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Accueil Forums Forum général Ce bon vieux Lynch

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    Messages
    • #22435 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Salut tout le monde,

      Lynch fait partie des cinéastes qui me procurent des émotions fortes autant qu’il m’est difficile parfois de comprendre pourquoi. Il a de surcroit plusieurs périodes distinctes qui rendent difficile de définir précisément « c’est quoi la patte Lynch? ».

      J’ai peut-être un goût plus prononcé pour son film Lost Higway, qui me fait prendre un pied pas possible tout le film : L’atmosphère est pesante et drôle, la tension est permanente, le surréalisme et là sans être dans la surenchère.

      Bref, pour vous c’est quoi Lynch?

    • #22438 Répondre
      deleatur
      Invité

      « Émotions », « prendre son pied », « tension » : on est bien dans le registre de la sensation, rapide, violente, intense, débordante, explosion ou bombe sensorielle, choc.

      Pourtant, aucune force (brute) dans ce cinéma, on est aussi dans la douceur, une douceur assez violente, un « viol doux » (toutes les femmes savent qu’un viol peut être très doux). Même les scènes d’accident, leur réalisme, est doux.

      Moi, ce sont les premiers plans de Blue Velvet qui m’ont impressionné la première fois, la sensorialité de l’herbe, la sensorialité du cadre. Je ne sais pas si l’on pourrait parler de décadrage à propos de Lynch, mais il y a toujours un moment dans ses films où l’on passe brusquement, par le cadre, d’un sentiment (apaisement) à un autre (peur, angoisse, tristesse), et ce mouvement est celui de l’émotion. Le générique de début de Mulholand Drive, la scène de danse après avoir vu rapidement quelqu’un se coucher (ce qu’on n’a pas assez dit), me met dans la même tension émotionnelle.

      Je n’ai retrouvé cette sensorialité que chez Apitchatpong Weerasethakul, dès le premier film que j’ai vu de lui (et qui figure dans mon Panthéon des dix plus beaux films au monde) : Blissfully Yours.

      C’est aussi Sailor et Lula, quand le film est sorti (j’avais 19 ans), qui m’a conduit à lire passionnément les Cahiers, à suivre des cours de cinéma à la fac : le même jour, j’ai arrêté d’être végétarien et je suis allé acheter mes premiers Cahiers.

    • #22439 Répondre
      deleatur
      Invité

      Dans Mulholland Drive : quelqu’un qui se couche, c’est-à-dire qui change de corps. C’est bien le thème du film, je crois.

    • #22440 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      C’est très bien vu ! C’est vrai qu’il y a quelque chose de l’ordre du sensoriel dans le trio Blue Velvet / Mulholland Drive / Lost Higway. Parfois avec douceur (je te rejoins sur la sensation sur le plan « herbe » de BV), parfois avec les curseurs poussés à fond comme le solo de sax du personnage principale de Lost Highway qui fait crisser, qui agresse.
      Pas vu ce film d’ Ibuprofène Weerasethakul mais je me le note (N.B : C’est une blague tirée d’Augustin Shackelpopoulos).

      • #22446 Répondre
        deleatur
        Invité

        Je ne voudrais pas qu’il y ait malentendu sur cette expression.

        Toutes les femmes savent, non parce qu’elles l’ont vécu mais parce qu’on ne cesse de le leur rappeler, qu’un viol commence dès un attouchement dans le bus ou le métro ; toutes les savent savent qu’il y a viol sans qu’il y ait forcément usage de la force, de la contrainte, de la coercition. Et aussi les femmes mariées. Un viol est un viol, on est bien d’accord. Même deux secondes.

        Avant de crier haro sur le baudet, il serait bon de demander aux gens de préciser quand un propos est ambigu. Mon propos n’engageait que la définition que je lui donne.

    • #22441 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      ‘un “viol doux” (toutes les femmes savent qu’un viol peut être très doux)’ -> c’est une expression abominable. et j’apprends que toutes les femmes savent ça.
      https://www.madmoizelle.com/viol-doux-violent-vomir-223292

      • #22442 Répondre
        AxisBoldAsLove
        Invité

        (J’ai pas trop rebondi sur cette notion de viol doux, que je ne connais pas, je vais aller voir cet article)

      • #22444 Répondre
        AxisBoldAsLove
        Invité

        « Il définit ainsi ce qu’il appelle un viol « doux », effectué par surprise sur une inconnue en lui plaquant une main sur la bouche de manière sensuelle et charismatique et en lui enlevant doucement ses vêtements, jusqu’à ce que la victime succombe devant tant de swag et soit secouée par de multiples orgasmes. Rien que ça. » -> C’est en effet abominable et hors de propos concernant le sujet de départ.

