépare ce moment de l’arrivée d’Eve dans la maison familiale, à l’époque où la seconde femme de son père n’était qu’enceinte. L’autre, factuelle : Thomas et la mère d’Eve ont perdu un fils. A partir de quoi je peux reconstituer une trame, sans l’aide du cinéaste qui décidément n’en fout pas une : c’est ce drame qui, par un tour cruel du sort, a séparé les conjoints. Sous ce jour, Thomas n’est plus exactement le père démissionnaire voire salaud qu’on croyait. Pour lâche qu’il ait éventuellement été, il est d’abord victime de cette mort sans coupable – une leucémie. Une chaine de malheurs et non plus de vices : le bébé meurt, le couple se déchire, le père part, la petite plonge, tente de se suicider, hait sa mère, l’empoisonne. Une chaine où le crime est un moment de la souffrance et la souffrance un moment du crime. Il devient même possible que la mère ait mis fin à ses jours, sans le concours de sa fille. L’empoisonnement par médicaments a aussi cette vertu très profitable à un cinéma tragique où coupables et victimes fusionnent : qu’on les ingère par son initiative ou à son insu, c’est la même chimie fatale dans le même estomac. Et c’est presque indifféremment qu’Eve a ingurgité et fait ingurgiter par un camarade de colo une surdose de ces anti-dépresseurs censés la soulager de ses peines. Le médicament guérit et tue. Là où croit ce qui sauve croît aussi le péril.Plan 7 (confusion)
Caméra embarquée dans une voiture qui avale l’autoroute. Haneke n’est pas un maitre mais un vieux maitre, parvenu à la sage certitude qu’in fine son art ne lui doit rien, et tout aux choses. Qu’il peut s’en remettre au travelling avant sans auteur produit par l’automobile, qui comme son nom l’indique se meut d’elle-même.
La froide Huppert téléphone au volant. Le téléphone est un outil de cinéma aussi : tronquant la discussion, la divisant par deux, il dessine un hors-champ qui dans le plan fait comme un trou que je comble avec les moyens du bord. A qui parle Anne, héritière de la famille Laurent et désormais aux commandes de la boite de BTP ? Et surtout : quel drame annonce-t-elle à son interlocuteur inconnu ? L’empoisonnement de sa mère par Eve ou le glissement de terrain sur un chantier? C’est l’un ou l’autre. Et comme il est impossible de trancher ce sera l’un et l’autre. Par la suite il sera sans cesse permis de penser que l’agonie qui se joue hors champ est celle de l’ouvrier emporté par le terrain et-ou de l’ex épouse suicidée de Thomas.
Plus grand film hanekien à ce jour, Despues de Lucia, de Michel Franco, circule dans l’espace incertain bordé par les deux épreuves subies par son héroïne : mort de sa mère (dans un accident de voiture, on le note), harcèlement au lycée. Du vieux maitre autrichien, Michel Franco a d’abord retenu la nécessité d’orchestrer la confusion par une narration trouée d’ellipses, de multiplier les fils pour qu’ils jouent ensemble à l’infini, autorisant qu’on en tisse plusieurs. Permettant dix films en un.Plan 8 (tragique)
Très large pour le coup. Le premier après le bref générique. Il embrasse l’énorme excavation d’un chantier, et depuis quel lieu surélevé au juste? Quelque chose comme une cabine, d’où s’émet le son in d’un flash radio évoquant l’Euro 2016 en France. Et soudain, tout un pan de terrain s’affaisse. Pas de cris, et le cadre reste imperturbable. La quiétude des drames vu du ciel. Vu par les dieux?
Plus surement devra-t-on comprendre, après coup toujours, et par recoupements d’informations lacunaires, que la cabine est celle de Pierre, fils d’Anne, petit-fils de George, désigné pour reprendre la boite. Et Pierre est tout sauf un Dieu. Sur terre, on ne trouve pas position beaucoup plus élevée que celle des Laurent, nantis d’avocats aptes à faire parler le droit (du plus fort) et régler sans scandale le contentieux avec la veuve de la victime de cet accident peut-être du à une négligence des chefs, mais dans ce plan, pas de pouvoir qui tienne. Le terrain cède tout seul, sans que nul n’y puisse rien. Un caprice du sort, aussi arbitraire qu’une leucémie.
Chef de chantier, tu parles. Chef de rien du tout. Vu du ciel les caterpillars s’animent sans conducteur. La famille bourgeoise est autant qu’une autre soumise au régime tragique. Sous son toit pas moins qu’ailleurs se confondent les crimes et les suicides, les peines et les fautes, les travers et les malheurs. Ces gens pâtissent autant qu’ils jouissent de leur richesse. Ce faste est un privilège et un poids, cette fortune aussi mauvaise que bonne. C’est pourquoi George veut la fuir. Et Pierre. Et Eve. Et Thomas. Tous ces bourgeois veulent s’échapper : échapper à eux-mêmes. Anne, la dernière à croire encore à la pertinence de durer, est aussi fatiguée de tenir la baraque. La vente de la boite à une banque anglaise aide à la sauver mais aussi à s’en soulager. Comme Anne soulage Pierre en le destituant au profit de son fiancé anglais, et alors ce geste monstrueux est un geste de protection – elle n’est jamais autant mère qu’en bannissant son fils. Cette démonstration de force est aussi un aveu de faiblesse. Il inspire terreur et pitié.
Pitié pour la terrifiante bourgeoisie. Pitié pour elle qui, frappée par les forces destructrices qu’elle active, s’écroulant à l’unisson des quartiers qu’elle fait abattre, est sa première victime. Au-dessus d’elle flotte un nuage de culpabilité qui à la fois englobe et absout chacun de ses membres. Réversibilité infinie de la culpabilité collective, meilleur sujet du monde exploré aussi par Despues de Lucia : si tous sont coupables personne ne l’est. Happy end est un Ruban blanc en mode mineur : le mal est est là, partout et nulle part ; dans les plans ouverts flotte un parfum de malédiction. Pitié pour la maudite bourgeoisie, pour la bourgeoisie maudite.Plan 9 (burlesque)
On coiffe monsieur à domicile. Prérogative de maitre. Mais le maitre ne veut plus en être un. Tout ce cirque l’emmerde et l’étouffe. Le maitre ne veut plus que mourir.
Les forces qui agissent les hommes, les structures qui les façonnent, ne sont pas justiciables de la morale. A rebours des procès qu’on lui fait – ses adversaires prenant alors les traits du juge qu’ils lui reprochent d’être-, le cinéma de Haneke n’est pas moral. C’est un cinéma de moraliste, ce qui est à peu près le contraire. Un moraliste dit la fausseté de la morale, son incongruité dans le grand bain tragique ; des hommes soumis aux caprices insondables du vent, il entend désarmer la prétention à la liberté, quand ils ne sont libres que d’accepter leur impuissance. De faire corps avec leur destin de mortel, comme l’infirmier en soins palliatifs de Chronic arrime ses gestes à ceux des mourants. Comme le suicidaire George, donc. Et comme sa petite-fille si elle comprend le récit qu’il lui livre dans la magnifique scène de bureau, les deux générations unies alors dans la compréhension de leur dérision.
Dans le plan unique qui cadre leur conversation, George propose au coiffeur une somme pour qu’il le tue. Il le fait en douceur, sans pose dramatique ni grimace solennelle. Il le fait comme on demanderait une cigarette. Si Haneke avait voulu dramatiser, il n’aurait pas fait jouer par Besnehard ce commerçant piteusement perturbé par la requête impossible de George. Scène comique. Il y a du comique dans la façon dont le patriarche échoue en permanence à se tuer, et du Beckett dans cette constance dans le ratage. George dans son fauteuil, c’est Clov et Hamm les handicapés de Fin de Partie ; c’est les deux enfants paralysés de Mise à mort du cerf sacré, rendus au sol et à leur condition terrestre.
Pour répudier Haneke, Lanthimos et Ostlund d’un seul mot d’avocat général, les tenants du chaud parlent de roublardise, ou de surplomb, ou de méchanceté crasse, ou de misanthropie autosatisfaite, ou de défaut d’altérité, ou de jeu de massacre – expressions retrouvables dans les articles concernés. Aucun de ces chefs d’accusation ne résiste à l’épreuve des plans, où seule s’impose la matérialité insignifiante des corps. Des corps assujettis aux lois pré-humaines de l’espace et de la la pesanteur, sans que la mise en scène ne leur porte secours – cette non-assistance définit très exactement le cinéma de la cruauté. Des corps qui chutent (incomplètement), et souvent se relèvent (mal). Des corps soumis à des théorèmes écrits sans eux, et d’autant plus pathétiques qu’ils tentent d’y résister. Burlesques, en cela. Si burlesque est le précipité physique de la condition tragique, le mot est en dernier ressort ce qui peut fédérer les trois malfrats susnommés, qu’une moitié de la presse française soupçonne d’accabler l’humanité quand ils ne font qu’honorer nos sublimes maladresses de clowns.-
Dr Xavier
InvitéC’est pas plus long qu’une GO, et c’est le même bonheur, merci pour ce cadeau !
Il reste plus qu’à regarder Caché et écouter la GO dans le foulée.-
Sarah G
InvitéMerci François pour ce cadeau
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Warlock
InvitéChristopher Nolan était l’invité du dernier video club de Konbini dans lequel il a eu l’occasion de confirmer si c’était nécessaire qu’il ne regardait pas de film : https://www.youtube.com/watch?v=HLUe85q1hNM
A contrario celui de Wes Anderson – sorti il y a longtemps mais je viens de le voir – était passionnant.
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Alexandre
InvitéIl recommande que des chefs d’œuvres globalement
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Warlock
InvitéQui ? Nolan ou Anderson ? Anderson en dehors du fait qu’il recommande de sacré bons films, il a une cinéphilie loin des conventions, Nolan en dehors du fait que j’aime pas la moitié de ce qu’il cite ma Tata aurait surement cité les mêmes films, quand on se met à parler de Loach tu vois que c’est pointu pour lui et Rapace de Stroheim c’est le palier ultilme de la cinéphilie (« tu ne connais surement pas ce film »).
Il est sympathique mais on essaye d’en faire un Tarantino avec Murphy qui en rajoute pour l’enfoncer (« Il connaît vraiment tout » après qu’il ait parlé de Lumet et Stone) alors qu’il a les mêmes goûts et référence que Tata gilberte.
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Dr Xavier
Invité@Warlock – Salut, sur Wes Anderson si tu ne l’as pas déjà vue je recommande la courte vidéo de Honest Trailer intitulée « Every Wes Anderson Movie », très drôle tout en étant un exercice d’admiration, mais hélas que en anglais.
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Warlock
InvitéYep, pas mal, merci.
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéIls félicitent systématiquement la bo des films, symptomatique d’un cinéma trop faible marcher sans déambulateur musicale. Bon après je pense pas que ce soit pertinent de parler de Nolan sur ce forum ça va finir en fusillade
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Seldoon
InvitéComme on le sait, Spielberg et la technique pure ne sont pas les tasses de thé de grand monde ici, mais l’expérience suivante pourrait en interesser quelques uns, au moins pour comprendre ce dont il est question :
https://extension765.com/blogs/soderblog/raiders?fbclid=IwAR0YsiUy_suFpxXwQlH1G7OtstVNh0zR2f5ppU6soY7EHTn0rcbSGr7BSk8
Il s’agit d’un article du blog de Steven Soderbergh. Sous son court texte se trouve le premier Indiana Jones, mais en noir et blanc et sans le son (il a mis la BO de the social network et quelques autres morceaux à la place). C’est un document de travail pour Soderbergh, afin d’éudier le cadrage, le blocking et le montage de Spielberg. À chaque fois que je retombe dessus je me fais happer et en regarde beaucoup plus que prévu.-
Tony
InvitéMerci pour la découverte(bizarrement j’avais jamais exploré le blog mais la traduction google est efficace),j’ai regardé 30 minutes et je crois bien que je vais continuer ce soir,c’est vraiment étonnant et fascinant,faut dire aussi que la musique est bien planante!Plutôt que de technique on voit ici ce qu’est la mise en scène de cinéma et je me souviens maintenant que cette idée je l’avais entendue chez les premiers critiques des cahiers qui disaient en gros que le cinéma muet est la forme la plus pure du cinéma et que l’arrivée du parlant pouvait en changer la nature en poussant le cinéma dans les bras du théâtre,d’ailleurs les metteurs en scène les plus admirés des cahiers à l’époque étaient ceux qui avaient commencé dans le cinéma muet(Hitchcock,Ford,Lang etc…)et pour qui l’arrivée du parlant n’était qu’une nouvelle technique ,leur mise en scène restant purement cinématographique.
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François Bégaudeau
Maître des clésPetites approximations historiques
Les Cahiers originels n’étaient spécialement fans ni de Lang, ni de Ford. Le carré d’as des Cahiers c’était Hitch, Rossellini, Renoir, Hawks.
On y promouvait beaucoup l’idée d’un cinéma comme art impur – c’est à dire que la supposée quintessence plastique-muette du cinéma n’était pas ce qui intéressait au premier chef Bazin et ses affidés. La parole n’était pas vu comme un élément secondaire du cinéma;, mais comme un des matériaux qui le composaient de fait. La mise en scène telle que promue par eux, ce n’est pas le story board.-
Tony
InvitéTu fais bien de corriger mes approximations, cependant on a toujours du mal à définir précisément ce qu’est la mise en scène au cinéma.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn effet c’est compliqué. J’utilise d’ailleurs assez peu ce mot, qui veut tout et rien dire
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Seldoon
InvitéJe remarque que sur un plateau, si « mise en scène » veut tout et rien dire, “mettre en scène” est beaucoup plus précis et veut dire qu’on va activement organiser le réel pour la caméra (et est entendu ainsi). Il y est presque toujours employé par opposition à « allume la caméra et enregistre ce qui se passe ». Si je filme ma rue sans rien dire je ne l’ai pas mise en scène, si je dirige même vaguement les passants je les ai mis en scène.
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Ostros
InvitéTu peux mettre en scène par le choix de l’axe de la caméra et de la valeur du plan, par le montage, le travail sonore, la post prod. Les frères lumières faisaient déjà de la mise en scène.
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Seldoon
InvitéTrès probablement. Je notais simplement que sur un plateau, on en utilise (et tout le monde en comprend) une signification bien plus restreinte, précise et facile à définir.
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Cyril
InvitéJe suis allé voir Barbie. C’était une expérience sociale intéressante. J’ai eu l’impression de me rendre à une messe. On sentait physiquement la hype. De nombreuses filles sont venues affublées d’un vêtement rose. La salle conquise, rires et applaudissements à la fin. La dernière fois que j’ai assisté à des applaudissements au cinéma c’était à la cinémathèque française. Là, j’étais à l’UGC de Lille.
Sinon j’ai trouvé le film assez drôle, je n’ai pas passé un mauvais moment. Le réel y est mince, je n’ai jamais vu un film envoyer autant de message à la seconde, ça discours en permanence. Je vais tenter de faire mon Bégaudeau : je trouve qu’il y a une analogie formelle entre le message publicitaire que véhicule ce film et le message politique, féministe, qu’il nous assène tout du long. C’est l’aboutissement du marketing engagé, peut-être d’ailleurs le dernier éclat avant des temps de réaction.
Pour le féminisme, ça ne me paraît pas très brillant : en gros Barbie veut rétablir le matriarcat à Barbieland après que Ken y ait introduit le patriarcat, inspiré par son passage dans le monde réel. Quand les hommes contrôlent Barbieland c’est le bazar tandis que, les femmes aux manettes, la douceur règne. C’est encore reproduire des stéréotype de genre que considérer qu’une société contrôlée par des femmes serait plus douce et policée.
Le plan présenté pour abattre le patriarcat (qui s’adresse aux spectatrices de notre monde) m’a stupéfait : séduire les hommes en jouant les potiches, les rendre jaloux, les pousser à l’affrontement entre eux, pendant ce temps, profitant de la diversion, reprendre les institutions parlementaires et protéger la constitution… Wow. Je ne sais pas si c’est de la naïveté…-
Leo Landru
InvitéRassure-moi, tu as un pass illimité ou un autre truc du style ?
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Cyril
InvitéOui mais j’ai quand même payé la place à mon petit frère.
Et la dose de réel que j’ai prise en me retrouvant dans cette messe rose bonbon valait bien le prix. J’en ai appris un peu plus sur mes contemporains.
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Cyril
InvitéUne critique ciné sur Jacobin, média de gauche radicale américain, en dit du bien :
https://jacobin.com/2023/07/barbie-movie-review-mattel-consumerism-feminism
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Mathieu
InvitéJe suis allé voir Oppenheimer hier. Petit avis à chaud sur ce film qui m’a globalement déçu voir énervé par moments
-Premier gros problème qui m’a agacé: la forme générale du film (c’est déjà énorme). En gros, Nolan fait un refus systématique de la scène. En optant continuellement pour une sorte de structure en montage alternée sur des temporalités différentes qui complexifie inutilement les choses, Nolan ne pose jamais le jeu. En outre, à ce montage alterné complexe s’ajoute des plans qui, en eux-mêmes, durent rarement plus de 2 à 3 secondes, ce qui donne l’impression très désagréable de voir une bande-annonce permanente. Comme d’hab’ on a un peu l’impression que Nolan fait le malin à enchevêtrer ainsi les choses pour montrer qu’il maitrise son récit, mais c’est le sentiment inverse qui est produit chez le spectateur. On finit par être un peu perdu. Comme d’hab devant un Nolan, je me suis demandé si j’étais pas trop con pour comprendre, parce que quand j’ai vu Rami Malek débouler à la fin pour témoigner contre Downey Jr, je ne me souvenais plus qui c’était ( on l’a vu 3 secondes dans les 2h45 qui ont précédé). Et j’étais pas le seul parce que mon ami avec moi ne se rappelait pas non plus. Et en sortant, on a encore entendu des gens se demandaient qui était qui, dans les personnages de l’administration américaine. Donc en fait pardon, mais le génial Nolan n’est décidément pas foutu de raconter un truc correctement. Je me demande pourquoi il n’a pas opté pour la linéarité cette fois-ci, plutôt que encore faire du Nolan avec les ingrédients habituels: enchevêtrement, plan court, montage alterné, complexité inutile, musique pétaradante constante. Ce nolannisme à tout crin est ici une mauvaise option, pour un film historique qui appelait plus de calme, de simplicité et de classicisme. Je suis d’autant plus déçu que j’avais entendu ça et là qu’il avait précisément changé de style pour ce film. Ce n’est pas du tout le cas, je ne sais pas pourquoi des critiques ont dit ça, il fait du Nolan habituel et ça ne sied pas au sujet. Je vais être volontairement provocateur mais le film m’a fait pensé tout du long à deux autres films: Social Network d’une part et Imitation Game d’autre part. Social Network pour précisément l’enchevêtrement de l’action principale (la création de Facebook) avec les deux procès ( contre les jumeaux et contre son associé). Imitation Game pour le décor, la période, l’histoire, l’homme génial providentiel, l’espion potentiel qu’on recherche etc, il y a beaucoup de ponts entre les deux films. Bon il va sans dire que, à structure identique, la maitrise du récit est 100 fois plus clair dans Social Network où on est jamais perdu. Et même Imitation Game qui est un typique film à Oscars, très classique, très hollywoodien, fait par un faiseur sans réel style personnel, est meilleur d’une certaine façon. Le récit est mieux conduit en tout cas, et il y a des scènes qu’on peut identifier et dont on se souvient. A la sortie du Nolan, il ne me reste pas grand-chose en mémoire au contraire.
Autre considération de forme qui découle de ce premier point: les dialogues sont lourds et le jeu des comédiens est souvent moyens. Je ne m’étend pas trop là-dessus c’est le problème de Nolan depuis au moins Inception. Ses dialogues ne font qu’expliquer doctement des trucs scientifiques, des règles, des grandes vérités générales et génériques, tout cela est dit avec beaucoup beaucoup de sérieux, dans une nécessité de vitesse et d’avancement du récit porté par le montage. Et ça donne au final des répliques tellement ramassées et péremptoires qu’elles en deviennent parfois ridicules, et font rire à leurs dépends. D’une certaine manière, Nolan c’est un peu l’anti-Tarantino de ce point de vue. Là où le second prend le temps d’installer des situations, de faire parler ses personnages, de dilater l’action et le temps, de faire des plans et des scènes plutôt longues, le premier ramasse tout d’un coup, cut cut cut et en avant.
Bon et puis les personnages féminins pareil, ce sont des critiques qu’on a déjà entendues mais qui reviennent encore. Il y a en gros deux persos féminins: la femme au foyer et la maitresse dépressive et les pauvres Blunt et Plugh n’ont pas grand-chose à jouer. Leurs personnages sont des archétypes et encore une fois, le montage fait que leur relation respective avec Oppenheimer est constamment rushée. Et puis ça finit par Chérie rentre le linge, quoi. Ceux qui ont vu le film comprendront mais ça résume tout.
Maintenant sur le fond, je trouve qu’on ne sent pas assez l’urgence à fabriquer cette bombe pour devancer les nazis qui sont – le film n’arrête pas de le marteler- en avance sur les alliés. On ne sent pas assez l’enjeu, quoi, le risque de la défaite, le fait qu’en face, les nazis ont aussi un petit génie chimiste. Du coup, toute la fabrication de la bombe ( les deux premières heures tout de même) tourne un peu à vide. On les voit avancer, entre discussions scientifiques et remplissage des billes dans les verres de vin, mais c’est plat.
L’essai de la bombe toutefois est pas mal. On sent l’explosion, il y a de la tension, ça il sait faire. C’est un petit court métrage dans le film.
Mais sinon, qu’est ce que je sauverais donc de ce gloubiboulga, de ce mille-feuille de montage de 3h alors? Pas grand-chose. L’essai de la bombe, donc. Et après j’ai bien aimé la dernière partie quand même. La culpabilité que ressent Oppenheimer ensuite, c’est bateau, c’est alourdi par des effets, notamment lors de son discours à la fac, mais ça fonctionne plutôt. Bon je dis ça et puis je me souviens que la scène avec Oldman en Président qui fait son sketch est ni faite ni à faire là encore. Mais j’ai bien aimé tout l’aspect procès pour communisme-espionnage qui prend le pas dans les 30-45 dernières minutes. Là j’ai eu l’impression qu’enfin, Nolan posait un peu plus sa caméra, ou du moins croisait son double procès de manière plus habile, dynamique et clair entre Murphy d’un côté et Downey Jr de l’autre. Mais là encore, le personnage de Downey Jr est beaucoup trop esquissé alors qu’il aurait pu être plus intéressant, ce Lewis Strauss. Il aurait fallu le mettre plus au coeur du récit pour moi. Là il est trop périphérique, et il donne juste l’impression finale d’un gamin qui boude parce qu’il n’a pas eu son poste et que les scientifiques lui en veulent.
Bref, telle une série, le film va trop vite, court trop de lièvres à la fois, n’en creuse aucun, n’est pas clair, n’est pas fort en terme d’émotion et d’enjeu dramatique, ses dialogues sont lourds, ses personnages sont archétypaux… Pas grand-chose ne va, et c’est tout ça qui définit le style régulier de Nolan, et qui apparait ici de manière condensé et encore plus spectaculaire qu’avant, dans un film qui aurait mérité pourtant une toute autre forme. Donc je pense qu’on ne m’y reprendra pas et que c’était mon dernier Nolan. Ciao Christo, et merci quand même pour The Dark Knight.-
K. comme mon Code
InvitéThe Dark Knight est un de ses films les plus lourds. On dirait qu’il contracte les muscles tout du long.
