Accueil › Forums › Forum général › Cinéma – page 17
Étiqueté : n
- Ce sujet contient 1,118 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 4 mois et 3 semaines.
-
AuteurMessages
-
-
Ostros
InvitéNe pouvant plus charger la page 16, j’ouvre une nouvelle page et je lance un appel.
En effet, en page 14 une généreuse personne avait offert un lien vers Val Abraham de Oliveira. Je l’avais copié. J’ai voulu le regarder tout à l’heure. Le lien ne fonctionnait plus. Ô généreuse personne, renvoie un lien pour voir ce film, s’il te plaît.
Amen. -
Ostros
InvitéLa liste des films présentés à Cannes est publiée ici :
https://www.festival-cannes.com/presse/communiques/les-films-de-la-selection-officielle-2025/
.
Parmi les films qu’on attend on trouve dans la catégorie Compétition :
LA PETITE DERNIÈRE de Hafsia HERZI
NOUVELLE VAGUE de Richard LINKLATER
UN SIMPLE ACCIDENT de Jafar PANAHI
THE MASTERMIND de Kelly REICHARDT
Donc une chance qu’ils sortent avant la fin de l’année.
.
Dans la catégorie Un Certain Regard on découvre le premier long métrage de deux célèbres actrices américaines dont les titres mystérieux attisent la curiosité :
ELEANOR THE GREAT de Scarlett JOHANSSON
THE CHRONOLOGY OF WATER de Kristen STEWART
.
La Séance de Minuit accueillera :
HONEY DON’T de Ethan COEN
.
Et les séances Cannes Première :
CONNEMARA de Alex LUTZ (sortie prévu le 10/09/2025)
.
Dans la sélection on retrouve aussi les réal populaires :
THE PHOENICIAN SCHEME de Wes ANDERSON
EDDINGTON de Ari ASTER
JEUNES MÈRES de Jean-Pierre et Luc DARDENNE
ALPHA de Julia DUCOURNAU
LA VENUE DE L’AVENIR de Cédric KLAPISCH
HIGHEST 2 LOWEST de Spike LEE
MISSION: IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING de Christopher MCQUARRIE
VIE PRIVÉE de Rebecca ZLOTOWSKI
DITES-LUI QUE JE L’AIME de Romane BOHRINGER
.
Ainsi que des illustres inconnus, qui recèlent peut-être des trésors.
.
Je vois aussi :
ORWELL : 2+2=5 de Raoul PECK
Raoul Peck étant réalisateur et ancien ministre de la culture à Haïti durant deux petites années, et dont les titres des films précédents que je n’ai pas vus attirent mon attention. Vous le connaissez ?-
Malice
InvitéSi tu me passes ton adresse mail je peux tenter un envoi via swisstransfer
-
Malice
InvitéEn attendant j’ai trouvé « Le couvent », avec sous-titres en anglais
https://vkvideo.ru/video409605324_456239196
Un film inspiré de « Faust »-
Ostros
InvitéOh bah super nouvelle, merci again.
-
-
Ostros
InvitéÇa c’est très gentil, merci. Tentons : madmrspi@gmail.com
-
Malice
InvitéC’est envoyé, dis-moi si ça a marché?
-
Ostros
InvitéJ’ai bien reçu merci !
-
Malice
InvitéOn parle du film dès que tu l’as vu alors
-
Ostros
InvitéYes
-
-
-
-
-
-
Bastien
InvitéAnecdote bégaudienne : Je sors de la projection Afcae de météors d’hubert charuel (un certain regard) et me dit qu’un jeune acteur me rappelle quelque chose. Après recherches, il se trouve être le jeune ministre de n’importe qui. Quel talent de dénicheur François !
-
-
Tchitchikov
InvitéQuelqu’un sait s’il est possible de trouver quelque part un recueil des critiques que François a commises dans les Cahiers ? Il me semble que ça a d’jà été demandé ici mais je n’ai pas retrouvé le fil. Merci d’avance
-
Ostros
InvitéJe les recherche aussi.
Il est fort possible qu’un matin je me lance dans une grande quête auprès des cahiers, avec chantage affectif et tout pour leur soutirer ces textes. En attendant j’en avais transcrit un ou deux sur word à une époque, je vais essayer de les retrouver….-
Ostros
InvitéTu as la liste ici et quand tu cliques sur une ref, à gauche s’affiche l’établissement où tu peux consulter l’article, si tu es un féru de cinémathèques :
http://www.cineressources.net/articles_periodiques/resultat_p/index.php?pk=197437¶m=A&textfield=Fran%E7ois+B%E9gaudeau&rech_type=E&rech_mode=contient&pageF=1&pageP=1&type=PNP&pk_recherche=197437
.
Je crois que si tu as un abonnement à la cinémathèque tu peux consulter en ligne (et le télécharger peut-être…).-
Tchitchikov
InvitéMerci beaucoup !
-
I.G.Y
InvitéJ’avais récupéré un dossier d’articles ici, mais c’est quasi intégralement du Transfuge
-
Tchitchikov
InvitéÇa m’intéresse tout autant. Grazie mille !
-
I.G.Y
InvitéVoicivoilà : voilàvoilà
-
Tchitchikov
InvitéFantastico ! Merci, de nouveau I.G.Y et Ostros.
-
Tchitchikov
InvitéMmh le fichier zip ne s’ouvre malheureusement pas.
-
I.G.Y
Invitéétonnant, chez moi ça se dézippe bien (Windows zip classique) : j’ai regénéré un lien sans zip : ici
-
Ostros
InvitéTchitchikov, je ne retrouve pas ce texte des cahier que j’avais copié, mais j’ai retrouvé mon thread dédié aux articles publiés dans la revue Cosmopolitiques.
.
J’ai aussi un travail de critique dans Trafic de 96 que je vais essayer de te copier quelque part. -
Tchitchikov
InvitéAh merci beaucoup camarades d’y avoir pensé. Je me réjouis d’avance de ces lectures vivifiantes. I.G.Y merci de nouveau mais, ptet parce que j’ai un mac, le fichier zip ne s’ouvre toujours pas.
-
I.G.Y
InvitéC’est dingue. Je n’ai pas demandé à générer un zip sur le dernier lien, WeTransfer a dû le générer tout seul. Je tente donc un dernier truc avec un autre format : 7z, qui a priori c’est géré aussi par Mac, notamment avec l’appli « Unzip – RAR ZIP 7Z Unarchiver » ou « 7zX ».
-
Franck
InvitéOups c’est possible de le recharger, je suis passé à côté du we transfer ! Merci
-
I.G.Y
Invité -
Franck
InvitéMerci beaucoup !!!
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéok bon, c’est pas tout ça mais je reviens à Paris et, déverrouillage du partage de vos zips ou pas, moi, j’veux aller au ciné:
– ia quoi à pas rater ces jours-ci?
merci,
ps: d’autant plus que, suite à une lubie du chéribibi qu’on imagine, l’appart est en travaux (putain j’ai peur) et j’accède pu à la téléia urgeeeeeeeence, please
-
Seigneur momotte
InvitéIl y a quoi de beau en ce moment dans les salles ? Petite impression de traversé du désert
-
Pout
InvitéSimon de la Montana est plutôt intéressant ! Il change d’orientation par rapport à la somme des films qu’avaient présenté François et Peggy lors d’un podcast sur les films traitant du handicap. Et, si par chance un cinéma diffuse la ressortie de TASIO, foncez !
-
Seigneur Momotte
Invitévu, pas trop compris où ça voulait en venir mais bon
-
-
Carpentier
Invitédéjà voir si Brutalist passe encore, Carpentier
on sit jamais
j’aurai une g.o. en exclu en plus ; ) -
Antonin
InvitéTardes de soledad d’Albert Serra. Tout simplement.
-
I.G.Y
InvitéLe Joli Mai de Chris Marker ressort en salles, ça vaut sans doute le coup? Pas vu. Pour ceux qui n’ont pas la salle qui va bien, le film entier a l’air d’être sur Youtube
-
I.G.Y
InvitéIl faut passer outre la voix off de Montand, pas très intéressante et qui disparaît très vite (qui notamment revient dans une petite séquence de conclusion un peu forcée). Il y a quand même pas mal de grands moments dans cette succession de discussions . Grande gaité du cadrage aussi, du montage, des contrastes entre scènes et internes aux scènes.
-
-
Seigneur Momotte
Invitéfigure toi que je suis difficilement passé à coté haha (très bon bien sûr)
-
-
-
Linconnu
InvitéQuelqu’un a vu Harvest sorti le 16 avril ?
-
etalors
InvitéUn peu la même veine que Les Banshees d’Inisherin, donc à voir à mon gout
-
-
Ostros
InvitéEst-ce que des sitistes sont allés voir les linceuls ? Pas envie de donner de mon précieux temps pour un navet, et comme j’avais lu des posts plus que réticents la dernière fois qu’on a parlé de Cronenberg…
-
K. comme mon Code
InvitéParti au bout de 35 minutes.
-
Malice
InvitéTu en dirais plus sur ce qui t’a déplu?
J’ai du mal à m’imaginer ne pas regarder un Cronenberg jusqu’au bout, ça m’inquiète.-
K. comme mon Code
InvitéCassel monotone en anglais. Longues scènes de dialogues composés à 80% d’exposition — d’habitude, je suis friand du côté verbeux philosophico-comique de Cronenberg, mais là c’était surtout vaseux. Une vibe série B léthargique. Le soleil dehors.
-
Ostros
InvitéD’accord, déjà ça annonce la couleur. Comme Malice et IGY je suis curieuse d’en savoir plus…
-
Ostros
InvitéOk merci. Et niveau plans ça donne quelque chose ?
-
Eliot
InvitéNon y’a vraiment pas grand chose même niveau plans et je dirais que c’est pas que Cassel pour le monotone c’est tout le monde et tout le film. Même le cul est sur la même corde. Et puis pour le verbeux il le faisait un peu mieux dans ExistenZ que j’apprécie. Là vraiment on s’emmerde.
-
Eliot
InvitéJe veux préciser le « on s’emmerde » parce que ça ne tient qu’à moi. Mais je crois qu’on s’emmerde parce que le spectateur a de l’avance sur le scénario. Chaque personnage qui se présente m’a l’air tout de suite identifiable trop facilement et on sait à quoi s’attendre sans que le film déplace nos attentes. Enfin je veux pas spoiler mais ça va aussi avec le sujet – c’est pas parce que c’est cohérent que ça me fait kifer
-
Charles
InvitéCassel a toujours été nul chez Cronenberg – tout particulièrement dans les Promesses de l’ombre où il doit à la fois jouer en anglais et avec l’accent russe, son jeu ne s’en remet pas.
Des critiques ayant détesté les derniers Cronenberg recommandaient plutôt celui-ci, ce qui m’attirait plutôt. Mais en lisant vos retours, je vais peut-être m’abstenir. Son dernier bon film restera donc…Maps tonthe stars ? Et encore, il est assez bancal. Son dernier grand film sera en tout cas a History of violence.-
François Bégaudeau
Maître des clésOccasion peut-être de faire un point Cassel non? Au bout du compte qu’aura-t-il fait de si intéressant? Peut-être la capoeira dans Ocean’s twelve
-
Stéphanie
InvitéEn cherchant bien » sur mes lèvres » peut-être, sinon « fiasco saison 1 » 🙂
-
Charles
InvitéC’est vrai qu’il a été porté aux nues parce qu’il tranchait avec les acteurs français moins physiques des années 90, une sorte d’antithèse à Amalric ou Poupaud. On vantait chez lui cette espèce de virilité un peu féline et sauvage qui le distinguait des intellos mous. On lui a donc beaucoup donné des rôles dans des films de genre imitant les ricains, chez Kasso, Gans et Kounen (quelle bande horrible heureusement aussi engloutie par l’Histoire du cinéma que l’épave Titanic par l’océan Atlantique). Il jouait alors des personnages assez barrés, instables, dangereux ou alors des héros flics. Je l’ai bien aimé bien ceci dit dans Agents secrets dans une rôle un peu plus tenu, sobre. Après il s’est internationalisé pour en gros mal jouer dans une autre langue, dans des rôles de Français beau parleur, sauf chez Cronenberg donc qui lui demande la même chose que les réalisateurs français peu ou prou.
Le bilan est en effet globalement négatif. -
Seldoon
InvitéCassel ça a toujours été un physique, une présence. Dès qu’il ouvre la bouche c’est une catastrophe. Ça ne laisse pas beaucoup de rôles possibles, juste quelques scènes. En parlant de réalisateurs qui se prennent pour des américains : je me souviens avoir été agréablement surpris par son personnage dans le monde est à toi.
-
Malice
InvitéJe retiens Cassel dans « Mon roi » de Maïwenn et en Otto Gross dans » A dangerous method » ( d’ailleurs j’aurais voulu un film entier sur Otto)
-
Charles
InvitéJ’avais oublié son rôle dans Mon roi, il y était effectivement excellent.
-
Malice
InvitéCe qui était bien joué, c’est qu’à l’instar du personnage d’Emmanuelle Bercot, on ne pouvait qu’être séduit par le connard joué par Cassel et comprendre dans quelle impasse se trouvait cette femme; dans le film sur Madzneff, « Le consentement », j’aurais aimé expérimenter la même chose : être à la fois séduite et repoussée par le prédateur mais tout était fait pour qu’on ne soit pas aussi paumé que l’héroïne, hélas.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéMême question sur les Linceuls, j’en ai lu beaucoup de mal. Et un autre dans le genre sur lequel j’ai lu et entendu beaucoup de mal , Sinners, dont je viens d’entendre Norman Ajari dire en longueur tout le bien qu’il en pensait chez Wissam. Intriguant
-
Tony
InvitéOui je suis en train de l’écouter avec Wissam, peut-être que j’irai le voir ce week-end.
-
François Bégaudeau
Maître des clésOn a prévu de voir ça, j’ai d’autres bons retours
-
-
Saltimbanque
InvitéPour ma part Sinners, sans être fondamentalement détestable, m’a plutôt ennuyé. Si j’étais excessivement sévère je dirais que j’ai eu l’impression de voir un film tourné sur la base de prises de notes : de très bonnes idées ici et là, une ou deux scènes bien senties pour un blockbuster contemporain (la barre n’étant vraiment pas haute), un sous-texte intéressant, mais tout ça restait quand même à être travaillé et mis en forme pour faire un film solide dans son genre.
J’ai donc été très étonné quand j’ai écouté Norman Ajari et Wissam porter ce film aux nues pendant 15 minutes. Si je suis assez d’accord avec eux sur le propos du film, ses métaphores et ses bonnes idées, je reste très dubitatif sur la facture de l’ensemble que j’ai trouvé vraiment brouillon. Et puis je sais pas, je trouvais ça aussi trop propre, y compris dans sa crasse. Reste la musique, oui.
Je suis maintenant partagé entre la frustrante sensation d’être passé à côté du film et celle d’entrevoir chez nos deux amis une projection militante du film qui le rend plus intéressant qu’il ne l’est. Peut-être un peu des deux.
Très curieux d’avoir vos avis.
-
-
Carpentier
InvitéHelp 👋
besoin d’en causer
Qqn.e qui, peut-être, se serait laissée asseoir, tout comme moi,.devant Mélanie Thierry dans la chambre de Mariana avec Hugo?… Et si les communistes étaient pires que les allemands ? /… demande la bigote Victoria avant de s’enfuir de la maison de passes,
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’avais un temps renoncé au sinistre, est biaisé Finkiel, puis je suis tombé un soir sur La douleur, qui m’a confirmé ce que je pense du bonhomme. Je freine donc des quatre fers avant d’aller voir celui-ci, mais je tenterai peut-être, animé de ma proverbiale perversité.
Sans parler de ma réticence à subir les multi-grimaces de MT-
Charles
InvitéT’avais pas aimé la Douleur? J’avais trouvé ça pas mal dans mes souvenirs.
-
François Bégaudeau
Maître des cléspas du tout
voir grimacer MT pendant deux heures ne m’avait pas euphorisé
-
-
-
Carpentier
InvitéMarie Sauvion n’est qu’éloges
mais comme ce n’est pas avec elle que je l’ai vu, je me traine encore un peu de seum-
Carpentier
InvitéMT
…. Je suis certaine d’avoir vu un des plus grands rôles d’une actrice immense », précise Marie Sauvion. / ….
après, c’est un texte où des portions de discours de plusieurs critiques sont regroupées, on imagine que Sauvion a argumenté comme il se doit,-
Carpentier
Invitéc’est *sorti d’un * texte
-
-
-
Carpentier
InvitéQqn.e qui aurait vu L’amateur?
Mon désir allait plutôt vers ce film hier; j’irai, dans tous les cas, ce week-end sans doute
Voir qui on sait faire autre chose que se grimer en super héros, comme en Freddie, me tente:
et t’as intérêt à assurer, Gars.-
Carpentier
Invitéje sors de l’amateur
c’est pas mal du tout
et pile au moment où je me disais ‘ mais nan, i zexagere là, i peut pas faire tout ça tout seul ‘
ça reste/redevient vraisemblable à temps
enfin, autant que peut l’être la vengeance solo ou quasi (ouais je spoile et alors?) d’un lanceur d’alerte quand ien a qui chient dans les tuyaux de la CIA, quoi-
Carpentier
InvitéRemi Malek a quand même un physique bien particulier
m’intrigue pas mal comment a pu germer l’idée qu’il puisse composer le rôle de Freddie, dans quel cerveau cela a tilté?-
Carpentier
Invitédonc si désir d’action au ciné
avec Rami, encore sur les écrans, ça.l’fait
-
-
-
Carpentier
Invitébon, maintenant que j’ai vu l’amateur, the Brutalist?
voyons voir où c’est-y qu’ça passe peut-être encore à Paris ce film-ci?
je sais qu’à Saint Roustan, il est programmé cet été et demain soir à Grenoble
mais à Paris?-
Carpentier
Invitéà moins de tenter l’amour c surcôté ?
mais j’ai peur d’être très agacée
ou écosser les fèves de saison?
certes, mais comme j’ai une carte UGC ciné illimitée, ça titille d’aller s’y enfermer un temps
– pas le truc avec Gardin en tout cas, ça m’a l’air de manquer de bogoss
Y aurait pas un bon Lynch en rétro des fois?-
Carpentier
Invitéje blaaaaaaaa gue
-
-
Carpentier
InvitéThe Brutalist: 3h35 quand même
annoncé un entracte à 1h45 de projo: so province-
Carpentier
Invitéc l’entracte, reste 5 minutes 05, singulier
c’est une surprise
-
-
Carpentier
Invité… C’est pas c’quia pire dans c’film l’entracte
d’autant qu’il y a l’décompte
– on peut en profiter pour aller aux toilettes
– voilà, moi j’en ai profité pour lire un passage de Faulkner / ….
rires
moi toilettes aussi, achat d’une Badoit au distributeur et mini-tchatche avec le jeune gars à la caisse
bon, j’retourne à la gêne 79
pour entendre c’quia d’pire que l’entracte donc, dans c’film-
Carpentier
Invité*de pire (ligne 1)
-
-
Carpentier
Invitécomme j’ai bien fait de me réserver ce kif de voir hier the Brutalist et de me faire, tranquille, la gêne occasionnée dédiée
je l’ai bu comme du petit lait cette critique de l’artiste du gazon et de l’homme qui n’y a pas de prénom
– ayant vu le film hier après m’, j’ai réponse aux petites interrogations du duo qui, peut-être, ne sont plus en question depuis
si jamais
par exemple?
– qui dans le couple fait un cauchemar en // de l’accident du train qui transporte le marbre de carrare? (et, oui, qui fait aussi train de la mort – et j’ajoute avec la place de la fumée en dernier sujet dans le plan)
Aucun des 2 ne cauchemarde, ce sont les douleurs aiguës de son ostéoporose qui reveille Erzsébet
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéEn attendant les hirondelles, merci à celui d’ici qui en a fait l’éloge. Hâte de voir l’effacement son prochain.
Karim Marsaoui dans la lignée de Rabah A Z ?
Je me laisse le temps de la réflexion et revoir les ilms de RAZ .-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne connais pas du tout
-
Ostros
InvitéJe vais essayer de le voir.
-
-
Louise Michelle
InvitéKarim Moussaoui avait fait un très beau court métrage Les jours d’avant, sur la frustration de la jeunesse algérienne pendant la décennie noire
-
-
Tony
InvitéAu fait François, puisque tu en parles chez Commune,tu peux nous faire un petit retour sur The insider?
-
Ostros
InvitéÇa m’intéresse beaucoup aussi.
En attendant, l’entrevue en question :-
Eden Lazaridis
InvitéComment t’es-tu fracturé le bras François ?
-
Eden Lazaridis
InvitéMais j’y pense : François ne peut même plus écrire sur le blog du coup. Donc il ne me répondra pas.
-
Carpentier
Invitél’est pas gaucher FB
de gauche
mais pas gaucher
si?-
Carpentier
Invitéaprès s’il a constamment une clope à la main
ça peut gêner quelque peu en effet -
Eden Lazaridis
InvitéTu auras remarqué que taper à l’ordinateur requiert GÉNÉRALEMENT l’usage de ses deux mains.
-
Carpentier
Invitéet toi, peut-être auras-tu remarqué que GÉNÉRALEMENT avec FB on peut aussi rigoler de choses un peu agaçantes
on se calme, on se calme
(avec signe molo molo des 2 mains)
-
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésj’écris d’un doigt ou en dictée vocale
-
François Bégaudeau
Maître des cléstony : j’ai adoré the insider
soderbergh est, entre autres talents, le dernier à perpétuer le génie divertisseur du cinéma américain-
François Bégaudeau
Maître des clésle grand cinéma d’auteur populaire américain
qui nous manque tant-
Charles
InvitéPour une fois d’accord sur ce Soderbergh. Film irréprochable et savoureux. Un four aux US.
-
I.G.Y
InvitéPas l’impression qu’il soit tellement encensé en France non plus d’ailleurs. J’ai aimé aussi, c’est très bien dialogué
-
-
-
-
Eden Lazaridis
InvitéEt comment tu t’es fait ça ?
-
toto
InvitéTombé de sa trottinette ?
-
Carpentier
Invitél’alcoolisme
un fléau chez les écrivain.es également
-
-
Eden Lazaridis
InvitéOn n’aura pas plus d’infos…
-
François Bégaudeau
Maître des cléschute bete, rien de bien grave
-
-
-
-
-
-
-
-
etalors
Invitéle hasard n’existe pas. J’ai revu en attendant les hirondelles hier. A mon sens, y a pas de rapport entre Moussaoui et Zaimeche.
c’est comme pour les noirs, ils ne se ressemblent pas tous.
Le choix des sujets traités,
l’énergie vitaliste de Moussaoui est supérieure à celle de Zaimeche
Il est besogneux et son travail retrace une société qui doit faire des choix radicaux
Bref, pas le temps, mais Moussaoui est un maître de la lenteur et du détail.-
etalors
InvitéY a pas mal de Kiarostami et un chouia de Chabrol.
-
François Bégaudeau
Maître des cléson va essayer de voir ça alors
-
François Bégaudeau
Maître des cléson l’a vu
on n’a vu aucun intéret dans cette forme standard – ni sur le fond, dont je ne vois pas bien ce que ça raconte
Les deux seules scènes à peu près surprenante et bien exécutées étant des scènes d’action, j’invite ce cinéaste à réaliser de purs films d’action qui ne fassent plus semblant de raconter quelque chose-
etalors
InvitéMon Hypogueusie et mes affects me jouent des tours alors;
et bien évite de voir La mer au loin
-
-
-
-
stephanie
InvitéJe cherche une filiation cinématographique, Massaoui plus jeune que Zaîmeche, une influence peut être ? J’ai vu presque tous ces films et je trouve une pâte commune avec Les hirondelles… un cinéma contemplatif, une violence suintante, le désœuvrement de la jeunesse..j’ai perçu ça.
c’est comme pour les noirs, ils ne se ressemblent pas tous. Les blancs, gris et verts aussi etalors-
etalors
Invitéla bague sur les noirs, c’est mon humour à 2 balles pour certains, mais jouissif pour moi et pour d’autres.
Connaissant les 2, je ne trouve aucune filiation entre eux. Moussaoui fait parti du cinema contemporain Algérien.
Si il y a transmission c’est auprès des débuts de Merzak Allouache qu’on pourrait la trouver. Notamment avec Omar Gatlato.
Je n’ai pas vu de désœuvrement de la jeunesse avec les hirondelles. J’ai davantage vu de l’amour, de la danse, de la musique et de la joie. Une certaine mélancolie et un désir de montrer comment la classe bourgeoise algérienne vie et est empêchée sous les poids des traditions. A ma connaissance, sauf dans Terminal sud, Zaimeche ne parle pas la même langue que Karim.-
etalors
InvitéKarim est de la même trempe que Saïd Hamich.
-
etalors
InvitéRéfléchissant encore à cette filiation, je me demande même combien Zaimeche ne s’est pas lui même fortement inspiré des réalisateurs algériens comme Tariq Teguia. Si ça t’intéresse vraiment tu peux regarder de ses premiers travaux « Kesh Mouvement » et « Ferrailles d’attente ».
-
François Bégaudeau
Maître des clésPour ce que j’en ai vu, à savoir L’effacement, je trouve que ce cinéma contemplatif ne contemple rien du tout. Deux plans sur trois sont consacrés au visage répétitif et ténébreux de l’acteur. Sur 1h30 de film, cela revient à se priver d’une heure de contemplation du monde.
Ce cinéma regarde si peu autour de lui que j’ai mis 45 minutes à m’assurer que le film se passe bien en Algérie. Avant cela rien ne le laisse catégoriquement penser-
etalors
InvitéJe ne l’ai pas vu. Pour son first, peut-être simplement une histoire de sensibilité et d’intérêt.
-
Ostros
InvitéMerci François d’avoir sacrifié ton temps, je le retire de ma liste.
-
etalors
InvitéQuel est l’intérêt de dire cela!? Réflexion de haut vol.
-
Ostros
InvitéComme certains savent ici j’apprécie énormément le travail de RAZ. Donc quand quelqu’un suggère un réal en mettant en avant que son travail a des points communs avec celui de RAZ, je peux prendre de mon temps pour le regarder.
Seulement, la dernière fois que c’est arrivé je me suis coltiné une séance de cinéma pour rien. Donc plus d’1h30 à regarder un film qui n’avait rien à voir avec le cinéma de Rabah. Donc, je ne réitérerai pas. Et, je suis contente d’avoir évité de perdre mon précieux temps avec celui-là.
Tu ne l’as pas remarqué mais ton commentaire se répond à lui-même. (C’est le jeu des réactions à chaud sur internet). -
Ostros
Invité« Donc plus d’1h30 à regarder un film qui n’avait rien à voir avec le cinéma de Rabah » ET qui était indigent. Il faut le préciser.
-
-
-
-
-
stephanie
Invitéok je vais regarder ça.
J’ai trouvé le film l’effacement d’une grande finesse pour traiter la guerre d’Algérie, la colonisation, le trauma transgénérationnel. La question du regard ( que l’on retrouve dans « les hirondelles ») est superbement traitée, on pense aussi à Perec bien sur, au portait de Dorian Gray.
La psychopathologie du personnage principal est décrite avec une sensibilité remarquable.-
etalors
InvitéÇa donne envie de le voir. Avec Tariq Teguia, je te conseille aussi Inland. Tu verras combien Zaimeche s’est inspiré de son oeuvre. Tu pourras trouver une discussion sur le film avec Rancière.
-
-
-
Robert Legrand
InvitéIl me semble, pour l’avoir souvent entendu en parler sur sa chaîne, que Microciné connaît très bien cette mouvance du cinéma algérien de ces 25 dernières années. Ce serait intéressant de lui poser la question.
-
etalors
InvitéÇa intéresse tellement peu de gens. L’intérêt futile fut qu’il ressemblasse à Zaimeche.
-
Robert Legrand
Invitétu parles de Karim Moussaoui ?
-
-
-
-
-
-
-
Nénuphar
InvitéBonjour à toustes,
ceci est mon premier post sur ce forum. Étant lecteur de François et auditeur de la Gêne, je viens souvent lire les topics littérature et cinéma. Merci pour les échanges, les contributions et les découvertes afférentes.
Vu Tardes de Soledad lundi dernier seulement – cinéma des territoires oblige, j’ai même eu peur que ça ne vienne pas. Ça a réactivé mon appétit pour le geste critique, que j’ai eu l’occasion d’exercer ici ou là pendant mes années étudiantes. Sur ce film, j’arrive un peu après la bataille, mais il m’a passionné, comme tout ce que fait Serra, depuis que je l’ai découvert avec Pacifiction grâce à la GO.
Parmi les choses lues et entendues sur la solitude du torero et la mise en scène dans la mise en scène, il m’est apparu que la question de l’aristocratie et de sa représentation, qui ne traverse pas anecdotiquement la filmo de Serra, n’était pas abordée pour ce film en particulier. Peut-être parce qu’en tant que français on ne pense pas beaucoup à la façon dont ça peut traverser l’imaginaire collectif espagnol ? Comme la révolution française le fait chez nous mettons. Or moi cette représentation m’apparaît très nettement en corrida telle que filmée dans Tardes et fait sens vu les antécédents du réalisateur. Si ça vous intéresse, ma critique est ici (j’espère que ça se fait de partager ce genre de chose).
En gros, je suis époustouflé par la façon dont Serra fictionnalise le dispositif qui préexiste à sa saisie (absentement des spectateurs, cadrage, répétition) en se servant des outils fictionnels qui sont déjà présents dans ce spectacle (rituel, narrativité). Tout ça a déjà été dit, mais en gros, ce qui m’est apparu est que le documentaire fait retour quand je constate que la dimension fictionnelle de la corrida sert une mise scène du pouvoir aristocratique, que le film documente donc. Il y a un dispositif hiérarchique, le torero est un personnage de roi, il a pouvoir de juridiction sur la vie de l’animal (je n’en parle pas dans mon texte mais apparemment un torero peut « grâcier » un taureau), un dialogue asymétrique et utilitaire entre le roi et sa cour (comme dans Louis XIV par ex)… Est-ce délirant ? Merci de me prévenir si c’est le cas, histoire que je commette des critiques moins psychotiques à l’avenir-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne peux qu’approuver, j’ai dit et redirai l’appétence de Serra pour l’exception parmi les humains, et peut etre pour l’élection, ce qui est le b-a-ba de l’aristocratisme
-
Claire N
Invité« …la corrida sert une mise scène du pouvoir aristocratique, »
Même ressenti
Particulièrement lors de la scène finale
Qui adoube et maudit ; l’ambivalence de cette « élection « aussi un peu sacrificielle-
François Bégaudeau
Maître des cléstoute élection est aussi une malédiction
malélection?-
Claire N
InvitéJ’aime bien ce néologisme – je garde précieusement – c’est pétillant pour la pensée !
-
Nénuphar
Invité@Claire N « qui adoube et maudit » Oui je vois ça aussi dans la scène finale. J’en conclus qu’adoubement/RSA : des droits et des devoirs. Les deux sont piégeux, mieux vaut rester sous les radars.
@François La malélection j’aime bien. Et qui permet parfois au mâle élu, tout prisme des dominations égal par ailleurs, d’entrer en soi-même (à cause de/grâce à la solitude) et de se choisir un corps. Il y a là une dialectique masculin/féminin qui est passionnante. (je parle toujours de Tardes)
-
Ostros
InvitéLes costumes chez Serra sont à la fois l’habit qui fait l’homme élu et le travestit (/en le travestissant ?).
-
Ostros
InvitéEn tout cas le costume est la marque la plus visible du statut de celui qui le porte, de son pouvoir, de ses responsabilités et par elles de sa malédiction.
-
Claire N
InvitéComme tu parles de l’apparat, je revois qu’il se « fait habiller « , les mariées aussi « se font habiller « quand elles sont présentées à la cérémonie
Il y a quelques chose de très littérale finalement dans ces manières-
François Bégaudeau
Maître des clésJe me suis souvent dit pendant le film que cet assistant qui ne le lâche pas avait exactement le même rôle que les caméristes, au temps de l’aristocratie féminine. Serra a débarqué dans le cinéma avec un film où l’on voyait un gentilhomme flanqué d’un serviteur
-
Claire N
Invité« Serra a débarqué dans le cinéma avec un film où l’on voyait un gentilhomme flanqué d’un serviteur »oui c’est carrément ça, et effectivement il a trouvé le lieu vivant ou l’on pouvait faire l’expérience de cette archéologie humaine
-
Claire N
InvitéEt effectivement comme ton fondu
Dans le texte le suggère et comme nénuphar et Ostros le remarquent il y a là un « trouble « dans le genre
Quelque chose la dedans de chelou qui « prépare « à la prise au mâle -
Nénuphar
InvitéJ’avais bondi en lisant pointée dans la critique des inrocks une contradiction entre le monde « hypra-viril » de la tauromachie et les costumes supposément « queer » de ses acteurs. C’est une lecture a-historique de l’apparat aristocratique européen façon temps modernes : maquillage, mouches, talons, froufrous, couleurs vives, perruques de cheveux longs pour les hommes comme pour les femmes – bien qu’il y ait aussi des subtilités genrées qui précisément affaiblissent a priori une lecture queer de ces simagrées textiles.
Une reine d’Espagne a bien besoin d’une camériste ou le torero d’un habilleur, et pour cause : ces vêtements tous chargés, de symboles, de richesse, de pouvoir, ne sont pas simples à enfiler et avec le corps qu’ils habillent ne doivent faire qu’un (la broche pour resserrer le bas de pantalon de ARR !) On fait disparaître le corps, quoi qu’il dise à nu, pour le faire apparaître dans sa fonction.Mais j’avoue que l’idée de « trouble dans le genre » me plaît et je sens que Serra ne donne pas dans la reconstitution pour montrer seulement des élections situées. S’il y a du décalage avec notre temps (comme le montre la lecture des inrocks), c’est qu’à mon avis la représentation de l’apparat monte en caricature des revendications identitaires. La classe, le genre, la sexualité, dans une certaine mesure ça se définit par rapport à, ça se choisit.
-
Nénuphar
Invité(ça se choisit, ou en tout cas on a le droit de le croire)
-
Claire N
Invité« ces vêtements tous chargés, de symboles, de richesse, de pouvoir, ne sont pas simples à enfiler et avec le corps qu’ils habillent ne doivent faire qu’un »
Mon intuition était encore plus « perverse »
D’un corps préparé comme une offrande
Et quand je parle d’appétit du Mâle je situe aussi cela sur le plan « sexuel »
Un côté iphygenique à instituer un corps en offrande en supposant à « dieu « des appétit humains ? Il s’agirait d’une forme très archaïque de soumission des hommes à une entité – vécue comme dominatrice – qu’il s’agirait d’amadouer en présentant un héros ?
Ce n’est qu’une proposition de lecture, j’essayais de pousser plus avant cette intuition de malelection qui avait immédiatement convoqué dans ma tête la question non résolue des sacrifices humains
-
-
-
-
Claire N
Invité« des droits et des devoirs. Les deux sont piégeux, » oui et pourtant à ce moment la caméra « prend de la hauteur « et nous fait montrer plutôt une vision céleste en train de se sceller
C’est intéressant ce physique de l’immanance/ transcendance
-
-
-
-
-
-
..Graindorge
InvitéMerci Nénuphar
Trouvé cet entretien avec Serra à propos de son Louis XIV
https://horschamp.qc.ca/article/entretien-avec-albert-serra-
Nénuphar
InvitéIntéressant, le visage impénétrable de Léaud, « abstraction du pouvoir absolu qui par définition serait abstrait car absolu » + Murnau/ »pouvoir penser le film comme un poème »
-
-
..Graindorge
Invité@Nenuphar
« Il faut voir le matador la bouche en cul de poule, raillant l’animal d’un déhanché latéral : gamin écrasant une fourmi entre deux doigts réjouis, fillette moquant le poisson rouge qu’elle s’apprête à découper aux ciseaux. »
-
-
stephanie
Invitéet mâlélection
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui dans 99% des cas
-
-
Martin
InvitéVous avez vu la dernière émission on y reviendra avec burdeau ? Quelqu’un peut me dire dans quel épisode burdeau revient sur son parcours aux cahiers ?
-
Anna H
Invitéépisode 6
-
-
Martin
InvitéL’épisode sur Killing of the flower moon. J’ai pas le souvenir qu’il en avait parlé dans cette émission.
-
Younès
InvitéVous avez vu le nouvel épisode de Microciné avec Burdeau ? Et si oui, vous pensez quoi de ce que Burdeau dit sur François ?
-
MA
InvitéCe soir Microciné sur Soderberg avec Mercier et Chabert
-
Sarah G
InvitéMerci pour cette info MA.
-
MA
InvitéDe rien. Pour les non footeux.
-
-
-
Sarah G
InvitéIl y a un sujet qui vient d’être ouvert sur ce forum
« Fanfoué clashé par son ex ami d’enfance ».
Pour ma part, je n’ai pas vu la vidéo ni ce que dit Burdeau sur François.
Et honnêtement je m’en fous complètement, rien à secouer.
C’est dispensable sur ce qu’il dit sur François.
Cela ne plaît qu’à ceux qui ne l’aime pas et que cela conforte dans leurs opinions sur lui.-
Younès
InvitéMoi qui ai suivi le live, y’a pas de quoi en faire des caisses.
Burdeau a expliqué leur différence qui relève de la technique analytique d’un film, en n’arrêtant pas de répéter que François est « brillant, qu’il écrit vite, qu’il dit les choses les plus intéressantes' » et qu’il garde pour lui de l’estime et de l’affection.
Après le fait qu’ils ne se parlent plus me chagrine en tant que jeune cinéphile qui écoute et lit assidument les deux. Mais ça relève davantage de l’anecdote personnelle ou de la presse people…
-
-
K. comme mon Code
InvitéL’extrait était mal choisi — une réponse à un auditeur très orientée politique — mais Burdeau dit à peu près n’importe quoi. Et Samir qui a lu Comme une mule aurait pu intervenir. J’ai surtout été exaspéré par sa réflexion sur le fait qu’il serait préférable d’avoir une hypothèse contre intuitive pour être vraiment intelligent, un travers intellectuel.
-
Tony
InvitéC’est vrai que l’extrait choisi,quand on le met en rapport avec ceux qui ont précédé,sur Serra principalement,tombe comme un cheveu sur la soupe et tranche avec les dialogues précédents,qui semblent marcher sur des œufs, et développent des hypothèses, là on a d’un coup l’impression d’une analyse indiscutable, celle d’un politiman, c’est vraiment frappant et ça ne peut que donner raison à Burdeau dont la tête,quand l’extrait se termine,est hilarante,on comprend de suite que Samir,sans le vouloir,lui a apporté la tête de François.
-
-
Eden Lazaridis
InvitéJ’ai trouvé Emmanuel complètement à côté de la plaque sur le coup. Il confond clarté et dogmatisme. François formule des avis clairs et nets, ce qui le rend d’ailleurs agréable à écouter, il ne divague pas, ne part pas dans tous les sens, mais il me semble absolument capable de nuances et capable d’entendre des objections. Par ailleurs, il fait un contre-sens sur le rapport qu’établit François entre l’art et la politique. Il dit qu’avec les avis de François on ne peut être que d’accord ou pas d’accord. Il voudrait quoi ? Être semi-d’accord ? Ou alors il voudrait qu’un avis critique ne donne qu’à penser et ne suscite ni adhésion ni réprobation ? Il faudrait rester un peu vague et évasif (comme sa critique de François) ? Il faudrait qu’il explicite.
Par contre pour ce qui concerne Lordon, accord total. Déjà que Lordon est un type agaçant, pète-sec, en bref insupportable, alors quand il vient assommer Tardes de Soledad avec ses immenses concepts c’est indigne de la critique de cinéma.-
K. comme mon Code
InvitéLe cas Lordon est intéressant : en l’écoutant, je n’ai pas l’impression que ses développements existent indépendamment du film, par contre j’ai l’impression très nette que le plaisir qu’il prend dans son discours concerne davantage l’élaboration du discours lui-même qu’un rapport au film — ou au cinéma. L’écoutant, je comprends l’argument. Mais je n’en retiens rien.
-
Tony
InvitéCe que je comprends quand Burdeau dit qu’on ne peut être que d’accord ou pas d’accord c’est l’idée que face à quelqu’un qui affirme quelque chose on ne peut pas discuter,une discussion n’est possible que si on laisse des portes ouvertes(même si Burdeau abuse un peu en disant que François les enfonce),sur Lordon là aussi l’extrait est tronqué et c’est dommage,la totalité de son intervention est vraiment intéressante même si sur Serra je suis d’accord il s’envole un peu mais il ne prétend pas faire de la critique de cinéma, c’est bien en tant que spectateur et philosophe qu’il est invité et ce qu’il dit peut paraitre lunaire,moi j’aime bien ce décalage qu’il apporte.
-
Ostros
InvitéEst-ce que les membres de cette émission on quand même fourni une critique de Tardes de soledad ou ce qui se dit du film est uniquement l’exercice philosophique de Lordon ?
-
-
-
-
-
Younès
InvitéQue pense-t-on du cinéma de Pier Paolo Pasolini ?
Je suis en train de regarder tous ses longs métrages de fictions dans l’ordre et suis frappé par l’usage qu’il fait de la religion comme critique de la jouissance des biens matériels que provoque la société de consommation.
Un usage très marqué dans L’Évangile selon saint Matthieu (où il fait de Jésus un personnage prolo, profondément ancré dans sa réalité sociale) et dans Théorème (où le Visiteur (cf. Jésus) fait prendre conscience de l’existence vil que mène cette famille de la grande bourgeoisie italienne, avec le personnage de la servante qui est passionnant : la seule prolétaire du foyer qui n’a pas trahit sa foi).
Ce retour à la religion comme point d’appui d’une critique anti-capitaliste vous parle ? -
diegomaradona
Invité« Ce retour à la religion comme point d’appui d’une critique anti-capitaliste vous parle ? »
Tout point d’appui sur quelque religion qui soit ne peut fondamentalement confiner qu’à l’obscurantisme.-
Younès
InvitéTrès discutable mais je trouve très intéressant le fait que Pasolini, tout en étant athée et marxiste, se soit autant intéressé à la religion catholique.
Notamment dans Des oiseaux, petits et gros (1966) avec les franciscains (qui sont les marxistes par excellence ?).-
François Bégaudeau
Maître des clés« l’usage qu’il fait de la religion comme critique de la jouissance des biens matériels que provoque la société de consommation. »
L’intersection entre la tradition marxiste et le christianisme se trouve la. Mais au passage, je ne crois pas que Pasolini soit si catégoriquement athée que tu le dis. -
François Bégaudeau
Maître des clés« l’usage qu’il fait de la religion comme critique de la jouissance des biens matériels que provoque la société de consommation. »
L’intersection entre la tradition marxiste et le christianisme se trouve la. Mais au passage, je ne crois pas que Pasolini soit si catégoriquement athée que tu le dis.-
Claire N
Invité« cathegoriquement « ?
Rire oui , dans l’évangile selon saint Mathieu que j’aime je note de l’absence d’idolatrie et me touche comme une grâce
– cette lumière si simple qui tombe sur le baptême
– et ce regard silencieux de Marie
Pas de catéchisme, de la lumière de la présence
Les yeux grands – ouverts par la vie : de l’anarchie -
Malice
InvitéPas si athée, comme Verhoeven qui a passé whatmille heures à consulter des théologiens et des historiens pour écrire son superbe » Jesus de Nazareth »
-
Tony
InvitéÇa vaut vraiment le coup son livre sur Jesus?Par rapport à tout ce qui a déjà été écrit qu’en as-tu retenu d’intéressant?En jetant un coup d’œil sur google je vois qu’il prétend que Marie aurait été violée par un centurion romain.
-
Carpentier
Invitéun centurion romain
et un ancêtre de l’abbé pervers pierre pierre qui inaugurait les bonnes oeuvres familiales-
Carpentier
Invitéps de nicolas bedos:
en revanche pour lamariedelenfantjesus, vraiment, moi j’y suis pour rien
-
-
Malice
InvitéTony, non, il dit en début de livre que s’il réalisait un film sur Jesus, il commencerait par une scène où le Christ est conçu ainsi, mais il n’affirme pas que ce soit la vérité vraie et éternelle.
Le livre est passionnant parce-que Verhoeven se passionne pour la question : qui pouvait être réellement Jesus, miracles mis à part.
-
-
..Graindorge
Invité@Malice
Tu pourrais nous parler un peu de ce livre sur Jésus stp? J’ai jeté un œil: sur la couverture, un Che Guevara avec une couronne d’épines sur fond rouge. À la fin du livre, on trouve les noms des théologiens et historiens consultés? Je ne suis pas bigote et j’ai même déjà dit ici dans le topic Abbé Pierre je crois que la virginité de Marie était spirituelle.
Le viol, on en parle malheureusement beaucoup sous nos contrées et ça peut mettre un peu de piment vendeur dans un livre mais je suis très curieuse de savoir de quel chapeau ça sort concernant Marie.
-
-
Younès
InvitéOui bien sûr !
D’ailleurs, avant que je fasse mes recherches, je pensais qu’il faisait partie du club des « catho-marxistes ».-
Anna H
InvitéIl y a le livre de René de Ceccatty, « Le Christ selon Pasolini », qui aborde ces questions mais je ne sais pas ce qu’il vaut.
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéun.e volontaire pour s’asseoir devant votre comique préférée qui a, entre autres, pour partenaire un robot/voix bien pète-couilles:
Gardin et un robot ia en mode Emilio (coucou ma Fille)
Fan du e-robot perso, avec le Will qu’on sait, je crains le pire,-
Carpentier
Invitéet que ceux/celles que la voix dans le Dahomey gênait n’essaye même pas d’argumenter celle du robot de maternelle, merci
C’est pas les vacances pourtant,
un film familial en mai?
remarque, avec tous les fucking ponts de fake-fêtes en mode frenchies, benh oui-
Carpentier
Invitéce robot assistant médical est réussi sur le plan
ludique
qui apprend en allant, comme tous ‘os outils y compris pour les textos et notre tel-smartphone
esthétiquement à l’ancienne comme le revendique le réalisateur
– Cela donne notamment des vraies répliques salves, une fois ces cibles passées au scanner comme celle-gimmick
– vous êtes énervé.e voulez-vous faire vos besoins?
La pure réplique étant peut-être celle qui renseigne sans équivoque le perso de Gardin sur l’érection en marche de l’urgentiste
Simple et drôle
allez-y,-
Carpentier
Invitéj’y aime aussi la détresse première du robot dans des situations mal réfléchies comme lorsque le tuyau de carburant est bien difficile et relou à allonger quelque peu jusqu’à ton réservoir (une de mes séquences pref donc)
la robotique pour dire ce qui est mal conçu, ça l’fait
(oui, je sais, c dur pour éviter justement qu’on fasse pas l’effort d’ajuster le véhicule quand on se gare, ça vaaaaa)-
Carpentier
Invitéà vrai dire, ce fut mon premier éclat de rire
après ça, j’étais ferrée
et j’ai, je crois, été très bon public
Ce film est simplement drôle, sans que ce terme de ‘ simple ‘ soit péjoratif
bien au contraire
-
-
-
-
Carpentier
Invitévu
– scène préférée: à la station service
comme dit en partageant la musique-gimmick joyeuse dans le thread ‘ musique de film ‘ c’est drôle et frais
Sauf à jouer d’un cheveu sur la langue de la fillep qui joue Paula, le ssssssussotement de l’enfant semble dispensable cependant vraiesp trouvailles de dialogues et beaucoup de situations drôles;
je regrette pas et souhaite bonne route à cette jolie comédie subtilement politique-
Carpentier
Invitéet pourquoi 2 fois un p au cul de deux de mes mots, siouplait?
-
Mélanie
InvitéVu Un monde merveilleux et j’ai aimé aussi
J’aime bien le côté de lâcher plus ou moins sur le purisme – hier quand ma dentiste a affiché en 2 secondes une radio de ma carie sur son écran et que 30 minutes plus tard c’était réparé, je me suis dit qu’on vivait dans un monde merveilleux
Intéressant aussi l’IA : l’informatique fait ce pour quoi on la programme. Alors si c’est Blanche Gardin qui code ça peut être sympa.-
Carpentier
Invitéoh ? ia quelqu’un?
Cru un moment qu’on jouait au jeu ‘ parle de films qu’on peut pas voir au ciné ‘.
– À toi qui ose interrompre 15 ans de soliloque obscurantiste ciné, je partage un bonjour
(es-tu cependant bien sure de ce que tu fais?)
Car, sauf si tu sais d’avance que je ne ferai rien de ton intervention à ma suite, sache que tu risques d’y perdre ta sérénité et de regretter d’avoir pour quelques lignes pris place ici.
Sinon, sors vite, de crainte que ma foudre ne te réduise fissa en poudre de lentilles corail.Par ton
J’aime bien le côté de lâcher plus ou moins sur le purisme
veux-tu parler de l’hyper suivi médical et hygiéniste que permettrait la technologie? (si je m’appuie aussi sur son témoignage dentiste)
Car oui, un doigt dans le cul à la Gardin aurait peu arrangé ta carrie naissante.
Pas si faux.
-
-
-
-
-
robert
InvitéPersonne ne sait dans quel épisode de Spéculation Burdeau revient sur son expérience aux cahiers ?
-
Younès
InvitéAucune idée. Je sais qu’il y revient très longuement dans l’épisode 5 d’On y reviendra sur Microciné.
Je crois même que cette excellente émission, très instructive, est entièrement dédiée à son passage aux Cahiers.
-
-
etalors
InvitéBonjour, existe-t’il une critique Olivier Assayas ?
Question subsidiaire, y a t’il un lien de parenté entre Assayas et Ozon ?-
Younès
Invité2 réalisateurs qu’admire François je crois (rire).
-
etalors
InvitéJe viens d’en voir un de Assayas, et je sais vraiment un parallèle avec Ozon. Je me doute bien qu’il doit adorer ces réals, mais au delà de ça, suis curieuse de lire des critiques s’il en existe(ra).
-
kenny
Invité« Je me doute bien qu’il doit adorer ces réals »
tu peux développer etalors? pas sûre de comprendre -
Younès
InvitéIl a dû furtivement parlé d’Assayas dans une de ses nombreuses interventions chez Microciné. Hélas, je n’ai pas retenu l’émission précisément.
-
François Bégaudeau
Maître des clésOui dans le microciné sur la série « tous les garçons et les filles de mon âge », dont Assayas a signé un des volets. Mais en l’occurrence, je n’étais pas aussi dur avec lui que je ne le serais sur l’ensemble de son œuvre, qui aura réussi –son œuvre– à cheminer quarante ans durant sans que personne, je dis bien personne, ne s’y intéresse.
-
Ostros
InvitéÇa pourrait donner un Microciné fort intéressant si toi et Samir lui consacrez une soirée, en analysant quelques uns de ses films. Sans ironie. Un décryptage de sa forme et de son goût.
-
K. comme mon Code
InvitéIl y a eu un moment très curieux après Personal Shopper où les cinéphiles américains que je suis s’étaient soudainement transformés en fans d’Assayas. Le côté exotique, j’imagine.
-
Ostros
InvitéDu temps de sa sortie je pensais que Boarding gate, que je n’ai pas vu, était un real très coté, j’ignore pourquoi cette impression. Sans doute du fait du casting du film, qui envoyait des signes de.
-
Ostros
InvitéHm. Le réveil tardif. Donc je disais qu’à la sortie de Boarding gate je pensais qu’Assayas était un réal très coté.
-
etalors
InvitéA cette période Assayas est assez bancable dans un certain milieu et cela lui permet de de financer des films à l’étranger.
-
Charles
InvitéFrançois exagère évidemment, Assayas a été très suivi par la critique française dite intello, Libé et les Inrocks en tête et un peu les Cahiers, surtout au début des années 2000. Les Américains aussi comme souligné par K. et ce dès son film/série sur Carlos qui avait fait son petit effet à Cannes (où on regrettait qu’il n’ait pas pu concourir car pour une fois un Français avait ses chances pour la Palme (!))
-
etalors
Invitéc’est ce que je dis en 1 phrase.
-
etalors
Invitéau détail près, car je ne suis pas fan de…et que aix un parallèle avec Ozon.
Je m’en vais chercher de la matière. -
etalors
Invitében si,
au détail près, car je ne suis pas fan de…et que je fais un parallèle avec Ozon.
Petite précision, jusque dans les années 2015 à la louche, il est adulé par la classe bourgeoise, et chez les gay.
Je m’en vais chercher de la matière bis repetiita -
Charles
InvitéNon
-
Ostros
InvitéRelisant le ventre plein je me dis que ce n’est pas exagéré, car quand François parle de s’intéresser à la filmo d’OA il ne veut pas parler des quelques textes rédigés à la sortie de chaque film mais d’une étude sérieuse, précise sur ces films. Ce qui voudrait dire que les critiques dispensés ça et là n’ont pas fait le travail de critique de cette filmographie.
Et je propose que François et Samir s’y collent. -
Charles
InvitéC’est un cinéaste porté aux nues par Frodon, Kaganski et Lalanne pendant des années, un des rares cinéastes Français qui a été reconnu outre Atlantique, très présent dans les festivals internationaux. Ça s’appelle susciter de l’intérêt.
-
Carpentier
InvitéForce de proposition, Ostros: aucun.e employeur.se potentiel.le qui résiste à cela
bravo -
François Bégaudeau
Maître des clésa partir des années 2000, je ne vois plus un critique défendre sincèrement Assayas. En tout cas pas aux Cahiers où l’évocation de son nom entraînait un silence gêné, vu que le directeur de la rédaction avait interdit qu’on en parle mal.
-
François Bégaudeau
Maître des clésFrodon et Assayas sont amis. Lalanne et Assayas sont amis. Kaganski a toujours été un critique nul – outre que sans doute ami d’Assayas
Mais Assayas a toujours eu pour principal protecteur Serge Toubiana, son ami -
Charles
InvitéEt Aubel?
-
Charles
InvitéMais peut-être que ces critiques sont amis d’Assayas parce qu’ils aiment son cinéma.
-
Eden Lazaridis
InvitéSils Maria est un excellent film.
-
Charles
InvitéInutile d’être vulgaire Eden.
-
Seldoon
InvitéJe me souviens de défenseurs mollassons d’Assayas entre 2005 et 2015 (outre Frodon et Lalanne). Carlos avait ses adeptes, et oui, Sils Maria et Personal Shopper étaient discutés, mais sans non plus un enthousiasme débordant. Ca donnait des défenses de niche : longueur des scènes de Boarding Gate, utilisation de la musique dans Carlos, présence de Stewart dans les deux autres. On sentait quand même que c’était l’aspect international chic qui faisait exister ces films et leur discussion apathique.
-
Charles
InvitéJe suis d’accord que c’était une sorte de bon goût qui s’exprimait ici qui a sans doute culminé avec Clean – Telerama faisait aussi partie des thuriféraires. C’est pour moi le cinéaste français le plus apprécié des ces années après Kechiche et Desplechin.
