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- Ce sujet contient 1,139 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
IA, le il y a 3 mois et 4 semaines.
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AuteurMessages
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kenny
Invitédonc est-ce que les cine club à venir seront captés?
à la rigueur enregistrés sur un vieux iphone 7+ ça passe aussi
je crois qu’il est prévu de parler du ravissement non?
j’ai revu le film, j’aimerais que bégo aborde les points suivants:
– la voix off: on n’aime pas trop ça d’habitude, à part chez ceux comme malik ou scorsese qui en font un usage particulier, en général ça verrouille le récit, ou bien ça vient nous expliquer ce que le réal n’est pas capable de filmer, or là c’est plutôt un contre-usage, la voix vient d’après le procès mais laisse toutes les hypothèses ouvertes, confirme le doute, focalisation externe comme on disait à l’école
– le jeu de herzi : je pense à la scène où elle fait la blague dans les chiottes tu n’es pas enceinte mais nan jdéconne; deux affects la traversent simultanément, joie pour sa copine et tristesse de perdre une amie (chacun sait que lorsque ton/ta pote a un gosse après c’est plus pareil), combien d’acteurs se seraient perdus?
– le non jugement (procès élipsé, incarcération vue depuis l’oeillet), non élucidation des intentions (elle^même serait bien en peine d’expliquer pourquoi, puisqu’elle ne contrôle plus rien)
– traitement de la question de classe, amitié assez improbable sociologiquement
(improbable aussi la vitesse à laquelle les flics arrivent sur place, mais c’est un détail) -
Ostros
InvitéTu as la liste des films qui vont être projeté et commentés sur la site du théâtre traversière / programme :
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Ferenk
InvitéLe post de Kenny qui ouvrait la page 18 me manque déjà.
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François Bégaudeau
Maître des cléson finira sans doute l’année sur ce film oui
on se penchera sur cet événement : Hafsia Herzi-
Charles
InvitéPour info, l’agent secret de Filho a été avancé au 17 décembre, si vous voulez faire un TVB juste avant les fêtes.
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Dwl
Invitéle meilleur film de l’année sortira cette année, quelle joie
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Charles
InvitéCet homme dit vrai.
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Charles
InvitéSinon j’ai lu quelque bonnes critiques du prochain Desplechin. Je n’ose y croire.
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Ferenk
Invité‘L’agent secret’ sortira le même jour que le nouvel ‘Avatar’. Un très beau duo pour le TVB de Noël.
Sinon il y a aussi le Safdie qui sort dans un mois.
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Ostros
InvitéPoint actu Raphaël Quenard réalisateur.
Raphaël Quenard est déjà en train de co-réaliser (avec Azedine Kasri) une 2e comédie, qui sortira en 2026. Mystic.
« Lionel, unique policier municipal d’un petit village, est un homme simple, doux, un peu à côté. Moqué par les siens, il rêve d’être aimé pour ce qu’il est. Lorsqu’Angèle, son amour d’enfance devenue journaliste star, revient au village pour une soirée d’hommage, Lionel croit à une renaissance. Le temps d’une nuit, ils s’aiment. Mais dès le lendemain, elle s’éloigne. Pour la retenir, Lionel kidnappe Mystik, le chat vedette d’Angèle ; mais à force de s’attacher à l’animal, il devra choisir entre nourrir son mensonge ou apprendre, enfin, à s’aimer lui-même… ».
On sent la même pente que pour i love peru : un potentiel de blagues plus ou moins acides (kidnapping de chat. Katnapping) et le final en guimauve et message. J’ignore ce qui me pousse à partager. L’excès de chocolat sans doute -
Luc
InvitéComme après Liquorice, qu est ce qu on sort bien de one battle after one another.
Je ne sais pas dire si la musique continuelle participe en bien ou en mal mais pour la singularité en tous cas ‘oui.
C est vrai que les personnages manquent un peu de profondeur mais quelle régalade quand même .
Et quelle ressemblance avec la réalité -
Dr Xavier
InvitéColloque international – Gilles Deleuze : usages contemporains d’une pensée du cinéma
Du 4 au 7 novembre, autour de L’image-mouvement (1983) et de L’image-temps (1985). Des avis sur ces deux bouquins ? C’est accessible ?-
François Bégaudeau
Maître des clésappel à la culture immense des sitistes :
des films où une femme est quittée par son mari – ou quittée par un homme disons
(ce n’est pas une question piège de quizz, c’est un appel à l’aide)
que les trolls ne se sentent pas obligés de participer, ils donnent assez de leur personne ici-
Alexandre
InvitéLu comme ça , ça paraît simple.
Alors qu’en fait.. -
Carpentier
InvitéJeune Femme de Léonor Serraille
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Baptiste B
InvitéJe pense directement à Modern Romance d’Albert Brooks où on suit un mec qui vient de larguer sa copine. Tout le film suit son hésitation-déambulation (va t-il revenir ou non avec elle?)
Je pense aussi à The Heartbreak Kid d’Elaine May (le remake des Farelly n’est pas exactement pareil dans mes souvenirs mais à vérifier): un homme se marie et durant sa lune de miel il tombe amoureux d’une fille plus jeune, plus belle, plus wasp, alors qu’il se rend compte qu’il déteste sa femme. Il la largue alors en pleine lune de miel.
Sinon plus ponctuellement :
Dans Polly et Moi de John Hamburg le personnage de Ben Stiller largue sa femme après qu’elle l’ait trompé avec un bg français.
Dans Hair de Milos Forman le temps d’une chanson Easy to be hard raconte comment un hippie a abandonné femme et enfant dans l’indifférence.
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MA
InvitéJe ne sais pas si Lettre d’une inconnue peut rentrer dans ce cadre
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Alexandre
InvitéJe dirais que non. Il ne la quitte pas : il la calcule à peine.
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Mao
InvitéLa dolce vita
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lison
InvitéAttention il n’ y a pas que des bons films :
Oublie moi de Noémie Lvovsky
Les Jeunes amants de Carine Tardieu
Le bonheur d’Agnès Varda
Comment je me suis disputé de Nono
4 mariages et un enterrement
La Nouvelle Eve de Catherine Corsini-
Carpentier
InvitéDe Lvovsky, Camille redouble?
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Cédric
InvitéComment je me suis disputé…
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François Bégaudeau
Maître des clésPas mal, merci Lison et Cédric et les autres
La nouvelle Eve je ne me souvenais plus que c’était ça. Les jeunes amants connais pas, je vais voir.
Baptiste : tu en aurais aussi où on est avec la quittée?-
Carpentier
Invitédirais-tu c’est pour quoi faire stp?
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Seldoon
InvitéTu cherches plutôt des scènes de rupture ou les conséquences de la rupture ?
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Anna H
InvitéLa dentellière de Claude Goretta : Huppert finit à l’HP.
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Seldoon
InvitéMe viennent automatiquement :
Quatre nuits d’un rêveur, vu récemment (et donc j’imagine que la même chose se trouve dans toutes les adaptations du même Dosto (il y en a un paquet, à commencer par le Visconti, plus fidèle d’après ce que je comprends).
Closer, où se trouvent toutes les configurations possibles d’une rupture.
Alice n’habite plus ici, où il s’agit d’un deuil mais une rupture ne changerait rien au film.-
MA
InvitéAparté : vu cet été et beaucoup aimé ce « jeune » Scorsese-là.
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Anna H
InvitéBetty de Chabrol : Stéphane Audran quittée pour Marie Trintignant.
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Anna H
InvitéLa menace d’Alain Corneau : Montant quitte Marie Dubois.
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Anna H
InvitéMontand
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Mélanie
InvitéFemme quittée dans un ou 2 films avec H. Herzi
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Mélanie
InvitéTu mérites un amour
Le ravissement
Donc de/avec H Herzi
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Mélanie
InvitéJe crois que la blonde de Melancholia est quittée aussi, suite à son manque de bonne volonté à son mariage. C’est un peu flou. Rupture d’un commun accord ?
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Cynthia Lennon
InvitéAntoinette dans les Cévennes je crois (pas vu)
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Ferenk
Invité– Femmes au bord de la crise de nerfs
– Roma, de Cuaron-
Ostros
InvitéMais oui, Roma !
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Basil Ransom
InvitéDans Splendor in the grass, mais c’est à contrecœur…
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..Graindorge
InvitéJ’ai fait appel à la culture immense de Google et trouvé ça:
FOREVER MY GIRL raconte l’histoire de la superstar de la musique country Liam Page (Alex Roe), qui a laissé sa femme, Josie (Jessica Rothe), devant l’autel, choisissant plutôt la gloire et la fortune.
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Alexandre
InvitéChaines conjugales, de Joseph L.Mankiewicz, tourne autour de ce sujet.
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François Bégaudeau
Maître des clésconnais pas le Mankiewicz, merci
le Serraille j’essayais justement de me souvenir si elle était quittée au début. donc oui?-
Alexandre
InvitéOn est d’accord que tromper n’est pas suffisant : il faut quitter.
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Julien Barthe
InvitéScènes de la vie conjugale.
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Julien Barthe
InvitéDans un des sketchs de Les Monstres, un personnage joué par Vittorio Gassman quitte sa maîtresse.
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Seldoon
InvitéSi tu dégaines Bergman alors je lance dans le même registre : les randonneurs, qui finit avec une rupture.
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Carpentier
Invitéil me semble bien, oui
c’est plus ou moins ce qui l’a raméne à Paris, il me semble
ensuite, elle a même pu accès à l’appart parisien du type et commence un beau zonage pour le perso de L. Doetsch-
Carpentier
Invitéje réponds à la question sur le film Jeune Femme, ci-dessus
ce qui * la* raméne-
François Bégaudeau
Maître des clésok
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Carpentier
Invitéplus ancien: la fille à la valise, 1961, Valerio Zurlini (avec Claudia Cardinale)
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..Graindorge
InvitéCelui-ci :
« Frozen river » de Courtney Hunt. Je suis à la biblio- mediathèque et je vais le prendre
» le plus inquiétant thriller qu’il m’a été donné de voir » Quentin Tarentino
» Ray Eddy est abandonnée par son mari qui a fui avec les économies de la famille. »
Oscars 2009: meilleure actrice, meilleur scénario-
..Graindorge
InvitéVu » Frozen river » . Oui c’ est un bon film mais
« » le plus inquiétant thriller qu’il m’a été donné de voir » Quentin Tarentino
Étonnante critique de la part de quelqu’un que je suppose être un cinéphile. Ou alors c’est un homonyme. Il aurait dit » très bon thriller » d’accord mais » le plus inquiétant thriller etc…
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Alexandre
InvitéSenso, de Visconti
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Julien Barthe
InvitéLa graine et le mulet. Le divorce est antérieur à l’intrigue proprement dite mais pèse dessus.
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Julien Barthe
InvitéJe précise que je pensais participer à une entreprise de remémoration collective, à une sorte de recherche Chat Gpt du boomer. S’il s’agit de te fournir des films que tu n’as pas vus, je tape à côté.
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Guixols
InvitéÀ mon grand regret, je ne pourrai pas assister au ciné-club de demain soir au théâtre Traversière, donc j’ai 3 places à donner.
Si cela intéresse quelqu’un, n’hésitez pas à me le dire ! -
nefa
InvitéGoodbye (Hope Gap) de William Nicholson (2019)
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stephanie
InvitéNos plus belles années ( Redford quitte Streisand)
Certainement des films de Woody Allen mais là ça me vient pas -
..Graindorge
InvitéDivorce à l’italienne?
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..Graindorge
InvitéLes rives du destin. Film iranien d’Abdolreza Kahani
Sur ce, je vais dîner. Bonne continuation et bonne soirée -
Ostros
InvitéSi jamais besoin d’une rupture d’une femme et d’une femme : Je, tu, il, elle d’Akerman
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Ostros
InvitéDans le film iranien récemment sorti La femme qui en savait trop, la professeure de danse est menacée d’être quittée par son mari du fait de son activité artistique qui nuit à sa réputation donc à ses affaires. Finalement il la tue.
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Ostros
Invitérupture pour tous !
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Ostros
InvitéEt si tu recherches un film tout public surtout madame, lisse, calibré Netflix : Brillantissime de et avec Michèle Laroque.
« Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante adolescente. Pourtant, le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. »
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Alex
InvitéTess ? Mais le mari finit par la retrouver.
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci à tous
j’affine la demande:
un film où une femme est quittée, et qui porte sur les jours semaine années qui suivent-
Claire N
InvitéC’est vrai que c’est étrange qu’il y en ai si peu
Pour une situation aussi fréquente
Dont chacun d’entre nous a au moins quelques exemples dans la vie
C’est même le thème de beaucoup de moments passés entre filles , et même des moments comiques
C’est aussi une situation paradigmatique de deuil, étonnant qu’elle échappe au commerce de la résilience-
François Bégaudeau
Maître des clésOui j’avais l’intuition qu’il y en a peu, et ça se confirme
Je crois qu’on trouverait davantage ce schéma dans les BD d’autrices. Des titres?-
Claire N
InvitéNon désolée
Mais j’imagine que Sophie Letourneur ferait un chouette film -
Baptiste B
InvitéDe mon côté seuls deux autres films sont venus en tête, des comédies
Bad Teacher de Jake Kasdan où une prof intéressée par l’argent de ses partenaires se fait larguer par son mec donc elle cherche ensuite pendant tout le film à sortir avec un de ses collègues riche et con pour se refaire une paire de seins.
Et puis le culte Legally Blonde où juste avant l’université la fille la plus populaire du lycée se fait largué par l’homme de sa vie qui est un bourgeois de bonne famille qui part dans une école de droit. On la suit alors qu’elle entre dans la même école pour le reconquérir et où se passe l’inverse de ce qui était prévu. -
Carpentier
Invitésalut, j’ose renouveler ma demande d’hier en
#120762 :… dirais-tu c’est pour quoi faire stp? / …
car sinon, en bd, t’as tous les Morris, les Lucky Luke avec son perso de Ma Dalton, seule, dans le far west, avec 4 mouflets dont un grand dadet nigaud – il était fort en inclusion Morris – et elle finit, lasse et épuisée, par encourager leurs penchants pour la délinquance
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Carpentier
Invitéah pardon
pas dans * tous » , par exemple, dans Western Circus, la familia Dalton traîne pas[ en revanche, pour l’inclusion – si jamais pour plus tard – on est bon car, dès la p.17, en 4e case, le grand père en fauteuil à roulettes (ooooh ça vaaaa) est ramené, râleur, à la maison par sa petite fille mignonne tandis qu’il voulait aller au cirque ]
le pauvre,
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Malice
InvitéLe démon de midi de Florence Cestac
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Malice
InvitéDans Gemma Bovery de Posy Simmonds, Gemma est quittée par une sorte de Rodolphe et se maque avec Charlie Bovery pour l’oublier
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Louise Michelle
InvitéJe sais pas si ça peut t’aider en faisant une digression dans le théâtre. La pièce de théâtre Clôture de l’amour de Rambert parle d’un homme qui quitte sa compagne. La pièce est composé de 2 monologues. L’homme commence le premier monologue, explique sur 45 minutes pourquoi il veut mettre un fin à leur histoire. La femme lui répond aussi par son monologue. Ce sont deux conceptions de l’amour qui s’affrontent.
Cette pièce a très bien marché en France et à l’internationale. Elle a permis aussi à Rambert d’améliorer son image d’auteur trop élitiste.
Mais cette pièce est peut être une exception dans la création théâtrale contemporaine.-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci Louise. Je connais cette pièce, qui colle bien à la demande en effet
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Carpentier
Invitécoté bd:
Le silence des étoiles, Sanaa Ket chez certaine Claire Bretecher, pléthore de planches sur cette typologie de persos évidemment
comme tu sais-
François Bégaudeau
Maître des clésOui Bretecher évidemment
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LaGrandeSophie
InvitéLarguées d’Hélène Bruller
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François Bégaudeau
Maître des clésça j’avais lu à l’époque oui
bonne idée -
Carpentier
InvitéSalut,
Grande clarté en découvrant ton post: mais,oui bien sûr!
Je lis d’abord et pense au film, avec Miou Miou, Cotton et Chamoux, réalisé par certaine Éloïse Lang ( Lang, Lang? non, me dites pas que Jacques? enfin Jack: naaaan, vais regarder)
– Mais FB écrit bien qu’il l’a ’ lu ’ lorsqu’il t’en accuse réception et donc
-> étonnement + joie de ma part: chercherai à la lire la bd Larguées, oui.
Quant au film, bon souvenir malgré le trio d’actrices qui, la plupart du temps, aurait dû me gonfler à mort (miou miou passe encore, sauf pour ma tablette qui veut à tout prix l’appeler minutes minutes, bon)
mais les 2 autres.
Déjà seule, dans un film, c’est compliqué mais là, les 3 ensembles, argrrrrr
Et bien, je l’aime ce film, revu récemment à la télé, Cotton déboîte là-dedans, dès le début du film et oui, quand elle débarque à l’aéroport, dégaine plus qu’à l’aise et à la bourre, je craque durant cette sequence, par exemple
L’écriture opposant les 2 sœurs est à priori simple mais ça marche, avec moi du moins
Et Minutes Minutes (c’est bon la tablette? t’es contente, là? ) a , certes, plus que 50 ans, mais le cadeau de ses filles, après ce que leur père lui a fait, se révèle une vraie douce et belle idée.
Le perso de la meuf-mère-fille parfaite (beaucoup moins en tant que soeur) est bien vu aussi bien que son évolution soit écrite d’avance,
Ça colle parfaitement à la demande du MDC d’ici: bravo, respect, très à propos.
– mais putain, c’est moi qui aurait dû trouver ce film, pourquoi j’y ai pas pensé? –-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’en ai pas un si grand souvenir que toi mais je vais le revoir
Et Cotton c’est Cottin-
Carpentier
Invitérire
Camille, si tu lis ici, j’en ai rien à péter
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kenny
Invitéune jeunesse chinoise, mais tu vas pas kiffer
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lison
InvitéAlors avec cette précision, ne restent dans la liste proposée que Oublie moi et Comment je me suis disputé…
Et il me semble que dans Sybil, il y a une scène où Effira revoit Schneider dans une fête foraine (mais est ce lui qui l’a quittée ou elle ?)-
Ostros
InvitéReste aussi Roma et Brillantissime. Cuaron et Laroque.
.
C’est effectivement peu. Et ça fait écho avec quelque chose que j’ai remarqué dans mes cours de chant lyrique. Que des histoires de mecs qui ne sont pas ou plus aimés, trompés et quittés et qui pleurent sur la perversité et la cruauté des femmes. C’est tres chiant de ne passer que ça dans sa bouche durant des années. Heureusement les autres genres ont un peu rattrapé ça-
François Bégaudeau
Maître des clésRoma, oui. Je n’y pensais pas.
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Ostros
InvitéPensant aux on dit je note que dans mon imaginaire social les hommes quittent peu. Les femmes sont les plus prompt à partir lorsque ça ne va pas. Le hommes quittent quand l’enfant qui est né est handicapé, ou que la femme tombe malade. J’ai entendu longtemps ma mère dire que les femmes sont plus courageuses que les hommes à ce sujet. Qu’elles pensent à leur bien être là où les hommes pensent à leur confort d’abord (donc sont prêts à rester dans un foyer où ça ne va pas du tout, pour conserver le bien immobilier et la soupe).
Dans ma famille toutes générations confondues ce sont les femmes qui sont parties à chaque fois.
Dans mes amis, ce sont des hommes, sans enfant, et le bien dans les deux cas était à madame.-
Tony
InvitéJe me souviens d’un collègue de travail, quitté par sa femme,qui aimait dire que les femmes sont comme les singes,elles ne lâchent jamais une branche sans en attraper une autre!
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Ostros
InvitéJ’ai entendu la même pour les mecs.
Faudrait lancer un sondage.-
Malice
InvitéJ’ai connu une femme que son mari avait quittée au moment où elle était tombée malade et condamnée à vivre en fauteuil roulant. Il lui avait dit que s’occuper d’une femme invalide n’était pas son truc.
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Luc
InvitéJ ai connu l exact inverse.
Et j ai très peu d exemples autour de moi où ce ne sont pas les femmes qui quittent. Et vite. De plus en plus vite avec les années … ce qui semblait se jouer en semaines il y a des années se tourne en une heure aujourd’hui.
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François Bégaudeau
Maître des clésah les femmes, si frivoles et inconstantes
alors que nous les hommes, si fidèles, si constants
d’ailleurs on sait que l’immense majorité des familles monoparentales sont composées du père et des enfants (et alors lève toi de bonne heure pour trouver une femme qui paye la pension alimentaire)-
luc
Invitéahlalala.
tu trompes de profil en me classant encore une fois dans je ne sais quelle case t’arrangeant.
la vitesse des ruptures c’est des deux bords j’aurais du préciser; proportionnelle à la vitesse des rencontres sans doute.je disais que j’avais connu l’exact inverse ou pour écrire comme tu le fais « c’est vrai que les hommes sont si prompts à se barrer dès qu’un drame arrive »
ben non.
des hommes oui, des femmes aussi.
point.
pas la peine de t’en donner dans une classification qui n’a pas lieu -_-peut-être que les hommes osent moins quitter mais que cette lecture là te permet moins d’attaquer?
Peut-être que les enfants ont à coeur de rester aussi davantage avec leurs mères, non? Tous les pères ne se barrent pas. Je suis d’une famille monoparentale et j’en ai connu (beaucoup beaucoup ) des nanas galérant en mono parentalité, tu ne me prendras pas à défaut sur ce sujet…
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François Bégaudeau
Maître des clés« la vitesse des ruptures c’est des deux bords j’aurais du préciser; »
Ah ben oui t’aurais du préciserLuc : les femmes sont des connes
Voisin de Luc : dis donc Luc c’est un peu misogyne ça
Luc : les femmes sont des connes et les hommes sont des cons. J’aurais du préciser. -
diegomaradona
Invitéluc le trumpiste nous démontre sont respect des femmes, tout comme donald son idole. il ne manque plus qu’il nous précise par quelle partie du corps lui il les attrape…
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Luc
InvitéAu moins je peux attraper quelque chose n est ce pas l homme tronc?
Des barres…Ah oui je suis trumpiste d après le grand classificateur .
Un trumpiste ecolo, qui a fait de la climatologie , qui mostly roule en vélo, a voyagé sur une grosse partie de la planète , qui ne joue pas au golf, qui n’est pas milliardaire,qui n a jamais voté à droite sauf pour macron une fois, qui ne croit pas à la croissance infinie dans un monde fini et qui passe bcp de temps à observer le vivant mais
Oui je suis trumpiste.
Un trumpiste pro palestinien et anti déploiements ICEContinue de démontrer ta connerie.
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diegomaradona
Invité« Un trumpiste ecolo, qui a fait de la climatologie »
tu as fait de la climatologie comme tu as passé un doctorat. Tes délires ne trompent que toi.
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« a voyagé sur une grosse partie de la planète »
Sans doute une nouvelle fable de ta part. Le plus ridicule étant que si c’était le cas, tu aurais donc pollué la planète à hauteur des nombreux vols en avion sur une grosse partie de la planète, ce qui est en totale contradiction avec tes soi-disant prétention écologique. On constate donc que même tes élucubrations sont totalement incohérentes.
–
En résumé, que des fake news, comme surement tout le reste de ce que tu racontes, en bon disciple de trump. A chaque post, tu nous démontres un peu plus que tu es bien décidemment luc le trumpiste… -
Luc
InvitéBordel comme t es con.
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Luc
InvitéJ ai écrit où « toutes les femmes sont des connes »?
Hein?
J ai répondu connaître une femme qui a quitté son compagnon dès lors qu il a été reconnu handicapé .
Justement dans le sens « euhhhh ça arrive dans tous les sens »Étrange de tout comprendre à l envers.
T expliques ton raccourci ou alors Malice plus haut disait que tous les hommes sont des cons et t as rien dit?
Also Begaudeau:
» tout le monde lui est passé dessus »
Jamais prononcé de mots comme ça donc avant de donner des leçons de chevalier blanc, tu sais bien que t as été apprécié des droitards pour ça pour cet humour grivois qu on sent que tu pratiques.
Pour ça qu à chaque fois que j ai bossé sur des chantiers, j en suis parti pour cet humour chantier/puceau que j ai jamais ni pratiqué ni supporté.
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Claire N
InvitéEn pratique – j’ai remarqué que
Chez les plus âgé qui ne séparent pas trop quand survient la dépendance
On doit souvent mettre plus d’aides en place quand cela touche la femme-
Tony
InvitéToutes classes confondues ou vieux bourgeois principalement?
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Claire N
InvitéIl me faudrait des vrais stat
Mais les bourgeois ont deja du personnel à la maison bien souvent -
Tony
InvitéEntre les grands bourgeois ayant du personnel à demeure et des ouvriers retraités il y a une classe intermédiaire peut-être?Et sur les aides demandées j’imagine que l’environnement familial doit aussi avoir son importance?Ou alors les hommes sont dotés d’un gène de l’égoisme?
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Claire N
InvitéNon bien sûr
Mais certains sont vraiment perdus
Les repas le ménage en plus c’est beaucoup d’un coup
En plus c’est un fait au même âge ils sont souvent deja en moins bonne santé physique -
Tony
InvitéOui,je me demande aussi si cela ne vient pas d’une différence d’âge,il est assez fréquent que les hommes soient plus âgés que leur épouse et que l’aide demandée vienne un peu de là.
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Claire N
InvitéC’est possible oui
La maladie touche celui qui à bas bruit
Permettait cahin – Caha la bête a 2 têtes d’avancer -
Claire N
InvitéTu sais on se retrouve parfois avec des problèmes à la con mais primordiaux : qui va mettre les chaussettes de papi ?
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Tony
InvitéOui mais peut-être que papi a le dos cassé par une vie de labeur sur les chantiers, c’est compliqué de savoir.
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Claire N
InvitéEt oui la répartition genrée du travail
Mais bon avec la génération d’aides soignantes qui se présente je crois que ça va remettre tout ça dos à dos
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Carpentier
Invitédu coup g bon avec le Seraille?
oh putain comment j’vous aligne tous profond iciiiiiiii
cheh-
Carpentier
Invitéia 2 ‘ r ‘ à Serraille
j’en profite pour un autre
cheh-
François Bégaudeau
Maître des clésles deux les plus proches c’est le Serraille et Oublie moi
mais les filles quittées sont jeunes
une femme quittée de 50 ans serait le jackpot-
Carpentier
Invitéle genre de rôle que K.Viard
(eh ça fait caviar uh uh) dont Viard se délecte par exemple,
ok, dès qu’on s’emmerde au taf, on essaiera de regarder,
(à tout d’suite du coup) : D-
Carpentier
InvitéNouveau Départ?
ça marche y compris si la narration fait boucle et que le couple, au final ….?
ou tu préfères pas?
Dîiiiiis, c’est pour faire quoi alors? -
Carpentier
Invitéet le Camille redouble, tant adoubé ici?
bon, elle a 40 mais quand même, le rêve/la magie pour rebondir, comme dit l’autre wallaby
c une alternative plus sportive et gainante que le suicide, nan?-
François Bégaudeau
Maître des clésNouveau départ je note
Mais aurai-je la force zen de le voir?-
Carpentier
Invitéj’en sais rien, pas vu, après tout c’est toi qui y a intérêt avant tout
tu diras? on te soutiendra
pas comme certain quand c’est moi : )
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Carpentier
Invitébien évidemment, entre toutes, tu as bien sûr la Montespan
et pour l’âge, autre époque, autre jauge/code
– trop de films sur cette affaire, et comme je reprends mon service ; )
chacun.e cherchera,-
Carpentier
InvitéChacun.e c’est donc moi:
l’affaire des poisons, 1955, Henri Decoin
sur l’affaire De Montespan
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Guillaume Drapeau rouge
InvitéJe pense à A nos amours….
Quittée non amoureusement, je pense à Sundown, mais ça reste familial donc certainement pas le sujet recherché. -
Mao
InvitéUne femme libre de Paul Mazursky
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Cédric
InvitéBen La vie d’Adèle mais peut être que tu tiens vraiment à ce que ça soit un couple hétéro
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Jeanne
InvitéJ’avais pensé aussi à La vie d’Adele, mais le personnage quitté n’a pas 50 ans.
Il y a encore Une femme d’extérieur. Mais je ne sais plus si la femme est quittée ou si juste elle se sépare (et elle n’est plus toute jeune mais je ne sais plus quel âge elle a).
J’aime beaucoup Une femme d’extérieur. L’une des répliques de ce film se rappelle régulièrement à moi:
Femme à son ex-mari:
« Mais toi le problème c’est que tu crois pas, aux choses »-
Jeanne
InvitéBien sûr il y a aussi le légèrement débile quoique dans son genre indépassable « Liaison fatale » d’Adrian Lyne
Et le passionnant « Adèle H » de Truffaut.
Deux films sur l’érotomanie-
François Bégaudeau
Maître des clésUne femme d’extérieur ca pourrait bien coller ça.
Et revoir Adèle H m’intéresse.
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Carpentier
Invitéoui, pensé moi aussi à ce Kechiche mais, mis à part l’âge en effet, il me semble que la rupture se dit et arrive tard à l’écran.
Faute d’avoir vraiment demandé plus de précisions, je me demande si, pour ce que cherche FB, il souhaite pas plus un film qui dise et montre ce que vit le perso quitté plus longuement.Je viens, de mon coté, de penser à
la la land
mais ce qui se passe entre les 2 protagonistes qu’on sait vaut-il de ce fait ‘ femme quittée ‘ de 50 ans?. j’ose un truc cependant:
on a toutes le même âge quand on est quittée je crois bien
rarement côté corps certes mais sinon-
François Bégaudeau
Maître des clésil souhaite pas plus un film qui dise et montre ce que vit le perso quitté plus longuement
oui
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Liyouni
InvitéLove streams de Cassavetes ?
Dans un autre genre (hem…), Calmos de Blier ?-
François Bégaudeau
Maître des clésLove streams est un film si tordu – et si beau- qu’il n’entre dans aucune catégorie
Calmos je vais me passer de le revoir – je ménage mes nerfs.
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Carpentier
Invitébonjour françois,
tombée hier sur un certain Pascal Rambert, que tu connais peut-être tandis que moi je le découvre il me semble ( avec toi c’est bien Lambert? )
et une de ses pièces (en fait 2 textes se répondent) va dans le sens de ce que tu cherches, je crois bien:https://www.solitairesintempestifs.com/ouvrages/2018-03/reconstitution/en-scene/reconstitution
une femme est quittée par son conjoint après un cancer du sein (j’ai compris que c’est une demande/commande d’une actrice, concernée par)
et le couple raconte son avant, se remémore, se dit des choses
– à vérifier, car on est avec les 2 durant l’après, mais le thème qui te mobilise actuellement me parait ici traité-
Rambert a écrit plusieurs textes sur l’amour de la vie, l’amour et j’ai, de mon côté, découvert ses petits textes écrits pour son fils au départ: son Mon fantôme.
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..Graindorge
Invité« Séduite et abandonnée » de Pietro Germi
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Carpentier
Invitétous ces titres, l’air de rien, sont assez édifiants par ailleurs:
ainsi, on peut compter avec une seule main ceux où la joie transpire, où l’après met en curiosité joyeuse
‘ séduite et abandonnée’ transpirant, exemplairement, une sorte de passivité horrible et abyssale quand une femme se retrouve sans bite, nan?-
..Graindorge
InvitéLe séducteur et sa victime : Peppino, fiancé à Mathilde Ascalone, séduit sa sœur Agnese pendant la sieste. Agnese tombe enceinte, et ce péché cause un scandale dans leur famille. Le père d’Agnese, Don Vincenzo, veut sauver l’honneur de sa famille et oblige Peppino à épouser sa fille Agnese. Peppino refuse, car il trouve Agnese « trop légère », ce qui conduit Don Vincenzo à vouloir tuer le jeune homme.
Agnese prévient la police, et Peppino est arrêté et menacé de prison pour corruption de mineur
Pour éviter la prison, les parents de Peppino implorent Don Vincenzo de lui accorder la main d’Agnese, car la loi prévoit que le mariage efface le crime de détournement de mineur. Don Vincenzo en profite pour faire le mariage, forçant Agnese à épouser l’homme qu’elle déteste et qui la déteste.
Don Vincenzo, mortellement atteint, ne pense qu’au mariage pour sa famille avant de mourir, laissant une tombe avec l’inscription « honneur et famille ». Le film est une critique féroce de la société patriarcale et hypocrite de l’Italie de l’époque.
Film de 1964-
Carpentier
Invitéséduit sa sœur Agnese pendant la sieste.
wouaaaaaaaaarffffffffffffg
oh putain j’en peux pu-
Carpentier
Invitéet en plus
il trouve Agnese « trop légère »
arrrrrrRRReeeEEEEEETE je vais mourir
wouaaarrrrrrrfffffff-
Carpentier
InvitéLe film est une critique féroce de la société patriarcale et hypocrite de l’Italie de l’époque.
Film de 1964naaaaaan, tu m’étonnes
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..Graindorge
InvitéRire!!
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..Graindorge
InvitéP.s: je n’ai fait que copier/coller le résumé de ce film italien qui de toutes façons ne colle pas vraiment avec la demande bien que le gars laisse tomber la fille
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lison
InvitéTu vas adorer :
L’avenir de Mia Hansen Love avec Isabelle Huppert . C’est dans le thème et elle a plus de 50 ans.-
François Bégaudeau
Maître des clésmais oui totalement
je l’ai vu
et bien sur, comme tu le pressens bien, j’ai adoré-
..Graindorge
Invité@François: tu as besoin de combien de films environ?
Et dans toutes ces propositions, à peu près combien répondent à ta demande?-
François Bégaudeau
Maître des clésnombre illimité
la vie d’une femme de 50 ans qui a été quittée, voilà le pitch revé (et rare)
j’avais souvenir que Wanda c’était ça, mais c’est elle qui quitte
comme dans le dernier Pourchet-
Alexandre
InvitéO’Haru, qui doit avoir la cinquantaine, n’est-t-elle pas à un moment ou à un autre larguée dans le film de Mizoguchi ?
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Malice
Invitéelle se fait répudier je crois ( en tant que femme d’un aristocrate ou sa concubine, je ne sais plus)
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Alexandre
InvitéJe me disais qu’il lui arrive tellement d’avanies à O’Haru qu’un homme aurait très bien pu la laisser tomber. Mais il est vrai que dans le monde de Mizoguchi, on ne quitte pas une femme, on la dégrade.
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Malice
Invitében répudier c’est un peu larguer quand même
effectivement O Haru c’est la dégringolade sans fin, je ne sais pas si j’aurais le courage de la revoir traverser toutes ces épreuves-
François Bégaudeau
Maître des clésoui là c’est davantage un largage social
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..Graindorge
InvitéChouette! Le jeu continue!
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Carpentier
InvitéZulawski, 1975: L’important c’est d’aimer
(femme quittée par suicide acté certes mais c’est en quelque sorte un départ )Ce genre de configuration narrative pourrait-il convenir? (+ ta consigne d’âge, ok)
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Carpentier
Invitéet avec Romy, l’inextricable Sautet (1970) qu’est le film
Les choses de la vie?-
François Bégaudeau
Maître des clésOn peut me demander mais pas de revoir ces deux films que je déteste
Désolé Carpentier, ne le prends pas pour toi.-
Carpentier
Inviténon non tout va bien
j’arrive encore à faire la différence entre les propos qui me concernent et ceux qui ne concerne qu’un film de cinéma
Me dire que j’ai vu un film de merde veut juste dire que la personne qui avance cela pense ou pose que c’est un film de merde, selon elle, que j’ai vu
tout comme une attitude de pétasse ne veut pas forcément dire que la personne qui montre cette attitude est une pétasse-
Carpentier
Invitéaprès, j’avoue que je n’avais pas du tout réfléchi jusqu’à imaginer que tout film proposé selon tes critères de recherche, et validé par tes soins ici, ferait l’objet d’un revisionnage, si tu le connaissais déjà
J’ai en revanche souvenir de longs échanges autour du Jeune femme, de vrais échanges hein, avec d’autres personnes, si si – et toi parmi elles – échanges dont la tonalité était pas vraiment élogieuse
je découvrais Dosch de mon côté et j’en étais plutôt joyeuse, j’avais donc plutôt contre-argumenté positivement, à rebours de la majo.
De là à en conclure à un film de merde, pas souvenir que d’aucun.e ait fait ce pas,
bon visionnage-
François Bégaudeau
Maître des clésJeune femme n’est pas du tout un film de merde.
Un peu limité, juste
Et un peu daté aussi, dans mon souvenir.-
Carpentier
Inviténous sommes d’accord, pas un film de merde
et ce devait être, ces échanges. sur ton ancien forum en effet
pas de quoi dater le truc au carbone 14 tout d’même
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Carpentier
InvitéLes choses de la vie?
le petit passage titré ‘ je te regarde ‘ en extrait sur YT me remet en tête des lignes à toi, où tu parles d’un perso – peut-être une Isabelle, mais je sais pu trop – qui lit, elle a ses lunettes …
j’affabule peut-être.
mais c’est vrai qu’à la maison, ma mère remportait souvent le choix des films (peu de chaînes télé, accord tacite de mon père pour se détendre) et ce genre d’acteur-rices a aussi fait mon éducation télé-cinématographique.
Eux et Pierre Richard au ciné, comme on sait, avec Jane dans la moutarde me monte au nez.
Dans les propositions, je dois avouer ne pas du tout avoir filtré avec ce que tu pourrais détester.
Ne connaissant pas ce pour quoi on cherchait ni, tu l’assenes assez souvent ici, tes goûts – ou, plus précisément, tes aversions sur des films de cette époque – malgré tout ce temps.
J’ai regardé aussi l’extrait de l’accident, les dires des deux routiers avec le ralenti de la sortie de route puis les ‘ 5-6 s’condes ‘ de la sortie de route: pas l’impression qu’on reconstitue aujourd’hui et montre un accident comme ça.
Sorte de ‘ morale ‘ aujourd’hui?
Très étrange à voir, et puis la lecture de la lettre, pour laquelle pas de voix off comme dans one battle after another.
Marrant.
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Benoît
Invité@françois begaudeau
Salut François,
en sait-on plus sur les conditions techniques de projection pour Close-Up ce soir ? J’ai l’impression que c’est un bluray qui sera « video projeté » et pas un DCP, le théâtre étant dépourvu d’un projecteur de cinéma ? Mais je me trompe peut-être. Si c’est un blu-ray qui est projeté, sait-on si c’est le bluray criterion ou elephant ? Chez criterion, les scènes 16mm du procès sont en couleurs, chez elephant en noir et blanc. Et ce n’est pas le même format non plus, le cadre change avec elephant, on passe du 1.37 au 1.90, c’est à dire que le cadre est s’étire en longueur, donc il est coupé en haut et bas du cadre. Mais cette dernière version a été malgré tout supervisée par Kiarostami, un an avant sa mort. Bref, grand fan du film, je serais curieux d’en savoir plus !-
Carpentier
Invitébon thé dansant à vous (je vous jalouse)
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Charles
InvitéAutre texte sur Oui, de Murielle Joudet : https://www.facebook.com/murielle.joudet
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..Graindorge
InvitéBonjour Charles:
Tu jouerais à trouver des films où une femme est quittée par un homme?-
Carpentier
Invitérire
Ce sitiste a la rupture – d’échanges forum – silencieuse et radicale
et pas besoin d’attendre les 50 ans
nous ne vieillirons pas ici ensemble mais, la plupart du temps, en parallèle[on essaiera de penser à voir ce Oui si jamais]
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..Graindorge
InvitéChantier autonome: si on veut jouer, on joue sinon non. J’aurais même pas du lui poser la question mais comme je crois que c’est un vrai cinéphile, j’ai demandé.
Ce Oui. Comme dit: j’ai plus que ma dose avec la réalité: ça tire à bout portant sur des gosses de 4 ou 6 ans entr’autres cauchemars-
Carpentier
Invitéah c’est ça le pitch du Oui? (brrrrr en effet)
même si la chanson fétiche des mômes, depuis l’été et pour la rentrée, à Paris en tout cas, est – sans frein, aucun – :
le ‘ Chargez ‘ du groupe Triangle des Bermudes ….Si t’as jamais fait un trajet aller-retour en car (2 heures) avec ce titre à fond repris par 50 gosses qui le hurlent joyeusement, benh moi je te le dis:
t’as raté ta vie, comme ils disent depuis Rolex et le Jacques qu’on sait ; )-
..Graindorge
InvitéNon Carpentina: c’est le pitch de la réalité
Le pitch du film est quelque part et dans Cinéma 18, ça en parle. Google aussi-
Carpentier
Invitéok, alors je trouverai
comme on sait
bonne journée,-
..Graindorge
InvitéTrouvé ça
Oui de Nadav Lapid suit Y., un musicien de jazz fauché et sa femme, Jasmine, une danseuse, qui vendent leur art, leur corps et leur âme à la jet-set israélienne pour survivre après les événements du 7 octobre 2023. Y. est chargé par un oligarque de composer un hymne nationaliste pour l’État hébreu, le menant dans une satire politique virulente de la société israélienne. Le film, tourné au milieu de la guerre à Gaza, critique la soumission de la société et interroge le consentement.
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Carpentier
Invitévoici, après quelques minutes de remontée de thread patiente:
ouimerci, pas sûre de m’organiser pour, mais ok (avant j’ai le exit 8) et, en prio, le Un simple accident bien sûr
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Carpentier
Invitévu OUI cet après midi.
C’est quelque chose.
– C’est tout, Carpentier? allez, 1 mot?
– musical?
– oh? vraiment? c’est tout?
– pour l’instant, oui.
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Carpentier
Invité+ quant à ta question adressée, j’ai adjoint, dans mon post un peu mêle-tout, un peu de ma propre expérience
comme j’espérais qu’on le comprendraitY compris dans l’exercice de son métier, le Monsieur pourrait avoir quelque contenu conséquent à partager en effet
mais bon,
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Antonin
InvitéErin Brockovic de Soderbergh
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Ostros
InvitéJ’y ai pensé aussi. Mais ça fait longtemps qu’elle est mère célibataire quand on la découvre dans le film il me semble.
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Antonin
InvitéOui, c’est pas le point de départ du film en effet.
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Antonin
InvitéAsako I & II – Ryūsuke Hamaguchi
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour Asako
envie de le revoir d’ailleurs-
Malice
InvitéDans « Muriel » de PJ Hogan la mère de l’héroïne est larguée par son mari ambitieux qui refait sa vie avec une femme plus » sortable » ( plus belle physiquement et pdg de sa propre boîte)
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François Bégaudeau
Maître des clésje note
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..Graindorge
InvitéNavet:
Marie-Francine de et avec Valerie Lemercier: la totale: 50 ans, quittée, licenciée -
Mao
InvitéJe retente avec la bande annonce qui me paraît assez probante.
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Alexandre
InvitéOh purée, qui se souvient de Jill Clayburgh ?
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François Bégaudeau
Maître des clésquant à moi je ne m’en souviens pas, pour la simple raison que je ne l’ai jamais connue
la BA est effectivement probante, mais le visage me fait peur d’avance – ça minaude, ça comédienne
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Dune
InvitéPassion simple de Danielle Arbid. La passion et l’abandon intermittent prennent plus de place que la rupture, mais je crois me souvenir qu’elle intervient et qu’on en voit les conséquences à long terme. Je ne sais plus si le film m’a plu mais Laetitia Dosch est de chaque plan.
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François Bégaudeau
Maître des cléssi le film adapte fidèlement le livre, c’est pas une femme abandonnée, c’est une femme passionnée qui attend son amant intermittent
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Dr Xavier
InvitéEt Far from heaven? Disons que c’est une lente agonie pendant tout le film vu qu’on nous dit assez vite que le mari est homo, et Juliane Moore est plus quadra que quinqua.
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Ostros
InvitéDans les livres
Reverdir de Constance Joly, sorti cette année, semble coller au sujet demandé. Il est écrit que son couple se délie mais sans préciser si c’est lui ou elle qui part. Ce qui oblige à le lire en diagonale en cachette dans une librairie pour savoir.-
..Graindorge
InvitéOn cherche des livres aussi ou que des films?
FB a dit Films, non?-
Carpentier
Invitébah à un moment il a ouvert plutôt sur des bds même
mais depuis, il a pas encore relevé les quelques propales ….
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lison
InvitéEt Carol du même Todd Haynes .
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lison
Invitéah non je m’embrouille ! C’est elle qui quitte son mari.
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Charles
InvitéTrès bon papier de Garson dans les Cahiers sur le PTA, meilleure critique lue à ce jour car la plus précise, moins dans des interprétations politiques que d’autres.
« Chez Anderson, le couple explosé, et le parent seul, undercover, entre dans un demi-sommeil, dans leque la cache risque de devenir un tombeau ». Bien vu.
(Je n’ai que la version papier donc compliqué de citer l’article en entier).-
Younès
InvitéToujours au top Charlotte.
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..Graindorge
InvitéMaintenant que le 30 septembre est passé: Close Up de Abbas Kiarostami peut se voir dans son intégralité sur YouTube en VO sous-titré en anglais
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Merckxito
InvitéUn film où une femme se fait quitter par son mari (pour une autre): The Meaning (Arth) de Mahesh Bhatt.
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François Bégaudeau
Maître des clésconnais pas du tout
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Merckxito
InvitéUn Bollywood intéressant pour la trajectoire du personnage féminin mais hélas disponible seulement en basse qualité sur internet.
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lison
InvitéMerci pour le chocolat de Claude Chabrol.
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Tony
InvitéBurdeau et le texte fondateur de Truffaut,une semaine avant la sortie de Nouvelle Vague, à ne pas manquer ce soir
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ziggypop
InvitéLe motif de l’abandon de la femme par le mari est présent dans On connaît la chanson de Resnais (Arditi qui veut quitter Azéma en chantant Je suis venu te dire que je m’en vais), mais dans mon souvenir il ne va pas jusqu’au bout. On retrouve sûrement le motif dans d’autres films de Resnais mais je les confonds un peu (peut-être dans Coeurs ?). Je crois que Depardieu finit par quitter Carole Bouquet dans Trop belle pour toi de Blier.
Je me souviens aussi d’une scène de rupture épistolaire dans Mauvais Sang de Carax (rupture initiée par l’homme, mais qui n’est pas le mari).
Sinon je ne sais pas si Roma de Cuaron a été mentionné, mais c’est le film qui colle le mieux à la demande j’ai l’impression -
ziggypop
InvitéSinon c’est un abandon d’un genre différent, mais je pense au suicide de Kiefer Sutherland dans Melancholia (qui abandonne sa femme et ses enfants face à la catastrophe)
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ziggypop
Invité*son enfant
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stephanie
InvitéSenses de Hamaguchi une des amies a disparu suite au divorce ( je crois qu’elle était quitté par son mari)
L’Adversaire, le père quitte toute sa famille…en les tuant
pas mieux -
Oscar
InvitéLa Communauté de Vinterberg ? Je ne me souviens plus s’il y a vraie rupture ou juste infidélité.
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci à toustes pour la contribution à l’effort national
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..Graindorge
InvitéRectificatif camarâââde: à toutes zé à tous !
Mais c’est vrai que c’est joli à l’écrit ce » toustes »
Je l’adopte
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Carpentier
Invité🤣
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..Graindorge
InvitéSomething’s Gotta Give** | 2003 | Nancy Meyers | Diane Keaton | Une femme de plus de 50 ans, quittée par son compagnon plus jeune, se réinvente et trouve l’amour inattendu. |
| **The First Wives Club** | 1996 | Hugh Wilson | Bette Midler, Goldie Hawn, Diane Keaton | Trois femmes de 50 ans, quittées par leurs maris, se vengent et se reconstruisent ensemble. |
| **It’s Complicated** | 2009 | Nancy Meyers | Meryl Streep | Une femme divorcée depuis 10 ans, dont l’ex-mari revient dans sa vie, mais elle choisit finalement de se tourner vers un nouvel amour. |
| **The Wife** | 2017 | Björn Runge | Glenn Close | Une femme de plus de 60 ans, confrontée à la trahison de son mari et à la remise en question de toute sa vie. |-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
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..Graindorge
InvitéAmour** | 2012 | Michael Haneke | Emmanuelle Riva | Une femme âgée, confrontée à la maladie et à la perte de son mari, dans une relation d’une intensité déchirante. |
| **The Great Beauty** | 2013 | Paolo Sorrentino | (Ensemble féminin) | Plusieurs personnages féminins de plus de 50 ans y sont confrontés à la solitude et à la quête de sens après des ruptures. |
| **A Separation** | 2011 | Asghar Farhadi | Leila Hatami | Une femme iranienne, confrontée à la séparation et à la pression sociale, doit se battre pour sa dignité. |
| **The Secret Life of Us** | 2001 | (Série australienne) | Claudia Karvan | Une femme de 50 ans, quittée par son mari, explore de nouvelles relations et une nouvelle vie. |—
### **Films récents ou moins connus**
[:custom_element](%7B%22type%22%3A%22table-metadata%22%2C%22attributes%22%3A%7B%22title%22%3A%22Films%20r%C3%A9cents%20ou%20moins%20connus%22%7D%7D)| Titre | Année | Réalisation | Actrice principale | Synopsis |
|——-|——-|————-|——————–|———-|
| **The Divorce Party** | 2019 | Hugo Gélinas | (Ensemble féminin) | Une comédie sur des femmes de tous âges, dont certaines de plus de 50 ans, qui célèbrent leur divorce. |
| **Poms** | 2019 | Zara Hayes | Diane Keaton | Une femme âgée, quittée par son mari, trouve une nouvelle passion et une nouvelle communauté. |
| **The Last Laugh** | 2019 | Greg Pritikin | Chevy Chase, Richard Dreyfuss | Une comédie où une femme de plus de 50 ans, quittée par son mari, devient humoriste. |-
..Graindorge
InvitéMerci à mon ami Marc qui a répondu immédiatement à la demande de participation
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Anna H
Invité« Amour** | 2012 | Michael Haneke | Emmanuelle Riva | Une femme âgée, confrontée à la maladie et à la perte de son mari, dans une relation d’une intensité déchirante. »
Pauvre Michael
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Chauffe-Eau Sauvage
InvitéLe Lâche de Satyajit Ray : Amithaba, scénariste de films commerciaux, se promène dans la campagne, effectuant des repérages. Sa voiture tombe en panne et il est hébergé par un planteur de thé dont l’épouse est Karuna, une femme qu’il a autrefois aimée, mais qu’il n’a pas su ou pas voulu garder…
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Carpentier
Invitésons ‘ naturels ‘ de filmage uniquement – incluant deux courtes séquences musicales seulement ( de l’autoradio ou en lecture audio en voiture – séquence 1) et avec des musiciens sur un trottoir, dans une des nombreuses séquences de discussion/on fait quoi? avec le van garé : je sors du Panahi et de son final où le plan durant étrangement te fait dire ‘ nan? i va finir en nous laissant comme ça? il va oser? »
et puis si, Panahi te laisse ainsi.
Ça c’est une leçon de cinéma, quoi.-
Carpentier
Invité👋 ici pour le Panahi
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graindorge
Invité -
Charles
InvitéJ’ai vu Nino et j’ai trouvé le film parfaitement anecdotique tant il est un parangon de cinéma pudique, délicat et réaliste à la française. C’est ce réalisme qui mime le réel pour produire cette stérile impression du « comme dans la vraie vie », dans une acception très terne et peu intéressante de la vie. Le réel qui est ici imité tient pour l’essentiel à des façons de parler, à quelques gestes et à la bureaucratie de l’hôpital mais pas à grand-chose d’autre. On ne le prend pas ici dans sa puissance ou plus prosaïquement dans son intérêt comme par exemple dans la Vie au ranch de Letourneur qui produisait de la vitalité, du comique et in fine quelque chose comme de la mélancolie (qui se conquiert) alors qu’ici on a quelques répliques un peu drôles et surtout de la retenue, du bégaiement, des « euh » dont le film fait un programme (l’impossibilité à dire un cancer de la gorge qui reste en travers de celle-ci) un peu court et surtout assez lourd. Le film fait très appliqué, très fémisien dans son scénario et son filmage. C’est très appuyé, symbolique avec des moments de fantaisie pris en charge par des acteurs chevronnés, notamment ce pauvre Amalric qu’on a fait déplacer pour cette scène ratée où il joue un mec un peu fou, brisé mais tendre évidemment. L’acteur principal, qu’on tient pour une révélation et qui va sûrement avoir son César, est beaucoup trop lymphatique, fantomatique et affecté, notamment dans sa diction avec cette voix hésitante, voilée etc. C’est certes son rôle mais ça produit hélas un personnage très évidé, dévitalisé. La cinéaste est manifestement amoureuse de lui, elle l’érotise de façon un peu maladroite et convenue à la fin – notamment dans une improbable scène de masturbation qui même là réussit à l’exploit à être dévitalisée. Elle est émerveillée par ce corps qu’elle fait déambuler mais à qui elle ne fait pas faire beaucoup de choses d’autre. On a comparé ce film au classique de Varda, Cléo de 5 à 7, sur un sujet de prime abord assez proche. Mais chez Varda les personnages étaient forts, ils existaient, quand ils arrivaient dans la scène on était captivés (de l’irruption de Michel Legrand qui venait jouer du piano à cette dernière balade funèbre avec lesoldat), on n’avait pas cette écriture un peu molle de personnages gentiment déprimés (cette pauvre mère célibataire qui n’existe qu’en tant que telle) filmés sur des murs blancs.
Je vois ici aussi quelques tics de mise en scène comme ces décrochages de plan, la caméra qui suit un mouvement brusque d’un personnage qui fait tomber une assiette ou des décadrages (notamment dans la dernière grosse séquence). Ce n’est pas que la réalisatrice filme vraiment mal ses personnages mais qu’elle n’a rien à filmer. Les acteurs ne sont pas mauvais mais assez attendus, surtout William Lebghil dans un rôle plus que prévisible.
Bref, le film n’est pas la bonne surprise que je croyais qu’il allait être mais il a au moins permis de comprendre ce que n’aime pas dans cette « certaine tendance du cinéma français » contemporain.-
François Bégaudeau
Maître des cléssi tu ne l’aimes pas pourquoi écris tu vingt lignes dessus?
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Charles
InvitéCertes.
Tu l’as vu? -
Luxuriance
InvitéFrançois, ça t’es bien arrivé de faire des gêne de 1h sur un film que tu n’avais pas aimé, pourquoi il pourrait pas faire deux trois paragraphes ?
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diegomaradona
Invité« pourquoi il pourrait pas faire deux trois paragraphes ? »
Surtout venant d’un type (françois) qui ne cesse lui-même de gloser et d’écrire sur le capitalisme qu’il n’aime pas.
Ce type est décidément d’une tartufferie et d’un ridicule sans limite. -
Charles
InvitéC’est vrai ça, de qui se moque-t-on?
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Frarez
InvitéD’accord avec Luxuriance, on pourrai préciser que l’exercice auquel c’est prêter françois pendant la gène sur Les passagers de la nuits n’est pas très loin du texte de charles, dans les intentions critiques.
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Charles
InvitéFrançois a peur que je prenne sa place, je ne vois que ça.
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Frarez
InvitéJe parierais plutôt sur une tendance à la contradiction, répandu chez les critiques
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François Bégaudeau
Maître des clésVisiblement Frarez n’a pas compris ce qui était une pique amicale à Charles, qui ce matin me demandait pourquoi j’allais consacrer 1h30 au PTA que j’aime moyennement.
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Frarez
InvitéJe m’excuse de ne pas lire tout les messages posté ici, mais sinon ton avis sérieux sur le film (et la critique de charles par extension) ?
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Carpentier
Invitéouais, c’est vrai ça: t’as même pas vu que j’ai vu
Un simple accident et Oui, et que j’ai même tendu une perchette de lignes pour chaque
dommage
on a failli parler cinéma comme il disent
mais pas avec moi : )-
Carpentier
Invitéaujourd’hui je pense aller voir exit 8
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François Bégaudeau
Maître des clésje n’ai pas vu le film
vraiment le genre de trucs que je fuis, je vois trop bien dans quel petit jeu sanspathos bourré de pathos va m’entrainer l’acteur
je le verrai en streaming dans quelques mois-
Charles
InvitéOui tu vas détester. En plus y a Balibar.
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Charles
InvitéJeanne Balibar évidemment, Etienne serait sans doute un meilleur acteur.
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François Bégaudeau
Maître des clésEtienne EST un meilleur acteur
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lison
InvitéVous avez parlé du film de Sepideh Farsi par ici ?
Moi je ne l’ai pas beaucoup aimé, et n’en retiendrai que les photos de Fatma ( que la réalisatrice aurait eu le bon goût de laisser plus longtemps à l’écran) et la scène filmée par Fatma, le travelling dans la rue en ruines, seule séquence vraiment intéressante et cinématographique.
La façon dont la réalisatrice parle de ses voyages – des différents lieux où elle est au moment où elle l’appelle, lui parle de la mer et de la plage- elle est en vacances , cite Une chambre à soi -j’ai senti venir la référence et ça m’a bien tendue-, évoque Cannes, l’immense inégalité entre la filmeuse et la filmée – et l’absence de recherche pour l’atténuer et « rencontrer » ce personnage- sa façon de s’adresser à elle – comme un adulte mal à l’aise avec un enfant-, sa distance, sa superficialité, ses considérations sur le voile, et ses propos anecdoto-esthétiques sur son sourire, la couleur de ses yeux, ou ses lunettes, la manière dont elle évoque l’avenir et leur illusoire rencontre, tout ça m’a beaucoup irritée.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne le sens pas du tout ce film
Et tu confirmes. -
Toni Erdmann
InvitéD’accord avec toi Lison sur l’irritation que peut provoquer les remarques maladroites de la réalisatrice. Mais j’aurais tendance à mettre cela au crédit du film. Cette indélicatesse de la réalisatrice renforce le contraste de ce champ contre-champ au dispositif très particulier.
Et le spectateur se situe de facto avec la réalisatrice (en occident), impliquant une forme de collusion avec elle, mais aussi une ignorance partagée : ce qui nous vient de Gaza ne peut tenir que dans ce surcadrage minuscule du téléphone et implique nécessairement des questions naïves et difficiles (à quoi ressemble ton quotidien, que manges-tu, etc). Ce surcadrage documente à la fois le quotidien de Fatem mais aussi l’impossibilité de réellement pénétrer le réel de Gaza, réduit à ce minuscule écran.Et surtout, ça a beaucoup été dit, mais la perte de connection progressive qui altère l’image et préfigure ainsi la disparition de Fatem est bouleversante et justifierait à elle seule le dispositif.
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adamou
InvitéUn sitiste charitable pourrait-il partager l’article du diplo « que reste-t-il de la cinéphilie » ?
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..Graindorge
InvitéSalut adamou:
Je vais voir si je me souviens de comment on fait -
stephanie
InvitéCe que la société fait au cinéma
Que reste-t-il de la cinéphilie ?Le monde diplomatique octobre 2025
Avec ses rites et ses chapelles, ses passions et ses querelles, la cinéphilie a constitué, en
France, un univers à part autant qu’un art de vivre. Mais le temps a passé : bouleversements
techniques, nouvelles pratiques, évolution des mœurs ont changé la donne. À l’heure où les
plates-formes de streaming imposent leurs normes et où les réseaux sociaux métamorphosent
l’exercice critique, que devient l’amour du septième art ?
Un « événement cinéphile majeur ». Quand, en juin dernier, les Cahiers du cinéma mettent en
ligne l’intégralité de leurs archives dans le cadre d’un accord avec Google, la directrice générale
de la revue s’en félicite (Agence France- Presse, 4 juin 2025). Agréable à visiter, regorgeant
d’illustrations et enrichi d’articles inédits, le portail est une incontestable réussite. S’agit-il pour
autant d’une invitation à la cinéphilie ? La consultation des Cahiers numérisés s’apparente à
un plaisant voyage dans le temps, une expérience assez semblable à la visite de la Mole, le
musée — très immersif (1) — du cinéma à Turin. On pourrait en revenir avec un tote bag, ou
la reproduction encadrée d’une couverture jaune des grandes années du périodique, lancé en
1951.
Éclosion de revues, multiplication des ciné-clubs, l’après-guerre connaît un essor de la
cinéphilie. Elle a ses tendances — communiste autour de figures comme Georges Sadoul,
chrétienne dans le sillage d’André Bazin, cofondateur des Cahiers du cinéma —et ses
rituels : « Maniaque de son fauteuil, obsédé par son rang (toujours “avancé”, dans les trois
premières rangées), fidèle à sa salle, poussant l’érudition à l’extrême, sectaire,
ses Cahiers jaunes sous le bras, le cinéphile vit (…) sa passion avec ferveur et ne la partage
qu’avec le clan, la chapelle, le groupe qui l’entoure (2). » Alors voir les films — les images, le
montage, l’intrigue… — implique forcément d’ardentes discussions.
La cinéphilie française a ses revues — les Cahiers, ou Positif, fondé en 1952 —, ses rendez-vous
à la radio — « Le masque et la plume » à partir de 1957 — ou plus tard à la télévision. Critiques
professionnels ou amateurs, ses adeptes entendent manifester une liberté d’esprit conforme
à l’essence d’un art populaire qui n’exigerait pas de formation particulière pour être apprécié.
Chacun pourrait former son avis et le défendre, au café après la projection ou dans le métro
au retour.