        • #22447 Répondre
          deleatur
          Invité

          Je ne voudrais pas qu’il y ait malentendu sur cette expression.

          Toutes les femmes savent, non parce qu’elles l’ont vécu mais parce qu’on ne cesse de le leur rappeler, qu’un viol commence dès un attouchement dans le bus ou le métro ; toutes les savent savent qu’il y a viol sans qu’il y ait forcément usage de la force, de la contrainte, de la coercition. Et aussi les femmes mariées. Un viol est un viol, on est bien d’accord. Même deux secondes.

          Avant de crier haro sur le baudet, il serait bon de demander aux gens de préciser quand un propos est ambigu. Mon propos n’engageait que la définition que je lui donne.

          • #22449 Répondre
            deleatur
            Invité

            Si le mot « viol » gêne ou choque, remplaçons le par « effraction ».
            Cela dit, je maintiens que le cinéma de Lynch est un cinéma de la violence et non de la force.

            • #22451 Répondre
              AxisBoldAsLove
              Invité

              Une violence insidieuse donc ? Ca m’évoque la manière dont est malmené Elephant Man, peu de situations de violence démonstrative mais une cruauté de chaque instant passant par des regards, de sous-entendus.

              • #22487 Répondre
                deleatur
                Invité

                Oui, tout à fait. Quelqu’un pourra peut-être nous dire s’il n’y a pas une telle scène de « doux viol » (ou de viol carrément) dans Blue Velvet, une scène dont je garde un souvenir très lointain (je n’ai pas revu le film depuis plus de 25 ans je crois), entre Isabelle Rossellini et Denis Hopper (??).

                Mais en parlant de « doux viol » ou de violence, je pensais surtout à la forme plus qu’au fond, et aussi aux effets produits sur le spectateur par cette effraction de l’émotion.

                Pour le reste, je le répète un viol est un viol, un viol est toujours dur, même s’il prend des formes douces, caressantes, câlines.

    • #22445 Répondre
      deleatur
      Invité

      Très bonne blague ! Je marche à 100%.

      Je me souviens encore de la passion interprétative qui a secoué les forums d’internet au moment de la sortie de Mulholland. Ce film m’a toujours semblé limpide d’abord dans ce qu’il montre : quelqu’un s’endort, puis se réveille brusquement au milieu du film. Où est le rêve ou est la réalité ? Où est le cauchemar, où est la douceur (dans le rêve ou dans la réalité), etc.

      Mais je ne voudrais pas relancer cette passion des interprétations. Un grand film, un grand cinéaste est toujours recevable de plusieurs interprétations, contradictoires même (contrairement à un texte philosophique où l’on dit d’abord ce qu’on dit, de la façon la plus précise possible).

      Par contre, je ne crois pas qu’on peut dire que Lynch est un cinéaste cérébral, c’est d’abord un plasticien, il a affaire à de la matière. Le reste, c’est de l’assaisonnement pour dérouter ou perdre malicieusement le spectateur (Inland Empire).

      • #22454 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Plasticien, c’est le mot. A ce titre, je recommande le docu David Lynch : the art life. C’est une sorte de biographie qui, curieusement, s’arrête avant la réalisation d’Eraserhead, son premier long-métrage. Le docu est parsemé de tableaux, oeuvres plastiques, et surtout on voit David faire : il colmate, il peint, fait des aplats, des pâtes ; du relief se crée sur une toile. Ce film est un festival de la matière.
        J’ai envie de dire que cette passion de la matière, qui s’est légèrement (mais pas totalement) perdue dans sa décennie plus commerciale, est revenue de plus en plus fort après. Twin Peaks le retour me semble presque en être l’apogée (même si je n’ai pas vu Inland Empire). Tout respire la matière, même dans les phases les plus abstraites (notamment, la fameuse scène d’explosion nucléaire – dont les motifs ont été pâlement repris au début d’Oppenheimer… Ceci dit, Nolan aurait-il été plus talentueux, qu’il aurait été difficile de faire mieux que David sur ce plan).
        Et par « matière », il faut comprendre… la matière (la peau, les tissus, les fluides…) mais aussi et surtout le son. Lynch est un obsédé du son, des bruits. Le design sonore de Twin Peaks le retour est exemplaire à ce titre. M’en reste plein de nuances de grésillements, frottements, échos…

        • #22456 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Il faut vraiment que tu regardes Inland Empire. C’est le point final de Lynch avec le cinéma. Twin Peaks:The Return est tout aussi brillant – 16 heures de beauté – mais sur le cinéma, tout est révélé dans Inland Empire, allégorie magistrale de la limite créative et de l’autocopie. Du cinéma comme art, un art anti-artisanat, une force surréaliste brute.

