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- Ce sujet contient 899 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Seldoon, le il y a 10 mois.
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I.G.Y
InvitéIl m’a paru sain de laisser la Page 15 ainsi.
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Je n’ai pas pour habitude de démarrer des « topics », donc voici quelques sujets arbitraires :
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Je serais curieux de connaître l’avis de lanthimossiens ici présents sur Kinetta, son premier. Un peu démuni face à un tel film, qui a au moins eu pour lui de m’intriguer : mais j’en tire davantage de plaisir à tenter de le penser qu’à le voir concrètement. Qu’a-t-il fabriqué là? Est-ce une volonté radicale de dé-nerver l’action et de lui retirer toute charge émotionnelle afin de ne laisser place qu’à la pure factualité? Une volonté radicale de dé-psychologiser (très difficile en effet de savoir ce que pense les personnages)? Et surtout de faire un film qui repose intégralement sur un spectateur qui doit-être au travail, qui doit remplir lui-même les blancs, se projeter dans la projection? De sa période grecque j’ai vu Alps, très dérangeant et malaisant mais plutôt réussi.
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Après la recension — que je n’ai pas écoutée en entier pour ne pas trop me spoiler — par Sortie de Secours sur le Dylan qui m’a paru dithyrambique, je suis allé le voir. J’ai été un peu déçu par la linéarité mécanique de son écriture narrative et de ses dialogues, mais très positivement surpris sur un point précis qui est à vrai dire celui auquel je m’attendais le moins : je parle de la partie la plus casse-gueule possible de l’interprétation de Chalamet qu’est le chant et le jeu de guitare. Au-delà du fait que le film est un peu trop émaillé de mini-prestations et de micro-shows dispensables (qui ont tendance à diluer la force de certains autres), je n’ai pas pu m’empêcher de sentir que parmi les meilleures scènes du film figurent moments où Bob Chalamet chante.
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A propos de film dé-nervé d’un tout autre genre, je conseille à mon tour la ressortie du Bresson, Quatre Nuits d’un Rêveur, dont le courant a fini par m’emporter. A la liste des plans qui m’ont marqué au cinéma ces dernières années s’ajoute désormais le bâteau-mouche bressonien.Sous le Pont Neuf coule la Seine
Et nos amours
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I.G.Y
InvitéSans oublier la GO Brutalist.
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Seldoon
InvitéBonne initiative.
Pour la Gêne sur The Brutalist, je suis convaincu. Je suis sorti ambivalent du film. La thèse principale, adoubée par un des extraits d’interview choisi par l’homme qui n’a toujours pas prénom, sur le film bati comme par un architecte me plait bien. Concernant le côté grand film autoproclamé, voici une compilation de plans (dont certains sont d’ailleurs explicitement commentés dans la GO) qui illustre bien tout ça : https://www.youtube.com/watch?v=qLMoGO61jDM
L’homme qui n’a pas de prénom mentionne les grands blocs brutalistes qui structurent ce film, et c’est peut être l’erreur fatale de Corbet : il a du mal à faire des scènes, alors que c’est souvent quand il s’essaie sérieusement au montage que le film décolle. On a par exemple discuté ici de la scène de danse avec un mini flash forward. Dans la Gêne François parle de l’insertion de l’accident de train (plan présent dans la compilation en lien ci-dessus).
Merci aussi d’avoir rappelé comment l’antisémitisme se dévoile peu à peu dans The Brutalist. Je suis sorti énervé par la façon dont il est progressivement surligné et artificiellement exageré, et la relecture du début a posteriori ne lui rend pas hommage. Mais il est vrai que pour le spectateur, l’apparition de l’antisémitisme est bien plus fine et ambigue que ce que ce sujet devient en cours de route. J’en profite pour témoigner que la question de se refaire le nez, parfois posée sans bienveillance par une mère à son enfant, est présente dans la communauté arménienne aussi.
Je ne sais toujours pas trop quoi faire de cette fin, qui effectivement dissonne agréablement (comme d’autres partis pris de The Brutalist), mais aussi très artificiellement. Je ne sais pas trop ce que Corbet fabrique ici mais on voit le bien fabriquer.-
Tony
InvitéSur son Facebook Burdeau évoque,suite à un débat,une hypothèse intéressante sur le récit ,il se pourrait que le personnage ne fasse que revivre ce qu’il a vécu en Europe et dans les camps,que chaque scène fasse écho à un épisode de sa vie d’avant,un trauma qu’il revivrait sans cesse, c’est une interprétation possible.
@Seldoon sur le mini flash forward je ne suis pas très convaincu,en tout cas le souvenir de cette scène est devenu un peu flou,tu pourrais le décrire un peu plus précisément car autant chez Peckinpah c’est limpide autant ici ça me paraît assez raté.-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne systématiserais pas autant que Burdeau, mais oui le film au fond a cette idée maitresse que de là bas on ne revient jamais.
(dit dans la GO : le train on n’en sort pas)-
Tony
InvitéOui dans la GO aussi vous évoquez cette hypothèse avec le train mais aussi dès l’épilogue quand,sur le bateau,on ne sait pas si il est encore dans un camp jusqu’à ce qu’on voit la statue de la liberté.
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François Bégaudeau
Maître des clésvoilà
et puis ces Van Buren qui ressemblent à une belle famille de nazis
et puis plein de choses
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Seldoon
Invité@tony :
C’est beaucoup moins créatif que chez Peckinpah. Mais comme ces choses ne se font toujours pas, ça reste puissant quand ça arrive. La scène : Brody a son cousin sur les genoux, et la femme du cousin danse devant eux. Le cousin enjoint Brody d’aller danser avec elle, lui refuse, le cousin insiste, tout ça en un unique plan. Pendant les négociations, Brody regarde la femme et alors raccord : on a droit à un très rapide plan de Brody dansant avec la femme. On revient au plan précédent qu’on ne quittera plus. La négociation se poursuit puis Brody cède et va danser avec elle. Et la scène finit par rattraper le flash forward, on retombe devant exactement ce qu’on a déjà vu. Puis le plan et la scène se poursuivent.
Ce flash a très bien marché pour moi : impossible de trancher. Soit la chronologie qui était mise à mal, soit on voyait la tentation dans la tête de Brody. Le résultat est qu’on a droit à deux scènes puisqu’on se pose la question jusqu’au bout. Le tout en se demandant si on verra bien ce qu’on a déjà vu, et on le voit… mais il se passe ensuite d’autres choses qui font que même si on l’avait vu on n’avait pas prévu la suite : le mari/cousin rejoint le couple pour une danse/accolade à trois.-
Tony
InvitéOk je vois,bon j’ai du être inattentif à ce moment là j’ai rien vu! d’ailleurs en la voyant je trouvais cette séquence vraiment très pauvre, faudra que je la revois(c’est pas demain la veille!)
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François Bégaudeau
Maître des clésSuis assez d’accord sur le Mangold, c’est à dire assez atterré par les dithyrambes de Sortie de secours à l’endroit d’unfilm aussi plat et programmatique, et assez séduit par les moments musicaux. Je dis les moments musicaux, parce que, bon travail de Chalamet ou pas, il apparait que le film est si plat qu’il est à chaque fois réveille, avivé, ressuscité , par la moindre parcelle de l’art des arts, de l’art qui sauve tout, à savoir la musique. Je me le suis dit aux premières notes de Like a rolling stone : 20 secondes de ce morceau contiennent plus de vie (et de joie) que trente heures d’un film pareil.
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François Bégaudeau
Maître des clésPuisqu’on relance ici les festivités cinéma, je signale que Arte replay propose un bouquet de films de Manoel de Oliveira (et non De la bitas)
On peut commencer par Francisca, que je m’en vais revoir.-
Malice
Invité@François merci d’avoir signalé les Manoel, ça va me faire ma semaine;
j’en profite pour demander si des gens ont vu ( jusqu’au bout) son adaptation du « Soulier de satin »?
Je n’ai pas encore tout regardé mais je dois dire que j’ai été assez fascinée par la langue de Claudel et les cadres-tableaux-
François Bégaudeau
Maître des clésJe l’ai vu il y a longtemps. Souvenir que c’était quelque chose.
Revu Francisca, donc. Cette ironie me parait toujours aussi joyeuse.-
Malice
InvitéEst-ce qu’on peut appeler ça du bon théâtre filmé? Il y a quelque chose de magique dans ces tableaux qui prennent vie. Je n’ai vu que la première scène de » Francisca » mais j’y retrouve « Le soulier » : cette façon de cadrer fait exister la caméra, loin de vouloir la faire oublier, Manoel semble nous dire : » regardez les tableaux qu’elle me permet d’animer ».
Dans « Le soulier », j’aime que les personnages ne se regardent quasiment jamais, ça me rappelle ce que tu disais des personnages en voiture dans « Drive my car ».-
I.G.Y
InvitéJe serais curieux de savoir François ce que tu appelles précisément « ironie » dans ce film. Je suppose que tu ne l’entends pas vraiment au sens de moquerie, du moins pas complètement (sans quoi elle ne serait pas joyeuse). L’ironie serait dans cette manière de montrer pendant 2h40 des personnages essorés de toute substance vitale et purement dévoués à parler la vie plutôt que de la vivre?
J’en garde en tout cas cette très belle phrase : « Le feu brûle au plus profond des choses ordinaires », nous dit Fanny sur le point de s’éteindre. Comme pour nous signifier qu’il existe un dehors à ce théâtre de morts-vivants. Beau film tout de même, mais dur à regarder pour ma part.
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I.G.Y.
InvitéJe fais un rapide Up-parenthèse aux débats sur le Bong pour ma question et celle de Malice, qui me semblent liées
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Claire N
InvitéIGY
J’avoue je l’ai regardé au départ j’étais sérieuse et a un moment
Je me suis demandé si tout de même il y avait pas parenté avec les Monthy pithon
Puis je m’en suis un peu voulue
Parce que en même temps il à quelque chose de cinglant et on ne s’en tire pas juste en riant -
I.G.Y.
Invité« on ne s’en tire pas juste en riant » : ah mais c’est certain, pour ma part je ne sais pas si c’est parce que j’étais fatigué mais je n’ai pas ri une seule fois, et je ne pense pas que l’objectif d’Oliveira ait été de « faire rire ». Je n’avais pas pensé à une parenté avec les Monthy Python mais je vois un peu l’idée, avec la grande différence que de mémoire (je ne les ai pas vus depuis longtemps) la volonté de « faire rire » dans les Monthy Python est claire.
Oliveira me semble prendre assez au sérieux la mort et l’extinction du monde de ses personnages. Il y a quelque chose d’assez étouffant (et c’est en soi cohérent dans sa radicalité, juste difficile à regarder sur 2h40 pour moi)
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Claire N
Invité« La mort de ses personnages «
Oui
Effectivement c’est vrai qu’à un moment
Je me suis demandé si ont basculait pas dans le fantastique et que oui il y avait des personnages déjà morts , et que pourquoi pas Fanny venait du paradis
La dissection du malheur de Fanny l’ange m’a aussi fait penser à Sade -
Claire N
InvitéLa phrase à la bonne dans l’église
« elle était bonne , mais vous ne l’aimiez pas »
Je l’ai aussi trouvé très éclairante : il faut l’admettre moi non plus je ne l’aimais pas -
Malice
InvitéMoi ce qui m’a fait ricaner c’est ce mec qui va jusqu’à prélever l’organe de la femme « aimée », prenant au pied de la lettre le » donne-moi ton coeur » des amants. Une sorte d’analphabète de la vie et des femmes, que son inaptitude change en vampire/en fou.
Et le « mystère » de Fanny, dont aucun des deux hommes ( blaireaux) ne semblent vouloir s’approcher, trop obnubilés par le fait qu’elle s’est peut-être donnée à d’autres.
Au fond les deux hommes s’aiment plus qu’ils n’aiment Fanny. Le mariage par procuration paraît illustrer cela, en montrant devant l’autel une bande de garçons, comme un mariage gay inconscient.
il y a tout de même une belle scène d’amour non ironique ( du moins c’est mon sentiment) : Fanny consolant la bonne, la serrant dans ses bras dans sa chambrette, scène qui rappelle l’amour entre Ema et sa bonne muette dans « Val Abraham ». -
Claire N
InvitéOui le cœur en bocal dans la chapelle , brise dans une espèce de profanation grotesque au pied de l’hôtel
Très vampiresque effectivement particulièrement lorsqu’il est dans le plan côté face dans le mythe
Et fou oui qui ressort plus côté pile quand la bonne ,à son tour filmée, se casse en courant devant ce théâtre -
Malice
InvitéLe type passe son temps à mettre Fanny en bocal ( dans sa maison, dans son mariage, dans le formol), après avoir fait mine de l’emporter loin de sa cellule familiale ( le cliché romanesque de la fuite des amants)
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Seldoon
InvitéÀ propos de Mangold dont tu dis dans la gêne que l’art de référence hors cinéma est la musique : je crois que c’est très vrai. Je me souviens d’une interview dans laquelle il parle des comédiens. Il signale qu’il aime beaucoup mettre dans une même scène deux comédiens qui ne jouent pas la même musique (de mémoire son exemple est basique mais clair : l’un du hard rock l’autre du classique).
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I.G.Y
InvitéAmusant, car la meilleure scène du film est pour moi celle avec le bluesman durant l’émission de télé.
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François Bégaudeau
Maître des clésah oui carrément
scène qui semble une copie d’une scène de télé réelle, mot pour mot-
I.G.Y
InvitéOui, j’ai exactement ressenti à ce moment ce que tu appelles « avivé » et « ressuscité »
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I.G.Y
Invité(pas tant pour l’aspect télé de la chose — je ne sais pas si tu évoquais le côté télé de façon péjorative ou méliorative — mais pour l’interaction entre Bob et le bluesman : j’ai eu l’impression qu’enfin un peu de vie s’immisçait dans une scène. Autre que la vie propre des morceaux de Dylan)
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K. comme mon Code
InvitéJe jèterai un œil… mais ce « passage à l’électrique » est mythologisé de manière lourdingue. C’est le cas dans No Direction Home de Scorsese. Dylan a une longue carrière dont le grand public ne connait rien, il y aurait beaucoup à documenter, mais on veut nous faire passer des fans de folk énervés comme un grand trauma à surmonter. Quelqu’un l’a appelé « Judas », vous imaginez ?
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I.G.Y
InvitéDes lustres que je me dis qu’il faut que je voie No Direction Home donc je ne peux pas comparer, mais il m’a semblé que le Newport 1965 était amené ici avec de très très gros sabots tout le long. Des sortes de gros sabots téléologiques.
Et pour justifier cette « montée en tension », j’ai le sentiment que le film dramatise très largement la scène du concert par rapport à la réalité (je me base sur ce que j’en ai lu + des captations vidéos réelles de ces parties). Ce qui est un problème puisque le film prétend très clairement coller à l’histoire réelle de Dylan.
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François Bégaudeau
Maître des clésNon non ce n’était pas ironique. Vraiment ma scène préférée
On a vraiment l’impression que Mangold se réveille (et nous réveille) dès qu’il est question de musique
Dommage d’ailleurs qu’il ne soit pas allé au bout, et qu’il n’ait pas essayé d’expliquer sérieusement pourquoi Dylan fut si tenté de passer à l’électrique. Alors il eut fallu d’abord parler de la révolution anglaise en cours, qui le fascinait tant.
Ici c’est raconté comme l’émancipation d’un ado turbulent par rapport à ses papas – le sempiternel récit du cinémamondial
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Alexandre
Invité« il a du mal à faire des scènes »
Il en réussit une qui, mes confuses d’avance si je suis mauvaise langue, n’est pas évoquée dans la GO, c’est la scène de la pièce de monnaie jetée par Guy Pearce pour humilier Adrian Brody. Nettement plus convaincante que l’absurde viol en Italie.
Je n’aime pas beaucoup le film et suis en tous points en phase avec les propos de la GO, y compris ceux qui mettent en exergue les choses les plus intéressantes.-
Alexandre
InvitéEnfer, comment me suis-je positionné !!??
Je citais seldoon
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Seldoon
InvitéJ’aime bien aussi la scène. Qui rend d’autant plus inutile le viol.
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Luc
InvitéAnora a remporté plein d oscars. Oui je sais je sais, les cérémonies tout ça… mais ça fait plaisir tant ce film est bon
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Scoob
InvitéOn espère simplement ne pas perdre un si précieux cinéaste après une telle gloire.
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Rantanplan
InvitéJ’ai adoré sa réaction pour « best editing », « je le mérite vraiment parce que si vous aviez vu les rushs, j’ai vraiment sauvé ce film au montage, ce réalisateur ne devrait plus jamais travailler ».
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lassou
InvitéPersonne n’a été voir le Desplechin ? Me souviens pas d’en avoir entendu parler ici, il vaut pas tellement le coup je suppose. Question subsidiaire quels sont les films à voir de Janvier et Février ?
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stephanie
Invitépas vu de films mais 2 doc que j’ai bien aimé » maman déchire » et « the flats » tous deux d’ailleurs mettent en avant des souvenirs d’enfance traumatiques.
Sinon, grâce à mon ciné club , j’ai vu « l’éternité et un jour » comment suis je passée à côté tant d’années sans le voir ?, ce qui me met en joie : découvrir tout ses films .-
lassou
InvitéMerci, je note.
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perové
Invitéqui est sur la dernière de White Lotus ?
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Younès
InvitéSalut à tous !
Comme François en avait parlé et que j’ai beaucoup aimé Désordres, je voulais savoir si quelqu’un avait un moyen de voir le premier film de Schaüblin, Ceux qui vont bien ?
Si vous pouvez m’aider ça serait cool parce qu’il est introuvable…
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Rantanplan
InvitéMerci! Ça m’a fait penser à le prendre sur YGG
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Mais moi c’est léo
InvitéUn lien pour voir Unrueh en pure illégalité (l’image et le son sont bons) :
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François Bégaudeau
Maître des clésjoins moi sur messenger et je te le file
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Juliette B
InvitéUn peu de cuisine
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Anna H
Invité
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Ludovic
InvitéBoris Lojkine est juif
Énième film de propagande
Pour détruire la Race Blanche
Récompensé évidemment-
François Bégaudeau
Maître des clésComme tu n’as évidemment pas vu le film (depuis quand les fascistes se soucieraient du réel de ce qu’ils conchient?), je t’informe qu’on y voit plutot au travail la destruction de la race noire, ou plus spécifiquement des corps prolétaires noirs. Rejouis toi.
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Ludovic
InvitéÇa a l’air terrible
En tout cas C’est parfait
Pour faire pleurer margot
Le migrant magique
Super-migrant
Votre dieu
L’eternègre-
Ludovic
InvitéUne sacrée
Programmation mentale
Des créatures
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Eden Lazaridis
InvitéLudovic arrive déterminé, avec de grandes ambitions, comme le jeune Adolf.
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Younès
InvitéOula oula Ludovic, que fais-tu ici ?
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Hélène
InvitéBonjour est-ce que quelqu’un à vu Queer de Luca Guadagnino ? Et ce même quelqu’un a t’il lu le roman dont le film est l’adaptation ? J’avoue avoir été un peu perdue par l’histoire vers la fin du film.
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Ostros
InvitéCoucou Hélène,
Pas vu Queer, mais je te fais un retour dans la soirée sur September and July, que j’ai vu ce we (ce post vaut nota bene). -
adamou
InvitéSalut salut,
Je l’ai vu. C’était le premier Guadagnino que je regarde et apparemment ce n’est pas la meilleure idée de commencer par là. J’ai surtout été très irrité par son montage qui cut en permanence pour changer d’axe ou introduire des plans de coupe sur objet cool/décor en carton pâte, les plans se succédant de façon aléatoire. J’imagine que c’est pour forcer une impression d’instantanéité mais je trouve surtout que ça a pour effet de dissoudre tout regard du réalisateur.
Contrairement à toi, mes impressions se sont plutôt figées au tout début (le mini clip au ralenti sur Come As You Are est aberrant je trouve)
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Younès
InvitéJ’avais vu Challenger que j’ai détesté donc Queer ne rentre pas dans ma liste de visionnage…
Peut-être devrais-je retenter Guadagnino avec Call me by your name ? Je crois que François avait aimé.-
K. comme mon Code
InvitéVu 40 minutes de Queer et détesté. Même pas tenté Challengers. Mais j’aime Call Me. Il a bien capturé cet été.
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I.G.Y
InvitéSensation très étrange quant à Challengers, devant lequel on m’a presque traîné. J’anticipais une catastrophe qui n’a pas tant eu lieu, du moins pas du tout autant que je le craignais pour un film de ce genre. Je reste cela dit assez perturbé par le niveau d’auto-sabotage dont il fait preuve sur certains points et je n’arrive toujours pas à me persuader que c’était assumé et conscient, en partie ironique. L’usage de la musique par exemple m’a fait mourir de rire d’absurdité (on était très peu à rire) : il y a plusieurs moments charnières où après avoir laissé une scène se déployer avec une certaine sobriété et du son « naturel » il balance cette espèce de caricature de house alors même que la scène n’est pas finie, kick à plein volume. Et plusieurs autres choses de ce genre. Je n’arrive pas à savoir si c’était sérieux (le film a beau assumer un kitsch 80’s général, je doute quand même).
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J’ai entendu des critiques qui avaient plutôt trouvé Challengers décent trouver Queer très faible
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Clément
InvitéQueer est affreux – si affreux que je le doute digne d’être désigné comme film ou digne d’une vraie critique.
On a l’impression que le film a été fait pour que la bande-annonce puisse exister.
Guadagnino a dit que tous les bons films étaient gay car ce qui est bon ne peut qu’être marginal et puisque le gay est marginal alors un bon film est gay – syllogisme qui montre (hors ses lacunes en raisonnement logique) son projet fasciste d’essentialisation de l’homosexualité comme mode de vie supérieur et amélioré, et son incompréhension envers son propre film qu’il estime comme radical et nouveau et qui pourtant est affreusement conventionnel. (Je ne daigne pas le film digne d’un raisonnement critique mais si on me demande d’expliciter mon propos je le ferai volontiers.)-
Malice
Invité« Le festin nu » a été restauré, sinon
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François Bégaudeau
Maître des clésUn sacré pubard que ce Guadanigno
Très ajusté à son temps : un cinéma-signalétique. Un cinéma Bande-annonce en effet
On va finir par se demander comment Call me a pu être si bon.
Mais je n’ai pas vu Queer-
Malice
InvitéIl a pris le mexique des bouquins de Burroughs et il a bien épousseté, on a envie de se prendre un bnb dans le patelin où se promène Daniel Craig;
et il n’y a pas de machine à écrire qui parle ou fornique-
Hélène
InvitéTrès très pub en effet dans le style, sauf qu’une pub ça dure 30 secondes et ce qu’on veut nous vendre est clairement énoncé, là c’est plus flou. Pendant le film je me suis dit que Guadagnino avait piqué des décors à Lynch, des persos sapés comme chez Anderson (Wes) et donné un gros chèque à Spotify pour balancer du Nirvana dès qu’il en avait envie, de façon très gratuite.
Sinon, la dernière GO parlait des scènes de drogues, souvent ratées et clichées au cinéma : ça n’a pas loupé pour la séquence ayahuasca dans la jungle, sans fin et attendue. (Laissez cette drogue à Eric Judor dans Platane please)Oui Ostros tu me diras pour September & July !
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Malice
InvitéJe me suis demandé si le réalisateur s’était trouvé malin de rapprocher Burroughs de Nirvana parce-que : prise de drogue = dépression = Kurt Cobain
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Clément
InvitéLe détail qui tue dans Queer, c’est les indigènes dans la forêt amazonienne qui sont en arrière-plan quand Daniel Craig y rentre. Bien qu’il y ait un abri bien étanche à un mètre d’eux apparemment confectionné de leurs propres mains (cad en feuilles de bananier bien sûr, faut pas déconner) bizarrement ils sont agenouillés par terre SOUS LA PLUIE TORRENTIELLE tous recroquevillés sur eux-mêmes comme des cons.
J’en implore Dieu de m’aider à comprendre comment l’on peut figurer une absurdité pareille à l’écran. Puissé-je trouver miséricorde envers Guadagnino un jour pour cette idiotie. Bien sûr que ce détail transpire un passif colonial raciste (cerveau indigène -> incapable de s’abriter en temps de pluie) mais au-delà de ça c’est la marque d’un cinéma qui n’en a plus rien à faire du réel. Il faut abolir toute trace du psyché humain le plus basique pour mettre des gens sous la pluie avec un abri à côté d’eux et ne pas les faire figurer sous cet abri.-
Clément
InvitéEt le fond de commerce de la marque Guadagnino, n’est-elle pas l’exploration du désir homoérotique ? Pourtant Queer refuse de s’y frotter, on voit que Guadagnino n’y comprend plus rien. Spoiler : à la vingtième minute Craig et son jeune acolyte baisent, de la façon le plus fluide possible : après s’être vus au bar on se dirige tout gaiement dans la chambre de Craig alors que le jeune acolyte est hétéro. Absurdité totale. Pas qu’il n’y ait jamais eu de relation homosexuelle avec un hétérosexuel, au contraire, c’est ce qui rend l’homoérotisme intéressant dans les arts, toute cette ambiguïté, cette incertitude, l’espace ouvert par un désir qu’on suppose non réciproque et qui pourtant cultive un espace incertain. Guadagnino abolit tout ça en faisant baiser les deux naturellement, car dans son cinéma apparemment marginal il ne devrait pas y avoir de frein au désir si bien que tout réel est aboli pour l’assouvir.
Je ne sais plus très bien quoi penser de Burroughs, bien que j’ai lu la majorité de son œuvre je ne suis plus sûr que je suis un adepte, quelque chose de lui m’agace. Mais au moins il avait la moindre intelligence de ne pas les faire baiser dans son livre, d’ailleurs c’est toute cette ambiguïté (me désire-t-il, ne me désire-t-il pas ?) qui ouvre un espace littéraire d’ambiguïté, de tâtonnements, d’hésitation… D’ailleurs cet espace y était dans Call Me By Your Name : je ne suis pas gay et toi non plus, tu as une femme, alors que constituent au juste nos amours ? Rien de ça dans son dernier film-
Malice
InvitéLe truc de Luca c’est les scènes érotiques de bon goût on dirait.
Il aurait dû réaliser le remake d’ Emmanuelle, qui aurait peut-être été moins glacial s’il avait été aux commandes.
J’écris ça sans mépris car dans « Call me » et » Queer » seules les scènes de premier rapprochement sexuel m’ont paru éveiller un vrai intérêt de l’auteur, et m’ont, de ce fait, semblé réussies.-
François Bégaudeau
Maître des cléstrès bonne piste, ça
un artiste qui ne serait bon que lorsqu’il va dans le sexe
un peu comme le dernier Michon quoi -
K. comme mon Code
InvitéEh bien, je trouve Call Me mille fois plus érotique que Queer alors que dans ce dernier le rapport sexuel — enfin, la pénétration — est filmée. Tout est faux. Il n’y a pas une once de désir, juste une mélancolie branchée et sans objet qui infuse les plans. Je ne cerne pas ce réalisateur. Il mixe des choses parfois radicalement différentes d’un film à l’autre ; c’est ça, c’est un mixeur, il a des ingrédients à disposition, et parfois c’est indigeste ou fade.
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François Bégaudeau
Maître des clésCe que j’appelle un cinéaste pubard. Aucune personnalité, mais qui pioche dans des poses disponibles. Comme Audiard
Avec juste quelques constantes thématiques, le sexe donc chez l’un, le masculin chez l’autre. Ce que le Masque et la plume appellerait des obsessions.
Les deux se portent très bien à l’ère du cinéma-compilation. -
adamou
InvitéMais cette accusation de « poseur » est souvent injuste (elle est très vite accolée à certains metteurs en scène que l’on apprécie beaucoup ici – je l’ai tellement entendu à propos de DePeretti ou Serra par exemple).
Burdeau dit souvent qu’il faut toujours postuler la sincérité d’un cinéaste.
Est-ce que des gens qui ont vu Queer pourraient donc m’aider à prouver la pose du film ? Montrer concrètement pourquoi il ne fait que disposer des signes sans aucune chair derrière (c’est mon intuition aussi mais ce n’est pas si simple de s’appuyer sur des plans – problème des films creux)Je commence avec un argument :
Gudadigno détourne à un moment le regard vers la fenêtre en plein rapport. Le sulfureux n’est donc bien qu’un signe puisqu’on n’en verra rien. -
Malice
InvitéJ’ai le souvenir d’une scène qui dure où Craig vient de se droguer et dodeline de la tête, assis dans sa chambre d’hôtel sur du rock un peu électro et où j’ai pensé « poseur ».
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Malice
Invité« Come as you are » au ralenti, c’était très défilé de mode aussi
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai pas dit poseur, j’ai dit « qui pioche dans les poses disponibles », c »est à dire qui adopte les gouts et thèmes du jour, en fonction de sa sensibilité esthétique.
Ceci est sans doute très sincère : Almodovar Audiard et lui pensent très sincèrement que l’art c’est d’abord du décor, un design, une ambiance, des attitudes, des couleurs, une coiffure d’acteur. Que l’art appartient au même paradigme que le défilé de mode.
Ils sont très sincères là-dedans, comme Mondino faisait très sincèrement ses clips.
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Younès
InvitéJe lance ça là parce que j’en sors et que ça m’a bouleversé mais quelqu’un aurait vu Kailie Blues de Bi Gan ?
Sinon, je ne peux que vous le conseiller ! Il y aurait un petit rapprochement à faire avec les films de Weerasethakul…-
Rantanplan
InvitéC’est dans ma liste…Pas trop de pognon en ce moment mais j’aimerai bien enchainer Mickey 17 et celui-ci.
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noir extatique
InvitéNon mais je prends note du film !
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Pierre
InvitéPlus que déçu par Mickey 17.
Disney sous couvert de gore. Nausicaä abâtardi en un truc pour acteur.
Mon sentiment qu’ils ont pris le demi-concept philo de Cynthia Fleury, « les irremplaçables » (concept philosophique désignant les êtres humains comme fondamentalement uniques et non-substituables, soulignant ainsi la valeur irremplaçable de chaque individu contre les forces du capitalisme qui chercheraient au contraire à nous rendre tout à fait remplaçables, une sorte de kantisme 2.0) pour le retourner. Et si tout d’un coup la mort ne valait plus rien ? Si un individu devenait tout à fait réimprimable ? Comment serait-il traité ?
Cela aurait pu être intéressant, la SF comme manière d’essayer des situations « en avance », mais comme souvent ces derniers temps, les acteurs m’ont gâché la fête.
Parce que de fait, le sujet est à peine traité. Il permet bien plutôt à Robert Pattinson de cabotiner en continu, et bientôt doublement en continu. Mon cauchemar : la figure du jumeau au cinéma ou en série (alors que j’ai moi-même un jumeau). Ça m’avait déjà flingué Deuce (l’amant double ça compte pas, c’était déjà pas bien sans cette figure).
Tous les acteurs qui sont en surjeu. Festival du lâcher-prise. Me l’a rendu vraiment irregardable. La figure trumpienne du pouvoir qui pense seulement au storytelling de ses actions aurait pu être intéressante, mais elle ne se détaché pas tellement des autres figures finalement. Devenir trump de l’acteur.
Surtout qu’à chaque fois que j’ai pu regarder, le film ne me montrait rien mais me racontait. Tout est tellement explicite. M’a fait penser à l’article de Charles sur la nécessité de pouvoir suivre le film sans le regarder, guideline de Netflix pour ses séries. Eh bien on y est, même au ciné. Surprésence de la voix off qui permet au film tout un tas d’avancements scénaristiques aussi forcés qu’improbables. On a qu’à dire qu’en deux minutes la scientifique niaise a pu créer un robot traducteur… et voilà c’est fait. Mille autres exemples ainsi.
Rarement vu un film aussi con. Parasite a mal passé le mur d’Hollywood. Comme très souvent
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Tony
InvitéMi figue Mi raisin pour moi aussi, dommage car la première heure est vraiment brillante jusqu’à l’arrivée de Mickey 18,je ne sais pas trop quoi en penser pour l’instant.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe me dois de signaler que non, Mickey 17, n’est pas « con »
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Pierre
InvitéEn tout cas il m’aura rendu con. Et d’ailleurs ma critique l’est un peu.
la sur explicitation de tout les enjeux m’a comme comme accablé
L’impression l’art de la satyre du réalisateur perd toute sa justesse en partant dans l’espace et l’apesanteur de la Sf. Si bien que j’ai souvent eu l’impression d’avoir a faire a une parodie plutôt qu’autre chose.
Mais si tu as d’autre qualificatif ça m’intéresse-
François Bégaudeau
Maître des clésIl me semble que tu focalises un peu trop sur le contenu politique, et que par ailleurs celui-ci n’est pas aussi simpliste que tu dis.
Bong, c’est d’abord un styliste, et c’est par le style qu’il est densément politique.
Mais on en reparlera quand d’autres ici l’auront vu, mon intervention visait juste à signaler que le film vaut d’etre vu, quoi qu’on en pense-
Sylvain
Invité« Bong, c’est d’abord un styliste, et c’est par le style qu’il est densément politique ».
Est-ce que tu peux développer cela s’il te plait, sans parler de son dernier film.
Par exemple sur « The Host », pour moi son chef d’oeuvre (ou bien un autre de ses films) ?
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Ostros
InvitéHélène,
J’ai vu septembrer and july et j’ai été déçue et je me suis ennuyée.
Je trouve que la réal est une excellente cadreuse et qu’elle méritait un scénario beaucoup plus travaillé (je sais que c’est elle qui l’a écrit, mais ce n’est pas son point fort).
Déçue parce que j’avais pressenti le truc (ma réponse à ton post sans l’avoir vu), et aussi parce qu’on nous ressert beaucoup de scènes déjà vues qui sont ici comme des motifs du film de lycée qu’on trouve en masse dans les séries tv des années 90. De même que leur truc de doubler les mecs et meufs de télé réalité, j’ai déjà vu ce délire dans des séries tv américaines de mon adolescence.
Je trouve le personnage de la mère célibataire artiste qui n’est pas une mère poule voire qui pense d’abord à elle quand il faut (elle amène un parfait inconnu chez elle), intéressant et j’aurais bien aimé être plus avec elle. M’a dérangé que les autres (l’ado, le coup d’un soir, le bg du lycée) n’ont pas le temps d’exister autour des trois (mère et deux filles) et les autres sont inexistants.
J’ai beaucoup aimé le traitement de la matière et des choses visqueuses, sales, qui rappelle les débuts de Decourneau, mais ça reste quand même très en surface et très balisé si bien que j’ai ressenti comme une gamme qu’on joue et on passe à l’idée suivante et ainsi de suite, sans entrer vraiment dans ce que la matière peut donner à voir, ressentir ou dans ce que l’inconfort peut provoquer. Ça reste un travail superficiel.
(Le traitement des lycéens uniformisés, dont la méchanceté est égale chez tous les individus, sans nuance, gâche les scènes de harcèlement scolaire qui ne sont alors que des agrégats cumulés de motifs connus de harcèlement scolaire vus à la tv ces dernières années, par exemple.)
J’ai bien aimé l’humour qui parseme le film, comme la prof qui ne se mouille pas pour aller sauver son élève évanouie dans l’eau et essaie de la réveiller avec une frite, la scène de cul de la mère évidemment (et encore une fois, le personnage contient tellement d’éléments intéressants que je me demande pourquoi elle n’a pas voulu nous faire passer plus de temps avec elle et qu’on ne fait que l’éffleurer), et d’autres qui colore de façon inattendu cette histoire.
J’ai déteste le sur usage des couches de son qui surlignent trois fois que « attention là il va se passer quelque chose de très très grave » (alors qu’en fait objectivement pas vraiment).
Je n ai pas compris en quoi ce geste d’orthoptie permet de faire revenir July dans la réalité.
Et le film est parfois grotesque malgré lui. Comme le flash informant de la mort de september où je me suis dit c’est pas possible comme c’est culcul).
C’est pour ça que je me dis que non september n’a pas existé, qu’elle est une vision (clicheteuse) depuis le début. Au fait selon l’interprétation de ce twist (entre 4 guillemets) soit le scénario est bête soit il est grotesque. Et le sujet méritait une descente beaucoup plus profonde dans cette relation chelou, et la relation à la mère et au corps d’une adolescente disgracieuse qui s’érotise et s’émancipe, surtout (qui est le sujet du film, quand même). -
Rantanplan
InvitéExcusez-moi cette incartade…Mais les personnes qui adorent White Lotus (unanimement saluée) sont-elles les mêmes qui détestent « Sans filtre »? j’ai trouvé ça totalement creux, bien mou niveau satire sociale, plat dans son ensemble et bien peu efficace niveau comédie…Ça fait je sais pas combien de série qu’on me conseille fortement qui n’ont absolument rien pour elle (Shrinking par exemple). Par contre un film qui a une séquence qui flotte un peu va direct se faire assassiner par ces mêmes personnes. Si vous êtes auteur faites des séries, vous serez plus tranquille.
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Malice
InvitéJe suis quasi sûre que les gens qui détestent « Sans filtre » sont frustrés parce-que rien ne fait envie dans le film, alors que tout devrait. Ostlund nous offre un navire de luxe, de beaux corps ( les mannequins influenceurs notamment, qui sont superbes) et à chaque séquence quelque chose nous empêche de nous y mettre à l’aise, de jouir de ce luxe, voire transforme le confort en son contraire ( naufrage, vomi etc).
Est-ce qu’on se plonge plus facilement dans le jacuzzi de « White Lotus » que dans celui de l’oligarque russe qui force les employés à nager alors qu’ils croulent sous le taf? C’est une vraie question car je n’ai pas vu WL-
Rantanplan
InvitéIl y a de l’idée.
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Seldoon
InvitéDe toute façon l’ère des série prestige est finie. Il n’y a plus de série événement depuis des années, les spectateurs ne se rappellent même plus des 3 dernières séries qu’ils ont regardées, ni même du contenu de l’épisode précédent, l’alignement total de la forme sérielle sur l’économie de l’attention est achevé. J’exagère à peine, et je remarque quand même que dans les médias ces deux dernières années on a plus parlé de films (de Dune à la zone d’intérêt) que de séries.
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Rantanplan
InvitéJe ne sais pas si je suis d’accord là-dessus. Le pouvoir des séries est encore imposant, mais comme tout phénomène on commence à voir le penchant négatif de la mode (avec une uniformisation de l’image et des séries pour produire juste du contenu interchangeable). C’est juste qu’il y a un espèce de relativisme face à des projets forts et des séries formatées.
Je suis très content que The Bear soit célébré et adulé même chez les jeunes lycéens par exemple. Mais le retour critique et les distinctions sont aussi acharnés sur White Lotus et là je ne comprends pas…Ça a peut-être à voir avec le côté doudou du soir après une journée éreintante de boulot où l’on a besoin de se convaincre que c’était sympa comme soirée…Et peut-être que The Bear est aimé par des ges gens qui ne la comprennent pas vraiment non plus…-
Ema
Invité@ rantanplan
C’est si bien que çà The Bear?-
Galère
InvitéSur la forme ça ressemble à n’importe quel autre série.
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Galère
InvitéMais y a limite un côté scorsesien qui donne un truc en plus.
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Rantanplan
InvitéHa oui genre laquelle?
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Rantanplan
InvitéOui, carrément. J’ai pas souvenir d’une série qui parle de ce que c’est que le travail, le vrai. Ç’est matérialiste, c’est à dire social sans l’être, super humain. Y’a une forme proche des frères Safdie mais il y a aussi des incartades avec des épisodes très posés assez sublimes.
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Ema
InvitéOk, tant mieux si le succès est mérité. Il est vrai que pour White Lotus je vois mal ce qui la distingue. Prétendre faire une satire sociale dans le milieu hôtelier en s’intéressant si peu au travail qui s’opère en coulisse pour le confort des clients fortunés c’est vraiment une vaste blague, aucune matérialité, un comble quand on filme du luxe, je crois que que la satire sociale n’est vraiment qu’un prétexte pour faire du « elevated drama », aka le soap opera pour cadres sup.
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Rantanplan
InvitéEn fait j’ai pensé exactement ça dès le 1er épisode, et j’ai halluciné que ça passe encore de nos jours, même chez des critiques pro.
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Ema
InvitéJe crois que les critiques pro regardent les séries avec des exigences très abaissées, tout en traitant cette forme avec une déférence de plus en plus manifeste, ironiquement. On pourrait presque parler d’une sorte de condescendance qui s’ignore.
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K. comme mon Code
InvitéLa série dont tout le monde parle en ce moment est Severance (deux saisons de 9 et 10 épisodes en trois ans) et c’est d’une médiocrité affligeante : on dirait que l’équipe de scénaristes ne sait pas du tout écrire une série lambda. Il y a une scène en montage alterné où l’on voit un personnage couper très lentement une petite corde bloquant une porte qui l’empêche d’accéder à une pièce où il veut empêcher un personnage de Faire Quelque Chose. Quand j’ai vu ça, je suis parti sur l’IMDB du scénariste. C’était le créateur de la série. Il n’a absolument rien fait avant. La masse de séries produite et la préconisation du job de scénariste ont fait que plus personne ne sait les écrire — et je ne parle pas d’écrire quelque chose de bien, hein, juste écrire une série.
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orando
InvitéBonjour,
J’ai aimé Mickey 17 et je ne sais pas dire pourquoi.-
Stéphanie
InvitéJe n’ai pas aimé Mickey sans détester non plus.
Déjà ce n’est pas le genre de film que j’apprécie, grosse production, gros moyens effets spéciaux et musique lourde. La satire, le 2d degré ma fait sourire mais sans plus. L’idée de l’homme irremplaçable, la lutte des classes ( qu’on retrouve dans parasite) traitées comme un divertissement ne m’ont pas emballée.-
I.G.Y
InvitéSi j’avais un seul mot à plaquer sur Mickey 17 et qui dirait bien la difficulté à en parler, c’est « touffu ». Pas détesté mais pas tant aimé que ça non plus, c’est à mon avis loin derrière Memories of Murder (pas vu les autres, sauf Snowpiercer il y a 10 ans sans presque aucun souvenir).
J’apprécie qu’au moins le film se prenne peu au sérieux dans sa parabole (contrairement à un autre film parabolique hyper-touffu frôlant aussi le démentiel et qui traite de thématiques par endroits approchantes, à savoir Megalopolis). Peu, voire trop peu? Le mélange des genres entre comédie, drame et suspense qui faisait le sel de Memories of Murder est présent mais moins réussi : il y a tant d’outrances scénaristiques et d’abstraction parabolique que tout ou presque est possible à chaque instant, ce qui amoindrit les possibilités de déplacement réel.
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Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le Sortie de Secours qui conclut brutalement à la bêtise pure et à l’absence de tout « sens fuyant ». J’ai au contraire l’impression qu’il se passe tellement de choses qu’il est difficile de tout systématiser, je suis sorti de la salle un peu perdu. Un trait commun formel entre Mickey 17 et Memories of Murder serait d’ailleurs les longues scènes (voire séquences) à tiroir ou « poupées russes », dans lesquelles beaucoup de choses se passent voire bifurquent (entre autres ici, la très longue scène du dîner). Dans MOM c’était formidable. Bref je vois dans ce film un poil plus qu’une parodie bouffonne du trumpisme ou un stupide remake de Idiocracy.Le programme Expendables n’est aboli à grands renforts de célébrations humanistes à la fin que dans la mesure où l’on a trouvé une autre population (pourtant bien décrite comme dotée d’intelligence et de langage) sur laquelle expérimenter. On peut aussi ajouter que c’est dans cette société spatio-fasciste décrite avec les gros sabots (jusqu’à l’écusson/blason qui est évidemment une croix gammée, + le nom Niflheim certes issu de la mythologie nordique mais on saisit bien la consonance, etc…), société certes débarrassée de sont leader originel mais pas de ses structures et de nombre de ses attributs (le tribunal, les toges pourpres) que s’intègre comme si de rien était à la fin l’un des personnages principaux (Nasha, donc une « gentille ») par le biais de l’élection, et qui finit en toge pourpre. Le tout formellement présenté sur fond de petit fond sonore pianoté et innocent, omniprésent en particulier dans la première partie.
Plusieurs effets de superposition au montage entre image et texte sont aussi surprenants : pourquoi montrer des scientifiques qui jouent avec une pauvre pièce en métal tout en parlant de la hauteur et la grandeur de la technologie de « l’imprimante »? etc… On nous montre aussi plusieurs fois Mickey souffrir voire dégueuler du sang avant de nous dire qu’il s’agissait de trouver… un vaccin pour permettre la colonisation, le tout sur fond sonore pianoté : ici aussi on est loin d’une pure satire du trumpisme.
Touffu, profus, pas si clair et univoque que ça.
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Greg
InvitéJoudet, Momcilovic et Pariser n’ont pas beaucoup aimé le nouveau film de Bong Joon-ho. C’est le moins qu’on puisse dire… Destruction en règle https://www.radio.fr/podcast/sortie-de-secours2
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François Bégaudeau
Maître des cléson va écouter ça
mais ça nous fera pas changer d’avis sur le si joyeux Mickey 17
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Alexandre
InvitéAssez beau texte de Jean Baptiste Thoret paru sur son mur Facebook autour de Gene Hackman, lequel se rapproche, je trouve, de certaines interventions que François a pu faire autour de la politique de l’acteur. Je crains que cela ne suffise pas à formaliser une réconciliation ; mais l’hommage mérite lecture.
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Tony
InvitéPar contre,pour la réconciliation,il ne faut pas que François lise le post précédent sur Anora.