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« Ce nolannisme à tout crin est ici une mauvaise option, pour un film historique qui appelait plus de calme, de simplicité et de classicisme. » Je suis pas certain de cela, pourquoi le film dit historique appellerait le calme, la simplicité, le classicisme ? Nolan me déçoit souvent parce qu’il semble avoir une sorte de fétiche pour l’intelligence dans des films dans des films souvent creux, mais j’imagine que j’y reviens parce qu’il a un goût pour la forme, donc à part Tenet qui était d’une stupidité confondante, y a toujours quelque chose qui me tient. En ce moment, je lis American Prometheus — la bio d’Oppie qui a inspiré Nolan — et je serai sans doute déçu par le film parce qu’on me dit qu’il zappe de nombreux détails que je trouve fascinants ; alors je modère les attentes : je veux voir le désert et le métal.
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Charles
InvitéL’écriture sérielle était en effet déjà très présente dans les Batman, notamment dans le deuxième et sa dernière demi-heure en roue libre.
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Leo Landru
InvitéMerci. Selon moi, on ne dira jamais assez de mal de Nolan, le Joel Schumacher contemporain. En plus malhonnête.
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Leo Landru
InvitéTiens, si tu ne connais pas, Un Odieux Connard s’amuse souvent à pointer l’indigence des scénarios de blockbusters avec son style sarcastique.
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Leo Landru
InvitéJe discutais de Nolan avec un copain pas plus tard qu’hier, d’ailleurs, et de ses talents cachés de plagiaire. Le peu de lui qui séduisait dans Inception – scènes oppressantes de la ville qui se renverse sur le heros, ralenti de Joseph Gordon-Levitt se débattant en apesanteur dans un couloir d’hôtel – est pompé au plan près sur l’anime Paprika de Satoshi Kon sorti en 2006. Que je recommande davantage qu’Inception.
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéJe te rejoins sur tous les points, Nolan le pachyderme. N’empêche quelques scènes sont à garder, on ne perd pas 3h mais 2h55 devant ce film
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Tony
InvitéJe vais au ciné aujourd’hui, j’hésite entre les herbes sèches et Oppenheimer,ce dernier ne m’attire pas du tout mais Houria Bouteldja l’a trouvé fabuleux alors je me demande ce qu’elle a pu y trouver, ça m’intrigue et du coup j’hésite…
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Sarah G
InvitéJe ne suis pas du tout attiré par Oppenheimer et beaucoup plus par les herbes sèches.
OK Oppenheimer parle de la création de la bombe atomique, mais Christopher Nolan, j’ai beaucoup de mal à m’intéresser à ses films, son écriture et sa mise en scène trop sérielle sûrement, et les blockbusters, j’avoue que j’ai beaucoup de mal à aller les voir.
Les Marvel, Les Batmam et Cie, c’est pas ma came.
Mais si quelqu’un a un avis très positif sur ce film, je suis preneuse.
J’avoue que j’ai un a priori négatif sur ce film et beaucoup plus positif sur le film les herbes sèches.-
Tony
InvitéLe dilemne c’est que le film de Ceylan,ayant vu ses précédents films que j’ai aimés,j’ai peur de l’avoir déjà vu alors qu’Oppenheimer HB n’est fan ni de Nolan ni du sujet et elle l’a aimé et je crois aussi que ce genre de films gagne à être vu dans une salle alors que le Ceylan je pourrais le rattraper en vod…
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéÇa parle de Barbie et d’Oppenheimer mais si ce n’est pas déjà fait, niveau blockbuster vaut mieux aller voir le dernier mission impossible qui est formellement surprenant. Les derniers étaient réussis mais celui-ci ne cesse de se chercher des légers mouvements de caméra bien senties, et puis y a de la destruction de matière familière, du scooter des escaliers c’est la fête comme dirait François. Les scènes de dialogues sont plutôt ratés mais rien à foutre le reste est jubilatoire !
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Cyril
InvitéLandru t’es lillois non ? Ça te dirait d’aller voir un des von Trier qui passe cet été ?
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Leo Landru
InvitéBah je les ai déjà tous vus. Mais merci.
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Cyril
InvitéEt ben, les sitistes restent cloîtrés on dirait. Ou peut-être que je ne suis pas fréquentable. Lol
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Leo Landru
InvitéNon, c’est juste que je les ai déjà tous vus et que je n’ai pas les moyens d’aller au cinéma comme je le voudrais. Je préfère aller au bistrot. Tu me croiseras de temps en temps au Distrot, rue Georeges Maertens, si tu as envie d’une longue conversation cinéphile. Et si j’en suis absent, tu profiteras de l’ambiance amicale de ce troquet-disquaire qui diffuse du Rancid et du NOFX.
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Ostros
InvitéYes les BG du Distrot.
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Sarah G
InvitéLa prochaine fois que j’irais en Picardie, je pousserait jusqu’à Lille et irait faire un petit tour au Distrot.
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Leo Landru
InvitéC’est un chouette endroit avec de chouettes personnes et de la chouette musique et des prix defiant toute concurrence. Ils ne m’ont pas payé pour le dire. Les deux copains à l’origine de ce bistrot-disques jouent dans le groupe de punk hardcore Big Death Amego. Gros lecteurs, l’un dessine, l’autre lit beaucoup, les deux sont cinéphiles, il y a toujours de quoi rester des heures à causer dans une atmosphère des plus agréables. Le jour où ça ferme je vais vivre ailleurs. Désolé pour le hors-sujet, je signalais juste pour les amis lillois d’ici.
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Takamura
InvitéBonjour, je pense qu’il doit y avoir pas mal de fan de Marker sur ce site, vous me conseillez quoi j’en ai jamais vu ?
Sans soleil ? Chats Perchés ? Autre ?-
Cyril
InvitéLettres de Sibérie !
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Takamura
InvitéMerci.
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Leo Landru
InvitéLa Jetée m’a marqué.
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Buster
InvitéIl y a aussi « Le tombeau d’Alexandre » sur le réalisateur russe Alexandre Medvekine, « A.K. » où Marker filme le tournage de « Ran » d’Akira Kurosawa et je dirai aussi « Le Joli Mai » réalisé avec Pierre Lhomme.
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Takamura
InvitéD’accord, je note tout ça (et la jetée), merci.
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Anna H
InvitéLe joli mai (1963) est ici :
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riviere
InvitéMerci à tous d’avoir fait cette proposition Chris Marker. Je finis de regarder Le joli mai. Je trouve ça super. Tous ces gens qui racontent leurs parcours, leurs analyses, leurs pensées, leurs paradoxes sur fond des actualités de mai 1962. Le postulat d’égalité des intelligences est vérifié pour moi.
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Buster
InvitéIl y a ce court métrage « Junkopia » aussi
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Tony
InvitéJ’ai vu Sabotage inspiré du manifeste que l’on sait,faute de cinéaste pas grand chose à se mettre sous la dent,le précédent film sur un sujet analogue étant le film de K.Reichardt qui avait quand même pour qualité une intensité dramatique,des personnages complexes et une problématique dont la résolution était certes discutable(criminalisation de l’ecoterroriste),ici on est dans l’efficacité la plus basique un peu à la manière d’un film Netflix(séquence interrompue sur un cliffhanger suivi d’un flash back puis suite de la séquence),il s’agit d’agir en sabotant une structure pétrolière en prenant soin d’éviter tout risque de catastrophe écologique et sans attenter à la vie de qui que ce soit(pour des raisons éthiques et politiques),on assiste donc à la fabrication des explosifs,à leur mise en place et à quelques imprévus qui créent un suspens assez efficace,faute de dialectique on ne peut être que de leur côté ce qui rend le film au final peu intéressant,maintenant est-ce que ce type de film peut encourager certains à entreprendre des actions radicales pour sortir de l’impuissance politique puisqu’il semble que ce soit sa raison d’être on peut en douter,à moins qu’il s’agisse de faire prendre conscience que des actions décisives sont possibles,après l’avoir vu on se demande si c’est si décisif que ça,la seule conséquence visible étant une cellule de prison…
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Dr Xavier
InvitéPas vu Night Moves mais tu me donnes envie. Pas vu The East (Zal Batmanglij) non plus mais là les critiques n’étaient pas bonnes. En revanche je conseille Woman at War (Benedikt Erlingsson) qui a des qualités, et les scènes de combat avec son arc contre des pylônes et des drones valent le détour.
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François Bégaudeau
Maître des clésSabotage est vraiment accablant. Une parfaite façon de saboter une idée (de film, de lutte) par la bêtise du traitement. D’abêtir une idée, une lutte, une urgence, une intelligence collective en gestation – laquelle peine décidément à trouver son cinéma.
A night moves, le moins bon Reichardt, est effectivement bien meilleur. J’aime même sa position douteuse sur l’activisme violent. On a besoin de positions douteuses.Au passage le prochain qui me recommande Midsommar rencontrera cette fois beaucoup moins de courtoisie de ma part. Pour la raison simple que cette fois je l’aurai vu.
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Charles
InvitéRires, qu’est-ce qui t’a tant déplu dans Midsommar?
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Sarah G
Invitéhttps://lemagcinema.fr/films/flop/barbie-gerwig-decoit/ critique intéressante sur le film Barbie et sur le cinéma indé également
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GaelleS
InvitéIl y a aussi celle de David Snug qui je crois n’a pas encore postée ici https://davidsnugblog.wordpress.com/2023/07/24/happy-world/
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Sarah G
InvitéMerci beaucoup GaelleS
David Snug est très juste dans son analyse.-
Sarah G
InvitéEt tu as raison GaelleS, cela n’avait pas été encore posté
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Charles
InvitéNon, Snug passe à côté de la spécificité du film pour faire un bon mot. Les critiques n’ont pas déliré un sous-texte féministe comme il le sous-entend. Le manifeste féministe est au contraire le sur-texte : le film cite une bonne dizaine de fois les termes patriarcat et féminisme, une des personnages féminins fait une longue tirade sur les injonctions contradictoires que subissent quotidiennement les femmes, injonctions contradictoires qu’il s’agira alors de révéler aux femmes de Barbie land dont le cerveau a été lavé par la révolte masculiniste de Ken. Evidemment le film est assez simpliste sur la question, réduite à une sorte de guerre de sexes, et n’est pas du tout marxiste, mais il n’en demeure pas moins qu’il se pose très frontalement comme féministe.
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Ostros
InvitéJe trouve le point de vue de cet article intéressant :
https://usbeketrica.com/fr/article/barbie-la-publicite-a-eu-raison-du-cinema-et-du-feminisme-
Charles
InvitéL’analyse est juste mais pas très originale, peu de gens ont été dupes de l’opération du film. J’ai quand même l’impression que certains découvrent l’eau tiède avec ce film : oui un blockbuster hollywoodien constitue toujours un investissement capitaliste et ne pourra jamais se targuer d’être une pure opération subversive. Et je ne pense pas que les millions de spectateurs de Barbie sortent de la salle en se disant que Mattel montre la voie de l’émancipation. Par ailleurs, à choisir entre un Marvel (franchise beaucoup moins critiquée par nos amis gauchisants) et Barbie eh bien je choisis mille fois Barbie parce que c’est quand même beaucoup moins con et beaucoup mieux réalisé et interprété.
Le film me parait beaucoup trop retors ou contradictoire pour qu’on puisse en conclure que c’est une publicité et non un film. C’est un drôle d’objet qui pousse très loin la dissonance entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, son discours et la réalité de l’opération économique qu’il constitue. Il se veut une critique de la poupée Barbie en tant qu’instrument du patriarcat (rattrapée in fine par une conclusion alambiquée) tout en mettant en son centre une actrice ressemblant en tous points à la Barbie stéréotypée mais en même temps en rendant ce personnage le moins intéressant de tous.-
Ostros
InvitéMerci de ta réponse Charles. Du coup, est-ce que ca veut dire que les éléments contradictoires du film que tu as perçus existent contre les intentions des scénaristes / de la réalisatrice ? (Comme on a pu voir que Bac Nord suintait l’extrême droite alors que le réal ne s’en rendait même pas compte)
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Ostros
InvitéEt du coup, peut-on savoir ce qu’un réalisateur a comme intention ? C’est compliqué mais c’est pas inintéressant.
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Charles
InvitéDe ce que j’ai cru comprendre, il s’agit d’une commande que Gerwig a mis beaucoup de temps à accepter. Il faut partir de là, je pense. Elle a écrit le scénario avec Baumbach et ils ont essayé le plus possible de jouer le film contre la commande, contre Mattel, jusqu’à un certain point. On sent bien dans le film ce rapport de force : on se fout de la gueule de la direction de Mattel (à travers son PDG notamment, joué par Will Ferrell dont la partition de grand enfant débile est classique pour lui mais efficace) mais pas de la créatrice de Barbie et on rattrape in fine le film en liant Barbie et l’émancipation féminine (alors que Barbie s’est précédemment fait traiter de fasciste par une adolescente).
Et puis tu as aussi ce qui échappe à Gerwig/Baumbach et qui n’est pas issu de ce rapport de force : la puissance comique de Gosling (qui fait penser à Ben Stiller dans Zoolander, en plus drôle) en regard du jeu limité de Robbie. Robbie est bien mais n’a pas grand-chose à jouer (beaucoup d’émotions primaires – la surprise, les pleurs de petite fille, l’excitation etc.), elle n’est que rarement drôle. Ainsi, entre Ferrell, Gosling et Cera, la plupart des gags du film tiennent aux acteurs et non aux actrices. La partie la plus intéressante tient dans la révolte des Ken. et non dans la recherche par Barbie de son propriétaire dans le monde réel qui l’a contaminée avec des pensées morbides. Tout ça est un peu ballot dans un film qui clame son féminisme.-
Ostros
InvitéD’accord, c’est intéressant merci d’avoir pris le temps de déplier.
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Sarah G
InvitéOui et c’est exactement mon avis et ressenti par rapport à ce film.
Surtout que l’on sait que si le film est un succès, Mattel veut faire d’autres films sur Barbie et sur d’autres jouets de sa marque, que cela devienne une franchise comme les Marvel et les Disney avec au passage tout les produits dérivés qui vont avec, relancer sa marque.-
Sarah G
InvitéMon reproche va surtout aux critiques de cinéma sur ce film, et je trouvais l’analyse et critiques faites par Le mag cinéma sur Barbie par rapport aux autres critiques, très intéressantes.
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Carpentier
InvitéTu es allée voir Le Barbie, Sarah G?
Alors là, grand respect 🙂
Perso, pas encore osé 😂
Pourtant, Ryan, même sans son cure-dent, doit pas être trop mal en Ken 😉-
Sarah G
InvitéNon mon choix ira plutôt vers Les Herbes sèches et Algues vertes, arbitrage budgétaire
Mes partages ici étaient plutôt pour apporter d’autres analyses sur ce film car je trouve que les critiques de la part des médias sur ce film sont trop souvent trop élogieuses et sans trop de nuances.-
Charles
InvitéDonc tu trouves trop élogieuses et sans nuances des des critiques concernant un film que tu n’as pas vu? Intéressant.
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Charles
InvitéOn précisera quand même, pour ceux que la justesse intéresse, que la réception critique est loin d’être unanime puisque ni Critikat, ni le Monde, ni les Cahiers, ni les Inrocks n’ont aimé le film.
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Sarah G
InvitéOui c’est vrai tu as raison.
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Carpentier
InvitéLes algues vertes, au sujet desquelles je me suis permise de te confirmer un peu plus haut dans ce topic que, si tu dois sévèrement selectionner tes choix ciné, il devrait te plaire, donc.
J’ai bien noté, oui, ton appétence certaine pour ce qui est dit/écrit au sujet de, plus qu’à partir des images ou des oeuvres directement.
C’est pas si simple non plus d’analyser le méta-art.
Après, puisque beaucoup d’oeuvres accessibles et partagées gratuitement ici sont, à priori, à notre portée, j’ai l’impression que ce n’est pas uniquement une question de budget qui fait que tu sembles voir peu de films.
Ton temps est plutôt consacré au théâtre, si j’ai bien compris.
Où en es-tu à ce sujet, dis, Sarah G?
+ Fais-tu partie de l’équipe de rédaction du reporterre.terre.net? -
Sarah G
InvitéJe regarde des films mais sur les plateformes et oui quand je peux et vais au ciné, je fais des arbitrages car j’ai un petit budget et que je ne peux pas financièrement aller au cinéma souvent.
Et oui mon temps est pris par le théâtre également, et non je ne suis pas dans l’équipe de rédaction de Reporterre.
Et mon projet avance très bien
J’en dirais plus un plus tard. -
Carpentier
InvitéContente pour toi que ton projet théâtre avance bien.
La neutralité sèche de tes réponses courtes m’amène à comprendre que c’est un effort pour toi de me répondre, la rédaction de mon post laisse pourtant, j’en suis sure, transpirer la douceur de mon attention vers toi.
Pas de souci.s, Sarah G, et bonne continuation à toi. -
Sarah G
InvitéExcuse moi si tu as pris mes réponse courtes pour un effort de ma part à te répondre, ce n’était pas le cas.
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Carpentier
Invitécomme quoi, aujourd’hui, les emoji peuvent parfois aider ;- )
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Sarah G
InvitéOui tout à fait. 😀
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Carpentier
InvitéVous lisant, c’est décidé, une fois ma sur-chemise fushia séchée (je commence à porter des couleurs de vieille et à presque apprécier ça – quelle déchéance -)
je vais voir Barbie au ciné.
Les critiques-presse, je les lirai par la suite.
À plus tard 👋
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Carpentier
Invitéme voilà prête à lire à propos du Barbie, maintenant que je suis une autre femme puisque j’ai vu le film
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Carpentier
InvitéEt puis, avec ce film Barbie, pas qu’inintéressante cette façon de traiter la maturité, ce qu’il advient de nous quand on quitte le monde de l’enfance – ce truc que notre environnement s’acharne à vouloir souvent faire paraître parfait à nos yeux, ce qu’on perçoit une fois sorti de ce meli-mélo édulcoré, en s’approchant de la réalité, du monde des adultes.
Sous cette forme, j’avais jamais vu, perso, et puis, ce que ça fait du bien le degré zéro de la psychologie.
Sérieux.
Les émotions et le corps: benh oui. La base.
Et ce que Barbie projette de sa prochaine découverte de la sexualité, c’est quand même drôlement sec et bien amené.
Barbie c’est des jambes, des seins et pas de vagin.
La tuile, tout d’même.
Quoique.
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Charles
InvitéJ’ai vu Barbie. Rien à dire d’original par rapport à tout ce qui s’est déjà dit. Le film est inoffensif et prechi-precha dans son féminisme simpliste et l’entreprise globale parait bien opportuniste. Reste que c’est fait avec un certain savoir-faire, que les gags fonctionnent bien et que les mecs sont très drôles (bien plus que les femmes, le comble). On pourrait donc facilement retourner le slogan du film: Ryan Gosling peut tout faire ; Margot Robbie est juste Margot Robbie.
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Nox
InvitéJ’ai vu Barbie et contrairement à toi Charles, je trouve que ce film est une bombe nucléaire d’une autre dimension sur le plan idéologique ; il arrive à la fois à faire des doubles doigts d’honneur aux « féministes #MeToo » et en même temps, il prétend être en faveur de la « déconstruction des stéréotypes de genre » sans jamais rien déconstruire du tout. Quand on voit que Mattel prévoit en plus de créer un univers cinématographique basé sur ses jouets, le degré de cynisme dépasse de loin tout ce que je pouvais imaginer au sujet du film – il a quand même réussi à me faire ressentir de la pitié pour les militantes du dimanche sauce Twitter, tellement il les frit sur place à travers le personnage de l’adolescente.
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Charles
InvitéPas compris.
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Nox
InvitéTant pis.
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Nox
InvitéJ’ai lu vite fait les articles consacrés à Barbie et j’ai l’impression que – au risque de me répéter – on ne se rend pas compte à quel point justement ce film, non seulement n’est « féministe » à aucun moment puisqu’il a un rapport purement « idéaliste » avec le patriarcat qui n’est qu’un mot, qu’une idée, qu’un concept, ironiquement comme Barbie, dans le film et que je ne suis pas sûr que la gamine qui hurle « fasciste ! » en face de Barbie arrange quoi que ce soit au schmilblick ; pire encore : je pense que cette gamine n’est pas une « contradiction » possible du film mais un bouc émissaire évident de gauchiste attardée censé rendre caduques les problématiques soulevées par les féministes de gauche radicale, tant le personnage de la gamine est écrite de façon antipathique et caricatural.
Contrairement à ce que dit Charles, je suis tout à fait d’accord avec le point de vue de l’envisager comme une pub géante prioritairement et non pas un objet cinématographique, puisque le seul élément qui pourrait aller dans ce sens, à savoir Barbie et Ken découvrant le « Vrai Monde », est rapidement évacué pour laisser place à un énième « damage control » d’une entreprise capitaliste cynique qui rêve d’un monde où tout est marketable et donc sans la moindre subversion ou sans le moindre risque pour ses affaires.
Quant aux vingt dernières minutes, c’est de la torture : Barbie va faire le choix de devenir humaine à travers des dialogues poussifs avec sa « créatrice » mais comme le film n’explore jamais le fameux « Vrai Monde », tout ce que le film en fait… c’est d’envoyer Barbie chez le gynéco.
P.S : je préférerais revoir mille fois le dernier Gardiens de la Galaxie que ce « truc » qui renonce rapidement à être un film, objectivement.-
K. comme mon Code
InvitéÇa fait quelques années qu’on a des ados à Hollywood qui servent de bouc-émissaire. Ils parlent comme des threads Twitter écrits par des adultes prétendant être des adolescents — et puisque personne, là-bas, ne semble parler à ses gosses…
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Charles
InvitéEvidemment, l’accusation de pub-plutôt-que-film est tentante puisque ce film se présente comme du merchandising inversé – avant, on tirait des jouets des succès des films et dorénavant c’est l’inverse. Mais je pense que si on parle de façon plus précise et concrète du film, c’est moins évident. Disons qu’in fine c’est une opération promotionnelle mais dans le détail ça l’est beaucoup moins. Ou pour le dire encore autrement, le film offre la possibilité de jouir de ses qualités en dehors de son objectif mercantile, on peut en faire abstraction.
Le film lorgne beaucoup vers la comédie musicale, le film méta et la comédie satirico-débile, qui sont des genres qui ont pu être récupérées par la pub (qui est capable de tout absorber, même le style de Malick) mais qui ne lui sont pas du tout propres. Son tempo comique n’est pas du tout celui de la publicité, surtout quand il s’exprime dans le jeu de Gosling dont l’idiotie confine à la gêne et ce d’autant plus quand sa naïveté sert à faire ressortir des désirs mascus. Les vannes ne sont pas davantage celles de publicité, surtout quand elles s’attaquent au produit lui-même et à ses promoteurs. Ainsi, quand Ferrell tombe sur Barbie-enceinte à Barbieland et sursaute, je trouve ça drôle et bien vu. Mais une des mes préférées reste quand même celle prononcée par Barbie après avoir essuyé l’accusation de fasciste : « she called me a fascist…but I don’t control the railways…or the flow of commerce… ». Elles sont globalement très bien écrites et assez fines, notamment quand lors de l’opération de diversion à Barbieland les femmes jouent les débiles et laissent les Ken leur expliquer des trucs et qu’un des Ken s’empresse de leur expliquer le génie de Coppola dans le Parrain : c’est drôle et très juste sur une certaine cinéphilie masculine. Le film n’est pas que ça évidemment mais il est rempli de ce genre de vannes et saynètes comiques. De même que je trouve que les numéros dansés et chantés sont assez réussis (plus rigolos que ceux de Lalal land par exemple), surtout qu’on y sent une vraie gratuité et un plaisir de Gerwig à les filmer en dehors de tout arc scénaristique. Là où elle me déçoit et montre ses limites de cinéaste, c’est quand elle doit filmer au premier degré, notamment les souvenirs de la petite fille qui jouait à la Barbie avec sa mère. Là pour le coup on est dans une esthétique publicitaire : ralenti, musique au piano mélancolique, scène familiale aseptisée et idyllique etc. D’un autre côté, je pense que c’est quasi impossible à filmer sans tomber dans ces travers mais très clairement on est plus dans la pub Apple et que chez Demy.