          • #22481 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Ton plaidoyer fait envie. Je tâcherai de le regarder

            • #22489 Répondre
              deleatur
              Invité

              Inland Empire me paraît tout de même moins réussi que Mulholand Drive ou Blue Velvet, sur le plan de la sensorialité dont on parlait (il faudrait aussi que je le revois). Mais on a tout à fait raison de souligner la matérialité de la matière dans ses films, qu’elle soit physique ou sonore.

              • #22527 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Inland me semble supérieur, même à Mulholland Drive, pour la simple raison que Lynch construit chaque étage de sa filmographie sur le(s) films précédents. Et donne dans Inland la conclusion de son expérience cinématographique, le choix ultime de la matière contre la narration, de l’émotion contre la réflexion.
                L’intrigue d’Inland devient copie d’une intrigue d’un film qui devient copie d’un film qui redevient le film, sans égard pour le spectateur agressé dès le début du film par le format DV et le son en prise caméra, abolissant le désir de cloture d’arcs, fouillant les stimuli visuels et sonores – train fantôme assumé comme tel. Cette succession de films gigognes n’est pas filmée en vidéo par hasard – il s’agit de faire la peau au cinéma, comme dans Mullholland, mais plus fort encore : déjouer même les attentes esthétiques – inserts de sa série Rabbits, cuts brutaux, lenteur excessive, travellings cahotants. Cela va plus loin que dans Lost Highway, que dans tous ses autres films. C’est aussi pour ça que je le recommande en dernier, car il s’apprécie mieux en ayant vu les précédents.
                Un aspect de la filmo de Lynch dont on parle trop peu est son ressentiment envers la chose cinématographique. La période post-Dune qui l’a amené vers Twin Peaks puis une forme de traversée du désert jusque Mullholland est une période de rumination qu’il exorcise en attaquant le cinéma et les cinéastes. Ce n’est pas un grand cinéphile, il ne se réfère qu’à peu de classiques, ce qui le rend sûrement cocasse dans le Spielberg que je n’ai pas vu. Tarantino aurait fait un John Ford plus pertinent j’imagine.
                D’autres ont fait comme lui de grands films rejetant la banalité du cinéma formaté par Hollywood (Godard, Kalatozov…) – mais lui le fait avec des stars hollywoodiennes, par provocation et aussi amitié pour elles je pense. Je pense que Lynch est avant tout un type gentil effrayé par le cynisme, l’absence de curiosité, d’audace, affligé par la sécurité. C’est un pur artiste.
                Pour essayer de le comprendre, il faut aussi saisir la frustration qui l’a empoisonné après Dune, l’impact du rejet et du dénaturement de son travail par l’industrie sur son ego – d’autres ont embrassé ça avec moins d’amertume, Verhoeven revenu en Europe ou Carpenter alternant film projet et film de commande.
                Mais Lynch est un sensible, un individu fragile qui sculpte ses films comme des gargouilles, fabrique des cauchemars. Celui d’Inland me semble supérieur à tous les autres car il est assumé comme le sien – et on retrouvera cette proposition encore plus fermement dans Twin Peaks : The Return, et le vice poussé jusqu’à incarner son propre personnage (je simplifie) : le rêveur.

                • #22531 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Merci, je vais essayer de revoir Inland Empire.

    • #22450 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      En effet, si ce que tu entendais était qu’un viol peut s’exercer sans contrainte physique et qu’il reste un viol, on parle de quelque chose de très différent de la définition écrite dans Madmoizelle (et une définition que de ce que je comprends a très largement été diffusée par ce youtubeur. On sait que les youtubeur ne sont pas toujours gage de qualité en ce qui concerne le développement de concepts théoriques).

      Je vous propose qu’on reprenne la discussion en dehors de ce parallèle qui vas plus créer de l’incompréhension dans notre échange que l’inverse.

