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Accueil Forums Forum général Cinéma – Page 13

  • Ce sujet contient 745 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par PeggySlam, le il y a 1 année et 3 mois.
Vous lisez 103 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #75996 Répondre
      Ventoline
      Invité

      J’ai toujours rêvé d’ouvrir la prochaine page d’un sujet sur le site… j’exauce mon rêve moi-même.

      Alors on en pense quoi d’Anora ? Pour faire court, je dirais que Sean Baker, cinéaste finito. Ses meilleurs films sont derrière lui, et ce sont ses plus authentiques. Il ne fera jamais mieux que Tangerine. Cela dit, sa Palme a l’air d’avoir donné de la suite dans les idées, pas mal de textes réfléchissent le film, et même plutôt bien je trouve.

    • #76003 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Je suis d’accord pour dire que ce n’est pas son meilleur.
      Il reste toutefois très bon et il aborde la précarité par un nouvel angle assez stimulant.

      On pourrait résumer la filmo de Sean Baker par « des pauvres qui essayent de se loger et se déplacer ». Il filme l’Amérique piétonne (les TDS de Tangerine, les enfants de Florida Project) ou l’Amérique cycliste (Mickey dans Red Rocket) et l’Amérique SDF.
      Là, c’est sa première incursion dans la bourgeoisie, mais par le prisme d’une travailleuse précaire. Contrairement à tous les autres personnages bakeriens avant elle, tous ses besoins matériels sont pris en charge, et donc elle ne devra pas négocier pour sa survie en permanence.
      Mais ce jackpot (avoir trouvé le provider parfait), est également une aliénation, une dépendance totale dont le retour de bâton sera bien plus sévère que la petite dépendance au jour le jour qui avait cours dans ses premières œuvres. Ce qui s’apparentait à une réussite sociale dans la première partie du film – être conduite dans des endroits huppés dématérialisés (à l’instar de Tar) – tourne au cauchemar dans la seconde moitié. Ani reproduit sous la contrainte et la coercition tous les trajets qu’elle avait vécu lors son idylle : restaurants, boîtes de nuit, et même un aller-retour à Las Vegas en jet privé.
      Ce que je trouve très fort, c’est que ces escapades safdiennes prêtent à sourire mais ce sourire disparaît rétroactivement en voyant la dernière scène

      Spoiler

      Nous avons ri mais la souffrance qu’Ani manifeste dans la dernière scène nous oblige à voir le burlesque pour ce qu’il a vraiment été : un corps contraint qui s’est fait trimballer ici et là, puis est rejeté là où il avait été pris. Dans les péripéties du centre du film résidaient donc deux registres : un versant comique apparent (celui d’une femme effrontée qui nourrit le désarroi d’hommes de mains passant une journée de plus au travail) et un versant tragique plus discret (celui d’une femme contrainte, manipulée physiquement par un pouvoir qu’elle a cru dompter, voire auquel elle s’est vue appartenir). Ani voulait goûter au privilège des riches dont les déplacements sont toujours aisés et confortables. Elle s’est retrouvée être un corps qu’on déplace à sa guise, comme une vulgaire marchandise.

      • #76004 Répondre
        Ventoline
        Invité

        J’ai vraiment du mal avec certaines analyses qu’on retrouve déjà partout, notamment ces « escapades safdiennes », dont je ne vois vraiment pas le point commun mis à part de filmer une grande ville américaine, en partie dans la rue ?
        Pareil, il me semble qu’on sous-estime la sincérité de l’amour qu’Ani porte pour le jeune oligarque une fois qu’elle ne lui fait plus payer. Il y avait à ce moment-là une dissociation claire chez elle (et Baker) : l’argent dérègle les relations, mais se veut aussi comme garantie d’un échange de service, et rien d’autre. Une fois qu’il n’y en a pas, ça ne peut être que sincère. Je vois Anora sincère.
        spoiler
        Mais alors, que faire de ce divorce, alors qu’elle a le droit de son côté ? Depuis quand un personnage de Baker ne se battrait-il pas alors qu’il a 1) le droit 2) raison de se battre ? Une analyse « c’est la lutte des classes et c’est une perdante » me semble trop simpliste ici…
        Je te rejoins sur le reste, le projet de SB dans son ensemble notamment !

        • #76007 Répondre
          Scoob
          Invité

          J’ai aussi cru très tôt à l’amour d’Ani, c’est physique, les regards, les postures. L’argent devient même assez vite une sorte de protection, il lui permet de pouvoir continuer à jouer son rôle d’escort et de ne pas trop dévoiler la vulnérabilité engendrée par ses sentiments.

          Je suis peut-être très naïf mais j’ai aussi cru aux sentiments de Vanya ! Un amour beaucoup plus enfoui, confus, à la fin très facile à nier pour lui-même et aux autres dans le même geste.
          Sa façon de prendre une dernière grosse cuite avant l’arrivée des parents, le retour en Russie, le début du boulot. L’aliénation parentale refoule sa vitalité. Ani sent qu’elle le perd au moment de monter dans l’avion, d’où la résignation et l’annulation du mariage malgré ses droits.

          Cela n’enlève rien à l’analyse de Toni, je pense même que la force du film est qu’il joue sur les deux tableaux en même temps.

          • #76379 Répondre
            Carpentier
            Invité

            S’agit-il d’amour ou de rigolade amoureuse?
            Any dit à Vanya qu’elle le trouve drôle, drôlement cool et, croyant à un gosse de riche émancipé – elle pense qu’il a sa propriété pas qu’il loge ches ses parents – oui, elle est touchée par cette demande en mariage-défi-jeu de môme qui, un court instant, laisse sa manette de console sur le canap et file à Végas se marier avec la même aisance profiteuse et argentée que lorsqu’il fête le nouvel an avec la bande de potes et plein d’invités attirés par l’épate.
            Confort, réception sensible et dynamique de l’apprentissage de la baise d’Any par Vanya et rigolade = amour pour Any?
            Détaillé comme ça: ok

          • #76495 Répondre
            Kenyle
            Invité

            « J’ai aussi cru très tôt à l’amour d’Ani, c’est physique, les regards, les postures. L’argent devient même assez vite une sorte de protection, il lui permet de pouvoir continuer à jouer son rôle d’escort et de ne pas trop dévoiler la vulnérabilité engendrée par ses sentiments. »
            Ce qu’on peut dire c’est qu’ils ne se seraient jamais rencontré sans l’argent. Sans l’argent elle ne l’aurait même pas calculé. Que les activités qu’ils ont aimé partager ensembles sont liés aussi à l’argent. En dehors du sex mais comment ne pas penser au reste dans le désir.
            Au passage bel exemple par rapport au sujet du prolo sur ce forum. Anora est une prolétaire. Une prolétaire qui peut gagner beaucoup d’argent.

            • #76496 Répondre
              Kenyle
              Invité

              lorsque ce qu’elle est dans son club

        • #76018 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          Escapades safdienne : nuit new-yorkaise + coprésence au sein d’une même scène de multiples personnages aux intérêts antagonistes (Ani voulant s’échapper, le patron des hommes de main qui prend sa tâche à coeur mais a dû quitter un baptême, les hommes de main qui veulent rapidement finir leur journée) ce qui implique un brouhaha permanent (personnages qui se coupent la parole, qui crient, qui s’insultent)
          Qu’est-ce que tu appelles « avoir le droit de son côté »

          • #76056 Répondre
            adamou
            Invité

            De mon côté, je n’avais pas du tout vu la scène finale comme toi toni. Au visionnage, je ne l’ai pas immédiatement rapportée aux péripéties qui venaient d’avoir lieu (ce qui pourtant fait sens) et y ai vu d’abord l’état de choc d’Ani après une violence (la tentative de baiser). Quand elle se met à coucher avec Youri, elle répète de façon automatique ses gestes de prostituée, gestes dont le baiser ne fait pas partie (dans un imaginaire bien connu où l’on entend dire «je fais ce que tu veux mais j’embrasse pas »). Elle s’approche de lui, il la retient pour l’embrasser de force et c’est alors qu’elle fond en larmes. Bien sûr, dans ces larmes, il y a la désillusion (elle est retournée dans la voiture car elle ne veut pas rentrer chez elle) mais aussi cette violence, son intimité (pourtant decouverte tout le film) forcée par un autre

            • #76378 Répondre
              Carpentier
              Invité

              je crois plutôt qu’il s’appelle Igor : ) qui veut dire guerrier donc
              tandis qu’any-anora l’appelle couille molle et lopette, elle dont le prénom veut dire brillante, goyave, lumière, j’ai souvenir

              • #76403 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Il me semble que c’était la grenade
                Je rejoins ce que dit Adamou
                Sur après une violence, je dirais ou après une vie de violences, peut-être
                Ok aussi pour après avoir été trimbalée puis rejetée là où elle avait été prise

                • #76411 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Je ne me suis pas dit qu’Igor voulait l’embrasser
                  Plutôt qu’il la tenait
                  Je ne sais pas – scène à revoir
                  Un choc en soi pourrait être celui de la découverte, de la sensation, de cet amour
                  Du ici, maintenant, tu peux te laisser aller

                  • #76416 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Oui cette dernière scène n’est pas tout à fait clair pour moi non plus,on se dit qu’ils sont peut-être en train de tomber amoureux et quand elle refuse de l’embrasser il y a une ambivalence, soit elle s’en veut de ne plus rien maîtriser,de ne pas pouvoir choisir un prétendant à la hauteur de ses ambitions, d’être amoureuse sans l’avoir décidé, soit elle le paie en nature de la bague qu’il lui a rendu,pour être quitte et ne rien lui devoir.

                    • #76430 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Concernant cette scène, d’accord pour dire qu’elle est ambigüe (elle est aussi très forte, et prouve que Baker sait aussi faire durer une scène, contrairement à un début de film souvent clipesque, mais dont la forme clipesque est au fond assez homogène au sujet traité, à la superficialité des protagonistes et du cadre). Plutôt qu’une violence dans le baiser à proprement parler, j’y vois le fait que le baiser sur la bouche est ce qui distingue l’amour tarifé (le non-amour) et l’amour véritable (dans sa vie concrète, ça distingue le pro et le perso, en gros). Or elle vient littéralement d’être détruite après avoir cru à l’amour. Elle se sent glisser à nouveau vers le terrain sentimental, et y résiste à toute force. Elle éclate en sanglot en réalisant son incapacité physique à reconnaître une possible éclosion de sentiments amoureux. De le reconnaître après tout ce qu’elle vient de vivre.
                      .
                      Je suis assez d’accord avec l’avis positif de Toni, le film m’a beaucoup plu, il y aurait beaucoup de choses à dire (le personnage d’Anora est très riche. J’ai connu une ou deux personnes dont le tempérament m’y font penser, ça me touche). La partie des « escapades safdiennes » finit tout de même par patiner un peu. Je ne sais pas si c’est mon Baker préféré (des 4 vus) mais ça n’est pas impossible.

                      D’accord aussi avec la conclusion de Toni. Le résumé en une phrase reste tout de même : c’est l’histoire de deux personnes qui se font briser par plus forts qu’eux. Igor est prié de revenir à la niche. Ani est priée de monter dans l’avion. Igor va à la niche, Ani monte dans l’avion. C’est réducteur mais c’est tout de même bien ce qui se passe

            • #76435 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Sur la finale, le geste d’Igor qui, cette fois, maintient Any serrée tout contre lui,
              parce qu’Any l’a décidé on va dire (elle est restée dans sa voiture et lui grimpe dessus)
              parce qu’elle a explosé en sanglots: de lassitude? de fatigue? de tristesse? de soulagement? de joie? après la gifle post-embrassade forcée,
              ce geste donc, est incroyable.
              Que la bague rendue déclenche quelque chose qui couve entre les deux depuis le milieu du film (diverses attention, soutien constant d’Igor envers Any) c’est indéniable – et visible – mais que tout cela éclate aux yeux d’Any à ce moment-là, tout cet amour d’Igor pour elle, ça la désarçonne complet.
              Qu’enfin elle soit un peu tranquille financièrement, que qqn semble l’aimer malgré la merde dans laquelle elle s’est trouvée, et qu’il accepte tranquille ses façons d’agir voir en est épatée, ça la déglingue, Any.
              Et ce baiser, seul moment où il ose la forcer à quelque chose, depuis l’immobilisation du début pour attendre os-machin revenu de Russie, il semblerait que ce soit la dernière digue d’Any envers Igor.
              Dernière digue, ce soir-là, avant l’écroulement post-épreuve du divorce/de la confrontation avec les parents de Vanya, avant la déception qu’elle savait je pense, au fond d’elle-même, avant ce mouvement violent, ce baiser, auquel elle n’avait pas penser en baisant avec Igor (* règle si on aime pas,oui, qqn le dit avant)
              C’est une derniere digue qui cède? un peu avant l’action alors car maintenant, elle sait et, spectatrice, j’ignore encore ce qu’Any va faire aprés cette scène dans la voiture.
              Elle pourrait avoir plus de choix: continuer l’escort? changer son mode de pratique? car revendre la bague peut changer sa vie en partie, quelque temps, elle a de quoi se prendre un appart.
              Je ne l’imagine pas vivre avec Igor en revanche; est-ce parce que je ne lui souhaite pas? peut-être car, comme qqn.e d’ici le dit, la baise dans la voiture m’a plutot paru être une réaction/remerciement/réflexe suite au don de la bague, reprise/amenée par Igor.
              Elle devrait toucher de plus un virement d’argent – j’y crois- suite à l’arrangement/divorce forcé.
              Ça reste ambigu cependant oui, ça peut n’être que ce qui déclenche, l’autorise à craquer envers Igor aussi mais j’y crois moins.
              Sans doute à cause de l’image d’Any envoyant comiquement bouler le patron où elle danse quand elle part une semaine: cette fille tient à son autonomie, avant Vanya, et après cette histoire avec lui, j’imagine qu’elle y tiendra encore plus.

              • #76438 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Qu’Igor et Anora se mettent ensemble me paraît imaginable. Ça m’a évoqué un instant la fin d’En guerre.

              • #76646 Répondre
                Carpentier
                Invité

                .. Je ne l’imagine [Anora] pas vivre avec Igor en revanche; /
                +
                en effet :
                ….. Any dit à Ivan qu’elle le trouve drôle, drôlement cool et, croyant à un gosse de riche émancipé – elle pense qu’il a sa propriété, pas qu’il loge ches ses parents – oui, elle est touchée par cette demande en mariage-défi-jeu de môme qui, un court instant, laisse sa manette de console sur le canap et file à Végas se marier avec la même aisance profiteuse et argentée que lorsqu’il fête le nouvel an avec la bande de potes et plein d’invités attirés par l’épate. / …
                Pour Any, à part en tant que sugar daddy donc et joie à eux, les SD’s) je vois pas trop à quoi pourrait lui servir un Ivan : D
                Ivan, c’est pas bien son genre, si?
                À moins qu’ il se révèle, au quotidien, grand comique 😉

                • #76658 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  *je voulais dire Igor, bien sûr,
                  Igor, à part en sugar daddy, et encore..

              • #80238 Répondre
                Carpentier
                Invité

                benh tiens, repensant à Anora comme ici, dans mes dires:

                Sans doute à cause de l’image d’Any envoyant comiquement bouler le patron où elle danse quand elle part une semaine: cette fille tient à son autonomie, avant Vanya, et après cette histoire avec lui, j’imagine qu’elle y tiendra encore plus.

                en Belgique
                des frites des frites des frites et des

                https://fr.euronews.com/my-europe/2024/12/02/belgique-la-prostitution-est-desormais-encadree-par-un-contrat-de-travail

                • #80370 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  eu l’occasion de voir un Buster Keaton (Sherlock Junior) et la scène avec le minuscule brillant sur la bague de fiançaille offerte à sa promise, que le perso joué par Keaton lui propose de regarder avec sa loupe de détective – puisqu’elle fait la fine bouche devant sa petitesse – cette scène m’a ramené au questionnement sur le nombre de carats du duo de la G.O. à propos de la bague à diamant d’Anora.
                  On s’en fout?
                  on s’en fout.

        • #76025 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Elle n’a pas du tout la justice américaine de son côté, non.

    • #76033 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      C’est mon programme de dimanche donc je peux pas dire pour le moment

      • #76052 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Hey Peggy 👋
        à peine de retour à Paris, filé voir le Guiraudie: mais quel drôle de film; pas mal de rires dans ma salle de 17h, de surprise, d’amusement, de gêne, un peu tout ça j’ai l’impression.
        Moi, j’ai pas résisté à la diagonale en érection du curé, je l’ai saluée d’un pfffffouarf public, assez soufflée de toutes les directions que ça prenait.
        Comment vas-tu sinon?

        • #76060 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Ça va bien Carpentier merci. J’espère que toi aussi.
          Chut chut faut pas m’en dire plus sur le film. J’ai envie de le découvrir sans rien savoir. Même la Gêne que j’écouterai qu’après avoir vu le film

    • #76083 Répondre
      stephanie
      Invité

      J’ai vu Miséricorde hier et j’ai pensé d’emblée au film à A son image qui débute aussi par une scène d’un mort dans la maison familiale et la présence du prêtre : simple coïncidence ? J’aurai bien vu Guiraudie jouant le rôle du prêtre, comme De Peretti.

      • #76084 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        oui c’est vrai que ça aurait pu se faire
        mais en général il ne joue pas dans ses films – sauf L’inconnu

        • #76089 Répondre
          stephanie
          Invité

          la scène du confessionnal où les rôles sont inversés est géniale je trouve, le fait d’y avoir pensé quelle claque. La GO sera sur Miséricorde ?

          • #76091 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            oui, et notamment sur cette scène
            en ligne demain

            • #76100 Répondre
              Carpentier
              Invité

              bien fait d’y aller de suite en rentrant alors (chouette)
              aujourd’hui: juré num.2.
              à nous 2, Clint.

              • #76176 Répondre
                Carpentier
                Invité

                D’autres ici qui auraient vu le dernier Clint?
                On pourrait penser à un film de plus sur la justice américaine et puis non, la place du doute et du jeu autour y est assez intéressante.
                Les mimiques de Nicholas Hoult qui pourraient agacer sont replacées dans des scènes un peu plus musclées, un rythme dans les dialogues qui gomme un peu son visage tracassé et bambin.
                Aprés, Clint a pas bien l’air de penser que la démocratie gagne à associer à sa justice le verdict citoyen/les jurés et la raillerie qu’il insuffle à ses persos du jury le dit bien.

              • #76211 Répondre
                Carpentier
                Invité
                • #76228 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  je sors de cette dernière gêne o. ravie, ravie de leur joie partagée à critiquer Miséricorde, de leur joie partagée à se vanner, de leur joie partager à ouvrir, élargir leurs analyses à d’autres oeuvres y compris pour en rire, bref, beau travail, les Garçons.
                  Pour le cas du prêtre, si je peux me permettre, est-ce vraiment pour lui offrir, comme à tout le monde, une sépulture digne de ce nom (cf. FB) qu’il demande à Jerem de fermer le portail du cimetière juste après lui avoir dit ‘ il vaut mieux que tu ne saches pas ‘ ?
                  Quitte à noircir encore son doss, au prêtre, et si on disait que Guiraudie n’aurait pas tout dit dans son film?

                  • #76229 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    * partagéE à ouvrir

          • #76357 Répondre
            toni Erdmann
            Invité

            Super GO sur Miséricorde.
            Il y a un plan qui n’a pas été évoqué, qui permettrait de répondre à l’inquiétude de Marie Sauvion et qui pour moi est le plus beau du film.
            Dans la nuit (très obscure, comme Guiraudie les fait souvent) durant laquelle ils vont déterrer le cadavre, Jérémy observe le prêtre qui tient la tête du mort dans ses mains et a un geste de tendresse pour lui (une main sur la joue).

            • #76364 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              ce geste m’a échappé et je le regrette fort

            • #76370 Répondre
              Carpentier
              Invité

              en effet, oui, comme dit un peu plus haut:
              … Sur ce regard tiers, il est aussi bien exploité dans toutes les scènes en forêt, où Jerem a toujours le sentiment – il le souhaite? – d’être vu et ce, jusqu’à la séquence avec le curé pour en exproprier Vincent
              ( … allons, personne ne nous regarde, dit-il, truc comme ça, et ils ramènent Vincent au grand air, le curé lui caresse le visage) puis l’extirpent, le portent jusqu’à…
              sa dernière demeure? / ….
              cette scène dans la séquence de l’exhumation est assez extraordinaire, sur pas mal de plans, en effet:
              film à revoir, rien que pour ce passage, si on l’a raté

            • #76499 Répondre
              Renaud Bigorre
              Invité

              Oui excellente gêne et merci d’avoir retenu ma question, à savoir « Peut-on parler d’un film anarchiste chrétien ? ».
              Par « chrétien », c’est bien dans le sens des évangiles déchargés du dogmatisme et de la religiosité qui l’ont perverti, dans leur vitalisme donc, ce que François met en exergue dans Une certaine inquiétude, Jésus, les bourgeois et nous et divers entretiens.
              Même si la lecture m’est ardue, les écrits sur le sujet de Jacques Ellul m’ont aussi beaucoup donné à penser sur l’anarchisme chrétien. Et des œuvres comme celles de Guiraudie, Bresson ou Bernanos me semblent être dans cette veine, me touchent, me brinquebalent profondément dans leur dualité matérielle et spirituelle.

      • #76090 Répondre
        Carpentier
        Invité

        bjr,
        le motif du retour au lieu d’enfance pour un enterrement est ici exploité longuement, bien sautillant flou à l’écran pour dire la route cahotée jusqu’au coeur du village; j’aime assez les prises de vues depuis un véhicule (façon récurrente depuis une vingtaine au moins maintenant) et celle-ci me fut particulièrement pénible: pousser à ce point les virages, profiter du paysage net durant 8-10 secondes à peine (le plan large qui débute) m’a bien mise dans l’attente d’arriver et de garer enfin la voiture.
        Perso, j’adore la boulangerie-pâtisserie fermée qu’on note avant de savoir, en arrière plan centré quand la voiture stoppe enfin.

        • #76096 Répondre
          Renaud Bigorre
          Invité

          Dans les séquences en voiture, le jeu sur le « regard caméra » m’a titillé : de l’orfèvrerie !
          Au début, l’arrivée au village, assis devant, on se demande si on voit à travers les yeux de Jérémie (conducteur) ou si on est un passager fictif.
          Quand Jérémie monte en voiture avec Vincent, assis devant, là aussi on se demande si on est conducteur ou passager.
          Et Quand Jérémie monte en voiture avec le curé, assis derrière, c’est comme si on avait la place d’un 3e passager derrière le curé et Jérémie, tous deux assis devant.

          • #76099 Répondre
            Carpentier
            Invité

            perso, j’étais passager fictif car, fort heureusement, quand je conduis
            – c’est plus net (mais jusqu’à quand?)
            – jamais je ne ‘ subis ‘ ainsi les virages ; )
            Sur ce regard tiers, il est aussi bien exploité dans toutes les scènes en forêt, où Jerem a toujours le sentiment – il le souhaite? – d’être vu et ce, jusqu’à la séquence avec le curé pour en exproprier Vincent
            ( … allons, personne ne nous regarde, dit-il, truc comme ça, et ils ramènent Vincent au grand air, le curé lui caresse le visage) puis l’extirpent, le portent jusqu’à…
            sa dernière demeure?
            … ‘ il vaut mieux que tu saches pas ‘ où sa dépouille finit, dit le curé à Jerem: du mystère, de la rêverie, encore en plus.

      • #76183 Répondre
        lison
        Invité

        J’ ai aussi pensé au film de de Peretti, et me suis dit que c’étaient certainement mes deux films préférés depuis la rentrée.
        Et je suis bien d’accord avec vous sur cette scène de confessionnal. Géniale!
        Hâte d’écouter la Gêne occasionnée, et en attendant je vais voir Anora.

        • #76184 Répondre
          Carpentier
          Invité

          vu hier la b.a. du film d’un autre réal corse: Julien Colonna,
          il y a du budget pour la région paca-corse ces temps-ci?

          • #76187 Répondre
            electrogene
            Invité

            Du budget pour ta grande gueule et ton gros cul.

            • #76188 Répondre
              Carpentier
              Invité

              😁 benh qu’est-ce qui s’passe la gêne électro?
              court-circuit?
              t’as pas d’fesses et une tite bouche qui peut juste sucer des pailles?

              • #76190 Répondre
                electrogene
                Invité

                Sucer de pailles fantaisies. Pense à fermer ton piège Cara de mierda.

                • #76205 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  apparemment, à toi electrogreml, c’est pas après minuit mais dès 20h qu’il faut plus te donner d’eau

    • #76111 Répondre
      tarrou
      Invité

      Bien triste d’être d’accord avec toi, j’attendais de ce film qu’il soit le Bookmaker chinois du cinéaste, mais vu qu’il a complètement abandonné l’idée de faire jouer des acteurs non pro, et que sa part documentaire a pris pas mal de plomb dans l’aile : je ressors du film en ayant pratiquement rien vu des communautés slaves de New York, rien vu d’original des clubs de strips, ce qui semble être un projet du film quand même, mais bon Baker est tellement omnibulé par son actrice, qui est pour la première fois une actrice (pro) n’ayant aucun lien avec le « monde du sexe » (TDS, Porno etc) et qui de fait n’a rien à donné au film et à son cinéaste. J’espère que la palme d’or ne le renforcera pas dans l’idée que cette voie esthétique soit la bonne.

    • #76271 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Merci pour la reco, les gens d’ici: c’est mon premier Baker, je crois bien, et pas sûre que je serais allée voir son Anora (ce con de correcteur vient d’écrire anorak blllppp ga ga) si vous n’en aviez pas parlé, y compris en fin de gêne o.
      J’en sors là, bien zarbi, drôle et lutte des classes tout sauf doloriste: on aime bien.

      • #76272 Répondre
        Carpentier
        Invité

        perdu, j’avais vu son Florida Project bien sûr, et c’est tout
        Tangerine est donc à voir, si je vous lis bien: c’est noté.

    • #76316 Répondre
      Charles
      Invité

      Vu le dernier Eastwood. Comme on sait ici, je ne suis pas un inconditionnel de ses films mais je n’en suis pas un détracteur non plus, je ne demande qu’à les aimer, ce que je n’ai pas manqué de faire en voyant Gran Torino (sa dernière franche réussite) et une partie de Richard Jewell.
      Avec celui-ci, c’est compliqué. Le film se présente comme une série B sans grande envergure, avec des personnages stéréotypés et une intrigue improbable, quoique passionnante dans son principe – un juré découvre qu’il est peut-être l’auteur du crime qu’il juge – et des dialogues poussifs. Bref, on est dans de la fiction du samedi soir, filmé en pantoufles. Les débats de l’audience sont expédiés, ce qui n’est pas plus mal car cela nous évite les sempiternelles scènes de retournement de témoin, de ping-pong verbal, d’effets de manche de l’avocat de la défense. Ici, c’est une audience mezzo voce, sèche et routinière, sans éclat. L’accusé est un voyou sans profondeur ni perversité – on se fout d’ailleurs assez royalement de ce qui lui arrivera -, l’avocat commis d’office fait le minimum et la procureure assure le job. Le film commence réellement avec les délibérations des jurés et là patatras, nous revoilà 50 ans en arrière avec les 12 hommes en colère de papy Lumet. Les jurés veulent expédier l’affaire, sont pétris de préjugés, très stéréotypés (le jeune foncedé, la mamie sourcilleuse, la mère de famille qui répète 10 fois qu’elle doit retrouver ses enfants etc.). Ces scènes-là, dans la salle des jurés, sont embarrassantes tant elles sont grossièrement écrites. Et vas-y qu’un juré est un ancien lieutenant, qu’une autre est étudiante en médecine et donc à même de discuter de l’autopsie. Evidemment, celui qui est le plus réfractaire à l’innocence de l’accusé a un passé douloureux qui explique pourquoi il lui en veut. Heureusement que notre juré n°2 est là pour venir tordre un peu ça, avec ses petites manigances pour éviter qu’on pousse trop loin les investigations sur la cause réelle de la mort de la victime tout en poussant pour qu’on acquitte l’accusé. C’est un beau tiraillement : il lui faut instiller suffisamment le doute pour que l’accusé soit acquitté mais pas qu’il aille trop loin pour qu’on découvre qu’il est le véritable coupable. Sauf que ce beau personnage est interprété par un boy scout, visage lisse et yeux très bleus, du genre à faire du porte à porte pour la croix-rouge. Evidemment, c’est un peu l’idée qu’il soit falot, gentil et sans aspérités. Sauf qu’on doit se le taper pendant 2h, avec sa nunuche de femme qui a décidé de ne rien entraver à ce qui se passe. Quand Jimmy Stewart incarne un certain standard masculin américain dans les films d’Hitch, une sorte de bon père de famille intègre, il n’en reste pas moins Jimmy Stewart, c’est-à-dire une figure charismatique, charmante, qu’on a envie de suivre et pour qui on tremble. Je ne parle même pas d’un Edward G Robinson dont les effondrements moraux sont palpables à l’écran. Ici notre endive mal cuite est parfaitement ennuyeuse et inexpressive – ce ne sont pas des yeux embués ou rougis qui changent quoi que ce soit. C’est dommage parce que c’est le point fort d’Eastwood, rendre touchants des personnages simples ayant réalisé quelque exploit, dépassés par les événements, célébrités du moment obligées de jouer la comédie de l’héroïsme etc. Ici on n’est pas tout à fait sur son terrain mais plutôt sur celui d’un Lang : la culpabilité qui ronge l’individu dans une société assoiffée de justice expéditive. C’est la partie la plus intéressante du film car à 20 minutes de la fin Eastwood lâche complètement le scénario à la Lumet. Enorme forçage scénaristique mais nécessaire pour le sortir de ce marasme et l’amener à un niveau beaucoup plus intéressante, presque vertigineux. Conscient qu’il ne pourra pas retourner un à un les jurés, notre « héros » y renonce et envoie un innocent en prison. La fable édifiante sur la justice américaine de Lumet montrant que douze hommes de la rue même bourrés de préjugés peuvent arriver à sauver un innocent pour peu qu’ils délibèrent ensemble. Notre juré qui voulait à la fois rendre justice et s’en extraire a soudain tranché pour sauver uniquement sa peau. C’est couillu et le dernier plan est parfait – pas de sirènes de flics, pas de grande musique dramatique, simplement la justice qui sonne à la porte, comme la Mort avec sa faux qui vient réclamer son dû. Un dernier mot sur Toni Colette, qui sauve un peu le film avec ses poches sous les yeux qu’elle essaie de maquiller, ses hésitations, sa dégaine de femme puissante cheap et malgré tout son entêtement. C’est pas le personnage de film mais dans un film qui manque aussi cruellement d’incarnation, c’est beaucoup.

      • #76320 Répondre
        Carpentier
        Invité

        oui, Toni Colette sauve de l’endive,
        (cf. d’erratiques lignes un peu plus haut après mon visionnage)
        et la courte scène où juré num2 discute avec la procureure sur le parking est assez drôle justement, de par le face à face mimiques des 2, puisqu’il va jusqu’à insister et dire le.s rôle.s et consequences que pourraient prendre, pour elle, les déroulé et verdict de ce procès quant à sa carrière politique.

      • #76335 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Je suis d’accord avec toi. Beaucoup de scènes sont difficilement acceptables tout en me passionnant théoriquement. Par exemple, la scène où certains jurés racontent leurs histoires est certes aberrantes de candeur , mais elle permet au film de réaliser sa plus grande opération théorique : alors même que le coupable réside parmi le jury, il n’est pas le seul à être partial.
        Je m’explique sur cette idée. Le film repose sur cette ironie du sort qu’un des jurés (censément recruté pour être le plus impartial) est la personne la moins impartiale du crime qu’on juge puisqu’elle est le coupable.. Le film pourrait tenir là-dessus. Eastwood va plus loin et creuse l’idée qu’il ne suffit pas d’être le coupable pour être partie prenante d’un procès. L’exemple du juré qui reste sur sa position de « coupable » car il est lui-même impacté par le gang dont fait partie le suspect montre bien que tout le monde perçoit un intérêt dans son jugement. Tout le monde est pris dans des affects et des intérêts sociaux qui empêchent l’impartialité, y compris des choses triviales comme « je dois garder mes enfants » ou « j’adore les histoires de meurtre donc je vais mener l’enquête ». En somme, le concept même de « juré » serait une illusion. Ce qui s’apparentait à une dysfonctionnement conjoncturel lié à une coïncidence inouïe (le coupable est juré) est en fait un dysfonctionnement structurel (tout le monde est partie prenante d’un fait de société comme un crime).

        J’admets toutefois que tout cela reste théorique et ne sauve pas le film.
        Je te rejoins sur le dernier plan que je trouve parfait. Ça serait un magnifique dernier plan d’une filmographie.
        Et très subversif politiquement pour un mec de droite : la justice pénale, la vraie, quand elle se base sur la vérité, peut détruire le petit noyau familial, alors qu’on pensait qu’elle était faite pour le protéger.

        • #76338 Répondre
          Carpentier
          Invité

          …. D’autres ici qui auraient vu le dernier Clint?
          [au moins 2 sitistes, donc, ok: ]
          On pourrait penser à un film de plus sur la justice américaine et puis non, la place du doute et du jeu autour y est assez intéressante.
          Les mimiques de Nicholas Hoult qui pourraient agacer sont replacées dans des scènes un peu plus musclées, un rythme dans les dialogues qui gomme un peu son visage tracassé et bambin.
          Aprés, Clint a pas bien l’air de penser que la démocratie gagne à associer à sa justice le verdict citoyen/les jurés et la raillerie qu’il insuffle à ses persos du jury le dit bien. / …
          Quant au final (autre face-face mimiques plutôt eyes-kick, en vrai) il laisse plusieurs issues possibles quand même, non?

          • #76343 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Je sens encore un film très explicatif par sa mise un peu comme Trap de Shyamalan ou Anora (mon programme de l’après-midi malgré tout) qui semble pas mal divisé à cause de ce sens là. Ou alors je me trompe et je l’espère

            • #76345 Répondre
              Carpentier
              Invité

              non, pas trouvé explicatif, non – moins que Chroniques chinoises par exemple ; )
              et le jeu avec les flash backs est super, enfin, moi j’ai bien marché avec la facture des flash backs de Clint.
              Là, j’attends Trois kilomètres avant la fin du monde qui, dans mon cas pourrait aussi s’appeler ‘ trois semaines avant ta coloscopie ‘

              • #76347 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Merci Carpentier je prends note !

                • #76371 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  j’en sors, plutôt bouleversée avec un bon mal de crâne,
                  hâte de l’évoquer et d’en parler avec qqn.e de l’Emmanuel Pavú
                  Bon Miséricorde à toi, Peggy, en attendant

                  • #76373 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde, d’Emanuel Parvu (non, le correcteur, un seul m pour cet Emanuel.)
                    Mes prochains films: Flow, Au boulot, En fanfare.
                    Bon courage à chacun.e ici, pour reprendre le taf demain après ce week-end spécial.

                    • #77998 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Finalement, j’ai vu Le royaume avant En fanfare:
                      une séance à 17h15, un samedi, ça fait une salle remplie ou quasi (seules les places du premier rang étaient vacantes.)
                      Le temps de se mettre raccord avec mon collègue de boulot préféré pour l’avant-première UGC et c’était complet, l’autre jour, pour les résa à l’avant première.
                      On dirait qu’il démarre correct; qqn.e d’autre qui, comme moi, l’aurait déjà visionné peut-être, ce Le royaume?

                      • #78005 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        ‘ lève la tête le reste suivra ‘

                        ( le dude à sa fille pour qu’elle le suive comme convenu à la pêche, à 6 heures du mat’)

                        Avec les vies qu’on a on respire la peur on la mange c’est ce qui fait qu’on reste en vie

                        chaque jour qui se lève est une bénédiction, le jackpot

                        en quasi final qu’à la fois on sent venir, espère et redoute.
                        J’espère que d’autres iront le voir,

                      • #78006 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        en 2, c’est en réponse à la question de sa fille, le dude toujours, à qui elle demande s’il a peur
                        (les meurtres en boomerang/vengeance sont en cours)

            • #76449 Répondre
              Carpentier
              Invité

              salut Peggy,
              c’est Anora et non Miséricorde que tu voyais hier, si je lis mieux? ok.
              – tu diras?
              Hier soir, de mon coté, j’ai vu le magnifique Flow.
              Applaudi, avec la petite dizaine de personnes (et pas que des enfants, non) qui l’ont osé: je reprendrai à son propos ce que tu aimes à dire, je crois -> le certain
              ‘nun peu de douceur dans ce monde de brutes ‘ <3
              et je recommande ce film d’animation, donc.
              Y compris pour celles et ceux qui n’en sont pas encore à se jeter dans un canal, lesté.es de ce qu’il pourrait ne pas supporter facile.
              Ma carte UGC chauffe à mort ces temps-ci, oui.
              Et, pour info, Piole et cie font du mois de novembre à Grenoble le mois de l’accessibilité 😉
              Si ça te dit, vraiment, je trouve que ce coin est particulièrement joli.

              • #76475 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                @Carpentier Malheureusement une intoxication alimentaire m’a achevé hier. Je n’ai pas pu aller au cinéma. Je suis donc en repos et la sortie cinéma est repoussée à plus tard.

                Bon si au moins les paraolympiques ont servi à quelque chose… Mais pour combien de temps ?

                • #76516 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  argh, fucking sunday, alors, zut: j’espère que tu te remettras vite et bien, Peggy
                  là, en attendant, si jamais, le culture box est dédié au phénoménal quincy Jones – rip à Quincy – avec la rediff d’un Quincy symphonic de dingo et aux chansons de Mickaël <3

        • #76344 Répondre
          Charles
          Invité

          Je suis d’accord Toni mais c’est ce que disait déjà Lumet sauf que chez lui les préjugés et la partialité des jurés finissaient par se résorber – de façon très naïve et illusoire, certes.

          • #76346 Répondre
            Carpentier
            Invité

            j’aime beaucoup la facture moqueuse du perso de la blonde aux cheveux courts qui prend en main les débats entre jurés: sorte de desesperate housewife mettant en avant qu’elle a déjà été tirée au sort 2 fois, c’est la voisine vigilante type.
            Les 2 procès ayant été annulés, elle peut donc être choisie une 3e fois? ok.
            Ma scène préférée? le fake de visite collective sur les lieux (du crime?) négociée pour mieux comprendre, avec la fan de faits divers/analyses TV qui remplace le détective privė astucieusement sorti du jury.
            Pas si mauvais, Clint, mais il aurait pu écourter.

      • #76395 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Contente de te lire Charles!
        Toni Colette, j’aime bien. Si je vois ce nom, je sais qu’il y aura quelque chose de bien même dans un navet. Bien qu’une fois le navet était tellement navet que j’ai pas pu finir ( pardon aux navets, très bons pour la santé)

      • #76406 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Merci Charles. Tu le vends bien au fond je trouve. Parce que les scènes classiquement attendues que tu décris bien salopées m’apparaissent via ton récit comme la fatigue d’un homme qui sait faire, mais a envie d’aller au point : l’arbitraire absolu d’un verdict.
        Dans les vrais procès aux assises on a toujours l’impression étrange que ce petit théâtre est mal écrit et mal joué, bêtement caricatural ou plat. Au moins, à te lire, le film est, peut-être malgré lui, raccord avec cette réalité là.

        • #76408 Répondre
          Charles
          Invité

          C’est vrai mais ça ne représente que le début du film, après, quand les délibérations commencent, tu retrouves les grosses ficelles hollywoodiennes.

    • #76474 Répondre
      KDB
      Invité

      Hé bien assez déçu par Anora.
      Je peux commencer à noter des variations de la trame scénaristique hollywoodienne la plus classique: film de délitement plus que de liaison, film de barbouze et de poursuite sans arme, violence folle qui passe par les mots, l’influence et l’argent plus que par les armes, évitement de la psychologisation, fabuleuse arrivée de la comédie et du burlesque (il y a un sens du corps chez Baker). De ce point de vue, le découpage du film permet au film de changer assez fluidement de mise en scène.
      Alors pourquoi me suis-je ennuyé?
      C’est que toutes ces variations servent en réalité à remettre tout le monde à sa place de manière plus théorique que matérialiste. On « sent » le scénario et sa trajectoire. Souci du réel sans doute, mais finalement déjà vu mille fois, même à Hollywood (toutes les critiques que j’ai lues font semblant que le cinéma américain est monolithique, qu’il n’a jamais été critique du mythe américain, que Anora est un grand déconstructeur du mythe de la réussite…).
      Si on aime le cinéma comme captation, on s’ennuie un peu en première partie (long clip qui n’attend que sa déconstruction et qui laisse peu de place à voir ce qu’est le travail d’Anora ou la richesse du gamin), on s’amuse de la bousculade dans la villa où on voit la mécanique des corps, on a la passion un peu triste de reconnaitre du Scorcese, du Safdie, etc. mais on n’y trouve rien de particulièrement singulier dans la troisième (la bagnole embarquée à la fourrière, le magasin mis en pièce, l’engueulade d’arrière-cuisine, les champs-contrechamps des films de procès – le cadrage et les mouvements d’appareil en général sont assez convenus).
      Un peu un gout de « tout ça pour ça ».

    • #76478 Répondre
      perové
      Invité

      Avez-vous, comme moi, était plus ou moins génés des rires incessants sur Anora dans la salle ?

      vu hier au mk2 beaubourg et comment dire… la moindre blague causait des rires en avalanches et on se regardait avec ma copine en mode « ? »

      Ça a rendu le visionnage fastidieux, est-ce que vous aussi dans vos cinémas les spectateurs avait cette facheuse tendance ?

      • #76481 Répondre
        Tof
        Invité

        Pas pour Anora, mais je l’ai eu pour Love Lies Bleeding dernièrement, film qui ne manque pas de séquences kitchs ridicules. Un groupe d’hommes au premier rang riait aux éclats, d’un rire qui claironnait « j’ai les codes ». J’ai pensé à deux choses: 1/ la séquence où Jim Carrey illustre le rire qu’il a depuis qu’il est riche 2/ Une question: y a-t-il un rire gay ?

        • #76482 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Les voies du rire sont impénétrables. J’ai eu droit en septembre à une personne (un poil âgée, dira-t-on) qui riait aux éclats devant l’Armée des Ombres. Suggérons à ses enfants une séance demain 21h pour Anora s’ils veulent accélérer l’héritage.
          .
          Le Baker est tout de même assez drôle. Mention spéciale pour ce sermon boomer contre Tiktok et Instagram de l’Arménien au manteau beige avec apparition immense et floue, dans l’arrière plan, du drapeau américain. Savoureux

          • #76484 Répondre
            Tony
            Invité

            On va quand même se dire la vérité, c’est un film très moyen et assez pénible, heureusement que la jeune actrice est captivante sinon ce serait un désastre,je l’ai vu hier et je commence déjà à l’oublier…

            • #76486 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              On pourrait lui reprocher de trop reposer sur le personnage principal et son actrice. Et quelques autres reproches encore (cf. plus haut sur la poussive traque d’Igor). Mais je doute que ça me fasse descendre en dessous de « bon » voire « très bon ». Si l’on n’est pas captivé par Anora, le film perd sans doute 50% de son intérêt, je peux le concevoir. Ça passe ou ça casse.

            • #76519 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Vu Anora hier et il m’en reste peu aussi aujourd’hui – je me demande quand même un peu si je suis passée a côté et que je gagnerais à le revoir ou si non, pas franchement la peine, où si je n’accède pas aux joies de S Baker, car je m’étais déjà un peu ennuyée avec Red rocket
              Dans Anora je trouve que la fille est chouette bien sûr
              Et je me demande si elle ne prend pas toute la place alors que ce serait peut-être le portrait d’Yvan, de son énergie, de ses empêchements, de son virage, que je trouve le plus interessant
              Si j’apprécie le calme d’Igor, Igor aux yeux et aux oreilles bien ouverts devant l’énergie d’Ani et la mauvaise posture où elle se trouve, je me demande si son personnage n’a pas été mis là surtout pour me tirer une larme ainsi qu’à beaucoup de spectateurs, ou bien si la dernière scène est juste très belle

              • #76536 Répondre
                Kenyle
                Invité

                « Si j’apprécie le calme d’Igor, Igor aux yeux et aux oreilles bien ouverts devant l’énergie d’Ani et la mauvaise posture où elle se trouve, je me demande si son personnage n’a pas été mis là surtout pour me tirer une larme ainsi qu’à beaucoup de spectateurs, ou bien si la dernière scène est juste très belle »
                C’est le premier film de baker que je vois.
                J’aime bien l’idée de la partie poursuite d’ivan. On y voit une bande de prolétaire subordonné (même toros) se taper dessus et s’insulter pour courir après un bourgeois/argent. J’aime bien le coté désamorcer l’aspect pro des truands. Lorsqu’ils vont chez ivan pour le papier de mariage ils savent pas quoi faire ou comment réagir.
                Le film montre énormément ça. Toros qui donne de l’argent aux femmes de ménage pour les dégâts causé. Ivan qui fait semblant de péter un cable lorsqu’il y a du retard au casino, blague certes, mais le serveur crispé va se défouler sur son subalterne. Lors de la recherche d’ivan, ils vont voir ses amis dans le resto. L’amis répète sans cesse qu’ils vont perdre leurs boulot et qu’ils en ont besoin.
                Je ne pense pas qu’igor soit là pour faire tirer une larme. Je regrette un peu les trop nombreux plan insistant sur le visage d’igor qui regarde ce qu’il se passe et qui nous fait deviner la suite. J’aime bien le voir incorporé dans l’ensemble, dans le groupe, observer et attendre passivement les ordres. Igor apporte de la diversité de tempérament. Igor exécute. Il fait son boulot. Si on lui demandait je pense qu’il dirait que c’est de la merde. Beau personnage igor. Sur la magnifique scène final, il m’a plu de le voir un peu gêné un temps. Mais ce n’est pas uniquement igor qui pourrait me faire tirer une larme sur cette scène.
                .
                « Et je me demande si elle ne prend pas toute la place alors que ce serait peut-être le portrait d’Yvan, de son énergie, de ses empêchements, de son virage, que je trouve le plus interessant »
                Moi je dirais que le film force trop sur la mère et le père.

