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- Ce sujet contient 1,011 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Carpentier, le il y a 1 année.
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AuteurMessages
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Tony
InvitéBabygirl est affreux,on gagne un bon texte de Joudet que je n’arrive pas à copier
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Seldoon
InvitéDes nouvelles du prochain Paul Thomas Anderson, qui vient d’être testé auprès du public à Phœnix :
https://www.worldofreel.com/blog/2025/1/24/pta
En gros toutes les rumeurs étaient vraies. C’est une adaptation libre de Vineland de Pynchon, ça s’appelle On Battle After Another, ca dure presque 3h et malgré tout ça c’est son plus accessible depuis longtemps. La référence qui est donnée est Something Wild de Demme, et d’ailleurs, est-ce qu’une GO hors série aura un jour le courage de s’attaquer un jour à ce drôle de cinéaste à la fin de carrière bien triste, peu renommé et qui pourtant n’arrête pas d’être cité par les réalisateurs américains en activité ?
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Seldoon
InvitéOne battle pas on battle.
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Charles
InvitéAutant de temps d’écran pour Penn n’est pas forcément une bonne chose ni le côté très mainstream , comédie d’action mais ça reste très intriguant tout ça.
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cornemuse
InvitéÇa va Charles détends toi
Ça va bien se passer-
François Bégaudeau
Maître des clés1 je ne vois pas où Charles est tendu
2 que dirait on d’un moratoire de 40 ans sur l’expression « ça va bien se passer »?-
cornemuse
InvitéAh oui t’as raison
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Seldoon
InvitéOn vérifiera une fois devant le film mais je prends les paris : celui qui est tendu, c’est Sean Penn.
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Oscar
Invité> Quelques pseudos spoofés ce matin. Cornemuse n’intervient jamais de cette manière agressive…
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Carpentier
InvitéOui sûrement 🧐
On le voit plus cornemuse, j’aurais aimé avoir son retour sur le dernier de Almo 🤔
On devra peut être attendre la Gêne à l’occasion ✌️-
Cornemuse
Invité(Les messages au dessus ne sont pas de moi)
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Cornemuse
InvitéMes excuses a charles pour le désagrément causé par l’usurpateur
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Cornemuse
InvitéJ’ai pas aimé le almo
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Frezat
InvitéCette expression est très usité dans les Alpes détendez vous ça va bien se passer était sur de nombreux stickers édités dans les années 2000 ( skipass il me semble en fait encore) elle a été reprise par darmanin.
Ptet qu il vient skier dans le coin 😆
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Cornemuse
InvitéJe précise :
Les phrases « Ça va Charles détends toi
Ça va bien se passer » et « Ah oui t’as raison »
Ne sont pas de moi mais de demi habile sous mon pseudo-
BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Perdu!
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Charles
InvitéOui c’était encore un peu trop aimable pour venir de toi.
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Cornemuse
InvitéLes réponses ou tu insulte quelqu’un et puis tu lèche les bottes de françois quand il répond, tu l’a déja fait plusieurs fois en te faisant passer pour d’autre personnes, c’est bien toi
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Cornemuse
InvitéDans tout les cas, il faut que cette personne arrête, on peut pas ce sentir à l’aise de parler ici, si a tout moment quelqu’un cherche a prendre notre pseudo pour nous ridiculiser
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: On ne m’a jamais vu lécher les bottes de François et je te rappelle que tu m’as si mal cerné que tu n’as même pas été foutu de comprendre que j’étais Comité des Faits et de la Justice avant de devenir BIOGRAPHIE donc pouet pouet.
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Cornemuse
InvitéTu m’a mal compris, ce que tu a déja fais plusieurs fois, c’est de prendre l’identité de quelqu’un et d’envoyer avec son nom des messages ou tu lèche les bottes de françois après avoir insulter au hasard, ce sont tes méthodes.
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Cornemuse
InvitéD’ailleurs j’ai une majuscule sur mon pseudo
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Si t’y voyais aussi clair que tu le prétends dans mon jeu tu n’aurais pas besoin que d’autres te fasse remarquer que je suis Demi Habile, tu serais foutu de le comprendre par toi même. Par conséquent tu vas te contenter de fermer ta gueule et de ranger ton index accusateur à la con car je n’ai pas à supporter tes accusations fallacieuses.
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BIOGRAPHIE
InvitéD’accord, j’ai menti, tu m’as bien eu, c’est en fait moi qui ai pris ton identité.
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BIOGRAPHIE
InvitéBravo cornemuse, tu est perspicace !
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BIOGRAPHIE
InvitéBIOGRAPHIE: « tu est »
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On en a qu’un dans le coin qui passe son temps à galérer avec la conjugaison des verbes.
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@cornemuse, avec tes manquements orthographiques systématiques -absence du « s » à la 2ème personne du singulier » on suppute que c’est toi qui a mis en partie le bordel sur le site ces deniers jours. Je salue tes prouesses de Troll.
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Et il faut saluer la perspicacité de diegomaradona sur ce coup car il avait bien cerné le problème. -
Cornemuse
InvitéNon c’est pas moi la
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Cornemuse
InvitéOui je suis dyslexique abruti, mais la c’est pas mes messages
MOI il y a UN LOGO qui apparait quand je parle -
Cornemuse
InvitéEn plus de me troll, t’essaye de faire croire que c’est moi le problème
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: « Oui je suis dyslexique abruti »
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Ouais, au même titre que l’abruti qui utilise les pseudos des autres pour essayer de foutre la merde. -
Cornemuse
InvitéJe te dis que c’est pas moi, je vais pas me plaindre de moi même, et j’irais pas si c’est moi, utiliser mon propre pseudo, c’est stupide
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: blablabla.
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Cornemuse
InvitéBravo, demi-habile, tu as réussi ton coup. Je quitte désormais définitivement ce forum.
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Dans ce cas Adieu et bon vent.
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Cornemuse
InvitéTu m’aura dégouté d’ici, bravo t’es très fort
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Chiale autant que tu veux, j’en ai rien à foutre.
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ludovic
Invitéla mue
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ludovic
InvitéEh archives ça peut servir
quand on écrit un peu
des merdes sur la gauche
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Cornemuse je suis pd
avec ou sans vikings -
BIOGRAPHE
InvitéMathieu
Oh là je dirai les deux. Je me demande d’ailleurs maintenant où est Michael Zemmour politiquement. Je l’imagine plutôt mélenchoniste, insoumis, mais peut-être est-il encore plus radical. D’ailleurs est-il affilié aux économistes atterrés? Il a l’air d’être un peu dans son coin, comme économiste, à la Gilles Raveaud.
François, avec Ostros on voulait d’ailleurs ton arbitrage de Grand Miam sur » A quand même une bonne tête de Juif ». Ostros dit Eric, moi je dis les deux. Qu’en penses tu ? Je lui ai donné le miam mais j’ai envie d’avoir raison^^
* 18 février 2023 à 16 h 09 min#2615Charles
Evidemment les deux pour la bonne tête de juif. Sur son positionnement, je pense qu’il n’est pas très éloigné de Piketty. Je parle de Michaël.
* 18 février 2023 à 19 h 17 min François Bégaudeau pour la tête de juif, je réponds aussi les deux parce que « les deux » c’est mes réponses préférées et donc evidemment les deux aussi pour « moins à gauche que moi »
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* 18 février 2023 à 19 h 28 min
Ostros
Je perds ce miam à cause de mon manque de perspicacité.
* 18 février 2023 à 19 h 48 min Mathieu Je ne retirerai pas le miam tkt De toute façon je compte pas du tout les points
* 18 février 2023 à 19 h 52 min Ostros Moi non plus, c’est juste que j’adore dire miam et me croire dans le jeu. Merci pour le miam.
1 janvier 2025 à 16 h 15 min #84706Eden Lazaridis
Les deux sont effectivement niveau Toledano et Nakache. -
BIOGRAPHIE
InvitéC’est pas anti sémite ça
Ben non c’est gratuit
Une bonne vanne de trous du cul
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ludovic
Invité2 bons trous du cul
Invraisemblable-
Cornemuse
InvitéVa te faire enculer toi
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Cornemuse
InvitéTa le choix pour trouver du pd entre les militants rn et les mecs qui fantasme sur les vikings
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ludovic
Invitéva te faire enculer toi même
ça te donnera des couleurs
de gauche -
Cornemuse
InvitéJe m’en vais de toute façon, bye
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Choisi un pseudo moins mou
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BIOGRAPHIE
InvitéBIOGRAPHIE: Ok Cornemuse.
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Cornemuse
InvitéJE TE DIS QUE C’EST PAS MOI
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Et donc, tu t’imagines qu’après avoir refusé de tenir compte de ce que je te disais pour continuer à me pointer du doigt je vais t’accorder le bénéfice du doute?
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Cornemuse
InvitéOk adieu
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BIOGRAPHIE
InvitéCornemuse: Adieu.
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Cornemuse
InvitéAdieu même si c’est pas moi
Moi j’ai foutu la merde hier avec toi
C’était bien
Ostros est venu niquer le plan de chiens -
Cornemuse
InvitéArrête stp
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K. comme mon Code
InvitéUne connaissance avait le lien pour cette projection test, mais n’a pas pu s’inscrire car il dépasse la limite d’âge de 57 ans — je découvre donc que les studios ne s’intéressent pas aux seniors. Je doute très fort que le film mentionnera sa filiation avec Vineland, ça a l’air de prendre un petit élément d’intrigue pour en faire la base d’un film d’action — rien à voir d’autant plus qu’on ne peut tout bêtement pas adapter un bouquin sur les désillusions hippies à l’ère Reagan en le transposant à l’ère moderne, ça n’a pas de sens. Les nombreuses vidéos de tournage semblaient bien montrer une série de courses poursuites.
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Pour Demme, je pense que PTA et d’autres aiment le « naturel » de ses castings ; quand les personnages de Something Wild rentrent dans une boutique, on a l’impression qu’ils entrent dans une vraie boutique. On peut aussi écouter les deux discuter :
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Charles
InvitéC’est bien Vineland? Tu sais que j’ai tenté Mason and Dixon cet automne dans une édition dégueu de bibliothèque (en grand format avec couverture rigide bien pénible à transporter) car introuvable en librairie et j’ai malheureusement abandonné en cours de lecture : trop cryptique, trop en circuit fermé pour moi malgré quelques éclats.
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K. comme mon Code
InvitéJe n’aime pas Vineland. C’était son premier roman publié depuis 1973, dix-sept ans auparavant, et je le trouve très sur-écrit : une manière de redémarrer le moteur. Le fond est très intéressant et on trouve des blagues très drôles à toutes les pages mais je le trouve particulièrement pénible à lire. Et je ne parle même pas de la traduction française qui est très ratée (mais peut rendre le livre moins lourd, paradoxalement ?).
Oui, je sais l’inutilité, en général, de conseiller Mason & Dixon, la plupart abandonne avant même de mettre un pied en Amérique : mais je me dois de parler de ce grand roman. L’édition poche de Points est très agréable à lire et transporter.-
Charles
InvitéEn parlant de traduction ratée, j’ai lu récemment la Geôle de Selby Jr où j’ai trouvé l’expression « culmalin » (écrit comme ça) pour traduire j’imagine « smart ass » – j’ai trouvé ça très drôle.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai du voir deux films de Demme, qui, de son vivant n’était cité et célébré par personne.
Mais je veux bien explorer. Quels films?-
Charles
InvitéSomething wild est le meilleur de ceux que j’ai vus avec le Silence des agneaux. C’est pas immense non plus.
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Sylvain
InvitéD’accord avec ça.
Surtout « Something Wild » – « Dangereuse sous tous rapports » en français – même si ce film doit beaucoup au « After Hours » de Scorsese sorti quelques années plus tôt. Ensuite, les Coen devront eux, beaucoup au film de Demme.
« Le silence des agneaux », je pense que tout le monde l’a vu à un moment où un autre. Il vaut le coup si on a connu « sa sortie salle » à l’époque. Un peu comme « Basic Instinct » au fond : fond de scandale, spectateurs plus ou moins choqués, odeur de souffre (violence pour l’un, sexe pour l’autre, les deux se mêlant parfois). Le spectacle était dans la salle mais aussi dans la presse. Deux « phénomène »s.
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Seldoon
InvitéIl y a aussi Stop Making Sense, que je n’ai pas vu mais qu’on vend souvent comme le meilleur film de concert de tous les temps (île semble qu’il est ressorti récemment).
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Eden Lazaridis
InvitéPTA est quand même un drôle de personnage. « C’est notamment en voyant Le Silence des agneaux qu’il a saisi le type de gros plan qu’il affectionne depuis. » (wikipédia). Je ne sais pas si vous vous en rappelez mais les gros plans du Silence sont d’une lourdeur PACHYDERMIQUE, ils servent à souligner les émotions des personnages (exemple : l’inspecteur comprend que Clarice est avec le tueur) et il n’y a rien, ni d’innovant, ni d’intéressant dans leur utilisation, si ce n’est leur côté kitsch et grotesque. C’est à se demander si PTA, qui dit que Demme est « sa plus grande influence » (wikipédia) ne se fout pas de la gueule du monde.
Je ne le pense pas, je le pense sincère. Je pense que c’est quelqu’un qui n’a pas un grand sens esthétique dans la vie de tous les jours (cf le nombre de films de merde qu’il aime). Mais son art lui échappe, son dispositif cinématographique lui permet de se rendre étranger à lui-même, dans une approche presque surréaliste. Il a d’ailleurs les plus grandes difficultés, en interview, à expliquer ce qu’il fait.
1 point de plus pour Comme une mule.-
Eden Lazaridis
InvitéCf le passage sur Bertrand Cantat et Tostaky.
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K. comme mon Code
InvitéNop. Il sait très bien ce qu’il fait.
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Eden Lazaridis
InvitéVa regarder ses interviews. Il est dépassé par ses films et c’est magnifique.
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Eden Lazaridis
InvitéOu Mick Jagger réécoutant Gimme Shelter.
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K. comme mon Code
InvitéJ’ai dû lire et écouter à peu près toutes ses interviews, il sait très bien ce qu’il fait. Il s’amuse juste à jouer le couillon parce qu’il n’a pas envie de parler — mais tu peux très bien le trouver mentionner Weerasethakul, puis constater dans son cinéma qu’il a commencé à faire des plans séquences fixes. Et le rapport avec Cantat n’est pas tout à fait exact : il me semble qu’il s’agit de dire que ce n’est pas Cantat qu’on aime dans la voix de Cantat. On peut dire qu’on n’aime pas PTA dans les films de PTA. Ce rapport absent concerne tous les artistes — même les théoriciens.
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Eden Lazaridis
Invité« il sait très bien ce qu’il fait » : Il a pourtant le plus grand mal à expliquer tel agencement de plan, telle valeur de plan, ou telle musique. C’est bizarre qu’un type qui sait très bien ce qu’il fait peine autant à justifier son propre travail.
« Il s’amuse juste à jouer le couillon parce qu’il n’a pas envie de parler » : 1) Tu postules qu’il sait très bien ce qu’il fait. 2) Tu constates qu’il a beaucoup de mal à l’expliquer. 3) Pour retomber sur tes pattes tu es obligé de convertir cette incapacité en volonté. 4) Il fait le couillon parce qu’il a la flemme d’expliquer son travail. C’est possible mais je ne le sens pas particulièrement facétieux, pas godardien, il ne me semble pas particulièrement aimer tromper son monde. Et par ailleurs, il me semble tout à fait sérieux dans son admiration pour Demme.
» il me semble qu’il s’agit de dire que ce n’est pas Cantat qu’on aime dans la voix de Cantat » : Dire que l’on peut aimer une chanson ou la voix de Cantat sans aimer Cantat lui-même est une proposition beaucoup trop évidente pour que François y consacre deux pages. Il s’agit de dire que l’art n’appartient à personne puisque l’artiste est aussi étranger à sa production que le spectateur. Le morceau Tostaky est une fulgurance, issue d’une séance d’écriture et d’enregistrement où Cantat a perdu le contrôle.-
Seldoon
InvitéAprès il y a 2 PTA d’interview. Le petit con de début de carrière qui déclare qu’il est meilleur que tout le monde ; et le gentillet de fin de carrière qui ne veut dire du mal de personne alors même qu’il est meilleur que tout le monde.
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Eden Lazaridis
InvitéIl y a deux PTA : un avec et un sans cocaïne.
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Seldoon
InvitéOu papa et pas papa.
Mais je préfère ma première distinction. -
Eden Lazaridis
InvitéC’était de l’humour.
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Eden Lazaridis
InvitéPS : Si jamais tu l’ignores, PTA a eu un vrai problème avec la cocaïne. Il a d’ailleurs insulté Fincher et Fight club sous l’effet de cette substance. Il me semble qu’il a arrêté au début des années 2000. C’est pour cela que je faisais cette petite blague.
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Seldoon
InvitéOui oui j’ai bien compris et je connais bien l’annecdote (et d’autres). Mais c’est vrai aussi, il a eu deux personnages différent en interview qui correspondent à peu près à ça :
– artiste prouveur, petit con, sous cocaine, pas papa
– artiste accompli, sorte de sagesse trop gentille, pas/moins de cocaine, papa -
Eden Lazaridis
InvitéTu reconnaîtras donc que je ne passe pas ‘ »à côté de ce qui se passe vraiment » concernant PTA, ni à cause d’une supposition quant à sa consommation de cocaïne, ni à cause de mon antipathie pour le bonhomme (que j’aime beaucoup par ailleurs). J’essaie simplement de comprendre ce qu’il fait.
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Seldoon
InvitéAh non pas du tout. Sur le dissensus principal : il est assez clair que PTA sait très bien ce qu’il fait, et ce qu’il ne veut/doit pas faire. Qu’il ait envie de l’expliciter en détail ou non n’a pas grand chose à voir avec le fond de l’affaire. Transpire de la plupart de ses interventions un grand sens de la rigueur. J’avais compris que tu étais agacé par la posture du mec, il semblerait que non, reste que tu passes à côté.
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Toni Erdmann
InvitéLes anecdotes de PTA qui bitch sur d’autres films sous coke m’intéressent
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K. comme mon Code
Invité@Eden : T’es vraiment relou.
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Eden Lazaridis
InvitéDis moi que j’ai raison sans me dire que j’ai raison.
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K. comme mon Code
InvitéTu es un petit con, ça c’est clair : je viens poliment te dire que tu as tort parce que je connais très bien le sujet, et tu fais l’idiot méprisant.
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Eden Lazaridis
InvitéTu tombes dans l’insulte, dommage.
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K. comme mon Code
InvitéSi tu veux croire qu’un gars qui est son propre chef de la photographie depuis trois films et a modifié sa méthode de travail au cours de sa carrière pour pondre des films singuliers « perd le contrôle » et est dépassé par l’art, okay, soit : tu es juste en train de refaire une image romantique de l’artiste en prétendant le contraire. Si l’homme n’est pas l’artiste qui n’est pas l’art, l’interviewé n’est pas grand-chose. Mais je répète : il sait très bien ce qu’il fait. Tu pourras t’amuser à écouter ses collaborateurs parler du travail qu’ils font avec lui.
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Seldoon
InvitéOui Eden j’ai bien l’impression que l’agacement que procure le bonhomme te fait passer à côté de ce qui se passe vraiment. Il faut passer outre la cocaine comme son absence.
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Eden Lazaridis
Invité@Seldoon : l’agacement ? PTA ne m’agace pas du tout. Je l’admire.
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Seldoon
InvitéJe disais bien le bonhomme. Je séparais le bonhomme du grand artiste.
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Eden Lazaridis
InvitéLe bonhomme ne m’agace pas du tout non plus. Aucune trace de cela dans mes écrits. Et je n’ai jamais séparé l’homme de l’artiste mais à la limite l’artiste de son art.
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Eden Lazaridis
Invité« L’image romantique de l’artiste » consiste justement à le dépeindre comme un être supérieur, qui perçoit et comprend mieux que les autres, qui a accès à une dimension supérieure de l’Être, du vivant. Ce n’est pas du tout mon cas. Je prétends que c’est un type qui expérimente, qui crée des agencement nouveaux, inédits et étranges, par l’invention de dispositifs, de méthodes. Comme dirait Descartes, il n’a pas plus de génie, mais il a plus de méthode. Il n’y a donc aucune romantisation de l’artiste chez moi. Et je maintiens que PTA appartient à cette école. Son art est expérimental. Il tente : telle musique avec tel plan, telle interprétation dans telle situation etc. Il maîtrise peu, frise parfois le n’importe quoi, mais il y va.
Alors certes il sait ce qu’il fait, dans le sens où il sait quelle méthode il utilise, mais pour détail c’est le grand flou.
Pour résumer : il sait qu’il ne sait pas ce qu’il fait. Bim bad boum badaboum. -
Seldoon
Invité« maîtrise peu » c’est très étrange de lire ça du cinéma de PTA. Pas du tout l’impression qui se dégage de ses entretiens, mais surtout pas de ses films.
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Seldoon
InvitéMême devant Inherent Vice. C’est un cinéma particulièrement tenu, concentré.
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François Bégaudeau
Maître des clésLa rigueur et le conscience ne sont pas incompatibles avec le fait que ce n’est pas moi qui écrit quand j’écris.
Quand j’écris, je me lis et c’est ici que la rigueur intervient
PTA est sans doute un très rigoureux premier récepteur des choses qui lui viennent, des choses qui arrivent.
Tout ça est hybride : un mélange d’inconscience et de conscience.
Ce que je disais dans CUM concerne essentiellement le récepteur : quand je regarde Phantom thread, j’ai affaire un tourbillon matériel, sensoriel, sentimental, conceptuel, où PTA n’est plus qu’un nom. -
K. comme mon Code
InvitéParce que je suis en plein Lordon/Lucbert, je me demande si ce pas-moi convoqué dans la création, étranger au moi bâti à partir du « morcellement des parties » pour créer un sentiment de consistance, n’en reste pas moins… soi. Des morceaux dont on ne sait quoi faire. CUM parle bien hors de l’exercice artistique de pensées qui viennent. Des pensées qu’on ne pense pas mais qu’on pense. La pratique artistique permettrait de faire un usage plus exhaustif de toutes ses parties — celles qu’on ne considère pas faisant partie du moi uniquement parce que pour être constitué en moi cette unité doit être limitée. Et dans la production artistique on est toujours soi en confrontation avec un matériel forcément extérieur à soi. Donc c’est assez vertigineux. Il
est clair en tout cas que dès qu’il s’agit d’une œuvre, on a affaire à une toute autre entité. -
François Bégaudeau
Maître des clésNous sommes d’accord
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Seldoon
InvitéToutes ces précisions me vont très bien, il faudra que j’attaque Pulsion un de ces 4. Même le réalisateur le plus en maîtrise de son art est traversé. Il me semblait qu’Eden signalait que Paul sait moins bien que d’autres ce qu’il fabrique.
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K. comme mon Code
InvitéOui, Eden voulait fantasmer l’idée d’un PTA dont l’art dispose d’une esthétique aux antipodes de ce qu’il aime et de ses facultés cognitives. Il faut aussi préciser que mobiliser une équipe de tournage après une multitudes de tests et de repérages contraint forcément à plus de réflexivité. Ce qui n’a toujours aucun rapport avec la faculté ou le désir de parler de son travail.
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Eden Lazaridis
Invité@K comme mon code
1) » Eden voulait fantasmer l’idée d’un PTA » : Je ne fantasme rien du tout. Je n’ai aucune idéalisation de l’artiste il faudra que je te le l’écrive combien de fois ?
2) « de ses facultés cognitives » : je n’ai jamais écrit qu’il était stupide.
3) « aux antipodes de ce qu’il aime » : Son esthétique n’est pas aux antipodes de ce qu’il aime mais il aime énormément de films qui ne sont pas au niveau des siens. Quand je l’écoute ou le lis, il ne me paraît pas au niveau de ses films, contrairement à Desplechin ou à d’autres.
4) « contraint forcément à plus de réflexivité » : ou à moins justement (si tu entends par réflexivité le fait de réfléchir sur son propre travail). Le cinéaste est l’artiste qui s’aliène le plus dans sa création, il mobilise énormément d’éléments qu’il ne maîtrise pas intégralement.
5) « Ce qui n’a toujours aucun rapport avec la faculté (…) de parler de son travail. » Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. La faculté de parler de son travail est le signe d’une réflexivité sur ce dernier.
6) Enfin sur le « désir » d’en parler, arrête avec ça. Si PTA ne voulait pas parler de son travail il ne prendrait même pas la peine de faire des interviews. Il avait un côté petit con au début de sa carrière, qu’il n’a plus du tout. -
K. comme mon Code
InvitéOk. Vu.
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Seldoon
InvitéJe vous laisse vous entretuer mais j’ai remarqué que le faible niveau d’implication des réalisateurs américains dans les interviews est un phénomène frappant. Même dans des entretiens sortis de la machine à promo hollywoodienne. Je crois que la tendance et à ne pas prendre ça très au sérieux.
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Seldoon
InvitéLa tendance est.
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K. comme mon Code
InvitéJe suis d’accord. Contrairement à Eden, je sais que les réalisateurs holywoodiens ne donnent pas des interviews parce que ça leur fait plaisir mais parce qu’ils sont engagés dans des campagnes promotionnelles. Mais j’imagine qu’on me rétorquerait qu’ils n’ont qu’à rester à la maison si ça les dérange, et là on rajouterait de l’ignorance économique à l’ignorance psychologique.
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Eden Lazaridis
InvitéEn regardant ses films, il est comme Rimbaud relisant Les Illuminations.
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Eden Lazaridis
InvitéPlutôt ici : Ou Mick Jagger réécoutant Gimme Shelter.
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Sylvain
Invité« Mais son art lui échappe, son dispositif cinématographique lui permet de se rendre étranger à lui-même, dans une approche presque surréaliste. Il a d’ailleurs les plus grandes difficultés, en interview, à expliquer ce qu’il fait ».
Peut-être…
C’est en tous cas ce qui fait de lui un tout aussi grand réalisateur de clips (là où un Gondry et dans une moindre mesure Spike Jonze ne sont bons qu’à cela) :
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Dr Xavier
InvitéUne compilation des ‘gros plans visages’ de Demme, à regarder sans cette musique insupportable.
C’est vraiment des GROS plans, qui donnent une sensation d’étrangeté. Il était une sorte de précurseur sur ça ?
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Charles
InvitéQu’est-ce qu’il faut voir de Demme? J’ai vu Something wild, le Silence, Philadelphia et Rachel getting married. C’est pas non plus jojo.
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Seldoon
InvitéCe qui m’étonne très fort est qu’effectivement personne ne le célèbre sauf les réalisateurs américains – les bons. PTA par exemple le cote tout le temps. Il est notamment en quête des « gros plans de Demme » qu’il essaie vainement de reproduire. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Est-ce que les gros plans face caméra pendant un exercice dans The Master sont inspirés par les face caméra d’Hopkins dans le silence des agneaux ? PTA semblait chercher quelque chose de plus profond que ça.
J’ai vu les mêmes que Charles et un peu de sa fin de carrière en séries B, et je les ai revus depuis que j’ai repéré à quel point il avait la cote dans ce petit cercle. Je conseille uniquement ceux de Charles. Je dois reconnaître que quand il s’y met il sait faire des plans (la scène des post funérailles dans Philadelphia par exemple), et j’ai été pris par le charme de Something Wild.-
Seldoon
InvitéÉvidemment maintenant que j’y pense je ne me souviens pas de tous les réalisateurs que j’ai entendus en parler mais me viennent Wes Anderson et surtout Brady Corbet qui lui a dédié Vox Lux. J’ai juste remarqué que son nom n’arrêtait pas de revenir.
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Billy
InvitéTarantino aime beaucoup Jonathan Demme aussi, notamment son premier film « Caged heat ». Je connais pas du tout Demme et j’ai jamais pris les conseils ciné de Tarantino au sérieux (il en souffre terriblement). Mais si tous les grands américains sont unanimes, de Seldoon à John Ford en passant par PTA, je vais me pencher sur Demme.
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Seldoon
InvitéLes conseils ciné de Tarantino c’est n’importe quoi. C’est plus pour faire le show que dire des choses vraies. Ou disons qu’il gonfle tout pour fabriquer une meilleure histoire (en tout cas à l’oral. Cinema speculation c’est plus sérieux). Il joue en plus un personnage, celui qui a tout vu (tout = cinéma américain accessible + films d’exploitation internationaux) et se souvient de tout. Or c’est faux.
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Nola
InvitéStop Making Sense m’avait marquée. Il a aussi mis en avant un superbe documentaire sur Boubacar Traoré « Je chanterai pour toi ». Son rapport à la musique me plait. Après, je suis peut-être légèrement hors sujet.
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I.G.Y.
InvitéJe réponds ici à Sylvain sur le montage, afin de ne pas polluer la discussion de la page 14 avec ma parenthèse.
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Merci donc pour la réponse. Je comprends bien qu’il y a une dimension subjective dans ce que l’on appelle « grandeur du montage » et tant mieux, ça évite la pure dérive scolaire de la question. Mais il y a inévitablement une autre dimension que votre discussion avec Seldoon illustre pleinement, à savoir une dimension « histoire de l’art ». On peut aussi défendre qu’est grand ce qui reste, ce qui marque, une épreuve du temps long comme critère possible de la valeur. Or de ce point de vue et par rapport au montage je n’ai littéralement aucune clé de lecture. Je me demande si c’est la raison pour laquelle je n’ai pas été véritablement capable de tant apprécier ce film dont il semble évident pour beaucoup que c’est l’un des plus grands de l’histoire, à savoir Citizen Kane. L’intervenant post-séance n’a cessé de dire qu’il s’agissait d’un grand montage, un film qu’on montre « dans toutes les écoles de cinéma », et 20min de leurs explications m’ont fait un peu l’effet d’un « so what » (sans doute n’étaient-ils pas bons, je ne sais pas). Et ça n’est pourtant pas faute de beaucoup aimer d’autres films de cette époque voire bien antérieurs, mais Welles, après trois ou quatre films (Arkadin, Citizen, Dame de Shanghaï), j’ai toujours un problème.-
Seldoon
InvitéJ’ai effectivement tendance à intégrer une dimension historique dans la grandeur artistique mais on peut très bien faire sans. Notamment sans érudition. Juger un montage pour ce qu’il fait (produit) avant d’aller voir s’il était le premier à le faire. Et là il n’y a plus de question scolaire ou non qui embrouille la chose, il s’agit d’un débat esthetique.
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I.G.Y
Invité« avant d’aller voir s’il était le premier à le faire » : sans aucun doute. Je n’arriverai toutefois jamais à me défaire de l’idée qu’il y a une certaine « valeur de l’originalité ». Le jour où j’ai découvert 15 ans après sa sortie que Robot Rock des Daft Punk était intégralement pompé sur un morceau de Breakwater de 1980, j’ai pris un coup, et la valeur que j’accordais à ce morceau avec (d’autant que dans ce cas précis en tout cas, l’original est bien meilleur).
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Seldoon
InvitéJe suis bien d’accord. Il faut juste éviter que l’argument d’originalité et d’influence écrase les autres. Parce qu’il n’y a pas que ça, loin s’en faut, mais aussi parce que sans bride il a tendance à transformer un débat esthetique en concours d’érudition.
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Seldoon
InvitéCe qui n’empêche pas la vérité suivante : quiconque n’a pas vu tout Peckinpah 3 fois ne connait pas le montage.
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François Bégaudeau
Maître des clés…. disait Murnau
Rendons à César -
I.G.Y
InvitéMoi j’ai vu tout DAVA 3 fois. Je doute que Peckinpah maîtrisait à ce point champ contre-champ et split screen.
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Ema
InvitéJ’ai enfin visionné Kinds Of Kindness ce weekend. Lanthimos confirme bien son désir de traiter le motif de l’emprise sous toutes les coutures, et retourne à sa veine fantastique, qui était absente de Poor Things (ou on est plutôt dans le merveilleux). Dans l’ensemble je suis bien contente parce qu’après le succès de Poor Things et sa collaboration maintenant récurrente avec Emma Stone, j’avais peur que sa radicalité tiédisses et ce n’est visiblement pas le cas, il a vraiment mis les bouchées doubles sur celui là et je m’y suis bien amusée. Je me demande juste si l’impression générale que me fait le film n’est pas un tout petit peu diluée par le fait qu’il s’agisse d’une anthologie, et que passer d’une histoire à l’autre fait que les impressions laissées soient vite évacuées pour le premier et deuxième segment, et de fait le troisième est celui qui a le plus imprimé en moi puisque dernier visionné ( m’a semblé aussi plus long et plus dense, la ou les deux autres comportaient une forme de minimalisme dans leur récit). Je n’ai pas grand chose a dire sur la récurrence des acteurs entre les différents segments, je crois que ca n’a rien produit de special sur moi si ce n’est peut-être sursignifier l’existence d’une corrélation thématique entre les films (emprise-soumission)
Ah et petite incise a la con parce que ce genre de spéculation m’intéresse en vérité que très moyennement, mais il m’a vraiment semblé que le deuxième segment, pris sous la forme d’une fable, racontait un époux rejetant sa femme enceinte parce que changeante et plus tout à fait à lui, se passant quelque chose en elle qui lui échappe. Je n’y ai pas particulièrement réfléchis mais avec le truc des pieds enflés, du chocolat, de la libido ca m’a un peu sauté au visage. -
Dr Xavier
InvitéComme j’arrive pas à suivre la cadence je me fais mon petit mémo des replays Arte et Ftv, avec leurs échéances, que je partage :
– Mulholland Drive, dernière chance ce soir !
– Le Ruban blanc + 4 fictions TV d’Haneke, 31/01
– Decision to leave, 11/02. Tournis visuel et scénaristique.
– Une guerre civile (docu), 14/02
– L’empire du silence (docu), 15/02
– Traffic, 31/03
– L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune, 31/03
– Lost highway, 15/04 (FTV) et Twin Peaks: Fire walk with me 18/04 (FTV)
– Plein d’Akerman jusqu’à fin avril
– Licorice Pizza 06/05. Je me suis fait avoir, je l’ai lancé en me disant que ça me ferait plaisir de revoir le début, résultat je me suis couché à pas d’heure.
– Le marin masqué, 31/05
– Les aventuriers de l’art moderne, 13/06
– Mes petites amoureuses, 06/07
– La maman et la putain, 31/08-
K. comme mon Code
InvitéMerci pour m’apprendre que Le Marin Masqué est dispo sur Arte, je vais harceler mes proches.
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Tony
InvitéMoi c’est les films de Guediguian que je voudrais voir et puis je me dis que ça peut attendre,que si on en a vu un on les a tous vu,et peut-être qu’esthétiquement c’est pas vraiment ça et je m’en veux de le penser,serais-je devenu un esthète insensible?Demain sort son nouveau film,je viens de lire un super entretien qu’il a donné au Monde,je suis presque décidé à aller le voir,à moins que…et si j’attendais que ça passe sur Arte?
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François Bégaudeau
Maître des clésAh si seulement les films de Guédiguian étaient aussi intéressants que ses entretiens
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Seldoon
Invité1,5 millions de morts. Vous n’avez aucune tenue.
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I.G.Y
InvitéMerci Dr pour ces signalements qui m’ont permis de voir Licorice Pizza + GO dans la foulée, dont je retiens cette superbe phrase attribuée à Noémie Lvovsky : « A tout âge on a tous les âges » — formulation dont je me demande presque si elle n’est pas de François car d’elle j’en trouve d’autres très bien mais un poil moins ramassées.
J’étais moi aussi à deux doigts de reprocher au film d’en faire trop à la fois, voire de traiter de façon trop légère scénaristiquement les enchaînements de ces millions de situations, au sens de leur ancrage matériel (beaucoup de choses sont assez « magiques »). Sauf que le basculement du film dans le loufoque et l’extravagant détruit quasi entièrement ce reproche. Par exemple et entre autres, dès la première partie : ces deux incroyables scènes jumelles avec Jerry le businessman et ses femmes japonaises. Encore un effort Jerry et tu nous fais la blague de Monsieur Ming.
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Après coup le personnage-actrice Alana m’a un peu fait penser à Anora dans sa manière de parcourir toute la palette des émotions, avec son énergie vitale qui déborde de partout (+ petite brune mince + nom très proche, ça fait beaucoup).
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Bernard
InvitéQue faut-il aller voir en ce moment au ciné ?
J’ai vu le Almodovar et le Zanghke.
J’ai vu « Jane Austen a gâché ma vie » : n’y allez surtout pas, c’est calamiteux.
J’hésite à me laisser tenter par « Je suis toujours là » mais sans conviction aucune. Des retours ?-
K. comme mon Code
InvitéJ’attends tranquillement The Brutalist.
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Charles
InvitéMoi je te conseillerais d’attendre février avec the Brutalist, le Soderbergh et le Larrain.
Sinon il paraît que le biopic sur Dylan est honnête.-
Tony
InvitéDouble ration de Soderbergh avec un film d’espionnage au mois de Mars.
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K. comme mon Code
InvitéIls sortent en salles. C’est cool.
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François Bégaudeau
Maître des clésThe brutalist pas encore vu mais prochaine GO. Soderbergh après
Sinon, perverse pleasure : voir Jouer avec le feu, dont la betise, il est vrai portée par un acteur expert en la matière, est tout à fait intéressante.-
Seldoon
InvitéGO the brutalist que je n’ai pas vu non plus, j’applaudis.
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lumen cor
InvitéJ’ai aussi hâte de voir La gêne sur The Brutalist. J’en profite pour demander la date de sortie de La gêne de ce mois-ci, qui, il me semble, a déjà été enregistrée.
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François Bégaudeau
Maître des clésen ligne samedi
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lumen cor
InvitéTrès bien, merci
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Renaud Bigorre
InvitéEn vue de la prochaine Gêne, j’ai regardé les séances pour aller voir The Brutalist et j’ai découvert que le film était très peu distribué (en province en tout cas). Je me suis dit que c’est sans doute du à son format inhabituel. Et cela m’a fait penser au passage dans « Au Rayon Livres » sur Comme une mule chez Peggy (super émission !) où François relate qu’il est difficile de diffuser en salle des films dont la forme n’est pas une fiction qui dure autour de 2h qui est le standard formel prévalent.
Mais peut-être y a-t-il d’autres raisons à la « visibilisation » restreinte de The Brutalist ?
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Charles
InvitéJouer avec le feu c’est au-dessus de mes forces.
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Seldoon
InvitéAprès, The Irishman aussi est au-dessus de tes forces, tu me fais donc hésiter.
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Charles
InvitéPas faux.
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lumen cor
InvitéEn parlant de jouer avec le feu, vu ça,
Si le vide était une vidéo, ce serait celle-ci.
Je trouve étrange à quel point Lindon précise de manière répétée et névrotique qu’il ne fait pas dans la langue de bois, qu’il ne se défile pas, et à force d’insister sur son authenticité, il finit par perdre le peu de sincérité qu’il cherche justement à prouver. Ça crée un malaise.
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Dr Xavier
InvitéPardon mais je crois bien que c’est Charles qui est au-dessus des forces du chétif Irishman.
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Seldoon
InvitéPardon mais on aimerait bien voir un jour votre diplôme, docteur.
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François Bégaudeau
Maître des clésDeux arguments pour voir Jouer avec le feu :
-parfaite illustration de l’idiote sidération centriste à l’égard de l’extreme droite. Poule devant un couteau. (je parle ici de l’ancien centre, celui qui ne fascisait pas encore, se construisait même contre le fascisme, les frères Coulin en sont des sortes de derniers spécimens, elles inventent le vintage de Macron 2017)
-des choix de mise en scène aussi singuliers que stupides.
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stephanie
InvitéJe ne suis toujours là, très classique, conventionnel,romancé à mort, les évènements politiques inexistants (c’était peut être pas le sujet).
un film hyper intéressant et surprenant : Domas le rêveur.
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Ostros
InvitéUp
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Toni Erdmann
InvitéJ’ai, comme la plupart ici, des réserves sur The Substance mais je continue à être fasciné par l’audace de Fargeat dans la fabrication de ce film. Variety en parle bien dans cet article :
D’abord elle a réussi à avoir contractuellement le Final Cut face à un gros studio alors qu’elle est une française qui commence à peine dans le cinéma. Elle ne renoncera jamais à ce Final Cut au point de se faire lâcher par Universal et mettre en péril sa carrière.
Elle a refusé de réaliser un Marvel, ce qui implique de renoncer à un chèque qui te met à l’abri pour des années.
Finalement, tout ça a payé car le studio ayant repris le bébé a largement rentabilisé l’achat.https://variety.com/2025/film/global/the-substance-coralie-fargeat-oscars-1236289808/
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François Bégaudeau
Maître des clésPour lui garder de l’estime on eut préféré apprendre qu’elle n’a pas eu le final cut
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lumen cor
InvitéAvec the substance, surtout l’impression que c’est un film « a la manière de », qu’elle a voulu faire comme les films de body horreur 80/90s cronenbergien
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lumen cor
InvitéIntéressant que dans la continué d’une ducournau, par exemple, des femmes réalisatrices cherche tant à investir ce terrain de l’horreur anachronique
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lumen cor
InvitéJe pense aussi que ce n’est pas qu’un amour pour le cinéma bis de ces années-là, ça concerne sûrement aussi le féminisme de ces films, j’ai l’impression que par peur de se confronter à des thématiques féministes contemporaines, avec des rapports de force qui ont évolué, qui se sont complexifiés, elles se réfugient dans une époque cinématographique où filmer en se réclamant féministe était plus simple/binaire, où les sujets font partie d’un socle, un canal central de sujets féministes typiques, un genre de féminisme époque 1.
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lumen cor
InvitéEt les outrances gores ne servent qu’a cacher que le propos du film sur l’injonction à la jeunesse et la beauté appartient en parti au passé, qu’il n’est pas transgressif mais majoritairement partagé, validé et admis aujourd’hui
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lumen cor
InvitéUn fond politique d’arrière garde rejoins une forme passéiste
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François Bégaudeau
Maître des clésAssez d’accord
Mais je crois que le recours au genre sert parfois une ambition plus noble (plus noble qu’une simple esquive). Sert l’exploration de la psyché, des affects souterrains, du viscéral, de l’organique. Je le ressentais fort dans Grave. Je le ressentais aussi dans La nuée – avant que les capitaux n’engloutissent le réalisateur.
The substance fait joujou avec des organes de cinéma, mais ne dit rien de l’organique. -
François Bégaudeau
Maître des clésAssez d’accord
Mais je crois que le recours au genre sert parfois une ambition plus noble (plus noble qu’une simple esquive). Sert l’exploration de la psyché, des affects souterrains, du viscéral, de l’organique. Je le ressentais fort dans Grave. Je le ressentais aussi dans La nuée – avant que les capitaux n’engloutissent le réalisateur.
The substance fait joujou avec des organes de cinéma, mais ne dit rien de l’organique.-
lumen cor
InvitéDans the substance la forme passéiste ne se trouve pas que dans le genre body horror, (les délires organiques sont d’ailleurs très bien fait, il y a des idées vraiment chouette, le point fort du film en tant que divertissement est sans doute la, un joujou mais un joujou satiné) les films de genre contemporain ne sont pas obligé d’être dans une recherche fétichisante d’une époque révolu, par exemple le cinéma de Jordan Peele s’inscrit très bien dans notre temps, tout en requestionnant intelligemment le passé du cinéma (cf Nope), (du cinéma LARGEMENT pas que du cinéma de genre).
La forme passéiste/80s est donc aussi dans le décors/l’univers, l’Aérobic évidemment, la presque absence de téléphone portable (a part une scène de Harvey en gros plan au début dans les toilettes, il me semble qu’Elisabeht ne téléphone que depuis son appart, au fixe), les voitures tous coloré en très vif et tous ont un air vintage, aucune semble moderne, les tenues pareil.
L’esquive temporel du contemporain est la aussi.
Et puis même, sur la thématique de l’obsolescence féminine que Fargeat veut traiter, il y a un truc qui cloche, il y a un tic.
Demi Moore n’est pas moche,
même son corps a nu n’est pas moche,
elle est même terriblement belle au début du film.
Très peu de femme de 62 ans ressemble a demi moore, et si Fargeat aurait eu le culot de choisir volontairement une femme de la soixantaine plus laide ou plus banal, je suis persuadé qu’elle aurait quand même été assez haute dans les standards de beauté, la vieillesse et la laideur dans le film est tout autant en toc que les exubérances organiques.-
lumen cor
InvitéJe me suis trompé concernant le téléphone portable, elisabeht en utilise un dans quelques scènes
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lumen cor
InvitéMais le téléphone qu’elle utilise le plus est un téléphone fixe placé sur sa table de nuit
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François Bégaudeau
Maître des clésDifficile de prendre une actrice moche alors qu’elle joue le role d’une star de la gym à la télé.
Mon problème n’est pas là, mais bien de continuer à entendre que les femmes de plus de 50 an sont périmées au cinéma. Je redis que c’est faux, et chacun vérifiera.
Le domaine où ce serait davantage vrai est la télé – d’ailleurs le film de Fargeat, d’une approximation bien arrangeante, ne cesse d’amalgamer tous ces domaines, toutes les époques.
Mais en fait ce n’est pas si vrai. Voyez les éditorialistes des chaines d’info. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe redis qu’il y a au contraire dans le cinéma d’auteur, qui est de plus en plus un cinéma d’autrice, une prime à l’actrice de 50 ans voire 60 voire 70.
Et j’apprends en l’écrivant qu’Efira incarne bientot G Halimi. Efira,50 ans, numéro 1 des actrices, incarnant une femme qui à l’époque Bobigny devait en avoir 40, je le note aussi. -
Charles
InvitéTout à fait, Efira actrice blanche et blonde pour jouer Halimi, ça ne s’invente pas. Autrement dit, une actrice de 50 ans est tellement bankable qu’on la préfère à n’importe qui de plus proche physiquement. Y a 10 ans on aurait plutôt choisi une Lyna Khoudri.
Efira est donc comme Depardieu qu’on choisissait pour jouer Dumas.
De toute façon, si The substance a tant plu, y compris à Hollywood et même surtout à Hollywood, c’est bien parce qu’il n’est plus subversif, qu’il critique ce qui a déjà été ratifié par Hollywood. -
Charles
InvitéReprécisons tout de même que la péremption des actrices quinquas était beaucoup plus marquée à Hollywood qu’en France.
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Tony
InvitéThe Substance est une expérience esthétique,la transgression ou la subversion ne sont pas nécessaires pour pouvoir en jouir.
Sur le cinéma ou la Tv il est notoire qu’ils sont aujourd’hui démonetisés en raison du vieillissement de leur audience,les jeunes sont sur les réseaux et les influenceuses de plus de 50 ans sont assez rares. -
lumen cor
Invité« Mon problème n’est pas là, mais bien de continuer à entendre que les femmes de plus de 50 an sont périmées au cinéma. Je redis que c’est faux, et chacun vérifiera. »
Je tout a fait d’accord avec ça, d’ou le « Un fond politique d’arrière garde » et « le propos du film sur l’injonction à la jeunesse et la beauté appartient en parti au passé ».
Je rajoutais juste que même dans son propos, Fargeat ne va pas au bout des choses, la beauté de demi moore, (Aérobic ou non) peut être vu comme un détail perturbant, par exemple les propos injurieux de Harvey au début du film, le directeur de l’émission, paraissent extrêmement fake.
Pour les femmes à la télé, feu Catherine Laborde, par exemple, à arrêter sa carrière a 65 ans. -
lumen cor
InvitéJe suis tout a fait*
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lumen cor
InvitéN’oublions pas maïté, qui même jeune, ne correspondais pas franchement au canon de beauté
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lumen cor
Invité@tony « les jeunes » comme tu dis, regarde aussi (en grand nombre) les snaps de Nasdas la chienneté, premier influenceur snap de france a huit millions d’abonnés, dont les différent.es « stars de snap », présent au cours des snaps, on plus l’air de sortir d’un asile de fou que d’un salon makeup.