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Ostros
InvitéBonjour,
Je viens de voir Petit paysan qui est en ce moment sur Arte. Deux choses m’ont sortie du film, au delà de la réalisation passable malgré quelques plans sur les vaches instructifs et parfois beaux, c’est le fait que les vaches malades saignent du dos et le fait que l’éleveur ait attrapée le virus. Ça m’a tellement questionnée que j’ai fait des recherches et effectivement la maladie occasionne des ulcérations au niveau du museau, une extrême maigreur et ça les fait boiter. De plus, ce n’est pas une maladie transmissible à l’humain. Je me demande comment ces deux éléments archi faux du scénario sont passés crème auprès de toute la chaîne de production / distribution. Alors que rendre les vraies caractéristiques de la maladie aurait apporté plus de solidité au film.
Bref, j’ai pas particulièrement passé un bon moment.
Y en a qui ont aimé ?-
Ostros
InvitéEn regardant des extraits de son documentaire sur le travail de ses parents « les vaches n’auront plus de nom » (qui me tente bien, vais essayer de le trouver), qui d’ailleurs jouent tous deux dans petit paysan, on dirait bien qu’il a tourné son premier long dans la ferme familiale.
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netflou
InvitéIl n’est pas dit que le paysan attrape la zoonose qui frappe ses vaches.
Il est proche de ses vaches au point que, quand elles sont malades, il somatise et déclare un zona. Ça ressemble vraiment à un zona. Par contre, le fait qu’il se traite avec un produit phyto, c’est too much.
Pas un grand film, mais rien que pour le traitement réservé aux vaches, il mérite d’exister. On voit rarement le corps d’une vache sous toutes les formes que la vie lui donnera. Le vêlage est d’une grande beauté (un veau sortant de la vulve d’une vache, c’est banal et sidérant). Les scènes de traite sont très justes. Toutes les scènes de manipulation des cadavres de vaches sont marquantes. Quelle étrange chose que ces immenses corps inanimés que l’on déplace avec toutes sortes d’engins. Là se trouvent les plus beaux plans du film.
Réussite formelle aussi : restituer, avec une poignée de plans silencieux, la paranoïa de la contamination : les gestes de prophylaxie absurdes, les corps familiers perçus d’un coup comme étranges…
La fin évite la faute scénaristique et politique : on ne tombe pas dans la déploration conservatrice de l’extinction des « petits paysans ». On reste dans l’indéterminé, et c’est bien-
Osttos
InvitéMerci netflou,
Oui ce sont ces plans là que je retiens aussi. Le velage avec le tire veau est une scène qui reste en mémoire. Les vaches sont non seulement déplacées mais aussi branchées, arrachées, poinconnées depuis la naissance. La scène où il bague l’oreille du veau tout juste né est violente (je me suis dit que le fait la baguer ensuite les oreilles des vaches saines avec l’ancienne bague des vaches malade n’était pas très malin en cette période d’épidémie mortelle).
Je me suis posée la question de la réaction somatique aussi. Mais je ne savais pas qu’un zona pouvait être si étendu et creusé autant la peau.
C’est sûr que le sujet méritait un film et que ce biais est intéressant, je reste sur ma faim au scénario comme aux cadres. Je crois que son prochain est toujours tourné à la campagne et sera dans le genre un peu sf (une météorite s’abat sur un terrain agricole). Je suis curieuse de voir ce que ça va donner.
Là ce sont surtout ces premiers courts qui me donnent très envie (pour le rythme comique que j’ai pu percevoir dans les extraits en ligne) et son docu.-
Osttos
InvitéAttachées pas arrachées.
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Osttos
InvitéD’ailleurs c’est pas le fait que le veau sorte d’une vulve de vache qui est sidérant c’est le fait qu’elle soit attachée au niveau de la tête et que ce soit une machine mécanique qui sorte le veau à l’arrière. C’est quelque chose de terrible cet accouchement là. La terrible vie d’une vache d’élevage, née pour donner du lait (j’espère bien que c’est une fille dit le fermier en parlant du veau à naître). Ça, et le fait de toutes les tuer par principe de précaution. Des vies qui ne méritent pas qu’on trouve une solution (vaccin,etc) pour tenter de les sauver. Ajouté au fait que oui on le déplace ainsi au gré des besoins.
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netflou
InvitéTu as raison. Les bêtes sont machinés dès leur premier souffle.
Je suis en train de lire Comme une bête de Joy Sorman.
Excellent pour penser la production des animaux, la métamorphose des cadavres en viande (acte puissamment culturel). Toute la complexité de ces processus est parfaitement déplié.
Il y aurait quelques parallèles à faire avec ce film.
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Seldoon
InvitéIl me semble que la maladie des vaches décrite ici est une invention du film.
Pour le reste mes souvenirs sont flous mais le film avait l’avantage de plonger vraiment dans le quotidien de ce petit paysan. Ce n’est pas un paysan de cinoche dans une ferme de cinoche.-
Osttos
InvitéLe nom est le vrai nom de cette fièvre hémorragique mais le symptôme du sang qui sortirait d’ulcérations au niveau du dos est faux oui.
Trop appuyé pour moi la réalité de grand célibataire qui vit pas loin de ces parents (le personnage de la mère, au secours). Et ce qui m’a aussi sortie du film c’est la beaugossitude de Swann Arlaud. J
Je le suis dit si tous les paysans lui ressemblent, à mon avis il y aurait beaucoup plus de monde intéressés par le sort de ces métiers épuisants.-
Seldoon
InvitéJuste pour clarifier : pour moi il s’agit officiellement d’une maladie entièrement inventée, avec bien sûr des inspirations pour ancrer tout ca. Regarde la dernière question de l’interview ci dessous :
Par contre je suis d’accord sur tout ce qui est relations familiales. Il ne me reste que le boulot avec les vaches, les inspections, et à la rigueur les potes. Mais tout cela est loin.
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netflou
InvitéC’est un peu un paysan de cinoche. Je suis d’accord avec Ostros.
Mais la ferme — cet outil de production sale et vieillissant, typique des petites structures familiales devenues obsolètes — ainsi que le travail qui s’y effectue, sont saisis avec beaucoup de justesse.-
Seldoon
InvitéJ’y ai découvert ce que tu écris en dessous. La comptabilité des vaches.
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netflou
InvitéIl y a plein de balourdises scénaristiques (le vol de vache). On sent bien, par moments, que tout cela n’est qu’un prétexte pour filmer un univers dans lequel il a baigné.
La qualité principale de ce film réside dans ce paradoxe : j’ai vu plein de vaches en vrai, ce film m’a permis de mieux les voir.
Pour la bague, j’ai trouvé le dilemme intéressant : je suis contraint légalement de faire exister ma vache dans un système d’écriture ; si une vache disparaît, je dois falsifier ce système, quitte à transmettre la maladie. C’est là qu’apparaissent ces premiers gestes de prophylaxie désespérée.
Je vais aller voir son docu. Merci pour l’info.-
Rantanplan
InvitéLe film est intéressant justement parce qu’il flirte un peu avec le film noir (voir le fantastique). Autrement les films « compte rendu » sont pléthores et souvent bien plats, comme « la terre des hommes » par exemple. Je conseille plutôt Louloute! Petit paysan n’est pas parfait mais il pousse une logique à l’extrême et ça a fait mouche pour ma part.
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Ostros
InvitéUne bonne nouvelle lue sur le site du film français :
« Le coréalisateur de Rien à foutre prépare Notre salut, un drame historique qui plonge dans les rouages du régime de Vichy. Produit par Kidam, le film sera distribué en salle par Condor. » Et avec Swann Arlaud en acteur principal.-
Carpentier
Invité.. le régime de Vichy/ …
ça pourrait m’intéresser.
Lisant cela, je me dis qu’il faut absolument que je commence à m’occuper de mon summer body: ce régime consiste en quoi déja?
Car, me retrouvant, ma fille m’a dit que j’avais ‘ de bonnes joues’ , avec cet air qui en dit long mais pas assez.
Puis, cherchant les magrets dans un éclat de rire en appréciant mes hanches: ‘ on dirait mémé ‘.
Les enfants sont cruels, j’te jure.
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K. comme mon Code
InvitéVu A Complete Unknown. C’est complètement à côté de la plaque — et j’avais pourtant entendu le réalisateur dire qu’ils questionnaient le mythe. Pas du tout. Le mythe est amplifié.
Alors, à Newport, si on écoute le bootleg, ça a hué au début parce que Dylan ne jouait que trois morceaux — je me serais joint aux huées — et il a ensuite été ramené sur scène pour jouer plus de morceaux, mais il n’y a pas eu de chaos. La vieille garde déplorait l’abandon du son folk, c’est certain, et Dylan a décidé au dernier moment de jouer avec un groupe parce qu’il avait entendu les organisateurs du festival être méprisants envers le Paul Butterfield Blues Band. La sono était pourrie aussi.
Le film n’aurait pas pu plus monter en épingle ce moment. Mais on parle d’un film où un personnage dit « Fais attention à toi » à Bob Dylan quand il est sur sa moto parce qu’il aura un accident.-
Nola
InvitéD’autres choses ont été modifiées, ajoutées dans cette scène. Le « Judas » crié par un.e membre du public et la rétorque « play loud », avaient eu lieu un an après et à Manchester. La baston entre Lomax et Grossman s’est passé pendant le set de Paul Butterfield Blues Band et non durant celui de Dylan. Suze Rotolo / Sylvie Russo n’y était pas, Johnny Cash non plus. Le but n’étant pas de coller parfaitement à la réalité, mais de montrer à quel point ce fut un « fiasco » (cf tweet de Bob himself) quitte à exagérer. Dylan n’a pas clôturé le festival avec son set, il n’a pas joué « Like a Rolling Stone » en dernier des trois morceaux, mais en second…etc.
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K. comme mon Code
InvitéMais justement, je réfute l’idée d’un fiasco. Le film montre d’ailleurs davantage la sanctification d’un héros par l’épreuve qu’une débâcle. Alors que c’est un set de plus où Dylan est vaguement relou.
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Mathieu
InvitéSalut tout le monde,
Je serais curieux d’avoir votre avis sur le jeu de Kieran Culkin dans A Real Pain
Je signale tout de suite que le film est un tout petit truc très moyen et que si vous êtes sur la ligne de François en terme d’actorat, Culkin va vous insupporter (oui je sais donner envie)
Néanmoins, il s’agit pour moi de faire la différence entre personnage insupportable et acteur insupportable. Or dans le film, c’est bien le personnage qui est exaspérant. Victime d’une sorte de trouble maniaco-dépressif, il est lors du voyage de groupe dans sa phase maniaque: incapable de se poser deux secondes, constamment mouvant, bondissant, volubile, il tire toujours la couverture à lui, face à son cousin placide et démuni, qui ne cesse de s’excuser de son attitude auprès des autres.
Peut-on donc reprocher à Culkin de jouer de manière insupportable un personnage insupportable? Au contraire, le pari n’est-il pas réussi?-
K. comme mon Code
InvitéPas vu le film, mais Einseinberg a dit que le chef opérateur du film, qui a fait EO, a dit que l’âne avait été plus facile à filmer que Culkin. Il joue sans doute à peu près comme dans Succession où il en faisait aussi à sa tête (ce que la réalisation de la série permettait), et je l’aime beaucoup dedans. Il a l’air tout autant insupportable dans la vie. Je le supporte très bien à l’écran pour l’instant. À voir avec celui-ci.
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Mathieu
InvitéJ’ai effectivement vu cette interview du Vidéo Club Konbini avant d’aller voir le film, et quand j’ai vu le film j’ai compris
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Carpentier
Invitédans sa phase maniaque: incapable de se poser deux secondes, constamment mouvant, bondissant, volubile, il tire toujours la couverture à lui, face à son cousin placide et démuni, qui ne cesse de s’excuser de son attitude auprès des autres. / …
une belle description du couple que je forme avec mon compagnon 🤣
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Carpentier
InvitéMickey 17: à nous deux!
depuis le temps que je t’attends-
Carpentier
Invitéla prochaine g.o. pour le dernier film de Bong Joon Ho ?
cool ça, 3 + 17 ça donne:
à nous 20, Mickey 17!-
Carpentier
InvitéGrossier, joyeusement gore, politique et social, parodique bourrin et fin à la fois, on a bien hâte d’écouter la gêne occasionnée dédiée au Mickey 17.
M’a filé envie de (re-)visionner d’autres films qui jouent et composent avec le syndrome du dictateur, du gourou, du kidnappeur de religion pour enrôler, le Chaplin me vient en premier lieu, je chercheraiHors genres (curieuse de voir où l’obligation marketing le range) les scènes et plans SF, en particulier avec les creepers, ça l’fait (coucou David et Dune):
Un filmage qui montre comment dire sans sembler se prendre au sérieux et en disant quand même;
vu au générique qu’Anna Mouglalis a prêté sa voix à la Mummy creep, ça m’a fait rire et repéré un ‘ déjà vu ‘ français dit tel in english bref, j’ai pris grand plaisir.-
Carpentier
Invitéet OUIIIIII à la scène avec les 2 Mickey au lit: comment dit-elle déjà?
ah oui : C’est Noël-
Carpentier
Invitéune facette Mars Attacks aussi of course
avec Toni Collette-
Carpentier
Invitéet Ruffalo, cité plus bas par ostros ou melanie, en place dans son perso de psycho-megalo belliqueux, de grand garçon qui joue encore la guerre – famille méchant James Bond aussi un peu – et qui rêve/envahit une planète – rien que ça et ça rappellerait pas qqn de bien contemporain, tiens ? – par jeu/virilisme contrarié et folie infantile de toute puissance.
– la scène où maquillé, filmé par en dessous, grandi en posture de statue de general vainqueur déjà, il sort de la base pour aller parler, en char, à ‘ la reine-mère creep ‘ est astucieusement gagesque-
Ostros
InvitéToni Collette.
J’étais persuadée que c’était elle qui jouait déjà dans le transperseneige mais pas du tout. C’était Tilda Swinton (en brune). Qu’on retrouve dans Okja (en blonde).
En tout cas Bong a une obsession pour la femme mauvaise à cheveux coupe carrée.-
Carpentier
InvitéToni Collette, la mother dans Little Miss Sunshine
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Carpentier
Invitéune obsession pour la femme mauvaise à cheveux coupe carrée.
imago type pour BJH de la féministe libérale peut-être
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Carpentier
Invitéaaaaaah 🤗
merci Patrons!
et avec un café ce sera parfait, les Garçons < 3g.o. Mickey, B J H-
Carpentier
Invité<3
voulais-je dire-
Jeanne
InvitéJe suis en train d’écouter la Go sur Mickey 17.
Moi aussi j’aime beaucoup la réplique « Pourquoi je t’aurais tué ? « .
(En réponse à Mickey demandant à la grosse bête « Pourquoi tu ne m’as pas tué ? « ).
Si nous étions dans Avatar au lieu de Mickey 17, le monstre gentil aurait répondu : « Parce que nous, le peuple des Vakanouka, respectons la vie et avons fait le choix d’être bienveillant envers toutes les créatures de cet univers » – musique émouvante.-
Carpentier
InvitéComme dit, à l’instant, dans la riche page 15 précédente dédiée au cinéma, de mon côté, leur dernière g.o est déjà consommée:
Une de mes prefs.
Et pour l’honorer je dirais que, grâce à mickey 17, ils y remettent la farce au milieu du réel.-
Carpentier
Invitéet je suis bien d’accord avec les analyses matérialistes des films de s.f. et/ou de conquête de territoires dans l’espace (super héros inclus): pas d’effets spéciaux de ouf pour que le plein les yeux empêche de voir et de penser, pas de vilains belliqueux dérangés (les creeps) qui refusent de voir/écouter à qui ils ont affaire coté visiteurs/envahisseurs – ils sont même d’emblée bienveillants (sauvetage/remontée en surface de Mickey en première séquence post-flash back d’entrée en matière) humains/terriens qui se montrent et apparaissent comme ils sont et non carapacés/camouflés en fake d’extra-terrestres pour coloniser un autre territoire, comme le plus souvent.
Toute la question du corps, chère au Maître des clefs d’ici, comme on sait, est aussi finement analysée dans cette Gêne.
=> foncez l’écouter et voir (revoir?) Mickey 17 si pas encore pu-
Carpentier
Invitéà mes … pas d’ / pas de / … j’ajoute, pour une possible meilleure compréhension un
‘ dans ce film de BJH ‘-
Ostros
InvitéSe tenir à hauteur d’homme je crois bien que c’est ça qui a fait que je me suis tout de suite senti bien devant ce film et d’ailleurs je me dis que c’était le cas des films américains populaires d’avant, au même titre que cet action teintée d’humour et ancré dans les enjeux de son époque, dont parle François. Ces films étaient nécessairement à hauteur d’homme car il n’y avait pas ces technologies qui a été prise pour alléger les corps, les rendre volants, ultra rapides et insaisissables.
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Ostros
InvitéJe me suis relue et il faut que je dise que j’écris sous champagne. Ceci explique. Mais ça va on comprend l’idée.
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Carpentier
Invitésous champagne* donc?
– bah, je pratique pas (ou très peu si je vois vraiment que ça rend très tristes mes hôtes, quand on se connait pas trop) du coup, tes mal-dits clignotent pas plus que ça, j’ai ré-écrit en lisant ton post
Bien aimé ses dires aussi, à FB, sur les persos volant (même Thor et son marteau : D ce qui étonne son binôme ) et surtout le fait qu’il note et insiste sur l’aspect ancré, terrestre de Mickey 17.
– dont la scène où une des repros de Mickey s’écrase littéralement comme une merde (moi je l’écris ) en tombant de l’imprimante 3D, yep.
Je n’ai pas encore pris le temps d’écouter la Gêne dédiée aux Marvel
– pour laquelle je comprends qu’il a souffert pléthore de visionnages du genre mais –
je le ferai un jour, je le ferai
ps: * gaffe à la barre frontale
la bifle si désir et consentement
mais la barre frontale: mef
Bonne soirée ; ) -
Ostros
InvitéJe ferai attention.
.
Oui c’est très drôle ce corps inconscient qu’on voit sortir progressivement de la machine et à la fois on crains qu’il tombe à la fois on le réclame pour le gag. La lenteur et le bon timing dès que le soignant s’en rend compte et l’effet de répétition avec la chute en entier pour la dernière fois tout ça est très bien foutu.
.
Pour la discussion avec François sur les Marvel c’est chez Samir de Microciné qu’il te faudra aller la chercher. -
Carpentier
InvitéSortie des bulles de champ?
princesse, va!
Les Marvel c’est chez Samir, ok (merci)
En tout cas, comme dit un peu partout dans ce fil et même dans la p.15/ciné: à ce jour, ce sera ma g.o. étalon pour faire connaître ce travail critique.
Je me la ré-écoute, tiens (1 café, please!) -
Carpentier
Invité.. seul le pire est sûr / … y ajoute aussi, F.B.
Quant à moi, j’avoue ne pas t’avoir imaginée bouteille à la main chantant le Conemaraaaaaaa,
… aller au delà des apparences, aurait dit Borne, interpellée suite à la décision de ne pas livrer les 800 000 exemplaires du La belle et la bête illustré par Jul, aux Loulous de Cm2
Par quoi vont-ils le remplacer?
Ça m’intéresse, tiens
Tout comme avoir le papier en intégral, interview de Jul, paru dans libé à propos,
si jamais, -
Carpentier
Invité….. « Jul [l’auteur de bande dessinée] a beaucoup de talent, il manie l’ironie, le second degré, mais sans accompagnement pédagogique, je pense que ça n’est pas adapté. Mais c’est un très beau livre qui pourra être utilisé dans un autre cadre », a développé la ministre de l’éducation nationale sur CNews/Europe 1. « C’est une réécriture moderne. On a un père de famille qui arrive d’Algérie, qui doit commettre des fraudes, qui se fait contrôler par les policiers », a poursuivi Mme Borne. « Peut-être que dans un cadre avec des professeurs, on peut expliquer ce second degré, mais c’est un livre qui a vocation à être lu en vacances, avec sa famille. »
Jul, dessinateur de Silex and the City, avait été choisi pour / ….
( petit texte dans Le Monde )
Pour l’opération ’ un livre pour les vacances ’ lis-je,
Benh du coup: ’ mais c’est un livre qui a vocation à être lu en vacances, avec sa famille. » qu’elle dit Borne, ’ nan?
Putain, Sabeth, ça tombait juste du coup, re-nan?Ah je sais:
– ils cherchent un bouquin à lire en 15mns, vous savez, pour leur délire en mode 5 fruits&légumes/jour + 15 minutes de lecture
On y est tous largement en plus, sérieux enfin non, pas sérieux:
Merci d’ajouter au réel burlesque, Sabeth
Borne a une sacré gueule de Cartoon par ailleurs, non?
Benh si.
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Younès
InvitéVous avez vu le dernier Soderbergh, Presence ?
Personnellement, j’ai été conquis.
Y’a quelque chose de Bataille et de l’expérience intérieure dans ce film…-
Rantanplan
InvitéLe film a un peu le cul entre deux chaises mais j’ai quand même beaucoup aimé. La forme est chouette, naturelle, mais l’écriture de Koepp est elle un peu technico/technique avec des dialogues à la serpe, même s’il y a de bonnes idées. Stir of Echoes était un meilleur film, et ghost story sans doute un peu plus poussé dans l’exercice, mais l’approche est rafraîchissante.
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Carpentier
Invitéet son The Insider* du coup?
je mate les séances là et j’hésite,– Entendant FB, dans la Gêne Mickey, dire sa lassitude devant les ‘films de double ‘ (et saluer le pas trop lourd Mickey 17/18 qui en fait bugger le compteur de copies plein écran) je vois que De Niro est embarqué dans un double de mafia, dans The Alto Knights
Qqn.e pourrait en dire quelque chose de The Insider* peut-être? (ou de The Alto Knights?)
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luc
InvitéEn tous cas « A real pain » m’ est apparu très plat. On s’en doutait.
J’ai tenté « Désordres » chez moi aussi mais me suis endormi. Je retenterai.
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Ostros
InvitéComment est-ce humainement possible de s’endormir devant unrueh ? …
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luc
InvitéC’est humainement possible par le calme hélvétique.
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Toni Erdmann
InvitéJe suis allé avoir A Real Pain à la suite des éloges de Sortie de Secours.
C’est un bon antidote à The Brutalist et tous les écueils de ce dernier.
On a là un auteur qui ne singe pas le gigantisme et préfère miser sur ses talents d’écriture. C’est un petit film qui déjoue les attentes scénaristiques autant que son personnage le plus intéressant déjoue la caractérisation simple et clichée.
Mathieu, tu dis que tu trouves le personnage insupportable. Personnellement il m’a beaucoup touché et je ne parlerais pas de trouble maniaco-dépressif. Il y a certes un peu de bipolarité mais le perso en question (et l’acteur à fortiori) sait se poser, ne pas trop intensifier chaque interaction contrairement à certains films qui dépeignent les bipolaires affalés dans leur lit ou en train de prendre de la coke.-
luc
Inviténon je n’ai pas trouvé son interprétation trop juste et il m’a plutôt agacé sur le début du film. (je parle en connaissance de cause)
Mais je suis d’accord sur le côté modeste du film mais il le film aurait gagné à avoir plus qu’un seul personnage.
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StarFoulard
InvitéLe biopic de Dylan m’a surtout donné envie de revoir « Inside Llewyn Davies », qui est quand même d’une autre trempe et a le mérite d’avoir vraiment compris la musique dont il parle. Mangold, soit parce qu’il ne comprends pas le genre, soit pour les besoins du scénario, dépeint la scène folk d’une manière qui me semble un peu grotesque…
Dans le film des frères Coen, par contre, se trouve l’essence même du truc. Le premier couplet repris à la fin de la chanson, tout comme la scène finale reprend la première. La seule protest song vaguement commercialisable est une chanson débile sur les cosmonautes. Llewyn joue pour des universitaires de soixante ans et des publics de un. Ce voyage inutile à Chicago avec un jazzman héroïnomane qui le méprise (« tu sais jouer autre chose que sol, do, ré? ») et son chauffeur avatar de Dean Moriarty. Y interpréter une balade du 18e siècle devant un promoteur et s’entendre dire l’évidence : « I don’t see a lot of money in it ». La superbe chanson de pêcheurs interprétée devant son daron ,qui a manifestement Alzheimer et ne réagit pas. Tout ce qui rend ce folk pré-dylanien complètement vain, inutile et beau.-
K. comme mon Code
Invité« et qui ne réagit pas » : je crois qu’il se chie dessus. Il faudrait que je le revoie, ce film avait très bien décanté. Un ami m’a informé que le biopic de Mangold est officiellement adapté d’un livre qui ne concerne que partiellement Dylan, et qui est avant tout sur la scène folk : festivals, labels, etc : « The book is a huge undertaking of analyzing the different record labels that created Folk music as an industry and as a scene, and how the scene was affected by Seeger and Dylan is just one angle within the book but it’s very much a detailed view of multiple artists and festivals »
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Dylan qui n’a pas vu le film mais a tweeté : « Lisez le livre ».
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François Bégaudeau
Maître des clésMême réaction devant ce si plat Parfait inconnu : envie de revoir le chef d’oeuvre des Coen
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Sylvain
InvitéTout à fait d’accord.
J’y ai aimé « la précarité » montrée, le geste « vain » d’un musicien (dont on ne sait si il est doué ou non et peu importe – cette question qui semble obséder tous les biopics musicaux et expliquerait sans doute leur médiocrité générale ne se pose pas ici ).
Et oui, peut-être (?) le meilleur Coen.
Et… il y a même Dylan dedans ! Même si le chat m’a davantage marqué.-
StarFoulard
InvitéJ’ai aussi revu Walk the Line dans la foulée, et il y est aussi assez peu question de musique. C’est le problème du biopic, la musique y est souvent accessoire…
Je me demande ce que va donner « Deliver me From Nowhere » qui veut s’attarder sur la genèse de « Nebraska », qui est un très grand album (le seul très grand album de Springsteen selon moi).
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StarFoulard
InvitéOui il se chie effectivement dessus haha. Pour faire le lien avec Dylan, à la fin du film, on l’entend chanter une chanson dans le club où joue Llewyn, qui lui continuera de revivre sa boucle.
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Ostros
InvitéJ’ai bien aimé Mickey 17, qui distille pas mal de choses allant de soi dans la composition d’une structure sociale (tout le début avec les flashbacks qui permettent de situer justement le personnage), j’ai trouvé sur c’était une bonne anticipation de ce que pourrait être un futur comme celui là, avec tous ces migrants qui ont tous une bonne raison de quitter la Terre et bien sûr les plus précaires et isolés qui serviraient de cobayes et sans assurance.
Ce film est pour moi la suite de ce qu’il avait installé dans Okja, le parti pris des animaux, innocents face à une invasion d’humains qui s’accaparent un territoire.
J’ai apprécié ces deux personnages de femmes drôles et émancipées, qui coupe court à des scènes déjà vu de sélection d’un individu comme étant le plus parfait dans un pur but de reproduction et sur la sexualité, le partage de partenaire, l’amour.
Le film est porté par un truc très optimiste, où l’intelligence collective prime. Il n’y a a pas d’un côté les résidents du vaisseau et de l’autre Mickey et sa copine. Les relations fluctuent, les groupes se forment en fonction des éléments nouveaux qui adviennent et chaque personnage secondaire exprime une individualité qui vient nous surprendre. C’est pourquoi on garde espoir tout au long du film, grâce à ces adjuvants qui se dévoilent les uns après les autres jusqu’à la mutinerie finale.
Après Bong est un excellent réalisateur, qui synthétise bien à la fois les événements de son scénario, à la fois ses plans qui sont toujours pile dans la scène, et conservent un rythme et une dynamique (visuelle, par le placement et les mouvements) entraînante et joyeuse (j’ai noté pas mal de recherche d’axe de caméra pour illustrer des états d’esprit, rendre la comique d’une situation entre plusieurs personnages, jouer avec leurs positions dans l’espace, composer un comique avec la matière qui est avalée, régurgitée, recyclée, transformée et ces machines ironiques ou drôles qui ont l’air très simples à usage très complexe (une brique pour stocker la mémoire d’un homme).
J’ai été moins prise par la simplicité du discours du film notamment avec la prise de parole de la copine black de Mickey, sur le fait que ce sont eux les colons, etc. Le gros sous texte anti–acisme, et minorité friendly et le scénario attendu (la mort du chef méchant et de sa femme, la victoire et la paix avec les gentils bestioles). Je dis ça mais au fait je pense que je suis maintenant habituée à cette simplicité des récits des films de BJH. Et au fait c’est juste que je n’y fait plus attention. En tout cas je ne les prends plus comme des faiblesses. Mais comme un choix. Car je pressens que tout ça est un prétexte à faire de la joie en image. De la vitalité. A s’amuser à faire un film. J’en sors en tout cas assez euphorique, j’ai été emmenée.
Je finirai en disant que j’ai pensé à une scène de Ma cruauté lorsque le méchant chef parle au micro avec sa femme sur ses genoux. Ça m’a rappelé furtivement la scène du canapé avec la femme.
Et j’ai bien aimé retrouver cette actrice géniale qui compose si bien la méchante de ses films.-
Ostros
InvitéJ’ai noté aussi une récupération d’éléments propre au nazisme, salut et nom de la mission qui je crois se terminé avec le suffixe Heil il me semble.
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Ostros
InvitéAussi, je reste intrigué par ce choix de rendre la mère des bestiole vengeresse : il nous faut un mort de votre camp pour accepter le mort de notre camp. C’est carrément pas une attitude à laquelle on s’attend venant d’êtres qui sont doté d’une grande intelligence nous dit on.
De plus reste irresolu pourquoi Mickey entend des sons parasites dans sa tête
Et comment la mère des bestioles connaît son prénom. De quoi entériner le fait que le scénario est secondaire et que des choses sont lancées pour servir une scène et la décaler par l’inattendu (comme le gros coup de bluff des bestioles).-
Ostros
Invité(Comme le desamorçage de la culpabilité de Mickey dans la mort de sa mère quand son clone n°18 lui fourni une autre explication qui vient couper court à ce spleen. On avance, on ne s’appesantit pas chez Bong. On agit. Nos personnages leader (Mickey, sa copine, Rey, etc) sont des actants qui effectuent de longues traversées et se vitalisent en suivant ainsi leurs instincts et c’est le fait de voir cela qui nous euphorise. Le couple de chef sont affalés, assis, statiques, ou posent sur des estrades, leurs gestes sont circonscrits, et leurs serviteurs ne font que les suivre, mous, lourds et en gueulant, tristesse de ces corps-là).
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Ostros
InvitéJe file ce que j’ai noté de la joie de ces personnages vivants se déplacent sur le coup de leurs désirs en faisant un parallèle avec Licorice Pizza. Et je m’arrête là car j’ai fait trop de morceaux de posts, ça va être chiant à lire.
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Ostros
InvitéD’autant que ce couple de dominant a certes de mauvaises intentions mais ils sont faibles. On remarque que ce sont les gens qui sont à leur service sui leur donnent du pouvoir, pensent et agissent à leur place (aller rencontrer la mère des bestiole pour rendre l’événement historique, le chef qui braille « attraper la bestiole » puis « stérilisez moi »), ce ne sont que des donneurs d’ordre à des effectifs qui font à leur place. Le chef lui même se voit être dirigé en permanence par sa femme qui lui passe ses idées.
Et l’optimisme du film vient aussi de là. Pour reprendre et compléter ce que j’ai écrit plus haut : il suffit que des individus soutenant initialement le couple de donneurs d’ordres s’imprégnent de la situation en cours, réfléchissent, échangent à ce sujet, écoutent les solutions apportées par les différents corps de métier et pour que le pouvoir (la force du nombre ou juste l’affaiblissement de l’armée protectrice des dirigeants en place qui permet leur neutralisation) change de camp. Il y a une foi en l’individu dans ce film, en la sensibilité que chacun cultive au quotiden dans son travail et dans sa vie privée, quelque soit sa place dans les différentes couches sociales et que la rencontre de ces individus est salvatrice pour le bien commun. -
Mélanie
Invité« Car je pressens que tout ça est un prétexte à faire de la joie en image. De la vitalité. A s’amuser à faire un film. J’en sors en tout cas assez euphorique, j’ai été emmenée. »
J’en sors très emballée aussi, et pas mal de choses m’ont émue.
Sur le 1 pour 1, ça me plaît assez comme choix. Pas que je prône le oeil/oeil, mais là ça évite l’essencialisation, non? Ça évite de dire que ces êtres seraient purs et pacifiques et formidables – et on prolonge la chose à la fin lors de l’interview (je ne spoile pas plus)
Je me suis régalée avec Pattinson – je le savais, que si mes fibres d’ado ne l’avaient pas détesté dans Twilight c’est qu’elles n’avaient pas complètement tort, et Ruffalo lui me plait partout. Ai-je bien noté Brad Pitt en haut de la liste ses producteurs ?
La fin m’a un peu moins emballée ; j’ai pensé à François qui dit dans certains cas en tout cas qu’il n’accorde pas trop d’importance aux fins, et ça m’a été comme ça.-
Mélanie
InvitéJ’ajoute que j’ai bien ri aussi
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Ostros
InvitéDe même.
Repensant à cette vitalité du film de Bong due en grande partie à ses personnages sans cesse animés de leur seul désir qui les amènent ici et là et nous avec, me vient en plus de la comparaison avec Licorice Pizza, celle d’avec Punch-Drunk Love et Anora. On retrouve chez Bong cette pente vitaliste là.
Oui j’aime bien ton point de vue qui consiste à se dire qu’on essentialise pas les bestioles en en faisant des êtres dénué de désirs de vengeance.
Après les plans sur son oeil vengeur sont tellement appuyés que je me demande si ça ne fait pas gag en soi.-
Carpentier
Invitéc’est bien cool de vous lire tous deux après visionnage, c’est bien dit et on le revoit un peu comme ça le film
… / composer un comique avec la matière qui est avalée, régurgitée, recyclée, transformée et ces machines ironiques ou drôles qui ont l’air très simples à usage très complexe (une brique pour stocker la mémoire d’un homme). / ….
et l’imprimante? grand rire x 2 quand un technicien oublie par 2 fois d’aligner la table au sortir de l’anneau de recomposition, façon photocopieuse qui n’a pas son clapet de réception de copie
– Les fluides et matières organiques, la vie, sont à l’honneur et ça démarre de suite (Mummy creep qui bave ou glaire sur Mickey 17 gelé au début puis, séquence d’aprés en flash back: la chef de mission qui l’accueille et lui éclate le bouton couleur moutarde, pour éviter qu’à chaque renaissance, il se le traîne… / ses plans qui sont toujours pile dans la scène, et conservent un rythme et une dynamique (visuelle, par le placement et les mouvements) entraînante et joyeuse (j’ai noté pas mal de recherche d’axe de caméra pour illustrer des états d’esprit, rendre la comique d’une situation entre plusieurs personnages, jouer avec leurs positions dans l’espace / ….
Je note, faudrait que je revoie pour noter cela, moi, mais j’y réfléchiset oui, de la vitalité et de la drôlerie qui mettent volontaire pour être emballée
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Carpentier
Invité… Ai-je bien noté Brad Pitt en haut de la liste des producteurs ? / …
yes, vu/lu aussi -
Carpentier
InvitéLa fin m’a un peu moins emballée ; j’ai pensé à François qui dit dans certains cas en tout cas qu’il n’accorde pas trop d’importance aux fins, et ça m’a été comme ça.
avouerais-je avoir envisagé fugacement une explosion plein écran à l’appui/contact bouton rouge de Mickey (symbole identique au souvenir de l’accident avec sa mère) ?
Une explosion plein cadre, dont on ne verrait pas les conséquences donc, avec le film se terminant over-open pour délirer ce que chacun.e s’autorise.
Mickey perdu dans sa brique-memoire et rappelé par chacun pour appuyer me mettant sans doute sur cette voie de par son hésitation/souvenir/rêverie traumatique.Mais oui – d’ailleurs ai-je me choix? – la fin de BJH me va aussi.
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Stéphanie
InvitéJ’ai vu « un film parlé » de Oliveira , la scène finale m’a fait bcp penser au roman de Zweig le monde d’hier.
Pas certaine que se soit juste historiquement , la fin de l’Europe , de la civilisation ,de la langue.
Comment avez vous compris cette scène ? magistrale du reste. -
Enzo
InvitéVu le film sur Bob Dylan hier, j’ai été assez effaré par le traitement des scènes musicales, qui se résument à une seule mise en scène répétée : Bob Dylan joue, et la caméra se tourne vers un auditoire qui approuve instantanément sa performance, conférant à son prodige une image imposée. Alors que les premières notes de ses chansons me produisent toujours un effet particulier – même si j’aime beaucoup sa musique –, il y a dans sa voix quelque chose de singulier qui ne se réduit pas à une approbation générale. Sa voix, à la fois nasillarde et incompréhensible, nous invite continuellement à nous interroger sur ce que l’on entend. Ce qui me fascine chez Bob Dylan, c’est qu’à chaque écoute, je me pose toujours la même question. Cependant, le film ne nous permet pas d’explorer l’expérience auditive ni de saisir la relation ambigüe qu’il entretient avec ses pairs et le public mais il se contente de montrer ce que l’on connait déjà. La surabondance de plans alternant approbation et désapprobation confère au film une lourdeur indéfinissable et une grande pauvreté.
Je ne sais pas si vous en avez déjà parlé, mais cela m’a donné envie de revoir le film de Todd Haynes I’m not There, que j’ai vu il y a longtemps et dont je n’ai que de vagues souvenirs. -
Tchitchikov
InvitéDécouverte de Manouel de Oliveira grâce à vous. J’ai vu Je rentre chez moi et La lettre. Les deux m’ont retourné. J’ai préféré le premier. Quel cadreur. Je m’en vais voir le reste. Un à conseiller en particulier ? Je n’ai malheureusement pas le temps de m’étendre. Merci à vous de me l’avoir fait découvrir.
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Stéphanie
InvitéMoi aussi je connaissais peu .
Regarde « un film parlé » et tu nous diras … -
Malice
InvitéUn super cadreur oui!! Et peintre, comme Rohmer et Breillat.
Je conseille Val Abraham, Le soulier de satin et Francisca; pas encore vu la Lettre mais c’est le prochain sur ma listePour ceux qui ont vu « Francisca », comment interprétez-vous les scènes où le même dialogue est joué deux fois de suite?
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Claire N
InvitéEt bien – pas certaine pour moi d’être capable de l’interpréter
Mais certaine d’avoir été surprise par cette « permission « qu’il se donne
: un sentiment de surprise à la première occurrence : donc c’est du faux ce qui m’est montre ? – et la réponse cinglante de mon double maléfique : et bien non de fait: c’est Dudu cinéma-
François Bégaudeau
Maître des clésIl me semble qu’à chaque fois le cadre change. C’est à dire qu’on a le même tronçon de dialogue, mais sous un angle différent.
A vérifier
Pourquoi le fait il? La glose est ouverte.
Je dirais a minima que c’est la preuve qu’Oliveira est un moderne. Une sorte de tradi qui regarde la tradition avec les yeux cruels de la modernité. A ce titre très proche de Rohmer : des nostalgiques pas dupes de leur nostalgie
C’est aussi la preuve qu’il s’amuse beaucoup.-
Claire N
InvitéOui – le cadre change de plus en plus
– le bal masqué : quasi idem
– la scène du cheval dans l’appartement : la version 2 fait apparaître la bonne et ses protestation
– la dernière : on change diamétralement de cadre
De personnages-
I.G.Y
InvitéVoilà qui irait donc dans le sens de la fameuse ironie mentionnée plus haut. Ça marche bien. Reste aussi tout de même la première occurrence, à savoir le générique de début et la lecture de la lettre. J’ai eu l’impression qu’il y avait une volonté de laisser le temps au spectateur d’ingurgiter une information importante. Car de fait ce qui se joue dans cette lettre n’est pas anodin du tout (j’ai dû me la repasser 2 fois au replay, j’ai flairé la bizarrerie et ça s’est confirmé : la question du mot « fils » et « frère »)
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Claire N
InvitéAlors Oui
On a l’impression que ce qui est dit est important
Mais dans ma tête un drôle de truc s’est organisé
– effectivement j’ai essayée de porter plus attention à la phrase
– mais la répétition en elle même -m’a sapé le souvenir et s’est imposé « au premier plan «
Ainsi ce sont plus des images qui me restent
Un peu comme une distraction « obligée «
Et au passage je me suis dit que le procédé scolaire qui consiste à l’utiliser donne surtout un caractère important à celui qui parle mais semble finalement bloquer un peu l’accès au sens de la phrase-
I.G.Y
Invité« Ainsi ce sont plus des images qui me restent », c’est mon cas aussi dans l’essentiel des occurrences, mais là première est d’autant plus particulière que la répétition se fait en cadrant en gros plan sur… le blanc d’un rideau (donc il n’y a même pas vraiment d’image)
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Claire N
Invité« le blanc d’un rideau «
On s’est bien fait eu – rire-
Claire N
InvitéCependant dans ce film un truc qui m’a paru saillant est le questionnement sur l’ » incapacité à aimer « en présence de l’objet
Fanny qui l’aime quand il est « à distance «
Et lui finalement qui lui laisse cela faire
Un jugement moral serait : Fanny, vertueuse, ne mérite pas une telle froideur
C’est l’avis de tous d’ailleurs, de la bonne en particulierL’histoire des répétitions est intéressante en ce point : non répétée la scène qui échappe donne une version « passée « plus simple à apprécier
Et la répétition – non à l’identique de l’objet cinématographique nous apparaît plus cruement
On tombe en face : qu’est-ce que tu aimes ?Je pense aussi à un processus de « refroidissement « mais c’est plus évasif pour le moment
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..Graindorge
InvitéManoel de Oliveira disait le cinéma n’existe pas, les films sont du théâtre que le cinéma permet de fixer. Il dit aussi que le théâtre n’existe pas car le théâtre c’est de la peinture, de l’architecture, de la musique, de la danse, des paroles, de la poésie…
Et il faisait ce qu’il voulait avec tout ça. Créateur.
Peut-être qu’il fait revoir deux fois des dialogues comme pour nous faire un clin d’œil, faire entrer le spectateur dans le jeu. Nous rappeler qu’on n’est pas devant un film mais devant une pièce de théâtre filmée, devant des tableaux, de la Poésie. Il revient en arrière en répétant un dialogue parcequ’il peut le faire. Alors il le fait. L’art le permet. Le rend possible. Comme l’on regarde un tableau et hop on s’arrête, on se rapproche pour mieux regarder un détail ou lorsqu’ on réécoute à partir de la minute 2′ une musique aimée
Nous sommes dans l’art avec un grand A-
Malice
Invité« Manoel de Oliveira disait le cinéma n’existe pas, les films sont du théâtre que le cinéma permet de fixer. Il dit aussi que le théâtre n’existe pas car le théâtre c’est de la peinture, de l’architecture, de la musique, de la danse, des paroles, de la poésie… »
Je ne compte plus les plans de ses films qui m’ont donné envie de faire un arrêt sur image pour les dessiner.
Le jeu sur la répétition me rappelle ce qui peut parfois me déoncerter complètement quand je répète moi-même une scène au théâtre : le même texte peut complètement changer de sens, un changement de ton, de position, de geste suffit à ce qu’on entre dans une autre histoire. Peut-être que Manoel a voulu nous faire saisir cette chose, qui est l’insaisissable de la mise en scène.
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luc
InvitéQui a vu Black Dog de Hu Guan parmi vous?
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François Bégaudeau
Maître des cléspas encore mais on me le recommande
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Bernard
InvitéJe recommande. Ainsi que le très poignant Julie se tait.
2 films sur la retenue avec 2 personnages principaux mutiques, pour des raisons très différentes et sans que ça soit un gage de réussite évidemment mais c’est à noter et ça change du nouveau cinéma d’art et d’essai français que je qualifierais de symbolico-toutexplicativo-manichéen (voir La pampa). -
Seigneur Momotte
Invitétrès très fan du paysage urbain, je suis moins client du reste mais je pense que c’est bien aussi.
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kenny
Invitéarticle assez mulien
quoique passant un peu vite sur la forme-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci, on lit
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Malice
InvitéJe reviens sur « Francisca »
Une autre réflexion que je me suis faite devant le film : un autre cinéaste aurait sans doute mis davantage en mouvement les personnages de José et Camilo, aurait filmé leurs conversations spirituelles en les « animant », pour qu’on s’éprenne comme Fanny. J’ai été frappé de l’immobilité des deux personnages, qu’on remarque encore plus lorsqu’ils croisent ici et là des personnages qui vivent ( les gens du village qui dansent dans la campagne par exemple et qui paraissent exister dans un autre monde qu’eux, où la vie pulse). Les échanges des deux amis m’ont rappelé les monologues du pote d’Adrien dans » La collectionneuse », dont les trouvailles verbales sont regardés avec ironie par Rohmer.-
Claire N
Invitéqui paraissent exister dans un autre monde qu’eux
Oui tout à fait
Tellement que comme je le tâtonnais plus haut
Je me suis demandé si cet histoire d’ange, de paradis c’était pas « vrai «
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I.G.Y
InvitéLe dernier Soderbergh est très plaisant : un petit jeu de piste d’espionnage fait avec trois bouts de ficelle et très bien dialogué, très divertissant.
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Rien à voir, mais que pense-t-on de Sorrentino ici? Vu aucun de ses films mais je suis tombé au ciné sur la BA de Parthenope : ça entre dans la longue liste de ces moments où je me demande si c’est premier degré, premier degré et demi ou second degré… On m’a pourtant conseillé la Grande Bellezza, donc je ne sais pas…-
François Bégaudeau
Maître des clésil faut voir la Grande Bellezza, et surtout Silvio, mon. préféré
Il existe une GO sur un Sorrentino en dessous, mais qui nous a donné l’occasion de dire ce qu’il y a de fort chez ce drole de zigue fellinien et sans doute pas défendable jusqu’au bout -
Luc
InvitéOui la grande Bellezza!
