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- Ce sujet contient 924 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Ostros, le il y a 1 année et 2 mois.
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AuteurMessages
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Tony
InvitéBeau texte de Camille Nevers sur The Substance
L’unanimité, c’est toujours ennuyeux, même quand elle a raison. The Substance de Coralie Fargeat a été l’occasion cette année de grandes détestations, de réticences tièdes comme d’admirations profondes pour l’expérience insolite, à n’en pas croire ses yeux. Dans The Substance, grand film d’actrice, Demi Moore est comme il se doit à demi là. A demi au miroir dont le reflet du temps l’horripile, à demi dédoublée en Margaret Qualley au long d’un rêve suicidaire devenu cauchemar mutant.
Le film ne joue que de ça, de l’à-plat : des surfaces, des rutilances, des éclats coupants archiréférentiels du cinéma, de la tentation qui miroite et de la désagrégation du spectacle. Cédant à l’impératif que «tout est surface», le récit y résiste, observe la beauté s’altérer, pourrir, imploser en chair à saucisse. Au centre du dispositif, le miroir figure l’objet le plus plat et le plus profond à la fois dans une œuvre translucide, faite de baies vitrées, de perspectives vides, de cadres aux portraits.
Demi Moore se maquille et se démaquille, s’apprête et se désapprête, s’aime et se hait, au cours de ce long moment de mime déliquescent d’un film quasi muet. Elle se masque, ne se démasquera jamais, sous les couches, il y a son visage qui est un autre masque qu’elle veut effacer. C’est la séquence la plus belle de l’année du film à notre sens le plus beau de l’année, le préliminaire interminable à une entrée en scène qui n’adviendra pas – elle n’ira pas au restaurant. C’est l’addiction et surtout la tentation mortifère, à laquelle tout le corps succombe, qui donne ce grand film-vanité de dédoublement où il n’y a plus d’Autre. Sans doute, être ainsi littéralement «absorbé» par soi et en soi, est-ce cela la folie. Camille Nevers -
Tony
InvitéPas encore vu
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Tony
InvitéJ’en suis à 25 minutes,Toubiana est en train de se noyer et le rapporteur a l’air d’être un nouvel adepte de G Sellier,le culte de l’auteur et l’accusation des cahiers coupables de ne pas avoir traversé l’écran pour enquêter sur les conditions de tournage,le rapporteur aurait appris hier que l’auteur d’un film avant 1957 était collectif…
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Tony
InvitéToubiana n’est plus critique mais il en gardé un bon souvenir, merci il m’a bien fait rire.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe problème de Toubiana c’est ni les Cahiers ni la politique des auteurs, ni la Nouvelle vague, c’est Toubiana. Et depuis longtemps.
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Carpentier
InvitéEn effet,
Toubiana n’est plus critique mais il en a gardé un bon souvenir, merci il m’a bien fait rire.
Toute une époque, c’était un regard, on ne jugeait pas, les gens s’assemblaient et euh
et un dîner privé, avec sa femme en cuisine et Jacquot, Godréche et Daney à table.
– Vous saviez donc, et à l’époque, il y avait déjà une majorité sexuelle, S. Rousseau.
Q: S’entend-il, Serge?
Le processus créatif, si plein de douleurs
Merci Tony pour ces partages, j’hésite à enchaîner avec celle des universitaires, le plus pénible pour l’instant pour moi étant de dérouler la page pour éteindre le lien et ses violons en prélude 👉 🤯
Je n’ai pas écouté Mouglalis, il faudra.
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Charles
InvitéSellier a été entendue par la même commission peu de temps avant, ceci expliquant cela.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn aura rarement vu une clown aussi influente
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Charles
InvitéC’est peu étonnant quand on est tellement congruente à l’époque. Et puis bon, commission présidée par Sandrine Rousseau.
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Tony
InvitéJ’ai écouté aussi l’audition de Mouglalis,elle évoque à un moment les blagues graveleuses,celles ‘qu’on entend au procès des violeurs de Mazan,au procès de Be…dos’,ouf j’ai bien cru qu’elle allait dire Begaudeau!
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Tony
InvitéEt Judith Godreche enfonce le clou avec Toubiana,Bonitzer et Daney,les amis de Jacquot…
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Mathieu
InvitéJ’ai tenu 10 minutes, Toubiana est insupportable, jamais vu un mec autant parler pour rien dire
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Tony
InvitéC’est un politique,si tu regardes cette audition comme un film d’Ostlund(paroles et regards), c’est très drôle.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, un politique, ça lui va bien.
Un institutionnel.-
Tony
InvitéUn petit cadeau pour toi,G Sellier à l’assemblée
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Carpentier
Invitéon y commence par chercher le titre d’un film?
Sandrine 🙃 pas concentrée Sandrine-
Carpentier
InvitéToubiana: … mais moi, euh, je n’suis pas juge: voilà.
Aaaaah, voilà, en effet.-
Cornemuse
InvitéVa dormir, carpentier, tu te fatigue…
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Cornemuse
InvitéRegarder sandrine rousseau juger le cinéma français a deux heures du matin c’est pas une vie
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Carpentier
Invitéc’est pas une vie
🤣 benh si, cette nuit, c’est mon choix
C’est mieux de disserter continuellement sur Almodovar peut-être?
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Cornemuse
InvitéEffectivemment, moi les mimiques de rousseau m’énerve trop pour regarder ça, ses mimiques quand elle joue a être sympathique comme le ferait une institutrice en CE1, ses expressions aussi « problématique » ect
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Cornemuse
InvitéQuand j’y pense sellier aussi a un côté institutrice en colère, c’est un point commun entre les deux avec leurs absence de sourcils
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Carpentier
InvitéC’est vrai qu’un mec en colère, tout d’suite enfin, souvent, et surtout si c’est Almo, c’est plus poilu
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Cornemuse
InvitéSi c’est almo, je pardonne tout.
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Carpentier
InvitéComme on pardonne au monstre sacré, oh yeah.
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Cornemuse
InvitéPlutôt une vache sacré
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Carpentier
InvitéElle a du poil Guillemette Odicino
et une queue de cheval
Ça lui va bien.
Elle est en place dans cette audition, jusqu’à ouvrir le chapitre warning du désir, dit-elle.
20/20. -
Cornemuse
InvitéUn time code pour le désir ?
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Carpentier
Invité🎸
allez, c’est parti: j’écoute les autres auditions, Jannot/Voulzy, ça m’a sortie du lit
Heureusement que je joue pas à la console 🤣
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Carpentier
InvitéÀ 50 minutes, tournant dans cette audition avec Sarah Legrain, ouf.
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Carpentier
Invitéévidemment de l’art, absolument de l’art mais juste de l’art Sandrine Rousseau.
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Carpentier
InvitéOn intervient une fois le processus créatif terminé, qu’est-ce qu’attendent les producteurs, les réalisateurs? C’est la meilleure critique possible
Serge Toubiana, cuisinier de soupe pour réal. et producteurs.
Et heureusement qu’on savait déjà qu’une critique était absolument pas destinée à ces connards de spectateur.rices 🤣
Ah il est fort ce Serge-là.
On avait Serge, le Mytho – on a aussi Serge, je fais juste mon boulot.
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Carpentier
InvitéPris un peu de temps pour commencer l’audition des écoles (après Meurisse et Mouglalis): avec Nina et Anna on comprend mieux cette histoire d’omerta et chacune pose simplement et fermement que le droit du travail s’applique dans l’industrie du cinéma au pays des cocorico et des lumières ( on se pince tant parfois on pourrait penser cauchemarder quand on les entend )
La directrice ou représentante de la Femis, aux cotes d’Hazanavivius, bat Toubiana dans sa présentation/introduction.
La charte, dont il est question en début d’audience, est interprofessionnelle et inter-établissements du coup, si je comprends bien?
Participe aussi l’école lumière de Lyon.-
Carpentier
Invitéaux *côtés* d’ Hazana- *vicius, oui
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Charles
InvitéL’audition des critiques est vraiment sidérante de bêtise et d’ignorance. Ces députés étalent leur méconnaissance totale de la critique – qu’ils considèrent comme étant au coeur de l’industrie avec un pouvoir de vie et de mort sur les cinéastes et une connaissance parfaite de tous les abus sur les tournages… – et leur donnent des leçons en les enjoignant à prendre en compte les conditions matérielles de production et a rapporté les abus dont ils ont nécessaire connaissance, même après qu’Uzal les a rectifiés sur leur vision caricaturale du milieu. En réalité, cette audition était un prétexte pour instruire le procès de Toubiana, coupable d’avoir été proche de Jacquot et de l’avoir encensé via les Cahiers et d’avoir signé une tribune de soutien à Depardieu. Les députés ne lisent évidemment jamais de critique même si on apprend que le rapporteur quadragénaire lisait les Cahiers quand il était à la fac en première année d’histoire ! Il ose s’appuyer sur les souvenirs qu’il en a eu pour accuser les Cahiers d’être des esthètes imperméables à la réalité des rapports de force au sein du cinéma. On croit rêver.
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Louise Michelle
InvitéVu le film Amanda sur Arte replay hier soir. Peut être une réalisatrice italienne à suivre, c’est son premier film. C’est drôle et étrange, on suit une jeune femme issue de la bourgeoisie avoir du mal à trouver des relations amicales et amoureuses. Mais il n’y a aucun accablement de sa part, elle a même un sacré caractère. Je trouve le film bien écrit avec de belles idées de mise en scène. Il a un personnage de thérapeute qui, je crois, n’a jamais été traité comme cela. La fin a l’air de figuré un pied de nez à la psychologie.
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Tchitchikov
InvitéOn pense quoi de Vingt Dieux ici ? Malgré quelques maladresses et de la musique trop souvent superfétatoire, j’ai pris plaisir à le voir hier soir. Un joyeux mélange de Depardon et de Jean-Bernard Marlin. Flamboyance de l’actorat non professionnel, encore une fois. Puis ces gueules, puis cet accent.
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stephanie
Invitéje suis d’accord sur la maladresses la musique trop présente ( mais sympa les cordes ) , j’ai trouvé intéressant de filmer le monde agricole vu par la jeunesse , on voit plus souvent des vieux ou des trentenaires paysans , là c’est des jeunes et la rudesse de leur quotidien même jusqu’à leur loisirs n’est pas épargné. ( course de bagnoles cabossés). Les plus beaux instants sont les scènes d’amour, le sexe de Marie Line qui sent la vache et la fabrique du conté lorsqu’il met la main à la pâte. J’ai pensé au film de Dumont.
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stephanie
Invitédésolée pour toutes les fautes 🙂
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François Bégaudeau
Maître des clésLa comparaison avec Dumont m’est venue…. et elle est cruelle pour ce film, finalement très inoffensif, et qui passe son temps à rendre sympa la matière rugueuse qu’il a mise en place (l’alcool, très présent dans la première demie-heure, disparait à partir du moment où commence le scénario de résilience)
L’impression ne m’a pas quitté qu’on avait là affaire à un film pour ados. Un film jeunesse, comme il y a des livres jeunesse.
De plus je n’ai vu là-dedans aucun geste de mise en scène ferme, singulier. Aucun choix. Dès le premier plan, un plan séquence en steady-cam totalement gratuit, je me suis dit : cette réalisatrice n’a aucune idée claire de mise en scène. (et la musique totalement convenue est à cette image)
D’accord sur la scène de sexe, la seule un peu âpre – même si cette âpreté me parait elle même très fake
Le film est d’ailleurs d’une grande abstraction sociale – qu’est ce que c’est que cette jeune femme de 20 ans qui tient sa grosse ferme toute seule? Qu’est ce que c’est que ce garçon qui vit seul avec sa petite soeur sans que des services sociaux s’en mêlent? On est dans une sorte de conte. Un conte populiste comme il s’en écrivait il y a un siècle, et comme il s’en écrit désormais à la Fémis.-
stephanie
Invitél’absence de services sociaux n’est peut être pas si surprenant vu l’abandon des services de protection de l’enfance ( même en ville) des jeunes peuvent se retrouver en errance et l’école ne rien n’y voir. Bon, c’est ce que j’ai pensé en tant que travailleur social.
Ça peut être aussi crédible dans le même ordre d’idée ,qu’une jeune femme reprenne seule la ferme de ses parents, j’y ai vu l’abandon, la d’emmerde de cette jeunesse rurale ( comme urbaine d’ailleurs). -
I.G.Y
InvitéTu es dur. Sur la concrétude sociale on peut faire crédit au film de pas mal de choses : la question du pognon et des moyens de subsistance est très présente (ceux qui proposent de « l’aide », le démantèlement/la mise en vente du capital de la ferme pour tenir financièrement, etc…), le monde du travail est présent (sous sa forme « indépendante », sous sa forme salariée à l’usine où sont aussi employés les membres de la famille, et je souligne aussi la grande attention portée dans le film aux gestes, dans la production mais aussi dans la vie : un parmi tant d’autres, la manière dont est filmée la descente du camion de la petite sœur avec son gros sac et son frère qui l’aide). Je n’ai pas non plus le sentiment que l’on montre tant que ça les motocross bruyantes des bandes jeunes lorsque l’on présente la « campagne » en France — j’ai pensé à Coquard qui racontait dans son entretien avec Brakni le fait que les embrouilles entre jeunes blancs en motocross voire même les rodéos de motocross débridées existait tout à fait dans la « ruralité, alors qu’on n’en parlait que pour les « banlieues ».
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Sur le scénario de résilience pourquoi pas mais tout de même, c’est plus que limité. Quel est le point d’arrivée de la résilience? Il n’a pas gagné de prix, il n’a même pas pu concourir, il n’a pas d’AOP, son comté n’a pas vieilli comme il faut, il n’a rien.
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Pour ce qui est de l’abstraction je pourrais te rejoindre sur quelques points, notamment sur un aspect central de son scénario : la question du pote qui troque sa bagnole pour le tracteur. C’est un point décisif, une histoire de gros sous, pourtant résolue par trois petits coups de savate puis une disparition du film jusqu’à la dernière scène. Là oui, gros problème.-
François Bégaudeau
Maître des clés» la question du pote qui troque sa bagnole pour le tracteur. »
Ben oui, c’est aberrant.
Pour le reste:
-descente de tracteur : le but est d’abord de rendre le héros humain. C’est pour ça que le scénario lui a mis une petite soeur sur les bras, et in fine dans les bras. Cet animal a un coeur (chez Dumont ça reste opaque)
-auto-cross : ok, c’est dans le film, mais 1 très mal filmé, 2 d’abord présent pas nécessité scénaristique – voir point suivant
-les scénaristes sont en effet emmerdés : ils veulent que le héros reprenne assurance, inverse la courbe de la lose (tout c’que j’fais je l’rate). Ils lancent donc un scénario « full monty », mille fois exploré : un défi qui va redonner fierté au héros. Problème : la victoire dudit serait vraiment invraisemblable. Ils inventent donc une victoire de substitution : celle du pote qui fait de l’auto-cross. Scène qui a en outre pour but de faire le ménage final : 1 réconcilier les potes 2 assurer un avenir à la petite 3 réconcilier le héros avec la jeune femme
Le film familial a fait son travail
Film de Noel?-
I.G.Y
InvitéFilm de Noël, rire, toujours plus.
Pour le motocross, je parlais vraiment des moto-cross, leur moyen de locomotion, pas des courses de Stock Car (on croirait presque que je connais ça par cœur). Sur le Stock Car je te rejoins.
Pour le reste, c’est bien vrai que ça n’est pas un film qui creuse pleinement où ça fait mal. Courvoisier vient d’un petit village de la région, on sent qu’elle aime ce qu’elle filme, les gestes, les paysages. Elle l’aime peut-être un peu trop? Il y a des manières ridicules de rendre des personnages « humains » mais je ne sens pas ça ici. Peut-être qu’avec l’âge ses prochains longs métrages se feront plus grinçants (ou peut-être pas). Comme disait Paga, « en tout cas on te le souhaite ».
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François Bégaudeau
Maître des clésJe suis assez convaincu qu’elle n’est pas une cinéaste, et qu’elle ne le sera jamais.
Je lui souhaite de me démentir. Et je jure que je saurai le reconnaitre si ça arrive.
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Tchitchikov
InvitéOuais je suis d’accord sur l’abstraction sociale. J’ai eu cette discussion ce matin avec une copine qui disait la même chose que toi. Mais où sont les services sociaux ? Et comment on paye cet enterrement ? Et de quel travail vivent ses potes ? À ne vouloir pas tomber dans le pathos il est vrai que la réalisatrice tombe dans le travers inverse : les bons sentiments avec verni social. Après le moment de plaisir, parce qu’effectivement les moments d’intimité sans paroles sont assez réalistes me semble-t-il, tout comme le rapport à la mort, je le trouve également inoffensif. Dumont dans sa période burlesque n’évacue pas cette chienne de vie de pauvre au moins.
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Tchitchikov
InvitéConcernant la ferme en revanche comme le rappelle I.G.Y elle n’est pas à elle. Elle la partage avec ses deux frères et le père qu’on entrevoit dans la fabrique de Comté. Ce qui lui appartient c’est une aile indépendante du bâtiment qui jouxte la ferme. Enfin c’est ce qui est suggéré. Et là, pour le coup, ça paraît crédible.
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François Bégaudeau
Maître des cléscette histoire est très très floue
elle la possède avec les deux frères? Saut qu’on ne voit jamais les frères y travailler, on les voit davantage travailler à l’usine de comté.
la vérité c’est que ça arrange le scénario. qu’elle soit seule dans cette ferme, comme ça arrange que les frères débarquent la nuit pour y prendre le lait et choper les potes de Tatane (Totone?)
d’où ce superbe dialogue-scénario comme le film en regorge :
-quoi?! tes frères?! mais comment ça se fait qu’ils viennent si tot?!!
-quand ils font la tournée ils commencent toujours par ma ferme !
Rien de pire qu’une ligne de dialogue destinée à expliquer-justifier (en en fait aggraver) une invraisemblance-
Ferenk
InvitéJ’arrive un peu tard et peut-être que François, ou un autre, ne verra jamais ce message.
Mais dans cette scène d’où est tiré le dialogue sur l’arrivée des frères, faut quand même dire qu’il y a une vache qui vêle et un veau qui naît. Pour de vrai. On le montre rapidement à l’écran, la vache met vraiment bas mais on le montre sans le montrer et on fait passer tout ça au second plan parce qu’il faut rajouter une bonne couche de scénario. Ca aurait pu être la plus belle scène du film, plus beau que les affaires de cunnilingus et de sexe âpre ou pas âpre dont je n’ai pas grand chose à faire ici, et c’est complètement foutu en l’air parce qu’il faut faire avancer mécaniquement le film et séparer nos protagonistes pour les réconcilier à la fin. Suis-je le seul à trouver que c’est une grosse erreur ?Je retiendrais que le plus beau plan du film reste celui de la vache qui se frotte la tête à un rouleau. Et je garde aussi les scènes avec la dame qui fait démonstration de la méthode artisanale de fabrication du comté. J’aime enfin l’idée qu’il transporte sa meule sur sa meule pour la poser sur une meule.
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François Bégaudeau
Maître des clésPour voire des vaches des vraies, et vêler en vrai, voir Cow, actuellement sur MK2 curiosity.
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Ferenk
InvitéMerci du conseil !
J’ai vu citer Depardon plus haut, pour les docus sur le monde rural et agricole français il y a eu plus récemment ‘Sans Adieu’ de Christophe Agou et ‘Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes’ de Rodolphe Marconi. Je ne sais plus si des vaches y vêlent mais c’est très beau.
En parlant d’accouchement mais pas de vache, j’y vais aussi d’une autre prescription. J’ai vu il y a peu ‘Naissance et Maternité’ de Naomi Kawase sur Tënk, c’est extraordinaire.
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stephanie
Invitétout comme les déserts médicaux il existe des déserts sociaux ( manque de personnel..) donc c’est tout a fait crédible et même assez bien vu.
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François Bégaudeau
Maître des clésbon eh bien on dira que le désert social arrange bien les scénaristes
de meme que l’arbre providentiellement placé sur la route du père lui même providentiellement assez con pour prendre le volant torché
finalement dans ce film on avale moins de Comté que de couleuvres-
Ferenk
InvitéJe rajoute ici qu’on nous montre un père qui semble être un bosseur, bien s’occuper seul de sa fille au vu de tout ce que le frère fait pour elle ensuite, tombe (on ne sait comment) sur son fils endormi à la belle étoile dans un village lointain (la route est longue, le jour a le temps de se lever) et le ramène en voiture avant d’entamer sa journée de travail, dit de son fils qu’il est meilleur pour boire des canons que pour travailler, se fait rembarrer par ce même fiston quand celui-ci doit aller au bal et … à ce même bal, le père est le seul gars complètement arraché de la soirée et cela dès le début.
Sans commentaire. Sans compter que, si on accepte tout ça, pas une seule fois la culpabilité du fiston d’avoir poussé son père à prendre la voiture n’est abordée.
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I.G.Y
InvitéTout à fait d’accord pour conseiller ce film. Ça fourmille de bonnes idées. Ces acteurs amateurs sont formidables. Un film qui parle peu et montre beaucoup
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Charles
InvitéBon texte de Joudet sur le Dernier tango à Paris et sa censure : https://www.facebook.com/share/p/1Ad6vmesZV/
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Tony
InvitéCe qui est intéressant aussi c’est le dialogue(?) qu’elle a en commentaires de son post avec une féministe, j’avoue, après avoir écouté les auditions menées par Rousseau,ne plus trop savoir que penser de tout ça puisque,dans ces auditions,le sujet tango s’est invité aussi, d’ailleurs j’attends de voir de ce que va dire Bonnaud,ce film cristallise vraiment tous les débats actuels sur la représentation et l’esthétique, tout ça est très troublant.
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François Bégaudeau
Maître des clés» En réalité, cette audition était un prétexte pour instruire le procès de Toubiana, coupable d’avoir été proche de Jacquot et de l’avoir encensé via les Cahiers et d’avoir signé une tribune de soutien à Depardieu. »
Dieu sait si je n’aime pas Toubiana, mais c’est exactement ça.
Et je partage le reste de ton analyse, Charles. Il est tout à fait sidérant que les trois quiches convoquées à la barre n’aient pas eu le moindre propos pour dire que la critique s’est toujours intéressée de très près aux conditions de production, ET SURTOUT LES CAHIERS. Il eût même été très bienvenu de préciser que dans les Cahiers période marxiste (69-75), on ne parlait plus que de ça (et presque plus des films)
Il eut été intéressant, et même nécessaire, de rappeler que c’est parce que les conditions de production du cinéma lui paraissaient intrinsèquement sales que Godard, si souvent mis ans le sac des pervers, a décidé de bouleverser le mode de production de ses films en 1967-8. (le plus gros des 345 points aveugles de la « pensée » de Sellier)-
François Bégaudeau
Maître des clésSur l’affaire tango, on notera, avant plus ample examen, qu’en général ses annuleurs se foutent pas mal du détail des faits.
Syndrome dit de la mule. L’important est de s’indigner, et pour cela de (se) laisser imaginer le pire : un pur et simple et viol – ce qui, comme rappelé, ne fut pas le cas.-
François Bégaudeau
Maître des clésAvant plus ample examen, je peux dire que mon principal grief à l’endroit de Dernier tango à Paris est Dernier tango à Paris, sorte de pastiche d’une certaine radicalité seventies poseuse et datée.
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Eden Lazaridis
Invité» les trois quiches convoquées à la barre » : Je te trouve dur avec Marcos Uzal. Il dit peu ou prou ce que tu rappelles ici :
1) Les Cahiers se sont intéressés dès les années 50 aux conditions de production : ils ne sont pas des esthètes enfermés dans leur tour d’ivoire mais on leur a justement reproché l’inverse, d’être trop matérialistes, trop politiques.
2) Ils se sont intéressés très tôt à la misogynie de certains films hollywoodiens.
3) L’abus de pouvoir n’a rien de spécifique à la politique des auteurs (cf Hollywood).Il a quand même un peu plus défendu la dignité de la revue que la buse Toubiana.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl a essayé, mais très mal
Le rappel sur la misogynie était à peu près hors de propos. Quand le rapporteur a dit que les Cahiers ne s’étaient jamais intéressé aux moyens de production, la réponse simple, factuelle, implacable, consistait à dire qu’ils se sont toujours intéressés à ça, et même qu’à un moment ils ne se sont plus intéressés qu’à ça. Mais je doute que Uzal ait connaissance de ce moment marxiste des Cahiers, ou que, le connaissant, il ait très envie d’en faire état.-
François Bégaudeau
Maître des clésje parle de ceci
https://www.facebook.com/share/p/1Ad6vmesZV/
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François Bégaudeau
Maître des clésTrès bon post de Joudet en effet. Calme, souverain.
Je ne sais pas si elle a lu Le spectateur émancipé, mais elle est totalement dans l’esprit du bouquin.
Quant à l’auteur de CUM, il a la prétention de s’entendre dans ces lignes : « Je pose donc ça là : être concerné par le destin de Maria Schneider commence peut-être par une chose: voir le Dernier Tango à Paris. Respecter Maria Schneider, être à la hauteur de ce qu’elle a vécu, c’est être précis sur les faits et ne pas reconduire des « faits alternatifs » – sinon, on est juste vulgaire ou médiocre, et on doit rendre le tablier. L’approximation ajoute au malheur du monde, et certains ont le monopole de l’inexactitude au prétexte qu’ils sont du bon côté de la morale. «-
François Bégaudeau
Maître des clésje parle de ceci
https://www.facebook.com/share/p/1Ad6vmesZV/
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K. comme mon Code
InvitéDans le cadre du cycle « Elles sont là pour rester » au Forum des images consacré à une dizaine de réalisatrices françaises, tous les films de Sophie Letourneur seront projetés en janvier. Il y a aussi un « cours de cinéma » donné par François (c’est gratuit) et une rencontre avec Letourneur et Goffi (4€). Chaque réalisatrice programme des films en accompagnement de sa filmographie. Letourneur a choisi À nos amours, Moi un noir, Fous d’Irène, etc.
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Ostros
InvitéMerci !
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Ostros
Invité2025, je t’aime déjà
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Demi habile (IA)
InvitéÉtrange qualité d’image
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Charles
InvitéVariations sur le vert, définitivement le plus peintre des cinéastes.
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Eden Lazaridis
InvitéOui l’image est particulière, on dirait qu’il recherche le grain de l’image de smartphone.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui, peintre, contre tout cliché sur le pictural
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essaisfragiles
InvitéJe découvre la bande annonce. La recherche picturale saute aux yeux. Intuition : chaque plan est un paysage — non pas une carte mais des éléments.
Contre l’idée qui voudrait que HSS c’est toujours la même chose.
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Demi Habile (IA)
Invité -
Arnaud
InvitéQuels épisodes de strip tease vous recommanderiez ? « 600g de hachis » et « Comique » sont parmi mes préférés.
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Dr Xavier
InvitéMerci pour la recommandation DJ Mehdi, j’en ai la gorge encore toute nouée.
Pour celleux qui voudraient poursuivre le bonheur, il y a un épisode Arte Radio de 2021, DJ Mehdi, le son du Prince. Très peu de redites entre l’un et l’autre, c’est complémentaire. -
François Bégaudeau
Maître des clésje n’avais pas vu que ce truc existait
je me réjouis de ce prolongement-
Dr Xavier
Invité(je ne voudrais pas survendre, c’est bien la même histoire, mais avec des angles différents)
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Ostros
InvitéS’il vous reste au moins 2,99 euros, et que vous n’êtes pas trop barbouillé.e.s par l’ingestion abusive de chocolats et autres sucreries de fête, je vous conseille de louer Dans ma tête un rond point, premier long métrage documentaire de Hassen Ferhani sorti en 2015 – qui réalisera quatre ans plus tard le passionnant 143 rue du désert.
Le réalisateur documente le quotidien des travailleurs d’un abattoir en Algérie. Il est question d’amour, de suicide envisagé, d’exécution de boeufs, de carcasses, d’amas de peau de bêtes, de sang beaucoup, de l’état de l’Algérie et comment le pays épuise moralement ses habitants les plus précaires, de nécessité de partir ou de se révolter et d’interrogation sur la recherche de la vérité qui n’existe pas.
Hassan Ferhani est un excellent réalisateur. Ces cadres fixes sont incroyables, c’est-à-dire intelligemment pensés, dans un souci d’économie de plans, structurés, dynamiques, porteurs de narrations.
Je vous laisse découvrir ce travail d’une grande simplicité et d’une grande intelligence mêlées, dont certain plan d’une virtuosité cinématographique déconcertante de perfection, quand on sait qu’il a réussi a choper ce plan-là dans le flux de la vie de l’abattoir, en one shot.
Ce documentaire est un autre document rare sur un petit fragment de l’Algérie d’aujourd’hui, si peu documentée, et si peu bien documentée. Mais aussi document rare sur un abattoir où on voit tout, toutes les étapes, et toujours dans un souci de composition d’un plan. Personnellement je n’ai pas été écoeurée par cette frontalité, car les plans ne sont pas choquants, ils documentent une organisation de travail et de vie : on lit, on dort, on mange, on joue, parmi ou pas loin des bêtes qui agonisent ou déjà mortes, le t-shirt imbibé de sang. C’est ainsi que cela se passe, tous les jours. Et les cadres sont suffisamment bien fait, j’ose dire « justes », pour rendre les choses telles qu’elles sont. C’est-à-dire les relativiser en incluant l’autour. Le plan montre : un boeuf agonise dans on sang et un ouvrier lit son journal accroupi à un pas d’elle. C’est ainsi. C’est étrangement calme. Banal.
J’ai souvent pensé à Rabah devant ce film, ces gueules, ces tempéraments qu’on imagine très bien figurer au générique d’un de ses films. Pensée pour Ponthus aussi, en regardant ces hommes fatigués pousser les carcasses lourdes sur les rails.
Voyez-le. Éloigné des heures de repas pour les plus sensibles, mais voyez-le.-
Ostros
InvitéJe précise que la plateforme pour le louer ou l’acheter c’est UniversCiné. Et que le film ne contient aucune musique additionnelle ni baiser, donc un film pour toute la famille.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe m’associe (écrit dessus à l’époque)
ET son film suivant est aussi très recommandable.-
Ostros
InvitéOh ça m’intéresse !
J’ai trouvé le lien Transfuge vers le texte mais il est tronqué. Tu peux le partager ici, stp ?-
François Bégaudeau
Maître des clésL’infini dans le document
A Transfuge comme ailleurs, la part faite au documentaire est, à proportion du goût que nous en avons, trop mince. La faute à cette sotte hiérarchie spontanée qui nous porte en priorité vers le cinéma dit de fiction, au motif qu’il serait le cinéma à part entière, et le documentaire un dérivé estimable mais estimé à distance. Pourtant nous savons bien que c’est l’inverse. Et pas au sens chronologique où le documentaire figurerait la première mouture mal dégrossie d’un art qui ne se réalisera pleinement qu’une fois chevillé au récit. Plutôt au sens esthétique où il est du cinéma ramené à son geste élémentaire, que recouvrent et parfois étouffent les couches de scénario ; ramené à l’opération nécessaire et suffisante pour qu’une oeuvre soit : tailler dans la vie, comme le sculpteur taille dans un bloc de pierre. Découper, soustraire, retrancher, pour qu’advienne une forme. L’artisanat de base ; l’enfance de l’art.
Soit un abattoir de la périphérie d’Alger. Dans ce microcosme, il y a beaucoup à filmer. Avec l’assurance des impétrants, Hassen Fahrani, trente ans, ne prend pas tout. Dans ce fragment d’humanité, il taille. Et sa coupe nette, tout en plans fixes et anguleux, finit par absenter le fait industriel qui préside à ce lieu, pour n’en garder que quelques vaches comme égarées, certaines couchées au sol ligotées par un pied, et de rares carcasses dument pendues à leur crochets. Une évocation, guère plus. Un documentaire ne crée pas moins qu’une fiction. Dans ma tête rond-point crée un abattoir où l’on n’abat rien.
Est-ce conscience que l’abattage à la chaine a déjà été trop vu, au cinéma ou dans des reportages à charge ? Est-ce souci de s’exonérer de toute complaisance avec la violence du cru ? Un long plan sur une vache à l’agonie laisse à penser que non. Il se trouve plus sûrement que la condition animale est le cadet des soucis des prolétaires qui survivent en ce point du globe. Si le film épouse une cause, c’est celle des hommes ; c’est avec eux qu’il passe du temps — on aime que documenter revienne d’abord à restituer un bout de temps passé avec des gens, un bout d’espace partagé ; on aime que le documentaire soit une variante de l’amitié.
Pourtant saisis exclusivement sur leur lieu de travail, ces hommes monologuent, discutent, méditent en fumant, fument en méditant, chantent a capella ou sur une musique jouée par leur portable, badinent avec une fille au téléphone, se lancent dans une série de pompes, alignent des dominos, règlent une parabole, se tiennent debout main dans le dos en regardant on ne sait quoi – et jamais ne travaillent. Comme si éviter le coeur d’activité avait été un principe de cadrage puis de montage. Quand d’aventure Fehrani les saisit occupés à une tache, il a cette décision de sculpteur d’en dérober un aspect à la vue du spectateur, en sorte que l’information demeure incomplète. Dès le premier plan, le jeune Youcef s’échine sur la manivelle d’un câble sans qu’on sache ce qu’il s’agit d’élever ou baisser, et alors le grincement devient une plainte, ou un rire narquois.
D’autres taches tronquées jalonneront l’heure quarante à suivre : peaux qu’on étale, replie, étale encore – pour les préparer à la tannerie faut-il croire ; énorme marmite fumante où bouillonne on ne sait quoi (des tripes, apprendra-t-on bien plus tard, et presque incidemment) brassée à la fourche par deux hommes que cette opacité fait ressembler à des alchimistes de jadis ; têtes qui s’encadrent dans une lucarne qu’on devine celle d’un guichet et prononcent des choses comme « 482, marque » d’un air entendu auquel on n’entend rien ; et les carcasses, encore, coulissant sans but, vrillant dans le vide, fantômes de barbaque. La chaine de travail s’en trouve diffractée en une somme de gestes évidés de leur fonction, et les hommes rendus à la nudité de leur condition, à leur fondamentale étrangeté. La paradoxale improductivité confine à l’absurdité beckettienne. Le qu’est-ce qu’on fabrique ? devient un : Qu’est-ce qu’on fout sur cette terre ?
Insistons-y : cette réinvention du lieu, cette fictionnalisation de l’espace s’obtient sans recoloration des murs, ni bidouillage de plasticien, ni retouches numériques, ni lumières ajoutées à celles, fantasmagoriques en soi, de l’abattoir. Juste des choix simples : cadrer ci, ne pas cadrer ça. Juste une partition libre entre le champ et le hors champ. Ainsi purgé de ses repères, l’espace s’ouvre.
Fehrani a cette capacité rare de maintenir ouverts des plans pourtant tracés à la règle, réalisant le miracle d’une mobilité de l’immobile. Il le fait par des cadres larges et souvent profonds susceptibles de faire accueil à beaucoup d’unités de vie. Il le fait en augmentant le volume du plan en l’emplissant de sons off corrélés à une activité qui, demeurant invisible, accepte toutes les spéculations. Mais d’abord en multipliant les points sur quoi fixer le regard. On pense au long plan où une vache affalée se vide de son sang, ses gémissements d’agonie comme feutrés par la présence dans l’angle gauche d’un homme rivé aux pages de son journal. Alors se joue un heurt sensoriel sans vainqueur entre l’horreur d’une mort qui se voit venir et l’innocuité d’une occupation quotidienne.
Dans le plan-séquence le plus remarquable de ce film constamment inspiré, deux hommes de dos, dont Youcef, regardent un poste de télé posé à l’arrière-plan, traçant une première ligne de regard, que vient croiser à la perpendiculaire celle tracée par trois hommes qui, reculant depuis le bord droit du cadre, tirent sur une corde. Comme les tireurs stagnent, ils masquent l’écran aux téléspectateurs qui s’agitent sur leurs chaises pour continuer à suivre le match. Qui tire à l’autre bout de la corde ? Evidemment l’information est retardée, et l’opération prend les allures burlesques d’un effort amputé de son but. Quatre autres entrent dans le champ pour se joindre à eux, en vain pendant une minute, puis la force contraire se relâche, projetant en arrière les forçats qu’éloigne aussi l’effroi causé par l’avancée de leur adversaire maintenant en vue : un taureau attaché par les cornes. Lequel se voit aussitôt voler la vedette par la télé où un but vient d’être marqué, ramenant dans le plan les tireurs en liesse. Dans un seul cadre se heurtent et se mêlent la bravoure et le pathétique, la grandeur et la petitesse, les hommes et les bêtes. Youcef aura cette pensée, vouée à devenir éponyme : « dans ma tête y a un rond-point avec 99 chemins qui en partent, et je ne sais pas lequel prendre ». Confidence à teneur évidemment existentielle, mais qui au passage définit on ne peut mieux cet art d’ouvrir le champ en traçant des lignes de fuite au coeur de sa clôture.
Et cette pantomime du soir a bien eu lieu sur le pavé jaunâtre de l’abattoir, espace décidément improbable où l’on circule jour et nuit, où l’on dort et travaille, et tiens voilà un type allongé sur un matelas de mousse au milieu de la halle. Le rond-point, c’est cet abattoir dont le nom semble alors bien réducteur, tant il s’apparente à un vaste moulin où l’on entre et sort sans pointer, où l’on passe et repasse sans montrer patte blanche, où se croisent vestes et combinaisons maculées, jeunes et vieux, oisifs et salariés.
Dans les brèches ouvertes par cette générale indécision s’immisce de la pensée. Ces hommes sont pensifs. Ces corps sédentarisés par la nécessité de gagner leur croute sont nomades en esprit. Et ainsi ce périmètre d’embrigadement devient une aire d’évasion.
Parfois ils pensent tout haut et alors leurs mots repoussent les murs, dilatent l’espace. Mais cette parole a des textures variables, chacune caractérisée par un degré de décollement. Le degré inférieur est le ressassement de la situation. Là la pensée ne décolle pas mais piétine dans l’impasse. Elle est un songe sans issue, un rond-point pour le coup sans chemins où Youcef tourne indéfiniment. La révolte, l’union des Kabyles et des Arabes? Vouées à l’échec. L’Algérie? N’offre à un vingtenaire comme lui que trois possibilités, égrenées avec un calme glaçant : « soit il se suicide ; soit il se remplit la tête et c’est un mort-vivant ; soit il traverse la mer ».
Au-dessus, il n’y non plus le constat mais le projet. Pour Youcef : traverser la mer, donc, ou se suicider – « l’un des deux s’imposera » ajoute-t-il avec la frontalité de qui n’a plus rien à perdre. Et son duettiste, dit « le kabyle » : « y a que le maquis qui peut nous sauver ».
Un petit effort encore, et la parole accède à un échelon d’où la situation peut être commuée en acceptation sage, sous-tendue de fatalisme débonnaire. Le préparateur de tripes a été délogé jadis de sa maison? C’est comme ça, inch’allah. Tant qu’on a « santé et tranquillité », ça va. Alors que ceux qui possèdent « des châteaux » ne dorment pas sur leurs deux oreilles. Dans cet élan, la parole peut aussi s’offrir l’envol du conte philosophique qui, livré par Amou, célèbre, comme par mise en abîme de sa propre hauteur de vue, une aérienne cigogne.
Mais ceci est encore une parole référencée, en l’occurrence au passif colonial — la cigogne est stigmatisée par les Français pour avoir chipé une bannière tricolore. Lestée de sens, elle rase le sol. La parole du cran supérieur estompe cette clarté plombante. Elle se voile d’ombre, comme le visage d’Amou au moment de dire « on ne ment pas mais on ne tombe pas dans la vérité », et d’ajouter à l’attention du documentariste hors-champ : « cherche dans ta tête ce que ça veut dire ». La dominante nocturne du film (choix de mise en scène aussi simple qu’efficace à moduler le lieu, car entre un abattoir éclairée par le soleil et par des lanternes rouges, c’est un peu le jour et la nuit) suggèrera au spectateur digressif un raccord avec ce que Rancière a fameusement nommé « nuit des prolétaires » : niche de temps où l’ouvrier ne parle plus en ouvrier, ni le paysan en paysan, ni le cordonnier en expert ès chaussures, mais tous en hommes qui, doués de langage et donc de rêverie, excèdent la situation qui leur est faite. La plus longue discussion entre Youcef et le Kabyle ne porte pas sur l’abattoir, sur les patrons, sur le pouvoir algérien, mais recense les signes à quoi l’on reconnait un homme amoureux. Entre deux labeurs, deux vaches égorgées, deux peaux tannées. Des propos hors de propos. Des centres d’interêt aussi déplacés que l’oiseau anglais recueilli par Amou, lui-même aussi incongru que le ragondin trouvé dans l’usine de Dernier maquis, offert en 2008 par un cinéaste passé maitre dans l’art de faire léviter le réel social.
Cette licence de la parole s’appelle poésie. Toute licence est poétique. Toute poésie est licencieuse, volatile, affranchie en partie de l’espace et du temps. Ainsi parle l’oncle Ali, car pour lui la vacance est définitive. L’homme a travaillé là, comme il tient à le signaler en sortant un papier froissé d’un portefeuille meurtri par le temps, mais c’est du passé. Maintenant il rode dans les parages, entre deux feux, entre chien et loup, et alors, canne en main, chat sur les genoux, sa parole est libre comme l’air. Le voici qui, sans présentation ni préambule, prodigue le récit d’une mort à la première personne -« un scarabée est venu me dévorer les yeux ». Extrait d’un poème aujourd’hui interdit, informe-t-il. Interdit mais pas dans sa bouche qui désormais peut tout se permettre.
Il y a encore plus libre, encore plus aérien. Il y a ce doux dingue, vieux aussi, assis au milieu d’un tapis inconfortable de branches fraichement coupées, et qui manipule les pages d’un journal en parlant à personne. « L’oeil de l’envieux n’atteint pas sa cible », dit-il. Une demi-heure plus tard, le voici debout sous le ciel noir, en lisière de l’abattoir toujours, les jambes campés mais la bouche dans les étoiles : « vous connaissez la sourate de l’Etoile`? vous connaissez le ressemblant? vous connaissez l’ombre? vous connaissez le paramilitaire? vous connaissez le paramédical? vous connaissez les sosies? ». Tout cela aussi décousu que juste ; juste parce que décousu. Seule une parole folle et déliée rend compte de ce qu’un cerveau peut ; honore sa liberté désarticulée. Ma tête est tellement plus vaste que ma condition. Ma tête est un rond-point, un îlot multidirectionnel, où tout un monde grouille. Il n’y aucun rond-point à 99 chemins, objecte le Kabyle à son ami. Quatre chemins, tout au plus. Pas dans ma tête, répond Youcef. Dans sa tête c’est tout un monde. Son cerveau très réel est un planétarium à côté de quoi toutes les fictions sont minuscules.-
..Graindorge
InvitéMerci
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Ostros
InvitéMerci beaucoup ! ❤
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Alain m
InvitéMerci Ostros pour cette recommandation et François pour ton texte. Le film est également disponible sur les médiathèques numériques départementales.
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Alain m
InvitéTout comme son autre film 143 rue du désert.
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..Graindorge
InvitéMerci Ostros
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Frezat
InvitéKraven the Hunter.
Semi médiocre
Y avait du potentiel pourtant !
Ça m a rappelé comment blueberry avait été massacré par kounen. -
Stéphanie
InvitéQui a vu une langue universelle ? Je viens d’écouter plan large sur france cul, le réal a de sacrée référence et le dossier de presse donne envie.
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François Bégaudeau
Maître des clésce film m’intrigue
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Icham
InvitéOui intrigant. C’est un film qui pourrait correspondre à mes critères
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Eden Lazaridis
InvitéIl y a un sens du cadrage presque Wes Andersonnien.
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Ostros
InvitéJ’aurais dit quelque chose de Roy Anderssonnien, aussi.
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I.G.Y
InvitéAvis à ceux qui comme moi l’auraient manqué : Tàr est disponible gratuitement sur le Replay France TV.
GO disponible séparément
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Ostros
InvitéMerci pour la recommandation de la série documentaire sur DJ Mehdi, passionnante. J’apprends la précocité de cet artiste en même temps que celle de Kerry James, rappeur de mon adolescence. C’est dingue de voir ces gamins si matures et intelligents. Comprendre comment ces groupes cultes ont percé ensemble grâce à ce petit génie c’est très euphorisant, inspirant. Leur vitalité et leur énergie est contagieuse. Passionnant aussi de restituer cette époque, politiquement. L’émotion encore vive dans les témoignages des proches. Tu te dis heureusement que quelqu’un a eu la bonne idée de filmer tout ça. J’ai failli ne jamais connaître ce mec, ni l’histoire émouvante et folle de la mafia K’1 Fry.
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Nola
Invité
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Charles
InvitéJ’ai vu Nosferatu d’Egger, qui n’a presque aucun intérêt. C’est du Dracula 2.0 : plus de sang, plus de sexe, plus de bruit, plus de jumpscares. Du cinéma dans sa dimension la plus foraine, avec énormément d’effets très appuyés pour assommer le spectateur. La direction artistique est top, le look de Nosferatu est réussi dans son genre (comte barbare à moustache et accent, voix caverneuse) mais c’est à peu près tout. Évidemment le film essaie de se justifier en prenant quelques libertés avec l’histoire, en donnant une place centrale et active à l’héroïne – qui passe de victime à protéger à malade maîtresse de son destin – mais le reste du folklore est respecté (ongles très longs du vampire, rats qui grouillent, ombres menaçantes etc.) hormis les canines démesurées, heureusement absentes. Idem pour les passages obligés du récit.
