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Zénon
InvitéBonjour François,
J’ai écouté la dernière gêne occasionnée et l’ai trouvée très intéressante. Je me permets de revenir sur un point de la réflexion, quant à la manière de s’intéresser filmiquement à New York. Entre autres, on aurait une école tendance Scorsese, qui s’intéresserait à NY pour ses bas-fonds, sa violence, ses Italiens et ses Cubains en chemise qui gèrent le crime. Je le résume mal, mais on a l’idée. Tu dis à cet égard que ça pourrait être le cinéma d’un Gilles Lellouche, très viril, disons du « cinéma de bonhomme ». Par exemple, pour son dernier en date, l’Amour ouf, on voit bien un certain fantasme masculiniste à l’œuvre dans la manière de mettre en scène les criminels : gros blousons de cuir, moustaches, clopes et bières, bastons, franche camaraderie virile, etc. Au passage, on remarque que Lellouche a quand même la coquetterie de faire exister son histoire dans les années 80, parce que les criminels banlieusards d’aujourd’hui, c’est pas cool, c’est des arabes en training, c’est trop réel. Jusque-là, je pense qu’on se suit. Je me rappelle pourtant du bien que tu as également pu dire de Tarantino, en en faisant un « cinéaste de la virilité ». Chez Tarantino, il est ainsi jouissif de voir Brad Pitt casser la gueule à Bruce Lee, parce que Brad Pitt c’est un homme, un vrai, pas une danseuse. Je te cite évidemment dans le texte, ces propos sont l’exact décalque numérique de ce qui a pu être dit à l’antenne.
Voici donc ma question : Quelle différence fais-tu entre le cinéma d’un Tarantino et d’un Lellouche, et comment l’expliques-tu ? Pour ma part, j’ai effectivement pensé que l’Amour ouf puisait la quasi totalité de son imagination cinématographique chez Tarantino : histoires criminelles, bande-son « Playlist » plutôt que musiques originales, mise en scène volontairement exagérée (Kill Bill joue par exemple avec le kitsch des séries B hong-kongaise, quitte à produire des effets visuels presque absurdes, on retrouve ce genre de chose chez Gilles Lellouche), violence crue (la scène où le personnage joué par JP Zadi se fait assassiner brusquement en pleine rue relevait pour moi d’un comique tout à fait Tarantinesque), et surtout : une fascination pour la virilité des personnages.
Il y a donc à mon sens plein de parallèles. Reste que j’aime bien Tarantino, et que je n’ai pas trop aimé l’Amour ouf, mais je ne me l’explique pas. Je serais curieux d’avoir ton avis là-dessus. Comment filmer la virilité, quelle différence dans les manières de faire ?
Salutations,
Zénon
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lumen cor
InvitéOn pourrait aussi citer ferrara, dans ce new york la
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