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Cyril
InvitéAlors, on en parle ?
Au début je me disais que c’était de mauvais goût, puis quand j’ai commencé à ressentir la rage des fascistes, j’ai jubilé.
Alors, pink-washing, woke, centriste ? Ou subversif, anarchiste/que ?
Qu’en avez-vous pensé ? -
K. comme mon Code
InvitéTue l’éditorialiste CNews en toi, Cyril.
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Cyril
InvitéHahaha, question d’éditorialiste, si tu veux, mais de CNews, ça marche pas trop puisque je loue plus ou moins le truc.
Le sujet est peut-être trivial pour toi mais je pense qu’on peut en tirer des réflexions intéressantes même si ce n’est pas ce que j’ai commencé à faire.
Mais justement, j’aimerais questionner mon tiraillement face à un pareil spectacle, parce que j’y vois beaucoup de laideur (mais j’ai aimé Philippe Katerine en Dyonisos), et en même temps un certain affichage de valeurs qui me réjouissent, et je me dis, est-ce je ne me fais pas avoir, après tout c’est une grande-messe du capitalisme aussi.
D’un côté Macron est derrière tout ça, LVMH etc. Mauvais signe. De l’autre les fachos poussent des cris d’agonie. Bon signe. Comment on se dépatouille ?-
Leo Landru
InvitéQu’y a t-il à louer ? La subversion sous contrôle étatique, je ne l’aime qu’au cinéma chez Kalatozov.
Ici on triche, on veut faire progrès et tradition en même temps, on égalise, on bonimente.
Des drag queens = « changer de sexe en mairie ».
Délegation israélienne = délégation palestinienne.
Du rap = du metal.
La Marseillaise = oui mais en breakdance.
Tout à plat, lisse, une publicité pour le produit Jeux Olympiques proposé cette année par l’entreprise France. On vient de passer des décrets de la loi immogration et on accueille chaleureusement l’équipe olympique des réfugiés. Que dire de plus ? Rien. Lire Houria.-
Charles
InvitéOn peut faire bien des reproches à tout ça, notamment d’être filmé avec les pieds et l’obscénité Lous Vuitton, mais sûrement pas d’être lisse. Pour ma part, je n’ai pas boudé mon plaisir devant certains tableaux, notamment Marie-Antoinette sur fond de métal et de Carmen.
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Delphine
InvitéAvant hier soir, la cérémonie, comme les JO, me laissaient assez indifférente. Mais, en tegardant la cérémonie hier soir, je me suis un peu laissée prendre au jeu. Je retiens notamment le mélange des genres, avec la garde républicaine mêlée à Aya Nakamura. J’espère d’ailleurs que JeanMonnaie n’est pas tombé de son fauteuil. C’est quand même rare de mélanger un symbole purement républicain à de la variété récente. Le passage du bateau de la délégation française ne m’a pas non plus laissée indifférente. Seule « petite déception » : Marie-Josee Perec et Teddy Riner étaient finalement les personnes qui ont allumé la vasque. Ce sont deux symboles olympiques mais, après tant de spéculations, on aurait pu s’attendre à une personne plus imprévue. Quant à la météo, la cérémonie a réussi à braver la pluie.
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Claire N
InvitéJe n’ai pas regardé mais j’ai quand même un peu un doute proche de celui de Léo : n’est ce pas une forme d’ » appropriation « un peu comme quand c’était la mode de mettre des plumes dans les cheveux chez les bourgeoises blondes ? Style ethno- chic
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Delphine
InvitéOui, effectivement, en regardant la cérémonie, je suis restée sur le côté purement spectacle et n’ai pas cherché à « intellectualiser » sur le moment. Mais il est vrai qu’il peut y avoir derrière tout ça un coup de comm’, un peu comme cela avait été le cas avec Jul, invité mystère à Marseille, lorsque la flamme est arrivée.
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Claire N
Invitéje ne l’ai pas regardé donc mon avis sur ce que ça fait ne peut pas etre pertinent , tu as raison sur ce point . ta documentation est plus juste que la non- mienne
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Ostros
InvitéCharles, Marie-Antoinette sur fond de métal c’était pas déjà l’idée de Sofia Coppola ?
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Charles
InvitéNon. La pop mélancolique de New order dans mes souvenirs, autre tempérament.
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Ostros
InvitéAu temps pour moi.
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Leo Landru
InvitéCharles tu es décidément bon client. Ce passage en particulier avec la tête décapitée et les feux d’artifices était une égalisation totale. Du metal chic. Le retour du bicentenaire. La messe en rock.
D’ailleurs je me rends compte à quel point mon corps se crispe quand j’entends toute cette brouillasse chauvine, la Marseillaise et son vocable morbide entonné avec joie – égorger, sang impur, aux armes. Quelle arnaque.
À ta décharge je lis presqu’unanimement chez mes amis la même jubilation devant cette idiotie, et les mêmes arguments cités ailleurs – « ah qu’est-ce qu’on leur a mis aux fachos ! ». Tu parles. Ils n’attendaient que ça, ils vont s’en servir comme exemple de la decadence woke pendant des semaines parce qu’ils n’ont que ça comme grille d’analyse du monde. Tout le monde y trouve son compte sauf moi.-
Charles
InvitéDu métal chic? Avec des gerbes de sang et des têtes décapitées? J’ai trouvé ça au contraire d’un mauvais goût salvateur pour ce genre de célébration. D’ailleurs les organisateurs avaient demandé à Jolly de ne pas montrer des têtes décapitées au moment d’évoquer la Révolution Française, content qu’il ait tenu tête si j’ose dire. Évidemment que ce n’est pas un sommet de subversion mais c’était plaisant.
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Ostros
InvitéA l’étranger nous avons la réputation d’avoir guillotiné le roi. Il ne s’agit pas de mauvais goût. Il s’agit de tourisme. D’appuyer des « valeurs françaises ». Des symboles culturels.
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Claire N
Invité« Moi quand une fête bat son plein
je me fraye un chemin entre deux yops fruits des bois
là je crie que j’ai l’cancer »
Rires
Merci Léo ; le mec de ma meilleure amie, lorsqu’actrice elle ramait et qu’ ils étaient invités à un pince fesse , a fait ça à une nana qui l’abordait pour lui parler
NB: c’est un garçon que j’adore, le dernier cadeau qu’il lui a fait c’est de lui offrir un WE sans lui avec moi-
Emile Novis
Invité« c’est un garçon que j’adore, le dernier cadeau qu’il lui a fait c’est de lui offrir un WE sans lui avec moi »
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C’est une bonne technique pour tromper sa femme en toute quiétude
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(humour).-
Claire N
InvitéRire, C’est exactement le genre de truc qu’il peut dire pour qu’elle ne se sente même pas redevable
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maelstrom
InvitéThomas Jolly était le directeur artistique de la cérémonie
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maelstrom
InvitéJ’ai l’impression que les JO ont fait oublier a tout le monde que Macron a décidé d’en faire qu’a sa tête politiquement en refusant la première ministre proposé par la gauche
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maelstrom
Invitésinon en dehors de sa la cérémonie était plutôt sympathique
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françois bégaudeau
Invité« Macron a décidé d’en faire qu’a sa tête politiquement »
Psychologisation de la politique.
Macron n’en fait pas qu’à sa tête : il sait que la majorité en France est à droite, y compris à l’assemblée (deux tiers du corps électoral). Il sait que l’extreme droite et la droite (lui) forment un bloc cohérent. Il est donc en train de former un gouvernement de droite, en passant des coups de fil à Wauquiez, lequel pourrait bien être l’homme par qui l’union des droites, qui est déjà une réalité structurelle, deviendra une réalité électorale.
Il y a là une parfaite logique électorale.
Pendant ce temps là la gauche fait semblant de croire que sa proposition farcesque de première ministre puisse etre reçue (pour mieux s’indigner quand elle est refusée). Elle partira bientot en vacances.-
Claire N
Invité« là la gauche fait semblant de croire que sa proposition farcesque de première ministre puisse etre reçue (pour mieux s’indigner quand elle est refusée). «
Je prends, cette formule me plaît dans son mouvement, de ressac ? De ressentiment ?-
Claire N
InvitéÇa donne tangible l’impression de nostalgie d’un événement non advenu ; comme si on était déjà dans le passé
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Delphine
InvitéAu moins, pour une fois, il y aura eu une trêve, et le sport n’aura pas été mélangé avec le reste, à l’image des pays exclus des JO pour des raisons autres que sportives.
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Ostros
InvitéLa mode et la pub font la même chose, il s’agit de jouer sur des représentations. Ce qui compte c’est qu’est-ce qui se passe politiquement en France. Macron a détruit nos acquis sociaux, utilisé une violence inouïe en manifestation et lors du plus grand événement politique il fait afficher des symboles dans l’air du temps. Pour moi il y a un but politique à ces mises en scène et démonstrations d’argent, de symboles qui n’existent pas dans la réalité. Ça suscite des effets whaouh mais c’est fake. On peut en tirer le plaisir d’un spectacle mais on se dit que ces gens-là n’ont vraiment peur de rien. Ils montrent des parades, des chorégraphies, tout se tient dans le temps d’un show. Dans la réalité des situations sociales ça n’existe pas. Et macron on connaît bien ses positions.
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Claire N
InvitéOstros oui « Dans la réalité des situations sociales ça n’existe pas. « merci
Léo je te cerne pas bien encore mais si ça peut te plaire Chercher l’erreur -
Ostros
InvitéOn n’oublie pas les étudiants et les SDF virés pour permettre le grand show libéral.
Et tout ce fric trouvé qu’on n’a pas pour les hôpitaux. -
Charles
InvitéLa mode et la pub font beaucoup moins ça, ou bien de façon très marginale. Philippe Katherine en Dionysos Schtroumpf à moitié nu, c’est pas un truc qu’on voit souvent quand même. Mettre sur le devant de la scène des corps ingrats selon les canons classiques a quelque chose de réjouissant. Ce qui ne veut pas dire que c’est hautement subversif, ni révolutionnaire. Mais ça change du ronron de ce genre de célébration patrimoniale.
Et on n’est pas obligé de tout ramener à Macron car je doute qu’il ait eu la main là-dessus, c’est pas vraiment son goût. Lui son truc c’est plutôt Dujardin déguisé en boulanger des années 30, comme pour la Coupe du monde de rugby.-
françois bégaudeau
InvitéDu sempiternel vis-à-vis entre des Thomas Jolly et des Marion Marechal, je m’autorise à ne pas me mêler.
Des deux cotés, des signes. Zéro pensée, que des signes. Et pour manuel d’histoire un livre d’images d’Epinal. Patrimoine d’un coté, patrimoine en porte-jarretelles de l’autre. Patrimoine pour tous.-
Charles
InvitéBien sûr François mais comment pourrait-il en être autrement avec une cérémonie d’ouverture des JO? Ce n’est pas un espace de pensée car ce ne peut pas l’être. Et je suis content que les signes soient un peu moins rances que d’habitude, avec les réserves énoncées plus haut.
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K. comme mon Code
InvitéOn est en 2024, Charles. Ça fait au moins 6 ans que ces symboles creux ne mettent du baume au cœur qu’aux Daphné Burki de ce monde qui semblent littéralement vivre sur un plateau télé — tu lui dis que les athlètes musulmans sont les seules du monde à ne pas pouvoir mettre de voile, son cerveau bug, je suis sûr ; elle préfère s’émouvoir des symboles d’inclusivité. Personnellement, j’ai tout de même ri pour Katerine, la petite fille déguisée en Elvis, et j’ai aimé de purs éléments de scénographie : les lumières, le cheval mécanique sur la Seine, et la vasque.
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Charles
InvitéJe comprends pas trop la référence à 2024 quand le Puy du Fou est encore célébré par toute un groupe de presse et qu’on accueille la Coupe du Monde du rugby avec un retour de l’esthétique des Choristes.
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K. comme mon Code
InvitéJ’évoque le fait que les « représentation politics » sont mortes et enterrées et ringardes.
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Charles
InvitéManifestement, non.
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K. comme mon Code
InvitéManifestement, si, puisque c’est désormais diffusé à un milliard de personnes pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Je ne doute pas la sincérité de Jolly, ni de Daphné Burki : je pense qu’ils sont par contre complètement à la ramasse.
J’ai pensé, comme souvent, à ce passage d’inherent Vice de Pynchon.
« Was it possible, that at every gathering–concert, peace rally, love-in, be-in, and freak-in, here, up north, back east, wherever–those dark crews had been busy all along, reclaiming the music, the resistance to power, the sexual desire from epic to everyday, all they could sweep up, for the ancient forces of greed and fear?
‘Gee,’ he said to himself out loud, ‘I dunno…”-
Charles
InvitéDonc populaire = ringard, mort et enterré. Étonnant.
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K. comme mon Code
InvitéC’est le couronnement post mortem de ce courant de représentation là. En 2024, cette communication là a plusieurs années dans le dos, et a eu le temps de prouver toute son inoffensivité. Ça n’empêchera pas Kamala Harris de faire campagne en se présentant comme la représentante des femmes noires aux États-Unis ou les boîtes de production de faire des castings diversifiés et rares seront les personnes dupées. Ça inspire beaucoup de mépris — et pas seulement chez moi. Dix ans plus tôt, je te jure qu’on était beaucoup plus nombreux à croire que ces images étaient un signe positif. Donc oui : c’est mort et enterré et ringard. Cette cérémonie arrive après. On vit avec plein d’images mortes. Quant aux romans nationaux, de n’importe quel bord, je préfère les romans.
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Charles
InvitéJe ne suis pas sûr qu’il faille prendre cela à ce point au sérieux. Ce n’est pas un manifeste, pas une campagne électorale, même pas vraiment une performance artistique, mais une cérémonie d’ouverture. Et en la matière, les choix sont limités : soit on se cantonne au patrimoine vitrifié, soit on intègre quelques éléments de modernité. Jolly a plutôt opté pour la seconde solution. Dans cette configuration-là, c’était sympathique à voir par moments.
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Ostros
InvitéJe n’arrive pas à m’ôter de la tête qu’il y a du clientélisme électoral là-dedans.
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JeanMonnaie
InvitéC’est un des sujets où j’espère avoir un début de réponse en sujet sur ta subjectivité dans les rapports de domination. Ici, nous avons un dominant, Thomas Jolly, l’organisateur des Jeux, et de l’autre côté Marion Maréchal, qui est la porte-voix de millions de Français. Comme elle n’est pas de gauche, tu mets ces deux personnes sur le même pied d’égalité. Je ne trouve pas cela juste. De la même manière, si c’était le fils de Philippe de Villiers à la place de Thomas Jolly dans l’organisation des jeux, ma réponse serait rigoureusement identique. Ce serait lui et la droite les dominants.
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MacLovin’
InvitéPtdr JM qui croit que cette fin de race dégénérée représente autre chose que la bourgeoisie.
T’es d’une bêtise confondante.-
JeanMonnaie
InvitéSi la gauche est phagocytée par la bourgeoisie, ce n’est pas de ma responsabilité. Je cherche ma bêtise.
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MacLovin’
InvitéAlarmant que tu ne l’aie toujours pas trouvée alors qu’elle s’étale de manière si pathétique sur chaque page de ce forum.
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Jeanmonnaie
InvitéSans surprise, tu es incapable de démontrer tes affirmations.
C’est noté.
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Ostros
InvitéQu’ils aient poussé les curseurs un peu plus loin car il avait un budget un peu plus gros ne signifie pas qu’on soit sans autre chose que ce que c’est. Une démonstration d’argent, de fausses représentations, un événement politique.
Si tu as pu voir Katerine en schtroumpf c’est juste parce que des DA se sont cassé la tête avec un gros budget entre les mains. Oui c’est vrai que c’est pas tous les jours que des DA auront autant de pognon à mettre dans un grand show représentatif de l’idéologie dominante alors profitons en de ces tableaux whaouh-
Ostros
Invité(Ironie)
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Charles
InvitéPour le coup Demi-habile a raison, une fois n’est pas coutume, c’est du Jolly pur jus qui n’est pas exactement un macronien. Mais un Jolly qui a besoin de LVMH.
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Ostros
InvitéLVMH qui n’est pas du tout macronien.
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Ostros
InvitéJ’apprends beaucoup de choses sur les doubles visages depuis que je suis aux HLM. Ce qui apparaît lorsque des personnes qui se disent à gauche (ça reste à prouver, on a des libéraux modéré qui soutiennent Mélenchon et la FI) et qu’on les retrouve dans des événements dégoulinants de capitalisme c’est que d’abord elles roulent pour elles. Intérêts intérêts. Un coup un gauche un coup à droite aucun problème et merci pour le chèque et ma réputation.
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Charles
InvitéBien sûr mais ça n’en fait pas une propagande pour Macron. C’est ce qu’on appelle un placement de produits.
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Ostros
InvitéC’est comme ces jeunes diplômés qui te disent qu’ils vont chercher à « entrer dans le système pour le détruire de l’intérieur » et cherchent des places importantes dans des organisations influentes. Mais le fait même de participer permet à ces orgnanisations de se maintenir. Et ils se rendent compte une fois dedans que la structure est trop solide et eux qu’ils se sont adaptés.
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Demi Habile
InvitéQu’est ce que vous êtes cons putain.