-
François Bégaudeau
Maître des clésnon, vraiment rien à voir, kechiche et desplechin avaient plein d’ adeptes, et encore maintenant ; assayas non
Pour aucun film de Assayas tu ne trouveras le dixième de l’enthousiasme qu’il y eut pour Mektoub, par exemple
mais on tourne en rond -
mathieu
InvitéExact. Sur Carlos, je me souviens notamment d’une analyse de scène de Philippe Rouyer au Cercle à Cannes où il était dithyrambique, après avoir vu la version longue – toute la série montée bout à bout
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
etalors
InvitéJe ne parle pas de microciné. Pas grave.
-
Carpentier
Invitédans une des chroniques Transfuge plutôt?
Qqn.e d’ici les avait collectées et partagées dans un des sujets ciné, de mémoire
mais faut fouiller, se faire mini-archéologue du forum
ou activer tranquillement cette piste:
-> on remet sowhat en selle? qqn.e 👋-
etalors
InvitéOui, une critique dense. J’adore faire de l’archéo, mais sur cet espace je n’y arrive pas. Et puis, au vu des commentaires, je suis assez gaudée.
Bonne journée-
pifou
Invitélien dans ce fil mais le téléchargement n’est plus possible
-
pifou
Invitésur un autre fil d’autres liens expirés itou
-
etalors
InvitéMerci quand même pifou
-
-
-
-
-
-
perové
InvitéHello les amis,
Je suis en plein dans la filmo de M. Larry Clark que je découvre (jeunesse oblige), jamais trop tard.
C’est d’abord Alexandrakis qui me l’a mis sous les yeux dans l’Hospitalité au Démon en en parlant de manière ultra critique et considèrant son cinéma problématique, ce qui a, comme toute chose bannie eu la force d’attiser ma curiosité..
Bref, la claque ! Immense ! Quel adorateur de la beauté, quel goût du réel, quel cinéaste !
Même dans son plus négativement cringe – The Smell Of Us – dont certains passages pourraient percer sur twitter comme une fiction d’une école de ciné de 2nd zone, il y a quelque chose de très puissant
Je ne comprends pas que l’époque le passe sous silence.. Il sont si peu à manipuler le malaise aussi bien, et ceux-là seuls peuvent s’approcher de la vérité.
Bref c’est quoi votre regard sur lui ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésDans les années 90, l’art de Clark ne passe pas du tout sous silence. Il est même plutôt encensé par la critique, et par exemple par les cahiers du cinéma. A l’époque les aspects « problématiques » de son cinéma étaient sans doute vaguement aperçus, évoqués, mais in fine mis sur le compte de la radicalité du truc. Il y a les films de lui que j’ai beaucoup aimés et j’étais dans cette position de ne pas véritablement mesurer ce qui s’y jouait de discutable
Puis peu à peu on s’est lassé de ses films un peu répétitifs, même si je me souviens avoir beaucoup aimé un film des années 2000, j’ai oublié le titre, où on voyait des jeunes skaters qui écoutaient les ramones et allaient faire des cambriolages dans unquartier riche.
Bon aujourd’hui j’ai impression que le mec est grillé, et les pages de L’hospitalité sont très fortes, même si l’auteur reconnaît qu’il les écrit avec la colère de la victime. Je me disais récemment que j’aimerais bien revoir les films, pour voir où j’en suis avec lui. Il y a indéniablement quelque chose de très fort dans ce cinéma. Très embarrassant et très fort : en art c’est possible-
Oscar
InvitéWassup rockers
-
Charles
InvitéJe suis un peu sur la même position : beaucoup aimé à 18-20 ans, en ai vite fait le tour et ne sait désormais plus trop ce que ça vaut car pas revu depuis longtemps. J’ai moi aussi été très convaincu par la critique d’Alexandrakis : Clark n’érotise pas simplement de façon douteuse des adolescents, il se complait dans un portrait apocalyptique de cette jeunesse dont il exagère la débauche et la violence (avec parfois un surplomb assez grotesque comme dans Bully). Wassup rockers est peut-être son meilleur film car le plus doux, le moins provocateur.
-
Charles
InvitéPS : dans la suite d’Alexandrakis et en réponse à ce que tu dis perové sur le fait de s’approcher de la « vérité », il est tout de même étonnant que quand on parle de la jeunesse ou tout du moins quand on prend pour objet d’étude des personnages systèmatiquement ados, on associe systématiquement la vérité de leur vie à une peinture très violente de celle-ci. Y a quand même un aspect très réac là-dedans : les jeunes ont des vies cachées des adultes qu’un cinéaste révélerait en en montrant toute l’horreur et la crudité (car chez Clarke c’est bien ça a, on viole et on tue et on fait des overdoses).
-
Corm
InvitéL’aspect réac de Clark viens peut être du fantasme qui stimule son cinéma, il faut dire, pédophile, Éphébophile plus précisément, qui est assez certains, comme tout fantasme érotique il recherche une quintessence de ce qui est désiré, donc une essence qui est souvent à la limite de tomber dans la caricature.
-
Corm
InvitéL’intéressé la longtemps nié, il disait plutôt qu’il aurait voulu être ces jeunes, qu’il se projetais en eux, qu’il se voyais à la place du jeune et non de l’adulte, mais ça me semble être une forme de déni ou même renforcer l’accusation, rien qu’avec Ken Park ça paraît indéniable.
-
Charles
InvitéOui c’est juste ce que tu dis sur son fantasme, qui est aussi celui de l’adulte voulant pénétrer dans la chambre de l’ado en train de faire on ne sait quoi – sans doute se branler, et peut-être prendre de la coke en même temps qui sait.
Ça me fait penser à une certaine réception des livres de Bret Easton Ellis peu ou prou à la même période. Beigbeider défendait l’auteur contre la critique qui disait qu’il racontait toujours la même chose – des jeunes cyniques et friqués qui baisent sous Xanax – en arguant qu’il décrivait en fait l’Amérique. Ce qui révèle sans doute une profonde méconnaissance de ce pays et et aussi une association étrange de la débauche la plus crue et du la réel. Plus on montre des jeunes faire n’importe quoi plus on est dans le vrai.-
Corm
InvitéUne subversion sur les rails, une transgression à la papa, ce qui est un oxymore et qui n’a aucun sens en soi, comme si Clark voulait tellement le faire et avait peur de ne pas le faire, qu’il était prêt à respecter toutes les règles pour coller au cliché, y aller à fond. Il faudrait se pencher sur la véritable adolescence de Larry, et sur pourquoi il a commencé à faire des films si tard et si vieux, je théorise mais j’ai l’instinct de croire que son adolescence a sûrement été empêchée, ratée, à cause de l’autorité et l’obéissance dues aux adultes, et qu’il essaie à travers ses films de la rattraper.
-
Corm
InvitéEt l’adolescence raté signifie parallèlement forcément n’avoir jamais connu de premier amour à cette age.
-
-
-
-
-
-
-
-
Corm
InvitéPérové, The Smell Of Us à eu certaines critiques négatives, c’est vrai, mais pas que, à l’époque les cahiers avait encensé le film jusqu’à le mettre en couverture.

-
Corm
InvitéEt n’oublions pas les inrocks, qui fut un temps on fait de Clark leurs dieu du cinéma jeune et branché, un cinéma de « kids » comme il aimais bien dire.
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui, les inrocks en boucle
Il faut voir qu’à époque ce qui apparaissait avant tout c’est qu’on tenait un cinéma homo-érotique, voire tout simplement un cinéma homosexuel. À ce titre, il était beaucoup défendu par la critique prioritairement concernée par la visibilisation des minorités, et notamment de cette minorité.
C’est cette tendance qui explique la surestimation d’un cinéaste comme Almodovar, mais aussi de certains films de Gus van Sant, etc-
Corm
InvitéÀ la différence que l’homosexualité chez Clark est infiniment plus douteuse et dure que chez les deux autres, je pense que les critiques des Inrocks aimaient aussi sincèrement la posture ado subversif paumé de Clark (ça leur permettait de jouer aux rebelles sans se mouiller), qu’on retrouvait chez Van Sant (Paranoid Park, Mala Noche et Elephant). Ce dernier a pu, d’une certaine manière, faire un genre de cinéma à la Clark, mais en version soft. Le côté pseudo-crade homo de Mala Noche, hyper stylisé, est un très bon exemple. Donc c’est plus compliqué que ça si on regarde dans le détail, c’était un cinéma homosexuel de la rue pour s’encanailler, en quelque sorte. C’était différent d’un cinéma homosexuel un peu niais vanté à la même époque pour les raisons que tu dis, une nuance de posture.
-
Corm
InvitéCet intérêt limite régressif de la critique envers ce cinéma-là s’est poursuivi avec celui qui se présentait comme le successeur de Clark, ayant écrit le scénario de Kids, Harmony Korine. Tout le monde était obsédé par Spring Breakers à sa sortie, et même pour ses autres films (avant et après Spring Breakers), qui étaient des navets, la critique faisait semblant de les apprécier. Donc, je pense pas que le tropisme homosexuel soit la bonne piste.
-
Corm
InvitéJe pense que ça tiens plus d’un certains fétichisme de la critique française pour un cinéma américain du voyou, doublé d’un goûts pour un cinéma adolescents un peu interdit, il faudrait creuser le sujet, pour voir si ce penchant tiens toujours aujourd’hui ou si il est mort dans les années 2010.
-
-
Charles
InvitéPas sûr de ca. Le cinéma de GVS ne me semble ni niais ni du Clark soft, il est simplement beaucoup plus expérimental et contemplatif. Clark avance un peu comme un char d’assaut, la force de ses films vient de leur caractère brut et de la mise en scène « dans ta gueule », très frontale mais aussi très limitée. Van Sant n’a pas du tout voulu imiter ça, même dans le réalisme d’un Mala noche. Dès Prête à tout et My own private Idaho on voit bien qu’il est dans complètement autre chose, dans une forme d’empathie notamment alors que Clark est dans le fantasme comme tu l’as dit.
Et puis GVS fait un cinéma ouvertement pede (sans non plus s’y limiter, d’où sa grandeur) alors que Clark c’est plus trouble car – sauf erreur de ma part – il ne filme pas de gays.-
Corm
InvitéEffectivement j’ai réduit le cinéma de van sant, je voulais le prendre dans l’angle de « pourquoi il a été aimé » et pas de le critiquer en soi, ce qui amène ce genre de réduction.
Chez larry clark il y a des relations homosexuel-trouble donc-dans bully, Ken Park, the smell of us, on peut en parler comme un sujet récurrent.
-
Corm
InvitéNon c’est vrai il ne filme pas de gays au sens propre du terme, c’est toujours plus où moins non désiré d’un côté.
-
Corm
InvitéNote que quand je dis « sous Clark » je parle aussi de la récurrence des ados.
-
Corm
InvitéPour certains films Clark on pourrait parler d’un cinéma d’homo refoulé et pedo aussi, les deux sont mélangé, principalement dans le tryptique Ken park-bully-the smell of Us mais aussi kids sur certains aspects.
-
Corm
Invité(Et quand je dis cinéma gays niais je parle pas du tout de gus van sant, au contraire, je le met dans l’autre catégorie)
-
Corm
Invité(Pour te donner un exemple de cinéma homo un peu niais de l’époque: brokeback mountain)
-
-
-
-
-
perové
Invitémais quel est le problème avec le fait qu’il soit douteux ? je ne comprends pas ?
L’art est douteux, nous sommes douteux
-
Corm
InvitéC’est pas un reproche, juste une description, analyse.
-
-
-
-
-
perové
InvitéQu’il soit adulé en 90 et même en 2015 ne m’étonne pas absolument, je l’avais bien compris, ce qui m’étonne, c’est sa mise au placard, voir le gros crachat qu’on lui lape pleine face en 2025, alors qu’artistiquement parlant c’est assez vertignineux. Qui est aussi frontal aujourd’hui ?
Sur la redondance, est-ce vraiment un problème ? G. Araki me semble tout aussi, redondant et obsessionnel (différemment que Clark et par ailleurs tout aussi génial) pourtant on ne lui réserve pas le même traitement. (adulé dans les milieux queer etc..)
Pourtant il flirte parfois avec la série B tant on est dans le fantasme de cette jeunesse américaine dépravéPareil pour le Mektoub de Kechiche, mais enfin lui a été mis au placard à son tour..
Je suis juste assez flippé de voir que les réalisateurs qui provoquent chez moi les plus vifs émois, soient ceux sur lesquels ils est bon ton d’hausser les sourcils…..
-
François Bégaudeau
Maître des cléstu devrais t’en réjouir plutot
-
-
-
-
Ostros
InvitéSi vous ne l’avez pas encore vu ou si vous souhaitez le revoir, Douze mille le film de Nadège Trebal est sur Arte.
-
Claire N
InvitéMerci pour cette recommandation Ostros
Un film d’amour – fou pour de vrai – enfin
-
-
Carpentier
InvitéQuelqu’un peut-être pour me dire si je trouve des dires de sitiste sur The Brutalist dans une autre page ciné du forum?
je soliloque à l’aise en haut de cette page-ci à propos mais, benh oui, même moi, j’arrive à finir par m’agacer quelque peu sans interlocuteur, sans échange
Du coup, je vais m’en inventer en (vous) lisant à posteriori, et après écoute de la g.o. consacrée, qui m’a beaucoup plu.-
Pierre
InvitéTape le nom du film ou autres mots clés ici
https://francoisbegaudeau.fr/forums/-
Carpentier
Invitémerci pour le passage d’outil (pourquoi ne pas aller dans le tiroir à couverts quand je cherche une fourchette?c’est vrai ça)
– tu l’as vu, toi? le film pas le tiroir -
Carpentier
Invitéen effet, vous aviez bien discuté à propos
lu la moitié, ça complete, reprend parfois les dires du duo qu’on regrette mais pas que,
merci
-
-
-
etalors
InvitéChristophe Bourseiller et Murielle Joudet sont insupportables dans leurs critiques.
-
ziggypop
InvitéSalut à toustes !
Membre assidu (mais silencieux) du forum, je me permets une exceptionnelle (et peu élégante, j’en conviens) autopromo — avec un ami on a lancé un podcast de cinéma y a quelques mois (dont le format s’inspire (notamment) de la GO) et on y a exploré quelques films dont il a pas mal été question ici. Je me suis dit que ça pouvait peut-être en intéresser certains — comme je n’arrive pas à poster de lien, je vous laisse le nom : ça s’appelle La phase et c’est disponible sur spotify et youtube (exemple de titre d’épisode si jamais c’est galère à trouver avec juste le nom du podcast : « Épisode 3 : Lost Highway »).Bon dimanche !
-
François Bégaudeau
Maître des clésok on va écouter
-
-
ziggypop
Invité(par ailleurs, y a des gens qui ont vu RRR ici ? Ou qui connaissent des endroits où ça en parle ?)
-
Ostros
InvitéRRR = « ça va être tout noir ! » ?
-
ziggypop
InvitéJ’avais oublié l’homonymie ! Je parlais du film indien (je n’ai pas vu l’autre bien que j’en ai entendu mille répliques…j’ai raté un truc ?)
-
Ostros
InvitéOh oui. Une vie gâchée…
-
-
Corm
InvitéNon il parle de ce film

-
-
-
Charles
InvitéQuelqu’un sait comment retrouver les anciennes émissions du Cercle? J’aurais bien aimé voir les débats sur le Che de Soderbergh.
-
Carpentier
InvitéJe sors du film Little Jaffna
ou on entend bien bien parler tamoul
et à l’écran, pas plus de japonais moyen-âgeux qui parlent anglais que de sri lankais
qqn.e qui l’a vu aussi ici peut-être?-
etalors
Invitét’as tout dit je pense
-
Carpentier
Invitéformulerais-tu une invitation à me taire?
-
etalors
Invitépas vraiment. A prendre au pied de la lettre; Pas vu le film, mais ça me tente pas un brin
-
-
-
Carpentier
Invitéj’aime beaucoup la première séquence : les scènes de rue m’aimantent toujours
et il y en a au moins deux autres, de procession et de fête
héritage familial, ça joue
l’indic a un physique tout à fait singulier, tout à fait cinématographique
benh oui, je fais partie de celles pour qui ça joue. ça l’fait, j’avoue et on le sait bien
-
-
Ourson
InvitéLes amis, une recherche rapide en CTRL+F que le film Zion n’a pas encore été discuté sur ce forum.
Si vous recherchez un film subtilement décolonial, subtilement chrétien, qui pose un oeil cru, réaliste et inédit sur la Guadeloupe des « bwa » (les voyous autochtones), je ne peux que vous inciter à aller le voir s’il est encore en salles vers chez vous, ou à attendre sa sortie imminente sur Prime Video.
Ma culture cinématographique est encore trop faible, mais je ne crois pas que les Antilles aient été aussi fidèlement filmées auparavant. Vous comprendrez qu’on est loin des paysages de cartes postales et des cocotiers. Je suis partie voir le film avec mon ami qui a grandi là-bas, et apparemment le réalisateur a visé dans le 1000.
Habituellement pour filmer les voyous racisés dans le cinéma français, on prend des métisses « professionnels » issus de la région parisienne et on tente de se dépatouiller avec ça.Là ce n’est absolument pas le cas : je pense qu’il n’y a qu’une actrice professionnelle ou deux, et quand on les voit jouer ça tranche avec l’aspect cru du reste du film joué par des caribéens « authentiques ». Mention spéciale à l’un d’entre eux qui brise l’écran en 12 sur ses rares apparitions à l’écran
La tension et les scènes d’action du film n’auront été que la Cerise sur le gâteau pour moi
-
Carpentier
InvitéJe vais essayer d’y aller dans la semaine car certaines de tes lignes, si je les avais écrites, pourraient – de mon point de vue – aller aussi pour Little Jaffna.
Merci, je passais à côté de ce Zion qui, après vérif, est encore dans les salles parisiennes
q: les scènes avec la drogue, ça passe?
Car dans le film de Lawrence Valin c’est sous des mangues que l’argent voyage, et ça, ça change tout.-
Carpentier
Invitésachant que non
un film subtilement décolonial, subtilement chrétien, qui pose un oeil cru, réaliste et inédit sur la Guadeloupe des « bwa » (les voyous autochtones)
c’est pas forcément ma came
mais show me im curious -
Ourson
InvitéLes scènes avec drogue ça passe, c’est-à-dire ? Globalement la drogue est loin d’être un personnage important du film
Quant à l’aspect décolonial, c’est juste en sous-texte, les passages qui abordent le sujet frontalement c’est 5 mn du film ou pas beaucoup plus
-
Carpentier
Invitéc à d?
j’ai donc écouté très récemment la gêne occasionnée consacrée à The Brutalist (vu il y a peu) et je suis plutôt d’accord avec le duo critique qui, en gros, rapporte qu’au cinéma. les scènes qui veulent dire sur la conso de toxiques sont souvent ratées (de par l’expérience personnelle et intérieure elle-même de la conso justement)
Si c’est évoqué 5 minutes, ok, on devrait faire facilement avec-
Ourson
InvitéDans ce cas-là pas d’inquiétude, la drogue est trèèèès largement absentée, un plan de 3 secondes sur un pochon de crack et un autre de 1 seconde sur une trace de cocaïne sur un scooter
Et quelques cigarettes roulées ici et là dont on peut deviner que ce sont des joints
-
Carpentier
InvitéSalut,
Collée au moins à 3 reprises contre l’iguane plein écran, j’ai cru succomber.
Faites que ça traite un peu mon angoisse de me retrouver irl devant ce type de reptiles;
Sinon, même si les acteurs sont, notamment, faits pour l’action, je crains d’être passée très à côté du subtil artistique du réal de Zion.
J’aime bien le copain qui se prend une balle derrière son camion et l’idée du bébé, même si – ok, dans le cabas est juste follement drôle: c’est une bombe ses pleurs de petit gosse quand Chris se planque – et c souvent –
J’ai adoré toutes les scènes de rue, la longue roue arrière d’ouverture et le son, le carnaval, les percus et les gloussements joyeux du bébé quand il se sent mieux.
Merci,
-
-
-
Carpentier
Invitéok, j’ai vu Zion (ouais bof bof)
merci d’aller voir le film Shame Less de Konstantin Bojanov
et on en parle,
on c’est qui veut-
Ourson
InvitéMerci pour la recommandation, mais du coup ton message du 13 mai correspond à quoi ?
-
Carpentier
Invitéça correspond à quoi?
– à ce que j’en pensais avant d’avoir vu Shame less,
c plus clair?
Avant de connaître celui avec qui je me suis engagée dans la vie, mon compagnon encore d’aujourd’hui, je pensais que Thierry, Vincent et quelques autres baisaient bien.
Ça n’enlève en rien les petites choses qu’ils savaient pas trop mal faire, les affinités affectives et sexuelles qu’on s’étaient trouvées et qu’on avait joyeusement partagées mais non, après celui d’aujourd’hui, c’est pu d’eux dont je parle quand je dis mon plaisir à m’enrouler avec qqn.
Visionner Shame less annule pas ce que j’ai aimé dans Zion ET, à mon tour, je me permets de te proposer d’aller le voir ce film vu dimanche midi, au vu de ta reco que je ne regrette pas d’avoir suivie pour autant.-
Carpentier
Invitéet si la question est à prendre au pied de la lettre, comme dit l’autre
on dirait presque que tu ne l’as pas vu toi finalement ce Zion : DCollée au moins à 3 reprises contre l’iguane plein écran, j’ai cru succomber.
ia beaucoup de films en ce moment en salles où t’as trois longs plans sur un iguane?
-
Carpentier
InvitéET, à mon tour, je me permets de te proposer d’aller le voir ce film* vu dimanche midi
* là, je parle donc de Shame less
(car je pressens que la tournure de ma phrase t’as perdu sur ce coup là aussi : D )
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invité.. Une histoire des vaincus ne se gagne qu’à la condition de renverser les formes majeures du récit, c’est-à-dire qu’à la condition d’imposer un contre champ consistant – du cinéma au politique / …
-
-
Stéphanie
InvitéJe remets là
J ai trouvé le film l’effacement d’une grande finesse pour traiter la guerre d’Algérie, la colonisation, le trauma transgénérationnel. La question du regard ( que l’on retrouve dans « les hirondelles ») est superbement traitée, on pense aussi à Perec bien sur, au portait de Dorian Gray.
La psychopathologie du personnage principal est décrite avec une sensibilité remarquable.-
stephanie
InvitéLe film parle des traumas transmis par filiation de la guerre d’Algérie et de la colonisation. Le patriarche ancien Moudjahidin dominant empêche son fils de s’émanciper (comme la colons ont empêché l’émancipation, l’indépendance du pays), le fils ainé quitte le pays pour la France et réactive ainsi la violence du père , il a trahis. L’effacement est une perte de l’identité du héros ( identité perdu après le viol: dépersonnalisation qui rappelle les tortures pendant la guerre) aussi un effacement des « événements » du passé. C’est ainsi que j’ai compris le film .
-
-
François Bégaudeau
Maître des clés« pour traiter la guerre d’Algérie, la colonisation, le trauma transgénérationnel »
j’aimerais bien que tu nous expliques en quoi précisément -
Carpentier
InvitéDe la gloire au cauchemar, à paraître, réalisé par certain Francis Verhoeven
Fils de Paul ou bien?-
nefa
InvitéSimon, Carpentier, Simon.
Et wikipedia répond : presque oui
puis non.-
Carpentier
Invitévu rapidement l’affiche (parisienne en métro)
Francis, Paul, Simon et autre François … du pareil au même un peu
des gars, quoi
+ perdu le réflexe wikipedia, je constate, alors que je l’ai tant soutenue à ses débuts, étrange, tiens-
Carpentier
InvitéPaul est le grand father donc
scandale dans le show bizz musical, le thème, un duo
créé et monté de toutes pièces, un fake de pillage-playback xxl
faut voir,-
nefa
Inviténon, son grand père s’appelle Paul, est allemand, mais n’a rien à voir avec Paul le metteur en scène néerlandais.
-
Carpentier
Invitéah ok
juste un homonyme
reste à voir si le film ..
-
-
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéPremier extrait de L’Aventura ici : https://x.com/CercleCanalplus/status/1921929257074233420
-
K. comme mon Code
Invité(on apprend aussi que le film sort le 2 juillet !)
-
Ostros
InvitéSuper !
-
Charles
InvitéPapier élogieux de Chessel dans Libé à l’occasion de sa présentation à Cannes.
-
K. comme mon Code
Invité-
Charles
InvitéLes plus bruyants de la plage, ce jour-là, ils l’ont encore été, tous les quatre, Sophie et Jean-Phi et les enfants, Claudine et Raoul : Sophie se souvient bien d’avoir eu un peu honte. Quel jour c’était déjà ? Le jour des glaces ou celui où il y avait un bar à mojito, quand Raoul a fait caca dans le sable ? C’était à la Bobba ou à l’autre, ou plus tard, quand ils dormaient au gîte chez Francesco ? Est-ce qu’ils sont restés une ou deux nuits ? Et pourquoi Claudine a pleuré ? Ils tentent de s’en souvenir, et de leurs tentatives de débriefer, des conversations bordéliques qu’ils enregistrent au fur et à mesure de leur road-trip en Sardaigne, un récit naît peu à peu, fragmentaire, et avec lui un film se déroule, frénétique, sur les traces des vacances. Le mélange, un chaos précis entièrement orchestré par le montage, entre le trop-plein d’informations et l’incertitude permanente sur ce qui a eu lieu, où et quand, fait le sel de l’Aventura de Sophie Letourneur, projeté en ouverture de la sélection parallèle de l’Acid, programmée par les cinéastes membres de l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion, en ce premier jour de Cannes 2025.
Où et quand déjà ? Ce «déjà» de la question est le mode temporel de l’Aventura, quelque part entre indicatif et conditionnel, le temps de l’anecdote floue, comme une troisième voie de l’existence. Floue mais aussi, sans aucun doute, intense, émotionnellement épuisante, comme un voyage en famille. En couple mais avec les enfants. L’été mais avec les parents. Tout une aventure.
Sarraute paumée sur Booking
Le précédent Voyages en Italie, déjà avec Sophie et Jean-Phi, déjà joués par le faux couple formé par la cinéaste et Philippe Katerine (il fait cette fois des prouesses d’introversion en beau-père n’aspirant qu’à se tirer cinq minutes au calme, fumer une clope en cachette), mettait au pluriel, par décontraction de la cinéphilie, un grand film de Rossellini. Le titre du nouveau Letourneur cite cette fois non seulement Stone et Charden (en version karaoké) mais un chef-d’œuvre moderniste d’Antonioni (1960, ici amputé d’un «v»), dont le moteur était aussi, en son temps, une incertitude radicale.Mais c’est plutôt une fausse piste, et si l’Aventura invite à la référence sans déférence, il faut plutôt aller chercher, pour l’expérimentation narrative, du côté d’un Resnais en agriturismo, d’une Sarraute paumée sur booking.it. Ou d’une sorte de Hong Sang-soo, cinéaste contemporain adepte des jeux de structure, mais qui s’emmêlerait les pinceaux, deviendrait ingérable, complexe, capricieux, inracontable, d’être sans cesse interrompu par les cris, les pleurs, les jalousies, les hontes, les fous rires de moquerie, les impatiences de la petite famille, sur le fond d’un amour qui clairement bat de l’aile. Tous les affects négatifs, passagers, du quotidien et leurs expressions débordantes, qui composent la matière du film, semblant parasiter sa méthode.
Or cette méthode cherche absolument à être envahie : à partir de ses propres enregistrements de vacances, retranscrits, que la cinéaste fait rejouer par d’autres et dont elle monte une première version filmée, Letourneur écrit un scénario de fiction, tourné à son tour, puis amplement dé- et restructuré au montage. Le son vient donc avant l’image pour la recréer, le souvenir se place avant l’événement pour le refaire. C’est un cinéma «décalé», parce que produit d’une série de légers décalages, entre ce qui se passe et ce qu’on en dit, entre ce qu’on se rappelle et ce qui en est reconstitué, refilmé, remonté, etc.
Tartinée de caca
De tout ce bricolage – faire en fonction (du matériau préexistant), faire avec (les humeurs, les chagrins) – naît une belle déconcentration, aussi contradictoire que les conversations qui la scandent, puisqu’elle s’agite à mi-chemin entre trouble de l’attention et reconstitution obsessionnelle. La fatigue de la mère, qui doit faire attention aux besoins de ses enfants – Raoul (Esteban Melero) a 3 ans, Claudine (Bérénice Vernet) plutôt 11 – et à ceux de son mec, mais qui doit aussi les ignorer par moments pour tenir bon, donc résister en permanence à ce qu’on exige d’elle (de l’empathie, du soin), semble être à la fois le sujet et le point de vue du film, l’endroit de sa mise en scène.J’ai du regard pour vous, mais pas trop, sinon ça me bouffe : formule d’une autre éthique du cinéma, peut-être plus saine, que celles en cours. Et si le travelling de Jean-Phi, marchant dans la petite ville, lui offre enfin son moment de respiration vitale, pour Sophie, rien ne s’arrête jamais, pas de répit. Alors faire avec, faire en fonction : même tartinée de caca d’enfant, cette scène sur la colline, dans la lumière du soleil couchant, c’est très beau d’un coup, même si ça pue. Ils sont ensemble, comme une dernière fois. C’est vers la fin ça non ? Où et quand déjà ?
-
K. comme mon Code
InvitéCritikat élogieux également : https://www.critikat.com/panorama/festival/festival-de-cannes-2025/laventura/
—
Dans cent ans, elle sera peut-être en compétition.
-
Charles
InvitéRires. Cinéma trop bricolé pour prétendre à la Compétition mais en tout cas elle est au sommet de la reconnaissance critique.
-
Charles
Invité(je veux dire par là que son oeuvre n’a sans doute jamais été aussi louée et prise au sérieux par la critique que maintenant)
-
-
Pier
InvitéPour Tsounami aussi j’ai essayé de rendre compte de sa réussite : https://tsounami.fr/cannes-2025/letourneur-laventura-acid/
-
K. comme mon Code
Invité« L’organisation des cadres est en revanche d’une grande précision picturale » : j’ai remarqué cet aspect dans l’extrait du film montré dans Le Cercle. Voyages en Italie avait une image digitale volontairement « dégueulasse », ou du moins dégradée et baveuse, pris à l’arrache, alors que les plans de L’Aventura semblent immédiatement plus cadrés et, oui, picturaux : des portraits isolés.
—
Interview avec Letourneur ici avec un final sonore digne de son cinéma : https://www.critikat.com/panorama/festival/festival-de-cannes-2025/a-lombre-du-festival-sophie-letourneur/
-
-
-
-
-
-
-
-
noir extatique
InvitéJustement vu qu’on parle de l’Aventura, il est projeté demain a 20h au cinéma l’Arcade a Cannes.
Auriez vous des conseils à donner à un quidam qui n’a aucun collier officiel du festival de Cannes, afin qu’il ait une chance d’aller voir la séance.-
stephanie
Inviténoir extatique, il faut un collier sauf pour la quinzaine des real. où on peut tenter sa chance.
Mardi 20 à 19h ciné Le Raimu il y aura une projection. Je connais qq’1 qui connait qq’1 qui pourrait peut être avoir 1 place. Dis moi si ça t’intéresse ?-
noir exatique
InvitéMerci bcp Stéphanie.
J’ai appris en cherchant sur internet
Que pas mal films hors competition sont accessibles moyennant une inscription en qques minutes.
Le film de Letourneur étant dans la catégorie ACID, il est possible de prendre ses places.
Malheureusement, les 2 projections aujourd’hui sont complètes. Effet rencontre avec les équipes.
Lien compte festival Cannes-
Carpentier
Invitéoui la partie moins paillettes est un peu plus accessible si tu n’as pas trop d’impératifs ( une place, n’importe quelle heure, hyper dispo quoi)
j’ai souvent défendu cette niche quand Cannes n’était décrit que sous l’angle le plus bling bling-
Carpentier
Invitéet le forum des images
(pardon de prévention – benh ça me ressemble pas pourtant – pour ce qui serait pris pour de la pub)
le forum des im. qu’on sait donc organisera (sans doute) comme les autres années, sa semaine de la quinzaine des réals
si Paris 1er et le ciné tentent …-
Carpentier
Invitédu 10 au 22 juin avec Le Louxor, le MK2 beaubourg et le reflet Médicis aussi
-
Carpentier
Invitéet pour les gueux des.provinces
https://www.quinzaine-cineastes.fr/fr/les-salles-partenaires-
Ostros
InvitéMerci.
-
-
-
-
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéJe rattrape ici la perche tendue par Bonnaventure plus haut (#105267) à propos de Sinners. Assez d’accord pour dire que ça n’est vraiment pas le grand film attendu. J’ai étonnamment trouvé le film meilleur là où je l’attendais le moins, à savoir dans sa première partie avant la première victime à l’extérieur du club — à ma grande surprise, à peu près toutes les scènes d’action qui viennent ensuite m’ont paru très faibles, molles, sans enjeu. C’est son vrai point faible. Si la montée en tension générale n’est pas si bien menée, sans doute est-ce en partie dû à cette manière de divulgacher l’envolée vers le fantastique dès la première scène, puis de révéler l’aspect vampirique de l’affaire en une seule scène un peu courue d’avance (celle avec les indiens). Un thermomètre de cette faiblesse est que pourtant très peu habitué aux films d’épouvante et d’horreur, donc possiblement réceptif à l’effroi, je n’ai pas été effrayé une minute. Trop de cartes sur la table.
Il y a tout de même un très beau cut sur le vampire irlandais qui s’élève dans les airs après avoir poussé la chansonnette devant madame en robe rose, à l’extérieur du club. Un bref effet de focalisation visuel et sonore sur la femme de Smoke lorsqu’elle évoque certaines aptitudes spirituelles nous laisse entrevoir habilement quelques possibilités fantastiques futures, mais en fait non. Musicalement le film est plutôt réussi — j’ai juste trouvé la scène de jonction temporelle dans le club assez ratée.
.
Je n’ai pas trouvé le film si stupide dans la manière d’avancer son propos. Pas vraiment de « blanc = méchants et noirs = gentils », même s’il est vrai que le type du KKK est tout bonnement ridicule — manque juste un gros plan où il ferait caca par terre. Le cœur du propos, c’est bien sûr la vampirisation culturelle des noirs par les blancs. Il m’a semblé que par delà certains ratages, on avait aussi là quelques figurations assez littérales et pas anodines. Car le film ne montre pas tant une basique succion et appropriation de la culture noire par les blancs que l’étrange avènement d’une sorte de nouvelle race par-delà le blanc et le noir — le mot race est d’autant plus justifié que c’est très littéralisé par la question du sang. On nous montre une sorte de dépassement des barrières de race au sein d’une sorte de nouvelle communauté de sang mêlant esclaves/colonisés noirs et ex-travailleurs forcés/colonisés blancs (irlandais). Pas tous les blancs, donc : j’ai noté pendant le film la très nette distinction entre l’immonde type du KKK et les vampires blancs. Ne connaissant rien à l’histoire du KKK, trois minutes de recherche m’ont confirmé ce sous-texte historique du film, à mon avis conscient, qui est que le KKK a persécuté les irlando-américains (et les juifs). Intéressant.Aussi le dépassement vampirique est-il tout de même le fait d’un entrisme blanc, très littéralisé à nouveau par le « can I get in »/ »can you let me in » répété de nombreuses fois à la porte par les vampires avant l’attaque décisive, ainsi que par l’utilisation de la musique comme outil de séduction et d’attendrissement, quasi cheval de Troie — c’est très net dans les deux premiers morceaux joués dehors par les Irlandais, très beaux d’ailleurs, un devant la dame en robe rose avant de la bouffer et celui joué à la porte. Ça n’est pas une union spontanée dans la lutte ou autre mais une union forcée — il y a aussi baptême forcé, cf. la fin, très littéral encore. La nouvelle race qui nous est montrée a des aspects élitaires puisqu’elle se créé par la culture et compte en son sein des vampires — on sait la différence à ce niveau entre zombies et vampires, et je ne suis pas assez technicien mais j’ai l’impression qu’ici on a les deux, qu’on me corrige si besoin.
A la fin du film, les deux derniers vampires qui nous sont montrés forment un couple : un noir et une blanche. On ne nous montre donc pas la victoire des blancs ni celle des noirs, mais autre chose. Ce cheminement que suit le film a comme un parfum douteux mais ça n’est pas anodin, j’ai été un peu intrigué. J’ai ruminé pendant et après la séance. On peut dire que c’est déjà bien.
Sinners aurait pu être un grand film aux bords douteux mais n’est pas un grand film. Je ne regrette pas la séance, cela dit.
-
I.G.Y
InvitéCela dit, sur cette distinction Irlandais/KKK je dois préciser qu’il y a vers la fin un petit dialogue où l’Irlandais parle des membres du KKK et dont je ne me souviens plus bien, je ne sais plus s’il contient des éléments d’interprétation décisifs pour le film. En tout cas l’impression formelle de distinction KKK/Irlandais m’est apparue nette et s’est imprimée en moi. Et ce quand bien même, de mémoire encore, un ou deux trouffions proches du KKK ont été mordus et rejoignent la « comu » (la femme qui est dans le petit groupe qui joue devant la porte du club est-elle celle qui a été mordue dans la maison, au moment où passent les Indiens?). Que ceux qui l’ont vu il y a moins longtemps me viennent en aide.
-
Pier
InvitéJ’ai vraiment adoré la première partie du film – très fine dans sa reconstitution, dans ses façons de faire ressentir la vie de cette communauté du Mississipi (sous régime de ségrégation et de prohibition), avec de vraies fulgurances ; c’est con, mais j’ai été très surpris quand d’un coup on traverse une rue et que se révèle la partie Blanche de la ville, qui n’a pas tout à fait la même figure. Ca m’a fait de l’effet.
La partie actionner m’ennuie moi aussi davantage, parce qu’elle repose trop sur sa métaphore du vampirisme.-
I.G.Y
InvitéOui j’ai plutôt aimé cette idée de garder l’arrière plan flou dans ce plan séquence où la fille traverse la rue pour aller dans le magasin d’en face. On ne voit rien mais on voit tout — le reste est déjà suffisamment souligné comme ça pour en rajouter.
.
Et mea culpa, le post #105267 est de Saltimbanque, j’ai confondu deux posts
-
-
-
Jules
InvitéDeuxième volet du documentaire Youth de Wang Bing (Tourments) ce soir au cinéma Galeries à Bruxelles !
-
Kenyle – job dateur professional
InvitéQuelqu’un aurait un texte, une vidéo, un livre à partager sur Bresson svp.
-
Kenyle – job dateur professional
Invité(sur ses films)
-
Younès
InvitéLe magnifique « Robert Bresson » de Philippe Arnaud, édité aux Cahiers. Livre génial, court et précis.
-
-
Ostros
InvitéDe Bresson : notes sur le cinématographe.
Et sur, ça m’intéresse aussi. Un bon document svp. -
Kenyle – job dateur professional
InvitéOk merci pour les réponses.
-
-
Eden Lazaridis
InvitéIl fatto che One Battle after Another non sia stato selezionato per il Festival di Cannes 2025 è una vergogna. UNE VERGOGNA.
-
Jules
Invitéd’abord, bonjour
-
-
Alexandre
InvitéBonjour, je débarque.
J’espère que je ne suis pas au mauvais endroit (sur le mauvais fil) auquel cas je m’en excuse d’avance mais c’est celui que je choisis pour exprimer ma tristesse que La Gêne occasionnée disparaisse. En quelques mois (j’ai mis du temps à découvrir les podcasts), je suis devenu accro à ce rendez-vous dédié à ce qu’il manque le plus quand on discute cinéma, littérature, ou ce que l’on voudra : l’approfondissement. Enfin une « émission », qu’on la trouve, ici, là, sur YouTube ou ailleurs, qui, tout en empruntant les chemins débraillés de l’expression libre, cool, au débotté, regarde une œuvre droit dans les yeux, en toute disponibilité, prête à en recueillir les bienfaits, autant qu’à en confondre les travers. Sur ce dernier point, j’ai toujours pensé qu’on avait plus raison d’aimer que le contraire. Ou, pour dire ça autrement, qu’une heure d’émission pour dézinguer un film expose plus les intervenants à la redondance que s’ils en recensaient, inlassablement, les richesses.
Ici, le problème ne se pose pas : déboulonner The Shining ou The Fabelmans, deux films que j’aime pourtant, reflète bien plus l’impératif de dresser un état des lieux d’une conception que l’affirmation désobligeante d’un goût. Ainsi, bien que, parfois, je trouve François B. rigide dans ses assertions, comme soumis à sa propre grille de lecture, que je ressens ici ou là comme cadenassante (il faut bien que pointe un embryon de reproche), je lui sais gré de placer tout cela au service d’une seule réalité qui vaille la peine d’être commentée : celle que l’on voit sur l’écran. Mais ce miracle se produit bien plus lorsque François…aime. Parce que là, je retrouve ce rapport charnel, qui me tient tellement à cœur, au cinéma, et à l’art en général. Et dans ce domaine, il incombe au commentateur de faire saillir ce qui, dans une œuvre, justifie qu’on parle d’art : la surprise, génératrice de plaisir et d’émotion. Et c’est précisément par ce biais que j’attends ma pitance avant d’entamer l’écoute d’une Gêne, alors qu’il s’agit pour François et son fidèle comparse de faire comprendre à l’auditeur qu’il n’existe pas de plus belle sensation pour un spectateur de film que de voir surgir au détour d’une scène, d’un plan ou d’une articulation du montage, un je-ne-sais-quoi d’inédit qui vient nous surprendre. Comme cette sensation de la glace sur les lunettes de Robert Pattinson si bien évoquée dans l’émission consacrée à Mickey 17.
Merci pour tout cela. Il y a 81 podcasts : j’en ai écouté la moitié, j’en ai réécouté certains et j’ai encore du boulot.-
..Graindorge
Invité» Enfin une « émission », qu’on la trouve, ici, là, sur YouTube ou ailleurs, qui, tout en empruntant les chemins débraillés de l’expression libre, cool, au débotté, regarde une œuvre droit dans les yeux, en toute disponibilité, prête à en recueillir les bienfaits, autant qu’à en confondre les travers. »
Nous sommes tous « endeuillés ». Tout ça pour une question d’argent. François a laissé planer l’ombre de l’ombre d’un espoir de retour mais il n’est pas non plus Shiva aux mille bras ( bien qu’en ce moment ça l’arrangerait plutôt bien) Alors en attendant écouter, réécoute les 81 G.O c’est agréable
Moi j’étais venue dans cette entrée Cinéma pour avoir des nouvelles de Michel Franco et de Dreams, son dernier film-
Carpentier
InvitéFranco, son travail, est prévu sur Cannes ou bien?
tu veux qu’ on cherche de ses nouvelles en ligne à ta place?-
..Graindorge
InvitéJ’ai rien trouvé dans gogol et comme ici il y a des cinéphiles…
« À ma place » ce n’est pas la bonne expression. Plutôt qu’on cherche AVEC moi.
Ceci dit, je ne suis pas fébrile. Mais il me semblait qu’on allait bientôt avoir des nouvelles.
Et puis ça m’arrive de parler du loup pour qu’il apparaisse 🙂-
Carpentier
Invitécinéphiles, cinéphiles, mouais c vite dit
il y en a pas tant en vrai
ça se dit et prend pour des cinéphiles: nuance
j’ai vu que ça sort bientôt en salles le Franco
et pour ceux/celles qui voudront se le charcuter sur les plateformes ce sera un peu plus longD’ici là, j’ai encore pas mal de navets à aller visionner:
ça ou peindre la girafe
je prends ça
On a des petits dictateurs en puissance quand même ici
ils font presque peur dis donc-
..Graindorge
InvitéSuper: s’il sort bientôt en salle chez vous, il ne tardera pas par ici Merci ma Carpentina
-
-
-
-
kenny
Invitéalexandre l’épisode sur mickey 17 est l’un des plus faible
ils s’agit surtout de sauver le réalisateur du génial parasite car le film s’est fait defoncer par la critique – logique de champ
j’ai réécouté récemment l’épisode sur le brizet c’est une tuerie-
François Bégaudeau
Maître des clésOn peut tout à fait trouver que l’épisode sur Mickey est faible (je n’en suis pas fou non plus). Mais tu as tort de penser que nous avons forcé notre enthousiasme au nom d’une rivalité de champ ou d’un combat de champ. Ce n’est pas mon Bong préféré, mais j’y retrouve intacte sa joie de faire des plans, sa joie de faire du cinéma. Le plus important : la défense de Bong, c’est la défense d’un des derniers à tenir le pari d’un grand art populaire, celui que tint longtemps le cinéma américain et qu’il ne tient plus – si ce n’est lorsque Soderbergh donne dans le divertissement populaire d’auteur, genre The insider ou Logan lucky
-
Alexandre
InvitéAh oui mais ça n’a aucune importance ici. J’aurais pu trouver des tas d’autres exemples de cet acabit, glanés au fil de mes écoutes. Ce que je voulais démontrer, ou plutôt illustrer, c’est que cette réflexion sur la glace agglomérée sur les lunettes de Pattinson (et l’impression de concrétude qui s’en dégage) serait presque la mascotte de ce que je préfère dans La Gêne occasionnée : ces moments où, en toute simplicité, les propos de F.Bégaudeau font saillir ce qui, dans une œuvre, provoque la surprise, le plaisir et l’émerveillement si affinités.
-
-
-
-
etalors
InvitéRupert Friend, rien que ça.
-
Malice
InvitéYoutube m’a permis de voir mon premier Marco Ferreri, alors je fais tourner :
« I love you », l’histoire d’un homme qui s’éprend d’un porte-clé parlant
Si les connaisseurs de Ferreri ont des recommandations, venez-en parler-
Anna H
InvitéJe suis loin d’avoir tout vu. Mon préféré : Dillinger est mort. Et sinon : La grande bouffe ; La dernière femme ; Rêve de singe.
-
Malice
InvitéJ’ai entendu dire beaucoup de bien de « Dillinger est mort », notamment dans le Microciné où Samir interviewe la sympathique Gabriella Trujillo; c’est le prochain sur ma liste; si des gens ont un lien vers ce film ( et d’autres Ferreri tant qu’on y est) je leur serai bien obligée!
Un lien vers l’émission de Samir ( je signale que Murielle Joudet a également mené un entretien avec Trujillo dans « Hors-série »):
-
Anna H
InvitéMerci, j’écouterai ce Microciné.
Pour Dillinger, je me serais bien passé de la dernière séquence du film. Tu me diras ce que tu en penses.-
Anna H
InvitéPassée, pardon. Je te conseille de fait de regarder ses films antérieurs aux années 80.
-
Malice
InvitéJ’adorerais voir celui qui met en scène un western dans Paris, je ne sais plus le titre ni s’il est antérieur aux années 80?
-
Seldoon
InvitéTouche pas à la femme blanche, 74.
-
Malice
InvitéMerci, quel super titre
-
Anna H
Invité@ Malice, Dillinger est en ligne :
-
Malice
InvitéMerci Anna
-
-
-
Malice
InvitéEn attendant de le trouver j’ai vu « La grande bouffe » , que j’avais évité jusqu’ici par crainte du film de couilles et j’ai été agréablement surprise. Je me pose des questions au sujet du regard de Ferreri sur les hommes : je ne perçois pas une haine de la masculinité mais un constat de faiblesse, auquel je ne m’attendais pas en entrant dans son oeuvre. Je m’interroge aussi sur ce que je ressens devant le personnage d’Andréa, qui a bien des égards est aussi effrayante qu’attachante. Est-ce que ce n’est pas elle qui va au bout de la grande bouffe?
Trujillo dit dans son interview que Ferreri a été accusé successivement de féminisme et de misogynie; j’ai l’impression qu’on est au-delà de l’un et de l’autre, même si, devant André, j’ai spontanément pensé : « sorcière »-
Malice
InvitéAndréa pardon
-
-
-
kenny
Invitéoui dans le trou des halles
je dois l’avoir quelque part
je pourrai chercher et partager si ça t’intéresse-
Malice
InvitéOui merci!
-
-
-
-
Malice
InvitéJe te dirai oui
au passage : Manoel De Oliveira, Bunuel, Ferreri, Rivette…J’ai retrouvé Piccoli à ( quasiment) chaque coup de foudre cinématographique de ces cinq dernières années.-
François Bégaudeau
Maître des clésConcernant Piccoli, je recommande sa prestation dans Party, un des Oliveira en ligne actuellement sur Arte
-
Malice
InvitéJe l’ai regardé, il m’a charmée, très espiègle, et la chute du film était très belle. Il faudrait que je le revoie car les dialogues fusaient tellement que j’étais prise dans la poésie sans comprendre tout ce que j’entendais, comme avec Claudel.
A propos de Manoel, est-ce que quelqu’un aurait un lien vers « le miroir magique »? Le dvd de ma médiathèque a planté 10 minutes avant la fin pour ma grande frustration.
-
-
-
-
-
-
-
Tony
InvitéBande annonce de Nouvelle Vague,il me semble que la voix off est celle de M Halberstadt,bon en attendant les premiers retours je la trouve assez inquiétante,’merci pour la ballade Jean Luc’,si tous les dialogues sont du même tonneau ça fait peur…
-
Ostros
InvitéC’est vrai qu’on dirait qu’il a pastiché une ambiance, sans vouloir faire de pastiche, c’est à dire sérieusement. On dirait qu’il a essentialisé ces individus qui étaient Godard, Truffaut, Melville, etc,. Qu’il les a remmenés à des personnages, donc réduit, (comme la TV le fait souvent pour Gainsbourg par exemple, qui devient ensuite facile à imiter). C’est comme s’il nous livrait des images, des poses, des façons de parler et de bouger, et c’est tout. Du glaçage. On dirait la façon de voir et de rendre de Nicolas Bedos.
-
Tony
InvitéOui mais on ne sait pas si la bande annonce n’est pas déjà un pastiche,il est possible que le film soit tout autre,en tout cas j’espère qu’il a réussi son coup,j’attends les premiers retours.
-
etalors
InvitéVous l’avez vu ?
-
Tony
InvitéNon on commente une bande annonce,on a le droit ou pas?
-
etalors
InvitéSi t’as voulu briller, t’as surtout éclairé ton vide.
Bonne soirée quand même !
-
-
-
Ostros
Invité@Tony,
Faudra patienter encore un peu. Sortie le 8 octobre 2025.-
Tony
InvitéOui je sais,j’irai sûrement le voir dans la semaine qui suit le festival dans les cinémas qui programment la sélection,à moins que les retours soient désastreux.
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéje sors du film Fanon de Flamand Barny
la salle était silencieuse et concentrée
un biopic pas dispensable, pour moi en tout cas
et quelques autres
on l’a vu ici?-
kenny
Invitétout juste bon pour les classes de 1ère cours sur la colonisation
les profs d’histoire-géo remercient Barny-
kenny
Invitéactrice qui réussit à sauver le désastreux la prisonière de bordeaux
désolé pour le chef de chantier, mais 2h de huppert-show c’était trop-
kenny
Invitéet la réal qui a accepté ça
elle qui avait fait le film le plus sombre
putain le rire nerveux du frère!!
-
-
Carpentier
Invité😛
du calme du calme
on respecte les incultes?
merci,
oui, le biopic est parfois, pour des gens comme moi, une façon de gérer sa flemme en pensant apprendre des trucs (comme j’ai déjà dit)
et quand tu seras au pouvoir, kenny, je sais que je ne serai pas amnestiée pour tout ce que je fais subir ici
pardon du dérangement-
Carpentier
Invitéje ne suis qu’une vieille bourgeoise parisienne qui fréquente les salles de cinéma
pardon, pardon-
Tony
InvitéJ’aurais plutôt dit:je suis abonnée à la carte UGC et je veux la rentabiiser au maximum même si je dois avaler tous les navets qui sortent,en plus je fais d’une pierre deux coup puisqu’après j’alimente chantier autonome,rien ne se perd!
-
Carpentier
Invitéet en plus un autre me met le nez dans mon caca:
ici, la majo sait comment être intelligent, se cultiver intelligemment, être intéressant
quelle chance de vous fréquenter tous et toutes vraiment
– zéro pardon, zéro apport intéressant vraiment?
Votre focus toujours sur les mêmes est extraordinaire
presqu’interessant de voir comment vous fixez sur vos tendances
Vous débrayez donc jamais: toujours des saloperies à jeter à la têtes des mêmes
fascinant presque-
Tony
InvitéUn peu d’humour Carpentier,je te chambre.
-
Carpentier
Invitéje trouve ton humour de chambre de très pietre qualité
relie-toi
au vu de ce qu’on m’a déjà mis dans la gueule ici au sujet du ciné tu aurais pu te douter
De l’humour, je pense en avoir souvent
il échappe ici
vraiment pas grave-
etalors
InvitéQuelle chance Carpentier !
-
-
-
-
-
-
kenny
Invitéle traitement bourgeois d’un objet subersif le neutralise
cf lucbert cf bégo cf moi-
Carpentier
Invitéoui je sais
bon, encore une occasion de perdue de fermer ma gueule ?
mais certain.e ici avait évoqué les damnés de la terre, et Fanon dans un des films de Peretti je crois, en poster ou un plan avec la tranche du bpuquin (?) bref,
je me note d’y mettre le nez
– Le ciné, un sujet de plus où Carpentier devrait la fermer c ça? et puis quoi encore?
Je ne le ferai pas
et continuerai à vous regarder envier ceux qui sont à Cannes tout en sauvant dessus-
Carpentier
Invitétout en *daubant*
putain, pour parler normal faut le forcer ce tel
chié -
kenny
Invitédans une vie violente ouais
il lit fanon sur son lit
après c’est toujours un peu douteux de filmer ça
ça fait signe-
François Bégaudeau
Maître des clésL’individu qui a inspiré le héros d’Une vie violente a lu Fanon, et c’était intéressant de le signaler dans le film – c’est-à-dire plus généralement de signaler que l’indépendantisme corse s’est d’abord vécu comme une lutte anti coloniale
-
-
-
-
-
-
-
kenny
Invitéadieu au langage
https://gofile_io/d/bCfjcV (rempacer « _ » par « . »)
qqun a vu le film de la meilleure actrice française de ces vingt dernières années?-
Ostros
InvitéEt les cinéphiles remercient Kenny ❤️
-
Ostros
Invitéqqun a vu le film de la meilleure actrice française de ces vingt dernières années ?
.
LA PETITE DERNIÈRE Hafsia HERZI sort le 1er octobre.
Mais il y a peut-être des sitistes au festival de Cannes qui pourront nous faire un retour-
kenny
Invitéje l’aime, je suis amoureuse, je prie pour que le film soit bon
-
François Bégaudeau
Maître des clésPour info, le scénario de la prisonnière du Bordeaux se concentrait essentiellement sur le personnage prolétaire. Ensuite, la production est entrée dans la danse, et l’actrice la plus connue a parasité-dénaturé le film.
-
kenny
Invitémerci pour cette info intéressante
vous devez avoir bien eu le seum-
François Bégaudeau
Maître des clésPas tant que ça. Je ne suis pas surpris. C’est la vie ordinaire du cinéma français du milieu. Sa recette implacable de la médiocrité
-
-
-
-
Pout
InvitéJe la trouve un peu moins créative sur sa mise en scène, mais son goût pour la complexité de ses personnages est toujours présent et je trouve son scénario très bien écrit. Ca se tient bien et le film est vraiment émouvant.