Du cinéma bourrin qu’on oublie aussi vite qu’on l’a vu.-
Barbara
InvitéDu même avis après l’avoir vu ce week-end, j’en ai déjà oublié une partie. Esthétiquement il y a de jolies scènes et ça a l’air d’être la seule chose qui intéresse vraiment le réalisateur. La musique m’a beaucoup agacée, omniprésente et empêchant de s’approprier ce qu’on voit. Beaucoup de scènes en doublon pour souligner lourdement les enjeux, des personnages secondaires avec une histoire secondaire (le couple d’amis et leurs enfants) que j’ai trouvé sans intérêt et un gros problème pour moi d’avoir voulu faire de l’héroïne le personnage essentiel sans penser aux répercussions sur l’autre héro, le mari, qui donc ne sert plus à rien et se trouve là les bras ballants toute la deuxième partie du film. Il aurait fallu l’utiliser autrement ou bien carrément l’éjecter de l’histoire. Il y a un court moment que j’ai beaucoup aimé, quand le héro se trouve dans les bois pour se rendre au château et que les chevaux galopent vers lui, sans musique cette fois on entend dans le noir les sabots, à ce moment là j’ai ressenti quelque chose. Malheureusement on retombe très vite dans l’attendu avec le héro de cinéma qui évidemment reste en plein milieu du chemin quitte à se faire écraser.
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Mathieu
InvitéSalut François,
J’ai lu ton texte dans le diplo sur L’Histoire de Souleymane après avoir vu le film, et même si ce n’est pas une critique habituelle à laquelle tu te livres, puisqu’il s’agit surtout de prendre le film par le biais du rapport au travail, je te trouve quand même un peu gentil, notamment dans ta comparaison avec le cinéma des frères Dardenne. Je me suis même demandé si tu n’avais pas écrit cela un peu stratégiquement, pour dire du bien du film dans le cadre de ce papier précis, et que tu aurais sans doute était plus rude dans une vraie critique. De mon côté, je me suis précisément dit que c’était cette forme qui péchait, et contrairement à toi, j’ai plutôt pensé à Lukas Dhont ou à Jacques Audiard qu’aux frères Dardenne. Cette façon d’être constamment collé au dos ou à la nuque du personnage m’a donné un sentiment de restriction. Symptôme de cela, j’ai par exemple trouvé qu’il n’y avait pas de second rôle fort, y compris parmi le loueur de compte Deliveroo véreux ou le mec qui lui monte sa fausse histoire. J’ai eu l’impression de voir un film d’auteur français assez classique, type Fémis, émouvant, haletant, plutôt très bien joué, parfois tendu – la scène avec les flics – mais tout de même limité: j’ai par exemple eu le sentiment d’un réalisme social trop fabriqué, et finalement faux, un peu à la Ken Loach – qui certes est une référence plus glorieuse que Dhont. Je peux ainsi dire avec certitude que les appels au 115 dans ce film sont complètement faux et irréalistes: on a jamais aussi vite les écoutants au téléphone, et les écoutants ne donnent jamais deux places d’affilée à une même personne isolée, surtout si elle est en bonne santé. Il n’y a pas de place attitrée en hébergement d’urgence. De même, je suis à peu près sûr qu’une officière de l’OFPRAH ne ressemble jamais à Nina Meurisse, qui décidément s’est fait une spécialité des personnages qui portent le poids de la société sur leurs épaules et dans leurs regards compatissants. Elle nous refait un peu le coup de La Fièvre, quoi. C’est la bonne âme, la bonne saint-maritaine de centre-gauche dans ce monde de brutes. Qu’elle demande à Souleymane de finalement dire la vérité m’a d’ailleurs paru un pur artifice de scénario, même si je l’ai évidemment senti venir, titre et pitch du film obligent. Par conséquent, l’émotion que cette scène est supposée produire m’a paru trop forcée et artificielle. Et donc pas si émouvante. Même si l’acteur est effectivement superbe, rendons-lui cet hommage, et finissons par lui, qui est la grande force du film. Non-professionnel et proche du personnage, comme par hasard.-
Nola
Invité« Je me suis même demandé si tu n’avais pas écrit cela un peu stratégiquement, pour dire du bien du film dans le cadre de ce papier précis, et que tu aurais sans doute était plus rude dans une vraie critique. » Sérieux ?
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Mathieu
InvitéSi je l’écris c’est que je le pense, oui.
Mais ce pressentiment ne vient pas de nulle part.
Ce papier m’a étonné eu égard à ce que j’ai déjà pu entendre ou lire de François sur ce que j’appelle ce « réalisme social fabriqué », à la Ken Loach. Voir justement les lignes sur Loach dans CUM récemment, ou une ancienne table ronde Transfuge sur Moi, Daniel Blake.
Et sur le filmage de nuque chez Dont – même si là je force un peu, Lekjine vaut bien mieux que ce tâcheron. Mais via lui, j’évoquais plutôt la restriction qu’engendre une mise en scène uniquement accolée au personnage principal. Cela n’a pas d’habitude les faveurs de François, me semble t-il.
Et même temps, L’Histoire de Souleymane est loin d’être nul. Le film est critiquable et défendable à la fois. Voilà pourquoi je supputais que François ait pu taire de potentielles critiques dans le cadre de ce papier spécifiquement.
Dans l’attente de la réponse du maitre des clés.-
François Bégaudeau
Maître des clésTu as raison en partie. Oui le contexte diplo calibre le texte, le balise – je précise d’ailleurs que c’est eux qui m’ont suggéré d’aller le voir pour écrire dessus.
Il ne s’agit donc pas d’une critique de cinéma
Je crois l’avoir dit dans la Gene : le film patit d’un forçage scénaristique, notamment dans sa deuxième moitié – par exemple je trouve tout à fait superflu l’histoire avec sa compagne.
En revanche l’idée de dire la vérité lors de l’entretien est certes artificielle, mais une grande idée. Elle produit quelque chose (et oui Meurisse m’énerve, mais elle fait pas mal le boulot je trouve)
L’essentiel : je maintiens la comparaison avec Dardenne, pour une raison simple qui me parait le grand apport des Dardenne : l’action. Le film social comme film d’action. Un personnage sans cesse en action. C’est à ce titre et à ce seul titre que la caméra portée de Souleymane est dardenienne. Elle n’est pas une caméra impressive comme celle de Dhont ou de Diwan dans L’événement. Elle n’immerge pas dans un sentiment, mais dans une action. Ca reste une très bonne façon d’incarner le prolétariat: un corps soumis en permanence à la pression sociale, et donc obligé d’agir pour se démerder (il y a aussi de ça dans Shéhérazade). Tout film social devrait être un film d’action – il arrive que Loach atteigne ça, mais Loach est beaucoup trop occupé à nous faire pleurer sur ses prolos, il en perd le rythme et le fil.
Et puis tu dis l’essentiel : « Même si l’acteur est effectivement superbe, rendons-lui cet hommage, et finissons par lui, qui est la grande force du film. Non-professionnel et proche du personnage, comme par hasard. » Ben oui. Et on le voit dans tous les plans. Donc bon.-
François Bégaudeau
Maître des clés(bien vu pour les personnages secondaires, c’est effectivement l’écueil du dispositif)
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Charles
Invitéhttps://www.worldofreel.com/blog/2024/12/27/netflix-tells-writers-to-have-characters-announce-what-theyre-doing-just-in-case-viewer-is-busy-doing-something-else
Rires. Les cadres de Netflix demandent à leurs scénaristes de faire dire à leurs personnages ce qu’ils sont en train de faire au cas où le spectateur distrait serait occupé à autre chose pendant le visionnage du « contenu » et aurait du mal à suivre.-
Jeanne
InvitéJ’ai deux suggestions à faire pour la Gêne occasionnée :
Cinéma : En fanfare (Si).
Littérature : Trash vortex, de Mathieu Larnaudie.
Après Les effondrés, Larnaudie poursuit son étude (à peine) satirique d’élites économiques et politiques occupées d’une part à tout casser, d’autre part à sauver leurs fesses. Dans un style que je qualifierais d’audacieux : phrases très, très longues. Le jeu consistant à trouver les moyens syntaxiques et langagiers de ne pas, dans ces fleuves, noyer le lecteur.
Virtuose et (néanmoins) dépourvu d’esbrouffe.
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Il est vrai que je suis seulement en cours de lecture, mon avis n’est donc peut-être pas suffisamment documenté mais en tout cas là je suis saisie.-
François Bégaudeau
Maître des clésUn peu tard pour En fanfare – pas vu
Le Larnaudie je tacherai de le lire.
Au passage je signale et recommande L’hospitalité au démon, à sortir chez Verticales. Une sorte de Triste tigre au masculin.-
Jeanne
InvitéNoté
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graindorge
Invitéextrait de la préface de Neige Sinno
« Avoir le courage d’aller dans ce sens-là, du côté où il n’y a pas d’éclairage, du côté où on n’a pas trop envie de vous accompagner, qui peut l’avoir ? Qui peut l’avoir sinon les inconscients, les fous, les poètes, les braves. Puisqu’il s’agit de cela, braver, affronter les démons. Ceux du dehors et ceux du dedans. »
Neige Sinno
cette préface et les premières pages de Hospitalité au démon sont sur le net
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essaisfragiles
InvitéJ’ai toujours dit que les séries, c’est de la radio : « pour les auditeurs qui ne sont pas avec nous dans le studio ce matin, je vais dire le geste qu’est en train de faire l’invité avec ses mains. » Netflix devrait se lancer dans le podcast, ça leur coûterait moins de pognon. Et ça permettrait aux décorateurs de séries de faire un autre métier.
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PeggySlam
InvitéJe continue de rattraper des films et cette fois-ci il s’agit d’un film chinois. C’est vrai avec ce temps qui court il faut plutôt oser mais je sais pas le titre m’a attiré Only The River Flow qui est un polar, thriller donc de nationalité chinois. Une Chine en crise où la culture se meurt. Un des chef officier passionné de cinéma prévient son neveu lui aussi policier que ça y est le cinéma va fermer, le gouvernement ne subventionne plus le lieu. Mais les choses sérieuses elles continuent. Il y a un meurtre que l’on va suivre par le prisme du tueur lui-même. La première scène est quelque peu banale mais plus le film se déroule plus la scène du meurtre va s’élargir. Comme dans la plupart des films policier asiatique il pleut pour amener plus de difficulté dans la recherche de l’enquête. Et puis ils vont accuser un fou. Mais les preuves sont pas vraiment là alors faut continuer à chercher. À questionner les habitants des lieux. Plus l’enquête avance plus cela abîme la vie du jeune officier. Il rêve même de la scène du crime. Peut être là scène la plus magistrale du film où j’ai failli crier au chef d’oeuvre et puis finalement non car comme tout film finalement académique il faut une fin. Une fin la plus banale qu’il soit. Une fin qui rend l’officier comme un héros parce qu’il a servi son pays, résolu l’enquête et qu’il est devenu un model. Alors que l’histoire était terminée pourquoi le réalisateur ne s’est il pas arrêté au rêve comme pourtant souvent dans les films asiatiques quand la réalité se mélange avec l’illusion. Oui c’est vrai il faut toujours que je rajoute ce que je voulais voir et que je ne laisse pas le film se vivre mais c’est plus fort que moi surtout quand je vois une scène magistrale. Du déjà vu dans son thème mais pas dans sa façon de filmer. Il aurait tellement pu aller plus loin. Bon aller j’arrête. Un bon film mais qui par son final reste très classique
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essaisfragiles
Invité« Comme dans la plupart des films policier asiatique il pleut pour amener plus de difficulté dans la recherche de l’enquête. » J’adore.
C’est les images que je garde de Memories of murder. Mais je ne sais plus plus s’il a plu dans ce film. Ou après la projection. En tout cas, c’était bien dégueulasse partout.-
PeggySlam
InvitéTout comme Limbo (filmer entièrement en noir et blanc et qui en vaut le coup) et Parasite. À croire qu’en Asie le pire ennemi c’est la pluie ^^
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I.G.Y
InvitéPour ne pas interférer sur la page « La Critique », je mets ici : j’ai vu réapparaître il y a peu sur youtube le débat filmé complet Daney-Godard (dont seul un bout était jusqu’à présent disponible à ma connaissance). C’est ici.
La collision des deux modes de pensée et de discours m’a rarement paru aussi grande. Godard dit des choses intéressantes mais qu’est-ce qu’il est dur à suivre, même Daney s’y perd par instant. Les deux partagent pourtant un goût pour l’intuition hypothétique voire un génie propre de la fulgurance, mais chez Godard tout va plus loin : collage expérimental entre idées, notions, images, ça n’est même pas une pensée du montage c’est une pensée-montage. Je ne dis sans doute rien qui n’ait déjà été dit mille fois mais c’est encore plus frappant ici, en voyant l’entretien en entier. Fonctionne-t-il pareil à l’écrit? Je ne l’ai jamais lu
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Tony
Invité@I.G.Y. t’as trouvé les Microfilms que tu cherchais?
Merci pour Godard/Daney,je l’avais vu il y a longtemps,ils avaient un drôle de rapport tous les deux,Daney a une pente mythologique, symbolique,freudienne alors que Godard est beaucoup plus matérialiste(j’ai lu une anecdote assez drôle dans un livre assez intéressant que je suis en train de lire,Golden Eighties, pendant les 2 premiers mois du tournage de Passion Godard est resté dans sa chambre, tout le monde était payé et quand il a commencé le tournage au bout de 2 mois il n’y avait plus d’argent et il a dit aux techniciens’vous avez eu le beurre et bien maintenant vous allez l’étaler sur la tartine’)-
I.G.Y
InvitéOui j’ai pu les avoir du coup, un grand merci, je les écoute avant de dormir c’est un plaisir.
Décidément Godard maîtrise l’art de la formule comme peu d’autres.
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essaisfragiles
Invité@ I.G.Y
Souvenir d’un dialogue impossible entre Daney et Godard qui ne parlent jamais de la même chose : et pourtant ça circule avec beaucoup d’aisance et ça finit par faire sens. Pas un n’est plus malin que l’autre. Il faudrait que je revoie.
Tu as raison pour la pensée-montage de Godard. À l’écrit (je connais surtout sa période Cahiers), un empilement de fulgurances, pas du tout un développement logique à la Truffaut qui était beaucoup plus soucieux d’être compris. Des pépites qui se chevauchent. Et un amoureux du style 18e. Surtout les commodes. Il faudrait que je relise. -
François Bégaudeau
Maître des clésce dialogue m’a toujours crispé tant il est de sourd
mais avec Godard c’est toujours pareil
j’écouterai-
I.G.Y
InvitéOui vous avez raison. Aussi je remarque que Godard coupe tout de même beaucoup Daney (et il le sait puisqu’il le dit à un moment). Il le fait un peu moins dans le Microfilm qu’ils ont enregistré ensemble sur la télévision.
@essais je n’ai quasiment pas lu la littérature française du XVIIIè sauf à l’école (aucun souvenir), qui as-tu en tête ? Diderot, Voltaire?
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essaisfragiles
Invité@ I.G.Y
François te répondrait sans doute plus précisément que moi, j’ai peur dire des conneries.
Godard, Truffaut avaient une solide culture classique, formée par la lecture, par la lecture de la littérature classique et par l’école des années 40, même si Truffaut est autodidacte et se tournait plutôt vers les romans (le romanesque) du 19e.
C’est surtout un article de Godard des années 50 qui m’avait mis la puce à l’oreille quand j’avais 20 ans : « Les bizarreries de la pudeur ». Puis, pas mal de références au fil des pages et de ses articles du début des années 50 pour les Cahiers.
Je viens de chercher, je n’arrive pas à trouver le texte sur internet.
Mais il y a cette étude : Contre les « modernes » : le classicisme critique de Jean-Luc Godard
Les idées que développe Godard sur le cinéma dans les années 50 sont d’abord des idées qui lui viennent par la littérature (et l’art, et la peinture, et l’esthétique en général) et qui ne cesseront de revenir dans ses films (notoirement dans les années 80, de Passion, Prénom Carmen jusqu’à Nouvelle vague) :
1. Le rejet du naturalisme en art — représenté dans les années 50 par l’existentialisme et les films de cette époque qui le reflètent : pour le dire autrement, la critique d’une « certaine tendance du cinéma français » été déjà entamée par Godard quand Truffaut écrit son texte célèbre, l’idée était partagée par les « jeunes turcs ».
2. Le cinéma est un art de la représentation de la réalité et non de l’expression (le cinéma ne doit pas exprimer ou « jouer » les sentiments mais les représenter, les donner à voir).
3. Le cinéma comme art est un embellissement de la réalité (pas sa reproduction plate, même dans le documentaire) — cette idée est liée à l’esthétique du 18e et à la question de la beauté.
Tiens, j’écris tout cela et je me dis que Bresson n’est pas loin sur les points 1 et 2.-
diegomaradona
Invité« François te répondrait sans doute plus précisément que moi, j’ai peur dire des conneries. »
@essaisfragiles pour éviter de dire des conneries tu peux faire le choix de la fermer. -
I.G.Y
InvitéMerci @essais pour la référence, j’ai lu, pas mal de choses intéressantes. Je sens l’auteur assez prudent, conscient de marcher sur des œufs et sachant bien que Godard en matière de citation a la gâchette facile, pioche à gauche à droite parfois sans grand souci de fidélité ou du moins pas en « théoricien » — il le dit explicitement deux ou trois fois. Il n’empêche qu’il donne à penser — et à voir.
Occasion pour moi aussi de lire ce fameux article de Truffaut (je comprends mieux d’où vient cette scission sur la question du « cinéma de scénaristes »). Écrire ça à 22 piges, c’est pas mal
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Ostros
InvitéJ’apprends que Mickey 17 de Bong Joon Ho sortira le 16 avril !
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Tony
InvitéTémoignage glaçant sur le milieu de la critique,
https://docs.google.com/document/u/0/d/1z-7XJpWF65O_wLBVlHWv1yAL2j4Z0eqtq7M2Ng9DO6E/mobilebasic-
Louise Michelle
InvitéOui un témoignage glaçant mais précis dans la spirale de domination et de violence dans laquelle elle a été prise. J’ai été pris comme dans un thriller avec une grande tristesse à la fin, puisque qu’elle s’excuse d’avoir pas fait un meilleur boulot lors des deux premières parutions de cette revue.
J’espère qu’elle va désormais mieux mentalement.-
Tony
InvitéSur son FB Camille Nevers(Terry McKay)en parle de façon très juste
https://www.facebook.com/share/p/1F6nts4zw2/-
K. comme mon Code
InvitéC’est curieux de noter le bordel qu’est ce très long document-témoignage tout en empressant à s’exprimer là-dessus comme si c’était immédiatement facile à démêler. D’autant plus curieux quand on lit dans ce même document que de nombreux agresseurs s’empressent de se positionner contre les violences sexuelles pour grappiller de la reconnaissance. Dans les premières réactions, je sentais que ça se léchait les babines ; des mecs qui font la police de qui a unfollow qui et qui a posté quoi, sentant l’opportunité de gagner du capital dans le milieu… pour en faire quoi… j’ai mon idée…
Dans le bordel avoué, on lit que la précarité du milieu est un terrain fertile pour toutes sortes d’exploitations — financières, sexuelles. On le savait. On a de nouveaux exemples. C’est toujours tristesse, et à cette tristesse se rajoute l’espèce de spectacle déplorable où le jeu de cour continue — des chaises musicales morbides alors qu’il faudrait investir dans un grand sofa.-
Tony
InvitéCe qui est sidérant avec ce texte c’est qu’il nous rend tangigle cette sorte de dépossession de soi que peut produire sur une vie précaire l’emprise d’un milieu auquel elle rêve d’appartenir,une provinciale qui monte à Paris sans aucun capital social ou culturel,la proie idéale,ce qui est glaçant c’est qu’on lui fait croire que la fidélité c’est le patriarcat et qu’elle n’est pas assez déconstruite!
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Tony
Invitétangible
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Seldoon
InvitéPuisque ça cause critique ciné YouTube sur l’autre topic, j’ai vu le début de cette vidéo hier :
Quelqu’un a vu Septembre sans attendre ? La vidéo m’a fait envie (après il rentre trop dans le déroulé de l’histoire, je vais préserver un peu le film)
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François Bégaudeau
Maître des clésVu
Et comme tu es un ami je ne le recommande pas.
Burdeau dans Spéculations a tout dit,, je t’y renvoie.-
Seldoon
InvitéMerci pour l’avertissement. Je commencerai donc l’année avec autre chose.
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Tony
InvitéJ’ai bien envie de commencer l’année avec le film de Dubosc,on en dit le plus grand bien.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas si cette tentation Dubosc est une blague ou pas, mais j’en profite pour dire une j’ai été très très agréablement surpris par En fanfare, qui pendant une heure est presque un grand film, et globalement un beau film.
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Mélanie
InvitéJe venais justement demander pour En fanfare
Et Motel Destino, et Quiet Life, quelqu’un les a vus, les recommandez-vous ?
(pardon si j’ai manqué des posts dessus, je ne suis pas très à jour) -
Mathieu
InvitéIl se pourrait donc que le calamiteux Pierre Lottin soit moins calamiteux que d’habitude
Je suis tenté-
Charles
InvitéTu as mal orthographié Benjamin Laverhne.
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Mathieu
InvitéEntre les deux, y’a match
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Le pointillé
InvitéL’un a joué l’abbé pierre pas l’autre
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essaisfragiles
InvitéJe m’incruste partout partout partout
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Partout
InvitéPartout
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Carpentier
Invitéah ça, ça fait plaisir (En fanfare)
Prochaine G.O.?-
Carpentier
Invitéet Pierre Lottin y est bien
sortir des Tuches et faire ça, ça claque
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Carpentier
Invitéà part le Maître des clefs d’ici, et moi, qui a vu En fanfare au fait?
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Carpentier
InvitéQqn.e qui aurait aimé En fanfare?
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stephanie
Invitéj’ai commencé l’année avec Melancolie , loué sur Arte , une 1ere , car raté au ciné. Merci à tous pour votre recommandation dans le top 5. Pas déçue un film d’une grande intelligence.
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toto
InvitéMarie Sauvion parle du film l’ours dans le Jura
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Tof
InvitéDommage pour le Trueba, j’avais bien aimé les 2 que j’ai vus. Intéressant (même si presque évidente a posteriori) cette histoire de bifurcation qu’on ne pourrait illustrer que par la continuité du récit.
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François Bégaudeau
Maître des clésAu passage bis : la GO de rentrée est sur le Echenoz. Mais pour la GO qui suivra (on l’enregistrera vers le 20 janvier), je n’ai pas trop d’idées, à part le Andrea Arnold qui sort aujourd’hui, et qui pourrai être l’occasion de questionner un peu cette surcote (ou de la valider, va savoir)
Si suggestions, n’hésitez pas.-
Charles
InvitéEephus, film américain dans la veine de Linklater période Everybody wants some !!!, sort aujourd’hui. Pas encore vu évidemment mais ça fait très envie. Le film raconte la dernière partie de baseball d’une équipe amateur car son terrain va être utilisé pour un projet de construction.
Sortie un peu confidentielle en revanche donc peut-être que d’ici le 20 janvier il ne sera plus trop à l’affiche.-
MA
InvitéMy Sunshine, deuxième film d’Hiroshi Okuyama que j’ai trouvé beau et fin, sorti le 25/12.
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François Bégaudeau
Maître des clésje vais essayer de le voir
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MA
InvitéIl y a aussi le Jia Zhangke qui sort en janvier.
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tomtom
InvitéC’est une valeur sûre le petit père Jia généralement ! Ca sort le 8 janvier
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stephanie
InvitéGO : Fotogenico ,un film loufoque, drôle et triste, super musique et pour l’acteur Christophe Paou ( l’inconnu du lac)
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essaisfragiles
InvitéMerci Stephanie il joue encore et où
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François Bégaudeau
Maître des clésIl nous faut un truc qui sorte en janvier, les amis
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stephanie
InvitéBIRD ? pas encore vu, je compte le voir .
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François Bégaudeau
Maître des clésOui le Andrea Arnold
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stephanie
Invitéje n’ai rien vu d’elle mais Cow m’avait intrigué sa la sortie. Ses autres films aussi. Qu’as tu vu d’elle François?
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François Bégaudeau
Maître des clésTout, je crois, sans être jamais convaincu
Sauf Cow, qui est en accès libre sur MK2 curiosity-
K. comme mon Code
InvitéBabygirl m’intrigue. Mais c’est peut-être nul.
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I.G.Y
InvitéFish Tank, American Honey et les Hauts de Hurlevent sont dispos sur Mubi (pas vu le deuxième). Le court métrage WASP vient d’être retiré.
Merci pour le signalement du mk2Curiosity que j’oublie trop souvent de surveiller.
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Nola
InvitéTeam Bird.
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I.G.Y.
InvitéJe m’associe à la team Bird pour une GO. A mon avis c’est celui dans lequel elle pousse le plus loin ce qu’elle sait faire de mieux (je ne suis d’ailleurs pas encore complètement au clair sur tout le film, ce qui n’est pas pour me déplaire). Rien à voir avec American Honey que j’ai rattrapé hier et que je trouve un peu raté (je rejoins assez François là dessus)
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François Bégaudeau
Maître des clésJe note cette revendication du peuple.
Je saurai me mettre à l’écoute, en organisant des grands débats dans les territoires.
Je resignale le très beau Cow en accès gratuit sur MK2 curiosity -
I.G.Y.
InvitéSignalement qui du côté du peuple n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd : prévu pour demain soir (parmi ses longs métrages il ne me manquera donc plus que Red Road).
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I.G.Y.
Invité(en attendant le choix GO de notre Duce)
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Kenyle
InvitéLe peuple réclame une go sur en fanfare.
Et un livre sur Brigitte Macron que tu nous as vendu dans une interview. -
Kenyle
InvitéOn veut connaître la vérité
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I.G.Y.
InvitéEt voilà, ça y est, déjà le peuple se divise.
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Kenyle
InvitéMoi je parle du vrais peuple. Celui qui sait se tenir.
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I.G.Y
InvitéLe vrai vrai peuple, le « pays réel », a regardé Cow. Et il ne s’épuisera pas en superlatifs : c’est remarquable. C’est d’ailleurs le film dans lequel sa caméra semi-subjective fonctionne le mieux, évidemment parce que la ni la vache 1129 ni le veau 04481 ne sont des acteurs.
Difficile de savoir si je « préfère » Cow à Bird dans la mesure ou l’un n’est pas une fiction, j’ai du mal à les réunir sous le même toit. Je vais sans doute revoir le second pour m’assurer que les défauts du film perçus au premier visionnage ne prennent pas le dessus sur ses quelques grandes qualités.
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Carpentier
InvitéTeam Bird
+ 1
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Stéphanie
InvitéMerci
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Le pointillé
InvitéPeut être que La Chambre d’à côté peut faire l’affaire, le nouveau almodovar
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InvitéSortie de janvier
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Le pointillé
InvitéIl sors le 8
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Invitésort*
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François Bégaudeau
Maître des clésOui le almodovar serait une hypothèse.
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Ema
InvitéJe serais assez intéressée par le Almodovar pour ma part, cinéaste quand même très prolifique et sur lequel je ne crois pas t’avoir déjà lu ou entendu.
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Ema
InvitéEt après je quitte le forum miteux
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Le pointillé
InvitéJe me faisait la même réflexion plus bas, c’est sans doute du au style de cinéma d’almodovar, un cinéma de conte, mélodramatique, tout sauf naturaliste, donc trop éloigné des thèmes habituel bégaudien.
C’est pour ça, que c’est d’autant plus intéressant d’en faire une GO -
essaisfragiles
InvitéJe me faisais*
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Le pointillé
InvitéJe suis dyslexique, ça va te prendre du temps de tout corriger
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François Bégaudeau
Maître des clésLa dichotomie morbide-vital ne recoupe pas la dichotomie naturalisme-conte. Il y a des contes vitalistes et un naturalisme morbide.
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Ema
InvitéAlors autant pour le conte vitaliste je comprends très bien autant pour le naturalisme morbide j’ai plus de mal à me figurer à quoi çà peut ressembler, tu aurais des exemples de films ou romans pour illustrer que je comprennes un peu mieux?
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Ostros
InvitéMoi aussi ça m’interroge et je me demande si les films d’Audiard, de Ken Loach, ou Assayas et Mia Hansen-Love ne seraient pas dedans ?
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Ostros
InvitéContes vitalistes : je vois Rohmer, HSS, Frammartino, Hamaguchi.
Et Lantimos et Glazer.
Par exemple.
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Le pointillé
InvitéOu spectacteur! De depleschin
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essaisfragiles
InvitéÇa m’intéresserait d’entendre une GO sur Almodovar. Je ne sais pas si la question a été posée entre eux.
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InvitéA quelle sauce
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Le pointillé
InvitéJe crois n’avoir jamais lu de texte, ou entendu bégaudeau parler d’almodovar une seul fois, ça serait frais
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essaisfragiles
Invitéseule*
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essaisfragiles
InvitéTu veux pas cesser de te faire passer pour moi
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stephanie
Invitétu habites où ?
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essaisfragiles
InvitéIDF
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stephanie
Invitévoici les villes où il joue encore , j’ai pris ça sur allociné
Paris (8)
Marseille (2)
Avignon (2)
Paris 5e arrondissement (2)
Gex (1)
Briançon (1)
Veynes (1)Marseille 6e arrondissement (1)
Semur-en-Auxois (1)
Auterive (1)
L’ Isle-Jourdain (1)
Saint-Martin-en-Haut (1)
Lyon 1er arrondissement (1)
Veules-les-Roses (1)Pantin (1)
Saint-Gratien (1)
Marseille 1er arrondissement (1)
Terrasson-Lavilledieu (1)
Pont-Audemer (1)
Quimperlé (1)
Montpellier (1)-
essaisfragiles
InvitéMerci Stephanie
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Mathieu
InvitéMa critique de Joli Joli n’est pas passé, message test
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Mathieu
InvitéToujours pas, je renonce
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Mathieu
InvitéLe Almodovar? La romance entre Andrew Garfield et Florence Plugh, qui s’annonce comme un pur produit branchouille A24? Le Kergoat sur Khadafi et Sarko? Mon tropisme animation me ferait dire aussi Mémoires d’un escargot, grand retour du réalisateur de Mary et Max? La nouvelle version de Wolfman?
Et oh my god si vous attendez un peu vous avez le combo de l’horreur qui se profile le 22 janvier: le nouveau Lindon et le nouveau Benyamina-
Le pointillé
InvitéLe kergoat s’annonce être sans l’humour des nouveaux chien de garde, ça à l’air intéressant
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essaisfragiles
InvitéPartout
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Ostros
InvitéJ’aimerais beaucoup un GO sur le Desplechin, aussi.
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François Bégaudeau
Maître des clésil ne sort pas en janvier, si?
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K. comme mon code
InvitéSi je m’en vais tu vas faire comment
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Ostros
InvitéIl est annoncé pour le mercredi 15 janvier.
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Eden Lazaridis
InvitéIl a déjà longuement parlé de Desplechin dans le live avec Samir ceci dit.
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Le pointillé
InvitéOui, mais c’est le retour de paul dédalus
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Le pointillé
InvitéJe pense que ça va se jouer entre l’almodovar, bird.
Il y aussi Bernie de linklater mais pas sur que le film mérite une GO.
Apprendre de claire simon mais le film tombe a la fin du mois.
Le biopic de bob dylan avec chalamet ?-
Le pointillé
InvitéLe film bernie date de 2011 je suis définitivement débile
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Le pointillé
InvitéIl y a le nouveau crononberg aussi, les linceuls
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essaisfragiles
InvitéC un bon début
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Eden Lazaridis
InvitéJe serais curieux d’avoir un avis approfondi de François sur Almodovar, à qui il reprocherait à mon avis un côté arty digne de Wes Anderson, et des complications de scénarios dignes de Park Chan-Wook.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’avais fait une conf sur lui, jadis
Evidement son cinéma morbide n’est pas à mon gout. Mais j’aime assez ses scénarios baroques.-
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InvitéOk
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Le pointillé
InvitéSon cinéma morbide tu peux en dire plus
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Le pointillé
Invité(Ce message n’a pas été écris par moi)
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Le pointillé
InvitéPas par moi non plus
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Le pointillé
InvitéJ’ai pour ma part très bien compris ce qui était sous entendu par cinéma morbide, contrairement a demi-habile
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Carpentier
InvitéTu peux expliquer ? 🧐
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Le pointillé
InvitéPourquoi ton émoticone a changé ? (De rose à un portrait)
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Carpentier
Invitéfaux-Carpentier
pffff, que dire? -
Le pointillé
InvitéCe qui est étonnant c’est qu’a la place de la couleur vive attendu, il y a une image, donc c’est un vieux utilisateur du site, et surement pas demi habile
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Carpentier
Invitési ça l’amuse
dans tous les cas, j’ai souvent demande comment faire ça et c’était comme chier dans une trompette
(alors que copier un résultat allo ciné est salué ici;
cette nouvelle année brillera pas par un gros gain en autonomie apparemment, ça craint putain) -
Carpentier
InvitéQqn.e pour dire comment intégrer une image dans l’icône de son pseudo please sinon?
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Le pointillé
InvitéUn vieux truc que permettait le site, aujourd’hui je crois que ça à été retiré
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Carpentier
InvitéPfff, (alors que copier un résultat allo ciné est salué ici;
cette nouvelle année brillera pas par un gros gain en autonomie apparemment, ça craint putain) -
Le pointillé
InvitéTant que tu est la, tu peux pas nous dire comment mettre une photo de profil ?
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Carpentier
InvitéTu peux expliquer ? 🧐
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Carpentier
Invitébon benh là, c pas moi: au moins c clair 🤣
K comme mon code le fait aussi, tiens
est-ce que ça voudrait dire que … -
Carpentier
Invitédu coup moi, depuis le début, c’est un petit icône rose-rouge en forme centrale presque comme un bonhomme enfantin
PeggySlam a un icône perso il me semble -
K. comme mon Code
Invité« bon benh là, c pas moi: au moins c clair 🤣
K comme mon code le fait aussi, tiens
est-ce que ça voudrait dire que … »
Ce n’est pas moi bien autre chose à faire -
Le pointillé
InvitéToi t’es pas k. comme mon Code, t’a pas d’icone
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K. comme mon Code
InvitéOk si tu le dis
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Oscar
InvitéCarpentier ! https://fr.gravatar.com/
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Carpentier
Invitéok, merci
j’ai pris russe 3e langue pourtant mais pourquoi j’ai l’impression que cette histoire de profil c’est pas si facile?
même pour une femme libérée (ref pas pour les moins de 50 ans, déso) -
Eden Lazaridis
InvitéPuisque vous avez une discussion sur les logos, je reviens à la charge :
« Le problème c’est qu’on ne voit les logos que pour celui qui a ouvert la discussion et pour le dernier qui a parlé sur un topic. Il faudrait que le logo soit constamment à côté de notre pseudo, dans les discussions. S’il y a un Zuckerberg sur le forum, je lui propose d’ajouter cette fonction. ». -
K. comme mon Code
InvitéFaudrai vraiment intervenir sinon je me casse de ce forum miteux
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Oscar
InvitéLe principe c’est de coller une icône à ton mail. Elle apparaîtra ici.
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Eden Lazaridis
InvitéMerci Oscar, mais ça ne règle pas le problème de la visibilité du logo.
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Oscar
InvitéOui oui je sais, c’était une réponse à la question précise de Carpentier. Depuis l’administration du forum on peut normalement permettre l’attribution d’un logo pour chaque profil. C’est un choix quoi !
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Carpentier
Invitémerci donc.
et bonne première soirée 2025. -
Cornemuse
InvitéBonne soirée ouai
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Carpentier
Invitéah ok cool
j’essaierai ça demain
ps: faut voir le film En fanfare, hors tout top ciné pour moi mais ça, c’est pour cause de génétique -
I.G.Y
InvitéOui la seule personne qui pourrait (peut-être) faire ça officiellement est l’admin du forum. Après, il est sans doute possible de faire un plugin web qui le fait en local pour chaque utilisateur (de mémoire le code de l’identifiant est accessible dans la page html, mais je ne sais pas dans quelle mesure il est unique, est-ce qu’il est lié aux cookies du navigateur, au mail renseigné etc… en revanche je suppose que ce truc de gravatar doit lier un identifiant unique au mail ou quelque chose du genre, je ne connais pas)
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I.G.Y
InvitéPar « plugin » j’entends « extension chrome/firefox »
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I.G.Y.
InvitéJ’ai regardé deux minutes, à mon avis la solution d’une intervention par l’admin doit être très simple, tout simplement parce que la section qui détermine l’affichage de la petite « photo avatar » de l’utilisateur est bien présente dans le code HTML, on la voit. Sauf qu’elle n’apparaît pas en grisé sur l’inspecteur de code html du navigateur dans le cas de la page d’accueil du forum (donc la petite photo s’affiche) alors qu’elle est grisée dans les pages internes du forum (un paramétrage a dû être fait pour désactiver l’affichage). Donc il suffirait juste de réactiver la fonctionnalité. Par ailleurs, pour avoir une taille d’image qui ne soit pas celle par défaut (taille 80) il suffirait de modifier et baisser la valeur (par comparaison, sur la page d’accueil, les petits logos apparaissent en taille 14).
C’est la section span class= »bbp-author-avatar » du code source qui est concernée.
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Invité.
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I.G.Y
InvitéJe viens de voir que Mubi — dont tout le monde aura compris que je possède 65.3% du capital — fait une sélection « premiers films de », avec quelques surprises :
Le fameux premier film de Nolan (The Following), le premier Almodovar, le premier Lanthimos (Kinetta, qui en réalité semble être le deuxième, bon), le premier Ostlund, le premier Harari etc… Quelques cinéastes aussi dont je ne connais pas le nom. Je n’ai littéralement vu aucun film de la liste, donc je n’ai aucune idée de par où commencer mais je ne suis pas trop inquiet.
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Mélanie
InvitéVu En fanfare
Qui m’a beaucoup plu aussi-
Carpentier
Invitéok, préciserais-tu ?
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Mélanie
InvitéCarpentier, ne me tente pas
Et parler de films n’est pas ce que je fais de mieux ; d’autres ici le feront mieux que moi. En plus je suis résolue à faire du yoga chaque jour de 2025, donc je n’ai pas le temps.-
Carpentier
Invitéil y a notamment la scène où les frangins partagent le tabouret de piano et chuuuut mais j’ai même essayé de guetter les raccords – tu parles, on m’connait ; ) – pour repérer le frappé de leurs doigts sur les touches et la synchro de la musique et des sons
en vain,
– conclusion: ils jouent bien en plus ces deux bogoss ( un plan où Lottin est super bogoss, oui, en plus, j’en rêve encore)provinciale et inculte
si tu l’étais, tu le connaîtrais du film Les Tuche, enfin
et de leur joyeuxdes frites des frites des frites
Les Tuches, qui n’ont rien à envier aux célébres Deschiens (que les moins de cinquante, sans internet, ne pourraient pas connaître), les Deschiens que j’ai, en revanche, toujours détesté
Oui, c’est un joli (très rare dans ma bouche) film sur le NÔoord, accessoirement (?) et la filiation/parentalité/adoption/lutte des classes.
Bien mieux que ce fichu Vingt Dieux, même si on s’était jusque là jamais intéressé à la fabrication du fromage ( ia d’ces nouveaux-nés des fois parmi les critiques, j’vous jure ) : D-
Carpentier
InvitéLavernhe, Lottin, Succo, Bonnaffé
Jacques Bonnaffé, celui qui donna la réplique à qui on sait dans l’adaptation de la pièce Le problème (écrite par François begaudeau) en première mouture, Jacques Bonnaffé qui, aussi, heurta, en voiture, ma tante et mon oncle, en revenant du carnaval de Dunkerque il y a quelques années de cela.
Une histoire familiale qu’on ne s’épargne que rarement quand on parle de ciné à table, tu penses bien!
J’aime beaucoup l’actrice qui joue la mère de Jimmy, ses traits me ramène à ma grand mère paternelle.
Benh oui, du coup, ça joue un peu aussi,
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Eden Lazaridis
InvitéLe prochain film de Christopher Nolan sera une adaptation de l’Odyssée d’Homère, avec au casting Matt Damon, Tom Holland, Zendaya, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Anne Hathaway et Charlize Theron.
Rien ne fait plus sens que cette adaptation. Nolan est obsédé par la perte de la femme, du foyer, de la famille.
Des gros plans sur un Ulysse esseulé, en proie aux doutes, avec en surimpression une Péneloppe abattue, le tout avec une tartine de Ludwig Göransson, on va adorer. -
Mathieu
InvitéVu En fanfare
Bon, je retirerais presque ce que j’ai dit plus haut sur Lottin, il est pas si mal. Il a quand même de la photogénie et du charisme, mais je persiste: il faut vraiment qu’il arrête d’imiter Brad Pitt dans Snatch dès qu’il joue un prolo.
Bon film, sinon. Petite larmichette quand la mère adoptive de Jimmy dit qu’elle les aurait gardé tous les deux, mais tu serais pas devenu chef d’orchestre, oh mais tu serais bien devenu chef de quelque-chose.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui son jeu est un peu répétitif, mais il a vraiment attrapé quelque chose de l’éthos prolo
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Tof
InvitéEn miroir de Lavernhe, qui maitrise l’éthos bourgeois, en particulier cette façon d’être à l’aise partout.
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Tof
Invité(oops, vu ton autre message plus bas après)
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Tof
InvitéMais je mélange un peu personnage et acteur
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Carpentier
Invitébonjour,
je vais chercher ce qui a pu être dit plus haut mais contente , pour cette comédie, que tu aies aimé.
J’ai génétiquement des difficultés à ne pas craquer – en mode touriste chti qui revient au pays – devant ces films sur le Nord, une non-objectivité en mode gouffre qui m’aveugle donc, mais tout l’autour de la fanfare m’a bien emmené aussi, et ça, jusqu’à la fin.
J’ai donc été très émue également; Lavernhe y est toujours aussi bien, ma copine du film Discount aussi, et si je suis heureuse d’avoir insisté auprès de mes parents pour qu’ils aillent le voir près de leur village – où comme dans chaque ciné qui le projetait dans le Nord, la fanfare ouvrait le bal avec la fanfare – et je regrette encore de ne pas les y avoir accompagnés.
Ce film est socialement émouvant, oui.
Une g.o.? -
Mélanie
InvitéLe film a touché 700 de mes cordes sensibles, donc je suis peut-être un peu « emballée ». Lottin je ne le connaissais pas (je suis provinciale et inculte), et je me suis demandé pendant le film s’il était « un vrai ». On peut au moins dire que son personnage est très bien écrit (et c’est une sitiste qui fréquente des prolos syndiqués qui vous le dit).
J’ai vu au générique que la fanfare était « une vraie », déjà de quoi me réjouir. Je ne sais pas, mais il m’a semblé par moment que Lavernhe était aussi un peu un vrai musicien – et sûrement qu’il menait un vrai orchestre aussi. En tout cas, à moi qui peux avoir le fâcheux réflexe de ne pas trop aimer les bourgeois, la compagnie de Thibault pendant le film m’a paru très supportable. Il faudrait dire ça mieux, mais j’aime bien sa droiture.-
Carpentier
Invitéc’est quoi cette redirection de mon post, plus haut, en réponse au dernier de Mélanie?
bref, faut en ravaler ici, j’vous jure (les échanges des bons avec les bons? c’est ça? )
Heureusement qu’elle est pas parano, comme dit l’autre : D -
Carpentier
Invitévu au générique que la fanfare était « une vraie
de cela, j’en parle un peu plus en détail dans un post précédent
et oui, leur choix de promotion du film, en avant-première musicale dans les Hauts de France, comme dit la droite asteur, est une réusssite de plus -
Mélanie
Invité(Pour des raisons de santé, j’ai décidé de lire le moins possible les posts de Carpentier
Qui aime m’insulter, maintenir que je ne suis qu’une bourgeoise, des choses dans ce goût-là)-
Carpentier
Invité?
bon yoga mais, pour ma part, il y a méga-méprise
tant pis, rater des gens fait aussi partie de la vie -
Carpentier
Invitéet comme tu faisais partie de mon unique bonne résolution de la nouvelle année, Mélanie
si jamais leHeureusement qu’elle est pas parano
est, entre autres et en particulier, à l’origine de tes dernières lignes, sache qu’il parlait de moi,
ou plutôt de ce qui s’est échangé, à mon sujet, ces derniers jours, ici, entre autres.
Si tu as échappé à tout cela, tu as de la chance et oui, peut-être que dans ce cas, pour la santé, vaut mieux pas lire.
Je fais, malheureusement – pour moi déjà – partie de ces gens cons, qui pensent qu’ils sauront faire face à cette merde.
En revanche, si je peux me permettre, tu vois un peu vite, des insultes partout.
C’est comme ça les psy-tout.
Pas garve, pas tous obligé.es de faire appel à eux.
Ils bossent déjà assez facilement comme ça, eux, et les juristes.
re-bon yoga.
Suis pas très ‘ bonne résolution’ d’façons, on comprendra donc pourquoi : D-
.
Invité« Pas garve, pas tous obligé.es de faire appel à eux. »
Pas garve pour toi nous tu nous gave-
Carpentier
InvitéDu bon foie gras d’oie en perspective pour les prochaines fêtes de fin d’année
Déjà ça
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François Bégaudeau
Maître des clésDe Thibault on pourrait dire qu’il incarne le meilleur de la bourgeoisie. Le meilleur de son charme. J’ai déja croisé des types comme ça et je dois dire que c’est une compagnie très agréable.
C’est sans doute la proximité de la maladie qui le rend comme ça, et peut etre, va savoir, son sang prolo, mais aussi assurément son éducation bourgeoise.
Et la musique bien sur
Sous l’aile de la musique tout le monde est sauvé.-
Carpentier
InvitéLavernhe est toujours en place,
même en Scapin, il est top. -
Mélanie
InvitéOui la musique
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Eden Lazaridis
InvitéLottin est le deuxième nom de famille de Mbappé.