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Tony
InvitéJe ne suis pas un expert des réseaux,ce que je constate chez les jeunes que je connais c’est qu’ils ne regardent plus la tv, qu’ils vont au cinéma quelques fois dans l’année,sans aucun fétichisme,et sur les actrices de plus de 50 ans dans le cinéma français il est logique qu’elles soient davantage représentées qu’ailleurs puisque le cinéma français ne dépend pas du marché mais du financement des chaînes de TV avec un public de vieux.
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Charles
InvitéC’est vrai mais c’est aussi parce que le cinéma français du milieu a souvent donné des rôles intéressants à des actrices vingtenaires/trentenaires leur permettant de devenir des stars dont l’aura dépassait la seule beauté plastique comme Huppert Baye et Deneuve. Au contraire du cinéma américain où une Demi Moore avait des rôles sans intérêt dans sa jeunesse ne lui permettant pas de développer son talent d’actrice.
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lumen cor
InvitéLes jeunes est une notion bien trop vague pour en faire des généralités, mais sur les réseaux sociaux il existe une certaine ambiance comique, amplifier par tiktok, qui fait que certain profil mis en avant représente des personnalités extravagante, marginal, elodie costat, ad laurent, oussama amar, et beaucoup d’autre, dont des femmes qui sortent vraiment de la norme, un peu comme un freak show ou des émissions racoleuse de nrj12 ou w9.
Je suis sur que si tu cherche tu peux trouver des influences de plus de 50 ans. -
Tony
InvitéIl existe des données sur l’âge des spectateurs de cinéma,fais quelques recherches et tu verras,sur l’audience tv la ménagère de plus de 50 ans est une catégorie bien connue.
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lumen cor
InvitéDu côté du cinéma français des magazines tout droit sorti des entrailles de satan en personne comme « schnok », font la part belle aux actrices de plus de 50 ans, tout le temps, pour le coup c’est à la limite du fétichisme.
n’oublions pas la marche des femmes à cannes avec agnès varda en tête.
Mais charles a raison de préciser, ça a toujours été moins marquer en France que à Hollywood, holywood ou depuis l’époque weinstein la tendance c’est inverser. -
François Bégaudeau
Maître des clésIl est évident que si le cinéme d’auteurice sollicite volontiers des actrices de plus de 50 ans (et ne parlons pas des acteurs, la plupart sexagénaires castés en jeune père), c’est parce que le public de ce cinéma a le même âge voire beaucoup plus.
Le profil type du spectateur de ce cinéma? une femme de 50-60-70 ans
Les personnages seront au diapason. -
Toni Erdmann
InvitéLe constat me semble plus compliqué que ça.
Virginie Efira est certes une actrice très convoitée, mais elle reste cantonnée au cinéma d’auteur. Je serais bien en peine de citer un film dont elle a été tête d’affiche à plus d’un million d’entrées.
Comme le dit Murielle Joudet dans le dernier Sortie de Secours, les trajectoires respectives de Tom Cruise et Kidman incarnent bien la réalité d’Hollywood :
Tom Cruise continue à être tête d’affiche de films à plus de 100M de budget.
Kidman est obligé de se re-centrer sur les auteurs ou les séries, d’où Babygirl récemment.Quelle femme au-delà de 40 ans arrive à la hauteur de DiCaprio, B.Pitt, Tom Cruise aux Etats-Unis ?
Quelle femme au-delà de 40 ans arrive à la hauteur de Pierre Niney, Omar Sy, François Civil, Artus ou Franck Dubosq en France ?Je précise que je conteste votre constat mais je ne déplore pas particulièrement ce fait car je ne souhaite à aucune femme d’avoir la carrière de Pierre Niney ou Dubosq.
En fait, je dirais même que la péremption des actrices est bénéfiques aux actrices. Ça leur oblige à prendre des risques et préparer une carrière plus audacieuse plus tôt. C’est ce dont parle Joudet dans son livre La deuxième femme : les actrices, arrivées à la fin de la trentaine, doivent redéfinir leur marque et abandonner le cinéma populaire pour celui d’auteur. Pendant que Cruise s’enfermait dans ses Missions Impossibles, Kidman a fait le magnifique enchaînement Dogville, Birth, Les autres.Emma Stone entame ce revirage et je suis content de la voir faire The Curse par exemple.
(je precise aussi que je ne dis pas tout cela en défense de The Substance qui a des lourdeurs indéfendables en effet)
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Seldoon
InvitéQuelle femme tout court se retrouve en tête d’affiche de films à plus de 100 millions ? On pourra trouver 2-3 exceptions mais ça n’empêche pas qu’avant d’être une histoire d’âge c’est une histoire de sexe.
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Charles
InvitéVous avez raison c’est un constat nuancé qui doit être fait mais ce qu’on dit là c’est que la situation a tout de même évolué, que la péremption ne semble plus aussi automatique. Pour Kidman, il faut aussi préciser qu’elle a fait le choix de privilégier les réalisatrices, ce qui explique aussi que les films dans lesquels elle joue soient plus indés pour le moment.
Pour Cruise ou Craig, il faut aussi dire qu’ils sont à la tête de franchise masculine comme Mission impossible ou James bond. Si on regard les Marvel, cela s’est beaucoup féminisé avec des films centrés sur des personnages féminins comme Black widow ou Team america je sais pas quoi. Je rappelle aussi qu’on a eu Barbie (soit l’équivalent féminin de James Bond), qu’on va avoir le Monde de Narnia avec Saoirse Ronan en personnage principal, qu’on a eu Wicked l’année dernière avec des personnages féminins en personnages principaux etc. -
François Bégaudeau
Maître des clésToni Erdmann, tu brouilles la réflexion en mêlant deux choses que nous ne mêlons pas 1 la question de l’age des actrices 2 la position des actrices dans l’économie générale du cinéma
Nous n’avons jamais dit que régnait désormais l’égalité économique des actrices et des acteurs.
Nous disons que l’age moyen des actrices bankables a considérablement évolué depuis 20 ans et qu’à ce titre la croisade contre la péremption, justement menée par Seyrig dans les années 70, nous parait avoir deux trains de retard (comme d’ailleurs souvent la critique féministe du champ culturel) -
Charles
InvitéPour Cruise/Kidman, je ne sais pas si c’est aussi simple, si Kidman a subi ou voulu la situation. On a beaucoup dit que Cruise avait été très échaudé par Eyes Wide Shut, ce qui avait pu le conduire à arrêter momentanément le cinéma d’auteur ambitieux, les projets un peu risqués au contraire de Kidman. Au moment de EWS, je ne sais pas d’ailleurs s’il existe une vraie différence de pouvoir dans le milieu entre les deux.
Mais tu as raison Toni, je pense que ça pousse quand même des actrices à des stratégies différentes. Je suis assez admiratif de la carrière d’Emma Stone, de l’intelligence avec laquelle elle la mène j’entends. -
François Bégaudeau
Maître des clésSignalons aussi la sortie de Toutes pour une, annoncé dans CUM
Voyons le budget, voyons le casting, voyons la réception embarrassée.
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perové
InvitéStrip Tease intégral au cinéma hier. !
IMMENSE ! IMMENSE !
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Tchitchikov
InvitéSalut tout le monde. Je n’ai toujours pas vu Those who are fine parce que je n’arrive pas à le trouver, même en VOD. J’ai adoré Désordre(s). Donc j’aimerais voir le premier long métrage de ce réal’. Si vous aviez un lien, payant ou non, vous contribueriez à ma nourriture esthétique du week-end ; ce qui n’est pas peu.
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diegomaradona
Invité« Si vous aviez un lien, payant ou non »
on le trouve facilement sur le darkweb, voilà le lien magnet :magnet:?xt=urn:btih:39E64B9BF27D06220DBBF8B6723F0AD38974DB9F&dn=Those%20Who%20Are%20Fine%20-%20Dene%20wos%20guet%20geit%20%5B2017%20-%20Switzerland%5D&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.opentrackr.org%3A1337&tr=udp%3A%2F%2Fopen.stealth.si%3A80%2Fannounce&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.torrent.eu.org%3A451%2Fannounce&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.bittor.pw%3A1337%2Fannounce&tr=udp%3A%2F%2Fpublic.popcorn-tracker.org%3A6969%2Fannounce&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.dler.org%3A6969%2Fannounce&tr=udp%3A%2F%2Fexodus.desync.com%3A6969&tr=udp%3A%2F%2Fopen.demonii.com%3A1337%2Fannounce
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François Bégaudeau
Maître des cléscontacte moi sur messenger, je l’ai quelque part
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Tchitchikov
InvitéMerci tout le monde !
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Tony
InvitéBon plan pour les désargentés,Mubi est à 1€ pour 3 mois.
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Dim
InvitéJ’en ai profité et fait mon stock de films pour les prochaines semaines. Découverte de Pismo aujourd’hui, court-métrage documentaire de Sergueï Loznitsa. Habillé d’un noir et blanc envoûtant, on y suit des patients d’un asile psychiatrique en haute montagne. Un film et des sujets très peu bavards et coupés du monde, j’ai été saisi par cette ambiance.
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Charles
InvitéJ’ai rattrapé Emilia Perez. J’ai du mal comprendre comment on peut prendre ce film au sérieux. C’est du grand n’importe quoi mais qui n’a même pas pour lui le charme je m’en foutiste d’une série B. Audiard fait constamment le malin, avec un certain savoir-faire, en mettant en avant son ultra-artificialité mais révèle en fait l’aspect dérisoire et vain du film. Rien n’existe, sans surprise au vu du synopsis, mais il n’arrive pas à transcender cette irréalité. Alors bien sûr les comédies musicales sont toujours un peu fake mais elles sont quand même traversées par une certaine vitalité, quelque chose de flamboyant. Ici je ne vois que désinvolture et une forme de morbidité qui empêchent le film de décoller. Je me suis raccroché à Zoé Saldana qui porte le bordel sur ses épaules.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl faudra se faire à l’idée que c’est ce que l’industrie appelle désormais un film : un ensemble de signes et de postures valant en soi, sans cohérence voulue, et même de préférence hétérogènes, qu’il y en ait pour tous les gouts, que dans la discothèque chacun ait sa salle. Ce qu’à propos de Marvel j’ai appelé le cinéma compile – on pourrait dire le cinéma juke-box, d’un mot plus ancien. Pas étonnant que la comédie musicale refasse surface dans ce contexte. On l’a vu aussi en France avec le déjà oublié Joli joli, qu’en salles personne n’a vu mais qui se remboursera sur les plateformes.
Le film comme passage en revue. Comme revue.
Moi je veux bien, mais alors donnez nous au moins des beaux numéros. (les trois premiers d’Emilia Perez sont pas mal)-
Charles
InvitéJ’ai aimé celui avec le docteur et celui au gala, grâce à Saldana.
Sinon j’ai vu Borgo, c’est vraiment pas mal, merci Hafsia Herzi – réhausseuse de films francais depuis 20 ans – quand même car ça manque un peu d’écriture. Je ne suis pas sûr que Stéphane Demoustier soit si prometteur mais c’est tenu, carré. Donnez-lui un scénariste et peut-être que ça pourra un peu plus décoller.-
François Bégaudeau
Maître des clésCa pourra décoller quand il consentira à etre un peu moins Sautet et un peu plus Pialat : faire des scènes et pas seulement du scénario.
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PeggySlam
InvitéAh intéressant ça « faire des scènes et pas seulement du scénario », je n’y avais pas pensé. Il est cependant dans mon top de 2024 avec A son image. Deux films sur la Corse si bien raconté chacun en leur manière. Bien que j’ai préféré les acteurs de Borgo à celui de À son image même s’il reste très très bon film de 2024. Il en manquait plus qu’un troisième pour faire un trio films Corse mais y a l’intru La Zone D’intérêt qui est clairement mon gros coup de coeur de l’année 2024. J’attends de rattraper Mesirecorde qui n’est pas dispo
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lumen cor
InvitéMauvaise réputation/éducation, Almodóvar qui se mue en Brassens dans la dernière GO
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François Bégaudeau
Maître des clésLa politesse durera toujours.
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I.G.Y
InvitéToujours à propos de la GO, je note ce presque-lapsus hilarant : « Le Sacrifice de Sarkozy ». Tu n’es pas allé au bout mais même le sous-titrage de Spotify l’a capté. Merci pour ce moment.
(Et quand j’avais écrit que cette scène minable était une référence à Tarkovski c’était j’espère une blague. Et oui, c’est vrai qu’il y a aussi un superbe plan de maison qui brûle dans Le Miroir!)
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François Bégaudeau
Maître des clésS’il vous plait, ne m’inondez pas de remarques de fond, je ne pourrai pas répondre à toutes.
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I.G.Y
InvitéNon je ne comptais pas m’étendre sur le fond puisque je suis d’accord à 90% et que je n’ai vu que deux films d’Almo, le premier et le dernier (premier qui serait donc peut-être le seul où des choses très crues sont faites en matière de sexe, notamment une scène où une catho plutôt timide jouit de se faire pisser dessus, rien que ça. Tout en repartant après l’acte comme si de rien n’était encore mouillée, particulièrement drôle).
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lumen cor
InvitéPolitesse non intéressé, ça se supporte
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lumen cor
InvitéJ’ai déja parlé longuement d’almodóvar ici, je ne crois pas me désintéresser de la matière de ces films, je ne crois pas être poli
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lumen cor
InvitéJe me corrige la dessus, n’ayant pas compris la phrase au début, toute forme de politesse est non intéressé/désintéresser
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lumen cor
InvitéDésintéresser de l’art et de la réflexion dessus, pour ne parler que de la surface autour, du pitorresque
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François Bégaudeau
Maître des clésJe comprends très bien qu’il n’y ait rien à tirer de notre indigente GO, puisque ta réflexion sur Almodovar est déjà riche et exhaustive, mais disons alors que tu aurait pu ne rien en dire du tout. Plutot que juste ça.
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lumen cor
InvitéTu prend tout de travers, je disais juste que l’accusation de politesse est de mauvaise fois en sachant que j’ai déja parlé d’almo ici, je ne dénigrait pas la GO, pour la remarque tu a raison c’est bête, mais c’était une remarque de simplement deux lignes
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lumen cor
InvitéPas la peine de répondre, arrêtons cette discussion conne
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François Bégaudeau
Maître des clésSi ta remarque était bête, alors je ne trouve pas que ma remarque à ta remarque soit injustifiée, et disproportionnée.
Par ailleurs je ne te reprochais pas ta politesse, mais plus classiquement, ton impolitesse, ceci en référence à certain roman.-
lumen cor
Invité« Je comprends très bien qu’il n’y ait rien à tirer de notre indigente GO, puisque ta réflexion sur Almodovar est déjà riche et exhaustive » je trouve juste cette remarque de mauvaise fois, ou alors tu n’a pas compris ma réponse, je n’ai pas lu le roman en question mais j’avais compris la référence, je croyais comprendre que « politesse » était une manière de dire que je ne parlait pas du fond, donc j’ai tout simplement répondu que le fond m’intéressait car j’en avait déja discuter ici, je n’ai jamais dénigrer le travail critique effectuer dans la GO, pour le reste oui.
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lumen cor
InvitéIl y a confusion sur ce que j’ai voulu dire dans ma réponse
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lumen cor
InvitéPeu importe, mais j’ai apprécier l’écoute de la GO, on peut voir de la bétise dans mon commentaire ici mais pas une attaque, ni de la condescendance
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François Bégaudeau
Maître des clésMe remarque à ta remarque, c’est « La politesse durera toujours ».
Double référence, si je peux me permettre. -
François Bégaudeau
Maître des clésMais précisions le point éthique : depuis que j’émets des trucs dans l’espace public, et ça fait un bail, je me suis tot rendu compte que cela ne me posait pas de problème qu’on ne m’en parle pas, que ça ne m’ébranlait pas beaucoup qu’on en dise du mal, mais que m’irritait à tous les coups qu’on en dise du dérisoire. Qu’à tous les coups me venait l’envie de répondre: tant qu’à dire ça, autant se taire.
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lumen cor
InvitéDouble référence, chanson de brassens oui, ok,
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lumen cor
InvitéD’accord pour le dérisoire, beaucoup de manière en trop malgré tout, surtout sur cette parti « comprends très bien qu’il n’y ait rien à tirer de notre indigente GO, puisque ta réflexion sur Almodovar est déjà riche et exhaustive »
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lumen cor
InvitéJ’ai compris l’éthique des lieux, je ne jetterai plus mes mégots par terre, monsieur le technicien de surface.
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Claire N
InvitéNon mais sinon : 20’30 environ
Le passage sur l’analyse de la scène avec le flic catholique :
– qui aurait pu être le « support d’un débat âpre «
– où la tension dialectique est effondrée / transformée en manichéisme
ET la notation que cela se matérialise dans le champ / contre champ : « dans la dialectique les deux pôles jouent ensemble « et la « l’un n’affecte pas l’autre :
– pas de jeu ,
– pas de scène
– pas de tension
C’est trop bien vu -
Claire N
InvitéEt puis faire penser à Franco; qui lui oui aurait élargi jusqu’à l’indemerdable de la métastase cérébrale qui coupe « l’identité » ….
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..Graindorge
InvitéVu hier Nina de Cynthia Mort avec Zoé Saldana. J’avais une certaine appréhension. Ouf! Excellent. Même Nina aurait dit: GOOD!!
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Riton33
InvitéEn parlant d’Emilia Perez, l’actrice transgenre Karla Sofia Gascon au centre d’une grosse polémique aux Etats-Unis, des vieux tweets d’elle jugés racistes et islamophobes ont été déterrés par une internaute, ce qui évidemment met fin à ses chances de remporter l’Oscar de la meilleure actrice. https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/oscars/karla-sofia-gascon-l-actrice-star-du-film-emilia-perez-epinglee-pour-d-anciens-tweets-racistes_7049291.html
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lumen cor
InvitéTant mieux pour elle
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PeggySlam
InvitéAvec beaucoup beaucoup de retard. Voici mon top, flop de 2024 :
Top
1/ la zone D’intérêt
2/ Bargo
3/ À Son Image
4/ Anora
5/ The Bikeriders
.
Gros coup de coeur
6/ Ernst Col, le photographe
8/ Medhi Dj Made In France
8/ Vice Versa 2
9/ Golo et Ritchie
.
Honorable :
10/ Le mal N’existe pas
11/ Alien Romulus
12/ Sans un bruit, jour 1
13/ Monkey Man
14/ Trap
15/ Jusqu’au bout du monde
16/ Et en attendant demain
.
Déception
17/ Beetle Beetle Juice
18/ Dahomey
19/ Rendez-vous avec Pol Polt
20/ Flow
21/ L’amour ouf
22/ Only The River Flow
23/ Tatami
24/ Le procès du chien
25/ Maxxxime
26/ Juré Numéro 2
27/ The Substances
.
Flop
28/ Furiosa
29/ Civil War
30/ Horizons
31/ Dune part 2
32/ Un p’tit truc en plus
33/ Megalopolis
34/ Aznavour
35/ Emilia Perez
36/ Wolfs
37/ Daaaaali
38/ The Crow
39/kinds of kindness -
Charles
InvitéDans la GO sur le film d’Almodovar, j’ai trouvé un argument un peu curieux, discutable en tout cas, quand la scène de « fantôme » est évoquée. François souligne que Tilda Swinton est alors habillée de blanc et que la mise en scène sursouligne le caractère fantomatique de cette apparition de ce personnage qu’on croyait mort à ce moment-là. Il dit alors « si on demande à 100 spectateurs s’ils ont compris qu’on voulait leur montrer qu’elle était fantomatique alors je parie que tout le monde l’aurait vu » pour justifier de la faiblesse de la scène. Mais en quoi serait-ce un problème que tout le monde l’ait compris? Ca m’a fait penser à un propos de GdL sur l’art quand il remarquait qu’un des critères du goût légitime était l’implicite, le non-dit, ce qui n’apparaissait pas évident. Même si GdL dit beaucoup de bêtises sur l’art, cette remarque m’a marqué car je ne savais pas vraiment la contrer. Evidemment que la lourdeur, la répétition peuvent apparaitre comme des défauts mais derrière ces termes est-ce qu’on ne fait pas bien souvent l’éloge de l’implicite et donc d’une forme de goût aristocratique avec des oeuvres que seuls certains seraient à même d’apprécier?
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Juliette B
InvitéLa question n’est pas tant qu’on l’ait compris, que celle du choix de la filmer comme ça, de façon paresseuse du point de vue créatif. Quand tu vas voir un film au cinéma où il est question du décès tragique de quelqu’un par exemple, tu n’espères pas retrouver les mêmes plans/clichés illustrant le désespoir des proches que tu as déjà vus mille fois avant. Sauf à rechercher ce qu’on recherche dans un soap-opera, ces repères rassurants répétés. Donc, ça signe en effet le goût d’Almodovar, pointé par la GO, pour ces feuilletons et autre tele-novellas télévisés dont il transpose très souvent la forme dans son cinéma, ça le caractérise assez justement je trouve. Et sans doute, certains l’aiment-ils d’ailleurs pour ça.
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Charles
InvitéJe suis d’accord avec cet argument mais ce n’est pas celui que je pointais et qui était utilisé dans ce passage de la GO.
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Juliette B
InvitéVais réécouter. Cela dit, il me semble que François évoque précisément ailleurs, dans CUM je crois, la posture aristocratique comme la plus favorable à une réception idéale de l’art. C’est à un moment, je crois, où il pousse à bout son raisonnement, quitte à penser contre lui.
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François Bégaudeau
Maître des clésJuliette a tout dit :
1 effectivement l’artistocratisme d’un jugement ne le condamne pas à mes yeux. Je crois que la disposition à l’art est factuellement artistocratique, en tant que l’affaire de peu. La beauté de la chose étant que l’aristocratie produite autour de l’art ne recoupe absolument pas la classe sociale désignée ainsi (suis en train de lire le livre de Laure Murat, qui le confirme haut la main)
2 ma tournure ne voulait pas privilégier l’implicite, c’était une façon imagée de dire la chose simple que Juliette a dite : tu t’es pas foulée Pedro. Tu as puisé paresseusement dans un patrimoine symbolique constitué (fantome = blanc = drap). Une fois de plus du tu copies du déjà formé. Au lieu qu’un cinéaste adossé à la vie se serait demandé : tiens ce serait comment un vrai fantome? Pas un fantome de cinéma. Un vrai.-
diegomaradona
Invité« u lieu qu’un cinéaste adossé à la vie se serait demandé : tiens ce serait comment un vrai fantome? Pas un fantome de cinéma. Un vrai. »
Sauf que dans la vraie vie les fantômes n’existent pas. Seuls des idéalistes comme toi, et ce genre de cinéaste, peuvent se poser ce type de questions qui n’ont pas de sens et aucun rapport avec la réalité.-
Charles
InvitéEncore un message plein d’aménité de notre Diego qui se plaint ensuite qu’on ne soit pas gentil avec lui.
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Charles
InvitéCe que pointait GdL c’est que les détenteurs du goût légitime valorisaient les oeuvres qu’ils étaient les seuls à même de comprendre.
Je comprends ce que tu dis François sur le cliché même si pense que selon ta description de la scène Almodovar fait ici prévaloir l’accessibilité de son idée (Swinton comme fantôme) sur la singularité de la représentation de son idée. Ce qui est évidemment discutable.-
Seldoon
InvitéJe ne sais plus qui ici a vu à ghost story. Que pensent ceux là de cette incarnation de la figure du fantôme ?
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lumen cor
InvitéA ghost story retourne le truc dans l’autre sens, il vont au plus cliché mais en étant terre a terre, donc c’est bien un fantome vetu de draps blanc, mais le drap est réel et il a deux yeux découper, ça le rend d’autant plus vrai
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lumen cor
InvitéC’est comme un costume d’halloween, y’a pas d’onirisme DANS la tenue
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lumen cor
InvitéC’est un vrai faux fantome, un vrai costume
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Ostros
InvitéA ghost story ça a été très difficile à regarder pour moi. Film qui enfile des gros clichés, pas du tout intéressant, rien à voir, histoire gnian-gnian, prévisible. J’ai coupé avant la fin. On me l’avait vendu comme un « très beau film ».
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lumen cor
Invité@Ostros oui, A24 a une image assez faussé, la qualité n’est pas forcément plus au rendez vous qu’avec d’autre studio
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Seldoon
InvitéC’est pas tant une qualité A24 que je vais chercher, mais le fait qu’à une époque quelques films hors des clous n’auraient pas existé sans eux. C’est moins le cas aujourd’hui que le nombre de productions qui passent à leur moulinette participent à une autre normalisation formelle.
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lumen cor
InvitéC’est sur, mais il y a eu un effet de balance entre l’époque 2012 et maintenant, aujourd’hui il est en voie d’être racheté, a des contrats avec apple.
Il faut remettre les choses a leurs place aussi, A24 a toujours été une norme dans la marge, un sorte d’entre deux, c’est plus gênant quand ça essayait de faire croire que non.
Mais si ça a permis de tirer l’industrie américaine contemporaine, vers un sorte d’auterisme, pourquoi pas.
Je leurs dis merci pour la carrière de Glazer, euphoria, uncut gems/good time, moonlight, 90s, certains films de reichardt, spring breakers, trilogies ti west, aftersun, sean baker, under the silver lake.
Et je ne leurs dis pas merci du tout pour les films de ari aster, lanthimos, aronofsky, les daniels, coppola, arnold, villeneuve, alex garland, noé, gerwig. -
lumen cor
InvitéPour moi c’est très proche de The Criterion Collection, il suffit de regarder une seul vidéo du closet picks pour comprendre le jus new yorkais branché dans lequelle A24 est né
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Seldoon
InvitéJ’ai tenté 42 fois de répondre mais le forum me censure. Sache que ce que j’écrivais était brillant.
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lumen cor
InvitéJ’ai vu et je n’en doute pas Seldoon
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Seldoon
Invité@ostros : c’est un très beau film dans son rapport au temps. Il faut passer outre l’histoire d’amour avingtquatreisante du début – pas si facile, mais c’est dommage de rater la fin.
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Seldoon
InvitéEt puis y est traité le rapport au temps d’un vrai fantôme. Il y a quelque chose de la représentation cliché avec un traitement sérieux. Sérieux au sens un traitement, pas de l’auto pilote.
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lumen cor
InvitéOui, d’ailleurs volver avait quelque chose de cette habileté la, jouer du cliché, de la tradition de la mort, faire un pas de côté ou exagérer les traits, décaler pour faire rire ou émouvoir, avec la mère qui se fait passer pour une fantôme.
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Charles
InvitéIdée géniale en effet et vraiment traitée mais dans une forme branchouille A24 malheureusement.
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lumen cor
InvitéOui c’est ça leurs défaut, branché, comme mubi
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François Bégaudeau
Maître des clésGhost story m’avais pas mal intéressé pendant une heure. Justement parce que le fantôme y était figuré singulièrement.
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François Bégaudeau
Maître des clésnon pas sa figure en soi, mais disons, son mode
son mode de hantage
sa façon de hanter -
lumen cor
InvitéPeut être que si ils avaient enlevé l’idée du costume de fantôme du film, que si a la place on aurait eu l’amant mort invisible au yeux des autres se déplaçant autour d’eux, il aurait quand même fonctionner
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diegomaradona
Invité@charles
aucune aménité ici, je faisais simplement remarquer à françois que nous avions ici une nouvelle preuve de son idéalisme.
Par ailleurs, je ne me suis jamais plaint de rien, je me suis contenté de rappeler certains faits.-
Charles
Invité« aucune aménité ici », oui c’est ce que je dis.
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diegomaradona
Invité« « aucune aménité ici », oui c’est ce que je dis. »
effectivement, je voulais écrire animosité
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Seldoon
InvitéDiego, que voulait dire le conditionnel dans la phrase de François ?
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diegomaradona
Invité« que voulait dire le conditionnel dans la phrase de François ? »
peut-être nous donneras-tu ton explication ? -
Seldoon
InvitéNon. Tu as attaqué la phrase pour idéalisme, tu dois donc avoir en tête un sens précis à ce que tu as balayé.
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lumen cor
InvitéMême quand on parle d’un sujet précis, un film en particulier, diego arrive a tourner le truc pour reparler de son sujet fétiche, l’idéalisme de françois, franchement chapeau c’est fort
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diegomaradona
Invité@lumen cor
aucun fétichisme ici, je montrais juste une fois de plus à françois que son idéalisme ,puisqu’il pense qu’il n’existe pas, se montre régulièrement dans ce qu’il écrit. -
lumen cor
InvitéD’accord peut être que fétiche est un mot fort, mais tu a évoquer ce sujet sur au moins une vingtaine de message différents sur plusieurs topic, il y a une récurrence, une répétition obstiné
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François Bégaudeau
Maître des clésLumen, sois-en informé : depuis cinq ans qu’il trolle ici, diego a posté un millier de messages où on ne trouvera que trois idées:
-l’art n’existe pas
-Bégaudeau est un idéaliste
-la vérité est en diego et seulement en lui, allah n’a qu’à bien se tenir -
lumen cor
Invité@françois, diego répète souvent aussi qu’il n’a pas d’affect, pas de ressentiment, jqute factuel, je crois que l’idée de dieu viens en parti de la
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diegomaradona
Invité« mais tu a évoquer ce sujet sur au moins une vingtaine de message différents sur plusieurs topic »
effetcivement, tu as bien remarqué que les preuves de l’idéalisme de françois se retrouvent sur beaucoup de sujets et à de nombreuses reprises -
lumen cor
InvitéPeut-être est-ce un idéalisme fantôme que seul toi vois, diego
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diegomaradona
Invité« Peut-être est-ce un idéalisme fantôme que seul toi vois »
Il suffit d’analyser ce qu’il dit de la vie, l’art ou la morale, pour prendre trois exemples où son idéalisme se manifeste, pour en avoir les preuves. D’ailleurs il est incapable de donner une définition précise et claire de ces mots qu’il utilise sans arrêt, ce qui est déjà signe d’une piètre rigueur intellectuelle concernant ces sujets.
C’est assez étrange d’ailleurs qu’il tique sur ce sujet ici alors qu’il reconnait lui-même face à berruyer chez elucid qu’il lui arrive parfois d’être idéaliste. Il précise justement que pour éviter cela il faut être rigoureux et commencer par définir ce dont on parle, or il est incapable de dire de quoi il parle exactement quand il parle de vie, morale ou art pour reprendre les exemples cités, incapable donc sur ces sujets de s’appliquer les préceptes rigoureux qu’il énonce dans cet entretien. C’est pour le moins incohérent, non? -
lumen cor
InvitéJ’attend les trois exemples sur la vie, l’art ou la morale
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François Bégaudeau
Maître des clésAccorde au moins à Diego qu’il nous aura au passage appris quelque chose : les fantômes n’existent pas.
Je tombe de haut.
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..Graindorge
InvitéUn vrai fantôme? Notre diego: il serait même capable d’apparaître pour dire qu’il n’existe pas.
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Carpentier
Invitésalut Graindorge,
cherchant à re-lire ici les avis et partages ciné de tous les sitistes sur plusieurs films, notamment River Boom, je vois que j’avais raté la publication top/flop à plusieurs niveaux de Peggy: nuancée dans son verdict, en 5 niveaux, je note parmi ses
‘ Gros coup de coeur ‘:
6/ Ernest Cole, photographeJ’en avais parlé moi aussi, te l’avais même recommandé: as-tu eu l’occasion de voir pour le visionner, dis?
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Claire N
InvitéEt aussi peut-être que l’implicite est ailleurs dans l’auto référence du cinéma au cinéma ?
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Juliette B
InvitéOui, l’auto-référence au cinéma est aussi évoquée dans la Gêne. Je me disais après l’avoir écoutée qu’il y avait vraiment un gros ressort nostalgique dans les films d’Almo. Je ne sais plus dans quel film, il – où le personnage central qui jouerait lui – apparait petit garçon avec sa mère, comme un trésor perdu, avec une lumière un peu féérique.
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Claire N
InvitéHum en parallèle je me disais qu’une question les plus épineuses de l’euthanasie était de respecter la volonté d’un corps d’avant la maladie sans même qu’on sache ce que peut un corps malade
Et effectivement la nostalgie effondre ce genre de dialectique -
Carpentier
InvitéBonjour ici,
Vous parliez ici de gêne occasionnée et de corps:
Le dernier épisode du podcast critique des deux-qu’on sait est, je crois fort, celui qu’aujourd’hui, je recommanderai à qqn.e qui ne connait pas leur travail et avec qui je souhaiterais en partager l’humour, la précision, l’éloquence et ce que j’en aime.
À moi qui, comme on sait, double peu mes lectures et mes visionnages, oui, ils me filent envie de revoir le dernier BJH et/ou de ré-écouter la g.o. dédiée tant ce film&leur critique sont riches.
Grâce à son Mickey 17, penser le corps et sa résistance à l’épreuve extrême, le corps au travail, sa présence qui insiste dans un monde épuré – planète sans l’Homme (coloniser une planète – les scènes dans la glace) et surtout sa mortalité, sa fatale et annoncée mortalité, le duo de la gêne occasionnée s’y attele sans lambiner.Le film le plus terrestre de ceux qui se déroulent dans l’espace (F.Begaudeau)
Un film marxiste qui a patienté pour sortir au mois de marx (l’hqnpdp)
.. entre autres autres analyses ….
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Charles
InvitéUne référence explicite ne relève par définition pas de l’implicite.
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Claire N
InvitéDans ce cas effectivement peut etre que Gdl aurait pu préciser : l’implicite pour qui ? ( mais peut etre le fait il)
Le terme étant comme tu le notes très relatif-
Charles
InvitéNon mais si tu cites une oeuvre littéralement, c’est à dire si les personnages du film l’évoquent ou si un extrait du film est montré, on n’est pas dans l’ordre de l’implicite, ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les spectateurs apprécieront la référence mais ils auront tous compris qu’il y avait une référence à une oeuvre en particulier.
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Claire N
InvitéHum je comprends il s’agit de sentir que explicitement la référence on ne l’a pas
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François Bégaudeau
Maître des clés» sans même qu’on sache ce que peut un corps malade »
Ceci ouvre un vertige.
Tu précises?-
Ostros
Invitésans même qu’on sache ce que peut un corps malade : c’est quelque chose à laquelle j’ai déjà pensé. M’imaginant alitée et mourante et en train d’expérimenter quelque chose dans mon corps de nouveau, d’imprévu, que je decouvre vouloir vivre jusqu au bout dans la douleur pour tout ressentir. Mais étant dans un état apathique ne pouvant l’exprimer et ayant donné comme consigne d’en finir vite avec moi si je me retrouvais dans un état apathique, me voir subir la fin expédiée de mon existence alors que dans l’état vécu à l’instant t j’avais changé d’avis.
Je sais pas si c’est ce que tu voulais exprimer aussi ?-
Claire N
InvitéOui exactement Ostros
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François Bégaudeau
Maître des clésJe me souviens dune grippe qui m’avait rendu serein comme jamais.
C’est dans le sujet?-
Claire N
InvitéJe pense oui qu’à partir de cette constatation on déroule la même pelote, la sereinite apparaît a priori incroyable, et garder en mémoire la singularité de l’épisode n’est peut etre pas si fréquent
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K. comme mon Code
InvitéQuel rôle l’asthme de Proust a joué dans la création de la Recherche ? (souvenir d’un prof qui avait comparé la tante Léonie aux personnages immobiles de Beckett : et donc la littérature qui git un peu dans cette immobilisme-là, je suppose… qui
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Claire N
InvitéJe tente :
– après la découverte chez une dame d’une tumeur cérébrale non à ce jour curable elle a très vite demandé à faire ce que l’on appelle des directives anticipées : hors de question de perdre la tête ; si je me dégrade je souhaite l’euthanasie; l’euthanasie n’est pas légale mais si la souffrance le justifie nous pouvons en quelques sorte instaurer la sédation profonde – la mise à distance
Elle s’est dégradée, son corps esprit a changé il voulait rentrer chez elle
– les proches d’une personne dépressive de longue date m’ont affirmé que leur papa n’aurait jamais voulu être « dans cet état là » et aurait même dit « si je suis comme ça : piquez moi «
Cet état là était un avc massif avec aphasie mais devant nos sourires il souriait, devant la nourriture son corps mangeait
– la paraplégie aussi souvent avant on pense mourir
C’est difficile comme question c’est vertigineux oui-
Claire N
InvitéÀ quel corps – esprit on doit être fidèle ?
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François Bégaudeau
Maître des clésbelle question
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Malice
InvitéCe que tu dis me fait penser à Christian Slater à l »hôpital dans « Nymphomaniac »
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Claire N
InvitéJe prends la réf
Je me souviens que l’amour de haeneke m’avait remué aussi sur la question-
Ostros
InvitéOui pour moi aussi l’amour a été marquant.
On le sait, même la mort est formatée sur le système de la rentabilité des corps. Donc les sociétés n’ont pas mis beaucoup de budgets pour la recherche dans la question : « quelles structures peut on construire pour accueillir les patients malades sur une durée longue à très longue, en leur fournissant tous les soins, micro-soins, cognitifs, alimentaires, etc, et accompagnements de qualité avec visites des proches et sans auncune notion économique, d’empressement à en finir du fait de cette notion.
De fait un corps malade ne sert à rien et il sera placé dans un Ehpad jusqu’à la mort que la plupart des proches et l’hôpital espèrent rapide (quand on a un boulot on n’a même pas le temps de veiller ses vieux mourants car pas assez de RTT, si le parent vit loin du domicile se loger et se nourrir sur place ça coûte cher et en plus il faut libérer la chambre). On l’assomme de médocs et la personne « part sans s’en rendre compte », on lui ôte la possibilité de cette dernière expérience de la vie. Et à nous la veille dont on aurait besoin pour notre propre rapport à notre existence, nos pensées.-
PeggySlam
InvitéOstros là c’est à nous de repenser la manière dont on vit. Là où en Asie chaque génération vit ensemble et se soutiennent dans la culture occidentale on nous fous dans des centres (vieux et handicapés). L’OMS appelle ça de la ségrégation
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Ostros
InvitéOui. Après je sais que cette organisation familiale imposée par la tradition peut être invivable pour les différents membres, source de beaucoup de souffrances et culpabilité. Et ce sont encore les femmes de la maison qui s’occupent des vieux, font l’infirmière, etc. Parfois elles n’en ont pas l’envie, parfois elle détestent le parent à qui elle doit faire la toilette. C’est pourquoi toutes les formes de prises en charge, de soins, d’accompagnement des personnes malades ou dépendantes en général devraient pouvoir exister pour qu’on ait le choix lorsqu’on commence à s’éteindre. On n’a pas assez de façons de faire ou d’établissements pour pouvoir prendre le temps de vivre ses derniers instants, et prendre le temps de sa mort.
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Claire N
Invité« On n’a pas assez de façons de faire »
Oui c’est une phrase simple mais très dense à mon goût-
Claire N
InvitéPas mais – : et
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Ostros
InvitéTout ça pour dire : les réflexes communs à beaucoup face à une personne malade sont basés sur cette organisation des sociétés et leur économie. Sans qu’ils s’en rendent compte. Ca donne lieu à ces attitudes et réflexions réflexes, quand la personne est mourante, du type :
« Il faut en finir vite », etc.-
Ostros
InvitéJ’ai beaucoup beaucoup de regrets de n’avoir pas pu me libérer de mon travail lorsque ma grand-mère vivait ses derniers instants. J’étais trop pauvre pour des congés sans solde. Ca c’est quelque chose que la société m’a pris et que je vis très mal. C’est vraiment inhumain.
Depuis je fais toutes sortes de calculs vis-à-vis de ma mère. C’est aussi pour ça que j’essaie d’économiser. Je prévois si elle tombe malade de rester auprès d’elle le temps qu’il faudra, quitte à perdre le boulot (j’espère que je le pourrai). C’est assez triste comme planification j’en conviens mais vu comment le travail et l’hôpital sont foutus y a pas le choix que d’anticiper, pour ne pas regretter de ne pas avoir été assez là dans ce moment.-
PeggySlam
Invité« C’est pourquoi toutes les formes de prises en charge, de soins, d’accompagnement des personnes malades ou dépendantes en général devraient pouvoir exister pour qu’on ait le choix lorsqu’on commence à s’éteindre. » Très joliment dit Ostros !
Et puis on devrait tous avoir le temps de s’occuper de nos proches et dans une bonne fin sociale. C’est ce que je dis dans l’entretien avec François de CUM avant de penser à la mort faudrait penser à la vie. Plus d’égalité social et je pense qu’on aurait moins peur de l’avenir de nos proches
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Barbara
Invité@Ostros D’accord avec toi, j’ajoute que les résidents d’EHPAD se décrivent fréquemment eux-même comme « inutiles », « bons à rien ». Pour ce qui est de leur corps ils sont coincés par leurs contradictions ; souhait de mourir, terreur de mourir, peur de chuter, besoin d’ailleurs, peur de l’extérieur, ennui profond. L’EHPAD c’est une prison sécurisante.
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..Graindorge
Invité@Ostros: merci beaucoup pour ce témoignage
Pour ta maman, n’hésite pas à proposer une cagnotte: chacun.e y met quelques euros
@Barbara
j’ajoute que les résidents d’EHPAD se décrivent fréquemment eux-même comme « inutiles », « bons à rien ». C’est notre société qui est responsable. Quand tu n’as jamais de visites. Quand tu en as, souvent les visiteurs traînent la patte, s’ennuient,
regardent l’heure… Aucune créativité: lui faire raconter des moments de sa vie, lui poser des questions, même des trucs bêtes: la recette de la tarte, je l’ai ratée pépé ! »Bon , je te réexplique. » Il y a mille jeux aussi:simples et rigolos. Et le contact PHYSIQUE : les bisous, la main prise… les coiffer, faire le clown etc…
Mourir, faut bien un jour mais mourir de tristesse c’est triste-
Barbara
Invité@..Graindorge
Je pense que c’est un peu plus compliqué que ça, entremêlé. Bien-sûr, avoir le sentiment d’être mis de côté et que tout le monde s’en fout participe grandement au mal-être. C’est notre société qui est responsable oui, mais aussi parce que ces vieux ont été moulés eux aussi par cette société, qu’ils ont ce rapport là à la vie, qu’il faut travailler pour avoir une valeur, pour « être quelqu’un ». Ils sont imprégnés de cette idée, ça se retourne contre eux. On peut par exemple remarquer que les anciens flemmards ne sont pas les plus malheureux en EHPAD.
Il y a beaucoup de jeux en EHPAD. Certains apprécient, d’autres sont en colère; qu’on les prenne pour des gamins, qu’on essaie de les occuper : pour eux c’est vraiment le signe de leur déchéance. Pareil pour la voix perchée que les soignants prennent vite sans s’en rendre compte.
Que l’EHPAD soit un lieu particulièrement désagréable, dans lequel il peut se passer des choses graves car cachées, c’est certain. Mais je pense qu’il ne faut pas oublier aussi que dans la plainte des résidents qui font de l’EHPAD une prison, il se cache qu’avant tout la prison c’est leur corps. C’est ça qui rend les choses complexes.-
PeggySlam
Invité« il se cache qu’avant tout la prison c’est leur corps. » Et croyez moi Barbara la prison n’a pas besoin de murs en plus quand il est lui même la prison comme vous dites si bien. Même une simple maison peut être une prison. Bon j’ai pas envie encore une fois de prendre mon exemple mais pourtant c’est bien le cas. La vie est parfois entre chair et mur. En tout cas beau débat car j’ai eu une amie qui travaillé dans l’EHPAD et tu y décris beaucoup le même ressenti que ma pote qui essayait de rendre l’endroit le plus agréable possible et d’arrêter d’infantiliser les personnes âgées. Et c’est presque impossible à faire à cause des hauts placés
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..Graindorge
InvitéProposer des jeux ne veut pas dire les leur imposer Barbara et je ne parlais pas des jeux proposés dans ces residences mais des jeux proposés par des proches lors des visites.
ces vieux ont été moulés eux aussi par cette société, qu’ils ont ce rapport là à la vie, qu’il faut travailler pour avoir une valeur, pour « être quelqu’un ». Ils sont imprégnés de cette idée, ça se retourne contre eux. » Waow!!! Beaucoup ont travaillé non pas pour avoir une valeur, ou pour être quelqu’un mais pour payer les factures, nourrir les enfants etc… Ils ont cotisé et parfois mis 3 sous de côtés pour » leurs vieux jours » Beaucoup n’imaginaient peut-être pas autant de sécheresse. Surtout de la part de proches. « Ça participe du mal être » C’est vrai. Pas que.
« ces vieux ». Ces » mais »…
« La prison c’est leur corps. » Délivrons les?
Toi Barbara et si et seulement si tu veux en parler, tu as des parents en ehpad? Comment ça se passe?
Tu travailles pour être quelqu’un, avoir une valeur ou juste pour payer les factures?-
Barbara
InvitéOui je sais bien que tu ne parles pas d’imposer les jeux. Je pointais que certains ne veulent pas jouer. J’avais un grand-père mort cette année en EHPAD et sinon j’y travaille quatre jours par semaine. Quand je parle de valeur et de se faire un nom je ne défends pas spécialement cette vision du travail, je te transmets ce que beaucoup en disent.
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..Graindorge
InvitéMerci Barbara. Si tu as envie d’en dire sur ces 4 jours en ehpad
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Barbara
InvitéJ’ai écrit un texte là dessus pour un collectif de psy, tu peux m’écrire à psychologue.act@gmail.com si tu veux que je te l’envoies
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..Graindorge
InvitéMerci Barbara!
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Emile Novis
Invité@Claire
Je crois qu’il n’y aura pas de réponse satisfaisante.
« À quel corps – esprit on doit être fidèle »
Ce qui suscite une autre question chez moi : est-ce bien le même corps? Je veux dire : est-ce le même corps qui ne voulait pas vivre dans un tel état avant de l’expérimenter et le corps malade qui sourit dans ce nouvel état?
Ce qui interroge sur les « directives anticipées » : j’ai l’impression qu’on pense le problème à partir de la notion de « volonté » qui anticipe et dirige un état à venir que, par définition, on ignore. Comme si il y avait une volonté qui restait la même d’un état à l’autre, alors qu’il est peut-être question d’autre chose que de volonté. C’est peut-être tout le problème du droit et du modèle juridique pour penser ces réalités délicates : il est possible que l’existence ne puisse pas être lue à partir de nos catégories juridiques courantes.-
Emile Novis
Invitéps : ah, mais je crois que c’était exactement le sens de ta question initiale : ce n’est pas le même corps (a quel corps-esprit doit-on rester fidèle?)
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Claire N
InvitéOui – je te rejoins
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François Bégaudeau
Maître des clés» il est possible que l’existence ne puisse pas être lue à partir de nos catégories juridiques courantes. »
Cela vaudrait pour tant de choses de la vie
Sur ce sujet comme sur d’autres, le droit court en sueur derrière la vie et ne la rattrapera jamais
Cet effort du droit est à la fois passionnant et pathétique.-
Claire N
InvitéOui – le droit ne verra jamais qu’une dame en EPADH a retrouvé une sorte d’élan en se voyant confier le soin de prendre soin de rentrer des poules dans un poulailler ; le droit se fait même distancer par des poules
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Emile Novis
Invité@Claire
Rire
@FB
Oui, et sur l’euthanasie, le langage du droit est souvent pathétique à mes yeux, surtout quand son langage tend à fusionner avec une morale assez abstraite. L’expression « mourir dans la dignité », par exemple, me paraît problématique ( on ne mourrait pas « dignement » avant? Il y a des gens qui meurent dignement et d’autres non? qu’est-ce qu’une mort digne et une mort indigne? Le fait de ne pas souffrir? Le fait de la vouloir? etc.).-
Seldoon
InvitéIl y a des gens qui demandent à mourir dans la dignité. Il me semble que ce qui compte alors c’est leur vision à eux de la mort digne. Elle sera concrète. Par exemple pour moi, habiller mon âme d’un prénom de femme ça ne me parait pas super digne mais regarder le haut de ma colline qui danse qui finit par sombrer ça me va.