-
-
Claire N
InvitéJe suis un peu nulle j’ai pas réussi
Ostros si ça t’embête pas de m’envoyer le lien par mail ? Peut-être que ça fonctionnera mieux ?-
Ostros
InvitéDone 😉
-
Claire N
InvitéMerci !
-
-
-
Claire N
InvitéMerci Kenny et Ostros pour ce Godard
Je crois que je n’avez jamais vu un truc comme cela ; a part des fois dans ma tête ce « n’importe quoi » quand je parle pas
J’avoue avoir été très perplexe limite a me demander ce que j’étais en train de faire
– me reste les passages sur le chien tenaces: chien sans temps, sans parole, sans maître, et surtout sans rôle
– les découplages avec les arrêts brutaux de musiques qui accompagnent une scène et mettent l’image à nue et en revers ma rêverie musicale
– les acteurs dont les dialogues m’échappent
En première impression je dirais que ça renvoie à un devenir chien – peut etre ?-
I.G.Y
InvitéUn « devenir chien », voilà qui me donnerait presque envie de voir ce film qui pourtant m’a toujours déprimé par avance, des quelques micro extraits que j’en ai vus
-
Claire N
InvitéDisons que ça a ete ma technique de survie
Le film est effectivement âpre, parfois même je me suis sentie ridicule d’essayer de m’y intéresser
Mais les images me sont restée malgré tout dans la tête et ça c’était à creuser
J’-
I.G.Y
InvitéCe « J' », suspendu pour l’éternité, résonne comme ton propre adieu au langage. C’est beau
-
Carpentier
Invité28 minutes: l’éternité
: D
vrai qu’on est sur les réseaux ^^ -
Claire N
InvitéRire- la meilleure partie de mon post
Jamais je ne serais à la hauteur de ce qui m’échappe
-
-
-
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéLes contes de kokola , 3 films muets en noir et blanc sur pellicule qui semble être rayée trafiquée. Des histoires touchantes drôles modestes..j’en dis pas plus pour ceux celles qui veulent le voir.
Le Bègue, tu ne m’as pas répondu a propos l’effacement. Tu n’as qu’un bras je sais , ou bien pas du tout convaincu de mon analyse ? Je persiste que c’est un très bon film. Je te pardonne , on est dimanche.-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne vois pas ta question
-
Ostros
InvitéStéphanie a répondu au dessus de ta question c’est pour ça que ce n’était pas trop visible.
.
Tu avais demandé :
« pour traiter la guerre d’Algérie, la colonisation, le trauma transgénérationnel »
j’aimerais bien que tu nous expliques en quoi précisément
.
Réponse :
Le film parle des traumas transmis par filiation de la guerre d’Algérie et de la colonisation. Le patriarche ancien Moudjahidin dominant empêche son fils de s’émanciper (comme la colons ont empêché l’émancipation, l’indépendance du pays), le fils ainé quitte le pays pour la France et réactive ainsi la violence du père , il a trahis. L’effacement est une perte de l’identité du héros ( identité perdu après le viol: dépersonnalisation qui rappelle les tortures pendant la guerre) aussi un effacement des « événements » du passé. C’est ainsi que j’ai compris le film .
-
-
-
stephanie
Invitémerci Ostros, comme je ne réponds pas toujours juste après la publication, je clique sur « répondre » et le texte se retrouve ainsi au dessus du commentaire. Bon, l’important est de le voir un jour ou l’autre ! je suis nulle en informatik
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe te demandais d’être précise, et tu es resté bien floue, bien générale. Mais ce n’est pas de ta faute, c’est de la faute du film qui se contente de faire planer une sorte d’atmosphère truffée de signes regardant vers des séquences traumatisantes, on suppose la colonisation ou pourquoi pas la guerre civile, un peu tout ça en même temps. Le premier mot de ton explication est la clé : le trauma. Dans les traumas causés par l’histoire, une grande partie du cinéma mondial retient le trauma et occulte l’histoire. Un plan sur deux de ce film est consacré à nous montrer des visages qui ont l’air très plombés par quelque chose, mais on saura jamais vraiment par quoi. Cet éviction de l’histoire fait que le film décline des motifs invariants, des essences. Au bout du compte il ne nous raconte que l’emprise d’un père sur ses fils et les efforts du fils pour s’en libérer. Original. Je crois qu’on tient plus un fan de Jacques Audiard que de RAZ
-
stephanie
InvitéEn effet, le film suggère effleure plus qu’il ne montre c’est en cela que je l’ai trouvé fort. Un parti prit du réal.
« Cet éviction de l’histoire fait que le film décline des motifs invariants » pas d’accord, l’histoire est bien présente et rappelée à 2 fois par le discours du père et qq scènes , pas de batailles en effet.
As tu vu En attendant les hirondelles ? on retrouve aussi cette finesse .
Au bout du compte il ne nous raconte que l’emprise d’un père sur ses fils et les efforts du fils pour s’en libérer , pas que .. il nous raconte surtout toute une génération de jeunes Algériens, écrasée et impuissante à se sentir légitime aux yeux de ceux qui ont participé à l’Indépendance du pays.
Jacques Audiard je te trouve dur, RAZ pas encore.
-
-
-
Carpentier
InvitéVous avez 2 heures pour vous préparer à m’entendre parler d’un nouveau navet
la carte commence à tiédir, pas déconner non plus
à mon âge, c comme avec les abonnés senior au théâtre, on rentabilise
avant de gravement mourir
à tout à l’heure, -
Carpentier
InvitéQqn.e qui, comme moi, aurait vu
Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé alors, peut-être?-
Victor
InvitéOui
Assez séduit. Le film met en série des situations un peu comme dans une pièce de Brecht. Je suis étonné qu’aucune production critique n’ait tissé un lien entre Grand-Peur et misère du IIIe Reich et Ce Nouvel an qui n’est jamais arrivé.
Mais, peut-être que la multiplication des récits (6 récits) et l’alternance dans le montage écrasent et neutralisent. Les individus perdent en force sociale ce qu’ils gagnent en puissance allégorique.
En somme, fort appréciable par son didactisme et de ce que ça nous dit de la Roumanie de 1989.-
Carpentier
InvitéOh mais que tout cela est donc bien dit;
de mon côté, j’étais enceinte de mon Fils quand cette épisode a fait l’actualité.
Ma carte UGC illimitée m’a permis de voir 2 films qui m’ont vraiment bouleversée aujourd’hui
et j’ai adoré ça-
Carpentier
Invité(re-) voir, y voir comment les liens familiaux, l’éducation, les récits affectifs que chacun.e se raconte, peuvent être une bien petite chose quand, impliqué.e/subissant une puissance structurelle, politique et militaire, ici, ça fout facilement tout en l’air
entre autres,
-
-
-
-
Malice
InvitéBon matin @Anna H je reviens sur « Dillinger est mort »:
tu me dirais ce qui t’a déplu dans la séquence finale?
Je l’ai vue comme la sortie de scène de l’entrepreneur morbide qui se réinvente comme dirait Manu en simple cuistot/larbin de la propriétaire aux allures de reine du bateau; pour moi il s’est en quelque sorte liquidé lui-même en liquidant qui tu sais, après avoir probablement contribué à dévitaliser sa compagne, il se met en situation de soumission vis à vis d’une autre, tout en se déclassant, mais aussi en plongeant dans un rêve éveillé, l’aventure au soleil après la noirceur et l’enfermement.
Je serais intéressée par ton point de vue cela dit car je n’ai pas encore décanté le film ( vu hier)-
Seldoon
InvitéTu l’as vu avec le lien YouTube en italien ?
-
Malice
InvitéJe l’ai vu en italien oui
-
Anna H
InvitéJe l’ai vu il y a un certain temps déjà. Dans mon souvenir, j’avais trouvé que le huis clos qui s’étire durant toute une nuit, dans une ambiance très réaliste et moderne, quasiment sans dialogue, avec cette musique entêtante et géniale de Teo Usuelli, se suffisait en lui-même. La bascule dans cette séquence finale sur le voilier prêt à partir pour Tahiti, où Piccoli semble pouvoir échapper aux conséquences de ce meurtre et qui ouvre toutes sortes d’interprétations m’a moins intéressée. Je me serais idéalement arrêtée au plongeon dans la mer. Je pense que cette dernière séquence est onirique, mais le caractère réel de l’acte commis par Piccoli dans l’appartement à l’aube n’est pas complètement clair.
Le personnage de Piccoli choisit comme tu le dis une nouvelle aliénation, en offrant ses services de cuisinier et en se soumettant de lui-même à cette très jeune femme. Mais comment interpréter la fin en rouge compte tenu de l’importance des couleurs ? Le rouge semble être la couleur clé du film, la couleur dont il repeint son pistolet avant son geste radical et fou. Cela indiquerait-il que le meurtre a été vain, que pour lui rien n’a été réglé ?-
Malice
InvitéJ’ai vu le paysage marin rouge comme un rappel de la couleur du pistolet et j’ai interprété ça comme l’aboutissement du fantasme né avec la découverte et la customisation du revolver; ce serait pour moi l’histoire d’un mec qui grâce à un objet entre dans le rêve. Je n’ai vu que trois Ferreri mais est-ce qu’on peut dire que c’est un auteur de cinéma fantastique, la magie faisant irruption dans le réel via les choses les plus matérielles?
Apparté sur Dillinger : j’ai beaucoup aimé la séquence où Piccoli regarde ses films de vacances en nettoyant son arme, en particulier le moment où il singe le torero de la corrida avec son petit chiffon jaune, dans un geste de moquerie mais sûrement d’auto-dérision.-
Malice
Invitémais aussi sûrement d’auto-dérision ( il manquait un mot)
-
Tony
InvitéC’est quand-même un drôle de cinéma que celui de Ferreri,on a souvent l’impression d’un théâtre de marionnettes, plutôt conceptuel et bavard,je n’ai pas vu grand chose,la grande bouffe et rêve de singe mais même la grande bouffe n’est pas à la hauteur de sa réputation, c’est très vieillot et ce casting de vieux bourgeois c’est tellement vieille France moisie, c’est presque irregardable aujourd’hui.
-
Tony
InvitéJ’avais vu aussi il y a quelques années le film avec Ornella Mutti et Niels Arestrup, même constat.
-
Tony
InvitéJ’ai oublié aussi celui avec Benigni qui est pas mal mais bon c’est presque un cinéma de professeur avec beaucoup de surplomb et assez désincarné.
-
-
Anna H
Invité« vieille France moisie » : c’est tout moi.
-
Malice
InvitéJe n’aurais pas classé Ferreri dans la catégorie « bavard », surtout après avoir vu le quasi-muet Dillinger ( d’ailleurs est-ce un défaut? On pourrait dire la même chose de Rohmer et Hamaguchi)
Et vois ce qu’il fait d’un porte-clé à tête de poupée barbie dans « I love you ». Si marionnette il y a dans ce cas précis, c’est tout à l’honneur de l’art marionnettique : ceux qui le pratiquent savent bien que le marionnettiste est celui qui peut donner vie à n’importe quel objet. Je crois que c’est le cas de Marco.
Tu n’as pas l’air chaud mais je te conseille de revoir » La grande bouffe » pour constater que rien n’a moisi ( et c’est une allergique à Lautner qui parle)-
Malice
InvitéA propos du casting de La grande bouffe, ç’aurait été un contresens d’utiliser des prolos puisque le film examine justement le comportement de bourgeois
-
Tony
InvitéQuand je dis qu’il est bavard c’est pas lié aux dialogues, c’est qu’il a plein de choses à dire sur la civilisation,la modernité,sur l’aliénation,sur le couple,etc…
-
Tony
InvitéSur la grande bouffe j’ai revu la première heure hier soir et c’était encore pire que dans mon souvenir,y a un plan qui t’a paru intéressant dans ce film?
-
Alexandre
InvitéJ’ai un bon souvenir d’un Ferreri tardif : La Maison du sourire, avec une exceptionnelle Ingrid Thulin, et un regard gonflé sur la sexualité des vieux.
-
Malice
Invité@Tony
déjà, toutes les scènes de préparation de plats; la livraison de viande ( Piccoli tête de veau en main); l’apparition du chien dans la voiture de Marcello; beaucoup de plans sur André Ferréol, qui est vraiment magnifiée dans beaucoup de séquences ( qu’elle ait un sourire de madone, de bacchante ou les larmes de Marie-Madeleine plein les yeux).
La fin d’Ugo, dans un foursome incluant son chef d’oeuvre de pâté; le désespoir de Michel face à un cadavre d’ami.
Le film me paraît réunir la joie, la violence, la tragédie, la fête, un regard à la fois critique et doux sur les personnages. -
Tony
InvitéMoi à la limite je sauverais un plan,celui où Andrea se rend dans le garage et surprend Mastroianni en train de baiser la pute dans la vieille Bugati,on la voit sourire des gémissements qu’elle entend,on la voit la regarder d’un air complice,genre toi tu joues bien la comédie,pendant que lui la prend comme un bourrin et dont l’excitation semble venir autant de la voiture qu’il fétichise que de la fille.
Sur ce que tu relèves comme plan en fait c’est globalement du scénario, même la préparation des plats est éludée,on voit Tognazzi touiller une casserole et mettre un plat au four, c’est pas fou.
Sur Andrea je ne dirais pas qu’elle est magnifiée,elle est érotisée à la Rubens, c’est pas si original que ça. -
Malice
InvitéJ’aime voir Ugo Tognazzi heureux de cuisiner, il paraît qu’il était vraiment cuistot d’ailleurs. Je ne vois pas ça comme du scénario mais du pur plaisir de montrer des gestes de cuisinier et l’insouciance du personnage tant qu’il est occupé par ses fourneaux. Tant qu’il cuisine, qu’il créé, il semble protégé de la mélancolie, contrairement au personnage de Marcello.
C’est ça que je veux dire quand je dis que j’ai aimé l’élaboration des plats : la joie de la création, même si celle-ci doit causer la perte du créateur; quand Ugo s’énerve parce-que ses amis renoncent à son dernier plat, dont il viendra à bout tout seul, je vois un artiste à la fois bouffé et sauvé par sa passion et sa radicalité. -
Malice
InvitéA propos d’Andrea de Rubens, faudrait voir combien de femmes grosses ont été érotisées de la même manière dans le cinéma, combien de cinéastes ont fait d’une femme bien en chair une déesse sexy
-
..Graindorge
InvitéBagdad Café de Percy Adlon
-
Carpentier
Invitéoh oui: merci
(sans, pour cette fois, aller jusqu’au joli thread de Peggy – pardon l’amie – )
– avant de partir bosser, ça et un café (essaierai de pas chanter grand en le buvant): le pied.
bonne journée ici, -
Tony
InvitéPlus lointain,Mae West
-
Carpentier
InvitéCharlotte de aussi,
putain, chu en r’tard
c malin
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
etalors
InvitéVu qu’on peut se fier aux BA qu’habituellement je ne regarde pas, là je fais comme vous je regarde. J’ai vu celle où Philippe Catherine me laisse perplexe. Enfin, je ne suis pas très étonnée, je n’aime pas le cinéma de Letourneur. Je lui trouve du talent dans les arts appliqués, mais franchement son cinéma me fatigue. J’ai l »impression qu’à chaque moment un mangeur de graine va surgir et ça m’agace.
Une question, qui connaît le cinéma « Les Toiles Saint Gratien » ?-
François Bégaudeau
Maître des clésJe connais le cinéma les toiles, mais j’aimerais bien que tu m’expliques ce que signifie « j’ai l’impression qu’à tout moment un mangeur de graines va surgir », ce qui me paraît une façon bien brutale de congédier la meilleure cinéaste en activité, à moins de le justifier films à l’appui.
-
Etalors
InvitéCe n’est pas parce que tu le décrètes qu’elle est la meilleure que cela est juste
Je savais que tu connais ce cinéma. Alors, peux-tu me rendre service et me retrouver leur page Facebook, ? J’aimerais retrouver un petit échange de conseil sur un film dont je ne me souviens ni du titre ni du nom du réal.
Je ne congédie personne. Je ne suis pas sensible à son cinéma, excepté Enorme. Si j’ai du temps à perdre, je viendrai dire les raisons de ma fatigue devant ce cinéma.-
Etalors
Invité*Ce n’est pas parce que tu décrètes qu’elle est la meilleure cinéaste en activité que cela est juste.
En plus, je trouve que cette affirmation ne veut pas dire grand chose au-delà de sa très grande subjectivité.-
Samia S.
Invité« En plus, je trouve que cette affirmation ne veut pas dire grand chose au-delà de sa très grande subjectivité »
->-> dixit celle qui ne fait que délivrer des avis subjectifs sans jamais s’appuyer sur le film qu’elle commente, que des sentences. Bref, chut.-
tranxene
InvitéEt si t’allais te faire un peu soigner ta rage. C’est dur une vie de moche.
-
Etalors
InvitéRavi de ton retour parmi nous Samia, en ce qui me concerne.
Ouvrir des dizaines conversations destinées à insulter FB, mentir lors du procès, et puis revenir sous un énième nouveau pseudo pour taper la discut sur des films exercice pour lequel tu n’as aucun talent il faut être sacrément conne pour faire ça. Le refaire. Le refaire encore. Depuis plus de 8 ans. Sacrément sans vie intime et sans respect pour soi-même. Même pas le courage d’écrire que c’est toi qui parlent mal aux gens d’ici depuis ton centième retour et de dire que c’est toi qui pourri sans argument Letourneur.
Tu veux tellement parler avec FB dans ton délire d’obsession désir-haine que ça te rend pathétique toutes tes manoeuvres. Et lassante.-
tranxene
Invitétranxene
Et si t’allais te faire un peu soigner ta rage. C’est dur une vie de moche.
-
-
-
-
-
-
-
-
kenny
Invité4 ferreri avec sous-titres
pour conte de la folie il semble qu’il faille passer manuellement en 4:3 via le lecteur
https://icedrive.net/s/gPSb1w6th2SDt7j85WWZVCzxgi4i-
Malice
Invitémerci!
-
Malice
Invitémince j’ai essayé le lien mais il ne fonctionne pas ( en tous cas chez moi)
-
kenny
Invitéle lien est pourtant valide
j’en recrée un
https://icedrive.net/s/A8VNzPbbgTbj3QSNwSNCt7DRVyCW-
Malice
InvitéCelui-ci fonctionne
pour te remercier, mauvais genres sur Ferreri:
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mauvais-genres/amours-monstres-ou-les-enfers-de-l-eros-selon-marco-ferreri-4061063
-
-
-
-
Graindorge
Invitéen attendant Dreams, une entrevue
-
Seldoon
InvitéJe suis allé voir le dernier Mission Impossible, et en 4Dx s’il vous plait. Quel drôle de truc que ce film. Les productions Tom Cruise actuelles vendent un concept simple : du cinéma populaire américain à l’ancienne, avec l’idée que contrairement à ce qui se fait ailleurs, le spectaculaire passe par le « vrai ». Donc pas de CGI, c’est Tom qui fait ses cascades. Le tout ancré dans des propriétés intellectuelles datant d’un certain âge d’or du blockbuster – âge d’or lui-même discutable. À l’ancienne au carré. Évidemment, il s’agit comme tout bon marketing d’un boniment, un peu vrai un peu faux. C’est Tom Cruise qui fait ses cascades, mais le flou sur les conditions exactes de tournage devient un flou Tom Cruise/son personnage : Tom saute bien dans le vide, mais pas comme tu le vois dans le film. « Pas de CGI » veut en fait dire « il y a des trucs pas en CGI », puisque tous ces films sont retouchés à l’extrême, jusqu’à ce que les vraies cascades deviennent méconnaissables, avec parfois 90% de l’image générée artificiellement. Et enfin, le corps de Tom reste l’arnaque centrale : oui c’est Tom, non ce n’est plus un corps humain. Il est tellement modifié par la chirurgie esthétique pour nous faire croire qu’il a 30 ans depuis 30 ans qu’il ne ressemble plus à grand chose. Le précédent Mission Impossible, particulièrement chargé en scènes d’émotion, avait du faire avec : le montage est grandement dirigé par la contrainte « ne pas rester sur le visage de Cruise dès qu’il exprime une émotion ». On commençait à peine à voir le visage se déformer monstrueusement, ça coupait à un plan de 3/4 dos. On a donc un héros dans l’ombre et de dos depuis 2 films. Bref, ce ne sont des blockbusters à l’ancienne que dans la mesure où la concurrence ne l’est plus du tout.
Le grand mystère, devant le dernier en date, c’est de comprendre comment ce programme là peut devenir à ce point une bande annonce géante. Sur les 2h40 de film, une bonne heure et demi est dédiée à des scènes d’exposition (pas claires, pénibles, répétitives) entrecoupées de montages de type compilation youtube « les meilleurs plans de tous les mission impossible » à base d’images d’archive des précédents volets et de celles du film en cours. Et le gros effort scénaristique consiste à lier tous les Mission Impossible ensemble pour fabriquer une sorte d’apothéose dramaturgique ici, qui se revelera sans la moindre intensité et aura coûté 2 films. Restent quelques blagues réussies et deux bonnes scènes d’action (sous-marin et avions), qui m’ont été à moitié gachées par la 4Dx.-
Alexandre
InvitéEt tu as tenu la 4DX pendant 2h49???!!
-
Seldoon
InvitéPremière et dernière expérience de la 4Dx. On m’a invité, c’était le film parfait pour tester car je sentais que je n’avais rien à perdre. En toute honneteté, j’ai bien ri, on a eu des fous rires de gamins secoués, mais aussi des fous rires devant l’absurdité totale du truc. Impossible de regarder un film, même du blockbuster popcorn dans ces conditions.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le 4Dx consiste à :
– Gigotage (vraiment, c’est violent) de sièges pendant les scènes d’action comme à Disneyland
– Des jets d’air pressurisé dans les oreilles à chaque coup de feu, du coup on entend « pschhhhht » plus fort que la détonnation à l’écran
– Une soufflerie qui envoie du vent quand dans le film il y a du vent (explosion, sortie d’hélico, cascade sur un avion, arrivée en Laponie… mais en même temps il n’y a pas de cohérence, parfois tu vois du vent et tu n’en ressens pas)
– Des jets d’eau dans la tronche
– Des coups dans le dos de temps en temps
Pendant ce temps on me dit qu’un film était diffusé sur grand écran devant mais je n’en ai pas le souvenir.-
Alexandre
InvitéC’est exactement cela.
Même expérience (et même bilan, y compris sur l’absurdité) avec Twisters. Même fou rire aussi, avec une inquiétude : rendre le repas que je venais, peu méfiant, d’ingurgiter juste avant.-
Carpentier
Invitéaprès, en allant voir à la classique le film d’Andrea Arnold, Bird – devenu cultissime ici – on a quasi la même
pas trop de coups de feu en revanche mais des sacrés plans séquence en trotinette élec : D
-
-
Juliette B
InvitéJe ris. Merci Seldoon pour le récit de cette expérience
-
Sarah G
InvitéMerci Seldoon pour ce récit.
Oui le souci, c’est au final d’en oublier le film, l’histoire, les scènes etc.
J’avais eu un petit aperçu d’expérience avec Futuroscope, il y a bien longtemps lors d’une sortie scolaire, j’étais scolarisé en Mayenne à l’époque, on avait fait une journée au Futuroscope, bien différent quand même, c’était juste des images, courses poursuites, montagne russe, dans un voilier.
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai pas pu finir le précédent. Fallout était déjà plombé par des scènes d’exposition lourdingues. Dans un profil récent, le réalisateur raconte comment ils modifient l’histoire continuellement au fil du tournage, les acteurs ne comprennent même plus ce qu’ils jouent : ils pourraient se faciliter la tâche en simplifiant, mais non… ils en remettent des couches… parce qu’on a affaire à un scénariste mégalomane. Et oui : ces films sont devenus hideux visuellement. Quant à l’action, les vidéos de making of sont plus impressionnantes que les scènes.
-
Seldoon
InvitéC’est pire que le précédent. Plus d’exposition, plus longue, plus répétitive, et avec les clips des films précédents.
Oui j’ai vu passer cette histoire de scénario qui se modifie pendant toute la fabrication. Dans l’idée, et vu ce que sont supposés être ces films ça ne me dérangeait pas : ils les construisent à partir des grosses scènes d’action, après on raccroche les wagons avec des scenes de dialogue à 3-4 personnages dans une petite pièce sombre pendant des reshoots. Ca pourrait fonctionner, mais alors faut pas faire 1h30 de ces scènes là, un interlude de 3 minutes toutes les demi heures me conviendrait parfaitement. Je m’étais dit la même chose devant le dernier John Wick, qui commence par une heure de dialogues raides dont personne, fans les plus hardcores compris, n’a rien à faire (pour encore un film de 3h). Même en termes de fan service ou de construction de mythologie ça ne tient pas une seconde.-
Charles
InvitéAu final, c’est quoi le bilan de cette franchise? Un premier volet génial et inégalé, un second très embarrassant et les suivants plutôt efficaces sans être inoubliables? J’aime bien le troisième car il a un vrai bon méchant, charismatique et pas ridicule, et celui de Brad Bird qui est le plus équilibré et divertissant. C’est vraiment avec McQuarrie (le plus yes man de tous les réalisateurs de la franchise) que ça devient lourdingue et interminable.
-
Seldoon
InvitéLe bilan pour moi c’est la puissance du marketing. À force de millions ils réussissent à transformer en saga culte une série de films qui n’a jamais eu de fans.
-
K. comme mon Code
InvitéCe raccrochage de wagons scénaristiques entre les films est d’autant plus absurde que je n’ai jamais eu l’impression qu’un épisode de Mission Impossible se souciait du précédent. Il n’y a aucun fil narratif.
-
Seldoon
InvitéÀ part le fait que celui ci est la suite directe du précédent, ça fait le même effet que si soudain on te mettait des flashbacks et des liens dramaturgiques entre tous les James bond.
-
Tony
InvitéAu fond ce qui est plaisant dans cette franchise,qui a notamment ringardisé James Bond, c’est qu’il s’agit d’un travail d’équipe, même si Cruise est central il n’arriverait à rien sans ses coéquipiers,et c’est non seulement une équipe mais aussi,et c’est régulièrement souligné,de véritables amis,seuls garants de leur existence puisque officiellement ils n’en ont pas,le scénario finalement n’a que peu d’importance puisque chaque film ne nous fait que la démonstration de cette amitié,au fond il s’agit souvent de nous montrer que ce qui se joue dans les coulisses de l’histoire officielle n’est qu’un jeu de dupes,que ceux qui se font passer pour des terroristes ne sont que des individus qui ont renoncé à ce qui fait le prix d’une vie,pas par idéologie mais par cupidité.
Et ce motif du masque, signature de la franchise,ne cesse de nous amuser, c’est aussi la grande idée de cette série qui,dans sa version tv, était un des programmes préférés de Serge Daney.J’ai pas encore vu le dernier opus mais j’ai entendu Marco Uzals dire que c’était un de ses films préférés du festival avec L’aventura.-
Seldoon
InvitéPrépare-toi à une déception, le film est vraiment raté et se canibalise tout seul à vouloir capitaliser à mort sur sa propre IP.
-
Alexandre
InvitéOn reproche à bon nombre de films d’action contemporains de confondre vitesse avec précipitation. Ce dernier MI que je viens de voir ne les confond pas : il les conjugue de manière concomitante. Ce qui confère à Final Reckoning un je-ne-sais-quoi (enfin si, je sais) de séduisant et ce, dès les premières minutes, jusqu’à se confirmer de séquences en séquences, et ce, malgré tout ce qui subsiste de désagréablement programmatique : la solennité, les nappes de musique emphatiques et assourdissantes, le jargon crypto technologique, le mépris exagéré du vraisemblable (cette éclipse grossière qui « repêche » littéralement Ethan Hunt des abysses glaciaux de la Mer de Bering)..
L’Entité, mac guffin maléfique dans le premier volet, prend du galon et acquiert le statut de Mal désigné comme absolu. J’épargne de suite la prévisible interprétation de la chose comme un très limpide positionnement anti-IA des concepteurs pour souligner à quel point tout est fait pour magnifier par contraste le corps d’Ethan Cruise, le dernier des héros. Dans sa propre auto combustion et, bonne surprise, sa lisibilité (le film a aussi, et tout de même, un bon rythme), par son côté naïf mais sympa de faire une éloge de l’esprit d’équipe et de l’amitié, de la chaleur humaine, donc, Dead Reckoning parvient, in extremis, de conférer à ce contraste orchestré une certaine allure qui renoue avec le côté serial de la franchise (et le côté feuilleton de la série originelle).-
Tony
InvitéJe l’ai vu,c’est vraiment le pire film de la franchise,pas un gramme d’humour et des kilos de philosophie new age sur le destin et la mort, Cruise est l’élu qui veille sur nous,pauvres mortels, heureusement que j’ai pu faire une micro sieste au bout d’une heure de palabres, j’ai eu beau résister, les paupières sont devenues trop lourdes et, surprise,quand je me suis réveillé je me suis rendu compte que la discussion était toujours en cours, j’ai pas regardé ma montre mais il s’était peut être bien passé une dizaine de minutes et enfin La scène d’action dans le sous marin va commencer mais quel calvaire pour en arriver là !Ce dont je ne me doutais pas c’est qu’une fois cette scène passée on repart dans des discussions sans fin qui se terminent toutes par ‘c’est quoi le plan?’,infernal!
-
Seldoon
InvitéC’est pas faute d’avoir prévenu.
-
Seldoon
InvitéCeci dit j’ai beaucoup aimé la mort du méchant. U. Peu d’humour sale gosse à la south Park ça fait du bien après 3h a argumenter péniblement « il faut qu’on s’allie parce que jamais l’IA ne croira qu’on va s’allier » (IA qui sera en fait totalement absente du film).
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Claire N
Invité« On commençait à peine à voir le visage se déformer monstrueusement »
Rires -vanilla Sky 2 je me doutais que c’était pas une idée lumineuse
-
-
Alexandre
Invité« Quant à l’action, les vidéos de making of sont plus impressionnantes que les scènes. »
Sauvons la séquence de culbute du wagon dans le précédent volet, élégante dans son ampleur, avec des objets qui tombent et que deux personnages doivent éviter (un piano). Le seul moment du film où l’on croit un tant soit peu à la configuration spectaculaire proposée (je compatissais même aux efforts du perso féminin pour remonter tout le wagon à la verticale).
La plus belle scène de « film catastrophe » depuis Titanic.
Mais sinon, peu d’adhésion au reste.-
Seldoon
InvitéL’impasse étant que ce genre de scène est aujourd’hui plus efficace en jeu vidéo qu’au cinéma. Il y a de grandes réussites sur exactement cette scène là dans les Uncharted.
-
Seldoon
Invité(D’ailleurs, plusieurs scènes du film faisaient penser à Uncharted, McQuarrie a du s’en expliquer publiquement)
-
-
-
kenny
Invitédiamant brut sur mycanal belle arnaque! la critique a gobé
vouloir faire du kechiche sans rien y comprendre
exemple type de film pseudo réaliste, tout est fake-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne serais pas si sévère, mais oui ce film m’a paru très empêché par son moralisme
-
etalors
InvitéElle a été sévère, pensant que tu allais la congratuler.
-
kenny
Invitési tu as aimé le film essaie plutôt de le défendre etalors
je suis sévère au regard des prétentions affichées – et un peu des extraits de critiques lus sur allociné
c’est fake parce que le film affecte d’être à hauteur de ses personnages alors qu’il ne cesse de juger
du début à la fin il fait entendre du discours – fargeat c’est pas ma came mais au moins, elle, ne fait pas semblant –
aussi parce que les éléments du cinéma réaliste qu’il compile sont purement cosmétiques
du kechiche dans la volonté de capter une énergie mais pas dans son rapport au réel
des scènes longues mais toutes très cadrées, des acteurs mimant l’impro avec des dialogues très écrits
à aucun moment je me suis dit « voilà qui n’était peut-être pas prévu, ou pas comme ça »
c’est ce qu’on attend de ce cinéma je crois-
etalors
Invitéetalors c’est juste une meuf qui s’appelle Samia qui harcèle FB depuis plus de 8 ans parce qu’il lui a foutu un gros râteau et qu’elle s’en est pas remise et qui s’amuse à pourrir les gens qui parlent ici. Elle fait genre elle s’y connaît mais son propos n’est que tranchant et vide abyssal. Elle a voulu être écrivaine elle a échoué et dans la critique de cinéma aussi. Elle se venge ici.
-
diegomaradona
Invitétout cela est bien triste
-
diegomaradona
Invitéobservons factuellement que celui qui s’est retrouvé au tribunal pour des propos sexistes, que celui qui à pu éviter des problèmes avec la justice suite à sa fraude fiscale grâce à l’héritage de son paternel, que celui qui s’est placé dans l’illégalité en permettant que des données numériques personnelles se retrouvent affichées sur son forum sans aucun consentement, bref que le délinquant et misogyne est factuellement françois bégaudeau. Entendre parler d’un « glissement droitard » de la part de la part d’un tel individu ne peut que prêter à rire…
-
-
-
-
-
-
-
Carpentier
InvitéLe film As Bestas sur France 5
-
luc
InvitéQuand sort le prochain K. Reichardt?
hâte.
La gêne va manquer-
stephanie
Invitéje ne sais pas, moi aussi j’ai hâte.
Ce matin,nageant en mer, je repensais à tous ses films, j’aime bien cette douce attente..-
Antonin
InvitéEn nageant de mon côté j’ai pensé « imagine on nous annonce un Sinners 2 ? »
-
Antonin
InvitéPlutôt en ambiance tendu crawl
-
stephanie
InvitéKelly Reichardt, tendance dos crawlé, regard porté vers le ciel
-
-
-
-
-
Malice
Invité« Club zero » de Jessica Hausner est disponible sur Arte replay
https://www.arte.tv/fr/videos/105512-000-A/club-zero/-
François Bégaudeau
Maître des clésje voulais le voir justement
-
..Graindorge
InvitéMerci Malice
J’aime bien l’actrice Mia Wasikowska
« Club zero » À voir donc et pas que pour Mia
Et tellement dommage que l’HQNPDP ne soit plus là pour une bonne G.O-
Malice
InvitéJ’étais échaudée par Mia et ce que Tim Burton lui a fait faire d’Alice au pays des merveilles mais Jessica a réussi à me la faire apprécier dans celui-là. Dites-moi ce que vous en avez pensé, je vais le revoir aussi.
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai d’abord apprécié cet univers Lánthimossien, puis je me suis un peu ennuyé une fois qu’il a été installé. Comme si la cinéaste ne savait plus quoi faire de ce qu’elle avait disposé. Et puis la deuxième heure m’a complètement convaincu. Je trouve le film prodigieusement ouvert, il accepte des lectures très différente, voire contradictoires entre elle. Je ne crois pas qu’il soit dans la pure dénonciation de la folie sectaire de ce petit groupe. Il y a autre chose de plus troublant.
Reste une interrogation sur les cadres. A priori ils ont tout pour me plaire et cependant je sens une certaine complaisance dans la sécheresse., dans la géométrie. Et je ne sais pas trop quoi faire des recadrages systématiques-
Malice
InvitéSes cadres, pour moi c’est du plaisir de cinéaste ( je la classe dans mon fichier peintres avec Oliveira et Breillat) si je me fie au plaisir que me donnent ses plans. Si je dois comparer ce plaisir avec celui de la musique, ça me fait penser à Bach, cette mesure qui déploie le plaisir.
D’accord avec toi, ce film n’est pas un film de dénonciation sectaire. La prof avait tout pour me déplaire en début de film avec sa propagande et ses tisanes remèdes( quel est leur vertu d’ailleurs? Est-ce l’élément magique du film ?); pas que j’adhère à sa méthode radicale de prolongement de la vie et de passage à un niveau supérieur d’existence mais il y a quelque chose de christique dans son parcours ( avec ce que ça comporte d’agaçant voire révoltant) et au fond, un respect ( même si ça peut paraître paradoxal) de la puissance des jeunes.
J’avais peur de ne pas apprécier autant le film à la deuxième vision et c’est le contraire qui s’est produit, à mes yeux c’est un des meilleurs films d’Hausner et un des plus intelligents. Je suis toujours convaincue par la scène ( que certains ont qualifié de provocation méchante) de vomi, que je craignais de ne pas trouver aussi forte qu’à ma découverte du film.-
Anna H
InvitéTrès bon souvenir de ce film dont on avait déjà parlé sur le site. Amour fou reste selon moi le meilleur Hausner. Je recommande aussi son premier long, Lovely Rita (2000), très clairement influencé par Haneke dont elle fut la scripte sur le Funny Games autrichien. A ne pas confondre avec Lovely Rita, sainte patronne des cas désespérés réalisé par Stéphane Clavier sur un scénario de son frère Christian.
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe vais regarder tout ça, au fond je connais peu cette cinéaste.
Oui l’influence Haneke je l’ai bien senti – et lanthimos donc pour le coté huis clos ludico-gore en pince sans rire- mais je me suis justement dit qu’il y avait là une façon de copier le maitre en omettant la substance du maitre – qui d’ailleurs est rarement ostensiblement géométrique dans ses cadres-
François Bégaudeau
Maître des clésje me rends compte que j’ai vu – et beaucoup aimé – Amour fou
-
..Graindorge
InvitéFrançois: tu arrêtes d’usurper mon
pseudo ou d’envoyer tes chiens de garde l’usurper.
Dans les coulisses du forum, tu ne peux pas tout te permettre. Je n’ai qu’un pseudo pas mille comme certains. Tu n’y touches pas. -
Malice
InvitéJe crois que j’ai regardé « Amour fou » après en t’avoir entendu le louer, peut-être sur Transfuge
-
-
Anna H
InvitéLovely Rita est différent dans mon souvenir, il n’y a pas ce travail très plastique sur les couleurs, la composition des plans et le cadrage que l’on trouve dans ses films suivants.
Je vois qu’il est louable sur Universciné. Et je réalise que je n’ai pas vu Lourdes avec Sylvie Testud.-
Malice
InvitéJ’ai un bon souvenir de « Lourdes »
je me demande si Hausner s’est inspiré d’un roman que j’aime beaucoup, » La pitié dangereuse », où une jeune femme handicapée désire un militaire, comme ici:
-
Anna H
InvitéVu Lourdes hier. Mais pas convaincue alors qu’il y avait le matériau pour faire un grand film avec un tel sujet. Ça partait pourtant bien avec la valse des fauteuils roulants. Mais le scénario s’essouffle progressivement et Hausner se désintéresse vite de tous ses personnages et
de leurs intrigues. Un film malade. -
Malice
InvitéQu »est-ce qui te donne l’impression qu’elle se désintéresse de ses personnages?
-
Malice
InvitéLe personnage de Sylvie Testud est beau non? Et sa compagne de chambre, peut-être encore plus beau
-
Anna H
InvitéLe film tient sur le personnage de Christine joué par Sylvie Testut, qui se débrouille vraiment bien pour le coup. Ses attitudes, son corps d’enfant vieillie avant l’âge sont troublants. Mais je trouve que les autres personnages sont souvent très caricaturaux, en particulier les bénévoles de l’ordre de Malte et les prêtres (le doublage en post-synchronisation n’arrangeant pas les choses).
Par ailleurs, à force de vouloir laisser complètement ouvertes leurs motivations réelles, ils deviennent assez inconsistants. J’ai l’impression que se manifeste presque chez elle une forme de pusillanimité lorsqu’elle souligne systématiquement leur ambiguïté dans le but de suspendre tout jugement moral de la part du spectateur (Sœur Cécile, Todeschini, Seydoux, la voisine de chambre par exemple). Enfin, je n’ai pas vraiment compris où elle veut en venir : une 3ème voie entre croyants/non croyants ?
Ce n’est pas le ratage de Hôtel (2004), mais un semi ratage. -
Malice
InvitéLes personnages de Lourdes sont plus mystérieux que ceux de Little Joe, Amour fou et Club zero, oui, et je conçois que cela puisse paraître frustrant ou présenter le danger que tu évoques – la caricature. Mais je n’emploierais pas ce mot-là, après tout un personnage peut être caricatural et développé ( dans le sens où le scénario délivrerait plus d’informations sur lui). Mon sentiment est qu’ Hausner nous laisse construire les personnages à partir du peu qu’elle livre d’eux. Cela créé des couches de sens que je trouve assez vertigineuses. La compagne de chambre peut être vue à la fois comme une femme désespérément seule; une malade probablement désireuse de guérir son corps en guérissant son âme, en aidant son prochain, donc tout aussi préoccupée d’elle-même que les autres; une femme qui se prend d’une affection réelle pour Christine; une âme qui découvre le plaisir de prendre soin de quelqu’un et/ou d’avoir du pouvoir sur quelqu’un de moins autonome qu’elle.
Est-ce que la caricature n’aurait pas consisté à choisir une de ces propositions et d’évacuer les autres interprétations possibles de son comportement? -
Malice
InvitéTu as pensé quoi du plan final ( les mots qu’on n’entend pas, qui rappellent ceux du rêve de la Vierge)? Je le trouve aussi bien vu que la cène finale de « Club zero »
-
Anna H
InvitéC’est très ouvert.
– Elle est résignée, le miracle n’a pas duré, elle accepte d’être ramenée dans sa chambre, de dépendre à nouveau totalement des autres.
– Ou bien elle est juste
épuisée, elle accepte
de jouer ce rôle pour
réconforter sa compagne de chambre, elle se relèvera le lendemain matin.
Mais ça ne m’a pas plus
touchée que ça. Je ne saurais pas dire pourquoi. Peut-être parce que je déteste Felicità. -
Malice
InvitéLa compagne est très ambigue dans cette dernière séquence : elle semble avoir du dépit de voir Christine danser, puis regarde la statuette de la vierge; ensuite Christine tombe; là je me suis dit : quelque chose de maléfique s’est peut-être passé. Puis l’amie murmure ces mots qui pourraient être les paroles de la vierge dans le rêve de Christine. J’ai aimé ce passage de l’hypothèse du mal à l’hypothèse du bien. En effet, cette fin, comme tout le film, est indécidable.
-
Anna H
InvitéJe me suis mal exprimée. Les personnages caricaturaux sont les bénévoles (avec costume) et les prêtres. Les autres, Todeschini et Seydoux exemplairement ou Sœur Cécile, me semblent juste esquissés puis abandonnés en cours de route.
-
Malice
InvitéIl y a quelque chose de l’archétype dans le personnage de Todeschini je suis d’accord.
Les personnages de Seydoux et lui prennent peut-être en charge l’humour cruel du film : l’infirmière saoulée de devoir s’occuper d’une invalide; le bellâtre qui est incapable de s’intéresser à Christine si la grâce ne lui confère pas un intérêt de presque star.
Quant aux autres personnages secondaires, je fais l’hypothèse qu’ils ont pour fonction de proposer des regards sur les évènements de la vie de Christine pour que le film puisse penser la question du miracle. Tout ce qui lui arrive est mis en relation avec ces points de vue contradictoires : par exemple ceux des deux amies qui passent le film à s’interroger sur l’origine, la fiabilité des miracles…et qui vont jusqu’à sous-entendre l’existence du diable quand elles se demandent qui peut être responsable d’un faux miracle.
-
-
-
-
-
stephanie
InvitéJe revois Club Zero j’étais passée à côté la 1ere fois , Elsa Zylberstein est excellente, la scène du vomi m’a fait penser à Grave du J.Ducournau.
Je regarderai Little Joe et amour fou , merci Malice.-
Malice
InvitéD’accord avec toi au sujet d’E Zylberstein, un des parents les plus malaisants du film, ex aequo avec le père qui introduit la prof de nutrition consciente dans l’école.
A propos de Ducournau, c’est dommage qu’elle n’ait pas réussi à retrouver la force de la scène du doigt dans « Grave ». J’ai essayé de revoir Titane mais les scènes de violence m’ont paru n’avoir aucun sens.-
François Bégaudeau
Maître des clésvu Little joe, qui est une espèce d’esquisse de Club zero
Une esquisse ratée, malgré encore un dispositif scénaristico-graphique très fort, et un travail sur les décors et les cadres souvent admirable. Cette histoire n’est pas assez claire pour qu’on puisse jouir de ses obscurités.-
Malice
InvitéLittle Joe est moins fort que Club zéro; je l’ai quand même vu plusieurs fois. Les couleurs me font le même effet que celles d' »Amour fou », tellement jouissives. J’aime aussi ce côté « body snatchers » calme.
Hausner me fait penser à Park chan Wook : des films de plus en plus précieux-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime optiquement le travail sur la couleur, sur les couleurs plutôt, même s’ il m’inspire la même perplexité que tout le travail ostensibles sur les couleurs. Je me dis à quoi bon? Autrement dit : quelle consistance porte ce travail stylistique ?(même si ici il me semble beaucoup plus consistant que celui d’Almo, par exemple)
-
Malice
InvitéUn alignement entre l’envoûtement que provoque la plante et l’envoûtement produit par les couleurs? Les contrastes de couleur ont un côté psychédélique – les affiches des années 70 utilisaient de genre de rapports de couleur ( ici, fuchsia et vert)
-
Malice
Invitéquelques réponses ici:
-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéJ’ai appris aujourd’hui la disparition d’un as du montage, découvert il y a 10 ans grâce à ces Mashups fous, Antonio Da Silva.
Ce post modeste pour rendre hommage à sa mémoire. Les étudiants en cinéma que nous étions, pour qui ses montages ont suscité tant de joies de gosses, sont en deuil.
-
kenny
Invitéy tu mamá también de cuarón
https://gofile_io/d/KXeJws (_>.)
pas vu, c’est bien?-
Malice
InvitéC’est même un des meilleurs Cuaron
-
kenny
Invitéok
-
-
-
I.G.Y
InvitéComment Enter The Void de Noé a-t-il été reçu à sa sortie?
Je voulais le voir depuis des années et en définitive je suis assez déçu, malgré un visionnage en salle. Débuts très prometteurs mais la mise en scène s’épuise trop vite, notamment dans le sens où elle devient hyper répétitive — un exemple parmi d’autres : les transitions entre scènes.
Aussi, j’ai senti un Noé souhaitant choquer à tel point qu’il ne choque rapidement plus du tout. Du choquant millimétré, même, en réalité très sous contrôle ([spoil] sauf la scène où il meurt dans les toilettes, j’aime bien). A ce titre la scénographie déployée pour le fœtus mort est un très bon exemple, trop fake même pour une vision sous DMT. La manière dont il traite de ses désirs quasi-incestueux n’a même pas tant l’occasion de devenir insidieusement gênante, puisque tout est extrêmement insistant très vite et tout le long — sur la question des femmes en général, toutes sans exception, c’est poussé si loin que c’en devient presque « formaliste » (rire). Des scènes de sexe les corps sont en fait très absentés notamment du fait de la photographie — c’est moins vrai dans une : celle avec la mère de Victor.
De tout ça le film sort diminué. Handicap sensible, dirait l’autre. Au-delà même de l’aspect idéologico-philosophique.
.
PS : je sais qu’il y a une GO sur Lux Aeterna, que j’ai vu, qui ne m’a pas tant marqué (sauf le dialogue Dalle-Gainsbourg). Quel est le meilleur Noé?-
Charles
InvitéLe film avait beaucoup divisé de mémoire, entre ceux qui saluaient le talent purement visuel de Noé et la forme psychédélique de l’ensemble et les autres (l’essentiel de la critique type Cahiers-Libé) qui n’était pas vraiment impressionné par ce délire très long qui semblait avoir germé dans l’esprit d’un ado de 14 ans (Gaspard Neu-neu).
-
Seldoon
InvitéAu fond j’aime beaucoup ce film, qui est la quintessence même de Noé : un idiot (pardon pour lui mais je le crois vraiment) qui ose tout. Ça donne ce truc où le génial côtoie le grotesque, où le comique involontaire (la caméra survole un bordel, on rentre dans la tête de l’amant de la sœur, on rentre dans la sœur, on est en GoPro dans son vagin et on regarde la bite de don amant aller et venir vers nous) mène à l’émotion le plus simple et la plus pure (la naissance en POV).
-
I.G.Y
InvitéRire pour Gaspard Neu-Neu.
Ce truc de la naissance à la fin m’a paru être l’une des choses les plus intéressantes dans sa forme : ce silence, le cordon coupé, hurlements atroces, fin. Une figuration forte de ce qui traverse le film, à savoir le rapport fusionnel à la mère ou à la famille, le fait que dehors, c’est l’horreur. Je trouve même dommage qu’il n’ait pas figuré l’expérience psychédélique possiblement ultime que serait la vie fœtale. Ça aurait été cohérent avec l’esprit du film.
Bon, c’est pas tellement mon imaginaire mais ça me semble être ce qu’il fait dans le film. Et ça m’a aussi fait penser à une figuration de ce que disent Lordon et Lucbert sur la rupture absolue de la naissance, la chute dans le monde.
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéLe final de la saison 2 de The Rehearsal est prodigieux. Ça m’a pas mal ému. Et la saison dans sa globalité est très réussie, corrige tout ce qui clochait la première saison. Un véritable magicien, ce Nathan.
-
Seldoon
InvitéProdigieux je ne sais pas, mais quel truc unique et passionnant. Et finalement j’ai plus vibré à cette cascade aérienne qu’en 2 mission impossible.
-
-
Charles
InvitéMarcel Ophuls vient de casser sa pipe, on pense quoi de son oeuvre? J’ai commencé Hôtel Terminus sur Klaus Barbie, c’est très fort, notamment sur le montage.
-
lassou
InvitéVous pensez quoi de Wes Anderson ici ?
-
François Bégaudeau
Maître des cléson a alterné le pour et le dubitatif
on ira voir le nouveau-
Alexandre
InvitéQuelques exemples de « pour », quelques exemples de « dubitatifs » ?
Avec mes remerciements!-
Charles
InvitéLes pour : Tenenbaum, Vie aquatique, Mr Fox, Darjeeling limited
Dubitatif : tout le reste hormis French dispatch qui est atroce
J’ai un petit espoir pour celui-ci, du fait de la présence de Del Toro, acteur charismatique et viril contre lequel sa mise en scène peut buter.-
Bernard
InvitéBudapest hotel n’est pas dans les pour ?
-
Bernard
Invité(Ou pour toi peut être que la forme de ce film représente le début de la déliquescence symétrique
de son cinéma ?)-
Bernard
Invité(Et au passage par curiosité je me demande les pour et les dubitatifs de françois)
-
-
Alexandre
InvitéJ’avoue avoir du mal à comprendre les grands écarts quand on parle d’un réalisateur qui a un style très affirmé, donc cohérent et constant. C’est quelque chose qui me surprendra toujours. Je ne parle évidemment pas des préférences, du fait de trier le grain de l’ivraie. Soit on est foncièrement déçu par quelqu’un : passer de La Porte du Paradis au Sicilien, ça peut faire mal (oui, j’ai écouté tout récemment le Microciné consacré à Cimino). Soit, on aime pas un cinéaste, tout simplement. Donc The French Dispatch, atroce ? Tout de même..
Perso, je ne suis pas fan de Wes Anderson, je ne l’ai jamais été. Ne pas « être fan » ne signifie pas ne pas aimer du tout et tout ce que j’ai vu de lui m’a diverti, étonné, charmé, stimulé…mais dans un périmètre d’assentiment plutôt limité et circonscrit. Mais je ne trouve pas, et cela n’engage que moi, qu’il y ait matière à relations accidentées.Dans les « pour », y a pas Moonrise Kingdom ?
-
Seldoon
InvitéC’est simple : le style de Wes, malgré tout le bonheur qu’on a pu y trouver, étouffe son cinéma. Il arrive encore qu’il y ait des percées. Il arrive plus souvent que non. Autant il peut être très pénible de le regarder jouer seul sur des durées pas anodines, autant ça fait du bien d’être invité à participer. D’où grand écart. Mais jamais de grand film à ma connaissance.
-
Bernard
InvitéIl me semble que le grand budapest hotel touche du doigt le titre de grand film, celui d’un conte nostalgique sur l’extinction de l’europe d’antan, tout wes résumé
-
-
-
-
Seldoon
InvitéA priori d’accord avec Charles, mais j’ai revenu Tenenbaum pour la première fois récemment et j’ai trouvé (1) qu’il avait mal vieilli (je soupçonne le reste de la filmographie d’Anderson d’avoir progressivement évidé celui-ci après coup) et (2) que Hackman sauvait le film et se plaçait très très haut au dessus de la mêlée. On en vient à se demander à quoi ressemblerait un Anderson d’aujourd’hui avec des acteurs qui lui résistent et chamboulent ses petites maisons de poupée.
J’appréhende de revoir mon préféré, la vie Aquatique.-
Charles
InvitéOn m’a aussi dit que Tenenbaum avait pris un coup de vieux. Très d’accord avec toi que Hackman, je mise sur une conflictualité similaire avec Del Toro.
-
K. comme mon Code
InvitéJe fais partie de ceux qui préfèrent la seconde partie de sa carrière. J’ai trouvé qu’Asteroid City et les courts métrages sur Netflix étaient un sommet — et je n’ai jamais été très fan de ses premiers films.
-
Pierre
InvitéLes courts adapté de roald dahl sont effectivement un sommet, il va plus loin dans un terrain qu’il avait commencé à explorer dans the french dispatch et qu’il continuera dans asteroid city, le brisage de quatrième mur, le méta et en parallèle la couche dans la couche (cet aspect la il l’a vraiment introduit a partir de budapest hotel avec le changement d’époque a quatre reprise), dans les courts le brisage de quatrième mur va si loin qu’on voit même une fausse équipe technique, les imperfections de plateau et de faux trucages visible, idée délicieuse
-
K. comme mon Code
InvitéOn peut parler de distanciation, sur-distanciation, même, par où passe l’émotion pour moi comme dans le court Le Cygne où tout le monde joue le rôle de tout le monde. La fin de ce court métrage m’a fait pleurer plus d’une fois.
-
diegomaradona
InvitéMoi j’ai pleuré dès le début et tout du long.
-
Pierre
InvitéIl en revient a une distance qu’on ne pouvait voir qu’au théâtre
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéJe dirais pareil, au fait je n’aime pas lorsqu’il fige tout et fait de ses personnages des figurines de décor Polly Pocket.
Au fait Charles, j’ai cru comprendre que tu avais réussi à voir certains films de Cannes ? Ou est-ce ta façon précise de saisir et transcrire ce qui en a été dit par les critiques qui a fait cet effet ? En tout cas si tu les as effectivement vus, sache que je suis très jalouse et ai besoin d’apporter la lumière à cette question : comment as-tu fait ?-
Charles
InvitéJe n’ai vu qu’Agent secret au MK2 Palace à Oper
-
Charles
InvitéA Opéra. Pas mal de films récompensés ont été montrés dans des différents cinémas à Paris.
-
Carpentier
Invitéet c’était le cas dans quelques grandes villes à bouseux également
ouf la bourgeoisie parisienne culpabilise un peu moins
on ira peut-être quand même au paradis-
Charles
InvitéPersonne ne culpabilise de voir un film, rassure-toi.
-
Carpentier
InvitéParis te remercie
les bourgeois, je m’en cogne total, moi
surtout ceux de province -
Ostros
InvitéTu as réussi à choper une séance, bien joué. Je m’y suis prise trop tard, les séances pour les films que je voulais voir son complètes au mk2 Beaubourg. Je vais tenter le forum des images et le louxor.