Quant à l’adolescente, si elle est à l’évidence un personnage fonctionnel et exagéré (mais comme dans 99% des films hollywoodiens), elle ne m’a pas paru horripilante. Le film lui donne raison, il est – au moins scénaristiquement – de son côté et quand elle remet à sa place Barbie, je suis du côté du groupe d’ados plutôt que de Barbie et la mise en scène de Gerwig aussi qui met à distance son héroïne et nous fait sentir tout le ridicule de sa tenue. A d’autres moments, c’est moins réussi et plus attendu (la blague sur l’appropriation culturelle). Si l’adolescente devait être un bouc-émissaire, je me demande bien de qui ou de quoi.
Tu parles de damage control et d’absence de risques, je vois bien à quoi tu fais référence mais on ne peut pas dire que le film n’était pas un tout petit peu un pari d’un point de vue financier. Il est facile a posteriori et alors que le film est un succès monstre de considérer qu’il était évident qu’il allait marcher mais au vu de l’état du marché et de l’originalité du scénario, ce n’était pas aussi attendu. Si le féminisme est indéniablement à la mode à Hollywood, en tout cas dans ces projets avec notamment les reboots de franchise féminisée (ocean eleven, ghostbuster etc.), les films hollywoodiens prennent en généralité soin d’éviter d’aborder frontalement la question, contrairement à Barbie qui évoque dans ses premières lignes de dialogue les « problèmes du féminisme » et dont l’histoire tourne autour du « patriarcat ». C’est aussi un film qui est censé s’adresser pour partie aux enfants et dont aucune des vannes n’est compréhensible par un enfant. L’ironie quasi constante du film sur lui-même et la marque renforce la bizarrerie de ce blockbuster à plusieurs centaines de millions de dollars.-
Nox
InvitéL’adolescente sert de bouc émissaire dans la mesure où Mattel réduit toute critique radicale de sa poupée fétiche à un fil Twitter mal digéré et qui a pour but de ridiculiser toute critiqué sérieuse de la bimbo blonde en plastique en des phrases vides, abstraites et donc inoffensives. Le film ne se confronte jamais vraiment aux contradictions qu’il prétend soulever ; il préfère à la place dire qu’elles existent mais qu’on s’en branle, parce que « c’est juste un jouet » et que Mattel n’a que ça à vendre : des jouets. Toute l’opération du film, c’est d’annihiler toute dimension politique au sens matérialiste du terme pour permettre à Mattel de se refaire une jeunesse – dans tous les sens du terme.
Tu peux complimenter vingt fois les parties avec Ryan Gosling, reste que les Ken ne sont pas vraiment le sujet du film et que si effectivement, Gosling est de loin le meilleur rôle de ce film, Mattel, Gerwig, Robbie (sa boîte de prod est impliquée dans la réalisation du bousin) et Rosenbaum ont l’air de s’en contreficher ouvertement.
Quant à ton « le film offre la possibilité de jouir de ses qualités en dehors de son objectif mercantile », j’ai envie de te répondre « comme n’importe quel film du MCU », histoire de bien te faire comprendre que tout ce que tu reproches au MCU peut être appliqué à Barbie, concrètement, notamment l’effet Deadpool qui consiste à pointer du doigt des contradictions pour les tourner en dérision sans jamais les traiter frontalement.
Si tu appelles « aborder frontalement les questions féministes », écrire des monologues insérés dans le système digestif des personnages féminins pour être prêts à être déclamés « out of nowhere », c’est effectivement le film hollywoodien le plus « audacieux » de tous dans la période récente, à ce sujet.
Et je réitère mon point sur l’adolescente : si tu crois que le « film lui donne raison » tandis que tout l’intérêt de l’emmener à Barbie Land dans le film, c’est de la convertir à la « coolitude » des poupées Barbie et donc de changer son point de vue du tout au tout là-dessus, alors je crois que là encore, on n’a pas vu le même film.
Mattel se sert de cette gamine pour absorber en son sein toutes les critiques plus ou moins pertinentes qu’on pourrait leur faire ; elle n’est qu’une coquille vide censée permettre à la maison de jouets de dire « nous avons certes fait des erreurs mais nous pouvons encore changer et rester dans les chambres à jouets de vos enfants, donnez-nous une chance ! »
C’est en ça que c’est un bouc émissaire : Jésus prend sur lui tous les péchés de l’humanité, cette gamine prend sur elle tout ce que Mattel pense qu’on leur reproche.-
Charles
InvitéDire que la poupée Barbie avec ses mensurations inhumaines ou presque a participé à créer des normes de beauté inatteignables pour les petites filles qui ont de ce fait produit des complexes chez elles, ce n’est ni vide, ni abstrait et je pense que beaucoup d’adolescentes comprennent très bien de quoi on parle. Le film met en scène à ce moment-là un conflit qu’il croit à tort générationnel entre les parents qui vont voir le film et peuvent être nostalgiques de la poupée Barbie et leurs ados et les jeunes adultes qui seraient plus conscients des problèmes de représentation induits par ce jouet. Cette scène et son personnage d’ado peuvent t’horripiler mais elle n’est pas filmée au détriment de l’ado mais plutôt à celui de Barbie, c’est elle qui est ridicule à ce moment-là. Elle fond en larmes et part et jamais l’ado ne sera remise à sa place par Barbie dans le film. L’ado n’est pas tant convertie à la coolitude des Barbie qu’elle va aider avec sa mère les Barbie à s’émanciper. Elle n’a aucune dimension sacrificielle, c’est pour ça que la qualification de bouc émissaire me semble impropre, c’est plutôt une caution woke pour le dire vite.
Tu fais comme si le film était tout d’un bloc alors qu’il est très clairement traversé par de nombreuses contradictions, qu’il s’autocritique de façon surconsciente jusqu’aux 10 dernières minutes, parfois de façon facile, parfois de façon fine.
Si je m’étends sur Gosling, c’est que je regarde ce que fait concrètement le film, ce qu’il réussit le mieux, et non simplement ce qu’il dit ou prétend dire. Et c’est Gosling qu’il met de fait en valeur car c’est lui le plus drôle, peu importe les intentions du film et de la boite de prod, il vole chaque scène dans laquelle il apparait comme disent les anglo-saxons. C’est une de ses contradictions.
Quant au MCU, je ne lui reproche pas (que) d’être une franchise et de représenter un divertissement parfaitement abrutissant mais d’être avant tout des mauvais films d’action (action illisible, déluge d’effets spéciaux plus ou moins réussis, durée aberrante, incapacité à filmer deux personnes qui se parlent, une lourdeur à tous les étages). Et Deadpool, malgré 2-3 bonnes vannes (qui sont sinon en fait essentiellement destinées aux fans, contrairement à Barbie).
Je ne dis pas que le film réussit à aborder la question féministe mais que c’est incontestablement son sujet – qu’on ne peut réduire à deux monologues dans le film – et qu’il construit notamment ses gags autour, ce qui est assez rare dans le cinéma hollywoodien actuel.
Encore une fois, je ne trouve le film ni subversif, ni réussi mais suffisamment curieux et bien foutu dans nombre de scènes pour qu’il m’intéresse. Et je trouve la critique de gauche en pilotage automatique dessus, à n’analyser que les discours et le contexte économique de production, en passant à l’as la matérialité du film.-
Nox
Invité« Show, don’t tell ». Je m’en fous que le film reconnaisse de près ou de loin ce qu’on reproche à Barbie. « Parole, parole », comme le dit très bien une chanson connue. Que le film ne filme pas à proprement parler l’ado à son détriment, peut-être ; permets-moi cependant de te faire remarquer que toutes ses répliques sonnent creuses, fausses et hypocrites, quand on réalise à la fin aux crédits du film que Mattel entend nous refourguer tous les personnages de Barbie Land en jouets prêts à la vente. C’est en ça que je trouve le MCU infiniment supérieur à ce film : le MCU avait quand même la prétention de « raconter quelque chose », quoi que tu en penses, là où Barbie fait croire au spectateur qu’il va aborder frontalement les contradictions de la poupée mais ne le fait en réalité jamais à aucun moment, en plus de glorifier ironiquement la « culture consumériste » en proposant comme solution aux contradictions de la poupée… une « Barbie ordinaire ».
Je suis désolé mais au cinéma, me semble-t-il, tout n’est pas censé se résumer au script et Barbie se repose beaucoup trop dessus pour prétendre à une quelconque subtilité ou une « conscience de soi ».
Les Barbie ne s’émancipent pas ; elles rétablissent le statu quo, résumé par un savoureux « peut-être qu’un jour, les Ken auront les mêmes droits que les Barbie » – c’est d’un conservatisme à peine voilé, en ce sens.
D’ailleurs, je n’ai pas non plus aimé l’article critiquant le film pour les mêmes raisons que toi, parce que je pense justement que le film est critiquable en lui-même et non pas en fonction de son contexte de production.-
Charles
InvitéTu juges de la pertinence des répliques d’un film par rapport au contexte de production justement, en sondant la bonne ou mauvaise foi des financiers par rapport à leurs futurs projets de films.
Le vice de cette scène c’est que les dialogues sont à la fois parfaitement justes (et non dénigrées par la mise en scène) et cyniques au vu du reste que tu décris, mais l’un n’annule pas l’autre et le film est constamment comme ça.
On ne peut faire une partition aussi nette entre le dire et le voir quand on évoque des dialogues centraux dans l’intrigue, des vannes entre des personnages – on est à la fois dans le dire et le voir. Autrement dit, ce ne sont pas des dialogues qui expliquent l’action mais qui sont l’action -exemplairement dans la strategie de reconquête de Barbie Land par les rebelles consistant à dévoiler les contradictions du patriarcat pour réveiller les Barbie.
Le MCU raconte toujours la même chose, selon les mêmes arcs scénaristiques, en 2h30 voire 3h. Tu en as vu un tu les as tous vu. Barbie est plus singulier.
La fin n’est un rétablissement du statu quo ni pour Barbie ni pour Barbie Land où le matriarcat évolue vers une société plus égalitaire (avec la petite pique de comparaison avec la situation des femmes dans le monde réel) mais peu importe. -
Nox
InvitéOn n’a pas les mêmes affects vis-à-vis du film, ça me semble très clair. Tu trouves des qualités au film que je juge pour ma part inexistantes et de ton côté, les gros défauts du film que je décris te semblent superflus. Donc on va en rester là.
P.S : j’ai bel et bien la rage contre ce film parce que j’aurais voulu sincèrement l’apprécier et passer un bon moment ; voir par exemple, comme dans un conte de Pinocchio, Barbie devenir un être humain subtil et complexe déconstruisant le caractère factice de Barbie Land pour raconter comment ce « monde fabuleux » empêche tout un tas de gamins de faire face au « monde réel ». Et j’aimerais bien savoir en quoi la fin du film lorgne vers une société plus égalitaire dans la mesure où la Cour Suprême est à nouveau régie par les Barbie et que les Ken continueront malgré tout à être des faire-valoir.
Mais je préfère en rester là, parce que ça me paraît clair qu’il s’agit d’un dialogue de sourds entre nous deux. Bonne soirée.
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Carpentier
InvitéMère et fille vont surtout se rapprocher, s’allier en quelque sorte pour faire un peu avancer Barbie, dans son retour à Barbie Land, dans son acceptation des émotions qui l’envahissent brusquement, délicieusement, bizarrement et avec lesquelles elle va pouvoir composer tout en restant encore un peu physiquement ce qu’elle prefere; vous parlez assez peu des jeux d’acteurs, que j’aime beaucoup:
exemplairement, Barbie qui déprime et reste assise, jambes raides, comme lorsqu’un enfant pose la poupée et l’oublie
puis, vraiment out, elle tombe sur le côté, les jambes toujours raides.
Allan, et son jeu, ses hésitations, ses minaudages un peu revanchards, un peu revendicateurs, activistes: j’aime aussi.
et Ryan, oui, mais ça, on savait.
Voir Barbie s’éveiller dans ce lit coquille mythique est assez jouissif, voir les coques de maisons et autres commerces s’ouvrir aussi, et puis voir Barbie descendre/sauter de chez elle comme portée par une main d’enfant invisible, c’est super réussi à l’écran.
Sans oublier le coup du pied cambré en permanence, même sans sa chaussure, car qui n’a pas, parfois dès l’ouverture de la boîte, perdu cette fucking paire de chaussures minuscules? qui? :- )
Et puis il y a la Barbie abîmée, cette Barbie à chevenure mal coupée par une apprentie coiffeuse, mal maquillée par un.e enfant s’improvisant en cours de cap esthétique en alternance, tout cela est assez bien fait pour faire de ce film une sorte d’ovni super tordu quant à son existence même, aux délires des acteurs-trices embarqué.es là-dedans et je rêve, vraiment, d’amener ma mère et sa soeur le voir.
Je n’ai aucune idée des réactions qui pourraient être les leurs devant ce film et ça me réjouit.
dans tous les cas, grand merci d’avoir parlé de Barbie ici, j’ai toisé les affiches jusqu’à hier pensant, en effet, que c’était juste un film de plus pour occuper les mômes pendants les vacances d’été.
Comme je peux me tromper parfois, je me fais presque peur, dîtes donc.-
Carpentier
Invitétrop de fautes, de frappe et d’ortho: grrrrrr
vous laisse les corriger, yeux fatigués
pas une excuse
bonne soirée
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Carpentier
Invité… l’effet Deadpool qui consiste à pointer du doigt des contradictions pour les tourner en dérision sans jamais les traiter frontalement. / …. oui, je suis pourtant totale fan de Deadpool films, mais oui
… l’adolescente : (si tu crois que le “film lui donne raison” tandis que)
tout l’intérêt de l’emmener à Barbie Land dans le film, c’est de la convertir à la “coolitude” des poupées Barbie et donc de changer son point de vue du tout au tout / … oui
Vous en parlez sacrément bien, merci
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Carpentier
Invité… “she called me a fascist…but I don’t control the railways…or the flow of commerce…”. Elles sont globalement très bien écrites et assez fines, notamment quand lors de l’opération de diversion à Barbieland les femmes jouent les débiles et laissent les Ken leur expliquer des trucs et qu’un des Ken s’empresse de leur expliquer le génie de Coppola dans le Parrain : c’est drôle et très juste sur une certaine cinéphilie masculine. Le film n’est pas que ça évidemment mais il est rempli de ce genre de vannes et saynètes comiques. De même que je trouve que les numéros dansés et chantés sont assez réussis/ … oui
… on ne peut pas dire que le film n’était pas un tout petit peu un pari d’un point de vue financier. Il est facile a posteriori et alors que le film est un succès monstre de considérer qu’il était évident qu’il allait marcher mais au vu de l’état du marché et de l’originalité du scénario, ce n’était pas aussi attendu. /…. re-oui
… L’ironie quasi constante du film sur lui-même et la marque renforce la bizarrerie de ce blockbuster à plusieurs centaines de millions de dollars. /…. et re-re-oui
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K. comme mon Code
InvitéLe Nolan m’a plu… ou devrais-je dire : la séance du Nolan m’a plu ? On parle de musique omniprésente, mais la musique chez Nolan n’est pas la musique d’Avatar 2 : on ne l’entend plus chez Cameron parce que son utilisation est classique, des violons pour l’émotion et des envolées pour l’action. Chez Nolan, j’aime le son, j’aime la musique, c’est-à-dire que j’aime le bruit. J’aime que les Américains se plaignent de ne plus entendre les dialogues. Une scène horrifiante montre un homme sur une estrade et le travail sur le son la rend grandiose. Nolan m’énerve parce qu’il est capable de passages brillants de la sorte. On tient aussi un film qui repose autant sur une petite pièce que le désert de New Mexico et l’alternance entre tout cela m’a captivé tout du long. Le tic Hollywoodien des lignes de dialogues répétées comme des clins d’œil nostalgiques de soi-même m’a agacé ainsi que la manière dont la Team de scientifiques est assemblée : je n’en suis pas encore arrivé à ce point dans la biographie, mais je suppose que ça ne ressemblait pas autant à un film de braquage. En tout cas, ça me donne d’autant plus envie de la terminer, car il se passe des choses fascinantes avec ce monsieur Oppeinheimer.
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Bourgeois Ludovic
InvitéLes films turbo mis en avant ne sont jamais bons.
Sinon,
La scène de retrouvailles entre Casey Aflleck et Michelle Williams dans Manchester by the sea
On fera jamais mieux en terme d’émotion -
François Bégaudeau
Maître des clésLes Ludovic je ne sais pas, mais les bourgeois sont sujets à la sentimentalité – qui est une capacité émotionnelle déréglée
Ca leur fait perdre toute clairvoyance esthétique.-
Ostros
InvitéFaut que tu casses le troll.
Tu es sur notre espace.-
Ostros
InvitéAh j’avais pas vu ce nouveau commentaire posté avec mon pseudo. Mais je suis contente que tu t’amuses grâce à moi, compte tenu de la petitesse de ton existence. Je t’aurais au moins apporté ça. De rien.
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François Bégaudeau
Maître des clésAvec les deux acteurs les plus cabotins du moment
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Mr Wilkes
InvitéAprès m’être cassé la rétine sur le Nolan et avoir été un terrible anti-féministe en n’appréciant guère la publicité Barbie, j’ai décidé de me laisser manger l’âme par « The House / Skinamarink » disponible sur Shadowz. Dépouillé de scénario, le film n’est qu’une plongée sensorielle dans un distillat de cauchemar… J’y allais à reculons, j’ai eu droit au bâtard entre le début de Lost Highway et le malaise de La Maison des Feuilles. Micro-budget ultra-expérimental qui s’amuse non pas à créer une imagerie horrifique mais à faire germer les cauchemars mêmes du spectateur pour les projeter à l’écran, et c’est assez passionnant ! François, si tu disais vouloir parler une fois d’une bonne grosse comédie française, moi j’adorerais que tu t’empares une fois de cinéma de genre (et c’est clairement l’occaz :P).
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François Bégaudeau
Maître des clésMais où commence et où finit le cinéma de genre?
Le film de braquage c’est un genre? Auquel cas Logan Lucky est un film de genre, et il a été traité
Donc de quoi on parle au juste? Du film d’horreur? Du film policier? Du film noir? Du film SF?-
Charles
InvitéOn parle de films de série B.
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Mr Wilkes
InvitéOui t’as complètement raison, cette dénomination est vide de sens… En l’occurrence je parle d’horreur (à mon avis The House est plus que ça…), même si j’ai cru entendre que ce n’était pas quelque chose qui t’attirait spécialement ^^
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François Bégaudeau
Maître des clésIl y a des films dits d’horreur que j’aime bien, voire beaucoup
Mais le genre horreur induit un programme d’horreur qui, très sensiblement, exclut la véritable horreur.
Le genre est une sorte de carcan. Je n’aime pas qu’un film affiche son genre, et s’y restreigne. Le genre est une sorte de restriction. Cet étiquetage ferme quelque chose.
On préférera toujours les films dont la tonalité est incertaine, mouvante. Des films face auxquels on ne sait jamais sur quel pied danser.
C’est la force d’un film comme Memories of murder. Policier? Thriller? Horreur? Fantastique? Un peu tout ça. On ne sait jamais bien. Sans compter les éléments de comédie, du moins de burlesque.-
Mr Wilkes
InvitéDans ce cas je ne peux qu’encourager la découverte de The House alors qui est bien loin de s’enfermer dans un carcan. Tu as des titres en particulier à conseiller ?
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Leo Landru
InvitéAbonné à Shadowz. The House est sur ma liste.
Il y a de chouettes films sur cette chaîne-là, qui se revendique horreur mais diffuse de tout, dont quelques films de Benson et Moorehead.
J’ai déjà suggéré dans le vent Something in the dirt, l’histoire de deux paumés, l’un plutôt réac et l’autre plutôt branleur, qui découvrent un phénomène magique inoffensif et fascinant dans l’appartement qu’ils partagent durant le confinement de 2020 et décident d’en faire un documentaire dans l’espoir de le vendre à Netflix. Chacun y va de ses hypothèses sur l’origine du phénomène et sur le traitement à lui consacrer, et ce qui les rapprochait au départ grossit peu à peu ce qui les sépare.
Film merveilleux et triste à l’esthétique un peu clip mais ça ne gêne pas, sur les incompatibilités, les amitiés qui pourraient se créer et se font tuer dans l’œuf, les différences de capital culturel qui séparent.
Pas de l’horreur mais une mélancolie cocasse et curieuse – comment filmer le film amateur, comment filmer les spéculations paranoïaques, comment filmer les différences d’imaginaire. Je reco, en attendant de regarder le film conseillé plus haut.
Sur le sujet horreur horrifique, je ne sais pas si je suis d’accord ou non avec tout ce que dit François. Pas tant le genre, c’est la revendication assumée « cinéma d’exploitation » qui hérisse (mais elle me hérisse davantage avec les blockbusters). L’horreur est un bon moyen de faire rapidement des films à pas cher – par exemple l’interminable vague de films found-footage qui déferle dans ce milieu depuis l’indigent Blair Witch – et de capitaliser dessus rapidement. Et comme souvent avec trois bouts de ficelle, on peut subir le meilleur (REC de Plaza et Balaguero, ou le très drôle Dashcam de Rob Savage, visible aussi sur Shadowz, avec son hilarante héroïne trumpiste qui traite les fantômes de sales wokistes) comme le pire (99 % de la production), selon qui réalise et avec quelles intentions.
Dans cet esprit, la référence Halloween de Carpenter, petit budget et gros succès, a donné le la à toute la décennie 80 des slashers. Blair Witch et Paranormal Activity polluent la sphère épouvante depuis vingt ans. Mais créer un film d’horreur et accepter les codes du genre ne me semble pas un péché capital de cinéma si le films est bon – là où je rejoins François, c’est que pour un bon film, il faut glisser dans l’horreur quelque chose d’inattendu dans lesdits codes, quitte à en fabriquer de nouveaux qui deviennent à leur tour des codes. Dit autrement : on peut rester dans les codes du genre et en sortir en même temps. Ce que fait Carpenter dans The Thing en poussant le gore surréaliste à son apogée, Romero dans La Nuit des morts-vivants en y glissant du social, Tobe Hooper dans Massacre à la tronçonneuse en remplaçant l’image par le son, pour ne parler que des Américains. Ne mentionnons même pas le fabuleux Psychose.
Et pour en revenir au found footage, il existe un petit nombre de films avant les infâmes déjà nommés qui valent mieux et font mieux – si c’est dans tes goûts, The Mc Pherson Tape avait eu la même idée que Blair Witch dix ans avant (un exemple parmi d’autres).
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Mathieu
InvitéJe suis déjà lassé de la hype de Raphaël Quénard, présent dans un film sur deux en ce moment, mais si vous cherchez une petite comédie sympa pour le week-end, Cash de Jérémie Rozan se laisse tranquillement mater et il est plutôt drôle dedans.
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Carpentier
InvitéC’est également la saison où on sort Pio Marmaï de sa boîte apparemment.
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Carpentier
InvitéMarmaï qui fraye avec Toledano & Nakache, perdre un bogoss comme ça, ça fait sacrément mal aux seins, putain
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Bourgeois Ludovic
InvitéLes affects contre-révolutionnaire Vendéens d’ordre que tu as François, jusqu’à professer une capacité émotionnelle réglée.
Seriez-vous les prêtres de la modernité, mes cousins du camp du Bien ? -
Bourgeois Ludovic
InvitéL’Histoire est dialectique.