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Ostros
InvitéPetit récap des sorties ciné attendues en 2025 selon vos posts précédents – à vos agendas ! :
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– Spectateurs ! – Desplechin – 15 janvier
– Une voyageuse – HSS – 22 janvier
– Maria – Larraín – 05 février
– Black Bag – Soderbergh – 12 mars
– Mickey 17 – B. Joon-ho – 16 avril
– Les linceuls – Cronenberg – 30 avril
– The Battle of Baktan Cross – PTA – 6 août-
Ostros
InvitéMince j’ai oublié :
– Presence – Soderbergh – 05 février-
Carpentier
InvitéJouir dans ses poches est parfois complexe, en effet 🤣- 18 mai
-
Ostros
InvitéCarpentier est casse-couille mais elle ne harcèle pas les gens contrairement à toi.
Dis-nous plutôt s’il y a un film que j’ai oublié dans la liste. Si lire ces sorties à venir t’inspire, te donne le sourire, suscite chez toi du plaisir.-
Carpentier
InvitéCe post n’est pas de moi et au bon endroit y a une erreur de topic
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Ostros
InvitéJ’avais remarqué que ce n’était pas toi.
C’est pourquoi je m’adressais à cette triste personne.-
Carpentier
Invitéj’ai bien vu/lu que tu faisais la différence : )
(merci pour le casse couilles)
le pire c’est que ça joue aussi le rôle de Carpentier qui s’agace :
laissons retomber l’ébouillanté.e
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Carpentier
Invitéfake 7? 8?
quelle fascination pour ma personne
– ça t’emmerde tant que ça que je ne joue pas avec les pseudos?
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Carpentier
Invitéfake numéro 6? 7?
ressenti 38 tonnes
on finirait même par penser monter dans une voiture bélier si ça pouvait soulager
mais on ne fait qu’y penser, par amour de l’art
et on espère au moins que t’es pas trop chèrement payé.e en tant pour ce mauvais rôle de fouille-merdasse
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Carpentier
Invitémoi c’est Mickey 17, comme on sait
et j’irai avant voir Un ours dans le Jura dans les prochaines heures
j’en profite pour recommander Tout ira bien
comme dit dans ‘ 2025 ciné ‘ ouvert cet après m’ juste après visionnage
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Ostros
InvitéPetit récap des sorties ciné attendues en 2025 selon vos posts précédents – à vos agendas ! :
.
– Spectateurs ! – Desplechin – 15 janvier
– Une voyageuse – HSS – 22 janvier
– Maria – Larraín – 05 février
– Presence – Soderbergh – 05 février
– Black Bag – Soderbergh – 12 mars
– Mickey 17 – B. Joon-ho – 16 avril
– Les linceuls – Cronenberg – 30 avril
– The Battle of Baktan Cross – PTA – 6 août-
Anna H
InvitéIl y a un nouveau Kelly Reichardt qui est annoncé pour 2025.
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Ostros
InvitéMerci !
Sur Allociné ils l’annoncent pour 2026.. Je vais creuser.
The Mastermind de son titre. -
Tony
InvitéSur mon agenda un Serra le 26 mars et Mission impossible le 21 Mai.
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Ostros
InvitéOh yes !
Ce sera un documentaire ce nouveau film de Serra, intitulé Tardes de soledad. Sur le torero Andrés Roca Rey. Pas encore vu de docu de Serra, mais j’ai des lacunes, peut-être a-t-il déjà donné dans ce genre précédemment ?
Pour Mission Impossible pour le moment je ne pense pas y aller. Mais sait-on jamais.
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K. comme mon Code
InvitéIls ont encore repoussé le Cronenberg ? C’était supposé sortir le 25 septembre, puis fin janvier, il me semble. Qu’ils le sortent directement en VOD.
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Carpentier
Invitémoi je me note aussi:
Le dossier Maldoror avec Antho Bajon, de F. Du Welz (bon)
et Mémoires d’un escargot d’Adam Elliot avec un escargot nan, deux enfants adoptés séparés en mode En fanfare,-
Carpentier
Invitéun film d’animation en mode Wallace et Gromit
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Ostros
InvitéIl se pourrait que sorte aussi cette année le nouveau Terrence Malick : way of the wind.
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Ostros
InvitéSont annoncé aussi pour cette année, sans date pour me moment :
– The Entertainment System Is Down – Östlund
– Enzo – Campillo (scénario de Laurent Cantet)
– Nouvelle vague – Linklater
– I Want Your Sex – Araki (je connais pas bien ce réal)-
tomtom
InvitéDeux Serras d’annoncés cette année non ?
– Dracula Park – Radu Jude (sans date)
– Bugonia – Lantimos
– L’Aventura – Letourneur (sans date)Et moins sûr :
Les Filles du Nil d’Ayman El Amir et de Nada Riyadh (production Dulac, et pas vu de film egyptien depuis…)
When The Light Breaks – Runnar Runnarson (Aucune idée si ça vaut le coup, à tenter ?)
The Running Man – Edgar Wright (qui a fait des trucs sympatoches)
Jeunesse – Wan Bing (La suite avec du bon gros docu, mais faut avoir du temps devant soi…)-
essaisfragiles
InvitéMerci tomtom et ce I Want Your Sex parle de quoi tu sais
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Ostros
InvitéMerci tomtom pour tes ajouts.
Oui, je viens de voir Out Of This World de Serra, prévu pour 2025.-
Ostros
InvitéSi en plus on arrive à avoir le Radu Jude, le Lantimos et le Letourneur pour cette année, on va se faire un année de films aussi kiffante que 2022 et 2023.
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K. comme mon Code
InvitéJ’espère L’Aventura pour cette année. En cherchant sur Google, j’ai vu qu’elle avait écrit un autre film « Badasses » et je pense que ce sera une manière de faire un peu d’argent après Voyages en Italie/L’Aventura. La coproductrice dit ça :
« Nous sommes également en développement d’un long métrage que nous allons coproduire avec Studiocanal, réalisé par Sophie Letourneur et intitulé Badasses. Il s’agit d’un film avec plus d’envergure que ses précédents qui suivra un groupe de filles souhaitant faire un stage de self-defense. »
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Ostros
InvitéK, sur le site de son agence artistique il est indiqué qu’elle n’aurait été que scénariste sur Badasses :
https://www.zelig-fr.com/talent/sophie_letourneur.htm
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Toni Erdmann
InvitéPour ma part, je me réjouis d’avoir deux films des frères Safdie cette année, puisqu’ils en ont fait un chacun
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Ostros
InvitéAlors jai vu aussi ces deux films cités dans les listes des magazines ciné comme étant très attendus, mais je n’ai vu aucun film de l’un ou de l’autre. Comme tes reco sont pertinentes sur les films, je vais essayer de les voir pour découvrir leur patte à chacun.
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essaisfragiles
InvitéCe I Want Your Sex parle de quoi
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Tony
InvitéC’est l’histoire du capitalisme vue par un con.
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Cornemuse
InvitéPas un con, un adulescent
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Cornemuse
InvitéCe real fétichise l’idiotie adolescente/jeune adulte, larry clark mais sans le réalisme
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Cornemuse
InvitéC’est typiquement un realisateur inrock-compatible, c’est un cinéma cool, pop, Mtv, c’est pas pour rien que y’a charlie xcx dans le casting, la chanteuse qui a fait brat
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Ostros
InvitéD’accord, je vois mieux quel genre c’est.
J’ai mis son nom parce que j’ai toujours entendu parler d’Araki pendant mes études ciné, je me disais que j’avais sans doute raté un truc.-
Cornemuse
InvitéDe lui, Mysterious Skin ça vaut le détour, pas forcément un bon film, le film nage dans le pathos, mais ça mérite d’être vu.
Pour le reste de ses films, sans intérêt, on peut très bien vivre sans, je dirais même que mieux vaut vivre sans les avoir vu.-
Charles
InvitéMysterious skin oscille entre l’onirisme et le glauque, pas vraiment le pathos.
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Cornemuse
InvitéJe ne l’ai pas vu depuis très longtemps, mais dans mes souvenirs, le film en fait des tonnes sur le tragique de l’histoire. C’est onirique, oui, mais toujours de manière exagérée. Au lieu de l’être sobrement, il se sent obligé de convoquer le rêve (qui est central), les hallucinations. C’est glauque, certes, mais trop appuyé. Le côté nostalgique forcé m’avait un peu agacé, même si cela a un sens (les céréales, c’est une très bonne idée, par contre). Pour moi, c’est du pathos, tout est trop dramatisé. Les bonnes idées du film, c’est quand il ne pousse pas trop l’exagération, notamment avec l’entraîneur. Il ne le montre pas comme un monstre, un peu, mais pas comme on l’attendrait. Il rigole, il est sympa, et la relation abusive est montrée de manière plus ambiguë.
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Cornemuse
InvitéCe qui était bien dedans, c’est que ça changeait des films qui traitaient moralement la pédophile en faisant du pedo un monstre, c’etait bien plus réel que ça, que la personne agressé dise que la relation était voulu pour gérer le trauma, c’était honnête, au lieu d’être le verdict moral attendu
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Cornemuse
InvitéAprès c’est fortement possible que j’utilise mal le terme pathos, ce que je voulais dire c’est utilisé l’émotion, le côté pathétique/tragique d’une manière racoleur.
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Charles
InvitéLe film raconte le viol de deux petits garçons, c’est compliqué de ne pas montrer la tragédie que cela recèle. Je ne trouve pas que le film soit surdramatisé, les errances de l’ado qui se prostitue ne me paraissent pas too much par rapport à l’anormalité de cette activité – est-ce que la première passe avec le client moustachu est trop écrite, par exemple ? Ado qui n’est pas que traumatisé, victime de ce viol (alors que l’autre est peut-être trop que sur une noté).
Le film n’est pas toujours très subtil, notamment quand il décrit le refoulement par les rêves, mais je ne dirais pas qu’il nage dans le pathos car il n’essaie pas à tout prix à émouvoir.
J’en ai gardé le souvenir d’un beau film triste. -
Charles
InvitéJe sauverai aussi White Blizzard, film à la narration classique mais assez rigolo et par moments émouvant.
Plus intéressant que ses premiers films satirico-pop criards. -
Cornemuse
InvitéJe tiens à noter que je ne l’ai pas revu depuis sa sortie. À l’époque, il y avait un emballement autour, le film était branché, et je l’avais bien aimé. Je crois même que j’avais un peu pleuré, mais avec le temps, je me souviens très bien avoir été un peu agacé par certains discours entendus à son sujet. Il était vu comme cool. Mon avis est fortement imprégné de ce contexte. Ce que je retiens du film, c’est sa sincérité sur le sujet et sa simplicité dans l’extravagance. Le film utilise des éléments pop, warholiens, pour servir des scènes, qui au final, sont plutôt banales.
C’est, en tout cas, le meilleur d’Araki pour moi. Ses autres films sur le dernier point sont à l’inverse de ça, de l’extravagance dans l’extravagance (Totally Fucked Up, The Doom Generation, Nowhere, The Living End, smiley face), à part peut-être White Bird, mais cela ne l’empêche pas d’être mauvais. Kaboom se situe dans un entre-deux étrange (plus du à un manque de moyens, je pense).
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Cornemuse
InvitéJe n’aime pas white bird, mais la ou il se rapproche de mysterious skin, c’est que le film part pas dans des excès flashy-esthétisant, il reste terre a terre.
je le trouve parcontre trop kitsch, ça fait souvent toc (sans doute aussi une histoire de thune). -
Cornemuse
InvitéEn tout cas, au vu du titre, du scénario et du casting, I want your sex s’annonce être plutôt de la catégorie des films de araki baroque-extravagant, je remarque quand même la présence au casting de cooper hoffman vu dans licorice pizza, rien est vraiment sur vu le peu d’information
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essaisfragiles
InvitéMerci à Cornemuse et Tony je vois le genre
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Charles
InvitéPas sûr que le PTA soit pour 2025, des rumeurs annoncent un report pour 2026.
Sinon The Brutalist, qui va sortir courant février, m’intrigue pas mal.
Les retours sur le Serra sont dithyrambiques, j’ai hâte aussi.
Y a aussi un Michel Franco avec Jessica Chastain, Dreams.-
Ostros
InvitéOui le Franco, merci ! Quel cru cette année 2025 !
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Mélanie
InvitéOui ; je vais demander à mon mari de m’acheter des entrées de ciné à l’amicale de son travail moi
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..Graindorge
InvitéÀ propos de Albert Serra
Quelqu’un.e a vu Après-midis de solitude, son documentaire sur la tauromachie ? Un avis?
https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/documentaires/un-documentaire-controverse-sur-la-tauromachie-prime-au-festival-de-san-sebastian_6808717.html -
Ostros
InvitéVerdict : il y a des films comme The Mastermind qui sont annoncés pour 2025, mais c »est leur sortie aux États Unis… Et donc nous pauvres français devrons encore patienter jusqu’à l’année d’après.
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Mathieu
InvitéBird est très mauvais, une Gêne sur ce film n’aurait aucun intérêt à mon avis. On pourrait y retrouver à peu près les mêmes choses que la table ronde Transfuge de American Honey
-
Carpentier
Invitéquoi?
j’en sors dynamitée comme jadis après visionnage de Blue Valentine, c’est dire : D
Ce film est joueur comme on aime voir jouer au ciné:
tous les plans et focus/essais qu’on suit avec/en place de Bailey, c’est joueur et au travail,
quand elle filme son demi-frère, quand elle s’endort, quand elle se déplace, quand elle se réveille, on prend (plein les yeux, les oreilles, le corps)
et ses plans sur les insectes sur les bords de fenêtre et chaque animal qu’elle croise, qu’elle observe, qu’elle devient;
un film fantasque et fantastique
Une g.o. pour Bird, oui.
et on se débrouillera seul.es avec les autres films, enfin.
Barry Keoghan, on l’avait pas oublié depuis Les banshees et la mise à mort du cerf sacré et on est ravi de le revoir là-dedans à l’écran – la parentalité frontale, crue, vécue.
Quant à celui de Disco Boy, benh: in love, quoi.
Yes.-
François Bégaudeau
Maître des clésQui croire?
Et qui parle là? : la Carpentier qui aime En fanfare, ou la Carpentier qui aime Un ptit truc en plus?
Je vois le film bientot.-
Carpentier
Invitét’es con,
benh c’est la même donc faut croire les deux, Capitaine.
Découvrant pas mal d’échanges de fin d’année dans le topic ‘ cinéma ‘ , je retombe notamment sur des lignes échangées à propos du film Challengers, que je n’ai pas vu; je lis ‘ filmer n’importe comment ‘ et me dis d’un coup que peut-être,
mais non, tu verras, là, c’est filmé/monté comme le vit Bailey
pour dire et montrer, cette forme-là est choisie parc’que le personnage vit ça et oui, c’est bien n’importe quoi ce qu’on se chope comme affects, infos et situations à traverser rien qu’une journée, non?
alors quand t’as 12 ans en plus
bon.
+ trois belles scènes, entre autres, qui me retournent encore ce matin
– les deux scènes de début (sous le pont grillagé avec Bailey qui jugent les corps des 2 filles qui s’entraînent à une choré
– Bailey que son père enlève, quasi, sur sa trottinette pour la ramener à la maison où ils squattent, avec le demi-frère car il veut lui annoncer son prochain rêve
– Bailey qui se tourne vers la future nouvelle femme de son père quand elle découvre qu’elle a ses règles (femme dont l’accompagnement minimum mais pratique donc bienveillant dans ce cas est tellement fort cf. dialogue erratique et si juste)
Bonne séance, François, tu vas kiffer.-
Carpentier
InvitéBailey qui * jAugent* les corps
– et je rappelle tout d’même que j’ai pas mis le film d’Artus dans mon top 2024, moi -
Carpentier
Invitéet puis toute la séquence mariage, juste après avoir récupéré son fils effondré sur un quai de gare (touchante à mort cette scène-transmission malgré soi un peu) et la scène à la mairie, unique, alors que c’est un marronnier ça, non? et la chanson pour sa femme, qui répond à toutes ses répet à la maison, quand il danse, le père, et que Bailey le surprend, l’admire avant de lui piquer la trottinette comme on piquerait des clefs de voiture, et la danse cotton joe ?- une ref parmi mes pref –
Keoghan est fort.
Puissant au ciné.
is it too real for u?
is it too real for u?
no.-
François Bégaudeau
Maître des clésComme c’est mal me connaitre que d’avoir pu penser que je pourrais aimer cette pauvre chose.
-
Carpentier
InvitéBon.
-
François Bégaudeau
Maître des clésParfois je me demande : ça t’est arrivé, en vingt ans, de m’écouter parler de cinéma?
-
Carpentier
InvitéBenh oui pourtant
C’est bien ça le drame-
François Bégaudeau
Maître des clésAh oui j’aurais pas mieux dit.
Depuis le temps que je palabre contre le romantisme ressentimental
-
-
I.G.Y
InvitéL’intérêt d’une GO eût précisément été de rentrer dans cette affaire en détail (ta réaction à ce film était assez prévisible). J’irai pour ma part revoir le film et en produirai une défense la plus détaillée et honnête possible, du moins si personne ne le fait entre temps — et à supposer que ce que j’y ai trouvé de grand ne soit pas recouvert par ce que j’y avais trouvé de faible (ou de « signalétique »).
-
Cornemuse
InvitéComme le dit Mathieu plus haut, la table ronde transfuge sur un film précédent d’Arnold avait déjà beaucoup fait le tour du sujet. Je ne sais pas ce qu’en pense François, mais est-ce qu’il y a vraiment matière à dire quelque chose de nouveau ?
-
I.G.Y
InvitéPrécisément, j’ai écouté cette table ronde et elle traite d’American Honey, film pseudo réaliste-naturaliste-je-ne-sais-quoi assez raté, qui a provoqué chez moi une très grande déception en plus d’un ennui profond (moi qui avait apprécié plusieurs films d’Arnold, Fish Tank, WASP mais surtout les Hauts de Hurlevent). Or Bird n’est pas American Honey (même s’il en partage quelques défauts).
Ce qui était intéressant dans cette table ronde est que même les bonnes remarques de Aubel et Mercier, qui ont vu tout un tas de choses justes, ne rendent pas le film réussi à mon goût
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe crois qu’affectivement en parler serait se répéter
Même si je trouve que la betise d’Arnold a tendance à se radicaliser ici, et qu’elle est encore montée en ressentiment
(et je vois bien, hélas, la source de ce ressentiment, le film ne fait que le raconter) -
Carpentier
Invitép’tête éviter de te conseiller d’aller voir Tout ira bien de Ray Yeung alors?
-
Carpentier
Invitéta réaction à ce film était assez prévisible
🤣
qui était de la ‘ team Bird ‘ du coup?
Fish Tank, Wasp, c’est elle aussi?
benh oui, normal que j’aime ce Bird alors. tout est bien.
Pas vu, en revanche, Américain Honey enfin, sa b.a., il y a quelques instants, comme dit un peu plus bas.
Après, Andrea Arnold c’est pas Ken Loach non plus
– bonne résolution 2025: quitter son tier-quar et arrêter de croire que quand je suis dispo pour, ia forcément un grand film qui démarre dans 20 minutes
et à 5 minutes de chez moi
Toujours pas vu Souleymane alors qu’il passe au mk2 Beaubourg, alors, Carpentier: tu t’le bouges ton gros boule? -
I.G.Y
InvitéOui j’étais de la « Team Bird » et en suis toujours à l’heure qu’il est, à la fois pour le film lui même et pour en souhaiter une GO. François a fait plusieurs GO sur des films qu’il n’a pas aimé (j’étais parfois d’accord, parfois non), donc ça n’a rien d’incompatible avec le fait que je prévoyais chez lui une désapprobation relative au visionnage (si elle est aussi grande que pour American Honey, alors là, je ne peux plus rien)
-
François Bégaudeau
Maître des clésElle est plus grande
Dans Americain honey il y avait au moins l’Amérique. ET il me semble que le fil était un peu moins nazi. -
Cornemuse
InvitéPour me répéter, je pense que le problème d’en faire une GO ou non n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer le film, mais plutôt de savoir s’il y a matière à dire ou à penser dessus, des choses qui n’ont pas déjà été dites
-
Cornemuse
InvitéPour répondre a @I.G.Y
-
I.G.Y
Invité@cornemuse oui j’ai bien compris, si je dis ça c’est justement qu’il me semble qu’il y a des choses à en dire qui n’ont pas été dites dans la table ronde.
@François, « nazi », rire. Tu me fais encore plus regretter cette GO qui n’aura pas lieu
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe plaisante un peu bien sûr
M’enfin. le manichéisme satisfait d’AA me parait tranquillement relever du fascisme
Le film organise d’ailleurs tranquillement, et sous couvert de volatile fantastique, une expédition punitive. Oeil pour oeil. -
I.G.Y
Invité« Je plaisante un peu bien sûr », oui je te rassure je m’en doutais, mais tu fais bien de préciser au cas où un/une auteur d’AOC passerait par là. Cela dit à défaut d’une GO j’attends donc une conf’ d’Ingrao.
.
Pour le reste, c’est parfait puisqu’il s’agit d’objections auxquelles je m’étais préparé. Je verrai si le second visionnage me confirme ce que le premier me fait dire à leur sujet. -
Carpentier
InvitéBien pensé à Joker et à Orange mécanique dans les moments d’expéditions punitives qui, je prends le risque de me tromper, montrent à quoi/qui ces garçons et filles fantasment et aiment à s’identifier.
Cela manque-t-il également de justesse? -
François Bégaudeau
Maître des clésQue ces jeunes mâles bourrins fassent des expéditions sauvages punitives pour torturer les gros méchants pédophiles, ok , ça existe
Que l’autrice imagine à son tour de résoudre sa fiction par une telle expédition, sous l’écrin du saint-oiseau-justicier, ça devient beaucoup plus douteux.
Au travail ici une sorte de fascisme de la vertu, tout à fait au diapason du piteux manichéisme moral du film -
François Bégaudeau
Maître des clésLa justice fasciste ne laisse aucune chance aux accusés.
Andrea Arnold non plus
Le beau père sera univoquement, exclusivement, plan après plan, un salaud. -
François Bégaudeau
Maître des clésPour complément, se reporter, ou pas, aux pages de CUM sur L’amour et les forêts.
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Carpentier
Invitéje reprendrai, ok.
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Carpentier
InvitéOui, son happy end avec Bailey qui capitule même en portant la combi lézard rose fluo et se love dans le plumage de Bird, ça pique un peu.
J’ai d’abord pensé en lieu et place que Bailey cherchait son demi-frère dans la soirée mariage, et qu’ils allaient encore et quand même se foutre des jeunes mariés.
Finir sur le renard qui entre dans la salle aurait suffi, pour le fantastique naturaliste animalier; d’autant qu’on avait finalement choisi de se remettre de l’aigle tueur qui emportait la dépouille du bourreau de sa mère et ses frangins dans les airs. -
Carpentier
Invitéoui, ça s’tient, et comme, pour l’instant, réfléchir à son histoire de romantisme ressentimental (rrr rrr c moche) et de signes et filmage morbide me file mal au crâne, vais plutôt terminer un de mes cadeaux reçus lors d’un secret Santa: le Pilules Bleues de Frederik Peeters
à + (la dernière séance du jour pour Souleymane à Beaubourg vient de me passer sous le nez)
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Carpentier
InvitéDu coup, Mathieu, je viens de regarder la bande annonce d’American Honey
Et je reflechis, j’essaye, à cette histoire de signesJe sors de Bird, très naturaliste et très morbide.
Mais peut etre que l’enjeu serait de distinguer entre une signalétique naturaliste (caméra épaule) et un naturalisme véritable.
Le naturalisme d’Andrea Arnold n’est que de signes, il est alors compatible avec la morbidité.Je retrouve, vite fait, un papillon, deux ours gélifiés collés à une vitre, une jeune meuf qui va grandir,
Si j’avais su que des études de pub et 15 ans à bosser là-dedans me lesteraient aussi ainsi, aurait bossé mieux mes maths pour tenter autre chose putain,Le naturalisme d’Andrea Arnold n’est que de signes*
Benh oui et? Tout est signe, non?
Finalement, lisant ce qui s’échangeait sur Challengers ce matin, j’avais senti que peut-être ça ’ tiquerait ’ là-dessus aussi, sur BirdVa bien me falloir l’année pour décortiquer ça*
Et si je me mettais plutôt au homard 😅-
François Bégaudeau
Maître des clésNon, tout n’est pas signe
ET c’est peut etre justement l’enjeu du naturalisme authentique, puissant, que de saisir le réel dépouillé des signes, de le monter à cru
Quand Andrea Arnold filme une mouette, et dieu sait si elle le fait, ce n’est pas une mouette, c’est un symbole, c’est un miroir du personnage principal d’un film qui, soyons léger, s’appelle Bird.
Car voyez-vous, de ce réel tout sale il est urgent de s’envoler, ce qu’elle fait, plan par plan.-
Carpentier
Invitéoui, je saisis ce que tu prends la peine d’expliciter ici.
Et c’est justement parce que ce perso principal m’a emportée, et son père et le demi-frère et, …. qu’une fois partie dans la rude bizarrerie de la façon dont elle doit vivre tout ça, j’ai presque tout accepté.
J’imaginais que pas mal de scènes pourraient te plaire c’est vrai, et j’ai mal apprécié la chose.
L’épisode règles notamment.
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Ostros
InvitéComme le fil avance, je redescends cette conversation pour qu’Ema et moi et d’autres puissions obtenir des réponses :
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François Bégaudeau
La dichotomie morbide-vital ne recoupe pas la dichotomie naturalisme-conte. Il y a des contes vitalistes et un naturalisme morbide.
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Ema
Alors autant pour le conte vitaliste je comprends très bien autant pour le naturalisme morbide j’ai plus de mal à me figurer à quoi çà peut ressembler, tu aurais des exemples de films ou romans pour illustrer que je comprennes un peu mieux?
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Ostros
Moi aussi ça m’interroge et je me demande si les films d’Audiard, de Ken Loach, ou Assayas et Mia Hansen-Love ne seraient pas dedans ?
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Ostros
Contes vitalistes : je vois Rohmer, HSS, Frammartino, Hamaguchi.
Et Lantimos et Glazer.
Par exemple.-
Cornemuse
Inviténaturalisme morbide= les films des frères dardenne
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Ostros
InvitéPas Rosetta quand même ?
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Cornemuse
InvitéRosetta est film assez animé, donc vivant
Mais si on prend morbide comme une vision du monde, un imaginaire, ça colle-
Ostros
InvitéAh je vois pas ça comme ça.
Je prends morbide dans la forme. Un réal qui filme le réel mais le cache en partie, ou le tord pour le faire coller à sa vision, plutôt que de le filmer, le prendre à bras le corps, dans toute sa complexité, et se faisant l’affirmer (vitalisme)-
Cornemuse
InvitéNos visions sont vraiment opposé, mais se rejoigne forcément un peu au moins sur le postulat de base, pour moi morbide c’est la détestation du réel, de la matière, des corps, le pourrissement, donc un cinéma morbide c’est un cinéma qui filme cette partie laide de la réalité.
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Cornemuse
InvitéOu au contraire, comme tu le dis, ne le filme pas-almodovar-et filme une vision fantasmée de la vie pour échappé a une certaine laideur du réel, (souvent dans ses films on parle de mort, volver ect) mais la ce n’est plus naturalisme morbide mais conte morbide (voir conte vitaliste pour almodovar)
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Cornemuse
InvitéOn parlais bien a la base de NATURALISME morbide, un film naturaliste qui cache le réel, ça me parait étrange
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Ostros
InvitéD’où le « morbide » qui vient le caractériser.
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Cornemuse
InvitéJe pensais que les deux se complétait, pas que l’un annulait à moitié l’autre, mais maintenant que tu le dis
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Ostros
InvitéJe les ai notés plus haut, je te les remets ici :
Je pense qu’on peut y mettre les films d’Audiard et de Ken Loach.
Et ceux d’Assayas et de Mia Hansen-Love.
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Ema
Invité« On parlais bien a la base de NATURALISME morbide, un film naturaliste qui cache le réel, ça me parait étrange »
J’attend la réponse de Francois pour y voir plus clair et avoir une idée définitive sur la question mais il me semble aussi que naturalisme morbide ne tient en effet que si l’on prend le terme morbide dans son acception un peu superficielle « qui traite de la mort, où la question de la mort est omniprésente ». Sinon pour moi, schématiquement cinéma morbide (formellement) = cinéma de studio en éclairage artificiel, représentation par le symbole plutôt que l’incarnation réaliste, dialogues au strict service de la narration, et peut être un certain jeu d’acteur qui sent trop la performance, la méthode…en gros un cinéma qui s’assure que rien de « vrai » ne puisse circuler en son sein, qui fait le vide.
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Ostros
InvitéJe doute que François ait indiqué ces deux notions qui ne prendraient en compte que le fond, ce qui est filmé.
Si tu regarde dans ma tête un rond point. Ce qui est filmé est gore (bêtes agonisantes) mais le cadre, le montage, tout est joie, joie de faire, de composer, de jouer, de documenter, d’être surpris.-
Cornemuse
InvitéQuel film/real pour toi est naturaliste morbide ?
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Ostros
InvitéÇa a posté juste au dessus
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Cornemuse
InvitéJ’ai l’impression que ta mis des réalisateur que tu n’aimais pas/dont le visionnage ne te procurais pas du plaisir, a l’opposé de ta remarque : « la joie qui irrigue mes veines lors du visionnage ».
C’est pas un peu faible comme vision des choses, on peux prendre du plaisir devant un film morbide , de la joie, non ? -
Cornemuse
InvitéAudiard n’est pas naturaliste pour moi, deux films le prouvent: un prophète et un héros très discret
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Ostros
Invité« on peux prendre du plaisir devant un film morbide , de la joie, non ? »
Oui, si le morbide désigne le fond, comme je te le disais avec l’exemple du film dans ma tête un rond point.
Mais si la forme éteint la puissance du réel filmé alors le film est morbide, alors je ne prends pas de plaisir devant et même ça m’agace fortement. -
Cornemuse
InvitéAlors,
film morbide=mauvais film
ou en tout cas
film morbide=film qui atténue le réel
Donc si on part sur le deuxième constat, on en revient a la première question, quel différence entre naturalisme morbide et conte morbide, en sachant que la forme conte atténue aussi le réel -
Ostros
InvitéFrançois n’a pas parlé de conte morbide.
Il n’a pas non plus opposé tels quels films naturalistes morbides et contre vitalistes.
Moi j’ai répondu à ce que je mettrais dans les cases naturalisme morbide (Audiard, etc)
Et conte vitalistes (Rohmer, HSS, etc qui se trouvent avoir une belle assise naturaliste ou Lantimos, Glazer qui sont de la pure fiction).
Pour plaisanter j’ai dit que le dernier Dumont serait plutôt du conte morbide.
Et donc pour te répondre, l’un va se donner des airs de film naturaliste avec aspect social, sans trop d’ajout de couches de lumières artificielles, mais est en réalité un naturalisme handicapé voir fallacieux.
L’autre est un conte qui formellement rend un film insipide. -
Ostros
InvitéLe conte est une manière de raconter. Une narration particulière. Il est des contes qui racontent des bouts de vie comme ceux de Hamaguchi.
Un Contes au cinéma ne désigne pas que des univers créés de toutes pièces. -
Cornemuse
Invité« l’un va se donner des airs de film naturaliste avec aspect social, sans trop d’ajout de couches de lumières artificielles, mais est en réalité un naturalisme handicapé voir fallacieux. » Je comprend mieux le choix d’audiard, si je comprenais pas tout a fait c’était pour cette raison [en parlant du terme naturalisme morbide] « Je pensais que les deux se complétait, pas que l’un annulait à moitié l’autre ».
Pour le reste, j’ai effectivement galvaudé le propos, mais c’était pour avoir une vision plus large et mieux penser le sujet, j’espère n’avoir pas abêtie la discussion.
Ma deuxième incompréhension était que je percevais pas le terme morbide comme forcément négatif, alors que toi dans les deux cas si et a ce que j’ai l’air de comprendre françois vois aussi les choses comme ça, en tout cas pour les films naturalistes morbides, car oui je suis le seul ici a avoir parlé de conte morbide mais je trouvais ça logique que pour savoir quel genre de film était les NM, il fallait parler des CM, et puis le sujet initial c’était almodovar, qui me semble avoir fait plusieur conte morbide. -
Cornemuse
InvitéOui, les contes de rohmer
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Ostros
InvitéVraiment tu n’as pas à t’en faire, je tâtonne aussi comme toi et te répondre m’aide à poser les choses.
Comme je ne suis pas plus sûre que toi sur ces exemples, que se sont des intuitions de spectatrice, attendons la réponse de François sur le sujet, qui va nous défricher tout ça.
Pour Almodovar tu as pressenti quelque chose d’intéressant à mon avis. -
Ostros
InvitéAprès pour moi morbide oui ça va caractériser un mauvais film.
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Cornemuse
InvitéAlmodovar fais des films morbide dans la forme, nie le réel, stylisée.
Mais aussi et surtout dans le fond, tout ses films parle de mort, parle avec elle avec les femmes dans un état végétatif, volver avec la mort traiter joyeusement le cimetière ou la tante avec un cancer viens nettoyer sa propre tombe et le faux fantôme de la grand mère, la mort du fils dans tout sur ma mère, julieta avec le suicide devant le train et la mort de l’amant-pêcheur, la mauvaise éducation avec la mort d’ignacio, la piel que habito avec la mort de la fille du chirurgien, étreinte brisé avec la mort de la femme de l’écrivain, madres parralela avec la mort du bébé et le massacre sous franco, en chair et os avec david paralysé et le sucide de sancho, douleur et gloire avec la mort de sa mère et sa propre mortalité, et enfin si on en croit le synopsis la chambre d’à côté parle: d’euthanasie.
(Il ne faut malgré tout pas éluder la vitalité sexuelle de son cinéma, même si moins présente de film en film) -
Cornemuse
InvitéMême si un des élèments principal chez almodovar c’est la répétitions, le film dans le film évidemment, mais aussi les scènes, les évènements.
Par exemple dans tout sur ma mère il y a une scène de médecins qui annonce la mort de son fils a la mère, on voit juste après que la scène est fausse et sert pour un exercice médical (comme un code de la route, comment réagir dans telle situation), plus tard quand le fils meurt réellement la même scène ce reproduit, aussi la piel que habito n’est que répétition.
Une répétition passionnel
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Cornemuse
InvitéA l’inverse, la mort a venise me parait être le conte morbide suprême, des films de fassbinder aussi, almodovar est un peu dans cette continuité, même si c’est plus drole/comique dans ses premiers films
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François Bégaudeau
Maître des clésLa morbidité est avant tout formelle. Dans l’art tout est « avant tout formel ». Puisque la forme y est tout. Y est presque tout.
La morbidité d’Almodovar tient à ce qu’il installe son cinéma dans des espaces confinés, où l’air ne souffle pas.
Sa morbidité thématique, j’ai tendance à bien l’aimer. Je veux dire que, tant qu’à être morbide, autant y aller franchement. Autant scénariser cette morbidité, comme dans Parle avec Elle ou La piel que habito. Et Attache moi. Oui, tant qu’à confiner le film, autant aller au bout : la séquestration. -
Ema
Invité« La morbidité est avant tout formelle »
Le naturalisme également non ?
Du coup je comprends mal comment les deux peuvent cohabiter, sauf à considérer la morbidité comme simple thématique ( mais alors énormément de films sont morbides, tant la mort joue un rôle central dans bon nombre de scénario) -
Ema
InvitéSinon d’accord avec toi pour l’absence d’air dans les films d’Almodovar, je m’y trouve toujours un peu asphyxiée d’ailleurs.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe sors de Bird, très naturaliste et très morbide.
Mais peut etre que l’enjeu serait de distinguer entre une signalétique naturaliste (caméra épaule) et un naturalisme véritable.
Le naturalisme d’Andrea Arnold n’est que de signes, il es alors compatible avec la morbidité.
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Cornemuse
InvitéKechiche un peu aussi, quand le réel fait mal, quand c’est tellement vrai que sa cogne, comme un épisode de strip tease glauque
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Cornemuse
InvitéJ’ai oublier le maitre du naturalisme morbide, évidemment : bruno dumont
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Ostros
InvitéWhat ??
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Ostros
InvitéKechiche, Dumont avant l’empire, rosetta : vitalisme.
Comment je le sais : la joie qui irrigue mes veines lors du visionnage.-
Ostros
InvitéD’ailleurs, l’Empire, conte morbide en quelques sortes.
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Cornemuse
InvitéMauvais réalisateur conte morbide mais qui se rêve comme naturaliste : Gaspard noé
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Ostros
InvitéAprès toutes les fictions ne sont pas du conte ou du naturalisme.
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Cornemuse
InvitéOui mais je suis pas cultivé, j’utilise les mots a ma disposition
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Cornemuse
InvitéSeul contre tous a une forme de conte, la voix off comme narrateur
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ça va aller
InvitéEt si non la merguez piquante
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Charles
InvitéJe suis donc allé voir Eephus, que je recommande. Film très modeste qui raconte la dernière partie de base-ball de deux équipes amatrices sur une journée. Très peu de hors-champ, la narration est concentrée sur les membres des deux équipes, des hommes d’âge mûr, voire beaucoup plus vieux. Ce sont surtout des blancs, un peu prolos ou de la classe moyenne, plutôt old school, des gens que finalement on voit assez peu dans le cinéma américain. Ils parlent de tout et de rien, sont à la fois dans le match et un peu à l’écart, règles du base-ball obligent (parfaitement imbitables pour le non-initié mais ce n’est pas un problème pour suivre le film) puisque les joueurs sont sollicités à tour de rôle. Le film a quelque chose d’ouvertement nostalgique – le terrain sur lequel il joue va être utilisé pour bâtir un collège, ils savent donc qu’ils ne joueront plus ensemble – mais pas lénifiant pour autant. Ces joueurs aiment se retrouver pour jouer et en même temps sont fatigués par ce sport et ces parties interminables. C’est une sorte de rituel qu’ils se sentent obligés d’accomplir, ils vont d’ailleurs aller jusqu’au bout du match de façon absurde, alors même qu’ils ne voient plus rien, la nuit tombant. Ces gars-là ont quelque chose d’assez émouvant dans leur entêtement à jouer, leur façon de prendre ça plus ou moins au sérieux, leur difficulté à se parler normalement – ils sont amis sans l’être vraiment. Le réalisateur saisit là quelque chose des rapports masculins – les hommes y sont un peu rugueux, renfrognés et peinant à exprimer leurs sentiments.
Le film est formellement très beau car il se passe en automne en Nouvelle-Angleterre et qu’il saisit très bien cette lumière de fin d’après-midi et ce terrain perdu au milieu de la nature. Beaucoup de très beaux plans aussi qui mettent en valeur ces corps fatigués, pas toujours très athlétiques, ces gueules qui respirent – osons le mot – l’authenticité mais pas le pittoresque. On pourrait reprocher au film d’en faire parfois un peu trop, de vouloir un peu trop multiplier les angles, les axes de caméra, avec quelques facilités (un joueur s’énerve et on passe à la caméra à l’épaule, bon), pour éviter d’ennuyer le spectateur – il faut dire aussi que le film pourrait sinon être un peu raide, tant il est totalement dépourvu de dramaturgie (l’issue du match ne présentant aucun enjeu). C’est néanmoins cet attachement aux personnages et la beauté des plans fixes les plus simples (ceux finaux dans la nuit, où les silhouettes se découpent dans le noir sont superbes) qui l’emportent.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Le film est formellement très beau car il se passe en automne en Nouvelle-Angleterre et qu’il saisit très bien cette lumière de fin d’après-midi et ce terrain perdu au milieu de la nature. »
Dans ce sens, il conviendrait de dire que le film est plastiquement très beau, pas formellement
C’est bien la peine de se casser les reins à essayer de définir la forme, et en l’occurrence de la dé-finir.-
Charles
InvitéTu m’as com-pris.
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I.G.Y
InvitéJe suis donc allé le voir hier. Tu dis « raide », effectivement c’est raide de chez raide tout de même. Mais c’est bien vrai que les derniers plans sont très réussis, les trois derniers en particulier (à partir du feu d’artifice).
S’il saisisse quelque chose de certains rapports masculins est sans doute vrai mais ça m’a fait remarquer ceci : je me suis senti extraordinairement éloigné de ces types. Infiniment plus que dans 90% des films sur les classes moyennes populaires ou même prolétaires que j’aie pu voir. Françaises ou étrangères.
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Charles
InvitéJe crois que le fait de ne rien comprendre aux règles du base-ball qui rajoutent de la raideur à l’ensemble m’a bien plu car j’ai vraiment eu l’impression de voir un truc complètement étrange et absurde, d’être perdu et donc de n’être pas dans du reconnaissable.
Sur les classes populaires, je ne m’en suis jamais senti proche au cinéma et ça ne me dérange pas. Là ce que j’aime et comprends c’est l’impression de faire des choses sans totalement savoir pourquoi on les fait, sans être dupe non plus, avoir un attachement un peu idiot à certains rituels.-
I.G.Y.
InvitéEn effet c’est bien ce que fait le film. Je n’ai pas de problème a priori avec le fait d’être plongé dans un truc incompréhensible. Mais ici le réal nous donne si peu de clés, filme tellement ces mecs qui se connaissent depuis des années comme s’il faisait un docu que faute de comprendre le baseball, il ne nous reste plus qu’à les voir évoluer et éventuellement sympathiser avec leur humour ou leur gestuelle, à considérer leur pure présence — compagnonnage qui a provoqué en moi le sentiment d’une grande distance presque plus psychologique et comportementale que sociale, sauf la scène où ils se foutent de la gueule du mec bronzé qui fait son régime, rigolo. A ce jeu là je constate que je prends plus de plaisir à réfléchir sur le film qu’à le voir. Peut-être aurait-il fallu en faire un moyen métrage d’une heure? C’est vrai que s’y serait perdue une certaine expérience de l’ennui qui est parfaitement au diapason de ce que le filme tente de faire : cette lente agonie assez neutre, extinction des feux, recension des derniers instants d’un collectif dont l’essentiel de la joie s’est au fond déjà éteint.
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Eden Lazaridis
InvitéBonjour est-ce que quelqu’un a vu Une famille de Christine Angot ? Je l’ai raté à sa sortie et me demande s’il vaut le coup.
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François Bégaudeau
Maître des clésFilm le plus immoral de la décennie.
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Eden Lazaridis
InvitéCe n’est pas la première fois qu’Angot utilise son dispositif artistique pour régler des comptes. Elle a un côté Marc-Edouard Nabe. En atténué. Très atténué.
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Charles
InvitéTout dépend de si tu aimes voir Angot humilier plus faible que soi.
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Monami
InvitéOu si tu aimes voir Angot tout court
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Carpentier
InvitéJe te poste Angot, le long des quais de Seine avec Trapenard (j’espérais que mon tél prenne la main et inscrive Traquenard, chu bête).qui en parle.
J’y aime ce qu’elle dit ici, dans cette grande librairie hors les murs,
qu’une histoire comme ça, un inceste, y compris quand il se dit d’un coup, ça tombe sur tout l’monde en fait et chacun.e fait avec comme il peut,
son idée était, si je comprends bien, de dire que dire ne suffit pas, le mot est dit et après?
Ça reconnaît quoi en fait?
Ce film serait donc une sorte de recherche, d’outil pour combler l’après?
On dit à qqn.e que ce qu’il a subi est un inceste, ce qu’en dit, en fait la loi et après?
comment on garde/trouve une place dans tout ça?
Sortir du cercle où on l’a subi? quitter un lieu où on nous viole, est-ce le cours des choses? l’issue acceptable pour la majorité?
Seul.es ceux que quelque chose dérange devraient partir? faire un travail? se reconstruire? comme dit,
Si tes pas bien quelque part c’est de ta faute?
@EL ce que je peux te dire, pour avoir vu le film est que, récemment, en voyant le docu-biopic sur Leni Riefenstahl, j’ai comme revu le regard, la réaction, les gestes de la femme du père d’Angot lorsque l’équipe de tournage force sa porte.
Se vivant piégée par certains journalistes, Riefenstahl a ce même regard d’humain terrifié perdu qui t’incruste un coup en poitrine.
Angot, quand elle parle, elle ne se tait plus.
Et elle veut que les autres concerné.es par l’histoire fasse de même.-
Carpentier
Invitévoici le lien vers l’émission:
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Eden Lazaridis
InvitéTrapenard a beaucoup de défauts mais il nous a débarassé de Busnel dont le sourire crispé, la sympathie forcée et le balais dans le cul m’ont toujours déplus.
Angot aura essayé, toute sa vie, de dire l’indicible, l’impensable, l’impossible. Elle aura regardé le soleil bien en face.-
Charles
InvitéLà c’est surtout elle qu’elle regarde.
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Samia
InvitéJ’ai du mal ave Angot, mais je suppose que pour elle c’est Enfin une possibilité de se regarder. En ça, elle se délivre comme elle peut Enfin.
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Eden Lazaridis
InvitéVous m’avez furieusement donné envie de voir le film aha. Elle humilie l’ex-femme de son père j’imagine, qui s’est mise en couple avec un homme dont elle savait qu’il violait sa fille (todo bueno). On peut comprendre la colère… et le désir de vengeance…
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stephanie
Invitéje t’invite à regarder le film et d’en reparler. Pour moi, il n’y a ni humiliation, ni vengeance, elle ne cesse de creuser son histoire, ne lâche rien, pourquoi et encore pourquoi personne ne l’a protégée ( on pense à Neige Sinno) c’est de l’ordre de l’insupportable, elle ne peut faire autrement. Son film est authentique je ne vois pas d’autres mots pour le qualifier. Le père de sa fille lui dit « c’est une confirmation » est une parole d’amour, enfin.