                • #76542 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Je me demande pourquoi ce film plaît autant à la bourgeoisie,le fait qu’il s’agisse d’un oligarque russe n’y est peut-être pas étranger,le travail d’Anora n’est pas si désagréable que ça, rien ne l’oblige à se prostituer à l’extérieur,en fait tout est très cool.

                  • #76545 Répondre
                    Kenyle
                    Invité

                    « Je me demande pourquoi ce film plaît autant à la bourgeoisie »
                    Je ne sais pas si la bourgeoisie a aimé ce film, je ne suis pas un érudit, je regarde peu de film et je ne lis pas de critique. Il serait malhonnête de ma part de dire que j’ai passé un mauvais moment devant ce film.
                    .
                    « le fait qu’il s’agisse d’un oligarque russe n’y est peut-être pas étranger, »
                    Franchement les parents sont raté. Même si les acteurs sont plutôt bon dans ce qu’on leur dit de faire.
                    .
                    « le travail d’Anora n’est pas si désagréable que ça, rien ne l’oblige à se prostituer à l’extérieur »
                    Il y a cette scène où Anora mange et son manager lui fait comprendre gentiment qu’elle doit cesser et aller bosser.
                    Je suis d’accord avec ce que dit adamou (#76056) et IGY (#76430) plus sur cette page sur la scène finale.
                    .
                    « en fait tout est très cool. »
                    Moi j’ai pas eu l’impression que tout était cool, bien que tout soit soupoudré d’humour, j’ai trouvé ce qu’il se passait à l’écran très triste vu de l’extérieur, lorsque qu’on sait les rapports de force en jeu.

                    • #76548 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      J’ai pas trop le temps de te répondre(je dois gagner ma vie!), aujourd’hui l’oligarque russe est un peu devenu dans le cinéma contemporain un antagoniste que l’on va craindre ou moquer,il y aurait un bon capitalisme, libéral et laissant le marché décider,et un mauvais capitalisme,archaique et soumis à un état autoritaire,celui des oligarques,je ne dis pas que S Baker tient ce propos mais la bourgeoisie libérale s’en trouve légitimée d’une certaine façon.

                      • #76549 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Ok je vois.
                        « (je dois gagner ma vie!) »
                        Courage à toi, moi je suis rentier.

                    • #76594 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      …. il y a cette scène où Anora mange et son manager lui fait comprendre gentiment qu’elle doit cesser et aller bosser. / ….
                      Elle est la seule à parler russe et c’est leur intérêt mutuel à ce que ce client soit bien ferré et qu’il consomme, comme on sait bien
                      Anora ne se fait d’ailleurs pas bien prier il me semble
                      Et on sait à quel point ça va marcher
                      Le manager est plutôt tranquille avec elle, oui – et les filles en général, elles sont comme en free-lance/location d’usage des lieux une fois en salon privé?
                      Je méconnais ces fonctionnements

                      • #76595 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        « Le manager est plutôt tranquille avec elle, oui – et les filles en général, elles sont comme en free-lance/location d’usage des lieux une fois en salon privé?
                        Je méconnais ces fonctionnements »
                        Moi non plus je ne connais pas et je ne pense pas que le film soit forcement une grande documentation sur le sujet. Le fait que le manager lui demande gentiment me semble conforme au management moderne. C’est demandé gentiment mais elle n’a pas choix.

                      • #76598 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        N’oublions tout de même pas la façon d’Any pour prendre son congé d’une semaine: ’ quand j’aurais la protection santé, on en reparlera de ton accord’ lui dit-elle avant de partir

                      • #76597 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Et les premières scènes? clipesques je lis beaucoup mais surtout complètement justes, non?
                        Les danses hot et contorsionnistes, les gars parfois dépassés par le désir parfois aguerris au truc et la proximité des filles, qui se parlent, se clin d’oeillent, se soutiennent dans le boulot par petit signe pendant: parlant et magnifique.
                        La musique, les lumières ne justifient pas, je trouve, le ’ clipesque ’ c’est surtout à ça que ressemble leur lieu de taf.

                      • #76599 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        « Et les premières scènes? clipesques je lis beaucoup »
                        Je dirais que c’est conforme à l’univers mental d’Any.

                      • #76601 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        si vous voulez voir du clipesque, voyez l’amour ouf
                        et vous verrez la différence

                      • #76669 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Effectivement, personnellement je ne qualifierais pas ce film de clipesque, en dehors peut être de 2/3 scènes genre l’intro, le mariage puis l’euphorie sous le plafond de feu d’artifice.

                • #76593 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  … Lors de la recherche d’ivan, ils vont voir ses amis dans le resto. L’ami répète sans cesse qu’ils vont perdre leurs boulot et qu’ils en ont besoin. / ….
                  Et du côté du club en revanche, quelle joie sautillante et drôle lorsqu’ils y cherchent Ivan – que j’ai rebaptisé Vanya, va savoir pourquoi – : la pote d’Any lui a signifié que sa rivale, quant aux pref des clients, va se taper son mari et ils ouvrent chacun des salons privés, un à un, où l’escort accueille à chaque fois leur intrusion d’un ’ salut Any ’ ’ comment ça va? ’ des plus amicaux et heureux de vivre; trouvé ça drôle perso, ainsi que tout le périple avec celui qui s’est fait casser le nez: ’ prochaine fois c’est les couilles ’ lui a promis Any.
                  La réaction de Toros, quand il la decouvre ficelée et ballonnée sur le ventre d’Igor, est poilante aussi et croire qu’elle seule est venue à bout des deux gardes mandatés pour surveiller le couple lui est juste impossible.

                  • #76600 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Ci-dessus, à propos de l’aspect comique du film.
                    Dans la,salle mk2 où je l’ai vu, la grande salle, ça riait régulièrement, pas bizarrement du tout et la longue séquence de crise pour sortir de la propriété, à la,suite d’Ivan, avec Any qui en fait voir beaucoup aux 2 gardes en attendant l’intendant-tuteur particulier d’Ivan a été par exemple accueillie à la mesure de la drôlerie.
                    Quel étrange remarque de relever des rires estimés inappropriés ou mal dosés, non?
                    À proximité d’un jeune couple, me suis d’abord dit que c’était peut-être pas si simple de le voir en couple et puis, très vite, des deux, c’est le gars qui, lui, a ri aussi assez souvent.
                    Parfois, moi, le rire clair m’emmène, là où j’aurais peut-être juste souri grand, seule.
                    Je trouve quand même bien fou qu’on puisse cependant aller au ciné et cotoyer des gens qui jaugent la réception des autres dans la salle.

                    • #80295 Répondre
                      perové
                      Invité

                      ben en fait, ça casse les blagues, quand la salle est hilare, alors que la vanne est cousu de fil blanc et peu fine, ça la rend encore plus grossière.

                      Quand j’aurais surement souri, à cause de leurs rire, j’en étais presque consterné..
                      Je n’étais pas gené pour un sou, juste gené pour les spectateurs d’être hilare face à des choses si simples

                      vous ne voyez pas ce sentiment Carpentier ?

              • #76543 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Je me sens requis par mes affects de me faire l’avocat du film — qu’on n’hésite pas à m’aider, j’ai l’impression que nous sommes peu. Je porte la parole de la vraie France et dis tout haut ce que le pays pense tout bas.
                .
                Je sens ma défense encore plus subjective que pour d’autres films. Constat simple : l’univers humain, architectural et sonore dans lequel évolue Ani a tout pour me déplaire, elle même aurait beaucoup pour me déplaire à première vue, une superficialité apparente logiquement homogène aux souhaits de ses clients, une gestuelle ostentatoire, des fringues dont je goûte peu, tout ce qu’on voudra — j’exclus par honnêteté son corps du « tout ce qu’on voudra ». Je peux même préciser avoir fait l’expérience, une seule fois lors d’un enterrement de vie de garçon d’ami, d’une sorte de « strip club », expérience déplaisante.

                Deuxième constat, aussi simple : à mesure que le film avance puis se termine, j’en viens à profondément aimer ce personnage — je suis incapable de distinguer l’actrice et le personnage tant les deux me semblent fusionner, être faits l’une pour l’autre. On peut le reprocher au film mais son titre indique son programme, son centre de gravité. Le juger là-dessus ne me paraît pas indu.
                .
                La superficialité apparente du personnage se craquèle petit à petit à mesure que la caméra change son mode d’attention : au sein d’une forme très clipesque s’introduisent des moments plus longs, des dialogues avec Ivan dans lesquels le naturel affleure, où la vie reprend ses droits. Comme une Mule parlait d’un « cinéma du visage » et il me semble qu’on en trouve dans ce Baker une version réussie (il faut aussi dire que le visage d’Anora, son expressivité telle qu’elle se déploie au fur et à mesure, me plaît; qu’aurais-je pensé du film si ça n’était pas le cas? Objection difficile. Je pourrais répondre : autre visage, autre film. Je ne parle pas d’un film qui n’existe pas).

                Le tempo de la caméra dans les champs contre-champ de ces dialogues redonne sa vie à Ani, je me prends même à être ému par ce pauvre-richissime gosse qu’est Ivan. Je trouve chez Ani un tempérament qui ne m’est pas inconnu, pour l’avoir aimé comme pour en avoir souffert : elle est un ouragan. On pourrait dire que tout grand vivant est « incontrôlable » — Ani est qualifiée ainsi dans une scène, de mémoire quasi certaine. Il serait très facile de présenter Ani comme une hystérique qui ne sait pas ce qu’elle veut, une caricature classique de la femme, mais le film ne verse pas là dedans. Ce tempérament est rendu avec une grande justesse y compris dans la manière dont elle peut attaquer ceux pour qui elle s’éprend d’affection (Igor) : j’ai connu ça de première main, et le rendu a l’écran m’apparaît d’une grande cohérence en même temps que d’une grande tendresse. Allusion amusante à ce propos, qui je pense est consciente tant elle est explicite, à la tirade « Funny how » de Pesci dans les Affranchis — Ani prononce ces mots là dans le lit avec Ivan. La douceur de la scène est totalement renversée par rapport à celle des Affranchis, film revu dernièrement et qui m’a au moins autant déçu qu’il m’avait plu il y a 15 ans.

                Je ne sens pas le cinéma si affirmatif de Baker tomber dans la naïveté. Ani est en quelque sorte une « femme puissante » mais on n’est pas en terrain salamo-libéral (je crois que l’expression est de FB). Déjà la puissance d’Ani déborde de toutes parts, ça n’est pas qu’une affaire de discours ou d’influence. Ensuite les plus puissants montrent le bout de son nez tout du long (de la tirade rapide mais bien là sur les droits au chômage jusqu’à l’apparition plus soulignée, en ça je rejoins Kenyle, des parents d’Ivan). On peut aussi s’amuser du fait que la personne qui vient mater Ani en dernière analyse n’est pas un homme, mais une femme. Le clivage de genre existe dans le film mais n’est pas simpliste.
                .
                Je ne suis pas embêté par le moindre intérêt pour le personnage d’Ivan. Il est touchant mais au fond, sa vacuité et surtout sa puérilité éclate au grand jour dès l’instant où Papa Maman lèvent le doigt. Ce vide est rendu à l’écran par son mutisme total à partir du milieu du film. Le personnage perd sa substance, il est lâché et c’est discutable, mais ça ne me paraît pas sans justesse : c’est un gosse, à qui tout vient des parents, qui n’a aucune autonomie, la simplicité de son revirement est homogène à tout ça. Je suis encore une fois d’accord pour dire que le film a des faiblesses : comme d’autres films de Baker (notamment Florida Project, beaucoup aimé), il est trop long, on aurait pu retirer 20 bonnes minutes. La séquence de la traque est trop longue, la scène du pseudo procès ne sert pas à grand chose (on sent la pure nécessité narrative) : il y a un léger ventre mou, c’est indéniable.
                .
                Ce film m’a touché, j’essaie juste de mettre deux trois mots là dessus. Ça n’épuise pas le sujet.

                • #76544 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  I.G.Y je like ton post
                  Merci d’avoir développé

                • #76560 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  – Ani est en quelque sorte une « femme puissante » mais on n’est pas en terrain salamo-libéral (je crois que l’expression est de FB) –

                  J’ai pensé à la même chose qu’Igy quelques heures après le film, rêvassant sur lui.

                  PS : On était trois filles, on a souvent ri. Et je crois que ça tient en partie à l’épuisement volontaire des scènes, par exemple de bagarres ; ça dure et cet étirement est déconcertant et fécond.

                  • #76578 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Idem pour les femmes proches de ma place.

                    J’aime bien « tragicomédie », mentionné plus bas. Dont on ressort bien plus revigoré qu’abattu, malgré la tristesse de la fin

      • #76494 Répondre
        Kenyle
        Invité

        Personnellement le film ne m’a pas fait rire. Et aucun rire dans la salle. On était une dizaine.

        • #76497 Répondre
          Kenyle
          Invité

          j’ai souri 2/3 fois quand même

          • #76501 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Comme quoi. Chez nous salle assez pleine et ça riait bien. Enfin dans les moments à peu près opportuns.

            • #76502 Répondre
              Kenyle
              Invité

              C’était la séance de 15h30 ce lundi dans le centre d’une ville moyenne, les vacances scolaires viennent de terminer. La moyenne d’âge était élevé.

              • #76503 Répondre
                Kenyle
                Invité

                Une personne a quitté la salle avant la fin.

                • #76533 Répondre
                  Scoob
                  Invité

                  Beaucoup de rires lors de ma séance, y compris de ma part.
                  Ma copine m’a fait remarquer que seules elle et une autre fille étaient restées stoïques. Elle a pourtant bien aimé le film.
                  Je répète ici grossièrement sa remarque : En tant que fille, on comprend. Une sorte d’empathie féminine ? Ça m’intéresse mais ça ne me fait pas rire.

                  • #76558 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Quant à moi j’ai souvent ri, ce qui n’engage que moi.
                    Ce qui n’engage pas que moi, c’est que c’est en tant que comédie que ce film est grand.

                    • #76562 Répondre
                      Mao
                      Invité

                      Beaucoup de rires dans ma salle également. J’ai moi-même ri mais moins que d’autres qui étaient hilares toute la seconde partie du film. J’admets que ce film m’a gêné. J’avais du mal à accepter la tournure burlesque que prenait le film. J’étais vraiment perturbé par ce que je venais de voir. Un peu désemparé. Puis le film a muri en moi la nuit durant et dès le lendemain je crois avoir compris pour partie le trouble qui m’avait saisi lors du visionnage. Aujourd’hui, quelques jours après, je tiens ce trouble (cette gêne occasionnée) pour la grande réussite du film. J’ai l’impression que la lecture du dernier Rancière aide beaucoup à comprendre le mouvement du film.

                      • #76564 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Que le film soit une comédie ne me dérange pas. Mais le rire n’a pas fonctionné chez moi. J’ai aussi ressenti de la gêne. Mais c’était de la bonne gêne.

                      • #76566 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Le film n’et pas une pure comédie. C’est une tragicomédie. Du point de vue d’Anora c’est une tragédie, du point de vue russo-arménien c’est une farce.

                      • #76565 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        « Aujourd’hui, quelques jours après, je tiens ce trouble (cette gêne occasionnée) pour la grande réussite du film. J’ai l’impression que la lecture du dernier Rancière aide beaucoup à comprendre le mouvement du film. »
                        Est ce que tu peux en dire plus là dessus ?

                      • #76567 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Je vais essayer.

                      • #76568 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Oui tragi-comédie convient
                        Mais dans la tragi-comédie, la comédie casse le tragique. C’est un mélange non symétrique

                      • #76583 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Une comédie dramatique ?

                      • #76584 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        J’évoque Rancière parce que chez Rancière l’émancipation est la fiction qui permet d’échapper au temps de la servitude. S’émanciper ça peut signifier voir le monde tel qu’en lui-même et se rendre capable d’imaginer un autre monde possible, se rendre capable d’imaginer la fiction d’un autre monde possible. Il me semble même l’avoir lu définir l’utopie comme le passage de la fiction à la réalité. Quand la fiction émancipatrice devient réalité.

                        Lorsque Ivan fait sa demande en mariage à Anora. Je le crois sincère, autant qu’il lui est possible de l’être.

                        Par ce mariage, Ivan imagine vraiment qu’il va pouvoir échapper à son destin, à ses devoirs et obligations d’héritier. Lui qui redoute de devoir retourner à Moscou pour travailler auprès de son père, pense par ce mariage pouvoir acquérir la nationalité américaine, rester à New-York et continuer à mener une vie de patachon hors de toute réalité. Le désir profond d’Ivan est un désir d’évasion que ce soit par les jeux vidéos, la fête permanente, la drogue et l’alcool sans limite. Le sexe facile. Etc.
                        Ce mariage est donc pour lui le moyen rêvé pour rompre définitivement le temps de la servitude (dorée) auquel il est condamné.

                        Pour Anora même combat. Ce mariage est évidemment pour elle le moyen d’échapper à sa condition précaire de travailleuse du sexe.

                        On peut imaginer que ce qui peut arriver de mieux à une travailleuse du sexe est de mettre le grapin sur un milliardaire pas trop casse couilles ni trop rebutant. Et même si Yvan ne brille pas particulièrement par sa personnalité, il est plutôt cool dans son genre. C’est une bulle de champagne qui a même l’air d’être sincèrement amoureux.

                        Au moment de la proposition qui se concrétise quasi immédiatement par le passage d’une alliance en diamant 6 carats devant l’autel, le film bascule dans le conte de fée. Il bascule dans la fiction. Fiction du mariage entre une escorte et un milliardaire à laquelle on a envie de croire.

                        Après tout, pourquoi pas, l’ex et probable future first lady a sans doute connu un destin assez comparable.

                        ici le conte de fée, est ce qui permet d’échapper au temps de la servitude. L’un et l’autre ont cru qu’ils pourraient, en se mariant, échapper à leur condition. Je pense que les personnages y croient sincèrement et que ce mariage qu’on ne cessera de tourner en dérision est une véritable tentative d’émancipation.

                        Comme spectateur, cette fable, j’ai envie d’y croire. Je suis même bouleversé pour Anora au moment de la proposition de mariage. Or, on sait bien que quand on a la sensation que c’est trop beau pour être vrai, il s’avère bien souvent que c’est effectivement trop beau pour être vrai.
                        Ce qui pour Anora est un conte de fée devant la mener dans la suite de Cendrillon est pour la famille russe, une mésalliance. Une nouvelle farce de mauvais de goût, l’énième facétie de leur satanée progéniture.

                        A peine a-t-on le temps de nous remettre de nos émotions que la cavalerie est déjà en route pour faire annuler le mariage.

                        Lorsque les hommes de mains de l’oligarque russe débarquent toutes affaires cessantes, on imagine le pire et on s’attend à voir comment nos deux tourtereaux vont lutter pour se sortir de ce traquenard. C’est du moins l’enjeu du film si on se place du côté d’Anora, déterminée comme jamais à se battre comme une diablesse pour défendre son union.
                        Mais ce n’est pas du tout la direction que va prendre le film. La lutte à mort entre les forces de l’amour et les forces du mal, faute de combattants, faute d’amour, n’aura pas lieu. La seule qui se bat c’est Anora. On a beau lui dire et lui répéter qu’il n’y vraiment pas de quoi se mettre dans des états pareils. Rien n’y fait. Elle s’accroche, toutes griffes dehors, à cette vie de rêve qui lui est tombé dessus comme par miracle. A ce moment là effectivement, le film bascule résolument dans la comédie et le burlesque. Anora a beau vivre une tragédie mais rien de tout cela n’est bien grave. La preuve, dans la salle tout le monde se marre.

                        Les hommes de mains se révèlent être plutôt des pauvres types uniquement venus pour s’assurer qu’un mariage a bien été conclu, confirmant que décidément ce sale gosse d’Ivan n’en rate pas une, et le faire annuler comme il se doit.

                        Ils sont d’ailleurs les premiers surpris par la violence de la résistance qui leur est opposée.

                        Quant à Ivan, Il aime peut être Anora mais pas au point de faire face au retour imminent de ses parents. Il fait alors ce qu’il sait faire de mieux, il fuit. Par sa fuite, il signale pour ceux qui en douteraient qu’il n’est pas vraiment un héros de tragédie shakespeerienne prêt à sacrifier sa vie pour faire triompher l’amour.

                        S’engage alors la « traque » à travers les bars et clubs dans lesquels Ivan a ses habitudes.

                        A ce moment, à la rigueur, un léger doute peut encore persister. Tant qu’on n’a pas remis la main sur Ivan on peut même si c’est peu probable se dire qu’il est peut-être en train de s’organiser pour trouver une solution. On le retrouve hélas plus risible, inconséquent, pitoyable et pleutre que jamais en train de glisser des billets dans le string de la principale rivale d’Anora qui avait prédit que ce mariage ne tiendrait pas deux semaines. Alors que de fait, il n’a pas tenu deux jours.

                        Puis arrive les parents qui au prix d’un nouvel aller-retour à Vegas finissent enfin par arriver à leurs fins.

                        Après une dernière parole menaçante Anora finit par rendre les armes. Elle signe sans contrepartie l’acte d’annulation. Elle ne croit plus ni au drame ni au conte de fée. Elle voit bien elle aussi que tout cela n’est qu’une sinistre farce. Une blague de mauvais gout faite à ses dépens. Un mauvais tour du destin qui aura eu le mérite d’amuser Ivan, de le distraire, de le divertir pendant quelques heures avant l’inéluctable gueule de bois du retour sur Terre.

                        Chez Baker la vie est belle mais toujours entravée par ce monde de merde et ses institutions au seul service des puissants.

                        Anora vit authentiquement un drame parce qu’elle croit, a cru, un temps, à la fiction du conte de fée qui s’était présenté à elle.

                        Dans les films de Sean Baker, tous les personnages portent en eux un monde, avec une vision du monde, des rêves, des espoirs, des combats. Dans Tangerine Kiki Kitana Rodriguez n’est pas qu’une prostituée sur laquelle des ignobles types balancent gratuitement de l’urine dans la rue, c’est aussi une femme amoureuse qui veut épouser Chester son mac (encore une histoire de mésalliance) et qui retournera à coups de talons hauts tout West Hollywood pour remettre la main dessus s’il le faut. Chez Baker les personnages sont puissants. Ils ne sont pas que ce qu’ils sont, ils sont toujours plus que ce qu’ils sont. Malgré les entraves, ils s’accrochent à leur désir, se battent, se démerdent, résistent. Le pouvoir de la bourgeoisie est ce qui nous prive de notre puissance. La vie, nos drames ne sont pour elle que comédie, farce de mauvais goût que l’on peut à sa guise tourner en dérision.

                        Avec Anora ,Baker nous montre que la bourgeoisie vit dans l’inconséquence parce qu’elle dispose de moyens infinis pour corriger le tir en cas de pépin. La bourgeoisie est too big to fall. S’il y a erreur de la banque en votre faveur, inutile de s’affoler, on peut toujours annuler. Faire machine arrière. Dusse-t-on dépêcher 12 jets privés, et mobiliser 48 cabinets d’avocats pour ce faire. Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. L’argent permet d’échapper non pas à la servitude mais aux conséquences de nos actes. Et tant pis pour les dommages collatéraux. Tant pis si vous y avez cru. La bourgeoisie ne croit en rien. Elle se moque de la vie, se contrefout de vos sentiments. Elle compte et ne reconnaît que ses intérêts.

                        Elle se moque tellement de nos drames, de nos vies, dans toutes leurs dimensions tragiques mais qu’elle peut si nécessaire les annuler rétroactivement. Décréter avec le concours des autorités compétentes, que ce que nous avons vécus, est nul et non avenu. Vous pensiez que vous étiez mariée ? Vous avez un document officiel qui le prouve ? Laissez moi voir ça. On s’en occupe.

                        Vous avez le sentiment d’avoir vécu la plus grande aventure de votre vie mais en réalité, calmez-vous, parce qu’il ne s’est rien passé. Ce n’est qu’un triste malentendu. Mon Dieu, vous y avez vraiment cru ? Comme c’est drôle.

                        Effectivement c’est drôle. C’est fou ce qu’on peut être con quand on y pense. Avoir cru en ce conte de fée là. Avoir cru en la fable de la pute et du milliardaire. Avoir pensé que le chemin de l’émancipation pouvait pour Andra passer par un type comme Ivan. Avoir continué d’espérer, ne serait-ce qu’une seule seconde, y compris après l’avoir vu se carapater devant nos yeux, que cette larve allait faire quoi que ce soit pour sortir sa bien aimée des griffes de ses ravisseurs.

                        Faut-il être bête et avoir vu tant de mauvais films pour croire en pareille fable. On nous y reprendra plus. On se reprend, on se ressaisit. On respire. On laisse tourner le moteur. On chevauche Igor avec lequel s »écrira peut être une histoire intérssante et on lâche prise.

                      • #76586 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Merci je suis assez d’accord avec ça. Je crois que si les larmes d’Anora fonctionnent si bien à la fin et qu’elles m’ont déchiré à ce point. Ce que le film a cherché à rire de la situation tout le long du film.

                      • #76587 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        c’est que*

                      • #76588 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je serais peut-être un tout petit moins indulgent avec Anora.
                        Sachant que rien de ce qu’elle fait n’est de son fait.

                      • #76591 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « Sachant que rien de ce qu’elle fait n’est de son fait. »
                        Cela ramène à la responsabilité morale pour tu t’évertues à vouloir mettre en scène, alors même que cela est stupide et complètement arbitraire.
                        Cela me fait penser à tes actes qui, on le rappelle ici, ne sont pas de ton fait.

                      • #76592 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Tu sais quand elle sort la GO ?

                      • #76604 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Celle sur Misericorde est toute fraiche. Celle sur Anora sera pour le samedi 23

                      • #76609 Répondre
                        stephanie
                        Invité

                        Ce qui est assez fort c’est qu’on ne sait jamais vraiment si Anora croit à ce conte de fée , elle rêve d’aller à Disneyland en voyage de noce et en même temps on perçoit dans son regard (nombreux gros plans) une incertitude , une inquiétude, un questionnement , est ce que ça va marcher en nous ? (déterminisme social).

                      • #76629 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        elle y croit sans y croire
                        elle « choisit » d’y croire et dans ce volontarisme niche une incrédulité
                        l’accoutumance au faux le lui fait parfois tenir pour vrai

                      • #76643 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        En même temps comment ne pas y croire. La bague qu’on lui passe au doigt est bien réelle. Tout comme l’acte de mariage qui certifie que mariage il y a bien eu.

                      • #76645 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        ….à las vegas, le mariage

                      • #76647 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Bien sûr Vegas. A Vegas il arrive aussi 1 fois sur 1 million qu’un quidam touche le jackpot. C’est tout aussi irréel, il faut qu’on se pince pour y croire et pourtant.

                      • #76656 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        aaaaaah Végas,
                        and naow ladies and gentlemen: our merveilleuse Céliiiiiiiine DION
                        tup tup tup tap tap tap
                        tip top tiiiiiip top tap tip

                      • #76670 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Il peut y avoir une ambiguïté au moment même de la demande en mariage.
                        -ils sont à las vegas, elle est payé pour être là.
                        -ils prennent de la drogue dur
                        -(si ma mémoire est bonne et elle ne l’est pas) elle ne dit pas oui, elle répond 3k(je suis pas sur du chiffre). Comme si elle acceptait de jouer le rôle durant le séjour.
                        Par la suite je dirais qu’elle y croit vraiment. En tout cas elle le défend. Dans la villa elle demande à ivan ce que ses parents ont répondu quand il leur a annoncé leur mariage. Elle dit que ça devrait bien se passer, que c’est le désir de tout parent que ses enfants fondent une famille, j’éspère que tes parents m’apprécieront.
                        Lorsqu’elle rencontre la mère elle lui dit que c’est un honneur d’être la femme d’ivan, on est amoureux on voudrait que vous l’acceptiez.

                      • #76671 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        ils prennent de la drogue durant le séjour, pas durant la scène je crois et ils pas l’air défoncé

                      • #76672 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Sur le détail du 3k : c’est de mémoire « 3 carats » (elle voudrait 3 carats de diamants sur la bague, de mémoire aussi elle montre son doigt). Et je crois qu’Ivan répond « let’s make it 4 »

                      • #76673 Répondre
                        Kenyle
                        Invité

                        Ah oui possible, je l’ai vu en vf et lorsqu’il lui propose le séjour à végas ils disent 10k et lors de la demande en mariage j’ai entendu 3k mais c’était peut être 3 carats

                      • #76814 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je sors de la salle. Je ne comprends pas trop les critiques acerbes. Oui le film est un peu long, comme souvent chez Baker. C’est pas un drame.
                        D’accord avec le croire sans y croire. Quelque part le film est très simple. Le spectateur sait très vite comment tout ça va se dérouler, parce qu’il est impossible que ça se déroule autrement. Les personnages sont tout le temps sincères. Pas de billard à 12 bande. À part un peu envers eux même, ils s’autorisent à croire que l’inévitable ne va pas se produire. Et ne font rien pour l’éviter, à part une fuite en avant du fiston, mais il ne se cache même pas. Il choisit de continuer sa fête. Donc tout est simple, tout se déroule suivant le plan, mais quelle finesse tout du long. On y croit. À chaque personnage, chaque lieu, chaque sourire (à part la victimisation de ce grand peuple arménien pendant 2h20, ça ça pue la fiction hollywoodienne). Parce que c’est fin, parce qu’il y a toujours le petit décalage qui fait que ça sent la vie.

                        « Chez Baker la vie est belle mais toujours entravée par ce monde de merde et ses institutions au seul service des puissants. » C’est aussi simple et bête que cela. Et c’est en ça que son cinéma est fort : la vie est belle et il sait la filmer. Même la où elle est glauque, ringarde, de mauvais goût.
                        Grand directeur d’acteur qui ne fait pas mentir l’adage suivant lequel 90% de la direction se fait au casting : Baker est crédité au casting. J’ai l’impression qu’il écrit très souvent avec des gens particuliers en tête.
                        Enfin, d’accord aussi avec la comédie qui est la grande réussite du film. Du dialogue au jeu corporel (galipette la plus drôle de l’histoire du cinéma).

                      • #77330 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        je signe

                      • #78117 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Un peu à la traîne je sort de chez Anora
                        Et merci beaucoup de me l’avoir fait découvrir
                        Je crois qu’une des scènes qui m’a le plus marqué
                        C’est le gros plan en fond de gorge complètement cartoon lorsqu’elle crie «  au viol « 
                        Personne n’y croit, elle le fait pourtant
                        C’est un film qui je trouve est en permanence en bascule avec la folie , ils sont «  affirmativement dingues « est ma première impression – ca m’a beaucoup détendue paradoxalement – j’étais a domicile

    • #76493 Répondre
      Seigneur Momotte
      Invité

      Incroyablement bien flow, j’ai eu un grand sourire tout du long, ça manquait peut être de marmotte mais à part ça super.

      • #76509 Répondre
        Carpentier
        Invité

        ah ça oui (incroyablement bien)
        pour les marmottes, peut-être, ouais, maintenant que tu le dis
        je le conseille à tout le monde autour de moi (même à mes parents qui sortiront de clinique jeudi soir: ainsi, leur vendredi est pris)

      • #77212 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Je confirme que Flow est extraordinaire. C’est l’un des plus beaux films d’animation que j’aie vu, si ce n’est le plus beau. Entièrement muet, on évite les dialogues « pour enfant » si souvent neuneus, c’est formidable

      • #77327 Répondre
        Christophe M
        Invité

        Sans le post de Seigneur Momotte je ne serais pas allé voir Flow. J’aurais raté quelque chose. Le capibara est un substitut acceptable à la marmotte. La palette de miaulements de Flow est extraordinaire.

    • #76530 Répondre
      Lagardere Arnaud
      Invité

      Begogo un mot sur Anora ?

    • #76563 Répondre
      Renaud Bigorre
      Invité

      Je suis prêt à parier que L’Homme Qui N’a Pas De Prénom, friand de jeux de mots, va agrémenter la prochaine gêne d’un « Anora par amour du goût » !

      • #76666 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Rire !

      • #76680 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Elle est relevée

        • #76681 Répondre
          Claire N
          Invité

          Rhoo ! Smatch de Mélanie !!!!

          • #76688 Répondre
            Carpentier
            Invité

            du coup anora pu pour les autres

    • #76569 Répondre
      Henry
      Invité

      Vu que François m’a dit ne pas avoir écrit de texte sur La Pianiste à sa sortie, y en a-t-il parmi vous qui en connaissent ? Je dis des textes, mais ça peut être des vidéos ou podcasts….

    • #76602 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Dans Comme une mule, il y a la très bonne blague selon laquelle Sébastien Cauet est un meilleur réalisateur que Woody Allen
      Dans la continuité, je prends les paris que Sergio Agüero est un meilleur réalisateur que Pablo

      • #76718 Répondre
        Ventoline
        Invité

        j’avais beaucoup aimé ses sorcières d’Akelarre, et ai entendu du bien de Saint-Ex
        wait and see

    • #76663 Répondre
      Titouan R
      Invité
      • #76679 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Oui en effet

    • #76674 Répondre
      Tony
      Invité

      Au boulot de Ruffin est souvent drôle,Saldman est vraiment fascinante,on dirait un enfant,elle ne sait rien faire,elle a jamais vu une vache,elle ne sait pas à quoi ressemble un navet,elle croit que les barquettes de poissons sont fabriquées par une machine,elle ne sait pas se faire cuire un œuf,c’est vraiment stupéfiant de voir une incarnation aussi pure de cette bourgeoisie qui vit dans l’ignorance(ou le déni?)de la réalité matérielle des choses et des êtres,évidemment on finit par la trouver sympathique,on a presque autant de peine pour elle que pour les travailleurs qu’elle rencontre et ,au fond, ça neutralise la portée politique du film,heureusement la fin,très émouvante et joyeuse,nous remet les idées en place,exit Saldman,Ruffin et Perret déroulent le tapis rouge à tous les travailleurs rencontrés,habillés comme sur la croisette,une coupe de champagne à la main,la joie nous sauvera.

      • #76682 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bonjour,
        J’ai fait le déplacement hier, moi aussi, pour le dernier Ruffin/Perret; ma séance tombait avec Ruffin en présentation d’Au boulot (emploi du temps et décontraction font que j’ai réservé comme ça – ma pref aurait été avec lui en débat post-projo mais bon.)
        J’ajoute à ton post la séquence avec la stéphanoise – celle qui, sur la plage, aux césars des secondes lignes, se fend d’une robe de princesse, oui et elle remercie et salue ses collègues en arrêt maladie.
        – la séquence:
        devant le ‘ bénéficiaire ‘, comme il est dit, S.S. semble n’avoir jamais même lavé son poupon, petite.
        Gant à usage unique et shampoing en mains, sous couvert de craindre de lui faire mal, on se demande même si elle comprend ce que laver les cheveux d’un malade veut dire.
        L’alternance des sentiments, en la voyant juste ordinaire puis de nouveau gourdasse max, avec son air de tellement découvrir la vie, bouscule pourtant moins qu’en écoutant les bouts de vie des personnes rencontrées pour dire leurs bouts de boulot face cam.
        Quant au bénéficiaire, sans doute habitué à voir passer des femmes plus ou moins jeunes mais souvent différentes, comme on sait, son ‘ elle se débrouille bien ‘ si encourageant met en miettes tandis qu’on le voit se contorsionner, autant qu’ il lui est possible avec sa colonne déviée, pour aider les 2 femmes à lui enfiler un tee-shirt propre.
        Ruffin/Perret: touché.
        S.S.: coulée

      • #76684 Répondre
        Carpentier
        Invité

        … la joie nous sauvera / ….
        le vent nous portera
        sur toutes les plages du monde

      • #76695 Répondre
        Paume ardente
        Invité

        Bonjour à toutes et à tous. Je me permets de m’incruster dans ce fil de discussion.

        Je pense qu' »Au boulot ! » de Ruffin ET Perret, n’oublions pas le second, très important pour savoir d’emblée à quelle forme esthétique on a affaire, ne vaut la moindre considération de la part de quiconque aime voir du cinéma. Je m’excuse d’une certaine malhonnêteté de ma part comme je ne l’ai pas vu, j’avoue que je n’ai pas eu ce courage. Tout comme je n’ai pas eu la force d’aller voir « Reprise en main », « La Syndicaliste », « Un métier sérieux » et tant d’autres chefs-d’œuvre éteints comme les dinosaures. Mais j’ai bien vu « Merci patron ! » et « J’veux du soleil » et j’ai tout oublié de ce dernier.

        Ce qui est frappant avec le duo Ruffin et Perret, c’est que, contrairement à ce que vous en percevez, ils n’aiment pas le réel. Ils ne se frottent à rien, ils campent sur leurs positions dont ils ne s’affranchiraient pour rien au monde et surtout pas pour faire du cinéma. Saldmann a été perçue comme ridicule et elle est montrée comme ridicule. Quel geste subversif ! Ce serait comme faire un film sur Thaïs d’Escufon : quel intérêt ? Tony a dit : « évidemment on finit par la trouver sympathique,on a presque autant de peine pour elle que pour les travailleurs qu’elle rencontre et ,au fond, ça neutralise la portée politique du film » C’est faux. C’est attendu, convenu, éculé que de faire un film sur un personnage antipathique qu’on commence à apprécier et qui, finalement, s’avère au bout du compte détestable. Il n’y a pas d’amour possible envers Saldmann parce que, de toute façon, la mise en scène est tellement médiocre, insipide qu’elle est incapable de prendre un tel risque et de tisser ou suggérer quelque chose d’approchant. Le public de gauche, seul public d’un tel film, risquerait de se fâcher.

        « heureusement la fin,très émouvante et joyeuse,nous remet les idées en place,exit Saldman,Ruffin et Perret déroulent le tapis rouge à tous les travailleurs rencontrés,habillés comme sur la croisette,une coupe de champagne à la main,la joie nous sauvera. » Pardon mais cela est une piètre vision de la joie. C’est juste une happy end clichée comme on en trouve partout sauf dans le film éponyme. Des personnes des classes populaires vêtues de Dior qui sirotent du champagne ou des cocktails, c’est sûr que ça envoie du rêve. Ce que vous dites d’un tel dénouement me rappelle « Petite nature » de Samuel Theis. Ah là là, si les gueux en ont après la classe dominante, c’est bien parce qu’ils se fantasment à la place de ses membres, parce qu’eux aussi aimeraient avoir beaucoup d’argent pour s’adonner aux mêmes activités. Eux aussi voudraient golfer et partir au ski. Les enfants de prolétaires méprisent leurs parents, comme le protagoniste de « Petite nature », parce qu’ils aspirent à quelque chose. A s’émanciper ? Non, bien sûr que non. A changer de classe parce que la bourgeoisie adore se raconter la fable que ses opposants ne sont au fond que des envieux de sa position désirable. Tout ça pour dire que ce que vous décrivez est d’une mollesse politique et d’une fadeur cinématographique absolument indigentes.

        Enfin, je pense qu’il faudrait tenir compte d’un certain conseil de François Bégaudeau pour juger de la vigueur artistique d’un tel film : quelles sont la réception et la circulation d' »Au boulot ! » ? Quelle part de la population se précipite pour aller le voir ? Quelles sont les qualités mises en avant par les personnes qui l’ont apprécié ? Vous-même, Tony, vous n’avez en rien abordé la forme de ce long-métrage. Est-ce parce qu’elle est à ce point négligeable ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, les Cahiers n’y ont rien perçu de puissant et je ne donne pas quatre semaines au film avant de disparaître.

        • #76697 Répondre
          Tony
          Invité

          Je trouve très bizarre de critiquer un film sans l’avoir vu et de reprocher dans le même temps à Ruffin/Perret de ‘camper sur leurs positions’ et de ne pas ‘aimer le réel’.Que le film ait une forme télévisuelle c’est entendu,il sort au cinéma,je parle de ce que j’ai vu.Sur l’esthétique je laisse les esthètes en débattre, j’ai le droit de m’en foutre !

          • #76700 Répondre
            Paume ardente
            Invité

            Ah d’accord, pardon, je ne savais pas qu’on était sur Twitter où on ne peut rien dire sans avoir à rendre des comptes. Bon, tant pis. En tout cas, merci de me souhaiter la bienvenue, Tony.
            Ma virulence n’est qu’à la hauteur de l’engouement qui accompagne la réception de ce film. Parce que, bien entendu, tu as le droit de t’en foutre, c’est si joliment dit que je ne le questionnerai pas. Si tu avais dit « le film ne casse pas trois pattes à un canard mais j’ai quand même apprécié », il n’y aurait pas eu de malentendu. Mais non, il faut se légitimer. Il faut dire que Ruffin et Perret ont fait une scène chrétienne, font du cinéma réconciliateur, ce qui n’a rien d’une qualité pour rappel. Mais ouais, je suis un esthète, j’adore quand les décors des films sont soignés et que le film reçoit un prix pour ses costumes.
            A part ça, j’ai vu « J’veux du soleil » et la bande-annonce dudit film, dans laquelle Ruffin roule des yeux quand Saldmann parle de croque-monsieur à la truffe. J’avoue que ça m’a exaspéré et que j’ai décidé de ne pas le voir. Un tel procédé n’est pas sobre, ne table pas sur l’intelligence du spectateur à qui on prémâche tout. Mais c’est tellement plus facile de me reprocher de ne pas l’avoir vu, comme si je n’y connaissais rien en cinéma. On dirait l’argument des fans de Marvel quand on dit que le dernier qui sort a l’air nul : « Ouais mais de toute façon, tu parles sans l’avoir vu. » Alors que si j’avais menti en faisant croire que si, qu’aurais-tu répondu ?

            • #76701 Répondre
              Tony
              Invité

              Je te souhaite la bienvenue, pas de problème,je trouve juste un peu dommage de vouloir discuter d’un film sans l’avoir vu,les questions esthétique m’intéressent un peu quand-même,je savais en allant voir Au boulot que sur ce plan là il n’y avait rien à en attendre, cependant le film a une certaine force,il inverse la représentation médiatique de l’assistanat,les bourgeois sont les assistés de la société, c’est très banal de le dire comme ça mais le film en apporte la preuve,il rend visible tout ce que la bourgeoisie passe son temps à occulter.

              • #76702 Répondre
                Mao
                Invité

                Le cas Perret / Ruffin c’est un peu compliqué pour moi. Je connais les deux. J’ai surtout été amené à côtoyer Perret qui est un homme admirable. Je peux en témoigner. Je connais moins Ruffin, je connais surtout les fakiriens. Je n’ai eu qu’une seule véritable occasion de parler directement politique avec Ruffin et déjà, avant même qu’il n’explose en plein vol, il m’avait consterné. Je veux dire politiquement pas humainement. Je l’ai trop peu approché pour avoir un avis sur l’homme. J’avais été « admis » à sa table en tant que GJ très mobilisé dans le mouvement et il venait de sortir « Je veux du soleil ». La rencontre entre le GJ et le Ruffin de « Je veux du soleil » ne s’est pas spécialement bien passée. Ruffin n’était pas aussi GJ compatible qu’il le prétendait. Quoi qu’il en soit je n’étais pas très regardant sur leurs films que j’avais globalement appréciés jusqu’à « Debout les femmes » inclus. Entre temps, il y a eu le fameux « Reprise en mains » qui est une bouse et « La ferme des Bertrand » que j’ai plutôt aimé. Quand j’ai vu débarquer la bande annonce de « Au boulot », je ne sais pas pourquoi mais ça m’a vraiment horripilé. Je me suis même permis d’avoir l’inélégance de le faire savoir à Perret, comme bien d’autres d’ailleurs, qui m’a simplement répondu « Calme toi, ce n’est pas ce que tu crois, va voir le film et on en reparle après ». Tout ça pour dire que je n’ai toujours pas vu le film et qu’il m’est donc impossible d’en parler sérieusement mais aussi que je comprends les réactions épidermiques provoquées par la seule vision de sa bande annonce qui flirte avec l’indécence. Reste que pour en avoir le coeur net, il faudra bien que je me décide à aller y jeter un oeil. La question étant : le film est-il aussi douteux que ce que nous en laisse présager sa déconcertante BA ou au contraire pas du tout ?

                • #76711 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ce sera aussi et surtout l’occasion, pour moi par exemple, de reprendre les lignes de CUM sur le duo, après visionnage de leur 3e ensemble

                  • #76712 Répondre
                    Mao
                    Invité

                    En vrai, je crois que je vais me fier à mon instinct premier et m’épargner la peine d’aller le voir en salle. Je pense que je finirai bien par le voir un jour ou l’autre mais dans l’immédiat j’ai mieux à faire comme aller voir « Miséricorde » par exemple.

                    • #76713 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Prioriser les urgences, en effet, comme on fait tous il me semble
                      Mon prochain sera En Fanfare, tout moi ; D
                      Ruffin précisait bien, hier soir, l’amitié/familiarité/ reconnaissance quasi immédiate avec Perret, parce que provinciaux, posait- il en hypothèse à moitié-sérieuse.
                      Il louait surtout le bon caractère de Perret, possible explication – entre autres – pour laquelle ils pouvaient travailler et faire des films ensemble, ajoutait-il.
                      La génese d’Au boulot c’est clairement Debout les femmes (finalement une sorte de Debout les femmes 2, pose-t-il , DLF 2 dont le film conducteur – autour duquel tisser les narrations des proganistes – se présenta à lui par le biais de qui on sait postillonant on sait quoi à l’émission nommée comme on sait.
                      Après, gros boulot de relances et séduction/argumentation quand même pour sortir de l’eau celle qui avait mordu à l’hameçon sur le plateau des G.G.
                      Un film en résultat d’un défi-réaction à un adage bien connu des nantis sur les défavorisés: bonne réception, pour ce François-là qui, lui aussi, retombe pas mal sur ses pattes.

                      • #76714 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        *fil* conducteur

                      • #76715 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        *protagonistes (c bien casse-couilles là)

                  • #76738 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    … Ce que dit/montre Debout les femmes:
                    333, … Ces femmes sont regardées, mais expéditivement. Parole leur est donnée, mais par bouts à peine moins brefs que des interviews de micro-trottoir. Le montage hyper cut écourte et enfile les scènes sans prendre le temps de donner chair à ces travailleuses invisibilisées. / …
                    En gros, même facture, donc pour Debout les femmes 2, comme le sous-titre Ruffin.