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Emile Novis
Invité@Seldoon
Je comprends. Mais je ne parlais pas des « gens », précisément, mais de ce qu’on appelle « le droit à mourir dans la dignité », qui n’est pas invoqué que par les « gens » directement concernés – dans le débat public, c’est même rarement le cas, puisque la question est monopolisée par la classe politique qui pense à l’intérieur de catégories assez abstraites et problématiques. C’est tout le problème du droit quand il s’apprête à penser des situations limites éminemment singulières : il faut bien qu’il généralise son propos, qu’il trouve des catégorisations spécifiques à plusieurs cas. Et la notion de « dignité », dans ce cas, ne pourra pas se cantonner à l’idée que s’en fait chacun : c’est bien le législateur qui aura pour tâche d’en délimiter les contours généraux.-
Seldoon
InvitéOn est d’accord alors, et c’est exactement pourquoi dans ce cas comme d’autres aussi sensibles (avortement), le rôle du législateur me semble être de (1) rendre et (2) faciliter le choix aux individus concernés.
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Claire N
InvitéCompliqué
Dans mais moment les plus autocritique
Je me dis « mais tu te prends pour qui d’enlever aux gens des occasions de mourir d’une mort qui leur aurait été plus douce que la suivante «
J’y pense parce que ma grand mère est morte dans son fauteuil d’un truc qui je pense était traitable si elle n’ avant pas décidé de se mettre dans son fauteuil sans appeler les secours pour éviter l’hôpital ? – faut il confier ces choses là a l’institution hospitalière est aussi une question qui me vient -
Seldoon
InvitéMais du coup je n’ai pas compris ce qui était compliqué, puisqu’il s’agit de laisser le choix à la personne et non d’assassiner systématiquement tout individu dont on découvre – avec surprise, pour ne pas dire une certaine déception – la mortalité ?
Je pose la question par simple curiosité car Jacques et moi on est pas concernés on est immortels. -
Emile Novis
Invité@Seldoon
Quand je parlais des gens directement concernés, je parlais de ceux qui sont actuellement dans la situation directe de demander l’euthanasie si cette pratique devait être légalisée en France. Ce n’est pas mon cas par exemple. Après il est évident que nous sommes tous potentiellement concernés par la chose, puisque nous sommes mortels. C’est la raison pour laquelle tout le monde est légitime à en parler. Mais je reste perplexe sur l’expression « droit de mourir dans la dignité, dans la mesure où je ne vois pas en quoi l’Etat (puisque ça passera par lui) serait légitime pour délimiter les contours de ce que c’est qu’une mort « digne » ou « indigne ». -
K. comme mon Code
InvitéUne expression qui me paraît plus pertinente est celle d’acharnement thérapeutique ; c’est l’espace qui me semble plus facile à saisir juridiquement. Quand on prolonge mécaniquement la souffrance.
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graindorge
InvitéEmile et les autres camarades sitistes,
en écoutant ce docteur Gomas, on apprend qu’il ne s’agit pas que de personnes âgées. En Belgique et dans les pays où c’est légalisé, la pratique de l’euthanasie s’est faite sur des personnes de 23 ans par exemple, en dépression.
Je crois que cette vidéo est d’utilité pour mieux comprendre, saisir les enjeux. C’est le post #95192 ou le post #95182. Posté 2 fois car passé inaperçu parmi tant de messages. Ce docteur parle depuis sa longue expérience. Un bon entretien -
Claire N
InvitéEn pratique j’ai beau me creuser la tête, je n’ai jamais eu de situation où j’étais en face de quelqu’un pour qui la seule solution était l’euthanasie et ou j’étais par conséquent requise ethiquement à le faire
J’ai déjà pratiqué la sédation qui est une anesthésie jusqu’à la mort : le cadre juridique me le permet
J’ai souvent du me poster entre les familles ivre d’encore un peu de temps et le patient pour éviter l’acharnement : la loi me fournit un cadre
J’ai parfois dû lutter contre des proches qui me pressaient à en finir avec quelqu’un qui semblait y être peu disposé : c’est à dire capable de dire clairement que non mourir c’était pas le projet
Parfois eu d’apres discussion avec mes collègues réanimation sur l’admissibilité ou pas d’une personne infirme motrice cérébrale
Donc oui ça me parait compliqué de répondre euthanasie ou pas en face de chacun de ces problèmes complexes
Après intuitivement je comprends ceux qui veulent fuir cet emmerdement qu’est un corps malade et ne pas même mettre un pied à l’hôpital, à eux peut etre que l’euthanasie apporterait encore que suicide assisté me paraîtrait peut-être être plus juste ( avec les bons produits)
Mais la notion de suicide comporterait aussi tout son pan d’ambivalence ( cf la mélancolie grave on en fait quoi? )
J’ai du mal à me représenter la situation je trouve, et du coup je sais pas -
graindorge
Invité« Le Docteur Jean-Marie Gomas a dévoué sa vie aux soins palliatifs, il a accompagné des milliers de patients dans leur fin de vie. Cette réalité de la mort qu’il connait très bien l’a incité à combattre pendant des années la marche vers la légalisation de l’euthanasie. Malheureusement la loi sur la fin de vie en discussion au Parlement prévoit d’autoriser les médecins et les proches des malades à provoquer la mort. Pour VA+, il rappelle le tournant que cette loi va représenter pour notre civilisation. »
Un honnête homme. Il dit qu’entre mille choses qui le préoccupent et qu’il développe dans cette interview avec énergie et clarté, il y a celles de donner à des proches la possibilité de tuer et la pratique de l’euthanasie dans les prisons et les hôpitaux psychiatriques.
A bon entendeur, salut.[youtube https://www.youtube.com/watch?v=16cMCioRYBc?si=8jtSf9acAtGgjuQH&w=560&h=315%5D
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InvitéA propos pas précisément de l’euthanasie mais de la mort à l’hôpital, des questions que je me pose depuis longtemps (je les balance, je ne sais pas si j’attends des réponses) :
– Comment on définit l’acharnement thérapeutique ? (pas dans l’abstraction mais dans le concret des pratiques hospitalières)
– Comment définit-on l’état végétatif ?
– La sédation profonde et continue est-elle une forme d’euthanasie ? Peut-on la pratiquer sans le consentement du patient ou des proches ? Y a-t-il d’autres drogues que la morphine pour la pratiquer ? Si ça se passe mal avec la morphines (agitation, hallucinations cauchemardesques…), peut-on en cours de route changer pour une autre drogue, y a-t-il quoique ce soit qu’on puisse faire ou est-on obligé de continuer à augmenter les doses de morphine ?
– Dans quelles conditions décide-t-on de ne plus alimenter une personne (plus de perfusion) ? Et de ne plus la mettre sous respiration artificielle ? Cela peut-il se faire sans le consentement des proches ?
– Tolère-t-on qu’un patient reste des mois en soins palliatifs ? Est-ce fréquent ? Et si un patient maintenu artificiellement en vie ne manifeste pas de signe de souffrance mais ne laisse espérer aucun rétablissement (et soupçonner aucune mort prochaine) ?
– Y a-t-il des moyens d’évaluer la douleur d’un patient inconscient ?
– Comment définit-on la mort cérébrale ? Une personne en coma est-elle considérée comme consciente ? Comment définit-on / évalue-t-on la conscience ?
– Y a-t-il des réunions entre les soignants, tous statuts confondus, pour faire le point sur l’état d’un patient ? Sur les dysfonctionnements ? Que se passe-t-il si deux médecins n’évaluent pas de la même manière l’état du patient ?
– Y a-t-il des formations, du soutien, quoi que ce soit pour aider les soignants à tenir bon dans le soin et dans l’humain (accepter une forme de désensibilisation peut-être, mais ne pas tomber dans une forme de dureté excessive) ? -
Claire N
InvitéVu – vastes questions – j’essaye de creuser avec toi plus tard sur un autre topique si tu veux ?
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InvitéJe veux bien, si tu le sens et quand tu le sens
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..Graindorge
Invité@ Claire N
Excellentes questions de `et qui intéressent sûrement d’autres sitistes
Tu pourrais ouvrir un nouveau topic pour ce sujet Claire
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..Graindorge
Invitéce n’est pas le sujet de ce topic mais comme c’est le sujet du film de la G.O, je suis d’accord avec nombre de professionnels de la santé: il n’y a pas nécessité de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté.
Il existe déjà des moyens d’éviter la souffrance physique. Par les temps qui courent et depuis longtemps, ça n’est peut-être pas une bonne idée.
On pousse déjà bien assez les gens aux désespoir et au suicide-25 par jour je crois- avec toutes ces politiques mortifères. On meurt déjà beaucoup dans les couloirs des Urgences, dans les résidences/ « mouroirs » ou même de luxe, on meurt beaucoup plus qu’on ne vit pour la majorité de notre espèce humaine.
Je n’apprécie pas le cynisme de Pedro Almodovar. Il sait très bien que si un jour il souffre trop il saura comment se faire partir et aura l’embarras du choix pour qui lui prendra la main
Vivement Dreams de Michel Franco pour contrecarrer les possibles effets secondaires de cette pub-
lumen cor
InvitéJe pense que tu prend une chose a l’envers, almodovar ne va pas provoquer d’effets secondaire, son film est l’effet secondaire, si il est favorable c’est que cette avis a déja bien fait son chemin médiatiquement
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..Graindorge
InvitéJe ne crois pas que cet avis a déjà bien fait son chemin, ni mediatiquement ni dans les sociétés.
Almodovar a toujours suivi le vent c’est vrai et ça lui a plutôt bien réussi. Mais là il a cru qu’il suivait le vent. Et il n’est pas content.
Tu dis que son film est l’effet secondaire. Je dis que son film est une pub de plus. Rien n’est encore joué et beaucoup plus de monde que tu n’imagines n’en veut pas de la légalisation. Quant à moi, j’ai dit :
« je suis d’accord avec nombre de professionnels de la santé: il n’y a pas nécessité de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté. »-
lumen cor
InvitéSi il n’y a qu’a regardé les émissions télé qui en traitent, toujours comme invité un vieux artiste, vieux politique, vieux personnalité quelconque, toujours positif à l’euthanasie car faisant écho a son vécu, au vécu de tout les vieux: la mort prochaine
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lumen cor
InvitéUn exemple au hasard, des interviews comme ça tu peux en trouver des milliards, toujours avec des personnalité connu donc riche
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François Bégaudeau
Maître des clésCe qui est sûr, c’est que 95% des spectateurs du film n’ont a priori pas de réticence farouche à l’euthanasie.
Et c’est ce qui compte, s’agissant d’un film.
Le flic de la fin du film, Almodovar peut le caricaturer à souhait, il n’est pas dans la salle.-
..Graindorge
InvitéDes moyens existent. Nul besoin de la légalisation. Je trouve ces professionnels.les de la santé plutôt bien placé.es, dans leur courageux et parfois/ souvent désespérant quotidien, pour le savoir.
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diegomaradona
Invité« Nul besoin de la légalisation. Je trouve ces professionnels.les de la santé plutôt bien placé.es, dans leur courageux et parfois/ souvent désespérant quotidien, pour le savoir. »
La législation est surtout nécessaire pour protéger les soignants, ta remarque montre que tu n’as pas vraiment compris le problème.-
PeggySlam
InvitéComme dit à François en mp sur Messenger ce qui m’embête et la raison pour laquelle je suis plutôt contre l’euthanasie pour le moment c’est qu’on en rappelle par son Histoire juste avant l’extermination des juifs. On ne rappelle jamais que les handicapés physique et mentaux parce qu’on croit qu’on ne ressent rien ont été utilisés pour la mise en marche des chambres à gaz. Et oui avant l’extermination finale il fallait faire des tests sans trop que ça se voit. Et ils faisaient ça dans les hôpitaux (pendant qu’en France on nous laissait crever de faim car ils n’avaient pas eu l’autorisation de tuer les malades) et c’est en ça que dans une partie de l’Europe est contre l’euthanasie car elle n’a pas oublié son histoire notamment les médecins de plus anciennes générations. Après c’est du cas par cas je pense
cette question même si pour l’instant moi même ayant une maladie évolutive je suis contre et ma famille le sait..-
diegomaradona
Invitéceux qui sont contre sont en général les mêmes qui sont contre l’avortement, et cela n’a pas grand chose à voir avec l’histoire mais surtout avec la religion (c.f. mouvement pro-vie) ou avec des idées confuses comme les tiennes (l’euthanasie légalisée n’ a rien avoir avec les chambre à gaz).
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PeggySlam
InvitéAh non ça je te rassure je sépare les choses. Bien je suis que je suis pour l’avortement. Merci de pas tout confondre non plus
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PeggySlam
InvitéEt je sais Diego mais rappeler l’histoire ça serait bien aussi pour comprendre pourquoi on est pour ou contre
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Emile Novis
InvitéNon diego : sur ce sujet, il n’y aura pas le bon dieu d’un côté (la Science et le Progrès) et le diable de l’autre (les pro-vie obscurantistes). Il y aura simplement la condition humaine aux prises avec ses contradictions insurmontables.
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diegomaradona
Invité« Il y aura simplement la condition humaine aux prises avec ses contradictions insurmontables. »
Il n’y a contradiction qu’à partir du moment où on a des idées et des a priori « pro vie » (le plus souvent issus de croyances religieuses) sur le sujet. -
Rantanplan
InvitéN’importe quoi. Beaucoup de soignants athées sont contre. Ils sont plutôt à se battre pour des soins palliatifs de qualité que pour l’euthanasie qui est un délire de bien portant.
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diegomaradona
Invité« Ils sont plutôt à se battre pour des soins palliatifs de qualité que pour l’euthanasie qui est un délire de bien portant. »
C’est encore une fois très mal connaitre le sujet puisque même des soins palliatifs de qualité ont leurs limites et n’empêchent pas la question de la légalisation de l’euthanasie de se poser.
C’est d’autant moins « un délire de bien portant » que ce sont justement les patients pour qui même les soins palliatifs ne peuvent plus rien qui se retrouvent alors en situation de réclamer l’euthanasie comme dernier recours pour abréger leur souffrance, leur vie qui n’est alors plus que souffrance.
Mais les « pro-vies » fanatiques seront toujours sur leur chemin, on peut leur faire confiance pour cela, comme ils le sont toujours vis-à-vis de l’avortement… -
Rantanplan
InvitéTon diagnostic est justement la caricature totale qu’une personne qui ne connait rien au sujet pourrait avoir. As-tu déjà parlé à un soignant de ta vie? Discuter plusieurs heures avec des équipes dont c’est le métier et les questions que ça soulève chez eux? Impossible.
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diegomaradona
Invité@rantanplan
ce que je dis est tellement caricatural que ce sont justement les bases de la législation belge sur le sujet :
L’euthanasie en Belgique
En 2002, l’euthanasie a été dépénalisée en Belgique, sous certaines conditions. Ces conditions ont été revues en 2014 en vue d’étendre l’euthanasie aux mineurs.
Pour entrer dans la cadre de la législation belge, le patient pouvant demander une euthanasie doit répondre à plusieurs conditions :
Patient majeur ou mineur émancipé, capable ou encore mineur doté de la capacité de discernement et conscient au moment de sa demande
Demande volontaire, réfléchie et répétée sans pression extérieure
Patient majeur ou mineur émancipé dans une situation médicale sans issue, qui est dans un état de souffrance physique ou psychique constante et insupportable ; qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable
https://www.soinspalliatifs.be/euthanasie.html
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Nouvelle preuve que tu ne connais rien au sujet -
Rantanplan
InvitéAucun rapport avec ce que tu as dit précédemment, c’est vertigineux.
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diegomaradona
Invité@rataplan
« Aucun rapport avec ce que tu as dit précédemment, c’est vertigineux. »
voici ce que j’avais écris et dont tua s dis que c’était caricatural :
C’est encore une fois très mal connaitre le sujet puisque même des soins palliatifs de qualité ont leurs limites et n’empêchent pas la question de la légalisation de l’euthanasie de se poser.
C’est d’autant moins « un délire de bien portant » que ce sont justement les patients pour qui même les soins palliatifs ne peuvent plus rien qui se retrouvent alors en situation de réclamer l’euthanasie comme dernier recours pour abréger leur souffrance, leur vie qui n’est alors plus que souffrance.
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On constate donc que tu ne sais pas lire ou que tu ne comprend même pas ce que tu dis. -
..Graindorge
InvitéAh moi je suis POUR l’avortement! Un Diego sur terre est largement suffisant
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Claire N
InvitéTrès bon « recadrage « Peggy – merci
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PeggySlam
InvitéMerci infiniment de le comprendre Émile Novis et Claire N !
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..Graindorge
InvitéDiego: je parle de soignants non favorable à la légalisation. Je crois qu’ils sont mieux placés que moi pour « comprendre le problème «
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PeggySlam
InvitéEt que nous tous du moins ceux qui ne sont pas médecins chère Graindorge
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..Graindorge
InvitéJe ne parle toujours qu’en mon nom
chère Peggy!
C’est un fait que soignants ou pas nous sommes très
nombreux à exiger des soins de qualités, des médicaments en suffisance: il y a 2 ans un ami en Bretagne est mort car il n’y avait pas le médicament nécessaire pour une infection pulmonaire. La liste des réclamations est longue. La légalisation de l’euthanasie aura trop de synonymes et je ne m’y risque pas. Pareil pour le suicide assisté.
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diegomaradona
Invité« je parle de soignants non favorable à la légalisation. Je crois qu’ils sont mieux placés que moi pour « comprendre le problème »
N’oublions jamais que tu as un jour débarqué sur ce forum en propageant des thèses complotistes sur les médecines alternatives et en travestissant sans scrupules les positions de l’OMS sur le sujet. On a déjà vu ce que cela donnait quand tu abordes des problématiques liées à la santé en rapportant les connaissances et savoirs des soignants concernés.-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai dû rater la réponse à l’une de mes questions : tu as parlé à combien de personne de vive voix en janvier, Diego ? Je rappelle les règles : un appel téléphonique compte mais pas les vocaux.
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diegomaradona
Invité« tu as parlé à combien de personne de vive voix en janvier, Diego ? »
Aucune, je suis comme stephen hawking, je ne peux communiquer et parler aux gens qu’avec une interface technologique et un synthétiseur vocal. Il m’est factuellement impossible, tout come lui, de communiquer de vive voix. -
K. comme mon Code
InvitéDisons donc que ta voix synthétique est ta vraie voix : combien de personnes en janvier ont pu communiquer avec ta voix synthétique ?
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diegomaradona
Invité« combien de personnes en janvier ont pu communiquer avec ta voix synthétique ? »
Après examen approfondi du problème susmentionné, j’en recense exactement 2248 , même si quelques doublons ou triplons peuvent s’être glissés malencontreusement dans ce recensement. -
..Graindorge
Invité« N’oublions jamais que tu as un jour débarqué sur ce forum en propageant des thèses complotistes sur les médecines alternatives et en travestissant sans scrupules les positions de l’OMS sur le sujet. »
La propagation n’ a contaminé ni tué personne et Dieu m’a relaxée
C’est bien toi qui disait il y a peu qu’il fallait piquer nos pépés et nos mémés. Et pourquoi pas tous les improductifs? Piquer aussi les 5000 soignants vaccinés sui n’ont pas voulu de ce vaccin? Piquer les toutous en ne gardant que les bergers allemands et les bergers belges?
Tu es comme Stephen Hawkins? C’est vrai ou c’est de l’humour? Tu disais que tu écrivais un livre.. Tu racontes des mensonges alors? -
diegomaradona
Invité« C’est bien toi qui disait il y a peu qu’il fallait piquer nos pépés et nos mémés. »
Je n’ai jamais dis ça. Encore une fois tu falsifies des propos. Les approximations et déformations des propos des autres sont ta marque de fabrique, pathologie caractéristique des complotistes de tout bord. Pathologie qui s’accompagne généralement d’extrapolations délirantes, comme on le constate remarquablement dans ton intervention. Tu coches toutes les cases.
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graindorge
Invité« Le Docteur Jean-Marie Gomas a dévoué sa vie aux soins palliatifs, il a accompagné des milliers de patients dans leur fin de vie. Cette réalité de la mort qu’il connait très bien l’a incité à combattre pendant des années la marche vers la légalisation de l’euthanasie. Malheureusement la loi sur la fin de vie en discussion au Parlement prévoit d’autoriser les médecins et les proches des malades à provoquer la mort. Pour VA+, il rappelle le tournant que cette loi va représenter pour notre civilisation. »
Un honnête homme. Il dit qu’entre mille choses qui le préoccupent et qu’il développe dans cette interview avec énergie et clarté, il y a celles de donner à des proches la possibilité de tuer et la pratique de l’euthanasie dans les prisons et les hôpitaux psychiatriques.
A bon entendeur, salut.[youtube https://www.youtube.com/watch?v=16cMCioRYBc?si=8jtSf9acAtGgjuQH&w=560&h=315%5D
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PeggySlam
InvitéJe regarderais ça mais je m’en méfierais quand même quand je vois le titre putaclic. On dirait une vidéo d’un docteur plus réac qu’autre chose. Enfin j’ai pas vu encore. Je regarderai plus tard
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..Graindorge
InvitéLe titre est surtout » la réalité de l’euthanasie vue par un médecin » Les émissions de jeunes journalistes n’ont pas de gros moyens et leur présentation ne sont pas toujours heureuses. Plus que regarder, il s’agit d’écouter. C’est ce que j’ai fait. Je ne me suis pas arrêtée à l’apparence de l’émission mais au contenu.
C’est un témoignage d’une expérience professionnelle de plusieurs décennies. Jean-Marie Gomas est un médecin honnête. Tu le démolis sans l’avoir écouté à coup de phrases au conditionnel? Et avec quel arguments? L’apparence « putaclic », « on dirait un réac »
Pour noyer son chien, « on dirait » qu’il « aurait » la gale.
J’en « rirais » presque
Tu sais quoi, on a bien parlé de ce sujet dimanche, c’est bon. Sinon on risque de réveiller de Gaule et son index/ flingue » N’oublions jjjjaaamêêê! »
Ici c’est cinéma: tu as plein de films à voir. Gomas survivra à ton non visionnage, zappe en paix!-
Pierre
InvitéMédia de Valeurs actuelles
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..Graindorge
InvitéMerci Pierre pour l’info.
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..Graindorge
InvitéPierre: juste une question rapide: tous les gens qui acceptent de répondre à l’invitation et aux questions d’un média de V.A adhèrent aux idées de Valeurs Actuels?
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Pierre
InvitéJette un coup d’œil aux autres vidéos
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..Graindorge
InvitéC’est parcequ’il est catho?
https://dioceseparis.fr/cette-loi-est-un-piege.html -
..Graindorge
InvitéJ’imagine que dans ce collectif soignant il y a de l’intelligence. Ou bien?
Moi j’ai écouté un professionnel et j’en ai même écouté et lu d’autres.
Et l’entretien « cette loi est un piège » est une bonne lecture« Le collectif soignant – qui regroupe 800 000 personnes et vingt et une sociétés savantes médicales infirmières – s’est déjà élevé contre ce texte qui détruit la relation de soin, ment sur les mots en proposant l’euthanasie et le suicide assisté derrière « l’aide à mourir », met la pression sur les professionnels de santé en imposant leur présence, permet au tiers d’être en position d’achever un proche… et entraînera, à moyen terme, la disparition programmée des soins palliatifs qui s’effondrent dans tous les pays où l’euthanasie a été légalisée. »
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Pierre
Invité!!!
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Claire N
Invité@ graindorge meme si le sujet et les questions posées sont intéressantes
Il aborde et referme aussi sec les problématiques avec des techniques qui effectivement sont assez conservatrice / au nom d’idées
– il ballaye l’autonomie qu’il assimile d’emblée au libéralisme
– il se positionne en « sachant « paternaliste
– il défend son « métier « et là je suis un peu méchante mais comme sa boutique
En cela oui je pense qu’il est plutôt de « droite « -
PeggySlam
InvitéÀ savoir que les catholiques intégristes sont contre l’euthanasie mais pour d’autres raisons. C’est pour ça c’est un sujet très complexe et qu’il faudrait avant tout commencer par son histoire ce que ne fait aucun historien. Ce qui m’attriste profondément. Enfin j’ai un livre sur le sujet mais il commence à dater.
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..Graindorge
InvitéPeggy
Dans ce collectif soignant qui regroupe 800 000 personnes et vingt et une sociétés savantes
médicales infirmières, je ne crois pas qu’il n’y a que des catholique intégristes et perso ce ne sont pas des raisons intégristes qui me font crier contre mais des raisons politiques et économiques et de cœur n’en déplaise à
De toutes façons cette loi risque de passer.
Les livres d’histoire ma chère Peggy ont tendance à daté -rire- allez, aboule le titre!
@Claire N
Ma réponse s’est perdue pourtant j’avais cliqué sur RÉPONDRE sous ton nom
Je sais que toi tu es une blouse blanche como Dios manda et je t’aime sincèrement bien y compris et surtout pour tes textes « illisibles » pas tous grâce à Dieu et pas celui-là
» le droit court après la vie essoufflé, en sueur et ne la rattrape jamais.
Jamais. -
PeggySlam
InvitéHé oui ! le gros problème de l’euthanasie c’est le côté économique également dont on ne parle jamais alors que c’était exactement pour ces raisons là que les nazis voulaient exterminer les malades, handicapés. Trop coûteux pour l’état. Merci de le rappeler Graindorge !
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..Graindorge
InvitéClaire N
Je ne doute pas que les blouses blanches se positionnent souvent en sachants paternalistes/ maternalistes et j’ai tiqué à certains endroits. Vu son âge, sûrement pas loin de la retraite, ce n’est pas SA petite boutique qu’il défend mais bien un accompagnement moins, beaucoup moins EXPEDITIF que ce qu’il y a dans cette loi. Si l’homme rend allergique et bien lisons juste en citoyens.nes intelligents concernées conscients et responsables les textes de loi.
Ce collectif soignant regroupe 800 000 personnes et vingt et une sociétés savantes médicales infirmières. Il n’est pas tout seul. Tous et toutes de droite?
Perso, je n’en veux pas de cette loi et j’ai trouvé des arguments. Cette loi pourquoi faire? Les moyens existent largement pour la souffrance et pour la fin. Et pourquoi cette loi élargit t-elle son spectre aux dépressions, à la psychiatrie, aux prisons??? Cette loi ne soulève aucune question à gôche? Moi cette loi me fait peur et je le crie. -
Alain m
Invité@Graindorge
«les moyens existent largement pour la souffrance et pour la fin» je ne parlerai pas de cette loi ni ne la défendrai car je ne la connais pas. Mais je tiens moi à ce qu’il existe des structures (sous quelle forme ?) qui me permettent de pouvoir en terminer en douceur (autres que la pendaison, le train. . .) et non dans un service de soins palliatifs (même entouré des aides soignantes et infirmières les plus agréables c’est plutôt maintenant, «en relative bonne santé» que j’apprécierai leur entourage, oui c’est une forme d’appel !!) car, pour le moment et peut-être que je changerai, je ne veux pas à tout prix rester en vie. Être en vie pour le dire vite et cela mériterait un long développement ce n’est pas être bloqué sur un lit à traquer la souffrance et être totalement dépendant d’autrui. J’entends et comprends très bien les choix inverses mais j’aimerai pour ma part et je le répète en l’état actuel de mon état pouvoir disposer d’une structure qui me laisse le choix. La perspective d’être totalement envahi par la maladie, la souffrance, les soins et que ma «vie» se limite à cela m’angoisse d’avance. -
Oscar
InvitéSur le choix face à la maladie mortelle et une façon de l’accompagner, il y a eu récemment le roman Les Éphémères de Andrew O’Hagan.
De beaux passages sur l’amitié, la jeunesse, la musique. -
Alain m
InvitéJ’adhère à l’article premier des privilèges de Stendhal :
Jamais de douleur sérieuse, jusqu’à une vieillesse fort avancée ; alors, non douleur, mais mort par apoplexie, au lit, pendant le sommeil, sans aucune douleur morale ou physique.
Chaque année, pas plus de trois jours d’indisposition. Le corps et ce qui en sort inodore. -
PeggySlam
InvitéTrès beau débat encore ! Quel plaisir de revenir ici. Et merci !
Mourir dans le sommeil je crois que quelque part c’est le rêve de chacun d’entre nous. Sans aucune douleur. Ni pour soi. Peut être au début pour les autres mais qui je pense est en effet la meilleur des morts -
..Graindorge
InvitéCher Alain M
hélas les mots me manquent.
Je te comprends bien.. je ne crois pas être accrochée à la vie
je procède par interrogations, si l’euthanasie passive est permise en France depuis 2005 je crois, pourquoi vouloir une loi pour l’euthanasie active?
Pourquoi des pays où l’E. A est légale l’ont-ils élargies aux enfants avec des maladies incurables? Et pourquoi dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons?
On enlève les moyens de soigner correctement les gens, on enlève les moyens de vivre correctement et on nous offre un emballage « nickel » pour nous emballer pour mourir « dignement » mais quid d’une vie avant la mort? Dixit Coluche
Je crois qu’on peut d’ores et déjà mourir en douceur et sans souffrances. Et beaucoup aussi aimeraient vivre en douceur et sans souffrances
Je partage cette info. Ces infos
https://www.senat.fr/lc/lc49/lc49_mono.html
Et ma conviction profonde c’est que c’est la Joie qui aura toujours le dernier mot. Toujours.
Une info m’a fait rire : pour l’euthanasie active dans un pays où elle est légalisée, tu dois avancer les sous, 6000 ou 7000€ quand même et « vous serez remboursé ensuite. » Ah. On ressuscite après pour se faire rembourser et on y retourne? Pas compris. Bien ri.J’aime ces mots de Annie, notre Annie Le Brun
» l’incroyable soleil de la médiocrité n’a pas fini de fasciner. Mais, s’il est un moyen d’y échapper, voire
de le combattre, ne serait-ce pas de commencer à regarder ailleurs et autrement? »
Et de l’ami Arthur R
» Quand nous sommes très forts, — qui recule? très gais, — qui tombe de ridicule? Quand nous sommes très méchants, — que ferait-on de nous.*
Parez-vous, dansez, riez. Je ne pourrai jamais
envoyer l’Amour par la fenêtre. »
*sans point d’interrogation -
Alain m
Invité@Graindorge
Je ne suis pas très au fait de ces sujets mais ce que tu appelles l’euthanasie passive c’est bien la prise en charge, par le monde médical lors des soins palliatifs en accord avec le patient (quand il le peut encore) et les proches, de l’aide à mourir pour le malade ? Moi je ne me situe pas (pour le moment) dans cette optique là. Si demain on m’apprend que je suis victime d’une maladie incurable je voudrais avoir le choix d’en finir avant que de trainer quelques semaines, quelques mois pour dire on a tout essayé. Je comprends les gens qui le font mais moi je ne veux pas trainer dans les hôpitaux, bourré de traitement jusqu’à la dernière limite (me connaissant face à la maladie et la douleur même atténuée, je ne serai déjà plus en vie et je vivrai donc un calvaire). Peut-être qu’à ce moment (découverte de la maladie) je voudrais m’accrocher coûte que coûte mais pour l’instant ce n’est pas le cas et il n’existe pas en France de structure qui le permette. Quand au fait d’instituer une euthanasie active n’induit pas obligatoirement un sabotage de la prise en charge des soins palliatifs, ni des choix éthiques scandaleux mais résultent plutôt de choix économiques et politiques eux mêmes décidés dans des sociétés capitalistes. -
..Graindorge
InvitéQuand au fait d’instituer une euthanasie active n’induit pas obligatoirement un sabotage de la prise en charge des soins palliatifs, ni des choix éthiques scandaleux mais résultent plutôt de choix économiques et politiques eux mêmes décidés dans des sociétés capitalistes.
Je parlais aussi des choix économiques et politiques des gouvernants dans un post de ce fil.
Je te comprends pour le reste. Je ne suis pas à ta place. Peut-être aurait-il fallu un référendum. Allez…qui vivra verra
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..Graindorge
InvitéTu coches toutes les cases.
Ben toi tu peux pas: il t’en manque!
Et tu as beau jeu de te comparer à Stephen Hawkins,ton intelligence c’est même pas 1% de ma sienne! Paix à son âme!
Et tu refuses de comprendre que si la légalisation passe, c’est les « ceux-qui-ne-sont-rien » qui vont encore trinquer!
Signez ici! Et plein de braves gens signeront! C’est pas les Almodovars et les so nice women de sa pub qui vont trinquer mais les don nadie de la chambre d’à côté mais le plus loin possible. Tu es de gauche as-tu dis un jour. Et tu n’as même pas saisi la trampa
camarade!-
diegomaradona
Invitécomme toujours tu déformes tout et extrapoles. Les conditions pour y avoir droits seront strictes et encadrées. Comme pour l’avortement ou le mariage homosexuels, cela ne fait que donner des plus de droits aux individus s’en rien retirer à personne. C’est une mesure fondamentalement de gauche. Etre opposé à l’euthanasie est purement un comportement droitier et bigot.
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François Bégaudeau
Maître des clésUn dimanche de plus que diego aura passé sur un forum où il déteste tout le monde
Le 452ème.
Drole de vie.-
diegomaradona
Invitécomme je ne déteste personne le problème est résolu
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François Bégaudeau
Maître des clésTu as raison, rectifions
Un dimanche de plus que diego aura passé sur un forum où il insulte tout le monde
Le 452ème.
Drole de vie.-
diegomaradona
Invitécomme je n’ai insulté personne le problème est résolu
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Mais moi c’est léo
InvitéQu’est-ce qu’on pense de La Voyageuse ? dernier film visible de Sang-Soo Hong ? Un régal pour ma part
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Rantanplan
InvitéFaut que je m’y mette, encore vu aucun film de l’animal. C’était assez hilarant de voir les critiques du cercle en parler, ils n’y arrivent pas et n’ont pas tellement envie. Ça m’intrigue : )
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youvgotnoidea
Invité@Léo : Peux tu nous en dire sur cette régalade ? Et par curiosité tu as découvert HSS avec quel film ou en quelle année à peu près ?
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Ostros
InvitéMince j’ai posté trop bas…
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youvgotnoidea
InvitéJe réponds ici pour garder le fil HSS ici.
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Alors je me réjouis que cette voyageuse ait su autant t’émerveiller et continue d’infuser ou de déplier ses couches de complexité en toi. M’enfin je ne suis pas encore très convaincu et faire voler Letourneur à son secours n’y infléchira pas. Mais bien essayé !
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Je l’ai vu il y a plusieurs mois maintenant mais de mémoire et en vrac, je retiens quand même : le comique de cette prof de français aux méthodes particulières qui en fait n’apprend rien à personne ; l’incarnation de sa solitude et toutes ses machinations pour la combler, sans peut-être se l’avouer, c’est exactement comme ça que j’imagine une femme de son âge, seule, célibataire, issue du monde de l’enseignement et un peu bourgeoise désargentée, très très loin de chez elle ; évidemment la musique, la musique intérieure et matérielle avec ses instruments et ce qu’ils ont toujours offert comme possibilités pour créer des liens entre les hommes d’où qu’ils soient. Peut-être d’autres trucs que j’oublie.
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Cela dit, je trouve le film pas mal flemmard quand même, soit un peu vain soit juste que son sujet et ses personnages ne m’intéressent pas beaucoup, et les quelques bribes de réels, étouffées par leurs intentions.
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@Ostros : Par curiosité, tu en es où dans la filmo du Hong ? Tu as vu ses films de la décennie 2010, genre première moitié ?-
Rantanplan
InvitéTes conseils pour, mettons, les 3 premiers à voir?
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François Bégaudeau
Maître des clésVoyage à Tokyo, Un été chez Grand Père, Les anges déchus
Oh pardon monsieur Ming-
PeggySlam
InvitéJe note car celui que t’avais présenté à ton cinéclub ne m’avait pas emballé
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youvgotnoidea
InvitéTu peux rajouter aussi Hard Boiled, un HSS un peu plus vitaminé que les autres, mais y a deja tout du maitre chinois la dedans
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François Bégaudeau
Maître des cléson se comprend
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PeggySlam
InvitéÇa marche @youv je note. Merci ! Après je suis pas sur d’aimer l’univers du réalisateur mais faut pas rester sur un échec. Enfin pour moi quoi
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Rantanplan
InvitéTurbo raciste
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youvgotnoidea
InvitéAh il est marrant François ! On me dit qu’il est plutôt aimé par ici ^^
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youvgotnoidea
Invité@Rantanlan : Je pense que Un jour avec, un jour sans constituerait une bonne porte d’entrée, ensuite moi j’aime beaucoup Sunhi, Haewon et The day he arrives par exemple
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Rantanplan
InvitéMerci.
@Peggy attention ça a trollé plus haut ; )
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Ostros
Invité@youvgotnoidea, non je ne connais pas bien cette période et je ne l’ai pas encore rattrapée.
J’ai commencé à être très curieuse de son cinéma à partir de 2019.
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Pour te répondre : pour le moment tu n’as donné qu’un retour sur l’histoire (le scénario) que tu restitues assez grossièrement (dans le sens à gros traits) alors qu’il contient bcp de variations que ça et c’est justement ces variations qui retiennent l’attention. Le sujet et les personnages et un peu la musique, donc.
Je constate effectivement que tu n’es pas entré plus que ça dans le film (qui ne t’a pas plu). Mais si tu devais parler de sa facture (le façonnage), qu’en dirais-tu ?
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« les quelques bribes de réels, étouffées par leurs intentions » : je comprends pas mais ça m’intrigue, tu peux développer ?
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Tu as l’air de bien connaître la décennie 2010 de ses films. Tu trouves qu’ils étaient plus intéressants à cette période ?
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Mais moi c’est léo
InvitéJe ne me lancerai pas dans une critique mais je vais essayer de dégager quelques choses que j’ai adorées.
Déjà je suis né le 19 mai 2004, soit le jour de la sortie en France de son cinquième long métrage, donc très loin de l’avoir suivi depuis ses débuts. J’ai ignoré l’existence de ce gars pendant la majeure partie de ma vie (normal) et c’est au lycée que j’ai commencé à m’intéresser à lui, plutôt vers la fin d’ailleurs (terminale), juste après avoir fait la découverte de Bruno Dumont qui a bouleversé mon rapport au cinéma et sur lequel j’ai fait mon oral de bac (sympa quand même). Donc je dirais 2022 pour l’année où je découvre HSS. Le premier film que j’ai vu de lui c’est Grass, au pif. J’ai kiffé. Et ensuite assez lentement j’ai rattrapé ses films depuis le premier, et c’est devenu mon cinéaste actuel préféré.
Devant la voyageuse j’ai été fasciné, et même scotché à l’écran devant de nombreuses scènes, et des scènes il n’y a pratiquement que ça.
Le film commence au milieu d’une situation, elle n’est pas introduite. Beaucoup auraient introduit : ouverture de porte et référence au motif de la venue d’Iris (personnage d’Isabelle Huppert). Là, rien. Plan fixe. Elles parlent de trucs, on ne sait pas quoi, on essaie de trouver des indices, des signes, il n’y en a pas. Il y a une espèce de livre au centre de l’attention, elles le manipulent, y font référence et ne savent pas trop quoi en faire, puis c’est un magnétophone, Isabelle le manipule mais n’en fait rien non plus. On voit deux femmes qui ne savent pas trop quoi faire. L’une propose à l’autre de jouer du piano. Elle va au piano et Isabelle avant de partir fumer hors de la pièce derrière une porte fenêtre (alors qu’elle était censée l’écouter jouer) prend le temps de scotcher un ruban adhésif vert autour du bout de son stylo. Le spectateur aguerri remarquera que ce vert n’est pas tout à fait le même que le vert de son haut. Il essaiera aussi de mettre en lien les différentes prises de parole des deux personnages pour tenter de comprendre les enjeux ou plutôt la teneur de la situation, qui restera pendant un long moment tout à fait mystérieuse. Pour l’instant du Hong Sang-soo classique, on arrive au milieu des discussions et comme dans la vraie vie les enjeux ne sont pas forcément explicités par les personnages, les tenants et les aboutissants ne sont pas donnés, à nous de faire des hypothèses, de subodorer. La pianiste rejoint l’autre à l’extérieur, les deux sont assises, Isabelle dira qu’elle l’entendait jouer de l’extérieur et qu’elle jouait bien. Ok.
Là commence une scène remarquable où dans un même plan la situation de départ va dialectiquement et très patiemment (et donc profondément) glisser vers une situation tout à fait contradictoire : Iris demande à l’autre ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle jouait du piano. L’autre, on le sent, est peu à l’aise avec la question. Quelle est cette gêne ? La gêne que l’on ressent lorsqu’on doit traduire ses émotions. La difficulté de ne pas mutiler la vérité de notre expérience sensible, son ambiguïté, son caractère flou, obscur, non discernable, singulier. Peut-être aussi la gêne face à cette question, qui demande à ce qu’on livre son intériorité, alors que réside en beaucoup de personnes ce présupposé : mon intériorité n’intéresse personne. « Ce que je ressens ? » dit-elle, étonnée. Fausse question. Répétition de la question posée qui dit peut-être aussi « en voilà une bonne question ! ». En fait, a-t-elle vraiment été attentive à ce qu’il se passait en elle ? Cette question commence par la faire rire, mais d’un petit rire, d’un rire gêné, d’un rire qui ne repose pas sur du drôle. On rigole doucement. Le rire est la réaction la plus naturelle à cette question. Elle est inconfortable. Et tout ce qui va suivre semblera extrêmement naturel, évident, semblera couler de source, et en même temps, et en même temps va se mettre en place quelque chose d’intense et de pesant, lorsque l’évidence de la normalité va petit à petit s’étioler. Le spectateur (moi) sentira une présence un peu dérangeante s’installer dans le plan. Dans ce film tout est fait de « un peu » de « légèrement », de petites touches. Cette présence un peu dérangeante, c’est la question d’Iris qui va semer un léger trouble, qui va légèrement remuer, déplacer la pianiste. Une présence que la pianiste a pressenti dans cette question innocente et à laquelle elle a intuitivement répondu par un rire jaune. Il faut voir comment la scène s’étire pour laisser les émotions prendre le temps de s’incarner. Tout ça dans une qualité de silence, un repos remarquable, qui font prendre la mesure de chaque blanc et de chaque hésitation. Et ce qui est beau et fort est la manière dont le tout est filmé : on voit bien le visage d’Isabelle Huppert, qui est de face, mais le second personnage est de profil, on ne voit jamais qu’un côté de son visage. Iris regarde la pianiste et la pianiste regarde surtout dans le vide. Pas de zoom. Au spectateur de se concentrer notamment sur l’expression de la pianiste dont au moins 50 % nous échappe. Ce sont des petits détails, de délicats changements qui vont venir comme par vagues incarner un état d’esprit de plus en plus grave. Ça commence léger : la pianiste dit que l’émotion qu’elle a ressenti lorsqu’elle jouait était avant tout de la joie, la joie de jouer. Simple. Évident. Facile. Mais Iris comme HSS ne peut se satisfaire de l’univocité : elle veut que la pianiste tire d’autres émotions que la joie, avec l’idée que la joie c’est trop simple, que ça ne peut pas être ça, que le réel et son expérience ont forcément été plus nuancés, plus hétérogènes. Et je passe sur les détails mais en gros Iris en insistant et en grattant va arriver à faire dire à la pianiste que ce qu’elle a ressenti avant tout ce n’était pas de la joie mais de l’énervement, de l’insatisfaction, de la frustration, de l’agacement. Soit l’exact opposé. Et la manière dont ce glissement s’opère est par sa lente progression je trouve tout à fait passionnant, car on voit véritablement des affections contradictoires traverser le même personnage dans le même plan. Et l’ambiance devient plus pesante (sans jamais être tout à fait lourde) à mesure que l’on quitte l’idée de la joie, mais par aucun autre biais que par le jeu des actrices et leurs lignes de dialogues ultra mesurées. On est vraiment au niveau du dialogue et du jeu dans du travail de précision. On sent que les mots deviennent importants, qu’il ne s’agit plus de rigoler et de peser au kilo, d’employer un langage impropre, mais au contraire de viser juste. Et en même temps, ce qui est fou, c’est qu’après que la pianiste a rendu justice à la vérité de son expérience, un peu épuisée et comme légèrement hébétée par ce qui vient de se passer (la force du dialogue chez HSS), en ayant non sans mal dépassé les phrases toutes faites et l’opinion qui lui venaient en premier, Iris note impassiblement et tout à fait normalement le résultat de cette psychanalyse, comme si c’était ce qu’elle avait prévu, et semble radicaliser à l’extrême le sentiment d’énervement et de lourdeur qu’a ressenti Iris, au point de pondre des phrases toutes faites, parfaitement univoques et drôlement caricaturales. Elle fait comme si c’était une évidence, comme si c’était très clair, alors que la scène nous a justement montré que ce n’était pas le cas. Autrement dit on part d’un énoncé pauvre (la joie rien que la joie), on l’enrichit, en y mêlant une radicale insatisfaction, et tout ça pour la ramener, dans la traduction finale à un énoncé certes opposé au premier mais tout aussi pauvre. La pianiste dit : « j’ai été UN PEU agacée », Iris traduit « j’ai été agacée ». Et voilà, toute la nuance disparaît. La langue se met à exprimer une idée monolithique alors que son principe moteur a consisté à dialectiser. Car au lieu d’aller vers la singularité (ce qu’elle se vante de faire avec ses questions), elle ne tire que du générique. Mais on y reviendra. On a pour l’instant le sentiment qu’Iris a fait dire à la pianiste ce qu’elle voulait qu’elle dise, qu’elle l’a attirée là où elle avait déjà prévu d’aller, qu’elle l’a un peu manipulée. Qu’elle l’a ensorcelée ?
En fait à bien y réfléchir, tout ça paraît bien bizarre, et c’est le premier germe, d’une extrême finesse, de la dimension fantastique du film, car il y en a une, bien que volontairement presque inexistante. Je veux dire que ce personnage d’Iris, venue en Corée spontanément?, dont on ne sait rien, que le mec a croisée dans un parc pendant qu’elle jouait de la flûte (WTF, pourquoi personne ne parle de cet artefact de charmeuse de serpents alors que dès la première scène elle paraît littéralement dicter à la pianiste les émotions à tirer de son expérience), boit des quantités indécentes d’alcool sans paraître plus troublée que ça (au point d’en étonner les locaux et les spectateurs), se confond avec le décor (la scène vite fait commentée dans Le Cercle où son haut est de la même couleur que l’arrière plan), et va même finir de réaliser son devenir-fantôme en disparaissant de façon curieuse et anormale du parc, en se volatilisant (hors champ) à la fin du deuxième segment.
Ce qui me paraît important, c’est que le fantastique est partout dans le film, mais toujours presque inexistant. La flûte, pourquoi pas ? L’alcool, pourquoi pas ? Le pull vert, pourquoi pas ? Sa volatilisation qui échappe au couple de producteurs, pourquoi pas ? Car après tout Iris ne m’a pas paru sortir si vite du champ de vision des deux personnages. Ceci m’a frappé d’ailleurs : le couple, m’a-t-il semblé, parlait assez longtemps pour qu’Iris sorte tout à fait normalement du champ de vision des personnages. Si bien que je fus moi-même étonné qu’on assigne un caractère étonnant à sa disparition. Étonné de l’étonnement. Ceci dit je n’ai vu le film qu’une fois. Mais reste que c’est une manière intelligente de flirter avec la lisière du fantastique, car quoi qu’il en soit la part de magie, s’il y en a une, reste tout à fait tangible. La scène de la « disparition » est d’une extrême précision dans le timing, elle dure ce qu’il faut pour produire du vrai bizarre ; pas l’absolument bizarre qui rendrait une anormalité évidente mais le légèrement bizarre qui fait exister l’anormalité, mais d’une manière on ne peut plus incertaine. Idem pour la scène avec la pianiste où Iris semble la manipuler en l’amenant vers des phrases qui semblent avoir déjà été écrites, n’est-ce pas un peu ce que font les psychologues ? Partir du singulier pour en tirer des éléments particuliers puis généraux puis caricaturaux. Tous ces éléments semblent bizarres mais peuvent après tout être vus comme normaux.