Leftist is the new Priesthood
Far-Right is the new Punk-
Le ventilateur d’Hegel
InvitéPourtant c’est mes connaissances fachos qui hont aux messes en latin
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Le ventilateur d’Hegel
Invité*vont
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Sarah G
Invitéhttps://www.cinemutins.com/ qui connaît cette coopérative Les Mutins de Pangée parmi vous ?
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Sarah G
InvitéPlateforme VOD coopérative pour être plus précise.
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Claire N
InvitéJ’apprécie « la programmation « de cette plateforme ; leur « news lettre « agréable et de bon conseil ; leurs propositions de film , documentaire en lien avec les questions soulevées par l’actualité .
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Carpentier
InvitéYep, la période covid a filé une énergie alternative à l’achat de tickets pour pallier la fermeture des cinés et cette plateforme fait partie, entre autres, des trouvailles durant l’abstinence forcée de salles/popcorn/dolbysurround, je crois bien.
Un rapide coup d’œil sur les affichettes en page d’accueil me permet d’en repérer une petite dizaine seulement que j’ai vus.
C’est là que tu choisis ton homecinéma?-
Sarah G
InvitéOui Carpentier, sur la cinetek également, et abonnement mycanal grâce à mes parents.
J’ai aussi été abonné à Mubi il y a un temps.
Comme toi Claire N j’aime beaucoup leur programmation en lien avec l’actualité et aussi la possibilité de voir des films que l’on ne voit pas sur les plateformes mainstream, notamment sur les luttes sociales et les luttes féministes.-
Claire N
InvitéA ce propos ils font des cadeaux dans leur lettre d’info:« Si vous aviez raté notre cadeau la semaine dernière, une seconde chance d’en profiter :
Les mutins de Pangée vous offrent un film documentaire de votre choix en VOD sur cinemutins.com ici (cadeau valable jusqu’à fin août). Pour cela, au moment de votre « paiement », il vous suffit d’utiliser le code promotionnel DOCOUT (en majuscule) et la location tombera à zéro euro mais, rassurez-vous, nous reverserons quand même la part normalement due à nos partenaires. »-
Sarah G
InvitéMerci Claire
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François Bégaudeau
Maître des clésOn lira là-dessus un très bon papier dans le diplo : comment le dandysme séparatiste des écrivains d’extreme droite, Tesson en tête, n’épanche jamais qu’un très classique rêve petit-bourgeois. Ces gens se vivent rebelles et ne sont que des propriétaires apeurés. Ce qui n’est pas la meilleure définition du punk.
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Benoît
Invitéhttps://www.monde-diplomatique.fr/2023/08/PIEILLER/66007 ?
Si quelqu’un veut partager du coup-
Anna H
InvitéMichel Houellebecq, Sylvain Tesson et leurs devanciers
La réaction, c’était mieux avant
Lorsque l’espoir se fait rare, la nostalgie des aventuriers désabusés — politiques ou littéraires — renaît. Les auteurs relevant de cette tradition se montrent souvent très critiques d’un ordre qui leur paraît trop bourgeois, trop soumis aux aspirations conformistes de la foule. Leur forme de romantisme, profondément conservateur, ne propose aucun avenir désirable — mais ce n’est pas son objet.
par Evelyne Pieiller
Le Monde diplomatiqueLa réaction, c’était mieux avant↑Décontracté. Décomplexé. Sourdement déprimé mais courageusement désinhibé. Affrontant le désenchantement du monde avec panache. Portant le deuil de la grandeur des rêves d’autrefois avec ferveur. Et osant s’opposer au consensus des dominants. Il a la lucidité mélancolique mais tonique, et l’audace de se déclarer le défenseur des causes malfamées. Son rejet des valeurs prônées par les notables a une impertinence devenue rare. Ses thèmes ont une actualité brûlante : dégoût de l’époque, nostalgie des balises d’antan et colère devant un présent destructeur, malaise profond devant un futur qui semble une impasse, l’impression que tout est fichu, la conviction qu’on est impuissants. Ce qui s’énonce ici, c’est moins un manifeste que les repères d’un imaginaire : l’imaginaire réactionnaire, qui s’est diffusé, tout auréolé d’une réputation subversive, et est censé assumer la solitude d’une position minoritaire avec fierté. Du côté des vaincus… Dans son élaboration, la littérature joue depuis longtemps son rôle.
Ils sont nombreux à avoir connu le succès, et trouvé leurs lecteurs, et suscité les commentaires, les écrivains imperturbablement antiprogressistes, au nom de leurs vertus… littéraires, y compris à gauche. Pourtant, Roger Nimier, Emil Cioran, Antoine Blondin, ceux d’hier, Sylvain Tesson, Michel Houellebecq, ceux d’aujourd’hui (sans oublier Louis-Ferdinand Céline ou Pierre Drieu la Rochelle), pour s’en tenir à quelques noms, ne manquent pas de franchise. Avec des modulations diverses, ils s’appuient dans leurs œuvres sur quelques constantes caractéristiques, impeccablement nouées à leurs orientations politiques. Il s’agit d’abord de regretter l’état déplorable non seulement du présent, mais aussi bien de l’avenir qui s’y prépare. Enfin, l’avenir… Il n’y en a guère : ce sera du présent en pire. Ce triste sort tient avant tout à la démocratie, à son pathétique idéal d’égalité, qui nivelle par le bas et conduit au triomphe des médiocres, autrement dit des bourgeois.
Un dandysme aristocratique
Mais c’est là également la conséquence d’un libéralisme qui n’a que le consumérisme à offrir comme accomplissement. Que peut-on espérer de ce monde-là, quand on a d’autres aspirations que celles des médiocres ? Impossible d’être un héros, impossible de croire en quoi que ce soit, vu le résultat calamiteux de l’histoire. Restent l’ennui, l’agitation de l’âme, reste la nostalgie d’un temps où des idéaux plus grands que le petit individu pouvaient l’élever. « Quand les habitants de la planète seront un peu plus difficiles, je me ferai naturaliser humain », écrit Nimier dans Le Hussard bleu. Les seules causes à défendre sont les causes perdues, les seules aptes à restaurer le sens de la transcendance, l’antimarchandisation du monde et de l’esprit : le goût de l’honneur, du sacré, l’accueil des forces de la vie et un ordre social qui le permette.-
Anna H
InvitéTout le reste ne peut que susciter le mépris, voire l’insulte. L’être éclairé, dessillé, qui s’exprime dans ces œuvres au fil de sentences et autres formules bien frappées (1), a pour armes son ironie anti-beaufs et son dédain des rachitiques horizons de l’égalitarisme républicain. Cet imaginaire conjugue ainsi un certain romantisme, mal de vivre et retour vers un passé fantasmé, un « aristocratisme » affirmé, contre ce concentré de corruption morale que sont les élites en place, et le souffle de la révolte. Il y a là comme un air d’adolescence et d’insoumission, le dandysme de celui qui ne fraie pas avec le troupeau, la supériorité désespérée de celui qui refuse de jouer le jeu de la bêtise universelle. Ce qui est, soit dit en passant, un rêve classique de petit-bourgeois.
Au fondement de ce mépris pour l’égalitarisme rayonne la certitude que, en dehors des âmes d’exception, l’homme ne vaut pas grand-chose. Sauf à être encadré par des structures (l’Église, par exemple, l’armée…) qui l’extirpent de son goût du confort et des jouissances faciles. Évidemment, on patauge ici dans le nihilisme. Puisque cette démocratie niveleuse conduit à la décadence, et de l’individu, et du pays, et de la civilisation européenne. Sauf… à opérer un retour radical aux valeurs tuées par l’égalitarisme et la liberté avilissante de se payer ses caprices. Sinon, rien à attendre du futur. Quand Tesson élit un héros, c’est le fondateur de l’association la Guilde (ou Guilde européenne du raid) : « Trop jeune pour la Résistance, il intégra un commando de l’OAS. » Et sa condamnation témoigne clairement pour Tesson de notre décadence : « Un garçon qui rêva d’honneur et de fidélité derrière les murs d’une prison pendant que les bourgeois de son âge préparaient les molles barricades de Mai 68 » (2). Tesson le baroudeur trouve d’ailleurs dans la nature même confirmation de sa vision du monde — les Alpes l’approuvent : « Le paysage répondait à son principe de distinction, de hiérarchie, de pureté. (…) Politiquement, il était étrange que les esprits éveillés ne se fussent pas plus tôt insurgés contre la symbolique du paysage de montagne. La verticalité constituait une critique de la théorie égalitaire (3). » C’est amusant. C’est intensément stupide. Et clair.
Mais plus encore que de décadence, c’est de déchéance que parlent ces écrivains. La victoire du bourgeois signe le vide de l’existence, exhibe la misère intérieure du bipède, toujours prêt à se soumettre à sa petite avidité. Le « règne de l’individualisme », comme dit Tesson sans originalité excessive, révèle le fonds de l’humain, lâche, boueux, sordide. Il semble ainsi que le propos de ces « réacs » relève avant tout de la morale, au nom d’une conception tragique de la nature humaine. Dès que lui en est donnée la possibilité, l’humain s’abêtit, s’avachit. C’est contraint, tenu, dans l’effort et le sacrifice, qu’il surmonte sa laideur et peut devenir grand. De façon remarquable, cet ensemble de conceptions parfaitement banales mais d’habillage provocateur, indubitablement droitier à tout le moins, résonne. Il faut dire qu’il a bénéficié de la légitimation par les pouvoirs, politiques, médiatiques, dont la critique de gauche, qui refuse le plus souvent, par peur d’être taxée de dogmatique, voire de stalinienne, de réduire l’écrivain à une thématique politique. Le premier point n’est pas sans importance. Passons sur l’hommage national en 2017 à Jean d’Ormesson, un temps à la tête du Figaro, grand supporteur de la guerre au Vietnam, devenu l’incarnation d’un charmant et sage art de vivre, et qui postulait que « la tradition est un progrès qui a réussi (4) ». Si Jacques Chardonne, collabo convaincu aux convictions claires — « je vomis les juifs (…) et la Révolution française (5) » — fut moins chanté, le goût qu’avait pour lui François Mitterrand, dont il était l’un des écrivains préférés, ne resta pas confidentiel, et il sera inscrit plus tard (en 2018) sur la liste des commémorations nationales — la notice restant pudiquement muette sur son passé de pétainiste antisémite. Seul importe son talent, qui incite le cinéaste Olivier Assayas à adapter Les Destinées sentimentales(2008). Un roman où se trouvent des phrases profondes : « C’est très facile de faire croire à des malheureux qu’il existe un monde meilleur. Ce n’est pas vrai. Il n’y a pas de monde meilleur. Vous ne changerez rien que les apparences. (…) Ce sont toujours les mêmes qui commanderont. » Un écrivain peut porter une vision du monde qui ne se superpose pas à son choix politique (l’exemple du monarchiste Honoré de Balzac est fameux). Mais ce n’est pas le cas des Nimier, Cioran, etc. Tous déploient dans leurs livres un nihilisme qui regrette plus ou moins explicitement le christianisme, une vision de l’homme naturellement bestial et dont les bas penchants sont exacerbés par le régime démocratico-libéral, le tout affirmé non seulement par leurs sujets, mais par des considérations générales présentées comme des vérités intemporelles. Or ils sont tous fêtés, célébrés — la « Bibliothèque de la Pléiade » en accueille plusieurs —, et, à l’exception de Houellebecq, aujourd’hui contesté, leur transcription en littérature des conceptions d’une certaine extrême droite, celle qui se présente comme civilisationnelle, est dissoute dans l’admiration pour leur puissance artistique.
On ne saurait penser pour autant que les 700 000 exemplaires de La Panthère des neiges (Gallimard, 2019), de Tesson, qui n’est pas précisément éloigné de Radio Courtoisie, ou les 75 000 volumes vendus en un week-end d’Anéantir (Flammarion, 2022), de Houellebecq, qui n’est pas franchement hostile à M. Éric Zemmour ni à Geoffroy Lejeune (6), ont été lus exclusivement par des électeurs d’extrême droite. Il est probable que l’antilibéralisme et l’aspiration à un monde plus « pur », plus riche de spiritualité, séduisent aussi à gauche. Il n’est pas exclu que leur posture oppositionnelle, antilibérale, anti-élites, etc. semble presque fréquentable, sinon éclairante. Car ces réactionnaires font vibrer certaines ambiguïtés.
Régénérer le monde par la morale
À l’évidence, il ne suffit pas de dénoncer le vide d’un temps voué à l’avoir plutôt qu’à l’être pour être dédouané de tout penchant autoritaire. Il ne suffit pas de dénoncer le bourgeois pour être exempté de tout mépris envers la masse — ou doit-on l’appeler le peuple ? Haïr les Lumières accompagne rarement un vif élan vers l’émancipation collective. Et vouloir la régénération du système, du monde, des individus… par la morale est toujours voué à servir de dévoiement à la question sociale et à son traitement politique. Jadis, un théoricien du syndicalisme révolutionnaire, dreyfusard ardent, Georges Sorel (1847-1922), considérait que la classe des ouvriers « régénérerait le monde pour faire triompher la morale (7) ». Précisément, il préférait le terme de « régénération » à celui de « révolution ». Il postulait que « le véritable socialisme est antiparlementaire, antilibéral, antihumanitaire et antiprogressiste (8) », la démocratie libérale étant la plus grande erreur du siècle. Il finissait son grand livre de philosophie morale, Réflexions sur la violence(1908), par une exhortation : « En attendant les jours du réveil, les ouvriers avertis doivent (…) cultiver les forces les plus nobles de leur âme, sans se préoccuper de ce que la médiocrité démocratique pourra penser d’eux. » Appuyé sur un rejet sec des intellectuels, courroies de transmission du pouvoir, ce mélange le conduisit à se rapprocher — temporairement, mais quand même — des royalistes de l’Action française, et lui valut d’être salué tant par Antonio Gramsci que par Benito Mussolini. Aujourd’hui, Alain de Benoist, héraut de l’extrême droite dite « civilisationnelle », le salue comme un révolutionnaire conservateur, révolutionnaire parce que conservateur, et inversement.Cette embrouille généralisée qui fait le succès des réacs des lettres et plus largement des idées qu’ils vaporisent, cette acceptation d’un certain registre « politiquement incorrect », cet accueil fait à la nostalgie et à la défiance envers le « progrès » peuvent s’expliquer — entre autres raisons — par le fait que « la gauche est à court d’images du futur » et que « la mémoire des victimes a remplacé la mémoire des luttes », ce qui a « modifié notre perception des sujets sociaux qui apparaissent désormais comme des victimes » (9). Serait-ce qu’être « de gauche » ne signifie plus guère autre chose que l’indignation… morale ?
Ces thèmes de l’extrême droite, ces humeurs et émotions, on les retrouve dans les enquêtes. En 2021, 75 % des Français pensent que la France est en déclin, sept sur dix que « c’était mieux avant », et la même proportion affirme s’inspirer « des valeurs du passé » dans sa vie, selon l’enquête au long cours « Fractures françaises » de la Fondation Jean-Jaurès (21 octobre 2021). Un an plus tard ça ne s’arrange pas : selon le baromètre Odoxa, seulement 21 % des Français ont confiance dans l’avenir, contre 38 % dans les quatre grands pays voisins, 30 % ressentent de la peur. Mais il y a mieux, si l’on ose dire, du côté des charmes de l’autoritarisme : 39 % sont d’accord avec l’idée « d’avoir à la tête du pays un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections » (baromètre de la confiance politique, Cevipof, 2022). M. Emmanuel Macron, qui s’est toujours targué, comme les intempestifs d’extrême droite, d’être un transgressif qui ne craint pas de s’attaquer aux tabous (synonyme immédiat d’entreprise de régression), dira à plusieurs reprises, tranquillement, que « les devoirs valent avant les droits ». Phrase qui sonne martiale, héroïque, quasi sacrificielle, grandiose — il complétera par le limpide « on passe trop par la loi dans notre République » (interview TF1 – France 2, mars 2023). Lumineux avertissement. M. Macron est décidément un bon lecteur de Carl Schmitt : il sait que ses si modernes pratiques néolibérales doivent pour se justifier se nourrir de l’imaginaire le plus vigoureusement réactionnaire. Reste à la gauche la charge d’inventer des avenirs désirables.
Evelyne Pieiller
(1) Ce que détaille avec clarté Vincent Berthelier dans Le Style réactionnaire. De Maurras à Houellebecq, éd. Amsterdam, Paris, 2022.
(2) Jean Mouzet, Éclats d’actions. La Guilde européenne du raid, préface de Sylvain Tesson, Stock, Paris, 2018. Cité par François Krug, Réactions françaises. Enquête sur l’extrême droite littéraire, Seuil, Paris, 2023.
(3) Sylvain Tesson, Blanc, Gallimard, Paris, 2022.
(4) Discours pour la réception de Marguerite Yourcenar à l’Académie française, janvier 1981.
(5) Lettre à Jean Paulhan, novembre 1940, dans Jacques Chardonne – Jean Paulhan. Correspondance (1928-1962), Stock, 1999.
(6) Cf. François Krug, op. cit. Cf. également « Céline mis à nu par ses admirateurs, même », Agone, n° 54, Marseille, 2014/2.
(7) Cité par Arthur Pouliquen, Georges Sorel. Le Mythe de la révolte, Éditions du Cerf, Paris, 2023.
(8) Cité par Stéphanie Roza, La Gauche contre les Lumières, Fayard, Paris, 2020.
(9) « La rébellion est-elle passée à droite ? Entretien avec Pablo Stefanoni », Contretemps, 31 mai 2021.
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Benoît
InvitéMerci !
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Nox
InvitéUne version PNG, si ça t’intéresse :
https://shorturl.at/fkUVX-
Nox
InvitéJ’ai supprimé le fichier, un peu trop illisible à mon goût. En voilà une version PDF :
https://shorturl.ac/7b3rq
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SoR
InvitéOui, et elle a bien raison par contre de préciser qu’ « Un écrivain peut porter une vision du monde qui ne se superpose pas à son choix politique », je dirais de même qu’en dehors de ce qu’elle a bien remarqué, que la vision du monde d’un écrivain ne préjuge pas sur ses conclusions et tendances politiques, afin de ne pas mettre ici tout le monde dans le même panier et laisser croire que tout ce qui semble avoir un point commun avec ceux qu’elle décrit est anti démocrate : par ex qu’un Tolstoi serait un homme de droite quand il se désole en disant que l' »homme est un animal, faible, misérable » et en appelle à la religion, au vrai christianisme. Un Camus, un Tolstoi, tant d’autres ou la plupart des romantiques d’autrefois pourraient tomber aussi, sans cette précision, puisqu’elle parle de leur romantisme, sous le couperet or ils sont à considérer par la gauche car étaient convaincus par la démocratie, ils étaient tout le contraire des réac d’extrême droite. Je ferais aussi peut être un petit bémol étrangement pour Drieu même si son son bord est connu, mais il avait plutôt l’air perdu et trompé, je le connais très très mal mais j’ai l’impression qu’il était plus intéressant que la plupart cités, il y a plus de subtilités dans le « Feu follet » et « l’Adieu à Gonzague » que ce que j’ai pu voir chez un Houllebecq et cie que j’apprécie aussi peu que l’auteure de l’art à cause de toutes les raisons très bien décryptées et que je ressens en effet comme elle.
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Carpentier
InvitéLe Maroc, eldorado des tournages internationaux
Il était une fois à OuarzazateÀ Ouarzazate, Marrakech ou Casablanca, les figurants coûtent à peine plus de 2 euros l’heure, les techniciens ne sont pas syndiqués, des villages splendides servent de décor pour des sommes dérisoires, l’État garantit la sécurité, les incitations financières pleuvent. Résultat aussi : le cinéma local est devenu un sous-traitant de l’Occident. Même relatif, ce soft power marocain est-il en train de connaître ses derniers jours ?
– Un reportage de Pierre Daum –… La fièvre monte à Ouarzazate, la porte du désert marocain. Ridley Scott, 85 ans, vient d’annoncer son retour dans le village fortifié (ksar) d’Aït Ben Haddou, à trente kilomètres de la ville. C’est dans ce lieu inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) que le réalisateur britannico-américain — Alien (1979), Blade Runner (1982), Thelma et Louise (1991) ou American Gangster (2007) — a décidé de tourner la suite de son célèbre Gladiator (2000). Sans l’acteur Russell Crowe, évidemment, puisque Maximus, le personnage qu’il campait, est mort à la fin du premier opus. Mais avec l’acteur irlandais Paul Mescal, star montante remarquée dans Aftersun, de Charlotte Wells (2022), et la vedette Denzel Washington. Dans ce décor semi-lunaire composé de cailloux ocre et de poussière, pelleteuses et ouvriers se battent contre la roche afin de construire l’immense arène de carton-pâte qui verra se dérouler d’âpres combats romains. Preuve de l’ambition du réalisateur, une reproduction imposante du Colisée est prévue.
Dans les ruelles du ksar, au-dessus du chantier, les commerçants restent néanmoins circonspects. Combien de jours devront-ils fermer boutique ? Nul ne le sait. Quel sera le montant du dédommagement ? 500 dirhams par jour pour les uns, 1 000 ou 1 500 dirhams pour d’autres. « De toutes les façons, je n’ai pas le choix, explique Aziz, jeune peintre autodidacte qui espère percevoir 1 000 dirhams, le prix d’une de ses toiles peintes au thé et au safran, la spécialité locale. Si je refuse de fermer ma boutique, la police va débarquer, et comme je n’ai pas de patente, je vais me retrouver avec un tas de problèmes. » Des milliers de figurants vont être recrutés, payés en liquide au tarif fixe de 300 dirhams — à peine 27 euros — pour une journée de onze heures. À titre de comparaison, en France, une convention collective impose un salaire minimum des figurants à 105 euros (…) / …
(la suite si qqn d’abonné.e)
Cet article peut bien sûr être également posté dans l’entrée ‘ luttes ‘ si jamais,-
tristan
Invité« Il était une fois à Ouarzazate », c’est un bon début de récit…qu’on pourra terminer par: « Ouarzazate et mourir »
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Carpentier
InvitéEt, avec moi, ce serait plutôt ouarzezette et mourir
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tristan
Invité…de plaisir.
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Carpentier
Invitéet de rires (merci).
J’ai lu ta réponse-réplique avec en tête la voix et la tronche de Jonathan Cohen:
Irrésistible.
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Mathieu
InvitéPlus haut, on parlait de cinéma de genre, cela m’a donné envie de tenter Limbo, un film policier hongkongais qui suit deux policiers enquêtant sur des meurtres de femmes pour lesquels le meurtrier laisse comme indice la main gauche découpée de ses victimes. On est à un peu plus de la moitié de l’année et il décroche aisément la palme du pire film que j’ai vu pour l’instant ( avec Barbie pas loin derrière, quelle semaine). L’enquête est mal menée, la progression des policiers ne reposant que sur des hasards, les deux policiers rejouent la partition vétéran et jeune loup de manière très cliché, les personnages sont d’ailleurs à peine dessinés, le style de mise en scène est très pompeux, les dialogues sont mauvais, on frise souvent le ridicule à tel point que dans la salle les gens (dont moi) riaient parfois de gêne tellement c’était nul. Et le film a 4 étoiles presse sur Allociné, mais ne vous laissez pas avoir, c’est une cata.
Je compte tenter ajd mon premier Nuri Bilge Ceylan avec Les Herbes Folles, j’espère que ça rattrapera ces deux navets et un Oppenheimer plus que moyen. 3h17 tout de même, souhaitez moi bonne chance
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Carpentier
InvitéBonne chance.
Moi, je vais au The first slam dunk tout à l’heure 🤗
Encouragements not nécessaires, thank you.-
Mathieu
InvitéPutain je suis fan de basket, pourtant ce film ne me dit absolument rien. Je n’ai pas non plus lu le manga. Je crains un match de basket de 2h sans grand enjeu émotionnel, un genre de truc à la Olive et Tom, avec des voix off pendant le match sur les mecs qui réfléchissent à leur vie et/ou à l’action en cours, qui se déroule au ralenti. Je pressens le truc cheap. Tu me diras.