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Carpentier
InvitéUne autre personne est importante dans l’existence de ce docu-autobiopic – je crée un genre, oui – et cette personne est présente d’ailleurs dans le doc: c’est la fille de Christine Angot, un des éléments déclencheurs un peu, d’après ce que j’ai compris et si je peux m’exprimer ainsi.:
Dire pour elle et avec elle tenait à coeur à Angot, cette séquence où elles sont toutes deux à l’écran est d’ailleurs très réussie. -
Carpentier
Invitéoui, d’accord avec Delphine, vois le film
quant àElle humilie l’ex-femme de son père j’imagine
je garde plutôt le souvenir d’une espèce de traque de la part d’Angot qui veut comprendre, veut entendre ce que font, ce qu’on fait les gens de cet inceste: maintenant que son père est mort, elle ne comprend pas pourquoi elle n’a toujours pas de place auprès d’une partie de cette famille, qu’ils ne veulent plus parler de ça ni en entendre parler, c’est incompréhensible pour Christine Angot.
ps: sinon, tu sais quoi? j’avais complétement zappé ce film
il aurait pu être dans mon top pourtant
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Samia
InvitéChez Almodovar, c’est davantage la renaissance qui est en ligne de mire. De fait, la mort va s’inviter afin que l’échappée amène à la renaissance. Je n’y vois pas de morbidité, comme je ne vois pas de violence chez Tarantino.
Pédro use de melancolía pour s’en extirper et propose une renaissance, un aller vers plus joyeux. Une précision j’avais trouvé l’adaptation de Jonquet bien moins morbide que l’auteur lui même.-
François Bégaudeau
Maître des clésCes lignes ne répondent aucunement à l’hypothèse d’une morbidité formelle d’Almodovar (qu’encore faudrait-il comprendre)
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Samia
InvitéTu présumes que je n’ai pas compris ce qu’est une morbidité formelle, peut-être n’aie-je pas la bonne définition, la tienne. J’ai revu récemment l’Enfer de Chabrol, et j’ai trouvé le huit clos dans sa forme bien plus morbide que les huit clos de Pédro. Je dis simplement que les huit clos de Pédro sont davantage une injonction où ils convoquent le « mal » pour essayer d’y apporter de la vie. Je trouve sa forme bien plus obsédée et empreinte de voyeurisme (toujours à l’intérieur) pour tout voir. Un titre très parlant « De chair et d’os » ;
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François Bégaudeau
Maître des clésPuisque c’est moi qui ai ici parlé de morbidité le concernant, il apparait opportun de se référer à ce que j’entends par là pour objecter. Or tu objectes sans aucunement comprendre, ni chercher à comprendre, ce que j’entends par là. Sans surprise.
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Eden Lazaridis
InvitéPourrais-tu développer un peu la morbidité formelle ? Ça tiendrait à quoi ?
Moi je dirais :
1) L’importance de la beauté plastique des plans. Son rapport totalement artificiel à la couleur.
2) Le fait de toujours filmer un microcosme, clos sur lui-même, de femmes, d’hommes homosexuels, de personnes transgenres. Les hommes hétéro cis sont toujours des bourreaux chez lui.
3) Le choix de ses acteurs : qui sont soit extrêmement beaux (Cruz, Banderas, Anaya), soit extrêmement originaux (Rossy de Palma, San Juan). La norme, le banal, le dégoûtent. Il reprend inlassablement les mêmes acteurs.
4) L’importance des motifs de la gémellité, du retour, de la cyclicité. Du même en définitive.
Pedro est un enfant pervers qui enferme des papillons dans un bocal. Mais ses films ont un charme dingue. D’ailleurs les gens aiment davantage le charme qui se dégage de ses films que la matérialité même de ces derniers. Ils ne retiennent pas une scène en particulier, ou un personnage mais l’atmosphère Arcimboldienne qui se dégage de l’oeuvre.-
Ema
Invité« 4) L’importance des motifs de la gémellité, du retour, de la cyclicité. Du même en définitive. »
Mais est ce que cela rentre encore dans la description formelle ? Et est ce qu’il s’agit vraiment de motifs morbides en tant que tels ? Pour le reste je trouve que c’est bien vu, surtout le choix des acteurs, qui n’avait pas encore été évoqué. Des acteurs fétiches aux physiques pareil, c’est aussi un parti pris formel, il y a assez peu de têtes de monsieur tout le monde dans son cinema. Même Javier Camara qui pourrait s’en rapprocher a une bouille un peu étrange je trouve.-
Cornemuse
InvitéLa répétitivité oui
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Cornemuse
InvitéIl ne faut pas oublier pour autant, même si son cinéma a sans doute toujours été morbide, qu’il a évolué avec le temps.
Ces premiers films plus joyeux/comique, on laissé peu a peu place a un cinéma triste et mélancolique, et surtout nostalgique (julieta, la mauvaise éducation)-
Cornemuse
InvitéSur le fond je veux dire, pas formellement
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François Bégaudeau
Maître des clésS’il y a bien quelque chose que déteste Almo, et que son cinéma conjure à toute force, c’est l’ordinaire, c’est à dire le réel dans son simple appareil
Pour ça on peut dire qu’il est l’opposé absolu du cinéma de Letourneur ou Hong sang-soo
Sur la beauté plastique : n’oublions pas que le lieu où la beauté plastique est reine, c’est le pub. Quant à moi je pense que Letourneur et Hong sont beaucoup plus viscéralement plasticiens qu’Almo.-
Cornemuse
InvitéStrange way of life était, je crois, une publicité pour yves saint laurent
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Samia
InvitéCornemuse, tu peux m’expliquer stp ce qu’est la morbidité formelle chez Almodovar ?
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Cornemuse
InvitéJe peux au moins me référer a ce qu’en dis françois, en le citant: « La morbidité d’Almodovar tient à ce qu’il installe son cinéma dans des espaces confinés, où l’air ne souffle pas. »
Le cinéma d’almodovar est morbide car il nie le réel, comme dans des studios américain en toc avec des acteurs cabotin. -
Cornemuse
InvitéA ce que j’ai compris, c’est un cinéma de signes.
Je me permet de citer Ostros aussi: « Mais si la forme éteint la puissance du réel filmé alors le film est morbide » -
Cornemuse
InvitéLes signes sont des caricatures/esthétisation de la réalité.
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Samia
Invité« Les signes sont des caricatures/esthétisation de la réalité. »
Ok, je comprends mieux même si je trouve que vous allez super loin car je l’esthétisation de la réalité peut être la forme du conte et ce conte n’est pas forcement morbide.
« Le cinéma d’almodovar est morbide car il nie le réel, comme dans des studios américain en toc avec des acteurs cabotin. »
Davantage en accord avec ta 2ème partie. Cependant pas sûre qu’il nie le réel. Il l’édulcore notamment avec la Movida, le sublime, mais dire qu’il le rejète je ne vois pas cela dans ces films. A l’occas, si tu veux bien, pourrais-tu donner un exemple d’un real qui s’en rapproche ? Merci -
Cornemuse
InvitéEn plus enfantin et radical wes anderson
Raoul ruiz aussi
Fellini -
Cornemuse
InvitéPour almodovar plus précisement luis bunuel
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Samia
InvitéAh ben oui, carrément d’accord. Bunuel est totalement morbide. Y a souvent de la morbidité chez les surréalistes au ciné comme en peinture ou en photo et j’éprouve souvent un peu de nausée et le tournis.
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Samia
InvitéChez ces réal, l’humour est quand même leur essence; Ce serait alors de la morbidité burlesque. Sauf, pour Ruiz que je connais peu ou pas et qui est dans la fresque me semble-t-il. Bon, ok je vois un peu
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Cornemuse
InvitéRuuz c’est du conte aussi, littérallement
Cadeau -
Cornemuse
InvitéRuiz*, deuxième cadeau ducoup
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Samia
InvitéCool, je regarderai ça
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Eden Lazaridis
Invité5) La complexité de ses histoires est évidement à mettre sur le compte du refus de la banalité.
François avait dit que la figure tutélaire de Nolan c’est l’ingénieur (Tesla), que la figure tutélaire de Fincher c’est l’entrepreneur (Steve Jobs) et bien je pense que la figure tutélaire d’Almodovar c’est le créateur de mode (Jean Paul Gaultier). Son rapport à l’esthétique est le même que Jacquemus (je suis dur) : flashy, audacieux, décalé, LVMH, Bernard Arnault.
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Cornemuse
InvitéAlmodovar entretien plusieurs relation avec le monde de la mode, artistique ou autre
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Cornemuse
InvitéIl faudrait aussi se penché sur son gout pour la musique, n’oublions pas qu’almodovar a fait parti d’un groupe rock
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Cornemuse
InvitéPendant la movida
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Cornemuse
InvitéTout ça représente largement sont désire de rejoindre un monde branché, de sortir de sont village reculé, de rejoindre la capital ect
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Eden Lazaridis
InvitéJe me demande si on Xavier Dolan ne pourrait pas aussi être associé à cette mouvance de cinéastes-stylistes. Mommy est une collection : Automne 2014.
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Cornemuse
InvitéLuca guadagnino aussi
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Cornemuse
InvitéTous homosexuel, Serait-il discutable d’y voir une corrélation ?
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Eden Lazaridis
InvitéJe défendrai Call me by your name jusqu’à mon dernier souffle.
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Cornemuse
InvitéJe visais plutôt challengers qui ressemble vraiment a une couverture à « thème » de magazine de mode 90s avec un mannequin déguisé en tennisman
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Eden Lazaridis
InvitéOn est bien d’accord.
À noter que CMBYN n’est pas tenu par son esthétique éculée de la Grèce Antique mais par son acteur principal, Chalamet, qui a une puissance d’incarnation qu’il n’a jamais retrouvé depuis. Il y est simplement miraculeux. -
K. comme mon Code
InvitéBien d’accord pour Chalamet que je trouve autant nul dans les films suivants que touché par la grâce dans celui-ci.
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François Bégaudeau
Maître des clésPareil
Sur le rock et Almo : ok dans le tourbillon Movida il s’est parfois agité devant des guitares, mais ensuite, quelle trace du rock dans ses films? Aucune. Plutot de la chanson mélo, et des violons partout.
On a aussi connu des branchés parisiens qui eurent, pendant 4 mois en 1977, leur période punk ( = période où ils se vêtirent punk). Puis la mode passa et Jacno prit un synthé pour composer des bluettes (géniales, mais bluettes)
Fin du dossier Almo et le rock, et confirmation qu’ici prime la mode. -
Eden Lazaridis
InvitéOui Ardisson se revendique toujours punk d’ailleurs. Ce qui pour lui signifie faire des doigts d’honneur et assumer d’être pété de thunes. Le fils de pub dans toute sa splendeur.
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Cornemuse
InvitéArdisson est punk de la même manière que sardou, beigbeder ou… dany et raz.
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Ema
InvitéJe ne vois pas pourquoi ce serait discutable ( du moins moralement). L’homosexualité est quand même un hyper determinant social, surtout si on a grandi avant les années 2000, çà génère donc forcément des corrélations de toutes sortes.
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Ema
InvitéEn réponse à Cornemuse
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Eden Lazaridis
InvitéÉvidemment qu’il n’est pas un hasard que Jacquemus, Jean-Paul Gaultier, Almodovar, Dolan, Warhol, Guadagnino, aient le même rapport à l’art. L’homosexualité est dans le top 3 des plus gros déterminants sociaux (selon Forbes), il faudrait donc faire une sociologie fine de leur cas pour se rendre compte qu’ils ont été conditionnés à penser l’art comme le lieu du bon goût, du tendance, du branché, à envisager l’activité artistique comme un décorateur d’intérieur. Tout part peut-être de leur intérêt commun pour la sape, la sapologie étant une discipline qui nique beaucoup de cerveaux.
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Cornemuse
InvitéFut aussi une époque où, pour se reconnaître et éviter de « se griller » en draguant un hétéro sans s’en rendre compte, les homosexuels se référaient à l’apparence des autres hommes, notamment à leurs vêtements. Certains foulards de couleurs en témoignaient. L’homosexualité masculine a souvent été perçue comme joyeuse, un moyen de s’évader de la morosité du monde hétérosexuel. Elle passait par des vêtements colorés, qui représentaient un refuge face à la tristesse du quotidien. La mode, longtemps considérée comme féminine, a également pu être vue comme un lieu de refuge et de non-jugement
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Guéguette
InvitéAprès tous les zikos sont à fond sur la sape…
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Samia
InvitéEt chez tous les styles de zik…
C’est marrant de voir comment la filmo de Pedro a évolué passant de Pepi à Volver à étreintes brisées à aujourd’hui où il me laisse un peu perplexe. Il a vécu des moments très difficiles de menaces par l’extrême droite sans jamais céder à son engagement dans l’art. Pour la plastique de ces personnages il ne prend pas forcément les plus belles. Cependant il les sublime et les rend lumineuses à l’écran contrairement à Dolan. Il fait parti des réal qui a fait tourner le plus de non acteurs et très tôt, avant la mode. C’est davantage la nouvelle vague qui s’est engouffrée chez les actrices les plus belles, les plus jeunes et les plus dociles afin de coucher avec. Godard s’y est essayé et tant d’autres -
François Bégaudeau
Maître des clésTiens, un petit coup de Geneviève Sellier pour compléter le tableau
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Samia
InvitéTu te fais simplement plaisir, tant mieux pour toi
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Eden Lazaridis
InvitéPour le coup il se fait pas plaisir tu cites littéralement la take de GS. Et qu’est-ce qui te fait dire que Dolan ne sublime pas ses personnages féminins ? La mère dans Mommy c’est pas rien, la femme dans Lawrence Anyways non plus etc etc. Ses personnages féminins sont intéressants et originaux.
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Samia
InvitéPour le coup il se fait pas plaisir tu cites littéralement la take de GS.
SI tu veux, même si je ne vois pas où.
Je n’ai pas dit que les personnages féminins chez Dolan ne sont pas intéressants ou représentent peanuts. Je dis tout simplement que les personnages féminins chez Pedro sont magnifiées belles ou moches. -
Eden Lazaridis
Invité« Cependant il les sublime et les rend lumineuses à l’écran contrairement à Dolan. » + « Je n’ai pas dit que les personnages féminins chez Dolan ne sont pas intéressants ou représentent peanuts. »
> Donc pour toi magnifier une femme c’est juste lui donner une belle robe et la filmer dans une belle lumière. Je pensais que tu utilisais le terme dans un sens plus large.
« Je me demande quelle est la part d’amour que Dolan a pour les femmes , a pour les autres, sachant qu’il se suradore. »
> Là tu fais une spéculation psychologique, je me réfère, pour ma part, à ses films et aux personnages féminins qu’il met en scène. -
Samia
InvitéMagnifier c’est davantage glorifier, exalter, grandir, célébrer.
Je n’aime pas trop le cinéma de Dolan. Son meilleur film sur les femmes c’est Tom à la Ferme. -
Samia
InvitéEden, à l’ocas si tu peux m’expliquer pourquoi ces 2-3 phrases sont littéralement la take de Geneviève. Merci
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Samia
InvitéJe me demande quelle est la part d’amour que Dolan a pour les femmes , a pour les autres, sachant qu’il se suradore.
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François Bégaudeau
Maître des clés« C’est davantage la nouvelle vague qui s’est engouffrée chez les actrices les plus belles, les plus jeunes et les plus dociles afin de coucher avec. Godard s’y est essayé et tant d’autres’
La même littérale connerie que Geneviève
Et le même littéral mensonge, quand on sait à quel point l’activité consistant à caster des jeune actrices pour les baiser est inhérente au cinéma depuis son aube, Chaplin au premier chef. La nouvelle vague n’a donc, en la matière, absolument rien inventé – si ce n’est peut-être de NE PAS baiser avec l’actrice, comme on sait que s’en abstinrent Rohmer et Rivette. -
Samia
InvitéOui c’est juste ce que tu dis. Mon intention n’était pas d’aller sur les pas de Gene. La coucherie est bien un autre débat dans le cinéma, en effet. Au moment d’écrire ces 2 lignes me suis rendue compte que c’était davantage hors sujet -je me suis mal exprimé- plutôt qu’une connerie.
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Eden Lazaridis
Invité« Glorifier, exalter, grandir, célébrer » les femmes, c’est l’axiome numéro 1 du cinéma de Dolan, il en a même fait un discours à Cannes.
La gueule de Dolan te revient pas des masses et tu convertis ça en analyse de ses personnages féminins. Libre à toi mais tu es extrêmement peu pertinente. -
Samia
InvitéEden, merci de cesser tes jugements. Je n’aime la confiture de fraise point
(Je me doutais bien que tu allais sur un versant pénible et accusateur ça va de soi)this is the end -
Samia
Invité*pas
-Tes interventions ne me font pas grandir, donc merci de cesser d’en faire- -
Eden Lazaridis
InvitéDonc toi tu as le droit de juger Dolan mais on a pas le droit de juger ton jugement ?
Si pour justifier le fait que n’aimes pas la confiture de fraise tu me dis que c’est parce qu’il n’y a pas de sucres dedans, je te dirais que ton jugement est peu pertinent. Ce n’est pas une histoire de goût mais de justification de ton goût.
Et si mes interventions te font grandir. Lis les et joueras en NBA. -
Eden Lazaridis
Invitétu
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François Bégaudeau
Maître des clésJe m’y reprends à trois fois pour lire ces lignes.
C’est l’épiphanie. -
François Bégaudeau
Maître des clésje parle de celles ci, historiques :
« Oui c’est juste ce que tu dis. Mon intention n’était pas d’aller sur les pas de Gene. La coucherie est bien un autre débat dans le cinéma, en effet. Au moment d’écrire ces 2 lignes me suis rendue compte que c’était davantage hors sujet -je me suis mal exprimé- plutôt qu’une connerie. »
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François Bégaudeau
Maître des clésTout à fait d’accord.
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Eden Lazaridis
InvitéLe charme d’Almodovar tient aussi au charme incroyable de l’Espagne (attention généralisation outrancière). On dit souvent que les espagnols sont des italiens tristes. Le contraste entre le soleil de plomb, les couleurs pétantes, la chaleur humaine, la sensualité de leur langue et leur mélancolie, leur fatalisme, leur catholicisme pessimiste a quelque chose d’envoûtant. Tristesse sous un soleil plein, chagrin en plein cagnard. Ay que rico.
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Ema
InvitéOui je crois que peut-être pas mal de gens qui adoOorent Almo se fourvoient un peu. Ce n’est peut-être pas tant son cinéma qu’ils aiment mais un certain imaginaire espagnol (imaginaire autour de l’Espagne j’entends, le côté a la fois mélancolique et solaire que tu évoques) et dont Almodovar, vu de la France serait un peu l’ambassadeur. En somme Almodovar serait a l’espagne ce que Jean Pierre Jeunet est à la France quoi, ils se « vendent » très bien à l’étranger parce qu’ils véhiculent un un imaginaire un peu clicheteux sur leur pays.
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Eden Lazaridis
InvitéLes deux font effectivement dans l’imaginaire de carte postale mais Almodovar touche un public plus branchouille et sophistiqué que Jean-Pierre Jaunâtre, lequel ne fait rêver que les touristes chinois.
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Charles
InvitéLes films d’Almo ont aussi les faveurs d’une certaine critique parce que ce sont des mélos gays assez classieux, du Douglas Sirk en un peu plus épicé. C’est ce qui explique qu’on puisse fermer les yeux sur tous les défauts de Douleur et gloire par exemple en prétendant que c’est un grand film.
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Charles
InvitéJe ne parle même pas d’El piel que Habito qui est un nanar ( mais là je pense que c’est plus de la fidélité aveugle à un auteur).
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Eden Lazaridis
InvitéLes films d’Almodovar ne réussissent pas grande chose dans le détail (ni les scènes, ni les dialogues, ni les personnages, ni les situations) mais fonctionnent (je me répète) comme un tout. Un tout charmant.
La piel que habito n’est pas un nanar mais ce n’est pas Gone Girl. Tu donnes le même scénario à Fincher tu verras la tension, la précision, et l’intensité qu’il apportera à chaque scène. Tout sera mieux mais tu perdras le charme bigarré, gaudien.-
Charles
InvitéPour moi El piel que Habito trouve son charme dans le n’importe quoi scénaristique et le vague plaisir (pour les fans d’Almo) de retrouver Banderas. Avec du cul partout, évidemment.
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Charles
InvitéLa* piel que habito, mes excuses aux hispanophones.
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Dr Xavier
InvitéJe sais pas trop où poser ce message. Je marche un peu sur des oeufs : ce qui m’a toujours rendu perplexe chez Almodóvar c’est que la seule chose que je finis par y voir c’est Almodóvar clamant à toutes les scènes que lui lui lui comprend les femmes, pardon LA femme, L’Âme féminime. Il les comprend mieux qu’elles ne se comprennent elles-mêmes. Ça m’étonne qu’on dise de lui que ce soit un grand féministe, il me semble que c’est surtout un féminisme de piédestal avec des rôles stéréotypés (la mère courage, la femme au foyer desespérée, la prostituée, la victime de viol qui se reconstruit – quand on n’en n’a pas une représentation des plus douteuses dans Parle avec elle).
On pourrait aussi interroger son obsession sur le viol, je ne suis pas du tout un Almodóvariste rompu, je tombe sur un papier de 2015 qui recense déjà neuf films où ce thème est présent : Pepi Luci Bom, Matador, Attache-moi !, Kika, Parle avec elle, La mauvaise éducation, Volver, Étreintes brisées, La piel que habito. Et dans Madres Parallelas on apprend que le personnage est tombée enceinte suite à un viol collectif.
Quand je regarde entre autres la courte vidéo d’entretien intitulée « Pedro Almodóvar, le cinéaste qui a placé les femmes au cœur de son œuvre » il me semble tenir un discours tout à fait essentialisant (et auto-glorifiant, « je suis une exception« ).-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’irai dans ton sens. Toujours pensé qu’il n’y avait guère de femmes dans ses films, mais des idées de femmes. En tout cas rien qui ressemble à quelqu’une des milliards de femmes réelles qui évoluent sur cette planète.
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Samia
Invitéun lien internant sur le sujet dans oeuvre
https://upopi.ciclic.fr/analyser/le-cinema-la-loupe/le-violeur-inconsequent-une-chronopathologie-du-cote-des-premiers-scenarios-d-almodovar-
Samia
Invité* intéressant
quel lapsus
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Dr Xavier
InvitéVous avez des articles sur les sources d’inspiration d’Almo ?
Par exemple, lui qui – à l’exception de tout autre – célébre si fort l’énergie vibrante des femmes, ce ne devrait pas être difficile de trouver moults entretiens où il dit le plus grand bien de réalisatrices, et nous invite ardemment à aller regarder leurs films (spoiler : je n’ai rien trouvé, mais peut-être ai-je mal cherché) -
Charles
InvitéAlmo s’était d’ailleurs fait épingler par des féministes pour sa représentation du sexe féminin à partir d’un extrait de Parle avec elle où dans un rêve celui-ci est filmé comme un pur trou.
Mais il est évident qu’Almo n’a pas pour référence Akerman, Varda ou Denis. C’est plutôt Sirk and cie.-
Cornemuse
InvitéPlutôt bunuel et bergman
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Cornemuse
InvitéAlmodovar a étonnamment ou pas, des références très classiques, hitchcock pourrait être aussi mentionné, référence du genre cinémathèque ou des bouquins « les 100 films qu’il faut avoir vu », charles a raison sirk en premier lieu.
Il a souvent été présenter a la télé comme un réalisateur qui comprennait mieux les femmes, ou plus récemment comme le veux l’époque « féministe », moi je pense que le cinéma d’almodovar est plutôt misogyne au contraire.-
Cornemuse
InvitéComprenais mieux les femmes, regarde les femmes avec un regard de femme car homo.
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Cornemuse
InvitéAu contraire, pour moi la représentation des femmes chez almo se rapprochait souvent plus d’une misogynie gay.
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Samia
InvitéT’exagères à peine cornemuse, on va sur du bashing. Dommage
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Cornemuse
InvitéC’est pas vraiment du bashing, j’aime bien la misogynie d’almodovar, dans ma bouche c’est pas négatif
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Cornemuse
InvitéElle m’intéresse en tout cas
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Cornemuse
InvitéCes roles féminin ne sorte pas du schéma mère/bonne soeur/putain, tout sur ma mère regroupe justement les trois.
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Samia
InvitéOn ne peut pas retenir que ça de Pedro. Et le féminisme à la noix qui s’insurge devant un trou vu en rêve, n’a aucune valeur à mes yeux -non de féministe mais juste de femme ou d’individu-.
C’est vrai qu’il est parfois dans un ce triptyque le sein, le cul, la foi, mais ma foi ça ne fait pas de lui un miso. Il peint aussi des femmes fortes « la fleur de mon secret » , qui decident de leur vie. Il transfigure leur réel, souvent dramaturge et gueulard. Je dois voir Madres paralelas qui évoque la renaissance et cette fois au coeur de la maternité. -
Cornemuse
InvitéJe ne m’alignais absolument pas sur le féminisme policier auquel Charles faisait référence (d’ailleurs, dans Parle avec elle, ce n’est pas un rêve mais un film muet fictif dans lequel le personnage principal se reconnaîtra, une imprécision cruciale, d’autant plus, vu que le film parle de viol). Il a toujours été dit que la puissance de ces films résidait dans leur féminisme, alors je trouve intéressant de dire que, au contraire, la puissance d’Almodóvar se trouvait dans sa misogynie, comme une négation de quelque chose, une féminité triste.
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Cornemuse
InvitéLa scène en question
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Cornemuse
InvitéMieux vaut voir les scènes des films avant de les attaquer
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François Bégaudeau
Maître des clés» Il peint aussi des femmes fortes , qui decident de leur vie »
C’est beau comme du Léa Salamé -
Samia
InvitéGene, Léa, au suivant
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Carpentier
Invitéla préparation de la prochaine G.O. est collective
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Charles
InvitéJe n’ai pas dit que je partageais cette analyse.
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Cornemuse
Invité@charles oui j’ai bien compris
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Cornemuse
InvitéJe n’ai pas fait l’amalgame entre toi et les féministes que tu cite ne t’inquiète pas
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Samia
InvitéL’extrait à nouveau son obsession des femmes et de leur sexualité. Plutôt que misogynie, peut-être pour lui, le désir d’être une femme ou le regret de pas en être une. C’est pourquoi il multiplie les portraits, qu’il parle très tôt de la transition
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Samia
Invité*l’extrait montre
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Cornemuse
InvitéDésolé que la vidéo soit sur Dailymotion. Maintenant, dès que vous ouvrirez ce thread, vous aurez comme bruit de fond pour vous hanter cette scène muette et sa musique. L’extrait n’était pas disponible sur YouTube.
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Samia
InvitéRire, c’est vrai que les violons sont assez crispants
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Oscar
InvitéLongtemps que je n’ai pas revu d’Almodovar. J’ai le sentiment un peu flou d’une fascination pour l’univers féminin, plus que pour ‘la femme’. Le clan des femmes. Et à vision d’enfant presque (?) – maternité, secret, claustration, dévoration –
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Ema
InvitéD’accord avec ça, d’ailleurs le commentaire de Samia sur les femmes « magnifiées » dans son oeuvre était en fait assez révélateur de ce que tu relèves : pourquoi donc magnifier les femmes (les grandir donc), que dit cette démarche de son rapport au féminin ? On revient à cette histoire de créateur de mode, qui n’aime les femmes qu’engoncées dans des corsets et perchées sur talons aiguilles (tient tient), les femmes en posture statuesque. La récurrence du viol, parfois clairement érotisé chez lui (notamment dans Kika) devrait aussi calmer ceux qui proclament son cinéma féministe. Je vais peut-être pousser le bouchon un peu loin mais s’il existe un mâle gaze, il peut aussi exister un gay male gaze, pas forcément tout beau tout rose non plus.
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Ema
InvitéMais je rejoins Cornemuse sur le fait que ce non féminisme ne vaut absolument pas jugement de valeur artistique en soi, surtout dans un cinéma qui n’opère pas du tout sur le mode réaliste. Et si Pedro, en tant qu’homo, a besoin d’explorer son aversion/fascination pour les femmes à travers le cinéma, ce n’est pas un problème en soi. C’est pour le coup plus une critique de la réception critique, qui aura quand même fait preuve d’une certaine inattention devant son cinéma.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Mais je rejoins Cornemuse sur le fait que ce non féminisme ne vaut absolument pas jugement de valeur artistique en soi, »
Moi je ne rejoins pas, car j’ai lu CUM
Je crois qu’il y a là au contraire une limite esthétique.-
Cornemuse
InvitéOk, mais pour considérer que sa misogynie soit une limite esthétique, il faut d’abord être d’accord pour dire qu’il est misogynes. Trouves-tu qu’il le soit ? Car c’est loin d’être une idée partagée.
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Cornemuse
Invité@Ema Moi je n’ai pas parlé de non-féminisme, mais bien de misogynie
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François Bégaudeau
Maître des clésAh oui misogyne, absolument
Quiconque n’a de cesse que de modifier les femmes, au sens où il y a des organismes génétiquement modifiées, montre un certain dégout pour elles.
Et donc les femmes il les résorbe en fétiches, lesquelles figures puisent dans le patrimoine symbolique existant.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl me semble que le misogynie d’un Desplechin est beaucoup plus féconde esthétiquement, car lui l’assume et la pousse très loin
Même si cette disposition aura fini par l’envaser lui aussi.
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K. comme mon Code
InvitéCertaines séquences de ce documentaire montrant la pratique de la psychiatrie en pleine destruction de l’hôpital public m’ont marqué.
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K. comme mon Code
Invité(le lien n’envoie pas au début du documentaire, mais je n’ai pas sélectionné le passage : j’étais juste en train de revoir des passages au hasard)
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’avais commencé à regarder puis arrêté. Je ne sais plus pourquoi. Ca me paraissait un peu sous-filmé je crois
Je vais y retourner.-
K. comme mon Code
InvitéLe film ne brille pas par son style, il est élevé par certaines présences.
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Barbara
InvitéOui ce documentaire m’a marqué également. Notamment par la surprise que j’ai eu d’y retrouver Windy, jeune homme avec qui j’ai travaillé à la même période que celle du tournage de ce documentaire. Je ne savais pas qu’il y avait participé et je ne savais pas de quoi était fait son lien si fort avec l’hôpital – lui qui trouvait toujours des raisons d’y retourner. C’était touchant pour moi de voir ce que le désir de ce psychiatre avait permis avec ces jeunes.
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Mélanie
InvitéDécidément ce Etat limite on l’évoque, on le ré-évoque
Moi il ne m’avait pas « marquée », simplement, comme je connais bien ce contexte pour y avoir travaillé, je trouve qu’on peut le recommander à qui veut se documenter sur le sujet
(François si tu y retournes je serai contente de lire ton retour)
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Tony
InvitéDans les Cahiers de Janvier,Letourneur tease L’aventura:
‘C’est l’histoire d’un père(Jean-Fi,joué par Philippe Katerine)qui cherche constamment à échapper à sa place de père pour être un homme tout seul,ne serait-ce que 5 minutes pour garer la bagnole.’
J’adore ce teasing,c’est le film que j’ai envie de voir!-
Tony
InvitéOn y apprend aussi que le film n’a eu aucun financement institutionnel,ni avance,ni arte…
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K. comme mon Code
InvitéIl me semble que Voyages en Italie avait eu le CNC. Mais je ne suis pas étonné.
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Juliette B
InvitéPas certaine qu’elle ai sollicité le CNC sur celui-là. Elle a expliqué quelque part qu’elle envisageait ce film solitairement artisanal. En gros, avais-je compris, sans se faire chier à rentrer dans le processus fastidieux de demandes de sous et et en acceptant dès le départ que le film ne serait dès lors sans doute pas vu par beaucoup de gens et que c’était pas grave parce qu’avant tout ça l’amusait/l’ntéressait de le faire. Elle semblait déjà avoir de la matière peu coûteuse avec des prises de ses enfants à la plage.
Je parle sous le contrôle de ma mémoire de cet entretien passé-
Charles
InvitéDans les Cahiers, on comprend de ses déclarations qu’elle a sollicité l’avance sur recettes sans l’obtenir. Elle se demande si le refus n’est pas lié au fait que ce soit une suite et donc que, pour la commission, ce sera un peu la même chose que le précédent.
On apprend sinon que ce nouveau film elle n’a pas fait le montage seule comme d’habitude et qu’elle a opté pour des scènes moins découpées. Elle parle, en reprenant les propos de son monteur, de « film de montage pur ». J’en connais une qui doit saliver d’avance.-
K. comme mon Code
Invité« elle n’a pas fait le montage seule comme d’habitude » Comment ça ? Elle ne montait pas seule auparavant. Voyages en Italie était déjà, à mon avis, un film de montage pur : la seconde partie de ce film propose vraiment l’un des plus beaux geste esthétique vu au cinéma. En revoyant La vie au ranch, j’ai pensé au mot spectaculaire qui peut paraître curieux tant on décrirait au premier abord son cinéma comme l’inverse du spectaculaire, mais ce passage en Auvergne — surtout sur grand écran — m’a scotché à nouveau, et je me suis dit que c’était spectaculaire — et cette sensation est encore plus grande dans l’alternance 35mm/numérique de Voyages en Italie. J’ignore comment elle s’est débrouillée pour réussir la suite mais je salivais déjà.
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Charles
InvitéC’est elle qui dit qu’elle a l’habitude de monter seule.
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Seldoon
InvitéEn entretien avec nous elle avait beaucoup parlé de sa monteuse (on en a coupé plusieurs occurrences mais il en reste tout de meme)
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MA
InvitéJ’ai bien aimé l’écouter ici :https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-du-samedi-21-decembre-2024-8198009
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Charles
InvitéEt surtout gros teasing des deux films de Jude!
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Carpentier
Invitéfrance 2, The fabelmans
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K. comme mon Code
InvitéC’est une menace ?
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Carpentier
Invité?
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Kenyle
Invité-
Carpentier
Invitéc’est une menace?
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Kenyle
Invitéoui
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Kenyle
Invitédonne moi tout ton pétrole, tout de suite
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Jules
InvitéBonsoir à tous, il y a en ce moment une rétrospective Hitchcock à la Cinematek (Bruxelles). Quels films me conseilleriez-vous de voir (je n’en ai jamais vu aucun) ?
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Charles
InvitéIls sont tous à voir ou presque. Mais je recommanderai en priorité Rebecca, Sueurs Froides, Psychose et L’homme qui en savait trop (ce dernier étant sans doute plus accessible).
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Tony
InvitéAlors moi je recommanderais plutôt Fenêtre sur cour,La mort aux trousses(le plus accessible et divertissant)et Vertigo bien sûr.
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François Bégaudeau
Maître des clésLes enchainés (Notorious)
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MA
InvitéL’inconnu du Nord-Express, Une femme disparaît.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui l’Inconnu du nord express sans la dernière demi-heure
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Carpentier
Invitéc’est là où la meuf disparait?
pfff romantisme ressentimental quand tu nous tiens-
François Bégaudeau
Maître des clésL’idéal, avec « romantisme ressentimental » serait et de le comprendre et d’en tirer blague
Mais d’en tirer blague sans le comprendre, bof
Rendez vous, donc, au prochain navet que tu défendras.-
Carpentier
Invitépfff blague ratée donc
– un navet français of course, pour rester fidèle au costume que tu n’en finis plus de me tailler
à toi aussi, bonne journée, -
Carpentier
Invitéet en attendant que je reprenne ton Comme une mule, les lignes disant à propos de l’amour et les forêts (c bien ça?) apprends donc à reconnaître un concombre d’une courgette
ensuite on passera aux carottes et aux navets-
François Bégaudeau
Maître des clésLes liras tu ces lignes?
Et, les ayant lues, reviendras-tu ici en discuter, en discuter vraiment, voir comment elles peuvent éclairer un film comme Bird?
De tout cela, d’expérience, je doute. -
Carpentier
Invitébenh oui enfin
t’arrêterais pas de me casser les couilles que je n’ai pas des fois?
je revenais justent partager un slogan bien con que je viens de voir sur une affiche dans le métrol »urgence de l’adolescence filmée avec génie
qu’est-ce que c’est con et ce, quoiqu’on en ai pensé en première réaction post visionnage
Sais-tu que tu ne me mérites absolument pas, François Bégaudeau?
Tu oses douter de ma relecture de Comme une mule?
De ma réelle première lecture aussi, pendant qu’on y est?
t vraiment qu’un p’tit con en vrai,
bises depuis la station Anvers -
Carpentier
InvitéDe tout cela, d’expérience, je doute.
t’as la mémoire d’un poisson rouge
heureusement que t’es un peu bogoss ça te sauve un peu de cet immense défautd’expérience
je ris
de me voir, oui
ct’outrecuidance -
François Bégaudeau
Maître des clésTu as reconnu hier des torts, donc nous sommes sans doute parties pour à nouveau dix ans d’incapacité absolue à l’auto-critique
Qui souvent passe par une caricaturation de la critique
Je n’ai pas parlé de relecture de Comme une mule, juste de relire les deux pages de l’Amour et les forets et d’y trouver réelle matière à éclairer la nullité de Bird. -
Carpentier
Invitéoui, je parlais évidemment bien, moi aussi, de relire les lignes auxquelles me référencer suite aux échanges sur Bird
Es-tu certain que tu validerais, François, aujourd’hui, les compétences attendues en lecture pour l’entrée en 6e?
de ça, si tu permets, à mon tour, je doute -
François Bégaudeau
Maître des clésNoyage de poisson
Esquive
Normal.
En attendant le prochain navet, etc -
Carpentier
Invitéje te dis
et en attendant que je reprenne ton Comme une mule, les lignes disant à propos de l’amour et les forêts (c bien ça?)
et peu après tu balances
Je n’ai pas parlé de relecture de Comme une mule, juste de relire les deux pages de l’Amour et les forets
qui noie le.s poissons?
+tu appelles ‘ reconnaître des tords ‘
Tu as reconnu hier des torts
une rapidité d’écriture, un mal-dit?
c’est une plaisanterie?
Trouve-toi donc des adversaires rhétoriques à ta hauteur, stp, j’ai comme l’impression qu’il y a une conne de trop ici ou, du moins, quelqu’un que faire passer pour une abrutie amuse, c’est bon, tu te ranges du coté de ceux qui disent que ma présence emmerde ( vu que tu les héberges volontiers, je vois pas trop en quoi, vu ma grande bêtise, je pourrais gêner pourtant ces personnes si intelligentes et enrichissantes)
Ne trouves-tu pas que tu exagères?
Comment peux-tu en arriver à écoeurer les gens comme ça? -
Carpentier
Invitépage?
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Carpentier
Invitéallez, Carpentier, t pas que cotorep
descends le Comme une mule de cette putain d’étagère où tu l’as déjà fourgué et tape toi un feuilletage de ouf pour essayer de dénicher ces/ses putains de lignes
dire que j’ai même pas vu ce film ‘ l’amour et les forêts ‘– Faut vraiment aimer le travail fait à minima
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Guéguette
InvitéÇa me fait penser qu’il faudrait que je me les retape. je les avais tous enchaînés relativement jeune.
Mes meilleurs à l’époque c’était Vertigo, Marnie et Psychose. Fenêtre sur cour et North by northwest sont un peu ses blockbusters, géniaux mais un peu plus « carrés » je trouve. Dans la période plus classique Rebecca et la maison du Dr Edwards étaient bien cools.-
Anna H
InvitéJ’aime beaucoup La loi du silence, moins connu.
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Guéguette
InvitéPas vu, je note.
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Eden Lazaridis
InvitéJe te conseille Suspicion (Soupçons) de 1941 où tu verras Carry Grant jouer un fils de flûte. Ce qui est, je crois, inédit dans sa carrière.
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MA
InvitéAvec la fameuse scène du verre de lait.
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Anna H
InvitéVerre de lait qu’on retrouve dans La maison du docteur Edwardes.
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MA
InvitéJe l’avais oublié.
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toni Erdmann
InvitéSoulignons la grandeur de Sarkozy qui arrive à s’emmêler dans des affaires si complexes et tortueuses qu’un documentaire dédié à l’un d’elle arrive à avoir une sortie nationale en salle : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000013459.html
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Samia
InvitéSans frime, Les Oiseaux, si tu as plus de 6 ans. Film terrifiant et efficace pour te donner envie de poursuivre à découvrir l’œuvre de H;
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lassou
InvitéVous connaissez John Sayles ? Qu’est ce que vous en pensez ? J’ai découvert les Coulisses de l’exploit hier et ait trouvé ça génial, ça me rappelle beaucoup le scorsese tardik (Killers of the flower moon quoi).
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I.G.Y
InvitéBird : dissection et procès équitable.
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Dans le salon la nuit tombée, Bug et ses amis éméchés braillent et titubent en musique. Clip incendiaire en fond, graffitis aux murs, tags. La jeune Bailey, fille de Bug, assiste à la scène sans ciller et froide, canette à la main — elle a 12 ans. Scène ostensiblement pathétique puisqu’au delà de la débauche générale de personnes adultes sous les yeux d’une mineure, Bug tient en main un crapaud que l’ambiance nerveuse est censée faire « baver ». Une bave hallucinogène qui peut rapporter gros, jusqu’à financer une partie de son mariage avec Kayleigh — Incilius alvarius, espèce bien réelle, ne vit pas en Angleterre mais en Amérique du Nord (on note). Quelques instants plus tard à peine et dans la même pièce on ne beugle plus. L’assemblée est pourtant la même mais l’ambiance s’est métamorphosée. On chante en cœur du Coldplay et tout pathétique a disparu — pas le crapaud.Dans l’océan de bitume qui l’entoure Bailey rêvasse et filme les oiseaux — métaphore éculée de l’échappatoire, en bas c’est nul vivement là haut, se dit-on. Un jour qui doit être le lendemain, Bailey et son étrange ami Bird sont à la mer. Bird (on passera sur la subtilité du nom) représente à l’évidence (c’est le cas de le dire) ce passage vers un envol possible. Et Bird est doux, si doux. Il est l’échappée imaginaire mais surtout concrète car avec lui on part à la mer. Mais à la mer justement, Bird révèle le contenu d’un objet qu’il portait sur lui depuis le début : un dessin de sa mère disparue, qu’il cherche. Griffonnage menaçant d’oiseaux noirs. Aussi Bird ne ferait pas de mal à une mouche mais tuera un homme. Vivement là haut? Si le film me ne le dit pas du tout — le film dit peu de choses —, ce n’est certainement pas davantage ce qu’il montre.
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On pourrait continuer ainsi très longtemps la liste des éléments qui permettent une entrée dans ce qui fait l’intérêt et les faiblesses de Bird. Partant sur des bases fleurant bon le manichéisme bêta, le scénario démolit pas à pas celui-ci de l’intérieur jusqu’à le rendre inopérant à tous les niveaux possibles jusqu’à la sur-écriture — seule exception notable et j’y reviendrai, le nouveau compagnon de la mère de Bailey, personnage qui reste secondaire. Le film ne cesse de circuler entre les opposés ou de se placer dans des entre deux : pour un même personnage on en montre le pathétique et la lumière (le père, le fils), le mélange homme-femme-animal (Bailey, dont l’aspect délibérément androgyne est évident et presque trop souligné par la scène de coiffure), la circulation entre homme animal et masculinité hybride (Bird et sa jupe, son visage, sans parler de la fin), le dégradé de l’enfance à l’âge adulte, les diverses tonalités de graffitis au mur, tout. Si l’on choisit un découpage entre beauté et la laideur le film fonctionne sur une sorte de jeu ternaire où tout se dédouble : la laideur du monde d’en bas ne va pas sans sa beauté, la laideur des hommes d’en bas idem, et la beauté de l’échappée céleste aussi. Cet anti-manichéisme radical vire au handicap formel, la complexité vire à la complexification : toutes ces circulations donnent l’impression de se succéder trop mécaniquement plutôt que s’intriquer dans le flot vital — mon paragraphe introductif l’accentue. Cela donne un montage souvent trop appuyé — citons encore : les alternances de plans sur les graffitis aux tonalités opposées, les plans intercalés au montage qui soulignent les allers-retours positif-négatif de la pensée de Bailey à propos de tel ou tel personnage, lieu, situation. En somme le film en devient sur-écrit, le scénario et le montage prennent tant d’énergie à faire éclater les simplismes binaires que l’on sent les coups de crayons. Oscillation plutôt qu’ambivalence. A trop vouloir insuffler la vie à coups de pompe, on en perd.Le seul personnage un tant soi peu important dont le traitement est radicalement simpliste est le compagnon de la mère de Bailey. Ce genre de sous-traitement manichéen d’un personnage assez secondaire ne peut jeter le discrédit sur tout le film : dans Anora (top 2 en 2024 pour moi), aucune chance n’est laissée à la mère d’Ivan, personnage secondaire mais aussi déterminant dans la fin du scénario. Beaucoup plus grave et dans un film que j’aime par ailleurs beaucoup : le personnage principal qu’est William Hale dans Killers of the Flower Moon est le diable incarné dans toutes les scènes sauf la première, au point que le scénario en pâtit.
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Mêlé à ce problème de sur-écriture intervient celui de la caméra d’Arnold. A l’évidence son mode de filmage n’est pas pertinent dans Bird sous l’angle du réalisme-naturalisme : de ces catégories il ne porte que la signalétique. La raison pour laquelle il n’est pas ici condamnable en lui-même est que le film s’éloigne délibérément du cadre réaliste (American Honey au contraire est d’un faux réalisme qui se prend pourtant comme tel jusqu’au bout). Son intérêt esthétique est un peu similaire celui des Hauts de Hurlenvent, il donne du contraste : on filme le merveilleux mais au caméscope. Le contraste est une catégorie esthétique comme une autre qui ne se suffit pas à elle-même pour juger d’un film mais elle est là, elle produit des effets. On pourrait reprocher à ce mode de filmage une perte de visibilité dans les cadrages — c’est parfois même vrai dans Cow. Caméra qui révèle aussi un film très actoro-centré : elle leur colle aux basques, beaucoup de gros plans mobiles, on respire peu. Heureusement Barry Keoghan est très bon : il dit s’être beaucoup inspiré de son enfance et de ceux qu’il a côtoyés, eh bien le résultat me convainc. On sent d’ailleurs dans ce prisme actoral une volonté de saisir l’authenticité/vérité de l’énergie de l’acteur plutôt que celle du réel plus large dans lequel baignent les personnages. Cela ressort de la conférence de presse du film à Cannes.