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La #ceremoniedouverture est incroyable ❤️
c’est le moment de vous rappeler que le directeur artistique, Thomas Jolly avait appelé à voter Melenchon en 2022, merci camarade
https://x.com/hubert_launois/status/1816907382242644032-
Demi Habile
InvitéThomas Jolly est homosexuel et, aux dernières nouvelles, il était en couple avec un danseur. Le metteur en scène avait surpris ses voisins, à Angers, en 2020, en plein confinement.
https://www.journaldesfemmes.fr/people/personnalites/3192184-qui-est-thomas-jolly-le-directeur-artistique-des-jeux-olympiques/#:~:text=Thomas%20Jolly%20est%20homosexuel%20et,en%202020%2C%20en%20plein%20confinement.
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Après on le savait déjà que vous n’êtiez pas futfut dans le coin et moi je passais dans l’espoir de lire la réaction de JeanMonnaie donc je reviendrais plus tard.
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PS: Inutile de vous indigner, j’en ai rien à foutre. -
MacLovin’
InvitéChut être mélenchonniste c’est être un idiot servile qui pense pas, déteste le réel et se repaît du nivellement par le bas offert par le spectacle électoral
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françois bégaudeau
Invité« Chut être mélenchonniste c’est être un idiot servile qui pense pas, déteste le réel et »
Curieux de savoir qui dit ou écrit cela. On attend les citations.
Mais on a déjà une explication à ton fiel.
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JeanMonnaie
InvitéJe suis tombé de ma chaise plusieurs fois. Le triolisme d’homo négritus pédétus. La parodie de scène drag queen. La garde républicaine de blancs qui a été humiliée à subir le rôle de spectateur d’Aya Nakamura et ses singes dansants. Voilà le beau spectacle que nous présente l’insoumis Thomas Jolly. La couleur d’un spectacle reflète la couleur du pays. Elle est rouge sang de la Marie-Antoinette décapitée chantant «ça ira» 5 ans après Paty. Nous voilà pour la troisième fois avec l’équipe olympique des réfugiés qui montre incontestablement que la domination culturelle de la gauche est politique. Léo Landru, qui rêve d’être dominé quand il est chien de garde, nous explique avec la loi immigration que la France est de droite. Peu importe si le nombre d’étrangers a battu son record de toute l’histoire de France, peu importe si cette loi est une coquille vide, peu importe le front républicain de tout ce qui existe comme dominant en France : un dominé ne reconnaîtra jamais sa domination. J’imagine que c’est l’histoire de l’humanité. Cyril, qui parfois a de courts moments de lucidité, voit beaucoup de laideur mais comme la droite aussi, il essaie de convaincre que c’est beau et que la merde a du goût. La maladie mentale de gauche blabla.
J’ai connu une bourgeoise féministe qui s’est forcée à devenir lesbienne par militantisme. Cela n’a pas marché, elle a trouvé la moule invarié, mais comme Cyril, si ça fait chier la droite… J’ai enfin compris pourquoi vous détestez autant les bourgeois et pourquoi vous détestez autant les blancs pour jubiler de vos propres humiliations à chaque fois qu’on vous donne l’occasion. Les bourgeois, c’est vous. Qui pense sincèrement que le paysan de la Creuse ou l’ouvrier qui fait les 3-8 peut apprécier cette merde ? Berlin avant l’arrivée d’Hitler était aussi décadent. Toute une diaspora juive avait complètement subverti la capitale avec Klaus Mann et sa pièce de théâtre lesbienne, et des goys comme John Henry Mackay, les bar à draq queen, la pornographie. Il faut imaginer Berlin après le traité de Versailles. Le pays mourait de faim et il y avait plus de prostituées dans cette ville que Paris et Londres réunies. Voilà ce que devait subir le prolétaire : votre laideur, votre vulgarité, votre stupidité. Comme la Banque centrale des États-Unis qui fut tuée par Andrew Jackson pour revenir 50 ans plus tard. Berlin 75 ans après revient dominer aujourd’hui le monde, toujours par les mêmes personnes, la bourgeoisie et la gauche. Vous vous persuadez que je vais rester ici ? C’est impossible. J’étais venu dans l’esprit d’Oskar Schindler, qui voulait sauver le maximum de Juifs, essayer de toucher votre cœur par la beauté et la raison. Je ne pourrais rien faire, tellement vous êtes corrompus. Là où les Juifs, qui jouissaient d’humilier les dominants en pervertissant leur esprit sans doute parce qu’ils se sentaient persécutés, ont fini pour une partie d’entre eux avec Israël et le rattachement à la terre par redevenir de droite et des valeurs saine. Mais vous, quelles sont vos excuses pour vouloir faire de votre pays un vaste champ de fumier ? Aucune. Vous voulez mourir très bien. On va faire comme avec les vieux boomers et attendre votre disparition.
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Ostros
InvitéT’inquiète JM la loi immigration te protège de ces représentations qui ne se réaliseront jamais.
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Jeanmonnaie
InvitéLa loi immigration me protège de quoi exactement ?
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Cyril
InvitéJe n’ai lu que les 3 premières phrases de ton fétide pavé mais je suis ravi d’apprendre que tu t’es cassé le cul plusieurs fois, c’était une des principales vertus de ce show !
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Demi Habile
InvitéJeanMonnaie: Tu sais pourquoi ça te rend malade? C’est parce que tu passes ton temps à essayer de nous faire croire qu’on fait fausse route à s’imaginer qu’on doit être capable de se supporter et de faire société et que ce Thomas Jolly a fabuleusement démontré que c’était largement jouable de faire un tout cohérent de toute cette diversité.
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Je pensais franchement que ça me ferait marrer de te voir t’étrangler dans ta bile mais en fin de compte ça me rend triste.
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« J’étais venu dans l’esprit d’Oskar Schindler, qui voulait sauver le maximum de Juifs, essayer de toucher votre cœur par la beauté et la raison. »
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Et ça me rend triste parce que t’y crois dur comme fer que crier au blasphème avec Christine Boutin et Marion Maréchal Le Pen te donne le droit de te revendiquer du nom de Samuel Paty et de nous ranger dans le même sac que Daesh. Ca me rend triste parce que t’es fou mais que tu pourrais bien finir ta vie sans jamais t’en rendre compte.-
JeanMonnaie
InvitéIl y a une vidéo où l’on fait écouter la Callas à une tribu d’Amazonie, et ils sont émerveillés. Il est évident que si on avait montré tes JO de Paris, ils auraient eu une forte répulsion. Je me souviens, quand Scary Movie est sorti, même pour une comédie, elle était critiquée comme atrocement vulgaire. De même, La Haine était vue comme un film violent. Aujourd’hui, La Haine passe pour un film gentillet et Scary Movie pour une comédie potache parmi d’autres. On pourrait passer la nuit à faire la liste des œuvres ou des idées sordides qui sont devenues largement acceptables. Je frémis au processus de décérébration mis en œuvre pour que tu puisses trouver cette cérémonie incroyable. Sans surprise, tu es une personne laide avec une pensée laide et qui ne voit aucun mal à spammer les sujets des jours entiers. L’esthétique est la fondation de notre pensée ; elle influence notre morale et même notre organisation de pensée. Avec ta merde dans le cerveau, ta morale, ton organisation et ton esthétique sont chaotiques.
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Ludovic Bourgeois
Invitérépublicaine
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tristan
InvitéOUVERTURE JO 2024
Agitation sans aucune valeur. Aucun sens, aucun respect pour les vertus olympiques, juste de la merde mouillée et un hommage à la fée électrique, toute puissante. Bref, un scénario de khon woke pour les khons woke, bobos irrécupérables. Il ne manquait plus que l’increvable Zidane et l’effrayante Perec pour montrer que la décadence de la race par le métissage est un fait bien français dorénavant.
Présentons nos excuses aux sportifs du monde réel, ignorés par les agités du ciboulot responsable de cette médiocrité. -
MacLovin’
InvitéC’était très bien. Entre postures avant-gardiste et mauvais goût, pink-washing et vrai statement LGBT, y avait Marie-Antoinette décapitée sur fond de Gojira, Aya Nakamura devant l’Académie et nassée par la Garde Nationale, la Cène avec des drag-queens partout et Katerine déguisé en Grand Schtroumpf…
Je vois difficilement comment faire plus iconoclaste dans le cadre imposé par une cérémonie d’ouverture des JO.
Les gauchistes bandeurs de révolution, les radicools de tout poil (souvent les plus bourgeois d’entre eux d’ailleurs) nous font la leçon depuis hier soir comme si on oubliait tout le reste: c’est vraiment insulter notre intelligence et nous prendre pour des enfants.
Il est possible d’avoir été réjoui par tout cela et de détester le capitalisme, le nettoyage des sdf dans Paris, les hordes de gros américains rougeauds, Macron, le parlementarisme, le racisme structurel et j’en passe.
Il est possible d’apprécier se divertir en regardant du Judo ou du skate à la télé sans être un débile qui gobe les boniments du capitalisme sans réfléchir.
Tout comme il est possible d’être de gauche et de lire Céline ou Bernanos. -
JeanMonnaie
InvitéL’inversion des valeurs par la gauche est contre-productive pour la lutte sociale. On ne peut pas continuellement faire passer le mal pour le bien, le laid pour le beau, sans rendre les gens confus et déprimés. Cela aura deux conséquences : l’aboulie générale, le suicide et des comportements individuels déviants. Cette mascarade mondialiste permet de trier ceux qui croient en leurs causes des imposteurs.
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Cyril
InvitéLe spectacle franco-français de Jean Dujardin pour la coupe du monde de Rugby c’était beau peut-être ?
Les ridicules reconstitutions historiques du Puy du fou, c’est beau peut-être ?
En matière de laideur, ton camps n’a rien à envier à personne !
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..Graindorge
InvitéMoi qui peut être très très très bon public, là, ces paillettes, feux d’artifice, chansons, toute cette poudre de perlimpinpin! Cette grande Fiesta du Grand Capital AUTOUR des Jeux Olympiques lorsqu’on connaît les coulisses…
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Emile Novis
Invité« Qu’en avez-vous pensé ? »
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Ce qu’on pense d’un spectacle dans les conditions modernes du capitalisme : un recouvrement du réel et de la vie, les signes de la lutte plutôt que la lutte réelle : le signe, dans ce contexte, jouant d’autant mieux son rôle qu’il ne se réfère à plus rien de réel et de vivant. Une cérémonie commanditée par un Etat et sponsorisée par LVMH, Carrefour et Coca Cola ne peut que consister dans la dissolution de toutes les contradictions vivantes constitutives du réel dans une image vide et Kitsch. Le spectacle de ces cérémonies, c’est le triomphe de la mort sur la vie, dirait l’autre.
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La preuve : Louise Michel est à l’honneur. Elle n’est là que parce qu’elle est présentée sous la forme d’une statue muséifiée, comme une vedette qui plane au dessus du réel et du corps social, qui échappe à toutes les contradictions, une sorte de déesse qui n’est honorée que parce que tout ce qu’il y avait de vivant et d’humain en elle est occulté et supprimé.
Car Louise Michel aujourd’hui serait insultée de tous les noms par l’Etat; elle aurait fait au moins une trentaine de gardes à vue, se serait fait éborgner au moins une fois à coup de LBD, aurait peut-être perdu une main durant les Gilets jaunes, serait qualifiée « d’éco-terroriste » et « d’ennemie de l’intérieur », etc. Bref, elle serait diabolisée par toute la bourgeoisie matin, midi et soir. Si Louise Michel est honorée par la bourgeoisie dans cette cérémonie, c’est uniquement parce que, dans ce contexte, elle a été vidé de toute vie par les propriétaires de l’ordre établi : il ne reste plus qu’un simulacre inoffensif, un signe du passé. Pour l’Etat, c’est une manière de l’enterrer une seconde fois, car c’est une manière de dire que c’est le passé. Pas certain que la principale intéressée apprécie beaucoup la manœuvre essentiellement fondée sur le mensonge.
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Idem pour Simone de Beauvoir, pour le « ça ira, ça ira… », etc.. Ces cérémonies momifient le passé, le temps, l’histoire, le corps social, le tout dans une orgie de signes et de signaux incohérents, avec un récit parfaitement contrôlé parce que subventionné. Du vide en plein cœur de Paris, ceinturé par plus de 50 000 flics surarmés et des blindés prêts à mordre réellement devant le moindre geste déplaisant. Et un public trié à coup de QR Code pour un dressage de masse bien organisé.
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Les lecteurs de Debord, hier soir, étaient servis. Les lecteurs de l’Allégorie de la caverne aussi. Et d’ailleurs les prisonniers enchaînés, ce matin, s’engueulent à propos de ces ombres projetées sur la paroi et accompagnées d’un bavardage infini : machin opine que le « woke », c’est de la merde, tandis que bidule pense le contraire. Chacun veut prendre le contrepied de l’autre et pense être vraiment subversif ainsi. C’était attendu. C’est un Puy du Fou inversé, mais formellement, c’est la même farine.-
JeanMonnaie
InvitéEmile Novis nous fait du Bégaudeau : les JO et le Puy du Fou, même combat. Je vais faire la même réponse : le Puy du Fou n’a aucune subvention, alors que cette cérémonie réalisée par un proche de la France insoumise, a coûté 122 millions aux contribuables français pour plaire à une minorité bourgeoise dont semble faire partie allègrement ce forum. Là encore, les rapports de domination, quand la gauche domine, sont constamment écartés. Imaginons que sur ces statues figurent Napoléon, Saint Louis et Pétain. Aurions-nous droit à ton grand pavé sur le « vidé de toute vie » ? Non, tu verrais une domination de réactionnaires de droite qui contaminent la société et, en tant que citoyen, tu aurais souhaité que tes idées soient respectées ou qu’il y ait un spectacle apolitique par indignation contre la propagande d’État.
Encore une fois, les moulinets habituels pour ne pas répondre à notre dernière question sur Hanouna. Comment se fait-il que vous, champions autoproclamés de la rébellion, soyez autant dans les petits papiers du capital ? Comment se fait-il que ce spectacle insoumis soit identique à celui d’un macroniste ? Lordon a-t-il été arrêté pour vouloir couper la tête à Macron et détruire les institutions ? Non, il est payé avec l’argent public pour le dire. Encore un mois à tirailler votre conscience. Cela risque de te paraître long.
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Emile Novis
Invité@JeanMonnaie
Essaie de faire un effort de lecture.
Si pour toi, un film projeté dans un cinéma est la même chose qu’un spectacle comme celui d’hier, c’est que tu as un problème de discernement. Le mot spectacle ne peut pas être entendu de la même manière, c’est assez évident. D’autant que ce terme, dans les milieux critiques du capitalisme, a tout de même une histoire très chargée…
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Ensuite: le Puy du Fou est financé par des puissances privées. Ce serait idiot de croire que le récit qui y est diffusé n’est pas contrôlé et préfabriqué pour rentrer dans des cases prédéfinies par la puissance qui finance ce folklore.
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Par ailleurs, je jugeais la forme de ce genre de spectacle, pas le contenu matériel qui est présenté. Du point de vue formel, le Puy du Fou et la cérémonie d’hier, c’est la même chose; mais d’un point de vue matériel, quant au contenu idéologique, ils s’opposent clairement. Arrête donc de me prendre pour un con : tout le monde sait bien que du point de vue du contenu de l’idéologie véhiculée, ces deux spectacles ne disent absolument pas la même chose.
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Pour ce qui est du concepteur de cette cérémonie, je ne le connaissais pas et il ne m’inspire aucune sympathie politique. Ce serait ne rien comprendre à ce que j’écris ici que de penser le contraire. Mais ne pas comprendre (ou ne pas vouloir comprendre) ce que dit ton interlocuteur, c’est un peu ta routine j’ai l’impression.
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Respecte ton interlocuteur et essaie de comprendre ce qu’il dit. Sinon c’est inutile d’aller plus loin et de te répondre. Je n’ai pas à répondre de ce que je ne dis pas.-
JeanMonnaie
InvitéJ’avais pourtant mis en gras « vidé de toute vie » pour souligner que c’était le propos principal de mon argumentaire et tu préfères ne pas répondre. Ou si ta réponse se trouve dans ta dernière réponse, elle est tellement évasive qu’elle n’a aucune valeur. Comme tu sembles un peu dur de l’oreille, je vais reformuler mes propos.
Le 13 juin 1977, ouvre le parc « Le Marxiste du Fou » par une bande de copains avec deux francs six sous. Ce spectacle cartonne et finit par s’autofinancer lui-même. Le spectacle de Spartacus dans la grande arène, la Commune de Paris reconstituée avec des centaines d’acteurs, avec de la bière à volonté pour femmes, pères et enfants, dans la plus grande tradition de la gauche radicale. Et puis voilà un sympathisant de Reconquête qui va gérer le spectacle des JO avec flambeaux, belles femmes blondes, des statues de Clovis, Charlemagne et Napoléon, et pour finir une magnifique danse dans les champs de coton de nos pépites du 93 en Dolby Stéréo Surround.
Ton analyse ne se limiterait pas à dire que les JO sont un « Marxiste du Fou » inversé et que ce sont des financements privés. Tu me dirais, devant toute cette propagande réactionnaire qu’on m’inflige avec l’argent des contribuables, qu’il existe une alternative à l’idéologie dominante financée par l’argent des spectateurs. Il y a bien entre ces deux spectacles un qui est dominé et l’autre qui est dominant, un qui est privé de subvention et l’autre pas. J’ai bien compris que tu fais comme François à mettre en équivalence uniquement les idéologies pour mettre sous le tapis le rapport de domination. On a bien compris que « vidé de toute vie » signifie vider de substance l’impact idéologique de ce spectacle de gauche.
