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Ourson
InvitéMalheureusement j’ai encore très peu de contacts avec des personnes de gauche radicale dans la vraie vie, j’y travaille mais c’est pas si évident d’en trouver.
Toutefois, pour le peu que je rencontre, j’ai l’impression que c’est rarement le top en termes de santé mentale, notamment chez les filles qui malheureusement ont souvent été victimes de violences.
Et puis quand je vais en manif, et que je vois que globalement les militants de mon âge n’écoutent que de la psytrance et de la hardtek, je me dis que ces gens-là ne peuvent qu’aller mal (je plaisante mais sachez que votre musique de sauvage fait du mal à la cause !!)
Plus sérieusement, comment vous sentez-vous au global chers amis de gauche ? -
Cyril
InvitéMoi je suis professeur de musique au collège en arrêt depuis deux ans, agoraphobe, je ne peux plus sortir de l’agglomération lilloise. À part ce lourd handicap, une vie amicale pas très riche en ce moment mes amis étant partis dans d’autres régions, ça va, je suis content de pouvoir lire, aller au cinéma, apprendre le piano à quelques personnes, faire un peu de politique au NPA… Et ce forum qui m’accompagne presque quotidiennement et qui m’a fait découvrir tellement d’œuvres…
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Ourson
InvitéHeureux de voir que ce petit ilôt numérique enrichit ta vie au quotidien.
ça se manifeste comment l’agoraphobie ? C’est quelque chose qui se traite ? Il ya des causes physiologiques ?-
Cyril
InvitéPour moi c’est les grands espaces, gares, grandes salles de concert, grands musées, plages, campagne (d’où ma difficulté à quitter la métropole). Ça a démarré à 15 ans, après divers séjours en clinique ça s’est amélioré, les épisodes amoureux ayant été le meilleur remède, puis retour à l’école comme prof et patatras !
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Cyril
InvitéJ’ai un vertige inversé. Le dernier épisode de The Curse je l’ai regardé en me cachant 4/5e de l’écran…
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Mélanie Farcie de Fric
InvitéUn vertige inversé ? En regardant du bas vers le haut ?
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Cyril
InvitéOui, la profondeur aussi. Une salle vaste au plafond pas très haut même effet.
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Mélanie Farcie de Fric
InvitéDonc le grand, qu’il y ait du monde ou qu’il n’y en ait pas ?
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oxi
InvitéSi ça va ?! Non, trop pas.
Encore heureux que je suis pas heureux, l’inverse serait inquiétant.
Leur bonheur, c’est du sparadrap sur une double fracture tibia-péroné. -
Kenyle
InvitéEt toi ourson, comment ça va ?
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Ourson
Invitéça peut aller, je me fais petit à petit à ma nouvelle vie de jeune actif.
J’ai tendance à beaucoup tourner en rond, à penser à 10 000 trucs à la fois et à procrastiner l’entiereté de ma vie, mais ça peut aller-
Cyril
InvitéC’est quoi ton boulot ?
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Ourson
InvitéJe suis ingénieur dans une boîte bien corpo bien multinationale bien chemise bleue, on y « bâtit un futur de confiance » (notamment en permettant aux contrôleurs aériens de bien faire leur boulot)
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Kenyle
InvitéJe me reconnais assez là dedans
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Kenyle
Invitésauf le métier
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Ourson
Invitéet toi comment ça va ?
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SutterK
InvitéEh ben je te remercie de t’en soucier. Perso moi je souffre dans mon taf mais je gère bien ma santé mentale dans l’ensemble (pas de drogues, pas d’alcool, sport, etc.) et j’ai des choses qui me procurent de la joie dans ma vie (faire à bouffer, lire, passer du temps avec ma copine). Mais je vois chez les collègues ou camarades le niveau d’angoisse, de découragement et d’épuisement qui suit les périodes de frénésie militante et c’est vrai que c’est inquiétant!
Et toi, Ourson, comment ça va?-
Ourson
InvitéAujourd’hui ça va pas trop mal, j’ai encore longuement tourné en rond hier soir donc j’ai moins de 4h de sommeil dans les pattes, mais trois cafés long semblent me faire tenir debout. J’espère mieux mettre à profit mon temps libre ce soir, sans le perdre dans des divagations ou du scrollage déesespéré
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Simon
InvitéÇa ne va pas trop mal, merci, mais en effet tu pointes un truc : il y a chez la gauche radicale (comme chez les militants écologistes ou à l’extrême-droite), assez souvent, un malaise. On peut supposer que ceux qui veulent changer la société souffrent de l’état des choses, alors que Christophe Barbier dort vachement bien en ce moment.
On peut aussi penser, à l’inverse, que c’est d’abord un certain rapport d’insatisfaction aux choses et une sensibilité particulière qui poussent, politiquement, à des diagnostics acérés et par conséquent à des propositions radicales. Sans vouloir faire mon Normand, je pense qu’il y a un peu des deux et que la cause et l’effet se nourrissent, quel que soit le bout qu’on prenne et sans qu’on puisse nécessairement distinguer la poule et l’oeuf. Le point important étant que la politique est une affaire de sensibilité en premier lieu, les raisonnements existent et ont leur légitimité mais interviennent dans un second temps, lorsque notre disposition affective nous a poussés à nous intéresser à tel sujet plutôt qu’à tel autre.
Cela étant le militantisme gagne toujours à être joyeux et optimiste, on n’attire pas les masses avec du vinaigre.
Et toi, comment vas-tu ?
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Claire N
InvitéJe sais pas trop ;
Tu remarques la déploration comme moteur politique, le ça pourrait être mieux de la gauche
Mais je remarque le c’était mieux avant de la droite
Les deux souvent prompt a laisser l’ordre se faufiler
Peut-être que le déjà là est source de joie, on attise peut être que des feux qui existent ?-
Simon
InvitéTout à fait, mais le « c’était mieux avant » est l’apanage de la droite réactionnaire que je classais (hâtivement sans doute) dans l’extrême-droite, les Zemmour, les Le Pen, une partie des LR.
Les Macronistes et la droite libérale vivent leur meilleure vie, je t’assure, j’en ai plein autour de moi et ils n’ont jamais été aussi heureux, ils ne veulent surtout pas que les choses changent. Les Legendre du Un enlèvement de notre François national pètent le feu. Ils n’ont qu’une peur, c’est que ça bouge en 2027, dans un sens ou dans l’autre.