                    • #76741 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      .. Par crainte de rebuter les spectateurs, le duo évite ce qu’il appelle une facture austère, …. celle des docus capables de rester sur une scène un quart d’heure, tenaces comme un plan fixe. /…
                      … Si à aucun moment R&P ne s’inquiètent de faire forme commune avec leurs adversaires politiques, c’est que pour eux la forme n’est pas un sujet./ …
                      À leurs yeux, le docu est un
                      … Moyen comme un autre de diffuser un discours préformé / efficace – visible – accessible

                      À la cause, qui n’attend rien de l’art en propre, tous les supports sont bons. /…/ Si l’omelette assurait une meilleure diffusion du propos, Ruffin et Perret auraient fait non un film mais une omelette. / …

                      C’est l’aporie de tout dispositif éducatif: dans le même temps que je postule les prolos assez intelligents pour s’élever, je les postule trop cons pour les hauteurs. / ….

              • #76704 Répondre
                Paume ardente
                Invité

                Merci Toni, j’apprécie beaucoup ton dernier message qui n’aurait pas été possible sur les réseaux sociaux. Je crois que je suis un peu trop taquin de nature, ce qui peut laisser paraître que je ne suis pas là pour discuter alors que c’est ce que je préfère.
                Tu as raison sur l’inversion de la perception de l’assistanat, le problème c’est que le fait que la forme ne soit pas elle-même un renversement du mainstream des films ou docus bourgeois justement est regrettable. Et comme j’entends beaucoup parler de ce film qui aurait pu être grand, alors même que je sais que son existence n’est que temporaire, je suis lassé et j’ai voulu intervenir ici. Désolé que ça soit tombé sur toi, du coup.
                Enfin, je tiens à dire que je te rejoins sur le fait de ne pas avoir vu le film, ce n’est bien sûr pas l’approche la plus pertinente pour parler d’art. Si je me préserve d’aller voir « Au boulot ! », ce n’est pas par pédanterie mais parce qu’à chaque fois que je vois un mauvais film, je me sens bien mal après. Cette année, mes yeux ont vu « Borgo » et « La Prisonnière de Bordeaux », par exemple, et ils en ont bien souffert. Heureusement, ils s’en sont remis grâce à des chefs-d’œuvre pleins de vitalité cinématographique.

                • #76707 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  aaaah, taquinerie?
                  bien pratique

              • #76754 Répondre
                adamou
                Invité

                Pour l’avoir vu Tony, je ne trouve pas que le filme inverse « la représentation médiatique » tant que ça puisque Ruffin est moins soucieux de filmer la vie et le travail (exception faite de la scène de toilette qui est très belle, très calme) que de balancer des sujets politiques dans les discussions (à l’usine de poisson par exemple où il les coupe pour les lancer sur les retraites), ce qui recrée un peu des ambiances de plateau télé. On sent souvent les gens sur le mode du débat (ils essayent de trouver des arguments sur un sujet posé par Ruffin) d’ailleurs puisqu’on leur met tout de suite Saldman devant eux en leur disant « elle trouve que vous êtes des assistés, vous êtes d’accord? ». En ajoutant à ça le peu de jours de tournages qu’on ressent vraiment (côté Ruffin, il y a peu de matière donc il faut forcer ses idées, côté travailleurs, il y a une courte fenêtre qu’il faut utiliser à bonne escient), on se retrouve avec une forme télévisuelle qui relève pas mal du reportage (les sequence de travail sont siii courtes) et du micro trottoir

            • #76705 Répondre
              Carpentier
              Invité

              …. Ma virulence n’est qu’à la hauteur de l’engouement qui accompagne la réception de ce film / …
              euh? où ça? qui? de quoi parles-tu?
              deux sitistes qui l’ont vu et qui l’évoquent vite fait c’est un engouement?
              Quelle mesure dans ton expression écrite, bienvenue dans cet échange de 6 posts dans un film de discussion où tu y trouveras sans doutes quelques excès sur d’autres oeuvres.

              • #76706 Répondre
                Carpentier
                Invité

                où tu* trouveras (sans y )
                sans doute*, sans s,
                sans engouement disproportionné

              • #76709 Répondre
                Carpentier
                Invité

                et donc *fil de discussion
                désolée, j’ai les doigts pleins de frites ikéa: MIAM
                + PS: …. le problème c’est que le fait que la forme ne soit pas elle-même un renversement du mainstream des films ou docus bourgeois justement est regrettable. / …
                un ou des exemples peut-être?

                • #76716 Répondre
                  Paume ardente
                  Invité

                  Désolé Carpentier, ce n’est pas mon truc de tout expliciter, contrairement à Ruffin et Perret. De toute façon, quand on choisit de ne répondre qu’à certaines phrases en occultant le reste, la discussion ne mène à rien.
                  Je note que tu me reproches des excès stylistiques tout en me mettant en garde des potentiels excès argumentatifs de certaines et certains sur d’autres œuvres.
                  Et t’as vu, ma taquinerie est bien pratique hein, même si j’ignore à quelles fins. J’en ai une autre comme ça : je suis autiste. Aah, la belle excuse, invérifiable en plus. Mais c’est bien pour ça que je n’interviens qu’aujourd’hui alors que je suis le forum de Bégaudeau depuis pas mal de temps. Parce que je suis timide, parce que je peux ne pas comprendre certains implicites et avoir peur des conséquences. Et que je crains de m’en prendre plein la tronche sans raison. Parce que je ne différencie pas très bien premier et huitième degré.
                  Mais tout ça, je me doute que tu t’en fiches. On ne m’y reprendra pas. Je vais me taire, réintégrer la majorité silencieuse. Tu pourras dire que je me défile, c’est bien pratique.

                  • #76725 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    « Je vais me taire, réintégrer la majorité silencieuse. » Et ce serait bien dommage, j’ai lu avec plaisir ; et ce message est premier degré.

                  • #76734 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    autiste et taquin, ok pour le combo
                    et moi, je dois juste être bourrine et mal accueillante, alors: il n’empêche que ma demande sur les documentaires bourgeois que tu évoques rapidement est intéressée, vraiment.
                    Tu ne veux pas d’échanges comme ‘ sur les réseaux ‘ , tu aimes qu’on déplie mais tu expliques pas tout comme Ruffin et Perret, bon.
                    Remontons-nous les manches: on peut donc poser que tu réponds qu’à ceux/celles que tu estimes dignes d’intérêt, comme beaucoup ici et surtout pas d’inquiétude, ça sera juste comme d’hab.
                    Bonne soirée,

                    • #76735 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      on dira que, de mon coté, je n’intègre pas la majorité silencieuse – et puis quoi encore? – mais que je n’ai pas la carte pour parler ciné donc, surtout, ne t’inquiète pas (ce serait de plus bien trop facile de dire que tu disparais à cause de moi)

                      • #76752 Répondre
                        Paume ardente
                        Invité

                        Pas la peine de te dévaloriser Carpentier, tu es bien plus pertinente sur le cinéma que la plupart des critiques de profession, Kaganski entre autres. Et je te remercie pour les citations de CUM.
                        Pour les documentaires de facture bourgeoise, n’importe quel reportage télévisé permettrait de se faire une idée de ce dont il s’agit. On peut même inclure dedans ceux de médias alternatifs dits de gauche. Je me dis souvent que BLAST ressemble à s’y méprendre à CNews, c’est très frappant visuellement. Et au niveau informations, ça ne vole pas plus haut, du genre à s’indigner de la moindre promesse non tenue du président. Côté Le Média, j’ai récemment été choqué en visionnant une vidéo qui présente le témoignage d’une femme dont l’enfant, Othmane, est mort dans un ascenseur défectueux et qui poursuit désormais l’entreprise Otis en justice. Cette « facecam » de 8 minutes a été grossièrement montée, alternant entre plusieurs types de plans, et je n’ai pu m’empêcher d’imaginer le monteur rogner certains passages pour la rendre la plus dynamique possible. Notons aussi des titres comme « La violence perverse au pouvoir » ou, roulements de tambour, « Les États-Unis au bord de la guerre civile ? ». Enfin, il y a aussi la chaîne Pure Politique qui vient de publier une émission « en même temps » sur le sentiment d’insécurité en France, lequel reproche à la gauche, de pouvoir bien sûr, de ne pas s’en préoccuper. Le présentateur de cette même chaîne, tout comme mon médecin-psychiatre que je situe très bien politiquement, ont tous deux recommandé chaudement d’aller voir « Au boulot ! » pour se faire du bien et ça m’a exaspéré. Au fait, j’ai d’ailleurs repensé à un autre film qui rend bien compte de l' »assistanat » de la bourgeoisie : « Triangle of Sadness ». La troisième partie sur l’île montre bien que les passagers du yacht dépendent de la femme de ménage, Abigail, pour survivre.
                        Pour ce qui est du cinéma, les films pseudo-engagés sont une banalité. « Tori et Lokita », « Primaire », « Être et avoir », « Presque rien ». Comme « Petite nature », le documentaire « A voix haute », de nul autre que Ladj Ly, vise à encourager les jeunes issu.e.s des classes populaires à s’embourgeoiser. Et bien entendu, chaque lycéen.ne y parvient à force d’entraînement, de persévérance dans le travail, de bonne volonté. Une belle fable méritocratique, donc. Pour moi qui vis au quotidien la difficulté de parler, ce qu’on m’a toujours reproché dans mes bulletins scolaires, ce long-métrage dont j’ai subi le visionnage au lycée pour la préparation du « grand oral » m’a horripilé.
                        Et merci à vous, Dr Xavier et Anna H., de m’avoir encouragé à continuer de m’exprimer.

                      • #76773 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Salut,
                        Triangle of sadness: oui.
                        Magnifique, merci (de me le remettre en tête – tout comme un topic qui date un peu maintenant) l’autre duo qu’on sait a d’ailleurs commis une chouette gêne occasionnée à son éloge.
                        Blast et autres du même genre (pas trop les ref.du coin, c’est peu mon grain à moudre) j’y consacrerai un peu de vie – promis.
                        Quand j’aurai reussi à penser à lire le Gai savoir, mon prochain défi.
                        J’ai cherché, en vain, hier soir, la vidéo courte que François Begaudeau avait tourné en mode micro-trottoir dans un salon du livre où, dans le rôle de l’intervieweur, je decouvrais l’existence de K. Pancol.
                        Cela t’amuserais, je crois.
                        👋 si quelqu’un de plus malin que moi l’a sous les mains, partage, svp?
                        Je kifferai bien le revoir aussi.
                        Bonne journée.

                      • #76774 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        pas trop les ref. du * coup *
                        cela t’amuseraiT*, je crois

                      • #76778 Répondre
                        Paume ardente
                        Invité

                        Je suis ravi que ma mention de « Triangle of Sadness » t’a rappelé son existence. C’est cela qu’il faut, délaisser l’ancrage dans l’actualité pour ne pas négliger les grands films passés.
                        A mon avis, tu as bien raison de préférer te consacrer à la lecture de Nietzsche plutôt qu’à ces réf. La vitalité du style de Friedrich procure du bonheur, à l’opposé de BLAST qui cultive en permanence les passions tristes.
                        D’ailleurs, je ne saurais que trop te conseiller de regarder le film éponyme de JLG, si du moins tu ne l’as pas déjà vu. J’ai adoré.
                        Bonne journée à toi aussi.

                      • #76779 Répondre
                        Alain m
                        Invité

                        Sans filtre qui passera sur Arte le 17 novembre et sera disponible en streaming jusqu’au 16 décembre.

                      • #76872 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        un ‘ Parc’que ça nous plaît ‘ de 1964
                        magnifique
                        https://lcp.fr/direct-lcp-5434

                      • #76876 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        oh benh, invitée au débat après: LB
                        savais pas que rembobina aussi 🤣
                        (première fois que je l’écoute parler)

                      • #76877 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        docu de Bertrand Boutier

                      • #76880 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        e parle du Rembob’INA
                        ‘ SEIZE MILLIONS DE JEUNES, le premier magazine de société sur la jeunesse (1964) ‘
                        L’émission qui bouscula la télévision à papa dans les années 60, en faisant entendre la voix des jeunes sur des sujets comme la politique, le travail, les loisirs et l’amour.

                      • #76881 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        *Je parle et partage *
                        les dires et réflexions questionnant la lutte des classes est intéressante

                      • #76879 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        j’avais jamais entendu à propos de la nuit de la nation, passionnant

                      • #76893 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        voici l’émission
                        https://madelen.ina.fr/content/seize-millions-de-jeunes-le-premier-magazine-de-societe-sur-la-jeunesse-1964-96084
                        stupide suis-je, j’ai partagé le lien du direct de la LCP, on dirait Sarah S. tellement c’est gourdasse

                  • #76775 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    …. Je note que tu me reproches des excès stylistiques tout en me mettant en garde des potentiels excès argumentatifs de certaines et certains sur d’autres œuvres.
                    Et t’as vu, ma taquinerie est bien pratique hein, même si j’ignore à quelles fins / …
                    je m’incluais dans ces ’ certaines- certaines ’ en fait, cf. notamment mes trop nombreux (?) posts dédiés à l’Anora de Baker plutôt.
                    D’où mon ’ 2 sitistes = 6 posts/film = pas engouement ; )
                    Pas de fins malveillantes sur ce coup-là à priori, non : )

                    • #76776 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      * certains/certaines
                      À plus,

    • #76717 Répondre
      Tony
      Invité

      J’ai un peu honte de le dire ici, j’ai adoré The substance, c’est l’expérience sensorielle la plus intense depuis… David Lynch, rien que ça!Les premières minutes nous montrant cette étoile de star posée sur le trottoir de Beverly Hills,sa lente dégradation par le passage du temps,le flot des passants,les intempéries,les projections de déchets,plan fortement programmatique auquel lui succède celui d’une salle d’aérobic, comme surgie des années 80, où Demi Moore bat la cadence dans un show télévisé ont suffit à me mettre dans une sorte d’état second dont je ne suis sorti que lors du générique final, cette expérience m’a tellement frappé que je vais le revoir une deuxième fois en salle avec un bon copain, juste pour le plaisir de l’expérience, comme pourrait le faire une attraction dans une fête foraine.En prenant un peu de recul,je comprends toutes les critiques négatives que le film peut provoquer, outrancier,tape à l’oeil, tout est souligné sans aucune subtilité,les références sont innombrables, c’est même d’un certain point de vue très laid et vulgaire et pourtant je ne sais par quel miracle le film réussit à faire résonner quelque chose dans notre subconscient,le final est prodigieux,toutes les lourdeurs sont pardonnées,il fallait en passer par là pour pouvoir en jouir.

      • #76719 Répondre
        Mao
        Invité

        J’avoue que celui là aussi sur le papier ne m’attire pas du tout. Le cinéma comme manège à sensations a plutôt tendance à m’ennuyer. On se fait chier dans une montagne russe, on est chahuté dans tous les sens, on y voit rien, n’y comprend rien. Mais peut-être me trompé-je.

        • #76720 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Lynch, rien que ça : c’est me prendre par les sentiments. J’irai voir ça, avec une pointe d’inquiétude mêlée de curiosité.
          .
          Aparté : j’ai vu un Buñuel dernièrement, Le journal d’une femme de chambre. J’avais entendu tant de bien de ce cinéaste que j’ai été déçu. Dans la lignée des films rudes avec la bourgeoisie, je l’ai trouvé lourd, souligné, appuyé, tout en gardant une façade réaliste. Quitte à charger la bourgeoisie, je préfère largement un cinéma qui assume s’affranchir du réel pour mieux le souligner en retour : exemple, les derniers Östlund. Suis-je perdu pour Buñuel? Ou simplement pas vu le bon?

        • #76721 Répondre
          Tony
          Invité

          Le film est quand même plus intéressant que ça,certes il y a de l’attraction foraine mais une foire aux monstres plutôt qu’un manège à sensations,il y a aussi une dialectique passionnante entre l’image et la matière, très kubrickien aussi,enfin ce qui est brillant c’est qu’il va au bout de son idée sans en dévier, c’est drôle, grotesque et Demi Moore est géniale.J’ai lu ici ou là que c’est ce qu’aurait pu être Barbie si c’avait été un film pour adultes.

          • #76722 Répondre
            Mao
            Invité

            La bande annonce du film m’a pour ma part fait penser à The Neon Demon que je n’ai pas particulièrement aimé. Le discours de la réal sur le film m’a par ailleurs également rebuté. Vouloir dénoncer le diktat de la jeunesse éternelle et de la beauté que subissent les femmes en leur imposant rien moins que Demi Moore et Margaret Qualley, je trouve ça étrange.

            • #76723 Répondre
              Mao
              Invité

              Un peu comme prétendre désinvisibiliser les travailleurs précaires en mettant Sarah Saldmann en tête d’affiche.

              • #76772 Répondre
                Tony
                Invité

                C’est pas un film de dénonciation, c’est beaucoup plus fort et profond que ça,sur le casting,si on connaît un peu l’histoire de Demi Moore c’est lumineux,en fait,sans trop en dévoiler,son personnage sort de ses entrailles celle que chaque femme héberge en elle dès sa naissance,la représentation idéale de soi que la société patriarcale inocule aux femmes dès leur naissance, Margaret Qualley en est la métaphore ,au fond ces injonctions genrées nous concernent tous,on pourrait dire aussi que chacun d’entre nous contient en lui même une image de soi genrée,construite socialement,et à laquelle on se mesure en permanence, c’est un des aspects du film qui le rend assez passionnant.

                • #76782 Répondre
                  Mao
                  Invité

                  Tout ce que je sais de Demi Moore c’est qu’elle a été un « sex symbole » dans les 90s et qu’aujourd’hui à plus de 60 berges, elle reste très sexy et en fait au bas mot 10 de moins.
                  La vieillesse est un naufrage, un film d’horreur. Scoop.
                  Les vieillies gloires ne veulent pas vieillir. Comme je les comprends. Moi non plus. Je voudrais ni vieillir ni crever. Pas de chance.

                  • #76794 Répondre
                    Guéguette
                    Invité

                    Le film est top. Excessif dans ses clins d’œil et son mauvais goût mais merde,de temps en temps on peut y aller pour le plaisir d’y aller. Il y a plein de supers idées de découpage et de mise en scène. Rien que quand Dennis Quaid entre pour littéralement nous pisser dessus j’étais conquis. Le film est un petit conte noir cruel et rigolard, a un petit côté crotte de nez mais il en faut aussi. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais le descendre en réaction à sa trop grande popularité est plus puéril que le film lui-même. Perso il m’a bien plus séduit que Titane qui veut péter plus haut que son cul.

                    • #76818 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      « Le film est un petit conte noir cruel et rigolard, a un petit côté crotte de nez mais il en faut aussi. ». Oui c »est ici qu’il faut le situer. Ke problème est qu’il pose lui même au grand chef d’oeuvre, avec son climax du 31 décembre et son emphase kubrickienne, Strauss à l’appui.

                      • #76846 Répondre
                        L’inconnu
                        Invité

                        Je boude pas mon plaisir mais pour ma part le problème du film vient de sa forme de conte qui favorise tous les excès (le même problème que Pauvres Créatures), sursaturation de symboles évidents (qui donne par moments des images fortes), scénario surexplicité (la scène inutile au café avec 203 par ex), surjeu etc… A voir si ça peut être mis au crédit du film en le rapprochant de la forme télévisuelle, pas sûr, mais en tant que spectateur c’est un peu lourd même si drôle. Et ça donne des raccourcis pratiques, par exemple Elizabeth ne semble avoir aucun amis ou famille, ce qui est probablement peu réaliste au vu de sa position sociale. Après Demi Moore a beau être sexy comme dit Mao, elle a fait pas mal de chirurgie esthétique, c’est donc qu’elle se vit mal et se trouve moche, comme la plupart des stars féminines qui se retrouve quand même avec des visages bizarroïdes (Nicole Kidman ?)
                        Mais quand même il se passe quelque chose sur la fin en dehors de son scénario : le male gaze est montré comme morbide et vorace, la chair grotesque, et l »âme » emprisonée là-dedans. C’est pas original de le dire, mais on peut dire que c’est très incarné. Oui des fesses c’est du steak.

                      • #76850 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        une fois lu le GS de FN lu et vu l’En fanfare avec qui on sait, verrais si je prends le temps d’aller zieuter Demi, en hommage aux émotions qu’elle me fit/et me fait encore une fois devant le Zucker de 1990.
                        J’avais 24 ans et mon premier enfant.

                      • #76851 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        euh * lu une fois déjà
                        2 x lu, pas pour tout d’suite 😅

                      • #76919 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Franchement Strauss est plutôt là pour faire rire par anticipation. Le film n’est pas sans ambition, mais comme je disais, je ne trouve pas qu’elle écrase tout, et ce qu’elle a fait n’est pas si évident que ça.

                      • #76935 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je me range aux avis positifs, voire très positifs. @Tony tu parlais de Lynch, je vois l’idée même si David a l’expressionnisme plus tranquille. Plusieurs plans m’ont fait penser à du Glazer, notamment dans la première partie extrêmement réussie jusqu’à la première transformation (lumière, image très définie parfois quasi-documentaire. Difficile de ne pas penser à Under The Skin pour ma part). Le film l’enfant difforme d’une partouze Glazer-Lanthimos-Carpenter.
                        .
                        J’ai noté l’attention à la peau d’Elisabeth qui est très réussie. La mécanique finit un peu par rouiller mais la surenchère rattrape. Le film discourt très peu et ce mutisme est à mettre à son crédit : ça filme, ça montre, point. Concernant un éventuel message politique/sociétal, je renvoie à la remarque de Mao sur le duo Moore Qualley. En passant, personnage de Qualley manque un peu de substance (comme disait la marionnette de Denisot : « désolé »), il faudrait peut-être que les cinéastes utilisent cette actrice autrement.

                        Mais bravo à cette Mme Fargeat que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Quelqu’un a vu ses autres productions?

                      • #76936 Répondre
                        Valère Hildeduc
                        Invité

                        Alors il va vraiment falloir me dire quels plans « quasi-documentaire » t’ont fait penser à Under the Skin de Glazer. Là où Glazer fait un cinéma objectif, nous donnant vraiment l’occasion de poser un regard singulier sur les plans qu’il dispose, Fargeat nous matraque des images pour faire un film-cerveau. Qui dirige tout. Notre regard en premier. La définition de l’image que François donne dans la GO sur Shining s’applique à la plupart de celles qui peuplent l’espace que circonscrit The Substance. Ces plans sur les couloirs ou sur les pièces du film n’entendent pas capter quelque chose du réel de ces lieux, ils définissent le périmètre d’une séquence d’images qui veulent faire impression. Pas un gramme d’image ne sera pas surligné par un ralenti, un mouvement de caméra, une déformation (on ne cite pas Gilliam mais pourtant il est là), un son percutant qu’on entend dans les bandes-annonces pour maintenir notre attention, travail sur le son qui au passage n’a rien à voir avec Lynch et ses nappes sonores continues, qui dialoguent autrement avec l’image. Beaucoup de gros plans, qui parfois captent au moins un peu de matière (les moments gores du film font peut-être sa force), mais qui induisent des problèmes de rythme et de hiérarchie des plans, et qui pour la plupart sont sans intérêt et questionnent sur la capacité de Fargeat à filmer les choses simplement, à ne pas tout cutter, tout sectionner.
                        Restent des bouts de matière par-ci par-là, la fin est assez drôle, elle va loin. Même cette scène qui aurait pu être géniale de malaise, devant le public qui attend la vraie Sue, finalement tombe comme un soufflet parce qu’elle filme tout de près, sectionne encore son espace, fout des effets sonores de partout, pour finir par ce qu’elle voudrait être une apothéose, à savoir une surimpression. Cette logique accumulative, qui entend multiplier l’impression faite sur le spectateur par une addition d’effets, me paraît assez inopérante et contribue à cette impression de trop-plein que suscite chez moi le film.

                      • #76941 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Je vais donc préciser ce que j’appelais quasi-documentaire — une fois n’est pas coutume, la concision mène aux malentendus (d’où la difficulté de la manier hors de la littérature).

                        Je distingue instinctivement et assez nettement les cinéastes qui usent d’une image très lissée, d’une lumière qui atténue le relief et adoucit de ceux qui tout au contraire ont l’image très nette, l’éclairage parfois cru qui souligne les traits et la matière (et souvent se rapprochent aussi de formats plus carrés). Ce type d’éclairage et d’image, on le retrouve plus souvent dans le documentaire que dans la fiction (histoire de titiller, je dirais aussi qu’on retrouve cette image de façon caricaturale chez quelqu’un qui n’est pourtant pas coutumier du fait, dans un seul de ses films : j’ai nommé mon cinéaste préféré, David Lynch, dans Inland Empire. Filmé au caméscope Sony). Peut-être plus que documentaire, j’aurais même dû dire « reportage ».

                        Si la comparaison avec Lynch ne me paraît pas être la première qui me vient même si je « vois l’idée » (mais tu peux en discuter avec Tony qui l’a initiée), j’ai effectivement eu du Glazer en tête à plusieurs moments, sur le point précis évoqué et mêlé à un ou deux autres. Déjà Glazer est tout à fait coutumier de cette lumière/éclairage/définition dont je parlais (notamment dans Under The Skin et dans The Zone of Interest, c’est très frappant). Or dans Substance il y a de ça, certes en un peu plus « chaud » sur les tons — tout cela permet de voir si bien voire crument le détail du visage et du corps de Demi Moore, ce qui compte beaucoup ici. Dans substance il y a aussi pas mal de plans cadrés assez froidement dans des environnements colorés en fond très blanc ou quasi intégralement noir, que Glazer affectionne, notamment dans les deux films cités (concernant Substance, je pense aux plan de la salle de bain, et à certains plans dans la pièce que Qualley construit. Je me suis simplement dit à un moment : mince, depuis tout à l’heure j’ai le sentiment qu’un autre cinéaste aurait pu faire un truc comme ça, et ça m’est enfin revenu : Glazer. D’autre part, difficile de ne pas penser à Under The Skin après ça quand je me suis en plus rappelé que ce film montrait une star sublime qui change de peau au sens strict. C’est un clin d’œil, la comparaison s’arrête là, je n’ai bâti aucune « théorie » dans mon post sur la comparaison avec Glazer. C’est surtout une affaire d’image, purement sensible.
                        .
                        Par ailleurs je peux entendre tes autres critiques. Sauf que pour moi et étonnamment, ça fonctionne. Il m’a semblé que ce qui faisait fonctionner le tout est le fait d’assumer une grande économie de discours. Assumer dans le même temps le trop plein du reste (et non le trop plein des deux à la fois, comme c’est souvent le cas) : je pense que le même film avec plus de dialogues narratifs au risque d’être moyens, et moins de surenchère, aurait fini dans la demi-mesure et aurait fini raté. Je suis aussi étonné de ton qualificatif de « film-cerveau »

                      • #76943 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Et pour défendre tout de même la remarque de Tony, difficile de ne pas voir dans certains effets de caméra des éléments d’inspiration lynchiens. Pour le son, l’image et pas mal d’autres choses, c’est très différent

                      • #76954 Répondre
                        Valère Hildeduc
                        Invité

                        Dans les effets de caméra ? Je vois vraiment pas
                        C’est pas de la mauvaise foi hein je voudrais vraiment comprendre ce que tu entends par là, des choses m’ont sûrement échappées et le film m’a je crois un peu trop fatigué et agacé pour que j’arrive à le comparer à un cinéaste qui s’avère être aussi un de mes préférés. Et dont les films me procurent bien d’autres sensations.

                      • #76957 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Par exemple la scène du poulet aurait pu se trouver chez Lynch,par ailleurs si je convoque Lynch ce n’est pas pour l’égalité qu’il pourrait y avoir entre lui et Fargeat mais plutôt pour évoquer le sentiment de voir un film qui pénètre un inconscient et, dans le cas de Fargeat,un inconscient social.

                      • #76953 Répondre
                        Valère Hildeduc
                        Invité

                        Si c’est à prendre dans ce sens, alors je comprends mieux ce que tu veux dire. Je trouve d’ailleurs que ces aspects du film sont ce qui le sauvent un peu. Il y a effectivement une crudité dans le traitement de la lumière (dans ces plans de sdb en tous cas) qui peuvent rappeler certaines scènes de nudité de Under the Skin. C’est pour ça d’ailleurs que le film est pas totalement un « film-cerveau », j’ai été un peu loin. Mais je maintiens que la plupart du temps, les scènes sont filmées pour nous communiquer des idées et pour faire avancer le scénario. Les éléments de décors sont sursignifiants, tout nous pète à la gueule de superficialité (les plans incessants sur les images publicitaires encadrées dans le salon, le jeu outré de Qualley qui joue la poupée, cette émission d’aérobic, l’appartement sur-propre, ), les personnages n’existent pas vraiment à part celui de Demi Moore, et encore (le producteur est un archétype, le gars qui voudrait la dater aussi, Sue évidemment aussi), d’où le fait que je pense que le film soit non pas « objectif » mais moulant ce qu’il filme à la seule vision déformée de son
                        programme. Qui veut nous montrer qu’Hollywood c’est vraiment sale et tout et tout et que c’est pas jojo contrairement à ce qu’on pourrait croire parce que oui en surface c’est joli. Bon. Oui d’accord.

                        Tout ce que je dis pourra en effet être porté au crédit du film, je crois que Fargeat sait ce qu’elle fait, et qu’elle réussit à peu près tout ce qu’elle entreprend. C’est peut-être ça qui me dérange. La sensation d’un film très clos.

                      • #76959 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        – « les scènes sont filmées pour nous communiquer des idées et pour faire avancer le scénario » + « Les éléments de décors sont sursignifiants » : oui je suis assez d’accord, mais ça revient un peu à ce que je disais : ce genre de choses peut être fatiguant mais puisque le film est quasi muet, le scénario avance presque uniquement par ces effets. C’est peut-être là que tu as ressenti le « film cerveau », dans le sens où le cinéma comme « langage » est très présent. En tout cas j’ai personnellement vite compris que l’intérêt du film n’allait pas du tout être « intellectuel », pas un film où on « réfléchit » beaucoup, en bref que ça n’était pas du tout un « film cerveau » dans ce sens là. D’où l’étonnement premier que j’ai eu sur ton usage de cette formule.
                        -« les personnages n’existent pas vraiment à part celui de Demi Moore » + « La sensation d’un film très clos » : d’accord aussi.

                        Je suis moi-même surpris que malgré tout ça le film fonctionne bien à mes yeux. « Dans son genre ».
                        .
                        Pour les effets de caméra « lynchiens » et puisque j’avais en tête la remarque de Tony en regardant, j’ai vu plusieurs choses : en particulier certains effets ralentis ultra saccadés et flous avec distorsion sonore extrême qui m’ont paru être directement sortis de Mulholland Drive revu dernièrement (ou même de Twin Peaks, il me semble qu’il fait souvent ce truc). Si je poussais le bouchon extrapolant un peu loin (quoique, il faudrait demander à Fargeat), je dirais que le plan hyper zoomé sur le bout de la clope qui s’allume avec le son à fond est un clin d’œil à Sailor et Lula. Cela dit le clin d’oeil le plus clair c’est à The Thing de Carpenter (si elle n’avait pas ce film en tête, là vraiment je me tais pendant 2 ans, parce que ça saute aux yeux. D’autant plus parce que je l’ai vu cette année)

                      • #76962 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sur The Thing tu tapes dans le mille, elle en parle dans l’entretien France Inter que j’ai mis plus bas.

                  • #76801 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    @Mao C’est pas la ‘vieillesse naufrage’le problème,c’est surtout,entre autres choses,et tu le sais déjà,le fait qu’après 50 ans les femmes deviennent invisibles ou perdent leur emploi,certaines martyrisent leur corps en ayant recours à la chirurgie esthétique pour gommer toute trace de vieillissement etc…C’est une violence sociale et patriarcale.

                    • #76841 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Te lisant, vous lisant dans cet échange où Mao revient vite fait sur le dernier Ruffin/Perret, je repense au moment que dit avoir préfèré S.S., dans l’expérience ’ immersion travailleurs précaires et rsa’ d’une semaine, lancée sur un plateau des G.G. par Ruffin:
                      .. les vestiaires de Flexicourt, la 3e mi-temps avec l’équipe féminine de foot et la farandole remix du

                      – Sarah s’y retrouve avec des personnes en majorité jeunes, en santé sportive correcte, elle y retrouve ces moments que la bourgeoisie aime à parodier/recuperer/ oser ’ pour rigoler ‘ (comme dans les mariages populos, cf. Connemara) : elle est quasi chez elle à ce moment-là, chaussée et lookée cheer leaders il est vrai et pourquoi pas,
                      Toutes les autres femmes des autres témoignages sont dans la seconde moitié de leur vie, plus ou moins abîmées et, dans ces séquences, on la voit bien moins à l’aise que dans son magasin chic de mode couture ou même que dans la camionnette du livreur – jeune et dynamique – dans la séquence d’ouverture.
                      S.S. me semble, elle aussi, avoir une adoration pour la pleine jeunesse et la pleine santé, non contextualisée, non située socialement, pas lutte des classes du tout, on est ok.
                      Son rapport à l’âge, aux gueules cassées, se voit à l’écran, lorsqu’elle est en situation et ce qu’elle veut voir c’est ’ l’effort/la volonté pour s’en sortir’ ( qui mérite salaire)
                      Du genre à adorer The substance peut-être, dont vous parlez, et à valoriser Demi et autre star qui font au moins 10 ans de moins, celles qui ne se laissent pas aller, celles fantasmées entre les lignes d’une des chansons d’Aznavour.
                      Avec elle en figure de proue, R&P ont realisé un docu-fiction éloge aux gens qui se bougent, à tous ceux/celles qui se laisseraient pas aller selon S.S. (cf. le moment où on voit dans sa tête un ’ ah ouais, c’est ça, en fait ’ devant le mec bien cassé et bénévole pour la croix rouge: ’ ah ouais vous êtes pas payé pour faire ça mais vous vous bougez ’ alors que lui rend grâce au fait d’avoir encore de l’énergie pour faire ça, sans condamner les personnes qui n’en ont plus du tout.
                      Eux deux se ratent complet, d’ailleurs c’est le mec qui la congédie, la remercie en riant, gêné qu’elle s’incruste sans savoir dire ’ au revoir’ ;
                      Ce film ne fait que re-re-re-re dire tout ce qui amène les droitards à penser qu’il faut mériter le rsa , participer à ’ l’effort collectif ’ pour toucher cette obole.

                      • #76842 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        … Demi et autre star qui font/faisaient au moins 10 ans de moins/ …
                        Allez on s’bouge: au boulot!

                      • #76866 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        🤦🏽‍♀️😂

            • #76803 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je me tais sur The Substance que je devrais voir demain, mais Neon Demon c’est très bien.

      • #76815 Répondre
        Cyril
        Invité

        Moi j’ai trouvé ça très très con comme film. J’ai d’ailleurs eu droit à une présentation par la réalisatrice en avant-première, et tout ce qu’elle disait était très très con aussi.

        • #76817 Répondre
          Carpentier
          Invité

          🤣

        • #76878 Répondre
          Tony
          Invité

          Sur les interventions publiques d’une cinéaste il ne faut pas sous-estimer le fait que ça puisse être impressionnant pour quelqu’un dont ce n’est pas le métier, je la trouve assez admirable,en fait j’adore la simplicité avec laquelle elle s’exprime,ce qui n’empêche pas la profondeur,par exemple dans cet entretien elle explique magistralement comment les femmes, dès leur naissance,intériorisent le regard misogyne,
          https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-20e-heure/la-20eme-heure-du-mardi-05-novembre-2024-6988040

          • #77179 Répondre
            stephanie
            Invité

            insupportable cet interview, 3-4 fois elle parle de process pour le coup:) elle a bien intériorisé la langue managériale

    • #76810 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Je remets ma question de béotien sur Buñuel, pas posée au bon endroit :
      .
      J’ai vu un Buñuel dernièrement, Le journal d’une femme de chambre. J’avais entendu tant de bien de ce cinéaste que j’ai été déçu. Dans la lignée des films rudes avec la bourgeoisie, je l’ai trouvé lourd, souligné, appuyé, tout en gardant une façade réaliste. Quitte à charger la bourgeoisie, je préfère largement un cinéma qui assume s’affranchir du réel pour mieux le souligner en retour : exemple, les derniers Östlund. Suis-je perdu pour Buñuel? Ou simplement pas vu le bon?
      .
      Avis qui demanderait à être nuancé mais pas envie d’écrire un pavé sur ce film, disons juste que c’est le sentiment qui m’a dominé à l’arrivée du mot FIN

    • #76812 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu la série Disclaimer de Cuaron, c’est peu dire que j’ai été déçu (attention je vais spoiler). Je ne comprends pas du tout ce qui l’a poussé à passer autant de temps sur ce truc – 7 épisodes de 40-50 minutes qu’il a tous mis en scène et il tient à ce qu’on le considère comme un film à part entière et non une série. Elle se présente très vite comme un roman de gare, avec des personnages stéréotypés, et des scènes bâclées d’exposition. Première grosse dissonance, le jeu de certains acteurs, notamment les plus jeunes – ceux qui jouent le couple de jeunes adultes des flashbacks – qui jouent tout simplement faux, surtout le garçon. La fille disparait rapidement mais malheureusement lui nous accompagnera durant toute la série et son jeu restera outré, grotesque. Le sommet est atteint lors des scènes de drague avec le personnage de Cate Blanchett jeune, on n’est pas loin du téléfilm érotique car tremblement, bouche ouverte, yeux révulsés. Evidemment, cette fausseté a une raison, elle pourrait être sauvée théoriquement : si l’acteur joue à ce point mal c’est que ce qu’on voit n’est jamais arrivé, il est le fruit d’un fantasme malsain de sa mère, de clichés misogynes à l’endroit de la responsable de la mort de son fils. Certes, mais cela ne change pas qu’on doive supporter ces scènes très pénibles. Et quand on apprend ce qu’il s’est vraiment passé, le jeu de l’acteur ne s’améliore pas vraiment. Cate Blanchett n’a pas grand-chose à jouer au départ (son personnage est une pâle copie de celui de Tàr), elle ne brille pas par sa subtilité mais fait le taff. Sacha Baron Cohen est plutôt bon dans le rôle du père tête à claque complètement largué ; Kevin Kline est celui qui est le plus convaincant car assez savoureux avec son gilet rose et sa détermination de vieil aigri qui n’a plus rien à perdre. La mise en scène de Cuaron est au départ assez clinquante, au diapason de la direction artistique, avec des mouvements de caméra inutiles servant à montrer au spectateur qu’il y a un vrai cinéaste derrière la caméra et non un yes man anonyme. Puis au fil des épisodes, elle se calme un peu, devient alors banalement efficace. C’est vraiment indigne de son talent. Il n’y a qu’à comparer la scène de noyade dans un des épisodes avec celle de Roman pour mesurer la différence. Il introduit par ailleurs une voix-off plutôt originale en ce qu’elle semble s’adresser aux personnages comme une mauvaise conscience mais dont l’intérêt fait long feu car elle ne fait que redoubler ce qu’on voit à l’écran.
      Mais ce n’est pas le plus gênant, étonnamment. Ce qui est horripilant c’est le scénario. La série est tout entière basée sur un twist autour des souvenirs du personnage de Cate Blanchett qui arrive lors du dernier épisode mais qu’on a vu venir bien avant. Twist un peu méta, grossier et surtout terriblement d’époque. Disclaimer apparait comme une pure fiction Metoo : question sur le consentement lors de la drague, viol brutal, femmes qu’on n’écoute pas, pères ridiculisés etc. Tout ça est évidemment surligné par des dialogues très explicatifs, surtout dans le dernier épisode, destinés à faire passer des messages. On passe ainsi d’une fiction très caricaturale à son inverse, tout aussi improbable et aberrant. Cela finit même par se retourner contre la série car en définitive elle a passé beaucoup plus de temps à tenter de nous faire croire à la première version de ce qui s’était passé qu’à la seconde, la vraie (la série ne se paie même pas le luxe de l’ambiguïté) qui est expédiée en une espèce de cauchemar de série B (le violeur qui rentre dans la chambre d’hôtel de sa proie, la force à se déshabiller en agitant un couteau, jouit en deux minutes puis la viole pendant 3h30). Après cela, le personnage de Cate Blanchett, piétinée jusque-là, silenciée pourrait-on dire selon le vocabulaire de l’époque, devient une victime, ce qui lui donne la force d’un acte de bravoure, bien que vain. Les pères sont éjectés, renvoyés à leur condition d’hommes complices du patriarcat, tandis que la mère peut enfin se réconcilier avec son fils. Toutefois, il serait injuste de renvoyer la série à une pure célébration du lien mère-fils car on pointe aussi (et c’est le seul aspect qui vient un peu titiller la morale de l’époque) que l’autre fils a peut-être été un psychopathe à cause de sa mère. Maigre moisson.
      Bref, ne perdez pas 6h de votre temps pour ça.

      • #76987 Répondre
        Seldoon
        Invité

        J’en suis resté au premier épisode, aucune retour ne me pousse à continuer. Je vais plutôt aller voir le Eastwood.

    • #76875 Répondre
      Leny
      Invité

      Bonjour

      J’ai eu 2 révélations en 24H

      De Thierry Peretti c’est Guillaume Brac mais avec la lutte des classes. C’est lui sans l’hédonisme, avec la réalité matérielle des classes subalternes. Les deux sont naturalistes mais Brac fait du naturalisme de vacances et montre jamais le travail, Peretti fait du naturalisme de la vie conflictuelle, pleine de rapports de forces. j’ai pensé ca après avoir vu Les Apaches pour préciser.

      Autre chose qui m’est venue le lendemain : Apichatpong Weerasethakul c’est Thomas Salvador en thailande, ou l’inverse. Comparez Cemetery of Splendour et La Montagne c’est presque le même film, Fantastique et naturaliste. voilà je voulais juste poser ca ici faites en ce que vous voulez je jette cette bouteille à la mer bref

      • #76933 Répondre
        Chinaski
        Invité

        alain guiraudie c’est tsai-ming liang en ardèche

    • #76939 Répondre
      Machin
      Invité

      Hello! Ça a du être demandé mille fois avant mais vous avez des podcasts, revues, sites de critiques ciné à me recommander hormis la GO? Si possible des gens avec une approche qui y ressemble ou qui vous semble pertinente, éclairante, etc…
      Merciiii

    • #76964 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Je vois que ça s’écharpe un peu sur The Substance, soyez sans crainte je possède la clé de la réconciliation.
      Gueguette ecrit : « Le film est un petit conte noir cruel et rigolard, a un petit côté crotte de nez mais il en faut aussi. ».
      Et François répond : « Oui c’est ici qu’il faut le situer. Le problème est qu’il pose lui même au grand chef d’oeuvre, avec son climax du 31 décembre et son emphase kubrickienne, Strauss à l’appui. »
      Je n’ai pas vu d’emphase kubrickienne. J’ai vu un grand goût pour Kubrick mais l’emphase dans the substance est ricanante. Strauss un peu pour l’effet mais beaucoup pour rigoler. On est dans la parodie à ce moment là. Tout comme quand on met la musique de Vertigo : il est clair que c’est une scène entière de comédie. C’est la continuité de l’effet sale gosse qui court sur tout le film. D’ailleurs le final sanguinolent juste après Strauss lorgne beaucoup plus vers les climax jouissifs de Tatantino (Death Proof, Inglorious, Once upon a time) que vers autre chose.
      Non le vrai échec du film crotte de nez c’est son montage (Fargeat est créditée en première monteuse, je crois comprendre qu’elle a des vehelités de contrôle total à la fincheriennes). 2h20 ? C’est l’erreur principale. Coupez une heure et vous l’avez le petit conte noir rigolard. L’heure qu’il faut couper étant simple à trouver : virer tous les plans et moments du film qui sur explicitent pendant des plombes ce qui se passe dans la tête des personnages. Dans la scène des toilettes du début : couper après la chasse d’eau, inutile d’avoir 2 minutes de Demi qui sort de sa cabine, se regarde tristement dans la classe. On a compris. Lors des viols de règles : couper les 45 plans sur les petits papiers avec les règles écrits en gros. On les a (déjà lourdement) comprises à l’ouverture du paquet. Couper 90% des 800 plans sur les tableaux et affiches des deux femmes. Couper brutalement après 15 secondes d’éclaboussures de sang dans le final. Il y a un petit film sympa parce que pas sympa dans ces rushes, il faut juste couper une heure.

      • #76972 Répondre
        Tony
        Invité

        T’es pire qu’Harvey Weinstein!

        • #76974 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Mon modèle dans tous les domaines.

          • #76976 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Parodie, c’est exactement le mot que je voulais mettre et que j’ai oublié. Le film vire un peu trop à la parodie

            • #76994 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Ça crée un côté paradoxal avec ce que dit François sur la visée de « grande œuvre ». Le film joue sur les deux tableaux. La haine du corps jeune ne m’a pas tant marquée dans la mesure où le corps qui apparaît le plus longtemps maltraité à l’écran est de loin celui d’Élisabeth. Cela dit, je comprends que l’on puisse voir pointer du ressentiment. J’admets que le film m’a fait couper ma « machine interprétative »

      • #76973 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je suis bien d’accord avec cette heure de trop. Mais alors pourquoi 2H20? Parce que le film, aussi ricanant soit-il, vise la grande oeuvre
        Je persiste donc à voir ici quelque chose de très sérieux
        Et je crois même apercevoir le socle sérieux de ce sérieux : une radicale haine du corps, et l’envie tout aussi radicale, de le maltraiter. Sous couvert d’un propos sur le jeunisme industriel, c’est tout simplement un règlement de comptes avec le corps qui se joue ici. Le corps jeune étant d’autant plus malmené qu’il est un corps au carré.
        Il se confirme que l’horreur est le genre attitré du ressentiment.

        • #76985 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je me suis demandé si c’était Coralie ou son producteur qui demandait ces 2h20, pour faire passer la série Z au film d’auteur.
          Règlement de comptes avec le corps, très probablement. Ma culture en cinéma d’horreur est trop lacunaire pour que je sois affirmatif mais cette hypothèse du genre attitré du ressentiment est séduisante.

          • #76991 Répondre
            Tony
            Invité

            Est-ce vraiment intéressant de n’y voir que du ressentiment?N’y a-t-il pas autre chose de plus stimulant,comme ce final où elle arrose de sang, comme si elle leur pissait dessus,le public mâle de la salle de spectacle?