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Carpentier
InvitéVas-y.
Et, vois-tu, c’est quand même un sacré truc de voir ce week-end deux œuvres qui prétendent chacune dire et montrer la recherche humaine d’un équilibre émotionnel et physique.
Collé au ballon que se disputent les gars lors des rencontres inter-lycées, First Slam Dunk poursuit les variations émotionnelles et physiques de ces personnages, en les faisant aussi bien naître et s’animer depuis leurs croquis de départ qu’au contact des autres persos lors d’affrontements ou de situations plus ou moins tristes et intenses à vivre.
Le basket est ici objet d’apprentissage pour une vingtaine de jeunes hommes qui s’apprivoisent eux-mêmes, à mesure qu’ils domestiquent les règles et les jeux de ballon de leur sport d’élection.
Aucune prétention ni intention de se saisir ici d’un sujet comme les genres et leurs places dans le monde, le film est centré sur le basket masculin au Japon et mère, sœur et coache du personnage principal sont à l’écran pour juste lui donner la réplique à mesure qu’il grandit.
J’y aime surtout les sons de rebonds du ballon, les crissements des baskets sur le revêtement de sol du gymnase ainsi que toutes les interjections et commentaires que s’adressent les joueurs puisque jouer en silence n’est pas jouer.
Trouvé magnifiques plusieurs plans-tableaux de paysages de littoral en particulier ceux qui subissent la pluie.Spectatrice du Barbie, on a affaire a du bien plus tordu, qui s’essaye à rire du réel, joue à rire des stéréotypes de genre, dit surtout les limites des intentions prétextes du marketing d’une grande firme qui commercialise des jouets.
On s’y moque presqu’autant des filles et des garçons, toutes les scènes en mode just dance ayant ma nette préférence.
À l’écran, les décors et accessoires colorés fluos ou vifs maintiennent en permanence dans le jeu, on fait comme si on se questionne sur ce qu’est être une fille, ce qu’est être un garçon, ce qu’est être un humain.
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Sarah G
InvitéQuels sont les deux navets dont tu parle Mathieu? et bonne chance pour le film Les herbes sèches, tu nous rediras, je compte y aller prochainement.
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Mathieu
InvitéLes deux navets c’est Barbie et Limbo. Et Oppenheimer moyen-moins.
Pour couronner le tout, je ne suis finalement pas allé voir les herbes sèches mais chien de la casse ( changement de programme indépendant de ma volonté). Cela fait donc 4 mauvais films en une semaine pour moi. Les temps sont durs.-
Carpentier
InvitéBon, moi qui ai pris le risque de t’envoyer direct voir First Slam Dunk, je m’efface, vrai que, dés le départ, le taulier m’a astucieusement incité à la boucler, comme il sait le faire si élégamment, en général et en particulier sur le ciné.
Suis tombée dans ton gentil panneau à l’ouvrir de nouveau un peu à propos de films et je n’aurai pas dû.
Je me tais, 5 serait peut-être la goutte d’eau pour plutôt te mettre au VTT.-
Carpentier
Invité* n’aurAIS
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Mathieu
Inviténon mais je tenterai peut-être slam dunk, de toute façon j’ai la carte ugc
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Ostros
InvitéVas voir De nos jours ça va rattraper ta semaine de loose.
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Carpentier
InvitéAlors, tu n’as peut-être pas lu mes lignes postées plus haut un peu après avoir vu Slam Dunk (tant mieux?)
On t’a emmené voir Chien de la casse, si je te lis bien (ou tu es arrivé trop tard pour l’autre film, ou autre ?)
Bah, pour l’hommage rendu au chien au moins, je dis que c’est à voir.-
Mathieu
InvitéOui j’ai vu que t’avais aimé, du coup je tenterai même si je reste sur mon pressentiment.
La personne avec qui j’étais trouvait les Herbes Sèches trop long donc on s’est rabbattu sur Chien de la casse et à la sortie j’ai mis fin à cette amitié (c’était elle qui m’avait aussi incité à aller voir Limbo)
HSS me lasse un peu à force, j’en ai trop vu, je vais passer mon tour sur le dernier
Nan mais prochain film Les Herbes Sèches bordel, personne ne me fera dévier cette fois-ci.-
Carpentier
InvitéVoilàAaaaa, Press Break Gorila Dunk Dobble D et bim!
Mettre fin à une amitié qui t’amène à bouffer des navets au ciné 🤙
On fait le tri.
En voilà un qui sait prendre des décisions et soin de lui, yeah 🙂
La durée d’un film est, c’est vrai, une caractéristique pratique dont on est bien obligé de tenir compte également quand on le visionne au ciné, benh oui.
Du coup, ça sélectionne aussi.
Pour peu que tes horaires de taf soient décalés en plus et bien, dans tous les cas, ça te coûte pu trop cher quand t’invites pour une p’tite soirée entre ami.es.
Tu lis pas mal de mangas?
Récemment, c’est Voyageur que j’ai eu en main. -
Ostros
InvitéTu n’es pas au bout de tes peines Mathieu, parce qu’il y aura encore Raphaël Quenard dans le prochain Quentin Dupieux – premier rôle. Donc des bandes annonces avec Raphaël Quenard avant tes films sélectionnés sans Raphaël Quenard.
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Carpentier
InvitéQui pense aller voir ce Yannick de Dupieux?
Moi, je vais le faire assez rapidement, même si Gardin et Marmaï me lassent un peu.
Ils la ramènent un peu trop hors des écrans de cinéma, à mon goût.-
Ostros
InvitéÇa se tente je pense.
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Ostros
InvitéMon troll dit que ça se tente.
Moi je sais pas trop. Je vais attendre les retours des sitistes. Ce sera pas ma prio. -
Ostros
InvitéJe viens de voir la bande annonce et je vais peut-être le tenter aussi, tiens. J’aime bien les méta narrations.
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Carpentier
Invitévu hier; me lisant ici affublée de l’appellation troll, trolle en cheffe même j’ai lu, j’attends qu’un ou des sitistes digne.s de ce nom – un sitiste c’est donc quelqu’un qui dit surtout merci à la suite des posts de la majo ? – pour lire un peu à propos ici.
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Carpentier
InvitéEn attendant de savoir si Mathieu (Mathieu 🤔 un prénom genre mood à la Thomas/Vincent un peu, nan? pourrait avoir vers les 37 ans, par là, ce sitiste) de savoir donc, si Mathieu, a fait chauffer sa carte ugc ces jours-ci, je poste cet extrait, juste parce que je le désire:
.. Quand il n’est pas ultra-majoritaire, le sport préféré d’un individu de race humaine, celui qu’il s’est dégoté au creux d’un samedi désœuvré devant feu Antenne 2, ensommeillé par le commentaire traînant de Pierre Fulla, dit beaucoup sur lui. En cm2, il y avait un Yann Le Cloarec qui, outre que Breton indépendantiste, adorait le hockey sur glace. Ça parlait de soi-même. C’était tout Le Cloarec, ça, le hockey sur glace. Quelle nouille.
Hommes avant tout, avec des cœurs qui battent et les couilles qui grattent, les politiques ne dérogent pas à la règle. Me l’aurait-on caché comme un secret d’État, j’aurais deviné que Jospin avait pratiqué le basket à un plutôt bon niveau universitaire. / … – La politique par le sport, sous la direction de François Begaudeau, – Jospin, le basket forcément – , p.55, François Begaudeau, Denoël 2009 –Un dernier message chez Nietzsche là, et je rejoins les potes pour s’en mettre plein la night 👑💄🎶
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Mathieu
InvitéOups, Les Herbes Sèches bien sûr
Folles, c’est Resnais -
Le ventilateur d’Hegel
InvitéJuste pour l’info, à partir du 6 septembre, retro RAZ au grand action, rue des écoles à Paris. Au programme : Wesh Wesh, Bled number one, Dernier maquis, les chants du Mandrin, Histoire de Judas, Terminal Sud. Si j’ai bien compris Le gang des bois du temple sera projeté également.
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Ostros
InvitéOui le gang sera projeté au grand action. Putain j’ai hâte.
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Charles
InvitéSuper nouvelle, merci.
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Charles
InvitéLe distributeur du Gang des bois du temple a reçu un peu d’argent du CNC début juillet, comme quoi il ne faut jamais désespérer.
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I.G.Y
InvitéQuelqu’un a regardé Command Z de Soderbegh, la mini-série dispo sur son site? Je suis tellement déçu par rapport à ce que j’attendais que je ne comprends pas bien^^ Je trouve ça tellement téléphoné, comme on dit dans le ballon rond, j’ai si peu ri que je pense ne pas aller au-delà du troisième épisode…
C’est grave doc? -
Graindorge
InvitéMoi demain, en plein air et « gratuit » ( payé par nos impôts indirects et directs) « Odyssée de l’espace » de Kubrick Stanley! Juste sur le port. À 1 pas de ma résidence secondaire!
Je zappe Barbie et Oppenheimer. Peut-être au bon vieux ciné Rialto Herbes sèches et y’a un cycle de ciné italien: Affreux, sales et méchants, l’affaire Mori, etc
Y’a aussi Les œuvres persanes, Un hiver en été… je sais pas
Malheureusement Désordres n’y est pas.-
Carpentier
InvitéVous êtes plusieurs à parler du film Les herbes sèches ici: vais m’y intéresser un peu plus et voir si j’envisage de.
Côté ciné plein air, c’est moyen la fête à la Villette sur cette fin juillet plutôt pluvieuse à Paris.
Pour un peu, on se croirait chez les ch’tis dis donc.
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Tony
InvitéSalut,tu peux me dire s’il y a des sous titres français?
Sinon l’autre jour je suis tombé sur ce petit compte rendu dans Le Monde:Voilà cinq ans que les salles de cinéma fran-çaises n’ont pas affiché
le nom de Steven Soderbergh. Depuis la sortie – et l’échec – de Paranoïa (2018). Le
réalisateur d’Ocean’s Eleven (2001) n’est pourtant pas guéri de son addiction au travail. Seslongs-
métrages (High Flying Bird et The Laundromat, en 2019, La Grande Traversée, en 2020, No Sudden Move, en 2021, Kimi, en 2022, Magic Mike. Dernière danse, en 2023) ont été proposés
par des plates-formes ou sont dis-ponibles à l’achat en ligne.Le lancement en mai de la ver-
sion française de Max, la plate-forme de Warner, peut permettre d’espérer découvrir Full Circle, mi-nisérie noire avec Jharrel Jerome, Zazie Beetz et Timothy Olyphant, qui vient d’être mise en ligne aux Etats-Unis.
Etrange objet La conversion de Steven Soder-bergh à la nouvelle économie des
images est donc totale. Ce qui ne veut pas dire qu’il est plein d’illu-
sions sur l’avenir et ceux qui le fa-çonnent. En témoigne l’étrange
objet apparu sur la Toile sous le ti-tre de Command Z (combinaison
de touches, sur les claviers Apple, permettant d’annuler les derniè-res actions de l’utilisateur).
Les abonnés au mailing d’Extension765, site où le réalisa-teur propose des tee-shirts ciné-
philes, des tirages de photos de plateau, etc., ont été avertis de
l’apparition de ce que l’auteur dé-finit comme « une série ou un film coupé en morceaux ». Disponibles pour 8,99 dollars, ces quatre-vingt-dix minutes condensent deux pulsions du cinéma de So-derbergh : sa lucidité sans merci et son refus de baisser les bras.
Dans un futur proche (2053), trois jeunes travailleurs précaires (Chloe Radcliffe, Roy Wood Jr.,
JJ Malley) se retrouvent dans un local sinistre dans lequel ils pénè-trent revêtus de combinaisons
protectrices qui laissent penser que l’extérieur est encore pire que
l’intérieur. Une fois réunis, ils voient apparaître, chaque jour, le visage de Kerning Fealty (Mi-
chael Cera), qui fut, jusqu’à ce qu’une collision avec un astéroïde interrompe son voyage vers
Mars, l’un des grands capitaines de la tech. Promis à l’éternité grâce à la numérisation des âmes,
Kerning a décidé d’expier ses péchés et ceux de ses semblables,
Mark Zuckerberg ou Elon Musk. Pour ce faire, il a foré l’espace-temps afin que ses employés puissent rejoindre le 17 juillet 2023,
date ultime à laquelle l’humanité peut infléchir sa course vers l’abîme. Il suffit de se placer face
à un sèche-linge modifié, d’avaler une substance psychotrope et d’écouter le thème du film Maho-gany (Berry Gordy, 1975). On peut alors tenter de persuader un dirigeant de compagnie pétrolière de se tourner vers les énergies vertes, un spéculateur immobilier de lutter contre le bétonnage, etc.Inspiré d’un ouvrage du journaliste (et coscénariste de la série) Kurt Andersen, Evil Geniuses (« les génies du mal », non traduit ; Pen-
guin Random House, 2020), Com-
mand Z tient à la fois du fanzine
de science-fiction et du manifeste
politique. Mais c’est aussi un film
et une série. La brièveté des épiso-
des imprime un rythme soutenu.
On peut voir aussi dans ce brico-
lage furieux une préfiguration
de ce que pourront être les diver-
tissements, après l’apocalypse. p
Thomas Sotinel
Command Z, série de Kurt
Andersen, Sam Lowry
et Larry Doyle, réalisée par
Steven Soderbergh (EU, 2023,
8 × 8 à 21 min). Avec Michael Cera,
Chloe Radcliffe, Roy Wood Jr.
Sur Commandzseries.com-
I.G.Y
InvitéPas de sous-titres en Français non !
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Graindorge
InvitéRéflexion: je me demande si l’ imagination d’un seul cerveau ou une poignée de cerveaux suffira à contrebalancer pour la création d’un possible futur bien différent des scénarios catastrophes, fin du monde , survivants hagards, robots, paysages désertiques et sans vie dont un cinéma de « divertissement », de distraction bombarde la majorité des cerveaux. « Ce n’est que du cinéma » me direz- vous. Pour tromper l’ennui, pour enrichir sa culture, pour s’amuser… Remplir. Ne laisser aucune case vide, livrée à elle-même. Remplir. Remplir. Remplir.
Mais. S’asseoir sur un banc face à la mer ou devant des montagnes bleues au loin, laisser passer le temps, le perdre. Je dis sûrement des bêtises. Je n’aime pas qu’on me manipule la tête. Et on me la manipule. Des gens me manipule. Ici, je suis avec des cerveaux de personnes de bien plus haut niveau que moi alors voilà ma réflexion. Merci d’exister -
Cyril
InvitéJ’ai vu The Girlfriend experience de Soderbergh. Beaucoup aimé l’atmosphère de ce film, Sasha Grey magnétique, érotique, j’ai trouvé ça malin et honnête de ne pas lui faire jouer de scènes de cul, vu qu’on a pas besoin de son film pour la voir à l’action. L’organisation des scènes est assez éclatée, construction énigmatique mais sans prétention comme chez Nolan.
Je voudrais bien savoir pourquoi François le considère comme le meilleur film sur la finance.-
Seldoon
InvitéSur le capitalisme, il me semble. Et je suppose que c’est parce qu’on y voit la réalité d’une PME qui a un produit à vendre, avec son cycle de vie, son positionnement marketing, son intrication avec la vie privée, sa (faible) marge de manoeuvre, qui tire les ficelles. Il y a aussi un schéma de prise de conscience similaire à celui de Magic Mike.
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Ourson
InvitéSasha Grey, tiens j’ai déjà vu cette actrice quelque part… Mais où…
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François Bégaudeau
Maître des clésavec Margin Call
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Tony
InvitéA ma grande surprise je suis d’accord avec ce que dit Charles sur Barbie,c’est loin d’être un navet et il y a longtemps que je n’avais pas passé un aussi bon moment devant un film hollywoodien,je retiendrai en particulier les scènes de comédie musicale,la découverte du monde réel par Ken et Barbie(scènes géniales où Ken croit qu’être un homme lui permet d’exercer n’importe quel emploi et le clin d’œil du prof d’université sur le patriarcat invisible mais bien réel),la prise de pouvoir des Ken à Barbieland et cette dernière scène pleine d’ironie chez le gynéco…
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Graindorge
InvitéJoie INCOMMENSURABLE: un vent léger, au 1er rang sur l’esplanade du port de Nice. Vue sur le château. Avec ma meilleure amie Charo, une bonne copine Colette et Renato. Mais y’a un bavard qui n’en finit pas de nous raconter. Bouh! Et allez, Nietzsche maintenant
Ça commence!!😀 -
Charles
InvitéVu Oppenheimer. Rien de nouveau sous le soleil Nolanien. Récit mené tambour battant à base de micro-scènes saturé de musique, de sons, d’inserts. visuels. Nolan veut raconter comme d’habitude trop de choses en même temps pour ne pas ennuyer le spectateur, et ce avec la finesse d’un panzer. Il est à ce titre révélateur que Nolan dramatise la moindre scène de dialogues entre deux personnages. Chez lui, une simple scène en champ/contre-champ entre deux personnages qui dure plus de deux minutes sans être intégrée dans un montage alterné n’existe pas. Et quand il doit se résoudre à ne tourner qu’un dialogue, il faut absolument upgrader la situation : les personnages seront à cheval, ou ils se feront face nus assis dans un fauteuil. Nolan ne raconte rien de compliqué mais complexifie tout artificiellement pour nous en mettre plein la vue, cela n’a peut-être jamais été aussi visible qu’ici : on superpose les lignes temporelles, on passe du noir et blanc à la couleur (selon le point de vue, diantre, quel génie), on multiplie les récits. Le problème c’est que même si on ne s’ennuie pas, on ne peut pas s’empêcher de trouver tout redondant : les questionnements métaphysiques du héros, le maccarthysme, les scènes de « procès »…C’est le problème du montage alterné : on additionne et alterne les scènes courtes qui finissent par être répétitives, davantage que si on enchainait les scènes au sein d’un même bloc. On en ressort avec l’impression que le tout aurait pu être raconté en deux heures sans perdre de substance.
Quant au centre du film, le personnage d’Oppenheimer, celui-ci n’est que moyennement convaincant. D’abord présenté de façon risible comme un génie, à peine humain, il est censé gagner en épaisseur et en opacité (on nous martèle qu’on ne sait pas ce qu’il pense en définitive) et en ambiguïté. Sauf que cette dernière est assez peu incarnée, l’interprétation de Murphy restant du côté de l’exceptionnalité du personnage, inaccessible à nous autres pauvres humain, avec ces nombreux gros plans sur le visage muet du personnage, le regard perdu dans le vague. Ses interrogations apparaissent en conséquence plaquées, artificielles et peu crédibles. On pourrait aussi discuter de l’absentement total des victimes de la bombe A, qui n’apparaissent jamais à l’écran. Le film finit par être un récit sur les états d’âme d’un scientifique de génie sans que l’objet de ceux-ci ne soient véritablement convoqués.
Enfin, on passera sur la misère des rôles féminins même si pour une fois la compagne d’un génie n’est pas celle qui rappelle à l’ordre domestique son mari mais au contraire celle qui le pousse à se battre. J’ai tout de même une pensée pour ces actrices confirmées qu’on embauche pour des rôles où elles auront 5 lignes de dialogue et seront nues la moitié des scènes.-
I.G.Y
InvitéJ’en suis arrivé à la conclusion que Barbie – j’en sors – avait remporté le « Barbenheimer »^^
La première moitié du Nolan est littéralement une bande annonce géante. Je me suis fait cette réflexion à un moment, asphyxié par le montage, la musique et les enchaînements au pas de charge, et j’ai réalisé que ça fonctionnait bien : tout découpage de 3min consécutives pouvait faire penser à une bande annonce-
I.G.Y
InvitéSoit dit en passant, il y a une très bonne scène pastiche à-la-Nolan dans le Barbie, pour ceux qui voient de laquelle je parle ! Je ne sais pas si c’est une caricature intentionnelle (ça serait beau)
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Carpentier
InvitéBonjour,
Est-ce quand Ken disjoncte de surprises plaisir devant tous les emblêmes/symboles urbains de virilité quand il arrive dans le monde réel aux côtés de Barbie meuf cow girly et que sa tête, articulée c’est pas rien, n’en peut plus de regarder partout?
(Cette scène a sa jumelle ensuite quand Ken organise Kenland, devançant Barbie pour leur retour dans le monde des jouets)-
Carpentier
Invité*ce qui donne des micro-plans/réclame du monde de mecs,
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I.G.Y
InvitéAlors moi j’ai plutôt pensé à la scène d’explication accélérée et délibérément pseudo-scientifique du portail entre le monde réel et Barbieland (avec le paperboard, le manuel etc…)^^
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Carpentier
InvitéAh oui, ok, c’est déjà un peu vague pour moi mais ok, tu me le remets en tête, et j’y étais pas du tout donc: avec la poupée destroy?
Moi, je bloque un peu, et avec beaucoup de plaisir, sur le couple qu’on découvre en fluo sur leurs rollers jaune et, pour un peu plus se fondre dans le décor, lorsqu’ils se changent et sont en cow Friends.
Barbie veut alors discuter vêtue ainsi avec les copines de chantier et elle se retrouve tout démunie d’être reluquée par les gars casqués en pause déj 😅
Cette scène me fait penser à la Jessica de Roger Rabbit qui ‘ n’y peut rien – elle est juste dessinée comme ça ‘ 😚👗💄👠 -
Carpentier
InvitéSur cette histoire de passage dans un autre monde, revu récemment Atlantide, l’empire perdu de Wise et Trousdale (2001, collec. grands classiques chez Disney): les séquences pédagogiques et scientifiques sur la langue, les signes cabalistiques et leur histoire sacrée sont exemplaires: le perso de Milo, l’intello linguiste et cartographe, est suffisamment complexe pour prendre place drôlement parmi ses complices aventuriers du capitalisme (comme dira leur chef) c’est à dire parmi des mercenaires infiltrés.
C’est un film d’animation que je m’étais permise de recommander pour les mômes, même d’aujourd’hui, narration de la quête d’un monde de mythes et légendes comme ils les aiment souvent, c’est rythmé, intelligent et drôle, donc.
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Carpentier
InvitéJe n’ai vu que Dunkerque de ce type, avec un manque total de recul sur son choix de sujet et de mise en œuvre cinéma, je le crains.
Grands parents maternels et paternels étant originaires de là.
C’est con, on pourrait imaginer, qu’au contraire, je m’arme d’une attente d’autant plus rigoureuse, et bien non.
Tu n’es qu’une pauvre fille, Carpentier.-
Carpentier
Invité👋
anecdote de meuf:
Haut des fesses et dos bien plaqués au siège du métro, il ou elle me frôle et bouscule – c’est selon – tandis qu’en face, le mec est affalé sur le siège et prend toute la place dans l’allée, putain.
Plutôt que de dire, avec le ton qu’on veut – c’est selon – ‘ pardon ou s’cusez-moi ‘ c’est sur celle qui, déjà, essaye de prendre une place raisonnable qu’on se frotte.
Merde, bouscule ce batard qu’en a rien à carrer plutôt, bordel.
Aaaaah ça va mieux.
Sans parler de cette meuf en gilet en laine qui gratte qui, dans l’espace de 6 sièges de la ligne 7, tu sais, colle mon bras nu et le reste pour pas trop toucher le gars à sa droite, peu sex il est vrai.
Ouais mais tout d’même.
On parle de leurs jambes écartées en mode ‘ j’en ai de sacrées tu sais, Poupée ‘ mais c’est tout leur corps, en vrai, qu’ils nous imposent les hommes.