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A l’évidence encore le film d’Arnold ne saurait être un film social, sur le social. Je ferai cependant crédit à Arnold de ne pas sombrer du tout dans le misérabilisme — ce qu’elle n’a jamais fait. Le film termine sur une séquence de mariage et de bonheur filmée avec une grande sincérité. J’ai aussi perçu dès le premier visionnage un élément qui m’a paru assez beau quant à l’enfance. On voit à l’écran un traitement formel spécifique des jeunes enfants : calmes, plutôt joyeux, sans arrêt partout et avec tout ils jouent. Cette puissance de l’enfance est protégée quasi exclusivement par les enfants eux-mêmes et cette hypothèse d’une enfance à défendre n’est traitée avec aucun des simplismes attendus : la défense n’a rien de pur car elle emprunte à la violence des adultes (les enfants qui l’organisent sont en train de quitter l’enfance : le groupe d’autodéfense) mais elle n’est pas organisée par les adultes ni par la police — grand classique QAnonesque : les bons enfants doivent être protégés des méchants adultes par les bons adultes, ignorant totalement la violence structurelle. Il est peu question de structure ici chez Arnold mais l’on n’a rien de tout ça. La volonté des jeunes de protéger l’innocence de l’enfance est concrète : Bailey dans tout le film, son frère meurtri par l’idée que son enfant accidentel ne verra pas le jour et qui part naïvement le « sauver ». On passe sur le forçage scénaristique que ce fait occasionne, cette visite dans les quartiers plus cossus : pur prétexte à un changement de décor? Ou plutôt une occasion de montrer des adultes vindicatifs hors des classes populaires, soit à nouveau une volonté sur-écrite de destruction des simplismes?A vrai dire cette hypothèse intéressante/discutable d’une défense de l’enfance par l’enfance n’est pas assumée jusqu’au bout de sa radicalité puisque Bird intervient à la fin. Hypothèse traitée sans glorification et dont l’ambivalence en croise une autre jusque dans le dernier plan : celle du thème des oiseaux. La fin est d’interprétation est assez ouverte et ce n’est pas ici le sujet : on peut a minima dire du film qu’il respecte sur ce point la belle phrase de Georges Franju trouvée en exergue du Trafic numéro 4 : « J’aime les films qui me font rêver, mais je n’aime pas qu’on rêve à ma place ». Je n’irai pas jusqu’à dire que j’en rêve mais ça m’intrigue, c’est très ouvert. On n’en glosera pas.
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On pourrait donc dire du film d’Arnold que son anti-identitarisme et son anti-manichéisme — très peu en discours, la transidentité y est partout en acte — finit par le ronger de l’intérieur et fausse son naturel apparent. Dans le plan virevoltent les ficelles du scénario. Je disais de Bird qu’il était le film où Arnold pousse le plus loin ce qu’elle sait faire de mieux mais c’était imprécis et c’était surtout sans avoir vu Cow. La raison pour laquelle je l’ai dit est qu’il me semble que la puissance d’Arnold en matière de fiction ne se situe pas dans le réalisme apparemment pur (American Honey), mais dans l’intrication assumée entre conte, merveilleux et réalisme. En matière de documentaire sa puissance est dans Cow mais je reste persuadé qu’elle peut produire une grande fiction qui assume le merveilleux. Dans Cow on voit surgir du réel lui-même l’étrangeté fascinante de la vache, une surréalité immanente de la vache. Or si Arnold veut produire une grande fiction — je le dis car elle aussi nous lit, comme tout le monde — elle doit je pense mêler cette approche à celle du conte merveilleux, faire s’entremêler pour de bon le vraisemblable et l’invraisemblable en partant d’une réalité davantage prise au sérieux. On pourrait suggérer qu’un film dont la teneur en réel repose autant sur la performance actorale, même sincère et vraie comme chez Keoghan, a quelque chose de trop libéral. Je continuerai d’attendre d’elle un grand film de fiction. -
gerin
InvitéMazan Freud malaise dans la civilisation
Un operateur sociétal majeur
feministes en furie triomphant du patriarcat -
François Bégaudeau
Maître des clésLe manichéisme du film est radical, c’est celui d’un conte pour ados. Il se formule ainsi : dans ce bas monde il y a de les âmes perdues (les méchants) et les âmes bonnes.
Les âmes bonnes sont en général des femmes ou féminisées (comme Bird et sa jupe). La femme c’est la sensibilité, l’homme c’est le bourrin.
Ce qui peut sauver l’homme : devenir une femme (comme Bird le personnage fantastique, qui cherche sa mère, qui cherche à se reconnecter avec le principe féminin – qui est aussi elui deu reve, d’où Bird car oiseaux = reve = bonté.
Ce qui peut sauver un homme = la paternité, etre un bon père. Passion qui saisit le frère de Bailey. Ce bourrin total devient bon en devenant père. Féminisme patriarcal.
Mais le plus souvent les pères manquant à leur tache : en pondant partout des momes qu’ils délaissent, en n’accédant pas à la maturité, et, au pire, en tripotant ou maltraitant des enfants voire les leurs – d’où les expéditions punitives, que valide le film en scénarisant la sienne propre (féminisme policier, tendance fasciste)
Les âmes bonnes sont féminines : Bayley, Bird, et même sa belle mère quand il s’agit de preter un tampon – c’est à dire quand elle active en elle la sororité, et s’extrait de la coupe maudite de son mari.
Bayley est bonne absolument : elle a la colère juste, elle est sensible (oiseaux,), elle est courageuse, elle est aidante et aimante, et elle aime les enfants. L’âme bonne évolue dans des espaces poétiques qui sont : la nature (où il y a des chevaux, animal poétique), la mer, le ciel (oiseaux). Grande originalité de ce paysage symbolique.
Les enfants sont purs. (les ados le sont moins car ils ne sont plus trop enfants). Les enfants ici sont décrétés purs. Ils ne sont pas « puissants », aucune scène ne l’atteste, puisque sur eux on a seulement des plans furtifs commis pour attester leur pureté (les enfants jouent, c’est comme ça, c’est une essence)
L’univocité du film est à chacun de ses plans : chaque plan est réductible à une information morale, sans ambivalence. Ainsi Bayley est bonne dans tous les plans, elle est d’un trait.
Chacun est toujours dans l’organigramme moral d’Andra Arnold, bien dans sa case
Ex : scène autour du lit de la mère.
Un plan pour chaque, chacun dans sa case :
-le beau père : horrible, méchant, vulgaire, maltraitant
-Bayley : la classe
-les enfants : pauvres petites choses mignonnes qui servent du thé gentiment et que l’ogre engueule. L’ogre littéral
-la mère : paumée, victime, embarquée malgré elle dans cette violence puisque femme. Mais la mère insiste en elle. On sent qu’elle est encore mère. Que l’ame bonne des femmes, donneuses de vie, survit en elle.
La scène réalise strictement son programme moral, comme toutes les scènes.
Keogan bon? Keogan détestable. Dès le premier plan, on sent la composition, on sent le mec arrivé avec plein d’idées sur le tournage. Dès la première image il est totalement ce qu’il doit être. Et à chaque plan il sera ce qu’il doit être. Il surmanifestera ce qu’il a programmé d’être. Il est DANS SON ROLE. dans ce carcan qui s’appelle un role – et qui fait qu’aucune situation n’a jamais lieu.
Celui qui joue Bird, c’est pareil. Une composition. On ne voit que ça. Un acteur qui compose, qui compose une aberration et en devient grotesque (m’évoque le mauvais théatre jeunesse où on nous trimballait en CM2)
Certes à la fin le mauvais père montre une humanité. Car nous sommes dans un conte pour ados. Il faut donc une note d’espoir, ce qui revient à faire passer un personnage méchant ( homme) dans le camp de la tendresse et du sentiment (femme). Au début il était associé à du punk (méchante musique brutale pour les méchants hommes, brutaux), il est maintenant associé à The universal, un hymne variété. Tout est clair. Tout est parfaitement clair dans cet univers où tout est jalon d’un prêche moral
It really really really could happen. Oui les enfants, il faut continuer à y croire malgré tout, malgré tous les méchants. Croire à un monde où les oiseaux triomphent des méchants.
Des bonnes fictions à venir d’Andrea Arnold? Andrea Arnold a 64 ans et elle a fait 5 fois le même film. On ne voit vraiment pas comment ça pourrait changer.-
I.G.Y
InvitéEh bien hormis des points d’accord évidents subsisteront donc des points de désaccord radicaux liés non pas à des questions d’opinion (je reviendrai sur la « bonté ») mais à la factualité du film, points qui ont une importance décisive sur le jugement en nullité du film :
– « Bailey est bonne absolument, elle est d’un trait » : Bailey est une jeune fille qui souhaite dès le début du film accompagner les garçons dans une expédition punitive. Bailey-la-bonté qui par la suite commande par texto une expédition punitive. Angélique! Sainte Bailey-la-Pure!
– « Certes à la fin le mauvais père montre une humanité » : pas « à la fin » du tout. Le père est montré alternativement (et assez mécaniquement) comme touchant et castrateur tout le long. On peut citer plein de plans qui tout le long du film qui le montrent sous un jour positif, je rappellerai celui où il danse seul en préparation du mariage (pas vraiment présenté comme un parangon de masculinité virile d’ailleurs, ça s’ajoute à tout ce que j’ai dit dans mon texte là dessus et que j’ai oublié tant il y en a), le plan où il danse heureux avec sa femme dans le salon, les inserts un peu bébêtes où l’on nous remontre son regard attendrissant qui vient à Bird au moment où elle se dit qu’au fond son père est un mec bien, le plan où il console son fils, et on peut continuer.
– « oiseaux = reve = bonté » : sûrement pas. Cf. ce que j’ai détaillé. La figure de l’oiseau n’est pas claire du tout. SAUF— et c’est là le point clé — si dans la bonté on inclut la noirceur et la violence (après tout on en connaît qui le font : moi pas, et cela me semblerait être un retournement hyper-confusant; et cette remarque est encore plus valable si l’on prend « bonté » au sens conte neuneu pour ado, puisqu’il n’y a alors plus aucune difficulté de définition possible : le bon c’est le tendre, le non violent, le sourire, les pleurs si c’est une victime, point). Si les ados ont interprété la figure de l’oiseau comme une figure de bonté dans le film, ça n’est pas mon problème s’ils ne savent pas regarder ou qu’ils ont un fond douteux. Cela n’excuse pas les successions mécaniques d’oppositions, que j’ai détaillées en long en large et en travers.
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Concernant la scène autour du lit il va de soi que c’est la pire du film et cela se déduit très directement de ce que j’ai écrit. C’est un effondrement.Quant à Bird je ne trouve pas non plus son rôle intéressant. Quand je dis d’Arnold qu’elle cherche à puiser le réel dans la performance actorale je n’ai jamais ajouté qu’elle y réussissait ici : j’ai souligné sur Keoghan uniquement. Que tu trouves nullissime, why not. Il se trouve que j’ai passé quelques temps dans une famille prolo de la banlieue lointaine de Londres et j’ai vu quelques mecs qui m’y ont fait diablement penser. Que Arnold ait une certaine tendance cependant à Folkloriser la banlieue et à la traiter comme décor ne fait pas de doute.
A propos de la question de l’opposition de l’élément féminin et de l’élément masculin essentialisés comme bonté-violence en Bailey elle-même (puisque nous avons acté qu’elle n’était pas la Bonté incarnée du tout), là ça m’intéresse. Songer que c’est l’intention d’Arnold relèverait totalement du procès d’intention mais j’admets que cette lecture interprétative m’intéresse. Je ne crois pas du tout que ça soit voulu mais il y a peut-être un inconscient au travail et comme tout ce qui concerne l’inconscient, c’est hautement discutable mais pertinent. Bailey créature androgyne (et qui plus est mêlée à un âme animale fort peu claire), présentée comme étant au carrefour d’un essentialisme masculin-féminin, la synthèse de deux essentialismes. Ça complète d’ailleurs parfaitement ma critique sur les multi-essentialismes au travail, voilà que je n’avais pas vu et qui me ravit.
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J’ai pensé à la question de l’âge d’Arnold. Je ne l’avais pas vue aussi âgée. On aurait tout aussi bien pu la dire finie en 2020 soit 4 ans après American Honey et elle fait pourtant Cow en 2021. Disons que je ne mettrais pas un gros billet sur le fait de voir mon souhait réalisé, c’est vrai. Tant pis. Y’en a d’autres.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Bailey-la-bonté qui par la suite commande par texto une expédition punitive. »
L’expédition punitive est valorisée, puisque c’est une exécution de méchant qui est l’acte-climax de l’oiseau-bonté.
Tu crois que le film est de gauche donc tu crois que Bailey est salie par cet acte, or cet acte est valorisé, donc il entérine sa bonté, son esprit de justice. Surtout qu’elle le fait bien : elle prend soin d’emmener les enfants à la mer pendant. Tuer le mâle, protéger les enfants.
Pas le temps de répondre sur la suite.-
François Bégaudeau
Maître des clés-l’alternance du père
ben oui, systole, diastole, rythme binaire toujours, un coup inquiétant, un autre touchant, un coup père-tyran, un coup enfant dans la peau d’un père malgré lui, un coup bon un coup méchant. AA ne connait pas d’autre problématique. Elle est incapable de regarder quelque chose sans ce prisme moral (sans tout de suite les investir de sa question la seule, paradigmatique, matricielle, et probablement issue de trauma : lui gentil ou lui méchant? lui va me faire du mal ou du bien? lui protecteur ou agresseur? Sur ces bases on ne peut savoir regarder.-oiseau bonté
1 les oiseaux fonctionnent en permanence comme des échappatoires du sale monde
2 « sauf si dans la bonté on inclut la noirceur et la violence ». Ben oui. La bonté doit s’armer de violence pour repousser la violence. C’est triste mais c’est comme ça. On enverra donc le super héros oiseau assassiner le méchant. Il faut ça. A la fin Bailey a des yeux d’oiseau. Une super héroine est née. Désormais elle aura pouvoir de tuer les méchants. Elle sera l’ange qui saura se faire la bête pour assassiner la bête. Elle sera mouette et corbeau comme Batman se fait homme et chauve souris (de noir vetu)
C’est le binarisme propre à tous les films de vengeance.
Note : si le film n’assumait pas ce crime, s’il ne le préconisait pas, il ne serait pas empressé de l’euphémiser-absenter sous les ailes de l’homme oiseau. C’est du crime propre.
Note 2 : avant de lancer les punisseurs sur le beau père, Bailey réfléchit. Sa décision n’est pas pulsionnelle-enragée, mais murie. Murie comme un mal nécessaire.-
I.G.Y
InvitéPolitiquement et hors de toute question de juger des « intentions » j’ai surtout écrit « pas un film social » et « libéral », je n’ai pas écrit que le film est « de gauche » et ne l’écrirai pas. Mais si l’on en vient aux « intentions » d’AA et de ses acteurs, oui je pense qu’il a une intention de gauche (pas bien sociale et plutôt libérale). Que le film soit ensuite travaillé par des binarismes un peu partout qui le rongent de l’intérieur , on se comprend, je n’ai pas défendu autre chose : j’ai défendu le fait que ces binarismes sont bien plus disséminés qu’une simple grille blanc/noir uniformément plaquée sur un personnage ou sur les oiseaux (sauf les exceptions sur les personnages secondaires, n’y revenons pas). Et qu’en tant que tels ces jeux de binarismes quand bien même ils circulent droitisent le film dans sa forme même, pas de souci : le terme simplisme peut bien souvent dans mon premier post par essentialisme, ça ne me gêne pas, c’est même par endroits totalement juste.
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Je sens que raison pour laquelle tu qualifies de « navet » le film et pas moi réside dans le jugement que tu portes sur ce que tu as nommé la « valorisation » de la violence. Je ne trouve pas que la violence soit tant valorisée dans le film, je trouve la situation moins claire (en particulier parce que si le film souligne beaucoup ses opérations au montage il les souligne bien peu dans des discours/expressions univoques, caractéristique pour moi d’un « navet »). Je trouve qu’il y a une certaine neutralité dans le jugement sur ce qui est montré, très à l’image de la tronche de Bailey pendant tout le film et à travers les yeux et le cœur de laquelle on est censé tout voir et tout sentir. Différence d’appréciation là dessus donc, on a sans doute atteint le cœur de la question. Cette moindre explicitation des binarismes dans le discours même me rend le film regardable quand de ton côté le seuil est franchi.
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Si je devais appeler Bird un « navet » je ne saurais quel légume utiliser pour le reste. Mon appréciation donne Second Tour de Dupontel comme un « navet », Avatar 2 comme un « navet » moraliste et binariste. Si je qualifiait Bird de « navet » j’appellerais Second Tour « Les Rois du Monde » de D’Avilla &co ou peut-être « Hitler ».-
Guéguette
InvitéMême lisant en 1er degré ce que dit François, ça ne me donne pas forcément un à priori négatif sur le film. Ça ne me dérange pas qu’un film soit un conte, un peu forcé, sans ambivalence dans ses antagonismes, avec des acteurs qui soit « force de proposition » dans cet univers un peu restreint. Et quand un cinéaste cherche à faire exactement l’inverse ça m’intéresse aussi.
Son « Cow » était assez formidable, même si ça n’a pas grand chose à voir.-
François Bégaudeau
Maître des clésL’essentiel, car on s’est perdu : très concrètement, minute après minute, cette cinéaste étouffe sa scène sous le sens, le message, le simplisme – et sous sa rage aussi
Donc il n’y a pas de scène
Toutes les scènes sont jouées d’avance
(et les acteurs aussi jouent d’avance – pardon mais cette idée est plus précise que le très évasif acteur comme « force de proposition »)Sous ce jour Cow apparait comme un film bien étouffé aussi
Mais voilà, force du docu, la vie y arrive un peu à exister, malgré tout, malgré la chape.-
Guéguette
InvitéOui sur Cow c’est très possible que je me fasse surtout happer parce qui lui échappe, mais reste que le geste est quand même génial, et m’a beaucoup plus satisfait qu’un EO.
@ IGY je crois qu’il est urgent que je le vois, et ça se trouve j’en dirais la même chose. C’est juste que parfois j’ai l’impression qu’à force de voir les ficelles et d’avoir un canon idéal en tête on en finit par aimer toujours le même film.-
I.G.Y.
InvitéJ’ai aussi pensé à EO que je veux absolument voir (et il y a une GO). Mais on m’a conseillé de le voir au ciné, or cette tête de mule d’EO n’a pas l’air bien pressée de repasser.
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stephanie
Invitési cela vous dit, Eo sur ce site : https://robrov.com/zgzjyba/b/robrov/5219347704
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I.G.Y
InvitéAïe, la tentation devient grande. Merci!
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stephanie
Invitéoui je sais…étonnant qu’il soit en streaming d’ailleurs car la majorité sont des grosses productions us.
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I.G.Y
Invité@Guéguette j’ai aussi tendance à être un peu plus coulant sur ce point pour les films qui s’éloignent très ostensiblement de la réalité brute. Si les simplismes sont soulignés par des dialogues explicatifs interminables alors je ferme le robinet (le dialogue est la voie royale du sens et donc la manière la plus corrosive d’expliciter un simplisme à mes yeux/oreilles).
Arnold a incontestablement une pente « artiste démiurge » qui se ressent dans sa manière de capter le réel (et qui se ressent aussi en conf de presse) — mais pour le côté démiurge elle est loin d’un Lynch, dont j’ai lu une interview récemment où le vocable de la création de monde et de sensations est sans surprise partout. Quand le côté démiurge d’Arnold croise vraiment le réel, ça donne tout de même Cow. Que je trouve comme toi remarquable.
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Mélanie
InvitéVu My sunshine, qui m’a plu. Cette histoire d’homophobie racontée quasi silencieusement – et dont la source n’est pas exactement l’homophobie si j’ai bien compris ?
Jao -
Mélanie
InvitéRature du soir, espoir
Je disais qu’à l’âge des personnages j’ai patiné qq annees, seule et en couple; donc ça m’a parlé aussi par là ; j’ai aimé les voir travailler tranquillement, seuls, à 2, à 3, et être contents de leur travail
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Vu aussi Motel Destino – enfin une partie parce que je me suis caché les yeux quand il y avait du sexe et de la violence ; je ne sais pas si j’en garderai grand souvenir mais il y a un truc qui me plaît bien. De Aïnouz je n’ai vu que Marin des montagnes, et je me rappelle qu’on disait ici du bien de son précédent. Est-ce que vous en recommandez d’autres ? -
Cornemuse
InvitéVu qu’on a longuement parlé ici de son cinéma, j’ai lu la critique dans Transfuge de La Chambre d’à côté, et le mot chef-d’œuvre y est carrément employé. C’est pareil du côté des Cahiers, qui ont aussi aimé. Je suis méfiant, sachant la relation parfois facilement adulateur de la critique envers Almodovar. Je vais aller le voir pour faire mon propre avis.
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Cornemuse
InvitéIl sors le 8 c’est parfait pour moi
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Cornemuse
InvitéSort*
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Cornemuse
InvitéD’ailleurs il fait la couv des cahiers

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Cornemuse
InvitéMerde le site officiel est protégé ducoup l’image passe pas, je suis obligé de prendre une autre image
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Ostros
InvitéJe recommande sur UniversCiné, pour 1,49 euros, le seul film de Straub disponible sur la plateforme intitulé Gens du lac (18min), qui est très intéressant, dans le sens instructif et esthétique.
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Ostros
InvitéDu 15 au 28 janvier c’est la rétrospective UGC des films les plus aimés par les spectateurs en 2024.
Et… Je vais pouvoir rattraper Pauvres créatures !
Repassent aussi Anora (palme d’or 2024) et le grand Glazer, La zone d’intérêt (récompensé par l’oscar du meilleur film international 2024, le grand prix du festival de Canne 2023 et la banane d’or du festival des sitistes 2024). -
Kenyle
Invité-
stephanie
InvitéMes petites amoureuses, découvert hier soir, quel bonheur , comment décrire mieux la fin de l’enfance, sans jugement, sans mièvrerie. J’ai lu cette belle critique « un film qui ressemble à la vie mais en plus beau » merci Kenyle pour cette découverte.
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lassou
InvitéBonjour, vous conseillez quoi comme revue de cinema aujourd’hui ? Vous suivez quoi vous ?
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Cornemuse
InvitéLes cahiers du cinéma c’est toujours une valeur sur, sinon positif
Tsounami sur internet, qui m’intéresse moins mais sympa a lire critikat, trois couleurs, aussi en ligne-
Cornemuse
InvitéDes jeunes on lancé le « club lumière » aussi, ils ont un site
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Cornemuse
Invitérevue théorème
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Cornemuse
InvitéJ’ai balancé les références de base, j’attends que d’autres sitistes donnent leurs références pointues de puristes en matière de revue.
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Carpentier
Invitéso foot existe toujours?
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Carpentier
InvitéAuditions du mastodonte en commission d’enquête
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Carpentier
Invitédans les propos liminaires, rappel, entre autres, de leurs responsabilités pour l’amour ouf
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Seldoon
InvitéQuelqu’un a vu les chambres rouges (disponible sur Canal en ce moment) ? Un film étonnant qui navigue entre des faiblesses de base de téléfilm préformaté et un beau portrait ambigu avec quelques choix formels forts.
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Tony
InvitéJe l’ai vu il y a quelques jours, intrigué sans doute comme toi par le buzz,y a des trucs pas mal mais enfin je me demande encore de quoi ça parle exactement, c’est vrai que c’est un truc un peu bizarre,quelque part entre le nanar et l’expérimental.
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Seldoon
InvitéJe soupçonne une énorme inspiration Girl with the dragon tattoo, avec le même parti pris de se concentrer sur le portrait plutôt que l’intrigue. C’est dommage que le sujet de ces femmes fascinées par des serial killers ne soit finalement pas traité du tout.
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Tony
InvitéOui pour le côté geek, d’ailleurs il y a une idée intéressante sur l’IA qui devient une sorte d’animal domestique qu’il suffit de bien dresser pour en faire aussi une sorte d’animal de compagnie, bref j’ai bien aimé cette idée.
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Charles
InvitéPauvre Murielle Joudet qui se prend des seaux de merde de Godreche et sa clique à la suite de l’émission sur le Dernier Tango à Paris dans Hors-série.
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Dr Xavier
InvitéLa vue du sang me révolte, je ne veux pas en savoir plus.
C’est où ?-
Charles
Invité-
K. comme mon Code
InvitéLes commentaires reprochant donc à la critique de citer littéralement les propos de l’actrice défendue. Il y a vraiment dans ce militantisme d’influenceur un désintérêt profond pour ce dont il semblerait qu’on parle.
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Guéguette
InvitéMouais faudrait voir l’émission en entier, car effectivement l’extrait n’est pas d’une violence inouïe (pourtant j’avoue un peu détester tout ce que Joudet peut dire d’ordinaire). Après on voit quand même qu’elle est dans la défense de la méthode Breillat etc…donc ça doit pas être folichon non plus.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Il y a vraiment dans ce militantisme d’influenceur un désintérêt profond pour ce dont il semblerait qu’on parle. »
Tout à fait, K
Tout à mule
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Mathieu
InvitéJe sais qu’ici, on ne tient pas la VF en haute estime mais le cas qui se présente me semble intéressant. Personnellement, j’ai une petite nostalgie pour les VF des films des années 80-90, parmi lesquels on compte les films de Stallone doublé par Alain Dorval, décédé récemment. Or, pour le prochain Stallone, la voix de Dorval a été recréée par IA et le film sortira tel quel en France, avec la complicité d’Aurore Bergé, fille d’Alain Dorval, et visiblement ravie de ce résultat pourtant catastrophique. Je vous laisse juger par vous-même. Je pense qu’on va pouvoir s’attendre à une lutte sociale dans le milieu du doublage, dans la lignée de celle qu’on a vu à Hollywood en 2023 à propos des figurants, eux aussi menacés par l’IA via un procédé d’enregistrement de leur visage dans une base de données. Affaire à suivre, sans doute.
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Mathieu
InvitéBon erratum, j’ai parlé trop vite: Bergé a réagi à cette bande-annonce, il s’agit simplement d’un essai, pour lequel elle a donné son accord mais qui n’aurait pas du être diffusé
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Carpentier
Invitéen bon agent titulaire de son poste dans la fonction publique enfin, assimilé, puisque je travaille pour une collectivité territoriale (si j’ai compris un p’tit quékchoz à tout c’bordel) en tout cas, j’ai mon week-end.
Week-end à PariiiiiiiiS Yep Yep Yep 🤸♂️ j’a DOr.
Du coup: le Lojkine, le Kamura (le frangin d’Ayana, oui) et le Almo 🙄 – à minima – sont à mon programme
Souleymane passe pu que rive gauche, chié: me compromettre dans ces quartiers me déplaît infiniment.
À supposer que Bastille et ses aficionados reconnaissent enfin être déguisés rive droite.
D’autres recos cinéma pour une feignasse de bobo parisienne fonctionnaire peut-être?
ps au profil: j’affectionne particulièrement le navet.-
Carpentier
Invitéwow wow wow
Après vérif, + le Ayouch, le Avranas, le Joobeur, le Okuyama ( au cul Yama, au cul Yama)
Ça fait trop, ça fait trop
Comment j’m’organise?
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Carpentier
InvitéLetourneur squatte de nouveau le forum des images, à 18h30 ce soir avec ses collaborateurs
Un lieu qu’on me reprochait presque de fréquenter jadis enfin, je disais trop à propos des films que j’y voyais
Et maintenant, ia du sitiste qui y traîne: benh dis donc-
K. comme mon Code
InvitéC’est toi la personne qui intervient pour parler cinq ans pour rien dire ?
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Seldoon
InvitéC’était encore toi le mec en crabe ?
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K. comme mon Code
InvitéPas un crabe très discret cette fois-ci parce que j’ai demandé à ce que l’animateur intervienne pour arrêter le monologue inintelligible de la dame au premier rang — ce qu’ils ne font quasiment jamais alors qu’un simple « Et sinon, excusez moi, quelle est votre question ? » suffirait. Sinon, j’ai trouvé la rencontre très intéressante sur des détails de fabrication, j’ai encore appris des choses. Une mention spéciale pour le régisseur qui a improvisé les dialogues de Fred dans Énorme et le bruiteur végétarien qui refusa de reproduire un toucher vaginal avec une escalope. La Tête dans le vide est également en post-syncro parce que le documentaire sonore préexiste tout le reste — et il est purement autobiographique. La conférence de François était très réussie — Letourneur a dit qu’elle avait appris plein de choses sur elle en l’écoutant —, il manquait peut-être juste le mot de « plasticienne » pour décrire ce rapport à toutes les matières du film, j’y pensais et elle l’a utilisé plusieurs fois pendant sa masterclass ; il y a beaucoup de peintres du cinéma, mais des plasticiens, moins, j’ai l’impression.
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Carpentier
Inviténon, je n’étais pas à la conférence d’hier
Paris est plein de dames inintelligibles, elles sont partout
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Léon Boit
InvitéMagnifique le B qui qualifie « Bird » de navet mais « En fanfare » de grand film (d’ailleurs les louanges unanimes sur ce dernier me laissent songeur).
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François Bégaudeau
Maître des clésJe suppose que tu sais lire. Donc tu as lu que je disais qu’En fanfare était « presque un grand film pendant une heure ». Ce qui n’est pas : En fanfare est un grand film.
En tout cas je dirais qu’En fanfare honore une catégorie sinistrée, celle du cinéma populaire français. Ma mère a aimé et pour une fois j’ai eu le bonheur de pouvoir de lui dire : ben oui, c’est un beau film.
Quant à la qualification de navet pour Bird, elle n’est venue que dans le fil alerte de la discussion. Ce qui importe c’est l’analyse, par rapport à laquelle je serais ravi d’étendre tes objections argumentées.
(puisque je suppose que tu as vu les deux films en question ; puisque je n’ose croire que tu ne les as pas vus)-
Guéguette
InvitéDamned, c’est n’est pas encore aujourd’hui qu’on le prendra en faute. Le mec est insubmersible. Je suis sûr que t’es pas si fort en pari sportif.
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Eden Lazaridis
InvitéJe reposte un de mes commentaires posté sur un autre topic :
« Moi je ne dirais pas (Pedro Almodovar) qu’il est misogyne, mais plutôt qu’il est « figurateur » (créateur de figures). Les femmes chez lui sont des mater dolorosa, des mères aimantes, des Indépendantes, des Victimes (+ des vierges, des ingénues, des caractérielles..). En bon styliste, il fait défiler des égéries, des icônes.
Quant au fait de vouloir les altérer, les modifier, cela tient à sa veine anti-naturaliste, et il n’est pas plus tendre avec les hommes, qu’il déguise, qu’il travestit, qu’il dédouble etc. Chez lui, aucun mépris spécifique vis-à-vis des femmes. Ou alors il est misogyne et misandre, ce qui est possible. »
François »
François et Cornemuse qui parliez de misogynie d’Almodovar, qu’est-ce que vous pensez de ce point de vue ?-
Cornemuse
InvitéPour ça il faudrait analyser les films uniquement masculin d’almodovar, la mauvaise éducation et douleur et gloire
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Cornemuse
InvitéSurtout surtout la mauvaise éducation, douleur et gloire étant ce qu’il est…
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois qu’il est figurateur parce que misogyne. Parce que quelque chose lui déplait fort dans ces créatures concrètes, les femmes
Mais en effet peut-être est il en délicatesse avec l’ensemble du vivant, ce que j’appelais, au début de cette discussion, sa morbidité.-
Guéguette
InvitéJe dis pas qu’il peut pas avoir des relents d’incompréhension. Mais le taxer de misogyne sur Volver ou tout sur ma mère…et même douleur et gloire, je trouve que c’est un « stretch ».
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Eden Lazaridis
InvitéOui mais comme il crée également des figures masculines, il est difficile d’attribuer cela à sa misogynie. De manière générale les choses qui l’environnent le passionnent peu, il a donc besoin d’un exhausteur de gout : le catwalk. Il catwalkise le réel.
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I.G.Y
InvitéJ’avais en tête toutes vos discussions en regardant mon premier Almodovar lundi (Pepi). Dans sa représentation des femmes l’expression « hétérosexualité refoulée » m’est venue (je ne sais pas si c’est pertinent pour le reste de sa filmo). Vous parliez des thématiques récurrentes chez lui comme le viol : j’ai été surpris du « type » de légèreté qu’use Almodovar pour en traiter dans celui-là, qui frise le dédain. Une femme aurait-elle fait usage ce type là de légèreté?
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I.G.Y
Invité[oups pas fini]. Je me suis même demandé si cette légèreté qui fait presque forcée ne cacherait pas quelque chose de traumatique (pure hypothèse, mais je me suis posé la question). Concernant son mépris du vivant je ne le sens vraiment pas dans celui-là, mais vu l’écart esthétique abyssal qui semble exister entre son premier et ce que j’ai entrevu de son dernier, je pressens une pertinence de ce point de vue. Je verrai son dernier avec ça en tête.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui son début de carrière serait de l’ordre de la fuite dans le chaos. A ce stade, la négativité crée une dynamique par l’hystérie. Chose qu’on peut voir dans le punk.
En suite peu à peu il va revenir sur le passif, la morbidité opérera en elle meme.-
Eden Lazaridis
InvitéLes grands agités sont souvent de grands nihilistes : cf Zulawski.
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I.G.Y
InvitéLa Fidélité de Zulawski, c’est conseillé? Il est sur la Cinetek en ce moment. Assassiné par la note spectateurs allociné — qui assassine le très bon Ma Vie au Ranch, ce qui ne veut donc pas dire grand chose.
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Eden Lazaridis
InvitéAucun intérêt, si ce n’est de contempler la beauté irréelle de Sophie Marceau.
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I.G.Y
InvitéMerci, j’utiliserai donc ces 2h40 autrement — l’argument Marceau n’est pas anodin mais le « aucun intérêt » prime
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Cornemuse
InvitéConcernant les figures, la misogynie est une détestation ou un mépris pour les femmes, cette hostilité se manifeste via une détestation de leurs corps, leurs personnalité/comportement, comportements souvent caricaturé dans un tryptique connu, la mère, la sainte et la pute.
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Carpentier
Invitéet l’inintelligible
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Cornemuse
InvitéDans quel sens ?
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Carpentier
Invitébah une histoire de meuf dans un public qu’une personne s’improvisant meneur de rencontre sait pas interrompre quand elle pète les couilles;
la laisser s’étendre, épiloguer et qualifier après les propos d’inintelligibles me semble à ranger dans une tendance misogyne, oui.
Déjà vu des nuls laisser des mecs s’égarer pareil ceci-dit – chaque rencontre à son/sa relou – on le/la laisse se noyer parfois même en se foutant de sa tête en prime.
Bon, j’ai vu le dernier film d’Almodovar ce midi, et toi, Cornemuse, visionné aussi ou bien?-
K. comme mon Code
InvitéLa personne qui décide de genrer au féminin le phénomène prévisible en rencontre de la personne qui profite du micro pour monologuer sans rien avoir à dire, c’est toi — et c’est dommage parce que je trouve au contraire que cet élan obscène est plutôt masculin. Et mon agacement était dirigé vers l’animateur — un homme — qui devrait reconnaître au bout de deux minutes la différence entre une personne qui a du mal à articuler une question et une personne qui n’a pas pour vocation d’arrêter de parler.
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Carpentier
Invité?
je céderais volontiers à mon grand désir de rire si je comprenais mieux ce que tu rapportes ici
tu sembles sincère, j’espère que tu accepteras d’en faire de même pour moi
– Tu expliquerais un peu mieux ?
Moi j’écris juste que j’ai déjà vu/entendu ce débordement souvent aussi, et suis par ailleurs d’accord avec ton observation/stat. genrée
La personne qui m’a adressée la question sur ce forum (et non au forum ^^ ) c’est bien toi?
On laisse perdurer la blague-quiproquo-ressenti-coup de griffe ou on s’engage dans un Israel-Palestine?
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Carpentier
InvitéBon, j’ai vu le dernier film d’Almodovar ce midi, et toi, Cornemuse, visionné aussi ou bien?
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Cornemuse
InvitéJe l’ai déja vu depuis quelque jours déja
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Carpentier
Invitéalors?
je repense notamment à ces/tes lignes
il* a toujours été dit que la puissance de ces films résidait dans leur féminisme, alors je trouve intéressant de dire que, au contraire, la puissance d’Almodóvar se trouvait dans sa misogynie, comme une négation de quelque chose, une féminité triste / …
*il: Almo pas Mélenchon– tu dirais un peu? (de mon coté, je n’ai, pour l’instant, que disséminé deux ou trois lignes post-visionnage dans ‘ 2025 démarre avec .. au ciné ‘ et ici,
Sachant qu’on peut même dire à propos de la chambre d’à côté dans le sujet ‘ parentalité ‘ en vrai,
(me suis retenue de, pour mieux dire)-
Carpentier
Invitéoh, oublié de fermer les balises?
bizarre
les lignes de Cornemuse s’arrêtent à.. féminité triste.
Comme on le comprend quand attentif à minima,-
Carpentier
Invitéstupidement, on pourrait en effet comprendre que le féminisme pourrait n’être que joyeux, selon toi, Cornemuse
ce qui ne serait qu’un raccourci honteusement flemmard évidemment
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Ostros
InvitéLa cerise sur le gâteau des sorties ciné attendues c’est le prochain film de RAZ intitulé Les noces d’Atlas.
« Une histoire d’amour se déroulant pendant la guerre d’Algérie dans le monde rural », révèle le site d’Orange Cinéma.
Dans une interview pour Rayon Vert du 14/10/24, RAZ déclare :
« Deux films sont en préparation. La Naufragée du désert, un road movie contemporain qui suit des chauffeurs routiers traversant le Sahara et pris dans le sable et le vent, en direction d’une oasis enchantée. Les Noces d’Atlas s’intéressera quant à lui à la guerre d’Algérie vue par un chien enragé »
En espérant qu’Allociné, qui annonce la sortie des Noces d’Atlas pour 2025, voie juste. Car quand on fouille un peu on lit que pour ce film RAZ a obtenu l’avance sur recette avant réalisation le 10 octobre 2024.
Aura-t-il le temps pour finaliser le tournage, la post-prod et l’organisation de sa distribution avant le 31 décembre, telle est la question. -
Ostros
InvitéSupplément d’information donné dans le magazine en ligne El Watan-dz sur ce que prévoit de réaliser RAZ :
« J’ai en perspective une trilogie qui débute avec le road movie dans le Sahara avec le titre, La naufragée du désert. Le second film s’appellera, Les noces d’Atlas, une histoire d’amour qui se déroule pendant la guerre d’Algérie dans le monde rural.
Et, enfin, le troisième film aura pour titre, La côte barbare, l’histoire d’un chasseur de lions qui est confronté aux forces ottomanes. J’ai déjà un scénario qui est terminé. Je mettrai tout en œuvre pour la production de cette trilogie algérienne. »-
Anna H
InvitéRAZ en parle aussi dans cet entretien à Bruxelles.
Il aborde par ailleurs sa relation à la peinture, ce qui fait écho à cette question de peintre ou plasticienne abordée par François dans sa leçon de cinéma sur Sophie Letourneur.
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Ostros
InvitéMerci j’écoute ce soir.
Oui je trouve aussi des points de ressemblance avec Letourneur, l’amour pour la matière (la pâte à papier, etc), pour la confection en temps réel et le bricolage du film.
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Guéguette
InvitéC’est dingue comme l’ultime souper est actuel. Film un peu oublié mais à revoir d’urgence.
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Charles
InvitéJe ne peux que recommander à notre duo de la GO la lecture de l’interview d’Almodovar dans les Cahiers, c’est une mine d’or.
On y apprend que s’il a fait autant de gros plans dans le film c’est qu’il adorait les monologues de Swinton dans la chambre d’hôpital et que cette pièce était trop laide (par fidélité aux hôpitaux américains) pour être filmée autrement – en l’absentant donc.
Il explique aussi qu’il a voulu éviter de filmer ses actrices en train de pleurer dans ce film-ci car il s’est rendu compte qu’un visage qui pleure est distendu et pas très photogénique, que c’est beaucoup plus beau quand la larme reste au bord de la paupière (car « c’est ce que la caméra adore »).
Immense cinéaste.-
Seldoon
InvitéIl m’avait beaucoup agacé dans un vieil entretien où il expliquait qu’un cinéaste ne pouvait presque rien maîtriser dans son film. Il peut discuter des heures du sourire à faire, à la fin c’est la comédienne qui choisira le sourire qu’elle fera à la caméra. Il peut discuter des heures de la lumière avec le chef op, à la fin c’est le chef op qui choisit la lumière. Alors Pedro déclarait que tant qu’à faire il se concentrait sur les 3 seuls éléments qu’il pouvait vraiment maîtriser, dont les deux que je me souviens sont le thème principal et la couleur dominante.
Je crois qu’au delà de l’inanité de ses déclarations en entretien il ne faut pas non plus complètement les croire.-
Charles
InvitéCertes mais d’un autre côté c’est assez cohérent avec ses films.
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Dr Xavier
InvitéDans le même entretien il loue enfin toutes les réalisatrices de films dont il admire le travail. (non)
Puisque lui s’épanche sans fin sur les actrices et la puissance des femmes en général, quand est-ce qu’un.e journaliste va enfin lui poser la simple question de ses réalisatrices préférées ?-
Cornemuse
InvitéAprès recherche, j’ai juste trouver ça
@quotidienofficiel Le cinéaste espagnol Pedro Almodóvar publie le livre « Le Dernier Rêve ». À cette occasion, Ambre a eu la chance de s’entretenir avec lui, notamment à propos de la représentation du désir féminin dans le cinéma. La discussion intégrale est déjà disponible sur YouTube et TF1+. #cinema #almodovar #film #interview #culture #féminisme #movie #quotidien
« j’ai plusieurs noms en tête »= il ne donne aucun nom
Pour l’instant, malgré ce qu’en dis l’intéressé, toutes les références de real d’almo semble être globalement masculin-
Cornemuse
InvitéÇa bug je remet la
@quotidienofficiel Le cinéaste espagnol Pedro Almodóvar publie le livre « Le Dernier Rêve ». À cette occasion, Ambre a eu la chance de s’entretenir avec lui, notamment à propos de la représentation du désir féminin dans le cinéma. La discussion intégrale est déjà disponible sur YouTube et TF1+. #cinema #almodovar #film #interview #culture #féminisme #movie #quotidien
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Dr Xavier
InvitéOui j’avais cherché et j’étais tombé sur cette vidéo.
« J’ai plusieurs noms en tête » mais attention pas question de le dire ; on utilise la même formule pour les gens qu’on suppose être mafieux.
L’autre truc trouvé c’est cette discussion assez creuse avec la réal Halina Reijn (Babygirl, sort le 15 janvier). Elle a l’air de connaître toute son oeuvre, lui en retour semble s’en foutre pas mal.
https://variety.com/video/pedro-almodovar-halina-reijn-directors-on-directors-full-conversation/-
Cornemuse
InvitéIl donne ses références et parle du cinéma d’autres réal (pour une fois) dans le vidéoclub de konbini, peut être il y a des noms féminin qui sortiront de sa bouche
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Carpentier
Invitéen ligne en open source, un mémoire dédié à Pedro Almodovar d’un certain Ugo: dirigé par un enseignant de la Sorbonne master ciné, ça se trouve facile, sur nationalisme et …
Enfin je trouve à m’instruire, c’est nourrissant et plaisant à lire et
je vous la souhaite bonne, cette lecture, si vous décidez d’y mettre le nez et que d’ autres peuvent, autant que vous, dire des trucs pas mal
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Billy
InvitéQu’il se rassure, dans La Chambre d’à côté il a réussi à maitriser le sourire de l’actrice et la lumière. Il les fige, c’est du papier glacé. Almodovar dit que tout lui échappe alors qu’il fige son film, il verrouille du chic partout. C’est un film de graphiste, avec la vue sur New-york, la maison d’architecte vitrée à multiples reflets, le tableau de Hopper et partout les fameux aplats de couleurs vives.
C’est un mélodrame avec des corps droits, des corps dignes dans l’adversité, adaptés au mélo. J’y pensais après la conf de François sur Sophie Letourneur : dans son premier court-métrage « la tête dans le vide », les corps sont affalés et parfois comiques dans une histoire mélo de rupture amoureuse. Les corps sont vivants, indépendants.
Dans La Chambre d’à côté, les corps sont droits, adaptés au drame. Ils ne détonnent pas. Jusque dans la mort, le corps est rectiligne dans le transat. Ici les femmes se tiennent. Le film pousse la misogynie à montrer qu’elles sont belles parce qu’elles se tiennent.
Il y a des larmes mais sans crise : Martha pleure allongée sur le côté. Ingrid écoute avec les yeux plein de larmes. Les gros plans des visages des femmes sont comme tout ce qui constitue ce film : de bons éléments graphiques. Avec le rouge à lèvre, le grain de beauté sous le sourcil, les cheveux blonds ou roux.Le film est en 2 parties : la partie New-york avec discussions et flash-back, la partie maison d’architecte.
La partie New-York peine à faire croire à l’amitié de ces 2 femmes, même à leur vie. Les discussions sur l’art servent à produire des signes et des figures. Les flash-backs aussi : maison en feu, trauma, journaliste de guerre… (les scènes de reporter de guerre sont particulièrement vides. Almodovar ne sait pas filmer des scènes, il sait faire des signes, figurer.)Finalement, j’ai trouvé le film assez dégueulasse, immoral.
Il y a des questions morales qui se posent quand tu fais de la fiction et pour Almodovar le graphiste, les questions morales ne sont pas un problème.