Je vais te redire la même chose que pour nos dernières discussions : tu fais semblant de ne pas comprendre le problème. Pire, j’ai droit à de l’inversion accusatoire : « Respecte ton interlocuteur et essaie de comprendre ce qu’il dit. » Je vais rassurer Émile Novis, je comprends très bien ce que tu dis avec tes gros sabots et où tu veux en venir. J’insiste sur le fait que, encore une fois, tu t’échappes et refuses d’assumer tes contradictions. Exactement comme pour les Gilets jaunes. Essaie l’honnêteté et tu verras que ta pensée va prendre un gros coup de boost.
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Charles
InvitéCe qu’on pense d’un spectacle dans les conditions modernes du capitalisme :
J’en déduis donc qu’aucun film, aucune pièce de théâtre, aucun opéra contemporains ne trouvent grâce à tes yeux, puisqu’ils sont montés dans les conditions modernes du capitalisme.
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Emile Novis
InvitéLe spectacle, ici, n’est pas un film. J’entendais « spectacle » un peu au sens de Debord, et aussi au sens d’une cérémonie officielle et collective prévue pour jeter à la face du monde le « rayonnement de la France », pour parler comme nos maîtres.
Rien à voir avec un film, donc.-
JeanMonnaie
InvitéJolie pirouette !
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Charles
InvitéOk donc c’est spectacle pas vraiment sens de spectacle. En tout cas ce spectacle pas spectacle mais Spectacle au sens de debordien aura au moins eu pour vertu de permettre une belle leçon de catéchisme de ta part.
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Emile Novis
Invité@Charles
Si tu découvres aujourd’hui qu’un mot peut recouvrir des sens très différents selon les contextes, c’est ton problème, pas le mien. Si tu vois un identité entre une pièce de théâtre et la cérémonie d’hier, ce n’est pas non plus mon problème.
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Et si tu prends plaisir à regarder le spectacle d’hier, c’est que tu aimes bien les catéchismes visiblement.-
Charles
InvitéNon c’est juste que j’ai un peu de mal avec les phrases péremptoires et sentencieuses, de même qu’avec le ton docte de directeur de conscience.
Mais j’ai bien compris grâce à toi qu’en m’amusant devant certaines scènes hier je risquais l’excommunication, sois-en remercié.-
Emile Novis
InvitéJe ne te demande pas de me croire. La cérémonie hier était truffée d’injonctions et de sentences, et c’est bien elle qui menace tacitement « d’excommunication » à sa manière. A vrai dire il n’y avait que cela, des injonctions et des sentences, sous forme d’images et de commentaires, et eux te demandaient d’y croire.
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Maintenant, que tu éprouves du plaisir devant ça, j’en suis ravi, mais ce n’est pas vraiment le sujet.-
Charles
InvitéOui oui j’ai bien compris que le sujet c’était comment Résister au Spectacle (tu me diras si j’ai bien mis les majuscules au bon droit, je débute).
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Charles
Invitéendroit*
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Emile Novis
InvitéCompare moi avec Francis Cousin, pendant que tu y es. Debord a sans doute des limites, mais il apporte quelque chose dans la critique du capitalisme.
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Mathieu
InvitéJe souscris à tout ce que dit Emile sur cette cérémonie comme défilé de signes. Signes progressistes ou non, c’est évidemment crispant et hypocrite vu le réel social du pays. La garde républicaine avec une Aya Nakamura en sous régime pourrait en être le symbole parfait si on ne devait en retenir qu’un. Et je me demande comme Charles comment cela pourrait être autrement. Comment une cérémonie pourrait produire de la pensée.
Ceci étant posé, cela n’a pas empêché que:
1/ Les Minions m’ont fait marrer, d’autant que j’étais avec mes 4 neveux et nièces qui étaient tout pile-pile de les voir et qui se marraient eux aussi comme des baleines.
2/ J’ai trouvé très belles les idées des peintures hors de leurs tableaux et du cheval sur la Seine
3/ Armanet et Pamard étaient pas mal sur Imagine, Gaga pas mal aussi au début
4/ Céline m’a mis les poils sur la fin de l’Hymne à l’amourEt quitte à rester dans le muséal et le mélange des genres, j’aurais kiffé qu’un simili Bossu de Notre Dame sonnent les cloches de la cathédrale pour introduire Aerodynamic de Daft Punk, plutôt que le ringard Cerone, mais on peut pas tout avoir.
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Emile Novis
Invité@Mathieu
« Comment une cérémonie pourrait produire de la pensée. »
Assez d’accord avec toi. Et je pense que ce n’est pas ce qu’on lui demande, de penser. Mais ne pas faire un truc grandiose serait déjà un bon début. Par exemple, quelque chose de plus sobre, dans un stade, éventuellement en rapport avec le sport et quelques références au pays d’accueil ne permettra pas de produire de la pensée, mais de remplir la fonction d’une cérémonie d’ouverture qui introduit une compétition sportive.
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La cérémonie d’hier n’avait à peu près rien à voir avec les JO, mais tout avec le fric et la puissance romancée d’une manière plus que douteuse.-
K. comme mon Code
InvitéÀ part la toute fin, avec le relai des athlètes.
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Emile Novis
InvitéOui, les 10 dernières minutes, à partir du serment olympique. Ca fait peu sur environ quatre heures.
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Ourson
InvitéAh tien vous l’avez apprécié à ce point là cérémonie ?
Je l’ai trouvé un peu longuette, une direction artistique flou, des spectacles inégaux, plus un enchaînement de mini-spectacles qu’une cérémonie au final.
J’ai trouvé le spectacle de lady gaga relativement bâclé
Aya c’était cool mais elle a foiré son playback
Le défilé de bateaux pendant des heures et des heures j’ai trouvé ça irregardable
Rim-K, que j’apprécie en tant que rappeur, n’avait pas d’autres choix j’imagine que de poser le plus lisse de ses textes mais du coup ni les amateurs de rap, ni les non-amateurs de rap auront été rassasiés
Le bal voguing était chouette, j’ai apprécié la spontanéité et la liberté relative laissée aux danseurs, mais j’ai pas pu m’empêcher de sentir les organisateurs vouloir marquer un grand coup un peu provoc, ils en ont fait un poil des caisses sur ce coup-là -
maelstrom
InvitéDocumentaire sur le préparatif des jeux olympiques
https://www.france.tv/sport/les-jeux-olympiques/6324884-ceremonie-d-ouverture-premiers-secrets-partie-1.html -
thierry
InvitéHeureusement qu’un Léo Landru rappelant un peu ce qu’est le punk et qu’un Emile soulignant Debord existent.
C’est donc de ça dont il s’agit? Un match de foot ? Choisir son camp ? Les fachos sont pas content, je le suis ?
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Au delà de l’obscénité et de la malhonnêteté crasse de traiter de facho qqn qui trouve la parodie de la cène complètement déplacée, non-avenue voir louche – Et j’assume particulièrement ce dernier adjectif, – ce besoin de choisir un camp par opposition tout en acceptant de se bagarrer dans les bonnes règles du capital devient de plus en plus pathétique.-
K. comme mon Code
InvitéGars. La Cène est l’une des images les plus reprises à des fins marketing. Dans les années 2000s, toutes les séries avec plus de trois saisons avaient leur poster promotionnel en mode Cène. Ça ne veut littéralement rien dire, à part que les personnes reconnaissent la disposition et disent : Ah c’est la Cène.
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maelstrom
Invitémoi je me demande surtout que fout dionysos la dedans
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K. comme mon Code
InvitéÇa, c’est la cocaïne.
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Ourson
InvitéAlors apparemment c’est aussi une représentation d’un repas au Mont de l’Olympe
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thierry
InvitéGars. Oui mais non !
J’ai évoqué la cène. J’aurais pu parler d’autres symboliques étranges bourgeoisement subversives exploitées lors de cette cérémonie que chacun y ayant assisté a pu constater dans son corps bien avant même les premiers tweets s’en indignant.
L’utilisation de cette symbolique n’est pas tant louche dans son sens parano complotiste. Elle est est louche dans le sens où pour un événement en carton pâte aussi contrôlé, chacun était en mesure de savoir qu’elle allait diviser et créer des réactions et que le choix de la DA a tout de même été validé.-
K. comme mon Code
InvitéTu fais pas sens.
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Emile Novis
InvitéIl me semble au contraire que ce que dit Thierry est sensé, comme le souligne Juliette plus bas. Tout le monde sait bien qu’il y a, en gros, deux visions anthropologiques qui s’affrontent sur la question du rapport entre les sexes et entre les genres : la perspective chrétienne tend à faire de la différence sexuelle un élément cardinal de l’anthropologie (on pourrait nuancer, mais en gros, c’est un peu ça), tandis que que d’autres anthropologies tendent à interroger ces frontières, à les questionner voire, dans certains cas, à les nier au moins en partie. D’une certaine manière, le drag queen brouille la frontière. Et tout le monde sait que ces deux anthropologies, de fait et quoi qu’on en pense, se contestent mutuellement un peu partout dans le monde.
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Ainsi, représenter une Cène (ce qui semble être contesté désormais, mais bon, tout le monde y a vu spontanément une Cène quand Katerine n’était plus sur la table), qui renvoie au fondement du culte chrétien, en y mettant des drags queen, ne pouvait pas produire autre chose que ce qui se produit actuellement. Il était absolument évident qu’une partie conséquente du christianisme allait y voir une offense pour leur culte, car ils y voient une contestation de leur manière de comprendre l’homme au cœur même de ce en quoi ils croient le plus (le dernier repas du Christ qui donnera lieu à l’eucharistie). Ceux qui ont validé cette séquence ne pouvaient pas ignorer ces conséquences nécessaires, d’autant plus qu’on se demande bien ce que foutait la Cène ou ce genre de festin au milieu de cette cérémonie – mais c’est ça qui est pratique dans cette orgie de signes et de symboles, c’est qu’on peut tout décharger en vrac de manière arbitraire.
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D’ailleurs, après quelques censures dans certains pays, le CIO semble retirer les traces de cette cérémonie sur ses canaux de diffusion. L’inclusion a provoqué chez d’autres personnes un peu moins inclusives un sentiment d’exclusion devant tant d’inclusivité. C’est un peu le bordel, mais un tel sac de nœuds était parfaitement prévisible.-
Papo2ooo
Invité@ Emile Novis
Je suis d’accord avec ton propos dans l’ensemble, sur les symboles etc.
Mais j’ajouterais qu’on a eu droit à des mois de débats hallucinants dans les médias, dont j’ai regardé 10 minutes à tout casser, pour remettre en cause la légitimité d’Aya. Seul le racisme anti-noir le plus stupide peut donner lieu à des discussions comme ça et j’y ai entendu la même chose que des cris de singe.
Pareil pour les LGBT+, et à plus forte raison les trans, dont la réalité est de plus en plus politisée dans les conditions que l’on sait, sur les même plateaux que les discuissions qui concernent Aya, ces débats n’ayant pas d’autre fondement non plus que la transphobie. Comment y voir autre chose ?
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Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le milieu de l’art et du spectacle fasse un contrepoint symbolique.
Encore heureux que dans ces milieux, les logiques d’inclusion(au moins symboliques) prédominent, l’inverse serait inquiétant.
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Après cette cérémonie est une fête de la bourgeoisie, ça ne va pas changer nos vies etc. -
Demi Habile
InvitéEmile Novis: « Ainsi, représenter une Cène (ce qui semble être contesté désormais, mais bon, tout le monde y a vu spontanément une Cène quand Katerine n’était plus sur la table), qui renvoie au fondement du culte chrétien, en y mettant des drags queen, ne pouvait pas produire autre chose que ce qui se produit actuellement. »
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Tu fais quoi de tous ces chrétiens qui disent leur honte de leur coreligionnaire au prétexte que leur lecture de la religion les invite à croire que Jesus aurait été ravi d’avoir tous ces freaks à sa table? Tu t’en fous car ils ne vont pas dans ton sens. C’est marrant hein mais t’es en train d’essayer de nous faire croire que cette histoire serait un problème car ceux qui sont parfaitement alignés idéologiquement sur le délire de Bolloré en ont foutu partout. Tu voudrais nous faire avaler que si on a aimé on des cons car les partisans de Trump on détesté et que ça prouve bien que tout ça est follement hypocrite. Reste que moi je constate une chose, c’est que nombreux sont les journalistes qui s’identifient à une droite dite républicaine, nombreux sont les journalistes qui ne t’ont pas attendu pour se montrer très critique au sujet des e-woke et autres militants de l’alphabet désorganisés, à avoir applaudit des deux mains à la fin de cette cérémonie, à avoir dit leur fierté et leur joie face à cette incroyable pièce montée.
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Tu peux emballer ton numéro dans des grandes références philosophiques à la con mon grand, ça ne changera jamais rien au fait que ton berbère et le paysan de JeanMonnaie c’est le même combat. Tu veux le contester? N’oublie pas que JeanMonnaie était un gauchiste il y a encore quelques années.-
Emile Novis
Invité@Demi Habile
Ai-je dit que tous les chrétiens étaient vent debout ? Non.
Ai-je dit qu’il fallait impérativement s’indigner de cette représentation ? Non.
Y a-t-il pour autant seulement des chrétiens pris dans le délire de Bolloré et de Trump qui sont gênés? Non. Si tu en restes au microcosme médiatique, il y a évidemment une saturation de la droite très dure, puisqu’ils ont désormais pignon sur rue dans les médias, et que leurs réseaux sur internet sont extrêmement visibles. Mais le monde ne s’arrête pas à ce qui défile sur une téloche, et il y a bien des chrétiens, y compris des chrétiens qui peuvent avoir tendance à voter à gauche, qui sont gênés. Même Mélenchon, qui est sans doute agnostique (je suppose), n’était pas très favorable.
Ai-je dit que le Christ aurait rejeté les drags queen ? Non. Aurait-il pour autant été d’accord avec ça ? Ce n’est pas vraiment son problème, à mon avis, mais Jésus est tout de même l’héritier de la Torah, qui présente des codes assez normés sur la question. Mais ce qui me paraît plutôt certain, c’est que s’il devait accepter une drag queen, ce ne serait pas pour l’enfermer dans une identité figée, mais pour la considérer en tant qu’être humain. Quand il croise une samaritaine, il ne la voit pas simplement comme une samaritaine, communauté plutôt minoritaire rejetée et diabolisée par son époque, mais comme une femme individuelle irréductible à ses identités sociales (d’ailleurs, ça choque un peu la samaritaine, qui se fixe sur une perspective « identitaire » et lui demande « « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » , ce que Jésus récuse sans même prêter attention à cette remarque).
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Cela ne signifie pas que l’identité en question n’existe pas, mais que ce n’est pas ce qu’il y a de plus fondamental chez un individu ( ce que Paul prolongera en disant que devant le Christ, il n’y a plus ni juif, ni grec, ni femme, ni homme, ni esclave et ni maître, etc., mais des individus unis par le Christ, un lien à la fois universel et concret qui pulvérise les identités particulières). Voilà en tout cas comment je lis cette affaire..
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Pour le reste, tu as « le droit » d’aimer et de trouver « con » les gens qui n’aiment pas. J’ai en retour le « droit » de dire ce que j’en pense, et pour te faire une confidence, ce qui m’a le plus irrité, c’est la statue de Louise Michel, pour les raisons exposées plus haut.
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Tu vas peut-être encore « attaquer », mais je t’aime bien quand même.-
Demi Habile
Invité« Même Mélenchon, qui est sans doute agnostique (je suppose), n’était pas très favorable. »
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Mélenchon chercher à flatter la banlieue qu’il se représente comme composée de musulmans à l’image de Rohff par conséquent je pense que le mieux c’est de te renvoyer à ce que tu nous disais ici:
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“Je vais m’arrêter sur ces points déjà nombreux, pour la lisibilité de la discussion et parce que je suis d’accord avec pas mal de choses dans ce que tu dis. Mais je crois que la phrase de Fanon citée par Thierry me paraît très profonde : « Celui qui adore les nè*res est aussi “malade” que celui qui les exècre ».”
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Pour la suite je l’ai perdue à cause de ce forum en carton et comme j’ai la flemme de me faire chier à tout réécrire je m’arrêterais là.
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thierry
InvitéVenant de quelqu’un utilisant l’expression faire sens, cela ne m’inquiète pas beaucoup.
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Juliette et Emile qui ont la pédagogie et la patience que je n’ai pas, ont expliqué ce qui se jouait là. Par ailleurs, je me méfie de cette posture visant à feindre l’incompréhension et l’étonnement. J’y crois peu.-
K. comme mon Code
InvitéFaire sens est encore un complot du lobby queer mené par Brigitte Macron visant à désinclure l’inclusivité. La prochaine fois, je dirai directement que tu dis de la merde.
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Cyril
InvitéJe ne vois pas en quoi une Cène représentée par des trans serait en soi insultante. Est-ce à dire que les trans seraient une insulte ? Ou le simple fait de s’approprier cette Cène serait insultant, copyright biblique oblige ?
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maelstrom
InvitéDes drag queens pas des trans, (même si il y avait sans doute des trans parmi les drag queens)
ton message reste quand même pertinent
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Juliette B
Invité« En soi » ça n’existe pas Cyril. Une scène, ou une Cène, quand elle survient, vient toujours exister dans un monde et sa réception diffractée.
thierry parle de ça je crois -
baptiste
Invitéj’ai trouvé le Zawa Talk d’hier super intéressant pour exprimer les idées contradictoires qui viennent suite à ce spectacle géant. Raz pointe justement que les points de vue politique gauche/droite s’emmêlent avec les goûts artistiques, ce qui provoque des malaises et des critiques de mauvaise foi. Wissam rappelle que ce spectacle est un acte politique extrêmement conséquent et que le positionnement des artistes mêmes vis-à-vis de leur oeuvre comporte une dimension politique.