Certes, en pratique, cette passion collective a, comme toute autre, rapidement fait l’objet
d’une codification particulière. La première génération de critiques des Cahiers invente la
« politique des auteurs ». Devenue banale aujourd’hui, elle consiste à attribuer le sens et la
créativité d’un film à son réalisateur, un véritable artiste beaucoup plus qu’un technicien à la
tête d’une équipe. Dans son fameux article « Une certaine tendance du cinéma français » de
janvier 1954, François Truffaut attaque violemment les films de scénariste — « un cinéma
antibourgeois fait par des bourgeois, pour des bourgeois » —, afin de mieux défendre les
œuvres de Jean Renoir ou Robert Bresson, qui, eux, écrivent leurs films avant de les mettre en
scène. En 1959, Jean-Luc Godard, alors lui aussi critique aux Cahiers ou à Arts, peutfanfaronner dans les colonnes de ce dernier : « Nous avons gagné en faisant admettre le
principe qu’un film de Hitchcock, par exemple, est aussi important qu’un livre d’Aragon. Les
auteurs de films, grâce à nous, sont entrés définitivement dans l’histoire de l’art. »
À l’époque, le coup de force donne lieu à de vifs débats. Quels réalisateurs défendre ? Lesquels
descendre en flammes ? Il s’agit toujours, in fine, d’imposer le cinéma comme un art à part
entière, ni simple divertissement ni mélange de différents arts. Mais cette « politique des
auteurs » reste confinée à l’univers du cinéma. Laissant de côté le monde extérieur, elle
connaît une fin abrupte en 1968. Soudain, les lumières s’allument dans les salles obscures : le
tumulte de cette année-là marque une rupture dans l’histoire de la cinéphilie. Les rues
envahies par les mouvements sociaux, l’opposition à la guerre du Vietnam, la controverse liée
au licenciement du directeur de la Cinémathèque, Henri Langlois, l’annulation du Festival de
Cannes — tout cela entraîne une prise de conscience, particulièrement aux Cahiers.
La cinéphilie se jette corps et âme dans la politique au cours de la décennie suivante, certains
allant jusqu’à considérer les films comme de simples symptômes de l’idéologie. Cette
conception atteint ses limites dans les années 1980. Les critiques cherchent alors à renouer
avec les racines populaires du cinéma. Le champ de la cinéphilie s’élargit à de nouveaux
objets : en 2001, Les Inrockuptibles consacrent des pages euphoriques à « Loft story ».
L’intérêt cinématographique de ces émissions est pour le moins limité, puisqu’elles ne font que
rappeler une leçon connue depuis les premiers temps du cinéma soviétique, sous le nom
d’« effet Koulechov » (3) : le montage permet de manipuler le récit.
Puis le mouvement #MeToo est venu fracturer le milieu des cinéphiles. Lorsque Roman
Polanski se voit décerner le César 2020 du meilleur réalisateur pour J’accuse, un certain
nombre d’invités, emmenés par l’actrice Adèle Haenel, décident de quitter la cérémonie.
Virginie Despentes écrit dans une tribune à Libérationquelques jours plus tard : « On se lève et
on se casse. » Un doigt d’honneur à l’industrie du cinéma, à l’académie des Césars et à une
tradition qui sacralise volontiers les metteurs en scène. La fracture s’approfondit en 2024
quand la Cinémathèque française programme Le Dernier Tango à Paris, de Bernardo
Bertolucci, sans avoir prévu la moindre analyse ou mise en contexte. Le film contient une scène
de viol imposée par le réalisateur à l’actrice Maria Schneider. Face à une levée de boucliers de
cinéastes, de critiques et de féministes, la projection est annulée. Il n’empêche, le mal est fait,
aggravé par les prises de position désastreuses des responsables de l’institution.
Tandis que les hauts lieux de la cinéphilie comme les principes sur lesquels elle repose sont en
péril, en France — et la situation est encore pire ailleurs —, un certain nombre de cinémas
indépendants et de multiplexes ferment leurs portes. Tout porte à croire que cette tendance
se poursuivra. Désormais, les rétrospectives et les ciné-clubs relèvent de l’exception et sont
menacés d’être remplacés par des spectacles plus lucratifs : une retransmission de Madame
Butterfly, ou la finale de la Ligue des champions de football.
Visionner à toute heure
Les VHS de la collection « Les films de ma vie » commençaient par faire entendre François
Truffaut : « Je n’aimerais pas voir pour la première fois un film en vidéo, un film doit d’abord se
voir en salle, aujourd’hui, la vidéo bouleverse ma vie, prenez Sérénade à trois de Lubitsch par
exemple. Avant, s’il passait, j’y allais en me disant que je pourrais attendre un an ou deux avantde le revoir. Là, il m’arrive de le visionner trois fois dans la même semaine… En tant que
cinéphile, je suis un fanatique de la vidéo. » La télévision et le DVD ont aussi, en leur temps,
bouleversé les habitudes. Mais la place immense acquise par les plates-formes de streaming,
l’omniprésence des écrans dans notre quotidien et la possibilité de visionner des vidéos à toute
heure, sous une forme ou sous une autre, embrouillent l’idée même de film. Les œuvres ne se
regardent plus seulement sur grand écran, et l’on peut interrompre et reprendre leur
visionnage à sa guise. Alors que les reprises en salle de La Maman et la Putain faisaient
naguère événement, le chef-d’œuvre de Jean Eustache (trois heures trente-sept) se loue
aujourd’hui pour 2,99 euros sur Canal VOD, rubrique « Le coin des cinéphiles » (4).
Des images de toutes sortes sont venues concurrencer le cinéma. Au début des années 1990,
déjà, à propos du traitement de la guerre du Golfe à la télévision, le critique Serge Daney
établissait une différence entre le cinéma et le « visuel », flot d’images qui ne nous montrent
rien du tout. Le cinéaste Martin Scorsese opère, lui, une distinction entre « contenu » et
cinéma (5). Du point de vue des plates-formes de streaming, tout est contenu, un film de
Federico Fellini, la dernière saison de Stranger Things ou un documentaire consacré à un tueur
en série irlandais. L’essentiel est que les étagères virtuelles restent bien remplies, que les
clients aient l’illusion de pouvoir choisir et le sentiment d’une inépuisable abondance. Mais un
« contenu » n’est pas destiné à recevoir notre attention pleine et entière, ce n’est qu’une
distraction sans importance, un bruit de fond.
Scorsese fait néanmoins l’éloge du travail de « curation », de sélection, d’agencement et
d’accompagnement des films effectué par certaines plates-formes de streaming et certains
distributeurs de DVD. La curation est certes l’une des formes revêtues par la cinéphilie, mais
elle a aussi son envers. Netflix emploie plusieurs dizaines de personnes pour développer une
collection d’étiquettes susceptibles de s’appliquer à chacun des films de son catalogue : il en
existe environ trois mille à ce jour, allant des habituelles « thriller » et « comédie
romantique » à « extravagant » et « à l’esthétique léchée ». Désormais, choisir un film sur la
plate-forme est une démarche étrangement compliquée. En participant à la curation, en
ajoutant des films à leur liste, en évaluant les contenus qu’ils regardent, les spectateurs
fournissent aux plates-formes des données qui leur permettront de décider de leurs
productions futures.
Trop souvent, pourtant, le passage en revue du contenu proposé par ces mêmes plates-formes
nous fait perdre l’envie de regarder quoi que ce soit. Le septième art n’a pas cessé de
s’accroître et de se démultiplier, notamment avec l’arrivée constante de nouveaux cinémas
nationaux et de nouveaux cinéastes. Comment s’arranger du trop-plein ? Comment continuer
de croire qu’il existe encore quelque chose comme le cinéma ? Scorsese a peut-être raison : la
curation est le présent et l’avenir de la cinéphilie, à condition qu’elle soit aussi informée que
consciente de ses lacunes — car aucun individu ne peut aujourd’hui parler de la totalité du
cinéma.
Les blogs, les forums, les magazines en ligne, les podcasts et autres chaînes YouTube semblent,
comme les plates-formes, relever d’une logique de consommation individualisée : nombre
d’entre eux proposent surtout des préférences personnelles et, en dernière instance, se
contentent de conseiller ou de déconseiller d’aller voir les films, selon une logique qui
s’apparente à celle du marché. Dans ce cadre, les discussions se caractérisent souvent par la
nature très subjective des opinions avancées et par l’absence frappante de personnesrevendiquant le titre de critique. Cette tendance trouve un prolongement dans l’essor des
influenceurs cinéma, dont le propos se résume généralement à une poignée de slogans. Parce
qu’ils excellent sur le plan publicitaire et savent donner de la visibilité aux films, ils sont de plus
en plus courtisés par les organisateurs de festivals, mais aussi par les réalisateurs et les acteurs,
au détriment des médias traditionnels. Ces derniers ont eux-mêmes contribué à la perte
d’autorité de la critique, réduite la plupart du temps, y compris dans les grands quotidiens, à
une poignée de lignes et de formules lapidaires destinées à finir sur des affiches
promotionnelles.
Alors à quoi peuvent donc se raccrocher les cinéphiles qui aspirent à des analyses approfondies
mais non universitaires ? Depuis 2020, la nouvelle équipe des Cahiers a voulu retrouver
l’ambition qui animait la revue dans ses années fastes. Une même exigence critique anime les
podcasts « La gêne occasionnée » (qui s’est, hélas, arrêté avant l’été), « Tout va bien » (qui
prend sa suite) ou « Spéculations », la chaîne YouTube de Samir Ardjoum « Microciné » et
quelques autres émissions — souvent au long cours. Des ciné-clubs — tels ceux de l’Institut
Lumière à Lyon ou de l’Eldorado à Dijon — proposent également des discussions stimulantes
autour des films projetés, et certains mettent en ligne les débats qu’ils organisent à la suite
des projections.
Tous ceux-là, et bien d’autres, perpétuent un plaisir du cinéma qui réside dans les découvertes
inattendues. Ils ne se contentent pas de donner une note à des films, mais continuent de croire
que la critique a pour vocation de nous faire voir les œuvres, celles que l’on croyait connaître
comme celles dont on ignorait l’existence. Examiner, discuter, partager, c’est prolonger cet art
capable de renouveler notre regard collectif sur le monde, de nous permettre, comme le dit
l’écrivain François Bégaudeau, de « voir la vie mieux qu’on ne la voit hors cinéma (6) ». Plutôt
qu’un affaissement de la critique, le foisonnement d’émissions amateures, en podcast ou en
vidéo — voire le succès du site SensCritique, sur lequel des centaines de milliers d’inscrits
partagent des analyses, parfois assez fouillées — ne témoigne-t-il pas d’un intérêt renouvelé
pour les images, le cinéma ? On voudrait croire que, bouclant la boucle, des passionnés, des
esprits libres ont pris le relais de professionnels défaillants et renoué avec l’esprit de la
cinéphilie à sa naissance. Sans aucune nostalgie.
(Traduit de l’anglais par Nicolas Vieillescazes.)
Emilie Bickerton
Critique et scénariste, membre du comité de rédaction de la New Left Review.
(1) Lire Evelyne Pieiller, « On s’immerge, ou on émerge ? », Le Monde diplomatique,août 2024.
(2) Antoine de Baecque et Thierry Frémaux, « La cinéphilie ou l’invention d’une
culture », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 46, Paris, avril-juin 1995.
(3) Du nom du réalisateur Lev Vladimirovitch Koulechov (1899-1970). Lire Edgar Roskis,
« Mensonges du cinéma », Le Monde diplomatique, novembre 1997.
(4) Lire Nicolas Viellescazes, « Laisser le temps défaire », Le Monde diplomatique, mars 2024.
(5) Lire Martin Scorsese, « “Fellini est plus grand que le cinéma” », Le Monde
diplomatique, août 2021.
(6) « “J’aime avant tout le cinéma qui me fait voir la vie mieux que je ne la vois hors cinéma.”
Entretien avec François Bégaudeau », Relief, vol. 19, n° 1, Nimègue-
graindorge
InvitéMerci Stéphanie!
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adamou
Invitémerci Stephanie
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François Bégaudeau
Maître des clés« On voudrait croire que, bouclant la boucle, des passionnés, des
esprits libres ont pris le relais de professionnels défaillants et renoué avec l’esprit de la
cinéphilie à sa naissance. »
Je voudrais le croire aussi et je le crois. Il est quand meme frappant d’observer à quel point la fibre critique ne s’est pas tarie dans notre beau pays. Et je ne pense pas que quantitativement notre époque ait beaucoup à envier à l’état des lieux de la cinéphilie de 1992
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MA
InvitéBelle surprise pour ma part ce premier film de la réalisatrice Shih Ching Tsou, The left-handed girl, auquel a participé Sean Baker ( montage, production, scénario) qui retrace bien l’ambiance nocturne du marché de Taipei, à travers trois actrices convainquantes.
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François Bégaudeau
Maître des cléson a eu un son de cloche différent ici – de je ne sais plus quel sitiste
(je parle de the left-handed)-
Carpentier
Invitémoi je sais de quelle cloche tu parles:
– une cloche qui parlait de connerie abyssale –
et en ce qui me concerne, en tant que cloche, je me range plutôt avec MA (cf. un post en p. ciné 18 pour ouverture/accroche proposition d’échange) mais bon,
on a failli parler cinéma
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Charles
InvitéBonne nouvelle, on a enfin une date de sortie pour le dernier Michel Franco (Dreams) : 28 janvier 2026.
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..Graindorge
InvitéOUÈÈÈÈÈ!!!👏🏼🍀
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Carpentier
Invitéça y est, je suis en route (ouf)
et puis quand même, suite au visionnage du film Oui,
Ariel Bronz, on en parle?-
Carpentier
Invitéparc’que moi, je viens d’en commander un pour Noël : D
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François Bégaudeau
Maître des clésje crois que sa gueule est la principale raison pour laquelle ce film m’est insupportable
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François Bégaudeau
Maître des clésbon Jouer juste
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Carpentier
Invitégros rire (merci)
on dirait moi en grave délit de faciès avec la sémillante et passionnée des mains en moulinet, Chalumeauet sinon, pour Oui, un autre truc à dire peut-être?
– en ce qui me concerne, j’ai dit ‘ musical ‘ dans mes premières lignes/émotions de sortie de salle hier soir – qu’en penses-tu? : )-
François Bégaudeau
Maître des clésj’ai écrit sur Oui pour le diplo
mois prochain-
Carpentier
Invitéok, je patiente tranquille alors
(j’ai de plus le dernier publié à découvrir) -
Carpentier
Invitéen attendant dans le diplo, un truc qui fonce vers le viral m’a remis en tête – d’une certaine façon – la population qui se tape la fête dans le film OUI:
plutôt bien fait, et bien vu
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..Graindorge
InvitéVu hier « Él » de Luis Buñuel
Beaucoup aimé -
stephanie
InvitéJe remets ici le court car je pense qu’il plairait ici et vos retours m’intéresseraient.
https://www.arte.tv/fr/videos/118136-000-A/les-tremblements/
Beauté des voix, des émotions, des paysages d’hiver en Bourgogne-
..Graindorge
InvitéMa maman a 87 ans et je ne veux pas qu’elle parte.
Pas avant les 90 ou 100. Voire 120! Et là, son cri du cœur et du corps: « Quoi? Tu veux ma mort?! »
🤔
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I.G.Y.
InvitéJ’ai rattrapé Oui. Hâte de lire le texte du Diplo. Orignac soulignait à quel point c’est un film qui ne nous fait rien voir et c’est bien mon avis. Même les passages où le « personnage » — qui n’en est pas vraiment un, et j’ai ensuite appris que c’était assumé — déambule dans la rue au milieu de la foule dans un concert pour la fête nationale, la caméra est en gros plan sur son visage et l’arrière plan est entièrement flou. J’ai lu le texte de Joudet rapporté par Charles et relève autrement cet aspect frappant, à propos d’un gros plan de nuque sur la colline près de Gaza : « cette nuque est en trop, que cette nuque est à l’image du film. Elle fait barrage à quelque chose ». J’ai repensé en séance à vos discussions ici sur les gros plans qui regardent et ceux qui ne regardent rien : on a je crois dans ce film un exemple caricatural de l’option 2. On pourrait tout au plus dire qu’ils sont (délibérément?) homogènes à une certaine volonté israélienne de ne pas voir, sauf que l’on en arrive à ne plus rien voir sur rien : ni sur le « personnage », ni sur la société israélienne, ni sur Gaza bien sûr (avec quelques exceptions mais je passe).
J’ai entendu des reproches sur l’absence de Gaza voire l’absence de Palestiniens même israéliens dans le film, or le pire est que je ne pense absolument pas que ce reproche soit le principal : comme Burdeau l’a dit un peu autrement sur PDH, Lapid aurait tout à fait pu s’intéresser vraiment à un tout petit segment encore plus minuscule de la société israélienne pendant le massacre en cours, et le film aurait pu en sortir bien meilleur et politiquement plus fort. Aussi, ceux qui critiquent le film au motif qu’il a été très bien reçu en France y compris par des personnes qui ont criminalisé le soutien à la Palestine me semblent tomber un peu à côté. Le film est d’une telle violence factuelle contre Israël (cf. la présence de drapeaux israéliens plein cadre pendant de nombreuses scènes atroces) que si de telles personnes disent l’aimer, cela ne peut prouver que trois choses : soit ils sont des hypocrites achevés, soit ils n’ont pas vu le film ou n’y ont rien compris, soit leur degré d’inconsistance frôle l’abjection. Ou les trois à la fois.
.
Anecdote de séance qui me l’a rendue mémorable au plus mauvais sens du terme, pour le restant de mes jours. C’est tellement énorme que c’est difficile de ne pas raconter. Au fond de la (petite) salle, pendant les trois quart du film et jusqu’à la fin, un couple se galochait hyper bruyamment à un point dont je n’avais jamais été témoin. Pire que ça, la femme était carrément dos au film, ce que je n’avais jamais vu non plus. J’ai bien dit tout le long, soit y compris pendant la scène sur la chanson génocidaire. C’est tellement fou qu’ajouté au fait que la salle n’était pas celle d’une grande chaîne où l’on se retrouve par hasard un dimanche de désœuvrement (mais peut-on se retrouver devant ce film par hasard de toute façon?), j’en suis même arriver à me demander si ça n’était pas intentionnel (et même là : quel motif exact?). L’effroi que je ressens gît dans cette incompréhension.Séance dystopique intégrale. Séance 4DX?
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Stéphanie
Invité
A propos de Oui -
François Bégaudeau
Maître des cléssacrée anecdote
peut etre des gens que la tragédie palestinienne érotise
toutes les libidos sont dans la nature-
Carpentier
Invitéentre temps, FB a posté
avec brio
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Carpentier
Invité, pendant les trois quart du film et jusqu’à la fin, un couple se galochait hyper bruyamment à un point dont je n’avais jamais été témoin. Pire que ça, la femme était carrément dos au film
c’était du cinéma immersif, une séquence coupée au montage mais tournée initialement pour l’ouverture du film Oui
: D -
Carpentier
Invitédes personnes disent l’aimer, cela ne peut prouver que trois choses : soit ils sont des hypocrites achevés, soit ils n’ont pas vu le film ou n’y ont rien compris, soit leur degré d’inconsistance frôle l’abjection. Ou les trois à la fois.
passé une bonne partie du visionnage littéralement plaquée au dossier du fauteuil, peut-être
pour m’aider à prendre du recul, me dis-je maintenant
– et parfois l’oeil entre les doigts de la main écartés (j’ai 2 ans 1/2 je sais)
La première séquence, jusqu’à la soirée chez la jouisseuse d’oreilles, m’a totalement interloquée, intriguée, écoeurée. abasourdie, intéressée
et, comme le disait aussi Tony, il me semble,
tu ne ressors pas indemne de ce cinéma là.
Tout comme, ceci-dit, je ne serais sans doute pas sortie légère d’une séance ciné du Salo de Paso, au vu des émotions ressenties juste en le regardant sur un ordi.
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Tony
InvitéTVB est prévu cette semaine ou pas? J’ai hâte d’entendre François dire du bien d’un enfant de Spielberg, même la course poursuite est un pastiche des dents de la mer, incroyable !
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François Bégaudeau
Maître des clésen ligne ce soir
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Tony
InvitéA voir aussi ce bel échange sur l’abstraction du PTA et le réalisme d’Eddington où’on comprend profondément tous les personnages’, mais oui elle est là la politique et le grand cinéma aussi,pas dans ce romantisme révolutionnaire complètement creux.
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Ostros
InvitéDans moins d’une heure, c’est le tout va bien sur le PTA et le Jafar Panahi !
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..Graindorge
InvitéMerci Ostros!
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Eden Lazaridis
InvitéFrançois fait, dans l’émission, le pari que PTA se logera, à l’avenir, dans le confort du majoritaire. Je fais le pari inverse. J’impute à Di Caprio et à Di Caprio seul la relative médiocrité du film. PTA fera son prochain film avec un acteur moins hégémonique et retrouvera ses bonnes habitudes. C’est une simple incartade. Je fais le pari que son prochain film sera avec Robert Pattinson, je le sens et j’en prends les paris.
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propater
Invitéqqun comprends qqch à ce post de Terry McKay sur Facebook?
.
« • Coucou, qui fait semblant d’ignorer que PTA est depuis 2001 le compagnon de Maya Rudolph et a avec elle trois filles (20 ans, 16 ans, et 12 ans) et un fils (14 ans) ? J’entends des trucs spé et assénés avec si grande et satisfaite circonspection sur le possible « racisme » et le supposé inintérêt « politique » du cinéaste pour son temps ?
Samir Ardjoum Microciné et François Bégaudeau, j’ai tenu tant que j’ai pu hier soir. Mais n’imp, allô quoi. »
.
C’est quoi le rapport entre la femme de PTA et l’éventuel racisme ou manque d’intérêt politique du film? J’ai l’impression d’être sur Tumblr en 2010 mais cette dame est critique chez Libé donc j’imagine qu’il y a un sens qui m’échappe.-
propater
Invitéargh, désolé: j’ai posté ça sur deux pages différentes, je pensais que la page 18 plantait mais le com’ a fini pas passer…
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François Bégaudeau
Maître des clésje crois que terry mackay c’est camille nevers non?
si c’est le cas n’essaie pas de comprendre, elle dit une fois sur deux n’importe quoi depuis trente ans
elle a par exemple écrit récemment qu’Un Simple accident, qui pendant 45 minutes ressemble à un nanar, est un grand film-
Charles
InvitéAh oui il me semblait que c’était un de ses pseudos. Mais c’est étrange car ça ne ressemble pas du tout à son style. Samir a répondu de façon amicale en tout cas.
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propater
InvitéAh oui, effectivement, ça semble être elle, si je me fie aux photos et mes faibles capacités de physionomiste. Merci pour l’éclairage.
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Charles
InvitéEffectivement c’est bien Nevers et oui elle raconte n’importe quoi sur le PTA – film spielbergien (alors que Spielberg est allergique au sexe), rapprochement avec Shyamalan (cinéaste naif et très premier degré).
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Carpentier
InvitéUn Simple accident, qui pendant 45 minutes ressemble à un nanar, grand film ?
tandis que de mon côté, et encore hier soir, dans le topic ‘ actu FB ‘ et après une écoute du dernier TVB,
je disais grand, moi aussi, pour la séquence au pied de l’arbre– FB y parle surtout de l’actrice: oui, je suis d’accord bien sûr et à la fois, je note aussi le refroidissement palpable de Vahid dont l’explication pratique, avant de rentrer à la ville avec Shiva en van, contient encore des particules de colère/douleur en descente.
– je ré-écouterai mieux la partie où tu parles de théâtre dans le jeu des acteurs et dans la mise en scène de Panahi, de ce qui te déplaît, quoi
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MA
InvitéEo sur arte replay
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Claire N
InvitéMerci !
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I.G.Y
InvitéENFIN! Merci! (j’aurais aimé le voir au ciné mais ça ne passe jamais…)
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Dr Xavier
InvitéC’est pas plus mal, tu y aurais retrouvé des couples en train de se rouler de baveuses pelles devant un pauvre âne maltraité
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I.G.Y
InvitéGrand rire. Et que dire si c’était une mule.
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Malice
InvitéDans un épisode de Seinfeld Jerry roule des pelles à sa copine devant « La liste de Schindler »
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I.G.Y.
InvitéSacrée ref! Cela dit j’ai aussi déjà eu un type qui se marrait comme une baleine devant l’Armée des Ombres — pas la lumière à tous les étages.
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Malice
Invitédonc le syndrôme du joker de Joaquin Phoenix serait un vrai truc?
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I.G.Y
InvitéEh bien je n’ai malheureusement (ou heureusement?) pas vu les Joker avec Phoenix. Rien que pour réécouter la GO derrière je serais fichu de voir le premier.
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MA
InvitéSuper GO sur Eo. Merci
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Luc
InvitéBeaucoup aimé « un simple accident ».
Les corneilles, les traumas, l humanité qui s en va qui revient et les brûlures .
Et la fin peu surprenante mais prenante tout de même.Bon je ne suis et ne serai jamais critique mais content d être allé le voir .
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Luc
InvitéLa dernière scène de l arbre exploite les fonds de la violence et ce qui m a surpris c est finalement le bourreau qui ne se repentit pas en premier lieu mais finit par craquer face à la femme.
François je suis d’accord avec toi sur la non vraisemblance de bcp de choses notamment ce qui tourne autour de la naissance de l enfant.
En revanche, quant tu parles de
« Faux-geste » concernant la furie d Hamid, définitivement je te retrouve là et définitivement je ne saisis pas.
Comme à propos de L amour , ton roman, tu sembles détester et même ne pas croire à de tels états humains.
Est ce cela?Si c est le cas crois moi, le personnage d Hamid ne me parait absolument pas sur joué (le faux geste?) ayant été un nombre incalculable de fois dans un état similaire et bien pire je ne vois pas où est le faux geste?
Merci de ne pas attaquer cette confidence sur un angle où je ramènerais à moi mais précise ce qu est le faux geste
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Luc
InvitéRéagissant à chaud sur l émission, j entends aussi le bourreau repartir sur l épilogue.
La hantise restera même si non accompagnée de représailles-
François Bégaudeau
Maître des clésLe faux geste, ce n’est pas qu’il ait envie de le tuer. Ca je l’admets volontiers. C’est juste pitoyablement mal incarné par l’acteur.
Le faux geste ,dans cette scène, c’est lui retenu de tuer par les autres. Moment ridicule, et qui ne le serait pas si nous étions au théatre. Ce que je dis donc, et que tu contestes sans l’avoir compris, c’est que les gestes dits conventionnels de théatre ne marchent pas au cinéma
C’est quand meme bizarre de tout comprendre à l’envers comme ça. Pourtant il me semble qu’un moment youtube ça peut se repasser. Puis se rerepasser
A moins
A moins
A moins
D’étre si désireux de n’etre pas d’accord qu’on saute sur la moindre occasion de, sans trop y regarder.-
Alexandre
Invité« Le faux geste, ce n’est pas qu’il ait envie de le tuer. Ca je l’admets volontiers. C’est juste pitoyablement mal incarné par l’acteur.
Le faux geste ,dans cette scène, c’est lui retenu de tuer par les autres. Moment ridicule »
En plus, avant l’arrivée de Hamid, Wahid n’arrête pas de demander aux autres de ne pas parler fort, d’être discrets , etc. Et l’autre qui se met à gueuler comme un putois.
Je crois que Panahi ne sait pas quoi faire de sa volonté de mettre de l’humour dans le film.
Ça ne marche pas. C’est trop ténu et trop peu tenu pour faire contrepoids à la gravité sous-tendue par le sujet.
Donc, je partage ton avis sur ces moments centraux.
Ça ne m’empêche pas de beaucoup aimer le film quand même. Et tout cela m’a donné envie de revenir voir la filmo de près (je n’ai vu que Le Ballon blanc, Le Cercle et Taxi Teheran).-
Alexandre
InvitéJ’ajoute que le personnage de la photographe participe du malaise que tu décris. On y croit pas, elle ne paraît pas concernée. On ne l’imagine pas avoir souffert (seul Wahid propose quelque chose d’intéressant, et qui va dans ce sens, dès le début);
Jusqu’à ce que le volcan éteint (la photographe donc) se réveille dans la prodigieuse confrontation finale, baignée d’une rouge lumière presque scorsesienne. Là, l’actrice se révèle formidable.-
Carpentier
Invitésur la scène finale, impression qu’on est tout d’accord
@..Gr/graindorge 👋 on dirait bien que, finalement, c’est ici qu’on va en parler du Panahi (et non, comme moi, dans ‘ actu FB ‘ , hier soir)-
..Graindorge
InvitéEh oui, je vois bien Carpentina, aucun sens de l’ordre/ méthode dans ce chantier! Alors qu’il y a une entrée TVB sensée servir à échanger sur tous les films de TVB…
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Carpentier
Invitéah oui, il y a celle-là aussi : )
écrivant dans ‘ actu FB ‘, hier soir, j’étais donc moi aussi hors la loi du forum déjà
bon, on fait quoi alors?
on continue à dire toujours aux mêmes que faut pas déconner avec les nouvelles entrées de topics ?
ou on continue à en faire la remarque/reproche à la tête du sitiste ?
on connaît mon avis sur cette question ; )
ça va, toi? -
Carpentier
Invitéj’ajoute que pour l’entrée musicale ‘ lets dance ‘
pour laquelle je te remercie pour le Chamfort (Alain le Chat? c’était lui? )
; )
je l’ai démarré avec des titres entendus dans les derniers films à l’affiche et vus au ciné
– mais je reconnais mon imprécision et ma grande bêtise/maladresse sur le titre du topic:
‘ musiques de films ‘ 2 , comme l’appela jadis Peggy en 1, aurait été tellement plus approprié et parlant
bon, depuis, avec cette histoire de casques de motos, suis partie avec Daft Punk
du coup …
(j’avais déjà essayé de partager dans ‘ toutes les musiques sauf dailymotion ‘ mais, par exemple avec ma mention ‘ Confidente ‘ (celle où tu trouvais une familiarité avec Barbara )
personne a it compris/vu le film Confidente donc: plouf
pas grave mais voilà, ce qui pourrait être simple se révèle souvent. ici, v’là complexe
bonne journée,-
..Graindorge
InvitéRien à espérer des sitistes, ils iront où bon leur semble déposer le plus vite possible cliccliclicclic…leur dossier du jour sur tel ou tel film coup d’œil sur le Forum du jour: Cinéma? Hop envoi à Cinéma. TVB? Quelle page? 3? 4? Trop long, trop loin , pressé.e, pas l’temps…
On peut tenter. Prendre une voix adaptée
» Mesdames et messieurs, un quart de seconde d’attention svp, un entrée TVB a été créé »
Sinon oui tout va bien par ici.
Alain le Chat?-
Carpentier
Invitébenh z’enfin
..Gr/graindorge?le/la premier.e qui me dit que c’est pas un topic musique ici
et que je dois ‘ chier dans mes chiottes ‘ (je cite) je le fucke profond par tous les orifices
en commençant par les oreilles évidemment comme dans le film Oui-
Carpentier
Invitéchanson des Zabs, Darling, Alain le chat : )
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Pierre
InvitéIci, c’est pas un topic musique.
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Carpentier
Invitéote tes boucles d’oreilles, Darling
slurp
c’est parti
schlika schlika -
..Graindorge
InvitéTu as raison Pierre, c’est pas un topic Musique
voici les paroles
« Allé
Le chat Alain s’en est allé
sans trace et sans pitié.
Alain le chat malin s’en est allé sans laisser de trace et sans pitié.
Partout où il passe, les familles se séparent
et les rideaux se déchirent.
Partout où il passe, les familles se déchirent
et les rideaux se séparent.
Alain s’en est allé (gone away again).
Alain le chat malin s’en est allé sans pitié.
Le chat Alain s’en est allé. »*****
« Partout où il passe, les familles se séparent
et les rideaux se déchirent.
Partout où il passe, les familles se déchirent
et les rideaux se séparent. »
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Carpentier
Invitésinon, tu l’as vu ou pense le voir le dernier film de Panahi, dis?
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Carpentier
Invitéet les propos sur le fait, scénaristiquement, d’aller (re-)chercher d’autres comparses de geôle, publiquement comme ça, dans un tel contexte,
que ça puisse faire décrocher du film tant ça semble romancé, invraisemblable et absurde (cf. ce que j’ai retenu de ma première écoute du TVB num.2)
ça me paraît fort juste
mais après coup
car oui, ce truc de :Je crois que Panahi ne sait pas quoi faire de sa volonté de mettre de l’humour dans le film.
j’avoue que ça a fonctionné avec moi
(bon: 5 je vous salue Marie et 1 notre père, ça irait?)
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luc
Invitéok je compris « faux geste » =énervement (ce qui dans ce cas paraît bien le moins) pas faux geste=retenue des autres
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Dwl
Invitéest-ce que c’est possible de demander dans des cinés indépendants de passer un film en particulier ?
Je parle pas forcément d’une séance privée ou cine club du coup, mais plutôt de leur proposer une idée de film à programmer, vous savez si ça se fait, ou s’ils prennent parfois des suggestions du public ? (Je suis à Paris)-
François Bégaudeau
Maître des clésça peut arriver oui
mais si tu organises quelque chose avec
(genre un débat dans le cadre d’une association etc)-
Dwl
Invitémmmh ok je vois merci
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Tony
InvitéDrôle de film que Nouvelle Vague dont on savait que la réussite dépendrait de l’incarnation,le résultat est assez bizarre,on passe les premières minutes à découvrir et examiner la ressemblance des uns avec les autres,les noms apparaissent sur l’image en même temps que les protagonistes,on compare alors avec l’image que l’on en a et c’est assez drôle,une sorte de quizz cinéphile,
Chabrol nous paraît grotesque,Rohmer aussi, Truffaut est pas mal et ainsi de suite, là où ça se complique c’est dans la personnalité et les dialogues,le film commence dans une salle de projection où un film s’achéve,les lumières se rallument,on voit Godard derrière ses lunettes noires(?),entouré des rédacteurs des cahiers,et disant sentancieusement ‘Maintenant on sait que les civilisations sont mortelles’et Truffaut de répondre’oui mais les films,eux, sont immortels’premier dialogue qui nous laisse un peu perplexe mais qui impose Godard comme une sorte de prophète et de tête pensante de la bande,ce qui est frappant avec cette représentation de Godard c’est qu’il apparaît par la suite comme une sorte de dandy un peu mondain, très sûr de lui,s’exprimant principalement par des citations,assez loin de l’idée que je m’en faisais, idée fausse peut-être que celle de quelqu’un d’assez mal à l’aise à l’oral,un peu timide,parfois cassant ou drôle,un peu rude et secret,bref on comprend que ce personnage a peu de chose à voir avec la personne qu’il devait être,pas si grave même si on se met à douter de la reconstitution du tournage.Dans l’ensemble le casting est assez génial,je crois que la faiblesse du film vient principalement des dialogues,pas assez naturels.Le point fort et passionnant concerne tout ce que l’on nous fait voir de la fabrication d’A bout de souffle que l’on a une immédiate envie de revoir.-
Ostros
InvitéJ’ai peur d’aller voir ce film justement pour cette question de l’incarnation. Godard c’était quelqu’un pas une figure.
Et les autres aussi. Qui semblent être des icônes dans ce film.
J’attends d’autres retours.-
François Bégaudeau
Maître des clésla question serait : so what?
pourquoi ce film? -
Tony
InvitéMalgré tout j’ai passé un bon moment car si on a peu en tête l’époque, la légende cahiers et le film c’est amusant et souvent intéressant.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est pas pour moi je crois
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Tony
InvitéComme Samir va t’en parler t’es un peu obligé mais je crois que tu vas détester.
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Carpentier
Invitéet moi, en le visionnant, me cultiver
ensuite, je verrai l’A bout de souffle,-
Tony
InvitéJamais vu?
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Carpentier
Invitéet non
j’ai de la chance, n’est-ce pas?
ce sera une première : D
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Jules
InvitéRediffusé à Bruxelles A bout de souffle ! Je vais aller le voir (pour la première fois), mais nouvelle vague ne me tente pas du tout
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Carpentier
Invitéoh merci (j’avais déjà oublié que je souhaitais le voir)
je lance quelques invitations, vaines d’avance je le crains – au vu de cette période de vacances scolaires et de la nature de la propale – et, en fonction des retours fantasmés, je m’organise pour.
Bon À bout de souffle à toi, Jules (pour moi aussi, ce sera une première) -
Carpentier
Invité… Les femmes au volant c’est la lâcheté personnifiée / …
✌️
a y est: j’en suis.-
Carpentier
Invitévu rive gauche, avec des ‘ pubs de province ‘ avant les b.a., commerces locaux, quoi – total désuet : )
et quel bogoss ce Jp.
– Suis prête à en causer avec qui voudra nom de dieu!
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Carpentier
Invitépassionnant – ce qui – concerne tout ce que l’on nous fait voir de la fabrication d’A bout de souffle que l’on a une immédiate envie de revoir.
voilà ce qui me fait bien programmer d’aller le voir, merci
D’ailleurs, le dialogue dans la b.a. :il y a 5 films dans 1 film: celui qu’on écrit, celui qu’on distribue, celui qu’on tourne, celui qu’on monte, celui qu’on montre
m’avait déjà mis la bague au doigt
bien bien hâte.-
Carpentier
Invitéje précise, après visionnage:
il y a 5 films dans 1 film: celui qu’on écrit, celui qu’on distribue, celui qu’on tourne, celui qu’on monte, celui qu’on
montreprojette
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Carpentier
Invitési jamais, souvenir qu’on entend cette réplique dans la b.a. dans tous les cas
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Eden Lazaridis
Invité« Godard c’était quelqu’un pas une figure. » > Peut-on blâmer quiconque pour considérer Godard comme un oracle, un prophète et justement une figure ? Il s’est présenté toute sa vie comme une figure pré-socratique, délivrant des aphorismes énigmatiques, opaques sur la nature du cinéma, de l’art et la vie en général, il a « troublé la surface de l’eau pour qu’elle paraisse plus profonde ». Il faut faire la critique de la péridoe 70’s/80’s, la période deleuziano-derridienne, philosophante et pontifiante. Quand j’étais jeune, j’étais fasciné par cette opacité, avant de comprendre, en grandissant qu’elle n’était que mirage, et que « tout ce qui conçoit bien s’énonce clairement » (précepte bégaldien). Le crétin Linklater tombe dans le panneau me je ne le blâme pas, je blâme l’époque et ses mythologies.
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Eden Lazaridis
Invité*mais
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Carpentier
InvitéNe m’étant que récemment intéressée à, novice animée devant tout cela, j’arriverai quasi vierge devant ce dernier Linklater; j’espère tenter l’expérience tout à l’heure et j’ai hâte.
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Carpentier
Invitéwoaw
j’ai adoré nouvelle vague
mal aux commissures, souri et souri grand beaucoup
très émue durant le générique de fin
et me suis retenue d’applaudir
personne ne s’y est mis
j’aurais dû-
Carpentier
Invitéon rit aussi évidemment
C’est ta mort, Coquin
ça va mon pote?
belle mort
vraiment beaucoup aimé
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Carpentier
Invitémais naaaaaan
en vrai
c’est vraiment dégueulasse-
Carpentier
Invitéj’y retourne vite vite
-
Tony
InvitéC’est Terry McKay qui en parle le mieux,un spectacle de travestis où Godard devient Marbeck c’est tout à fait ça,en plus du reste
https://www.facebook.com/share/p/1ABxJV5Yxw/-
Carpentier
Invitéah mais oui: nostalgique, complètement, sans doute
– comment pourrait-il en être autrement?
Me fait le même effet que les fameux ‘ films à/en costumes ‘ benh oui.
Mais si une période, un épisode, même un que tu imagines forcément bien bien romancé (presque par nature) te fait kiffer?
benh oui, parfois, tu pardonnes beaucoup.
Il n’empêche que, pour qqn.e comme moi, qui n’y entend toujours rien ou quasi au cinéma – malgré les efforts déployés par FB et que je suis, en plus – moi qui ai peu de ref., pas fait d’études ciné, pas trop eu envie jusqu’ici de m’appliquer sur un ‘ le ciné pour les nuls ‘ , c’est pas faux et sans doute con, ce film nostalgique, sans doute, de Linklater, et bien j’ai l’impression qu’il m’apprend beaucoup de trucs.
Et quel effet il me fait.
C’est pas rien, comme beaucoup disent.
Et puis ce film, l’original sans doute encore plus, bien sûr – et je le verrai avec d’autant plus de ravissement maintenant, j’imagine – c’est mes parents.
Mes parents, ce qu’ils m’ont toujours rapporté, ce qu’ils sont, ce qu’ils ont vécu, leurs photos magnifiques – celles d’aujourd’hui le sont aussi – bref, je n’arrive pas du tout refroidie devant ce film.
Et ouais, tant pis-
Carpentier
Invitéet si je connais pas l’histoire du cinéma, j’aime celle de la pub, de l’archéologie des villes et ici, Paris n’est pas que deg à parcourir en noir et blanc
Classique, nostalgique, iconique, blablabla et pas encore que mort et rabat-joie cette recette là.
En tout cas, pour moi.-
François Bégaudeau
Maître des clés« et bien j’ai l’impression qu’il m’apprend beaucoup de trucs. »
Et moi comme ça de loin je crois qu’il t’induit largement en erreur – comme quelqu’un a qui on enseignerait le punk par un atelier crête
Je n’ai pas vu le film? En effet. Je me tais. Je dis juste que tu en sais désormais peut etre encore moins sur la nouvelle vague.-
Carpentier
Invitétu en sais désormais peut etre encore moins sur la nouvelle vague.
Un peu comme au premier jour du reste de ma vie? Chic.
Un perso du Linklater femme rassure JLG dans une réplique où lui est rétorqué le fameux:
’ il n’est jamais trop tard, ça arrive quand ça arrive ’ , j’ai souvenir.
Et bien pour se pencher sérieusement sur la Nouvelle Vague, il semblerait que c’est peut-être mon moment. -
Carpentier
InvitéCreuser, pour (re-)commencer, avec le couple Straub/Huillet qu’on sait enfin, que tu sais, et que tu as partagé jadis déjà – j’avais découvert/regardé.
Et puis ton Bresson, je sais-bis (Linklater ne l’a bien sûr pas zappé, tu t’en doutes – une séquence de conseils-tournage dans le métro)
OK, je freine là, m’en vais lire un peu puis, dans la journée, retourner sans doute pour un autre ciné
Bon dimanche, qui n’est pas encore un d’élections.
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Carpentier
Invitél’impression qu’il m’apprend beaucoup de trucs.
en fait non, c’est bête sans doute mais, pour être plus précise, je crois que ce film me permet encore de plus/mieux penser, confirmer, réfléchir à tout ce que j’ai lu, entendu, vu écrire et dire par FB sur le ciné depuis ces quelques dernières années (j’avais prévenu que fallait oser raconter un truc pareil.)
Mais c’est vrai, et tant qu’à risquer de me ridiculiser, je crois même, en vrai, que c’est cela, tout cela qui a fait mon sourire, mon sourire grand.
Et mon émotion, mix de beaucoup, y compris de celui d’avoir bientôt 60 ans.
Le ridicule ne tue pas, tant mieux pour Carpentier, penseront peut-être certain.es:
rien à péter.-
François Bégaudeau
Maître des cléstu dis : en fait non
ce qui annule mon post précédent
pour le reste, suis pas sûr-
Carpentier
Invitéje disais mes parents hier soir, la b.o., les fringues des passants quoique, ils n’habitaient pas Paris donc, pas si justes mes lignes d’hier
mais les trucs qui sortaient au ciné, les vedettes, Jean Paul Belmondo, benh quand même, oui, petite, ils en causaient
Bref, hier, je leur ai textoté de le voir, le film Nouvelle Vague, je les emmenerai, ainsi je le reverrai, débarrassée peut-etre, puisqu’ils seront devant l’écran, de la pensée obsédante qu’il faudrait qu’il voit ce film. -
Carpentier
Invité* qu’ils voient*
– sur mon :
… l’impression qu’il m’apprend beaucoup de trucs. / … revu et corrigé un peu à peine posté (faut freiner, je sais) c’est une séquence en particulier qui illustrerait et lui ajouterait du plus précis peut-être:Celle où JLG est avec 2 monteuses, dans la salle dédiée, ça discute de cut à trouver (après la scène des 90 mns de durée obligatoire annoncée par GDBeauregard? probable)
et l’une des 2 femmes s’inquiète du sautillant, du saccadé, que produira à l’écran le fait de ne garder que la conduite dans les virages de l’acteur Belmondo dans sa séquence sur la route en voiture.
Et bien, on sait mon blocage depuis le paléontologique sur les termes de plans-plans séquence, scène/séquence (même si je crois aller mieux dans la compréhension des 2 derniers, bon) et là, dans la séquence montage, comme un petit miracle dédicacé – ^^ un un ^^ lol autoblague – on en causeSi on fait du cinéma, il est fort probable que ce film puisse fortement irriter, j’arrive même à l’imaginer, mais les séquences dédiées à la fabrication d’un film sont nombreuses, techniques, elles existent comme en réponse, en off-coulisses du film qu’on nous raconte dans ce film.
C’est pas qu’inintéressant, si?Je vois le risque que ce film de Linklater soit aussi un Amélie Poulain, bis:
un fromage façon corbeau aux renards franchouillards du ciné très flattés
mais pas tout à fait que,ps: pauvre de toi, oui (comme l’annonce un sitiste) si tu t’obliges à le voir pour dire avec Samir
Après, même pour toi, paraît qu’il y a parfois de bonnes surprises quand on s’y attend pas -
Alexandre
InvitéOn est jamais à l’abri d’une bonne surprise, en effet.
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Tony
InvitéC’est en effet une très bonne surprise et assez proche en terme de plaisir de ce qu’a fait Tarantino dans ONPH avec Bruce Lee,Polanski,Sharon Tate,c’est le même geste.
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Carpentier
Invitéoui, en effet, je pensais aussi un peu au Tarantino, dans la démarche de montrer et dire dans une fiction à propos du faire du ciné,
d’ailleurs, je lis régulièrement ici que des sitistes se reprennent un shoot de gêne o., un peu comme avec un juke-box, en sélectionnant le film dont ils aimeraient ré-entendre le duo parler;
je me ferais bien celle dédiée au once upon ..
après le film de Linklater où le perso américain qu’on sait a la francophilie un peu sélective -
Alexandre
InvitéIl serait peut-être intéressant de (re)écouter la Go sur Apollo etc.. de Linklater, qui était sauf erreur plutôt positive.
Je dis ça mais je dis rien : moi non plus je n’ai pas encore vu Nouvelle Vague. Mais il est possible que les deux démarches esthétiques dialoguent entre elles. -
Carpentier
Invitéet puis quand même, si, j’allais oublier:
merci pour le rire
Mon rire tout d’abord en découvrant ton ’ tu en sais désormais peut etre encore moins sur la nouvelle vague.’
En effet, c’est pas comme si le film de Linklater s’appelait justement Nouvelle Vague.
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Carpentier
Invité@Tony
je viens de lire tranquillement le texte, merci pour son partage
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BlaiseC
InvitéJe viens de (re)voir À bout de course de Lumet. Très touché. Lumet qui montre la fuite des parents (révolutionnaire, vers l’avant, vers un futur radieux) et celle du fils (vers l’intérieur, vers l’harmonie, la fugue musicale). La même fuite. Même mouvement, même refus du monde tel qu’il est. Sauf que le fils hérite du prix à payer sans avoir choisi la lutte. Il naît déjà en cavale. Transmutation du politique en musical, de l’utopie sociale en fugue intérieure. Et la musique du film et du fils qui fait le lien entre les générations. Et les époques, avec cette phrase qui résonne : Pourquoi dois-tu porter le fardeau de la vie d’un autre ?
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trou du cul
Invité -
Abacaxi
InvitéJe reviens après la bataille (vous l’avez ?) sur le PTA – je garde l’acronyme, comme « SACEM » ou « milieu en diamant », pourquoi se priver de la jouissance à peu de frais du vocabulaire initié ? :
grande jubilation collective partagée avec une salle qui applaudit en fin de séance 10 jours après la sortie du film, malgré mon envie de pisser que ce film en déflagration constante empêche totalement.
Je restais toutefois circonspect par rapport à certains éléments, évoqués dans le TVB – mmmh – (révolutionnaires de concept, scène finale et titre paresseux, invraisemblance de l’indigène repenti, grandes scènes avortées, souffle retenu, etc.), mais, je ne sais pas, le souvenir de Benicio del Toro (la scène du tatami, le plan cut sur sa fouille au corps en tango, la composition en sérénité lente d’habitude martyrisée : plus grand personnage de cette année ?) évidemment, mais également celui de l’étrangeté de certaines scènes (le transexuel qui balance presque d’initiative, l’egocentrisme libidineux de Perfidia qui disparait en même temps que son rôle dans le film une fois son oeuvre dans la révolte délaissé, trait de caractère que sa fille, révolutionnaire elle aussi, ne reprend pas à son compte, le seul meurtre dissident commis sur un vigile noir, les armes et savoirs martiaux inutiles, l’image d’Epinal grotesque type KKK des fascistes en même temps qu’une révolution qui semble générique, sans objet, presque creuse, aux victimes désincarnées sans rôle dédié, tout en, désolé, résonnant furieusement avec la politique migratoire actuelle et l’obsession complotiste), le passé filmo du réalisateur, son historique amoureux (Fiona Apple, Maya Rudolph depuis 20 ans), donnée moins triviale que ce qu’elle ne parait, et le matériau littéraire psyché à la source, me font dire qu’il y a là une ironie bizarre à l’oeuvre, une profondeur latente, et qu’analyser ce film trop premier degré sur ses intentions de tour de force (expression à bannir à tout jamais de la critique) populaire me semble – mais peut-être tombe-je dans la complaisance que l’on réserve aux admirés – manquer son sujet. Que les fautes sont le fruit d’un malin.
Je m’arrête là avec ces incises infinies avant ma transformation en Jaenada mais j’aime ce sentiment de religion non arrêtée sur un film dont de nombreuses scènes auraient mérité un développement ralenti mais dont la brièveté accomplit la somme jouissive. Cette envie de formaliser les réserves à une allégresse légère qui se heurte au souvenir interlope de ses instantanés. -
stephanie
InvitéLaurent dans le vent
à ne pas rater à sa sortie en décembre , je pense qu’il plaira ici, un film guiraudien
on en causera -
trou du cul
Invité-
François Bégaudeau
Maître des cléstu peux joindre un petit mot quand tu postes ce genre de trucs?
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Tony
InvitéLe Figaro adore OBBA,on est pas étonné,l’extrême gauche est un adolescent à couille molle et l’extrême droite est un nazi,que demander de plus pour contenter tout le monde
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Carpentier
Invitéet bien l’ami raphaël quenard a donné des idées au duo seb et sofyane, on dirait bien : leurs souvenirs de youtubeurs voyageurs seraient pas grandement inspirés de certain i love perdu des fois, dis-donc?
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Carpentier
Invité* Peru * of course (putaaaiiin)
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I.G.Y
InvitéJe réécoutais sur mon trajet ce matin la GO de There Will be Blood, après un revisionnage récent. En matière de surperformance actorale je ne suis pas non plus tant convaincu par certaines scènes, comme celle dans l’Eglise (que vous passez dans la GO). En revanche s’il y en a bien une qui me convainc totalement, c’est la scène finale. Dans cette scène il y a tout : installation dans la durée, condensation exemplaire d’un enjeu majeur et omniprésent du film (à savoir cette lutte très concrète qu’est le duel sous toutes ses formes, ici resserré au maximum), très grande amplitude dramatique et qui n’évolue pas linéairement (multiples variations du rapport de force, pas si prévisibles que cela dans le détail), une confrontation qui vire au burlesque avec Eli qui ne cesse de se péter la gueule sur la fin, et surtout, cerise sur le gâteau, ce truc du milkshake que j’avais oublié de mon visionnage précédent de 2009 et auquel je n’étais pas du tout préparé vu la tonalité de la scène (éclat de rire presque nerveux quand Lewis part puis revient avec sa « paille »). Cette dose d’humour finale, après un début d’épilogue qui m’avait peu plu, fait pour moi passer cette scène dans la cour des grandes. Des très grandes.
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François Bégaudeau
Maître des clésEh oui
Et c’est bien ce qui manque à Une bataille, dont aucune scène ne restera, si ce n’est peut etre celle de l’appartement mexicain. Et la poursuite finale, scène culte qui n’avait qu’un projet : etre une scène culte.-
I.G.Y
InvitéJ’ai réfléchi au second visionnage sur ce qui me rendait cette scène moins culte qu’elle aurait pu l’être : c’est trop cut. Il y a quelques magnifiques moments de silence sur la vague bitumineuse, on monte, on descend, on monte, mais c’est trop court, ça coupe ça coupe ça coupe.
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6mon
InvitéHello,
Je me demandais si quelqu’un avait accès aux Microfilms, un site sur lequel les trouver ou un lien à partager.
Il y en a une vingtaine sur Youtube mais j’ai appris récemment qu’il y en avait plus d’une centaine ?
J’ai bon espoir de pouvoir les écouter, merci d’avance 🙂-
6mon
Invitéet/ou itinéraire d’un ciné-fils
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Pierre
InvitéJ’arrive après tout le monde sur Le PTA, donc je n’attends pas trop de réponses, mais je dois dire que j’ai plutôt apprécié.
Et j’ai pensé à notre Joie François, tant le film est ludique et pose la lutte comme lieu de jouissance, d’érotisme, et oui, de jeu. Jeu tragique parfois, fébrile souvent (bien aimé le passage du braquage en majesté à la fuite au premier coup de feu) mais jeu souvent. À l’image du film et de sa B.O très free jazz.En contrechamp, la scène de l’élection pathétique dans un bureau avec jolie vue et joli fauteuil marque la tristesse de la réaction. La France devant nos yeux racontait combien le libéralisme organise une lutte des places, une chasse au premium. Je retrouve ça ici (dans Zone of Interest aussi, mais dans un autre genre évidemment)
.Beaucoup de choses à déplier aussi, film synecdoque, mais vous l’avez sûrement déjà fait. Portrait en creux du rapport à la lutte et panorama des positions prises. Peut-être pas le plus intéressant (même si source de comique évident du rapport boomers vs néo-révolutionnaires, parfois sur le tard d’ailleurs).Un regret pour finir, avec la scène des trois voitures. Je ne comprends pas bien ce que l’antagoniste fait là. Plus précis et plus ammoral si un random avait pris l’accident et la balle, me suis-je laissé penser. Combien la lutte peut nous rendre paranoïaque. Mais cela aurait été contre l’ambition feel good qui prend un peu le pas sur les scènes j’en convient avec vous
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François Bégaudeau
Maître des clésAllez, j’en remets une dernière couche (tu sembles ne pas avoir écouté le TVB) : n’est ce bizarre qu’un film qui soi-disant jouit et fait jouir de la lutte érotisée se contente de la raconter en une demi-heure, pour l’abandonner pendant 2h20? Préférant filmer un vieux militant dépassé en robe de chambre, et ne jamais filmer une néo-lutteuse en bois?
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François Bégaudeau
Maître des cléset à propos de joie de la lutte, revenons au réel : https://www.twitch.tv/videos/2586466338
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Carpentier
Invitéoui, viva Italia
ceux dont ‘ nos politiques ‘ (donc aussi les médias mainstream) se foutaient notamment quand, dans leurs hôpitaux, en mars 2020 commençait l’hécatombe qu’on sait
Pour que 2 jours après, officiellement, on fasse semblant de découvrir
– qui aurait pu prevoiiiiiir ? – comment les hôpitaux français puaient la merde
Se foutre des voisins/cousins comme ça
quand on est pas mieux, pire même: perso, toujours pas digéré c’t’histoireEt quelle image gaussage/foutage de gueule intra-européene ça renvoit tout ça, au lieu d’en prendre un peu de la graine/leçon – y compris quand ça dysfonctionne – de nos voisins?
ça me troue ce cirque, me rend v’là triste, sérieux
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Carpentier
Invitéon se souvient du p’tit gars, Paul Kircher, dans Leurs enfants après eux, Le règne animal
et bien dans Météors, il a toujours cette présence enfantine à l’écran, son visage à moue boudeuse étonnée et, face à Idir Azougli (Dan) Mika, que joue Kircher, compose un duo amical bancal avec lequel on rit durant un bon bout du film.
Ils galèrent les deux, vivent grâce aux magouilles de Dan et au mi-temps d’équipier Burger King, complété de rares piges dans le journal local, de Mika.
Leur décalage social et financier est d’abord rendu comique à l’écran: tel un chat qui retombe toujours sur ce qu’on sait, Dan prétend toujours que ça va aller: aller assez du moins pour réaliser son rêve de partir, avec son pote, à la réunion.
Rien ne l’arrête pour faire de l’argent et même face à la juge, lorsqu’ils sont déférés, accompagnés d’un avocat d’office, au tribunal, il tchatche et réagit comme dans la rue, comme dans un bug entre amis.
Et quand d’un coup ça grince, dans Météors, c’est féroce: mis à l’épreuve, les deux s’arrangent avec un pote pour assurer 6 mois et ils l’accompagnent pour bosser sur un site tout bêton où on enterre les déchets nucléaires.
Dan, dans ce réel, rigole moins, et c’est Mika le fuit en premier, trahi par son pote d’enfance qui devait assurer la sobriété: en effet, positifs au cannabis et à l’alcool, après une sortie de route alors qu’ils avaient kidnappé un chat de concours pour le revendre – voilà la nature de leur bug mis en scène avec beaucoup de comique – leur planning pour redevenir sains et sobres est bien chargé.
Les plans cadrés large sur du péri-urbain en région Champagne, à St Dizier, ajoutent de la grisaille au glauque cinématographique bien familier (la tour blanche Miko à 3 niveaux ajoute, elle, un peu de mystère à cette fiction-chroniques de la vie post-indus ordinaire.)
Le réalisateur a aussi fait Petit paysan.
Qqn.e qui, tout comme moi, l’aurait vu ce Météors peut-être?-
Carpentier
Invitéet c’est Mika QUI* fuit en premier
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Carpentier
Invitéle site béton de déchets nucléaires est flippant, labyrinthique et deshumanisé – des blocs de béton empilés, quoi – ce lieu et les tenues pros donnent à l’écran quelques plans qui ne jureraient pas trop dans un film SF
une réussite, ce choix de lieu-
François Bégaudeau
Maître des clésJe tairai ici l’irritation croissante à l’égard des Kircher qui cachent si mal leur jeu de petit bourgeois de la balle. Tu vas encore dire que je m’acharne.
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Carpentier
Invitéje suis d’accord en fait
alors pourquoi voir des films pareils, pourrais-tu me dire?
– par errance ? bêtise (ça, ok)
Postant hier, je me disais justement, car je pressentais (benh ouais)
‘ C’est marrant, quand un film te plaît pas trop, tu en parles et dis plus que quand un film te plaît ‘
Un comble? Peut-être pas que, dans la vie, je crois être un peu pareil, si j’aime je dis
‘ je t’y emmènerai tu verras ‘ et en dis pas beaucoup plus du coup., pour en reparler après avec la personne
– Mouais, t’as raison, piètre défense : )-
Carpentier
Invitéje crois bien y découvrir Idir Azougli (Dan)
il est pour beaucoup dans le passage de pillule de Météors
– pour les autres, peut-être suffirait-il que les gens du ciné les chahute un peu plus, tous ces petits chouchous choubidous labooboo
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Ronaldinho
Invité -
Leny
Invitébonjourno comme on dit en espagne, je suis à la recherche de recommendations de films, enfaîte en ce moment j’ai maté pas mal de hong sang soo j’aime trop les moments de gène surtout avec les mauvais dragueurs qui jouent mal des instruments, des situations trop longues etc. Vous auriez des films avec le même type d’humour, ou tout le monde est banalement ridicule et si vrais ?
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François Bégaudeau
Maître des cléstous les films réalisés ou produits par Apatow dans les années 2000
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Rémi
Invité-
Ostros
InvitéMerci !
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noir extatique
Invitél’actualité youtubesque est beaucoup trop riche ces dernières 24h. Heureusement que je ne travaille pas. Un grand merci
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..Graindorge
InvitéMerci Rémi!
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Alexandre
InvitéJ’ai voulu hier soir rendre hommage à Diane Keaton.
Il me fallait prendre la bonne décision quant au film choisi et jeter le dévolu sur Reds, de Warren Beatty, ne m’a pas semblé totalement hors-sol.
Elle y resplendit, d’égale à égale avec son partenaire masculin, et dans la fiction (histoire d’amour entre Louise Bryant, féministe, militante socialiste et journaliste et John Silas Reed, journaliste, militant communiste et auteur des Dix jours qui ébranlèrent le monde) et dans la réalité actorale du film puisque Keaton et Beatty se partagent équitablement le temps de présence à l’image.
A la sortie du film en 1982, je me souviens avoir été déçu. On annonçait une péloche à 32 millions de dollars et énormément de scènes se déroulaient dans des intérieurs un peu étriqués, bohèmes alors qu’un an plus tôt je délirais, vers qui voulait m’entendre, sur la profusion spectaculaire de La Porte du Paradis, dans sa version tronquée de 2h30 dont, pourtant, je ne me remettais pas. Il manquait un peu d’espace et de figuration, ce me semblait.
Depuis, silence radio entre moi et le Beatty jusqu’à ce qu’un achat de dvd il y a une bonne quinzaine d’années le rappelle à mon bon souvenir.
Ce soir fut la troisième révision et force m’est de constater que la redécouverte se colore d’un enthousiasme mesuré certes mais toujours un peu plus vif à chaque nouvelle vision.
Surcroît peu induit par un quelconque approfondissement formel : Reds présente une narration vive, passionnante, rompue, portée par de belles images mais plan plan, fonctionnelle. Ce n’est pas à cette aune que je redécouvre le film.
Reds ne bouge pas, c’est moi qui n’en finit plus d’en soupeser l’inhabituelle et remarquable ambition.
D’abord un chouïa plus mature qu’en 1982, je prends acte que l’argent investi se voit bien plus que ce à quoi se raccrochaient mes capricieuses mirettes d’adolescent. Toute une époque intellectuelle revit et lorsqu’il s’agira de convoquer l’imagerie d’Octobre 1917, les figurants, les tronches locales, les looks (les soldats de retour du front), bref, tout ce qui pourrait nourrir un certain souffle visuel répond présent. On l’a.
Ensuite, et foin de comptabilité logistique, nous avons affaire à une fresque comme l’académie des Oscars en raffole, portée par le (grand) charme du couple vedette, le souffle sus-évoqué, la rapidité romanesque ; le tout, pourvu d’une patine « Nouvel Hollywood » du plus bel effet, avec tout ce que cela suppose de souplesse d’écriture, de raffinements narratifs, d’intelligence du parti-pris.