            • #76997 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Mais est ce que cette tempête de sang est
              -si originale?
              -si subversive?
              On remarque d’ailleurs que, dans la logique caricaturale qui et la sienne tout au long du film, ce public est un public de vieux mâles. Ce qui est tout à fait aberrant, comme du reste ce spectacle même, et limite très nettement la charge.
              Même chose pour le producteur. Il est tellement une créature de cartoon que ça ne blesse personne.
              Le film est d’une abstraction sociale absolue qui le prive de toute puissance subversive. Si tu veux viser juste, ne commence pas par insulter le réel. Proverbe namibien.
              .

              • #77000 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Je trouve l’éclaboussure de sang finale très ratée. Pour les raisons que tu donnes, par sa longueur aussi (pour finir en eau de boudin avec un plan lyrico-cendrillonesque), parce que enfin les éclaboussés ne sont que des silhouettes. Dans le style je pense qu’on ne fera jamais mieux que la fin de boulevard de la mort, dont je j’ai pas encore compris pourquoi elle me rendait fou de joie à chaque fois. À ma première vision, en salle, elle a provoqué mon plus gros fou rire de cinéma. Je n’ai plus cette intensité mais ça continue à me faire un bien fou qui dure plusieurs jours.

                • #77002 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Il y a chez Tarantino une euphorie de la vengeance. J’allais presque dire une bonne humeur de la vengeance. Je ne la sens absolument pas ici. Devant ce film soit supposé rieur je n’ai jamais ri. Ou alors c’est du ricanement, et je déteste ricaner au cinéma.

                  • #77004 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Dans le punk les films niark-niark étaient très prisés. Et moi je ne les aimais pas.

                  • #77023 Répondre
                    Guéguette
                    Invité

                    Mais du coup Tarantino c’est mieux car il n’essaye même pas de faire du réel? Ou sa façon de faire parler de truc à terre à terre à des persos archétypaux suffit pour vous à dire qu’il est plus dans le réel? Je suis franchement pas convaincu.

                    • #77044 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Boulevard de la mort n’est pas Inglorious Basterds, il se concentre sur de vrais personnages, et pas des archétypes.

                      • #77060 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Pas faux, mais pourtant j’ai quand même eu du mal à considérer ses persos autrement que comme des pions.

                      • #77062 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ils sont quand même hautement plus incarnés que ceux de The substance (ou d’Orange mécanique, pour citer ce qui me semble une référence absolue de Fargeat)

                      • #77070 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Ha ben oui, encore heureux vu que Fargeat oblitère tout le champ social et ne garde qu’une épure de figure de starlette. Après son manque de personnalité est efficace pour faciliter le chemin du perso, coquille vide accroc à la reconnaissance, et malgré son apparente gentillesse/fragilité, est aussi viciée (par le système).
                        Je réagissais juste sur le réel, qui me semble bien absent de quasiment toute l’œuvre de Tarantino…à part peut-être sur Jackie Brown (mon pref, je n’ai rien aimé après celui-là).

      • #76995 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Vous parlez beaucoup de Kubrick mais la plus grande inspiration de ce petit film est, HÉLAS, Daren Aronosfky.

        • #76998 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui j’y ai pensé
          Et aussi à Dupontel.
          Ou plus précisément je me suis dit que Dupontel allait adorer ce film – détestation de l’humanité comprise.

        • #77014 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Oui j’y ai surtout pensé avec Quaid et sa horde de vieux actionnaires qui viennent lui parler en fish eye. Pas ce que je préfère.

          • #77020 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Ça fait Brazil, aussi. De toute façon il y a une filiation assez claire Gilliam/Dupontel.

          • #77029 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Vieux actionnaires
            On pourrait dire : vieux barbons. Comme dans de très anciennes comédies
            Le monde a un peu changé depuis, mais ce film s’en fout. Ce film n’a par exemple pas enregistré ce que je note dans CUM : dans le cinéma au moins d’auteurs, l’âge moyen de péremption des actrices s’est considérablement élevé (et je suggère pourquoi)
            Dira-t-on par exemple que Kidman, 57 ans, est périmée? Eh bien non. Toujours le haut de l’affiche. Qui est l’héroine d’un film d’auteur populaire très en vue sorti ce mois ci? Kate Winslet, 50 ans. Entre mille exemples
            On notera au passage que le film est assez vague sur le milieu où il opère, créant une sorte d’amalgame entre télé et cinéma, sans doute au nom d’une entité générique qui serait le show-biz, voire le Spectacle, ce qui ne nous aidera pas à être précis.

            • #77031 Répondre
              Tony
              Invité

              Oui enfin ces femmes dont tu parles personne n’est capable de deviner leur âge,on devine aussi que des chirurgiens ont été consultés,pour info sur les actrices de plus de 50 ans on peut regarder ici:

              Édition 2024 du baromètre AAFA-Tunnel de la comédienne de 50 ans

              • #77037 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Cette étude n’est pas de nature à contredire ce que je disais, puisqu’elle ne fait pas de comparaison avec le cinéma antérieur. Or moi je parlais d »évolution, et sur le long terme. Depuis trente ans les choses ont radicalement changé (pas assez, ok, mais radicalement changé)
                J’avais déjà proposé ici de lister les actrices bankables du cinéma français : on observe une majorité de plus 50 ans ou à peine moins (Efira), et inversement un gros vide du coté des 20-40
                Je maintiens donc la suggestion de CUM : sur ces sujets le féminisme s’éreinte à conquérir des citadelles que le patriarcat a très volontiers abandonnées.

                Sur le vieillissement des actrices, leur péremption, l’ingénierie de la jouvence qu’on leur impose, on trouvera de bien meilleurs films que The substance, à commencer par le génial Maps to the stars.

                • #77039 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Sur un podcast j’ai entendu un bon jeu de mots(de plus en plus en vogue chez les critiques,la GO devrait s’en inquiéter!),The Substance c’est pas Cronenberg c’est Kronenbourg,pas mal non?

                  • #77043 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    Si la machine sensorielle que déploie le film ne vous convainc pas, je reconnais qu’il n’y a pas grand chose à sauver. Je n’ai rien vu de bien subversif non plus, le film est très désocialisé/abstrait, se fout assez largement de son milieu, le personnage du vieux beau n’a qu’une existence symbolique et n’a aucune importance ni consistance. Mais j’ai l’impression que le film s’en fout assez ostensiblement, qu’il fait autre chose (et si c’est assumé, ça me va). Humble avis.

                    • #77045 Répondre
                      Valère Hildeduc
                      Invité

                      Je crois que si cette « machine sensorielle » n’a pas fonctionné sur moi c’est en grande partie parce que j’ai l’impression qu’elle me fout pas assez la paix sur mes propres sens, précisément. Elle est assez univoque cette machine. Et autoritaire d’une certaine manière.

                      • #77046 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Possible, il y a un côté « bourrin » assez net. Je constate que pour un film « de ce type » il m’a impressionné (peut-être pas jusqu’à la fin). Si je compare à sa référence évidente — dont Tony m’apprend qu’elle est revendiquée par Fargeat — à savoir The Thing, je ne peux que reconnaître que le Carpenter, après m’avoir saisi dans sa séquence d’ouverture (jusqu’à la mort du chien) m’a un poil ennuyé. Même l’excellente scène du « test sanguin » est courue d’avance et relève surtout du « jumpscare ».

                      • #77058 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Quant à moi je sauve le film par ces multiples bonnes idées visuelles. Ne serait ce que l’empreinte Hollywood boulevard du début, puis les oeufs, etc, jusqu’au monstre final, assez inédit je trouve.
                        J’aime aussi assez que le film soit toujours en full éclairage, et ne donne pas dans la facilité des ombres.

                      • #77067 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Ainsi que la vieille dégénérant en Gollum, qui court de réfugier dans sa grotte. Mais quel dommage de lui donner soudain une résistance surhumaine au moment du combat final. On perd tout l’intérêt d’une scène d’action avec un vieux.

                      • #77069 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Tout à fait d’accord, pour moi c’est là que se situe le film. Sur l’éclairage on en a d’ailleurs parlé plus haut avec Valère, ça m’a frappé. Le monstre me semble être un remake d’une des créatures de The Thing mais j’admets que ce truc du sein qui pousse et qui tombe par terre, je ne l’avais vraiment pas vu venir…
                        .
                        PS : si l’on ajoute entre autres ce combat de Demi Gollum, j’ai tout de même l’impression que le film assume un côté parodique qui l’éloigne assez franchement du sérieux pesant d’un Orange Mécanique (je n’ai pas aimé ce film et l’on pourra donc me dire biaisé). C’est pour cela que je n’ai pas non plus senti d’emphase kubrickienne . Le nibar qui tombe par terre, les boucles d’oreilles qui font gling gling sur monstre qui se passe le fer à lisser, c’est trop pour Stanley

                      • #77071 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Le combat jeune vs vieille est sans doute ce que j’ai trouvé le plus gratuit dans le film. J’étais aussi partagé sur le long filmage du clip ultra vulgos, mais là le combat j’étais clairement out. Ça dure assez longtemps pour que je me dise qu’elle a voulu faire son petit kiff film hk (ou marvel).

                      • #77073 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sa ref pour le combat c’était Kill Bill

                      • #77075 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Il n’empêche que ça m’a semblé HS (sans parler du fait que j’ai trouvé Kill Bill bien palot à ce niveau. Le meilleur moment est la séquence animée).

                      • #77077 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Dans Kill Bill la scène de combat avec la black qui vit avec sa fille est géniale.

                      • #77086 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Je ne suis pas séduit. C’est vrai que sur celle que tu cites c’est moins problématique car elle marche par elle-même, mais ce coté sec et monté à la hache ne me régale pas quand il veut se la jouer ode au films HK. J’étais encore friand de Tarantino à l’époque, mais aussi de HK…et avant même de voir Kill Bill j’étais pas rassuré sur sa capacité à bien filmer l’action. C’est aussi la première fois que son utilisation de la musique m’a gêné. Je ne savais vraiment pas à quoi me raccrocher pour rentrer dans ce gloubi-boulga.

                      • #77121 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je parlais d’Orange mécanique, parce qu’on y trouve le même type d’humour noir et cartoonesque.

                      • #77141 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ok, en fait j’ai été peu sensible à cet humour dans le Kubrick, sans doute absorbé négativement par le reste (je sauve la scène des écarteurs occulaires). J’en avais oublié qu’il était censé être drôle

                      • #78179 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        J’y ai été très peu sensible aussi, mais il existe. Une sorte d’humour misanthrope.

    • #77090 Répondre
      Carton de Lait
      Invité

      J’avais donné mon avis sur The substance sur la page 12, je n’avais pas aimé. Je crois simplement que Fargeat fait du cinéma très con., si je me fie à ses deux films pour l’instant,
      .
      Quand mpeme, comme Fb le mentionne, j’ai aussi aimé comment l’intro communique le passage de gloire à déchéance d’une star par un simple plan sur son étoile du walk of fame. Malheureusement c’est la dernière fois où le film ppur moi fait quoi que ce soit d’intéressant..
      .
      Je répète que gagner le meilleur scénar pour quelque chose d’aussi mince, c’est chaud. Après oui, on s’en fout des prix dans l’absolu mais bon, il y a quand même des gens qui ont trouvés que ça en valait un.

      • #77104 Répondre
        Tony
        Invité

        Dès le premier plan du film avec l’étoile de star il nous est dit que le film sera une parabole, soit on joue le jeu et on jubile, soit on le regarde comme un film réaliste et on trouve ça aberrant et très con.

        • #77122 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          On ne le regarde pas comme un film réaliste. Mais on se dit fort que le meme sujet traité plus réalistement aurait donne un très bon film.
          Traité à la Tar
          Ou alors, traité comme ça, dans une sorte de hors monde, mais en tachant de saisir réalistement ce monde.

          • #78192 Répondre
            Carpentier
            Invité

            j’essaie d’imaginer,

            Ou alors, traité comme ça, dans une sorte de hors monde, mais en tachant de saisir réalistement ce monde.

            car oui, de suite c’est n’importe quoi (à part peut-être le protocole pour se fournir par exemple qui , justement, contraint à sortir dans la rue déjà?)
            je n’ai pas vu Tar, il faudra
            moi j’ai rapidement pensé à lanthimos et son alps que tu avais conseillé jadis, ce truc fou, philosophiquement dérangeant et pas tant.
            Un gars comme ça serait peut-être pas parti dans la forme freak gore festif,
            beurp.
            c’est digéré.

            • #78197 Répondre
              Carpentier
              Invité

              The substance pourrait juste être un freaky-horror show, un black swan comico-biologique en guise d’hommage aux acteurs.rices qui durent ?
              Et du coup? Farce féministe ou bien?
              On a quand même le sentiment d’une perte entre la forme et l’idée de départ, le traitement et l’intention, le réalisme des multiples contraintes que subissent les femmes dans leur corps et leur psyché et cette féerie holywoodienne sanguinolente avec Demi en Madame Mime.
              Vivement En fanfare ( oui, j’adore la sobriété)

            • #78414 Répondre
              Carpentier
              Invité

              en reprise d’écoute de la rencontre console/plante verte, suis à 1h10, dans la question aristocratie et art, FB est entrain de poser ce qui pourrait être mis à plat sur le combo.
              Je me raccroche ici car, un peu avant, FB m’a ramené à la question posée à propos de The substance, quand il parle de ce qu’il aime dans le fantastique, du bon dosage (une des g.o. des débuts du podcast est de mémoire dédiée à un film dont le nom m’échappe là tout d’suite, par les vitres d’un immeuble, place des fêtes ….)
              Et bien dans la premier séquence protocole pour se fournir la dope, oui, on est un peu là-dedans, je trouve, avec le lecteur de carte pour le volet roulant, qui se bloque, re-essai, à quatre pattes pour entrer dans un couloir, un bâtiment de squat puis salle blanche, clean et sur-eclairée à hauteur d’un laboratoire presque.
              La fine transgression est proposée comme formule par l’intervieweur pour dire la torsion dans l’ordinaire qui sied à FB; bon ici on a pas mal de torsions mais ça nous a pas trop déplu ce tordu là dans le réel de ce hors-monde là.
              Pour le trop plein avec Hulk.- meilleur perso Marvel – (un peu plus loin dans la rencontre) voilà l’effet que le barnum des transformations m’a fait sur le dernier quart d’heure, quitte à passer à coté de l’émotion qu’aurait pu me produire – parmi l’organique dégoulinant plein écran depuis 1 bonne heure – l’attention à porter les boucles d’oreilles prévues pour la soirée de la New Eve, sploutch.

              • #78416 Répondre
                Carpentier
                Invité

                la scène, premier glissement vers, restant bien sûr, aux urgences, l’infirmier avec la tâche au poignet qui déclare Elisabeth éligible après lui avoir palpé la colonne.

              • #78432 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                La torsion opère si on tord un monde familier
                Ici pas de familier, on est tout de suite nulle part, un hollywood en toc, suranné, inexistant.
                La torsion ne tord rien.

                • #78434 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Pire. Les Alpes maritimes.

                  • #78446 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Qu’on reconnait à ses palmiers.

                    • #78448 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Nice les palmiers les plus ressemblants à ceux de la Californie quand même (rire)

                    • #78452 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      connais pô Hollywood, les plateaux télé, les coulisses des émissions d’aérobic, bref: vous crois donc sur paroles et sur souvenirs de films plus fidèles aux réels de ces contextes

                      • #78457 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Si on considère que ce film adopte le point de vue d’une psychotique, comme certains livres de Philip K Dick,toutes ces questions sur le réel du film sont aberrantes.

                      • #78461 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        j’essayais juste de penser The Substance avec des codes fantastiques, psychotique après: flemme un peu, quoi

                      • #78513 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ce n’est pas parce qu’il est logique que ce film se foute du réel que ça lui réussit de s’en foutre
                        Le problème étant aussi que cette soi-disant indifférence « psychotique » au réel n’est jamais totale, puisque le film prétend dire des choses sur le réel objectif (sur le vieillissement des actrices, l’industrie du spectacle etc)
                        Donc hélas ne film n’est pas psychotique.
                        Il est, sur tout, au milieu du gué
                        Son ratage vient de là.

                      • #78460 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        The Substance vrille vite avec les codes Marvel en fait
                        Prochain Joker: Demi Moore au casting, sûr

                      • #78463 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Et FB en pingouin why not?

                      • #78464 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        il y en a déjà un dans son LBLV
                        comme on sait

      • #78120 Répondre
        Carpentier
        Invité

        bonsoir,
        ‘ on traverse?
        maman j’ai une dent qui pousse! ‘
        oh putain: je rentre de la séance The Substance.
        on parle pas trop de dents tout d’suite siouplait?
        Le Doliprane est en train de dissoudre dans son verre d’eau.
        Fait longtemps que j’avais pas vu la grande salle du mk2 avec tout le monde scotché à son siège quand la lumière s’est allumée.
        Putain, Demi, ouch.
        @François Bégaudeau
        vous nous feriez pas une petite G.O., dîtes?
        Ça c’est un film que je vais pas zapper de sitôt je crois bien et comment j’me démerde avec ça maintenant?
        Vais déjà retrouver et parcourir vos participations ici à propos, hein?
        oui, on va faire comme ça: un Doliprane et regarder un peu vos posts, oh putain,
        quel film singulier, cynique et bien gore: bravo les meufs!

        • #78121 Répondre
          Tony
          Invité

          T’as vu l’un des meilleurs films de l’année,tu peux lire ce texte très intéressant
          https://blogs.mediapart.fr/jumelsandra/blog/230524/substance-coralie-fargeat-un-gore-qui-meduse-et-libere

          • #78129 Répondre
            Carpentier
            Invité

            ah merci, Tony, je vais lire

          • #78130 Répondre
            Carpentier
            Invité

            oui oui oui : … Cette engeance est le fruit d’années d’indigestion, à ingurgiter les horreurs sonores des vieux porcs. Comme une Monique Wittig du grand écran, Coralie Fargeat transforme la matière, prend les mots au pied de la lettre, convoque les fluides environnants, renvoie la merde dans les yeux des mascus, transforme le tapis rouge en un fleuve sanguinolent. Une grande orgie d’immondices, un festin en forme de destination finale. C’est dégueulasse et pourtant jouissif. / …
            les yeux des mascus, leurs postures de porcs aussi (le prod qui pisse – scène rapportée déjà ici et très reussie – le même qui ingurgite ses crevettes mayo en gros porcin qui valide la date de péremption des femmes de plus de 50, les 2 jurés du casting de l’émission d’aérobic, les actionnaires dans les coulisses de l’émission pour la New year’s Eve dans les plumes, les nichons et les culs.
            Le massacre explosif et sans pitié de l’Elisabeth vieillarde par Sue est déjà bien dégueulasse, une répétition pour le final qu’on finit par regarder sans dégoût tant on est au delà de ce qu’on croyait être sa limite de jets de sang.

        • #78128 Répondre
          Carpentier
          Invité

          une de mes scènes préférées, c’est l’ouverture du cadeau de départ de la chaîne pour Elisabeth: quand déjà bien colère (son autre bien jeunette lui a déjà piqué pas mal de pulpe et après un doigt elle a la moitié de la face et du corps bien rabougris) il lui vient l’idée de saloper la matrice, leur corps, sa santé en cuisinant et bouffant le grosse cuisine gastro en sauce lourdingue des frenchies.
          Gros gros rire perso (haut le coeur devant la recette des tripes, le foie gras..) extra.
          Demi en mode maléfique qui refait son adolescence et fait chier une plus belle/jeune/star tv qu’elle – son moi jeune – c’est kiffant.
          Dans un autre genre, oui, j’ai lu ce que qqn écrit ici des gros plans sur le derme d’Elisabeth/Demi et j’aime aussi comment est filmé son corps, sa chair, sa fesse qui montre un peu de décharné pas musclé, pas rond – elle est sexy et a son âge, la fesse est moins pumpée donc ^^ pump it on.
          Ses aréoles, ses seins sont matures (autre catégorie porno, oui, on sait) et elle est littéralement à nu et c’est beau.
          Fou et beau.
          Et quand les deux ados se laissent l’une à l’autre l’appart bien deglingué pour laisser du ménage et du bordel afin de se faire mutuellement chier, c’est réussi aussi.

          • #78144 Répondre
            Carpentier
            Invité

            👋 Östlund avec Sans Filtre sur arte
            pour info,

            • #78177 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je crois que le sentiment très majoritaire ici est que ce film est une petite chose (qui hélas se prend pour une grande)
              C’est en tout cas le sentiment unanime au sein du board de la GO, composé de deux personnes. La prochaine sera plutot consacrée, à priori, au film de Gomes

              • #78185 Répondre
                Carpentier
                Invité

                avec Molly? (j’en parle dans un autre topic) vrai?
                Super alors, Grand tour: Yep.
                Après 1/3 d’écoute de l’émission où tu es dans le salon à console/plante verte blabla, quand tu parles de Joyce et de sa Molly, j’ai pensé direct à la b.a. vu 2 fois déjà: très contente.
                Et avant ça, samedi, sur Anora.
                Ça me va.
                (d’autant que, contre toute attente, je m’en démerde pas si mal de ce The Substance finalement – plein partout hier, sur le coup, vrai qu’on se demande si ça part bien à la douche.)

          • #78182 Répondre
            Carpentier
            Invité

            alors le cynisme, Carpentier – quel film singulier, cynique et bien gore: bravo les meufs! / …. tu en vois où?
            – dans le dispositif déjà, le protocole de la substance/dope lui-même : l’anonymat, le lieu pour se fournir, la matos, le manque/désir de surplus de kif en jeune et la ‘ possibilité prétendue ‘ de retour ou d’arrêt quand le moral, le psychisme est déjà bien atteint.
            Arrêter, stopper là où on en est quand on a revu – en vrai – (affiche/TV) son impact-sa réussite jeune?
            benh voyons, d’autant que la rivalité féroce, amusante et cynique entre les Moi(s) de la même ont rapidement fait de la plus vieille une bien plus vieille encore.
            Et cynique sans le fait surtout qu’à ce moment du ‘ vous pouvez stopper, vous n’êtes qu’une, ne l’oubliez pas ‘ tout repose sur la femme
            les stéréotypes, le patriarcat, sa réponse/contrainte/soumission aux archétypes: après tout, pourquoi ne serait-elle pas du ciné et qu’avec Guiraudie? : D
            – et puis, ça m’intéresse philosophiquement cette histoire, sorte de

            et si c’était à refaire ?

            Une seule fois, j’ai eu à y réfléchir, y faire face à un truc comme ça et pas que marrant: j’ai dit ‘ tout pareil ‘
            et crois bien que je le pensais vraiment.

    • #77184 Répondre
      Machin
      Invité

      Hello! Ça a du être demandé mille fois avant mais vous avez des podcasts, revues, sites de critiques ciné à me recommander hormis la GO? Si possible des gens avec une approche qui y ressemble ou qui vous semble pertinente, éclairante, etc…
      Merciiii

      • #77191 Répondre
        Guéguette
        Invité

        J’essaye souvent et je finis toujours par m’ennuyer. Ça se perd souvent en route.

        • #77227 Répondre
          Machin
          Invité

          Un peu du mal à croire qu’en France il n’y ait aucun journal, site, blog, podcast de cinéma intéressant hormis la GO. J’irai chercher par moi-même

          • #77241 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Il y a eu un topic ici. Je crois aussi que la chaîne youtube Prisme n’a pas été citée (découverte via Microciné).

            J’ajoute aussi une découverte récente : énormément d’enregistrements sur la chaîne youtube du Centre des Arts (CDA) d’Enghiens, notamment une super série pas vraiment axée critique mais plutôt technique, production et historique, sur les films de Godard par Alain Bergala. Infos de première main, très intéressant

            • #77257 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              On a souvent mentionné ici les podcasts Sortie de secours et Spéculations
              On parle par ailleurs ici des échanges actuels entre Microciné et Burdeau sur la critique. On recommande Microciné en général.

              • #77286 Répondre
                Machin
                Invité

                Merci c’est vous les meilleurs!!!

                • #77288 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  du monde

                  • #77299 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Euh sinon y a moi avec mon petit niveau mais j’adore discuter cinéma. Je propose ça je propose rien ^^

                    • #77309 Répondre
                      Machin
                      Invité

                      Oooh! Trop bien! Envoie les liens 😉

                      • #77310 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        C’est surtout une chaîne youtube mais tu peux lancer la vidéo et écouter en arrière plan. Comme un podcast. Et je suis ce fameux Le Rayon Décalé. François est venu plusieurs fois déjà discuté cinéma

                      • #77312 Répondre
                        Machin
                        Invité

                        Je vais écouter de ce pas!!

                      • #77331 Répondre
                        Linconnu
                        Invité

                        Je recommande aussi la chaîne YouTube « Cinéma & Politique »

      • #77245 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Marie Sauvion & Frédéric Mercier (coups de coeur F.Begaudeau)
        – Y aurait-il d’ailleurs un enregistrement du truc où j’ai fait ma pétasse pour pas y aller, l’hommage à Soderbergh au club de l’Etoile?
        si jamais qqn.e ….

        • #78186 Répondre
          Zyrma
          Invité


          • #78194 Répondre
            Carpentier
            Invité

            merci zyrma, c cool
            j’avais en tête de remonter les pages de topics, certaine qu’il avait été partagé déjà, et tu le places ici en réponse à, encore mieux.
            Le lundi j’ai parfois du temps l’après m, sinon je me le fais dans la semaine: 3 garçons, je suis sans doute présomptueuse.

      • #77269 Répondre
        persistance rétinienne
        Invité

        Bonjour, il y a beaucoup de revues, podcast, émissions intéressantes sur le cinéma. La plupart on été mentionné sur ce forum par le passé.
        En revue papier je lis : Les Cahiers du Cinéma, Positif et une revue qui s’appelle Apaches.
        En revue internet : Débordements, Critikat, Le Rayon Vert, Tsounami (existe en papier aussi). Il y a Des nouvelles du front cinématographiques aussi (ça ressemble plus à un blog) et En attendant Nadeau qui propose des critiques cinéma (Emmanuel Burdeau y écrit).
        En podcast : SPECULATIONS by So Film, de Emmanuel Burdeau.
        Sur YouTube il y a la chaîne Microciné de Samir Ardjoum qui propose une émission de critique qui s’appelle La Bande des 4 . Sur Twitch et en rediffusion sur YouTube je conseille Prisme Cinéma.
        On peut pas dire que c’est forcément la même approche que la GO, mais je te conseille d’aller y jeter un oeil.

        • #77287 Répondre
          Machin
          Invité

          Plein de trucs à lire et écouter merci beaucoup d’avoir pris le temps!

    • #77185 Répondre
      Tony
      Invité

      Si vous ne l’avez pas déjà vu je vous conseille l’audition de Sara Forestier sur les violences sexistes dans le cinéma, ça secoue

      • #77239 Répondre
        Carpentier
        Invité

        c’est l’cas d’le dire

    • #77202 Répondre
      Tony
      Invité

      Nouvelle livraison, toujours aussi stimulante

      • #77240 Répondre
        Carpentier
        Invité

        oh merci,
        j’écouterai quand j’aurai effectué mes différentes missions de taf (pu que 5 ans, putain: 5 ans)

        • #77355 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Flemme de m’inscrire (cf. ton lien quand tu cliques) voici un lien direct vers la même émission:
          https://www.radio.fr/podcast/sortie-de-secours2
          putain, faut tout faire ici d’dans

          • #77357 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Ça me plaît bien cette proposition de parler d’une intrication de parcours motivation/double-effet chez les persos d’Anora, plutôt que de parler d’un film en 2 parties (la 2e démarrant à l’arrivée/retour des russes burlesques pour s’occuper du jeune couple) film en 2 parties dont je comprends que pas mal de monde parlerait, bon.
            Ainsi, une Anora qui aurait plaisir à gagner de l’argent et se raconte à chaque fois qu’elle pourrait y trouver romance,
            le jeune client russe/mari qui délire un mariage blanc, une green card en passant par Végas et fantasme échapper ainsi à la lignée-héritage obligé de son père qui veut le faire bosser rapidement, et même Igor (?) qui se posterait paternellement aux cotés d’Anora tout en la baisant (?)
            J’avoue en revanche n’avoir pas du tout pensé au regard réal amoureux de Baker sur son perso.
            Joudet est singulière dans ses analyses je trouve, d’ailleurs à propos du juré num.2 de Clint, la culpabilité d’être heureux me tombe dessus comme le covid, et non la vérole puisque du clergé je ne connais que le nom.
            Pas ecouté sur The substance, que j’essaie de voir prochainement.

            • #77403 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              L’échange sur Anora est plutot relevé, mais loin de la matière du film, et lesté de signifiants comme l’Amérique ou Hollywood qui n’ont rien à faire là et qui, chez Thoret comme ici, obstruent le regard.

              • #77413 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Sur le Baker, je reste donc sur ce qui me reste à l’esprit depuis son visionnage, en attendant la future gêne occasionnée dédiée qui sera commise par mon duo de comiques cinéphiles préférés.

    • #77352 Répondre
      Hermhess
      Invité

      Bonjour, j’ai vu récemment le film « vortex » de Gaspard Noé. J’ai été salement attaqué dans ma virilité, j’ai même presque failli pleurer ! Que pensez-vous de Noé ? J’ai lu que Antoine Goya sur SensCritique lui reprochait de ne pas être spécialement subtil mais je ne pense pas que ce soit forcément un défaut pour un réalisateur.

      • #77356 Répondre
        Ema
        Invité

        Les excès de Noe produisent toujours quelque chose esthétiquement, ca ne brasse jamais du vent je trouve. Vortex et Climax sont ceux qui m’ont le plus impressionnée. Après c’est un cinéma à tendance anxiogène, et peut-être faut il réussir a dépasser un peu son anxiété induite pour bien voir ses films, vu q’un état d’anxiété rend assez hermétique et provoque une vision en tunnel. Du coup je me demande si ses films ne sont pas obligatoirement à visionner deux fois : une première fois pour savoir à quoi s’attendre et une deuxième fois pour bien voir le film, sans stress.

        • #77361 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Perso je trouve que ça joue un peu avec son caca. Pourquoi pas mais sans moi.

    • #77520 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pour illustrer les boniments pour embobiner
      « El buen patrón » avec un bon Javier Bardem. En VO, toujours, siempre

    • #77529 Répondre
      jacques sceptes
      Invité
      • #77540 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Immense

      • #77541 Répondre
        Kenyle
        Invité

        Ptin ça sfait pas

    • #77530 Répondre
      jacques sceptes
      Invité

    • #77945 Répondre
      Tony
      Invité

      Faites chauffer votre carte bleue,on a autant besoin de Critikat que de la GO et d’autres pour réfléchir sur le cinéma,en plus cette publication papier s’annonce passionnante et sera introuvable ailleurs,
      https://www.helloasso.com/associations/critikat-com/collectes/critikat-numero-anniversaire-20-ans

      • #78111 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Merci pour le signalement. Je fais un « up »

    • #77995 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai écouté la Gêne en rentrant de Miséricorde — l’avantage d’avoir la flemme d’aller au cinéma à la sortie d’un film — et c’est bien de remarquer la médiocrité (ne soyons pas timide) de la première demi heure du film. Tout est mauvais. La manière de filmer. Les dialogues. Les acteurs qui ne sont pas aidés. Une sorte de néant qui n’est pas du tout intéressé par la trivialité du réel — y a juste rien. Et j’aime le film, sans qu’il n’opère de grand renversement, mais il se passe définitivement quelque chose de significatif qui rend le film passionnant alors qu’on part de très loin.

      • #78198 Répondre
        Guéguette
        Invité

        Mouais, on peut prendre ça comme un défaut objectif, on trouver qu’il faut rentrer dedans comme il faut rentrer dans une pièce de théâtre (où les premières minutes sont toujours un peu délicate je trouve). Ce ton et cette gestion de la narration créent quelque chose de particulier sur le temps long. J’avais eu cette impression sur « les fantômes ». Ce qui semblait être un défaut est nécessaire à l’impact du projet entier.

        • #78225 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          La GO tache de démontrer que l’intensité de la deuxième heure a besoin de la platitude de la première.
          Résumé-je.

    • #78125 Répondre
      Cédric
      Invité

      Un nouveau Miguel Gomes arrive bientôt mais là pour quelques jours c’est son Tabou qu’on peut revoir gratuitement sur le site mk2curiosity. Dans mon souvenir c’était très beau.

    • #78222 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Dernière émission de Au Poste sur… le cinéma. Intéressant, peu centré sur l’art mais assez dissert sur les questions du mode de production et des financements. On y parle aussi tentatives d’intervention politique et interventions effectives à l’échelle régionale, notamment du RN, pour bloquer des projets de film. Retour rapide et assez critique sur le livre de Sellier. Discussion sur la consommation énergétique des tournages. Toute précision/confirmation/infirmation du contenu est bienvenue.
      .
      Ce passage sur la censure et les menaces physiques subies par certains cinéastes de la part de l’extrême droite cravatée comme cagoulée a fait surgir en moi cette réflexion inavouable : un des seuls points positifs à tirer de tout ça sera peut-être de faire redoubler de finesse et d’intelligence les auteurs. Je n’apprends rien à personne mais la question se repose dans des proportions que je m’étais peut-être mal figuré — les intervenants y reviennent aussi en fin d’émission (le sujet classique du code Hays etc…).

    • #78227 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ok on va écouter ça

    • #78265 Répondre
      Claire N
      Invité

      J’arrive un peu tard pour Anora
      La petite mécanique de l’équipe formée à partir de la fugue d’Ivan m’a accrochée ;
      Cette drôle de forme de vie composée de 4 frappa dingue, j’en suis devenu à me demander si la force et l’énergie qui émanait de ce «  collectif « 
      Ne devait pas sa puissance à une forme de folie
      Singulière a chacun, agencé miraculeusement
      Je retiens la scène en fond de glotte de Anora qui hurle «  au viol », presque cartoon , vrille les oreilles vrille en délire
      On peut pas dire qu’il s’agisse d’un collectif policé, ça fait presque l’impression d’un groupe de musique, ça envoie du désordre dans tous les sens

    • #78270 Répondre
      Henry
      Invité

      Olivia Rosenthal sort un livre en janvier. Une GO dessus prévue ?

      • #78280 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Echenoz. aussi.
        Donc peut-être priorité au taulier.

        • #78285 Répondre
          Carpentier
          Invité

          on saura peut-être enfin et notamment ce que tu vois dans ses choix de titre…

        • #78299 Répondre
          Henry
          Invité

          Merveilleux ! plus d’infos à ce sujet ?

    • #78283 Répondre
      Charles
      Invité

      Carrère aussi en sort un.

    • #78309 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      J’imagine que tu connais Radu Jude, François. L’existence de son cinéma me procure une grande joie. Je n’ai pas encore vu N’attendez pas trop la fin du monde. S’il y a un cinéaste attentif à la vie, un véritable monteur, c’est bien lui. Plan indélébile de Bad luck banging or loony porn : celui où la caméra suit en travelling l’héroïne qui entre dans un immeuble, et le plan continue son trajet pour finir sur une plante qui fend le béton du trottoir. Plaisir simple de l’observation, on regarde ce qui nous est donné à voir. Il y aurait beaucoup à dire dans une Gêne, je crois.

    • #78330 Répondre
      Bernard
      Invité

      Quelqu’un.e a vu le dernier Clint Eastwood ? Que vaut-il ?

    • #78382 Répondre
      Charles
      Invité

      Texte intéressant de Joudet sur le cinéma de Mouret à l’occasion de la sortie de son dernier film :

      https://www.facebook.com/share/p/12B36ZRAKte/

      • #78385 Répondre
        Tony
        Invité

        En effet analyse super intéressante sur les acteurs,chez Mouret ici mais que l’on pourrait appliquer à tout le cinéma mainstream français, ça me rappelle ce sketch des inconnus qui disait que dans’ les films américains même le mouchoir joue bien’,et puis ce qu’elle dit sur le plaisir de ‘la vie en mieux’qu’offre le cinéma est assez juste.

        • #78387 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Vu Promène-toi donc tout nu, son court-

          • #78388 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            On recommence, vu Promène-toi donc tout nu, son court-métrage de fin d’étude (1999). Sur une trame un peu con à la lecture (Stéphanie et Clément sont en couple, elle aimerait qu’il se promène nu, lui pas trop, le couple vacille, une amie de Clément lui propose alors de faire une expérience en se mettant en couple avec une tierce fille pour une journée) je trouve que le film se défend bien. Ca se déroule en majorité en plein air, durant les vacances (donc le temps est comme suspendu), et un Mouret grand benêt plutôt drôle. Je n’y retrouve pas les critiques de Joudet.
            Et puis si vous n’aimez pas, ça ne durera que 50 minutes.

    • #78389 Répondre
      Chinese
      Invité

      Elle commence par dire par mal, et on lit rien de ce pas mal. Je la trouve vraiment marrante dans sa critique et assez injuste dans ce que donne à voir l appart de Sara. Le décor est très cliché, très surfait comme tout ce que fait Mouret. Sur la prof que l’on ne voit pas être prof, ne gêne pas. Le parallèle entre Woody et Desplechin, faut chercher… Critique gratuite qui encense les Real qu’elle aime. Merci à elle. Dommage on ne saura pas ce qui est pas mal.
      Je pense que c’est le meilleur de Mouret. Outre le manque de corps des personnages Sara comprise. (Même si elle joue bien, il manque le corps et l’expression des corps., Camille est carrément hors-jeu.) les émotions liées au désir et la douleur sont biens présentes.

      • #78390 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        C’est marrant ça j’ai jamais aimé cette expression « pas mal » comme si on n’osait pas dire que c’est pas bon. J’ai personnellement toujours préféré une critique sincère et entière (même négative) que ces expressions vide

        • #78391 Répondre
          Chinese
          Invité

          Lis sa critique « ce pas mal » elle ne le dit pas mais le sous entend de façon équivalente en introduction.
          À ta guise d’aimer les critiques négatives. Moi ce qui me convient c’est la cohérence. Quand on a annonce du positif, on développe. En tout cas c’est comme ça qu’on fait chez moi.

    • #78392 Répondre
      Chinese
      Invité

      C’est aussi regrettable qu’elle parle pas de la musique classique qui fracasse le rythme du film et qui ne permet pas d’entrer en relation avec les personnages.
      Cette musique est insupportable, avant d’être insignifiante ou signifiante de la part de Mouret.

    • #78398 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « je ne comprends pas pourquoi Mouret ne s’intéresse pas au fond sociologique de ses personnages » Le travail critique consisterait justement à essayer de comprendre.
      C’est par ailleurs très bien de. noter que les acteurs se déplacent souvent avec un truc à la main – un verre. Par exemple Camille Cottin se déplace, au café, pour sucrer le sien. Mais alors qu’est ce que c’est que ce truc? Ce truc de les faire bouger comme ça.
      Au passage, écrivant sur le film, j’aurais avant tout dit que son titre est mensonger, et je dirais même putassier. J’en serais venu à dire que Mouret a le talent principal d’avoir bien vendu sa marque.

      • #78999 Répondre
        Carpentier
        Invité

        les acteurs se déplacent souvent avec un truc à la main – un verre. Par exemple Camille Cottin se déplace, au café, pour sucrer le sien. Mais alors qu’est ce que c’est que ce truc? Ce truc de les faire bouger comme ça.

        la peur du vide? du rien? de la teneur des dialogues, un manque de confiance en son film
        dialogues de plus sur-écrits, qui vont si moyen dans les bouches,
        Au lieu d’installer les filles, dans cette scène, bien assises à une table, tranquilles dans un coin bien calées, comme on fait toutes quand on s’interroge/se livre sur ce.s thème.s (son couple, ses doutes, le cul, ses hésitations)
        Là, on croirait un rappel rapide des points à aborder en réunion, faussement vivant dynamique, étrange:
        Mouret pense-t-il que ça fait moderne?

    • #78688 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour Peggy,ça peut t’aider à préparer ton entretien

      • #78708 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Merci @Tony je vais voir même si je suis pas une fan du youtubeur Guim Focus

    • #78728 Répondre
      trou noir
      Invité

      Je m’étonne que certaines antennes ici n’ont pas réagi à cette belle nouvelle.
      Pacifiction est dispo sur le youtube d’Arte.

      pacifiction

      • #78734 Répondre
        diegomaradona
        Invité

        @trou noir, bonne réflexion, mais on préfère parler des bonnes nouvelles d’ici.

      • #78736 Répondre
        Carpentier
        Invité

        revu hier, à la TV, comme la vieille que je suis;
        la séquence vagues et surf reste impressionnante, y compris de par la décontraction des persos dont c’est le quotidien ces éléments et ces paysages et me calme du filmage.
        Sacré film quand même,

        • #78737 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *Le calme

          • #78739 Répondre
            Miaou
            Invité

            On aurait espéré que ça te calme, mais non! Te voilà à commenter pour rien dire.
            Allez, pilule et au lit.

            • #78740 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Pas bien pire que les 3 participations précédentes + la tienne: la boîte de pilules va y passer, sale matou
              C’est ça quand il échappe au sac de la noyade à peine né, pfff

              • #78741 Répondre
                Miaou
                Invité

                On comprend pas ta langue dyspepsique. Essaie encore une fois. En tout cas, on compte sur toi.

      • #78797 Répondre
        Zyrma
        Invité

        Il buco également

    • #78879 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu le premier épisode de la saga gore en train de devenir culte, Terrifier – le troisième est sorti cet été et a cartonné.
      Ca raconte l’histoire d’un clown psychopathe, muet, qui tue en s’esclaffant (mais sans bruit). Il suit des inconnus et les massacre. Pas que femmes mais surtout des femmes, les hommes sont davantage des obstacles c’est avec les femmes qu’il prend son pied. Ces deux principales victimes sont évidemment très belles et très sexys, elles vont finir pour l’une sciée en deux du vagin à la bouche (je précise qu’elle est alors nue et qu’on commence par son vagin) et pour l’autre avec demi-douzaine de balles dans la tête.
      La seule singularité du film est son jusqu’au boutisme gore, on filme des gorges tranchées, des intestins qui sortent d’un corps éventré, des yeux crevées. Pour le reste, c’est business as usual – clown maléfique (au look très réussi ceci dit, avec ce petit chapeau ridicule et ce maquillage noir sur blanc sobre mais effrayant), victimes féminines, récit étique etc. Ca ne dure 1h20 mais j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout tant la violence est pénible à regarder, voire nauséeuse. La mise en scène est fonctionnelle, ça joue plutôt correctement (pour ce qu’il y a à jouer). A voir uniquement si on aime le cracra. En dehors de ça, je trouve que cette analyse est toujours aussi juste pour ce type de film (à partir de 8’43) : https://www.youtube.com/watch?v=mUZZYF2GfyM&t=1149s (je parle pas de Dahan hein)

      • #78884 Répondre
        Tony
        Invité

        Begaudeau/Dahan je savais pas que ça existait, c’est génial ce dialogue de sourds, merci Charles!De l’eau a coulé sous les ponts depuis et la thèse de François est obsolète,les amateurs de genre ne sont pas genrés comme il le prétend et on peut facilement le prouver avec Youtube,il a le droit de pas aimer ça mais dire que c’est du virilisme c’est n’importe quoi.

        • #78885 Répondre
          Charles
          Invité

          Sur le goût pour le même et sur le plaisir douteux de voir des corps féminins mutilés, ça reste d’actualité avec le film dont je parle.

          • #78886 Répondre
            Tony
            Invité

            Geneviève Sellier fait la même analyse sur le cinéma d’Hitchcock et la façon dont les femmes y sont traitées.

            • #78887 Répondre
              Charles
              Invité

              C’est sans commune mesure et le cinéma d’Hitch est plus varié et inventif.

              • #78888 Répondre
                Tony
                Invité

                C’est bien pour ça que stigmatiser un genre et décréter que le spectateur se rend coupable d’en tirer un plaisir douteux me gêne un peu,on sent une réprobation morale qui interdit toute jouissance esthétique.

                • #78889 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Faut juste savoir de ce qu’on jouit. Devant ce film – que tu n’as pas vu j’ai l’impression – j’ai eu le sentiment de voir un truc d’incel qui prenait plaisir à punir les femmes. On a le droit d’aimer ça, moi ce n’est pas mon truc.

                  • #78890 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Savoir de quoi on jouit*

                  • #78891 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Oui on ne parle pas de la même alors,l’année dernière j’avais téléchargé Terrifier 2 et j’ai arrêté au bout de 10 minutes,trop gore pour moi.

                    • #78983 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      « C’est bien pour ça que stigmatiser un genre et décréter que le spectateur se rend coupable d’en tirer un plaisir douteux me gêne un peu,on sent une réprobation morale qui interdit toute jouissance esthétique »
                      J’aime beaucoup ce lexique, qui est le mien.

                      • #78984 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ma réprobation est esthétique
                        Les affects que produit ce genre sont des affects tristes et répétitifs
                        Voir les pages de Comme une mule sur Sexus
                        (puisque l’heure est à en réinvestir le lexique)

    • #78892 Répondre
      Ema
      Invité

      Je remarque quand même, et j’ai éprouvé cette théorie sur moi même avec les polars, que lorsqu’on identifie le pourquoi de ses goûts « douteux », qu’on les étudie un peu et interroge les affects à l’œuvre, ça romp souvent le charme, un peu comme quand on réfléchit trop sur le sexe. Cela explique sans doute aussi les levées de boucliers dès qu’on veut approfondir derrière la supposée superficialité de ces goûts là, (« roooo çà va c’est juste pour le fun ça défoule c’est tout »). Peur de se voir gâcher le plaisir, qu’on sait très bien au fond motivé par des raisons absolument pas esthétiques.

      • #78893 Répondre
        Tony
        Invité

        Je crois qu’il faut distinguer le récit,qui peut s’inscrire dans un genre,et la jouissance esthétique qui, elle, passe plutôt par la forme, c’est à dire tout ce que l’on voit sur l’écran,la matière du film,son et images,plans,cadrages, interprétation des acteurs, lumière etc…Si on fait un raccourci grossier le cinéma est un plaisir douteux par essence,cela fait de nous des voyeurs et on en jouit aussi.