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gebege
InvitéJe me permets d’ajouter 3 choses à cet exposé déjà tout à fait complet :
– Les 3 parties bien distinctes font penser à un projet avorté de série, et on sent que le scénario qu’a écrit Nolan, bourré de personnages et de dramaturgie, se serait tout à fait bien épanoui dans cette forme.
– Il est assez rigolo de constater que le film est somme toute extrêmement lisible, malgré la tentative d’enfumage nolanien : les mêmes reproches reviennent dans toutes les critiques que j’ai pu parcourir. Un comble pour le chantre de la complexité !
– En filigrane, je trouve qu’on sent également une grande admiration de Nolan pour Oppenheimer, presque comme s’ils s’identifiaient à lui, le scientifique et sa bande qui doit faire face aux assauts de la politique // Nolan et son crew qui font du cinéma contre les assauts des producteurs américains.-
gebege
Invités’il s’identifiait*
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gebege
InvitéDernière remarque : je trouve étonnant à quel point on apprend rien sur la manière dont fonctionne la bombe. Aucun schéma, aucun échec, aucun test, rien, ou alors c’est passé trop vite dans son montage-tournade-de-l’enfer.
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François Bégaudeau
Maître des clésTout pareil. Et ce n’est pas encore cette fois qu’un film parviendra à saisir l’ethos scientifique, si particulier, et sans doute sans aucun rapport avec ce qui s’incarne là, ce qui gesticule là (l’heure est proche où je vais me mettre à détester cet acteur).
Le livre de Ferrari sur Heisenberg était autrement plus intéressant.
Sur les femmes, je crois que je préfère encore la pure potiche aux piteux efforts contre -nature que fait Nolan pour donner une certaine importance à madame. Tu fais un cinéma de couilles, Christopher. Assume.-
Charles
InvitéSur la question des personnages féminins, Nolan a voulu prendre le contre-pied de JFK de Stone – référence visible et assumée pour le reste, dans son montage, avec l’alternance noir et blanc/couleur, le brouillage temporel etc. On se souvient de ces scènes, présentes dans nombre de Kevin Costner movies, de l’épouse délaissée qui tente de ramener à la raison domestique son mari. On ne peut clairement plus faire ça mais le problème c’est que Nolan crée ex-nihilo une force de caractère à ce personnage, qui est sinon assez inexistant et peu intéressant.
Mais sinon JFK, c’était bien mieux car au-delà de sa mièvrerie hollywoodienne, le film est complètement délirant dans son montage même. Il montre bien ce qu’est une théorie du complot, ce que ça provoque comme affect. Le problème c’est qu’il n’a pas tout à fait conscience de ça et qu’il se prend au sérieux, surtout vers la fin. Nolan est lui sérieux de bout en bout et reste scolaire.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe me disais justement en voyant le film que Stone était peut-être, contre toute attente, le cinéaste américain le plus influent du moment. Nolan n’est pas le seul à utiliser cette forme diffractée, et le montage comme unique moteur narratif (presque jamais la scène), comme unique moteur tout court. La construction était à peu près la même dans Vice, par exemple. Et dans beaucoup d’autres.
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Charles
InvitéMalick en est un autre exemple, quoique beaucoup plus radical. Mais pourquoi ce retour en force de Stone? Est-ce une façon pour le cinéma de faire cinéma et de distinguer de la série ? Ou au contraire de susciter tout le temps l’attention du spectateur – comme la série le fait avec des rebondissements incessants – en générant une sorte de stimulus constant?
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François Bégaudeau
Maître des clésMalick c’est vraiment autre chose. Les ressorts de sa forme diffractée sont spécifiques – celle-ci est par exemple indissociable de la voix off mystique qui l’accompagne.
La vogue de la forme que tu as décrite est peut-être à lier, encore, à l’hégémonie de la série, aux canons fixés et imposés par la série : évitement de la scène, flux continu, plusieurs fils menées de front afin qu’il y en ait pour tout le monde. Ici un peu de science mais pas trop, un peu de philosophie des sciences niveau début de terminale (prométhée en intro), un peu de cul, un peu de divorce, un peu de femme opprimée donc, un peu de contexte historique niveau LCP (Hitler, guerre froide), un peu d’espionnage, un peu de magouillerie politique, un peu de rivalité-à-mort, et toujours beaucoup de morale ( Oppie tiraillé, tourmenté, torturé)
Tant que Nolan voudra faire des grands films pour tous il sera un cinéaste pompeux et moyen.-
Charles
InvitéJe suis d’accord même si c’est bien plus ambitieux que 95% des blockbusters hollywoodiens. Nolan essaie quand même de parler de vrais sujets dans ce film-ci même s’il échoue à leur donner une vraie complexité et profondeur.
Sinon m’a assez amusé l’erreur de citation de Marx dans le film. Oppenheimer se trompe en parlant de possession et non de propriété (ce qui montre soit une incompréhension totale de la phrase par le personnage, soit une indifférence non moins grande à ces questions, dans les deux cas cela me semble peu probable) mais ce qui est drôle c’est que le film se trompe lui-même en attribuant cette citation à Marx alors qu’elle est évidemment de Proudhon. Hollywood et le marxisme, c’est toujours pas ça.
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Jacques Sceptes
InvitéQuelqu’un est allé voir le nouveau film de Dupieux ?
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Carpentier
InvitéAu plus tard samedi, en ce qui me concerne.
Hâte d’y voir le jeune type dans la hype 🙂 -
Mathieu
InvitéOui et j’ai passé un très bon moment, Raphael Quenard porte le film et est parfait. 1h10 seulement mais ça suffit. Le film est une petite chose mais ce qu’il fait, il le fait très bien. C’est à dire qu’il fait très bien les trucs de base: situation, dialogues, jeu d’acteurs. Il fait très bien la composante théâtrale du cinéma, justement. Au passage, petit budget, tourné en 6 jours à peine. Tout le monde est bon: Marmai, Chassagne, Gardin et donc Quenard. Même les seconds rôles qui jouent les spectateurs ( le vieux bourgeois râleur, le mec avec son ordi du boulot, l’ado qui a une maladie chronique avec sa mère, les deux filles que Quenard drague, la caissière). La construction est maligne, il y a sans cesse des petites idées qui font rebondir le récit et/ou qui sont drôles. L’ordi, le mot de passe, l’imprimante, le retournement avec le flingue, le contre-retournement. Je ne sais pas s’il faut y voir un propos sur les gilets jaunes, comme dit Tony, ou sur les petites classes moyennes, qui demanderaient juste du divertissement. Peut-être que moi aussi j’étais comme Yannick, je voulais juste être diverti et je n’ai pas réfléchi à ça, à l’aspect politique du film. Je m’en foutais un peu en fait. Le film marche très bien en tant que comédie. Et même la fin est assez touchante avec cette réécriture nulle, mais qui révèle la triste vie de solitude du personnage. J’en remets une couche sur Quenard, sur lequel Carpentier fait bien de dire que le film a été écrit pour lui. Quand je le vois dans des comédies comme celle-là ou comme Cash, je me dis que c’est criminel de le faire jouer des rôles comme Les Mauvais Garçons ou Chien de la casse. C’est comme mettre Jonathan Cohen dans Amanda alors qu’on peut lui faire jouer Serge le Mytho.
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Tony
InvitéSur Quenard je n’arrive pas à me faire une idée, autant je l’ai trouvé super dans Cash, là je ne sais pas vraiment, j’ai l’impression qu’il fait déjà du Quenard,un peu comme ces vieux acteurs qui rejouent le même numéro de film en film.Je ne sais pas si il arrivera encore à nous surprendre, à suivre.
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Carpentier
InvitéBjr ici,
Pas vu Cash, j’essaierai de, de ce fait.
La durée du film est d’autant plus notable que le générique, qui déroule sur un chouette morceau d’envolée au piano, est digne d’un blockbuster (quel farceur ce Quentin) : on y trouve même un métier genre de monteuse-patineuse, un.e chorégraphe pour l’arrivée de la b.r.i., le réal qui remercie, puis la prod, puis le dernier parmi la liste des remerciés par la prod., puis …J’aime ce choix de jouer, jusqu’à la fin, avec le truc vache qui rit de la mise en abyme donc et, devant l’écran, là au moins, tu as de la scène longue; un dispositif qui prend bien son temps pour s’installer, et du burlesque: la scène de l’ouvreuse-vestiaire-gardienne par exemple qui, armée d’un trousseau de clefs à la fort boyard, se tape les escaliers jusqu’au premier et fiche tout en l’air pour ramener sur scène une imprimante mastoc pour le texte de la pièce de Yannick et tout le reste, oui.
Jusqu’à l’extérieur façade du théâtre avec l’affiche (les graphistes apparaissent bien aussi au générique) un visuel outré +++ du trio mimiques vaudeville et ce titre: le cocu.
Pour une fois, c’est clair, et jusqu’à l’intervention tristement exaspérée de Yannick (qui voulait juste égayer un peu son moral en allant au théâtre à Paris) tout le jeu des acteurs repose sur l’hyper outrance du genre vaudeville.
Et le geste de Marmaï pour remettre en permanence sa mèche de cheveux tombante front/ côté droit?
Côté écriture, dès la présentation du perso Yannick, c’est tellement bien vu cette histoire de devoir s’organiser quand on veut voir un spectacle à Paris et que, contrairement sans doute au vieux bourge du quartier qui subventionne le théâtre avec son abonnement et va donc voir, indépendamment de son réel intérêt, tout ou beaucoup de la programmation*, il a même dû poser sa journée (sa nuit) puisqu’il est gardien de nuit ^^ (* cf.ugc illimitée et je sais de quoi je cause)
C’est ficelé, on voit le spectateur qui alerte la police, sans aucun doute, sortir de la salle et ce relatif immobilisme participatif des spectateurs à la direction du truc par Yannick peut aussi s’expliquer par l’état, prêt à beaucoup (à tout?) dans lequel on se/nous met quand on va au spectacle.
J’aime beaucoup le dialogue autour de la ’ prise en otage des spectateurs par les acteurs/le metteur en scène que renvoie justement Yannick aux 3, quand il les interrompt.
Et c’est quand même récurrent, dans le stand up notamment, voir ça fait maintenant partie du truc, d’être interpellé, sur ton siège, à la manière des clowns d’antan qui t’amenaient sauter sur un minuscule trampoline.
Peut pu être tranquille en tant que spectateur-trice, en vrai.
Alors autant faire une o.p.a. sur le truc si c’est cassee-couilles, non?-
Carpentier
InvitéEt les deux potes, qui ont gagné ou recup les places gratuitement (cf. tous les sites pas chers et/ou gratuits, type billet reduc pour remplir les salles – et pas trop déprimer la compagnie qui jouerait/s’échaufferait devant peu de monde? – ) et qui finissent par se désolidariser en caftant chacune sur le possible hébergement chez l’autre et se défaire du piégeux ’ possibilité de dormir chez vous pour m’alléger du stress du dernier r.e.r? ‘
J’aime le braquage hyper soft justement par Yannick, pas besoin d’en faire des caisses, c’éatait p1s vif dans la salle, et surtout, on sait qu’il existe bien plusieurs faits divers où la ou les victimes ont été braqué.es avec un jouet.
Ici, on saura assez vite que c’est finalement un vrai, quand l’un des 3 acteurs tente sa chance pour désarmer Yannick – et y parvient – motivé qu’il est par l’enroulade aléatoire de récompense promise par sa partenaire de jeu –
Mais le fait de l’absence de gestuelle menaçante avec l’arme braquée ajoute justement matière à penser, je trouve, notamment aux effets produits quand ’ on est au spectacle’ , à la sorte de manipulation/fiction volontaire qu’on accepte, une fois en place de spectateur.
On regarde jusqu’au ça va aller et le jeu du vrai/faux est le socle du spectacle donc bon.
Combien, ici, par exemple, se sont déjà levés pour quitter une salle de spectacle?
Une fois, moi, au ciné, je m’endormais trop et c’était carrément chiant (sais pu ce que c’était) et une autre en concert à Lille (trop de rappels auxquels ce cher Balavoine et ses musiciens répondaient toujours tandis que mon père, qui venait chercher mes 3 potes et moi, avait réussi à entrer et assistait au truc juste à côté de la plateforme sons et que je craignais de le faire trop attendre sur le parking (on l’a finalement attendu une bonne demi-heure à côté de la voiture tandis que lui était trop ravi. On en parle encore aujourd’hui parfois)-
Ostros
InvitéOui tu peux t’en aller d’un spectacle qui ne te plait pas ou rester par politesse ou pour être avec les gens que tu accompagnes mais tu vas cesser de réagir à l’action. Comme moi devant Yannick qui me suis mise à accumuler dans ma tête les éléments nazes et à penser à autre chose. Ce truc du braquage des spectateurs c’est valable quand tu es enfant et dépendant des adultes pour te casser mais dès que tu es plus grand tu n’es pas ce truc figé qui réagit uniformément à ce qui se passe sous ses yeux.
C’est là où j’ai trouvé ce propos de prise d’otage surfait. Peut-être qu’alors ceux qui sont pris en otage se sont les pauvres qui ont bcp investi en sortant sur Paris ? mais même là je n’y crois pas car j’ai connu des types prolo qui n’hésitent pas à s’en aller lorsque le film les ennuie. D’ailleurs qui va au théâtre ? Qui s’intéresse aux pièces de vaudeville ? La fait que Yannick soit dans la salle est une exception. En général quand tu choisis ta sortie et veux du spectacle tu vas voir le film le plus mainstream (le block buster, la grosse comédie). Le film part d’un fait improbable (un prolo au théâtre) au potentiel comique fort et manque qqch. Sans doute du fait du même niveau de nazitude de la première pièce jouée, de l’intervention de Yannick puis de sa pièce à lui. Y a aucun contraste. C’est le même ton, les mêmes ressorts. Ca bouge pas.-
Ostros
InvitéPour ma part j’ai trouvé que ça manquait de burlesque. Comme dit plus bas il a évincé la matière donc forcément ça fait vide.
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Carpentier
Invitéok, je te lis bien.
Sur ton
… / En général quand tu choisis ta sortie et veux du spectacle tu vas voir le film le plus mainstream (le block buster, la grosse comédie). Le film part d’un fait improbable (un prolo au théâtre) au potentiel comique fort et manque qqch. / …
Il est clair qu’on a affaire à un spectateur de théâtre très occasionnel, mais le coup de devoir s’arranger avec le boulot – et donc de vraiment pas pouloir faire ce qu’on veut côté choix – est très juste.
Et quand tu as enfin l’accord, et bien, tu regardes ce qu’il y a de possible (croisé avec ton budget. )
C’est très réaliste, ça.
Et pour les spectateurs, à propos de leur ’ liberté de se barrer ou non – même adulte.s – on remarque que, seul, le vieux bourge sans doute abonné, part (le gars qui appelle sans doute la b.r.i. on sait pas s’il est venu seul ou pas ) et on sait quand même que, dès que tu es ’ à 2 au spectacle ’ partir, faire selon ses désirs est moins simple, ce que montrent bien tout ceux et celles avec lesquel.les Yannick a le temps de discuter et qui sont souvent en duo.
L’idée principale ici semble être qu’il voulait aussi voir un truc marrant, il me semble.
Car au moment de la narration, Yannick est plus que convaincu sa vie c’est de la merde, qu’il se sent en manque d’amour, que ça ne lui convient pas, et qu’il ne connaît pas le groupe Justine, ce Yannick.-
Carpentier
Invité* pouvoir
Même si le verbe pouloir exprimerait foutrement bien le cul entre deux chaises
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Carpentier
InvitéAprès, suis à peu près certaine que moi, en Yannick, à Avignon par exemple, je pourrais être sidérée devant
.. Ce truc du braquage des spectateurs c’est valable quand tu es enfant et dépendant des adultes pour te casser mais dès que tu es plus grand tu n’es pas ce truc figé qui réagit uniformément à ce qui se passe sous ses yeux. /….
moins figé parce qu’il n’est pas véhiculé ce public, que parce que ce à quoi il assiste est estampillé grandiose, que c’est le truc à voir, que tout le gratin de la culture en parle, ou y assiste, ou voulait le voir mais n’a pas eu de place et tout le cinéma que se raconte les gens du culturel le plus souvent.-
Ostros
InvitéJ’entends. Pourtant c’est déjà un four lorsqu’on arrive dans leur pièce. Ca rit pas des masses. Donc dans la logique notre Yannick choisit une pièce en fonction de son budget et tout pour se faire plaisir. Si la pièce est naze les gens l’écrivent sur les plateformes dédiées sur internet donc il l’aurait vu et il n’y serait pas allé. Or c’est une bonne pièce et qui semble correspondre à son attente sur le papier – selon les commentaires qu’il lit : se divertir. Or on voit bien que ce n’est pas drôle, le public n’est pas conquis. Donc pourquoi aller voir cette pièce molle là et pas une comme celles qui se jouent à Bobino par exemple qui affichent complet tous les soirs et sont destinées au spectacle pour le coup ? Ou une pièce qui affiche « succès : prolongations ». C’est comme si Dupieux postulait qu’il s’agit d’une pièce pour esthètes et que par conséquent Yannick s’ennuie devant. Or on voit bien que la pièce jouée est naze. Et encore une fois si c’était une pièce pour esthètes petits bourgeois alors d’autres qui s’y seraient égarés avant lui auraient averti les autres. Et Yannick averti ne serait pas venu. De base ça tient pas. Donc comme je disais il faut faire trop d’efforts pour passer outre les incohérences de ce film à la narration forcée.
On aurait pu avoir un film « Et si ». Et si ce jeune inculte se retrouvait dans une salle dédiée à une représentation pour petits bourgeois. Mais comme dit dans mes premiers retours Dupieux est passé à côté.
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tristan
Invité» portail entre le monde réel et Barbieland »…
On dirait que tu parles de la matrix vaginale I.G.Y , mais je dois me tromper car notre chère Carpentier, qui a l’art et la manière de mettre le doigt où ça fait du bien, nous a appris que: « Barbie c’est des jambes, des seins et pas de vagin »…
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Carpentier
Invitéoui, oui, toutes charges comprises, Tristan, je confirme.
Quant au sujet ciné – je me permets – pas vu Oppenheimer.
Je connais bien l’histoire puisque, pour la bonne atomique, se sont inspirés de moi. -
Carpentier
Invité* ta chère Carpentier 🤣
TCC, pour vous servir.
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Ourson
InvitéQuelqu’un a vu le film Farang ?
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Graindorge
Invité2001: odyssée de l’espace. Je m’y suis ennuyée🥱
Mais j’étais en bonne compagnie et il faisait bon!-
Léa
InvitéQui s’en fout ? ✋
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Nox
InvitéPas toi il semblerait, vu que tu as pris le temps d’écrire un commentaire.
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Carpentier
InvitéTu as vu Yannick?
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Graindorge
InvitéQui s’en fiche aussi qu’ on s’en fiche:✋
Soyons légers. Ce monde est lourd -
tristan
InvitéConseils pour l’été
Tu es en manque de chaleur, de sexes en érection frôlant le tissu de ta robe estivale, tu aimes te faire marcher sur les pieds, pratiquer l’amour sans consentement ?
Fais comme Carpentier: prends la ligne 7, la chair n’y est pas toujours triste.-
Graindorge
InvitéPunaise! J’le crois pas! Y faudrait se taire et laisser insulter la gent féminine par un « triste Âne »( pardon pour les ânes que j’aime tant!) ?! Non mais. Oh.
Dans un forum où on fait des efforts dans beaucoup de domaines: écologie, féminisme et un grand etc…
Vous auriez dû tourner 7 fois votre énième bière avant d’écrire des bêtises plus grosses que ce que vous avez peut-être. Rassurez-vous, je crois que personne ici n’ira vérifier. Gardez le bénéfice du doute et vos conseils scabreux. -
THEOPHANE VERLAN
InvitéÇa marche bien l’écriture de livres pour enfants, Tristan ?
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Ostros
InvitéIl écrit pour les enfants ?
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Carpentier
Invité… pratiquer l’amour sans consentement ? …
Pour pratiquer cette activité, Bayonne a l’air pas mal aussi
https://www.liberation.fr/societe/fetes-de-bayonne-quel-etait-le-dispositif-de-securite-et-prevention-20230804_YXUFUGJNFVGPNGQA54VHXUFQT4/-
Carpentier
InvitéTandis qu’aux JMJ, sous les yeux de Corcovado Christ, il semblerait qu’on patiente en attendant le mariage 😅
https://www.leparisien.fr/archives/les-amours-des-jmj-27-07-2013-3011529.php
En voilà une idée pour les Feria de 2024 🤣
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Adamou
InvitéBonjour camarades sitistes, j’ai vu récemment quelques Lars Von Trier puisqu’ils en ressortaient et quelque chose m’intrigue chez lui au niveau du cadrage/ montage. Aimant plutôt qu’on me laisse regarder, j’ai un penchant pour le plan fixe et ai tendance à être insupporté par la caméra épaule qui à la tremblotte pour « être au plus près du personnage » comme on l’entend partout. Heureusement le cinema déborde largement mes petites préférences personnelles et je me retrouve à adorer les films de ce cher Lars. Quelque chose me dit tout de même que la tremblotte de Lars (dans melancholia par exemple) est assez differente du geste de base de coller le personnage. Au debut d’irritation qui nait chez moi au début du film succède un étonnement. Ce que j’ai sous les yeux je ne l’ai pas tant vu que ça, s’y glisse des coupes assez abruptes et peu conventionnelles. Je ne saurais trop caractériser sa façon de filmer et voudrais savoir si vous aviez des idées
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Dr Xavier
InvitéSalutations, je pense à ceci, malheureusement que en anglais. Sans doute des éléments de réponse à 4min32s :
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Adamou
InvitéMerci Dr. Pas fan des conclusions sur ce que ces effets montreraient de la psychologie des personnages mais assez intéressant qu’il identifie bien certains cuts et pourquoi ils produisent de drôles d’effets.
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Charles
InvitéJe recommande sur Arte un film de Radu Jude – auteur de Bad Luck banging or loony porn – tout aussi intéressant que celui-ci et qui s’appelle Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares. On y retrouve le même goût pour les longues scènes dialoguées en plan fixe, pour la distanciation et pour la réflexion historique – ici il s’agit d’une représentation par une troupe de théâtre amateur à l’occasion d’une commémoration officielle du massacre des juifs d’Odessa ordonné par le Pétain roumain, Antonescu dont une citation a donné au film son titre. Bien que certains des thèmes soient assez classiques pour la critique française (la question de la représentation de l’irrepresentable et de sa spectacularisation), le film vaut pour sa mise en scène remarquable de rigueur, l’intelligence de ses dialogues et la qualité impeccable de ses interprètes. A voir, avant le prochain film qui arrive en septembre et dont les premiers échos sont dithyrambiques.
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PoutPout
InvitéJe confirme, N’ATTENDEZ PAS TROP DE LA FIN DU MONDE est un film hors-normes, totalement libre et complètement maîtrisé. On ressent quelque chose d’un certain état du monde qui se cristallise alors devant nos yeux, sa fin peut-être ?
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Graindorge
Invitésa fin peut-être? » Ou peut -être PAS. N’attendons pas trop de « la fin du monde » et imaginons d’autres scénarios. Sait-on jamais. Et Si cé vré qu’on est tout-puissants?
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PoutPout
Invité« d’un certain état du monde[…] sa fin peut-être. » J’entendais ma phrase comme étant positive et non lamentatrice. 😉 Radu Jude appuie fort sur l’impact des conneries du capitalisme sur les corps humains que cette fin en devient vraiment désirable.
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Buster
InvitéC’est noté ! Merci pour la recommandation !