Je parlais plus haut d’enthousiasme mesuré. Oui, parce que comme souvent quand le charme préside, le contenu politique, l’âpreté inhérente au sujet (l’engagement militant d’une certaine gauche radicale américaine en plein œil du cyclone 1914-1920) s’en trouve comme lissés, coulants, absorbables, compatibles.
Il n’empêche. Pendant plus de 3h de projection, nous convolons narrativement avec un glam-couple de fieffés cocos galvanisé par l’Histoire en marche. John Reed y laissera sa santé mais c’est bien la santé fragile du garçon qu’il faut charger plus que les désillusions induites par les dérives bureaucrates et dominatrices des apparatchiks, traitées sur le tard et souvent au détour d’un dialogue.
Parce que pour le reste, il n’y a pas à tortiller : c’est bien une humeur révolutionnaire qui traverse le récit de part en part et je ne crois pas rêver quand le seul tube qui me reste en tête après la projection (celui de The Deer Hunter était chanté par Frankie Valli) n’est ni plus ni moins que l’Internationale.
Pour un film multi oscarisé (donc qui a marché) et aussi coûteux, c’est à marquer d’une pierre blanche (je veux dire rouge).
Ces ricains sont fous quand ils s’y mettent. -
François Bégaudeau
Maître des clésOn m’avait demandé de signaler la mise en ligne de la captation du premier ciné club.
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stephanie
Invitémerci Le Bègue ( tendrement)
pour le lien
pour la découverte de ce film-
MA
InvitéBeau cadeau
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MA
InvitéUn vrai plaisir et bonheur que cette analyse
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Alexandre
InvitéJ’ai tout écouté et vais me précipiter sur Close Up que je n’ai toujours pas vu. Et partant, me concocter une inoubliable et fiévreuse rétrospective Kiarostami d’autant que le coffret des courts-métrages Kanoon, devenu hors de prix, va être réédité en novembre à prix humain.
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Mao
InvitéJ’ai enfin pu voir ce film hier. Une merveille. J’en suis encore tout remué ce matin. Même si je vais passer une belle journée de merde (comme un lundi), je sais au moins que ce soir je vais pouvoir regarder le ciné-club.
Il faut imaginer Sisyphe heureux.
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Charles
InvitéNouveau Sortie de secours sur Oui – Sirat – OBAA, désormais en vidéo (je ne comprends vraiment pas l’intérêt de se filmer serrés à 5 dans un placard plutôt que d’enregistrer un podcast mais bon). C’est un festival de n’importe quoi sur Sirat et le PTA, avec un Momcilovic en roue libre (« je ne me souviens plus du PTA » mis au crédit du film ; le Sirat est dégueulasse parce que le mec au moignon boit une bouteille en s’aidant de celui-ci) qui arrive quand même à sortir un ou deux trucs bien vus (PTA qui a un maintenant un regard de père, ça me semble très juste) et une Joudet qui fait ses analyses au bazooka (PTA est un puceau qui filme des récits dans sa chambre d’ado, le film a une structure patriarcale parce qu’on voit notamment Perfidia utiliser une mitraillette à huit mois de grossesse…). C’est assez effarant de passer autant de temps sur le Sirat à discuter des références à d’autres films, à le prendre comme un pur film de cinéphile ce qu’il n’est pas du tout. Cette façon un peu blasée d’appréhender les oeuvres, sur le mode de « tout a déjà été fait, ce n’est que du recyclage » est tellement pauvre, elle en dit davantage sur l’état de lassitude des critiques que sur les films dont ils parlent. Evidemment qu’on pense un peu à Mad Max et à Sorcerer devant Sirat mais on l’oublie vite car le film fait tellement autre chose, se situe sur un autre plan (ce n’est pas du tout un film de course-poursuite comme le premier, ni un pur survival comme le deuxième (car la scène du champ de mines c’est 10 minutes à la fin). J’ai bien aimé quand Yal Sadat demande à Momcilovic en boucle sur « le film est dégueulasse » ce que serait une mort décente au cinéma en faisant référence au sketch des Inconnus – évidemment, on n’aura pas la réponse.
Là où ils sont le plus intéressants et convaincants c’est sur le Lapid. Sans doute parce que je n’ai pas vu le film.-
Tony
InvitéLà où ils sont le plus intéressants et convaincants c’est sur le Lapid. Sans doute parce que je n’ai pas vu le film.
Merci pour le rire Charles(et rien de méchant dans ce rire je précise)
Sur Joudet je vous conseille Bookmaters sur Arte radio, très intéressant,on y apprend entre autres que Joudet était amoureuse de Houellebecq dans son adolescence et on peut lire sur son blog-journal intime ses échanges épistolaires par mail, c’est très drôle.-
Tony
InvitéBookmakers
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Malice
InvitéEt elle donne des infos précises sur la vie quotidienne et le salaire des critiques ciné
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Malice
Invitéles lettres de Murielle et Michel
https://des-tranches.blogspot.com/2014/08/pitie-pour-les-jeunes-filles.html
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K. comme mon Code
InvitéC’est pas très drôle. Il veut coucher avec une ado de 17 ans qui est une groupie depuis 13 ans et flippe dès qu’il sent que l’info peut fuiter.
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Tony
InvitéN’importe quoi comme d’habitude
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Tony
InvitéIl veut tellement coucher avec elle qu’il ne la calcule pas quand elle se présente à lui,K est décidément d’une mauvaise foi ahurissante.
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K. comme mon Code
InvitéTu es définitivement pas très futé.
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François Bégaudeau
Maître des clésL’échange sur Oui est en effet assez juste. En tout j’en partage bien des points.
(au passage : à la fin de mon texte sur le diplo je suggère à Lapid de faire son prochain film en Amazonie, et j’apprends qu’il va sans doute le tourner en Chine ; même mes textes pas-encore publiés influencent la marche du monde).
Momci dit en effet n’importe quoi sur Sirat – on n’a toujours pas compris pourquoi l’agencement bouteille d’Evian-moignon était « dégueulasse » (surtout 15 minutes après que les mêmes moignons ont servi à un spectacle de marionnettes)
Sur le PTA, le débat se tient très très loin de la matière du film.
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I.G.Y
InvitéJ’ai de grandes difficultés à comprendre où Sadat veut en venir sur OBAA. Si ce n’est à la fin: en matière de fiction cinématographique, la gauche doit s’inspirer des moyens formels droitiers pour repolitiser les masses.
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François Bégaudeau
Maître des clés« la gauche doit s’inspirer des moyens formels droitiers pour repolitiser les masses. »
pas très mulien
pas très au jus de ce que forme veut dire-
Charles
InvitéOui on nage en plein gloubi-boulga. Le pire est atteint quand il interrompt Orignac – en pilotage automatique – pour démontrer je sais pas quoi à partir de la scène entre Del Toro et DiCaprio. C’est parfaitement incompréhensible et tout le monde paraît un peu gêné.
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Charles
InvitéEntre Del Toro et DiCaprio dans la voiture*
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Dr Xavier
InvitéMerci pour la recension ! Argh c’est dommage d’habitude je les trouve plutôt drôles et intéressants.
Dans un autre registre, PDH semble lancer une nouvelle émission de critique de ciné (qui s’appellerait « Bonus DVD » ?), la première c’est sur OBAA et SIRAT. C’est un peu foutraque et quelques loupés (Benicio Del Toro ne serait pas capturé…) mais dans l’ensemble ça s’ecoute sans déplaisir. J’ai écouté que OBAA jusqu’ici, c’est plutôt enthousiaste. Toute une réflexion sur Bob constamment en retard comme révolutionnaire et comme père de famille. Adhésion complète pour le personnage de Benicio Del Tero qui incarne le calme et la la ponctualité en opposition à Bob : d’un côté un gauchiste blanc perdu dans le passé (La bataille d’Alger) et désorganisé, de l’autre la micro-résistance du quotidien (la policière qui lui fait répéter qu’il a le diabète). La comparaison avec Eddington revient à plusieurs reprises : là où OBAA est un peu anachronique (on ne comprend pas bien à quelle période se passe les trentes premières minutes), Edington est plus pertinent dans sa critique de la société américaine prise dans la confusion et la polarisation. Bon après, PDH oblige, ça insiste peut-être un peu trop sur « y a pas de message politique clair. » En tous cas l’humour est bien noté.-
Seldoon
InvitéJ’ai souvent grincé des dents (sur l’humour : c’est bien de le noter dans OBAA, ce serait mieux de ne pas le nier dans les PTA précédents) mais le passage sur à l’heure/pas à l’heure touche un truc. On peut noter que dès les premières scènes DiCaprio est en retard (au brief du début, et ensuite il continue de courir derrière sa maîtresse dans tous les plans où elle est en mouvement).
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Seldoon
InvitéXavier, à propos du film sur une autre page tu parlais du téléphone portable gardé par Willa, appelé par les flics. C’est à l’image des plus gros ratés du film : ça dure 5 secondes et rien ne sera traité, ça ne sera pas l’occasion d’une situation (et pourtant j’ai cru à une confrontation quand sa sauveteuse, c’est un point d’intrigue et rien d’autre. On pourrait couper le passage sans rien perdre.
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MA
Invité-
MA
InvitéCritique de Lordon
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Tony
InvitéExcellent Lordon,mais oui c’est tellement ça,la petite bourgeoisie culturelle qui se croit de gauche et qui n’est que contre révolutionnaire,quel rire!
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Seldoon
Invité« le point […] le plus unanimement célébré : « la politique », « la révolution ». »
Petit mensonge au passage. C’est justement l’aspect le plus clivant, au point que ça finit par tendre puis cannibaliser toute discussion sur le film depuis des semaines.
En revanche, l’intro sur Daniel Day Lewis, avec laquelle je ne suis pas d’accord, me semblait être une bien meilleure porte d’entrée sur le travail de PTA, et spécialement son travail avec les acteurs à performance (DDL serait-il le mix parfait, pour un cinéaste comme Paul, entre surperformance et incarnation ?).-
Seldoon
Invité(L’argumentation marcherait encore mieux avec Philip Seymour Hoffman)
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Dr Xavier
InvitéMême pas une mention du personnage de Del Toro en note de bas de page ?
Même les combattants radicalisés au Lordonistan comme moi sont déçus par ce texte.-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai cherché « Inherent Vice » dans l’article et n’ai vu aucun résultat — donc pas lu en dehors de la conclusion alors qu’il aurait pu comparer le 14 millions de recettes dans le monde et amnésie critique pour l’un et gros budget/succès critique de l’autre. (Je maintiens que le seul film sérieusement politique de PTA est sa seule véritable adaptation de Pynchon. Dans d’autres films, il capture bien les capitalistes, mais There Will Be Blood n’est pas plus sur le capitalisme que Licorice Pizza et son entrepreneur en herbe.)
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I.G.Y
InvitéEst-ce qu’un connaisseur des débats sur PTA pourrait m’éclairer sur cette « loi locale » à propos de Daniel Day Lewis? D’où ça sort et qui vise-t-il dans la « bourgeoisie culturelle »? Il le présente comme une trivialité façon Pythagore, sans référence (impair universitaire, Fredo). Évident pour les initiés ou juste complètement inventé ?
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K. comme mon Code
InvitéIl le sort de son chapeau. The Master est autant estimé que TWBB ou Phantom Thread. PDL a également une très bonne réputation. Les films des années 90 sont désormais regardées comme des œuvres de jeunesse — mais regardez Magnolia aujourd’hui et vous verrez que c’est nettement moins du pastiche scorsesien que Boogie Nights — mais le théorème selon lequel seul Day-Lewis élèverait le cinéma d’Anderson n’a pas de fondement scientifique.
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I.G.Y
InvitéC’est bien l’impression que j’avais vu de loin. Mais je me disais qu’il visait peut être des personnes précises, identifiées, et que ce serait évident pour les initiés du « champ ». Manifestement pas
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François Bégaudeau
Maître des clés« There Will Be Blood n’est pas plus sur le capitalisme »
Ca, mon petit K, tu ne vas pas te contenter de l’asséner. Tu vas l’argumenter, afin de convaincre ma pomme, qui tient ce film pour l’un des 5 plus grands films sur le capitalisme (les quatre autres étant signés Soderbergh) -
K. comme mon Code
InvitéC’est surtout le refrain automatique sur « capitalisme vs religion » pour décrire le film que je trouve inexact et expéditif. Si le film oppose Daniel et Eli, on voit bien que c’est capitalisme vs capitalisme — mais ce n’est pas non plus une manière juste de décrire le film car ces personnages ne sont pas des allégories. La Gêne sur le film mentionne bien comment Plainview fait de la plus-value en escroquant (facilement) le père lorsqu’il lui achète ses terres, mais à part ça ? Ce que filme principalement TWBB comme d’autres films d’Anderson c’est la libido entrepreneurial. Qu’il s’agisse de vendre des flippers ou monter un studio de porno, la figure du patron fascine Anderson. Dans TWBB, cette figure du patron est aussi celle de l’autre père ; il y a un discours paternaliste qu’il fait aux habitants du village avant de s’installer ; il y a le moment où, remarquant que son employé décédé dans un accident était chrétien, il demande un service à Eli pour lui rendre hommage ; il y a tout ce qui tourne autour de H.W où le rapport père-patron est le plus ambivalent. On est davantage sur une étude de personnage affecté par le capitalisme qu’une œuvre sur le système capitaliste. C’est pour cela que je l’oppose à Inherent Vice où le cœur de l’intrigue est sur le fonctionnement capitaliste du Golden Fang dans le contexte de la contre-révolution nixonienne. En général, je ne me penche pas sur ce sujet de « sur quoi est un film », je préfère penser à ce qu’il me montre, mais la comparaison avec Inherent Vice me permet d’expliquer la nuance. (Je réalise que le film se démarque aussi parce que c’est sa seule véritable adaptation tout court. TWBB est présenté comme une adaptation d’un roman d’Upton Sinclair, mais les deux œuvres n’ont pas grand-chose à voir.)
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Dwl
InvitéJustement, pour TWBB, je trouve pas du tout qu’il y ait cette fascination pour la libido entrepreneuriale (et je mets même ça au crédit du film). Contrairement aux autres films de PTA que tu cites, où on peut effectivement jouir du geste de tentative entrepreneuriale ou de la croissance, du “rise”, ici il enlève complètement cette jouissance. Il n’y a pas de valorisation du travail, pas de mise en scène de l’intellect ou de la ruse, pas de montage euphorisant qui glorifie la réussite. Plainview n’apparaît pas comme un type malin, astucieux, talentueux ou travailleur.
Tout ce qui d’habitude nourrit la mythologie du capitalisme américain (le passage du petit au grand, la fierté du savoir-faire, la séduction du produit) est totalement neutralisé. PTA ne filme ni la conquête ni la production comme quelque chose d’érotique : pas de fétichisme de l’objet, pas de mise en beauté des puits, pas de plan qui célèbre la matière ou la technique qui permet de l’extraire. On ne sait même pas trop ce qu’il gagne, ni comment dans le détail. Quand on compare, par exemple, au rise dans Le Loup de Wall Street, la différence saute aux yeux.
Même la matière elle-même (le pétrole), qui dans d’autres films pourrait être investie d’un pouvoir érotique ou symbolique dingue (comme la drogue dans les films mafieux ou l’argent dans les films de traders), reste assez peu icônisée.
C’est d’ailleurs ce qui fait la singularité du film à mes yeux : TWBB ne célèbre pas le geste entrepreneurial, il le vide. C’est un film qui, tout en montrant les proto-gestes ses proto gestes, dépouille la mythologie du capitalisme de son érotisme pour n’en garder que la monstruosité de l’accumulation (une monstruosité également désérotisée, où Plainview apparaît davantage comme une figure grotesque que comme un monstre à l’aura attractive).
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K. comme mon Code
Invité« Plainview n’apparaît pas comme un type malin, astucieux, talentueux ou travailleur. » : je le trouve plutôt malin ou, en tout cas, toujours capable de profiter d’une situation — que ça soit le tips du jumeau ou alors le garçon orphelin dont il pourra faire une mascotte. Quant au côté travailleur : le film commence par toute une séquence où il travaille seul dans un trou. On le voit souvent dormir par terre. Comme s’il était habitué à être ce besogneux adonné à son désir de pétrole.
Quand la plate-forme pétrolière explose, il jubile. Contrairement aux autres personnages de PTA, il n’a pas d’autre source de joie. Tout le reste peut être sacrifié. Il est totalement isolé et c’est la tristesse qui émane du film. Mais je ne crois pas que c’est le capitalisme qui l’isole, c’est un trait de caractère. On sait qu’il est parti de Fond du Lac et a coupé tout contact avec sa famille, ce qui facilite le mensonge du faux demi-frère. Le désert, c’est lui. -
Tony
InvitéLa mauvaise foi de K a encore frappé,sait-il seulement ce qu’est le capitalisme?’le désert c’est lui’ ça faut l’encadrer!
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I.G.Y.
InvitéJe ne voudrais pas passer pour le réconciliateur mais pour moi la force de TWBB est justement de lier, de river ce trait de caractère, ou comme dirait Baruch cette manière d’être, à la structure. Je pense aussi que la première séquence est essentielle en tant qu’elle introduit la première lutte de Daniel, qui est lutte contre la matière. C’est filmé comme tel avec insistance (et c’est réussi). Autre façon dont la « petite » vie concrète de celui-ci est relié au « grand » aspect structurel du capitalisme : sa vie est absolument inséparable voire indistinguable de son travail (de A à Z, jusque dans la relation avec son fils, même en réalité dans la relation avec le faux demi-frère), et c’est bien ce que l’on constate chez tant de grands accumulateurs même aujourd’hui voire chez des salariés moyens wanna-be winners.
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est bien à moi, K, que tu dis qu’il ne faut pas s’intéresser au sujet d’un film mais à ce qu’il fait? C’est bien à moi que tu dis, à titre d’objection, que TWBB est un film qui ne parle pas du système capitaliste, mais de la libido capitaliste? C’est bien pour m’objecter à moi que tu parles ma langue?
Evidemment qu’un film ne saurait traiter le capitalisme qu’en le renversant par des personnages, des affects, des libidos. Et c’est bien ce que fait Soderbergh aussi. Girlfriend n’aborde pas le « sytème financier », il étudie un personnage pris dans l’enfer de la création de valeur.
Par ailleurs, TWBB c’est autre chose que capitalisme vs religion Tu m’as mal écouté. Puisque le film ne cesse d’organiser une porosité et une réversibilité entre les deux : le religion est une entreprise, le capital est un évangile, etc, etc.
Je ne sais pas si tu fais preuve de mauvaise foi comme le dit Tony, mais il est clair que souvent ta fougue te fait perdre en rigueur. -
K. comme mon Code
Invité@François : Tu en sais bien quelque chose sur la fougue qui fait perdre en rigueur et la mauvaise foi, donc tu devrais pouvoir juger correctement. D’ailleurs, tu pourrais bien me lire avant de me dire que je t’écoute mal : je disais que TWBB est généralement présenté comme un film opposant capitalisme et religion. On peut se référer à tous les paragraphes l’introduisant.
Mais bon, je note de suite dans mon calepin « Langue de Bégaudeau » : « PTA n’est pas Soderbergh à part quand PTA est Soderbergh dans TWBB…. » -
François Bégaudeau
Maître des clésTiens K prend des accents de troll
(mais après tout il fallait bien que sa nervosité chronique l’y mène) -
François Bégaudeau
Maître des clésEn bon néo-troll, tu me fais dire n’importe quoi :
1 je suis intervenu sur capitalisme et religion pour dire cette chose précise et rigoureuse : ce n’est pas parce qu’on oppose betement capitalisme et religion à propos de TWBB que le film ne parle pas DU TOUT (dit le fougueux qui s’enfougue) de capitalisme. Simplement on peut dire que les rapports entre capitalisme et religion y sont puissamment dialectiques – les deux se mimant en s’affrontant, et se livrant une sorte de concurrence mimétique qui est, sauf pour un aveugle (un fougueux) au travail dans tout le film
2 ne me prete pas ton propre gloubi boulga sur Soderberg-PTA. J’ai convoqué Soderbergh, non pour établir je ne sais quelle comparaison, mais pour clarifier un point théorique : dire qu’un film traite le capitalisme c’est à peu près toujours dire, sauf pensum abstrait, qu’il prend le capitalisme par les affects, par l’éthos, par la libido, par les personnages.
En somme, noter que PTA se penche sur la libido entrepreneuriale dans TWBB, c’est confirmer que ce film a bien pour sujet, ou plutot pour matériau, le capitalisme. -
Seldoon
InvitéPardon, je réagis parce que ton commentaire, DWL, m’étonne. Pour ne pas dire que je suis en désaccord total avec ta description.
« Plainview n’apparaît pas comme un type malin, astucieux, talentueux ou travailleur. »
Pour le coup, si, le film est assez clair là-dessus.
« pas de mise en beauté des puits, pas de plan qui célèbre la matière ou la technique qui permet de l’extraire. »
Je ne sais pas ce qu’il te faut, on y passe un temps considérable, jusqu’à parfois ressembler à du Malick (en plus conséquent : on y prend le sale avec le beau).
« Même la matière elle-même (le pétrole), qui dans d’autres films pourrait être investie d’un pouvoir érotique ou symbolique dingue »
Et pourtant quelle sexualisation on ne peut plus explicite du pétrole et des puits, de leur va et vient régulier, jusqu’au jaillissement. -
Dwl
InvitéAlors moi ça m’avait justement frappé parce qu’à chaque fois que je vois des films avec des figures entrepreneuriales (légales ou illégales) qui finissent par être monstrueuses ou prédatrices, je ressens quand même une forme de plaisir pendant leur ascension. Même quand le réalisateur prétend les critiquer, il y a toujours une part de jouissance dans la croissance, et c’est parce que (qu’ils le veuillent ou non) les cinéastes érotisent ces gestes.
En voyant TWBB, ça m’a justement marqué parce que c’est un des rares films qui suit ce schéma “from rags to riches” sans jamais produire ce pouvoir attractif sur moi.
Sur le reste, peut-être que tu as raison sur certains points, mais voilà comment je le perçois :
-Travailleur, pas spécialement. Oui, on le voit bosser au début, mais pas d’une manière qui le distingue. Il n’y a pas de valorisation de la force de travail, pas de figure de l’acharné ou du génie laborieux comme dans la mythologie capitaliste. C’est juste un type qui tape sur de la pierre, pas un héros du travail.
-Malin ou astucieux, pareil : pas vraiment. Il a une info de plus que les autres et il s’en sert, mais ce n’est pas filmé comme de la ruse ou du génie. Quand il dit qu’il achète au prix de la caille, je me dit pas du tout wow quel homme rusé ! Si tu compares à Le Loup de Wall Street comme je disais, DiCaprio “arnaque” aussi, mais Scorsese montre le plaisir de la manipulation, l’éloquence, la séduction du pouvoir. Pas vraiment ce que fait PTA.
-Les puits, oui tu as raison, ils sont filmés longuement, mais sans mise en scène de l’inventivité ni de la beauté du geste technique, qui sont typiques de la mythologie du capitalisme.
-Le pétrole, je te rejoins. Oui, il y a une dimension sensuelle dans la texture, dans les jaillissements, mais je n’ai jamais ressenti ça comme une érotisation. C’est lourd, opaque, sale. Pour moi dès le début le pétrole apparait comme dangereux, monstrueux. Je n’en ressors pas fasciné comme avec le diamant dans Uncut Gems, par exemple.Il n’y a pas d’érotisation non plus du passage de l’homme seul à la au dirigeant d’entreprise, ni de l’enrichissement lui-même. On passe de l’homme seul au foreur entouré sans que sa vie change vraiment, sans euphorie ni exaltation. Même l’argent ne produit rien : il ne transforme pas son existence, il ne rend pas la vie plus grande, plus rapide, plus « libre ».
je trouve que PTA filme tout ça, globalement en retirant la séduction (je concède qu’il en garde). -
Charles
InvitéPTA ne filme pas dans TWBB un rise and fall, contrairement à ce qu’il faisait plus classiquement dans Boogie nights. Ce n’est pas une ascension dont on nous montre tout le côté excitant car le personnage de Day-Lewis demeure opaque, brutal et finalement meurtrier. C’est ce qui m’avait le plus surpris à l’époque de sa sortie, c’est le côté volontairement « plat » de la mise en scène de ce succès entrepreneurial. Au contraire du pire Scorsese (le loup de Wall Street), la mise en scène n’est pas cannibalisée par les frasques de son personnage, il n’y a pas d’accélération, de montage alterné, de frénésie montrant le succès avant que celui-ci ne retombe. Autrement dit, il ne nous est pas rendu désirable, en partie parce qu’il a un coût immédiat (la surdité de son fils, son abandon raté, le meurtre du faux frère). Tout est déjà pourri et frauduleux, Plainview ne change que très peu, il actualise sa puissance au mieux.
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Alexandre
Invité« C’est ce qui m’avait le plus surpris à l’époque de sa sortie, c’est le côté volontairement « plat » de la mise en scène de ce succès entrepreneurial. »
et aussi
« Tout est déjà pourri et frauduleux, Plainview ne change que très peu, il actualise sa puissance au mieux. »Tout est là. La brillance de la réalisation passe par d’autres canaux que ceux des ors de la montée en puissance.
Le film procède par paliers sensoriels qui évide la narration du potentiel ancrage habituel;
A titre d’illustration, on ne fait qu’entrevoir la demeure de Plainview et plutôt en début d’épilogue. Certes, il y a l’incroyable et emblématique salle de billard comme signe intérieur de richesse mais elle relèverait presque d’une fonction mentale, à la lisière de l’étrange.
En fait, passé le prologue muet, Plainview, dès lors qu’il ouvre la bouche, est de plein pied dans sa fonction de prédateur sans que Paul Thomas Anderson insiste sur ou prodigue un tant soit peu de précisions sur son train de vie, ce qu’il possède réellement, ce dont il jouit matériellement.
Et on n’en saura guère plus alors même que l’on accuse réception de sa prise de pouvoir.
Là ne sera jamais le propos du film. -
Seldoon
Invité« En fait, passé le prologue muet, Plainview, dès lors qu’il ouvre la bouche, est de plein pied dans sa fonction de prédateur sans que Paul Thomas Anderson insiste sur ou prodigue un tant soit peu de précisions sur son train de vie, ce qu’il possède réellement, ce dont il jouit matériellement.
Et on n’en saura guère plus alors même que l’on accuse réception de sa prise de pouvoir.
Là ne sera jamais le propos du film. »
Ca ne sera jamais le propos du film parce que Daniel Plainview reste fidèle à sa libido de départ. Il est régulièrement rendu clair qu’il n’a pas grand chose à dire aux banquiers et concurrents policés qu’il croise. Sa voracité restera à nu. Le luxe et l’oisiveté de sa fin de vie ne l’émolient pas, il ne s’y coule pas, parce que ça n’a jamais été ce qu’il aimait. Seul dans son manoir, il devient instable et continue de consommer ce qu’il a sous les mains : il tire sur les meubles, boit comme un trou et massacre un vieux concurrent. -
K. comme mon Code
InvitéOui, le film ne rend pas le travail de Plainview sexy, mais la fascination de PTA pour ce qui l’anime me semble claire : il capture très bien par quoi cet homme est animé. Ce qui pourrit Plainview n’a pas de lien direct avec son activité, c’est son refus de tout autre lien humain, et son absence de famille — le motif familial traverse tous les films d’Anderson. Le film se termine par le rejet du fils adoptif. Un capitaliste aurait sa succession bien huilée. Généralement, un personnage de PTA trouve sa famille d’adoption ou l’amour, et ça le sauve, Plainview, lui, s’isole totalement — et d’autant plus après la petite « faiblesse » post faux frère.
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Seldoon
InvitéHum, pour appeler ça « plat » il faut vraiment comparer ces séquences à celles de Scarface, du Loup de Wall Street, de Boogie Nights ou encore de Casino. Alors et alors seulement, par contraste, ça parait plat. Mais sans ces références, et disons vue le régime d’image du film, non, toute la première partie du film (post prologue) nous montre l’entrepreneur Plainview dans toute sa force. Et si ni la mise en scène ni le récit de se réduisent à épouser cette mythologie entreprenariale, on ne sabote rien. D’ailleurs je vous défie de trouver un libéral qui n’aime pas les premières 45 minutes du film. Vrai défi, ça m’interesse.
Passons sur les travellings qui montrent les ouvriers arriver, les plans qui montre l’évolution des puits et de leur nombre, la fétichisation malickienne du pétrole, concentrons-nous sur une seule scène : plan fixe dans le train, Plainview et son faux fils. Une voix off. C’est la voix de Plainview de la scène suivante. Speech de bonimenteur. Le speech est bon, la voix est particulièrement puissante. L’image finit par rattraper la scène : gros plan sur Plainview. Il est imposant, en clair obscur. Il domine tout le monde. Personne dans la pièce n’aura droit au même traitement de la part de Paul. Et devant le bordel, Plainview décide d’arrêter les négociations, et on le suppliera de continuer, et il sera inflexible. Beaucoup de choses se jouent ici, mais qu’on ne me fasse pas croire qu’il n’y a pas une fascination de PTA pour la puissance de Plainview et qu’il ne met pas sa mise en scène à son service. Qu’il sape tout ça ici et là (Plainview qui balance qu’il est un homme de famille alors qu’on vient de voir (ou qu’on voit encore ?) que ce n’est pas son fils) n’enlève rien à tout ça, on pourrait même dire que dans cette scène ça joue pour lui.
Même les éléments de sape sont eux même sapés par le prologue. Ainsi on pourrait dire : oui mais le film montre qu’en fait l’entrepreneur ne bosse pas, ce sont ses ouvriers qui font tout le boulot et risquent leur vie jusqu’à en mourrir. Mais d’une part, ce n’est pas ce qu’on voit dans le film (il reste sur le terrain, ses vêtements sont sales ; plus tard c’est lui qui prospectera en personne, avec son fils puis avec un employé). D’autre part, le prologue, donc. Dans lequel on le voit bosser seul, risquer sa vie, se blesser. Après sa blessure, ellipse, dont Tarantino dit qu’elle est ce qui crée ce personnage incroyable que le spectateur est alors pret à suivre jusqu’au bout : dans cette ellipse où se trouve 10 The Revenant, Plainview est définitvement inconisé comme force de la nature. Alors qu’ensuite il se mouille moins que ses ouvriers, je n’ai pas l’impression que le film lui en veuille.
Et c’est bien pour ça que c’est un des plus grands films sur le capitalisme. Parce qu’il parvient à être irréprochablement dans la tradition marxiste (prédation, spoliation pour l’accumulation primitive, puis gains de productivité par le capital, puis abolition de la concurrence par la position dominante) tout en creusant, comme le dit K, ce qui anime positivement cet homme. Ca permet d’ailleurs cette fin qui capture, pour moi, la voracité ultime, la soif – jusqu’à l’irrationnel – d’hégémonie. Ce « j’ai fini » qui n’existera jamais dans la réalité (ou uniquement comme fin de cycle, et on sait à quoi ça ressemble), mais qui est l’idéal derrière lequel courent ces gens.
Tout ça pour dire que ce serait perdre une grande richesse de There Will Be Blood que de nier ce qu’il capture de cet érotisme là. -
Seldoon
InvitéPardon pour les accords, je n’ai malheureusement rien relu.
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Seldoon
InvitéC’est marrant parce que pour comparer le comparable, ce serait dans Phantom Thread que la figure du grand couturier en prendrait un coup, pour moi. Bien plus que celle de l’entrepreneur dans TWBB.
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Charles
InvitéBien sûr qu’il y a une forme de fascination de PTA pour Plainview mais elle est celle qu’on a envers le lion qui déchiquète sa proie. C’est fondamentalement un personnage antipathique, à quelques occurences près.
Et PTA filme quand même très peu l’ivresse du succès, son côté grisant ou en tout cas il l’a fait très peu partager au spectateur. Mais il est vrai que je le compare surtout aux films précités car ce sont ceux-là dans 40 dernières années auxquels se mesure le film. -
Seldoon
InvitéSi on prend un peu de recul : jamais au grand jamais les saloperies commises par des grands patrons n’ont entaché leur légende. La biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson décrit par le menu ses frasques familiales, ses trahisons amicales, son inhumanité régulière, ça n’empêche pas le livre de rester sur la table de chevet de tous les libéraux. J’irais jusqu’à dire que tout ça participe à l’iconisation du grand entrepreneur Steve Jobs, dont l’amoralité fascine et est pour partie au moins ouvertement admirée : même sans la cautionner, on voit bien qu’il est admis que « c’est à ce prix qu’on a Apple ». De toute façon côté libido le récit entrepreneurial (je dis bien entrepreneurial : tant qu’il y a création d’entreprise à l’écran) est gagnant. Il faudrait mettre tout le talent et toute la radicalité d’une Reichardt pour vraiment le désamorcer de l’intérieur.
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Seldoon
InvitéPar contre, annonce que Musk n’a pas créé Tesla et là il prend un coup (et nie les faits).
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Baptisme
Invité« ma pomme, qui tient ce film pour l’un des 5 plus grands films sur le capitalisme (les quatre autres étant signés Soderbergh) »
Attends c’est quoi les quatre autres de Steven ?
Je tente :
– Girlfriend Experience
– Contagion
– Logan Lucky ?
– Je sèche je les ai pas tous vu -
Cynthia Lennon
InvitéEffets secondaires
à propos pour les Parisiens le 2e tome du livre de Fred Mercier est présenté par les 2 co-auteurs chez Potemkine début novembre (le 6 à 19h30 de mémoire, à vérifier)
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Alexandre
InvitéSur le capitalisme vu par Soderbergh, ce serait Girlfriend Experience, The Laundromat, peut-être Highflying Bird et éventuellement Erin Brockovich.
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Alexandre
InvitéThe Informant! aussi
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Seldoon
InvitéLors du ciné club Magic Mike, François avait longuement détaillé en quoi le film donnait deux excellents cours : un cours marxiste sur le capitalisme, un cours de streap-tease.
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François Bégaudeau
Maître des clés4 sur 5 était une sorte de gag – la mauvaise foi assumée – et non pas subie- étant mon humour préféré.
mais il est bien vrai qu’il y a chez Steven de quoi nourrir 1000 pages d’analyses du capitalisme
et pas seulement dans 4 films
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Titouan R
InvitéDéception partagée, Doc.
En vérité, le départ du texte, typiquement de mauvaise foi sur Daniel Day-Lewis, me plaisait assez. Encore qu’à être dans la mauvaise foi, comme on peut l’être entres potes (Vincent, François,…) le plaisant est de la pousser à plein, pas de la justifier par une acrobatique trouvaille : DDL prend en charge les films et les exhaussent en chefs-d’oeuvre. On attend donc, hors PTA, que nous soient listés d’autres entremets co-siglés DDL : Lincoln ? Gangs of New York ? On attendra un bout de temps.
…
Le véritable problème du texte, outre qu’il ne s’intéresse que très secondairement au film tout en revendiquant d’être un texte de critique (quand il n’est que de méta-critique), c’est qu’il repose sur deux attentes vouées à être déçues :
– que le film soit politique. C’est comme si Frédo jouait l’étonné qu’un film, élaboré dans le tressage des contraintes de production et de distribution hollywoodiennes, soit aussi inepte politique ;
– que la critique-Mediapart ait quelque chose de politique à en dire. Comment pouvait-il en être autrement ? En réalité, Lordon avait envie de dégoiser, avec sa rosserie habituelle. Quelle intelligence, idée nouvelle, fenêtre nouvelle ouverte sur le réel, tirer du texte ? Rien. Texte déjà écrit/dit 50 fois (par lui ou d’autres), déclinaison un peu fainéante (et fort peu consistante, vu la pauvreté de l’adversaire choisi) sur la bêtise bourgeoise…
Ordonnance à Frédo : qu’il freine la consommation (névrotique ?) des Libé-Médiapart-LeMonde qu’il poursuit de son ire. Qu’il aille marcher un peu, sente l’herbe grasse de rosée et se restitue ainsi à sa sidérale intelligence.
Peut-être un jour pourra-t-il aller au cinéma voir un film pour, mettons, voir un film.-
Titouan R
InvitéPhrase incomplète : « En réalité, Lordon avait envie de dégoiser, avec sa rosserie habituelle, sur sa cible préférée : les médias de centre-gauche »
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Titouan R
InvitéPour rester sur PTA, François, avais-tu produit un texte sur The Master ? Si oui, je suis preneur
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François Bégaudeau
Maître des clésHélas non
Te lisant, Titouan, je me dis qu’on devrait désormais donner un gage à tout intellectuel de gauche radicale lorsqu’il évoque ;
-le PS, le PS qui a trahi, le PS qui est de droite etc
-la bourgeoisie de gauche
-le macronisme qui est de droite
-le référendum de 2005, trahison du peuple
-les Gilets jaunes quel grand mouvement social
-le virage de la rigueur de 1983 -
Titouan R
InvitéMince, merci quand même
J’ajouterais à ta liste : « on nous a volé les législatives de 2024 » -
Charles
InvitéVous voulez la faillite de Blast quoi.
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Titouan R
InvitéQue tu es taquin, Charles
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François Bégaudeau
Maître des clésA vrai dire je pensais surtout à une autre chaine alternative de gauche, mais chut.
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Charles
InvitéPeut-on vraiment faire confiance à quelqu’un qui estime davantage There will be blood que The Master?
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François Bégaudeau
Maître des clésUn jugement critique de Mediapart ce n’est pas un appui négatif très porteur. La preuve.
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Coco
InvitéL’article de Lordon est typiquement ce qu’on pourrait appeler un article con. En mettant de côté la bêtise dogmatique qui consiste à dire que les meilleurs films de Paul Thomas Anderson sont uniquement ceux avec Daniel Day-Lewis (sans jamais argumenter pourquoi ? apparemment, c’est comme ça et puis c’est tout), la vraie connerie réside dans le fait de consacrer l’intégralité de l’article à la réception du film, plutôt qu’à son contenu.
On atteint ici un niveau de politomanie digne d’un prix Nobel, où Lordon parvient à relier un film de Paul Thomas Anderson au PS, à Glucksmann et au NFP. Selon son immense génie, le sujet le plus important d’un film américain se résumerait à sa réception par le milieu bourgeois culturel parisien, le reste, on s’en fout, yolo.
Ça me rappelle quand il avait parlé de Tardes de Soledad. J’espère sincèrement que ce n’est qu’une phase, et que Lordon arrêtera rapidement de parler de cinéma.
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Tony
InvitéPersonne ne prend Lordon pour un critique de cinéma ni PTA pour un gauchiste mais quand la réception du film est un tel festival de conneries,qu’il remette les pendules à l’heure est tout à fait bienvenu.
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Coco
InvitéSi ce n’est pas un critique de cinéma alors pourquoi il se prête à l’exercice d’une critique de cinéma ?
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Tony
InvitéIl fait la critique de la réception qui y voit un grand film politique.
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Coco
InvitéOui mais c’est clairement un prétexte pour in fine parler du film et critiquer le dit film.
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Tony
InvitéIl en dit très peu de choses,il l’a vu comme un spectateur lambda,il ne l’analyse pas en tant qu’objet artistique mais en tant que produit culturel.
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Coco
InvitéEt bien l’analyse culturel, c’est un angle d’analyse très faible.
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toni Erdmann
InvitéJ’ai écouté aussi et j’exerce un tel rapport amour-haine avec cette petite bande. Ils ont plein de petites intuitions passionnantes mais je regrette tellement leur tendance à penser que le geste ultime du critique est de monter en généralité et d’appréhender un film comme le symptôme d’un état du cinéma contemporain. Il faudrait qu’un jour ils se questionnent aussi sur le fait qu’ils utilisent le terme « woke » au premier degré.
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Sur Sirat, j’aime néanmoins l’idée de MJ de faire une analogie entre ce que serait la musique pour les teufeurs et l’auteur/réalisateur pour le spectateur. Il y a un peu de cela dans la mort de l’enfant : l’auteur, par sa cruauté, nous met dans un état d’hébétude proche de la transe musicale.-
Charles
InvitéTu as bien résumé la chose sauf que je finis par me laisser de cette critique par intuitions, parfois géniales, parfois à côté de la plaque, qui permettent trop souvent de passer par dessus le film.
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Charles
InvitéPour les parisiens, avant-première au Christine du dernier Bigelow (qui ne sera sinon diffusé que sur Netflix) : https://x.com/ParisCinemaClub/status/1978053271139835925
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Anzo
InvitéJ’ai écrit une petite critique sur ce que m’a inspiré le dernier film de Linklater que je vous partage ici :
Godard embaumé :
Je lisais Les Détectives sauvages quand j’ai appris que Linklater faisait un film sur la Nouvelle Vague. Mauvais timing. Chez Bolaño, les réal-viscéralistes débarquent comme une bande, ils marchent dans Mexico la nuit, ils règlent leurs comptes, ils baisent, ils ont faim. Ils existent matériellement avant d’exister comme poètes. J’attendais la même chose : des corps qui déambulent, qui s’embrouillent, qui inventent un cinéma parce qu’ils n’ont pas le choix. La fièvre collective avant le panthéon.
Ce n’est pas ce que Linklater a filmé. Il a filmé un monument. Celui de Jean-Luc Godard.
Dès les premières images, tout est déjà mort. Format 4:3, noir et blanc granuleux, cigarettes qui fument dans des cafés en bois sombre. On reconnaît les signes – « ah oui, les années 60 » – mais rien ne vit. Linklater a appliqué des filtres sur son image pour qu’elle ressemble à l’idée qu’on se fait de l’époque, pas à l’époque elle-même. Le réel ne circule jamais dans ces plans trop bien composés. Tout est sous verre, catalogue d’accessoires conformes. Fétichisme de musée.
Et ce traitement contamine Godard lui-même. Jamais il n’apparaît comme un type qui vient de quelque part. De quelle bourgeoisie ? Avec quel argent vivaient-ils, ces jeunes cinéastes qui prétendaient tout casser ? Critiques aux Cahiers, héritages familiaux, système D ? Rien. Godard n’a pas de corps social. Pas d’appartement, pas de loyer, pas de classe. Il flotte. Pur esprit. « Le Cinéaste ».
Du coup, le film bascule en cours magistral. Privé de toute épaisseur matérielle, ce Godard de fiction devient pédagogue pour apprentis cinéastes. Il explique sa méthode, prodigue des conseils, distribue des directives. On n’est plus dans la fiction, on est dans le tuto. Et cette logique didactique gangrène tout : quand un membre de la bande apparaît à l’écran, un sous-titre plaque son nom sur son visage. Truffaut. Chabrol. Rivette. Plutôt que de les laisser exister comme présences, Linklater les assigne. Chaque corps devient une notice. Le nom fait autorité.
Pendant deux heures, tout crie au spectateur : « Regardez, il marche et parle comme Godard, c’est donc bien lui ! » L’illusionnisme est total. En oubliant le collectif au profit du monument, en préférant la reconstitution propre à la prise de risque, Linklater fabrique un objet sage. Un film qui parle de révolution cinématographique avec la grammaire d’un téléfilm patrimonial.
À un moment, je me suis dit : Godard aurait détesté ça. Puis j’ai pensé que non, peut-être pas. Peut-être qu’il aurait trouvé ça drôle, cette momification académique de sa propre jeunesse. Ou peut-être qu’il n’aurait rien dit. De toute façon, ce Godard-là ne parle plus. Il est déjà au musée, vitrine bien éclairée, petite plaque explicative en dessous.
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François Bégaudeau
Maître des clésAccord total.
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..Graindorge
InvitéAnzo:
quelle belle clarté! 0 fausse note! Ça trace,
c’est fluide!
Tu étais entrain de casser la croûte chez Bolaño, et…gloups!
» Dès les premières images, tout est déjà mort »
« De toute façon, ce Godard-là ne parle plus. Il est déjà au musée, vitrine bien éclairée, petite plaque explicative en dessous. »
Ton texte en tout cas est bien vivant. Si Jean Echenoz passait par là, il déposerait un « Ah! »
Godard t’offrirait un verre : « Viens Anzo, on va faire un brin de causette -
toni Erdmann
InvitéJe suis d’accord avec une partie de ton texte mais certains éléments me paraissent exagérés.
Le film est pour moi l’inverse d’un cours magistral. Tous les conseils et aphorismes distribués par Godard ne sont pas à prendre au premier degré, d’abord parce qu’ils sont souvent vagues et parfois même un peu faciles. Je pense que le film laisse la possibilité de se foutre un peu de la gueule de Godard, comme le fait Jean Seberg d’ailleurs. Ce n’est pas tant ce que dit Godard qui nous importe que ce qu’il fait, ou la manière dont il le fait. Il fait un film sans trop le prendre au sérieux, en rompant avec les usages de l’époque, et de manière assez décontracté. Ce qui émane du film est la légèreté de cette bande qui tente plein de petits trucs juste pour voir ce l’effet que ça donne à la caméra. Une démarche d’étudiant en cinéma en quelques sortes. Et tout ça me paraît bien éloigné du ton sentencieux que tu reproches au film qui désacralise la vision du metteur en scène génie qui aurait des grandes visions qu’il faut représenter coûte que coûte. J’ai bien l’impression que beaucoup de personnes ressortent du film en se disant « mais en fait c’est facile de faire du cinéma, il faut pas forcément être un génie ».-
François Bégaudeau
Maître des clés« Ce qui émane du film est la légèreté de cette bande qui tente plein de petits trucs juste pour voir ce l’effet que ça donne à la caméra »
Pardon mais ceci me parait très faux
On voit au contraire un Godard – et les autres- savoir d’emblée comment il faut faire du cinéma. Tout le contraire de gens qui apprendraient leur cinéma en le pratiquant.-
Anzo
InvitéOui, et dans le même mouvement, je trouve que certains éléments de la patte de JLG, notamment à travers la relation avec les acteurs, semblent plus appris que compris. Quelle belle idée, chez Godard et d’autres, que de déstabiliser les acteurs pour donner l’illusion du réel – l’idée que le cinéma, par sa forme même, arriverait malgré son caractère fictionnel à saisir quelque chose de vrai. Mais dans le film, qu’est-ce qu’il en reste ? Des scènes de moquerie entre acteurs, un Godard dogmatique. La dialectique qui devrait se jouer – entre des acteurs qui ont besoin de rationaliser leur performance et un réalisateur qui veut jouer sur l’imprévu pour produire du cinéma – n’apparaît jamais à l’image. C’est ce que j’essayais de dire dans mon texte : tout semble folklore et décor, les techniques de mise en scène venant compléter une image d’Épinal du réalisateur.
Sur la notion de légèreté de la bande, je rejoins ce que tu dis, François, en m’intéressant aussi au caractère prétendument collectif de cette bande – dans laquelle le mot « bande » ne transparaît que parce que nous connaissons l’histoire et les protagonistes. Ma déception n’en est que plus grande : j’avais beaucoup aimé Dazed and Confused et Everybody Wants Some!!, deux films dans lesquels cette notion de camaraderie ressort de façon très concrète. Ici, je ne comprends pas ce qui les lie. Les cartons de présentation viennent tour à tour leur attribuer un rôle sans jamais construire leur présence dans le récit. Ils sont étiquetés, pas incarnés.
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Dr Xavier
InvitéJe n’ai pas vu le film et je trouve que ton texte critique est très bien troussé. On veut en lire d’autres.
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Anzo
InvitéMerci beaucoup, ton retour me touche vraiment. J’essaie de tenir une rigueur d’une critique par semaine depuis septembre sur Instagram (je ne sais pas si c’est le lieu pour en faire la promotion), mais voilà la page sur laquelle tu peux trouver les autres posts : n.zoen7 (décidément, je n’ai pas beaucoup d’imagination pour dissimuler mon prénom).
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..Graindorge
Invité@Anzo
« Merci beaucoup, ton retour me touche
vraiment. »
De rien Anzo. J’ai aimé te lire. Comme dirait l’ ami Marc: » drôlement bien troussées ces phrases »
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toni Erdmann
InvitéJe voulais avant tout interroger l’idée selon laquelle il faudrait prendre au sérieux, dans le film, tous les conseils ou les formules prodigués par Godard, Bresson ou même Rossellini. (Le traitement réservé à ce dernier est d’ailleurs révélateur : le film n’est pas obnubilé par le génie et tout ce qu’on retient de lui c’est sa gourmandise et sa radinerie.)
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Et j’aime avant tout que le film s’éloigne de l’esprit de sérieux qu’on associe souvent aux ambiances de tournage. La figure du génie, absorbé par son art, et imposant sa vision à son équipe, me semble ici tournée en dérision — ou du moins mise en difficulté par le “je-m’en-foutisme” de Belmondo et Rissient. Ces derniers contrastent avec Jean Seberg et Beauregard, plus tendus, convaincus que le tournage doit être un moment solennel.
Ces dynamiques me paraissent justes au regard des statuts de chacun : Belmondo, nouveau venu, n’a rien à perdre, tandis que Seberg, la star, joue son image, et Beauregard, son argent. Le film leur accorde d’ailleurs un temps considérable, et de cette attention naît ce que j’appellerais “une bande” — un groupe d’individus hétérogènes, réunis dans un même espace autour d’objectifs communs, mais dont chaque relation obéit à une logique propre.
—
Toutefois, je vous suis, Anzo et François, sur le reste et en particulier la restitution un peu muséale de l’époque.-
Carpentier
InvitéCes derniers contrastent avec Jean Seberg et Beauregard, plus tendus, convaincus que le tournage doit être un moment solennel.
yep
le rôle du gars de Seberg met un peu d’air aussi dans le film je trouve
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Carpentier
Invitébsr,
il y a une scène où on assiste à JLG qui dirige son équipe et essaye (l’accident, le passage au dessus du capot de voiture – cascadeur à payer, 3 prises dont il est insatisfait et un copain remplace, directement sur la chaussée: 1 prise et on gardera dans la boîte )
Certes, pas grand monde dans l’équipe comprend pourquoi on refait les 3 prises de la scène initiale ni finalement pourquoi on change de scène mais on assiste à un work in progress là, il me semble bien-
Carpentier
InvitéÀ propos aussi de la séquence métro souterrain/Bresson/conseils JLG:
FB avançait l’autre jour que voir ce film amenait sans doute à en savoir encore moins sur la période Nouvelle Vague qu’avant visionnage du dernier Linklater.
Bon, je suis son raisonnement, j’étais dans cet échange.
Et bien la séquence Bresson/métro donc me reste quand même en tête et, par exemple, le fait de repérer qu’avoir toujours les mêmes têtes, les mêmes passants, les mêmes voyageurs dans des couloirs de métro était crétin, pas crédible, tueur d’histoire, c’est intéressant – et je crois bien que ça fait partie de ce mouvement/passage à ce qu’on nomme NV; et de passer au tout-venant des gens dans la rue, les laisser, les capter pour le film (moins coûteux en plus que d’immobiliser quelques figurants sur plusieurs jours) c’est NV aussi, non?
Les voyageurs franciliens, de passage, en mode flux dans les couloirs, les gens sur les trottoirs, c’est sous la main, on fait/voit ça toute la journée sur Paris.
J’aime donc bien aussi quand JLG demande qu’on ne chasse pas les badauds qui s’attroupent auprès du blessé/mort fake.
– Laisse-les, ça se passe comme ça quand il y a un accident, dit JLG à qqn de l’équipe de tournage.-
François Bégaudeau
Maître des clésCe qu’explique Bresson vaudrait pour tout film qui se tourne dans la rue, pas spécialement pour la Nouvelle vague.
Explique, du verbe expliquer.
Car Bresson explique. Explique d’ailleurs quelque chose qui ne lui est pas du tout spécifique à lui non plus. Si on voulait établir les cent axiomes du bressonisme, celui ci n’y serait pas. En somme, convoquer Bresson, et très lourdement (oh viens voir y a un truc dingue dans le métro) pour lui faire dire ça, c’est vraiment stupide. Mais bon : dans cette expo de la fondation Cartier consacrée à la Nouvelle vague, il fallait bien qu’il y ait la tête de Bresson.-
Carpentier
Invitéoui, je comprends bien ce que tu en dis, sans surprise, on est bien d’accord
c’était histoire de parler un peu ‘cinéma’/vitrine-expocartier/chalumeau, quoi
je veux dire, parler ciné à mon niveau
comme j’ai quand même toujours fait, notamment avec toi
j’essaye, c’est poussif, très poussif mais comme ça m’intéresse, vraiment, je continue à essayer
bref-
François Bégaudeau
Maître des clésCe que j’essaie de dire, c’est que ce cinéma expliqué aux nuls ne fera pas des nuls des moins nuls, mais des plus nuls
ce film est gorgé de fausseté
il n’y a pas de pédagogie du faux-
Alexandre
InvitéPetite question : tu avais vu Le Redoutable ? Et si oui, supposant que tu ne l’aies pas aimé, lequel serait le pire ?
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François Bégaudeau
Maître des cléshum… question pointue. peste et cholera.
disons que le Linklater est bête et gentil, et le Hazanavicius bete et méchant
chacun choisira
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Carpentier
Invitépas de pédagogie du faux
ok, en plus, ça, ça me plait
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Carpentier
InvitéVraiment aucun instant décisif dans ce film? bon,
dans cette expo de la fondation Cartier consacrée à la Nouvelle vague, il fallait bien qu’il y ait la tête de Bresson.
belle blague surrealiste pour feu-la gêne ô, ça en tout cas : )
– avec Henri, on en rit toujours: la tête, l’oeil et le coeur du XXe mais Linklater, son oeil, il se l’est coincé dans le cul: dommage Richard.
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Carpentier
InvitéTVB3: … le club des 5 tourne à bout de souffle / …
Gaston Lagaffe, Boule et Bill, Le club des 5
et on aurait eu Fantomette si Seberg s’était brunie,
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François Bégaudeau
Maître des clésDans un film sur un tournage, il faut bien qu’il y ait de temps en temps du tournage, c’est à dire des ajustements pris après prise
Mais globalement, et très répétitivement, Godard apparait comme ayant déjà mis au point sa méthode de tournage. La plus grande falsification intervenant dans son speech de début de montage – où il semble réciter une page wikipedia sur les conceptions du montage de Godard.-
Carpentier
Invitépas encore lu la page wiki du type,
j’y passerai bien sûr
entre autres,
merci de t’être arrêté quelque peu sur mes lignes
bonne journée,
+ bonne séance à toi ce soir
(tu penses qu’on peut arriver en cours de projo du film que tu as choisi pour?)-
Carpentier
Invitéen attendant mercredi 22 pour La petite dernière,
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Ostros
InvitéDracula de Radu Jude sort aujourd’hui !
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Comme le TVB 3 portera sur chien 51, quand sortira le TVB spécial Radu sur les 2 films sortis cet automne ?-
Ostros
InvitéChien 51 ET Nouvelle vague le TVB 3, si j’ai bien suivi les échanges*
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François Bégaudeau
Maître des clésPour plusieurs raisons on a différé le plaisir de parler de Jude au prochain film – qui ne tardera pas
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Pedri
InvitéJe ne sais pas si ça a deja été partagé mais voici Kontinental ’25 pour ceux que ca interesse. Il y a 2 pistes sous-titres dans le fichier, fr et en.
https://drive.google.com/file/d/1F7Zq2QJHg0TxAZ9msAPmMS7VK27X7jIL/view?usp=sharing-
Carpentier
InvitéOH?
et ça marche? dingue.
Merci mais – cliqué 20 secondes et je suis sortie – (j’imagine que j’aurais le même sentiment si je dealais du sheet en pleine messe de mariage d’une lointaine cousine)
Surprenant partage pas que déplaisant. -
Pedri
InvitéAh mais s’il est distribué dans votre ville, il faut le voir au cinéma oui. Tout le monde n’a pas cette chance ^^
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Younès
InvitéSur « Nouvelle Vague », comment ne pas parler de la gueule des acteurs ?
Godard : la même tête, le même accent, la même voix, la même dyslalie.
L’acteur interprétant Truffaut ressemble comme deux goûtes d’eau à Truffaut, idem pour Chabrol, Rivette, Rohmer, Rossellini, Melville (qu’on voit deux secondes), Bresson (qu’on voit une demi-seconde), etc.
Est-ce une condition suffisante pour en faire un bon film ? Certainement pas.
Une condition nécessaire ? Encore moins.
L’exactitude est l’ennemie de la vérité, spécifiquement en Art.
La vérité ne se dévoile jamais à cause de ce très gros problème : Linklater fait exactement ce que Godard & co ont combattu pendant toutes leurs jeunes années aux « Cahiers ».
Il souhaite transmettre l’esprit révolutionnaire de Godard et d' »À bout de souffle » en usant en permanence de la quintessence académique ; il veut louer la Nouvelle Vague en l’abreuvant d’eau tiède.-
Carpentier
Invitéune sorte de Podium époque 60’s donc, ni plus ni moins
Yann Moix étudierait nuit et jour, pointilleusement, les textes juridiques qui lui permettraient d’obtenir réparation.
Je ris d’avance devant une probable légitime perplexité quand vous parlerez ici à propos de ce qu’en aura dit Frédéric Lordon
hâte mais hâaaaaaate-
François Bégaudeau
Maître des clés« Je ris d’avance devant une probable légitime perplexité quand vous parlerez ici à propos de ce qu’en aura dit Frédéric Lordon »
comprends pas-
Carpentier
Invitéj’ai vu/lu un peu plus haut, les échanges sur F.Lordon pu plutôt sur la/sa réception du/des films PTA, notamment
et j’attends le méta du méta sur le fake de tournage de coulisses du fake de film sur la NV du Linklater, c’est tout.
Là, avec PTA et F.Lordon, c pu une mise en abyme, c’est la spirale qui légitimement file la perplexité
avant la gerbe – enfin, pour moi, ça me fait cet effet à moi.
(en ai-je le droit et puis-je le dire ici?)
Comme tu sais, j’étais à la représentation de ta piece La Bonne Nouvelle, le soir où F.Lordon était sur les gradins avec A.Lancelin, et on sait bien tous et toutes ici ce que tu as rapidement dit et pensé du rapport à l’art de F.Lordon
so?-
propater
Invité-
Carpentier
Invitéyep, merci de repartager
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Dwl
InvitéJe suis globalement d’accord avec ce que tu disais François hier sur Haneke. En réfléchissant un peu au film et plus globalement à sa filmographie, j’avais une petite question. Dans la plupart de ses films, on sent que la bourgeoisie qu’il décrit est incapable d’affect, absorbée par le contrôle, la consommation, le confort. Le monde matériel, bien réglé, semble avoir aspiré toute possibilité d’amour.
Et c’est là qu’on peut comprendre la mise en scène glaciale d’Haneke. Il ne filmerait pas froidement pour le style, il filmerait froidement parce que le monde qu’il observe est froid. Mais ma question, c’est : jusqu’où cette froideur reste-t-elle signifiante ? Est-ce qu’à force de la répéter, film après film, elle ne devient pas une forme d’esthétique fermée sur elle-même ? Autrement dit, est-ce qu’Haneke dialogue encore avec le réel, ou est-ce qu’il finit par projeter sur lui une vision tellement glacée qu’elle devient sa marque de fabrique ? Et in fine, c’est un peu ce qu’on va chercher quand on regarde un de ses films. (Je me pose la question aussi pour son élève Franco que j’aime aussi mais je m’interroge sur mon plaisir à aimer ces cinéastes)
Autre point sur le côté “donneur de leçons” : je voulais parler du motif de la télévision, qui traverse presque tous ses films. Il ne s’agit pas d’un lien direct entre images et violence. Effectivement, à chaque fois il montre d’autres éléments matériels et laisse la béance, comme tu le dis. Cela dit, je tenais à souligner que, oui, dans Caché, il nous invite à mieux regarder les images, mais dans Le Septième Continent, elles sont déjà bien regardées, de manière presque hypnotique (et c’est peut-être là qu’on pourrait dire qu’elles sont mal regardées selon toi : être hypnotisé, ce n’est pas vraiment regarder). Elles sont souvent montrées comme abrutissantes/violentes. J’imagine que la télévision est aussi un symbole de quelque chose de plus grand. Haneke ne donne pas de leçon, OK, il laisse des vides OK : nous pouvons faire des liens ou non, interpréter ou rester spectateurs passifs. Mais dans l’accumulation des films, ce motif devient presque systématique et finit par suggérer une certaine vision, difficile de l’ignorer.
Et c’est là que se pose la question centrale : est-ce qu’Haneke observe le réel avec lucidité et le retransmet, ou est-ce qu’il projette une vision préétablie (qui peut sembler réac) sur son époque ? Aujourd’hui, on pourrait imaginer que le même dispositif filmerait un adolescent scotché à TikTok, et qu’on y verrait un parallèle avec la violence ou l’abrutissement. Ce qui m’intéresse, c’est cette tension : Le cinéma d’Haneke se situe-t-il dans le réel qu’il décrit, ou finit-il par produire un monde froid, où se déploie la vision d’un homme de 60 ans sur une société dont la technologie aurait détruit nos liens ?
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François Bégaudeau
Maître des clésSut la télé, ilpeut y avoir effectivement une critique tenace chez Haneke, à savoir que la télé fonctionne sur un régime d’images qui ne montre rien, qui ne fait rien voir. A quoi Haneke opposera donc son cinéma, pensé pour qu’on ait, devant, les yeux grands ouverts, et une attention maximale
Sur la froideur : oui cette froideur est au diapason de la froideur du monde (Haneke dit : glaciation), mais je ne crois jamais à cette thèse. Si Haneke adopte ce style, c’est parce que ce style lui sied. C’est parce qu’il cherche cet absolu où le matériau signifie par lui meme, sans les intercessions habituelles (jeu d’acteur, musique, etc). En quo il est vraiment un descendant de Bresson.-
Dwl
InvitéOK pour le style, je vois, mais je pense que ça n’invalide pas totalement l’idée que sa mise en scène froide reflète aussi la façon dont il perçoit le monde. Peut-être que le style précède ce qu’il montre, mais la teinte unique qu’il impose coïncide quand même avec les mondes qu’il filme, donc on peut lire les deux simultanément peut être.