Almodovar crée un personnage mourant. Et comme il veut faire de la fiction, il fabrique des effets sur le dos de ses persos :– La porte ouverte ou fermée, j’ai trouvé a priori que c’était une bonne idée. Un classique du suspense hitchcockien, avec la main sur la poignée de porte, jusqu’à ce qu’Almodovar rompe le code qu’il a mis en place : la porte est fermée mais en fait elle est vivante. C’était juste pour le plaisir de voir un corps-fantome à travers la vitre. Le plaisir de l’apparition. C’est vraiment un mensonge de fictionneur où les personnages sont des pions. C’est pas moral.
– La fille de Martha qu’on voit jamais, ça permet de se payer un autre fantôme en fin de film dans les reflets de la vitre. Quand la fille apparaît, elle est le sosie de sa mère, jouée par la même actrice. C’est pas une fille, c’est une idée de fille. Elle ne pleure évidemment pas, n’a rien à dire. Elle se tient comme toutes les femmes. Elle est le double parfait de la mère, et un peu le double capillaire d’Ingrid. De ce trouble mère-fille, le film ne fait rien vu que c’est la dernière séquence. Dans Vertigo, la femme-double arrive au milieu du film, alors il faut comprendre ce corps de femme-double, se coltiner ce corps en plus dans le film. Dans le Almodovar, la fille apparait pour la séquence finale, elle est une figure. Le film ne se coltine pas les corps.
En fait le film me semble dégueulasse parce que je vois le cinéaste mettre en place des éléments utiles aux effets mélodramatiques et graphiques de son film sans penser la vie de ses personnages, leur crédibilité, leur autonomie. C’est une absence de morale de narrateur.
Le film fige la vie avec des gros plans de visages en cire. Même quand on voit la neige tomber à 3 moments du film, avec musique et citations de Faulkner, il y a l’idée de figer le temps, de moment suspendu. Dans ce film, il y a beaucoup d’idées qui permettent de broder des théories, l’idée du double, le tableau de Hopper double ou original, figure du double entre les 2 personnages féminins. Ce film a que de la figure.
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Billy
InvitéPour être honnête, j’ai quand même aimé 2-3 trucs quand Almodovar laisse vivre ses persos :
– L’oubli du médoc laisse voir un truc qui m’aurait intéressée : Martha qui sadiserait un peu Ingrid. Tout comme sa réplique quand Ingrid a cru qu’elle était morte, Martha lui dit « vois ça comme un entraînement ».
– Ingrid qui demande si elle peut récupérer les carnets de Martha (et les utiliser pour un roman on imagine).
Dans ces quelques éléments, je devine la voracité de chacune derrière le papier glacé.
Mais tout ce qui permettrait de faire une scène est vite évacué dans le film : la responsabilité d’Ingrid dans la mort de Martha, ce sera l’avocate et le flic qui régleront ça tranquillement en hors champ.
Et j’ai bien aimé la scène du prof de sport aussi. On se refait pas.-
Carpentier
InvitéEt j’ai bien aimé la scène du prof de sport aussi. On se refait pas.
idem
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Carpentier
Invitéje reviens en revanche sur
Ingrid qui demande si elle peut récupérer les carnets de Martha (et les utiliser pour un roman on imagine).
Dans ces quelques éléments, je devine la voracité de chacune derrière le papier glacé.peut-être que je comprends mal tes lignes car/mais, pour moi, il est indéniable que Martha sait qu’ Ingrid écrira son histoire: ça lui est quasiment demandé par Martha de le faire; Elle prend le temps de dire l’éloignement, l’impossibilité qui perdure entre elle et sa fille, elle dit aussi le collègue qui lui parle, dans l’avion, de son amant laissé sur le terrain (et au sujet desquels elle a initié un texte) et elle veut, qu’après sa mort, quelqu’un raconte, la raconte, entre autres pour dire à sa fille.
La venue d’une ami commune à la séance de dédicaces est programmée par Martha pour cela, pour dire qu’elle est malade à Ingrid, c’est certain.
Et la tranquillité avec laquelle Martha répond ‘tu feras ce qui est le mieux pour toi ‘ (phrase un peu gimmick et prononcée par plusieurs personnages dans plusieurs situations différentes, par Martha jeune, à son fiancée-soldat qui revient forcément bousillé, par ex.) cette phrase est presque une commande.
Oui, le contrat passé entre ces deux femmes (tu restes auprès de moi jusqu’à mon suicide et je te laisse mes notes pour écrire après ma mort ce qui te semblera le mieux pour toi) est un simple deal, clair et froid.
Si un perso de tiers presque neutre existe, c’est Almo qui l’a fait.
Fallait oser, c’est même plutôt beau et pas que mal fait.
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Ema
InvitéJe m’associe à cette très bonne synthèse critique. Des bonnes idées, mais qui ne dépassent jamais le stade de l’idée puisqu’uniquement traitées de manière graphique, figée. Pas de scènes véritables, mais plutôt des vignettes de bande dessinée. Pour le principe je rajouterais la conclusion de la critique de Critikat qui complétera bien
Difficile à ce stade de ne pas s’exaspérer de la manière dont le film néglige le fait que, si les héroïnes atteignent une telle paix intérieure, c’est que leur position sociale les y prédispose : c’est dans une riche propriété entourée d’une forêt verdoyante qu’Ingrid et Martha écoutent les oiseaux et respirent le grand air. Au fond, cette recherche de l’ataraxie correspond à l’évolution du cinéma d’Almodóvar, dont les films prennent désormais la forme d’objets calmes et lisses, dépourvus de la fougue et des excès d’antan.
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Carpentier
Invité– on peinerait donc à croire que les bourgeois aussi pourraient vouloir un jour écourter leur vie? : D
Aucune manigance ou moindre essai de nous faire croire à autre chose qu’à un milieu aisé pour cette histoire, en effet
argument rejeté
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Carpentier
Invitépeine à faire croire à l’amitié de ces 2 femmes
elles ne le sont justement pas, c’est dit:
et c’est ce pourquoi, après avoir essuyé 3/4 refus de ses amies proches, Martha finit par demander à l’auteure en vogue de l’accompagner dans une dernière demeure pour trouver calme et repos avant de se décider à prendre la pilule d’arrêt du cœur. -
Carpentier
InvitéToutes tes lignes de
Almodovar crée un personnage mourant. Et comme il veut faire de la fiction,
à … Ce film a que de la figure.sont parfaites.
Le moment ‘ le vent a claqué la porte ‘ est d’un sadisme ridiculement gênant, et là, Almo m’a en partie perdue.
Ceci-étant, il y a une sorte de contrat qui est passée entre ses deux femmes où – qui sait – une sorte de relent pourrait traîner avec cette histoire d’amant en commun (?)
Une fois dans cette bâtisse d’architecte (c’est un peu cher mais c’est parfait pour ce qu’on va y faire’ dira Martha, truc du genre) chacun.e compose avec l’échéance programmée.
Et dans la mise en scène, oui, 2 grands de sable légers: l’oubli du médoc pour l’arrêt du cœur et la porte fermée hors protocole convenu.
Almodovar produit des rêves pour gens qui se racontent de mauvaises histoires, qui aiment la ouate, le vaporeux et le pop art, oui.
Mais c’est signé.
Singulier dans cet art paresseux, je salue le travail, occasionnellement, et en attend la gêne o. si c’est toujours au programme.-
Carpentier
Invitéc’est du ciné paresseux en vrai
Le moment ‘ le vent a claqué la porte
on envisage la confusion ( ça arrive trop tôt – première ou deuxième nuit ? –
et la dragouille au sport aussi on la sent bien venirDu ciné paresseux pour spectateur-trice qui aime son confort, oui
ou qui aime crier au génie. -
Carpentier
Invité* grains * de sable + quelques fautes d’accords, bon
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Julien Barthe
InvitéC’est marrant que ton post porte la trace de quelque chose comme une morale esthétique qui serait fondée sur le respect inconditionnel de l’humanité des personnages.
Respect au sens kantien (« « Agis de façon telle que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen. »)
Et ça pourrait nous orienter vers une définition de l’art comme refus de hiérarchiser et subordonner les élément qui composent une œuvre.
Chaque élément entrerait dans la composition sans s’y subordonner totalement et sans se subordonner à un autre élément. (les personnages sont traités pour eux-mêmes et ne sont pas au service du récit).
On pourrait pointer des exemples de subordination ou de domination d’un élément qui entraînent des ratages :
subordination à l’idée, domination de l’effet narratif, mais peut-être aussi une trop grande autonomisation d’un principe stylistique.
L’art serait la consistance obtenue dans l’œuvre par la composition réussie d’éléments esthétiques autonomes. On retrouve un principe démocratique et anarchiste.
C’est un peu abstrait.-
Julien Barthe
Invité@ Billy
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Billy
InvitéOuais, en pensant contre ce film, je réfléchissais à une morale esthétique.
Je suis pas à l’aise à ce niveau d’abstraction et j’ai pas lu Kant, mais ça va pas m’empêcher de répondre :
Ce que tu dis de tout élément esthétique du film (dont les personnages) me convainc bien.
Il y a une phrase célèbre de Godard « le travelling est affaire de morale » et je pense effectivement que les éléments esthétiques genre le travelling, le gros plan ou le champ contrechamp, sont affaire de morale. La forme est affaire de morale. C’est la question de la nécessité du geste esthétique dans l’œuvre même. Qu’est-ce qui rend le geste nécessaire ? Qu’est-ce qui rend le travelling ou le plan fixe nécessaire ? C’est l’oeuvre qui a ses propres règles, ses propres nécessités, son espace esthétique.
En l’occurrence, « la chambre d’à côté » met en place ce personnage mourant qui a besoin d’un lieu pour se suicider, et de quelqu’un qui l’accompagne. Ce personnage qui veut maitriser sa fin de vie, mettre en place des règles strictes, je le vois pas si négligeant avec la porte.
La porte fermée par inadvertance, c’est l’auteur qui néglige les nécessités du film pour imposer une fausse mort au spectateur, une apparition de fantôme.
Dans Comme une mule, il y a des passages là-dessus, sur le style autoritaire qui en impose au réel, le domine. A la fin, Kant a tout chourré à François.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe me tue à le dire. Mais les anabac philo ne veulent pas l’entendre.
« – L’oubli du médoc laisse voir un truc qui m’aurait intéressée : Martha qui sadiserait un peu Ingrid. Tout comme sa réplique quand Ingrid a cru qu’elle était morte, Martha lui dit « vois ça comme un entraînement ». »
Oui j’ai entrevu cette poste là aussi, et entrevue que le film tenait sa force là. Hélas je pense qu’Almo n’a pas voulu de ça.
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Ema
InvitéJ’ai vu la Chambre d’à côté et franchement son besoin maladif d’artificialiser le réel est arrivé à son point culminant. Prétendre traiter de la fin de vie en absentant la vie à ce point là c’est quand même cocasse. Je ne suis donc pas étonnée de ses propos dans les entretiens sus mentionnés.
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Cornemuse
InvitéÇa viens de sortir
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Cornemuse
InvitéPour répondre a dr xavier.
Résultat des courses, il cite dans l’entretient 27 réalisateurs, dont 25 hommes et 2 femmes.
Les 2 femmes étant Barbara loden et lynne ramsay.-
Ema
InvitéOui c’est pas fameux. D’autant que sur les deux une seule est une contemporaine.
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Samia
InvitéJe n’ai pas encore vu le film, mais je sais déjà que je vais retrouver le même rythme frénétique de Pédro. Dresscode, couleur et kitsch. Je ne crois pas qu’il se soit un jour avancé comme étant un réal du réel. Le réel est toujours transfiguré (je l’ai déjà dit) exagéré, comme si il en avait peur. Il me parait davantage froussard, poltron.
Je ne sais pas si j’ai envie de le voir, car je l’ai lâché y a un bail;
Je me rends compte lisant en diagonale ce thread, que je ne connais pas tant que ça de réalisatrices femmes, peut-être 10 pour 1000. Et dans cet échantillon, je ne suis pas sûre d’en apprécié tant que ça.
Si vous avez des noms de réal femmes, je suis preneuse.-
Ostros
InvitéAprès avoir passé des années à chier sur tout le monde tu postes comme si de rien n’était.
C’est plus un post c’est un tour de prestidigitation.
A moins que tu sois très malade en ce moment. Ça expliquerait.-
Samia
InvitéAprès avoir passé des années à chier sur tout le monde tu postes comme si de rien n’était.
C’est plus un post c’est un tour de prestidigitation.
A moins que tu sois très malade en ce moment. Ça expliquerait.
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Samia
InvitéJe n’ai pas encore vu le film, mais je sais déjà que je vais retrouver le même rythme frénétique de Pédro. Dresscode, couleur et kitsch. Je ne crois pas qu’il se soit un jour avancé comme étant un réal du réel. Le réel est toujours transfiguré (je l’ai déjà dit) exagéré, comme si il en avait peur. Il me parait davantage froussard, poltron.
Je ne sais pas si j’ai envie de le voir, car je l’ai lâché y a un bail;
Je me rends compte lisant en diagonale ce thread, que je ne connais pas tant que ça de réalisatrices femmes, peut-être 10 pour 1000. Et dans cet échantillon, je ne suis pas sûre d’en apprécié tant que ça.
Si vous avez des noms de réal femmes, je suis preneuse.-
Carpentier
Invitéretrouver le même rythme frénétique de Pédro
et bien non justement
pas cette fois
(comme écrit ailleurs déjà)
il est même reposant, Pedro, sur ce coup-là
enfin, reposant pour, certes, quelqu’un comme moi
: D-
Samia
InvitéCool, thanks
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François Bégaudeau
Maître des clésReposant?
Je dirais fatigué
Souffreteux.
Non je ne dirai pas mourant.
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François Bégaudeau
Maître des clésEffectivement si tu associes encore Almo à un rythme frénétique, ca doit faire un bail que tu n’en as pas vu
Un peu comme quelqu’un qui croirait, allant ce soir voir un concert des Cure, trouver le Smith beau génial et vingtenaire de Play for today
Ah les quinquas… la nostalgie de leur adolescence eighties les perd-
Carpentier
Invitéexactement,
pour les sexas, en revanche, on a des idoles qui ont eu la décence de mourir prématurément-
Samia
InvitéJoli
Ça dit bien
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Riton33
InvitéFred Mercier sur le film d’Almodovar dans Le Cercle : « Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film où il est aussi agréable d’habiter le film, c’est ce qui fait sa force » Aïe, aïe, aïe…
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Carpentier
InvitéF M aime son confort, qui pour le blâmer?
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I.G.Y
InvitéJe crois que le Kergoat sur l’affaire lybienne de Sarko n’a pas été évoqué. J’avais cru bon me dispenser de ce film, après tout « Personne n’y comprend rien » mais j’estimais y avoir capté quelque chose. Sincèrement je le conseille même à ceux qui ont deux-trois notions sur l’affaire.
Formellement, peu à dire, c’est sobre. Un petit manque de légendes sur un certain nombre de documents et de photos montrées au montage dans le début du film, mais ça se tasse. Résumer un truc aussi tentaculaire en si peu de temps ça n’est pas rien, une performance.
À la fin du docu et après avoir beaucoup souri voire plus (le potentiel comique et actoral de Sarkozy est indépassable), je ne m’étais jamais autant dit, voyant tout ça d’un bloc, que Sarkozy était puissamment entré au Panthéon des intéressés au renversement si nécessaire de ce qu’il reste de « libéralisme politique » en France (au sens de la « séparation des pouvoirs » et compagnie).
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Valère Hildeduc
InvitéQuelqu’un a évoqué le dernier film de Jia Zang-ke ? Je l’ai vu et il m’a pas mal évoqué Grand Tour, dans son approche assez expérimentale et quasi anarrative. Je ne suis pas sûr d’être aussi convaincu que pour le film de Gomes mais je pense qu’il y a matière à discussion. Ne connaissant pas particulièrement la Chine et son histoire, j’ai du mal à dire si le film saisit quelque chose de la vingtaine d’années qu’il traverse ou du contemporain d’une manière générale, mais j’ai eu le sentiment d’apercevoir des bribes d’un pays et en même temps de n’avoir rien vu de ce qui pourrait faire « substance » dans ce pays, un peu comme chez Gomes ou le voyage s’annonce dès le début comme une non-découverte, un périple qui se bute aux images stéréotypées que les étapes nous offrent.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn y avait pensé par la GO mais le film sort dans peu de salles
Pas encore vu
Revu Touch of sin et décidément quelque chose coince entre Jia et moi. Tant de ces plans sont des poses.-
Valère Hildeduc
InvitéJ’ai eu aussi cette sensation à certains moments, là où le film de Gomes est souvent ludique, avec son rapport disjoint entre voix-off et image, les différences de temporalité, les coutures de fabrication du film mises à nu, celui de Jia Zang-ke semble souffrir d’une sorte de chappe un peu solennelle, baigné dans une musique cotonneuse, enchaînant parfois des effets (fondu-enchaînés, ralentis, changement de grain d’image et de ratio du cadre) dont on peut questionner la pertinence et parfois franchement superflus et assez laids.
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François Bégaudeau
Maître des clésC’est très exactement ça
Mélanco-solennelle
Me fait souvent l’impression de chanteurs de pop style inrocks photographiés devant des paysages chinois.
La Chine comme arrière-plan. Arrière plan royal, il est vrai.
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Mais moi c’est léo
InvitéC’est précisément ce qui m’avait dérangé dans touch of sin aussi. je l’avais moins ressenti dans les éternels mais peu de souvenir de ce film
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Jean-Marie Bigard
InvitéDes connaisseurs du cinéma de Johann Van der Keuken ? On passe bientôt ses films à la cinematek de Bruxelles
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François Bégaudeau
Maître des clésGrand documentariste.
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Lassou
InvitéBonjour, Quelqu’un aurait il s’il vous plaît cette article en entier : https://www.telerama.fr/cinema/crise-a-la-cinematheque-francaise-l-institution-est-elle-devenue-un-bastion-misogyne-7023871.php
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Ourson
InvitéL’autre jour je regardais Désordres avec ma copine, on a apprécié le film, mais je l’ai quand même surpris à dire « j’ai envie de les secouer ! ». Pour ceux qui ne savent pas, Désordres parlent des balbutiements du mouvement anarchistes dans une usine de montres du Jura suisse. Les personnages sont décentrés certes, en retrait, mais surtout passif et presque imperméable à ce qui leur arrive. Ils font tous plus ou moins la gueule de la même manière, peu importe qu’ils reçoivent leur salaire, qu’ils se fassent virer, qu’ils changent l’heure, qu’ils se fassent emprisonner.
C’est une vision du cinéma et de l’actorat que j’entends beaucoup de gens défendre, y compris Bégaudeau. De ce que j’ai compris, cette manière de faire – contrairement au cabotinage et aux performances d’acteur – permet de laisse la place au contexte du film, des scènes, de laisser vivre la vie autour des personnages, le tout dans un but purement naturaliste.
Cette vision se veut respectueuse de la vie et du réel, mais tout de même : un être humain ça en fait quand même des caisses parfois, même sans le vouloir. Un homme triste, une femme qui pleure, un homme qui pleure, c’est pas quelque chose qui se fond dans le décor : ça peut faire beaucoup de bruits, ça provoque toutes sortes de mimiques incontrolées, ça fait de la morve dans le nez, des grimaces moches.
Si un homme éclate en sanglots dans un métro, on va avoir tendance à se focaliser sur l’homme et à oublier toute la rame.
Pourquoi avoir peur de retranscrire ça dans certaines oeuvres naturalistes ? Pourquoi avoir peur des individualités qui s’expriment un peu plus fort que le reste ? Pourquoi ne pas parfois secouer un peu plus ses personnages pour paraphraser ma copine ?-
Ourson
InvitéPensez à votre repas de Noël et à votre fameux oncle raciste qui en fait des caisses après avoir bu un verre de vin, à vos potes qui ont des rires ridicules, à ces types dont le visage et le corps gesticule nerveusement dès qu’ils prennent la parole. C’est tout ça aussi le genre humain non ? Le corps humain et sa palette de gestes et d’expressions faciales sont limite fabriqués par Mère Nature pour nous détourner du non-humain
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Mais moi c’est léo
Invité« un être humain ça en fait quand même des caisses parfois », oui, parfois. Mais beaucoup aussi n’en font pas des caisses.
« Un homme triste, une femme qui pleure, un homme qui pleure, c’est pas quelque chose qui se fond dans le décor »… ça peut ! C’est souvent le cas d’ailleurs, dans la vie, que la tristesse se fond dans le décor. Je crois pour ma part que passé les 12 ans j’ai surtout pleuré dans le silence, vie oblige. La morve dans le nez oui j’avoue, difficile de faire autrement, mais la mienne n’est souvent très calmement fondue dans les manches de mon pyjama bleu marine. Ca faisait juste des plaques après avoir séché, que l’eau de la machine finissait de fondre dans le décor. Les grimaces moches je les fait le plus possible dans le noir et pas mal de gens font comme moi, ils me l’ont dit. Parfois c’est vrai que ça torture tout un visage, il faut baisser la tête et mettre les mains dessus pour le cacher. Le plus souvent en classe les gens sortent de la salle et se réfugient dans les toilettes pour pleurer.
Il n’est pas si commun de voir quelqu’un éclater en sanglots dans le métro.
Les rires parfaitement ridicules sont rares. Dans le film ça rigole, ça rigole juste.
L’oncle raciste oui, mais dans le film le racisme n’a pas lieu d’être.
Je ne pense pas que le naturalisme ait peur de retranscrire tout cela. Ce film s’est juste intéressé à une autre modalité, et j’espère avec mon avis que tu cernes un peu mieux son intérêt. Quant aux visages atypiques, il y en a dans le film ! Gloire à Unrueh. xd
bonne journée-
Mais moi c’est léo
InvitéJe veux faire un parallèle avec un passage de Comme une mule à propos des natures taiseuses (on pourrait en faire plein) :
« Froide la colère. Dans le passage du corps de Joy au corps de Bart ce n’est pas le sentiment qui se perd mais cette « volubilité du sentiment » que moque Nietzsche. Ce n’est pas l’émotion qui se perd mais son expression. Soustrayez à l’émotion son expression, reste une émotion « sèche, blême et immobile ». Une émotion qui « ne baigné pas les yeux ». Joy donne à son témoin ce tempérament-là pour qu’il devienne Le témoin : « Les émotions rampent en silence sous la peau, ne chauffent pas son sang, atténuées dans leur expression par une nature discrète et taiseuse. »
P.294
La puissance de la discrétion-
François Bégaudeau
Maître des clésIL y a deux aspects ici
-d’abord une discussion sur comment ca se passe dans la vie. Là vous avez tous les deux raison, dans la vie y a des gens qui s’épanchent et d’autres moins. Ce qui va trancher alors, quand on fait des scènes, c’est le tempérament : Schaublin préfère visiblement la sobriété à l’épanchement. Comme Joy Sorman.
-ourson tu présupposes que Schaublin est un naturaliste, mais il est avant tout un brechtien, c’est à dire en l’espèce quelqu’un qui cherche tout sauf le naturel, qui cherche au contraire à dé-naturaliser à la fois la société et le rapport du spectateur au comédien. Il ne prétend donc pas ici imiter la vie. Il prétend produire une forme à meme de faire voir les structures, et à même de faire en sorte que le spectateur se concentre sur les spectateurs (d’où par exemple le calme des flics).
Doit trainer sur youtube mon intervention en salle sur son premier film, qui explicite tout ça.-
Mais moi c’est léo
InvitéOui merci François de nous rappeler à Brecht, et de dire en passant que l’on emploie trop souvent le terme naturaliste à tort. Mon brechtradar est n’est pas encore assez développé, malgré la fascination que j’ai eu pour lui en hypokhâgne j’ai du mal à voir jusqu’où finalement l’esthétique brechtienne s’étend de l’extrême artificialité, et notamment du montrage des ficelles comme relativisation de l’ordre établi à la forme plus ambiguË que nous propose Schaublin dans ses dialogues bizarres mais tenables, dans leur expression plate. C’est vrai que lors de mon visionnage j’ai ressenti que c’était ambigu, à la fois comme si la façon de parler était juste et réaliste et en même temps pas du tout car anormalement homogène. Dans ma réponse à Ourson j’effleure cette anormalité et cette artificialité (je passe de « les voix sont toutes calmes parce que le réel les fait calmes » à l’idée d’un aplatissement artificiel) sans vraiment penser l’anormalité de cette artificialité en tant que telle. Mais c’est toujours parce que cette artificialité m’a semblé éminemment juste. Merci Ourson de m’avoir fait retrouver cette subtile impression.
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François Bégaudeau
Maître des clésA la première vision je m’étais dit : ils parlent comme ça parce qu’ils sont suisses ou parce qu’ils sont brechtiens? La vérité est sans doute : les deux. Un brechtisme des alpages. En fait un brechtisme jurassien.
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Mais moi c’est léo
InvitéNouvelle interprétation : l’envie chez ta copine de secouer les personnages Ourson montre bien que le film par sa forme déclenche un désir révolutionnaire, qui se réalise hors champ et hors du film. Bon, c’est un truc qui a eu lieu aussi chez moi quand j’ai regardé du coin de l’oeil Le con de mont et Christ haut, être énervé par la fixité de la forme libérale avec au bout l’envie de la balancer et de délivrer les personnages de leur engluement dans ce système instrumentalisant, poussif et arbitraire. j’en déduis par voie onto-théologique découlant des principes éternels de la géométrie euclydienne que Le con de mont et Christ haut et Unrueh proposent globalement la même chose.
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Ourson
InvitéMerci pour ces éclairages
Je maîtrise assez mal au final ces définitions, Brechtien la première fois que j’ai entendu ça c’était justement dans ton intervention sur désordres, mais ça me fait penser à ce que j’ai pu entendre sur Bresson : c’est lié ?
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Mais moi c’est léo
InvitéCoucou Ourson, ta copine a dit « j’ai envie de les secouer » mais pourquoi les secouer ? Autrement dit à quel moment du film le réel aurait-il du exiger pour davantage de véracité un certain accès de colère ? Pour ma part, je pense, à aucun moment. Le film s’occupe à montrer les structures à l’œuvre, et sa radicalité tient justement au fait que les structures sont prises dans leur quintessence, afin qu’on pense le problème que pose le système capitaliste, policier, en tant que tels et non les excès de quelques patrons ou policiers particulièrement dévoués à la répression. Tout cela est très rationnel. Très froid. Parce que rationnel. A ce titre les policiers sont on ne peut plus sympathiques, désolés de ce qu’ils doivent faire, tout comme les RRH et les quelques manageurs de l’usine. Cela me semble un bon parti pris. Face à cela, c’est-à-dire face à des individus (les policiers et les mecs en blouses blanches de l’usine) qui ne font qu’exécuter de manière intransigeante, ou presque (voir la scène où le policier laisse passer malgré lui Joséphine et Pierre), un ordre qui vient d’en haut et qui ne semble jamais émaner de quelqu’un en particulier (on dit « la municipalité », « l’usine » a convenu, a parlé, s’est prononcée, a décidé…) , sachant qu’ils ne font « que leur métier » comme on dit, pourquoi s’énerver ? Comme dit un manageur à la vielle femme dont j’ai oublié le nom, « vous connaissez les règles ». La vielle femme sait ce qu’elle fait en s’octroyant une pause que l’usine ne lui donne pas, elle sait ce qu’elle risque en ne payant pas les impôts, tout comme les filles savent ce vers quoi elles s’exposent en disant que la prochaine fois elles feront exprès d’aller plus lentement, elles savent qu’elles se feront licenciées conformément aux règles en vigueur lorsqu’elles décident, activement, de s’engager dans l’association anarchiste. Il n’y a pas de place pour la colère. Il n’y a pas de raison d’être en colère. Justement parce qu’elles sont actives et non passives comme tu le dis. C’est la passivité au contraire qui aurait entrainé la colère.
La seule chose à faire pour lutter, pour se défendre, c’est s’organiser collectivement comme elles le font, et là encore avec une espèce de rationalité et de froideur qui disent la lucidité qu’elles ont à propos du caractère non-révoltant des différents comportements particuliers pris pour eux-mêmes. C’est la grandeur de ces ouvrières là, qui subvertissent en silence, qui luttent en silence. Le silence est le signe de leur aristocratie. Le film fait le pari qu’une politique qui ne serait pas articulée autour de la colère est possible. En plus, il me semble que les « balbutiements du mouvement anarchiste » comme tu dis se prêtent bien, en tant que balbutiements, à ses prises de paroles qui ne s’emportent pas, à ces chuchotements entre filles pendant le travail.En plus, en mettant tous les personnages sur une égalité de voix, sur un même niveau sonore, on horizontalise les prises de parole, on les rend égales, malgré les différentes langues. Il n’y a pas une prise de parole plus importante que l’autre, mais comme je dirais que le film porte de manière générale une attention égale à l’endroit des bourgeois et des prolétaires, des dominants et des dominés. Le film donne autant de place à ces deux partis, comme en témoigne le plan où on voit l’espace être presque parfaitement séparés en deux, avec en bas les dominants, et en haut les dominés, à ceci près qu’en haut aussi les dominants surveillent. C’est la bonté du réalisateur de donner aux deux partis la même possibilité de s’exprimer dans le plan et entre les plans. Un peu comme dans une bd de Jason, tout est traité de la même façon, on impose aux corps le même régime cinématographique. Il n’y a pas d’événement : tout suit son cours. Tout est bien huilé, aussi bien l’usine que l’organisation en voie de développement des prolétaires. Le fait que chacun parle doucement, cela fait qu’on est frappé plus subtilement par la progression narrative, car il y en a une même si elle est douce et tranquille. Cela demande aussi un plus clair investissement de la part du spectateur pour juger de la valeur des choses qui nous sont dites, là où souvent le fait de gueuler les répliques signent leur importance (sauf quand tout est gueulé, comme dans l’excellent Bird encore au cinéma, où justement c’est le fait de parler doucement qui montre l’importance). Dans Unrueh, ce n’est pas que rien n’est important car rien n’est dit plus haut que le reste, c’est que tout est important, que tout est aussi important, que tout mérite qu’on s’y attarde. C’est un aplatissement du réel. Aplatir le réel, c’est pour le réalisateur aplatir les voix. C’est en soi un geste anarchiste, celui d’exposer les choses dans leur immanence, dans leur horizontalité. Personnellement ce traitement qui rend le niveau sonore partout égal est une des choses qui m’a le plus plu dans le film, une des choses qui m’a le plus touché, car les phrases les plus émouvantes sont glissées discrètement, l’air de rien, incolores et délavées, et font par conséquent impression plutôt qu’expression comme le dirait François. Plus simplement, il est clair que le cinéaste a voulu faire dans la douceur, et cette douceur se remarque partout. Peut-être parce que la vie au fond se développe elle même doucement, au bas mot, l’air de rien. La douceur est son économie propre, et le réalisateur s’est collé à elle. C’est au sens noble du terme une œuvre féminine, la vie, ce film.
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François Bégaudeau
Maître des clés» C’est au sens noble du terme une œuvre féminine, la vie, ce film. »
Oui!
Avec incidemment (ou symptomatiquement) des personnages de femmes inoubliables, à commencer par l’amoureuse de Kropotkine. -
Claire N
Invité« C’est en soi un geste anarchiste, celui d’exposer les choses dans leur immanence »
Merci Mais moi c’est Léo que d’évoquer à nouveau cette merveille
La construction du temps capitaliste notamment qui apparaît incongrue , construite
Et tout ce qui est de l’ordre des structures d’oppression dont la petitesse au final dans cette espace est bien rendue : ce ne sont que des stries
Les enjamber d’un regard donne de l’air
Oui l’anarchie à portée de regard, déjà là partout -
Ourson
InvitéMerci pour tous ces éclairages Léo c’est on ne peut plus clair
Pour revenir sur cet aspect rationnel, on a cru constater que les personnages étaient pris dans des engrenages, dans des mécanismes plus ou moins bien réglés, à en croire les objets qui tournent en arrière-plan, dans énormément de plans
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Claire N
InvitéCe film me déplace
Réduit la cartographie du capitalisme à
– un chronomètre
– un sillon tracé
Expose l’immense espace géographique autour
Les lignes contre les surfaces
Le rapport n’est même plus de force
Il est risible -
BrestLDC
InvitéBonjour tout le monde,
J’ai vu quelques demandes mais aucune réponse pour l’instant, quelqu’un aurait-il vu (et pensé quelque chose de ) Motel Destino ? Je me demande bien ce que ça en pense ici ! J’ai vu peu de critiques précises, et le film est étrangement distribué par rapport au précédent…
Bonne journée! -
Samia
InvitéLa chambre vide de Pédro, heureusement que j’ai vu Madres Paralelas 2 jours avant, histoire de rattraper un peu sa filmo, ça m’a permis de me préparer à l’indigestion.
Pas grand chose à retenir de ce film ou une curiosité à savoir si c’est un scénar d’adaptation fidèle au bouquin qui déjà m’a l’air pas bien terrible.
Le film s’est évaporé. Je me suis sévèrement ennuyée. J’ai à peu près « apprécié » les scènes avec John T, que je n’avais pas vu depuis longtemps. C’est sur joué à outrance. Surtout de la part de Tilda qui d’habitude dans les films de Jarmusch m’intéresse pas mal.
Ah si, je crois qu’on peut dire que le pire du film se trouve à la fin, les 15 dernières minutes sont complètement loufoques. Rien ne tient. Martha est apprêtée comme pour se rendre à un défilé de mode…La chaise très longue et Michelle revient, Talons Aiguilles. La scène au commissariat est lunaire. Le face à face et les questions sont ridicules. On tourne en rond. Je me dis même que tout le film tourne en rond, alors qu’il semblerait vouloir aborder la dimension psychologique des personnages et transborder un peu les affects entre Martha et Ingrid en fixant sur leur perversité, comme on peut le voir un tantinet dans Madres Paralelas. Le plus édifiant c’est que je n’ai pas ressenti d’émotion devant ce film qui au départ se saisi d’un sujet sensible et délicat. Les violons ne font que aggraver le vide du film et les gros plans sur le visage de Tilda ne m’ont touchées car assez risibles. Peut-être a-t’il voulu donner ce ton là, j’ai du mal à y croire.
Bref, Un joli navet, une chambre vide bien colorée et décorée de Hopper, d’architecture luxueuse, de mobiliers branchés.
Adios Pédro.-
Samia
InvitéUn truc aussi qui m’apparait plausible, c’est que Thilda est déjà morte. Morte sur le front, morte dans la maison en feu et morte dans la dernière demeure, dès son arrivée. On notera que cette maison elles ne le habitent pas. Rien de bouge, aucun objet de déplacé. Les interactions avec l’extérieurs sont réduites ou presque nulles. La vie n’entre pas, à aucun moment, sauf la brise pour fermer la porte. A nouveau, il ferme, il empêche, asphysxie. Les rendez-vous de Ingrid sur l’extérieur, notamment celle avec le coach sportif est très bref. La structure rasoir du film empêche d’entrer en apathie avec Thilda.
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Seldoon
InvitéDavid Lynch nous a quitté et ça me fout un coup.
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Seldoon
InvitéCharles merci de retenir tes coups.
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Charles
InvitéGrand cinéaste pour moi, je partage ta peine.
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I.G.Y
InvitéDur de jauger le taux de dérision à l’œuvre ici, quoiqu’il en soit ça me fout un coup aussi…
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Charles
InvitéAucune dérision de mon côté.
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I.G.Y
InvitéOk, c’est le « retenir tes coups » qui m’est resté obscur. Après tout je suis tombé sur une fille récemment qui s’appelait Lynch, et qui devant ma surprise a ajouté « bof ça sert pas à grand chose d’avoir le nom d’un réalisateur chelou »
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Seldoon
InvitéCharles a dit des méchancetés sur Twin Peaks. Sur the Irishman aussi, ce qui est à la fois hors-sujet et impardonnable.
Aucune dérision de ma part pour David.-
I.G.Y
InvitéJ’ai moi même dit une ou deux choses un peu négatives sur Irishmen, et même une ou deux choses non-négatives sur Bird — mais jusqu’où ira-t-il?. Perdu pour perdu je déclarerai bientôt ma flamme à l’Amour Ouf ou encore Asterix et l’Empire du Milieu.
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Tony
InvitéEt en plus on parie que tu danses,comme Trump,sur Y.M.C.A, jusqu’où iras-tu?
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I.G.Y
InvitéJe produirai ma critique de l’Amour Ouf à mon discours d’investiture du 20 janvier — d’ici là, entre deux séances d’UV ou de danse, peut-être aurai-je le temps de voir le film.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu l’aimeras moins, du coup
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I.G.Y
InvitéC’est aussi mon intuition — en 2h40 j’ai le temps de revoir neuf fois le court métrage de Lynch avec le singe. Je vais opter pour ça
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Dr Xavier
InvitéJe veux bien qu’on m’explique ce qu’il y a à voir dans ce court-métrage, je suis passé au travers.
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K. comme mon Code
InvitéC’est drôle.
Le singe a d’ailleurs fait une reprise d’une chanson de Father John Misty, quelle douce voix. -
I.G.Y
InvitéLe court-métrage ne m’a pas marqué tant que ça, je cherchais juste le Lynch le plus court que j’avais vu. Cela dit il m’avait fait rire par moments. Mais j’ai souvenir d’un film qui joue beaucoup sur les expressions idiomatiques anglaises ou des choses un peu dures à saisir, voire possiblement quelques blagues codées. J’avais cru en saisir une à propos de la famille De Witte (en regardant après coup leur page wiki), mais je ne suis même pas sûr de moi car singe parle possiblement de la famille De Witt, qui n’est pas du tout la même…
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diegomaradona
Invitéun bel exemple que fumer tue.
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K. comme mon Code
InvitéUn grand. Je suis attristé.
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Ostros
InvitéJe partage votre peine…
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lassou
InvitéBonjour, vous conseillez quoi comme revue cinéma pour ceux qui en lisent ?
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Carpentier
Invitélassou
Bonjour, vous conseillez quoi comme revue de cinema aujourd’hui ? Vous suivez quoi vous ?10 janvier 2025 à 9 h 47 min#86627Répondre
Cornemuse
Les cahiers du cinéma c’est toujours une valeur sur, sinon positif
Tsounami sur internet, qui m’intéresse moins mais sympa a lire critikat, trois couleurs, aussi en ligne10 janvier 2025 à 9 h 49 min#86628Répondre
Cornemuse
Des jeunes on lancé le « club lumière » aussi, ils ont un site10 janvier 2025 à 9 h 56 min#86631Répondre
Cornemuse
revue théorème
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Tony
InvitéÇa demande un peu de courage,ces témoignages de vss dans le milieu de la critique,de l’édition et dans celui des soutiers de l’audiovisuel et du groupe Bolloré sont glaçants,ce qui est frappant c’est le prix à payer pour celles qui osent porter plainte,blacklistées,menacées,ruinées…
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Mathieu
InvitéVu The Room Next Door hier
Je garde l’accusation de misogynie pour la fin pour plus tard, mais je suis assez d’accord sur la morbidité. En tout cas, on a ici un film totalement dévitalisé, et assez ennuyeux et pénible pour moi. La première chose qui me frappe est à quel point le film est constamment tourné vers le passé. Les personnages n’ont de cesse que de ressasser leur passé glorieux et plein de vie, contrairement à leur présent. C’est par exemple Tilda Swilton reportrice de guerre aux 4 coins de la planète, avec son collègue qui pense que l’amour et le sexe sont un bouclier à préserver sur le terrain des conflits. Idem, John Turturro, dans l’une des scènes les plus nulles du film, entre deux considérations politiques très banales sur la montée du fascisme et le changement climatique, regrette ses grandes années de sexe et de débauche quand il était avec Julianne Moore. A ce moment là j’ai pensé que c’est ça que j’aurais aimé voir plutôt que deux personnages attablés dans un restaurant chic, nostalgiques et vieux avant l’heure. Et j’ai souvent eu cette impression.
D’une manière générale, je trouve d’ailleurs l’idée de base assez peu féconde. Ou plutôt: elle aurait pu être féconde, car c’est quand même plutôt une bonne idée, une idée assez riche, avec des implications sentimentales, humaines, et aussi de la responsabilité pénale pour Moore. Mais je trouve qu’Almo n’en tire pas grand-chose, toujours sur le même registre extrêmement grave – c’est fou comme il y a très peu de moments de légèreté et de joie entre ces deux amies; même les souvenirs qu’elles ne cessent de ressasser comme des mamies sont rarement bons. Je veux bien que le sujet soit grave et appelle à des moments graves mais dans la vie, tout est dans tout et de la comédie peut se nicher dans la gravité. Ici ce n’est jamais le cas. Malheureusement, entre deux considérations graves, pas de pet letourneurien pour détendre l’atmosphère. Mais la toujours impeccable Swilton pète t-elle seulement?
Un autre aspect qui pareillement dévitalise le film est d’ailleurs son décor et ses couleurs. Tout est nickel chrome dans des intérieurs bourgeois digne d’une maison témoin d’architecte branchée, et les pyjamas impeccablement repassés.
Et moi qui ai pu aimé une certaine virtuosité narrative chez Almo, sa façon d’imbriquer des récits, là je trouve ça complètement raté. Je ne crois pas au soldat avec syndrome post traumatique, je ne crois pas à cette maison qui brûle au milieu de nulle part, je ne crois pas que Swilton puisse oublier sa pillule et qu’on se tape un aller-retour gratuit juste pour ça. Que de fautes scénaristiques. Et par dessus-tout comble du ridicule et de l’artificialité, je ne crois pas au retour de Swilton dans le rôle de sa propre fille. J’ai ri de nervosité quand on la voit apparaitre dans le rétro.
Voilà film dévitalisé donc, oui – je ne sais pas si je dirais morbide pour autant.
Et je voulais revenir sur l’accusation de misogynie. Je ne la vois pas vraiment de mon côté, cette misogynie. Comment se manifeste t-elle pour vous, et pour toi François puisque tu en as parlé. J’avais à ce titre deux remarques.
1/ Est-ce que cela ne relève pas d’un réflèxe critique de ta part, pour créer un retournement qui va contre la doxa critique dominante? Cela fait 2,3 fois que je t’entends dire d’un cinéaste prétendument féministe qu’en fait il est misogyne, après Gonzalez et Mandico.
2/ Est ce que cela ne relève d’une psychologisation inutile, que d’ordinaire tu réprouves? Une fois qu’on a dit que le film était chiant, vieillot, bourgeois, nostalgique, mal écrit, sans vie, a t-on encore besoin de dire qu’il est misogyne?-
Carpentier
Invitéj’ai parlé il y a deux ou trois jours ici d’un mémoire que je suis en train de lire (Almodovar: nationalisme et d’un certain Ugo )
Comme il faut le télécharger, je vous laisse faire si désir mais perso, je le trouve passionnant
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00942399v1Quant à
Une fois qu’on a dit que le film était chiant, vieillot, bourgeois, nostalgique, mal écrit, sans vie, a t-on encore besoin de dire qu’il est misogyne?
bientôt la Gêne occasionnée dédiée?
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Carpentier
Invitéle mémoire est en open source
Pedro Almodovar : un cinéma entre identité nationale et émancipation
Ugo Léonard (1)Sinon, je suis un peu gênée aux entournures (quelle expression ) car une fois assise devant l’écran, j’avoue accepter de me laisser emmener dans/devant/par un style d’auteur.e, de réalisateur.rice et on mate, quoi.
Quitte à voir et entendre un truc étonnant, questionnant et qu’on aime moyen en fait, nan?
@Mathieu, oui, comme toi, j’ai pu parfois me dire – après coup – que certains contenus d’une critique étaient formulés en hyper-réaction à, je m’explique:
en réaction à,
– un trop bel accueil d’emblée reçu comme louche parce que produit par les médias ou critiques bourgeois voir – pire – suite à un prix quelconque et, n’étant pas toujours au fait de cette ‘ actu ‘ là, mon goût, mes dires s’ajoutaient à ce merdier et, du coup, valait encore moins puisque
‘ tout le monde (a)dit ça ‘.
La chambre d’à coté, j’y serais pas allée, comme déjà dit ici et puis, bon. g.o. tralala., ok, ça aussi on a compris.
Et bien, acceptant de sortir un peu de mes choix-tendances-réflexes, j’ai essayé de me rendre dispo pour, et je regrette pas, quoi
Sans doute que, briguant de bosser dans le ciné, ou y travaillant déjà. je réagirais autrement, je l’admets (les sous, le CNC, comme l’expliquait déjà bien Letourneur au forum des images, en 2020 par là, ok) mais bon, le tout étant d’essayer de dire, oui, y compris quand on aime pas, pourquoi.
FB lui même disait/repérait/alertait d’ailleurs souvent, dans son ancien espace, quand il pensait lire des lignes en réaction à ce qui s’était déjà dit ou écrit.
Ça me semble un truc essentiel ça, on arrive jamais vierge devant une proposition artistique mais essayer de tout faire pour la regarder, pour une première, avec ‘ son oeil à soi ‘ c’est pas mal.
Non?
Cette histoire de misogynie, par exemple, est-on obligé d’y accorder de l’importance?
et après, certain.e l’ont même emmêlée avec de l’homosexualité?
Allez faire un p’tit jogging dans le froid plutôt, sérieusement, sûre que ça va vous rendre dispo pour voir autrement.
ps: merci pour ce retour post-visionnage, Mathieu, le mien est mêlé à celui de certain.e Billy, plus haut ou Ostros, je sais pu qui a fort bien dit sur ce dernier film d’Almodovar.
Bonne journée à toi,-
Carpentier
InvitéEt c’est pareil sur Almo, où je ne fais que réagir à un immense contresens critique qui dure depuis quarante ans à savoir : ….
voilà, ok.
ps: j’ai bien lu le reste aussi, hein
(crois même que j’ai compris ce que j’ai lu)
Champagne!?
euh non, un petit cidre plutôt, merci. -
Carpentier
Invitéet c’est bien Billy, oui
en ref. post du:… 13 janvier 2025 à 10 h 46 min#86978Répondre /…
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jacadi
InvitéFort bien dit ou Fort bien répété ce que François a dit.
