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Accueil Forums Forum général Burdeau et les séries (attention spoiler)

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    • #27158 Répondre
      deleatur
      Invité

      Le grand Emmanuel dans un exercice d’analyse critique dans laquel il excelle.
      Dernier épisode de son podcast Speculations by Sofilm :

      [ https://open.spotify.com/episode/44FRge7kIRNi42kybckG8G ]

      Avec ce constat (à partir de 24′) dont j’avais l’intuition depuis longtemps, mais qu’il énonce dans un forme ramassée et juste :

      « Vingt ans après, le bilan n’est pas très bon. Les séries n’ont pas produit de pensée. Des choses fortes se sont écrites sur la série, mais la série ne s’accompagne pas de manière systématique et nécessaire d’une réflexion forte. La série n’a pas produit quelque chose qui vient accompagner, comme ça a été le cas pour le cinéma, la série n’a pas produit la nécessité d’une pensée. Les séries n’ont pas besoin d’une pensée aujourd’hui, ce dont elles ont besoin, c’est d’un petit peu de guidage, un guide du consommateur. »

    • #27165 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      on va écouter ça oreilles grandes ouvertes
      (ou grand ouvertes je ne sais jamais)

      • #27167 Répondre
        Ostros
        Invité

        Manque de talent…

        • #27171 Répondre
          Patate
          Invité

          Et on s’étonne que le classement PISA soit aussi médiocre… Je ne vous félicite pas M. Bégaudeau

    • #27172 Répondre
      Ostros
      Invité

      deleatur, ça recoupe ce que François dit au sujet des séries, depuis pas mal d’années.

      • #27175 Répondre
        deleatur
        Invité

        Oui, Ostros, bien sûr, mais Burdeau est un héritier de Daney.
        Il fait aussi dans ce podcast référence à une tradition française de la critique et de la théorie du cinéma (en gros la lignée Bazin, Bonitzer, Daney), que reprend Deleuze dans ses livres sur le cinéma.
        François tenterait plutôt une critique esthétique et politique de la série, dans la lignée des analyses de l’École de Francfort : l’accent est porté sur les conditions de production d’une forme culturelle hégémonique, la série, dans ses manifestations esthétiques, politiques et sociales ; et peut-être moins (mais je me trompe sans doute, car François l’a aussi déjà dit en ces termes sans que cela soit chez lui un motif d’approfondissement) sur l’absence, la carence de pensée accompagnant la série.
        Quant à cette intuition déjà ancienne dont je parlais, elle m’est apparue de manière lumineuse en 2003, au moment de la vogue Matrix. Cette année-là, de jeunes philosophes et professeurs de philosophie, issus de l’écurie Badiou, ont sorti un livre vite torché, Matrix machine philosophique, dans lequel ils recyclaient un cours de philosophie pour Terminale (et qui ne dépassait pas ce niveau de conceptualisation) à partir du film, Badiou étant le seul dans mon souvenir à s’intéresser vraiment à la forme esthétique du film pour en dire deux ou trois choses utiles ; je me suis alors dit, dans un raccourci dont j’ai le secret et qui est souvent juste, que la pensée en train de se faire n’était plus capable d’appréhender une forme esthétique pour ce qu’elle est, mais qu’elle l’aborderait dorénavant sur la base de critères issus de la littérature (la narration) ou issus de la pop-culture (la série comme reflet des existences post-modernes), mais sans la culture, ou issus de la pop-philosophie, mais sans la philosophie (et sans les concepts ciselés au réel qui vont avec). Le pire étant à mes yeux le bouquin de Pourriol, Cinéphilo.
        Rien à voir un seul instant avec la pensée profonde, novatrice, nourricière, sur le cinéma d’un Daney ou d’un Bonitzer (et pour le dire vite de la pensée Cahiers) qui, en pleine vogue psychanatico-structuralico-nigaulogique des années 70, arrivaient à produire autre chose, à inventer des concepts (le décadrage chez Bonitzer, le visuel chez Daney, etc.).
        Depuis, je n’ai pu que constater le naufrage : la série a suscité beaucoup d’études dans le milieu universitaire, mais pas l’invention d’une nouvelle pensée à la hauteur de la nouvelle forme esthétique qu’elle serait censée représenter. Par exemple, Sandra Laugier a recyclé pour les séries le perfectionnisme moral du transcendantalisme américain (Emerson, Thoreau) que Stanley Cavell avait remis au goût du jour à l’occasion de son analyse des comédies de remariage dans le cinéma hollywoodien des années 40 (perfectionnisme moral aujourd’hui libellé à la sauce néolibérale de la meilleure version de soi-même dans sa forme série-Netflix), Clothilde Leguil a démontré l’absence de pensée psychanalytique dans la série américaine « In treatment » (En thérapie, où comment la psychologie de l’adaptation et du renforcement du moi a ruiné la psychanalyse du décentrement, de la marge et de l’inguérissable), etc. À chaque fois, l’application et le recyclage à la série de pensées déjà existantes, toutes faites, ready made, mais jamais d’invention théorique véritable, comme si la série recyclait, et se recyclait elle-même, et tournait en boucle sur de la pensée déjà usée. Au moins Burdeau a-t-il le mérite de tenter des hypothèses théoriques, d’adopter une démarche quasi-scientifique, hypothético-déductive, pour essayer des concepts, voir s’ils fonctionnent, pour penser encore le cinéma et la série (démarche qu’il admire tant chez Tarantino, comme en écho à la sienne).
        Désolé de le dire de manière aussi directe et grossière dans l’immédiat. Je vais m’attirer sans doute les foudres des sitistes pour qui comptent les séries.