-
-
-
-
-
-
-
-
..Graindorge
InvitéFrançois Bégaudeau
« ..Graindorge CesseD’USURPER MON PSEUDO POUR SUCER ÉMILE si goulûment »
C’est quoi stp cette horreur reçu dans le fil » psychologies » à 6:03? -
..Graindorge
InvitéFrançois Bégaudeau
« ..Graindorge CesseD’USURPER MON PSEUDO POUR SUCER ÉMILE si goulûment »
C’est quoi stp cette horreur reçu dans le fil » psychologies » à 6:03?
Un tuyau amical: tu arrêtes
-
-
Seb H
InvitéJ’étais allé voir Rushmore il y a pas longtemps et c’est vrai que ça m’a réveillé une petite haine… Le film est très bien, il y a une certaine part de vérité, un petit peu d’émotions… Mais qu’est ce qu’il peut être agaçant avec son montage le type. C’est tellement pompier ce truc de sauter de scène en scène avec de la musique upbeat. Il devrait avoir honte. Et puis tous ses artifices de cinéma hurlent, « je suis un fdp, venez me frapper ». Des personnages qui ont zéro vrais problèmes. Darjeeling très sexiste, il s’en gardera. Tenebaum très chiant, scène de suicide absolument minable, il a meme osé mettre un montage musique. L’hotel budapest à ce titre est vraiment pas mal tant qu’il affecte une sorte de sobriété et son aspect de compte est pour une fois sincère. Asteroid city aussi peut être touchant un peu.
En somme ses scénarios sont pas mal, il traite assez bien les acteurs, il arrive a saisir une sorte de gravité, mais qu’est ce qu’il est chiant, c’est un peu le gosse premier de la classe qui zozotte et que t’as envie de cogner de jalousie et autre chose-
Bernard
InvitéD’accord sur Budapest, et merci de nous rendre justice collectivement sur la scène de suicide médiocre qui avait pourtant reçu les éloges de la majorité audible
-
-
-
Carpentier
InvitéHier, dans c dans l’air, le vieux Lescure conseillait le dernier de Wes Anderson, son ‘ film avec un titre anglais imprononçable pour un français ‘
Je vais voir si,
C’est ça ou Quimperlé
Vive l’ascension : D
Sérieux, en avril-mai, un coup il meurt, un coup il ressuscite, un coup il ascensionne
et la majo est juste contente de devoir utiliser un jour de congé imposé pour pas aller bosser jusqu’à lundi.
Moi ça m’emmerde.
Ces jours fériés imposés durant tout le mois de mai, ça me fait chier.
Un stimulateur à conso ça.
Chié!
Les congés payés c’est précieux, pourquoi on m’impose d’en poser un demain?
moi, ça m’arrange pas du tout.
Même si ia Quimperlé.-
Carpentier
Invitéah benh je vois juste la question au-dessus.
D’façons, on avait décidé d’y aller.
Si le vieux Lescure et toutes les vieilles troupes médias qu’ont trainé à Cannes répètent ce que tout le monde dit, faut aller voir nan?
Surtout qu’on a la carte UGC qu’on sait,-
Carpentier
Invité@gr/Graindorge
du fond de la fosse : D
car dans le topic actusdeonsaitqui, où je l’ai posté initialement, il y a une andouille qu’a posté un truc dailymotion qui emmerde bien le monde : D-
..Graindorge
InvitéAh. Pas compris ce truc de dailymotion
« Du fond de la fosse »: rire
Et j’aime bien te lire dans Appel aux sitistes
Moi, agacée, j’y ai jeté une cagade-
Carpentier
Invitétechniquement je ne saurais pas t’expliquer pourquoi les vidéos dailymotion s’enclenchent sans nécessiter un clic de démarrage
– ma dernière bévue à ce sujet?
un des premiers films noir et blanc, ‘sortie d’usine’ où la musique ajoutée te donne l’impression d’assister aux toutes premières projo avec pianiste au pied de l’écran ; )
(cf. sujet actus-FB)
-
-
-
-
Carpentier
Invitéle dernier film du réalisateur Wes Anderson avec son ‘ film titre anglais imprononçable pour un français’ montre, entre autres, un Magritte à son générique de fin:
j’en sors,Beaucoup ri, salle pas bien pleine à 15h, peu d’autistes mis à part moi: burlesque, des vociférations face-face comme dans les films en noir et blanc muets avec des jeux de décor en carton(-pâte), la forme est surprenante, les dialogues secs, abrupts et drôles: on aime.
– Puis-je vous proposer une grenade?
Volontiers.
Et dans les mains, une grenade à dégoupiller comme running gag.on a alterné le pour et le dubitatif
– comme rapporté par ses concurrents industriels dans le monde entier, après l’accident d’avion du perso principal qui démarre le film alors qu’on sait vite que ce n’est pas le premier: … beaucoup s’en réjouissent, d’autres le pleurent / …. truc comme ça
-
Carpentier
InvitéBeuh, je sais pu partager d’image? merdalor
– L’équateur, René Magritte, 1942 au générique de fin du dernier film du réalisateur Wes Anderson
-
Carpentier
Invité
-
-
Carpentier
InvitéThe phoenician scheme,
Je trouve les deux premières séquences très réussies:
– celle de l’accident/sabotage d’avion lui-même (je pense pas trop spoiler, n’est-ce pas?)
– celle aérienne elle aussi (en quelque sorte, vous verrez ) de la salle de bain où circulent 5 infirmières autour de Zsa Zsa Korda:
On a le temps de s’installer dans l’ambiance, on regarde les mille détails à voir et, en fin de séquence, on arrive encore à être surpris ( le bidet comme seau à glace pour la bouteille): la chorégraphie de cette scène, un peu comme en miroir à la première côté posture du business-man, est intéressante et intrigante à la fois – la garder au montage est un choix qui n’est pas narratif mais formel: on aime.-
tomtom
InvitéTrès aligné avec ce que tu dis Carpenter, ce qui se passe avant et pendant le générique est très sympathique, on prend le temps de voir ces myriades de petits détails qui s’orchestrent autour de Bennicio.
Tout ce qui se passe après en revanche devient très rapidement assez caricaturale de son style, un grand fouillis facétieusement organisé qui défile à une vitesse folle où Wes ne fait avancer son film que pour lui même, incapables que nous sommes de suivre ce qu’il se passe à l’écran. Ca pourrait presque me faire penser à du Nolan.
Tant qu’à regarder des tableaux exotiques, de pays en pays, ça donne envie de revoir Grand Tour éventuellement, mais à part ça qu’en retenir ? Que l’île aux chiens était quand même beaucoup plus intéressant ?
-
Carpentier
InvitéAh, j’avais beaucoup moins ri devant Grand Tour cependant, et revoir un/les films, j’avoue ne pas mentalement et physiquement être organisée pour.
J’ai pu de lecteur dvd, la petitesse d’un écran m’est très inconfortable visuellement et chaque fois que je me dépanne sur la tablette c’est pour pas mourir d’ennui.
Je suis très télé encore, moi, mais n’ayant pas d’abo à rien, j’attends fébrilement le 53e passage de Camping 2 pour, par élimination, en moindre mal, découvrir Wahou.
Tu vois le genre.
-
-
Carpentier
InvitéBeaucoup ri donc devant Phenician Scheme,
La scène de transfusion sanguine avec la machine à pomper/redistribuer qu’un gars ahuri actionne sans conviction, tu penses
Et la séquence basket? Ma préférée.-
Carpentier
Invitéet Benicio qui parle et fait le français?
oui, pour moi, rien à voir avec Grand Tour, ou si peu, dans la forme, et je n’ai pas vu l’Ile aux chiens.
-
-
-
-
-
Seb H
Invité« needle in the haaaaaaayyyy needle in the haaaaayyyy » « ouais je vais me suicider » « tralala lalala » + petit montage style damien chazelle
La honte vous
monte à les observer, s’ébrouer, patauger dès qu’ils s’aventurent dans les moindres
expressions de sentiments les plus naturels, les plus élémentaires, c’est alors une
abjecte écœurante catastrophe. Indécents, grossiers, pétardiers, ils
s’ensevelissent instantanément sous une avalanche de balourdises et d’obscenités. A la
moindre incitation sentimentale ils gonflent, ils explosent en mille excréments
infiniment fétides-
Seb H
Invitéoups, je voulais répondre à Bernard
-
-
Younès
InvitéAvez-vous l’intention d’aller voir le « Résurrection » de Bi Gan à sa sortie ? Que pensez-vous de ce cinéaste ?
-
Eliot
InvitéBonjour les gens, qu’est-ce qu’on pense de Hal Hartley par ici ? J’ai revu Simple Men récemment et je trouve toujours ça très bon, drôle, surprenant et touchant. J’ai pas vu tous ses films parce qu’il y a l’air d’y avoir un flop artistique après son film avec Huppert mais je ne fais que des suppositions. Et si François passe par là je me demande bien quel serait ton sentiment sur ses premiers films, surtout qu’étant donné que le plus grand succès en salle de Hal Hartley se faisait en France dans les années 90 il me semble, j’imagine que tu n’es pas passé à côté à l’époque. Bon vendredi à tous
-
Eliot
InvitéJ’ajoute que j’ai enfin prit le temps de regarder le doc Arte sur DJ Mehdi, merci à la regrettée GO et au super top de François pour m’avoir inciter à le regarder et découvrir ce personnage. (Super montage du doc, monté comme sur un sampler)
-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci pour Mehdi
et remerci à lui d’avoir illuminé le monde
Hal Hartley a eu une grosse hype au début des années 90. J’ai suivi, vu les trois films qu’il a enchainés alors, beaucoup discuté dessus, me suis convaincu que j’aimais. Mais j’ai quand même souvenir que je soupçonnais là-dedans beaucoup de poses. Il y avait un trucs très inrocks dans tout ça. Très talentueux mais très poseur oui. Et ca n’a pas loupé : au bout de cinq ans c’était fini. La pompe était déjà à sec. Un peu comme pour WKW à la même époque.
on aura beau dire, en art la durée ça prouve quelque chose
-
-
-
Carpentier
InvitéÀ couteaux tirés sur tmc
Vu au ciné, bon souvenir -
Malice
InvitéEn ce week end de l’ascension, et pour prolonger l’échange avec Anna H
Jessica Hausner présente son film « Lourdes »
-
Tony
InvitéJ’ai réussi à rattraper Sinners et il y a bien longtemps que je n’avais pas vécu une telle expérience en voyant un film,je comprends tout à fait l’enthousiasme qu’il a pu susciter chez certains et je crois que pour l’apprécier et le savourer il faut le voir comme si on nous contait l’histoire de la musique blues,des plantations de coton jusqu’à nos jours,une musique qui contient toute l’humanité de ceux à qui on l’a si souvent dénié, cette petite lumière intérieure qu’ils ont su traduire en notes de musique et en paroles et le film raconte cette lutte pour conserver coûte que coûte cette petite flamme,cette humanité noire sans cesse menacée, c’est vraiment un très beau film.
-
kenny
Invitéç’aurait été autre chose qu’un honnête divertissement s’il ne s’était pas contenté de recycler de vieilles formes
en voulant – lui et peele – rehausser l’horreur au rang de cinéma d’auteur, ils s’enferment dans les travers du cinéma de genre
du coup le bouillonnement d’idées qui fait leur succès contraste avec la pauvreté formelle
ce qui contraint le scénario et les dialogues à un didactisme trop appuyé
j’ai moi aussi trouvé la seconde partie ennuyeuse, avec des scènes d’action sans enjeu, comme dit plus haut-
kenny
Invitén’est pas bong joonho qui veut
-
Tony
InvitéPas une seule seconde d’ennui de mon côté,sur les scènes d’action il faut y voir le même geste que Tarantino dans ONPH lorsqu’il réécrit l’histoire en sauvant Sharon Tate et que la bande à Manson se fait détruire par Rick Dalton,le geste ici avec le Ku Klux Klan est le même,on pense alors à Georges Floyd et à tous les autres.
-
François Bégaudeau
Maître des clésje te trouve bien indulgent Tony. j’ai l’impression que tu parles de ce que le film aurait pu etre, semble vouloir etre sur le papier, et n’est pas
il ne l’est que dans une scène, la seule grande scène du film, celle où s’amalgament toutes les musiques noires du 20ème siècle.
j’aurais adoré que le film soit cette scène étirée à deux heures-
Tony
InvitéOui cette scène,qui est le coeur du film,est la plus belle,la plus surprenante et fait dérailler la machine narrative, c’est vrai que les autres scènes prises en détail ne sont pas toujours très brillantes,mais il y a quelques fulgurances(par exemple les beaux plans sur les champs de coton,ces indiens que l’on voit surgir chez les fermiers, cette belle séquence chez sa femme qui se fait payer en monnaie de singe par les enfants et avec laquelle une conversation passionnante,sur l’âme,s’engage avant une belle étreinte ou telle autre à la fin quand on retrouve le musicien âgé dans un club etc…)
-
I.G.Y
InvitéCe que vous dites de cette scène me fait penser à ce qu’elle aurait pû être, ou à ce que j’aurais aimé qu’elle fût. J’aurais normalement dû y être d’autant plus sensible qu’au bas mot 80% de ma culture/vie musicale est d’origine noire américaine. Je ne sais pas si c’est par sa scénographie ou par ses choix musicaux, sans doute les deux, mais cette scène m’a terriblement déçu. Son côté inattendu indéniable n’a pas fait l’affaire pour moi.
-
Marxiste conséquent
InvitéAu final, on reste dans les limites étroites du cinéma de l’industrie : une critique en surface, esthétisée pour le marché. L’ennemi est transformé en monstre mythologique, jamais désigné dans sa réalité concrète. On ne parle ni de capital, ni de classe, ni de lutte organisée. Comme si l’exploitation des Noirs n’était pas structurelle mais juste le fait de quelques démons planqués dans champs de coton. On sort dépolitisé de ce genre de film hollywoodien qui excelle dans le recyclage de la colère en spectacle. C’est bien fait mais inoffensif. Une perte de temps quoi.
-
Tony
InvitéRire Et que fais-tu de tout ce temps gagné?
-
I.G.Y
InvitéIl avale les compilations youtube des coups francs idéologiquement calibrés de Juninho 2003-2004.
-
Marxiste conséquent
InvitéJ’essaye, à ma très modeste échelle, de participer à la formation d’une conscience de classe préalable à l’émergence d’un sujet collectif révolutionnaire. Donc mon temps consacré aux divertissements industriels est limité.
Ricanez, bien sûr, c’est ce que vous savez faire de mieux !
-
-
Etienne
InvitéJ ai trouvé que la série snowfall démontrait parfaitement les rouages de l exploitation des noirs.
Mais faut le temps long d une série ce que ne permet pas les limites d un film lambda-
Tony
InvitéHeureusement qu’un film,ou une série,ou un livre, sont autre chose qu’une démonstration et si ce n’est pas le cas ne serait-ce qu’un divertissement?
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Jules
InvitéOn pense quoi de Million Dollar Baby, par ici ?
-
Jules
Invité(j’essaie de me tenir au plus proche de l’actualité cinématographique)
-
François Bégaudeau
Maître des clésrire
on en a pensé du bien à sa sortie
-
-
Alexandre
InvitéEtonnement (me connaissant, je veux dire), pas revu depuis sa sortie alors que j’ai l’intégrale Clint en galettes.
Je l’avais beaucoup aimé mais j’avais été choqué par le portrait peu flatteur de la famille de white trash d’Hillary Swank, que j’avais trouvé méprisant.
J’en suis resté un peu là sans savoir si j’avais raison ou tort, et surtout, sans avoir remis le couvert.-
François Bégaudeau
Maître des cléstu disais « méprisant » à l’époque?
-
Alexandre
InvitéOooh je ne sais plus ce que je disais. Mais c’était ce que j’avais éprouvé.
-
François Bégaudeau
Maître des clésok
ma question s’inscrit dans les travaux préparatoires de mon anthropologie mondiale de l’accusation de mépris-
Alexandre
InvitéPointu!
Sinon, je suis acquis à l’idée qu’avec Clint, rien n’est simple. Je lui reproche parfois de se mettre le spectateur dans la poche à trop bon compte. C’est le grand problème que je rencontre avec le très respecté Echange, qu’il me faudra aussi réessayer tellement j’avais été horripilé par Angelina Jolie, et le personnage et ce qu’elle en fait.
-
Mao
InvitéT’as vu passer le bouquin de rose lamy ? Son entretien sur blast est collector. Un vrai carnage.
-
kenny
Invitéun régal!
le filon du transclasse épuisé, il fallait initier un sous-genre-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est un peu ce que je me suis dit
et cette honorable jeune femme dit encore bien des conneries – notamment sur les gouts culturels, décidément le domaine où une grosse mise à jour est nécessaire
-
-
-
-
-
-
-
Malice
InvitéJ’aime la première partie mais la fin qui s’étire, où Clint devient le centre mélancolique du film, me déplaît.
-
Malice
InvitéMa réponse s’est déplacée, je répondais au sujet de Million dollar baby
-
Malice
Invitérépondais à Jules
-
Jules
InvitéMerci ! 🙂
-
Malice
InvitéEt toi Jules tu en penses quoi?
-
Jules
InvitéPas encore vu ! Je demandais des conseils pour voir s’il valait la peine. Je vais donc le tenter, merci à tous!
-
Malice
InvitéOui, il vaut le coup
le personnage féminin est mon préféré parmi les films de Clint
elle et Lady Chablis dans » Minuit dans le jardin du bien et du mal »
-
-
-
-
-
-
Seldoon
InvitéMerci de rester polie, on n’attaque pas Clint le jour même de son anniversaire.
-
Marxiste conséquent
InvitéTu peux trouver les films de Clint Eastwood divertissants, mais mieux vaut ne pas en faire la promotion car ils véhiculent une vision idéologique réactionnaire qui valorise l’individualisme exacerbé et la violence comme solution. Du point de vue marxiste, ce type de cinéma participe à renforcer l’ordre dominant en masquant les véritables rapports de classe et les luttes sociales derrière des récits simplistes et héroïques.
-
Le lectorat
InvitéEn fait j’ai compris, Marxiste conséquent c’est le pendant communiste de Jean monnaie : ligne politique radicalement divergente mais à peine moins obsessionnel et pénible.
-
Marxiste conséquent
InvitéJe n’ai rien à voir avec cette personne. J’ai été mandaté pour produire des analyses marxistes dans différents espaces, dont ce forum, jusqu’à la fin de l’année. Je profiterai de ma grande disponibilité pour me consacrer quotidiennement à cette tâche militante.
-
SHB
InvitéJe sais pas si c’est très efficace parce que quand je t’entends j’ai envie de voter Le Pen
-
Tony
InvitéOn sait ce qu’il va te répondre,que le vote ne changera jamais rien etc…par contre ce qui m’intrigue c’est ce mandat donné par qui donc? heureusement la fin de l’année scolaire est proche.
-
-
Le lectorat
InvitéMandaté par qui précisément ? Je suis sincèrement curieux de connaître l’organisation qui mandate une personne aussi obtuse que toi pour aller faire des leçons de rigueur marxiste sur des forums choisis. L’organisation qui t’a mandaté est-elle dans la pièce avec nous ?
-
Marxiste conséquent
InvitéEffet classique de l’idéologie dominante : dès qu’un discours sort de la distraction générale et s’appuie sur un peu de rigueur, on croit voir l’ombre d’un comité central. Il n’y a rien de très impressionnant : une petite organisation, quelques camarades, beaucoup de lectures… et la certitude qu’il faut porter la critique même là où règne l’ironie puérile.
-
Claire N
InvitéTu nous colonise ?
-
Le lectorat
InvitéJe me doutais que tu ne répondrais pas honnêtement. Cette organisations n’a aucun nom ? Ou alors vous êtes vraiment 4 ami.e.s dans votre chambre ? Ce qui ne serait pas un problème. En revanche ce refus de dire clairement d’où tu parles est étrange
-
-
-
François Bégaudeau
Maître des clés« Tu peux trouver les films de Clint Eastwood divertissants, mais mieux vaut ne pas en faire la promotion car ils véhiculent une vision idéologique réactionnaire qui valorise l’individualisme exacerbé et la violence comme solution. Du point de vue marxiste, ce type de cinéma participe à renforcer l’ordre dominant en masquant les véritables rapports de classe et les luttes sociales derrière des récits simplistes et héroïques. »
plus aucun doute, c’est du chat GPT
gardons nous donc de nous exciter contre ce pseudo marxiste pseudo conséquent pseudo humain-
Le lectorat
InvitéEn effet, j’ai vérifié et c’est bien du chat GPT. L’oeil exercé de l’ex prof !
-
François Bégaudeau
Maître des clésperformance d’autant plus admirable que la différence est infime avec un humain comme Chris de la Paduteam
-
François Bégaudeau
Maître des clésperformance d’autant plus admirable que la différence est infime avec un humain comme Chris de la Paduteam
-
Julien Barthe
InvitéJ’ai pensé à Chris dans un premier temps, puis à Chat GPT et je penche désormais pour Chris assisté par Chat GPT.
@ Le lectorat. Comment procèdes-tu à la vérification?-
Bonnaventure
Invité@JB rire
Merci Le lectorat pour cette enquête rondement menée. -
François Bégaudeau
Maître des clésJB rire aussi
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéje sors du court ‘ Chime ‘ (45 minutes, on peut dire court ou comme c fictionné ça va s’énerver ici?)
Pour que tu suives l’actu ; )-
Carpentier
Invitéok, je vois que pour Chime, de Kiyoshi Kurosawa., on dit moyen métrage, bon
suis dispo pour dire un peu à propos si désir,
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéBeaucoup aimé le nouveau Wes Anderson. Il a vraiment trouvé une drôle de capacité à m’émouvoir.
-
K. comme mon Code
Invité(et puis c’est très drôle)
-
Carpentier
InvitéAaaaaaaah.
Et de 2! (avec moi)-
François Bégaudeau
Maître des cléson ira
-
Carpentier
Invitéoù tu voudras quand tu voudras
et on
-
-
-
Seldoon
InvitéTu peux en dire plus sur ce que produit la distanciation que tu aimes chez lui ?
-
-
-
Sergio Leone
InvitéSergio Leone, on en pense quoi ici ? Je n’ai pas l’impression d’avoir déjà vu son nom mentionné.
-
Seldoon
InvitéUn menteur. Ou disons, un type qui tordait suffisament la réalité pour s’attribuer les lauriers et refiler le reste aux autres. On lui doit donc tout, la course de chars dans Ben Hur, Brigitte Bardot et un certain trouble envers la charlotte russe. Mais pas le premier western italien : ça, c’était son père.
-
Tony
Invité@Seldoon j’ai découvert aujourd’hui cet article sur ce bon vieux Sergio, c’est intéressant,
https://www.rayonvertcinema.org/cinema-et-misogynie/-
I.G.Y
InvitéIntéressant parce que cette scène de viol ne m’est pas du tout apparu comme un point culminant de mysoginie dans le film. D’autant qu’elle ne me paraît pas ratée, prise dans le mouvement général du récit, contrairement à d’autres comme celle de Brutalist.
Cette scène, et peut être le film tout entier, me paraît typiquement relever de ces cas où la possible (vraisemblable) mysoginie de l’artiste est dépassée par son art. À un certain degré du moins. Je ne connais pas assez Leone mais j’ai osé un « probable », car sa réaction à une critique de la scène en conf de presse à Cannes, dispo sur youtube, diminue le doute.
-
I.G.Y
Invité*j’ai osé un « vraisemblable ».
Et on peut ajouter à la critique de l’article une chose : c’est peu de dire que Noodles ne sort pas du film héroïsé ni canonisé. Je pense qu’on pourrait déterrer à la pelle les films moins frontalement violents et bien plus cools dont la mysoginie est aussi plus profonde.
-
Alexandre
InvitéDe quelle scène de viol est-il question? Celui de Deborah pas Noodles ? Je n’ai pas tout lu mais j’ai l’impression que c’est bien ça. Parce qu’il y en a une autre : celle du casse où Tuesday Weld se fait violer en y prenant plaisir et en aguichant les hommes au préalable. Cette scène est très problématique et difficilement supportable maintenant.
Le viol de Deborah par Noodles est filmé comme tel : un acte bestial perpétré par un rustre, incapable d’exprimer autrement son désir pour une femme qu’il pense pourtant aimer. Le chauffeur de taxi arrête brutalement son véhicule, vire Noodles qui, honteux (sa position courbée l’atteste), croit dédommager le chauffeur avec une liasse que ce dernier refuse (si je ne me trompe).
Cette scène ne me pose pas de problèmes, en revanche.-
I.G.Y
InvitéEn effet j’évoquais bien celle-là. L’autre dont tu parles est a priori bien moins violente mais infiniment moins défendable en tant que scène, comme tu dis.
-
Seldoon
InvitéJe suis toujours un peu embêté sur cette question car les deux propositions suivantes sont vraies :
– Leone était un grand misogyne
– Les viols dans ses films sont injustement attaqués
C’est encore un cas d’exceptionalisme sexuel : dans tous ses films on suit des types qui volent, torturent et tuent a tout va. Toutes les scènes en question sont filmées avec le même plaisir pris à ces actes de violence et en iconisent les auteurs. Mais qu’ils commettent la moindre violence sexiste et soudain ce n’est plus admissible.
Ce n’est pas dans les scènes de viol que se trouve la misogynie de Leone (à part peut être dans celle de la révolution) mais dans la rareté et la pauvreté de la plupart de ses personnages de femmes. (On peut ajouter Comme une mule en main que c’est condamnable esthétiquement avant de l’être moralement).-
I.G.Y
InvitéJe me retrouve dans l’essentiel de ce que tu dis pour les deux films de lui que j’ai vus, mais quant au « iconisent », tu trouves que Noodles est iconisé?
-
Seldoon
InvitéMoins que les personnages des films précédents c’est vrai. Il est plus traité comme un être humain que comme un demi dieu. D’ailleurs il a très peu d’entrées de champ (l’indice le plus évident chez Leone pour repérer qui est un être humain et qui est un héros homerien). C’est le grand virage de cet ultime film. Je parlais plus généralement, mais la distinction reste la même : il tue, arnaque et torture à tour de bras dans ce film depuis sa plus tendre enfance (petite pensée pour le type du kiosque à journaux) et on ne lui reprochera que son viol et demi.
-
-
Sylvain
InvitéAh même dans celle de « … la révolution » s’y joue quelque chose de plus que de la pure misogynie. Il y a avant cela 20 minutes d’humiliation d’un pauvre gus dont une bande de nantis parlent comme si il n’était pas là dans une mise en scène d’ailleurs particulièrement charnelle (des bouches, des lèvres, des dents…).
Puis retournement de situation, le péone avait tout prévu, la diligence se fait braquer, les riches débarqués, détroussés et humiliés (un américain se retrouve cul nu).
Quand le viol arrive, il y a alors quelque chose de bestial mais surtout politique qui se joue là.
Par ailleurs, peu avant, parmi les humiliations on aura entendu « ce sont des bêtes »… quand cette scène de viol commence, le péone pourchasse sa proie comme on pourchasse une poule. La monnaie de la pièce, presque.
Ca ne retire rien au côté foncièrement misogyne de Leone (en gros ici on échappe pas au cliché de la bourgeoise révulsée / attirée par ce rustre craspouille, inculte et dégueulasse, qui n’attend que ça tout en le redoutant). Je note quand même la fin de la scène, l’après : ce péone « dégueulasse » a un petit geste de galanterie complètement inattendu. Je me suis toujours demandé pourquoi Léone avait conclu cette scène ainsi.-
Sylvain
InvitéPS : ma mémoire m’a fait défaut :
1) le « petit geste de galanterie » : « donnes moi la main » auquel elle obtempère, c’est pour la détrousser de sa bague.
2) le viol ici (contrairement aux deux de « … en Amérique ») n’est pas filmé. Il y a juste l’avant et l’après.
Plus gênant est le plan suivant, Rod Steiger se retourne, gros plan visage, Morricone à plein tube, voilà : une icône est née (certes après les 20 premières minutes d’humiliation). Bon, une icône qui ne le sait pas encore, puis qui refusera de l’être, mais c’est un autre débat…
Reste un grand film. -
Seldoon
InvitéJe suis bien d’accord, il se joue autre chose en plus. La perversion de cette femme est montrée comme une perversion bourgeoise. C’est en tant que bourgeoise qu’elle est agressée, et parce qu’elle est femme que cette violence sera sexuelle. La dame est ensuite replacée, galamment, au sein même de sa classe : avec tout le monde, dans la brouette qui sera jetée aux cochons. Là où s’exprime le sexisme de Leone (et non de Juan), c’est dans la bêtise même de la scène. « Si tu t’évanouis maintenant, tu rates le meilleur », le regard absolument conquis après coup… On comprend bien que Sergio est un petit garçon qui, entouré principalement par d’autres petits garçons, fait des concours de quéquette sans vraiment savoir quoi faire d’autre de cet appendice.
.
L’annecdote qui donne quelques infos sur le rapport aux femmes du cinéaste :
Segio Leone adorait les westerns mais n’y aimait ni les scènes avec des indiens (gardez le en tête pour une future parenthèse), ni celles avec les femmes. Il considérait que ces dernières n’était ajoutées qu’artificiellement pour attirer des femmes dans la salle avec des histoires d’amour. Une critique entendable autant que discutable, on trouvera autant d’exemples que de contrexemples. La solution de Leone pendant 3 films fut radicale : absentement quasi total des femmes. Ses scénaristes se sont longuement battus pour qu’il accepte d’en caser une dans Il était une fois dans l’Ouest, qui devait être le western ultime qui rassemble tout le cinéma western l’ayant précédé. Il a fini par accepter, actant ainsi implicitement qu’il y avait quand même des places non gratuites pour des grands personnages de femmes dans un bon western. Il émit cependant une condition : ok pour une femme, mais alors elle doit être centrale. Elle le fut et nous avons un très beau personnage, avec une entrée dans le film qui compte parmi les plus belles scènes de l’univers (j’ai vérifié) :
(À noter que dans cette scène se trouvent, sauf erreur, les seuls indiens de toute l’oeuvre officielle de Leone)
Une scène qui a failli déraper. Claudia Cardinale explique que quand Leone lui a raconté la scène bien avant le tournage, elle a eu droit à une autre version. Il décrivait longuement l’arrivée du train, les passagers qui descendent, Jill arrivant sur le marchepied… et la caméra au raz du sol. Quand Jill descendait du train, elle enjambait donc la caméra : « On peut voir qu’elle ne porte pas de culotte. Une femme ! » – Sergio Leone -
Seldoon
InvitéAu ras du sol. Raz c’est celui de Dany.
-
Sylvain
InvitéTrès juste, tout cela.
Pour la présence des femmes dans les westerns : il me semble pourtant que Léone adorait Jonny Guitar. Je peux me tromper…
Et comme tu le soulignes, absence totale des femmes dans ces premiers films, puis soudain, sous la contrainte comme tu le dis également, en incorpore une… et cela donne sans doute le plus beau personnage féminin dans un western (Marilyn Monroe, Nathalie Wood, « La rivière sans retour », « La prisonnière du désert »… tout cela apparaîtrait dès lors bien anecdotique en comparaison). Etrange qu’un cinéaste aussi misogyne finisse par donner naissance à un personnage aussi emblématique… même si au fond, s’y déploie avant tout l’éternel schéma d’une femme qui serait ET la maman ET de la putain. Mais sans cynisme ni jugement, et c’est sans doute pour cela qu’un portrait au demeurant cliché (les hommes le sont aussi chez Léone) est ici sublimé.
Reste la problématique des indiens… effectivement, étrange qu’ils n’apparaissent jamais. D’un autre côté, le cadre narratif dans lequel s’inscrit ces 4 westerns ne s’y prêtent pas non plus. On notera simplement que dans « Et pour quelques dollars de plus », le méchant s’appelle « l’indien »… ce qu’il n’est par ailleurs absolument pas. Comme il est aussi ultra défoncé, ce nom de « l’indien » m’est toujours davantage apparu comme un moyen de mentionner sa toxicomanie, sans avoir à la montrer de manière trop frontale (ça ne se faisait pas à l’époque). -
Seldoon
InvitéCertains supposent que la mention de la drogue n’est venue qu’après coup, pour justifier le surjeu de Volonte. Je n’ai cependant pas croisé de source sérieuse. Faudrait demander à Simsolo, il a peut être l’info.
Pour le reste :
Je confirme que Leone affirmait beaucoup aimer Johnny Guitare (à raison), et de mémoire il y a pas mal d’hommages directs dans il était une fois dans l’Ouest… mais ça peut aussi venir de Bertolucci.
Les indiens, il disait ne pas les aimer au cinéma, ça l’ennuyait. On peut supposer que son americanophilie n’avait pas besoin de ce bout là de mythologie. Ou alors ce n’était pas son virilisme. Dans à peu près n’importe quel autre western, Fonda et ses hommes auraient fait passer le massacre du ranch pour une attaque indienne. Mais là non, clairement, ça devait se passer entre blancs. Je dis blancs car on peut remarquer que plus largement encore que les indiens, on ne trouve dans des rôles importants que des blancs. Au maximum, des latinos. -
Sylvain
InvitéC’est possible…
Mais déterrons le vieux Simsolo (je vois qu’on a une bible en commun), je suis sur qu’on y trouvera la juste information niveau « drogue de L’Indien ». Je reviens dans deux minutes, le temps que je le retrouve… -
Sylvain
InvitéEffectivement, c’est pas très clair…
A la question : « Avez-vous eu des problèmes avec la censure? »…
Léone répond : « Evidemment. D’abord avec la drogue (note : donc elle était considérée comme visible et explicite l’écran pour l’époque j’imagine?).
Mais il ajoute : « je vous ai déjà dit que cet élément me servait à camoufler les tics de Volonte. Mais c’était un sujet tabou. Surtout dans le western ».
Je t’épargne la suite, que tu connais, on a la même bible.
Si je devais trancher : ton interprétation est sans doute la bonne. La mention de la drogue n’est venue que après coup. Pour « camoufler les tics e Volonte » ! -
Seldoon
InvitéAh ! Voilà qui est réglé, merci.
-
-
Ema
Invité« Ce n’est pas dans les scènes de viol que se trouve la misogynie de Leone (à part peut être dans celle de la révolution) mais dans la rareté et la pauvreté de la plupart de ses personnages de femmes. » très juste. Je rajouterais quand même que dans Il était une fois… la comparaison des deux scènes de viol, l’une mettant en scène une pure qui résiste et l’autre une impure qui y prend plaisir, rejoue la vieille opposition sainte/putain, armature sur laquelle repose tout l’édifice de l’imaginaire misogyne. C’est un peu vieux mais il me semble que la mise en opposition des deux personnages de femmes se cristallise beaucoup dans ces deux scènes.
-
Alexandre
InvitéC’est vrai avec la petite nuance que Tuesday Weld devient la « régulière » de James Woods. Dans mon souvenir, elle n’est pas jugée ensuite par le regard du cinéaste. Elle est présente, certes en arrière plan, mais campe une amante fidèle, peut être amoureuse, toujours un peu inquiète.
Ça ne change sans doute pas grand chose mais ça suffit à ce que j’en garde le souvenir, même vague, d’une figure féminine non dénuée de dignité dans ses attitudes d’arrière-plans.
Sensations de cinéma.. -
Seldoon
InvitéSa scène de viol n’est pas tres défendable, le pire étant qu’à ce stade elle ne sert vraiment qu’en tant qu’objet. Il y a un truc de la relation entre Max et Noodles qui se joue à travers ce viol, infiniment plus qu’entre Noodles et elle.
J’ai toujours aimé ce que devient ensuite son personnage. Elle est globalement en arrière plan mais loin d’être un PNJ. Ses quelques dialogues font exister un chouette personnage tout entier entre les scènes. -
Seldoon
InvitéAlexandre : et non aucun jugement par la suite. Les retrouvailles sont d’ailleurs sympa.
-
-
-
-
-
-
-
-
Sylvain
Invité@Seldoon : « Mais pas le premier western italien : ça, c’était son père ».
La vanne est très bonne, mais il faut vraiment être expert pour la capter !
-
-
-
Sylvain
InvitéD’accord avec Seldoon sur Leone, une passion commune.
Puis pour faire un pas de côté, et en partant du principe que Leone rate les siennes (assez fallacieux selon moi, c’est beaucoup plus problématique chez Eastwood période 70 et 80 – « L’homme des hautes plaines », « L’épreuve de force »…) : ce serait quoi une « bonne scène de viol » ? Est-ce que ça existe même ?
Parce que, pour citer au hasard des réalisateurs qui ont « essayé » chacun à leur manière, de Noé à Hitchcock, en passant par Peckinpah mais aussi Breillat et même Despentes ça n’a jamais semblé convenir à personne
A chaque fois : « complaisance », « voyeurisme », « insupportable » etc. sont les mots employés. Donc il ne faudrait pas en filmer ? Ou alors comment ?-
Malice
InvitéJe me souviens des scènes de viol de » Dogville » et celle de « Spletters », qui m’ont donné le sentiment de pouvoir penser ce que je voyais et non pas de subir une scène de violence. Ce qui se jouait entre les agresseurs et les victimes dépassait ce que j’aurais pu ressentir dans le vie en étant témoin d’une agression, c’est à dire choc, peur, colère, désir d’intervenir.
Breillat, en filmant toujours aux frontières du viol, me semble avoir trouvé un angle très intéressant ( exemple : la première fois de l’aînée dans « A ma soeur » : on ne peut que témoigner d’une certaine violence mais le cerveau reste disponible pour tenter analyser ce qui se joue entre les deux amants) -
Seldoon
InvitéCelle des chiens de paille comme celle d’il était une fois en amérique sont très fortes et s’y jouent beaucoup plus que la simple agression. Elles sont même assez en ligne avec ce que les féministes martellent depuis des années : la majorité des viols ne sont pas des agressions par des inconnus dans des ruelles obscures mais des actes commis par des proches, avec toute la complexité et toute l’horreur que ça implique pour la victime.
Ce qui n’empeche aucunement les deux cinéastes en question de ne pas avoir produit par ailleurs un cinéma particulièrement féministe. D’où la sitation pénible pour les défenseurs de ces scènes : on se retrouve à proclamer l’innocence (véritable) de gens qui sont coupables partout ailleurs. Je disais à un ami que c’est un peu comme si Netanyahou tombait, mais pour le meurtre du petit Gregory.-
Tony
InvitéC’est pas pour défendre Netanyahou mais précise quand même qu’avant de violer le petit Grégory il venait de finir Mein Kampf, c’est important pour la compréhension des faits.
-
Carpentier
InvitéC’est pas pour défendre Netanyahou
rire
-
-
-
-
Carpentier
InvitéQuelqu’un.e qui aurait vu le film The Else de Thibault Emin?
Ça me titille ce film parc’que sinon, ia quand même beaucoup de films de résilience de traumas d’enfance et autres trucs à surmonter comme thème cette semaine.
Quelle mollesse, -
Tony
InvitéJe viens de commencer à le regarder,
https://www.horschampfrance.com/#?wix-vod-video-id=0b94842c645d4c3d81080b4b28f0d1ef&wix-vod-comp-id=comp-lr429iko-
Tony
InvitéEmilia Perez’grand film abolitionniste et grand film tout court’
-
Tony
InvitéCe qui est quand-même bizarre dans ce que dit Lagasnerie c’est que l’abolitionnisme serait la condition du cinéma quitte à qualifier d’exotique les films de vengeance qui feraient apparaître son incongruité dans la vie réelle et puis dans l’un des exemples qu’il prend, Anatomie d’une chute,sa thèse ne fonctionne pas puisque ce film nous plaçant en position de juré je me souviens très bien qu’à la sortie du film certains prétendaient que Sandra Huller était innocente et d’autres qu’elle était coupable et aurait dû être condamnée donc l’abolitionnisme se situe à quel endroit,dans le film vraiment?
-
François Bégaudeau
Maître des clésSa thèse ne tient évidemment pas, il n »est pas du tout convaincant sur le film de vengeance, et une autre objection majeure pourrait lui être faite : l’incroyable pourcentage de films où nous ne suivons pas un criminel, mais un politicien un enquêteur un juge dont le but exclusif est de trouver et juger le coupable. Le contraire absolu de l’abolitionnisme. Geoff tente au début une bien. hasardeuse généralité : le cinéma est ce lieu où on va voir des illégalismes. Bon, d’abord, ce n’est pas vrai dans la moitié des cas (où est l’illégalisme dans Voyages en Italie, A nos amours, etc), mais surtout, généralité pour généralité, on pourrait dire que le cinéma est ce lieu où on va voir des punitions.
Reste que sa pensée esthétique balbutiante et bien peu nourrie a déjà l’intuition de l’essentiel, car Geoff quand il s’y met est une machine à penser. L’art est ce lieu où il est possible de suspendre le jugement. Plutot que de l’art, d’ailleurs,il aurait d’ailleurs fallu parler de disposition esthétique. En toute modestie je dirais que l’achèvement clair de ses intuitions se trouve dans Comme une mule (ou dans la GO sur Tardes, pour faire plus court)-
François Bégaudeau
Maître des clésplus anecdotiquement, dommage que dans Gus Van Sant il prenne comme exemple Gerry et non pas Elephant, que je viens de revoir, et qui, en plus d’etre une idéale illustration de sa thèse, est décidément un des plus beaux films du monde
-
François Bégaudeau
Maître des cléspolicier et non pas politicien
-
kenny
Invitéça fait plaisir de lire ça!
elephant pour moi le plus grand film de la décénie 2000
comme roma l’est de la décénie 2010-
François Bégaudeau
Maître des clésça se défend
-
-
-
-
-
-
-
Tchitchikov
InvitéLe site a l’air génial. Merci !
-
-
..Graindorge
InvitéPas pu voir Hôtel Budapest en entier: pas pour moi
-
I.G.Y
InvitéJ’ai pu voir Les Bruits de Recife de ce fameux Filho dont il a récemment été question ici à propos de Cannes (je crois que c’était Charles). Sceptique avant d’allumer, dubitatif au début, j’ai été progressivement emporté et j’ai fini conquis. Une telle montée en tension à partir de presque rien, c’est fort. Quels sont ses meilleurs films ?
-
François Bégaudeau
Maître des cléscelui ci
-
Tchitchikov
InvitéJ’aime tout autant Aquarius et Bacurau. Mais celui-ci est le plus « économe ». Les autres valent quand même le coup.
-
I.G.Y
InvitéMerci pour vos retours, hâte de voir celui de Cannes
-
-
-
-
jacques sceptes
InvitéBonjour,
Est-ce que quelque aurait un lien vers le film « A caixa » de Manoel de Oliveira ? Impossible de le trouver que ce soit en VOD, streaming ou même DVD. -
Jeanseb69001
InvitéBonjour
je recherche le Film Prince of Broadway vostrfr un des premiers de Sean Baker, je sais qu’il est ressorti au cinéma l’an dernier et malheureusement il reste toujours introuvable nul part si quelqu’un aurait une copie. -
..Graindorge
InvitéElephant: chef- d’œuvre
-
Oscar
InvitéChef d’œuvre pour toi ? Pas compris. (et puisqu’on est tatillon sur l’expression et la compréhension…)
-
Malice
InvitéEt « Gerry », est-ce que des gens le recommandent? merci d’avance pour vos avis
-
Charles
InvitéVu une première fois et je n’ai pas réussi à accrocher, le film étant un peu raide, quasi expérimental. Vu une seconde fois et je l’ai trouvé grand, justement pour sa part expérimentale, d’une forme qui se cherche avec des plans aux angles très variés, en restant sobre (on n’est pas chez Gaspard Noé) même si la BO est devenue depuis culte (Arvo Part). Le film réussit cet équilibre un peu magique entre l’abstraction (le côté art conceptuel de voir deux personnages déambuler, se perdre sans backstory ou presque dans une sorte de désert) et l’incarnation par les acteurs (meilleur rôle de Casey Affleck, Damon toujours génial) et la force des plans où rien n’apparait déréalisé ni purement mental.
C’est la grande période de GVS, cette tétralogie qui le mettait au centre du cinéma mondial avec Elephant, Last Days, Gerry et Paranoid Park.-
Malice
Invitémerci pour cet avis détaillé;
je crois qu’il a réalisé une série sur Capote dernièrement? Tu l’as vue?-
Charles
InvitéNon c’est un cinéaste très inégal, qui n’a plus fait un bon film depuis 12 ans (Promised land je dirais) donc j’ai lâché l’affaire.
-
François Bégaudeau
Maître des clés« C’est la grande période de GVS, cette tétralogie qui le mettait au centre du cinéma mondial avec Elephant, Last Days, Gerry et Paranoid Park. »
Voilà
Avant, pas grand chose
Après, trop rien-
Tchitchikov
InvitéAh pas vu Last days. Ça vaut le coup ?
-
François Bégaudeau
Maître des cléstrois fois oui
-
Tchitchikov
InvitéEmprunté à la médiathèque puis rendu sans l’avoir regardé. Demain j’y retourne.
-
Tchitchikov
Invité« Rien avant » disais-tu. Il m’avait pourtant semblé que My own private Idaho tenait quelque chose. Mais j’ai totalement oublié le film sinon un Keanyu Reeves très érotisé. Mauvais signe ou mémoire défaillante, je ne sais plus.
-
-
-
-
Luc
InvitéJ avais aimé paranoïd Park , Gerry beaucoup plus opaque mais j imagine que je ne suis le seul à le trouver ainsi
-
Tchitchikov
InvitéSi il n’est pas visionné sur grand écran je pense qu’on ne peut pas pleinement l’apprécier. L’ami qui me l’avait recommandé à l’époque me disait que GVS proposait aussi avec ce film une interprétation d’En attendant Godot. Je n’ai jamais vérifié cette information. À cette aune je trouve tout de même l’interprétation de Gerry par Lagasnerie très rationaliste pour un film qui en est à l’opposé.
-
-
-
-
-
-
-
-
..Graindorge
InvitéPour ceux.celles qui aiment lire des critiques de films en voici une consistante sur Elephant
-
kenny
Invitéelephant mérite mieux que ce pauvre texte, essaie encore grain
-
..Graindorge
Invité« Graindorge » svp kenny
Votre avis n’est pas le mien. On peut ne pas être d’accord sans se frapper d’insultes » essaie encore grain » .
Elles ne rabaissent que celui.celle qui les profère
Sinon vous pouvez lire ma critique au #109283:
Elephant: chef-d’oeuvre-
kenny
Invitéj’avais lu votre belle critique graindorge, pourriez-vous la développer?
-
François Bégaudeau
Maître des clés« Les mouvements de caméra, expression des émois intérieurs »
Evidemment, partis sur ces bases, on est mal barrés-
Graindorge
InvitéTrouvé ailleurs à propos du titre du film :
« Pas d’éléphant dans Elephant, évidemment. Le titre se réfère à la parabole indienne des « aveugles et de l’éléphant », dans laquelle six non-voyants posent leur main sur le même éléphant à différents endroits et sont incapables de se mettre d’accord sur l’aspect de l’animal. Une façon, pour le cinéaste, de dire que le même événement change en fonction de son point de vue. Le film s’applique en effet à suivre différents protagonistes à travers la fusillade, à la manière d’un jeu vidéo (la caméra suit toujours le personnage de dos). Parfois, les routes se croisent, demandant à Gus Van Sant de faire preuve d’imagination pour filmer deux fois un même évènement sous deux angles différents sans que les caméras ne se soient visibles à l’écran.-
Graindorge
InvitéJ’ai cherché un article pour des sitistes qui n’auraient pas vu le film car je l’ai aimé et vu trois fois.
Sans fayotage, je n’ai rien trouvé d’écrit par toi François, si ce n’est une ligne ou deux dans un entretien sur le rock « tandis que comme souvent chez Gus Van Sant le travelling figure une sorte de dilatation du temps (cf. aussi les couloirs temporels dans Elephant) »
Il y avait aussi un article de Libération réservé aux abonnés. J’ignorais qu’il existait un prix de l’Éducation Nationale à Cannes
L’extrait de l’entretien avec Gus Van Sant«Je veux tout déconstruire»
Outre la Palme d’or, Elephant a reçu à Cannes le prix de l’Education nationale. Que vous inspire le fait que le film devienne un support pédagogique pour les lycées ?
Je crois que ça fonctionne bien de le montrer dans les lycées, notamment parce qu’il y a des éléments non narratifs avec lesquels les adolescents sont familiers, à cause de leur pratique des jeux vidéo. Je crois que les ados sont à la recherche d’innovations stylistiques. Pour des personnes plus âgées, le film peut paraître dur ou étrange, du moins l’a-t-on senti aux Etats-Unis où le public teenager a été extrêmement réceptif, plus que les adultes. J’ai fait Elephant en essayant de rester le plus spontané possible, sans véritable scénario, en laissant les adolescents s’exprimer, je n’ai pas tellement pensé au public en le faisant. Je crois qu’il vaut mieux ne pas hésiter à se perdre dans la fabrication, ensuite le spectateur se perd avec vous, comme un chanteur, emporté par sa chanson, entraîne le public dans sa rêverie.
Dans l’article de Angèle Correia on trouve aussi :« Gus Van Sant se place uniquement en tant qu’artiste et ne cherche pas à justifier l’action.
Il n’y a aucune linéarité chronologique, la neutralité est maximale. Pas d’explication, pas de parti pris, simplement des corps en mouvement.
Neutralité maximale : comment Elephant supprime le manichéisme ?
Cette suppression du pathos superflu permet de traiter les tueurs et les victimes à égalité. Plus de manichéisme donc, pour des destins mêlés et indéniablement liés. Les deux assassins ont des activités tout aussi banales que les autres personnages : ils jouent aux jeux vidéo, regardent la télévision, mangent des pancakes, et achètent une arme – rien d’anormal aux États-Unis-.La répétition des mêmes scènes retarde l’action et donne une impression de boucle sans fin. Les dernières minutes de calme, avant le drame, correspondent au moment où Elias prend John en photographie : les moindres détails d’une journée banale sont à prendre en compte et à apprécier. C’est d’ailleurs ce que le réalisateur met en avant avec les trois ralentis, qui représentent les seuls moments de bonheur éphémère qu’il est nécessaire de prolonger au maximum : Michelle admire le ciel changeant, le groupe de filles admire la beauté de Nathan et John joue avec son chien. »
Trouvé ailleurs à propos du titre du film :
« Pas d’éléphant dans Elephant, évidemment. Le titre se réfère à la parabole indienne des « aveugles et de l’éléphant », dans laquelle six non-voyants posent leur main sur le même éléphant à différents endroits et sont incapables de se mettre d’accord sur l’aspect de l’animal. Une façon, pour le cinéaste, de dire que le même événement change en fonction de son point de vue. Le film s’applique en effet à suivre différents protagonistes à travers la fusillade, à la manière d’un jeu vidéo (la caméra suit toujours le personnage de dos). Parfois, les routes se croisent, demandant à Gus Van Sant de faire preuve d’imagination pour filmer deux fois un même évènement sous deux angles différents sans que les caméras ne se soient visibles à l’écran.-
François Bégaudeau
Maître des clésElephant est une référence directe à un court métrage expérimental anglais du même nom, disponible sur youtube
-
..Graindorge
InvitéTrouvé ça aussi:
L’énigme du titre
Le titre choisi par Gus Van Sant, Elephant, est une référence au film-homonyme de la BBC, réalisé en 1989 par Alan Clarke et centré sur la violence sectaire en Irlande entre Catholiques et Protestants. Le cinéaste avait choisi ce titre d’après l’image sarcastique du nez au milieu de la figure. Pour Gus Van Sant, « ces jeunes vivent à une époque différente, mais tout aussi violente ».-
..Graindorge
InvitéVoilà le court métrage d’Alan Clark
-
..Graindorge
Invité*Clarke
Merci pour l’info François
J’en profite pour rappeler à ceux qui ne l’ont pas vu le documentaire de Michael Moore Bowling for Colombine -
François Bégaudeau
Maître des clés….qui est tout le contraire du film de GVS : une saisie politimane et sociomane de la tragédie, qui frénétiquement oeuvre à en remplir les vides
(car la sociomanie a horreur du vide) -
..Graindorge
InvitéJe n’utilise pas les mots politimane et sociomane ne les comprenant pas encore
Bowling for Colombine existe. Je l’ai vu il y longtemps. Il faudrait que je le revois. En ai-je envie? Mais si ce documentaire, avec ses défauts, ses gros sabots a contribué un tant soit peu à la création de l’incomparable Elephant, béni soit-il.
-
-
-
tristan
Invitésix non-voyants posent leur main sur le même éléphant à différents endroits et sont incapables de se mettre d’accord sur l’aspect de l’animal.
Un éléphant ça trompe énormément
-
François Bégaudeau
Maître des cléshumour de droite
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéPoint et rappel des sorties ciné :
.
Apparemment suite à un souci, Albert Serra doit retourner des scènes de Out of this world cet été. Le film ne sortira donc pas cette année. J’espère l’année prochaine.
.
L’Aventura de Letourneur est toujours prévu pour le 02 juillet
.
Rapaces le deuxième long de Dourountzis (après Vaurien), sort lui aussi le 02 juillet.
.
Enzo de Campillo sort le 17/09
.
Kontinental ’25 de Radu Jude sort le 24 septembre, un second film titré Dracula sortira quant à lui le 15 octobre.
.
Le PTA sort le 24 septembre.
.
Nouvelle Vague de Linklater sort le 08 octobre.
.
Bugonia de Lanthimos sort le 05 novembre.-
Charles
InvitéEnzo sort le 18 juin prochain.
-
Ostros
InvitéMerci, j’avais pas vu que ça avait changé
-
tristan
InvitéCharlie, ton (r)appel du 18 juin a déjà été lancé depuis lurette.
-
-
-
Tchitchikov
InvitéQuelqu’un (Ostros je crois) nous a gâté avec un lien pour récup’ du Wang Bing. Vous auriez du Wiseman qui traîne par là ? Un lien ou autre. Merci
-
Cyril
InvitéJe cherche Nouvel Ordre de Michel Franco en VOSTFR, impossible à trouver sur une plate-forme et introuvable sur mon site de P2P. Auriez-vous des pistes ?
-
diegomaradona
Invité-
Cyril
InvitéMerci
-
-
-
Cyril
InvitéFrançois j’ai cru comprendre que tu étais mitigé sur Pas Pasolini. Moi je suis assez fan de sa trilogie de la vie (Mille et une nuits, Décaméron, Canterbury), en as-tu vu ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésDisons que, très client de Pasolini en général, je ne suis pas complètement convaincu par son cinéma. Pas même convaincu qu’il soit un cinéaste – mais évidemment cela mériterait précision, matériau à l’appui
J’ai tout vu je crois. La trilogie que tu dis comprise. Qui m’a plu, comme tout le reste. Sans m’éblouir.
Il faudrait que je revoie ceux que je préfère : L’évangile, Accatone, Théorème. Pour faire le point
-
-
Alexandre
InvitéPartant de la Trilogie,je peux comprendre que l’on se pose la question sur la viabilité de Pasolini comme cinéaste tant il filme n’importe comment (mais pas n’importe quoi), tant la caméra lui tombe des mains pour aller folâtrer dans les coins et recoins d’univers qui semblent précéder le tournage. Comme si le poète, muni d’une caméra, se retrouvait catapulté, groggy, façon Philémon, dans un passé énigmatique, picaresque et insolent.