Mais mais mais, le délicieux Hong Sang-soo sait bien doser. Et dans le film il y a pour moi un pur moment fantastique, un moment incontestablement fantastique, qui n’admet aucun pourquoi pas. C’est le moment où Iris pose la fameuse question : « qu’as-tu ressenti ? », mais à la femme du deuxième segment cette fois-ci. Cette femme n’a pas joué du piano mais de la guitare. Et face à cette question rebelote : la femme répète MOT POUR MOT les paroles de la pianiste qui mettent sur la table une certaine insatisfaction. Avant de trouver la situation drôle ou triste, superficielle ou profonde, notons que cette situation est objectivement impossible, littéralement surnaturelle ou surréaliste. C’est comme si un prof retrouvait un paragraphe entier de dissertation en tout point identique à celui de la copie d’un autre élève, et que la triche ne pouvait pas exister. C’est impossible. D’ailleurs dans telle situation, on dit qu’il y a triche. On sait que Hong Sang-Soo a triché, que derrière les deux personnages qui dans l’histoire ne se connaissent pas se cachent deux actrices qui elles se connaissent et qui ont eu à réciter le même texte, qui se sont passé le texte comme deux élèves qui trichent se passent les copies. Mais sauf que là les personnages ne peuvent tricher. Et Iris de noter, toujours impassible, les mots de la guitariste, comme s’ils étaient évidents. Et elle finit par traduire en français exactement de la même façon les émotions traduites par la guitariste en anglais. Avec ces mêmes phrases qui semblent comme j’ai tenté de le dire « préfabriquées ». Et pour cause, ces phrases peuvent je pense tout à fait s’appliquer à n’importe quelle expérience de musicien. Ressentir de la frustration et de l’agacement car on ne se sent pas assez bon, rien de nouveau sous le soleil.
On parlera peut-être de ce que ça dit, moi je pense que ça ne dit pas grand-chose. Les mots par leur généralités soustraient de l’expérience sa singularité, mais par ce même biais ils permettent de mieux la saisir, et puis après les mots font que cette singularité qu’on essaie de dégager saisissent la singularité par un caractère particulier, et la particularité retourne à sa logique de la généralité. Les mots qui permettent de traduire et la traduction elle-même appauvrissent en même temps qu’elles enrichissent l’expérience. Par les mots et la ou les langues, on perd et on gagne. Il y a dans le film cette respiration constante entre une certaine abstraction et un rapport concret au monde, et les mots sont à la rencontre de ces deux mondes, font le lien, comme les écritures gravées sur les rochers sont l’absolu du concret en même temps que l’ouverture à une réalité plus abstraite (le fond du poème, ou bien l’idée du père, que la pianiste en même temps vit très sensiblement et très concrètement, comme quoi les idées viennent aussi des sens, de certains agencements affectifs, de certaines complexions). Le poème lui-même demande à être mis en bouche, une coréenne demande à l’entendre en français, juste pour le plaisir d’entendre des mots en français (leur matérialité). Et sur ce jeu de la matière des langues, toutes les traductions et les pertes sémantiques qu’elles impliquent nécessairement sont bonnes à prendre, car elles enrichissent la vie concrète du poème, le poème par la langue n’est plus mort mais vit. En vivant il se corrompt, il passe vers un peu plus d’abstraction, vers un peu plus de concrétude, un peu plus de confusion ou un peu plus de précision, mais cette corruption n’est pas mauvaise axiologiquement. Au contraire. Il s’agit d’embrasser la corruption des mots et du langage même. A ce titre la scène de traduction sur Google trad, montre juste un outil de plus pour s’amuser avec la langue, pour la corrompre, la corrompre en la traduisant.
Il y a bien d’autres moments passionnants, poreux, qui posent dans une confusion. Par exemple on voit un flash-back. Est-ce un flash-back ? On voit Iris jouer de la flûte, comme au moment où le gars l’a rencontrée pour la première fois, dit-il, mais dans ce plan le gars poursuit son chemin. D’ailleurs quand ils se sont rencontrés pour la première fois, et que le gars l’a accostée (il a bien fallu à un moment qu’il s’arrête pour l’accoster), pourquoi l’a-t-il accostée ? Cela reste obscur… drôle de rencontre amicale, ou amoureuse ? Charmeuse de serpents… Là non plus on ne saura pas. Mais dans cette scène il ne l’accoste pas. Il poursuit son chemin, qui l’amènera à Iris dans le présent. Je ne pense pas que ce soit un flash-back, je ne pense pas que ce soit dans le présent, je pense que c’est une scène inventée. Mélange entre réel et fiction. Brouiller les frontières. Mélange entre réel et fantastique, car le réel est fantastique.
Le gars veut la rejoindre (il pourrait attendre qu’elle revienne, mais non), il l’aime, il est attiré par elle, elle l’attire, elle le charme. Et il faut suivre ce charme, qu’importe si la mère est contre. En étant contre elle est contre la vie, elle nie ce qui est, elle s’oppose à ce qui naît (leur amitié est récente, elle est en développement). Le désir est maître, on ne peut pas le nier.
La gratuité. On a un désir de traduction (l’envie d’entendre en anglais un poème, l’envie de l’entendre en français, la nécessité – gratuite aussi – de passer par l’anglais pour atteindre la version française à créer). La gratuité de leur relation. La mère demande pourquoi ? La réponse est parce que. On peut s’énerver autant qu’on veut la réalité est là. Et tous nous nous y plierons. La réalité gagnera. Mystérieuse, irrationnelle, incontournable.
Comme ces sourires séduits et séducteurs échangés entre le mari de la productrice et Iris. Incontournable. Désir incontournable. Plaisir de voir ça à l’écran incontournable (pour moi). Impossible moi-même de ne pas me mettre à sourire. Sourire équivoque, le mien le leurs, mélange de gêne, d’érotisme, de drôle. Rires nerveux de la part du gars. Gêne et plaisir en même temps. Gêne donc je sors du jeu de séduction en sortant du champ, mais c’est pour revenir avec la guitare, instrument de séducteur, enjeu potentiel de séduction, et en même temps il n’en joue pas très bien, on sent que c’est aussi pour s’occuper les mains. Les deux en même temps. Enfermés dans des regards troubles, suspects, évocateurs, évidents et ambigus en même temps. Beaucoup de vérité là-dedans.
Tout est troublant, comme le travail d’Iris pendant une bonne partie du film. Dans les deux premières scènes, il s’agit d’une répétition de théâtre, d’une interview, d’un cours de piano, d’un rendez-vous psychologique ? On ne comprendra qu’avec la conversation chez le couple de producteurs.
Et quelle conversation. Un immense moment de gêne cette histoire de manuel. Un immense moment de gêne qui parle de lui-même. J’étais crispé sur mon fauteuil.
Je vais m’arrêter là j’ai déjà été long, mais le film me paraît très riche. Il m’a fait vivre beaucoup d’émotions en tout cas, et c’est ça qui compte. Toujours avec une extrême douceur, une grande subtilité, une immense délicatesse. On ne le dira jamais assez.
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Claire N
InvitéMerci mmcl ; ton texte donne envie de voir le film
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Arnaud
InvitéQuelqu’un a vu la série de Vinterberg ? J’hésite.
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Arnaud
InvitéD’ailleurs, a-t-on déjà parlé de dogme ici ?
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Ostros
InvitéPlein plein de choses à manger là-dedans. J’adore son travail minimaliste qui concentre des couches qui génèrent de la complexités. Je suis bluffée par son art délicat de savoir rendre l’indéchiffrable de ce que c’est une relation, ce que c’est un lien, ce qu’est une parole par cette découpe minimaliste des éléments du réel recollés dans un scénario. Sa recomposition des relations et des discours qu’on en donne est très intéressant. Ainsi que les opérations plastiques : le vert, on en avait parlé, mais aussi le papier, le crayon, la bande magnétique, la parole, les larmes, et mettre en scène une célèbre actrice qui joue une étrangère ingénue pas si ingénue, dans un travail sur la langue, qui écoute des récits être racontés en anglais, les transcrit en français, les étoffe, les dits en anglais en les enregistrant, les fait écouter et redire; et temporelles.
On comprend que HSS soit une inspiration de Letourneur. Subsiste des traitements encore opaques pour moi dans ce film-là, mais que je laisse circuler dans ma tête pour les comprendre tranquillement. Ca se décante peu à peu.
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Tchitchikov
InvitéQuelqu’un ici a vu La pampa ? Ça vaut le coup ?
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PeggySlam
InvitéEst ce que le déni de certains de nos proches nous sauvent à ne pas tomber dans l’extrême ? En connaissant le manga d’origine qui est un de mes mangas de chevet et en ayant découvert la version animé et voyant l’histoire de la petite qui n’arrive pas à sortir de chez elle car elle a peur du monde extérieur, c’est une question que je me pose. Car je l’ai toujours su que j’avais la peur des gens, des lieux parfois et qu’on appelle ça l’agoraphobie et quand on est dans le déni alors qu’on pense qu’il y a un problème bah au début on se bat contre soi même pour s’en sortir. C’est peut être ce qui m’a sauvé même si aujourd’hui je n’ai plus l’énergie de pouvoir le faire toute seule d’où la reprise d’une thérapie l’année dernière. Car un corps fatigue avec l’âge. Très belle réalisation du manga Loock Back que je recommande en animation et en version papier
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Eustache
InvitéDans la dernière Gêne, tu dis François que Keaton est peut-être ton cinéaste préféré, et je me dis souvent que c’est le mien, en tous mes cas mes premières grandes émotions de cinéma. Quel est ton Keaton préféré? ((Seven chances traduit en Les fiancées en folie (par Max Pecas je pense) est un sommet en effet))
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essaisfragiles
InvitéPour ma part, Beetlejuice, à égalité avec Annie Hall. Ou encore Orage, du même réalisateur.
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lumen cor
InvitéDe Keaton moi j’ai toujours préféré le gendarme et les gendarmettes
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PeggySlam
Invité@essaisfragiles Beetlejuice est de Tim Burton si je peux me permettre.
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essaisfragiles
Invité@ PeggySlam
Avec Michael Keaton, si je peux me permettre… Cherche les deux autres. Il y a un calembour foireux à la fin.-
Claire N
InvitéHey ! J’ai le plus facile ! Orage qui tonne !
Viens essaie on s’inscrit à « pyramide « !-
François Bégaudeau
Maître des clésLe Mécano reste le plus abouti
Mais sans doute que les plus forts se trouvent dans un format moyen. Il faudrait que je les revoie.-
Eustache
InvitéThe cameraman, Steamboat Bill Jr et Our Hospitality dans les longs sont parmi les meilleurs.
Dans les courts de 20 min, je peux revoir inlassablement et vous conseille donc à tous One Week (la maison Démontable), The Playhouse (fabuleux, Keaton démultiplié jouant tous les rôles), et Cops (Keaton poursuivi par une armée de policiers et non de femmes comme Seven Chances)Formellement, c’est très puissant, à croire que Keaton est né cinéaste.
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François Bégaudeau
Maître des clésGrand cadreur, grand corps. Quoi de plus pour être un grand cinéaste?
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Conducteur
InvitéUne grosse teub
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François Bégaudeau
Maître des clésou pas de teub
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Eustache
Invitéle sens de la coupe en plus. Facile à mémoriser, Cinema = Coupe Corps Cadre
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Juliette B
InvitéVous avez lu Le garçon incassable les garçons ?
Ca avait prolongé ma rêverie sur Keaton -
François Bégaudeau
Maître des clésje le reverrais bien
mais youtube fait l’impasse
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essaisfragiles
Invité@ Claire N
Arrête on va encore donner des idées à L’homme qui n’a pas de prénom !
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propater
InvitéPour ceux qui avaient aimé le docu sur DJ Mehdi sur Arte, ils en ont fait un autre, plus court, sur Laurent Garnier, disponible jusque fin février: https://www.youtube.com/watch?v=uYVJE4WRE2A
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Un peu plus triomphaliste/cocorico mais qui laisse aussi pas mal de place à la musique.
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(Trigger warning, il y a des morceaux de Jack Lang dedans) (Quentin Dupieux, aussi)-
Charles
InvitéMerci, je vais regarder, même si en termes de triomphalisme/cocorico le docu sur DJ Jésus-Christ Mehdi était se posait déjà là. Comme tous les docus autorisés et réalisés par l’entourage.
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PeggySlam
InvitéOui et qui plus je prends du recul avec le documentaire plus je crois que le critique de cinéma avec qui j’en ai parlé il a raison que ça se contredit beaucoup dans le documentaire de Mehdi DJ Made in France comme par exemple la fois où il a voulu faire une carrière solo et qu’il n’a pas réussi alors qu’on ne cesse de le décrire comme un rassembleur. Finalement la musique n’est pas si universelle et ni si consensuel que cela. Car on laisse souvent un artiste de scène dans ses tubes dans ce qu’il sait faire le mieux (souvent choisit par le public) mais quand il veut s’épanouir seul il n’y arrive pas. Il n’y a plus personne. Il y a tout à revoir dans ce genre de discours de rassembleur
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François Bégaudeau
Maître des clésDJ Mehdi n’a pas voulu faire une carrière solo, il a, entre cent autres travaux, fait à un moment un disque solo, qui n’a pas du tout marché, car trop expérimental. Il n’y a là aucune contradiction avec le fait qu’il ait passé 99% de sa vie à coordonner des productions collectives, ou à sampler (pratique qui abolit largement la notion de solo)
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PeggySlam
InvitéSon label était une envie de carrière solo même si finalement il travaillait souvent avec les mêmes
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François Bégaudeau
Maître des clésPas de « carrière solo », de projet solo. De mener des projets solos parallèlement à ses chantiers collectifs. Comme tant d’artistes et notamment musiciens.
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PeggySlam
InvitéOk je vois mieux ta vision des choses. Merci pour cet éclaircissement et c’est pas faux !
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Arnaud Lagardere
InvitéJe ne crois pas qu’on ai parlé de David Lynch ici ?
Twin Peaks par exemple,
qu’en pensez vous-
lumen cor
InvitéIl y a eu tout un topic consacré au moment de ça mort, ou on en parle de long en large
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Arnaud Lagardere
Invitéoups pas vu. c lequel ?
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lumen cor
Invité-
PeggySlam
InvitéEn mars je commence un cycle avec du beau monde. J’en ai besoin pour découvrir ses autres films que ses trois premiers que j’aime beaucoup (Elephant Man, Eraserhead et Dune)
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Arnaud Lagardere
Invitémerci <3
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Charles
InvitéJe finis la saison 3, je reviendrai dessus.
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Mélanie
InvitéBonjour,
Je viens d’apprendre que Les oubliés de la Belle Étoile, déjà recommandé ici, sort au cinéma, je passe l’info-
Ostros
InvitéMerci Mélanie !
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Sylvain
InvitéOn le présente à « Quais des Docs » en juin.
Et oui, superbe film.
Ne suis pas fan des documentaires « rétrospectifs » montés uniquement à partir d’entretiens.
Mais ici, il s’y joue autre chose.
Non seulement les entretiens ne sont pas figés, mais les séquences de « vie » (comme on dit, faute de mieux) sont sublimes.
J’ai encore le lien pour qui veut contre une adresse mail.
Mais en salle… ça doit être superbe.-
Mélanie
InvitéOui c’est autre chose que des « entretiens rétrospectifs »
On les voit se constituer en collectif
S’y trouver des forces, de la compagnie, la force de parler de ce qu’ils ont subi, de se tenir face à l’institution où ça s’est produit
De l’amitié aussi je pense
Chapeau à eux et à la réal
Film qui me restera -
Mélanie
InvitéSylvain, si ce n’est pas trop indiscret, tu peux préciser le « on » de on le présente en juin ?
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Mélanie
Invité(ou re-préciser, si c’est moi qui n’ai rien suivi)
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Sylvain
InvitéNon c’est moi qui n’ai pas été très clair…
Quais des Docs est un collectif et quand j’en parle j’ai tendance à dire « on » 🙂-
Mélanie
InvitéOui à Sète ? Tu en fais partie ?
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Sylvain
InvitéOui… pourquoi tu es dans le coin ?
Je n’y habite pas, je suis à Saint-Ouen mais j’y vais régulièrement, pour Quais des Docs entre autre.-
Sylvain
Invité(un peu comme Benjamin Biolay quoi)
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Mélanie
InvitéJe suis dans le sud. Passages très occasionnels à Sète.
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..Graindorge
InvitéGrand merci Sylvain. donaram85@gmail.com
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..Graindorge
InvitéGrand merci Sylvain. donaram85@gmail.com
Oublié de cliquer sur « répondre »-
Sylvain
InvitéJ’ai été voir si le lien du film était encore actif. Je craignais qu’il ne le soit plus vu la sortie du film en salle ces jours-ci mais… il l’est encore.
C’est un Viméo avec mot de passe.
Je t’envoies ça de suite…-
graindorge
Invitétrès chouette! Merci beaucoup Syvain
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I.G.Y
InvitéLe dernier Larrain sur la Callas m’a laissé des sentiments suffisamment mélangés pour souhaiter les démêler rapidement. Je précise que c’est mon premier de sa filmo. J’ai écouté quelques critiques disponibles et lu d’autres, du moins celles auxquelles j’ai accès, et ce qui m’a touché n’y a pas été déplié. Cela dit je ne suis vraiment pas convaincu par le film dans son ensemble — un peu me semble-t-il comme la majorité de « la critique ».
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Le piège est que les plus beaux moments du film se trouvent selon moi au tout début et à la toute fin, à savoir le traitement de la mort de Maria. Un traitement qui use largement du plan quasi-fixe (très léger traveling avant ou zoom) et plutôt large, comme beaucoup de plans du film. Ce qui m’a paru superbe dans ces deux séquences est leur grande pudeur. J’ai particulièrement apprécié cette caméra qui reste en dehors de la pièce et n’y entre jamais vraiment, qui n’ose pas s’approcher. Le corps invisible, caché, puis dans la séquence de fin ce retournement du plan en symétrique qui dévoile le corps gisant au loin. Le deuil des deux domestiques qui reviennent au premier plan et n’ont jamais autant ressemblé à deux parents — Maria maternée, voire fliquée par ses deux employés de maison, le thème et récurrent dans le film. Ce chant de douleur très étrange des deux chiens, mélangé à une voix humaine. Ces deux rôles de domestique aussi, que je sauve sans hésiter. En bref cette grande sobriété — très composée, très élégante, mais sobriété tout de même — contraste avec un film par ailleurs très virtuose notamment dans son montage et dans ses procédés narratifs : sans doute un peu trop, voire beaucoup trop.
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Une fois passée la séquence muette d’ouverture, j’ai d’abord eu très peur d’un biopic d’égérie Dior (je précise ne pas être un habitué des biopics). Publicitaire, clinquant, classieux à la limite du grossier. Le film n’y succombe pas mais tout de même, ça le ronge ici et là. Une fois passée cette crainte, une fois passé le plan où Maria brûle toute sa garde robe — on ne sait ni quand ni ou ni pourquoi, intéressant, peut-être va-t-on tâcher tout le film de casser ces premières images publicitaires ? —, le film lance une première bonne piste inattendue. L’idée d’un subtil passage régulier et quasi indiscernable entre réalité et délire. Maria prend des médocs et pas qu’un peu, voilà donc une belle idée : vivons sa réalité et ses hallucinations, voyons comment sa vie passée et ses désirs infusent là dedans. Le problème est que le dispositif devient très vite écrasant et sans subtilité aucune. Le journaliste a le nom de son médoc, Mandrax : intrigante au départ la chose devient vite mécanique une fois que l’on comprend que ce journaliste imaginaire va revenir tout le long avec JE SUIS FICTIF écrit en Times taille 32 sur le front. Procédé qui donne lieu entre autres à un effet de
distanciation très raté où Mandrax vient pourrir une hallucination de Maria en lui disant : « c’est le moment du film où tu dois chanter, donc chante, putain! ». Et j’en passe.La virtuosité dans le passage d’un temps à un autre donne tout de même lieu à quelques très bons moments : j’ai été particulièrement ému par le chant en plan fixe de Maria jeune face au soldat fasciste (épisode réel de sa vie semble-t-il, du moins très proche de la réalité). Le chant est superbe, voir ce corps chanter trois minutes m’enchante, c’est simple, c’est tout.
On pourrait d’ailleurs gloser sur le traitement du chant et de la musique dans le film. Deux petites choses seulement : d’abord il me semble qu’il est dans ce film assez peu question de musique (contrairement par exemple au formidable et récemment rattrapé Tar) ; deuxièmement je mettrais au crédit du film de n’avoir pas trop sombré dans la présentation d’une Callas ne sachant plus chanter du tout. De fait je suis persuadé que beaucoup devant le film se diraient qu’au fond, elle chante toujours bien. Il y a fort peu de fausses notes atroces, il manque simplement « quelque chose », on entend que ça n’est plus là. Cet effet de contraste est très réussi quand intervient la séquence finale où elle chante avant de mourir dans son salon.
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I.G.Y
InvitéPetit à petit les problèmes s’accumulent. Évidemment la question taraude tout le monde : le film qui défile devant nous est-il Maria ou Angelina?
Je dois dire que pendant un temps j’ai plutôt apprécié l’interprétation de Jolie, j’avais peu de moyen d’en juger la justesse (je ne connais pas la Callas). Après tout il s’agit d’une Diva, riche, star mondiale, sur-élégante à la limite de la froideur, ça colle. Les doutes m’ont assailli peu à peu et j’ai définitivement sombré lorsqu’est égrenée la liste de ses médicaments.-
I.G.Y
InvitéJe me suis dit : non, le corps qui se meut devant moi n’est même pas un corps shooté aux corticoïdes, et il ne peut l’être qu’encore moins au cumul de toutes les horreurs en gélule établie dans la liste. Maria-Angelina est beaucoup trop belle, beaucoup trop publicitaire, on pouvait déjà se le dire mais ça cloche définitivement, ça ne va pas du tout.
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I.G.Y
InvitéLe coup de grâce, au moins aussi important sinon davantage a bien sûr été la petite séquence de générique de fin. Là où défilent les vraies images animées de la vraie Callas qu’encore une fois je n’avais jamais vues. Je veux bien qu’incarnation ne vaille pas imitation mais il y a tout de même des limites, les limites de la justesse qu’on doit à une figure historique réelle : tout au contraire d’Angelina, Maria a des regards espiègles, ses yeux bougent dans tous les sens, sa tête a de petits mouvements vifs, elle a le sourire incontrôlable, incontrôlé, en un mot ces quelques images montrent une Maria profondément expressive.
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I.G.Y
InvitéUne expressivité qui va de pair avec mon maigre savoir sur sa personne historique, à savoir qu’elle est connue pour avoir importé une grande dose d’incarnation actorale et expressive dans l’Opéra. Avec tout cela. Angelina n’entretient aucun rapport. C’est à mon goût très dommage. Je note aussi qu’une scène introduit un contraste brutal et inattendu dans cette forme très contrôlée : la scène du jeu de cartes. On sent très soudainement un relâchement, une semi-improvisation, de l’air. C’est si soudain que l’effet produit en devient étrange : un autre film commence et se referme aussitôt. Une minute trente.
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I.G.Y
InvitéMaria est donc un film virtuose dont la forme étouffe le sujet mais traversé de quelques grands moments de sobriété, de pudeur et d’élégance. J’en garderai ces séquences de début et de fin. J’en garderai sa manière de figurer le vide : ces plans larges et silencieux, parfois immenses (dans la salle de concert notamment), où perce formellement la solitude de ces derniers instants de vie.
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Navré pour ce découpage qui contourne l’anti-spam mais une fois la première partie passée ça n’avait aucun sens de ne pas mettre la fin…-
Charles
InvitéPas encore vu le film, en ai moyennement envie tant il a l’air boursouflé et clinquant. Mais bon, le réalisateur de Neruda, Jackie et Ema, que je tiens pour de grands films, ne peut pas être devenu soudainement et totalement nul. Peut-être simplement à court d’inspiration.
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François Bégaudeau
Maître des clésPourquoi ce film est il tellement inférieur aux trois autres « biopics », et notamment à Jackie et Spencer (et sans parler d’Ema, son chef d’oeuvre)
Pour faire simple :
-parce que le regard est beaucoup moins ambivalent. Je sens ici une pure empathie avec la Callas
-parce qu’Angelina Jolie est bien trop contente d’être là, et bien trop belle pour incarner une femme dont une des caractéristiques est qu’elle n’était pas belle
-parce qu’il y avait un cahier des charges : qu’il y ait de l’opéra (Lady Di et Jackie n’ont pas d’oeuvre, et c’est d’ailleurs une des choses intéressantes: c’est quoi cette célébrité sans oeuvre?). Il fallait donc qu’il y ait des moments de chant ce qui rend tout à fait abstrait cette tragédie d’une cantatrice qui a perdu sa voix. Imaginons un Last days où soudain simili-Kurt se mette à chanter Come as you are. Plus généralement Larrain n’a pas eu l’audace de faire un vrai Last days, sans flash back. La dernière semaine et c »est tout. Dans toute sa vacuité et sa tristesse.-
I.G.Y
Invité« la dernière semaine et c’est tout » eut été un beau programme. Dans cette veine il y a de bons plans dans le café où elle termine seule à la fermeture. Une sorte de faux raccord de regard aussi à un moment avec le garçon de café qui m’a fait me demander si ça n’était pas une manière enfin subtile de signifier que Maria affabule, remplis les blancs (mais possible que non). J’ai tout de même noté qu’elle part sans un regard et sans dire au revoir à ce serveur pourtant empathique à souhait. Mais effectivement le plus empathique de tous reste peut-être Larrain.
Je regarderai ses autres films quand même
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Mathieu
InvitéPresence de Soderbergh est une expérience intéressante, et je dis expérience à dessein. Soderbergh tente le film du point de vue d’un fantôme qui hante une maison et joue ce parti pris jusqu’au bout. Rien que pour ça j’étais curieux. J’ai pensé à Carpenter – la première scène de Halloween – à Shyamalan, même à Paranormal Activity, et surtout, aux autres films du réalisateurs que j’appellerais ces grandes séries B, ces grands petits films; je pense en particulier à Kimi, No Sudden Move, ou le film dans l’hôpital psychiatrique tourné à l’Iphone dont j’ai oublié le nom.
Ce qui ressort de la série B ici est clairement le scénario, comme dans les films précités. Il y a notamment un personnage très négatif par qui arrive le climax du film. Mais finalement c’est assez léger, en tout cas beaucoup plus que le Shyamalan tardif, par exemple. David Koepp est un peu plus habile et a la main moins lourde. Il y a surtout une piste de scénario qui me parait opaque, concernant non pas les enfants mais le couple, et en particulier le mari. J’ai sans doute eu une absence ou un moment d’inattention mais je n’ai pas bien compris pourquoi il voulait le conseil d’un ancien ami juriste pour un truc potentiellement illégal dans son couple. Néanmoins les relations entre les 4 personnages de la famille sont plutôt bien écrits, notamment à partir du moment où on voit deux clans se former: le père et la fille d’un côté, la mère et le fils de l’autre. Les 4 sont des beaux personnages, esquissés, parfois un peu univoques, mais réels. On a vraiment l’impression d’avoir à faire à des personnes. Le personnage un peu raté est fatalement le petit ami par qui le climax arrive, mais il permet une belle action rédemptrice – et rédemptrice sans chercher à l’être, c’est ça qui est beau – du grand frère. Une scène d’action très brève et brute qui amènera à une fin très poignante dans le dernier plan du miroir.
Si j’ai donc quelques petites réserves sur le scénario, je n’en ai aucune sur la mise en scène, c’est vraiment très maitrisé, à tel point que je ne sais pas trop quoi en dire. Les acteurs jouent très bien dans des plans séquences pas faciles – allez peut-être une petite réserve à l’acteur qui joue le petit ami, un peu en dessous des autres, mais sans doute parce que son personnage est moins bon. Sinon Soderbergh tient son concept, tient son huis-clos – c’est vraiment le mot – on ne quitte pas la maison, le fantôme ne va même pas sur le perron ou sur la terrasse quand les personnages y sont. Il les regarde toujours depuis l’intérieur par une fenêtre ou entre deux persiennes. Cela donne un sentiment immersif très fort et très prenant. Le film se compose donc d’une succession de plans-séquence mais on n’est pas dans le Birdman d’Inarritu ou le 1917 de Mendes pour autant. C’est beaucoup plus calme et posé. Il y a certes des travellings quand le fantôme se déplace dans la maison, mais une fois qu’il est dans une chambre ou dans le salon ou dans un placard, il s’arrête, et on a donc un long plan fixe, presque à la Franco. Cela donne un film particulièrement bien rythmé, par ailleurs court et efficace, visuellement beau, et au service de la narration et des relations entre les personnages. La plus belle scène étant pour moi, outre la toute fin, celle où le père assure à sa fille qu’il la croit après lui avoir parlé de sa propre mère très religieuse. Allez voir le film vous comprendrez.-
François Bégaudeau
Maître des clésAssez d’accord dans l’ensemble. Le dispositif me plait, les fausses pistes aussi, on n’a jamais vu un truc pareil. Le film est théoriquement intéressant – cette « présence », c’est celle de la caméra.
Mais le film est étonnamment plat en dialogue, et parfois vraiment mal incarné, chose très rare avec Steven. Le scène de ‘crime » est pour ça un catastrophe.-
Mathieu
InvitéAssez d’accord sur les dialogues, parfois lourds et explicatifs. On revient notamment beaucoup sur les deux morts. Mais j’ai mis ça sur le compte du dispositif de huis-clos, qui a fatalement ce défaut: les personnages sont obligés d’évoquer des problèmes passés qui ne peuvent être montrés.
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François Bégaudeau
Maître des clésMais la scène la plus nulle, le rime, il n’a pas à évoquer le passé, il a à jouer le présent, et vraiment ça fait serial-pervers de nanar
D’ailleurs c’est quoi ces cheveux?-
Mathieu
InvitéHahaha
Une coupe de mec populaire de lycée américain dans les années 90
30 ans de retard-
I.G.Y
InvitéSur le « conseil juridique », pour moi c’est sa femme qui trempe dans des trucs financiers pas nets (il y a trois scènes où on le pressent, une où elle parle sur la terrasse au téléphone, une où elle efface des mails en cachette, et une à la fin avant leur départ en weekend où ils parlent dans la chambre). Sacrée fausse piste puisque j’ai cru un moment que le meurtre serait au sein du couple.
Très étonnant que ce fantôme si prompt à déclencher des phénomènes surnaturels laisse Chloé boire son jus d’orange la deuxième fois sans broncher. Un fantôme problématique
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François Bégaudeau
Maître des clésrire
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Saltimbanque
InvitéLe coup des verres m’a un peu sorti du climax, puisque j’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi la présence ne le reproduisait pas, à part pour être une solution facile – et normalement temporaire – au casse-tête auquel a du faire face David Koepp pour que tout rentre bien.
Sinon je rejoins la plupart de vos remarques et suis assez partagé. J’ai aimé le parti pris de mise en scène tenu jusqu’au bout. En effet ça ne ressemble à rien d’autre (à ma connaissance) et le fait d’être du côté de la présence induit mécaniquement un autre rapport au « film d’horreur » : ça en reprend plus ou moins les codes narratifs et quasiment aucun de ses effets sur le spectateur. Spectateur qui se trouve du coup dans une situation qui lui est à la fois familière et étrange. C’est un peu comme si on revisitait un template de film d’horreur par ses coulisses, désamorçant tranquillement chaque moment où habituellement nous serions en train de nous enfoncer dans nos sièges (en tout cas, je le serais, ça marche à tous les coups chez moi). Ça produit évidemment la sensation que non seulement la menace vient des comportements humains, avec la caméra comme témoin, mais aussi, et c’est ce qui m’a le plus intéressé, c’est qu’ils sont quand même vachement bizarres. Cette famille est bizarre. L’humain est chelou. Étrange. Chez moi, une forme de léger malaise, renforcé par la distance et les cadres avec lesquels on les regarde. Cette sensation aurait pu culminer avec le petit ami mais son côté en effet nanardesque l’a envoyé ailleurs.
Dommage, à mes yeux, qu’avec un tel dispositif le scénario soit assez décevant en avançant sur des rails un peu grossiers – malgré ses fausses pistes et idées inventives – et n’ait pas pris en considération les quelques incohérences liées aux « règles du jeu » (les verres).-
François Bégaudeau
Maître des clésPeut-etre que rien ne peut mieux définir un film de gauche, que celui qui établit que la violence est dans le corps majoritaire, et non pas dans les éléments extérieurs et atypiques. Le diable est dans la maison.
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Rantanplan
InvitéLa porte s’est fermée pour le fantôme, c’était la fille. Il y a eu une préparation paiement avec ses petits effets où il essaye de communiquer sans succès. Le fantôme est en retrait pendant un moment, et à cette dernière soirée le frère le perçoit un peu. D’où son repli stratégique.
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Mais moi c’est léo
Invitéou LA coupe de skater, indémodable, qui a de quoi rendre jaloux François malgré la nullité du personnage
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François Bégaudeau
Maître des clésJe considère toute capillarité normale comme une offense.
D’où mon soutien à Alain Juppé en 2017-
Mathieu
InvitéCompliqué de monter un parti de la calvitie française avec des individus comme Zidane, Baffie ou Khojandi. Y a t-il seulement des chauves de gauche dans ce pays?
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Seldoon
InvitéBaffie s’est fait des implants alors que Giscard a opté pour un look naturel. Deux choix, deux destins.
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François Bégaudeau
Maître des clésLompret a trahi les siens, les miens
Sa carrière est finie. -
Mélanie
InvitéL’impur Lompret
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Claire N
InvitéC’est vrai que si Jesus avait été chauve il aurait eu moins d’occasion de se faire critiquer sur cette sombre histoire de parfum à scandale
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Luc
InvitéAhhh… ok
Mise au point importante alors…
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lumen cor
InvitéQui ici a vu La pampa ?
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Jules
InvitéMoi..
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lumen cor
InvitéEt un avis dessus ? Ça vaut le coup ?
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Bernard
InvitéDispensable. Du nouveau cinéma français rempli de symboles avec la « France rurale » en fond/caution. Mais traitée par dessus la jambe et avec toute la condescendance du monde. Vingt Dieux en moins bien, c’est dire.
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lumen cor
InvitéIl y a une récurrence de la moto (motocross pour ce film) dans ce cinéma qui parle des jeunes provinciaux ces dernières années (rodéo urbain ou non).
On est toujours pas encore sorti du fantasme de La Fureur de vivre.-
François Bégaudeau
Maître des clésPas vu le film, mais suis tombé sur un excellent post facebook analytique de Marina Déak, cinéaste à suivre.
Post très critique-
Tony
InvitéOui ses posts que je lis aussi sont très intéressants et détaillés,les produits d’art et essai, belle trouvaille, c’est tellement vrai, d’ailleurs elle évoque la bande annonce du Mohican,que je n’ai pas vu,mais dont j’ai lu une critique du Monde qui m’a intrigué,je me suis demandé qui était ce Ferracci et j’ai regardé la première heure de son premier film,La nuit venue, c’est complètement nul, déjà j’avais des doutes avec Camelia Jordana au casting, pas un seul plan où on se demande ce qu’on est en train de voir,rien ne résonne,que du toc.
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lumen cor
Invité-
lumen cor
InvitéOn se rejoint sur le début
« Ils font tous du motocross ou quoi ? Belle-épine, Vingt dieux, la pampa… Moi, il m’arrive d’aller à la campagne, et pas seulement dans les bocages du Perche, je n’en vois pas tant que ça, quelques quads parfois qui passent en vrombissant mais pas une piste de motocross à chaque carrefour de chaque zone rurale, non, il ne me semble pas que ce soit LA activité omniprésente »-
lumen cor
InvitéMoi je reste sur la piste fureur de vivre.
Voitures, motos, même combat. -
François Bégaudeau
Maître des clésOui c’est bien ce post
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Pout
InvitéPlutôt intéressant comme billet ! En somme : allez voir Julie se tait.
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Rantanplan
InvitéSi je lis ça, je suis convaincu. Si je regarde le cercle, je suis curieux.
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Mélanie
Invité@ Barbara : je t’envoie un mail, pour le texte que tu as proposé plus haut à propos de ton travail, si tu es ok pour me l’envoyer aussi ?
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Barbara
InvitéOui bien sûr
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Claire N
InvitéJe veux bien Melanie que tu me fasses passer stp ( si Barbara est ok )
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Barbara
InvitéOui tu peux aussi m’envoyer un mail à psychologue.act@gmail.com si tu veux je peux te l’envoyer directement
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PeggySlam
InvitéJe fais mon mea-culpa pour le film de James Mangold, Le parfait Inconnu qui est finalement une très belle surprise et qui m’a fait comprendre certaines choses du personnages et que je trouve finalement très fort. Je l’ai vécu un peu le dernier concert que j’ai vécu à Bordeaux en 2010 où Mr Bob Dylan ne voulait jouer aucun morceaux connus et je comprends à travers ce film qu’en faite qu’il voulait surtout jouer sa propre musique. Pendant que des gens adorent les tubes moi je suis comme lui je déteste ça. Car finalement qui connait son œuvre entière à part ses succès ? Pas grand monde. Il a sorti 55 albums quand même. Juste incroyable et il est toujours en vie. Par contre ce qui m’agace dans certaines critiques c’est ceux qui ne connaissent plus l’histoire des États-Unis ou seulement par le cinéma, certains disent que c’est une référence à l’Amérique d’aujourd’hui. Quelle bêtise que de lire ça ! C’est d’ailleurs très écris dans sa biographie Les Chroniques écrit par lui même et que j’avais lu. Il décrit cette peur que lui et son pays avait peur d’une guerre contre les bolcheviques et les russes. Il aurait dû rester un peu plus longtemps sur cette période là. Mais des fois faut arrêter de dire que c’est une critique d’Amérique d’aujourd’hui alors que ce conflit entre les générations et les communautés ont toujours été là. Il faut arrêter de croire que Lincoln ou Obama ont tout réglé. Le racisme, les injustices sociales ont toujours étaient là. Et seront toujours là. Ils vont juste changer de forme comme l’esclavage des minorités qui se passent dans les prisons ou encore dans lieux comme Amazon (désolé je m’égare). Les acteurs sont tous très bons. Edward Norton son plus beau rôle ! Il pique même presque la vedette à Chalamet qui pourtant joue très bien également. Surtout sur la fin du film. Les actrices juste fabuleuses également. Y a pas une fausse note dans leurs rôles. Les acteurs secondaires comme les acteurs principaux. Et ça c’est rare (là où j’avais détesté le duo dans Mans 66 mais adoré Copland). Bon bien sûr il y a un peu de la romance comme le coup que c’est lui qui se barre des concerts alors que le plus souvent c’était le public qui partait en l’insultant. Et qu’il était insupportable avec ses musiciens lors des enregistrements studii. Le petit point négatif c’est que la musique peut nous fatiguer avant la fin. J’en avais un peu marre bien que j’adorais lire les paroles. Pour mon retour en salle je suis finalement très heureuse de cette séance cinéma
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I.G.Y
InvitéJ’ai vu récemment Slacker de Linklater (réal découvert ici ou dans une Gêne je ne sais plus). J’ai bien aimé et je voulais savoir s’il y en avait en particulier à recommander ou à éviter dans sa filmo?
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Ostros
InvitéA Scanner Darkly a été un film passionnant pour moi à l’époque (2006).
J’ai trouvé Apollo 10½ (travaillé avec les mêmes techniques il me semble) intéressant.
N’ayant pas vu ses autres films, j’attends l’avis de cinéphiles plus connaisseurs pour récolter moi aussi les conseils.-
Ostros
InvitéIl a été dit ici par François et Charles je crois, que Hit man était raté donc dispensable.
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Charles
InvitéAh non j’ai au contraire trouvé Hit man très réussi dans son genre, c’est à dire dans celui de la comédie romantique.
Slacker est un des meilleurs films de Linkltater à mon sens, avec Boyhood et Everybody wants some!! (mon préféré). Dazed and confused est pas mal, Apollo est bien, le reste est très dispensable (de ce que j’en ai vu).-
PeggySlam
InvitéJ’ai beaucoup aimé aussi Boyhood. Rester jusqu’au bout sur une histoire d’une seule famille avec ses rencontres et son évolution. Entre ceux qui offrent une arme ou une bible. Ça en dit long sur la difficulté de comprendre la culture américaine car elle peut changer d’un endroit à un autre. Dune génération à une autre et tout ça dans une forme très minimaliste. Enfin je trouve. Du coup faut que je découvre ses autres films car à vous lire je crois que c’est le seul film que j’ai vu de lui
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Ostros
InvitéMince, au temps pour moi.
Lequel est sorti récemment sur Netflix ?
Est-il possible que je n’ai pas totalement halluciné et que François ait pu écrire que ce film sorti sur une plateforme était en dessous ?
Donc Boyhood à voir, avec Slacker et everybody wants some, merci.-
lumen cor
InvitéApollo les fusées de mon enfance est sorti sur Netflix et Hitman aussi récemment
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Sylvain
InvitéOui, le Netflix, c’est Hitman (et je vais rien en dire parce que Charles a tout a fait résumé ce que j’en pense : donc du bien).
Mais est sorti aussi au cinéma ces dernières semaines un inédit de 2011, sorte de comédie où apparemment la question de la passion pour les faits divers aux Etats-Unis serait centrale. Quoi de plus alléchant ? Hélas, je n’ai pas pu « l’attraper » à temps. Ce film c’est « Bernie » (rien à voir avec le Dupontel, s’il faut le préciser).
Pour le reste, je crois avoir à peu près tout vu et presque tout aimé de lui (avec un peu de mauvaise foi parfois) et il faut bien admettre que tout le monde ici a raison : « Boyhood » est la quintessence de son cinéma (par ailleurs difficilement « classable » mais également tout de suite « reconnaissable »).-
Sylvain
Invité@Ostros : à propos de « Boyhood » peut-être à savoir avant visionnage : oui, le film raconte une histoire qui se déroule sur 15 ans mais la spécificité, l’originalité, le parti pris du film n’est pas là. Contrairement à nombres d’autres films aux récits se déroulant sur plusieurs années, ici le film a été réellement tourné sur 15 ans. C’est à dire avec des pauses de plusieurs années, le temps de laisser place au vieillissement, le temps aussi de voir où allait l’histoire (on démarre sans scénario : le scénario se résume à l’idée du film : « on va tourner sur 15 ans » à intervalles plus ou moins régulier). A l’arrivée, comme rien n’était figé depuis le départ, cela en fait aussi un grand film de son époque, dans le sens qui « embrasse » beaucoup de son époque. Il est systématiquement « en prise » avec celle-ci.
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Malice
InvitéIggy où as-tu trouvé « Slacker »? Je le cherche partout
merci d’avance-
Sylvain
InvitéMême question que Malice : après ces échanges, j’ai eu envie de le revoir et impossible à débusquer…
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I.G.Y
InvitéMerci à tous et toutes pour les avis, que je note précieusement. @Malice/Sylvain je l’ai vu il y a 1 mois…au cinéma. Mais je regarderai sur quelques sites que j’ai en stock si je le trouve, sait-on jamais, auquel cas je pourrai transmettre.
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Et oui c’est vrai que j’oubliais qu’il y avait justement une GO sur Apollo -
Tony
InvitéJe signale que ce film est aussi sur Mubi(1€ pour 3 mois)
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Sylvain
InvitéMerci I.G.Y, merci Tony !
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Malice
Invitémerci!
ps Y a d’autres fans de « Dazed and confused » de Richard ici? C’est un peu la préquelle de « Everybody wants some » : il se déroule durant le dernier jour de classe de lycéens et collégiens, qui après moult bizutages, achat de canettes et balades en voiture aboutit à une nuit blanche/grosse fête en plein air…C’est un de mes films préférés ( avec Everybody, Apollo 10 et demi, Boyhood et A scanner darkly)
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Seldoon
InvitéC’est mon préferé sachant que je n’ai vu que 23% de sa filmographie. C’est American Graffiti en réussi.
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Sylvain
InvitéOui moi 🙂 mais je les aime tous…
Et c’est vrai que « Dazed and confused’, ne serait-ce que par le postulat que tu résumes bien, est une belle pièce. -
Sylvain
InvitéJe suis aussi content que soit ici ré-évalué « A scanner Darkly ».
C’est une étrangeté (mais il y en a d’autres de la filmographie de Linklater) dont on parle peu.
On préfère « Minority Report » ou « Blade Runner » si on s’en tient aux adaptations de K.Dick. -
Malice
InvitéC’est marrant parce-que c’est peut-être un des romans les plus déprimants de K Dick mais Linklater, le champion de la bonne humeur, l’adapte ; et en fait ressortir le potentiel comique ( la bande de copains de défonce est bien incarnée par Harrelson, Downey Jr et Rory Cochrane)
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Sylvain
InvitéTout à fait d’accord avec toi.
Même de cela, il fait une histoire de potes, pour ne pas dire de famille. -
I.G.Y.
Invité@ tous ceux qui cherchent Slacker : Tony a raison, et sinon pour ceux qui refusent catégoriquement toute forme de légalité, je vois que plusieurs liens torrent existent sur thepiratebay.party ici.
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I.G.Y.
InvitéCeci dit d’après les chiffres de la colonne de droite, seuls trois de ces Torrent possèdent un nombre de seeders non nul, donc il faut pour l’instant privilégier ceux-là
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I.G.Y
InvitéJe up, au cas où ça a été « recouvert »
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diegomaradona
InvitéS’il ne fallait en recommander qu’un je signalerai Boyhood
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François Bégaudeau
Maître des clésdu grand art, n’est ce pas?
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diegomaradona
Inviténon, c’est celui qui obtient la meilleure note sur allociné : 4.2/5
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François Bégaudeau
Maître des clésverdict scientifique
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travisbickle
InvitéBonjour, je suis en train de découvrir la filmographie de Bergman. Je m’apprête à regarder « Scènes de la Vie Conjugale ». Vous me conseillez de regarder plutôt la série en 6 épisodes ou il vaut mieux commencer par le film ? Pareil pour « Fanny & Alexandre ». D’autant plus que les versions série sont assez compliquées à se procurer aujourd’hui. Merci !
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Seldoon
InvitéJe n’ai vu que le film, et je le recommande sans hésiter. Je n’ai pas eu l’impression qu’il me manquait 4h.
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François Bégaudeau
Maître des clésEt la version télé m’a donné l’impression d’être un peu distendue – et très répétitive.
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Seldoon
InvitéC’est déjà ce que le film laisse craindre.
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Mao
InvitéMon couple de l’époque n’y a pas résisté. True story.
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Seldoon
InvitéAlors que la nuit trilogie seigneur des anneaux director’s cut à la Villette l’avait renforcé. Comme quoi.
Mais on veut bien l’histoire en version développée.
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Mao
InvitéRires. Sans développer, il se trouve qu’une histoire de près de 10 ans s’est fracassée quelques jours seulement après un visionnage de ce film qui a joué un rôle de déclic, de révélateur, de je ne sais quoi. C’est en tout cas, très factuellement le dernier film vu ensemble.
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Mao
InvitéSinon premier rencard avait eu lieu à une séance de No country for old man. Jamais revu depuis.
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Seldoon
InvitéJe ne sais pas comment ces 10 ans ont été vécus, mais ils sont bien encadrés.
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François Bégaudeau
Maître des clésCa commence en Coen et ca finit en Bergman
tout est dit
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..Graindorge
Invité« Logistics » un documentaire expérimental suédois qui dure 857 heures…
https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=1000128666.html
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Ema
InvitéJe viens de lire le concept du docu, je trouve ça absolument génial, tu l’as vu?