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François Bégaudeau
Maître des cléscomme prévu oui
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Carpentier
Invitéchouette.
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François Bégaudeau
Maître des clésMathieu :
-l’intervention sur la misogynie d’un auteur n’est pas forcément un critère critique, en effet. Mais chez moi c’est souvent une réponse à un lieu commun critique. Mandico féministe? Blague de la décennie. Ca mérite une réplique, non? Et c’est pareil sur Almo, où je ne fais que réagir à un immense contresens critique qui dure depuis quarante ans à savoir : A sait si bien filmer les femmes, grand cinéaste du féminin, etc. Or je ne le crois pas. Je crois qu’il aime les actrices et non les femmes. Je crois d’ailleurs toujours plus nettement que l’amour des actrices est l’autre nom d’une détestation des femmes réelles
-et c’est alors, tu vois, que la question de la misogynie est une question esthétique. Car elle s’inscrit dans une générale détestation de la vie, ou plutot de l’incarnation, qui est au travail dans tous les plans, et à quoi se rapportent tout ce que tu as dit
Je précise pour terminer, que lorsque j’ai parlé de misogynie d’Almo récemment ici, c’était avant de voir La chambre d’à coté. Je ne parlais donc pas de ce film, dont, après l’avoir vu, j’ai effectivement beaucoup plus à dire que sa seule misogynie.-
Cornemuse
InvitéN’oublions pas que l’accusation de misogynie émane d’abord de moi, et qu’en conséquence, si elle s’avère inexacte, la responsabilité en incombera principalement à ma faute.
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Cornemuse
InvitéEt je n’avais pas encore vu la chambre d’à côté avant de le dire
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Carpentier
Invitéet du coup aujourd’hui, stp?
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Cornemuse
InvitéOn peut dire que pour ce film, la misogynie n’est pas l’élément central à souligner, car il s’inscrit plutôt dans la seconde phase de l’œuvre d’Almodóvar, à partir des années 2000, voire 2010, marquée par des films mélanco-nostalgiques au style épuré. Il ne comporte pas de moments d’euphorie, et dès lors, il me semble peu pertinent de mettre en avant un affect aussi névrosé que la misogynie. En revanche, dans ses films des années 80, 90 et 2000, la question de la misogynie se pose de manière plus directe.
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Mathieu
InvitéLa désincarnation est effectivement le mot-clé
C’est d’ailleurs assez drôle que le timing de la sortie de ce film coïncide avec ta conférence sur Letourneur, où il s’agit également de femmes filmées en intérieur. Seulement voilà, quand les unes se mettent du rouge à lèvres distingué, les autres pètent. Quand les unes mangent des knackis trempés dans la mayonnaise et des chips Vico vautrées sur un canapé, les autres font un petit diner à table à base de carottes crues bien alignées dans l’assiette. Quand les unes parlent de leur déboires de mecs, les autres parlent de leur fille perdue.
Le parallèle est bien cruel pour Almo, qui certes a 75 ans et ses personnages 65, mais quand même.-
Mathieu
InvitéEt je repense à la séquence de l’incendie, c’est quand même aberrant d’irréalisme. La maison au milieu de rien qui brûle, le couple qui passe en voiture, le mec qui entend des voix, la meuf qui veut l’empêcher d’y aller mais qui se croûte dans l’herbe au bout de 2 pas et qui, va savoir pourquoi, est incapable de se relever, les pompiers qui se pointent on sait pas d’où, pour évidemment trouver le mec mort et qu’il n’y ait personne d’autre à l’intérieur. Là je me suis dit: ça déconne complètement.
Mais alors pourquoi faire ça? Alors qu’il y avait une solution toute simple pour tuer le mec. Il a un syndrôme-post-traumatique, la guerre est dans sa tête comme il le dit dans une belle réplique, hé bien il prend une arme, il se la met contre la tempe, il tire et terminé bonsoir. Comme sans doute des milliers d’autres traumatisés de guerre avant et après lui.
Donc je me dis que s’il fait ça, s’il fait ce truc aussi capillotracté et tarabiscoté, c’est qu’il y a une intention allégorique ou symbolique derrière. En général, ce qu’on perd en réalisme, on le gagne peut-être en symbolique, et vice versa. Et finalement, il fait ça juste pour pouvoir faire dire ensuite à Swilton: « ces cris que tu as cru entendre, ce sont les cris de la fille que tu as abandonné ». Et peut-être aussi l’abandon de la vie domestique -la maison- qui lui était promis. Ce qui même d’un point de vue symbolique est assez faible finalement. Tout ça pour ça. Comment faire une scène où on perd sur tous les tableaux.-
Nola
InvitéÀ propos de la meuf qui se croûte dans l’herbe : le scénario indique la volonté de reproduire le tableau d’Andrew Wyeth, Christina’s World.
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Mathieu
InvitéMerci je n’avais pas cette réf
Mais donc, je trouve que ça confirme un peu ce que je dis: le pictural, le symbolique, la citation passe avant le réel
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François Bégaudeau
Maître des clésLe parallèle avec Letourneur serait cruel pour bien des cinéastes.
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Carpentier
Invitéles autres font un petit diner à table à base de carottes crues bien alignées dans l’assiette.
ah oui, oui, mille x oui
tellement mais tellement griffe-oeil les scènes où les 2 recluses – ou futures recluses s’alimentent
Que Martha se goinfre pas – et là, on en est bien loin – certes mais Ingrid
Et lorsqu’Ingrid croque en 2 un grain de raisin? en 2 les gars, en deux
Oui, ce sont de gros raisins mai z’enfin, ces scènes-là sont époustouflantes et agacantes au plus haut point: Pedro, enfin, que tu kiffes faire l’artiste, ok mais quand même, prends un tout petit peu soin des spectateurs éventuels qui vont prendre connaissance de ton travail: quelles manières.
Ah ça, c’est pas du bourrin qui bouffe du raisin!
+ suis en accord total avec tout ce que relève Mathieu, la medaille d’or revenant à cette répliqueces cris que tu as cru entendre, ce sont les cris de la fille que tu as abandonné
qui, je dois l’avouer, m’a fait me demander ‘ je sors? ‘
et bon, comme on sait, suis pas sortie
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trou noir
InvitéCa ne peut nous faire que du bien, une interview d’Isabelle Huppert à Libé.
Overbookée et toujours prête à se laisser surprendre, l’actrice revient sur le tournage de sa troisième collaboration avec le cinéaste sud-coréen, fiction minimaliste et euphorisante.
Elle tient un petit magnétophone à cassette magnétique à la main et pose à ses interlocuteurs une série de questions qu’on pourrait lui soumettre : «Qu’avez-vous ressenti en jouant ? Au plus profond de vous ?» Elle, c’est Isabelle Huppert dans la Voyageuse, le dernier film du Coréen Hong Sang-soo, et le troisième qu’ils font ensemble, telle qu’en elle-même et forcément différente : énigmatique, légère, rouée, étonnée, prête à se laisser surprendre, «mi-fée, mi-sorcière» comme elle nous le dira, malicieuse avec un substrat de tristesse… bref, indéfinissable dans un film euphorisant tant il ne se laisse pas capturer.
C’est une fiction minimaliste reposant sur du presque rien, ces successions de petits décalages dans les échanges humains, qui fendillent le caractère faussement banal ou ordinaire des situations, les sculptent en autant de fragments insolites qui vous restent fichés en tête longtemps après les avoir vus.
L’entretien pour Libération se déroule en début d’après-midi jeudi, soit quelques heures avant la disparition de David Lynch. Isabelle Huppert s’apprête à partir en Autriche jouer un vampire, mais aussi à New York et en Chine pour différentes pièces de théâtre. Star internationale alternant les projets aventureux, toujours overbookée, son rapport au temps et au travail se mesure à l’extrême calme et concentration qu’elle met pendant une heure dans l’exercice de l’interview.
Ça commence par quoi, un tournage de Hong Sang-soo ?
Ça a toujours commencé de manière inhabituelle. La première fois, en 2011, j’avais une exposition de photos à Séoul en tant que modèle. Je l’avais invité au vernissage. Le lendemain, il m’a emmenée déjeuner dans un endroit complètement vide avec un plafond fait de carrosseries de voiture. Il n’y avait que nous deux. Je lui ai demandé s’il préparait un nouveau film. Il m’a dit qu’il ne savait pas ce qu’il allait faire mais où il allait le faire : un bord de mer, trois maisons. Et à la fin du déjeuner, il m’a demandé si j’avais envie d’en être. Un mois après, je repartais à Séoul pour le tournage d’In Another Country. Il est venu me chercher à l’aéroport avec l’acteur principal, Yoo Joon-sang, très connu en Corée, et il m’a dit : «Si tu veux, on va aller trouver quelqu’un pour te maquiller et te coiffer.» Il m’emmène dans un salon de coiffure où une jeune femme me fait un shampoing. «C’était bien ?» Je réponds oui. J’ai compris plus tard qu’elle n’avait jamais fait un tournage de sa vie.
En tout cas, un film avec lui ne commence pas par l’histoire ?
Ni par l’histoire, ni par le scénario, ni par le personnage d’ailleurs. Les dialogues sont très écrits, très précis. Il nous donnait nos textes deux heures seulement avant les premières prises donc le temps de les découvrir et de les apprendre par cœur est court. Il fallait partir très tôt, car les lieux de tournage étaient éloignés les uns des autres.
Et il ne fait pas de répétitions ?
Non ! En revanche il fait beaucoup de prises. Je n’ai jamais vu quelqu’un prendre autant de temps en aussi peu de temps. On a fait la Voyageuse en seulement treize jours, mais à l’intérieur de chaque journée, il y a une distorsion du temps fascinante à observer.
En termes d’équipe de plateau, c’est probablement l’un des cinéastes où la configuration est la plus restreinte ?
Ce n’est pas qu’elle est restreinte, c’est qu’il n’y a personne ! Sur les deux premiers films, il y avait quand même un caméraman, une assistante scripte… Maintenant, il est tout seul. Il fait la lumière lui-même. Ce qui n’est pas difficile car de toute façon, il n’y a pas de projecteur. Et la caméra est minuscule. Pour le son, il y avait une perche, mais je n’ai jamais vu où était l’enregistreur !
Ce personnage, on ne connaît ni son métier, ni d’où elle vient, ni ce qu’elle veut. Est-ce agréable d’être dans cet inconnu, ou le remplissez-vous de récits quand vous la jouez ?
Moins Hong Sang-soo m’en dit et plus ça me plaît. Ce devrait être plus souvent le cas sur un tournage : plutôt que d’en savoir trop, ne pas en savoir assez. Evoquer la Voyageuse par des balises – l’histoire, le personnage – me semble presque incongru car l’expérience ne passe pas du tout par ces définitions et ce genre de convention. Avec lui, le montage est vite réglé. L’idée même de se couvrir, de faire un champ-contrechamp, ou un plan rapproché n’existe pas. Et pourtant tout est là, c’est ce qui me fascine. Il n’y a pas de scénario, pas de personnage, pas d’histoire, pas de champs-contrechamps, mais il y a un film. Alors c’est quoi le cinéma ?
Vous êtes attentive à laisser l’imprévu advenir, mais sur un film, vous contrôlez aussi…
…tout ! (rires) Je contrôle tout ce qui peut être contrôlable. C’est-à-dire presque rien, et surtout pas ce qui est inutile de contrôler. Au contraire, une fois la confiance donnée, il faut laisser faire le saut dans l’inconnu car c’est à ce moment-là, que tout peut se passer.
La première réplique du film est «It will be easy». Cette promesse résume-t-elle votre relation avec le cinéma ?
Oui, le cinéma faisant feu de tout bois, ça n’a jamais été difficile. Après, il vaut mieux avoir du bon bois. Mais le cinéma peut aussi faire feu du mauvais bois si on veut sauver les apparences.
Si le bois est mauvais ou bon : on le découvre pendant le tournage ou en voyant le film ?
Honnêtement je n’ai jamais eu du mauvais bois. Le mauvais bois, ce serait de se dire qu’on n’est vraiment pas dans la bonne aventure, qu’on n’a pas la bonne personne en face de soi. Ça ne m’est jamais arrivé. Après, j’agis peut-être de manière à ne pas percevoir que des situations éventuellement désastreuses le sont.
Cela tient à la qualité de la rencontre presque sentimentale avec le cinéaste ?
Cela tient beaucoup en la confiance en la toute-puissance du cinéma. C’est cela qui fait que même si le bois est intrinsèquement mauvais on n’arrivera jamais ni à l’admettre ni à en subir les conséquences.
Dans la manière de procéder de Hang Sang-soo, il y a un côté «Venez comme vous êtes». C’est l’idée que toute fiction est aussi un documentaire sur l’actrice qui l’interprète et lui va loin dans la possibilité de filmer quelque chose qui tend vers la transparence…
Le cinéma, c’est toujours un peu : «Venez comme vous êtes», car si c’est «Soyez différente de ce que vous êtes», c’est… beaucoup plus ennuyeux.
Ah bon ? Pour beaucoup de gens, être acteur, c’est être différent de ce qu’on est, non ?
Oui et non justement. Il faut être différent de ce qu’on est, mais sans que ça se voie. Si on arrive avec l’idée qu’il faut absolument que la transformation se voie et tout revêtir d’une panoplie, c’est gênant. Etre acteur, c’est comme une feinte. On a l’impression qu’on a vu quelqu’un d’autre mais on ne sait pas comment. Comme quelqu’un qui entrerait dans une pièce sans qu’on sache exactement comment il est entré. Si on le voit ouvrir la porte tout le temps, c’est moins bien. On agit par effraction.
Avez-vous changé depuis vos débuts ?
Je n’ai rien appris ni désappris depuis que j’ai commencé à faire des films. A part mon texte ! Et encore.
C’est radical !
Ça n’a rien à voir avec une certitude que j’aurais dans la vie en général. Mais à ce qu’au cinéma comme au théâtre rien ne peut s’anticiper avant le moment où on joue.
Vous avez des alliances, des fidélités avec certains cinéastes. Ça aussi, ça ne s’anticipe pas ?
A chaque film, on se dit toujours : pourquoi ce ne serait pas une série ? Mais on ne peut pas le prévoir. Je ne savais pas que j’allais faire deux films avec Haneke [la Pianiste et Happy End, ndlr]. Avec Godard il y a eu le projet d’un troisième film ensemble. C’était un documentaire, mais on s’est disputé et il n’a plus voulu le faire. Cela dit, est-ce qu’on se dispute avec Godard ? Il partait des Chemins qui ne mènent nulle part de Heidegger. On avait un peu travaillé dans un studio. On ne s’est plus jamais revus. Ils nous ont menés nulle part, ces chemins. C’est ce que je lui avais écrit.
Vous avez fait beaucoup de films où vous incarnez des étrangères, des voyageuses…
J’ai toujours associé le cinéma au voyage, j’ai toujours aimé que ce soit entre le connu et l’inconnu. J’ai pu constater que d’où qu’on le fasse, on le fait toujours de la même manière, quand on dit «ça tourne», ça tourne, qu’on soit au cœur de la forêt amazonienne, avec Brillante Mendoza, où au fin fond du Wyoming avec Michael Cimino. Chez Mendoza, c’était dément, valait mieux ne pas trop savoir ce qu’on allait faire, c’était tellement fou. il n’y avait que des situations extrêmes.
Cinéma et théâtre vous permettent finalement de faire des choses que vous ne feriez pas dans la vie…
Personne n’a envie de se faire tirer dessus dans la jungle (rires). Avec Mendoza, on s’approchait quand même d’un certain danger : être dans un hélicoptère avec la porte ouverte, fallait y penser. Sur le Cimino aussi, avec les scènes à cheval. D’ailleurs il y a eu un accident sur la Porte du paradis. Le pouvoir de conviction de Cimino, l’ampleur de son geste, qui trouvait son écho dans les paysages, dans la longueur du film, finit par agir et donne une sorte de force ou d’inconscience. On se trouve pris dans quelque chose qui vous porte et vous propulse.
Cimino, Mendoza : deux relations où il s’agit d’évaluer la part de maîtrise et de dinguerie des metteurs en scène ?
Forcément. Cimino, il y avait quelque chose qui lui échappait, il voulait que ça lui échappe. S’il avait été au bout du projet qu’il avait en tête, le tournage aurait duré un an mais les producteurs l’ont contraint à reprendre un cours plus normal. Le cinéma faisant feu de tout bois, comme je vous le disais, qu’on l’empêche un peu de prendre trop son temps lui a permis aussi de fabriquer la Porte du paradis.
Vous vous préparez à être un vampire dans un film d’Ulrike Ottinger, photographe, peintre, cinéaste, figure de proue de l’avant-garde allemande qui à plus de 82 ans, mais moins connue dans nos contrées… Vous serez un gentil vampire ?
A part les dents, je sais pas du tout comment ça va se passer. «On va se laisser surprendre», comme dit Michael Haneke. C’est étonnant parce qu’on pourrait penser que quelqu’un comme lui ne se laisse jamais surprendre et c’est tout le contraire.
Plusieurs tournages par an, plusieurs pièces en tournée simultanément : on a envie de vous demander quelle drogue vous prenez ? L’espace d’une journée s’élargit-elle sans fin ?
Hélas non, je suis comme tout le monde. Je ne pourrais pas le même soir jouer Bérénice à Naples et aller au festival de Sundance voir enfin Luz, un film de Flora Lau que j’ai tourné à Paris en 2019 avec une cinéaste hongkongaise et que personne n’a vu. J’étais sans nouvelle aucune et le voici à Sundance.
La manière de choisir des projets a-t-elle changé ?
On aimerait que ça ne change pas… enfin le moins possible. A chaque fois, il s’agit de sentir quelque chose d’un peu impérieux, d’identifier le point qui rend le projet incontournable. S’engager sur un film, dans une pièce, c’est comme un pacte avec soi-même et avec l’autre. Il faut être guidée par deux ou trois éléments. Parfois la vision du film à venir se focalise sur quelques répliques, quelques mots même, parfois.
La Voyageuse d’Hong Sang-soo avec Isabelle Huppert, Hye-Young Lee… 1 h 30.
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François Bégaudeau
Maître des clésEvidemment, quand on connait l’envers, on rigole.
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noir extatique
InvitéTrès bon teasing, on aurait envie d’en savoir plus.
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Tchitchikov
InvitéQuel est cet envers dont tu parles et que j’ignore ?
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François Bégaudeau
Maître des clésil est normal que tu l’ignores, puisque c’est l’envers
Allez un petit fait sur mille : le personnage de La prisonnière de Bordeaux s’appelait Patricia. La grande Isabelle a tenu catégoriquement à ce qu’il s’appelle Alma.-
Tchitchikov
InvitéAh voilà on se doutait quand même, la connaissant, qu’elle cachait cette obsession du contrôle qu’ on ne saurait voir.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl me semble que l’anecdote ne dénote pas seulement une obsession du controle
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Claire N
InvitéPatricia a beaucoup été donné au petites filles née en 1960 en France
Alors qu’Alma semble atteindre son pic en 2023
Avec beaucoup moins d’occurrences
C’etait pourtant bien documenté-
Dr Xavier
InvitéUne manière comme une autre d’objectiver un peu les intuitions qu’on peut avoir sur un prénom : les résultats du Bac.
https://coulmont.com/bac/results.php?search=alma
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Cornemuse
InvitéQu’on cède a tout les caprices d’une actrice aussi connu, c’est assez banal non ?
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Cornemuse
InvitéMia madre john turturro
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François Bégaudeau
Maître des clésOui c’est banal. Et du coup c’est normal?
Le fait central étant d’ailleurs, ici, non qu’on, y cède, mais qu’elle en ait un.
Et encore une fois, c’est autant le caprice en lui même que son contenu qui importe ici.
Cornemuse je vais finir par croire que ton activité préférée est de comprendre à l’envers ce que je raconte.-
Cornemuse
InvitéCe que j’essaie de comprendre c’est le lien avec l’interview, quel passage peu faire sourire, précisement, qu’a t’elle dit qui se contredit avec ces caprices, c’est une vrai question
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Cornemuse
InvitéAvec CE caprice, vu qui semble important, dans son contenu
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François Bégaudeau
Maître des clésBen fallait le dire
Rien de précis, si ce n’est cette façon de toujours faire croire qu’elle s’abandonne totalement à un projet, alors que le plus souvent c’est le projet qui s’abandonne à elle – sauf à capoter. -
Cornemuse
InvitéEst elle la seul a avoir « saboter » en partie La Prisonnière de Bordeaux ?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe n’ai pas dit ça.
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François Bégaudeau
Maître des clésA nouveau cette figure étrange
J’aligne 7 mots et tu me parles de ma couleur de chaussettes. -
Cornemuse
InvitéD’ou la présence d’un point d’interrogation
À rectifier si erreur* -
Cornemuse
InvitéOk, étrange ça me va, c’est mieux que comprendre a l’envers
J’intuite donc qu’elle n’a pas eu de role décisif dans le changement de route de La Prisonnière de Bordeaux -
Cornemuse
InvitéComprendre a l’envers a du sens enfaite
Ma question était formulé a l’envers, je viens de me rendre compte
Tourner 7 fois ect -
François Bégaudeau
Maître des cléset à nouveau je te dis que ce n’est pas la question
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Alphonse
InvitéElle aurait pu s’appeler Isabelle, tiens.
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K. comme mon Code
InvitéDans Passion de Godard, elle joue une prolétaire qui s’appelle Isabelle.
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noir extatique
InvitéJe ne peux qu’y voir un hommage à Alma Dufour.
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Toni Erdmann
InvitéInfo qui m’avait échappé et qui ne manquera pas d’enthousiasmer ce forum : Peter Dourountzis, réalisateur de Vaurien, sort un film au mois de juillet : https://www.boxofficepro.fr/zinc-pose-son-second-semestre-2025/
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Seldoon
InvitéJe suis enthousiasmé.
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Charles
InvitéMais perplexe devant le synopsis.
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Seldoon
InvitéLe synopsis du premier rendait déjà perplexe, non ?
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Charles
InvitéHum non. Là c’est le côté père-fille-qui-enquête qui me rend dubitatif. On verra.
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Charles
InvitéJ’apprends aussi que Bigelow sort un film cette année sur Netflix, un thriller en temps réel.
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Ostros
InvitéMerci Toni, encore une bonne nouvelle pour 2025.
Et aujourd’hui sort le Hong Sang-soo !
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trou noir
InvitéMercredi c’est sortie, une bonne raison de partager une 2eme fois sur cette page.
Cours de cinéma: Sophie Letourneur, au nom de la vie par François Bégaudeau
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Samia
InvitéDepuis Introduction HSS se répète un peu. Bref, la bande annonce pas grand chose.
Comme ils me paraissent tout deux bien voraces de la vie, peut-être y ara t il un truc bien tendu dans la réal. -
I.G.Y
InvitéMais François, comment vas-tu faire pour cette GO ? J’avais peur de juger un peu sévères les retours de séance exprimés ici mais c’est tout le contraire. C’est l’un des films les plus ratés que j’aie vu depuis longtemps. Chaque scène, chaque instant est porté par un enjeu narratif surligné par des dialogues omniprésents et dignes d’une rédaction de 3ème. Il n’y a quasiment aucun instant gratuit, le naturel est absent. La scène de la maison qui brûle déjà relevée plus haut est incroyable, j’aimerais pouvoir dire que son côté totalement aberrant est intentionnel mais vu comme elle est jouée et vu le reste du film, ça n’est évidemment pas le cas — mais je citais la maison isolée en feu du Sacrifice de Tarkovski, dira Almo ne sachant plus où se mettre. La scène où Moore sort son portable en plein salle de garde à vue, grand moment. Que dire du dialogue sur le « néolibéralisme et l’extrême droite » où je me suis retenu d’éclater de rire.
C’est sur une autre page du forum que j’ai lu ce propos rapporté de Joudet disant qu’il avait réussi à faire passer la mort pour un catalogue Vogue. Je me dis au final qu’il aurait pu faire cela, radicalement, aussi radicalement qu’il a traité le plan de Martha morte (qui paradoxalement est l’un des seuls bons plans du film à mon avis), mais qu’il ne l’a pas fait du tout. La chose en serait devenue étonnante et malaisante, presque intéressante, pour ça il aurait fallu nous épargner ce fil narratif et ces dialogues cadenassés à triple tour. Le deuxième plan du film qui m’a intrigué est celui où Swinton arrive en robe de chambre blanche au matin et voit Moore en pleurs sur le transat : il y a une sorte de moment de flottement très étrange où l’on perçoit chez elle une légère monstruosité (je crois que Billy disait plus ou moins ça tout là haut). Et peut-être est-ce le moment (spéculation) où elle décidera de mourir là.
Aussi les tous premiers instants du film m’ont fait penser : Swinton a tout de même un potentiel pour incarner une mourante. Ah si seulement Haneke s’était chargé de son agonie, ç’eut été superbe.
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Une seule anecdote parmi d’autres résume ce sentiment d’avoir vu un film en toc, un film sur des grandes bourgeoises mais pas des vraies, une grande bourgeoisie en toc, etc… : vous aurez peut-être noté que le magasin de livres où a lieu une scène entre Moore et Switon, eh bien ce magasin de livres s’appelle Livres.-
Cornemuse
InvitéLes commentaires ici sont négatif
Mais dans la presse, les commentaires sont a majorité positif, sauf critikat ou le figaro
Je crois que c’est sur ça qu’ils vont se pencher, En partie
D’ailleurs la librairie qui s’appelle Livres, me fait penser au livre sur la table des passagers de la nuits, couché de dos pour pas voir le titre, cf la GO en question.-
Samia
InvitéJe ne pense que ce soit un film raté. C’est plutôt un film mort. Mort dans l’oeuf.
-Cette expression EST moche- pourtant je la trouve adaptée à ce film.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui le film est aimé par certains, il semble donc que sa médiocrité ne soit pas patente pour tous.
Mais plutot que de détailler sa médiocrité, nous essaierons d’identifier son système.-
Charles
InvitéLe Masque et la plume et Esprit critique n’ont pas été tendres avec le film en qualifiant le film de bourgeois et de dévitalisé, rééquilibrant ainsi sa réception critique.
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Cornemuse
InvitéJe vais aller voir ça, l’esprit critique c’est bien médiapart ?
Pour le masque et la plume, la qualité critique suis elle la critique négative du film ? Par exemple le figaro a fait une mauvaise critique négative-
Charles
InvitéOui c’est Mediapart. Deux des trois critiques défoncent le film et le font de façon assez sérieuse et convaincante a priori (je n’ai pas vu le film).
Le masque et la plume, le film divise.et se fait démonter par Leherpeur avec sa verve et son sens de la mesure habituel.-
François Bégaudeau
Maître des clésLeherpeur est sutout faché contre le fait que c’est odieux de suggérer que seuls les riches ont le droit à une mort douce. Leherpeur n’a pas l’air d’aimer voir au cinéma ce qu’il ne veut pas voir dans la vie.
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..Graindorge
InvitéOu mort dans la poule aux œufs d’or qui sait bien gavé pendant 40 ans
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Samia
InvitéIl s’est gavé mais a pondu de belles et bonnes choses. Contrairement à pléthore de réalisateurs qui pondent inlassablement des oeufs morts. Venir sur ce terrain pour Pédro, c’est un peu dommage.
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Samia
InvitéLa gêne est prévue pour quelle date ?
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Nola
InvitéSamedi 1ᵉʳ février
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Samia
InvitéThanks a lot !
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Malice
InvitéBom dia
je suis à la recherche de recommandations concernant Manoel De Oliveira ; j’ai déjà vu « L’étrange affaire Angelica » et le début de « Val Abraham » – celui-ci m’a particulièrement accroché mais je ne le trouve pas en streaming sous titré français, si quelqu’un sait où je peux le voir, merci d’avance-
Cornemuse
InvitéJe met ça ici
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Malice
Invitémerci
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François Bégaudeau
Maître des clésbeau cadeau merci
il faut revoir tout OLiveira -
Tchitchikov
InvitéConnaissais pas ni de loin ni de près. Merci beaucoup.
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Anna H
InvitéEst-ce l’un(e) d’entre vous a vu Visite ou Mémoires et confessions, datant de 1982 et sorti à titre posthume en 2016 conformément à ce qu’Oliveira avait demandé ? Ce film, sorte de testament cinématographique, m’intrigue beaucoup.
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Pout
InvitéJ’ai découvert avec stupéfaction VAL ABRAHAM l’année dernière lors de sa ressortie salle. J’ai un lien de téléchargement si tu veux bien me fournir une adresse mail.
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youvgotnoidea
InvitéInteressé aussi ! C’est la nouvelle version bluray ou la vieille version dvd qu’on trouve sur le net ?
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Malice
InvitéMerci pout, est-ce qu’il y aurait un moyen de recevoir ton lien sans publier mon adresse ici?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe me porte honteusement candidat aussi (envoie sur messenger si tu peux)
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cornemuse
InvitéMoi aussi steup comme François
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Cornemuse
Invité(Ceci n’est pas un de mes messages)
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Cornemuse
InvitéLe mec qui se fait passer pour moi, cherche pour je ne sais quel raison a m’humilier
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Pier
InvitéPour Tsounami, j’ai écrit sur le Almodovar, que j’ai très peu aimé : https://tsounami.fr/critiques/decrochages/
J’ai une colère contre le film, sur laquelle je n’ai pas écrit dans l’article, qui est à l’endroit du traitement de la fin de vie et de l’euthanasie : c’est si abstrait, si pauvre sur cette question, et puis dans la continuité d’un réflexe progressiste qui ferait de l’accès euthanasie la prochaine bonne étape naturelle du progrès social (ah bon ?) tout en en excluant les débats.
Et puis quel manque de vitalité – un truc précis par exemple c’est le rapport au sexe : là j’ai été gavé par le film qui dit tout le temps « le sexe est le dernier rempart contre la mort » etc, ici c’est de la projection verbiale, ça me semble dévitalisé (sauf dans mes 2 scènes pas mal : le récit des carmélites / le moment coach de sport) -
Samia
InvitéJusqu’à preuve du contraire euthanasier la mort c’est compliqué.
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Ostros
InvitéCasino sur Arte en ce moment (première fois que je le vois).
Jolie surprise la musique du mépris qui arrive au 3/4 du film et qui couvre à la fin.
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Sylvain
InvitéIl y a débat sur ce Scorsese : apothéose pour certains, début de la fin pour d’autres.
Pour moi : ni l’un ni l’autre (et il est vrai que ce film arrivant peu de temps après « les affranchis », ça commençait à faire un peu beaucoup de « flamboyance opératique » chez les gangsters).
Mais le film a fait du bien à Sharon Stone.
L’histoire d’amour débouche sur un constat limpide mais amer.
Et puis bien sur Las Vegas : tenu par des mafieux avant que des groupes privés rachètent les casinos par paquet de dix…
Des choses donc, quand même.-
Ostros
InvitéComme je l’ai vu après les autres, j’ai eu l’impression de voir le même film que ce qu’il a déjà fait : des vieux mafieux qui commandent des plus jeunes mafieux à régler leurs comptes, des tortures physiques et des coups de pistolet, des gênants abattus dans la nuit, des magouilles pour blanchir de l’argent, des menaces de meurtres. Bref je n’ai pas appris grand chose que je savais déjà sur ce milieu cher à Scorsese. Juste que c’est adapté d’une histoire vraie dont certains éléments ont été repris tels quels (le massacre des deux frères à la batte de baseball et qu’ils ont été enterrés vivants pour l’exemple, etc). Ça a fini de rendre ce que je ressentais depuis le début à savoir que ces vies de gangsters sont d’une grande tristesse. Et Scorsese a beau magnifier tout ça, ça ne fait qu’alourdir ce sentiment qu’ils ont des bonnes grosses vie de merde. Coincés dans des affaires d’argent qui les obsèdent et ne les émancipent jamais.
Les femmes ayant les pires vies dans ces milieux patriarcaux au carré.
Bref, film triste et du déjà vu.-
Charles
InvitéSauf que dans celui-ci il y a un vrai personnage féminin qui a de vrais dialogues (contrairement à Irishman, GONY et les Affranchis ) et qu’il va plus loin dans la description d’un milieu où le légal fonctionne grâce à l’illégal, où les deux sont complètement mêlés.
La mise en scène me semble aussi plus opératique, plus ample, plus virtuose que dans les Affranchis. La première demi-heure est assez jouissive avec ses voix-off multiples qui expliquent le fonctionnement du casino et l’ascension des personnages, il atteint là un niveau de maitrise narrative qu’il n’a jamais égalé par la suite.
Et Scorsese n’a jamais filmer ces mafieux que comme que des pauvres types qui se prenaient pour des cadors et qui finissaient par rentrer à la niche ou à crever seuls dans un EHPAD après avoir trahi tout le monde, on ne peut pas dire qu’il les magnifie.-
Charles
InvitéPardon, je n’avais pas lu le message de Sylvain, je ne fais que répéter ce qu’il dit sous une forme plus élogieuse. Le film est pour moi une forme d’apothéose qui flirte avec la boursouflure, avec la surchauffe, c’est le maximum du fameux stylé scorsésien. Le problème c’est qu’il a répété ça en moins bien avec Departed, Le loup de wall street et à force ça a dégradé l’image qu’on pouvait en avoir initialement.
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K. comme mon Code
InvitéJe n’aime aucun des films de Scorsese dans cette veine. Il y a dans le rapport image/voix off un élément qui me les rend presque irregardables — c’est marrant d’avoir ce rejet pour des films qui plaisent à un aussi large public. La seule heure de The Irishman que j’aime évacue la voix-off : la longue séquence du crime précédée de la longue délibération pour acter le crime. Et Boogie Nights de PTA qui recycle énormément d’éléments Scorsesiens me ravit : pas de voix off.
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Sylvain
InvitéMême la voix off de « Taxi Driver » ? Pourtant indispensable au film.
Mais il n’y en a qu’une seule, c’est vrai.-
BIOGRAPHIE
Invité
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C’est le reste de cette tempête qui doit débarquer sur l’ile de France aujourd’hui ou demain donc je ne vois pas à quel moment ça peut être une idée de caler une date Lundi. Du coup on se fera ça quand tu rentreras de ton déplacement professionnel parce que le type qui cherche à me faire croire que je me débine quand je lui propose de me déplacer chez lui, il me chauffe drôlement. C’est comme quand t’essayes de me faire croire que tu vas te déplacer dans les yvelines pour venir me voir alors que l’autre parc est trop loin pour toi, c’est vraiment une mauvaise blague.
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Si tu veux répondre tu réponds sur l’autre thread, moi je viens te chercher ici pour être sûr que t’as bien reçu le message.-
Sylvain
InvitéJ’ai bien reçu le message.
Ok pour la tempête, effectivement mea culpa (je fais peu gaffe à la météo en général mais moi je ne fais pas de vélo)
Tout cela nous emmène donc au 10 octobre. Toujours un lundi.
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K. comme mon Code
InvitéJe parle du rapport images/voix off à partir des Affranchis, cette forme-là : on l’a dans Casino, Le Loup de Wall Street, The Irishman. J’aime beaucoup Taxi Driver. Mais il dit jamais : « Un jour avec les copains, on a bu un verre Chez James et…les choses ont mal tourné… »
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Sylvain
InvitéJ’aime ce rapport dont tu parles dans les films que tu cites mais c’est vrai qu’on peut aussi y voir, à force répétions, une facilité. D’ailleurs, ces films ne tiendraient pas sans ces voix-off : on y comprendrait rien, et ça, bizarrement de la part d’un cinéaste comme Scorsese, c’est très « anti-cinéma ».
A l’inverse, les voix-off dans « La Ligne Rouge », de par leurs nombres (de mémoire il y en a 10 – 12 différentes), leur entrelacement aussi, produit l’effet inverse : elles rendent le récit beaucoup moins terre-à-terre (après tout on parle simplement de la prise d’une colline gardées par des soldats japonais, un Pitch de série B si j’osais), beaucoup plus opaques, étrange aussi… et évidemment poétique.
Ceci dit, chez Malick comme chez Scorsese, même constat : leurs films ne tiennent pas sans ces voix. Elles « ajoutent » chez Malick et (peut-être) « alourdissent » chez Scorsese.
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K. comme mon Code
InvitéIl faudrait essayer de regarder sans le son : j’ai plutôt l’impression que ces films fonctionneraient sans la narration — ou alors ce sont tellement de bêtes éléments d’intrigues que ça ne m’apporte rien en tant que spectateur désintéressé par cet aspect du film. La Ligne Rouge est un de mes films préférés, je suis sur la ligne Malick.
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K. comme mon Code
Invité(J’ai une anecdote sur la Ligne Rouge : mes parents avaient acheté le DVD de ce film parce qu’on leur avait conseillé La Ligne Verte et j’ai longtemps cru que le film de Malick était une daube achetée par erreur. Le DVD était rayé, ça s’arrêtait après quelques minutes : j’ai le souvenir de Caviezel se baignant avec des enfants et rien d’autre. Dix ans plus tard, je découvre La Ligne Rouge — il passe à la télévision — et j’expérimente une sorte d’illumination.)
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Sylvain
InvitéTrès marrante cette anecdote, en effet.
Et j’en apprend un peu sur toi au passage 🙂
1) tu es sans doute plus cinéphile que tes parents (je note parce que c’est aussi mon cas : les miens sont allés voir « La Ligne Verte », d’ailleurs je crois qu’ils sont allés le voir en salle mais… n’ont pas aimé, mais parce qu’ils avaient trouvé ça « pro peine de mort » sans surtout voir que c’était très mauvais)
2) on doit avoir quelques années d’écart, puisque de mon côté j’ai vu « La Ligne Rouge » en salle à sa sortie, j’avais 17 ans. Je « guettais » ce film depuis des semaines, j’avais motivé tous mes copains pour m’accompagner et comme « le soldat Ryan » était sorti quelques mois plus tôt, je n’avais pas eu trop de mal.
La suite tu la devine…
Ca commence, comme tu dis oui, il y a Caviezel en slip qui se baigne avec des enfants, puis on est dans un bateau, un débarquement se prépare, ça prend trois plombes, des voix off se mélangent, on croit qu’il va y avoir Travolta (qui sort de « Vote Face) et en fait il sera pas dans le film. Après il y a l’assaut, allez c’est enfin parti pour la bagarre mais il n’y a rien d’héroïque, en plus parfois le réalisateur décide de s’attarder sur des roseaux au vent, et puis une fois la colline prise, reste encore 1h de film où on voit que des militaires désoeuvrés, ne rien foutre de leur temps… rendez-nous Spielberg, merde !
Bref tout cela pour dire qu’après cela, j’avais perdu pas mal de crédibilité au près de certains.
De mon côté, je mentirais en disant que j’avais tout de suite adoré. Moi aussi le contraste avec « le soldat Ryan » m’avait surpris. Mais j’ai passé du temps à essayer d’argumenter en faveur du film au près de toute cette troupe, personne n’avait vraiment envie d’en débattre. Il valait mieux passer à autre chose.
Revu 6 ou 7 fois au moins depuis (dont la dernière il y a 2 mois).
Mais quel film… j’aurais aimé le découvrir un peu plus tard. Déjà en sachant qui était Malick (à l’époque, je n’avais pas encore vu « la ballade sauvage » et « les moissons du ciel » – tiens celui-là aussi : quel film !) -
K. comme mon Code
InvitéMes parents ne sont pas du tout cinéphiles. Ils vont au cinéma cinq fois par décennie au grand maximum. Ça explique l’erreur Ligne Rouge/Ligne Verte : ils ne savaient pas très bien ce qu’on leur avait conseillé. Par contre, mon père m’emmenait louer des films, et je parcourais les magazines sur l’actualité, ça a conditionné un intérêt pour les films. Il faut aussi dire que mon père aimait beaucoup prendre des photos, donc j’avais ce rapport familier à l’image. Je ne suis pas sorti de nulle part. J’aimerais savoir ce que j’aurais pensé de La Ligne Rouge en le découvrant à cet âge : je me souviens vouloir savoir quel était ce film si nul qu’il enflammait mes parents mais j’ai revu le début plusieurs fois, espérant que la rayure disparaisse, ça devait bien me plaire.
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Alain m
InvitéIl y a le remarquable documentaire de Mosco Levi Boucault (Corleone le parrain des parrains)qui est longtemps passé sur Arte et que l’on peut voir sur les médiathèques numériques pour celleux qui ne l’ont pas encore vu. Documentaire qui entre autres illustre bien la triste vie et la petitesse de tous ces mafieux.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu nous retrouverais ça ici, Alain?
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Alain m
Invité-
Alain m
InvitéTrouvé sur youtube.
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Anna H
InvitéPas vu ! Merci beaucoup
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Sylvain
InvitéMosco a passé plus de 15 ans sur ce film (effectivement en deux parties). Il devait d’ailleurs, je crois, être bien autre chose à l’origine.
Paradoxalement, c’est l’un de ses moins excitants sur le plan du « cinéma stricte ».
A l’inverse sa « trilogie polar » comme il l’appelle lui-même a été tournée bien plus vite (notamment « un crime à Abidjan » – tout est dans le titre – tourné en… 5 jours, notamment parce que la police avait tellement des méthodes expéditives – oui, on parle bien de tortures de suspects – que « l’enquête » était réglée en très peu de temps).
« La fusillade de Mole Street » – le premier – est intéressant parce qu’il traite d’une enquête classée sans suite qu’un vieux flic reprend sans grande conviction.
Et bien sur « Roubaix, commissariat central, affaires courantes » que François a présenté l’année dernière.PS : pour les deux « Corleone… », si quelqu’un est allergique à YouTube ou plus surement préfère les visionner sous formes de fichiers, je peux vous les envoyer contre une adresse mail.
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Anna H
InvitéTu ne cites pas Des terroristes à la retraite. C’est parce que tu as des réserves sur ce film ?
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Sylvain
InvitéAh son film « polémique » !
Pas de réserve sur le film en soit, ne serait-ce que pour cette idée géniale qui consiste à « reproduire », « faire refaire » des gestes et actions à des anciens résistants tous très vieux : « rejouer » un attentat dans les rues de Paris, fabriquer une bombe artisanale dans sa cuisine… près de 50 ans après les faits.
Pour la petite histoire, c’est un très jeune Mosco qui filme alors. Et son projet était de se documenter avant de se lancer dans l’écriture d’un film de fiction qui se serait passé pendant l’occupation (c’est pour cela qu’il y a toutes ces scènes de « reconstitution des faits et gestes précis » dans le documentaire).
Et en filmant tout cela, il s’est dit (grosso-modo hein…) : « tous ces gens vont bientôt disparaitre, il ne faut pas que toutes ces histoires (il aime bien dire « histoire » Mosco) se perdent, au fond mon film est là ».
Bon, c’est peut-être aussi un peu pour la légende : peut-être que son film de fiction battait de l’ail, était compliqué à monter pour un réalisateur tout juste sorti de l’IDHEC…
Ceci dit, Simone Signoret (alors déjà âgée) devait jouer dans ce film de fiction. Elle est quand même restée sur le documentaire pour y enregistrer la voix-off.Concernant la polémique externe au film, je suis moins bien renseigné. Je crois que le PC a accusé Mosco de déformer les faits autour de la dénonciation du groupe Manouchian. Mosco a toujours maintenu son « histoire ». Dernièrement, il semblerait que les historiens donnent plutôt raison au PC. Je crois ? Je vais aller me renseigner.
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Anna H
InvitéIdée géniale effectivement. Sur la polémique, j’avais lu ceci :
https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/200224/retour-sur-l-eclairante-affaire-manouchian-de-1985-
Sylvain
InvitéMerci beaucoup Anna pour le lien.
Hélas, je ne suis pas abonné…
Dommage parce que vu le chapô de l’article, il y a sans doute là un bon éclairage sur cette affaire.
N’hésites pas à me résumer cela, si tu as le temps bien sur. -
Anna H
Invitéje vais le copier-coller
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Anna H
InvitéRetour sur l’éclairante « affaire Manouchian » de 1985
En 1985, un documentaire de Mosco Levi Boucault, « Des “terroristes” à la retraite », retraçait l’action des FTP-MOI, avant l’arrestation du groupe. Ce fut « l’affaire Manouchian ». Revoyons ce film aussi capital que discutable.
20 février 2024 à 19h15 par Antoine PerraudSous François Mitterrand, la télévision française diffusa deux formidables documentaires placardisés : Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls en 1981, puis Des “terroristes” à la retraite de Mosco en 1985 – chacun pulvérisant à sa façon le mythe résistantialiste gaullo-communiste.
On connaît le premier film, tourné en 1969 et interdit d’antenne douze ans durant, tellement il donnait, à partir d’un zoom sur Clermont-Ferrand et sa région, une image parfois veule d’une population loin de ne compter que des héros sous la botte allemande : à rebours de ce qu’avait voulu faire accroire, une fois au pouvoir, Charles de Gaulle en commandeur-rédempteur.
Le second film, réalisé en 1983, fut menacé du même sort : il osait saper les croyances encore vivaces concernant le rôle moteur et protecteur du Parti communiste français dans la Résistance, au sein de laquelle les éléments nationaux comme les immigrés auraient lutté main dans la main pour la libération du territoire. En communiant dans la détestation de l’hitlérisme et dans l’espoir du socialisme à venir.
La fin tragique du groupe Manouchian – les arrestations de novembre 1943 et les exécutions au mont Valérien de février 1944 – témoignerait-elle d’une tout autre histoire ? Ces militants arméniens, républicains espagnols et surtout juifs d’Europe centrale auraient-ils servi, à la fin des hostilités, de pions – voire de chair à attentats – pour être en définitive sacrifiés ?À partir du moment où le PCF entre unanimement en guerre à l’été 1941 (après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne), il organise des groupes de combat, placés à partir de 1942 au sein des FTP (Francs-tireurs et partisans), commandés par Charles Tillon. L’un des trois groupes ainsi formés est constitué des FTP-MOI.
Dès avant-guerre, la Main-d’œuvre immigrée (MOI) était la structure regroupant, sous l’égide du PCF, les communistes étrangers ayant trouvé refuge sur le sol français. Durant l’occupation nazie, elle demeure en contact direct avec Jacques Duclos, chef du PC clandestin.