        • #78916 Répondre
          Ema
          Invité

          Je ne trouve pas que le récit échappe nécessairement à la jouissance esthétique justement, à moins que tu distingues foncièrement récit et scénario. Lorsque je me réjouis de l’intelligence d’un scénario, de sa finesse, de la façon dont il est monté, c’est une réjouissance esthétique je crois. En revanche, si un récit me plait par sa seule emprunte affective sur moi, parce qu’il flatte mon ego, me rassure, me console, me conforte, ou que sais-je de plus trouble encore, même si on peut laisser de côté le mot « douteux » qui est vraiment dispensable quand on parle d’art, celà induit forcément une expérience de cinéma moins intéressante, et surtout un plaisir qui relève beaucoup plus du boost de dopamine que de la joie à proprement parler.

          • #78931 Répondre
            Tony
            Invité

            Il faudrait prendre des exemples concrets sinon on va se perdre dans des généralités obscures,sur le scénario c’est compliqué à expliquer, c’est un peu toute l’histoire du cinéma qu’il faudrait remonter,un bon scénario ne fait pas nécessairement un bon film et des films sans scénario peuvent être éblouissants, aujourd’hui le scénario est central pour des raisons de financement, ça n’a pas toujours été le cas.

            • #78969 Répondre
              Ema
              Invité

              Oui je pense ie prendre des exemples concrets pourrait éclaircir la question, et justement je me demande de quoi est fait le plaisir d’un spectateur qui apprécie voir une femme se faire découper en deux par le vagin, par exemple donc. Je me le demande vraiment, sans suspicion de quoi que ce soit, c’est un véritable mystère pour moi.

              • #78975 Répondre
                Tony
                Invité

                Je n’ai pas vu ce film,par exemple un film de Gaspard Noé assez connu comme Irreversible est assez intéressant aussi,la scène de viol est insoutenable et pour autant je ne crois pas qu’on y prenne du plaisir donc quel est ce plaisir dont tu parles? As-tu des témoignages de spectateurs te disant qu’ils ont eu du plaisir en voyant des scènes insoutenables?

                • #78976 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Le gore dans des films comme Terrifier est le produit d’appel. On peut aussi dire qu’il permet la tension/la peur entre deux moments gores. C’est ce sur quoi jouent les films d’épouvante qui savent à peu près ce qu’ils font. Néanmoins, de ce que j’ai vu de cette saga, il est assez difficile de contredire ce point : ceux qui aiment ces films ressentent un plaisir pour ces scènes gores, les attendent, les désirent.
                  On peut attaquer la scène de viol d’Irréversible – scène que j’aime – il me semble quand même qu’elle fabrique un autre type de spectateur.

                  • #78982 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Ce qui est bizarre avec Terrifier 3 c’est que le film a eu une promotion virale sur Tik Tok faite par des très jeunes spectateurs malgré l’interdiction,je le sais par ma fille qui n’a que 15 ans et qui voulait le voir pour cette raison là,je ne sais pas non plus quels sont les affects en jeu dans ce phénomène.

                    • #78985 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                       » la jouissance esthétique qui, elle, passe plutôt par la forme, c’est à dire tout ce que l’on voit sur l’écran, la matière du film,son et images,plans,cadrages, interprétation des acteurs, lumière etc… »
                      Décidément
                      Il est peut-etre temps de rendre à William Will ce qui est à William Will non?

                      • #78988 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        C’est vrai,ave César!

    • #78904 Répondre
      Kenyle
      Invité
      • #78934 Répondre
        Carpentier
        Invité

        salut,
        magnifique gêne o. à hauteur du film.
        le duo y est en place, suis fan des gênoïstes, tant pis.
        Il y a reprise de cette idée de ‘ parties ‘, du coup, FB en coupe même une en 2 : )
        et puis le ‘ coup du clipesque ‘ est pensé, fin de l’histoire.
        Leur analyse du traitement social vitaliste et joyeux de Baker – on a pas le choix, si ? – est super intéressant, précis, détaillé,
        pas étonnant de leur part mais toujours aussi plaisant.
        – Sur-ce, m’en vais chercher un extrait de la remise du prix aux césars et de comment Baker reçoit ça
        Merci ; D

        • #78935 Répondre
          Carpentier
          Invité

          ok:

          cette palme d’or est pour toutes les travailleurs.euses du sexe, passé présent et à venir, merci

          magnifique en effet

        • #78944 Répondre
          Carpentier
          Invité

          j’aime aussi beaucoup le rappel/partage d’Anora faisant une bulle de chewing gum pendant son taf: comme l’autre membre du duo critique, l’HQNPDP, j’ai tilté quand FB en parle: cette scène m’était passée dessus comme toutes celles du film – même Flow le chat – et elle ne demandait qu’à être réactualisée, maintenant c’est fait.
          – Oui, faut bien vivre avec ça et le moins tristement possible; ici, dans le Baker, c’est carrément joyeux, jeune et joyeux, et j’en parlais d’ailleurs aussi, après visionnage, avec toutes les scènes des strip-teaseuses entre elles qui interpellent, elles sont au boulot, quoi – et elles se charrient aussi, y compris depuis leurs emplacements/frottages – et même depuis leurs boxs privés comme quand les sbires les ouvrent en recherche d’Ivan, vers la fin – ça le duo la gêne n’en parle pas mais tout est pardonné.

          • #78945 Répondre
            Carpentier
            Invité

            qui *S*’ interpellent

      • #78942 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Merci pour la Gêne, comme d’habitude. Sur le « clipesque », on peut ne pas le voir négativement. J’ai tendance à penser comme toi que ça n’est pas tant le mode de filmage de Baker qui est clipesque, mais la matière même de ce qu’il filme. Tu le dis d’ailleurs : on ne va pas inventer le fait que dans une boîte de strip il y ait des culs, des lumières tamisées, de la pseudo-musique électro, etc… D’autre part des riches qui s’éclatent avec des montagnes de champagne et des filles en talon de 40 cm à Vegas est clipesque, c’est un fait. Faire un montage cut est assez homogène à la vie concrète qui est montrée, tu l’as dit aussi, mais ça reste un choix qui n’était pas obligatoire — vu l’ambiance générale du film et le fait qu’il soit une comédie, je pense que c’était le bon choix. D’autant meilleur qu’il permet de mieux faire ressortir ces moments très réussis, ces césures, que sont par exemple les discussions entre Ani et Ivan dans le chambre. Baker maîtrise toute la palette. Lellouche, de ce que tu en dis (je n’ai pas vu le film) semble faire de n’importe quelle matière un clip.

        Aparté sur les casinos : m’est revenu en tête pendant la Gêne un film dans lequel ces endroits sont filmés très différemment (ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes types de casinos, souvent pas la même « gamme ») : The Card Counter de Paul Schrader.
        .
        Merci de m’avoir fait réaliser une hypothèse radicale et loin d’être impossible quant aux pleurs d’Ani à la fin : davantage qu’un sentiment de retour à la case départ et de retour à la case « prolo », le fait que ça soit ses sentiments naissants pour Igor eux-mêmes qui matérialisent ce retour. Hypothèse dure, mais défendable.
        .
        Ce que tu dis sur Baker qui film peu/pas les riches m’a fait repenser à cette très bonne idée de Florida Project : les riches sont toujours hors champ et matérialisés par le bruit des hélicos qui se posent (probablement pour aller à Disney World/Disneyland). De mémoire ils ne sont jamais montrés sauf une fois dans le reflet d’une vitre. Malin.

      • #79014 Répondre
        Mao
        Invité

        Très belle gène.

    • #78909 Répondre
      Mao
      Invité

      Comme beaucoup je vois la plupart des films au cinéma et sur les différentes plateformes de streaming et achète de moins en moins de DVD. Je voudrais conseiller ici deux DVD formidables sur des films qu’on a bcp appréciés ici.
      J’ai en effet rattrapé ce weekend le chef d’oeuvre de Thierry de Peretti « une vie violente » et voudrais signaler que dans les bonus DVD on y trouve, outre plusieurs scènes coupées au montage, un making of magnifique de 53 minutes dans lequel on peut, entre autres joyeusetés, voir des comédiens amateurs corses déclamer livre à la main l’idiot de Dostoievski mais aussi un documentaire passionnant de 57 minutes intitulé « Lutte jeunesse ». Dans le même ordre d’idée je conseille également le DVD de Tangerine qui à travers son making of permet de voir comment un tel film a pu être réalisé. Passion making of. Si vous avez connaissance d’autres bonus DVD qui permettent d’augmenter la compréhension de grands films, n’hésitez pas, je suis preneur.

      • #78923 Répondre
        Anna H
        Invité

        Beaucoup aimé Lutte jeunesse moi aussi. J’aimerais bien trouver le making of dont tu parles. Sinon il y a un court-métrage de De Peretti, Le jour de ma mort, avec un des acteurs d’Une vie violente, Cédric Apietto qui est accessible sur Vimeo :

        • #78924 Répondre
          Anna H
          Invité

          Cédric Appietto

        • #79009 Répondre
          Mao
          Invité

          Merci Anna.

      • #78936 Répondre
        adamou
        Invité

        merci Mao ! Le making of de Tangerine est dans la version classique du dvd ou c’est une édition spéciale (j’en vois pas la mention sur internet) ?

        • #79011 Répondre
          Mao
          Invité

          Il y a un making of intitulé « la genèse du projet » qu’on trouve bien dans l’édition standard du DVD. Également de brèves interviews des acteurs. On y apprend la rencontre entre Baker et le chauffeur de taxi arménien qu’on retrouve dans Anora. Son rôle très important pour toutes les parties jouées en arménien. On comprend un peu mieux la direction d’acteurs de Baker. On voit notamment un type qui apparaît 20 secondes à l’écran comme client d’un bordel, capable de parler de son rôle, de la psychologie de son personnage de manière très fine et précise. .

          • #79012 Répondre
            Mao
            Invité

            On y apprend également la réaction du chef op à qui on explique qu »on va tourner à l’iPhone 5. On apprend surtout comment le film s’est imposé à Baker. Comment les deux actrices principales se sont imposées à lui. Et comment ce sont elles qui ont imposé le scénario du film.

      • #78968 Répondre
        Tchitchikov
        Invité

        Beaucoup aimé Une vie violente aussi ; sensiblement documenté. On sent que de Peretti a dû passer du temps avec les personnages qu’il met en scène dans sa jeunesse. Pas vu le docu, merci pour le tuyau.

    • #78937 Répondre
      Lacombe Lucien
      Invité

      Sortie très discrète mercredi dernier du documentaire Direct Action de Guillaume Cailleau et Ben Russell. Visible dans une quinzaine de salles seulement, dont trois en région parisienne (Ciné 104 à Pantin, L’Écran à Saint-Denis et le Saint-André des Arts). Étonnant vu les belles distinctions qu’il a obtenu : Grand Prix au Cinéma du Réel et prix Encounters à la Berlinale, entre autres. Ça s’explique en partie par sa durée conséquente (3h32) qui le rend difficile à programmer.
      Le film documente le quotidien, les gestes, dans presque toute leur durée et matérialité, des habitants de la ZAD de Notre-Dames-des-Landes, entre 2022 et 2023, soit après la « victoire » contre la construction de l’aéroport, dans une succession de plans séquences plus ou moins fixes tournés en pellicule 16mm. J’ai été totalement happé par le malaxage d’une énorme pâte à pain, l’aiguisage méticuleux d’une tronçonneuse, la cuisson à la chaîne de crêpes, le survol en drone des nuages au-dessus de la ZAD… Un film que j’ai trouvé étonnement libre et relâché, contrairement à ce que me faisait craindre l’apparente rigidité de son dispositif. Une brève entracte aide à détendre le regard et à prendre le film comme une invitation à cohabiter avec ces gestes et ces actions.

      • #78940 Répondre
        Zyrma
        Invité

        plans préférés : tronconneuse (en plus moi je l’ai vu à quelques jours du Mal n’existe pas, forts échos), pâte à pain comme toi (j’ai eu peur lors du plan de transition du début sur le phare qui est vraiment long, même si je le comprends)

    • #78966 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Un très joli film  » La bicyclette verte. Wadjda » . Scénario et direction: Haifaa Al Mansour
      La petite fille Wadjda jouée par Waad Mohammed est d’une justesse qui fait vraiment plaisir.
      Elle rêve d’avoir une bicyclette
      Le making off vaut la peine. Le tournage n’a pas été simple. Il y a aussi des moments très drôles.

    • #78971 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Salut à vous, hier soir j’ai vu N’attendez pas trop la fin du monde de Radu Jude. Est-ce que quelqu’un l’a vu ici ? François tu l’as vu ? Pas évident à regarder mais on en ressort secoué. Sur le statut des images et du cinéma c’est radical. J’attends de savoir si quelqu’un l’a déjà vu avant de me lancer dans un monologue. Si c’est le cas je suis curieux d’avoir un ressenti et une analyse éventuelle. J’adore ces types comme Thomas Bernhard dont on a l’impression qu’il sont nés pour détester leur/la nation (et il y a de quoi). Nation qui en général le leur rend bien. La Roumanie en prend pour son grade avec Jude. Putain que c’est jouissif. Il prend l’histoire à rebrousse poil pour parler comme l’autre.

      • #78977 Répondre
        Anna H
        Invité

        Regarde dans Cinéma page 4 (je ne sais pas comment partager précisément), il y a eu pas mal d’échanges dessus. Je l’ai vu à sa sortie, ça date un peu pour moi, mais j’ai énormément aimé ce film. La longue séquence de fin sur le tournage de clip de prévention de l’assurance est complètement dingue. J’aimerais bien lire ce que tu en as pensé.

        • #78990 Répondre
          Tchitchikov
          Invité

          Merci Anna, je vais regarder ce que vous en avez dit avant de livrer mes pensées. Il faut que je le digère avant. Le plan fixe de fin est dingue, j’te rejoins. Notamment grâce au hors-champ.

      • #79001 Répondre
        stephanie
        Invité

        vu à sa sortie , complètement dingue et une liberté rare au cinéma, une critique du monde du travail sans concession, de l’arrivée brutale du capitalisme ( oxymore?) en Roumanie, je suis d’accord avec vous, un film jouissif , un chef d’œuvre. J’avais adoré son film « Bad Luck Banging or Loony Porn » où il est question de morale et de réseaux sociaux. Vous m’avez donné en vie de les revoir.

    • #79003 Répondre
      Anna H
      Invité

      J’ai raté Bad Luck Banging mais ton post tombe à pic car je vois que le DVD est empruntable dans ma bibliothèque.

      • #79048 Répondre
        Tchitchikov
        Invité

        Comment vous interprétez les raccords de plan avec ce vieux film roumain de la femme-taxi ? Je vois les parallèles : une femme indépendante au volant qui travaille dans une société ultra-machiste. Mais ce qui m’a troublé ce sont les ralentis qui détaillent des visages d’hommes hagards. Particulièrement un qui zoome tellement que l’image se « pointillise ». On distingue difficilement des hommes qui montent dans un bus ou un tramway. Les autres ralentis, même s’il mettent un individu au centre, ont pour cadre un arrêt de bus, une gare, un arrêt de tramway. Bon, la circulation, les accidents de la route, l’individualisation de la conduite avec Uber, l’agressivité au volant, constituent un thème du film et même une séquence de dix minutes sur ces croix qui jonchent une route à haute dangerosité. Dans Bad luck aussi la circulation à Bucarest avait une place. Par ailleurs, les hommes filmés sur lesquels Jude zoome dans ces séquences sont-ils tsiganes ? Le racisme anti-tsigane est également un des thèmes de tous les films de Jude. J’dois dire que ces séquences m’ont décontenancé. Ça m’a fait penser à Deux trois choses que je sais d’elle de Godard, que j’ai trouvé lourd. Éclairez-moi ! J’attends vos analyses avant de poursuivre sur le travail sans droits ni régime des accidentés, le double abject de la protagoniste sur tik-tok, les longues heures dans la bagnole avec musique lancinante, le film comme publicité, un pays satellisé par d’autres plus voraces etc. Et carrément Stéphanie, ça rabat cette vieille rengaine « le capitalisme a sorti des millions de gens de la pauvreté ». La page 3 du diplo de ce mois-ci montre le contraire. La Roumanie n’y a pas échappé.
        P.-s. : J’trouve pas la page en question Anna… Désolé pour les redites les gens, si jamais vous avez déjà égrené tout ça. En terme de plaisir de visionnage, même si je ne mesure pas la qualité d’un film à ce seul plaisir, j’ai préféré Bad luck. On pourra en parler. « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares » excellent également. À tout

        • #79050 Répondre
          Anna H
          Invité
          • #79052 Répondre
            Anna H
            Invité

            Avec une recherche dans Jude dans la page, ça marche

            • #79053 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              Haha merci beaucoup, oups pardon j’ai perdu mon dentier.

    • #79028 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      La dose de politimanie du jour : https://x.com/GramsRob/status/1860813295898313007

      • #79032 Répondre
        Charles
        Invité

        Je ne suis pas sûr. Le camarade Grahms critique l’appréciation politique superficielle de The substance en analysant ce que montre concrètement le film, au-delà de son discours. Et ce qu’il dit entre autres c’est que sous couvert d’une dénonciation de l’âgisme on passe quand même beaucoup de temps sur le cul de Qualley.

        • #79034 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Sur une doublure cul, en plus.

          • #79035 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Mais surtout je crois qu’on est comme devant Barbie : devant de l’affichage de signes chacun peut y sélectionner les symboles féministes ou antiféministes pour y voir l’idéologie qu’il veut.

        • #79036 Répondre
          Toni Erdmann
          Invité

          « Au-délà de son discours » – « Sous couvert d’une dénonciation ». Ici ce sont des procès d’intention qui sont faits au film, avec l’idée que Fargeat n’aurait qu’un message à faire passer, et ne ferait pas de cinéma en tant que tel.
          Je pense que Fargeat est une affamée de cinéma, une réal qui passe du temps à réfléchir à son art. Et ce crédit que je lui donne me permet d’interpréter les plans sur le cul de Qualley autrement que par le fameux « elle fait exactement ce qu’elle dénonce ».
          —-
          Deux interprétations que je te propose :
          – Prendre au sérieux le cul de Qualley : c’est un beau cul et il est donc normal qu’Elisabeth préfère être Sue qu’elle-même. Comme souvent quand on filme une aliénation avec justesse et ambiguïté, on filme l’aliénation (à quel point le personnage est conditionné par son environnement) mais également les raisons objectives qui amènent le personnage à désirer cette aliénation. Il est indéniable qu’être jeune amène plus de souplesse, de flexibilité, et s’avère donc désirable. Fargeat laisse une place à cette hypothèse. Elle ne se contente pas d’une critique de l’agisme qui sous-entendrait « préférer être jeune plutôt que vieux est un diktat de la société ». Ça l’est en partie certes. Mais c’est également désirable en soi. Et ça il faut le montrer.
          – La multiplication de ces plans peut nous écoeurer du male gaze. Je tiens cette interprétation de la critique de Critikat que je relaie ici : « Lorsque le personnage de Demi Moore enrage par exemple contre son alter ego en préparant une recette d’aligot et de boudin noir, un montage parallèle ramène la plastique idéale de Sue à un gros tas de viande. Des plans de gigots déchiquetés et de purée caoutchouteuse répondent à des inserts fétichisant sur les fesses, les cuisses et les jambes de Sue – Fargeat épousant, avec une délectation retorse, les règles implicites du male gaze pour faire rejaillir d’un même geste sa part malsaine et répugnante ». À titre personnel, devant le film, je n’ai jamais autant ressenti l’idée que le male gaze consistait uniquement à filmer de la viande, de la chair, et que c’était un peu bizarre de s’émouvoir érotiquement de ça.

          • #79038 Répondre
            Charles
            Invité

            Pas un procès d’intention car l’idée n’est de prêter une intention à Fargeat qu’elle n’aurait pas mais plutôt de montrer qu’elle fait autre chose que ce qu’elle dit ou que ce qu’elle croit faire. Je n’irai pas plus loin car je n’ai pas vu le film.

            • #79039 Répondre
              Toni Erdmann
              Invité

              Comment sait-il ce qu’elle dit ou ce qu’elle croit faire autrement que par un procès d’intention ? Donnons à Fargeat le crédit d’avoir une pensée plus complexe que « l’agisme c’est mal ».

              • #79042 Répondre
                Tony
                Invité

                Le travail formel de Fargeat est époustouflant, j’ai revu le film hier avec un copain,qui n’est pas spécialement cinéphile,la salle était pleine,et en observant les gens en sortir j’ai constaté une sorte de joie assez rare pour un film aussi dérangeant,mon ami m’a dit’ce film m’a retourné le ventre,le coeur et la tête’, ce film est en premier lieu un choc esthétique,et oui je crois aussi qu’elle filme une aliénation et que cette forme nous la fait voir.

                • #79043 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Il y a en ce moment un engouement massif des jeunes pour L’Amour ouf.
                  Et Marvel en est à 17 milliards de bénéfices.

                  • #79044 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    C’est ce que j’ai remarqué aussi pour L’amour ouf… Assez désespérant… Et Marvel…

                  • #79068 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Je trouve hautement spéculative cette discussion sur l’intention de Fargeat en s’arrêtant longuement sur le cul parfait de la jeune impétrante.
                    Ne pourrait on par revenir à plus simple : en quoi ces plans sont ils en soi intéressants? Qu’y vois je ne que je n’ai jamais vu dans les millions de clip où des culs parfaits sont filmés pareil?
                    Je répète en tout cas ce qui me semble la vérité littérale du film : une haine du corps, qu’il soit jeune ou vieux. Un plaisir immodéré à le maltraiter.

                    • #79080 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Je redis aussi que les lois de la péremption ont singulièrement changé, notamment à l’heure du tout numérique et du tout-rétouché.
                      La retouche ce n’est plus celle des actrices, mais de l’image.
                      Comme beaucoup de critères féministes actuels appliqués au cinéma celui ci a au moins deux trains de retard.
                      Comme tant de films de genre dits politiques, celui ci est aussi resté bloqué sur la case années 80.

                      • #79081 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sais-tu que des jeunes filles pratiquent de la chirurgie esthétique pour ressembler à ces images retouchées?Qu’elles se détestent de ne pas y ressembler? Suffit d’aller sur Tik Tok, c’est effarant(ou effrayant).

                      • #79083 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Soyons un peu précis, contrairement au film qui mélange des milieux et des époques qui n’ont rien à voir. Je ne parle pas de pratiques générales dans le monde humain actuel, je parle de ce dont ce film a l’air de vouloir nous parler, à savoir de la péremption des actrices dans le cinéma. Et je redis donc, ici comme dans une mule, que ce qu’il dit de la péremption des actrices est totalement périmé. D’ailleurs l’iconographie est une icono années 80

                      • #79086 Répondre
                        Toni Erdmann
                        Invité

                        Il ne s’agit pas de cinéma dans le film.
                        Si on était précis sur le réel, on constaterait que l’actrice de cinéma n’est plus du tout au sommet de la hiérarchie du star-system. Les influenceuses et les pop-stars ont désormais pris le relais.
                        Donc, en effet, on a des films qui se financent sur des actrices de plus de 50 ans (mais ça reste toutefois des films d’auteurs, si l’on prend les 10 plus gros succès de l’année, aucune actrice de plus de 50 ans) mais parce que le cinéma n’est plus le médium numéro 1 du star-system.
                        À toi François donc de nous citer un compte insta d’une femme de plus de 50 ans dans les 200 comptes les plus suivis de la plateforme.

                      • #79100 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Dans The Substance il s’agit d’une star de cinéma oscarisée qui, vieillissante, se retrouve dans une émission TV. Pas d’une influenceuse.
                        Après, et c’est bien le problème, ça ne sert pas à grand chose d’etre précis sur ce point vu que le film ne l’est pas. La version jeune restant dans l’émission TV dont on comprend qu’elle est prestigieuse et qui n’existerait jamais dans le monde réel. Le gloubi glouba qu’on voit est « le star system » mais dans sa version vieillotte, avec des producteurs et sans influenceuses.

                      • #79082 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Si si mais pour une version mec avec Call me By Your Name où le réalisateur (russe donc impossible de parler de l’homosexualité) filme pendant tout le filme les fesses de Timothée Chalamet et Arnie Hammer pour expliquer qu’ils sont homos

                    • #79085 Répondre
                      Toni Erdmann
                      Invité

                      « Un plaisir immodéré à le maltraiter »
                      Vrai
                      D’où découle une réel plaisir de l’organique. Du haut de ma petite expérience cinéphile, je n’avais jamais vu d’aussi près, et aussi bien éclairé, un corps d’une femme cinquantenaire. Ses tétons disproportionnés, ses bourrelets, ses vergetures. Un corps vrai.
                      Et puis quand le film bascule dans le faux, il ne ménage pas ses effets de prothèse, de gore. Vous pouvez ne pas aimer le film, accordez lui au moins la qualité d’être inventif dans le registre de l’organique et de la chair.

                      « en quoi ces plans sont ils en soi intéressants? Qu’y vois je ne que je n’ai jamais vu dans les millions de clip où des culs parfaits sont filmés pareil? »
                      Le montage parallèle que je pointe plus haut, en copiant une critique de Critikat, me paraît très intéressant. À titre personnel, c’est la première fois que j’ai eu un écoeurement de male gaze. Une sur-stimulation menant à la nausée.

                      « La retouche ce n’est plus celle des actrices, mais de l’image. »
                      As-tu vu les visages des jeunes candidates de télé-réalité ? As-tu vu les visages de Nicole Kidman ou Juliane Moore ? Je ne comprends pas cette réserves. Est-ce que t’insinues que les cabinets de chirurgien esthétiques sont en faillite car Photoshop fait tout ?

                      « Comme tant de film de genre dits politiques »
                      C’est toi qui dis que c’est politique. Mais de quoi est vraiment constitué le film : d’un personnage qui alterne entre deux corps et essaye de résoudre l’équation impossible imposée par la « substance ». Le producteur doit avoir un temps d’écran de 10 minutes. Ça serait comme, par exemple, critiquer Mad Max à l’aune de la structure politique de la citadelle, qui elle aussi apparaît 10 minutes dans le film.

                      • #79095 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Je te rejoins Toni. Je rajoute néanmoins : ce film est bien la preuve que la catégorie de « male gaze » est, au mieux, floue, et au pire : débile. Qu’il y ait aliénation ou non, ces fesses sont à la fois montrées comme désirables, puis monstrueuses, en alternance ou simultané. L’idée que Fargeat essaye de « traiter le mal » est ridicule et condescendante à souhait. La lire ici surtout. Il me semble pas qu’on estime en général que les cinéastes par leurs films tentent de traiter quoi que ce soit… mais bref.

                      • #79117 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        K, ce que moi je trouve condescendant et particulièrement désagréable c’est de tenir des propos aussi peu amènes sans s’adresser directement à son interlocuteur. Ça me fait penser aux gens dans le métro qui préfèrent parler du bourrin qui vient de leur rentrer dedans à la troisième personne sans la regarder (« qu’est-ce que les gens sont mal élevés ») plutôt que de le confronter.

                      • #79183 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Si tu as dit des choses similaires, je ne suis pas au courant : je fais une citation directe de la personne à qui répond Toni dont je ne me souviens même pas du pseudo et que je confronte donc en la citant.

                      • #79168 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Et puis quand le film bascule dans le faux, il ne ménage pas ses effets de prothèse, de gore. Vous pouvez ne pas aimer le film, accordez lui au moins la qualité d’être inventif dans le registre de l’organique et de la chair. »
                        C’est exactement la qualité que je lui trouve.
                        Pour le reste ce n’est pas moi qui parle de politique, c’est tous les commentaires (male gaze, etc). Je dis donc que ce film est politiquement nul et qu’il n’a de qualité que dans son plaisir à malmener le corps, les organes, les viscères.
                        « Est-ce que t’insinues que les cabinets de chirurgien esthétiques sont en faillite car Photoshop fait tout ? » C’est fatigant. Seldoon répondu : c’est le film lui même qui prétend parler de cinéma. Je le prends donc au mot, et je dis que la situation du cinéma qu’il souligne est périmée. C’est pourtant simple. Si tu veux voir un film sur les influenceuses, va voir Diamant brut, qui est aussi médiocre dans son parti pris naturaliste que Fargeat est médiocre dans son refus du naturalisme.
                        Quant au producteur qui « apparait dix minutes », il n’est pas crucial dans le film, mais il est le symptome implacable du désintéret absolu de Fargeat pour la situation contemporaine du cinéma. Elle filme du cinéma. Elle filme de la série B années 70-80, en y ajoutant l’emphase tape-à l’oeil et l’immodestie formelle d’un Kubrick.

                      • #79193 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Le film ne prétend pas une seconde parler de cinéma. Le film ne s’intéresse pas à la situation contemporaine de l’industrie d’Hollywood tout comme Miséricorde ne s’intéresse pas à la situation contemporaine des petites villes du sud de la France.

                        Par rapport à Kubrick, je ne trouve pas qu’elle filme comme lui. Elle reprend les espaces froids et abstraits : le couloir, les toilettes rouges, c’est repris en tant que décors déréalisant, et la salle de bain — l’espace principal du film — est dans cette veine-là. Elle injecte dans ces espaces kubrickien ce que Kubrick déteste : l’organique. Cette association (paradoxale ?) m’a plu. (Je tique sur « immodestie formelle ». Dans tes propos tenus sur le cinéma de Kubrick, je ne me souviens pas avoir entendu parler de manque de modestie. Et pour cause : qu’est-ce qui dans une forme pourrait manquer de modestie ? C’est comme lorsque je lis, par exemple, que Tree of Life est prétentieux. Alors qu’un film prétentieux, à moins qu’un bandeau vante les mérites du film, je ne vois pas ce que ça peut être.)

                        La qualité principale du film étant dans son plaisir à malmener les corps, les organes, les viscères, et le film déployant cette logique jusqu’au bout, ça m’a suffisamment intéressé pour garder mon attention tout du long, en donnant à voir cette aliénation corporelle sous différentes formes. Sans qu’on soit dans la haine ou le dégoût. Il n’y a pas de dolorisme. C’est une affaire étrangement réjouissante.

                      • #79195 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Le film ne prétend pas une seconde parler de cinéma. Le film ne s’intéresse pas à la situation contemporaine de l’industrie d’Hollywood tout comme Miséricorde ne s’intéresse pas à la situation contemporaine des petites villes du sud de la France. »

                        -Dire qu’un film « filme d’un cinéma », ce n’est pas dire qu’il parle de cinéma. C’est décrire sa forme.
                        -pour autant Fargeat se prévaut d’avoir parlé d’un certain sort réservé aux actrices. Donc elle prétend parler de cinéma. On est donc fondé à voir ce qu’elle en dit. Et ce qu’elle en dit ne correspond plus au réel qu’elle prétend dire. (la comparaison avec Guiraudie est donc indue)
                        -immodeste peut etre remplacé par emphatique. Kubrick l’est. Fargeat aussi. On retrouve d’ailleurs chez les deux une sorte de ricanement pompier. Un règlement de comptes en trompette avec l’abjecte humanité. (rarement vu un film comme The substance où tout le monde est laid et méchant)

                      • #79180 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        C’est surtout que la notion de male gaze est beaucoup plus intéressante quand il s’agit d’analyser le traitement scenaristique des personnages de femmes: sont ils archetypaux, unidimensionnels, accessoires ? plutôt que la manière de filmer les corps féminins. D’ailleurs ce serait quoi une manière de filmer féminine ou masculine, désirante ou non désirante ? Est ce qu’on ne peut pas être une femme et vouloir filmer un cul ou un décolleté avec insistance pour des raisons très différentes peut être que le ferait un homme ? Scorsese n’a jamais trop foutu ses actrices à poil mais son biais masculino centrique transpire de tous ses films, ç’aura été le grand loupé de sa carrière comme le rappelait Francois dans GO dédiée à Killers of the Flower Moon.

                      • #79181 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Au passage ce n’est vraiment pas par féminisme que Scorsese n’a jamais foutu ses actrices à poil. Plutot le contraire.
                        Le contraire : pudibonderie catholico-ritale (on ne met pas à poil la mamma ou la madone). Misogynie tendance respect-des-femmes
                        Baker, inversement, ne craint pas de les foutre à poil. Pourquoi? Parce qu’il est sur de lui. Sur de sa totale sympathie pour le genre. Sur de sa féminité.

                      • #79109 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        « Du haut de ma petite expérience cinéphile, je n’avais jamais vu d’aussi près, et aussi bien éclairé, un corps d’une femme cinquantenaire. Ses tétons disproportionnés, ses bourrelets, ses vergetures. Un corps vrai. »
                        C’est marrant j’ai eu l’expérience inverse. Je trouve qu’on voit ce corps de 50 ans moins et moins bien (j’avais d’abord écrit « peu et mal », c’était exageré) que ce que le sujet appelait. J’ai un corps moins bien entretenu que celui de Demi Moore (62 ans) mais avec 2 bonnes décennies de moins, je vois mieux les affres du temps en 15 secondes devant mon miroir qu’en 2h20 de The Substance. Et par exemple la texture de la peau. Je me suis même demandé si Demi n’avait pas fait retoucher quelques plans. Je ne dis pas que le film est une catastrophe de ce côté là, mais gardons un sens de la mesure.

                        « Et puis quand le film bascule dans le faux, il ne ménage pas ses effets de prothèse, de gore. Vous pouvez ne pas aimer le film, accordez lui au moins la qualité d’être inventif dans le registre de l’organique et de la chair. »
                        J’accorde avec plaisir une certaine inventivité de ce côté là. Pas autant que chez Carpenter il y a 40 ans. C’est plutôt dans l’habile mélange qu’il y a inventivité : the Thing par ici, Gollum par là, et le tout filmé comme Brazil. Et ensuite on garde la prothèse apparente, on en fait une scène de comédie suréclairée (celle des boucles d’oreilles et coiffure devant le miroir). J’aime bien tous ça mais on descend d’un cran, celui du remix plutôt que de l’inventivité pure.

                      • #79111 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        bsr,

                        par exemple la texture de la peau. Je me suis même demandé si Demi n’avait pas fait retoucher quelques plans.

                        de mon côté, vous lisant, me revient à l’esprit les épaules marquées de soleil mais pas net, le derme des épaules avec les petites taches plus blanches qu’on a souvent quand le hâle est en partance, elle joue le rôle d’une star de ciné qui coache des émissions sportives, d’aérobic, c’est une femme qui fait super attention à son corps, le perso qu’interprète Demi Moore, dans ce film, son corps est plausible, vraiment

                      • #79148 Répondre
                        Toni Erdmann
                        Invité

                        Seldoon, en effet le corps disparaît mais il y a une bonne scène de plus de 5 minutes (avant l’ingestion de la substance) où ce corps est visible comme rarement des corps le sont au cinéma. Désolé pour la trivialité, mais je n’avais jamais vu des tétons aussi déformés, sûrement la conséquence de l’allaitement (j’y connais rien, je parle au hasard).

                        Ce qui est inventif, c’est quand même ce système d’un double corps et tout ce qui vient avec : le pue qui s’accumule à l’endroit où Sue ponctionne Elisabeth, la dissociation lors du combat, puis la fusion avec le visage de d’Elisabeth sur le dos du monstre final. Et tout ça sans tomber dans un esprit de sérieux, comme en témoigne mon plan préféré du film : le carton « Monstro Elisasue ». Certains prétendent que le film est prétentieux alors que ce carton existe.

                      • #79153 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je n’ai pas vu les mamelon en question
                        Mais il ne semble pas que l’allaitement les déforme, il ne me semble pas non plus que les personnes âgées que je vois aient justement le mamelon déformé ( les sens peuvent tomber oui )
                        Peut etre que c’est un genre de trucage ?
                        Un expert attentif me disait que les mamelons des filles étaient aussi personnels que leur visage
                        Et octobre rose signale que toute déformation du mamelon doit conduire à une consultation

                      • #79154 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Me vient donc une question : es ce que ce film est brouillé entre pathologie / sain ? Sur l’aspect visuel des corps ?

                      • #79189 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        les tétons ne sont pas déformés, l’aréole en est large, comme souvent ceux des femmes enceintes, par exemple, quand hors grossesse ils sont plus ramassés;
                        et d’ailleurs, sur une plage ou, dans l’intimité, quand des personnes ne voient pas trop de seins nus, les seins et surtout les tétons sont assez uniques, vous remarquerez, leur couleur, leur taille donc et leur proéminence érectile hors stimulation, bref
                        Demi est belle nue:
                        sérieux, parlez et regardez un peu plus les femmes autour de vous
                        comme je vous y invitais dans un autre post de ce fil de discussion: les femmes c’est aussi votre quotidien, sérieux!

                      • #79182 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        bjr Claire N,
                        j’en parlais déjà, un peu plus haut sur cette page, le lendemain de mon visionnage, dans ces lignes:

                        Dans un autre genre, oui, j’ai lu ce que qqn écrit ici des gros plans sur le derme d’Elisabeth/Demi et j’aime aussi comment est filmé son corps, sa chair, sa fesse qui montre un peu de décharné pas musclé, pas rond – elle est sexy et a son âge, la fesse est moins pumpée donc ^^ pump it UP.
                        Ses aréoles, ses seins sont matures (autre catégorie porno, oui, on sait) et elle est littéralement à nu et c’est beau.
                        Fou et beau.

                      • #79292 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Hum désolé n’ayant pas vu le film
                        Je n’avais pas voulu m’incruster dans la discussion
                        Sur le point que tu soulignes effectivement c’est mieux de prendre des exemples concrets de ressentis
                        La seule piste que j’ai et qui n’ai pas unique c’est que les rares fois où j’entre dans un magasin de beauté ils trouvent toujours un truc à me vendre

                      • #79298 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        bon benh de ce fil je disparais alors (c’est quoi tous ces ‘ ah benh enfin! ‘ ?)
                        puisque tu es un.e des dernier.es à alimenter tant bien que mal une sorte d’échange ( tu es un.e saint.e)
                        PS: à part si tu as un faible pour Demi Moore, ce film – au vu de ce que je comprends de toi – paraît dispensable, ceci étant.

                      • #79316 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        « tu es un.e saint.e »
                        Oh ben non
                        Écoute plutôt cette magnifique chanson de bob dylan

                        Histoire qu’on parte pas sur un malentendu

                      • #79321 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        un malentendu tout sauf à la michel blanc bien sûr,
                        mais, comme partout ici, c’était de la déconne bien sûr bis.

                        Le forum de François Begaudeauuuu (le crier comme les bateleurs de cirque ambulant)
                        bientôt dans votre viiiiiille:
                        ces politimans, ces grandes gueules à gros culs, ces connasses, ces mules et ces tiedasses vous amuseront jusqu’à la saint gliglin du 31 décembre à minuiiiiiit
                        Fêtez l’an nouveau avec la compagnie Begaudeau

                      • #79322 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et histoire de sucer François Begaudeau pour une fois – burp –
                        je posterai plutôt celle-ci
                        (putain mais c’est qu’iel a raison, nunuche la praline cucul, : Carpentier parle super mal en fait)

                      • #79324 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        ah oui je prends
                        surtout qu’archive de juste avant sa mort
                        ouf c’était moins une

                      • #79325 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        bon évidemment ça n’égale pas ça, mais tu le sais

                      • #79155 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Le truc du pus m’a rappelé certains passages d’ExistenZ, pas revu depuis des années donc je parle de mémoire. Ça m’a justement donné envie de le revoir.

                        Pour l’esprit de sérieux, on en a discuté précédemment, c’est un peu complexe, le film joue sur les deux tableaux. D’un côté il se présente comme une vraie satire/caricature et ricane de partout, même de lui-même avec ce carton. De l’autre, il joue au grand film avec ses 2h20, ses cadres design, sa grandiloquence – qu’on ne retrouvera pas dans un Brazil par exemple. Pour l’esprit de sérieux il serait intéressant de comparer avec Too Old To Die Young de Refn, qui joue autant de ce mix satire/sérieux mais qui pour moi gagne sur les deux tableaux, là où le Fargeat perd plutôt. Je soupçonne Refn d’être plus au clair avec lui-même sur ce qu’il fabrique.
                        Et pour les 2h20, je redis qu’en coupant une heure de redites et surlignage tout passerait mieux.

                      • #79158 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Je reviens sur la clarté : j’aime bien quand un réalisateur qui montre qu’il fait un grand film sait en même temps que c’est un truc de petit con. C’est ce qui désamorce toute antipathie de ma part pour Too Old, ou Magnolia.

                      • #79162 Répondre
                        Toni Erdmann
                        Invité

                        D’accord avec toi sur les redites et surlignages, très agaçants. C’est la raison pour laquelle je défends le film auprès des sceptiques mais j’appelle au calme face à ceux qui crient au chef-d’oeuvre.
                        Sur la durée, je n’y vois pas une forme de prétention, peut-être même que j’y vois le vecteur de comédie. C’est par la surenchère, par le sentiment de « ça va toujours plus loin », qu’on atteint une forme de renoncement et que le rire nerveux s’immisce. Quand on pense arriver au climax du film, et qu’elle retourne chez elle pour prendre à nouveau la substance, on assiste à une répétition proche du comique et ça n’aurait pas lieu sans une durée un peu diluée.

                  • #79104 Répondre
                    Delphine
                    Invité

                    L’engouement des jeunes pour « L’amour ouf » (présenté comme le film de l’automne à sa sortie) et pour les Marvel est aussi lié à un aspect générationnel, le ressenti n’étant pas le même pour un public adolescent et un public adulte. Concernant les Marvel, les adolescents (peut-être plus que les adolescentes, d’ailleurs) sont souvent captivés par les effets spéciaux à l’américaine, parfois même avant l’histoire du film, et cela leur suffit pour être fans de ce genre de films. Alors que des critiques de cinéma adultes vont s’attarder davantage sur les plans, la manière dont est fabriqué le film, et comment s’agence l’histoire.

                    • #79110 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Par ailleurs les Marvel qui ressemblent beaucoup au cinéma SF des années 1980 et 1990. C’est en ça que je dis que ces films sont des films de propagande contemporain. Mais j’ai très hâte d’en entendre parler par François chez l’ami Samir le 3 décembre

                    • #79146 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      L’avez-vous vu les Filles? cet Amour Ouf,
                      (je crois même que pas mal de ieuv – par ailleurs – y sont allés aussi):
                      nostalgie de quinquas, musique 80’s , bonnes gueules des acteurs.rices et posture meilleur pote inoffensif de Lellouche aidant

                      • #79147 Répondre
                        Delphine
                        Invité

                        Je n’ai pas vu « L’Amour ouf », un peu hésitante à cause de la longueur du film, mais, s’il y a beaucoup d’action, cette durée peut passer inaperçue. Certains adultes semblent également avoir été déçus par le film, ce qui ne m’a pas encouragée à y aller. J’aime bien l’idée de départ, un amour de jeunesse qui réapparaît, mais, d’après la bande-annonce, il semble y avoir pas mal de violence. Cela m’a fait penser à « Kompromat », avec Gilles Lelouche, qui semble également violent.

                      • #79265 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Kompromat mais oui, Delphine: on s’en sort pu de Gilles Lellouche, quelle dystopie avec lui partout au cinéma, n’est-ce pas?
                        Sur la durée de l’amour ouf, pas souvenir d’avoir souffert, une fois installée, j’aime laisser le film pour lequel je me suis déplacée dérouler; j’aurais juste négocié autrement la scène de danse – prétexte par exemple, ‘danse- pretexte ‘ pour moi – on gagnait 10 minutes et le gamin pouvait très bien épater la nana, à la descente du bus, le matin devant le lycée, je trouve.
                        Non, s’il faut dire un défaut de l’Amour Ouf, c’est pas spécialement sa longueur.

                      • #79327 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Oui Carpentier j’ai vu le film et l’histoire d’amour du couple me dérange quelque pe,u pas que j’ai envie de faire ma féministe mais vraiment toute cette violence gratuite juste pour justifier l’existence de ce film me dérange beaucoup. Y avait quelques bons thèmes dans le film mais finalement jamais approfondis. Après j’en ai déjà parlé et je n’ai pas très envie de de me répéter

                      • #79406 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Poelvoorde, Benoît, aurait-il mis le bouquin de Neville Thompson dans les mains de quelqu’un d’autre que celles de Gilles Lelouche? (on parle donc toujours de l’amour fou ou du jackie loves johnser, ok? dans la langue d’origine)
                        – pitch du bouquin:
                        Jackie et Johnser, qui ont grandi dans la cour jonchée de verre d’une cité de Dublin, voulaient s’en sortir ensemble. Alors pourquoi Johnser a-t-il épousé Tara ? Pourquoi Jackie s’est-elle mariée avec Jeffrey le baltringue ? Sur fond de chômage et de désespoir social, entre tragédie et humour, la chronique bouleversante d’un amour qui finit mal.
                        Je lis également en effet que cette Tara serait l’allumeuse du quartier, perso qui disparaît dans la reception/adaptation de G. Lelouche pour bien dire/montrer en revanche l’embourgeoisement de Jackie avec un perso joué par celui des beaux gosses ( tout le monde suit? on espère sinon balek)
                        Ouais, ça me déplairait pas, si un jour je n’ai plus aucune autre envie ni désir, de mettre le nez dans le roman de ce N.Thompson, tiens.
                        En attendant, j’ai l’En fanfare, comme on sait.

                      • #79417 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        + desolée PS, à part le post où tu notes que les jeunes se seraient précipités sur cet amour ouf comme sur les Marvel, je n’ai pas trouvé tes lignes au sujet de ce film mais je ne t’embête pas plus,
                        à bientôt sur tes émissions 👋

            • #79047 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Je n’irai pas plus loin car je n’ai pas vu le film.

              oui, c’est mieux
              ou alors, à partir de la bande annonce au moins, qui donne quelques billes, comme tu sais

          • #79040 Répondre
            Ema
            Invité

            En te lisants je prends conscience que l’appréciation politique et esthétique du film dépend beaucoup de son rapport à l’agisme et l’objectification sexuelle du corps jeune : si on pense que ces phénomènes constituent une constante humaine irrémédiable, alors on peut regarder le film comme un simple conte horrifique qui s’amuse à jouer de ces angoisses là, et c’est une proposition esthétique. Mais si on pense que ces données sont de pures constructions sociales, alors on trouve le film contre productif ou hypocrite dans ce qu’on identifie comme une vaine tentative de traiter le mal par le mal.