      • #22491 Répondre
        deleatur
        Invité

        Oui, bien sûr, la discussion sur le sens de l’expression était utile. Mais attention à ne pas prendre les mots de manière trop (ou toujours) littérale. Quant à son usage par moi, je fais toujours confiance aux gens à qui j’écris pour faire la part des choses.

        C’est, au passage, un exemple que je prends en classe quand j’explique à mes élèves (de 18 ans) la différence conceptuelle entre force (physique) et violence (dont on sait qu’elle est aussi parfois symbolique) : un viol peut être très doux ; la violence n’est pas la force. On peut violer sans forcer (le viol conjugal ou l’attouchement, les chatouilles, etc.). La violence commence dès qu’on cherche à soumettre l’autre à son désir.

        • #22498 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Donc réduire un être humain que vous ne connaissez même pas, avec qui vous n’avez élevé ni cochons ni canards, à un corps qui se déhanche et à une bouche, c’est tout doux, c’est normal. C’est à moi à faire la part des choses. Et vous comptez dessus. Vous faites confiance pour.
          Vous dites quoi à vos élèves sur la violence verbale? Misogyne. La violence c’est AUSSI dès que l’on cherche à soumettre l’autre à son mode de pensée en le sommant de se mettre au goût du jour. « Tout le monde insulte, voyons »  » tout le monde humilie celui où celle que l’on suppose inférieur.e, ainsi va le monde » Eh bien non deleatur . Même si votre père, votre grand-père s’exprimait comme ça , ainsi que vos frères, vos collègues, vos copains. Non. Car bien évidemment, personne ne va écrire à la directrice d’un lycée où à la ministre Y  » on se déhanche et on dodeline »,  » une si jolie bouche » On a du « savoir-vivre » de l’éducation, de la courtoisie. On sait qui est qui. Qui est « respectable. » Si votre respect est sélectif, vous ne valez que ce que vaut ce respect -là. Camarade

          • #22528 Répondre
            deleatur
            Invité

            Vous vous cramponnez.
            Je ne vous répondrez plus.
            Trouvez quelqu’un d’autre à qui vous en prendre.

    • #22457 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Inland est le seul sur lequel j’ai fais l’impasse pour le moment mais vous le décrivez tellement bien qu’il vas y passer cette semaine

    • #22469 Répondre
      Linconnu
      Invité

      Quid de David Lynch et le politique ?
      Passons sur ses films mentaux qui sont sous le coup de la subjectivité du personnage et où la question se pose différemment (Eraserhead, Lost Highway, Mulholland Drive, Inland Empire).
      Plutôt dans Twin Peaks et Blue Velvet (peut-être Sailor et Lula mais je m’en souviens mal) qui montrent la découverte d’un monde caché, qui peut s’apparenter à un patriarcat maléfique (pas que, le mal en nous, le vernis de la société américaine etc.).
      Montrer la violence patriarcale, le mal, comme un monde caché : faut-il le voir comme une dépolitisation de la question ou une manière d’illustrer la découverte subjective de cette question ? Ça concerne des jeunes adultes aisés après tout. (Je pense que ça reproduit le mouvement intérieur de David Lynch, son innocence aisée confrontée à la pauvreté, la délinquance etc. à Philadelphie pour ceux qui connaissent un peu sa bio.)
      Il y a une scène dans le film Twin Peaks où Laura regarde l’air, le ciel, et voit ou sent l’électricité dans l’air, le mal. Elle ne peut plus voir le monde comme avant son déni. Aujourd’hui sur twitter on dirait « prendre la pilule rouge », « red pill » bien que ce soit certes utilisé par les incels.
      Dans le film le mal se cache aussi au Fat Trout Trailer Park, il est en comme en lien avec les plus pauvres.
      Dans Blue Velvet, le mal est encore caché, mais Jeffrey est confronté à son regard, il lui est renvoyé en miroir, « voilà ce qu’implique ce regard ».
      Mais dans ces 2 films il y a toujours la vision d’une pureté de la femme qui vient un peu contredire cette idée. On ne retrouve plus cette vision de la femme à partir de Lost Highway je dirais, mais il s’agit ensuite de films subjectifs, donc lorsque la femme est montrée comme telle, c’est une image à laquelle se confronte le personnage principal. Lynch aime les clichés et ne s’en prive pas mais il les questionne en même temps. D’où je ne pense pas que Laura « wrapped in plastic » soit un trope misogyne.
      Voilà un article intéressant en anglais sur la vision de la politique de David Lynch :
      https://variety.com/2018/film/columns/david-lynch-donald-trump-politics-conservative-1202859780/#!
      Il y est dit : « Je crois que Lynch pense à tout, même aux présidents américains, en termes esthétisés. » (lui qui appréciait Reagan) Les pauvres sont aussi esthétisés, voire symbole. Pas dans Inland Empire.