On ne peut parler de cadre, d’écriture rigoureuse. Tout semble avant tout capté « sur place », puis agencé, soudé par un imaginaire syncrétique, qui abolit la frontière entre sacré et profane.
C’est assez inconfortable mais ça rentre en nous (ou pas) comme une bourrasque d’effluves ambivalentes, contenant le mystère du passé, truculent, pas toujours appétissant mais vital.
En résumé (relatif et temporaire), Pasolini tient sa caméra comme un sagouin mais nous ramène de l’inestimable.-
Seb H
InvitéHoula… Je sais pas de quoi tu parle… Moi j’ai plutot eu l’impression que Pasolini pose sa caméra avec veaucoup d’intention, elle est souvent fixe… D’ailleurs c’est tout le sel des films genre théorème, l’évangile, et médée… La caméra se pose, et en fait c’est le spectateur qui se fait un film dans sa tête, kopfkino, c’est pas pour faire le poseur mais c’est vraiment ça… Les plans sont pensés pour laisser le spectateur fantasmer, et le deuxième niveau du film se joue de ces attentes…
Médée qui regarde ses gosses avec le bruit de la musique néplaise ou je sais pas quoi… C’est pas du hasard. On l’a entendu avant, on sait ce qu’il va se passer, c’est jouissif. Et en plus c’est pas conceptuel comme d’autres films comme je sais pas, la zone d’intérêt, qui sont trop fait pour qu’on blablate sur le procédé, c’est beaucoup plus a vif et émotionnel.
J’ai jamais lu Pasolini, on me le présente surtout comme un écrivain chez mes potos littéraires, perso je trouve qu’il fait très bien réal à part entière…-
Alexandre
Invité« Moi j’ai plutot eu l’impression que Pasolini pose sa caméra avec veaucoup d’intention, elle est souvent fixe… »
Elle est souvent peu sure d’elle-même. Cela participe du charme.
-
Seb H
InvitéPtain tas raison..! J’ai regardé 2-3 extraits, oui, il ya a beaucoup de scènes filmées presque comme du documentaire… En tout cas pour les films décaméron 1001 nuit etc…
Mais pour préciser le truc, les scènes un peu charnières ont quand même une sorte de révérence à l’image.
Mais je ne sais pas si ton observation compte pour ses films moins légers, parce que ceux la c’est quand même beaucoup ou que de la boufonnerie. A part peut être certains passages des 1001 nuits… Avec le moine là, ou quand ils sont sous terre avec le gamin-
Alexandre
Invité« Mais je ne sais pas si ton observation compte pour ses films moins légers, parce que ceux la c’est quand même beaucoup ou que de la boufonnerie »
Je n’ai toujours pas vu Porcherie, ni Théorème (le premier ne m’attirant pas, le second….je ne sais pas pourquoi ) mais il y a cela dans L’Evangile, et dans Médée aussi je crois. Pas dans Accatone, ni Mama Roma., encore sous l’influence néo-réaliste.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Ptain tas raison..! J’ai regardé 2-3 extraits, oui, il ya a beaucoup de scènes filmées presque comme du documentaire… »
Ne laissons pas croire que le filmage documentaire serait un filmage à l’arrache, sur le vif.
C’est parfois très pensé, très posé, et très cadré, un documentaire.-
Tony
InvitéJ’ai écouté récemment un entretien radio de Godard où il s’amusait à dire d’un documentaire que c’était une magnifique fiction et d’une fiction que c’était un splendide documentaire,il disait aussi qu’un documentaire filme la mise en scène d’un autre,par exemple la sortie des usines Lumière est la mise en scène du patron!
-
-
-
-
-
-
-
hector b
InvitéJe viens de voir La grande bellezza de Sorrentino : j’ai apprécié ce moment, vu une beauté (ça tombe bien) précise à certaines scènes, aimé l’atmosphère et les choix de mise en scène. Quel plaisir, entre autres, de voir des séquences de fête s’étirer autant, et se répéter !
J’ai toutefois l’impression d’avoir vu un film résolument conservateur, plutôt réactionnaire, et je me dis avoir été témoin d’un excellent film de droite, un peu macho, socialement cynique. Par ailleurs, c’est le seul film de Sorrentino que je vois, mais j’ai cru comprendre que cette fascination pour les seins et le postérieur féminin revenait dans d’autres de ses films. La chose la moins subtilement utilisée du film à mes yeux, et je ne dis pas ça par pudibonderie
Qu’en pensez-vous ?-
François Bégaudeau
Maître des clésSorrentino est davantage un mélancolique qu’un réactionnaire
Et oui les seins et les culs l’intéressent fort. Toute morale mise. part, il faudrait voir ce que ça produit esthétiquement. Dans le dernier en date on voit que cette honorable fixette l’entrave esthétiquement. Il n’a d’yeux que pour son actrice principale bombesque et en oublie de faire un film.-
Oscar
InvitéParthénope je l’ai vu en italien, mais pas eu le sentiment d’être pour cette raison là passée à côté du sens. Sauf peut-être l’irruption du fils.
(Beaucoup aimé Youth à sa sortie)-
François Bégaudeau
Maître des clésje préfère largement Youth au dernier
-
-
I.G.Y
InvitéJ’ai un ou deux souvenirs précis là dessus. Il y a une scène assez caractéristique de ce que je veux dire qui est celle de la petite fille peignant de l’art contemporain dans une soirée de villa. La scène s’étire et donne d’abord l’impression de verser un peu comme le reste dans une sorte de décadentisme chic et sans intérêt : cette pauvre fillette en larme qui « peint » une œuvre absurde devant des riches repus et autosatisfaits, ah qu’elles sont belles nos élites-mondialisées — j’entends d’ici un Onfray activant son Tourette et déblatérant 20min sur cette troisième chute de l’Empire Romain (sans compter Seville – Roma Ligue Europa 2023).
Ce qui serait oublier comment se termine la séquence : un bref plan nous montre la fillette sereine et terminant une œuvre totalement transfigurée, aux antipodes de la caricature d’expo FIAC de départ. C’est peut-être ces contrepoints de douceur et de réelle lumière qui éloignent Sorrentino du simple cynisme et le rapprochent peut-être en cela d’une mélancolie.
.
Dans la même veine mais bien plus inattendu, et c’est ce que je retiens de plus fort dans le film, il y a ce long plan séquence documentaire du générique de fin. Qui suit de mémoire un plan conclusif kitschissime du personnage principal, éclairé de face par la lumière alternée du phare (ça s’oublie pas…) et dit à peu près : « j’ai cherché la grande beauté et je ne l’ai pas trouvée ». Cette scène de générique est en rupture formelle totale avec tout ce qui précède, une négation-dépassement que j’ai trouvée superbe.-
François Bégaudeau
Maître des cléstu me donnes envie d’y retourner
-
-
-
-
danko
InvitéOn pense quoi de « Bo Widerberg » ici ?
Un cinéma dans ma ville fait une rétrospective en 7 films (LE PÉCHÉ SUÉDOIS, LE QUARTIER DU CORBEAU, AMOUR 65, ELVIRA MADIGAN, ADALEN 31, JOE HILL, LA BEAUTÉ DES CHOSES)Ça vaut le coup ? et lequel voir en priorité ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésje connais pas
nous t’envoyons en éclaireur, tu nous diras -
..Graindorge
Invité@ danko
si tu pouvais aller voir d’abord « Joe Hill » et nous en dire quelque chose ici -
MA
InvitéLaurent Delmas en parle brièvement ici, en le qualifiant de « l’autre suédois ». https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/les-sorties-cinema-de-la-semaine/les-sorties-cinema-de-la-semaine-du-samedi-14-juin-2025-2371580 .
Il conseille de voir Le péché suédois.
-
-
Stéphanie
InvitéL’aventura est passé en avant 1ere à Nice, j’ai insisté lourdement ,comme je peux être en tant que mère, auprès de ma fille pour aller le voir ( 23 ans cherche du taf dans le cinéma).
Son retour » c’est étonnant, à tous les plans elle filme la vie, pas de rebondissements ni rien de tout ça, juste un constat un peu social d’une famille. Parfois je me suis un peu ennuyée. Par contre j’ai été bluffée par le travail de cette réal qui fait tout elle même , petite équipe, et j’aimerai savoir comment elle fait avec les enfants qui jouent si justes. Je pense que ça va te plaire maman. » -
kenny
Invitéfilmo sciamma
htt_ps://gofile_io/d/ibiRjrparthenope
htt_ps://drive.google_com/drive/folders/1vmazNzWQNQqVSwvOvqw101Zie2zNqFVMtangerine
htt_ps://drive.google_com/drive/folders/1-BcgyP1YYnNhhZEY_HlQX-Nx4ou9FDd9prince of broadway
htt_ps://drive.google_com/drive/folders/1HzctUU0iqwFTcJQwAxsdkWrA6L89GYKuflorida project
htt_ps://drive.google_com/drive/folders/14B4XvUImI0al_QtyE3F9NyveSGAxzlxb-
kenny
Invitésupprimer le premier _
remplacer le 2e _ par .
-
-
Charles
InvitéJe recommande la lecture des Cahiers du cinéma du mois de juin qui consacrent un dossier aux séries pour en faire un bilan et un état des lieux après la fin de l’âge d’or des années 2000-2010. Je n’ai pas encore tout lu (notamment les interviews des showrunners) mais les premiers articles m’ont intéressé dans leur défense du format, sans vraiment me convaincre. Ils reviennent sur cette tendance de la mini série d’auteur en 4-6 épisodes, sorte de raffinement et de rejet du format classique mainstream de 5 saisons qui trahit les promesses apportées par cette longueur – suivre les personnages dans la durée, avec une inscription de la série dans le quotidien du spectateur etc. Une des autrices est Hélène Boons, universitaire qui a commis une critique assez effarante de CUM, et qui, il me semble, est assez proche de la branche néo-féministe de la critique, celle qui défend la série comme forme longtemps décriée et appréciée en majorité par des femmes (les ménagères). Ce qui est intéressant dans son texte c’est qu’elle prend la série par ses faiblesses – ses dialogues informatifs, souvent plats, son obésité narrative, ses trous, son informité – plus que d’essayer d’en nier l’existence. Oui, selon Boons, on peut faire autre chose en regardant une série car les informations passent par les dialogues. Oui, on s’ennuie un peu devant une série, parfois ça ne parle de rien et c’est assez vide. Mais, c’est un doudou de notre existence, de notre vie de tous les jours. Bon, c’est un peu désarmant (je force à peine le trait, il faut aussi dire que l’article est entre le descriptif et le mélioratif) mais c’est une analyse qui a le mérite d’affronter le format plutôt que le nier. Ce que nous dit le dossier c’est qu’en somme on ne peut pas critiquer une série comme on critique un film, notamment parce que les conditions de visionnage sont très différents. Une entretien croisé entre Commeaux et Burdeau, intéressant mais trop court avec un Burdeau bavard comme d’habitude, insiste sur cette réception différenciée, l’immixtion de la série dans l’intimité des spectateurs, les façons multiples de regarder une série etc. Et tente de répondre à la question qui est pour moi le signe de la faiblesse de la série comme format : pourquoi il n’y a pas de grand critique de séries (que l’article reformule euphémistiquement en pourquoi le champ de la critique séries est beaucoup plus éclaté et moins identifié, quelque chose comme ça)?
Toute ceci est intéressant mais n’affronte pas vraiment un problème crucial : quel spectateur est produit par la série et quel impact sur le cinéma cela peut-il avoir étant donné que la consommation de la culture est un jeu à somme nul. Quand on suit deux, trois séries en même temps, on peut plus difficilement aller au cinéma et lire des livres. Question que se posent rarement les critiques professionnels, ceux-ci n’étant pas aussi concernés que le reste de la population dans l’allocation de leur temps à la culture.-
Tony
InvitéTu sembles dire que l’allocation du temps consacré aux séries se ferait au détriment d’autres choses,au fond cet argument on l’entend à chaque fois qu’apparaît un nouveau média, autrefois les salles de cinéma craignaient la concurrence de la télévision couleur qui arrivait dans les foyers, peut-être qu’au début du cinéma les salles de spectacle vivant eurent la même crainte,plus récemment l’essor du jeu vidéo devait éloigner les jeunes de la lecture ou du cinéma, aujourd’hui j’ai l’impression que l’on craint davantage,et à juste titre à mon avis,les réseaux sociaux plus que les séries qui sont de plus en plus médiocres mais finalement pas plus que les 15 films qui sortent chaque semaine en salles.
-
Charles
InvitéLa crainte est peut-être récurrente mais est-elle fausse? La fréquentation des salles de cinéma a beaucoup diminué depuis les années 50, son âge d’or. Les adultes lisent moins qu’il y a 10 ans. Ce sont des faits. Je ne sais pas si on peut fortement les corréler avec les jeux vidéos ou l’avènement des séries mais ça ne semble pas déconnant de présumer que le temps libre n’étant pas infini toute activité chronophage empiète sur les autres.
-
Tony
InvitéIl y a aussi un paramètre économique sur les choix culturels,sur la lecture en effet on peut être pessimiste, enfin ce qui est chronophage et inquiétant aujourd’hui c’est le temps passé sur les réseaux sociaux et là on se demande bien quel type d’individu cela peut produire, plus inquiétant à mon avis que le type de spectateur que la forme série produirait.
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe crois avec Charles que cette redite n’exclut pas la justesse : de fait la télé a bouffé du temps de cinéma, de fait la série a bouffé du temps de film., etc. On n’est pas obligé de le déplorer c’est ainsi.
Je crois aussi qu’on a toujours tendance à défendre le moins pire par rapport au pire. Oui la télé c’était pas top mais quand même c’était mieux que tous sur son ordi. Et toi Tony tu dis : oui les séries c’est pas top mais y a pire: les réseaux sociaux. Et j’entends dire que dans les réseaux sociaux y a du moins pire (insta) et du très pire (Tiktok) que sans doute viendra supplanter de l’archi pire.
Je ne veux rien démontrer en disant ça. Sinon peut etre que le pire est toujours sûr.-
I.G.Y.
Invité« notamment parce que les conditions de visionnage sont très différents » / « c’est un doudou de notre existence, de notre vie de tous les jours » : ça me fait penser à quelque chose qui s’ajoute à la critique souvent faite par François et d’autres ici à propos des modes d’attention. J’ai eu quelques conversations là-dessus dernièrement.
Je constate chez plusieurs amis que la série (mais en fait aussi le film) est littéralement un doudou, en tant qu’on s’en sert pour s’endormir au lit. J’imagine que ça n’est pas nouveau et date de bien avant les séries (la fameuse télé en face du lit), mais possible que ça ait augmenté. Certains m’ont dit que le format plus court de la série rendait, on s’en doute, un peu plus naturel le morcellement du visionnage. Mais ça va plus loin car j’ai certains n’ont pas de problème à morceler au sein même d’épisodes courts (et arrêter un épisode à 7min sur 30 rend plus facile de reprendre que d’arrêter un film à 35min sur 120). Malgré tout, le fait reste que certains morcellent indifféremment avec une série ou avec un film. C’est donc dans leurs cas une affaire de mode général d’attention plus qu’une affaire série au sens strict.
-
Alexandre
Invité« Malgré tout, le fait reste que certains morcellent indifféremment avec une série ou avec un film. C’est donc dans leurs cas une affaire de mode général d’attention plus qu’une affaire série au sens strict. »
Oui, voilà. Sur le forum que je fréquente, je me rends compte que bien des gens disent reprendre le soir le cours du film qu’ils avaient laissé en plan la veille.
Cela peut m’arriver, mais c’est accidentel, du à une mauvaise organisation. Alors que chez beaucoup, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un mode de fréquentation des films.
-
-
-
-
-
-
-
Tchitchikov
InvitéSalut tout le monde. Jamais vu de film des Larrieu. Vous conseilleriez lequel pour commencer ? J’ai cru comprendre que le dernier n’était pas terrible.
-
François Bégaudeau
Maître des clésOui tralala c’est raté
L’amour est un crime parfait est leur meilleur.
Sinon : Un homme un vrai-
Tchitchikov
InvitéMerci beaucoup. Le roman de Jim raté aussi apparemment.
-
Tchitchikov
InvitéRegardé hier L’amour est un crime parfait. C’est déroutant ; rendre presque excitant un inceste frère-sœur en même temps que dégoûtant c’est fort, entre autres choses. Pas le temps de trop développer mais j’me suis demandé si, consciemment ou non, ce film t’avait inspiré pour construire les personnages de Ma cruauté. Relisant L’enfance d’un chef de Sartre (qui pour moi est le roman le plus fin sur ce que signifie un devenir-fasciste) je tombe aussi sur un passage ambigu sur les crabes. Ça te dit quelque chose ?
Vu ce matin tôt sur un étal de poissonnier des homards voulant se faire la malle. Dure scène. Maintenant quand je vois des yeux de crustacés à pince je pense à François Bégaudeau. Plus particulièrement à la couverture et à la scène de Ma cruauté. SeigneurHomard.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne pense pas qu’il y ait eu influence au sens strict, mais il est clair que voyant ce film je l’avais affilié à la famille cruelle.
Je tiens aussi L’enfance d’un chef pour une remarquable « psychologie » du fascisme, mais je n’ai pas souvenir du crabe.-
Tchitchikov
Invité« Lucien pensait tout le jour à ses complexes et il imaginait avec une certaine fierté le monde obscur, cruel et violent qui grouillait sous les vapeurs de sa conscience : « Tu comprends, disait-il à Berliac, en apparence j’étais un gosse endormi et indifférent à tout, quelqu’un de pas très intéressant. Et même du dedans, tu sais, ça avait tellement l’air d’être ça, que j’ai failli m’y laisser prendre. Mais je savais bien qu’il y avait autre chose.
– Il y a toujours autre chose », répondait Berliac. Et ils se souriaent avec orgueil. Lucien fit un poème intitulé Quand la brume se déchirera et Berliac le trouva fameux, mais il reprocha à Lucien de l’avoir écrit en vers réguliers. Ils l’apprirent tout de même par cœur et quand ils voulaient parler de leurs libidos ils disaient volontiers :
« Les grands crabes tapis sous le manteau de brume » puis, tout simplement, « les crabes » en clignant de l’œil. »-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
pas mal
-
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéMagnifique un vrai,un homme, comme un.peintre qui retouche, rajoute, efface et recommence sa toile, ce film m’a fait la même impression, l’amour se rejoue se re.raconte. Très émue par la mise en scène clair obscure ombre lumière. Le doigt de Boris sur le téton de Marilyn, le frisson.
Merci François pour cette recommandation.-
François Bégaudeau
Maître des clésdans cette continuité picturale érotique, tu peux voir Peindre ou faire l’amour (quel titre)
je ne sais pas ce que j’en penserais maintenant mais je l’avais aimé à l’époque – et écrit dessus dans les Cahiers je crois-
stephanie
Invitéje n’avais pas aimé Peindre ou faire l’amour, je ne serais trop dire pourquoi, peut être du fait des acteurs ( Auteuil et Azéma – eczéma).
-
Juliette B
InvitéIl y a 21 nuits avec Pattie aussi. Il y est question du désir, lumineux ou trouble, ou de son absence, et tous les personnages, hommes et femmes, sont aimables, je veux dire qu’on peut tous les aimer, comme Pattie sait les aimer.
Et puis je me souviens d’une scène de baignade où les ouvriers payés entretenir une belle piscine en pierre sont surpris par Isabelle Carré, qui débarque, en train de faire les cons dans l’eau (ou plutôt c’est elle qui est surprise par ce plaisir qu’ils se donnent).
Une ode au soleil et à la sensualité dans mon souvenir. Avec un Dussolier fébrile et drôle, comme il sait parfois l’être. Vous me direz -
..Graindorge
InvitéStéphanie: à tout hasard je remets là ma?question à propos de YES.
« si et seulement si tu veux bien, j’espère que tu en diras un peu plus sur cette vision de Tel Aviv et des « affects sur le psychisme des habitants » »
Sinon j’aime bien Daniel Auteuil mais pas pu aller jusqu’au bout de Peindre ou faire l’amour
-
-
-
Claire N
Invité« Magnifique un vrai,un homme, comme un.peintre qui retouche, rajoute, efface et recommence sa toile »
Merci Stephanie
Je prends
Et m’émerveille sur cet espace
Qui comme les « milles plateaux «
Au bon moment , en parallèle et d’un bon
D’un topic à l’autre nourrit des réflexions sœurs
Reste une petite sensation hallucinatoire agréable
Merci-
Claire N
InvitéEt en parallèle je commence à comprendre
, il m’aura fallu du temps pour, l’intelligence des intuitions de Carpentier
Particulièrement sensible il me semble à cette modalité- j’ai souvenir qu’elle y réfère-
Tchitchikov
InvitéAh je sais ce que j’vais voir ce soir.
-
-
-
-
-
-
Pierre
InvitéPour en revenir a Elephant discuter plus haut, je pense qu’Elephant à réussi la ou la très mauvaise série adolescence à échoué (évoquer dans le dernier numéro des cahiers), pour comprendre la médiocrité de l’un, il faut regardé l’autre
-
François Bégaudeau
Maître des clésayant regardé l’autre, je vais enfin me résoudre à regarder l’un
ça me fatigue d’avance ce plan séquence, mais je suis vaillant-
Pierre
InvitéIl en faut du courage
Mais puisque nos chères têtes blondes vont sûrement devoir se farcir des extraits de la série en classe, accompagnés de commentaires à rallonge, grâce à Élisabeth Borne, on peut endurer leur calvaire avec eux, par solidarité silencieuse-
François Bégaudeau
Maître des clésoui, et je me disais betement qu’il devenait presque politiquement impossible de ne pas avoir vu la série
comme il m’était apparu impossible de ne pas voir En thérapie quand elle devenait un phénomène-de-société
oh comme elle est difficile et admirable la vie de la conscience éclairée que je suis-
Julien Barthe
Invité« oh comme elle est difficile et admirable la vie de la conscience éclairée que je suis »
Rire.
Si la conscience éclairée veut bien se donner la peine de rendre compte de son expérience, ça nous permettrait de maintenir notre niveau de politisation sans se faire chier à regarder ce qu’on nous a présenté comme une cascade.
« Chaque épisode est un plan séquence, éclairé à la lampe à huile, le meurtre est réel. »-
Ostros
InvitéJe l’ai vue.
C’est un continuel discours sur comment les parents doivent savoir éduquer leurs enfants.
Les plans de caméra mobile font toujours les mêmes mouvements de cadres. Donc la forme plan séquence n’apporte rien. On reste dans du pré découpé. C’est ce qui est le plus visible, cette redite continue du cadrage TV dans une forme (le plan séquence) censée apporter autre chose. Et appuyée comme étant la patte particulière et osée de la série.
J’en avais parlé aussi sur un autre fil c’est le forcing chorégraphique qui doit mener la caméra à droite à gauche (se poser sur des scènes très lourdes dramatiquement (cris)). Forcing qui crée des incohérences, qui piétine le réel. Les individualité sont des choses dans ces intermèdes.
Pas de suspense. Pas de zone grise ou de malaise.
J’attends aussi le commentaire de François sur la chose. Il y a matière à penser.-
François Bégaudeau
Maître des clésje crois qu’hélas la conscience éclairée n’ait pas grand chose à éclairer sur ce coup là
mais si le meurtre est réel alors j’y cours-
François Bégaudeau
Maître des cléscrains
-
Billy
InvitéJ’ai vu le premier épisode. Tu vas te faire chier. Notons que le scénariste d’Adolescence est également acteur : il joue le père du suspect.
La série d’un bon père de famille.
-
-
-
Pierre
InvitéSur ma comparaison initial, en parallèle du sujet-discours de fond des deux films, mon point était sur la forme; comment les plans séquences qui structure Elephant peuvent ils être si beau, fluide, épuré et les plans séquences d’adolescence aussi raté, lourd et gras, alors que les deux partent presque de la même idée ?
-
Louise Michelle
InvitéVu aussi la série et je suis d’accord avec Ostros. Rarement vu des adultes aussi démunis, on présente les adolescents comme si le rapport de force avait basculé de leur côté, alors qu’on s’est très bien ce qu’il se passe notamment au collège.
On veut faire du spectaculaire et on absente la justesse pour servir un fond autoritaire.
Le premier épisode est quand même le plus interessant. Je trouve qu’on voit des choses à travers le plan séquence. C’est passionnant de suivre comme la protocole se met en place une fois arrivé au commissariat. J’aime beaucoup ce simple moment des empreintes digitales. -
Ostros
InvitéD’un côté le film D’un cinéaste
De l’autre la série d’une plateforme grand public
Les intentions et les formes sont antagonistes dès les origines de chacun. Un film, une œuvre. Une série, un produit. Du vivant, des choix formels ,qui vont exclure inévitablement certains spectateurs /du consommable qui doit rassembler le plus grand nombre (objectif : argent / débats d’opinions / visibilité / auto publicité de la plateforme).-
Ostros
InvitéC’était ci-dessus ma réponse à Pierre sur
« comment les plans séquences qui structure Elephant peuvent ils être si beau, fluide, épuré et les plans séquences d’adolescence aussi raté, lourd et gras, alors que les deux partent presque de la même idée ? »-
Pierre
InvitéOui et ce qui finit par déteindre sur le propos de la série, la forme lourde et brutal des plans séquences donne une moral autoritaire et sur-explicative.
La ou le film de van sant était dans l’informulé et l’implicite, à l’image des plans séquences.
J’ai aussi l’impression que la série ne cherche pas vraiment a adopter le point de vue de l’adolescent, ni a le comprendre, mais uniquement celui des parents largué.
Alors que dans Elephant c’est l’inverse, les parents sont vu comme les bon a rien, le père bourré qui zig zag dans sa voiture sur le chemin du lycée et tout est aperçue selon une sensibilité adolescente. -
kenny
Invitéc’est d’ailleurs la seule erreur de casting le père
-
Tony
InvitéOn en revient à ce que disait Daney,le cinéma c’est le monde et la télévision c’est la société.
-
Ostros
InvitéFaudrait contextualiser cette citation.
Le monde / la société, qu’est-ce que ça veut dire.
Toujours dubitative quand je lis « le monde ».
La société je vois, et j’ai en tête plein de film qui restituent précisément les rapports sociaux dans une situation donnée. -
Tony
InvitéJe trouve que l’image se suffit à elle même pour être comprise,le monde est plus vaste que la société, certains l’appeleront la vie,d’autres la vie des individus ou le rapport dialectique entre eux et la société alors que la télévision,la mauvaise, celle d’adolescence,aurait un point de vue policier sur l’individu.
-
Ostros
Invitéle monde est plus vaste que la société
certains l’appeleront la vie : il n’y a pas de vie dans la société ?
d’autres la vie des individus : on a zommé, donc
ou le rapport dialectique entre eux et la société : donc des rapports sociaux.
.
alors que la télévision,la mauvaise (?), celle d’adolescence,aurait un point de vue policier sur l’individu.
.
Donc dans la citation, le monde se serait la société et la société se serait le policier.
Ça m’embrouille encore plus.
Tu as le contexte de la citation stp ? Ça m’aiderait à saisir le propos. -
Ostros
InvitéCe serait avais je écrit
Deux fois -
Claire N
InvitéHum
Dans comme une mule il y a il me semble
À propos de la phrase de Rimbaud « esclaves ,ne maudissons pas la vie « peut etre quelque chose de l’ordre de votre questionnement
Je n’ai pas le livre sous les yeux
Mais la question de la vie plus vaste que la société y est me semble-t-il abordée -
Ostros
InvitéJe comprends mieux Rimbaud.
Mais ici il est question de la société à travers un regard policier visiblement.
Le monde, ça ne me parle pas.
Tony, j’ai demandé la citation dans le contexte duquel tu l’as prélevée pour éviter de gloser dessus justement et me permettre de comprendre par mes propres moyens. Bien sûr que le contexte d’une citation permet de la comprendre. Et d’ailleurs il y a des détournements de sens à force de citer des gens hors contexte. Je ne dis pas que c’est le cas ici, car je ne le sais pas.
Pourquoi tu gardes la source de la citation pour toi ?
Je ne l’ai pas retrouvée sur Google donc si tu peux la restituer ici, sans faire plus de commentaire dessus, je verrai ce que tu veux dire.
S’il s’agissait de parler d’un film en particulier ou d’autre chose. Qu’est-ce qui précédait cette formule et qu’est-ce qui la suivait. -
Ostros
InvitéD’après ce que je trouve sur internet
Ne pourrait on pas résumer ainsi
Le cinéma c’est l’expérience du monde
La télévision quant à elle donne à voir l’inconscient de la société (clichés, prêt à penser, etc), elle en est un « sondage permanent et matérialisé ».
.
J’ai synthétisé des écrits de Daney compulsés rapidement, mais ça me semble cohérent.
Du coup il manquait le mot « expérience » au monde
Et la télévision entendue comme pourvoyeuse d’images qui ne font que confirmer ce que la société produit. -
Tony
Invité@Ostros pour clarifier et remettre dans son contexte l’usage que je fais de cette citation c’est que je la trouve éclairante quand je compare Elephant et Adolescence,il y a dans Éléphant une multiplicité de points de vue qui nous permettent de Voir et de comprendre ce que peut être la vie sur un campus alors que dans la série il s’agit de condamner la jeunesse dans son ensemble, c’est un point de vue policier, celui de la société, pour ce qui est de ma source, j’ai entendu cette citation dans l’émission suivante,je ne sais plus à quelle minute, peut-être dans la première heure et demie
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/le-bon-plaisir-jean-luc-godard-1ere-diffusion-20-05-1995-9856251 -
Ostros
InvitéAh merci !
Je vais essayer de trouver cet extrait d’archive de Daney dans cette émission.
Merci aussi d’avoir pris le temps de déplier un peu.
Je pense qu’effectivement « expérience du monde » est ce qui qualifie mieux le cinéma.
Pour le point de vue policier sur la jeunesse qui reflète celui de la société, ça semble aussi rentrer dans ce que j’avais choper sur la réflexion de Daney au sujet de la télévision, à savoir qu’elle recrache ce que produit la société en terme de préjugés, points de vue etc.
C’est plus clair -
Tony
InvitéPour moi cette image est claire comme de l’eau de roche,je ne vois pas ce que je pourrais en dire de plus et sa compréhension ne dépend pas d’un contexte,si les mots que j’y mets ne te conviennent pas,mets ceux que tu veux je vais pas gloser à l’infini sur un truc aussi simple.
-
-
-
-
-
-
-
-
MA
Invité-
MA
InvitéA mettre en parallèle avec sa chronique d’aujourd’hui : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-regard-culturel/le-regard-culturel-chronique-du-jeudi-12-juin-2025-6577685
-
Pierre
InvitéMerci MA
-
Juliette B
InvitéJe mets au pot l’article de mai du diplo
Après le gouvernement britannique, c’est l’Éducation nationale française qui veut diffuser la série « Adolescence » dans les collèges, à partir de la 4e. La ministre de l’éducation Elisabeth Borne, a annoncé ce dimanche 8 juin que la série en quatre épisodes, qui traite des ravages du masculinisme et des réseaux sociaux, sera proposée comme support pédagogique. Mais « Au fond, le programme raconte peu de choses de la jeunesse, analysait Emilie Bickerton dans nos colonnes en mai. Sinon que les adultes — dont il adopte le point de vue — s’en inquiètent, que ça leur fait du bien d’en parler ou qu’une série leur en parle. »
Une pétition qui exige la diffusion d’« Adolescence » dans les collèges français a déjà recueilli des milliers de signatures. Pourtant, la série-phénomène parle surtout aux adultes, de leurs tourments de parents, de leur rapport confus aux images.
Dès la sortie sur Netflix de la série en quatre épisodes Adolescence, la critique extatique a salué un succès extraordinaire. Les commentaires se sont concentrés sur les questions soulevées par l’histoire de Jamie, 13 ans, qui poignarde à mort une fille de son âge. Entre autres thèmes abordés, le rapport aux écrans des adolescents, le harcèlement sur les réseaux sociaux, la masculinité toxique inspirée par l’influenceur Andrew Tate ou le sort des Incels.« Adolescence », la série fait sa crise
Accès libre // par Emilie Bickerton (mai 2025)
. Avec plus de cent millions de vues dans plus de soixante-dix pays et une place parmi les dix séries anglophones les plus populaires de tous les temps sur la plate-forme, le programme a d’ores et déjà comblé ses producteurs et touché la corde sensible d’un public qui lit aussi le best-seller Génération anxieuse, de Jonathan Haidt (Les Arènes, 2025).
Un peu partout, les créateurs de la série — Philip Barantini, Stephen Graham et Jack Thorne — ont revendiqué leur intention d’alerter le public et les autorités. Le dernier a même appelé le législateur britannique à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Tout cela n’a pas manqué de susciter l’intérêt du premier ministre. M. Keir Starmer a confié sa difficulté à la regarder avec ses adolescents, puis s’est fait l’écho de l’opinion générale. La série agirait comme un « projecteur braqué sur un ensemble de problèmes qui souvent laissent désemparé ». Et la plate-forme de jouer le Bon Samaritain : tandis que son modèle repose sur sa capacité à river les adolescents aux écrans, elle a annoncé la mise à disposition gracieuse du programme dans les établissements secondaires au Royaume-Uni.
Jusqu’à présent, ses productions originales avaient exploré le monde virtuel avec moins de gravité. La série dystopique Black Mirror (2011) mêlait harcèlement en ligne, attachement obsessionnel à des amis virtuels et engouement malsain pour les faits divers. Le documentaire criminel (« true crime ») reste d’ailleurs l’un des genres les plus populaires du catalogue de Netflix. Adolescence marquerait une rupture par son traitement rigoureux d’une question de société comme par une esthétique de prime abord différente. Car, au centre des discussions ou des commentaires sur cette fiction, revient également le recours à une technique, le plan-séquence, aussi ancienne que le cinéma. La campagne de promotion de la série en a fait un argument-clé. Chaque épisode d’environ une heure consiste en une seule longue prise — promesse d’intensité, gage de réalisme.
Dans les années 1890, les frères Lumière tournent leurs premiers films en une seule prise d’une minute environ, soit la durée que leur caméra peut saisir sans changer de bobine. Le recours à cette forme reste par la suite assez rare tant il impose de fortes contraintes d’écriture et de réalisation. Mais le défi inspire quelques réalisateurs dont le sujet s’y prête. Si La Corde (1948) n’est pas un vrai film en plan-séquence, tout semble se dérouler dans une pièce sans coupure et en temps réel. Les mouvements d’un acteur permettent à Alfred Hitchcock d’occulter les changements de bobine toutes les onze minutes. Aujourd’hui, le progrès permet la réalisation de longs-métrages en une seule prise. Avec une virtuosité appuyée, dans L’Arche russe (2002), la caméra d’Alexandre Sokourov suit sans interruption le parcours d’un fantôme dans le Palais d’hiver à Saint-Pétersbourg. D’autres films récents y ont recouru plus subtilement, pour susciter de la tension, au service de l’argument : Utøya, 22 juillet (Erik Poppe, 2018), qui retraçait le massacre perpétré sur une île norvégienne ; ou The Chef (2021), de Barantini, déjà — la soirée démente d’un cuisinier étoilé, joué par Stephen Graham.
La même équipe reconduit donc le procédé avec Adolescence pour plonger le spectateur dans la situation de la famille de Jamie, des policiers, de la psychologue, qui cherchent tous à comprendre, malgré la douleur ou la sidération. Malgré aussi la personnalité déconcertante du très jeune garçon, son apparente douceur, la colère en lui. Le spectateur peut éprouver tout cela, la tension, le désarroi, grâce au plan unique. Mais la réalisation dans son ensemble finit par produire les mêmes effets que l’ordinaire de Netflix. Et la contradiction formelle — le travail sur l’intensité contrarié par la recherche d’efficacité, le spectateur emporté par le flux de la série plutôt que mobilisé par la force du plan unique — embrouille le propos. Au fond, le programme raconte peu de choses de la jeunesse. Sinon que les adultes — dont il adopte le point de vue — s’en inquiètent, que ça leur fait du bien d’en parler ou qu’une série leur en parle.
À son meilleur, bien sûr, le parti du plan-séquence modère ces pulsions d’efficacité. Il contraint l’action, qui se déroule en temps réel et suit les mouvements des protagonistes. La caméra colle aux personnages, se déplace avec eux. Cette proximité produit une intensité qui captive. Quand la voiture ramène Jamie au commissariat après son interpellation, quand son avocat se prépare avant le premier interrogatoire, quand la psychologue prend un chocolat au distributeur et y ajoute des marshmallows de son propre Tupperware pour des raisons que nous découvrirons plus tard : la fréquence des moments où rien de dramatique ne se joue surprend dans ce genre de fiction. Tous permettent, à travers des détails bien choisis, de saisir la réalité vécue par les personnages et la situation.
Mais la série renonce à cette revigorante austérité dès le terme du deuxième épisode. Son étrange épilogue marque une rupture formelle, presque comique. Après avoir parcouru l’école de Jamie avec les inspecteurs à la recherche d’un indice pour retrouver l’arme du crime, et sans que le récit le justifie, la caméra s’envole. Elle se détache du point de vue qui l’ancrait dans la réalité vécue par les protagonistes. Une chorale accompagne la vue aérienne des champs verdoyants autour de l’école. Enfin, pas n’importe quel chœur ; un ensemble de très jeunes garçons, forcément purs, avant la chute… Bref. Des prises de vues par drone, une musique émouvante, soudain Adolescence ressemble beaucoup à une production Netflix.
Un écart passerait. Or dans les quatre épisodes la caméra s’agite sans cesse, surtout lors de scènes qui ne le justifient pas, à l’encontre sans doute de l’intention des créateurs, qui entendaient offrir une expérience intense et immersive. Il faut admettre, bien sûr, la finesse des dialogues ou la justesse des acteurs. Mais, précisément, ces qualités, trop souvent la mise en scène les gâche. Le chef opérateur gigote autour des personnages, les cadre en gros plan, se concentre sur les visages et exfiltre les corps. C’est parfois efficace ; le plus souvent inutile et distrayant, comme dans le troisième épisode.
Celui-ci se déroule dans le centre où Jamie est détenu avant son procès, et tourne autour de son entretien avec l’experte chargée d’établir son profil psychologique. Le scénario est solide, le portrait qui se dégage loin de la caricature. La tension émotionnelle monte tandis que Jamie et la psychologue jouent au chat et à la souris. Alors en apprend-on le plus sur le garçon, ses amis, sa relation à ses parents, sa honte de mal jouer au football quand son père, Eddie, assiste à ses matchs, son mépris pour sa mère — juste bonne à cuisiner le « rôti du dimanche » — et son problème d’amour-propre. « Mais toi, tu m’aimes bien ou pas ? » Les cris de Jamie à la fin de l’entretien expriment une vulnérabilité, un besoin d’affection qui ont pu précipiter son passage à l’acte.
De nombreux éléments de cette scène suffiraient donc à nous tenir en haleine pendant une heure sans que la caméra ne bouge. Avec les deux personnages dans le champ d’un appareil immobile, nous aurions le temps d’observer leurs interactions, leur langage corporel, comment l’un joue avec l’autre, l’évolution du dialogue autant que celle des attitudes. Ils auraient existé pour nous comme deux personnes, ensemble. Mais c’est la réalisation qui accapare l’attention, et détourne du drame. Rien de tout cela n’est réel.
Rien à voir, donc, avec le réalisme social de Ken Loach ou de Mike Leigh, quand bien même la production Netflix traite de questions de société au prisme de la famille. Rien à voir non plus avec Sur écoute (2002) ou Sambre (2023), deux autres séries ambitieuses sur le plan formel qui consacraient pour la première chaque saison, pour la seconde chaque épisode à l’étude d’une institution. Les quatre parties d’Adolescence évoquent la police, l’éducation, la santé mentale puis la famille, mais toujours du point de vue des adultes, et sans esprit critique. Sauf dans l’épisode caricatural au collège de Jamie dont les répliques appuient le sermon de la série :
— « Un putain de parc à bestiaux », soupire le policier en quittant le collège (message : la jeunesse va mal, il faut légiférer).
— « Oui, toujours cette odeur de vomi et de masturbation, lui répond sa collègue… mais je me souviens encore d’un prof, il avait compté pour moi… » (message : les enseignants font ce qu’ils peuvent, c’est le système qu’il faut réformer).
De tels dialogues encombrent le récit. Ils lestent des scènes inutilement bavardes, trahissent la promesse de vérité que faisait miroiter le plan-séquence. Ce travers s’accentue encore dans le tout dernier épisode, dont l’intrigue sert une seule cause : présenter la famille de Jamie comme tragiquement ordinaire. Certes, il comporte quelques-unes de ces échappées que les auteurs n’ont pas assez laissées filer. Quand, par exemple, un détail suggéré précédemment par le dialogue — la tendance du père à s’emporter — advient dans l’action. Sur un parking, Eddie s’en prend à deux jeunes garçons qui ont tagué sa camionnette. On le suit qui rattrape un des adolescents et balance son vélo. Avec lui, on est comme fou, éclaboussé par la rage qui a déteint sur son fils.
C’est une scène importante. Elle esquisse une perspective dramatique sur un autre facteur qui pourrait nous aider à mieux cerner le crime, sans l’appui des répliques ou d’une explication toute faite, la mauvaise influence des réseaux sociaux par exemple. La série nous emmène ailleurs, sur une voie plus escarpée qui consiste à essayer de rapporter le comportement de Jamie à ce qu’il a vécu chez lui, aux agissements qu’il a observés et qui ont influencé son propre développement. L’absence de dialogue explicatif nous laisse libres d’interpréter cette scène, et élargit le champ de notre regard sur cette terrible affaire.
Mais cette ouverture se referme lors du final. De retour à la maison, dans la chambre à l’étage, un dernier dialogue exonère le père et la mère tout en les condamnant à une vie de culpabilité. Leur conversation nous apprend, au cas où nous ne l’aurions pas encore saisi, qu’ils ont été des parents aimants mais aussi très occupés, et donc pas assez vigilants. Ensemble ils regrettent la lumière allumée tard la nuit dans la chambre du garçon. Ils n’ont toujours aucune idée de ce qui s’y passait. « Nous avons fait de notre mieux », se disent-ils pour se réconforter, et pour réconforter les spectateurs adultes inquiets.
La dernière scène suinte la tristesse. Eddie entre dans la chambre de Jamie, balaie la pièce du regard, puis s’effondre en larmes, le visage enfoncé dans l’oreiller. « Je suis désolé, mon fils, j’aurais dû faire mieux », dit-il avant d’embrasser un ours en peluche qu’il glisse sous la couette. En très gros plan, sur une musique dégoulinante, l’acteur donne tout. Voilà nos cœurs brisés et nos esprits vidés. Épuisés. C’est tellement dur d’être parent. L’adolescence ? On verra une autre fois. Netflix a engrangé un nouveau succès. Une autre saison est en discussion.
(Traduit de l’anglais par Grégory Rzepski.)
Emilie Bickerton
Critique et scénariste, membre du comité de rédaction de la New Left Review.-
MA
InvitéMerci Juliette B.
-
-
-
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéIls ont projeté la « Final Cut » du prochain PTA à Chicago hier. 2h50 générique inclus.
—
Sinon :
-
Charles
InvitéAh donc il n’a finalement pas raboté le film de 20 minutes comme on l’a lu?
-
K. comme mon Code
InvitéEn fait, les versions plus courtes projetées au New Jersey avaient chacune une fin différente. La version finale a ces deux « fins ». Je comprends pas trop l’intérêt mais bon !
-
Charles
InvitéCurieux. Mais ça laisse penser qu’il a bien eu le final cut.
-
K. comme mon Code
InvitéOui. Il était présent dans la salle à Chicago aussi.
-
-
Seldoon
InvitéMais où as-tu ces infos ? Même mon contact de Rhode Island, qui se nourrit exclusivement de PTA, respire PTA, vit et meurt PTA, porte des chaussettes PTA n’avait rien vu passer. À cause de toi il va passer son aprem à lire tout twitter à la recherche de la moindre info.
-
luc
Invitéok , j’ai vérifié les chaussettes Paul thomas Anderson existent bel et bien…
-
Seldoon
InvitéPlus précisemment, celles qu’il m’a montrées sont des chaussettes Punch Drunk Love.
-
-
K. comme mon Code
InvitéPotes américains fans de PTA qui bossent plus ou moins dans l’industrie audiovisuelle. Mais ces projections test visent un public large, c’est en fonction de la localisation : des gens ont eu des pubs sur Instagram pour s’inscrire. Pour Chicago, un ami a reçu un mail. On trouve pas grand-chose sur Twitter.
-
Charles
Invitéhttps://www.worldofreel.com/blog/2025/6/13/pta
J’ai sauté les paragraphes sur le detail du scénario, le reste de la description fait très envie.-
K. comme mon Code
InvitéIl n’est pas très futé de publier l’histoire complète du film, lui. Sinon, il y a bien eu deux salles, mais on leur a dit que c’était la Final Cut pour les deux, première fois avec le générique de fin — et les questions étaient plus orientées sur le marketing que le film. Donc je doute qu’il y avait encore une version plus courte. Et le crédit par rapport à Pynchon, c’est « inspired by Vineland », pas adapté parce que ça n’a pas grand-chose à voir au-delà de certains archétypes. Les retours que j’ai sont très positifs, on ne me dit pas du tout que c’est accessible, par contre, même s’il y a de nombreuses séquences d’action. Full slapstick PTA. Dommage qu’il ne sorte pas en août comme prévu, WB a vraiment pas l’air de savoir quoi en faire.
-
Charles
InvitéLa campagne marketing (affiches et bande-annonce) occulte complètement la partie slapstick, pour l’instant. WB compte peut-être le vendre comme un film d’auteur à Oscars, d’où le changement de date. Bon courage à eux.
-
-
-
-
-
-
-
-
Billy
InvitéJ’ai vu « Indomptables » de Thomas Ngijol, film très intéressant avec des ratés, c’est adapté librement du docu « Un crime à Abidjan » de Mosco Boucault. Docu que j’ai vu après. La comparaison est passionnante, je vous la conseille.
Indomptables m’a plu pour certaines scènes, tirées du docu. C’est une grande idée d’adapter un docu, ça amène de la bizarrerie à sa fiction. Le documentariste filme la vie et agence après au montage. Le docu ne fonctionne pas comme une mauvaise narration de fiction mainstream avec liens de cause à effet, exposition des persos, quête du héros…
Dans le documentaire comme dans la fiction, l’autorité du commissaire parait illégitime et dégueulasse (ils arrêtent des gens au pif et torturent pour avoir des aveux) alors que le commissaire se veut très pro, calme, mesuré, intelligent. C’est son rôle qui nous parait incroyable de violence.
J’aime dans Indomptables des éléments ambivalents/imprévisibles (tirés du docu) : le commissaire qui décrit si soigneusement le crime que ça en est drole, les suspects qu’on suit pendant 20 minutes sont relachés parce qu’ils sont innocents inutiles à l’histoire, la voix basse inaudible de la veuve, une horde d’enfants qui poursuit le voleur comme si c’était une attraction du village, l’abandon à l’hopital de l’accusé présenté comme un témoin essentiel, le seau d’eau à la fois pour torturer et pour désaltérer après l’aveu. Le seau d’eau comme arme et comme salut.
Ngijol, malgré ces éléments grinçants, maintient son film dans le droit chemin. Si le docu de Mosco Boucault est anarchique comme l’est l’art, Indomptables y met de l’ordre.
Ngijol joue ce commissaire et ce bon père de famille. La fiction tient son film : le réalisateur Ngijol donne à la moitié du film un enjeu de bon père de famille, sévère mais juste. Il donne la norme, cadre les enfants et les aime. Bonne idée de faire du commissaire un père de famille, c’est ce qu’il devait être dans la vie. Et l’autorité du commissaire pourrait être questionnée comme l’autorité du père de famille. Les scènes ne questionnent pas. Scène de famille en crise. Coup de colère du père et dignité du père. Conflits et réconciliation avec ses enfants.
Ngijol ordonne son film : Dans la fiction, le commissaire arrive sur le lieu du crime, voit les machettes par terre, demande ce que c’est, les prend en main… cause-conséquence.
Dans le docu, pendant la même scène de découverte du crime, le commissaire discute avec une machette à la main, sans explication préalable. On comprend après qu’il les a trouvés par terre et que ça sert à rien. C’est pas l’arme suspectée.
Le film Indomptables fait moins droit à l’ambivalence du commissaire que le docu.
Dans les 2 films, le commissaire fout un coup de pied au gamin de la horde mais dans le docu il y a pas d’intention, c’est en plan large pour filmer la foule de gosses et le commissaire est au 2nd plan quand il donne un coup de pied. Dans la fiction, on est centré sur le commissaire et son coup de pied.
Dans la fiction, le commissaire a un tic : après chaque discussion tendue avec ses enfants, des collègues ou des suspects, il tend sa main et dit « salue-moi ».
Dans le docu, je l’ai vu qu’une fois, le suspect vient de faire la reconstitution, il a avoué, décrit ses gestes, il va prendre au moins 20 ans. Le commissaire, comme s’ils avaient collaboré à résoudre l’enquête ensemble tend sa main au suspect après la reconstitution : « Super. Voilà ma main. Salue-moi. »
Peut-être qu’une mauvaise fiction fait ça : produire du tic, répéter un mouvement convulsivement pour essayer d’en faire de la vie-
luc
InvitéMerci Billy, je pensais aller le voir
-
Toni Erdmann
InvitéPour moi le film est totalement conscient du côté scandaleusement autoritaire du père dans sa famille. Il n’y a aucune scène dans l’espace domestique qui ne répond pas à la logique d’un père qui sermonne son entourage. C’est la seule façon de s’exprimer de ce monsieur et c’est apporté à son extrême à tel point que c’est le cœur du film : le ridicule d’un homme qui veut assoir son autorité partout. Par conséquent, je trouve ça très malin qu’il soit joué par Ngigol qui, avait son background de comique, crée du ridicule et empêche le film d’être un simple polar ou film noir.
Par ailleurs, c’est presque un film ACAB : on y montre que l’intervention de la police génère plus de violence que la situation initiale.-
Toni Erdmann
Invité« Avec* son background de comique »
-
Billy
InvitéOn est d’accord sur le côté ACAB du film. J’avais déjà dit : Dans le documentaire comme dans la fiction, l’autorité du commissaire parait illégitime et dégueulasse alors que le commissaire se veut très pro, calme, mesuré, intelligent.
–
D’ailleurs il est réellement pro calme et intelligent.
Il a juste le droit de torturer pour obtenir les aveux et il utilise ce droit. Il fait juste des remarques racistes, il manipule pour obtenir les aveux.
Le film nous fait voir l’illégitimité de la fonction de commissaire alors même que le gars qui occupe cette fonction a l’air d’un bon gars. Et cette fonction le rend sadique.
—
Sa position de père ne crée aucune scène étonnante comme ça où l’illégitimité de sa fonction de père saute aux yeux.
Il engueule ses enfants : le plus petit pour la vulgarité des paroles de rap, le plus grand pour son absentéisme, la plus grande on sait pas trop pourquoi. Il s’engueule avec sa femme.
Il n’y a pas de scènes incroyables comme il y en a en tant que flic. En tant que flic, on le voit casser une branche d’arbre en pleine nuit pour faire un fouet. On le voit faire subir un interrogatoire à des hommes moitié nus et ensanglantés, on le voit interroger un témoin muet.
C’est dingue.
Le père donne le droit au directeur du collège de taper son fils, mais on ne le voit pas faire.
Je veux pas forcément voir un père violent. Je veux juste voir autre chose que le bon père dépassé et colérique en repas de famille,
Et qui finit ému devant l’échographie de la petite dernière,
Et qui paie une glace à tout le monde.
Je veux voir une scène de père de famille que j’ai pas déjà vue 15000 fois.Je pense qu’Ngijol se méfie de la fonction de flic mais a une grande tendresse pour la fonction de père. Fonction qu’il occupe.
C’est pas mal en soi d’avoir de la tendresse pour cette fonction, mais ça limite son film.
-
-
-
-
Charles
InvitéJe me suis complètement fait cueillir par le dernier Wes Anderson, cinéaste avec lequel j’avais lâché l’affaire depuis the French dispatch. Je ne sais pas si c’est précisément parce que je n’avais pas vu de film de lui depuis quelque temps que j’ai été autant emporté. Mais habituellement, je m’ennuie devant ses films au milieu du récit, même les plus réussis, car le rythme finit souvent par faiblir. Ce n’était pas le cas devant celui-ci qui m’a ravi de bout en bout. Je n’ai pas non plus retrouvé la préciosité, la méticulosité maniaque qui évide les scènes et fige les acteurs de ses précédents films. C’est toujours volontairement surcadré, très symétrique, avec ses travellings latéraux très reconnaissables mais pour une fois ça n’étouffe pas les plans qui ne s’y résument pas. Et j’ai vu des vrais beaux plans, notamment des gros plans sur le visage de Benicio Del Toro. Faut dire que celui a une large part dans la réussite du film. Pour une fois, un acteur résiste à Anderson, ne se coule pas dans une raideur robotico-chic. C’est un acteur dans la force de l’âge, voire vieillissant, avec un corps massif, beaucoup de charisme, de virilité, ce qui pouvait manquer au cinéma d’Anderson où les acteurs se partageaient entre des jeunes coqs gentiment dépressifs et des patriarches vaguement excentriques dont les corps étaient assez lisses. Ici, Del Toro incarne un magnat wellesien, aventurier filou qui échappe à des tentatives d’assassinat multiples et dont le corps est donc très malmené tout au long du film. Le film commence par une violence cartoonesque, rigolote mais limitée car c’est encore une façon de déréaliser les corps, mais va devenir plus prosaique, plus concrète, plus corporelle d’une certaine façon – fascinante scène où un Del Toro prend une balle dont l’impact sanglant sur son ventre arrondi est filmé avec insistance. Le film est joyeusement mortifère au sens où la mort est partout sans pour autant alourdir le récit, c’est une sorte de jeu, de piège auquel échappe magiquement et avec un comique burlesque le personnage de Del Toro. Des scènes étonnantes nous le montrent après chaque perte de connaissance causée par une tentative d’assassinat au ciel devant Dieu ou d’autres juges célestes. Elles surprennent car elle sont moins soignées, un peu de mauvais goût, presque kitsch et d’un noir et blanc qui tranche avec les couleurs pastels habituelles. De manière générale, le film m’a souvent surpris car il ne m’a paru beaucoup en pilotage automatique qu’avant, avec tout le temps des idées de plan, de composition – Anderson se reposant beaucoup moins sur ses talents de maquettiste (même s’ils trouvent quand même à s’exprimer ici). Tout ceci donne un allant, une légèreté bondissante au film qui atteint un niveau de divertissement très élevé.