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..Graindorge
InvitéNon Ema mais on y lit qu’il va sortir sur YouTube en une centaine de vidéos… statistiquement ma vie
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..Graindorge
InvitéEma: rectification: il est déjà sur YouTube mais chaque vidéo dure 7 ou 8h!!!! Et 107 vidéos de 7 ou 8h!!! Expérimental donc. Je jetterai un œil mais en accéléré. Je n’ai pas ce courage-là de voir ce que cela a coûté en temps réel et en matériaux d’apporter au consommateur, à titre d’exemple, une brosse à dents électrique
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Ema
InvitéOk je regarderai sur youtube alors. Probablement pas les 800 heures non plus bien sûr. Merci du tuyau en tout cas
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Tony
InvitéJ’ai vu The Brutalist(c’est atroce)et vous?
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Charles
InvitéPas encore mais les retours font moyennement envie (ceux notamment de Sortie de secours et des Midis de culture et de Critikat). En quoi le film est atroce selon toi?
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Tony
InvitéJe te répondrais un peu plus tard, là je manque de temps,j’y suis allé sans rien avoir lu à son sujet mais uniquement sur la foi d’une rumeur médiatique mais non ce genre de film c’est tout ce que je déteste, maintenant si t’aimes les gros plans,les grimaces de Brody et les dialogues fumeux ça peut te plaire mais c’est très long,ressenti 10h.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’en dis pas plus mais c’est induire en erreur ceux qui ne l’ont pas vu que de dire que c’est « atroce »
Signalons dont, pour etre justes, que ce film a des qualités.-
Tony
InvitéC’est vrai que le qualifier d’atroce est un peu excessif,sa qualité principale,selon moi,est dans le récit qu’il fait,et que je n’avais jamais vu jusque là,d’un juif rescapé des camps arrivant aux Etats Unis comme si c’était une terre promise et découvrant que les habitants n’y sont pas si différents que ça des nazis, là où ça pêche pour moi c’est dans l’abondance de dialogues creux,la lourdeur et le sérieux épouvantable de toute l’ affaire et quel pathos!
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François Bégaudeau
Maître des clésOui beaucoup de sérieux.
C’est le problème.-
PeggySlam
Invité@François et @Tony n’empêche entre l’histoire de Spielberg et celle de Dylan et le dernier James Gray (Armageddon Of Time) ça me fait découvrir une histoire de juifs de l’après guerre que je ne connaissais pas. Ces artistes qui changent de nom de famille par peur et peut être par honte aussi de ce qu’ils sont. Et ça je ne l’avais jamais ressenti dans le cinéma américain et avec ce qui se passe aujourd’hui je trouve ça courageux de le redire et ça démontre cette Amérique toujours aussi raciste. Du coup ouai je me note malgré tout pour The Brutalist qui va visiblement sur la même lignée. Je tiens juste à préciser que pour les films que j’ai cités je ne les aime pas. Mais ça me fait découvrir une histoire que je connaissais pas et même si c’est dans des films consensuels j’aime bien malgré tout quand le cinéma me fait ça
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Tony
InvitéJe m’abstiens d’en dire plus sur The Brutalist tant que d’autres ne l’ont pas vu,sache que je considère The Fabelmans comme un chef d’oeuvre et que la comparaison avec The Brutalist est cruelle pour ce dernier,on verra ce que les compères de la GO en diront, j’espère qu’ils sauront voir clair.
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François Bégaudeau
Maître des clésMais si tu dis que The fabelmans est un chef d’oeuvre et que The Brutalist est atroce, les gens vont penser que The brutalist est super.
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I.G.Y
InvitéRire, désolé Tony mais j’admets que ton argument Fabelmans m’a convaincu, j’irai voir The Brutalist ce soir (de même que la Pampa qu’on m’a ardemment conseillé et dont j’ai lu pis que pendre ici, situation régulière et toujours intéressante)
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PeggySlam
InvitéJ’hésite ça m’a l’air tellement formaté ce film…
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François Bégaudeau
Maître des clésBeaucoup moins que Un parfait inconnu, Peggy. Crois moi.
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..Graindorge
InvitéBon. Je verrais réponse ou pas demain. Bonne nuit
dsl pour l’enthousiasme.-
François Bégaudeau
Maître des clésTU n’as pas à t’excuser de ton enthousiasme, mais je ne le partage pas. Je ne vois pas ce qui dans ce biopic, déroge à la faiblesse structurelle des biopics. Tout y est. Avec toujours cette impression, non de voir un film, mais de faire une visite guidée dans un parc Dylan. Et donc à gauche vous apercevez le Chelsea hotel, où Monsieur Dylan a passé bien des nuits, ainsi que John Lennon.
Il y avait tellement mieux à faire avec ce passage à l’électrique de Bob-
..Graindorge
Invité« TU n’as pas à t’excuser de ton enthousiasme, mais je ne le partage pas. »
Erreur de destinataire. Je parlais de l’enthousiasme à la réception du courrier de Bernard Friot.
La suite de ton post indique qu’il ne m’est pas destiné
Avec tant de messages, ça arrive-
François Bégaudeau
Maître des clésdésolé
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PeggySlam
InvitéJe perds des messages en court de route. Ok je me note pour The Brutalist même si j’ai bien aimé aussi Le parfait inconnu
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Carpentier
InvitéSalut PS,
J’espère que tu vas bien.
De mon côté, échec total quant à un espéré rattrapage de l’oeuvre de D. Lynch: tous ces films furent programmés plutôt tard (22h30 ou 45 par chez moi par exemple) et j’ai eu trop la flemme; tant pis pour la rétro-nécro, ne me restera que son Dune avec Sting à sa sortie, dans un des cinés de Lille.
Tu nous ferais pas un évent dans son club mythique Le Silencio des fois, dis?
Te promets d’acheter de suite ma place pour : D-
PeggySlam
InvitéSalut Carpentier, ça va bien merci. Enfin un peu malade mais ça va. J’aimerais trop pour Lynch, je teste déjà mon événement au Club de l’étoile et si ça a marché je pourrais effectivement sans doute proposé par la suite une rétro Lynch surtout que là pour ceux qui y participent à mon cycle pour la chaîne y a du très beau monde et des gros connaisseurs du réalisateur. Je sens que je vais apprendre encore des choses et c’est ce que j’aime dans la vie maintenant quand ce sont les autres qui m’apprennent ce que je connais pas ou pas bien encore. Merci pour ton soutien et bon courage à toi !
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Carpentier
InvitéCourage pour? 🙂
Ce sera/serait quand à l’Étoile ?-
PeggySlam
InvitéCourage pour tout 😏
En septembre. Pas encore de date précise cependant. Mais j’espère que je l’aurais bientôt-
Carpentier
Invitéà partir du moment où je renonce, pour l’instant, à explorer Lynch, ça devrait aller : )
– un message de ma librairie de quartier, hier soir, m’annonce, de plus, que mon À Brest est arrivé;
Je m’attelle au Neige Sinno, pour une fois dispo dans ma bibliothèque, puis je me rendrai dans ce dernier travail des Othon.
Un mois pas trop désagréable jusqu’au printemps, oui, ça devrait le faire.-
Carpentier
Invité… Il y a surtout des rêves qui sont plutôt comme des films de David Lynch que des films d’horreur à proprement parler. Ils sont juste dominés par un sentiment d’horreur indéfinissable, toujours là, poisseux, qui imprègne le déroulement des scènes. / … – p.84, Triste tigre, Neige Sinno, P.O.L. 2023 –
décidément, David, va falloir y aller maintenant
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Seldoon
InvitéPlusieurs ici ont chanté les louanges de The Rehearsal de Nathan Fielder, enfin disponible en France (plus ou moins : c’est sur Max) avec quelques années de retard. Je me joins à eux pour conseiller cette espèce de Synecdoque New York en format télé réalité. La série n’est pas sans défaut mais elle est courte (6 épisodes de 30 minutes), souvent drôle, toujours passionnante sur les couches et les couches de réalité/mensonge qu’on empile et déconstruit en même temps.
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lumen cor
InvitéJe pense que le nombre de personnes possédant un compte Max en france ce compte sur les doigts d’une main
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Seldoon
InvitéJ’ai une fin de semaine chargée mais dès lundi je m’attelle à régler ce problème.
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Malice
InvitéPassionnante c’est le mot, je n’avais pas bingé une série depuis un sacré bail; Fielder est sacrément fort d’être à la fois si drôle et si habile à tirer du réel des moments d’émotion très intense ( du moins c’est l’expérience que j’ai faite). Encore un qui utilise comme il faut les acteurs non pro
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K. comme mon Code
InvitéYes, j’avais été déçu par cette série : mais je pense que le COVID a dû modifier la production. On entre rapidement dans un huis-clos. Ça reste très bien — unique. Mais regardez Nathan For You, les gens, c’est un sommet.
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Malice
InvitéQu’est-ce qui vous a déçu dans « the rehearsal »? Je l’ai regardé quasiment deux fois de suite en aimant encore plus à chaque vision…ça me paraît une continuité de « Nathan for you » ( surtout l’épisode long » Finding Frances »)
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K. comme mon Code
InvitéJ’adore Finding Frances, mais j’y trouvais déjà quelques éléments forcés sur le personnage de Nathan qui sont renforcés dans The Rehearsal : il faudrait que je revoie pour trouver des mots plus justes. L’apitoiement sur son sort sonne faux — on sort de la cruauté géniale et touchante de Nathan For You. Et Finding Frances s’ancrait surtout sur ce personnage autre que Nathan. Après le pilote de The Rehearsal, sans doute à cause du COVID, la série se confine très vite : il y a quelques personnages géniques, mais ça se concentre sur Nathan et… ça me déplaît. Il n’est plus un véhicule. Il est le centre.
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youvgotnoidea
Invité@K Les éléments forcés sur la personnage de Nathan ont ils à voir avec son autisme, ses difficultés pour le jeu social, ses manipulations ou son ego ou plutôt le fait qu’il nous montre tout le temps qu’il domine intellectuellement quasi tous les autres personnages du show ?
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Malice
InvitéPas ressenti qu’il dominait les autres personnages ou que son ego prenait toute la place; le personnage d’Angela par exemple, aurait pu devenir une tête à claques destinée à le mettre en valeur mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti, plutôt qu’il la faisait entrer dans son univers, l’amenant à avoir autant d’auto-dérision que lui, à jouer ensemble de leurs travers comme deux amis se vannent l’un l’autre; je suis quasi certaine qu’une vraie complicité existe entre Nathan et les non pros. Au fond ce sont eux les stars du show : Kor Skeete, Angela, la mère célibataire et son môme inoubliable…
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K. comme mon Code
InvitéLe génie de Nathan For You, c’est l’imbrication entre documentaire et fiction : on sait qu’il triche beaucoup, qu’il manipule les personnes en coulisses, mais ça déborde d’imprévus, de frictions. The Rehearsal est sans doute délibérément plus contrôlé et frictionnel, mais ça fait ressortir tous les éléments dont tu parles youvgotnoidea et me donne la désagréable sensation d’une indulgence narcissique. Cela dit, je parle de déception car j’adore Nathan For You. The Rehearsal a son lot de grands moments.
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youvgotnoidea
InvitéTu dis ailleurs que tu as fait tes recherches sur les autres personnages du show. Sais tu si Angela est une vraie catho forcenée, amatrice de théories du complot etc dans la vraie vie ?
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youvgotnoidea
InvitéSinon moi je ne suis pas sûr de l’avoir vécu comme ça. Il faudrait que je le revoie, mais je ne sais pas si je dirais que son but est de l’amener dans son univers, de lui faire découvrir l’auto-dérision et qu’ils sont comme deux amis qui se vannent. J’ai plutôt l’impression que Nathan sait qu’aux Etats-Unis émerge depuis un moment, des récits collectifs avec leurs personnages, les cathos conservateurs, réactionnaires, les wokes etc, et comment tout ce petit monde s’ingénie à s’incorporer dans ces récits, à choisir leur camp en gros.
Et dans le show, il fait advenir des situations ubuesques pour se moquer d’eux et les poser devant leurs propres incohérences (ex : la barre chocolatée en caca et la réaction d’Angela qui suit, le discours de propagande pro Israël de la vieille rabbin). Ainsi je ne suis pas sûr qu’une amitié ou complicité bilatérale soit réellement possible entre Nathan et Angela, Robbin, et la vieille juive par exemple.-
K. comme mon Code
InvitéLa femme juive, c’est un coup à la Nathan For You : le générique de fin quand elle sort des horreurs. Pure jubilation. Quant à Angela, elle est vraiment Angela, mais elle a été castée pour être Angela. Quelqu’un qui a travaillé sur How To with John Wilson, série produite par Fielder, a dit qu’ils castaient les personnes — les rencontres filmées sont des dispositifs de fiction.
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youvgotnoidea
InvitéOk dans ce cas, ça confirme ce que je dis, il n’a pas casté une américaine moyenne complètement délusionnée juste pour se vanner en ami. Il est donc bien le pervers qu’il parait assez évident qu’il est. Et c’est en ce sens que ses shows et Nathan lui-même sont savoureux et jubilatoire, comme ce généridque de fin
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Seldoon
InvitéJ’ai vu 2 saisons de Nathan for you et c’est super. The rehearsal creuse plus loin.
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K. comme mon Code
InvitéIl faut absolument regarder ces saisons 3 et 4.
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Seldoon
InvitéPas encore mis la main dessus
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K. comme mon Code
InvitéTu décodes avec le site base64decode pour avoir un lien Mega :
aHR0cHM6Ly9tZWdhLm56L2ZvbGRlci95OVJBR0pUQyMtM3lzWmhleFYzaDhYLWx6emF1V0pB
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K. comme mon Code
Invitéah, le code s’affiche pas en entier, je vais le découper en plusieurs morceaux qu’il faudra attacher :
aHR0cHM6Ly9tZWdhLm56
L2ZvbGRlci95OVJBR0pUQ
yMtM3lzWmhleFYzaD
hYLWx6emF1V0pB -
lumen cor
InvitéMerci K
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Seldoon
InvitéMerci !
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lumen cor
InvitéEt les sous titres ?
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K. comme mon Code
InvitéIl y a ce site : https://fr.my-subs.co/showlistsubtitles-1099-nathan-for-you
S’il y a des retards de sous-titres (ça devrait être minime, il n’y a pas trente mille fichiers pour Nathan for You) les touches h et j sur VLC servent à ajuster le décalage.
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lumen cor
InvitéMerci
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youvgotnoidea
InvitéT’as pleuré aussi pour Finding Frances ?
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Malice
InvitéJe n’ai pas pleuré mais j’ai ressenti des émotions fortes tout en sachant la « fausseté » des situations ( les échanges de Nathan avec l’escort m’ont emportée comme si j’étais devant un film d’amour); en revanche dans » The rehearsal » l’épisode qui concerne le frère spolié m’a foutue en l’air, alors même qu’il comporte des séquences complètement extravagantes, tout comme la relation entre Nathan et l’enfant sans père. Il y a un mélange de légèreté, d’humour et une réalité des émotions que je ne me souviens pas avoir expérimenté dans d’autres oeuvres, du moins pas un tel grand écart entre le rire et les larmes.
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youvgotnoidea
InvitéPareil, j’adore cette épisode qui a plus à voir avec The rehearsal que NFY, mais j’avoue que moi la scène où le vieux (oublié le nom) décide de ne pas aller à la rencontre de son amour de jeunesse, je n’ai pas réussi à retenir mes larmes ^^
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youvgotnoidea
InvitéEt c’est marrant parce que ça me fait penser à une autre oeuvre qui mélange réalité et fiction, devant laquelle j’ai le souvenir d’avoir aussi ri et pleuré, c’est Les filles d’Olfa, vous l’avez vu ?
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Malice
InvitéNon, pas vu; moi, The rehearsal m’a rappelé le faux docu de Herzog, « A family romance »;
j’ai adoré le vieil homme de Finding Frances et la scène que tu évoques, le fait que l’échange ait lieu au téléphone, à deux pas de la bien-aimée, rend la situation plus forte
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..Graindorge
InvitéHEY!!! François!!! Friot vient de me répondre!!! Joie!!
Tu peux pas créer une adresse électronique bidon pour que je te passe son message?? Tu connais la mienne. Dès que tu l’as reçu tu dis reçu dans cette entrée et j’efface l’adresse électronique provisoire
Trop contente! Et il t’aime bien!!! -
Charles
InvitéAprès avoir été repoussé 3 fois, le dernier film de Bong Joon Ho a enfin été présenté à la presse et les premiers retours sont très positifs. Le film sort début mars, peut-être l’occasion d’une GO?
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lumen cor
InvitéOn va déja en enchainé deux sur des films « mainstream » avec les GO sur almodovar et the brutalist, une troisième GO sur un film de sf par BJH serait répétitif.
Pour moi il vaudrait mieux cibler un film qui n’est pas un blockbuster, pour alterner un petit peu.
Outre ça le film, au vu de la bande annonce à l’air pas mal, je suis intéressé par son humour apparent et sa fluidité, fluidité au sens tempo, on dirait que le film prend l’espace dans un angle humain, c’était ça qui était jubilatoire dans snowpiercer, prendre la matière du monde-sciencefiction de façon ludique et non oppressant/réaliste, a la manière d’un jeu vidéo.-
lumen cor
Invité(Humour tempo qui est sa force, les coups de pied dans memorie of murder)
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lumen cor
InvitéEt façonner des espaces tangible.
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lumen cor
InvitéJe me base pour l’instant que sur la bande annonce.
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lumen cor
InvitéLudique est vraiment le mot, je me souviens de la scène de début dans snowpiercer avec le tuyau sur roulette bricolé pour bloquer les portes.
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lumen cor
InvitéIls vont déja en enchainé*, pas « on va » (en relisant je me rends compte que dis de cette façon ça peut prêter a confusion).
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lumen cor
InvitéJe comprend pourquoi tu a proposé celui la, je viens de regarder, et en mars il y a pas foule en matière de concurrence, j’ai repéré aucun autre film qui semble valoir le coup, pour l’instant après tout on est que le 14.
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Pout
InvitéEn mars, il y a notamment Blue Sun Palace (pour les adeptes de Tsai Ming-liang) et surtout Black Dog qui est, à mon avis, un excellent film.
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François Bégaudeau
Maître des clésUn film avec Jia Zangke, avec sur l’affiche un mec en scooter, et un pitch comme « il revient dans sa ville natale », a priori, je me mefie. Mais parfois l’a priori est plein d’a priori.
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Ostros
InvitéEn mars Mickey 17 oui, et aussi Black Bag de Soderberg hainsi que Tardes de Soledad du grand Serra.
Black dog je n’en avais pas entendu parler, merci de nous en informer (il sort le 26 février). Un mois riche !-
François Bégaudeau
Maître des clésOui on surveille le Serra.
Peut-être GO d’après Bong.-
Charles
InvitéAh oui le Serra évidemment, plus grosse attente du premier semestre.
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Jules
InvitéVu hier le docu « Into they Abyss ».. Au départ, je trouvais l’idée géniale : il s’agit de montrer un jeune condamné à mort sans vraiment le juger, et les proches des victimes ; une situation dramatique pour tous. C’était pas mal mais j’étais un peu déçu qu’au final on n’en apprenne pas tant que ça sur le condamné, sa vie, etc.
Est-ce vous auriez des documentaires (ou des films) à me conseiller qui adopteraient un regard ‘abolitionniste’ (pas forcément de manière militante), au sens où il questionnerait les notions binaires de ‘victime’/’coupable’, en exposant les multiples déterminations des protagonistes ? Contrairement à ce que Lagasnerie (que j’aime bcp) dit, je n’ai pas l’impression que cela soit si fréquent.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn l’a dit ici, Lagasnerie fait une grosse boulette sur le cinéma, qui, contrairement à ce qu’il dit, est très majoritairement charpenté par l’affect punitif. En revanche son analyse du Triet est juste. Tu peux donc commencer par ce film, si pas vu.
Au passage me revient Que la bete meure, où je me souviens d’avoir ressenti la vanité de la punition, la mélancolie de la vengeance accomplie.-
Charles
InvitéDans ce goût-là, on peut aussi citer Zero Dark Thirty, surtout sa dernière scène.
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Ema
InvitéMoi je pense spontanément à Phantom Thread, mais tu l’as peut-être déjà vu?..
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Ostros
InvitéMiséricorde de Guiraudie.
L’humanité de Dumont.
Roubaix commissariat central de Boucault.
Vaurien de Dourountzis ?
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Sylvain
InvitéIl y a un film de William Friedkin (qui, comme pas mal de cinéastes de cet époque, a commencé par le documentaire) qui s’appelle « The People Vs Paul Crump », qui date de 1965 et que j’ai toujours voulu voir sans jamais réussir à mettre la main dessus.
J’ai vu quelques extraits en revanche.
Et ce que l’on sait : ce film a fait que la condamnation à mort a été « annulée » (certes commuée en « prison à vie »).
Ils sont rares les films qui ont pu à ce point « faire changer le cours des choses » (ok la prison à vie, ce n’est pas non plus une grosse bascule). Ils sont nombreux à dire, à espérer : tel ou tel film va « provoquer un changement radical », « on va ouvrir les yeux » et autres expressions tarte à la crème.
Celui-ci, concrètement, l’a fait.
Etrange aussi : il est le fruit d’un réalisateur (que j’aime assez au demeurant) qui va s’avérer ensuite très conservateur, et évidemment, pro peine de mort (il ne l’est pas encore au moment où il réalise ce film).
Un peu comme un Eastwood, qui pratique un cinéma beaucoup plus subtile, pour ne pas dire sensible, que ce qui l’anime en tant qu’individu-citoyen. Presque malgré lui peut-être, son art le dépasse et c’est tant mieux.-
Pier
InvitéIl est sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=WrSnv2z2ZGs
Evidemment, sur la peine de mort on ne peut que recommande un des meilleurs Herzog, INTO THE ABYSS,
et sur du documentaire d’avant-garde dont l’impact s’est mesuré dans le réel, le très fort MATTI DA SLEGARE de Bellocchio – qui avait longtemps disparu de la circulation mais qui a ressurgi suite à quelques projections en festival, et a été depuis numérisé et peut se regarder sur MUBI-
Pier
Invitéla position de Bellocchio est évidemment « abolitionniste » : c’est deux heures à expérimenter (et à démontrer) que ça fonctionne bien mieux lorsque que les supposés dangereux sont hors des murs
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Sylvain
InvitéMerci pour ces recommandations.
Bellocchio ne m’a jamais déçu…-
Malice
InvitéDans « L’échange » d’ Eastwood, la scène d’exécution m’a donné l’impression que le réal ne serait pas mécontent que je sois satisfaite d’être aux côtés d’Angelina Jolie – est-ce que d’autres personnes ont ressenti cela? Il m’a semblé que la séquence était à rebours de ce que nous montre Herzog quand il filme la proche de victime d' »Into the abyss », qui clame que la mise à mort de l’assassin va lui apporter la paix – discours impossible à croire.
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Malice
Invitéje précise que je n’avais pas envie d’être « avec » Angelina dans la scène en question ( qui m’a plutôt énervée)
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Seldoon
InvitéEastwood en en parlant signalait qu’on n’avait pas d’images de cette exécution (la vraie) mais que les témoignages s’accordaient sur un point : le tueur n’avait pas été « digne ». Avant de lire ça au contraire la scène me plaisait : le type apparaît soudain comme très humain. Je sauve d’ailleurs surtout de ce film ce type de moments où le papier glacé tout propret se déchire : l’exécution, les meurtres d’enfants à la hache… le film ressemble à un téléfilm HBO prestige de l’époque et soudain, ces scènes surprenantes.
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Malice
InvitéJe souhaite à Clint de ne jamais avoir à découvrir s’il serait « digne » dans les mêmes circonstances
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Seldoon
InvitéRomain Gary a écrit que Clint n’a jamais répondu à sa provocation en duel. Et Internet se souvient qu’Eastwood a perdu son débat public avec une chaise. Moi je m’en fous je suis team Clint quoi qu’il arrive.
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Malice
InvitéEastwood, je l’aime quand il embrasse à pleines dents ce qui m’agace chez lui ( sa grosse caboche) : quand il joue Huston dans « Chasseur blanc coeur noir » ou quand il joue le salaud de service dans « Les proies ». Il m’intéresse souvent mais souvent aussi il me les brise ( exemple : dans la deuxième partie de « Million dollar baby » où la mélancolie lourde de son personnage vient prendre toute la place, alors que je n’ai pas assez profité d’Hilary Swank)
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Malice
InvitéJe ne connaissais pas cette histoire de duel avec Gary!
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François Bégaudeau
Maître des clésGary, qui toute sa vie oeuvra à se faire monument et devint consul, est bien le genre à provoquer en duel.
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Toni Erdmann
InvitéPlusieurs manières de considérer un film comme abolitionniste à mon sens. Je donne à chaque fois les premiers films qui me viennent à l’esprit.
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Ceux qui nous donnent le point de vue d’un meurtrier/criminel, et qui nous font comprendre que les situations dépassent les individus :
– Shéhérazade
– Mother (de Bong)
– Parasite (de Joon-Ho)
– La CérémonieCeux qui questionnent la scène judiciaire :
– Autopsie d’un meurtre
– Saint Omer
– Et bien-sûr Anatomie d’une chute comme mentionné plus hautCeux qui soulignent que la violence engendre toujours la violence (ce qui est une idée presque cliché et qui nourrit beaucoup de films, même ceux de Tarantino qui seraient pourtant considérés comme l’inverse d’un cinéaste abolitionniste) :
– Kill Bill (avec la scène d’intro où la fille voit sa mère mourir et on comprend qu’elle reproduira dans 20 ans l’histoire qu’on va voir pendant 2 heures)
– Impitoyable (je l’avais vu lors de ma lecture de « Juger » de Lagasnerie et les échos étaient nombreux)Et pour moi le plus grand film abolitionniste :
– M le Maudit-
Ostros
InvitéWesh wesh qu’est-ce qui se passe avec Bled number one, et le Gang des bois du temple. Et même les Chants de Mandrin en un sens.
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Ostros
InvitéL’argent de Bresson
12 hommes en colère ?-
François Bégaudeau
Maître des clésNe perdons pas de vue le sujet
On cherche un cinéma qui sortirait de l’idée qu’un crime, un crime réel, doit etre dument puni.
Un cinéma qui n’offrirait pas à son spectateur cette jouissance de la punition. Que par exemple Tarantino ne cesse d’offrir, lui qui a conçu tout un film autour de la pulsion d’aller foutre une raclée aux nazis (puis aux esclavagistes, puis aux assassins de Sh Tate)
Toute la fin d’Impitoyable nous fait jouir de la punition. Il revient, il n’est pas content, et ça va mal aller pour les fils de pute.
Ne parlons pas des comédies, qui ne cessent d’arroser l’arroseur.-
François Bégaudeau
Maître des clésToni Erdmann : je ne vois pas en quoi le grand Sheherazade, tout grand qu’il est, est abolitionniste.
A la fin le héros fait de la prison et rien ne communique le sentiment qu’il est absurde qu’il en fasse.
Bien sur que, pour l’avoir suivi, nous savons qu’il est victime avant que coupable, agi avant qu’agissant, et cependant serions nous prêt à ne pas le condamner à la prison alors qu’il a tué de sang froid? En tout le cas le film ne fait rien pour nous débarrasser de ce sentiment (et je ne lui en veux pas hein)-
Valère Hildeduc
InvitéEst-ce-que Despues de Lucia ne rentrerait pas dans cette catégorie ? Je ne crois pas qu’il nous fasse jouir du spectacle de la vengeance que le père assouvit sur le présumé agresseur de sa fille (ou si ce n’est présumé, l’un d’eux et pas le seul). Le dernier plan est désarmant de non-résolution. De là à en tirer des conclusions politiques sur le film, c’est une autre affaire.
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Arnaud
InvitéLe moment du rembobinage dans Funny Games joue avec le désir de vengeance du spéctateur.
Dans Que la bête meure de Chabrol toute la construction du récit (son basculement dans le fantastique dès le premier tiers du film, au moment de la rencontre improbable avec les paysans) suggère l’absurdité de la vengeance.
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Toni Erdmann
InvitéSur Shéhérazade, le film commence et finit en prison. Et on voit bien que lorsque Zach sort de prison, tout le mène à fauter à nouveau. La situation le dépasse.
+ le fait qu’on voit la violence d’un procès
+ toute la culture de la délinquance (lorsqu’on agit en tant que délinquant, on gagne en capital social et symbolique)
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Impitoyable est un merveilleux exemple d’un crime qui échappe à la victime et est récupéré par la société. Il y a un beau moment où les agresseurs tentent de se racheter en offrant des chevaux à la victime. Celle-ci est émue mais c’est son entourage qui maintient coûte que coûte la rancœur et exige une vengeance pure et dure.
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stephanie
Invitépeut-être Woman at war »
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Carpentier
InvitéMisericorde
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Carpentier
Invitéle Guiraudie
mais il a sans doute était cité-
Carpentier
Invité*été
pu que 5 mois
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Mao
InvitéUnderground de Kusturica
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Jules
InvitéMerci à tous pour vos recommandations !
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Mathieu
InvitéJe mets mon post ici, j’ai la flemme de retrouver l’entrée Séries
Y’a des sitistes qui matent Bref 2 et qui avaient bien aimé Bref 1 ?
J’ai regardé deux épisodes de la saison 2 et c’est une compilation de clichés éculés sur la vie, l’amour, le couple, la paternité… sans le dynamisme comique de la saison 1. Pour l’instant je déconseillerais fortement.-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai développé une aversion pour le couple Navo/Khojandi, mais j’avais le souvenir d’avoir trouvé Bref marrant : bon, l’algorithme YouTube a fait son job, et j’ai revu des épisodes et en fait, c’était juste cool parce que j’étais au lycée et me demandais ce qu’ils feraient pour le prochain épisode — mais c’est nul. J’ai regardé seize minutes de l’épisode 1 de bref 2 disponible gratuitement — toujours sur YouTube. C’est insupportable.
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Mathieu
InvitéJ’ai maté 4 épisodes sur 6, c’est assez. Je confirme que c’est vraiment pas terrible. Malgré une ou deux inventivités comiques (l’école de formation des oncles beaufs), tout est cliché, les dialogues ne sont que des phrases de développement personnel, des grandes généralités banales, que les auteurs ne parviennent pas à faire décoller. Il faut être fort pour capter la banalité sans que ce soit ennuyeux, c’est clairement l’intention ici, mais c’est raté. Et ça joue mal, les acteurs sont plein de tics naturalistes mais tout semble si forcé que ça en devient gênant. C’est le noeud du problème: ils essaient tellement forts de faire que ça ressemble à la vie normale qu’on ne ressent qu’une chose: à quel point c’est faux. Aucun thème-poncif n’est épargné: cancer, mort paternité, amour, amitié, couple… Mais rien n’a de singularité ni d’incarnation. Je crois avoir mis le doigt sur la contradiction interne de la série, qui veut à tout prix faire du scénario (montée en dramaturgie, rebondissements, mensonges amenant à un climax, trahisons, ruptures) alors que son identité, sa raison d’être, son pitch de base, serait de faire de la scène, c’est à dire, précisément, de ne pas traiter les évènements comme des évènements. Or la série fait constamment l’inverse: traiter le banal comme un évènement, comme un rebondissement ( l’épisode de la paternité de Baptiste exemplairement) En somme, pour traiter leur réel de quarantenaire, ils ont préféré une influence Klapish à une influence Letourneur. C’est bien dommage.
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K. comme mon Code
InvitéJe pensais : Le spleen des beaufs qui réchauffent cinq minutes de Fight Club au micro-onde.
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PeggySlam
InvitéJ’ai remarqué que c’était un peu le problème d’aujourd’hui quand on essaie de mettre les séries dans le monde actuel avec les quotas d’aujourd’hui, ça tombe dans les clichés d’aujourd’hui. Puis ne l’oublions pas ils sont sur une plateformes grand public donc faut que ça rassemble tout le monde
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Ema
InvitéJ’ai regardé la première moitié du premier épisode sur youtube (vraiment pas plus), c’est cliché sur cliché, dès le début : la petite amie tornade excentrique qui bouleverse la vie du mec normal avant de laisser en plan, le listing des signes qu’on a vieilli qui ressemble à un article Topito, le copain qui a une relation toxique en dent de scie, le vieux soi qui parle avec les versions plus jeunes de lui… c’est simple, y a pas une seule idée originale. Tout l’intérêt de l’humour autour du quotidien consiste à trouver des angles d’attaque singuliers, surprenants ou dérangeants sur des choses banales. Et peut-être aussi d’aller chercher ce qui a de trouble dans cette banalité. Inutile de citer Blanche Gardin ou Louis CK comme experts de cet art, mais je le fais quand même.
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K. comme mon Code
InvitéPour filmer le quotidien, il faudrait déjà sortir de l’esthétique de la pub : j’ai rarement vu une série ou un film qui ressemblait autant à ça, c’est-à-dire à une pub pour dentistes. C’est ça. Quand Fight Club rencontre une pub pour dentistes, on tient l’ADN de Bref. On peut aussi discuter de la misogynie geeko-beauf de ces gens-là. On dirait que l’autre genre est une espèce d’un autre monde avec lequel seuls des liens sexuels existent.
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Cocolastico
Invitéahah tout est juste !
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Clément
InvitéJe suis bien d’accord pour le côté misogyne de la série, c’est d’ailleurs ce qui m’a empêché de finir un seul épisode que ce soit de la saison 1 ou 2, pas par réflexe moral mais vraiment par agacement. De toute façon je suis incapable de regarder ça car mes yeux roulent trop dans leurs orbites.
Cette série est incapable de représenter des femmes autrement qu’en mère ou en partenaire sexuelle, et toujours d’un mode vraiment superficiel, genre la parisienne sexuellement ouverte qui couche avec le protagoniste et qui ne vit à l’écran qu’au travers de cette relation.
Bien sûr dans le centrisme tiède et mou qui imprègne la série ces relations d’ordre sexuel ne sont jamais explicitement agressifs ou relous, puisque le protagoniste se garde au-dessus de cela.
Y reste tout de même une drôle façon de représenter les femmes dans cette série.
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François Bégaudeau
Maître des clésmême aversion
Khojandi veut trop etre un humoriste américain
il a mangé du late show à satiété
je le déteste d’ailleurs moins dans le role de MC de Hot ones
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Luc
InvitéQui a vu Le Mohican?
Et que se passe -t-il avec le cinéma corse?
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François Bégaudeau
Maître des clésbonne question
une mode de production
à laquelle De Peretti n’est sans doute pas étranger-
PeggySlam
InvitéPeut être à contre courant de Borgo et À Son Image ? Je ne sais pas je l’ai pas encore vu. Je me le note
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Carpentier
Invitédans le précédent sujet ‘ cinéma ‘ , j’avais posé la même question à la sortie du film Le royaume, de Colonna
on m’avait simplement demandé gentiment de fermer ma gueule
merci, Luc, on dirait qu’on est un peu d’accord-
Carpentier
Invitéencore une affaire de narco-traffic, sont pas bien forts en arborescence de forum à c’qu’on raconte
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Martin
InvitéProchaine gêne the brutalist c’est ça ?
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François Bégaudeau
Maître des clésOui
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Cyril
InvitéMon amie et moi, nous sommes sortis prendre l’air à l’entracte et nos corps n’ont pas eu envie de retourner dans la salle. Alors nous avons pris un café et avons parlé du génial Memory.
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K. comme mon Code
InvitéJ’aurais beaucoup plus aimé le film s’il s’était arrêté ici.
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I.G.Y
InvitéEt en même temps il y a tout de même l’arrivée de sa femme dans la deuxième partie, qui est l’un des meilleurs personnages me semble-t-il.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu peux expliquer en quoi?
(vraie question, je ne sais pas bien quoi penser de cette épouse)-
I.G.Y
InvitéJ’ai trouvé assez bien rendu chez elle ce mélange entre la souffrance avec handicap liés à la guerre et une fantasmatique débordante. Qui rend d’ailleurs sa relation avec Laszlo d’autant plus étrange. Et ce handicap ne me paraît pas traité purement comme artifice de scénario, les scènes où la douleur remonte sont bien ficelées, il y a aussi cette scène à la fin très concrète où il la porte aux toilettes, un moment très brut juste après des scènes érotiques carrément sur-stylisées.
Son duo avec la nièce dont pendant un long moment on ne sait pas si elle est muette de naissance ou simplement traumatisée est intriguant.
Il y a chez elle un côté femme-puissante mais amené de façon plutôt maligne (voir aussi la conversation assez tardive qu’elle a avec Van Buren dans la voiture). Ça n’est d’ailleurs pas absurde puisque son milieu social était bien plus élevé au pays qu’en Amérique.
Je suis aussi assez ému par sa lente décomposition au contact de son mari peu amène. Tout en gardant de l’amour pour lui puisqu’elle va confronter seule Van Buren à la fin.
Voilà, je ne suis pas fixé non plus mais ce sont mes premières impressions. L’incarnation concrète par l’actrice y est sans doute aussi pour quelque chose : elle joue très bien l’entre-deux entre une femme qui n’est a priori pas un sex-symbol canonique (chaise roulante, coupe de cheveux peu glamour surtout à son arrivée, teint blème) et qui pourtant s’avère très intense.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui tout ça me parait juste
J’ai peut-etre un problème avec l’actrice. Mais j’ai un problème avec tous les acteurs du film.-
I.G.Y
InvitéEh bien vivement la Gêne. (J’ai aussi un avis très mêlé sur Brody)
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lumen cor
InvitéCe film a le goût d’un Oppenheimer, en mieux, mais les mêmes défauts de prendre l’Histoire avec trop de gravité (Histoire avec un grand H)
Film du genre a être déja un classique avant même de sortir, dans le sens négatif-
I.G.Y
InvitéJe vois le lien avec Oppenheimer. On pourrait dire que Brutalist est aussi un film avec un grand F (qui donne tout de même lieu à quelques grands plans, notamment celui vu du ciel sur le train, j’aime aussi beaucoup certains plans en extérieur dans la carrière de marbre), une musique avec un grand M (en particulier les passages avec des basses percussives profondes, massives, il y en a beaucoup chez Nolan), pour les acteurs avec un grand A (Nolan en a davantage mais il est juste plus installé).
Sauf que ton message me fait réaliser quelque chose de paradoxal et qui éloigne nettement Brutalist d’Oppenheimer : chez Nolan on a aussi la Politique avec un grand P (florilège qui se termine chez le Président, rien de moins), la Science avec un grand S (Einstein et Gödel en ballade, entre autres) et les Enjeux avec un grand E (bombe atomique, destruction potentielle de l’humanité). Il me semble que dans Brutalist il y a une en effet une certaine emphase mais mobilisée pour un récit beaucoup plus restreint : un architecte immigré qui n’est même pas un personnage réel, qui bâtit certes un grand bâtiment mais dans une petite ville et pour un mécène riche sans importance aucune, il n’y a aucun enjeu national ni pour l’univers ou le multivers, etc… Donc en définitive, l’histoire avec un grand H, pas tant que ça!
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I.G.Y
InvitéDisons que les grands enjeux sont là mais plus en toile de fond (capitalisme, industrie, acier, matière, développement économique, deuxième guerre mondiale)
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Tony
InvitéDifficile d’élucider pourquoi ça ne fonctionne pas, j’ai l’impression qu’ici les acteurs n’ont pas l’espace pour faire exister leur personnage autrement que par le dialogue,ce qui donne un caractère théâtral à leur jeu qui nous met à distance,ce qui est surprenant c’est que lorsqu’il a l’occasion de faire une scène sans dialogue où il pourrait se passer plein de choses il n’y arrive pas,par exemple la scène où ils fêtent le contrat Von Buren on les voit se prendre dans les bras,danser,rire et c’est complètement nul,quand Von Buren débarque,découvre la bibliothèque et les insulte on est là aussi déçu que ce personnage central soit aussi caricatural alors qu’on ne le voit que pour la première fois et que,comme dans la vie, l’impression que nous avons dans les premières minutes qui nous font connaître autrui ne nous quittent plus par la suite,si son entrée dans le récit avait été mieux écrite et mieux joué on aurait gagné en complexité ou en ambiguité dans la relation qu’il a avec Brody,le fils Von Buren était pas mal dans la scène du magasin, c’est au moment où il se trouve seul en face à face avec Brody qu’on perçoit de façon plus ou moins inconsciente qu’il ressemble à un nazi et que quelque chose est en train de se jouer.
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Charles
InvitéLes premiers comptes-rendus du festival de Berlin donnent envie, on y parle des nouveaux Franco et Bong Joon Ho. Le Franco serait un retour assez vénère à sa forme radicale, hanekienne mais avec du cul en plus après le « lumineux » Memory. Le Bong serait dans la lignée d’Okja (en plus réussi, ce qui n’est pas dur) et Snowpiercer, un peu foutraque mais très drôle et très tourné sur le corps et ses sécrétions, ce qui détonne un peu pour un film de SF.
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François Bégaudeau
Maître des clésMes espions à Berlin, en poste depuis 1944, m’indiquent que le Franco est, je cite, immense.
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Charles
InvitéMalheureusement pas de date de sortie pour l’instant, espérons que ca se débloque à l’occasion du festival.
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Eden Lazaridis
InvitéOkja et Snowpiercer, soit les deux plus mauvais Bong. Il faut qu’il arrête de tourner en anglais.
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Charles
InvitéOui mais c’était attendu : on se doutait bien qu’une superproduction SF tournée en anglais serait plus proche de ces films-ci que de Memories of murder.
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..Graindorge
InvitéPour patienter, la conférence de presse de Dreams à Berlin. Et dreamons!
Festival de Berlin 2025 : « Dreams », cauchemar de migrant, brillamment orchestré par Michel Franco
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lumen cor
InvitéQuelqu’un a-t’il vu le dernier Costa Gavras ?
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François Bégaudeau
Maître des clésnon, personne n’a eu de gage
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lumen cor
InvitéRire
Ayant été un peu rebuté par la bande-annonce, je demandais au cas où.
On sais jamais ça peut être trompeur-
lumen cor
InvitéIl y a que des têtes, même vu la présentatrice d’arte-28 minutes
Ça doit faire sa d’être directeur de la cinémathèque depuis 18 ans, tes films deviennent des musées, avec toute la panoplie d’acteurs comme figure
Bon la on dirait le musée grévin-
François Bégaudeau
Maître des cléspas mieux
finalement ce que Costa Gavras aura fait de mieux c’est son fils
c’est tout dire
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lumen cor
Invité( Président*, le directeur c’est bonnaud )
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Tchitchikov
InvitéAh camarades, Los delicuentes ça claque ! Comme j’ai toujours un train de retard ici, vous en avez p’t’être déjà parlé ?
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Valère Hildeduc
InvitéOn en a parlé en 99, il faut consulter 4chan si tu veux avoir des infos
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Tchitchikov
Invité4chan = cinéma page 4 dear ?
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lumen cor
InvitéNon aucun rapport avec la page 4, je crois que c’est une blague.
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noir extatique
InvitéTu peux passer par cet onglet
https://francoisbegaudeau.fr/forums/
Et utiliser la barre de recherche pour rechercher l occurrence d’un mot dans des anciennes pages.
Je ne sais plus qui avait partager ce conseil, je ne suis qu’un modeste copieur altruiste.-
noir extatique
Invité(Désolé je n’avais pas vu la suite de la discussion)
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lumen cor
InvitéAucun problème, j’ai moi aussi fait que relayer un conseil vu autre part sur ce forum
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Tchitchikov
InvitéSi quelqu’un veut bien renvoyer vers la page en question. J’suis un boomer plus que précoce.
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lumen cor
InvitéTape le nom du film dans la barre de recherche ici:
https://francoisbegaudeau.fr/forums/-
Tchitchikov
InvitéHaha merci pote
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Charles
InvitéJ’ai vu pour la première fois hier Les nuits fauves de Collard (Cyril, pas Gilbert). Bon, le film est très daté et bancal mais m’a intéressé par son énergie, sa vitesse abrupte, évidemment son acteur principal (qu’il faut vraiment aimer à l’écran sinon le film, composé à 90% de scènes avec lui avec moult gros plans sur son visage, doit être insupportable) et ce qu’il révèle un peu malgré lui de son époque – le film montre des rapports humains très violents, en tout cas échevelés voire hystériques (on sent une inspiration pialatienne même si on est plus proche parfois des dialogues d’Hélène et les garçons que d’A nos amours), mention spéciale aux femmes du film toutes plus ou moins hystéros. Le film détonne par rapport aux autres films du sida en ce qu’il n’en montre pas les passages obligés (qui n’étaient pas à l’époque, vu le peu d’oeuvres sur le sujet en 92) : diagnostic, rendez-vous médicaux alarmants, prise de médicaments, perte de poids, affaiblissement, agonie, mort. En se concentrant sur ce qui reste de vitalité chez Collard, le film est à la fois beaucoup plus léger, plus vif et plus émouvant que les autres fictions stéréotypées sur le sujet.
D’autres sitistes l’ont vu?-
François Bégaudeau
Maître des clésEvidemment vu à l’époque. Plutot aimé, pour ces raisons là, pour sa crudité, pour son bordel.
Il faut voir aussi que sur le sujet il n’y avait pas beaucoup de concurrence. Les fictions sur le sida sont arrivées quelques années après. Il était en gros le premier à se lancer.
Le culte du film vient de ce qu’il est mort un an après la sortie par là.
Inspiration Pialat oui. Dont Collard a été assistant (et il apparait dans deux ou trois scènes d’A nos amours) -
Malice
InvitéEt les livres de Cyril Collard, vous en pensez quoi? J’ai essayé un de ses romans mais laissé tomber en cours de lecture, est ce-que j’aurais dû m’accrocher?
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François Bégaudeau
Maître des clésIl n’était pas très connu pour ça
Je n’avais même pas souvenir qu’il en ait écrit.-
lumen cor
Invitéles nuits fauves était une adaptation d’un de ses romans publié 3 ans plus tôt.
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François Bégaudeau
Maître des clésah ok, j’avais oublié
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POPE
Invitéça date. Jamais relu ni revu. Dans mon souvenir, un roman moyen, très grand par rapport au film. Ne m’en demandez pas plus, j’avais 18 ans, j’étais beau comme un enfant.
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Carpentier
Invitéfort comme un homme-euh
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est marrant comme Framont se fout de mal écrire.
A part ça: « Il n’est jamais question des principaux carburants de cette violence, comme le masculinisme ou le racisme. » Faux. Le masculinisme est partout ici. c’est même l’explication principale. Deux faits 1 le film est rempli d’hommes, il n’y a pratiquement pas de personnages féminins 2 une ombre plane sur le trio familial, c’est celle de la mère décédée. Malgré les efforts du père pour materner ses fils, il leur manque une maman. Du coup l’un tombe dans cette hystérie virile qu’on appelle masculinisme
L’essentiel à dire politiquement sur ce film, c’est qu’il privilégie , classiquement, la causalité psychologique à la causalité sociale. D’où son épicentre tout aussi classique : la famille, les rapports père-fils. D’où le point de vue du père, qu’on ne quitte pas. Ce film anti-mascu est donc tout à fait paternaliste.-
Mao
InvitéJe suis vraiment le régional de l’étape. Je n’y vis plus mais je connais vraiment très bien ce coin là, je connais même des gens qui y ont fait de la figuration dans ce film. J’ai été le témoin privilégié de ce grand mouvement de bascule qui a vu ces territoires gagnés par l’extrême droite. Là où je rejoins Framont, c’est qu’on passe complètement à côté de tout un tas de choses vraiment essentielles pour comprendre ce qui s’y passe vraiment. Même Nicolas Matthieu dont j’ai pourtant apprécié « Leurs enfants après eux » ignorent – à tous les sens du terme – des pans entiers de l’équation. Bien que Lorrain, Matthieu a vécu toute sa vie à 150 bornes de l’épicentre du bassin minier Lorrain. Il n’a quasiment jamais foutu les pieds là où j’ai grandi, à savoir dans la vallée de la Fensch. Partant rien d’étonnant à ce que des cinéastes parisiens passent complètement à travers. Il y aurait des gestes de cinéma extrêmement simples à faire et très parlant. Un plan séquence de quelques minutes à peine, qui partirait d’une cité (minière) frontalière et traverserait la frontière. Je vous raconte pas l’effet de contraste. Mais si j’étais cinéaste je vous le montrerai.