Et je suis (là encore !) d’accord avec toi, le déjà-là est une source de joie pour peu qu’on le considère, il y a dans le monde autant de raisons de se siffloter dans la rue que de se tirer une balle dans la tête, ce qui fait la différence c’est pas tant ce qui existe que ce à quoi on s’intéresse (moi, je sifflote).
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Claire N
Invité« Ils n’ont qu’une peur, c’est que ça bouge«
Rire , mais là du coup « ça « va pas du tout -
oxi
InvitéSimon : « …je t’assure, j’en ai plein autour de moi et ils n’ont jamais été aussi heureux… »
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Le bonheur, cette triste et stable absence de souffrance, peut-être, mais pas la joie, la vraie.
En tout cas, je ne vois pas la cicatrice de la joie sur leur corps.
Une vie ratée, en somme.
Et ils le savent ; ils le sentent.
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Charles
InvitéJe côtoie beaucoup de gens de droite et deux d’extrême-droite et je ne vois pas vraiment de différence du point de vue de la santé mentale, du bien-être etc. Ceux qui sont à droite dans mes connaissances sont un peu plus aisés financièrement donc avec moins de soucis de ce point de vue mais sinon les différences ne sont pas significatives, sauf peut-être que j’ai remarqué que les droitards sont des gens assez peureux.
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françois bégaudeau
InvitéPeureux dans quel sens?
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Charles
InvitéPeur des autres, certains ont tendance à voir le monde, l’extérieur du noyau familial ou amical, comme un ennemi. Ça se traduit par une peur de la délinquance.
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jeanmonnaie
InvitéVoila pourquoi vous ne voulez pas que je parte
1)Les fous votent à gauche. Catastrophiquement résumé, tel est le constat établi par deux chercheurs qui ont étudié le vote de malades mentaux allemands (internés) lors des élections au Bundestag de 1994, 1998 et 2002. Ce résultat, publié dans la revue Psychiatrische Praxis (vol. 30, n° 8, pp. 444-9), doit être analysé avec circonspection. Primo, il ne faut pas en inférer qu’il faut être fou pour voter à gauche : la chose n’est pas scientifiquement démontrée à ce jour. Secundo, l’important ici n’est pas tant la préférence partisane exprimée que la motivation du vote. Car l’article relève qu’un nombre important de malades mentaux disent accorder leur bulletin à ceux des partis (Verts et sociaux-démocrates) qui portent le plus d’attention à l’univers psychiatrique et à ses problèmes. Pas fous les fous. Plus étrange est la conclusion qu’en tirent les auteurs de l’article : «La décision de vote des malades mentaux apparaît partiellement liée à leurs intérêts spécifiques, ce qui leur confère un statut de quasi-lobby. Ceci devrait être pris en considération dans les évolutions futures des systèmes des soins psychiatriques.»
2)l y a parfois des questions que personne ne se poserait si les chercheurs n’existaient pas. C’est sans doute le cas pour celle qui s’inquiète de la relation entre le vote et l’état psychologique du votant. Et puisqu’un chercheur ne répond jamais à une question binaire par « oui » ou « non », Pierre Bordaberry, docteur en psychologie s’est épanché dans un livre sorti il y a peu : « Ce n’est pas toi le problème » t ouvrage se base sur de nombreuses études américaines et britanniques pour remarquer qu’il existe une propension plus importante pour les personnes votant à gauche de souffrir de dépression en comparaison aux personnes votant à droite.
3) Charles qui à peur d’une grippe qui tue les vieux de 90 ans est un homme courageux, aucun doute la dessus !-
jeanmonnaie
InvitéLa population citadine, que l’on croit ouverte sur le monde, accepterait en fait bien moins les opinions des autres que la droite campagnarde, supposée pourtant plus étroite d’esprit, selon une étude européenne.
es conclusions d’une grande étude européenne risquent de faire grincer pas mal de dents du côté de la gauche politique. En effet, l’enquête tord le cou au cliché qui affirme que la population urbaine, de gauche, serait plus ouverte d’esprit que la population campagnarde, de droite, qui n’accepte pas d’autres opinions politiques. Car dans la réalité, ce serait tout l’inverse.
L’étude, menée par le «Mercator Forum Migration une Demokratie» à Dresde (D), conclut que plus une personne est éduquée, riche, urbaine et de gauche, moins elle accepte les personnes qui ont une autre vision du monde. À l’inverse, les personnes qui ont une attitude conservatrice, qui vivent à la campagne et qui ont moins d’argent et d’éducation, sont plus ouvertes envers ceux qui pensent différemment.
Cette étude est confirmé par nos cobayes du forum. Bravo à vous.-
Tocard
Invitéjeanmonnaie: Tu veux bien partager l’étude?
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Charles
InvitéJeanMonnaie, merci de me dire où j’ai dit que j’avais peur d’une grippe.
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Tocard
InvitéCharles: T’étais pour le confinement et le pass vaccinal.
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Tocard
InvitéJe réponds à sa place comme ça il traite directement ma requête au sujet des fous qui votent à gauche.
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jeanmonnaie
InvitéJe vais répondre à ta question, et tu me diras que ce n’est pas la réponse que tu voulais, mais tant pis, je me lance. Il y a bien plus de dépressifs et de personnes avec des troubles mentaux à gauche, mais il existe des explications de gauche tout à fait valables. Les gens de gauche admettent plus facilement leur dépression, les personnes souffrant de maladies mentales se sentent plus protégées par des politiques de gauche. Comme tu le sais, depuis un moment, je suis toujours honnête dans mes analyses et je valide ces hypothèses. Simplement, ce n’est pas suffisant. La plupart des gauchistes sont souvent dépressifs pour des raisons évoquées par des chercheurs, comme le fait que la droite se contente du monde tel qu’il est et que la gauche ne le supporte pas, et c’est là tout le problème de la gauche. Elle n’accepte pas le réel. Son constructivisme veut passer la vie à modeler pour que son utopie se réalise exactement comme écrit dans les livres. Simplement, la gauche radicale est dans la contradiction permanente : pour l’émancipation des femmes mais pour le voile, déteste l’argent mais passe son temps à parler d’économie, veut du collectif en faisant la promotion de l’individualisme, veut stopper la pauvreté en important des pauvres par bateaux, etc. Ces contradictions mènent à la dépression et à des symptômes comme la paranoïa, la schizophrénie ( evergreen), etc. Je vais prendre l’exemple de Conversano, qui a pleuré pathétiquement sur internet, bourré, sur le monde blanc qui disparaît. Lui-même peut être sujet à des déprimes. Simplement, le fait qu’il ait des familles et qu’il ne veuille pas changer le monde, donc les gens, donc la nature humaine, fait que cela reste passé, ou votre insécurité idéologique devient de l’insécurité intellectuelle, puis de l’insécurité psychologique.