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Claire N
InvitéMerci Charles
Est pour les pistes de réflexion sur la question de l’irrepresentable et de la spectacularisation
Parce que pour moi ce n’est pas classique
Cela m’a je pense été utile lors du visionnage
J’ai bien aimé voir comment une metteur en en scène travaille avec la matière historique, les acteurs professionnel et figurants qui eux même tentent d’intervenir avec leur mythologie, leur moralité
Et au final le public imprévisible-
Claire N
InvitéEt puis je suis contente parce que ce film me fait
Penser un peu à « ne soyez pas vous même « et quelque aspects de « la grande histoire «
Pas vraiment autre chose que la joie de faire un lien pour le moment, mais c’était cool
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Dr Xavier
InvitéJ’ai commencé samedi Peu m’importe… mais j’ai dû interrompre au milieu cause insu de mon plein gré. Je voulais poursuivre aujourd’hui, mais je ne le retrouve plus, c’est moi ou le film est déjà retiré de Arte Replay ?!? Quelqu’un.e pourrait confirmer ?
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François Bégaudeau
Maître des clésje m’associe à la demande
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Sarah G
InvitéApparemment la vidéo n’est plus disponible sur le site d’Arte, j’ai essayé de trouver la vidéo, sans résultat.
Visible sur la plateforme Universciné en VOD.-
Charles
InvitéAh c’est fâcheux. A la place, vous pouvoir toujours (re)voir Une histoire vraie de Lynch qui vient d’être mis en ligne sur le site d’Arte.
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Sarah G
InvitéMerci pour la recommandation Charles et PoutPout
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François Bégaudeau
Maître des clésnoté
j’avais déjà plutot beaucoup aimé son film précédent-
PoutPout
InvitéD’ailleurs, pour la mise en bouche, vous retrouvez son dernier court-métrage THE POTEMKINISTS sur Mubi.
Et s’il y a un quelque chose, avant la Palme d’Or, à porter une certaine attention, c’est FERMER LES YEUX, le retour de Victor Erice au cinéma. J’ai écrit un texte pour une association :
« Il était une fois une histoire de fantôme qui aurait hanté le cinéma de Victor Erice, où son absence, une ellipse longue de trente années, sépare son dernier film (Le Songe de la lumière (1992)) de Fermer les yeux. Le voilà revenu d’on ne sait où, avec une proposition deux fois plus généreuse : un film dans le film. Ce premier film, qu’on pourrait quasiment dater au moment de l’arrêt de son cinéma, s’ouvre sur une scène en France, dans un château avec un personnage, Triste-le-roi qui missionne un enquêteur pour revoir sa fille. Ce premier film, à peine rentré dedans, on nous l’enlève de la vue tandis qu’on commençait à peine à en apprécier toutes les saveurs. Ce passage du premier film au second, c’est la pellicule que l’on déchire inopinément, c’est l’acteur qui se soustrait à la fiction, le cinéma que l’on ampute de sa magie, le grain de son image. Pendant trois heures, c’est le manque de ce film initial que nous ressentons, la bouche ouverte à la douceur de la mélancolie, durant lesquelles les souvenirs sont convoqués et où, nous spectateurs et eux personnages, recollons les morceaux du passé. Fermer les yeux est un film collectif qui donne toute sa confiance au romanesque d’une disparition qui tient le spectateur en haleine, une odyssée longue et magnifique. Si nous sommes heureux de la réapparition de Victor Erice, ce n’est rien comparé à celle de la magie du cinéma que nous touchons du bout des yeux, dans une dernière scène déchirante et pourtant réconciliatrice. Le miracle de Dreyer devient celui du cinéma, du moins celui d’Erice, le temps de trois heures à fermer les yeux, peut-être pour les ouvrir, différemment. »
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Malice
InvitéLa chance tu as pu voir » Fermer les yeux »…
Tu as des infos sur sa diffusion? ( Sur allociné il est dit qu’il ne passera pas par chez moi..)-
PoutPout
InvitéJ’ai l’impression que la distribution sera malheureuse…pour ne pas dire saccagée. Le film s’est dévoilé (affiche, bande-annonce etc.) à 3 semaines de sa sortie, la plupart des exploitant.es n’ont pas pu le voir, c’est un beau bébé de 3h qui n’a pas le marketing du Nolan ni même du Ceylan qui est un réalisateur en activité plus régulier et la Palme d’Or sort la semaine suivante. Je ne doute pas que le bouche-à-oreille sera bon mais…faut-il que les spectateur.rices le voient. Cet agglomérat de paramètres manquants me laisse un peu con. D’ailleurs, n’hésitez pas à indiquer à vos exploitant.es que vous êtes intéressé.es par le film, cela peut les orienter si le choix doit se faire entre ce film là et un autre.
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Malice
InvitéDéjà qu’Erice a manqué la sélection officielle à Cannes…Décidément c’est compliqué pour lui.
Tu aimes « Le songe de la lumière »? Si tu ne l’as pas vu, j’ai posté un lien vers le film dans un des sujets du forum ( « Victor Kiarostami »)-
PoutPout
InvitéJ’ai débuté Erice par l’envers ! Je vais remonter le fil petit à petit. Merci pour le lien 🙂
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Claire N
InvitéTu as raison, nous avons un ciné associatif
Je leur ai proposé, on verra si les copains copines
Suivent le conseil
Merci pour la recommandation en tout cas
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Mélanie
InvitéSur Tenk, deux films bien aimés, à propos d’art pauvre :
https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/portrait/le-camionneur-et-le-renard-
Mélanie
Invité-
Sarah G
InvitéMerci beaucoup Mélanie
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Claire N
InvitéÇa a l’air chouette merci
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Tony
InvitéYannick une merde de plus dans le palmarès bien fourni de Dupieux,un concept qui pourrait être fécond entre d’autres mains et qui est massacré par Dupieux qui en évacue le potentiel subversif (un spectateur gilet jaune interrompt un vaudeville bourgeois,s’invite sur scène et réécrit la pièce,cette fois ci une plainte sur le manque d’amour!), point positif Pio Marmai est excellent.
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Carpentier
InvitéTandis que Gardin, qui n’y fait que du Marina Foïs, incite juste, lorsqu’on la voit dans ce film, à ce que l’on encourage à écrire suffisamment pour retourner sur scène.
#gardinnouveauspectacleplease #stopgardinauciné
ps: Pio y est pas si loin non plus du cabotinage d’un J.Phoenix, seul Quenard, king of the hype, y existe.
Quand on apprend, après visio, que le film a été écrit pour lui, ben on dit juste: ‘ ok, c réussi ‘.-
Ostros
InvitéJe suis allée voir le Dupieux hier et je suis restée à côté. Trop d’incohérences. Il faut faire trop d’effort pour accepter que les situations ont été évidées, tordues (absence de toutes l’équipe d’un théâtre qui gravite en coulisses excepté la fille du vestiaire car utile). Quenard joue le teubé qui gueule comme dans ses films précédents. Comme Tony je me demande s’il passera l’hiver, ne va-t-on pas se lasser de cet unicolor grimaçant. On doit accepter aussi des lourdeurs de préjugés : Yannick est gardien de nuit, pauvre DONC con comme une quille – et a toutes ses dents impeccablement blanches et droites (incohérence). Comme le fait que Yannick trouve immédiatement tout ce dont il a besoin (ordi..). Et surtout le manque de créativité qui se fait passer pour de l’humour (mot de passe du pc : vaginal; il a une femme à poil sur son fond d’écran et voila que ca fait une longue scène gênante car pas drôle car déjà vue dans les annees 80; le coincé qui a mauvaise halaine, etc). J’ai trouvé aussi Pio Marmai bien dans son rôle. Blanche Gardin moins. C’était très long pour moi cette heure. J’ai ri par moment : quand les 3 jouent la pièce de Yannick avec les répétitions et les fautes d’orthographe. Quenard qui est ému aux larmes à la fin c’est pas émouvant ni drôle donc c’est très bizarre de se trouver face à ce genre de scènes où tu te dis « qu’est-ce qu’il a voulu faire ? Je suis censée le prendre comment ? ». J’ai bien aimé le personnage du vieux bourgeois – et le fait que ça soit lui qui lui fasse remarquer que comme il a le pouvoir il n’est pas obligé de demander des services : il prend. C’est court et bien vu. Et j’ai bien aimé aussi ce qu’il a travaillé autour des conditionnements des spectateurs, le fait que le mec qui se lève pour donner son pc revienne pile à sa place en passant devant les gens qui se lèvent pour le laisser passer – alors qu’il aurait pu s’assoir n’importe où. Les acteurs ne sont pas hermétiques à la précarité des autres corps de métier donc il est étrange ici à ue les trois unanimement se foutent de la gueule de Yannick au sujet de ses sacrifices. Le couple de propriétaires d’une auto école est très bon et la séquence est bien foutue. Il m’a semblé que Dupieux traitait le public comme une masse. Elle rit au même moment et s’ennuie au même moment (à part le vieux bourgeois qui finit par se casser). Et je pense que mon grand ennui vient de cette grande homogénéité. Il aurait fallu juste des individualité pour vraiment créer des situations, un poil de complexité (il les fait apparaître lorsque Yannick vient leur parler mais dès que des scènes se jouent sur le plateau y en a pas un qui réagit autrement que les autres. Clairement tout le monde s’en fout de Yannick, même si le jeune s’ennuie comme lui il ne prend pas partie. Donc on sait que c’est bien une prise d’otage pour tut monde et que tout le monde veut se barrer de là. J’aurais bien aimé un rapport spectateur / scène / acteurs plus tendu (terrain du comique de situation). Qu’il y en ait au moins juste un qui soit vraiment de son côté. Un travail un petit peu plus poussé qui m’aurait fait m’imaginer une fin avec la BRI qui débarque et se trouve face à une partie du public qui applaudit la nouvelle pièce et l’autre partie qui est soulagée d’être enfin secourue par exemple.
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Ostros
InvitéEt à part le vieux bourgeois qui est clairement contre lui, les autres lorsque Yannick vient leur parler donc les extraire de la masse pour leur donner une individualité sont tous fades. Le public est éteint et comme un automate on off qui se plie à l’avancée du scénario de Dupieux.
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Ostros
InvitéAu fait si ce vieux bourgeois nous reste c’est parce que des rôles secondaires c’est le seul qui a de la personnalité (le seul dans le public – là où les autres subissent, suivent, obéissent). Dupieux a fait une salle avec très peu de public il aurait pu épaissir un peu les autres spectateurs dans leur rapport à Yannick, à la pièce vue avant son intervention et aux trois comédiens.
A moins que ce soit ceci le discours politique (pessimiste) de Dupieux : il y a la masse qui n’a aucun pouvoir, toujours suit les directives, est tiède (tiède parce qu’elle n’a pas de pouvoir ?. Et le bourgeois (infériorité numérique) qui n’a pas peur de l’ouvrir, de menacer, de partir.
Aussi je trouve que l’utilisation du flingue pour que chacun reste à sa parce inutile puisque le dispositif de Dupieux consiste dès le départ à ce que le public reste assis et les comédiens restent sur la scènes. Avant les menaces de Yannick ils n’avaient pas bronché plus que ça lors de son intervention. Ils étaient très sages. Donc je mets en lumière en écrivant mon retour sur le film une autre cause de mon ennui : le procédé d’extinction de l’action de ce film, par son réalisateur, qui dissout l’efficacité qu’aurait dû avoir le flingue.
A moins que Dupieux soit conscient de tout cela et se soit amusé à faire double couche (écriture qui prend en otage ses personnages / flingue & prise d’otages) pour justement traiter en sous texte de ce que peut faire comme dégâts un cinéma en contrôle.-
Tony
InvitéMoi aussi j’ai bien aimé la scène très réussie avec le couple de patrons d’auto-école,le vieux bourgeois aussi(d’ailleurs Dupieux est malin car il lui fait dire la critique du dispositif,ce qui place Dupieux du côté populaire anti-elite),bien d’accord sur la vanne moisie du mot de passe,pc et fond d’écran.Pour ce qui est du public,il est clairsemé mais homogène socialement, ça reste assez abstrait malgré tout car,comme tu le soulignes, lors de sa première tirade lorsqu’il interrompt la pièce, le public reste de marbre.
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Carpentier
Invité.. A moins que Dupieux soit conscient de tout cela et se soit amusé à faire double couche (écriture qui prend en otage ses personnages / flingue & prise d’otages) pour justement traiter en sous texte de ce que peut faire comme dégâts un cinéma en contrôle. / …
Yes, d’où mes lignes sur son jeu de mise en abyme tout du long de son film.Et que dîtes-vous de la scène aveu mi-feinte/mi-sincère (pour piquer le flingue) de Rivière, le perso du mari cocu – mais c’est platonique?
Que Yannick soit cueilli par sa qualité de jeu à ce moment là – y compris à ses dépends puisqu’il n’a pu le flingue ( pour peu de temps comme on sait) est grandiose: il est touché par la sincérité de jeu et de ton de l’acteur, l’applaudit même, il est touchant de sincérité, il aime être bon public – et pour cause? Rivière est-il bon parce qu’il se moque, dit e qu’il croit être juste pour Yannick en fait? un prolo qui rêve d’être artiste? d’être Belmondo? – ou ne joue-t-il, n’improvise-t-il qu’à partir de lui?
Scène aussitôt suivie du vrai visage de Rivière, méprisant, cruel et psychopathe total hors contrôle, une fois qu’il a le flingue.
Scène qui écœure jusqu’à ses 2 compagnons de jeu et pas le public, toujours pas, qui doit croire – jusqu’au bout (et jusqu’à l’entrée de la b.r.i., oui, Ostros) que c’est dans la pièce, une sorte d’hommage commémoratif au Bataclan peut-être 😎-
Carpentier
InvitéMais, mais quand même ( Blanche, si tu lis ici 👋) n’avais-je pas dit que, sur le ciné, je la bouclais.
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Ostros
Invité« DONC con comme une quille » Pas vraiment, c’est le plus rusé.
Je vais refaire le film, car à mon goût Dupieux se vautre.
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Carpentier
InvitéEn vrai, crois bien que Dupieux aime The square.
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Charles
InvitéCe soir nous avons appris la mort de Billy-le-dingue Friedkin, un de mes réalisateurs préférés du Nouvel Hollywood. Ce n’était pas sûrement pas un grand cinéaste car il a commis trop de films moyens ou même franchement nuls (je n’oublierai pas ce film dégueulasse qu’est l’Enfer du devoir, justifiant les pires atrocités des US au Moyen-Orient) mais il est l’auteur de grands ou simplement d’excellents films. Je retiendrai de lui, sans grande originalité, French connection, To live and die in LA, l’Exorciste, Cruising, Sorcerer dans sa grande période 70s début 80s puis, après une perte d’inspiration de plus de 20 ans, les deux joyaux Bug et Killer Joe. Plus métaphysique qu’un Scorsese, moins maniériste qu’un De Palma, plus léger qu’un Coppola, il était sans doute le plus imprévisible et le plus audacieux de ces cinéastes. C’était un grand cinéaste d’action – personne ne filmait les corses-poursuites en voiture comme lui – à une époque où l’action n’était pas totalement déréalisée et concernait des personnages ayant encore un lien avec le réel. C’était sa force de combiner un filmage brut, réaliste, précis avec des scènes de virtuosité et de tension qui s’appuyaient justement sur ce substrat réaliste. Il faisait un cinéma physique, presque tripal, très éloigné des mièvreries spielbergiennes et lucasiennes.
Je tiens l’Exorciste pour l’un des sommets du cinéma fantastique : un prologue envoutant et inquiétant qui se poursuit par une première partie très réaliste avant de monter progressivement dans l’horreur et de basculer de façon très baroque dans un déluge d’effets mêlant le grotesque et la terreur, sans jamais tomber dans la parodie. La film a très bien vieilli et me glace encore le sang. Mon autre préféré est Cruising, film pourtant mutilé, dont le processus de production a été très chaotique. Pacino est complètement perdu, danse n’importe comment défoncé sous poppers et c’est super. Friedkin n’aura raconté qu’une chose en définitive (dans ses meilleurs films) : la contamination du Mal. Ce film qui montre un flic infiltré dans le milieu gay SM à la recherche d’un tueur en série et passé de l’autre côté ne déroge pas à la règle. Encore une fois assez jusqu’au-boutiste dans ce qu’il filme et ne ressemblant pas à grand-chose d’autre de l’époque, le film m’a donné une intuition sur Friedkin : un mec très réac qui a évolué dans un milieu et dans une période assez progressiste. Ce qui donne une tension très intéressante à ses meilleurs films. Ici, on sent dans les premières scènes que le film est un peu dégoûté par le milieu gay SM, montré comme un milieu parfaitement décadent. Sauf qu’au fur et à mesure le regard change et on voit plutôt une sorte de paradis perdu, le dernier endroit de vraie liberté, bien que vénéneux et qui risque de faire perdre la tête. Le dernier plan du film sur le visage de Pacino (qui ne savait pas du tout ce qu’il jouait en définitive et ce d’autant plus qu’il se comportait comme une diva et refusait d’apprendre son texte) qui se regarde dans la glace, le regard perdu mais pas vague non plus, en perte totale d’identité fait partie des plans dont je me souviendrai à jamais.
Il a tourné un dernier film, pas encore sorti et qui sera montré au festival de Venise. On ira évidemment le voir.-
Seldoon
InvitéD’accord avec tout ça. Je citerais aussi Bug que je n’ai pas revu depuis sa sortie et espère donc ne pas être déçu. On y découvrait Michael Shannon avant qu’il soit partout et on plongeait avec ce couple dans la paranoïa.
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Seldoon
InvitéAh tu as cité Bug en fait !
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François Bégaudeau
Maître des clésLignes autrement intéressantes que celles pondues par Thoret sur son mur.
Ce n’est pas moi qui m’acharne, c’est lui. Il s’acharne sur le cinéma comme on dit qu’un assassin s’est acharné sur sa victime.-
Charles
InvitéJe te cache pas que je suis allé voir ce qu’il en a écrit avec un certain espoir hier soir et effectivement il a décidé de ne rien en dire.
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Charles
InvitéTu auras dû remarquer qu’il a également publié un commentaire élogieux du dernier film de ton cinéaste préféré vu en avant-première.
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Leo Landru
InvitéJ’avais vu son documentaire The Devil and Father Amorth. Je ne sais pas où on peut le trouver hors Shadowz. Peut-être Netflix.
Où Friedkin se frotte au quotidien d’un prêtre exorciste italien et documente un « vrai » exorcisme. Où il demontre aussi son attachement à la fois au réel et au spirituel.
Je trouve juste ta description de L’Exorciste. Merci. -
julien fou
InvitéJe ne savais pas qu’il était mort. J’ai vu Killer Joe sans doute diffusé peu après son décès. Moi aussi je lui rend hommage.
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François Bégaudeau
Maître des clésToledano?
Nakache?-
Seldoon
Invité« 1er juillet. Santa Monica. Waiting for the Mann. Et Ferrari.
Pendant la projection, Michael Mann, pour la nième fois sans doute, remplit des pages de notes, d’indications diverses, de détails à améliorer, de micro-modifications à faire (ici, un quart de seconde en trop, là, le mixage d’une fin de séquence à revoir encore, plus loin, une couleur à préciser). Le film s’achève, il est magnifique. Mann repart au travail. »
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne comprends pas bien
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Charles
InvitéLe dernier film de Michael Mann est un biopic d’Enzo Ferrari. Thoret a visiblement assisté à une avant-première privée d’une version pas tout à fait définitive du film en présence de Mann. Et Thoret a trouvé le film magnifique.
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François Bégaudeau
Maître des clésFerrari-Mann, ça marche
La bagnole
Les petits garçons salivent d’avance.
Le but du récit étant essentiellement de signaler à tout le monde que Thoret est dans l’intimité de Mann. Comme il se piqua d’etre dans celle de Cimino
Thoret n’est pas un critique, mais un type qui aurait voulu être un cinéaste américain. Pardon : un-cinéaste-américain-des-années-70-l’âge-d’or.-
Charles
InvitéOui et j’imagine assez bien à quoi va ressembler le film : une alternance de scènes de courses automobiles fiévreuses et de scènes mélancolico-crépusculairo-viriles avec un Adam Driver grimé et avec l’accent italien.
Pour Thoret, c’est exactement ça. Je pense qu’il a définitivement renoncé à la critique et tout simplement à dire des trucs sur le cinéma.-
Seldoon
InvitéOui je suppose que le vers était dans le fruit depuis le début, mais il y a bien une dégénérescence avec les années. Ce post sur Mann est particulièrement gênant.
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Dr Xavier
InvitéMais où donc peut-on lire la prose de cet homme ?
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Charles
InvitéSa page Facebook.
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François Bégaudeau
Maître des clésOccasion de te dire, seldoon, que l’entretien avec Letourneur est vraiment bien.
Si j’osais je dirais que c’est très complémentaire avec la Gene
L’un cumulé à l’autre formeraient une sorte de créature critique parfaite, seule concevable par alchimie numérique.
Une sorte de Thoret qui serait le contraire de Thoret
J’aime m’acharner.-
François Bégaudeau
Maître des clésJuste un peu frustré que vous ne lui ayez pas demandé de préciser le pourquoi de son refus, effectivement patent et décisif, de la trajectoire.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn attend l’entretien avec Mann.
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Seldoon
InvitéMerci ! Oui j’avais noté en écoutant la Gêne (qui est sortie après notre enregistrement) que beaucoup des pistes qui y étaient développées trouvaient leur écho dans l’entretien. Sortons le DVD, je me charge de faire faire un commentaire audio à Jean-Baptiste.
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diegomaradona
InvitéJ’ai vu Antichrist au cinéma ce soir. C’est moi ou ce film est raté ? Quelqu’un lui trouve des qualités ?
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Cyril
InvitéDémasqué 😁
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Dr Xavier
InvitéPeu m’importe… a disparu, Une histoire vraie ne repasse que le 16 août (et pas clair s’il restera disponible après). Dans l’attente j’ai vu sur Arte Replay :
– Une histoire d’amour et de désir (L. Bouzid, 2021). Le film était encensé par la critique d’après AlloCiné. Suis partagé. D’un côté j’ai aimé le thème de l’éveil amoureux et sexuel d’un jeune garçon maghrébin par une fille plus entreprenante que lui, mais j’ai aussi gardé une impression de téléfilm un peu convenu, lisse, sans beaucoup d’asperités (sauf peut-être la fois où il joue le coq agressif face à une autre menace mâle).
– No Sex, documentaire de D. Cros (2022). Un dispositif très classique avec les seuls témoignages d’hommes et femmes face caméra qui n’ont pas ou plus vraiment de vie sexuelle, qu’iels expliquent par différentes circonstances. Parfois un peu stabylo, les images en arrière plan surlignant le propos. Mais je trouve que ça vaut le coup, le réalisateur réussit à rendre ces témoignages très touchants, avec des caractères tourmentés, émouvants, des manières de parler et dire des choses de façon un peu cassée, déglinguée.
– 2 ou 3 choses que je ne sais pas d’elle, court-métrage de S. Chemloul (2022). On suit Lila, 18 ans, durant la journée de l’Aïd, et dont on comprend qu’elle a récemment décidé de porter le jibab (voile intégral ne masquant pas le visage). La réalisatrice déroule sans jugement mais avec tendresse sa journée, et l’incompréhension bienveillante de sa famille. Les femmes occupent la très grande majorité des plans. Il y a une scène plutôt drôle où Lila se teste pour savoir si elle est enceinte. En revanche avec ce titre je n’ai pas du tout saisi le lien avec le film de Godard (aussi sur Arte en ce moment) et/ou le texte de Modiano sur Deneuve, si quelqu’un.e a une idée…-
François Bégaudeau
Maître des clésJe n’arrive pas à me lancer dans ce « Une histoire d’amour et de désir », qui m’a l’air d’un niveau de bien-pensance inégalée sauf peut-être chez Guillaume Brac.