    • #27179 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Mes propos ou textes génériques sur les séries font ce que tu dis. Mais dans deux textes (sur le Bureau des légendes, et surtout sur Breaking bad), j’ai essayé de penser les formes au travail.
      Cela dit, c’est bien le problème posé par la série, que j’ai souvent relevé : il me semble précisément que cette forme ne veut pas de la pensée. Elle détruit les conditions de possibilité de la pensée. Emmanuel effleure ça à propos de Crown : « on sait plus ce que ça raconte ». Je me suis souvent entendu dire ça sur les séries : à un moment leur forme se déstructure, par le jeu obligé de l’extension à l’infini du récit. Tout devient possible, or une forme s’impose en tranchant dans les possibles, en faisant ci et pas ça. C’est une des raisons de cette faillite de la pensée sur les séries.
      Ce que je crois depuis maintenant une bonne quinzaine d’années, c’est qu’avec la série on tient une forme ou non-forme totalement façonnée par ses conditions de production et de consommation, et peut etre même réductibles à ça: je produis tu consommes et on n’en parle plus (donc on ne pense pas non plus). Je m’étonne qu’Emmanuel ait pu croire que le changement de condition de réception (de la télé à l’ordinateur, du direct par épisodes au binge) allait permettre une libération de la forme. Je m’étonne que le « marxiste » qu’il dit être n’évoque pas l’évidence qu’au contraire ce mode de consommation là allait surcalibrer les formes, puisque cette fois il s’agirait de capter l’attention à chaque minute.