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jeanmonnaie
InvitéJe m’engage dans une réflexion, bien conscient de ne pas être médecin et donc de ne pas poser de diagnostics médicaux. Mon propos concerne plutôt la contradiction et la difficulté à accepter le réel comme des facteurs qui peuvent aggraver le sentiment de bien-être.
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Charles
InvitéQuelle bouillie, tu n’auras décidément rien retenu de ton passage ici, tu continues dans ton incompréhension totale des positions de gauche que même un collégien pourrait restituer. C’est quand que tu pars déjà?
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jeanmonnaie
InvitéCharles qui non seulement est incapable du moindre argument mais que je dois reprendre ces inepties à chacun de ses posts. D’ailleurs, tu as dit sur ce topic encore une grosse bêtise que je corrigerai quand j’aurai un peu de temps. Tu m’amuses et m’attristes en même temps.
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Charles
InvitéJeanMonnaie qui m’invente des propos et n’est toujours pas capable de se sevrer du forum, c’est d’un pathétique.
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Cyril
InvitéPour toi le réel c’est « le monde tel qu’il est » ? Aïe, aïe, aïe…
Mais le réel n’est pas figé ! Il est en devenir. Et les mouvements d’émancipation sont partie intégrante du réel. Non pas tellement ce qu’ils viseraient idéalement, imaginairement, mais ce qu’ils font effectivement, les directions dans lesquelles ils sont entrain d’aller. Et ça vaut pour les réactionnaires aussi. Le monde est mouvant. Il ne suffit pas d’en prendre un instantané et de dire voilà le réel. -
jeanmonnaie
InvitéLe réel est le monde tel qu’il est. OUI c’est ça.
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Cyril
InvitéTu n’as rien compris. Es-tu capable de comprendre ?
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Tocard
InvitéJeanMonnaie: C’était pas très intéressant du coup est ce que tu pourrais partager le lien qui conduit vers l’étude qui dit que les fous votent à gauche s’il te plait?
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jeanmonnaie
InvitéLe lien tu le trouves sur google. Exagère pas.
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Tocard
InvitéJeanMonnaie: Je n’avais pas compris ton numéro. Je pensais que t’avais lu une publication scientifique en Allemand, ou bien une copie traduite en Français, et que tu l’avais sous la main. Je veux dire que j’étais loin de me douter que tu avais copié/collé le premier paragraphe d’un article de libé sans préciser la source.
https://www.liberation.fr/vous/2004/07/12/voter-a-gauche-c-est-de-la-folie_486083/ -
Tocard
InvitéEt ton 2) c’est pareil, il est connu de Google:
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Donc il reste le 3) qui est vraiment de toi. -
Tocard
InvitéDu coup c’est un genre de coups à deux bandes ou alors c’est juste que c’est ton truc de copier/coller des petits bouts d’Internet en laissant croire que c’est ton avis?
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Tocard
InvitéJeanMonnaie: Alors, c’est un coup à plusieurs bandes pour démontrer que t’es intellectuellement supérieur ou bien c’est juste que t’es un pauvre type qui fait semblant de penser?
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Les Français veulent savoir!
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Mélanie Farcie de Fric
InvitéTiens, j’avais encore oublié l’existence de jm
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Bonnaventure
InvitéMais d’où t’as vu qu’on voulait pas que tu partes, t’es sous kétamine ou bien?
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Cyril
InvitéJe ne sais pas qui est le plus fou entre moi et ma peur des grands espaces et toi et ta peur des arabes. Je dirais toi.
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Jeanmonnaie
Invité-
Tocard
InvitéJeanMonnaie: Bah tu vois quand tu veux tu es capable de partager un lien. Sinon moi je crois que Cyril à raison, t’es plus fou que lui. On peut retourner le problème dans tous les sens mais il a l’air drôlement conscient de sa folie le type alors que toi la tienne tu la nies de toutes tes forces. C’est marrant hein mais finalement le déni c’est celui qui le dit qui y est putain.
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Bisque, bisque, rage. -
Cyril
InvitéDonc ceci est censé m’apporter la preuve que les arabes sont très méchants. Mais qu’est-ce que tu as fait de ta vie pour en arriver là ?
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Simon
InvitéÇa n’a aucune valeur statistique ou sociologique, mais dans mon expérience en effet les gens de droite sont a priori beaucoup plus méfiants et suspicieux que les gens de gauche. Ça peut se traduire par de la peur, mais fondamentalement ce qui semble les caractériser c’est un rapport à l’autre empreint de défiance. Ça doit être épuisant au quotidien, d’ailleurs.
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Mélanie Farcie de Fric
InvitéPeut-être que défier les stimule
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Charles
InvitéTout à fait Simon, c’est d’abord une défiance.
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Mélanie Farcie de Fric
Invitécomme jm est tout stimulé pour poster des tartines ici
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Delphine
InvitéC’est étonnant la peur des autres, les personnes de droite (issues des classes privilégiées) semblant apprécier la vie en société, mondaine mais, il est vrai, en restant dans leur milieu social. Les personnes n’appartenant pas au même milieu social peuvent leur paraître étranges, mais je ne pensais pas que cela allait jusqu’à un sentiment de peur. Concernant la peur de la délinquance, (et/ou sa réprobation), je crois qu’elle peut concerner des personnes de differents bords politiques, par exemple en fonction de l’environnement dans lequel elles évoluent, vivent.
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Charles
InvitéTout à fait mais je parle là de gens qui ne sont pas soumis à un environnement délinquant. Comme on sait, il n’y a pas de corrélation entre le niveau de délinquance et le vote d’extrême-droite.
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Bonnaventure
InvitéLa question est assez vaste finalement.