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Tony
Invité@Mao j’ai moi aussi vécu en Lorraine jusqu’à l’adolescence mais plus près de N Mathieu,dans les Vosges,un petit village qui s’appelle Le Val d’Ajol, très connu pour sa fameuse foire aux andouilles(!),tu connais peut-être?,ma sœur vit aujourd’hui à Metz,ville bien bourgeoise.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne crois pas que la distance géographique soit ici un facteur déterminant. Ce qui importe c’est les trucs qu’on a dans le ventre et dans la tête. Les soeurs Coulin ont dans la tête et dans le ventre une bonne dose de centrisme humaniste mêlé de psychologie oedpienne et de féminisme à roulettes. Et aucun réflexe de capture sociale des phénomènes. Ca donne ce film.
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Mao
InvitéCertes mais il semblerait que le cinéma et la littérature ait décidé d’investir un territoire qui se trouve être le mien et dans lequel personne ne s’y retrouve. Un fait absolument structurant mais qui semble indifférer tout le monde est qu’à quelques km de ce territoire ravagé par la désindustrialisation se trouve rien moins que le pays le plus riche du monde (par habitant) et la première place financière d’Europe (par flux de capitaux). Je trouve fou que personne n’intègre jamais cette donnée dans l’équation. .
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François Bégaudeau
Maître des clésMais j’y insiste : le problème ne réside pas dans le fait que les cinéastes ne soient pas du coin, mais dans le fait qu’il s’en trouve peu de marxistes.
Luxembourg ou pas, qui s’occupe de la finance dans la fiction française? Quel est le Soderbergh français?
La réalisatrice de Vingt dieux vient du Jura, filme des gens du Jura, ça ne l’empeche pas de faire un petit film pittoresque et socialement aberrant.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe pourrais dire aussi : aucun des rédacteurs de A Brest n’habite Brest, mais je crois qu’on a fait le boulot social.
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Mao
InvitéObjection sustained
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I.G.Y
InvitéJ’ai jeté une oreille à l’itw du réal de La Pampa chez Dufresnes (je sais qu’il en a été question plus haut), qui vous intéressera peut-être pour encore mieux déplier ces sujets. Je vais m’abstenir d’y consacrer plus de cinq lignes car je commets le péché mortel du matérialisme (je n’ai pas vu le film), mais j’ai l’impression qu’il déplie lui-même le petit mauvais présage que j’en ai: il affirme repousser nettement l’approche documentaire (pas au sens de l’authenticité des lieux mais plutôt du mode de filmage, j’ai l’impression), et dit vouloir être en maîtrise maximale de sa fiction, non par stupidité mais parce qu’il admet que sans ce contrôle fort il n’y « arrive pas ». Et on parle d’un réal qui manifestement a grandi là-bas a minima jusqu’au Lycée, d’où l’intérêt.
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François Bégaudeau
Maître des clésPrévu de le voir
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lumen cor
InvitéVu pour ma part et je confirme elle est intéressante, il s’auto-analyse très mal par contre, il critique beaucoup de choses sur le cinéma français provincial qu’il a lui même appliqué dans son film.
(+Mention de la vie de jésus)
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Mao
InvitéJe connais assez mal les Vosges. Très bien Metz par contre.
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Ema
InvitéJ’aime bien Frustration mais j’ai remarqué que l’écriture y est essentiellement démonstrative : on y voit très nettement pre-déterminés un ou deux axes à défendre coûte que coûte. Parfois ça permet une certaine efficace « droit-au-but », et une certaine accessibilité, comme avec leur dernier article sur la nuisance actionnariale, qui deconstruit point par point la supposée valeur sociale des investisseurs, mais quand ils s’aventurent dans de la critique d’art ou des réactions à chaud à une actualité du moment parfois ambivalente, complexe, c’est souvent assez bourrin, l’approche mécanique qu’ils ont de l’écriture journalistique ne marche pas pour ces sujets là.
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lumen cor
InvitéOui leurs articles sur le monde du travail sont bien plus intéressant et pertinent, (ceux pourquoi ce magazine à été créer), que leurs articles culturel ou d’actualité
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François Bégaudeau
Maître des cléstrès d’accord
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..Graindorge
InvitéBon ça va alors. Y’a pire comme chômeur. J’espère que l’entretien dans telerama partagé généreusement par un sitiste, ( zut, son nom m’échappe) il s’est même abonné pour ça, était sincère
Berlinale 2025 : “L’Incroyable Femme des neiges”, Blanche Gardin dans son plus beau rôle https://www.telerama.fr/cinema/berlinale-2025-l-incroyable-femme-des-neiges-blanche-gardin-dans-son-plus-beau-role-7024425.php
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Seldoon
InvitéFin du tournage de l’incroyable femme des neiges : 11 mars 2024
Sketch sur Gaza : 15 juillet 2024
L’impact dont elle se plaint concerne les projets suivants.-
graindorge
InvitéClarifié
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I.G.Y
InvitéJ’ai découvert hier un truc amusant sur the Brutalist en écoutant le podcast humoristique Parasites (j’ai vérifié après coup et c’est vrai). Devant le film je m’étais dit que s’il y avait bien une chose que je ne reprochais pas à Brody (et Jones), c’était que je sentais à peine le « travail » et « l’effort » nécessaire à paraître crédible en hongrois ( je ne parle certes pas hongrois). J’en étais même étonné, ça me semblait très naturel, je l’oubliais totalement. Et j’apprends donc que son accent a été retouché en post-prod… par de l’IA.
Assez comique de voir aussi les débats que ça provoque (certains estimant bien sûr que le film ne peut plus être oscarisable du fait de ce manque de « performance » de la part de Brody).
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Rien à voir, une blague piochée dans le même épisode : on clope sans arrêt dans ce film, c’est un peu the Buralist.-
François Bégaudeau
Maître des clésrire pour la blague
je la ressors dans le GO, promisen revanche moi j’ai passé 3heures à pester contre cet accent horrible, et à ne voir que l’acteur le singeant
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I.G.Y
InvitéCe qui révèle tes origines hongroises jusque là bien dissimulées
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François Bégaudeau
Maître des clésplutot palestiniennes, car pendant trois heures j’ai eu l’impression d’entendre parler le Yasser Arafat de mon enfance
ou Borat, au choix-
I.G.Y
InvitéRire. Je n’y connais donc vraiment rien en hongrois (moi qui adore les accents, j’identifie là une grosse lacune). Je demanderai son avis à Sarkozy.
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PeggySlam
InvitéJe le découvre bientôt le film. J’ai hâte de le voir
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Monami
InvitéPalestiniennes ? Est-ce une manière déguisée de te comparer à nouveau à notre seigneur Jésus ?
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noir extatique
InvitéIs it Caduque ?
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Cédric
InvitéMa femme est hongroise et a trouvé l’accent très convaincant. Nous ignorions qu’il y avait de l’IA impliqué dans l’affaire.
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I.G.Y
InvitéFrançois, on tend à confirmer tes origines palestiniennes
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François Bégaudeau
Maître des clésMon propos ne mettait pas en cause la précision de cet accent hongrois, mais le ridicule de l’acteur qui le contrefait pendant 3h40
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diegomaradona
Invité» le ridicule de l’acteur qui le contrefait pendant 3h40″
encore des insultes, tu n’as qu’à cela à la bouche, pourquoi tant de fiel aujourd’hui ?
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K. comme mon Code
InvitéIl faut se méfier de ce qui se raconte sur les internets, ce sont des voyelles qui sont arrangés par IA (…l’IA existe depuis des décennies…) sur les quelques phrases prononcées en hongrois. Pour ce qui est de l’accent américain, Brody imite celui de son grand père, immigré hongrois — et j’ai lu que d’autres personnes qui ont cette familiarité avec l’accent l’ont trouvé très juste, alors que nous, pauvres cons méprisants, on a tendance à le trouver exagéré de premier abord, oui.
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K. comme mon Code
Invité(Ça me fait penser qu’Hong Chau, au pire des psychoses de l’identity politics états-unienne au début des années 2010, avait été critiquée pour son accent chinois dans Downsizing, et avait très surprise : la manière dont sa famille parle n’est pas une insulte aux immigrés asiatiques. Drôle de moment.)
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I.G.Y
InvitéPour tout dire, j’en étais au point durant le film de me dire qu’il avait des origines hongroises. Mais ça me paraissait tellement improbable que je n’ai même pas vérifié, donc tu me l’apprends. Mes antennes ne seraient donc pas si foireuses
.
Sinon oui j’avais bien entendu le fait que ces corrections, la production les a désignées comme « limitées » et « locales » (mais après tout, on peu toujours douter). Il n’empêche que c’est ce qui peut faire la différence entre un truc vraiment fluide/crédible et le contraire. Et pour ce qui est d’IA je l’entendais bien sûr au sens deep learning et compagnie (sens commun actuel), et j’ose espérer que les producteurs/monteurs du film qui ont manifestement déclaré ça le font aussi (s’ils disent « l’IA » alors qu’ils n’utilisent que des algos standard plus anciens, alors vraiment ils font de la peine. Mais après tout c’est loin d’être impossible, vu la pub et l’effet de mode autour du terme)-
François Bégaudeau
Maître des clésLe possible pauvre con méprisant ne trouve en rien exagéré cet accent, sur lequel il n’a pas d’expertise, mais trouve ridicule l’acteur qui s’y efforce et le cinéaste qui le lui demande.
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K. comme mon Code
InvitéJe plaisantais et surtout m’incluais dans le pauvre con méprisant (indice : première personne du pluriel), car moi, je l’ai trouvé instinctivement exagéré sans rien connaître au parlé hongrois — or c’est apparemment tout à fait juste à l’oreille des concernés. Par contre, si tu n’as pas d’expertise sur l’accent, ne trouverais-tu pas juste l’accent ridicule ? Car en quoi c’est ridicule de demander à un acteur jouant un immigré hongrois de parler avec cet accent ? En quoi Brody serait particulièrement dans la démonstration de cet accent ? La manière de parler est d’ailleurs inclu dans le récit : le cousin camoufle son accent, la femme a étudié à Oxford et se conforme plus aisément à la langue aristocratique. Si Brody est démonstratif, c’est ailleurs.
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François Bégaudeau
Maître des clésCe n’est pas ailleurs non. Tout est lié. Cette façon de déformer son parler va très bien avec sa façon de déformer son visage en permanence
On dira qu’il grimace de la voix autant qu »il grimace du visage.
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Mao
InvitéSi je comprends bien on aurait tout à fait pu coller à Lindon un pur accent mosellan mais on a rien fait. Je suis scandalisé.
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Malice
InvitéPour ceux qui ne se sont pas encore tapé « Nosferatu » et qui veulent du rab d’accent, y a pas plus lourd que celui du vampire
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Mais moi c’est léo
Invitépour l’instant la plus grosse purge vue cette année,
je déteste ce film au plus haut point et même âpres relecture de l’éthique je n’arrive pas à l’aimer
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PeggySlam
InvitéSi je peux conseiller deux petits films fort sympathique que Durendal (je peux citer son nom ici ?) m’a fait découvrir car dans son top. Vampire cherche suicidaire consentant. L’histoire d’une vampire ado qui doit faire face à la violence pour pouvoir survivre. Film québécois. Même s’il n’est pas parfait il y a de belles idées et les acteurs jouent plutôt bien. Puis Drone. L’histoire d’une architecte qui se fait harceler par un drone dans sa vie quotidienne. Très bien filmé et qui parle en plus d’architecture sans prendre de haut le public. Et les acteurs jouent très bien même si la toute fin est un peu facile. Mais le suspens est très fort. Voilà si vous voulez sortir de blockbuster je vous propose ces deux films : Drone et Vampire cherche suicidaire consentant disponible en SVOD youtube en location
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Tony
InvitéSi celui qui s’est abonné à cette revue pouvait partager cet entretien ça serait super:
https://www.telerama.fr/cinema/je-veux-etre-le-dernier-cafard-en-train-de-filmer-apres-l-explosion-nucleaire-steven-soderbergh-un-revenant-sur-grand-ecran-7024225.php-
Nola
Invité“Je veux être le dernier cafard en train de filmer après l’explosion nucléaire” : Steven Soderbergh, un revenant sur grand écran
Comédie, SF, film de casse… Large est le spectre de Steven Soderbergh, de retour au cinéma avec “Presence” puis “The Insider” : une histoire de fantôme et un thriller à gros budget. Une double occasion de le faire parler métier, politique, et d’autres choses encore.
Par Marie SauvionLe film Presence, qui sort en salles ce 5 février, y ramène un absent, Steven Soderbergh, dont aucun long métrage ne s’était hissé jusqu’à nos grands écrans depuis Paranoïa (2018). L’Américain de 62 ans n’en demeurait pas moins prolifique, occupé à vivre avec son temps et à nourrir les plateformes en films (The Laundromat, La Grande Traversée, Magic Mike : dernière danse) et séries (The Knick, Full Circle).
Captivant huis clos fantastique qui adopte, tiens donc, le point de vue subjectif d’un revenant, Presence appartient à sa veine expérimentale et passionne par sa mise en scène et la question qui la hante : du fantôme ou du cinéaste, qui regarde ? Mais trente-cinq ans après la Palme d’or de Sexe, mensonges et vidéo, ce début d’année donne aussi une nouvelle preuve de la versatilité de Soderbergh, car le 12 mars sortira The Insider, un thriller d’espionnage centré sur un couple ultra glamour, Cate Blanchett et Michael Fassbender. Soit une production qui boxe dans une catégorie supérieure, en matière de budget comme d’enjeux, et lui cause un peu d’anxiété – il inscrit toujours son geste dans une économie. « Steven Soderbergh est un immense cinéaste qui se moque d’être immense, et c’est pour ça qu’il l’est », clame un livre à paraître consacré à son œuvre, Steven Soderbergh, vol. 1 : Les Années analogiques (1). Il est par ailleurs l’un des rares, à Hollywood, à privilégier les longs entretiens. Une heure en visio avec un visionnaire, ouvrons les guillemets !Lien filial au paranormal
« Ma mère était parapsychologue. Il m’a fallu longtemps pour évoquer les expériences vécues auprès d’elle, ces gens qui venaient la consulter et à qui elle tirait les cartes ou dressait des thèmes astraux… Elle s’intéressait à toutes ces sortes de croyances. Quand on avait 10 ans dans les années 1970, on ne savait pas bien quoi faire de ça, ce n’était ni courant, ni “cool”. Je me sentais plus proche de mon père, professeur, et de sa pensée universitaire. Quand j’ai soumis le point de départ de Presence au scénariste David Koepp, c’était, dans mon esprit, une façon de pénétrer dans le monde de ma mère, où ces choses étaient absolument réelles. C’était une occasion… d’être elle.
Je ne suis pas particulièrement attiré par le fantastique et je ne me suis jamais imaginé en train de filmer un fantôme, je ne saurais pas le faire. Si j’en crois les récits de témoins, les apparitions ne ressemblent pas à ce qu’on voit au cinéma : ce n’est ni translucide, ni lumineux, juste des gens. D’ailleurs, l’idée m’est venue après que notre “house-sitter ”, à Los Angeles, nous a assuré avoir vu passer une femme entre la salle de bains et la chambre, au bout du couloir. On s’est renseignés et il se trouve qu’une femme a été tuée chez nous, dans les années 1980. J’ai commencé à me demander comment cette “personne” vivrait l’installation d’une famille chez elle… »Tournage en caméra subjective
« Dans les six pages que j’ai données à David Koepp au début, il y avait déjà les bases de la grammaire du film : le point de vue unique de la “présence”, la caméra à hauteur de regard, les plans-séquences et l’écran noir entre chaque scène. Certaines ont été plus longues à tourner que d’autres, parce que j’étais impliqué d’une manière atypique : de cadreur je devenais acteur d’une certaine manière, et quand je me trompais j’étais obligé de couper et de tout recommencer. Ma principale préoccupation, par moments, c’était de ne pas tomber dans les escaliers en tournant, d’où pas mal de répétitions pour gérer ces déplacements et le fait que je descendais ou montais en regardant mes pieds ! Le problème de la caméra subjective, souvent, c’est que le public veut voir aussi le personnage qui regarde. À un moment, il réclame un contrechamp sur son visage, sur ses yeux. Donc je devais filmer de telle façon que les spectateurs sachent qu’il n’y a rien à voir de l’autre côté de l’objectif. Je cadrais aussi en essayant de ressentir ce que découvre le fantôme progressivement, d’où ma décision de tourner dans l’ordre chronologique. Selon ce que capte la présence, ça donne des indices sur qui elle pourrait bien être… »
Story-board ouvert à l’imprévu
« J’aime me demander quel réalisateur je vais être sur chaque projet. Une partie du processus consiste à définir des règles : je tourne dans quel format ? est-ce que je bouge la caméra ? si oui, selon quels critères ? quel montage ? quelle musique ? C’est amusant d’inventer son modèle. D’autres cinéastes procèdent à l’inverse, ils cherchent des histoires qui collent à leur grammaire – un film de Roman Polanski ressemble toujours à un film de Roman Polanski. L’étape suivante, c’est le plateau et le travail avec les acteurs. Là, je privilégie des conversations concrètes, physiques : qu’est-ce qu’ils portent ? où se tiennent-ils ? J’ai l’impression que si je les bombarde de théories philosophiques, ça ne va pas les aider, alors que s’ils savent quoi faire de leur corps, si. Et ensuite seulement, je conçois le plan que je tourne, basé sur ce que font les acteurs – je pars toujours d’eux. Sur de grosses productions, ça peut inquiéter ceux qui préfèrent que tout soit story-boardé, prévisualisé, mais je ne peux rien décider vraiment avant d’avoir vu les interprètes dans l’espace. »
Un revenant sur grand écran
« Deux films en salles coup sur coup, c’est un hasard. Presence aurait pu sortir dès l’automne si son distributeur, Neon, n’avait pas été débordé, mais il aurait aussi pu atterrir sur une plateforme de streaming si on nous avait fait une proposition fabuleuse. Il se trouve que celle de Neon valait les autres et que je me suis dit, allez, si ça les excite de le sortir, sortons-le. Pour The Insider, on a reçu deux offres de sortie en salles meilleures que celles des streamers. Vous savez, on veut tous voir nos films au cinéma. Tous. C’est simplement difficile, parfois, de justifier le coût marketing de certaines sorties. Presence est une production assez modeste, je m’inquiète davantage pour The Insider qui ressemble à ce que plus personne ne fait : un film pour grandes personnes à budget conséquent [60 millions de dollars, ndlr]. C’est ce dont les studios ne veulent plus, donc si ça ne marche pas, le prochain cinéaste qui viendra les trouver avec un projet similaire s’entendra répondre “Mais ça ne marche pas !” et ce sera regrettable. »
De la frilosité des studios
« Chaque fois que je commence à m’angoisser pour le cinéma en tant qu’idée, je me rappelle qu’il y a, au moment où je vous parle, de jeunes auteurs inconnus en train de fabriquer quelque chose dont tout le monde parlera dans six mois. Je crois à l’ingéniosité, à la débrouillardise des créateurs. Le problème, c’est que l’économie est toujours plus incertaine, et que les studios en particulier ont peur de prendre des risques, moyennant quoi ils ne révèlent pas de talents. Ça vaut aussi pour les acteurs : si on ne parie pas sur des jeunes dans des rôles leur permettant d’exploser, comment faire éclore des stars ? Où est la nouvelle vague de stars de cinéma ? Je ne la vois pas venir des studios. »
Coup de cœur pour Sean Baker
« J’aime beaucoup l’approche de Sean Baker [réalisateur d’Anora, Palme d’or à Cannes en 2024, ndlr], sa manière de travailler. En découvrant Tangerine [un long métrage entièrement tourné avec un smartphone en 2015], j’ai tout de suite dit “OK, les iPhone sont prêts, je fais un film aussi !” [Paranoïa, 2018]. Je ne connais pas assez Sean Baker pour savoir comment il envisage la suite de sa carrière mais il m’a l’air très heureux, je ne suis pas sûr qu’il rêve de faire un polar pour la Warner [il rit]. Moi, si. J’ai toujours voulu toucher à tout. The Insider est un film d’espionnage hollywoodien, et j’adore ça. »
Le genre à en changer
« J’ai donc fait un film de fantôme, un film de sport sans sport [High Flying Bird, 2019, qui se déroule dans l’univers de la NBA, mais pendant une grève des basketteurs, ndlr], de la science-fiction avec Solaris (2002), où je m’intéressais en réalité moins à la science-fiction qu’au drame intime du personnage… Qu’est-ce qu’il reste ? Je n’irai pas vers le western, je n’aime pas les chevaux. J’ai progressé sur la musique mais pour une comédie musicale il faudrait vraiment une idée folle, un film à la Ken Russell, sur un angle tellement original qu’il m’évite d’entrer en compétition avec des classiques indépassables.
Quand j’aborde un genre, je cherche comment ne pas répéter ce que d’autres ont déjà fait. Et c’est dur. Je veux que chacun de mes films soit différent du précédent, mais, à l’arrivée, si une idée m’enthousiasme je ne me demande pas où la ranger dans ma carrière. Une des raisons pour lesquelles je multiplie les tentatives, c’est que je veux être le dernier cafard en train de filmer après l’explosion nucléaire. Quel que soit l’état de l’industrie, je veux être capable d’y travailler. Je n’ai pas de temps pour les regrets. Où aller ? Qu’est-ce qui marche ? Est-ce qu’il reste un rayon de lumière où me glisser et faire quelque chose que les gens verront ? Le pire cauchemar, pour un réalisateur, ce ne sont pas les mauvaises critiques, c’est d’être insignifiant. Que tout le monde s’en fiche. »Au four et au moulin
« J’ai toujours deux ou trois projets en même temps. Là, je dois tourner un film en février, j’en ai un autre en cours d’écriture, et un troisième encore au stade d’idée. Et puis, on m’envoie des scénarios, je peux sauter sur l’occasion. Je travaille en tir groupé parce qu’on ne sait jamais si on va avoir le financement ou si l’acteur qu’on espère sera libre au bon moment ou dans un an. Côté séries, je n’ai rien en production actuellement mais mes amis qui œu-vrent pour les plateformes me disent tous que c’est moins fun qu’il y a cinq ans. Ces sociétés ont déboursé beaucoup d’argent pour attirer des auteurs et ça n’a pas toujours marché, alors elles se demandent si le jeu en vaut la chandelle. La question est légitime. J’attends une idée emballante qui ait une chance de percer dans une offre pléthorique. »
Trump, Musk, une dystopie américaine ?
« C’est la mort de la métaphore, parce qu’aucune ne peut traduire la folie de ce que nous sommes en train de vivre. Pour les cinéastes, ça signifie qu’il faut faire des ajustements, se rendre compte de l’état actuel de la culture américaine. Je vous donne un exemple : je planche sur un projet dont les personnages travaillent au FBI. Or le président, ses conseillers et une partie du public ont une opinion différente, disons inhabituelle, du FBI… À les croire, d’ailleurs, le FBI ne sera bientôt plus le même, donc on ne sait pas s’il continuera d’enquêter sur les mêmes crimes ! En découle, pour l’industrie audiovisuelle, une question très concrète : que ressentent les gens devant un film ? On est toujours partis du principe qu’ils se rangent du côté des “gentils”, du côté de James Bond. Or je commence à me demander si c’est le cas, puisque nous avons élu un “méchant” de James Bond. Deux fois. Nous expérimentons quelque chose d’inédit et nous ne pouvons plus nous fier à nos présupposés de scénaristes. »L’IA et les humains
« Ses limites étant à la fois évidentes et insurmontables, l’intelligence artificielle ne me fait pas peur dans le domaine du divertissement. Je l’utilise en ce moment sur deux projets expérimentaux, juste pour voir ce que ça génère, et le plus intéressant, c’est que l’IA délire, elle hallucine, aussi bien en texte qu’en image, et qu’on peut la pousser à inventer des trucs impossibles. On peut aussi lui programmer une personnalité, l’amener à dialoguer avec d’autres personnalités artificielles et obtenir ainsi différentes perspectives. C’est un outil valable mais, à l’arrivée, l’IA n’achève rien toute seule. Il faudra toujours un humain. Je pense aussi que, même si la technologie les impressionne, les gens rejettent spontanément l’idée d’un art contrôlé par l’IA. Entre un film signé par des artistes et un autre dont on saurait qu’il a été entièrement généré par un ordinateur, je crois que la plupart d’entre nous préférerons donner leur argent aux humains. »
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Tony
InvitéMerci!
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stephanie
Invitéà Nice, le ciné d’art et d’essai diffuse The Brutalist avec entracte , parait que 3h40 c’est trop long pour les spectateurs, c’est ce que j’apprends ce matin, confirmé par la responsable du cinéma » à la demande du réalisateur ». Est ce un problème de prostate ?on est plus capable de rester dans une salle obscure 3h ? qué misère ( à la niçoise)
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Valère Hildeduc
InvitéL’entracte fait partie du film lui-même, y a littéralement un compte à rebours de quinze minutes. Ça évite au moins au cinéma de couper arbitrairement le film j’imagine. Ça découpe aussi nettement le film en deux parties, mais j’ai l’impression que tout ça participe du côté arty avec le chapitrage et patati et pataouète, tout en rappelant une pratique que perso j’ai vu que dans le Spartacus de Kubrick (peut-être que c’était courant à l’époque ?). Ce ne serait qu’un détail si le film ne souffrait pas généralement de quelques autres affeteries et d’une manière d’enrobage de « grand film » qui se prend fort au sérieux. Pas de problème de prostate mais peut-être de phallus.
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Stéphanie
InvitéRire
Merci !-
François Bégaudeau
Maître des clésRire et approbation
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Seldoon
InvitéJe n’ai pas encore vu le film mais j’ai une question plus générale. Ça me travaille un peu cette question de « faire grand film ». Comme c’est régulièrement le cas, j’ai l’impression que beaucoup de critiques négatives de The Brutalist, ou en tout cas de bémols, sont centrés sur ce point. Jusqu’où est-ce un concept critique valable ? Je m’agace souvent de l’utilisation (dont je me rends parfois coupable) de « prétentieux » au sujet d’une œuvre (d’une personne aussi mais ça nous emmènerait trop loin) : on critique en fait un décalage entre une ambition et une réalité. Mais en soi l’ambition n’est pas critiquable, c’était donc de la réalité (l’échec) qu’il fallait parler. Tant qu’on parle des coquetteries on reste un peu à côté. Il y a un peu de ça dans l’attaque « cherche à faire grand film », bien que ce soit plus précis que « prétentieux ». Je vois bien par exemple sur cette page que c’est étayé de faits concrets, formels, etc. Reste que cette focalisation chez tous les détracteurs du film est surprenante, et que la discussion sur le reste des 3h40 en est étouffée – en attendant bien sûr la Gêne qui je n’en doute pas mettra à nu l’entièreté de The Brutalist.
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Valère Hildeduc
InvitéJe suis bien d’accord qu’il ne faut pas axer le coeur de la critique du film là-dessus. Ne me dérange pas chez Lanthimos par exemple, les quelques coquetteries qu’il peut essaimer çà ou là dans ses derniers films, parce qu’ils jouissent de qualités consistantes par ailleurs et que ces artifices ne cachent rien d’autre que le goût un peu discutable de séduction du réalisateur (mais qui s’explique aussi, je crois, par la délocalisation de son cinéma à Hollywood). Là où le bât blesse c’est quand « faire grand film » est un cache-misère. Je disais donc simplement, puisqu’on parlait de l’entracte, que ça faisait symptôme d’une logique plus générale qui travaillait The Brutalist, c’est-à-dire d’un film qui gonfle un peu des muscles qu’il n’a pas vraiment. Mais comme tout symptôme, il faut remonter au mal qui en est la source, qui est ici le vrai point. Cela étant dit, je crois que cette intention sous-jacente de solennité torpille vraiment les qualités intrinsèques du film (car il en a à mon sens). Elle sabote des scènes qui sans cela auraient pu être vraiment fortes. Ou en crée d’inutiles.
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Seldoon
InvitéPour clarifier je n’attaquais personne en particulier, surtout pas ton lien entracte/chapitrage/grand film. C’est du concret qui au vu les deux précédents du monsieur sonne très juste. Mon questionnement venait de l’accumulation ici et ailleurs, et du fait que ce n’est pas la première fois qu’une oeuvre produit cet effet.
« cette intention sous-jacente de solennité torpille vraiment les qualités intrinsèques du film (car il en a à mon sens). Elle sabote des scènes qui sans cela auraient pu être vraiment fortes. Ou en crée d’inutiles. »
Tout ça me fait peur, on verra ce weekend.-
note
InvitéSeldoon exprime une inquiétude quant à la solennité perçue dans le film, craignant qu’elle n’affaiblisse ses qualités. Il clarifie qu’il ne critique personne en particulier, mais s’interroge sur l’effet que produit l’œuvre sur lui et d’autres. Il espère évaluer lui-même le film ce weekend, en tenant compte de ces réserves.
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Valère Hildeduc
InvitéPas de soucis je ne le prenais pas pour moi. Ça me permettait simplement de clarifier en quoi ce reproche pouvait parfois être fécond.
Mais effectivement je te rejoins sur le fait que cette attaque critique est assez fréquente, éculée, et bien souvent galvaudée. Haneke ou Franco souffrent toujours de ce que les critiques voient en eux des « petits malins » qui jouent aux « grands réalisateurs » parce qu’ils utilisent des plans fixes et font durer leurs plans (en gros). PTA a aussi pu essuyer ce genre de commentaires, ce qui au début de sa filmo peut s’entendre, ce qu’il a pu démentir largement par la suite. Puisqu’on parlait de coquetterie, la critique n’en est pas épargnée, et parfois se pare par réflexe d’une apparence de libre esprit qui ne s’en laisse pas conter, en affichant sa faculté à débusquer ce qui ferait artifice dans des films qu’elle s’emploie à démonter alors qu’ils sont effectivement grands. Probablement une manière de se distinguer de la masse des autres plumes.-
note
InvitéValère Hildeduc examine une critique cinématographique courante, celle qui accuse certains réalisateurs d’être artificieux ou prétentieux. Il concède que cette critique peut parfois être constructive, mais il la juge souvent éculée et galvaudée. Il cite des réalisateurs comme Haneke, Franco et Paul Thomas Anderson qui ont été accusés de ce type d’artifice. Hildeduc suggère également que les critiques eux-mêmes peuvent être coupables de coquetterie, en cherchant à se distinguer par leur capacité à déconstruire des films pourtant reconnus comme importants.
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PeggySlam
InvitéJe m’aperçois que parfois c’est la promo d’un film qui m’agace et qui me fait aller un film à reculant pour aller voir un film comme c’est le cas de The Brutalist. Une façon aussi pour ceux qui n’auront pas aimé le film se taire. Une manière quelque peu de censure une forme de critique qui ne seront pas d’accord avec toute la promo du film. Mais ça existe depuis tellement longtemps ça. Et le coup que le film soit trop long me déprime aussi quand j’entends ça. On voit ceux qui n’ont pas connu Titanic alors que le film dure 3h15 sans aucune coupure et ça n’a pas fait scandale à l’époque (La Liste de Schindler 3h38). Il a même très bien marché et dans le monde. On est dans une époque où tout faut que ça aille vite. Sur les SVOD si on le veut on peut voir les films à la vitesse fois 2 et certains le font visiblement. C’est juste scandaleux et ça ne démontre pas vraiment de respect à l’œuvre. Et je l’entends souvent cette phrase « mais pourquoi ils font des films si longs ? » Moi je réponds « bah parce qu’ils veulent nous raconter une histoire ». Comme le film sur Bob Dylan où il aurait mérité plus de temps plutôt que de voir toujours chalamet jouer de la guitare. Et parfois ne prend pas assez de poser la contextualisation de l’époque du passage du film. Du coup j’entends des crétins aujourd’hui dire que c’est une référence à Poutine entre l’Amérique d’aujourd’hui et Trump. J’ai dû gueuler à plusieurs reprises pour dire que pas du tout c’est l’époque de Kennedy et dans son livre Les Chroniques, Dylan raconte très bien toute cette époque. Cette époque de la guerre froide avec la peur. Mais dans le film on comprend pas trop et c’est dommage. Enfin j’en fais une critique bientôt de ce film que j’ai finalement plutôt aimé malgré ses défauts mais pas encore lu Brutalist
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Quiz
InvitéQuiz (Questions à réponse courte)
Selon PeggySlam, quel est un facteur qui l’irrite et peut influencer négativement sa décision de voir un film, comme « The Brutalist »?
Quelle est la critique que PeggySlam observe et déplore, et comment cette critique peut-elle être perçue comme une forme de censure?
Quels deux films longs sont cités comme exemples pour contredire la plainte contemporaine concernant la longueur excessive des films?
Comment PeggySlam perçoit-elle l’habitude de regarder des films en vitesse accélérée sur les plateformes SVOD?
Quelle est la réponse de PeggySlam à la question fréquente « Pourquoi font-ils des films si longs? »
Quel exemple de biopic est utilisé pour illustrer le besoin de contextualisation temporelle et l’importance de laisser le temps à la narration?
Quelle erreur d’interprétation du film mentionné PeggySlam a-t-elle entendue, et à quoi réfère-t-elle en réalité?
Quel livre de Bob Dylan est cité comme source pour comprendre le contexte historique du film mentionné?
Quel sentiment général PeggySlam exprime-t-elle finalement à l’égard du film, malgré ses défauts?
Quel commentaire PeggySlam fait-elle sur « Brutalist » à la fin du texte?
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Questions d’essaiAnalysez l’utilisation de l’anecdote personnelle dans le commentaire pour étayer les arguments de PeggySlam. Comment cette approche contribue-t-elle à la crédibilité ou à la persuasion de son point de vue?
Discutez de la critique de PeggySlam envers la culture de la rapidité dans la consommation de films. Comment cette critique s’inscrit-elle dans un débat plus large sur l’impact des plateformes de streaming sur l’appréciation artistique?
Examinez l’importance de la contextualisation historique dans l’interprétation des films, selon PeggySlam. Comment le manque de contextualisation peut-il conduire à des interprétations erronées, et quelles sont les conséquences possibles de ces erreurs?
Comparez et contrastez la position de PeggySlam sur la promotion des films avec votre propre expérience. Avez-vous déjà été influencé de manière positive ou négative par la promotion d’un film?
Évaluez le style d’écriture de PeggySlam dans ce commentaire. Quels sont ses points forts et ses faiblesses en termes de clarté, de cohérence et d’engagement du lecteur? -
PeggySlam
InvitéEt vous avez 4h ^^
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Seldoon
InvitéJe tente un meilleur résumé que celui de l’IA qui nous trolle et peine à suivre :
« Ca fait grand film » est un énoncé superficiel quand il empeche de voir ce qui gêne vraiment, et parfaitement juste quand la quête d’une apparence de grandeur abime concretement et le film.
Bien d’accord pour petit malin, à mettre dans le même sac.-
PeggySlam
InvitéJe donne des exemples à mes propos. Mais ça m’a fait rire
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Tony
Invité@Seldoon petite question à laquelle tu pourras me répondre quand tu l’auras vu,le vistavision apporte-t-il quelque chose de spécifique et quel en est l’intérêt dans ce film ou plutôt en quoi aurait-il été différent sans ce procédé technique?
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Tony
InvitéD’ailleurs je viens de lire un commentaire où il est dit que Soderbergh filme avec un téléphone et arrive à nous éblouir pendant que l’autre est allé chercher ce vistavision.
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Seldoon
InvitéOui, après; PTA tourne en 65/70mm et c’est plus éblouissant que l’iPhone de Steven. Je reconnais qu’à la fin ces histoires de caméras et de formats sont assez secondaires, il y a beaucoup de coquetterie là dedans. J’ai tendance à gentiment me moquer de la guerre digital vs film. Mais quand je me trouve devant les couleurs et le grain de certains plans de The Master je suis bouche bée.
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Tony
InvitéJ’ai souvent l’impression d’avoir une meilleure image sur mon écran TV que dans une salle de cinéma, j’ai vu récemment un extrait du Brutalist et je ne reconnaissais pas l’image que j’avais vu en salle,elle était beaucoup plus belle,plus contrastée,moins grise,plus précise,je ne sais pas d’où vient cette différence mais je la constate assez souvent,la définition sur un bon écran est bien meilleure qu’en salle.
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K. comme mon Code
InvitéLe BluRay de The Master est bien plus éblouissant que les copies 70mm que j’ai vues.
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Seldoon
InvitéJ’ai un peu la même expérience sur les quelques projections 70mm auxquelles j’ai assisté, quel que soit le film.
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Rantanplan
InvitéC’est faux.
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Seldoon
InvitéJe ne suis vraiment pas expert en pélicule. Pour moi il s’agit principalement ici d’une histoire de résolution : tu n’as pas 40 solutions techniques si tu veux filmer sur pélicule et conserver une résolution élevée. C’est une question qui existe surtout depuis que les films tournés en numérique le sont en format supérieur à la HD (4K, 6K, 8K..), et que les TV et plateformes commencent à réclamer mieux que du 35mm.
C’est dommage de ne pas pouvoir le voir en France projeté en 70mm (ni même en 35), ça permettrait de mieux se rendre compte de l’impact esthetique du format. -
PeggySlam
Invité@Seldoon, le temps de la transmission entre les générations à accepter la nouvelle technologie. Comme à l’époque quand le cinéma muet est passé au cinéma parlant
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Seldoon
InvitéIl y a eu beaucoup de ça chez les cinéphiles, mais il y a quelques réalisateurs qui ont un rapport très fort à la pélicule. Fétichiste, assurément, et parfois profond aussi. Ils sentent bien que le passage au digital s’accompagne d’un éloignement de la matière.
Je suis à l’opposé de cette vision de l’image projetée, mais ça m’intéresse. Ce n’est pas toujours qu’un traditionalisme mal placé. -
PeggySlam
InvitéOuai en vrai c’est passionnant je pense comme sujet
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Dune
InvitéJe crois que le Max Linder diffuse une copie 35mm. Problème (de geek) leur écran propice au cinémascope (2.39) est trop étroit pour le Vistavision : larges bandes noires sur les côtés donnant presque un côté 4/3. Il faut privilégier une salle avec écran ~1.85
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Seldoon
InvitéPellicule. Mais j’avais dit que j’étais pas expert.
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Eustache
Invitéce n’est pas tant une histoire de résolution que de fourmillement de l’image qui est très propre à la pellicule, et un rendu des couleurs. Et l’expérience su tournage est très différente. Ceci dit, le scan rend certains films tournés en pellicule très numérique.
Quant aux projections en 35 ou 70mm etc, c’est de la nostalgie et du fétichisme (mais pourquoi pas après tout). J’ai fait mon éducation cinéphilique avec des copies de cinémathèque en 16mm mais aujourd’hui mon oeil est tellement habitué au numérique que je préfère nettement une DCP à une copie positive, que je trouve toujours un peu molle, imprécise.
Et là encore, le 2k est largement suffisante, mais il y a tout un lobbying et marketting pour le 4k. Honnêment, dans la plupart des cas, il faut vraiment avoir l’oeil pour distinguer le 2k du 4k en salle. -
I.G.Y
InvitéPour revenir à la remarque de Seldoon, il me semble que The Brutalist ne se démerde pas si mal avec sa sur-dimension… mais jusqu’à un certain point. D’abord quelques raisons à ça dans la colonne « crédit » :
– Pour prendre un film dont le public cible me paraît proche et rappelé par lumen, Brutalist est tout de même moins lipidique qu’un Oppenheimer (autre film tourné en pellicule d’ailleurs : en Imax) et me semble davantage laisser vivre ses personnages et les situations. Cette grandeur est par exemple mise à profit dans des moments de quasi gratuité : je pense notamment au superbe plan long sur la locomotive, et la séquence où l’italien verse une de l’eau sur le marbre et ce qui s’en suit (scène en fait très sobre). Tout ça pour dire que la longue durée me paraît assez bien utilisée dans l’ensemble — jusqu’à un certain point car il y a tout de même un immense bémol, sur lequel je reviendrai plus loin.
– Il me semble que le scénario ne cherche pas à courir trop de lièvres à la fois en élargissant jusqu’au destin de l’Humanité le spectre de ses enjeux explicites (j’exclus la fin). Il ne verse pas non plus dans le « plot-twist » du scénariste fier de lui qui a planqué toutes les ficelles pour les brandir à 2h55 en ricanant. Typique des films grandioses de ce type qui veulent montrer du muscle (ça rejoint « petit malin »).
– L’usage de la musique sentencieuse et puissante est finalement limité (et quand il y en a, notamment dans le plan du train, elle me paraît plutôt adéquate). Les parties au piano ne sont pas si désagréables mais trop présentes à mon goût.
– Peu de mouvements de caméra très tape-à-l’œil ou d’effets spéciaux m’as-tu-vu (on peut lui reprocher la trop grosse insistance sur l’originalité du plan sur la statue de la liberté retournée dès le début). Je ne trouve pas la caméra hyper affirmative dans ses figures (ni dans l’hyper-fixité des plans, ni dans leur hyper-mobilité; on pourrait même lui reprocher de manquer de caractère).
– En matière d’acteurs et n’en déplaise à Yasser Bégaudeau je trouve la « performance » de Brody infiniment plus convaincante que celle d’un Murphy dans Oppenheimer, pour reprendre la comparaison, et ce même en dépit de ses grimaces. Je la trouve presque plus naturelle que celle de Di Caprio dans le dernier Scorsese.
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Là où sa sur-dimension est en revanche très mal maîtrisée :– Il me semble que plus la fin approche plus le film subit une sorte d’effondrement par forçages scénaristiques successifs : je pense notamment au basculement très soudain du personnage du mécène (personnage que l’on lâche quasi-complètement à partir de son acte, de mémoire; lui qui avait été plutôt pris en charge de façon maligne pendant un bon moment) et bien sûr à cette fin sidérante. Or 3h30, c’est immense, et on a pourtant l’impression que plus le film va vers sa fin plus il piétine. Comme si c’était là qu’on sentait que le film avait eu les yeux plus gros que le ventre : plus il avance, moins il sait quoi faire du temps qui lui reste. C’est ballot sachant l’importance de la « dernière impression » au sortir d’un film…. Ça représente moins de lignes dans ce que je dis du film, mais c’est déterminant.
Petitesse de la grandeur.
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Dans le genre film récent, ambitieux et long, il faudrait peut-être faire une critique comparée avec Killers Of the Flower Moon (3h26. C’est parfait, on pourra comparer les GO). Film qui me semblait plutôt souffrir d’un ventre mou de milieu de film (lorsque Lily Gladstone disparaît quasiment du film), mais avec une fin bien mieux maîtrisée. L’Histoire avec un grand H mais plus en toile de fond qu’au premier plan, film à l’évidence ambitieux mais pas si démonstratif, qui déplie les situations dans un calme relatif, etc… Film dans lequel il y a aussi un personnage quasi-maléfique (De Niro, qui me semble infiniment moins bien réussi que Van Buren même malgré ce que j’en ai dit. Le personnage de De Niro est de ce que j’en avais ressenti le ratage de Killers) -
PeggySlam
InvitéDans le dernier Scorsese, je vais me permettre un petit pique. Pour moi c’est le film qui est grand mais j’ai beaucoup de mal à être touché par le jeu des acteurs. Mon ressenti personnel et bizarrement j’arrive à être touché par un film même quand je n’accroche au jeu des acteurs. Je vais arrêter de vous lire car j’ai vraiment envie de découvrir Brutalist
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graindorge
InvitéÀ Nissa la Bella ou ailleurs, toutes les projections de The Brutalist au cinéma comportent un entracte de 15 minutes , inclus dans la durée de projection de 215 minutes.
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toni Erdmann
InvitéJ’ai posté cette question sur Facebook dans l’espoir qu’elle soit répondue lors de la GO sur The Brutalist, mais puisqu’elle est peut-être un peu trop longue et que je voudrais l’avis des sitistes, je la publie ici :
(Spoiler)
Beaucoup de critiques ont reproché à l’épilogue une sur-explicitation des enjeux. Moi-même, j’ai trouvé cette dernière scène excessivement démonstrative et didactique.Cependant, j’ai lu sur Internet une interprétation qui m’a fait reconsidérer mon avis. Et j’aimerais avoir le votre !
Ce qui se jouerait dans cette scène serait la ré-appropriation du travail de Laszlo par sa nièce. Laszlo serait condamné à voir son œuvre constamment récupérée par d’autres, qui lui attribuent des significations qu’il n’avait même pas envisagées. Ici, sa nièce utiliserait son travail pour tout ramener à sa judéité et, de manière implicite, légitimer le projet sioniste. Le plan final sur Laszlo, totalement désemparé, et impuissant, viendrait appuyer cette lecture. Et tout cela appuierait l’aspect tragique du film, retraçant le destin d’un artiste condamné à ne jamais être perçu en dehors de son identité juive. Que ce soit par ses détracteurs ou par les membres de sa propre communauté, il se voit sans cesse ramené à cette appartenance
D’ailleurs, le diaporama de fin renforce cette idée en passant sous silence toutes les difficultés liées à la construction du fameux centre culturel.
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Dune
InvitéC’est prêter bien des intentions à un réalisateur qui, malgré quelques qualités, ne brille pas par sa finesse. L’utilisation du discours de Ben Gourion (?) lors de la planification de la bibliothèque je crois annonçait déjà le pachydermique exposé final. Personne ne l’imposait à Laszlo sinon l’épais réalisateur.
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note de note
Invité« Épais » c’est un peu injurieux.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai peur aussi que ce ne soit pas si fin
mais on répondra dans la GO
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Eustache
InvitéC’est intéressant. En tous cas, lire cette scène seulement au 1er degré comme une explication de texte affadit entièrement le film, tout le monde est d’accord.
Je crois que Corbet n’est pas assez bête pour ça, pourquoi faire 3h de film pour le résumer en 5 minutes?
Au delà de la récup, le marketing de l’art (et celui autour de la Shoah), j’y vois autre chose.
Brady casse d’un coup le jouet qu’il a pourtant bâti avec tant de labeur, formellement (montage clippé 80′), plastiquement (hybride vidéo/pellicule), dans le mauvais goût (tellement ringard ces plans embarqués de gondole).
J’y vois comme l’annonce de la fin d’une certaine idée de l’art, désormais emprisonné par le Kitsch (1980 est une date clé). Comme le grand cinéma qu’il veut faire a disparu (les derniers films en Vistavision datent d’ailleurs de cette période), place à autre chose. Le grand artiste est en fauteuil roulant, muet, on parle pour lui avec ses petites certitudes sur l’interprétation de son oeuvre.
Que fait cette fin au spectateur? Elle le brise, elle le déçoit forcément. Je trouve ça très audacieux, cette brutalité faite au spectateur, elle raconte en son corps le propos de Brady, la fin d’un monde et l’avènement d’autre chose.-
François Bégaudeau
Maître des clésoui de ce point de vue cette fin. ne serait pas totalement éloigné de la fin de La zone d’intéret
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I.G.Y
InvitéJ’avais songé à cette idée de « casser le jouet », à cette brutalité volontaire. A ceci près que dans la Zone d’Intérêt la trouée brutale m’a au contraire fait encore davantage aimer le film. Je l’y trouve particulièrement réussie.
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Eustache
Invitéc’est un sacré risque que Corbet prend.