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I.G.Y
InvitéBon, vous me rassurez car j’avais confiance en la personne qui me l’a conseillé
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..Graindorge
InvitéVu aussi La grande Belleza et Silvio
Je recommande -
..Graindorge
InvitéVu aussi La grande Belleza et Silvio
Je recommande -
Ventoline
InvitéOn lit beaucoup de bien du livre sur Soderbergh par Mercier et Chabert. Des premiers retours ? Grand sujet en tout cas, ça c’est sûr.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est un bouquin d’un grande richesse
sur les quinze premières années de Soderbergh c’est presque exhaustif
à la fois une biographie (ça raconte) et une monographie (ça pense)
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PE
InvitéPour ceux qui l’avaient loupé en octobre dernier, rétrospective des quatre premiers films de Sean Baker cette semaine à la Filmothèque du quartier latin :
– aujourd’hui 15h20 : Take Out (2004)
– aujourd’hui 22h : Four Letter Words (2000)
– demain vendredi 17h30 : Starlet (2012)
– lundi prochain 22h15 : Prince of Broadway (2008)
Curieux de voir les véritables premiers pas du bonhomme, Tangerine et Florida Project donnant déjà un sentiment très « premier film », je trouve, par leur espèce d’immense liberté tout en nonchalance et en maladresse génialement et diagonalement adroite-
Ostros
InvitéOulà big news, vite mon agenda.
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PE
InvitéErratum : Four Letter Words c’est à 22h30 !
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François Bégaudeau
Maître des clésles quatre valent le coup
peut etre une préférence pour Prince of Broadway
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Toni Erdmann
InvitéL’échec de The Insider au box-office américain me chagrine. Les films mid-budget des studios semblent désormais condamnés à l’échec, alors même qu’il s’agit ici d’un film crowd-pleasing qui, à une autre époque, aurait cartonné.
On entre de plain-pied dans une ère où les studios se concentrent presque exclusivement sur les franchises, tandis que les auteurs vont devoir se contenter de quelques miettes chaque année pour financer des films à moins de 10 millions de dollars. Anora, The Brutalist, Memory, A Real Pain… (d’ailleurs, je recommande encore vivement ce dernier).
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne vois à peu près aucun intérêt à A real pain.
Plutot un agacement continu.
N’aurais je pas vu les choses qu’il y a à y voir?-
toni Erdmann
InvitéJe trouve la dialectique entre les cousins très riche : l’un a « réussi » sa vie mais il jalouse secrètement l’autre qui est beaucoup plus à l’aise socialement. Et j’aime que le film désamorce beaucoup de situations attendues ou convenues, notamment le climax (la visite de la maison de la grand mère)
Dès le début cette logique de l’incompréhension mutuelle désamorce les scènes et les rend plus profondes : Jesse Eisenberg s’attend à ce que son cousin soit en retard (on croit à une opposition trop frontale : protagoniste conformiste vs side buddy excentrique/bordélique) mais il est en avance, il lui fait un cadeau, mais le cadeau est nul, il est sympa, mais un peu lourd (il lui demande son tel pour écouter de la musique), il est attachant, puis il devient agaçant, et ainsi de suite, de manière à ce que ce personnage secondaire devienne vraiment insaisissable et incarne bien ce type d’individu qu’on connaît tous, dont l’excentricité et l’aisance sociale nous amusent mais qui deviennent vite agaçantes quand on s’y habitue.-
François Bégaudeau
Maître des clésMais on est d’accord que c’est pas grand chose tout ça non?
Je vois bien que le film ne cesse de « désamorcer ». Mais à force il finit par se désamorcer lui même.
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Baptiste B
InvitéDéçu également par The Real Pain. Ce que je vais dire est un peu facile mais le film est du côté du guide touristique qui en dit trop, commente les cartes postales de la Pologne et abonde en explications. A un moment, dans un vieux cimétière, le personnage de Kieran Culkin s’en prend au guide et lui dit: Ferme-là, ça manque de vie. Tu rends le voyage chiant à pérorer, on a compris que t’étais le premier de la classe. Culkin pousse le vice: Et où sont les polonais? Les gens? On a rencontré personne depuis le début. Question qu’Eisenberg cinéaste ne s’est pas posé. On continue ensuite à traverser la Pologne comme un désert. Le film comble les moindres bouffées d’air entre les lieux à visiter par des dialogues psychologisants qui sont bien souvent des monologues explicatifs (le dîner, la fumette, le train) où les acteurs s’en donnent à coeur joie. Et puis il y a le camps de Varsovie, où pour une fois le piano sautillant de la bande son s’arrête. En regardant le four crématoire, Kieran Culkin pleure et ne s’en remet pas jusqu’à la scène suivante. Le film n’aura reculé devant rien pour nous démontrer son infinie sensibilité.
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toni Erdmann
InvitéLe film épouse en effet le séjour de ses protagonistes. Ils n’ont pas vu de Polonais, comment le film pourrait les montrer ?
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Monologues certes, mais monologues à prendre au second degré, notamment celui du train. On ne le prend pas au sérieux une seule seconde avec ce remord de privilégié, c’est même souligné dans la scène d’après où il accepte d’être en 1ère classe.
La fumette ? Je n’ai pas le souvenir d’un monologue mais plutôt d’un dialogue que l’un essaye de fuir.-
Baptiste B
InvitéIl faut voir les cadres clean du film qui consistent souvent à dépeupler au maximum les espaces. Et à côté de ça les cartes postales tendance bon goût ne manquent pas. Je trouve la Pologne du film intemporel et vague, incroyablement ajustée à ses personnages. Bien sûr à des moments les personnages se questionnent sur cette limite, sur l’aspect touristique et complaisant de leur voyage. Mais je pense que le film ne vaut pas mieux, que le monde extérieur n’est qu’une toile de fond et une rumeur.
Ok pour le train même si je n’y vois pas de second degré. Je vois surtout encore une occasion manquée pour les personnages de prendre la tangente. Nos deux cousins s’endorment et manquent leur arrêt. Je me suis demandé: pourquoi esquisser la possibilité d’une déviation de route pour aussitôt l’escamoter et rentrer dans le droit chemin? Le film veut montrer que Culkin est potentiellement dérangeant mais il faut que son chaos reste intérieur et parano, pour que les acteurs restent sur la partition psychologique (deux types de névroses qui s’affrontent).
Je ne trouve pas le film dialectique mais plutôt unanime sur cette relation entre cousins. Si elle était telle que tu la décris je crois que ça m’intéresserait (un mec planplan qui jalouse son cousin plus vivant et intense que lui, et la cruauté éventuelle de ce dispositif). Mais le film passe son temps à expliciter ce qui se trame entre Eisenberg et Culkin. Il n’y a pas de second degré quand Eisenberg déclame après l’incartade de son cousin durant le dîner au restaurant son rapport d’amour-haine. Longue tirade où il déplie tout ce qu’on voit en le matinant d’un récit traumatique. Même chose sur le toit de l’hôtel, quand les deux fument un joint en regardant la ville. Le perso d’Eisenberg essore le filon et explique tout. Le monologue du dîner mais destinée à son cousin. Et puis finalement le film aurait pu s’arrêter au début quand le petit groupe se rencontre: évidemment c’est une scène de présentations mais c’est surtout une scène de cercle de parole genre alcoolique anonyme.
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Younès
InvitéGrand nouveau film de Soderbergh, The Insider.
Plus je vois de ses films, plus je sens qu’il devient important dans ma cinéphilie. Même processus pour Hong Sang-soo.
Ils me travaillent en longueur…-
Tony
InvitéOui il est en pleine possession de son art, comme dirait François c’est un styliste,et F Mercier a raison de le mettre au même niveau de maîtrise que Mickey 17 et le plan séquence qui ouvre le film est magnifique.
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I.G.Y
InvitéJ’allais oublier mais si quelqu’un a encore bien le film en tête : je n’ai pas saisi le truc du badge. Je saisis bien sûr l’idée de mettre son badge dans le sac de sa femme, ce qui lui permet de prétexter une entrevue. Mais je n’ai pas du tout compris pourquoi finalement elle lui donne le sien, qui lui donne accès à son bureau.
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Tony
InvitéMoi j’ai compris que le sac étant dans son bureau elle lui donne son badge pour qu’il aille le récupérer.
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I.G.Y
InvitéAh ça paraît cohérent, j’avais dû louper cette phrase, merci !
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Tony
InvitéMais le film est marrant,y a plein de petites énigmes à résoudre,par exemple quand il l’emmène au cinéma on se demande si elle a déjà vu le film,on guette ses réactions et on finit par la voir sursauter!Moi j’ai pas vraiment compris ce qui se jouait avec le personnage de Pierce Brosnan,on comprend qu’il a créé une embrouille,un coup de billard raté mais rien n’est vraiment clair pour moi.
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Ostros
InvitéJe savais des le départ que sa femme n’y était pour rien. Je trouve la scène du tout premier dîner astucieuse car elle prédit déjà les réponses à l’interrogatoire de la fin. On apprend que leur structure est impliquée dans une guerre et si vous vous souvenez bien des réactions de chacun, le traître réagit déjà en disant un truc du style « l’intérêt public est prioritaire sur le cas qu’on ferait des potentielles victimes chez les civils » (bon chez lui c’est bcp plus court et percutant), il répond à la réaction de la psy qui note qu’ils y a eu des civils tués et que c’est inadmissible (elle se fait d’ailleurs charier par tout le monde pour ça) et à la fin la femme va chercher l’aide de la CIA surtout pour défendre son mari. Même si elle finit par dire (et c’est un non sens à ce moment-là pour moi) » ok vous m’avez manipulée mais sans ça je l’aurait fait quand même car c’était la meilleure chose à faire, il t aurait eu des innocents de tués ». Alors qu’elle même charrait la psy au début et ne semblait pas s’émouvoir du sort des victimes.
Pour moi le gros trou dans le scénario c’est cette histoire d’achat / vente en Suisse.
Si j’ai bien compris le traître la manipule donc elle est envoyée en Suisse pensant vendre (Sirius), mais arrivée là on se rend compte qu’au fait elle achète (mais quoi au juste ? Parce que les 4 millions servent à ça, acheter quelque chose). Donc au moment de cette transaction les russes ont déjà Sirius avec eux, vendu par le traître en amont.
Mais alors pourquoi les surveiller comme ça et pourquoi paniquer dès lors qu’ils constatent que le chef des russes s’est fait la malle durant la passation des satellites ?
Pour couvrir les magouilles du grand chef ?
Ça fait deux Soderbergh que je vois (avec Presence) et je trouve qu’il n’est pas assez exigent sur ses scénarios (c’est pas lui qui l’a écrit mais tout de même Y avait des choses à revoir).
Par exemple lors du 1er dîner il rend compte des rendez vous de Smalls avec sa maîtresse en donnant les heures de visite, c’est elle qui paie en cb etc. On apprend à la fin que cette maitresse c’est la psy. Donc au début dès lors qu’elle entend George raconter ce qu’il sait, elle -même comprend qu’il sait que c’est elle la maîtresse de Smalls. Dans ce cas pourquoi ce stratagème d’envoyer Smalls manipuler Kathryn pour provoquer la mort des deux russes, il a déjà grillé leur relation et ses intentions à elle d’avoir ce mec sous le coude. C’est bancal tout ça.
Moi pour l’échange de badges j’ai compris qu’il prend celui de sa femme pour pouvoir entrer dans son bureau à elle pendant qu’elle est en réunion. Il va la voir à la porte de son meeting pour s’excuser d’avoir confondu son badge et le sien et elle lui dit avant de regagner la réunion « rends le moi vite jen ai besoin avant 13h ». Il récupère son badge et profite du fait qu’elle soit occupée pour vérifier son ordi (il met même des gants noirs pour éviter de se faire repérer).
Du point de vue de la réal je dois dire que c’était très efficace, j’ai de bons souvenirs des plans qui isolent les convives lors du premier dîner. On sent grâce à eux le malaise s’installer. J’ai été très embêtée par cette musique trop illustratrive pour moi, et qui vient nous empêcher de trop remarquer les trucs qui prennent pas et aider à pousser le rythme de l’action en cours.-
Ostros
InvitéJ’attends que les fans du réalisateur m’expliquent comment voir un Soderbergh (par où prendre son style) parce que je l’avoue je suis restée sur ma faim. Clairement je n’ai pas les bases. Hâte de vous lire pour sortir de mon brouillard.
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Tony
InvitéC’est vrai que la transaction en Suisse n’est pas très claire,on peut noter que Sirius est un malware, autrement dit un virus(ça nous rappelle Contagion, intéressant),je n’ai pas compris comment ce virus est arrivé entre les mains des terroristes, était-ce un piège pour les débusquer?une trahison?un leurre?En fait c’est ce qu’on appelle un Mc Guffin, c’est ce qui fait courir les personnages et son élucidation n’a pas tant d’intérêt que ça, c’est un peu une convention du film d’espionnage,la vérité est toujours insaisissable puisque le mensonge et la manipulation sont la règle, d’ailleurs sur cette histoire de badge,par exemple,on peut supposer qu’elle sait que son mari va fouiller son ordinateur, elle doit au minimum s’en douter,elle ne peut pas être dupe,elle a confiance en lui mais n’a pas le droit de lui révéler quoi que ce soit,donc elle fait peut-être mine de ne se douter de rien.
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Ostros
InvitéIls sont très intelligents mais des fois pas trop c’est vrai.Pour Sirius donné aux russes c’est bien Steiglitz qui manigance ça via Strokes son homme de main. Leur but est de tuer Poutine pour en finir avec ce mec et mettre fin à la guerre en Ukraine (ce qui est étonnant car en tant que structure pour la défense des USA il y a d’autres sujets pour lesquels il faudrait éliminer Poutine à commencer par sa présence en Afrique et ses liens avec l’Asie qui menacent de renverser le rapport de force avec les US). D’ailleurs qui a compris ce que faisait précisément la structure pour laquelle ils bossent ? Moi je dirais que ce sont des genre d’agents secrets. Mais il ne sont pas la CIA. Pourtant ils lui rendent des comptes. Ils sont comme les renseignements des renseignements.
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Tony
InvitéC’est une agence de renseignement anglaise et,sans être un spécialiste,elle fait commerce de ses renseignements avec d’autres agences qui peuvent être la CIA ou d’autres entités nationales.
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Ostros
InvitéEn effet, j’avais oublié qu’ils étaient anglais.
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Ostros
InvitéFaut-il prendre The Insider comme un pastiche, comme je l’ai lu ici et là ?
Et alors ça expliquerait ce décalage dû film avec son histoire d’amour à toute épreuve et qui prime sur la géo politique et l’accent excessif mis sur les histoires de cul. J’ai trouvé peu pertinent que George se servent du fait que Clarissa ait de multiples partenaires er prenne de l’extasy pour faire pression sur elle et l’obliger à l’aider, quant on sait que son compagnon fait pareil et que ça ne semble pas être un motif de renvoi ou de rupture – quoi qu’il en dise.
D’autant plus que Clarissa apprécie George et l’aurait fait sans cela. C’est d’ailleurs une réponse récurrente « tu n’avais pas besoin de me manipuler / mettre la pression / trahir, je l’aurais fait sans ça. Ça désamorce à chaque fois l’action. Par ce biais je peux comprendre en quoi ce serait un pastiche. -
Tony
InvitéEn ce qui me concerne je ne vois pas du tout un pastiche,un hommage plus certainement au genre, ensuite je crois aussi que ce que disent les personnages ne doit pas être pris pour argent comptant,il vaut mieux postuler qu’ils mentent en permanence.
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I.G.Y
InvitéConcernant le scénario, je serais presque tenté de retourner le voir car cela ne m’étonnerait pas qu’en réalité, ça se tienne assez bien.
De façon plus générale je crois que c’est Mercier qui disait de Soderbergh que tout un pan de sa filmo consistait à faire des films purement « fun » (et « cutty and funky » pour reprendre les termes de S lui-même). Pour moi ici, c’est vraiment ça, pas de grande ambition mais une petite variation fun sur le thème du double (doubles sens permanents dans les dialogues, agents doubles, ambiguïté systématique etc…). Le tout exemplairement rendu dans l’une des meilleures scènes du film qui est pour moi celle du polygraphe.
La partie la plus faible étant peut-être celle de la résolution finale (le dîner, la mort du traître).
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Carpentier
InvitéMe reste notamment la scène de l’échange sur la barque entre George et Stokes, venu lui assurer que ce qu’il sait sur sa femme n’est connu que d’eux 2, avec le bluff du pseudo multiple qui a tourné 12 fois en 10 ans chez des agents differents: – 1/5e du plan, en bas, est dans l’eau : l’assise et le regard-montre de Stokes, à peine en place au milieu de l’étang, rend si bien le côté malaisant du truc pour lui
Je ferai sans doute de même en me demandant ce que je fous là, putain et, peu dans le game-pêche, il cassera d’ailleurs sa ligne, sans surprise, sans connaître une possible grosse prise.
Le fait que ça a mordu le sauve cette fois-là.
Y finir dans tous les cas, plus tard, roulé dans un tapis: sheet pour lui. -
Carpentier
Invitéassez d’accord, du bluff permanent qui met en position de spectateur.rice concentré.e, feinté.e et amusé.e
Finalement, je crois bien que c’est la séquence avec le premier repas-résolution pour ton voisin de droite qui m’a le plus plu; presque retrouvé une ambiance action/vérité lourdement joueuse comme dans le film Le Menu, tiens, de M.Mylod, on se souvient? -
Carpentier
Invitéce dernier post fait suite à celui de Tony, ici
…. un hommage plus certainement au genre, ensuite je crois aussi que ce que disent les personnages ne doit pas être pris pour argent comptant,il vaut mieux postuler qu’ils mentent en permanence. / ….
oui
et j’avoue qu’à l’aune des films d’horreur des 80’s où c’était jamais un blanc qui se faisait dégommer en prem’s, ça me fait bien chier que Stokes i passe: quel con aussi de se faire avoir en chopant le flingue chargé à blanc ^^ -
Carpentier
Invitéça fait un moment que j’avais pas vu Brosnan sur grand écran et hors les james bond: en Major grincheux, cerné, au bout du rouleau, il est presque comique:
Rire lorsqu’il opacifie les vitres/murs de la salle de réu d’un clic de télécommande, une fois George équipé du badge de sa meuf -
Tony
InvitéJ’ai lu quelque part qu’en poussant l’analyse le film peut être vu comme une métaphore de l’éthos bourgeois et ça me paraît assez juste,on retrouve ici un compte offshore,un tour de passe passe pour dérober quelques millions,le secret d’état ici qui pourrait correspondre au secret des affaires là bas,la concurrence de tous contre tous,la duplicité et le mensonge comme on respire puisque la vérité est impossible.
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kenny
Invitétrop lente pour ce genre de film
1h30 à cavaler à la remorque des dialogues
et à faire des pause wiki-synopsis pour voir où j’en suis
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Carpentier
Invité… Le plan séquence qui ouvre le film.. : de la rue/l’échange informant sur la taupe jusqu’au dîner?
Vrai qu’on est embarqué de suite.
Aimé le plan depuis un œil tiers qui voit Georges quitter Meacham et quitter le quartier de la boîte
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Carpentier
InvitéAh vous en parlez ici, chouette, je vais vous lire
Vu en début d’après m’
Sensations d’un truc propre, carré, qui rentre dans le genre, j’aurais pu m’en passer
Tant pis,
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K. comme mon Code
InvitéOn entend au Cercle à propos de Mickey 17 que le film n’est pas « complexe ». C’est une critique qui revient souvent dès qu’un rapport de classe est montré au cinéma. Parfois avec une once d’irritation : « C’est bon, on sait ». On voudrait par exemple qu’Östlund réinvente le monde plutôt qu’il nous montre ce que l’on sait déjà. Et toujours cette valorisation de la « complexité » (ici, ça nous laisse dans le flou : y aurait-il plus complexe dans le sujet, ou faudrait-il changer de sujet ? question annexe : le sujet est-il un sujet ?).
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François Bégaudeau
Maître des clésDans la GO à venir je réponds assez sèchement à ça, que j’ai remarqué aussi, notamment chez Sortie de secours
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Mélanie
InvitéQuand j’ai commencé à lire et écouter François j’avais eu aussi cette impressions de simplicité, de non-complexité. Comme j’étais fort imprégnée de mainstream, ça me faisait bizarre. Alors je me demande si ce que certain déplorent comme « pas assez complexe » n’est pas de la clarté.
Faire complexe ce serait aussi vouloir faire adulte, vouloir faire sérieux, ce qui implique de se priver de légèreté, de plaisir, de souplesse, de fantaisie
Je n’avais pas pensé à que ce pourrait aussi être lié au fait de tout bonnement montrer limpidement les rapports de classe. Genre on nous répondrait : oui, mais quand même la domination ce n’est pas si simple que ça – en somme une réaction de déni ? ou oui, d’irritation -
Ema
InvitéJe crois déceler qu’a Sortie de Secours, la réception des films se fait autant par commentaire meta que par critique du film en lui même, en gros si le film semble faire symptôme d’une tendance, on lui fera porter le poids de l’agacement vis a vis de cette tendance. Si j’ai bien compris en ce qui concerne Mickey 17, il y aurait l’aspect lutte de classe qui serait automatiquement disqualifié comme « signe », a la lumière de l’ensemble de la filmo de Bong d’une part, et des diverses productions Netflix qui jouent sur cette corde là (la critique sociale par métaphores dystopique, un peu remise au goût du jour par Black Miror). Puis l’aspect merchandisable de certains trucs dans l’univers du film, la constitution d’un « univers » impliquant des éléments distinctifs un peu fun ou grotesques, qui peuvent éventuellement alimenter une espèce de com marketing auprès d’une éventuelle fanbase geek. Du coup ils passent plus de temps a discuter de leurs agacements vis a vis de ces phénomènes que du film lui même, et de ses qualités propres, et on en sort aussi ignorant du film qu’on y est entré. M’a souvent surpris la façon dont tu esquives cette dérive là, par exemple je ne t’avais pas entendu juger Barbie à l’aune de son féminisme libéral un peu en carton, ni de sa stratégie com, tu avais pris le film pour ce qu’il avait à offrir de bien et qui te paraissait central, à savoir son humour et son inventivité plastique. Pareil aussi dans tes analyses autour de Marvel, où tu ne semblais pas céder à cette espèce d’exaspération généralisée faisant oublier les quelques qualités objectives qu’on peut trouver ici ou là.
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François Bégaudeau
Maître des clésEffectivement je trouve assez creuse cette façon là de s’emparer d’un film. Creuse et très vite spéculative, puisque, par exemple, dans le cas d’espèce de Barbie, il était facile de démontrer que le film était parfaitement féministe ou parfaitement le contraire.
Il appartient au travail critique de prendre un film comme un symptome, et je le fais parfois. Mais il lui appartient aussi de ne pas s’en tenir à ça.
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Carpentier
Invitéà 2 reprises il me semble, un post de sitiste qui évoque Ostlund en disant sur Mickey 17:
oui, bien sûr, avec tout ce jeu qui dit les fluides corporels vitaux et variés: pas de séquence unique et longue ici (comme lors de la tempête qu’on sait après le repas-soirée du Capitaine du navire dans le Sans Filtre) mais une machine matrice-réimprimante 3 D de ’volontaires’ qui innerve tout du long de Mickey 17 le magma du vivant, redit et remontre avec drôlerie et délices de quoi le corps est fait, ce qu’il véhicule (je redis un peu mes maigres posts d’hier soir? ok.)
– Et pourquoi j’ai, à 1 ou 2 reprises, repensé vite fait à The Substance aussi déjà?
ah oui, c’est avec la propale de partage de vie quand la rencontre/sauvetage de Mickey par mama-creep fait le bug dans le truc et qu’il est 2: se partager l’existence ré-imprimée en jours pairs et impairs – comme le perso de Demi jeune/moins jeune
Et, dans un autre mood, quand les deux agentes securité/pompier envisagent de se partager les plaisirs sexuels même si la dichotomie classique doux/dur sonne un peu moins équitable qu’un fifty de bouffe aseptisée
– La bouffe, le sexe, les fluides, on était bien là-dedans aussi avec Sans Filtre, The substance et là, Mickey 17, la vie mais avec ce qu’on a/avait quelque peu mis de côté ces dernières années notamment au ciné?-
Ostros
InvitéBelle idée que celle de voir un individu qui, dès lors qu’il constate qu’il a un double qui vient parasiter sa boîte à souvenirs, ressent de nouveau l’urgence de survivre, après des mois à voir son corps être mort / dupliqué. Ce corps-là, le corps n°17, son vécu, est subitement très précieux, dès lors qu’il se sent être unique grâce à la présence d’un double. Il fallait le faire, penser cette logique-là du sentiment d’individualité grâce au même, qui est quasi de la philosophie (métaphysique).
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Carpentier
Invitéyep et puis, tout d’même, ia aussi Nasha ; D
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Ostros
InvitéCertes, leur histoire d’amour devient subitement très importante pour lui, (je la mettais implicitement dans le « son vécu »).
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Carpentier
Invitér.i.p. Emilie/Rosetta
Une actrice et un film vus, sur reco du Maître des Clefs d’ici, qui provoquèrent émoi et plaisir conjugués encore frais aujourd’hui-
François Bégaudeau
Maître des cléson aimait cette femme
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Malice
InvitéLe dernier Emilie que j’ai vu est « La fille d’Albino Rodrigue », où j’ai regretté qu’elle n’ait pas plus de scènes.
Dans sa filmo, que recommandez-vous, en dehors de » A perdre la raison » et « Rosetta »?-
Malice
InvitéEt en dehors de « la fille du rer », que je n’ai regardé que pour elle
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Carpentier
InvitéEu l’occasion de voir hier soir la 2e partie du
La femme de ménage de Berri avec Bacri:
De quand le perso joué par Emilie Dequenne y part en vacances, à la plage, à la mer en couple avec Jacques qu’interprète Bacri jusqu’à la fin.
Quelqu’un d’autre qui l’aurait vu aussi peut-être ?
La fraîcheur aimante des sentiments et du désir de la jeune Laura pour ce mec ‘qui pourrait être son père ‘ est aussi lumineuse que tous les jeunes corps qui se baignent, jouent au volley, dansent sur la piste avec Laura pendant que Jacques lit, cuit au soleil en attendant que Laura sorte de l’eau fraîche et le chevauche pour l’embrasser ou discute avec une vieille copine en attendant de rentrer avec Laura chez le vieil ami qui les héberge.
La jeune Laura le bouge, le réveille, lui file foi en l’histoire qu’elle veut avoir avec lui et on est à la fois triste et ravi quand Laura se trouve un boyfriend de son âge.
En miroir, on aime qui Laura aime, et on y croit de la voir y croire.
À chaque fois.
Troublant et intéressant.
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stephanie
Invité« survivre » son dernier film ( pas mieux ! )
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Rantanplan
InvitéLe Pacte des loups, film de chevet de François.
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Pierre
Invité-
Pierre
InvitéTrès ému par sa disparition.
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Malice
Invitémerci
de mon côté j’avais oublié qu’elle était Valentine dans « Le grand meaulnes » ( je ne recommande pas le film mais elle oui)
( à 1m32 de la bande annonce)-
..Graindorge
InvitéC’est quand même dégueulasse de mourir à 40 ans!!!
Et ces rip à la con!
Paix à ta belle âme Émilie
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Pout
InvitéLe patron (Albert Serra) revient à la fin du mois avec un documentaire incroyable : Tardes de soledad. J’ai eu l’occasion d’échanger avec lui hier soir. Sacré personnage… Si jamais ça vous intéresse : https://movierama.fr/entretien-avec-albert-serra-realisateur-de-tardes-de-soledad-au-royaume-de-la-fantaisie/
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Ostros
InvitéOn guette impatiemment la sortie de ce film et de l’autre Out of this world, aussi.
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Ostros
InvitéJe garde ton article au chaud, je le lirai après visionnage du docu.
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Carpentier
InvitéAlbert Serra, son dernier film: vu la b.a. au ciné dimanche, je vais vite écouter cela
merci-
Carpentier
Invitélire cela donc
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Cynthia Lennon
Invitéje vais lire l’article (j’ai vu le film)
Albert Serra est invité à une table ronde du Cinéma du réel où je compte aller, je m’en réjouis https://www.cinemadureel.org/films/contre-le-scenario-documentaire/-
Cynthia Lennon
Invitépar ailleurs, au Réel, ce week-end, les docus de Hamaguchi
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Ostros
Invité« un désapprentissage des bonnes manières induites par l’académie et l’industrie et d’imaginer, collectivement, des lignes de fuite possibles. »
Ça m’intéresse. Tu penses pouvoir faire un compte rendu de cette table ronde ?
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stephanie
Invitémerci
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Mélanie
InvitéLarticle
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Mélanie
InvitéL’interview m’a plu
Merci-
François Bégaudeau
Maître des cléssans doute la GO suivante
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..Graindorge
InvitéSi c’est bien d’une G.O sur « tardes de soledad » je ne doute pas que l’homme qui et toi saurez prendre le taureau par les cornes
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François Bégaudeau
Maître des clésou le torero par les pieds, on ne sait pas encore
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..Graindorge
InvitéVous êtes 2 et deux hommes courageux!
Allez: plouf, plouf: ce sera toi qui prendra le torero par les pieds! J’ai pas triché: pour l’homme qui, le torero et toi, le taureau ¡Oooooléééé!
Et moi je ris sous cape
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Claire N
Invité« Avec la tauromachie, c’est très clair, je n’avais aucun avis. Je voulais positionner les caméras et voir ce qu’est la tauromachie. Le travail vient après, avec le montage pour construire le film »
Vraiment j’aime cette approche
Je sais pas pourquoi mais ça me donne de l’air
Rien qu’à lire cette phrase-
Claire N
InvitéJ’intuite que c’est la promesse d’absence de compte moral à rendre après le plaisir du film
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Carpentier
Invitévoilà, poser sa caméra, penser quelque peu ce qu’on souhaite fabriquer, la forme au travail et donner à voir
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Claire N
Invité« donner à voir »
Oui le don , c’est intelligent de le convoquer
Je crois
Merci-
François Bégaudeau
Maître des clésIl se confirme que le docu gagne toujours à filmer ce qu’il ne connait pas
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essaisfragiles
InvitéEt à montrer ce qu’il ne cherche pas à filmer mais à regarder. C’est vrai aussi du cinéma de fiction.
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essaisfragiles
InvitéEt c’est pourquoi la plupart des films qui semblent inscrits dans un dispositif maîtrisé et presque cadenassé — je pense à Hitchcock exemplairement, les Bergman, ou La Zone d’intérêt que je viens de voir — montrent et font entendre toujours plus que ce qu’ils filment : le réel documente le réel.
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Ostros
InvitéVous lire me donne encore plus hâte de le voir enfin.
Je pense à dans ma tête un rond point, qui est à la fois d’une grande maîtrise et qui laisse à chaque plan stupéfait. Bien envie de le revoir.-
essaisfragiles
Invité@ Ostros
Tu parles de quel film à voir et de quel film à revoir ? -
Ostros
InvitéA voir : le Serra, qui sort très bientôt
A revoir : dans ma tête un rond point (sur Universciné)
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Claire N
Invité« Tout ça, c’est valable si je n’impose rien à ce qui fait face à l’objectif de la caméra »
J’aime beaucoup aussi
Et la façon dont il décrit la direction d’artiste qui en découle
Puisqu’il préserve également « ce qui abonde «
En bloquant les façon apprises des acteurs de maîtriser leurs propres images , il est intransigeant avec leur manières d’appropriations de l’image
C’est étonnant il semble réussir à contraindre le control, l’effondrer par une technique-
Mélanie
InvitéIl y aurait presque un côté guérisseur
Je peux te guérir de tes manières d’acteur, de tes manières scolaires d’acteur-
Claire N
InvitéOui – guérisseur
J’y voyais aussi des manières qu’on retrouve
Dans la sexualité
C’est un peu hasardeux mais parfois je me dis qu’une personne qui en fait jouir une autre
Peu s’y prendre ainsi
« les trucs qui cèdent « que vous notiez avec Malice dans les scènes de Anora et les vies privées de pipa lee -
Mélanie
InvitéJe pensais à ça aussi
« Effondrer le contrôle »
J’ai revu Nymphomaniac dernièrement, où il y a une sorte de guérisseur sexuel / ou de détraqué
Au début elle a peur des baffes et après exercice elle n’en a plus peur -
Claire N
Invité« sorte de guérisseur sexuel / ou de détraqué »
C’est ça on rentre en zone grise
Y a un truc sur le fil de l’éthique
J’ai toujours pas vu ce film, il faudrait -
Malice
InvitéBilly Elliott et sa cravache
Faudrait que je revois Nymphomaniac, je n’avais pas vu le type comme un guérisseur, plutôt comme un mec qui passe un contrat avec certaines femmes pour assouvir leurs pulsions SM extrêmes ensemble, quoi qu’il en coûte comme dirait Manu -
Mélanie
InvitéJ’ai tendance à voir des guérisseurs partout et en plus je regarde des films en VO avec mon très moyen niveau d’anglais, alors je ne sais pas
Je pense que j’ai en tête l’aspect apaiser, rassasier, qu’on peut plus ou moins trouver dans « assouvir »
Je crois qu’elle va le voir après le moment où elle n’a plus de plaisir avec son mari voire plus du tout -
Malice
InvitéAh mais oui, c’est plus ou moins une « thérapie » t’as raison
mais c’est pas du yoga du rire quoi -
Mélanie
Invitéelle y « apprend » des trucs, aussi
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Mélanie
Invitéje sais pas si on apprend des trucs au yoga du rire. sûrement que oui ?
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Mélanie
Invité(et je n’avais pas reconnu Billy Eliott)
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Malice
Invitéfaut être Lars Von Trier pour réinventer les acteurs comme ça : Jamie Bell en sadique, Christian Slater en gentil papa, Matt Dillon en psychopathe à toc…
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Malice
InvitéJ’ai oublié Uma Thurman, qui a dans ses films les rôles les plus marrants de sa filmo à mes yeux
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Claire N
Invité@ Melanie
Oui je me suis parfois dit
Que pour bien faire mon travail
Il fallait parfois que j’emprunte à la sainteté de la pute certaines acceptations -
Mélanie
Invité« Oui je me suis parfois dit
Que pour bien faire mon travail
Il fallait parfois que j’emprunte à la sainteté de la pute certaines acceptations »
On dirait une chanson
.
Uma Thurman je m’étais demandé si c’était elle, et avait conclu que non pas du tout -
Malice
Invitéça m’avait fait ça avec Brad Pitt dans » the big short », j’adore ne pas reconnaître une star ( je précise que je ne parle pas des cas où c’est le grimage de l’acteur qui m’en empêche, comme Colin Farrell dans » The batman » ou Tilda Swinton dans » Suspiria »)
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..Graindorge
Invité@François
tu en dirais quoi de ces cinéastes qui ont partagé une trentaine de leurs films gratuitement?
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..Graindorge
InvitéMerci Pout pour ton bel article
Le documentaire est sorti. Je vais y aller. On aura pas souvent l’occasion de voir un documentaire signé Serra sur un très vieux monde mourant ¡ooooléée!
C’est une anti-corrida qui le dit.-
Carpentier
InvitéCela fait un moment maintenant que je ne peux entendre dire sur la corrida sans penser à la magnifique chanson de Cabrel.
Francis, que FB imite à la perfection dans la dernière gêne occasionnée, au beau milieu d’une démo argumentée de l’hqnpdp qui lui prête trop peu d’attention
Aussi peu que FB lorsqu’à son tour, l’hqnpdp asséne un … Loïc a toujours raison … pas assez salué à mon gout: fan de cidre, celle-là, je m’en serais voulue de n’y pas revenir
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noir extatique
InvitéAussi en avant première au mk2 bibliothèque le 25.
https://www.mk2.com/ile-de-france/evenement/avant-premiere-tardes-de-soledad -
Mais moi c’est léo
Invité« Il n’y a pas de mauvais acteurs dans mes films »
J’aime qu’il se sache aussi bon. On attend la suite de l’interview, un livre par exemple : « Pourquoi j’écris de si bon films », en feat avec Louis de Bourbon
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luc
Invitédes avis sur PRima la Vita de Francesca Comencini?
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luc
InvitéEt bien n’y allez pas en fait…
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Pout
InvitéDésolé pour vous, c’est ce que je vous aurais conseillé de faire…
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Hélène
InvitéBonjour, quelqu’un a-t-il vu La Convocation ?
Le pitch été intéressant mais le réal à vraiment tout mit en œuvre, de façon bien lourdos pour en faire un film raté (je trouve). C’est dommage pour l’actrice Renate Reinsve que j’avais bien aimé dans Julie en 12 chapitres. -
..Graindorge
InvitéBuenos días,
A la luz de los acontecimientos actuales en Palestina, un gran número de cineastas han puesto sus películas sobre Palestina a disposición en línea de forma gratuita.
En este post, compartimos los enlaces a las películas, que puedes ver y compartir para difundir nuestro mensaje al mundo:
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..Graindorge
InvitéTraduction: à la lumière des événements actuels en Palestine, un grand nombre de cinéastes ont mis leurs films en ligne gratuitement. « Nous partageons
les liens vers ces films que tu peux voir et partager,
afin de diffuser notre message au monde »
Note: galère de tout partager d’un coup. Et même pas 2 ou 3 en même temps. Mais je ne suis pas dans les près de 1000 morts de ces jours-ci alors 0 plainte-
Carpentier
Invitéafin de diffuser notre message au monde
comme ils doivent se sentir bien zappés pour parler ainsi: diffuser un message au monde, drôle d’expression, non?
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..Graindorge
InvitéOui Carpentina, et ces mots » afin de… » m’ont provoqué un demi-sourire. Ça m’a fait oublié 3 secondes que j’avais affaire à des cinéastes guerriers qui ont décidé de nous faire ce cadeau: une trentaine de films, documentaires, court-métrages, séries » afin de diffuser notre message au monde » Je vois des âmes d’enfants réunis solennellement sur une place bombardée, jonchée de corps en lambeaux encore fumants et qui, face caméra, beaux visages sans sourire, regards sans larmes, nous jettent ça!
Je leur envoie mes plus puissantes pensées.
Michel Franco leur a envoyé son soutien fraternel.
Je continuerai plus tard à copier/coller dans l’entrée Cinéma spécial Palestine, la vingtaine de cadeaux qui restent à partager » au monde ».
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..Graindorge
Invité– El documental « Gaza lucha por la libertad »:
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robert
InvitéQuelqu’un a vu la fameuse série Adolescence dont tout le monde parle avec ce qui semble être le Vincent Lindon britannique ? Ca vaut le coup au delà du coup de force de le faire en longs plans séquences ?
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Tony
InvitéJ’en ai regardé 3 sur 4,c’est complètement nul,c’est fake et le plan séquence n’est ici qu’une prouesse technique assez contreproductive puisqu’on navigue d’un personnage à l’autre et on perd en point de vue,le récit est assez invraisemblable en plus d’être assez lourd sur une jeunesse qui serait devenue complètement débile et alienée par les réseaux sociaux et de l’autre côté des adultes bienveillants et dépassés,bref beaucoup de bruit pour pas grand chose.
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Claire N
InvitéCarrément super nul
Qui d’ailleurs pousse « au bout « la fiction
Du continuum ; a contrario cela expose bien
L’aspect dystopique de cette façon d’appréhender -
Carpentier
Invité…. sur une jeunesse qui serait devenue complètement débile et alienée par les réseaux sociaux et de l’autre côté des adultes bienveillants et dépassés / …
Point de vue on ne peut plus discutable, en effet, notamment si on échange régulièrement ici avec certains de ses adultes ; )
À peine plus sérieusement, je souris devant ces 3 posts disant à propos de la série Adolescence sur laquelle me titillait justement l’envie de vous interpeller:
– Ma future romancière préférée, Ambre Chalumeau, a si bien vendu le truc dans Quotidien, que je m’apprêtais à donner mon âme mitée pour ne serait-ce qu’en voir un pan, d’Adolescence, convaincue que j’étais par sa chronique quelque peu technique aussi (les plan séquences, la couture du filmage – elle y recommande une interview/video sur la façon, si jamais)
Depuis boyhood de qui on sait, je mets pourtant peu le nez dans ce type d’oeuvre – guêpier dont semble se repaître tout adulte hors la vie qui gobe, en vieil ogre, toutes les molécules de jeunesse dont il se voit spolié.-
Galère
InvitéUn point a noté, l’idée de plan séquence n’est qu’une repompe total des plans séquences de elephant de van sant, sans comprendre ce que faisait la vigueur de ces plans.
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Carpentier
InvitéSur son cintre, je remise donc, presque calmée, ma vieille âme mitée
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Ourson
InvitéJ’ai trouvé ça faible, j’ai bien aimé le début de l’épisode 4 jusqu’à ce que papa et maman passent 25 minutes à chialer
Une énième œuvre qui tend à individualiser la cruauté en laissant croire que les gens peuvent être foncièrement mauvais, tueurs de naissance, et encore plus à l’ère de TikTok qui déprave nos adolescents. Série de boomer par excellence, je comprends pas la hype parce qu’en terme de facture c’est pas beaucoup plus élaboré que New York Section Criminelle et consorts
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K. comme mon Code
InvitéBeaucoup aimé Mickey 17. Je n’ai pas boudé mon plaisir. Même Ruffalo et Toni Colette ne m’ont pas paru hors jeu. (Et par rapport à Warner Bros perdant des millions de dollars au box office, il est fort probable que des connaissances américaines assistent à une projo du prochain PTA ce week-end.)
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Younès
InvitéJ’ai bien aimé aussi le film que j’ai vu hier.
Hâte de voir ce que François dit du « on sait déjà » dans les films de Bong parce que ça me tracasse cette histoire… Pour esquisser un début de quelque chose, j’ai quand même légèrement l’impression que Mickey 17 répète certains aspects de son précédent film Snowpiercer.-
Carpentier
InvitéSnowpiercer, faudrait que je le revoie, yes: grand moment de spectatrice aussi, ça
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François Bégaudeau
Maître des clésMickey 17 offre une certaine catégorie de plaisir, que certains boudent. Pas moi.
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Carpentier
Invitéidem, il n’empêche qu’à l’occase, je ferai bien la taupe des neiges une seconde fois avec le Snowpiercer
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Carpentier
Invité*feraiS,
la taupe des neiges qui révise sa conjugaison
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Sophie
InvitéC’est uniquement moi ou il y a un écho avec La Possibilité d’une île de Houellebecq?
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Carpentier
Invitéespérant que tu trouveras la motiv pour plutôt écouter la dernière gêne occasionnée: du nectar.
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Carpentier
InvitéDans Juré n°2 déjà, souvenir que Toni Collette me va: son jeu pour le perso de procureure cumularde m’y sied total: une sorte d’Eric Dupond-Moretti svelte et blond qui surfe sur les carrières pro qui se présentent
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Tony
InvitéRaphaël Quenard qui sort un roman,sous pseudonyme(?),Clamser à Tataouine,on sent dans ce titre un petit fumet années 50,la France d’Audiard,conquérante,fière et couillue,bref on a hâte!
https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/lacteur-raphael-quenard-sort-son-premier-roman-sous-pseudonyme-20-03-2025-QSMYPFE7LFHQLCIPLHMNMQODR4.php-
Galère
InvitéMais a quoi sert le pseudonyme si tout le monde sait que derrière se cache Quenard ?
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Ostros
InvitéPour la com.
« Il n’a pas directement signé son ouvrage, mais c’est son pseudonyme, Pierrot Tchitch, qui apparaît sur la couverture. Ce nom semble être celui de son personnage principal. » Nous dit BFM.
Ce sera un livre dans le genre du snuff movie.
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Carpentier
Invitétitre également à la mode San Antonio quoi : )
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Younès
InvitéLes extraits de son futur livre que j’ai vu sur Twitter sont affolants.
Un style creux, qui veut faire le malin, vraiment dénué d’intérêt. Bref, pas étonnant…-
kenny
Invitéen effet
c’est écrit comme son personnage parle dans chiens de la casse
puis comme il s’est mis à parler en interview et dans tous ses films
180p de prose boursouflée y a de quoi se divertir
si quelqu’un a la motiv de le télécharger et de nous coller les bonnes feuilles
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Ostros
InvitéMerci pour cette GO éclairante. Effectivement la tension entre deux pôles rythme une grosse partie des scènes c’est très bien vu. Comme de replacer le cinéma de Monsieur Bong dans ce que font les grosses productions dans la sf depuis plus de 10 ans. C’est sans doute ça l’aspect euphorique du film, le côté film grand public de leppqoue, à la fois drôles et ancrés socialement.
J’attire l’attention de François et de l’homme qui n’a pas de prénom sur les origines du film Mickey 17. Il s’agit en fait de l’adaptation du livre Mickey 7. Où le personnage s’appelle bien Mickey Barnes et la planète est déjà baptisée Nifheim. Autant d’éléments qui ont dû plaire au réalisateur, qui selon ce que je lis du resime du bouquin avait l’air beaucoup plus sérieux.
J’aimerais bien savoir si le livre comporte déjà ce réel actualisé où si c’est Bong qui a retravaillé ça.
Mickey 7 de Edward Ashton, sorti en 2022.
Le résumé :
Mourir n’est pas une partie de plaisir… mais au moins, c’est une façon de vivre.