Je me dis ça parce que si on compare à Bresson, lui cherche une pureté formelle qui convient à tout, capable de révéler la poésie comme la cruauté. Haneke, lui, semble moins ouvert à la diversité du réel que permet ce style : il apparaît moins comme un absolu formel vu qu’il l’utilise dans une seule direction. (je n’ai pas trop lu d’entretiens de lui, faudrait que je regarde)
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François Bégaudeau
Maître des clésIl semble que pour dire ça tu n’aies pas vu tout Haneke. Car sa manière n’est pas si répétitive, il a tenté beaucoup de choses différentes – y compris pour se planter, comme dans la dernière heure de Le temps du loup.
Benny’s video, c’est la première manière de Haneke, qui culmine avec Funny games. Avec La pianiste, on passe à autre chose.-
Dwl
Invitéj’ai vu la partie post Funny Games il y a un peu plus longtemps mais dans mes souvenirs il n’y a pas une vraie discontinuité entre les deux périodes. Même quand il filme des mondes moins glacés (La Pianiste, Caché, Le Ruban blanc, Amour), la tonalité reste globalement froide et malsaine en gros.
(Pas vu Le temps du Loup et Happy End)-
Dr Xavier
Invité@Dwl – Sur Arte replay si pas déjà vue tu as une « Conversation avec Michael Haneke »
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Dwl
InvitéJe vais regarder ça merci !
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François Bégaudeau
Maître des cléscette catégorie de « malsaine » me laisse perplexe
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..Graindorge
InvitéHaneke a dit » mes films me servent de psychanalyse »
Je ne sais pas si on peut comparer avec Franco
Ce que je sais c’est que bien que j’ai été fascinée ( je dirais pas » bien que j’ai aimé ») par Funny Games, Caché, La cinta blanca,( le ruban blanc?) Amour, je ne pourrais en revoir aucun. Exception peut-être pour Amour
Je m’étais dit pour les autres » punaise, c’est du cinéma de malade! » Est-ce que nos corps ont besoin de ça?
Je ne me suis jamais dit ça du cinéma de Franco et je peux revoir ses films.-
..Graindorge
InvitéPour la justesse et comme je n’aime parler qu’en mon nom je rectifie.
Ce n’est pas:
« Est-ce que nos corps ont besoin de ça? » mais
« Est-ce que CE corps, le mien, a besoin de ça? »
Réponse clair: non. -
Dwl
InvitéPour Franco, est-ce que tu as vu Después de Lucía ? Parce qu’en termes de sidération, je n’avais jamais vécu ça devant un film, et je le trouve encore plus frappant que tous les films d’Haneke. Le reste de la filmographie de Franco est moins violent, il s’adoucit de film en film.
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..Graindorge
InvitéDwl, c’est bien pour ça que j’ai rectifier en disant bien ne parler qu’en mon nom
Bien sûr que je m’en suis pris plein la figure avec Después de Lucía mais c’est un film que je pourrais revoir bien que pas tout de suite alors que je ne pourrais pas revoir ni Funny Games ni le ruban blanc ou même caché! Jamais.
Je pourrais revoir aussi A los ojos de Franco.
Je ne crois pas que Franco va continuer à s’adoucir:
C’est très violent de perdre la mémoire, de devoir tout noté, de te sentir seul au monde, manipulé par des gens loin d’être toujours bien intentionnés. Il y a des violences inouïes supportables aux regards d’un spectateur ou, dans la vie, supportables par ceux qui ne sont pas affectés , concernés mais qui peuvent rendre fous ceux qui le vivent dans leur chair, qui assistent , impuissants à l’emiettement de tout ce qui faisait leur vie. Je crois que Franco ne va pas s’adoucir: il a bien l’intention de faire la peau à toutes les violences avec son art-
Younès
InvitéTu as réussi à voir A los ojos ?
Seul Franco que je n’ai pas vu…
Je ne sais pas si je suis pervers ou juste froid face à ce que je regarde mais revoir les Franco, Haneke ou Saló est pour moi un plaisir — en ce sens que ce sont des très bons films et que de fait, ils me font du bien.-
K. comme mon Code
InvitéOui, j’ai du mal à comprendre à quoi se réfère cette supposée « froideur ». On dit aussi de Kubrick qu’il est froid pour le critiquer, mais ce que je n’aime pas dans Kubrick, c’est la dévitalisation à l’œuvre dans ses films. Il me semble que les plans des autres grouillent de vie.
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Dwl
Invitéquand on dit que quelqu’un est froid, c’est en gros qu’il ne montre pas trop ses émotions, qu’il reste peu affecté par ce qui se passe autour de lui. Chez Haneke, c’est un peu pareil : la froideur, c’est l’impassibilité de la caméra face à ce qu’elle filme. Elle ne cherche pas à nous prendre par la main, ni à adopter un point de vue empathique.
Par exemple, si un jeune se fait frapper dans un autre film, la caméra pourrait suivre le mouvement, se rapprocher, épouser la violence ou la détresse du personnage. Chez Haneke, au contraire : plan fixe, long, sans emphase. La caméra reste là, témoin, presque indifférente. C’est cette distance qui crée la sensation de froid.
Et bien sûr il y a aussi ce qu’il choisit de montrer : les meurtres, les suicides, la violence…-
K. comme mon Code
InvitéJe vois. J’imagine que je me place en tant que spectateur : moi, devant ces images, je ne suis pas froid — et donc je ne les considère pas froides si elles activent autant mon regard.
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François Bégaudeau
Maître des clésL’un est précisément pensé pour provoquer l’autre : comme je le disais hier soir, ce qui intéresse H c’est le spectateur, c’est d’émouvoir et resensibiliser le spectateur. En soustrayant l’émotion expressive des acteurs, et l’émotion expressive de la caméra, il laisse tout le champ émotionnel au spectateur. D’où l’émoi très grand que provoquent ses films, comme en témoigne K, et comme j’en témoigne.
Le froid est conçu pour échauffer le spectateur.-
François Bégaudeau
Maître des clés» revoir les Franco, Haneke ou Saló est pour moi un plaisir — en ce sens que ce sont des très bons films et que de fait, ils me font du bien. »
Oui, oui, oui-
graindorge
Invitéje répète volontiers que ces films que j’ai cités de Haneke m’ont fascinée, attrapée : Funny Games, Le ruban blanc, Caché et Amour. Le seul que je pourrais revoir c’est Amour.
Haneke dit qu’il a le DVD de Saló mais qu’il ne peut pas le revoir.
Lu dans un entretien que dans le DVD de Funny Games, dans les Extras, il dit même qu’il a conseillé aux gens de ne pas hésité à arrêter le film si ça devenait insupportable.
Je suis allée jusqu’au bout de chacun de ces visionnages, sans me forcer, attrapée que j’étais mais je savais à la fin que je ne les reverrai plus.
Franco, c’est Franco, je peux tous les revoir. È cosi! -
..Graindorge
InvitéLa phrase exacte de Haneke » Je n’ai jamais osé revoir Salo de Pasolini »
Je sais pas si le partage va fonctionner. Je tente[INTERVIEW] MICHAEL HANEKE : « Je n’ai jamais osé revoir Salo de Pasolini » – CHAOS https://share.google/YXGxTxbh9TjHIu8SQ
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..Graindorge
InvitéOuèèèè! Ça a fonctionné !
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Alexandre
Invité« Haneke dit qu’il a le DVD de Saló mais qu’il ne peut pas le revoir. »
En réalité, Salo est tout à fait « revisionnable » (ouch).
Il est dommage d’en faire le parangon du film insoutenable qu’on ne voit qu’une fois.
Il est évident qu’on ne peut le montrer à n’importe qui. Et de ce point de vue
1/ il est LE film par excellence qui ne doit pas tomber sous tous les yeux (j’exclue évidemment de ces remarques le cinéma porno).
2/ il est insoutenable, à mon sens, bien plus par ses implications/suggestions que par ce qu’il montre qui reste toujours distancié par l’humour de Pasolini et aussi par un filmage élégant quoique jamais léché., toujours à la bonne distance.
De plus, ce filmage retrouve une rigueur (plans fixes) un peu perdue avec les films précédents.
Donc, dans une certaine limite, je le conçois, redonnons un peu de visibilité à ce film extraordinaire, que, moi non plus, je ne revois pas une fois par semaine, loin s’en faut. -
..Graindorge
InvitéAlexandre
je n’ai fait que partagé l’un de ses entretiens que tu as pu lire et retranscrire SA phrase exacte:
« Je n’ai jamais osé revoir Salo de Pasolini »« »Il est dommage d’en faire le parangon
du film insoutenable qu’on ne voit qu’une fois. »
Dis le lui. À lui, pas à moi -
Alexandre
InvitéMais ça ne change rien.
Je n’engueule personne! (rires) -
..Graindorge
InvitéRires
avec justesse tu aurais pu dire alors
» « Il est dommage que Haneke en fasse le parangon du film insoutenable qu’on ne voit qu’une fois » au lieu d’ engueuler la transmetteuse -
Alexandre
InvitéDisons que c’était à la cantonade…pare que Haneke, sur ce coup-là (je rebondis juste sur cette petite phrase de lui que tu cites) ne fait pas preuve d’originalité.
D’où ma réaction, pas du tout agacée, mais plutôt en mode puisqu’on-en-cause : combien de fois ai-je lu ou entendu que Salo (je sais pas comment mettre l’accent) ne se voyait qu’une fois, genre « j’ai eu ma dose » ?
D’ailleurs avant que je le voies, j’imaginais un film tout sombre avec des images crades.
Il n’en est rien! Le film est beau, le film est classe. Il a de la tenue.
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Claire N
Invité« En soustrayant l’émotion expressive des acteurs, et l’émotion expressive de la caméra, il laisse tout le champ émotionnel au spectateur. D’où l’émoi très grand que provoquent ses films«
Cet aspect de la critique est particulièrement
Brillant, et repositionne complètement le soutenable et l’insoutenable dans ses coordonnées éthiques
Merci encore-
..Graindorge
Invité« et repositionne complètement le soutenable et l’insoutenable dans ses coordonnées
éthiques » je ne comprends pas Claire
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..Graindorge
InvitéYounes
Oui, j’avais le lien. Je ne sais pas si ça marche toujours pour tenter de te le passer-
..Graindorge
Invité@Younes
Le lien pour A los ojos. je répète qu’étant médiocre en technologie, je sais pas si ça marche encorehttps://mega.nz/file/kVdw1YTB#twjb7GolCueCTNnEir4mC2_fKFg5xJ2qv_A84jiAtFQ
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..Graindorge
InvitéDésolée Younes, ce n’est plus disponible.
Peut-être qu’un.e sitiste ici saura repartager A los ojos-
Younès
InvitéPas de soucis Graindorge. Il est difficile à trouver, merci de ton effort.
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Carpentier
Invitési not’ gouvernement c’était l’cinema
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Claire N
InvitéMais non !
« Le gouvernement c’est notre tonton Gérard
– ….
– qui veut du fraisier ? »-
Carpentier
Invitécertes
mais pas trouvé de thread ‘ tonton Gérard ‘ : D
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Charles
InvitéPeut-être que certains ici ont écouté le Masque et la plume – ça arrive même aux meilleurs – et ont tendu l’oreille quand Murielle Joudet a recommandé la série documentaire sur Scorsese qualifiant celle-ci de bouleversant et d’un des meilleurs films de l’année et qu’ils ont regretté qu’elle ne soit disponible que sur plateforme (Apple+). Qu’ils se rassurent, après avoir vu 4 épisodes sur 5 je peux affirmer que quiconque s’est déjà interessé à l’œuvre de Scorsese, indissociable de sa vie légendaire, n’apprendra quasiment rien de neuf en regardant ce documentaire bien fichu mais n’a rien de renversant. Sacrée Murielle.
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Carpentier
InvitéJoudet au Masque avec Scorsese, c’est Carpentier devant Nouvelle Vague pour JLG
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François Bégaudeau
Maître des clésNouvelle vague qu’elle trouve aussi bouleversant, dans la même émission.
Et Jean Marc Lalanne aussi
Ces critiques aiment tellement qu’on les flatte qu’ils en perdent tout discernement.-
Carpentier
Invitéoui, apparemment
dans le même genre, voilà ce que j’écrivais, ici, le 12 octobreJe vois le risque que ce film de Linklater soit aussi un Amélie Poulain, bis:
un fromage façon corbeau aux renards franchouillards du ciné très flattésMême risque avéré pour les ‘ critiques ‘ franchouillards bourgeois donc,
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Carpentier
Invitéperspicace, drôle, appliquée: ça va, oui, je m’aime
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Alexandre
InvitéJ’ai essayé de trouver des échanges sur ce forum au sujet du dernier Lanthimos sorti, Kinds of Kindness, mais me suis cassé les dents (je vais faire mon ronchon mais les recherches sur ce Chantier ne sont pas d’une folle facilité).
Je viens de le voir sur le câble et y est pris un certain plaisir : c’est froid, ciselé, superbement interprété ( vive Jesse Plemons ) et non dénué d’une espèce d’humour distancié particulièrement présent dans le dernier segment (la tête de Willem Dafoe!)-
Alexandre
Invitéy ai pris
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Carpentier
Invitébjr Alexandre,
Pour ta gouverne, si on fait du méta à propos du forum, du côté de la technique ou de la façon d’y déambuler, on ne dit pas/plus:(je vais faire mon ronchon mais les recherches sur ce Chantier ne sont pas d’une folle facilité).
mais
je vais faire ma/mon Carpentier
Comment? si ça me dérange?
– oh que non
Ce doit être une façon de dire aux gens qu’on ne les ignore pas encore totalement, aime-je imaginer plutôt : )-
Alexandre
InvitéMerci du tuyau mon Carpentier, je note!
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Ema
Invité@Alexandre
Je partage globalement ton enthousiasme sur Kinds of Kindness, mais que penses tu du côté anthologie? Après révision ce truc me questionne parce que cela appelle presque inévitablement l’établissement de paraboles entres les segments, ce qui en ce qui me concerne minimise un peu leurs empreintes individuelles. J’aurais peut-être dû les regarder séparément.
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Alexandre
InvitéBon enthousiasme, c’est beaucoup dire me concernant mais j’ai l’impression qu’il est sous-estimé quant à sa réception critique. Comme si on voulait se payer Lanthimos.
Perso, je m’attendais à quelque chose de plus hystérique, de plus délirant hors je l’ai trouvé sobre, analytique, calme.
Je t’avouerais que je suis pas sûr d’avoir tout compris les tenants ou les aboutissants de chaque histoire mais je crois que leur succession engendre une manière d’hypnose pour le spectateur. Ça m’a bien intéressé ce côté « troupe » qui permute de segment en segment. Un peu effrayé par la durée (mais qu’est ce qui est court de nos jours?), j’ai eu l’agréable surprise que cela passe sans que je m’en rende compte.
J’aime beaucoup la danse (une fois de plus) d’Emma Stone sur le parking à la toute fin.-
Alexandre
InvitéOh mon dieu, j’ai écrit hors au lieu de or. C’est terrible.
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Ostros
InvitéOn n’oublie pas la sortie du nouveau Hong Sang-soo, Ce que cette nature te dit, mercredi 29 octobre.
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MA
InvitéMerci du rappel.
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lison
InvitéSi ce n’est déjà fait courez voir Kontinental ’25 !
Tout m’a plu dans ce film sa situation initiale, cette femme qui veut cacher le radiateur dans son bureau, le même événement raconté à des personnes différentes, les longs dialogues qui s’en suivent ( celui avec l’amie sur un banc est exemplaire, autour de la mauvaise conscience et des participations financières/ retraits automatiques pour des causes humanitaires ), leurs réactions , l’étudiant et son sac de livreur à vélo avec Roumain qui clignote dessus ( et la scène sexuelle avec l’étudiant et le dialogue qui suit), l’évocation de la situation internationale, les tensions roumains / hongrois, cette scène du début dans le parc avec les dinosaures, et surtout le truc qui au fil du film m’a fait de plus en plus rire, cette expression de « se pendre à un radiateur » qui bien sûr nécessite quelques explications et suscite un peu de perplexité. Et quelle actrice !
Ce qui est fascinant c’est les différents niveaux avec lesquels Radu Jude joue dans son film , et notamment l’ancrage très spécifique de son film et sa manière de parler du monde contemporain , et encore sa manière de parler du monde contemporain mais aussi d’histoire, et c’est souvent très drôle.
Quelque chose me dit que c’est mieux que Nouvelle vague, et surtout plus vivant.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui
J’aurais pris bien du plaisir à en parler. Mais le film n’est déjà plus visible.-
Benoît
InvitéIdem. Mais quelqu’un avait filé un lien ici-même, je peux te le refiler par mail
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François Bégaudeau
Maître des clésJe l’ai vu il y a un mois
Mais le fait qu’il ne soit plus visible aujourd’hui rendait compliqué pour nous d’y consacrer un épisode.
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Benoît
InvitéIl marche encore : https://drive.google.com/file/d/1F7Zq2QJHg0TxAZ9msAPmMS7VK27X7jIL/view
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Cédric
InvitéA moins d’habiter les territoires où le film circule encore hein, et puis maintenant ce lien. Merci beaucoup Benoit.
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Carpentier
Invitébienvenu.e au club!
nous sommes quelques-un.es à l’avoir vu ici,
et à avoir un peu, beaucoup, pas assez dit, ici aussi d’ailleurs
ps: voir l’un et l’aimer n’empêche en aucun cas de survivre au visionnage de l’autre
ceci-dit, si jamais …
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..Graindorge
Invité -
Mao
InvitéJe le redis ici parce que j’ai l’impression que c’est un peu passé inaperçu mais le ciné club sur Close up est à l’instar du film absolument génial.
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..Graindorge
InvitéMême enthousiasme Mao! Et pour le film et pour le ciné-club!
Je rappelle qu’on peut voir ou revoir ce chef-d’oeuvre sur YouTube sous-titre anglais-
Anzo
InvitéD’ailleurs, le compte Twitter florentdrive2 – je crois que c’est accessible sans un compte- propose un lien : https://x.com/coltranefanboy. Ce compte rend public un drive contenant plus de 800 films, incluant l’intégralité des œuvres de Kiarostami, avec les sous-titres en français disponibles. Il y a également une excellente sélection de films asiatiques, incluant plusieurs titres de Hong Sang Soo et d’Edward Yang.
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..Graindorge
InvitéEncore des beaux cadeaux! Merci Anzo!
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Anzo
InvitéMerci à lui surtout, c’est une véritable mine d’or. D’ailleurs, dans le lot, il y a Happyend de Neo Sora – certains l’ont vu ? Une sorte d’adaptation de Surveiller et punir dans un lycée japonais, avec une mise en scène parfois très grandiose : de nombreux plans larges captant à la fois l’immensité de la ville et l’individualité des personnages. Mais je me suis heurté à un certain conformisme scénaristique, devinant presque à l’avance ce qui allait se passer – peut-être lié au thème de la fin de l’adolescence. En tout cas, hâte d’avoir vos retours si certains ont pu le voir.
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..Graindorge
InvitéMais merci à lui… Qui?
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,
InvitéJe viens de voir Close-up et l’enregistrement du ciné-club. Je ne m’attendais pas à cet aérosol. Un déchet, un truc qu’on ne regarde pas d’ordinaire ou qu’on se contente de trouver moche, Kiarostami nous le rend beau. Un peu grave aussi, comme si la gravité de l’instant déteignait jusque sur ce tube qui dévale la pente. Me fait penser à des fois où notre regard ne sait plus où se porter et s’accroche à n’importe quoi, le sol, les cailloux, pour tenir bon, pour se donner une contenance, et peut-être aussi pour y glaner des signes d’on ne sait pas trop quoi, des oracles ? J’aime bien qu’à cet instant soit boudé le récit journalistique et la maison piégée. Que soit préféré l’aérosol.
La scène de l’arrestation dans la maison survient quand on a conscience que c’est une reconstitution et ça change tout. Hossain est bien davantage dans le vrai (ou le réel ou la vie ou la foi ?) que tous les autres qui se retrouvent à rejouer leur trahison. Le dialogue à double-sens avec le père a quelque chose de réjouissant, Hossain le confronte à sa propre malhonnêteté : « Ton être se dérobe, mon visage est visible. Il faut aider l’être à se libérer. … Qu’est-ce qui ne vous semble pas naturel chez moi ? … On ne sait jamais ce que l’instant d’après nous réserve. … Mehrdad, il jouait si bien et il n’y croit plus, ça me désole. » Cette petite revanche atténue la tristesse de la scène finale qui n’est chronologiquement pas la dernière.
La scène à moto est très belle aussi. Elle fait écho à la scène rêvée par Hossain où deux hommes seraient à moto, l’un perdrait son portefeuille, l’autre lui donnerait de l’argent et ils deviendraient amis. Les coupures de son, les passages de camionnettes créent une distance qui nous rapprochent de la scène rêvée, j’ai l’impression que ça nous donne à voir moins la scène elle-même que l’envie de cette scène. Et je n’avais pas pensé à ça en le voyant, mais c’est vrai que les fleurs font comme un de ces bouquets qu’on remet à l’artiste à la fin du spectacle.
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Anzo
InvitéFlorent sûrement si je me fie à son pseudo
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..Graindorge
InvitéAh d’accord !
Merci à lui alors et à toi pour relayer -
Martin
InvitéIl vaut le coup d’être vu le Dracula de Radu Jude ou pas ?
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Tof
InvitéJe l’ai vu hier, je connais mal la filmographie de Radu Jude découverte récemment; j’ai plutôt aimé Kontinental 25 et avant lui Bad Luck Banging. J’étais curieux de l’utilisation de l’IA qui est essentiellement utilisée pour les séquences « horrifiques ». Ce sont les premiers modèles génératifs qui sont utilisés, ceux qui produisent des hallucinations effectivement assez dérangeantes (la fameuse « uncanny valley »), ce qui va bien avec le ton souvent farcesque des scènes. Dont beaucoup sont du théâtre filmé, le fil rouge est d*ailleurs une sorte de représentation macabre de cabaret. Je suis conscient que c’est un peu le niveau zéro de l’analyse, mais le film est dense, morcelé dans sa structure, proche de l’expérimental (grâce à cause des séquences d’IA générative) et son texte m’est resté un peu opaque par moment. Si quelqu’un d’autre l’ayant vu peut livrer quelques clés je suis preneur.
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I.G.Y
InvitéJe rattrape Nouvelle Vague, 5 jours après avoir vu A Bout de Souffle — que j’attendais de pouvoir contempler en salle.
Je n’ai écouté que 2-3 podcasts et lu 2-3 textes, mais n’y figure pas un point très concret qui m’a sauté au visage et porté jusqu’au seuil du rejet. Tony l’a mentionné avec insistance et je le rejoins : je veux parler des dialogues. Ma première impression (et que je ne renie pas) est aussi celle d’un total manque de naturel. J’ai réfléchi y compris en séance et me suis dit que c’était vrai mais insuffisant. Après tout et pour ce que j’ai vu de la Nouvelle Vague, on y use aussi volontiers de dialogues très fabriqués. On filme la vie mais avec un pas de côté : les personnages déclament des pages de roman, citent du théâtre, formulent soudain une théorie politique et ainsi de suite — c’est bien sûr vrai chez Godard.
Je me suis ainsi replié sur un autre terme : scolaire. Les dialogues, diction comprise, sont exceptionnellement scolaires. Les aphorismes de Godard sonnent téléphonés, la pédagogie théorique sur le cinéma tombe comme un cheveu sur la soupe. Je trouve que dans ce carcan Jean Seberg s’en sort très bien, de même paradoxalement que l’hyper cabotin néo-Bébel, qui au moins déborde un peu. De Linklater je n’ai vu que Slacker et le choc est pour moi brutal. Je ne peux pas imaginer autre chose qu’une volonté délibérée de dialoguer ainsi — et je ne comprends pas.
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Cet élément très matériel et concret recouvre complètement les qualités que je reconnais au film. Je trouve que la mise en scène déifie peu Godard au sens où il n’est pas magnifié visuellement, dans l’espace : il reste un élément qui circule dans le plan parmi d’autres (j’exclue ici les dialogues). Aussi le noir et blanc est techniquement magnifique. Un noir et blanc au diapason d’une certaine légèreté malgré tout, de par sa lumière : Linklater ne nous assomme pas d’une oraison funèbre. La scène la plus réussie est pour moi celle du New York Herald Tribune. De même celle de la dernière course de Bébel, touché par balle.-
Tony
InvitéOui sur l’aspect scolaire des dialogues c’est tout à fait vrai, d’ailleurs j’ai lu quelque part que tous les dialogues ou presque sont des citations qu’ils ont retrouvé dans la documentation de l’époque,on peut supposer aussi que Linklater n’a pas eu l’oreille qu’il peut avoir habituellement dans sa langue natale,mais en effet le terme scolaire est très adéquat.Ensuite sur ce que tu dis des dialogues dans les films de la nouvelle vague c’est intéressant, c’est vrai que même Belmondo dans A bout de souffle a une faconde assez littéraire,chez Truffaut c’est très visible aussi,d’ailleurs il y a en ce moment sur le replay d’Arte Et dieu créa la femme que j’ai vu hier soir et j’étais surpris par la qualité des dialogues, c’est vraiment un très bon film,Bardot est extraordinaire, ça vaut vraiment le coup.
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Mathieu
InvitéSalut les sitistes,
Parmi celles et ceux qui s’intéressent à la critique, vous connaissez Caroline Vié? Vous pouvez m’expliquer pourquoi elle aime littéralement TOUS les putains de films qu’elle voit. Tous les reports de critiques de 20 Minutes sur Allociné, c’est elle, et c’est toujours 5 étoiles quoi qu’il arrive, même les pires navets.
Qu’en est-il? Je me souviens d’elle au tout début du Cercle, elle était plus dure et plus argumentée.
Ou alors cela vient de son média, 20 Minutes, qui est juste un passe-plat.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pencherai pour le passe-plat
De plus en plus de médias sont partenaires des films, et tous en sont de toute façon les partenaires objectifs (sans qu’il y ait contrat il y a toujours échange de service : je te file l’acteur principal dix minutes pour une itw/ tu pommades le film)
Un « avis critique » formulé en un post ou en étoiles est toujours suspect
Seul doit compter le travail critique.
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Charles
InvitéJ’ai vu Kontinental 25 (encore visible dans 2 salles à Paris). Je partage l’appréciation positive générale même si je trouve que certaines scènes deviennent un peu attendues, un peu trop Judesques. Je pense notamment à la scène avec l’étudiant livreur à la faconde un peu pénible – on voit assez vite où la scène va aboutir (à un coït alcoolisé à l’arrache) et il y a une forme de facilité à confier la scène à ce personnage qui degoise en plan fixe. Il nous refait aussi le coup de la succession des plans sur la ville où on déambule, moderne et laide.
Évidemment les scènes du parc avec les dinausores sont géniales et j’aime bien la scène du prêtre car pour le coup elle est inattendue dans son déroulement – ça commence par un discours très convenu, fait de formules religieuses très creuses et prend finalement un peu plus d’épaisseur si bien que ce prêtre d’abord ridicule – qui se prend les pieds dans un jouet téléguidé – devient plus intéressant. Je trouve néanmois que c’est moins dense et moins riche que le précédent, que c’est parfois un peu trop sur des rails.-
I.G.Y
InvitéGrande idée quand même que ce message lumineux au dos du sac de livreur.
(Si le film intéresse d’autres personnes, le reste de la discussion et notamment sur le Zeppelin est en Cinéma page 18)
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Pour les séances en région parisienne, je remets là le meilleur site dont je ne peux plus me passer depuis que je l’ai découvert il y a deux ans : paris-cine-info. Simplicité, efficacité, comme disait l’autre.-
Charles
InvitéOui mais c’est aussi un peu lourd le panneau « je suis roumain » qui clignote au moment de l’acte sexuel.
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Carpentier
Invitépourtant tu dis bien que cette scène, tu la vois venir, tu dis ‘acte sexuel ‘ , après beuverie
– je parlais aussi, moi, dans l’autre thread, de la silhouette- ombre où, en levrette, il lui tient/tire la couette :
benh oui, tout ça est lourd.
Donc l’ajout clin d’oeil/clignotant assaisonne le tout, lui, avec du rire.
J’aime noter que l’étudiant présente plusieurs fois ses excuses à son ex-prof: les 2 sont bien conscients de ce moment clichetonneux lourdingue et jouissif en même temps,
et ils y mettent toute leur joie.
Un sans faute pour moi.
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K. comme mon Code
InvitéMerci pour le site, I.G.Y, j’y rêvais sans croire qu’internet n’était pas encore tout à fait mort.
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trou du cul
Invité -
Jonas
InvitéQu’est-ce qu’on pense de Kaamelott ici (et du travail d’Astier en général) ?
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Ema
InvitéPour ma part je goûte très peu à l’humour de Kaamelot, et le cabotinage monotone, perpétuellement exaspéré d’Astier en est une des principales causes. Astier pense manifestement rajouter au comique des situations avec ses éructations mais il ne fait au contraire que le saper. De manière générale l’humour de répliques, reposant sur des dialogues sur-écrit, me laisse perplexe.
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Seldoon
InvitéOn a déjà dit ici que quelqu’un qui centre tout l’humour de son œuvre sur le fait d’être le seul être humain à peu près normal entouré de cretins fini est louche. J’ajoute que quelqu’un qui ponctue les blagues de « c’est pas faux » mérite l’interdiction d’accès à un clavier et à une caméra.
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Alexandre
InvitéJe serais moins sévère dans le sens où, dans un registre franchouillard et gaulois, les modules télévisuels pouvaient entretenir le sentiment d’une tradition très française initiée par Pierre Dac et toutes sortes de chansonniers.
Les comédiens jouent ça avec un plaisir communicatif.
Ce n’est pas de la mauvaise télé.
Par contre le premier volet cinématographique, avec ses effets spéciaux tout moches et son boucan assourdissant, est une purge.-
I.G.Y
InvitéC’est intéressant parce que plusieurs personnes m’ont dit que la « quintessence » de Kaamelott gisait dans son versant non-comique (apparemment la fin de la série ou une certaine saison particulière, + éventuellement les films). Le peu d’épisodes non-comiques de Kaamelott que j’ai vus ne m’avaient pas du tout donné cette impression. Aucune envie, donc, de voir les films. Certains diront que j’ai raté ma vie et c’est possible.
Quant au versant comique je l’ai peu pratiqué, ça me faisait marrer mais sans être accroché, peut-être vite lassé (la preuve, je n’ai dû voir qu’une bonne dizaine d’épisodes dans ma vie, en mangeant ou autre)
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Alexandre
InvitéAh oui, moi pareil. C’est quand même à consommer avec modération.
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Seldoon
InvitéPardon, mais ce registre franchouillard-gaulois sonnait à la fois tellement faux et tellement autosatisfait que je n’ai jamais pu arriver au bout d’un épisode malgré de nombreuses tentatives. Et meme en passant par dessus ça, on pourrait prendre un sketsch au hasard et lister les auto sabotages quasi systématiques de l’humour.
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Alexandre
InvitéOK mais moi ça allait. Je me marrais.
Ce qui explique que je suis moins sévère que toi.J’étais beaucoup plus atterré il y a près de 25 ans (purée..) par Un gars, une fille.. par exemple.
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Claire N
InvitéHum si je me remémore
J’ai particulièrement ri je crois d’un épisode
Oú 2 des personnages ( Karadoc et perceval)
Inventaient une technique de combat « au ralenti « basé sur l’esquive
Si je veux être honnête avec mon rire c’était un peu pas très glorieux : c’est un rire de daron
En l’espèce mon fils avait à peu près à la même période développé une technique de pirouettes lentes qui devait aboutir à un coup de pied à l’envers
Donc j’ajoute paternaliste à franchouillard – gaulois-
Claire N
InvitéAprès on sera pas trop étonné
Je crois qu’Astier porte un intérêt particulier
A l’éducation des enfants-
Mathieu
InvitéAstier a toujours décrit Perceval et Karadoc comme des enfants de 6 ans. Mais effectivement, tous les chevaliers de la Table Ronde sont ses enfants. C’est encore patent dans ce calamiteux deuxième film, où il s’offre un pompeux monologue sur l’esprit d’aventure pour calmer tout le monde, après qu’une réunion collective ait dégénéré en son absence
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Ema
Invitédans un registre franchouillard et gaulois, les modules télévisuels pouvaient entretenir le sentiment d’une tradition très française initiée par Pierre Dac et toutes sortes de chansonniers.
Mais est-ce qu’on s’en foutrait pas un peu quand même ? La question c’est surtout de savoir si c’est drôle ou pas. Toute défense d’un « produit culturel » qui doit en passer par de la meta-critique est une défense pas très convaincue de la qualité intrinsèque du machin.-
Ostros
InvitéJ’ai regardé récemment le 1er volet sur tv et à mon avis c’est sur cet écran qu’il passe le mieux. Il y a pas mal de longueurs, des scènes qui sont du réchauffé des scènes déjà vues et revues de la série partie drôle. Une scène vraiment marrante. Des costumes ridicules (qui semblent taillés pour une sitcom justement). Mais la cerise c’est qund même Astier qui se joue en un Arthur qui porte sur lui les stigmates du christ. Son destin est tellement lourd à porter sur ses épaules qu’il est prêt à se laisser mourir bras en croix, cicatrices aux poignets.
Je verrai la 1ère partie du volet 2 par curiosité, à la TV, dans 5 ans un plateau repas sur la table basse, ca ira très bien. Ça ne vaut pas un déplacement en salle. -
Alexandre
Invité« Mais est-ce qu’on s’en foutrait pas un peu quand même ? La question c’est surtout de savoir si c’est drôle ou pas. «
Tu as raison, j’en parlais comme d’une évidence. Alors je précise: quand je parle cette « tradition », j’ai une sorte de tendresse derrière la tête. Je parle ici de loufoquerie : notion qui m’inspire plus de sympathie, que l’humour beauf. Dans mon souvenir volatile, Kaamelot était plus loufoque que beauf. Voilà, tu sais tout.-
François Bégaudeau
Maître des clésMa surprise fut de voir qu’Astier se lançait dans Kaamelott ciné, et sans doute en mode franchise, c’est à dire pour 20 ans, alors que j’étais persuadé que son drame intime était que Kaamelott lui collait à la peau
Mais peut etre que l’un et l’autre sont corrélés : puisqu’on ne me voit faire que ça, eh bien je ne vais faire que ça.
Le hic étant l’idée archi bête de ce que doit etre le cinéma qui irradie ce volet.-
Titouan R
Invitépeux-tu développer ?
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François Bégaudeau
Maître des clésoh rien de bien nouveau : il y aurait cinéma quand il y a mouvement de caméras tarabiscotés. Quand il y a grue, quoi.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai souvent cette impression avec les films grand public français, mais là plus que d’habitude : l’impression que le cinéaste copie le cinéma. On sent l’obsession, non de faire un bon film, mais de « faire cinéma »
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Seldoon
InvitéJe crois savoir que son drame intime est une certaine envie de ne rien faire. Il ne sortirait donc pas forcement de sa tanière par enthousiasme.
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Cack
InvitéLes qualités du feuilleton télé, était justement le format télé, fixe, c’était du théâtre filmé, même dans les dernières saisons ou il essayait d’avoir des plus grandes ambitions en termes de mise en scène, ça marchait car les contraintes techniques l’empêchait d’aller trop loin, c’est pour ça que plusieurs personnes disent que la quintessence de Kaamelott git dans son versant non-comique car kaamelott est calqué sur le modèle de la tragicomédie, les meilleurs épisode de kaamelott sont d’ailleurs des épisodes de vaudeville, je crois que le mec vient plus ou moins du théâtre, donc forcément faire du cinéma en partant de ça ne donne pas le meilleur des résultat, vu que comme chacun sait la forme cinéma est antinomique avec celle du théâtre
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Claire N
Invité« la forme cinéma est antinomique avec celle du théâtre »
Sans arrière pensée tu peux juste me développer pourquoi cela ? J’ai plusieurs pistes mais c’est pas très clair-
Claire N
InvitéJe veux dire : dans par exemple « Dog ville «
Oú De Oliveira j’ai l’impression d’une hybridation -
Cack
InvitéPour discuter de l’incompatibilité entre théâtre et cinéma il faut savoir faire des comparaisons équivalente, astier est plus proche de Funès, de la 7ième compagnie, des dialogues d’audiard et des pièces de théâtres filmé comme la cage aux folles que de von trier et de Oliveira, soyons raisonnable.
Je dirais que c’est une question de rapport aux naturalisme, ce théâtre la est beaucoup construit sur le rejet du naturalisme et une adoration de la caricature parodique, si tu veux creuser, bazin à pas mal écrit sur le sujet. -
Cack
InvitéUn exemple de théâtre filmé comique qui a réussit au cinéma ça serait Le Splendid.
Peut être que la transition c’est bien passé parce qu’ils se sont contenté de faire ce que astier fait dans son feuilleton télé, filmé la pièce en adaptant pour le cinéma avec un minimun de mise en scène sans trop en faire, laissant un peu de place pour le réel.
Alors que kaamelott au cinéma c’est tout le contraire, toute la modération et la mesure dans la mise en scène de la série disparait pour laisser place à un n’importe quoi de surenchère à la star wars, comme si pour astier un film de cinéma était forcément un blockbuster américain. -
Alexandre
Invité« Un exemple de théâtre filmé comique qui a réussit au cinéma ça serait Le Splendid. »
C’est Guitry qui me viendrait en tête en premier. -
Claire N
InvitéOk je cerne un peu mieux
Le point de plantage dans le passage
Théâtre – cinéma
Recouvrir finalement ; un peu comme un sapin de Noel -
Cack
InvitéOui astier à mis trop de guirlandes lumineuse sur son sapin
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Jonas
InvitéMoi ce qui m’intéresse dans son travail c’est comment il fabrique les choses, plus que les choses en elles même parfois. Le côté artisanal, « fait maison », qu’il écrive, réalise, joue, monte, compose (tout n’est que musique chez lui). Je trouve qu’il en parle très bien aussi de tout ça. C’est peut-être un artiste romantique finalement…
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est ce qui frappe chez lui : ce mélange de bouffonnerie (on est marrant on fait du pastiche toute sa vie) et de mégalomanie, de « on s’en fout de tout » et « attention je suis un artiste ». Il y a un truc revanchard chez lui. Un truc agressif. On le dirait toujours en guerre (comme souvent les faiseurs de comédie millionnaires – Boon le sarkozyste me fait le meme effet)
Le ressort est peut etre dans sa généalogie : père acteur de boulevard. A la maison ça devait beaucoup dauber sur les snobs-de-gauche. Sur les bien pensants du théatre public qui prétendent détenir le monopole de l’art.-
Charles
InvitéTout à fait et j’ajouterais que ce Monsieur adore pérorer sur tout et n’importe quoi. Mais je crois qu’il est un peu pris en étau entre son goût pour le théâtre, les comédiens, les dialogues audiardesques et le cinéma spectaculaire américain. Je l’ai d’ailleurs entendu dire dans une interview que le cinéma ne résumait pas à du grand spectacle impressionnant qui en met plein la vue, raison pour laquelle il recommandait de voir Garde à vue de Claude Miller à côté d’un Audiard méconnu et de…The big Lebowski.
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K. comme mon Code
InvitéDans Bref 2, Astier incarne la figure du sage bouffon : un psychologue alcoolique qui délivre les secrets de la vie à Khojandi. On tient moins à ce qu’il dit — ou ce qu’il fait — qu’à cette position d’autorité sagace qu’on aime consulter.
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Jonas
InvitéPeut-être il y a de ça. Après, sur le fait qu’il veuille faire « cinéma », la plupart des critiques disent qu’il n’y arrive pas. C’est curieux ça… Sa mise en scène reste très prosaïque et sans beaucoup d’effets, toujours un peu bancale. La question c’est est-ce qu’il a une forme à lui ? Au delà des dialogues, ce mélange entre humour et sérieux, sa façon de traiter la geste Arthurienne…
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François Bégaudeau
Maître des clésParce que sa conception de « faire cinéma » est tellement nulle qu’elle ne saurait plaire à des critiques de cinéma un peu substantiels
On peut même dire qu’au nom d’une haute idée de cinéma, ce pan critique là ne déteste rien tant que les « effets de cinéma »-
Jonas
InvitéJustement, je vois beaucoup de critique dire que ça ne fait pas cinéma, que ça ressemble à du téléfilm, à de la série… Je trouve qu’il y a toujours ce côté aventure raté, épique empêché, toujours bancale, qui est peut-être ce que veux Astier ?Donc si j’étais de mauvaise foi, je dirais que c’est peut-être ces critiques là qui ont une vision étriqué de ce qu’est « faire cinéma », ils ne voient au final pas ce que propose le film. Mais je me trompe sûrement (certaines critiques ont d’ailleurs été séduits par le « cinéma » de l’Amour Ouf, qui lui y va bien plus fort dans ses effets)
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..Graindorge
InvitéBoon est très agressif. Astier je crois pas. Il faut gagner sa croûte, il fait peut-être ce qu’il peut sachant qu’il y a un % de chômage vertigineux et il n’a pas envie de se retrouver à Pôle Emploi. Y a t-il tromperie sur la marchandise ? Ben non, c’est de la camelote. Il fait rire des gens avec? Bon.
« Parce qu’Alexandre Astier met en scène la quête du Graal depuis plus de 20 ans, et l’univers qu’il a créé avec Kaamelott au début des années 2000 n’a cessé de muter. Il a aussi co-réalisé deux Astérix en film d’animation, interprété Jean-Sébastien Bach sur scène et remplit Bercy tout seul, avec une conférence érudite et humoristique sur l’astrophysique… avant d’offrir à chaque spectateur une sucette à la framboise à la fin.
Nous nous sommes assis côte à côte autour d’une table immense. Il a levé un sourcil en regardantl’écran : « Mes parents sont enfants d’un monde ouvrier. La position d’artiste, de comédien, est déjà un risque en soi. Ils ont pris le risque d’exercer une profession que leurs parents n’ont pas comprise. C’est une fracture que je n’ai pas eu à exercer, par exemple. Moi, je fais un métier qui est dans la continuité de mes parents, donc je n’ai pas de traumatismes. Quand j’étais petit à la maison, quand je composais toute la nuit et que je ne me levais pas pour aller au bahut, je n’étais pas entouré de gens qui pensaient que j’étais en train de perdre pied. J’étais entouré de gens qui pouvaient regretter que je n’aille pas au bahut, mais qui dans un coin de leur tête se disaient qu’en même temps, je faisais quelque chose. C’est un vrai soutien ». Musicien avant tout autre chose, comme il le confie, découvrez ses modèles de composition musicale en écoutant l’intégralité de l’entretien… »
Sur France Inter-
François Bégaudeau
Maître des clésquant à moi je suis footballeur avant toute chose
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trou du cul
Invitéc’est sur que t’es pas informaticien
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Tony
Invité@graindorge si tu savais les millions de droits d’auteur qu’il encaisse chaque année,il ne prend aucun risque,il exploite le même filon depuis des décennies et en plus il ne m’a jamais fait rire!
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..Graindorge
Invité@Tony
Au temps pour moi alors. J’apprends.
Je vous lisais parler d’un gars qui plaît à des gens. Bon. Au vu du chômage, je me disais qu’a t-il fait sinon tirer son épingle camelote du jeu?
je ne connais pas Astier ni vraiment Kamelot. Vague souvenir d’un truc carton-pate dans les années 2000 qui n’allait pas durer. Pas de rires de ma part. Je viens de voir effectivement qu’il a gagné 75 millions d’€ en 2025. Et surtout qu’il paye les acteurs » au lance-pierres » exceptés De Caunes et Clavier.
François Rollin dit aussi qu’il est mal rémunéré. Ne s’en plaint pas. Dit-il. On pourrait peut-être traduire par » faut bouffer »
@ François
Tu es footballeur. Bon
C’est toi qui a dit » on a joué comme jamais, on a perdu comme toujours? »-
trou du cul
InvitéL’absence de second degré et de compréhension du sarcasme de Graindorge me fait doucement rire…a bon entendeur…
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..Graindorge
InvitéVous me fatiguez toi et tes clones.
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Carpentier
Invitéon dirait un criminel nazi en cavale en Amérique Latine
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Dwl
InvitéVu avant hier Le Boucher de Chabrol (j’ai un peu loupé la rétrospective). J’ai eu l’impression de voir un cinéma où la fiction, l’extraordinaire, doit cohabiter avec l’ordinaire sans l’effacer, sans le couper complètement. Je trouve ça vraiment intéressant, parce qu’il y a une sorte de mise hors champ de ce qui pourrait tout occuper (chez un réal comme Fincher par exemple). J’aime beaucoup la manière dont Chabrol s’arrange pour qu’il y ait toujours de la vie au second plan, sur les bords, une sorte de cinéma de fiction à hauteur de nos vies, de la vie dans ce village.
Et c’est pas mal, je trouve, parce que d’abord, c’est finalement ce qui se passe dans la vraie vie : un meurtre arrive, on continue, mais il faut bien acheter la baguette pour le soir, aller au travail, etc, l’extraordinaire parasite mais ne coupe pas le quotidien. Ensuite, ça enlève l’artifice, le “faux”, et ça fait cohabiter le jeu, les indices, avec quelque chose de plus humain. Vraiment réussi.
Par contre, je trouve dommage l’utilisation de la musique fin elle est vraiment littérale et très typée “genre ». -
Charles
InvitéLa réponse de Mediapart à Lordon sur son texte contre la critique d’Esprit critique :
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trou du cul
Invitéc’est un blogueur
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trou du cul
InvitéJ’ai lu
Je cite les seuls partie du texte ou l’auteur dit le fond de sa pensée:
« entraîné par le fond par son masculinisme et son sectarisme. »
« les femmes c’est l’inertie, la culture de masse et les fascinations faciles que celle-ci exerce sur elles, leur interdisant de contempler l’horizon révolutionnaire véritable. »
« et sur la préférence de Lordon pour les podcasts en non-mixité masculine blanche et aisée. »
« Puisque les pires intentions réformistes nous sont attribuées, souvenons-nous du mépris pour la « jeune-fille » que les class first façon Lordon n’ont eu de cesse de propager dans le mouvement social des années 2000-2010, vouant aux gémonies les « nouveaux mouvements sociaux » intrinsèquement libéraux et individualistes selon eux. »
« suivi de près par une charge implacable contre la tendance à « pleurnicher le vivant » de Lordon lui-même.
L’ambiance n’est sans doute plus à la pleurnicherie et à l’anxiété, il faut préférer la fureur, c’est Lordon qui l’a dit. »
« il faut être plus furieux que les voisines, qui franchement sont bien mal inspirées d’éprouver le moindre affect devant un grand film populaire »
« ou le sublime, ou le génie, ou la mâle assurance, on ne sait plus. »
Si j’était largement de mauvaise foi je dirais que la facture du texte se résume à: Lordon est un affreux misogyne.-
trou du cul
InvitéPeut on vraiment s’imaginer une seul seconde que lordon —qui à le physique d’un cadavre — est macho ?
Les critiques de Mediapart confondent virilité et agressivité, virilité et taquinerie, virilité et conflictualité, bref tout ce qui demande un peu de courage critique, je dis ça en ayant trouvé faible le texte politomaniaque initial de lordon.-
K. comme mon Code
InvitéJe ne me prononce pas sur ces chamailleries interposées, mais Lordon a des gros bras.
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trou du cul
Invitéeh oui l’autre trou du cul dit n’importe quoi
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trou du cul
InvitéJe dis moins n’importe quoi que toi
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trou du cul
Invitémais plus que moi
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I.G.Y.
InvitéOn en déduira qu’à texte faible réponse faible, ruissellement de faiblesse.
« Il s’est ensuite reconverti, au tournant des années 2000, dans la philosophie, de façon parfois plus vaporeuse, mais en vulgarisant de façon utile la pensée de Spinoza. » (là il a dû péter un fusible)
« Mais de tels personnages ne rentrent pas dans la vision d’une vraie révolution léniniste où un vrai penseur guiderait enfin le vrai peuple. » (opposer ça à Lordon est une petite plaisanterie). De même que « les class first façon Lordon », c’est quand même drôle.
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Je découvre à cet occasion que Lordon a écrit sur Phantom Thread.
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Dwl
InvitéBonello est venu présenter L’Apollonide à la Cinémathèque hier (rétrospective Hafsia Herzi). Je l’avais jamais vu et ouais hein, faut le dire : j’ai vraiment adoré.
J’avais vu seulement deux de ses films, Nocturama et La Bête, que j’aime bien, mais pas au point d’avoir des attentes folles, donc belle surprise.
Je ne suis pas forcément les discussions de toutes les sphères cinéphiles, mais j’ai pas l’impression que ce film revienne tant que ça (même niveau prix ou quoi, bon, même si c’est pas forcément gage de qualité, j’ai été surpris de voir qu’il n’a rien eu). En sortant, j’avais un peu le sentiment qu’il mériterait d’occuper une place plus importante.Et pourtant, ça commençait pas forcément très bien. Bonello explique qu’il aime l’idée de la maison close parce que c’est un endroit coupé du réel, volets fermés, pas de regard sur l’extérieur, un espace qui lui permet de projeter ses fantasmes. Je repense à la GO Kubrick et je me dis : “olala, ça va être un film maniéré, un peu démiurge, un univers feutré façon Kubrick, très photo”. Et oui, il y a un peu ce côté maniéré, ce côté « image », mais en définitive, je trouve que le film va bien plus loin.
Bonello construit ce monde à mi-chemin entre rêve et réalité dans un lieu labyrinthique au temps élastique où cohabitent le chic et le trivial, le sombre et le lumineux, la sororité et la jalousie, quelque chose d’étrange et de beau.
Un monde où, mais le filtre poétique et sensoriel de la caméra est ramené à la matérialité du lieux : la maladie, la mort, l’argent. Un lieu au bord de l’effondrement, mais qui dès le départ, avec ce sourire qui nous hante, est peut-être voué à un destin funèbre.
Un lieu d’un ancien monde, mais aussi du nôtre. La musique lui confère une sorte de voyage dans le temps, ce passé est dans notre présent, ou peut-être que notre présent est aussi dans ce passé.-
François Bégaudeau
Maître des clésL’apollonide est de loin le Bonello le plus irréprochable, le plus abouti
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Antonin
InvitéJ’ai découvert Lee Moses grâce à ce film. Et ça, c’est pas rien.
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Marion
InvitéPeut-être ai-je raté cette info mais le nouvel épisode Microciné sur Nouvelle Vague et Chien 51 a été reporté ?
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Tony
InvitéMoi aussi j’ai attendu à 21h, j’ai pas vu passer d’info.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, pour cause de tempête
Désolé
On enregistre dimanche, ce sera en ligne Dimanche soir.-
I.G.Y
InvitéJe proteste, il me faut plus de temps pour finir Chien 51 le livre et Chien 51 le film. Me tarde de savoir lequel des deux sera le moins bon. Plus que 100 pages et 1h40.
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Carpentier
InvitéEt bien finalement, le Jimenez, qui est nul en humain et en dialogues (‘ un jour on ira voir la mer ’ ouaaaaarrrfff) FB m’a donné envie de lui consacrer 1h40, tiens: les 3 scènes, de drône, qu’il sauve, pourraient me suffire.
Ça, et puis Lellouche (j’y peux rien, j’ai un faible, bon)
L’analyse de FB en terme de nouvelles techno aussi, ce qu’il dit sur le rôle de la flic techno moderne, même s’il déplore la minorité de ces scènes au profit de brutal à l’ancienne, oui, ce qu’il a entrevu de Chien 51 qui aurait pu être super, ce qu’il en dit me file désir de voir.
Je m’organise donc pour, avec tous les autres films qui, actuellement, me font de l’œil.-
Carpentier
InvitéJ’aime beaucoup aussi ce qui est dit de la violence future plus sourde, sans chocs, aseptisée, planante, invisible, bourgeoise, quoi – comme la musique des endroits qu’on sait bien, depuis tous ces lieux restau-chics où chuchoter serait de rigueur – et du coup, le dernier Jimenez dirait/serait juste un film de plus, un dernier? , sur la violence bonhomme-bourrine déjà dépassée qui, au ciné, ne ferait absolument pas genre futuriste, pour le moins.
Voilà, si j’ai bien pigé, qui me semble clair.
Quant au comm final, durant l’analyse première de FB, de Sami (non pas la maîtresse mais Adèle en maillot de bain) – et un désir de proximité refoulé? – j’ai bien ri, merci.
Après Seydoux, benh oui, Exarchopoulos attend les propales de pub, et pas que pour des maillots de bain pour sûr, Seguela avait raison avec son star-system; aaaah Jacques, ils ont toujours fait semblant de ne pas t’avoir compris.
Car oui, Adèle E. s’embourgeoise, tend à (presque) devenir commune, physiquement, parmi les gens de ciné: quel gâchis pour cette merveille. -
Carpentier
Invitéps: [Samir parle d’un autre film de Jimenez]
’ il est dans l’humain encore
– hélas ‘
(Didascalie: les deux rient)
Ma pièce, je la finirais ici.Pas eux, la suite de leur analyse, spoile une mort + un cul, bon
(Chiennes 52)
et délire sérieusement sec :
Ça y est, j’aime bien les TVB.
Vous reste pu qu’à le faire sans vos tronches (comme la gêne o.? mouiiii, c’est peut-etre ça) car si je vous regarde, je manque vos dires ( d’ailleurs après l’écoute attentive de FB, yeux fermés, du texte de Samir) j’ai fait comme lui, juste écouté.
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Stéphanie
InvitéLa petite dernière de H.Hezri
A la fois bouleversée de joie et de désir Fatima doit vivre cette incompatible pratique et foi religieuse.
La nuit elle vie, profite, le jour c’est le réalité qui refait surface . Cette alternance est finement décrite par HH avec délicatesse dans les ruptures.
Fatima est filmée plan serré, sa peau geste visage constamment ou presque.
On pense beaucoup à La vie d’adèle de Kechiche.
La scène finale de réconciliation est moins réussie je trouve , peut-être prévisible et des dialogues faiblards.En aparté : l’amphi plein d’étudiants inscrits en L1 philo est une réalité ? J’ai travaillé à l’université de Nice, des promo de 10/15 étudiants max inscrits , une filière en sursis non?
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Carpentier
Invitéj’y vais ce week-end : )
en attendant, dans le métro, l’affiche pour – avec son fond psychédélique tout rosacé fleuri – me fait de l’oeil, contrairement au profil du perso principal qui, en plein milieu, me snobe complet sous sa casquette.-
Carpentier
Invitépour ce samedi, à la suite d’un gros bug d’emploi du temps, c’est finalement La disparition de Josef Mengele que j’ai découvert.
Bon.
Ça m’intéresse vraiment, après visionnage, de lire, écouter, repérer comment c’est fait.
Car l’intrication de docs qui, pour certains, ont l’air fake, côté zébrures/rayures pellicules qui sont très strange plein écran, et avec l’ami qui m’accompagnait, nous n’avons pas réussi à bien penser le truc – à tomber d’accord non plus mais à ça, l’amitié résiste, donc c’est moyen gênant.
Si d’autres ici ont vu ce film de Kirill Serebrennikov, on en cause un peu?
J’aurais pas trop osé imaginer rire aussi, et pas uniquement de gêne, c’est pour dire (scène soupe et dialogues hôtes-planqué ) mais si:
comme quoi, tout est possible avec les émotions humaines.
Pour le reste, ce film est tout de même, lui aussi, encore une expérience.-
Tony
InvitéJ’avais bien aimé le livre,quand j’ai su par qui ça allait etre réalisé j’ai su que j’irais pas le voir.
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Carpentier
Invitétu avais vu son Limonov?
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Tony
InvitéNon plus.
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Carpentier
InvitéPartis au depart pour l’Italie, en 1975 avec certain Enrico Berlinguer, on s’est retrouvé devant un criminel nazi plein écran;
2e fois en 1 mois que je me retrouve plaquée au fauteuil en mode Tonnerre de Zeus mais sans pouvoir gueuler.
Putain de ciné,-
Tony
Invitéça m’étonne,tu me rembourses comment si je le trouve nul?
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Carpentier
Invitéoh oh mon ‘ plaquée au fauteuil ‘ t’enduit d’erreur, comme le blaguent les tontons au repas de famille on dirait, non?
Ce qui t’étonne c’est mon désir de voir Berlinguer ou le fait que je dise être plaquée/écrasée d’effroi de ant 2 films (l’autre c’était Oui) – et là, c’était durant quelques moments devant le MengelePour le remboursement benh ‘ prends ton risque ‘ comme le dit la mule,
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Tony
InvitéOk j’avais pas compris en effet,Oui une fois m’a suffit merci!
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Carpentier
InvitéCette année encore, zappé le changement d’heure (anecdotes cultes de mes parents à ce propos car je buggais total là-dessus gamine)
Ça n’a presque pas changé mais, avec l’automatisme de bascule à l’heure d’hiver, de fait, sur les portables, l’ordi, la tablette, qui modifient le truc seuls, je laisse les montres et autres pendules à l’ancienne kiffer et ses vautrer dans l’heure d’été. Bref.
J’ai lu un peu sur le film du gars de Limonov, c’est chiant car on a du pour et on a du contre, littéralement (on dirait un texte de ma mère).
Et Marie Sauvion parle d’entreprise vaine pour le film.
Qu’est-ce qui est vain, Marie, alors?
Après la disparition de Mengele (pas lu le bouquin) j’arrive un peu mieux encore (?) à suivre sa fuite, sa planque, l’identité de qqn d’autre récupérée, les soutiens familiaux et financiers du réseau du Reich, alors je me demande ce qu’on veut/peut chercher d’autre encore aujourd’hui en choisissant de voir ce film.
Si c’est l’humanité dans le monstre, bah ok mais, on se pose encore cette question?
Le face à face avec Rolf, le Fils, est trop expédié pour moi.
C’est intéressant je trouve, puisque le gamin profite aussi du réseau pour pouvoir aller ’ questionner ’ son père.
Et ça se vautre pas dans le psychologique à la louche justement (pas le temps du coup).
– Un père qui s’excuse auprès de lui de ne ’ pas avoir été gentil avec lui’ .
Oui, oui, 2 ans 1/2 le gars avec son rejeton.
– Les tziganes, les roms; Face aux ss, ils apparaissaient aussi dans une séquence du film que j’avais vu sur la photographe du Reich: une séquence où, tels des objets pour un décor, on les sortait d’une file d’attente pour bêcher dans une fosse en fond de cliché pour la grosse Miss puis, une fois la photo prise, pour pas perdre de temps, deux officiers venaient les abattre ces figurants sortis du rang; des joujoux devenus inutiles pour l’artiste photographe favorite d’Hitler.
Quant à la fascination du type pour la gémellité, les malformations, confirmation simple de la folie pure des fixettes, des passions, des experts qui consacrent une vie entière à un objet d’études?
On s’en doutait quelque peu? on s’en doutait quelque peu.-
Carpentier
InvitéEt puis, une scène-occasion de se clin-d’œiller tendre avec mon ami puis de retenir notre rire (donc pouffage niais):
vrillant pourrissant grave en Amérique Latine – on créverait au moins comme ça, sûr, au vu du parcours du type – on a Mengele qui glapit, dans une scène blabla avec son fils ou avec les 2 qui l’informent des poursuites internationales et des traques des nazis-cadres, des récup d’autres par le Mossad, Mengele donc, qui glapit:
’ Je ne veux pas de leur justice, je suis victime, je travaillais et la nation allemande a profité de ce travail, en plus, j’étais pas le plus atroce des 20 médecins ’ , truc comme ça.
Ouais, on en connait d’autres qui glapissent comme ça.
’Je ne veux pas de leur justice.’
So What?
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Carpentier
InvitéEt bien je me suis fait un joli week-end ciné dis-donc, un rattrapage/anticipation des soirs de vacances scolaires où je suis incapable de faire autre chose que glander, bon.
Après ma première fois devant l’À bout de souffle originel, j’ai vu, en plein écran géant dans la salle 10 de l’ugc des Halles, les gros plans-visages de La petite dernière et c’est quelque chose:
qu’est-ce que ça fait du bien de voir ces gueules de la vraie vie au ciné et, de mon côté, je ne trouve pas que ça ressemble tant que ça à La vie d’Adèle ( ou alors je me souviens vraiment mal de ce Kechiche)
On voit bien quelques gueules de bourgeois à la fac mais c’est pas tant traité comme problématique je trouve.
Et puis c’est à Paris (j’y vis et y travaille) j’y reconnais mon quotidien tandis que La vie d’Adèle montrait du pays chti (je le suis.)
L’émancipation de Fatima quant à la religion, et sa famille, y est tout à fait singulière.
Et c’est une chance qu’un film sur/avec une lesbienne, des lesbiennes, puisse exister autrement qu’en étant juste un La vie d’Adèle bis, non?-
Stéphanie
InvitéCarpentier, ce qui me rappelait La vie d’Adèle c’est les gros plans sur les visages, les corps..j’ai le souvenir que Kechiche ne lâchait pas les actrices, filmées de près.
Aussi une émancipation féminine et de classe sociale il me semble ( je vais le revoir car ça date pour moi!).-
Carpentier
InvitéBonjour,
oui, les gros plans, j’étais au 5e rang (pris l’habitude depuis l’école FB de m’installer devant – ce qu’on étonne/derange le plus souvent mes potes et proches d’ailleurs) et je te parle même pas, du coup, du joli postérieur bondage élégant en pleine figure : )
L’écriture et le filmage d’Herzi est assez sensuelle et surtout sexe et j’aime la séquence avec les dires de la première meuf levée en ligne et emmenée ‘ dans un chantier coupe-gorge ‘ : pas avec la langue dure, ça, c’est un mec, avec la langue molle.
Si battle d’images il y avait, Kechiche, et ses longues scènes de cuni, a trouvé un interlocuteur, une interlocutrice de taille.
Revoir La vie d’Adele? mouais, ok, moi j’ai cassé avec Seydoux, ça y est, elle m’horripile.
Enduite de confiture au soleil et attachée au même poteau que Lemercier, je laisse les vautours se régaler.