      • #27190 Répondre
        deleatur
        Invité

        Merci, François. Mes raccourcis sont souvent injustes. Après la télévision de rattrapage, la lecture de rattrapage — j’ai du boulot pendant Noël !
        .
        Au sujet de la croyance de Burdeau (une libération de la forme permise par un changement des conditions de transmission et de réception), j’ai crois qu’il s’agit du reste de notre vieil espoir — nous, c’est-à-dire les jeunes gens de cette époque, qui ont vu naître les nouvelles séries au milieu des années 90 et qui nous formions déjà depuis quelques années à la lecture des Cahiers — que la série, en même temps que les « nouvelles images », allait apporter une expérience nouvelle de la durée et qu’elle allait permettre au « cinéma » de se libérer de l’écran, du support, de la forme film et faire naître de nouvelles pratiques de spectateur (par exemple regarder un film en plusieurs fois, 10 minutes par-ci, 10 minutes par-là, étirer à l’infini son visionnage avec les dvd). J’ai compris à l’époque de cette manière la fascination critique pour « Loft Story », en même temps que j’y reconnaissais à l’oeuvre (chez Jousse aussi, ou de Baecque) l’héritage simultanée de Daney et de Deleuze (le cinéma comme pensée, l’image mentale, etc.). Et c’est bien ainsi que j’ai reçu les deux hors séries des Cahiers, « Aux frontières du cinéma » (avril 2000) et « Internet & cinéma » (novembre 2001) — on comprend d’ailleurs dans ces numéros qu’il y a dû y avoir des tensions au sein de la rédaction à cette époque, presque une tentative de putsch, conduisant à l’échec du premier site des Cahiers, au départ pour Libé d’Erwan Higuinen, ce qui me fait dire qu’une généalogie de la pensée critique du cinéma et des nouvelles images de cette époque (on dirait peut-être aujourd’hui de ses biais, de ses errements aussi sans doute), reste à faire. Évidemment, j’ai un regard moins « intérieur » que toi sur ces querelles, et je me trompe peut-être (à nouveau je fais des découpages à la serpe, ceux dont j’ai besoin pour articuler deux trois choses).
        .
        Tu m’as, en tout cas, donné une occasion de penser politiquement la forme esthétique des nouvelles séries et leurs conditions de production et de consommation. J’aime bien ton idée qu’on est passé de l’âge infantile des séries à l’âge infantile des séries, autrement dit que la série, en dépit de ses promesses de nous émanciper, a fait du surplace.

        • #27195 Répondre
          Fanny
          Invité

          Deleatur tu as répondu à françois bégaudeau et non François Bégaudeau…

          • #27197 Répondre
            deleatur
            Invité

            Fanny, n’est-ce pas le même ? Si c’est un fake, il est trompeur. Serait-ce une nouvelle forme d’IA ?
            Cela dit, je suis pratiquement sûr d’avoir répondu à François-un-homme-un-vrai.
            Trop de concordances dans la forme, la manière d’amener les choses, et ce qu’il faut bien appeler, après lui, une politesse du style.
            Par ailleurs, François connaît suffisamment Burdeau pour se permettre l’ironie de « marxiste ».
            Cela dit, je soupçonne depuis longtemps François Bégaudeau de ne pas être François Bégaudeau, mais un type qui se fait passer pour François Bégaudeau, qui s’appelle aussi à l’état civil François Bégaudeau, qui d’ailleurs a signé chacun de ses livres et qui vit dans son appartement parisien, avec sa thune et ses nanas.
            Je propose que nous formions un groupe pour la libération de François Bégaudeau et la fin d’une imposture qui a assez duré !

            • #27201 Répondre
              Fanny
              Invité

              Mince alors. Je vois trois possibilités.
              1) L’amour t’aveugle.
              2) C’est toi le créateur de françois bégaudeau.
              3) Ma paranoïa ne s’arrange pas.

              • #27205 Répondre
                Ostros
                Invité

                Moi aussi je me suis trompée hier soir Fanny.
                Ce matin à la vue de ces longs textes il était plus évident que c’était bien François.
                On est juste plus sensibles que les autres au trollage.
                Et aussi plus attaché à ce François Bégaudeau correctement écrit et avec la bonne couleur de profil.
                Maintenant je dois envoyer à Claire le bouquin de son choix… mais comme sa réponse était ironique je retirerai quelques pages, au hasard.