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Mickey Barnes est un Expendable : un employé jetable au sein d’une expédition humaine envoyée coloniser la planète de glace Niflheim. Dès qu’une mission est trop dangereuse, voire suicidaire, l’équipage se tourne vers Mickey. Après la mort d’un des clones, un nouveau corps est régénéré, conservant la plupart de ses souvenirs. Après six décès, Mickey7 comprend les termes de son contrat… et pourquoi c’était le seul poste colonial vacant lorsqu’il l’a accepté.
.
Lors d’une mission de reconnaissance de routine, Mickey7 disparaît et est présumé mort. Lorsqu’il revient à la base de la colonie, étonnamment aidé par la vie indigène, son destin est scellé. Un nouveau clone, Mickey8, se présente pour des missions Expendables, et il ne peut y en avoir qu’un seul. Si Mickey7 signale sa survie au Commandement, l’un d’eux sera envoyé au recycleur. S’il ne le fait pas et qu’ils sont capturés, ils le seront tous les deux.
.
Pendant ce temps, la vie sur Niflheim se dégrade. L’atmosphère est impropre aux humains, la nourriture se fait rare et la terraformation est en difficulté. Les espèces indigènes s’intéressent de plus en plus à leurs nouveaux voisins, et cette curiosité effraie profondément le Commandant Marshall. En fin de compte, la survie des deux formes de vie dépendra de Mickey7.
.
Enfin, s’il parvient à éviter une mort définitive -
StarFoulard
InvitéPuisque la très bonne GO sur Mickey 17 met très bien les ponts sur les i quand à ce qui fait un bon film politique, je signale que « Avant que les flammes ne s’éteignent » que je n’avais pas vu en salle est sorti sur Netflix et en est un (de bon film politique)
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I.G.Y
InvitéGO très intéressante, Mickey 17 fait presque partie de ces films auxquels je préfère leur Gêne.
J’aime beaucoup cette idée qu’une SF gagne à se placer à faible horizon temporel, par opposition à ceux qui tapent directement l’an 3000. En inversant la chose, j’aimerais voir un film situé en l’an 3000 et dont la composante matérielle est en fait proche de la nôtre (pas de soucoupe volantes ou je ne sais quelle téléportation) : une telle SF « réaliste » de l’an 3000 existe-t-elle? (J’ai un film très modeste, Obi Oba de Szulkin, qui me vient en tête et qui coche quelques cases)
Sur dystopie-utopie, vous dîtes a un moment que le capitalisme « était » utopique. Je suis frappé d’à quel point il l’est encore, et pour un beaucoup de gens. La puissance utopique du capitalisme est certes grippée mais elle fonctionne encore sacrément. Vous dîtes aussi à un moment que les dystopies comme Dune oublient la composante religieuse : il me semble au contraire que la religion est partout dans Dune et que le film, dans sa forme même, épouse cette vision du monde (les innombrables plans très larges du « messie » au milieu de la foule anonyme de ses fidèles etc…).
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Sur Mickey 17, vous replacez le film à son bon niveau : le « divertissement intelligent ». Car en dépit de l’agilité avec laquelle vous le défendez sur le plan politique, il me semble que certains arguments peuvent se retourner contre lui. Par exemple sur le « »technologiquement pauvre », fait de ne pas filmer de grosses machineries impressionnantes, de ne montrer qu’une « pauvre » imprimante qui ressemble à une IRM. Rien que pour une IRM (infiniment complexe mais infiniment plus simple que l’imprimante-à-Mickeys) il faut une quantité d’industries immenses, d’extraction de métaux, une logistique internationale hors norme et ainsi de suite. Il me semble que des films de SF à gros budget comme Brazil ou l’Armée des Douze Singes de Gilliam (voire le par ailleurs très raté Dune de Lynch) arrivent à donner une matérialité très concrète (et soulignée exprès) à ce futur technologisé, à en faire ressortir la crasse, la tuyauterie fumante, la chair (ce que les Dune de Villeneuve font de manière beaucoup plus abstraite et lisse, désincarnée).On sent aussi que l’aspect « divertissement » impose au film de se concentrer avant tout sur quelques individualités comiques et d’évacuer presque entièrement la vie réelle sur la station. Dans le même ordre d’idée, vous avez fait mention de la « limpidité » du film, qui en effet se défend sur les aspects que vous avez cités. Mais je reste sur la sensation d’un film dont pas mal de pistes scénaristiques sont déployées un peu dans tous les sens et de façon assez superficielle (je pense par exemple à la question du traffic de drogue). Parallèlement à cette limpidité du montage il me semble qu’une certaine « folie » se dégage du film. Une confusion intentionnelle, qui bien sûr est censée alimenter le comique.
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Quant à remettre l’humain et du corps dans la SF par le burlesque voire le comique, c’est si vrai. Je ne sais pas si Bong a atteint en la matière l’un de mes moments burlesques préférés de Memories of Murde,r où deux personnes se pètent la gueule dans l’herbe en descendant un monticule en bord de route. Superbement exécuté.-
François Bégaudeau
Maître des clésje me cite : « les véritables utopistes, dans l’histoire, c’est les capitalistes »
donc nous sommes d’accord-
I.G.Y
InvitéJ’ai réécouté le passage et en effet j’avais manqué un bout, je devais être en train de réfléchir à ce qui précédait (car j’ai aussi manqué ce que tu disais sur le futurisme italien)
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Isd
InvitéDéjà 7 ans quasi aujourd’hui (?!) que Mektoub my love : canto uno est sorti dans les salles françaises. Quelqu’un a des nouvelles de Kechiche (de près ou de loin) ?
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K. comme mon Code
InvitéPour résumer les retours que j’ai sur le PTA, on serait sur un thriller burlesque avec des suprémacistes blancs. Malgré tout ce qui se dit sur internet, les ressemblances avec Vineland de Pynchon sont très minimes. C’est drôle que la Gêne sur Mickey 17 évoque Bib Bib et Coyote, parce que c’est l’impression que ça me donne sur celui-ci. Ils ont projeté deux versions différentes le même soir, la différence principale étant la fin ; je ne sais pas du tout si c’est une manière d’apaiser Warner ou quoi. Comme Bong, PTA a la Final Cut.
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Charles
InvitéMais c’est bien ou pas?
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K. comme mon Code
InvitéC’est positif, mais faut savoir que ce sont des fans. Frénétique et loufoque. Le moins emballé critique sur le fait que les personnages n’auraient pas de place pour respirer là dedans. Sean Penn a l’air de marquer les esprits. Le film a été repoussé à fin septembre et enamored Variety n’irait pas à Cannes.
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Charles
InvitéJe redoute un peu la boursouflure à la Mickey 17, surtout au vu de sa durée (environ 3h apparemment).
Il n’ira pas à Cannes mais sans doute à Venise. En tout cas, c’est un flop annoncé.-
K. comme mon Code
Invité2h30 la dernière version projetée. Moi, je me demande comment il gère ce ton cartoonesque et des éléments politiques très contemporains : le suprémacisme blanc, ICE. Est-ce que ça fera rire ou on sentira qu’il est un peu à côté de la plaque ? Même en lisant des détails, je sais pas trop à quoi ça ressemblera. Ce que je trouve plutôt excitant.
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Charles
InvitéOui ça sera une première même si j’imagine que le ton sera proche d’Inherent Vice.
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..Graindorge
InvitéTe revoilà Charles! Ça fait plaisir!
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K. comme mon Code
InvitéBon, ça m’a l’air très alléchant.
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Tony
InvitéJe sens qu’on va bien se marrer et les scènes d’action ont l’air trop cool,ça peut faire un succès,en tout cas on a l’impression que PTA vise large,tant mieux!
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Charles
InvitéJe trouve au contraire que ça a l’air d’être du PTA hardcore, période Inherent Vice.
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Rantanplan
InvitéJe sors de Mickey 17. J’ai lancé la GO et je reviendrais peut-être dessus, mais juste, comme ça, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse aimer Bong Joon Ho mais pas Mickey 17.
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François Bégaudeau
Maître des cléstout pareil
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Juliette B
InvitéComme Mickey m’a fait penser à Keaton, j’en profite pour recommander à nouveau Le garçon incassable de Florence Seyvos, dont je viens de lire aussi avec grand plaisir le dernier livre, Un perdant magnifique.
Grand merci pour la GO
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stephanie
InvitéJe suis moins enthousiaste sur le livre » le garçon incassable », j’ai trouvé parfois l’écriture plate et convenue surtout lorsqu’elle parle de son frère , qui prend bp plus de place que Keaton du reste. Un peu d’ennui aussi avec le côté « résilience ».
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Rantanplan
InvitéAlors là n’en jetez plus. Je sors d’Insider (pourquoi ne pas garder le titre original Black Bag??) et même constat. Qu’est-ce que c’est que cette aigreur ambiante? Rouyer et Mercier était un peu démuni face au peu d’enthousiasme que soulevaient chez leur collègues le Soderbergh et le BJH coup sur coup…Si Black Dog est aussi bon qu’on le dit ça me faire une semaine de haute volée.
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Carpentier
InvitéSauf ma bêtise affichée et connue ici, les deux derniers Soderberg & BJH ne m’apparaissent pas jouer et travailler une même forme, une même facture et, de mon côté, pas d’aigreur (d’aucun m’en trouve ici boursouflée pourtant): il s’avère plutôt que je me suis beaucoup moins amusée devant The insider qu’avec Mickey, that’s all (folks)
Et si on pose, ça je veux bien. que les deux joueraient avec un genre, ça pourquoi pas, la variété de l’un dans ce travail (BJH) l’emporte sur le travail trop propre et soigné de l’autre (Steven.)
Des réals qu’on suit et aime ne sont pas obligés d’avoir les memes choix filmiques dans la forme qu’ils éprouvent, le même rythme dans leur parcours, la même évolution dans leur travail et leur fantaisie, si?
Le hasard de leur diffusion ciné fait qu’ils sont ensemble dans les salles mais vraiment: 0 rapport dans la réception de chacun d’entre eux, perso.-
Rantanplan
InvitéJe n’ai évidemment jamais dit que les deux sont à rapprocher dans la forme (d’ailleurs même la forme de Black Bag est assez éloignée de celle de Presence). Juste un constat que ce sont des putains de films, assez impeccables et singulier dans ce qu’il tente de faire…et qui pour moi jure plutôt par leurs qualités que par leurs faiblesses.
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Ostros
InvitéEst-ce que tu peux parler plus en détail sur The Insider stp ? Je n’ai pas passé un mauvais moment, c’était plutôt efficace, très bien filmé, rythmé, drôle, et qui ne laisse pas passif, pourtant j’ai le sentiment d’être passé à côté de la force de ce film. Par exemple il ne me reste aucun plan en tête deux semaine après. J’aimerais bien lire des avis et analyses ça me permettrait d’avoir une bonne grille de lecture pour appréhender son cinéma.
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Ostros
InvitéLes autres sitistes sont évidemment invités à participer
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Carpentier
InvitéEn ce qui me concerne, j’ai posté à la suite de la première discussion initiée par Younés un peu plus haut (le 16 mars) y ai apporté ma petite contribution amateure, et seul Tony a vu/compris que je tentais de ré-initialiser votre échange.
Plusieurs posts donc de Younès/Ostros/Tony/IGY déjà, et moi après mon visionnage du 23 mars.
J’ai perso partagé tout ce que j’ai à en dire je crois (à part si, comme je l’ai un peu fait plus haut) on/vous détaillez une ou deux scènes précises, c’est toujours amusant, sinon je m’arrêterai là.
Je garde en revanche beaucoup du plaisir que m’a procuré Mr and Mrs Smith, l’indetrônable.-
Ostros
InvitéOui j’ai lu tous les posts qui sont plus hauts. Mais je recherche des angles plus précis qui me permettraient de saisir la forme qui m’a échappée.
Le post de Younès ci-dessous pose par exemple un élément qui me nourrit qui est « le swing » de Soderbergh. Intéressant. Ainsi que son habitude de « décaler le réel ». Ça m’aide bien ça. Je vais réfléchir à comment on sent se swing dans la mise en scène, les cadres. Le décalage je l’avais bien perçu mais j’ignorais que c’était sa patte.
Je sens que je vais me trouver Magic Mike et écouter la GO dédiée, ça devrait aussi m’ouvrir à d’autres axes invisibles pour le moment.-
Younès
InvitéAlors là merci l’ami parce que j’ai vu dimanche Magic Mike au cinéma pour la première fois et j’ignorais que y’avait une GO dessus ! 😉
Désolé Carpentier de ne pas avoir rebondi mais je n’avais pas vu ton message. Je pense que maintenant avec toutes les contributions intéressantes y’a matière à penser sur Mickey 17.-
Ostros
InvitéPardon Younès je suis à côté, la GO c’est sur Logan Lucky. J’espère que ça te rendra tout aussi enthousiaste. Sinon, y a plus qu’à suggéré à notre duo de nous la créer cette gêne sur Magic Mike.
https://m.soundcloud.com/la-gene-occasionnee/episode-21-logan-lucky-
Younès
InvitéOui j’ai vu, c’est parfait aussi ! Je vais m’empresser de regarder Logan Lucky !
Mais oui, j’espère que cette idée d’une GO sur Magic Mike parviendra aux oreilles de François et de son complice !
Merci pour le lien.
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Younès
InvitéSoderbergh se fait plaisir avec The Insider là où Presence est plus expérimental dans sa forme.
Avec The Insider, on retrouve le « swing » de Soderbergh dont parlait François avec Frédéric Mercier dans le live consacré à cet auteur sur MicroCiné. Il a un goût pour ça et pour décaler le réel : il le faisait déjà dans L’Anglais (1999, mon film préféré de lui pour l’instant) où il s’interrogeait à la fille d’un braqueur. Pareil pour The Insider qui s’intéresse au couple voulant résister face aux flux géopolitiques (et donc monétaires, qui est une question obsessionnelle pour lui depuis Bubble (2005) en gros).
De plus, je lis l’excellent livre qu’il lui est consacré (celui qui vient de sortir de Chabert et Mercier) et je me lance dans l’intégralité de sa filmographie. Qui est étonnante à bien des points de vus. Si ça vous intéresse je ne peux que vous encourager à lire ce livre.-
Younès
Invité*s’intéressait*
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Tony
InvitéOui l’anglais est pour moi aussi un de ses meilleurs,The informant et la girl friend ensuite,bon y en a quelques uns que j’ai pas encore vus,par exemple schizopolis que je viens de trouver sur le net et où il est l’acteur principal, ça m’intrigue un peu.
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Younès
InvitéGirlfriend chef d’oeuvre !! Tout à fait d’accord !
Y’a une GO de prévue sur un des deux Soderbergh ?-
Ostros
InvitéMerci Younès. J’ignorais ce microciné sur Soderbergh. Je vais le regarder ça va compléter la GO Magic Mike, et je devrais être plus autonome ensuite dans mon décryptage.
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Rantanplan
InvitéDès que j’aurais le temps!
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Ostros
InvitéÇa marche.
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Charles
InvitéPour ma part, j’ai été déçu par Mickey 17 quoique dans des proportions moindres que la critique. Concernant celle-ci, il faut quand même bien dire que beaucoup ont profité de la faiblesse de cet opus pour revoir à la baisse toute l’œuvre de BJH. La même chose est arrivée avec le Larrain sur la Callas, certains critiques, attirés par l’odeur du sang, se sont lâchés et ont soutenu que même Jackie était nul et que Larrain était en fait une fraude etc. L’émission de Sortie de secours a ainsi servi de défouloir, bien qu’à mon sens elle ait surtout permis de se rendre compte de l’impasse de cette vision de la critique bien décrite par Ema comme dévoilement des intentions du cinéaste et analyse symptomale d’une tendance plus générale qu’on déteste.
J’ai bien vu que la GO essayait de prendre le contrepied de cet accueil pour le moins mitigé mais je n’ai pas été convaincu pour autant, notamment sur l’aspect politique du film, une de ses plus grosses faiblesses. Certains critiques se sont moqués de la prévision par le film de l’échec de Trump à la présidentielle américaine puisqu’il nous est dit que le personnage joué par Ruffalo a perdu deux élections consécutives, anticipant donc la victoire des démocrates. C’est facile de pointer cette erreur mais elle me semble assez parlante en ce qu’elle révèle bien l’angle mort du film, à savoir la question du peuple. On a beaucoup glosé sur l’aspect lutte des classes et marxiste (fil rouge de l’analyse de l’Homme qui n’a pas de prénom dans la GO) alors que BJH ne filme absolument pas des classes mais principalement des individualités, héroïques ou non. BJH montre bien ici et là des soutiens à Ruffalo mais l’essentiel du récit se concentre sur une poignée de personnages qui ne représentent qu’eux-mêmes (sans conscience de classe). Dans toutes outrances de Sortie de secours, il y a quand même quelques points qui sont pertinents, notamment à cet endroit : BJH ne filme qu’un expendable et pas une classe d’expendables puisque Mickey est seul à l’être, autrement dit un être parfaitement singulier ce qui est complètement contradictoire avec le sens de sa fonction. En effet, l’expendable est en réalité irremplaçable car personne d’autre ne fait ce qu’il fait. Donc le récit, c’est Mickey 17 et sa meuf contre Ruffalo et sa femme. Et dès qu’on se débarrasse de Ruffalo, il n’y a plus de problème (le film fait un peu semblant de complexifier dans une sorte de rêve, prémonition de Mickey 17 juste avant qu’il ne détruise la machine, mais c’est surtout pour la forme). Donc le peuple qui soutient Ruffalo n’existe plus, il fait un triomphe à l’héroïne noire. Bon, c’est peu dire que c’est une vision un peu courte pour ne pas dire infantile de la politique. Je précise que je m’en tape complètement que le film ne soit pas marxiste, c’est simplement qu’il n’est absolument pas défendable sur ce point.
Autre gros problème que j’ai, dans la continuité du précédent, c’est évidemment le personnage de Ruffalo qui est nul comme l’interprétation par icelui. Il est nul car il est à la fois inopérant sur le plan de la caricature de Trump et du réalisme. De la caricature car Trump est en effet déjà outrancier. François a raison de rappeler que Trump ne va pas aussi loin que ce personnage mais Trump a fait de l’outrance une force, une arme de séduction – on le soutient aussi parce qu’il est outrancier, pas malgré cela. Donc essayer de le moquer en insistance là-dessus n’a aucun sens. Ensuite, Ruffalo passe complètement à côté de Trump dans une vision complètement dépassée et déjà vu du politicien cynique et malfaisant. D’une part parce qu’à aucun moment Ruffalo n’apparait comme sympathique ou drôle, à l’inverse de Trump. Ruffalo joue le mec qui fait semblant d’être sympa avec le peuple mais qui n’arrive pas à l’être tout à fait, qui est une sorte de marionnette/ventriloque de son épouse et qui a du mal à contenir sa haine, toujours sur le point d’éclater. Trump n’est pas du tout ça. C’est un vieux business man, brutal, qui raconte n’importe quoi avec gourmandise mais un grand calme et un premier degré presque confondant. Il ne vocifère pas, il fait des jeux de mots (parfois très drôles), danse sur scène tout en incarnant une Amérique WASP old school, couillue et rigide tout droit sortie des années 80. C’est évidemment un personnage fantastique, contrairement au personnage de Ruffalo dont on ne comprend jamais l’aura ni la sympathie qu’il pourrait susciter. Ruffalo force à mort le trait, pour évoquer la bouffonnerie puis à la fin une sortie de Mussolini grotesque mais ça tombe complètement à plat. C’est dommage c’est la moitié du film.
Sur le reste, plein de choses m’ont intéressé (dont l’omniprésence des fluides, assez rare dans un film d’anticipation grand public) mais je trouve l’ensemble tellement mal branlé avec des pistes multiples vite abandonnées, des aberrations scénaristiques (pourquoi on n’évoque pas les différences de personnalité entre les versions de Mickey qu’au moment de Mickey 18 ? comment croire au coup de foudre de l’héroïne noire pour Mickey 17 alors qu’on fait tout pour enlaidir Pattinson et nous le présenter comme faible, mou etc.), des choses vues et revues – avec Mickey 17 gentil et mollasson tandis que Mickey 18 est violent et cynique, chacun faisant un pas vers le caractère de l’autre à l’issue du récit – une certaine timidité (exemple avec les bébêtes qu’on veut surtout nous montrer comme pas trop cruelles ou trop dures donc évidemment on va bien nous expliquer qu’elles bluffaient pour ne pas s’imaginer qu’elles seraient capables d’être vraiment violentes, il faut que cela reste des peluches potentielles).
Je ne peux pas dire que je me suis ennuyé mais j’ai trouvé ça lourd, avec un finale très laborieux, que j’ai subi comme dans n’importe quel gros divertissement. C’est évidemment un peu mieux que la moyenne de ce genre de films mais pas de beaucoup.-
François Bégaudeau
Maître des clés« BJH ne filme qu’un expendable et pas une classe d’expendables puisque Mickey est seul à l’être, autrement dit un être parfaitement singulier ce qui est complètement contradictoire avec le sens de sa fonction »
Une réponse à cet argument est dans la GO
(mais hormis ça je ne vois vraiment pas en quoi le caractère isolé d’un personnage contreviendrait à son potentiel emblémétique. L’art social fonctionne toujours par incarnations individuelles)-
Charles
InvitéEn surindividualisant on en vient à croire que le problème ou la solution vient d’une personne en particulier. On tue Ruffalo le psychopathe, on résout le problème, en oubliant à quel point il etait soutenu par tout un tas de gens « normaux », condition sans laquelle il n’aurait pas pu avoir autant de pouvoir initialement.
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Tony
InvitéC’est pas tout à fait ça le personnage de Ruffalo,il n’a pas été élu, c’est un businessman et on suppose que ses soutiens sont principalement intéressés,ils ont besoin de son argent avant toute chose.
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Charles
InvitéOui mais cet aspect est très vite occulté pour faire place à un rapport tyran-peuple soumis. Le vaisseau est davantage montré comme une petite société avec à sa tête un chef que comme une entreprise.
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Rantanplan
InvitéEt ça c’est pas juste comme vision? Des autocrates patrons qui à force d’être en haut s’imagine en grand patriarche nécessaire pour la masse informe. On vient même les chercher parce qu’ils ont réussi dans la société civile et qu’ils pourraient soit disant appliquer leur réussite à l’état. Que ça devienne un espèce de gloubi-boulga politico/technocrato/religieux est complètement probant.
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Linconnu
InvitéMoi j’ai aimé que le récit parte dans tous les sens, quitte à survoler ses sujets, on ne sait plus trop ce qu’on regarde, une planète va être colonisée mais on prend 15 min pour mettre en place un plan à 3.
Puis dans le dernier tiers le récit repart un peu trop sur les rails, le combat final avec le tyran à sa tête, les gentils qui font les sauveurs, Mickey 18 qui se sacrifie (était-ce bien nécessaire ?) tout est bien qui finit bien. Je pense que le récit aurait gagné à ce que Ruffalo se multiplie lui aussi, de manière illégale donc, ça aurait rendu crédible qu’il parte en première ligne, et donné l’idée que les dirigeants sont remplaçables, quand on en chasse un, un autre similaire finit le plus souvent par prendre sa place. Ça aurait confronté les 2 régimes de remplaçabilité. Quel tyran ne voudrait pas la vie (semi) éternelle ? C’est dommage d’évoquer ça seulement dans le rêve. La fin est un peu trop optimiste pour notre époque.
Après il faut quand même séparer les films coréens et les films internationals de BJH, et on peut aimer les uns et pas ou moins les autres qui sont sur un registre différent. Quand Sortie de secours disent qu’il a eu sa Palme d’or pour « son moins bon film coréen » on a envie de rigoler, si c’est ça son moins bon film ça dit quelque chose de ce réalisateur quand même ! (déjà c’est son tout 1er son moins bon).-
Carpentier
Invitéidem (cf. post plus bas)
comme un flop critique qui lui aurait fait payer le succès de son Astérix juste avant;
Quelle bêtise.
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Carpentier
Invitéici, donc ,suite à son Parasite
comme pour le calmer des fois qu’il continuerait sur sa lancée de bons films, ce con
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Rantanplan
InvitéNon seulement j’ai décidé d’écarter Murielle Joudet de mon champ de vision…mais ce podcast est du torture porn. Ça le compare à Besson quand même. Entendre Parisier (qui a commis le parfum vert) défoncer la pauvreté du film ça ne manque pas de sel.
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François Bégaudeau
Maître des clésMieux que ça : la pauvreté politique.
Alors que Le parfum vert, c’est patent, nous éclaboussait de son. génie politique
Le nazisme c’est mal, nous disait il. Et aussi Poutine. Et aussi le complotisme.-
Rantanplan
Invitétoutafé!
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Jeanne
Invité@Charles
Tes raisonnements me paraissent justes, tu déceles ce que tu considères comme des incohérences, des invraisemblances. Je ne peux pas aller contre ce que tu dis là. Simplement, de mon côté, je n’ai pas pris ce film comme porteur de vraisemblance. Je l’ai pris comme une farce, enfantine, invraisemblable, sociale-démocrate sur les bords (cette éviction du tyran grâce à un « comité » sympatoche et guidé par la raison comme par l’intérêt général), sociale-démocrate et ça dit bien l’invraisemblance (Où sont les socdem aujourd’hui ? Nulle part. Au tapis depuis longtemps). C’est une farce, qui ne parle nullement à mon sens politique. Nullement à ma compréhension de la situation actuelle. (Ma compréhension de la situation actuelle n’a absolument pas besoin de ce film, ne trouve pas à se nourrir dans ce film, ce en quoi peut-être je te rejoins). Je n’ai certes pas besoin du personnage joué par Ruffalo pour comprendre Trump ou Musk. Non. Pour moi ce film est une farce, et un conte, pas tellement une parodie. Un conte burlesque et qui travaille moins à dire le réel qu’à se balader, rire, jouer, dans une espèce de couloir fictionnel et vaguement parallèle à notre réalité.
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Dans ce couloir fictionnel, des hommes faibles et mous peuvent être aimés par des femmes fortes et solides. Oui. (Au passage, j’aime énormément le chemin intérieur que fait Mickey dans le film, finissant par donner à son traumatisme d’enfance un sens nouveau, et décidant de s’inspirer du connard 18 car 18 n’est pas seulement un connard, il est aussi : fort. Et ça c’est inspirant).
Dans ce couloir fictionnel il y a des institutions politiques dont les acteurs sont guidés par la raison et l’intérêt général. (Gros soupir d’aise et de soulagement de l’enfant Jeanne dans son siège de cinéma).
Dans ce couloir fictionnel, des tyrans conseillés par des communicants veulent faire la guerre mais n’y arrivent pas. (Gros soupir d’aise et de soulagement).
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C’est, pour moi, un film-jeu. Et le jeu ici ne consiste pas à associer chaque élément de l’intrigue à une réalité en cours. Ce serait presque l’inverse. Le film dévie du réel. Joyeusement. Il s’invente et nous invente une liberté, une échappée.-
Carpentier
InvitéBonjour Jeanne,
Lisant pas mal de posts ici, dont le tien, et en ayant moi-même posté quelques-uns, avant et après écoute de la gêne occasionnée dédiée, on repère bien, en effet, le farcesque – parmi d’autres plaisirs et outils dont a usé BJH dans son Mickey 17 –
La joie ressentie aussi devant ce film, j’ai même parfois eu un rire presqu’honteux, au vu de ce qu’il y avait devant nos yeux, dans la plus grande salle du MK2, plein écran (j’ai bien dit presque) une joie traduite en rire qui, j’y pense, doit peut-être relever (benh oui) de ce que François Bégaudeau nomme un rire auto érotique du coup (d’où ma presque gêne? pour qui se masturbe peu en public?)– De mon coté, lisant Charles, par ailleurs, dans son ouverture de post:
… / Pour ma part, j’ai été déçu par Mickey 17 quoique dans des proportions moindres que la critique. Concernant celle-ci, il faut quand même bien dire que beaucoup ont profité de la faiblesse de cet opus pour revoir à la baisse toute l’œuvre de BJH. / …
il me ramène à l’interview récente d’un acteur/real ( le dunkerquois des Tuche et des Robins des Bois) qui, répondant à une question sur ses flops, rappelait qu’il vivait aujourd’hui l’échec (relatif au vu du succès post-ciné, en télé et autres) du Rrrrr de Chabat comme un flop critique qui lui aurait fait payer le succès de son Astérix juste avant;
Intéressant ça après le succès du Parasite de BJH, non?
L’apparente farce détente n’imp de BJH après ses divers lauriers lui vaudrait un cassage de tronche?
Pas que délirant je trouve.
Quelle bêtise.-
Carpentier
Invitéon a reconnu JP Rouve?
on aurait pu penser à O.Barreau mais non, c’était bien Rouve, chez C dans l’air peut-être,-
Jeanne
InvitéBonjour Carpentier
J’ai ri aussi mais peut-être pas auto-érotiquement. J’ai juste ri, quoi. 😁-
Carpentier
Invitécool
on essaie d’y aller un tout petit moins à la louche?
voici:j’ai même parfois eu un rire presqu’honteux, au vu de ce qu’il y avait devant nos yeux, dans la plus grande salle du MK2, plein écran
aucun rire ‘ comme un peu gené ‘ , Jeanne, devant ce Mickey17 ? aucune scène?
(ce qui m’amenait, dans un second temps, à reprendre l’idée hypothétique d’une situation de rire/joie auto érotique, dans un second temps, donc)-
Jeanne
InvitéQu’est-ce que c’était ton « rire comme un peu gêné « ? Tu veux expliquer ?
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Carpentier
Invitéune scène comme le gars qui est découpé en morceaux pour non remboursement de prêt, au début, montré en exemple aux emprunteurs-débiteurs qu’on va supprimer si jamais, par exemple (les fictions sur la mafia et ses us et coutumes me font toujours un effet particulier, pas toi?)
Le coté gore +++ (sang qui gicle) assaisonné, ça n’empêche pas, aux touches gagesques (tee-shirt pub ‘ macarons is more ‘ ? life peut-être ? pu en tête le slogan de leur affaire)
ou la main coupée, typiquement
Rire de ça ne m’est pas familier, l’idée de Mickey jeté, glissé dans l’incinérateur, mort ou vif aussi, produit, chez moi, une sorte de rire gêné, un peu, oui – pour moi seule – entre ce qu’on raconte/ et comment c’est dit/montré/vu qui est évidemment ‘ pour rire’
[un peu complexe à.expliciter mieux mais j’aurai essayé] -
Carpentier
Invitérire gêné d’en rire, quoi
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Jeanne
InvitéOk. De mon côté j’ai détourné les yeux de la tronçonneuse. (Je fais comme ça, quand le cinéma m’impose ce type d’images).
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Carpentier
Invitéidem mais en pouffant: nulle.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui il me semble que c’est le bon mode d’emploi pour bien jouir de Bong : avoir en tete qu’il s’amuse.
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Malice
InvitéUn docu actuellement sur arte replay, sur Manoel, le cinéaste de la douceur des choses terribles comme dit la narratrice:
Si des gens veulent poursuivre la conversation sur De Oliveira, je serais intéressée par vos retours sur « La lettre », son adaptation de « La princesse de Clèves », que j’ai beaucoup aimée. La dernière séquence m’a complètement emportée, en grande partie à cause de la très bonne idée d’utiliser la musique populaire de Pedro Abrunhosa, dont l’utilisation est très intéressante
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci Malice
on va regarder ça
je tacherai de revoir La lettre bientot-
Malice
InvitéLa grande chanson de Pedro/duc de Nemours est encore meilleure que les meilleures chansons de Richard Cocciante
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..Graindorge
InvitéMerci Malice.
J’ai vu » Mon cas » et là je vais voir « le soulier de satin »
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Seldoon
InvitéLa bande-annonce du prochain PTA est sortie. Visiblement, il y a trop d’argent en jeu pour que Paul ait eu le droit de monter son propre trailer cette fois-ci.
Rien à voir mais je conseille à tous ceux qui ont accès à Amazon Prime d’y regarder la Rivière Rouge d’Howard Hawks, disponible pour encore quelques jours. Rarement la tentation fasciste originelle de l’amérique et du libéralisme aura été montrée si frontalement. Et avec presque toute la sympathie du monde, ce qui donne d’autant plus de force à la chose. Rarement, enfin, on aura vu autant de vaches partir à l’aventure.-
K. comme mon Code
InvitéÀ part les teasers pour The Master postés sur YouTube et autres courtes vidéos d’annonces, il n’a pas monté de trailer officiel depuis Magnolia.
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Rantanplan
InvitéLe dernier des juifs m’a mis une belle claque niveau casting. Je connaissais quasiment personne et ça marche très fort. Son amante rebeu toute pimpée, l’adjoint au maire, les recruteurs juifs, son pote toujours dans les business plan, les jeunes de cité…Et Zindel, entre son physique et sa voix c’est magique. Ça capte plein de micro choses bien précieuses, ça s’amuse beaucoup et ça reste très touchant. Dommage de finir sur du Enrico Macias, car ça ne peut pas être anodin, sinon c’était carton plein.
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Rantanplan
InvitéITW vraiment pas dégueu:
ITW france culture Noé Debré
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PepeHa
InvitéJ’ai vu Tardes de soledad hier, film vraiment brillant et époustouflant. On pourrait croire que la structure du film qui alterne séquences de corrida et séquences d’avant/après serait redondante, mais pas du tout. Mentions spéciales aux scènes de voiture qui sont tellement plus riches que de simples scènes de transitions servant à faire redescendre la pression.
Serra est aujourd’hui le meilleur à mes yeux-
Carpentier
Invitéj’en serai ce soir ou demain, au plus tard (merci du rappel enthousiaste)
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Ostros
InvitéSerra est très fort car tout l’intéresse et il réalise de telle manière à ce qu’on voit tout et qu’on ai le champ libre face à ses images.. le taureau existe autant que les toreros et la musique soutient aussi bien le sérieux du toreador que la tristesse de la mort de la bête (Serra a placé une valse triste dans la narration). Moi je n’en pouvais plus dans la dernière session, j’étais épuisée et éprouvée par ces morts à répétition. A la fois nous sommes documentés sur les spécificités du costume, le rapport intense à la virilité, le coaching des collègues en direct et leur adoration, à la fois On se rend compte frontalement que ce mec passe ses après-midi à tuer des taureaux. Et on voit très bien la bêtise de ces hommes et de cette activité qui est documentée avec précision. Le montage n’est pas dupe de cette bêtise et place par endroit des petites choses comme lorsque le taureau piégé depuis le début agonise et qu’on entend un des hommes le traiter de criminel. Le film s’appelle après-midi de solitude et je trouve que ce titre donne à penser lui aussi. Serra est un grand réalisateur car il a l’esprit ouvert à tout ce que le réel recèle. Bien que j’ai été dégoutée par la pratique et sa bêtise j’ai pu comprendre ce que ces mecs allaient chercher comme adrénaline, se confronter à ces bêtes. Et j’ai maintenant la certitude grâce à Serra que les taureaux ne sont pas du tout méchants ni cruels. Pourquoi je n’ai pas été blessé demande le torero imaginant une protection divine alors que le taureau ne voulait simplement pas lembrocher. Les premiers plans sont très beaux et découvrir le torero après une séance et qui se déshabille, les vêtements ensanglantés est une prise intelligente. Déjà qui prend le revers des plans habituels où le mec s’habille etc et aussi parce qu’il met tout de suite l’enjeu du sang au coeur de l’activité. Voir ce toreador rutilant au ritz puis le sable tiré dans le ton or juste après et dans les gradins une grande majorité d’hommes tout ceci est très lourd visuellement on se prend des charges de réel jusqu’au vertige. J’ignorais par ailleurs qu’ils y avait de tels fanatiques et j’ai trouvé éloquent en effet toutes les scènes en voiture avec ce jeune homme vidé et idolatré qui une fois qu’il a quitté l’arène ne semble plus trop touché par les louanges. Le film est si grand qu’il a satisfait les pro tauromachie les anti et les passionnés de cinéma.
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Ostros
InvitéDonc prochaine GO sur le Serra si j’ai bien compris. Je l’attends patiemment.
J’ai plein de choses qui me reviennent en tête comme les larmes d’un des hommes dans la voiture après que le toreador a été blessé et qu’ils analysent la perversité de l’animal. Les étapes pour épuiser le taureau, entre la cape rose et jaune, le cheval avec l’éperon et le taureau qui chaque fois s’en prend au cheval, les piques blancs puis la cape rouge et l’épée. Toutes les scènes où le taureau est étourdi par les appels à droite à gauche après avoir planté l’épée. Le jeune toreador a l’air à part, de part son attitude, l’idolatrie qu’on lui voue, ses ordres et sa concentration qui le maintienne dans un espace mental à part. J’ai en tête ces convulsions terribles, cette langue qui sort qui indique l’épuisement, la bave, ces yeux revulsés et ces corps qui tombent et ces yeux encore brillants et le souffle chaud tandis qu’on continue de les torturer, tous les ratés dans les échanges entre son impresario qui attend pour lui donner son petit verre d’eau, récupérer sa serviette, etc. Au final bien qu’on comprenne comment se déroule cette pratique, on ne saisit pas bien ce qui fait que pour un taureau il pourra lui prendre son oreille, celui-là non, et il se fait reprendre d’ailleurs par son collègue qui lui dit qu’il aurait dû la prendre, tel autre c’est les deux oreilles. Qu’est ce qui fait qu’il a réussi alors qu’il s’est fait roulé par le taureau ou a mal planté son épée. Tout ceci a renforcé le sentiment de pure gratuite de la chose, avec des règles de la discipline qui sont plutôt souples. Tout ce que j’ai compris c’est que le fait de faire tourner le taureau tout contre lui est le signe des grand toreadors, ça et le geste lent. Mais on se rend bien compte que le taureau ne l’attaque pas lorsqu il laisse retomber le tissu rouge et cesse de l’appeler donc on se dit mais à quoi bon faire ce genre de choses, et aussi pauvre bête. Ton malheur aura été d’avoir des cornes d’être puissant et d’avoir des grosses couilles qui ont suscité la jalousie des hommes. Et on les entend parler ces hommes et on comprend leurs croyances, leur aveuglement. Le jeune torero, m’est toujours apparu comme très prétentieux et par moment beau, son corps fin, sa tenue scintillante, avec des éléments féminins et des postures théâtrales de mec qui défie la bête torse bombé. Serra me fait penser à Michel-Ange qui disséquait des cadavres humains, pour son côté observateur chirurgical. Voir jusqu’au bout, regarder tout, en face, à chaque fois, pour chaque bête. On en vient à éprouver leur caractère propre à ces taureaux. Leur singularité. Cette façon de regarder c’est une forme de courage que beaucoup trouveront obscène. Et ça l’est, nécessairement. Qui pour raconter la tauromachie sinon ? Pas moi. Il faut bien que les plus forts d’entre nous s’y jette, pour me permettre de voir.-
Ostros
InvitéJ’ai lu l’interview de Serra par le sitiste Pout, de quoi bien compléter mes impressions. Huis clos et ralentissement, oui je m’étais fait ces réflexions durant le film. Je m’étais dit comment il a fait pour trouver des mecs si calmes, qui tiennent les plans voiture et donnent ces longues séquences. Il a du flair.
Très intéressant son travail sur les acteurs sans filet, aucune interaction avec lui, les 3 caméras et son plaisir de mettre à mal la vanité des plus orgueilleux. J’aime bien quand il répond « Moi je n’ai rien à dire je ne sais rien sur la tauromachie, je ne sais rien sur la Polynésie. Si j’avais voulu dire des choses j’aurais écrit des essais » j’aime tellement cet homme.
Je remets le lien de l’interview pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lue : https://movierama.fr/entretien-avec-albert-serra-realisateur-de-tardes-de-soledad-au-royaume-de-la-fantaisie/-
Malice
Invité» Si j’avais voulu dire des choses j’aurais écrit des essais »
ça c’est bien dit-
K. comme mon Code
InvitéOn comprend l’idée. Mais il ne nous fera pas croire qu’il ne s’intéresse pas à ce qu’il filme, et qu’en s’y intéressant, il développe un point de vue, un regard. Parce qu’il ne sait rien de ce qui l’intéresse, il veut savoir.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Si j’avais voulu dire des choses j’aurais écrit des essais » Je ne peux que souscrire. Mais il sabote l’idée en l’outrant. » Moi je ne sais rien sur la tauromachie, je ne sais rien sur la Polynésie », c’est le propos de trop
(je dis comme K autrement)-
Ostros
InvitéN’est-ce pas une façon habile de désamorcer une question qui allait forcément teinter le film ? Disant je ne sais rien il exclut son opinion, évite le discours qu’aiment bien générer les journalistes et qui aurait lesté le film de sens inutile, voire aurait pu lui nuire ? Surtout que le sujet est « touchy ». Le film serait passé en arrière plan. Je l’ai pris comme une façon de renvoyer au film, à sa forme, et de ne pas parler en dehors de ce champ.
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I.G.Y
InvitéRattrapé hier Drive My Car, évidemment suivi de sa GO avec laquelle je suis d’accord sur l’ensemble (j’aurais même dit que le film finit par prendre une tournure de « scénario de résilience », mais en beaucoup plus malin tout de même, vous le dites avec d’autres mots).
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Il y a juste un point que je voulais souligner tant il m’a frappé : le formidable artisanat de l’image qu’offre Hamaguchi et son directeur de la photo. J’ai ressenti une profonde parenté là-dessus avec Le Mal n’existe pas, et ce alors même que le directeur de la photo est différent (c’est donc probable qu’Hamaguchi soit très directement actif en la matière). Un travail très subtil puisqu’aucun effet de teinte ne me semble imposé, aucun grain n’est ajouté à une image qui reste très pure, précise et limpide (au fond très moderne) : tout passe par les contrastes, l’éclairage et la lumière. Un nombre incalculable de plans m’apparaissent lumineux, solaires au sens strict du terme (y compris dans les scènes plus nuageuses comme la discussion au sur les escaliers de bitume au bord de l’eau). Une possible très légère surexposition, un éclairage très légèrement surnaturel qui place le film comme dans un état de grâce permanent. Il me semble que l’on n’est pas du tout ici dans le décoratif, ce traitement de l’image et de la lumière est une composante formelle majeure de l’économie générale du film. L’une des scènes les plus tristes est aussi la plus lumineuse (les pleurs de Yūsuke : entièrement sur un fond d’une blancheur éclatante) et l’on pourrait sans doute continuer comme ça longtemps.Même bon nombre de plans de nuit méritent les même louanges : le premier bien sûr, je pense aussi à une très belle et lente apparition/disparition/réapparition de la voiture derrière une colline en plan fixe éloigné (qui rappelle le long traveling qui figure l’apparition de la petite fille sur les épaules de son père, cachée par un monticule de terre enneigé dans Le mal n’existe pas), etc…
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François Bégaudeau
Maître des clésJe souscris à cette observation précise de la facture Hamaguchi, où la limpidité est le maitre mot.
Il m’apparait d’ailleurs maintenant qu’il existe peu de scènes de nuit chez lui. C’est ni bien ni mal, mais ça vous situe un artiste.-
youvgotnoidea
InvitéPassion (2008), 1h30 de nuit pour 1h50 de film
Mais oui effectivement, il est très jour comme garçon-
François Bégaudeau
Maître des clésPas vu Passion
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I.G.Y
InvitéMerci pour vos remarques. Diriez-vous que la première partie de sa filmo (je n’ai vu que les trois derniers) est d’aussi bonne facture que la dernière, ou bien qu’il est monté en puissance?
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youvgotnoidea
InvitéLa première partie de sa filmo n’a jamais été distribué en france, donc quasi introuvable à part lors de rétrospective lui étant dédiée.
Passion en revanche est sortie en salle, et il est dans mon top 3 avec le dernier et Drive my car, je le recommande très fortement. Si vous ne le trouvez pas, n’hésitez pas, je peux vous l’envoyer-
Malice
InvitéJ’ai trouvé ce lien ( avec sous-titres anglais)
https://vk.com/video-191971349_456239238
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Charles
Invité-
stephanie
InvitéBel interview merci , je retiens : « vous confirmez votre présence dans ce qu’on peut considérer comme étant le cercle fermé des cinéastes “ralentisseurs”, au même titre que Kelly Reichardt, Bruno Dumont, Apichatpong Weerasethakul ou Hamaguchi. À contre-courant de la société de flux dans laquelle nous vivons »
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Ostros
InvitéOui c’est très bien vu cette étiquette des ralentisseurs. Dans laquelle on met aussi Schaublin, Frammartino.
De Oliveira et Rohmer.
Cette pratique donne des réalisateurs qui sont parmi les meilleurs.-
François Bégaudeau
Maître des clésdans laquelle on met tant de superbes cinéastes
même Bong-
Ostros
InvitéOui, le ralentissement du personnage Mickey 17 qui permet le comique, le burlesque.
Je m’interroge sur le fait de mettre les films de RAZ dans le lot ou pas. Ce que j’appelle calme est fait d’un jeu sur le temps. Tiens me vient Bresson. Décidément.
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Repensant à Tardes de soledad, j’avais noté aussi quelques cadres maîtrisés où le réel vient composer le plan. J’avais eu une bonne intuition en mentionnant Dans ma tête un rond point qui est un des meilleurs documentaires vus à ce jour. Et donc dans l’excellent de Serra on a un taureau qui gît au fond en face puis un homme vient lui planter le petit couteau dans la moelle pour l’achever et au moment où il est placé pour effectuer son geste terrible quelqu’un passe dans le champ et obtrue cette vue, nous soulage de revoir une mise à mort. C’est cela pour moi la grande diversité et force de ce documentaire. La variété de plans qu’offre le réel filmé, dont les situations semblent être les même mais au fait ne le sont jamais. Ça se passe dans le détail. Et ça modifie chaque fois ce qu’on perçoit. On a des plans littéralement vivants avec de la matière qui vient créer des lignes de fuite, boucher le champ, puis le rendre viable de nouveau. Cela crée comme pour Dans ma tête un rond point de l’intra narration (je tente des mots). Où on éprouve de l’attente, de la tension, du suspense du fait de ces plans fixes pris dans les flux des êtres qui les habitent. Grande force du hors champ également. Qui vient soutenir, coloré ce qu’on voit, nous faire réfléchir en nous confrontant à des codes, des expressions qui illustrent leur façon de voir. Nous instruisent sur des façons de toréer « prend le plus haut » « plus lentement » « ce fils de pute ». Quel déferlement de peur et de stress s’abat sur eux dans l’arène qui les rend si vulgaires, si brutaux et si concentrés dans la maîtrise de leurs gestes de mort.