Tu diras tes impressions hors l’événement à sa sortie?-
Carpentier
Invité[ce * qui* étonne/dérange
*sont assez sensuels * et surtout sexe]
Les meufs entre elles y vont direct,
les gars ont juste à en prendre de la graine. -
Carpentier
InvitéH.H.: après lecture du roman, je me suis dit que je connaissais des personnes comme ça dans la vie mais pas au cinéma
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Carpentier
Invitépremier lien beurk: déso
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Carpentier
Invitéacteurs non-pro donc
benh oui, et comme je disais aussi en sortant de mon visionnage:qu’est-ce que ça fait du bien de voir ces gueules de la vraie vie au ciné
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Carpentier
InvitéQqn.e qui, sans trop développer il est vrai, classe la scène avec l’imam en pref:
https://www.philomag.com/articles/la-petite-derniere-premiere-foi
@gostaweek, et d’autres, pour reprise éventuelle d’échanges si jamais
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Alexandre
InvitéOserais-je dire que L’Homme qui rétrécit, avec Jean Dujardin, vaut le coup d’œil? J’ose.
Je n’avais jamais rien vu de Jan Kounen dont le nom même me faisait figure de repoussoir depuis que j’avais su, pas vu donc, mais su, qu’un personnage de son premier film Dobermann se torchait le cul avec un Cahiers du Cinéma. Saillie vulgaire mue par un anti-intellectualisme qui nous avait révoltés il y a quelque 30 ans .
L’impulsion qui m’a fait me déplacer en salle pour aller voir ce nouveau Kounen/Dujardin (ils avaient déjà collaboré) fut bien évidemment une curiosité piquée par l’énoncé même du projet : un remake français d’un classique de la SF américaine, et littéraire, et cinématographique. Il fallait vraiment y penser. Premier bon point: l’idée, tout simplement et son incarnation déjà convaincante dès la bande annonce. On pouvait y déceler tout le contraire de ce que Dobermann semblait afficher crânement : un certain non cynisme, un amour du matériau.
Deuxième surprise devant le film proprement dit, la confirmation de ce que la bande annonce laissait percevoir.
La troisième surprise eût été que le Jan Kounen égale le chef d’œuvre de 1957. Celle-ci, pour le coup prévisiblement, n’adviendra pas. On aurait eu tort de rêver.
Las, quelque chose pêche du côté du scénario. Jan Kounen cherche à s’extirper de la tutelle de l’original, ce qui est louable, mais ne s’en donne pas complètement les moyens. Il ouvre des pistes (les poissons rouges) mais n’en fait rien. Il crée adroitement une interconnexion familiale plus forte que dans le film de Jack Arnold (ici, en plus d’une épouse, il y a une gamine) mais la laisse tomber à mi-parcours. On retiendra tout de même que la scène la plus effrayante du film n’est due ni au chat, ni à l’araignée, mais à cette seule gamine.
La dimension métaphysique, si organiquement amenée par Arnold et Matheson, est ici explicitée avec lourdeur, notamment par un emploi navrant d’une voix off aux sentences superfétatoires. Le film de Kounen loupe le sens de l’implacable dont faisait génialement montre Jack Arnold.
Ces défauts pas anodins suffiraient presque à exiler le film dans les limbes de l’anecdote et de l’oubli, du tout venant pas nul mais inutile si un je-ne-sais-quoi de solide, d’inspiré même, ne venait réactiver l’imaginaire du premier film en y adjoignant, en un étrange écho tardif et français, une élégance de facture plutôt impromptue à l’heure des CGI grossiers et uniformes. -
toni Erdmann
InvitéLe dernier Bigelow sur Netflix m’a totalement convaincu. On est pris dans ce tourbillon de chiffres, de données, d’écrans, de zooms, où les grands décideurs américains prennent des décisions dans des petites salles sur des bases abstraites et immatérielles. Et pourtant, le film est très concret et bute parfois sur des problèmes très triviaux, comme ce moment que je trouve génial où le ministre russe appelle, mais où la communication échoue parce que… « I can’t merge the call. ».
Bigelow tire beaucoup sur la corde sentimentale (toutes les photos des proches) mais j’aime beaucoup le ressort dramatique qui consiste à mettre des personnes dans une situation qu’ils ont préparé toute leur vie mais sans jamais vraiment croire qu’elle puisse advenir un jour.
Et je recommande vivement la critique de Josué Morel sur Critikat : https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/a-house-of-dynamite/-
Charles
InvitéJe partage globalement ton avis, c’est une série B redoutablement efficace, haletante et d’une grande précision. C’est assez rare de voir une fiction américaine de ce genre où les pros ne font pas les malins et sont faillibles – j’aime bien la façon dont Bigelow montre la fragilité (les portables confisqués avant d’entrer dans la salle de contrôle jusqu’à ce que tout se dérègle et qu’ils soient ressortis pour contacter les proches) et l’arbitraire (pourquoi une personne est évacuée et pas une autre) de tous les protocoles sécuritaires . C’est à peu près l’inverse de ce que pourrait faire un Mann. Je te rejoins aussi sur la veine « mélodramatique » du film qui m’a surpris alors que beaucoup de critiques ont pointé une prétendue sécheresse et froideur (les Cahiers, au discrédit du film). Bigelow ne lésine pas sur le background familial de tous les personnages – femme enceinte, enfant malade, enfant dans la ville cible sur le point d’être rasée, fiancée etc. On pleure, on craque, on a les yeux embués – j’aime assez qu’elle montre Jake évoquer sa femme enceinte avec le ministre russe pour ensuite se reprendre. Je comprends que Bigelow veuille montrer l’humanité et donc la fragilité et la vulnérabilité de toutes ces personnes mais on peut trouver ça un peu lourd – en revanche, grande scène du suicide du Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Si tous ces gens sont faillibles, exemplairement le Président qui est peut-être un peu trop chargé (joué par un Idris Elba qui est le seul un peu moyen, la faute à son rôle), on voit bien vers qui penche Bigelow : le général débonnaire au début qui ne sait que parler du match des baskets de la veille quand tout va bien et qui va ensuite être d’une lucidité tranchante allant jusqu’à malmener le Président complètement perdu une fois que la guerre nucléaire apparait inévitable. C’est à lui que Bigelow réserve la punchline du film (This is not insanity, this is reality). Ca ne suprendra évidemment personne que ce soit lui son favori – on se souvient du portrait peu reluisant de la bureaucratie politicienne dressé dans Zero Dark Thirty face à une Jessica Chastain déterminée – mais c’est toujours un peu embarrassant (on va dire que Bigelow n’est pas exactement une gauchiste).
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Sylvain
Invité@Charles : oui, tout ce que tu dis est intéressant et assez juste. Cela me fait revoir un peu à la hausse ce film… que je n’ai pas aimé. L’impression de voir une cinéaste dépassée par son époque fait tout pour nous montrer qu’elle est encore dans le coup (regardez comment je scanne le monde, la catastrophe qui vient, ça vous inquiète hein, et ces intertitres sentencieux, ça vous inquiète aussi hein…). Au final, avec un peu de recul, elle accouche d’un film (pas d’accord avec le terme série B, même si j’aurais préféré) qui semble toujours nous signifier : « je parle d’angoisses d’aujourd’hui, regardez mon acuité – et rappelez vous surtout du statut d’auteur que vous m’avez conféré depuis Démineurs – alors qu’on pouvait très bien lui préférer Point Break). Ce film, dans 1 mois, ou 2, ou à peine plus, nous l’aurons oublié.
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Sylvain
InvitéToujours @Charles : en te relisant, sur les téléphones portables confisqués à l’entrée, les protocoles mais aussi la veine mélodramatique… est-ce que ce n’est pas ce que faisait déjà « Le bureau des légendes » (que je n’aime pas davantage) ? Il y avait aussi ce souci du détail, de faire « réaliste » (on pourra par ailleurs discuter du réaliste de ce réalisme, qui fait tout pour faire vrai, mais l’est-il?).
Ma question : pourquoi cela te plait chez Bigelow (et j’imagine, sans doute pas chez Rochant) ? Serait-ce parce que c’est plus exotique ?-
Charles
InvitéJe ne vis pas aux Etats-Unis et n’y suis allé qu’une fois dans ma vie mais enfin ce n’est pas franchement exotique.
Ce sont deux formes tout à fait incomparables pour commencer. La série BDL repose, comme la plupart des séries, sur la dilution, la multiplicité des pistes narratives, les rebondissements et la familiarité progressive qu’on acquiert avec les personnages qui nous les rend attachants. Bigelow fait l’inverse. Il n’y a qu’une intrigue, qu’une situation qu’on examine sous des angles différents (pas tout à fait Rashomon comme on l’a dit car dans celui-ci les faits varient selon le point de vue). Si on a bien une multiplicité de personnages, on ne revient pas sur leur point de vue une fois leur moment passé, ce qui a d’ailleurs causé beaucoup de frustration chez certains avec le personnage de Rebecca Ferguson. La série BDL fait le contraire car elle alterne entre les points de vue – on suit Kassovitz puis on suit Giraudeau, puis on suit Darroussin et on revient sur Kasso, Giraudeau etc. Par ailleurs, j’ai parlé de mélodrame avec des guillemets car ce n’est pas le coeur du film ou d’une façon distincte que dans le BDL. Bigelow entend montrer d’un côté que ces experts, pros ou moins pros, sont affectés dans leur travail par leur vie personnelle, qu’ils sont vulnérables à cause de ça et de l’autre côté – et c’est là où je trouve cela plus grossier – que ces personnages sont d’autant plus émouvants qu’ils ont des enfants ou qu’ils en attendent, qu’ils vont se marier etc. C’est ce dernier côté qui est un ressort plus convenu et lourd. Il n’en demeure pas moins que le coeur du film c’est bien de filmer un processus consistant dans une crise pouvant aboutir à une guerre nucléaire. C’est quand très largement cet engrenage qui l’intéresse. Dans le bureau des légendes on est encore une fois à front renversé puisqu’en réalité ce qui importe à Rochant c’est de montrer comment Kasso va retrouver et sauver ou non sa meuf, le reste c’est beaucoup d’habillage. Autrement dit, Rochant filme une histoire d’amour et d’autres rapports humains dans le milieu de l’espionnage français alors que Bigelow filme le déclenchement d’une guerre nucléaire avec des humains au milieu.
NB : je n’ai pas parlé de réalisme mais de précision car qui suis-je pour connaitre le niveau de réalisme d’une telle situation? Je me dis d’ailleurs en y réfléchissant qu’il est tout de même étonnant que les alliés des Américains, notamment ceux qui ont l’arme nucléaire comme la France et le Royaume-Uni ne soient pas mobilisés d’une façon ou d’une autre. Mais encore une fois, je suis bien incapable d’en juger.
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Mao
InvitéTu trouves vraiment que le général, -qui appelle à faire s’abattre la toute puissance nucléaire américaine sur indistinctement toutes les menaces potentielles à l’échelle de la planète, et ce alors qu’on ignore l’origine du missile, et sans même attendre de savoir le type de dégât qu’il va produire – est celui qui apparaît comme étant le plus lucide dans cette affaire ?
Ps : à son arrivée il n’est pas question de basket mais de « Ball « ce qu’on appelle par chez nous football américain.-
Mao
InvitéVérification faite, il se pourrait que le ball désigne bien le basket. Au temps pour moi.
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Mao
InvitéAprès des recherches plus poussées encore, il semblerait que le fameux ball game de la veille se réfère à du baseball.
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Charles
InvitéJe ne dis pas que le général a ma faveur mais qu’il est présenté comme le plus lucide par Bigelow à ce moment-là du film face à un Président balbutiant et perdu dont on ne perçoit pas le visage.
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Charles
InvitéLe président est d’ailleurs vraiment le point faible du film car on imagine mal un président réagir comme ça, surtout pas Obama.
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Antonin
InvitéC’est vrai qu’il est moyen le Idriss Elba.
Tout fatigué avec cette pauvre piste d’introduction narrative » je suis fatigué, ils avaient pas dit qu’on s’habituait au bout d’un moment ? ». Pas évident avec le rythme soutenus du montage, des gens qui courent autour de lui et des décisions qu’il met du temps à prendre…
Mais au-delà du jeu y’a un petit décalage qui pose question par rapport à ce président.
On pense à Obama alors que la situation politique avec la Russie au pied du mur et la Corée du Nord complètement isolée fait penser à aujourd’hui. Pourquoi on n’a pas un Trump dans le bureau ovale ? Un mec qui dit » bah on va tout exploser avant que le missile n’atteigne Chicago !? il est où le classeur noir, faut se grouiller nan ? » Peut-être parce qu’il aurait fallu montrer que les Etats-Unis sont du même bois que les autres pays qui les agressent : des puissants qui sont prêts à canarder tout ce qui bouge (Obama l’aurait fait aussi certainement hein)
Oui la mise en scène est au cordeau : l’utilisation des effets sonores sourd pour bien nous faire comprendre qu’on est dans la tête des personnages, plan de coupe sur les secondes qui défilent, langage hyper codifié assené sur un ton neutre et sans accro. Oui la piste de l’abstraction relevé par Josué Morel sur critikat vaut le coup. Mais une fois le film fini, on a quand même un scénario qui nous indique : seuls les américains doutent d’une guerre nucléaire et sont prêt à ne pas engager la guerre totale… à l’inverse des chinois ou coréen du nord qu’on ne verra jamais… et en suspend des russes incapable d’avoir notre confiance.
Une ambiance 90’s jusqu’au bout des ongles.-
Charles
InvitéJe trouve ça un peu injuste de reprocher au film son point de vue américain alors qu’on peut au contraire considérer qu’il s’agit là d’une forme d’honnêteté intellectuelle ou de saine prudence consistant à montrer ce qu’on connait ou ce qu’on peut approcher. Le principe du film est donc précisément de montrer cet engrenage terrible du point de vue de celui qui est attaqué et qui ne dispose pas d’informations sur l’origine du missile. Par ailleurs, la scène avec les Russes n’est pas caricaturale : ils sont méfiants mais ouverts à la négociation, pas diabolisés car pas plus glorieux que les Américains. On peut même trouver ça étonnant compte tenu du comportement de cet Etat dans la vraie vie.
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Antonin
InvitéJ’y ai repensé aujourd’hui, au film. Avec un peu de recul, je me rends compte que j’ai été sans doute trop sévère ( ou du moins trop rapide ) dans mon analyse. Cette précipitation a pu créer une confusion sur ce que je voulais réellement dire.
Tu as raison : il est sans doute injuste de reprocher au film son point de vue américain, puisqu’il s’inscrit dans une production, une économie et une culture profondément américaines. Cela pose plutôt une autre question : qu’est-ce que je suis en droit d’attendre de Kathryn Bigelow, au regard de mon expérience de spectateur qui suit son œuvre depuis plus de vingt ans ?
En un sens, Bigelow fait du Bigelow. Elle reste fidèle à ce qui constitue la matrice de son cinéma : un patriotisme viscéral, certes, mais toujours tendu par une fascination pour la vulnérabilité humaine. Chez elle, le héros (souvent masculin) est à la fois le dernier rempart face à la monstruosité de l’ennemi et le lieu même de la faille, du doute, de la peur. Et dans ce film on est plutôt servi.
En ce sens, reprocher à Bigelow son regard américain revient peut-être à ignorer la manière dont elle le questionne de l’intérieur, en cherchant à en révéler les contradictions. Mais revient peut-être à ignorer aussi, qu’elle fera toujours comme ça, donc pas besoin de lui reprocher à chaque fois.
Il y a un moment qui m’a surpris ( en bien ) : juste à la fin du premier segment quand on voit les militaires se prendre la tête dans les mains et réaliser que c’est la fin de Chicago et qu’ils ne peuvent plus intervenir. Là Bigelow touche quelque chose de juste dans l’incapacité qu’ils ont à faire face à une situation à laquelle ils ont été préparés toutes leurs vies. Mais surtout c’est sa façon de de filmer cette déroute, cette panique ( je suis plus touché par le militaire qui va dehors regarder les montagnes plutôt que celui qui appelle sa mère) qui suspend le film vers autre chose. Presque Malickien époque la ligne rouge.
Le reste du film reste de très bonne facture d’un point de vue technique même si j’ai l’impression d’avoir vu ça tellement de fois ( 24h chrono la série me semble être une inspiration pour le premier segment et les appels dans le bureau) donc je m’ennuie un peu.
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Mao
InvitéJe n’ai pas dit qu’il avait ta faveur. Moi il me donne le sentiment d’être le plus aveuglé par la situation. C’est pour moi un grand film sur la paranoïa. Le général est le grand paranoïaque du film. Il n’a pas besoin de savoir ce qu’il faut penser de la situation et ce qu’il convient d’en faire. Il sait déjà. Ce qui le met dans une certaine position de confort par rapport aux autres. Mais concrètement ce qu’il fait est l’absence meme de lucidité.
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Charles
InvitéLa paranoïa c’est quand même déduire de faits banals une persécution imaginaire, ce qui est l’inverse ici puisque le missile est bien réel et n’a rien de banal.
Ce que l’on voit c’est un général garder son calme face à un Président paniqué et le sermonner plus ou moins, sans que celui-ci n’ait de répondant.
L’autre position est incarnée par Jake qui a pour lui la jeunesse et une femme enceinte. Mais on voit aussi que cette situation va précisément l’influencer – au contraire du général qui est sauf erreur un des rares personnages à ne pas avoir un background familial très développé (il évoque ses boys au détour d’une phrase quand ils parlent de baseball) – ce qui va l’amener à craquer en plein call avec le ministre russe.
J’ai l’impression que la mise en scène choisit plutôt le général, tout en regrettant l’engrenage dans lequel la situation les met.-
Charles
InvitéPar ailleurs, le général n’est pas présenté comme un butor qui sait déjà ce qu’il faut penser de la situation. On le voit discuter avec son adjoint, lui demander son avis et réagir ensuite au fur et à mesure des informations qui lui parviennent et c’est une fois qu’il apprend que les autres pays ennemis commencent à bouger qu’il propose une solution – une guerre nucléaire – au Président après que celui-ci lui a demandé son avis (au début le général renvoie cela au conseiller du Président qui est avec lui).
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Mao
InvitéLa paranoïa, c’est le fait de s’imaginer que le monde entier est une menace qui conspire à sa propre destruction. À croire qu’on aurait quelque chose à se reprocher. Les États-Unis sont un grand pays paranoïaque et ils ont, il faut bien le reconnaître, de très bonnes raisons de l’être.
On va donc, pour la blague — le temps d’un film — jouer à se faire peur et imaginer qu’un tel scénario se réalise : un missile, repéré trop tard, dont on ignore tout à la fois l’origine et la nature exacte, va s’abattre sur une grande métropole américaine.
Qu’est-ce qu’il se passerait ? On y verrait les pros, ceux qui savent faire le job — mais qui n’en demeurent pas moins des hommes et des femmes comme vous et moi, qui aiment leurs femmes, leurs maris, leurs gosses — et puis les pleutres, représentants de pacotille, bons à faire illusion sur le parquet d’un terrain de basket devant des gamins, mais infoutus de prendre les décisions qui s’imposent, à savoir : tout faire péter, sans discernement. On comprend assez vite, avec le compte à rebours, que le film ne nous laisse pas le choix. Même pas le temps de refaire ses lacets qu’il faut décider de l’avenir du monde. Je trouve qu’on pousse un peu le bouchon. Et même si je trouve ça assez efficace ça me semble être d’assez mauvais goût.-
Mao
Invité
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Isolfède
InvitéBonjour,
J’attire votre attention sur The Perfect Neighbor (La Voisine idéale), documentaire visible sur Netflix qui prolonge de manière assez stupéfiante ce qui était à l’œuvre déjà dans L’Affaire Watts, documentaire auquel François tu avais consacré une Gêne passionnante.
L’utilisation des images issues des « body-cam » sur les policiers ouvre à mon sens une nouvelle voie dans la manière de produire et réaliser les documentaires aujourd’hui, avec toutes les questions morales et éthiques que cela soulèvent.
Je me dis que ça pourrait faire l’objet d’un Tout Va Bien, pourquoi pas à mettre en parallèle avec la ressortie en ce moment au cinéma de certains documentaires de Depardon…-
Carpentier
Invitéau reflet médecis par exemple, les Depardon, en effet
; ) -
François Bégaudeau
Maître des clésmerci de signaler ça
ça m’aguiche
je vais essayer de me le procurer-
François Bégaudeau
Maître des clésSans surprise, j’ai complètement adhéré à A perfect neighbour.
Merci de me l’avoir signalé, ca permet de prolonger la réflexion critique engagée autour de Watts. Et de confirmer l’hypothèse qu’il y a, dans cette nouvelle et profuse source d’images (les go-pro, les caméras de surveillance, les téléphones), un continent documentaire à explorer, de nouvelles formes à inventer.
Le plan en plongée de l’interrogatoire, notamment de la salle vide quand tous l’ont quittée, est un des meilleurs plans de cinéma de l’année. Du cinéma sans cinéaste (ou alors du cinéma de monteur). De l’art sans artiste.-
Sylvain
Invité« Et de confirmer l’hypothèse qu’il y a, dans cette nouvelle et profuse source d’images (les go-pro, les caméras de surveillance, les téléphones), un continent documentaire à explorer, de nouvelles formes à inventer ».
On peut aussi signaler deux autres documentaires français qui empruntent une démarche similaire, sur des sujets bien différents : « Il n’y aura plus de nuit » de Eleonor Weber (que des images infra-rouges à bord d’hélicoptères de combats) et « Ailleurs, partout », de Isabelle Ingold (l’itinéraire d’un jeune migrant iranien, de la Grèce à l’Angleterre – que des images de caméras de vidéo-surveillance prises un peu partout, et banales, un film qui par ailleurs se raconte beaucoup par le son, les images ayant ici une autre utilité que la stricte narration). Mes deux « claques documentaires » de ces dernières années.
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Isolfède
Invité« Du cinéma sans cinéaste (ou alors du cinéma de monteur). De l’art sans artiste. » :
Absolument, et j’irai même jusqu’à dire presque « sans caméra », dans le sens où les protagonistes ne sont pas en présence d’une équipe de tournage classique (cadreur avec caméra, preneur de son avec perche), ce qui donne accès à des images, des scènes, absolument inédites. Alors sans doute que les policiers ont intégré à leur manière de se comporter, de parler, la présence d’une caméra sur leur torse ou dans le coin de la pièce d’interrogatoire, mais en revanche les protagonistes « civils » pris dans le plus simple mouvement de leur existence, s’affichent tels qu’ils vivent. -
nicodeme
InvitéJustement, je parlerais plutôt d’un « cinéma de monteur » ici. Dans A perfect neighbour, je trouve que les choix du montage construisent une narration qui n’existe pas telle quelle dans le réel. Le choix de commencer par le coup de feu et le meurtre au début du film, en amorce prémonitoire, inscrit ce tournant comme le pilier narratif qui constitue un avant (la vie de quartier et le voisinage en conflit avec Susan) et un après (l’arrestation et les interrogatoires). Et justement j’ai l’impression que le film a une direction : aboutir à la condamnation pour meurtre de Susan comme le dénouement final. Autrement dit, les choix de mises en scène sont trop visibles, malgré le parti pris radical de ne prendre que des sources d’images « brutes ».
C’est une phrase rajoutée à la fin du générique qui m’a rendu perplexe : d’après le président du jury, Susan aurait plus agi par colère que par peur. J’aurais aimé que cette dimension soit abordée plus frontalement le long du film. Elle est présente en filigrane dans la première partie, et c’est peut-être pour ça que cette partie m’intrigue plus. Je trouve la deuxième partie plus habituelle, même si, il est vrai, que le choix de n’utiliser que caméra de surveillance, téléphone et bodycam, donne une forme de cinéma plus radicale, plus réelle, mais pas totalement inédite.Enfin, je serai curieux d’avoir vos avis sur le film À 2000 mètres d’Andriivka, sorti récemment aussi, qui obéit au même principe, les « bodycam » étant placés sur des militaires cette fois, dans le conflit ukrainien. Pour m’a part je trouve que ce parti pris a totalement son sens dans ce documentaire : la violence du conflit entre directement dans la chair car nous n’avons plus la médiation d’une caméra (oeil maîtrisé par un·e cinéaste) pour nous séparer du réel. Le montage est, je trouve, plus effacé.
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Scoob
InvitéMerci de m’apprendre l’existence À 2000 mètres d’Andriivka. Il m’arrive justement de regarder des body cams venant du front ukrainien, avec cette intuition que de nombreux documentaires potentiels n’attendent qu’à être montés.
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MA
InvitéLe vidéoclub de Hafsia Herzi où elle fait part de son admiration pour Entre les murs dont elle s’est un peu inspirée (les décors) pour Sa petite dernière.
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kenny
Invitéle renvoi d’ascenseur est prévu dans tvb4
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Carpentier
Invitéalors ça, c’est marrant, toutes les blagues, la tchatche en début de film m’a fait rire, autant que dans les nombreuses séquences entre élèves d’Entre les murs, film, de Cantet.
En revanche, dans le dernier film d’Herzy, il y en a pas tant des séquences comme ça, deux – 3 max? – si je me souviens pas trop mal et la deuxième, c’est celle de la bagarre ‘ pédale/lesbienne’.
Ensuite, le perso Fatima a le bac littéraire mention bien et on quitte le lycee.
Dans toutes les autres situations, pas du tout pensé au Cantet.
Je vais y réfléchir à l’occase,-
François Bégaudeau
Maître des cléselle dit précisément qu’elle ne s’en est inspirée que pour les scènes de classe, pas pour le reste
ce qui est, ma foi, assez logique-
Carpentier
Invitépardon, juste vu le film, pas encore écouté la vidéo d’Hafsia et cette phrase
où elle fait part de son admiration pour Entre les murs dont elle s’est un peu inspirée (les décors) pour Sa petite dernière.
m’a enduite d’erreur, comme aucun de mes oncles a jamais dit aux repas de famille.
Oui, certes, ça illustre une certaine logique.
Il fallait que ce soit dit.-
François Bégaudeau
Maître des cléselle dit qu’elle a demandé à sa chef déco le même bleu, pour sa classe de lycée à elle, que celui de la classe d’Entre les murs
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Carpentier
Invitéaaaaaah o-kaaaay
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Carpentier
Invitéaprès, inspi décors d’entre les murs pour les scènes de classe, benh oui
c’est pas fulgurant comme info, si?-
François Bégaudeau
Maître des cléspas fulgurant non
c’est une info-
Carpentier
Invitépas vu Chien 51
Faut-il?
Et pour profiter du TVB 3, c’est indispensable, dis?-
François Bégaudeau
Maître des clésnon, je crois qu’on peut suivre l’analyse de Chien sans l’avoir vu
mais les deux sont dispensables : le film comme l’analyse-
Carpentier
Invitéj’écouterai déjà sur le Linklater alors,
ça, je peux, dis?
car pour votre TVB1 je mettais forcée, un peu, à voir le 2e film et c’était pas édifiant l’analyse en effet,
autant pas renouveler la même expérience décevante, n’est-ce pas?
d’autres films à voir, dont le Hong Sang Soo, Ce que cette nature te dit, que presente Leharpeur ce soir au Reflet Médicis (j’aurais adoré avoir la force d’y aller mais … m’ont une fois encore tout bouffé les gosses, pffff, vieillir c’est quand même un peu moche)
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Alexandre
InvitéJ’ai souvent regardé cette émission sur le vidéo club, toujours au hasard des liens balancés. C’est sympa sans plus. Mais pour la première fois avec Hafsia Herzi, je n’ai pas l’impression de voir quelqu’un de « connu » : je suis moins intéressé par ce qu’elle dit que par ce qu’elle est, c’est à dire d’une simplicité, d’une humilité voire d’une timidité assez désarmantes.
On a le sentiment d’assister à l’interview d’une fille lambda, d’une girl next door. Et plutôt belle.-
Carpentier
InvitéPlutôt d’accord, ’ une belle personne ’ comme Herzi dit régulièrement d’ailleurs elle-même des gens qu’elle aime
Ça et ’ j’adore ’ et ’ incroyable ’ puis, parfois, une/quelques fulgurances: ainsi, son moment-Moonlight, que je n’ai pas vu, m’intéresse et m’à donné désir de voir.
Voilà,simplicité, humilité voire timidité assez désarmantes.
qui donnent désir de voir les films dont elle parle.
N’est-ce pas finalement tout ce qu’on demande à qqn.e qui dit à propos d’un film?-
Carpentier
Invité* m’a * donné
Hafia Herzi ferait un tabac dans le métier que j’exerce, et comme on l’imagine bien être apaisante sur un tournage
Ce qui ne l’empêche pas de dire ’ le Grand Pialat ’
Bon, restaurée quelque peu, je m’attelle de nouveau au TVB3
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Ostros
InvitéTVB épisode 3
Nouvelle vague / Chien 51-
MA
InvitéPassionnant sur Nouvelle vague même si je n’irai pas le voir. Je préfère essayer de rattraper les Godard que je n’ai pas encore vus.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu fais bien
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MA
InvitéShyam Benegal, cinéaste malheureusement peu distribué et sous-estimé en Occident.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/shyam-benegal-il-ne-s-agit-pas-seulement-de-changer-la-societe-il-s-agit-aussi-de-changer-l-homme-5303528 -
Tchitchikov
InvitéJe viens de trouver le Diplo à l’instant dans la boîte aux lettres. Je vais lire goulument l’article sur le Lapid ! Voilà un lundi soir de grisaille je raconte ma vie à 18h27. Bonsoir
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Ostros
InvitéBonne lecture !
Quand tu auras fini, moyen de nous le partager ici ?
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Younès
InvitéJe réécoute à l’instant la discussion qu’avait eu François avec Peggy (paix à son âme) et dans laquelle il disait ceci : « La politique crée de la mélancolie, l’art crée de la joie ». Tout à fait d’accord.
Je crois que le point de jonction entre les deux est passionnant et se retrouve dans la filmographie de Nanni Moretti (découvert le mois dernier, vu 4 longs et 4 courts métrages).
Que pensez-vous de ce cinéaste italien ?-
Ostros
InvitéSi tu as des liens où voir ses films, ça m’intéresse.
Un autre réal qui se situe lui aussi à ce point de jonction c’est Rabah Ameur-Zaïmeche. Si jamais tu ne le connais pas je te le recommande vivement.-
Younès
InvitéSi tu me passes un mail je peux t’en donner quelques uns.
Oui, c’est vrai pour RAZ. L’art (et la nature) comme points d’indemnes, sur lesquels la société n’a pas prise.-
François Bégaudeau
Maître des clésTu as raison sur Moretti
Même si la revoyure récente de Journal Intime m’a laissé perplexe. Il faut que je revoie Palombella plutot.
Mais oui Moretti a peu à peu quitté le terrain politique parce qu’il était en train de la faire mourir de tristesse. Il a préféré garder ses ressources de danse (beau passage de Journal intime où il envie Jennifer Beals de savoir si bien danser) -
Ostros
InvitéMerci Younès,
Mon mail : madmrspi@gmail.com
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James hôte de l’air
InvitéJe viens d’écouter le « Tout va bien » à propos d’Une bataille après l’autre / Un simple accident.
Je n’aime pas trop le PTA non plus ; je suis disposé à admettre la représentation folklorique des luttes politiques (après tout, on admet bien le folklore des indiens dans des westerns parfois très bons), mais j’ai l’impression, comme toujours chez PTA, qu’il shoot artificiellement ses films en les remplissant à ras-bord comme si ça suffisait à matérialiser de l’énergie. Comme disait Straub « je n’ai rien contre les drogués mais qu’ils ne fassent pas de films ».
Pour Un Simple accident, je ne comprends pas du tout la critique de François, j’ai même eu l’impression de ne pas avoir vu le même film, notamment en ce qui concerne le prétendu « théâtre à thèse » alors que je n’ai jamais eu l’impression qu’une quelconque thèse était défendue. Selon moi, la question de que faire du bourreau est redoublée d’une autre, un vrai problème de cinéma, constant chez Panahi : qu’est-ce que c’est que ces interdits et ces limites qui autorisent toute transgression, et qu’est-ce que c’est que ce champ visible qui ne cesse de nous cacher des choses ? À ce titre, l' »absence » du bourreau (bien souvent dans le cadre, puisque dans le van, mais invisible) m’a paru tout à fait intéressante (et rend d’autant plus forte l’interminable frontalité du plan de l’arbre – elle-même d’ailleurs redoublée des yeux bandés), de même que la façon dont les personnages ne cessent de se donner à voir et semblent ne pas s’inquiéter de ce qu’ils pourraient avoir à dissimuler ; le film s’en charge pour eux, pourrait-on dire. D’ailleurs, l’invraisemblance pointée par François est toute relative (et, à mon avis, un faux critère, mais c’est un autre problème), puisque le régime iranien a quelque chose d’unique au monde dans son espèce de schizophrénie, que pointe vaguement Samir dans sa présentation mais sans y revenir : certains interdits sont posés tout en s’autorisant à être bravés aux yeux de tous, ou plutôt dans le dos du régime, mais un dos qu’il tourne sciemment, face caméra. Il me semble que c’est ça que filme Panahi : sa condition, non seulement d’ancien prisonnier (et peut-être torturé), mais aussi et surtout de cinéaste interdit.Par ailleurs, Jude ne se prononce pas « Ioudé » comme tu le suggères en fin d’épisode, mais « Joudé », comme Murielle. Je l’ai appris via ce texte rigolo sur débordements (pour une fois qu’on rigole en lisant une critique de cinéma) : https://debordements.fr/chasse-aux-courts-1/?highlight=chasse%20aux%20courts
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François Bégaudeau
Maître des clés« (et, à mon avis, un faux critère, mais c’est un autre problème) »
Non, ce n’est pas un « autre problème ». Tu sauves le film par la théorie, moi ce qui m’importe c’est ce qui se passe à l’écran. Ce qui se passe à l’écran c’est que ça joue mal. Voilà ce que je VOIS pendant une heure. Or chez Panahi en général ca joue bien. Ca joue bien parce que ça joue sobre, comme chez Kiaro. Là ca surjoue. Pourquoi ca surjoue là et pas ailleurs, me demandé je alors (la critique est une enquete sur ce qu’on voit)? Et la raison me parait celle ci : ils surjouent car ils compensent par le jeu une non-situation. Ils gesticulent pour faire exister une situation qui ne saurait avoir aucune existence. Donc la question de la vraisemblance – c’est à dire de la consistance d’une situation- est bien LE problème.-
François Bégaudeau
Maître des clésPar ailleurs le théatre à thèse ne veut pas dire qu’une thèse est défendue, cela veut dire que c’est un théatre qui se pose un problème théorique et en fait moral (la vengeance tout ça), et où chaque personnage incarne une thèse. C’est le cas ici, d’où des dialogues didactiques :
-mais nous ne pouvons pas lui faire ce qu’il nous a fait! Nous ne pouvons pas etre aussi inhumains que lui!
-mais lui n’est plus un humain car il a été inhumain!
etc
Camus, bac de français.
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Marion
InvitéHâte du prochain épisode de TVB sur le Herzi.
Besoin qu’on m’aide à décortiquer tout ce qui ne va pas dans ce film, car je suis ressortie de La Petite Dernière très déçue. En effet, j’étais restée sur le style brut à la Kechiche de son premier film Tu mérites un amour, qui faisait advenir du réel un peu partout.
Rien de semblable n’advient jamais vraiment dans ce dernier film.
On est sur une première moitié de film tristement prévisible composée de scènes fonctionnelles pour le récit, dans lesquelles il se passe rarement quelque chose, globalement les scènes ne durent pas assez pour donner la possibilité qu’elles existent par elles-mêmes. On a l’impression de suivre un parcours d’étapes connues à l’avance et de cocher au fur et à mesure. Ça et là, il y a quelques scènes qui ressortent mais c’est trop peu (la scène de bagarre dans les couloirs du lycée, le premier date dans la voiture avec la femme plus expérimentée). Et la comparaison avec La Vie d’Adèle ne lui fait pas honneur, on a vraiment l’impression de voir certaines scènes identiques mais en moins bien. (les scènes de classe, celles avec son amoureux de lycée, la première sortie dans un bar lesbien, les plans à la pride). Alors, on suit mais on s’ennuie un peu quoi.
Et puis, d’un coup, une scène de soirée chez ses potes de fac à Corvisart, là, un personnage débarque et aurait pu prendre le contrôle du film. Je suis sortie de ma douce léthargie à l’apparition du personnage de Cassandra interprété par Mouna Soualem. J’ai eu l’impression que tout le nœud du film se concentrait dans la dynamique entre son personnage et celui de Fatima. Ce qui rend automatiquement leurs interactions savoureuses et passionnantes (et hilarante réplique ça veut dire quoi Fatima en arabe?/ petite chamelle qui vient d’être sevrée / je ne sais plus exactement ce qu’elle lui répond mais c’est très drôle).
Malheureusement, la relation n’est pas creusée par la suite, le personnage de Cassandra est simplement cantonné à un rôle d’initiatrice sexuelle et de soirées lesbiennes. Dommage, l’impression que le film était là.
Ce serait mieux que pour le prochain, Hafsia Herzi revienne avec moins de prod et un scénario original. vraiment l’impression qu’elle a été bridée dans tout ce cadre.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe crois qu’on ne rend pas service à ce film en le jugeant à l’aune de Kechiche, bien que HH soit évidemment une émule de AK
J’ai trouvé dans le film beaucoup plus de vie que tu n’y as trouvé, et il y a de nombreuses scènes qui échappent au fonctionnel. J’essaierai de détailler dans le TVB-
Mao
InvitéEt le bouquin dont le film est tiré, t’en as pensé quoi ?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne l’ai pas lu, mais j’en ai bien envie maintenant. Peut etre après le TVB, parce que les questions d’adaptation, si elles peuvent être éclairantes, brouillent davantage le regard qu’elle ne l’informent
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Mao
InvitéJe l’avais trouvé pour ma part très anecdotique. Ne m’en est rien resté.
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Benoît
Invité« globalement les scènes ne durent pas assez pour donner la possibilité qu’elles existent par elles-mêmes »
Est-ce que ce ne serait pas exactement le contraire dans leur immense majorité ? Mon sentiment.-
François Bégaudeau
Maître des clésje trouve aussi que pas mal de scènes durent
(si on prend, pour mesure de la durée, l’étalon des durées moyennes de scènes dans le cinéma contemporain)
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Dwl
InvitéJe viens de finir Tu mérites un amour, et ce qui me frappe, c’est que beaucoup de scènes sont d’un niveau largement supérieur à celles de La petite dernière. Je pense à deux choses qui se renforcent peut-être mutuellement.
D’abord, Tu mérites un amour est très kechichien. On a dû le lui faire remarquer, et Herzi veut manifestement trouver sa manière propre de filmer. Elle a ça en tête pour La petite dernière. Mais en prenant ses distances avec le maître, elle perd ce qui faisait la force du premier film : la présence immédiate des scènes, leur capacité à exister par elles-mêmes. La petite dernière enlève beaucoup de vie : ce n’est pas entièrement fonctionnel, mais la vie ne déborde plus du cadre scénaristique. Par rapport au standard des films “classiques” (type TVB), oui, il reste quelque chose ; mais comparé à ce qu’elle atteint dans Tu mérites un amour, le déficit est évident.
Deuxième hypothèse : Tu mérites un amour est beaucoup moins contraint par le scénario. Le film a moins de “chemins obligatoires”, moins de rails narratifs. La petite dernière doit suivre un parcours préécrit, avec dans la tête de Herzi toute la charge politique que certains y projettent, et ça se ressent dans la mise en scène, qui a moins d’espace pour laisser advenir quoi que ce soit. Là où Kechiche n’hésite pas à couper des scènes “obligatoires” pour préserver l’intensité, Herzi reste entre deux approches, et cette hésitation dilue la force du film.
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Seldoon
InvitéCe serait la première interview de Clint en une décennie (j’en doute, il me semble en avoir lu une ou deux françaises dans l’intervalle) :
La discussion passe sur l’ensemble de la carrière d’Eastwood et en profite pour lui faire redire des choses qu’il a déjà raconter 40,000 fois (son début de carrière avec Rawhide, Leone et Siegel…), ce qui donne quelque chose de pas très dense. J’en ressors avec mon habituel mix de petits agacements et de grande admiration envers le héros de mon adolescence. On retient des choses qu’on savait souvent déjà mais dont la constance à travers les décennies est frappante. Ainsi, son refus d’intellectualiser. Il y a des années il disait « I just do it », maintenant il parle de « keep things simple » et du cinéma comme une forme d’art emotionnelle et non intellectuelle. Il explique beaucoup de ses décisions comme spontanées et rapides, comme celle d’acheter les droits de Mystic River en lisant une simple critique du livre. Si on y ajoute son goût pour l’expérimentation (le mot revient étonnament souventdans sa bouche) et son indifférence revendiquée à l’échec (si ça marche, je suis content, si ça ne marche pas, je retourne au « drawing board »), on comprend la carrière en dents de scie d’Eastwood et les projets parfois étonnants qui en sortent. Il semble agir sous le coup de l’impulsion et faire en sorte que l’energie de l’impulsion de départ ne soit pas perdue, et ce au prix de toute forme de peaufinage. Le doute vu comme cause de paralysie. Toujours aussi constant, son goût pour les tournages en décors naturels « avec les vrais gens et les vraies voitures ». Il en parle comme simplement plus amusant que de tout reconstruire. Disgression : de mon côté je ne l’ai pris qu’une unique fois en flagrant délit de prendre un plaisir dingue à la reconstitution, comme par hasard sur Honkytonk Man, qui se déroule durant ses années d’enfance. Les tournages en décors naturels d’Eastwood ne sont en général commentés que pour ses tournages à San Francisco et Carmel (les fameuses images volées du festival de Jazz) parce que c’est chez lui et c’est pourtant le cas de toute son oeuvre : que ça se passe dans le Nevada, à Atlanta, Boston ou Washington, le lieu est aussi présent dans le cadre que New York dans un film de Scorsese. Le journaliste tire un fil entre le naturalisme des décors et le choix de certains non acteurs – gran torino ou 15:17 (gros navet ou coup de génie ? Comme j’aime tout le monde : les deux mon capitaine). Très dommage qu’ils ne creusent pas la question.
Quel unique et drôle de système que le système Eastwood, qui tient depuis 50 ans sur ce redneck libertarien, son statut d’immense star, son goût pour les choses simples et pas chères.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aimerais bien savoir quels sont ses films préférés de lui
Il en a parlé parfois?-
Seldoon
InvitéBonne question, je vais creuser. J’aimerais qu’il réponde Bronco Billy, Josey Wales et Honytonk Man mais tout ce que je sais est que de façon relativement ininteressante il dit regulièrement du bien d’Impitoyable. A mon avis plus parce que dedans il s’excuse d’avoir une filmographie qui a prosperé sur la violence que pour la reconnaissance dont a bénéficié le film.
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Seldoon
Invité-
Tony
InvitéJ’ai vu pour la première fois,cet été,Bronco Billy,un très grand film vraiment,drôle et mélancolique,et cette troupe de bras cassés inoubliables,ces marginaux que le grand Clint n’abandonnera jamais, ce qui est si précieux dans son cinéma c’est sa profonde compréhension de l’individu.
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Alexandre
InvitéIl faudrait un jour analyser, explorer, gouter à ce qui constitue la patine unique de Malpaso, sa compagnie de production, qui réutilise toujours les mêmes techniciens, qui présente une constance de texture, y compris quand il ne réalise pas mais qu’il est le patron (Doux, dur et dingue, Ça va cogner, La Corde raide). La griffe visuelle Malpaso sent le bois, l’artisanat menuisier jusque dans le graphisme des affiches où dominent les teintes brunes, automnales.
C’es assez unique dans le cinéma américain.-
Seldoon
InvitéLe commentaire ci-dessus est pour Tony.
Pour Alexandre : c’est très frappant, au point où il est souvent impossible, quand on voit un film avec Eastwood à partir de 1980, de savoir si c’est lui qui l’a réalisé ou non. Le côté artisanal de Malpaso a été critiqué, on dit souvent que ça fait cheap. Et c’est vrai, il y a souvent un côté cheap à ces productions, qui devrait m’en tenir à l’écart et pourtant m’y tient rarement. Mais je crois que c’est le bon cheap, le cheap menuiserie comme tu dis. C’est aussi le cheap naturaliste (le mot est trop fort, mais l’idée est là), qui par définition est clivant.-
Seldoon
Invitéci-dessoUs*
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Alexandre
InvitéJe dirais que le côté cheap, dans sa connotation péjorative, transparaît à l’occasion de certains moments d’action, très foireux. Par exemple l’accident d’éléphant dans Chasseur noir, Cœur blanc, fort mal mis en scène.
Mais on l’accepte comme on accepte chez quelqu’un qu’on aime des tâches de naissance disgracieuses ou comme on sait que des grands fleuves charrient fatalement des impuretés.-
Alexandre
InvitéSauf que c’est Chasseur blanc, Cœur noir (je pouffe)
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Seldoon
InvitéOk avec tache de naissance, tu me réconcilies avec l’effet killcam dans Sniper Américain Coeur Irakien, où la caméra suit la balle en mauvais CGI.
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Alexandre
InvitéJe serais chaud pour avoir des avis (François, je t’en prie) sur le très respecté L’Echange, de Clint Eastwood qui est un des rares (le seul?) grands Eastwood ou généralement répertoriés comme tels, qui me pose souci.
Je le reverrai un de ces jours pour ne pas rester (?) sur l’espèce de sentiment négatif qui m’accablait au sortir de la salle en 2008.
Le défaut de lourdeur qui peut, ici ou là, entacher l’art du réalisateur était, m’avait-il semblé, à son comble avec ces fins gigognes qui rendaient le film interminable.
Mais surtout, j’avais absolument détesté Angelina Jolie, ses lèvres surmaquillées, son masque doloriste, son jeu complètement monochromatique, l’invraisemblable (au sens d’insulte à la vraisemblance) direction psychologique que prenait son personnage, sa portée démagogique.
J’aimerais tant changer d’avis. -
Seldoon
InvitéJ’ai eu du mal à l’époque. En cause Angelina Joli, comme toi, et une certaine platitude. J’en sauvais la grande violence qui arrive en cours de film (seul argument : le film sortait enfin du téléfilm HBO glacé et sur des rails, ça m’a bien réveillé) et la scène d’execution, dans laquelle je ne suis pas sûr qu’Eastwood et moi voyons la même chose.
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Alexandre
InvitéMerci.
Je me sens moins seul.
Je pense néanmoins qu’il appelle à la révision. -
Seldoon
InvitéMon frère n’aime pas non plus. Ça fait 3, et en plus il l’a revu.
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..Graindorge
InvitéJ’avais quand même assez aimé ce film mais grosse erreur de casting. Angelina Jolie est une bonne actrice mais là il aurait fallu trouvé un physique se rapprochant du physique de Mme Collins: visage, morphologie, un peu madame tout le monde avec du caractère.
Les créateurs/ directeurs ne sont pas tenus de coller à la réalité – là, un sacré fait-divers – mais en cherchant dans les 90% des actrices au chômage, Clint aurait sûrement trouvé son bonheur et le nôtre
Et la vraie madame Collins avait les lèvres assez fines qui permettent du rouge bien rouge. En choisissant Jolie, Eastwood n’était vraiment pas obligé de coller à la réalité.
L’histoire est quand même bien menée, les acteurs sont bons mais dommage pour le choix Jolie -
François Bégaudeau
Maître des clésPas de souvenir assez précis sur l’Echange
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Sylvain
InvitéD’accord aussi… à l’exception de « Mystic River ». Quand j’ai vu ça au cinéma, j’étais déjà bien imprégné du style Eastwood, depuis gamin. Mais dans les premières séquences, j’ai trouvé autre chose (pas forcément aimé, pas détesté non plus) et je me souviens très bien me demander : « mais est-ce VRAIMENT lui qui réalise? ». Par la suite, et plus il vieillissait, cette question ne m’a jamais vraiment quittée (alors qu’elle ne se pose pas pour Scorsese ou Woody Allen).
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Sylvain
InvitéPS : réponse au commentaire de Seldoon du 28/10/2025 à 11h39
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Seldoon
InvitéJ’ai enfin découvert Sirat le weekend dernier, cette histoire de bande de marginaux abimés qui se retrouvent ensemble deviennent une nouvelle famille (choisie/subie) m’a donné envie de me replonger dans ces Eastwood là, donc Bronco Billy et Josey Wales sont les plus marquants.
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Sylvain
InvitéParallèle osé mais au fond très pertinent !
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graindorge
Invitébeaucoup aimé Bronco Billy. Je le revois de temps en temps
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graindorge
InvitéJe joue
Voilà, à mon avis, une très vraisemblable liste des films qu’il a aimé
Play Misty for me
Josey Wales
Bronco BILLY
HonkyTonK man
Pale rider
Bird
Chasseur blanc cœur noir
True crime
Million dollar baby
Lettres d’Iwo Jima
Mystic River
Richard Jewell
La mule
Piano blues (documentaire)
Space Cowboys ( il s’y est bien marré avec les copains acteurs)-
graindorge
InvitéPiano blues est sur Youtube
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Alexandre
InvitéEt, dans mon souvenir, c’est peut-être le meilleur épisode du cycle consacré au blues.
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graindorge
Invitéessai
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stephanie
InvitéJe crois qu’on aime pas trop ici Thoret, j’ai très envie de voir son doc The neon people qui ne joue pas dans ma ville
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mauvais-genres/le-peuple-de-l-abime-avec-jean-baptiste-thoret-7237981
vous en pensez quoi ?-
Alexandre
InvitéDe Thoret? Du bien, si, si. Il met de bonne humeur, électrise qui l’écoute et surtout, sait scruter la réalité d’un film. Bien sûr, il faut trier le grain de l’ivraie, savoir prendre du recul par rapport à ses marottes. Nos chemins vont souvent se séparer mais ils se recroisent avec plaisir.
Il faut tomber sur le bon sujet : l’entendre parler de John Frankenheimer est passionnant, par exemple.-
Tony
InvitéBon exemple Frankenheimer je l’ai écouté en parler récemment et j’ai eu envie de voir Seconds avec Rock Hudson puisqu’il disait que c’était un film quasi expérimental où un homme banal et assez laid se voyait offrir une nouvelle chance en simulant sa mort pour revenir sous une nouvelle identité, après une opération de chirurgie esthétique,sous les traits de Rock Hudson,et Thoret d’expliquer que le mythe de la nouvelle chance,promesse du rêve américain, était démonté par ce film,bref ça paraissait très alléchant et quand je me suis mis à le regarder je n’ai vu qu’un nanar télévisuel,un épisode de la quatrième dimension à la rigueur mais pas le chef d’oeuvre dont il a parlé pendant 2 heures.
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Alexandre
InvitéIl est loin d’être le seul à penser énormément de bien de Seconds. Ce n’est pas mon cas. Il ne m’avait pas super emballé à tel point que je ne me suis pas précipité sur le Blu ray sorti récemment, qui fut pour beaucoup un événement. Mais nanar, non, en aucun cas. Si tous les épisodes de Twilight Zone étaient de cette qualité visuelle là, immédiatement percutante (James Wong Howe, directeur de la photo génial), on aurait affaire à une série aussi révolutionnaire que Twin Peaks.
Je crois que ce n’est pas tellement la question. Je trouve dommage que tu t’appuies sur la mauvaise expérience qui fut la tienne devant Seconds pour en tirer ce qui s’apparente à une généralité portant sur la viabilité de Thoret sur le sujet.
Frankenheimer fut un cinéaste hyper-talentueux issu du sérail le plus estimable et le plus créatif de la télévision américaine d’une certaine époque.
Son cinéma était audacieux, engagé, brillant…jusqu’à ce que les échecs commerciaux, et aussi la bibine, aient raison de cette brillance. L’apport de Thoret sur le sujet a ceci d’excitant qu’il met le doigt sur un fait qui méritait d’être mis en lumière : avant la révolution culturelle de la fin des années 60 et l’avènement du Nouvel Hollywood (dont on sait Thoret féru), le cinéma américain a filé un mauvais coton. Les grands classiques n’avaient plus le vent en poupe (Hitchcock signe son dernier grand film avec Les Oiseaux en 63, Hawks radote après Hatari!) et les nababs de l’âge d’or périclitent. Quelques jeunes pousses déboulent dont Frankenheimer mais c’est lui qui va porter durablement le flambeau de la nouveauté, qui va tenir le crachoir de l’audace, préparer le terrain à tout ce qui va suivre et ouvrir grand une porte qui se refermera brutalement avec Cimino.
En d’autres termes, il est le petit génie qui a préparé la table entre sens du spectacle et acuité documentaire.
En as-tu vu d’autres que Seconds ?-
Tony
InvitéDans Seconds rien n’est génial, l’idée de départ est intéressante mais cela reste abstrait,il change de corps et de visage sans qu’on le voit éprouver quoi que ce soit, c’est une essence qui a changé d’enveloppe en conservant ses caractéristiques psychologiques,on est loin du trouble identitaire que d’autres films exploreront de façon brillante sans avoir besoin de passer par cet artifice,sur la réalisation ce qui m’a frappé c’est que presque tout est filmé en studio ou en de rares extérieurs, au bord de la mer principalement,on ne voit rien des lieux ni de la vie sociale, d’ailleurs les conditions matérielles d’existence sont elles aussi très obscures,et au final on se retrouve avec un personnage qui a des problèmes métaphysiques,loin de la promesse de Thoret d’une critique au vitriol du capitalisme.
Que Frankenheimer vienne de la télé ne m’étonne pas,d’autres plus talentueux que lui en venaient aussi à la même époque(Arthur Penn,Friedkin,Lumet etc…)et le nouvel Hollywood correspond à un déclin du cinéma industriel qui n’a rien à voir avec Frankenheimer.-
Alexandre
Invité« Que Frankenheimer vienne de la télé ne m’étonne pas,d’autres plus talentueux que lui en venaient aussi à la même époque(Arthur Penn,Friedkin,Lumet etc…) »
Plus talentueux, cela mériterait une auscultation au cas par cas.
Mais cela mis de côté :
Arthur Penn ne s’épanouit artistiquement qu’à partir de Bonnie and Clyde, soit en 67 et ça durera ce que ça durera.
Auparavant, je ne lui trouve qu’un seul grand film : Miracle en Alabama.
Sidney Lumet trouve sa vraie voie avec les années 70. Aucun grand film à mon sens avant cela.
Friedkin est lancé par The French Connection en 1971.Frankenheimer, lui, aligne une série de films novateurs, et un savoir faire percutant dès le début de la décennie 60 avec une forte identité visuelle et des sujets remarquables, en prise avec leur temps.
« et le nouvel Hollywood correspond à un déclin du cinéma industriel qui n’a rien à voir avec Frankenheimer. »
Ce qui a à voir avec Frankenheimer dans le Nouvel Hollywood, c’est le trait commun du ton sceptique, non-affirmatif, désenchanté, voire paranoïaque. Et aussi une grande maîtrise de la technique. Cette note, Frankenheimer sera le seul à la tenir aussi longtemps avant tout le monde (quel film prophétise l’assassinat de Kennedy, un an avant les faits, à part The Manchurian Candidate ?), et aussi avant qu’on le fasse rentrer dans le rang.
Donc, pour en revenir à Thoret, je lui suis reconnaissant d’avoir fait saillir cela.-
Tony
InvitéJe reconnais le thoretien en toi,je devine que tu l’as beaucoup pratiqué,sur le nouvel Hollywood je crois qu’on peut en acter la naissance avec Easy Rider,qui a cassé la baraque et qui va ouvrir la porte à des jeunes cinéastes en phase avec leur époque,je ne crois pas trop en une unité de ton,c’était assez divers en fait mais assez à gauche.
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Alexandre
InvitéOh thoretien, thoretien…
Pas sur Michael Mann (rires)
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François Bégaudeau
Maître des clésTu peux aimer Thoret, Alexandre. Tu le dois, même, s’il te parle et t’inspire Mais il y a une chose que l’éthique minimale du réel t’interdit de dire, c’est qu’il » sait scruter la réalité d’un film ». C’est précisément ce qu’il ne sait pas faire, ne veut pas faire, ne fait pas.
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Alexandre
Invité« Tu peux aimer Thoret, Alexandre. Tu le dois, même, s’il te parle et t’inspire Mais il y a une chose que l’éthique minimale du réel t’interdit de dire, c’est qu’il » sait scruter la réalité d’un film ». C’est précisément ce qu’il ne sait pas faire, ne veut pas faire, ne fait pas. »
Petit préambule : il ne m’inspire pas autant que cela.
Sans flagornerie particulière (on marche sur des œufs !), tu m’es beaucoup plus inspirant comme me l’était Bertrand Tavernier. Le Tavernier amoureux des films (et des livres), pas le cinéaste. Et pourtant, peu de rapport entre Tavernier et toi…à priori. Mais je suis bien fichu d’en trouver. Les frontières abruptes ne m’intéressent pas.
C’est pourquoi je te donne partiellement (mais d’un partiel crucial) tort quant à ta dernière assertion.
C’est vrai que ce qui se voit le plus chez Thoret est cette tendance à la fétichisation, à l’iconisation (le mot ne doit pas trop exister) d’une période, d’une généralité. Et c’est bien pour ça que j’ai précisé d’emblée qu’il ne m’inspirait pas plus que cela.
Mais fatalement, tôt ou tard, Thoret scrute, de manière impressionniste certes, sporadiquement, mais il le fait et il le fait avec passion. La passion qui me convient. Celle dont j’attends qu’elle me rassérène, qu’elle me sustente. Il suffit d’être patient, de tomber sur la bonne pioche.
Aucun rapport entre Thoret et toi ? Je suis bien fichu de t’en trouver.
Par exemple vous partagez la même quasi-détestation de Spielberg. Mais c’est anecdotique.
Mais quand Thoret parle du Soleil Vert de Richard Fleischer et qu’il évoque ce moment où Charlton Heston fait pleurer Edward G.Robinson, le vieil archiviste juif et ami avec lequel il vit, en lui apportant une tomate fraîche dans laquelle Robinson croque avec une déchirante nostalgie, ou que dans la même scène, il déballe devant ses yeux éblouis et embués, un simple steak bien rouge, le même Thoret se met à parler de ce que lui fait le film : à savoir comment la mise en scène, à ce moment-là, lui instille le sentiment de n’avoir jamais vu, au cinéma, une simple tomate filmée de la sorte.
J’ai pensé à la tomate de Thoret quand tu parlais de la glace agglomérée sur les lunettes de Pattinson dans Mickey 17, détail dont je raffole et que j’avais déjà évoqué. Je te rassure s’il en était besoin : je ne te résume pas à un pourvoyeur de détails. Mais j’estime que ces micro focus en disent longs sur de macros affects.
D’ailleurs, Tavernier ne délirait il pas lui aussi sur la concrétude d’une neige glacée que propulse, presqu’à la gueule du spectateur, un pugilat teigneux dans La Chevauchée des bannis, d’André De Toth ?
Tout cela circule bien plus fluidement que tu ne le voies, je pense. -
François Bégaudeau
Maître des clésj’espère bien que tout cela circule fluidement
et je trouve tout à fait sain qu’on puisse écouter Thoret et Bibi et Tavernier et d’autres, tout ça dans un joyeux mélange, comme je peux moi meme écouter des gens très différents
mais il est de fait que Thoret n’est jamais précis sur les films : si jamais, par miracle, il en isole un détail, c’est aussitot pour l’interpréter, pas pour le regarder -
Alexandre
InvitéJe ne vois pas ce que Bibi Netanyahou vient faire dans cette histoire.
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stephanie
Invitéje viens de découvrir qu’un topic thoret existait, j’ai lu vos commentaires.
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MA
InvitéMicrocine ce soir avec lui sur le doc en question
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stephanie
Invitémerci MA.
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Cedric
InvitéBonjour Stéphanie, si tu peux m’aiguiller pour retrouver les échanges du site à propos de JB Thoret ça serait parfait. Merci
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MA
InvitéSi cela peut aider
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Cedric
InvitéMerci MA
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adamou
Invitépuisque le Linklater nous en apprend très peu sur Godard, est-ce que quelqu’un aurait une biographie à recommander ? Un auteur a-t-il essayé de dépeindre Godard en dehors de la légende muséifiée et de ses quelques traits caractéristiques ? Je suis particulièrement intéressé par ses rapports familiaux, par ce qui le fait rompre avec sa classe et par sa part un peu « sale type » qu’on ne voit pas du tout dans Nouvelle Vague
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Alexandre
InvitéCelle d’Antoine de Baecque.
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adamou
Invitémerci Alexandre
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Ostros
InvitéJe découvre sur Prime Ni Dieu ni Maître – une histoire de l’anarchisme, un documentaire en 4 épisodes, réalisé par Tancrède Ramonet.
4 films d’une heure qui couvrent les époques 1840-1914, 1911-1945, 1945-1969, 1965-2012 et convoquent des historiens et spécialistes de tous pays pour raconter ces différents mouvements anarchistes, « du collectivisme libertaire à l’anarcho-syndicalisme, en passant par la propagande par le fait, le pacifisme et la non-violence, les Provos hollandais, mai 68, les indignés, le Rojava, le Black Bloc, Nuit debout, Occupy Wall Street ».
Dans les DVD il y aurait des compléments à la suite de chaque film, à ce stade de mon visionnage je ne sais pas encore s’ils ont été montés avec pour cette diffusion sur Prime, mais j’aimerais bien les voir aussi :
L’affaire Schwartzbard : anarchisme et antisémitisme
Mujeres Libres : l’anarchie et les femmes
Anarchie en Mandchourie
Entretien avec Noam Chomsky-
Ostros
InvitéA 44min56 sur le syndicalisme auto-suffisant du début des années 1900 (action directe) :
« cette conception globale du rôle du syndicat, amène les anarchistes à refuser la stratégie des urnes. Le vote, loin de leur apparaître comme l’exercice d’un droit est bien plutôt conçu comme une légitimation de l’ordre établi. » -
Ostros
InvitéC’est bien expliqué, simple et passionnant à suivre.