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Et la discussion prolifère entre nous à gauche. Le metal de la guillotine qui décapite Marie-Antoinette, Aya Nakamura qui fait danser (se fait nasser ?) par la garde républicaine, les drags queen et Philippe Katherine qui rejouent la Cène sous la pluie : subversions de l’intérieur du dispositif politico-artistique, ou pinkwashing culturel de l’institution olympique fondamentalement droitière ? Trancher cette question ne semble essentiel que dans un premier temps. Raz et surtout Cassandre s’illustrent dans une apologie du « faire avec ». Cassandre l’insoumis est un mitterrandien dont l’idée centrale est de « prendre le pouvoir ». On se réjouit de « faire pleurer les fachos » : « à quel prix ? »
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Sans que le parallèle soit fait, j’ai l’impression de revivre un débat « pour on contre voter Macron contre Le Pen ». Le camp centriste, républicain universaliste, déroute Ilyes qui avoue son goût pour la musique (pompeuse et solennelle) et s’illusionne à ne pas voir dans le show d’Aya un recadrage policier. On préfère savourer de petites pépites insolentes : la porte de l’académie française claquée par la chanteuse impertinente, puis plus tard, la tonalité lugubre dans laquelle a été fait le clip qui présente l’histoire des Jeux (Berlin 1936, etc.), comme le rappelle Mariam. Mais ce ne sont que des choses très fugaces. Dans les faits, l’armée tient toute la ville dépolitisée sous cloche, fait défiler indifféremment Israël, l’Iran, la Palestine et les Etats-Unis ; LVMH et Macron célèbrent un spectacle sans accroche ni grèves.
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La gauche doit-elle se mêler de ces événements autoritaires ? Wissam aurait préféré qu’on le boycotte, et qu’on n’y voie jamais une quelconque avancée. Dany lui répond que c’est la condition même des artistes qui les contraint à devoir se plier aux règles des mécènes pour vivre et faire vivre leur art. Finalement, tout le monde regrette l’inexistence d’une contre-proposition. Si, comme Dany le prétend, le sport et l’art peuvent exister en-dehors du capitalisme, force est de constater que celui-ci les a tenu parfaitement sous contrôle.
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La discussion mériterait d’être poursuivie, élargie et mieux documentée. Quelle attitude devrait avoir la gauche face à cette performance ambivalente ? (je dirai : puisqu’il est acquis que Paris 2024 n’est pas un événement proprement fasciste, comment devons-nous le gérer ? Ce pouvoir n’est pas l’extrême-droite, il est le centre. Le centre politique, artistique, prêt à toutes les falsifications, les trucages, les contradictions apparentes, le centre séducteur, consensuel, institutionnel, gouvernemental, bourgeois).
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Comment appréhender ce spectacle en tant que militant ? Qu’est-ce qu’un artiste peut faire de son art dans cet univers politique ? Peut-être que nous aurons quelques billes sur ces questions dans Comme une mule
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Ourson
InvitéWissam totalement au-dessus de la masse
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JeanMonnaie
Invité48 minutes : Danette confirme son plaisir à voir la garde républicaine, composée de vieux blancs, se faire humilier, ce qui confirme bien ce que je dis.
49 minutes 40 : Wissam pratique la taqîya et admet que les JO seraient mieux avec une orientation de droite, ce qui confirme son entrisme politique.
Mais non, Jean Monnaie, tu as mal compris. Si j’ai compris que voir ces folasses pendant 3 heures devait aussi te révulser, autant que moi 🙂
Je n’ai pas regardé le reste.
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maelstrom
InvitéCe n’était donc pas la Cène
https://x.com/BFMTV/status/1817477044982141048-
maelstrom
Invité -
Ourson
InvitéÇa pue le damage control
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JeanMonnaie
InvitéJe vais aider à comprendre le sous-texte, qui reste toujours le même :
Le Fils de l’homme : Il n’y a aucun enfant en Angleterre, sauf Marie Madeleine noire, qui va sauver l’Occident par le grand remplacement.
https://www.telerama.fr/cinema/films/les-fils-de-l-homme-1-210367646.php
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JeanMonnaie
Invité-
SHB
Invité????? t vraiment un grand malade toi.
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JeanMonnaie
InvitéSHB apprend à ne pas répondre impulsivement et à attendre le message dans sa globalité. Merci
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SHB
Invitémdrrrrrrrr ah ouai c vrai que mtn avec le tweet en + c bcp mieux ptdrrrrrrrr
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JeanMonnaie
InvitéTu peux PDTR et LOL comme tu voudras pour garder tes œillères. On ne pourra pas dire que je n’ai pas tout essayer pour éveiller dans ce forum votre esprit critique.
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SHB
Invitéok Jésus Christ
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JeanMonnaie
InvitéJésus c’est néo (one) dans ton matrix.
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SHB
Invitéd’accord ?
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JeanMonnaie
InvitéSans surprise le message est le même.
https://x.com/reptar321/status/1817629034865627303Ce qui explique tout le déni que je constate dans les forums ou ailleurs, et pourquoi la gauche minimise, voire refuse d’admettre le message politique.
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Emile Novis
Invité@Thierry
Tu dis : « Les fachos sont pas content, je le suis ? »
On voit beaucoup, en effet, de phrases de ce genre : Le Pen s’étouffe, ça me fait ma soirée!
Dans le spinozisme, ça correspond exactement à la joie de l’esclave, la pire de toutes les joies qui se déploient sur fond de tristesse, parce qu’on y adhère et qu’on s’enfonce inconsciemment dedans. On ne se réjouit pas d’une chose qui nous rend véritablement puissant, mais on se réjouit de l’affaiblissement d’un semblable, et donc c’est une joie morbide accompagnée de tristesse car elle se fixe sur l’idée d’une vie qui se défait, un peu à la manière de celui qui éprouve un plaisir secret à voir son pire ennemi sombrer dans le malheur. Je suis convaincu que c’est pour contrer ce type de joie servile que Spinoza a écrit une éthique, afin de discerner les vraies joies des « joies » morbides rongées de l’intérieur par l’impuissance et la tristesse.
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@Papo2000
Oui, il est clair que le rejet d’Aya était doublement motivé, dans certains cas, par le fait qu’elle est noire et qu’elle peut évoquer quelque chose de populaire et de vulgaire aux yeux d’une certaine partie de la population, le tout enrobé dans l’emballage bien plus noble d’une « défense de la culture française ». Mais comme toi, je n’ai pas suivi de très près ces histoires.
Pour ce qui est de l’inclusion en général, je pense de toute façon qu’il y a un problème au niveau des mots. Il est assez clair que tout le monde doit être respecté en tant qu’être humain, ce qui paraît être la base (mais même ça, ce sera sans doute contesté par certains). Mais l’inclusion, ça dit quelque chose de plus, avec l’affirmation d’un contenu idéologique et anthropologique beaucoup plus chargé et politiquement situé : une certaine idée du rapport entre les sexes, une centralité très forte de la singularité individuelle, une certaine lecture de l’histoire, une anthropologie plus ou moins explicite, un certain rapport au passé, des valeurs morales assez marquées, une manière d’écrire, etc. Or, c’est un fait que l’idéologie inclusive a beau vouloir englober tout le monde dans la « bienveillance » et « l’amour », le contenu idéologique qu’elle véhicule est très particulier et ne sera sans doute jamais partagé par tous. Ainsi l’idiologie inclusive, qui se veut englobante et universelle, affirme une perspective en fait très particulière et suitée qui, quand elle cherche à s’imposer dans l’espace public, ne peut manquer d’exclure ceux qui ne partagent pas sa perspective (c’est-à-dire, peut-être, la majorité de la planète). Il s’agit là d’une impasse totale à mes yeux, et quand une perspective très particulière se prend pour de l’universel, ça tend à produire des aspirations hégémoniques et potentiellement agressives des deux côtés. Je suis pas sûr, par exemple, qu’un marocain berbère qui vit dans l’Atlas pourrait se reconnaître dans la cérémonie d’hier – et ceci non pas nécessairement pour des raisons religieuses, car ils sont loin d’être tous religieux, mais simplement parce qu’une telle compréhension de l’homme et de la vie n’est pas partagée par eux et ne le sera peut-être jamais.
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Autrement dit, je pense que l’idéologie inclusive ne peut pas faire communier les êtres humains entre eux, et c’est pourtant ce à quoi elle aspire. Ainsi elle sera toujours déçue et elle produira nécessairement l’inverse de ce qu’elle voulait – ou alors elle deviendra agressive et impérialiste, et son action contredira son aspiration initiale.
Je pense que l’universel n’est pas là.-
Ema
InvitéEmile j’aime assez ta façon d’avoir mis le doigt sur le caractère paradoxal de cette obsession d’inclusivite qui semble habiter certaines sphères politiques actuellement. C’est bien vu. Par ailleurs je te rejoins sur le premier point, la jubilation est une passion triste, indubitablement.
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Cyril
InvitéC’est autrement intéressant que du jeanmonnaie, merci Émile !
Par rapport à ton premier paragraphe, je ne crois pas que l’enthousiasme d’une partie de la gauche devant cette cérémonie soit réductible à la joie d’humilier la droite. Ce n’en est qu’une composante et certes pas la plus noble. Mais on peut imaginer aussi qu’il y a un soulagement à voir des valeurs progressistes affichées lors une cérémonie officielle de cette ampleur alors qu’on vit depuis plusieurs années dans une atmosphère lourde de fascisation des mœurs. Comme il y a eu un soulagement à la non-accession au pouvoir de l’Ex-D aux législatives.-
Mao
InvitéJean Monnaie aurait pu signer ce texte que je trouve pour ma part consternant de bout en bout. Pas merci.
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JeanMonnaie
InvitéMao a complètement raison. Je trouve le texte très juste et j’allais demander à Émile Novis que si l’inclusion est une chimère, pourquoi ne pousse-t-il pas sa réflexion jusqu’au marxisme, dont la logique et les faiblesses sont les mêmes. Mao le trouve consternant sans pouvoir le démontrer. Cela démontre qu’Émile touche juste. Cyril, qui voit beaucoup de laideur dans le spectacle des JO tout en disant le contraire ensuite, est d’accord avec le texte d’Émile. Si je l’avais écrit pour dire la même chose avec mes mots, il l’aurait trouvé consternant comme Mao. Une vraie girouette !
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Cyril
InvitéLe jour où on te verra mobiliser Spinoza on en reparle ! Tu t’attribues le mérite d’une contribution que tu n’aurais jamais pu faire. Tes références ce sont des mèmes racistes et des articles de VA, c’est pas avec ça que tu vas briller haha.
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Mao
InvitéOn peut mobiliser Spinoza, se réclamer de Simone Weil, et dire la même chose que VA.
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Papo2ooo
Invité@Emile Novis
Merci pour ton développement, tu donnes à penser.
J’aurais deux remarques
Je trouve que la notion de différences anthropologiques est sujette à caution. Si l’on fait la comparaison entre deux Français, l’un que l’idée d’avoir un fille ou un fils PD horrifie et l’autre qui l’accepterait sans souci, les différences d’ordre anthropologiques sont-elles si fortes que cela ?
Chez les blancs, la chretienneté est elle si influente que ça, au point de scinder la société dans deux visions de l’homme qui s’opposent ?
Pareil pour les questions d’écriture, inclusive ou non, on ne peut pas dire que ce soit un rapport différent sur le plan anthropologique à l’écriture qui fait l’acceptation ou non. Ca se joue certes sur le plan socio-culturel, avec des différences de milieu social et de parcours scolaires, mais pas sur un plan anthropologique à mon avis.
Je laisse de côté la cérémonie, les symboles d’inclusivité, et je me concentre sur l’attitude par rapport aux expérimentations avec le genre (le mot d’expérimentation est pas très heureux désolé, c’est dans l’idée de couvrir un ensemble de possibilités de la fluidité au changement de sexe) ou à l’homosexualité, rejet ou acceptation, et je me dis que ce qui fait pencher du côté rejet est peut être beaucoup lié à des choses que l’on peut analyser précisément à un niveau individuel. On est pas dans des différences à l’échelle de sédimentations anthropologiques, mais à une échelle plus petite. La famille joue un rôle, le rapport de chacun au cul, blocages, facilités, doutes, refoulement etc. Le rapport à l’art même est une question importante, l’art ayant besoin de l’altérité, là où une vie de consommation peut s’en passer. Je pense que c’est là, entre autre évidemment, qu’on trouvera beaucoup des réponses qui expliquent un réflexe d’exclusion, d’horreur.
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Ensuite évidemment les questions de rapport de force et de domination. La peur d’être dans une situation d’infériorité, sexuelle, ou de vitalité plus largement, joue aussi un rôle. Ceux qui veulent exclure ne cherchent-ils pas à égaliser, à effacer, à gommer, à retenir dans des coordonnées du passé. Ne s’agit-il pas de conserver son confort, ses habitudes, la place de noirs et gays, dont on fantasme depuis toujours la sexualité débridée ?
Tout le monde est en prise avec ces questions, doit se démerder. Mais la quête de joie permet de chercher autre chose que justement d’effacer, d’empêcher, de retenir.
On voit que chez les droitards qui pétent les couilles ici, tout est réductible à des problèmes sexuels. La peur panique de se faire tromper, la peur de rivaliser avec des gens qui sont davantage membrés. J’ai le sentiment que ça prend toute la place, au point même de vivre retrancher chez soi dans un monde d’idées.
La question de l’infidélité n’est pas que sexuelle bien sûr. Mais tout changement social qui va dans le sens d’une possible perspective d »infidélité est vue par un drame par certains, qui voudraient que tout le monde se plie à leurs désirs et à la primauté sur tout le reste de leur rôle de chef de famille. Le « chef » craint d’être trahi.
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J’ai bien conscience d’une réduction du sujet dans la dernière partie, c’est plus pour prendre un fragment parmi ceux que l’inclusion rebute et regarder ce qui se cache derrière.-
Emile Novis
Invité@Papo2000
Je crois comme toi, en effet, que c’est à un niveau « micro-social » que bien des choses se jouent sur le plan de l’attirance ou de la répulsion envers les homosexuels, les noirs, etc. C’est peut-être aussi d’abord dans le corps, comme le disait Thierry plus haut. Je pense en effet que personne n’a un petit manuel d’anthropologie qu’il appliquerait dans sa vie. Mais la question que je me pose toujours, c’est de savoir à quel point des conceptions anthropologiques, dont l’élaboration historique est toujours complexe et en partie en rapport avec des impératifs d’ordre et de pouvoir, ne sont pas susceptibles de se sédimenter très profondément en nous, et qu’il reste toujours quelque chose de cela de manière plus ou moins consciente. Des personnes qui ont reçu, par exemple, une éducation extrêmement puritaine garderont quelque chose de toute l’anthropologie inconsciente qui a présidé, par de longs détours et des transmissions, à leur formation.
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D’accord également avec ce que tu décris sur une forme de névrose sexuelle chez la peur panique de certains envers des africains ou autres. Mais il faudrait voir l’héritage historique sédimenté dans ces peurs, peut-être. Il est vrai que cet argument revient énormément sous différentes formes, et nombreux sont les hommes de ce camp qui invoquent la protection de « leurs » femmes ou la nécessité de maîtriser la procréation (donc le corps des femmes, à travers tous les arguments démographiques) pour justifier le rejet des étrangers ou de ceux qui n’ont pas l’apparence désirée. Mais on peut se demander si ce n’est pas une manière, aussi, de justifier, par un détour politique, le contrôle du corps de la femme qu’ils ont en grande partie perdu ces dernières décennies.
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Ce qui, à mes yeux, est toujours difficile dans ces analyses psycho-sociales, c’est que les motifs ne sans doute jamais si clairs que cela, quel que soit le camp d’ailleurs, puisque ces questions articulent l’intimité et le politique. Mais s’il peut être intéressant d’aller voir « ce qui se cache derrière », comme tu le dis, il faut néanmoins, je pense, être prudent, car ça laisse une très grande marge d’interprétation et une certaine place à l’arbitraire. La méthode du soupçon a toujours certaines limites à mes yeux.
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Emile Novis
Invité@Mao
Sur cette rhétorique habituelle qui tient lieu de raisonnement à une partie de la « gauche », on y trouve tous les paradoxes de « l’inclusivité » qui ne cesse de stigmatiser la moindre opinion divergente pour la ranger dans une catégorie infamante. L’inclusion, si elle signifie cela, passe son temps à exclure.
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Le contexte de mon message était une réponse à Papo2000 qui faisait suite aux propos de Thierry sur la fameuse « Cène qui n’en était pas une mais un peu quand même », et il se référait donc à la cérémonie et à son concepteur, qui voulait, selon ses propres mots, inclure tout le monde dans un « nous » commun rassembleur. Force est de constater que ce « nous » s’est immédiatement retrouvé face à un « eux » disparate qui s’est senti exclu de cette représentation pour différentes raisons. Ce qui n’est pas surprenant, puisque ce « nous » prétend se fonder, de fait, sur des valeurs communes qui, en vérité, ne le sont pas et ne sont sans doute pas prêtes de l’être, pour des raisons profondes qui tiennent à des manières très différentes de comprendre l’être humain et les relations entre eux. Un chrétien n’est pas nécessairement fasciste quand il se sent très gêné par la représentation de la Cène, et ça ne fait pas de lui quelqu’un qui veut casser des minorités. C’est tout simplement que sur le plan des valeurs, il y a à l’intérieur du corps social une pluralité irréductible, une pluralité sans synthèse englobante possible à mon avis, et cette cérémonie qui célébrait l’inclusivité en a encore fait les frais, comme prévu.