                • #27210 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Je proteste, mon ironie est arrivée 10 ms après mon instinct d’argos
                  Je réclame donc :
                  – un badge de superfan Facebook
                  – une anthologie de FfBb aux éditions Urbani
                  – un mug
                  – la sanctification de ce miracle

                  • #27218 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Alors, plusieurs choses :
                    Pour le mug j’ai un petit problème de trésorerie actuellement.
                    Ça devrait se résoudre quand Hervé Urbani aura fini de créer les éditions Hervé Urbani. Tu le recevras en même temps que l’anthologie c’est pratique. Un peu de patience.
                    Pour la sanctification par contre aucun problème, j’appelle mon pote François (l’autre, qui s’habille tout le temps en blanc, ce monomaniaque). Il va t’arranger ça vite fait bien fait.
                    Et pour le badge, j’accepte de te l’offrir seulement si tu lis tous les posts de la page facebook de François françois. Je suis désolée de pratiquer ce chantage mais c’est Mark qui me l’a demandé…

                    • #27226 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      C’est bien naturel ; et puisque c’est une demande de Mark

              • #27225 Répondre
                deleatur
                Invité

                Je ne me prends pas pour François Bégaudeau. Il a plein d’opinions et de mauvaises manières que je n’ai pas, Dieu m’en garde ! Et puis moi au moins avec les filles, j’ai un succès fou, hou hou hou !

                • #27228 Répondre
                  Fanny
                  Invité

                  Et voilà tout le mal que peuvent me faire des guillemets. J’ai trollé malgré moi du coup…

          • #27202 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            J’ai du faire une manip hier, d’où absence de majuscule. Mais c’est bien moi. Et si c’est pas moi je trouve que ce francois bégaudeau me ressemble beaucoup, il semblerait meme qu’on ait gagné au change

            Deleatur : ne pas oublier que, dans le sillage immédiat d’Emmanuel, j’ai moi même été convaincu qu’on tenait là une nouvelle forme importante. Elle a de fat, produit quelques grands moments – même si je ne crois pas que ces grands moments étaient de nature si différente de ceux que m’offrait la forme cinéma.
            Je commence à comprendre l’impasse vers les années 2008-9.

            • #27208 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Mes guillemets à marxiste n’étaient pas ironiques, et voulaient juste signaler la citation.
              Je crois qu’Emmanuel a parfaitement assimilé les principaux axiomes du marxisme. Cela dit, dans les années 90 la présence régulière à ses cotés de Thierry Lounas et François Bégaudeau ne lui laissaient pas trop le choix de ne pas les assimiler.
              Il fut par exemple partie prenante du désormais légendaire festival Cinéma et marxisme, au Grand Action, en décembre 95.

            • #27258 Répondre
              deleatur
              Invité

              François, j’ai lu ce soir ton texte de Transfuge sur Breaking Bad. Je remercie la personne qui l’a mise à disposition.
              Je connaissais le pitch, comme tout le monde, mais je n’ai jamais vu la série. Il va de soi que je ne la regarderai pas. Je ne la regarderai pas parce que je l’ai déjà vue. Je l’ai déjà vue sans avoir eu besoin de la regarder. Je n’ai eu besoin ni de voir ni de regarder — le contraire en somme d’un film de boules, qui a au moins le mérite de garder mon attention en éveil jusqu’au dernier soubresaut précédant le dodo.
              Ado, ma grande soeur était accroc à Santa Barbara (qui me dira pourquoi j’ai le mal de vivre ?), sa maladie a duré 10 longues années, jusqu’à la conduire à donner à son premier enfant le prénom américain d’un enfant de la série (Bryan, né en 1993, on aurait pas pu faire plus con, les gens n’ont pas honte). Je m’en moquais — de ma soeur, de sa maladie, de la série, que pourtant je ne regardais pas, dont il suffisait que j’entende parler : tant d’invraisemblances au fil des épisodes, des personnages disparaissant par la trappe du petit écran, ressuscitant d’on ne sait où par la magie du scénario, détricotages et emberlifocatages infinis, confusions en tous sens, on se savait plus de quoi ça parlait, on n’y comprenait rien, il y avait bien des personnages récurrents, mais était-ce bien les mêmes, on n’en était pas sûr, et au fond pourquoi aurait-on eu besoin de le savoir, on n’avait pas besoin d’y comprendre grand chose, ça fonctionnait très bien à vide, grands signifiants de la famille sans signifiés, images sans fond, trognon de l’être déjà bien entamé.
              Une existence folle, en somme, somme de tous les possibles et de tous les impossibles, somme de tout et de rien, pouvait bien se dérouler dans le poste, sous nos yeux ébahis ou clos, sous nos yeux regardant ne regardant pas, on était sûr de tout y trouver, Samaritaine des images se reproduisant et s’accumulant sous l’effet de leur propre circulation, et l’attention flottante qui va avec et ne va pas, captive de la récompense attendue : le prochain épisode.
              Je n’ai ce soir aucune raison de regretter de n’avoir vu qu’une seule semaine de Santa Barbara et aucun épisode de Breaking Bad dont je garde pourtant un souvenir vivace.