Me revient en mémoire cette scène où le corps léger du toreador se fait soulever plusieurs fois pour pouvoir enfiler le costume, le rendant en cet instant ridicule car perdant toute sa superbe, rompant d’un coup sa virilité. Le rendant simplement à un corps de mortel. Tout comme chaque fois que le taureau le cogne, le roule, soudain il n’est plus que chiffon. On passe d’un corps en puissance, à un amas de chair en quelques secondes c’est exactement fugace. On comprend ce qu’il y a à éprouver de vivifiant de se confronter à cette force animale.
Le regard et le visage déformé par une concentration (sans doute mêlée à une peur intense) du toreador qui s’apprête à planter son épée, à tuer le taureau, c’est quelque chose que je n’oublierai pas. La largeur des cadres des caméras et le dispositif nous permettant de voir de loin ce que ne voit pas le toreador à savoir l’immobilité patente de cette grosse bestiole qui ne bouge pas d’une oreille. Je ne crois pas du tout que si le coup était raté le taureau pourrait être en furie et l’embrocher. Le visage du toreador ne cesse de véhiculer cette imagination, cette crainte qui le rend terrible. Merci Serra encore une fois pour toute cette expérience.
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Je sors du film pour partager cette expérience menée il y a quelques années et qui finit de rendre ridicule la pratique de la toremachie :
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Ostros
Invitépuis le rendre viable de nouveau : le rendre visible de nouveau.
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c’est exactement fugace : extrêmement fugace-
Carpentier
InvitéAujourd’hui, pour une première, j’ai vu toréer.
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Claire N
Invité« Le regard et le visage déformé par une concentration (sans doute mêlée à une peur intense) du toreador qui s’apprête à planter son épée, à tuer le taureau, c’est quelque chose que je n’oublierai pas »
Oui et même un moment je me suis dit
Mais, c’est quoi ce regard, on dirait qu’il se transforme en taureau : les yeux butés haut, un souffle poussif et l’inclinaison du front – et puis « sortie « réelle « avec le plan suivant sur les yeux calmes du taureau qui garde âme et à ce moment la comparaison avec l’humain m’apparaît pâle-
Ostros
InvitéCes petits yeux noirs calmes m’ont fait éprouver une grande pitié, je ne pouvais pas les regarder trop longtemps car les larmes venaient.
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Claire N
InvitéOui – c’est très touchant
Quelque chose aussi « fugace « comme tu le dis
Qui passe ; comme une incompréhension de la situation dans laquelle il se trouve forcé
Le visage du toréro également dans la voiture
Après la corrida où il a failli être eventré
Un visage doux, apaisé – et quand son regard se modifie parce qu’il « pense « qu’un ange l’a sauvé
Ce moment est fort
Ses « collègues « effondrent l’élan mystique en blaguant : « c’est parce que t’a des abdo en béton « mais lui sent bien qu’il a été « gracié « par quelque chose qui le dépasse – fugace aussi -
Claire N
InvitéEt là dernière scène magnifique
Un peu en surplomb
Alors que soigneusement comme tu l’a noté
Tout le public est « hors champ « pendant le film
Qui m’a fait penser à visconti/ le guépard
Et dire : on s’en sortira jamais, voilà comment les hommes se couronnent des princes -
I.G.Y
InvitéCette présence-absence du public m’a vraiment intéressé. Beaucoup de plans et de scènes montrent à quel point le torréador et son équipe semblent mener un combat tout autant contre le taureau que contre le public.
Au fil du temps, le sentiment a grandi en moi du mépris que je pouvais avoir pour presque tout ce qui constituait cette pratique (pour le public absenté en premier lieu) sauf pour le torréador lui-même : personnage d’un masculinisme couillu et pathétique, mais le seul à véritablement mettre son intégrité physique en jeu face au taureau (son angoisse n’est pas feinte). Aussi, tout cet effet de cour misérable autour de lui — « tu es le plus grand », « tu as combattu avec vérité », ad nauseam, et lui qui ne dit rien —, c’est fou. Et pourtant je ne pense pas qu’un pro-corrida haïrait ce film, tant il la saisit dans le vif de son action même.
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Serra réussit à me rendre passionnant un sujet dont je n’ai pourtant rien à faire. Quel film, quel filmeur, quel cadreur, merci Serra. -
Claire N
Invité« Et pourtant je ne pense pas qu’un pro-corrida haïrait ce film, tant il la saisit dans le vif de son action même »
Très juste, pour l’avoir expérimenté en direct
La séance dans notre « ville taurine « a été obtenue en sortie nationale grâce au cercle taurin- et à la sortie ils ont aimé
Le bénévole du cinéma a par contre évoqué 3 anti corrida sortis avant la fin et l’invective y comme quoi c’était honteux
Il m’a aussi appris que l’impresario et le torero aurait « divorcé « à l’issue du film qui n’aurait pas assez montré « la beauté de la corrida « -
I.G.Y
Invité« le torero aurait divorcé à l’issue du film qui n’aurait pas assez montré la beauté de la corrida » : amusant, tant les plans de Serra sur ce rituel de mort sont d’une beauté désarmante. Tu aurais un lien?
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Claire N
InvitéNon c’était l’info du discours de présentation au ciné pour palier à l’absence du torero devant intervenir mais empêché pour cause de rugby …
Après il y a peu être une beauté de la justesse que les professionnels du spectacle ne goûtent pas
Le public si apparemment -
Claire N
InvitéJe pense qu’il a précisé cela par crainte de se prendre une volée devant tout les aficionados qui étaient à la séance aussi
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I.G.Y
InvitéIntéressant
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Carpentier
InvitéFrancis Picabia, La matador dans l’arène, 1941

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Carpentier
InvitéBonjour ici,
Tandis que j’entre à peine dans le
Rouge Blanc Bleu de Léa Carpenter (qui … utilise brillamment les codes du roman d’espionnage pour mettre en lumière un monde de duplicité et de trahisons /… je cite – j’ai compris que je vais lire un roman sur la CIA) et quelques lignes me font lien avec le dernier film de Serra, le sidérant docu d’Albert Serra avec lequel je coloc intimement depuis son visionnage:
D’abord des lignes m’y apprennent, dans le Lêa Carpenter, que pour chaque vie perdue, à l’Agence, il y a une étoile sur un mur.
– Sortant du docu de Serra, hier soir, je n’avais qu’une envie: penser très fort à chaque étoile pour chacune des vies perdues des fucking taureaux, comme ils disent.
10? c’est ça? je ne sais même plus, 10 fils de putes magnifiques.
et puis ces 4 mots, comme en préface du Léa Carpenter, en p.18:Je crois au pardon.
là où la team d’Andres, quand ils mettent en lumière, enjoint à chier sur les morts.
Show must go on.-
Claire N
InvitéOui ça m’a un peu fait rire
– tout ces fils du pute
– et en voiture « les Dalton de la couille » m’es passé par la tête
Pas de femme dans les plan
Sauf l’icône de Marie entre les jambes du torero
À hauteur de fellation : génial
Une alliance sur un doigt
Et l’ouvrage des broderies souillées ou je me suis demandé : qui va laver ce sang -
Claire N
InvitéParce que tout le monde sait ou ne sait pas que les femmes ont de part l’expérience de leur règles une certaine expertise dans le lavage des taches de sang
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Ostros
InvitéRire : moi aussi j’ai pensé au pressing qui réceptionnait les costumes maculés, et qui avait chaque fois la lourde responsabilité de rendre l’éclatant de cet uniforme. Je pense que ce doit être une entreprise spécialisée, un truc artisanal, pour ne pas abîmer les broderies.
J’ai vu des femmes dans le public, notamment lorsqu’on a des plans sur eux qui sont derrière les barrières de bois rouge, on voit le premier rang dans la profondeur de champ, sans doute le carré or du lieu et parmi les hommes des femmes. Également Il y a des femmes fanatiques qui viennent le saluer et le bénir lorsqu’il est remonté en voiture. L’une lui offre une médaille de la vierge pour sa protection. C’est impressionnant cet état d’idolatrie, on entre dans une communauté et on ressent que le huis clos n’est pas que spatial mais aussi fortement mental / idéologique ( = leurs croyances et tradition et l’émotion qu’elles avivent chez eux). On se rend compte par les corps et les mots de ce qu’est une coutume et ce que ça génère comme réduction du champ de la vue et de l’ouïe. Comment ça les décale et comment se décalage nous les rend bizarres parfois ridicules. -
Carpentier
Invitésur l’aspect du sang, et toutes ses couleurs différentes captées par Serra, et ce qu’il renvoie aussi, lorsqu’il est sur un visage, un linge, la tenue d’apparat, lorsqu’il s’essuie vite fait dans une serviette éponge blanche aussi, avant de retourner saluer
Tout ce sang pourrait ne même pas être nettoyé, sur une pauvre chemise essorée de sueur/frayeur et/ou même sur les broderies: il en a pléthore, Andrés, et j’ose même imaginer que, selon les competes, comme au sport oui, c’est fourni dans l’inscription au show, non?
Personne doit trop s’embêter en mode mère Denis avec le sang versé, et si en plus faut défaire les nœuds après, imaginez! -
Claire N
Invité« Comment ça les décale et comment se décalage nous les rend bizarres parfois ridicules. »
Oui – étrangete presque iconoclaste par la grâce des plans devant ces icônes coutumières -
Claire N
InvitéEt le veau d’or me passe ainsi par la tête
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Carpentier
Invitésalut Claire N,
merci d’ouvrir sur ce qui peut faire un peu rire;
je n’ai ri qu’au début, avec Andrés, lorsqu’il plaisante et que son majordome répond à côté, en mode ratade de blague alors qu’il lui parle de sa blessure/son accrochage qui préoccupe aussi le médecin:
‘ il est moche
– qui, le médecin? ‘
truc comme ça.
Pour le reste, tout le reste, bien perçu quelques rires contenus avec/pendant toutes les occurrences couillesques, plutôt de la part des hommes d’ailleurs;
et de vrais rires quand Andrés, allongé sur le dos sur son lit prend par exemple comme son élan pour enquiller les deux jambes dans son costume;
et là, c’était plutôt des filles.
C’est un fait, j’ai perso très peu ri donc.
Est-ce si grave? dirait d’aucune.
Évidemment, non.
Ce grand film pourrait être classé comédie pittoresque que je répondrais que j’ai mi-ri une seule fois, avec Andrés, devant ce Serra. -
Carpentier
InvitéEt si j’y pense mieux, l’été 80, en vacances familiales dans les Landes (j’avais 14 ans) nous avions assisté à une course de vaches landaises:
plus jeux du cirque et acrobaties, les animaux sont plus petits, utilisés comme obstacles divers et variés presque comme en mode riding urbain avec les skates, quoi. -
Carpentier
Invitépourquoi ça bugue ce matin?
pour d’autres.s aussi? -
Carpentier
Invitéje ne posterai donc pas ma dizaine de lignes complémentaires et fort bien écrites sur la suite des courses de vaches landaises (ça bloque)
tant pis, -
Claire N
InvitéOui – toutes les traditions de feria
Ou l’ensemble de la ville est prise
Les corridas souvent sont aux centre physique et temporel de ces espaces temps
Il y a dans ces périodes une ambiance d’exception à l’ordre habituel effectivement
Mais dans le film j’ai aimé que ce contexte soit absenté je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs -
Carpentier
Invitéj’avais compris, à l’époque, les gains (cocardes de couleurs rasées au passage des cornes des vaches landaises) en mode loterie/loto offerts par les commerçants et j’avais gardé jusqu’ici – un peu aiguillé par ma mère, à l’époque, certes – comme un sentiment d’acrobates pas bien argentés qui prenaient ce type de risques, façon jeux du cirque, pour divertir les touristes, authenticité oblige, perpétuer certaines traditions familiales ou autres, et surtout arrondir leurs fins de mois.
Le bruit des claquements des corps acrobates et des chutes souvent impressionnantes quand l’un ratait son saut pour passer côté coulisses était réel, un peu lourd et triste.
Et leurs têtes, une fois à terre et chargés, qu’il tentent de protéger comme ils l’espèrent,
bon, prenons plutôt un petit café
Et bravos pour Albert, qui ne récupère aucune oreille mais encore un peu de ma joie d’hier devant son travail. -
Carpentier
Invitéj’ai finalement pris une banane et vu le film de Kazuya Shiraishi: Le joueur de go.
Un film où les réglements de compte ont lieu entre humains et en pleine connaissance des régles de leur jeux de couillons,
enfin presque -
Carpentier
Invitéet j’aime beaucoup les petits sourires très malicieux qu’à parfois Andrés, dans le véhicule, en entendant sa troupe le flatter, lui glorifier ce qu’on sait, le viriliste en somme à outrance
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Carpentier
Invitéen les entendant le * viriliser* en somme à outrance
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Carpentier
InvitéEn revanche, je suis encore profondément émue par Andrés s’en remettant systématiquement à Dieu, à la madone, à ce qu’il sait intimement pouvoir lui échapper: ce jeune homme doute, doute en permanence et ça, Albert Serra le saisit et c’est grandiose.
-
Ostros
InvitéPour le rire : il y a des redites un peu gag sur la lumière de la voiture qu’on ne peut pas éteindre à l’avant. Dès qu’on quitte l’arène où il maîtrise en majorité l’ordre des choses, il subit comme tout le monde des aléas du réel. Donc la lumière dans la tronche et contre laquelle il ne peut rien.
Me reste pour finir cette question dont la réponse est abandonnée lorsqu’il demande pourquoi on lui a choisi (car ce sont eux en plus qui choisissent leurs taureaux..) que des taureaux avec les cornes très écartées lorsqu’ils sont en Amérique latine. Ça a fait tilt dans ma tête par rapport au fait qu’il est resté coincé deux fois par un taureau et s’est blessé lorsqu’ils étaient en Espagne . Je me suis dit que les collègues avaient peut-être fait ce choix pour protéger leur idole d’une possible blessure plus grave. En tout cas cette conversation sans enjeux puisqu’abandonnée par le toreador aussi vite, rentre dans ce sentiment de vacuité de cette activité qui passe tout le long du film. Si certains actes sont ratés et que ça ne change rien au destin de l’animal, si des quesitons techniques peuvent ne pas trouver de réponse satisfaisante sans que ça ne perturbe l’activité, alors c’est bien que ce ne sont pas les règles et modalités qui sont en jeu mais bien tout simplement le fait de se confronter au taureau avec la cape et de le tuer. -
Ostros
InvitéAh oui, il faut le dire : je me suis bien amusée lorsque le taureau quitte la ronde hypnotisante de olé dans laquelle il a été mis pour aller lui mettre quelques bons coups de tête. Là j’étais contente même. Mais très vite ça s’est éteint car je réalisais que le jeu était truqué et que tout était fait pour remettre le taureau fissa dans son rôle de bête de foire automate, vite on déploie le groupe et les harpons, vite on le maîtrise. Et on sait où ça va finir. Mais au moins il aura eu ce sursaut a cet instant fugace il aura résisté. (J’espérais naïvement qu’un des taureaux arrive à choper le maestro pour de bon).
Et à la sortie ce film donne des avis très antagonistes. Le mien donc et celui de mon voisin de devant fan de tauromachie et particulièrement de ce jeune homme qu’il avait déjà vu toréer, qui était extatique d’avoir pu voir ses gestes, sa manière si précisément et de partager grâce au docu sa passion avec sa femme. D’autres trop choqués ont quitté la salle par moment. -
Carpentier
Invitétout à fait, ces passages sont très sérieux pour leur activité, leur petit commerce de corrida et ça m’a beaucoup intéressé
– pas amusé trop donc, c’est tout –
La lumière le fatigue, l’éblouit, ils parlent de 5 heures de route au début pour rejoindre le 2e spot, non?
et lorsqu’Andres finit par se mettre debout car il a en plus des difficultés à respirer, après l’épisode planté aux planches par la bête, j’imagine que la lumière en pleine tronche, c’est jackpot:
La team fait bien trop attention à son poulain pour en rire
D’ailleurs, au début, est questionné la qualité du chauffeur il me semble, le confort des transferts entre les shows est une master piece de la recup d’Andres -
Carpentier
InvitéJ’ai cru lire qu’il pourrait y avoir une gêne dédiée:
Comme j’en implore la Madone, embrasse 3 fois ma médaille et mon mouchoir brodé
Quant au majordome, qu’il n’oublie pas les 3 coups sur la porte en la fermant: hâte que le duo de compète qu’on sait lui consacre un épisode de son podcast critique
Je rêve déjà ce qu’il pourrait en dire, -
Carpentier
InvitéEn somme, la solitude d’un après midi, elle est celle du taureau, de chaque taureau poussé au bout de ses forces dans l’arène, sans piger ce qu’il fout dans ce merdier humain
seul un après midi, avec plusieurs leurres gueulant et multicolores, pour lui faire perdre vie et raison
Tardes de Soledad. -
Carpentier
InvitéMonsieur Claude
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Carpentier
Invitéle torero à la cigarette, 1938, Francis Picabia

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Ostros
InvitéLa solitude du taureau elle est terrible. Terrible à regarder.
On peut ressentir aussi la solitude du toreador. Il est certes admiré et entouré et il a l’air si isolé, ses gestes et ordres sans regarder les gens, sans adresse parfois, il est tout entier dans son rôle de diva de la tauromachie. -
Carpentier
Invitéà 2 reprises, il me semble, lorsqu’Andrès se fait choper, rouler et charger à terre par un taureau déjà assez blessé, affaibli et attaqué pour jouer à minima à charger ce truc tombé à terre et à portée de sabots, on frémit ferme évidemment, et lorsqu’il est planté aux planches (de face, on ne voit pas la situation précise) on peut même, comme moi, lever les bras, se tenir la tête et dire ‘ putain de merde ‘ : est-ce à dire qu’à ce moment précis on oublie le calvaire de l’animal et prend partie pour la comédie de tradition?
en ce qui me concerne, non;
et Serra est fort d’ailleurs là-dessus car moi, avertie d’emblée de la blessure d’Andres, il a ma part du soutien, quand commence le docu, malgré ses choix de pratique de corrida:
ça lui ajoute des faiblesses qui me touchent et lorsqu’il est collé au mur par le taureau qui semble lui dire ‘ tu vois, si je veux ‘ je pense à Andrès d’abord je crois bien.
Et dans la voiture, en blouse bleue, comme lorsqu’on part en chirurgie, sans sa tenue d’apparat
ou quand son majordome l’habille, une fois son petit collant/bustier bien calé haut jusqu’à lui épouser rentré/serré le sillon, sa fragilité est extrême: voir Andres prier/embrasser le carcan doré qu’il va porter pour entrer dans l’arène: j’en aurais pleuré. -
Carpentier
Invitéet pourtant c’est devant chaque taureau à terre que je n’ai pu m’empêcher de baisser les yeux, honteuse devant ce divertissement, cet amusement,
Mes larmes c’est pour chaque taureau qu’elles ont coulé, leur impressionnante majesté amenée par leurs éleveurs à maturité pour des jeux humains d’arène;
ce n’est pas pire que de les élever pour qu’on les boulotte peut-être mais voilà, c’est ainsi, ça me bouleverse.
Je viens de prendre connaissance du post où Ostros dit le plan de Serra avec quelqu’un qui passe devant une des scènes d’estocade fatale, une fois le taureau à terre.
Pas vue, de ce fait, car une fois pigée l’affaire, une fois soutenu chaque calvaire avec le souffle, la langue dehors, et avoir vu la torture de ce gros bourrin de taureau qui ne peut résister à foncer sur un truc qui l’embrouille, j’étais si démunie que j’abandonnais la bête, impuissante à lui accompagner/renvoyer son regard pour son dernier souffle.
On a pas souvent l’occasion de voir un docu comme ça, et ce sera mon unique je crois -
Claire N
Invité« ce gros bourrin de taureau qui ne peut résister à foncer sur un truc qui l’embrouille »
Oui , mais je n’ai pas eu finalement l’impression d’un combat ; mais plus d’un dressage exprès à la mort – aucune issue – un débourrage ultra violent
La bête obéi un peu et il en joue
– l’appelle
– lui ordonne de ne pas bouger pendant certains moments
Et effectivement comme le souligne Ostros
Se joue dans la tête que le taureau est vicieux
Et en même temps il n’e semble pas si dupe puisqu’il enrage quand le taureau n’obéit pas -
Claire N
InvitéLe dernier taureau m’a beaucoup marqué, sa ressemblance avec les dessins de lascaux
Ou les hommes asseyaient deja de le saisir
Ça m’a donné l’impression étrange d’un temps immémorial qui se survivait -
Carpentier
Invitémerci d’ajouter mon
… son calvaire avec le souffle, la langue dehors, la torture /… avec l’occurence que tu choisis d’extraire de mon post
et qui me semble dire, autrement certes, aussi un peu de ton
… ’un dressage exprès à la mort – aucune issue – un débourrage ultra violent / …
Dressé depuis qu’il est au monde, le taureau, oui, par tous les gens impliqués dans ce commerce, tous ces amateurs de divertissement en arène,: dressé à ne pas lacher l’affaire, quoiqu’il lui en coûte, comme dirait l’autre:
connaissance de la psychologie animale, diront aussi les fayots – abus cruel de confiance, oseront les autres. -
Carpentier
Invité+ mon … leur impressionnante majesté amenée par leurs éleveurs à maturité pour des jeux humains d’arène / …
thanks, -
Carpentier
Invité… Et effectivement comme le souligne Ostros
Se joue dans la tête que le taureau est vicieux / …
. as-tu déjà zappé mon ‘ fucking taureaux / fils de pute…
(où je citais donc l’ambiance de ce qui se joue dans les têtes aussi, benh oui: tu me crois porteuse de tocs, je le crains ) …
et qui t’ont pourtant déjà fait partir bien loin et bien ailleurs de ce que je signifiais?
décidémment, -
Claire N
Invitéeffectivement je corrige : *et Carpentier
-
Ostros
Invité« la torture de ce gros bourrin de taureau qui ne peut résister à foncer sur un truc qui l’embrouille » : je me suis dit ça aussi, quelle malédiction pour lui. Et aussi que le piège de son tempérament le rendait si innocent.
Moi non plus je n’ai pas pu accompagner tous ces taureaux jusqu’au bout, je me suis trouvée face à des limites internes. -
Carpentier
Invitéalors que, comme on sait bien,
la diva, le maestro, le mec le plus viril de la bande, c’est lui:

The Maestro
– Mis du temps à vous dire aussi que, quand même, devant Andrès, à côté d’Andrès, il y était, Freddie: star dans l’arène et dans ma tête pendant mon visionnage;
Dans les moments off, les séquences abaissement des bpm et debriff/rêveries en minibus également où, voyant Andrés, je revoyais les interviews solo, hors shows de Freddie, où il était lui aussi d’une sérénité malicieuse parfois enfantine.
Ses déplacements, chorégraphiés à minima aussi, étaient en mode animal et, taureau et torero à la fois, performant partout sur scène, en haut des structures-échafaudages métalliques transversales ou sur des amas de baffles superposées, il courait jusqu’en bout de scène, chantait avec le public puis repartait dans l’autre sens.
Côté mise à mort, ça saignait certes moins mais perso, il me tue encore. -
Carpentier
Invitépas choisi sa cultissime tenue jaune, la plus récente, pourtant iconique et très proche des tenues pour toréer aussi,
car c’est cette posture qui fixe le mieux sa tauromachie micro/sur lui-même pour moi (parmi les images en ligne accessibles de droits)
L’image qui’fixe le plus, pour partage, l’enroulade sans cape avec taureau imaginaire de Freddie Mercury.
Il n’empêche qu’en compagnonnant quelques minutes avec les Queen sur scène (pléthore de captations en ligne) on verra aisément comment il enchaîne ses enroulades verticales lui aussi.’ La belle journée à vous ’ 😁
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Carpentier
Invité
(j’allais oublier:)
OLÉ! -
Carpentier
InvitéDanse avec les taureaux (ma légende)
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Carpentier
Invitéencore une mort qu’on mettra pas sur le dos d’Omar
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Carpentier
InvitéSur le tableau de Picabia, au premier plan, El Picador:
on a parlé du Matador, qui assène le coup létal et fatal, celui qui estime le bon dosage calvaire-torture/ jouissance du public, bon
Mais El.Picador, aucune raison de pas lui régler son compte à lui aussi: le gars est plus haut que l’animal, que le taureau, que la bête, qui le voit même pas, putain et c’est lui qui l’éveille au bordel, qui le blesse, du haut, pour faire durer l’hémorragie et l’affaiblir tranquille: un enfer.
Monté comme un prince, lui, sur un cheval carrossé plus que pour les tournois moyenâgeux (on voit bien pourquoi) il est le Monsieur Loyal de l’Affaire.
La scène avec le cheval à terre, comme son copain taureau lorsqu’il lâche l’affaire avant de se faire finir, est d’ailleurs glaçante.
Ça ajoute au massacre et à la bêtise humaine du truc, où chacun.e est emmenée à la fiesta. -
Carpentier
InvitéFP

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Carpentier
InvitéFrancis Picabia, 1879, toreador
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Carpentier
Invité– pourquoi ai-je collé ici (partage ci-dessus) sa date de naissance?
Les dessins et aquarelles de Picabia, ce serait plutôt dans les années 1920/25, si je saisis bien la chrono de son travail.
Et, par ailleurs, j’ai l’immense joie de vous confirmer que la prochaine gêne occasionnée ciné sera bien consacrée au dernier travail d’Albert Serra (comme envisagé en fin de l’épisode dédié à Mickey 17).
Ravie je suis. -
Carpentier
InvitéPicabia: La corrida, 1926/27

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Carpentier
InvitéJe lis le plus paisiblement possible vos lignes post-visionnage, je refroidis, ventile mes trop grandes émotions, bien que souvenir de me sentir comme gainée dans une froide sidération intriguée, plutôt que chaude bouillante, en sortant du dernier docu d’Albert Serra.
Plutôt en phase avec ce que partage Ostros d’abord, très généreuse, et emmenée doucement vers une mise en mots, notamment via le dernier post de Claire N: … Voilà comment les hommes se couronnent (?) en princes (?) / …
Me reste bien devant les yeux le visage poupon, très enfantin d’Andres, et puis la team, le staff, son staff: une vraie affaire de spectacle, une rock star, une petite entreprise en fait, la tauromachie.
Je crois que je n’avais jamais envisagé cela sous cet angle et la scène où, derrière leur sorte de coulisses, la team Andrès découvre, jauge et commente le groupe de taureaux du jour, façon réception d’une livraison (la dernière corrida, tandis qu’ils regardent un autre torero) est édifiante sur ce point.
Presqu’autant intéressée, je crois, par eux regardant les autres toréer qu’assister à leurs propres prestations.-
Ostros
InvitéOui ils mettent en scène et contrôlent leur mise en danger. Ils se racontent qu’ils sont héroïques et que l’animal est mauvais et veut leur mort. C’est aussi ça qui est sidérant : cette histoire qu’ils s’inventent. Alors que la narration est répétitive et ennuyeuse : le taureau meurt toujours à la fin.
Effectivement ce jeune homme n’a pas du tout un corps viril mais élancé, fin, visage d’enfant oui et parfois féroce mais comme un sale gosse. Le corps pour pratiquer la tauromachie doit être un corps comme d’adolescent, voire effeminé. Et c’est intéressant de constater que c’est lui le maestro, le mec le plus viril de la bande.-
Carpentier
Invitéétonnamment peut-être, je ne le trouve pas
maestro, le mec le plus viril de la bande.
Andres incarne ce perso, comme porté par la bande qui lui projette une sorte de virilité perdue, sa jeunesse les galvanise, eux n’y ont plus que les rôles secondaires dans le show
des rôles où ils prennent encore, eux aussi, quelques risques, y risquent leurs attribus, mais moins
Un de la team, celui qui sera le dernier à quitter l’arène lors du dernier combat est même pour moi le plus viriliste (oui, tu n’as pas dit ce terme, c’est moi, là)
pas viril mais viriliste, lui: lorsqu’il’salue, le dernier, dans le public -
Ostros
InvitéSur les physiques tu as raison et j’ai pensé comme toi. Ce que je disais va dans ce sens car le maestro a le corps le moins viril de la bande et est le plus virilisé dans les mots de ces collègues : « c’est toi qui a les plus grosses couilles » entre autres compliments qui lui sont sans cesse envoyés. Il est virilisé par les paroles de ces hommes qui l’entourent, qui le rapportent sans cesse à ses parties génitales qui seraient hors norme, et parfois lui lâche un « mon amour ».
-
Ostros
InvitéPour ces collègues c’est lui le plus viril de la bande.
-
Carpentier
Invitéalors que, comme dit plus haut dans un autre de mes posts, ce jeune homme doute en permanence,
Et ça, c’est très beau. -
Ostros
InvitéOui, et lui importe également d’avoir emporté la foule. Il demande même à un moment s’ils ont tous hurlé ensemble.
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Ostros
InvitéOui il doute, en revanche je me dissocie du rendu beau de cela. Car voir un homme craindre et douter dans une situation où tout est fait pour le donner vainqueur à la fin pour moi ça entre dans le ridicule de la structure, ridicule jusqu’à l’effarement face à ces croyances et ces doutes.
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Carpentier
Invitéde capter et laisser à voir cela aussi, de la part de Serra, je trouve ça fort et beau
précisons, -
Ostros
InvitéOui tout à fait.
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Carpentier
Invitéd’ailleurs, plus haut, je le disais autrement:
… En revanche, je suis encore profondément émue par Andrés s’en remettant systématiquement à Dieu, à la madone, à ce qu’il sait intimement pouvoir lui échapper: ce jeune homme doute, doute en permanence et ça, Albert Serra le saisit et c’est grandiose. / … -
Carpentier
Invitéil y a comme des comptes à régler avec d’autres toreros, d’autres teams, on l’entend bien ça, selon la ville où ils performent et selon, en effet, la/les réaction.s de telle ou telle partie des gradins:
c’est bien capté et gardé ça aussi par Serra.
J’ignore si ça parie gros sur tout ça, mais c’est tout comme:
Ce jeune homme est un poulain sur lequel on parie, il n’est pas seul, comme l’animal, il a le support d’une team, il vaut beaucoup pour eux tous: une autre sorte de solitude, mentale, humaine mais pas en nombre, dans l’arène. -
Ostros
InvitéOn a bien bossé.
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Carpentier
Invitéyou’re welcome
et il en reste
mais chuuut, attendons plutôt les copains qui iront bientôt -
Carpentier
InvitéJe viens de regarder la durée annoncée du docu d’Albert Serra: 2h05.
2 heures de l’heure d’hiver peuvent-elles sembler comme hors du temps ou, de toutes façons, bien plus longues tant elles sont méga denses?
La réponse est oui, j’aurais d’ailleurs été bien capable de timer son docu et s’il y a bien un truc que je n’aurais pas pu dire en sortant c’est :
‘ dingue comme on voit pas le temps passer.’
L’avantage c’est qu’il reste encore plein de choses à penser et à en dire. -
Mélanie
InvitéVu Tardes de soledad, j’en sors fatiguée aussi, éprouvée, déterminée à marcher avec le même port de tête qu’Andrès RR et inquiète de ma consommation de viande.
Je lis qu’il n’a pas aimé le film, c’est un peu triste, c’est plutôt un beau portrait, non? Je me disais sur « soledad » que ce jeune homme pouvait d’une certaine façon être vu comme assez seul aussi. Le torero achevant le taureau est-il toujours le jeune de l’équipe ?
Je n’ai pas suivi s’il y aura ou non une GO ; je me disais qu’un film aussi composé de gestes, de gestes répétés, c’est peut-être un exercice particulier ou difficile pour les critiques ? -
Mélanie
InvitéPour info il n’est pas sorti dans ma ville, je l’ai par contre facilement trouvé dans un ciné de village
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Carpentier
InvitéSalut,
Son porte de tête, oui
et sa moue, ses babines simiesques, son énergie à paraître animal en attaque avec un visage rond bambinou apaisé ’ en vrai ’:
Quel travail pour être dans son rôle, bon.
Me reste aussi le jeu de ses pas, avec ses pov ballerines, en particulier lorsqu’il a plu et que taureau et torero s’apprêtent à s’entreprendre:
il y a un plan cadré sur les 4 sabots du bon pépère qui doit vraiment se demander ce qu’il fout là, ils sont bien ancrés, pas si prêts à en découdre mais a-t-il le choix ? –
Se trouver là, mais vraiment pas de son fait, l’enfer. -
Carpentier
Invité*porT de tête
Le chapeau est marrant, assez écrabouillé ridicule au regard de la posture d’ailleurs
Mais bon, tradition tradition -
Carpentier
Invité… inquiète de ma consommation de viande / ….. et oui, en plus, je te l’accorde
et te recommande un met découvert mercredi dernier dans le cadre de la restauration scolaire, dans ce cas:
– le gratin dauphinois revisité vegan:
avec brocolis-salsifis en lieu et place des lardons + purée d’oeufs durs en remplacement de la crème fraîche, on aurait dit
Ta taaaaaaa: les gosses étaient ravis, tu penses
et le Dauphiné ne s’en est toujours pas remis, il paraît -
Mélanie
InvitéTu es enseignante ?
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Carpentier
Invitérires, oh non,
que Dieu m’en préserve et en préserve les enfants
mais il m’arrive de fréquenter ces lieux, d’y passer, dans divers cadres, notamment associatifs -
Mélanie
InvitéTu travailles dans une association ?
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Carpentier
InvitéCeux de la quadrilla (orthographe?) sont des toreros frustrés (A.Serra) : yep
– rendre l’invisible visible
– faire des images
Merci Albert, -
Carpentier
Invitédes images qui vont dire le comment pas le pourquoi
leur ambiguïté reste puissante même après avoir vu le film
yep,
j’aime énormement écouter Albert
il faut que je vois son louis14,
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Tchitchikov
InvitéDans laquelle on pourrait ajouter Michel Franco me semble-t-il.
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Ostros
InvitéOui j’y ai songé aussi. D’ailleurs on remarque que comme en littérature, ce style de la lenteur et de l’épurement permet non seulement de mieux regarder mais aussi de rendre saisissant le moindre effet d’accélération. Permettant ainsi de ressentir avec plus d’intensité certaines actions.
Dans Tardes on voit comment l’emballement du taureau brise la lenteur et l’ordre imposés par le toreador, c’est d’autant plus fulgurant qu’on était comme somnomants devant le va et vient de la cape et les répétitions des mots toro, mira toro, eheh en boucle chaque fois qu’il passait près de son flanc.
Je note le retour de cet état déjà présent dans Pacifiction qui est une forme d’assouissement du fait de la lenteur, de la forme même du film, du rythme interne des plans, assouplissement qui rend particulièrement conscient et comme happé par ce qu’on regarde.-
Ostros
InvitéLes mots bizarres sont somnolent et assoupissement.
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Malice
Invité« Permettant ainsi de ressentir avec plus d’intensité certaines actions. »
J’ai ressenti ça devant la série « The curse », où les scènes durent et les acteurs gardent parfois longtemps une neutralité qui fait que, lorsque une émotion surgit, elle devient fascinante
– je pense à l’artiste « amie » d’Emma Stone, dont un accès de tristesse m’a surprise après plusieurs épisodes où elle était minérale; et aussi à la séquence du rap en voiture où le personnage de Nathan Fielder se met soudain à chanter/rayonner.
Dans « La lettre » de Manoel, j’ai trouvé la même « tension douce », qu’une chanson d’Abrunhosa vient « charger », au point que sans m’être sentie très impliquée émotionnellement pendant le film ( en dehors de quelques scènes), je l’ai été brusquement pendant celle-là, comme si j’avais accès soudain à la frustration, au désir, au chagrin qu’on pourrait prêter aux amants du film.
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Tony
Invité@Charles, ça me rappelle ce passage d’un article d’Ecran large sur Eastwood et Warner:
« Quelques jours après son entrée en fonction en tant que PDG de Warner Bros. Discovery, David Zaslav a réuni les dirigeants des studios de cinéma et les a interrogés sur une récente série d’échecs au box-office, dont Cry Macho, néo-western de Clint Eastwood.
Les dirigeants de Warner Bros. ont admis qu’ils avaient douté que le film soit rentable, selon des personnes au courant de la réunion.Pourquoi Cry Macho a-t-il été réalisé s’ils avaient des doutes, a alors demandé M. Zaslav ? Lorsqu’ils ont répondu que M. Eastwood avait donné au studio de nombreux succès et n’avait jamais livré un film en retard ou en dépassement de budget, il a répondu : « Nous ne devons rien à personne : nous ne devons aucune faveur à personne. Ce n’est pas du show friends, c’est du show-business », leur a-t-il dit, citant le film de Tom Cruise Jerry Maguire, sorti en 1996. »
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Ostros
InvitéEt une date : 24 septembre pour la sortie du film de PTA en France, sous le titre Une bataille après l’autre.
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Ostros
InvitéJ’ai vu la bande annonce du film Lads et quelque chose me dit qu’on a affaire à un whiplash chez les jockeys.
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PepeHa
InvitéPeut-être un peu, j’ai plutôt aimé car je connaissais rien du monde des jockeys et c’est un milieu qui m’a vraiment intéressé. Après le film reprend une grande partie des codes des films d’enfants prodiges (héros d’un autre milieu social, rejeté par les autres, talentueux mais branleur, chouchou du directeur, aidé par une autre personne provenant d’une minorité, et avec une structure très convenue). Ca en fait pas un mauvais film, il est même plutôt agréable à regarder, mais rien d’inoubliable
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Malice
InvitéLordon est dans Sortie de secours
https://podcasts.apple.com/fr/podcast/aimer-perdre-tardes-de-soledad/id1670512992?i=1000701546533-
Carpentier
InvitéMerci Malice,
ça complète bien tout ce que nous avons échangé ici sur cette dinguerie qu’est le docu d’Albert Serra.
Tendu l’oreille droite avec intérêt sur cette histoire de regard de l’Autre ( ; D ) pour être reconnu.e comme existant.e (en gros, en très gros) et les infos partagées sur le montage, ce qu’en dit Serra lui-même et les sons extraits d’ailleurs et réemployés sur/dans une autre séquence:
– en ex., typiquement, cette histoire de souffle qu’on peut, à tort donc apparemment, attribuer au taureau ou/ (au lieu de?) au toréro, au caméraman même aussi, du coup;
Un souffle d’attente, de reprise de calme, de reconnaissance, d’incompréhension, de crainte, de sidération, d’émerveillement (le mien en était coupé), de folie en work in progress, d’angoisse aigue de la bête ou devant la bête.– J’avais, comme en réserve pour en parler, ces plans où la dépouille du taureau sacrifié et torturé est traînée, oui et j’attendais encore pour l’évoquer:
si le peu de considérations pour le corps de l’animal avec lequel on a joué si cruellement saute littéralement aux yeux, de chasse d’eau, j’avoue ne pas avoir eu l’image; que sa dépouille soit traitée – littéralement comme une merde – (sur ce coup-là F. Lordon* édulcore son idée/image) n’est guère étonnant vu que c’est ainsi que le spectacle démarre: en traitant le taureau comme une merde.
* un déchet, dit alors F.L.
– Mais oui, cette exhibition ultime (car en fait la dépouille est d’abord montrée à tous, façon tour d’honneur, sous les vivas on imagine, et traînée dans l’arène) de la mort animale est pour fixer la victoire du torero et sa team, tant que les esprits échauffés ne pensent pas, puis elle disparaît/est avalée en coulisses, hors des regards.
L’esprit en surchauffe se refroidissant jusqu’à la prochaine session de corrida, mieux vaut faire disparaître tout ça.
Ici, Serra n’en garde que la disparition, après attelage aux chevaux – disparition en prise accélérée, suggère-t-on chez Sortie de Secours, ok – et plutôt comme entrant par les portes des Enfers, du moins dans ma réception.
Ce qui, perso, me filait encore plus la rage pleureuse, sans être spécialement fan du culte du corps défunt d’un animal ou que sais-je.
Seul moment franc finalement vis à vis du taureau, pour lequel on a pas plus d’égard, une fois mort que vif.
Le cinéma de la corrida s’arrête là pour l’animal, et pourquoi pas: Next!-
Carpentier
InvitéCherchant à me documenter mieux, hier soir, sur les appellations des autres gars de la team/tauromachie, j’ai vu que la dépouille du taureau torturé est incinérée ou enterrée; pas utilisée en boucherie en tout cas apparemment ( alors que, par ailleurs, les vertus nutritionnelles de la viande de taureau ne sont pas camouflées).
Est-ce ajouter du sacré en post-massacre? on ose espérer une nano-culpabilité;
Pour humilier encore plus la bête en ne la mangeant même pas? car certains y voient un honneur pour l’animal de nourrir l’humain ( si, si, documentez-vous si cela vous étonne)?
on peut plus simplement imaginer que, pas cons les bourreaux, on sait bien qu’une bête qui a stressé – et ici le mot est méga-faible – sa viande est immangeable.
Pauvres êtres, pauvres bêtes.
Et quel filmage, quelle idée géniale, perso, j’en suis encore bien chahutée, intellectuellement, oserai-je préciser; si si.-
PepeHa
InvitéPar rapport à la viande, je crois qu’il arrive également que le taureau soit mangé suite à la corrida. C’est en tout cas quelques choses que j’ai beaucoup entendu dans le discours des défenseurs français de la corrida. Peut-être que c’est quelque chose qui se fait plus en France qu’en Espagne ?
Sinon j’ai vu le film à une séance présenté Emmanuel Burdeau et il disait avoir un peu parlé de ça avec Serra qui lui disait qu’il y avait un amour intense de l’animal de la part des toreros. C’est aussi quelque chose de présent dans la mythologie de la corrida, le respect qu’il y aurait des toreros et du spectateur pour le taureau brave (tout est dans le nom). Sauf que dans le film on a l’impression que c’est tout le contraire et c’est vraiment troublant. Alors peut-être qu’il y a autre chose à voir derrière ses insultes et le dégoût qui ressort de celles-ci, l’absurde de la situation pourrait faire ressortir une animalité primitive chez Roca Rey et sa troupe, qui parleraient du taureau comme on parlerait d’un type avec qui on vient de se bagarrer, en l’insultant mais en étant en même temps content d’avoir pu se battre avec lui.
C’est juste une hypothèse et je suis pas encore fixé sur cette question, mais c’est vrai que ce qu’a dit Burdeau lors de la présentation a ouvert cette piste difficile à arpenter-
Mélanie
InvitéOui dans le film ça semble le contraire : on se raconte que le taureau est mauvais (pour justifier la chose ?) (pour jouer à se faire peur ?), avec 3 fines insultes en boucle pour se stimuler
Mais peut-être n’entendons-nous là que ceux qui lèvent la voix…-
Malice
Invitéquand je me bastonne avec mon chien je lui balance parfois des insultes qui sont en fait des mots d’amour mais ma comparaison est peut-être abusive ( et je n’ai pas vu le film de Serra)
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Carpentier
InvitéLe taureau est juste amené seul, face à une équipe, qui sait pourquoi elle est là, elle, qui l’insulte, pour se galvaniser, par esprit d’équipe, parce qu’à plusieurs on est encore plus con – rions un peu – pour s’en payer une bonne tranche (jeu de mots de vieille) et pour se prouver que pas la peine d’être un putain de gros taureau de fils de pute pour prouver qu’on a des grosses couilles : aaaah l’amitié d’équipe, comme c’est beau.
Tant qu’on s’raconte qu’on en a entre les jambes, à mort cette grosse merde de taureau.
En voilà un chouette Collectif. -
Carpentier
Invitérires
Serra confirme que lorsque le taureau est plus aimable
les toreros auraient un autre comportement (comprendre s’approchant d’une sorte de respect, en gros, vis à vis de l’animal) mais là, le hasard a fait qu’ils ont dû tourner dans de grosses arènes avec des taureaux compliqués
C’est donc ça,
rires,
olé
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Carpentier
Invitésacrés français
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Carpentier
Invitéet la viande, stressée et nouée à minima, marquée par le calvaire en tout cas, finira dans des barquettes sous-vide? chez des bouchers qui la maquilleront? chez des discounters? dans des conserves étiquetées ‘ fiers de nos régions ‘ ?
ou chez Action, à coté de toutes ses choses si chouettes et pas chères du tout?
Pauvres êtres, pauvres bêtes.
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Tony
InvitéLordon à Sortie de Secours il est vraiment impayable,son couplet sur les artistes,du côté de la vie et de sa source jaillissante c’est d’une drôlerie, merci Frédéric, qu’est-ce qu’on aimerait l’entendre plus souvent!
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Carpentier
Invité– me restituerais le passage, stp?
je vais ré-écouter en partie aussi pour mieux piger ce truc du fascisme, de cette tendance que certain.es relèveraient chez Serra, c’est bien ça?
bon,-
Tony
InvitéC’est vers la dixième minute,il ridiculise une certaine bourgeoisie culturelle,de gauche,qui passe son temps à vouloir se distinguer en valorisant tout ce qui pourrait ressembler à du subversif.