    • #22470 Répondre
      Graindorge
      Invité

      A une question qui ne lui était pas adressée s’ensuivit le « dialogue » suivant avec deleatur:
      « Faut juste se déhancher et dodeliner en gardant la cadence. »
      Deleatur et C°: ma question ne t’était pas adressé et ton intervention “faut juste se déhancher etc” était dénuée d’intelligence et l’humour misogyne. C’est dommage, ça te gâche. L’anonymat rend lâche? Fort avec une “faible”? Buenas noches
      « Quant au tutoiement: cela m’a échappé »
      “De si vilains mots dans une si jolie bouche”, Eustache, LMELP
      « Flûte! Faut que je repotasse mon bouquin d’Anatomie: j’étais pourtant sûre et certaine que le cerveau se trouvait dans la tête, au-dessus du cou »
      « …une douceur assez violente, un “viol doux” (toutes les femmes savent qu’un viol peut être très doux). »
      Les mots doux, très doux ? De l’humour ? De la morgue?
      « Toutes les femmes savent, non parce qu’elles l’ont vécu mais parce qu’on ne cesse de le leur rappeler, qu’un viol commence dès un attouchement dans le bus ou le métro ; toutes les les femmes savent qu’il y a viol sans qu’il y ait forcément usage de la force, de la contrainte, de la coercition. Et aussi les femmes mariées. Un viol est un viol, on est bien d’accord. Même deux secondes. »
      Alors pour les mots, ça va ? On laisse couler ? On laisse humilier ? Dans un forum majoritairement constitué d’intellos, vous négligez le pouvoir, la puissance des mots ?
      « Toutes les femmes savent, non parce qu’elles l’ont vécu mais parce qu’on ne cesse de le leur rappeler. » Vous m’avez rappelé la misogynie, la connerie du « fort » avec le « faible » le croyant faible et « faible » avec « le fort » le croyant fort
      Et ce « toutes les femmes savent » Vous connaissez toutes les femmes, vous ? Et ce qu’elles savent ?
      moi, même le mot « femme » me gave. Je ne suis ni une femme, ni une enfant ni un homme, mais un ÊTRE HUMAIN.
      C’est ici Chantier autonome. Un espace de liberté d’expression. Oui mais ni haro sur le baudet ni sur personne camarade.
      À quoi sert d’avoir un peu de culture si l’intelligence qui devrait aller avec n’y est pas ? Ou comme je vous l’ai dit eleatur, si elle est gâchée et vous gâche. Pourquoi blesser ? Humilier ? Quelle joie y trouve –t-on?
      Moi je suis hashtag rien du tout. « de si vilains mots dans une si jolie bouche » Pouvez-vous comprendre que c’est très violent ? Pas doux du tout de réduire un être humain à une jolie bouche ou à un corps qui se déhanche..
      C’est dommage, non ? Je vous le dis sans agressivité. La preuve c’est que je vous ai répondu avec humour suggérant indirectement que vous remettiez votre cerveau à sa place.
      Derrière un écran, dans l’anonymat, on ne devrait pas être lâche mais se sentir encore plus responsable. Si on souhaite une gauche désirable, rendons la désirable. Ne soyons donc pas si lâches ou comme des gamins qui savent qu’ils peuvent faire toutes les bêtises puisqu’il n’y aura personne pour les voir. Il faudrait en sortir de toute cette violence. En sortir de NOTRE bêtise. Bien sûr, il y a des lois mais justement on voudrait grandir assez pour pouvoir vivre sans avoir à se menacer de lois « qui nous protègent » Que notre seule conscience devienne un jour notre protection et ne pas faire à autrui ce que ……
      les mots aussi peuvent blesser. S’ils atteignent leur cible.
      Il y a pourtant du niveau ici, c’est dommage. La Liberté ? La Culture ? l’Art ? Pour quoi faire ? Pour dire quoi ? Pour devenir quoi ?

      • #22492 Répondre
        deleatur
        Invité

        Le dialogue ne m’était pas adressé, mais il m’a fallu un petit moment pour le comprendre, n’étant pas tout à fait au point avec les usages du forum que je lis depuis longtemps mais pratique peu. J’ai simplement mal cliqué pour répondre.