Ce qui pèse le plus dans la possibilité de trouver de la joie dans nos vies c’est le temps et le fait d’en disposer ou non (voir le post de Cyril plus haut par exemple). Pour ceux qui y parviennent (c’est pas simple hein, et c’est parfois au prix de galères financières), il me semble que l’énergie libérée permet d’affronter la saloperie qui nous tombe sur la gueule à peu près tous les jours, et de trouver de la joie dans les luttes, dans le collectif. De la joie et de la force. Collective et individuelle.
Je crois que c’est Emma Goldmann qui a dit un truc du genre « si on ne danse pas dans votre révolution, ne m’attendez pas » (je cite de mémoire).
Je danse assez mal mais j’ai des fourmis dans les jambes. -
Mélanie Farcie de Fric
InvitéJe rejoins Simon ; je pense que pour moi la sensibilité a joué, que mes positions politiques se sont, pour une part, bâties sur ce que j’ai senti : l’ennui à l’école, les conditions de travail, etc.
Est-ce que les gens de droite se portent mieux ? Il y a qq temps on discutait ici des affects de droite, des goûts de droite qu’on aurait ou pas, et autour de moi j’observe des personnes qui semblent avoir un certain plaisir à exercer l’autorité, ça doit participer à leur forme ; nous on a d’autres trucs. -
Mathieu
InvitéJe ne sais pas comment vous faites mais dans ma vie quotidienne, je n’arrive pas à me dire que le déjà-là communiste me rend heureux ou que les saloperies macronistes me rendent tristes. Au mieux, ces saloperies me font rire jaune deux minutes ( le « oui, et? » de Gabriel Attal dernièrement par exemple) et je passe à autre chose.
C’est beaucoup plus terre à terre et auto-centré et peut-être égoïste chez moi. Mes sources de préoccupations actuelles étant surtout Pôle Emploi qui répond pas à mes mails sur l’indemnisation tout en m’envoyant des rendez-vous obligatoires, l’état de ma cheville gauche, de mes orthèses usées à refaire qui vont prendre 2 mois, de l’état des lieux à venir avec mon proprio.
Bon c’est plutôt des préoccupations cools sur l’échelle des désastres du monde, hein, on va pas se plaindre. Mais comme quoi je n’arrive pas à penser à l’état du monde ou du pays ou des autres avant le mien. Selon la formule de Rancière, je suis sans doute de droite d’ailleurs. Des fois je me demande. Ce qui est sûr c’est que je suis sans doute un genre de Romain dans En Guerre, politiquement mou quoi, mais au moins lucide sur sa mollesse.-
Mélanie Farcie de Fric
InvitéOù Rancière dit-il ça ?
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Mathieu
InvitéPas Rancière pardon, Deleuze Deleuze
Je sais plus où par contre, mais c’est une citation connue-
Mélanie Farcie de Fric
Invitéok
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Fanny
Invité-
Mélanie Farcie de Fric
InvitéVu, merci
Il me semble assez logique d’être plus disponible pour l’état du monde ou d’autres choses que soi quand on n’a pas à se soucier de sa santé, de sa situation financière, ou de ses enfants etc – Romain ne pointait pas à Pôle Emploi-
Fanny
InvitéIl reste possible de sentir que nos soucis personnels (ma santé, mes finances, mes enfants…) sont situés dans un horizon plus vaste, en particulier quand on se sait minoritaire (nous les estropiés, les prolétaires, les mères…).
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françois bégaudeau
InvitéLe problème n’est pas de penser aux autres – morale- mais de penser les autres – justesse. Je veux dire : penser une situation implique de considérer tout ce qui s’y joue. Par exemple une pensée politique manque de justesse si elle ne pense pas internationalement. Appelons ça un internationalisme méthodologique.
Laissons au vestiaire les mots égoisme et compagnie. Ils ne servent à rien. Moi aussi, Mathieu, je pense prioritairement à mon implant dentaire raté, à mon livre à finir, au prochain Real-City, à la hanche de mon père, à mon courrier en retard. Ceci n’a rien à voir avec un positionnement politique de droite ou de gauche.
En revanche je m’étonne que tu découples tes déboires avec le Pole emploi de toute considération politique.-
françois bégaudeau
Invité…. ce qui revient un peu à la remarque de Fanny.
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Mathieu
InvitéJe ne voulais pas donner l’impression de découpler, je vois bien que Pôle Emploi est avant tout – et de plus en plus – une instance de contrôle autoritaire des chômeurs plutôt qu’une assurance contre le risque du chômage, et qu’elle essaie de mettre le plus de monde hors de l’indemnisation. C’est ce qui est en train de m’arriver actuellement, et sans aucune justification de la part de PE.
Idem avec mon proprio que je n’aime pas beaucoup et qui va potentiellement me faire chier pour l’état des lieux et la récupération de la caution – j’avoue ne pas être une fée du logis encore moins avec ma cheville en vrac – alors qu’il m’a loué un studio meublé au strict minimum et au-dessus de l’encadrement des loyers pendant 9 ans. Ce sera d’ailleurs mon seul point de pression s’il me fait chier – brandir la menace d’une action à la mairie sur ce non-respect -mais dans un cas comme dans l’autre, le rapport de force m’est défavorable.
Mais oui je comprends mieux la distinction entre « penser aux autres » et « penser les autres »-
Mélanie
InvitéOui, c’est clair pour moi aussi
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SHB
Invitétu devrais avoir honte de penser au Real-City avant le magnifique Classico qui nous attend……LA FRAAANNNNCEEEE merde.
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Simon
InvitéTu poses aussi un problème souvent soulevé ici, qui est celui du temps disponible pour la pensée politique (ou autre : esthétique, par exemple). Ou, pour le dire autrement, de l’aliénation dans une société capitaliste au sein de laquelle l’immense majorité de nos semblables n’a pas de temps ni d’énergie pour grand chose d’autre que la persévérance dans l’être (ou le renouvellement des conditions matérielles d’existence, pour être moins spinoziste et moins marxiste).
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Ourson
InvitéConcernant les droitards, notamment à l’extrême, je dis pas que c’est mieux attention.
Je le vois parmi les jeunes hommes de droite, parmi les jeunes hommes tout court d’ailleurs : il y a une volonté chez beaucoup de se sentir hommes à travers une iconographie basée sur le conservatisme, la virilité, la chevalerie, etc… Baladez-vous sur internet et observez l’iconographie utilisée par les jeunes droitards : des peaky blinders, des tableaux de rois français en photo de profil, des images de soldat, des casques hoplite, un imaginaire basé ce qui est vieux et couillu, etc… En total décalage avec leur réel carencé. Je doute que ces gars-là se sentent très bien dans leur peau.