Perdre le spectateur intelligent, celui qui n’y verra que faute de goût et didactisme ;
Perdre son spectateur plus grand public qui aimerait une vrai fin plus habituelle, fictionnelle , dans le même format (sans parler de la détestable musique disco du générique)
C’est déstabilisant, moi je ne savais pas trop quoi en penser, mais j’étais heureux que ça me surprenne et qu’il brise son bel objet comme ça.-
François Bégaudeau
Maître des clésest-ce que quelqu’un se souvient de la musique de générique de fin?
(qui irait dans le sens d’une ironie)-
note
InvitéLa musique de fin du générique de The Brutalist est le titre « One for You, One for Me » du duo italien La Bionda, sorti en 1978. Ce morceau, emblématique du genre italo-disco, contraste de manière surprenante avec le ton sérieux et dramatique du film réalisé par Brady Corbet. Ce choix audacieux a été décrit comme « insolent » par la co-scénariste Mona Fastvold, et il reflète une subversion thématique, notamment en écho à la fin du film qui se déroule en Italie. Le refrain « un pour toi, un pour moi » peut aussi être interprété comme une allusion ironique aux compromis entre art et attentes extérieures, un thème qui résonne avec le parcours du personnage principal, László Tóth.
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note de note
InvitéNote c’est sensé être moi le service après vente pas toi, chaqu’un a sa place
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note de note
InvitéOne for You, One for Me
De La Bionda-
note de note
Invité-
Ostros
InvitéEustache,
Est-ce que ce geste final par Corbet de saboter son oeuvre n’est pas le miroir de la fin du film où le travail de Lazslo est récupéré et tordu par des interprétations a posteriori ?
N’est ce pas alors une façon d’ironie non moins sur le film (son histoire et sa forme) que sur l’art plus largement ? Et Corbet se lierait encore une fois avec François en donnant à voir de façon ironique à la fois avec l’exposition finale au regard de tout ce qui s’est passé pour Lazslo, et avec ce qu’il a trafiqué à la bande son de fin du film la distinction entre l’art qui discourt et l’art qui fait ?-
Eustache
Invitéoui jeu de miroir complexe et sans une interpétation figé je pense.
Et cette fin, on l’oublie presque c’est un jeu docu-fiction, pour nous faire croire que ce personnage aurait existé (et je m’y suis laissé prendre, comme je n’avais rien lu sur le film)
C’est un peu décevant si ce n’est que cette petite manipulation, mais ça garde son audace. -
Ostros
InvitéIGY : « Je trouve ça très audacieux, cette brutalité faite au spectateur, elle raconte en son corps le propos de Brady, la fin d’un monde et l’avènement d’autre chose. »
Je rebondis : et si ces plans too much, cet extrême en tout, était l’expression, depuis le tout début et son arrivée en Amérique, du point de vue de Laszlo ? Il est impressionné, écrasé par l’immensité de la ville puis de la richesse de Van Buren, lui qui arrive d’Europe maigre et sans argent. Puis lorsqu’il est embauché par Van Buren, le stye exubérant pourrait se rattacher à son immense désir (artistique / de conquête / de bâtir) à sa fougue, à sa foi en ce qu’il peut faire, représentés en Vitavision. Alors la fin qui déçoit avec son style très plat en rapport avec ce qu’on vient de se prendre dans les yeux, serait aussi le point de vue de Laszlo à présent vieux et impotent, qui subit le réel plan plan, que son âge lui fait vivre sans grandeur.
Comme développé dans mon long texte plus bas, j’ai vraiment l’impression que ce film raconte l’histoire d’un corps. J’en avais parlé dans le rapport entre le corps mortel et la mineralité. Et on peut ajouter à cette piste l’histoire d’un corps qui est charrié par les époques, qui subit sa place dans la société. Il est emmené par la force de la marche du monde et aura essayé et réussi à laisser des marques de son passage.
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Une question demeure : où diable est passé Van Buren ? -
I.G.Y
InvitéOui il y a possiblement une volonté finale de désamorcer la construction du mythe de l’artiste, une redescente sur terre (juste après le plan sur la croix, d’ailleurs, si mes souvenirs sont bons). Quant à Van Buren, qui après avoir plus ou moins disparu du scénario disparaît tout court, j’admets avoir anticipé une scène de suicide où il se serait jeté du haut de la grande salle pour mourir sur l’autel : c’est mieux sans.
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Ostros
InvitéPour moi le problème rencontré a été le manichéisme. Cette famille bourgeoise perverse en tous points (bribe de dialogue entre frère et soeur ou le frère demande à la soeur de coucher avec elle pas en tant que frangins mais en tant qu’adultes, frère qui manipule lazlo m, sans doute viole la nièce, est absolument mauvais. Père pire que le fils, viole lazlo). Et de l’autre côté Lazlo et sa femme absolument bons et victimes et martyrs.
Lazlo trompe sa femme mais pas vraiment car il debande puis, culpabilisant il éconduit ensuite la danseuse qui le chauffe). Elle infime et forte (j’ai apprécié son caractère qui oscille entre grande faiblesse, et confiance en son intellect lorsqu’elle va bien), et qui est délaissée par son mari.
Inévitablement, le projet de partir en Israël devient un message. Car que voit-on depuis le début : des juifs qui sont les victimes au carré d’un autre monde (l’Amérique). Personne ne veut d’eux (les répudiés de l’Histoire), alors que les nazis essaient de tous les exterminés. Il y a cependant deux points intéressant dans cette narration là : le premier est le fait d’évoquer pour la première fois dans un film d’antisémitisme aux USA. C’est à dire la prise de partie idéologique d’un pays présenté depuis des décennies comme le sauveur, le libérateur. Le second est le fait que ce sont les gros industriels bourgeois libéraux (lq famille riche) et les commerçants (le cousin catholique) qui s’en prennent aux pauvres juifs immigrés, les rejettent, projettent sur eux des fantasmes sexuels, les utilisent et les détruisent. C’est gros sabot mais qui jusqu’ici à déjà présenté les événements ainsi, qui a déjà traité de l’immigration des juifs aux USA de cette façon, sous cet angle (marxiste ?). Je trouve que ce traitement des petits commerçants et des bourgeois liés en leurs attitudes face aux juifs fait écho avec le travail de François sur l’alliance entre pulsions libérales et pulsions fascistes.
Pour ma part j’ai grandement apprécié le côté too much des plans sur l’extérieurs, les imposants paysages, les imposantes vallées, les saillies au montage de plans impures à la narration comme au scénario comme lorsque le gamin coupe court à une séquence émotion en balançant à son père qu’il juste a voulu le préserver en faisant croire qu’il ne se souvenait pas de sa mère, et tous ces vite bien foutus, le rythme général du film, l’intelligence de certains cadres, de certains plans qui courent limpides comme dans un film de Terence Malick, ou ces deux points de vue renversés et puis les doses d’histoire et pas nimporte quelle histoire puisque celle du développement industriel et de l’économie d’une zone géographique dont jusqu’ici tout le monde se foutait et qui donne à voir par cette lorgnette le développement plus large de l’Amérique. Jai été par exemple très émue de l’arrivée des juifs par le ferry et par leur joie lorsqu’ils voient enfin la statue de la liberté, qu’ils s’imaginent naïvement qu’ils sont enfin en sécurité. Le films par son exagération des jeux d’acteur m’a rappelé parfois There Will be Blood et les films de Scorsese. Je me suis demandé et c’est une question sérieuse pourquoi ici ces mimiques qui sont acceptées par bon nombre de cinéphiles dans les films des grands réalisateurs leur posaient un problème dans celui là. Jai marché à cette proposition. Encore un fois les éléments qui m’ont sortie du film ce sont ces gros traits caricaturaux des personnages, qui rendent inévitablement un discours, et aussi des facilités visuelle comme lorsque les deux sont sur l’espèce de grosse structure métallique et l’un à la corde lautre la grosse clé plaquée sur le torse. Ça faisait figé et imagerie d’époque. Pas mal de choses sont comme ça figés et bloc.
Sur la fin j’ai trouvé intéressant le passage au caméscope pour rendre les années 80 ou 90 je ne sais plus exactement.
Et bizarrement là où une scène fait le plus « message » jy ai au contraire lu quelque chose de beaucoup plus nuancé. Déjà oui sur la réappropriation des lieu par l’époque d’après. Mais aussi sur quelque chose de l’ordre de la matière. De cette mise en comparaison durant tout le film entre le corps vivant qui va vers la mort et le corps minéral (la pierre, le marbre, le béton) qui restent, résistent à l’érosion, voient passer les époques et les drames individuels et les grandes guerre. Et rendent ce que la nature peut rendre avec ses montagnes et ses arbres centenaires. Le mec aura préféré perdre un job pépère à new York où le travail était pré maché pour édifier gratos ce monument, et alors quil connaît la perversité de l’homme qui l’emploie. Je trouve que c’est un belle trajectoire d’un homme qui aime créer et donne sa dignité à son oeuvre. Le film soulève aussi la question du beau. Objectivement ses établissements sont laids. Il est dit qu’il récrée des pièces inspiré de sa cellule et du camp de concentration. Idée ingénieuse et immorale. Il oriente les regards vers le ciel alors que la surface au sol est étriquée. Idée certe orientée idéologiquement mais bon il est juif et fervent (va à la synagogue) mais idée touchante qd même. Qui étant enfermé n’a pas rêvé une ligne de fuite au plafond. Et la question du beau se pose aussi à la fin. Est ce quapprendre que cet homme a construit des allées entre les pièces pour symboliser le lien à sa femme doit entrer dans ce qui est considéré comme beau ou pas ? Ou est-ce que ça s’arrête au travail sur la forme seule ?
C’est un film riche. Dont tout le travail qui est joué en mineur est très intéressant et fort. Alors que tout ce qui est joué en majeur est creux.
Je suis désolée je n’ai pas encore lu tous les posts sur le film. Il se peut que.des éléments écrits ici ont déjà été débattus.
Pardon encore je n’ai pas du tout le temps de me relire pour corriger fautes et coquilles.-
Ostros
InvitéDans les points positifs j’oubliais le travail sonore, comme en musique concrète avec des percussions qui sont des coups de machines. Vraiment très intéressant tout ce qu’il a été chercher.
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Qui connaissait ce réal avant de voir the Brutalist ? Est-ce que ce nouveau film fait écho par certains aspects à ses précédents ?-
note de note
InvitéLe réal était acteur avant, mysterious skin, funny games, melancholia…
Sinon il a réalisé deux autres films, pas très connu-
Ostros
InvitéMerci.
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« Et tous ces vite bien foutus » traduction : et tous ces cuts bien foutus.
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Il y a aussi les institutions catholiques qui utilisent les migrants, comme l’ont fait le cousin et le riche, au fond le film restitue bien l’exploitation des minorités immigrées par les puissants déjà en place.-
I.G.Y
InvitéConcernant le traitement de l’immigration juive aux États-Unis, je serais en effet curieux de savoir ce qu’en pensent les érudits cinéphiles de ce forum.
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K. comme mon Code
InvitéJe réagis ici à propos d’un point lu quelque part : Lazlo n’est pas montré comme très religieux. Il est montré à la synagogue au début du film pour une seule raison : demander un service au rabbin, qui lui répond : on en parle pas ici. Sa femme est une convertie. Plus fervente. Il l’accompagne dans la seconde scène à la synagogue. Il n’a aucun intérêt pour Israël. Il suit sa femme. La dévotion est là. C’est le fil du film, et je suis mitigé sur la globalité du film parce que je ne trouve pas Felicity Jones à la hauteur — il y a aussi sans doute des problèmes d’écriture dans cette seconde partie.
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Ostros
InvitéK : il a un regain de ferveur lorsqu’on le voit plus tard vêtu de toute la panoplie se frapper le torse en chantant avec ferveur.
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Ostros
InvitéJ’étais dans le métro j’ai écris à l’arrache désolée
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Seldoon
InvitéJe joue à la marelle : je ne lis qu’une ligne sur 40 dans vos posts en attendant ma vision. L’immigration juive et l’antisémitisme aux USA on les a vus de Kazan à Woody Allen en passant par Leone (mais qu’est-ce qui n’a pas déjà été fait par Sergio Leone ? Il a plié le game). Et par exemple très récemment dans les Fabelmans. Tant mieux si c’est traité plus sérieusement ici que chez Steven.
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note de note
InvitéSteven traite l’antisémitisme comme une scène de harcèlement dans une sitcom.
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Anna H
InvitéL’antisémitisme aux USA est en effet le thème principal du Mur invisible de Kazan (1947), film dont je n’ai plus que de vagues souvenirs.
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Ostros
InvitéEst ce que Kazan s’intéressait au pan économique de la chose ?
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I.G.Y
InvitéMerci d’ores et déjà pour les réponses (hors sujet mais j’ai enfin vu Il était une fois dans l’Ouest, qui ressort, j’avais peur d’être déçu or j’ai été bluffé)
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Seldoon
Invité(J’en suis fort heureux)
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François Bégaudeau
Maître des clésIGY, tu dois savoir que Seldoon est rémunéré par le petit fils de Léone (prénom : Cor) comme lobbyiste du cinéaste au Parlement européen
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Seldoon
InvitéJe parlerais d’une sorte d’eglise plutôt que d’un simple lobby mais on va pas chipoter.
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François Bégaudeau
Maître des clésj’entends bien
l’église de léonologie
fondée en science
et dont le siège est à Salt Lake city -
Charles
InvitéOn a aussi vu le sujet traité dans The immigrant mais c’était pas terrible.
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Charles
Invité(Par James Gray).
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I.G.Y
Invité@FB/Seldoon, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour quelques euros de plus?
Et dois-je en déduire François que tu es peu léonologue/léoniste? Léonin je ne pense pas mais tu nous diras
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Seldoon
InvitéIl l’est mais il ne le sait pas encore.
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Eustache
InvitéAh l’italo-disco… elle est malheureusement restée dans ma tête pendant 2h, ça n’a pas de sens a priori de finir un film pareil comme ça!
Surtout que les chansons vintage et le piano arrangé qui court le long du film m’ont particulièrement touché, belle adéquation personnage/musique
(et je suis de ceux qui sont souvent énervés par la prise d’otage émotionnelle que constitue souvent la musique de films)-
I.G.Y
InvitéD’autant que ce genre de procédé a pour effet de donner une image complètement dégradée de l’italo-disco. Exactement comme quand on résume la disco à Claude François. Ou quand on fait passer la BO (qui a fait un énorme buzz) de Challengers pour un morceau emblématique de house/électro… Là vraiment je suis fâché. « Casser son jouet » je veux bien, mais passé un certain stade c’est du sabotage (et que dire de cette musique qui passe durant les plans de gondole au moment où on arrive à Venise…)
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Eustache
Invitésabotage est le bon mot.
Geste très moderne, qui achève ce film néo-classique en lui donnant plus de force.-
François Bégaudeau
Maître des clésvraiment pas souvenir du titre précis?
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note de note
InvitéOne for You, One for Me
C’est dit plus haut.-
Ostros
InvitéExact. Le pire c’est qu’elle reste dans la tête.
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François Bégaudeau
Maître des clésdésolé j’avais pas vu
merciostros « Je me suis demandé et c’est une question sérieuse pourquoi ici ces mimiques qui sont acceptées par bon nombre de cinéphiles dans les films des grands réalisateurs leur posaient un problème dans celui là. J’ai marché à cette proposition. »
Bonne question, à laquelle on répondra dans la GO-
PeggySlam
InvitéFaisant une pause facebookienne, elle sort quand la prochaine GO svp ?
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François Bégaudeau
Maître des cléson l’enregistre demain, sera en ligne samedi 25
(on s’est accordé un mois de battement cette fois, on se rattrapera en mars avec Bong puis Serra ou Steven)-
PeggySlam
InvitéQue du beau programme ! Merci la team !
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Martin
InvitéTu veux dire samedi 1er mars non ? Le 25 c’est un mardi
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Linconnu
InvitéMoi j’ai beaucoup aimé malgré ses défauts. J’ai même aimé les quelques moments « grand film » finalement trop rares. Il y a de quoi déplier dans beaucoup de scènes. J’ai pas pris la fin au 1er degré mais j’ai trouvé que c’était un pari risqué qui a certes son mérite, mais pas sûr que c’était nécessaire. Mais ca a l’air d’être son style de gâcher consciemment ses fins, puisqu’il fait pareil dans son précédent film avec un concert interminable filmé comme un comme un concert (bon il gâche carrément la moitié du film dans Vox Lux)
Je reproche surtout les scènes nombreuses d’addiction pas très utiles, mais peut être sauvées à la fin quand sa femme dit qu’elle a vu Dieu sous héroïne. On peut alors se dire qu’outre son addiction, c’était peut être une façon pour Lazlo de vivre sa foi ?Mais ce qui m’a le plus dérangé c’est l’esclandre de la femme à la fin. Outre qu’elle est pas très originale, vu l’époque ca parait un peu improbable mais pourquoi pas. Mais surtout ça casse le pacte de soumission entre Lazlo et Von Buren. Car ce qui est intéressant dans le viol qui pour certains surexplicite, c’est que Lazlo choisit de rester pour son art malgré tout. Ca permet la scène assez belle de déambulation ensuite mais il aurait facilement pu y parvenir autrement.
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Ostros
InvitéEt c’est extrêmement gênant de voir dans un plan juste après le viol Laszlo accompagner Van Buren.
Et même juste après lorsque Van Buren très confiant lui demande pourquoi il le fuit chaque fois qu’il rentre dans la pièce où il est. C’est exagéré et ça grossit la situation et le malaise.
Merci d’avoir donné l’info sur le style du réalisateur qui est de saboter la fin de ces films. Je suis curieuse de comprendre l’opération artistique à l’oeuvre derrière ce geste. Et qu’est-ce qu’il a écrit sur sa note d’intention pour ne pas faire fuir les co-producteurs.-
François Bégaudeau
Maître des clésD’accord avec L’inconnu : dans Vox lux il ne sabote pas la fin du film, mais sa seconde moitié, ce qui fait beaucoup.
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MASTO
InvitéBon, j’ai vu The Brutalist hier et je me décide à poster pour la première fois sur ce forum découvert récemment. Alors, pardon d’avance, je ne suis qu’un jeune cinéphile (si on est encore jeune à 28 ans), mais j’ai envie d’apprendre à poser des mots sur les ressentis que je peux avoir devant les films que je vois. Et pardon si je répète des choses déjà dites plus haut. Mais j’ai vraiment du mal à savoir quoi en penser. J’ai l’impression que le film me frustre : je l’aime autant qu’il m’énerve. J’apprécie assez sa première partie, notamment sa séquence d’ouverture (que j’aime autant que je trouve ridicule la quasi-dernière heure du film). Son passage en Italie est pour moi le dernier moment de bravoure que le film propose. Mais j’ai l’impression que le film ne tient pas les promesses qu’il me fait au début et qu’il devient con, et surtout conformiste sur la fin. Voilà, aidez-moi à comprendre, ahah Merci.
ps : j’avoue aussi ne pas savoir quoi ressentir suite a la musique du générique.-
Charles
InvitéPatiente encore un peu : d’ici la fin du week-end Seldoon et moi t’aurons montré la voie.
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Tony
InvitéLa voie royale c’est la GO,la voie de la raison et de l’austérité du monde des adultes c’est Charles,la voie de l’érudition sur la technique c’est Seldoon, bienvenue sur la voie des cinéphiles égarés par ici(sinon t’as raison c’est très con The Brutalist)
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Seldoon
InvitéEt Tony la voie Fabelmans.
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Alexandre
InvitéThe Brutalist a bien des défauts mais au moins une énorme qualité : m »avoir fait découvrir ce petit chef d’œuvre musical qui passe lors de la séquence en Italie, et que je me permets de partager ici.
Je me demande si c’est pas le seul moment du film qui m’émeut.
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Tony
InvitéC’est monumental(merci pour le partage!)
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Juliette B
InvitéMina, c’est un monument de la chanson populaire italienne, qui est elle-même une mine…
En plus, elle est assez fascinante à regarder-
Tony
InvitéMerci,elle est géniale!
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François Bégaudeau
Maître des clésle chef d’oeuvre de ladite, par Morricone s’il vous plait
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Seldoon
InvitéComme par hasard. Des qu’on dit chef d’œuvre, Ennio débarque.
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Sylvain
Invité@ Seldoon
Ah ah 🙂
Bon un peu de bonne foi : il a enregistré plus de 500 B.O (et je sais que tu le sais) on imagine bien qu’il y a du nanar dans l’affaire.
Par contre : depuis notre conversation sur le montage (je ne sais plus où) j’ai lu ici (je ne sais plus où non plus – le forum est touffu, le forum est vraiment un chantier) que tu tenais Léone au dessus de tous (apparement c’était connu ici, mais je suis relativement nouveau venu).
Déjà que l’on se comprenait bien… je pense que l’on va s’entendre encore davantage. J’ai coutume de dire : Léone est mon cinéaste (mort) préféré.
Pour un cinéaste « vivant » c’est encore une autre affaire…-
Seldoon
InvitéPour la défense d’Ennio aux 500 BO, il est bon de savoir qu’il s’est définitivement faché avec Lautner quand ce dernier a sorti le professionnel alors même que les morceaux n’étaient qu’au stade de maquette. Voilà donc pour les 300 nanars, je continuerai de me concentrer sur les 200 chefs d’oeuvres.
Je surjoue quelque peu mon Leonisme ou plutôt je feins de croire qu’un certain fétichisme n’a rien figé de mon goût mais c’est par lui que j’ai découvert le cinéma et la musique. C’est de là que je viens et je continue de porter ses 4 derniers tout en haut, tout comme lui portait haut le féminisme.
Je ne sais pas si tu as lu plus bas mais j’ai reparlé de notre exemple de montage de guet-appens, The Brutalist en reproduisant un petit bout.
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Sylvain
InvitéQuand je disais 500 nanards parmi 500 B.O, je ne parlais pas des B.O en soit (et je sais que tu sais – encore une fois – que le Ennio s’est souvent surpassé dans des films ultra bis.
Mais là où j’ai l’impression que si tu n’es pas moi c’est que tu pourrais bien être mon frère, c’est quand tu écris cela :
« Je surjoue quelque peu mon Leonisme ou plutôt je feins de croire qu’un certain fétichisme n’a rien figé de mon goût mais c’est par lui que j’ai découvert le cinéma et la musique. C’est de là que je viens et je continue de porter ses 4 derniers tout en haut ».Tout pareil. Où donc ce mêlent souvenirs de gamins, forcément subjectifs, forcément qui comptent mais dont on s’aperçoit aussi qu’ils correspondent (miraculeusement ai-je envie de dire) à du beau cinéma (je plains mes potes – même génération – qui ont été élevé avec Van Damme ou Seagal : ils ont le même rapport « madeleine » avec eux que toi et moi avec Léone).
Il se trouve simplement que Léone, même en grandissant, nous est resté un très grand cinéaste.Et ton histoire des « 4 derniers tout en haut » : d’accord aussi. Je crois même qu’il est le seul cinéaste qui n’a fait que de mieux en mieux (en général, l’âge fait que ça peut devenir inégal, exemple qui va te parler : Peckinpah). Certes, sa filmo est courte (6 films, 7 si on compte « le colosse de Rhodes » – je ne le compte pas – et 8 si on ajoute la course de char dans « Ben Hur »).
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Sylvain
InvitéEt 9 si on ajoute le scripte et la mise en scène de 3 ou 4 séquences pour « mon nom Personne » – et celui-là je le compte « officiellement ».
Grand film un peu sous-estimé. A la croisée des genres. Sous-texte puissant voir avant-gardiste.
Même François pourrait aimer… -
Seldoon
InvitéAprès de tels messages je ne peux te vouloir que du bien, et pourtant voici deux cruautés :
1. Je crains que Leone ait comme à son habitude quelque peu exageré son implication sur Ben Hur
2. https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=1000130233.html -
Sylvain
InvitéLa deuxième cruauté est particulièrement cruelle… je suis un optimiste, j’espère que cette affaire ne verra jamais le jour (et le temps joue pour moi).
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Sylvain
InvitéPs : dernière vanne, qui n’en est pas une : mon chat s’appelle « Personne ». Il a 8 ans et aucun vétérinaire n’a saisit l’allusion jusque là…
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Tony
InvitéBurdeau n’est pas tombé dans le panneau,
https://www.lemediatv.fr/articles/2025/le-cinema-du-media-14-du-brutal-MhEJU0pXTJ-yZU8N-3Na9w -
Charles
InvitéJe viens de voir la bête, je suis d’accord avec beaucoup d’entre vous, le film me fait l’effet d’un beau gros pétard mouillé.
Après 3h40 de film, j’en sors très frustré comme s’il n’était pas assez long tant j’ai trouvé qu’il n’exploitait pas assez beaucoup de choses qu’il mettait en place.
J’ai un premier problème avec le personnage principal et son interprétation par Brody. Je trouve le personnage trop doux, trop fragile, trop vulnérable (ce qui est éminemment renforcé par son accent à couper au couteau et par la dévirilisation qu’on lui fait subir). Ce n’est pas un problème de réalisme – le personnage sortant des camps, il pourrait difficilement avoir l’air d’un conquérant – mais d’intérêt et de complexité. Brody fait bien le boulot pour nous émouvoir, ça fonctionne bien, mais le personnage m’apparait un peu trop simpliste, voire univoque. Evidemment, le film essaie d’y remédier en lui collant une addiction à l’héroïne qui n’apporte pas grand-chose jusqu’à être récupéré manu militari par le scénario vers la fin avec l’épouse (ce qui permet aussi d’amener la révélation du viol), sans que le récit n’ose aller jusqu’au bout de son idée. Pour le coup, si son épouse devenait elle aussi accro à l’héroïne, la bonté du personnage de Lazlo aurait été sérieusement écornée. Alors certes on le voit péter un câble contre tout le monde sur le chantier mais c’est fait assez grossièrement et le film arrive quand même à le justifier (car après tout un nouvel incident sur le chantier le renverrait à la précarité). Je note par ailleurs qu’à l’issue de cette scène, l’ami noir congédié par Lazlo l’est aussi par le film…En fait, j’ai beaucoup de mal à m’intéresser et à croire à ce personnage. Le film est une charge très dure sur les Etats-Unis mais aussi un peu facile, pas très dialectique. Il me semblait que ce pays avait quand même été plutôt content d’accueillir la fine fleur artistique et intellectuelle de l’Europe et ce dès le début du nazisme (en témoignent les carrières hollywoodiennes des Wilder, Lang et consorts ou les Arendt, Marcuse etc. qui sont il est vrai arrivés plus tôt). J’ai un peu de mal à croire qu’un architecte formé au Bauhaus qui a déjà une carrière en Europe soit à ce point dépourvu de toutes relations – notamment universitaires – arrivé aux Etats-Unis. C’est une façon de désocialiser le personnage et donc de le vulnérabiliser qui est un peu commode.
Je rejoins Ostros sur le manichéisme ou plutôt le simplisme de l’ensemble car en face du bon Lazlo nous trouvons ce millionnaire obtus et brutal, joué là encore efficacement par Guy Pearce, dont on attendra en vain un peu de complexité pendant les 3h40. On est très loin des films de PTA auxquels on compare the Brutalist et notamment de the Master et ses relations indémerdables entre ses personnages. Ici on ne fait pas dans la dentelle : Lazlo est, peu ou prou, la pute de Harrison et ça nous sera bien martelé dans la scène de viol. Il y a aussi un homo-érotisme très constant dans la première partie, assez lourdingue, où tout le monde veut tripoter, enlacer Brody, surtout les hommes. Bref, Harrison est un personnage assez bourrin mais qui n’en a même pas tout à fait la puissance puisqu’on jouit peu de lui, même mauvaisement, négativement – au contraire d’un Daniel Day-Lewis par exemple dans beaucoup de ses rôles.
J’ai placé quelques espoirs dans le personnage du fils, dans sa perversité mais il disparait assez vite du récit, il est rapidement relégué après l’ellipse bien pratique où il va aborder la nièce. Pareillement pour la fille d’Harrison, qu’on abandonne en cours de route.
Quant à celui de la femme de Lazlo, je le trouve un poil théorique, un peu forcé surtout dans ses premières scènes. On sent bien une forme de scrupule du cinéaste voulant à tout prix éviter le film de mecs sur des grands hommes soutenus par leurs femmes dociles ou au contraire entravés par elles car trop médiocres. Ca donne un personnage qu’on nous présente immédiatement comme sexuel, au caractère très affirmé et qui va ensuite être celui qui dit ses quatre vérités à Lazlo puis à Harrison. Le personnage est suffisamment tordu pour m’intéresser – j’aime assez qu’il soit empêché et en même temps très vivant, qu’il réveille un peu Lazlo – et c’est toujours mieux que le rôle de l’épouse pot de fleur.
J’ai également été déçu par les dialogues, que j’ai trouvés dans l’ensemble assez moyens, empêchant les scènes de décoller – à ce titre la scène où Harrison raconte sa vie à Lazlo lors de la première réception chez lui est très laborieuse pour cette raison. C’est souvent assez plat, attendu, le pire étant atteint avec la confrontation finale entre l’épouse de Lazlo et la famille Van der mes couilles – elle ne prend pas du tout : quitte à recourir à cette facilité de l’héroïne qui vient agonir d’injures le méchant autant y aller à fond alors qu’ici on en reste à « he’s a rapist » alors qu’elle avait bien d’autres choses à lui dire.
Tout ça fait que j’ai attendu pendant tout le film des grandes scènes qui n’arrivaient pas, malgré un élan initial, une promesse de souffle, de grande fresque très ambitieuse. Je vois bien que Corbet veut contrarier très rapidement ça en refusant les scènes triomphalistes ou les climax habituels : la première réalisation de Lazlo est un échec, les retrouvailles attendues avec sa femme aussi (d’une cruauté un peu forcée là encore car trop rapidement amenée). On a tous les signes du film retors à la PTA mais malheureusement ça ne suit pas du tout derrière.
Je ne reviens pas sur cet épilogue en forme de bras d’honneur à l’intelligence du spectateur mais cette lourdeur est hélas à l’image de ce film très ambitieux mais en réalité assez vide.-
Charles
InvitéConcernant l’interprétation par le haut de la fin proposée par toni erdmann, je n’y crois pas trop. D’abord parce que le film n’a jamais fait preuve d’une telle finesse autre part. Ensuite parce qu’il me semble que la nièce s’appuie sur les Mémoires de Lazlo, donc sauf à considérer qu’elle est également derrière, je pense qu’il s’agit bien de sa propre interprétation. La nièce ne nous a par ailleurs jamais été montré comme particulierement entreprenante ou intéressée par le travail de Lazlo.
De même, Lazlo évoque lui-même plus tôt dans le récit le fait que les salles sont petites et que les visiteurs seront poussés à regarder vers le haut. Toutefois, il est évidemment très possible que Lazlo ait reinterpreté a posteriori son travail, notamment depuis le décès de son épouse. En revanche, m’interrogé l’état de grabataire de Lazlo alors qu’il est censé n’avoir que 69 ans même si je vois bien l’effet de miroir avec son épouse via le fauteuil roulant.
Enfin, concernant le régime d’images utilisées, j’y vois là un certain conformisme pour évoquer les années : images camescope, esthétique tele (comme dans The apprentice), soupe disco/pop. J’y vois une forme de facilité. Par ailleurs, je trouve l’utilisation des images d’archives dans le reste du film sans intérêt, c’est très limité et illustratif.
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François Bégaudeau
Maître des clés» J’ai un peu de mal à croire qu’un architecte formé au Bauhaus qui a déjà une carrière en Europe soit à ce point dépourvu de toutes relations – notamment universitaires – arrivé aux Etats-Unis. C’est une façon de désocialiser le personnage et donc de le vulnérabiliser qui est un peu commode. »
Il y a là un forçage, en effet. Voire un mensonge
Ce mensonge a un objectif précis qui sera révélé, en exclusivité mondiale, dans la GO-
Charles
InvitéL’objectif précis c’est pour alimenter le mélodrame et créer une fiction libérale entravée?
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Claire N
Invité« créer une fiction libérale entravée »
Merci Charles, j’adore cet outil-
François Bégaudeau
Maître des clésle fiction libérale y est, et c’est le meilleur du film
mais le film a aussi des visées idéologiques, dont je m’étonne que nul ne les mentionne
(à moins que je ne m’en étonne pas)-
Charles
InvitéEn rapport avec le sionisme? Sa justification ?
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François Bégaudeau
Maître des clésévidemment
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Ostros
InvitéFrançois, je suis triste, j’ai évoqué ce point dans mon premier texte :
« Inévitablement, le projet de partir en Israël devient un message. Car que voit-on depuis le début : des juifs qui sont les victimes au carré d’un autre monde (l’Amérique). Personne ne veut d’eux (les répudiés de l’Histoire), alors que les nazis essaient de tous les exterminés »-
François Bégaudeau
Maître des clésen effet
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Ostros
InvitéEt pour servir le narratif du martyr ?
Merci Charles pour ton retour et comment tu as replacé dans le contexte les films de PTA et le jeu de Daniel D L.
Je me suis dit aussi au sortir du film qu’il y avait eu de bonnes intégrations de juifs aux USA et lui ne se lie même pas avec ces confrères juifs de la synagogue. Est évacué cette possibilité aussi lorsqu’il dit à son seul ami qu’il est hors de question qu’il travaille pour les juifs, c’est curieux et intéressant. Il y avait une communauté juive déjà en place, on ne la voit jamais. Juste en figuration à la synagogue.
Je me suis demandé si ce n’était pas dû au désir d’ascension de Laszlo qui s’est coupé des juifs pour s’attacher à suivre Van Buren et la haute société.
La juiverie de Laszlo ne le lie même pas au banquier alors que ce dernier arrive à faire venir sa famille. Il ne s’agit que d’un service et leurs relations ensuite ne sont plus que contractuelles. Cela peut être une facilité mais je trouve original un juif qui ne soit pas si communautaire d’autant plus avec tout ce qui se passe en Europe et d’où il arrive.
Peut être que cela a permis de ne pas enfermer le film dans cette communauté pour ne pas avoir à traiter du présent politico historique en Europe. On parle du bout des lèvres des camps, c’est comme si Hitler n’existait pas, pour ne parler que d’industrie aux USA. Mais jamais n’est dit d’où viennent ces matières premières (sauf pour le marbre en italie). On ne fête pas la fin de la guerre. On a le sentiment d’un pays seul au monde, jamais en lien avec les autres pays, si ce n est (que) par le fil migratoire, le sentiment d’un huis clos géographique.-
Ostros
InvitéJ’étais gênée par l’ évidement des plans extérieurs de la vie quotidienne. Le plan le plus frappant est celui en italie absolument vide lorsqu’ils sont au café à attendre. On entend des présences uniquement au son. Je me suis demandé tout le long du film pourquoi ce choix de ne pas remplir avec des figurants ?
On ne trouve des locaux que dans la scène de danse dans le tunnel. Et d’ailleurs pourquoi les 2 fêtes (USA / Italie) se passent elles dans des sortes de caves (qui ont exactement la même configuration longiligne ?)-
Charles
InvitéLe film est assez pauvre, par rapport à ses ambitions, ce qui explique en partie l’évidement des plans et leur resserrement. Mais pour le café en Italie, je pense que ca a aussi une visée dramaturgique, pour créer un climat d’affrontement et nous mettre aussi dans un bain d’irréaliste, proche de l’abstraction.
(On dit judéité, pas juiverie, quand on évoque un personnage juif).-
Charles
InvitéBain d’irréalité*
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Ostros
Invité(Oui je le sais, j’ai parlé comme je parle en privé où j’utilise juiverie sans doute au départ c’était de façon ironique en rapport avec ma famille, puis c’est resté dans mon vocabulaire je ne m’en suis pas rendu compte).
Ok c’est intéressant pour l’Italie. C’est vrai que cette partie tend vers une forme de rêverie éveillée. La fin de la séquence avec la fête suivie du viol de Laszlo sous opium étant le point culminant de cet état. Les cuts rendent aussi cet état d’ébriété dans ce passage et dans d autres tout au long du film.-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est vrai que juiverie appartient de plein droit à la langue antisémite
avec les classiques : juiverie hollywoodienne, juiverie mondialiste
on aime bien aussi le « enjuivé » de Céline – cité dans Comme une mule. La littérature enjuivée (synonyme : castrée, féminisée)-
Lumen core
Invité« Pd enjuivé » d’alain laubreaux
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Ostros
InvitéJ’ignorais cela, soudain ça donne plus envie de l’utiliser même ironiquement.
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Eustache
InvitéOui je pense que ce n’est pas tant un choix qu’une contrainte.
UN figurant costumé etc, ça coute cher et je crois qu’il y sont allés très léger en Italie.
J’ai même eu l’impression à différents moments du films, que parfois ils avaient manqué de rushes, il y a quelques raccords qui sentent le bricolage, par exemple, un raccord dans l’axe avec une saute, sur la séquence de la carrière de marbre (le plan sur van buren joue au marbre). Bref, Brady paye son vistavision.
La critique qui connait généralement très mal la fabrication d’un film occulte bien toutes les contraintes économiques qui font qu’un film ressemble à ce qu’il est.-
Tony
InvitéLa contrainte économique vaut pour tous les films,ce qui me surprend,ou pas,c’est que ce soit devenu un argument marketing et que la critique en fasse grand cas,au fond je me demande si cette focalisation sur le budget n’est pas une forme de soumission,on sait par ailleurs que les cinéastes les plus prisés par l’industrie sont ceux qui sont capables de tenir un budget(respect des délais,voire jours de tournage économisés)et de réussir à faire moins cher que les autres,il y a peut-être cet inconscient là chez ce cinéaste qui sait?
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Seldoon
InvitéLa contrainte économique vaut pour tout les films et elle vaudrait donc une mention dans to ur es les critiques – ce n’est d’ailleurs par rare qu’il soit question de budget et de toutes ses conséquences dans la GO.
Effectivement ici la mise en scène est très déterminée par l’absence d’argent, plutôt pour le mieux et avec certains manques ici et la mais je n’axerais pas mes attaques dessus : je préfère que ce genre de tentatives existent, avec les compromis qui sont choisis ici (tout film n’est qu’un gros tas de compromis préservant quelques axes choisis). Par ailleurs je suis ravi qu’on trouve de plus en plus de jump cuts subits dans des scènes au montage classique de films à peu près mainstream. Les premiers que j’ai repérés sont dans The Irishman où il s’agissait de ne pas faire de compromis (on y revient) sur le jeu des acteurs. En voyant ça on se dit encore une fois que les monteurs (en fait les équipes complètes car ça commence au tournage) du monde entier amputent le cinéma depuis des décennies en privilégiant la continuité à tout ce que ferait un bon film. On en a vu ensuite dans le dernier Tarantino (qui les fait jouer un peu différemment en ajoutant un brin de meta, mais je ne tombe pas dans le panneau : ce sont des jump cuts subits et ils sont magnifiques). On en retrouve ici et encore une fois ça m’a rendu tout joyeux. Il faut éduquer les spectateurs à dire merde à la continuité reine.-
Charles
InvitéLa critique fait grand cas du budget de the Brutalist car il détonne quelque peu. On voit partout une inflation des budgets, parfois complètement délirante, et on peine à voir à l’écran où la thune a bien pu partir si ce n’est dans le cachet de certains acteurs (Dicaprio aurait pris 25 millions dans le budget du prochain PTA…). Donc quand on voit un film avec une ambition aussi grande que the Brutalist, elle-même assez rare, avec un petit budget pour le marché et un résultat qui à cran tient aussi bien la route (dans le sens où il ne fait pas cheap), on le remarque. Mais oui, ca fait aussi partie du storytelling.
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Charles
InvitéSeldoon, tu as lu retranscription de l’intervention de Thelma Schoonmaker à la Cinémathèque dans les Cahiers du cinéma de janvier? Elle est d’une humilité assez folle quand elle décrit sa collaboration avec Scorsese. Selon elle, elle sert surtout d’appui technique à Scorsese qui est un monteur né et dont tout le montage se retrouve dans ses premiers courts-métrages. Autrement dit, elle ne lui a presque rien apporté, à part quelques facilités techniques.
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Seldoon
InvitéAh non je vais chercher ça merci ! J’adore ses interviews. Je ne doute pas que Scorsese soit un monteur né – il tourne pour le montage – mais Thelma est un peu trop humble. C’est un grand couple de monteurs.
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Charles
InvitéNuméro de février pardon.
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Ostros
InvitéN’ayant rien lu sur the Brutalist avant visionnage et après j’ignorais totalement ce budget, que je découvre à l’instant, de 9,6 millions de dollars. Je pensais qu’il avait eu beaucoup plus de moyens.
De fait oui je comprends mieux le minimalisme très visible de certaines scènes.
Quand on pense que l’amour ouf a coûté 35 750 000 euros.
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Eustache
Invitéje devrais dire contraintes tout court, car il n’y a pas que l’économique, faire un film c’est passé son temps à se retrouver entravé dans ses désirs. Mais la critique parle généralement des films comme si tout était choisi soigneusement, c’est assez frappant cette méconnaissance de la fabrication très aléatoire d’un film. Pour les jumps cuts etc, j’ai l’impression que le grand public y est bien habitué aujourd’hui, c’est parfois même un tic, une facilité pour »faire vivant et rapide ». En l’occurence, dans ce qui se trouve être la plus belle séquence du film, je ne m’explique pas cette saute, cette faute devrais je dire, à part une contrainte technique, une perte de point, une fin de bobine, que sais je. Ou un sabotage conscient ce qui n’est pas exclu. Mais tenir ce plan sur van buren dans la continuité aurait été beaucoup plus beau à mon sens.
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Ostros
InvitéIl y a aussi un changement d’axe brutal que j’aime beaucoup lorsqu’ils sont à table, qui sonne comme un faux raccord et est soutenu au son je crois.
Tous ces cuts, mouvements de caméra inversé, et les quelques faux raccords donnent une sensation de vertige : d’être emmené par le rythme et de perdre ses repères temporels dans une scène.
Et aux contraintes j’ajoute celle de rendre les époques donc d’évacuer tout ce qui dans le champ est actuel. D’où aussi des choix de huis clos et des extérieurs traités comme tel. -
Seldoon
InvitéEustache : je parle bien des jump cuts subits (j’utilise le lit de Thelma elle même) et pas de ceux qui sont dynamiques et cool.
Jump cuts cool (ou disons expressif) : le rasage dans la famille Tenenbaum, l’interrogatoire des 400 coups, le zoom progressif par succession de raccords dans l’axe du plan large à l’œil du boucher dans Gangs of New York, les sautes dans les Jason Bourne…
Jump cut super cool : Edgar Wright
Jump cut subit : la scène du téléphone à la fin de the Irishman. Il ne dit rien, ne dynamise rien, n’est pas accompagné au son (contrairement à chez Tarantino qui n’osera pas aller jusque là). Ce n’est pas une erreur : c’est juste qu’ils voulaient le « allô » de la prise A et le reste de la prise B.-
Seldoon
InvitéOr ici dans The Brutalist s’il doit bien y avoir quelques jump cuts cool il y en a 2-3 qui sonnent complètement subits. J’en ai 2 en tête sur Guy Pearce.
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Dune
InvitéOui pour les appréciables jump cuts sans compromis. Mais n’enlevons pas à Malick leur paternité « mainstream » bien avant Thelma et Martin. Notamment dans l’ouverture mélanésienne de La ligne rouge, où un jump cut sur le visage d’une femme intriguée/souriante (vers la 8e minute) m’a fait l’effet d’un big bang.
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Seldoon
InvitéPardon à Terry. Il débarque dès l’ouverture de la ligne rouge avec un montage plus ouvertement experimental, on sait très vite qu’il y aura des tentatives, alors que The Irishman fait semblant d’être plus académique. Je parlais d’un petit regain acutel (et je suis à peu près convaincu que Tarantino ne se le permet que parce qu’il l’a vu chez Marty alors qu’il était en plein montage). Mais je ne veux rien retirer à l’élève de Sam, c’est bien lui qui pousse tout ça le plus loin depuis bien longtemps.
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..Graindorge
InvitéÀ Hollywood, ils ne sont pas à un mensonge près. La raison de ce Brutalist saute aux yeux.
Toujours la même rengaine.
Aucune envie de le voir mais j’en écouterai la G.O, l’ intelligence de l’ Homme qui n’a pas de prénom et celle de François Bégaudeau font du bien. Je compatis aussi lorsqu’ils doivent se taper des gros navets comme La chambre d’à côté ou celui-ci. Mais bon, ils nous décortiquent les ficelles de toutes tailles et démontent les mécaniques, en s’amusant et en nous amusant. Et puis c’est pas la mine-
François Bégaudeau
Maître des clésThe brutalist n »est pas un gros navet, il y a même dedans des choses brillantes.
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..Graindorge
InvitéJe veux bien le croire mais non, pas pour moi ce film et Adrien Brody… Devoir fermer les yeux et me boucher les oreilles chaque fois qu’il apparaît, c’est pas une vie
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François Bégaudeau
Maître des clésla fiction libérale entravée, veux je dire
concept pertinent
j’aurais pas mieux dit -
Seldoon
InvitéJe vais y réfléchir encore un peu mais n’ai pas grand chose à redire à tout ce qu’écrit Charles, à ceci prêt qu’il évacue au passage les qualité du film. Pétard mouillé mais pétard quand même. J’y reviendrai plus tard, mais notons au moins les ellipses gonflées comme celle du probable viol de la nièce, du probable suicide du mécène, l’absence de retour sur la disparition du pote noir viré.
Évidemment sur tout ca plane l’ombre de PTA (dans les tentatives de scènes, dans nombre de plans, dans le jeu de Guy Pearce…). La scène du viol me semble quasiment calquée sur le final de there will be blood et celle de la masturbation par la femme sur celle de the master. Pour continuer sur les emprunts : on parle souvent de Malick pour les caméras flottantes de Corbet mais j’y vois beaucoup plus directement Gaspar Noé et ses plans qui tournoient – de façon faussement anarchique et vraiment maîtrisée – sur tous les axes (c’est la vraie différence avec Malick, qui mime des déambulations humaines quand la caméra de Noé est une caméra non soumise aux lois de la physique). On peut comparer l’ouverture d’irréversible et l’arrivée de Toth en Amérique. Enfin je ne saoule pas tout le monde sur le montage de la scène du lac dans Guet-apens de Peckinpah pour ne pas souligner le micro flash forward lors de la danse ici (opération similaire, on ne sait pas s’il s’agit d’un flash de tentation pour le personnage ou de prémonition pour le spectateur, c’est les deux et c’est aucun, j’aime beaucoup).
Vous en parliez plus haut, j’ai été très gêné par le traitement de l’antisemitisme qui tourne au grossier à chaque fois. Un juif en Amérique dans les années 50 est donc automatiquement isolé et se ferait automatiquement violer et c’est ça le problème, autant aller créer Israël. C’est dommage car cet axe là partait bien.-
Charles
InvitéOui j’ai été dur avec le film alors qu’en réalité je le recommande car ca reste à voir. Le film a une certaine tenue, beaucoup.de savoir-faire et de l’ampleur. Je ne me suis d’ailleurs jamais ennuyé devant.
Mais sur les éclipses, est-ce que c’est pas un peu trop facile ? Ca permet de sous-entendre une scène de viol
(ou plus surement, de tentative) sans avoir à se taper de faire la scène (ni aucune de ses conséquences d’ailleurs). Je suis davantage convaincu par celle du suicide du père, dont la monstration n’aurait rien apporté, et qui produit ici une part de mystère voire de fantastique tant il semble s’être volatilisé, comme un démon qu’on aurait expulsé en le nommant (rapist).-
I.G.Y
InvitéJe suis plutôt d’accord avec les critiques mais il y a un point que je vois revenir plusieurs fois (Charles, Ostros) et qui m’étonne un peu. Je ne trouve pas le personnage de Van Buren traité de façon si « manichéenne » (au moins jusqu’à la dernière partie). Il est décrit comme assez déconnecté, plein aux as, sans aucun doute un peu fou, mais il ne me semble pas représenté comme une figure du mal face à un Laszlo figure du bien. Dans toute la première partie on sent tout de même que Van Buren lui voue une admiration sincère. Tout illuminé et businessman qu’il est, son rapport à la beauté architecturale et matérielle n’est pas présenté comme purement instrumental (cf. aussi la scène du marbre). Il reste vrai que sortent périodiquement de sa bouche des horreurs, y compris dans les deux heures qui précèdent la scène du viol.