              • #27262 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Or ce qui s’affirma au début des années 2000, c’est qu’il y avait une différence de nature entre les soaps des années 80 et la série qui se faisait jour. C’était faux : il n y avait une différence mais pas de nature. Pour une part les séries légitimes des années 2000 allaient reconduire la n’importe quoi narratif des soaps. Emmanuel parle d’ailleurs de « soap » à propos de The crown.
                Tu dis. « on n’avait pas besoin d’y comprendre grand chose ». Je renchéris : il faut absolument tout oublier au fur et à mesure pour que ça tienne. L’oubli est la condition de l’adhésion.

                • #27264 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Et c’est pourquoi la question des changements et des mutations du cinéma n’a jamais été celle des écrans (petits ou grands, individuels ou collectifs, réceptifs au monde ou qui font écrans), mais celle de la forme et de l’informe, de la décision formelle et de la bouillie scénaristique, de la mémoire et de l’amnésie.
                  La série aurait pu rester ce qu’elle était, mais sa banalisation et sa propagation virale, à la manière du fric qui marchandise tout, contamine les films (épisodes 1, 2, 3, n), leur écriture, la réception des spectateurs et même des lecteurs.
                  L’entourloupe a été la mise en oeuvre de moyens matériels, pécuniaires, humains : avec la série, on en a très vite eu pour son argent et il fallait que ça se voit, que ça claque sur le cul, que ça plaise.
                  Il y a eu trois âges des sitcoms en France, avant leur disparition. La forme-Maguy (des acteurs professionnels, filmés dans un théâtre, le genre boulevard pas loin, le rituel du dimanche soir en famille, souvenir de Thierry la Fronde), puis la forme-Hélène et les garçons (plus besoin d’acteurs professionnels, quelques lignes de dialogue débile, son direct, abattage des tournages, aucune lumière, Godard pour les nuls), jusqu’au jour où l’on s’est rendu compte qu’il n’y avait même pas besoin d’écrire des dialogues, qu’il suffisait de foutre des gens dans une pièce et de les filmer 24h sur 24 pour garder les spectateurs devant leur téléviseur : fantasme d’un enregistrement total de la vie, porno graphie, vortex de la critique.
                  La série, ça a été le mouvement contraire : elle a voulu faire arty et friquée. Alors on est passé de Dallas et l’Agence tous risques à quelques grandes et belles productions des années 1995-2005. Mais l’immonde n’était pas loin, continuait à rôder, les dégueulasseries passant et repassant dorénavant par les écuries de scénaristes, l’étirement sans fin d’histoires à dormir debout, fussent-elles celles de tout le monde, comme il se doit, soirée pop-corn en sus (j’aurais bien aimé écrire en suce).
                  Et le cinéma, la littérature ont été sommés de répondre à la concurrence : engloutissement de la vigilance, de la lucidité, papotage, trou de mémoire, fin de la critique, end of the game, insert coin.

    • #27268 Répondre
      Habile Entier
      Invité

      C’est certain que si tu avais vu Santa Barbara ce n’était pas la peine de perdre ton temps à voir Breaking Bad.

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