        Le reste, ça ne m’intéresse pas d’y répondre. C’est tout.

        • #22501 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Et répondre quoi?

    • #22495 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Pour en revenir à l’aspect politique de Lynch, j’avoue avoir du mal à l’identifier. Je ne vois pas réellement d’echo à des situations réelles mais en effet des notions plus générales comme celles du mal ou encore de la famille dans eraserhead.
      Au travers du matériel en lui même par exemple la misique, j’y vois peut être un ancrage comme par exemple la BO de Lost Highway plongée dans le son 90’s (de pair avec les lecteurs cassettes).

      • #22523 Répondre
        ‘inconnu
        Invité

        Disons les féminicides et l’inceste de Twin peaks ? On ne parlait certes pas de feminicides à l’époque. Mais le mal est montré comme la cause même des crimes. Certains sont le mal, d’autres non. Il montre une forme complotiste du mal, des entités se réunissent dans une pièce et décident de leurs méfaits. Je comprend bien que c’est symbolique et j’adore mais ca semble extérioriser les causes politiques, sociales. Qu’est-ce qui pousse les hommes à faire ça, il ne le dit pas. Comment arrêter tout ca ? Il faut combattre le mal. Trouver Judy !
        Je sais pas trop. Certains disent ses films apolitiques. Mais d’autres diront que tout est politique alors…. Je cherche un avocat pour défendre sa cause !
        Est-ce que c’est un angle mort de ses films ou est-ce qu’on s’en fout ? Ou est-ce que je pose mal la question ?

        • #22539 Répondre
          AxisBoldAsLove
          Invité

          Ce que tu dis sur le mal comme intrinsèque à l’homme évoque la vision de Scorsese dans Killers Of The Flower Moon: Le mal est partout, on est voué à se détruire nous-même. Une vision pessimiste et peut-être antipolitique?

        • #22541 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Je doute qu’il faille chercher une vision politique du mal chez Lynch plus qu’un ressort freudien. Si le bonhomme se revendique de gauche (soutien de Bernie Sanders), le cinéaste ne raconte que très peu de choses politiques dans le sens où il ne s’attache pas à décortiquer le fonctionnement du réel.
          La misogynie récurrente de ses méchants – Hopper dsns Blue Velvet, Dafoe dans Sailor et Lula – est effectivement une misogynie intrinsèque aux personnages, elle n’est pas modelée par un système. Il faut y voir des figures paternelles monstrueuses.
          Ce qui amène aux stéréotypes lynchiens qui renvoient à l’enfance, avec des héros bons et saints aux prises avec la corruption et le cynisme : transposition cinématographique de la fragilité et de la créativité de Lynch. Ce n’est pas un cinéaste qui affronte un univers politique mais un univers méchant, dur et destructeur. Le réel inquiète Lynch, aussi il le montre par le prisme du surréalisme. La raison de la méchanceté, les mécanismes réels de domination, de soumission, de brutalité l’intéressent moins que leurs résultats et surtout leurs résultats visuels et sonores. C’est un cinéma d’émotion, certainement pas un cinéma à thèse.
          J’en reviens à l’onirisme qui est la donnée majeure pour apprécier cette œuvre : il faut se figurer chaque film comme un rêve avec sa part d’incohérences, de déstructuration, une ouverture vers le monde des fantasmes et des pulsions refoulées. La binarité des situations ou des personnages, leur immuabilité, vient changer chaque scène en tableau surgi de l’inconscient : un acte de bonté, un acte de malveillance, un accident, une rencontre, un monstre, un voyage…

          • #22542 Répondre
            AxisBoldAsLove
            Invité

            Super intéressant Leo Landru ! Ce qui nous amène dans un terrain compliqué puisqu’il parle du réel par le surréalisme, montrant que le réel fait peur sans le représenter à l’écran

            • #22547 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              C’est compliqué de décrire cette approche. Lynch montre bien du réel voire du réalisme (Une Histoire vraie) mais souvent il le déjoue (Inland Empire). Le final de Twin Peaks : The return s’inscrit là-dedans. Lynch ne renie pas le réel mais il l’inclut dans ses représentations surréalistes.

    • #22944 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Titouan R, j’ai vu The Art Of Life hier, j’ai adoré merci beaucoup ! Effectivement on met les pleins phares sur le côté plasticien. C’est toujours hallucinant de l’entendre raconter des histoires. Chaque nouvelle intervention dans le documentaire donne l’impression de rentrer dans un nouveau monde.

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