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Carpentier
Invitéok, merci, en première écoute, je suis allée direct au docu de Serra
je vais voir ça
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mathieu
InvitéJe l’ai quand même trouvé assez juste sur le passage autour de la « vérité ». Il a bien repéré ce point central du film et il en parle très bien
En revanche, de Sortie de secours en Sortie de secours, je suis toujours plus stupéfait de la régression de Momcilovic en tant que critique. Quand je l’ai découvert dans les années 2010 au Cercle, j’aimais son dynamisme et ses analyses matérialistes. Dans mon esprit, il était un peu un héritier de François. Là d’émission en émission, je le vois se damienaubeliser: il préfère ses idées sur le film au film lui-même. C’est d’ailleurs fou comme il ne cite ja-mais un plan ou une scène du film
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Ostros
InvitéFrançois, qu’as-tu pensé de Tardes de Soledad ?
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François Bégaudeau
Maître des clésprochaine GO dessus
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Carpentier
Invitéen attendant, ce qu’en pense Albert
il s’étonne encore que Andrés Roca Rey ai accepté tout de suite de faire le film, intéressant ça
et dit leurs inquiétudes respectives au final, l’un pour ses performances l’autre pour son film, d’où negociations/bras de fer parfois pour qu’Andrés porte le micro sans fil
chouette de ré-entendre un extrait d’ailleurs et bien sûr, d’écouter Serra de ce travail-
Carpentier
Invité* parler de ce travail
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Mélanie
InvitéLe film m’a fait penser à ma conso de viande, parce que j’ai eu le réflexe de dire, la corrida c’est mal pour les animaux c’est n’importe quoi, et après jai pensé à la vie et à la mort des animaux d’élevage, que je mange, à leur nombre, et je n’étais plus trop sûre d’être en position de critiquer la corrida
D’autres que moi tuent des bêtes que je mange
J’ai lu sur Wikipedia que ceux chargés d’achever les taureaux (le couteau dans la nuque) étaient avant des employés de boucherie ou d’abbatoir
Tout ça me fait penser aux gestes dans les abattoirs – que j’ai encore moins envie de regarder – qui me concernent +-
I.G.Y
InvitéAssez d’accord. Le problème qui m’a sauté aux yeux au visionnage, c’est davantage la spécificité de la corrida dans ces pratiques de souffrance animale, à savoir entre autres :
— La mise en spectacle (c’est-à-dire plus qu’un simple rituel)
— Une mise en spectacle soi-disant respectueuse de l’animal, presque à sa gloire (comme ça a été noté dans des commentaires plus haut), alors qu’on voit tout autre chose ici. Je veux bien que les innombrables insultes entendues à l’égard du taureau soient le fait de la peur, mais ça ne peut pas suffire à le justifier, il n’y a pas que ça, pas du tout. On sent une volonté profonde d’établir la supériorité de l’homme sur l’animal. Glorification de l’homme, glorification du mâle.
Et il faut bien dire (j’en ai honte mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti) que c’est sacrément con, un taureau. Ou disons que son conatus est un poil polarisé, voilà (Ostros parlait de malédiction, c’est assez juste. Comme nous tous, mais en pire).
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Claire N
InvitéIl semblerait tout de même que Serra soit actuellement instrumentalisé par une drôle de campagne dans laquelle ses avocats semblent lutter pour la dénomination documentaire / film
Avec à la clef de lourdes amandes qui ( cf jurisprudence j bond ) touchent les films dans lesquels des animaux meurent réellement-
Mélanie
InvitéTu as des détails ou des infos sur cette campagne ?
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Claire N
InvitéC’est une nouvelle du jour
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Carpentier
Invitébien noté, en écoutant l’émission franceculture partagée ce matin, qu’Albert dit ‘ film ‘ quand il parle fluide
Il parle de docu, au début, quand la journaliste lui demande l’origine du projet de docu, puis ensuite c’est le mot film qui lui vient lorsqu’il parle clairement, pour moi, et longuement de son travail ( j'<3 x 2 )
On est quand même régulièrement emmerdé dès qu’on fait un truc dans ce monde, non?
ou c’est juste que je vieillis sacrément?
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Carpentier
InvitéComme nous tous, mais en pire).
rires
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Claire N
InvitéHihi j’avais posé une ligne ici
Pardonnez moi etc -
Carpentier
Invitérires
Et il faut bien dire (j’en ai honte mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti) que c’est sacrément con, un taureau. Ou disons que son conatus est un poil polarisé, voilà (Ostros parlait de malédiction, c’est assez juste. Comme nous tous, mais en pire).
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Claire N
InvitéEt bien aujourd’hui j’ai été pire que pire sur la cape que j’attendais
Tellement à fond dans la journée que lorsque
L’on m’a passé un appel de la gendarmerie j’ai cru à la blague
Mais la réalité est bien bien plus farceuse-
Carpentier
Invitéta cape d’invisibilité?
ok, enfin, tout s’explique.
Enfin soulagée,
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Carpentier
InvitéPsychologie de comptoir à propos des toreros : )
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Claire N
InvitéRire
C’est marrant pour le moment je les verrai plus comme ça Mano negra -
Carpentier
Invitéje cherche le morceau qui met en musique le récap des productions commises par le Collectif Othon ( vidéo publiée sur la page facebook de Cause perdue) avec pour parole clef ; )
’ c’est elle ou moi ’ , truc comme ça
Si qqn.e,
Merci-
Carpentier
Invitéen attendant, je fantasme qu’ils (s)’ excitouillent plutôt en traitant le taureau de fils de punk
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Claire N
InvitéRire
Bon maintenant lache ce laser à lumière
Rouge Carpentier sinon je ne pourrai pas expliquer tout le bordel qu’on fout sur ce topique
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Ostros
Invité@Carpentier, la chanson que tu cherches c’est de Justine(s) et elle s’intitule Hors sujet. Sache que François préfère la version acoustique, il se peut donc que ce soit l’acoustique sur ladite vidéo. Mais je ne peux mettre qu’un lien :
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Carpentier
InvitéSympa, merci
je vois ça 👍
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Carpentier
Invitéallez, pour finir ce petit 1/4 d’heure musical à recevoir comme une petite illustration-pasdecôté léger, ballerines d’Andrès aux pieds:
Brel. chanson que je découvre grâce à franceculture(ceci-dit, pas de problème si besoin d’expliquer, je déclare rarement forfait – expliquer quoi d’ailleurs? – pas encore mise sous tutelle à ce que je sache, on redescend la muleta, on redescend merci)
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Carpentier
Invitéok, entre temps, lu que la viande de corrida serait une viande maigre.
C’est pas inintéressant non plus de regarder quels pays ont légiféré pour l’interdication de ces divertissements, la Catalogne, par exemple, comme le précise Serra, le Brésil, ai-je noté parce que ça m’intèresse.
Bon, de mon côté, dans le cadre de ma réduction de conso de viande, j’ai’découvert les lentilles corail et j’adore ça.
En espérant que celui de la mer au nord-est de l’Australie n’a rien à voir dans tout ça : D
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Malice
InvitéMerci aux gens qui ont recommandé « Passion » d’Hamaguchi
Je signale une belle scène de promenade, de jour, fumée d’usine en fond et une scène burlesque de douche forcée avec ( cerise sur le gâteau) l’acteur qui joue le prof de fac de « Contes du hasard »-
Mélanie
Invitéje vois qu’il est aussi sur mediatheque-numerique
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youvgotnoidea
InvitéUne très bonne scène de classe, et de très bonnes scènes de frisbee également pour les amateurs de sports de disque. Mais oui grande scène que celle de la promenade.
Tu n’as pas eu de mal à suivre les dialogues avec les sous titres anglais ?-
Malice
InvitéPas eu de souci avec les sous-titres, j’ai pu très clairement ne pas comprendre les personnages, surtout le fiancé qui ne sait pas qui il est, qui il aime ni ce qu’il veut!
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Malice
InvitéIl m’ a rappelé Gaspard de « Conte d’été »
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youvgotnoidea
InvitéAh cest marrant d’avoir pensé à Gaspard. J’ai un peu oublié par quoi est précisément agi ou traversé le fiancé mais je suis d’accord qu’il ne sait pas, qui il est, ce qu’il veut. Il s’est trompé lui-même en espérant que ça tienne, que ça passe.
Par contre Gaspard, si on peut lui accorder quelque chose, c’est qu’il sait, et même très bien. Ses choix et non-choix étaient totalement conscientisés et assumés, il savait qu’il n’était pas venu à Dinard pour retrouver Lena, ça c’est ce qu’il dit, mais qu’il était venu pour profiter de la plage et galocher des filles, ce qu’il fait, ce que son corps a passé 3 jours à faire.
Ensuite, il savait aussi ou peut-être avait-il besoin de se le rappeler, qu’il préférerait toujours se garder le champ des possibles ouvert que de s’enfermer ; que les relations amoureuses n’étaient pas ce qu’il préférait le plus dans la vie.
C’est simple, s’il ne savait pas, il serait resté à Dinard avec Margot, avant de s’enfuir en douce 2 mois plus tard, réalisant sa grossière erreur.-
Malice
InvitéCe que j’aime dans « Passion », c’est que
( attention spoil)
il me semble impossible de savoir si la fin heureuse des fiancés en est une. Est-ce que leur dernière conversation a réveillé leur amour ou est-ce qu’ils se leurrent ? Assiste-t-on au triomphe de l’amour au long cours ou à une capitulation?
Je ne pense pas la même chose que toi de Gaspard, pour moi il est comme une balle de flipper rebondissant de fille en fille, qui se raconte qu’il fait des choix quand il est bien plutôt entraîné par les occasions qui se présentent, sa libido, ses sentiments. J’ai le souvenir, un été de mon adolescence, d’avoir fini par saouler une confidente en tenant sur plusieurs mecs potentiels les mêmes genres de discours que Gaspard ( « c’est lui le bon » « non finalement c’était l’autre depuis le début » blablabla)-
youvgotnoidea
InvitéOui mais Gaspard n’est pas une adolescente…
En vrai je suis conscient d’avoir un poil exagéré sa clairvoyance, mais c’est pour dire qu’il n’est pas aussi naïf, ingénu, voguant au gré de ses sentiments et rêveries, qu’il n’y parait. Il y a un peu de malice dans ce garçon, d’ailleurs Margot le lui fait plutôt bien remarquer ^^
Il semble bien plus conscient de ses préférences naturelles, de son propre fonctionnement, que le fiancé dans Passion.
La preuve étant qu’il n’hésite pas à prendre des décisions dégradantes pour lui, qui viendraient dégrader, réduire ses opportunités de jouir, de moins profiter de ce que lui offre la vie.
Il n’hésite pas à abandonner Solène. Tu en connais beaucoup des garçons qui auraient refusé d’accompagner Solène à Ouessant ? Elle a l’air d’être le genre de fille qui te montre tout ce qu’il y a à voir, lors de ces regrettés étés de l’adolescence.
Aussi il se leurre beaucoup moins sur lui-même, sur ses besoins, sur l’amour. Il ne fomente pas tant d’illusions que ça, il ne se fait pas de films, malgré la sur-complicité avec Margot, ils sont comme faits dans le même bois, pas de plans sur la comète. Le moment venu, il saura saisir la porte de sortie qui vient (une histoire de clés à Rennes ? de mémoire)
Il semble à peu près en tout temps, le propre maitre de sa maison, à qql rares divagations près, aussitôt desquelles il sait très bien se ressaisir, et faire le choix qu’il faut, pour lui.-
Malice
InvitéLe rapprochement que je faisais entre Gaspard et le fiancé d’Hamaguchi tient surtout dans le fait qu’on ne peut pas savoir si leur choix final est celui qui leur sera le plus profitable. Ce sont deux personnages qui me font sentir le vertige contenu dans la prise de conscience que, quoique je choisisse, je ne peux pas savoir au moment où je choisis si je ne m’aveugle pas ( que ce soit mon instinct ou ma raison qui me trompe).
A la fin de « Conte d’été », une partie de moi se demande toujours si Gaspard n’a pas raté une très belle histoire d’amour avec Margot. J’ai lu dans une interview Rohmer dire qu’aucune des trois filles n’était la bonne pour Gaspard mais une petite inquiétude planera pour moi à chaque fois que je verrai le film. Mais peut-être parce-que tout choix – même le plus judicieux – nous restreint et qu’il n’y a rien à faire contre ça, ce qu’ont très bien compris Hamaguchi et Rohmer.
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Ostros
InvitéAlbert Serra à Libération, le 25 mars 2014 :
L. : Qu’est-ce qui vous fait détourner les yeux de l’écran ?
A.S. : L’embarras face aux clichés ou la médiocrité d’un film, surtout s’il est réalisé par quelqu’un que je connais. En revanche, j’adore la violence et les meurtres d’animaux dans les films.-
Carpentier
Invitéaffûté, Monsieur Serra,
et en plus il est drôle:
Albert 👋 épouse-moi!-
Ostros
InvitéMalgré la grande violence de ces plans de meurtres de taureaux et l’amoralité du réalisateur à les filmer, il persiste que ces plans sur ces taureaux épuisés, torturés, agonisants et tués puis traînés dans la poussière, sortis du champs, permettent comme sans doute la toute première fois dans l’histoire de la corrida, de les voir.
Eux qui sont méjugés par les participants et le public, insultés, traités en marionnettes puis ignorés, Serra leur rend cet hommage là, de les regarder, jusqu’à la fin et de les donner à voir comme jamais ils n’ont été vus, c’est à dire objectivement et longtemps. Comme un oeil dénué de toute appartenance et de toute croyance.-
Carpentier
Inviténous sommes d’accord
comme tu sais
et sonEn revanche, j’adore la violence et les meurtres d’animaux dans les films
me fait rire,
il persiste et signe
et a donc bien raison.
J’espère qu’on s’est compris.e dis-moi?
Mes lignes enthousiastes et à contenu d’après visionnage, dimanche, apparaissent bien ?
on finirait par en douter,
prêcher des convaincu.es, même si le Maître des Clefs dit volontiers, qu’en fait, on ne fait jamais que ça, parfois, quand il fait soleil, c’est superflu
Vive Albert <3
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I.G.Y
InvitéAutre émission qui je crois n’a pas été citée : Serra dans Plan Large du 29 mars sur France Culture, qui revient largement sur le film, et notamment sur le fameux absentement du public (vers 31min), sur la question de la relation entre « l’arbitraire absolu » artistique et le documentaire, etc…
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Claire N
Invité« Serra leur rend cet hommage là, de les regarder, jusqu’à la fin et de les donner à voir comme jamais ils n’ont été vus, c’est à dire objectivement et longtemps »
Je trouve aussi et peut etre ajouterai je : sans dégoût ou quelque chose de cet ordre qui lorsque c’est assez pour nous, fait détourner l’œil alors que la limite n’est malheureusement pas en notre œil – une certaine façon de repousser cette solitude des agonisants avec force-
Carpentier
Invitéou encore, dit autrement ( en bis de la radoteuse:)
…. et pourtant c’est devant chaque taureau à terre que je n’ai pu m’empêcher de baisser les yeux, honteuse devant ce divertissement, cet amusement;
Mes larmes c’est pour chaque taureau qu’elles ont coulé, leur impressionnante majesté amenée par leurs éleveurs à maturité pour des jeux humains d’arène;
ce n’est pas pire que de les élever pour qu’on les boulotte peut-être mais voilà, c’est ainsi, ça me bouleverse. /…
Certain.es le disent dans les 24h qui suivent la découverte du film/docu, d’autres au bout de 4 jours, puis d’autres peut-être dans une semaine ….
Vis ton rythme Sister & Brother
et une ‘ belle soirée ‘ 😁-
Claire N
InvitéBien sûr nous avons tous un cœur et au final peu etre oui que nous disons tous la même chose
Cependant en l’espèce le lien était plutôt centré sur le sens « saturation « du dégoût que j’essaie d’exprimer et que le dégoût me « bloque « une réalité qui concerne un autre vivant-
Carpentier
InvitéCe fut échangé aussi dimanche,
il n’empêche que tu fais bien de le rappeler
très belle soirée
ainsi qu’un bel appêtit 😁-
Carpentier
InvitéDe ce fait, je repense à la fiction de Serra sur la mort de Louis XIV; parmi les personnes qui l’ont vu, quelqu’un a-t-il le souvenir d’avoir eu des difficultés devant certaines séquences?
Et, plus précisément, Serra livre-t-il avec attention et précision, plein écran, le dernier souffle du roi? (sachant que c’est joué, oui, pas le même regard sans doute mais, Serra étant le magicien qu’on sait, j’imagine qu’on peut être happé)-
Ostros
InvitéJe ferais plutôt une comparaison avec l’égorgement du taureau dans Bled number one et quelques scène de Dans ma tête un rond point, pour ce type d’acte d’abattage et la façon de les recevoir.
Et avec Pacifiction pour la lenteur, le rythme hypnotique, les plans très larges.
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Claire N
InvitéT’es à deux doigt du cordialement la
J’ai zappé la version intégrale vraisemblablement-
Carpentier
Invité; D
Hommage à bref 2 (autre topic) -
Carpentier
Invitésinon sur arte: Alice et le maire
et pour mémo, si on sait pas: il y a une G.O. dédiée en +
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Kirilov
InvitéEntre littérature et cinéma, je ne sais pas trop où mettre ça, mais quelqu’un a-t-il vu passer la parution d’un ouvrage de Frédéric Mercier et Christophe Chabert sur Soderbergh, Steven Soderbergh, les années analogiques – volume 1. Paru le mois dernier.
Mercier chroniqueur chez Transfuge je situe un peu, moins Chabert. Ça me semble être plus une biographie qu’un travail érudit, j’ai du mal à situer.Je sais qu’on aime ce cinéaste par ici, alors si ça intéresse. Je ne pense pas avoir le temps de le lire, mais intéressé par un retour.
Je mets la quatrième de couverture : « Depuis son apparition fulgurante en 1989 avec son premier film, sexe, mensonges et vidéo, Palme d’or à Cannes, Steven Soderbergh s’est placé au cœur de tous les enjeux esthétiques et industriels de son art. Modèle pour un nouveau cinéma indépendant, styliste brillant au cœur du système hollywoodien, expérimentateur de formes radicales, pionnier du numérique comme outil de mise en scène mais aussi comme mode de diffusion, il a construit une œuvre dense, complexe et visionnaire dont la singularité et l’importance restaient encore à mesurer. Dans ce premier volume, de ses années de formation jusqu’à la révolution de Che, on assiste à l’ascension sinueuse de Soderbergh, ses succès et ses échecs, ses doutes et ses intuitions, mais aussi sa mue en chef-opérateur, monteur et producteur de ses propres réalisations. Film après film, cette monographie fait le portrait d’un homme drôle, lucide et brillant, qui montre comment l’économie modifie la réalité, en inventant sa propre économie de cinéaste. »-
Seldoon
InvitéPour écouter Mercier parler de Soderbergh, je conseille son intervention Microciné avec François : https://youtu.be/qEQp8mOGpho?si=qlebjDgnDKqT5NJH
Il m’avait convaincu d’avance d’acheter ses deux volumes. -
Younès
InvitéC’est un livre total et fleuve, le bienvenu dans un pays qui sous-estime hautement le travail de Soderbergh.
Il y avait eu déjà le livre de Pauline Guedj « Steven Soderbergh. Anatomie des fluides » en 2021 qui permettait une bonne vue d’ensemble du processus de création de Soderbergh, en moins de 160 pages.
Ce livre de Mercier et Chabert est vraiment précis, nécessaire. Il s’intéresse davantage aux films, avec des analyses très précises. Biographie, monographie : c’est un livre complet sur son oeuvre.
Les chapitres sont consacrés aux différents films, avec des transitions et une certaine continuité.
Je recommande et attends impatiemment le deuxième volume.
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perové
InvitéAIMER PERDRE !
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Manoar
InvitéLordon a tout dit quand il explique que c’est le genre de film « trash » (mais bien sage) qui émoustille la bourgeoisie. Au-delà de ça, c’est mal filmé, mal rythmé (quand on fait de l’humour, ça parait important) et l’actrice principale cabotine à gogo.
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tristan
InvitéJe souhaite de tout mon cœur d’humaniste torophile que les toreros CREVENT tous d’un coup de corne imprévu, les uns après les autres.
Et qu’ils jouissent de cette mort d’une infinie douceur car infamante, sous l’œil des voyeurs crétins qui paient pour zyeuter cette lutte, ô combien inégale.
Le fauve, nous le savons, c’est l’Homme. Et les abrutis aficionados des corridas ne valent pas mieux que les asiates amoureux de combats de coqs ou les fdp d’halaleux qui découpent des animaux encore vivants.
Combien d’accident du travail chez les toreros ? Combien de bêtes mortes ? Combien de matadors morts ?
À vomir….-
Claire N
Invité« Je souhaite de tout mon cœur d’humaniste torophile que les toreros CREVENT tous d’un coup de corne imprévu, »
C’est étrange de désirer quelque chose qui peut se dérouler dans une corrida
ET de vouloir crever ses aficionados-
Claire N
InvitéAprès je comprends le sentiment d’une certaine façon mais vraiment ça m’interroge comme affect
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Claire N
InvitéEt puis aussi, vois le film
Car vraiment même avec ses idées là
Quand le taureau charge réellement Andreas
Les idéalismes vengeur tombent-
Claire N
InvitéUn geste militant serait plus à mon sens d’empêcher que les taureaux arrivent à l’arène
Le film Okja de Bong Joon-ho me semble vraiment au cœur de cette problématique en passant
( Ostros avait évoqué il me semble ce film dans le fil)-
Carpentier
InvitéParaît qu’il suffit d’agiter un tissu rouge pour que ces gros crétins couillus te suivent:
on s’organise ça vite fait pour le week-end?
À la descente des bétaillères, on kidnappe les bestiaux et c’est réglé
Alors, on dit merci qui?
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..Graindorge
InvitéTardes de soledad a reçu la Concha de oro, prix doté de 30000€. Au 16 mars,en Espagne le film en était à 300000€ de recettes. Pas mal du tout
Comme je disais par ici, la corrida est vraiment en voie de disparition. Serra dit tout haut ce que beaucoup pense tout bas: il aime voir de la violence et du sang.
Et je ne doute pas de son talent d’artiste pour savoir y faire » Il est motivé et il aime son métier.
Ce documentaire, oui, fera archive d’un très vieux monde révolu bien qu’il existe encore. L’ homme confrontant la force d’un taureau pour souligner la sienne, ça va quoi, olé! Je crois que Serra n’en a rien à cirer ni du taureau ni du torero. Et si je n’ai pas encore vu le film, dans l’extrait, je vois bien que le torero est plus pathétique qu’autre chose. Le taureau lui a encore à souffrir un moment malheureusement et peut-être que le talent de Serra lui rendrait même service sans le vouloir en montrant sa souffrance en gros plan donnant encore des raisons aux protecteurs des animaux pour continuer ce combat déjà gagné, ce film contribuant, indépendamment de la volonté de l’artiste, à accélérer sa fin. Les aficionados trouveront alors d’autres choses ou passeront à un degré supérieur d’humanité.-
Seldoon
Invité« Je crois que Serra n’en a rien à cirer ni du taureau ni du torero. »
Bien vu, c’est l’exact opposé de ce que fait Serra avec ce film : il observe intensément le taureau et le torero. Se dégagent alors toute l’horreur, toute la noblesse, tout le ridicule de ce qui se passe dans cette arène.-
..Graindorge
InvitéOui dans sa vie Serra peut en avoir rien à cirer du taureau et du torero mais il a choisi ce sujet. » il observe intensément le taureau et le torero » Condition première + talent + professionnalisme = Serra
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Carpentier
Invitése dégagent alors toute l’horreur, toute la noblesse, tout le ridicule de ce qui se passe dans cette arène.
une belle situation pour en partie voir, se voir, à l’action, en tant qu’humain, oui.
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Mélanie
InvitéHorreur noblesse et ridicule, oui
Je suis presque touchée par l’infantilité de ces toreros
Ce « presque touchée » me paraissant possible parce que j’en suis suffisamment loin
Et grâce au calme total du film-
Stéphanie
InvitéOui ridicule et infantile j’ai senti cela aussi. Son regard habité proche de la folie parfois ( j’ai pensé au même regard que macron, yeux rapprochés ) .
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Mélanie
InvitéJe pense que ce qui pourrait me toucher c’est que le matador m’a semblé un jeune homme un peu seul dans une team plus âgée
Et qu’on voit des extraits d’une sorte de processus qui le fait devenir ce qu’il est
Tout en ayant des allures enfantines
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Carpentier
Invitéou se tourneront, pour les combattre dans l’inégalité et en public, vers leurs semblables humains?
ils remettront aussi en jeu des chasses à l’homme?
ce sera alors l’apogée des snuff movies et les chasses à courre se termineront dans les arènes avec, en alternance, le retour des combats de gladiateurs.
Trop hâte.-
Carpentier
Invitéces lignes autre hypothèse en suite du
Les aficionados trouveront alors d’autres choses ou passeront à un degré supérieur d’humanité.
de ..Graindorge
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..Graindorge
InvitéTu n’as pas à avoir hâte Carpentina: il existe d’ores et déjà une pléthore de jeux de chasse à l’homme et autres joyeusetés pour satisfaire. Me vient à l’esprit le Bowling for Columbine documentaire de Michael Moore inspiré du massacre d’élèves et enseignants par 2 ados inspirés eux-mêmes par un jeux vidéo » chasse à l’homme » Coup de folie, l’Amérique le permet avec la vente d’armes, ils l’ont réalisé dans » la vraie vie ».
Les aficionados des corridas trouveront autre chose. D’autant que la loi/ couteau à double tranchant, sur le bien-être animal est là. Ils achèteront peut-être le dvd de Tardes de soledad pour se rappeler du bon vieux temps et se le passeront en groupe le dimanche après la paella et un bon Rioja… Ou des jeux vidéos avec des robots créant une fausse corrida.
« Amusez-vous comme des fous, la vie passera comme un rê-ê-veu! »
Tardes de soledad c’est je n’en doute pas de l’art mais ici une unique séance à 21h. Et voir ça avant de me coucher mmmm… pas très chaude. J’attends la G.O et le D.V.D-
Carpentier
Invitéj’avais, je l’avoue, saupoudré d’un peu d’humour ces lignes
puisqu’en effet, nous avons, chaque jour qui nous est donné, moult exemples de ce qu’on peut faire de bien malfaisant aussi sur cette terre.-
..Graindorge
InvitéPas de soucis. Sincèrement, j’ai cherché et cherche encore s’il n’y a pas une séance moins tardive pour voir ce documentaire car en lisant ici et en ayant écouté Serra parler de son art, sa volonté d’honnêteté, en créant une œuvre la plus équilibrée possible sans parti pris. Lui même n’est allé voir des corridas que 2 ou 3 fois tout petit, en famille donc, c’est pas quelque chose qui l’intéresse. Ce que j’ai clarifié à Seldoon: il en a rien à cirer du taureau et du torero. Il s’y est interessé à partir du moment où il a décidé d’en faire un documentaire. Ni en faveur ni contre mais créer une œuvre d’art. Et là l’artiste met le paquet. Il a dit que le public du cinéma est encore mieux placé que le public d’une arène: il lui montre tout avec la plus grande honnêteté artistique possible
pour que le spectateur vive avec son corps cette chose : cette « poésie populaire »: une corrida.
Et de faits, en voie d’extinction-
..Graindorge
Invité*de fait
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Carpentier
Invitécomme, peut-être, on peut le comprendre, j’ai vu son Tardes de Soledad.
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Carpentier
Invitéet j’ai également écouté Serra (partagé un podcast france culture)
mais chuuuut
apparemment personne n’a vu mes posts
chuuuuut
dis le à personne-
Graindorge
Invitépas de soucis, pour ma part tout a été lu et écouté de tout le monde Carpentina.
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I.G.Y.
Invitérire.
Je constate que le film est aussi un bon sujet de débat houleux sur la position du documentariste (surtout si le documentariste est « vraiment » artiste comme Serra), sur les questions du réel vs. esthétique vs. esthétisation du réel. Notamment face à des personnes très politico-centrées. J’ai pu le constater hier. On peut déplier plein de choses et arriver à des points d’accord relatifs. Inutile de préciser à quel point les débats menés ici ou dans les GO voire dans CUM sont utiles à cette fin. Ils rendent une vraie discussion possible.
Et à ce propos, dans le podcast de Prisme, ce sujet est très longuement amené par l’un des débatteurs (des reproches en dandysme y ont été prononcés).
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I.G.Y.
Invité(reproches faits à Serra, je précise)
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Leny
InvitéBonjour tout le monde, j’avais déjà posé la même questions il y a quelques mois mais j’arrive pas à retrouver le post. Je cherche des livres à lire et j’aimerais que, en fonction de mes goûts ciné que je vais vous donner, vous m’en recommandiez. (pas rémunéré)
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J’adore :Hong Sang-soo
Guillaume Brac
Jonas trueba
Thomas Salvador (mon amour esthétique)
Thierry De PerettiPour info je cherche à commencer à lire donc svp pas des truc trop compliqué, donc je cherche pas forcément un truc dans le même genre que les films, mais c’est pour vous donner un ordre d’idée. un livre pas trop long aussi si possible genre 300 pages max la biz
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Carpentier
Invitém’appuyant sur mes ressources pro, je ne vois que
l’abécédaire de mimi cracra-
Leny
Invitépas compris
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Ostros
InvitéLeny, en remontant un peu les threads, on trouve facilement le tien, dont voici le lien.
Le thread date d’il y a un an et tu avais répondu à tout le monde qui t’avait fait des reco. Peut-être le mettre dans tes favoris ou prendre note des titres et noms d’auteurs pour t’éviter de relancer le sujet lorsque tu recherches ces reco ?Jamais lu et je cherche des livres qui ont le gout de ces film « naturalistes »
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Leny
InvitéMerci !! Je savais que c’était quasiment le même
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Ostros
InvitéJe t’en prie. Tu as réussi à te mettre à lire un peu depuis l’année dernière où ça n’a pas pris et tu re-tentes cette année ?
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Leny
InvitéAlors, non ca n’a pas pris et donc c’est pour ca que je reprend.
En un peu plus d’un an j’ai essayé :
Kafka la métamorphose (presque fini)
Bernanos Journal d’un curé de campagne (70 pages puis j’ai pas accroché)
Bernanos Les grands cimetières de la nuit (10 pages échec total impossible de concentrer)
Voyage au bout de la nuit (on me l’a volé à la plage)
Du côté de chez swann (15 pages puis jamais repris échec total)J’ai lu Ecce Homo de Nietsche mais je l’ai lu dans une posture « maintenant je lis de la philosophie »
J’ai sur mon bureau l’identité de kundera, phèdre de Racine, Le chant du monde de Giono. peut-être que je vais me metttre à un de ceux la
Pas pour faire le bandeur mais le seul livre que j’ai fini c’est Notre Joie d’un gas que j’ai oublié son nom.
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Younès
InvitéKafka je pense que c’est à retenter je pense.
Céline aussi parce que c’est grandiose.
Et pour Proust, je te conseillerais « Un amour de Swann » c’est la deuxième partie de « Du côté de chez Swann » qui, je trouve, est une bonne approche pour cette oeuvre très dense.
Cette partie regroupe plusieurs thèmes abordés dans La Recherche et fait environ 200 pages si je me souviens bien. Elle peut évidemment ce lire indépendamment.
« Un amour de Swann » est édité indépendamment chez Folio (à peu près 5 euros).-
Younès
Invité*désolé pour la répétition du « je pense ».
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François Bégaudeau
Maître des clésPeut etre devrais tu d’abord lire du contemporain. Tu as tout le temps de venir aux classiques ensuite.
Lis Vuillard, lis Chauvier, lis Quintane, lis Sorman. Par exemple. -
Leny
InvitéPeut-être une recommandations pour Joy Sorman ? Y’en a une vingtaine d’après ce que j’ai vu
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Malice
InvitéDe Joy Sorman je recommande « Boys boys boys » et les livres qu’elle a écrits sur des lieux : » L’inhabitable » et » Gare du Nord ».
ps il paraît que « L’inhabitable » existe dans une version illustrée de photos, si quelqu’un sait où je peux la trouver, ça m’intéresse ( ma médiathèque n’a que la version texte) -
Leny
Invitéok je vais lire ca
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Ema
InvitéJe suis d’accord avec ce conseil. Je reviens gentiment et sereinement à la lecture avec du contemporain, qui 1 : nécessite moins de difficultés pour accrocher dans la mesure où tout ce qui s’y trouve évoqué m’est relativement familier et 2 : ne fait pas ressurgir chez moi la même obsession de lecture performante héritée des années scolaire à étudier les classiques.
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Claire N
InvitéAh oui c’est plus précis
Essaye le filon Maupassant ? -
Carpentier
InvitéVoyage au bout de la nuit (on me l’a volé à la plage
rires
va lire sur les plages du Nord, la légende raconte que là-bas, seules les marées carottent les bouquins
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Younès
InvitéTu cherches des livres de « littérature », sur le cinéma en général ou sur ces réalisateurs ?
Je crains n’avoir pas bien compris… -
Claire N
InvitéDe souvenir dans les choses courtes et faciles à lire avec un petit côté onirique Murakami le recueil de nouvelles » des hommes sans femmes »
Hamaguchi en a tiré « drive my car » mais ce n’est pas un réalisateur que tu as cité donc je ne sais pas -
..Graindorge
Invité@Leny
Tu peux continuer là:
françoisbegaudeau.fr recos de bouquins 2
Je t’y ai fait une suggestion de livre-
Leny
InvitéMerci
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Graindorge
InvitéBen du coup vraiment de rien Leny
« mais j’arrive pas à retrouver le post. » Ostros a retrouvé le fil. Moi j’ai retrouvé Recos de bouquins 2 mais tu as raison de rester dans celle-ci, les fauteuils au cinéma sont toujours plus confortables. Bons visionnages et bonnes lectures
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Mais moi c’est léo
Invitéle dernier Brac est très bon d’ailleurs. j’ai relevé cette pensée qu’exprimait en voix off une fille de la première partie, qui montre des lycéens engagés à gauche : « parfois j’en veux un peu à mes parents de m’avoir jétée dans un monde qui va aussi mal. Ils avaient la lucidité sur l’état du pourtant, mais ils m’ont quand même fait »…
grand nihilisme. grande erreur : celle de croire que le monde a été corrompu, qu’il fut un moment à peu pres un paradis (on ne sait bien quand) et qu’il se transforme sérieusement en enfer. Pensée qui n’est pas de gauche, la gauche ne pense pas en termes de corruption. Pensée qui repose sur un nihilisme si fort qu’il renoncerait à la vie. Cette pensée est si puissamment morbide qu’elle est inévitablement une force de droite
et ce qui est drôle, et beau, c’est que peu de temps avant ils avaient collectivement conclu que les forces de droite en détruisant le vivant étaient essentiellement des forces de mort, et qu’elle nous menait à « un suicide collectif ».
à la fin des années passées entre amis le nihilisme nous gagne, car la force nous quitte, car la joie nous quitte, car on devient triste, nostalgique.
dans la deuxième partie la fille qui quitte son ami en veut également à la vie. elle finit par se dire que de toute façon l’amitié ne vaut pas la peine d’être vécue car elle finit inévitablement par cesser. Désormais elle veut donc s’en tenir à la famille. et voilà, encore une fois la droite est une décadence de la volonté de puissance
tres beau film, de grands portraits de filles, une très belle captation de la vie, de la mort, de la gauche et de la droite. de belles amitiés. une grande intelligence humaine. un progressisme d’une garnde évidence et d’une grande clarté, qui va jusqu’à saisir la beauté de tiktok comme amour de la forme, mise en valeur du corps, enjeu de séduction (voir une des plus belles scènes entre un garçon et une fille où il est question d’un tiktok : tu vas percer, tu danses bien… il veut la voir pendant les vacances avant de se perdre définitivement de vue apres le lycée… C’est une très grande scène, en un plan, fixe, où le garçon est pris de biais, dans le dos, où la communication accroche, est gênée, profondément juste et belle, fébrile, humaine). un plan aussi absolument magnifique entre des zadistes et des policiers, dominés par un arrière plan composé de montagnes sublimes et impassibles. il filme vraiment le tragique, et ces conversations :
– si c’est sûr on va se perdre de vue, on va pas dans la même ville on va plus se voir et on sait tres bien qu’on se parlera plus
– mais si si on se parlera et on se verra, on se parlera dès qu’on pourra
– oui oui, une fois par mois, donc on ne sera plus amiesbeaucoup de vérité beaucoup de beauté. je n’ai pas vu tous les films de Brac mais celui-ci est pour l’instant mon préféré
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François Bégaudeau
Maître des clésje n’ai pas le meme enthousiasme
j’ai l’impression que Brac, filmant un singe, parviendrait à me le rendre inintéressant-
Mais moi c’est léo
InvitéS’il filmait un singe il arriverait à te le rendre inintéressant ? En fait c’est sa manière de filmer qui te plaît pas ou c’est ce qu’il montre ?
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Leny
InvitéMoi aussi j’ai adoré le dernier, on voit vraiment ce qu’il veut faire et qu’il répète de partout : filmer la jeunesse qu’il n’a pas vécu, en tant que petit bourgeois écrasé par l’idée de garder son statut social ). Faut savoir que Brac a fait HEC et qu’il a détesté, que sa jeunesse très sérieuse et studieuse . Ducoup dans tout ces films il essaie de revivre ce qu’il a selon lui râté (selon ses propres mots), même si il a tout de même fait la Fémis. Ca a des qualité et defauts : il filme souvent le même type de jeunesse d’été, joyeuse, pleine de libido. C’est bien, c’est beau, le problème c’est qu’on voit assez peu d’autres aspects de la jeunesses des 10 autres mois de l’année, assise 8h-18h 5j/7. Mais j’avoue que dans son dernier film, il sort un peu de ces habitudes, même si c’est presque les vacances, on est bloqué au lycée. Et contraîrement à son A l’Abordage, le film se finît pas une rupture, pas une réconciliation. Et comme tu l’a dis Léo on peut voir pas mal de choses tragiques et drôle en même temps : la fin des amitiés de lycée, les choix d’orientations foireux en socio avec la maman au téléphone…. Après on Brac, n’ayant probablement jamais trop eu de conflictualités matérielle dans sa vie (supposition bien sûr), il en filme assez peu. Et le choix de filmer un groupe de classe moyenne blanche de ce lycée Blanc dans la campagne dans le sud Est ca rentre dans ce cadre : les petits qu’ils filment n’ont pas trop de problèmes autre que de devoir aller à la fac. C’est un peu comme bande de filles de Céline Sciamma mais version whitos, avec moins de conflits.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne te convaincrai pas sur Brac. TU aimes, j’aime pas, ok Mais dire que la jeunesse filmée ici est « pleine de libido », ca c’est objectivement faux. Brac éteint tout, y compris ça. Nous avons là un internat d’ados et il n’est JAMAIS question de cul en une heure. C’est une performance. Une sorte d’antipode de Kechiche.
Brac ne veut pas voir ce sexe qu’il ne saurait voir.. Le sexe c’est trop cru pour lui. Trop vivant
C’est pour la même raison qu’il ne filme jamais le conflit, ou le désamorce. Trop de vie dans le conflit
Brac a détesté HEC mais a gardé de sa classe cette sorte de déficit vital qui parfois la caractérise.-
Pout
InvitéJ’ai eu l’occasion professionnelle de me retrouver trois fois devant le dernier film de Brac. Une chance ? À chaque visionnage, le film baissait d’intensité, s’épuisait. Autour de moi, il y avait un enthousiasme bracien, surtout de la part des adultes pour la plupart exploitants de salles. Je note également qu’une classe de lycéens présente a peu apprécié l’objet, supposément miroir de leur existence.
Je trouve que Brac fabrique toutes les conditions inhérentes à la bonhomie, à une jovialité benête. Il expulse en voix-off (sans doute parce qu’il ne parvient pas ou ne souhaite pas le montrer) les drames de ces jeunes vies. À un moment, la jeune fille qui revient sur le décès de sa sœur, exprime le fait que personne n’est prêt à entendre la tristesse qui est la sienne et la violence de cette disparition. J’ai l’impression que Brac se situe lui aussi à cet endroit-là : il répudie le conflit frontal (souvent présent à ces âges-là), éteint les tensions sexuelles (souvent présentes à ces âges-là). Brac forme des bulles apaisantes grâce à ses films où, ici les jeunes parlent de leurs familles sans appréhender les habitus de ces dernières, sans les montrer, puis il fait de l’école un endroit qu’il ne désire pas montrer non plus, un espace quasiment sans enseignant, certainement sans enseignement, là aussi sans en montrer les mécanismes et les influences sur ces jeunes. C’est finalement un cinéma assez édulcoré.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe souscris
Je virerais juste le « assez » final. -
Mais moi c’est léo
InvitéJe vois très très bien ce que peut être le braquisme, cet îlot sans problème etc, mais franchement je l’ai pas vu au cinéma, je l’ai pas vu. J’ai vu au contraire pas mal de problèmes. Pas très graves mais des problèmes d’ados comme ça. Les conflits avec la police sont pas violents, il faudrait le regretter ? Les conflits avec l’école s’adoucissent directement faudrait le regretter ? La manière dont réagit le corps enseignant à leurs bêtises est la réaction structurellement apaisée de la direction d’un établissement normal face à ce genre de bêtises. La réaction du directeur totalement ridicule en disant qu’il a chaud dans son costume tout moche et bas de gamme mais que VU QUE JE SUIS DIRECTEUUR, VOUS COMPRENEEEZ, et qui fait la remarque mine de rien au pantalon troué de la meuf. Ce conflit là est doux, mais on le sent, exactement comme on faisait dans mon lycée quand il ne s’était pas encore fascisé au point où les trous dans les jeans étaient formellement interdits. Le conflit final entre les deux copines, il n’est pas édulcoré. Le film ne se finit pas bien. La meuf part en pleurant dans son train, et pas de joie, elle sait qu’elle verra plus sa pote. C’est joli ça ?! C’est tout rose et tout sucré ? Je sais pas, pourquoi pas hein, moi je trouve ça beau, et déjà je me réjouis que le film documenté ça, montre des filles de cette classe sociale populaire dans ces années, filme pendant 1h et demie du réel, pendant 40 minutes du franc parlé. Étant trois ans plus vieux qu’eux je note que le film m’ plu. Peut-être que je sais tellement pas ce que c’est la vitalité que je crois en avoir vu, ou peut-être que voulant radicaliser des défauts objectifs du braquisme vous visez le isme et pas le film, parce que pour dire qu’il éteint tout et qu’il y a pas de vie la dedans je trouve ça juste abusé. La scène dominos de lits vous paraît nulle et non avenue ? La scène où des meufs se carapatent de leur dortoir pour rejoindre les mecs c’est tellement un déficit de volonté de puissance que ça vous ennuie à mourir ? La scène où tout le monde se réunit pour voir quelque chose que tout le monde sur place jugent dégueulasse mais veulent voir quand même vous trouvez pas ça intéressant ni amusant ? Et si le déficit vital était sur ce coup là dans votre réception du film ? Pourquoi pas ? Moi je trouve que le film filme des corps en mouvement, peu disciplinés, ça c’est quelque chose de factuel et de concret. Je vois des gens qui rigolent, qui pleurent, je vois des corps. Oui on filme pas les gens en train de plancher à part cette belle scène (encore une) où on voit les meufs feuilleter l’anal du bac de philo en se demandant comment elles allaient faire pour répondre à des questions aussi abstraites et compliquées, puis en fabricant comme elles pouvaient un début de réponse pour se rassurer. La veille du truc. Résultat des courses on voit la sortie de l’épreuve : un mec dit pfwouais je vise 8, d’autres disent 10, fin bref la vie quoi. On voit des jeunes sains, des jeunes pas déjà vieux, des jeunes pas sérieux. Ça vous va pas ? La scène avec la mère au téléphone tu fais bien de la relever Lenny elle est super. La mère : ça ouvre des portes ton affaire ? Elle : ah bah ouais carrément ouais ça ouvre des portes » mdrrr, si ça c’est pas intéressant ok je veux bien mais quel autre documentaire actuel filme ça ? Moi je veux voir des films qui font ça, qui filme pendant une heure et demie des meufs de mon âge aussi longuement aussi naturellement. Les plans sont fixes, et un plan les plus belles scènes sont réglées. Elles durent. On voit de la vie qui s’incarne. Que demander de plus ? Le film ne voulant pas s’intéresser à la discipline centrale qu’est l’école mais à la vie qui se fabriquait tout autour n’a pas filmer l’école, oui, et alors ? Je vois vraiment pas le problème.
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Mais moi c’est léo
InvitéDésolé pour les fautes, et me relisant je rajouterais jeunesse sérieuse et pas sérieuse, exactement comme la vraie jeunesse.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe vois que tu as renoncé à dire que le film était gorgé de libido, c’est déjà ça. Je n’étais intervenu que là-dessus
Pour le reste, que dire? : on touche à une expérience physique. Tous les plans de Brac, depuis le début de son oeuvre, me paraissent sans chair. A toi non.
Tout ce que je peux faire, c’est éventuellement t’aiguiller vers du documentaire qui n’a pas peur du vivant.-
Mais moi c’est léo
InvitéJe n’ai pas renoncé à dire que le film était gorgé de libido car je n’ai jamais prétendu ni pensé ça, c’est Lenny qui a dit ça, mais je comprends que tu confondes vu qu’on a tous les deux beaucoup aimé. Je reprécise que je connais très mal la filmo de Brac dont j’ai pas trop aimé à l’abordage, sur le manque d’incarnation des ses films je me prononce pas mais sur celui-là oui effectivement je les trouve très incarné. Conseille-moi des documentaires qui n’ont pas peur du vivant mais sur le même sujet, parce que sinon c’est facile.