          • #79045 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Prendre au sérieux le cul de Qualley : c’est un beau cul et il est donc normal qu’Elisabeth préfère être Sue qu’elle-même. Comme souvent quand on filme une aliénation avec justesse et ambiguïté, on filme l’aliénation (à quel point le personnage est conditionné par son environnement)

            Sans oublier la façon dont cette caricature de producteur sort Elisabeth de l’émission où elle officie: elle se fait téj par un vieux grigou déclinant et grimaçant qui renforce à mort le conditionnement patriarcal et social d’Elisabeth
            Non, il n’y a évidemment pas que l’agisme ou le jeunisme dans ce film, il y a aussi ce que c’est d’habiter un corps et comment on l’habite
            Et puis ce que c’est d’être une meuf, bordel!
            déjà ça,

            • #79059 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Quelqu’un.e qui, comme moi, a vu l’Hazanavicius sinon?
              (avec Hazanavicius on peut, si je comprends bien, ‘ dire

              L’Hazanavicius : )

            • #79546 Répondre
              Carpentier
              Invité

              retombant sur Ruffin tout à l’heure, j’ai repensé à Saldmann et me suis dit qu’elle ferait une très bonne Sue, la Sue de The Substance, oui.
              Comme je le signalais quelques jours après visionnage d’Au boulot, un peu plus haut sur cette page, elle dit volontiers avoir préféré le moment dans les vestiaires, l’espèce de 3e mi-temps après le match de foot: elle aime le dynamisme, l’énergie chez la jeunesse qui se bouge, comme Sue.
              C’est tout?
              C’est tout.

          • #79073 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            J’aime bien cette interprétation de Critikat (reprise sans le dire dans le long débat fait par Prisme sur le film). Le fait est que j’ai été peu érotisé par Qualley (sa doublure) filmée de cette manière. J’étais sorti avec le même sentiment du dernier Lanthimos où Qualley apparaît aussi — d’où le parallèle immédiat qui m’est venu entre les deux films. Qualley + Stone ça n’est pourtant pas rien. La froideur formelle annihile l’érotisme alors même que des corps dénudés sont partout. Une sorte d’érotisme post-humain, je ne sais pas trop comment dire.

            • #79084 Répondre
              Ema
              Invité

              Oui je crois aussi que l’appréhension du corps comme pur objet esthétique est anti érotique au possible.

              • #79087 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                Oui c’est vraiment ça, « pur objet esthétique » au sens de « esthétisant ». Je serais curieux de savoir comment certains de mes amis ont perçu ça s’ils l’ont vu. Leur réaction est peut-être assez opposée à la mienne — ça ne serait pas la première fois. Question de sensibilité — et donc… d’esthétique!

                • #79088 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  @I.G.Y le débat sur Prisme je ne le trouve pas sur leur chaîne,t’as un lien?

                  • #79112 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    @Tony je l’avais écoutée en live sur Twitch mais ils viennent de la mettre sur youtube. Normalement c’est exactement la même

                    • #79118 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Ok merci je viens de regarder, intéressant en effet avec le petit tacle bien mérité pour Sortie de Secours

                      • #79128 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Cela dit Joudet et Momcilovic finissent par en dire un peu de bien de mémoire.
                        .
                        J’ai vu Reality+ (son 22min de 2014) et une filiation/inspiration m’a sauté au visage quand bien même elle est moins évidente dans The Substance : Black Mirror. Reality+ est littéralement un mauvais épisode de Black Mirror (série qui m’a rarement beaucoup plue). Et si l’on se fie au proverbe turkmène qui veut qu’on jouisse toujours un peu de ce qu’on filme, il y a décidément jouissance de la dystopie technologique et des corps siliconés, lisses, irréels. Coiffés-fringués Schwartzkopf, devanture de coiffeur. On retrouve aussi le mutisme Substance mais la photo n’a strictement rien à voir, sans relief. On trouve dans Reality+ quelques idées détails qui seront directement repris dans son dernier.

                        Fargeat a nettement « radicalisé » son approche dans son dernier par rapport à ce court de 2014. Il y a un monde d’écart tout en étant du même. Je n’ai pas vu les autres.

                      • #79185 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Et pour ceux qui en voudraient encore, le Spéculations de Burdeau sur le film vient de sortir. Un peu court mais ça ajoute de l’eau au moulin (il semble que la réception en salle ait donné lieu à des réactions suffisamment intenses au sens physique du terme pour y consacrer les 5 premières minutes de discussion)

          • #79102 Répondre
            Carton de Lait
            Invité

             » c’est un beau cul et il est donc normal qu’Elisabeth préfère être Sue qu’elle-même »
            .
            Oui sauf que le film nous montre qu’Elizabeth n’a même pas conscience ou souvenir d’être Sue (même si la voix au téléphone lui rappelle qu’elles sont supposément la même personne….). Donc pouquoi continuerait-elle cette expérience si elle n’en retire aucun bénéfice conscient?
            .
             » je n’ai jamais autant ressenti l’idée que le male gaze consistait uniquement à filmer de la viande, de la chair, et que c’était un peu bizarre de s’émouvoir érotiquement de ça. »
            .
            Oui enfin, doit-je réellement ici mentionner l’évidence que le désir sexuel est un instinct biologique? Évidemment que chacun aura probablement un moment dans sa vie où il prendra conscience qu’objectivement tout ça est un peu bizarre, pourquoi passe-t-on autant de notre vie à vouloir faire intéragir entre eux nos organes génitaux et puis vu de loin, quel cirque étrange et sauvage que les ébats sexuels. Pourquoi la vue d’un sein ou d’un cul nous perturbe autant, et puis après on se souvient que le premier impératif de toute espèce vivante est la reproduction et que pour l’être humain celle-ci implique de réunir des corps l’instant d’un moment, heureusement, pas trop désagréable (normalement du moins…) et c’est pour cette unique raison que l’on doit subir notre libido, quand bien même nous n’aurions pas à titre personnel l’intention de nous reproduire. Mais bon, passé cet agaçant moment de lucidité sur l’étrangeté de la sexualité, non il n’y a vraiment rien de bizarre à trouver l’étalage de chair nue excitant (pour autant que celle-ci nous soit esthétiquement agréable)
            .
            Ça n’empêche pas notre cerveau de trouver ça gratuit ou même dégueulasse. Par exemple la nudité féminine à depuis au moins les années 70 été très gratuitement utilisée dans le cinéma Français. Adolescent je n’aurais jamais eu l’idée de m’en plaindre , mais depuis, pratiquement à chaque fois que je vois une scène de nudité dans un film je ne peux m’empêcher de me demander si elle est au moins vaguement justifiée (c’est assez rare, soyons honnête, surtout avant les années 2000) et quand elle ne l’est pas j’ai un réflexe j’imagine qu’on doit qualifier de moral (si on était gentil on dirait même en fait féministe) de me dire qu’il y a forcément un producteur (« vous allez nous la foutre à poil hein? ») ou réal un peu pervers derrière ça . Pour autant… ça ne m’empêche pas NON PLUS d’être parfois excité…. C’est bien pour ça que ça marche.

            • #79141 Répondre
              Carpentier
              Invité

              sauf que le film nous montre qu’Elizabeth n’a même pas conscience ou souvenir d’être Sue (même si la voix au téléphone lui rappelle qu’elles sont supposément la même personne….). Donc pouquoi continuerait-elle cette expérience si elle n’en retire aucun bénéfice conscient?

              tu soulèves là quelque chose qui ne m’est pas venu à l’esprit comme ça, merci:
              En effet, si Elisabeth ne dépasse pas ses jours de vie contrairement à son jeune-moi, si elle ne s’acharne pas sur son autre version d’elle-même, elle sait que
              sue l’a remplacée dans son émission TV: c’était même le but, sa vengeance/revanche, ce pour quoi elle entre dans ce protocole chimique fantas(ti)que.
              Elisabeth voit Sue, impériale sur l’affiche en face de son immeuble ou dans l’émission à la TV et elle se souvient de ses jours plus glorieux de star; quand elle voit que Sur sera la vedette du show de la New Eve, là, c’est l’apothéose inversée, l’apogée de son envie de meurtre.
              Quant à la scène ‘ gastronomie et cuisine française’ – le cadeau cynique de la prod. qui l’éjecte comme une vieille merde hasbeen – dont j’avais parlé dans les jours qui ont suivi mon visionnage, elle est clairement, pour moi, un non-respect total à l’attention diététique et habituelle des usages alimentaires de ce type de canons de beauté féminine (tripes, plats en sauce, foie gras – en plus du clin d’oeil beurk à ces plats français)
              Chaque fois que Sue laisse son tour de vie, découvrir l’état de l’appart et le contenu du frigo est pour Elisabeth une irritation matérielle réelle.
              Oui, pour moi, les deux-moi peuvent s’embrouiller mutuellement, et la cuisse de poulet que Sue sort de son nombril (surplus apparu en direct durant l’émission d’aérobic/streching, en gros plan) dit bien les interactions possibles dans les deux sens.
              Moment de slurps et splatchs qui m’ont définitivement fait basculer dans un autre genre d’état de spectatrice, doutant qu’elle resterait jusqu’à la fin et alternant, comme une enfant, un cachage des yeux complet avec un j’écarte deux doigts pour savoir quand regarder.

              il n’y a vraiment rien de bizarre à trouver l’étalage de chair nue excitant (pour autant que celle-ci nous soit esthétiquement agréable)

              Ce que j’aime aussi dans ce film freaky gore horror show singulier c’est la façon dont le corps d’Élisabeth est cadré et mis en scène à l’écran, avant sa transformation.
              Même au sol, épuisée par le premier protocole, les postures ne sont pas érotiques non; Elisabeth est nue et ce sont les jeux dansants de l’émission avec Sue qui titillent, eux qui sont vivants, tandis que le corps nu est assommé/en léthargie, comme mort.
              Sauf à faire partie de la bande à Domi Pélicot, une femme inerte sur le carrelage de sa salle de bains (me) donne plus envie d’appeler les secours que de la baiser.
              Même si elle est en 4 mètres sur 4.

              • #79143 Répondre
                Carpentier
                Invité

                en vrai, The Substance est un bon outil de prévention contre l’usage des drogues en tout genre, qui dit bien les effets de manque, les difficultés pour en sortir, la façon de maltraiter ++++ corps et esprit, soma et psyché.
                On l’espère en projo à Palmade pendant ses 2 ans de détention.

                • #79156 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  des drogues

                  au bien être à tout prix, à la beauté, l’hyper jeunesse, le sport etc etc etc
                  Thé Substance ne traite cependant et en aucun cas à l’addiction aux espaces en ligne ouverts par Bégaudeau.
                  Ça, je l’affirme,
                  n’étant pas du tout concernée, comme on sait.
                  Comme répondu hier à ma Fille qui me demandait :
                  – t’as vu le nouveau Bégaudeau, Mam?
                  De quoi tu parles, Belle?
                  Son nouveau forum, arrrreeeet’ sûre que tu connais
                  Ah oui, il a ouvert un nouveau forum? ah ok, j’vais p’têt attendre encore un peu pour regarder c’que c’est quand même?
                  Ouaip, je crois que c’est mieux
                  – rires –

        • #79037 Répondre
          Ema
          Invité

          Ce qui est indéniable c’est qu’on ne sort pas de ce film moins inconforté par le vieillissement du corps, notamment feminin, puisque celui-ci cristallise précisément tout l’enjeu horrifique du récit. Il y a peut-être un intérêt cathartique à celà, aller au bout de ce dégoût là, le pousser à son paroxysme pour…Pourquoi donc? Pour jouer à se faire mal, tourner l’inconfort en satire masochiste, en sortir par le rire grinçant à défaut de pouvoir réellement le conjurer. Mais moi je n’ai pas beaucoup ri en voyant le film c’est bien le problème. « La mort vous va si bien » m’avait autrefois plus amusée.

          • #79144 Répondre
            Carpentier
            Invité

            moi j’y entrevois aussi, bien après coup certes – en échangeant et en vous lisant ici – une œuvre freaky-gore sur la dépression, le mal-être, ce qui peut faire qu’à un moment, qqn.e peut ne pas/plus se sentir en place, decalé.e (avec son corps, son époque, son genre social, …) et qui bidouille avec un comment succomber aux offres variées diverses et commerciales pour devenir, redevenir, enfin être son ‘ vrai soi ‘ , une sorte de truc qui penserait le dev personnel enfin, ses conséquences, ce qui peut advenir, d’après les promesses d’aller mieux, grâce à des stages, des remèdes appelés et marketés modernes et autres charlatanismes modernes.
            Un film sur le mal-être? benh ouais, à minima, et choisir la femme, le corps des femmes, l’image du corps des femmes est un choix évident pour moi, y compris si l’actuelle tendance à voir, dire et faire peser des archétypes et injonctions moins genrés aujourd’hui sont accessibles et visibles partout,.sur Instagram, youtube, dans les télé réalités, les images des défilés fashion et dans la rue aussi, c’est entendu: bienvenue dans le monde des ‘ putain j’ai encore trop bouffé’ ‘ t’as vu la gueule que j’ai’ ‘ oh pis j’y vais pas chu pas assez bien pour sortir’, les Gars.

      • #79056 Répondre
        Tchitchikov
        Invité

        Fantastique, j’ai ce que je cherchais sur N’attendez pas trop… J’avais pas remarqué la soupe populaire ; belle observation. Merci pour l’éclairage Toni Erdmann. Carrément d’accord avec toi sur l’art de Jude qui consiste à aller regarder de près dans les images. Prolongeant ainsi le fameux « Ce n’est pas une image juste c’est juste une image ». D’ailleurs pendant l’appel en vision pour sélectionner l’accidenté le plus fringant (rien que ça…) un des employés fait référence à la mort de l’acteur de Blow up, dans lequel il s’agit précisément d’aller chercher dans une photo ce qui n’est pas directement visible.

    • #79046 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Tous les films Marvel ont rapporté en tout 29,8 milliards de dollars.

    • #79145 Répondre
      propater
      Invité

      Pour ceux que ça intéresserait, Nouvel Ordre de Michel Franco est disponible sur Mubi Belgique.

    • #79225 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Pardon les amies j’suis dans le passé mais n’ayant pas encore vu The substance… Ceci dit un film avec une femme de plus de cinquante ans qui a de la gueule ça m’fait penser à Aquarius de Mendoça Filho. Là aussi cinéaste qui sait ce que c’est un devenir-femme. Rarement vu un long-métrage où on s’intéresse au plaisir et au désir d’une femme de cet âge, avec finesse. Et elle est pas retapée à la Demi Moore (ça ne constitue pas une position sur le film de Fargeat ni sur son choix d’actrices). Et comme ici je sais qu’on aime bien les acteurs un peu hors star-système, entre autres choses. Bon l’actrice brésilienne choisie par Kleber, Sonia Braga, est aussi très connue j’vous le concède. Mais rien à voi avec The substance qui a quand même l’air d’être un film « de genre » à vous lire. C’est ptet aussi sa faiblesse ?

    • #79239 Répondre
      riviere
      Invité

      Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles sur Arte cinema, les ami.e.s!

    • #79314 Répondre
      Tony
      Invité

      Here est pour Frédéric Mercier et d’autres le plus beau film de l’année, comme il est déjà dispo sur des sites pirates je l’ai regardé un peu plus d’une heure et je ne comprends pas l’engouement autour de ce film,on se croirait devant Scènes de ménage(M6), c’est affreux,d’autres l’ont vu?

      • #79330 Répondre
        Pier
        Invité

        Est-ce que l’on parle du très beau film de Bas Devos ou de l’horrible film de Zemeckis ?

        • #79387 Répondre
          Carpentier
          Invité

          bsr, je comprends que c’est un film pas encore en salles, ça te met sur la voie ou non?
          flemme de chercher plus,
          mais bien contente – j’avoue – de retomber sur une situation d’imprécision identique à celle vécue récemment (me sens moins visée, aaaaaah bien être, apaisement, je m’aime)

    • #79432 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      J’ai vu Sans filtre de Ruben Östlund (disponible sur Arte replay). Très bon film, que j’apprécie beaucoup.
      La scène d’ouverture, avec les mannequins exposés au regard et le casting de Carl dégage une atmosphère que j’ai trouvé similaire à l’ambiance de Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini. La présence du chien en arrière plan est discrète mais étrange. La réification des corps est totale. L’attitude du jury objective Carl et les Mannequins, ce qui annonce la violence sociale qui va suivre, violence qui se joue au niveau des corps.
      .
      Il me semble qu’un partage se fait dans le film entre les corps bourgeois dorlotés et les corps obligés des travailleurs. Ce film voit l’oppression à partir du partage de la jouissance dans l’ordre social. La scène de la bourgeoise qui demande à la serveuse de se baigner est un grand moment : la serveuse ne peut pas lui dire « non », car elle est conditionnée à dire « oui » au désir-maître; mais elle ne peut pas dire « oui » pour autant à son maître, puisqu’elle dérogerait à sa fonction de serveuse. Elle va voir sa hiérarchie, revient, dit qu’elle aimerait mais qu’elle ne peut pas, puis finit par céder. Le plan sur le visage de la serveuse permet de percevoir, dans un intuition sensible, les effets d’une structure sur un corps individuel précis : la crispation du visage, la rougeur de la peau, le regard qui tâtonne et se cherche une contenance, tout cela exprime de manière très sensible la captivité du travailleur, pris dans un réseau de relations qui l’opprime. L’obligation généralisée d’une baignade pour tout le personnel reproduit une nouvelle réification des corps après celle de la scène d’ouverture. Dans ce microcosme qu’est le bateau, il y a ceux qui ont le droit de jouir (les maîtres), et ceux qui n’en ont pas le droit, ou qui ne peuvent jouir que sur commande et quand on leur accorde cette jouissance, c’est-à-dire jouer la jouissance quand le maître l’exige. L’obligation de baignade pour le personnel, décrétée par la bourgeoise décadente, est une injonction sadique à jouir, qui produit évidemment l’effet inverse sur les travailleurs : l’obligation de jouissance est une corvée dont ils se passeraient bien. C’est le pouvoir suprême de la bourgeoisie du bateau sur les travailleurs : le répit qu’elle leur accorde est une corvée désagréable.
      .
      On retrouve d’ailleurs ce paradoxe sur l’île, et ce partage entre ceux qui ont le droit de jouir (le dominant) et ceux qui ne peuvent pas (le dominé). Abigail qui devient le maître exige de jouir du corps de Carl en retour de son travail pour tous. Abigail a le droit de jouir, et Carl doit jouer à la jouissance – ce qu’il ne parvient pas toujours à faire, puisqu’une scène intime montre que ses efforts pour jouir sont vains.
      .
      Que l’immatériel gouverne la matière ou que la matière reprenne ses droits sur la vie dématérialisée de la bourgeoisie, il y a toujours oppression parce que la séparation structurelle entre ceux qui commandent et ceux qui exécutent demeure dans les deux cas. Le coup de force de ce film, à mon avis, c’est de montrer, dans deux situations closes (l’île et le bateau), la séparation structurelle qui constitue l’oppression dans des corps concrets et des plans visuels très sensibles aux rapports qui déterminent les corps. D’une certaine manière, Sans filtre rend visible l’invisible, il rend sensible que ce que l’ordre social tend à insensibiliser.

      • #79433 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        J’ajoute que si je n’ai pas pas spécialement aimé la scène des vomissements successifs, j’apprécie toujours autant, chez ce réalisateur, l’art d’introduire une tension de manière insensible. Je n’avais pas vu venir la scène en question, mais ça faisait bien dix minutes que je savais qu’il allait se passer quelque chose, car je sentais bien que la tension montait progressivement. C’est un réalisateur qui sait introduire un élément déstabilisateur, mais j’ai toujours du mal à savoir, rétrospectivement, ce qui lui permet d’arriver à ses fins.

    • #79434 Répondre
      Nicolas
      Invité

      L’abandon peut-être. Quand tu es en phase créatrice, tu peux tout te permettre dont jouer à regarder l’abîme.
      Ce n’est pas un bouton sur lequel tu appuies mais une pulsion (pour aller plus loin que le poncif de la catharsis) dans laquelle tu t’abandonnes, et c’est très plaisant.
      Ça me rappelle un passage d’une chanson des Doors : I think you know this little game. This little game is go insane
      Je délire peut être justement mais quand je réfléchis à comment j’ai pu écrire telle chose, c’est justement par l’abandon.

      • #79443 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ecrire de telles scènes, et surtout les tourner, demande aussi un peu de méthode, un peu de rigueur. Et surtout de la concentration.

        • #79462 Répondre
          Carpentier
          Invité

          salut,
          pour toi. un groupe que tu citas jadis/fis connaitre à certain.es de ton ancienne communauté: NS
          je mets le titre Hollywood, pour laquelle tu citas/cite et citera toujours, je pense, le film Maps to the stars (vu déjà dans ce contexte tandis que je parlais je sais pu trop de quel film à l’époque) le film M to the S que je vis, donc, et rapportai notamment la scène avec le précipité d’excréments conservé jalousement par un e des fans de stars.
          Tu l’a recité dans l’échange dense pour l’Anora de Sean Baker et, de ce groupe, que je viens d’avoir l’envie de ré-écouter, je sais pas pourquoi, j’ai choisi ça (pour sa durée courte aussi, en vrai

          • #79471 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            pas compris grand chose
            j’imagine que c’est de Nada Surf que tu parles (pourquoi l’acronyme? pourquoi toujours coder?)
            et j’imagine que tu as oublié de foutre le lien

            • #79482 Répondre
              Carpentier
              Invité

              oh benh oui, pardon 🤣
              le post est parti sans mon copier-coller

              du coup : remontrances x 4 pffff
              décidément

              • #79483 Répondre
                Carpentier
                Invité

                mon copier-coller est même encore enregistré – quand je lis, au l’instant en pause-boulot, ton message-yeux fâchés – réponse: mince
                mon intention est ratée
                comme pourrait l’être une de mes blagues
                bon,

            • #79485 Répondre
              Carpentier
              Invité

              N.S. écrit tel, je te jure que je l’ai lu tel, je les connaissais même pas encore, sur ton ancien forum, sérieux (ancien forum mort pour la France et l’infini, pourrais donc pas le prouver, pas à ça près)
              La preuve: t’as compris de suite : D
              T’es quand même une sacrée Canaille, FB
              (FB c’est moi aussi, sans doute? et l’HQNPDP aussi? et la G.O.? et LBLV?
              wooooooo les embrouilleurs de première,
              pas beaux, va!

            • #79491 Répondre
              Carpentier
              Invité

              et j’imagine que tu as oublié de foutre le lien

              tu as donc bien tout compris en fait
              arrête donc de me calimeriser, stp:
              m’étonnerait que ça n’illustre qu’un
              qui aime bien châtie bien, n’est-ce-pas?
              À notre âge, de plus, ce serait pas bien sérieux
              De 9 ans ton aînée, t’imagine le scandale
              et l’état de l’enroulade 🤣

    • #79470 Répondre
      Tony
      Invité

      La rétro Akerman sur Arte tombe à pic pour ceux qui, comme moi,n’en connaissent que Jeanne Dielman.J’ai commencé par Golden Eighties et c’est vraiment un drôle de film,on pourrait à première vue le voir comme assez anodin et pourtant, à la réflexion,il apparaît beaucoup plus riche,et finement pensé pour représenter la vision libérale(ou petite bourgeoise)du mariage et de la famille,vue comme une petite entreprise ne cherchant qu’à s’accroître,et qui sépare les êtres de leurs sentiments,et donc de leur vie.

      • #79472 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je me suis arreté au bout de 20 minutes mais tu me donnes envie de reprendre et d’aller au bout.

      • #79532 Répondre
        Christophe M
        Invité

        On peut aussi voir le film comme l’annonce de l’impasse de ces galeries marchandes urbaines, de la fin des commerces indépendants, avant l’avènement des chaines et des franchises. Le personnage joué par Denner ne parle que de s’agrandir alors qu’il perçoit que la clientèle n’est plus là.

        • #79539 Répondre
          Tony
          Invité

          La baisse de fréquentation et la désaffection de la clientèle sont les antiennes immémoriales des commerçants,ce qui est intéressant aussi dans le dispositif c’est que cette galerie soit souterraine,soumise à un éclairage artificiel,un air conditionné, rien n’est naturel,en fait je me demande si ce film n’est pas l’envers d’un film de Jacques Demy,un envers noir et tragique avec ces choeurs féminins et masculins qui évoquent la tragédie grecque.

          • #79541 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Il y a un peu de ça chez Demy aussi – voir le tragique des Parapluies.
            A première vue le film me semble très sous influence Demy (ne serait ce que le choix du magasin comme épicentre)

            • #79542 Répondre
              Tony
              Invité

              Il faudrait que je les revois les films de Demy,le film dialogue avec lui c’est certain mais j’ai l’impression qu’Akerman ne fait pas tout à fait la même chose.

              • #79545 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                C’est mieux pour elle

                • #79579 Répondre
                  Tchitchikov
                  Invité

                  Si tant est qu’un rat mort puisse se faire chier, j’me suis fait chier comme lui devant Jeanne Dielman. Et pourtant je n’suis pas mort. J’ai tenu 45 minutes. J’essaierai d’aller jusqu’au bout un jour. La folie Almayer avait imprimé en moi à peu près le même effet. Élucider un ennui peut être fécond. J’aime mon ennui devant certains films. Pas celui que provoque en moi Akerman. J’vais regarder Golden Eighties quand même.

                  • #79608 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Devant les films conceptuels d’Akerman je m’ennuie souvent, mais je trouve que ce sont de très bons supports de reverie, de pensée.

                    • #79629 Répondre
                      Tchitchikov
                      Invité

                      Il y a peut-être des conditions de visionnage. J’ai croisé tout à l’heure un ami qui l’a vu au ciné récemment. Il faut être bloqué dans une salle m’a-t-il dit. Je l’ai commencé chez une amie qui a la télé. Je suis sensible à ton idée de « support de rêverie ». Ça m’arrive devant les films de Weerasethakul, oui. Peut-être faut-il, précisément, le dispositif de la salle pour s’abandonner pleinement.
                      Par contre je ne te rejoins pas sur le qualificatif de conceptuel. Pour Jeanne Dielman tout du moins. Le concept subsume, ramasse, condense. Je ne connais pas assez Akerman pour être affirmatif. Je m’lance au risque d’être démenti et heureux de l’être. Le peu que j’ai vu de Jeanne Dielman m’a paru démonstratif voire didactique. Ainsi de la scène ou le fils récite une poésie de Baudelaire avec un accent forcé, deux fois. Passage passionnant d’étrangeté pour l’auditeur français peu familier de ce parler. Ça laissait place aux interrogations. Mais il faut que le dialogue mère-fils nous en donne l’explication : oui je m’force pour qu’on se moque plus de mon accent à l’école néerlandaise ; pourquoi y es-tu allé ? Ah oui parce que tu voulais y suivre ton ami. Mais Chantal nous aurions pu le comprendre tout seuls ça, tu écris trop parce que tu en doutes. Tu déplies, tu déploies. Tu n’es pas assez conceptuelle ici.
                      De même pour la discussion forcée sur le père dont l’absence était suffisamment lourde sans qu’on en parle. De même pour le fils qui demande plus d’argent de poche. C’est poussif et maladroit parce que programmatique. Mais je m’avance trop. Je n’ai pas fini le film.
                      Quel autre film tu conseillerais ?

                      • #79899 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        JD est de loin mon préféré
                        Dans ma bouche « conceptuel » avait un peu le sens que tu dis….Donc nous sommes assez d’accord. Il y a quelque chose de froidement théorique dans ce cinéma, comme s’il lui fallait conjurer le chaud, car le chaud ouvre la porte à un pulsionnel dangereux, redouté, haï.

                      • #79916 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Ok ami, j’entends. J’y retournerai un jour. SI j’arrive jusqu’à ce jour.

    • #79597 Répondre
      Robert Pirès
      Invité

      Quelle est selon vous la meilleure période des Cahiers du cinéma?

      • #79607 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je dirais 2002-2007

      • #79610 Répondre
        Tristan
        Invité

        (est-ce qu’un jour les Cahiers du cinéma demanderont quelle a été la meilleure période de Robert Pirès ? On pourrait répondre 2002-2007)

        • #79898 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          La coincidence temporelle entre les deux apogées n’étant évidemment pas fortuite
          Robert nous inspirait, et lui a souvent dit que nous lire le transcendait

    • #79822 Répondre
      adamou
      Invité

      un sitiste abonné au diplo aurait-il la sympathie de partager l’article de François sur l’histoire de Souleymane?

      • #79832 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        L’article a déjà été partagé dans la section « Intégrale » dédié aux partages d’articles payants.

        • #79859 Répondre
          adamou
          Invité

          Ok merci, je trouvais pas

      • #79841 Répondre
        Carpentier
        Invité

        – adamou a-t-il récup l’article dans le monde diplo?
        je viens de remonter le topic où il est partagé.
        Pas encore vu ce film à la limite du documentaire, dixit FB: si tu l’as vu de ton coté, tu en diras peut-être quelque chose?

        • #79847 Répondre
          Carpentier
          Invité

          – une sorte de ‘ raconter la vie ‘ – collection aux éditions du seuil – en quelque sorte, si je lis bien FB dans le journal Le Monde diplomatique.
          J’essaie de voir le film Souleymane; hier, grandie par mon visionnage du film Grand Tour de Miguel Gomes (comme dit dans le ‘ bilan ciné 2024’ de mi- novembre) ^^
          La gêne occasionnée dédiée, le podcast critique cinéma du duo bien connu – benh si, quand même non? – sera un chouette cadeau de fin d’année.

          • #79848 Répondre
            Carpentier
            Invité

            hier, * sortie* grandie par mon visionnage du film Grand Tour de,

    • #79843 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu Anora, écouté Sortie de secours mais pas encore la GO. J’aime bien le film qui est évidemment le meilleur film américain de 2024 mais je comprends un peu ce que dit Momci : ça en dit long sur l’état du cinéma américain que de porter au pinacle ce film et ce cinéaste. C’est à l’évidence un film trop long, au comique de répétition efficace mais parfois qui tire un peu trop sur la corde, ce qui sauve vraiment l’ensemble c’est son rapport aux personnages (avec eux mais aussi assez lucide, jamais complaisant) très juste et pour le coup assez singulier.

      • #79876 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pourquoi « à l’évidence »? Pas « à l’évidence » du tout pour moi. Anora est un des rares films que je suis allé revoir post-GO, pour le plaisir.
        Tout se joue dans ce qui passe souvent sous les radars du brillant Momci : la chair du film. Son concret. Sa facture précise. Or tous les plans de Baker me paraissent incarnés, vivants, éperdument amoureux de la matière. Les raviolis surgelées sur le crane de l’arménien.
        Momci s’ennuie parce qu’il cherche des idées et pas de la chair.
        ET ses interlocuteurs sont pareils, qui defendent le film idéellement (l’Amérique Hollywood le reve l’envers le magicien d’OZ blabla)
        Ne pas voir que la scène final Igor-Anora dans le salon est immense, ne pas même en parler, est un impair critique.

        • #79891 Répondre
          Charles
          Invité

          Le plan sur les raviolis congelés est super mais ce contre-champ sur l’arménien qui dit à Toros de se méfier revient 10 fois et on nous le ressort aussi dans la voiture. C’est drôle mais un peu forcé. La recherche d’Ivan est un peu longue aussi, tous les personnages sont trop en boucle.
          Momci fait moins une critique du film qu’une critique de la critique, après je suis d’accord qu’Orignac délire trop le film et que Joudet se plante un peu sur le rapport de Baker à son personnage.

          • #79896 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai, en sus, une petite intuition sur Momci, qui m’est venue là d’un coup en l’écoutant. C’est que cet univers là, cet univers de prolos, et surtout l’alignement trivial de Baker sur la trivialité de ses prolos (que je tache de décrire dans la GO, un podcast de cinéma que je fais avec un ami) est quelque chose qui lui déplait épidermiquement

            • #79917 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              T’as prononcé le mot déterminant me concernant : « chair ». Si c’est ça que le film dégage alors je vais décidément y aller. J’hésitais bêtement.

            • #80102 Répondre
              Charles
              Invité

              J’ai écouté la GO sur Anora qui est excellente – je n’aurais pas spontanément qualifié le film de social mais cela devient évident quand on suit ta démonstration.
              Je suis très d’accord sur le fait que Baker ne met pas Anora sur un piédestal. Il ne la juge pas, sa mise en scène n’est pas surplombante mais il n’est pas dupe d’elle. J’aime aussi que le film s’appelle Anora et non Ani, alors qu’elle dit à plusieurs reprises qu’elle n’aime que ce diminutif – je trouve que c’est une façon de montrer qu’il conserve une certaine distance par rapport à son personnage. Il est avec à ses côtés mais par forcément de son côté, quelque chose comme ça.
              Je suis aussi d’accord sur le fait qu’elle n’est pas toujours très belle, pas toujours filmée à son avantage. Ça m’a frappé quand il la filme de plain-pied lors de sa première visite chez Ivan, on la voit marcher et se diriger vers la porte et elle apparaît vraiment comme une prostituée (terme qu’elle réprouve à de nombreuses reprises, contre l’évidence, ce qui montre aussi que Baker a un certain recul par rapport à son héroïne), assez vulgaire donc, sans non plus que ce soit surligné. L’actrice est vraiment bien castée car elle n’a pas du tout un corps de star – ce n’est pas Julia Roberts dans Pretty woman – elle est mignonne, un peu vulgaire, bien foutue mais sans beaucoup de charme, gouailleuse mais sans être une machine à punchline. Je ne suis pas du tout d’accord avec Joudet quand elle dit que Baker veut se la taper, elle n’est pas du tout surérotisée, on la voit dévêtue parce que c’est son boulot, pas parce que Baker veut se rincer l’oeil.

              • #80146 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Une certaine ligne critique voudrait qu’un cinéaste désire toujours son actrice. Ou au bas mot qu’il faut désirer quelqu’un pour le filmer. C’est un débat que j’avais avec P. Mazuy quand on se parlait. Je lui disais : pour filmer il suffit de trouver un personnage intéressant, elle n’était pas d’accord, il fallait aussi désirer.
                Je trouve Elon Musk intéressant, je n’ai aucun désir pour lui. On me proposerait de le suivre six mois pour un docu, je le ferais.

                • #80151 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Et bien on peut trouver cette ligne critique un peu datée. Désirer son acteur ou actrice peut sans doute parfois aider ou être un moteur mais ça n’a rien de systématique, ça peut aussi être une façon réductrice de le ou la filmer.
                  Est-ce à dire que Patricia Mazuy a eu du désir pour son fils quand elle en a fait le personnage principal de son film Bowling Saturne?

                  • #80159 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Patricia Mazuy a eu du désir pour
                    Isabelle et Hafsia c’est certain, en revanche

                • #80152 Répondre
                  Toni Erdmann
                  Invité

                  Puisque tu parles de Mazuy François, est-ce encore d’actualité que tu postes le scénario original de La Prisonnière de Bordeaux ?

                  • #80285 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Je up la question, la like et y ajoute ma voix.

    • #79918 Répondre
      lassou
      Invité

      Bonjour,
      On sait quels films films seront traités dans le microciné sur marvel avec François ou pas encore ?

      • #79940 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On procédera par films, mais surtout par synthèses.
        Les films : Iron man, Les gardiens, les Avengers, les Eternels, Dr Strange

    • #79920 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Et Miguel Gomes camarades ? Quelqu’un a vu Grand tour ?

      • #79937 Répondre
        Carpentier
        Invité

        oui
        comme dit hier et ce matin
        mais bon, c’est Carpentier, quoi
        – benh oui, je sais bien
        Sommes-nous seuls two sur ce forum-île à l’avoir vu?

        • #79945 Répondre
          Tchitchikov
          Invité

          Ah je ne lis pas tout. Pas encore vu. Et t’en dis quoi ?

          • #79947 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Prochaine GO

            • #79949 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              Bon, je vais aller voir deux films cette semaine alors.

              • #79953 Répondre
                Carpentier
                Invité

                c’est lequel le 2e?
                Anora?

          • #79952 Répondre
            Carpentier
            Invité

            je comprends que tu ne l’as pas encore vu, c’est bien ça?
            alors je t’attends
            [j’ai juste mis des lignes erratiques en haut de l’étonnante et anticipée page ‘ bilan ciné 2024 ‘ (en adresse à PeggySlam)]
            je ne dirai ce soir que 6 mots de plus à mon post d’hier:
            eu le smile tout le film.

            • #79959 Répondre
              Carpentier
              Invité

              alors grand kif à toi devant ce film de Sean Baker et, comme dit ci-dessus (post de 20h26) , je t’attends pour causer de Grand Tour (t’en as de la chance de les découvrir tous les 2)
              je t’envie

              • #79963 Répondre
                Tchitchikov
                Invité

                Souvent je m’envie aussi.

                • #79964 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  moi, j’ai en ligne de mire au moins
                  En fanfare
                  Vingt Dieux
                  Souleymane
                  pas que d’la merde, si?

      • #81020 Répondre
        Tof
        Invité

        Vu Grand Tour hier. Un rhume carabiné m’a mis dans un état semi-léthargique pas désagréable dans la première moitié du film. Elle m’a paru plus taiseuse que la seconde. J’ai pensé aux films de Weerasethakul, saugrenu ?

    • #80033 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que faut-il avoir vu pour l’entretien sur le MCU dans quelques jours ?

      • #80034 Répondre
        Cyril
        Invité

        Ah pardon je viens de remonter le fil.

    • #80156 Répondre
      Jules
      Invité

      Arrêtons tout et regardons des caméras cachées de François l’embrouille pour sourire un peu. Belle journée !

      • #80160 Répondre
        Jules
        Invité

        Arrêtons tout et regardons des caméras cachées de François l’embrouille pour sourire un peu. Belle journée !

        Oups je m’aperçois que je me suis trompé de page de forum. J’en profite pour conseiller à ceux qui ne l’auraient pas vu : « One of those days whem Hemme dies » un petit bijou venu de Turquie. Je l’ai vu en salle hier dans le cadre du Cinemamed (à Bruxelles). Le pitch : un ouvrier agricole qui n’en peut plus de son travail et de son patron. C’est le premier film de ce réalisateur (Murat Firatoglu), qui joue également le premier rôle.

        J’ai trouvé dans ce film pas mal de points communs (autre que le fait d’être le premier rôle) avec le cinéma de Rabah Ameur-Zaïmeche. Je ne vous en dis pas plus.

        • #80191 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est possible d’en dire plus sur les points communs que tu as notés avec les films de RAZ, stp ?
          Il m’est arrivée de me fier à une recommandation de ce type et qu’il s’avère que le film en question n’était pas du tout de la facture qui avait été annoncée.

        • #80237 Répondre
          Anna H
          Invité

          Pas vu mais ce que tu en dis et la bande-annonce donnent envie.

    • #80175 Répondre
      Louise Michelle
      Invité

      Bonjour tout le monde
      Quelqu’un a vu le Royaume ? Vu hier soir et je m’y suis ennuyé. Peut-être passé à côté. Même si la majorité de la presse peut être une boussole Sud, il a été assez bien reçu

      • #80195 Répondre
        Carpentier
        Invité

        vu, posté quelques phrases de dialogues-pépites pour moi après visionnage, il y a une semaine à peu près.
        Saurais-tu dire ce qui n’a pas pris avec toi?
        T’es-tu par exemple ennuyée pendant tout le film?

        • #81157 Répondre
          Louise Michelle
          Invité

          J’ai aimé la première scène puis après j’ai trouvé que les plans et scènes étaient sans consistance. Je n’ai ressenti aucun enjeu alors que l’histoire devrait le permettre. La fin est très prévisible. On a bien compris que le père et la fille ne sortirons pas de ce cycle de violence. Le père dit trop clairement qu’il ne sait pas faire autre chose. On est dans un archétype Mannien, il pique d’ailleurs quelques plans du film Heat.
          Je reverrais en streaming pour approfondir cela ou changer d’avis.

          • #81176 Répondre
            Carpentier
            Invité

            benh, quitte à spoiler x 2 ; ) j’infirme: la fille s’en sort
            tu as dû roupiller avant la fin 🤣

            • #81612 Répondre
              Louise Michelle
              Invité

              J’ai bailler mais pas roupiller. Non la fille s’en sort pas et la dernière séquence ne sert à rien. Bref la fin n’est pas très importante. à revoir.

    • #80213 Répondre
      Carton de Lait
      Invité

      J’imagine que c’est le thread approprié pour mettre mes réactions en rapport au passage de François chez microciné à propos du MCU que j’ai regardé en direct.
      .
      Pour l’interrogation à savoir si les jeunes biberonnés aux Marvel vont avoir plus tard la capacité de regarder un De Peretti. Ça n’est pas très différent des jeunes comme moi qui dans leurs enfance dans les années 80 ont regardé pas mal Stallone et du Arnie et qui sont quand même arrivés au cinéma d’auteur dans l’adolescence. Évidemment on me répondra oui mais niveau rhythme, niveau intensité sensorielle, même un Rambo II ou Commando était beaucoup moins véner (et puis il y a des bons films comme le premier Rocky ou le premier Terminator dans leur filmo aussi), avaient encore quelque chose à voir avec le cinéma disons plus classique, mais bon, pour moi tout ça dépend de si oui ou non on va développer une sensibilité pour l’art, Mon meilleur copain d’enfance, lui, n’a jamais été beaucoup plus loin que le blockbuster Hollywoodien. Pourtant on a grandit en regardant les mêmes films… J’ai développé une plus grande sensibilité artistique dans l’adolescence, pas lui. Question d’enviornnement ou de tempérament, je ne saurais dire. Il y aura des jeunes grands fans de Marvel enfant ou ado qui passeront à d’autre chose plus tard. D’autres non. Je veux dire, c’est un peu con dit comme ça mais… tout ça pour dire perso je ne m’inquiète pas trop.
      .
      Je rejoins François sur Bourne, pour moi elle reste la dernière vraie bonne série de films d’actions, même si la dernière fois que je me les suis repassé à la suite, on a vraiment une répétition un peu éhonté de formule d’un épisode à l’autre, surtout le 2ème et 3ème qui sont pratiquement coulés dans le même moule, où on répète sensiblement les mêmes scènes. C’est bien pour ça aussi que le 4 à tué la franchise parce que là franchement, on était arrivé au niveau d’auto-parodie.
      .
      Quand François demande si les fans Marvel (dont je ne fais pas parti malgré que, comme on va voir, j’ai je crois tout vu sauf les séries télé hors netflix) ont ressenti des émotions, je mentionne dans le chat du live les scènes de guardian 3 dans les labos et François y vient juste après pour dire que malgré tout le pathos de ces scènes, il n’a pas chialé. Moi si… alors, c’est gros hein, c’est du tear jerking ces scènes, mais ils m’ont eu. Je suis, il faut dire, historiquement assez facile à fàire chialé mais dans tout les films MCU je crois que c’est vraiment le seul moment où j’ai été prit comme ça. Probablement qu’une sensibilité particulière à la souffrance animale (je suis un de ces cons de véganes) à beaucoup aidé.
      .
      Je l’ai dit dans le chat durant le live, mais pour moi les meilleures scènes de combat de l’univers Marvel ont été réalisés dans la série Daredevil (c’était mon perso Marvel préféré quand j’étais gosse, époque où je fut un lecteur de comics assez assidu, donc je ne pouvais passé à côté de celle-là, surtout vu ce que le film avec Affleck avait fait du perso….) et, sans être une grande série, elle est de loin pour moi la meilleure œuvre du MCU (même si ça se gâte déjà pas mal saison 2, mais la saison 3 rattrape un peu) et les scènes de combats y sont d’habitude particulièrement bonnes parce ce sont des scènes qui ne convoquent pas de grands pouvoirs, elle sont simplement des scènes d’art martiaux bien choréographiés sans pour autant tomber dans l’excès. Faute de grands budgets, ellse sont sans CGI (enfin je crois que certaines en utilisent un tout petit peu mais c’est rare), et on a donc de bonnes vieilles scènes de cascadeurs qui se tabassent (ou font semblant en tout cas). Elles ont donc cette matérialité, style Jason Boune.
      .
      Il y en a deux très bonnes en particulier, qui reprennent le même principe d’un plan continu supposément sans coupe (sauf qu’enfin… on voit où les plans sont en fait forcément coupés). La première, et la plus populaire, est celle-ci dans la saison 1 où il va sauver une gamine, kidnappée par des gangsters, dans un sous-sol :
      .

    • #80233 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « , mais bon, pour moi tout ça dépend de si oui ou non on va développer une sensibilité pour l’art, »
      Réponse libérale, ok
      Il n’y a donc pas de problème structurel

    • #80266 Répondre
      lison
      Invité

      La Go sur Anora est très bien, et j’aime bien cette notion de bonne humeur liée au film, c’est vraiment ce que j’ai ressenti.
      J’ajoute un point vomi. Certes il est pas mal dans le film, mais le meilleur vomi cinéma est dans Hospital de Wiseman ! Un jeune arrivé aux urgences, qui a peur de mourir mais ne fait que vomir, vomit à répétition , avec une intensité et un débit variables. une scène qui dure et qui devient très drôle.
      Sur Wiseman, il faudrait le rapprocher de ce que dit Rancière de Tchekhov, notamment sur la manière d’entrer dans chaque situation et dans sortir – sans résolution, et dans leur approche politiques de l’art. Ça m’a frappé en revoyant ces films et en lisant Au loin la liberté ( que j’appelle une fois sur deux Au loin le paradis..)
      ..
      Et rien à voir mais si Eric Judor nous écoute, peut il s’emparer sérieusement de cette information : des clandestins en France se servent de l’AME pour se faire recoller les oreilles, et en faire un film.
      En savoir plus : https://www.liberation.fr/checknews/des-clandestins-en-france-pour-se-faire-recoller-les-oreilles-grace-a-lame-comment-le-rn-a-fait-dun-non-sujet-un-fantasme-20241203_INZ7BB2WZNER5J77PGPQMGZELU/

      Et celui qui trouve le lien entre Anora et Eric Judor, je lui offre un croissant.

      • #80283 Répondre
        Anna H
        Invité

        Je te rejoins sur cette scène mémorable du jeune étudiant en arts plastiques en plein bad trip et ses litres de vomi ponctués de ses « Am I going to die ?… I don’t want to die ! »

        • #80307 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne me souviens pas de cette scène
          Comme quoi mon dossier Cinématographe et vomi est pas au point.