Cela dit je sens qu’il y a plus de « troubles » caractérisés, souvent assumés d’ailleurs, chez les personnes de gauche notamment les plus jeunes. C’est peut-être aussi parce que c’est moins tabou chez nous
De toute façon globalement les français sont malheureux, je viens de voir que 25% des jeunes franciliens ont déjà pensé au suicide (j’ai un énorme doute, mais ça donne une idée de la situation) -
Graindorge
Invitéici ça va, merci Ourson
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Carton de Lait
InvitéIl y a déjà un moment que je ne me pose plus la question. J’ai atteint l’étape de la vie où on n’attends plus rien d’elle sauf éventuellement la mort qui viendra probablement plus tôt que tard considérant mon bilan de santé (quand je dis plus tôt que tard je ne veux pas dire dans 5 mois ni même 5 ans mais très certainement dans moins de vingt ans, voire quinze ou dix dans le pire des cas) . En gros, ma situation c’est de ne plus nourrir d’espoir en rien sans pour autant en souffrir, du moins la plupart du temps. Ce que ma vie aura ou n’aura pas été, ça ne m’importe plus, déjà parce qu’il est beaucoup trop tard pour qu’elle ai une chance de s’améliorer, sous quel angle que ce soit.
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Certains m’ont dit que j’avais simplement atteint le stade le plus profond de la dépression, celui où on apprend à s’y résigner et l’accepte comme notre état normal. Je sais pas. Surtout, je m’en fout. Ce que sera le monde demain m’importe mais je n’y participerai pas. Je crois de toute manière assez fermement que le siècle en cours sera la grande fête pour les fachos. On en est qu’au tout début, devant l’insécurité qui ne sera que cent fois pire dans les prochaines décennies, les gens choisiront de mettre au pouvoir ceux et celles qui leur prometteront un sécurité (évidemment dans les faits impossible à assurer) et l’illusion que l’on peut maintenir le status quo productiviste.
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Bref la seule réponse que je peux donner à la question « ça va? » c’est « comme d’habitude ». Ce qui veut tout et rien dire.-
Claire N
InvitéCe que développe Mathieu à partir de sa situation est ce possible dans la tienne ?
Après moi j’ai quand même l’impression qu’à l’horizon de notre micro planète plantée dans le néant le fait d’appartenir aux vivants ( minorité exceptionnelle) te plante quand même sur un horizon plus vaste que toi -
graindorge
InvitéPunaise Carton de lait, elle est pas périmée ta boule de cristal? Tu as vérifié les piles?
Allez, je t’invite sur mon île: on ira voir le plus grand volcan d’Espagne, nager dans l’Atlantique, manger du bon poisson les pieds dans l’eau! Ramasser les légumes du jardin! Rendre visite à des collègues du coin! On pourrait n’en faire qu’ une bouchée de ta dépression . Et vu que tu vas mourir, rien à perdre. Offre sans date de péremption… si ce n’est la tienen😉-
Carton de Lait
InvitéC’est gentil et tout ça me semble bien plaisant mais j’ai malheureusement pas le fric pour aller jusqu’en Europe (je n’ai d’ailleurs jamais prit l’avion)
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» vu que tu vas mourir, rien à perdre »
Oui bon, ça c’est le cas pour tous et toutes hein quand même :-p.-
graindorge
Invité@ Carton de lait: je te souhaite une très longue vie. Elle est pas simple, je sais bien Dans ton coin il doit y avoir des coins sympas pour changer d’air, ne serait-ce qu’un joli parc. Beaucoup de courage! Je m’en vais lire le témoignage de Kenyle
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Kenyle
InvitéEn ce moment je vais bien mais je ne suis pas militant, je participe juste aux manifestations.
A l’école j’étais un cancre, un gros nul. Aujourd’hui je suis ouvrier, cariste, je charge des wagons et des camions à la chaine. Le chariot ont des pneus pleins, sans chambre à air et il n’y a pas de suspension, ça use le dos. Je commence à avoir des petites douleurs mais ça va.
Je fais aussi de la manœuvre de train dans des grosses locomotives qui datent du l’age de bronze, qui crachent du 90 de décibels et une fumée noir pétrole. C’est une gare privée, on tri les wagons selon les destinations, on tourne les aiguilles, on se baisse pour rentrer dans la chappe, on accroche et on décroche les wagons avec une grosse manille bien lourde. On branche les boyaux d’air pour actionner le système de frein et c’est reparti pour un tour, en avant la loco. Y’a toujours un mec qui reste au sol pour nous guider avec une radio, nous dire la distance restante avant l’arrêt et s’assurer que la voie est bien dégagé. On est en extérieure peu importe le temps sous la pluie, grêle, neige, canicule.
Mais ça va c’est pas des grosses cadence comme dans un Chaplin.
Je suis en 2×8, je me lève à 4h du matin, depuis 8 ans je n’ai jamais réussi à m’endormir tôt donc les semaines du matin je dors 3/4 h par nuit. Pas une semaine sans que je me pose la question de pourquoi je continu de faire ça.
J’ai commencé à travailler j’avais 18 ans, je sortais d’un bac pro. Aujourd’hui j’ai 26 ans donc ça fait mine de rien 8 ans que je travaille à l’usine, je suis presque un ancien dans ma boite, c’est passé à une vitesse folle.
Je gagne un pas un salaire dégeu (2000 euros) vis à vis de mes besoins matériels et de mon rythme de vie, bien que la vie soit cher ici (beaucoup de frontalier ici qui ont fait augmenter l’immobilier et quand toi tu travailles en France c’est pas toujours facile).
J’ai surtout l’énorme privilège d’habiter dans un cadre naturel magnifique, dans le chablais entre lac et montagne, ça m’a sauvé la vie. L’hiver a été long mais là le moral remonte car les beaux jours arrivent… Le soleil qui te chauffe la peau, se tremper dans le lac pour se rafraichir et contempler les montagnes…
Sinon ce que vous nommez les droitard, j’en côtoie quotidiennement à l’usine, on casse la croute et on boit des canons ensemble à la sorti du boulot.
On s’engueule sur de la politique mais j’en croise pas tant que ça qui soit sectaire, en revanche ils sont bourré d’apriori, mais comme nous tous finalement.