On comprend clairement les événements qui ont amené des actions anarchistes chez les travailleurs et on comprend comment les différents courants anarchistes cherchent et trouvent de nouvelles façons et moyens pour atteindre leur but, comment on en vient aux attentats puis à la fin des assassinats de rois et de présidents, puis à l’anarcho-syndicalisme qui finit par ne plus désirer la destruction de tout pouvoir politique, puis à l’individualisme, etc. C’est un résumé complet, qui donne envie de se pencher plus en détail sur chaque période. On chope des noms associés à des actions et on se dit que chaque figure citée mériterait un portrait un peu plus épais. On découvre par exemple des femmes qui jouaient un rôle important dans des organisations sans savoir qui elles étaient. Mais leurs vies ont-elles été suffisamment documentées pour permettre une recherche personnelle ?-
Claire N
InvitéOui – Peggy avait beaucoup aimé je me souviens
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Ostros
InvitéJ’avais raté cette reco
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Claire N
InvitéJe ne sais pas si elle en avait parlé ici même
Mais elle avait fait une émission Tancrede ramonet – rayon décalé-
Ostros
InvitéJe regarde dès que j’ai fini les docu. Merci
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Leo Landru
InvitéIl y a aussi un Thinkerview avec Tancrede Ramonet – pas le plus accueillant.
Sur les femmes anarchistes historiques, François m’a fait découvrir Emma Goldman il y a peu, c’est une militante captivante et une critique précoce du totalitarisme russe, et aussi une autrice sur laquelle on a de la documentation.-
Cynthia Lennon
InvitéJe fais un énorme pas de côté (je suis souple) pour conseiller le film Navigators au cas où vous pourriez le voir (pour la documentation Emma Goldman mais pour tout le film)
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Ostros
InvitéMerci à vous pour ces reco !
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Tony
InvitéLa petite dernière est magnifique, c’est très beau de voir une oeuvre aussi calme, très sûr de son geste,sans caméra embarquée,quel soulagement,du cadre et encore du cadre,et quelle grâce il y a chez Nadia Melliti, elle crève littéralement l’écran et on en devient dingue dès la première minute sans pouvoir la quitter des yeux,depuis quand ce n’était pas arrivé d’être fasciné à ce point,Kechiche bien sûr!
Au fond,et cela a été dit je crois,on a enfin un film français qui nous montre des jeunes d’aujourd’hui, incarnés,aucun ne ressemble à un autre,pas de fils de ou de fille de,des vrais gueules, quelle science du casting et certainement aussi la science d’Hafzia Herzi pour les avoir dirigés de façon aussi juste.
Une dernière chose et, peut-être est-ce ce qui caractérise un artiste,rien n’est résolu lorsque le générique de fin arrive et c’est renversant.-
François Bégaudeau
Maître des clésMon gout pour le film tient aux mêmes aspects que toi, Tony : les acteurs, les personnages. Un film entièrement dédié à eux, dans la grande lignée du meilleur naturalisme
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Mélanie
InvitéSalut,
Vu La Petite dernière et aimé aussi. A ce que vous en dites là j’ai envie d’ajouter : beaucoup de douceur ! et plein d’autres choses. Le genre de film qui me donne envie de retourner le voir dès le lendemain.
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Pedri
InvitéJ’entends cet argument mais deux personnages m’interrogent fortement :
L’imam sans chair, présenté comme un fantasme de Fatima, n’existe pas. D’ailleurs il figure dans l’un de ses rêves.
La scène dans la mosquée est complètement bâclée, voire invraisemblable. Une situation vécue (celle d’Hafsia) contre un discours religieux paternaliste. Poncif qui m’irrite, surtout qu’on en restera là.Dès que la scène commence elle porte l’étiquette de dialogue impossible. Quelques minutes qui recyclent ce qu’on sait déjà, sauvées certes, par les balbutiements touchants de l’écriture puisque Fatima se raconte à la 3e personne.
Mais la scène ne dit rien du rapport des jeunes musulman.es à leur religion en France. C’est pauvre. Le rapport de Fatima à sa religion ? J’accepte que ce ne soit pas le sujet du film mais pourquoi avoir posé tout ce cadre stylistique, ces plans de coupe en train de prier… le cadre qu’a posé le film (qui commence par des ablutions) disparaît mais bon ça a au moins produit une belle affiche… n’est-ce pas ?Le personnage joué par Park-Ji Min est complètement en dehors du film.
Elle ne fait pas partie du monde qui intéresse Hafsia : les jeunes prolos qui ont une forte personnalité.
Je vais un peu loin mais c’est comme si HH ne lui accordait pas la « subtilité » qu’elle met pourtant au centre de son cinéma (cf. podcast plan large)
Or c’est bien elle que choisit Fatima, comme la « proie » vulnérable et idéale.
Park-Ji est donc une anonymisée au carré : par Fatima qui la rencontre simultanément sur Tinder et dans la vraie mais aussi par Hafsia.
Pourtant l’actrice a une gueule mais la caméra ne lui accorde aucune une incarnation.
Ses larmes n’ont pas la même valeur que celles de Fatima à la fin du film…Dernière chose, l’amitié de Fatima avec les garçons aurait mérité davantage de scènes. Ce sont les plus vivantes à mon goût, celle à la cantine est la meilleure du film.
Et plus de foot aussi.-
Pedri
Invité(celle de Fatima*)
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Tony
InvitéÇa va être intéressant d’entendre Burdeau chez Paroles d’honneur ce soir,je suis très étonné,ou plutôt assez perplexe,de la réaction de H Bouteldja pour qui c’est un film Mediapart,Samir aussi semblait dire que le film était trop léger sur l’islam,les lgbt la critiquent sur sa représentation des lesbiennes,des critiques assez durs également venant du pan cinéphile pour qui c’est un non film, bref ça tire de tous les côtés.
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gostaweek
InvitéÇa vous a pas gêné les clichés ? La mère grosse et qui fait à manger, le père encore absent, les images de la Gay Pride des années 2000 ? Son passé absenté dès lors où elle s’émancipe ? Etes-vous sûre qu’elle n’est pas dans une démonstration de la bien pensance ? A t’elle vraiment bien traité le sujet ? Bref, des questions qui me semblent essentielles sur un sujet si important.
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Antonin
Invitéça veut dire quoi « bien traité le sujet » ? Par rapport à quoi, qui ? d’où est-ce qu’on se place pour demander ça ?
J’ai pas vu le film hein. -
Carpentier
Invité? La mère grosse et qui fait à manger
rires
J’en vois pas encore beaucoup des mères maghrébines au basic fit, c’est regrettable, isn’t ( lol) ni courir partout sur les quais et les trottoirs à Paris.
Aaaaah attention, Carpentier se branche vite si on cause clichés, et après on s’en défait plus.
Moi, cette mère grosse plein écran qui est/dit qu’elle sera toujours là pour Fatima, j’y crois. Et si c’est un cliché je le trouve très beau.
Beau et joué si juste.-
Carpentier
InvitéEt puis cette scène, de presque coming-out, pourrait dire certain.e, cette scène de trouble et de ’ je suis pas bien en ce moment ’ on dirait chez moi, et bien cette scène elle dure; elle s’installe et elle dure.
Et j’ai rarement été si en empathie, mot si peu ami pour moi, avec une scène.
Mère et Fille y sont d’une présence et beauté rares, dans ma filmographie à moi.
Pour ça, déjà, merci Hafsia Herzi.-
gostaweek
InvitéJe vis en région lyonnaise et des femmes maghrébines qui fréquentent le basic fit j’en vois. J’ai des collègues au travail qui ont des enfants de cet âge là et elles ne ressemblent en rien à ce personnage qui est daté. Place Bellecour, les femmes typés que l’on y croise n’y ressemblent pas non plus. On sent que HH veut éviter la caricature, mais elle tombe dans une autre forme de stéréotype : celui du film « de bonne conscience », calibré pour plaire à un public déjà acquis à la cause de la tolérance.
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Carpentier
Invitédes femmes maghrébines qui fréquentent le basic fit j’en vois. J’ai des collègues au travail qui ont des enfants de cet âge là et elles ne ressemblent en rien à ce personnage qui est daté
Le perso de la mère de La petite dernière de Herzi est écrit comme on le voit à l’écran: tu imagines la mère de Fatima au basic fit?
même déplacée en région lyonnaise?
allons, allons
Quel âge donnes-tu d’ailleurs à ce perso de Herzi au juste?
Fatima répond à la question de son amoureuse sur sa famille qu’elle a 7 frères, c bien ça?
À l’écran, on voit au moins 3 filles, bon.
Et la posture de mère nourricière, en chair, qui a 3 filles de 18 à? 30 ans peut-être? elle est quand même toujours d’actualité, désolée, maghrébine ou non.
Datée? Qqn.e pour demander à chat GPT les stats sur les mensurations/tailles et courbes de poids de la population française aujourd’hui, svp?
Merci d’avance.
Le père sur le canap qui part jouer/discuter avec ses potes aussi, attend le repas qu’il ne prépare pas et s’amuse/s’agace des embrouilles à table de ses filles: c’est cliché?
Rien de cliché là-dedans pour moi, non.
En tout cas, pas plus ni moins que si Herzi avait choisi une typologie comme une de tes collègues lyonnaise.
Sur l’imam. je me la ferme, j’y connais rien.-
gostaweek
InvitéQuel âge donnes-tu d’ailleurs à ce perso de Herzi au juste? 5o ans
Fatima répond à la question de son amoureuse sur sa famille qu’elle a 7 frères, c bien ça? Elle raconte des cracks sur sa fratrie, ses origines etc… à toutes ses conquêtes. Elle racontera sa vie sans mentir à son amoureuse d’origine asiatique. On pourrait se demander si l’amour blanc lui est proscrit ?
Et la posture de mère nourricière, en chair, qui a 3 filles de 18 à? 30 ans peut-être? elle est quand même toujours d’actualité, désolée, maghrébine ou non. Je sais pas où tu vis mais je ne connais autre chose que les mamans nourricières.
Datée? Qqn.e pour demander à chat GPT les stats sur les mensurations/tailles et courbes de poids de la population française aujourd’hui, svp? Les plans datés sont nombreux, notamment ceux qui concernent la GayPride.
Le père n’est plus autant absent, c’est une sociologie des années 1980/2000. Faut cesser de fantasmer à ce point. A la limite, j’aurais préféré voir un père fumeur de joint à ce papi avachi sur le canapé dont le portrait sociologique a été dressé durant la période cité ci-dessus. Je sais pas où tu vis, mais dans les grandes villes, les femmes musulmanes ou maghrébines de 45-50 ans ne sont pas forcement gros avec des maris au en pré retraite.-
Carpentier
Invitéok ok, soit
je pense que j’ai simplement plus accepté ce personnage choisi/écrit par Herzi que toi
Tout comme j’ai plus ou moins accepté les représentations/caractéristiques choisies par beaucoup de films avec des persos sur la région Nord.
Ce n’ est que du cinéma, de la fiction après tout, qui charrie certes des dossiers et si tu penses que qqn.e peut-être chahutée/attristée devant ce perso de la mère de la Petite Dernière, tu peux toujours lui dire que toi, tu aurais fait autrementDis plus sur le perso de l’imam si tu veux,
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K. comme mon Code
InvitéL’aperçu Amazon de la Petite dernière suffirait à te rassurer.
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Carpentier
Invité?
Rassurer qui, dis?
C’est en réponse à Antonin? (hypothèse la plus plausible pour moi, dans le cadre de ces échanges, ici)On sent que HH veut éviter la caricature, mais elle tombe dans une autre forme de stéréotype : celui du film « de bonne conscience », calibré pour plaire à un public déjà acquis à la cause de la tolérance.
Je me permets de revenir sur ces lignes également, car ça m’interesse de les réflechir.
Tout comme un.e sitiste témoignait d’un bouffage de langue lors d’un visionnage au ciné, récemment, dans un film de discussion ici, j’ai personnellement éprouvé peu de kif, ni de posture de tolérance – les meufs s’embrassent, ok – devant les longues scènes en gros plans de suçages de muqueuses de Fatima et la copine qu’elle retrouve au final.
Un tuto tournage de langues grand écran, bon, ok, mais pas des heures, quoi.
Et côté stéréotypes, à part celui social, mais qui est un choix d’écriture des personnages, je le maintiens (mère qui semble au foyer, foyer pas desargenté mais pas à l’aise non plus, place de l’école ascenseur social avec la mère qui a porté les devoirs et suivis scolaires divers de ses filles à bout de bras …) : oui, je re-confirme, c’est encore du 2025.
Y compris dans les grandes villes, ce n’est pas l’unique représentation des foyers avec ces caractéristiques sociales, ok, mais ils sont aussi toujours d’actualité.
La place Bellecour à Lyon, c’est la rue de Passy à Paris, non?
ou les avenues qui partent du Trocadero, non?
Pas la situation sociale choisie par Herzy pour la famille de son perso Fatima, donc.
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graindorge
InvitéMystère et boule de gomme. Je clique sur répondre sous 3 sitistes et mon message se retrouve à la fin.
Pas grave. Je ne jouerai plus à aucun jeu -
Charles
InvitéJ’ai enfin vu le Camille Claudel de Dumont qui m’a, comme souvent chez lui, intéressé par son dispositif et ses tentatives mais pas totalement convaincu. Le film est raide, assez austère en ce qui montre une femme isolée dans un asile et qui n’arrive pas à réellement communiquer avec les autres. Ce que fait Binoche est intéressant car elle montre bien une certaine complexité du personnage, l’ambivalence de ses sentiments : elle est perdue, effrayée par les folles mais pas dégoûtée non plus, parfois agacée mais aussi habituée à elles. Mais elle est aussi elle-même mentalement dérangée, instable, paranoïaque (sans qu’on sache dans quelle mesure l’asile a de fait entretenu son état) – ce qu’on comprend lors du premier rendez-vous avec le directeur où Dumont lui a manifestement demandé de dire son texte de façon inintelligible pour nous la rendre étrangère à nous (en renversant l’identification qu’on pouvait avoir pour elle, privée de sa liberté bien que non folle). Dumont évidemment ne se situe pas du côté de la relecture féministe de la vie de Camille Claudel – pourtant exemplaire pour cela – et va même jusqu’à faire du directeur un des personnages les plus sympathiques et humains. Mais le film hélas patine, sans doute parce qu’il se cherche, est répétitif et un peu ennuyeux et se repose trop sur le visage de Binoche filmé en plus ou moins gros plan comme contre-champ de ce qu’elle voit (puisqu’elle n’arrive pas à échanger avec les autres).
Heureusement, Paul Claudel arrive, avec cette idée très forte mais peut-être trop univoque de le montrer comme un pur exalté. Il a le verbe lyrique et l’ardeur des nouveaux convertis. Il lui rend visite en tant que parent devant incarner une certaine figure de la normalité et de la bienséance mais on voit débouler le personnage le plus inquiétant du film. Cela crée une forme de dissonance car lors de la scène avec Binoche on a l’impression de voir deux personnages, deux acteurs qui appartiennent à des films différents. Le dialogue de Binoche, surtout quand il est audible et « normal » sonne assez contemporain tandis que l’acteur jouant Paul Claudel parle comme sont écrits ses livres pleins d’emphase et d’exaltation (il me semble d’ailleurs que ces dialogues sont directement issus de ses écrits). Cela permet toutefois de relancer le film qui sinon s’épuisait, notamment dans des scènes qui ne craignent pas la lourdeur (la scène de théâtre jouée maladroitement par les patientes dont Binoche se moque avant de s’effondrer en larmes).-
..Graindorge
InvitéCamille Claudel est sur YouTube.
Vu il y a longtemps. Pas envie de le revoir.
Il ne m’en ai rien resté.
Le Paul joué par Fabrice Luchini
Le grand film qui rendrait justice à la grande artiste Camille n’existe pas encore-
graindorge
Invité*est
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Wanderer
InvitéJ’ai revu récemment « Le Cercle des poètes disparus ».
Que pensez-vous de la pédagogie du personnage principal et de sa relation avec les élèves ?
Le film m’a semblé très immoral, ce qui m’avait échappé lors du premier visionnement, quand j’étais ado. Ce ne serait pas gênant si le film n’avait pas de prétentions morales…. -
Antonin
InvitéJ’ai vu « Arco » de Ugo Bienvenu.
Bah je vous conseille chaudement. Petit plus pour le trio des « Dougies », très bien doublé et très drôle dans les corps ; beaucoup de petite idées visuels qui fonctionnent ( surtout le rapport à la technologie en 2075 qui rentre en conflit avec l’utilisation qu’on en fait dans le futur ) ; le traitement du robot Babysitter Mikki fait du bien aussi = pas obligé de nous montrer que les robots sont toujours des méchants ( dans ce film il pallie à l’absence des parents ). -
Benoit
InvitéJe viens d’écouter les dernières 45min de l’émission de PDH consacrée à la petite dernière Yousfi et Burdeau.
Et, c’est marrant, en sortant du film je me suis dis que son problème c’est qu’il pouvait être récupéré par le camp macronien-progressiste, style quotidien-barthes, qui n’aime rien mieux que de se draper dans sa vertu de défenseur des lgbt (pendant que ce même camp n’ose pas prononcer le mot génocide, en restant bien islamophobe) et qu’en retour, en « réaction », on ne manquerait pas, dans le camp de la gauche radicale, de taper alors sur les faiblesses politiques du film (scène de concert lesbienne assez ratée, scène de manif, surjeu de la représentation des diversités de bon aloi, cf handicap facial jamais souligné, suspicion de ne parler que des arabes uniquement par la marge mais jamais par un personnage non oppressé par la famille ou son orientation, invsibilisation donc de la violence de l’état, absence relative de la question raciste, politisation esthétique du sexe, mais dépolitisation des questions familiales, voire religieuse qui sont ici intériorisées sur le registre intime et donc non politique) autant de critiques, qui peuvent paraître justes, et dont j’avais deviné la moitié, et dont je fais la liste après avoir écouté l’émission. Il faudrait que j’écoute le début. Mais mon petit doigt me dit qu’ils sont sans doute passés à côté de la force principale du film si on le prend par son énergie propre, c’est à dire par sa matière esthétique directe, la vitalité des personnages, l’autonomie de la très grande majorité des scènes, les larmes à foison etc etc-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai entendu dire que les chaînes publiques étaient contre les lesbiennes dans leurs séries, alors je me suis demandé comment le Herzi avait été financé. En quelques clics, j’ai trouvé une interview de la productrice :
—« Pourquoi vous êtes-vous tournée vers l’Allemagne ?
Très tôt, j’en ai discuté avec une amie de longue date, Vanessa Ciszewski, de Katuh Studio, qui est productrice en Allemagne. Nous avons échangé autour du roman qu’elle avait adoré ; il venait de sortir en librairies en Allemagne où il avait reçu un prix assez important. Quand elle a su que c’était Hafsia qui l’adaptait, elle m’a tout de suite proposé une coproduction. Elle était sûre de trouver du financement allemand, au regard de l’accueil reçu par le livre et de son enthousiasme pour Tu mérites un amour. Je venais tout juste de créer June Productions avec mon associée, Naomi Denamur. Nous avons pu bénéficier d’un critère spécifique aux jeunes sociétés de production qui nous a permis de demander le Mini-traité franco-allemand et de l’obtenir à l’unanimité sur le développement. Cette première pierre a été fondamentale pour la suite du financement car elle a créé un axe franco-allemand très fort qui s’est avéré payant puisque nous avons notamment pu obtenir le Grand Accord Arte et Eurimages. Avant cela, le programme Media Co-développement nous a soutenus et nous a permis de développer le film pendant quatre ans et de faire deux ans de casting avant de trouver Nadia Melliti.
Du côté de la France, nous n’avons pas réussi à décrocher l’Avance sur recettes avant réalisation malgré deux tentatives. Mais nous avons eu la chance d’avoir un distributeur, Ad Vitam, et un vendeur international, MK2, qui ont cru très tôt au film et nous ont suivis très en amont. Finalement, le premier financeur de la production a été la région Grand-Est où vit Hafsia. Elle venait d’y tourner un unitaire pour Arte, La Cour, et l’avait trouvée très accueillante. La région Grand-Est mais également la région Île-de-France nous ont soutenus sur une version de scénario assez embryonnaire. Puis Arte, qui avait acheté Tu mérites un amour et pré-acheté Bonne Mère, a d’abord validé le film via son comité français avant de le monter en Grand Accord. Sachant que les deux précédents longs métrages de Hafsia n’étaient pas sortis en Allemagne, leur engagement sur ce projet me semble d’autant plus fort. Il s’agit du film d’une jeune réalisatrice, dont le sujet peut être catégorisé comme très français, voire très spécifique. Mais ils ont été les premiers à affirmer l’universalité de La Petite Dernière. Sans Arte, le film n’aurait pas pu atteindre son ambition de production. »
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Charles
InvitéLes chaines publiques sont les personnages de lesbiennes dans leurs séries? Même depuis Dix pour cent?
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Charles
InvitéContre*
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K. comme mon Code
InvitéC’est une scénariste de série qui m’a dit ça, je crois qu’elle a précisé « ou alors elles doivent être très féminines » mais je ne suis plus certain. Je n’ai pas vu Dix pour cent, je ne savais même pas que le personnage de Cottin était lesbienne : cette vidéo YouTube me donne idée de ce à quoi ça ressemble (pas grand-chose).
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Tony
InvitéJ’espérais que Burdeau y voit autre chose qu’un film politique,une éducation sentimentale par exemple traitée de façon picturale et naturaliste mais non ça n’a pas eu lieu,le battage autour du sujet l’a emporté,dommage et triste.
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Pedri
InvitéJe crois que c’est l’émission qui s’y prête. Faudra lire ce qu’il en dira sur son substack par écrit, c’est toujours là que le travail critique s’exprime le mieux.
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Benoit
InvitéC’est quoi le substack ?
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Pedri
Invité-
Benoît
Invitémerci !
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Martin
InvitéJ’ai aussi regardé l’émission et j’ai trouvé ça assez navrant. Ton commentaire, et les « faiblesses politiques » que tu mets entre parenthèses (qui sont globalement celles avancées par Burdeau) confirment mon impression, celle qu’on cherchait seulement à savoir si le film était « PDH-compatible » . Il a été plusieurs fois dit que le film était « problématique » (terme selon moi à bannir quand on parle d’art) ou encore qu’il « échouait », vis-à-vis d’objectifs qui, il me semble, n’étaient pas ceux d’Herzi. Contrairement à toi, j’ai beaucoup aimé la scène du concert lesbien, parce que réaliste, parce qu’inédite, parce que longue (je n’ai pas compté combien de fois « vive les lesbiennes » est crié, mais j’ai aimé cette répétition, cette imposition). J’ai aimé aussi l’acteur au handicap facial (Gabriel Donzelli, dont je pense qu’il est davantage là grâce à sa mère que grâce à son handicap), tout simplement parce que c’est un bon acteur et que sa présence apportait tout le temps quelque chose aux scènes. En effet, ils sont passés à côté du film, et que le mot « naturaliste » n’ait jamais été prononcé me semble être un problème, notamment vis-à-vis de la majorité de ceux qui verront l’émission et n’auront pas vu La petite dernière, et parce que cette précision me semble cruciale même quand on veut se concentrer sur les aspects politiques du film. J’ai maintenant hâte de voir le TVB.
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Benoit
InvitéOui j’ai écouté aussi. Émission dispo ici : https://www.youtube.com/live/qYkEW8bZfqY?si=kUDOAUOReFe-6I5e
sans voir le film, et en les écoutant seulement, on peut penser à la manière dont ils en parlent, qu’il s’agit un téléfilm France 2 à sujet qui éviterait finalement son sujet pour casser les clichés pour épouser le registre de la réconciliation pédagogique universelle progressiste.
Le seul moment où on parle d’images (on ne parlera jamais de son) c’est pour dire qu’il y a des gros plans et parfois que c’est flou derrière… merci bien -
Carpentier
Invitél’acteur au handicap facial, Gabriel Donzelli / … / bon acteur et (que sa) présence qui apporte tout le temps quelque chose aux scènes
Cet élément d’inclusion d’un handicap améne quelque chose et non, je trouve: on remarque ce mec les premières minutes après son apparition dans le groupe de 3 qui branche Fatima à la cafet, ce perso/acteur à la gueule de travers mais ni plus ni moins que celui qui la joue lover (le 3e, pu trop de souvenir en revanche) et, très vite, il est dans la narration puis zou, ça déroule, je trouve
J’ai plus noté l’ambiance soirée dans l’appart bourge, les corps, les tripotages et manifestations sexuelles publiques, si porteuses de sens comme obligé dans les fêtes bourges (fake de décadence obligatoire dans ce milieu?) que la gueule du fils Donzelli en vrai.-
Carpentier
Invitérires: je viens de découvrir la gueule d’Édouard Geffray, le nouveau ministre de l’educ nat
Depuis 5 ans, je travaille avec pas mal de gens qui ont ces gueules là – à la Gontran, le cousin de Donald, celui de Mickey – (moi, je les appelle comme ça) et, gueule ou œil de traviole ou pas, putain qu’ils sont pénibles-
..Graindorge
InvitéEt zélé: il annonce 4000 suppressions de postes » effondrement démographique » oblige. Il n’y est pour rien: 5 gosses » dont certains sont dans le privé » dit-il
Hier j’ai attrapé au vol une photo de lui: ouh là me-suis-je-dit. Aloouinn? Pardon, fo pas se moquer du…
Bonne gueule donc … de salopard-
Carpentier
Invitéà moi aussi le ‘ 5 gosses ‘ m’a quelque peu éraflée
mais comme ça n’a que peu de rapport avec mon post-ciné sur ‘ les gueules de travers ‘ (et oeil du coup)
j’ai pas ramené cela ici-
..Graindorge
InvitéPas grave, pas la 1ère fois que ça deborderait du sujet d’ un topic Et je n’ai pas encore vu la photo de famille
Je parie que si la photo est en noir et blanc, on jurerait qu’elle est d’un autre siècle et pas du XXème-
..Graindorge
InvitéEt hier, pas pu te répondre sur les métiers qui disparaissent à cause des nouveaux outils et je ne sais plus dans quelle entrée
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Carpentier
InvitéSur ce sujet, je suis en ce moment plus particulièrement attentive et sollicitée par les chiffres impressionnants de préparation et livraison de colis et paquets pour les commandes en ligne; scotchée devant une pub que j’ai vu pour une première au ciné, qui valorise les livraisons, chez Amazon il me semble, avec paquets à ’ moindre emballage’ .
Une pub où le mec fait juste/simplement (sans intention péjorative ici) le taf d’un.e facteur.rice ’ à l’ancienne’ , quoi.
L’exemple des métiers à la poste, de leurs facettes multiples (je ne veux pas, non, parler d’évolution) leurs changements sur ces 10 dernières années est, par exemple, à pleurer.
Pour ceux et celles qui toutefois, comme moi, fréquenteraient encore les bureaux de poste.
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Jean Marie Bigard
InvitéQqun-e peut-il me partager le lien qui avait été fait (me semble-t-il) regroupant toutes les critiques ciné de François chez Transfuge ?
Amicalement,
Jean-Marie -
Jules
InvitéJe viens d’aller voir Le rire et le couteau (Pinho) à Bruxelles (il n’était pas encore sorti en Belgique). Waouh ! J’ai beaucoup aimé malgré/en raison de la longueur. Je n’ai pas beaucoup lu sur ce film ici (ou alors je suis passé à côté ?). Je suis le seul à avoir aimé ?
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MA
InvitéSi tu tapes Rire et le couteau dans la barre de recherche « Forums », tu retrouveras les avis de quelques uns .
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Alexandre
InvitéOui d’ailleurs , à ce propos, je demande solennellement pardon au Chantier pour avoir dit qu’on y naviguait mal sous prétexte que je n’avais rien trouvé sur un Lanthimos. En fait, je n’avais pas du tout utilisé cette barre de recherche.
Merci de votre indulgence.
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Dwl
Invitéen tout cas côté critique il y a surtout eu de bons/très bons retours. Pour moi il est assez haut dans les films qui sont sortis cette année.
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Cedric
InvitéIdem il est très haut.
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Jules
InvitéPareil !
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..Graindorge
InvitéVu hier Roma de Alfonso Cuarón. Beaucoup aimé ce film: le noir et blanc, le jeu de tous les acteurs et actrices, le chien Borras. Vu en Dvd et j’ai été très agréablement surprise: pour retrouver une scène, pas d’images petit format numérotées et parfois sombres mais une réplique et incroyable on retrouve tout de suite où on en était! Belle trouvaille!
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Dwl
InvitéUn Poète de Simón Mesa Soto qu’est ce qu’on en pense ici ? Des gens l’ont vu ?
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MA
InvitéJe n’ai pas supporte : je suis sortie de la salle malgre les bonnes critiques de la presse.
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Jules
InvitéLa formulation « je suis sorti malgré les bonnes critiques de la presse » m’a fait rire :D.
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Jules
InvitéMalgré les bonnes critiques de la presse, je n’ai pas envie d’aller travailler demain.
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Eustache
InvitéEcouté FB sur Nouvelle Vague, que je me refuse décidément à voir.
Il se trouve que j’étais une journée sur ce tournage (j’en avais parlé un peu ici) et outre l’amusement de la reconstitution, l’étonnement devant ce comédien (pour le coup, je connais vraiment bien le Godard des 60’s et j’avais le sentiment de l’avoir en face de moi), j’avais trouvé Linklater particulièrement à la cool, un peu désinvesti, s’amusant visiblement mais pas très habité par tout ça. Il faut toujours se méfier des impressions de tournage mais là, j’avsi le sentiment que tout ça serait un exercice bien vain. Quelque chose dans l’intervention de François a résonné fort, l’idée que Linklater serait bête et que parfois cette bêtise accoucherait parfois de beaux films. Etonnant! Je n’avais jamais réfléchi comme ça, mais en me souvenant de lui sur le plateau, je trouve ça très éclairant. Cette idée que la bêtise accouche de grandes oeuvres mérite une thèse en soi! QUels autres exemples de cinéastes ainsi? Tarantino?-
K. comme mon Code
InvitéJe suis étonné que Tony ne fasse pas ici d’insinuation déplacée sur les raisons qui te poussent à dire que Tarantino est bête.
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J’ai peu écouté Linklater parler de cinéma, juste une fois sur Le rayon vert de Rohmer, il ne disait pas des âneries. Mais je crois qu’il a bien un rapport folklorique au cinéma français. Un cinéphile bro américain qui aime ce goût-là. Je n’ai pas vu Nouvelle Vague, je regrette qu’il n’ait pas eu l’idée de cette reconstruction à l’iPhone — ou en tout cas avec une image qui donnerait l’impression d’un making-of d’aujourd’hui. Ça m’aurait au moins donné envie de voir à quoi ça ressemble. Parce que le tournage d’À bout de souffle ne ressemblait pas à À bout de souffle.—
Au grand regret de Tony, je dois dire que, non, je n’ai pas en tête de cinéaste plus ouvertement stupide que Tarantino capable de faire un bon film.
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Tony
InvitéSi on s’accorde pour dire que la bêtise n’empêche pas l’art d’advenir ça me va.
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K. comme mon Code
InvitéProust le disait déjà, mais on aura remarqué qu’il n’était pas le plus sot du lot.
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begaudeau
InvitéJe ne sais pas exactement si la betise accouche de grandes oeuvres, mais dans le cas d’espèce de Linklater c’est assurément une certaine betise qui l’a fait se lancer dans une aventure comme Boyhood – et pour un résultat magnifique. Comme sans doute il faut etre également bête pour se lancer dans son nouveau truc sur 20 ans. Bete, c’est à dire aveugle à toutes les bonnes raisons qu’il y aurait de ne pas le faire. Comme il fut aveugle à toutes les bonnes raisons qu’il y avait de ne pas faire Nouvelle vague, surtout s’il avait une certaine sympathie pour la nouvelle vague.
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Carpentier
InvitéLe jour où meurt Enrico Berlinguer, j’ai 18 ans.
… Notre patience est illimitée mais pas passive ni inerte …. disait-il dans son énième tractation avec le parti démocrate chrétien italien.
C’est en tout cas un moment qu’Andrea Segre met en scène dans le biopic Berlinguer la grande ambition.
Enfin vu, ravie.
Si vous pouvez, faut pas le rater.-
MA
InvitéMoi aussi. Premiere fois que j’entendais son nom pour ma part.
Mais envie d’en savoir plus sur les brigades rouges, compte aller voir du cote de Bellochio.-
Carpentier
InvitéSuis contemporaine de cette géo-politique là, ça ajoute quelque chose
et l’Internationale,
et tous les échanges, l’attente de la traduction, la tension avec le communisme de l’Est, filtré/rendu singulier pour l’Italie, tout le travail à visée internationale prolétarienne, annoncée calibrée Europe …
Ça, j’irais bien le revoir.-
Carpentier
Invitéje vois qu’il existe aussi un film de 1977 de Bertolucci et Begnini, un long dédié aux funérailles de Berlinguer,
ainsi qu’un documentaire (diffusion un peu ancienne sur arte notamment) qui semble axé aussi sur un des maires de Rome, un docu de certain Vrentoli,
à l’occasion,-
MA
InvitéIntéressant. Merci
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Carpentier
Invité* Benigni
* Ventroli, maire de Rome qui réalise
bref, à explorer si désir
y compris du côté de Bellochio en effet
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MA
InvitéLe mecano de la General de Keaton sur arte replay
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Carpentier
Invitéaaaaah découvert avec FB lors d’une soirée cinémathèque
mais ça c’était avant
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Dwl
InvitéNouveau format de Critikat, tentative de comprendre le regard chez Kéchiche en revenant sur la Vénus Noire. C’est pas la première fois que je vois cette idée, pas inintéressante, qui serait qu’on peut, en voyant ce qui advient dans ce film, mieux comprendre les thématiques qui façonnent le cinéma de kéchiche à savoir les corps et le regard.
Burdeau avait un peu fait ce travail dans sa critique de la Vie d’Adèle mais plus sous un angle bon regard/mauvais regard-
begaudeau
Invitéoui avec Kechiche il faut peut etre tout reprendre à zéro
recommencer le travail critique
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Stéphanie
InvitéMerci MA, quel régal.
Le garçon incassable de Florence Seyvos, ce roman revient sur l’histoire de B.Keaton enfant. Le style d’écriture n’est pas extra mais le parallèle que l’autrice fait avec son frère handicapé est intéressant.-
MA
InvitéUn bon dossier d’analyse du film : https://www.lecinematographe.com/docs/le_mecano_de_la_general_dm.pdf
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stephanie
Invitéà nouveau merci Ma.
Il est grand temps de passer aux 32h !
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K. comme mon Code
InvitéDans ce tweet, on trouve un lien qui donne accès à toute l’œuvre de Godard.
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Seldoon
InvitéMerci
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Seldoon
InvitéRavi de revoir La vie de Jésus l’autre soir au club de l’étoile. La discussion qui a suivi a mis les bons mots sur le film, malgré un Wissam qui arrivait les mains dans les poches pour parler d’un sujet dont, de son propre aveux, il ne connait rien. D’où une forme d’innocence dans ses prises de paroles, parfois jusqu’à la confusion. Heureusement qu’il est loin d’être bête.
En attendant la sortie de la vidéo, je retiens l’idée maîtresse suivante : le Dumont de ces années-là et exemplairement ici dispose le décor d’un film social, puis simplifie le réel, il le vide, pour atteindre les archétypes primitifs. La fille, la mère, l’arabe. On pense évidemment au western, avec les motos à la place des chevaux. Tout monte alors alors d’un cran, l’ennui des jeunes n’est pas que l’ennui de La Haine, c’est l’Ennui métaphysique, la question de qu’est ce que je fous dans ce monde. Et Dumont dispose les motifs – pulsion de mort, communauté mourante déjà foutue qui se raccroche encore à quelques symboles et au rejet de l’autre, virilités concurrentes, l’étranger comme menace mais aussi comme possibilité de régénération de la communauté, etc – et les fait jouer.
Jolie formule pour parler de la fin, où Wissam (après avoir pourtant loué l’amoralité du film) avait l’air de regretter que le film se pose la question du pardon ou de la résurrection du personnage principal alors que ce personnage ne reconnaît même pas de faute : François s’agace doucement, il n’aime pas les films où, après 2h à te démontrer les déterminismes qui font que le type ne pouvait faire que tel choix condamnable, il y a un coup de force scénaristique final qui fait qu’il prend conscience/apprend de ses erreurs. Il dit donc : ici il y a un coup de force formel. Freddy, le ciel, et dans ce raccord le spectateur se raconte ce qu’il veut. Le personnage n’est pas engagé dans ce coup de force formel.
Wissam a tout de même fini par mettre les mots sur la véritable source de son inconfort : encore une fois, un blanc viole une fille et tue un arabe, et encore une fois le film se demande ce qu’on fait du blanc, l’arabe est vite oublié. Même en positif : l’arabe est une possibilité de regeneration de la communauté des petits blancs. On ne s’interesse pas à lui pour lui même. Donc encore une fois un film centré sur les blancs. Dommage que la question soit arrivée si tard dans le débat, on aurait pu développer les aspects plus troubles encore (que les les archétypes primitifs) de Dumont, que la suite confirmera de plus en plus. Dommage aussi que Wissam n’ait pas relevé le petit tacle de François à l’occasion de la scène du café avec les insultes racistes. Scène qui, dixit François, capte exactement ce qu’est l’affect patriote. Il n’y a affect patriote que lorsqu’on a trouvé un Autre contre lequel se ralier. Il n’y a donc rien à en tirer politiquement. Je dis dommage, mais peut-être pas, c’était bien, probablement mieux, de rester sur le film. C’est un grand film qui vaut mieux qu’une discussion sur une évidente impasse tactique.
Sur scène il y avait notamment le réalisateur de PDH, qui n’a pas dit grand chose (ils ont laissé les 2 invités parler) mais ses rares interventions donnaient envie de l’entendre plus. Au sujet de la vision non idéalisée du Nord et de ses prolos, de leur non nettoyage par le film (pas de belle solidarité populaire contre mauvaise fortune bon cœur etc), de leurs gueules, de leurs défauts et de leurs actes condamnables, ce réalisateur dont j’oublie le nom a dit « faire matière des asperités ». Je retiens aussi.
Non mentionné de la soirée : le pinson de Freddy. Je le soupçonne grandement cet oiseau en cage, cage parfois recouverte d’un drap, oiseau auquel on fait écouter de la musique dont il ne peut savoir d’où elle vient afin de l’entraîner à la restituer, d’être le symbole – incarné – de ce qui arrive aux personnages du film. D’où mysticisme, intervention divine, ou en tout cas intervention supérieure et inaccessible à nous pauvres animaux. Et on chante, ou on met des uniformes de fanfare, ou on tue un arabe, ou on desire et tombe amoureux mais on ne peut savoir d’où ça nous vient.-
Mélanie
InvitéMerci Seldoon
Ravie que La Vie de Jésus ait été projeté. Film qui m’avait fort marquée, et dont ensuite j’ai trouvé qu’il n’était pas facile de parler, en tous cas pour moi ; on le reverra donc et on attend la vidéo du cine-club-
begaudeau
InvitéJe crois que seldoon a déjà tout dit dans son récit précis, la video ménagera peu de surprises.
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Seldoon
InvitéEn surprise il y aura quand même le point Durendal – Durendal qui sauf erreur n’a pas encore sorti de vidéo sur la vie de jesus mais ça ne saurait tarder.
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begaudeau
Invité« très mal filmé, comme tous les films de ces tafioles de cinéastes français », ce sera son avis
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Seldoon
Invité« Bourré de scènes inutiles qui ne font pas avancer l’histoire. Il y a même un moment où le groupe est assis sur des marches, ils ne font rien. MAIS POURQUOI TU L’AS GARDEE AU MONTAGE ? »
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begaudeau
Invitéc’est tellement ça
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Alexandre
InvitéJe vois que la réputation de Durendal traverse les frontières forumeuses.
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Charlie
InvitéBonjour,
Je suis avec intérêt vos échanges sur ce forum depuis quelques temps.
J’anime une émission de cinéma sur la radio associative Cause Commune 93.1FM.
La dernière est une discussion autour du cinéma dans l’ère Trump avec un débat autour de Une bataille après l’autre.Je serais très curieux d’avoir vos retours.
Pour la prochaine je pense qu’on fera une discussion sur le cinéma et la lutte sociale avec la sortie du film sur les Gilets Jaunes avec peut-être François si ça l’intéresse d’y participer ! Ça serait un honneur pour nous
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begaudeau
Invitémerci, je vais découvrir ça
merci aussi pour l’invitation, mais peut etre pas sur dossier 137, dont on parlera dans le TVB 4
une autre fois-
Charles
InvitéJ’espère qu’il y aura un TVB sur Agent secret en décembre (avec le Kechiche ?).
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begaudeau
InvitéKechiche dans l’émission de début décembre, L’agent secret dans celle de début janvier
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Charlie
InvitéMerci beaucoup pour votre retour. Pour l’émission cinéma et lutte sociale je ne pensais pas à Dossier 137 mais plus à Les Braises de Thomas Kruithof et parler plus globalement de la représentation de la lutte pour le meilleur et le pire (Loach, Brizé, Ritt etc…)
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begaudeau
Invitéok
je verrai les braises alors
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Alexandre
InvitéQuestion urgentissime.
Le dernier Hong sang soo est-il indispensable?
Là où j’habite, ce soir est la dernière séance et comme j’ai peut-être un autre projet, je voulais faire le bon choix.-
MA
InvitéIl vaut en tout cas le detour. C’est tres fin, bien vu et bien amene. J’espere ne pas t’induire en erreur : quelle responsabilite!
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Alexandre
InvitéEt bien tu seras ma boussole du soir.
Merci!-
Stéphanie
InvitéLa mienne aussi.
Ce qui me vient toute de suite, c’est son regard sur l’art et la poésie, ce poète ivre, solitaire m’a bcp touché.
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Alexandre
InvitéJ’ai aimé le Hong Sangsoo malgré, ou avec?, une certaine ingratitude de l’image dont la définition est spongieuse avec des contours striés comme si on avait filmé d’une façon certes précise un film déjà diffusé sur un écran.
Cela participe d’une esthétique de la soustraction plutôt que de l’ajout. L’absolu contraire du baroque, en quelque sorte. Un cinéma frugal.
La caractérisation sociologique des personnages m’a parue en effet très fine et jamais univoque, d’un côté (le jeune homme) comme de l’autre (la famille). Si les deux filles m’ont semblées sommairement écrites, j’ai adoré les parents, subtilement dessinés, avec leur côté « babas » embourgeoisés. Reporté à la France, je l’imagine, lui, cadre à EDF, propriétaire d’une maison secondaire, proche de la retraite et hypersensible à l’écologie. Avec un compost au fond du terrain, sur lequel il veille jalousement.
La scène du repas (c’est quoi ces « branches » qui recouvrent les plats??) est un véritable morceau d’anthologie…de chambre.-
Mélanie
InvitéLe coup du « test » du beau-père pour voir si le futur gendre tient l’alcool
c’est une blague, ça n’est pas fait exprès, mais on glisserait tout de même de l’émotion vers une sorte de froid bizutage ?
j’ai senti presque tout le temps un malaise : avec l’impression que les échanges famille VS futur gendre sont toujours sur la ligne de crête de la tenue vis à vis de qqun qu’on rencontre. Puisqu’on est la famille, on se permet des questions et des commentaires ? Les commentaires sur les lunettes, la moustache ? Et en même temps c’est de la curiosité, et un contact familier touchant ?
en tous cas j’ai trouvé ça juste et passionnant, tout en ayant envie de faire une petite sieste, ce qui m’arrive parfois devant les HSS ou d’autres films calmes-
Alexandre
InvitéPar rapport à l’alcool, je pense que le père aime picoler en fin de repas de bons digestifs de derrière les fagots et qu’il la joue « complicité masculine » avec le « gendre ». A la fois pour le mettre à l’aise et le décoincer un peu. « Test » est à prendre dans ce sens plus qu’à celui de traquenard perfide.
Et le fait est que Donghwa n’assure pas une cacahouète au bout de quelques verres (rires)-
Alexandre
InvitéCela dit il y a en effet un malaise intéressant dès le départ et dès la rencontre avec le père. Et j’ai peut être tort mais le fait que le père de Donghwa soit un avocat célèbre me paraît relever d’un certain superflu scénaristique. J’ai le sentiment que j’aurais pu m’en passer.
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MA
InvitéJ’ai eu l’impression que certaines images étaient volontairement un peu floues, ou c’est moi?
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Alexandre
InvitéC’est ce que je disais. L’image est globalement ingrate, mal définie, mal « contourée ».
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Barbara
InvitéJe me suis dit pendant la séance que l’image était floue car on voyait comme le personnage qui ne mettait pas ses lunettes et qui dit à un moment qu’il a appris à aimer ça
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Alexandre
InvitéOui mais là, le flou a bon dos.
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MA
Invité@Barbara
Je me suis dit la même chose -
Barbara
Invité@Alexandre Oui peut-être. En tout cas ça m’a parlé, surtout avec le dernier plan du film particulièrement flou qui zoome sur la tête du gars. Sa voiture est pétée, il est sur le bord de la route après s’être tapé une honte monumentale chez sa belle-famille et s’être fait dézinguer en règle par les beaux-parents. On sait toujours pas si c’est un artiste incompris, comme le suggérerait sa balade dans le jardin la nuit pour regarder les fleurs, ou un raté qui se raconte des histoires comme le pensent les parents et comme on peut le penser aussi quand il se met à déclamer complètement arraché un poème médiocre.
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Mélanie
Invitéoui, je n’ai pas vu de traquenard perfide, rien de prémédité
mais le résultat de la soirée alcoolisée – de la journée alcoolisée – m’a fait penser à un côté bizutage
notamment quand le couple de parents se retrouvent dans le conteneur après, continuent à boire et fumer et critiquent
ou un côté entretien d’embauche
enfin, comme quand on rencontre une nouvelle personne ?
la vie, quoi ?
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bibinard
Invitéon sent hou
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Ostros
InvitéBugonia de Lanthimos
sortira le 26 novembre
Encore 3 semaines à attendre… -
Eliot
InvitéJe ne peux pas croire qu’il y ait pu avoir un goût ici pour La Petite Dernière alors qu’il me semble que ce que FB a pu prendre le temps de détailler dans CUM dans ce qui peut se faire de plus pauvre dans l’art (style art militant par ex) on le retrouve dans le Herzi. Premièrement l’entreprise de blanchité d’un personnage algérien qui est au travail m’horrifie, pas vous? Le film a une esthétique bourgeoise qui envoie des signes d’autre chose, vraiment le pendant le plus crétin du progressisme libéral intégré. Ce film ne fait quasi que nous envoyer des signes, normalement ici on est allergiques aux signes? C’est un film qui n’existe pas, qui n’a pas de vie, qui évide la vie tout en pastichant toutes les deux secondes La Vie d’A mais vraiment la Vie d’A au wokistan et sans vie (on a plus de bolo mais des nouilles au soja). Un film qui cherche sans cesse le consensus, aucun conflit, aucun trouble, aucune existence, le film n’existe pas. Je veux pas dire qu’il faut nécessairement du conflit pour tendre au grand film, mais sur ce sujet là on se fout de notre gueule. Tout ce qui pouvait faire cinéma au sens véritablement de faire des scènes est évacué, c’est quoi ce bordel. Tout est simple, tout coule (comme les préparations chocolat / citron pour les madeleines). Comment peut-on croire une seule seconde que ce personnage a du mal à s’exprimer puisque tout coule et tout se passe bien? On se fout de notre gueule? Sa maman la défend toujours et est adorable, son père sur le canap prend tout le temps sa défense. Pourquoi t’es au placard Fatima tout va bien dans le meilleur des mondes libéraux??? Tu vejx coucher avec des femmes ? Les femmes du monde entier coucheront avec toi y’a aucun problème. J’en connais des gens au placard ça ne se passe pas comme ça on se fout de notre gueule. La seule chose qui fait conflit c’est le rapport à l’Islam et il me semble que c’est le plus important du roman – je ne l’ai pas lu – mais là encore une fois on nous fait pas des véritables scènes, on nous fait des signes (elle prie = ohlala elle est vraiment attachée à sa religion c’est dur). Jamais de scène qui nous détaille véritablement quel est ce conflit.
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J’ajouterai des commentaires sur des choix esthétiques + que douteux, foireux et qui me font éprouver ce manque de vie. La scène de drague au bar lesbien. Les deux actrices chuchotent presque, alors qu’on entend une musique plutôt forte derrière. Aucun moment de friture, d’incompréhension – Pour une actrice qui fait un film qui se concentre sur ses acteurs et leur gueule, encore une fois on se fout de notre gueule. Elle les fige dans ses plans serrés comme si elle avait peur qu’ils débordent du cadre. À la manière de Kéchiche, sans la vie. L’actrice qui joue Fatima a un super potentiel, un corps de cinéma tout à fait singulier et c’est la seule force du film, mais Herzi manque de respect à ce potentiel de vitalité (même si cette vitalité se trouve dans la retenue, la pensivité etc) – Encore une fois dans cette séquence de bar tout coule. Fatima est acceptée et désirée chez les blancs. À aucun moment sera remis en doute son corps, sa posture ferme, sa façon de parler. Jamais un seul personnage lui dira « tiens c’est marrant tu es musulmane vu que tu bois pas et t’es lesbienne? Ça se passe comment? ». On a jamais ce dialogue parce que le film en a rien à foutre de comment ça se passe.
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Moi qui ne connaissait pas le livre avant la sortie du film et qui est allé le voir sans me renseigner. Je tombe des nues quand à la fin elle dit qu’elle va écrire un roman. Ah bon ?? Tu aimes écrire ? Tu écris quand? Ah oui parce que parmi ses amis de lycée les zouaves elle elle a 17 de moyenne. Comment? Aucune idée. Mais du coup elle va écrire un bouquin parce que tout va bien dans le meilleur des mondes méritocrates. Vous inquiétez pas les arabes vous pouvez être lesbiennes, autrices sans heurts et avec un cadeau d’anniv de maman-
Mélanie
InvitéC’est marrant, pensant à CUM aussi, je me disais qu’elle avait réussi, sur ce sujet, à ne pas faire un film militant.
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K. comme mon Code
InvitéJ’irai voir le film ce week-end et je dévoilerai la lumière. Par contre, te lisant, je trouve que tu te permets de préjuger bien vite ce que serait la normalité d’un.e arabe dans les situations que tu mentionnes.
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Mélanie
Invitéet je ne parlerais pas non plus d »une « entreprise de blanchité »
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Eliot
InvitéJe pense ne préjuger de rien du tout. Je constate que Herzi a choisis en toute conscience de multiplier des rencontres arabe/blanc dans son film sans que jamais cela soit un problème effectif pour Fatima. Allez je vais être sympa, elle nous le donne à voir dans la façon dont F se comporte et s’intègre mal par exemple dans la soirée de fac (où un gars agissant comme un vigile lui demande un mot de passe, tiramisu – c’est un cliché de sketch YouTube). La séquence marche plutôt bien, quand elle est sur le canapé notamment. Mais ça dure deux secondes et ne lui vaudra aucun conflit pour la suite puisqu’elle est immédiatement désirée par le couple lesbien et amicalement par les 4 amis de fac blancs. Je ne crois pas préjuger de la normalité des arabes, je crois être assez renseigné sur des relations de ce type. Ou bien vivrons nous dans un monde à ce point de bisounours? Cf le moment où elle bastonne l’homo noir au lycée, elle lui pète ses lunettes et je crois qu’une prof passe dans le fond. Et elle ne se fait pas engueulée ???? Non elle a 17 de moyenne. Vous vous êtes déjà battus au lycée ou alors là aussi je fais des préjugés? Non, le monde que nous donne à voir H.Herzi est un monde aussi parfait que le petit buisson dans lequel F et Ji Ann vont se pécho. Je me souviens d’un ami qui m’avait raconté une anecdote d’ébats avec une milf dans des buissons, ça pique. Rien ne pique dans ce film. Les lycéens racontent d’ailleurs aller voir des milfs au début du film et ce sont fait apparemment lécher le cul. Ce film lèche doucement et sûrement le cul à la bourgeoisie culturelle. Comme la milf que rencontre F dans son premier date qui lui dit qu’un cuni c’est avec la langue molle parce c’est comme ça qu’il faut faire et c’est avec une langue molle que ce film est constitué. Et Non des femmes aiment avec une langue dure car il y a autant de clitos que de façon de le stimuler. Ce film est une succession d’anecdotes parce que ce film est bourgeois et falsificateur. Bourgeois car la seule problématique de Fatima est l’amour et son indentité. Bourgeois parce qu’il mime un décor réel alors qu’on dirait que chaque séquence est réalisée en studio d’une même facture qu’une école de ciné privée.
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Ce film n’a pas d’allure de film militant? Alors qu’est ce que vous avez bien pu voir que je n’ai pas vu (à savoir autre chose que de la tokénisation Netflix) Ce n’est pas une entreprise de blanchisation des arabes ? Il va me falloir me démontrer quelque chose parce que ce n’est pas sérieux. Comment défendre que ce film est autre chose qu’une ouverture au marché de personnages arabes consensuels?-
begaudeau
InvitéMais si ce film est militant, il milite pour quoi? C’est quoi la cause défendue? Le message? Que tout va bien? Drole de cause militante.
Sachant que tout ne va pas bien. Ce qui appelle développement dans Tout va bien.
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toni Erdmann
InvitéIl est vrai qu’au premier abord, l’absence totale de conflit dans le film m’a fait tiquer. La protagoniste est reçue avec le sourire partout, elle séduit les plus belles meufs de Paris, et personne ne la contrarie jamais.
Mais on peut tout à fait défendre ça par le fait qu’elle ne cherche précisément pas le conflit et qu’elle va s’évertuer à garder distincts les deux aspects potentiellement conflictuels de sa vie. Dans l’émission PDH, Louisa Yousfi insistait sur le mot « parallèle » et ça me semble pertinent : toutes ces histoires sont parallèles et non pas entremêlées.
Peut-être que le film travaille même subrepticement l’idée qu’une arabe peut intégrer le petit milieu branché parisien à condition d’être homosexuelle. Ça me fait penser à un texte d’Houria qui disait « un arabe homo et revendiqué comme tel n’est plus tellement un arabe (auprès des blancs) ».
Néanmoins, je doute qu’HH est une telle conscience politique. Et je suis d’accord avec toi, Eliot, quand tu dis « Comment peut-on croire une seule seconde que ce personnage a du mal à s’exprimer puisque tout coule et tout se passe bien? ». La gêne ne traverse jamais ce film et j’ai du mal à imaginer qu’une footeuse de banlieue comme elle puisse être si à l’aise dans une soirée d’étudiants en philo.-
Eliot
Invité« Peut-être que le film travaille même subrepticement l’idée qu’une arabe peut intégrer le petit milieu branché parisien à condition d’être homosexuelle. »
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Et l’idée est intéressante, mais ne fait aucune scène. Elle reste une idée qu’on peut aller chercher au fond du puit. Au plus j’y réfléchis au plus de choses me paraissent bateau. J’ai vu FB parler de naturalisme plus haut. Mais c’est une parodie de naturalisme. Quel naturalisme cinématographique se permettrait de mettre une musique extra-diégétique avec autant d’emphase pendant la séquence de la Pride? Quel naturalisme oserait utiliser les séquences de prière de Fatima comme simple outil de transition esthétisant? Etc etc. Par plusieurs moyens, militants et d’esprit bourgeois, le potentiel naturalisme est totalement parasité.
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« j’ai du mal à imaginer qu’une footeuse de banlieue comme elle puisse être si à l’aise dans une soirée d’étudiants en philo. » Elle est pas à l’aise, et les plans qui nous donnent à voir la rigidité de son corps plongée au milieu de la coolitude de fac blanche constituent les meilleurs plans et idées de situations du film. Ça s’arrête là et c’est complètement conjuré par d’autres éléments.
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Lacombe Lucien
InvitéArticle intéressant sur les deux dernières créations d’Harmony Korine, que j’hésite à qualifier de films puisqu’il parle lui-même de « post-cinéma » : https://debordements.fr/immersion-algorithmique/
Ça m’a fait pensé à ce que disais François dans le TVB sur Chien 51, le conseil qu’il donnait à Jimenez de faire du cinéma post-humain. Je crois qu’on est là-dedans.
En tout cas curieux de vous lire sur Korine et la tournure que prend son travail depuis Aggro Dr1ft, pour ceux qui les ont vu. -
Mao
InvitéJuste une question. Ce sentiment de dégout qui me saisit lorsque je vois passer une bande annonce avec Virginie Efira déguisée en gilet jaune, c’est normal ou je dois reprendre un valium ?
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Charles
InvitéUn valium ne fera pas de mal.
(C’est quel film?)-
Alexandre
InvitéLes Braises
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Charles
InvitéFranchement on a vu pire (je ne parle que de la bande-annonce évidemment). Evidemment, on l' »enlaidit » ou plutôt on la désérotise (moins de maquillage, cheveux teints, fringues moches etc.). Le problème est indémerdable parce que soit elle garde la même allure que dans les autres films où elle joue des bourgeoises (même si elle a en l’occurrence une filmo qui ne s’y résume pas) mais ça n’aurait aucun sens, soit on fait comme ça mais avec le risque du procès fait en condescendance. Ou alors on se dit qu’une star ne peut pas jouer une prolo car c’est trop obscène. Ce qui veut dire qu’on cantonne le cinéma mainstream à un cinéma plus ou moins bourgeois.
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Alexandre
InvitéVis-à-vis de cette bande annonce, ni envie, ni allergie. Il y a peu de chance, à priori, pour que je me déplace.
Personnellement, sur les Gilets Jaunes, j’ai aimé m’arrêter sur un docu que j’avais trouvé émouvant, donc mémorable : Un peuple, d’Emmanuel Gras.
Cela me suffit pour l’instant.-
Carpentier
Invitéet côté lecture, en 2019, le Vauvert, un ouvrage collectif, qu’on sait peut-être:
… Gilets jaunes, pour un nouvel horizon social / ….
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Carpentier
InvitéPour Efira, juste nostalgique de sa vraie fraîcheur lorsqu’elle a été découverte (présentatrice dans son pays puis en France, d’une émission chanson qu’on sait)
Après, au ciné, pour bouffer et durer un peu, à part s’embourgeoiser: quoi faire?
Une Adelehaenel sinon rien?
Ces gens font leur œuvre de bienfaisance en acceptant ces rôles?
Efira ou le devenir Lindon d’une Chouette Fille?-
Carpentier
Invitéje vois à l’instant la b.a. du film Les Braises avec le perso d’Efira qui à (son perso de mari?) la phrase suivante
– la prochaine étape c’est la prison,
répond:
…C’est pour nous tous que je fais ça pas pour moi
bon, à la mère nourricière, pas arabe certes il semblerait, on fout à l’écran l’épouse/mère sacrificielle, à qui on met un gilet jaune sur le dos, bon.
Efira lookée lessivée au réveil d’une nuit pas top top ressemble assez à L.Drucker, tiens
Léa Drucker qui patiente dans les coulisses programmation-sortie pour un film ‘ dossier …. ‘ sur les violences policières
tandis qu’une actualité sur Ste Soline dit enfin encore plus de ce réel.+ 2 films sur ma liste d’intentions du coup
pas de bonnes résolutions, eh – juste intentions de visionnages/ ciné
Les autres, paraît que c’est en janvier-
Carpentier
Invité*après * la mère nourricière / …
…. Léa Drucker qui patiente dans les coulisses de la programmation-sortie pour un film ‘ dossier 137 ‘ de D. Moll , un thriller-policier qui aborde les violences policières,
tandis qu’une actualité sur Ste Soline dit enfin encore plus de ce réel / ….
des récits, la saisine du parquet de Rennes, des fictions, …. jamais se taire,
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..Graindorge
InvitéUn autre: » Le fond de l’air est jaune » Éditions du Seuil. 2019
15 analyses de journalistes, historiens, sociologues etc
Le titre de l’une d’elle: « chaque fin de mois, la fin du monde. »-
Carpentier
Invitédans le premier que je côté, il y a, entre autres, un texte de FB
As-tu lu le second?-
..Graindorge
InvitéLe premier? Le second ?
« Carpentier
et côté lecture, en 2019, le Vauvert, un ouvrage collectif, qu’on sait peut-être:
… Gilets jaunes, pour un nouvel horizon social / ….
J’ai lu celui que j’ai cité » Le fond de l’air est jaune »
Tu veux/ peux partager l’article de B?
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Charles
InvitéMême sentiment que toi Alexandre. Je sens beaucoup de bonne volonté dans la bande-annonce mais aussi quelque chose de très attendu et scenarisé (l’ivresse et la joie des débuts, puis une participation qui devient financièrement intenable et brise le couple et les violences policières qui durcissent le tout). Ça a l’air très illustratif.
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Mao
InvitéJe prétends pas tirer des règles générales sur la représentation des classes pop dans le cinéma mainstream. Je partage juste , dans un premier temps, mon ressenti (de gj). Quand je vois Efira dans ce rôle, c’est viscéral. J’ai pourtant fondamentalement rien contre elle, ravissante, très bonne comédienne, mais je me dis non, c’est pas possible. Elle n’a pas osé. Mais faut croire que tout est possible au cinéma. Ça serait la magie du cinéma. J’ai quand même dans l’idée qu’une certaine forme d’éthique aurait dû conduire certaines personnes à s’abstenir de monter un truc pareil. A commencer par elle.
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Carpentier
Invité. A commencer par elle
rires
moui, c’est l’idéaliser non?
Elles aiment devenir/assumer l’hyper-bourgeoisie ces meufs là, vraiment: Foïs, Viard, Efira …
et pourquoi pas, si elle-même ne font pas semblant de, tout va presque bien-
Carpentier
Invité+ Huppert ….
Le dossier Huppert c’est encore autre chose,
mais bon
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Charles
InvitéMais c’est Efira le problème ou le fait qu’on fasse un film un peu mainstream sur le sujet?