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Comme Simone Weil, je me méfie du « moi » quand celui-ci tend à prendre trop de place, mais je me méfie encore plus du « nous » quand celui-ci prétend à une fusion des valeurs et des modes de vie. Ce nous est une illusion qui porte en elle bien des violences si elle devait essayer de se mettre en œuvre. Ceci n’enlève rien au fait que ces minorités ont évidemment le droit d’exister et de vivre comme elles l’entendent sans être inquiétées et discriminées pour ce qu’elles sont. C’est simplement que si on conditionne le respect absolu dû à chaque individu quel qu’il soit à l’adhésion à une idéologie beaucoup plus chargée et restreintes à des milieux sociaux très particuliers, on s’expose à des pièges très dangereux qui pourraient bien se retourner, à terme, contre les minorités en question.
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Mais j’ai plus d’espoir dans la possibilité de trouver des besoins communs et universels plutôt que dans la possibilité de trouver un système de valeurs commun et politiquement situé – le tout en exhibant des identités particulières dans un spectacle d’ailleurs subventionné par l’État et sponsorisé par les capitalistes les plus féroces du moment. Car entre le marocain berbère de l’Atlas, Aya, moi et qui tu voudras, il y a bien, à défaut de valeurs communes sur tous ces sujets, des besoins communs et réels qui nous rassemblent concrètement : le besoin d’une relative sécurité économique et sociale, des besoins relatifs à la propriété, le besoin de ne pas être intoxiqué par des médias dominants détenus par des milliardaires intéressés par le contrôle de l’opinion, le besoin d’être respecté en tant qu’être humain, etc. C’est cette égalité des besoins, qu’il faut ensuite spécifier en fonction des situations particulières pour être équitable, ce qui me paraît être la position la plus juste. Si on veut devenir réellement majoritaire et imposer une réelle justice sociale qui tape vraiment dans le cœur des intérêts du capitalisme, ce n’est pas en fondant son approche sur des identités particulières sur fond d’inclusion dans des valeurs supposément communes, mais en se fondant sur ce que nous avons concrètement et réellement en commun. C’est d’ailleurs le sens de la démarche de Simone Weil dans la première partie de l’Enracinement. On peut ne pas être d’accord avec cette position, mais on peut difficilement la qualifier « d’extrême droite ».
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Et que ce spectacle, dont il était question dans mon message, soit d’ailleurs adoubé par des milliers de bourgeois perchés dans leur appartement avec vue sur la Seine, appartement à plusieurs milliers d’euros de loyer par mois, devrait quand même alerter sur cette idéologie supposément inclusive qui nous est présentée : la vérité est que la possibilité matérielle d’être là physiquement, comme eux, à célébrer l’inclusion, exclue de fait au moins 80% de la population française en raison de ses conditions matérielles d’existence… Et que Thomas Jolly, adoubé par l’ordre social dominant pour cette « grande cérémonie inclusive », soit autorisé à faire son show par le pouvoir actuel qui ne cesse de diviser le corps social et d’enrager tout le monde contre tout le monde pour se maintenir au centre du pouvoir en dit assez long sur la nature inoffensive de l’idéologie en question, car ils savent très bien que ça ne produira que de la division. Je veux dire par là qu’il me semble que cette idéologie est socialement et économiquement très située et très restreinte à certaines sphères politiques et économiques. Et il est déplorable de voir de nombreux membres du NFP s’extasier devant la chose.
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Tu dis : « On peut mobiliser Spinoza, se réclamer de Simone Weil, et dire la même chose que VA ».
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Non, précisément, ou alors au prix de falsifications grossières qui n’ont plus rien à voir avec ces deux penseurs. Car tu sais sans doute que Spinoza affirme l’égalité totale de tous les modes quant à leur droit à exister, l’ignorant comme le scientifique, le fou comme l’ivrogne, le noir comme le blanc, etc. et que la question politique consiste pour lui à se demander comment cette diversité peut consentir à s’assembler sous des lois communes. Il refuse par conséquent d’unir cette diversité sous un modèle-étalon de l’individu « normal » auquel chaque personne aurait pour obligation de se conformer. J’adhère parfaitement à cette idée de Spinoza, qui est en totale contradiction avec la position de VA pour qui le modèle-étalon du corps social est ethno-racial. JeanMonnaie illustre cette thèse ici même, lui qui propose une sortie de l’inclusivité par l’affirmation de l’existence des races et de l’inégalité entre celles-ci, le tout dans une perspective identitaire nécessairement violente. Ce n’est pas mon cas.
Quant à Simone Weil, elle affirme que le fondement de la question sociale et politique est à trouver dans le problème de l’organisation sociale et technique de la production, avec le problème de la propriété privée des moyens de production à poser, notamment avec la remise en cause du lien entre propriété financière et propriété juridique. Je suis assez convaincu par sa position. Mais VA ne reprendra jamais ce fil directeur pour lire le monde social, et si ces propagandistes au service de ce tract politique de Bolloré devaient me lire ici, ils m’insulteraient de gauchiste débile et dégénéré (ce que JeanMonnaie a fait au moins 86 fois à mon égard sur ce site).
Message trop long, désolé.-
I.G.Y
Invité@Emile cette mise en avant des besoins que tu appelles de tes veux — et ceux que tu as énumérés, je les fais miens — est tout aussi politiquement située que ce que tu appelles système de valeurs. Dès que l’on dépasse des évidences comme « l’homme doit manger et boire pour survivre », que l’on pose la question de « comment », « selon quelle organisation », la politique est là, et elle clive. Il suffit de se demander ce qu’aurait suscité comme réaction même en dehors de la bourgeoisie une cérémonie basée sur une célébration de la sécurité sociale, des services publics, sur la propriété ou je ne sais quoi, pour bien imaginer le caractère hyper clivant d’une telle prise de position politique. Les idées que tu as développées sur les besoins excluent trois quart de la population française au bas mot, en particulier sur la question de la propriété (ça n’est pas moi qui te le reprocherai). Il suffit d’écouter les sociologues de terrain qui ont enquêté sur le vote RN pour le concevoir sans souci, pour voir la haine que suscitent en l’état actuel des choses ce genre de propositions.
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L’inclusivité, ça n’est rien d’autre que la réduction de toutes les inégalités d’accès aux conditions générales pratiques du capitalisme (accès à la propriété notamment, accès aux emplois) et toutes celles qui empêchent de s’intégrer dans la « méritocratie républicaine ». Que la pratique de l’inclusivité s’accompagne allègrement d’inclusive-washing hypocrite et parfaitement insupportable de la part de beaucoup de dirigeants/entrepreneurs, qu’elle ne touche (évidemment) pas aux fondements de la dynamique du capital ne change rien au fait que les conséquences pour beaucoup d’individus sont extrêmement concrètes, comme l’a dit Fanny (et explique par exemple, entre autres, pourquoi bien plus de personnes racisées qu’auparavant vivent une ascension sociale heureuse au sein du capitalisme. Reformulé : la minorité qui parvient à élever son niveau de vie est plus diverse qu’auparavant). Je constate aussi que les pourfendeurs de l’inclusivité, parmi les grandes « propositions politiques » existantes, sont incontestablement des autoritaires, et qu’ils n’ont pas non plus le moins du monde l’intention de remettre fondamentalement en cause la dynamique du capital (et on comprend pourquoi, vu sa puissance actuelle).-
Emile Novis
Invité@I.G.Y
Elle est effectivement située, mais la question est de savoir si elle a une portée universelle ou pas. Je pense qu’elle en a une, ou du moins elle peut s’en approcher. Mais si on pense que même sur ce point là, il n’y a pas d’universel, il est clair que tout ce raisonnement tombe. Toute la question est de savoir si on peut trouver un noyau de besoins communs universels dans l’être humain. C’est peut-être en regardant le misérable démuni qu’on pourra peut-être vor de quoi il est essentiellement privé et de quoi il a véritablement besoin (de quoi nous avons tous besoins sans nous en rendre compte).
Le but ne sera pas de convaincre effectivement tout le monde, puisqu’il y aura toujours des puissants pour nier certains besoins au nom de leurs intérêts, mais le but est de devenir majoritaire.
On pourrait ajouter d’autres besoins : un individu doit-il pouvoir se soigner ou ne pas se soigner en fonction de ses revenus? Là, je pense que plus de 70%, en France, pourraient dire « oui » malgré des différences dans l’application. Il s’avère qu’en France, c’est la sécurité sociale, avec un fonctionnement bien situé et historiquement constitué, certes, mais on peut peut-être imaginer d’autres systèmes dans d’autres pays avec d’autres cultures mais qui rempliraient une fonction analogue. C’est la majorité comprise comme grand nombre qu’il faut viser, et je crois qu’une tâche politique essentielle pourrait consister à faire l’inventaire des besoins essentiels. Ils ne sont peut-être pas si nombreux.
La différence entre un besoin et une valeur, c’est que le premier est réellement commun et existant, tandis que le second est une affirmation particulière, généralement idéologique en ce sens qu’elle veut justifier un ordre social et l’imposer plus ou moins à ses semblables, et qui dépend de la volonté d’un individu ou d’un groupe qui se différencie des autres par ce moyens.
La nature du clivage dont tu parles, selon moi, est très différente : dans le cas de la valeur, c’est un clivage inhérent à son affirmation, et il n’y aura jamais de synthèse englobante possible autrement que par des voies violentes et hégémoniques. Dans le cas du besoin, ce sont des intérêts, généralement économiques et sociaux, qui refusent de les reconnaître. Pour reprendre l’exemple de la sécu, ce sont des intérêts facilement identifiables qui la contestent en France. Il me semble que la grande majorité de la population y est pleinement favorable dans le principe malgré quelques désaccords dans les détails.
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« les conséquences pour beaucoup d’individus sont extrêmement concrètes, comme l’a dit Fanny »
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Oui, et j’ai répondu à Fanny plus bas. Je n’ai rien contre « l’inclusion » si celle-ci ce que j’en dis plus bas. Mais il n’est pas question de valeur ici.
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« Je constate aussi que les pourfendeurs de l’inclusivité, parmi les grandes « propositions politiques » existantes, sont incontestablement des autoritaires, et qu’ils n’ont pas non plus le moins du monde l’intention de remettre fondamentalement en cause la dynamique du capital (et on comprend pourquoi, vu sa puissance actuelle). »
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Oui, mais on pourrait en dire autant des partisans de l’inclusivité. Ce n’est pas le fait d’être pour ou contre « l’inclusivité » qui fait un tempérament autoritaire ou pas ou qui motive la conservation du capitalisme, c’est ailleurs que ça se joue.-
Emile Novis
InvitéPS:
Tu dis: « Il suffit de se demander ce qu’aurait suscité comme réaction même en dehors de la bourgeoisie une cérémonie basée sur une célébration de la sécurité sociale, des services publics, sur la propriété ou je ne sais quoi, »
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Une telle célébration ne pouvait de toute façon pas avoir lieue, et l’idéologie de la dernière cérémonie, validée par le pouvoir et assez répandue dans la gauche militante, était de toute façon là pour occulter cette dimension plus matérialiste et réelle.
Qu’il y ait un clivage sur les mises en application, tu as raison, et la politique est aussi là pour délibérer des moyens et son ajustement aux fins visées. Mais qu’il y ait un clivage énorme sur un certain nombre de besoins qui vont au-delà du simple fait de manger, je suis plus perplexe, mais on peut aussi l’expliquer par la propagande des milliardaires depuis des décennies.
Et d’ailleurs, le simple fait de manger et de boire, deux besoins évidents et communs à tous, suffit déjà à dénoncer le système économique actuel qui ne permet pas de les satisfaire pleinement. Voilà une chose qui ne peut pas apparaître dans la cérémonie en question, d’autant plus que les mendiants, paraît-il, ont soigneusement été éjectés de la ville de Paris pour l’occasion. Au nom d’un spectacle inclusif, dit-on…
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pinakia.colada
Invité@Emile Novis Ci-dessous un court extrait d’interview de Damasio (Bookmakers) pour accompagner votre propos et ouvrir, peut-être, à autre chose que la joie de l’esclave :
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« Pour prendre un exemple extrêmement simple, dans les milieux militants, on est saturé de ces affects réactifs (…). Les gens te disent je suis antiraciste. Je suis antisexiste. Tu as besoin de deux négations pour faire une affirmation. Tu as besoin de dire quelqu’un est sexiste. Première négation. Et bien moi je suis antisexiste, donc je nie la négation de l’autre pour affirmer quoi ? Pour affirmer en fait que t’es fluide de genre. On pourrait le dire comme ça. Alors pourquoi tu ne dis pas je suis fluide ? Pourquoi t’as besoin de dire je suis antisexiste ? Ou pire, je suis non binaire. (…) Dis-moi que tu peux aller avec un homme, avec une femme, avec un trans, avec un queer, avec ce que tu veux. Et là tu vas me donner envie. Là tu vas susciter un désir. Là tu vas ouvrir un espace intéressant qui va donner envie aux gens d’y aller. C’est pareil sur l’antiracisme. Tu dis, bah voilà toi t’es raciste, moi je suis antiraciste. Bah non, t’es juste ouvert quoi. T’es multiculturel, t’es métissé, t’es métissant, t’es un tisseur, t’es un tisserand. »
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@JeanMonnaie Vos sources, disparates, manifestent plutôt une corrélation illusoire. Votre grande inquiétude vous a-t-elle poussé à lire/écouter/fréquenter des démographes, géographes, historiens ?-
JeanMonnaie
InvitéLes démographes le confirment, il suffit de lire la carte de la drépanocytose ou tout simplement d’avoir des yeux. Par ailleurs, les analyses de Durendal sur Matrix dans l’autre topic sont bien plus subjectives que la mienne, que ma démonstration qui est factuelle. Il n’y a rien de métaphorique dans les trois extraits que j’ai mis.
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maelstrom
InvitéJeanmonnaie fait référence a Durendal, Les grands esprits se rencontrent
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SHB
InvitéJe comprends ton point de vue mais ton raisonnement fait fit des rapports de forces dans la société. On ne saurait se positionner dans le vide, le positionnement ou la prise de position est toujours socialement ancrée et donc aussi en fonction de rapports de forces ayant cours a un moment donné.
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Sur le fond je vois ce que tu veux dire et je suis d’accord mais ça fait un peu naïf je trouves.
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Bah non, t’es juste ouvert quoi. T’es multiculturel, t’es métissé.
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La notion d’ouverture est assez floue et sujette a toutes les contorsions. La notion de métisse est aussi très discutable car elle a longtemps été synonyme péjoratif de non-blanc.-
pinakia.colada
Invité@SHB Lordon écrit : « Être matérialiste c’est analyser un paysage de forces, saisir comment elles se déterminent mutuellement, anticiper dans quel sens probable leur résultante pourra emmener, et si cette résultante ne nous plaît pas réfléchir à l’intervention d’une force supplémentaire qui n’était pas dans le paysage de départ mais qui pourrait en changer la dynamique d’ensemble. Voilà ce qu’est être matérialiste. »
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Dans l’espace d’un forum, et puisque j’y suis disposé, il me semble plutôt pertinent d’interroger la saturation des affects réactifs. Bien sûr leur réduction doit passer par une interrogation des dispositifs à l’oeuvre et non par une demande de bonne volonté par exemple. Je ne suis probablement pas assez explicite à cet égard.
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Je ne viens pas de nulle part, je suis situé socialement, j’ai une fibre et une complexion particulières, et des propos qui sont le résultat de déterminants sociaux, idiosyncratiques, d’une histoire collective et individuelle.
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Ce qui est dit par Damasio, qui évoque sa lecture de Deleuze, ne peut certes être efficient pour toute situation, et ne parle pas à toutes ou tous. Je ne me vois pas le citer dans un bar lyonnais avant/pendant/après une rixe entre « antifas » et « fafs » par exemple. Ce ne serait pas audible. Pas si naïf donc. Disons un peu plus que naïf, un peu moins que matérialiste.
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Concernant le choix des termes par Damasio, merci pour votre mise en garde, cela m’a permis un rappel et quelques recherches sur internet. Le mot de métis n’est assurément pas optimal, je précise toutefois qu’il s’agit d’oral retranscrit. Et j’aime quand même bien l’idée du tisseur ou du tisserand qui en découle, permettant donc de sortir de cette terminologie problématique qui présuppose en effet des entités préalablement pures. J’ai découvert d’ailleurs la proposition du mot « branchement », par Jean-Loup Amselle, cela vous parle-t-il ?-
SHB
Invitéil me semble plutôt pertinent d’interroger la saturation des affects réactifs.
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C’est intéressant sur le plan purement intellectuel et sémantique. Je trouve moi même intéressant de se dire que l’on est militant par la negative c’est une idée intriguante. Néanmoins, l’analyse ne peut pas franchir la barre du réel.