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Sacrée ironie de la part Corbet d’avoir nommé Van Buren ainsi, ce nom d’immigré par excellence.-
Seldoon
InvitéEn fait je crois qu’une figure du mécène n’est jamais manichéenne. La réalité basique de tout mécène, presque sa définition c’est cette ambiguité. C’est grace à lui que tant d’art voit le jour. Il y a toujours un goût sincère pour l’art à l’origine de tout ça. Ensuite c’est un bordel de caprices, de calculs politiques, de calculs d’influence, d’interaction entre divers investissements, d’admiration, d’envie, de mépris. On voit un peu tout ça dans le personnage ici, c’est détaillé. Donc je ne dirais pas que le portrait est raté. Mais pas sûr que le film en fasse grand chose d’autre que la longue pause de construction.
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Tony
InvitéSur l’admiration et le goût sincères pour l’art du mécène c’est un peu se bercer d’illusions sur Von Buren(nom d’immigré à consonnance germanique et aristocratique soit dit en passant),son goût pour l’art n’est qu’un goût pour faire ériger un monument à sa propre gloire et dans l’admiration sincère qu’on lui prête pour Toth je n’y vois qu’une perversion.
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Seldoon
InvitéJe vois une vraie admiration et un vrai goût, comme chez plein de vrais mécènes (qui peuvent être aussi mégalos et ne rien comprendre à l’art que lui).
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Tony
InvitéIl existe certainement des mécènes sincères mais je ne me souviens pas dans ce film avoir vu Von Buren exprimer quelque chose qui pourrait nous faire penser à cette inclination.
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K. comme mon Code
InvitéDisons qu’il a un goût sincère pour le travail de Lazlo une fois que la bibliothèque est valorisée par son milieu social.
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Tony
InvitéC’est tout à fait ça.
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I.G.Y
Invité« une fois que la bibliothèque est valorisée par son milieu social » : oui il y a bien aussi cette composante. J’ai un bon souvenir de la scène de la discussion au café
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@Tony je dirais même directement néerlandais plus que germanique, référence aux colons néerlandais (d’ailleurs je découvre que le 8è président des Etats-Unis s’appelait … Van Buren!). Et en néerlandais j’ai lu plusieurs fois que le « van » n’était pas du tout nécessairement une marque de noblesse contrairement au « de » en Français. Il n’empêche que ça ne change rien au statut social effectif du cher Van Buren qui nous occupe ici-
I.G.Y
InvitéLe nombre de scènes où Van Buren témoigne d’un véritable intérêt et d’une vraie prise en considération de ce que Lazslo dit et fait est assez conséquent. Parce qu’il le trouve bon, tout simplement. Ça s’impose à lui.
Globalement je rejoins Seldoon, le portrait n’est pas raté mais pas sûr que le film en fasse grand chose (surtout qu’il lâche complètement le personnage à partir de la scène du viol).
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Tony
InvitéMerci pour l’info, toujours bon de rappeler que les américains sont des descendants de colons européens, d’ailleurs j’avais vu quelque part que cette colonie de peuplement était un modèle pour le nazisme.
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I.G.Y
InvitéIl y a un livre que je n’ai à tort pas eu le temps de finir et qui m’avait l’air assez génial là-dessus, contrairement aux apparences de son titre très putaclic (qui a fait qu’au départ je ne voulais pas le lire), il est très sérieux : Le Modèle Américain d’Hitler. Il faut que je le reprenne
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Seldoon
InvitéQuant au format VistaVision, maintenant que j’ai vu le film je n’ai rien de neuf à en dire. Je vois un goût esthétique (et, oui, une histoire de « faire vintage avec de la gueule » maintenant que les formats très alongés ont été démonetisés par des productions Netflix). Mais de la même façon on pourrait demander ce qu’apporte un 16:9 classique.
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Charles
InvitéLe personnage de Van Buren nous est présenté hurlant, en nous signifiant très lourdement qu’il est raciste par deux références au scandale de voir un nègre sur sa propriété.
Il s’amadoue lors des scènes suivantes et j’ai alors cru à ûe espèce de séduction retorse qui allait se mettre en place sauf que le film abandonne vite cette piste et Van Buren n’est plus montré à partir de la seconde partie que comme un exploiteur, qui ne fait même plus semblant de s’intéresser à l’art.-
Charles
InvitéMais oui ce n’est pas tant raté que faiblement intéressant.
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Tony
InvitéOn peut aussi dire que c’est pas très subtil ou complexe.
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I.G.Y
Invité« Le personnage de Van Buren nous est présenté hurlant » : je suis totalement d’accord, mais cette entrée en matière est nuancée par la suite (tout en lui remettant régulièrement dans la bouche quelques horreurs). En revanche oui, plus la fin approche, plus le personnage s’effrite
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Dune
InvitéSubtil rien ne l’est. Le sommet etant l’italien (comment le nommer autrement quand il s’agit de sa seule fonction?) forcément en retard mais ne pouvant abréger un café. Exploitant de marbre mais fougueux, poète et logiquement anarchiste ayant marché la veille sur le cadavre de Mussolini… Les scénaristes ont révisé.
Les marques d’admiration appuyées de Van Buren à l’esprit de Laszlo ont tout de même par leur répétition complexée un effet comique, jusqu’à la souillure de la grotte où cet esprit « gâché » est renvoyé à l’impuissance génétique de sa race. C’est épais mais ça marche, je trouve. -
Tony
InvitéRire(excellent)
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K. comme mon Code
InvitéLa scène qui m’intéresse le plus dans The Brutalist, je crois bien, c’est l’aparté entre Lazlo et la femme de son cousin. Elle est moins antisémite que déçue par l’homme dont on a vanté les mérites. Il n’a aucune ambition. Il ne poursuit pas le rêve américain ressorti par les critiques à toutes les sauces. Il reste tout de même attaché au travail, il fait cette chaise, puis un bowling, on apprend, mais il n’a pas vraiment envie d’être un grand architecte — encore faudrait-il avoir envie de vivre. Brody est trop souvent au bord des larmes, mais dans l’effondrement euphorique en apprenant que sa femme est vivante — ce qu’il apprend d’ailleurs après nous, comme si, oui, elle était vraiment tout le temps avec lui — je vois très bien ce qui lui est arrivé, et alors oui : l’héroïne. Le projet ambitieux du mécène est trop. Trop grand. Trop d’emmerdes. Quand Van Burren hurle, scandalisé par la rénovation de la bibliothèque, j’aime beaucoup le calme de Lazlo : il s’en bat les couilles. Il a joui du travail, joui de l’activité : il s’en va.
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Charles
InvitéOui le film se refuse à faire le portrait de l’artiste romantique génial et fiévreux. Mais va s’accorde mal au récit qui a quand même besoin qu’il soit un génie sinon on n’irait pas constamment le chercher et on ne supporterait pas son intransigeance.
De même, le film ́ne montre jamais Lazlo très enthousiaste quand Von Buren lui confie un projet titanesque qui lui sauve au passage la vie et lui permet d’exercer son art, ce qui paraît aussi peu crédible.
On ne parlera jamais beaucoup d’architecture dans le film, à part au début du film quand lors de la première réception chez Von Buren, Lazlo échange longuement tous les deux et Lazlo évoquera en quelques phrases sa vision de l’architecture. C’est vraiment assez pauvre sur le sujet.-
Charles
InvitéÉchange longuement avec Von Buren*
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K. comme mon Code
Invité« De même, le film ́ne montre jamais Lazlo très enthousiaste quand Von Buren lui confie un projet titanesque qui lui sauve au passage la vie et lui permet d’exercer son art, ce qui paraît aussi peu crédible. »
Sur ce point là, je pense que c’est cohérent. Il ne demande pas à être sauvé. Il est reconnaissant pour sa famille mais sinon il a l’air plutôt gêné par l’offre pendant la séquence de Noël. Von Burren en tant que mécène a besoin d’un génie, et donc d’instaurer Lazlo comme grand architecte. Sur l’épilogue, je suis très mitigé. Il y a toujours l’idée que l’artiste est approprié mais c’est aussi explicatif au premier degré. -
MASTO
Invitéj’avoue que j’ai encore eu ce ressentit d’un biopic sur un artiste fou et géniale mais au final on ne le montre jamais créer ou pratiquer concrètement son art. y’a deux trois coup de crayons par ci par là sans plus. ça donne l’impression de voir un gars qui dit « je suis un grand médecin » juste parce qu’il a un stéthoscope autour du cou. ce qui m’a fait rire quand van buren lui propose le projet, lazlo répond j’ai plein d’idée je fais vous faire des dessins puis ellipse au lendemain matin et il arrive « bonjour j’ai fait des dessins vous voulez voir ? » et du coup je ne comprenais pas l’intérêt de ne jamais le montré créer ou quoique que ce soit. c’est toujours « j’ai une idée géniale » puis paf le truc et déjà la et tout le monde dit oui c’est génial.
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Seldoon
InvitéOn le voit quand même pas mal pratiquer (et bien) son artisanat. Par exemple la bibliothèque du début.
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Juliette B
InvitéPar exemple aussi son oeil/caméra averti qui s’arrête sur un bloc de marbre dans la carrière, encastré comme les autres dans une composition merveilleusement parfaite, et inhumaine
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Rantanplan
InvitéWaou…Je pensais pas du tout que j’allais réagir comme ça mais j’ai chialé comme rarement devant l’histoire de Souleymane. Le jeu de l’acteur est tellement « on point »…toutes ses mini réactions face aux galères, au danger, à l’humiliation,…Bouaf, j’ai du mal à m’en remettre.
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Ostros
InvitéJe l’ai rattrapé en vod et je le trouve vachement bien sûr toute la partie qui documente (donc le gros du film) et je trouve raté tout ce qui a trait à la fiction (le pote de dortoir, l’accumulation de fights en une seule soirée qui lui font perdre son compte alors qu’une seule aurait suffit, le jeu bof de la cliente qui refuse la commande parce que « le sac est froissé » mais la nourriture intacte et la résolution trop facile de certains enjeux / conflits, le scénario s’arrange avec le réel parfois (c’est des bribes par ci par là Mais ça a suffit à me faire dire dommage, ça tenait à pas grand chose pour qu’il soit un très bon film).
Je crois que Mathieu avait aussi souligné l’improbabilité qu’il puisse avoir le 115 direct et une place pour le soir tout aussi vite, cela tous les matins. Et ces compagnons de galère comme lui.
Mais j’ai apprécié le voir. Il m’a apporté des choses.-
Rantanplan
Invitéoula, t’es vite distrait dites-donc. Passé sous silence l’incroyable incarnation de l’acteur principal et notifier une actrice moyenne qu’on voit 2 secondes derrière une porte…mdr.
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K. comme mon Code
InvitéTu vas vite apprendre à te calmer — ou à défaut : lire.
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Rantanplan
InvitéComment donc?
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K. comme mon Code
InvitéEn commençant par te calmer et lire sinon tu vas nous faire un AVC au bout de cinq jours si tu réagis au quart de tour comme un petit garçon qui ne supporte pas une vague divergence d’avis.
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Rantanplan
InvitéEncore faudrait-il que je sois énervé. On peut être condescendant et calme : ) Je trouve ses pinailleries hs.
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Ostros
InvitéRantanplan, on ne peut pas se forger un avis sur un film en se basant uniquement sur le jeu de l’acteur principal, tu en conviens ?
De plus tu n’as pas été condescendant, tu as réagi bêtement. Je dis bêtement car sans prendre en compte toutes les lignes de mon post. Tu es très pris dans ton émotion et on sait que ce n’est pas la meilleure disposition pour parler d’un film.-
François Bégaudeau
Maître des clésle vrai problème étant peut etre de trouver « incroyable » la prestation d’un acteur que d’aucuns trouvent calamiteuse
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Rantanplan
Invitéc’est factuel j’imagine?
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Rantanplan
InvitéComme je disais, je trouvais tes désirs d’ajustement hs. Y’a un peu trop de ci pas assez de ça…On dirait plus un retour de décoration d’intérieur qu’une critique à proprement parler. Et évidemment, il n’y a pas que son jeu qui m’a plu.
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Rantanplan
InvitéC’était pour Ostros.
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Ostros
InvitéC’est vrai que je parle de papier peint, de dame-Jeanne de miroir en pied et d’énergie positive, et pas du tout de scénario, d’écriture collée au documentaire et d’écriture fictionnelle (arrangement avec le réel).
D’ailleurs la conversation avec Juliette plus bas est une extension de mon commentaire sur l’harmonie de la couleur des murs dans la scène du fournisseur d’histoires à réciter lors du rdv pour la demande d’asile. -
Rantanplan
InvitéFranchement, pas beaucoup de différence oui. A peu près pareil qu’une conversation entre 2 fans de marvel qui s’écharperaient sur le fait que Captain America ne peut pas soulever le marteau de Thor.
Un réalisme total n’est pas important, c’est une question de dosage. Si souleymane devient un riche entrepreneur grâce à l’aide de son voisinage ça passe pas. Si par contre, dans la réalité des protocoles il y a quelques incartades (et cela reste donc à prouver), mais que l’essence est là, tout va bien pour moi. L’idée étant bien que le mec n’a pas de repos possible, qu’il doit toujours essayer d’optimiser ses plans foireux pour réussir à ne pas être totalement dans la merde. En cela on a une très bonne plongée dans ce que matériellement être son quotidien. -
Ostros
InvitéVoilà qui clôt toute tentative de critique du film.
Tu t’attendais donc en postant ton commentaire post visionnage à ce qu’on te réponde Mais oui Rantanplan je pense tout comme toi. Ça aurait été bien de le mentionner dans le texte.
Heureuse que tu aies apprécié que le film corresponde à ta grille de lecture alors. Bonne journée. -
Rantanplan
InvitéExcellente journée à toi aussi!
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Juliette B
InvitéJe reviens sur cette histoire de la place dans le foyer tous les soirs parce qu’il me semble qu’à chaque fois qu’elle est évoquée ici, on oublie ce que fait précisément Soulleymane dans le film pour y avoir droit :
Il met tous les soirs avant de s’endormir une alarme sur son téléphone qui le réveillera au cœur de sa courte nuit pour passer au central du centre d’hébergement le coup de fil de réservation de la nuit suivante.
La sonnerie de cette alarme retentit plusieurs fois dans le film alors que l’homme dort, restituant la violence du sommeil brutalement interrompu quand on est très fatigué. Elle m’a fait sursauter à chaque fois et éprouver son brutal désagrément.
Ce réveil brutal est le prix que Souleymane s’inflige à lui-même pour réserver sa couche la nuit suivante.
Est-ce invraisemblable ?
Je ne crois pas. Quiconque a vu ou entendu quelqu’un appeler le 115 a constaté que l’opérateur, souvent, répond qu’il n’y a plus de place là, mais que le mieux c’est de rappeler vers telle heure pour tenter de réserver sa couche pour la nuit.
Souleymane a repéré qu’en appelant à cette heure là, quitte à ruiner son maigre sommeil, il pourra être dans les premiers à le faire pour la nuit suivante. Et l’opératrice qui lui répond a l’habitude de son appel répété.
L’enjeu c’est bien la stratégie organisationnelle qu’il doit déployer au cœur de sa vie de merde pour ne pas se retrouver sur le pavé et pouvoir assurer physiquement sa vie de travailleur de force. Quitte à se torturer lui-même au milieu de la nuit.-
Ostros
InvitéJai retrouvé hier le post de Mathieu sur la page 14 du thread cinéma et il explique bien que personne n’obtient 2 fois de suite un hébergement d’urgence surtout lorsqu’il est en bonne santé. Et personne n’a sa place à lui dans ces hébergements (cf Souleyman qui dit d’habitude j’ai le casier 10, j’ai laissé toutes mes affaires dedans et il a son pyjama sous le matelas de son lit à côté de celui de son pote) En plus c’est non seulement Souleyman mais aussi sa bande de pote qui obtient chaque matin une place. On comprend bien l’idée du réveil tôt, une idée de pure fiction car dans la vraie vie tous les SDF font ça (on comprend l’urgence) et la ligne est vite saturée. Je pense qu’on peut faire confiance à Mathieu qui a bossé pour le 115 lorsqu’il dit que c’est du jamais vu.
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Juliette B
InvitéLe lit n’est pas réservé puisque précisément on lui fait remarquer quand un autre arrivé avant lui l’occupe. C’est en négociant avec le mec, et c’est un moment incertain, qu’il parvient à échanger sa place.
Ces petites négociations, qui dépendent aussi de l’humeur ou disponibilité des mecs qui organisent l’accueil et peuvent légitimement ne pas vouloir rentrer dans la discussion et se contentent de rappeler le règlement (ce que l’un deux fait en l’envoyant balader), me paraissent assez justes. Elles ont lieu en prison par exemple, et c’est bien à ça aussi d’ailleurs qu’on pense furtivement dans le foyer, un parfum carcéral.
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Juliette B
InvitéJ’avais vu le post de Mathieu oui.
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Ostros
InvitéJe peux comprendre que toutes ces idées t’aient plu mais il ne faut pas oublier les centaines d’autres SDF qui appellent le 115 tous les matins, toute la journée. Il est irréel de présenter ce dortoir comme fréquenté toutes les nuits pas la même bande. En tout cas je préfère croire quelqu’un qui sait par l’expérience que la fiction qui comme je l’ai dit plus haut s’arrange souvent avec le réel pour tenir son scénario..
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Juliette B
InvitéLe réel c’est que Souleymane est demandeur d’asile, probablement accueilli dans un CADA
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Ostros
InvitéDans ce cas le réal aurait mélangé les hébergements.
J’ai trouvé ça sur le CADA :
« Les demandeurs d’asile participent à leurs frais d’hébergement en fonction de leurs ressources lorsqu’ils en ont. L’hébergement en CADA est à demander lors du dépôt de la demande d’asile en Préfecture de Région (Guichet Unique pour Demandeurs d’Asile). »
Il n’est pas question du 115. Et je me dis que si tu as un CADA tu n’as justement pas à appeler le 115, puisque tu as ton hébergement le temps de la procédure, non ?-
Ostros
InvitéJ’ai trouvé sur un blog ceci qui confirme :
« Comme plus de 50% des demandeurs d’asile, Souleymane n’est pas logé dans un Centre d’Accueil pour Demandeur d’Asile (Cada) ou un sous-centre d’accueil comme les Prahda (créés en 2015 pour faire face à ce déficit de structures d’accueil). » -
Juliette B
InvitéIl est logé par quelle structure du coup ? Le film ne le précise pas lui. Ha Ha on va devenir expertes, je vois qu’il existe plein de petits centres gérés par des assos avec leurs petites règles propres, parallèlement au cadre réglementaire qui leur est imposé… Je me souviens d’une conversation entre SDF se donnant mutuellement des conseils sur ceux à éviter absolument parce que trop dangereuses à leurs yeux ou parce qu’ils s’y étaient fait dépouiller de leurs maigres affaires.
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Ostros
InvitéIl est bien hébergé par le centre d’hébergement d’urgence de Clignancourt, géré par le 115.
Mais c’est intéressant car ce film prouve que nous n’avons en général (sauf expérience interne) pas de connaissance claire sur ces dispositifs. Et donc le film a réussi à donner à voir une fausse réalité de cette gestion des hébergements d’urgence à Paris par le 115, aux spectateurs internationaux et à des membres de jury de festival qui la croient.
Qu’aurait donné la vraie galère de Souleymane pour son hébergement, durant c’est quelques nuits ? qu’il appelle toutes les heures et que tous les hébergements soient saturés, pas de place désolée rappelez plus tard. -
Juliette B
InvitéOui je me suis posée la même question pour les CADA. Possible qu’il faille confirmer tous les jours que tu y dormiras bien la nuit suivante, certains disparaissant dans la nature subitement et d’autres attendant une place.
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I.G.Y
InvitéJe comprends mieux pourquoi il a peu été question ici de La Pampa. Rempli de personnages, de dialogues et de scènes purement fonctionnels. Vaguement une ou deux bonnes scènes qui tiennent grâce à l’acteur principal, tenaillé le reste du temps dans les fers de son script. Mention spéciale du personnage le plus gênant vu au cinéma depuis assez longtemps : le père de Jojo. La comparaison avec Vingt-Dieux est impossible — c’est trio de tête de Ligue 2 vs. U17 de Créteil. Un film qu’on aurait envie d’aimer. Qu’on aurait.
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Charles
InvitéEn attendant la GO : https://www.critikat.com/panorama/video/hatari/hatari-the-brutalist/
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Bernard
InvitéJe crois qu’il n’a pas encore été évoqué ici mais le documentaire « Sept promenades avec Mark Brown » est formidable.
Cet article lui rend bien hommage : https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/sept-promenades-avec-mark-brown/-
Hervé Urbani
InvitéUn des meilleurs du duo Creton-Barré. Comme ils étaient présents pour la projection, j’ai pu me procurer et voir les films solos de Barré que je recommande fortement.
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Charles
InvitéPuisque tu passes par là Hervé, tu as vu qu’un Bresson très peu connu, Quatre nuits d’un rêveur – adaptation de Dosto -, était ressorti la semaine dernière au cinéma? Tu l’as vu?
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Hervé Urbani
InvitéOui j’ai appris qu’il allait repasser par les salles et j’ai prévu d’aller le revoir. J’avais réussi à le trouver sur Internet Archives il y a deux ans. Si tu ne l’as pas vu, je te le conseille évidemment car c’est un de mes préférés de Bresson (je pourrais dire cela de tous ses films, mais celui-ci étant le dernier de lui que je n’avais pas vu, j’en ai gardé un souvenir d’autant plus fort)
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Hervé Urbani
InvitéUne autre adaptation des Nuits blanches de Dosto vaut le détour, le beau film éponyme de Visconti
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Mais moi c’est léo
InvitéExcellent film et excellente critique. Content d’avoir séché un cours sur marx pour observer des fleurs au cinéma
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Anna H
InvitéDe Pierre Creton et Vincent Barré, je recommande en complément L’arc d’Iris, souvenir d’un jardin (2005), un autre herbier filmé dans la vallée du Spiti dans l’Himalaya.
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Thomas
InvitéUn mot sur l’Attachement ?
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François Bégaudeau
Maître des clésDétachement
Ca fait un mot
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propater
InvitéVu Brutalist hier et je le trouve aussi assez grinçant sur le projet sioniste. Que ce soit le discours de Ben Gourion qui se surimpose sur une des séquence ‘acier’ du film (si je me souviens bien, il est possible que je téléscope des moment différents du film), la scène de diner où la nièce annonce qu’elle part pour Israël ou la musique et l’esthétique clownesque de la séquence de fin, tout ça ne sent pas l’adhésion béate, plutôt le pis-aller voire une dégénérescence.
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Mais p-e que mes opinions me font mettre des choses qui ne sont pas dans le film.
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Je dois encore digérer mais ça m’a plus plu que je l’imaginais en y allant.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe film est clairement sioniste
Le mixage du discours de Ben Gourion avec l’acier pose une alternative que le film tranche.-
propater
InvitéAh, c’est vrai qu’on peut le voir comme une alternative, je l’ai vu comme une promesse de la continuation de la violence et de l’impérialisme, notamment en l’associant avec la caméra au raz des rails dans la séquence du déraillement (et aussi avec les plans qui dévalent cette petite route de Pennsylvanie à fond de balle). Hâte d’écouter la GO.
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Arnaud
InvitéVu L’amour ouf. Pire film vu depuis le dernier Assayas.
Par où commencer lorsque tout est mauvais.
Les produits pour plateformes ont au moins l’honnêteté du pur divertissement.
Intérêt documentaire me dis-je. Je me documente sur la médiocrité me dis-je. Facile.
Eprouver de la joie devant la médiocrité. Plaisir de la distinction ? Moi j’en vois les ficelles. D’où vient ce plaisir fugace ? Retrouver l’attendu. Plaisir conservateur. Plaisir de la bien nommée série. Severance est géniale me dit-on. Je ricane, je matterai probablement.
Regarder un film dont on sait qu’il est mauvais, lire un livre dont on sait qu’il est mauvais, plus rarement, faute de temps.
On n’ose pas trop s’y étendre ici dans les topics dédiés.
Chronic est sur mon disque dur, le seul Franco que je n’ai pas vu. Un an que je me le garde pour plus tard.
Faut vraiment que je voie Senses cet aprem, ou au moins la deuxième partie de Right now, wrong then (rattraper mon retard, boucher les trous… comme c’est bête), finalement, paresse, un épisode de Dexter et The gorge, Smile 2 puis au lit. Comme prévu, plaisir fugace, qui n’excède pas la durée du film. Et encore, beaucoup d’ennui, la main sur la souris à passer la moitié des scènes. J’aurais été bien plus heureux en voyant Senses.
J’ai bien aimé l’honnêteté de Peggyslam concernant sa cinéphilie. -
Hélène
InvitéBonsoir, je lis depuis quelque temps les discussions de ce forum, surtout celles sur le ciné, et je voulais savoir si quelqu’un ici était allé voir September & July d’Ariane Labed ? Sans vouloir spoiler, je ne sais pas si je suis la seule à n’avoir pas du tout vu le truc venir, tellement la relation entre les 2 sœurs est grinçante et évince toute logique. Dites-moi 👀
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Ostros
InvitéAriane Labed que je ne connaissais pas et que je découvre être la femme de Lanthimos (et l’actrice de certains de ces films). Je suis curieuse de voir s’ils s’inspirent l’un l’autre.
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Ostros
InvitéJe viens de visionner la bande annonce et ça me donne très envie de le voir.
Je pressens une fin à la Monument National (où les jumeaux ne sont qu’une seule enfant), mais ne me dis rien stp je préfère tout découvrir.-
Hélène
InvitéJe n’en dis pas plus alors.
Mais oui, quand j’ai découvert qu’Ariane Labed était la femme de Lanthimos, j’ai repensé à la relation des deux sœurs, qui est à la fois salvatrice et dangereuse, et il y avait un peu de ça entre les enfants dans Canine, ou dans le couple de la deuxième histoire de Kinds of Kindness. (ps : La bande-annonce est montée avec des musiques un peu « wahou » qui, je trouve, ne retranscrivent pas vraiment l’esprit du film, donc il devrait te surprendre positivement, je l’espère.)
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Eustache
InvitéQuelques trains de retard, mais j’ai voulu voir Un p’tit truc en plus pour comprendre le phénomène.
Pas une idée de cinéma, du forçage de scénario, trop de chansons, un sur-enrobage de feel good…
Oui mais de la grâce, qui tient sans doute à sa générosité, à la vie qui s’y déroule parfois, hors-norme, chaotique. On aurait envie que ça déborde encore plus, qu’Artus casses les rouages de son scénario, mais c’est déjà beaucoup, de montrer ce qu’il nous montre, sans misérabilisme, condescendance, fausseté.Le film fait bien plus pour notre regard sur le handicap que toutes les campagnes conçues en agence, ce n’est pas rien.
Les gros succès populaires sont pour la plupart déprimants, angoissants, pas celui-ci. -
youvgotnoidea
InvitéA voir très bientôt sur arte, le génial Soundtrack to a coup d’état, sacré objet entre cinéma, BD et juke-box
https://www.arte.tv/fr/videos/109338-000-A/soundtrack-to-a-coup-d-etat/-
Sylvain
InvitéMerci. On va guetter.
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Nola
InvitéMerci!!
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K. comme mon Code
InvitéJe suis votre envoyé masochiste. J’ai regardé tout Bref 2. Rien à dire de plus sur la substance de la série. Par contre, je me dois de vous citer cette réplique du dernier épisode qui sert de révélation salvatrice à notre protagoniste : « J’ai checké la société. Elle est clean. Toi t’as une vision. Tu comptes pas tes heures. C’est toi qui devrait racheter le stock de ta boss. C’est toi qui devrait gérer la boîte. »
Ceci n’est pas une blague.
Devenir entrepreneur, c’est présenté comme « apprendre à faire des choix ». Sachant que le père du personnage est patron. Et son frère aussi.
Il parvient à la fin à être entrepreneur et papa.
Il a grandi.-
Sylvain
InvitéParfait 🙂
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois que si on voulait donner un exemple d’homo liberalus, Kojandi serait, de la tete aux pieds, parfait.
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Sylvain
InvitéEt en même temps…
On a un Kyan (qui ici n’est pas son alter égo de fiction, qui est bien le Kyan citoyen) qui déclare ces jours-ci : « heureusement qu’il y a eu la CAF, j’étais désespéré, c’est l’honneur de la France (ou à peu près) et c’est à conserver absolument ».
Mais il ajoute dans la foulée : « Parce que sans la CAF, je n’aurais pas pu réaliser toutes ces grandes choses faites par la suite ».
Le en même temps, quoi…
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Sylvain
InvitéLe mec ne sait plus où il habite en fait…
Du genre à voter à gauche quand il était en galère (donc par intérêt) et puis une fois que tout est « rentré dans l’ordre » (je ne suis pas sur que Kyan aie vraiment expérimenter la misère, mais assez pour rendre hommage à la CAF visiblement) revenir à un discours macroniste impeccable.
Quel ascenseur émotionnel.-
Ostros
InvitéTu n’as pas compris Sylvain, la CAF est valorisée lorsque la personne qui en a eu recours accompli son ambition professionnelle.
Kyan est le type de mec à qui les droitards ne regrettent pas d’avoir filé les sous de nos cotisations.
Un bon élément.
C’est pas comme le branleur d’immigré qui va passer sa vie à gagner moins que le SMIC et tout nous pomper le fric qu’on n’a plus à cause d’eux.
La bonne idée serait de demander à tous les branleurs de rembourser leurs allocs si d’ici trois-quarts ans à les palper sans contrepartie ils n’ont pas embrassé leur carrière.
Faut tout t’apprendre Sylvain, y a rien qui va.-
Sylvain
InvitéHum… tu as raison…
D’autant plus que je suis l’exemple même du « gars qui a été soutenu par la CAF » à un moment.
Cependant : je ne pense pas avoir réalisé le projet prévu 🙂
Du coup : je flippe de devoir rembourser (tu m’as fait stresser Ostros)-
Sylvain
InvitéPS, et sans rire : il y a quand même peu de « macronistes » qui osent déclarer aujourd’hui : « gardez la CAF ». On va plutôt sur sa suppression, de En Marche en passant par LR jusqu’aux RN cela semble faire consensus.
PPS : ça n’empêche que ce Bref reste une saloperie idéologique !
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Ostros
InvitéK, c’est fou, c’est cet extrait là et ces mots là que je comptais poster avant de lire ton post.
On est bien d’accord.
Et mention spéciale pour le personnage de Ben, le pote toxique, à la trajectoire de méchant insauvable.-
note de note
InvitéToxique, toxique, toxique, décidement le mot est à la mode.
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Ostros
InvitéOui, et KK en fait son beurre.
Il est In.-
note de note
InvitéTout dans cette série est une psychologisation de la vie, et nous sommes les pauvres psy qui devons l’écouter. On n’est même pas payés, c’est nous qui payons.
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note de note
InvitéLe format voix off cuté et rapide est sans doute choisis pour ça, une séance de psy, ou il passe d’un sujet a un autre, raconte son enfance, les manies du quotidien.
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Ostros
InvitéLa série m’aura quand même offert un ptit truc c’est la découverte de cette chanson qui fait office de bande son a un moment :
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K. comme mon Code
InvitéPetite note sur la misogynie de la bande : ma cousine m’avait fait regarder un spectacle de Khojandi, Une Bonne Soirée, je m’étais dit que je devais arrêter de refuser tout ce qu’on me proposait. Le spectacle n’est pas nul. Il y a des blagues, de la mise en scène. Mais la morale de l’histoire, c’est que, si vous êtes gentil avec une fille sans raison, elle viendra un jour dans votre appart avec sa copine, et vous aurez le droit à un plan à trois. Bref 2 n’est pas si éloigné de cette morale utilitaire.
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Sinon, je viens de voir passer ce texte de Judith Bernard sur la série. Il est vrai qu’on a en face de soi un exemple limpide du récit libéral. Tellement limpide qu’il en devient grotesque en le prenant à titre d’exemple. En regardant, je pensais « il y a une vraie aversion au réel ici » : j’insiste sur le mot : aversion. Il y a un refus de pondre un plan à peu près « réaliste » (je mets de grosses guillemets sur réaliste) qu’on sent une aversion. C’est pire que dans le Bref original parce qu’ils ont les moyens d’évincer le réel. Ils sont meilleurs avec Bloqués et Serge le Mytho, car le dispositif est simple : le plan fixe permet, au moins, de filmer les acteurs.
J’aime bien ce paragraphe :« C’est dans ce cadrage qu’est venue s’épanouir toute l’économie du développement personnel, ainsi que l’acception bourgeoise de la cure analytique, auxquelles la série ne fait qu’offrir une mise en scène rigolote : si nous souffrons, ce n’est que de notre propre chef (c’est dans notre tête), et l’idée qu’il faille éventuellement changer le monde n’a pas la moindre signification dans un tel paradigme. Il n’y a, tout simplement, pas de monde. »
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Rantanplan
InvitéC’est un massacre le roman de Jim. Le bouquin aussi est pourri? Vu la voix off et la structure du film, j’ai l’impression. Mais le film est tellement moche que j’imagine les Larrieu fout à fait capable d’être les seuls responsables. Sara Giraudeau réussit presque à sauver le film mais c’est une bien petit béquille. Pourtant j’adore Dosch d’ordinaire mais là tout sonne faux, à côté.
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Sylvain
InvitéLe romain est plutôt beau. Le film fait ce qu’il peut.
J’ai lu et vu les deux.
Ce n’est pas non plus le pire film des Larrieu.
On peut en parler, je suis content que tu évoques le sujet.-
Rantanplan
InvitéVa falloir que j’organise ma pensée, parce qu’entre un visuel vraiment laid, que ce soit en photo, en cadrage et en montage, un jeu aux fraises malgré des gens capables (sauf le fils, quelque soit l’âge d’ailleurs), c’est un peu dur d’essayer de comprendre ce qui a voulu être fait (hormis un mélo qui s’épanche sur ce pauvre papa tellement gentil qu’on ne sait rien d’autre de lui). Aucun échange, aucune situation ne semble un tant soit peu accroché au monde que je connais, même la façon dont les proches font parfois irruption semble factice (les sœurs, les parents). Et on sent bien que ce n’est pas un geste artistique voulu.
Le seul concept intéressant était ce mensonge qui s’est transformé en sauvetage pour l’enfant, et le fait qu’au-delà de la rancœur, c’était peut-être le mieux pour que l’enfant s’adapte…mais même ça le film ne le traite pas vraiment. Ils ne savent pas trop quoi faire des retrouvailles, et le final tourne carrément au ridicule, avec un ton quasi TF1.
Le seul truc bien c’était le générique de fin, et Giraudeau.-
Rantanplan
InvitéJ’aurais pu aussi de parler de manque de psychologie autour du personnage de Bertand Belin, qui est juste vu comme un boulet dépressif…un tel drame charrie beaucoup plus de matière. Pareil, on avait aucune idée que Leklou et Dosch sente leur histoire sur la fin, il faut que ça soit dit textuellement pour avoir l’info. Et on échappe pas aux fameux plan appuyé pour faire comprendre qu’on c’est triste ou quand c’est bien, car la mise en scène en est incapable autrement. La conclusion est à ce sujet là un exemple en la matière, accompagné par un jeu général absolument alarmant (le fils, les pompiers) et on a là un bouquet final explosif. C’est aussi pour ça que le générique de fin m’a paru particulièrement cool après tout ce marasme.
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Rantanplan
Invitésentent
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Sylvain
InvitéCe que tu dis du film peut s’entendre, et d’ailleurs tu provoques chez moi l’envie de le revoir « à la baisse ».
Le livre a une autre puissance, pourtant il garde un format similaire : c’est un roman court comme peut l’être un film mais sa narration s’étale sur deux décennies.
Si son adaptation est « ratée » (selon toi), ou « pas à la hauteur » (selon moi), c’est la faute des Larrieu. J’étais même surpris de les voir s’aventurer dans cette adaptation – hormis la montagne (le lieu de l’intrigue a d’ailleurs été « déplacé », comme si les réalisateurs en avaient absolument besoin – il ne me semble pas pourtant qu’ils en fassent grand chose), rien de ce que je n’ai vu d’eux jusque là ne les prédestinaient à cela.
Le film est un mélo, mais le livre en est un aussi.
Disons qu’un des deux mélodrames est plus réussi que l’autre.
PS : dans le livre, qui passe toutes ses premières pages autour du personnage principal, on « en sait beaucoup sur lui » pour reprendre ton expression.
Notamment qu’il est particulièrement chétif, ne se concentre sur rien parce que n’a pas envie de grand chose et, surtout, a fait de la prison.
Je ne sais plus si ce dernier élément est dans le film, pourtant vu bien après ma lecture du livre. Cela aussi dit peut-être quelque chose du film et qui irait dans ton sens.-
Rantanplan
InvitéEn fait je découvre après coup les retours unanimes de la presse. J’entends que le « grand public » se soit fait berner par le sujet chargé en émotion, et passe toure des fragilités assez évidentes…mais quand je vois les retours critiques (rien que sur le cercle), je me dit que je dois être un gros blasé…
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Rantanplan
Invité…Une petite pensée pour Peggy Slam dont je viens d’apprendre le décès.
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Cynthia Lennon
Invitéj’ai toujours pas compris qu’on partait sans dire au revoir
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Eden Lazaridis
InvitéPeggy slam est morte ???
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Rantanplan
InvitéD’après son cercle cinéphile sur X, oui.: (
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Eden Lazaridis
InvitéOn en connaît la cause ?
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Rantanplan
InvitéMoi j’en sais rien, mais elle était bien impacté par son handicap (que je ne connais pas exactement), obligée de faire des grosses pauses de temps en temps. J’imagine que c’est lié.
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Eden Lazaridis
InvitéC’est tellement triste. J’étais abonné à sa chaîne YouTube, elle était mignonne, attachante et gentille.
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Toni Erdmann
InvitéOui, je viens de voir ça sur Twitter via le compte de Microciné.
Elle nous avait offert des entretiens passionnants avec François.-
Ostros
InvitéJe suis émue d’apprendre que Peggy Slam nous a quitté. Si soudainement. Elle qui évoquait il n’y a pas si longtemps le projet d’écrire sur son handicap.
Mes condoléances à François et à toutes les personne qui la connaissaient et l’aimaient.-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci Ostros
Un de ses proches m’a informé. Peggy savait cette mort possible à tout moment.
Je ne connaissais pas Peggy en dehors de nos échanges, mais j’ai rarement rencontré une personne aussi dénuée de malveillance.
Je parlerais bien aussi de son courage, mais aucun mot ne sera à la hauteur-
Leo Landru
InvitéJe viens de l’apprendre aussi au hasard de Facebook. Je ne la connaissais pas dans la vraie vie mais elle avait mon numéro de téléphone et nous avions pas mal échangé ces dernières semaines. Je n’avais plus de nouvelles depuis quelques jours.
Elle parlait de toi avec admiration. Se réjouissait des entretiens à venir au sujet de David Lynch qu’elle était en train de découvrir. Se réjouissait de rencontrer Jacques Rancière sur sa chaîne dont elle tirait une humble fierté. Elle semblait drôle, sensible et gentille.
C’était une fille super je crois. Mes pensées vont à celles et ceux qui étaient proches d’elle, notamment ici.
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diegomaradona
Invité« Elle qui évoquait il n’y a pas si longtemps le projet d’écrire sur son handicap. »
Du coup le titre était tout trouvé : « Mon handicap m’a tuer »-
Lumen cor
Invité. . .
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Turu
InvitéTu te crois drôle ? Espèce de fumier, tu en dessous de tout.
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diegomaradona
Invité« Tu te crois drôle ? »
encore un nouveau politimane allergique à l’humour…-
Turu
InvitéTu serais incapable du moindre trait d’esprit même si ta vie en dépendait, tu es tout sauf drôle, ta plaisanterie était indécente. Et tu oses parler de manque d’empathie ? Tu es un gros étron.
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diegomaradona
Invité« Tu es un gros étron. »
Manifestement tu nous fais un petit caca nerveux…-
K. comme mon Code
InvitéPour celles et ceux qui ne le sauraient pas : diegomaradona s’acharne à être ici un troll vicieux qu’il vaut mieux ignorer.
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diegomaradona
InvitéFais-toi plaisir, continues à me diffamer…
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Carpentier
Invité– je plussoie? ok:
Pour une fois qu’on met pas un malheur sur le dos d’Omar : )
– Pour un bon mot, si tu es persuadé.e d’en faire un et que tu te sens habité.e de la vis comica, comme le dit l’auteur de Comme une mule: on tuerait père et mère.
Probable qu’ici, Peggy en aurait ri aussi, de cet esprit-onlatentelablague, diegomaradona.
En tout cas, je suis certaine qu’elle s’y serait arrêtée, aurait pensé le truc, dit ce qu’elle en pensait et elle aurait ri si elle avait trouvé ça drôle, tant elle semblait apprécier qu’on ne l’épargne pas du moins qu’on ne la prenne pas en pitié, il me semble.
Cette essai/proposition méritait-il des insultes?
Pas si sure, touchy le choix du moment pour la tenter peut-être mais sinon?
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Emile Novis
InvitéJe ne connaissais pas Peggy personnellement. Nous avions échangé sur ce forum à plusieurs reprises. Je me joins aux condoléances des sitistes.
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K. comme mon Code
InvitéCondoléances. J’appréciais l’énergie des projets qui bruissaient sans cesse.
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Sylvain
InvitéFraichement nouveau ici, c’est aussi ce que j’aurais eu le temps d’en apercevoir : « l’énergie des projets qui bruissaient sans cesse ».
Et puis de la bienveillance partout, tout le temps et avec tout le monde. Du coup on le lui rendait naturellement.
Et enfin une récente liste des films qu’elle avait vu en 2024, qui ne cessait de m’intriguer, m’interpeller par leur hétérogénéité. J’ai eu plusieurs fois envie d’en savoir plus, j’aurais du.
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I.G.Y.
InvitéQuelle tristesse. Condoléances sincères. Je ne la connaissais pas et pourtant, d’une certaine façon, un peu quand même.
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Claire N
InvitéOui- c’était bien de l’avoir rencontrée ici
On à eu de la chance
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Lumen cor
InvitéMes condoléances aussi, que son âme repose en paix.
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Titouan R
InvitéCondoléances et soutien à tous ses proches.
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Carpentier
InvitéQuelle chance joyeuse d’avoir pu te connaître et passer du temps en échangeant ici avec toi, Peggy.
Je te remercie notamment pour mon initiation à Marilyn Manson.
Miss you.-
Carpentier
Invitélot of kisses PS
je poursuis mon étude du Manson avec un coeur un peu en panne d’en rire
Mais t’inquiète, ça risque de revenir ; )
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Jules
InvitéVu le premier épisode d’American Murder: Gabby Petito (netflix), pas mal ! Ca m’a fait penser à l’Affaire Watts, qui a fait l’objet d’une GO. Il y a pas mal de documents vidéos, puisque la victime – qui désirait devenir bloggeuse – filmait énormément
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Mélanie
InvitéTrès triste nouvelle.
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Ema
InvitéSincèrement peinée d’apprendre cela. J’espère qu’elle n’a pas trop souffert et que sa jolie âme repose en paix, si une telle chose existe.
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Jeanne
InvitéOn est démuni.
Je me joins à la peine exprimée.
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noir extatique
InvitéLa présence de Peggy sur ce forum m’a toujours surpris par sa gentillesse et ce tempérament foncièrement gentil.
Très peiné d’apprendre son décès.
Une pensée pour ses proches. -
Mao
InvitéGrande tristesse
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..Graindorge
InvitéMerci Peggy! Merci PeggySlam!
Tu nous laisse ton recueil de poèmes Entre chairs et murs. Je viens de les relire: ta ñaque, ta rage, ton humour, tes coups de pieds dans une bagnole qui te gênait le passage. C’est ton témoignage! C’est toi et tes combats » un jour de vaincu »
ton émission Le rayon décalé!
Nos chamailleries et la joie de nous retrouver! Nos échanges par courriers électroniques depuis juillet. Tu m’avais permis de te poser des questions, ton problème de santé: la tétralogie de Fallot, un nom comme ça, un truc grave mais tu préférais parler du handicap plutôt que du tien: Défendre bec et ongles cette injustice faite aux handicapés, ces injustices et puis tu savais que tu n’avais pas de temps à perdre. Ton corps savait que tu n’avais Que du temps à vivre et ça tu savais faire, tu aimais ça: passionnément. T’éclater à voir des films, à lire, à écrire, à échanger ici et ailleurs et puis préparer tes émissions en vraie pro! Bon. T’avais pas réussi à « avoir » Chapoutot!
Tant pis pour lui! Et puis voilà, tu nous l’as dit » si je pars je pourrais dire que j’ai fait ce que j’ai pu »
Ah ça oui l’amie ( ce sont tes expressions que je te pique pour que tu sois encore un peu là)
et tu n’as pas pu peu!
Tu as bien bossé! Bravo! Bon allez! J’arrête là. Tu n’y croyais pas vraiment « au gars là haut » mais Qui sait? Peut-être que ça fera comme quand la lumière s’allume à un anniversaire: Surprise!!!
Chapeau bas pour ton beau passage sur terre!
Bon Voyage! Encore merci lumineuse PeggySlam -
Delphine
InvitéLa disparition de Peggy bouleverse parce qu’elle a été soudaine. En dehors de ses proches, qui devaient connaître les risques de la fragilité liée à son handicap, les autres personnes qui la côtoyaient à distance, ici ou ailleurs, n’auraient pas pensé qu’elle puisse partir aussi vite. Elle, qui était passionnée de cinéma, s’est éteinte le jour des Césars. Conformément à son tempérament anarchiste, ce genre d’événements n’était peut-être pas une référence pour elle, mais je l’imagine bien réagir avec sa franchise habituelle au palmarès.
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Christophe M
InvitéGrande tristesse.
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Cédric
InvitéUn nom sur ce site puis un visage et des mots sur sa chaine. Choc et tristesse aujourd’hui. RIP Peggy Slam
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tristan
InvitéElle, qui était passionnée de cinéma, s’est éteinte le jour des Césars. (delphine)
Les Césars, voilà l’ennemi !
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Mélanie
InvitéOui bien vu
Je me suis dit que si ça paraît à certain.e.s, dont je suis, un décès soudain, inattendu, alors qu’on avait connaissance de sa santé, c’est beaucoup parce qu’elle ne se plaignait pas, et je regrette de ne pas lui avoir tiré mon chapeau pour ça. Et sûrement aussi parce qu’en dépit de ça elle parvenait à faire et mener pas mal de choses semble-t-il, c’était une vivante je crois.-
Claire N
InvitéOui Peggy fait bien partie des bonnes nouvelles
Confidentielles mais miraculeuses : vivantes-
Juliette B
InvitéOui. Il y a une chose qui me mettait toujours de bonne humeur : entendre Peggy rire lors de ses interviews.
Ce rire qu’elle nous a donné, c’est pas rien-
Eliane
InvitéPareil pour moi. Il n’y a pas très longtemps elle évoquait le fait que des personnes aient critiqué sa voix, ça m’a surprise parce que ce n’était pas ça qui ressortait de ses interviews, c’était son rire et son plaisir était communicatif. J’ai eu envie de le lui dire en réponse et je ne l’ai pas fait.
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Ludovic
InvitéElle a fait des choses courageuses dans sa vie
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AuteurMessages