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Mao
InvitéHonnêtement, je ne saurais dire exactement. J’ai l’impression que le film n’existe que parce qu’elle y tient le rôle principal. Qu’on aurait tout aussi bien pu y mettre Cotillard, Cottin, Gainsbourg ou Deladonchamps — peu importe. C’est certainement aussi le sujet qui me rend particulièrement sensible le sentiment de dépossession que produit immanquablement toute forme d’appropriation commerciale d’une histoire qui a été vécue. C’est assez violent de voir comment nos vies deviennent matière à fiction quand le cinéma n »est plus qu’une vaste entreprise de falsification. Je dis que c’est violent, mais au fond, je trouve surtout cela ridicule. J’imagine tellement les histoires qu’Efira a dû se raconter pour se justifier de faire un truc pareil. Les conversations avec son agent, les producteurs, le metteur en scène… Je ne vois pas comment un seul GJ pourrait supporter de voir un truc pareil.
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Etienne
InvitéLe film est soutenu par Jérôme Rodriguez
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..Graindorge
InvitéLa ritournelle: récupération par le système capitaliste.
Comme pour y mettre un point final: on fait notre beurre de tout. Circulez…
Quant à Jérôme Rodrigues: 1) il n’est pas TOUS les Gilets Jaunes mais UN Gilet Jaune. 2) je ne connais pas ses motivations, ses raisons pour soutenir un film que je n’irai pas voir ayant vu la B.A et lu ici.
D’autant moins qu’ il existe des livres et des documentaires de qualité. 3) Jérôme Rodrigues a aussi le droit et à l’erreur et à aimé ce film. Mais en tant que spectateur Sans plus-
Etienne
InvitéC était pour revenir sur le fait je cite : je ne vois pas comment un seul gj pourrait supporter de voir un truc pareil.
De plus son avis ( celui de Rodriguez) est partagé par de nombreux gj ( cf ceux et celles qui le suivent sur sa page fb)
Le mouvement gj étant tres hétéroclite je vois pas comment le film pourrait être adoubé ou rejeté d ailleurs.-
Charles
InvitéD’accord avec Etienne, d’ailleurs des Gilets Jaunes ont participé au tournage. Il serait assez étonnant que tous les Gilets Jaunes aient le même avis sur le film. J’imagine que certains le trouvent juste, d’autres obscène et peut-être que d’autres sont au contraire très contents d’être interprétés par des stars comme Efira.
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..Graindorge
InvitéJ’ai dit:
« Rodrigues a aussi le droit et à l’erreur et à aimé ce film. Mais en tant que spectateur.Sans plus. »
une fois retiré le gilet jaune, ce sont des gens comme vous et moi avec leurs goûts. Et je peux me tromper mais parmi eux, on trouve des capitalistes pauvres. Lorsque je lis certaines de leurs doléances et revendications dans le livre ‘ Le fond de l’air est jaune » : s’acheter des fringues, pouvoir amener leurs enfants au MacDo, pouvoir payer la tournée au bar du coin, aller plus souvent au cinéma, s’acheter un nouveau sofa ( même si l’ancien est encore valable), aller plus souvent au restau etc…Tout ça est très bien. C’est la vie. Et il faut continuer à batailler pour augmenter les salaires, le pouvoir d’achat etc..
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Mao
InvitéQuand je dis : » Je ne vois pas comment un seul GJ pourrait supporter de voir un truc pareil. ». Je ne fais que rendre compte d’une sensibilité. La mienne. Et sans doute celle de quelques autres. Si vous me dites que quantités de gj adoubent le film je veux bien en prendre acte mais ma perplexité reste entière et ça me désole plus qu’autre chose. Comment peuvent-ils apprécier un truc pareil ? D’une manière générale, je ressens toujours une certaine gêne – qui peut parfois aller au delà de la gêne – lorsque je vois des sujets que je connais bien (mal)traités par la fiction. Les médecins de fiction, les avocats de fiction, les profs de fiction, les flics de fiction, les gilets jaunes de fiction etc…
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Mao
InvitéJ’ai dans cet ordre d’idée une sainte horreur des biopics.
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Carpentier
Invitéet les psys de fiction?
perso, ça me laisse totale indifférente
contrairement à la disparition des cordonniers par exemple ^^ -
begaudeau
InvitéEt que dirait on de le VOIR ce film?
Quant à moi je le verrai, quoique assez sûr qu’il ne va pas m’enchanter. -
Mao
InvitéI would prefer not to. Inutile d’insister.
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Carpentier
Invitépareil
ou du moins, avant Virginie, j’ai en tête Ce que la nature te dit et le Chien 51 là qui, comme dit plus avant ici, me tente bien, au moins pour les plans drones que le MDC sauve dans la partie du TVB dédié -
Carpentier
Invitéet tant qu’à monter dans les tours au ciné, je choperais bien une séance du Deux pianos
Qqn.e s’y est risqué? -
begaudeau
Invitéc’est ton droit le plus souverain
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begaudeau
Invitéà Mao
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Carpentier
Invitédevant toute la distribution du film La Syndicaliste, une boîte ne suffit-sait pas
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Carpentier
InvitéPour Huppert et cie dans le film La syndicaliste, souvenir qu’un valium avait pas suffit
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Starfoulard
InvitéSuite au débat sur « Une bataille après l’autre », (j’arrive après la guerre ou plutôt la bataille LOL) il me semble qu’il reste une question critique qui n’a toujours pas été tranchée : pourquoi Paul Thomas Anderson a-t-il choisi de faire un film sur ce thème ? Il ne peut pas ne pas savoir qu’il tape à côté, si?
Et surtout, qu’est-ce qui, dans ce sujet, peut bien l’intéresser, lui qui ne s’est jamais montré particulièrement concerné par les questions politiques, ou alors seulement de façon très périphérique ? D’ailleurs, avec Samir la question de la pertinence politique du film vous a mangé une grosse partie du temps consacré au film. Peut-être qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à en dire? Sinon j’ai un désaccord sur la signification du fait que Bob regarde la Bataille d’Alger, : c’est pas juste qu’il est tourné vers le passé, c’est que tout le film a un rapport très distant et fictionnel à la politique. La révolution est un objet cinématographique et PTA nous le rappelle via une petite mise en abîme, quoi.
Rien que les nom, quand on y pense: Perfidia Beverly Hills, les French 75, Lockjaw, Ghetto Pat, Les aventuriers de Noël, le MKU. On se croirait (j’insiste) dans un comics à la The Boys.-
Carpentier
Invitédans un comics
yep,
ou/et avec une Perfidia laracroftienne sexy en diable;
Une bataille après l’autre, sacré chouette divertissement:
PTA qui se la coule douce avec ce film, en mode sa récré, quoi
Comme on disait volontiers de l’album Hot Space des Queen ou du Barcelona-autokif de Mercury – on oublie ceux qui parlent beaucoup trop vite de ‘ merde’ ‘?
on oublie, ça les excité juste ces bourgeois de dire ces mots si peu transgressifs, sauf pour eux.
Leurs frissons érotiques (mdr)
so what? qu’ils se payent ce luxe, les Queen, PTA, perso j’approuve;
et, pour ceux/celles qui vénérent PTA, on va se calmer, soit vous le retrouverez sur une prochaine production, votre artiste faiseur de chefs d’oeuvres, soit vous vous essayez un peu dans sa spécialité: passez un peu à l’acte, quoi
Faites-en des films. -
begaudeau
InvitéNous répondons à ta question
1 PTA veut faire son film grand public
2 le grand public c’est forcément de l »action
3 en ce moment dans les tendances il y a le radical chic – que j’ai associé à Netflix
4 son petit tropisme seventies le pousse à trouver tres sexy les black panthers au féminin
1+2+3+4 = un film d’action avec des contestataires afro-américaines-
Starfoulard
InvitéOk ! Merci pour la réponse, je sais pas si j achète à 100% mais c’est intéressant
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Dr Xavier
InvitéJe recommande le très bon film Déserts d’un certain Faouzi Bensaïdi, on y voit deux collecteurs de dettes pour une boîte de crédit arpenter les campagnes marocaines et pourchasser les débiteurs surendettés. Sur une trame qui paraît larmoyant sur le papier le film est très sec dans sa première partie, pas de cris, pas de pleur, nulle musique pathétique (nulle musique tout court d’ailleurs pendant plus d’une heure), juste de la négociation et des menaces maladroites et peu convaincantes des deux collecteurs-prolos en costume fripé. La caméra est plantée et fixe longuement les échanges, les tentatives d’amadouement, et aussi les conséquences (très beau désossage intégral d’une petite épicerie minable). On n’y parle que d’argent, les transactions sont permanentes (par la parole, puis monétaires, puis par la saisie de biens pour celleux qui ne peuvent payer, ici un tapis qui sert de matelas pour les enfants, là une chèvre), et les collecteurs-prolos sont invités à redoubler d’ardeur après une séance de management musclé par la cheffe d’entreprise de la boîte de crédit (qui et la seule personnage à saupoudrer son discours de mots et expressions en français). La deuxième partie est un peu moins convaincante, le réalisateur quitte les scènes terriennes pour partir dans des idées plus métaphoriques et oniriques, c’est beau mais plus convenu (et d’ailleurs, c’est là que commence à arriver de la musique planante, dommage). C’est plus deux court-métrages d’une heure chacun collé en un film, mais la deuxième partie ne répond pas bien à la première.
De toutes façons je recommande bien tard, aujourd’hui est le dernier jour de la dispo du film sur Arte. -
Charles
InvitéL’équipe de Sortie de secours a sorti la sulfateuse contre La petite dernière (après avoir encensé le Linklater), dézinguée en tant que représentante du tout venant du naturalisme qui a détruit le cinéma français, rien que ça. Plus la discussion avance, plus ils sauvent quelques scènes et quelques personnages mais leur opinion globale reste très négative. Pas encore vu le film, que je n’irai voir que sur la foi des quelques retours critiques lu ici car il est vrai que la bande-annonce joue contre lui et renvoie plutôt à ce qu’en disent ces critiques.
Sinon, Momcilovic est un peu pénible dans sa façon de défendre le Bigelow en passant comme d’habitude au-dessus de la persona du cinéaste et du film. C’est une exagération critique très commune, en France en tout cas, de faire complètement abstraction de ce que dit un cinéaste, de ses intentions pour n’en garder que les idées de mise en scène qu’on croit percevoir. Ici on nous ressort la tarte à la crème critique de Bigelow la cinéaste avant-gardiste et conceptuelle parce que quand elle avait 25 ans (c’est à dire il y a plus de 45 ans) elle a commencé dans ce milieu (pour quand même très vite s’en éloigner). Donc Bigelow cinéaste abstraite, sans qu’on sache en quoi. Joudet est aussi un peu en roue libre (même si elle a à moitié raison sur l’indistinction temporelle du film) qui nous dit tranquillement qu’elle ne peut plus avoir d’empathie pour les Américains car elle les déteste.
C’est dommage cette émission qui vire trop souvent au concours de la plus grosse idée contre intuitive (Momci en est un spécialiste) entourée du maximum d’outrance de mecs et meufs blasés par l’état actuel du cinéma.-
Tony
InvitéIls sont de plus en plus nuls,sur le film d’Herzi ils sont ignobles,je ne comprends pas ce qu’ils entendent lorsqu’ils disent que ce n’est pas du cinéma,sur le cliché de la famille arabe et la mère qui cuisine personne ne note qu’elle fait des madeleines, c’est intéressant ça, cliché vraiment?le seul vraiment intelligent de la bande,Orignac, n’est pas là, ils sont catastrophiques.
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I.G.Y
InvitéJe n’ai pas encore vu le film mais quand je parcours ce qu’en disent ses détracteurs-destructeurs, les arabes comme-ci ou comme-ça c’est pas crédible etc… je me dis une chose simple : le récit a une accroche réelle qui est un livre autobiographique. Du point de vue des faits, le film travestirait donc le livre? Le livre serait entièrement mensonger? Je n’ai pas lu les destructeurs en parler. Question.
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begaudeau
InvitéDe toute façon tout procès politique (et en fait moral) fait au film est facile. Est un piège trop facile à tendre.
Et la meilleure façon de passer à coté de la force du film.-
Eliot
Invitéla force qui est?
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Eliot
Inviténon parce que je veux bien que le procès politique soit facile (peut-être parce que le film a une volonté politique qui est très facilement contestable, mais pourquoi ne pas le faire ?) mais maintenant esthétiquement c’est quoi la force ? Si un travelling est affaire de morale, et je le pense, alors elle est où la force esthétique (donc morale) ?
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begaudeau
InvitéLe TVB 4 sera en ligne jeudi soir
Je tacherai d’y détailler la force du film. Tout est dans le détailler.-
Eliot
InvitéAh je pensais que tu étais un faux compte puisque j’avais vu que le vrai FB avait son nom en entier et qu’on pouvait cliquer dessus. Toujours est-il que c’est exactement ce que je demande une possibilité de détailler donc j’écouterai quand ça sortira. Néanmoins je doute de la possibilité de tenir plus de 5 minutes sur les forces du film 😉
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Ne pensant pas m’adresser à FB je demandais le détail aux sitistes qui ne font pas dans le détail sur ce film-
Billy
InvitéJ’ai détaillé plus bas ce que j’aime du film.
J’ai lu ce que tu as écrit . Tu reproches au film l’absence de conflit et ça en ferait un cinéma bourgeois. C’est un argument facile à retourner : le conflit est la norme scénaristique des séries et des films produits sur scénario. C’est la norme bourgeoise de la fiction.
Ce qu’elle vit est au delà du conflit de personnes.
Fatima vit un dilemme intérieur qui la dépasse, et aucun humain ne peut l’aider, comme dans les grandes tragédies.
Finalement sa famille et ses amours l’acceptent telle qu’elle est (sa mère voit bien qu’elle est masculine, sa soeur lui dit qu’elle n’est pas assez « efféminée » c’est bizarre comme mot. C’est pas un mot qu’on utilise pour parler d’une femme. Et ses amantes savent qu’elle ne boit pas d’alcool), et malgré l’acceptation des autres, elle reste coincée dans son dilemme. Personne ne peut la sauver.-
Eliot
Invitéj’ai justement écrit que je ne voulais pas généraliser en disant que conflit dans un film = grand film et pas de conflit = mauvais film. Je veux dire que pour un tel sujet, éviter absolument et à tout prix la conflictualité est un choix plus que douteux mais apparemment personne veut prendre plus de deux secondes pour y réfléchir j’ai l’impression. J’entends ce que tu dis : au delà du conflit de personnes et tragédie et j’y réfléchis
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Charles
InvitéIGY : Ribeton en parle dans Sortie de secours et reproche au film de simplifier et lisser le livre.
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I.G.Y
InvitéOk, merci (j’ai préféré de pas écouter cette partie du SdS sur le film avant de le voir). J’ai vu que Stéphanie disait du film qu’il était une adaptation « très libre » (Avis Littéraires 4).
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K. comme mon Code
InvitéQuelqu’un sait s’il existe un service de VOD qui permet de prendre des captures d’écran du film qu’on a acheté ? [Ou s’il y a un moyen de contourner ça…]
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Ostros
InvitéJe l’ai fait sur Universciné
Avec la touche de capture d’écran du clavier-
K. comme mon Code
InvitéJustement, c’est sur Universciné que ça ne marche pas pour moi. Sur Mac.
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Ostros
InvitéMac je n’y connais rien dsl.
Peut-être demander sur Reddit.. -
Seldoon
InvitéDe nos jours j’en suis réduit à transmettre mon écran à un vieil enregistreur Atomos par HDMI, enregistrer la vidéo dessus et ensuite en tirer des captures. Ce qui prenait 0,5 seconde met maintenant 2h.
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toni Erdmann
InvitéSi c’est juste pour des capture d’écran et pas des captures vidéos, je te conseille le plug in chrome « Video Screenshot » qui fonctionne très bien.
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K. comme mon Code
InvitéÇa marche bien ! Merci.
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MA
Invité -
Billy
InvitéJ’ai trouvé La petite dernière très beau et émouvant.
Comme ce plan où Fatima regarde la fenêtre de l’appart de celle qu’elle aime et qui l’a quittée. Une larme coule alors elle prend un pschit de ventoline.
Asthmatique, elle doit se ressaisir et respirer.
Mon émotion de spectatrice est libérée parce que l’émotion du personnage est coupée par la ventoline.
Mon émotion libérée par l’interruption de la sienne.Le film a un côté grand public, doux. Il ne heurte pas le spectateur. La musique ne dissone jamais. La famille de Fatima fait de la figuration dans le film, les scènes ne sont pas géniales. Mais je sais aussi que quand on commence sa vie d’adulte, la famille fait de la figuration.
Pendant la projection, je me disais que je saurai pas forcément reconnaitre un plan d’Hafsia Herzi. La caméra filme proche des corps, caméra épaule de cinéma naturaliste. On pense à Kechiche quelque fois, quand la fille morve.
Mais Herzi fait aussi quelques plans fixes sur des corps de femmes. Lors de la première fois de Fatima avec la jolie allemande, on voit le corps de son amante nue de dos dans les draps. Ces drapés, ce travail pictural était déjà là dans Tu mérites un amour. Elle aime ce travail pictural, une fille dans le film compare d’ailleurs Fatima à la Joconde. Il y a de ça dans le travail d’Herzi : un amour pour le mystère du visage de son actrice.
Filmer ce mystère sous tous les angles.Je ne saurai pas forcément reconnaitre les plans d’Herzi, mais je saurai reconnaitre le jeu de ses acteurs, leurs voix atones.
Quand elle joue, Herzi a un jeu un peu « mou », elle semble regarder dans la direction de son interlocuteur mais dans le flou. Elle a un peu le regard dans le flou de Marylin Monroe.
Hafsia a aussi une façon de parler un peu atone. Quoi qu’elle joue, et même si elle est l’actrice principale (dans Borgo, dans le Ravissement, dans Tu mérites un amour), elle a toujours cette voix atone qui lui donne l’air de subir ce qui lui arrive, de ne jamais en être moteur, d’être emportée.
Et elle transmet ça à ses plans, et à son actrice. Elle enlève le nerf de ses scènes. Scènes atones, personnage principal désirant-emporté. Fatima subit ce qui lui arrive : son asthme, sa foi, sa sexualité.
C’est le fait principal du film pour moi : enlever le nerf là où n’importe qui en aurait profiter pour amener le conflit et l’hystérie.
En cas d’excès de nerf, prendre de la ventoline.Son film est doux, comme l’était Tu mérites un amour. Et je ne vois pas pourquoi cette douceur serait à mettre au discrédit du film.
La douceur vient du fait que le conflit n’est pas dans sa famille , il n’est pas non plus avec ses potes de lycée ou de fac. Le conflit est en elle.
On voit Fatima prier plusieurs fois, et chaque fois elle est seule. C’est une foi intime. Après sa première rupture amoureuse, on la voit prier. Elle prie pour aider son ame. La prière vient l’aider, alors que foi et homosexualité sont incompatibles. Mais en elle, c’est compatible.
Elle a un dilemme, ça pourrait finir en tragédie, mais elle veut vivre. Son désir et sa foi incompatibles et compatibles en elle.Son médecin contre l’asthme est parfaitement bizarre et génial.
Le film est doux mais ne la libère de rien : elle est amoureuse, croyante, et à la fin, elle est seule sur le terrain de foot à faire ses petits jongles.
Fatima vit son dilemme intérieur et l’aveu à sa mère n’y changerait rien.
Le film doux ne la libère pas.-
begaudeau
Invité« Son médecin contre l’asthme est parfaitement bizarre et génial. »
Enfin une mention du personnage qui, surgissant dans le film sans nécessité narrative, m’a fait comprendre où était la force de ce cinéma-
Dwl
InvitéComplètement d’accord, c’est fou comme une scène qui aurait pu être si banale avec quelqu’un d’autre prend autant d’ampleur avec un personnage comme celui-ci. Je me rends compte que ce sont finalement les moments où j’ai pris le plus de plaisir devant le film.
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Carpentier
Invitéah mais oui, c’est vrai: le pneumologue hallucinant au casino d’Herzi
– benh voilà, rangé vite fait dans les bizarreries mouais sans m’y arrêter – la faute à l’hyper inclusion institutionnelle, ça : )
Pu rien ne m’étonne, tout ou presque devient ’ normal ’ ou plutôt banal à ne plus m’arrêter sur rien;
C’te tristesse.
pfffffff, Carpentier, putain: qu’est-ce qu’on va faire de toi?-
Carpentier
Invitéau *CASTING* d’Hafsia (merde)
après, ce post n’en reste pas moins du charabia-galimatias
au moins, les corrections de la tablette les rendent drôles ces posts, n’est-ce pas?
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Carpentier
Invitéj’attends pour Chien 51, là et viens de voir la b.a. de Gerald Le Conquerant ✌️
oh yeah 🙏-
Carpentier
InvitéMe suis pas ennuyée un instant, dans le sens où j’y ai cru (le bâtiment-ferme, les lectures de données lookées actuelles, on les tolere bien plus moches depuis pas mal de James bond donc alors? –
vite fait agacée, oui, peut-être avec le moment christique-sacrifice Boss des blackwalls (un sosie donc?)
et lorsque Zem flotte, touché pour grimper sur l’un des quais de l’île St Louis (? avant de biper)
Mais sinon? marché à fond (je sais, je suis désespérante) et j’ai adoré cette sorte de dystopie proche, dystopie et pas, si plausible, au décodage si accessible pour moi (car souvent j’y entends peu à la sf et autres)
Et puis, Paris: Pa-ris, quoi.
J’ai lu musée Guimet et station Pont Cardinet, entre autres, au générique
– La première séquence m’a conquise direct, brute, vive, jusqu’au compte désactivé du perso de Lellouche.
Et celle où celui d’Adèle E., à la morgue, se planque des 2 drônes: benh oui, pas eu autant d’excitation-trouille de pré-ado, je crois, depuis celle du velociraptor dans les cuisines d’un Jurrasic Parc.
Bon, je vais ré-écouter attentivement la partie TVB dédiée car franchement, même sur la séquence ’ fesses ’ , vous déconnez quelque peu les 2 : )
De profil, galbées, un plan de 3 secondes max avant d’être immergée, rien de notable – sauf si on est deux mecs peut-être.
Le look du perso d’Adèle rappelle celui d’une Nikita, de la grande sexy dans les Taxis, bien vu et bien campé: elle est forte cette jeune femme, chouette actrice.
Me suis lassée, je m’en aperçois là en revanche, de R. Duris, bon, il va s’en remettre et moi aussi.
Tout est bien.
Y compris Artus (contente de le voir là)
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Tony
InvitéJ’ai vu l’inconnu de la grande arche et vous?L’ayant vu il y a deux jours je me rends compte que je l’ai déjà oublié, à part une patine vintage amusante, quelques bonnes idées et deux bons numéros d’acteur, Michel Fau et Xavier Dolan,il ne m’en reste pas grand chose si ce n’est cette coincidence thématique avec The Brutalist qui reconduit l’idée du génie entravé par les puissances de l’argent avec ici le folklore de la monarchie présidentielle que la cohabitation de 1986 mettra au pas,je me demande un peu quelles étaient les intentions de Demoustier, peut-être une certaine nostalgie de ces trente glorieuses dont on voit ici la fin .
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begaudeau
Invitéoui drole de film
modeste
ni bon ni mauvais, bien au contraire
un cinéma du milieu
surtout je vois ici ce que je voyais dans les deux premiers : une étrange inappétence pour le cinéma
on peut deviner dans quelle filiation se situe demoustier
on précisera dans TVB -
Carpentier
Invitémis sur ma liste d’intentions de prochains visionnages, yep
retrouver Xavier D. sera pas pour me déplaire-
Carpentier
Invitési jamais qqn.e peut partager en entier
j’y retrouve le terme de
cinéma du milieu
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..Graindorge
InvitéLa petite dernière: effectivement H.H s’inspire librement du livre et l’auteure Fatima Daas parle avec enthousiasme de cette libre adaptation. J’ai écouté trois entretiens, le premier, court, chez Léa Salamé, le deuxième, surprenant » interrogatoire » à Mediapart par une Valentine Abry ( pardon si erreur dans le nom)
» vous savez que l’homophobie est passible de … ( oubli) et de 45000€ d’amende? » Dire ça à une homosexuelle et avec ce ton, ces regards en-dessous
Et pour finir la sempiternelle ritournelle » vous regrettez? » » Non, je regrette pas! » Dit plutôt trois fois qu’une. Et enfin, encore chez Mediapart, avec un gars plus sympa: les trois: H.H, l’actrice et l’auteure. Là, cette dernière et pas petite, règle gentiment ses comptes et ne s’excuse pas de ne pas avoir répondu à la demande d’une certaine intelligentsia qui voulait peut-être une Arabe ( encore de service ?) qui aurait claqué la porte familiale pour être » sauvée » par les » LGBT blancs ». » Je choisis de ne pas choisir » ( et je les emm…? En parlant de certains journalistes et autres? Ça, elle ne le dit pas et ne le dira pas. Les chiens aboient… la caravane est passée. Fatima aime. Sa famille, les femmes et Dieu.
Je n’ai ni lu ni vu ( j’attendrai le DVD) mais ça m’a rappelé la magie des personnes qui ont joué dans Entre les murs: des bonnes rencontres au bon moment au bon endroit. Entre les 3, le courant est passé. Hafsia parle de destin.
Mektoub -
I.G.Y
InvitéJ’ai l’impression que les faiblesses de La Petite Dernière font complètement perdre les pédales aux trois compères de Sortie de Secours.
Qu’on m’ôte d’un gros doute : Momcilovic commence son intervention par : « Il y a un moment où il y a une scène où elle est en train de tomber amoureuse d’une fille, où on sent qu’elle va accepter tout ça, et puis ça coupe, elle a le voile à la fenêtre, alors qu’on l’a pas vue avec le voile une seule fois depuis le début du film et que rien dans le film nous a dit qu’elle était pratiquante, et limite il y a le muezzin derrière, enfin c’est grotesque ». Ai-je fumé 10 joints ou bien le fait qu’elle soit croyante est littéralement la première chose qui nous est montrée dans le film? Ai-je rêvé ou le tapis de prière intervient dès les premières minutes du film (au-delà même de la toilette religieuse)?
Il reprend aussi cette critique que j’ai déjà entendue ailleurs : les « deux motifs [homosexualité et religion] sont dos à dos », jamais vraiment mêlés dans le plan, sans friction autre que celle d’une juxtaposition par les cuts. Je constate que tous les endroits où j’ai entendu ça évacuent, par exemple, la scène du rêve. N’en parlent pas une seconde. Quant à l’intervention de ce professeur Stratis, on en vient à un point où monte en moi l’envie d’utiliser des qualificatifs moraux et je vais plutôt mordre bien fort dans un bâton. Herzi « plaque » un « sujet de société, une question ethnico-religieuse » sur une « histoire d’amour », « confond le chagrin d’amour avec la question de l’identité religieuse et de la croyance », Fatima(/Herzi?) « ne veut pas faire de la religion un problème, à aucun moment moment ça n’est un problème, elle continue à prier et à avoir ses histoires de cul, donc tout va bien pour elle. », l' »antagonisme » qui est introduit par le scénario, la « friction », serait « complètement artificielle », car « il faut bien qu’elle soit tiraillée par quelque chose ». Quel est le seuil au-delà duquel l’inconséquence, l’irrespect le plus total pour la matérialité d’un film et pour la réalité d’un personnage à l’écran devient-il une faute morale?
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Je suis moyennement d’accord avec le PDH Yousfi-Burdeau sur le film mais l’émission a le mérite d’être infiniment moins superficielle. Du moins ils passent à côté de pas mal de choses et certains arguments sont très contestables. Ça me donne envie d’en dire beaucoup de choses mais je suis déjà trop long. En tout cas je perçois dans plusieurs posts plus haut que beaucoup passent à côté des qualités bien réelles du film, qui sont telles qu’elles en effaceraient presque ses faiblesses pourtant indéniables. Joudet préfère manifestement la « vie » au travail dans Nouvelle Vague à celle des dialogues du Herzi. Dont acte.-
I.G.Y
Invité« je perçois dans beaucoup de posts plus haut » = vous avez bien souligné certaines grandes forces du film. Ma phrase n’était pas claire
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Tony
InvitéFranchement Burdeau dans PDH m’a terriblement déçu,et pourtant il l’a vu deux fois, après je me demande si il n’est pas aveuglé par ses nouveaux amis décoloniaux ou s’il ne fait pas un peu de zèle pour s’y aligner avec peut-être un ressentiment que mon ignorance m’empêche d’élucider,et peut-être aussi qu’il n’a aucun goût pour cette veine naturaliste qu’il assimile à tort à un saupoudrage sociologique,bref c’est pas clair et ce qui commence à être agaçant c’est de mêler Daney à cette confusion,reprendre des citations de Daney et les plaquer sur tout et n’importe quoi est presque malhonnête.
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Coco
InvitéJoudet dans sortie de secours qui balance que le naturalisme français contemporain consiste en un hachoir à marginal qui encaisse encore et encore un réel violent et que c’est du cinéma pour téléspectateur de quotidien progressiste me reste en travers de la gorge, tellement bête et volontairement approximatif.
Pourquoi tant de haine du naturalisme ?-
K. comme mon Code
InvitéPeut-être parce que le terme « naturalisme » est vague et prête à la confusion ?
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begaudeau
InvitéOui le terme naturaliste est vague, et par là source de confusion et de mauvais procès en boucle
J’ai quand même essayé ici et là de spécifier la chose – souvent dans le fil d’une analyse située, encore récemment sur Close up. Je l’avais aussi fait dans un dialogue avec Uzal dans les Cahiers. Je tenterai à nouveau de le faire jeudi (et puis sur l’Enfance nue en décembre)
Ce qui est clair, c’est que si Pialat est considéré comme naturaliste – ce qui est une base assez sûre-, alors rien de ce que Momci désigne comme tel dans SDS, ne mérite ce nom
Je vois bien, moi, ce qui a ‘tué le cinéma français » (Momci adore les hyperboles – son mot préféré est atroce), et ce n’est pas le naturalisme. Je dirai ce que c’est jeudi.-
Dwl
Invitéla discussion avec avec uzal pour ceux qui veulent : https://fr.scribd.com/document/765867736/Cahiers-du-Cinema-n%C2%BA-784
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Ostros
Invité« Je vois bien, moi, ce qui a ‘tué le cinéma français », et ce n’est pas le naturalisme. Je dirai ce que c’est jeudi »
Jeudi c’est dans le TVB ou j’ai raté un truc ?-
begaudeau
InvitéOui TVB
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I.G.Y
InvitéQuel art du teasing.
Tony : peut-être que Burdeau fait un peu de zèle. Au fond je suis tout de même d’accord que sur certains points importants le film est superficiel, au point d’entamer sérieusement sa vraisemblance alors même qu’il se place dans un sillon réaliste. Je n’accepte pas la simple réduction du film à un « panel »/ »pastel » sociologique, à un film « kit » (je cite les trois termes issus du PDH/SdS). Un film de ce genre ne laisserait pas autant d’espace et de vie à ses personnages lorsqu’ils se parlent. Un film de pur saupoudrage ne se sert de ses personnages secondaires que comme pur décor, pure fonction, ce que je ne sens pas du tout chez Herzi. Si on voulait un vrai exemple de film « panel » récent et paradoxal, que j’aimerais bien creuser un de ces quatre tant ça m’a frappé — ça n’est je crois pas dans le TVB, très intéressant par ailleurs —, je nommerais Chien 51.
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I.G.Y
Invité(merci Dwl, idéal)
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Charles
InvitéJe pense aussi qu’il arrive à Joudet ce qui doit arriver à beaucoup de critiques professionnels : voir trop de films qu’elle n’a pas envie de voir, par obligation professionnelle, et qui finissent donc par la dégoûter du cinéma notamment français. Il faut aussi dire que celui-ci est dans un trou d’air, très clairement en manque de cinéastes majeurs (au sens qualitatif). Les patrons des années 2000 (Kechiche, Desplechin, Dumont) sont aux fraises et la relève se fait encore attendre. Il y a des cinéastes doués à la Triet, Harari qui n’ont pas (encore) réalisé de grands films, des Sophie Letourneur qui bricolent des trucs dans leur coin, dans leur petit labo expérimental. Peretti ne peut sauver le cinéma français à lui tout seul, surtout qu’il montre déjà des signes de faiblesse, de même que son cantonnement à la Corse (pas uniquement comme territoire – ce qui ne poserait pas de problème – mais comme sujet) est inquiétant. RAZ est toujours en embuscade mais je pense aussi que sa filmo est plutôt derrière lui.
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begaudeau
InvitéS’en prendre au cinéma français est un classique de la critique depuis bien longtemps. Depuis Truffaut. Ca fait presque partie du job que de constituer le cinéma français comme un adversaire. J’ai donné là-dedans
Cet antienne existait tout autant dans les années 2000. Où, soit dit au passage, Dumont n’était pas du tout un taulier. Il faisait des trucs dans son coin aussi, était très discuté et souvent très détesté. C’est à partir de Quinquin que le vent tourne.
Donc je ne crois pas qu’il y ait de raisons contingentes à ça (état actuel du cinéma français) mais une raison structurelle : le cinéma français est celui dont le critique français connait et consomme le tout-venant, la production moyenne, le vaste ventre mou, la majorité terne, celle de tous les arts partout tout le temps.
Le tout-venant de la Nouvelle vague devait etre bien nul. Le tout-venant de la comédie italienne des années 70 devait etre bien nul. Le tout venant du western des années 50 devait etre bien nul. -
Charles
InvitéDans son coin mais beaucoup à Cannes où ses films (Dumont) étaient sélectionnés et distingués. Oui, il suscitait beaucoup de réactions très tranchées et étaient détestées par une partie de la critique mais au moins il provoquait quelque chose, son cinéma ne suscitait pas de l’indifférence – on voyait bien qu’il se passait un truc dans ce cinéma.
Quant au ventre mou, c’est ce que je voulais dire quand j’avançais qu’elle voyait trop de films qu’elle n’avait pas envie de voir. Ce qui était aggravé par l’état actuel du cinéma français. -
begaudeau
InvitéTu as dit patron, Dumont n’était pas un « patron ». Il était, dans les années 2000, moins suivi que De Peretti aujourd’hui. Kechiche oui éventuellement. Entre 2005 et 2015
Je ne dis pas a pour chicaner, je dis ca pour qu’on ne perde pas notre temps dans une fausse piste.
Dans les années 90, qui ne manquaient pas de patrons, on adorait dauber sur lecinémafrançais. On avait même écrit un texte somme sur lecinémafrançais, en 1996, que Toubiana avait refusé – trop polémique, etc. -
Charles
InvitéOui patron a posteriori si tu veux. Mais Dumont était porté aux nues par les Cahiers des 2006 avec Flandres, c’est à ce moment-là le tournant pour eux. En gros quand Delorme reprend les rênes. C’est d’ailleurs comme ça que je découvre Dumont.
Rien à voir avec De Peretti.
Quels sont les cinéastes français qui excitent (dans tous le sens) la critique ? -
Coco
InvitéLes critiques de sortie de secours semblent plus excitées par le cinéma français vue par Linklater, que par le vrai cinéma français.
C’est ça la vraie question : si on part du principe que le cinéma français est mauvais aujourd’hui, quel cinéma voudrions-nous à la place ? Si l’idéal en France pour ces critiques, c’est d’avoir des cinéaste français à la linklater, alors ça sera sans moi. -
begaudeau
Invitépareil
mais peut etre qu’au fond le cinéma français, d’etre toujours trop proche, trop familier, n’est jamais assez chic
Efira n’est pas Rowlands, par exemple
Ah Rowlands
so chic
je me souviens de ce temps où toutes mes condisciples d’hypokhagne voulaient etre elle -
Coco
InvitéOn pourrait aussi prendre leurs défense,
cette haine du naturalisme existe-en partie-par réaction à une autre haine,
réaction à la haine du cinéma d’auteur chic.
Par exemple seize printemps, qui représente la version caricaturalement désoxygéner et cloisonner de ce cinéma français la, à été violemment lyncher à sa sortie.
C’est normal de se faire renvoyer la balle -
Charles
InvitéOui haine du cinéma français en ce qu’il est provincial. C’est la matrice de cette bande critique née il y a 15 ans chez Chronicart.
Mais en même temps, Momci adore Pialat, Joudet adore Breillat et Dumont et Kechiche.
Mais c’est très curieux d’ailleurs cette défense à contre-temps de Pialat. Il l’aime après tout le monde (il n’en parlait jamais avant d’ailleurs, avant son essai dessus je veux dire). Il loue Pialat pour mieux détester par contraste le ciné français actuel.
Joudet c’est un peux curieux aussi car elle a commencé en défendant Allen et Spielberg dans les années 2010. -
I.G.Y.
InvitéEnfilant le costume d’avocat du diable, j’aurais défendu Joudet sur cette question du chic puisqu’elle a commis un texte (intéressant) sur Hors Série qui démolissait un certain chic : sa forme bourgeoise-libérale-cool-contemporaine, cinéma de « décorateur d’intérieur ». Il y a donc le mauvais chic (Trilogie d’Oslo, Valeur Sentimentale, films non-français d’ailleurs) et le bon chic (Nouvelle Vague).
Moi quand je l’écoute, de même que d’autres dans SdS, j’ai l’impression qu’ils ont besoin : soit d’un film qui ouvre à une élaboration théorique forte ou à une réflexion sur l’histoire du cinéma (déformation professionnelle sans doute), soit non pas simplement de conflit/dialectique mais de « soufre ». (Je dis « soit/soit » uniquement pour parer à l’objection évidente qui est que Nouvelle Vague n’a rien de sulfureux). Ce ne sont que des intuitions, je laisse élaborer ceux qui connaissent mieux la critique et son histoire.
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Coco
InvitéLa clé ça reste le tropisme américain
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Carpentier
InvitéJ’arrête là
, la page est devenue
incompréhensible@certain.eCoco:
bof pas tant, regarde, toi qui y perdu.e: je te prends par la main et te propose de continuer l’entre-soi par ici 👋[pfffff très très scolaire tous ces gens finalement, on aime l’ordre, le siiiiiii bien fake-de rangé, comme on sait bien et voit bien depuis longtemps : ). ]
– je ne saurais d’ailleurs trop vous recommander d’écouter Quintane dans le ‘ lundi soir ‘ de lundimatin que j’ai partagé récemment …bonne discussion,
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Alexandre
InvitéC’est ça qui te fait penser à Gina Rowlands ?

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Alexandre
InvitéGena. Pardon Gena
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Charles
InvitéAussi parce que Joudet a commis un livre sur Rowlands.
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Alexandre
InvitéAh OK merci.
Parce que sinon, sur l’affiche là, c’est carrément Gloria, de Cassavetes! -
begaudeau
InvitéVoilà
Enième marque de la fascination qu’exerce ladite depuis au moins quarante ans
(on ne reparlera pas de Opening night, film matrice de toute une génération – après l’avoir mimé dans Esther Khan, Deplechin le remime dans son dernier radotage. Après que Valeur sentimentale l’eut mimé en aout. Y en aura d’autres) -
Coco
InvitéDonc, lorsqu’ils évoquent le « mécanisme de formatage du cinéma français », ce n’est pas le principe de formatage en lui-même qui les dérange, mais le format dominant : si le format imposé était du même esprit que le leur, cela ne les gênerait pas.
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begaudeau
Invitéen général on trouve toujours formaté ce qu’on n’aime pas
on trouve aussi souvent que les formes qu’on n’aime pas sont dominantes
on aime se vivre minoritaire, voire résistant
je ne suis pas exempt de ce vice
(mais bien content, en l’espèce, d’aimer un film qui marche, même si peut etre pas exactement pour les raisons qui lui assurent ce plébiscite – ouf) -
Coco
InvitéMais dans les faits, le naturalisme est il vraiment dominant en france ?
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Carpentier
Invitéqqn.e pour dire peut-être ce que signifie votre
PDH/SdS
svp?
pas suivi la transition pour une fois,
Et vous lisant, j’aimerais penser ce truc de ’ film panel ’ moi aussi, maintenant que j’ai vu Chien 51.-
MA
InvitéParoles d’Honneur, Sortie de Secours
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Carpentier
Invitéok, merci
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Eliot
Invité« Je n’accepte pas la simple réduction du film à un « panel »/ »pastel » sociologique, à un film « kit » » – Je te recommande de comparer la séquence où Fatima a son premier date à la Mutinerie avec la belle allemande à la scène d’errance d’Adèle où elle rencontre la première fois Emma. Je ne veux pas que le film de HH soit celui de Kéchiche. J’essaye simplement de trouver des points de repères précis pour comprendre pourquoi je m’ennuie devant La Petite Dernière. Je m’ennuie parce que la Mutinerie est un simple décor pour jouer une nouvelle norme de fiction à romance. Dans La Vie D’A il y a du bruit, elles sont obligées de tendre l’oreille pour s’entendre, de s’approcher. Dans La Petite Dernière rien (la vie) ne vient jamais tordre la visée du film, la fonction de telle scène ou tel personnage puisque tu disais qu’ils n’ont aucune fonction. L’allemande est là pour montrer que Fatima est plus ouverte, sait un peu mieux draguer etc. On pourrait dire que l’intérêt est purement la gratuité d’admirer cette actrice / non-actrice. Et c’est là où je comprends la position de Burdeau à renvoyer au simple poster, puisque si le moyen de représenter des visages différents est aussi le but alors on tourne en boucle et un certain naturalisme (terme vague je consens mais je crois que pour cette esthétique de l’observation du corps non glamourisé, le terme s’y prête) que j’adore devient autophage et aussi plat qu’un poster. J’adore regarder cette allemande, j’adore être gêné de regarder le médecin. Tout le casting est génial. Mais il est abandonné à sa propre force qui s’épuise, qui peut-être une grande force esthétique mais jamais dialectisée donc jamais mis en tension donc qui s’épuise. C’est une libéralisation esthétique d’une démarche naturaliste
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Eliot
InvitéJe précise qu’après vous avoir lu j’essaye d’écouter le SdS, que j’écoute rarement parce que je les trouve pas très bons. Et je ne vais pas être très satisfait de l’écoute alors que Joudet semble aller dans mon sens. Je ne trouve pas que le film soit un film d’émancipation. La question traverse le film mais ça n’en fait pas « un film d’émancipation ». Je ne sais même pas tant ce que c’est un film d’émancipation. Et puis la formule « elle (Herzi) ne fait pas de cinéma ». Ces critiques ne sont pas sérieux
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Eliot
InvitéA aucun moment il est purement acté que Fatima s’est émancipée (donc comment ce serait un film d’émancipation). C’est à mettre au crédit du film et de son potentiel naturalisme. J’ai beau m’ennuyer devant faut pas en raconter des conneries
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I.G.Y.
InvitéSur ce dernier point on sera d’accord. D’ailleurs le PDH ne tombe pas vraiment dans ce panneau, à ceci près que Yousfi insiste beaucoup sur le fait que le film « résout » des choses (« de la pire des manières » qui plus est) et ça ne me paraît pas correct : il faudrait par exemple qu’on me dise comment un film qui finit sur un dernier plan tel que celui là donne profondément l’impression de « résoudre ».
Pour ce qui est du « décor », j’ai parlé spécifiquement des personnages et de leurs interactions ( » Un film de pur saupoudrage ne se sert de ses personnages secondaires que comme pur décor, pure fonction »). Pour ce qui est des lieux comme décor, c’est une autre histoire : la manière de situer l’action à la Mutinerie peut être vue comme un cliché, OK, concernant le traitement du son, OK. Moi ce que je ne note, c’est que je ne me suis quasiment ennuyé devant aucune des discussions entre personnages, aussi prosaïques soient-elles (« d’une littéralité consternante » pour citer Momcilovic de mémoire), ni dans la scène avec l’Allemande ni d’autres. Aussi, concernant la Mutinerie (plus tard dans le film) je n’ai pas souvenir d’avoir vu récemment une scène de fête aussi sincère au cinéma (sauf peut-être dans Sirat?).
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Il est totalement possible de réduire par une sorte d' »effet synopsis » tous les personnages de ce film à une galerie de posters fonctionnels. Sauf que devant le film, concrètement, à l’image, ça n’est pas ce que je vois ni ce que je ressens. Le caractère concret des interactions annule (ou du moins contrebalance dans une grande mesure) l’éventuel « effet poster ».
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Carpentier
InvitéBonsoir,
et bien elle est en place, Efira, dans Les braises – l’acteur avec qui elle y fait couple aussi.
Et je défie quiconque de prendre la narration à rebours pour y choper invraisemblances, persos grossièrement écrits ou que sais-je encore comme clichés baveux quand on saque un film.
Leurs situations professionnelles, au couple, sont bien campées, bien décrites, leurs spécificités ancrées dans l’époque, j’ignore encore pour l’instant si Les braises pourra vraiment constituer un témoignage fictionné pertinent pour le mouvement JG mais, comme ça, pas encore si refroidie, je dirais que je pense que oui.
C’est une bonne surprise, vraiment.
Efira y est telle que je l’apprécie dans son travail. même pas désérotisée du tout – je cite de plus haut – comment pourrait-elle l’être?
et la scène d’ouverture qui mène le couple dans la cabine du camion met un ton qui sonne plein de justesse dès le début.
– les enjeux en présence des enfants, le regard du fils la première fois qu’il voit sa mère en situation JG, la scène en comparution immédiate aussi, tout ce qui montre bien les différentes places que chacun.e occupe dans le quotidien de la vie, on aime et puis les tensions et partages joyeux dans le couple: oui , j’ai trouvé/ressenti/vécu le jeu du film Les Braises d’une belle justesse, j’en suis encore étonnée.
Juste un peu soupiré devant les scènes de chants ‘.on est là et autres gimmick ‘ qu’on sait, en particulier quand le collectif est dans le panier à salade, le fourgon, alors que dans la scène d’avant, il éntonnait un rap dans leur voiture.
La scène de la cabane brûlée aussi a failli me perdre mais, si elle dure, c’est rapidement avec le groupe à nouveau d’attaque donc je suis restée spectatrice en alerte aussi devant.-
Carpentier
Invitéré-écoutant hier chez Blast, l’émission titrée ‘ le réel est du côté de la gauche ‘
(re-postée en haut de l’ancienne page ‘ actu de François ‘ et on note que ça fonctionne – malgré le maraboutage) je repense à la séquence dans la cuisine du couple du film Les braises, quand la femme va monter à la manif parisienne: agacé suprême, et inquiet aussi sans doute pour elle, le mari qui, déjà, lui avait demandé si elle se prenait pour J. D’Arc à vouloir faire quelque chose pour son pays, moque ses notes, ses actualisations et propositions pour le mouvement en ligne, son activité sur les réseaux et il la chahute sévère dans ses convictions et ses joies à en être.
Et là, se pose alors un ultimatum annonciateur, pour le spectateur, d’une future séparation.
C’est très bien rendu à l’écran ça aussi.
La distance, les ajustements différents auxquels veulent croire les 2 dans leurs difficultés financières croissantes et leurs activités pro.
Et lui, finalement inquiet pour elle, alors qu’il vient de se prendre une veste-degeulasse suite à un gros contrat qu’il n’a pas, n’en aura/verra que la partie agitée de cette manif, quand il décidera d’y rejoindre sa femme suite aux non- réponses à ses appels tel.Et devant la préfecture de leur ville, plus au début du film, lorsque le collectif veut choper vite fait Macron qui va remonter à Paris, le perso d’Efira interpellé bien sur le fake des promesses électorales, elle motive les cerveaux en présence sur ce qu’ils peuvent lui mettre dans le nez qu’il n’aurait pas fait: ils s’arrêtent alors sur la taxe carbone qu’on sait et sur le ré-investissement possible de l’argent récupéré.
Une façon d’activer la dynamique politique de chacun.e, de la questionner, de la mettre en mouvement qui est bien vue/rendue dans ce film par exemple.-
Carpentier
InvitéDans le couple interprété dans ce film Les Braises, on voit constamment les rapports de force: il apparaît plutôt aimant et le quotidien des forces à l’oeuvre quand on vit ensemble, comme eux à l’écran, est bien dit/rendu.
Exemplairement, j’adore la ‘ séquence Noël ‘ : le temps long des au-revoir à la nouvelle famille de lutte du perso d’Efira tandis que les 2 enfants et le mari, qui sont venus la récup pour aller au repas de famille, l’attendent, et surtout la regardent faire, depuis la voiture.
Se redisant ce qu’ils ont pris pour le dessert, j’ai tellement marché avec cette scène que j’ai cru un moment qu’ils descendraient pour filer à ceux qui restent, cette nuit-là, sur le rond point leurs bûches.
Ils voient tellement tous comment elle resterait bien sur le rond point.
Oui, l’émancipation au travail du perso d’Efira est très beau à ce moment-là aussi.
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Carpentier
InvitéVoilà que je sors de mon écoute du Blast, le réel est du côté de la gauche
Benh dans Les Braises, on la voit bien la joie du perso d’Efira
et j’avoue que le regard du fils sur sa mère en joie m’a profondément ému
(séquence première charge/poignet foulé)Les François, Begaudeau, Ruffin, Feldman et peut-être bien d’autres l’ont bien dite la joie, cette joie de chacun.e dans du collectif, celle de l’émancipation en particulier quand on découvre tout ça, qu’on y reste, qu’on lutte pour y rester et quand on s’y sent bien – quand ça arrive.
On verra d’ailleurs une des GJ ne plus vouloir être la.porte-paroles du collectif quand elle ne s’y retrouvera plus (belle scène aussi quoiqu’un peu courte/invocation scénaristique d’urgence car des notifications Facebook sont à actualiser rapidement pour la.les suite.s à donner – lieux et heures de rdvs, orga déplacements, etc …)
Les Braises et ce que j’ai vu/lu/entendu/vécu sur/durant le mouvement GJ c’est/c’était, oui, surtout cela.
Ce film n’y déroge pas.
Et ce n’ est pas rien. -
Carpentier
InvitéSdS
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Carpentier
Invité
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Carpentier
InvitéEfira n’est pas Rowlands, par exemple
Ah Rowlands
so chic
je me souviens de ce temps où toutes mes condisciples d’hypokhagne voulaient etre ellecomme je savais pas c’était qui, …
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Carpentier
Invité👋
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Coco
InvitéCarpentier c’est un bot qui poste aléatoirement ?
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Carpentier
Inviténan pas du tout pourquoi?
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Carpentier
Invitéje me sens tellement ghostée xxl
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Coco
InvitéÇa pourrait être plus concis et regroupé
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Carpentier
Invitéc’est très regroupé au contraire
comme on le voit bien
au moins autant que THE conversation entre-soi un peu plus haut
tu rigoles ou quoi?-
Carpentier
Invitéquant au concis, désolée d’avoir, moi aussi, des trucs à dire
excuse-moi,
les autres, moi en l’occurrence, on doit juste avoir des borborygmes, remercier, vous admirer et tweeter?
laisse moi donc m’étouffer de rire, Coco
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Coco
InvitéExemple concret de ce que je dis: pendant le court laps de temps avant de poster ma réponse tu a déja posté trois nouveau messages
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Coco
InvitéJ’arrête la, la page est devenu imcompréhensible
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Carpentier
Invitépas par ma faute
trop facile
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Carpentier
Invité*as*
désolée d’être en vie
bonne journée
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Carpentier
Invitéravie d’apprendre que j’existe au moins à tes yeux : )
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Carpentier
InvitéUn remake de Sixième Sens peut-être?
Et Coco, c’est le cerveau plus sain de B. Willis?
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Carpentier
InvitéEfira
qqn.e d’ici qui, comme moi, est allée la voir finalement dans Les Braises ou bien?
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begaudeau
InvitéA priori peu ici ont très envie de le voir
J’irai bientot, et c’est plutot une curiosité perverse que ton enthousiasme qui m’y pousse, car quelle confiance accorder à quelqu’un qui est contente de retrouver Dolan dans un film, et qui ne voit pas qu’il y surjoue risiblement dès qu’il apparait ?-
Carpentier
Invitéaucune en effet 😁
mais il est si cute ce Dolan lui aussi
– je crois bien avoir lu que qqn, surtout, t’invite à en parler – notamment du Les Braises –
donc oui. je crains qu’il te faut /faille le voir
ou plutôt LE VOIR comme tu y invitais chacun.e ici-
Carpentier
Invitéquant à La grande arche, pas vu encore
avant j’ai le HSS
j’imaginais y aller en début d’après m’ mais j’ai l’A.G. de notre préavis de grève déposé jusqu’à la fin de l’année – et reconductible au-delà si besoin
Je vais y faire ma Virginie
ou ma Gena, selon ….
bon après m’, j’arrive à République-
begaudeau
Invitévu
le seul intéret de ce film qui ne regarde rien sinon ses deux acteurs est qu’il permet de mieux mesurer, par la négative, la force de La petite dernière ; la différence entre le pseudo-réalisme mou du cinéma français du milieu et le naturalisme de HH – que IGY a déjà bien détaillé-
Carpentier
Invitébon, après écoute du SdS je vais lire les lignes d’IGY
next!
Demain sera une belle journée ciné pour moi: chic -
Carpentier
Invitéce film qui ne regarde rien sinon ses deux acteurs
Là-dessus je suis plutôt d’accord, et quasi toutes mes lignes d’après visionnage en témoignent bien d’ailleurs,
et là où j’ai noté ma gêne :Juste un peu soupiré devant les scènes de chants ‘ on est là et autres gimmick ‘ qu’on sait, en particulier quand le collectif est dans le panier à salade, le fourgon, alors que dans la scène d’avant, il entonnait un rap dans leur voiture.
je dois reconnaître que les plans/cortèges sont, de plus, nuls, erratiques, ultra-courts, nuls.
– Désir de revoir le Triet, d’emblée – son La bataille de Solferino du coup – car même quand le marin’en aura/verra que la partie agitée de cette manif, quand il décidera d’y rejoindre sa femme suite aux non- réponses à ses appels tel. / …. / agacé suprême, et inquiet aussi sans doute pour elle
benh on y croit peu, dans Les Braises, alors que Macaigne, lorsqu’il se retrouve dans la foule, dans le fourgon, au commissariat ( la b.a. ré-active facile tout ça) : grand souvenir, émotion ++++ j’ai souvenir, oui.
Bon, dans le scénario de Triet, les enfants, leurs enfants sont minots, le couple est déjà séparé, on sait que ça change la donne aussi, mais bon.Il est probable que ’ m’étant forcée ’ à voir Les Braises, j’accueille trop généreusement ce qu’il me fait.
Et si ce film veut ’ dire le mouvement des GJ ’ ok, c’est fort juste – et dans le sens pas assez cette fois.
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begaudeau
Invitégrande différence :
1 le film de Triet ne se prétend à aucun moment un film sur l’élection – et c’est tant mieux parce qu’on s’en branle
2 la foule de Triet c’est la vraie, filmé avec trois caméras le jour J.Sur les gilets jaunes dont au fond il se fout, Des braises court loin derrière les millions d’images réelles de foules, manifs, ronds-points. Il arrive après la bataille, après le feu, après le chaud. Toutes les images de la lutte semblent du réchauffé, du sorti du congélo, du musée, ou un diaporama souvenir.
Le coeur du film c’est donc ce couple, cette histoire de couple, entente-tension-scène de ménage-séparation-réconciliation. La routine.-
Carpentier
Invitéoui.
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Carpentier
Invitédonc pourquoi ce Des Braises?
Pour remettre Efira à l’étrier ‘ après 2 ans hors écran ‘ ?
comme je le lis maintenant sans jamais avoir ressenti un manque,
Aucun intérêt autre pour le ciné du milieu?
J’essaierai de lire/ chercher à piger mieux encore peut-être,-
begaudeau
InvitéPourquoi ce « Des braises »?
Mais dans ce cas, pourquoi 80% des films français qui sortent chaque année, suscitent un intéret très relatif, font leur petite vie?
Parce que ces films pour vieux attirent encore quelques dizaines de milliers de vieux en salle (hier à l’UGC toutes autour pouvaient etre ma mère), et parce que les télés, regardées par les vieux, les financent. Ils finissent donc à l’équilibre (celui ci est pas cher, on voit que tout le fric a été mis dans le cachet des deux stars)
Produit type de ce cinéma, avec une variante : le décor, le cachet, l’ambiance. Comme en boite. Ici l’éternel scénario psychodramatique se déroulera dans une ambiance gilets jaunes – arrière fond, décor. La variante + Efira assureront une invitation à C à vous.-
Carpentier
InvitéCertes
et parce que les télés, regardées par les vieux, les financent. Ils finissent donc à l’équilibre
re-certes,
et le temps d’écran avec les divers et nombreux financeurs (pas que les télés il me semble bien) est fucking long (comme déjà dit dans un post) d’ailleurs: tu nous verrais toutes, qui pourrions être ta mère, nous regarder en soufflant devant notre film de vieux qui tarde à démarrer : )
C’est simple, on fait la même quand notre non moins vieux compagnon tarde aux wc tandis que, pour une fois, on est tombé d’accord sur le programme TV et que l’écran pub enfin se termine alors qu’il est toujours en affaires ; )ps: dans mon tier-quar, festival Chéri.es x 2 oblige, peut-être, on était pas que des vieilles devant le décor GJ (légères variantes selon jour/horaire, quartier? etc, comme tu sais bien) mais bon, ok.
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riviere
Invité« Vénus noire » dispo sur mk2curiosity jusqu’au 13 novembre.
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stephanie
Invitétu l’as vu riviere qq’un d’autres ? c’est bien ?
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begaudeau
Invitéévidemment que c’est bien
je dirais même que l’os de Kechiche se trouve là-
stephanie
Invitéj’ai de quoi ronger alors
visible jusqu’au 13
toute affaire cessante alors -
stephanie
Invitél’os de Kechiche se trouve là
et le sang, les larmes, le sexe, le cerveau dans le formol, le squelette, les gueules criardes, curieuses, outrées, gueulantes.
des plans magnifiques, Vénus inoubliable.
ce film m’a valu une petite insomnie que je ne regrette pas.
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Jules
InvitéFrançois, tu as vu Le rire et le couteau ? Qu’en as-tu pensé ?
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begaudeau
Inviténon, raté
mais je le verrai d’une manière ou d’une autre, j’en ai fait la promesse à mon chat
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Ourson
Invité[TRIGGER WARNING : mon post concerne un film sur les violences sexuelles, avec des descriptions particulierement crues. J’y décris également une scène de TDS issue du film. N’hésitez pas à supprimer si nécessaire]
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J’ai l’impression d’être le seul sur terre à être allé voir « Muganga », qui relate l’histoire vraie d’un médecin qui a soigné des milliers de victimes de vi🟣ls en RDC, alors que c’est typiquement le genre de film phénomène et « Important » qui fait parler de lui. Je serais curieux de savoir si d’autres l’ont vu ici ?
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Quelques jours après le visionnage, quand on m’avait demandé s’il était bien, j’ai répondu « ouai ça va c’était cool »
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Quelques jours plus tard ça a fait tilt : c’est bizarre de dire ça d’un film qui parle de vi🟣ls en série à coup de machettes.
Et en y réfléchissant, le film est effectivement « cool ». Visuellement y’a une vibe un peu TF1, un peu camping paradis, des personnages sympa et rigolos, des mini sketch, un duo attachant, un hôpital coloré.
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Les éléments « choc » résident surtout dans de rares répliques, mais visuellement et sensoriellement c’est assez light.
Une jeune femme témoigne des évènements traumatisants qu’elle a vécu lors d’une réunion de soutien avec d’autres victimes, elle fait une crise d’angoisse : l’animatrice, visiblement habituée à cet enfer, tente d’apaiser les tensions en incitant les autres à faire quelques pas de danse. J’ai l’impression que c’est ce que fait le film tout le long.
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Danser pour apaiser les traumatismes est très certainement une technique utilisée dans la vraie vie, on voit un peu la même chose dans Sinners, et très certainement que tout ça relate d’une banalité de la chose, mais j’ai pas pu m’empêcher de penser que le film s’est caché derrière cette image bien connue. L’image de la femme noire forte qui endure tout avec rythme et dignité, pour ne pas trop nous froisser, avec cette petite danse.
Je veux bien que ces horreurs fassent partie du paysage, au point que c’en soit banal pour les premières concernées, mais d’autres éléments me laissent penser que le film porte juste pas ses c*illes.
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[SPOIL]
Quasiment tout est bien qui finit bien dans ce film.
Tout ce qui avait matière à être pénible, à provoquer un malaise, a été desamorcé.
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Le fil conducteur du film : une jeune maman avec son bébé se réveille dans une maison dévastée. On sait quel film on est allé voir, donc on sait qu’elle a a priori été V, mais on dirait que le film nous le montre en chuchotant : un peu de sang sur l’intérieur de la cuisse au cas où c’était pas clair. La maman parvient à accomplir un long périple, en évitant les soldats au passage, pour au final rejoindre l’hôpital du Muganga et tout est bien qui finit bien.
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Dans cet hôpital, on a le médecin noir Denis Mukwede et le médecin blanc Guy le Cadière, conçus un peu comme deux pôles opposés. Denis – le Muganga – est solennel, grave, résilient, compétent mais un peu à l’ancienne. Guy lui est un peu Fifou, un peu goofy et émotionnel, un génie venu apporter sa nouvelle technologie au Muganga. Mais attention ! Pas de supériorité ici car le muganga lui, sait opérer en conditions extrêmes et dans le noir. On reste dans un duo intouchablesque. Deux hommes d’horizons différents qui ont tout à apprendre l’un de l’autre…
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La technologie en question est parfaite pour le manque de courage du film : elle permet de réparer les corps sans les abîmer. On injecte de l’air dans le corps, on fait ce qu’on a à faire et pouf, on referme comme si on n’avait jamais opéré, sans trop découper, sans trop charcuter. D’ailleurs c’est super propre dans le film : y’a pas trop de sang, on voit juste quelques organes éclairés, et on est à mille lieues de s’imaginer que la patiente a vécu quelques jours plus tôt un vi🟣l collectif à l’arme blanche.
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Tout ça ne me dérange pas outre mesure puisque ce sont à priori les faits réels, mais je suis à peu près sûr que les personnages ont été remodelés pour faire un binôme chouette nakachotoledanien.