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Parce que à t’entendre, on croirait que les mouvements comme celui de l’antiracisme et/ou décolonial (pour ne citer qu’eux) ne sont qu’en négation du racisme et n’auraient donc pas force de proposition extrêmement positives et affirmatives a propos dune réalité post-raciste ou post-decolonial, ce qui est éminemment faux.-
pinakia.colada
InvitéEn effet il est question d’interroger la saturation des affects réactifs. Quels en sont par exemple les dispositifs amplificateurs ?
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Mais si vous pensez que l’analyse ne peut franchir la barre du réel, je ne vois en revanche pas ce qu’il pourrait y avoir d’intéressant à poursuivre.
.Parce que à t’entendre, on croirait que…
Alors ne le croyons pas, car je ne l’ai pas dit et ne le dis pas.
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Bonne matinée.-
Claire N
Invité« En effet il est question d’interroger la saturation des affects réactifs. Quels en sont par exemple les dispositifs amplificateurs ? »
J’ai bien un exemple mais à prendre avec des pincettes car je ne suis pas certaine qu’une transposition soit possible
J’aime bien observer les troupeaux
– avec et sans chien
– je dirais qu’avec chien ils sont « saturés d’affects réactifs «
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Emile Novis
Invité@Pinakia.colada
Je viens de voir ton message. Oui, je suis comme toi un peu perplexe par cette manière de se définir à ce point par la négation d’une position adverse. D’autant plus que c’est le fait de se déterminer à quelque chose qui permet de s’opposer clairement à quelque chose.
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Fanny
Invité@Emile Novis
Une chose qui m’ennuie c’est de voir le mot inclusion posé sur quelque chose qui relève du pur affichage (le spectacle des JO). Le rapport avec l’inclusion réellement mise en oeuvre dans une société me semble très lointain, très dilué. Je pense par exemple à PeggySlam qui attirait notre attention sur l’accessibilité des services publics aux personnes en fauteuil roulant. Ça n’est pas juste respect, bienveillance, communion, c’est beaucoup plus, c’est du concret.-
Emile Novis
Invité@Fanny
Parfaitement d’accord avec toi. Et pour aller dans ton sens et te prendre un exemple personnel peu commun, j’ai moi-même un peu aidé, avec mes petits moyens, des personnes issues de structures sectaires à se remettre de cet enfer totalitaire. Ils sont plus nombreux qu’on ne le croit à être pris au piège. Il y a une très bonne association, l’ADFI, qui s’efforce de les aider avec des antennes locales dans chaque région. Ils alertent souvent sur le fait que ces rescapés souffrent de problèmes psychologiques et matériels bien spécifiques que la société ne permet pas de proposer. Par exemple, il existe très peu de psychologues formés sur cette problématique précise, car ça demande une compréhension de plein de choses qui ne sont pas directement accessibles, quand bien même on est psychologue. Idem pour les conditions matérielles : ces gens auraient besoin, bien souvent, d’un lieu d’hébergement le temps de se refaire et de se réintroduire dans un cercle social et professionnel nouveau, avec de l’aide pour apprendre certaines démarches essentielles et faire comprendre certaines choses. Une lettre avait été envoyée aux responsables politiques et aux structures politiques militantes, y compris celles qui prônent l’inclusivité matin, midi et soir, et s’extasient devant le spectacle de vendredi dernier. C’était pour alerter sur cette question. Aucune réponse de leur part…
Personnellement, j’ai beaucoup plus confiance dans le tissu associatif, qui est dans l’action concrète sur un sujet donné. On se rend compte qu’ils s’en tapent pas mal des valeurs communes et de toute la charge idéologique et militante qui va avec, et d’ailleurs il y a sans doute une certaine pluralité d’opinions sur cette question dans les gens qui y sont. Leur but est d’identifier des besoins communs aux gens et de tout mettre en œuvre pour les satisfaire dans telle ou telle situation spécifique. Il faudrait que ce soit un service public, dont la nature est précisément de se focaliser sur ces besoins réels et communs, en se gardant le droit d’être indifférent aux idéologies, valeurs et identités proclamées de chacun.-
I.G.Y.
Invité« en se gardant le droit d’être indifférent aux idéologies, valeurs et identités proclamées de chacun ».
Je ne comprends pas tout à fait. Une association qui aide les femmes victimes d’agressions sexuelles, ou une association qui aides les homosexuels victimes d’agression physiques ou de discriminations à l’embauche seraient possiblement indifférentes aux idéologies? Il pourrait être totalement indifférent dans le cadre même de leur mission pour ces assos d’avoir possiblement dans leurs rangs des mysogines, des personnes sexistes ou homophobes plus ou moins patentées? Pour des assos d’aide aux étudiants, d’avoir des membres racistes qui ne veulent aider que des blancs? (je prends cet exemple à dessein, je le tire d’un témoignage proche). L’indifférence aux idéologies n’existe pas (et je pense que tu le sais!).
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Les personnes qui s’investissent pleinement dans des assos militent pour quelque chose. Et c’est d’ailleurs très bien. Militer pour que l’on fasse mieux reconnaître les personnes victimes de sectes est une bonne chose. C’est d’autant plus une forme de militantisme que toute cause, en particulier dans les assos, doit être publicisée (à des échelles diverses) puisqu’il s’agit en général d’obtenir des financements (publics ou non!). La seule et unique raison de la moindre militance (et moindre « idéologisation », sans aucun doute) sur les questions liées aux sectes est que cet exemple est beaucoup moins systémique/politique, et concerne beaucoup moins de monde. Il y a beaucoup moins de victimes de sectes que de discriminations à l’embauche pour des questions de couleur de peau, ou de personnes qui subissent des insultes sexistes au travail. Et aucun système de pouvoir significatif en France ne fonde son pouvoir sur les sectes. Il n’y a pas de sectarisme structurel.
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On pourrait croire que je suis militant au sens propre et que je défends mon bout de gras, mais je t’assure que je ne le suis pas et ne le serai probablement jamais (je n’en tire aucune fierté). La militance quelle qu’elle soit implique de faire abstraction de certains pans du réel pour se concentrer sur quelque chose, parce que le fait même d’agir implique (au moins provisoirement) une suspension de l’analyse, une pure prise de décision sur une marche à suivre.Il est bien exact, partant de cela, que toute militance peut se scléroser. On pourrait même dire que le risque de sclérose part de deux pôles opposées, à savoir par sur-idéologisation et par dés-idéologisation, les deux résultant de la « suspension de l’analyse » dont j’ai parlé.
-Dans le premier cas, la vision du monde incorporée qui nous sert de base se fige et se décorrèle du réel en mouvement (exemple : j’ai déjà eu des militants, LO pour ne pas les citer, qui me disaient n’avoir rien à faire d’étudier la finance monétaire ou l’économie monétaire moderne pour critiquer/comprendre le capitalisme puisque la monnaie était une institution capitaliste, capitalisme qu’il s’agissait de dépasser (sic). Résultat, ils ne savaient même pas que les banques privées créaient de la monnaie).
-Dans le deuxième cas, la vision du monde incorporée est niée (consciemment, ou, plus grave, inconsciemment) et l’on vente une pure action « sans idéologie », purement « pragmatiste ». C’est l’idéologie de l’absence d’idéologie, on connaît ça par cœur, pas besoin d’exemple.
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En définitive, ce que tu dis revient plutôt à estimer trois choses :-d’abord que certains thèmes de militance ne dérangent pas les structures profondes du capitalisme (c’est assez vrai pour « l’inclusivité » entendue au sens libéral du terme, c’est encore plus vrai pour le problème des victimes de sectes)
-que les thèmes de l’inclusivité sont aussi exploités par des gens qui par ailleurs se foutent pas mal d’écraser les conditions matérielles d’existence de millions de personnes (c’est vrai aussi)
-et d’autre part que certains militants ont une manière de publiciser leur cause qui peut être contreproductive (c’est vrai aussi).
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Sur ce dernier point je ferais toutefois remarquer, et je ne te mets pas dans ce sac là a priori, que la critique de « l’inclusivité » mobilise une énergie phénoménale, violente, voire particulièrement nauséabonde (je le constate à mon travail, parmi mes amis et connaissances. Et j’insiste, je le constate tous les jours). Régulièrement, pour mieux « passer », ces attaques se piquent de vouloir apporter de la « rationalité » dans le discours de tous ces militants qui bien sûr n’auraient rien compris, se vantant presque de vouloir « aider » (je cite). Et ceci est vrai autant pour des personnes plutôt opposées au capitalisme qu’ultra-favorables au capitalisme (et qui en redemandent). Or en pratique, quel est le bilan? C’est simple : 90% du temps de parole et du discours est pure négativité, on rit aux éclats de l’antiracisme, de l’inclusivité, de l’écologie, et voilà. Ca n’est pas 20%-80%, c’est 90%-10%.Je note aussi qu’on présente souvent tout cela comme parfaitement Macron-compatible, ce qui n’est pas tout à fait vrai, en tout cas de moins en moins. Il faut rappeler que c’est l’immense gauchiste Alexis Kohler qui, piquant une colère, a réussi à empêcher Macron de nommer C. Vautrin (une ancienne de la manif pour tous) première ministre à la place de E. Borne, C. Vautrin qui est désormais (juste) ministre du travail. Que c’est Macron qui vient nous expliquer tranquillement que le programme du NFP est très dangereux parce qu’il proposerait de « changer de sexe en Mairie » (sic).
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Pour ma part, je suis tout à fait d’accord pour dire que certains militants sont sur-idéologisés, c’est un risque inhérent à la militance (tout comme le risque d’inaction est propre à l’intellectualisme). A gauche, au « centre », à droite, peu importe, mais comme tout le monde l’a remarqué, le mot militant est presque synonyme de « militant de gauche », ce qui est d’un ridicule à crever.Cependant je ne ferai pas de la lutte contre l’inclusivité mon cheval de bataille, c’est très clair
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Emile Novis
Invité@I.G.Y
Tu auras remarqué, en effet, que je parle très rarement de ce thème de l’inclusivité, puisque c’est la première fois en six mois que j’évoque le sujet sur ce forum. Ce n’est donc pas un cheval de bataille, mais ça peut être l’objet d’une critique quand ça fait obstacle, selon moi, à ce qui me paraît plus fondamental. A vrai dire, j’ai la conviction que ce qui effraie le plus le pouvoir, c’est ce que nous avons universellement en commun, ce qui est susceptible de dépasser les identités particulières et les corpus de valeurs cristallisés dans une idéologie figée. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les Gilets jaunes, et ils ont peut être été mutilé pour ça.
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« Il pourrait être totalement indifférent dans le cadre même de leur mission pour ces assos d’avoir possiblement dans leurs rangs des mysogines, des personnes sexistes ou homophobes plus ou moins patentées? Pour des assos d’aide aux étudiants, d’avoir des membres racistes qui ne veulent aider que des blancs? »
Non, mais ce que je visais dans l’inclusivité, c’est, pour une partie de sa frange idéologique que la cérémonie a donné à voir, qu’ils prétendent promouvoir un système de valeurs très englobant qui rassemble tout le monde dans un « nous » commun, alors même que ce système de valeur, à tort ou a raison et quoi qu’on en pense, ne peut produire ce « nous », et produit même de fait l’inverse.On peut toujours dire que ceux qui ne sont pas d’accord sont des connards embrigadés dans la galaxie de Bolloré (je sais que tu ne dis pas ça), mais c’est un peu court et ça fait l’économie d’une bonne partie du réel à mon sens.
C’est différent d’un individu raciste qui intègre une association et qui se focalise sur les étudiants en ne voulant aider que les noirs. Dans ce second cas, c’est l’individu qui trahit la vocation de l’association, tandis que dans le premier cas, c’est le projet idéologique en lui-même qui porte selon moi une contradiction.
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Pour reprendre l’exemple déjà évoqué plus haut, je veux dire par là que pour ce qui est de l’ADFI, par exemple, l’idéologie, s’il y en a, est tout de même très minimaliste : association laïque du fait de son lien avec l’État pour lutter contre des collectifs sectaires qui ont quelque chose à voir avec la religion, et elle prend pour critère les Droits de l’homme pour justifier publiquement son action. Mais dans la pratique, elle s’intéresse bien plutôt aux besoins réels et communs à tous qui sont violés par ces sectes. En ce sens, elle ne véhicule pas de doctrine idéologique constituée et très chargée, avec un corpus de valeurs qu’il faudrait diffuser et transmettre. Le socle minimal de leur perspective sur le réel, c’est l’émancipation de l’individu (et des familles dans certains cas) par rapport à des collectifs totalitaires, quel que soit ce qu’il deviendra par la suite, et quel que soit ses identités particulières ou ses opinions.
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On peut appeler cela du militantisme, et tout dépend de l’extension qu’on donne à ce terme, mais il s’avère que le plus souvent, ce qui meut les gens vers ces associations, c’est une expérience personnelle douloureuse en rapport avec les sectes (les fondateurs, d’ailleurs, ont vécu une tragédie en rapport avec ça). Tout n’est pas motivé par l’idéologie. Cela donne des gens très divers qui sont sans doute loin de penser la même chose sur tout mais qui se retrouvent sur des actions visant à satisfaire des besoins essentiels violés par ces expériences traumatisantes. Cela m’a l’air très différent d’un milieu partisan, au sens d’un parti politique.
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On parle souvent du « droit à la différence », et je comprends bien ce que cette expression peut évoquer de positif chez des minorités hier opprimées. Mais je me demande si, parfois, le de droit à l’indifférence envers les identités particulières ne serait pas tout aussi libérateur pour tout le monde.
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Je vais m’arrêter sur ces points déjà nombreux, pour la lisibilité de la discussion et parce que je suis d’accord avec pas mal de choses dans ce que tu dis. Mais je crois que la phrase de Fanon citée par Thierry me paraît très profonde : « Celui qui adore les nè*res est aussi “malade” que celui qui les exècre ».
Je ne connais pas l’œuvre en question, donc je m’arrête sur cette phrase seulement. Elle nous interroge sur ce que nous voyons en premier chez l’autre, sur ce que nous estimons être fondamental en lui. Une identité particulière ? Un être humain ? En tout cas, l’idée de libérer le rapport à l’autre de ces catégorisations « identitaires » me paraît être une piste de réflexion intéressante. Je pense notamment aux textes de Lévinas sur le visage, par exemple, que tu connais peut-être et qui me paraissent très importants sur la question.-
I.G.Y.
Invité@Emile mon « mot de la fin » à moi sera plus court aussi.
– D’accord sur les GJ. A noter que les manifestations féministes un tant soi plus offensives se sont fait réprimer de façon assez brutale (j’ai souvenir d’images de CRS traînant des femmes par terre en les traînant par les cheveux).
– Ton retour sur l’asso ADFI éclaire encore une fois l’essentiel du sujet : si son idéologie est minimaliste, c’est précisément, et comme je le disais aussi, parce que ses enjeux sont plus locaux (non pas au sens géographique, mais socio-politique). Leur socle que tu décris, leur action sur le réel des individus et leur émancipation de structures oppressives est d’ailleurs le même que bien d’autres assos militantes dont les missions concernent un public plus vaste (droit des femmes, discriminations racistes etc…). Et l’on en revient au débat éternel sur l’échelle pertinente de la politique : plus on vise « macro », plus on vise un universel concret large, plus il y a valeurs englobantes, symboles, voire idéologie. Débat anarchisme-localisme-fédéralisme-socialisme-communisme, etc… L’ADFI n’est-elle même pas en dehors du macro (on ne saurait le lui reprocher) puisque ses fondements légaux (et peut-être une part de ses financements structurels) dépendent du niveau macro.
– Quant à la phrase de Fanon, rien à objecter. Le fait de se libérer des catégories identitaires est l’horizon souhaitable. Mais c’est toujours le même débat : quand des individus sont discriminés voire oppressés, ils font toujours valoir une identité commune de groupe pour s’émanciper.
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thierry
InvitéJ’adhère à 100% à cette lecture de l’ambition inclusive. Merci pour ce texte apaisé
J’avais tendance à dire que le meilleur moyen d’inclure tout le monde était de n’inclure personne en particulier. L’idée d’inclusivité et de bienveillance est belle et enviable. Je l’ai toujours défendu sans avoir besoin d’un mot magique. Si elle produit l’inverse de ses prétentions, il faut savoir se remettre en question.
J’en profite pour rappeler la citation suivante de Fanon dans Peau noire, masques blancs : « Celui qui adore les nè*res est aussi “malade” que celui qui les exècre. »
Dire qu’un Émile Novis et un Jean Monnaie sont interchangeable à la lecture de ce texte apaisé m’apparaît tout a fait malhonnête.-
JeanMonnaie
InvitéJe m’écharpe régulièrement avec Émile, et il n’a échappé à personne que nous ne partageons pas les mêmes opinions. Néanmoins, sur certains sous-sujets, il peut y avoir de rares points communs, tout comme il peut y en avoir avec d’autres membres du forum. Je ne souscris pas à la thèse selon laquelle les JO seraient un spectacle dont les valeurs seraient dévoyées et non sincères pour mieux duper la gauche radicale. Les JO de Berlin représentaient exactement les valeurs du régime national-socialiste allemand, tout comme les JO d’aujourd’hui représente les valeurs de la majorité des Français qui sont des gauchistes mentaux. L’inclusivité et l’antiracisme sont pris au sérieux, puisque nous n’avons jamais connu une époque aussi antiraciste et qui fait autant pour les personnes en situation de handicap. Nous comprenons bien que pour la gauche radicale, ce n’est jamais assez, mais historiquement, les avancées sont phénoménales. Là où je m’interroge, c’est qu’Émile, en affirmant que l’inclusivité est chimérique car l’universalisme occidental ne représentera jamais l’ensemble de l’humanité, ne fait pas le lien avec le marxisme, qui offre les mêmes problèmes. J’ai bien vu qu’il a essayé de répondre par les besoins communs économiques et sociaux, mais cela reste très vague et pose toute une série de contradictions que je pourrais exposer ultérieurement. Cela pourrait se résumer par un ethnocentrisme larvé, qui finirait par mener au droit d’ingérence, comme toujours. Je suis pour le droit de la veuve à s’immoler par le feu en se jetant sur le bûcher funéraire de son mari en Inde. C’est une autre façon de voir le monde.