          • #81022 Répondre
            noir extatique
            Invité

            J’espérais qu’un sitiste allais faire une proposition sur le lien entre Anora et Judor.
            Après 1 semaine de suspens, je déchante.
            Lison, je suis prêt à t’offrir un croissant si tu nous donnes la réponse à ton enigme.

    • #80278 Répondre
      Lacombe Lucien
      Invité

      Que pense-t-on de Robert Eggers par ici ? Je suis très curieux de découvrir son Nosferatu. Pas évident de passer après le duo Herzog/Kinski…

      • #80291 Répondre
        Dim
        Invité

        Je suis assez client de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Que ce soit avec The VVitch, Northman ou The Lighthouse, il arrive à instaurer des ambiances qui me parle (mais je n’ai pas vu ses courts-métrages) . D’ailleurs je suis assez curieux de ce qu’il va faire avec son Nosferatu, pour le coup c’est un projet qui m’emballe bien.

      • #80305 Répondre
        Seldoon
        Invité

        On en discute de temps en temps, il n’y a pas beaucoup de grands fans par ici. Je fais partie des 4 personnes sur terre qui pensent que l’elevated horror est la meilleure chose qui soit arrivée à ce genre, qui s’il a toujours eu tendance à tourner en rond ne ressemblait plus à rien quand Eggers a débarqué. J’ai beaucoup cru en ce monsieur avec ses deux premiers : The Witch était prometteur, The Lighthouse n’allait jamais là où on l’attendait. Eggers parvenait à y insuffler, si ce n’est de la vie, au moins une force d’incarnation dans des mythes complètement démonétisés. Il prenait au sérieux ce qu’était, par exemple, l’idée de sorcière au XVIIIeme siècle et comment la mettre en scène. Je me suis dit qu’il y avait une piste pour revitaliser le genre tout en conservant ses apparats. Avec The Northman j’ai déchanté. Si on retire les quelques scènes de cérémonie viking, il ne reste qu’un bon gros navet. Maintenant je pense que ni les gros budgets ni l’ampleur ne vont à Eggers et n’attends donc pas grand chose de Nosferatu – et je crains aussi que tout son cinéma ne soit qu’une impasse. Une impasse qui a toute ma sympathie mais qui ne donnera rien de mieux que ses deux premiers.

        A propos d’Eggers je conseille toujours l’épisode du podcast de A24 qu’il partage avec Ari Aster, belle discussion entre deux amis cinéastes (attention il en existe une version tronquée et une version « extended »).

        • #80359 Répondre
          Lacombe Lucien
          Invité

          À noter quand même que la conception de The Northman a été très difficile. Eggers avait déjà commencé à parler des difficultés qu’il rencontrait au montage, pour répondre aux exigences des producteurs, des semaines avant la sortie du film, dans un entretien avec le New Yorker. Il avait dit alors qu’il ne s’engagerait plus jamais dans un projet sans avoir le final cut. D’ailleurs, le film était plus ou moins une commande d’Alexander Skarsgård, qui voulait jouer un viking depuis longtemps. Avec ce film, Eggers a connu les affres d’une production à 90 millions de dollars dont il n’était pas à l’origine et qu’il ne pouvait pas finir comme il l’entendait. C’est très sensible dans le résultat final, tiraillé entre sa sensibilité ésotérique, décalée, et les sirènes du blockbuster historique musclé. Son étrangeté le sauve d’être un ratage complet. Je suis beaucoup plus confiant pour Nosferatu, un projet très cher à Eggers depuis des années, pour lequel il a les coudées franches. Après je me demande aussi, quand même, ce qu’il peut trouver de neuf à cette histoire déjà revisitée des dizaines de fois, même en se tournant plus directement vers Murnau que vers Stoker. Excité et légèrement inquiet, donc. On verra.

      • #80316 Répondre
        Charles
        Invité

        Je n’ai vu que The witch et the Lighthouse et je n’ai pas beaucoup aimé. J’aurais du mal à étayer car j’en ai gardé très peu de souvenirs. Je crois m’être dit devant the witch que c’était un peu frustrant et que ça se prenait très au sérieux pour au final pas grand-chose tandis que j’avais trouvé Lighthouse en roue libre, répétitif, vain – je m’étais beaucoup ennuyé devant. Pourquoi pas pour Nosferatu car là au moins il aura un cadre narratif, une charpente qui peut lui permettre d’exprimer son talent visuel (car il sait faire des cadres quand même) d’une façon un peu plus tenue. On peut toutefois se demander pourquoi il choisit un mythe aussi éculé : as-t-on vraiment envie de voir une énième version de Dracula avec des métaphores à la con que chacun s’empressera de relever (elevated horror oblige)?

        • #80317 Répondre
          Charles
          Invité

          Par ailleurs je ne mets pas du tout la version d’Herzog très haut, à part le prologue fascinant et Kinski, je trouve l’ensemble très bancal avec ce casting international qui se double lui-même (ce qui vraiment m’empêche d’entrer dans un film) et ce rythme assez lent. J’avais été assez déçu quand je l’ai découvert, pendant le confinement.

        • #80333 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Si tu avais vu The Northman tu te méfierais de ce que donne chez lui un cadre narratif – même shakespearien.

    • #80322 Répondre
      Ostros
      Invité

      Qui compte aller voir leurs enfants après eux et peut nous faire un retour ce week-end, svp ?
      Savoir si j’offre 2h16 de ma vie à ce film ou pas.

      • #80329 Répondre
        Claire N
        Invité

        Disons que si c’est toi qui le commente ça offre avec fiabilité une possibilité éclairée aux autres ( 2h30x n personnes) de gérer leur temps
        Mais ce n’est pas un chantage affectif hein 😉

        • #80358 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est gentil ! 🙂
          (et ça fout un peu la pression en même temps ^^)
          Si j’ai le temps j’irai dimanche… A moins que Grand Tour soit vivement recommandé. Et alors je ferai un choix radical en faveur du second (c’est pas tous les dimanches que j’ai le temps d’aller au ciné. J’ai tout de même très peur de gâcher ces précieuses heures. Et les extraits de leurs enfants ne sont pas folichons).

          • #80434 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            @ Ostros
            je me risque. J’ai vu les trailers des 2. Sans hésiter, je prends Grand tour.

      • #80426 Répondre
        Carpentier
        Invité

        moi je me charge du film
        Limonov, la ballade de Kirill Serebrennikov si c’est possible,
        et sans en faire de retour si jamais ça allège tout le monde

        • #80637 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Mission accomplie:
          vu aujourd’hui, le film que Fred Mercier recommande, en rapide vignette de fin de l’émission critique ciné du Cercle, Limònov, la balade.
          Encore un film pour @PeggySlam, ça.

      • #80803 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Hello,
        Pour cause de froid polaire, venteux, pluvieux, glacial, sommes allés hier après m’ au ciné en attendant notre train qui partait d’Arras pour Paris à 19h40.
        Et quelle séance pour quel film, pas complète et qui se calait bien à nos impératifs?
        Leurs enfants après eux.
        Bourré d’anachronismes, clicheteux, racistes et anti-pauvres de fou, violent gratuit et voyeur avec ça
        et long si looong mais tellement loooooong:
        A-ffreux, vraiment.
        Quant à Gilou, le Gilles qu’on sait, en alcoolo bouffi désespéré, c’est trop.
        Beaucoup trop.
        Rendez l’argent.

        • #80805 Répondre
          Carpentier
          Invité

          aimé le choix de Francis Cabrel – le chanteur en français – avec son titre  » un samedi soir sur la Terre ‘ pour le bal du 14 juillet et le slow qui permet enfin de serrer, Stef.

          • #80806 Répondre
            Carpentier
            Invité

            aimé la scène où le père ébouillanter la main de son fils car ‘ dans la famille on est pas des voleurs ‘.

            • #80807 Répondre
              Carpentier
              Invité

              aimé la première séquence drague/baignade d’ouverture

          • #80819 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            La chanson la plus illustrative possible pour ce genre de scène ?

            • #80944 Répondre
              Carpentier
              Invité

              euh non mais, pour moi, une sorte d’oasis dans la merdasse plus que générale de cette oeuvre.
              Si c’est une vraie question, et puisqu’on y est pas à un anachronisme près moi, je mettrais ceci tiens, si ça se passait ce soir:

              Et toi du coup? quel titre pour la-dite scène, alors?

        • #80816 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Je sors du film Le Conclave.
          Ale louia, ça fait du bien ce genre de truc sur grand écran.

          on représente un idéal mais on nous demande pas d’être un être idéal.

          benh voilà, enfin.

          • #80934 Répondre
            Carpentier
            Invité

            qqn.e d’autre qui aurait vu Le conclave?

        • #81082 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Une séquence insupportable, dispensable et d’une nullité totale est celle avec Quénard, au fait – je reparle de Leurs enfants après eux.
          Prétexte, dans le scénario, pour que le jeune (caricature d’ado inversement crédible aux gars dans Les beaux gosses qui assurent) ce jeune se retrouve en possession d’une arme.
          Mais c’est quoi ce dealer au bout du rouleau qui martyrise salement son chien et prend des risques idiots? (faire entrer 2 gamins fébriles et les tyranniser total – autant se rendre direct aux flics)
          Scène dégueulasse, après l’actrice blonde des 3 amies, on a perdu Quénard.
          F’ra d’la place pour d’autres.

          • #81113 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Bizarrement, les scènes d’enroulades m’ont genée.
            Rarement eu une sensation de spectatrice voyeuse comme celle-là, en particulier quand, pour se dépuceler j’ai cru comprendre, notre caricature d’ado, personnage principal, rejoint la chaudasse du village, cheffe d’un camp scoot on imagine (ou se plaît à imaginer) dans une tente.
            Les plans font penser à ce que peut être un porno qui ne cadre que la fille qui chevauche – la camera-oeil du mec dessous – et la façon dont elle s’ humidifie la main, dotée d’une langue rappelant le logo des stones, avant la branlette est, comment bien dire, ouais: catégorie chaudasse intense.
            Même la mère de la famille principale, jouée par Ludivine Sagnier, est souvent comme hors narration.
            Fallait-il à tout prix des ‘ têtes d’affiche ‘ pour ce film?
            qui n’aurait pas trouvé à se financer sans cela?
            Adapter un roman, primé de surcroît, est-il vraiment une entreprise risquée si on ne prend pas d’acteur.rices confirmé.es?
            Ils détonnent là-dedans, sérieux, et moi qui pouvait avoir un p’tit crush avec G.Lelouche parfois, là, je sors de ce moment ciné concentré avec lui (3 films en même temps avec sa gueule) saturée.
            Peux pu le blairer.

    • #80364 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Est-ce que certains ici ont vu du Piotr Szulkin? Je me suis laissé aller à regarder O-bi O-ba : La fin de la civilisation (dispo sur Mubi) dont le titre aussi grandiloquent qu’obscur ne m’a pas effrayé. Un film polonais de 1985 qui pourrait bien sûr être lu comme une parabole post-apocalyptique du « communisme » finissant de la République Populaire en période de menace atomique. Ceci étant dit, je dois bien avouer que cette heure vingt-huit ne m’a pas laissé indifférent. Je n’ai pas vu ce que je m’attendais à voir.
      .
      C’est d’abord un film dont le budget dépasse de peu les cinq paquets de Panzani, réduisant de fait les tentations d’emphase. On y suit un personnage nommé Soft qui évolue dans une sorte de grand sous-terrain où survivent tant bien que mal (et surtout mal) quelques milliers de personnes après un évènement nucléaire. Les autorités ont décidé de créer une sorte de mythe pour maintenir un horizon d’espoir tout en niant officiellement son existence : un jour une Arche viendra et libérera la population de cet enfer. Un pitch comme il y en a dix et qui peut donner cent films différents — c’est le propre du synopsis.

      Le film est centré sur un personnage et quelques personnages secondaires mais évite les écueils d’un film comme Dune 2 : ici aucune foule anonyme en 3D, lorsque la caméra sillonne dans une foule elle le fait au corps à corps, à hauteur d’homme. Tout dans ce film est à hauteur d’homme — et c’est particulièrement vrai du mode de filmage, des plans (petit budget = pas de grue, pas de drone, 1985 = pas de reconstitution 3D vue du ciel etc…). La caméra elle-même est un personnage — beaucoup de plans séquence en déplacement (quelques grands 360° un peu vains autour des personnages mais pas trop gênants), des dialogues où la caméra bascule d’un visage à l’autre sans cut etc… Indéniable travail sur l’éclairage du sous-terrain par différents types/formes de lumières électriques (au delà simplement de la dominante de bleu, on pourrait même parler d’une teinte). Peu de scènes d’action, peu de violence.
      .
      On croit d’abord avoir affaire au classique film où les autorités puissantes vont tout manigancer et l’on se rend compte bien vite qu’il n’en sera rien. L’autorité s’effrite, elle n’est presque nulle part sans pour autant que le chaos règne : juste un état stable de misère au sein de laquelle certains trouvent des raisons de vivre. Une des préoccupations scénaristique est au fond de montrer la grande variété de réactions possibles au mythe de l’Arche, et en particulier les types diamétralement opposés de réaction positives. Un point saillant est aussi la remise à plat des valeurs morales — et non pas simplement le triomphe de l’immoral. On note une certaine importance de la question monétaire, notamment de la création monétaire. Szulkin parle de « fiction asociale » pour décrire ses films : intéressant de voir que si les liens communautaires voire amicaux s’effritent ou disparaissent en effet, le film dépeint tout à fait une société.
      .
      La fin (que je ne divulguerai pas) est assez ouverte et énigmatique. Elle m’a laissé une impression positive d’un film dans lequel j’avais eu un peu de mal à rentrer et qui a petit à petit réussi à m’intéresser. Un film qui a du caractère, pour ma part assez inattendu. D’autres films à conseiller?

    • #80477 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Pour ceux que ça interesse, les scripts des films americains de l’année commencent à arriver en ligne :

      Download the 2024 Awards Season Screenplays

      Un scénario, c’est à la fois le plan du film et un document de vente – pour les investisseurs, le CNC, les régions… C’est toujours doublement interessant. La mise en page du script de The Substance est très éclairante sur la façon dont le film est fabriqué : le visuel et le rythme avant tout.

      • #80478 Répondre
        Seldoon
        Invité

        En suivant les liens on trouvera aussi les scripts des années précédentes, dont Anatomie d’une chute (qui ne respecte absolument aucune des règles de mise en page classique) : https://www.filmlinc.org/wp-content/uploads/2023/12/ANATOMY-OF-A-FALL-Script-French-English.pdf
        Script dont une version imprimée et commentée est sortie hier chez Gallimard.

        • #80480 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Merci beaucoup pour ce partage Seldoon car j’en cherche des scénarios à lire pour voir comment ça s’écrit

        • #80529 Répondre
          graindorge
          Invité

          Merci Seldoon. Très intéressant. Je vais le garder pour le lire tranquillement.

    • #80551 Répondre
      Mathieu
      Invité

      En parlant de scénario, et maintenant que La Prisonnière de Bordeaux n’est plus à l’affiche, est-ce que François, tu pourrais poster les passages du scénario qui ont été coupés au montage, et qui montraient donc l’impossibilité structurelle d’une amitié entre les deux femmes, exemplairement le premier dialogue dans la voiture d’Huppert?
      Si tu veux-peux, je serais même chaud d’avoir la V1 ou une autre version que tu trouves bien pour comparer avec le film fini.
      M’enfin je ne sais pas si tu as le droit d’envoyer le scénario…
      Merci de ta réponse!

      • #80668 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        C’est beaucoup de passages, le scénario a été laminé, il faudrait donc que je trouve à la placer sur le site
        Je le ferai un de ces jours.

    • #80613 Répondre
      Bernard
      Invité

      Déjà évoqué plus haut mais énorme coup de cœur pour Direct Action, le documentaire sur la ZAD.
      Sa facture résonne avec les considérations formelles de Comme une mule. Monsieur Ruffin, voici une forme réellement anti-libérale, contrairement à vos derniers films soi-disant « de gauche ».
      Ce texte sur Critikat rend parfaitement hommage au film : https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/direct-action/

    • #80640 Répondre
      Charles
      Invité

      Je viens de rattraper Furiosa qui m’a nettement moins plu que Fury Road, sachant que je ne portais déjà pas très haut celui-ci.
      Ce dernier volet m’a passablement ennuyé alors que le précédent avait le mérite de l’efficacité bourrine, de la simplicité du scénario. Ici Miller se prend complètement les pieds dans le tapis du prequel. Le film prend beaucoup de détours pour raconter l’histoire de Furiosa, personnage sans grand intérêt mû par un affect de vengeance très classique, en se coltinant tant bien que mal l’horizon de Fury road c’est-à-dire qu’on doit raconter qu’elle finit prisonnière chez Immortan Joe mais comme on veut en faire une héroïne on biaise pas mal pour adoucir cet arc de loseuse. On lui colle donc mille péripéties de façon assez laborieuse, en lui adjoignant un simili Mad max le temps de nous faire croire que le personnage est vaguement humain et qu’elle a un petit coeur. Les guéguerres entre Immortan Joe et Dementius, que Miller escamote lui-même, m’ont peu intéressé, tant on sent qu’elles servent surtout de prétexte pour délayer le parcours de Furiosa et justifier son héroïsme bad ass. Elle n’est pas un personnage mais une pure figure sauf qu’elle n’a pas de corps, elle le cache d’ailleurs pendant une partie du film (avant d’y renoncer sans qu’on sache trop pourquoi), au contraire des grands héros de film d’action. Tom Cruise est un beau gosse au regard un peu taré qu’on adore voir courir ; Schwarzy était un corps body-buildé filmé comme une playmate ; Willis était un corps lambda, physique de prolo qu’on faisait saigner jusqu’au bout dans les Die Hard etc. Ici Johnson, quand elle finit par apparaitre, est simplement un mannequin qu’on a légèrement grimé (parce qu’il ne faut pas trop déconner non plus : si on a donné un look plus rude, plus laid à Theron dans Fury Road c’est parce qu’elle avait 40 ans et qu’on ne la castait plus trop pour son physique).
      Pour le reste, j’aime quelques scènes d’action dont celle avec les motards parachutistes, même si j’ai toujours le même sentiment de déréalisation, de lissage de l’image, d’aseptisation malgré la grande violence des scènes qu’on retrouvait déjà dans Fury Road. Mais celui-ci était plus inventif avec ses war boys, son Immortan Joe etc. On retrouve ses personnages ici mais l’effet de surprise et de nouveauté a disparu. Dementius est un peu rigolo car il est du côté du guignol, ce qui permet d’alléger le film autrement très sérieux.
      Qui l’avait aimé ici? Seldoon peut-être?

      • #80643 Répondre
        Tony
        Invité

        Moi j’ai plutôt bien aimé,voire plus,je le trouve supérieur à Fury Road, supérieur par l’ampleur du récit,les arcs narratifs, d’ailleurs je trouve assez génial que ce soit un préquel à Fury Road,on fait aussi en tant que spectateur le travail de jonction avec le film précédent,on reconnaît les lieux,on en découvre d’autres,on reconnaît des personnages,un peu plus jeunes cette fois-ci, c’est assez passionnant et bien des séquences sont éblouissantes dont la scène inaugurale avec la petite Furiosa et sa mère dans cette sorte de jardin d’Eden,de plus c’est d’une beauté plastique incroyable.

        • #80645 Répondre
          Seldoon
          Invité

          L’extension d’un monde que le premier ne rendait pas très prometteur de complexité est la partie que je n’attendais pas et qui est réussie.
          La beauté plastique par contre on n’est vraiment pas d’accord.

          • #80670 Répondre
            Charles
            Invité

            J’ai aussi du mal à trouver cela beau, surtout le début qui m’a fait penser à une cinématique de jeu vidéo – j’ai d’ailleurs été assez surpris par ces mouvements de caméra brutaux, pas toujours très élégants comme des zooms arrières très rapides. Si je trouve la mise en scène de Millet assez lisible et claire, elle est dans ce film assez avare en plans mémorables (je retiens quand même la main de Furiosa arrachée et suspendue, car on a enfin de la chair et surtout de l’ombre, de l’obscurité, qui tranche avec cette lumière numérique très vive et irréelle qui noie le film).

            • #80701 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Il y a toujours eu chez Miller une tendance au mauvais goût. Dans tous les mad max il y a déjà ces accélérés « trop » marqués, des fondus enchainés pas très heureux, des passages en ralenti saccadé, des transitions volet/powerpoint comme dans Star Wars, du grand angle sur du gros plan… qui détonnent au milieu d’une mise en scène à l’élégance classique.
              Formellement (jusqu’à dans sa gestion du temps), ce Mad Max la est un mélange entre Fury Road et 3000 ans à t’attendre.

              • #80702 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Malgré tout j’ai vu qu’il avait débarqué sur Canal (où tu as du l’attraper) et il me fera sûrement un film de déjeuners de semaine parfait.

              • #80704 Répondre
                Charles
                Invité

                Tout à fait et j’ai détesté 3000 ans.

                • #80718 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Ah c’est marrant moi j’ai bien aimé ce 3000 ans à attendre même si les effets spéciaux sont très mal fait. J’ai bien aimé l’histoire de ce génie qui ne voulait plus que les trois vœux des gens se réalisent car il s’est aperçu que ça bugger toujours quelque part et de ça on n’y pense jamais mais je crois que dans le réel ça se passerait plus comme ça. Mais par contre Mad Max, Furiosa non sans moi !

      • #80644 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je sauvais 2-3 passages et globalement j’y ai passé plutôt un bon moment sans jamais être dedans. En ressort un côté brouillon et un mauvais goût kitsch assez pénible. Il est frappant de voir que des qu’on retrouve les méchants du précédent le film gagne en ampleur : pas par « worldbuilding » mais bien parce que le casting du nouveau n’est pas du tout au niveau, comme en témoigne le perso du sous mad max. On perd aussi en qualité d’action avec le passage du numérique maîtrisé du précédent au tout numérique de celui-ci, qui pousse la caméra à éviter toute interaction (entre un monster truck et une grille, par exemple) et donc à escamoter la matière.
        Sinon j’aime bien le principe de prendre le principe de la scène d’action unique de Fury Road et de faire la même mais qui dure 15 ans : on a l’impression que Furiosa est dans une fuite permanente pendant tout ce temps.

    • #80681 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Hier après-midi y avait tellement rien à la télé et que c’était la tempête, avec ma mère on a terminé sur Titanic et c’est marrant comme d’époque en époque, d’âge en âge notre regard, rapport à un film peut changer, évoluer car nous avons grandis. J’ai regardais l’écriture de ses personnages dans ce film et sans doute pour moi les mieux écrit de toute la arrière de James Cameron (oui oui j’ose le dire et c’est pas que pour Leonardo DiCaprio hein rire) mais parce que tous ont un caractère, une histoire que l’on découvre au file de l’histoire. Et ce qui m’a fait sourire c’est de voir le contraste qu’il y met. Raconter l’histoire des personnages dont certains sont anarchistes dans un blockbuster je trouve que c’est du génie ! Il y a Jack comme anarchiste (de gauche). Jeune qui n’a peur de rien et qui tente des choses juste pour la vie. Et il y a deux autres anarchistes. Une de gauche Rose : femme qui ne se laisse pas faire, qui veut envoyer chier la classe sociale où elle vit, sait faire taire les mecs qui lui manque du respect et qui cherche sa liberté. Et a l’inverse, il y a une anarchiste de droite bourgeoise Molly Brown femme complètement émancipé mais qui assume complètement sa classe sociale. Ça m’a fait sourire. Et ça m’a fait encore un peu plus aimé le film. Et je me dis qu’aujourd’hui on ne sait plus écrire des films comme ça. Des films avec subtilité dans l’écriture des personnages qui sont assumés jusqu’au bout. Et la réalisation (bien qu’il y ait certains passages que je soupçonne qu’il a repris de son film Abyss) qui est juste sublime. Bon juste le maquillage et la lumière qui a pris un coup de vieux. Car la peau sont des fois d’un jaune horrible. Enfin si le film a marqué son époque ce n’est pas pour rien et il est juste grandiose ! Voilà je ne sais pas ce que vous en pensez mais je me suis faite cette réflexion cette nuit en repensant au film et ça m’a fait sourire

      • #80691 Répondre
        Samia
        Invité

        Si tu veux prolonger la magie, « Crossing Istanbul » saura le faire. Un film qui rappelle Aïnouz.

        • #80694 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Merci je note !

      • #80697 Répondre
        nefa
        Invité

        @ PeggySlam
        pas gêné par l’articulation entre « la peau » au singulier et le « sont » au pluriel
        j’ai lu « la peau sont des FOIES d’un jaune horrible »
        tu m’as permis ça
        quelque chose de totalement nouveau
        merci !

        • #80698 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          @nefa Ça c’est quand j’écris trop vite mais si ça ne choque pas c’est le principal

          • #80699 Répondre
            nefa
            Invité

            @PeggySlam
            ta vitesse a du bon
            elle m’a bousculé

            • #80703 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Merci @nefa !

    • #80711 Répondre
      Enzo
      Invité

      J’ai enfin rattrapé le dernier Hong Sang-soo, et comme souvent, le film est resté imprimé quelque temps dans ma rétine et dans mon esprit. Je venais de voir un film flou qui m’a plu, un film qui ne m’a rien laissé voir mais qui m’a pourtant poussé à regarder. Quelques jours plus tard, j’ai ressenti l’envie d’écrire, et j’aimerais vous partager ce texte :

      Hong Sang-Soo, je suis flou de toi

      « Faut que je fasse le point, je suis plus focus, flou de toi, complètement flou en moi. » Ces mots de Gilles Gabriel, éminent chanteur fictif du film L’Homme aux deux personnes, résonnent étrangement en moi pendant le générique du dernier film — libellé obsolète dans quelques mois — de Hong Sang-soo, In Water.

      Comme à son habitude, le réalisateur suit ici un jeune cinéaste en devenir, accompagné d’une actrice et d’un autre personnage qui semble être son cadreur. Les relations entre eux restent ambiguës : on ne connaît que peu de choses sur la nature exacte de leurs interactions. Ce que l’on sait, c’est que le réalisateur est en panne d’inspiration. Un trope classique du cinéma, celui de l’artiste en quête de sens ou bloqué face à son art. Mais Hong Sang-soo, fidèle à son style, détourne ce lieu commun en refusant de s’y attarder de manière frontale ou dramatique. Pas de tirades déchirantes sur la difficulté de créer, pas de moments cathartiques. À la place, il immerge le spectateur dans la trivialité du quotidien de ses personnages. On les observe manger, discuter de ce qu’ils mangent, échanger sur leurs cauchemars, se promener. Ces conversations, d’une banalité désarmante, semblent s’attarder sur rien d’important, et pourtant, elles constituent le cœur même du film.

      Ces scènes sont filmées de manière très sobre : pas de « travelling avant sur nos 10 ans », mais des plans fixes, prenant les trois personnages de plein pied. Ce qui singularise immédiatement ces séquences, c’est le flou presque omniprésent, oscillant entre une persistance tenace et de brèves accalmies. Alors, que cherche à nous faire éprouver Hong Sang-soo avec ce flou ?

      Ce procédé gomme les détails, abstrait les visages, les expressions, les textures des matières. Tout se réduit à des aplats de couleurs : le bleu de la mer, le brun de la terre, le noir des silhouettes. Cette abstraction visuelle plonge le spectateur dans l’incertitude. On n’est jamais sûr de ce qu’on voit, et notre cerveau, en quête de repères, tente en vain de faire la mise au point. Ce flou fonctionne comme une métaphore : le réel lui-même nous échappe en permanence, saturé d’une multiplicité que nos perceptions ne peuvent jamais saisir pleinement. Le cinéma, suggère Hong Sang-soo, aurait justement pour rôle de capter cet insaisissable, d’expliciter ce qui nous échappe par inattention ou par manque de regard.

      C’est ce que fait le réalisateur dans le film lorsqu’il rencontre cette femme qui nettoie la plage. Ce geste, en apparence anodin, le fascine. Il décide de le filmer. Fidèle à sa méthode, Hong Sang-soo structure alors le récit en diptyque : la journée de la veille est rejouée en miroir. Mais des détails ont changé. La scène où les deux amis s’exerçaient au taekwondo fait place à une caméra braquée sur le cinéaste. La posture du réalisateur, accroupi, reste la même, mais la caméra, cette fois, est décentrée. Ce choix renforce une idée : filmer le réel, c’est toujours obstruer une partie de celui-ci. Choisir, c’est renoncer. Ici, l’aspérité des deux autres protagonistes est gommée.

      Dans cette deuxième partie, le réalisateur dialogue à nouveau avec la femme, mais cette fois, il ne s’intéresse plus à elle comme individu. Cachée sous sa capuche, elle devient une figure, une représentation. Ce n’est plus un portrait, mais un symbole, auquel il explicite ces intentions à ses deux comparses : il s’agit de montrer un geste politique. Cette femme ramasse les déchets laissés par des touristes pollueurs, des détritus qui abîment l’environnement de ceux qui y vivent humblement. Ce geste, loin d’être désintéressé, est une réponse à une violence sociale implicite. Tout devient clair, frontalement expliqué. Le voile de l’incompréhension, semble-t-il, est levé.

      Et pourtant, l’image reste floue. Ce flou persistant donne une impression troublante : même derrière la caméra, Hong Sang-soo semble sceptique quant à la capacité d’un film à vraiment saisir le réel. Cette clarté apparente, censée expliciter, ne fait qu’ajouter à l’opacité. La dernière séquence achève ce processus : le réalisateur, réduit à une silhouette indistincte, se perd dans l’aplat de la mer. Le flou, loin de disparaître, s’intensifie, effaçant peu à peu les contours du sens, jusqu’à ce que tout se confonde.

      Au regard de la pensée de Leibniz, la matière n’est jamais uniforme, mais un agrégat complexe de substances, de mouvements, de rapports. Comme Gilles Gabriel qui « ne veut pas jaunir sur le cliché », le réalisateur cherche à dissoudre les contours familiers, à effacer les référents évidents, obligeant le regard à se tourner vers ce qui demeure potentiellement présent, mais non directement visible.

      Le générique de fin arrive, toujours dans le flou. Les idées s’entrelacent, des images persistent, et une seule certitude demeure : Hong Sang-Soo, je suis flou de toi.

      • #80813 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci Enzo pour ton retour sur ce film que j’ai complètement zappé. Ce que tu dis sur la disparition des contours au profit de la couleur m’évoque vraiment le travail d’un peintre. Tu n’as pas parlé du son. Cette perception brouillée et floue ne concerne-t-elle que les images ? Je suis très curieuse de voir ce que ça donne.

        • #80884 Répondre
          Enzo
          Invité

          Je ne sais pas si c’est ce que tu avais en tête, mais il est vrai qu’il y a un côté impressionniste dans les plans de In Water de Hong Sang-soo. Dans tous les sens du terme : d’une part, ce que l’on voit est toujours teinté de doute, comme si l’image nous invitait à en construire une impression subjective. D’autre part, il y a cette technique presque picturale, où une multitude de points — ici des formes floues, des textures ou des détails en suspension — viennent composer un tout harmonieux.

          Cela m’a d’ailleurs rappelé, dans le dernier plan, la pensée de Leibniz et mes anciennes lectures : ces multitudes de gouttelettes qui, ensemble, façonnent l’immensité de l’océan. De la même manière, les plans du film diffractent la matière en une infinité de points sensibles. Chaque fragment, pris isolément, peut sembler insignifiant, mais il contribue à une sensation globale, à une totalité émotive qui émerge à travers le flou. D’un point de vue technique, je trouve intéressant de rapprocher cette démarche de l’impact qu’a eu le numérique dans le cinéma. Le numérique a facilité le tournage et la production d’images, permettant une approche plus libre et intuitive, un peu comme les tubes de peinture, à leur époque, ont permis aux peintres impressionnistes de sortir de leurs ateliers pour capter directement la lumière et les couleurs en plein air. Cette comparaison peut paraître alambiquée, mais en réfléchissant à la peinture, ce parallèle m’est apparu assez évident. Hong Sang-soo semble travailler avec le numérique comme un impressionniste travaillerait avec des outils légers et spontanés, cherchant à saisir l’essence d’un moment plutôt que ses contours précis.

          ——————————–
          Ce que je trouve fascinant, c’est comment un film qui est flou et presque suicidaire dans son entreprise, peut finalement offrir une expérience aussi riche. Je n’ai pas vu clairement les visages des acteurs, ni même les paysages qu’ils contemplent. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir tout ressenti, d’avoir saisi quelque chose de leur présence.

          Je ne connais pas très bien le travail d’Edward Hopper, si ce n’est à travers certains tableaux qui m’ont toujours laissé une impression étrange, un profond malaise — ce qui, pour moi, est un point positif. Dans ses œuvres, il y a toujours une forme de vide qui se joue au niveau du cadrage et du décentrement. Ce vide sollicite notre imagination : notre cerveau ne peut s’empêcher de chercher à le combler, à construire des récits autour des fragments visibles. Prenons le tableau Automat : on se demande si la scène se passe la nuit ou à l’aube, si la femme attend quelqu’un ou si elle est simplement seule, si elle est triste ou pensive. Peut-être n’est-elle rien de tout cela, ou tout à la fois — et c’est précisément ce qui rend l’œuvre exaltante.

          Je pense que si un rapprochement peut être fait entre Hopper et Hong Sang-soo, il réside dans la manière dont tous deux interrogent notre regard et notre façon de percevoir. Ils nous poussent à combler les lacunes, à interpréter ce qui nous est donné, ou parfois même à ressentir sans comprendre pleinement. Dans In Water, HSS abstrait l’essentiel de notre regard, réduisant les détails visibles pour nous pousser à voir autrement — ou peut-être à moins voir, mais à ressentir davantage face à l’image.

          Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, j’ai trouvé In Water sur la médiathèque en ligne de ma ville. Je vous recommande de chercher sur celle de votre ville.

          • #80887 Répondre
            Anna H
            Invité

            Merci Enzo. Et le son ? tu n’as pas répondu. Entre-temps, j’ai regardé la bande annonce et c’est beaucoup plus flou que ce que j’imaginais ! Oui, je pensais à l’Impressionnisme. J’ai par ailleurs lu que HSS souffrait au moment du tournage d’une maladie de l’œil qui altérait sa vision. On peut penser aux derniers tableaux de Monet, flous, flottants, quasi abstraits (mes préférés), peints lorsque qu’il est presque aveugle, ne voit plus certaines couleurs, des tableaux dans lesquels il semble privilégier la couleur sur les formes. Une modification de la perception, une expérience limite, qui le conduirait à radicaliser sa peinture. Comme la xanthopie de van Gogh.

            • #80906 Répondre
              Enzo
              Invité

              Oui, pardon, pour le son, il y a une constante qui est au contraire, une forme de netteté des sons, mais aussi des bruits, qu’il s’agisse des voitures en arrière-plan, de l’emballage plastique des courses ou même du bruit des vagues. Ainsi, il me semble qu’un contraste évident se crée entre ce que l’on entend, qui est clair et parfois même parasitant, et l’image, qui est floue et, en quelque sorte, épurée. L’anecdote que j’ignorais sur ces problèmes de vision pendant le tournage renforce cette idée d’une démultiplication des sens lorsque l’un d’eux est obstrué. Le cinéma, étant avant tout un art visuel, semble, ici, amputer de sa force pour en redéployer la richesse à travers le son.

      • #80825 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je n’ai malheureusement pas vu ce film qui m’intrigue, mais je tente un rapprochement auquel je pense depuis que j’en ai entendu parler. Tu écris :

        « Ce procédé gomme les détails, abstrait les visages, les expressions, les textures des matières. Tout se réduit à des aplats de couleurs : le bleu de la mer, le brun de la terre, le noir des silhouettes. Cette abstraction visuelle plonge le spectateur dans l’incertitude. On n’est jamais sûr de ce qu’on voit, et notre cerveau, en quête de repères, tente en vain de faire la mise au point. Ce flou fonctionne comme une métaphore : le réel lui-même nous échappe en permanence, saturé d’une multiplicité que nos perceptions ne peuvent jamais saisir pleinement. Le cinéma, suggère Hong Sang-soo, aurait justement pour rôle de capter cet insaisissable, d’expliciter ce qui nous échappe »

        On pourrait remplacer « le cinéma » par « la peinture » et « Hong Sang-soo » par « Hopper » et ce paragraphe fonctionnerait mot pour mot. Bien sûr Hopper travaille vers une sorte d’épure quand HSS aime trop le trivial et le quotidien pour que le parallèle fonctionne beaucoup plus loin (je vais vite, car même cette distinction est moins marquée qu’il n’y parait au premier abord). Il n’empêche.

        • #80827 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Le léger flou dont je parle chez Hopper, juste assez pour gommer les détails, en 2 visages tirés de tableaux différents : https://www.swisstransfer.com/d/45529a8f-bcd6-4424-a654-a21f985a55dd

          • #80844 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci Seldoon
            Rien à voir avec le flou des visages
            Mais sur le second tableau
            Je suis bizarre ou la lumière se comporte étrangement lorsqu’elle passe à travers les fenêtres ?
            – sombre et noir complet à travers les fenêtres d’en face
            – l’angle d’ombre sur l’encadrure de porte et l’éclairage de la pièce qui semble pas en continuité
            – et puis les pareidolie dans l’ombre de l’angle ou j’ai cru distinguer des silhouettes
            Ce tableau me met le doute, le trouble sur ma propre perception – sur ma «  raison « , j’ai un peu l’impression d’être folle et d’halluciner – c’est déroutant

            • #80847 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Alors les silhouettes je me suis fait avoir aussi mais en fait c’est le reflet de la salle du musée et des gens qui y sont. Le tableau pris proprement :
              hopper

              Les gros plans sont plus fiables (j’y ai évité les reflets facilement) que les larges, que je n’ai mis dans le lot que pour référence.

              • #80849 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Pour le reste on n’a effectivement pas une lumière réaliste. La façon dont le soleil éclaire l’intérieur de la pièce ne marche pas, ça ressemble plutôt à un projecteur placé à 1m de la fenêtre. Le triangle de lumière sur le mur permet surtout de créer une diagonale qui part du coin en haut à droite et qui dirige le regard vers le visage.

                • #80854 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  « ça ressemble plutôt à un projecteur placé à 1m de la fenêtre » voilà tu précises concrètement ce que je peinais à discerner

              • #80851 Répondre
                Claire N
                Invité

                Rire ; ah oui donc vraiment il y avait un piège
                Tu sais que je suis même demandé si il avait pas fait un effet de reflet – dans une glace
                La deuxième facture me rend moins dingue
                Merci

          • #80852 Répondre
            Anna H
            Invité

            ça n’a rien à voir mais je repense à Harry dans tous ses états de W. Allen, film dans lequel le personnage joué par Robin Williams apparaît flou, ce qui donne la nausée à tout son entourage.
            Je suis vraiment curieuse de voir l’effet que ce flou provoque sur moi au bout d’un moment. Je me demande aussi si ce flou est uniforme ou bien s’il varie suivant les scènes, situations, éléments filmés.

            • #80853 Répondre
              Claire N
              Invité

              En tout cas l’idée me fait beaucoup rire
              Je note

    • #80780 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      J’ai rattrapé le film d’animation Flow qui a eu beaucoup d’éloge et je suis restée quelque peu sûr ma faim. Il y a de très belle scène cependant comme lorsque l’oiseau se fait rejeter de son groupe parce qu’il sauve un chat. Et puis cette entraide qu’il y a entre les animaux est bien trouvée aussi. Mais je ne l’ai pas trouvé aussi super qu’on le dit. Je l’ai trouvé plutôt lent/long et sa fin larmoyant. Donc plutôt mitigée. Je ne sais pas si on en a déjà parlé ici mais voilà j’avais envie de partager mon impression

      • #80792 Répondre
        Carpentier
        Invité

        oh? vraiment PS?
        mince alors,

        • #80808 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Il n’est pas non plus à jeter à la poubelle mais je pense qu’on en a trop fait autour de cette sortie de film. Et c’est un film pas fait pour les enfants mais on a une très mauvaise éducation sûr l’animation en France. Dans d’autres pays on ne dit pas justement que c’est que pour les enfants et celui-ci en est le parfait exemple. C’est un message sûr l’écologie (comme parmi tant d’autres) à travers une aventure d’un chat qui va devoir apprendre avec vivre avec ses faiblesses (comme l’eau) et avec les autres. Je n’aime pas ce design où les objets du réel sont presque réaliste ça fait un contraste avec les yeux qui peut nous faire sortir du film plusieurs fois. Il aurait dû faire un film plus court avec moins de personnages et peut être que ça aurait été meilleur. Un film qui comme le dernier Miayazaki arrive en retard dans son époque je pense. C’est bien de parler de l’écologie mais dans quel but ? Un point oublié dans ces deux films et qui du coup deviennent finalement un simple film de divertissement… Dommage

          • #80834 Répondre
            Seigneur Momotte
            Invité

            Qu’on aime pas le film, qu’on le trouve mauvais comme n’importe quel film je suis pas fermé à l’avis, mais donner des directives aussi général sur la forme je trouve ça assez prétentieux et fermé d’esprit. Comment ça « dans quel but » pour parler d’écologie, dans flow c’est un film sur l’animalité, les corps, le mouvement, la promiscuité, c’est là que ça se joue, le petit contexte qui à voir avec notre peur de la monté des eaux est bien secondaire. le film en serait pas une meilleure oeuvre d’art si il avait levé le foule pour faire voter tondelier. Tu peux rabaisser le truc à un « divertissement », mot bien facile pour gentiment mépriser ce dont tu parles, j’ai trouvé le film simplement touchant, on est bien avancés. Et sur le plus court avec moins de perso… Bah non… à part une certaine scène avec l’oiseau je trouve que rien est à jeter, la fin larmoyante je suis pas trop d’accord mais je peux entendre la critique, mais je pense pas que c’est ce qui rend le film trop long, et moins de perso tu réclame un autre film là… c’est pas très sympa, l’interaction entre les personnages, la dynamique de groupe c’est ce qui fait le film, je pense pas que c’est une mauvaise démarche en soit, tu peux trouver ça mal fait, mais réclamer autre chose pour qu’il soit « mieux », ça l’aurai simplement rendu autre, plus à ton gout peut être mais meilleur, je vois pas fondamentalement en quoi.

            • #80837 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Si tu veux. Je voulais juste donner des exemples de ce que je n’ai pas aimé dans le fllm c’est tout. Et si je parle des enfants aussi c’est parce qu’on l’a fait l’expérience avec mon neveu qui 6 ans et il ne semblait ne pas avoir compris le film. Et je l’ai dis que c’est un film sur des animaux qui vont devoir apprendre à vivre ensemble et affronter leur peur. En rien je voulais refaire le film je partage juste ma déception 😉

              • #80841 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                @Peggy ne le prend pas comme un acharnement mais j’ai tant aimé ce film que j’ai à mon tour envie de le défendre.

                C’est très intéressant ce que tu dis de ton neveu. Tu employais à propos du film le terme « parler », mais il me semble justement que ce film « parle » très peu à tous les sens du terme. Non seulement les animaux n’y parlent pas, mais l’expressivité générale y est même moindre que dans des films de l’époque du muet que j’ai pu voir, films dont beaucoup voudraient parler, voudraient tellement parler qu’ils finissent par écrire sur l’écran noir ou par verser dans une quasi langue des signes. L’animation du visage des animaux s’éloigne plutôt du cartoon, à tel point que pour certains (notamment les insondables oiseaux) il est difficile de deviner ce qu’ils ressentent — c’est moins vrai pour le chat ou pour les lémuriens. D’autre part ce mutisme général rend extrêmement énigmatiques et ouverts les tenants et aboutissants de cette montée des eaux qu’on devine éventuellement cyclique, totalement ouverte la question de la présence humaine : il y a eu des hommes mais sont-ils tous morts? ou ont-ils simplement migré? Quand et comment? On ne sait pas. Les éléments de mystère sans résolution s’accumulent avec le rêve mystique de Flow, puis avec cette scène tout à fait incroyable [SPOIL] de la montée en haut de la tour de pierre : s’agit-il d’un rite sacrificiel périodique dont le « peuple oiseau » est devenu responsable et qui une fois réalisé provoque la décrue? [FIN SPOIL] On ne sait pas non plus, tout est ouvert, presque trop ouvert — j’ai personnellement adoré. Le film m’a beaucoup surpris dans ces déviations là, je ne m’y attendais pas du tout.

                Flow est aussi comme disait Seigneur Momotte un film sur le mouvement, l’animation du chat et même des autres animaux est remarquable de justesse. La « caméra » est aussi très mobile, on remarque aussi un très léger flottement lors des plans fixe et ce y compris hors du bateau, donnant une fine impression de caméra épaule (épaule d’agneau?). J’ai trouvé que ce mélange entre d’un côté un hyper-réalisme des arrières plans, de la lumière et des mouvements et de l’autre une simplification volontaire des textures des animaux très réussi. Si c’était une contrainte de budget, eh bien parfait, on voit ce qu’a donné Avatar 2 avec cent fois plus de pognon.

                Je ne trouve pas non plus qu’il y a trop de personnages, il y en a même assez peu. Je suis bien obligé de reconnaître que de nombreux plans d’une douceur majestueuse m’ont « mis les poils », physiquement. Pour un film d’aventure la présence de la musique est bien dosée et au bon niveau (sa présence est bien sûr moindre que ne le laisse penser la bande annonce).
                .
                D’une certaine façon on pourrait se demander via l’expérience de ton neveu s’il n’y a pas un âge charnière, un âge à partir duquel l’enfant cherche immanquablement et partout du sens pour se raccrocher aux branches. Faute de quoi son visionnage s’en trouve parasité. Est-ce qu’au fond l’âge idéal pour ce film ne serait pas de 0 à 3 ans et de 20 à 120 ans? Je serais très curieux de savoir ce qu’en ont pensé les enfants selon leur âge.

                • #80848 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Je ne le prend pas mal je te rassure I.G.Y et au contraire le débat est là pour échanger. Et je comprends tous les deux ce que vous avez ressenti mais est ce que vous le racontez pas avec votre regard d’adulte aussi (et je pose la question à vous deux) ? Je crois qu’avec le temps on oublie de comment on a été enfant et je fais partie de ceux où j’ai voulu arrêter rapidement les animations parce que ça m’effrayer et je le ressens beaucoup chez mon neveu aussi. Il a toujours besoin de savoir qui est méchant, gentil. Il est capable d’adorer Astérix et Obélix comme il peut avoir peur des stroumph. Et la longueur aussi. Ma mère l’a vue il s’ennuyait beaucoup visiblement. Mais question de ressenti aussi. Enfin très intéressant en tout cas

                  • #80850 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    * l’a vu pardon

                    • #80967 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Concernant la durée, c’est toujours un peu subjectif. Après il y a le minutage, et là, j’ai comparé à plusieurs autres films d’animation et dessins animés, il semble vraiment dans la moyenne.