Je pourrais vous en raconter plein des anecdotes, y’en un a un qui m’a dit premier degré qu’il voulait partir vivre en Russie, mais il le fera pas, c’est un local, il est trop attaché aux montagnes. Mais eux aussi ça va pas fort. Ils ont leur angoisse et leur peur.
Sinon ils lisent un peu, et François a visé juste, ils lisent surtout des essaies. Je discutais hier avec un qui est toujours bloqué sur le covid et qui lit des livres sur le sujet et il adore blaguer sur Jean Michel Trogneux.
Ils étaient là durant la bataille des retraites. On a manifesté ensemble, on a aligné des heures de grève.
Ils m’ont remonté en bagnole parceque j’ai pas le permis. A la fin de la manif on allait s’enfiler des alcools de génépi et on parlait de politique.
Ils avaient un discours de gauche.
Ils se sont rendu compte que le Z qui sort « le travaille c’est la santé » était en décalage avec eux. Mais c’est un lent processus et il est en cour.
Pas de grande révélation ou de grande prise de conscience. La situation des retraites les a réouvert au discours de gauche mais la mère Le Pen a été maline et ils sont en colère contre les syndicats.
Au sein de l’usine, ils sont aussi présent quand il faut défendre les acquis que les anciens ont obtenus et la direction veut grapiller.
Le problème, à mon avis, est plus coté militant, même si c’est pas simple ce qu’ils font. Sérieux je sais pas comment ils font pour être aussi certain d’avoir raison. ça doit ronger tout ça, te miner de l’intérieur.
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Par contre c’est ma sœur qui va pas bien, elle a eu 31 ans en début d’année. Ma sœur sérieux c’est la plus douce personne que j’ai connu. Elle est aide soignante dans une petite ehpad d’une ville de 2 000 habitants au service alzheimer, elle touche à peine plus que le smic, son petit directeur est un tyran et elle a le dos plus cassé que le mien.
Elle a un enfant et elle en voudrait un second. Elle vient d’encaisser sa deuxième fausse couche, ça l’a achevé, elle est en burn out. Je sais pas trop comment faire pour lui remonter le moral, elle veut pas trop en parler. Si vous avez connu des situations similaire je veux bien prendre vos conseils.
Sérieux les ehpad c’est un gros gros gros sujet, la quantité de misère humaine qu’il y a là dedans. Je vous assure, y’a pas que les banlieues et les centres villes.
Ma sœur elle est au service alzheimer, elle se fait taper dessus par les résidents, elle les portes pour se lever et elle change leurs couches et son connard de patron l’emmerde. Elle a vu des gens dérailler complet, elle a vu des gens sombrer dans la folie et ne plus se souvenir de rien.
Voir ça au quotidien et se dire qu’on vit pour en arriver ce stade là c’est dur, ça forge.
Quand j’étais jeune et qu’on habitait encore chez nos parents, elle travaillait déjà là bas. Un soir elle est rentré en pleurant du taf, je lui ai demandé ce qu’elle avait, elle m’a répondue : « Mr Bertrand est mort »… Et le lendemain elle y est retourné. Je crois pas que t’ai le droit aux congés dans ce genre de situation, c’est pas un proche. Pourtant elle passe presque plus de temps en compagnie des résidents que de sa famille.
Faut encaisser la mort quasi mensuel des résidents. C’est pas fait pour tout le monde. Faut être fort. Une fois y’a eu 3 morts dans la semaine.
Elle s’est formé pour changer de filière et s’occuper d’une branche où il est question d’enfant. Mais finalement elle est resté à son service alzheimer. Quand je lui ai demandé pourquoi elle m’a répondu qu’elle était attaché a ses résidents… question d’habitude…
Je lui ai rien répondu.
Je l’admire.
Souvenez vous, après le covid, on s’était dit que les métiers de la santé étaient un problème central, toutes les infirmiè(es) et aide soignant(es )ext
et on est retourné sur des débats sur le voile et sur l’immigration, un grand cirque, j’en veux tellement à tout ce système médiatique.
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Le problème, c’est de trouver du sens dans tout ça. J’aime quand François cite la phrase de Bernanos : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »
Moi je passe la plus part de mon temps libre à lire, regarder un film (le ciné club de ma ville passe 1 film par mois, génial), faire du sport (rando de montagne, course à pied et vélo), contempler la nature et passer du temps avec les gens que j’aime (droitard ou pas). Mais j’ai aussi énormément joué aux JV et trainé sur internet, y’a des fois je suis tellement un zombie fatigué que j’ai pas la force de faire autre chose que de me poser sur l’ordi et regarder du contenue internet.
Le bonheur c’est un mot fort, c’est quelques moments éparses dans une vie car aucun état passionnel (positif ou négatif) ne dur éternellement. Y’a des hauts et des bas pour tout le monde, j’ai eu des périodes de profonde dépression avec l’envie de me trouer la peau, pourtant je n’ai jamais eu de trop de grosse galère dans ma vie pour l’instant. Je touche du bois. Non c’est plus des crises existentielle que j’ai eu.
Mais je suis apaisé en ce moment. C’est le mot.
Je suis pas croyant ni pratiquant, je n’ai jamais eu la foi, mais je suis sensible à tout ça, je lis un peu de littérature chrétienne et la lecture de Maitre Eckart et des evangiles m’a beaucoup apaisé.
Je l’ai lu au soleil, dans les ruines d’un vieux château qui date du xe siècle sur une colline, au grand air, après 1h20 de marche dont 40 en foret, et un léger 300m de dénivelé, c’était un moment d’apaisement et de plénitude. J’ai traversé deux rivières surplombé d’un petit pont de fortune en bois pour l’atteindre.
Je me force à faire ça un peu tout les jours. Sur cette colline il y a une vu imprenable sur le lac leman. Je suis coté France dans les alpes et en face je vois la suisse romande et le Jura. Un petit coin de paradis sur terre.
Je sais pas comment vous faites les citadins de grosse ville. Force à vous ça doit pas être facile, moi je sais pas si j’aurais tenu.
En ce moment je suis dans l’équipe du week end au travail. Un collègue est en arrêt maladie et ils avaient besoin de quelqu’un. J’ai postulé.