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K. comme mon Code
InvitéMichel Onfray et Zemmour se serrant la main.
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pinakia.colada
Invité@JeanMonnaie. Avez-vous déjà regardé les études de l’Insee à propos des étrangers ou immigrés en France ? De quels démographes parlez-vous ?
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D’avoir des yeux ? C’est-à-dire les yeux braqués sur les chaînes de TV ou les tweets qui viendront nourrir votre biais de confirmation ? Ou avez-vous des études rigoureuses à conseiller à ce sujet ?
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Ma grand-mère, qui vit dans un quartier sans mixité sociale ni mixité ethnique, partage les mêmes angoisses que vous et en ce qui la concerne je sais d’où ça vient : sa télévision. Elle a peur de se faire agresser un jour par un jeune homme maghrébin ou noir dans la rue, mais elle n’hésite pas à monter sur une chaise pour récupérer ses casseroles, parce que sa TV ne lui indique malheureusement pas suffisamment que le plus grand risque pour sa vie, après 80 ans, c’est la chute. Comme j’adore ma grand-mère, j’essaie de pallier les discours télévisuels, malheureusement rien n’y fait.-
JeanMonnaie
InvitéIl y a des choses qui ont changé et d’autres pas. Par exemple, je regarde en ce moment la série Les Soprano pour la deuxième fois et elle ne pourrait plus se refaire aujourd’hui. Il en est de même pour la série Caméra Café, alors que c’est une série de gauchistes. Je l’ai expliqué 1000 fois, les gauchistes d’hier sont les réactionnaires d’aujourd’hui. J’ai mis le Disney Aladdin pour mon fils et, au début, on a droit à un avertissement sur les préjugés racistes, comme si on lisait Mein Kampf. Il faut admettre que l’art est souvent de gauche car la subversion était de gauche. Aujourd’hui, comme tout a été subverti, la gauche n’a plus grand-chose à offrir et c’est ce qui fait que la droite devient intéressante artistiquement, dont Les Soprano, qui reste dans le Top 3 des meilleures séries de tous les temps, est le plus illustre exemple. Et c’est ce qui fait que la gauche étant morte, le cinéma est devenu à chier.
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JeanMonnaie
InvitéHier, j’ai eu quelques échanges avec un gauchiste qui défendait ce triste spectacle des JO au nom de l’inclusivité des personnes transsexuelles. Il n’a sans doute jamais croisé ce genre de personne dans sa vie, comme la majorité d’entre nous, mais c’est pour lui le combat de sa vie. Pour Antoine Goya, c’est de se faire vacciner contre le COVID.
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JeanMonnaie
InvitéLes personnes médiocres ont des combats médiocres. Si une majorité de gauchistes ont des combats médiocres, c’est peut-être parce qu’ils sont le reflet de cette période médiocre. Heureusement, d’autres changements plus réjouissants ont eu lieu : la remise en question de la démocratie, on peut remercier Chouard, la remise en question de l’UE, merci Asselineau, la remise en question de l’État profond.
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JeanMonnaie
InvitéIl est largement reconnu que la CIA a souvent des liens avec le financement du terrorisme, et ce, sans être considéré comme une théorie complotiste. Il est notable que Chouard, le seul de gauche parmi ceux qui remettent en question ces sujets, a été fortement critiqué par son propre camp, ce qui souligne la dégénérescence idéologique de la gauche.
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JeanMonnaie
InvitéJ’ai rétabli le texte ci-dessous car il y avait un bug, et j’ai dû le découper pour le retrouver.
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Faulkner
InvitéVu de l’étranger (je suis Australien), j’ai trouvé cette cérémonie vraiment décevante mais peut être que c’est moi l’idiot d’avoir attendu quelque chose de bien d’une telle cérémonie.
Pour moi la meilleure reste celle de Pékin en 2008 qui m’avait vraiment impressionné par son côté collectif (des milliers des gens qui frappaient les tambours à l’unison par exemple).
Cela dit j’ai trouvé la vasque de Paris sympa.
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Carpentier
Invitébjr,
et puis, de fait, la prochaine est dans votre camp, je crois fort ^^-
Faulkner
InvitéOn fera pas mieux en Australie c’est sûr 😅
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Carpentier
Invitéles dimensions de Paris – et de ses quelques autres sites – poussaient apparemment à simuler le gigantisme
bah, quand on a les sous 😉
L’Australie est immense, ça les incitera peut-être à faire plus simple, eux qui sont, chaque 31 décembre, parmi les premiers à le fêter,
https://www.facebook.com/share/v/42KEoMbtAqLa89WN/-
Carpentier
Invitévoulu partager P.Katerine répondant chez Konbini aux autours de sa presta de vendredi dernier…
on dira maintenant ‘ bleu de dépit ‘
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Carpentier
Invitéj’ajoute Piche, le drag Queen à bebar 😁 qui, lui aussi. s’exprime, fort bien, à propos de sa presta de vendredi dernier
https://www.facebook.com/share/v/2bCcqk7SC5GXHkAs/
si qqn n’arrive pas à utiliser le lien:
– tape Konbini Piche sur ta barre de recherche (la bonne barre. eh, te goutte pas non plus, pffff – et tu le verras/l’écouteras-
Carpentier
Invité* gourre pas
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Carpentier
Invité🤭 j’avais mis un V au lieu d’un C 🤭 à l’adresse mail 😁
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JeanMonnaie
InvitéIl y a des choses qui ont changé et d’autres qui sont restées les mêmes. Par exemple, je regarde en ce moment la série Les Soprano pour la deuxième fois, et je doute qu’elle puisse être refaite aujourd’hui. Il en va de même pour la série Caméra Café, malgré son orientation politique de gauche. J’ai expliqué à maintes reprises que les gauchistes d’hier sont devenus des réactionnaires aujourd’hui. J’ai mis le Disney Aladdin pour mon fils, et au début, on a droit à un avertissement sur les préjugés racistes, comme si nous lisions Mein Kampf. Il faut reconnaître que l’art a souvent été de gauche, car la subversion était de gauche. Aujourd’hui, comme tout a été subverti, la gauche n’a plus grand-chose à offrir, ce qui rend la droite plus intéressante artistiquement. Les Soprano, qui reste dans le top 3 des meilleures séries de tous les temps, en est un exemple éloquent. C’est pourquoi, avec la gauche étant en déclin, le cinéma est devenu médiocre.
Hier, j’ai échangé avec un gauchiste qui défendait le triste spectacle des JO au nom de l’inclusivité pour les personnes transsexuelles. Il n’a probablement jamais rencontré de telles personnes dans sa vie, comme la majorité d’entre nous, mais pour lui, c’est le combat de sa vie. Pour Antoine Goya, le combat est de se faire vacciner contre le COVID. Les personnes médiocres ont des combats médiocres. Si une majorité de gauchistes mènent des combats médiocres, c’est peut-être le reflet de cette période médiocre. Heureusement, d’autres changements plus positifs ont eu lieu : la remise en question de la démocratie, grâce à Chouard ; la remise en question de l’UE, avec Asselineau ; et la remise en question de l’État profond. Il est largement reconnu que la CIA a souvent été impliquée dans le financement du terrorisme, sans être qualifiée de théorie complotiste. Il est aussi significatif que Chouard, le seul de gauche parmi ceux qui remettent en question ces sujets, ait été sévèrement critiqué par son propre camp, ce qui montre la dégénérescence idéologique de la gauche.
Hélas, d’autres changements sont moins réjouissants, et c’est là que vous comprendrez où je veux en venir : la demande incessante d’expertise de mes interlocuteurs sur tous les sujets. On arrive au paradoxe suivant : au Moyen Âge, on croyait aux licornes et au monde enchanté, on rapportait les batailles sans se soucier des chiffres, et pourtant ce monde était plus rationnel qu’aujourd’hui. Cette rationalité a permis à cette époque de durer 1000 ans. Je me reconnais dans cette époque puisque je suis une personne rationnelle politiquement, et la stabilité est importante pour moi. Sans surprise, la gauche, dont le moteur révolutionnaire est l’instabilité des institutions, est souvent illogique, comme je l’ai démontré sur ce forum à maintes reprises.
Revenons à nos moutons. Vous ressortez finalement les mêmes poncifs sur l’immigration que j’avais souvent débattus il y a une dizaine d’années. Sans doute, et vous n’êtes pas au courant, endormi dans votre DeLorean, mais tout le monde reconnaît le grand remplacement : Mélenchon avec sa créolisation, Macron et sa transition démographique, ainsi que le démographe Hervé Le Bras (que vous vouliez comme référence), qui est une autorité aussi bien pour Mélenchon que pour Attali. Encore une fois, la concordance de pensée entre un pur trotskiste et un pur libéral ne fait aucun doute.
De la même manière, l’INSEE nous explique qu’il n’y a jamais eu autant d’étrangers dans toute l’histoire de France. Mais de toute façon, cela ne vous intéresse pas vraiment, puisque vous me demandez les sources pour miner le débat. Si ce n’était pas le cas, vous m’auriez répondu sur la carte de la drépanocytose, qui est la preuve la plus évidente du grand remplacement. Ne ressortez pas l’article du Monde qui tente de nous expliquer qu’il n’est pas fiable, car je sais déjà ce que vous allez dire et moi ce que je vais répondre.
Je n’ai pas besoin de l’INSEE pour constater que la France se paupérise. Je le vois moi-même, comme avec l’immigration. Ces mêmes yeux qui me montrent davantage de personnes en situation de précarité devant la Gare du Nord ou les clients achetant des produits premiers prix de plus en plus fréquemment quand je fais mes courses. L’INSEE existe depuis 50 ans, on se demande comment les gens pouvaient savoir s’ils se paupérisaient avant cela. Oubliez les études que, visiblement, vous n’avez jamais lues et contentez-vous d’ouvrir les yeux. Désolé si ce ton peut sembler péremptoire, mais je suis certain que vous n’avez pas fait l’effort de recherche nécessaire avant de me demander les vôtres.
Sinon, le cliché du vieux qui vote RN est encore une croyance de la gauche. Jusqu’en 2017, les personnes âgées étaient le groupe qui votait le moins pour l’extrême droite. BREF. D’ailleurs, même Bégaudeau, qui a parfois un éclair de lucidité avant de retomber dans ses travers habituels, a reconnu que ce n’est pas la télévision qui explique le vote pour l’extrême droite. En tout cas, dans une de ses versions sur le sujet. Je peux même vous trouver le lien.
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JeanMonnaie
Invitéles miennes *
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pinakia.colada
Invité@JeanMonnaie Présumer la bonne foi de chacun me paraît indispensable pour débattre. Évitons-nous les pétitions de principe ou sophismes (me prêter des propos que je n’ai pas – homme de paille – ou multiplier les sujets – chiffon rouge).
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Je pensais pouvoir circonscrire votre grande inquiétude à l’idée d’un grand remplacement dont vous parliez ici. Puis vous partez finalement dans beaucoup de sens – gauche radicale, art, séries, etc.
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Factuellement ma grand-mère, immigrée italienne, m’a dit récemment que la France, c’était les blancs et les Gaulois, qu’elle s’inquiétait à l’idée d’un « grand remplacement » et d’arrivées massives de personnes d’Afrique du Nord. Désapprouvez-vous ces paroles ? Sinon, force est d’admettre que vous partagez un même avis.
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Elle habite le Sud-Est de la France. Elle ne s’intéresse pas à la politique, mais elle a ces paroles depuis qu’elle regarde C8 et Cnews (et d’autres encore à propos de la grande utilité des milliardaires en France). Elle ne sort presque pas et ne croise pas grand-monde. C’est donc un déterminant majeur de son vote RN. Car elle vote RN. Mais je n’ignore pas qu’il y a aussi des jeunes ou des cadres qui partagent ses opinions. Je n’ignore pas que Jordan Bardella a investi TikTok, quelques jeunes avec lesquels je travaille le regardent régulièrement. Il est séduisant pour eux. Je n’ignore malheureusement pas non plus que des échanges racistes circulent régulièrement lors de parties de Fortnite, Rocket League, entre ces jeunes.
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Félicien Faury, que j’ai découvert via ce forum, permet de nuancer notre regard quant aux électeurs du rassemblement national (deux foyers principaux en France, le Nord, et le Sud-Est). Je n’avance pas que seules les personnes âgées votent RN, mais je ne parle de ma grand-mère que comme un exemple. Elle n’est qu’elle même et ne représente pas tout l’électorat d’extrême-droite. Elle le compose. Et beaucoup de personnes âgées de son entourage aussi. Cela reste factuel.
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Et vous, d’où parlez-vous ?
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Merci pour Hervé Le Bras, je vais me renseigner.
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Puisque le propos dérive, et qu’il dérive sur Chouard, dont j’apprécie grandement le travail, et puisque vous avez eu la patience de me conseiller un démographe, voici un livre que je vous recommande sur les interrogations concernant la démocratie : Les principes du gouvernement représentatif de Bernard Manin. Vous pouvez en avoir une synthèse bien faite sur la chaîne YouTube Politikon. Je ne vous recommande pas en revanche l’interview par Viktorovitch, Manin y est décevant. Ce n’est toujours par le propos, mais concernant les liens entre terrorisme et CIA, Chomsky traite bien ce sujet dans Le profit avant l’homme.
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Quels sont mes poncifs sur l’immigration ? Où en ai-je parlé auparavant ?
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Que me répondriez-vous concernant l’article du Monde ?
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Je repars me coucher dans ma DeLorean. Bon après-midi.
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Claire N
InvitéPetite question :
Est ce que cela vous semblerait intéressant d’attaquer la discussion sur son talon: l’aspect « festif «
Parce que dans mon corps, un jour de fête est avant tout un jour chaumé pour tous
J’ai tout de même l’impression que cet aspect, très important dans la dimension festive
N’a même pas été pensé par le bourgeois organisateur
Cela dit peut etre sur leur rapport à la fête ?-
Carpentier
Invitébjr,
travailles-tu ou vis-tu à/autour de Paris, Claire N?
Y marcher/t’y déplacer/t’y balader ces derniers mois, et encore même. le week-end dernier (dimanche par exemple, tous les ouvriers en train de charrier les structures et grillages métal après avoir fait les funambules sur les ossatures de gradins sont peut-être une nano-réponse à ton giga-questionnement.
Pour les athlètes, arriver sur la Seine jusqu’au site des médailles. si j’ai bien suivi, du Trocadéro est une merveilleuse et sacrée chouette idée (les coulisses de tout ça. depuis le pont de Tolbiac et de l’arsenal sont/étaient logistiquement très intéressants à suivre.)
Quant au travail sur l’exo-squelette équin: wiaw. putain.
Woaw.
PS: la mairie de Paris a payé et autorisé/contraint les agents dont les métiers ne permettent pas le télétravail à partir à 14h vendredi.
Mais ça, en revanche, ça ne répond pas bien à la question.
à plus?-
Claire N
Invité« la mairie de Paris a payé et autorisé/contraint les agents dont les métiers ne permettent pas le télétravail à partir à 14h vendredi »
Ça si je trouve
Et c’est quand même bien
Un peu comme quand l’église impose le dimanche
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Delphine
InvitéJe n’ai pas pensé à cela mais, effectivement, le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques aurait pu être un jour férié en France, histoire de marquer le coup. Concernant les problèmes de circulation pour les parisiens et franciliens ce jour-là, et pour toute la durée des JO dans certaines zones, l’accent a été mis sur le télétravail pour les personnes qui ont un poste de travail le permettant. Depuis le COVID, c’est la solution miracle à tous les problèmes de circulation (grèves, etc …). Sauf que, sur le principe, cela crée une inégalité entre les salariés, puisque tous les métiers ne permettent pas de faire du télétravail. Concernant les JO, je trouve que le côté festif est un peu gâché par l’aspect ultrasécuritaire à Paris et dans les zones franciliennes qui accueillent des épreuves. Depuis plus d’un an, tous les policiers savent qu’ils ne pourront pas prendre de congés à cette période, parce qu’ils seront réquisitionnés aux abords des sites des JO. Je remarque que cette mobilisation massive des forces de l’ordre se vérifie en ce moment. J’habite dans une ville de banlieue parisienne à côté de la base nautique où ont lieu les épreuves d’aviron et canoë-kayak. Depuis samedi, tous les abords de la gare sont quadrillés par les forces de l’ordre (voitures de police, policiers, vigipirate, agents avec des bâtons fluorescents indiquant aux usagers des transports l’unique chemin à prendre pour accéder aux quais). Ils patrouillent même dans les rues du centre-ville, aux abords de la gare. Cet aspect « état d’urgence », qui, dans les faits, complique surtout la vie des usagers des transports devant faire un détour supplémentaire, me semble un peu exagéré. Je ne pense pas qu’un incident particulier soit susceptible de se produire, à part, peut-être, quelques débordements de « zonards », comme ce la peut être le cas les autres étés.