                      J’ai peut-être vu le film avec un regard d’adulte. Mais je pense qu’un enfant peut-être subjugué par le film. Tout autant que pourrait l’être encore un adulte qui regarde peu de films (j’attends les retours d’amis pas « cinéphiles » pour un sou à qui je l’ai conseillé).

                      • #80968 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Pardon pour toutes ces répétitions, on sent qu’il est tard…

                      • #81077 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        J’avais pas vu ta réponse désolée et t’inquiète je respecte le goût et le ressenti de chacun. Je dois avoir tellement l’habitude de ce genre de sujet que ça soit plus me toucher et quelque soit sa forme. Je lui laisserai une seconde chance un peu plus tard. Prendre du recul des fois ça sert. Merci pour l’échange en tout cas

                  • #81139 Répondre
                    Seigneur Momotte
                    Invité

                    Je me suis pas posé la question de le voir avec un regard d’enfant ou pas, j’aime bien les chats et l’animation, je me suis pas posé plus de question pour savoir si ça pourrait me plaire.
                    Sur ton neveu, je pense que I.G.Y se prend trop un peu trop la tête, les enfants eux mêmes ont leur goût et leur préférence dont on peut pas toujours voir la logique derrière, surtout avec une fourchette aussi large que de 3 à 20 ans. Oui je comprend que c’est un film devant le quel on peut s’ennuyer puisque c’est sans dialogue, mais ça dépend beaucoup à quoi on a été habitué, ce qui varie déjà beaucoup quand on est gosse.

                    • #81181 Répondre
                      I.G.Y.
                      Invité

                      Je ne fais pas de cette fourchette un totem — je n’ai ni-totem-ni-tabou. C’était une semi-blague pour dire que tout de même, un très jeune enfant est de fait moins imprégné par la langue et se verra moins parasité par la question du sens que ne peut l’être un plus âgé. Je ne fais certainement pas de cette semi-blague une théorie, rassurez-vous.

                      D’autre part pour l’âge « intermédiaire », c’est simplement une intuition : y aurait-il par exemple beaucoup de personnes suffisamment mures à 12 ou 17 ans pour les analyses de CUM sur l’art et la question du sens? N’est-ce pas l’âge où l’on commente encore plus qu’après les films selon le prisme du sens? Je ne sais pas, mais je l’intuite un peu.

          • #80969 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Je l’ai vu, Peggy, et quelques lignes erratiques postées il y a 2 ou 3 semaines, en haut de ce topic, attendaient d’autres dires à propos.
            Je réfléchis à cette histoire de

            film pas fait pour les enfants mais on a une très mauvaise éducation sur l’animation en France.

            et suis, en effet, pas si sûre qu’à ma séance, il y ait eu beaucoup d’enfants, en particulier en bas âge (moins de 6 ans).
            En revanche le traitement de cet animé, épopée/sauvetage/survie, ne me semble pas mettre en scène trop de personnages et la forme, calquée sur la métamorphose totale de l’environnement du perso principale, Flow, suite à une immersion généralisée continue de son territoire, mérite qu’il s’éprouve et découvre sur un temps conséquent – de façon très souvent malicieuse et drôle en plus – d’autres créatures (animaux pas si personnifiés pour une fois) puisque les circonstances les dispensent, à cette occasion, de cohabiter avec des humains gourmands d’espaces.
            Le fil rouge un peu conquérant de Flow n’est certes pas affiché écolo comme dans les films Avatar mais, traité en douceur et poétiquement philosophique, son effet me dure encore aujourd’hui.
            J’ai aimé moi qu’on puisse comme passer à coté d’un but politique écologique justement tant cet objet film à l’écran permet de voir, regarder, écouter et entendre ce qui trop souvent n’est que décors, prétextes à beaucoup trop d’actions.
            Singulier et esthétiquement créatif, il est un des films de mon top 10.pour l’année 2024.
            J’attends de voir Vingt Dieux et je pense publier bientôt ce classement, clin d’oeil des amateurs.rices de ciné.
            Bonne soirée.

            • #81078 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Merci @Caroentier également pour ta réponse que je trouve très intéressante. Peut être que le fait de l’avoir vu sur mon écran télé a dû enlever toutes ces émotions que je n’ai pas ressenti

    • #80927 Répondre
      Tony
      Invité

      Comme je viens de la regarder et qu’elle n’a pas été signalé ici je partage l’entretien avec G Sellier, beaucoup plus cool qu’avec Samir, elle dit quand même des choses intéressantes,comme le contexte historique qui a favorisé la création de la nouvelle vague(avec la création du ministère de la culture, les aides automatiques et sélectives du CNC),nouvelle vague qui serait aussi à l’origine d’une représentation nouvelle de la masculinité,une masculinité pensante et intellectuelle, petite bourgeoise, à l’inverse de la masculinité virile du cinéma commercial.

      • #81041 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Merci pour le partage même si je manque à être précise dans les questions et donc du coup ne répond pas toujours clairement. Mais c’était ma première fois avec elle et la première fois que je faisais ce genre de format. Parler d’un livre. Et malheureusement par le manque de souffle, de voix je ne peux lire certains passages en entier pour poser plus de questions. En tout cas pour ma part je ne chercherais jamais de conflit surtout lorsque c’est la première fois.
        .
        Prochaines émissions ça sera sur un livre du réalisateur Albert Dupontel et bien sûr CUM de François qui se fera dans la même lignée.
        .
        Merci encore pour le partage Tony

        • #81116 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          ON peut aussi décider de ne plus écouter cette femme tant qu’elle refusera de dialoguer avec un contradicteur, qui enfin lui signale le 50% de n’importe quoi dont est tissé son propos.

        • #81119 Répondre
          Carpentier
          Invité

          bonjour Peggy,
          je suis à 1/3 de mon écoute de ton nouveau format ‘ au rayon livre ‘ (bravo ✌️)
          Déjà, médaille d’or à toi, tous ces euh.. euh … cette attention au sérieux (contenu et élocution) dans ses dires, de la part de Geneviève, c’est très très très éprouvant a écouter pour moi.
          Vraiment.
          Il n’empêche que je ne m’étais jamais intéressée précisément à la genèse des subventions ciné (j’appelle ça comme ça) et que je n’aurais jamais lu ce livre donc: merci, Peggy.
          Là où j’en suis de mon écoute, si j’ai bien capté, en 54, il y a Pervers-Pierrepierre (l’abbé) qui interpelle durant certain rude hiver et Truffaut qui parle de politique de l’auteur dans l’affaire cinéma?
          Putain d’année.
          Allez, un café et je retourne dans ton rayon, Peggy.
          Immense respect pour ton attention chaleureuse pendant que l’autre cherche ses mots et barbouillé dans trop de euh.., ta délicatesse à presque t’aider des mains pour te retenir de l’interrompre est magique.
          Respect pour toi.

          • #81399 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Merci Carpentier !!!
            J’avoue ça n’a pas toujours été simple de rester naturel jusqu’au bout. Pour ce qui est du sujet je crois que c’est au Cahier de faire un droit de réponse si elle dit beaucoup de bêtises et je serais carrément intéressée et partante pour le faire. En tout cas merci pour ton regard et ton retour !
            .
            @François je suis d’accord avec toi qu’il manque quelqu’un pour la contredire. Mais c’était mon premier entretien avec elle, un nouveau format et je me suis aperçue à quel point c’est bien différent de parler d’un livre qu’un film. On pourra en parler en off quand on fera notre entretien sur CUM (j’ai très hâte de cet entretien car je vais t’accueillir avec une œuvre que tu as écrire et ça faisait longtemps que je voulais le faire)

            • #81530 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Quant à à ton

              FIN.

              pour la fin – nan, déconne? – 🤗 ça m’a cueillie, Peggy.
              Ça, c’est vraiment toi, comme le martele joyeusement le groupe de téléphonie qu’on sait;
              et justement, j’aime votre joie soulagée d’en finir, à toutes les deux, joie qui, à la fois, ouvre sur une éventuelle prochaine rencontre, en ciblant un thème polémique – le corps des femmes dans le cinéma – dites-vous, et votre accord parfait sur la contradiction d’une revue critique qui ne serait pas critique (en gros) – les cahiers –
              Et là-dessus, on se congratuler et hop, retour à chacune sa vie.
              – bravo à toi: hop -> geneviève Sellier, dans les m.o. mémoire de ton rayon decalé 👍
              Sellier/1- première (clap de fin)
              Bien ri aussi en entendant le rangement des ‘ pas-apollon’ ( ‘et c’est le moins qu’on puisse dire’) de Geneviève: Almaric qui rejoint Piccoli sur l’étagère des hommes qui jouent le penseur tandis que Delon prend le placard des ‘ pas cinéma d’auteur.’
              Le directeur de la cinémathèque, dont le nom échappe – un certain Henri – est Langlois (j’ai cherché): ‘ l’affaire Langlois.’
              En bref, ouaip, merci Peggy,
              y compris pour le carré global de Genevieve, son Xtreme angulosité, qui s’arrondit quelque peu vers la fin.
              Quelle rectitude, si Geneviève était un film, ce serait?
              Cube de Vincenzo Natali?
              Rectangle d’Assayas?
              je sais:
              plutôt C’est la tangente que je préfère, de Charlotte Silvera car tu ne l’as pas prise.
              Peggy 10
              Geneviève 1

              • #81531 Répondre
                Carpentier
                Invité

                on se *congratuler
                *Amalric

                • #81532 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  *congratulE
                  putain!

            • #81605 Répondre
              Carpentier
              Invité

              @Peggy,
              après écoute/visionnage complets de ton rayon décalé littéraire (je t’en ai dit quelques lignes de plus à propos ce matin) me reste quand même en tête ta gentille invitation x 2 auprès de Geneviève.
              – Tu as vraiment le désir de monter de nouveau un truc avec Sellier, Peggy?
              [si oui, pssst (suggestion en passant) invite aussi François Bégaudeau, un truc à 3, ça peut qu’être bien 😉 comme ça, en contradicteur, il se posera là, nan?]
              J’imagine déjà vos 3 têtes séparant l’écran comme dans Ocean’s twelve

              • #81680 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                J’ai essayé de l’inviter avec François, elle n’a pas voulu. Du coup je vais le faire séparement bien que c’est ça ce qui est pénible c’est que pourtant ils disent de même chose sur le féminisme quand tu lis d’un côté CUM et Le culte de l’auteur, les dérives du cinéma. Ça sera avec plusieurs critiques de cinéma où je proposerais de choisir plusieurs films sur plusieurs époques et on en parle. Un peu comme sur la représentation du handicap au cinéma. J’ai envie de continuer cette série avec des thèmes différents car il y a beaucoup à dire sur les corps au cinéma commene celui du genre ou sociale un débat tellement vaste riche et varié. Le clap de fin c’était ma première fois je teste les options du service que j’utilise pour ce genre d’entretiens. Je n’ai pas eu le temps de la retenir. Elle était déjà parti. Du coup il faudra que je prévienne les autres car maintenant la présentation de mes vidéos se feront comme ça. D’abord avec la présentation du logo et à la fin, le clap de fin comme tu as pu le voir. Merci en tout cas pour tes retours sérieux et drôle à la fois. Et elle est le cliché même des bourgeois bordelais. Je me permets de le dire car je suis de la même ville. La vidéo de Samir ne m’a pas aidé. Il m’a même mis la pression mais de ce qui s’est passé chez Samir c’est un truc que vous nee verrez jamais sur ma chaîne. Soit j’arrête directe la vidéo mais je ne la mets pas en ligne tout simplement par respect pour la personne. J’aurais voulu aller plus loin mais quand c’est la première fois je suis plus timide. Avec François on se connait mieux maintenant donc on peut s’envoyer des vannes mais quand c’est la première fois j’ai plus de retenu. En tout cas encore merci Carpentier pour tes retours !

      • #81570 Répondre
        Guéguette
        Invité

        C’est à elle que Samir devait faire référence quand il parlait d’un invité compliqué?

      • #81679 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        « beaucoup plus cool qu’avec Samir » : elle est plus cool mais elle est INCROYABLEMENT antipathique. Sentencieuse, donneuse de leçon, rigide : bref une splendide connasse.

        • #81681 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Oui c’est vrai mais je suis contente de pas être tombée dans une agressivité que je n’aurais pas su gérer

        • #81684 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ben je sais pas trop- mais effectivement elle a un petit côté mère sup/ surveillante / gouvernante de demoiselles
          Je trouve que Peggy s’en sort bien
          @ Peggy j’aurais posé la même remarque que toi lorsque tu questionnais le contrôle de l’organisme chargé d’attribuer les subventions -et qu’elle «  rembarre «  un peu

          • #81687 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            @Claire j’ai pas eu assez de bonnes armes pour y aller plus frontalement. Merci pour ton retour

            • #81720 Répondre
              Claire N
              Invité

              J’ai pas trouvé que tu avais pas les bonnes armes
              Elle laisse pas beaucoup de prises à l’interaction
              J’observe ce type de comportement quand le discours, ne se tenant que sur lui même risque d’effondrer les liens de causalité
              Si il intègre un point de vue différent ; un caillou dans la mécanique
              Tu as fait au mieux pour elle en la centrant sur la description du fonctionnement du cnc
              Mais difficile de forcer une position défensive

    • #80964 Répondre
      Kenyle
      Invité
    • #81040 Répondre
      PepeHa
      Invité

      Je vous conseille vraiment Vingt Dieux, 1er long de sa réalisatrice, sorti aujourd’hui. Une sorte de First Cow dans le Jura, beaucoup de points communs avec le roman de Nicolas Matthieu récemment adapté. C’est pas parfait, je regrette notamment que les scènes de bals ne soient pas plus longue (une scène à la Kechiche serait superbe), mais ça vaut largement la peine d’être vu

      • #81074 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ok on note

      • #81076 Répondre
        stephanie
        Invité

        ok et moi je vous conseille fotogenico , fantasque, drôle, super bien joué , filmé à Marseille, beaucoup d’émotion ce film, vraiment, Je rembourse la place à ceux celles qui n’ont pas aimé.

      • #81079 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Comme déjà dit ici, on ira.
        Merci de ta confirmation.
        Entendu la réal expliquer comment faire aboutir sa recherche/casting ne fut pas simple: première recherche, personne ne s’est présenté et c’est, dans un second temps, une sorte de casting de rue (elle est allée vers les jeunes) – et elle a insisté, essuyé un premier refus de la part notamment du gars qui occupe le rôle principal – qui a pu aboutir à l’équipe d’acteurs non pro que l’on sait.
        Que des jeunes jurassiens sautent pas sur une annonce de casting qui s’adressent à eux me réjouit.
        Vraiment.

        • #81080 Répondre
          Carpentier
          Invité

          entre temps, deux ok pour le Vingt Dieux (super) dont je parlais si dessus donc

          • #81081 Répondre
            Carpentier
            Invité

            *ci-dessus

      • #81791 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bonsoir topic cinéma,
        Vu vingt dieux, tant attendu et ça m’embête tellement d’être un peu déçue.
        Quelqu’un parlait des rires des autres dans une salle de ciné, qui ne m’ont durant cette séance certes pas gênée mais confirmée plutôt dans l’idée, pas agréable, que ce film est pour les vieux, les nostalgiques de leur jeunesse, les nostalgiques de ’ nos régions ’ et ça m’embête, mais ça m’ennuie, comme pas possible:
        Est-ce le visionnage du Leurs enfants après eux, dimanche dernier, qui me fait saturer du ’ nos ados leurs bêtises leurs amours ’ ? peut-être mais, mis à part les personnes qui ne se sont jamais intéressées de près ou de loin à la fabrication d’un/des fromages – ce qui doit exister, ok – j’ai le sentiment de ne voir quasi que des clichés.
        La démonstratrice au marché, qui n’oublie pas les touristes anglophones par exemple, sait-on si c’est de l’impro ou quasi, je veux dire chopé sur le vif d’un marché? ( je chercherais plus sur la facture du film) et la jeune paysanne, athlétique, belle et costaude comme si les jeunes meufs des campagnes/montagnes traînaient pas en ligne et sur tik tok pour leurs looks et se modeler.
        Les gars sont un peu mieux, plus de leur temps, quoique, et la bouille de l’acteur principal est tellement proche de mon chouchou Antony Bajon.
        La mignonnerie de la petite sœur et de son frère aîné orphelin.es m’a agacée grave, du scenar, du scenar, du scenar et les bagarres de bal de campagne bon, ok, c’est bon, on a pigé.
        Va-t-on dans les mois à venir se taper les films de tous ceux et celles qui, monté.es à Paris pour leurs études ciné vont nous rejouer leurs régions et leurs enfances? Est-ce vraiment aujourd’hui la seule façon de financer un film grâce aux subventions régions?
        Putain, ça va être lourd, lourd et long, vingt dieux.
        J’aurais donc pu, finalement, partager mon top de l’année sans le voir.

        • #81792 Répondre
          Carpentier
          Invité

          je chercher*AI* plus sur le film

    • #81454 Répondre
      martin
      Invité

      https://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/BEGAUDEAU/67835 Quelqu’un pourrait donner accès à l’article en entier svp ?

      • #81475 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je crois qu’il a été copié dans ce forum mais je ne sais plus où

      • #81490 Répondre
        Tof
        Invité

        Corps prolétaire
        Ne rien méconnaître de la réalité sociale que décrit un film implique-t-il qu’il faille s’en détourner ? Sauf à ignorer le rôle politique de la mise en chair du savoir, non. Comme le suggère le visionnage de « L’Histoire de Souleymane ».

        En première approche, le titre se lit comme un pléonasme. Si « histoire » est synonyme de « vie », Souleymane aurait suffi. Sauf qu’en l’occurrence L’Histoire de Souleymane n’est pas la vie de Souleymane, livreur guinéen que cette fiction suit sur deux jours, mais l’histoire qu’il invente pour un entretien avec une fonctionnaire de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Annoncé en préambule, ce face-à-face de plomb offre au film son climax. Nerveux, noué, poignant, Souleymane récite son parcours : arrêté dans une manifestation puis emprisonné en tant que cadre d’un parti d’opposition, il a dû fuir la Guinée-Conakry pour sauver sa peau. La jeune femme qui l’écoute et transcrit ne le croit pas. Ce récit jalonné de dates anormalement précises sonne faux. Un récit-type, comme il y a des lettres-types.

        Perversité du monde social qui réprouve les filouteries auxquelles il vous accule. Perversité du recruteur qui en entretien d’embauche reproche au postulant ses réponses hypocrites et formatées. Perversité d’une garde à vue qui pousse à des aveux qui causeront votre perte. Perversité d’un directeur de casting qui vous enjoint d’être naturel. Si Souleymane dit la vérité pendant son entretien, cette sorte de casting, son dossier sera refusé et il devra quitter la France. Il n’obtiendra l’asile qu’au prix du mensonge, lui qui a promis à sa mère de ne jamais mentir. Le monde social est faux, le marché du travail est un marché de dupes.

        Contre cette fausseté structurelle, le réalisateur Boris Lojkine fait in extremis le pari de la vérité. À l’invitation de son interlocutrice exaspérée, le sans-papiers délaisse l’histoire pipeau pour l’histoire vraie : sa mère tombée malade à la suite du départ du père, ou délaissée parce que malade, la nécessité de gagner davantage pour la soigner, la décision de traverser le Mali vers la Libye, où la violence subie le pousse vers la France via l’Italie.

        La stratégie de la vérité sera-t-elle payante ? Le scénario ne livre pas le verdict administratif, reportant le poids de la décision sur le spectateur. Le pari sur la vérité est un pari sur la commune décence morale de l’audience. Qui resterait de marbre devant la chaîne de tuiles qui a jeté « Souleymane-de-Paris » dans l’enfer du travail à la tâche à quatre mille kilomètres de chez lui ? Qui, même mentalement, oserait décréter le renvoi au pays d’un individu sur lequel pèse déjà un emboîtement infini de pressions, qu’elles viennent de la plate-forme de livraison de repas qui le saigne, du roué Camerounais qui lui sous-loue son compte, de l’ombrageux mentor qui lui fournit et facture des faux papiers ?

        Comptons tout de même sur un « spectateur de droite » pour retomber sur ses pattes. Celui-là trouvera bien le moyen de voir dans le mensonge de Souleymane non la pieuse manœuvre d’un homme acculé, mais l’illustration criante de l’exploitation abusive du statut de réfugié politique. Il pourra aussi brandir le principe de réalité : tout cela est bien triste, ce jeune Africain est absolument sympathique, et on souhaite un prompt rétablissement à sa maman, mais, voyez-vous, pas toute la misère du monde.

        Sachant que la probabilité qu’existe un spectateur de droite de L’Histoire de Souleymane approche zéro. On connaît le profil du public agrégé par un film de cette catégorie : braves gens venus là sur la prescription d’un média de gauche, sur le conseil d’une copine intermittente du spectacle, sur la base d’une conversation en salle des profs ou salle de soins, et tout disposés à compatir au sort d’un travailleur nomade. Vase clos du film social : il ne touche que des déjà-touchés, ne prêche que des convertis.

        Quel intérêt, alors ? Que peut donc apporter L’Histoire de Souleymane aux acquis à la cause ? Du corps. Pas seulement celui d’Abou Sangare, acteur amateur qui incarne ici un personnage très proche de lui. Aussi le corps de ce pan emblématique du marché numérisé. Le public prévisible du film, plutôt informé, connaît à peu près la situation des livreurs de plate-forme, mais, par la grâce d’une fiction en lisière du documentaire, son savoir se fait chair. Ce qu’il a lu quelque part ou aperçu dans un reportage, le déjà-convaincu est ici convié à l’éprouver. Le fait de l’esclavage moderne devient un fait sensible. On savait les risques pris pour accumuler les courses dérisoirement rémunérées, mais ainsi collé aux basques de Souleymane hors d’haleine, comme jadis la caméra subjective des Dardenne à celles de leur héroïne Rosetta, on les vit, on tremble d’un énième feu rouge grillé, on tord le cou pour éviter un camion. On fatigue.

        Le tourbillon de la première heure donne surtout une mesure exacte de ce phénomène connu mais par trop abstrait : les marchands volent aux prolétaires leur force de travail, mais d’abord leur temps. Le temps nocturne voué à se recharger. Le temps diurne strictement minuté, balisé, tracé, jusqu’à l’horaire impérieux du bus de ramassage social. Littéralement : Souleymane n’a pas une minute à lui. Rivé à cet homme suspendu aux diktats de son téléphone, le bien nommé Histoire de Souleymane n’augmente pas notre savoir, à quelques détails près, mais notre sensibilité. Et une rieuse ironie nous souffle que nous n’avons pas perdu notre temps.

        • #81491 Répondre
          Tony
          Invité

          Je me suis demandé si Lordon avait lu ce texte quand il s’est réjoui d’augmenter la sensibilité des bourgeois quand ils devront eux aussi ramasser les poubelles, ça m’a fait marrer et j’ai tout de suite pensé à ce texte.

      • #81721 Répondre
        stephanie
        Invité
    • #81526 Répondre
      youvgotnoidea
      Invité

      Y en a t-il qui ont vu Maria du sieur Pablo par ici ?

      • #81655 Répondre
        youvgotnoidea
        Invité

        Je relance de quelques questions à propos de Larrain que je ne connais que trop peu, vu seulement Jackie et dorénavant Maria (dispo en ligne depuis quelques jours, je peux éventuellement envoyer à ceux que ça intéresse)

        1) Pour les « Larrainistes » qui voudraient bien m’éclairer en quelques mots, c’est quoi le projet de cette trilogie de biopic, s’il en est, de personnages féminins ? Et pourquoi ?

        Je ne connais pas le contexte de production, donc je me demande si une telle trilogie était prévue à la base, ou bien est-ce le succès de Jackie qui a amené les géants du streaming (Amazon pour Spencer et Netflix pour Maria) à s’intéresser à Larrain et lui commander chacun une nouvelle itération maison ?

        Et enfin y en a-t-il qui savent pourquoi le choix s’est porté sur Diana Spencer et Maria Callas ?
        Encore une fois d’un point de vue mercantile, et donc des plateformes, ça fait plutôt sens, ce sont des femmes qui polarisent, que beaucoup ont admirées (Callas, ok je peux imaginer, Spencer, je suis trop jeune pour savoir pourquoi), en plus elles sont chics, tout le monde aime les biopics, et on peut le vendre comme féministe, girl power etc. Mais quid de l’intérêt de Larrain pour ces dames ?

        2) Pour François, question un peu pour chipoter, dans Maria, Larrain filme un Paris automnal un peu vide, super propre avec filtre sépia et du grain, pour un résultat qui décolle la rétine (je trouve le film magnifique btw, que ce soit la photo où la mise en scène), et donc un Paris qui n’existe pas, pas plus aujourd’hui qu’en 70’s.
        Or dans la GO sur Avatar, tu nous dis que Cameron filme une nature fantasmée et fluorescente car il n’aime pas vraiment la nature, tel qu’elle est réellement.
        Est-ce qu’on peut conclure alors que Larrain renie aussi un peu le réel ? Qu’il n’aime pas les réelles couleurs que Paris peut présenter, ses déchets, sa météo capricieuse etc, et qu’il préfère n’en retenir que sa carte postale ?

        • #81732 Répondre
          Samia
          Invité

          Il me semble que Larrain se situe davantage comme un anti biopic. Ce qui l’intéresse c’est davantage la psyché que l’histoire du sujet.
          La trilogie est un peu une méthode de travail chez lui. Il a clôturé celle sur le Chili avec No.
          Ema est Le film de 2019.

        • #81790 Répondre
          youvgotnoidea
          Invité

          Yep ça on est d’accord, ça a pas mal été dit et c’est assez évident dans Jackie. Reste que des choix sont fait. Il aurait pu être décidé de produire un « biopic » – genre pas anodin non plus, les biopics ont bonne côte sur le marché et comme le risque, que détestent les financiers, est faible, ça lui garantit de continuer à tourner – qui explore la psyché comme tu dis de Fidel Castro ou Alexandra Kollontai (ce ne sont que des exemples hein, je ne demande pas ça) quitte à court-circuiter, à se détourner du produit biopic de base pour proposer de vraies idées de cinéma (ce qu’il fait déjà).

          Mais non … Jackie Kennedy, Lady Di puis Maria Callas, sachant que dans ce dernier apparaissent nuls autres que JFK et sa femme que l’on connait bien maintenant, bref ça fait très bandeur de Ivy League et de chic tout ça.
          Et je dis surtout ça, parce que je ressors un peu mitigé de Maria, je trouve l’exploration de sa psyché très convenue, déjà vue, voire pauvre, et d’un autre côté le film m’a passionné visuellement. Pour ça que je demande plus haut, c’est quoi le projet de cette trilogie, s’il s’agit d’autres choses que de commandes.

          • #81796 Répondre
            youvgotnoidea
            Invité

            faits*

          • #81811 Répondre
            Samia
            Invité

            J’aimerais bien qu’il fasse « de vrais biopics »; J’adore les biographies et ça pourrait vraiment en jeter avec lui. On lui a soumis l’idée de travailler sur Britney… Sur le sépia et le grain de la peloche, avec le souci de la pureté de l’image, tu as un autre chilien, un autre Larrain, le photographe Sergio. J’ose te demander sur quelle plateforme, tu as vu Maria ? Merci

          • #81975 Répondre
            youvgotnoidea
            Invité

            Hmm sorti sur Netflix aux US, ce qui le rend dispo sur internet partout ailleurs dans le monde.
            Tiens kdo : https://drive.google.com/file/d/1YgrsHLxPRajh0uw4f6h0UfW8YiofetR9/view?usp=sharing

            Et Merci pour la découverte, je ne connaissais pas Sergio.

            • #82153 Répondre
              Samia
              Invité

              Très aimable. Bonne soirée !

        • #82003 Répondre
          youvgotnoidea
          Invité

          À ce point personne ?

    • #81562 Répondre
      Tony
      Invité

      Encore un témoignage poignant sur les violences sexuelles dans le cinéma,Francis Renaud, quelle tristesse de le savoir au RSA alors qu’il était l’acteur brillant de Parfait Amour,

      • #81580 Répondre
        Alain m
        Invité

        À l’écoute de tous ces témoignages, j’ai l’impression que si tu n’as pas eu la chance d’obtenir un statut de comédien(ne) reconnu(e) en évitant tous les pervers qui travaillent dans ce métier, tu passes obligatoirement à la casserole ou tu dégages, non ?
        Et donc que la quasi totalité des gens qui bossent dans ces métiers sont plus ou moins au courant de ce qui s’y passe.

        • #81583 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          C’est exactement ça le problème @Alain m, beaucoup de silence. À nous de se poser la question comment faire la part des choses dans toutes ces histoires, continuer à apprécier l’art sans se sentir coupable de pouvoir continuer à l’aimer ? Une question sans doute que je poserai à François lors de notre entretien de CUM.

          • #81585 Répondre
            Alain m
            Invité

            @PeggySlam je regrette déjà de ne pas avoir mis au moins un film d’Olivier Marchal dans ma liste.

          • #81642 Répondre
            Samia
            Invité

            « comment faire la part des choses dans toutes ces histoires, continuer à apprécier l’art sans se sentir coupable de pouvoir continuer à l’aimer ?
            La part des choses se fait assez aisément je trouve. Les prédateurs sévissent aussi, grâce au silence des témoins, la part du gâteau est tellement grasse; Qui ne dit mot consent. Revoir un peu leur statut sacralisé et le pognon qu’ils brassent et gagnent, serait une sage voie. Le fric les rend puissants.
            Il y a quelques temps, à propos de Mbappé, un commentaire sur autre thread signifiait les comportements sexuels ou tout simplement bling bling des jeunes racisés qui font du pognon. J’avais fait remarquer que c’était assez cliché et fantasmé de mettre ces mecs là dans cette case, ça concerne tout le monde. La sexualité et ses travers ne sont pas liés à la classe sociale. Catherine Breillat, Beshenard, le fis Tavernier, Téchiné… n’ont pas grandis à Bondy.

            • #81644 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Ah merci @Samia nous sommes bien d’accord que tout cela existe dans tous les milieux sociaux. Il faut arrêter ce cliché débile de croire que c’est par un inconnu une agression. Très souvent c’est par une personne que nous connaissons d’où la raison la difficulté d’aller porter plainte après le choc. Et puis aussi ça arrive chez les homos ou même dans des couples qui sont mariés. On en parle peu mais c’est aussi une réalité. Enfin voilà un jour va falloir changer le système mais bon plus facile à dire qu’à faire on va pas se mentir

              • #81850 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Que dirait l’institutrice Sellier de ce témoignage, où il apparait que la prédation structurelle au travail dans le cinéma concerne tous les postes de pouvoirs (production, direction. de casting, acteurs, etc) et pas seulement les « auteurs ». Nous avons là je crois une très bonne documentation sur la violence sexuelle de ce milieu depuis son origine, et encore maintenant – la bascule auteurs ayant été, dans cette invariance criminelle, tout à fait dérisoire.
                Nous comprenons donc décidément le fonctionnement de Sellier : je n’aime pas le cinéma d’auteur, les Cahiers, la Nouvelle vague, donc je leur colle les violences sexuelles sur le dos. Qui arrêtera cette femme?
                Merci à Francis Renaud pour son témoignage factuel et son poignant courage.

    • #81613 Répondre
      Titouan R
      Invité

      François, puisque tu as mentionné le festival de Saint-Roustan dans la dernière GO, y as-tu croisé William Will ?

      • #81617 Répondre
        William Will
        Invité

        À Saint-Roustan, non, mais dans l’esprit de François, j’y étais déjà depuis longtemps. Il a beau faire semblant de m’ignorer, chaque idée qu’il prononce porte ma patte.

        • #81618 Répondre
          William Will
          Invité

          Not in Saint-Roustan, but in François’ mind, I’d already been there for a long time. He may pretend to ignore me, but every idea he utters bears my stamp.

          • #81620 Répondre
            Eden Lazaridis
            Invité

            « Niet in Saint-Roustan, maar in de gedachten van François was ik er al heel lang. Hij doet misschien alsof hij mij negeert, maar elk idee dat hij naar voren brengt, draagt ​​mijn stempel. » Je me permets de traduire en néerlandais étant donné votre importance dans ce pays.

      • #81622 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Pensez-vous que Paul Emmanuel B. touche des droits d’auteur lorsqu’il est indirectement cité – en codé – comme ça?
        Elle est bien cette dernière G.O., partagée dans le topic ‘ La critique (débat) ‘ – et pourquoi? // – benh parc’que –
        Les écouter dans la critique de Grand Tour remet délicieusement le film de Gomes en tête: étonnant et drôle, un peu comme le duo de la G.O.

        • #81626 Répondre
          William Will
          Invité

          Besides, the fee he paid me for writing “Comme une mule” was ridiculously low. I’m still waiting for the royalties.
          Shut your mouth Carpentier, we’ve heard enough from you.

          • #81629 Répondre
            Carpentier
            Invité

            sorry, i dont think so, Sir
            beg your pardon

            • #81633 Répondre
              William Will
              Invité

              Carpentier, this will be my last intervention on this forum, I ask you with all the wisdom I can muster, could you please limit your interventions, think before you write, only write when you think you have something to say that might be of interest to our community. I’m sure that by limiting yourself to one post a day you’d be much more audible.

              • #81637 Répondre
                Carpentier
                Invité

                * poor joke: you’re really always blame me,
                you are totally unfair: poor you.

            • #81635 Répondre
              Claire N
              Invité

              Carrément tu dois vraiment refuser de tirer au pistolet sur des souris , c’est pas parsqu’il est de la famille royale qu’il doit te donner des instructions aussi bizarres

        • #81667 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Paul Emmanuel B.: 🙂
          je corrige pas?
          je corrige pas

    • #81619 Répondre
      William Will
      Invité

      Let’s be clear: François is my thing! Every time he articulates an idea, it’s me. Sometimes he deigns to quote me, but it’s me who structures his thought.

      • #81646 Répondre
        Cyril
        Invité

        Le double de François, plus réel que l’original. Cf Clément Rosset, Le réel et son double.

    • #81738 Répondre
      Seldoon
      Invité

      La dernière Gêne est en ligne et elle est super – reste à voir le film. À propos de la notion de disjonction qui y est discutée, je conseille le court métrage d’Eustache Les Photos d’Alix. Bouillier en parle régulièrement, c’est un des séismes esthétiques de sa vie.

      • #81774 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        J’ai capté à la mort de Roubaud que l’Alix des Photos d’Alix est Alix Cléo Roubaud. Elle est morte un an après.

    • #81771 Répondre
      Julot
      Invité

      Vu hier Direct Action, je confirme 2 commentaires plus hauts : immense film.
      Le pain, oui, la tronçonneuse aussi et le concert, les journalistes mais surtout l’un des meilleurs usages d’un drone au cinema.
      Bref j’ai tellement aimé que j’ai souhaité faire mon premier commentaire ici pour le dire.
      Bon dimanche !

    • #81827 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai vu Memory cette année quand il est sorti — rien à rajouter par rapport à tout ce qui a été écrit ici, il figurerait haut dans mon Top cinéma inexistant — et j’ai vu Sundown hier avec une admiration similaire ; écrire d’aussi bons scénarios et cadrer aussi bien devrait être interdit. En France ou dans les sphères cinéphiles anglo-saxonnes que je lis, Michel Franco est soit dénigré, soit à peine évoqué ; je lis que ce serait en raison d’une supposée froideur qui, dans ces deux-là, n’apparaît nulle part. Pour Sundown [attention SPOILERS] il est vrai que je regrette un peu que cet homme a un cancer, dans le sens où j’étais habitué à ce qu’il n’y ait pas de raison particulière expliquant son comportement — et s’il ne voulait tout simplement pas rentrer ? — mais ce semi twist ne m’a pas gêné, ni le fait que ses personnages soient tous personnages car un GROS TRUC leur arrive. D’habitude, je suis réticent aux GROS TRUCS qui arrivent, mais d’habitude c’est aussi beaucoup moins bien traité qu’ici. Je vais gaiement regarder ses autres films.

      • #81849 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On redit dans la Gene sur l’historique et mondiale boulette critique qui consiste à ne pas voir que Franco est un événément.
        Et oui tu touches à un truc évoqué aussi dans la Gene sur Mémory : chez Franco les gros trucs passent. Comment fait il?
        Tu verras que dans les autres, tu vas te prendre beaucoup de gros trucs., notamment dans son chef d’oeuvre Et ca passera

    • #81835 Répondre
      Henry
      Invité

      Salut à tous, qqn a le nom du réalisateur slovène dont François dans la denière GO svp ? J’arrive pas à le retrouver.

    • #81976 Répondre
      Pif
      Invité

      RoustanMan

    • #82099 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Contre toute attente Daaaaali! me distrait. Il y a des bon points d’appuis ludique, je ne me fais pas chier comme dans yannick ou fumer fait tousser.

      • #82101 Répondre
        Carpentier
        Invité

        oui, souvenir d’être assez souvent surprise/charmée par ce film, failli le mettre dans le top 2024 mais comme il a eu une g.o. dédiée
        enfin, je crois

        • #82154 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Une GO sur Daaaali ? Oui juste après celles sur Challengers et sur Emilia Perez. Peut-être la meilleure d’ailleurs. À égalité avec celle sur Mascarade.

          • #82183 Répondre
            Carpentier
            Invité

            vrai que Quentin* y a eu son moment pour Mandibules, pas abuser des bonnes.choses
            *n2C: Dupieux, Quentin Dupieux, le gars qui sévit au cinéma, pas le fabricant de matelas

            • #82261 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              et si on refaisait une GO sur lui, ce serait en partie pour nous racheter de l’excès d’indulgence dont a fait preuve la première

    • #82144 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Ma fille me demande pourquoi ce titre la gêne occasionnée ? Je lui ai fait écouter la GO anora dans le train , elle trouve ça hyper intéressant apprend pleins de trucs puis s’est endormie à 40mn.

      • #82170 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Le titre est de l’homme qui n’a pas de prénom.
        Il lui a été soufflé par un mage flanqué de deux lémuriens dans une forêt du Laos. Je ne peux pas ne dire plus.

        • #82182 Répondre
          Guéguette
          Invité

          L’histoire a prouvé que le titre était très bien trouvé.

    • #82192 Répondre
      Charles
      Invité

      Nouvelle émission de Dans le film sur Hors-série où Joudet et Rauger analysent le dernier tango à Paris. L’émission est moyennement intéressante mais les commentaires qu’elle a générés sur le site sont assez savoureux. Une abonnée critique les analyses de la fameuse scène de viol avec la motte de beurre, reprochant aux animateurs de relativiser l’abus dont a été victime Maria Schneider sur le tournage, voire de le justifier au nom de l’art. Le point de vue est un peu caricatural, avec leçon de féminisme et usage de lieux communs (male gaze) mais il est exprimé de façon assez convaincante. Il a suscité des réponses très défensives et acerbes de Joudet, Judith Bernard et même du redac chef Raphaël Schneider. Et ce qui est drôle c’est que les deux premières sont elles-mêmes assez caricaturales, notamment Judith Bernard qui répond de façon assez désinvolte. On sent bien que c’est la metteuse en scène qui répond et non l’animatrice un peu dogmatique dont on a l’habitude sur Hors-série. Quant à Joudet, ça ne surprendra personne, elle profite du commentaire de l’abonnée pour régler ses comptes avec un certain militantisme féministe qui voudrait expurger l’art de sa part d’ombre et de toute complexité.
      On sent une vraie fébrilité de la part d’Hors-serie sur le sujet, ce qui m’amuse beaucoup, alors que le film devait être projeté à la Cinémathèque -dont Rauger est le directeur de la programmation -, projection annulée suite à la pression de mouvements féministes.

      • #82195 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        La fébrilité de Hors série sur le sujet pourrait m’amuser aussi. M’amuser jaune.

        • #82212 Répondre
          Tony
          Invité

          Dans le premier commentaire que je lis une féministe supplie Hors Série de ne plus inviter Begaudeau sous peine d’être définitivement déshonoré !

          • #82258 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Il faut dire que dans Le dernier tango à Paris, je crève l’écran.

            • #82267 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              Si j’osais je dirais que tu ne crèves pas que l’écran.

      • #82198 Répondre
        Seldoon
        Invité

        L’affaire du dernier Tango est encore un exemple de confusion savamment entretenue par énormement gens qui décrivent les faits. Confusion entre d’un côté le viol à l’écran et de l’autre l’agression sexuelle que fut le tournage de la scène. Dans le flou, la moitié du temps on laisse entendre que rien n’est simulé, ni sodomie ni beurre.

        • #82225 Répondre
          Ema
          Invité

          Assez d’accord, à chaque fois que j’ai vu mentionner cette scène quelque part il était tout bonnement impossibles de déterminer, à la simple lecture, si le viol lui même était effectif ou simulé. J’avais tiré ma propre conclusion du fait qui si viol effectif il y avait eu cela aurait été absolument explicité et aurait tout simplement rendu le film interdit de diffusion. J’ai donc compris que le viol réel dont il est question tient au fait que l’actrice n’était pas prévenue de l’existence de la scène et qu’elle lui a été imposée par surprise, d’où son choc. Je soupçonne que ce genre de rapports écrits confus tiennent au fait que leurs auteurs n’osent pas, par peur d’être accusés de minimiser, dire clairement « il n’y a pas eu viol, mais… ». De ce que j’avais lu sur les propos de l’actrice concernée, son désarrois tenait non pas seulement à cette scène mais au fait d’avoir été catégorisée dès son debut de carrière comme actrice de film érotique, et donc plus ou moins boycottée pour les rôles classiques auxquels elle aspirait, pudibonderie de l’époque oblige.

          • #82229 Répondre
            Tony
            Invité

            En fait il y a un viol symbolique(on impose une scène humiliante hors scénario et sans prévenir MS)et, peut être,une agression sexuelle(sans consentement).Ce qui s’est passé pour Maria c’est que le film a été vu par des millions de spectateurs et je crois qu’à 19 ans on est trop jeune pour encaisser ce coup de projecteur(comme Loana et le loft par exemple),elle a aussi été toxicomane après la sortie du film et ça la fait plonger.

        • #82244 Répondre
          Charles
          Invité

          Pour le coup l’émission est très claire là-dessus : tout est simulé et MS a été prévenue juste avant de tourner la scène de son contenu précis.
          Alors que je me souviens avoir entendu Frappat dire à la radio que MS avait été effectivement violée.

          • #82248 Répondre
            Tony
            Invité

            Sur le fait qu’elle ait été prévenu c’est pas certain,Bertolucci voulant saisir une réaction spontanée qui ne pouvait être possible que par surprise.

            • #82255 Répondre
              Charles
              Invité

              C’est ce qu’elle a dit.

    • #82217 Répondre
      Claude
      Invité

      Même après que le film est été déprogrammé certain militants on relevé la justification utilisé « pour apaiser les esprits », « la sécurité du public », ça ne leurs à évidemment pas plu, eux voulaient que la cinémathèque déprogramme le film en précisant que c’était a cause de l’agression, créant ducoup une autre shitstorm, comme une impression que c’est du militantisme dans le vent, énervement permanent…
      image1

      • #82227 Répondre
        Tenmoquet
        Invité

        Ce qui est ironique, c’est qu’à force d’essayer d’empêcher la projection du film à cause d’une scène, cette fameuse scène finit par circuler partout. Dès que quelqu’un parle du sujet, un média ou autre montre cette scène… (hors série par exemple mais pas que…) évidemment, sans le reste du film. Du coup, les militants qui n’avaient rien contre le film, mais uniquement un problème avec cette scène, finissent par provoquer la déprogrammation du film et permettent à la scène de circuler partout sur Internet et dans les médias.

    • #82321 Répondre
      noir extatique
      Invité

      Je poste le message dans cette rubrique, car suite à l’écoute de la dernière gêne, j’ai regardé la série docu Made in France.
      Quand tu disais François que cet homme a été touché par la grâce, j’ai réellement ressenti la même chose lorsque ces différents amis parle des obsèques et du sentiment que sa mort leur reste.
      Ce documentaire était un vrai régal, j’ai énormément ri avec les gars de 113, le rire de Mokoké est mythique, le phrasé de AP j’en reprendrai bien 2h de plus.
      J’ai l’impression qu’à son contact ressort la plus belle facette des gens qui l’ont côtoyé : je pense notamment le sourire de Rhoff ou bien à la très belle chanson de M écrite en hommage.
      Par contre François je n’ai toujours pas compris en quoi Mehdi était un senior, tu l’as 2 dis fois en plus.
      Pour qqun qui décède à 34 ans qui plus est.

      • #82349 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Rire
        Quand quelqu’un m’éblouit, j’ai envie qu’il ait le même âge que moi. That’s why.

        • #82451 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Medhi Dj Made In France qui rappelle aussi cette époque avec le FN dans les années 1990 comme j’avais essayé de le rappeler dans le forum Punk rap commercial et qu’on m’a quelque peu ri au nez. Merci à Arte et son réalisateur de ressortir ces images d’archives qui m’ont donné des frissons (notamment celle du passage du père dans les rues quelque part en Irak et qui essaie de protéger son fils des balles de l’armée. Elles m’avaient coupé le souffle à l’époque et aujourd’hui c’est encore le cas)… Chef d’oeuvre cette série !

    • #82330 Répondre
      PepeHa
      Invité

      Le film de super héros (ou super vilain) de Chandor sort aujourd’hui et sans surprise les retours sont horribles. La carrière de ce cinéaste a une drôle de trajectoire pour l’instant, on sait pas pourquoi il a été s’empêtrer dans un projet pareil

    • #82351 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Peut-être parce qu’il a besoin de thunes
      Peut-être parce que son statut est fragile. Ce qui serait moins le cas si sa filmo était saluée à sa juste valeur. Lit-on beaucoup que ce monsieur a réalisé deux des plus grands films du 21ème siècle? Par exemple je ne vois pas apparaitre beaucoup son nom dans les top de l’avent.

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