Je termine avec le personnage de la fille nonne qui m’a aussi bien plu. C’est une nouveauté il me semble dans son cinéma, cette confrontation centrale entre une fille et son père (dans Tenenbaum c’était toute une famille). Je vois bien qu’Anderson fait une concession à l’époque en créant ce personnage féminin très condescendant avec son père, en mettant au coeur de leur relation le meurtre de la mère. Mais le personnage n’est jamais insupportable, donneur de leçons et je trouve génial d’en avoir fait une nonne (dont la croyance en Dieu est toute relative).-
Alexandre
InvitéTu as oublié de dire qu’on y trouve la gifle la plus étonnante de l’histoire du cinéma (rires)
-
Charles
InvitéMais oui.
-
I.G.Y
InvitéJ’étais très sceptique avant la séance et moi aussi le film m’a surpris. J’ai d’abord plus pouffé voire ri en 6 minutes que durant tout Grand Budapest Hotel, revu il y a peu. Pour ne pas faire de redite tout en appuyant le fait que je trouve aussi le film moins lisse, j’ajouterais que la vitalité des plans provient sans doute aussi du travail décoratif et de l’éclairage/maquillage — il faudrait comparer plan à plan avec Grand Budapest par exemple, mais ça m’a sauté aux yeux (par exemple la partie dans la jungle, la fin, etc…). Mention spéciale pour un plan qui n’est pas « drôle » en soi mais bien amusant : celui sur la nonne rescapée du crash d’avion, bien égratignée, bouche mi-ouverte à deux doigts de faire tomber sa pipe (mais sans exagération, c’est très bien dosé) en voyant la transformation de l’agent Bjorn.
.
Une critique tout de même : le film ne repose-t-il pas trop sur une narration dialoguée surchargée d’informations? J’ai l’impression que toute cette orfèvrerie en composition de plan ne sert pas assez une véritable mise en scène qui ferait passer par la seule image non seulement des informations mais aussi le plein déploiement d’un scénario, non celui d’un script. Voire même celui d’une pensée? J’ai d’ailleurs remarqué qu’à chaque fois que je tentais de « penser » ce qui se passait devant moi, j’étais dans l’impossibilité de le faire car dix secondes d’inattention valaient neuf informations manquées dont deux possiblement importantes. Ce ressenti peut être aussi biaisé par le côté VOSTFR, mais je me demande si même pour un natif anglais le problème ne se pose pas car le texte reste très riche et très rapide.Pour ce qui est du burlesque ou du comique, la composition de plans fonctionne en revanche plutôt bien ici. Beaucoup de bons effets comiques viennent de bons dialogues, je ne retire pas ça au film.
-
Charles
InvitéOui le film est très bavard mais ce n’est pas un mission impossible : on ne passe pas des heures à expliquer une intrigue pour laborieusement mettre en place des scènes d’action obèses. Je n’ai pas en tête de longs monologues expliquant l’intrigue. Ici la majorité des dialogues sont relatifs aux personnages eux-mêmes, à leurs rapports entre eux et relèvent du ping-pong verbal chers aux grandes comédies américaines classiques. En revanche, il est vrai que l’intrigue a quelque chose de gentiment incompréhensible ou assez abstraite mais cela ne me dérange pas car c’est un peu le propre de la finance : c’est obscur mais cela renvoie hélas à une réalité de nos sociétés capitalistes. On voit quand même qu’Anserson prend ça au sérieux sans vouloir non plus nous abrutir d’informations. On comprend ou pas le détail, ce n’est pas bien grave car on saisit bien les mouvements globaux.
-
Charles
InvitéTu as vu Asteroid City? C’est le seul que je n’ai pas vu de lui, je n’étais pas allé le voir tant j’avais été déçu et agacé par the French dispatch.
-
I.G.Y
InvitéEh non, pas vu, j’avais entendu des avis mitigés mais après tout ça n’est pas une raison (et j’avais les mêmes sons de cloche que le tien sur French Dispatch).
.
Concernant Phoenician, d’accord sur le ping pong verbal. Une bonne caricature de Wes Anderson serait peut-être ça, un match de ping pong filmé en champ contre-champ de face et alterné à chaque chaque coup. Naturellement la table serait bleu ciel, le sol rouge vif et la balle orange.
-
-
-
-
-
-
stephanie
InvitéJ’ai vu Yes N. Lapid, j’en parle brièvement dans un 1er temps, sortie officielle le 17 sept.
J’ai été sensible à la vision qu’il donne de Tel Aviv et des affects que cela peut produire sur le psychisme des habitants. Une ville ultra moderne, connectée, barbare. J’ai pensé à Guillaume Faburel les métropoles barbares auquel se rajoute l’histoire de cette ville ( que je connais mal).-
..Graindorge
InvitéStéphanie: si et seulement si tu veux bien, j’espère que tu en diras un peu plus sur cette vision de Tel Aviv et des « affects sur le psychisme des habitants »
-
-
MA
InvitéLe passager de Kiarostami en accès libre et gratuit sur MK2 curiosity.
-
Tony
Invité
quelques pistes de réflexion intéressantes sur ce que fabrique Nathan Fielder,il est vrai qu’on ne rit pas tant que ça (le seul moment vraiment comique qui m’a fait rire est quand il doit choisir un avion,il se retrouve dans une sorte de casse avec un mécanicien qui soutient que la ruine qu’il lui fait visiter est tout à fait en état de voler, que les boutons manquants du tableau de bord ne servent à rien, mieux il pourrait tout à fait y embarquer avec sa famille !), le sérieux avec lequel il recrée des situations pour en comprendre le mécanisme et les déterminismes créé un sentiment de vertige qui empêche le rire,au fond on comprend qu’il s’agit pour lui de résoudre une question existentielle, comment se fait-il que je réagisse ainsi et pourquoi est-ce si difficile de communiquer avec les autres, comment le faire sans blesser et sans avoir peur de se blesser si ce n’est en jouant un rôle,et au fond suis-je vraiment l’autiste que je crois être ou suis-je seulement accro à ma solitude?-
Seldoon
InvitéCa m’a fait du bien de les écouter discuter de tout ça, ça m’aide à reflechir de mon côté, même si on aimerait les voir creuser.
Il est vrai qu’on rit peu, enfin peu de rires de comédie (il y en a quand même, juste moins que ce à quoi on s’attend). C’est surtout que souvent tu ne sais pas trop si tu dois rire, si Nathan ou la série se prennent au sérieux ou au contraire sont complètement farcesques. Le résultat est que j’ai beaucoup ri, mais du rire gêné, du rire de surprise, du rire cérébral et oui du rire Mercier. Est-ce qu’on pourrait dire que Nathan est un artiste Mercier ?-
Nathan
InvitéNon.
-
François Bégaudeau
Maître des clésje n’aurais pas du tout pris la critique par ce bout là
tout ca est très théorique, très baudrillardien avec des noeuds, et minimise l’humour absurde qui est ici en permanence au travail
c’est dingue de parler de laboratoire social sans dire que les expériences de Nathan sont en général aberrantes
je crois que tout simplement les critiques de SDS ne voient pas le comique permanent de la chose
(autre exemple : les chiens ; expérience totalement absurde, surtout aux fins d’ne tirer quelque chose pour les pilotes, et gros pouvoir comique)
et puis soyons simple : l’épisode 2 est un chef d’oeuvre-
Seldoon
InvitéSur les trois, une rate totalement l’humour, et un semble l’avoir bien attrapé mais ne s’étend pas. Je pense que la comédie dans cette saison est sous évaluée parce que Nathan ne la joue pas complètement. Non seulement la saison reste pince sans rire la plupart du temps mais n’organise en outre que très peu de chutes ou de punchlines. Ce sont les situations longuement élaborées qui sont objectivement drôles. Souvent, l’aberration totale de ce qui est laborieusement en train d’être mis en œuvre pour marquer des faux points théoriques. Mais encore une fois pas de chute, pas d’éclat de rire. Fielder desamorce aussi une certaine puissance comique – et ça pour le coup je le retiendrai contre lui – par l’ampleur de ce qu’il entreprend. À force de mettre l’équivalent de 45 concepts d’épisodes de Nathan for you dans chaque épisode thé the rehearsal, il est souvent obligé de compresser énormément les scènes avant d’en avoir tiré toutes leur puissance. Ainsi, la meute, ça méritait bien quelques minutes de plus, avec du silence, de la gêne, au lieu d’un montage presque compilation.
-
François Bégaudeau
Maître des clésen meme temps l’empilement d’expériences fait partie du n’importe quoi : n’importe quoi renvoie à n’importe quoi (des crashs aériens renvoient à American idol, des clones de chiens renvoient à la vie de Sully!) et plus ça va plus on se perd
disons qu’on gagne en vertige absurde (le dispositif général) ce qu’on perd en comique à l’échelle de la scène-
Malice
InvitéJ’ai vérifié sur prime et effectivement il manque le Nathan for you « problématique »
le sketch où il vend ses fringues anti-nazi est à la minute 7:49 -
Seldoon
InvitéOui je comprends bien le parti pris, qui est le bon mais on aurait pu laisser s’installer quelques scènes quand même, histoire de gagner sur tous les tableaux. La partie vie de Sully (dans laquelle la fililation si souvent soulignée par les critiques entre Fielder et Kaufman est la plus évidente), typiquement, il laisse durer. Et ça fait du bien. La séquence – plus que la scène – prend une ampleur rare dans cette saison. Le final prend aussi son temps.
(Et bien d’accord pour l’épisod e 2 chef d’oeuvre, j’avais oublié qu’il avait et paramount, et la drague reloue, et le concours de chant).-
Malice
InvitéL’episode 2 résumé : « vous censurez mon épisode? Je vais en rajouter une couche »
-
-
-
Malice
Invité@seldoon et @françois
merci de formuler ce que j’ai ressenti. Comme Seldoon probablement je suis assez frustrée de ne pas éclater de rire; passer des grosses barres de rire de « Nathan for you » à « l’incrédulité souriante » ( que provoquent les expériences sur chien, la chanson d’evanescence de Sully, Nathan vêtu en bébé, entre autres) m’a décontenancée au point que j’ai fait une pause dans la série. Mais je vais retenter.-
Seldoon
InvitéDe mon côté et pour reprendre tes mots, j’ai été plus décontenancé que frustré.
Pas étonnant que Prime ait évité l’épisode problematique, heureusement ils ne peuvent rien contre le site de la marque : https://summiticeapparel.com/-
Malice
Invitétu vas te prendre une petite veste pour ta prochaine randonnée en montagne?
-
Seldoon
InvitéJ’ai un pote qui l’a et qui ne cesse de me dire que c’est « le meilleur manteau qu’il ait jamais eu ». Il est parfaitement objectif et pas du tout fanzouz.
-
-
-
-
-
-
-
-
MA
InvitéJe remets ici le post FB d’Emmanuel Burdeau sur le podcast :
« Quand je m’intéresse à quelque chose — film, série, plat –, parfois je préfère ne rien lire, ne rien entendre, avancer seul, tête baissée, tenir mon idée et surtout ne pas risquer de la perdre. (Fut un temps où, au contraire, je tenais à tout lire, à tout entendre, à faire un tour complet : années d’apprentissage). Parfois ce besoin refait surface. Sur » The Rehearsal « , par exemple, à cause de sa si forte singularité. Dire ce que c’est, déjà, ce n’est pas rien. Retour à la case départ de la critique : décrire.
J’ai donc été bienheureux, ce matin, de trouver le nouvel épisode du podcast Sortie de secours, entièrement consacré à cette série. 35mn54s. Au micro : Théo Ribeton, Sandra Onana, Guillaume Orignac et Jérôme Momcilovic. Bienheureux aussi de les entendre tous partager à la fois passion et interrogation, l’une relancée par l’autre. Des noms ont été cités, des précédents possibles : » The Office « , bien sûr, mais aussi Andy Kaufman, Sacha Baron Cohen, et même Bruno Dumont (à juste titre, je crois). Baudrillard aussi, que je ne suis jamais parvenu à lire, et que je serais porté à croire désormais bien démodé. Un constat a été partagé, que je partage aussi. À savoir : la fiction a disparu. J’ajouterais même : la fiction, comme fiction, est aujourd’hui honnie. La réalité n’est pas sûre, certes, mais la fiction, elle, est carrément suspecte, coupable d’emblée. Et si Fielder cherchait, par la fiction, a sauver la réalité et son sérieux ? Hypothèse émise par J. Momcilovic. Elle mérite qu’on s’y arrête.
Comme » The Rehearsal » est une série méta – et même méta de méta –, je me sens autorisé à l’être aussi. Je me suis souvent fait la remarque, in petto, que je suis un des rares à parler des autres critiques. Pas toujours en bonne part, mais quand même. Un des seuls à m’intéresser au travail des autres, et à le dire. Même quand les autres ne sont pas des amis – c’est le cas ici (pas des amis), ce qui au fond ne change rien. Je ne vois aucune difficulté, aucun problème à le faire. En revanche j’ai du mal à comprendre pourquoi c’est si rare. On connaît ma chanson : pour que la critique aille mieux, il faut en parler. Il faut qu’elle ne redoute pas de parler d’elle-même. »-
François Bégaudeau
Maître des clésMême registre
Et : « la fiction, comme fiction, est aujourd’hui honnie ». IL y aurait un début de vérité à ca dans un certain périmètre du champ littéraire. Mais en cinéma, ça se vérifie? Les franchises ce n’est pas de la fiction?-
Antonin
InvitéSi bien sûr c’est de la fiction les franchises ! (sans autre forme d’argument).
À mon échelle il y a quelque chose qui bouge dans le rapport à la fiction ( je suis professeur en école d’art de théâtre). Les élèves sont de plus en plus portés vers le désir de « se » raconter plus que d’endosser des « rôles » éloignés d’elleux (en apparence. On le sait que tout est proche de nous). Cela fragilise le rapport à la fiction parce que ça demande une réflexion personnelle qui les place au coeur de questionnement personnel/documentaire (il peut bien sûr y avoir des troués fictionnelles de temps à autre mais c’est rare). Peut-être que ce n’est qu’une mode mais mine de rien la « fiction » recule dans l’imaginaire et il est plus attirant pour les élèves de porter des projets qui les raconte plutôt que d’être acteurice d’un autre ( autre voyant qui s’allume).
J’irais plus loin en disant qu’il y a un basculement qui s’opère tout doucement sur ces enjeux chez les interprètes. D’ailleurs aujourd’hui les acteurices sont beaucoup moins valorisés que les porteureuses de projet ( autre indice de réflexion sur le rapport à la fiction). On a de moins en moins de gens qui sont capables de dire : « je passe de personnage en personnage et cela me raconte, me défini ». La tendance est : « c’est important que je fasse mon projet pour me raconter et que les gens sachent qui je suis. » C’est peut-être un peu flou ce que je dis mais pour moi on touche à la fiction.
-
-
-
-
MA
InvitéFin de la rétrospective John M Stahl, auteur du très beau Péché mortel et précurseur de Douglas Sirk à la cinémathèque de Paris. Beau programme à venir.
-
Alexandre
Invité« Précurseur de Sirk »
D’ailleurs Carlotta, dans ses coffrets dvd consacrés à Sirk, avait eu la riche idée de nous gratifier de trois films de John Stahl, en bonus! -
Malice
InvitéJ’avais bien aimé le personnage d’Ellen Berent, on dirait que le cinéaste s’est penché sur de vrais comportements ( infantiles) de sociopathe pour la mettre en scène.
Je vais essayer de voir d’autres films de ce metteur en scène, tu m’as rendue curieuse -
Malice
InvitéJe vois que Sirk a « remaké » des films de Stahl, dont » Imitation of life » ; je n’avais pas été très convaincue par la version de Sirk, il m’avait semblé que film regardait la mère noire ( mère courage conspuée par sa fille, et faire-valoir de son « amie-employeuse » blanche), comme une victime bonne et brave au point de lui ôter sa complexité. Il faudrait voir si l’original est plus intéressant.
-
Alexandre
InvitéA charge de revision mais il me semble que la version Stahl comprenait plus d’ironie et de critique sociale.
Cela dit je ne crois qu’il faille trop reprocher à un mélodrame (et le Sirk en est un vrai des familles, plus que la version antérieure, à mon souvenir) de reproduite des clichés et des conventions.
C’est au talent du réalisateur, s’il en a, de faire miroiter un sous-texte critique sous le vernis de la représentation.
La mère noire (sic) chez Sirk est vengée des conventions assignées par le script par de somptueuses funérailles. Mais elle ne le saura jamais.-
Malice
InvitéLes funérailles étant – comme le film- un dédommagement symbolique, je vois moins une revanche qu’une volonté du cinéaste d’adoucir la cruauté de la situation, de lui offrir un final consolateur ( ce qui ne m’a jamais stimulée dans une oeuvre d’art).
Je vais comparer si je peux la version antérieure avec celle de Sirk.
-
-
-
-
MA
InvitéVu le film coréen A normal family. J’aimerais bien avoir votre avis sur sa forme et mise en scène. Parfois j’ai eu l’impression de me trouver devant un téléfilm. Je me demande si ce n’est pas ce qu’on appelle un film à scénario ou film dossier, malgré la qualité d’interprétation et de construction du film. J’ai quand même été bien chamboulée.
-
Alexandre
InvitéTu as raison, je disais, en fait, qu’elle était « vengée » et c’est assez inapproprié. Ces funérailles n’ont rien contestataire, de militant, etc.. Il s’agit là d’une convention qui répond à une autre convention. Mais le tact, la sûreté du goût et le génie certain avec lesquels tout cela est fait témoignent que Sirk respecte l’intelligence du spectateur. La convention, sous des atours aussi raffinés, s’en trouve transcendée et donc, me semble-t-il, possiblement (auto)critiquée.
Cela dit Imitation of Life n’est pas le Sirk que je préfère : pas de scènes me paraissent pauvres formellement, alors que d’autres (dont les funérailles) sont sublimes. Et je ne suis décidemment pas fan de Lana Turner.-
Alexandre
Invitéquelques scènes
-
MA
InvitéElle est quand même pas mal dans Le facteur sonne toujours deux fois. Faudrait aussi que je revoie Les ensorcelés de Minnelli
-
Malice
Invité« Les ensorcelés », j’en ai un bon mais vieux souvenir – mais j’ai toujours eu un faible, sûrement assez nostalgique, pour Minelli.
« Le facteur sonne toujours deux fois », tu recommandes? Je m’aperçois que je n’ai vu aucune des versions de ce film.
ps puisqu’on est dans les vieux films et Gene Tierney, est-ce que quelqu’un a vu » La route du tabac » de John Ford? Si oui je suis preneuse d’un lien vf-
Anna H
InvitéOui, mais il y a trop longtemps, peu de souvenirs. En revanche, je recommande très vivement le roman éponyme d’Erskine Caldwell.
-
Alexandre
InvitéJe pense sincèrement que la meilleure version du Facteur, la plus forte, reste celle de Bob Rafelson même si elle m’impressionnait plus en son temps.
Quant à La Route au tabac, je crois que ce n’est pas un grand John Ford. Le roman de Caldwell est bien mieux.-
Malice
InvitéJ’ai commencé à mater » tobacco road » ( vo avec accents, un peu galère mais ça passe), je dois dire que je m’amuse pas mal ( je ne pensais pas que c’était un film drôle, vu le contexte social des personnages…)
Et Gene en pouilleuse sexy, ça change de « Laura »-
MA
Invité@Malice J’ai pensé à toi pour la bande son de ton film : https://www.youtube.com/watch?v=fXbGxxIsa5k&ab_channel=bellaunioninc
-
-
-
MA
InvitéLa première version de Tay Garnett est à voir aussi, si tu aimes les films noirs avec femme fatale.
Mais j’irai voir également du côté de Bob Rafelson, que je ne savais pas être le réalisateur de celle de 1981. J’ai découvert récemment son Five easy pieces que j’ai trouvé fascinant : Nicholson y tient aussi le rôle principal.-
Alexandre
InvitéLa version de Rafelson est celle (sur les quatre que je connais) qui m’impressionne le plus. La version Garnett fut vue il y a bien longtemps. Elle vaut le coup bien sûr : plus de suggestion, John Garfield est plus sobre que Nicholson (non, sans blague) et l’esprit général est plus proche du court roman de James Cain avec notamment l’explicitation finale du titre; Ce que Rafelson et David Mamet éludent, privilégiant le littéral au littéraire.
-
-
-
-
-
Alexandre
InvitéAnna H m’a précédé.
-
jacques sceptes
Invité -
François Bégaudeau
Maître des clésca fait pas du tout envie ça
Orelsan pourra bientot rivaliser avec Riad Sattouff comme Monsieur Consensuel-
Pierre
InvitéÇa se dispute avec kyan kojandi et inoxtag
-
Antonin
InvitéIl y a un passage intéressant dans le documentaire sur Orelsan » ne montre jamais ça à personne » où le réalisateur des clips « Raelsan » et « l’odeur de l’essence » est interviewer. Son nom ? David Tomaszewski. Le réalisateur de « Yoroï », ce film qui angoisse déjà à la bande annonce.
Déjà à l’époque j’étais fasciné par ce personnage où transpire égo démesuré / référence cinéma ringarde / formules choc creuses.
Je m’étais dit que ça ferait un très bon personnage de fiction. Inspiration ? À la croisée du documentaire « 600 gramme de Hachis » de Strip Tease / Looking for Dragone (autre documentaire incroyable) / baignant dans l’ambiance American Psycho avec une fin qui finit mal mais dans l’indifférence général.
-
-
-
I.G.Y
InvitéJ’ai pu voir Résurrection de Bi Gan. Je resterai un peu sommaire au risque même d’être vague pour ne pas gâcher le visionnage à ceux qui, nombreux, n’ont pas eu a chance ou le temps d’aller à une avant-première.
La séance a été pour moi une épreuve. La seule manière dont je pourrais sauver le film est de non pas voir cette rêverie comme un rêve mais au contraire comme une succession de cauchemars (il me semble que cette interprétation n’est pas absurde, surtout si l’on voit le dernier segment : il y a une dimension profondément cauchemardesque dans le film). Autant dire que même en matière de cauchemar je suis en désaccord assez profond avec l’adjectif « lynchien » que je vois régulièrement revenir : c’est en particulier dû au caractère totalement spectral et évidé des personnages du film (surtout dans les premières parties) qui lui fait prendre un tour quasi post-humain et d’une immense abstraction. Ce qui me fait d’ailleurs réfléchir sur la notion de cauchemar elle-même : cet évidement est peut-être l’une de ses modalités possibles — mais je ne suis pas sûr que Bi Gan ait voulu provoquer ce sentiment chez le spectateur. Un évidement qui se voit ici compensé par une surcharge de symbolisme, de références et de virtuosité filmique (je sauverais quelques éléments dans la dernière séquence). Ce film est de ceux dans lesquels je n’ai pas du tout aimé être perdu. Je le reverrai peut-être à sa sortie officielle en me concentrant sur la question du cauchemar.
.
J’ai cru pendant un temps que mon avis sur celui-ci pourrait basculer totalement en cours de route, comme je l’avais raconté il y a peu de mon expérience devant L’Amour Fou de Rivette. Mais non.Il paraît que ce film n’est pas tout à fait similaire à ses précédents. Quelqu’un a vu les autres?
-
Linconnu
InvitéJ’ai vu aussi Résurrection et comme toi j’ai pas été convaincu. Pour moi c’est juste 5 courts métrages à la suite bien emballé du genre ce serait une suite de rêves, mais on l’impression qu’il a pensé l’emballage à la fin. Mais j’ai aimé 2 segments quand même, dont 1 pour sa virtuosité et son ambiance plutôt qu’autre chose. Après les films ne se prennent pas trop au sérieux donc il ne faut peut-être pas le prendre trop au sérieux non plus. Et en effet il est différent des précédents qui ressemblent plus au segment avant l’épilogue. On croirait même un autre cinéaste dans 2 des segments.
Je recommande beaucoup son 1er film, Kaili Blues, qui est lui très réussi.
Depuis il est trop formaliste, et il veut absolument pasticher tous les styles de cinéma.
C’est pourquoi je trouve Un long voyage vers la nuit, son 2e film, raté aussi, tout en reconnaissant qu’il a pas mal d’idées visuelles, mais ça reste un pastiche de film noir esthétisant mais un peu creux.-
I.G.Y
InvitéC’est vrai que voir le film comme une succession de courts métrages paraît pertinent — j’ai entendu que le montage subirait possiblement encore des retouches. Quel a été ton segment préféré? Pour ma part je me demande si, en définitive, ça n’est pas l’avant dernier (avec le plan séquence). Qui assume pleinement le cauchemardesque stylisé tout en donnant un peu de chair aux personnages. (A propos de cauchemar ou de délire horrifique déstructuré, j’ai enfin revu Inland Empire en salle avant-hier et c’est peu de dire que Résurrection me semble encore moins lynchien qu’il y a trois jours).
En revanche, quand tu dis que « les films ne se prennent pas trop au sérieux » — si tu parles bien des segments Résurrection — je suis plus étonné. J’ai pour le coup ressenti beaucoup de pesanteur (un peu moins dans l’avant dernière partie sans doute).
.
Concernant ses anciens films, j’ai en effet entendu certains par exemple du côté de Critikat (dont la rédaction s’est manifestement divisée sur Résurrection) dire que ses précédents sont meilleurs. En les écoutant discuter sur youtube de Bi Gan j’ai d’ailleurs senti à quel point son côté « trop formaliste » rejaillissait sur la teneur des débats : on y parlait quasi intégralement de grandes idées et de grands concepts, comme si les personnages et le film tout entier n’étaient que les ombres portées des idées du réalisateur — idées sur le cinéma, idées tout court. J’oserais bien « ombres chinoises » mais c’est si mauvais que j’efface immédiatement.Je tenterai Kaili Blues à l’occasion, il y aura sans doute des rétrospectives.
-
Linconnu
InvitéJe trouve que dans Kaili Blues il y a de vrais personnages, de vrais lieux avec un côté presque documentaire sur l’espace (le village de son enfance par ex avec des non acteurs probablement).
Dans les autres il reprend plus des personnages types, femme fatale, mafieux etc assez désincarnés.
Ses autres films ont très peu d’humour et là chaque court a des moments un peu drôle quand même.
J’ai aimé le court avec le moine, un petit conte assez drôle et beau, mais j’ai manqué une réplique clée donc pas sûr d’avoir bien pigé la fin haha.
Et en effet celui en plan séquence, ça doit être le meilleur oui, celui qui incarne le mieux son style, qui ressemble à son précédent film mais en plus réussi (petit bémol avec le jeu de l’acteur). Son style de plan séquence permet de d’équilibrer son formalisme, parce qu’on sent bien les lieux avec la caméra déambulante, on sent un peu la Chine et pas que le film de série B.
Je reverrai ces 2 là.
Mais en effet rien de Lynchien là-dedans.
Ca parle plus du cinéphile que du cinéma, le cinéphile qui regarde des films pour les films et pas parce que les films lui parlent du monde, qui ne veut plus se réveiller et se perdre dans les films pour ne plus voir le monde. Moi je lui conseille de se réveiller un peu ! Un oeil ouvert, un oeil fermé ça peut suffire.-
I.G.Y
InvitéOui je partage globalement tout ça — avec un bémol sur l’humour (j’ai bien senti les quelques tentatives de moments-blague, mais…).
« Un oeil ouvert, un oeil fermé ça peut suffire. » : oui!
-
-
-
-
-
martin
InvitéVous avez vu Enzo vous en avez pensé quoi ?
-
MA
InvitéLe Cercle a aimé. Pas encore vu car passe uniquement dans les complexes pour l’instant. Drôle aussi de voir les archives des « premières fois » des chroniqueurs, avec une apparition/participation d’un des anciens bien connus. https://www.canalplus.com/cinema/le-cercle/h/4501558_50001/saisons/
-
MA
InvitéTrès belle découverte Le rendez-vous de l’été, premier film de Valentine Cadic qui commence à la manière Triet époque Bataille de Solférino pour continuer sur une déambulation comique douce-amère pendant les JO de Paris de son personnage principal incarné par une Blandine Madec tout en demi-teinte . On rit, on pleure, film émouvant jusqu’à son plan final contemplatif et mélancolique, baigné d’une lumière estivale tout du long.
Merci aux recos du Cercle.-
MA
InvitéAvec quelques réserves sur le jeu un peu insupportable de India Hair, qui sonne faux.
Des scènes nocturnes très belles aussi et celle en intérieur piscine.
-
-
-
-
..Graindorge
InvitéQuelqu’un.e ici aurait vu SYNONYM de Nadav Lapid sorti en 2019? Et YES? Pour en parler un peu ici.
Pour YES Stéphanie n’a pas vu ma question alors si jamais comme dit Carpentier-
Stéphanie
InvitéGraindorge je t’ai répondu 2 fois mais mon post n’a pas été publié ( j’ai vu mon commentaire puis plus rien) est ce la saturation du fil?
-
Stéphanie
InvitéBon ça marche..oui j’ai vu synonyme, le genou d’ahmed et Yes. J’en parlerai demain, fatiguée là.
-
..Graindorge
Invité@Stéphanie
Oui il y a parfois des couacs! Repose toi bien. Aucune urgence ici
-
-
-
Tony
InvitéTout compte fait je me demande si Jackie Brown,revu hier sur Arte, n’est pas le meilleur film de Tarantino,ce qui est frappant aussi c’est à quel point tous les acteurs sont bons,on n’a jamais vu De Niro aussi juste que dans ce rôle de crétin et puis je me disais aussi en le voyant que le génie de Tarantino est d’avoir donné les premiers rôles à Pam Grier et Robert Forster,un peu comme si il célébrait un certain type de prolétaires hollywoodiens,ceux du cinéma bis ou z,en leur donnant enfin un écrin qui les fait briller et cette fin géniale sur le visage de Forster,le regard perdu avec la trace de rouge à lèvres,30 ans déjà et toujours aussi beau!
-
Seldoon
InvitéTarantino était ravi de dire à la sortie du film que s’il l’avait fait 10-20 ans plus tard, on aurait dit que c’était le film de la maturité. Mais il le fait à 34 ans, prouvant à tout le monde qu’il sait être sérieux, et ensuite part sur Kill Bill, heureux comme un sale gosse. Il est dommage qu’il n’ait pas creusé le filon, car c’est bien en se tournant à nouveau vers des personnages vieillissants qu’il fera son chef d’œuvre.
-
Tony
InvitéSoyons optimiste sur le chef d’oeuvre à venir(?), quoique le vieillissement est déjà un peu le sujet de OUTH dont on attend avec impatience la suite réalisée par Fincher, c’est tout à fait enthousiasmant de savoir que le scénario a été écrit par Tarantino, c’est la meilleure nouvelle de l’année cette drôle d’association!
-
K. comme mon Code
InvitéLes nerds snobs aiment dirent que ceux qui préfèrent Jackie Brown au reste de sa filmographie n’aime pas Tarantino, mais il y a tout Tarantino dans Jackie Brown — c’est juste pas terriblement con. Qu’il ait fait exprès de ne pas être terriblement con est terriblement con. Mais Tarantino est terriblement con. On le préfère donc terriblement con faisant semblant de ne pas être terriblement con. Il reste authentique à sa terrible connerie tout en nous privant de ses pires travers.
-
Tony
InvitéSéparer l’homme de l’artiste semble difficile pour toi,on sait tous avec qui il vit et où.
-
K. comme mon Code
InvitéTony, tu n’es pas aussi con que Tarantino, mais seulement parce que c’est difficile. Par contre, il fait des meilleurs films que toi, je n’en doute pas.
-
K. comme mon Code
InvitéSinon, je suis gentil parce que t’es con, je disais que Jackie Brown est aussi mon Tarantino préféré.
-
Tony
InvitéC’est parce que j’ai vu passer récemment une vidéo où Tarantino se fait insulter par des militants dans un restaurant,enfin je suis peut-être con, c’est probable,mais ton commentaire,peu clair,m’y a fait penser.
-
K. comme mon Code
InvitéEt tu es passé à côté des trois décennies de conneries débitées par Tarantino ? De sa multiplication par cent dans des podcasts depuis qu’il a pris sa retraite ? Une retraite forcée parce qu’il s’est convaincu qu’il doit avoir une filmographie parfaite de dix films dont il établit le compte à neuf pour le moment alors qu’il en a sorti dix (comptez le nombre de conneries ici) ? Tu as vu Inglorious Basterds où sa bêtise infantile se trahit le plus ? J’aime la plupart de ses films, je les trouve aussi pourtant pour la plupart profondément bêtes — c’est un paradoxe assez mystérieux. Il y a une bêtise jubilatoire, parfois. Mais Jackie Brown est l’un de mes films préférés. Ce n’est pas pour autant un Tarantino « sage », il y a toutes ses caractéristiques stylistiques ; j’aurais aimé qu’il fasse semblant de ne pas être bête plus longtemps dans sa carrière.
-
Tony
InvitéN’étant pas bilingue,et je le regrette,je ne sais rien de ce qu’il dit dans ces podcasts,les deux livres qu’il a écrit sont ce que j’ai lu de meilleur ces dernières années,sur sa supposée bêtise je suis tenté par un lieu commun sur le génie,il y a toujours de la bêtise dans le génie,on en trouvera chez Balzac,Hugo,Hitchcock et d’autres,ce n’est pas selon moi un défaut, bien au contraire.
-
Alexandre
InvitéJe n’ai lu (dévoré) que Cinema Speculations, qui m’a régalé par bien des aspects, mais que j’ai trouvé, par endroits et surtout à mesure qu’on s’achemine vers la fin, non pas mal écrit, mais carrément pas écrit du tout. Comme si il jetait des notes, des énumérations de titres , de noms, sur les pages. C’est quelque chose qui m’a un peu fatigué.
Mais le bougre a su me réconcilier potentiellement avec Bullitt, ce qui était une gageure, et j’adore ce qu’il dit de l’homosexuel visé par le tueur de Dirty Harry.
De très, très bonnes choses.. -
Tony
InvitéOui c’est vrai que celui là est davantage oral, d’ailleurs je me demande si il n’a pas été enregistré puis retranscrit,ce qui n’est pas le cas de la novelisation de son film, vraiment à lire c’est un régal,et pour en revenir à Spéculation il y a des pages magnifiques sur sa jeunesse dans le Bronx,ses amis,sa mére qui l’a élevé seule,ses sorties au cinéma où il était le seul blanc dans la salle,il y a aussi le récit qu’il fait d’un critique spécialisé dans le cinéma d’exploitation et dont il était fan,bref magnifique ouvrage.
-
Alexandre
InvitéSa jeunesse à LA!
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai arrêté la novelisation d’Once Upon a Time après une cinquantaine de pages. C’était très mal écrit.
-
Tony
InvitéExact,dans un quartier pauvre.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Alexandre
Invité27 plus exactement.
Oui, il est classe. C’était le Tarantino qu’aimaient ceux qui n’aimaient pas Tarantino (dont je faisais partie et à l’époque).
Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et je me suis mis à tout aimer sauf, curieusement, le premier Kill Bill (ça va mieux avec le 2) et le lourdingue Hateful Eight, encore que j’y trouve , ici ou là, mon compte.Pour le reste, les batailles continuent de faire rage entre des gens comme moi, qui aiment, et ceux qui haïssent plus ou moins épidermiquement tel ou tel opus.
-
Alexandre
InvitéQuand je dis « 27 plus exactement », je parle de l’âge du film, pas de Tarantino.
-
-
Charles
InvitéEvidemment d’accord avec toi Tony, c’est sans doute le seul film où Tarantino donne l’impression de filmer des humains dans toute leur épaisseur avec ce couple superbe, fatigué mais qui y croit encore. On retrouve à la fois sa virtuosité narrative, son génie de la galerie de personnages au verbe haut mais aussi une attention sur un sentiment qu’il aura peu exploré, l’amour.
-
Tony
InvitéCe que tu dis sur le sentiment est très juste,on peut aussi se dire que lui,au moins,il l’a fait et de la façon la plus brillante qui soit, j’ai vu que Boulevard de la mort est en replay, c’est pas rien non plus et Pulp Fiction n’a pas vieilli,peu de cinéastes peuvent se prévaloir d’avoir réalisé 3 films qui resteront.
-
Olivier
InvitéAussi d’accord avec toi Tony sur Jackie Brown qui est si émouvant. Le personnage de Pam Grier et de Robert Forster sont si beaux, De Niro est tellement bon, pathétique et marrant. Et Samuel Jackson est incroyable aussi avec son physique (notamment capillaire). Jackie Brown est en effet le film le plus incarné, le plus matérialiste par ses personnages.
@K comme code. Pourrais-tu développer la bêtise de Tarantino, notamment dans Jackie Brown ? Merci.-
K. comme mon Code
InvitéJackie Brown n’est pas bête, c’est la raison pour laquelle le film n’est pas bête qui l’est : Tarantino voulait faire un film « mature » à trente ans. Pour le reste : c’est un bien meilleur réalisateur que scénariste. Il lui arrive le malheur de vouloir dire des choses sur l’histoire et le cinéma.
-
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéJ’ai vu jardin d’été , les cahiers ont adoré. J’ai pris plaisir à voir jouer les enfants, toujours. Il. Est question de la mort et de secrets et non dits familiaux. C’est à la fois un film matérialiste et onirique ça c’est chouette. Par contre la musique est nulle et le film a des longueurs .
-
MA
InvitéPourquoi matérialiste ? D’accord sur les longueurs. J’ai aussi aimé le rapport entre générations, espiègle et tendre à la fois.
Mais j’avais trouvé Déménagement encore plus fort. Shinji Somai, disparu trop tôt est vraiment je crois à re-découvrir. Hâte d’en voir d’autres.-
Linconnu
InvitéIl faut voir également Typhoon Club ressorti l’année dernière, même si mon préféré est Déménagement. J’ai pas tout vu mais il n’a pas fait que des bons films.
-
Stéphanie
InvitéMatérialistes dans le sens où les enfants prennent plaisir à travailler la terre, rénovent, poncent,peignent , s’attachent à bien faire, respectent autant le objets que le jardin que le grand père.
Je regarderai Déménagement.
-
-
MA
Invité« J’ai pris plaisir à voir jouer les enfants, toujours ». Je repensais à la scène d’ouverture de foot, si je me rappelle bien. J’ai trouvé le reste moins intense, je crois.
« onirique » : c’est vraiment le cas d’une longue séquence complètement dingue vers la fin de Déménagement.-
Stéphanie
InvitéJe l’ai vue Déménagement , j’avais oublié cest en revoyant la bande annonce ..oui la scène finale est superbe et le film plus réussi je trouve.
L’occasion de le revoir. Merci !
-
-
-
Henry
InvitéQui connaîtrait des bonnes critiuqes sur Después de Lucia publiées à sa sortie ? Je peine à en trouver étant donné que presque tout le monde déteste Franco. Et François, si tu lis e message, je t’ai déjà entendu dire que ce film était pour toi le chef-dôeuvre du XXIe siècle, mais tu pourrais détailler stp ? J’ai écouté la GO sur Memory bien sûr et je vois bien les grands axes de ta pensée sur son cinéma (cinéma qui laisse le spectateur libre de regarder la scène, bcp de plans fixes, narration fragmentée, voir déconstruite, cinéma a-sentimentale), mais précisément sur ce film en quoi est-il si grandiose ? Pourquoi le harcèlement en fond ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésce serait un peu long à développer
je peux juste commencer par dire que Franco est avant tout un génial scénariste
le génie scénaristique de Despues consistant, contre toute règle, à mettre deux drames sur les épaules de son héroine
pas un, comme la règle l’impose, mais deux
si tu pars de là, tu peux dérouler toute la pelote -
..Graindorge
Invité@ Henry
Trouvé ça.
Michel Franco est un grand artiste. Il t’attrape par le col et te jette son Art « A los ojos » et il met le paquet comme la vie quand elle s’y met.
Il ne cherche pas à être » spectaculaire » mais à coller au vrai d’un monde violent, très violent, qu’il connaît, que nous connaissons aussi et si
c’est pas tout-à-fait le cas, son talent t’en montre un bout. La vie c’est la vie. La vie vue par le prisme de l’Art c’est une autre dimension et Franco c’est Franco: il crache son art comme on crache son venin, tranquillement mais puissamment car » es lo que hay » » es el mundo que nos toco » c’est aussi le monde tel qu’il est. Franco ne regarde pas la vie avec des œillères et ça se voit.
On sort de ses films comme on en sort. Lui aime passionnément la vie, passionnément les gens et passionnément le cinéma. -
Le mec là
InvitéJ’étais pas porté sur la chose à l’époque, mais je me souviens qu’il avait fait forte impression. Quelques réactions épidermiques certes, mais tout le monde s’accordait à dire que le film détonnait.
-
-
Pierre
InvitéJe me permets de reposter cette transcription d’une conférence tenue par François à la cinémathèque après la projection du film.
—
C’est beau, un cinéaste que l’on voit poindre. François, tout de suite saisi par la sûreté du geste. Plus que la thématique abordée par Franco.
Film extrêmement clivant, par ailleurs.
Premier sentiment après le film, le temps du générique : une constante chez les films proposés par François — leur cruauté / crudité. Je ne sais pas si cela vaut manifeste esthétique, mais c’est quelque chose qui lui plaît. Filmer au ras du réel. On pourrait dire comme simple enregistrement, mais cela est plus compliqué. Comme une sorte d’écriture blanche appliquée au cinéma. Caméra blanche qui permet d’ouvrir le champ (et je me souviens combien L’Étranger m’avait marqué en première lecture. D’abord par cela, son écriture ouverte et impassiblement descriptive).
Difficile d’écrire après François… Comme à chaque fois, il s’arrange pour rendre l’expérience regardable. Alors que, vraiment, film assez mal reçu. Comme un spot de la sécurité routière à vrai dire. Ou une de ces photos présentes sur les paquets de tabac.
—
Mais laissons parler François. Parlons scène.
La première. La casse. Plan-séquence. Comme une solution à un problème posé au scénariste (ici une et même personne : Franco). Quand commencer le film ? En même temps que le récit ? Pas l’option du film. Pas de scène d’exposition, plutôt divulgation subtile d’informations au fur et à mesure. Non : premier plan, voiture réparée à aller chercher au garage. Vient avant tout témoigner de l’accident qui a eu lieu. Plan toujours très chargé, mais on ne sait jamais de quoi. Le père n’arrive pas à conduire.
—
La thèse du film, s’il devait en avoir une : on ne se remet pas de la perte d’un être cher. Tout le contraire du scénario type, celui de la résilience, de la consolation. Down and up, que l’on trouve à Hollywood mais aussi bien dans le cinéma indépendant.
Ici pas de consolation ; le drame est redoublé, et même quintuple : après la mort, la dépression, le harcèlement, la disparition, le meurtre.
—
Mon sentiment à l’écoute de François : tous les films qui finissent bien sont-ils de consolation ? Il me semble que ce qui fait le marqueur du film dit « de consolation », si l’on devait en trouver un, c’est la pensée magique. Untel va mal puis va mieux, sans que ne soit élucidé plus que cela. Cinéma roller coaster qui vise les tripes sans faire détour par la pensée.
(Marqueur qui fonctionne d’ailleurs assez bien avec le type contraire, aka les films de désolation : La Rafle, etc. Et c’est ainsi que j’ai reçu le film d’ailleurs en première instance.)
—
Particularité de la mise en scène : caméra — et, par extension, spectateur — embarquée. Mais peut-être pas pris en otage. Plans d’une telle facture que liberté est laissée aux spectateurs de vagabonder sur l’image, souvent elle-même évidée en son centre. On n’indique pas quoi regarder. Cf. les scènes de fête entre jeunes.
Le harcèlement : schéma tout à fait propice au cinéma. Très beau sujet de jurisprudence… Quand cela commence, de quelle manière ? (Mon idée : la scène où on lui refuse une pause pipi en voiture est un premier marqueur de sadisme ordinaire, ou en tout cas de l’amitié rompue.) Béance un peu mystérieuse. Ce qui est toujours très bon. Ouvre le champ.
—
Film très bressonien. Étude des processus à l’œuvre (peut-être plus probe encore que chez Bresson, puisque non travaillé par des thèmes catho comme celui du péché originel ou de la sainteté). Béance interprétative maintenue.
Dénonciation des réseaux sociaux ? Il faudrait aimer juger pour interpréter le film ainsi. Non, sont scrutés les flux sexuels du harcèlement. Pas de recherche d’excuse, mais dissociation de la position du proviseur (présent dans la salle), soit cette position qui serait obsédée par la recherche de coupable à raisonner. Dans le film, cela est réglé en une scène très brève. Pas cela qui intéresse Franco, explicitement.
—
Un des nœuds du problème, dans la réception critique de Después de Lucía, c’est sa fin. Trop de choses sont dites sur les fins en général. Ici, on va jusqu’au bout du processus. Le père est sans cesse dépassé. Mais pour reprendre prise, il jette le garçon fautif à l’eau. Sans catharsis, sans en tout cas mieux-être visible à l’écran.
—
En termes de mise en scène : cadres fixes et souvent assez serrés. Cf. scène de cuisine. Plans froids. En permanence, des choses nous sont dérobées.
Une des questions au cinéma : qui regarde ? Ici, pas d’humano-centrisme. D’aucuns diraient que le film n’a pas de point de vue. Mais c’est ici le point de vue qui est mis en place : celui de l’immanence. Point de vue du processus. De ce qui vibrionne dans le réel — pas forcément sainement, d’ailleurs.
Le formel au service de l’analyse de ce qu’est le harcèlement.
—
Plus métaphysique que réaliste comme facture : prendre le fait divers pour le monter au tragique. Quelque chose de dostoïevskien, presque.
Avec en toile de fond cette question du lien possible entre le deuil et le harcèlement.
Comment ça se concocte, le deuil ? Avec du silence. Le silence du « ça va bien ». Ce qui va empêcher la conversation entre le père et la fille, trop occupés tous deux à donner le change.
Ainsi pourrait s’expliquer par ailleurs la passivité de l’héroïne. Culpabilité du fait de l’accident — peut-être provoqué par elle — et qui a coûté la vie à sa mère. Le coupable se trouve souvent soulagé par le châtiment.
—
Film travaillé, par ailleurs, par la symétrie entre le père et la mère. Avec une distance qui se fait, qui se creuse. Formalisme du film qui n’est pas un systématisme.
—
Autre fil : celui du mobile, ce qui nous meut, par quoi sommes-nous agis. Grande question rohmerienne, par ailleurs.
Le père navigue à vue. À vie. Par impulsions et non par préméditation. Il est le plus souvent agi plutôt qu’agissant. De même que les jeunes harceleurs, tout aussi acteurs amateurs que le père, du reste, ont un jeu qui semble parfois improvisé. Comme la méchanceté qui ne sait pas où elle va. Agie par le ressentiment.
Ou quand les impuissants prennent le pouvoir. Le pouvoir est un truc d’impuissant. Ce qu’on ne lui pardonne pas : sa force. Non pas sa différence. Le ressentiment, la jalousie à l’encontre de la puissance.
—
Comment répondre à l’affront, dès lors ?
Elle a le sens de la tragédie, pulsion de vie dans la nage. Elle reprend ensuite des forces dans l’ancien appartement de ses parents. Ce sera d’abord cela, s’en sortir : reprendre des forces. Manger des pommes et un yaourt. Non la morale, le jugement, le châtiment.
Cf. Le Client de Farhadi. Cf. surtout le père, qui à peine a-t-il pris connaissance des faits, cherche à se venger. Se venger, comme une manière de sortir de son impuissance.
Tout cela non pas montré / expliqué par le film, mais secrété par une mise en scène qui rend aux actes leur ressort confus. Point de pulsion causale à l’œuvre, mais des forces qui commandent — ou sans commander.
—
C’est fou comme la cinéphilie produit de l’intelligence. Permet, en tout cas, un exercice rare autant que difficile : penser contre soi. Contre son épiderme.
Pas de musique. Laconisme. Non-directivité.
La passivité comme défense minimale.
Pas un objet méchant, finalement.
-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci Pierre
-
Graindorge
InvitéAh oui! Merci beaucoup Pierre!
-
tomtom
InvitéVu Chronic ce soir.
Que dire ?
Que c’est presque aussi bon que Memory ?Ce qui m’a marqué c’est qu’au milieu du film, quand Michel commence à remplir le passé de notre (sublime Tim Roth) personnage principal, j’ai pris peur.
L’impression que le récit allait se psychologiser, se refermer.
Mais c’est sans compter sur le brio immédiat d’un volte face où ça se réouvre, les retrouvailles familiales, la découverte de sa nouvelle patiente, les coups de butoirs ni vus ni connus sur la médecine américaine, les non dits de dos qui rappellent cette scène mémorable (sigh) de Saul face aux chambres qui hésite, cette patiente face à sa famille absente.Bref cette capacité à faire du cinéma si empathique pour des gens si traumatisés par la vie (cette garce), si belles et si beaux dans leurs traumas, à faire resplendir ces gens qui ne sont rien (comme dirait l’autre).
Ben moi ça me fout les poils et les larmes, pff quel artiste…
-
tomtom
InvitéPendant tout le film je me suis demandé : « Mais pourquoi ces scènes de footing ? »
Et même au vu du plan final, pas sûr de bien comprendre où il veut en venir avec ça. (Malgré le sursaut de 3m sur le canapé).
-
-
-
-
Charles
InvitéJ’ai vu Reflet dans un diamant mort de Cattet et Forzani. Je n’avais vu d’eux qu’Amer, dont le formalisme absolu et les références permanentes à un cinéma plus ou mois bis m’avaient lassé. J’y suis allé avec un certain espoir car ce nouveau film était décrit par la critique comme leur meilleur. J’ai très vite déchanté. Le film est un sous James bond méta, ultra violent et plus qu’au bord de la série Z. La plupart des références m’échappent donc je n’ai pas ce plaisir cinéphile – un peu vain – de la reconnaissance et de la relecture maniériste. Ce qui me reste donc ce sont scènes au montage hystérique, surdécoupé, où tout est morcelé par des gros plans sur des bouches, des yeux comme dans les western spaghetti, et des plans qui durent à peine plus de 3 secondes. Outre cette mise en scène agressive, il faut supporter des acteurs de seconde zone qui jouent des archétypes de film de genre avec des dialogues du même ordre (« j’aurai ta peau » « dis-moi tous tes secrets » etc.) en mettant une surintensité dans chaque intonation avec force grimaces, mimiques – surtout les acteurs masculins dont le principal au physique très lisse et à la mise très élégante qui donnent à chaque gros plan sur son visage glabre un air de pub pour du café. Et en plus ils sont doublés. De surcroit, le film n’a pas beaucoup de moyens donc dès qu’il y a un peu de figurants, un peu d’action requise, tout s’effondre. A son crédit, le film fourmille d’idées visuelles, de trouvailles mais elles finissent malheureusement par s’annuler les unes les autres. Je passe sur l’intrigue globalement compréhensible et très méta, tout étant tellement haché qu’on a du mal s’accrocher à un fil rouge. Bref, c’est assez pénible à suivre, bien qu’un peu rigolo par endroits, sans que l’on soit sûr si l’humour est volontaire ou non.
-
I.G.Y
InvitéJe ne m’attendais pas à être d’accord à ce point.
Je n’ai pas regardé les crédits en détail mais il ne m’étonnerait pas qu’une partie de l’équipe ait travaillé sur The Substance. Ou alors l’inspiration saute aux yeux, a minima. Et à ceci près que je trouve The Substance entre 3,25 et 9,34 fois mieux.
-
Charles
InvitéCe n’est pas tout à fait la même limonade. Cattet et Forzani font ce cinéma depuis 15 ans et s’inspirent du giallo italien et d’autres sous-genres que je maîtrise mal. Fargeat a des références pointues dans le genre mais aussi des films beaucoup plus mainstream comme Carrie, Elephant man ou la Mouche.
Je dirais aussi que Cattet et Forzani font du pur maniérisme alors que Fargeat essaie davantage de piocher dans des œuvres préexistantes pour en récupérer des visions, des motifs qui viendront muscler sa mise en scène : c’est moins de la reproduction maniaque d’une mise en scène qu’une forme d’hommage ou de pillage – voir la gerbe de sang qui n’en finit pas, sorte de Carrie x 10.
C’est pour ça que Cattet et Forzani me semblent être davantage dans une forme close, refermée sur elle-même, là où Fargeat veut faire un film beaucoup plus accessible – la meilleure illustration de cela étant le scenario très linéaire où tout est explicité, prévisible, asséné.
The substance est sans doute plus divertissant, en conséquence de ça, et notamment plus rigolo mais aussi beaucoup plus bête.-
I.G.Y.
InvitéOui je n’avais pas en tête quelque chose d’aussi fouillé en parlant de Substance, mais purement à une affaire plastique et sonore : je pensais en un certain sens uniquement à la « même limonade » (l’insert sur la limonade dès le début du film, parmi d’autres, m’a diablement fait penser à Substance). Non pas qu’ils soient les seuls films à faire ce genre de plans mais leur facture technique visuelle et sonore me paraissait spécialement proche, or comme le film est hyper référencé, je me suis dit que c’était peut-être intentionnel.
.
On avait déjà discuté ici du Fargeat, dont je suis d’accord pour dire qu’il a quelque chose de bête. Je ne peux néanmoins que constater en moi le fait que cette « expérience sensorielle » tant promise par Diamant (je cite Cattet et autres papiers lus après coup) n’a pas du tout eu lieu, et ce malgré un volontarisme plus qu’affirmé à l’écran. Je dirais que The Substance avait pour lui le fait d’installer une véritable immersion (expérience), tandis que le maniérisme de Diamant ne prend véritablement le temps d’aucune scène — l’immersion est tout au plus celle de la caméra dans la fausse scène de générique. L’expérience est assénée, pas installée. Le rythme du film et sa volonté d’en mettre systématiquement plein la vue l’en empêche. The Substance savait beaucoup mieux ralentir pour repartir. Dans Substance une bonne partie de l’expérience avait aussi trait à un traitement formel plus général qu’une pure accumulation d’effets spéciaux et d’inserts ludiques, en particulier son traitement chirurgical de la pleine lumière. Le film s’intéressait davantage à ses personnages (et pourtant c’était loin d’être sa qualité première) etc… En écrivant, je réalise que les deux films sont en fait presque en miroir l’un de l’autre, à la fois pour le scénario et pour l’expérience, pour des raisons opposées.Il me semble aussi que tu as pointé deux problèmes qui m’ont sauté aux yeux : le montage effréné fait souvent l’effet d’un pansement sur l’absence de budget, et c’est tout particulièrement vrai des scènes d’action.
J’aurais pu apprécier ce genre de film-détournement purement ludique s’il m’avait fait rire, si un acteur m’avait fait rire, mais j’admets d’avoir ni ri ni même presque souri.
.
En définitive j’ai beau avoir capté quelques références dans Diamant — une que je n’ai pas encore vue relevée : l’un des tous premiers plans qui a posteriori annonce le côté reconstruction fantasmatique du film (pour le dire vite) est à mon avis une réplique exacte d’un plan de Barton Fink, celui avec la femme assise sur la plage de dos et face à la mer —, je m’y suis beaucoup ennuyé.-
Charles
InvitéDes personnages dans The Substance, comme tu y vas.
Pour le reste, je vois mieux ce que tu veux dire.
Je ne suis pas sûr de savoir quoi exactement penser de The substance – c’est sûr que ce n’est pas un très bon film mais il est suffisamment bizarre et jusqu’au boutiste (en même temps que parfaitement congruent à l’époque, c’est ce qui fausse le jugement) pour susciter plus de discussion que Reflet d’un diamant.