C’est génial parceque je ne suis plus fatigué. Si vous saviez le confort que c’est que de faire une nuit pleine et de ne plus être fatigué, t’es beaucoup plus disponible aux choses. Et j’ai plus de temps libre pour moi. Par contre mes horraires c’est 13h30 – 21h30 le vendredi, samedi et le dimanche. Autant vous dire que je n’ai plus de vie social ces dernières semaines. Tout les potes taf et quand je taf. Alors je traine sur internet, j’écoute du bégaudeau et je suis tombé sur ce forum.
C’est pour quelques mois, après je retournerais en 2×8 me niquer la santé. (heureusement que c’est pas du 3×8)
Sinon j’aime bien lire les gens raconter leur vie ici, c’est ce qu’il y a de plus intéressent finalement.
Prenez soin de vous et de vos proches les amis.-
Tony
InvitéMerci pour ce beau récit de vie.
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Papo2ooo
Invitémerci Kenyle,
J’ai été totalement pris par ton témoignage.
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Je souhaite à ta soeur de trouver une situation qui lui permettra comme toi de trouver de la paix et de la douceur.
Je n’ai malheureusement pas de conseil que je peux donner. Juste que pour avoir dans mon entourage proche une aide soignante très douce, qui a connu un service avec de parfaits connards, du chef de service violent aux collègues qui sont aussi imprégnés par des fonctionnements plus ou moins malsain qui s’instaurent, il est peut être important de rester très attentif à ce qu’elle vit à ce niveau. Surtout si elle ne peut pas se permettre la moindre faiblesse par exemple. Mais tu as déjà l’air de faire tout ce qu’il faut. -
Ostros
InvitéMerci Kenyle, prends soin de toi et bon courage.
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Ourson
InvitéMerci pour le témoignage, force à toi et à ta soeur, vous n’avez jamais pensé au chômdu le temps de dormir un peu ?
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Ema
InvitéMerci c’était vraiment agréable et poignant de lire tout çà. J’espère quand même que ta sœur finira par changer de cremerie parce que travailler avec les personnes âgées, qui plus est alzheimer, je pense que ça doit rester temporaire car c’est usant émotionnellement et physiquement, surtout quand les patrons en rajoutent une couche. Je ne sais pas pourquoi mais toutes les IDE et aides soignantes que je connais ont eu leurs pires expériences en ephad. Quant à toi j’espère, comme pour nous tous, que les moments d’apaisement, de sérénité et de vitalité continuent de ponctuer ton existence. Je crois qu’on en est tous là finalement, à essayer d’arracher à la vie le plus de joies possible, malgré nos tafs de merde, l’argent qui pollue tout, les santés qui déclinent. Ça vaut toujours le coup.
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Mélanie Farcie de Fric
Invité« Je ne sais pas pourquoi mais toutes les IDE et aides soignantes que je connais ont eu leurs pires expériences en ephad »
Entre autres raisons, la charge de travail est énorme
Quand une famille s’occupe à domicile d’une personne âgée dépendante, on voit que les familles sont souvent fatiguées et leur emploi du temps bien rempli
Là il s’agit de s’occuper de plein de personnes âgées dépendantes, en se levant à 5h30, en se faisant manager, tout en jonglant avec sa propre vie privée, etc-
Ourson
InvitéJe confirme, ma grand-mère est alitée, ma tante a décidé de s’en occuper : entre le changement de couche, les repas à cuisiner, les repas à surveiller, les nettoyages divers et variés, le suivi des traitements à prendre, etc … Ma tante arrive tous les jours plusieurs heures en retard au boulot, rentre à 21h le soir, n’a quasiment plus de vie sociale et s’embrouille avec tout le monde autour d’elle
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Mélanie Farcie de Fric
InvitéOn peut lire la BD Résidence Autonomie qui raconte très bien ça dans un contexte voisin de l’EHPAD
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Mélanie Farcie de Fric
Invité« Je suis en 2×8, je me lève à 4h du matin, depuis 8 ans je n’ai jamais réussi à m’endormir tôt donc les semaines du matin je dors 3/4 h par nuit. Pas une semaine sans que je me pose la question de pourquoi je continu de faire ça. »
Les 2×8 fracassent, on alterne continuellement, difficile de prendre un rythme
Certains préfèrent encore bosser uniquement de nuit et avoir un rythme plus régulier-
nefa
Invitéje confirme.
j’ai fait deux ans de caic (conducteur d’engin de l’industrie chimique) en 5×8
deux jours du matin 6h30 à 14h30
deux jours de l’après midi de 14h30 à 22h30
trois jours de nuit de 22h30 à 6h30
tout ça à la suite
ensuite 5 jours de repos
et on recommence
j’ai tenu 2 ans
presque trente ans après, j’ai toujours pas récupéré un vrai cycle de sommeil
force à toi frérot
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thierry
InvitéMerci Kenyl!
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graindorge
InvitéMerci Kenyle de nous offrir ce témoignage. Ta vie.
Celle de ta soeur. Pensez tous les 2 à vos dos. N’attendez pas d’avoir trop mal pour consulter svp
Prenez bien soin de vous aussi Amis.
Fraternelle accolade -
Mathieu
InvitéIdem, merci pour ce témoignage Kenyle
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graindorge
InvitéLes 2×8, 3×8, 5×8! C’est très violent contre les corps! Ça devrait être interdit!!!
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Alain m.
InvitéMerci Kenyle pour ton récit très touchant et vivant. Je trouve sain ton questionnement régulier sur le pourquoi je continue à faire ça. Ainsi que le constat sur le manque de sens de ces vies que l’ont nous fait mener. Ayant un parcours scolaire similaire au tien (même pas aller jusqu’au bac) et la proximité géographique fait que je me retrouve dans ton parcours. J’aurai très probablement pu me retrouver comme toi en usine. Donner du sens à ce qu’on nous fait vivre c’est entre autres aller contre cet état de fait (comme tu l’as fait au moment de la réforme des retraites et en t’opposant à la remise en cause de vos acquis sociaux).
Force à toi et à ta sœur.-
françois bégaudeau
InvitéLu aussi
Chacun devrait se raconter comme ça.
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B
InvitéMerci Kenyle.
Je me garderais bien de donner un quelconque conseil, ne serait-ce que par décence, employé de bureau et cadre bourgeois ma vie financière, matérielle et nocturne est infiniment – injustement, scandaleusement – plus douce.