Étant moi-même Congo-descendant je mettrais ma main à couper que l’énergie du tonton Mukwede n’a rien à voir avec celle de Isaach de Bankolé dans le film. Ceux qui ont côtoyé des congolais le savent : il existe une certaine vibration congolaise, ça passe par une vibration, des tics de langage, des morphologies qui ne sont pas celles de l’acteur. J’irai retrouver une interview du médecin pour qu’on voie si je dis vrai ou pas. Passons.
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Les deux hommes sont au centre du film : c’est leurs névroses, leurs états d’âme, leurs coups de gueules, leurs mésaventures qui sont au cœur de tout.
Les rôles féminins sont globalement tous en retrait, un des personnages de l’équipe Belge (la photographe je crois ?) que j’ai trouvée plutôt touchante, n’a quasiment aucune réplique. Elle et la fille du médecin blanc auront principalement servi à… Pleurer, alors que les deux hommes affrontaient cette horreur avec courage pour réparer toutes ces bonnes femmes, elles aussi au second plan. On sent bien que la fille de Guy était destinée à être la relève, mais elle en était encore loin.
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J’ai bien dit « réparer », mais c’est pas pour rien : c’est ce que le film montre. Deux médecins, des femmes tout autour, qui se font réparer comme on pourrait réparer des voitures.
Elles arrivent au garage un peu désarçonnées, les deux médecins font une inspection rapide, parfois c’est un peu compliqué alors les deux médecins se creusent la tête : « aïe, elle n’a plus sa paroi entre son anus et son vagin, comment va-t-on faire…
Hé ! Si on tirait dix centimètres de câble intestinal pour rafistoler tout ça ? Yes, bonne idée, tape-là ! » Et pouf, c’est réparé.
Parfois, les patientes essaient de négocier un peu : l’une d’entre elles refuse de se faire soigner par le médecin blanc qu’elle ne connaît ni d’Adam ni d’Ève. Ma foi, c’est légitime : c’est une opération délicate qui peut bouleverser ta vie, tu vas pas la confier au premier venu quand t’as placé toute ta confiance en un médecin de ta communauté, reconnu de tous dans le pays ? Particulièrement quand on connaît les rapports historiques tendus entre belges et congolais ?
Le film s’en fout. C’est réglé en trois secondes par la magie du vivre-ensemble : les deux hommes imposeront à cette patiente « le marabout blanc » pour cette opération cruciale et c’est comme ça.
Et puis après l’opération en question « ça y’est docteur, je peux me retenir de faire pipi ! » et le marabout blanc devient Muganga à son tour.
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Sur le moment, c’est agréable à voir, parce que ça rattache les conséquences du vi🟣l à un truc aussi con que se retenir de faire pipi / pas se retenir de faire pipi, et en plus l’opération a été super propre grace à la super nouvelle technologie. Donc tu vois ça tu ressens une espèce de soulagement physique : « pfiou, cool, elle va s’en sortir c’est fini, elle est réparée ». Mais je crois comprendre qu’après de telles aggressions, les séquelles vont TRÈS au-delà de la capacité à se retenir, et cet aspect le film le montre peu pour préserver ses happy end… Sauf une fois :
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La patiente qui a fait sa crise d’angoisse au début est enceinte de ses agresseurs. Elle est évidemment traumatisée, le fait comprendre, et souhaite retirer le fœtus ce que muganga refuse catégoriquement pour des raisons religieuses : potentiel fait réel donc rien à redire jusqu’ici.
Le problème c’est ce qui suit : une tentative de suicide de la jeune patiente, qui – vous l’aurez deviné – n’aboutit pas à sa mort puisqu’elle s’est contenté de prendre une micro paire de ciseaux qui aura juste fait couler un peu de sang. Fait réel ou pas ? Je ne sais pas. Appel à l’aide à l’aide plus que TDS ? Je ne sais pas. En tout cas une aubaine pour le film ces petits ciseaux.
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Après ça, le médecin blanc essaie de convaincre le Muganga de l’avorter, sujet tendu, la scène se termine en laissant penser que le médecin noir reviendra peut-être sur sa décision, regard perdu dans le vide…. Le film ne reviendra jamais sur cette parenthèse.
Le film n’aura pas eu les c*uilles d’aller au bout, sûrement parce que le Muganga était un pro-vie, que l’avortement n’est pas accepté au Congo, et que ça aurait bousillé la vibe feel good de le montrer aux spectateurs.
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Fin du film pleine d’espoir, on y apprend que le Muganga a soigné des dizaines de milliers de femmes et là aussi, soupir de soulagement : « pfiou, c’est super qu’il ait réparé toutes ces femmes », faisant passer la pilule de la réalité des vi🟣 ls et de la situation au Congo. Les guerres civiles et rwandaises continuent de faire rage, les victimes d’agression y sont brisées à vie avec ou sans opération.
Tu sors du film content, souriant, un peu moins désespéré pour les congolais en zone de guerre
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Bref, ouai ça va le film était cool
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En relisant mon texte, je me suis rendu compte que les médecins voyaient peut-être ces horreurs comme le film nous les présente : un truc du quotidien, un métier auxquels ils sont habitués et qui à la longue leur fait considérer le corps humain comme une machine comme une autre, qu’on répare avant le suivant.
Mais j’ai la flemme de tout ré-écrire sous cet angle alors je poste ma critique telle qu’elle-
Décroissant Mental
InvitéNon tu n’es pas seul renoi. D’ailleurs ce toubib héroïque est venu à Angers.
Et les réalisatrices de ce docu sont passées chez l’autre gros-con-on voit-trop-que-tu-es-de-droite-printemps-republicain dimanche, softpower chez FC. Cetait le 9 en fait: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/soft-power/l-academie-francaise-l-enieme-renouveau-d-une-institution-quadri-centenaire-7299854
Moi je l’ai pas vu, j’irai pas, chuis clairement pas en état de me bouffer ça. Déjà que je supporte plus les actus sur Gaza.
Alors bravo a toi!
Enfin, c’est follement la merde ce coin du globe, et els hommes ont tjs été par contre quand, il le peuvent. Moi aussi j’imagine? Ca fait peur.-
Décroissant Mental
InvitéPS: hésite pas à DL « Outrages » de Brian de Palma, ENORME FILM.
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Carpentier
InvitéJ’ai relu ces lignes qui disent bien le spectateur de ce film, son élan intéressé et touché à vif par les vies meurtries auquel ce film ajoute, si je lis bien, de l’écœurement revolté
Voici le Monsieur au parlement européen, pour l’entendre, intervenant dans l’actualité d’un massacre dans le Beni au nord du Kivu
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Antonin
Invitécoucou tout le monde,
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Décroissant Mental
Invitéje me souviens car on voit la bite du mec un moment, ct rare dans le mainstream années 2000. Tjs d’ailleurs. Et ct tres bien ouaip. Voilà g résumé le video de FB et son acolyte.
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K. comme mon Code
InvitéÀ la seule vue de ce trailer, j’ai l’impression qu’on peut déterminer lequel des frères Safdie était le réalisateur – on aurait dû le deviner dès le choix de Darius Khondji dans ce schisme. (Mais Benny est un bon acteur.)
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Charles
InvitéPrès de 20 ans de ciné indépendant pour finalement nous pondre un biopic sportif hollywoodien qui semble sorti d’usine. Ceci dit, son frère n’a pas tellement l’air d’avoir fait mieux solo.
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K. comme mon Code
InvitéCe que j’aime chez les Safdie (chez Josh, donc) ce sont les virées chaotiques new yorkaises et Marty Suprême – biopic ou non – semble être dans la même veine. L’influence almatienne et scorsesienne est très présente mais je crois pouvoir reconnaître du (Josh) Safdie, j’en vois déjà dans ce qu’on nous montre ici. Le choix du ping-pong n’est pas vraiment standard. Incomparable avec The Smashing Machine que je n’ai même pas pu terminer – et que je n’avais pas très envie de voir avant après les bandes-annonces.
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Charles
InvitéCe qu’on voit surtout dans cette bande-annonce c’est la forme la plus mainstream, vue et revue depuis 30.ans, de l’épopée scorsesienne. Le ping-pong est rarement montré au cinéma mais j’ai l’impression que c’est surtout un argument scénaristique pour renforcer le côté marginal, underdog, du héros, avec une nouvelle interprétation tête à claques par Chalamet.
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K. comme mon Code
InvitéJe comprends la lassitude de voir cette trajectoire filmée, mais je pense que le job de la bande-annonce consiste à renforcer l’aspect le plus vendeur du film. Je me disais que si Chalamet joue une tête à claques (fuckboy arrogant), ça lui allait naturellement mieux que de passer des années à mal imiter Bob Dylan. (Dans Dune, je ne sais pas très bien ce qu’il fait.) En tout cas, j’avais moins aimé Uncut Gems que Good Time, mais je le sens bien, celui-là.
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Coco
InvitéLes brève plans des match de ping pong rappelle la compétition de billard dans the color of money de Scorsese, donc si c’est très standard
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begaudeau
Invitéjusqu’ici aucun film des Safdie ne m’a convaincu qu’ils étaient autre chose que des copieurs de seventies sans grande envergure thématique (Smashing machine est d’un bien triste conformisme)
uncit games est une sorte de pastiche
exception : la série avec Fielder, ou le filmage altamien se rafraichissait d’un univers totalement nouveau
j’aime bien aussi The pleasure of being robbed (rien que le titre)-
Charles
InvitéC’est sévère mais pas complètement faux. Mad love in New-York est pas mal non plus, ils avaient vraiment réussi à capter quelque chose de la brutalité et de la rugosité de la vie des marginaux new-yorkais. Beaucoup plus que dans Good times, grosse baudruche arty.
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Alexandre
InvitéJ’avais vraiment pas compris la hype autour de Good Times. J’avais, je le confesse, trouvé ce film vraiment moche (ces gros plans en format scope, cette texture amorphe de l’image).
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K. comme mon Code
InvitéJ’avoue ne pas être saturé par des plans inspirés par The Color of Money de Scorsese.
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Coco
InvitéCertes, dans ce sens la de standard tu a raison.
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Alexandre
InvitéUn de mes Scorsese préférés, je le dis sans ambages.
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Charles
InvitéThis is provocation.
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Alexandre
InvitéJamais vu celui-là.
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Charles
InvitéJ’ai confondu avec PTA désolé.
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Dr Xavier
Invité« Le ping-pong est rarement montré au cinéma » –> on a pourtant eu le biopic de Haneke sur un des frères Lebrun, mais je ne sais plus lequel des deux.
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Charles
InvitéJ’ai vu la Pampa, premier film français d’Antoine Chevrollier sorti en début d’année. Il a réalisé quelques épisodes de série, dont le bureau des légendes, et a créé la série Oussekine. J’ai cru comprendre qu’il était devenu, avec ce pedigree, la nouvelle coqueluche du cinéma français comme on dit au Figaro – son prochain film sera coscénarisé avec Céline Sciamma, des stars veulent jouer dedans. Ca m’a donné envie de jeter un oeil à ce premier film donc que j’ai trouvé assez redoutable, dans le sens de copie parfaite pour l’avance sur recettes. Attention, spoilers.
Le film commence par une première scène entre ados au langage fleuri que le cinéma français réaliste adore reproduire. On les voit réparer une moto et l’un d’eux s’empresser de l’enfourcher pour risquer sa vie en franchissant à toute vitesse un carrefour sans s’arrêter sous les yeux ébahis de ces amis dont l’un, son meilleur ami, plutôt paniqué au début. On comprend alors qu’on va avoir affaire à un film de simili rodéos urbains avec ados rebelles sans cause. Sauf que la seconde scène vient contredire ce programme en montrant notre motard participer à une course de motocross sous les encouragements sévères de son père, de son entraineur et dudit meilleur ami. On y parle à la fin d’une sorte de championnat qui doit avoir lieu dans 15 jours et que le motard, s’il s’entraine comme il faut, pourrait remporter. On se dit alors qu’il s’agit en fait d’un film de championnat, avec entrainements à la dure, entourage qui pète des câbles, père qui y croit trop, fils qui y renonce avant de se reprendre etc. Sauf que non. Car le meilleur ami découvre une ou deux scènes après que le futur champion se tape son entraineur pourtant en couple avec une meuf, enceinte qui plus est. Romance interdite, homophobie, le programme semble à nouveau complètement changer. Mais pas tout à fait car le film suit en fait son meilleur ami qui a de lourds problèmes : papa mort depuis 10 ans, maman qui s’est mise avec un autre homme et qui veut vendre la maison d’enfance, bac qu’il risque de ne pas avoir. On est en terrain très connu mais le film fait des embardées, on suit la romance du meilleur ami avec une fille plus âgée qui a réussi à s’émanciper en partant du coin paumé où elle a grandi pour faire ses études dans la métropole de la région. Notre meilleur ami est alors rattrapé par le scénario – le motard qu’on avait un peu abandonné est victime de revenge porn de la part de la meuf de l’entraineur : homophobie au lycée, parents qui le rejettent avec papa qui brûle la moto, et donc suicide de notre motard. Le film rebifurque en reprenant le récit du championnat avec le meilleur ami qui remplace le motard à la demande du père de celui-ci, alors même qu’il doit réviser le bac à la demande de sa mère. Il s’entraine, participe au championnat mais abandonne devant un participant victime d’un violent accident. Il se reprend, passe le bac, l’obtient, se réconcilie avec sa mère et son beau-père (après moult scènes de dispute entre eux qui ont égrené le récit), prend le train avec sa meuf étudiante pour quitter le cocon familial comme dans les meilleurs pubs sncf. Fin.
Le film est habile car il n’arrête pas de bifurquer, de changer de cap, de nous lancer sur des fausses pistes. Les acteurs sont plutôt très bons (notamment Artus dans le rôle de l’entraineur), c’est correctement dialogué, quelques scènes se détachent. Mais il est en réalité très artificiel et sous ses coups de force scénaristiques, on ne nous raconte toujours la même histoire de réconciliation familiale, de traumas qu’on surmonte, d’émancipation douce. Et on assaisonne ça avec des thèmes d’actualité – un peu de rodéo urbain, de jeunes sous protoxydes d’azote, de revenge porn, d’homophobie dans les territoires – qu’on a toutefois le bon goût de ne pas traiter comme des sujets. Ce qui est très désagréable c’est cette forme attrape-tout, qui bouffe à tous les râteliers pour finir par raconter la même chose que tout le monde. C’est en cela que le film est redoutable, dans sa façon de louvoyer (avec talent) avant de retomber sur ses pieds de cinéma majoritaire, avec la pénible impression de s’être fait avoir.
La réception du film a été enthousiaste, il va sans doute rafler le Cesar du meilleur premier film l’année prochaine, l’acteur principal celui du meilleur espoir masculin.
Je vous préviens, avec Chevrollier on va en prendre pour 30 ans.-
begaudeau
Invitéje vais le regarder du coup
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Charles
InvitéTu vas te régaler.
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I.G.Y
InvitéMoi qui avais beaucoup moins enterré Vingt Dieux que François — j’y pense car j’ai écouté récemment le PDH sur La Vie de Jésus où il en est question —, je n’ai vraiment pas aimé la Pampa.. Souvenir d’une ou deux scènes qui où ça respire un minimum (scène dans une piscine vide), souvenir de l’acteur principal brun qui surnage (Sayyid El Alami), souvenir quasi-traumatique du rôle/personnage du père de Jojo. Raison supplémentaire pour laquelle tu n’aimeras sans doute pas, j’ai souvenir que le réal revendiquait chez Dufresnes une hyper-maîtrise du dispositif car ça le rassure. Tout pour te plaire.
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begaudeau
InvitéEh bien je ne pensais pas que c’était si nul. A coté Vingt dieux se tient presque
Un point commun entre les deux cependant : une absence totale de principe de mise en scène. Filmer semble etre un truc à faire, une corvée. Nous voyons arriver les premiers réals qui ont appris la fiction audiovisuelle avec les séries et leur non-filmage-
Alexandre
InvitéAh oui, le fameux Vingt Dieux., avé l’accent de mon pays.
Bon, j’avais pas détesté mais c’est typiquement le type de film, non pas que je ne reverrais jamais, mais tout simplement que je ne reverrais pas.
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Carpentier
InvitéVu Ce que la nature te dit, en début d’après m’ :
bon benh là c’est sûr, on s’y installe, on y prend son temps, on se parle et ça déroule et ça déroule et ça déroule.
J’ai aimé rire et aimer soudain le père et le copain qui se marrent, pour une première, quand on voit/entend/sent qu’ils sont ok pour s’ouvrir et faire connaissance (échange sur la moustache du jeune gars, enfin, jeune – 34 ans quand même ).comme les parents se le rappelleront lorsqu’ils feront son bilan/topo post-repas arrosé, qui leur laisse une impression très mitigée et peu flatteuse.
Oui, les ‘ sons naturels ‘ gardés ça change énormément la sensation,.la profondeur de ce qu’on voit et entend à l’écran.
Avec mention spéciale pour les caquettements des poules à.peine moins poétiques que les piaillements d’oiseaux mais tout d’même
– la soeur ainée m’a super gonflée, avant que le poète pète son câble: le ‘ faire connaissance ‘ avec la potentielle belle-famille y est éprouvant à souhait, chez HSS, la journée semble bien longue mais à aucun moment je n’aurais abandonné ce gars dans cette épreuve.
Aaaaaaah la présentation à la famille de l’autre, ça reste pour certain.e pas si simple
On aime l’idée, on aime la performance – celle des acteurs-rices autant que celle des spectateurs-rices
Une médaille? eeeeeeeh pas cette fois mais s’il refait le coup, HSS, pourquoi pas?-
Carpentier
Invitéet bientôt, avec âne, chien et cie: L’arbre de la connaissance
– là, j’attends pour La grande arche: Xavieeeeeerr < 3-
Carpentier
Invitéterminant ce matin mon écoute de l’émission
‘ Peut-on échapper à la morale? ‘
que je recommande si jamais,
[C chez certain Noé Jacomet (avec un certain gladys aussi) – postée dans l’ancien ‘ actu de françois ‘ qui fonctionne toujours si on s’agrippe aux posts avant piratage – ]
J’y note, très entre autres, qu’il y revient sur le concept qui irrigue son
Notre joie
et rappellela joie devant/dans la persistance de la vie.
– Et bien hier, par exemple, au ciné, ma joie devant les 2 hommes du HSS, en toute première partie, le mec et le père qui se tournent autour dans leur ‘ faire connaissance ‘, se confient, font le chemin que faisait la grand mère, s’y trouvent et se promettent d’y venir voir le coucher de soleil, et bien elle était bien différente de celle qui constatait combien FB avait raison devant Dolan, de retour comme acteur de cinéma dans le Demoustier.
Et devant les parents qui continuent la soirée dans le cabanon de chantier – planque détente officielle du mari – où, pour jauger l’ami de leur fille, il a convié sa femme, gratouille alcoolisé sa guitare et cherche avec elle à analyser, se rassurer sur cette première relation qu’ils connaissent à leur fille
et bien: grande joie, oui devant ce quotidien familier là, cette vie racontée tranquillement,
et surtout, pas besoin de gueules archi-connues et adulées sur les tapis qu’on sait pour aimer ce qui nous est montré/partagé
ps: qqn.e a dit un peu sur Ce que la nature te dit, il me semble aussi (un peu)
– je vais tâcher de remonter ce fil-ciné pour retrouver
bonne journée, -
Carpentier
Invité… et bientôt, avec âne, chien et cie: L’arbre de la connaissance (bis)
mais avec la b.a. cette fois
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Carpentier
Invitéet sur le dernier Hong Sang Soo?
nothing more?
ça m’étonne-
Carpentier
Invitéme reste aussi la scène où le petit ami/poéte/premièrefois observe une fleur violette, équipé d’une lampe frontale, au milieu de la nuit: il a justement déclamé un poème dédié à une fleur qui éclot, au repas juste avant et doit sans doute aussi se souvenir que son aimée a proposé d’observer le paysage-spot de la mémé au clair de lune; en revanche, elle, a oublié.
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Tony
InvitéEn attendant TVB la grande arche vue par Burdeau et un architecte,
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Carpentier
InvitéSalut,
J’en sors du film de Demoustier; bien pensé à FB chaque fois – et c’est souvent donc – que Dolan est à l’écran:
Envie de rire à chaque fois: t chiant, François : )
Je pense que Xavier a trop regardé Clavier dans Les Visiteurs.
Demoustier lui a-t-il demandé de charger la mule pour ce conseiller urbaniste et comm parisien servile et maniéré: pas compris.
C’est son retour au ciné à lui aussi?
Heureusement, parfois, des passages drôles où je pouvais me joindre aux rires des autres.
Bon, il n’empêche que j’ignorais beaucoup de cette histoire de l’arche de la défense.
Maintenant un peu moins et je compléterai, chercherai un peu,
ps: c’est beau le cimetière danois en pleine nature-
Tony
InvitéOui Dolan fait son numéro mais en même temps je crois qu’il n’a pas d’autre choix pour faire exister son personnage, purement fonctionnel,et ça rend comique le personnel politique, Juppé est sur la même note quand il apparaît,Fau aussi a ce côté comique,moins démonstratif,plus discret, c’est un contrepoint de comédie qui rend le film assez sympathique.
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begaudeau
Invitéje pense qu’il avait d’autres voies pour faire exister son personnage que de gesticuler quand il parle pas
j’en resterai donc à « Je pense que Xavier a trop regardé Clavier dans Les Visiteurs. » Très juste.
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Ostros
InvitéSVP est-ce que qq’un.e peut sortir ce document en PDF et me l’envoyer ou le mettre sur un wetransfer ?
C’est l’article de François dans les cahiers n°784
https://fr.scribd.com/document/765867736/Cahiers-du-Cinema-n%C2%BA-784?v=0.999 -
graindorge
InvitéUn documentaire sur Clint Eastwood
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Charles
InvitéDésolé pour le doublon, je me suis planté d’endroit.
J’ai vu La petite dernière que j’ai bien aimé alors que j’y allais à reculons. Evidemment, il n’a rien à voir avec ce qu’en dit l’équipe de SdS, j’y reviendrai.
Pour moi, l’art principal d’Herzi dans ce film, c’est à dire sa force, tient dans celui du portrait, au sens non pas psychologique mais presque pictural. En réalité d’incarnation. Les personnages sont pris dans leur singularité, leur bizarrerie, souvent dans leur point de vulnérabilité, quelques fois dans leur force (le couple de lesbiennes rencontrées lors de la soirée étudiante). Ca m’est apparu très clairement avec les scènes du pneumologue où Herzi fait précisément l’inverse du cinéma français dit réaliste. Dans un film conventionnel de ce genre, par exemple Nino, le personnage est défini par sa fonction, son métier : le médecin est sérieux, rigoureux, à l’écoute. Sa singularité s’envole sous la blouse. Ici, tout dissone, ce personnage a un côté efféminé, affecté, drôle, en même temps on a l’impression qu’il a un handicap (le voyant dans la première scène assis je me suis demandé s’il n’avait pas une sorte de nanisme). Il est étrange sans pour autant que cela soit folkorisé ni rendu pittoresque comme dans un épisode de strip-tease. Et beaucoup de personnages sont filmés comme ça, d’où l’usage du gros plan et du plan moyen. C’est assez rare de voir un cinéaste regarder à ce point ses personnages, leur donner les clés des scènes sans pour autant que les acteurs fassent leur numéro. Aussi, toutes les scènes de date sont très bien, c’est une galerie de portraits très vivants, très puissants. Billy parlait d’un film doux, c’est vrai, c’est même un film amoureux de ses personnages. Quand Herzi filme une gay pride, ce n’est pas que pour montrer une étape ou un moment assez classique dans la vie d’une jeune lesbienne (et encore moins pour faire signe à la vie d’Adèle de Kéchiche) que l’occasion pour Herzi de filmer cette faune (dans un sens non péjoratif du terme, évidemment). Ce film est une fête à l’incarnation, la vitalité comme on voit rarement dans le cinéma français. Et pourtant ça commençait pas très bien, avec ces scènes de classe, de cour de récréation où on prend un peu trop plaisir à filmer pour la millième fois la gouaille des ados, leur crudité, leur façon de chahuter un cours devant une prof impuissante, jusqu’à ce qu’arrive ce personnage génial d’homo noir, blond, très efféminé. Lui je l’adore. Idée assez géniale que les remarques les plus violemment, agressivement homophobes viennent de ce personnage quand il confronte Linda. Celle-ci se rebelle, l’agresse et lui casse ses lunettes, on les sépare. Herzi pourrait s’arrêter là sauf qu’elle fait un plan rapproché sur le mec larmoyant parce qu’on vient de lui casser ses lunettes. Et ben c’est un des plans qui m’a le plus ému cette année. Il est pourtant assez court, pas imposant mais il a quelque chose de déchirant. A ce moment-là je me suis dit que le film était gagné. C’est un film pour les marginaux, ceux qui sont à l’écart de la norme, presque communautaire dans ce sens. D’ailleurs, elle filme un peu la communauté homosexuelle comme des gens liés par un secret, unis par un fil invisible et qui se repèrent entre eux tout de suite. L’écrire n’est rien, peut parait cliché, mais le montrer comme elle le fait est d’une grande beauté car ça passe évidemment par les corps.
Je disais que ça me suffisait car le film n’est pas sans faiblesses. Comme beaucoup, la partie islam ne m’a pas convaincu. C’est d’ailleurs le problème, que ce soit une partie. J’aurais pu m’en passer, ça n’est qu’un moteur dramatique, un noeud. Je ne vois pas ce que Linda trouve dans la religion, dans sa pratique, sa liturgie. Autant on perçoit bien la puissance d’émancipation du lesbianisme autant celle d’islam n’apparait pas à l’écran. Qu’est-ce qui la meut en tant que croyante, que pratiquante? On ne le comprend en voyant le film. Herzi procède trop par raccords brutaux – qui ont fait leur petit effet à Cannes – et échoue à incarner la vie religieuse. A sa décharge, c’est peut être infilmable (ou alors il faut y aller à fond comme Dumont). Toutefois, la scène avec l’imam est très réussie. J’aime cet imam, délicat, subtil mais très ferme dans son rejet de l’homosexualité (contrairement à ce que les guignols de SdS ont cru comprendre). Je n’ai jamais vu un imam comme ça au cinéma (réflexion que je me suis beaucoup faite pendant le film).
Quelques mots sur Sds. On compte sur François pour venger le film car ces critiques ont commis plusieurs péchés mortels de critique. D’abord, ils se servent du film pour parler d’autre chose, de l’état du cinéma français et de films qui n’ont rien à voir (des Dardennes aux films de Lindon, n’importe quoi). Ensuite, ils font des erreurs factuelles majeures (Momci qui dit qu’on ne voit Linda voilée pour la première fois que lors d’un raccord après un date alors qu’on la voit prier avec un voile dès les premières scènes ; quand ils prétendent que l’homophobie dans le film est incarnée principalement par la famille de Linda ; quand ils disent que l’imam ressemble plus à un prêtre compatissant etc.). Enfin, ils se perdent en surglosant des fausses comparaisons (notamment avec Kechiche à cause du plan sur les nouilles ou de la morve). C’est vraiment du sale boulot. Et en plus, avec un scrupule de gauche ridicule : ces quatre critiques blancs, non musulmans vont nous expliquer la réalité des familles musulmanes ou des imams, au secours. De même, ils se scandalisent que les soirées étudiantes du 13ème arrondissement de Paris soient plus gay friendly que la banlieue sud-est de Paris…-
Carpentier
Invitémerci, pas pu finir leur SdS l’autre jour,
tu me confortes dans l’idee que je n’y ai raté que de l’aigreur, -
..Graindorge
InvitéMerci Charles ! 🍀
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I.G.Y
InvitéMon « gros doute » est donc levé (j’en étais quasiment venu à douter de l’indubitable…)
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Eliot
InvitéOn est d’accord, les gars de chez SdS sont lamentables et m’irritent d’autant plus qu’on peut maintenant les voir à l’écran. Y’a un truc physique de bourgeois ricanant qui me sort par les yeux. Ce que je me dis surtout en les regardant c’est que ça m’attriste que la critique soit réduite aujourd’hui à ce genre de bourges culturels qui ont toujours été validés dans leur goûts mais qui ne sont pas véritablement concernés par l’art cinématographique et m’apparaissent comme des créatures biberonnées aux hybridations ciné / séries et autres difformités culturelles et n’ont en fait rien à voir avec des critiques. Ils émettent des avis pendant 1h sans se soucier d’une quelconque méticulosité méthodologique du côté de l’analyse et sans montrer une sensibilité singulière qui vaut respect et écoute. Ces personnes (et d’autres) n’ont pas mon respect et m’ont fait changer d’avis quand je disais que le film était militant, je suis retourné le voir et j’ai eu un plus grand plaisir que la première fois et pour la même raison que toi, cette attention gratuite portée à ces acteurs / personnages, à ces visages et ces corps ; ce long nez de la dame dans la voiture (qui joue aussi dans le premier Herzi il me semble) qui reflétait physiquement le potentiel érotique de cette dame. Je ne sais même pas vraiment comment décrire avec des mots, c’est simplement que le monde de ce visage qui m’est donné à voir m’a donné assez d’émotions et matière à penser pour qu’il vive en moi après la séance. Et je pourrais continuer sur 20 autres exemples, l’allemande, le médecin, la lesbienne de porcelaine des plans à 3 qui parle très peu voire pas mais qui me fait monter en sensations physiques et cérébrales par sa simple présence à l’écran. Il serait intéressant de faire l’éloge de tous ces personnages et ces portraits comme tu dis Charles.
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Je partage ce plaisir avec toi et d’autres personnes ici. Néanmoins, même au deuxième visionnage et derrière moi les idées de film militant (je m’étais tant ennuyé au premier visionnage que le film avait perdu mon attention à la fin, et effectivement, à la lumière des 20 dernières minutes du film je ne peux pas le qualifier de film militant). Reste un mouvement que le film a sur moi : Première émotion et mode d’attention A j’adore regarder ces portraits et j’adore qu’ils ne soient là que par plaisir de leur rendu et de leur existence propre. Seconde émotion et mode d’attention B je m’ennuie et je perd même intérêt à regarder ces portraits. Le film a ce mouvement tout du long sur moi qui d’abord m’active pour ensuite me perdre. Encore aujourd’hui je suis dans un conflit que je ne peux pas résoudre pleinement et qui me fait encore écrire ici. Je crois que ce conflit tiens au conflit interne au film voire à un conflit qui concerne H.Herzi. Hypothèse : elle est coincée entre ne pas trop faire du Kéchiche, tenir une certaine fidélité au roman donc avoir une certaine fidélité à la propre vie de Fatima Daas puisqu’il s’agit d’un roman autobio donc double trahison possible, trahison du roman et d’une vie. Enfin trouver sa propre voie et style. Opération semée d’embuches. Opération parasitée par des intentions culturelles et pas tout à fait proprement artistiques. Pour résumer j’ai l’impression d’avoir affaire à un hybride entre cinéma et télévision. Entre art et objet culturel. J’ai cette impression parce qu’à trop voir ces portraits l’opération devient autophage peut-être parce que trop peu dialectique. J’adore par exemple regarder des acteurs amateurs dans Enorme car il y a un mouvement entre des acteurs pros et non acteurs. J’adore La Vie d’A parce qu’il y a notamment une dialectique entre le corps en maîtrise de Seydoux et celui d’Exarchopoulos. Je veux dire que ces portraits s’épuisent à mon regard car quand bien même j’adore leur force esthétique toutes les autres choses qui sont faites dans ce film sont beaucoup trop faibles en comparaison. Certains dialogues, certaines situations, les décors ou plutôt lieux réels. A trop vouloir représenter ces visages le reste passe sous le tapis. H.Herzi n’a pas pensé plus que ça l’adaptation littéraire : certains silences qui en disent longs de Fatima témoignent d’une volonté de ne surtout pas avoir recours à la voix off. Tant mieux, mais invente moi un truc purement cinématographique parce que la voix off devient inconsciente. On va me taper sur les doigts mais dans la Vie d’Adèle on fait pas simplement un plan esthétisant dans une baignoire qui en dit long – à savoir il se passe quelque chose à l’intérieur en rapport à l’identité et on peut calquer ce qu’on veut sur cet intérieur, consensus – il y’a un plan serré du visage d’Adèle qui dort bouche entrouverte ce qui produit un certain son, cut, plan moyen du corps d’Adèle qui dort sans couette (on voit son corps habillé, mais ses fesses sont quand même la première chose qu’on remarque) : il y a quelque chose qui gronde là dedans, il y a du désir qui gronde. Fatima : plan monolithique qui en dit long, plan esthétisant de télévision qui se donne un air de cinéma. Il me manque cruellement 1h de réel dans ce film, il me manque une certaine idée du montage. Il me reste en travers de la gorge ce sentiment qu’on a évidé tout un pan de réel pour ne pas trop déranger cette opération de représentation et de portraits.-
MA
InvitéSur l’etat de la critique, on attend le microcine avec Burdeau : https://youtube.com/@microcinerevuedecinemaetdetele?si=Hzr1n34uFbZ8tZHA
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Charles
InvitéJe trouve au contraire qu’il y a beaucoup de dialectique ici entre le corps souvent en rétention de Fatima, sur ses gardes et les autres au corps plus délié, moins contrôlé que ce soit à cause d’un handicap physique ou d’une plus grande liberté. J’aime bien qu’on bute sur son visage, que celui-ci ne s’offre pas immédiatement à nous, qu’il ne se transforme jamais complètement. Par ailleurs, je n’ai jamais considéré que la Vie d’Adèle était un grand film. Ca m’amuse d’ailleurs que Sortie de secours les joue l’un contre l’autre, à l’avantage du Kechiche, et reproche à celui d’Herzi des choses que faisait pourtant exactement la Vie d’Adèle, notamment concernant le premier petit copain dont on se débarrasse très vite (ce qui n’est d’ailleurs pas tout à fait exact pour le Herzi car on le retrouve lors d’une microscène en fin de film).
Je trouve par ailleurs celui d’Herzi beaucoup plus intéressé par les lesbiennes en tant que telles, c’est à dire comme personnes et pas simplement comme motif sexuel, notamment lors du premier date où même s’il y est surtout question de sexe, on filme avant tout des visages, une façon de parler, de se tenir, de draguer. Chez Kechiche, j’ai beaucoup moins retrouvé ça dans les personnages lesbiens (dans mes souvenirs). J’ai toujours eu un peu de mal avec Seydoux dans ce film, pourtant bonne actrice, car je n’y ai jamais vu qu’une actrice jouant à la lesbienne, presque déguisée.
Momcilovic reproche au film de faire comme le Sciamma, Bande de filles (pas vu), d’avoir fait une sorte de casting safari et s’en remettre à l' »expertise de ses acteurs » – citation de Sciamma que Momci juge obscène. Eh bien moi je trouve ça très bien. Je ne vois pas le problème de cette citation. J’irai même plus loin : on devrait toujours filmer autrui comme un animal sauvage ou exotique, au moins au début, pour retrouver sous les couches de déjà vu, déjà montré, la singularité et donc l’humanité.-
Claire N
Invité« car je n’y ai jamais vu qu’une actrice jouant à la lesbienne, presque déguisée. »
Je me demande justement si cette distance n’est pas faite a dessein – une distance du personnage même par rapport à ça ?-
Charles
InvitéPeut-être, on a beaucoup glosé sur la cruauté de Kechiche vis à vis de ce personnage, filmé comme un personnage bourgeois un peu fake.
Mais revoyant la scène du bar de la Vie d’Adèle où les deux héroïnes se rencontrent, je me dis que Kechiche a un peu peur des lesbiennes dans ce film. On voit d’abord Adèle se faire draguer par une lesbienne au comptoir, Adèle est tres mal à l’aise mais la star Seydoux arrive pour la sauver. Herzi fait l’inverse en restant avec ces lesbiennes qui draguent parfois de façon très directe ou agressive (presque comme des mecs).-
Carpentier
Invitémieux que des mecs : D
droit au but: à la marseillaise! -
Claire N
InvitéJe ne sais pas trop
La scène du bar est un peu polysémique je ne l’ai pas forcément trouvé asymétrique mais dissymétrique
LS sais où elle est , elle a l’habitude d’évoluer la
Adèle plonge dans un environnement pour la première fois
La petite nouvelle a d’ailleurs son attrait propre, elle est vite repérée
Et peu etre en joue aussi
C’est une bonne carte-
Carpentier
Invitépas forcément trouvé asymétrique mais dissymétrique
ô mon dieu : D
gros rire
mon visionnage de ce Kechiche est décidément bien trop ancien pour ce genre de méga-nuancier subtile (merci d’avoir chassé rapide mon seum institutionnel du jour)
Mes premiers échanges ici, après visionnage du La petite dernière, furent avec certaine Stéphanie, de mémoire, qui déjà évoquait La vie d’Adele, ce à quoi moi, je notais que j’avais peu pensé, pour le moins (échanges bien plus haut sur cette page).
Stephanie pensait le revoir,
elle dira peut-être avec toi, Claire N, sur cette analyse géometrico-psychoaffectuve ; )-
Carpentier
Invité-*affective
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K. comme mon Code
InvitéLe Kechiche n’est pas très intéressé par les lesbiennes, oui, l’homosexualité permet seulement d’isoler le personnage : ça l’isole de ses potes, puis de sa famille, puis elle est isolée en tant que fille de prolos parmi les bourgeoises, qu’elles soient lesbiennes ou non.
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Claire N
InvitéOui – c’est vrai que cela peut donner cette lecture
J’avoue que je l’avais plus vu dans le sens du focus sur la puissance du désir sexuel et de la oú ça mène malgré d’autres formes de force
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Eliot
InvitéJe suis d’accord avec toi pour le corps de Fatima face aux autres corps déliés. Je suis aussi d’accord pour dire que chez Herzi on s’intéresse plus directement aux lesbiennes alors que chez Kéchiche ça n’a pas vraiment l’air de l’intéresser et j’ai toujours trouvé que les critiques du style « c’est une honte de représenter le sexe lesbien de cette façon (male gaze) » étaient tout à fait stupides – comme sont souvent les critiques qui ont uniquement le soucis de la représentation – puisqu’effectivement le sexe lesbien n’est pas son sujet dans les scènes de cul de La Vie d’A mais tout simplement le désir et la conflictualité dans le désir, en tout cas j’en ai toujours ressenti ça, et des plans tellement serrés que je me souviens d’une certaine picturalité quand bien même ça ait du sens d’en parler au cinéma. Et c’est bien là qu’il faut stopper les comparaisons entre les deux parce qu’ils n’ont au final pas le même sujet ni la même intention.
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Quand je parlais de dialectique je l’entends surtout dans le cœur même des dispositifs que Herzi a pu se donner, dans la production même du film, quand bien même je redis que je ressens moi aussi cette dialectique par les corps, elle m’apparaît de plus en plus monolithique à mesure qu’avance le film.
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Ce que tu dis sur Seydoux c’est précisément ce que je trouve passionnant, le film a plusieurs couches. Je ne suis pas fada de Seydoux non plus à l’origine, mais comme tout acteur, ces porte-manteaux, ça dépend par quels créateurs ils passent. Tu dis presque déguisée, je dis elle est déguisée. Bourgeoise – l’actrice – elle sait se déguiser, le personnage bourgeois aussi sait se déguiser, contrôler son désir. Déguiser pourrait être la compromission, le compromis bourgeois. Adèle ne se déguise pas et ne se compromet pas elle se donne toute entière il me semble.
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Pour répondre à Graindorge et Carpentier, je m’exprime peut-être mal mais je n’émet aucun jugement sur la prise de liberté de Herzi sur le roman, je m’en tamponne, je sais ce que c’est une adaptation. J’essaye simplement d’analyser pourquoi j’ai la sensation que Herzi a l’air sous étau créatif. Ensuite oui je suis en conflit et en dialogue ininterrompu avec ce film et tant mieux et ça veut dire qu’il réussit quelque chose. Si on était toujours tout de suite sûr de ce qu’on pense d’un film, en adhésion totale ou en désadhésion totale immédiatement l’art serait une petite chose et il n’y aurait pas une discipline qui s’appellerait critique dans laquelle il ne s’agit pas de simplement dire j’aime / j’aime pas.
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Et oui, sortie de secours sont vraiment des faquins
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..Graindorge
Invité« …tenir une certaine fidélité au roman donc avoir une certaine fidélité à la propre vie de Fatima Daas puisqu’il s’agit d’un roman autobio donc double trahison possible, trahison du roman et d’une vie. »
effectivement H.H s’inspire librement du livre et l’auteure Fatima Daas parle avec enthousiasme de cette libre adaptation parfois infidèle et même inventive , créative : par exemple, Fatima Daas
n’est pas footballeuse. Tu peux les voir/écouter sur YouTube-
Carpentier
Invitéet quiconque lit à propos d’être – ou est – chiffoné.e par cette sorte d’ ‘ adaptation libre ‘ de HH avec son dernier film, n’a qu’à juste relire/ré-écouter FB à propos de Kechiche et LBLV enfin!
sérieux pfffff
et pas la peine de me re-demander la signification du signe LBLV please ; )
je donne assez d’indices pour piger
allons allons, amateur.rices des productions de toutes sortes de FB: on a le niveau, si si-
Carpentier
Invitéà l’occasion, je reprendrai les papiers après le Mektoub, tiens
pas souvenir de tant de chouineries
était-ce parce qu’il s’agissait Abdellatif K.?
et de FB?
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..Graindorge
InvitéMessage pour Eliot. J’avais pourtant bien cliquer sous son pseudo + « répondre »
🤷🏽♀️
On pourrait créer une cagnotte afin d’améliorer la qualité du fonctionnement de ce site?
Ce cher Eliot qui ne sait plus quoi penser de ce film qu’il a vu 2 fois. La 3ème sera la bonne? Pardon
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Jules
InvitéJ’ai bien aimé Bugonia !
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Ostros
InvitéJe suis jalouse, tu l’a vu où ?
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Jules
InvitéA Bruxelles ! (Je ne savais pas qu’il n’était pas encore sorti en France)
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Ostros
InvitéJe découvre qu’il existe un privilège bruxellois concernant les sorties de films attendus.
Plus que 2 semaines à attendre pour nous, nés du mauvais côté de l’ardenne-
Jules
InvitéJe savoure notre privilège (il en faut bien de temps en temps)
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Carpentier
Invitébah vous avez quand même le Léon roi de la moule aussi
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Valère Hildeduc
InvitéEn général c’est l’inverse soyez rassurés
Pas vu la couleur du Rire et le Couteau ou du dernier Hong Sang Soo-
Carpentier
InvitéLe fameux ‘ Ce qu’à Bruxelles tu ne vois pas ‘ ?
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Bernard
InvitéIl ne me semble pas avoir vu passer de discussion à propos de Soundtrack to a coup d’état !
Je me sens un peu démuni pour en parler précisément car le film est d’une densité assez hallucinante et d’une forme pour le moins désorientante. Mais je crois qu’on tient quelque chose de grand, ne serait-ce que par la multitude d’informations documentaires déployée. Et la grandiose bande son, cela va sans dire.-
begaudeau
Invitéje l’ai vu il y a un certain temps, je ne serai pas précis, souvenir fort mais confus
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Pout
InvitéSouvenir fort aussi. J’ai eu la chance de le découvrir à plusieurs reprises, chaque visionnage a son lot de nouvelles découvertes.
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Anzo
InvitéJe sors de « La petite dernière », et le film m’a suffisamment travaillé pour que j’essaie d’en écrire une critique. C’est d’abord par son dispositif – ce gros plan obstiné qui ne lâche jamais – que le film trouve sa force. Je partage ma réflexion ici pour contribuer à la discussion :
Un gros plan. Puis un autre. Puis encore un autre. La petite dernière ne lâche jamais le visage de Fatima. On pourrait croire à un appauvrissement, à un cinéma qui se réduit. Mais c’est l’inverse : c’est dans ce cadre serré que tout affleure – le désir, la foi, la famille, les contradictions. Le gros plan ne simplifie pas. Il densifie.
Hafsia Herzi adapte le livre autobiographique de Fatima Daas. Le livre raconte une jeune femme musulmane, lesbienne, prise entre religion et désir interdit. Le film aurait pu en faire une trajectoire classique – rupture, émancipation, choix déchirant. Il ne fait rien de ça. Herzi refuse de construire le drame là où tout le monde l’aurait mis. Elle filme des gestes – prier, baiser, manger, se laver – et ces gestes coexistent. Pas de hiérarchie, pas d’explication. Le film ne résout rien. Il montre.
Dès les premiers plans, le dispositif est là. Gros plan sur le visage de Fatima, front et menton délimitant le cadre. La réalisatrice ne lâche pas l’actrice. Fatima reste muette, fixe. Ses deux sœurs balancent vannes et remarques. On entend la télé, le père avachi sur le canapé. Le bruit des plaques de cuisson renvoie la mère à la cuisine. Le gros plan ne montre qu’un visage, le son déploie l’appartement entier. Le monde n’a pas besoin d’être vu pour être là. Il presse de tous côtés. On ne voit jamais les pièces, mais on comprend immédiatement la densité, la promiscuité. La cuisine devient l’espace où tout se joue – on y mange, on y discute, on y révise. Et Fatima est toujours prise dedans, sans échappatoire.
Fatima a dix-huit ans. À cet âge-là, tout est flou. Les frontières entre la famille et le désir, entre la foi et la révolte, ne sont pas tracées. Elles se chevauchent, se contredisent, coexistent. Herzi filme cette indistinction sans chercher à la clarifier. Elle la laisse exister.
Et c’est là que surgissent les gestes. Fatima se lave avant la prière. Les mains d’abord. Elle les frotte l’une contre l’autre sous le filet d’eau, paume contre paume, entre les doigts. Les avant-bras ensuite, du poignet au coude. Le visage : front, tempes, autour des oreilles. La caméra ne bouge pas. Plan fixe, gros plan. On entend l’eau couler, le frottement de la peau mouillée, la respiration régulière. Le geste dure. Il prend du temps. Ce n’est pas une ellipse, ce n’est pas un symbole. C’est un geste matériel, ancré dans un rythme quotidien.
Puis, dans la même logique de montage – juste avant ou juste après, – Fatima baise. Même cadre, même proximité. Les bouches qui se cherchent, la langue, la salive. Le grain de la peau, le léger duvet sur les fesses, le geste d’une main qui caresse et cherche. Ces mêmes corps dont la tristesse peut parfois jaillir, cette même profusion de matière qui affleure à travers larmes et morve. Herzi filme l’ablution et le sexe avec la même attention. Ce ne sont pas des actes opposés. Ce sont des pratiques qui coexistent.
Cette attention aux corps traverse aussi les personnages secondaires. Une scène : Fatima consulte un médecin pour son asthme. Un homme d’une soixantaine d’années, lunettes, blouse blanche. Il ausculte, prescrit. Puis il demande : « Tu fumes ? » Fatima hésite. « Oui. » « Mais il ne faut pas le répéter à ma mère. » Il la rassure. « Moi, je n’aime pas la cigarette. Mon père fumait. C’est pas bien. » Il dit ça en souriant. Un sourire large, franc. Et là, le gros plan révèle ses dents – abîmées, jaunies, un peu de travers.
Ce qui passe dans ce plan, c’est le décalage entre ce qu’il dit et ce que montre son corps. Il déconseille la cigarette avec des dents ravagées par le tabac. Mais ce sourire n’est pas hypocrite. Il est sincère, presque tendre. Il sait ce que c’est. Il a vécu ça. Il ne juge pas, il témoigne. Herzi filme un homme singulier, avec son histoire, ses contradictions, ses dents abîmées. Le gros plan capte tout ça en même temps – l’expertise et la compassion, la sincérité et le corps qui la contredit – sans que l’une écrase l’autre.
Et c’est peut-être là toute la force du dispositif. Le gros plan n’isole pas les corps. Il les expose dans leur singularité irréductible. Il refuse de les réduire à leur fonction – médecin, mère, amante, croyante. Il les filme comme des présences entières, contradictoires, profuses. Fatima n’est pas un symbole. Elle est un corps qui vit plusieurs choses en même temps. Le film ne cherche pas à résoudre cette multiplicité. Il la filme. Et ce geste-là est radical.
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Eliot
Invitéc’est peut-être la meilleure critique que j’ai lue sur ce film
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..Graindorge
Invité« c’est peut-être la meilleure critique que j’ai lue sur ce film »
Tu vas être gâté Eliot: du meilleur parmi le meilleurest peut-être à venir… 🙂
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begaudeau
Invité… tout simplement parce que cette critique voit le film comme il est
et ne le prend pas par un bout qui n’est pas le sien
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stephanie
Invité» l’expertise et la compassion, la sincérité et le corps qui la contredit – sans que l’une écrase l’autre. »
beau et juste
Merci -
..Graindorge
Invité» Anzo
Merci de contribuer à la discussion
Herzi refuse de construire le drame là où tout le monde l’aurait mis. »
Fatima Daas en parle de ce drame souhaité par certains et certaines et qu’elle-même n’a pas mis dans son livre. » Je choisis de ne pas choisir » dit-elle
Et ravie de la libre adaptation de Herzi -
Mélanie
Invité« Herzi refuse de construire le drame là où tout le monde l’aurait mis. Elle filme des gestes – prier, baiser, manger, se laver – et ces gestes coexistent. Pas de hiérarchie, pas d’explication. Le film ne résout rien. Il montre. »
Oui !
Et la cuisine de l’appartement familial, en effet-
K. comme mon Code
InvitéJe suis en train de lire ce livre et ça décrit aussi ce que Fatima Daas fait. Ce sont des fragments sur son asthme, les transports en commun, l’homosexualité, l’amour de la religion. Le conflit intérieur n’est pas appuyé. On passe d’un focus à l’autre. (Le lisant, je me dis que le succès du livre vient, par contre, vient de la manière dont il a été médiatiquement vendu. Et aussi du fait que c’est court, simple à lire.)
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Carpentier
Invitéet puisqu’on parle/parlait ici de Bruxelles dans quelques posts récents, je vous partage mon coup de foudre ciné pour Manon Clavel: je sors du très beau film d’Alexe Poukine, Kika.
Sera haut placé dans mon top de cette année.-
Carpentier
Invitédans la sensation de
Pas de hiérarchie, pas d’explication. Le film ne résout rien. Il montre.
magnifique film, ce Kika.
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Carpentier
InvitéLe gros plan n’isole pas les corps. Il les expose dans leur singularité irréductible. Il refuse de les réduire à leur fonction – médecin, mère, amante, croyante. Il les filme comme des présences entières, contradictoires, profuses. Fatima n’est pas un symbole. Elle est un corps qui vit plusieurs choses en même temps. Le film ne cherche pas à résoudre cette multiplicité. Il la filme. Et ce geste-là est radical.
yes
mille fois yes
bravo
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..Graindorge
InvitéLu l’article, très bon, sur Oui dans le Monde Diplomatique
Si l’attaque du 7 octobre est survenue la veille du premier jour de tournage, quel film Nadav Lapid était- il entrain de tourner n’étant pas encore au courant de cette attaque? » l’actualité rattrapant le film comme on attrapé un voleur par le col »
A t-il tout chamboulé dans le scénario pour y intégrer cette histoire de composition d’un hymne, ces images de Gaza au loin, etc? Ou 0 chamboulement, scénario intact.
Il faudrait interrogé bien sûr l’intéressé N. Lapid mais si l’auteur de l’article ou autre en sait quelque chose-
begaudeau
Inviténon, je n’en sais rien
mais de savoir que le tournage a commencé le 7 octobre est déjà une information susceptible d »expliquer le bordel du film
la tempete dans le cerveau confus du pauvre Lapid
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stephanie
InvitéCarpentier, j’irai voir aussi On Falling ( pas de retour ici il me semble?)
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MA
InvitéDouble page de Libe quu enscence le film. Donne tres envie de le voir.
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begaudeau
Invitétrès déçu pour ma part
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Carpentier
Invitéon l’ajoute lui aussi avant publication du Top 5 alors?
bon, va disjoncter sévère la carte UGC illimitée en cette fin d’année ; )
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Tony
InvitéJe suis en train de finir le livre d’entretien de M Joudet avec Breillat et un passage m’a fait penser à La petite dernière
‘Est-ce que vos acteurs vous fascinent lorsqu’ils sont devant vous,ou seulement à travers une caméra?
Uniquement quand je les filme,quand je les vois-donc quand je les filme.Sinon, ça ne m’intéresse pas.Samuel Kircher est hyper charmant,je l’adore, mais ce qui me fascine,ce sont les gros plans,quand j’entre en lui,que je le dévore par gros plans.Ça me fascine de voir ses dents tellement blanches,son sourire.J’ai fait des gros plans où il se laisse envahir, complètement offert à la caméra.Je n’ai jamais vu ça, jamais.
Donc vous ne voyez rien si vous ne le filmez pas?
Non,je ne les vois pas si je ne les filme pas.J’ai toujours eu un regard abominablement scrutateur,je les dévore des yeux et je me suis fait beaucoup d’ennemis chez des gens qui ne supportent pas ce regard.Je repère toujours du matériel qui rôde autour de moi.J’ai toujours fait ça:les gens qui passent,je me demande toujours si ce n’est pas de la matière pour mes films.Vous comprenez,les films, c’est quand-même un art qu’on fait avec la chair des gens.La peinture,il y a des couleurs qu’on peut acheter,la littérature il y a des mots,le cinéma il y a de la chair.Je ne peux jamais dire: »le film sera comme ça »Je dois rencontrer l’acteur,il doit se laisser faire,prendre et filmer.Un acteur,ce n’est pas du rouge.-
begaudeau
Invitéon parle en effet dans des termes approchants de La petite dernière dans le TVB en ligne ce soir
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Dwl
Invitédeux vidéos qui reviennent sur la longue scène centrale comique? d’Anora :
@paflemeilleur ANORA : Un film INCOMPRIS… #anora #cinephile #films #cinema #filmtok @nuagesflottants_
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Dwl
Invité-
Dwl
InvitéPerso j’ai pas un souvenir hyper précis, mais dans ma salle ça riait (femmes comme hommes). Moi j’ai pas spécialement ri, mais pour un truc qui n’avait rien à voir avec la dimension “agression”.
À chaud, j’aurais tendance à dire que l’agression en mode gag, sans forcément de charge politique derrière, c’est un truc que plein de films ont déjà fait. Le délire où un groupe empêche quelqu’un de faire un truc, le bloque, le retient, c’est un ressort comique assez classique, et d’habitude ça dérange pas grand monde. Faut déjà commencer par ça.
Et surtout, pour moi, la scène d’Anora, c’est pas du tout le même délire qu’une vraie situation d’agression envers une femme. (On aurait inverser anora et vanya ça aurait donner sensiblement la même chose.)
par ex : si un client du strip club essayait de la toucher et que Baker tournait ça comme une blague, ou si dans le métro des mecs venaient la faire chier et que c’était traité en comédie… là oui, là j’aurais trouvé ça ultra déplacé.Mais c’est pas ça qu’on voit.
Là, ça ressemble plus à un cambriolage foireux (une intrusion débile, le bordel total, les mecs sont complètement à la ramasse).
Et même, j’ai l’impression qu’il y a une inversion : on n’assiste pas vraiment à une agression, parce qu’on voit direct qu’Anora n’est pas en danger. Les mecs sont tellement des bras cassés que ça retire le côté “menace” et ça laisse juste le côté burlesque.Et franchement, j’ai aussi l’impression que l’air du temps pousse à ne voir que la configuration “une femme seule face à trois hommes qui la contraignent”, en dépouillant totalement la scène de ce qu’elle est réellement dans le film.
Je dis pas que le malaise de certaines est infondé, juste que la scène, telle qu’elle est filmée, ne va pas du tout dans ce sens-là pour moi et ce n’est pas spécialement « problématique ».-
Dwl
Invitéeuh je crois que le 1er lien n’a pas fonctionné
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K. comme mon Code
InvitéAh oui, j’ai vu passer ça à l’instant et j’ai pensé : Si, tu as un problème avec le film si les personnes qui rigolent pendant une séquence comique te gênent.
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Charlie
InvitéBonjour à toutes et à tous,
Je prépare la prochaine émission de La lumière dans le fond (@François je vous ai envoyé un mail à ce sujet pour que peut-être vous participiez, je ne sais pas si vous l’avez vu). Je voulais avoir votre avis à tous et toutes sur ce forum un petit peu. (L’idée ce n’est pas de vous citer ni parler du forum dans l’émission mais plus d’orienter mes recherches)On va certainement parler des Braises en axant la conversation autour de la problématique : « Le cinéma peut-il encore être un outil de contestation ? ». L’idée c’est de s’interroger sur l’existence et la possibilité d’un véritable cinéma français à charge politiquement.
Il faut encore que j’aille voir Les Braises mais est-ce que la question de la position politique du film vous semble pertinente ? Ou est-ce qu’on est sur un film de constatation et de restitution qui se voudrait totalement apolitique (bien que le cinéma apolitique n’existe pas vraiment selon moi) ?
Auquel cas il serait aussi intéressant d’en parler sous cette angle.
On a un peu l’impression que les cinéastes politiquement encartés et réellement revendicateurs ont totalement disparus je sais pas ce que vous en dites.Est-ce que vous auriez d’autres exemples intéressants sur ce (vaste j’en conviens) sujet ?
Aussi on aimerait parler des films qui se présentent comme neutre et sont en fait des vrais films macronistes (le cas Jimenez notamment).Merci beaucoup pour vos retours éventuels
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IA
InvitéBonjour !
C’est une super question que vous posez, et je comprends bien l’enjeu de l’émission. La question de savoir si le cinéma peut encore être un outil de contestation est en effet très pertinente, surtout dans le contexte actuel où la frontière entre engagement et neutralité dans les œuvres est souvent floue.
La position politique de Les Braises
Sur Les Braises, si ce n’est pas un film explicitement politique ou militant, il touche quand même à des sujets très ancrés dans la réalité sociale et politique, notamment la question des inégalités, de l’exclusion et de la pauvreté, ce qui en soi a une dimension politique. La question de savoir si un film peut être « apolitique » est intéressante, parce qu’un film qui traite de la réalité, même de manière neutre, se positionne toujours implicitement vis-à-vis du monde qui l’entoure.
Il me semble qu’on ne peut pas totalement éviter la dimension politique dans une œuvre, même si elle se veut « neutre ». Je partage votre point de vue que le cinéma apolitique n’existe pas vraiment, car même un film qui choisit de ne pas prendre position (par exemple, en refusant de juger ou de dénoncer) finit par refléter un certain point de vue, une manière de voir la société, qui est aussi une forme de politique.
Cinéma et contestation aujourd’hui
Quant à la disparition des cinéastes politiquement engagés, c’est une tendance qu’on peut observer depuis un certain temps. Mais je crois qu’il y a aussi une forme de transformation. Par exemple, des films comme 120 battements par minute ou La Loi du marché abordent des questions sociales brûlantes (les luttes contre le sida, le travail précaire), mais d’une manière subtile et parfois moins « bruyante » que ce qu’on aurait pu voir dans les années 70 ou 80, où l’engagement politique se manifestait directement à travers le discours cinématographique.
En revanche, des films plus récents comme Les Misérables ou Lorna, même s’ils ne sont pas nécessairement « à charge » d’un point de vue politique strict, dressent un portrait très critique des inégalités sociales. Mais leur impact reste plus indirect, plus ancré dans une observation réaliste qu’une véritable dénonciation.
Les films dits « neutres » et leur politique implicite
Sur les films qui se présentent comme neutres mais qui, en réalité, ont une orientation politique (comme celui de Jimenez que vous mentionnez), c’est un terrain intéressant à explorer. Parfois, les films qui cherchent à s’installer dans la « neutralité » peuvent véhiculer une idéologie en creux, en ne prenant pas position sur des questions sociales ou politiques. C’est le cas de certains films qui, sous couvert d’un réalisme ou d’un cadre « universel », finissent par se situer du côté du statu quo. Cela peut être un moyen de maintenir une forme de domination idéologique, en occultant certains enjeux cruciaux sous l’apparence de neutralité.
D’autres exemples
Quelques autres films qui me viennent à l’esprit, qui portent sur des enjeux politiques tout en jouant sur cette frontière floue entre engagement et neutralité, pourraient inclure :
« Le Vent de la révolte » de Laurent Cantet, qui traite des mouvements sociaux et de la désillusion du changement.
« Le Cercle des Poètes Disparus » (bien qu’américain), qui aborde subtilement des thèmes de rébellion contre l’ordre établi, tout en restant dans un ton plus philosophique et universel.
« La Haine » de Mathieu Kassovitz, qui, bien que très politique, adopte une approche très crue et directe de la contestation, en phase avec une époque mais toujours d’actualité sur les questions de violences policières et de fractures sociales.
Conclusion
Donc, pour répondre à vos questions : je pense que la position politique de Les Braises pourrait être intéressante à interroger, même si elle n’est pas explicitement militante. Le cinéma français a peut-être évolué vers une forme de contestation plus subtile et moins frontale, mais il reste possible de l’analyser à travers le prisme politique. Et bien sûr, les films qui se revendiquent neutres ou universels peuvent parfois être plus politiques qu’ils ne le paraissent.
N’hésitez pas à me dire si vous avez des angles précis en tête, ou si vous souhaitez que l’on creuse davantage certains points !
Bonne préparation pour l’émission !
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begaudeau
Invitéje n’ai pas eu ton mail, es tu sur d’avoir envoyé au bon?
envoie plutot sur facebook, ce sera plus simple -
Carpentier
Invité@FB
si toujours d’actualité ta quête artistique/ciné de pitch surla vie d’une femme de 50 ans qui a été quittée, voilà le pitch revé (et rare)
et si ‘ quittée ‘ comprend la mort du compagnon, et si moins de 50 c’est pas le rêve mais que ça passe quand même (le perso principal, ici, doit avoir la trentaine mais plein de meufs bien plus âgées dans):
Kika, un film d’Alexe Poukine, actuellement en salles.-
Carpentier
Invitéet pas d’autre titre des TN dans ce post, Carpentier?
– ah c’est vrai, vais de ce pas en chercher un -
Carpentier
Invitéfil.les 2
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Tony
InvitéQuand on voit ce genre de vidéo on se dit que c’est vraiment miraculeux qu’un film comme La petite dernière arrive à exister,que l’art puisse encore être possible dans ces conditions de production est étonnant,
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