-
-
tristan
InvitéCattet et Forzani, ça fait marque de pâtes…Ils font du western-spaghetti ?
-
-
-
Le mec là
InvitéWow, accueil bien tiède. J’ai trouvé ça d’enfer. Pasticher les films d’espionnage des années 60 tout en disant quelque chose du virilisme grâce au surréalisme…Il y a milles idées à la seconde et ça fourmille de détail. L’économie de moyen ne fait que qu’accroître l’effet Kadelioscope de l’entreprise.
-
Bruno
InvitéSurréalisme ou fétichisme ?
-
Le mec là
InvitéLes deux : )
-
-
-
-
Tony
InvitéSur Mubi on peut voir d’un château l’autre un moyen métrage d’Emmanuel Marre(Rien à foutre)vraiment remarquable,et beaucoup plus que ça en fait,sur la relation entre un étudiant et la propriétaire âgée et invalide qui lui loue une chambre de son appartement en échange d’un loyer modéré par les quelques services qu’elle lui demande et tout cela sur fond de campagne présidentielle de 2017 jusqu’à l’élection de qui on sait,on pourrait penser un peu à ce qu’avait fait Triet sauf qu’ici il y a une résonance entre la vie de l’étudiant et ce qui se joue dans ce moment particulier,on le voit assister à 2 meetings,Macron/Le Pen,et revoir ces images aujourd’hui fait un drôle d’effet(on y entend Le Pen tenir un discours vaguement social sur les ouvriers chinois qui fabriquent des biens qui sont ensuite vendus aux chômeurs français et Macron fait son numéro devant une foule,enthousiaste,dont l’uniformité sociologique,et peut-être aussi blanche que l’autre,a quelque chose d’inquiétant),on ne sait pas ce qu’il pense de l’un ou de l’autre mais on sait qu’il n’est pas à l’aise,lui le fils d’infirmiers,avec les bourgeois avec qui il fait ses études,il dit à un moment qu’il a renoncé à une soirée car non il ne se voit pas en costard et il a cette formule géniale sur ses collègues qui’eux,même en costard,on a l’impression qu’ils sont en pyjama’.D’autre part ce qui se noue entre lui et sa propriétaire est tout à fait passionnant, évidemment elle ne peut s’empêcher de le prendre pour une sorte de domestique,ce qu’il lui fera remarquer en lui disant qu’elle dépasse les bornes,on le voit ensuite la promener en poussant son fauteuil,on voit qu’il s’y attache de plus en plus et elle s’ouvre à lui dans cette très belle scène où elle lui avoue sa solitude,que ses enfants lui manquent, qu’elle aime les voir et en même temps elle redoute de les voir car ça lui fait trop de peine de les voir partir, elle fond en larmes et il lui serre tendrement les épaules, vraiment très beau, d’une vérité telle qu’on se demande depuis le début s’il s’agit d’un documentaire ou d’une fiction, c’est très fort d’arriver à faire ça.
-
Anna H
InvitéJe recommande aussi. Il y a des courts de lui sur Vimeo à voir :
Le désarroi du flic socialiste quechua (2014) :-
Anna H
InvitéLe petit chevalier (2011) :
-
Tony
InvitéMerci Anna H je vais regarder,il y a aussi sur Mubi un autre court qui s’appelle Le Film de l’été qui suit pendant quelques jours 2 amis et le jeune fils de l’un des deux, à un moment l’ami dit à l’autre que c’est dommage qu’il ait arrêté le cinéma car il avait un bel oeil,belle façon de dire les choses et tout à fait approprié.
-
I.G.Y
InvitéJe viens de voir le Film de l’été et je m’associe à la recommandation. Vraiment cet Emmanuel Marre a quelque chose (j’avais beaucoup aimé Rien À Foutre découvert grâce à la GO, et j’avais ensuite vu Quechua (quel titre), bien aimé aussi). Et cet acteur Ugeux est décidément formidable.
-
Anna H
InvitéBien d’accord avec vous pour Le film de l’été.
J’aime tous les films de Marre. Seul Les cheveux coupés est dispensable selon moi.-
I.G.Y.
InvitéIl faut que je regarde ceux qui me manquent.
Sinon, expérience amusante que de voir à la suite l’un de l’autre Le Film de l’été et Voyages en Italie de Letourneur (c’est ce que j’ai fait, sans préméditation). On pourrait dire que ce sont deux films de l’été à leur manière. Ma préférence va au Marre — j’ai pourtant aimé voire beaucoup aimé les quatre Letourneur vus jusqu’ici, un peu moins celui là. L’Aventura va suivre.
-
-
-
-
-
-
-
stephanie
InvitéLe documentaire de Antonin Peretjatko vient de sortir, Voyage au bord de la guerre. J’irai le voir car vraiment aimé ce qu’il a fait avant.
Qu’en pensent les cinéphiles d’ici? -
Jules
InvitéPour ceux que ça intéresse, et qui sont à Bruxelles : Masterclass de Wang Bing à 17H au cinéma galeries aujourd’hui (29/06). Et plusieurs de ses docu seront diffusés en juillet dans le même ciné.
(Vu Youth en entier, c’était mon premier Wang Bing : waouh !)-
..Graindorge
InvitéYouth? Wang Bing se serait-il inspiré du 1er tome d’une anthologie de nouvelles japonaises qui porte le même nom? Je suis entrain de les lire et c’est bien!
Jeunesse » une compilation de nouvelles de Dasai Ozamu, Ishihara Shintarô, Maruyama Kenji, Ôe Kenzaburô etc..
Dans les suivants sont abordés le désir, les amours, la famille, etc
» un panorama général de la production littéraire de la seconde moitié du XXe siècle. »-
Jules
InvitéMa première hypothèse était qu’il voulait filmer la jeunesse (en l’occurrence celle de travailleurs chinois), mais je suis un peu bas du front… :p (surtout, je ne connaissais pas du tout cette anthologie de nouvelles)
-
-
-
Tchitchikov
InvitéVu L’envol de Marcello hier soir. L’avez-vous vu ? Formellement c’est fort. Mais je trouve que le film perd en qualité dès l’apparition de Louis Garrel. Quel cabotin. Manque terrible de naturalité dans son jeu. Il m’a semblé qu’il aspirait le film à lui. Même les dialogues deviennent fades. Je ne sais pas si c’est la prod qui l’a imposé à Marcello mais ça amoindrit le tout à mon sens. Fin ratée, rêve de petite fille, désir pour le bel aviateur. On a fait plus subversif. On souhaiterait que le réal revienne à son style Bella e perduta.
-
Anna H
InvitéPareil que toi. Selon moi plantage complet alors que j’adore ses autres films. Si j’étais dure, je dirais que je n’ai aimé que le début avec les images d’archives colorisées. Garrel en fait beaucoup mais je trouve que c’est surtout Noémie Lvovsky qui est la plus catastrophique.
-
Tchitchikov
InvitéOuais j’ai vachement aimé les images d’archives du début. Ça devient un peu sa pâte dans la fiction. À sauver aussi selon moi, ces longs plans sur les mains si filmique de l’artisan.
-
-
Le mec là
InvitéÇa sent le travail, dans le mauvais sens du terme. Un espèce de gloubi-boulga d’atelier qui ne sait pas trop ce qu’il raconte. J’avais du mal à être investi par quoi que ce soit.
-
-
K. comme mon Code
InvitéGrand film, L’Aventura. On en parlera longtemps donc je m’arrête là pour l’instant. (J’ai faim.)
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe redouble K : grand film que l’Aventura
quelle cinéaste que cette Letourneur décidément
-
-
Le mec là
InvitéJ’ai pas retrouvé, c’est quoi le problème de François avec Guillaume Brac? J’ai pas retrouvé non plus de retour sur Erwan Le Duc ou Betbeder.
-
François Bégaudeau
Maître des clészero vie dans les plans, voilà mon problème
la vie évacuée – tout en prétendant l’attraper-
Le mec là
InvitéOK. Je voulais essayer de rattraper mon retard, j’avais vu tonnerre au ciné et j’avais bien aimé (c’était un peu un traitement de l’incel que ce terme nous inonde), et pas noté cette faille particulièrement. A l’abordage a une sacré réputation, et vu son travail documentaire (notamment sur ce n’est qu’un au revoir), j’avais l’impression que sur le papier ça aurait pu coller, d’où ma question. J’y veillerai donc.
-
François Bégaudeau
Maître des clésLes films de Brac ont l’affichage de la vie, la signalétique de la vie, la vie comme produit d’appel. Et sont tout à fait dénués de vie (à de rares moments près)
-
kenny
Invitémoi j’aime bien brac, on y passe de bons moments
on sait avance qu’il ne va pas nous embarrasser
par les temps qui courent on n’en demande parfois pas plus
à l’abordage c’est mektoub my love en mode bienveillance
pas trop de cul, ça se matte très bien avec les parents
réconfortant comme un double cheese mais moins bourrin
car les dialogues sont plutôt bien écrits-
stephanie
Invitéje suis d’accord et moi dur pour ces films notamment Tonnerre qui me semble t-il avait un petit air à Guiraudie.
-
Mais moi c’est léo
Invité« Moi, si tu veux, je suis patiemment et par le bas de plus en plus frappé par l’indigence de son cinéma.
.
Je me suis fait la réflexion que le dernier Guiraudie, Miséricorde, qui n’est pas franchement reconnu pour avoir comme base arrière une très grande beauté plastique, est bien plus plastique que le dernier Brac.
.
Le cinéaste plastique est celui qui travaille la matière de ses films pour en faire quelque chose de vivant. Et je trouve la plastique de Miséricorde magnifique.
.
Le cinéaste poseur par ailleurs est celui qui travaille la matière de ses films, l’agence, pour qu’elle soit la plus morte possible ou la plus tournée vers une autre perspective que celle de recréer ce qu’on appellerait la vie (occupé à dire ou à crier comme en un coup de tampon un message qui tient sur une ligne, plaire numériquement/virtuellement au plus grand nombre). Alors la plastique du dernier Guiraudie me paraît bien plus intéressante. Alors Brac est bien trop poseur : bien trop occupé à trouver où placer la caméra dans l’espace afin que ce qui s’y trouve, la vie, et d’ailleurs on s’en fout un peu, ressemble à une jolie-insignifiante carte postale « on-y-passe-de-bons-moments
on sait d’avance qu’il ne va pas nous embarrasser
par les temps qui courent, on n’en demande parfois pas plus »/poster moche. Des fabriquants d’images. Il y en a plein les rues. Guiraudi lui aime davantage malaxer et incarner au sens fort du terme la matière qui compose son plan en se donnant comme tache de recréer au plus profond de la pellicule ce que l’on aurait appelé la vie.
.
Encore la preuve sous nos yeux ? que les plus grands cinéastes de ce monde sont aussi les plus grands plasticiens, ils peignent le mouvement de ce qui un jour s’est mû. »
.
Musk. Entretien avec Joe Rogan feat. Papacito. « ma converstion »-
Mais moi c’est léo
Invitéça m’a frappé cet effet carte postale dans le plan dont j’ai parlé la dernière fois à propos de ce n’est qu’un au revoir : la scène où on est censé capter une confrontation entre flics et manifestants et où rien ne se passe, et où tout est joli. si Brac a un talent pour faire des jolies choses, on devrait s’en servir pour s’occuper de la plastique des futures cartes pokemon, il y excelle un peu dejà en produisant dans ma tête une succession de plans sans envergure, de jolies cartes postales. on s’y fait un peu chier
-
Mais moi c’est léo
Invitéune occassion aussi de se rappeler que dans toutes les plus belles peintures règne la plus grande conflictualité, le plus brillant trouble, et il en est de même pour la plastique des plus grands films. je trouve.
-
Mais moi c’est léo
Invité« Les films de Brac ont l’affichage de la vie, la signalétique de la vie, la vie comme produit d’appel » nous informe Jeff Bezos, et il pointe un vendeur de magnets place du Capitole
-
François Bégaudeau
Maître des clésLa clé de Brac est dans la dédicace de son dernier docu.
Il filme en tant que papa. -
Pmadeck
InvitéLe sujet de fond chez Brac a toujours été l’homme solitaire sans femme(s), et donc:
la drague.
Le glissement paternel me semble être propre au deux dernier documentaires en miroir, ce n’est qu’un au revoir/un pincement au coeur (L’ile au trésor aussi, que des docs).
Il y a entre tout ses films une continuité affectif-moux, comme de la guimauve qui fond l’été, mais j’y vois pas un invariant paternel. -
Le mec là
InvitéPas mal la clé de Brac ; )
-
-
-
-
-
-
-
-
Sylvain
Invité« zero vie dans les plans, voilà mon problème
la vie évacuée – tout en prétendant l’attraper »
Oui, c’est flagrant dans « Ce n’est qu’un au revoir ». On pourrait même dire que, dans ce film, « les plans » (tous irréprochables) l’intéressent plus que la vie (effectivement assez absente).
Ce n’est pas bon signe qu’un documentaire ne présente que des plans irréprochables. Forcément et pour se faire on y a pas beaucoup invité « la vie ».
En revanche je suis beaucoup moins sévère avec ces films de fiction, même si assez d’accord avec Kenny plus bas. Oui, on ne sera pas mal à l’aise. Non, on ira pas jusqu’à Mektoub My Love. Mais dans « à l’abordage », Brac installe son propre petit théâtre (certes improbable, certes confortable) mais ça me dérange moins que, au hasard (non), chez Wes Anderson par exemple.-
Le mec là
InvitéLe petit malaise de tonnerre était quand même d’être en empathie totale avec un perso qui nous paraissait somme toute bien sympathique, et qui se révèle être prêt à basculer dans ce qu’on appelait encore il y a peu le crime passionnel.
-
Le mec là
InvitéJ’ajoute qu’il était arrivé à nous faire ressentir ce manque (pas loin du manque au sens addictif) qui le fait tourner maboule.
-
Sylvain
InvitéBien d’accord….
Et donc un Brac plus intéressant dans la fiction que dans le documentaire…
-
-
-
-
-
-
luc
InvitéQqun a vu Life of Chuck?
-
Tony
InvitéJe l’ai vu, c’est très moyen, quelques scènes sortent du lot,la voix off du narrateur est peut-être ce que j’ai préféré, elle donne un aperçu de ce que peut écrire Stephen King(mélange de science,de métaphysique et de sentiments)avec une rythmique bien particulière,les scènes d’apocalypse de la première partie sont plutôt réussies aussi mais ça nous est présenté d’une façon assez bizarre, comme si l’espèce humaine portait naturellement en elle cette destruction,la suite est plus anecdotique,la scène musicale dont tout le monde parle est pas mal du tout,il y a un vrai plaisir de mise en scène,le reste est plus conventionnel,plus mièvre aussi.
-
luc
Invitémerci pour ta réponse Tony. Ca mérite d’y aller je crois
-
Luc
InvitéJe suis assez d accord mais je serais moins sévère. Oui l entracte musical est fort. J ai trouvé ça fluide comme dédale de multitudes. La voix off apporte beaucoup.
Comme La gêne occasionnée me manque n empêche !
-
-
-
Ostros
InvitéAujourd’hui sortent
L’aventura de Letourneur et
Rapaces de Dourountzis
Je vais enfin retourner au cinéma-
stephanie
Invitépareil
il y a aussi Matérialists pour Le Beg ! et Le Dupieux mais on nous y prendra pas . -
Mao
InvitéVache, c’est tellement mal distribué.
-
Bonnaventure
Invitéanch’io. Merci pour le rappel.
-
-
Tchitchikov
InvitéAlors Doroutnzis connais pas du tout. Il a fait quoi de bien/remarquable ?
-
Ostros
InvitéIl a fait Vaurien
Son premier long.-
Tchitchikov
InvitéVu hier soir. Personnage dérangeant effectivement. On le devient aussi en riant beaucoup devant un être abject. Mais parce qu’il y a beaucoup de situations et de blagues drôles en même temps. Toutes choses égales ça me rappelle le personnage des Herbes sèches de Ceylan. Sentiments contradictoires à son égard. Mais notre hôte dirait que la vie admet la contradiction à rebours de la logique.
Puis Dorountzis a l’art de l’ellipse, ce qui rend l’absence de scène plus angoissante encore. Fascinant en tout cas de mêler le charme, la volupté, l’humour au fait d’être une crevure. Merci compagnons pour la découverte. Entre ça et L’aventura, belle semaine ciné pour moi.-
François Bégaudeau
Maître des clésreste à voir Les rapaces
J’aimerais tant aimer
Demain-
Tchitchikov
InvitéOuais moi aussi. J’ai eu le malheur de regarder la bande-annonce (ce qui m’arrive rarement) et ça sent le thriller à gros sabots. Mais je ne veux pas préjuger d’un film à partir d’une piètre annonce.
-
-
-
-
-
Le mec là
InvitéPas grand fan de zemeckis mais tout même, Here est un foirage assez sidérant. Une écriture toute masculine, un patchwork qui peine à faire sens, des cgi digne d’un FMV méga-cd. L’effet spécial le plus important est lui complètement bâclé, aucun travail sur la gestuelle et la tonalité dans l’évolution de l’âge des acteurs. A ghost story fait tellement mieux sur le même postulat. Même Presence de Soderbergh effleure mieux le sujet alors que c’est un film un peu mineur. Le seul moment où tout ce protocole fait sens c’est quand Paul Bettany croit sentir la présence de sa femme au détour d’un moment anodin. Ça fait bien peu.
-
Le mec là
InvitéJe me demandais ce que devenait Sorogoyen, j’avais zappé qu’il avait sorti une nouvelle série « Los años nuevos ». Vous savez comment la voir autrement que par Mubi?
-
Tchitchikov
InvitéAlors, Rapaces ça vaut le coup amies, compagnons ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésdemain
-
-
kenny
Invitési quelqu’un pouvait visionner et nous résumer cette vidéo
le nombre de « en fait » m’a donné envie de tout casserLa javel ou la crasse : voyage dans le cinéma d’horreur contemporain
-
Ostros
InvitéIl faut préciser qu’il faut être abonné, en fait.
-
-
Malice
InvitéA propos de Despues de Lucia, commenté plus haut
J’ai retrouvé ce texte de FB« Ce qu’en pense papa
C’est faire un truisme que de le dire : la critique de cinéma est une infatigable fabrique de truismes. Un exemple ? Sans pathos. Signification floue, vient spontanément dans la bouche pour saluer la sobriété d’une scène à haut potentiel émotionnel – « c’est traité sans pathos ». Un autre exemple ? Esthétisant. Soldat lexical convoqué sur-le-champ pour déplorer une stylisation excessive. « Désolé mais c’est quand même un peu esthétisant »
Il y aurait aussi : ce film tombe dans les travers qu’il dénonce.
Et puis le point de vue. Des années qu’on entend dire, par des critiques ou des lecteurs de scénario en commission, que tel film pèche par absence de point de vue. D’emblée perplexe, on a d’abord été poli, patient : ceux qui parlaient ainsi étaient des professionnels, dans leur bouche légitime il n’était pas douteux que point de vue recouvre un grief précis. Et puis le temps passant, le cheveu se raréfiant, la perplexité a duré. Elle a eu même tendance à se dilater en irritation lorsque, en octobre dernier, le critère a été convoqué au discrédit du meilleur film de l’année.
Ainsi le tort de Despues de Lucia, second film de Michel Franco passé à peu près inaperçu à sa sortie (même Transfuge l’a raté, c’est dire) est de n’avoir pas de point de vue. Qui a formulé cette réserve-attaque ? Pas mal de gens ici et là, peu importe, on n’est pas là pour balancer, on est là pour comprendre ce qu’ils veulent, pour comprendre qu’ils veulent des maitres.
Premier élément de clarification : en l’occurrence, point de vue ne doit pas être compris dans son acception spatiale. Le point de vue quémandé n’est pas du genre de celui qu’offre un appartement sur une ville. Ce serait en effet un comble de reprocher à un film qui se limite presque toujours à un plan par scène d’être incapable de se choisir un point d’où voir. Quels cinéastes contemporains ont ainsi le courage de faire reposer toute une scène, même longue de cinq minutes, sur un cadre ? Peu. En général on préfère shooter sous tous les angles en se disant qu’on tranchera au montage. Cela s’appelle se couvrir. Franco ne se couvre pas, il prend ce risque, adossé aux certitudes qui caractérisent les grands.
Donc le contentieux est ailleurs. Il tient, non au choix du plan-séquence, mais à la nature du cadre. Car non content de n’en proposer qu’un par scène, Franco le règle assez large, de sorte que l’œil du spectateur puisse se poser sur quoi bon lui semble, sur tel personnage, visage, main, geste, objet. Voyez le plan fixe et unique qui restitue la soirée dans la chambre d’hôtel. Enfumé, baigné de musique in – jamais de musique off chez Franco, ça va sans dire —, et surtout investi par une huitaine de corps d’ados, assis ou debout ou alternant entre les deux positions. Où donner des yeux ? A toi de voir. Tu peux regarder à droite le groupe qui picole en rigolant et vice-versa ; ou à gauche le couple qui se tripote dans un lit. Et tiens voilà le plus gros des garçons qui se lève pour déplacer le meuble bloquant la porte de la salle de bains en fond de plan. Libre à toi de le suivre ou de rester sur le couple qui commence à s’entreprendre l’entre-jambe. Toute l’élégance de la mise en scène consiste à laisser la possibilité de multiples circulations du regard. Or certains ne disent pas élégance. Ils disent « petit malin » (truisme numéro 5). Ce petit malin de Franco les laisse seuls avec ce fragment de temps. Ils aimeraient sans doute qu’on les guide davantage. Ils aimeraient un découpage qui induit leur regard. Ils aiment les plans directifs, comme on qualifie les micros qui ne captent qu’un point d’émission du son. L’ère du HF les comble : avalages de salive assourdissants et voitures muettes à l’arrière plan. L’oreille n’entendra que ce que le cinéaste a décidé qu’elle entendrait. L’oreille est mise au pas, comme l’œil quand on le guide. Ils veulent des cadres serrés, ils veulent qu’on les cadre.
Dans la chambre d’hôtel de Despues de Lucia, ils auraient voulu que le plan large ne soit qu’un plan introductif destiné à planter le décor, puis qu’on se pose vite, comme le veut la syntaxe dominante, sur un des protagonistes de cette beuverie. Ils veulent quelqu’un à qui s’accrocher. Ils veulent un référent. Ils veulent un personnage. Qu’est-ce qui distingue un personnage d’un corps objectivé dans un plan large non-directif ? Le personnage est doué de sentiment et donc d’humanité. Rarement utilisé pour cadrer un pied ou une mouche, le cadre serré est un humanisme. Sur un visage s’impriment des émotions qui imprègnent d’humanité le réel brut. Selle qu’on pose entre l’animal et les fesses douillettes du cavalier. Ou quelque autre amortisseur.
Pour amortir quoi ? Nous voici arrivés au pépin de la pomme de discorde. La scène d’hôtel ne se limite pas à la captation naturaliste d’une soirée vaguement orgiaque de voyage scolaire. Si le gros garçon a du débloquer la porte pour se rendre dans la salle de bains, c’est que ses camarades et lui-même y ont enfermé l’héroïne, Alejandra, qu’ils sadisent méthodiquement depuis une bonne demi-heure de film, et que le plan suivant découvre prostrée dans la douche et bougeant à peine lorsque son visiteur se déboutonne devant elle sans faire mystère de ses intentions. Le film n’est pas avare de scènes mêmement dures — plus tôt on aura vu Alejandra invitée à manger un gâteau à la merde, plus tard arrosée d’urine. Est-ce un problème ? Ça le deviendra si celui qui s’est fait connaître par le tout aussi grinçant Daniel y Ana persiste dans cette voie, contrariant notre conviction que son génie peut s’accommoder de sujets anodins. Pour l’heure, on ne saurait reprocher à Franco de se tenir dans les bordures de l’abjection. Nombre de grands cinéastes l’ont fait, le font. Oui, diront les détracteurs, mais ils ont un point de vue.
Nous voilà revenus au point de départ mais cette fois le pépin est découvert : qu’elle se formule souvent devant des films frayant avec le pire montre bien que la demande de point de vue est une demande de médiation entre la violence et le spectateur. Sans cette médiation, diront-ils, le spectateur est transformé en voyeur. Le mot est lâché, truisme numéro 6, généralement suivi comme son ombre par l’accusation de manipulation. S’approchant souvent des précipices de la psyché humaine, Haneke l’a souvent essuyée. Tout est normal. Les automatismes critiques fonctionnent bien.
Et que fera-t-on d’Hitchcock dans cette affaire ? Est-il au-dessus de tout soupçon, lui qui n’a cessé de jouer avec les attentes tordues des spectateurs ? Pense-t-on sérieusement envisageable de purger le cerveau du spectateur de toute molécule de voyeurisme ? En admettant que Despues de Lucia flatte en moi un instinct sadique, en quoi est-ce un problème ? Est-on supposé avoir définitivement validé l’équation platonicienne entre le Beau et le Bien ? La victoire d’Apollon sur Dionysos a donc été officiellement actée par le Parlement des Arts ? On n’était pas au courant.
Inutile cependant de se hisser à ce niveau de disputatio. Il suffit de constater qu’une nouvelle fois l’anathème jeté sur les supposés manipulateurs s’emmêle dans ses contradictions. La dénonciation n’est possible que si le dénonciateur s’est soustrait à la manipulation. Donc dans le même temps qu’il reproche au cinéaste d’être un dictateur, le critique fait la preuve que cette dictature permet qu’on y échappe. A moins qu’il se considère exceptionnel, exceptionnellement autonome, et c’est effectivement le sous-texte de ce genre de discours : moi je suis David Vincent, je vois ce que nul ne voit, je suis un professionnel, j’ai des yeux de lynx, à moi on ne la fait pas, mais les autres, tous les autres, les spectateurs lambda qui n’ont pas mon recul, ne se rendent pas compte qu’ils sont manipulés. On ne peut pas les laisser comme ça, livrés à eux-mêmes, il faut les sauver et nous les lucides avons été mis sur terre pour ça.
Ainsi se recompose la géopolitique mentale du critique moraliste : d’un coté la violence abyssale produite par ce monde cruel ; de l’autre les gens, par définition sujets à se laisser enrôler par la violence lorsqu’elle s’invite sur l’écran ; au milieu le cinéaste et les critiques, ceux-là s’assurant que celui-ci s’interpose bien entre la violence et le bas-peuple, qu’il joue son rôle de médiateur, de tuteur, de papa.
A un papa la société confie la mission d’éclairer sa progéniture dans le chaos du monde. De lui donner des repères – des valeurs, diront-ils aussi. Au cinéaste envisagé comme super papa certains critiques confient la mission d’empaqueter le réel brut pour que le spectateur n’en soit pas submergé (citons l’un d’eux : « Un metteur en scène, même débutant, se doit d’avoir un regard clair, net et précis sur les désordres qu’il filme. »), et le devoir de ne livrer de scènes crues que filtrées par un discours, que tamisées par un point de vue. Un point de vue au sens d’opinion. Le cinéaste sera ainsi sommé de faire clignoter des balises pour nous rappeler que pisser sur une fille c’est mal et que non, petit spectateur mal éduqué, il ne faut pas jouir de cette scène, il faut la trouver insupportable.
Si le cinéaste pouvait fournir en bonus une explication à ces abominations, ce serait parfait, la société serait blindée de repères. Rationalisé, le mal se découvrirait un remède, sauvant de la désespérance le spectateur transi par tant d’opaque barbarie. Or, le désespérant Franco n’assure pas ce service minimum, même lorsque les interviewers magnanimes lui accordent une nouvelle chance de s’ériger en berger des âmes. Assurément vous nous alertez, Michel, sur l’usage de facebook par les ados, et sur les comportements immoraux de certaine jeunesse bourgeoise buveuse de Gin et fumeuse de joints, hein Michel que vous nous alertez ? Mais l’obtus Michel persiste dans son refus d’endosser ce noble rôle. Il dit qu’il a voulu produire un récit juste, composé de scènes justes. C’est tout. Déception des gardiens de la morale : Michel Franco n’est pas le papa qu’ils attendaient. Ils n’ont plus qu’à se résigner à l’idée qu’il n’est rien de plus qu’un cinéaste. Rien de plus qu’un des meilleurs cinéastes apparus depuis vingt ans. »-
Ema
InvitéMerci Malice
Cela me donne envie de retenter Despues, contre lequel j’avais buté il y a quelques années. -
kenny
Invitémerci!
assez bon texte
absences de guidages visuel et moral vont de paire
effetivement la posture de surplomb du critique vis-à-vis du bas peuple est nécessairement induite, bien vu le beg
sur l’absence d’explication de l’origine du mal c’est par exemple toute la différence entre l’enfance nue et les 400 coups -
Alexandre
InvitéÇa m’amuserait de savoir combien de lecteurs auront percuté sur le petit tronçon de phrase « Moi, je suis David Vincent » ! (rire complice purement générationnel)
Plus sérieusement, deux remarques. D’abord les truismes énumérés sont-ils des truismes? Est-ce cela un truisme? N’avons nous pas plutôt affaire à des formules qui assignent un film à résidence, qui neutralisent l’analyse critique par stratégie d’évitement?
Un truisme n’est-il pas une vérité tellement banale que l’énoncer met à mal d’emblée la crédibilité de son énonciateur, genre « de tous temps, les hommes ont toujours eu froid en hiver » (oui, d’accord, cette illustration ne parlera qu’à peu de gens ces temps ci) ?Vient ensuite l’histoire du point de vue.
Il m’apparaît que François « oriente » un tantinet à sa convenance le point de vue qu’on aurait sur le point de vue.
On a bien compris, évidemment, qu’il ne s’agit en aucun cas de position de la caméra.
Mais, à moins que cela ait été particulièrement entendu ou lu à propos du film de Franco, ce qui justifierait du coup l’acception « jugement moral » conférée à l’expression, n’est-il pas possible d’user de la notion de « point de vue » à propos d’un film sans forcément faire tout se reposer sur la morale, mais, plus généralement, sur l’idée d’un regard de cinéaste, d’un positionnement de parti-pris simplement lié à la mise en scène.
François évoque justement, à un moment, la possibilité de couvrir une séquence par la multiplication des angles pour mieux faire son marché au montage. N’est ce pas cela, aussi, une absence de point de vue?Que de questionnements sémantiques, mes confuses!
-
Malice
InvitéOn doit avoir à peu près le même âge car j’ai la réf » David Vincent » ( grâce aux Inconnus)
-
Alexandre
InvitéAh oui mais moi, c’est pas Les Inconnus, c’est des heures merveilleuses passées devant la télé, dont l’écran sentait l’électricité statique, pendant une grande partie des années 70, les années de mon enfance. Coucou, Aujourd’hui madame, coucou Bernard Golay, coucou David Vincent..
-
-
Malice
InvitéLe mot truisme me semble être employé ici pour faire observer que des clichés de critique passent pour des vérités, si j’ai bien compris.
« Le film manque de point de vue » est une expression que j’ai souvent lue dans des articles, et parfois entendue pendant une conversation au sujet d’un film; à chaque fois, la phrase-cliché paraissait conclure un débat au lieu de l’ouvrir, comme si elle portait une vérité telle qu’aucun débat n’était nécessaire. -
François Bégaudeau
Maître des clésTu as raison, cliché eut mieux convenu que truisme
Pour le reste, il y a sans doute d’autres ressorts à cette demande de point de vue. Mais je ne vois pas lesquels. Je crois qu’au fond cette demande, puisqu’elle est est clichesque, ne connait elle-même pas son contenu. Le film déplait pour une raison, et plutot que d’élucider cette raison, on recourt à un cliché critique à disposition.
Je ne vois jamais aucun sens, si ce n’est parfois celui que je décris, à cette accusation d’absence de point de vue.
En art il n’y a qu’un point de vue, et c’est celui des choses mêmes.-
Ostros
InvitéAbsence de point de vue, peut-être est-ce la façon pour eux de parler d’une absence du point de vue d’un personnage plus saillant que les autres. Ou d’une absence de signes d’un balisage moral du réal, qui ferait que certains se sentiraient perdus (au fait livrés à un rendu plus juste de ce qu’est le vivant, les relations humaines, etc.). Ils confondraient cette absence de signes avec une absence de style ? Ou bien si le style n’est pas démonstratif, ils ne le voit même pas ?
-
Malice
Invitéet/ou : un critique voit un film qui ne lui fait rien et plutôt que reconnaître qu’il reste perplexe, il opte pour la formule « pas de point de vue » car c’est lui qui peine à en trouver?
-
Ostros
InvitéL’absence de point de vue comme symptôme d’un défaut de perception du critique qui l’affirme. Oui ça colle plutôt bien.
-
-
Ema
InvitéJe crois qu’un critique qui deplores une « absence de point de vue » déplore en fait un cinéma qui le désarme de son outillage critique. En effet, comment moraliser et idéaliser sur un film qui ne semble clairement porter aucune morale et aucune idée ? Il faudrait alors parler de la matérialité et psychologie interne du film, ce qu’à mon avis ils ne savent pas ou presque plus faire, ou qui les ennuie. Je ne les blâme pas : à l’ère du commentaire, comment résister ? Produire de grandes extrapolations idéologiques (toujours parfaitement réversibles) autour des films me semble être une norme critique d’après mes observations. Le film ou la série comme support de discussion. Je sors du dernier sortie de secours sur The Rehearsal, et j’ai le même écueil que d’habitude : conversation autour de la série plutôt que sur la série, avec énormément de spéculations sur les intentions du créateur, son éthique (!), les anecdotes sur Fielder, bref beaucoup de meta. La GO manque vraiment…
-
Malice
Invité» les anecdotes sur Fielder »
Comme : est-il autiste, est-il asocial?
( Je pense que non)
-
-
-
-
kenny
Invité« François évoque justement, à un moment, la possibilité de couvrir une séquence par la multiplication des angles pour mieux faire son marché au montage. N’est ce pas cela, aussi, une absence de point de vue? »
oui, franco le dit lui-même en interview
avoir un point de vue au sens franquiste, c’est ne pas déléguer à un monteur le soin de faire sa petite cuisine entre 15 prises et 40 angles pour monter une scène-
Tony
InvitéEt pourtant la scène de la douche dans Psychose j’ai entendu qu’il y aurait 70 plans en moins d’une minute et chez Hitchcock le point de vue est central.
-
François Bégaudeau
Maître des clés1 Hitchcock tourne avec story board, a fortiori cette scène dont il définit tous les plans au préalable. Ce n’est pas du tout « on filme sous tous les angles et on te bricole ça au montage ».
2 ce n’est pas pour autant un. point de vue au sens où on le définit. Ou alors c’est le point de vue des choses. Tout la scène est construite pour 1 faire du nu sans le montrer 2 jouir du crime sans le montrer. H essaie de faire saillir ce qu’il filme, et tout son art consiste en ça : faire ressortir ; intensifier. Art de peintre.
Pour ce travail nous n’avons aucunement besoin de la notion de point de vue. -
Alexandre
InvitéAttention à ne pas confondre multiplication des plans et multiplication des angles.
Hitchcock est un agenceur de plans, indéniablement. Dans un tout autre style, bien qu’il accuse l’influence du maître anglais (et celle de Powell/Pressburger aussi), Scorsese l’est aussi. Et on pourrait nourrir une liste.
Cela ne garantit en rien la qualité du résultat (d’autres paramètres sont requis) mais on ne devrait pas assimiler cela au principe de couverture décrit plus haut, dont le parangon hollywoodien serait George Stevens.
Couvrir une scène est une précaution d' »entertainer » qui peut donner de bons résultats. Multiplier les plans obéit à un principe d’écriture stylistique…qui peut donner aussi le video-clip.-
François Bégaudeau
Maître des clésNous sommes d’accord (même si dans le clip je pense qu’on procède souvent par : tournons le truc sous 14 angles et on verra après)
Dans le cas de la scène de douche, j’insiste sur le fait que son ultra-découpage vient d’une nécessité du réel :
1 le personnage est nu et je ne peux donc le filmer en. pied (pas plus que je peux laisser apparaitre seins cul sexe). je dois donc la « découper » (belle complicité orgainque, en somme, avec le meurtrier)
2 ce crime horrible je ne peux le restituer tel quel non plus ; je le tronçonne
3 je ne peux peux montrer le meurtrier pour cause de scénario
Défi pratique : comment effrayer et faire jouir sans tout ça? Par un découpage savant. Et bien sur par la musique.
En général Hitch découpe très peu. Il est même très porté sur le long plan, et pas seulement dans la Corde.-
Alexandre
Invité« En général Hitch découpe très peu. Il est même très porté sur le long plan, et pas seulement dans la Corde. »
J’aurais pensé qu’il découpe souvent quand même. Je ne sais pas, je ne sais plus..
Je dirais que tous les régimes cohabitent chez lui : ce qui explique notamment qu’il soit l’influenceur vedette d’une grande partie du cinéma post-classique.-
François Bégaudeau
Maître des clésvois les films
très peu de plans en général-
Alexandre
InvitéJe vais revoir.
Ça tombe bien : coffret Carlotta des muets pour lequel je ne vais pas tarder à craquer, plus le bouquin de Patrick McGilligan, chez Acte Sud que je viens d’acquérir.
Penses-tu, à l’instar d’un Tavernier, que les derniers Hitchcock ne sont pas bons?
-
-
Seldoon
InvitéQuand il le peut il découpe à l’intérieur même des plans. Ca fait beaucoup de « cadres » en peu de plans. Sans utiliser la tarte à la crème de la Corde (qui est une extension trop spéctaculaire de son sens du cadrage évolutif), on peut regarder Vertigo. Je conseille fortement de bien faire attention au cadre et au découpage de la scène du briefing de Stewart par le mari dans ce film. Très peu de plans, très longs, mais beaucoup de « moments » isolés à l’intérieur de ces plans, avec à chaque fois le cadre adapté. C’est évidemment plus vrai dans ses scènes de dialogue que dans les scènes d’action.
A part la fameuse scène de la douche, ce qui peut donner une impression de surdécoupage chez Hitchcock c’est qu’il joue souvent sur les regards (pour rester dans l’exemple cliché : fenêtre sur cour), ce qui peut sectionner les plans avec des inserts contrechamp, rendant le vrai découpage moins visible. Exemple :
De très longs plans dont il est facile d’isoler les moments qui chez un autre réalisateur auraient demandé un plan séparé (le très fameux profil de Madeleine, mais aussi ce gros plan d’ouverture qui devient plan large en pano qui devient travelling avant, normalement c’est 3 plans et non 1), mais par moment tout est saucissoné par des allers retours presque clipesques de champs-contrechamps regard.-
Tony
InvitéL’extrait est magnifique,le recadrage à l’intérieur du plan est superbe et on adopte le point de vue, subjectif,de Steward,accoudé au comptoir,toutes les tables ont été écartées.
-
Malice
Invitéune séquence de mon Hitchcock préféré :
on cadre d’abord les personnages principaux puis on les réunit dans un plan plus large qui semble pacifier la scène, pour mieux à nouveau les séparer, jusqu’au travelling sur l’oncle, qui accentue sa solitude et l’impossibilité de le faire entrer en harmonie avec le reste du groupe. Et ce regard final, de crocodile, sur un membre de la famille, qui renforce l’idée que le diable est entré dans la maison.
-
Malice
InvitéLe lien n’est pas bon, je retente:
-
Seldoon
InvitéLa classe. Ça donne envie de le revoir.
-
Malice
InvitéJe ne me lasserai jamais de ce contraste entre le frère maléfique et la soeur femme au foyer qui semble n’avoir aucune passion triste ( j’aime beaucoup le personnage de la mère)
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
stephanie
InvitéL’aventura, j’en sors bouleversée , à rire et à chialer .
Quelle cinéaste.-
K. comme mon Code
InvitéC’est fort. Que ce film existe tel quel, fabriqué avec si peu de moyens, ça tient du miracle. Toutes les scènes sont réussies et s’inscrivent dans le tout et ça radicalise réellement le dernier tiers de Voyages en Italie. Je l’ai revu hier — et si l’on est moins désorienté la seconde fois, on est d’autant plus admiratif de la précision du film. Il paraît que Christopher Nolan a décidé d’arrêter le cinéma après avoir vu l’Aventura.
-
stephanie
Invitérire
moins désorienté mais quand même, ce qu’elle a pu montrer des enfants, je l’ai rarement vu au cinéma. Leur spontanéité, leur mots, leur regard, toute l’enfance y est.
La musique est plus présente que dans Voyage en Italie je crois.
Klapisch jette l’éponge aussi .-
K. comme mon Code
Invité« Maman, on va mourir. »
-
François Bégaudeau
Maître des clésIl se passe rien / il se passe tout / il se passe rien / il se passe tout
-
I.G.Y
InvitéJe rejoins plutôt les louanges même si pour des raisons de tempérament (et peut-être d’âge/situation) je préfère peut-être sa filmo d’avant le film pivot qu’est Énorme (que j’aime beaucoup aussi).
Il y a peut-être encore davantage de gravité souterraine et de fatigue qui traverse le film que dans Voyages en Italie. Une vie qui croule quasi intégralement sous les contraintes matérielles et pratiques. Me frappe à quel point les humeurs des uns et des autres ne sont quasiment jamais synchrones. Il y a une scène où c’est frappant à la fin à table, avec la discussion sur les étoiles filantes : bonne humeur générale, tous décident en trois secondes et d’un commun accord la question du café et la suite des opérations, là où la même chose avait pris 3minutes entières plus tôt dans le film (il y avait aussi une affaire de café).
-
K. comme mon Code
InvitéJ’aime aussi ce passage parce que c’est le moment où Raoul commence à prendre la parole pour de vrai, puis il y aura la scène dans le train quand il veut parler mais n’a rien à dire. Sinon, je ne fais pas de différence de fond dans sa filmographie : juste plus de maîtrise. Mais elle ne fait jamais deux fois le même, tout en restant très cohérente dans l’impulsion créatrice. Il est vrai que l’Aventura est peut-être le plus morbide. C’est l’image paradoxale de la momie de jeune fille très bien conservée à la fin de Voyages en Italie. Qu’est-ce qui est conservé si c’est mort ? À quel point est-ce mort ?
Tu parles de la parentalité pour différencier les deux temps ?-
I.G.Y
Invité[trois peut-être dans mes trois premières lignes, faut vraiment aller au lit…].
Oui c’est vraiment ce que j’ai ressenti — je précise que je n’ai pas tout vu : Les Coquillettes, Le marin masqué, la Vie au Ranch, Énorme, et les deux derniers. J’aimais beaucoup sa manière d’appréhender le comique et la joie, y compris en tant qu’actrice avec son air à-côté-de-la-plaque, elle me faisait beaucoup rire.
Dans Énorme (qui s’y j’ai bien compris est en partie autobiographique), il y a encore une grande part de décalages comiques ou du moins de fantaisie même si je n’ai pas ri comme une baleine. La fatigue est centrale dans le jeu de Marina Fois-Letourneur mais il reste le contrepoids Cohen. Dans Voyages en Italie, la tonalité bascule vraiment et je ne m’y attendais pas, le taux de fantaisie décroît et la fatigue frôlant la lassitude est encore plus sensible (elle est particulièrement portée par Jean-Phi, à l’opposé du « contrepoids » Cohen. Fatigue physique, fatigue tout court). Dans l’Aventura je sens la chose est poussée encore plus loin — le contrepoids est cette fois Raoul, infatigablement joyeux . Les petits signes extérieurs de l’amour qui délicatement se frayaient un chemin dans le précédent (cf. GO) disparaissent encore plus. Jean-Phi qui si je ne me trompe pas « sort » du film à la fin (et l’on pourrait parler de cet étonnant long traveling sur lui dans la ville), etc…
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui le film est clairement plus sombre
si j’ose dire
il semble que ce couple n’est plus sauvable, et que le diptyque nous dise sourdement que les enfants ont été le coup fatal-
Tchitchikov
InvitéCarrément, le raccord entre la main-tentative de Jean-Phi sur la cuisse de Sophie et son regard interrogateur ne trompe pas sur ce point.
-
Dr Xavier
InvitéOn note que la seule scène où Sophie est enfin débarrassée de ses enfants, elle fume un joint avec le bel italien sous les étoiles. (il est vrai qu’il y en a une autre où elle se baigne seule, mais très courte)
.
Devant le film, à de nombreuses reprises me suis-je exclamé « mais OUI !! c’est exactement ça !! »
.
Rires devant la moue boudeuse de Sophie devant les beaux culs de la plage.
.
Et sinon, une quarantaine de spectateurs dans la salle le samedi soir (jauge à 80), et 6 se sont barrés avant la fin (trois couples). -
V.
InvitéMême constat : du monde dans la salle, mais 3-4 départs avant la fin. Ça tient à la facture du film pouvant renvoyer quelque chose d’épidermique. Mais l’affiche me semble aussi trompeuse, pour quiconque ne connait pas le cinéma de Letourneur ; les deux « critiques » en exergue laissant penser qu’il s’agit d’un film familial. Et dans la salle, il m’a semblé, par certains rires forcés, que des spectateurs s’accrochaient à la présence (sans doute rassurante) de Phillipe Katerine.
-
stephanie
Invité(trois couples) avec enfants ?
-
Mélanie
Invitéavec enfants ? la question est intéressante. Stéphanie, V., DR Xav, je ne sais pas si vous l’entendez comme ça ; moi qui vis aussi dans une famille composée aussi d’un couple plus ou moins éteint et aussi de deux enfants, je sens bien que pour une part je n’ai pas envie de REGARDER le film, car ce serait aussi REGARDER la part fatiguée, la grande part fatiguée de ma vie de famille, de mon quotidien. Peut-être que des personnes ayant quitté la salle n’étaient pas prêtes à ça ? Bon, il y a sûrement aussi les goûts et les couleurs. (Chez moi personne n’a quitté la salle en court de route).
-
Mélanie
Invité(ni en cours de route)
-
Guixols
InvitéMoi aussi j’ai ressenti cet agacement qui monte tout au long du film. Mais c’est pas la part fatiguée de ma vie actuelle que ça réveille, c’est plutôt des souvenirs d’enfance, des vacances en famille. Un père très katerinesque, une mère qui n’a rien du flegme de Sophie Letourneur mais qui pouvait fondre en larmes ou dégoupiller à tout moment. Ce qui m’est revenu en pleine tronche, c’est un séjour dans un club CCAS à Calvi : la maison qu’on réceptionne dans un état immonde, mes parents qui passent deux jours à tout récurer à la javel, mon père qui finit par aller consulter sur l’île pour se faire prescrire des antidépresseurs — ce que ma mère ne manquera pas de lui rappeller tout le reste des vacances. Mon frère et moi qui nous foutions sur la gueule en continu, moi dans le rôle de Raoul malade du bide dès le ferry au départ de Marseille… Le film remue une zone sensible, un mélange absurde d’attachement et d’épuisement qu’on a tous connu. Peut-être que ceux qui sont sortis, c’est que ça a réveillé un truc un peu trop fort. J’ai adoré mais ça a été éprouvant, c’est le but en même temps.
-
Dr Xavier
InvitéJe peux pas parler à la place des couples partis, mais je connais une personne très proche qui serait parti au bout de 30 minutes, car pour lui aller au cinéma c’est voir du romanesque, de l’exceptionnel, des belles images, une histoire avec des rebondissements, pas ce truc médiocre avec des chiards qui crient et pleurent et où il se passent rien (dirait-il). Dans la même veine cette personne est partie au bout de 20 minutes de Rien à foutre.
Ceci dit le film est crispant à plusieurs reprises, parce qu’avoir des enfants c’est souvent crispant et épuisant, leur Raoulitude peut être diabolique, et j’ai aimé avoir cette crispation.
-
-
-
-
-
-
Stéphanie
Invité« Raoul , il s’est jamais où il est »
« Jean Phi, il dit des trucs chelou sur la mort »-
I.G.Y.
InvitéEt cette grosse vanne sur le « guet-apens » :
« Il va tuer Raoul et on sera enfin en vacances ».
-
Titi
InvitéPas sûr que ce soit une vanne : L’Aventura est un film sur l’épuisement. Ce souhait de la disparition de l’enfant (des enfants) est partagé, même s’il est paradoxal : l’enfant amène de la joie, de l’innocence, et c’est leur ciment, la raison pour laquelle il sont une famille. (Je ne pense pas que l’enfant les sépare, au contraire il est ce qui les tient ensemble.) Raoul, c’est une boule d’énergie qui bouffe celle des autres. Cette remarque de Claudine est drôle (beaucoup de rires dans la salle), mais au fond elle peut-être prise au premier degré, un peu comme lorsque Jean-Fi pense que des enfants sont morts quand on lui raconte une histoire. C’est plus son inconscient qui s’exprime qu’une bizarrerie ou une morbidité pointées par Claudine à ce propos (il n’est pas plus bizarre que Sophie, après tout…).
Ce qui est très fort, c’est la manière dont Letourneur nous fait ressentir, et même éprouver, cette grande fatigue, physiquement. De ce point de vue-là, c’est un film expérimental, éminemment réussi. Ça crie en permanence (« la famille la plus bruyante »), on a l’impression que le film piétine, revient en arrière, s’enlise parfois. Le montage travaille à nous perdre (comme Raoul, qui ne sait jamais où il est). On est embarqué dans ces vacances assez calamiteuses : le couple qui ne couche plus ensemble, la fille qui jalouse l’attention de sa mère pour le petit dernier, la honte, la chambre qui pue la merde… La comédie fait passer ce qui pourrait être une expérience assez éprouvante. Les archives familiales, avec leur côté nostalgique, suggèrent que les enfants garderont probablement malgré tout des souvenirs idylliques de ces vacances avec la famille au complet. La mémoire fera son travail. Quant au travail de Letourneur, c’est le contraire de la mémoire qui enjolive : fixer les choses telles qu’elles sont, tant qu’on se les rappelle (cette fois, c’est pendant le voyage qu’on enregistre, et même là on a du mal à s’accorder sur une version), les faire vivre même si elles sont mortes, dans leurs plus infimes détails, sans enjoliver, en restituant avant tout l’état physique des protagonistes : le poids de la chaleur, de la fatigue, l’agacement, les rares moments où l’on s’en déleste.
Le film m’a semblé très cruel avec le personnage de Jean-Fi, souvent exclu du trio formé par la mère et ses enfants, moqué (le jeu de la fourchette), incapable de se rapprocher de sa femme.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui je partage ce constat sur Jean-Fi (ou Jean-Phi?)
Cruel avec lui
Mais la cruauté est objective : il n’y a plus d’amour, plus de désir.
D’accord aussi sur la fatigue. Me frappe beaucoup à quel point le film est d’emblée fatigué, surtout Sophie. Son premier sourire arrive tard dans le film, les premiers plans sur elle témoignent d’une grande lassitude. Le début du film est d’ailleurs tout à fait étrange. Etonnamment brut (celui de Voyages en Italie était presque dans les clous, et presque entrainant : partons en vacances!)-
adamou
InvitéM’a frappé dans le film le fait que malgré la fatigue, malgré la lassitude des parents, les enfants restent quand même toujours une source de joie. Il n’est jamais exprimé de regret d’être parti avec eux, et même quand ça crie de tous les cotés, ils finissent par en rire un peu. Je pense par exemple à la scène où Raoul est enfermé dans la salle de bain. La punition est levée en 5 minutes parce que Sophie veut qu’il revienne près d’eux (elle renonce à jouer à l’autorité) , et on sent qu’elle s’amuse un peu de le voir se rouler sur elle. Cette lassitude heureuse tient un peu du caractère flegmatique de Sophie et Jean-Phi mais montre aussi combien leur amour (pour leurs enfants) est constant et diffus. Une sorte d’amour chrétien, ce qu’est surement un peu l’amour filial.
-
Tony
InvitéC’est vrai que le film est à la fois très drôle et plein d’humour,par exemple quand P Katerine s’enfuit en escaladant la petite colline on dirait un bouc ce qui fait rire Letourneur et sa fille et nous aussi tellement l’image est comique et dit quelque chose de vrai sur lui même,et très sombre aussi sur ce couple qui ne fait que gérer la merde,au sens figuré et littéralement, pour elle qui est constipée,le petit Raoul qui ne peut s’empêcher de le faire et qui en ramène sur ses chaussures, Katerine qui passe son temps aux toilettes,on est dans la merde du début à la fin.C’est vrai aussi que les pères,puisqu’on aperçoit aussi celui de Claudine,sont traités de façon assez cruelle mais pour autant, grâce à Katerine,on ne tombe pas dans le réquisitoire,on le voit malgré tout comme quelqu’un de tout à fait singulier,une sorte d’inadapté social qui confine à l’indifférence comme lorsqu’à table elle fond en larmes d’épuisement et qu’il n’a pas un mot ou une attention pour elle.
-
Tony
InvitéEt au fait ce travelling qui suit Katherine le long d’une rue commerçante et qui s’achève quand on le voit entrer dans une boutique de souvenirs je l’ai trouvé assez génial, je ne sais pas combien de temps il dure, plusieurs minutes,et c’est vraiment intéressant qu’il se termine comme ça,au fond et c’est une évidence de le dire mais ce sont les souvenirs que l’on cherche en partant en vacances,ceux que l’on achète aussi.
-
Titi
InvitéIl a l’air blasé, Jean-Phi, à ce moment-là, et un peu honteux qu’elle se mette à pleurer devant leur hôte… Katerine a un jeu très fin et très subtil, son visage est incroyablement expressif. Letourneur et la jeune fille qui joue Claudine ont un jeu plus « direct » (cela dit, Claudine est assez bluffante). J’ai revu Voyages en Italie, censé se passer la même année que L’Aventura. Le couple a des problèmes, ce qui est énoncé dès la première séquence dans le bus, et ils ne sont pas d’accord sur la manière de les résoudre : Sophie veut les dépayser quand Jean-Phi affirme que les problèmes « du quotidien » doivent se résoudre dans le quotidien (il est le plus inquiet de laisser leur fils à la maison). À part qu’il n’ont plus trop de rapports physiques (ce qui est plus un symptôme qu’un problème « en soi »), on ne sait pas trop quels sont leurs problèmes de couple. Même chose dans L’Aventura : la situation a l’air foutue, cette fois (ils sont « papa » et « maman », le couple ne semble exister que dans leur statut parental), mais on ne sait pas quels sont vraiment ces problèmes qu’ils ne cherchent plus à résoudre. À ce titre, le cinéma de Letourneur n’est vraiment pas psychologique, et il ne fonctionne pas sur l’identification (en tout cas psychologique). On est invité à percevoir et ressentir les sensations, les sentiments furtifs, les petites humiliations, les agacements ou les rares moments de plénitude (Jean-Phi à l’arrière du scooter dans Voyages) des personnages, certainement à endosser leurs états d’âme, leur psychologie ou leurs aspirations profondes, leurs frustrations ou leurs regrets : c’est assez original pour un film avec un sujet aussi intime et incarné par la réalisatrice elle-même. Dans les deux films, Jean-Phi (dont on ne parle jamais du travail, mais qui est cinéphile – c’est lui qui connaît Rossellini) met en cause la façon de réaliser de Sophie, l’intérêt de ses films (c’est amusant, vu le côté intrusif de ce cinéma sur sa vie de couple et sa vie de famille : on devine son agacement, même s’il se prête de bonne grâce à l’exercice de reconstitution). Il ne se passe rien (qui vaille la peine d’être raconté), dit-il. Quand elle lui répond qu’il se passe tout, c’est une sorte de manifeste pour un cinéma qu’on pourrait dire « sensitif » : le rien « objectif », pour elle, est « tout », tout ce qui compte. Le personnage de Jean-Phi a l’air plus politisé (il aime parler de grands sujets, des ravages de l’urbanisme par exemple, alors que manifestement cela ennuie Sophie). C’est un vrai point de désaccord entre eux. Ce qui intéresse l’un indiffère l’autre (et vice versa). Leur lien, ce sont les enfants (je trouve assez touchantes les scènes entre Jean-Phi et Claudine, comme le moment où ils sautent sur la structure gonflable).