Ce qui n’empêche pas de subir aussi la hiérarchie, les injonctions contradictoires et absurdes, l’inclinaison à devoir pressurer les prestataires, à user de ta position de force dont tu ne veux plus. Winner intégral du système, je le vomis tellement je me vois rabougrir.
Alors dans mes moments de détresse, qui commencent a devenir de plus en plus nombreux ces derniers temps, je me souviens que nous sommes toujours agi par des forces supérieures, moi, comme mon absurde hiérarchie, et ça m’apaise.-
Papo2ooo
Invitémessage très classe (au sens d’avoir la classe)
je te souhaite de trouver l’apaisement aussi B
le B c’est le sang (pardon, j’ai pas pu m’empêcher cette familiarité pour rigoler)-
françois bégaudeau
InvitéC’est un apaisement façon Simone Weil. Et nous ne sommes plus très loin de l’amor fati.
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Papo2ooo
Invitéoui, mais ça coince un peu sur le amor.
et ça peut se comprendre.
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Bonnaventure
InvitéC’est fort ce que tu racontes de toi, Kenyle. Ton rapport à la montagne me parle, je ressens (recherche) ça (du haut d’Ireuse il y a quelques temps). Merci.
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Ema
InvitéSinon, tant qu’à discuter de bien être mental, qui ici trouve le temps et l’énergie, à côté de son boulot, de pratiquer plus ou moins assidûment,en solo ou collectivement un hobby, une activité creative ou sportive ?
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françois bégaudeau
InvitéJe joue aux jeux vidéos et je fais des maths.
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Parfaitement à l’eau
InvitéSport j’y arrive un peu, le reste c’est compliqué. Malgré un temps de travail pas si énorme et peu de temps de transport.
Et toi ?
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nefa
InvitéFusée à plusieurs étages avec en point de mire : l’usine.
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On va commencer le truc par ma période fac. 1986. Réforme Devaquet. J’ai vingt ans, je suis sensible, curieux et milite à fond dans le mouvement étudiant. De la première manifestation des syndicats, à cinquante, sur la place devant le parvis de Jussieu, jusqu’à la fin, l’assemblé générale à Saint Denis durant laquelle la coordination nationale acte par un vote son auto-dissolution.
Ensuite je reprends les cours.
Je suis en quatrième année. Biologie végétale. Un jour alors qu’une fille présente son travail, je lui pose une question technique – on parle de plante, du blé – et elle s’effondre en larme. Moi, dégoûté par ce que j’ai provoqué, je lui demande en quoi ma question est à ce point déstabilisante. Elle me répond que ça ne vient pas de moi et qu’elle n’en peut plus. Trop de pression. Entre deux sanglots elle me murmure qu’elle craque, mais que c’est pas grave et qu’il faut continuer. Alors on continue sur le mode questions réponses à propos de son travail. Du coup je me dis que je vais la laisser tranquille et qu’en bon militant, je vais poser une question plus politique, mais là, à la chargée de TD. Je lui demande : « est-ce que votre laboratoire (CNRS) reçoit des subventions de la part de groupes privés pour financer vos recherches ? » Pourquoi le travail qu’elle nous demande de faire est à ce point orienté engrais, pesticides et surtout domaine qui provoque un immense engouement dans le monde des biologistes – pionniers d’une aire nouvelle qui bouleversera la planète et réglera trop de problèmes -, la génétique ? Pas de réponse. Elle reste muette, presque mutique. Je repose la question. Et là encore pas de réponse. C’est très bizarre. Je la reformule. Et toujours rien. Et je constate que la jeune femme, la chargée de TD, a les yeux gonflés. Elle est au bord de se laisser aller. Il faut dire que personne dans la salle n’a oublié mon implication dans le mouvement étudiant aujourd’hui en mode coma artificiel. Alors je demande aux étudiants : « putain, j’ai pas assuré, ma question était conne, méchante, violente, incompréhensible pour qu’une deuxième fois je fasse pleurer quelqu’un ? » Ils me répondent que non et qu’ils sont tout autant que moi surpris par cette non-réponse. Alors, pour ne pas qu’éclate ce qui me semble relever d’un désir furieux et parce que je vois bien que la jeune femme peine à le contenir, comme je ne suis pas venu ici pour faire pleurer qui que ce soit, je lâche l’affaire et considère sa non-réponse comme en étant une : la réponse d’un corps lui aussi à bout, la réponse qui dit au militant : « non je ne suis pas dans le camp des méchants », la réponse qui exprime : « moi aussi j’en prends plein la gueule, oui, je subis des pressions et pas qu’un peu », la réponse affirmant : « moi au départ, je suis une chercheuse, non seulement j’ai du mal à gérer toutes les contradictions liées à mon activité, par exemple ce que tu viens d’évoquer, mais en plus je ne suis pas prof et c’est dur pour moi d’avoir à gérer les aléas de cette fonction. J’ai pas signé pour ça. » (statut enseignant chercheur).
Et tout ça me parle, ne me dit rien qui vaille, surtout en ce qui concerne les esprits que je vient de découvrir et qui tout à coup me paraissent animer les sciences du végétal. Pas question d’être mêlé ou de participer à ce que maintenant j’estime être un sacré sac d’embrouilles. Et parce qu’en même temps j’ai une deuxième vie, surveillant d’externat et que ça me vaccine contre le fait d’occuper un quelconque poste sein de l’éducation nationale, je continue de suivre les cours jusqu’à la fin de l’année mais je ne passe pas les examens. Et je finis par me barrer.
A suivre.
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Ps : si quelqu’un connaît quelqu’un qui aurait archivé le fanzine « Encre » produit et distribué pendant ladite période à Jussieu, je suis preneur.-
Papo2ooo
Invitémerci Nefa,
j’attends la suite.
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baptiste
InvitéKenyl tu écris bien. Nefa je lirais la suite. Ourson, ça va. J’essaie de prendre soin de mon chat. Je suis d’accord avec toi la politique c’est la musique. J’ai envie de reprendre la cornemuse et de monter un bagad contestataire. On ferait des happening dans les centres guindés du pouvoir. La cornemuse ça fait vibrer l’air et les os et ça soufflera tout. La basse emplit l’espace et le chant décore le rythme de la caisse claire. La cornemuse sans la caisse claire faut pas trop compter dessus, ça ne peut que geindre. Ma caisse claire à moi est à Singapour je crois, il bosse dans la crypto il me semble. C’est absurde et drôle. J’aimerais qu’il revienne
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