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Mais moi c’est léo
InvitéEn tout cas sur le cinéma édulcoré on saura toujours pas en quoi il l’est. Les conflits se passent exactement comme dans la vie.
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stephanie
InvitéJ’ai découvert Brac « A l’abordage » et « Tonnerre », j’ai aimé les va et vient entre drame et comédie, une certaine légèreté qui fait du bien. Par contre, sur les doc. je suis plus mitigée. J’ai vu et rencontré Brac lors de la diffusion » ce n’est qu’un au revoir » suivi de » un pincement au cœur » pour l’un la jeunesse bourgeoise en internat et l’autre, Hénin-Beaumont lycée pro.
D’un côté, des ado militants, préoccupés par l’écologie, lisant…et l’autre, des ado filmés sur leur tél, qui dansent sur Tiktok , angoissés par leurs avenirs, une vision assez déprimante. J’ai posé la question à Brac de ce choix, intention ? sans réponse.
Ça m’a laissée perplexe.
Je vous rejoins sur son cinéma édulcoré sucré que je continuerai à voir.-
Mais moi c’est léo
InvitéFilmer l’angoisse de l’avenir c’est édulcoré ? Je ne comprends pas.
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Par ailleurs je ne vois pas quelle vision le fait de montrer la différence entre les classes sociales serait déprimante. Oui la jeunesse de lycée prolo c’est ça. Si ça te déprime c’est clair qu’on a pas la même sensibilité, moi j’ai eu le sourire jusqu’aux oreilles tout le long. Je trouve belles ces deux filles, magnifiquement belles (pas physiquement hein je précise).
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Leny
InvitéPour le dernier docu je suis d’accord quil a complètement omis de s’intéresser au cul. Alors j’avoue que pour le reste de sa filmo je comprends pas. Mais peut-être qu’en rematant les films je comprendrais. J’aimerais qu’on prenne l’exemple d’à l’abordage. Dans le film, tout est question de cul. Tu as raison, l’acte sexuel on ne le voit pas. En revanche, le désir est omniprésent. Mais parce-que les gens qu’il filme, peut être à son image, sont pas des bon dragueurs,donc pas des » baiseurs.e »au final. il suffit de voir ces scènes de canyoning ou la fille veut se faire aider par le guide pour rendre jaloux une autre fille, ou la scène dans l’infirmerie avec l’infirmier qui fait le beau devant la fille qu’il soigne sachant que l’autre est juste à côté… Dans Conte de Juillet ? Les deux histoires sont littéralement que des histoires de dragues. Si tu as vu ce dernier film j’aimerais connaître ton avis. Et je comprends pas trop pourquoi dire que c’est l’anti-kechiche… Le personnage principal de mektoub est un galérien, donc on le voit pas baiser. On voit juste qu’il veut
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Mais moi c’est léo
InvitéSur le sexe, faut se calmer.
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1) Ce n’est pas le sujet du film. En pleine période de révision du bac, de bouillonnement militant, ce n’est pas le sujet de conversation principal, surtout que le film porte sur l’amitié et sa fin, que les personnes se connaissent bien et que les quelques couples sont bien installés. Je pense qu’ils ont fait le tour. Le film arrive à la fin de leur trois ans, dans leurs dernier moments. Dans les derniers moments avec tes amis je n’ai pas l’impression que le sexe ait beaucoup sa place.
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Pour avoir beaucoup parlé de ça avec mes anciens amis du lycée sur les derniers mois de l’année on en parlait plus trop, on avait fait le tour de nos expériences, de nos envies, on sait ce que son pote aime on sait ce qu’il aime pas. Je veux pas dire qu’il n’y a plus rien à dire je n’oserais pas, mais qu’on en parle plus tellement c’est passé me semble assez naturel et juste. Surtout que ce qui taraude dans la tete a ce moment là quand t’es avec tes potes c’est le sujet du film, c’est déjà cette pensée : je vis un moment déjà mort, je suis déjà nostalgique de ce que je vis car je sais que c’est la fin. La dedans, le sexe, il y est ou il y est pas, il trouve une place ou pas, mais c’est factuellement faux de dire que c’est un tour de force qu’il ne s’invite pas.
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À moins d’être un vrai queutard ou une vraie chatteuse.
Peut-être qu’il est là le problème françois. Toi tu étais le plus gros des queutards et incapable de te retenir dans ta fièvre de conquêtes, tu as eu une activité accrue au moment où le bac et la fin des amitiés arrivaient, tellement la situation et le néant qu’elle annonçait te stimulaient. Peut-être. Mais on est pas tous comme toi. La lacune de la queue que tu te tapes en ce moment (cf CUM) les gens d’un autre reel se la tape à cette periode. Des le début les filles sont dans la nostalgie, le stress du bac, la peur de parcoursup etc. Autant de choses que je suis loin d’avoir vécues à la même période mais je comprends qu’une majorité de gens puisse la vivre et je comprends que dans tout ça le sexe n’ait pas beaucoup de place. N’ait pas sa place tout court.
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Peut-être qu’ils en ont parlé, et que Brac ne l’a pas filmé. Tu diras ENCORE!… soit, à l’aune de sa filmographie que je n’aime pas beaucoup c’est certainement un truc dérangeant mais à l’aune du film je ne trouve pas du tout surtout vu son sujet et vu le reste de vitalité qu’il réussit à capter.
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Tu demandes à ce qu’il y ait du sexe là où franchement le réel n’aurait pas exigé sa présence. Il est probablement dans la tete des personnages, probablement quelques meufs en on parlé entre elles (on sait pas de quoi, de leurs pratiques solitaires redoutablement particulières en cette fin d’année ? De leurs vues sur les même mecs avec qui elles sont depuis trois ans ? Mauvaise foi de ma part, certainement un peu ici, mais quoi, une ou deux meufs on du avoir sur la période une ou deux expériences et c’est une horreur de ne pas en avoir parlé ?)
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Vraiment j’y réfléchis sérieusement et serait ravi d’être convaincu encore une fois par ton avis mais déjà ce que je remarque c’est que me plaignant très souvent du manque de sexe au cinéma, cette absence ne m’a même pas interpellé pour ce film, tellement ce que je voyais à l’écran me faisait plaisir et tellement je trouve le film plein, constamment intéressant.
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Sur la deuxième partie (moi j’ai aimé le film final en tant qu’il est composé des deux documentaires d’affilée que je prends pour deux parties qui se répondent et se contrastent), c’est clairement pas le genre de filles à parler de sexe. J’intuite qu’elles sont vierges. L’une dit à l’autre les mecs c’est nul. Dans ce cadre là pas besoin de palabrer deux heures pour justifier l’absence de sexe sachant qu’elles parlent de mecs et qu’une des plus belles scènes est un fixage de date un peu mal assuré.-
François Bégaudeau
Maître des clésAh si quand même tu y reviens
« Ce n’est pas le sujet du film. En pleine période de révision du bac, de bouillonnement militant, ce n’est pas le sujet de conversation principal, surtout que le film porte sur l’amitié et sa fin, que les personnes se connaissent bien et que les quelques couples sont bien installés. Je pense qu’ils ont fait le tour. Le film arrive à la fin de leur trois ans, dans leurs dernier moments. Dans les derniers moments avec tes amis je n’ai pas l’impression que le sexe ait beaucoup sa place. »
Voilà un espace de discussion objective. Car ce n’est pas dans ce sens que marche la création. En admettant qu’à cette période on ne pense pas au sexe (ce que je ne crois pas, mais admettons), Brac choisit peut etre justement cette période, cet accaparement là, pour ne pas avoir à se dépatouiller avec le sexe.
Tout la personnalité d’un artiste est dans le choix de la matière qu’il a filmer, et dans sa façon de la cadrer (de trier entre cadre et hors cadre)Je crois que la clé, avérée par la dédicace du film, est que Brac filme ces jeunes gens en papa.
Or, nous apprend la mule, on peut etre père et artiste mais on ne peut etre artiste en tant que père.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe précise que le manque de sexe n’est pas un problème en soi
Mais un films sur des ados qui ne parle jamais de cul, ça fait symptome. -
Mais moi c’est léo
InvitéOui je connaissais bien ta réponse. Donc si on est conséquents avec ta vision, un film sur la fin des amitiés (en admettant que le sexe n’a pas trop à voir là-dedans) ne peut pas être bon, voire très bon, parce qu’on choisit quelque chose en fin de vie y aura pas de vie ?
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Mais moi c’est léo
InvitéJe comprends très bien vu tout ce que t’as dit sur le film que tu trouves que Brac filme ici en papa, moi j’ai ressenti qu’il filme ces jeunes en ami. Juste dommage de considérer que sur ce commentaire là on est sur un espace de discussion objective (sur l’absence de libido) mais par contre mon développement sur pourquoi je trouve le film pas édulcoré sur les conflits qu’il montre ça c’est pas un espace de discussion objective.
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Explication
InvitéPeut tu développer sur les conflits léo ?
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MA
InvitéQue pensez-vous du dernier documentaire de Claire Denis Apprendre? Peut-on parler aussi de cinéma édulcoré?
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François Bégaudeau
Maître des clésPas vu
Mais pour avoir entendu la réalisatrice glorifier l’école républicaine en itw, j’ai préféré renoncé. Autant éviter de se faire du mal.-
MA
InvitéMerci pour le gain de temps. J’ai failli y aller.
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Explication
InvitéClaire Simon, pas Claire Denis
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MA
InvitéMerci pour la rectification. J’avais fait la confusion dans mon esprit.
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stephanie
InvitéJe conseille « les loups » Isabelle Prim : au milieu du XVIIIe siècle, autour château de Saint-Alban, on chasse la Bête du Gévaudan. Deux siècles plus tard, dans ce même château, s’invente une psychiatrie nouvelle. D’une grande beauté et liberté.
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Luc
InvitéOui j ai écouté toutes les G.O. Et j aime bien écouter Cassel parler ici de cinema
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Luc
Invité(Bouclier:Sans mettre au même niveau l analyse podcastique des deux compères au bavardage konbinisque!)
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so
InvitéBonjour, bien longtemps que je ne suis pas venue par ici !
Hier soir j’ai regardé Wendy et Lucy de Kelly Reichardt. J’ai très envie de parler de ce film qui m’a vraiment plu. Très beau personnage de Wendy.
Quelqu’un pour en causer ???
J’étais allée au ciné club de François à l’arlequin l’année dernière pour la projection de « Certain Women », cela m’a donné envie de tout voir de cette réalisatrice : la dernière piste + first cow + night moves.
Et sinon les séances ciné-club à l’Arlequin ont elle repris ?-
Mélanie
InvitéWendy et Lucy est un de mes films préférés. Je n’ai vu que quelques autres film de KR, dont River of grass qui m’avait plu aussi.
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so
Invitémerci Mélanie. Je vais regarder River of grass dans la semaine.
te rappelles tu le gardien du parking qui lui donne des billets repliés sans que la femme dans la voiture (sa fille je crois) ne le voit ?
Il y a juste 2 ou 3 dollars – c’est évidemment dérisoire par rapport à la somme nécessaire pour acheter une voiture.
Il est étonnant ce moment : se cacher pour 2 ou 3 » dollars ???? quel sens donnes tu à ce moment ? quelle émotion prêtes tu à Wendy à ce moment là ?-
Mélanie
InvitéIl a peut-être honte de sa bonté et/ou une famille qui n’aime pas les assistés ?
Il faudra que je revoie le film-
tomtom
InvitéRevu Certaines Femmes il y’a quelques jours…
L’accident de voiture le plus doux de l’histoire du cinéma.
Les larmes qui coulent d’ailleurs à ce moment là après ce dialogue sur le parking.
Un bouleversement du début à la fin, mention spéciale pour la 3ème aventure.
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kenny
Invitéfilmo de kiarostami
15 longs 4 docus 8 courts
https://drive.google.com/drive/folders/18Tdq5uKzqlhT5iNFNyZVJDxbFWpo6xA1-
..Graindorge
InvitéOuh y’a d’la générosité là! Merci Kenny!
Vu hier « et la vie continue » en dvd
Le lendemain d’un tremblement de terre qui a fait 50000 morts, la vie qui continue et Kiarostami en fait une œuvre d’art.
Et moi, pourrie-gâtée qui me noie parfois dans un verre d’eau! shame on me!
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kenny
Invité15 hamaguchi (lignes 286-301) entre autres
double-cliquer sur le lien colonne E
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1okF4NSojw4oqFHuw0W7005FrBTq27O2Fzfr7SQssI90/edit?gid=2052360400#gid=2052360400-
Tony
InvitéBelle liste,je partage aussi une belle adresse,par année depuis les origines
https://archive.org/search?query=creator%3A%22Various+Creators%22&sort=title&and%5B%5D=mediatype%3A%22movies%22-
stephanie
InvitéSuper , merci !
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Graindorge
Invitégrand merci Tony! Extraordinaire partage aussi! Le sous-titrage on le trouve comment stp?
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Malice
InvitéMerci à ceux qui ont partagé tous les liens
super contente d’avoir trouvé une adaptation du « Dimanche de la vie » de Queneau sur la page de Tony-
François Bégaudeau
Maître des clésquelqu’un pourrait préciser le mode d’emploi de ce lien magique à l’intention d’un boomer à moufles?
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Saltimbanque
InvitéEn double-cliquant sur le lien dans la colonne de droite, puis recliquant une troisième fois sur ce même lien, une mini-fenêtre apparaît sous le lien, et à tu cliques sur le lien-titre de la fenêtre, et ça t’amène sur une autre page avec le dossier qui contient le fichier. Que tu peux télécharger.
Je sais pas si c’est beaucoup plus clair mais en tout cas ça fonctionne comme ça chez moi.
Mais c’est plus pratique sans moufle, par contre.
Merci kenny pour le lien que je garde précieusement !-
Cornemuse
InvitéOn peut préciser que si tu n’a pas de « google drive » le lien ne marche pas
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Cornemuse
Invité(Pour le premier, l’autre internet archive ça marche dans tout les cas)
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci les jeunes
ça marche
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Ostros
InvitéJe n’ai pas de drive et ça a fonctionné impec pour moi.
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Scoob
InvitéUn grand merci.
Cependant j’ai échoué dans ma tentative d’incruster des sous titres via VLC. (Dommage, c’est un Lee Chang Dong que je n’ai pas encore vu). J’essaierai sur un film différent.-
Ostros
InvitéTu sélectionnes tous les fichiers en même temps (ou directement le dossier dans lequel ils sont) – click droit – lire avec VLC : ça inclut directement le fichier des sous titres sans que tu aies à l’intégrer depuis VLC.
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Scoob
InvitéJ’ai trouvé une autre combine mais merci quand même Ostros !
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Ostros
InvitéMerci kenny je t’aime.
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I.G.Y
InvitéMerci !
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Ostros
InvitéC’est vraiment une mine d’or ce drive, en plus des 15 Hamaguchi, je suis repartie avec un Bong JH et un Bresson que je n’avais pas vus, tous les Kiarostami (omg), les premiers Glazer, des Tarkovski et le classique de Rosselini évidemment. Encore merci !
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mathieu
InvitéMême né en 1989, je suis un boomer très incapable sur l’informatique: chaque fois que je veux télécharger un film de la liste, j’ai un message qui dit que c’est impossible car le nombre de téléchargements maximal a été atteint
Comment puis-je remédier à ça?
Merci-
I.G.Y
InvitéMême problème ici et je suis de 91. Je pense que c’est lié à une limitation de Google. A moins d’une suppression puis ré-upload ou autre intervention du propriétaire du Drive, pas certain qu’il y ait grand chose à faire. Mais je suis tout ouïe
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MA
InvitéLe dernier Mike Leigh est impressionnant et l’analyse critique du Rayon vert l’est tout autant : https://www.rayonvertcinema.org/deux-soeurs-mike-leigh/
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PepeHa
InvitéQuelqu’un est allé voir le biopic sur Frantz Fanon ? Je vous avoue que voir la majorité des gens défendre le film comme une réponse à un éventuel boycott ou une sorte de devoir de mémoire, sans vraiment parler du film me repousse un peu
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Seldoon
InvitéJe n’ai pas osé, ayant peur que le film soit étouffé par une forme radicalement convenue.
En attendant quitte à faire du biopic, il y a la version factuelle :
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François Bégaudeau
Maître des clésoui je crois qu’on fait bien de se contenter de ça
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Mais moi c’est léo
InvitéJe vais aller le voir en sachant que je vais détester pour pouvoir encore mieux défendre ma détestation. La malédiction du cinéphile.
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in
InvitéCritiquer des films pas vus, c’est fort.
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Seldoon
InvitéQui ici a critiqué sans avoir vu ?
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Cornemuse
InvitéTu a tout vrai seldoon, la seul qualité du film étant le respect et la rigourosité sur l’histoire et l’engagement de fanon mieux vaut honorer cette qualité en allant voir un documentaire type france 3 que d’aller voir un film de fiction qui ne sert que de prétexte et de contenant insipide au discours politique.
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Cornemuse
InvitéVu, retour rapide, sur la forme le film ressemble a n’importe quel biopic fade et banal comme le Procès Goldman, l’abbé pierre, simone, mr aznavour, la mome, ect
Sur le fond c’est un tract pour militant a but pédagogique, c’est d’ailleurs la seul chose que tu peux tirer du film: t’instruire sur fanon.-
PepeHa
InvitéMerci du retour, la vidéo postée plus haut devrait faire l’affaire alors
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MA
InvitéLe premier film iranien Au pays de nos frères vaut le détour. Son découpage en trois chapitres m’a aussi un peu rappelé Chroniques de Téhéran.
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kenny
Invitéozu 29 films
https://drive.google.com/drive/folders/1ffrbIFRRKYe3e3EeJqh8uGPG3ZHDCelf
merci aux gars qui font le taff, moi je copie-colle des liens-
Graindorge
Invitéet j’ai qu’à dire merci : bon plan
Grand merci Kenny! Et grand merci » aux gars qui font le taf »
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Cornemuse
InvitéSi kenny ouvre les hostilité des cadeaux gratuit, autant continuer, toute la filmographie de Straub et huillet :
https://drive.google.com/drive/folders/1DpkdX7rZ1MeXhwqFpWNr5KiVmkKT_BtT?usp=drive_link-
Anna H
InvitéOhhh, merci beaucoup.
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Cornemuse
InvitéMalheureusement sans sous titres pour leurs films en allemand
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Cornemuse
InvitéJe tient ça d’un compte de téléchargement péruvien
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basic
InvitéSalut à tous, je vois que vous partagez des liens de films, auriez-vous des pistes pour voir des films plus récents ?
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Anna H
InvitéAchhh, Scheiße !
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Ostros
InvitéMerci !! Je ne trouvais rien sur eux.
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Graindorge
InvitéGrand merci Cornemuse!
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Luc
InvitéSalut
Quelqu’un a vu Tardes de Soledad d Albert Serra sur la tauromachie?-
Ostros
InvitéAh non personne ^^
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Ostros
Invité(A partir du 28 mars)
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François Bégaudeau
Maître des clésmoi non plus
qui est ce monsieur?-
lassou
InvitéLe type qu’a fait Pacifiction, y a une gêne dessus si tu veux te cultiver
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Carpentier
Invitéil va y avoir
une gêne dessus
si, à mon tour, je puis me permettre-
Carpentier
Invité+ au lieu de m’emmerder, qqn pourrait filer un truc pour voir son Louis 14 au mec que personne ici, sauf luc et lassou, sait qui c’est?
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Pierre
InvitéDit l’emmerdeuse.
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Carpentier
Invitévoilà, on se reconnaît, on se ressemble, on se rassemble:
je suis donc bien au bon endroit, parmi les miens
-> plénitude, joie, petit orgasme
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luc
Invitépas compris ton message
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François Bégaudeau
Maître des clésj’y cours
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Linconnu
InvitéPuisque c’est la tendance voilà un autre Drive de 1000 films.
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1Xv_ZNKwtllJzPO5wwXgw4AbuEB_P4lvQOvHgtl_J_ps/edit?gid=499822595#gid=499822595
Pour les sous titres vous pouvez les trouver sur des sites comme Opensubtitles ou Subsource.-
Tony
InvitéMerci,je vois qu’on y trouve Jeunesse de Wang Bing, ça tombe vraiment bien,je cherchais à les voir, pour les sous titres j’espère les trouver,sinon,pour l’anecdote,dans ce drive on trouve la filmo complète de Zulawski (15 films) mais aucun Franco,une affaire de goût sans doute…
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Linconnu
InvitéIl y a tout même Vampyros Lesbos de Jesús Franco.
C’est les films 2 et 3 du Wang Bing (le 2 étant encore au ciné)
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..Graindorge
Invité1000 films!!! Généreux aussi, merci Linconnu. Pour moi, impossible de toutes façons de décharger et même si, là non. Plus prise de tête qu’autre chose.
J’aime le cinéma à l’ancienne: attendre avec patience de voir un film suffit à mon bonheur
Et puis ça risque pas de vider encore une centrale nucléaire? Tony veille et surveille Ouh!
Mais encore merci pour la générosité
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kenny
Invité-
Cornemuse
InvitéA ce rythme la on pourrait directement renommer ce topic: Liens de films piratés.
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Cynthia Lennon
Invitémerci ! j’ai aussi des moufles mais surtout je réalise de ma chance ces dernières années
https://trotskinautique.bandcamp.com/track/m-e-r-d-e
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Jeanseb
InvitéLa gêne occasionnée c’est fini ou c’est un poisson d’Avril tardif ?? J’espère la deuxième option mais l’HQNPP semblait sérieux malgré ses jeux de mots.
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Malice
InvitéJ’espère aussi que
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ade
InvitéJe ne pense pas.
Lorsque françois parle de cause perdue, il dit « qu’ils reviendront, dans pas longtemps, sur les deux romans déjà publiés »-
François Bégaudeau
Maître des clésEn effet, mais mon acolyte ne m’a appris qu’après la fin du podcast.
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I.G.Y
InvitéC’est une grosse perte. Espérons un retour sous une autre forme. En tout cas, une belle manière de clore que sur ce magnifique Serra.
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tomtom
InvitéUne France en deuil.
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Carpentier
Invitéil est assez merveilleux le film de Sophie Deraspe, Bergers.
En tout cas, moi, ça m’a bien fait gambader.-
Carpentier
InvitéDepuis Arles, que je connais pour l’instant par le livre d’Othon, jusqu’aux pâturages des Alpes, on cohabite aussi durement que joyeusement avec brebis et bergers
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Carpentier
Invitéet le sourire de F.A. Duval plein écran, c’est quelque chose
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Carpentier
Invitéet, tout comme dans le dernier Serra qu’on sait, les onomatopées chants des bergers émerveillent, dans ce film.
Les sons, tous les sons, captés et montés dans Bergers participent grandement à la magie de ce docu- fiction; bêlements, chahuts et clochettes, j’en ai rêvé.-
Carpentier
Invitéoui, clore sur le Serra
puis aller voir Bergers– 2 ‘ threads ‘ pour
Psychologies
La fin annoncée de la gêne occasionnée
ah benh c’est bien malin ça -
Nola
InvitéAïe, comparer le Serra et Bergers. Ça pique. Ils sont tellement aux antipodes.
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Carpentier
Invitérires, bien essayé pour ridiculiser
(ouh j’ai peur du loup et de sa meute qui va me dépecer une fois encore: tous sur la débile qui prétend causer ciné)
– je dis ‘ en commun ‘:les onomatopées
plein son,
un peu comme celles du torero et de ses sbires,
on y a celles des bergersD’autres films le restituent ce réel aussi, Autonomes même chez l’éleveur, mais actuellement, sur les écrans, c’est Bergers.
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Carpentier
Invité(et encore un peu d’eau pour ton moulin:)
leur chien, aux bergers, s’appelle Hola
pas Nola : )
ni Olé, c’est vrai 🤣-
Nola
InvitéJ’entendais Nola à chaque fois. Seul truc qui m’a fait plaisir.
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Carpentier
Invitédans le rapport à l’animal, j’aime qu’on pose dès le début qu’on élève les brebis pour la viande et la laine (le lait, peau de zobi, quoi – anecdotique)
et que ça a toujours été pour ça, l’élevage de brebis.
En effet, ici, dans le sujet, pas de semblant fake d’autres raisons.
On y évoque l’amour, vite balayé – fake: next reason – un peu vite, la passion du métier quand on boit un coup et qu’on veut s’enjailler et bizuter en quiz le nouveau avec toutes les contraintes du métier; en disant, tranquille, lautre face de la médaille, ses plaisirs.
Un autre point commun que, perso, j’y ai vu?
ça picote, attention Hola !
Les insultes, les bougonneries ++++ quand on est mis en difficultés par les animaux:
les ‘ saloperies ‘ et autre coup de porte assassin du vieux Ahmed, si beau lorsqu’il fantasme un ‘ j’ai appris le métier grâce à Ahmed ‘ , les gros pétages de câble du proprio éleveur total au bout du rouleau et le joli bogoss canadien, sur le visage et le corps duquel viennent s’inscrire à mesure la réalité de ce travail et qui jure, intérieurement au début, devant l’épreuve.
Perso, être besognée par Andrés dans le minibus ne m’a jamais fait rêver, donc.
Tandis que l’enroulade au sommet avec ce berger benh, elle aurait pas dit non, Mamy.
Malgré les orties et autres potentielles piqûres de la nature: oh ouiiiiiii ça piiiiiiique.-
Carpentier
Invité🚩
je suis ici-
Carpentier
Invitésur-ce, je te laisse un peu bosser
autrement qu’avec ton povC’est juste pas en commun. Rien n’est en commun. Y’a tellement rien à voir.
encore en rire gran, je suis
Perso, j’en ai encore dans les sabots – t’es tombée sur, t’as excitée une mauvaise bête, un taureau compliqué: t’as intérêt à argumenter –
après, là, je vais voir Mikado
Envie de vérifier si Vimala est toujours aussi jolie comme je le pré-suppose,
et si j’en reviens en te disant qu’un truc m’a fait penser au dernier docu-film d’Albert Serra, on rejouera
si t’as encore un peu de pulpe
Olé, Hola!(ps: car, une fois de plus, sauter à pieds joints sur 2 mots parmi 7 lignes, ça fait pitié)
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Carpentier
InvitéCertes pas d’acteurs pros dans le Serra, à priori et dans Bergers, un mix (vrais bergers et gens du coin/acteurs) parmi les persos humains principaux: pas de point commun sur les figures humaines à l’écran, ok.
Sinon, des bêtes: 4 pattes, 2 yeux, 2 oreilles, des sabots, ok, j’arrête là sur ce plan.
– Les vedettes, on est d’accord là-dessus au moins? ce sont quand même les brebis, tout comme, à ’ presqu’égalité ’ comme dit par le duo de la Gêne, le sont les taureaux chez Serra.
. Le rapport au sang (la vie/la mort) là, c’est plus subtil si j’accepte ton jeu:
2 persos humains (+ un ou des loup.s) zigouillent dans Bergers.
D’abord Ahmed (devant son apprenti, car une épidémie, contre laquelle les bêtes vont être manu militari vaccinées, avant abattage total du troupeau sinon) Ahmed, qui s’occupe d’une brebis déjà bien abimée et dont il faut écourter les souffrances, comme on dit.
Puis le bogoss canadien qui abrégera les souffrances d’une des brebis avec lesquelles la meute de loups, dans les alpages, a joué, sans même la finir, la dévorer.Les toreros et leurs sbires bien nourris sont avec les taureaux comme les loups avec les brebis: ils jouent avec quand il y en pléthore.
écourter les souffrances
– autre point commun: le berger, qui peut-être aussi un peu boucher est un peu le matador qui, jauge de l’instant où il faut porter l’estoquade finale, c’est aussi lui qui évalue la limite ‘ souffrance soignable/ supportable ’
Et le gros point commun c’est le fric engagé dans tout ça dis donc.
Bien sûr,-
Nola
InvitéGêne occasionnée. Merci pour l’hommage.
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Carpentier
Invitébien d’autres un peu partout ici de ma part (dans aphorismes 2)
par exemple hier, un peu plus adressé à …Gr/graindorge que je te partage ci-dessous, tiens :…. / Carpentier
Dans l’épisode critique consacré au docu-fiction de Serra, FB parle d’un tableau de Manet consacré à l’exécution à bout portant de l’abandonné empereur Maximilien
notamment pour y dire la présence, au second plan, d’un public horrifiéhttps://www.inha.fr/actualites/lexecution-de-maximilien-de-manet-un-chef-doeuvre-empeche/
public absenté volontairement par Serra dans le film que tu saisSous le dit-tableau, une oeuvre de Goya dédiée à la tauromachie qui me remet aussi en tête que le duo de la gêne occasionnée dit, à plusieurs reprises, comment peurs/superbe et violence sont partagées équitablement par le taureau et le torero, tu verras.
Soit, admettons, en posant que cornes et puissance puissent être l’équivalent de maints coups d’épées et autres banderilles alors,
Je regarderai prochainement en bibliothèque pour emprunter du Colette, quelques livres à terminer avant encore (Le témoin entre autres) quant à Yourcenar, je ne sais pas si cette citation illustre bien (le mieux?) son œuvre.Il me semble qu’elle a écrit/dit des choses plus denses, plus importantes pour élargir gaiement la vie.
(je chercherai et rirai de moi si je me retrouve incapable d’illustrer mes dires)
Bon week-end, -
Nola
InvitéDocu-fiction. Ça veut dire quoi pour toi ? Bergers n’est pas un docu-fiction. C’est un film. Tardes de soledad est un documentaire. Corrige ta terminologie d’abord et ensuite, on en parle.
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Carpentier
Invitéil y a de ‘ vrais moments’ montés, donc de docu dans Bergers, c’est sûr, tu as dû très mal regardé et donc mal voir:
les traversées de villages, de bouts de routes, le passage sur le pont d’autoroute …
n’importe quel pequenaud aussi bourgeois soit-il peut pas ‘ promener autant de brebis ‘ pour un tournage de fiction, enfin
Bergers est hybride .
Le regard, le regard …..
mais tu n’es pas joueur,.restons-en là, je t’épargne, petit taurillon -
Carpentier
Invité* regardER
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Carpentier
Invitéà propos de mon gloubi-boulga film/docu-fiction (Autonomes est un docu-fiction, terminologie attribuée par son real lui-même notamment pour le montage d’une séquence avec un personnage/des situations fictionnels)
je partage ceci:
– interview de la real de Bergers –
(où elle replace les séquences et scènes irl, comme la naissance de l’agneau et d’autres imprévus de tournages dans la nature et ses surprises:)
https://www.rts.ch/info/culture/cinema/2025/article/avec-bergers-sophie-deraspe-signe-un-film-sur-un-changement-de-vie-brutal-et-poetique-28843779.htmlQuant au Serra, la chronologie des corridas et quelques off semblent comme fictionnés par les choix dans le montage, et j’ai lu ici que les appellations du genre de Tardes de Soledad seraient en pourparlers devant les tribunaux, voilà.
Après, on peut juste dire cinéma aussi si c’est plus vivre ensemble -
Nola
InvitéIl y’a de vrais moments- oui. Là est le problème.
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Nola
InvitéIls sonnent faux.
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Carpentier
InvitéPour voir, et fulminer devant, un moment qui sonne bien bien faux, s’arrêter quelques instants devant la séquence de l’entrée incognito dans le collège du perso Nuage du film Mikado
Bon, on a pigé le symbole à gros gros traits de l’enfant invisible quasi (elle-même fini par se vanter de savoir se fondre dans le décor) parce qu’elle n’existerait pas, l’idée est que sa naissance n’a jamais été déclarée par ses roadies de parents.
Tout est faux dans ce film, Mikado, en vrai
Dans tous les cas, comme je l’ai bien dit en bas de cette page de topic:faudrait me dire comment on fait après Tardes de Soledad pour vivre un truc intense au cinéma: sérieux, comment fait-on?
Perso, je m’organise pour revoir ce truc unique et immense car finalement, pas de trauma majeur à l’issue de son visionnage, et on l’a pensé, parlé, situé solo et à plusieurs ce beau travail d’Albert Serra.
Un œuvre faut en jouir, en profiter, la partager et en jouir. -
Nola
InvitéT’as été émue par le coup de je te rends ton bâton de berger ? Tellement vrai.
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Carpentier
Invitéautant que par la mamy qui, depuis le bord de la petite rue du village, file son plaid au passage à l’assistante sexuelle du bogoss canadien néo-berger 🤣
non, en effet, ces 2 scènes-là ne m’ont pas embarquées,
dés que la meuf qui joue la dernière éleveuse qu emploie le couple, j’y croyais moins
Elle joue pas dans l’équipe guediguian elle? la troupe qui joue toujours ensemble, dans le midi …
Erreur de casting elle, clairement
ps: quand j’aurai vraiment pu que ça à faire, j’essaierai de penser à trouver le bouquin dont c’est inspiré -
Nola
InvitéRIRES!
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Carpentier
InvitéBergers, le film, les scènes que j’aime:
toutes celles du début, le bogoss canadien qui prend la décision de rester, son excitation/crainte déterminée à le faire, son message aux proches, le drôle passage devant la fonctionnaire et surtout, toutes les scènes de charriages/coups à boire avec/devant les bergers du cru pour se faire embaucher.
La première séquence chez un éleveur est bien foutue aussi:
avec la choré* moon-walk un peu pour faire passer les brebis devant lui et pour qu’elles aillent entre les barrières qui les guident, et il ne sera pas gardé, ne fait pas l’affaire, sait pas attraper les brebis;
la seconde séquence, lorsqu’il’est employé chez un second employeur, avec son maître d’apprentissage aussi, le bogoss y sent le boulot qu’il fantasme, il entre encore plus dans le dur,
et puis plusieurs scènes dans l’alpage quand même, les plans avec les brebis qui paissent, s’installent, tournent et le border collie: so lovely,
Bref, un Bergers vaut 6 Mikado au moins quand même, pour moi* et un autre point commun corrida, un!
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Nola
InvitéLa scène de branlette. Jamais de la vie un mec s’imagine être dans un champ avec sa meuf. Ça manque de vrai, Carpentier.
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Carpentier
Invitéleur correspondance platonique, oui, à la jeune fonctionnaire et au néo-berger,
qui l’anime tandis qu’il est dérangé par la femme de l’éleveur pour cette histoire de ‘ rouille’, c’est ça?
les bêtes ont chopé la rouille? et il faut vite leur inoculer un anti-rouille, quoi ; )
Pour le reste, il joint 2 fantasmes pour son plaisir: sa correspondante et monter dans les alpages,
ia pas de fantasmes qui manquent de vrai, tes prétentions en la matière sont peut-être trop étriquées (?)
Cette fois, ton objection n’est pas validée par mes soins -
Nola
Invité0 fantasme. Total platonique. Beau résumé.
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Nola
InvitéLe film est nul. Va voir Vermiglio. C’est 100 fois mieux.
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Carpentier
Invitégenre de Patient anglais (que je n’ai pas vu) rital?
L’attraction italienne risque de peser léger face au nombre erratique de salles qui le passent encore à Paris.
D’abord tacher de revoir Andrés Roca Rey (ça claque)
et on verra ensuite (merci)
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Seldoon
InvitéBravo aux deux gêneurs, pour tous les épisodes et pour ce dernier dans lequel j’ai trouvé les mots sur tout ce qui m’a fasciné dans Tardes.
Je me suis finalement décidé à regarder Le moment de la vérité, de Francesco Rosi, que j’avais en stock depuis 2 ou 3 ans. Les deux films marchent fort bien ensemble, ils ont autant de passerelles que d’oppositions farouches. Le plus grand point commun est que les deux films se croisent à la frontière entre documentaire et fiction. Ainsi, Le moment de la vérité se présente comme une fiction mais vaut avant tout comme documentant l’Espagne de ces années là. Très vite on n’arrive plus à discerner quand ce qu’on voit à l’écran est mis en scène et quand Rosi s’est contenté de filmer ce qui se passait – ou a simplement jeté son acteur, véritable torero, dans du réel.
L’opposition principale, c’est que Rosi fait tout ce que Serra ne fait pas. Il nous refuse le temps réel dans l’arène, il l montre le public, évidemment, mais surtout tout ce qu’il y a autour de la corrida. Depuis les raisons qui poussent un jeune homme à aller se mettre à la merci du taureau et du public jusqu’aux traffics financiers et autres glousseries de la haute bourgeoisie mondialisée qui picore ce bout de vitalité folklorique comme un canapé attrapé au vol sur le plateau d’un serveur.
Malheureusement le film perd son souffle en dernière partie. Grande séquence clipée d’accumulation de corridas, scenes de dialogues purement narratives, et conclusion attendue.
Un point amusant : le torero de Rosi me semble bien plus talentueux et « comme les plus grands ! » que celui de Serra, mais les immenses scènes d’action sont chez ce dernier. -
Jules
InvitéEn tout cas merci à François et l’Homme qui n’a pas de prénom, grâce à qui j’ai commencé à m’intéresser au cinéma, à regarder réellement un film.
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Malice
InvitéLes critiques de la gêne m’ont fait me ré-intéresser à la critique, et m’ont amenée à chercher d’autres bons critiques à lire et écouter; je vais prier pour la gêne renaisse de ses cendres d’une façon ou d’une autre
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Nola
InvitéC’est juste pas en commun. Rien n’est en commun. Y’a tellement rien à voir.
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Carpentier
Invitéaccepterais-tu d’y réfléchir un chouïa?
pour la blague
puisque c’est toi qui, je te le rappelle, m’emmène sur ce terrain,
allez! t’es sorti du bois, va toreer!
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mathieu
InvitéMerci à François et à l’HQNPDP pour ces 6 belles années de Gêne, où on a vu l’homme qui prendre de plus en plus en d’ampleur dans ces analyses – François on connaissait déjà pour qui suivait Le Cercle ou TV Transfuge ou lisait ses articles.
Mon goût et mon regard se sont encore précisés grâce à vous, pour ce type de cinéma que vous défendez: naturaliste, sous influence documentaire, qui prend le temps, qui pose ses scènes, sans céder aux sirènes de la vitesse et aux injonctions scénaristiques.
Votre ligne n’était évidemment pas que celle-là, mais c’est ce que je retiens prioritairement car c’est bien par là que vous m’avez déplacé.Mais j’en viens à mes questions: l’homme qui t’a t-il donné plus d’explications sur les raisons de cet arrêt? Est ce seulement une histoire d’argent? Si oui, un coup de boost sur la cagnotte serait-il en mesure de le faire changer d’avis?
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Ostros
InvitéEn même temps partir au sommet de sa gloire c’est so rock’n’roll.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui notre modèle reste Kurt Cobain
La GO tenait, comme toute activité autonome non-lucrative, tant que ses soldats pouvaient gagner leur vie à coté, comme on dit. Moi je le peux, mon acolyte ne le peut plus. C’est pas plus compliqué.
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Carpentier
Invitébon. pas trop perdre de sa vie avec le film Mikado,
après, faudrait me dire comment on fait après Torres de Soledad pour vivre un truc intense au cinéma: sérieux, comment fait-on?
Bergers a fait l’affaire, si si, malgré tout et vraiment
mais Mikadoooooo:
champ/contrechamp avec mains de remplacement de Pons simulant être au piano, réhabilitation d’une incarcération, de la prison/thérapie (benh voyons, et on la quitte même copain avec les gardien.nes ) la prison pour calmer la douleur d’un père placé et élevé par une (ou des) famille.s d’accueil défaillante.s;
Une petite actrice-ado si bourgeoise sur elle (qui se prénomme Patience dans la vie et Nuage dans la fiction) et ce, malgré son rôle d’enfant qui vit en van (pas mieux pour Vimala)
et le film est à la gloire de l’école (ses ouvrages sont pas calés sur les derniers mouvements géo-politiques) le film est à la gloire des beaux intérieurs bourgeois provençaux egalement, putain
quelle mauvaise soupe.
Merci Albert Serra et pas,
Va falloir un certain temps pour qu’au cinéma, je revégete devant un mauvais film en prétendant qu’il est chouetteDu coup, vous savez quoi?
C’était pas trop au programme mais, dans la semaine, je me démerde pour le revoir le documentaire de Serra.
Une occasion comme ça, on peut la bisser, il faut
surtout que je vis à Paris
non mais.-
Carpentier
Invitéet puis ça dansouille, fake, et tu te prends de la musique de bar trendy à la noix
putain, ça va être dur -
Carpentier
Invité*Tardes
de soledad
(honte à moi)
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tomtom
InvitéAprès les sublimes Pacifiction et Tardes de Soledad, les plus jeunes aimeraient aller explorer le passé d’Albert, mais impossible de trouver le moindre lien (même payant) pour voir la mort de Louis XIV par exemple… Quelqu’un en aurait sous la main ?
Ouais fin de la Gêne, que dire quand on les attend avec impatience depuis des années, et qu’on a pu revivre de grands émois artistiques grâce à la découverte de ce si beau point de vue sur le ciné ?
Parce que Sortie de Secours, les Cahiers et consorts sont sympathiques, mais manquent de cette chaleur, cette sincérité, et cette accessibilité que vous aurez promues et diffusées.
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Carpentier
Invitéson le roi soleil qui calanche, yep
je cherche à découvrir ça aussi -
riviere
Invitésalut,
un truc passé naguère par Dr Xavier: beaucoup de médiathèques proposent un portail de ressources numériques, il suffit donc de s’inscrire pour y accéder. Pacifiction et La mort de Louis XIV sont en général disponibles.-
Carpentier
Invitéje vais voir ça, c’est vrai, j’y pense jamais
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Graindorge
Invitéje viens d’écouter la gêne occasionnée. Merci à l’Homme qui n’a pas de prénom et à François Bégaudeau. Tout ce qui a été dit confirme mon intuition: du Grand Art
Je regrette que la G.O se termine. Encore merci -
tomtom
Invité(D’ailleurs si l’Hqnpdp et François cherchent un jeune padawan bénévole pour poursuivre l’organisation, l’enregistrement, l’animation des réseaux, et sûrement d’autres facéties invisibles de nous autres simples mortels… ça peut 🙂
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riviere
Invitéje te suis tomtom. Si l’hqnpdp pouvait nous former a minima, à plusieurs on pourrait peut-être poursuivre la diffusion de ces séquences critique. Je suis volontaire/bénévole si c’était le cas.
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François Bégaudeau
Maître des cléson va un peu se poser, et prendre le temps de réfléchir à un rebond possible
mais merci à tous de ces messages amicaux, et des propositions de service-
..Graindorge
InvitéOuèèèè! Et puis vous n’avez pas parlé de l’affiche de Tardes: Qui l’a choisie? Pourquoi Andrés de dos ? L’habit de lumière abîmée, le dos voûté. Pas une affiche de fier torero cambré! Andrés a t-il aimé cette affiche? Vous ne pouvez pas partir: il faut une G.O de 30mn pour l’affiche
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Robert Pirès
InvitéCe n’est qu’un au revoir de Guillaume Brac. Après 1h passée avec ces personnages, l’impression de n’en connaître aucun. Il ne crée aucune situation dans laquelle pourrait s’incarner un personnage. Lorsqu’arrive la scène d’oral du bac, je me suis dit enfin une situation, mais il coupe la scène au bout de 10 secondes.
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François Bégaudeau
Maître des clésincarner est un verbe absent du petit dictionnaire de Brac
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Robert Pirès
InvitéJe cherche désespérément une critique qui ne soit pas élogieuse
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François Bégaudeau
Maître des clésla raison en étant la grande homogénéité sociologique entre la critique et Brac
j’avais parlé de braquisme de la critique – une étrange appétence pour la sympatocherie-
Cornemuse
InvitéBrac serait ́il le linklater français ?
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Malice
InvitéAbsolument pas
pas du tout
comme dirait François Sentinelle
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Mais moi c’est léo
Invitéje ne suis décidément pas d’accord. Vous trouvez ça sympatoche comme beaucoup trouvent Mon voisin Totoro sympatoche (comprendre insignifiant parce que tout joli) dans la filmographie de Miyazaki, alors que c’est probablement sa plus belle œuvre. Mon voisin Totoro, braquisme ou pas ? Vous préférez peut-être Princesse Mononoké pour le Grand Conflit qu’il met en scène et ses Grands Personnages ? (Vraie question, ça clarifiera peut-être les positions.)
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Mais moi c’est léo
Invitéj’invoque cet autre exemple car la place que laisse Mon voison Totoro au conflit entendu comme vous l’entendez me semble assez similaire au film de Brac, quoi que ce dernier ne se finit pas du tout par un happy end, contrairement au Miyazaki. Puis une fille de ma classe me disait que c’était le Miyazaki qu’elle aimait le moins, que c’était selon elle le plus insignifiant, car la réalité qu’il expose est toute belle, et par conséquent insipide. J’ai l’impression de l’entendre parler de ce film quand vous parlez de celui de Brac
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Mais moi c’est léo
InvitéIl est clair que Mon voisin Totoro fait une part plus belle au conflit, sinon je ne l’aimerais pas autant, et après y avoir repensé deux minutes je retire ce que j’ai dit sur le « assez similaire » car c’est une offense évidente au cinéma de Miyazaki.