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Carpentier
Invitétout ça pour poser, tranquillement mais fermement, que les j.o. font trimer jour et nuit pléthore de monde.
Du coup. jour ferié pour qui au juste?
Les j.o., où qu’ils se déroulent ne pourraient démarrer un jour ferié en vrai.
Si ce n’est, en arnaque, sous la forme d’un jour ferié pour privilégié.es.Le vendredi après midi actait le ‘ l’important c’est d’anticiper vos déplacements ‘ qu’on nous affligé depuis plusieurs mois.
Cela n’ permis qu’à ceux/celles qui le désiraient/devaient de rentrer chez eux à peine moins serrés dans les transports que dans la soirée.-
Carpentier
Invitéqu’on nous * inflige* plutôt
dans les transports franciliens
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Claire N
Invité« Depuis samedi, tous les abords de la gare sont quadrillés par les forces de l’ordre (voitures de police, policiers, vigipirate, agents avec des bâtons fluorescents indiquant aux usagers des transports l’unique chemin à prendre pour accéder aux quais). »
Merci , je visualise bien
De même que le labeur souligné par Carpentier
On est effectivement plus proche de la boîte de nuit que de la free partie -
Jeanmonnaie
InvitéQuelques débordement de zonard.
Les agressions au stade de France :
« Ted Morris, secrétaire de la Liverpool Disabled Supporters Association, association de supporters handicapés de Liverpool, a livré un témoignage glaçant sur BFMTV ce vendredi. Il accuse la police d’inaction totale pendant que des supporters étaient agressés après le match et évoque même une personne handicapée victime d’agression sexuelle.
Les témoignages, tous plus glaçants les uns que les autres, continuent d’affluer depuis les graves événements survenus en marge de la finale de Ligues des champions, samedi dernier entre Liverpool et le Real Madrid au Stade de France. Au lendemain du récit effrayant livré par le combattant UFC Paddy »Cette lâcheté à refuser de décrire la réalité.
La boucle du gauchiste-
Carpentier
Invitéc’est juste parc’que ce sont des fake de cops, pas ceux de Trump les vrais, les durs, les couillus, aaaah ces wokistes de pédales de français 😭
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Carpentier
Invitéles oreilles n’en peuvent pu d’entendre les conneries xxl depuis la cérémonie d’ouverture, et chacun.e de répondre jusqu’ici, calmement, poliment, aux tonnes d’attaques, d’insultes vomies en prenant appui prétexte sur les j.o. à Paris.
Il y a 2 jours encore, échangeant rapide avec un SB, il a réussi à me placer qu’il pourrait parler des heures et des heures du wokisme, de l’homosexualité et des dégâts liés selon lui, lui, qui sort de 4 ans d’armée.
Ça craint.
Ça craint.-
Carpentier
Invité* SB pour surveillant de baignade, je connais le rythme d’ici donc je précise
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..Graindorge
InvitéDes centaines de milliers d’enquêtes administratives qui débouchent sur des refus d’accréditation arbitraires de milliers de personnes lors de grands événements, soit comme spectateurs, soit comme employés, du simple fait de leur militantisme.
Jeux Olympiques : fichage de masse et discrimination politique
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Claire N
InvitéVoilà comme en boîte ; y a des videurs
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Claire N
InvitéEt j’insiste à nouveau, vraiment sur l’intérêt de lire à Arles du collectif Othon qui développe à la perfection ce type insidieux de gentrification
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Carpentier
Invitésalut,
je repensais, tranquille, à cette histoire de jour ferié, entre Blanche et Pigalle, tout à l’heure:
en revanche, que le 26/07 devienne un jour chômé, à l’avenir, mais comme le 1er mai – c’est à dire renforcé, sans trop de douilles et autres aménagements divers au droit du travail possibles: OUI.
Je suis pour et ainsi, petit à petit, les jours feriés ultra-catho diminueront peut-être de façon conséquente, pour être remplacés par des fêtes et jours feriés pigés du plus grand nombre.
Ça donnerait un monde où je me sentirais un peu mieux déjà.-
Claire N
InvitéOui
J’avais lu il y a longtemps un essai de Proudhon
À propos du dimanche et de son aspect émancipateur pour les travailleurs et cela malgré les réserves que l’on peut avoir a priori concernant l’église
J’essaye de te retrouver la réf si ça t’intéresse
C’est un peu le même caneva de réflexion que celui qui analyse l’émancipation des femmes « grâce « à certains aspects du capitalisme-
Carpentier
InvitéMerci d’avance, oui, pour Proudhon.
Sinon, discuté longuement avant-hier au zinc (là où je prends mon café il y en a un ancien – qui est bien frais quand tu poses les bras dessus en ces fortes chaleurs – ) discuté donc, de la cérémonie d’ouverture et le patron, corse, me disait que, sans y avoir assisté, ni même vu après coup, et à force qu’on lui en parle ou demande son avis, il répond: c’est le rapport de la France à l’art.
Histoire d’être rapidement tranquille mais, le connaissant, c’est réfléchi.
Ça m’a évidemment ramené à ce que j’ai un peu lu ici du bouquin de F.Begaudeau à paraître bientôt.
Et si je l’offrait, dédicacé, à ce Fred, tiens?
Ça fait si longtemps que je n’ai pas vu François.-
Carpentier
Invité* l’offraiS
puisque c’est je, qui l’offrirais -
..Graindorge
Invitéon va pouvoir lire sous peu un extrait. Comme il fait 450 pages, il faudrait peut-être même 4 extraits plutôt qu’un seul pris au même endroit pour se faire une idée mais si et seulement si possible et j’y connais rien
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Carpentier
Invitéoui. enfin, moi je parlais plutôt des copaings qui échangeaient un peu à propos avec l’auteur ici même car, en ce qui concerne les extraits, perso. je participe pu à ça: trop pris de claquots et à plusieurs reprises, ici, comme on sait 🤣
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..Graindorge
InvitéBeaucoup en avons parlé. Notamment en jouant à chercher les sens de Comme une mule
Selon François B, les sujets abordés dans ce livre :
Art Morale Politique Humour
On aura peut-être un petit extrait pour chaque. Ou juste un bien choisi. On pourrait d’ailleurs dire ici sur quel sujet on aimerait un extrait s’il ne peut y avoir qu’un seul sujet: Graindorge : l’Art-
Carpentier
Invitémoi, aucun, donc.
Ce sera un peu mon Kinder à moi à parution et peut-être, donc, une surprise pour Fred aussi, à qui je penserai d’essayer d’offrir un exemplaire dédicacé.
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..Graindorge
InvitéPour l’extrait sur l’un des sujets du livre, j’avais pensé à un vote…mais…heu… c’est pas la spécialité du Chef
alors comme à la cantine on prendra c’kiya -
Carpentier
Invitédéso pour le canoë, Méla, j’ai mieux à faire en vrai
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Carpentier
Invitéet il faut lire les ‘démissions de volontaires ‘ chez ceux que les enquêtes administratives avaient confirmé comme corvéables gratuit durant les jeux: actifs, quoi, on aime.
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Carpentier
Invité-
..Graindorge
InvitéMerci pour ce partage Carpentier! ✊🏽
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Emile Novis
InvitéIl reste quand même une partie de la gauche qui prend au sérieux la critique radicale du spectacle et de ses implications :
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https://lundi.am/Une-fantasmagorie-francaise
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Un extrait : « C’est pourquoi aimer la cérémonie d’ouverture des JO, même l’aimer en dépit du contexte dans lequel elle s’inscrit, est un signe d’aveuglement. Aimer la cérémonie d’ouverture, c’est comme aimer le sourire d’un maître qui vous humilie. C’est ne pas voir ce qu’il est, c’est-à-dire ce qu’il cache, par exemple, pêle-mêle et sans ambition d’exhaustivité : l’expulsion de 13 000 personnes hors de leurs lieux d’habitation (squats, bidonvilles, immeubles) ; l’exploitation des travailleurs, en particulier sans-papiers, qui ne s’encombre pas du Code du travail ; des constructions non-écologiques dans des villes populaires, à destination de futur·es habitant·es gentrificateur·ices ; une présence policière démultipliée ; l’augmentation au moins temporaire du coût de la vie, et notamment celui des transports franciliens ; l’installation de nouveaux dispositifs de surveillance, etc. »-
Emile Novis
InvitéEt aussi:
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https://lundi.am/Tenus-en-liesse
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françois bégaudeau
InvitéIL est bien dommage qu’aucun de ces deux textes n’étudie réellement le spectacle en question. De quelle esthétique il procède. Et ce que cette esthétique – cette forme- porte en soi comme politique.
Manque, comme souvent lorsque la politique s’empare de l’esthétique (car cette cérémonie est un fait esthétique : un fait formel, une production sensible), l’observation précise des formes. Au lieu de quoi fleurissent les invariants génériques (jeux du cirque, etc)-
Emile Novis
InvitéOui. Et l’article ne se propose pas comme objectif cette critique formelle. Je n’ai pas vu cette critique dans l’espace public d’ailleurs (à ma connaissance). C’est une autre approche qui mériterait en effet d’être exposée. Tu seras peut-être le premier à la faire.
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françois bégaudeau
InvitéCette critique formelle et politique, inextricablement.
J’y insiste-
Emile Novis
InvitéOui, la forme esthétique comme porteuse d’une politique. J’ai l’intuition qu’on retrouverait dans ta critique une affirmation analogue à celle que tu fais sur la forme-série (la cadence, par exemple). Mais je me trompe peut-être.
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françois bégaudeau
InvitéAnalogue au sens où il s’agirait aussi, oui, d’élucider le tempérament d’une forme, et donc, par extrapolation, son tempérament politique.
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Claire N
InvitéJe propose , mais peut etre est ce une fausse piste, la forme « cabaret « ?
je suis par contre assez ignorante de ce qui distinguerait un bon spectacle de cabaret d’un mauvais-
Emile Novis
Invité@Claire N
Je trouve l’idée pas mal, mais c’est compliqué : le spectacle en question était aussi – et peut-être même surtout – fait pour la télévision, avec des morceaux pré-enregistrés introduit dans le direct télévisuel (et visuel pour ceux qui étaient sur place). Je veux dire qu’il n’y a pas vraiment d’unité de lieu et de temps, ce qui n’est pas le cas du cabaret classique.-
Claire N
InvitéOui
Patrick Sébastien il me semble l’a fait passer à la télé
Cependant l’idée sous Jacente est qu’au cabaret , ou le bourgeois s’encanaille, il est possible de faire commerce de sa propre monstruosité aux yeux des bourgeois : c’est cloisonnant-
Claire N
InvitéLes filles du Crazzy horse par exemple
Sont monstrueusement sexy; on va les voir
Mais il est peu probable qu’on les invite à être prof de dance de la petite Marie framboise
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Carpentier
InvitéEt l’aspect morcelé fut amplifié par la pluie, qui a contraint de remplacer certaines scènes extérieures en autres pré-enregistrées, oui
Les monteur.ses ont taffé comme des dingues-
Carpentier
Invité
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nefa
InvitéMoi j’y vois la forme prière
s’y égrène un chapelet
bateaux pour les boules
remplies de dévotion
au caractère enjoué
évangélisme aidant
à la mode, si j’ai bien suivi
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JeanMonnaie
InvitéSi le spectacle avait été de droite, la gauche aurait affirmé que c’était la preuve irréfutable qu’ils sont dominés et que la société est de droite. Quand le spectacle est de gauche, ils se demanderont combien de sans-abri ont été expulsés pour en conclure que c’est la preuve que la société est encore de droite. Le chat retombe toujours sur ses pattes de gauche.
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Delphine
InvitéJe suis d’accord sur le dispositif de sécurité exagéré (présence policière – jusqu’à vigipirate parfois, dispositifs de surveillance), qui finissait par paraître absurde (autour de moi, on disait que, au moins, les habitants des villes concernées se sentaient en sécurité, et que c’était déjà pas mal), ainsi que sur l’augmentation du prix des transports franciliens non justifiée, qui s’appliquait surtout aux non-franciliens en visite à Paris et en région parisienne (pour les franciliens, le prix des abonnements de transports n’a pas augmenté – seuls les franciliens se déplaçant occasionnellement en région parisienne étaient concernés). Par contre, concernant la cérémonie d’ouverture, il est un peu dommage de ne pas la considérer d’abord comme un spectacle (que l’on a pu apprécier ou pas). Il est vrai que, pour ces JO, comme ils avaient lieu en France, l’exploitation des travailleurs a moins été mise en avant que quand les JO ont lieu dans d’autres pays moins connus pour leur démocratie. C’est pareil pour la construction des stades lors des coupes du monde de foot. Pour la coupe du monde 2022 au Qatar, tout au long de la construction des infrastructures, nous avons souvent pu voir des reportages sur l’exploitation des ouvriers (sous-payés, conditions de travail et de logement inhumaines).
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Tony
InvitéL’extrait que tu cites est symptomatique de cette gauche morale et protestante qui ne prend jamais de plaisir à rien et passe son temps à nous sermonner, pauvre gauche!
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Carpentier
InvitéDes peines à jouir – Anne Hidalgo, Paris, 22 mai 2024.
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Emile Novis
Invité@Tony
Très facile d’essayer de s’en sortir avec la fameuse accusation de « morale ». Je te signale que ton message n’est pas moins moral (moralisant) que ce que tu dénonces (« prenez plaisir! » : c’est aussi une morale, une position morale, parfois très autoritaire même…).
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Il est question « d’aveuglement ». La cérémonie en question dissimule ce qui est à voir, voilà le sens de cet extrait. C’est avant tout une affaire de perception.
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Qu’il y ait un jugement moral dans ces deux articles, sans doute, et personne n’y échappe. Mais que ces deux articles se réduisent à une vision morale, je ne le pense pas. Voilà ce qui importe.-
Emile Novis
InvitéEt merci à Carpentier qui illustre, avec le propos d’Hidalgo ce que je viens de dire : « ras le bol de ces peines à jouir ». Où l’on voit que l’hédonisme grossier est une morale autoritaire. Il y a le pasteur protestant très austère qui castre le désir de ses brebis, mais il y a aussi le tyran sadien qui veut imposer sa jouissance au monde. Même combat. Les deux sont à rejeter.
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françois bégaudeau
InvitéJe connais moults grands films qui également « dissimulent » la sueur prolétaire qui les a permis (depuis celle des ouvriers asiatiques quo ont fabriqué les machines jusqu’à celle des prolos du tournage, et de la femme de ménage qui nettoyait la table de montage). Cela vaut-il réfutation de ces grands films?
Le problème principal, donc, de cette cérémonie des JO, c’est qu’elle fut un mauvais film. Un mauvais film sous-tendu de bêtise crasse.-
Emile Novis
InvitéMais la différence, à mes yeux, c’est que ce spectacle peut difficilement être dissocié de l’agent qui en passe directement la commande : l’Etat, qui est un acteur politique central dans la vie sociale. Ce n’est pas le cas des grands films auxquels tu penses, à mon sens.
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Je suis d’accord sur l’idée qu’une critique de la cérémonie en tant que telle suffirait, et que c’est d’abord ça qui trancherait la nature de ce spectacle, mais je crois que le lien entre ce spectacle et la propagande d’Etat qui le commande ne peut pas complètement être mis de côté si on veut en saisir la signification. C’est aussi une approche qui a toute sa place.-
françois bégaudeau
InvitéLes commanditaires réguliers des productions spectaculaires ne sont en général pas beaucoup moins à droite que l’Etat ou son incarnation macronienne.
En France un bon tiers des films est co-produit par le Canal+ de Bolloré. Par exemple.
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JeanMonnaie
InvitéTout spectacle, dans n’importe quel pays et peu importe le gouvernement, entraînera forcément un nettoyage de la ville pour accueillir un événement prestigieux. Les Parisiens ont été ravis de découvrir leur ville sans toute la racaille habituelle qui déprime tout le monde. Le problème de la gauche, c’est qu’elle est incapable de savourer l’instant présent. Elle sera toujours insatisfaite du monde tel qu’il est, ce qui fait qu’elle est dans l’incapacité de vivre pleinement et donc d’aimer la vie.
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Carpentier
InvitéMerci E.N. pour ces deux textes.
On lit, on écoute, on voit, on sait, on est pas que fier.es.
Et cette parenthèse enchantée dans la bouche de beaucoup trop de locuteur.rices est un véritable hymne à la bêtise.
Lci ce matin encore, Pujadas, à propos des ukrainiens cette fois, qui dit qu’ils seraient désenchantés.
On attends le titre:
Ukraine, après 2 ans 1/2 de guerre, le désenchantement.
Elle est forte Myléne, très forte.
Bonne journée quand même-
Carpentier
InvitéOn * attend
L’Ukraine, en catin.
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Carpentier
Invitéet voilà, Carpentier, t’as encore pas appuyé au bon endroit et., tandis que tu dis pas plus de connerie qu’un.e autre – ou qu’une Mélanie – te voilà hors conversation, pfffff
Pas bien grave, t’es parisienne, toi, tu sais.-
Claire N
InvitéEncore un petit effort et tes récrimination se transformeront en exigences – je trouve cela passablement autoritaire
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Carpentier
Invitéouh la la: passablement autoritaire, brrrr, pas beau, pas bien Carpentier
Votre mise au ban l’est tout autant, passablement autoritaire, et oui, injuste (j’ai 2 ans 1/2 et alors?)
Vous n’entendez pas trop quand vous faîtes erreur et c’est passablement con.
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