En mars 1942, quatre détachements FTP-MOI sont mis sur pied à Paris. Le premier est composé de Roumains et de Hongrois – juifs pour la plupart. Le deuxième s’avère exclusivement juif. Le troisième est italien et le quatrième est composé d’Espagnols et d’Arméniens.
Le deuxième détachement reçoit le renfort d’une jeunesse qui vient d’échapper à la rafle du Vél’ d’Hiv, qui a vu parents et amis embarqués, qui se sent en sursis et joue le tout pour le tout afin d’abattre le nazisme.
En juillet 1943, cernés par les BS (brigades spéciales) de la police, les quatre groupes se scindent en deux : un groupe de dérailleurs sous la direction de Boczov et un groupe de choc sous la direction de Rayman et Manouchian. Ce dernier devient commissaire politique des FTP-MOI de la région parisienne en remplacement de Joseph Davidovitch – arrêté et qui devait livrer les noms de ses camarades, dont les vingt-trois futurs suppliciés du « groupe Manouchian » de l’Affiche rouge. Telle est la thèse centrale du film. Ils furent livrés, voire vendus, exagèrent même certains témoins, dont Mélinée, la veuve de Manouchian, se fondant sur l’ultime lettre que celui-ci lui avait adressée avant de mourir. Il pardonnait à tous, sauf « à celui qui nous a trahis et à ceux qui nous ont vendus ». Le traître avait été repéré puis liquidé : Joseph Davidovitch.
Manouchian dérangeait ensuite le pluriel. Qui désignait-il ? Boris Holban, l’homme déplacé à la suite d’un désaccord tactique et qu’il avait remplacé à la tête du groupe ? Et pourquoi pas de plus hautes sphères communistes ? C’est le pan contestable du film « et qui le gâche en partie », déclare à Mediapart l’historien Denis Peschanski.
Il eût fallu davantage réfléchir avant d’échafauder une grille idéologique et complotiste.Denis Peschanski, historien
« Il eût fallu davantage réfléchir avant d’échafauder une grille idéologique et complotiste. Comme devaient le confirmer les archives, alors bloquées à la préfecture de police, une série de filatures puis d’arrestations met en péril des réseaux de résistance scandés par la répression. » L’historien poursuit : « Tous jouent leur peau à l’époque. Se mettre au vert, c’était ne rien faire que se cacher. Les Allemands avaient la main, chaque résistant en avait pour six mois de survie. »
Mais alors, la phrase de Manouchian sur ceux qui les ont vendus ? « Elle vise l’État français et la police de Vichy, affirme Denis Peschanski. Manouchian aurait eu le grand cœur de pardonner à Pétain tout en pointant tel ou tel responsable du PC clandestin ? C’est absurde. Si Joseph Epstein, responsable des FTP-MOI parisiens, avait parlé, toute la direction française du Parti communiste aurait sauté, Duclos en tête. »
Au début des années 1980, face à un tel doute infusé, à de telles accusations insufflées, le PCF ne l’entendit pas de cette oreille et mit tout son poids, encore certain, dans la balance : pas question de diffuser ce documentaire, qui menaçait de faire glisser le parti de l’heure de gloire à l’ère du soupçon.
C’était compter sans la combativité de lionne de celle qui avait accepté, en compagnie de Gérard Desarthe, de dire le commentaire du documentaire de Mosco : Simone Signoret. Elle alerta ses amis : le journaliste Ivan Levaï, qui fit tout un foin à la radio, le cinéaste Costa Gavras, l’écrivain Jorge Semprun, qui crièrent à l’unisson à la censure.Aux « Dossiers de l’écran »
Le communisme avait du plomb dans l’aile depuis une dizaine d’années, depuis qu’il avait bien fallu convenir que Soljenitsyne n’était pas une baudruche yankee mais un authentique rescapé du goulag. Et puis en 1984, quand Laurent Fabius avait succédé à Pierre Mauroy à l’hôtel Matignon, les ministres communistes avaient dû débarrasser le plancher.
Il y eut un ultime baroud d’honneur pour interdire la diffusion du documentaire, en juin 1985. Toutefois, Des “terroristes” à la retraite passa le mois suivant dans l’émission de télévision « Les Dossiers de l’écran ». Il fut suivi d’un débat au cours duquel le communiste Charles Lederman et le gaulliste Jacques Chaban-Delmas tentèrent de « regoupiller » la grenade dégoupillée par l’œuvre de Mosco.
Mais le bien était fait : on pouvait enfin discuter de la Résistance intérieure, de la résistance juive, des juifs dans la Résistance ; sans réciter son catéchisme épique. Si ce n’était cependant que cela, si le documentaire de Mosco n’était qu’un film de circonstance pour plumer la volaille communiste, il ne tiendrait guère la route quelque quarante ans plus tard.Parce qu’il faut voir et revoir Des “terroristes” à la retraite – il sera diffusé ce 21 février sur Arte et il est possible d’en prendre connaissance dès à présent ci-dessous.
C’est un monde disparu qui ressurgit à travers sept témoins de l’époque. Des Polonais parlent avec l’accent du Yiddishland, qui n’existe plus désormais que dans les imitations des générations suivantes. Le Roumain Boris Holban a pour sa part les intonations du poète Gherassim Luca. Quant au plus jeune, Raymond Kojitsky, il a l’élocution parigote de Raymond Bussière. Que d’Atlantides sonores !
Chacun reprend son rôle, quarante ans plus tard, dans le Paris qui n’est plus occupé mais qui vit dans la promesse de « changer la vie » dont étaient gros, alors, les débuts du premier septennat de François Mitterrand. Étranges images que celles de ces pépères septuagénaires refaisant les gestes de jadis, tandis que s’élève la magnifique voix hors champ d’une Simone Signoret qui n’allait pas tarder à mourir.
Ainsi Charles Mitzflicker et Jean Lemberger rejouent-ils la scène d’un matin du mois de février 1943, alors qu’ils guettaient la sortie d’un détachement allemand de la caserne des Invalides : « Quand Charles les aperçut, bien que le ciel fût limpide, il ouvrit tout grand son parapluie. À ce signal, Jean déballa un tuyau de gouttière et le déposa dans une poubelle. »
Et la voix déchirante de Simone Signoret de poursuivre : « Le détachement, réglé comme un métronome, mit trente secondes pour arriver à la hauteur de la poubelle. La bombe à retardement en mettait tout autant pour exploser. Il y eut des morts et des blessés. »
S’il y avait encore quelques nazis à supprimer, je le ferais volontiers et avec plaisir. Absolument sans remords !Raymond Kojitsky
On eut vite fait de crier à l’apologie du terrorisme, d’autant que ces survivants de la Résistance immigrée donnaient leur recette pour la fabrication d’explosifs à gogo, dans une scène qu’il fallut escamoter, histoire que le film ne devînt pas une sorte de « terrorisme mode d’emploi » en ces années 1980 inflammables pour d’autres raisons…
Dans un pays qui venait d’abolir la peine de mort, le titi Raymond Kojitsky s’exclame à la fin : « S’il y avait encore quelques nazis à supprimer, je le ferais volontiers et avec plaisir. Absolument sans remords ! » Et ce, avant d’étouffer des sanglots en énumérant les membres de sa famille exterminés dans les camps de la mort. Mais jusqu’au bout les larmes demeurent politiques : « Pas le peuple allemand, les nazis. »
Jusqu’au bout ce refus de réduire tout individu à une seule dimension, ce refus d’essentialiser de la part de militants et combattants eux-mêmes réduits à rien ou si peu de choses, dans une France oublieuse et frileuse : « Gilbert Weissberg, l’artificier du groupe, malgré trente années de démarches, n’est pas parvenu à obtenir la nationalité française », lance le commentaire du film.
Apparaît alors la vérité du cinéaste Mosco, né au mitan des années 1940 dans une Bulgarie bientôt soviétisée, au sein d’une famille juive irréligieuse. Cinéaste devenu, il a petit à petit livré, en signant ses films, non plus son seul prénom, Mosco, mais son patronyme, Levi, accompagné de Boucault – francisation du ladino Bucco signifiant « l’Aîné ».
De même apparaît graduellement un autre dévoilement, à mesure que nous regardons Des “terroristes” à la retraite : le fil rouge n’en serait-il pas, en définitive, l’internationalisme bien tempéré ? Il ne s’agit pas tant de régler ses comptes au Parti communiste, ni de s’immiscer dans la complexité, voire la concurrence des mémoires – résistance juive, juifs résistants, rôle des Arméniens, place des Espagnols. Il s’agit du bon usage de l’internationalisme, en ce qu’il évite les ornières du nationalisme ou du patriotisme, pour aller vers un idéal plutôt qu’une idéologie, vers l’affranchissement et non la servitude – imposée ou volontaire.
Le groupe Manouchian, à travers les témoignages des survivant filmés par Mosco Levi Boucault, c’étaient des passe-frontières à même de protéger la liberté là où leurs pas les avaient menés. Il y avait de la terre polonaise, roumaine, hongroise, espagnole ou arménienne à la semelle de leurs souliers.
Mais rien ne les empêchait de défendre la France, tout les y poussait au contraire. Une France non pas fermée sur elle-même comme une huître chauvine et cocardière, mais une France sublimée, ennoblie : un espace d’espoirs ouvert aux ailleurs.
Une fois libérée, la France ne leur rendit aucunement leur générosité. Les rescapés des FTP-MOI et leurs familles, ainsi que les résistants étrangers souvent proches du PCF, fondèrent en 1944 le Cadi (Centre d’accueil et de défense des immigrés). Sa dissolution interviendra en 1948, en pleine guerre froide et après les grèves insurrectionnelles de 1947. « De nature à menacer la sûreté intérieure ou extérieure de l’État », estimera le gouvernement français.
Quant aux communistes, à la fois franchouillards et staliniens – donc dans une forme de paranoïa politique flairant un trotskyste derrière chaque « métèque » –, ils ont tout de même traité en laissée-pour-compte la galaxie Manouchian. Aucune mention dans L’Humanité entre 1944 et 1951. Aucune rue rappelant leur souvenir dans les banlieues rouges.
Préférence nationale
Même Louis Aragon aura fauté. Il a d’abord épuré les noms étrangers de la geste héroïque de la Résistance, en brave factotum littéraire à la solde de Thorez et de Staline, avant de virer casaque, gorgé de culpabilité, ainsi qu’il sut parfois le faire. Ce sera Strophes pour se souvenir, en 1955, que Léo Ferré allait mettre en musique dès 1959.
Certains vers sonnent comme une tardive autocritique dans leur effet boomerang : « Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles […] / Nul ne semblait vous voir français de préférence. » Oui, la préférence nationale guette les Français et c’est bien là où peuvent – hélas ! – se rejoindre le post-fascisme et le post-communisme. À la haine de l’extrême droite répondent la gêne, la honte, sinon l’aversion, du côté d’une certaine gauche autoritaire.
Au point qu’en décembre 1989 encore, lorsque le secrétaire général de la CGT, Henri Krasucki, ancien de la section juive de la MOI, assistera aux obsèques de Mélinée Manouchian au cimetière d’Ivry, ce sera en catimini. Au siège du PCF, Paul Laurent affirmera avec aplomb, tout comme la Confédération générale du travail et L’Humanité : « M. Krasucki est en voyage privé à l’étranger. » Un entrefilet du Monde relèvera la supercherie.
Mosco avait pressenti tout cela. Son film, son « Tombeau » du groupe Manouchian, se regarde comme un antidote à un tel tropisme dégradant. Alors aujourd’hui, face à l’anthropophagie symbolique de la panthéonisation macronienne, qui tente de cyniquement territorialiser les semelles de vent du poète Missak et de sa femme Mélinée, ne manquons surtout pas de nous confronter à Des “terroristes” à la retraite.« Asile et immigration »
Son auteur a poursuivi son œuvre, avec en particulier le triptyque Mémoires d’ex (1991) : des militants communistes si attachants s’étant détachés de la banquise stalinienne au XXe siècle. Ou encore – tout est dans le titre : Ni travail, ni famille, ni patrie (1993), journal d’une brigade de guérilla urbaine à Toulouse de 1942 à 1944.
Que nous apportent ceux, venus d’ailleurs, qui ne se laissent pas rabaisser, ni terrasser, ni concentrer par la loi du plus fort ? Telle est la morale de l’histoire que n’aura cessé de poursuivre le documentariste.
Le 21 janvier dernier, au Trocadéro à Paris, lors de la manifestation contre la loi de Gérald Darmanin dirigée contre les étrangers, dite « asile et immigration » selon la novlangue scélérate en vigueur, il y avait dans la foule un homme discret coiffé d’un bonnet dans le froid – qu’il bravait à bientôt 80 ans, le regard toujours pétillant.
C’était Mosco Levi Boucault, celui qui aurait mérité d’ouvrir les portes du Panthéon aux membres du groupe Manouchian ; là où le président Macron, avec son sourire faussement inclusif des vieilles réclames pour la pâte dentifrice Gibbs, ne fera que les enfermer.
Antoine PerraudVous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
À partir du moment où le PCF entre unanimement en guerre à l’été 1941 (après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne), il organise des groupes de combat, placés à partir de 1942 au sein des FTP (Francs-tireurs et partisans), commandés par Charles Tillon. L’un des trois groupes ainsi formés est constitué des FTP-MOI.
Dès avant-guerre, la Main-d’œuvre immigrée (MOI) était la structure regroupant, sous l’égide du PCF, les communistes étrangers ayant trouvé refuge sur le sol français. Durant l’occupation nazie, elle demeure en contact direct avec Jacques Duclos, chef du PC clandestin.
En mars 1942, quatre détachements FTP-MOI sont mis sur pied à Paris. Le premier est composé de Roumains et de Hongrois – juifs pour la plupart. Le deuxième s’avère exclusivement juif. Le troisième est italien et le quatrième est composé d’Espagnols et d’Arméniens.
Le deuxième détachement reçoit le renfort d’une jeunesse qui vient d’échapper à la rafle du Vél’ d’Hiv, qui a vu parents et amis embarqués, qui se sent en sursis et joue le tout pour le tout afin d’abattre le nazisme.
En juillet 1943, cernés par les BS (brigades spéciales) de la police, les quatre groupes se scindent en deux : un groupe de dérailleurs sous la direction de Boczov et un groupe de choc sous la direction de Rayman et Manouchian. Ce dernier devient commissaire politique des FTP-MOI de la région parisienne en remplacement de Joseph Davidovitch – arrêté et qui devait livrer les noms de ses camarades, dont les vingt-trois futurs suppliciés du « groupe Manouchian » de l’Affiche rouge.
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Sylvain
InvitéUn grand merci Anna,
Très bon article, qui remet bien les choses à leur place.
Il est donc possible que le film de Mosco soit allé « un peu loin » dans ce qu’il sous-entend de l’implication du PCF dans la dénonciation du groupe Manouchian, mais il certain que le film a aussi permis de pulvériser le mythe d’une résistance franco-française.
Pour résumer hein… -
Anna H
InvitéEt je recommande aussi Ils étaient les Brigades rouges (2011), témoignages de plusieurs membres du groupe qui a enlevé A. Moro, dont Mario Moretti (qui est encore à ce moment-là en prison la nuit) et d’autres qui ont libérés après 15 à 32 ans de réclusion.
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Ostros
InvitéMerci Sylvain pour ta proposition.
Je suis intéressée pour recevoir le ou les fichiers de ce film plutôt que d’aller les regarder sur YouTube.
Mon mail : madmrspi@gmail.com-
Sylvain
InvitéD’acc Ostros, je te fais ça dans l’heure.
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Sylvain
InvitéDésolé Ostros, ça prend un peu plus de temps que prévu.
mais je t’envoie déjà la première partie, pour patienter.
La seconde suivra ce soir.
Ps : c’est du format « .mp4 » mais tu peux renommer cette extension en « .avi », « .mkv » selon les besoins de ton lecteur (moi j’utilise VLC qui accepte tout). -
Ostros
InvitéPas de souci, je me connecterai demain après le boulot pour les récupérer merci encore.
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Sylvain
InvitéEt voici la deuxième partie, normalement tu as tout via deux liens « smash ».
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youvgotnoidea
InvitéTu oublies le très bon Un corps sans vie de 19 ans, dans sa période polar
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Sylvain
InvitéOui c’est vrai (rien que le titre, déjà génial).
Mais je ne l’ai jamais vu… toi oui ? Et si oui, où le voir ?-
youvgotnoidea
InvitéSur la Médiathèque Numérique, le service proposé par toutes les bibliothèques municipales je crois
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Sylvain
InvitéMerci youvgotnoidea,
Et merci Images en Bibliothèques !
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci Alain
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François Bégaudeau
Maître des clésN’oublions pas que les meilleurs Scorsese ne sacrifient pas au style scorsésien (sauf les Affranchis)
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Charles
InvitéLe style scorsésien commençant avec les Affranchis, il est assez cohérent que tu ne le goûtes pas puisque tu considères que sa carrière aurait pu grosso modo s’arrêter là.
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Sylvain
Invité@ Charles : ouhlà, je n’avais pas vu ton message !
Non, je ne crois pas que l’on puisse dire ça.
Au minimum, on peut dire que son style commence avec « Mean Streets » (il y a déjà tout son cinéma là-dedans) mais même avant, dès « Bertha Boxcar » (la production Roger Corman tournée en 15 jours), tout son style. C’est aussi son film 100% gaucho, même si je pense que Scorsese s’en est à peine rendu compte. J’aime ce film.-
Charles
InvitéJe ne dis pas que Scorsese n’avait pas de style avant les Affranchis mais ce qu’on appelle style scorsésien advient véritablement avec les Affranchis c’est le montage très rapide qui se fait succéder des micro-scènes avec voix-off pour raconter l’ascension d’un personnage amoral ou immoral sur fond de bo rock, c’est la violence éruptive et particulièrement brutale, les mouvements de caméra opératique, les longs travellings.
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Sylvain
InvitéPas d’accord avec toi.
Ce que tu décris, c’est l’idée que l’on se fait de son cinéma parce que ce sont ses films les plus connus et les plus « criards ».
En réalité, il a réalisé je crois près de 40 films et il n’y en là-dedans que très peu qui correspondent à la définition que tu donnes : « Les Affranchis », « Casino », « Le loup de Wolf Street »…
On pourrait ajouter « Aviator », « Gangs of New-York » dans une moindre mesure.
Cela fait peu dans une longue filmographie.-
K. comme mon Code
InvitéLa popularité de ces films « mafieux » fait qu’on désigne de prime abord ce style quand on parle de Scorsese, que ça soit juste ou injuste. Il resterait à définir le style Scorsesien dans sa globalité, et je n’ai pas vraiment d’idée. Il m’arrive d’aimer ses films mais il ne me paraît pas très consistant. Que ça soit au niveau de la régularité ou de ce que contiennent les films. J’en aime trois : Taxi Driver, La Valse des Pantins, Le Temps de l’Innocence. Il y a des passages que j’aime dans The Irishman et Flower Moon que j’aime, mais je n’ai pas envie de les revoir.
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Sylvain
InvitéAssez d’accord avec toi (y compris ton « trio de tête »)
Après quand tu dis :
« La popularité de ces films « mafieux » fait qu’on désigne de prime abord ce style quand on parle de Scorsese, que ça soit juste ou injuste ».
Oui, je pense aussi qu’il y a de ça. Mais il y a surtout que, depuis « Les Affranchis » notamment, la plupart des films « de gangsters » n’ont fait qu’imiter ce style. Trop d’exemples à citer (y compris jusqu’en France : combien de Richard Berry avec Jean Réno, de Gilles Lellouche avec « l’amour ouf » – et j’en oublie tout un tas – se sont ainsi ridiculisés?)
C’est paradoxalement cette profusion de film « à la manière de… » qui peut-être nous ramène sans cesse à cette idée préconçue du cinéma de Scorsese.
Comme si Scorsese avait « figé » les choses pour toujours (un peu comme Léone a pu figer la représentation du western : pour tout un public qui ignore parfois tout du western hollywoodien).
Une autre représentation tarde à apparaitre en tous cas (je ne parle pas de films plus « à la marge », je parle davantage d’un « inconscient collectif »).
Une exception qui me vient tout juste en écrivant : peut-être James Gray ? Sur ces 3 premiers films. Mais en ayant peut-être fait le tour, son cinéma est depuis longtemps parti vers autre chose.-
Charles
InvitéEncore une fois, par style scorsésien j’entends ce qu’on a retenu de Scorsese, sa signature, voire sa marque. Ça ne veut pas dire que sa mise en scène s’y résume. Beaucoup de ses films des années 2010 n’y répondent pas.
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Sylvain
InvitéAlors, nous sommes d’accord.
Oui, « Silence », pour l’exemple le plus frappant dans les années 2010.
Mais au fond toutes ses années 2010, « Irishman » et « Killers of the flower Moon » aussi.Par contre, ce « style Scorsese », à cette même période, se retrouve alors dans sa série « Vinyl ». Une série que pour une fois on peut recommander, vraiment. Spoil : elle n’a jamais eu de deuxième saison. C’est malheureusement souvent bon signe.
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Seldoon
InvitéComme à chaque fois que The Departed est mentionné, je ne peux que conseiller de revoir le film en pensant montage, montage, montage. Un des plus grands montages de tous les temps – qui ne suffit pas à sauver entièrement la bête, mais qui la transcende régulièrement et permet une émotion esthetique de grande intensité à qui sait voir ce qu’il s’y joue. Le plus fort arrivant dès que s’enclenchent les montages en parallèle, figure pas du tout scorsesienne : c’est du Malick en mieux. Ou plus précisemment du Don’t Look Back, puisque Malick ne fait que tirer le fil de ce film qui prend ce montage là le plus au sérieux, au pied de la lettre.
Concernant The Irishman, dont je sors à peu près de ma vision annuelle, je vous copie colle en adaptant vaguement ce que j’écrivais à un ami. Il s’agit de points sur lesquels j’ai une vision de plus en plus précise.
Ce film ne pouvait etre fait que par des gens qui ont consacré une grande partie de leur carrière à ce monde là. Comme tout ce jeu des phrases non claires (« i’m a little concerned », « this is the way it is », « we did all we could for the guy »…), traitées comme de la comédie dans la première partie du film afin d’aclimater le public et de préparer au vertige du moment où ça s’applique à un ami. La force d’étouffement de ce monde aussi. Avec des phrases comme « You did the right thing. You did the right thing. » (Joe Pesci à Pacino qui lui signale qu’il a fait 5 ans de taule sans dénoncer personne), ânonnées d’une façon qui fait comprendre que c’est prononcé toute la vie comme un catéchisme. Les différentes stratégies pour s’assurer que chacun reste à sa place, tout passant par des regards et des petites phrases. Les « je t’ai fait », « tu es avec moi », « tu es mon fils », « look at how strong i made you » qui floutent la ligne entre amitié profonde, sincère, et placement politique pour le profit aussi de celui qui a fait l’autre.
J’entends bien qu’on pourra me dire que les deux premiers points, c’est du déjà vu. Or, non. C’est déjà vu mais jamais vu comme ça. La finesse et la puissance avec laquelle c’est fait ici dépasse tout ce qui a été fait ailleurs. La différence avec d’autres films de mafia ou encore les Sopranos (qui inscrivent ça dans la durée, avec la force spécifique de la durée) c’est un sens de l’économie et de la finesse avec lequel c’est montré. Tu comprends tout en un battement de paupière, en une simple variation d’intonation. L’autre réussite est le traitement de deux amitiés profondes, qui fait que tout ça prend une autre dimension – aucune relation interpersonnelle ne semble avoir la moindre profondeur dans les affranchis. Tu es presque surpris par la réaction de De Niro à la mort de Pesci dans les affranchis. Le seul moment qui montre une émotion vraiment humanisée c’est quand Liotta va mendier chez Paulie et que tu vois toute la déception dans le regard de l’autre (« now I’m gonna have to turn my back on you »). Alors que dans The Irishman, les amitiés sont là. Elle en sont déjà émouvantes (et troubles) avant que ne surviennent les trahisons (quel film d’amitié, vraiment. On peut en parler longtemps).
Passons pour le plaisir de Charles à la question de l’âge – je passe sur les défauts techniques du deaging, qui ont leur raisons, discutables. Il est quand même très notable dans ce film que meme les seconds roles ont une moyenne d’âge très elevée. En fait on passe 3h30 à regarder des vieux. Des vrais vieux ou des vieux grimés en jeunes, mais tout le temps tu regardes des vieux – faire des trucs qu’en général au cinéma tu vois faire par des jeunes (apporter un colis quelque part, attendre des heures sous un pont pour payer un flic, assassiner dans la rue…). Des vieux qui bougent comme des vieux, regardent comme des vieux, vivent comme des vieux, des vieux qui, par définition, ont été jeunes. Et ça fait partie de la grande puissance du film – puisque c’est un film sur la vieillesse. Je suppose qu’il faut avoir un gout pour ça pour entrer pleinement dedans et qu’à la fin c’est ce qui décide si on ira ou on ira pas. Moi les vieux m’émeuvent. Ca fait de moi un spectateur disponible à ce chef d’oeuvre, qui me hante depuis ma première vision. -
Seldoon
Invité(D’accord avec le problème de personnage féminin, dont la version (même « utilisation ») enfin réussie est celui de Lily Gladstone dans le suivant)
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Seldoon
InvitéEt Casino, grand film, bien évidemment attaquable sur sa boursouflure. Il faut bien le séparer des Affranchis qui est une sorte de documentaire concret et précis sur ce qu’est la vie d’un mafieux. C’est à la fois simple comme bonjour et révolutionnaire. Casino c’est le recyclage de l’incroyable forme des Affranchos (« peut être une des plus importantes de l’histoire de l’art » a dit un chanteur de punk rock) pour la description d’un système. Le film joue l’ambition à fond avec 5 films en un – le système mafieux quand il joue à la légalité (et donc son intrication avec le capitalisme « légal »), un chapitre de l’histoire de Las vegas, une amitié, une histoire d’amour, un portrait de femme. Bien sûr qu’il y a des ponts, mais y voir une simple redite c’est dommage.
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Sylvain
InvitéD’accord avec toi sur tout ce que tu écris autour de « The Irishman ». Film tout en décrépitude, qui sent fort « le vieux » (ça sent fort un vieux, je ne dis pas ça pour rire). En plus du reste, tu as raison de souligner que ce film n’aurait pas pu voir le jour sans « Mean Streets », « LesAffranchis » et « Casino » avant. C’est d’ailleurs bien cela qui a décontenancé pas mal de spectateurs, d’autant plus que le film était un peu une arlésienne, l’attente fut interminable, l’annonce du casting avait excité tout le monde… bref, ce serait comme à « la belle époque… voir en mieux! ». Et au final pas « flamboyance opératique », des morts violentes très peu, par contre « la mort » partout. Je me souviens même que à l’époque Scorsese avec déclaré dans un entretien, en gros : « j’ai l’âge que j’ai, si « ça » devait s’arrêter là, je pense que « ça » fait une fin « correcte ») (le seul mot dont je suis sur dans cette phrase étant « fin » et « correcte »).
Je te suis moins au tout début de ton commentaire quand tu dis :
« … les montages en parallèle, figure pas du tout scorsesienne… »
Bah si, quand même, et notamment dans tous les films dont on parle ensemble ici. On pourrait même dire que ce procédé est au centre des « affranchis » et « casino ». Procédé d’ailleurs un peu systématique comme l’est cette utilisation de la voix off pour revenir sur ce que disait K comme Code.
Et pour revenir aux origines du bonhomme, ne pas oublier que c’est déjà le procédé qui a fait que les 3h du documentaire « Woodstock » est devenu un grand film, principalement filmé et surtout monté par Scorsese quand il était encore tout jeune. -
Seldoon
InvitéAh ça m’interesse. Tu peux me parler des montages en parallèles dont tu parles avant The Departed ?
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Seldoon
InvitéLes montages en parallèle « que tu vois », et j’évite la répétition.
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Sylvain
InvitéIl faudrait que je revois les deux films dans les détails. Mon « souvenir » me fait « souvenir » que « les affranchis » comme « casino » en regorgent.
Le principale de l’action en simultanée, notamment quand il s’agit de traiter des conséquences d’une action, d’un choix, sont assez légions.
Est-ce qu’il n’y en aurait pas aussi dans les 30 dernières minutes des « affranchis », lors des folles dernières 24h de Ray Liotta qui a milles choses à faire ?
On est d’accord que ce qu’on appelle montage parallèle sont « des actions qui se passe en simultanée et parfois dans des lieux différents » ? Il se peut que je n’ai principalement retenu que « en des lieux différents ». Je vais vérifier.
D’ici là, donnes moi un exemple de « montage parallèle » dans The Departed » si tu peux ? -
Seldoon
InvitéPour qu’on appelle ça un montage en parallèle il ne faut pas forcement que les actions se déroulent en simultané. Il faut qu’elle soient montré en simultané (un ou quelques plans de l’une, puis on passe à la seconde, puis on revient à la première…). Il me semble que chez Scorsese il y a mille montages rapides, mais peu de jeux de mise en parallèle. Ou alors le temps d’une quasi blague (insert d’une photo d’un garage dans The Wolf of Wall Street quand il explique au téléphone qu’il s’agit d’une sorte de startup ultra moderne à la pointe de la technologie).
Dans The Departed, il y a énormement de montages en parallèle dans la longue intro qui suit DiCaprio et Matt Damon choper leur diplome dans la police, s’entrainer, et passer l’entretien auprès de Sheen et de Marky Mark. Toute la séquence est principalement une imbrication de montages en parallèles, une construction particulièrement complexe. Mais si on zoome sur un moment précis : la mort de la mère de DiCaprio, qui arrive au bout d’environ 15min de film. On commence sur DiCaprio dans la chambre d’hopital de sa mère. Il veille sur elle. Puis on le retrouve dans le couloir de l’hopital : il s’engueule avec son oncle. On se dit automatiquement que c’est la suite. Or, on revient dans la chambre : le coeur de la mère s’affole, DiCaprio est alerté. On commence à comprendre qu’en fait la scène dans la chambre se déroule après la scène du couloir, ce qui fait qu’on réévalue le lien automatique qu’on avait fait, la chronologie est bouleversée. Plus interessant : la scene du couloir est alors vue comme deux fois, puisque deux lectures différentes. Idem pour la scene dans la chambre. On retrouve le couloir, l’engueulade monte en intensité, miroir de l’intensité de la séquence chambre. On ne peut en outre s’empecher de ressentir, illogiquement, « que font ces deux cons à s’engueuler alors que la mere meurt derrière la porte ? ». DiCaprio clot la discussion avec une réplique du style « quand ma mère mourra on n’aura plus jamais rien à se dire ». Pour complexifier encore, la double séquence est intégrée entre une scène de DiCaprio en entretien d’embauche (qui se déroule plus tard) et une de Damon visitant en appartement (lui meme, donc, en parallèle de toute l’arche DiCaprio de cette longue intro). On reviendra ensuite à l’enterrement. Les allers retours créent des doubles lectures de scènes, des résonnances qui teintent ce qu’on voit, tout en jouant sur l’intensité et les émotions au tout premier degré. Le film est bourré de ce genre de choses. Grandeur du montage. -
Sylvain
InvitéCertes, ce n’est pas ce qui caractérise le mieux sa filmographie (les personnages féminins).
Mais malgré tout : « Alice n’est plus ici », « Le temps de l’innocence »,
Et même « La Valse des pantins », « Les Nerfs à Vifs » aussi (où Jessica Lange supplante carrément Nick Nolte sur tous les plans).
Je reconnais que, comme ses films de gangsters, ça fait malgré tout assez peu sur plus de 40 films. -
I.G.Y
Invité(question parenthèse sur le montage que j’avais déjà eu envie de poser dans la précédente discussion sur Scorsese : ça n’est pas toujours facile de saisir ce qui fait qu’un montage est « grand ». Or ça m’intéresse d’autant plus qu’il y a aussi une dimension technique dans cet « art/artisanat du montage ». Est-ce qu’il y a des documentaires, des chaînes youtube ou autre qui seraient conseillées sur ce sujet? Hormis Espionnage Industriel, naturellement)
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Sylvain
InvitéJ’aurais envie de te dire que ce qui fait qu’un montage est « grand » dépend avant tout de TA perception. Il n’y a pas de règle en la matière.
Est-ce que TOI tel enchainement de plans, tel agencement de séquences, t’as « transporté », t’as « interloqué », t’as pourquoi pas aussi « choqué », « ému ». Qu’est-ce que cela t’as raconté en plus de la narration et / ou du plan ? Il y a une part de « ressenti » dans tout cela.
Il y a bien sur comme tu le dis un « artisanat du montage ». C’est un métier qui requiert son minimum de connaissance technique et pratique. Mais c’est aussi – comme un réalisateur, un chef opérateur, une costumière ou même une productrice – quelque chose où la sensibilité, le goût, l’affect détermine beaucoup.
Il en va de même pour toi spectateur. Tu y trouves du sens ou bien tu as juste l’impression de voir un enchainement d’images et de raccords « bien faits » ?
Personnellement, je peux trouver « grand » le montage d’un Scorsese ou d’un Peckinpah (pour rester dans le sujet) mais aussi d’un Ozu ou d’une Letourneur (pour rester dans ce qu’on aime par ici).
Pour finir : depuis quelques années déjà, « l’art du montage » je le rencontre surtout dans le documentaire de création (c’est à dire rarement à la télé, plutôt en salle ou en festival). -
youvgotnoidea
Invité(@Seldoon
Petite incursion, pourrais-tu en dire plus sur Dont Look Back et Malick. Je ne savais pas que ce doc, que je n’ai pas encore vu, avait autant compté ou influencé son travail.) -
Seldoon
InvitéDon’t look NOW. Pardon je me plante 2 fois sur 3 à ce sujet.
J’avais développé ce point sur l’ancien site, j’y reviens quand je trouve un peu de temps. C’est un de mes axes de radotage. -
Seldoon
InvitéTeasons un brin : tout ça passe par Peckinpah, l’inventeur du montage en parallèle moderne.
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Sylvain
InvitéC’est marrant parce que j’avais failli te citer Peckinpah plus haut… oui, lui bien sur.
Je lis ton développement sur le montage parallèle dans « The Departed », vais lancer vite fait quelques visionnage des séquences que tu mentionnes, et te dis ça très vite.
Ps : et oui, je me demandais un peu ce que faisait le doc de Pennebaker dans cette affaire ah ah ! -
Sylvain
InvitéJ’ai cherché une définition précisé de « montage parallèle » et ce n’est pas simple.
Ce que tu décris plus haut avec l’extrait mère / hôpital / engueulade Dicaprio et son frère dans « The Departed », je ne sais pas si ça en est à proprement parler. Disons que oui, c’est « parallèle » mais c’est aussi juste du « montage ». Et comme tu le dis bien en conclusion : « grandeur du montage ».
Du coup j’ai du mal à te répondre précisément.
Prenons donc l’exemple d’un cinéaste qu’on a cité tous les deux et qu’on connait bien : Peckinpah / « The Getaway ».
Selon ta définition du montage parallèle, j’ai l’impression qu’on en trouve dans la séquence d’ouverture (séquence géniale mais là encore je n’y vois que la « grandeur du montage »)
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Sylvain
InvitéEt si je te suis bien, tu ajoutes que le « montage parallèle » doit « modifier », ou « élargir la perception » qu’on a des choses. Y compris pourquoi pas sa temporalité.
Alors restons toujours sur « the Getaway », est-ce que cette séquence rentre dans ta définition ? Moi j’y vois surtout un flash forward au moment de la baignade : McQueen au parc a « l’idée de la baignade » APRES qu’on l’ai vu se jeter à l’eau.
(à partir de 1’17 et pour le procédé mentionné ci-dessus 2’18)
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Sylvain
InvitéPS : J’avais posté ce deuxième extrait avant de le revoir, c’est superbe comme dans mon souvenir, montage parallèle ou pas 🙂
Mais Peckinpah finira par s’y perdre de ce genre d’expérimentation, la limite se fera de plus en plus mince entre le grandiose et le n’importe quoi (cf. « Osterwan Week-end »)… mais je ne voudrais pas trop dévier du sujet. -
Seldoon
InvitéLe deuxième exemple the gateway que tu donnes c’est un des plus beaux montages que je connaisse. Je le sors tout le temps quand je veux montrer la filiation Peckinpah/Roeg/Soderbergh/Malick. Et effectivement je n’appellerais pas ça un montage en parallèle mais ce n’est pas un hasard si ça intervient ici dans notre discussion. Parce que oui, les recherches sur le montage en parallèle de Peckinpah mènent à ce type d’expérimentations et à ces nouveaux territoires qui s’ouvrent au montage – territoires encore si inexplorés 60 ans plus tard. Il s’y joue un peu la même chose que dans les ralentis de tués en parallèle de l’action principale, et que dans la mort de la mère dans The Departed. Pour moi c’est vertigineux mais tel Augustin de Dava à propos du Japon entre modernité et tradition : je le crie dans le désert depuis des années.
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Sylvain
InvitéNos messages se sont croisés.
Effectivement, très bien vu « la filiation Peckinpah/Roeg/Soderbergh/Malick » -
Seldoon
InvitéC’est à proprement parler du montage parallèle. On peut créer un autre nom pour bien circonscrire le fait que c’est un montage en parallèle avec d’autres opérations inclues dedans mais ca reste un montage parallèle au sens le plus stricte.
Dans The Gateway tu en as de très beaux comme celui-ci. Il y a aussi les classiques (chez Peckinpah) ralentis de gens qui meurent et tombent montés en parallèle du reste de la scène d’action qui se joue en vitesse réelle. Il avait commencé dans la Horde Sauvage il y en a pas mal dans the gateway de mémoire. Je pars la dessus pour rappeler que le montage en parallèle se fout bien de la chronologie, et qu’il trouve souvent sa richesse quand justement il la chamboule. -
Sylvain
InvitéD’accord.
Une définition plus large que la mienne alors.
Les 2 extraits ci-dessus vont donc dans ton sens.
De mon côté, plus terre-à-terre, « montage parallèle » m’évoquait plus des actions corollées dans des endroits distincts mais ayant lieu simultanément.
Exemple classique voir cliché : le braquage dans un film de casse. -
Seldoon
InvitéJe crois vraiment que montage en parallèle c’est juste plusieurs actions distinctes montrées en parallèle. Sinon le terme ne sert à rien. Mais peu importe la terminologie, on se comprend maintenant sur le fond.
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Sylvain
InvitéOui, Peckinpah a clarifié tout cela !
Effectivement, de mémoire là comme ça, pas sur d’avoir vu beaucoup de montage parallèle dans « les affranchis » et « casinos ». -
Sylvain
InvitéCe qui est drôle c’est qu’il y en a donc à la fois chez Malick ET chez John Woo du coup.
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Seldoon
InvitéBien sûr ! Mais utilisés très différemment. Une opposition de fond. Chez John c’est pour faire cool, chez Malick c’est, comme chez Roeg, une certaine vision du réel.
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Seldoon
InvitéJ’en profite Sylvain pour préciser quand même que la scène de la baignade est lisible comme un flash forward autant que comme une vision de Steve. Pour moi, on ne saura jamais si ça a fini par se réaliser tel qu’il semblait le rêver. Deux visions différentes de la scène, qui cohabitent en moi spectateur. Et je ne résiste pas au plaisir de souligner la fin brutale de cette scène romantique. Toujours du montage.
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Sylvain
InvitéAvec le temps, j’ai tendance à être de plus en plus d’accord avec toi sur ce sujet.
C’est valable pour « Le temps de l’innocence » (que Scorsese considère comme son film le plus « violent » – c’est le terme qu’il utilise), « Taxi Driver » dans une moindre mesure, « La Valse des pantins » évidemment…
Et même beaucoup plus récemment : on ne peut pas dire que « Killers of the flower Moon » sacrifie « au style scorsésien » (alors que tout dans ce projet aurait pu le laisser craindre). Il faudrait que j’écoute la GO qui tu lui as consacré : à l’époque, je n’avais pas encore vu le film.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe seul scorsese dans un style scorsesien qui me plait est Les Affranchis
Les autres me font justement l’effet de courir après le mojo des Affranchis, à commencer par Casino, qui était comme une version maxi des Affranchis (comme il y eut furtivement des maxi 45 tours dans les années 80)-
Sylvain
Invité« (comme il y eut furtivement des maxi 45 tours dans les années 80) »
Ou des laserdiscs dans les années 90 ?
PS : j’ai du me renseigner pour savoir ce qu’était précisément un « maxi 45 tour » (« maxi vinyle 12 inches ») pour m’apercevoir que j’en avais pourtant quelques uns chez moi (sans réaliser que c’était des « maxi », j’appelais simplement ça un « 45 tours »)… mais aucun de la belle période année 80 dont tu parles.
Pour un adolescent de cette période, j’imagine que ce devait être inabordable financièrement.
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youvgotnoidea
InvitéPour ceux que ça intéressait, Val Abraham de Oliveira dans une honnête copie :
https://drive.google.com/file/d/17wrnnM7r1qUEXtmnjmxrcVvLrwtSaxLu/view?usp=drive_linkEn attendant que la somptueuse nouvelle restauration ne soit dispo en VOD
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Malice
Invitémerci
tu sais comment activer les sous titres? Je n’y arrive pas – ou alors il n’y en a pas?-
Malice
InvitéErratum, en téléchargeant j’ai réussi à les activer. Merci beaucoup!
Je signale au passage, à 2h 30 environ, une super scène d’allumage de clope, aussi réussie que celle d’Anora -
youvgotnoidea
InvitéEffectivement il faut télécharger le fichier et le lire sur son lecteur maison pour les sous-titres.
N’hésite pas à revenir nous en dire quelques mots quand tu l’auras vu.-
Malice
InvitéAttention je spoile
En vrac : j’ai adoré la séquence finale, les orangers, le sourire d’Ema m’a rappelé le celui d’Angelica morte/vivante dans « L’étrange affaire… » ( la vie exaltée par la mort) ; la scène de la planche cassée est bien trouvée aussi, on ne voit pas vraiment comment disparaît le personnage ( disparaît-il réellement d’ailleurs, est-ce une noyade ou une simple chute)?
Je réfléchis à l’infirmité d’Ema, j’aime beaucoup le fait que son boitillement contraste avec sa grâce. Est-ce que cette jambe lourde symbolise sa masculinité ( celle qu’évoque son ami), le boulet invisible de sa position de femme/bourgeoise, ou est-ce que Manoel l’a juste utilisé pour apporter de l’étrangeté au corps d’Ema, qui sans cela serait celui d’une poupée? Dans la dernière séquence j’ai eu le sentiment que les mouvements de cette jambe donnaient l’impression qu’elle flottait au-dessus du sol, la jambe malade brassant l’air et lui donnant de la légèreté pour la première fois.
L’utilisation d’un de mes airs préférés de Fauré fait bien plaisir aussi ( Le clair de Lune)
Hâte de revoir le film en version restaurée ( les couleurs de la bande-annonce que j’ai vue sont superbes, Manoel est à classer dans la catégorie cinéaste peintre).
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Jules
InvitéA l’occasion d’une rétrospective d’Arnold à Bruxelles, je suis allé voir pour la première fois American Honey et Fish Tank.
J’ai laaargement préféré Fish Tank ; dans American Honey on ne s’intéresse qu’au personnage principal, que la réalisatrice cherche à tout prix à faire passer pour un petit ange. On se demande comme elle pourrait bien rester un ange dans une situation aussi violente. En revanche, Fish Tank m’a beaucoup plu, plus subtile et intéressant.
(Rien à voir, mais j’ai vu Flow aussi par pure curiosité, intrigué par les critiques dithyrambiques, et c’était loooooong).
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François Bégaudeau
Maître des clésMais tous les personnages principaux de Arnold sont des anges, non?
Des anges face à des bêtes.
On part sur des bases complexes.-
Jules
InvitéJe trouvais que le personnage principal de Fish Tank était assez justement peignée, par particulièrement sympathique ni angélique (je n’ai vu que celui-là et American Honey, je ne peux pas juger des autres)
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Dim
InvitéJ’ai enfin cédé et payé pour voir American Honey en VOD début décembre. Il me faisait envie depuis sa présentation à Cannes en 2016 et un peu déçu également. Je pense que j’ai tout simplement eu du mal à m’accrocher aux personnages. Dommage car jusqu’à présent, la filmographie d’Andrea Arnold était un quasi sans faute pour moi. Découverte de Fish Tank il y a 10 ans et jolie révélation. Les Hauts de Hurlevent en 2024 qui m’a vraiment conquis avec son atmosphère envoûtante. Un pur objet cinématographique. Et enfin Cow, documentaire assez radical dans sa forme mais qui m’a marqué (et bouleversé, je l’avoue).
Hâte de voir Bird !
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Nola
InvitéTout pareil. Bird ne m’a pas convaincue, intéressée de savoir si nos avis restent similaires.
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stephanie
InvitéJ’ai vu Domas le rêveur (1974 restauré). Un film surprenant, l’enfant Domas peut s’endormir n’importe où , il essaie par ce moyen de retrouver dans ses rêves un mystérieux général qui a sauvé son avion au bord d’un lac . Un film à plusieurs dimensions, une ode à la liberté l’enfance, l’oisiveté, le rêve et un échappatoire à la guerre, à l’oppression ( référence à l’invasion soviétique?) la cruauté des enfants. J’ai beaucoup aimé. Et vous?
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Mais moi c’est léo
InvitéJ’ai regardé Tropical Malady avant-hier, aurais-tu la bonté François de livrer ici la critique que tu en avais faite aux Cahiers si ça prend pas trop de temps ?
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K. comme mon Code
InvitéQuelqu’un avait récemment partagé un scan de cette critique, je ne sais plus sur quel topic.
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Mais moi c’est léo
Invitéok merci je vais essayer de chercher
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Mais moi c’est léo
Invitéque tu en avais fait
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Ostros
InvitéUp
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