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Pourquoi j’ai tant aimé regarder Ce n’est qu’un au revoir ? Mon goût du sympatoche ? Je peux encore assumer, mais j’y ai surtout vu beaucoup de réel s’incarner. Je pense que c’est là-dessus que s’activent nos désaccords. Tous les réels ne sont sans doute pas aussi intéressants, j’en conviens, mais je pense que ça vaut le coup de s’y attarder aussi longuement et de prendre la peine de les regarder. Je trouve toujours qu’il y a de la vie là-dedans, mais peut-être que mon avis trop fébrile partira avec le temps. En attendant je ne peux m’empêcher de penser que ce que filme Brac ici est bien filmé, qu’il sait où poser sa caméra, et qu’il prend le temps de laisser les choses s’incarner. Tout le pan de la réalité qu’il montre souffre peut-être de l’absence de ce qui contredit ce pan, ok, mais ce pan est vraiment bien restitué. Il y a des choses sympas dans la vie et je trouve ça sympa quand elles sont aussi bien restituées, surtout quand il s’agit de dire que le sympathique a une fin. La fin m’a beaucoup plu car on a un goût amer dans la bouche, et je trouve pas ça exactement sympatoche. Le film ne serait-il bon que dans sa fin ?! Le cinéma aurait-il commencé là ?!
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En tout cas c’est sûr qu’après avoir vu les harmonies de werkmeister hier au cinéma, je trouve le film de Brac bien faible comparativement. Je le trouve par contre bien meilleur que tout un tas de films qui se construisent autour du conflit, je pense notamment à Poor things qui ne filme que du conflit et que je trouve très mauvais. Peut-être qu’avec le temps mon amour pour le dernier film de Brac disparaîtra, je vous tiendrai au courant mais je sens que c’est déjà le cas. Au visionnage il m’est agréable comme une glace à la pistache m’est agréable, l’essence « friandise » des bonbons-films de Brac ? rha putain, mon penchant pour les bonbons, ma mère m’avait dit de m’en méfier-
Malice
InvitéMon voisin Totoro est ( avec Mononoké) mon Miyazaki préféré et je trouve que c’est un des moins « sympas » car l’intrigue qui concerne la mère malade baigne le film, en sourdine, dans l’inquiétude, voire la tristesse. La fin ne me semble pas « happy » ( on ne sait pas ce qu’il adviendra de la mère, elle n’a toujours pas quitté l’hôpital). Et il y a cette séquence de disparition d’enfant très angoissante.
C’est le Miyazaki le plus « réel » que j’ai vu, je ne sais pas si tu me rejoins là-dessus Léo?-
Claire N
InvitéAssez d’accord avec Malice
Plus le goût d’une cueillette d’herbes sauvages que d’une glace à la pistache-
Malice
InvitéSans compter les bestioles que rencontrent les petites filles et qui n’ont pas une apparence si mignonne : leur taille parfois impressionnante, leurs dents, leurs griffes, leur silence…
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Malice
InvitéPour revenir au sujet docu sur les djeunes, je recommande ce film de Letourneur sur des djeunes en colonie de vacances : « Roc et canyon »
https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/jeunesse/roc-canyon-
Claire N
InvitéMerci !
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Mais moi c’est léo
InvitéAh, super ! C’est un partage qui tombe juste, merci. Je vais pouvoir voir la différence formelle sur un même sujet. Y’aura-t-il du cul ? Je me garde la surprise jusqu’au week-end qui arrive.
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Sur mon Voisin Totoro je suis d’accord avec toi Malice c’est de loin mon Miyazaki préféré, et c’est un des films que j’aime le plus regarder tous films confondus. Princesse mononoke arrive en deuxième. MVT est effectivement pour moi le plus réel, le plus posé, le plus épuré des films de Miyazaki, là où il est le plus sûr de ce qu’il fait, et en même temps il m’affecte des émotions les plus complexes que peut me donner son cinéma.
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Tout ce que tu dis est vrai, après je pense qu’on peut quand même parler d’un happy end pour la fin, la famille atomisée se reconcilie en un gros câlin, c’est quand même un dénouement heureux à l’intrigue. Surtout que la famille une fois réunie est très soudée et très heureuse, sans réels conflits. Et vers la fin on apprend que la mere va mieux et qu’elle pourra bientôt rentrer à la maison. Elle n’est pas encore complètement guérie, mais son état s’améliore. Donc si, happy end pour moi, mais ce n’est évidemment pas un mal en soi.
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oui, il y a une beaucoup plus grande place qui est faite au conflit. Alors faudrait préciser, je ne dirais pas à des forces qui s’opposent mais ne serait-ce qu’une place laissée pour la négation, le vide, l’attente. Toutes mes scènes préférées du film me tendent, la séquence de la premiere apparition du chat bus, qui met longtemps à venir, pendant laquelle on attend le pere, pendant laquelle on attend de voir Totoro, pendant laquelle on attend de voir quelle est la nature du gros chat qui fonce sur Satsuki, qu’on doit attendre avant de pouvoir le discerner comme chat-bus et pas simplement comme bus. Tout cela est admirablement fabriqué et très finement distendu. On peut décliner ça avec a peu près tous les peronnages (Mei, la plus petite, dans cette scene où on attend de voir si elle va ressortir du buisson, le garçon dont on attend de voir comment il va se démerder avec sa timidité, cette pluie et son parapluie, que Satsuki va rendre directement chez lui, toutes les créatures dont on se demande la nature, ce qu’elles font, exemplairement les noiraudes qui créent pas mal de suspens, les glands dont on attend de voir d’où ils proviennent, la situation de mei gardée en classe que l’on attend de voir s’incarner). Il y a en gros du suspens, de la stupeur, de la tristesse, du drole, du gai, de la peur, donc on peut dire du conflit. Mais le mot conflit se doit d’être clarifié car en étant maoïste ou hegelien, ce qui se rejoint, on peut y foutre n’importe quoi. Des qu’il y a de la vie y a du conflit, ou des qu’il y a du conflit y a de la vie. Nietzsche pourrait dire ça aussi. Donc si on suit le raisonnement simpliste du genre le conflit c’est la vie, on doit justifier du fait que MVT est un film qui fait droit à plus de conflit qu’il n’y en a dans Princesse Mononoke, car c’est un film plus vivant, car on le préfère (et ici on préfère la vie). Pourquoi pas, mais c’est vraiment pas simple. Je dirais que dans MVT le conflit est plus subtil, mais est-il plus systématiquement présent, ça c’est une autre question. Je ne pense pas.
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Je sais pas si c’est pour ça que je préfère MVT, j’ai l’impression paradoxale vu sa concentration que le film se dérobe plus à moi, qu’il me file entre les doigts plus que Princesse Mononoke que je trouve encore trop apesantissant dans sa trame toute mythologique et déjà balisée des deux termes qui s’opposent et qui sont synthétisés par le héros, absolument héroïque, et dont l’héroïsme n’est ombragé que par l’amoureuse du village qu’il délaisse. Le héros arrive comme la troisième voie dans ce duel nature/industrie. L’idée serait aussi d’être conflictuel par rapport à la manière dominante de faire du cinéma et là dessus MVT me paraît plus conflictuel, mais c’est peut-être un tour de passe passe histoire de retomber sur mes pieds. Parce que sinon dans mon voisin totoro y a pas vraiment de forces qui s’opposent. Déjà que dans Princesse monoke le mal n’existait pas trop, dans MVT le mal n’existe pas du tout, ou alors c’est la maladie qui est pour ainsi dire hors champ.
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Conflictuel car laisse une place vide où une force contraire peut s’installer mais où finalement elle ne s’installe pas, où c’est au contraire un ami que je me fais ? Toujours des amis jamais d’ennemis dans ce film. Si ça c’est pas pacifié comme univers… Compliqué de réfléchir à cette correllation entre développement de vie et développement de conflits. Je suis convaincu mais pas trop quand même. Je comprends la meuf de ma classe qui me dit que dans le voyage de chihiro y a plus de conflit et que c’est pour ça qu’elle s’y fait moins chier, tout comme dans Princesse Mononoke. C’est vrai. Pourtant j’y vois moins de vie. Je m’y fais du même coup plus chier. Conflit est donc un terme qui me pose problème au cinéma, et qui en même temps me paraît essentiel et que j’utilise pour expliquer en partie la supériorité de certains films sur d’autres (par exemple Pulp fiction sur tous les autres Tarantino), et que j’utilise dans ce cas comme synonyme de « facteur de vie ».
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Car le probleme vient de la vision unilatérale (toujours). La vie c’est le conflit et c’est aussi l’absence de conflit. La vie c’est aussi la tranquillité, l’harmonie, l’absorption, l’acceptation. Si bien que MVT paraît plus reel car plus équilibré entre l’unité et le divers, le familier et l’étrange. Pas trop trop conflictuel donc, mais un peu quand même. Juste ce qu’il faut. C’est pas beaucoup. Ça reste un univers bucolique et enchanté, sans méchanceté, sans réel obstacle à part la distance qui se trouve facilement dépassée dans le film. D’où le fait que ça m’a spontanément fait penser au braquisme. Important de ne pas amalgamer mais tout de même je me comprends. Alors oui la mamie fait peur au début et on comprend pourquoi, mais on comprend tout aussi vite que la mamie n’est pas une sorcière. Pareil pour les créatures, oui on se demande ce qu’elles vont faire, si elles sont mignonnes, mais très vite on comprend qu’il n’y aura pas de problème et qu’elles seront mignonnes, et qu’il y aura des peluches après pour les fans. Le coup de génie de Miyazaki reste quand même de nous avoir pondu ce chat-bus qui même a posteriori n’a pas l’air très bienveillant (son sourire faire toujours un peu flipper à la fin).-
Malice
InvitéMon voisin Totoro me rappelle le tableau » Et ego in Arcadia »; on est dans une sorte de paradis, peu de choses se passent ( comme les bouseux de mon espèce en font l’expérience quotidiennement), mais la mort est là.
Bien sûr la fin est ouverte et j’espère que la mère s’en sort, même si je suis triste à chaque revoyure du film, sans doute parce-que Miyazaki ne nous montre pas la mère dans la maison familiale, debout et en bonne santé, ce qui serait plus réconfortant.
Ce que j’aime dans Totoro, c’est que le fantastique me semble épuré, pas d’explication, de flash backs ou de développement concernant un personnage mystérieux ou une situation. Trop souvent je trouve qu’il y a un quart d’heure de trop dans les Miyazaki, dans Chihiro, Le château ambulant, notamment – ça me perd, me lasse puis me frustre d’autant plus que j’aime beaucoup de choses dans ces deux-là.
L’intrigue où Howl participe à des combats aériens ne me passionne pas, par exemple, je préfère qu’il soit un magicien vaniteux, dragueur et fantasque. Je me demande si l’auteur a voulu compenser son immaturité en doublant le personnage d’un guerrier ; quoiqu’il en soit je trouve qu’on perd là où il ajoute.Bon visionnage de « Roc et Canyon », fais-nous une étude comparative avec Brac! Je ne peux pas car je n’ai regardé que 20 minutes de son film « A l’abordage ».
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K. comme mon Code
InvitéL’Aventura de Sophie Letourneur fera l’ouverture de la sélection ACID à Cannes cette année : j’espère une sortie dans les prochains mois.
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Tony
InvitéSi on veut un avant goût du film d’ouverture on peut voir sur Arte le court métrage qui l’a précédé avec Bastien Bouillon et Juliette Armanet,un écrivain transfuge de classe qui revient dans son village où ‘le plus cultivé était le champ de patates qui longeait la nationale!’
Juliette Armanet,en caissière de supermarché,est grotesque,on attend la musique disco qui, malheureusement,ne vient pas,par contre Bouillon est vraiment pas mal mais bon on craint quand même le pire pour le long métrage à venir, Letourneur ne devait pas être à la hauteur, sacré Fremeaux!
https://www.arte.tv/fr/videos/095687-000-A/partir-un-jour/-
Stéphanie
InvitéMerci !
Et aussi le marin masqué
https://www.arte.tv/fr/videos/045716-000-A/le-marin-masque/-
Ostros
InvitéEt ces géniales variations sur le thème de Words don’t come easy.
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Malice
Invitéouii j’aime tout dans Le marin masqué mais surtout cette bande-son
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Ostros
InvitéJ’aime aussi énormément le récit récité de la copine amoureuse du marin masqué, particulièrement celui fait dans la chambre. Les répétitions à la fois des mots et des intonations, calmement. Comme une musique.
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Malice
InvitéL’actrice est vraiment super, j’adore le duo de sa petite voix pointue et celle toute molle de Sophie.
Les monologues sur le marin masqué sont complètement justes, qui n’a jamais parlé d’un garçon ou d’une fille aimé-e et manqué-e de cette manière?
J’aime aussi qu’elle houspille son père et se fout de lui quand il bizoute son chien-
Ostros
InvitéOui, c’est vrai que j’ai été touchée par le film car je me suis totalement reconnue dans l’amie qui bloque sur son crush de jeunesse. J’ai connu ces tourments et c’était émouvant et drôle de les voir se jouer sous mes yeux.
La mère de l’amie est tellement drôle aussi. Cette répétition d’une scène qu’elles ont vécue, où elles sont au bord de la mer et qu’elle ne se souvient plus bien où sa fille a eu sa belle serviette de plage. J’adore son ton, là aussi les répétitions des mêmes mots ça donne une petite scène basée sur le comique de la voix et du quiproquo. Drôlerie de la vie quotidienne.-
Malice
InvitéMention spéciale au daron qui a trouvé la serviette Mickey en plongeant sous un bateau aux Canaries
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Ostros
InvitéCe héros
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Malice
InvitéTu sens que lorsque Laetitia raconte l’exploit de son père elle a encore 7 ans.
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Jojojo
InvitéJe recommande Soundtrack to a Coup d’Etat, documentaire disponible en ce moment sur arte : https://www.arte.tv/fr/videos/109338-000-A/bande-son-pour-un-coup-d-etat.
La promesse que l’on devine du film, sur l’utilisation du jazz et de ses stars au profit du soft power américain en Afrique pendant la guerre froide s’érode bien vite. Le rôle effectif des uns au profit des autres n’est que peu étudié ou paraît très superfétatoire. Reste la musique, le rythme de la musique qui conditionne la grande habileté dans le montage. Reste également des images d’archives qui m’étaient inconnues et que j’ai savouré (Kroutchev bordel, drôle de type).
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François Bégaudeau
Maître des clésca fait quelques docus de Arte qui annoncent un sujet et ne s’y tiennent pas
la palme au docu sur Le deuxième sexe, dont le coeur devient vite : tout ce qu’il n’y a pas dans le livre-
youvgotnoidea
InvitéC’est vrai qu’il y a méprise sur ce docu, j’ai mis 20min pour comprendre que ça allait être ça pendant les deux prochaines heures.
Le docu s’il vaut, vaut avant tout comme exercice, de style, qui a le mérite de bien fonctionner, il vaut pour son montage, voire ses collages qui superposent archives, textes et voix off, au rythme de sa BO effrénée.
Concernant les jazzmans contre les exactions coloniales belgo-américaines, ça restera relativement poli sinon dans la lignée de ce qu’ont pu faire en général, les artistes racisés que l’occident a fait et continue de nourrir, dénonçant celui-ci.
Mais comme dit, bonne surprise de mon côté, et puis ça fait toujours du bien un rappel. Tu n’as pas aimé toi ?
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propater
InvitéEst-ce que c’est vraiment un docu Arte? Il était en salle l’année passée et il me semblait que c’était une production belgo-néerlandaise. Merci pour le tuyeau en tout cas, je n’avais pas eu l’occasion d’aller le voir à l’époque.
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propater
InvitéSinon sur le rôle actuel du jazz dans la diplomatie US, il y avait cette petite vidéo de qqun qui y a participé il y a qques années: https://www.youtube.com/watch?v=0oSHxPAFA5s
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lassou
InvitéBonjour, quelqu’un aurait l’article de libé sur sinners en entier svp ?
https://www.liberation.fr/culture/cinema/sinners-peche-dans-le-desastre-20250415_G7NJ2JB67VEF7HKVEEGUMIGJIU/-
Nola
InvitéUne scène très kitsch à la fin du premier tiers de Sinners dit son improbable projet. Elle se déroule alors que la soirée d’ouverture du juke joint des frères Smoke et Stack (Michael B. Jordan joue les deux, façon Faux-Semblants) bat son plein. Homologue afro-américain du honky tonk où l’on venait socialiser dans les vapeurs de whisky de maïs, le juke joint est l’autre lieu, avec les champs de coton, d’épanouissement du blues ; et, pour Ryan Coogler, qui en fait le lieu central de son film, le berceau de toutes les expressions contre-culturelles afro-américaines auxquelles Sinners entend rendre un hommage fervent et poétique. La scène en question, qui est aussi celle où bascule l’intrigue, est visuellement ahurissante, une allégorie à peine croyable d’audace et de naïveté cinématographique où l’apprenti bluesman Sammie brise la membrane de l’espace-temps et fait survenir par la force de sa voix musiciens et danseurs de hip-hop, de techno, etc. dans le Mississippi des années 1920. Sinners n’est pas un film d’horreur, ni une carte postale du Sud ségrégué de l’ère Jim Crow, ni même un mélange des deux : c’est une mixtape.
Qui tire à la fois son propos et sa force (centrifuge) de sa capacité à mélanger sans se soucier des coutures absolument tout et n’importe quoi, dobro blues et grosses basses électroniques pour la musique (à la main du Suédois Ludwig Göransson, proche de Donald Glover autant que de Hans Zimmer), film de vampire et actioner ostentatoire à la Guy Ritchie, netflixerie puérile et vendetta politique qui tire à la mitraillette là où ça fait mal. Splendeurs et misères de la pop culture. A l’époque où l’aberrant Robert Rodriguez mixait western et film de goule, avec l’appui de Quentin Tarantino, dans Une nuit en enfer (1996), la critique louait autant qu’elle se lamentait de l’inconséquence de ce postmodernisme dératé comme un poulet sans tête dans un centre commercial. A côté de ce post-Get Out furieux et inconscient de l’être, Une nuit en enfer était du grand cinéma classique. D’autant plus frustrant que sous sa forme d’excroissance mutante, Sinners, dont le titre dit à quel point son cœur est battant et du bon côté, cache quelques pistes qui montrent le genre de cinéaste que Ryan Coogler aurait pu être en d’autres temps, d’autres lieux. On songe à cette curieuse obsession des dialogues pour le cunnilingus, ou ce massacre en épilogue inattendu et tout à fait malsain, qui prouvent que le cinéaste n’avait pas en tête, avec Sinners, que de se mettre le grand public dans la poche.
Sinners de Ryan Coogler, avec Michael B. Jordan, Hailee Steinfeld… 2h17.
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lassou
InvitéMerci beaucoup.
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François Bégaudeau
Maître des clés» cache quelques pistes qui montrent le genre de cinéaste que Ryan Coogler aurait pu être en d’autres temps, d’autres lieux »
cette phrase, qu’hélas je sens d’une parfaite justesse, est vertigineusement triste-
Lassou
InvitéPourquoi ? Jarrive pas trop a voir ce que veut dire la phrase (qu’il serait bon s’il ne faisait pas de blockbuster ?)
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Pier
InvitéCa sort le 30 avril mais malheureusement dans très peu de salles, je vous conseille vivement d’aller voir UN PAYS EN FLAMMES, film passionnant sur une famille de pyrotechniciens dans les Landes – et qui font brûler des trucs dans les Landes pendant 1h10
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François Bégaudeau
Maître des clésj’aime bien ce pitch
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Sylvain
InvitéJe ne devrais peut-être pas mais vu que le film sort dans très peu de salles et que ici « on partage »… j’ai un lien pour voir ce truc saisissant pour ceux que ça intéresse (contre une adresse mail perso).
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abde
InvitéJe compte regarder Funny Games de Haneke, mais je ne sais pas quelle version choisir. Pour un premier visionnage, vous me conseilleriez laquelle ?
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Eden Lazaridis
InvitéFunny games US me semble meilleur.
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne dirais pas ça
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Arnaud
InvitéMoi je suis plutôt Naomi, mais chacun ses goûts. On ne juge pas.
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basic
InvitéSalut à tous, je vois que vous partagez des liens de films, auriez-vous des pistes pour voir des films plus récents ??
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Malice
InvitéParfois j’en trouve sur tokyvideo
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kenny
Invitéle lien pour tardes passe pas
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Shiva
InvitéBonjour,
Pour celles et ceux que cela intéresserait et surtout pour les habitants de Rennes et alentours: je vais présenter Désordres de Cyril Schäublin au cinéma Arvor le 5 mai à 20h15. C’est une excellente occasion pour voir le film sur grand écran, dans une des plus performantes salles Art et essai de toute la France.
Une rencontre avec Alexei Evstratov, l’acteur qui joue le rôle de Kropotkine dans le film, aura lieu à l’issue de la projection, et un temps de libre échange d’environ une heure est prévu, afin de revenir sur les enjeux esthétiques du film et l’œuvre de Kropotkine.
Cette séance est inédite car le film n’est jamais sorti à Rennes.
Au plaisir de vous voir!-
Ostros
InvitéBonjour Shiva,
Ça fait plaisir de te lire ici.
J’aurais adoré venir, j’aime tellement ce film.
Malheureusement Rennes c’est trop loin pour moi. Je vous souhaite du monde et un accueil chaleureux.
Tu avais organisé l’entrevue avec François autour du film, quand il est sorti et tu vas présenter sa première projection à Rennes, merci pour ton investissement pour ce film si précieux. Ça me fait plaisir de voir qu’il poursuit sa route et qu’il est bien entouré.
Si tu as un peu de temps : quels sont les films que tu as aimé voir dernièrement ?-
Shiva
InvitéBonjour Ostros,
Merci pour ton message et pour l’encouragement. Dommage que tu ne pourras pas venir à cause de la distance. J’espère pouvoir animer prochainement des projections à Paris aussi.
Effectivement, Désordres est un coup de cœur pour la vie.
Pour répondre à ta question, je propose une liste (non exhaustive) des mes films préférés parmi ceux sortis en salles en 2025:
– La Mer au loin De Saïd Hamich (Un vrai bijou que j’ai beaucoup beaucoup aimé et je me demande si j’arriverai à trouver quelque chose de plus émouvant cette année.)
– Vermiglio ou La Mariée des Montagnes De Maura Delpero
– April De Dea Kulumbegashvili
– La Voyageuse De Hong Sang-Soo
– Peaches Goes Bananas De Marie Losier
– Julie se tait De Leonardo Van Dijl
-Mickey 17 De Bong Joon Ho
– Bonjour l’asile De Judith Davis
– Je le jure De Samuel Theis
– Sept promenades avec Mark Brown De Pierre Creton, Vincent Barré
Sans oublier des chefs-d’œuvre restaurés, Porcherie de Pasolini et Quatre nuits d’un rêveur de Bresson, ainsi qu’une très bonne surprise, moins connu: Mais ne nous délivrez pas du mal De Joël Seria (1972).-
Ostros
InvitéJe te remercie pour cette liste, je savais que j’allais découvrir des films dont je n’ai pas entendu parlé. Je vais essayer d’en rattraper quelques uns.
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basic
Invité– La Mer au loin De Saïd Hamich (Un vrai bijou que j’ai beaucoup beaucoup aimé et je me demande si j’arriverai à trouver quelque chose de plus émouvant cette année.)
Je n’ai jamais pleuré autant au cinéma. La scène dans la voiture est un vrai trésor
Je paierai cher pour le revoir encore et encore-
basic
Invité@Shiva
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François Bégaudeau
Maître des cléspuisqu’on en est à un point d’étape sur 2025, je recommande vivement black dog, vu à la traine
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diegomaradona
Invitévoilà un lien pour ceux qui veulent regarder black dog
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..Graindorge
InvitéMerci Diego
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MA
InvitéEst-ce-que quelqu’un a vu Harvest?
Sinon il y a aussi Dimanches premier film ouzbek et Le village aux portes du paradis, premier film d’un réalisateur somalien, très beaux tous les deux.-
François Bégaudeau
Maître des clésdiego vient de faire un truc positif sur ce forum
c’est l’effet pâques -
Charles
InvitéMême si on aurait pu attendre la fin de son exploitation en salles, idem pour les autres liens de téléchargement.
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..Graindorge
InvitéLe pape en est mort de surprise
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stephanie
InvitéTrès beau film Dimanches, la force de ce couple, leurs gestes au travail, la tendresse finement perceptible m’a fait frémir. un monde intemporel qui résiste, les bruits, les sons de la ferme, l’arrivée de la technologie contre la boite d’allumette qui vient bouleverser le couple, et enfin, une belle histoire d’amour.
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MA
InvitéD’accord avec toi. Mais je ne sais pas si on peut vraiment parler de monde intemporel. J’ai plutôt ressenti comme un monde qui prenait fin.
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MA
InvitéContente d’avoir pu voir Black dog au ciné.
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kenny
Invitéscud hss en approche
en attendant, deux films récents traités dans la go
gofile_io/d/LHDEKc
gofile_io/d/sBQz0g
et pasolini 16 films
gofile_io/d/qUtEOR
remplacer les « _ » par des « . »-
noir extatique
InvitéUn grand merci.
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..Graindorge
InvitéMerci Kenny
Merci Shiva
De belles choses à voir! Ô joies! Youpiii!-
tomtom
InvitéParfait pour tous mes ami.es trentenaires qui ont des nuits courtes, n’ont plus le temps d’aller au cinéma, et me disent tous depuis un mois « mais j’ai pas le temps d’aller voir ton truc sur les corridas ! » (Quelle drôle d’idée…)
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kenny
Invitéle nombre de téléchargements est limité
si ça bloque réessayer après 24h-
Ostros
InvitéMerci kenny aka La Source.
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Cédric
InvitéMerci Kenny de nous offrir peut-être le plus grand film de l’année.
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K. comme mon Code
InvitéNathan Fielder est de retour avec la saison 2 de The Rehearsal : j’avais émis certaines réserves sur la saison 1, par rapport à Nathan For You que j’adore de bout en bout, mais je suis ravi par ce retour et cet épisode. Quel homme.
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François Bégaudeau
Maître des clésmoyennement convaincu par la saison 1 aussi
on verra comment ça tourne -
Seldoon
InvitéLe premier épisode est super. Quel drôle de truc. Aucune idée d’où ça va aller.
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Malice
InvitéJe suis restée sur ma faim; je ne sais pas si c’est parce-qu’entre mon enthousiasme pour la saison 1 et la visionnage de cet épisode, j’ai vu tous les « Nathan on your side » et les « Nathan for you », qui me paraissent comme disait un sitiste, le sommet de ce qu’il a fait.
Les dialogues de pilotes avant les crashs m’ont plu mais j’ai un peu peur que l’arc narratif basé les problèmes de communication s’oriente vers quelque chose de l’ordre du développement personnel. J’espère que c’est une fausse piste pour amener au contraire de la gêne et du conflit.
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kenny
Invitéalors je vois qu’on s’est fait avoir par black dog – commentaires plus haut
le film se serait déroulé en franche comté d’aucuns ici l’auraient trouvé poseur
de mauvaises langues auraient soupçonné la région d’avoir imposé un quota de plans larges en échange de subventions
les sitistes les plus énervés auraient même été jusqu’à le qualifier d’énième film de couilles
arguant que l’improbable cœur à prendre, seul personnage féminin, n’a pour seule fonction que de se faire éconduire par l’ombrageux héro qui comme montaigne préfère son chien
d’autres auraient jugé obscène ce mutisme d’ex tolard, sursignifiant à chaque instant sa mélancolie
son incapacité à socialiser avec les hommes, comme un de niro revenu du vietnam
mais tous se seraient mis d’accord pour dire qu’il remplissait parfaitement le cahier des charges du film d’auteur international à festival
et qu’il était bien naturel qu’il fût encensé par pierre murat et toute la critique française-
Pout
InvitéAura noté celui qui voudra noter que le film ne se situe pas en Franche-Comté, mais en Chine. De suite, l’entreprise de ce Guan Hu, souvent proche du Parti pour ne pas écrire « qui a travaillé à la gloire de ce dernier », créer une disruption dans son interprétation. Si tampon et financements Guan Hu a obtenu, notons que le film est critique du gouvernement (les hauts-parleurs, jolie trouvaille pour incarner les autorités) ce qui explique aussi pourquoi le film est diffusé en Chine avec 10 minutes qui rab’ qui stipulent que tout va bien dans le meilleur des mondes. Quant aux plans larges, ces derniers permettent de créer : 1) du beau, c’est indéniable / 2) une dramatisation des échelles de plans, le Désert qui avale la ville, la ville qui avale ses habitants et tant d’autres dynamiques qui animent de nombreuses scènes. Le « film de couilles », est une dénomination assez intéressante pour un film qui aborde l’incapacité reproductrice des humains dans le film. Actons que la notion de territoire est inhérente au film, enjeu assez pasionnant au cinéma, au jeu de la reproduction, ce sont les chiens qui gagnent. D’ailleurs, la présence des enfants (faudrait-il rappeler la politique de l’enfant unique en Chine, toujours effective au temps de l’histoire du récit), est réduite à portion congrue. Ajoutons que la présence des chiens est une belle allégorie du traitement des populations Mongols et/ou Ouighouïrs durant les préparatifs des JO de 2008. Précisons que l’actrice qui joue la circassienne – là aussi belle trouvaille de celles et ceux qui sont à la marge et ne s’intègrent pas, est d’origine ouïghours. Puis, ajoutons que si le film est divertissant, plaît à un public large (faut-il s’en plaindre ? ), le film témoigne d’un certain savoir-faire dont l’artisanat burlesque, politique et fabulateur dépasse à peu près tous les films français de ces derniers mois : Vingt Dieux, La Pampa…
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kenny
Invitéle film n’est pas critique du gouvernement – d’où qu’il est sorti dans les salles chinoises
l’eût-il été, ça n’en aurait pas nécessairement fait un bon film
le rab à la fin, c’est la norme en chine quand les films abordent des questions sociales
les messages de propagande cloturaient les premiers zhang yimou, pourtant pas d’une grande violence
mais qui laissaient transparaître un peu plus de réel que ce black dog
l’artisanat burlesque fait partie de la panoplie du film à festival
« Ajoutons que la présence des chiens est une belle allégorie du traitement des populations Mongols et/ou Ouighouïrs durant les préparatifs des JO de 2008. »
c’est le genre d’analyse qui ne me convaincra jamais-
François Bégaudeau
Maître des clésle génie de ce film est un génie du cadre – la première séquence est une merveille
si on savait cadrer comme ça en franche-comté, on aimerait les films franc-comtois-
Claire N
InvitéOui ce film est spécial dans le bon sens du terme
Il y a quelques choses – et effectivement ça vient peut etre du cadrage – qui « habite « le peuple des chiens
C’est un peu difficile à préciser mais on frôle le shamanique je trouve-
I.G.Y
InvitéJ’admets que niveau cadrage, c’est fort. Toujours un peu sur la ligne de crête, cela dit, prêt à basculer dans le décoratif (j’ai perçu comme ça la scène où le tigre se balade dans la rue sur gros fond musical). J’aime assez la cohérence avec laquelle le film prend de la distance : distance des plans, distance de Lang vis-à-vis du chaos extérieur, du contexte, des autorités. Une prise de distance qui met les hommes et les chiens dans le même plan, sur le même plan. Le film est aussi très peu dramatique (faire passer l’émotion de la mort du voisin âgé de Lang uniquement sur le petit chien, idée simple et belle, déjà vue mais rendue ici avec beaucoup de cohérence). Tout est partout désamorcé, même le tigre vis à vis du lapin. A tel point, c’est peut-être sa limite à mon goût, que c’en devient presque lisse (cf. par exemple la toute fin).
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Je ne sais pas si le film est « critique », mais on peut a minima s’accorder sur le fait qu’il est tout sauf laudateur du grand Xi : le film est ostensiblement en dehors de la fête, constate une ville morte et sa démolition, constitue (et je dirais « prend parti ») pour un personnage intégralement solitaire qui n’obéit à rien, sans pour autant lutter « seul contre tous » contre une bureaucratie corrompue comme dans tant de films « anti-système complètement système ». Il est simplement ailleurs, dans un entre-monde (ce peut être une belle manière de voir la scène où il passe au milieu des chiens immobiles). On pourrait à la limite défendre que ce comportement de fuite ne représente aucune menace politique. Ok. Il n’empêche que les affects véhiculés par le film sont bien peu PCC-compatibles.-
Claire N
InvitéOui la distance
C’est étrange mais cette façon de filmer
La transformation des lieux en fonction des
Âmes qui les peuplent
M’a fait penser à un processus d’inévitable colonisation des hommes
Les lieux peuplés par les esprits anciens des animaux, les nomades, l’enclavement annoncé par la première scène qui ne peut que se transformer
Pour laisser advenir le monde des hommes
Ni bien ni mal
Une histoire de terrain
Le tigre qui migre, libéré de son zoo porte cette ambivalence je trouve
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Jojojo
InvitéJ’ai vu mon premier Rivette récemment, Paris nous appartient.
Drôle de film, très haché (beaucoup de coupes), très confus de par ses lignes narratives entremêlées, qui laisse s’installer doucement mais sûrement un sentiment d’étrangeté, d’angoisse et de gêne. J’en suis sorti déboussolé, notant bien que beaucoup de choses m’échappent et que je reprendrais sans doute RDV avec film dans quelques années.
Je ne sais pas si Rivette a fait l’objet de discussions ici. Qu’en pensez-vous ? Quels films me recommanderiez-vous ?
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I.G.Y.
InvitéDiscussion qui m’intéresse aussi car j’ai été un peu calmé par le premier (et donc seul) que j’ai vu : Le Pont du Nord. Très long, le jeu de Pascale Augier m’a plongé dans un profond malaise, celui de sa mère beaucoup moins. Son sens du décor naturel dans Paris m’a intéressé, cela dit, un certain sens du cadre qui se déploie de plus en plus à mesure que le film avance.
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MA
InvitéLa religieuse m’avait marquée.
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Malice
InvitéCéline et julie vont en bateau
Jeanne D’arc
La belle noiseuse
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Anna H
InvitéJe ne suis pas très fan du cinéma de Rivette. Mais je ferais une exception avec un film que j’adore : L’amour fou, 1969, où l’on retrouve le duo Bulle Ogier / Jean-Pierre Kalfon.
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Anna H
InvitéÀ ne pas confondre avec L’amour ouf
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I.G.Y
InvitéExpérience à faire, n’ayant vu ni l’un ni l’autre : voir l’un puis l’autre. Grosse soirée
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I.G.Y
InvitéQuelle expérience en effet que ces 4h10 hier soir, qui m’auront fait passer par tous les états. J’en suis sorti retourné.
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La première heure ou heure et demie a été une grande souffrance comme rarement j’en ai ressenti devant un film. Souffrance dont la source principale était la présence à l’écran de Kalfon, à tel point que j’ai failli arrêter le film — chose que dans ma vie je peux compter sur les doigts d’une main sortie d’un hachoir. J’ai d’abord blâmé l’acteur et le cinéaste. Acteur dont la crédibilité dans son rôle de metteur en scène frôlait à mon goût le zéro, qui termine une phrase sur deux dans ses possibles semi-improvisations pauvres, marmonnant dans sa non-barbe comme un grand penseur mais dont toutes les phrases ou presque sont vides ou régulièrement inachevées, le tout dans des scènes de répétition théâtrales qui m’ont accablé d’ennui — incomparables avec scènes de lecture de pièce chez Hamaguchi dans Drive My Car, pourtant bien peu dramatiques. Je me suis dit alors que Rivette, à trop vouloir chercher une forme de réel documentaire, perdait autant le réel que le cinéma. Quelques très bonnes scènes surgissaient d’un coup ici et là, les rôles de femmes globalement surnageaient. Mais j’étais dominé par un embryon de colère à voir le personnage de Kalfon (Sébastien) ou Kalfon lui-même, je ne savais plus bien, me ruiner autant le film. Je ne souhaitais qu’une chose : la fin de ces scènes de répétition, sa disparition du plan, sa disparition du film. J’étais à deux doigts d’appuyer sur le bouton rouge.Et puis j’ai commencé à comprendre.
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J’ai réalisé que toute cette vacuité, ce tourbillon de médiocrité et de mort dans lequel Sébastien était en train de m’aspirer était précisément celui qui emportait Claire (Bulle Ogier). J’ai réalisé que mes sentiments n’étaient peut-être pas le fruit d’un ratage cinématographique, mais au contraire d’un film qui acquérait sous mes yeux une grande cohérence affective. On commence à saisir la profondeur de l’incapacité de Sébastien à communiquer, la vacuité des répétitions et des lectures de son Andromaque apparaît de plus en plus évidente à sa troupe elle-même. La radicalité de son hermétisme fait prendre au film un tour passionnant, effrayant, et je dois reconnaître avoir peu vu au cinéma de personnages qui me sont restés aussi énigmatiques et glaçants. La manière dont Claire se meurt de vouloir accéder à cet inaccessible est particulièrement bien rendue à l’écran. Ce qui fait la puissance de cet inaccessible est à mon avis que contrairement à beaucoup de films, où l’on finit en tant que spectateur par accéder ne serait-ce que subrepticement au sentiments profonds du personnage — parfois les autres personnage y accèdent, via des scènes de dénouements/révélations —, on sent ici que Sébastien n’est pas seulement hermétique aux êtres extérieur mais qu’il est presque hermétique à lui-même. Sébastien est un coffre fort vide dont la clé n’existe pas.Cette mise en image d’une étonnante forme d’emprise — je pense le mot justifié — est en fait très réussie. Une emprise qui relève non pas d’un déploiement verbal manipulatoire extraordinaire mais d’un total hermétisme, d’un mystère. Quel plan marquant que celui où Claire, recroquevillée contre un mur de la chambre avec son oreiller, se trouve encerclée par des murs et des rideaux fermés dont les motifs sont quasi exactement ceux de la chemise de Sébastien — ça ne peut pas être involontaire tant c’est évident lorsque Sébastien entre dans la pièce : il se confond avec les murs. Tout le film ou presque est dans ce plan, la puissance de la scène de destruction de la chambre n’en est que plus forte. A mesure que l’horizon de vie de Claire se réduit et se trouve entièrement happé dans sa relation mortifère, on sent aussi la complexité du néant de Sébastien, qui au fond lui-aussi ne vit que par Claire mais est incapable de l’exprimer (scène du découpage des vêtements). Il vit par elle mais sans elle. La terrifiante vacuité de son personnage est si bien rendue par cette scène presque finale de sa déambulation dans la rue vide, où Rivette alterne les travelling sur les façades mortes et les volets fermés. Sébastien finit par tomber sur un miroir et s’y observer longuement, éteint, impénétrable. Ce travelling arrière en voiture qui le fait s’éloigner à toute vitesse fait l’effet d’une chute libre, d’un mystère fuyant et à jamais introuvable.
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Je me suis longtemps demandé si la « pauvreté » du personnage de Sébastien n’était pas un handicap pour le film, en tant qu’elle affaiblirait sa représentation de l’emprise et de la toxicité. J’en suis même venu à me demander si Rivette arrivait à filmer les hommes, tant les personnages/actrices femmes surnagent dans le film — de Rivette je n’ai vu que Le Pont du Nord qui tournait déjà autour de deux femmes (Ogier mère et fille); je sais qu’il y a aussi Céline et Julie vont en bateau : Rivette est-il de façon générale un cinéaste « fémo-centré »?Mais j’ai fini par me dire au contraire que Rivette avait saisi la pauvreté de Sébastien dans toute sa puissance : celle d’un néant sans fond, d’un vertige.
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kenny
Invité-
Ostros
InvitéA cause de toi je vais passer mes journée collée à l’écran de mon ordinateur ❤
(moyen de passer commande des autres Serra ?)-
kenny
Invitécommande déjà passée mais le proprio du disque boude
il s’est fait harceler pour les hss
on reste à l’affût
en attendant tu peux essayer en torrent, 6 serra sur yts point mx-
Ostros
InvitéC’est gentil mais je ne suis pas très torrent.. J’attends.
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Leny
Invitébonsoir
Par hasard quelqu’un aurait des astuces pour trouver les films de hong sang soo en streaming vostfr ? ils sont assez dur et je n’ai pas l’argent pour payer ces 45 films de 1h10
merci !
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Ostros
InvitéLeny, pose ton oinj et lis 5 posts plus haut.
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Leny
Invitéattend mais c’est une folie que j’ai pas vu ca hahahahahahaha! la probabilité qu’il y est un drop hss le même jour j’y crois pas sortez de ma tête je sais que vous avez posés des caméra dans ma chambre pour me faire passer pour un fou, sinon merci Kenny tu régale
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François Bégaudeau
Maître des clésquant à moi je n’arrive toujours pas à télécharger
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Ostros
InvitéEst ce que tu vois apparaître la petite fenêtre de la taille d’une cellule sous le lien que tu viens de cliquer (dernière colonne) ?
Et si oui est-ce qu’en cliquant sur le lien qu’offre cette petite fenêtre tu tombes sur une nouvelle page qui s’ouvre et te propose le film en question à télécharger ?
(Savoir où se situe ton blocage)-
François Bégaudeau
Maître des clésoui, mais ensuite ça télécharge pas
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Ostros
InvitéDans ce cas c’est que le film a été trop téléchargé. Il te faut revenir plus tard – 24h ou 48h. Et le lien pour le téléchargement apparaîtra de nouveau.
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kenny
Invitéun message apparaît si c’est lié au quota
sinon fais la liste des films que tu veux, je te les enverrai-
Ostros
InvitéJe l’apprends. Cela signifie qu’il y a potentiellement des liens morts ? Point de message lié aux quotas sur le film de Bresson, qui n’affichait aucun texte cliquable / lien pour le télécharger.
Voilà toute mon organisation qui se trouve chamboulée.
Kenny, si tu le veux bien, je te transmettrai moi aussi la liste des films qui bloquent, lorsque j’aurai fait une 2e tentative (y en aurait probablement 3 ou 4).-
Lumen
InvitéOui liens morts au bout d’un certains temps car chaque dossier est forcément gérer par une personne, ce qui implique:
1. Pas assez de place pour les nouveaux films sur le drive, donc il faut en enlevez pour faire de la place
2. Fermeture du dossier drive ou du compte
3. Film trop téléchargé
C’est comme tout dans la vie, ça a une fin -
Lumen
InvitéC’est quel bresson que tu cherche ? je peux peut être te le trouver séparement, par exemple j’ai Journal d’un curé de campagne
https://drive.google.com/drive/folders/1k5_VNwgvOKhuO9AWKV4byHYBAznj83wg?usp=drive_link
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Ostros
InvitéMerci beaucoup 🙂
Le journal je l’ai vu, je suis à la recherche plutôt des 4 nuits d’un rêveur si tu as ça ? -
Lumen
InvitéOui Ostros, j’ai ça.
https://drive.google.com/drive/folders/1-87JTUcE1-F8HMzAKSczBjG2T3Eitg9A -
Ostros
InvitéGénial merci à toi.
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..Graindorge
InvitéLe journal d’un curé de campagne
Grand merci Lumen
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François Bégaudeau
Maître des clésje voulais voir tous les premiers hamaguchi
(surtout les docus)-
Lumen
Invité
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Carpentier
Invité– as-tu bien passé ta carte ‘ charge maps ‘ où tu as ouvert un compte ?
Celle de la médiathèque et navigo marchent pas ici : D
sinon, à coté du KFC au rond point pour prendre l’autoroute de Reims, tu as des belles bornes ionity qui feront l’affaire;
+ as-tu fait ta dernière mise à jour? sinon tu ne peux qu’être emmerdé à mesure.
aaaaah quand les boomers en folie arrêtent de mater fr3 ça risque tout de suite la méningite -
Carpentier
Invité+ on te déconseille aussi le partage sur des bornes de charge carrefour énergies : si qqn.e est déjà dessus (tu as 2 prises par borne) évite de tenter le branchement en duo: 3 fois sur 4 ça bugge.
Reviens peut-être après 1 heure (24/48 h, dans ce cas, semble excessif)
N’est-ce pas, Elisabeth? (blague de mon oncle) -
Carpentier
Invitéoui, mais ensuite ça télécharge pas
comme dit mon père quand il tente d’alimenter sa voiture en énergie hors de son domicile : D
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Carpentier
Invitéça (télé)charge pas
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Henry
InvitéOn pense quoi de Wang Bing ? Son dernier m’intéressait mais trop peu de séances vers chez moi pour que j’arrive à le voir à temps…
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Ostros
InvitéTu as une discussion autour du film sur le thread documentaire, je crois.
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Charles
InvitéJ’ai rattrapé The insider (Black bag) et je dois admettre que je n’ai pas été aussi réjoui par un Soderbegh que depuis Contagion, soit une douzaine d’années. C’est simple, le film m’a semblé irréprochable dans le sens où je ne vois pas trop ce qu’on pourrait attendre de plus d’un film de ce genre : malin, vif, tendu, où les dialogues ont suffisamment d’esprit pour ne pas être entièrement arrimés à l’intrigue sans pour autant que celle-ci en souffre. L’équilibre entre l’espionnage, le suspense et la peinture d’un milieu bourgeois anglais voire le vaudeville un peu pincé est très réussi. Si le film vaut beaucoup pour les caractères qu’il dépeint, l’action n’en est pas moins prenante et j’apprécie la modestie de l’ensemble- que certains ont pris pour de la superficialité voire de la désinvolture -, notamment sa durée réduite alors que s’apprête à sortir le dernier Mission impossible qui va durer près de 3h.
Les acteurs sont très bien, surtout Fassbender. J’aime beaucoup ce que Fincher et Soderbergh ont fait de lui, ce qu’ils ont trouvé chez lui c’est à dire cette raideur protestante, presque autistique, mélangée à une certaine fadeur qui lui donne paradoxalement beaucoup plus de charisme. Il est beaucoup plus intéressant que l’espèce de playboy lisse qu’il jouait chez Arnold et McQueen il y a 15 ans. Merci les rides. -
Tony
InvitéJe signale le hors série des cahiers sur Hitchcock,tout à fait passionnant,on en a jamais fini avec lui,quelle oeuvre riche et géniale,on a beau revoir régulièrement ses films et on continue de les découvrir,dingue!
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