Je regarderai plutot les deux autres.-
Ostros
InvitéJ’avais corrigé le scénario de deux ou trois choses en 2018 il était très bancale je suis curieuse de voir ce que donne le film – sorti en 2022 je vois.
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Ostros
InvitéLa mouche me colle encore au cul.
Bon on va la laisser faire avec ses fautes.
Pauvre fille.-
Ostros
InvitéC’est bon Samia tu as tout lâché ou tu compte rester encore un peu ?
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Ostros
InvitéTu compteS…usurper les identités combien de temps encore ?
Pfff, y en a marre de ces trolls de no life.-
Ostros
InvitéEn effet.
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Ostros
InvitéJe demande au modérateur d’intervenir pour bannir cette mouche qui pollue notre espace.
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Ostros
InvitéJe t’en prie ne me fais pas revenir vers vous. Et surtout tiens ta bouche, c’est mieux !
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Ostros
InvitéJe suis sûre que tu trouveras n’importe quel prétexte pour revenir ici. Sous un énième pseudo car tu as du temps à perdre et créer de nouvelles adresses e-mail tu n’as que ça à faire. Mais tu as beau vouloir rester anonyme pour insulter les gens de ce site, ton seum est détectable à des kilomètres.
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Ostrosdemesdeux
InvitéEcoutes bien petite merdeuse tranxénée, fais ce que t’as à faire ici et lâche moi la grappe ! Je te jure que si tu réitères toi et tes petits copains de pacotille à user de mon prénom et dire des saloperies, ça va être le même trip que ton troll de merde.
Oublies moi mocheté.-
François Bégaudeau
Maître des clésbien vu ostros. c’est bien elle.
dont je ne redirai pas le prénom, par égard pour elle qui en a tant pour nous-
Ostrosdemesdeux
Invité« Bien vu Ostros » Quel âge tu as déjà ? T’as vraiment tout compris.
Je seraiS toi je tiendrai ma bouche mais bon, à ta guise, Ta maison d’édition est au courant. Enfin tout le monde est au courant sauf toi. Je t’encourage à persévérer.Réponds à tes amis Tristan et diegomaradona tes amis racistes.
En même temps avec des références sur le colonialisme comme celle de Pascal Blanchard, rien d’étonnant.Chère Ostros, j’ai oublié de te dire de passer le bonjour à Larbi Oubaida. Je m’abstiendrais de te raconter comment il te considère et ce qu’il pense de toi !
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Leo Landru
InvitéVu No Sex. Je réduis mais on éprouve le remplissage : « voici des gens qui ne baisent pas et ils sont comme vous et moi ». Et une fois que c’est dit il ne reste pas grand-chose de ces témoignages d’abstinence volontaire, accidentelle ou subie. La déglingue de ces déclamations face caméra paraît artificielle, tire-larmes presque, comme une tentative de parler des asexuels qui parlerait peu des asexuels, à l’exception intéressante du couple de jeunots qui sauvent le film. On sent une dynamique de pouvoir et une domination dans ce petit couple formé sur internet, on sent que les sourires se forcent un peu sous l’odeur de patchouli, on sent qu’il y a du non-dit, ce serait de la fiction, on irait vers la rupture ou l’adultère. C’est leur intervention qui sauve de la tristesse ennuyeuse du cadre sup delaissé par les femmes – lui-même ne témoigne que pour rendre service au documentaire, et il le dit. Le couple complice/incomplice en dit plus qu’une personne qui répond avec douleur à des questions coupées au montage.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu me rappelles que je ne l’ai pas vu
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Tony
InvitéJe viens de le regarder,à part le témoignage dispensable de l’homosexuel les autres sont intéressants,le couple d’asexuel m’a bien fait rire,ils ont remplacé le sexe par des parties de Scrabble,ils sont très mignons,on les voit se tenir la main,on sent de la tendresse entre eux,de la complicité mais il n’y a qu’elle qui se revendique vraiment asexuel tandis que lui pratique ce qu’il appelle l’autosexualité soit un moment de complicité avec lui-même(!),ce qui fait éclater de rire sa compagne qui n’a pas l’air d’être au courant…
Le témoignage de la jeune danseuse est très émouvant et celui du quadra est assez courageux,on a de la peine pour lui et un peu d’incompréhension aussi sur le fait qu’il ne réussisse pas à trouver quelqu’un(il a 47 ans et son dernier rencard a plus de 7 ans,dur…)
Bref comme souvent dans ce type d’émissions de témoignages on ne voit pas bien quelle conclusion tirer de tout ça…
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Seldoon
InvitéAvant-premières du Triet « en présence de l’équipe du film » :
JEUDI 17 AOÛT À 19H30 | PARIS | MK2 NATION
JEUDI 17 À 20H30 | PARIS | MK2 QUAI DE SEINE
LUNDI 21 AOÛT A 19H30 | PARIS | PATHÉ CONVENTION
MARDI 22 AOUT À 19H15 | PARIS | UGC CINÉ CITÉ BERCY
MARDI 22 AOÛT À 20H15 | PARIS | UGC CINÉ CITÉ LES HALLES -
Charles
InvitéPour rire un peu : https://twitter.com/toutestneutral/status/1691422498946973696
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Charles
InvitéPrécisons que Vincent-je-fais-virer-la-maquilleuse-moins-passionnée-que-moi-Lindon a depuis cette interview de 2006 joué dans 27 films, soit plus d’un film par an.
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Sarah G
InvitéMerci Charles.
Et ça serait génial une adaptation théâtrale de cette interview, génial à jouer en tout cas. -
Mathieu
InvitéEchange de sacrément bas niveau tout de même
Et ce grand bourgeois de Lindon qui est balance « je paye un loyer », né avant la honte-
Charles
InvitéJ’adore ces acteurs intransigeants très fiers de jouer pour Nicole Garcia.
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PE
InvitéVos désirs d’adaptation théâtrale sont à moitié exaucés ! Me suis surpris à lire toute l’interview à voix haute, avec une regrettable tentative d’imiter leurs voix
Bilan : l’emphase boursouflé d’un grand bourgeois dont la voix semi rauque affecte une gouaille de prolo d’antan, c’est quand même beaucoup plus facile à jouer que le naturel explosif d’un belge trop sincère qui veut seulement « mourir avec une bonne haleine ».
Bilan 2 : faut vraiment que j’arrête les imitations tout de suite, ou je vais finir par me prendre en flagrant délit de « Oh bah mon vélo », « Quelle indignité » et autres démoneries…
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François Bégaudeau
Maître des clés… et dans un de ses plus mauvais films, ce qui n’est pas peu dire
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Nox
InvitéJe trouve génial que le seul gars dans cette conversation à dire des choses pertinentes sur ce que pourrait être un artiste, à savoir quelqu’un qui se plante et qui essaye surtout de prendre du plaisir dans ce qu’il fait, ça soit Poelvoorde, soit un mec qui effectivement est capable de jouer dans « cent quarante films de merde » sans sourciller.
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Ostros
InvitéQui a prévu d’aller voir Reality sur cette jeune surdouée engagée Reality Winner ? C’est le premier film de la réalisatrice Tina Satter qui avait déjà travaillé cette affaire au théâtre (elle est menteuse en scène). Les critiques disent que la forme du film n’est pas conventionnelle et bien pensée. Je crains de ne pas avoir le temps d’y aller pour me faire mon idée.
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Ostros
InvitéMetteuse en scène*
quoi que menteuse en scène s’applique bien au théâtre. -
François Bégaudeau
Maître des clésje compte y aller oui
méfiant mais surement -
I.G.Y
InvitéJ’y suis allé hier et pour tout dire, j’ai vraiment apprécié. C’est relativement court, c’est assez haletant même s’il ne se passe à peu près « rien » (au sens du film scénarisé « habituel »), les acteurs sont excellents, la mise en scène et le cadrage ajoutent au malaise : en bref, j’ai accroché!
(précision importante : je ne connaissais rien à l’histoire avant d’aller le voir, ce qui aide sans doute)
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PinocchioS
InvitéMenteuse en a scène, acte manqué ! Acte manque qui en dit long.
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Ostros
InvitéD’accord. Merci Samia.
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Ostros
InvitéLe correcteur automatique des claviers de smartphones : nouvelle cause de consultations en masse chez les psychanalystes (Le Figaro).
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PinocchioS
InvitéDe nada Made Moiselle, c’est bien ton nom facebookien ?
Sans compter le message morbide que tu as laissé de l’autre côté concernant un groupe que tu ne connaissais pas avant ta venue ici.
Tu me fais rire ! T’as fais ton vaccin ?
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Sarah G
Invité« Kasaba » le premier film de Nuri Bilge Ceylan sort en salles aujourd’hui.
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Graindorge
InvitéMerci Sarah. Ça a l’air bien. Dimanche, je vais voir Le retour des hirondelles de Li Ruijun. J’ai aimé le trailler
Toujours devant ma fenêtre à observer l’incendie, à prier. Les nouvelles sont bonnes
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Le ventilateur d’Hegel
InvitéBonjour à tous,
Je pense que vous pourrez éclairer une petite question que je me pose. Ma cinéphilie a débuté il y a quelques années, sa rampe de lancement fut la gêne occasionné. Je sens que le podcast m’a donné des clés analytiques pour être un spectateur actif dans les séances, et surtout sensible et réceptif à ce qu’il se passe dans le plan, s’il est vivant ou non. Tout ça se passant de le cerveau. Mais mes goûts et donc mon corps s’est également moulé dans ceux de nos deux animateurs, mon top annuel est similaire, les nouveaux film commentés résonnent en moi selon le même mode qu’eux, bref j’ai l’impression d’être calibré, usiné. Ce n’est pas pour me déplaire car j’aime d’autant plus le cinéma que j’ai l’impression d’avoir trouvé un champ esthétique m’étant propre. Mais bon mon corps dans tout ça ? Est ce qu’il ne s’est pas effacé ? Ou mes sensations devant un Franco ou un Ostlund ne sont-elles pas seulement cérébrales ?
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Seldoon
InvitéA ce sujet, lire « De l’influence en littérature » de Gide, qui dit que c’est bien ton corps que tu as reconnu dans la Gêne :
« S’éduquer, s’épanouir dans le monde, il semble vraiment que ce soit se retrouver des parents. » (prendre « parents » au sens de famille, pas père et mère)
« On l’a dit déjà : les influences agissent par ressemblance. On les a comparées à des sortes de miroirs qui nous montreraient, non point ce que nous sommes déjà effectivement, mais ce que nous sommes d’une façon latente. Ce frère intérieur que tu n’es pas encore, disait Henri de Régnier. – Je les comparerai plus précisément à ce prince d’une pièce de Maeterlinck, qui vient réveiller des princesses. »
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Noms de pays : le nom
InvitéMerci beaucoup, je comptais attaquer Gide bientôt ca tombe bien, je ferais un retour quand je l’aurais lu. Mais ce qui me gêne encore c’est justement la préexistence de familles esthétiques, comme s’il y avait des lignée de gouts. Mais cela est adressé par le message d’Ostros, je prends ce que vous m’avez donné et je reviendrais convaincu quand je l’aurais dirigé
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Ostros
InvitéFrançois te répondra sans doute que le cerveau c’est du corps. Donc pas une partie dissociée de toi-même. C’est des affects au même titre qu’un goût pour une bonne tarte aux pommes au beurre salé.
Comme tu dis tu es un spectateur plus averti, actif, car tu as appris à regarder autrement – à regarder la manufacture d’un film, le rapport fond / forme et d’autres éléments qui t’échappaient avant.
Après tu peux toujours lire / écouter d’autres critiques de films et voir si ce qu’ils disent résonnent en toi ou pas. Peut-être que si ta sensibilité t’a amené à avoir des goûts similaires à ceux de la gêne c’est que tu as des affinités naturelles qui demandaient à s’exprimer.
Mais tu as aussi ta personnalité et du coup tu peux apporter ton regard sur les films. Partant de ta sensibilité et des points communs avec François et LHQNPDP creuser ton sillon propre. Tu apporteras sûrement des choses nouvelles, affineras un propos etc. S’essayer à la critique est un bon moyen d’explorer ses propres affects. Puis venir ici échanger avec d’autres. Car on a parfois un même ressenti en face d’une séquence ou d’un film mais on ne va pas l’exprimer de la même manière et en creusant on peut chacun travailler un sillon différent, pas forcément antagoniste.-
Le ventilateur Bégueule
Invité« C’est des affects au même titre qu’un goût pour une bonne tarte aux pommes au beurre salé. » Est-ce qu’un film se confectionne à la manière d’un plat ? C’est à dire qu’à force d’essais on trouve une recette qui va prédéterminer les leviers chimiques que le plat ou l’œuvre va activer ? Cela me rappelle un passage de Martin Eden où il sort des romans populaires une structure qu’il va utiliser pour faire des fournées de livres semblables. Mais l’art c’est un peu plus que ça, il y a plus de surprises et de variations que dans la bouffe. Alors on a diverses réactions selon nos gouts mais même la encore c’est plus qu’un gout, car le gout suppose que la chose est déjà connue ! Pour moi il ne devrait rien y avoir de déterminé dans la sensation face à une esthétique inédite, et pourtant les commentaires sur Pacifiction se rejoignent souvent. C’est comme si le grand filet de la norme, tressé par tant d’œuvres précédentes, rattrapait les fugitives en les acclamant par leur différence. Alors ces marginales continues la tresse d’un camp esthétique, le notre par exemple, et bien d’autres encore. C’est comme ça mais comment dire, ça me surprend voilà tout. C’est comme si il ne pouvait pas y avoir de rupture, que les gens ont des gouts continus, et qu’on peut tracer des patatoïdes pour séparer les différents camp. Ca me parait pas si évident mais accepté par tous. Et je me demande si ce n’est justement pas la transmission (la gêne) qui lisse les discontinuités pour former ces camps. C’est assez confus mais après Gide tout ira peut-être mieux haha. Sinon pour les autres critiques je lis critikat et les cahiers mais la forme écrite est je pense peu pédagogique. Le style est dense et ma mémoire ne s’y fixe pas. Sans mémoire je ne peux pas avancer, et les autres podcasts ou autre c’est du blabla. J’essaierais d’échanger ici il me faudra seulement trouver le temps. Merci Ostros je te lis souvent et t’es une sitiste vraiment chouette.
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Ostros
InvitéJe t’en prie.
Ce que tu dis sur le goût on a eu une conversation approchante au conservatoire. On étudiait les cadences et une élève a demandé pourquoi dès qu’on entend les deux degrés successifs qui forment la cadence parfaite (qui clôture le morceau) on sait que c’est la fin ? Ça nous vient d’où cette « sensation que c’est fini » ?
Le prof a répondu que c’est simplement culturel. C’est à dire qu’à un moment on a clôturé les morceaux de cette manière-là que cette façon de faire est passée à travers les époques et que dès ta naissance et peut-être dès ta vie utérine tu l’absorbes déjà (jingle d’émissions de TV, comptines, en passant par les morceaux pop ou classiques, etc). Donc instinctivement tu sais que cet enchaînement des degrés V et I c’est une clôture. C’est aussi du goût (ça entre en jeu dans ta façon d’appréhender une musique). Et pour le coup un goût qui est imprégné depuis bien avant ta naissance, qui est dans l’air de l’endroit où tu as vécu. Je ne sais pas si ça éclaire quelque chose au sujet de ce que tu perçois et que tu appelles « le grand filet de la norme ». Qui peut être ton bain culturel.
Pour la comparaison entre fabrication de plats et fabrication de films je n’irai pas sur ce terrain non plus. Quand je parlais du goût j’évoquais juste l’expression de mes affects, de ma sensibilité. Qui est du corps. Quand je jouis d’un arôme dans une pâtisserie c’est issu de moi de mon corps autant que quand je jouis d’une séquence.
Il va y avoir le Triet, le tant attendu Gang des bois du temple et le Breillat qui vont sortir dans les semaines à venir ce sera l’occasion de travailler à partir d’un objet, d’être plus précis, moins théoriques aussi.
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François Bégaudeau
Maître des clésBon résumé de la situation.
J’aime bien l’image gidienne de « réveiller des princesses ». Décidément il faut lire ou relire Gide – deux romans relus cet été avec bonheur.Au passage : Reality vu, n’y allez pas, c’est une fraude.
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diegomaradona
Invité« Reality vu, n’y allez pas, c’est une fraude. »
En quoi est-ce une fraude?-
François Bégaudeau
Maître des clésMoment d’inattention, Diego (si ce n’est pas un nom d’emprunt)
Je te rappelle que sur le cinéma je prétends faire de la critique d’art
Domaine qui n’est pas digne de ta rationalité.
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Ostros
InvitéMerci François. Gain de temps pour aller voir autre chose.
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Hervé Urbani
InvitéÇa m’intrigue : quels sont ces deux romans du Dédé que tu as relus cet été ?
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Graindorge
InvitéÇa doit être « le retour de l’enfant prodigue » et « si le grain ne meurt »
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Charles
InvitéPareillement, je n’ai lu que Les nourritures terrestres et je n’en ai pas gardé un grand souvenir.
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amour
InvitéMon dieu, mon dieu, ce qu’il ne faut pas lire.
Qui n’apprécie pas les 3G(Genet,Gide,Giono), n’apprécie pas grand chose.-
Julien Barthe
InvitéJe n’adresse même pas la parole à ceux qui ne connaissent pas à fond les 8 G ( tu omets Goethe, Gombrovicz, Gogol, Gorki et Grimaldi).
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K. comme mon Code
InvitéMoi qui m’étais arrêté au point.
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Ostros
InvitéC’est déjà pas mal.
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Seldoon
InvitéCet acharnement contre Jérôme Garcin me désole.
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Dr Xavier
InvitéTrop facile : « ce Garcin aime le son. »
(La dernière livraison du Canard est de bon aloi : « lutte anar. »)
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Dr Xavier
InvitéConsultée sur la 3G, la Comtesse apprécie.
Littérature : « Nous aimons buter sur notre Gide. » (Sur la clé on voit Gide partout.)
Célébrations sportives obscènes de 2024 : « Les porcs du Giono. »
2023 n’est même pas finie, et pourtant : « Genet à latter. »
(La 5G complémentaire est autrement plus ardue.)
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François Bégaudeau
Maître des clésLa porte étroite (qu’on comprend si on y voit une sorte de contre-exemple), et surtout L’immoraliste, parfait.
Je n’ai pas remis le nez dans Les Faux-monnayeurs, qui m’avait totalement fasciné à 17 ans.-
Pope
InvitéFasciné également. Il m’en reste cette phrase : « les préjugés sont les pilotis de la civilisation ».
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Charles
InvitéC’est pas dans l’Immoraliste qu’il fait part de son goût pour les petits garçons ?
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François Bégaudeau
Maître des cléson peut présenter le livre comme ça, et ce sera bien réducteur
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Seldoon
InvitéEtudiant, Palude m’avait beaucoup marqué.
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I.G.Y
InvitéSi tu pouvais développer ton point de vue ne serait-ce qu’en 1min dans une Gêne consacrée à un autre film, je pense que cela en intéressera plus d’un^^
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I.G.Y
InvitéPS : Je parle de Reality (la mise en page de ce forum fait apparaître ma réponse à un endroit assez incompréhensible)
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François Bégaudeau
Maître des clésCa ne vaut même pas une minute de Gene
Le film tire à la ligne une matière bien mince, dont la seule visée est de construire une sorte de martyre, construite par les minauderies de l’actrice que cadre complaisamment la réalisatrice.
Les quelques photos incises du personnage réel laissent d’ailleurs voir à quel point l’interprétation nous induit en erreur (c’est aussi faux et con que Brando jouant un parrain), et combien l’original était mille fois plus intéressante.-
Tony
InvitéEt De Niro qui imite Brando dans le 2 il était faux et con aussi?
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François Bégaudeau
Maître des clésfaudrait que je revoie. mais dans mon souvenir c’était moins pénible
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I.G.Y
InvitéCela me paraît difficile de juger uniquement sur quelques photos à quel point l’actrice trahit le caractère de « l’originale », même si je saisis l’intuition (je me suis aussi fait la réflexion). Mais de toute manière, vu le parti pris formel (le suivi exact de l’enregistrement audio), ça n’aurait joué que sur le jeu d’acteur. J’ai trouvé tout de même que l’actrice arrive à maintenir une certaine ambiguïté, à la fin du film on ne sait pas complètement « où elle est » (et les nombreuses armes qu’elle possède, que l’on voit bien dans le film, ajoutent à l’ambiguïté)
Chose amusante, j’ai découvert qu’une phrase avait été coupée dans le film à propos de la discussion réelle qu’avait eu Reality avec sa soeur, celle où elle dit « haïr l’amérique », et qui et citée à la fin du film, hors enregistrement audio : lorsque sa soeur lui demande (sur Facebook) si elle est sérieuse, elle répond : “I mean yeah I do it’s literally the worst thing to happen on the planet [cité dans le film]. We invented capitalism the downfall of the environment.” Dans mon souvenir, cette dernière phrase a été coupée. Voilà du faux, en quelque sorte^^ Et je peux être d’accord quant au fait que ce sentiment n’apparaît pas vraiment dans le film (mais en même temps il n’apparaît pas… dans l’enregistrement audio! Il aurait peut être pu apparaître un peu plus en filigrane dans le jeu d’acteur, mais que sait-on de l’état d’esprit réel de Reality ce jour-là? Dur de savoir sans avoir profondément enquêté…)
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Carpentier
Invité🎬
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Graindorge
Invitéles 3 bisous à la fin de tant de péripéties et de dangers: j’adore! Comme cette journée d’incendie qui se termine « bien. » Il y a eu beaucoup de larmes, celles de Bely, Ange, Lucía, Christian, moi … des arbres et des animaux qui sont morts dans de grandes souffrances
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Seldoon
InvitéJ’ai vu Anatomie d’une chute. Triet y reprend ses personnages d’écrivains, de psys, de baby-sitters et d’avocats incapables de respecter la moindre frontière entre vie professionnelle, vie privée et art. Ce qui va suivre pourra paraître théorique, mais paradoxalement, Triet parvient à utiliser le cadre théâtral et dévitalisant du procès pour ancrer son film cela dans quelque chose de très tangible, incarné. Et ça donne de très loin son meilleur film. L’étude de cas du jour est celle d’un meurtre et par là même d’un couple, comme il a beaucoup été écrit. Mais la véritable anatomie c’est celle du récit. Le récit comme recherche vaine et désespérée d’une vérité qui n’existe que dans la somme infinie (et donc impossible) de tous les récits possibles. Pourtant elle a mis le paquet en tentant d’épuiser toutes les formes de récits possibles qu’offrent à la fois un film et un procès : reconstitutions (on y entendra « coupez ! » « on peut en faire une dernière ? »), récits à la première personne, récits plus scientistes que scientifiques, enregistrements audio, extraits de livres de fiction, flashbacks plus ou moins fiables, avec ou sans son, avec ou sans personnage qui en double un autre, dessins et schémas, tout y passera, en variant les langues, en variant les niveaux sonores, jusqu’au point de vue du chien. Les personnages se débattent là dedans avec Justine et ses spectateurs, s’engueulent autant sur les faits, sur la valeur d’un fait, que sur la définition d’un récit. La mort violente et le procès qui en résultent sont évidemment les catalyseurs, mais les batailles de récits pré-existaient à tout cela, comme en témoignera une très grande scène d’engueulade conjugale.
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François Bégaudeau
Maître des clésje te lirai une fois vu le film
je fais ma chochotte
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Malice
InvitéJe ne sais plus qui recommandait le film » Fifi » avec Céleste Brunnquell Quentin Dolmaire et trop brièvement Kamel des Beaux gosses mais merci, j’ai passé un bon moment
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Sarah G
InvitéOui c’est moi qui en avait parlé et contente que tu ai passé un bon moment.
Une connaissance qui est critique ciné et des ami.es me l’avait recommandé.
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AuteurMessages