(Pardon, mon truc part dans tous les sens…) -
Titi
Invité[…] certainement PAS à endosser leurs états d’âme…
-
François Bégaudeau
Maître des clés« À ce titre, le cinéma de Letourneur n’est vraiment pas psychologique, et il ne fonctionne pas sur l’identification (en tout cas psychologique). »
Tour ce que tu décris est psychologique
Letourneur est une grande psychologue
Il se trouve juste qu’elle ne demande pas à ses acteurs de singer la psychologie, comme cela se passe dans le cinéma gros plan-visage-acteurs qui domine -
François Bégaudeau
Maître des clésElle est notamment grande psychologue en restituant comment il n’y a pas de raison à ce qu’un couple finisse. Il n’y a en a qu’une : sa fin elle-même. Son extinction. L’extinction de la flamme.
-
Titi
InvitéCe que j’entendais, peut-être de manière trop restrictive, par cinéma « psychologique », c’est un cinéma où la psychologie des personnages est endossée principalement par les dialogues. Quand Sophie et Jean-Phi abordent leurs problèmes de couple dans Voyages (ouverture), on ne sait pas de quoi il retourne. Une baisse du désir, certes, puisque c’est l’objet du dépaysement que de le faire renaître, mais causée par quoi : l’enfant énergivore qui s’interpose entre ses parents, les problèmes de la famille recomposée, le quotidien professionnel chronophage, des frustrations personnelles, le rapport aux amis ou à la famille de l’autre, la disparition de moments d’intimité dans un appartement trop exigu, le changement physique ou une « panne » sexuelle, une tromperie, le travail, un trait de caractère rédhibitoire qui aurait pris le dessus chez l’un ou l’autre, etc. ? Dans un certain cinéma, on aurait une ou des explications, ce serait probablement lourdingue et attendu. Là, on ne sait pas qui s’est éloigné de l’autre en premier. On comprend ce qu’on veut ou peut comprendre : l’amie et le frère conseillent à Sophie de laisser Jean-Phi choisir la destination (serait-elle trop directive, ou lui trop passif ?). Visiblement, il a le plus de mal à se détacher de l’enfant et il est très angoissé, est-ce un problème ? (Cf. la réaction de Sophie quand il dit qu’il reviendra voir le volcan « avec Raoul »)… Ils ne sont pas du tout dans la séduction (Sophie tente de mettre une nuisette (avec une étiquette qui dépasse), ce que Jean-Phi, qui dans les deux films passe son temps à manger et a mal au ventre après avoir avalé deux tiramisus, ne remarque même pas, mais elle laisse la porte ouverte quand elle va aux toilettes)…
Disons qu’au niveau purement « psychologique », Letourneur suggère, ne met jamais les pieds dans le plat. Les causes des désaccords sont à peine suggérées, et ce n’est pas ce qui l’intéresse, en tout cas au cinéma. Elle se focalise sur le présent des personnages et l’état dans lequel ils se trouvent : physiquement et « psychologiquement » (mais sans qu’il soit question d’introspection). Elle montre les bouderies et les moments de complicité (encore assez nombreux dans Voyages, malgré les « problèmes »), les contretemps, les agacements… Jamais de grande crise, de remise en question, de désespoir, de paroles définitives, comme il y en a dans les films mais aussi dans le réel. Pas de vraies engueulades. Les personnages n’ont ni d’espace ni de temps pour penser leur désamour. Dans le premier film, ils s’évadent pour y échapper, dans le second l’éloignement semble acté (la réaction à la main sur la cuisse : de la surprise), mais les choses sont figées le temps des vacances. Le couple est entièrement dissous dans la famille. -
lison
InvitéLa main sur la cuisse, grande scène, sa main à lui qui se pose lourdement et ne ressemble en rien à une caresse , son regard à elle qui dit un truc du genre « qu’est ce qui te prend ? qu’est ce que tu fais ?c’est quoi ce geste ? »
Et plus loin cette impossibilité de sa part ( à Jean Phi) à rejoindre toute la famille dans le lit, ou à rejoindre Claudine et Sophie dehors, sur les marches ( alors qu’elle lui demande à plusieurs reprises de s’approcher).
Grand film sur les vacances en famille, la fin de l’amour , les étoiles filantes et la vie qui passe -et ne repassera pas ( même si on essaie d’en conserver les souvenirs).
Ce truc de l’enregistrement c’est vraiment terrible, ce temps passé à retenir ce qui vient d’avoir lieu, et pendant ce temps là le temps qui passe encore.
Manquerait plus qu’une scène d’enregistrement où on essaie de se remémorer l’enregistrement lui même…mais ça c’est le film.
C’est beau-cruel-juste-bouleversant. Et ce mélange de caca et de cosmos, de Magnum et de temps qui file, de café, de fatigue, d’attachement et d’arrachement, c’est magnifique. -
MA
Invité@Lison
De beaux mots critiques. -
Mélanie
InvitéJ’ai trouvé chouettes aussi des moments entre Claudine et Jean-Phi.
C’est à vérifier, mais est-ce que ces moments ne sont pas conditionnées au fait que pendant ce temps-là Sophie est coincée avec le petit, obligée de rester sur la plage ou autre ?
Là encore je fais le parallèle avec mon boulot de mère (là peut-être à tort, je ne me rappelle pas assez le film en détail), moi, bien que mon conjoint soit chouette aussi, des centaines de milliers de fois c’est plutôt lui qui allait se baigner avec la grande et moi qui était avec la petite. Pas qu’il n’aurait pas voulu échanger, pas que ce n’aurait pas été possible, mais la lassitude, l’épuisement, la position de mère, conduisent peut-être plus la femme que l’homme à rester sur la plage qu’à faire des plongeons, les femmes enfants ou pas font d’ailleurs en moyenne moins de plongeons ou autres cascades.
Il me semble que le film montre ça aussi, sans jeter la pierre, mais sans le nier. -
Tony
InvitéCes scènes où on le voit s’amuser donnent ce gag très drôle où elle lui fait signe et lui ne la voit pas parce qu’il a pas ses lunettes… très drôle!
-
Mélanie
InvitéOui, pareil, pouvoir poser un peu ses lunettes c’est une chose aussi
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
K. comme mon Code
Invité(Enfin, Claudine est déjà un sujet dans Le Marin masqué, mais c’est abordé plus de front ensuite.)
-
Ostros
InvitéJe suis reconnaissante envers Sophie Letourneur d’avoir rendu si justement ce que sont les vacances en famille d’un couple qui fatigue et de nous avoir offert de si beaux plans, en particulier sur ces gosses (mention spéciale pour les acteurs), et sur une terre vue par des parents épuisés. Jamais nous ne verrons plus la Sardaigne telle qu’elle l’a filmée, masquée par les publicités qui la rendent faussement vierge et les photographies de carte postale qui la sublime. L’herbe sèche, les chats errants, le chien enfermé, le gîte au milieu de baraques désertées, la bouffe grasse pour les touristes, le plomb du soleil, la merde du petit chou, les mère qui chialent et les pères qui vont seul faire un tour, et de temps en temps des coin d’eau bleu translucide comme on voit dans la pub Promovacances, sauf qu’ici vraie, c’est-à-dire couverte de corps las, luisants, bruyants de mômes et de bouées.
La fin avec les bandes des vacances de ses parents et elle petite m’a cueillie. J’avais les yeux embués, comme devant un comme Hong Sang-soo le seul qui sait par la magie de ses montages et de sa bande son me cueillir pareil.
La musique extradiégétique qui lorsqu’elle se pointe actualise les scènes, leur donnant dans le même geste une couleur nostalgique immédiate et brève.
Les plans ont l’air si simples, ils tiennent tout dans leur cadre. Le film qui se fait, se corrige, se raconte par les enregistrements, les témoignages de chacun qui mettent en doute la narration, les flashbacks, on ne sait plus à quel moment a eu lieu tel scène, puis on se raccroche puis de nouveau on s’y perd, collés à notre seul repère, cette cellule familiale, leurs corps qui composent les situations, leurs heurts permanents, leur vitalité contrainte qui se retient, jailli, gueule, s’organise, ce que « faire famille » veut dire dans la chair.-
Le mec là
InvitéJ’hésite à aller le voir. J’ai aimé Enorme, et si le début du voyage en italie m’a complètement bluffé, le système m’a lassé/harassé sur la longueur, tout était déjà dit et fait en 30 min (quasiment).
-
Titi
InvitéLe dispositif est plus radical dans celui-ci, ce que Letourneur mettait en place dans le dernier tiers de Voyages en Italie court ici sur tout le film. Ça peut saouler (c’est peut-être pour ça que des spectateurs sortent avant la fin), mais ça force l’admiration d’avoir réussi un tel film, qui ne ressemble à aucun autre. Puisqu’on parle par ailleurs de Kechiche, et bien qu’il n’y ait pas grand-chose à voir entre Mektoub et L’Aventura, il y a une chose en commun : on est embarqué avec les personnages, comme si on était avec eux (dans une boîte de nuit, sur une plage ou dans la bagnole), de manière presque « sensible » : on sent la chaleur, les odeurs, la fatigue, certains cris font vriller les oreilles, etc.
Je ne suis pas fan d’Énorme, qui était aussi une réussite formelle, mais assez attendue à mon sens : la bande annonce m’avait gâché le plaisir du film car tout y était (et tous les passages les plus drôles). Et l’argument un peu féministe sur la maternité me semblait un peu dans l’air du temps, voire « gros sabots ». Ce qui se joue et se dit dans L’Aventura, malgré les « gags », les répliques, le côté scato, me paraît infiniment plus fin…-
K. comme mon Code
InvitéLa bande-annonce d’Énorme ne dit absolument rien du « ton » (voire de la « texture ») du film, ni toutes ses bizarreries, de son rythme. En terme d’objet filmique, ça reste son film le plus singulier. Et je ne vois pas quel est le message féministe dans l’air du temps du film : la relation entre les deux est très complexe et ne procède pas d’un simple inversement des genres. Le trouble circule. Quel autre film montre le désir de paternité d’un homme ? Et la réappropriation du corps féminin qui passe par un rejet de l’objet concret qu’on devant pour les autres une fois enceinte ? C’est étonnant, mais une femme qui dit que la grossesse n’est pas un moment miraculeux se prend une vague d’hostilité de la part d’autres femmes. Il n’y a pas non plus de message, ou peut-être un, en cours, cette ouverture possible du personnage principal : jouer avec un orchestre plutôt qu’être soliste.
-
Le mec là
InvitéMa soeur, médecin hospitalière, était complètement révulsée par le film…ça m’a laissé baba, elle n’avait aucun recul, je ne me l’explique pas encore tout à fait.
-
K. comme mon Code
InvitéParce qu’elle est médecin ou parce qu’elle est mère ? Ma cousine est sage-femme et a adoré (ce n’est même pas moi qui lui ai parlé du film).
-
Le mec là
InvitéMédecin. La façon dont le milieu hospitalier était dépeint, le procédé mi docu mi fiction…rejet total.
-
K. comme mon Code
InvitéTrès étrange. Il y a surtout du plaisir de la part de ma cousine de voir son métier incarné — et le film n’en montre qu’une infime partie.
-
François Bégaudeau
Maître des clésLe geste de SL parle pour elle :
1 faire jouer le vrai personnel de l’hopital
2 demander aux acteurs pros de s’accorder au jeu du personnel de l’hopital (plutot que l’inverse)
Donc une infirmière qui déteste le film en tant qu’infirmière les bras m’en tombent -
Le mec là
InvitéMais oui…je savais même plus par où réfléchir pour élaborer une théorie qui l’expliquerait, ou un contre-argumentaire pour lui prouver qu’elle faisait fausse route (je précise juste qu’elle est médecin, pas infirmière, et usée par le dispensaire et l’hôpital de Mayotte qui lui a littéralement drainée toute son énergie vitale).
-
-
-
-
-
Titi
InvitéJe n’ai pas parlé de « message » féministe, mais d’argument « un peu féministe » sur la maternité, qui me semble, oui, dans l’air du temps, cf. la pléthore d’articles de plus ou moins jeunes journalistes qui pointent à longueur d’articles tous les « inconvénients » de la maternité, comme si elles étaient les premières à l’expérimenter. (Par ailleurs, la « réappropriation du corps féminin » me fait penser à un message féministe dans l’air du temps, pour le coup…) Mais je comprends qu’on puisse trouver ce film génial, moi il m’a un peu déçue (après la bande annonce qui en dit quand même beaucoup). J’ai ressenti un certain malaise et me suis un peu ennuyée. Et je me demande si ce n’est pas dû à un problème de casting : j’aime bien les deux acteurs, mais je ne les trouve pas très à l’aise, et ils en font des tonnes : le mélange entre des comédiens non-professionnels filmés dans leur quotidien, des acteurs qui cabotinent et le côté surnaturel est assez délicat, et je ne l’ai pas trouvé totalement réussi. Mais je salue l’audace.
-
K. comme mon Code
InvitéLes critiques sur l’air du temps sont souvent réactionnaires et éludent le fond pour se référer vaguement à cet air (forcément péjoratif) . Sans compter la pointe de ressentiment qui n’a pas non plus de rapport avec les sujets évoqués mais qui suggèrent des irritations personnelles : les femmes qui parlent de leur vécu ne prétendent pas avoir réinventé l’eau tiède, mais peut-être que X ou Y t’énerve. En tout cas, tu ne dis toujours rien là-dessus. Par contre, je comprends très bien que la facture du film, ce surnaturel-naturel, déroute et déplaise. Ça fonctionne à merveille de mon côté, c’est pour cette raison que je trouve que c’est son film le plus singulier et maîtrisé dans cet équilibre risqué.
-
François Bégaudeau
Maître des clésj’aime aussi ce film, qui est peut etre le chef d’oeuvre de SL
mais au passage, Titi : à sa sortie le film a fait l’objet d’un bad buzz de la part de féministes (et non pas des féministes), car il racontait une sorte de prise de possession du corps féminin par le mec. On parlait même d’une sorte de viol, etc.
Je ne crois pas du tout qu’on puisse soupçonner le film, et SL en général, d’opportunisme féministe -
Titi
InvitéAlors là, les bras m’en tombent : je n’ai pas dit que je détestais ce film ni que je le trouvais mauvais, j’ai dit qu’il m’avait UN PEU déçue et que je le trouvais pas totalement réussi. J’ai encore le droit, non ? Je me fais à moitié traiter de réac (donc très bien, vive l’air du temps, tu as raison, le progrès, tout ça), et on me parle de « ressentiment »… Sympa. (Et je suis censée me justifier et dire quelque chose sur les « femmes qui parlent de leur vécu ».)
Pour ce qui est du dispositif, dire que que « ça fonctionne à merveille de mon côté », et que « c’est pour cette raison que je trouve que c’est son film le plus maîtrisé », mettons, mais moi je n’ai pas trouvé que ça fonctionnait à merveille, justement. Je salue la démarche, et aussi le travail incroyable que ça représente (tournage en deux temps, et des problèmes de raccords insoupçonnables pour qui ne connaît pas la façon dont on fait un film) : Letourneur est manifestement une grande bosseuse et quelqu’un qui a de la suite dans les idées. De mon côté à moi, j’ai souvent senti le décalage dans les champs-contrechamps, ce qui ne me dérange pas a priori (il y a des petites ruptures de raccords aussi dans les plans sur Raoul filmés avec sa vraie mère), mais en l’occurrence il y avait quelque chose, pour moi, d’un peu « fake ». J’ai trouvé Marina Foïs assez mal à l’aise et Jonathan Cohen un peu agaçant, et les dialogues inégaux (je ne saurais dire pourquoi, mais j’ai trouvé presque gênant le ventre que JC appelle « Biboune »). Peut-être faudrait-il que je le revoie, mais ce n’est pas une raison pour m’agresser (ressentiment ?).
Je me rappelle bien le bad buzz, François, qui montre le côté très premier degré de certaines féministes télévisuelles, qui n’avaient pas trop compris la dimension quasi allégorique du film… En gros, ce n’était pas marrant qu’un homme oblige sa femme à tomber enceinte, c’était passible de prison et d’une grosse amende, et le film ne traitait pas de cet aspect. Et ne condamnait pas le personnage masculin… C’était assez consternant (d’autant que le film parle de la dépossession du corps des femmes au moment de la grossesse).
Je ne soupçonne pas du tout Sophie Letourneur d’opportunisme en quoi que ce soit, et je dirais même que s’il y a quelqu’un qui n’en est pas suspect, c’est bien elle, qui suit son chemin malgré toutes les difficultés.
Pour ce qui est de la médecin qui n’aime pas le film, ce n’est pas pour ça qu’elle fait « fausse route ». Si elle s’attendait à voir les difficultés rencontrées par le personnel hospitalier dans ce film, elle en a été pour ses frais. Le cinéma de Letourneur est sociologique, mais pas social. Elle est son propre sujet d’étude. Je n’avais pas du tout aimé Gaby Baby Doll, en partie pour cette raison : le personnage principal n’avait pas de métier, pas de vie, un problème très bizarre (ne peut pas rester toute seule), le point de départ n’était pas crédible du tout (son psy lui a prêté une maison pour l’obliger à affronter la solitude). C’était vraiment hors sol. En endossant plus clairement le rôle de personnage principal, elle fait des films plus ancrés sociologiquement, et plus justes à mon avis (j’ai entendu que tout le monde peut se reconnaître dans L’Aventura, mais tout le monde qui emmène ses enfants en vacances à l’étranger, ce qui est loin d’être tout le monde… mais ce n’est pas le problème : le film parle des vacances de ce couple-là, parisien, qui travaille dans le cinéma, etc.).-
Tony
InvitéJuste une remarque à laquelle tu me fais penser quand tu écris qu’elle fait des films ancrés sociologiquement et pas social,ça me paraît tout à fait vrai, d’ailleurs moi aussi je me suis dit en le voyant que des vacances comme celles-ci ça devait coûter extrêmement cher et il n’est jamais question de ce que ça coûte, l’argent n’est jamais évoqué ni le prix des choses,ce n’est pas un reproche, ça n’enlève rien mais ça dit quelque chose sociologiquement.
-
Titi
InvitéOui, mais par rapport à Voyages en Italie, il y a comme un « déclassement », sans doute parce qu’ils partent à quatre et plus longtemps : pas de bonnes glaces artisanales (l’Italie est pourtant le pays des glaces, et Jean-Phi semble être un fin gourmet), mais des magnums et des calippos, on dort tous dans la même chambre dans un gîte qui a l’air un peu merdique, on revient dans la même pizzeria. Dans le premiers films, de bons restaurants, des hôtels assez luxueux (bien que décevants), des remarques sur le confort du matelas, etc. Le couple et la famille, ce ne sont pas les mêmes vacances, pas le même standing (on ne peut pas laisser les enfants seuls, à quoi bon les emmener dans un bon restaurant, et peut-être qu’on doit compter l’argent, même si ce n’est pas montré dans le film, à part peut-être avec le portefeuille qu’on ne retrouve plus : c’est pourtant un grand sujet de discorde familiale en vacances).
-
Tony
InvitéDéclassement est peut-être un peu fort mais oui je vois l’idée,pour un week-end en amoureux, à plus forte raison si il s’agit de rallumer la flamme,on sera plus enclin à rechercher des choses un peu luxueuses alors qu’en famille, comme tu le dis,on sait que rien ne sert d’aller dans des restaurants prisés avec des enfants qui ne mangeront que des pâtes et qui seront pressés de sortir de table,sur le gîte et le fait qu’ils couchent dans la même pièce c’est pour des raisons matérielles plutôt que de coût j’ai l’impression mais bon on ne peut pas vraiment le savoir,ce que l’on peut noter c’est,par exemple,que le prix de la nuit en plus n’est pas évoqué non plus alors que c’est souvent ces arbitrages qui décident un peu de nos vacances.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Tchitchikov
InvitéAlors Rapaces ?
-
Tony
InvitéC’est nul,on dirait le pilote d’une série Netflix à venir,il y a quand-même une bonne scène de tension dans un restaurant qui est vraiment bien foutue,je crois que ce film a du avoir des problèmes de production ou de réécriture, ça ne tient pas debout.
-
Tchitchikov
InvitéOk merci.
-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne dirais pas nul
infiniment inférieur à Vaurien, c’est sur
je pense qu’il y a eu en effet un problème de prod
mais le film comporte au moins une grande scène (la première visite au père) et un climax génial
pour le reste : plutot un bon policier du dimanche soir, comme le cinéma français confit de nostalgie s’est remis à en faire depuis quelques années (la nuit du 12, les films de Demoustier, etc)-
stephanie
Invitéun probleme de prod, de scenario, de jeux d’acteurs, de mise en scène, de musique …
bref ,ne jamais faire son stage de 3iem au taf de papa.-
Tchitchikov
InvitéBon je n’irai pas, considérant vos retours. J’ai préféré voir Magnolia hier soir. Il nous manque une petite pluie de crapauds.
-
-
-
-
-
-
Kirilov
Invitédes gens qui sont allés voir Amélie et la métaphysique des tubes ?
-
Linconnu
InvitéJe recommande.
-
-
Charles
InvitéLe troisième volet de Mektoub sera montré en compétition au festival de Locarno cet été. Peut-être pourrons-nous le voir un jour.
-
Charles
InvitéD’une durée très modeste de 2h14 (à comparer avec les 3h et quelques des deux précédents), le montage a peut-être été compliqué.
-
kenny
Invitémontage post metoo
-
kenny
Invitémektoub my love sans le vitalisme c’est in the mood for love
-
K. comme mon Code
InvitéCanto Due n’est pas Intermezzo. Et il y aura un troisième film. Intermezzo, c’était vraiment Kechiche qui s’est dit : pourquoi pas faire un intermède en boîte de nuit ? pourquoi pas monter une version finie à l’arrache au Festival de Cannes ? pourquoi pas entrer en conflit avec mon actrice principale ?
-
diegomaradona
Invitéoui, quelle blague
-
kenny
Invitécanto due est la suite du premier, tourné dans la foulée
c’est donc le 3e, et on ne verra pas intermezzo, trop radical, à la limite de l’irregardable paraît-il
si j’ai bien tout compris-
François Bégaudeau
Maître des clésK a raison : intermezzo es comme son nom l’indique un intermède.
Le volet nouveau est donc le 2
(sachant que tout ça a fini pas ne plus m’intéresser : trop de temps, trop de pataugeage, trop de confusion mentale de l’intéressé)-
Charles
InvitéEffectivement, Canto Due est le troisième film, pas le troisième volet. Précision fondamentale.
-
François Bégaudeau
Maître des clésprécision pas fondamentale, puisque fondamentalement je me fous de la suite de cette sinistre aventure
-
Charles
InvitéMais pourquoi donc alors que tu avais fait du premier film un évènement cinématographique ?
-
Bruno
InvitéLa réponse est trois message plus haut charles:
« sachant que tout ça a fini pas ne plus m’intéresser : trop de temps, trop de pataugeage, trop de confusion mentale de l’intéressé »
Tout le monde avais fait du 1 un évènement, l’intermède était surtout l’évènement sans fin des détracteurs. -
Charles
InvitéJe trouve ça étonnant alors qu’on n’a même pas vu Intermezzo de parler de pataugeage. Si on considère qu’il a fait un grand film avec le premier, pourquoi n’en aurait-il pas fait un avec Canto Due? Par ailleurs, Kechiche a toujours été un type confus.
-
François Bégaudeau
Maître des clésfut un temps où il faisait un film tous les trois ans, alors que là ca fait dix ans qu’il monte ce film
j’appelle ça patauger – d’autant que je sais qu’il a supprimé 20 versions du montage
et puis l’ensemble du projet Canto me parait confus aussi -
François Bégaudeau
Maître des clésce qui n’enlève rien à la splendeur de Mektoub
ni à celle des films précédents -
Bruno
InvitéNe pas pouvoir voir le film, qu’il ne sorte jamais, toujours repoussé, remonté, est justement un symptome du pataugeage.
Pas de rapport avec le fond du film mais moi ce qui ma déplu et me déplait d’avance pour le 2, c’est que les seul qui en on discuter a rallonge sont les anti-kechiche, pour le dénigrer, par plaisir de barvader sur le scandale cannois. -
François Bégaudeau
Maître des clésje le dirais autrement : Kechiche a méthodiquement créé l’impossibilité d’appréhender calmement son oeuvre
-
Charles
InvitéOui enfin il ne tient pas qu’à lui que le film sorte. Il semblerait qu’il y ait aussi un imbroglio juridique autour d’Intermezzo.
-
Bruno
InvitéC’est sur, mais comme le dit françois, comme l’impression qu’il la un peu cherché.
-
François Bégaudeau
Maître des clésje sais des choses que je ne dirai pas ici
-
Titi
InvitéS’il a « méthodiquement » créé sa propre chute, alors le pauvre a des problèmes psy… C’est bien possible, mais le moment #Metoo et surtout cette connerie de « male gaze » (pardon pour le jugement peut-être un peu péremptoire, mais ça m’échappe…) l’ont un peu aidé quand même. On dirait qu’il s’est autosabordé en réaction…
-
K. comme mon Code
InvitéLes problèmes légaux autour de ces films précédent la sortie de Canto Uno, parce qu’il a fait un film plutôt que deux… puis trois, puis quatre dont un qui ne sera jamais visible. On peut parler de pataugeage artistique, humain, économique. Ce qui ne veut pas nécessairement dire que Canto Due sera mauvais, mais cet enlisement — entre autres — crée du détachement.
-
K. comme mon Code
Invité* deux films plutôt que un (évidemment)
-
Monami
InvitéJe crois que le problème est que le débat autour de ces films sera tout sauf serein. Moi même je me vois déjà les défendre avant de les avoir vus, uniquement pour en découdre avec l’alliance des crétins de tous bords qui se répand contre kechiche depuis des années. C’est pas forcément une attitude idéale devant une œuvre d’art et je ne pense pas être le seul dans ce cas. Après est-ce la faute de kechiche ? Je ne sais pas.
-
K. comme mon Code
InvitéFranchement, Canto Uno a été très bien reçu par la critique. Il a reçu le prix du meilleur film par le syndicat français de la critique. J’ai plutôt l’impression que les reproches superficiels amusaient plutôt la galerie au moment même où ils étaient prononcés (la journaliste qui a compté le nombre de plans de cul pendant une projo d’Intermezzo), ce qui n’est pas serein autour de Kechiche est surtout extra artistique.
-
François Bégaudeau
Maître des clés« Les problèmes légaux autour de ces films précédent la sortie de Canto Uno, parce qu’il a fait un film plutôt que deux… puis trois, puis quatre dont un qui ne sera jamais visible. On peut parler de pataugeage artistique, humain, économique. Ce qui ne veut pas nécessairement dire que Canto Due sera mauvais, mais cet enlisement — entre autres — crée du détachement. »
Pas mieux -
MA
InvitéLa fameuse Iris Bey en parle un peu ici : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/sous-le-soleil-de-platon/sous-le-soleil-de-platon-du-jeudi-24-juillet-2025-6474270
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
François
InvitéOfficiel, Mektoub My Love : Canto due est à Locarno
-
François Bégaudeau
Maître des clésdue oui
-
-
Le mec là
Invité28 ans plus tard n’est pas si mal. Y’a plein de truc qui semblent fragiles, qui ne fonctionnent pas tout à fait mais c’est aussi ces tentatives qui rendent le film assez frais. Le tournant du derniers tiers et les promesses de la suite m’ont plutôt emballé.
-
Jules
InvitéJe ne saurais trop déconseiller Enzo, vu hier, dont les thèmes me plaisaient (le décalage que peuvent ressentir les gays avec leur famille, dès le plus jeune âge, en les faisant parfois dévier de leur classe sociale) mais traités d’une manière tellement superficielle, cul-cul, irréaliste…
Pourquoi les réalisateurs tiennent-ils tant à faire dire aux personnages des paroles que 99,9% des gens ne se disent jamais de vive voix (surtout pas en se regardant dans les yeux) ? Grrrrrrr.-
Dr Xavier
InvitéIl y avait un départ intéressant, Enzo se prend trois sermons en dix minutes, peut-être qu’on va nous faire voir que la jeunesse consiste essentiellement à se ramasser du sermon en permanence. Mais après tout s’effiloche.
Cruel générique de fin qui résume ce film. Le film annonce au début nous faire voir la vie collective des ouvriers du bâtiment ? Résultat au génerique :
* Eloy Pohu – Enzo
* Maksym Slivinskyi – Vlad
* Nathan Japy – Victor
Et puis Ouvrier 1, Ouvrier 2, Ouvrier 3, Ouvrier 4, Ouvrier 5, Ouvrier 6, Ouvrier 7, Ouvrier 8. Bah oui pourquoi se faire chier à donner des prénoms ?
(Oui je sais qu’on peut être un homme sans prénom et avoir beaucoup d’épaisseur malgré tout, mais il faut être exceptionnel)-
Bruno
InvitéEnzo est un film irréaliste et puérile car c’est un fantasme d’ado mis en image
Il faut le voir comme ça-
Jules
InvitéL’adolescence a bon dos, pour permettre au réalisateur de manquer de subtilité…
-
Bruno
InvitéC’est pas une excuse, plutôt une clé
J’ai pas vraiment aimé non plus.
-
-
-
-
-
Did
InvitéPar hasard, aurait-on quelques retours côté Loveable d’Ingolfsdottir ? Un premier film il me semble.
-
Linconnu
InvitéJe prend le risque de vous recommander le dernier film de Dupieux, que je trouve cette fois très réussi. C’est pas vraiment une comédie, il y a donc beaucoup moins de blagues qui tombent à plat. Et il va cette fois à mon avis au bout de ce que le film a à faire.
Un film cousin de la vidéo d’Infernet de Pacôme Thiellement sur le Mukbang.-
Le mec là
InvitéJ’ai même pas eu le temps de pas voir son dernier. J’en peux plus de ses courts métrages blindés de people.
-
Ostros
Invité@Linconnu, on ne va plus voir ses films, pas parce que ses « blagues » tombent à plat, mais parce qu’il n’y a rien à voir (ce qui désintègre in utero les possibilités de l’humour)
Ces films ne sont que de longs clips blindés de people comme le dit le mec, là.-
Ostros
Invité« Et il va cette fois au bout de ce que le film a à faire » : c’est à dire ?
(Je m’en veux déjà d’avoir posé cette question)-
Linconnu
InvitéAhah. Il y a que 3-4 personnages, donc pas trop de people cette fois. Disons qu’on a pas l’impression qu’il arrête le film au milieu cette fois, le scénario va au bout de ce qu’il a à raconter. C’est assez similaire au Daim qui se tenait bien, mais si tu as aussi détesté celui-là alors en effet passe ton chemin. Moi je pense que c’est après ce film qu’il a commencé à décliner.
Il a un propos bête et méchant sur les influenceurs et sur la perte de sensibilité, et c’est le côté bête et méchant enfoncé au marteau qui crée quelque chose de noir et misanthrope qui touche à mon avis à une certaine forme de vérité. Et chose rare chez lui, il arrive à rendre le personnage d’Adèle émouvant au cours du film et dans une très belle fin. Il y a d’ailleurs une belle piste psychanalitique autour du personnage. Bref je trouve qu’il y a quelque chose à y voir et que c’est son meilleur film depuis Le Daim.-
Sylvain
Invité@Linconnu :
« Et chose rare chez lui, il arrive à rendre le personnage d’Adèle émouvant au cours du film et dans une très belle fin ».
Ayant vu – parfois malgré moi et selon les aléas de la vie – beaucoup de Dupieux, et même si n’ayant pas encore vu son dernier, que cela tient peut-être plus à Adèle qu’à Quentin.-
Linconnu
InvitéJe crois pas car elle est vraiment agaçante pendant la 1ère partie du film, c’est plutôt dû à ce que le scénario construit, mais peut-être que son jeu change un peu en cours de route.
-
Sylvain
InvitéTu as vu le film, pas moi. Par conséquent, tu dois sans doute avoir raison. C’était juste une intuition de ma part (j’aime Adèle, Quentin un peu moins). Mais tu donnes envie d’aller vérifier.
-
Ostros
InvitéSylvain, je te mandate pour aller vérifier.
(Je doute grandement de la capacité de Dupieux à rendre quelque chose).-
Scoob
InvitéTant mieux pour toi Inconnu si tu as aimé.
J’ai d’abord vu quelques films de lui par curiosité, j’ai un peu ri mais je suis à chaque fois resté sur ma faim.
Par la suite j’ai été poussé à en voir 2 ou 3 supplémentaires (amis, copine), et celui est une overdose, le système Dupieux m’a dégouté, je gigotais sur mon siège.Ce qui tenait dans certains films que j’ai pu apprécier, c’est ce décalage, l’abstraction, mais qui semblait pouvoir créer son propre équilibre ou mécanique interne à chaque film. Et puis l’humour, un peu.
Le Daim a cette étrangeté, qui me lasse vite, mais qui est là. Pour l’accident de piano, c’est comme s’il se voulait plus « réaliste », les motivations des personnages semblent logiques, les situations bien expliquées, j’ai du coup bien plus ressenti les défauts du système Dupieux. Car c’est toujours la même recette, à savoir ce goût (et cette nécessité) des espaces clos, l’absence totale de vie (plusieurs fois des gens passent en arrière plan mais floutés), et justement ce flou…qui parfois occupe plus de la moitié des plans. J’ai eu le sentiment de voir un réal en surplomb faire mumuse avec les acteurs connus qu’il a trouvé. Le tout dans un espace confiné, sécurisé.
Avec assez peu de gags. Les meilleurs pour moi étant simplement des grimaces d’Adèle…De plus, le commentaire boomer réac qui essaie de donner une leçon aux jeunes m’a encore plus agacé. Parfait pour finir le film. « Aaaah de mon temps on était pas aussi débiles avec tous ces portables et ces influenceurs, bande de petits cons. »
Je repense soudainement à comme une mule, Dupieux doit cocher pas mal de cases de l’artiste réac/de droite (je ne me souviens plus du qualificatif utilisé par François) -
Linconnu
InvitéJe pense pas qu’on puisse lui reprocher ses espaces clos, son absence de vie etc c’est comme ça qu’il crée une certaine tension mais on peut ne pas aimer. Oui c’est clairement pas hilarant, et un peu lourdingue mais un peu drôle par moments. Il a pas fait plus drôle que son 1er film Steak.
Après rire de la débilité de certains traits de l’époque c’est pas forcément être réac, sachant qu’il est plutôt partisan de la débilité. Il dit pas que c’était mieux avant, Jackass c’était aussi con voire bien pire que ce qu’on peut trouver aujourd’hui, c’était peut-être juste moins calculé qu’aujourd’hui, par contre ça crée pas la même dynamique avec les réseaux sociaux ni la même économie. Je pense que le film parle, avec ses gros sabots, de la récupération de la débilité par le capitalisme plutôt que le capitalisme qui créerait de la débilité. Et le film prend le partie de l’influenceuse au final. Bon je vais pas défendre plus loin le film. Voilà 2 points de vue, faites vos jeux. -
I.G.Y
InvitéJ’ajoute un troisième avis puisque votre conversation m’a décidé à aller le voir. Comme Linconnu je ne reprocherais pas non plus à Dupieux ses espaces clos, du moins s’il en faisait vraiment quelque chose.
J’ai été positivement surpris par le début du film, moi qui n’avais pas tant aimé Yannick et très peu aimé Le Deuxième Acte — me manque Daaali. Ce retour à l’absurde fonctionne d’abord assez bien et je constate moi aussi avoir souri voire ri quelques fois, il y a de l’inattendu [spoil : la première réaction de Magalie à l’e-mail de chantage par exemple, sur les fautes de syntaxe, pas vu du tout venir]. Dès que le film commence à déployer un propos, se met à vouloir dire quelque chose, j’ai eu l’impression que tout devenait sévèrement poussif — la scission s’est faite pour moi au début de l’interview dans le gymnase. En définitive le film est en fait (pris au sens « commun » du terme, passif) bien plus nihiliste qu’absurde tant il devient bavard — au sens où il déploie un propos, pas au sens où des personnages se parlent. Reste que si le film ne documente quasiment rien il documente a minima Dupieux lui-même — notamment du fait de plusieurs parallèles très soulignés entre Magalie et l’ « artiste » producteur d’images. Le propos politique du film, ce qu’il dit expressément (et sans s’en priver), est à peu près sans intérêt. Et il tire trop peu de substance comique de la condition physique de Magalie à mon goût (il me semble d’ailleurs que Dupieux n’est pas réglo sur l’espace des possibles qui s’étend à partir de cette « condition », au fond je pense qu’il sen fout).
Outre en effet les tous derniers plans qui sont un minimum surprenants, je sauverais aussi quelque chose d’assez furtif et peu développé mais qui m’intéresse [spoil possible /!\]. Magalie, nous dit-on, ne ressent pas la douleur. L’une des seules fois où l’impression de douleur se lit sur son visage est lors d’un plan assez court où elle apprend à jouer du piano. Ça m’intrigue car Dupieux n’en fait pas grand chose mais reprend tout de même le motif deux autres fois (mais sans expression de souffrance), une fois avant l’accident et une fois dans le dernier plan post mortem. Ferait-il pour une fois passer une idée sans la dire? Serait-ce quelque chose d’assez banal sur le fait que l’art ne peut émaner que de la souffrance? Ou un peu mieux, que l’incapacité à la souffrance est une incapacité à la vie (d’où le suicide) et donc à l’art? Faites vos jeux
-
Ostros
InvitéMerci IGY
Je pense que tu es trop intelligent pour ce film. Et que c’est ton intelligence qui va chercher des possibles, pas le film.
Si Dupieux était porté sur ces réflexions,là qui t’interrogent à la fin de ton post, il n’aurait pas fait tous ces films vides. Cette réflexion sur l’art l’aurait fait faire ses films – ce dernier compris – bien différemment.
Et je doute d’une illumination possible chez ce faiseur d’images, qui est trop bien dans ses chaussons. -
I.G.Y
InvitéBien dans ses chaussons et qui l’assume pleinement. Quant à « faiseur d’images », me frappe de plus en plus à quel point il se fait faiseur de discours. Pour avoir un avis plus global sur son cinéma il faudrait que je regarde quelques uns de ses premiers principaux que je n’ai pas vus (Steak, Réalité, me manque aussi Le Daim).
.
PS : double critique Dupieux + L’Aventura dans le dernier live Prisme qui vient de sortir (pas écouté encore). -
Linconnu
InvitéBien vu, j’avais pas pointé qu’il a sous utilisé l’idée de non douleur de Magalie. Rien que d’y penser j’ai des idées de scènes, c’est dommage.
Sur l’incapacité à la souffrance, je dirai que c’est plutôt l’incapacité à ressentir, elle a aucune empathie. On pourrait dire qu’elle cherche à ressentir quelque chose, et que le seul moment où ça arrive c’est la dernière scène et c’est trop tard. Ou bien on peut faire l’hypothèse qu’à travers ses vidéos elle chercherait à ce qu’on l’arrête, que qq1 lui dise arrête tes vidéos à la con. (cf le regard qu’elle jette aux 2 mecs à la fin qui prennent un selfie). Après tout c’est comme ça que les psychanalystes parlent des kleptomanes par ex. Peut-être qu’en effet ce film veut trop dire quelque chose, et fait pas assez de choses avec son concept. Mais je l’aime bien quand même.
Rattrape au moins Réalité et Steak.
Réalité est surement son meilleur film, pour le coup il ne parle de rien, il est vide comme dit Ostros, un pur geste no reason poussé au max.
Et Steak est un des films les plus drôle des années 2000. -
Linconnu
InvitéLe mec à droite de Prisme video est insupportable. « C’est un cinéaste du dispositif qui a assumé le postulat qu’aucune forme ne pouvait plus être produite aujourd’hui. » Ce genre d’énoncé ridicule, on se croirait chez Sortie de secours. Il aurait dû s’arrêter à : « C’est un cinéaste du dispositif. »
-
I.G.Y
InvitéDe mémoire (j’ai écouté ce matin sur le trajet) il dit justement très peu de temps après qu’il trouve ce postulat ridicule. Quand on voit ce que Dupieux fait dire à Magalie tout le long du film parallèlement à la posture qu’il adopte de plus en plus vis à vis de son propre cinéma, je ne suis pas sûr que ce procès d’intention en soit tant un que cela. Reste que l’aisance rhétorique et cinéphile de ce mec à droite le rend en effet sujet aux extrapolations théoriques (mais il voit quand même pas mal de choses)
-
Linconnu
InvitéJe me suis peut-être emporté 😀 Je veux dire, ce postulat n’est pas celui de Dupieux. Il fait pas des films pour faire un postulat sur le cinéma en général. Personne fait ça, à part Carax peut-être, « le cinéma est mooort ». On sait pas ce qu’il y a dans sa tête, mais il fait ce genre de film probablement parce qu’il aime bien ça c’est tout, les trucs de série B de sa jeunesse mais version « cool » parce qu’il vient d’un milieu cool. Ca peut se rapprocher de Tarantino. C’est du postmodernisme quoi, mais c’est pas pour autant que les postmodernes pensent qu’il y a une crise de la représentation ou des formes ou quoi, ça c’est un truc de critique.
Il extrapole trop en effet, les acteurs par ex, peut-être que Dupieux les prend juste pour faire des entrées en salle, comme Wes Anderson, sans y penser plus que ça.
Après oui Dupieux tend la perche peut-être à faire des semi autoportrait. Mais bon quand le film parle de Spielberg il veut juste dire que les jeunes regardent des séries et Tiktok et moins de films, c’est pas non plus le cinéma est mort en tant que forme. -
I.G.Y
InvitéOui, pour ma part je n’irais pas aussi loin que le-mec-à-droite surtout dans la mesure où je n’en ai pas les moyens. Car ce que j’ai compris de son (voir leurs) propos et qui l’amène a énoncer cette intentionnalité présumée, c’est qu’il se base sur ce que Dupieux dit (dirait) lui-même de son cinéma (couplé à l’évolution tendancielle de sa filmo récente). Il m’a semblé pour cette raison très catégorique sur le fait que Dupieux a une haute conscience (apparemment affirmée?) de sa « position » dans « l’histoire du cinéma ». Sur cette question là je ne sais rien, mais alors absolument rien, n’ayant jamais écouté ni même lu ce cher Dupieux. Dénué de toute source, je sèche.
-
Sam le casse yeuk
InvitéCTC
-
François Bégaudeau
Maître des clés-je suis frappé que personne n’évoque l’impossibilité du personnage : ok elle n’est pas sensible à la douleur, très bien, postulat absurde mais admissible, mais il faudrait dire aussi qu’elle est incassable, puisque son corps non endolori sort aussi intact de se prendre un camion sur la gueule
Ses numéros sont donc impossibles.
Autre absurdité à admettre comme postulat? Non, insulte à la logique du corps, et au cinéma on paye toute insulte à la logique du corps. Magalie ne peut rien me faire puisque Magalie est strictement et logiquement impossible Elle n’est pas viable pour le cinéma.
Il n’y a donc rien à tirer de l’expérience Magalie. Il n’y a aucune leçon à tirer sur rien de ce film, ni politique ni rien.
-je suis frappé que personne ne note une autre double épaisseur : non seulement Magalie est insensible à la douleur, mais elle est aussi insensible tout court, insensible à la douleur des autres, etc. L’un n’entraine pas forcément l’autre. Et Magalie est donc avant tout une méchante. Ce qui nous sort du « film sur les influenceuses », puisque le trait commun de toutes les influenceuese, c’est la bonne humeur, le sourire marketing. Il n’y a donc rien à tirer de ce film sur les influenceuses, sur ce business là. Magalie ne ressemble à rien de ce qui se fait là dedans. Magalie ne ressemble à rien, comme le film. Au sens de : ça ne ressemble à rien!
-resterait un truc sur Dupieux lui même, car oui c’est un autoportrait. Et un autoportrait qui pourrait m’intéresser, car est revendiqué ici un art froid, insensible. Ca émoustille mon oreille. Or Dupieux est un mauvais ambassadeur du froid, il oublie ou ignore que l’art ce n’est pas l’absence d’émotion c’est de l’émotion refroidie, et donc de l’émotion. En guise de froid, il faudrait parler de l’indifférence de Dupieux à la vie. Rien ne l’intéresse dans la vie, ce qui n’est pas une bonne base pour l’art. Trois symptomes : 1 sa propension à défiminiser voire enlaidir toutes les actrices qu’il emploie. (misogynie? plutot indifférence aux femmes, insensibilité à ces corps là, ces puissances là) 2 sa propension à désactiver le pouvoir comique des gens droles qu’il emploie. Démonstration par Commandeur : en 1h30 de film il parvient à n’etre jamais drole, alors qu’il l’est en deux secondes de burger quizz (et Baer n’était pas drole dans Dali, et le Palmashow parvenait ) etre encore moins drole que d’habitude,etc. 3 il rend mauvais des acteurs qui peuvent etre bons par ailleurs (voir les apparitions ici très genantes de Leklou, et la prestation très en deça de son talent, et notamment de son talent comique, de Kiberlain)
Au bout du compte nous pourrions dire que s’affiche là, pas tant un cinéma misanthrope, qui comme il se doit ne sait que conclure par la mort de tous, qu’un cinéma du ressentiment. -
Ostros
InvitéIntéressant de décortiquer un mauvais film d’un réalisateur pauvre.
À chaque nouvelle production on peut explorer avec oui son abyssale incapacité à faire de l’art. Lui qui ne fait pourtant que l’invoquer dans ces derniers films : Dali, le théâtre, le piano. L’art n’est que figure désincarnée à pur usage visuel froid comme la pub, ce qui est un comble.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Linconnu
InvitéAussi 2 films à guetter dans l’année :
Sound of falling de Mascha Schilinski qui était à Cannes. Un film imparfait parce qu’il en fait trop dans ses effets et ses voix off, mais qui a pas mal de très beaux moments, ça mérite d’être vue. Pas de date de sortie ceci dit.
Et Arco d’Ugo Bienvenu, un film d’animation autour de l’écologie, dans la filiation Miyazaki pour changer, un peu trop cité dans certains scènes, mais quand même dans la suite de son travail d’auteur pour ceux qui connaitraient ses BD. Très réussi et très beau. Un peu technosolutionniste, mais pas tout à fait non plus. Sortie le 22 octobre.-
BIOGRAPHIE
InvitéLe cinéma est avant tout une distraction, c’est un art mineur. je préfère le théâtre où il n’y a pas de triche., même si je n’y suis jamais allé au contraire du cinéma.
-
Linconnu
InvitéJe te trouve drôle, même si c’est pas ta meilleure blague. Il y avait quand même des souffleurs au théâtre, si c’est pas de la méga triche ça. Ils ont peut-être des oreillettes de nos jours. Peut-être même que c’est du lypsinc.
-
Tony
InvitéEt Le rire et le couteau ça vaut le coup?la durée,3h30,me retient un peu.
-
Pout
InvitéOui, vraiment ! Je crois que le film est grand…
-
-
-
-
-
Le mec là
InvitéRattrapage « Le Royaume ». Le problème c’est de passer derrière De Peretti. La chose est totalement dépolitisée ( et donc fait quand même un peu plus « romantique » (et même si les dialogues et les acteurs sont plutôt bons, le soin apporté aux décors et aux costumes est un peu moyen, on sent pas trop les 90’s). En ne donnant aucune raison particulière à ce règlement de compte, et ne disant rien des activités du père, j’ai trouvé le film bien vain.
-
Jules
InvitéParasite rediffusé ce soir à Bruxelles (cinéma palace)
-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne sais plus s’il a été question d’Eddington ici
en tout cas je le recommande vivement
(et c’est un type très perplexe devant Midsommar qui parle)-
Charles
InvitéIl est sorti aujourd’hui, pas eu le temps de le voir. Très surpris que tu aimes en effet.
-
Seldoon
InvitéJe note cette bonne réaction surprise. J’ai cru comprendre que le film est reçu très tiedement depuis le début, et je commençais à angoisser. J’ai définitivement perdu Eggers, j’aimerais ne pas perdre Aster.
Rien à voir mais j’ai revu Tardes de Soledad, et la bonne nouvelle est que le film garde la même intensité et la même richesse qu’à la première vision pendant 1h30. Les deux derniers combats, après le quasi encornage contre la barricade et les deux incroyables scènes de van qui le suivent, sont beaucoup plus flottants.
-
-
Seldoon
InvitéJ’ai enfin vu The Insider, je partage en grande partie l’enthousiasme partagé ici. On sent que Steven s’amuse avec un découpage classico-technique, quelque part entre la virtuosité rigide de Fincher et la rigueur ludique de Hitchcock. Drôle de truc que de filmer des espions de cinoche avec leur intrigue de cinoche, et de leur ajouter des envies, des désirs, des jalousies, des ambitions, des mesquineries. Puis on tire le fil. Ce n’est pas du réalisme, c’est La Taupe mais avec de la psychologie – et toujours, comme le rappellent bien Mercier et Chabert, avec ce refus du sentimentalisme. Pour moi la scène la plus ratée est celle de la résolution, que les bonnes idées (« Vous avez changé de tapis ») ne sauvent ni des mauvaises (après 1h15 de démonstration de l’intelligence extreme et de l’attention au détail, de tout ce petit monde, le traître ne se doute pas que le pistolet n’est évidemment pas chargé ?) ni de l’impasse des whodunnit : on se fout totalement de who did it. Drôle de truc aussi que ce couple d’une froideur sans pareille, couple auquel on ne croit pas une seconde pendant la première heure, et qui devient soudain aussi évident que brûlant.
-
Seldoon
InvitéPour clarifier : drôle de truc = j’aime ce truc.
-
Seldoon
InvitéAlors que drôle de turc = je n’aime quand même pas ce turc. Comme quoi, il n’y a pas de règle.
-
K. comme mon Code
InvitéEddington m’a peu convaincu. Mais c’est ma relation avec Aster : il ne me convainc qu’à moitié ou pas du tout, mais je continue à regarder ses films et à suivre son chemin — de loin, gentiment.
-
toni Erdmann
InvitéTrès étonnant que François aime Eddington. Le film veut se confronter à de la matière politique mais il oscille à la fois entre une surcharge des sujets (Vaccins, masque, complotisme, Black Lives Matter, data center, inceste, réseaux sociaux) et une frilosité pour parler réellement des clivages américains (des concepts ou personnages qui sont pourtant au coeur de la politique américaine ne sont jamais mentionnés, sûrement trop concrets pour les grandes hauteurs théoriques d’Aster : democrats, republicans, Trump, Obama). Peut-être que je spécule, mais j’ai du mal à imaginer que les petites conflits locaux aux États-Unis échappent à la mention de Trump.
Au sommet de ce qui m’a énervé dans le film : l’évocation des crypto-monnaies, qui se fait au détour d’une phrase, pour cocher une référence supplémentaire et montrer qu’il parle bien de « l’époque ».
—
Je contrebalance ce moment de négativité en vous invitant franchement à aller voir Le Rire et le Couteau malgré sa durée. J’étais incapable à la sortie de me prêter au jeu de « quelle scène couperais-je ? ». J’ai rarement vu un film qui cultivait un tel équilibre entre une visée ethnographique et une narration plus incarnée, portée par des grands acteurs.-
K. comme mon Code
InvitéOui, il y a un effet « buzzwords ». Comme s’il avait passé cet été a scroller très vite sur Twitter sans vraiment capter ce qui s’y jouait. Donc c’est très désincarné et pas du tout théorique, il est, je pense, lui-même assez distant : on sent qu’il pense des généralités sur l’hypocrisie performative, des trucs du genre. Ça se sent dans l’image : c’est très lisse. La farce macabre est très timide. Tout comme l’humiliation kink qui est davantage centrale dans Beau Is Afraid — et pour le coup plus jouissive. Un autre problème, c’est qu’Emma Stone, Pedro Pascal et Austin Butler ont clairement des emplois du temps surchargé. Tiens, j’y pense à cause d’Emma Stone, mais The Curse réussit grandement mieux ce qu’Aster essaie de faire ici.
-
François Bégaudeau
Maître des clésvous ne parlez que du « contenu » du film -que je pourrais sauver sur bien des points, car je trouve que la situation américaine contemporaine est là parfaitement condensée
mais peu importe, car je découvre surtout ici un immense filmeur, d’une grande rigueur, d’une grande précision sur l’espace
un néo-classique
avec au passage un phoenix plutot version Inherent vice que version connard-
Seldoon
InvitéHereditary malgré les faiblesses le démontrait à peu près tout le long. Même Beau is Afraid dans ses 30-50 premières minutes, même si c’était camouflé par la comédie noire quasi expressionniste à la The Tenant.
-
Seldoon
InvitéJe ne reviens toujours pas du fait qu’Hereditary soit un premier film.
-
Cynthia Lennon
InvitéSeldoon tu as aimé Midsommar ?
-
Seldoon
InvitéOui et non. Je vois la souffrance d’Ari le réalisant et ne parvenant pas à fabriquer les plans qu’il voulait. J’adore – vraiment – la comédie noire de couple qui est en son centre. Comment ces deux là se retrouvent enfermés ensemble. J’y crois à mort, et j’en ris doucement pendant tout le film. Je n’aime pas vraiment le teen movie classique avec ces gars qui se font zigouiller un par un comme des cretins. J’aime les interstices de doute très humain de tout plein de membres de la secte à peu près à chaque étape (le vieux tremblant au repas puis son acte manqué lors du suicide, la femme qu’on console au loin et surtout loin de la communauté parce que son mec se sacrifie…). C’est bourré de défauts mais j’aime assez de choses pour le revoir de temps en temps. À chaque vision la comédie de couple prend plus de place, le teen movie moins, et c’est tant mieux.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
tristan
InvitéLe cinéma est avant tout une distraction, c’est un art mineur.
On en reparlera quand tu auras vu le biopic d’Alain Delon avec Omar Sy, Biographie.
-
Ludovic
InvitéBieng
Fonce sur la seule chose interdite
Fonce sur le racisme
Tout le reste royco machin c’est du flan d’escroc
Voilà
Bingo-
Tony
InvitéC’est un truc de malade j’ai cliqué sur ton lien et je me suis pris dans la gueule un shoot d’une minute avec des vikings,des légions romaines,des nazis et des foules en liesse, sacré Ludovic!
-
Claire N
InvitéRires – On dirait le stroumph farceur
-
Sam le casse yeuk
Invité🤭
-
-
-
-
-
-
AuteurMessages
